(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Biodiversity Heritage Library | Children's Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Revue historique"

Google 



This is a digital copy of a book that was preserved for generatioDS od library shelves before it was carefully scaoned by Google as part of a project 
to inake the world's books discoverable online. 

Il has survived long enoiigh for the copyright to expire and the book lo enler Ihe public domain. A public domain book is one Ihat was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vmy counlry lo country. Public domain books 
are our gateways lo the pasi, representing a weaith of history, culture and knowledge thal's ofleo diRicull lo discover. 

Marks, notations and other niaiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journey from Ihe 
publisher to a library and finally lo you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner wilh librairies to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to Ihe 
public and we Lue merely Iheir cuslodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order lo keep providing this resource, we hâve takcD steps to 
prevenl abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We aJso ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals. and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm aiftomated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System; If you are cotiducling research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amounl of texl is helpful. please contact us. We encourage Ihe 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able tohelp. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about ihis project and helping them find 
addiiional materials through Google Book Search. Please do noi remove il. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember thaï you are responsible for ensuring thaï what you are doing is légal. Do not assume Ihat just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is aiso in the public domain for users in other 
couniries. Whelher a book is still in copyright varies from country lo counlry. and we ean'l offer guidance on wheiher any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means il can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize Ihe world's information and lo make il universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search llirough the full text of this book on the web 



al littp : / /books . google . com/ 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci esl une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliotlièque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appajtient h présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en mai'ge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouj-u pa]' l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant p;u- la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d^utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instauiant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utUiser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pus procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer iattribiilion Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appmtient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès h un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse http : //books . google . c 



nom 



REVUE 



HISTORIQUE 



REVUE 



HISTORIQUE 



Paraissant tons les denx mois. 



tfi fuùf falti avdeat, ne quid xH non <wdt»t kiilorit. 
CicÉmw, dt Oral., 11, 11. 



VmaT-DEUXI&BffB ANNÉE. 



TOME S01XANTE>CINQUIÈ1IE 



Septflmbre-DécBinbrfl 1697. 



PÀRÎS 

ANC2ENNE UBRAIRIE GERMER BAILUÈRE ït O 

FEUX ALCAN, tiditenr 

108, BODLETARD SAINT-aSRHAIN 

AU OOIM DB 1^ MDB UUTBFBDILLE 

1897 



\ 



130îa68 



DBS 



TENTATIVES DE LOUIS XIV 

Fon 
ARRIVER A LEMPIRE 



La vision de rEiupiro a cxorc6 sur l'âme de nos plus grauds 
hommes d'Ktat français uue constante obsession. Les jiliis sages, 
Henri IV. Richelieu ont voulu l'annuler et le détruire; les autres 
s'y in8laIl(.T, Les rois du France <!)tai«nl les fils aînés de l'Égliso, 
les héritiers de Charlemagne. Ils possédaient tm État compact, 
qui dès le début du xiv* siècle avait déjà bien avancé l'œuvre de 
son unité territoriale. L'Empire, bien qu'il eut été presque tou- 
jours donné à des princes allemands depuis Otton le Grand, était 
saint et romain autant que germanique. C'était une dignité catho- 
lique, œcuménique, européenne, où tous les princes clirélious 
semblaient pouvoir aspirer. On y avait vu appeler un Alphonse 
de Castille, un Richai'd de CornouniUes. Comment un roi de 
France aurait-il été déplacé sur le tn)ne des Césars chrétiens? 
L'opinion u« repoussait nullement cette hypothèse. Si dea papes 
DOD italiens pouvaient porlvr 1<« ciels de saint Pierre, des empiv 
reurs non germaniqui'S pouvfiicnt ceindi'e le diadème, Cette ambi- 
tion fut careîiaét> longuement par Philippe le Bel et par Philippe 
de Valois, par Charles VIII et par François 1", peut-être par 
Henri lll. ^ur qui la couronne de Pologne n'était que le prélude 
d'une fortune plus haute. Louis XIV, k trois reprises, adieta le» 
éltictAurs qui accepteront de se vendre, pour se frayer les voies îi 
"l'Empire. Napoléon le conflsqua à son profit. Ce sont d<mc les 
plus puissants de nus souverains qui ont eu l'ambition d'arriver 
k l'Empire. Mais, s'ils devaient subir un maître, les princes alle- 
mands préféraient un maître allemand à un maître étranger. 
Quand les électeurs porteront la courouuc hors d'AUeuaguc, sur 

HSV. UOTOB. LXV. i" VAK, I 



a B. TiST. 

la tête d'un Castillan ou d'un Anglais, ils se donnèrent à dessein 
un fiantôme d'empereur. Nos rois échouèrent à cause de leur 
puissance même. Leurs chances de succès étaient en raison 
inverse de leur prestige. 

Louis XIV aspirait à la monarchie universelle. Avant d'ob- 
tenir la succession d'Espagne, il rechercha l'Empire. Mazarin 
voulut l'y élever lors de l'élection de 1658. En 1670 et i679, le 
roi entama pour le même objet des négociations étendues. L'his- 
toire diplomatique de la succession d'Espagne est connue dans 
ses plus grands détails. Les relations de la France avec les diffé- 
rentes cours d'Allemagne ont été au contraire plus négligées'. 
ËQ étudiant de très près la correspondance politique aux archives 
du ministère des Affaires étrangères, nous avons trouvé la trace 
multipliée des efforts de la diplomatie française pour préparer 
l'élection du roi. Quelques documents nouveaux nous permettront 
d'appuyer notre récit. C'est d'abord, en 1658, un libelle sous 
forme de lettres échangées entre Francfort et Home pour recom- 
mander la candidature du roi de France. Ces lettres, en plusieurs 
langues, et répandues sans doute en un assez grand nombre 
d'exemplaires, furent écrites par quelque publiciste au service 
de Mazarin-, Ce sont, en 1664 et en 1670, les articles secrets 
des traités de Ratisbonne et de Munich conclus pour la même fin 
avec les électeurs de Saxe et de Bavière. Ce sont surtout les trai- 
tés secrets signés eu 1679 avec les électeurs de Brandebourg et 
de Saxe pour assurer à Louis XIV les voix de ces deux princes. 
Pomponne, dans ses mémoires, Puffendorff, dans son bistoire 
de Frédéric-Guillaume, ont révélé l'existence de ces traités'. 
MM. Droysen et Onno Klopp en Allemagne, MM. Legrelle et 
Auerbach en France en ont parlé d'après Pomponne et Puffen- 
dorf. Nous en avons copié les instruments originaux. Nous nous 
proposons de publier ici le traité conclu avec le Brandebout^, 
dont celui de Saxe est la reproduction presque littérale. 

1. Voir Legrelle, Louis XIV et Slratbourg. Paris, 1883 ; Auerbach, ta Diplo- 
matie française et la cour de Saxe île IG41 à 16âO. Paris, 18B7; Drofsea, 
GuiAiekU lier prenssischen Potitik (1870) ; Onno Klopp, Der Poil des Bauses 
SluarL VieDDe, 1875-1888; Pribram, Prani^-Paui-Freiherr von Liiola (1613- 
1674} vnd die Politik leiner Zeit. Vienne, 1888. On troDTera dans ces diffé- 
rents ouvrages dus liEtes bibliographiques très complèlss. 

2. Voir Correspondance potiUqite, Allemagne, t. 137, fol, 768 t 781. 

3. Arnsuld de Pomponne, Mémairti, éd. Haridal. Paris, 1868 \ Puffendorf, 
Da redHi geitU Prid. WiUiAmi EUet. Brandebwfmtii, 1694. 



bO TSRTlTITtS Dl LOCM XIV rOBA IBHITItR i L'EHPUI. 



1. 



La guorre de Trente ans a mis la France oo contact étroit 
avec l'jVlk'inagnc. Elle a eu |)our résultat de détacher de l'Ena- 
pire l'Alsaoe pour l'annexer au territoire fraiiçais. Le mode sui- 
vant lequel devait avoir lieu cette annexion a donné naissance k 
de loDgu<n discussions. Deux systèmes étaient en présence : ou 
Inen Louis XIV rocevrait l'Alsace comme terre d'Empiro «t n'y 
exercerait que le.t droits reconnus aux anciens landgraves: dis 
lors, il devenait prince du saiut Empire, comme landgrave d'Al- 
sace, pouvait envoyer ses députés aux diètes germaniques, exer- 
cer sa part d'influence dans la préparation des élecUonti impé- 
riales et cau£«r un gravu préjudice k l'action, jusqu'alors 
pripoiuléraiite, de la maison d'Autriche. L'autru système conua- 
tait à sépara- h jamais l' Alsace de l'Empire et à l'allribuer au 
rtri de France en tonte souveraineté; l'intégrité de l'Empire rece- 
vait par cette solution une atteinte sérieuse; mais la maison de 
Habsbourg était délivréf dci; craintes d'cmpiétemL'nt de la maison 
da FranoD et gardait iutactv sou autorité sur lus princes all»- 
Bttnds. 

La question est nettem'i-nt posée par \cs plénipotentiaires (Van- 
cai-i dans une dépêche de Munster du 9 juillet i646 : 

a 11 yen a qui croient |el plusieurs Allemands sont de celte opinion) 
qu'il seroil plus avantageux au Hoi de retenir les pals qu'on laisse à 
Sa Majfisté en Q«f et de relever de l'Empire, à condition d'avoir 
séance et \oix dans les diètes, que de les posséder en toute souverai- 
nté et ne point dépendre de l'Empereur. — Ils disent que cela nous 
ilonneroil ploâ de familiarité .ivw le^ Allemands, qui nous cou&idé- 
nrotent h l'avenir comme leurs compatriotes et comme membres de 
l'Empire ; queatfc luaiité pourrait tmjour tervir de degré à non rois 
pour monter à tEmpire et pour l'Cter à ane maiton dont la tjran- 
dwr nous est mxpecle. — Une cela donneroil moien aux princes 
d'Allemagne de traiter plus libremcril avec nos rois toute^t sortes de 
coarédératlons et d'unions, saus que l'Empereur le pùl trouver mau- 
vais ni l'cmpécbiT ; ce qui n'arrivera pas de même tandis qu'on ne 
pourra les ooiisidert-r que comme princes elrungyr». qui no possèdent 
rien duus rEmjiirc. — Uue, pouvant envoler dos depuloï dans toutes 
las diètes, nous aurons moien de savoir tout ce qui s'y passera, de 
traverser les desseins de la maison d'Autriche ut de remédier de 



4 D. ViST. 

bonne haure à ceux qui ixHirrunl f (ro formet ounlrc la France. — Otis 
l'ûffre <to laisser au Ibù en loute souTorutielé les pxia qui lui seront 
eédis c»t hi«n avanla^nuse aux empereura et aux prioeea de sa mai- 
son ; mais cIU' n'est pui si agré^le aa nwte do l'Empire qne si l'on 
ne faisoiL pas ci^ (]éniunil)rem(.'nl. — Que rapprétumsion que nos 
eniienits ont lémoiiiçaiw de nous voir prendre aucuo ctatiltB9G(Dent 
dans rr.nipirp doU ^Ire un put»sant malir pour ne. le pa.'i néglij^er, 
parce iju'ils ont fort bien re^oniui que dJTcrâ prioces et presque tout 
le parti catholique commuii^'oil de jelcr les yeux sur le Roi pour leur 
serrir à l'avenir de pnitecteur plus puissant et plus assuré que n'ont 
i\6 ceux qu'ils ont eus jusquL'S k prfeieiit. 

« l>ux qui âoulienuent l'opiiiiua ooutraire disent i[u'il n'jr ft point 
d'avanlage qui puisse ôtre égalé à celui de ne dépendre de persoime 
el d'èlre souverain et absolu , que le voisina^ et le pouvoir de fliire 
du bien aux princes voisins reraaulaiilreclierciierraaiiUéde nos rois 
que s'ils éloient princes de l'Bmpiro ; que, ti le* affaires étaient un 
Jow ditpotéu i faire aeewiter CBmpire à nos rois, il leur serTirolt 
autant de posséder des provinc«â en Allein<'if,'Ne, quoique &<mverainfr- 
mcnl, que si elles relevoieiil encore de l'Empereur, puisqu'en ellbt 
elles seroicul toujours oslimûes faire partie de l'Empire, uu même 
que, dans l'étendue des pais ckAnt, il restera des villes impériales et 
des princes souverains qui en rdàvenl; que la liberté d'envoyer aux 
diMea u'i^t pas si avantageuse qu'elle puroll, puisque le plus souvent 
elles ne sont convoquées que pour résoudre des impositions sur l'Em- 
pire el pour quelques autres affres de cette nature, et, qu'en tout 
cas, quand il y aura apparence qu'on y puisse traiter quelques alTaires 
plus importantes, où les princes voisins sont intéressez, nos rois 
pourront y envoler des ambassadeurs, qui paroitronl el agiront avec 
plus (l'autorité de la part d'un grand roi que s'ib ii'êtoiuut que de 
simples députer d'un landi^nve d'Alsace, à qui on ne sauroit donner 
un rang digne de la grandeur du (toi dans l'assemblée, ce qui a empê- 
ché bien souvent le roi de Danemarli d'y envoyer les siens comme 
duo de Holstein; qu'encore que peut-être il Tàt plus agréable aux 
jStatsde l'Empereur de n'en démembrer point ledit pais, on est oMigé, 
dans les Kramles résolutions, de cousitlérur plutôt ce qui est com- 
mode, avant:t^eux el honorable, que ce qui est agréable aux étrangers ; 
que si les impériaux ont mieux aimé ne voir point nos rois dans 
l'Empire, c'a été de crainte que nous n'ayons une prétention à laquelle 
on ne songe point, ul que ce n'est pas la première fois que, pour 
(Uvers respects, une même cboso a contenté les deux parties*. > 



I. mgotiatiom) utrttei dt Muntler et d'Osnabnick, I. lit, f. SU-24S. 



tPis TETTiTins w lom» iiv nvn arriver iTrafiiE. 

Ce mémoire, fortement motivé, indique netlement les argu- 
ments en feveur de cliaciauu des deux solutions. Au point de vue 
que nous euTÎsagcons spécialemeot, on no songeait paspourl'iiiB- 
taDt h méiingci' au roi les voie* îi l'Empire; mais on s'arrêtait 
avec plaisir à l'^Teutualité qui pourrait un jour * faire accorder 
l'Empire k nos rois, > et Ton semblait croire que leur qualité de 
laodgravâ d'Alsace ptmrrail beaucoup les y servir. L'empereur 
voulait avant lout empêcher le roi da prendre part aux affaires 
d'Allemagne el do tni disputer la direction dâs afTatrea politiques 
de l'Empire. Dès le 13 soplembro 1040, nos plénipotentiaires, 
réunis chex le comte de Trnulmaunsdorf, acceptèrent en coniià- 
qiience le projet dressé par les médiateurs, en vertu duquel le roi 
de France obtiendrait la pleine souveraineté de la provinct* cédée. 
Le 17 septembre 1716. ils maudèri-nt h la reine que « Sa Majesté 
avait, non seulement étendu les limites de la France jusque» ii set 
plna anciennes bornes, mais encore acquis deux places lrt>s 
importantes sur le Hhin (lîrisach et Fliilipsbourg) et que cette 
dangereuse communication des forces de la maison d'Autriche 
qui a donné tant de crainte îi nos pères se trouve rompue et dis- 
eonliimée'. » Ainsi la France se trouvait substituée à tous lee 
droits exercés auparavant par l'Empire en Alsace. Mais cela ne 
Elisait pas le compte des Etais de rËiiipirc, ni surtout des villds 
libres d'Alsace, qui craignaient de se voirenlever par le roi leurs 
Ubertés municipales, comme U avait été fait h Metz. Toul et Ver- 
dun. Pendant toute l'année 1647, on discuta avec les représen- 
tants des princes allemands qui voulaient refuser h Louis XIV 
le Suprvmum dominium en Alsace. D'Avaux et Servicn 
DTÂlaient pas délàvorable» aux demandes des princes, « parce 
que I« roi même y avait avantage, devenant capable d'être élu 
empereur. > Les princes allemands tenaioul à pouvoir opposer 
88ns casse les intérêts de la maî.«on de Bourbon h ceux de la mai- 
son de Habsbourg. A In veille même de la signature du traité, ils 
s'agitaient encore à ce sujet : < Les députe:^, avant que sortir, 
me demandèrent fort soigneusement sy Leurs Majestés ne persis- 
loient pas encore dans la résolution oti elles ont esté de prendre 
l'Alsace en âef de l'Empire. Ils laschèrent de me persuader par 
dir«r8c« raisons que ce seroit l'avantage de la Franco et me con- 
feseèrent ingén&menl que ce seroit aussy le leur; parce que, s'ils 



l. /«M., f. 300. 



6 B. TIBT. 

avoient à l'adTenir un député d'ua roy dans la diète pour rompre 
les desseins et les caballes de celuy d'Espagne, tous les princes 
de l'Empire auroient plus de moyens de conserver leur liberté et 
de se garantir de l'oppression que la maison d'Autriche leur veut 
faire ^ » 

Finalement, la question fut résolue par une équivoque dont 
chacune des deux parties espérait tirer profit pour plus tard-. Le 
landgraviat de haute et de basse Alsace, le Sundgau et la préfec- 
ture des dix villes impériales (non compris Strasbourg) furent 
cédés avec « toute espèce de juridiction, de supériorité et de sou- 
verain pouvoir » au roi de France ; la cession lut ialte à perpé- 
tuité par l'empereur et par l'Empire (art. 75 et 76). Mais, en 
vertu de l'article 87, le roi de France était tenu de laisser la 
ville de Strasboui^, les princes possessionnés d'Alsace et les dix 
villes impériales < dans cette liberté et immédiateté envers l'Em- 
pire, dont elles avaient joui jusque-là de telle façon toutefois que 
rien ne soit considéré comme distrait par cette déclaration de tout 
le droit de souverain pouvoir qui a été accordé plus haut. » Ainsi, 
le roi de France obtenait la pleine souveraineté de l'Alsace, et 
cependant la noblesse d'Alsace devenue française continuerait de 
siéger dans les diètes de l'Empire, ce qui permettrait au roi d'in- 
tervenir dans les afTaires de l'Allemagne. L'empereur avait pro- 
mis de rayer l'Alsace du matricule de l'Empire et eu reconnais- 
sait l'incorporation & la couronne de France; mais il ne lui 
déplaisait pas de garder un droit éminent sur la province perdue. 
Le* Etats allemands se ménageaient un moyen de rattacher à 
l'Empire une province que la fortune de la guerre les avait forcés 
k abandonner. La noblesse et les villes libres d'Alsace espéraient 
sauvegarder leurs privilèges locaux en opposant l'un à l'autre le 
patronage de l'empereur k celui du roi de France. L'ambiguïté 
voulue de ces clauses consolait de tous les sacrifices et ne mettait 
obstacle à aucuno espérance^. 

1. Serrien an roi, 17 août 1648 {Corresp. poUt.,AUtmagne, t. 109, fol. 186). 

2. C'est l'avis exprimé par Arnauld de IV>m|ioDiie. Il parle de quelques arlicles 
des Iraitéa de Westphalie qui n'ont pas toujours été aggez nettement expliqués, 
■ peut-élre dans le dessein qu'ont eu les parties de ite préTsIoir selon les occa- 
sions des conlrariélés qu'ils y uvatent glissées > (Mémoirvt, t. 1, p. 170). 

3. Voir la discussion relatiTe aux articles du Irailé de Uunster prêtant 
matière i contestation dans Legrelle, Louii XlVet Stroiboarg, p. 150 et aulr., 
et dans notre premier fascicule des Grandi iraUéi dM règne du LouU XIV, 
p. 6, 39 et 44. 



I>13 TËXmtVtS DE LOl'lS IIV PODB iSKIVItt * L LUI'IBE. 7 

Le traité de Munster fut en effet un texte h réclamations. Les 

les d'Alsace soutenaient que l'empereur avait cédé au roi, eo 

ce, la Landurgtie, c*est-h-(lire ses droits comme landgrave, 

'^ non la Reichurgtie, c'est-à-dire ses droits comme empereur. 

Le roi de Franco prétendait s'iinmlscur loi^ours plus avant dans 

les affaires de l'Empire pour arriver îi en disposer à son gré. 

Vautorte, envoyé de Mazarin ii la diète de HatLibonae, déclara 

que, pour témoigner de la bonne volonté du nu, il avait ordre 

de consentir à oe que l'Alsace redevînt fief de l'Empire, si les 

états le demandaient, < à condition que le roi obtînt, dans lc« 

diMes allemandes, une place convenable à sa digoitè. » Comme 

cette solution n'était snuhaitée ni par l'empereur ni par le roi. les 

choses traînèrent en longn^ur et le recezdu 17 mai 1654 confirma 

purement e4 simplement le traita de Munster ■. 

Pour régler les différends suscités par la question d'Alsace, le 
roi prit l'habitude d'envoyer des ministres spéciaux qui le repré- 
leataient auprès des diètes allemandes. Ces ministres saisirent 
toutes les occasions de gagner k la politique du rui les électeurs 
elles princes les plus ioAuents. L'argent jouait son ofTio.^ elles 
nigociations déféoéraiont souvent en négoces Le prétexte, à 
^rtlr de 1648, était de forcer l'empereur h refuser tout secours 
inx Eapagnols pour ne pus prolonger la t^o^i'i'e- De.'! l'année 
1651 , les àectours de Trève-s et rie Cologne, l'évéque de Munster 
t«l le iluc de Neulmurg signèrent à ['rancfort une première ligue 
ivec le roi de France. Après la mort du fils aînô de l'emporour, 
le prince Ferdinand, qui avait été proclamé roi des Romains, 
cette ligue fut renouvelée à Cologne (15 décembre 1654). I^es 
Inités de Westpbalie avaient institué pour les princes allemands 
kf droit nouveau de concJuro des alliances entre eux ot même 
avec des princes étrangers sans le cousontement de l'empereur. 
Maiarin ne songeait pas encore à préparer la candidature du roi 
i l'Empire; mais c'était beaucoup déjà de pouvoir opposer au 
parti autrichien une ligue de princes dévoués aux intérêts 
Ibnçais. 

(L'empereur Ferdinand m fut surpris par la mort le 2 avril 
£S7, avant d'avoir eu le temps de faire élire son fils roi des 
ioiDaiDS, ni de lui foire épouser l'iofante Marie-Thérèse, héritière 
1. V^ Im «riiclM de H. Mo«*in«ao, Sa Promet m Altace apri» h IraiU <t» 
ftUpluliU, p«n» dan* la Ktoue Aùlorifwr aux I. U, Ul cl LUI. 



fl. TUT. 



de la conroDDe d'Espagne. L'occaston s'oflratt pour Mazarin 
d'user d«8 avaDtages déjà acquis pour m acquérir de DOVT«aQX. 
La ligue formée arec les princes d-dessua ooutoèrés pouvait ser- 
vir à déposséder de l'Empire la malsoD d» Habsbourg ud foveor 
d'un priiM» allomand cliout do la Fraiioe, peut-«tre méma «u 
fovËur du jeune roi Louis Xr\''. Dès que la nouvelle fui coDUue à 
la cour de France, Mazarin pnHnjt aux électeurs < toute l'assi»- 
tance dont ili auroient besoin contre l'Autricbe pour lus sauver 
de l'uppressioD. ■■ Gravol fut chargé d'uuo tourné» circulaire 
auprès des ùlcctuurs du Maypno». de TnWea et dtt Coloi^ne, puis 
h la diète de Francfort ut auprès de rélecteur palatin. Ses ins- 
tructions lui oujoignaient de <li.'<pQ9er les électeun* )> s'unir au roi 
de France et à ne point porter leurs suffrages sur un prince du 
la maison d'Autriche, eo qui r^idrait lee Espagnols encore plus 
nuiîtres en Allemague que par le passé. L'empereur défunt avait 
cborciià « & faire revivre en la personno de son llls toute la puis- 
sance de Charle»-Quînt. > Oravel devait eropèclier et l'élection 
de LràpoM et son mariage avec l'infante. Il devait ooDseiUer 
d'élever à t'I-'mpire le dut; dfl Neubourg ou à son début l'électeur 
de Uavière. Deux électeurs avaient inême proposé de faire nom- 
mer le roi. Mazarin su garda bien de ropoussur cctlo avauce ; 
mais il recommanda d'obsii'vuràcotégard k- plus grand secrot'. 
Gravol n'était qu'un émissaire d'avaut-garde : les rcpi^n- 
taots officiels du roi, le duc de Oramont <H Hugues de LiouDa. 
partirent pour Francfort bien avant que la diète électorale fQt 
ouverte, l^urs iuslructions, datées du 10 juillet 1657, furent 
rédigées par Servieu d'apràs les Dotes écrites de la main même 
de Mazarin ■. Ou y lit ce passage caractéristique : ■ Dieu, qui 
voit dans le fond dus cœurs et qui lient par sa bonté coux des 
rois en sa main, connaît fort bien que tous les (]e.<4.seins que Sa 
Majesté a formées dans la conjoncture présente et tout*.'» les dili- 
gences qu'elle lait pour tirer, s'il est possible, l'AUinnagne d'op- 
pression et délivrer les princes qui en sont voisins du leurs justes 
craintes, ne prooi^nt point d'une ambition parttculiàru ni d'an^^ 

1. Corresp. poiH.. Allemagne. 1. lîi (juin \C,hT). 

2. Oe> inilru<^(i<in> ic Irouvcnl en ilouble eivnipUJrn dan» la Corrtip. poliL, 
Atlanagne. I, \3U nt \X. On li( rn We dn cti uxoad eimiplnire : i OUo 
inrtrucUon à Ht fniln par M. Sorilrn lur I» Ririnnlret i[iw Je Id kl donn^et 
«nr Ic4 d«pdchR( érrilo« en (]|T«ra \iea\ el A Umag/ii »ar CCllo tnnlliïra. > Cette 
nota Ml de la main m^mi^ de H.ii.irîn. 



» 



DBS TK?ITilTITS)> DE LODIS XIT POUS AORITEE 1 L KMPIBI!. 9 

cune jalousie contre U grandeur des aatros souverains, ayant 
(grâces à la boaté divine) de quoi se œntenter de ce qu'il pos- 
sïde, mat» «ïidem(!Dld(! l'amour qu'uD roi très cbritieudoitavoir 
pour la [>8ix et de l'obligation oit 11 est d'embrasser tous les 
moyens qui la ponvent obtenir et affermir, «fin de pouvoir gou- 
verner avec justice et fnire vivre en repos tous les peuples qui 
sont soumis h son obéissance. 11 ae restera lien à personne de 
douter de cette vérité lursquo cliacun verra que Sa Majesté ne 
désire point la dignité impériale [^lour Elle, mois soulemont d'y 
voir élever quelque prince qui, n'ayant point d'&utres intérêts à 
considérer et h suivre que ceux de l'Empire, n'oit d'autre objet 
qae de le gouverner en paix selon les lois anciennes, sans ren- 
gager h tous prupgs dans des querelles étrangères, comme on a 
bit depuis quelque temps, et sans employer à troubler et oppri- 
mer la chriaicnté une puissance qui n'a M èlabVis que pour sa 
défense et pour y conserver le repos. » Si l'on dépouille ce docu- 
ment, écrit d'ailleurs en belle langue, de la rhétorique habituelle 
aux chancelleries, il signlâ» que sans douU.* Louis XIV, comme 
entrée de jeu, ue va pas poser sa candidature à l'Empiro; qu'il 
travaillera tout d'abord h y porter quelque prince allemand bien 
docile i ses volontés; mais qu'il ne repoussera aucune avance et 
qu'il accepterait la douce violence qui lui serait faito du fardeau 
de la couronne impériale. Pourquoi donc, s'il avait seulement 
voulu évincer la maison d'Autriche, Mazario «ongea-t-il à aou- 
lenir comme prùtendanlluducdcNcubourg', unfortputit prince, 
d'ailleurs suspect pour son ambition remuante et que son ennemi 
intime, son cohéritier rival pour la suocessinn de Juliers, l'éleo- 
t*ur de Brandebourg, ne pouvait accepter à aucun prix? Pour- 
quoi ne pas appuivr de tout le poids de l'infiueuce française oe 
Ferdinand-Marie, duc de Bavière, dont le père, Maxirailien, 
avait été i'âme de la ligue caLliolique durant toute la guerre de 
Treuil ans? Par son illustration, par le crédit des princes ses 
parents, dont l'un, Maximilieti-Heori, était électeur de Cologne 



1. L« dut Pliili|i|>#-Guill(iu[nv ■!« Ni-ubourg luMéila i tiia pire en 18^. Il 
«tiJt ooikIu atM: Luuiï XIV un Ita'M it*ui«l«tiince récii>rMiue pour 1* Kuranlîp 
dn traite il« )lun»l«r. Il «ulra iliiat> U lij^ue du Mut. LuuU XtV loi lli reutlrn 
fu l« Inllc (In Tyri'iif'aA lu |il<i<?f> de Julien, que 1m E»pagiioU il<lent[«nl i 
tw Aépeat dejiui» pré» <lc iiuaraiilu au», Plua tanl. LuuU XIV ion|;ea t le puu«> 
nrau IrAna de P«lo«D'>(ICM'>'l(i6S). VoirSaint-Presl, Bût, dtn trailéi de paix. 
1. 1, p SffT, et fufl», Bec»*il •l'iiutruelions, etc. Pologne {ma6e 1066). 



10 H. TIST. 

et l'autre, Charles-Louis, électeur palatin, le duc de BaTière 
pouvait seul, avec quelque succès, être opposé à la maison de 
Habsbourg. S'il ne fut proposé aux suffrages amis de la France 
qu'en seconde ligne et comme pis-aller, c'est que Mazarin 
espérait que les princes allemands appelleraient d'eux-mêmes 
Louis XIV. 

Les envoyés français multiplièrent les démarches : ils étaient 
déjà assurés de l'appui des électeurs de Trêves et de Cologne, 
grâce à la ligue signée en 1651 et en 1654, que Gravel fit con- 
firmer à nouveau le 24 septembre 1657. L'électeur palatin fit 
grande fête à Gramoot et h Lionne dans sa résidence, bien que 
presque en ruines, d'Heidelberg. Il promit de donner sa voix à 
tel prince que désignerait le roi de France « sans désobliger la 
maison d'Autriche. * Pour s'engager davantage, il voulait être 
assuré, non pas seulement de recevoir une somme d'argent, mais 
d'être soutenu par les armes françaises en cas d'attaque de l'Au- 
triche. Sa voix en faveur du candidat français fut achetée 
60,000 écus comptants. L'électeur de Mayence, Jean-Philippe 
de Schœnborn, qui avait déjà pris une grande part b la paix de 
Munster, voulait compléter son œuvre en terminant la guerre 
entra la France et l'Espagne. Les questions de l'élection à l'Em- 
pire et de la paix entre les Bourbons et les Habsbourg étaient 
pour lui inséparables. En vain Colbert le jeune, intendant d'Al- 
sace, fut envoyé en mission spéciale auprès de lui pour obtenir 
qu'il contribuât k faire entrer Louis XIV dans le corps germa- 
nique comme membre du Cercle du Haut-Rhin. L'électeur pen- 
sait que la maison d'Autriche « feroit toutes ses cabales ■ pour 
empêcher jusqu'à l'examen des ofi"re3 de la France. Il donnait le 
conseil au roi de demander à tenir l'Alsace en fief de l'Empire 
pour pouvoir envoyer ses délégués aux diètes. Enfin, il déclara 
que la candidature du duc de Neubourg n'avait aucooe chance 
de succès à cause de l'hostilité du margrave de Brandeboui^ et 
que l'on devait concentrer tous ses ^orts pour foire réussir 
l'électeur de Bavière ' . 

La candidature du duc de Neubourg ne pouvait être prise au 
sérieux. Celle du duc de Bavière dut être abandonnée bientôt. 
Ferdinand-Marie, fils de l'illustre Maximilien, le héros de la 

I. Corresp. polit., AU»nuisne, t 136, 29 août, 4 Mplembre 1657; t. 138, 
29 juillet, 12 aoAt et 3 septembre 1657. 



Plt« TKMITIVES DE LOUIS XIV POUB IRanEK * L EIHFinE. 



Il 



gnerre de Trente an», était un prînw indWs fX liniore. incspablo 
d'une iDiliative hardie. Il n'osait ni se porter frandiement cûmme 
candidat, ni To(«r ouvertement contre la maison d'Autriche. Q 
n'avait pas encore quitté Munich au mois de décombre. Gramont 
alla l'y voir pour chercher h vaincre s«îs in'ésolulious et n'en 
obtint (]ue de Tagines assurances de se prêter aux désirs <lu r(n 
pour écarter de l'Empire la maison d'Autrîclie. Il ne put pas rap- 
porter un engagement ferme du duc de Bavière'. La mollesse de 
Oft prétendant malfçno lui devait décourager tous ceux qui étaient 
tentés de lui donner leurs voix. L'électeur de Mayence commen- 
çait h fléchir : il prétendait vouloir s'occuper exclusivement de la 
paix au moment même où le ministre autricliitin Volmar suutl^• 
Dait, au contraire, que le seul but de la diète devait être d'élire 
an empei-eur. 

C'est alors que Masarin, peut-être sans beaucoup d'espoir, eut 
l'idée de faire reporter .sur Louis XiV lui-même les voix qui se 
seraient égarées sur tout autre concurrent. La danse des écus 
commença pour acheter ou pour affermir les bonnes volontés*. 
L'électeur palatin avait reçu (iO,000 écus: on lui en promit 
40,(K)0 après l'élection, Le mar^'ave de Brandebourg ne se laissa 
gagner qu'au prix de 100.000 écus. Comme il témoignait encore 
quelque mauvaise humeur de rintorvention du roi de France dans 
les aÎTaires d'Allemagne, Mazarin menaça d'arrêter les paie- 
ments, oe qui aclieva de le rendre docile. L'électeur do Cologne 
était favorable grâce k a-s deux consoillers, les doux comtes 
ÉgoD de Furstemberg, OuiUaunie et François, qui reçurent, pour 
prix de leurs bons offices, l'un l'évêcbé de Metz, d'un revenu de 
12,000 écus, l'autre l'abbaye do Saint-Arnould, qui rapportait 
4.(kX.i écus, L'ék'ctcur de Trêves reçut aussi (ies .sommes consi- 
dérables. On essaya de ramener l'électeur de Mayence par la 
promesse de 40,000 rixdales. Ixs paiements étaient difficilee, les 



I. Correip. polil.. Atlemaçne. I. 133. 27 décembre tOS7. 

t- t Nous o'.in)n>< pu« U'ar^cnl, mnnilo Um.-trln A Urnmonl, mil*, (|nuail Ja 
de*r,iit Vpndra iiu v.iL*>n11e ,^1 on^nic^r loul ce <|Dn j'ai, Tnui nVn [iiunr|urTiuz 
|U« pouf tr\le jfliilrc. > ri iiii an (iliin lard ; i Uiinl qu'on niE pu dirr-. Il m'a 
loujuiin tu li>ipt>{«li>li' de m'ciiit>0rlinr d'uTtni-er )u*ciD'au dernier qunri d'oiwu 
d> nuM arKont iiunn'l J'nl rru tle fiautair faire |iiif (n mojnti rjuelqot! cbaM 
iTAMaUfmii [luur ■•) «vrvke du rnî ■ fCerrtip. polil., Allfmagiif, I. 137, îUiiiil' 
M lO-IT; el l. ItO, 'il juillnl IS.Mi). On n'Mt put. forci île f.rendtR " In leltro 
l'iMerlion de Hsxnrin, Il •^Uill lort ècniiiiine de mi propres denier*. Maii il oe 
I pw «a celle tircoiuUoce eeui de l'ÉUt. 



43 



1. ViST. 



banquiers aUemands n'étant [las hakitiiùs à un si gros inanL 
ineHt du fonds. Ils ne pouvaient TeraM'àta foisplusde 10,000 écu 
Qaelque»-uns re-fusaienl de traiter pour favoriser IVxdusion d'on' 
prinoe autricliieu. Pour peser plus (orletucnt Ltncoru sur W hêst- 
taut«, la roi fit dd voyage b Metz en octobre 1C57. Il offrait de 
faire ri-ntri^r l'Alsace dans le matricule de l'Empire. 

ËQtiii, une vérilablo < camiugne de pressi> • fut entamée pour 
soutenir les prétentions de Louis XIV. Un document, intitulé Rat- 
sotmemetU sur les affaires pii^sentes d Allemagne^ , \x)6ene\r- 
tement la candidature du roi de Franc» à l'Empire. < Le^ prino» 
que l'on p6ut proposorpouroelte dignité, r est-il dit, sont les ducs 
de BsTière et de Neuboui^, et, au cas que le premier la refuse et 
que le secotid ne soit pas agréable aux électeur», le roi pourrait 
actwpter la couronne au cas qu'elle lui fût ofTerlo, * Or, il est 
avéré que le duc de Bavière refuse, que le duc de Neuboui^ «et 
récusé par l'électeur de IlrandelHwi^. < Il semble donc qu'il no 
reste plus que le roi sur qui jeter tes yeux si l'on veut dter oetia 
dignitéàla maison d'Autriche. > Peut-on reprocher à Louis XFV 
d'être un prince étranger h l'Empire? Mais il descend de Charliy- 
maifnc; Il ne serait pas le premier prince étranger choisi jiar le» 
éJecteurs, puisque lUphonse de Caslillea Ricliard de Comouailles 
on! porté la couronne impériale. D'ailleurs, pour devenir pnnoo 
allemand, le roi o*a qu'à tenir l'Alsaou comme fief de l'Kmpire; 
« et il y a apparence que le roi ne refusera pas, pourvu que ca 
soit aux mêmes conditions que le roi d'Espaguu tioutla Francbe- 
Comlé. * Ce « raisonnement, •■ qui émane sans doute do Gravel, 
de Lionne ou d'un de leurs secrétaires, a dCi être communiqué 
aux représentanls des princes et faire le tour di?s clutnccIleria>M 
des États allemands. ^ 

Mai« il y eul aussi des documents imprimés répandus dans le 
public afin de préparer l'opinion à accepter l'idée de la candida- 
ture de Louis XIV. Nous signalerons on particulier trois leltrca 
échangées entre un patriote de Francfort et un gentilhomme 
romain au sujet de la prochaine élection impériale^ De ces trots 



l. OofTtsp polit., ÀlUnMfn», t. 137. M. TGS et suiv. Ét.ril aounfine. Mtii 
tiaai dAiM ce volonM de SvpplétnnUt arec celle meoUon ; « D'AUenugo^ 
OnTo][é«roc li lall» du 10 «eptembra 1GS7. > 

I. Oormp. polit , Allemagne. (. 137, te|il«iiibre 1657. fol. 7S8 t 7S1. La pr»- 
utèr» letlrp île l'Atleiiiand eit tOïaustrile tl en ilutieii. ha rf|ionM du gciiUI- 
lioinme italien romain ut iuprinite en iulien et Inuluiie en fUn^ei» ; elle mt 



Bxs rEitTiTins ne Loots in rorn arbitke a t. ehi-irr. 



13 



documents, récrit du gentilhomme romain est de beaucoup lo 
plus i&téressaat, parce qu'il cuntîeal la théorie française sur 
l'élection. L'auteur \>0He on principe qu'aucune affaire n'esl plus 
grave pour l'EuropL* eutiiiro que le choix d'un empereur, mais 
que Jamais réloctio» n'a été plus malaisi«. A ii*êcoutur qu» le 
collège électornl, deux candidaLs seuls ont des chances : c'est le 
duc de [laTière et le rai de Hongrie (le futur empen-ur lAipold). 
Ce dernter doit être exclu à cause de son âge et de son indinalioD 
pour l'Espagne, Le duc de Bavière manque d'initiative, il est 
ar«ugtémvnt gouverné par sa mère et son chaucolier, Curl£. 11 
fout donc choisir un empereur en dehors du corps électoral. Ptu- 
lieurs princes pourraient prétendre à se faire élire : en Italie, le 
doc de Savoie, s'il avait plus de maturité ; le (^nd-dnc de Tos- 
cane, s'il aimait moins ses aises ; le duc de Modène, qui descend 
d'une race illustre; en France, le duc d'Orléans est paré do toutes 
lei vertus. Le duc de Ncubourg serait le seul qui pût être nommé 
il les électeurs s'acharuaient à choisir un prince allemand. Mais 
aucun de ces princes n'a la puissance suffisante pour soutenir la 
d^nitê impériale dans le lu^^tre qui lui convient. 11 faut éviter 
avant tout que le pit-stige de l'Empire soit diminué, qu'il devienne 
ttu objet de mépris pour l'étranger. Dès lors, l'Kmpire ne peut et 
ne doit tomber que dans les mains du roi d'Espagne ou du roi de 
France. « Or, la Providence de Dieu nous a devancez, puiitque, 
l'Empire étant depuis trois cents ans dans la maison d'Autriche, 
Dieu a pei'mis que le roi des Romaiiis soit mort el l'empereur 
ensuite, dans un temps où le roi de France est puissamment armé, 
a&k que les électeurs soient en pleine liberté d'interrompre à la 
maison d'Autriche cette posisossion longue et désormais trop péril- 
lluM «D laquelle die menace déjà de se vouloir maintenir par la 
force des armes. > Sans doute, le choix pourrait se porter sur 
l'archiduc l^pold*. Mais lea partisans de la maison d'Autriche 
voudraient &ire de ce prince un simple dépositaire de l'Empire, 



nilie d*ODn wninilc InUif du rorrtttpomlnnt dn Fritncrirl, crIIr-cI en françnU 
Mnltment. Le teiil ln<llro «nr l'aulfur dn cet ^crlti dp propagandR ctt dnnnr 
d«M la MrondR Irllrc va ra* Urnict : 4 II me Ntuvicnl qu'en 1<I37 j'uui ordre 
du fr.ii mrillnal do KlrJiclIiiu d'uurnlnnr I» uulIltiMi ijui *a rencantroicut en 
rtlcctlan do l'Kmpprcui, ipii HoU mort... i> L'ialeur élail donc an <ir. m publj- 
tlitM aux gASOn <la Richetiru qui lïuil pnisi! nu icrfice de Uaxarin. Cet écrU 
lal rtpandu ru AlUmoguc en plmieurt langue*, comioi: le fut |)lu* tard le 
Tr4M 4e* droit* «te fa rWiio *ur di*ert ItlaU de k inoaarchie ctpiignole. 
1. Le t-tlncu ip- Ltut, l'oaclt dn jeune l.6o|iotd ipii fut tia em|ieraur. 



a E. TIBT. 

jusqu'au jour où son neveu, devenu roi des Romains, serait en 
état de prendre la place de l'oncle. Les partisans de l'Autriche 
foct craindre à l'Empire une guerre éternelle si la dignité impé- 
riale est enlevée au chef de leur maison. Mais n'est-ce pas cette 
même maison qui a perpétué la guerre, soit en s'associant depuis 
trente ans à toutes les entreprises des Espagnols en Italie contre 
les Français, soit en cherchant à unir de force ta Pologne à ses 
États ? < Ën&n, je dis que, pour rendre à l'Europe le repos après 
lequel elle soupire il y a si longtemps, il faut séparer l'Empire de 
la maison d'Autriche et luy laisser démesler sur son compte ses 
entreprises et conduire toute seule les machines qu'elle dresse de 
tous costés. Qu'elle demeure avec ses amis et avec ses ennemis, 
et, si cela se feit cet hiver, la paix se fera. h& maison d'Autriche 
ayant ainsi reçu l'exclusion, U ne reste que le roi de France 
capable de soutenir le poids et la dignité de l'Empire ; et je crois 
véritablement qu'en ces temps diiSciles et malheureux Dieu a fait 
naître ce prince-là pour la gloire, le rétablissement et les délices 
des hommes. » 

Suit un éloge pompeux du roi, de sa taille, de sa figure, de sa 
beauté, de son port, de ses lumières, de ses vertus ; un éloge du 
cardinal Mazarin, qui rendra l'Allemagne « puissante, victo- 
rieuse et jouissante d'une profonde paix... Ceux de l'Eglise 
romaine et les ecclésiastiques seront contents et satislaits de son 
gouvernement et ceux de la protestante ou réformée n'en senti- 
ront pas moins de douceur, de repos et de sûreté, pouvant les uns 
et les autres juger de ce qu'on fera en leur faveur par ce qui se 
pratique en France... La guerre contre le roi d'Espagne n'a rien 
de commun avec l'Empire, sinon en ce qu'on fut contraint de 
rompre avec l'Einpire pour défendre les droits et le bien de l'élec- 
teur de Trôvfâ ; et il semble que la justice de Dieu et celle des 
hommes veuille que celui-là soit empereur qui est protecteur de 
l'Empire et de ses libertés... Concluez de là qu'il est au jiouvoir 
des Espagnols d'avoir la paix, s'ils la veulent, puisque les Fran- 
çais ont envoyé jusqu'à Madrid pour la demander. Chacun sait 
présentement sur quel article s'est rompu le traité et d'où est venu 
l'obstacle. Le monde, qui ne pouvoit avant cela se persuader que 
la France voulût la paix, en rejette d'une commune voix l'éloi- 
gnement sur les Espagnols. Ce n'est pas mon intention d'en juger ; 
mais, sacliant comme je sais, par des raisonnements infaiÙibles, 
celle du cardinal Mazarin et connaissant la générosité de la 



DIB TBUTATlVTtS UK LOUIS ITV PORB ASRtVKIt A L EMPIGR. 



ts 



France, j'osorois bien assuror que la premtèro action qu« feroit 
le roi, s'il ètoit Uevit à l'Empiro, soroit do rcudre ses propres 
électeurs los juges d63 difTérens qu'il a avec le roi d'i^spagne et 
les arbiti-es da la guerre et de h paix entre les deux coaronnes. » 

Ainsi, ce manifeste cherche à faire voir en Louis XIV le can- 
didat de la paix géuérale, le protecttiurde ta liberté de coiiscienoi, 
la défenseur des libertiiis germaniques: iliusinue même l'inteatioa 
d'élever les électeurs à la dignité de médiateurs des traités et 
d'arbitres entre les cgurounes. On ne pouvait employer d'argu- 
ments plus décbilji pour persuader les électeurs et pour gagner 
l'opinion, Pour iasistôr encore plus forteincut sur cvtte cousidé- 
ration toute-puissante de l'iutérét des électeurs, l'auteur de la 
seconde lettre adressée de Francfort au geotilhoinme roroaio pro- 
|K)W de passer de la politique h l'histoire pour prouver que la 
tmison d'Autricho n'a travaillé depuis trois cents ans qu'à 
te rendre CJStnpire héréditaire el qu'eile a cioié pour cela 
toutes sorlea de droits. L'Empire a été fiorissant tant que sa 
puissance a été tempérée parcelle des électeurs; sitùtque la mai- 
son d'Autriche s'eu est emparée, elle u'a plus songé qu'h ses inté- 
rêts particulier» 1 Les ompei-eurs n'ont réussi & se perpétuer qu'on 
bi^ut uommn' de leur viraut leur fils comme roi des RomalDS. 
Auparavant, les maisons de Saxe, de Francunîo et du Souahe se 
sont succédé k l'Empire, puis les Luxembourg ont disputé le 
trône aux Habsbourg. Les électeurs doivent saisir l'occasiou de 
briser leurs chaînes et de donner la paix à l'Europe. 

Malgré l'argent reçu, les électeurs n« muntrèreol pas beau- 
coup d'empressement en faveur du roi. Us voulaient bien l'oppo- 
ser au maître qu'ils se donneraient. Ils oe voulaient pas l'avoir 
pour maître. L'électeur de Mayenco déclarait à Gravel qu'il ne 
voulait pas prostituer sa voix ; il s'entendait secrètement par 
l'untremisc de son confesseur avec le confesseur du jeune archi- 
duc Léopold. 11 avait donné des gages aux deux partis pour ne 
pas se trouver pris au dépourvu, quel que fût le choix dos lec- 
teurs. L'électeur de Trêves redevenait favorable ii la maison 
d'Autriche ; l'électeur de Saxe n'avait jamais cessé de s'eu mon- 
trer partisan. Le margrave de Brandebourg songeait à se tour- 
ner du côté vers lequel penchait de plus en plus la balance. 

Les électeur» arriveront à Francfort du 111 mars au 1" mai. 
Léopold, roi de Hongrie, fils do Ferdinand UI, s'y fit accompa- 
gner par aou oncle, l'archiduc Léopold. Los électeurs de Bavière 



ID a. Ttsr. 

et «le lîraiidiAourg so firent repi-t^nliT par d«« enToyée. 
miuistn! eifpaguol P«iiaranda et l'autrichien Volmar firent 
loun «Sorts pour réduire le r61e de la diète au choix ' <riin boj 
empereur. > lis s'opposèraot % toutes les leiitativt>H de l'élucteu 
de Mayenc» pour faire traiter eo mâme temps la qu(!stiuu de 
paix. Les caudidatuix>s dix ducs de itavière «t de Noubourg' 
btaiont dtiliuilivL-iiiuDt écartéee. Le succès de l'ardiiduc Léopol^^ 
n'était pas douteux. ^H 

Mazarin savait faire bonne mine à mauTais jeu. T(Hit en retii- 
saot leurs voix au prince firaiiçals, les électeurs u'étaiuut pas 
f&cbés «le profiter de son appui pour re»troindtyi uqa fois d« plus 
les prérugativi's du priuoo aulrichiou qu'ils allaient éluvvr ^B 
l'Empire. Les négociateurs français, abandonnant résolument m^ 
candidature du roi, nesoDgèrent plus dès lors qu'à imposer au 
futur empereur des capitulations qui lui eidèreraieot U>ut« auto- 
rité en jûleinagne et b grouper en uuu Ii{juc placée sous lu patro^ 
nsgi! français tous nos alliés d'Allemagne. Le 1 r> mai 1U58, tira'^f 
moni ctLiouDc firent adopter par la diète un conclusum ea verta^ 
duquel il était interdit à l'empereur de fournir aucun ï^ecoursaux 
Espagnols, soit contre la France, soit luèine contre ses alliés les 
Aiiglai», ou qui a < esté lo fort du la difficullé*. > Léopold, ayant 
accepté les capitulations ( lu juillet lOûS), fut enfin élu à Frano^^ 
fort lo 18 juiUet 1058. ■ 

Quelque» semaines plus tard (15 août], la ligue du Hliin fut 
conclue. La question s'était posée au dernier moment de savoir* 



1. Camip. jiolil.. Alltma}ne,X, III, fol. 118 cl lïO. P«saranda «ITril jutqu'l 
1liO,l)MO#riih iiucikml'iË^un de l'unlt'CDberg, coaMlllor de l»«ol«iirdeC4tl(i|;ai 
i runditioii i]ul[ omseiitK i suiifirimur ilu (tmctiuum los Muli inoU t (oeden- 
lui Gilliue. t Le uuate du |>a|ie no *uul«l pa» non ptuB iiue celle défonie l'éten* 
du »ui Auglflis. L'6kt'lïur de llruidcbour): riitllt tout fuite miiriquer ea dcmiin* 
clanl i|ue lo lulur empi^rour nil tenu do mtmn de n'aiMtlrr ni ilirL-ctemenl ni 
li)direcl«ucnt li<ii eiinomU du roi de hui^c. L'élecleur |inlalia 111 de ticilento* 
Mrtici cuntru la duc de lUrièn. tqui il ne |iou«ait |)>rdnnncr d'anilr di^poulllti 
«nu |ièr« d'une l'arlie du Pulallnat, en TMtu du Itaîté de Muni^ler. Connue le 
darlour Oiel. i;liurg* Je rejireMoter t« duc de Bivitre, ré|iliquait qur lu <oait- 
etUon fiait ju»le, puiiqu'olle utnît élit dtcrétéo A lu luttc de la misa nu ban de 
l'Empire de l'âlecUur palatin, celui'ci, pour défendre la mimuifc de lun pire, 
icta «on «ncilar i liUle de «on conlrodicluur. Prucédé) peu dlplomatlquet I Ot 
qui i^tail pin) coiiCunne A U Iradition, cv fui le dlncr de 150 cuuierliea deui 
lahlc* oITorl A rtH:i:ji<ioii du eoncituum pur le tnircclial de Grsinont BUi 
membres du cougrtf*. Il e*l, d*ailJeun, mu* ceaie queullun. dan* luule «Ite 
négiiclnlloii, d'ar^eilt poyi el de i loug;ue* burerie*. i Le eQneluivm m que«livu 
«Ht dcTonu i'artkle U de ta cjipilulalluu do L«iu}>ald. 



'ir^ 

''m 



: 



si la FraDCâ dovait uu non culrcr dans la ligue défensive des 
princes et électeurs de l'Ëiniiim pour l'ob^-rvation du traiti^ do 
MBiistW. On alléguait en faveur de la négative que le nouveau 
traité ne pouvait donner h la France plus de garantie» que le 
traité de Mnnaler, qui avait ét^ udieusemont violé ; qu'on désobli- 
gerait la Suède et le Brandebourg et que l'on courait le risque 
â*«& venir aux mains arec dos plus anciens et plu.« sûrs alliés, si 
les Suédois attaquaient quelque État de l'Empire que nous nous 
serions obligeait défendre; que la France, ayant les mains liées, 
De pourrait plus attaquer lo nouvel empereur autricbieD ; qu'enSo 
cette crainte de voir les Français porter la guerre en Allemagne 
était un des plus puissants motifs pour les électeurs de ne pas 
choifiîr un prince autrichien. On faisait i-emarqut^r, d'autre part, 
que la France avait un puissant intérêt à attacher à sa fortune 
des princes qui lui fourniraient les secours stipulés dès la pre- 
mière réquisition ; que ces alliés seraient très nécessaires au roi 
pour lui permettre d'atlaquer l'empereur s'il était choisi dans la 
maison d'Autricbu; que la nouveau traité serait comme une con- 
firmation nouvdlo do l'acquisition de l' Alsace et qu'il pourrait 
(Crvir h la défendre en cas d'attaque. 

La contre-partie de l'élection de Léopold, qui assurait à l'Au- 
tricbe la prolongation de sa préséance en Allemagne, fut donc 
précisément ta conclusion du traité de garantie mutuelle* des 
traités de Westpbalie en vue d'assurer aux contractants l'inté- 
grité de leurs Èlatâ et de les prémunir contre lus passages de 



1. Voir Cortftp. pohL, JHcninjn*, I. 131, fnl. Î79, L'èltctci» dn Mo!*ni-L', 
l'>a d«* ptlacipaol proiuolnDri, de In ligne Aa Rhin, «Tait cd iriilionl rlili>« de 
OMïtiliisr un filât rtd^riil allcmund nn ilc-liorï de l'Knipirc. Il comprit (|an m 
tlgna n'atall auruao «hance de dur^E ni cite nn «c mcttAll «oiu la iin>trr,tioa de 
riulrkhc ou >l« la Frauee. Il cboltll r.fUe de la Vnnct comme plu* elDcace. 

L Voir Pillirom. B*\lrag vit r,«sehicktt de» Rltelnbitnittt von lOM, «1 Joa- 
eUm, /h« EntaiicMung ila Hhrinbundet von 1Ëj8. iJtt Allemand» «outienncot 
ifae la Il|^e du Rlil» Tul nue œuvra ncluslTemrnt ntlnmnnde; qu'elle n'n iti 
Mobaité» d1 pr Litiiia XIV ni par Haiurln «l <|ue l'nrganUitinn du celle ligu« 
U fui p*t un tf1om|>li« foat la |K)l!lii]iie frniiçalse. Sann dnuln, pnndnni leule 
h ptriixle étcclorale. du ni(ii<> d*»rll IGi7 an mnU de Jiilllnl l'-'iK, Cinrnonl et 
uâoM relardfrenl ou ntrMerent la coucluiiinn de la liiCK-V pnrci; que Louii XIV 
iroulalt à ra momani te Talr* donneur l'KnipIre. Main, de 1Q5I A 16&T. Gtavel 
Ktll tlè cbargè de conclure coolri: l'empereur dus lîguea de princes d«ii deax 
relk|j;ioai H, aprta l'élection de Léopold, Uamrjn n'eul plu* en vue lue d« r«8- 
Ireindie son ponioir. La kclure do la Cofretpondancf ptilili^ur ne Ulite 
uican doute i c« tujel. Voir un cotnpl«-ienda de H. A. Waddinijlan dans la 
llnmr AIKot^tm, I. XLII, p. »h. 

Ritv. niwon. LXV. 1- faso. 2 



48 



a. TtST. 



trempes, les logemiMits et les n^uisitions des g^ns Ae guerre. Las 
dUTàruots pactes de 1651, de 16M et de 1657 fureutW (irenJères 
Gauchos de. cetle garantie Donv^. Letx>i de Ruade BTail ooDCla 
une alliance défeusivo surdos bases aDali>gues avec les trois ducs 
de riruiiswick-Lunebourg et lelaiidgrarede HesK-Cassel (1651). 
La ligue du Rhin du 15 août 1(J5S est, pour ain» dire, ta fuejoa 
des dieux ligues particulières des catholiques et d<« prut»ttaals 
E0U8 la protuctioD du nii de France. Les princes alli»naDds y font 
une plao) à la Franat pfirce que sou roi Mit un puissant patroQ, 
qu'il maintiendra leur indépendance contre un retour ûfieDsirda 
la maison d'Autnch» et que, d'ailleurs, il les paie bien. Ainsi, 
dupui» WLsinar et lirémc ju»|u'ii Ueidelburi; et Neuboui^, en 
passant par le Brunswick, la Ilcsso, les Étal^ de Cologne, da 
Trêves et de Mayeuce, une cbaioe ininterrompue de conCidérèa 
entrait dan» la dietitéle du roi de France. 

Jamais encuru la France n'avait exercé, k l'oocasioD d'une 
élection impériale, une înflueucu aussi prépondérante. Maxario 
eut Tcspoir d'arracher aux Habsbourg celte diguîlé imp^ate 
qui semblait Ûxee liérédilairement daus leur maison depuis plus 
de trois siècles. Comme dans une élection ponUâcate, il eut ses 
candidats Irauçais, les ducs de Meubourg et de Bavière, qu'il 
soutint longtemps. Il caressa même un moment le rêve de faire 
asseoir sur le trùoe de Gharlos-Quint celui à qui il préparait, 
d'autre part, U< colossal lièrilage de la couronne d'Espagne. La 
propagande en faveur de Louis XIV fut active et habile. Faire 
de l'ùluvalion à l'Empire de cet héritier de Cliarlemague le gage 
de la paix publiqui; en Europe, du respect de tous les culles chr^ 
tiens ot de l'indè^tendanoe des électeurs, qu«ls arguments pou- 
vaient aller plu» directement au cœur de ces princes si soucieux 
de leur prestige et de leur indépendance? Mais Louis XIV fîkt 
bien vite devenu pour eux un maître plus autoritaire et plas 
redoutable que l'hèhlier dégénéré de Charles-Quint. Ils crai- 
gnirent d'être réiiuitâaumème étatdedèpendaitco que la noblesse 
française. Us noniméreut Léopold. Le sage Mazarin réusait du 
moims à lui imposer des coudiliuus et à placer sous le patronage 
de la France les princes de l'AIIemague rhénane qui fiïnnérent 
jusqu'il l'époque de la Révolution de i>otits ÉlcUs tampons entre 
les deux pui.'isartt^s monarchies des Habsbuur;^ ut des Bourbons. 
Ils étaient grassement payés pour être bien protégés contre tout 
empiétement de la maison d'Autriche. Leur ambition n'allait pas 
plus loin. 



M LAD 



AMin» « LCHPIia. 



W 



II. 



Hugues de Lionne fut très attentif à toutes les relations aT«j 
leo princes de l'Empire. Il les connaissait bien pour les avoir 
pratiques lui-mômo. soit à l'aurore de sa carrière diplomatique, 
lorsque eu 1611 Mazariu l'euimeDa oommc secrétaire à Munster, 
8oil surtout lorsqu'il représenta la France & Francfort lors de 
l'élection de Léopold. 11 crut que la France devait surroillor do 
près les aSaires d'Allemague, s'y attacher une clientèle nom- 
hnase et puissante, y uoutre-balancor l'influeiice de la maiaoD 
d'Aulrichti. Avant la ligue du Rhin, les électeurs qui traitaient 
a.\ec la France s'engageaient à seconder • les desseins que Sa 
Majesté aTaitfonnéspuur le bien de riîmpire, > formule très éla^ 
tique qui pouvait se prêter à toutes les ambitions de Louis XIV. 
Depuis la conclusion de la ligue de Mayence, l'efTort du ministre 
se porta à étendre et à renouveler cette ligue. A deux reprises, 
le 31 août 1C61 et le 25 janvier 1663, l'abbé do Gravel la fit 
prorogera Francfort, chaque fois pour une nouvelle piViode de 
trois ans. Mais déjà la déliance augmente de la part des Alle- 
mands. Louis XIV est obligé de consentir à des sacrifices plus 
lourds. Le traita de Paris, conclu le mai 1C64 avec rélecleur 
de Brandebourg, le traité dtt Saînt-Ocrmain du 22 octobre 1660 
avec l'électeur de Cologne, et ceJui de WurKbourg du 28 février 
1667 avec l'électeur de Majeuce, ne parlent plus que pour 
méniotre d« la ligue du Khiu, mais rùglent un détail les subsides 
que devra fournir le roi et les levées qui pourront utre faites sur 
les terras des électeurs ou les contingents qu'ils devront mettre h 
MO service. Ca sont des alliaucas istjlèes qui se substituent li un 
fkisoeau d'alliances. Qudques-uus des alliés gardent une fidélité 
h toute épreuvo : les électeurs de Cologne et de Bavière en parti- 
culier. D'autres sont volages au gré de leurs intérêts, reçuivoul 
de toute maiu ot lournent à tous les vents : ainsi le margrave de 
Brawlebourg et l'i'lecleur palatin'. 

L'électeur de Saxe. Jean-Oeorges II, avait montré en 1658 



1. Voir dan* Saînl-Pivil, HUt dft (nriM lU paix, Ici irdl^ rnnclut «tcc 
In Hrauant mtm 1G4S ni Ift'îT et ipécialenent re Irailé aioc IV-Icctcur palâ- 
Un. L 1, p. vy,. 

i. Voir loi» cet Ukltêi Mil dan* galnt-Fml, Hkt. 4tt (railCt dt paix, U I, 
th. IV, cbJip. XII, «t liant DDDant, I. V), pari. it«ttn, et 1. VII, p»t. i. 



M ^^^ H. Tisr- 

beaucoup de loyalisme aulridUoD. Ceimodant, il n« fut pas 
récompensé de son z*^e selon ses e3pèrau<:e8. L'empereur LéopoM 
refusa dV>])ou»«r sa fille. Par déjiit, Jean-Georges songea h se , 
rapprocher de la France. 11 voyait l'élecleur de Brandebourg 
multiplier le» coqui'tturii's uuvcrs Uuguâs de Lionue depuis 1662 
et m préparer k acoûdcr ii la ligue du lUitii ; t'élt-ctour de Daviére 
sollicitait riioDtieur d'eu faire partie. Il était dangereux pour La 
Saxe de rester isolée et même de se laisser prévenir. Jeaa-Georgt^ 
cuvoya à Paris son nouveau ininistro. Clongel, fort liostile k 
l'Autriche, pour demander de l'argent el offnr en retour l'eaga- 
gemeot de n'assister « personne qui résisterait aux intérêts d« 
Sa Majesté très chrétienne. * llreçuteumÂme tempsàRatislaonne 
un envoyé fran^ts, Hobert de Gravel, :^igoeur do Marly. L'au- 
dience, en préstrnce du ministre suocloi» Gersdorf. que rêlecteur 
ne voubtt pas mettre dans son secret, fut d'une froideur bauale. 
Mais, au moment <ie se séparer : « Je vous prie, dit-il & Gravel, 
de bien me recommander aux bonnes grâces du roi votre maître; 
je vous en dirai davantage un de os jours. » Après co téanoi- 
gnage de dispositions fevorabW, Gravel pouvait imposer ses 
conditions. < Pourvu qu'd ne domaudu aucun argent, il ue sau- 
rait arriver aucun mal de traiter une alliance avec lui relative- 
ment à <:elle du Hhiu, » écrivait Gravel au roi. Jean-Georges 
traita sans en référer aux Etats saxons, en prince absolu'. U 
nomma le chanoine ReifTenberg président de son conseil el la 
chargea de signer avec Grave] un traité qui porte la date du 
!i-liiavrii 1004. Ce traité est un corollaire du celui de Munsle»" 
et lait prévoir l'accession prochaine de l'électeur À U ligue du 
Rhin '. Il eet complété par les articles secrets que nous publions 
ci-contre d'après l'original des aisiliives des foires étrangères'. 



Traiié de Batisbonne, du li arril IfiHf, tmtr« laui* XIV 
et PBlecteur Jean-Georga II de Saxe. 

IBTICLKS SKcnins. 
i. Le Roi s'engage à secourir l'Électeur en cas qu'il vint à 4tra 

I. Voir illena^ne, t. tTÎ, !■ eorrcipoiidince d* Grtrel i*M le roi. TuaM 
celte né)(ac!ii[iun u Hé oipoiéc par U, AHerbacb, la UiplomalM t^nçaU» H 
la tour de iare lU 1â41 à tfiiiO, p. tlT ot unit. 

1. Uuinunt, I. M, part, m, p. 7. 

3. Le IntiU <•! en ilciu Unijui», «llcniuDd el traattlt, Laa slgaature» sool «n 



OIS TCVUTITËA nt IMtt irV POOH ARSITBR a L'ËHriSB. 31 

ijito a l'occasion de la présonle alliance « ou sous quelque autre 
préleilo quo ce puisse fitre. > 

2. Le Seigneur Électeur voulant aussy donner au Roy dos témoi- 
gnages réels (îuiiésir qu'il a do lier une talroitc amitié et d'entretenir 
une ferme correspondance avec Sa Majesté et luy donner sujecl d'une 
entière conl].iRce de sa ronduile. s'oNl^e, en foy et parolle (l'Électeur 
«l do prince, d« ne riRn faire nj par luy-mesme. ny par ses mitiiatres, 
dans toutes les a^&eiiihlL-e^ qui se pourront tenir d;tus l'Empire, si^it 
gèilérallcs, soil p^irliculiorcs, ou sous quelque autru nom c|u'on leur 
puisse donner, qui puisse cslrc contraire ou tourner au préjudice du 
BCrfiee du Roy et de sa cnurunne, et promet de donner en toutes 
dioses son âulfrage ou de la l^ire donner par ses ministres dans les- 
cËles asseniblée-s, conrormêmenl aux lionnes intentions du Roy, les- 
quelles luy seront toujours sincércmeot confiées de la part de Sa 
Ui^esté. 

3. S. A. É. se promet, qu'en considération des grandes despenses 
qu'elle a esté ohligéedefoiredepuisquelquesannéesen^&etjusques 
i ee qu'ElIcayt pu reineltreses finances en meilleur estât, Sa Majesté 
■on agréable d'iicctiriier à Madilu Dame l'Ëk-ctrice et à M. le Prince 
Siecloral quelque gratiflcation annuelle, laquelle Sadile Altesse Élec- 
torale laisse â la générosité de 8a Majesté. 

Signé : Robert m: Giutël, Pbil.-Luui» baron de RuiTiLxnEuo. 

Ces articles secrots contiennent un engagement quu Lionne 
n'avait pas osé însùrer dans La ligue du Rhin, c'est la promesse, 
de la part de l'électeur, de donnei' son suffrage < conformément 
aux bunutfs intentions du roy. >• Si le roi se portait candidat à 
l'Empire, Jean-<]ieorges s'engageait k voter en sa faveur. Ainsi 
reoomineDce h percer dans les négociations nouvelles le désir du 
roi â*oht«nir la couronu»3 iuipôriale. 

L'engagement obtenu de l'électeur de Bavière, Ferdinand- 
Marie, le 17 février 1670, fut encore plus strict. La candidature 
de Louis XlVy «^tait posée nettement. C'était le moment où l'Eu- 
rope commençait h s'inquiéter de l'ambition croissante du roi et 
esquissait contre lui une première ébauche de coalition. Si l' An- 
gleterre et La Suède sa tournaient contre la France, il était urgent 
de regagner en jUlemagne <1<> nouveaux amis. Hugues de Lionne 
venait d'opérer avec l'Autriche ce rapprochement qui avait 

lovble, e>s(-*-dlre «u ba» d« etiaciia des deut leite». lA ralUlutlon a élé doo' 
t»c p«r l'èlecUur le 14 avril 1664. 



SI H. nsT. 

amené le traité Grémonville du 20 janvier 1668 pour le partage 
èTentuel de la succession d'B^pagne entre les deux principaux 
intéressés. Le duc de Bavière ne pouvait bouder la France sans 
rester isolé; il ne risquait pas, en répondant à ses avances, de se 
brouiller avec l'Autriche. Le prince Ferdinand-Marie, électeur 
de Bavière depuis le 27 septembre 1651 , époux delà belle Henriette- 
Adélaïde de Savoie, qui était toute déclarée eu faveur du parti 
français, s'engagea dans la nouvelle alliance plus à fond peut-être 
que ne semblaient le comporter les traditions de sage pondération 
habituelles h. sa politique. La raison de cette volte-face, c'était le 
projet de mariage de sa ôlle avec le dauphin <. Le traité du 17 fé- 
vrier 1670 contient les promesses ordinaires d'alliance défensive, 
de subsides, d'indemnité territoriale, dans le cas où la France 
partagerait avec l'Autriche la succession d'Espagne, de mariage 
du dauphin avec la princesse de Bavière lorsque tous deux 
auraient l'âge'. Le duc de Bavière s'engageait, en outre, à favo- 
riser l'élection de Louis XIV à l'Empire : 

Article séparé et secret signé de ta part du Roy touis XIV 
avec l'Électeur de Bamère, le 17 février 1670. 

Quamvis in arlicuio quinto secundi membri^ tractatus nomine 
Ghrislianissimi Begis et serenissimi Bavariae Electoris IT" Tebruarii 
anno \ 670 Monachy initi, in lerminis taulum gcneralibus InLer par- 
tes contrahenlcs advenicnte Imperatoris morte convenlum sit, ul in 
punclo fliturae Electionis Régis Romanorum aul Imperatoris conjunc- 
tis consiliis et viribus id procuretur quod ad ulriusque partis pacis- 
centis intenlionem suo tempore videbilur esse consultum, hoc tamen 



I. Voir Gorreip. polit., Bavière, I. IV, et A. Leboa, Recueil det ùtstrucllorts, 
Bavière, etc. (Inslmctions de GraTel, année I66S). 

i. Le traité du 17 téfrier, étant secret, n'a pas été couiiu de Dumonl. Il est 
Indiqué |iar SainlPrest, Bisl. det traitis de paix, L 1, p. 484. Nous ea avons 
copié sur l'instrument original les stipulations relatives i l'élection de Louis XIV 
à l'Empire. 

3. L'article 5 de la seconde partie du Irailé publié portait ceci : * Ad casam 
morUs Imperatoris quod altinct, slcut ille ex duplicl capile taies differentlas 
causare potesl, quae sunicieiites &lat ad Imperium Romanum et Uilam Chris- 
tianilatem novis turbis imptiraudam, nimirum ratione Elcctionis dovI Impera- 
toris, et succes8ii)Dis in Provlocias Ausirlacas, ita inter contrahentes partes 
conventum est, ul in puncln fulurae electjonU Régis Romani aul Imperatoris 
conjunctis consiliis et viribus, Id procurclur quod ad ulriusque partis pacis- 
centis iotentlonem soo tempore videbitur esse conaullam. > 



ARS TexriTITES DE LOUIS XIT PODH «ItaiTRa i LGUI-IHi;. 



23 



I 



praVMQti, soparalo, cl »ecrcto arliculo gui ejusdcm ac praediclua Irac- 
lalUâ vigoris et vîrliilU erîl, lia utriiique declaralur, rjuod ciica iie^'O- 
lium ftjluraeeleclioiiis Hegis Romnni, Rex CliristianissîmuselSere- 
ni^mus Eleutur Bavariae in lioc uoiixuiiliaiU ad praeravend.t'^ novas 
diêseoliuncs cl turbas in Itnpcriu plurimum profitliiriim, uL cunjiinc- 
Ui coDsiliis impeilraiil, ne, inounte Imperaton', Wex Komanorum eli- 
galur, niai praeler ulriusque parlis praesenlem iiUenUonem quo lein- 
poro praegnnnLi«simae cau^ao aliud suailoanl, un quu Intel- su IMe- 
lidstcne commuiiicabuiit cl cotivmiioiit ; Impurio aiiUsm pur tuurLuru 
ImpcraUiris vacanlc, ulraque pars pro vjribus suis allaborabii, ul 
Klwtorilo colle^ium pro lîhrislianisairaa Sua Majestate in Imperalo- 
rem, pl Seponilate Sua Klprlorali in Rogeoi Homaniim eligendis Jis- 
p(j[ialur, nisi ralionabiiiter, <il qu.i»i [tro ccrto videanl omiium 
utriu^uo oporam inulilum roru, de i|uu ulrinquo ubi supradicLum 
âincrra «t bona lldo commuiiicabunl cl intcr se cunvenieiil. Iii iiuo- 
niiD omnium fldem haec deciaralio foederis ab utriusque Partis pie- 
nlpotentiariis. . . , fie. 

.$^1*^ .- Robori DK GaivEL, llcrmann-Kgon i>k Pdastkuhebo, 

GasparSi^ifiiir»*. 

Ainsi, le rêve de l'Enipiro se prï-cisiût daus la pensée de 
lioois xrV. Ses ministrus le Iraduisaient en formules politiques, 
ea engag^'inoiits nettement défini». Le roi avait Irouvè, pourainid 
diri', daii» l'iifritage de Mazarin le souvenir des tenUitiTes avor- 
tées de 1658. Il songeait & les recomtneticer & l'occasioii arec de 
Qoureiles chances de succàs. Empêcher TeDipereur Léopold d'as- 
surer dan» sa famillo l'iit^rilage de la couronne impériale par la 
désignation anticipée d'un roi des Itomaius; s'il venait h mourir, 
obtenir des électeurs qu'ils portassent leurs voix sur le roi da 
France, telle fut, pendant plus de vingt ans, la politique de la 
cour de France. Mazariti, Uugues do Uouuc et Arnauld de Pom- 
ponne l'ont pratiquée avec la même suite obstinée toutes les fois 
qu'une conjoncture favorable semblait se produire. Si la guerre 
de Hollande rejeta pourun avenir plus lointain ces espérances de 
ilominalion impériale, elles furent reprisât dès que la paix de 
Niméguc fui signée. Louis XIV était convaincu que ce traité 
Bmrquait pour jamais la décliénnco de l'Empire. Il crut le moment 
venu (le le cnnS.'Hiuer au profit de la France. 



1. Ratifia la 38 atril 1670. 



M 



B. Tjisr. 



m. 



Lutm XIV, dit SaîDt-Sitaon, « ue oon^dérait Di Etal, ai rie, 
ni replia jiuliltc, ni fui jurée b l'égal de son honneur... » A partir 
de la lin de la guerre de Hollande, il mît son lioniieur à vouloir 
imposer partout son autorité. L'Europe était k sus pltMls; il con- 
sidérait (wmœe sou dvvoîr de la gouverner o» maître, pour lo plus 
grand bien du mundo chréti«n. afin i'y bire régner à jamais une 
paix qui ne serait pins troublée. Louis XIV n'a pu, coroma 
Napoléon, consigné par écrit ses grands dussuins. Li» »ou%'erain8 
dfi 8tm temps ne tenaient pas lu plume, b'ailleui-s. c'est lo plus 
souvent l'œuvro des hommes d'htiilen retraita d'écrire leurs con- 
fidences pour la postérité. Louis XIV n'a jamais goûté les loisir» 
ou plutôt subi la lassitude de la retraite. Mais, mieux on couoaît 
SOS acttus, plus un peut ttfru*mer qu'il aspirait rAellemout, apràa la 
paix de Ni[iiéguo. >i la motiarchie uoiverseUe. 

Dien que forcé de reculer devant les Hollandais, puisqu'il l«ur 
rendait Maëstriclit et abolissait les tarifs protecteurs du commerce 
français, il continuait du su poser comme Itiur pr^teclour et le 
défenseur de leurs libertés'. Il leriaît rAiiglcIcrrupur l'argent et 
par l'intrigue. Charles 11 tendait la main et au besuiu le diapoan. 
A une époque où la politique personnelle était tout, où \a diplo- 
matie o'iuvoquait jamais lue principes, mais fais.iit agir les 
iniluenccs, Louis XIV avait, pour défendre ses intérêts à la cour 
de Westminster, la petite bretonne Louise de Ki-roualle. Elle 
approcliail son royal amantJitout« heure; elle allait prendre son 
mot d'ordi-e auprès de r.-imbassadeur français, qu'il s'appelât 
Colbcrt, Kuviguy, Courtîn ou llarillun. Elle avait obtenu de 
Iiouis XIV le tabouret; elle espérait encore être recououeà Ver- 
saUles duchesse d'Aublgny; elle était l'àme du parti frauçaia. 
CuurtiD, si habdoà manier les femmes, s'élaît acquis une grande 
situation persoundlc dans un royautni- qui était devenu le refuge 
de toutes les femmes brouillées avec leurs maris. liarîllou, qui 
avait plus de confiance <lans l'argent, exigeait de rigourmises 



I, < 5« Haj<*U a laDJoun <oa»aré un «ducèrc déilr do tendre 4iiidits ««!- 
gaeuK ÉlaU Gcaéraui ta pnm'iÈn uailié et mx loui Im «nlimmlt di> r«s|>«cl 
pour 8* tUlMté et de ivcunoaUMnoe pour l<w obII)giUoo« et le* jiTiinlasM coa- 
«Id^rablc* i|u il» uni re^us d'Kllc »l dei rnU km prMtcMMIirs.,. • (PrtimlMlt 
Aa Iriik de Mmâfluo d*ec Ici Klal» Ginénui.) 



ttW TtnriTlVItS III, l^tlï, tIV PUtlH IIBIVKU t LEVtnK. 



23 



qsUUuces de son royal créancier et connaissait le tanf de chaque 
coascîoDC6 parlementaire, lleaucoup de Français de distinclioQ 
étaient établie à Lundrus uu trouvaient bon d'y tuire de longs 
séjours : Saint-Krremond, Sossac, Cauaples, Louis de Duras, 
GraiDont; Ponlac y débitait ses vin.s des (grands crus. Faire lo 
voyage d'Angleterre sentait alors son gentilhomme et faisait 
partie du bel air. Louis XIV croyait que l'Angleterre était déS- 
nitivemcnt inféodée à la politique française. Il conservait l'espoir 
prochaîD d'y voir refleurir la religion catholique et la monarchù 
absolue. 

L'Espagne était une troisième fois vaincue. Louis avait obtenu 
avec la FrancIioCoiuté un nouvel avancement d'hoirie en atten- 
dant la Huccuisiou ct)mplète. Il comptait bien avoir aussi à sa 
dévotion la cour de Madrid, grâce à la nouvdle reine, Marie- 
Louise d'Orléans, sa nièce. L'ambassadeur Villars devait être 
eou mentor. Mariée au frélo Charlus II, qui jusqu'à l'âge de cinq 
•us était resté < dan» les bras do sa nourrice et en suçait le lait, > 
elle avait peu de chances de devenir mère. Elle pouvait contri- 
buer h éteindre les haines entre les deux peuples ai longtemps 
ennemis et incliner son faible époux vers la politique française. 
Eu Italie, l'influence espagnole était seule k redouter. Elle 
■ avait feit triompher h Rome le vertueux cardinal Odescalchi. 
f Louis XIV avait cru devoir moutn-rà co pontife sa puissance en 
^:8e ralliant le dernierà soa choix. L'ayant faitattendre h la porte 
[du Vatican, il espérait le tenir à sa discrétion et régler à son gré 
*'Ieb démêlés relatifs à la Régal«. Ses cardinaux et ses ministres, 
qui s'ioclinaient si bas pour laisser passer it Versailles ■ la viande 
de Sa Majesté. ■ savaient parler haut et ferme k Rome au nom 
de leur niaiti-e. Le reste de l'Italie ne comptait plus. Les Véni- 
tiens, devenus de simples dïlettanti de la politique, continuaient 
de nicevoir les fines relaziotii de leurs ambassadeurs pour m 
['donner encore le spectacle de la comédie politique européenne 
(Sans y Jouer leur n'de. Quant aux ducs de Mantoue, de Modène, 
[de Parme et de Savoie, Louis XIV les traitait en valets d'un 
Biaitru tout-puissant. En 1G77, la duchesse régente do Savoie fut 
obligée, sur l'ordre de Louis XIV. de renoncer à recevoir un 
^ amlKisaadeur espagnol. Louis |>rêparaît déjà l'occupation de 
'Casai. C'était, avw Pignerol, l'une des deux clefs de l'Italie 
du Nord. 
La paix continentale allait permettre de toomor contre les 



» 



M. visr. 



barbsresques toutes les fgrces navale» francises. Pins h«ureax 
que Charltie-Quint, te roi devait réussir, dans cette nouvel)» crot- 
!ia<l<!, k purger lic lu piratflrie la Héditerran^. 11 «;j.'^rait eti foire 
un lac frtiDçais. Ce^tcudant, il préteodait ue pas »ë bruuiUer avec 
les Turcs pour les jeter au besoin sur la Hongrie et sur l'Empire. 
II entretenait soigneusement , grâce b l'argent semé par des 
agents fld^es, le mècootentement des patriotes liongrois contre 
rAulriche. 

La Pologne avait une reine francise, Mario d'Arquien, femme 
de Sobiedti. Son Ixtau-fràre, le nmiiiui« de Bàtliune, ambassadeur 
français, avait été plusieurs ann^ l'arbitre des grâces el des 
faveurs. Sans doute, tes deux sœurs s'étaient brouillées et Sobieski 
s'était rajjprochédereoipcruur. Maisoitlt! brouille pouvait n'être ^J 
que passagère. On avait l'espoir k Versailles qu'il suffirait d«^^| 
eréer au bon moment le marquis d' Arquien duc el pair. On pour- 
rait ensuite faire entrer dans une même ligue Varsovie, Hude «4 
Conslanlînople contre Vienne. 

Grâce au roi de i-'rance, la Suède était sortie intacte de ta 
gui-rre do Hollande. Créqui. par une dernière campagne, l'avait 
sauvée d'un démembrement. Mais Louis méprisait la Suède a&i- 
l>lie ; s'il avait tenu à hoiinetir de lui faire rendre ses provinces 
conquises par le margrave de lirandebourg, c'était pour ne pas 
abandonner une alliée fidèle h sa fortune. La Suède n'était plus 
à ses yirux qu'une parente pauvre qu'il fiut nourrir sanis profit. 
It la traita désormais en quantité négligeabkv 

jViiisI, do quelque ci^tù qu'il jetât le« j^eux, Louis XIV as 
TOjait que des motifs d'espérance, des assurances de nouveaux 
agrandissemeats. Dans le congrès de Nimégue, il avait refusé de 
laisser mettre en diitcussion ses droits sur r.\lsace'. H s'apprêtait 
1 «n compléter la conquête par l'occupation de Slrasboui^. Dans 
sa pensée, les stipulations de» traités de Niméguc n'étaient pas 
définitives. Ces traités devaient êlrQ enregistrés dans les cours ds 
parlement. Lu roi invite les magistrats à (aire leurs remuutrancee, 
à propos des articles qui laissuraiuut, en deliors dos territoirea 
cédés, des domaines qui en auraient été les dépeadanocs h une 
époque plus ancienne. LouLi XIV doit k sa famille de reclierch>er 
si ta propriété qui lut est remise en mains n'a subi aucune att4>inte. 



I. Voir 4 ce propM la |>ru(otiliilioii il«« minlalTM de rouperenr i Nimâ^e, le 
3 rturiw 1079, dun Diimonl, t. VU, pari, i, p, 383. 



DES TÏVr;tTITES DB I.OrrS XIV l-OCA ARBITRII 1 L'eHPIHC. 



Vt 



: 



Les bomm<.>s de loi sont aptes k cette besogne ; ils ont établi qn'll 
n'y a jamais prescription pour les aliéna lions du doniaiuu roj-al. 
Ils ont 1« devoir de rucliinrcher jusqu'où il doit s'étendre. Si la 
ticlie est trop ardue, de nouveaux confrères les y aideront. 
Louis X.1V ajoute, en efTet. au parlement de Metz une cliambre 
dite dt! réunion, l^es r&les de cette cour sont plus cliargés que 
tous les autres', Louis XIV, dans l'iofatuatioii de son orgueil, 
perd la notion du conlj-at. Il croit qu'il peut interpréter tout seul 
dea clauses qui sont k son désavantage, sans aucun recoui-s k celui 
qui les a arrêtées de bonne foi avec lui. 

Louis XIV avait toujours eu des tucs sur l'Empire. Le moment 
lemblail Tenu de s'en préparer plus directement les voies. L'em- 
p««ur Léopold était un prince inerte et sans ressort. Avec sa 
taillii ctiétive ol sa grosse lèvre pendante, il manquait du prestige 
nécessaire à un ïtouverain. Elevé pour l'EglisL- par les Jésuites, 
il D'arait jamais su s'afTrancliir de leur tutelle. 11 s'était réservé 
seulement le gouvernement de la cour, où il faisait régner dans 
toute aa rigueur la minutieuse étiquette espagnole. Les impôts 
rentraient mal; les troupes étaient trop faditi^s pour agir sans le 
secours des ooDlingenls aUemands dans une grande guerre euro- 
péenne. Il n'était même plus cipable de protéger contre la France 
les princes vassaux de l'Empire. En concluant le traité de 
Nim^goe sans y comprendre l'électeur de Brandebourg, il avait 
laissé Frédéric-Guillaume exposé sans défense aux vengeances du 
grand roî. Il avait manqué ainsi la plus belle occasion d'étendre 
et d'affirmer son autorité en Allemagne. Son cr^-dit était tombé i 
rien dans l'Empire. Sa puissance était toujours menacée dans ses 
États héréditaires par le Turc et le Hongrois. [auLs XIV conti- 
nnait de payt>r des subsides aux mécontents hongrois, bien qu'il 
eiit promis de ne plus assister les ennemis de l'empereur. En le 
forçant h tourner toujours It» yeux vei-s la Tlieiss et le Danube, il 
détachait son attention des Iwrds du Rhin. Sans doute, la succes- 
sion impériale ne paraissait pas devoir s'ouvrir de sitôt. Léopold, 
aè lefljuin lO-lO, avait près de deux ans de moins que Louis XIV. 
Son Sis aîné, Joseph, égé seulement d'un peu plus d'un an, ne 
pouvait (le longtemps devenir même roi des Romains'^. 



1. Voir n^nef. 1,1?!! La dernière moitié du vuliime oti r«inp1l« p«rl«irrM» 
ia ttmtuiM ^\t* rhuiibm île Unix, île llrÉinch *t de Betiinçao, 
f. Voir Fraïuf. I. 117, ruialian du minltUrc du marquit de I'oni|iunn«, 



M 



R. finr. 



Lnuiii XIV négocia à l'avaDce avec les électeurs pour le cas 
où la TBcaDCO do l'Euipirti so produirait. Il «uvo^'a au d«)à du 
Rhiii ses mcilleura agents, les deux frères de Oravel, qui do quît- 
taieni guère l'AUemagoe depnis plu» de vingt aus, Verjus de 
Crécy, le cardinal de Furstemberg. Colbert de Croissy. Les ^eo 
teurs ecclésiastiques entraient volontiers, depuis le traité de 
Munster, dans la c]iuuli>le de la France. Cependant, le nouvel 
électeur de Mayence, Ansc-lnio-Fninçois-Frédérïc d'Ingdbeiin, 
qui venait de succéder à Ciiarics-Honry de Melternicb, ruçut 
fntiilenient \es avances du roi. 11 refuna de di.scuter avec l'agent 
français Foucboi- les proposiitiona qui venaient de Versailles, fai- 
sant porter seulement la <lèlil}ération sur les prétendus grids du 
roi contre l'Eraiiire et acceptant de s'entendre avec lui pour 
garantir la sijret^ de l'Einpire'. L'électeur de Trêves, Jean- 
Hugues d'Ilorsbeclc, n'était [las mieux disposé; il eut vrai que 
l'éleclorat avait été assez maltraité pendant k guerre; le mar- 
quis de Rochefort et La Feutllade y avaient levé d'«crai<ante8 
contributions-. Cette mauvaise volonté n'était pas de nature h 
entraver les projets du roi. Il pouvait employer, le moment venu, 
des arguments sonnante pour la faire fiécbir. L'électeur de 
Cologne, Maximilien-Henri de Uaviêre, avait, au contraire, 
montré depuis son intronisation, en 10-50, un très vif attachement 
pour le roi de France. Signataire de la ligue du Khin, dont il 
avait accepté toutes les prorogations jusqu'en 1067, il s'était lié 
d'une £açun encore plus étroite au roi lors de la guerre de Hol- 
lande, en livrant aux troupes françaises le passage 11 travers ses 
États. Il n'y a pas moins de quatorze traités ugnés par les 
ministres français avec cet électeur, soit seul, soit réuni aux 
Âvêques de Munster et de Liège pendant les années 1673-1673'*. 
Tous cas traités sont destinés h faciliter la marcbe des armées 
finnçaiscs en Hollande. A la suite du traité de Nimègue, cette 
bonne entente continua. 11 est vrai que la peur y entrait pour 
autant que l'amitié. La prise de Strasbourg, les empiétomentK du 
rot aux dépens do l'Empire, en lorraine et dans le Luxembourg, 
ne firent qu'augmi-'nter, dans l'Ame du prélat pusillanime qui 
occupait le nège do Cologne, la crainte do se brouiller avec le roi 



I, Voir Corrtap. polit.. Mayence, IfiSO-lGftS, fol. lOO-HT. 

3. Vùlr Frawe. I. 417, fol. 20 h M. 

3. Voir 8atnt-Pr«ftl, BM. des tratlfy de paix. L I, p. ITM79. 



WSi TEaTiTHE8 DE LOHS HT POCB AaitlVKH i L EMPIRE, 



29 



Bal" 



m 



FraDce. C'esl danscos circonstances qu^ GuiUaumo-Egon de 
mberg, envoyé & Cologne, fut chargé de négocier avec 
réJecleur la future élection «le l^uis XIV à l'Kmpire (i(iiS2). Sa 
mission ne réussit qu'à demi. Maximilien-Henrî s*engage3 < h 
tenniner, k la satisTaction commune du rui et do l'Empire, les 
difléreods [undants ; * comnio évt-qud do Ué-go, il promît do lais- 
le roi tenir garnison dans tes villt;s de IJouillon. Dinant et 

luin. et de prendre, comme coadjuteur pour rêTêclié de Liège, 
Guillaume de Furstemberg. Clèmeut de liavière devait être 
nommé coadjuteur pour lu siège de Cologne. * L'électour de 
Cologne s'excura de s'obliger pai' écrit pour ce qui concernoit 
rêlection d'un empereur ou d'un roi des Romains, parce que la 
diose étoit éloignée et pouvoît attirer à sa personne et à ses Etats 
nue persécution tarrible ; mais que, si l'un des deux cas arrivoil, 
il preudroitle parti qui lui jiourrott conserver la bioii veilla ucu de 
Sa Majesté... Guillaume de Fui'stemberg assura en même tempe 
le roi que cet électeur lui donneroit sa voix, pourvu qu'il fust 
aastiré qu'dle âst au moins la quatrième. Il demandoit pour cela 

10,000 écus et qu'on Bat l'éleclcur de Bavièn: vicaire général 

l'Empire*. * L'année suivante, l'évêque do Strasbourg, au 
nom de ce même électeur de Cologne, négocia avec Colbert de 
Croissy une alltauce encore plu;is étroite : le roi pouvait, moyen- 
■Utnt subsides, Caire des levées dans l'éloctorat; rélectuur promet- 
tait de i'efu»er aux Hollandais le même avantage, de s'opposer 
dans ta dièto à toutes les mesures prises contre le roi de France, 
à moins qu'il n'y uiit un consentement unanime k lui déclarer la 
guerre. Enfin, par dus articles très secrets, l'électeur du Cologne 
promettait d'agir auprès de l'électeur de Trêves pour le ramener 
au parti du roi (1083)'. En somme, ce prince ecclésiastique était 
a ami de la France, mais qui ne voulait pas se compromettre 
ut, ni surtout agir cominu chuf de Sle. II no deiuaudait 

lit ae rallier à la candidature du roi, pourvu que cela fût pos- 
àble. Louis Xl\ se montra satisfoit de ces assurances. C'était 
buaua>up déjà, en présence d'une éventualité si Imniaine, que du 
fcire admettre et discuter la posiibililé de son élection. 

Les jdecteurs laïques étaient plus puissants, moins exposés aux 
'Blteinti» du roi de France. U semblait plus difficile de les gagner. 




1. Voir Franc*, L I3Ï, fol. 4U-«3(i. 
ï. Voir France. I. 413, loi. 440-416. 



SS n. tin. 

« Ce en» a été prérn dans le traita de 1670 ; rengagement qne 
8a Maj(>sté ilemanderoit aujourd'hui àe. l'électeur semit le taboo 
que suu jmVp avoil avec Elle. Il y aurait cette seule diSêreDce que 
Sa Majext^ étant élue empereur devoit consentir alors que ce 
princii fût roi des RomaiuM ; sa mort a changé culte coadîtion, el 
il ne faudrnit point la rapiieler en faveur de son fils. » Ainsi, 
Louis XrV voulait tout obtenir et ne rien ooncétler. En excluant 
l'ètecteur de Bavière du titre de roi dee Romains, il voulait évi- 
dMDroent faire décerner ce titre au dauphin et préparer ainsi pour 
as postérité la successioD de l'Knipire. 

Afin de justifier le choix du roi de France. Colbert devra mon- 
trer qu'il est seul capable de sauver l'Empire des entreprises des 
TurcH. A6n de rassurer les électeurs, Louis XIV prend à l'avance 
rengagement oxpràe de maintenir tous les droits et pmitégea des 
prince» allomanda tds qu'ili! sont fixés par la lîullo d'Or. « On 
ne peut douter que l'on ue dotnatido eu Itaviôre le deniiei" secret 
sur un semblable traité. I<e sieur Colltert ïff promettra impéné- 
trable et pareil Ji celui qui a été gardé depuis 1070. Il ne s'expli- 
quera point même que Sa Majesté songe è prendre de semblables 
mesures avec d'autres électeur», mais, en cas que l'on lui fit Tûir 
qu'elles seroieot néoessaln!» pour seconder les bonnes intentions 
de Monsieur de Havièrc, il témoignera que Sa Majesté y travail- 
lera volontiers, de concert avec ce prince, ainsi qu'Elle a tait 
avec l'électeur de Saxe dans toutes les négodalious qui so sont 
fait£>s & Munich et depuis par ses ministres auprès de Sa M^esté> 
U évitera seulemunt de faire connotlre qu'il y ait quelque négo- 
ciation avec Brandebourg par la jalousie naturelle que presque 
tout l'Empirea contre cet électeur'. • 

Une additiou aux iastructions recommandait k Colbort de ne 
s'ouvrir tout d'abord de la partie secrète de sa mission qu'au 
chancelier Schmid, clief du parti français h Municli, * pour oon- 
noitre de lui la sûreté ou le péril qu'il }' nuroit à se déclarer au 
duc Maximilien des vues de Sa Majesté pour l'Empire. Suivant 
lejugemeut que le sieur ColbeK pourra bire de ce qui lui aura 



1. Cm Intlrocllon», diUm de SRlat-Gerniiiln.on-La]W, 1S octobre 1$79, te 
IrouireDt la I. XXX d» la Comtp. ptlil , Batiin, tilt» oui élt publi^n* (h 
«rtraio pRf H. Aadrt Ltboa dut» l« llfraHt det liutrucUimi, OavUrt. Pain* 
liaitl, [)pui-PcidI(, |i. H. Le Ittllé aerroi nlgat arn; k Brsndetwurg («I du 
25 or.tnhr« «t mIuI in U Saxe du \b uuieinbm. Ij» n^flOcliUoiu «*oc le* Iroîi 
principaux étocloure aUeoiamla oat doue élt nitnaHantv*. 



TENTiTITES DK LOCtS XI? PODR AnRrVKR 4 I. IIHPIRR. 



as 



été dit par le roinistre, U dépêcherait aussitôt un courrier k Sa 
Majesté, laquelle, suivant là compte qu'il lui en rendroit, lai 
îaoU savoir sa volouté et s'il dovroit s'ouvrir ou ne pas s'ouvrir 
de celte afTaire'. > 

Ou voit combien cette négociation était délicate ; la mort de 
rtiectrice Adèbïdo, très attachée à la France, avait porté un 
premier coup à l'influence française (1670) ; l'administrateur pro- 
visoire, le duc Maximilieu-Philippe, lui était absolument défavo- 
rable. D'ailleurs, la négociation fut écourtée. Arnauld de Pom- 
ponne, ayant été disgracié le 18 novembre 1679, eut pour 
Huccesseur précisément Cullwrl de Croissy. Celui-ci eut hàle de 
revenir en France, ite contentant de négocier le mariage de la 
princesse de Bavière' avec le dauphin. Eut-îl même le temp» de 
s'ouvrira Munich de» iniitructions secrètes qu'il portait avec luif 
II est [K.-rmis d'en douter'. Aucun traité nouveau ne fut conclu. 
1/» stipulations de 1G70 routaient en vigueur. Louis XIY cod»< 
tatait avec peine un refroidissement dans ses relations actuelles 
avec la cour de Munich; mais il usa des plus grands ménnge- 
mentf à l'égard d« Maxjmilitin II, et l'ambassadL'ur ordiuairti h 
cette cour, La Haye-Vautelet, fut chargé de ramener le jeune 
tiect«ur h de meilleure» dispositions envers le roi. Aucun espoir 
ne semblait perdu de ce c^té. 

Les oégooiationB avec lea électeurs de Brandebourg et de Saxe 
rèossirent mieux parce qu'elles eurent lieu à Saint-Germain-en- 



^ 



I. A. Lobon, p. 67. 

9. ( Lloancur iTonc ni grande alUanno achefail d« l'ilUcher (l'^lMlnur de 
B«Tttre) inTiolablcRieat A In Fntoca cl raotuil 1 1* UUi du pnril qui pouvait 
■rtlr II) roi ca AllRtnagair un de* jiluii |)uliivnaU prlucot dn l'Empire > iPom- 
pcua, iUnMref, I, îi'.'j. Crpandiiiil. l'h^tllallan AUit Kr^nde a VorMillM, Jt 

prtlfWill mil IdldR : on no i.inUlt au itaupliin qun tr* rerlu». il m rM> 

pt Npwdanl. .Son r^nlt«( fut ùgni k 30 di^ccmbK 1073. 

3, Il ni ttit pri>lmb|p qiiD Coibnrt d« CroUiT a'eut le lempt de s'«rcup«r 
qur du maiiHtio du daupliin. La Corrttp, polit., Bavièrt, 1. I, p. ^3-01, lie 
tlgniilc aucune aulru nc);i>culion eolamte ptr Colbcrl. U. A. Ijcbon tiB publie 
rien en dcbuiii dct Inslruclionii. Pomponne, dsni tr.t lUémoIra, l, p. 257, 
diclftte ceci : < J'ai m dcpuii (|ue la duc Maiiinillon Uni rcrme i nu point 
MgaBcr duranl «un ml m In iil rat ion le maria^v de l'^U'cIcur, «on neveu, vt tvSu»a 
ic promelire j>,\t un Iraili^ i|ne lanqu'il lerail majeur il ne l'alllerut qun d.m* 
une iniÙMU <|ui scruil a)tr^abl« i la Prunce, > Cullierl de CroiM; a donc pu 
Urc i[uel>|u«« oaterlurea i propos du mariage ^Tonluel du l'tlocleur avec Uarie* 
Lu«iM d'Ortèao», mariage i|ui devait tire l'un des ubjeli de aa n^ociaUon. U 
■ iù ne pu mtroe abuidvr la question de rélection de Loui* XIV 1 l'Empire. 
Kbv. BmoR. LXV. 1" »Ba. 3 




tl 1. tin. 

Laye sous les yeux du roi, qui était alors d&m tout son prestige. 
On sait quel fut, daim la guerre d« Holktiilo, le grand rtHa joui 
par l'éldctwir do BraudebiHirg FrédérioOuillaume. C'àtail le ptiu 
puissant prinue d'Allemagne après l'empereur depuis qu'il était 
duo sooveraiD de Prusse et (leClèTes, ce qui étoudait sou influeuce 
depuis les bords du Rbin jusqu'en Pologno. Il n'avait pu obtenir 
du roi de garder les couquitt» qu'il avait Taitcs aux dépens de la 
Suède dans ta Poméranie. U rendit Stettin le oœur gros et ne 
coDii«rTa quu la [lOtite ville do Oarz. Mais il ii''avai( été contj'aînt 
k ces restitutions si douloureuses que par l'abandon de l'empe- 
reur. U voulait s'en venger. Il y trouvait cet avantage d'enlrar 
dans la cUeiitéle du plus puissant ut du plus généreux monarque 
de l'lsuro]ie. D'^illeum. Louis XIV su montrait dii^post^ h api>uyer 
ses revendicatious en Silé»e aux dépens de l'Autriche, C'^lt 
une oompensation à ce qu'il avait d& rendre en Poméranie k una 
victllu alliée de la France, que Louis XIV ne pouvait abandon- 
ner sa us lionto. Toute» cc« considérations réuaioi pum^sêi-cnt Fr^ 
dèric-fluillaume k entrei- <tan3 une alliance plus intime avec 
Louis XIV et h lui offrir sa voix pour la plus pn>chaine élection 
à l'Empire. Le margrave avait déjà joué avec aeaai de promesses 
et do traitée pour n'être pas gêné par un engagement nouveau 
dont U n'était détenniné k tenir compte que dans la mesura da 
ses intérêts'. 

Miuders, qui partageait ta foreur avec le baron de Schwarlu, 
venait de signer avec la France le traité public de SatoM^ermaiD, 

t. Voir franc*. (. 4IT, fol. M cl ioIt., «I (. m, tbi. 500 I &I0. L'ImporUtiM 
lie lallianc» ■!<! l'élerkur do Hrandfibouri; pour l.i Fr40M a«il( éU dèjl «tiiiM- 
14e p*r UiiffOM de Lioiuii) ilutii un np|iorl lu rot da t" oclobf* 1(360 : ■ C« i[nl 
aoai m s paru eri qua Vutr<! M«JBilA n'a inLiit aujourtlhiit d'alTtlre pha 
Inportaale que de gi|!iier, i ([udc|ur prii qun ce puiMc Mrc, Hgi IVItctour do 
Bnindebi^uffi ; Je dU ptcuiiiR niilant que lo roi d'Anyli-Urrv ; |>ArrE <|a«, quand 
V. U, aurolt mit ledit roi daut lou> wi inlérti* cl dau le mCme doueln d'at- 
taquer II» llollaDUaU tonjetnlcmeot aTM V. M., Je ne Mil ai Site joicroll i 
prupua d'on vsnir à l'eiAcatluo, al leadlla Uollandal* puiiToi^al allvadre U pro« 
(L-ciiun de tout le corpi de l'Empire, oomme il arrlrciail iarulliblemcnt ai 
ttgi do Mayonflo |H)UVoit porter A m ruiii^lution le proj«l qu*il in<:dile. Au lieu 
que ù V. U. pouroU eiiKukcr U^r l'élucleut de Drandebaurs, râ«ik|uu de Uuo»- 
ler cl d'auUct tiecteuri et prinec* de l'Empire dam le dcMcin d ntlaqucr air« 
Elle le* Hollandd», Il tuHlmil, ce me letnlile, t V. U. i|ue l'Andlctirre lui «dl 
promii dVIre nnilre pcmUnt ioute cella Ku^rre t {France, (. \iè, p. I.ïâ), El 
plus loin [fat. Iû3) : • II «at bien pliu Importanl de gagner Mgr de ltraDd«bou>| 
que Mgr de Bavière, > 



da Sd juin 1679. 11 continua suii séjour à la cour, où il fui com- 
blé des plus grauds égards, et iiugucia très seciN^ttiinent arec 
Aroauld de Poinpoune le traité du 25 octobre 1679, qu« uous 
croyons devoir publier ici dans sa teneur complète : 

Traili ucrvl entre te tloy Umi» XIV tl l'Électeur de RramUfiourg, 
à Sainl'Gcrmain-en-Laye, le 33 octobre 1679. 

l.e Hoy IHh direction nvnnl ro[>ri^, avec h paix qu'il a condue avec 
l'I^liwtair de Rrandobuiir^, les mosmi>s âciitiments d'estime et d'ami- 
tié (lu'il a eu cy-devant pour ce priiicy. cl Son Altesse ËleclonUo luy 
ayant toit tesmoignur ' qu'Ellc ne dosiroil rien davanlai^e que d'y res- 
pomlre par un aitacliement ol uno afîeclion sincère et zélée pour sa 
personne ei pour ses inlérests. Sa Majesté est entrée avec plaisir dans 
ta peiisée ilo restablir non soulunmnt ses anciennes alliances avec 
Sodiie Altesse Ëtectorale, mais de le?i alTermir encore par deâ liaisons 
plus particulières et plus estroites. 

C'est pour ce sitjet qu'KlIe a commis le siour Arnaud etievalier, 

seigneur de Pomponne, conseiller en tous acs conseils et sccréLaire 

d'Eslat et <lM coiiinianiJeinons de Sa Majesté, pour Iraitler ave*: le 

^eur MeJndcrs, conseiller et ministre d'iîlal de Sadite AlLossc lîlec- 

E, muni d'un pouvoir sufilsant do sa pari sur loul ce qui ponr- 

'roil r«garder cette nuuvi^llc liaison, Icsi|uuls, après rewban^-o rêci> 

Mjuede kurs plcinpouvoir>i,donl les copies sont insérées cy-aprcs, 

Ht coDTcnus dea articles suivnns : 

i. Il y aura à l'advenir entre Sa Majé»Ié très chresllenne et Son 
iQlBSH Électorale de Itrandeljourg une amitié :<incea> cl |)nrf^ilp înlel- 
Ugeoee, laquelle sera cultivée et obeervëe, tant de la pari de Sa Majesté 
({ue dudit Electeur, avec tout le soin et l'exactitude qui pouvait con- 
tribuer davanla^^ a entretenir une bonne et esiroite alliance, nie»me 
8 l'avanUge réciproque de leurs Eslats. 

i. Les sujets de part ot d'autre pourront exercer en toute bborté le 
conunoree dans les terres, royaumes el pais de Sa Majesté très clircs- 
Ueane, comme aussy dans les Eslats et pais de Son Altesse Éleclo- 

lie ot dans lea havre» et ports qui leur apparlicnnunl. 

8. Comme Sa Majesté triK cbresticnne a lousjours eu [larticulière- 

nenliio(eur<reulreleniri'tdcriireubserverk'âtrailtésde W'cslplialie, 

ItidU* trailtéa seront le fondement te plus solide de celuy-cy, el Sa 



rotr U kdrc An 16-26 mal ie7Q {icU* de la paix d« Kimègue, U IV, 



se 



B. Ttsr. 



nnepran 

qui I^H 



UajcMé et Son Altesse Êhsdorale promcUeut réciproquemenl 
lrîbu«r tout oe qui sera en eut pour les maiulenir dans louU« k 
forée et dans loutte leur estendue, ii TeittpUoa seulencnt de c« < 
a esté changé ou déroge auxdit$ tnilés de Wwlphalie par In trai 
de Nimmèijue du 5 flirrier, par celuy de Zcll du S féf rier cl par tel 
d« Saint-Germain du 39 Juin de la présenta année, tùgné «nln 
H^iestà et Sadite AltesM Ëlectoraie. 

^. Eu vertu du présent article, Sa M^ctté très ehrestlenne pran 
demaintpoir l'Électeur de Brandebourg dans lotis lesdrollt ni 
qui lu,v sont ucquis par lo^iU traitiez, (jumiue Sadilc Al 
tonle s'oUlge d'a^r autant qu'ivlle ca seiXHl requise par 
tre^ chresUenne pour Eure olUer%-er à son esgard tout oe qui 
ac<|uis taul par les susdits tralltéi» de Wesipbalie et de Saint-tiermi 
que pir mux de Nlmmè^uo. 

B. Blparoequele traittéooiicluàNininièt;ueentreSaMa}eelfilf 
ehreelieooe et l'Empire cl eeluy qu'elle a eigoè easuite avec S 
Altesse Électorale de Brandebourg ont eatabli uno amnir<lie entii 
sur tuut ce qui s'est pBseé dorant la guerre. S) >l.-^eslûvcut bien p 
mettre d'assister Sadite Altesae Électorale eu ca» qu'elle fiist inq< 
tée par quel'iue prince ou Estât de l'Empire que ce pea^l cstre 
prâteudniit salî^raction ou réparation des pertes et lioiniiuiges 
ses trouppesauroienl bits dans leurs terres ul provinces, soit par 
marches, oootributionâ ou quartier» d'b)'VQr durant ou k l'i 
de la guerre. 

6. L'Électeur de Brandebourg ayant Tait leàinoigner à Sa Ua\' 
Im chresUonne ([u'il a une prélension (rcs ju»te et trta bien fi 
cûritru l'Empereur sur le sujet du duché de Jjegcndorr*, qui a, clcpi 
plua d'un siècle, appartenu à la mai^n électorale de Brandebou: 
Sa UajMté promet de Tappuyer par ses oUices et son entremise à 
GOUT de l'Empereur, afQa de luy Itiire obtenir la justice et la salis 
lion qu'il prétend luy oslre deucs. 

7. Sa Majoelé triss chrcstieune, comme guarante du Iraitté d'Oli 
veut bien uoi ployer de mesme a^ odlees auprès du Roy et de la Hép 
bllquede I'ologne,aninquG ledit trailté et coluy de Itroœberg'soia 

I. Le duché de togerodorf «st un de» ([ottra duchés J« Siléile qiie récluM 
plu* Utd Frtderic II. DoanA put Luulit. ro) de Ilui^rie. au inarf(rave Geor) 
d« Brandebourg ceJucbâ rulcoulitqué j'iir r^mpereiir Terdluaud 11 pour pu 
J«n-(fMr(ei de Brandebouri^ d'avuLr «uul«nii coulro m miiiiion l'ékcieur p4 
tin l'rtdAric V, ea ISI'J. L'ln>Mtitura de ce ducM Tul doiiu^e au prince 
Uelituuteia. Voir Salul-Piett, Oitt. lU* (raiUt dt paix, t. Il, |>. 397. 

1. Le tFiit« de liroiabert; fui ii|{n« le ti uatuiubru \'i,âl, i, lu iuile d'une ei 



M8 TCTTiTtVeS DE LMl'IS IIV P0IJ8 inHITKU A L RHPtKe, 



37 



poncluellemerit observe'» ut exi-culcis de pnrl et d'autre en lotil ce qui 
regante iedit Roy et la Bûpubli(|uc de Pologne et l'Ëluclour de Bran- 
debourg. 

8. lanças que Sa Maj<!»té très chresUenne eu5l tiesoin de iïiire pas- 
ser quelques Iroupppsen Allemagne ou ailleurs par les terres et pro- 
vinces de l'Electeur de Ilrandebourg, Sadilo Altesse Électorale promet 
d'accoriler non seulement ce passagf, mais aussy la fticulté tlo pou- 
voir faire: des maBasins dans ses provinces, dans tels lieux qui 
Aeroient jugés convenables, mesme d'accorder auxdiles trouppea de 
Sa Majesté très ehre^lienne retraite el entrée dans ses places fortes 
en eas de nécessité, â condition toultefoi* que Sa Majesté Irè* cbres- 
Uonno ftïroil obecrrcr une exacte discipline ut loulle aorle de bon 
onlre dans lesdits passages et fbroil payer ponctucllcnicnt ce qui 
&aroi( esté fournypour la subsi.ttancc des trouppes par les sujets de 
Soa Alteesc Électorale, comme aa^sy qu'Elle feroil poun-oir à la suh* 
•blance de celles qui seroient re^eues en cas de nécessité dans lea 

, plans do Sadilo Altesse Élccloralo et en tel nombre que la seureté des- 
' dites places ne peut courir aucun danger. 

9. Comme Sa Majesté «t Son Altesse Électorale ont un inlércst 
commun à procurer le repos et l'avantage de la Pologne, Kllesycon- 
Iribueronl par toutes Ie« voyes qui seront en Elles. MâU, autant que 
Sa Majesic trte ctirealienne désire, par son affeelion et pour le bien 
de cette couronne, qu'elle demeure longtemps entre le^ mains du 

' Roy <)ai la porte si dignement aujourd'huy', autant Elle a cru de sa 
pradeoce de prévenir le« cas qui pourroietil arriver de sa mort. C'est 
' CB sujet, qu'en cas que co malheur arrlviil avant que ce prince 



min le roi Jeén-CA«imlr Wau et l'ilMleur Fré<IArir.-Guiniiiiin«. Oo Iralli 
iT>a le Irallé do Vetilau, pur lH<|uel l'^lecleiir tVtalt «ffriincli) iIr l'hnin- 
m»g« qu'il ilrT^il il In couronne de PoloRno pour son durht d« Prumin. L'«tcc> 
trnr ilf HrAndcboiirii M At ctder les ballli^iics de Loncnbnurg «l dn Hutnw ul 
U Tillr d Klblnit- far cet CODCWsioDS, le ini dp rolognc dHnr.hn t'^liicUur do 
DrandriMiurg de ralIlMM MidoUe. CopRndanl. In rl.iunn ralaliTc A la ceitloii 
d'Ubtiig M fui pat ei^cut^r. La tnj de Polugne, au IrailA d'Otiva, le lïl ^urui- 
Ur b poMcuioD de r«lti) phr«. Voir Sainl-Preil, UM. des trttUii de fotr, 
t n, p. 512, et France, t. 4ÏÎ. fol. Wtt. 

t. Jeu Sobkiki, grand mnr^iial de Pologne, élu ru eu lG7t, avait épou«i 
DQ» Ffinfaise, M"' dn lii rimnec d'Arquim. \x marquji de Il^lhuni:, biMU-frtre 
de celte priaceaic, «lait ambaitadcur dn Louii XIV pu Pulogon. Il uvnil d nbfiti 
radié k rai SabiciUti * envahir la RumIc pour venir it l'aide de la SuAdo. Le 
rtUMi«*Nn«nt Ae U paît i-ntre la Kranre et le Rrnndebourg tôt donc aiittl la 
I pnlat d* dAparl d'un rappmehoTnent «ntrr le Brandebourg cl la Pologne L4 
PniHe celM d'jlrv mfnacég d'une invadion polauaise. VoirAn^url^ dct lru(rue> 
Miu, PvlofHt, par lj)ui> Faigc*, p. U4-ttS. 



MUl pii tùn eslire le prioee son Dis pour son gueeeueor. l'Électeur 
de Itraiulfbuur^ promet conjoinlviui^l arec Sa Majcfttà d'eoiptojer 
tou9 lies soins et 1» cré'Iil qu'il a par 3«s amis en l'ologne pour prv 
curer l'eslectioa de oe priiieo. Qtio, ^i Elle ne pouvoil réussir, il s'en- 
gage Ji Sa Majesté <le concourir par tous s«s oITIcei), par ies amjrs et 
par toultes les hafailudes et crédit igu'il a i-n Pologno pour biro to«n- 
ber l'oHlcolion sur le prince qui seroil porté par Sa Majesté et pour 
s'oppotWT a re»lecU«n d'un sujet qui ne lu; senut pu agréable'. 

10. l>our une plus graude marque du dôsir de Son Alleeae Êlecto» 
raie de se lier eAlroilcœent avec Sa MajeslÀdansLouttes lesocc&sioiis 
qui pourroient nnl^tre, me-^me pour le Men de TlCmpirc, ot que nulle 
autre tie peut esirc »i importante que celle qui luy pcust donner un 
chef, soit dans l'eslection d'un empereur, wit dans celle d'un roy des 
Romains, il a eslo convenu par les présens articles des meeuree qui 
seront ^iirUees en l'un et en l'autre cas entre Sa Majesté el Son Altesse 
Électorale. 

11. Et pcifco que le de&j«in que l'Empereur peut avoir de lUre 
esliro son llls ruy do» Komains* demande avant toulte« clioses qu'il 
Ihsse assembler le collège électoral, et i|ue celte assemblée ne peut 
estre formée sans le consentement des électeurs, Son Altesse Électo- 
rale de Brandebourg, soil par le relHis qu'il fera du sien, soit en se 
dclR-ndanl d'admettre aucune délibération on faveur d'un enbot, 
soil par tous les autres empêchements qu'il pourru ^ apporter, ta^ 
ebera de faire en sorte i|uo le colley électoral relTuso de s'assembler 
sur celle all^ii-o et empescJura en oclte sorte que l'EmiK^rfur ne 
puisse réu&sir dans le dessdn de bire élire l'arctiiduic son Dis. Oue 
si, non obetanl ses soins, le c<>llé(;e électoral prcnoil la résolution de 
s'assembler, soit pour délibérer sur l'ci^IccUon de l'archiduc, koÎI dans 
une autre occasion qu'il jugeasl nécessaire d'asseurer un aucc^seur 
À l'Empereur, alors Son A1tes.<ie Éleclonle a^ra en la manière qui 
sera dit dans l'article ci-do33ou3 pour fiiire réussir l'eslocllon d'un 
ro; (tes Romaius en faveur du Ito^ 1res clircsUen ou de monsei^meur 
le dauphin. 



I. Apr&( I* mort Ae 8ûh)e«ki, le priace île CoaU dicrcha, Mn« mncte, i m 
hlre illrc roi de Pologne. 

i. Oo Hh, (lui (Dt iilui lard l'tmiiFrTur Joseph 1", né en 1078, H»H «nrorc au 
borccau [inir Eps intlruKlJonc du mirqui» de Viirj', dnnt le Secueil éa itatmt- 
tioia, Aatrkltir, pur A. S'irol, |). Tj). L^upald pr(i|ini.iil de former A «imi M» 
un nanicil ilèlprinuri c( dp prinr^rv qui Kouvrrnrritil l'Kmpire n'il mourait lui- 
mAtne aTnni que xiii rilt, priKl-imn roi des RoRiiiint, fill en Age do (toareroar 
par Inl^ntme. Jowpb ne Tul aoinm^ ro) de» Koniiilo» qu'cD 1090- 



K3 nsTXTTva m LODia iiT pora iBnirKRTr^ïNnR, 30 

li. Son AUussu Ëleclorale promet en œ cas de ne donner son suf- 
fira^ à Dul autre qu'au Koy Ir^a chrei^Uen, et s) l'élecUon no pouvoil 
réussir pour Sa Majesté, qu'a monseigneur le dauphin', vld'auir par 
•on crédit et par ses offices li^s plus cflïcacvs auprez deâ aulres élec- 
teurs pour les porter à se joindre avec lu.v dans ce dcsttcm. Si, louir 
tefots, il Irouvoit une icllc opposition que, maisrô tous ses efTorls, 
l'ealKtîon ne peut réus&ir ny cti faveur de Sa Majesté ny en faveur de 
monseigneur le dauphin, alors Sadite Altesse iïlcctorale s'engage de 
ne donner jamais son sulTraye que de «oncert avec Sa Majesté et en 
faveur de tel prince qu'elle cJiucertoroit avec luy qui luy geroit 
agréaMe et le plus capahlu d« porter la couronne impériale pour la 
diftnitéel le bien de l'Empire'. 

IS, Mais 9i, selon l'ordre de la providence divine, la mort de l'Km. 
pereiir arfivoit sans qu'il y eiisl un roy des fiomains, Son Altesse 
Ëleclorale s'engatjc cl promet de s'cmpluyer, tant par son propre ;^uf* 
rrafje que par ceux qu'Elle tascheroit de procurer des autres L'icctours, 
(le donner tous ses soins pour ikire tomber réélection ' sur la per- 
sonne de Sa Majesté très chrestiennc comme plu.s capable que tnul 
autre, selon le sentiment de Son Altesse Ëleclorale, par ses grandes 
et héroïque:^ vertud et par -su imi^sunce do soui^tenir la couronne 
impériale, de rostabltr l'iimpirc dans son ancienne splendeur, de le 
maintenir dans toutle sa dignité otde le deiïendre contre le voisinage 
et les entreprises lousjours »i périlleuses du Turc. 

H. Que si, aprcï tous les efforts que Son Allasse Électorale auroît 
hits, l'estection ne pouvoil réussir en la personne de Sa Majesté, 
alors Sadite Altesse Électorale le* employrolt avec mesme application 
et mesme zélé pour Taire eslire monseigneur le dauphin empereur, 
en qui les mesmes raisons du bien et de la defTensc de l'Empire se 
Irouveroient, tant par les assistances qu'il tireroit de Sa Majesté que 
par celles qu'il sera un Jour en estai de luy donner luy-mesmc par 
i« mérile et les grandes qualités qui sont en co prince. 



1. L* coor il'Autricho >,ane«ail alot* â tiiiri^ épouter A ce prince uiio urdii- 
diKiiMie. Lauii \l\' inirin *on Bl* A aae princcuc de Duvlèri* (vulr iiifnic* 
lD«lr«elloii«, p. 73J. Le uiniril de ce mariaRO fui drc»6 le 311 cl«ceiabr« 1679 
(Tdr JlwuWt if« énilrvctioiu, Barière, jiir A. Lolion, p. 54). Ici. ilaai \t IraMJ 
McrH ùe Saxe, telte peWe addillim : % Suivant, en l'un Cl l'auUc c«s, lu liulla 
< d'or et le* coiii,tiiutiuafl do l'Emiiirf. o 

1 Voir ilaas le ReeueU lUt iiutnteliont, Baviirt, |>ar A. LelKin, p. fiî, Uai 
liuInKlioM m termes |>reiH|uc identique* A oeui dei arl. 13 t 16, donntM t 
Colkert de Croiujr. 

3. « Confornitiiient & U tiiille il'or el aui constllalioas de l'Empire » [trelU 
4t Eue). 



40 ^^^^^m- ^_ j^^ 

15. Si, selon la dispoulion des pn^nts articles, la eu arrltolt 
que Sa JÎaJeslé ou monseigneur Ui daupbia fkist aleu flmperair, Sb 
Hajeatê promet, lanl pour Elle que pour moiwlit seigneur, de ao- 
server ' ]es privilèges el Icé liberU^s des électeurâ, comme aossj dea 
autres princes el Estais de l'Empire, tani dans les alTairea de religion 
«jue poliliqucft, et la bulle d'or en son entier*. 

|B. Mais, si l'eslcction ne pouvoil succéder ny en la personne de 
Sa Majesté ny en la personne de monseigniMir le dauphin, alors Son 
Alte&sc Ëleclorale s'engngR de ne concourir ny par luy ny par s«8 
amjs à l'eslection d'aucun aulro princa, que de coïKwrt a^cc Sa 
Mf^eslé, qu) ne luy Tusl aj^Tèable et capable de porter la cooronne 
impériale, Unt pour te biuti de l'Empire que pour entretenir tous- 
jours une bonne inlulli^encQ avc-c lu France. 

17. l'our plu!« grande seureté des engagemants que Son Altesse 
Électorale de Brandebourg prend avec Sa Majesté 1res cbresticiine 
par les présuns arllcles, il a esté expressément convenu qu'en cas 
qu'en lialiie du présent Iraitté Elle ru»t attaquée* parquelque priooe 
ou Estât que ce pcust c«tre, alors Sa Majesté l'assistera do ses forces 
et fcra réparer les domma^ iiu'il aura sotUTerU. 

18. Sa Majesté, pour donner à Son Altesse Électorale une marqua 
particulière de son amitié, veut bien, durant le terme de dix année», 
luy faire payor * par cliocun au une somme [(^oulé pott&ituremeiU 
(fvne autre main el d'une autre encre : du cent mille livres tournois*, 

I. Dan» l« iralU <1e Sue, la un d« l'Arlicle 6 «»1 rèdtKte aiosi i|u'il niil i 

■ De taatfiner itt tout«raiaelte, préroi;«tiTes, |iriT)lèg«s «t liberté dM Moc- 
« teun, <1«* antres prlncei el Autti do l'Empire, laal du» ta kllUres <le 11 
t T«liEion ({ue (wliliques, «l U bulle d'or. Ie« opilulaliiinA impteidet et louM 
I le» «ulre» cuntlllu lions et lois de rEin|>)re en leur eutier... > 

S. 1^ feipecl de la bulle d'or est menliunné de m^ioe dans les Intlraction» 
de Colberl de Crultajr. 

3. Du» 1« Inilé de 8»e, l'arlI'-U' S parle la petite addilioa qui soit : 
t ln(|nlélte oa troublée en te* druiii, Esuts, |irovinces et dilioas et leiin 

■ nppnrienaDcos, et les droili pariie* el lerrea dont )oulsunl les priocet m> 
( trèmi ta »e> BtlsU.., > 

4. Dans le Iraitt de flair, le xlpulfillnnK relnliTe* aux «ib«ld«ê aonl ainsi 
conçues : < Pay<ir auMy Innt nprri l'e«rJiant^ des ralinlcaUnM ia (présent 

■ Iraill^. A i^ipxlK, ù M* (ra|[, la «Dmtnfl de 30,000 esen* en MpAre (Me) el de 
< laj filr« fournir en U mcime ville. ( «M dMpenc, par Gba»ron «n, durant 
i le terme de ijuulrc aD«, que le présent Iralll^ doit durar, t compter du Jour 
a de la date d'i«eluy, la amniDe de 20,000 oacna ta eapioai, lesqula S. M. 
t promet... ■ 

5. C'eit le infme lubiide que Lionne proposait aa rot de payeiT an doc de 
BaviËre, pour s'atsnrer »a loil électorale, dèt 1600 (roir M^nwtrtt el docu- 



DRS TrlTiTIVXS DK LOrtS XIV POUR tliniTKIl l L niFIU. 



41 



laquelle Sa Majesté promet ileluy faire délîvrur poncLuuUoinunl d'an- 
née en aiiDée. t commencer le premier puyemeul un a» après l'es- 
chan^^ des ratincalions du pré-'^ent trailté]. 

19. I) a aussy eslé convenu que les présents articles, qui sont de 
pari et d'autre une asseiirance liîen expresse d'une amitié réciproijue 
«titre Sa Majesté irës chrestionnc et Son Alles.'^c Ëleetorale de Bran~ 
débours, demeureront de part eL d'autre dans un extrême secret ' et 
que les ratifications* en seront eschani^^-ées dans le terme [comme 
plut haut : de deux mois ou plus lost si faire se peut, à compter du 
jour de l« signature du prisent trailto. 

Fait à Saint-Gormain-en-Laye, ce vingt-cinquième jour d'oclobre] 
mil alx cents soixante et dix-neuf, 

fSijrnd ;) Aa^fiOLO, Fr. MEirtasas. 

(Au-dessous de chaque signature le cachet du signalaire.) 

On remarquera que les termes de ce traité secret sont à peu 
prte identiques k ceux des instructions remises & Colbort de 
Croissy lors de sa mission h la cour de Munich en 1679. Ils ne 
difiârent que très peu aussi du trailé secret signé par Arnauld de 
Pomponne et Wolframsdorf. représentant de Jean-George* de 
Saxe, le 15 novembro 1079, h Saiut-Germain-cn-Laye^. Les 
(rois documents sont taillés sur le même patron pour tout ce qui 
concerne la préparation de l'élection h l'Krapire de Louis XIV 
ou du dauphin. I^s articles particuliers relatifs aux intérêts des 
trois cours et le prix du marchandage diffîn-L'ut seuls. Lyuîs XIV 
avait donc le dujsein hien arrêté de devenir le ma!tre de l'AlIe- 



Mien/4. Franet, I. 416, Tôt. ISI). Dut» u m^nie mémnlro au roi I.lnnoa non> 
tnll • l'Imporlaoee de ito^iier l'ilUance de l'éloctour do Brandrhouru tl I'ob 
vcot altiqner U llnllandi!. u 

I . CpUp mlinn l'omlillon du ucrrl ni rwommnn'Wu i Collicrl du CtuUsy pour 
ta nt^ocIntloriK A MunIrJi «n IG79. Voir lUcuett da inunietioni, Baviin, pu 
h. Uboa. p. 03. 

i. I.i ralillrnlloa de m Uniti «ocTOl fut (Ignèo à Polidam par réiecMur ds 
Bnnd'bourfi le 'M natcrahrc I67T). 

3. Nuui araai di^jl donn* nn notet lu trte potltc* Tarianlc* «pie l'on COD*U(i> 
diiii l«4 atllclei cniiiiiiuni nui dcut IruHi» itn Brandebouri; et de Baie. Vold 
une note (|ui |'L-riDi.-t d'^lalilir U rarreitiHindiiarc coropl<!le : 

Li' Irail «eirtt r.oudu arec IVIrr.tcur de San.' le 15 uoTeutiM IG79, tigai 
)wr Arnauld el Vulframiidorr. kvtc il rnchct de CM deui dlpIonmlnR, tûnlîRnt 
du arlklM. Il débuU' par coa molt ^ * Outre iM article* cnnlcnui nu Iruil^ 
conclu et afeaé aujourd'liui de In pnrt ie fi. M. tr^ï ctiro*t]Rnuu r( de S. A. K, 
i* Sai«, on eti «ncun coavenu de ce qui *uil * [la plupart de* article» tuiit la 



42 



B. VàBT. 



magne. Celte politique fut appliquée par ArnauM cl« Pomponne 
avec lii graritê rigide, avec la conscience scrupnleuse <)a'U Hppor- 
tait k rexéculion des volontéti de son maître. Cull>urt do Croissj' 
étail parti pour Munich; Frédèrio-Gaillaume avait dootié son 
adliéaiou «u stipulant sus avaDtagiM particuliers ou SUAeie «t ea 
Prusse. L'électeurd« Saxe dc voulait pas se trouver isoli. n avait 
benoin de l'assistanoe française pour la satisDiction de la maison 
de Saxe dans le sempiternel litige des duchés. PompoBne no vou- 
lut pas l'Hgagcr sur ce point l'action dc la France au dulà dc« 
termes du traité de Munster. II ajouta toutefois qu'au cas de nou- 
velles contestations l'appui de la France ne serait pas reru8& à 
l'^ecteur. Wolframsdorf, h ce propos, échangea deux correspon- 
dances avec sa cour, l'une publique et fort anodlDe, dcstiniie k 
être placée .sous les yeux du conseil et des Étatsdeth'esde; l'autre 
soigneusement cach^, qui ne devait être connue que de l'élocteui 
soûl. Pomponne exigea de Dresde, comme de Munich et do liui^' 
lin. une adhfeiou sans résorvc» aux ambitions de son maître, 
fut d'ailleurs son testament politique. Il fut disgracié le 18 n 
vembre pour des causes restées en partie mystérieuses, et l'i 
peut se demander si Louis Xr\' ne patienta pas, pour se séjttrar 
de lui. Jusqu'au moment ofl aurait été menée k bien la négocia- 
tion entamée depuis le printemps'. 




reproduction exacte iln tnîM vsoi avec l'électeur de BraodelMitfg. Kou« 
bllBtoni Ici 11 concordance) : 
TnM dt BnnilebMtt. TraUi de Saxt. 

Aiiicla 10 Article I «ui» cJiatigMnenl. 

— Il — î ici. 

— 13 •— 3 arec une petite adiliUon. 

— IS - * id. 
^14 — 5 tut» chaii^ineul. 
^15 — 6 avec quelc|ue* cubiplËiaenU. 

— 16 — ï »4ni cliuDgemeul. 

— 17 — 8 ater petit* addition. 

— 18 — 9 avec durtrencM nolablea potir lea qncalioM 
dea iu bailles, 

— 19 — 10 Mn* cliAnitemant. 
La ratlQcBUon on lutin ilo Iroila d'altiance et ilea artlclea seer«la a i\é aignéa' 

i Dresde, pir l'eicdcuf J(iiiii.C<«rKoii It, le 30 novembre IGTO. tllc Tofiue une 
pl6ce annexe de« deux tritlt^*, Nou' avont doua*, en noie, les diter»M additions < 
et niodiAealioni 1 nwiuri! qu'elle* kc iic^eiilalenl. 

I. Voir le dtlail de toute [a négociation onlre lea cou» de Salnt-Oermaln et ' 
de Dreade dans la tb^ao do U. AuRfach, dijè <U4«. H. Anwbacb aMijM IsJ 



H8 TKNTJTITKS DE LOVtB XiV tnvn kUXm i l'RHPIIE. 



Â9 



Ainsi l'ambition de Louis XIV, tout l'ii restaLt encore cachée 
■a grand public, se dévoilait eu particulier et sous le secrot h 
cbacim des princes qui pouvaient la servir h un momeot précis. 
Il avait préparé les t;lecloui-s ecclésiastiques à l'idée de sa candi- 
dature; il avait acheté h l'avaiice les voix des trois plus puis- 
SBDts électeurs laïques; il semblait tenir en main un chapelet 
eootÎDu d'Étals aliemands qui assuraient son influence depuis le 
Danube par la BaTÎère, la Saxo, le Brandebourg et la Prusse 
jusqu'à la Kallique. Qu'allaient devenir les Habsbourg de Vienne 
reaserrée entre k-s deux bras de cet étau formidable : la Hongrie, 
iTant-gai'de dw Turcs ut les trois éleclorats laïques, sentinelles 
avancées de la France} II semblait que rKuipiro, déjà miné par 
les ligues partieltps qu'y avaient fondées d'abord des princes 
allauandn indépendants, puis de fidèles clients de la France, lût 
& la veille de passer de la tutelle bénigne des descendants de 
Gharies-Quiut sous la domination altière du glorieux petit-fil» de 
BonriP^. Celui-ci s'engageait à augmenter le lustre de la dignité 
impériale, et cette promesse il saurait la tenir; mais que devien- 
drait cet autre engagement de respecter les privilèges et libertés 
des grands vassaux de l'Empire? Le sort de l'.Usace était un 
enseigDttment de co que l'avenir réservait aux princes allemands. 
Depuis 1048, les empiétements âi-a ageiat;« frauçais aux dépens 
dn franchises locales n'avaient pas cessé; et voici précisément 
qu'au lendemain de ses succès obtenus par les voies détournées 
(le la diplomatie secrète, Louis XIV, se croyant sûr de l'AUe- 
DUgDO, voulait réduire l'Alsaoe entière h la condition de toutes 
les autres provinces françaises. 11 préparait la soumission de 
Strasbourg, dont it n'avait pas voulu laisser discuter le sort dans 
les négociations de Niinégue '. 

Louis XI\', roi tout-puissant en Franco, héritier de la cou- 
mnoa d'Espagne, maître de la Méditerranée, tenant à sa discrè- 
tiou l'Angleterre, croyait avoir i-éussi h s'inféoder l'Allemagne. 
Empereur et roi, il eCkt gouverné directement la moitié de l'Eu- 
npa. Il efit clierchè à rétablir, non pas seulement on France, 



IralU «ecrcl d'aprtt l'inslrument de* Arcbko» de Omd«. Noa» avona fuit no» 
dWloat d'aprà» l'lu«trument orlgiiul conservt «ux trelûfM do ininbttre dei 
AflUra» élnnH^rM. 

I. Vi^, {Hiur la iiicAtl'iii dp I'AImcp. Im arlklon dèjt rIIci de U. Hoinnana «t 
laM oatnse d« H. U«r«Ue, UuU JUV «I Strmbours. 



ii 



H. vtn. 



m&U dans toute l'Europe , cette oaité du culte que Dossuet et 
Leiboitz sotigcaieut ii réaliser par uae«ntent« coniiiiunu. Il fÛl 
devenu l'arbitre souverain de toutes lee querelles, le juge des tètet 
onuroonées, la providence des peuples, û |>acificateur du monde. 
Qui sait s'il ne caressait pas le rêve de Sultyf Hoori IV, Riche- 
lieu, MazariD lui avaient ouvert la carrière. Vainqueur <lins Bar- 
baresques, ne pouvaît-tl pas aussi chasser le» Infl<l^e» des lieux 
saints, repounser les Turcs hors d'Europe? Henri IV avait eu, 
dit-on, quelque idée de la croisade. A quoi Louis XrV ne pou- 
vail-il pas aspirer? 

MaLs Ch3rle»-Quiiit et Philippe II ont eu les mêmes penaëes. 
Comme eux, Louis XIV est le représentant d'un passé qui dispa- 
raît. Comme eux et pour les mêmes raisons, il va échouer. Va 
monde nouveau d'idées et de sentiments naît autour de lui auxqueU 
il reste étranger. Les Hollandais ont défendu contre lui les droits 
de la patrie et <Ie la coDscience. Les Anglais ne sont pas disposés 
à courber leur liberté mus le joug français. Ils échappent du plus 
en plus à leur roi. Lojs Espagnols hésitent & se donner; le pape à 
recevoir trop do sorvicos. 

L'Allemagne surtout s'éloigna vite. L'annexion do Stras- 
bourg fit courir parmi les princes un long firémissement de 
stupeur. Loui» XIV pouvait sans doute fonder de graiules 
espérances sur les Lraitrà secrets qu'il leur avait arrachés. Mais 
il se faisait illusion sur leur sincérité. C'étaient les traditions 
des électeurs de faîa'» trnBc de leurs voix. Chacun d'eux avait k 
sa cour des conseillers du parti français et du parti autrichien. 
Suivant que le prince accordait sa iaveuraux uns ou aux autres, 
il déplaçait l'équilibre politique. Mais il lui suffisait de cbaoger 
de personnes pour oublier les traités signés et accepter des enga- 
gements contraires. Le jeune duc Maximlllen II se déroba, sur 
le conseil de son oncle, et accepta de promlro pour femme une 
arcbiducbesse autrichienne au lieu de Marie-[/)uise d'Orléans, 
qui épousa le roi d'Espagne. L'électeur de Saxe, Jean-Georges II, 
mourut eu 1C80; sou traité secret, pacte purL-myiit platonique de 
ea part, n'avait eu d'autre effet que de lui ménager quelques res- 
sources. L'électeur de Brandeboui^ , qui songeait è se faire le 
rei>rost!ulaut de l'idée de la patrie allemande, oscillait volontiers 
de l'alliance autrichienne & l'alliance française. Préparer l'unité, 
soit par l'appui des Autrichiens, soit par le secours du roi de 



BBS TETITiTIVBS DE LOUIS IIT POVE ABBITEB 1 l'sHPIBB. 45 

FraDce, ou plutôt s'assurer successiremeDt tous les concours, 
reœvoir de toute main, se ranger dans le parti le plus fort, telle 
a toujours été la politique des Hohenzolleru ; il y a eu des eutre- 
Tues de Biarritz avant celle de 1865 et l'histoire est un éternel 
recommencement. Les électeurs ecclésiastiques , qui étaient les 
plus menacés par les progrès du roi de France, s'étaient tenus sur 
la réserve. Ils se retirèrent de lui de plus en plus. 

D'ailleurs, l'occasion attendue ne se présenta pas. Léopold ne 
provoqua pas la réunion du collège électoral pour faire élire son 
fils roi des Romains. Il survécut lui-même jusqu'en 1705. Mais 
il serait mort juste à point que bien probablemeut Louis XIV 
n'aurait pas obtenu le trône de Charlemague et des Ottons. C'eût 
été la destruction des États distincts de l'Europe moderne, la 
reconstitution de l'unité chrétienne du moyen âge sous un maître 
absolu. Les peuples ont l'instinct de la conservation ; ils ne se 
suicident jamais. 

H. Vast. 



LES 



IDÉES POLITIQUES DE DIDEROT 



Il est difficile de trouver dans les œuvres de Diderot un corps 
de doctrines très net : Diderot n'a pas écrit de traité politique; il 
n'a tenu le rôle ni d'un Montesquieu ni d'un Rousseau. Cepen- 
dant, sa curiosité infatigable n'est restée étrangère à aucun des 
problème qui, à son époque, préoccupaient les esprits. S'il n'a 
point créé, en politique, de théorie générale, au moins reâète-t-il 
les systèmes contemporains ; il nous en donne comme la moyenne 
et la synthèse, car cet admirable vulgarisateur veut rendre toutes 
ces idées accessibles au public qui lira l'Encyclopédie. En quoi 
consiste cette synthèse? C'est ce qu'il est intéressant d'examiner, 
car c'est elle que portent en eux les hommes qui feront la Révo- 
lution. ^ D'ailleurs, Diderot n'est pas seulement l'écho de 
Voltaire, de Montesquieu et de Rousseau ; souvent il a des vues 
personnelles, originales et lucides; il juge nettement et saine- 
ment, quoi qu'on ait dit, la réalité des faits; parfois aussi, sa 
clairvoyance et l'inspiration qui soutient son génie lui font devi- 
ner quelque coin de l'avenir. Enfin, chez lui, comme chez les 
autres philosophes du xviii* siècle, nous pouvons observer que, 
si ses théories sont souvent très hardies, il montre une très grande 
prudence dès qu'il songe aux applications pratiques'. 

1. 

L'idée fondamentale de Diderot, c'est qu'il Eaut secouer le joug 
de l'exemple, de la tradition, de l'autorité ; il remarque que telle 
est la tendance du siècle, où la philosophie commence à l'em- 

1. C'eit ce qu'a dimoatré, avec beaucoup do farce, U. Kdtne Cbiiapion, duiB 
MB Etprit d« la Révolution française. Parla, 1887, p. 5 et soir. 



LES iD^es poLmQcres de didehot. 



AI 




f!Fe 






< oïk 90D ton est le ton domioaDt*. > Plus que qui que ce 
a une confiance abttolue dans la forco de l'esfirit IiuiBain, 
dans la raison, qui a créé les sciences et qui doit tran^ornier le 
^Doodo*. — Or, quelle est la puissance qui ropi-èseul^ le plus for- 
t l'auturilt^ 1» traditiurt, ot qui, suloci lui, s'oppose lu plus 
lunieul au triomphe de la rai&ou? C'est l'ËgUiie. JU Eitul donc 
afCaiblir son prestige. 

Une idée dière à Diderot, c'est que les souTerains doivent ae 
diâer avant tout des prêtres : ■ Le prêtre bon ou mauvais, 
écrit-il à Catbtiriiie II. est toujours un sujet équivoque, un être 
anapendu entre le ciel et ta ten'e... Tandî." que le peuple n'ap- 
prouve guère que ce qui est bien, le prêtre, lui, n'approuve guère 
que ce qui est mal. > Sous sa main toute-puissaute, le roi et le 
serf sont égaux, car il no songe qu'h la dâmÎDatioD universelle 
de l'Eglise*. Le catholicisme est particulièrement dangereux et 
oé&Bte; il remarque que l'instruction est bien meilleure dans les 
pavs protestants que dans les pays catholiques, car, en ceux-ci, 
le clui;gè, qui est maître de l'enseigucmeut, « est entièrement 
opposé aux progrès de la lumière et de la raison^. » 

Il est vrai que parfois il semble se contredire. M. Champion 
us fait obsurver qu'il cèlébro avec émotion la pompe de la 
ele-Dieu, «t qut>, dans ses Pensées philosophiques, il &it une 
vérilahk' profession de foi catholique : < Je suis ne, dit-il, dans 
riCgUse catholique, apostolique et romaine, et je me soumets à 
tontes ses décisions...; je veux mourir dans la religion de mes 
pères : voilà ma profession de foi"'. » Mais ce n'est qu'une décla- 
ration incidente, jetée au milieu d'une pensée, dans laquelle il 
malmène fort tes dé^-ola et déclare qu'il attend d'eux toutes les 
caloinmes*. D'ailleurs ses Pensées philosophiques, dans i'en- 

I. Cf. l'article F.neydopédle, de l'Eacyclopédtà (Dideral, Œuvra eomplèia. 
6d. Aueiat. t. XIV. p. 414). 

1. Doui iBiUniliiin d'an pire avtc set enfanU, il loatieDl ijue U roiaoïi At 
l'MtitM liumaiiiu «Il iiulr«iii#Dl sucrée 'fue la ralMn du U^lilulcur (I. V, p 301). 
CctitMulant Mul, le M^e, en qui t'incunie In ruiauii, peut te inelire an-dusus 
dM toi». 

3. Plan d'mtt VmveniU pour l« çoavernemeiU d« Hattie, 177^-76 {éd. Au«- 
;, t. m, |>. 510-ilt;, Ct. Ca», iïi fin ilu .Wiil- MècU : Diderot. 

4. £uiii nir l6t itudei en ffuuie (Ad. amhïuI, 1. 111. p. 413). 

5. Bd>D« ChBBipiu». op. cit.. p, 3Î. 

0. I II }F • IiJti((lui>i|>A, dit-il dana la totiae pemie, i|ue lc« dévot» oui datant 
0(Marl«*, Hualaigiir, Lotke et Kij le ; «t j'eapùra iju'iU «n djoinerout tilou 
i'iuXra. Je leur diicUic cependani ijue Je ne me pique d'ttre ui |du» honuAle 



411 



nRtii tSt. 



8«tnble, sont Dett«rueat déùtee, et u'atIribueDt qudqu« raison el 
quelque durée qu'il la rcljgioa nalurdl», qui est le résidu el 
le foodeuMnt de toutes les autres roUgiong, et qui se suffit h 
wÎHnècae'. 

Dans les artidea que Diderot a écrits pour rEnc^'dopèdie, on 
pourrait reltfver plus jualoment quelques coalradictioDS : à l'ar- 
ticle Célibat, il blÂuie le oJilial tJu< jirâtres, taudis qu'iï l'articlu 
CkrMi<mi*me il lui attribue de grands avantages. Dans ce 
dernier article, il proclame encore que te christianisme est la 
ineilleure des reiigiooa. Mais il faut bien se rendre compte quo 
rEQcyclopi-die. dont la publication dépend do la bi«Dvuillanoe du 
pouvoir, e»t tenue aux plus grands ménagements et fait toujours 
preuve d'une singulière réserve. 

D'ailleurs, jamais Diderol n'a prétendu qu'il latlait supprinMT 
toutu roligion àtalilio : « Un culte révélé est nécessaire aux 
hommes, dédaro-t-tl ; c'est te seul frein qui puisse les arrêter'. » 
VoilÀ une pensée sincère et qui correspond b ses oonœptioos 
véritablis. Au point de vue social, il serait dangereux de détruire 
la religion, car elle ooDStilue une aorte de garde-fuu dont on do 
saurait se passer : < Je garderais des prêtres, dit-il, non comme 
ÛM précepteurs de gens senfiùs, maïs comme les gardiens des 
fous, et luurs églisets, je Iss laisserais subsister comme l'asile ou 
Im potit4.-s maisons d'une certaine espuce d'imbéciles qui pour- 
raient devenir furieux si ou lu» uégligi>ait eutiôrumeut '. » N'est-oe 
pas une preuve delà prudenoe pratique des Pliilosophost L'imp^ 
tueux Diderot est aussi circonspect qu'un Montesquieu ou qu'un 
Voltaire. 

Mats, si l'Église doit sub«sler, il faut prendre contre elle dos 
garanti!» ttérieuses : la première, c'est que 1m insUtutious poli- 



bondM, ri flwlUfsr chi4U«n qui) (ouk cm phlliMnph««... > Snll la prit«ii4iw 
pnfoHlon de Ibl [Htuia, n* LVill, iA. Aw«nt, l. I, p. ti3). 

I. Vojr. notiiiiirofiit Peiuia phlloiopltiqiiei, n' LXII, t. I, p. ISi. — CDtl« 
pensée, il l'a dc*clappt<i l'annie tuitanU, en 1717, dan* wn p«UI triiil6 Dt la 
stilfUanfe de la rvligton naiitretU (I. 1, p. SGI el talv.) : • Tout ce qui « eam- 
utrap* iiur* iina lin, ilAclire-l-il ; tt tonl ce iiui n'a poiat #u it CDinmetiaB- 
m«al ne finira palnl. Or, 1« cbrlMIaolMUR a eoranicacé; or, le Judaimuc a aaa- 
in«Dc4; «r, il n'y ■ pu une wule religion sur la Icrrc dont In date ne mII 
connue, ucepu la tvllitloD naturelle ; donc elle >oulc no Qnita pa* el Unité* 1» 
aulret puMionl > (ibid., p. ÎGfl), 

t. Aft. Ctirittianmae du l'KncjrrlopMie (cd. Mwtat, t. XIV, p. 143 «( tulT.). 

3. l'Ion <I'UM VntvenlU [Ibid., t. III, p. S17). 



LS* IDIÎKS rALITIQDE» Dl 



49 



i]aes et civiles écliappent cumplètement à sun autorité et même 
à EOD iafluCDce ; le législateur, tuul r<>spi!ctutiux qu'il 6tit du la 
nligîoD, doit •< reudrc les lois priDcipalc», soit constitutives, soit 
civQw, ind^Ddantes du culte et des dogmes religieux'. » C'est 
uiie idée de réfiH'me précise dont ou sentait la nécessité à une 
époque où l'Église iDterveoait constamment daus les questions 
politiques et même purement dvUes, et celte réforme sera l'une 
des premières qu'accomplirais Révolution. 

Contre l'ambition deVÉgUsâ, la meilleure garantie, c'est encore, 
pour Diderot, qui; l'Étal b soumette étroitement à son autorité, et 
Q ne le pourra qu'en transformant les prêtres en fonctionnaires : 
« S'il est difficile de se patoitr de prêtres partout oïi il y a une reli- 
gion, il est aisé de les avoir paisibles s'ils sont stipendiés par 
CEtat, et menacés, è la moindre faute, d'être chassés de leurs 
postes, privés de leurs fonctions et de leurs honoraires et jetés dans 
l'indigeDce'-. — Un prêtre stipendié, dit-il encore, n'est qu'un 
homme pusillanime qui craint d'être chassé et ruiné'. » Gumment 
la royauté devra-t-ollc opérer cettt? transformation? Ce n'est pas 
m attaquant les privilèges du clergé, procédé injuste et surtout 
dangereux qui ébranlerait les titres de la couronne, mais bien en 
exigeant de lui des donn gratuits qui t'obligent li contracter des 
emprunts onéreux et qui le ruinent'. — Ainsi, l'Kglise ne for- 
mera plus une caste privilégiée ; elle ne possédera plus les biens 
qui asmrent son indépendance; les prêtres ne seront plus que 
des salariés de l'Etat et leur traitement dépendra de son bon plai- 
sir; td est h peu prés le régime auquel, par son concordat, 
Napolton soumettra l'Église. — Déjjt nous voyons se dessiner 
cb«£ Diderot une tendance que nous retrouvons non seulement chez 
les éoonomistes, mais cbei! la plupart di« philosoplitu du xviiCs.; 
c'est d'attribuer k l'Etal, sur certaines questions d'iotérêt géné- 
ral, une autorité puuraîuiii dire absolue. 



^ 



II. 



Cependant. Diderot n'hésite pas, et dans l'Encyclopédie même, 
k discute]' le foudenent de l'autonté. Comme Rousseau , il remonte 

' 1. Art UfttiaUnr do l'Kncjnl«]>tdle (Ibid,, 1. XV, y. VA). 
1 «a» (fuMf tWw(K<'(l. III, p. 117). 
1. Ditcmn J'un pkilato^ht à vu roi (I, IV, p, 36). 
i ati., p. U cl >uiT. 

Bsv. HiSTOii. LXV. !•' ««, 4 



so 



UMHU iit. 



h co qu'il croit être la toi naturelle : * Aucao hocDme o'a reçu 
de U nature le droit de oonunaDder aux autres. » L'autorité ne 
dérive doac pas d'un principe supérieur ; elle De peut avoir que 
deux sources : ou ta violcoce de celui qui s'en est emparé, < ou 
le conseDtaneDt de ceux qui s'y sont soumis par un contrat bit 
ou supposé entre eux et celui à qui ils ont défârè Tautorité. » Le 
prince ne saurait légalemeDl t'tro uu maître absolu, car l'autorité 
qu'il extirci] sur atM sujets, c'est d'eux qu'il la tient: « CelU: auto- 
rité c&t bornée par les lois de la nature et de l'Htat. » Suivant 
oeapnoùpes, Diderot combat encore l'idée que le ^ouveroeineat 
puisse être la propriété particulière du souverain : « LegouTeme- 
ment même héréditaire n'est pas un bien parliculiur, mais un bien 
public, qui, par conséquent, ne peut jamais être enlevé au 
peuple, à qui seul it appartient essentieltemeni et en touta\ 
propriété^. » 

Historiquement, laadiosea ne se sont point passées ainsi : Ifl 
roi exurou l'autorité dans son ixiyaumv cummu uu suiguvur du 
ïooywL âgo l'exerçait dans son domaine, en vertu d'un droit de 
propriété; et, à oo oonsi(l«:ror que la tradition, c'est à bon droit 
que Louis XIV considérait qu'il pouvait disposer de tous W biens 
de ses stijets. — ■ Mais Didentt s'en tient au droit naturel ; il exa- 
mine moins ce qui avait dû se passer au début des soàétés 
cequi avait été sous-enleiiUu ou ce qui aurait dû l'être au momeat 
où s'étaient fondés les gouvernements rOguliera-. 

C'est toute la Uiéorie du Contrat social. Diderot l'a-t-il em- 
pruntée à Koussuauî C'est a que l'on uc saurait affirmer. Itemat^ 
quoos que l'article de l'Encyclopédie où ces idées sont éniisus a 
été imprimé en 1751^, onze ans avant l'apparition du Contrat 
social. On assure que Diderot a suggéré à Kouaseeu l'idée de son 
Discours sur les sciences el tes arts ; n'a-t-tl pu aussi contri- 
buer k débrouiller en son ««prit la Uiéorie du conti-at*? Quoi qu'il 



t. Arl. AnUmU de lEotycloptclie («<1. A»Mtat, t. Xl]l, p. 39Î <t toi'*.). 

3. Il illl [iatU'm<ril i|ue le cualral, qui lie le uuvcnin «t Ma tujeU. eal un 
< uotrat fait «u tuppoié eulre eux t (urt. ÂutcriU). CbM ainri qua RonMeia 
NtoDdalt l« eoHtral MCiat, un* le dire «umI oettemeal qoe Diderot. 

3. Cf. l'èdiiioa ik ri!iii:]iclopédie ili! IT$l. 1. 1, p. S9S c( suit. 

4. Bouftwau rpcoanill loi'ia#m«, duo* mt Conftuioni, qn« Diderot • ootU- 
buri i tus preiniera taiU, et il «'en pUiiit iinilrumeal. Soiu utoni d'aiUMnJ 
que tout un patMge du DUeoitfi sur CtnègalUi cU de U miin de ûiltrot j 
(Amul, L. IV, p. lOa «1 luiv.). 



LES iDrhs TOi-movER m »ii>EnoT. 



M 



•D soit, ce sont chez les «leux écrivaio:) mômes principes «t mâmas 
tesiiances. 

Mais Diderot oe pousse pas la théorie jusqu'à ses dernières 
coiM^ences. Il déclare que les sujets, comme le souverain, 
doirent respecter le contrat, »e montrer soumis et respectueux; 
même s'ils sont gouvernés par un roi violent et injuste, ils ne 
doivent pas se révoltiir contre lui, car lus résistances « n'ont 
jamais corrigé les princes ni aboli les impôts; » elles ont toujours 
eo pour résultat d'accroître la misère'. 

Dans la pratique, il n'invoque en aucune façon la souverai- 
neté du ])euple. Il âe muntru partisan d'une muriarchie constitu- 
tionnelle et se rapproche visiblement de Muntesquic-u . Le grand 
danger, c'est qu'un seul homme concentre entre ses mains tous 
les pouvoirs : « Sa Majesté impériale, écrit-il h (^iLherine II, 
eoDce^'ra combien la k>gislation mise sous la sauvegarde d'un 
sral homme est de peu de durée^. i> Pour assurer même la liberté 
civile, il fiaut que le pouvoir exécutif et le pouvoir l^islatif soient 
toujours Emparés; il convient aussi que le pouvoir judiciaire soit 
iulépcndant dos deux autres^. Il faut que h roi donne une 
constitution h ses sujets pour qu'il puisse écouler leurs vœux. Il 
les invitera h lut déléguer des représentants. Oue seront ces 
représentants? « Des citoyens plus éi^Iairés que les autres, répond 
Diderot, plus intéressés h îa chose jiublique, que huf s possessions 
aUacAetU à la patrie, que leur position mette à portî-o de sùalir 
les biMOiua de l'État, les obus qui s'introduisent H les remèdes 
qu'il convient d'y porter. » Ainsi, 1«« propriétaires seuk devront 
être représentés; les paysans, il est vrai, auront le droit de vote, 
car iU possèdent la terre. Mais, en somme, c'est une sorte de suf- 
frage censitaire que réclame Diderot. Il consent même à mainte- 
nir dans l'asseioblée la distinction des ordres^. 




m. 

Ëo matière sociale, ses idées sont plus radicales, et l'on devine 



1. Art. aKforU^ d« l'Eiin}[Rlo|>Hk, foc. di. 

4. Cuai hutvrifuê fur la potUt, 1773. publié pjir M. Tournenx, ilaoi U 
Htvttr hulw^ut, t. XXV, p. 300. — Cf. iàii. : t Vont iii*ur«r 1'ex6culioa <ie 
la M, h« Fraiii^AU i<é|>i>(enl enirc le* nutlns du roi U loQtc-fiuiiuiice public u«. 
VolU b pnmitn ftule. If piebl origlDtl. » 

3. Cf. I'«il UberU eivlle ds l'BiiGTClopMle (U. A««Mt(. I. XV, p. Sl(l^ 

i. Art. Jt«pr«t«it/snii do t'Ëucjrdopidle (ii. AMuat, i. XVI, p. 16). 



52 



iL-»i sit. 



poarqaoi : il no doit rien à ses parents; il a été paurre; un 
jour, daDS sa jouDtarao, il a manqué mourir de faim ; josqoe dans 
sa Tieilloesu, pour subronir aux besoiDS d« sa fiimille, il a dû 
fournir un ènorin« labeur. On comprend qu'il partage coDtn> W 
privilèges les antipatiiies du tier» état. • Qu« la nation nxMiii- 
pense les aenioes, décUre-t-il, mais que cela ne s<Ht jamais par 
des priTilèges exclusifs, par dt» exemptions, par tous ee» moyens 
lulqutts, qui sont autant d'infractions & la 1<h gtoérale et de sur- 
charges pour les hommes laborieux et utiles qui n« sont point 
Utr^. > VoiUi qui vLie directement les privilègaadela noblesse. 
— It !iDabait« aussi que let> ioégalttés de fortune disparaiMent de 
plus eo plua. A-t-il pi-ûché cependant uno égalité parfaite? A-l-il 
été Dodalistof Ses œuvres sont émaillées de déclarations huma- 
nitaires, mais d'un onlre tout sentimental. Comme M. AuiLri 
Liclitenborger l'a dàmoniré, oe ne sont que des boutades sans 
grande portée; en réalité, il respecte la propriété privée, qui 
a pour origine < la prise de possession par le travail ' , • il 
adîoire les théories des physiocratos et considArd quo l'égalité 
absolue est chose dlimèrique ^. 

Il n'en est pas moins vrai qu'il s'est intéressé très rûollemenl 
aux class«£ méprisées do la sodoté, aux artisans par exempte; 
en écrivant tant d'articles daus l'EiicydoptiiUosur les arts m^- 
niques, il s'«3t proposé, non seulcmunt de les réhabiliter aux 
yeux des lettrés et des gens du monde, mais encore d'ennoblir 
ceux qui les pratiquent*. 

Opondant, h entendre quelques historiens, Diderot aurait émis 
\(s doctrines les plu.<) subversives : • Retour à la nature, c'est- 
à-dire abolition du toute société; > tel est, selon Taine, le cri de 
guerre de Diderot, comme de tous Itts encyclopédistes*. II est 
certain que, dan?i quelques-uns de ses ouvrages, et aotammeot 
dans le Supplément au voyage de liougainsiUe, Hiderot 
vante le bonheur de l'état de nature; à Taïtl, on ne connaît ni 
contrainte ui morale couventionnolle; aussi les hommes y sOQt- 



1. Cf. Andrt Lkbtenluirgtr. t» SoctatUmt nu XTHf Mêle. Pirtt. 18», 
p. l&O et «uiT. Vci). inMi I article Citoyra >ln l'f.ncyclopMlf (t. XIV, p. 1D3). 

3. Vu). X'EnlrtUen iun pire awc tft enfanU (t. V, p, J97} : < Hon f^tn. 
Et (|u'Ml-ce qui hnAe donc t> prtj[iriËtc t — Moi. PrimIliTcmeat, c'ut t* priM 
il« poiseuioD pur l« Imvjîl. t 

3. or. d'Altinbert, Uliçawri préUminatrt à l SnCiChpidtn. 

i. Cf. Taiae, CÀnetnn rijtme, p. '187 e( *aU. 




m loies Poi.tTtgiTis pe niDRROT. 

ils tout k la fois heureux et vertueux : « J'en appelle il toutes lea 
institutiunH poliliques, cîviliiset râligieusos; Ëxaiuincz-IcM pru- 
(oDitémont, et je me trompe fort ou tous verreK l'espèce humaine 
pliée de sièclo en aiicle au joug qu'une poîgnéfl de fripons se per^ 
mettait de lui imposer... > Vuilà uir' (lM:laratiuii qui nous paraî- 
trait singulièrement révolutionnaire si elle n'était isoléii et si le 
mémo homme uc> nous ditutit eu un autre endroit que l'état de 
nature n'est préférable en aucune façon i la civilisation'. Ce 
sont boutades d'un homme d'imagination ; mai» on peut affirmer 
liardiment que Diderot n'est pas un révolté, 

Cu u'vst pa^ non plus un couaon'ateur : au besoiu, pour réfor^ 
mer les io^titutions qui lui paraissent défectueuses, il ne recule- 
rait |ias devant des moyens énergique» ; il pense qu'il ne tant pas 
héftitor à provo({uer une perturbation momentanée pour accom- 
plir « un grand bien qui dure. ► Réformer le droit, les institu- 
lions judiciairos de la France, ce soraît ébrank-r tout l'ordre 
social ; cependant, il ne faudrait pas hésiter à le foire'. — Il est 
rèrolulionnaire encore en ce sens qu'il considère les institution» 
du passé comme le plus grand otHstacle à tout progrès; mieux 
vaut la table rase que tant de ruines gênantes : « Qu'un peuple 
est heureux, a'écrie-t-il, lorsqu'il n'y a rien de Eait chez lui ! Les 
nauraîus et surtout les vieilles iostitulion-s sont un obstacle 
presque invincible aux bonnes. » Le malheur de la France, c'est 
que son ordre social s'est établi au hasard et sans plan''. 



IV. 



De grandes réformeo sont nécessaires. Mais qui pourra les 
acoomplirf Diderot, non plus que les penseurs les plus originaux 
de 8DD temps, ne peut s'allranchir compMtemenl de toute tradi- 
tbn. Or, il n'y a encore jamais eu qu'un pouvoir qui se soit 



I. Vo}. A. l.iHilenbc^cr, op. «tf., p. 150 et tniv. 

t. Cr. Sttat btUoflqv* lur la police (Hrnuf hittorlquf, t. X.XV, p. 30Ï) : 
I 1^ Pniic« Mt cooilaninto * a'aiolr j&iudU de code. Notre droit coutunier 
Ht boMenae. Il Ml ti« A«ec l'eut et U Torliine de luiii le» p«rUculi«ra. Celui 
qfll pmjtdfralt In renienenieDl de c« MlMse tnuDklru^iii ébrnnlenit loalei le« 
pMprl^t^. Il n'.trti^srilt pas ion entreprlie uus cûtunellro une (oulv d'injut- 
Iku (rianUs. Il «onlAvanit In Ulli blême at les diven ordiei ùe l'Kiai. Je le 
tfxli jxniftaBt.cu'Jr pense qu'il faut hiroun grand mal d'un muoiuDl pour un 
grand bien ^1 dur». • 

3. Plan tfitn* VHltfrai/ [A««etit, t. UI, p. 441], 



M 



■mi sH. 



préoccupé qtM]qa«Ci}U <Iu bien public et qui se soit montré, en 
œrtalDW oocasions, supérieur aux intérêts de castes ou de oor- 
poratioDS ; c'est la royauté, et c'est elle encore qui a 4ègagé peu à 
peu la QOtion (le l*État. Aussi conipraDd-on que les Philosopltes, 
tout eo vantant Wbiuofaita do U liberté, songsot ancttru h s'adras- 
sor à la toute-puissance d'un monarque, maiâ d'uo motianiue 
intelligent et dégagé do préjugés'. Et surtout si ce monarque 
dispose d'un pa^'s oeuf, h peine ouvert à la cÏTtlisatiOD, queb , 
bi^nbits ne peut-on en attendre? Catherine II «et libre de "^^H 
mouvements ; elle u'a pas à compter avec de vieilles institutioi^' 
eacombi-aiitus, — nos philosophes du moins se l'imaginent, — 
die peut tailler sur lo vif et ré^aliser le gouvernement idéal'. 

Ainsi s'expliquent les relations da Diderot avec l'impératrice 
de Russie. Il a pour elle plus que de la recoanaUsauoe; il l'ad- 
mire «t la vénère. Elle a < la tète forte, l'&me grande, les vues 
étendues. » Elle est le Messie attendu par les philosopher : 
< Ceat pour elle et pour elle seule, je crois, que Montesquieu a 
écrit. C'est elle qu'attendaient les philosophes qui ne méditent 
que pour le lempe où naîtra un grand prince'. > En 1774. nul* 
gré son peu de goûl pour les vo>'.igfts, il gagne la Russie; pen- 
dant tout son séjour, l'onthoasIaHme possède son âme; il est 
tellement ébloui par la souveraine que, malgré ses facultés d'ob- 
servations, il ne voit rien du lu Russie ni de ses înKtitutions; oe 
n'est qu'en ce pays, où régne ou réalité une iuquïititiou terrible, 
« qu'il pense enfin en homme libre. •■ Après comme avant son 
voyage, k tout instant il envoie h Catherine de nouveaux plans 
de gouvernement : l'ûnpératrice ne les exécute pas, dlu lui 
déclara mémo furmellemunt qu'avec • tous ces grands prin- 
dpes, > si lieaux dans les livras, elle m ferait que de tré«t piloyaUa 
besogne; il ne »o décourage pas*. 

1. f L« tbèorie » deni Gigm, dit Toioe, et, Uodi* que, d'an <M6, die coih 
dull à tn dMolilioii perji^lueUe du ^uuvrroemcnl, citn •boulil dt l'aulra t !■ 
dlBIalutl^ illiiuliéi^ ao l'Etii i [rAncirn rig%mr, p. 319). -. Colle o»itT*dlcUan 
n'ett qu'.-ifipnn-alir : \n Philosophe* ne Magcnt 1 diCruirr le floitverni'tnrftt que 
parue qu'il op|>rimo In priuie et ne veut âci^onlrr aucune lihrrl^ ; ils soullro- 
draienl un £ut rriimenl muderne, tfn «upprimerall l«* «bii« et prol^ecralt lo« 
drcrib det Inrlli-idu.v 

ï. Cf. Ir Plan d'une VnivrrUU (I. III. p. \\\) : < Point de vieille* InaUtu- 
lion> qui l'uppiiarnt A mm tac>; elle » deTnnt elle gn rhtmp *«>le, tili Mp>0< 
libre de tout ubit*cle <.ur Irquil elle peut ^dlHer h ton grf- > 

3. Buai hutorigvt svr la police (Hti: ftW-, l. XXV, p. 309). 

4. Cf.. DoorM, DIdtrût. PirU, 1894. p. ISt et nnlT. — Entre «Ire* ; 



LRS id£es roi.mcDii:» m ninKRor. 



55 



Sa confiance en Catherine II e»t .si grau<!i> qu'il irait jusqu'à 
lui sacrifier l'indépeiKiance de la pensée. Sa Majesté i)Ou«o qufi la 
croyance à l'eiistence de Dieu et que la crainte des peines k 
venir ont une grande influence sur lus aciiouti des hommes. 
El) bien ! il est h propos que l'eiiseigneineul dti »(v> sujets sa con- 
tome k sa feçon de penser : aux écolier!; de Kuasifi, les proEes- 
wnr» démonlrcroul lus deux »ul)»tances, l'exisl^Jnce de Dieu, 
l'immortalité de l'âmo ot la cvrtitude tl*une vie futur»'. 

Il est vrai qu'à d'autres moments, Diderot paraît se défier sin- 
golièrement des souverains, et surtout des souverains éclairés : 
■ MéfiejE-vous, s'écrie-t-il, d'un souverain qui sait par cœur 
Aristote, Tacite, Machiavel, Montesquieu*. » Il contredit Helvé- 
tiu8 qui se montre partisan du do^puti&me éclairé : « Le gouver- 
nement arbitraire d'un prince juste et éclairé est toujoui-s mau- 
vais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des 
séductions : dles accoutument iuseni^iblemeut un peuple i) aimer, 

' 4 reepocter. h servir son successiur, quel qu'il soit, méchant et 
alapîdc. * Le peuple oublie ses privilégi-s e^^unliels*. — Voilà 
une contradiction évidente chez Diderot, et qui ne peut s'expli- 
quer que par la mobilité de ses imprisssious. 11 et>t probable qu*en 
écrivant ces lignes, il songe k Frédéric 11 do Prusse, dont la 
philosophie ne lui inspin> qu'une médiocre confiance : la monar- 
chie militaire que <xl étonnant génie a fondée lui paraît peu 
compatibl« avec les progrés do la raison. 

Quoi qu'il eu .soit, il est incontestable que Diderot ne craindrait 
pas de fortifier l'autorité et surtout les attributions de l'État : 
l'Église, a-t-oo vu, doit lui être soumise, au point que les prêtres 
ne soient pluj qiio des foDCtiounairos. L'enseignement sera une 
ÎDstituUoo oatitmale. Et l'on en voit clairement la raison : l'Ktat 
Mol est capable do créer un onsoignemcut démocratique. Const- 

l' dirais aa définition d'une Univeraté: < Une Université, c'est une 
Aoole dont la porte e^t ouverte itidistiiict«m»it à tous les enfanUi 
d'une nation, et où les maîtres, payés par l'Etat, les initient à la 



idnuto k CtXhtriiK 11. Il bot citer le Plan d'uiu Univenilé, i|ui date il« 
I73V7S. Ba 17T3, il lui dtsII enroyt «on Eitat hiMrijut mr ta potice, que 
■M*«roiuin«D(iana« 1 pliisloun r<iprî»i;s. 

I. PUin d'tcu- l:^heTlUé (l, III. p, 3aO;. 

:. Pr1n(lp«t de p^lUlqae d«t touivrain* [I7TS], n* LXIll (t. II. p. mj. 

3. Mfuiatmi et fMicraf* tnévétfiu. MUuli • laomtiu. * 1773-74 (t. U, 
h 381). 



BS 



■iE?iBi sn. 



cooDaissaace éléni»)taire de toutes li^ sciences*. — Je dit indis~ 
tinctement, ajoute-l-U, parce qu'il serait aussi crnel qn'aiwurde 
de ODiidamn«r à l'ignorance les cooilitiuiis sulMtternes de la 
socl&ti. » La Convention n'aura pais d'autre JdM. Diderot con- 
damno, ou (sSei, l'etueignoincnt purcmoul Tormal, qui m paat 
être utile qu'è un petit nombre de jeaDa gwis; il deinande, poar 
la maDse des écoliers, une éducation intégrale, utilitairo, profes- 
«onnelle, une sorte d'enseignement moderne, tel qu'on l'a créé 
de DOS jours*. Pour le peuple, il but un ensùgnement obliga- 
toire, gratuit, et surtout laïque, « car les prêtres sont rivaux par 
iUt de la puissanod siculi^. » Les enfants indigents ilerroDt 
même recevoir • du pain et des livres'. * — De toUea réAiriDea, 
on le conçoit aisément. l'État seul sera eu mesure de les acoompl^J 
et d'en assurer l'ex^ution. ^H 

Comme la plupart des penseurs contemporains, Diderot dêsïre 
la suppression des auomalH» existantes, la ràgitlarilé administra- 
tive, l'uniformité des ioslitutioiis. Ce qui lui paraît surtout 
absurde, c'est que la législation différo, non seulementd'une pro- 
vince il l'autre, mais suivant les corporations et les conditions 
sociales : « La loi dos ruIuritTs, remarquM-il, n'est point celle 
des noble». Lu clergé a des constitutions particulières à son état. 
D vn est de mvme du niilitain;, du l'ecclésiastique et du magiaCrat*. > 
Qui pourra ojiérer cctt« vaste refonte des coutumes et des consti- 
tutions, qui pourra substituer au chaos l'unifonnit^i et l'ordre, si 
ce n'est l'Élat? 

Mais ri^lat, que rêvent Diderot et les autres Philosophes, 
n'est pas la moDarchie de l'ancien régime, c'est un Etat dégagé 
des préjugés et des liens innombrables de la tradition ; un Ktat 
qui n'ail pour but que de servir les intérêts de la nation, dont la 
raison d'être soit de veiller au salut public. En un mot, leur idéal, 
c'e^t l'Etat (cl que la Révolution essaiera de l'établir, dont elle 
posera au moins la dé&uition. 






t. Vor. N(M iTiiiw VnlvcniU (I. III. p. 133). 
1. IbU., puilm. Cf. Caro. la Fin du XYllV titeU, «I Lurd, f'fn 
lup^rleur en hrancf. Parlt, ISSh, t I, p. 99 et >iiir. 

3. Plan (Tune Vnivm%té [t. 111. |i. 519), 

4. Suai Altfprffue tur ta potiet, loc. dt., p. 30t. 



LU IDJES P0LIT1<|IIR9 DE DIDEROT. 



S7 



V. 



Poar Tain«, l'esprit clfiiwique a iinpoaè u marque à tout le 
xviii* siècle; U a empêché les écrivaiDS de concevoir sainemeot 
la réalité. P^tsodoi) ne recherche et ne décrit les laits préds, 
typiques, qui révèlent h l'esprit le caractère vûrîtakle d'unt: insti- 
tution, la rie d'une société. On construit de beaux systèmes, 
mais qu'inspire sâulement la logique : on se contente d'abstrao- 
lions vagues et vides. 

La théorie de Taine, si séduisante qu'elle soit, ne rend pas 
compte de tous les Eait«; «lie est trop systématique pour corres- 
pondre exactement h Ja réalité. — Diderot est là pour le prouver. 
U n'est pas historieo; il n'a fait aucune étude approfondie des 
questions sociales ou politiques. Cependant, nous le voyons juger 
très saioemenl les érénementa contemporains et se rendre compte 
de leur portée réritable. Au moment où Maupcou supprime le 
Parlement, Diderot saisit admirablement les conséquences prc^- 
bables de la réforme et comprend très bien la faute que commet 
le gouvernement. 

« Le premier tort de la royauté. dèclare-t-U, c'est d'avoir 
laissa uuo autorité poUtique au Parlement, d'avoir fait inter- 
venir un grand corps <le l'État dans les choses étraDgères à son 
institution. » En effet, < cette concession faite par le souverain 
d'une partie de son autorité devient, avec Le temps, la loi fonda- 
nwutale de l'Etat, la plus essentielle. > Le peuple se croit libre. 
Attaquer celte concession, c'est déjà le premier pas du despo- 
tisme; l'annuler, cela paraît eu être le dernier; cela incline à 
croire qu'on atteint à < l'époque la plus voisine de la chute d'un 
empire, surtout si cette innovation se tait sans effusion de sang, 
car alors il n'y a plus de nerfe, tout est relâché, tout est avili'. » 
Voilà une vue singulièrement juste : la suppression du Parle- 
ment a semblé à tous les contemporains un acte de despotisme ; 
elle a produit une agitation, qui n'a pas été sans influence sur 
rarënement de la Révolution. 

Bien des gens, en effet, se faisaient illusion sur la valeur poli- 
tique des Parlementa. Diderot voit très bien qu'ils songent moins 



1. Ettai hmôtiqitt «HT ta poUet, p. 303. 



58 BEirai s6t. 

au bien public qu'aux intérêts de leur corporatioD, qu'ils reprè- 
seuteat l'esprit de routine et qu'ils sont les ennemis de tonte 
rétorme : < Le Parlement, dit-il, était resté gothique dans ses 
usages, opposé à toute bonne réforme, trop esclave des formes, 
intolérant, bigot, superstitieux, Jaloux du prêtre et ennemi du 
philosophe, partial, vendu aux grands,... embarrassant tout, 
brouillant tout, tracassier, petit, tirant à lui les affaires de poli- 
tique, de guerre, de finance, ne s'entendant à rien hors de sa 
sphère, et toujours pressé d'en sortir, voyant le désordre partout, 
excepté dans ses lois, dont il n'essaya jamais de débrouiller le 
chaos, vindicatif, orgueilleux, ingrat'... » Voilà un portrait par- 
faitement exact, ou peu s'en faut, et aujourd'hui même, après 
tant d'études sur le xvui* siècle, on ne saurait mieux dire. 

Non seulement Diderot juge sainement les faits contemporains, 
comme un homme qui perçoit la réalité ; mais encore il est très 
bien renseigné sur les mœurs et sur les institutions, non seule- 
ment de la France, mais des pays voisins. — D possède des 
notions très précises sur l'état de l'enseignement en France, sur 
la faiblesse de l'enseignement secondaire et de l'enseignement 
supérieur : « Notre Faculté de droit est misérable, > déclare-t-U, 
on n'y enseigne ni le droit civil, ni le droit criminel, ni les cons- 
titutions des états, « rien de la liberté, rien de la propriété*. » 
Son Essai sur les Études en Russie montre aussi que Diderot 
connaissait d'une façon très exacte la nature de l'enseignement 
en Allemagne, h tous les degrés^. Il a vu aussi avec une éton- 
nante lucidité quelles seraient les réformes à réaliser dans l'ensei- 
gnement. Est-ce le fait d'un esprit qui ne se complaît que dans 
les abstractions? 

Diderot a encore dégagé, avec beaucoup de netteté et de pro- 
fondeur, les traits caractéristiques des monarchies militaires, 
dont la Prusse de Frédéric II lui fournissait un remarquable 
exemplaire : tout sacrifier à l'état militaire, même la subsistance 
de ses sujets ; être le premier soldat de son armée ; faire peu de 
cas des sciences, des arts, de la philosophie ; considérer que < la 
science de la guerre est la seule utile ; > tout subordonner k la 

1. Etiai hUtorlgue mr la poilu, p. 309 et saiv. 

1 Plan d'utK Univenité (t. III, p. 43e et suif.). — Cf. Litrd, op. m., i. 1, 
p. 47 et BoiT. 
3. Éd. Auesat, t. III, p. 415 et raiv. 



LBS iD^ES FflLmom» DE DinsnoT. 



59 



discipline militaire : telles sont les maximes que pH!t« Diderot au 
souverain d'un État militaire*. — Il comprend fort bi«D que « la 
discipline militaire. la plus parraîte de toutes, est bonne partout 
al possible partout-. > Par <:onaèquent, toute la force du despo- 
lisBiiB, en tous ftty», réside enrarmôe; < l(>svicloiriv;uu iniposcnt 
agtSDt au dedans qu'au dehors'. > Il conçoit aussi que la seule 
garantie de la liberté, sous toute e&pèou do gouvernement, ce 
serait la nation armée, l'arméo comptée de citoyens qui seraient 
autre chose que des soldats'. Voilîi des vues justes, profondes, et 
qui reposent sur l'observation. 

Cette intelligence des (aitx contemporains et des institutions a 
paribis donné à Diderot comnio l'irituittou de l'avenir. A ce point 
de rue, l'article Législateur de l'Encyclopédie raêrite d'être 
signalé. Il est probable, déclare Diderot, que le patriotisme sera 
aflàibli |iar les rululions cuiiuuerciales et intellectuelles, qui 
deYiendrouL de plus ou plus fréquouies eutre les nations : en se 
comparant Ie.s uns aux autres, « les peuples trouveront si peu de 
raison de se préférer à d'autres que, s'ibi conservent pour la 
patrie cet amour qui est le fruit de l'intérêt personnel, ils n'au- 
ront plua du moins cet enthousiasme qui est lu fruit d'une estime 
exclusive. » On fera luoius de cooquOtes. — Cette prophétie se 
réalisera pout-^ître quelque jour. Mais voici une prédiction moins 
lûiutaioe et plus frappante. La paix ne s'établira que difficilement, 
ajoute Diderot: «Ce qui embrasera encore l'Europe, c'est ladtOë- 
reiM» des gouveraeinenls.. . L'esprit des républiques est paciâquo, 
mais l'amour de la lilturLé, une crainte superstitieuse de la perdre, 
port«Font souvent les États républicains Ji faire la guerre pour 
abaisser ou pour réprimer les Ktatii monarchiques; cette situation 
de l'Eui'Opu entiiitiendra l'émulatiou des vertus forlcw et guer- 
riires*. » N'est-ce pas comme une préviuon des guerres que la 
France révolutionnaire soutiendra contre l'Europe monarchiqne î 



I. Voji. PHacipff (b politise dtt touvrraliu (L II, p. 4TB d (dIv.), n" XCI, 
ICI X, Cl. Cil. 
t. lUd., p. 4St, n* CXXI. 

3. lbU.,p. iOO. n'CCKIV. 

4. lAW-, p. 473, a' LXVII : i Snui qiinliiui; RnuvrriMrment (|ul- o^ TAt, |i^ >eul 
n«;«a d'flrr Ubr« MU!t é'Mlt loat tnIdnU; il (andraîl i[i»? ilunii cliaquc con- 
dUliMi k cllâfiin cAI il«ai huhlU. l'Iiibil Ae ton ^Ut et l'habit miliUlrc. Aucun 
IMt«niti«'4l«bliruc«lt«*«luc«Uau. > Cf. vncori! (£l<t., n' LXVIII : < 11 n'jr aie 
booMi mnootrnncc* ifu* etUe* qol *c rcr«l(nl la bulonueire au bout da fuill. > 

a. Art UgUlattvr de rEaejcIopMle (U. A4««x«t. t. XV, p. 434 cl «uIt.). 



60 HKHii eie. — LIS mita poutiqiibs m iiidbiot. 

En somme, si Diderot n'a créé aucun système politise origi- 
nal, il nous présente comme la synthèse des idées de son temps : 
avec Voltaire, Q demande que la société civile et politique s'af- 
franchisse du pouvoir ecclésiastique ; comme Rousseau, il discute 
le fondement de l'autorité, mais sa conception de la pratique gou- 
vernementale parait le rapprocher de Montesquieu. Par éduca- 
tion et par instinct, il est démocrate : il ne comhat pas le prin- 
cipe de la propriété, mais il désire la diminution de l'inégalité. 
— Plus qu'aucun de ses contemporains, il a eu une confiance 
illimitée dans la raison, dans la puissance de l'esprit humain. 
Aussi ses théories sont-elles parfois hardies ; mais son exemple 
montre, une fois de plus, combien les Philosophes étaient pru- 
dents, dès qu'ils songeaient aux applications pratiques de leurs 
idé^. Comme eux, Diderot n'hésiterait pas à accroître les attri- 
butions de l'État, mais d'un État régenté, vraiment national et 
démocratique, qui ferait triompher les principes de la raison et 
les droits de l'humanité. 

Enfin, nous avons vu que Diderot n'est pas seulement un 
homme d'imagination, enthousiaste de la logique : c'est aussi un 
observateur qui sait juger, de façon précise, les faits et les insti- 
tutions. Les penseurs du xym* siècle n'ont pas été, comme on 
l'a trop souvent répété, de simples créateurs d'abstractions. 

Henri Sée. 



MELANGES ET DOCUMENTS 



LA BATAILLE DE UASTINGS. 



la controverse qui s'est engagée autour de la bataille do Hastings 
a pour origiiui c« fait que le récit qu'en a donné feu M. Freeman, 
professeur d'histoire à Oxford, reconnu comme lu clief-d'œuvri! de son 
^volumineux uuvragesur la Conquête do t'ADglelorre par les Normands, 

. devenu l'objet de vigoureuttes critiques et de non moins ardentes 
apologies. Le sujet d'érudiliou pure s'est ainsi étrangement compliqué 
par la question de savoir jusqu'à quel point on pouvait admettre 
l'autoritù de M. Freeman. De là aussi l'âpruté de la discussion, àprolà 
àimi s'élonncnl \aa gens à qui ta question de foit seule importe cl aux 
jeux de qui le sujet ne valait pas la puioc qu'on y mil Uni de pas- 
sion. Aucun historien anglais n'en pouvant parler sans un soupçon 
de partialité, il est heureux qu'un érudil allemand, le D' Spat/, ail 
abordé le sujet en pleine indépendance, assisté de M. Delbnick, pro- 
^a^seurà l'UniTersité de Berlin'. Qu'on accepte ses conclusions ou 
qu'on les rejiîttc, au moins ou n'accusera pas l'auteur d'avoir un 
parti pris. 

La roélhodo suivie par les érudits continentaux, beaucoup plus 
sjstêniatique qu'en Angleterre, où tout est livré au hasard et h l'in< 
dlviduaiisme, a porté d'uiceUeuts fruits dans celte élude; les argu- 
ments y sonl présentés en biiri ordre et le sujet étudié sous toutes ses 
bcee. i)'autrc pari, il est à craindre qu'on n'en arrive à une sorte de 
rijpdilé mécanitiue, quand on voit l'aulcur classer ses sources en trois 
groupes, uniquement d'après leur ordre chronologique. Par exempte, 
il range la chronique de l'abbaye de la Balaille dans le second groupe, 
avec lescbroniquos rédi(j-ées vers le même moment, sans réiléchir que 
le souvenir de la bataille a dû se mainleuir très vivant pendant de 
nombreuses années au lieu même où la bataille avait été livrée. 

1. Dit £eUacU «0» Ba$tinft, Berlia, Elxtriiig, 1SH, 69 p. la>8>. 



62 HÙ^KGIB ET DOCDIEIITS. 

Néanmoins, la manière dont il a étudié les sources est, non soile- 
ment métbodiqne, mais loyale et lo^que d'un bout à l'autre. H. Free- 
man insistait sur la nécessilé de déterminer tout d'abord la valeur 
relative des sources ; mais, de f^il, dans le récit actuel de la bataille, il 
a utilisé les écrivains postérieurs, comme s'ils pouvaient presque, ou 
même tout aussi bien servir à son propos. En fait, comme Ta mon- 
tré M. Spatz, il a choisi arbitrairement ses textes, selon qu'ils con- 
venaient le mieux à son dessein < . En théorie cependant, il est d^ac- 
cord avec M. Spatz pour placer au premier rang Guillaume de Poitiers, 
les poèmes de tiui, évèque d'Amiens, et de Baudri, ahbé de Bourgueil, 
et la Tapisserie de Bayeux *, excepté pour ce qui concerne Baudri, 
que, selon toute apparence, il n'a pas connu'. Le seul point essentiel 
où l'érudit allemand se sépare de Preeman, c'est en ce qui concerne 
le Roman de Rou. Dans mon élude sur Wace^, j'ai discuté ta valeur 
et les sources du Boman pour ce qu'il dit sur la bataille de Hastings; 
H. Spatz, qui le relègue dans le dernier groupe de ses sources et au 
degré le plus inférieur, explique pourquoi l'autorité de Wace lui 
paraît, comme à moi, contestable ; il déclare même que les détails 
qu'il donne sont sans valeur historique ^, et il reproche à M. Freeman 
d'accorder beaucoup trop de poids à son témoignage. Distinguons! 
Freeman, i) est vrai, place le Roman à ta této de ses > sources sub- 
sidiaires', ■ mais ailleurs il dit simplement que Wace ■ reproduit 
des traditions incertaines près d'un siècle après les derniers événe- 
ments qu'il raconte. > Il n'avait pas fermé les yeux sur les anachro- 
nismes et les erreurs qui sont si manifestes dans le Roman dt Rov, 
mais il ne sut pas sans doute échapper à l'inlluence des historiens 
pré-scientiRques qui avaient ci té Wace comme leur principale source, 
parce qu^elle était la plus alHindante. Malgré ses principes de critique, 
il ne put résister à la tentation d'utiliser librement un auteur dont 
les détails, s'ils ne sont pas exacts, sont du moins pittoresques et 
nombreux. 

Me faisant scrupule de revenir ici sur des faits connus de tout le 
monde, je me bornerai à discuter les points nouveaux qui ont été 



1. Spatz, p. ST. Corap. Fewdal England, p. 376-379. 
3, C« sont aosil ces quatre sources qac j'ai qualiliées de i leading autbori- 
Lies f {Quarterly Review, juillet 1893, p. 71). 

3. Selon Freeman, a le premier rang ^partiunt i la Tapisserie et i Guillanine 
de Poitiers i (t. III, p. 37S] ; «on rédl est lirt surtout < de la Tapisserie, de 
Gnillaume de Poitiers et de Gui > (Ibid., p. 7S7). 

4. Matltr Wace, dans Faidal England, p. 399-118. 
i. I Hialoriacb wertlos, * p. lft-20. 

6. fforman Conquat, 1. 111, p, 37S, 757. 



U BlTltLLR SB aASm««. 



6S 



soul«\'És en ce qui concerne la balaillu. Jv commencerai donc par 
étudier la stralégie qu'on a déployée pendant la caropa^jne, sans 
toucher à la tacUfpie .'suivie dans la bataille même, le seul objet dont 
Je me sois occupe Jusqu'ici. 

M. Spau tourne en ridicule cotte opinion de Freoman que Harold 
« songea, dès le début, à occuper la colline de Senlac. » Il a raison, 
Assurémcjit, de critiquer l'enthousiagme puéril avec lequel Freeman 
«éIMmIo génie et la perspicacité de son lioros-, mais il ne rend pas 
aasn ju&liee, je punse, ù la Torce du la pasilîou anglaisu, bien qu'il 
ait, pamlt-il, visilé personnellement les lieux. Il estime que c'est 
iiniquemiMil par hasard que la bataille Tut livrée Oi où elle eut lieu, 
les Anglais débouchant de la forùl vers le nord du champ de bataille, 
au mtoie temps à peu près ou Guillaume et son année, venant de 
.Hastlngs, atteignaient les hauteurs de Telham, de l'autre côté de la 
"Vallée. Je voudrais, pour mon compte, ia^ister plut^it sur les condi- 
tions générales du problème. F^videmmeul, Guillaume ne pouvait 
songera pénétrer au cœur d'uu paj» enucini, en rendant à chaque 
pu plus longue el plus dangereuse sa ligne de cumniunicalion. 11 
resta donc à lUslinfts (où des moines de t'écamp avaimt des liiens 
m£me avant la conquéte|, et il y fortiHa sa base mariUnie. L'initia* 
tive app-irLcnaiidoncà Harold; son intérêt lui commandait non moins 
évldemmoul do forcer Guillaume à quittur sa base, ou. s'il s'en rap- 
pnMhait, d'attendre, avant de l'attaquer, qu'il eùl réuni des Torces 
supérieures en nombre à celles de renvalilssour. Oc ces deux plans, 
Harold n'en adopta aucun. H se hâta, il se précipita pour atteindre 
Guillaume, et cela, disent les sources anglaises, avec des l'orces très 
inégales. Kreoman jusUHe celle précipitation en alléguant les ravages 
systématiques «péros p,ir les troupes normandes. Ces ravages, 
dil-il, avaient pour tiul de forcer Harold à combattre, et c'était pour 
«en garantir son peuple ' qu'Harold « risqua sa vie et son 
njaumo'. ■ Or, sans revenir sur lu fait que, omme je l'ai démon- 
Iré, Freeman avait mal lu sou Uomesday et imaginé que ces 
magta araient duré beaucoup plus qu'lb ne liront en réalité*, il est 
clair que Harold, comme roi, n'avait pas à ■ risquer » son royaume 
et b cause nationale aOn de mettre quelques paysans a l'abri des 
ravage* de l'ennemi, freeman se livre à la déclamation pure quand 
5 jtrft : « Un profond suatimeul du devoir lui commandait d'aller 
lie l'avant et de mettre lin aussitôt que possible aux ravages iinpl- 



t. JV«nMN CMfu«(, L ut, p. 411. 

I. Conpftror iVermon Conguai, t, III, p. 413-414, 435, 741, «t Feudal 



•4 



KdUKflU ET DOCCMBim. 



loyables qui désolaient son roj-Aume et réduirait son peuple A la 
misère, n llaroli) se hJlla donc d'arriver «n Susseï par ce «{u'od doit 
appeler, si tes calculs de Freeman sont justes, une marche forcée. Il 
Ihit quitter Londres â Uarold le jeudi 12 octobre et n'hêsile pas 1 
aflirmer qua Harold ■ atteignit Senlac fô l'eille de la bataille, c'est-à- 
dire le vendredi 13 octobru'. ■ S'il en est ain&i, les Anglais durant 
combattre le matin du 14, après avoir parcouru une vingtaine de Ueuee 
pendant le^ deux jours précédents. 11 ne s'agissait pas de deraocer iM 
Normands pour s'emparer de la position ; Û. Freeman admet qu'ils 
n'avaient aucun désir de l'occuper. Pourquoi donc cette marebe for- 
cée? liiiillauma de Pailieri^ el l'iuillaunio de Jumiep.-» §onI d'oeoord 
pour aflinner nue llarold espérait surprendre liuiliaume'. Freeman 
écarte Inur témoignante parce qu'il eontredisait sa propre opinion que 
Harold, dés le début, voulait forcer Guillaume i^ l'attaquer sur la 
colline de la Bataille; mais il est remarquable qu'un ctiruniqueur 
sympathique ix ilaruld, celui de Wallbam, afllrme également que le 
roi voulait attaquer les Normands ■ impremunilos*. ■ Il l'aocuM 
encore de précipitation et d'une oonHance exagérée en soi *, accusation 
que d'apréâ Freeman lui-mâme* le caractère du roi ne rend pas 
inrraisenjblable. Si l'on sti rappelle, '%mrae l'a dit Freeman, que • sa 
marebe en Northumberland eut pour but de surprendre Tenvahis- 
Kur° » et qu'elle fut brillamment exécutée, il ne parait pas du moins 
impossible de croire que llaruld espérait répéter à llantings son beu- 
reux coup de Slamfordbridfje. 

La théorie de Freeman est tràs simple; elle est vigoureusement 
préscutôu, avec une conlîance caractéristique : 

Le plan r£el de Elarold était d'occuper on poste où les Normands 
devraieiit l'attaiiuer avec nu grand detavaotagc et où U pourrait so 
déCeodre avec un grand avantage. C'est aussi c» i{u'il Gt, et os fut 
l'oruvra d'un véritable homme do guerre de l'avoir rfaUsé... Il n'eat pat 
douteux que la marche touteoiiL^re n'nitélé exécutée pour celobjtt spé- 
cial. Du moment où llaruld llxa uit jour poor la bataille, Il en fixa ear- 
tainemaat auni \c lieu. Il cdimaùMiii mu» doute bien Suhox, et d6* le 
commencement il avait cboi^ clans son e»jirit le lieu oïl il livrerait 



\.0p. c«..p. 7iS. 

3. « A«clfr«bal... rox forlbnaduii...; ooctumi) «tiaro Ineurto aot repentiao 
nlnn* cnuloA api>rlinnrc cogldbnl. > — • DoMm JDcautnm «wolrron» preocoa- 
pii*, lot* Duclc equlluu, la campo lielll appinill mane a [Op. <U., p. 44t}. 

3. IM., p. 435. 

4. t Nlmit precept «I de vlrtute toi presometu. t 
6. ntd,, U, 47. 

5. tm., 111, 4(i. 



Li niTmtLs DK Hisrnus. 



ftï 



iMilaillo. S« marcha eut pour bui iirëcis ie lieu indine où In bataille 
devait être dunaée*. 

M. S)Kit7. tourne celle théorie en ridicule*, mais il ne louche pas le 
point csseiiLld. Ce que pi'Éleiid Frcciiiaii, c'est que Haroid Torça Guil- 
laume à coiiiIjaLlri; au lieu choisi par lui-même cl « ijuaucun aulre 
lieu ne pouvait i^ire plus bvorable à ta dérensi^ anglaise, plus défa- 
vorable à l'altaquQ normande. « Mais comment et pourquoi les Nor- 
mand» furent-iU < obliges » d'attaquer celle position? Ëcoulonâ 
encore Fruemau : 

D jHarold) suivit la ligne de la amada route dp Londres à la cAte 
œMdiooale. Il s'arrêta on un «luilruit ([ui commandait celte routa 
61 qui commandait auKsi la grande mute à l'est tie la position en ce 
noroeul occupée par Guillaume... C'était un post^ pt^s duquel Guil- 
laume ne pouvait iiiusêrsuiis i'atUiquer |p. 443-4'i4),., Las nnviihî«*ifur» 
M pouvairut drmciurer itiuclifs ; il» ne pouvaient non plus pw-«or pri>K 
de» pOMlivn» uiifjElaiiTS nans atiaqtter |p. 4181. 

A tout œla, il suffît de répliquer que Ie$ Normands n'étaient nulle- 
ment forcés de passer pi-ès de ta (iosilion occupée par Harolii. Même 
après son triomphe, le Conquérant ne tenta pa» àe marcher vers 
LoDdrei; A travers l'épaisse i Andredesweald, » mais longea la côte 
jusqu'à Douvres, où il atteignit la grande vole historique qui mène il 
Londres. A fvrtiari, n'auraiUil pas fait la folie de s'ouvrir la roule 
ds Londres* i travers trente milles de fbrèt, avant d'avoir réglé 
son compte avec l'armée anglaise. En outre, la position occupée par 
Horold ne pouvait l'empiVUiir de marcher vers l'est. C'est seulement 
au sens moderne du mot que la colline pouvait n commander ■ une 
roule éloignée de Haroid d'environ deux milles. Il ne pouvait atta- 
quer Guillaume en marche qu'à condition de quitter sa position, ce 
que prccisèmcnl, px A^otheti, il ne pouvait faire. 

U nous reste à découvrir pourquoi Guillaume fut, comme on ie 
preieud, < conlr.iint a de livrer liataille sur la position même choisie 
par Haroid'. La Conquérant était rcâtéùHaslint;s pendant une quin- 
zaine et u'êlail cvidouimcnl pus pressé par lu temps. Haroid, d'autre 
part, av« une forôt derrière lui et devant lui un pays épuisé, ne 
pouvait tenir longtemps, bVccman admet que a ce n'était pas un 
endroit où un grand rassemblement d'hommes pill reâter loog- 

I. I>. 4lt-t43. 

1. P. 41-13. 

3. L'eibl«t»c« mfane d'iioa grande roule 1 Iravera U forèl <•! plut que dou- 
Imbo; 811e eu Inconuue d<!3 airbéojuguo* locaux. 

4. Op. tu., p. m. 

Rbv. Uistoi. LX.V. ■•' r**c. 5 



66 



HiUXMH n DOCDKRtn. 



temps'. Il l'iuillaumo aurait (Jonc pu alteiidre à llastings que Harold 
inarchH <le l'avant en abandanoant la cotliiM ou ramooât ses troupee 
on arrières J'en concttis que l'iniliaiive appartenait à Guillaume cl 
que, s'il attaqua, c'est qu'il le voulut bien et non parce qu'il 7 lUt 
« contraint. > 

L'arrivée do Horold avec son armée sur le champ do halallle, b 
veille au soir du combat, (isl une pure supixKàlioti rlu frecman ; elle 
ne repose sur aucuuo aulorilù. Waco, u saiis valeur » comme d'ordi- 
naire, les fait, en un endroit, arriver le 12 et, dans uo autre, le 
malin du (-1. Les meilleures sriurces, comme le remarque M. SpaU, 
bvorïsiMtt CGito dernier» conclusion. Seul, Krcotnan place l'arrivée 
le ts, bien qu'il rccuniiaiftse lui-m6mu que > la baUillo suivit presque 
ausâit6t l'arrivée do llarold a Senlac*. > A vrai dire, il avail besoin 
de trouver « le temps nécessaire [mur les deux manières dilTénentes 
de passer la nuit, d pour * lu^ derniers messages échan^ï entre 
Guillaume et llarold > et pour les préloadues rorUilcaliotis élevées 
par Harold .sur la calline. Mais, si tous ces épisodes sont légendaires, 
oudumoius liypotb<!!tiquc», il n'j a pas Heu d'en trouvfir t le temps. ■ 
U fout, selon moi, prêter attention à un mot qui a été omis par \'b\i- 
lorien anglais et dont l'imporLancc n'a pas élé, je pense, apcroie par 
M. Spatz tui-mAme. Frreman suppose que (îuillaume su^'ait que 
Harold nrail occupé la colline, qu'il avait m6me communiqué avec 
lui dans cetlc position, qu'il marchu pour l'y attaquer le malin du 
14 ct<|u'arrivé a In colline de Telham ■ il vit les Ani^lais campée 
en foce. sur la hauteur de Sonlac » (p. 4S«). Ce qui »uit doit èin, 
pour pluâ d'exactitude, rapporté dans le» termes mêmes de l'autour : 

Alors le duc, tout armû, m mit i examiner le camp aogUi*. A co 
moment. Vital, uo lervitear de son fMre l'évéque, un de ceux dont le 
nom 6ftt inâcrii dans le Domesdaj'. s'avança k cheval Tors ton «anvenln. 
Hâtait de ceux qu'on avait envoyés eu avant pourApler l'armée anglaîM. 
Guiltnumi^ lui demanda ce >[u'il amit \'u<^t Où l'on ilntiiit trouver l'usur- 
pateur unglniii. Viial lui coiUu ijuc [Jarold ùtnil au milieu de* rang* 
6pai» (jui couroniiAimii \v commet do la colline, car là, croyail-il, il 
avait TU l'éuiodiinl royal (p. 438). 

Voilà un bel exemple de l'habileté avec laquelle Freeman jonglati, 
c'est lo mot propre, avec ses autorité». Si l'on remonte à sa source, 
on ne trouve rico sur Vital que ces mots de la Tapisserie : « Wiilelm 
dux iuterrogat Vital si vidiseel axmtum Haroldl \ > Peut-on en 



t. P. «48. 
Z P. «8. 
3. T. m, p. Tl>3. 



H BlTtllLB DE RtSTrNGS. 



OT 



w 



Uin autre chose, siiiou que GuiUaimie iijiioniil où so irouvail 
t^BTiDée d« llarcild? 

MaJnlenanl les àmx armées sont en présence; nous arrivons à la 
balailk que M. Spatz lisl d'accortt avuc moi pour appeler balaille de 
llasUiigs*. Je ne voudrais pas servir de nouveau une crambf rfj>if(Ha, 
n,v3iit déjà exposé m«9 idéeâ sur la lalaillu dans mon livre iiililulé 
Feudat England*. En somme, l'érudil aUemaod est d'accord avec 
moi sur tes points bien connus où je diiïërc de Freeman; mais il 
va plus loin, en rejniaiii plusieurs parties du récit de Freeman que 
J'aooeplc ou que je ne conLcsle point. 

Voyons d'abord les points sur lesquels nous sommes d'accord, La 
prHendue « palissade ■> uu < barricade » coniilruîtQ sur le fruul de 
l^rmôe anglaise, qui wx.n\iti uni; si largti place dans le récit de Frcu- 
mann, est L-lmleuieul liée avec la disposition qu'il donne aux troupes 
et avec tout son récit de la bataille. Car, tant que ces • remparts de 
bois, » ces « solides barricade,» b n'étaient [>a3 renversés, les cheva- 
liers normands, écrit-il, « ne servaient absolument à rien; * c'eût 
4lft « pure Tulic > pour eux d'attaquer^ En outre, ce flit seulement 
cette lullseadc qui pcrmilà Freeman de disposer les .\ni;Iais de sorte 
que les ailes, a droite cl à gauche, Ta'^aent composées de paysans ; si 
Xoa supprime cette palissade, tout le récit croule'. Je no répéterai 
pas mes arguments^; mais Je voudrais montrer aux lecteurs de la 
Kfvue /tMorî'iue i'cxaclc vérité au sujel du passage de Wacc com- 
mençant par les mots : * Fet ore devant eh escus o (vers 7^^3-7826), 
Gor lesquels seuls s'appuient mes contradicteurs. Il y a de bonnes 
raisons pour rejeter absolument, comme \c, fait H. Spatz, le lémoi- 
gaage de Wace, même si lo sens de ces vers claii tout â fait clair. 
Hais il â'en faut bien qu'il le soit; car, dans sa seconde édition, 
ifi'il a priera, ■ dil^il, lui-mému, « avec un soin minutieux et où 
ij corrigea au améliora tout ce qui lui paraissait demander correction 
ou amélioration, » Freeman déclare, dans le seul passage où il a 
ité oes vers, qu'ils doauaieat une excellenle description o de la 




I. p. 10 ; ( Wjr jerloch ichliMMD tins nound'a Au»luLruugen in Jer Quor- 
Urli) Uwieie, I- CLXXV, 169-1, an iinil liuUulten ilen erileren Naïucn bel, 
bopUUfallcb Aa die ^Jilachl oun eininal uotar UitD alTgemgiii bekaoat gewor- 
in ht.. 1 

t. Fe%dai Knjland, p. 33î-3t)!l. H. Spati nn paraît pu aroir connu c«lt« 
«ait. Voir au»U EitjrfU't hitlor. Knitw, t. IX, p. 209-259, Si National Bevltw, 
iii»i<r 1897, ■>. e8T>CQ&. 

3. .Vnrmon C^nqiial, t. Il), p. 46T4G8. 

4. Spali, p. It, niv abftolamriK l'oxlttencc do ta psIlMtdc. 

5. FcNdal Enfland, p. m-3b%. 



'u 



aiii.wa BT bocncns. 



formation du mur de boiuiifn', • laoïlis ([u'il les avait comprU 
d'abord au coniraire coannc déeù^iianl une palissade. L'inlcrpr^- 
lioi) t|u>n oal donnée MM. I>aul Mc.veT el Gaàton ParU* ne peut pré- 
valoir contre le» litrmes milrines tlonl Froenoo s'est 8«rvi*. 

Comme MAI. Mi-ycr cl Pari» ont donné leur opinion (qu'on a Invo- 
quée avoc tuu de eonpiaisancc] sans avoir eonnu mes artnimciils ', 
je voudrais que ces émlnents inidlu pussenl s'eipii(|uer après 
avoir pris connaissance do mes ralsoiu ; J'ai surtout prétendu que 
« l'obscuritÀ ■ que, selon M. Paul Mejer, pr^^i-nle le passage de 
Wace, a pour orittinc une erreur de Wuce iiiturprulaiit A tort, cumme 
il l'a l^t encore ailleurs, un pa&»i;û du Guillaume de MiUinesLurjr 
où est indiquée l'ancienne dispoulioo antjlaiu du ■ mur de 
clicrs. u Voici luâ iteux pasuge» en regard l'un de l'autre : 



Peditea omne* cura Mpenoibnfl 
coD'eriaanleteici'torurii t<>*iii<lini- 
itnijKuetnbiloD uuniiain faduuii 
quod [iroCecUi lllîs ea dit »aluU 
fuÎMtuL, iiiii NormsnDi, siiuulala 
fiiga more suo, coaferloit nianipu- 
los laiUMDt. 



deldouB Bagl«li bâches porlosat 
E gitamiM fjui liioii ireDCboeaL 
Pà.U on>ai tlevaut els eseut 
De feueouv» e d'allros (gx, 
IH'vant ol« le* urent tevni 
Coainie clelei joUti e serrex ; 
Fait en orrat devant cU»ttim, 
N'i laÏMiimni nala jolntaie 
I^ ooc Norm&nl enir'elc veuis^ 
Qui dascoollre les volùst. 
U'owui « d'el* «'Bvîroaoeiil, 
Issl (leflondre m quidoent; 
Et s'il 8c fussent bien tenu, 
la na TuMeul leior \-eocu. 

(Ven TS13-781S.)j 

Tai (tonné dans Ffudal Engtand (p. 409-419] plui>icur!s exemple» 
semblables de la manière dont Wace arrange le texte de Guillaume, 
cl ma Ihéorie, si on l'accepte, expliquera l'origine de ce passage mémo 



I. « Amy or Ihc thi«td-wnll. i y&muin Coa^vttl, i. III, p. T63-TU. C'< 
toujouri A In wconde èdilioii que j« r«n*ola. 

% t'nçllih hhlortcal Hwiew. t. tX, p. ïiiO. J'ti d^onlré (/Met., p. Ut-in 
•I 237) i|U(! M. Fmcmun i^l uin principal «pologitle, H. Afclier, ont, i eut il*ux, 
dnnnA qiialrc IriidurUniu dlffArcutm de ce patiM(;B, loulet djffM«atw d« nia 
prnprc cipininn. 

3. Colle onnlmlirlloii que je rel*»e plia FfeuniKn ne «urpn-ndn p« wux 
qol MVtrnl cnmtilrri. cliei lui, U pràcipitnlioa nuiMil i la logiquR. Il ('e*t ron- 
Iroilll ail ïiijol <le tu «lispoiilian dai troupet Uf,ttKi [t'eudal £ngland, p. 36t) 
el <\f l^irniliio du < uiui de tiuucliert u ilbtd., p. 26b), comme, de l'aren mime 
de «CM apoloKiMM. il sMt Ci>nlr«dil >ur la BiliutJ»n ropccliTc do l'elendard et 
d« I* |Mli»adu iL-asliih hùtor. HtPt«w, 1. lu, p. Gl, iH-ù'j, Ul-ÏMJ. 

4. Snslult hulof. Review, t. IX, p. 3^0. 



lU U I 

' I 



r 



U lATtlLLB DE nt5TIKI15. 



fi9 



pour uux qiii, comme M. Spatz el mol, n'atlach«ii( aucune autorité 
BOX délails Tournis par Wace. 

En dehors (1« celte question de la palissade. M. Spatz, pour l«s 
nrfnics raI»oii3 rjue moi-m6me, rejette Topinion de Freoman quo lo 
centre de l'année anglsise était composa de troupes pu^ummcal 
anaées {thegn» et Aouse-caris) el les deux ailes de paysans grossiers 
nm armure déTeasive* : celle opinion ne a'appuio sur aucun texte 
et supjwse, commis Je l'ai indiqué, une lactique si alisunle, que le 

• général consommé > de Frcâman aurait condamné son armée à la 
débite*. 

Je puis passur rapidumenl sur la première pliase de la baLiilIe 
{nrce que, si la " palissade » esl rejetêe, comme elle lest par M. SpaU 
tl par moi, il ne peut plus être question de montrer, ave« t'raemBo, 

• l'infaiilerie française à l'assaut de la coltine, cherchant it ron)|>r« 
b palissade ■ (III, 477] pour « ouvrir le chemin aux cliar^jea île la 
cavalerie • |lll, 467). Il suffira de remarquer que Frei'jnan n'a pu 
ioiaginer celte première phase sans altérer le âcns de sih autorités ', 

C'est quand nou^ arrivons ii la seconde phase du ce grand coiilUl* 
que nonimencenl lus réelles dinicullês. Tenant ijuo la palissade cL le 
« mur de boucliers • élevé eu arriére d'elle él^enl encore aux mains 
des Anglais, Freeman a consacré environ 70 pages â cette :>econde 
allai|uc, dirigée par le duc en personne. M. Spatz consacre à. peu près 
Autant de lignes a réfuter ce récit, dont il ne laisse rien subsister 
(p. £7-68). Beaucoup de ses crlliqucj» peuvent être acceptées aam 
rcfler\T. Quand Freeman résume le résultat de la « seconde attaque > 
comme un triomphe remporté « seulement sur des poutres de bois •> 
«l À la suite duquel < Li barrlcarle ftit maintenant en partie renversée » 
(111, 4 Air- (87), M Sitat/monlreaisémenliCommeJe l'ai Tait moi-niéino, 
cjue le passage allègue par Frceman oe fait nulle mentiun d'une barri- 
cade*. D'autre part, loscleuxépisudcscaractérisésparrbistorien angles 
comme étant l'un n la résUlance des Ani^Uis sur la colline détachée, > 
l'autre ■ le grand ma&sicre des Frani.^is <lan3 le ravin de Fouest, • 
«luc rcjutle M. Spatc, oui été l'objet d'une critique plus approrondie 
dans ma section intitulée < The fosse disaster » que dans l'ouvrage 



t. Spatx, p. \\ 

ï. Ftvdal England, f. 350 et i. Il but te rnppclM (|iic le Mut polnl «b*olD- 
ta«al cvrUln ni «{iin rtlencliiri) de llirnM était pUnli aa rcntn:, nu «onimel 
■le h mJliiir mi fut rlnm |<l<i« Urd In maltre-aulol do l'abbajo de le UaUilU. 

1. f^tlat Ht'jlaad, p. .173. 

t. Pnvmjn r,ip|inlk t n ncw act In tha awfnl drama et lh«l à»j ■ [p. 483); 
U. S|mU • die inrlte Kpisndc au* <loii> Kampfa > (p. 67). 

h. P. U. 



«a. ^^ 



70 M^UTOCS rr oocnKin. 

sUemand'. J'y ai montré arec f[[iell« dexténté rreeman ad&plalt les 
textes ji 36S théories*. Ivnfin, <|uamj on arrive aux détails d« la Hruul« 
maniBUvre par laquelle, selon Frei-man, Tut décidée la forturio de 
la journée. M, Spatz n'a pas do peine .'i montrerquo l'historien anglais 
a confondu d'uau famit ii)eilricablc l«s rem^eignemeiiU fournis 
par les «Hirces avec ses conjectures personnelles. Il r«{irend le récit 
dnhVeenMii (p. 488| et répète, sans KTOtr eonnu iDeâcriliques, «qu'il 
a construit uoo légende qtie rien ne justifie*. > Le pas^aj;» qui aous 
monlro lue Normands emportant calIn, a la droil« de llarold, la co^ 
liuc abandonnée par son aile droite, qui {wursuivail les llrcton 
l'aile t'auche rranfaise, * ne se trouve nulle part dans les soureea, » 
comme Je l'ai déjà soutenu oioi-mttme. De plu4, comme il le falljua« 
tcmenl remarquor, il serait peu vraiscmblatile que le duc eût confié 
la manœuvre délicate d'une fuite simulée a une aile qui aurait déjà 
été, ex hypotkesi. démoralisée par uae déroule réalle |p. ci). 

I^D résumé, purluutoiijudiireru d'opioiou avec l'auteur delà /Vor- 
man V.onqueit sur le récit de la bataille, 31. Spatz est d'accord avec 
moi. Si nous avons riison, toutes las histoires qui se sont appujécs 
6ur ce récit devront être refiles. Cependant, dans son «uvrc de cri- 
tique iiêKalivc, il va beaucoup plus loin que moi. Ceci vient pree4|ue 
ejUicteiiieiil de l'idée qu'il énonce dans um paragrai>l)o àur la « lac- 
tique Ai-i lieux armràs » et (jui forme, en réalilc, sa seule cjiilribu- 
liun nuuvL'llv à la controvursc. Il prétiiad que les deux armées étaJcul 
cnniposfi?.^ d'bommes habitués aux combats singuliers et iocapableB 
d'af^r en.'ienible ; qu'elles n'étalent rien de plus que de« foules arméee. 
Il retlise, par conséquent, d'admettre que les troupes oaglaises niasent 
capables de dr&snor un € mur de boucliars » ou de toute autre 
forma lion et il n'udmcl pasque 1rs chevaliers normandsaienl pu exé* 
cuter cutte (;raiidu fuite simuléo. qui est pcut-Atre l'épisode te plus 
connu dam l'histoire de la )>alaille. C.'ejil un exemple extrême de cette 
tendance h b&tir de» théories en dehor.'i des fhits, à laquelle l'esprit 
allemand t^l souvent trop enclin. Plus pratique, uu Anj{lai.s, au 
lieu du diiserlur sur dus <■ corps tactiques, > se demandera simple- 
ment ce que lus forces anglaises cl normandes étalent actudlemoa^^ 
appelées à faire. ^| 

Prenons d'abord le n mur de boucliers, » sur lequel je suis absolu-" 



1. Pv\idat Hrifland, |>. 3T4-3«a. 

t. J'iil loujoim ni rini|ireKtlui) i|ue l'idée <tu« Frei-mnn l'oit (aile At !■ btlaii! 
> Ht In radine rit Influeiicte |>iir l'iin|iorlan(M iju'il 4ltribuiil A U < poUIn (oIUm 
dfit8ch#c>|lll,770).v<iltiaoi|u«M, Spiutidil ii'ttTolrjmn.iit pu iljr<iuvri((p, 10.38). 

3. fiudat Knuland, p, 3S0, ifU. Cf. Spali : < l'i'ir ili««! Vr'nrlR Inul »4cli 
k<-ln Hilton In ileu Quellen fimlen > (p. !iT). 



â 



U BITIILLE oa BilSTinr.8. 



7) 



f*^ 



meut d'accoi'rf avec Freerrjati *, et l!^ssons la barricade imaginée pai 

FreecnaD eo avant de ce « mur, > donl .M. Spalz et moi nous nioni 

Texisleneo. Ce « mur de boucliers, » M. Spali le rejette êgaleraont, 

en Tcrtu d« son idée lixc qu'aucune des deux arméi» n'était capable 

d'une fortnalioii tactique qucicuiique (p. 45). Selon moi, tout ce qu'ai 

demandait aux Anglai-î, c'était do se tenir comme une masse pr6i 

MnUnt ■ un fmnt continu et inébranlahle d l'attaque normande*. I 

Il u'élall pa.t nécessiire, pour cela, d'hahiteté n lactique*. - Oommi 

dans le» balailios qui ont préoidé ou suivi celle de llastln^s, la ligne oi 

Iw lipits de front devaient itn naturellement composées des troupe) 

les mieux armées, dus » housi^-carls n mercenaire.<i, ■ placés en ordn 

eotnpact et fonnaiU un mur avec leurs boucliers '. ■ On Aiiit que cettf 

rormalion nationale « rendait diffîcile de rerormer ta ligne quand elli 

était brisée*, > et c'est {uslemeni pour cela que l'objet des Normaadi 

fui de la désorifanisor et de la briser. Jusque-là, il ne pouvait nalln 

aucune uéce^^ité d« niouvemeuls tactiques. Quant à la formation dt 

* mur de boucliers, » i-Ue devait s'opérer toute seule, par lu l^il 

que les « bouse-carU ■ se tenaient en Vt^iia épaule contre épaule, el 

l'oo De peut échapper au témoif^na^e de la Tapi.'«sei'ie de Rajeux, qu 

les Tooatro se Tormant ainsi dés le début de la bataille, avant que la 

ligoe fut tiriaée*. Les chroniqueur» insistent sur cette formation corn' 

pade d«s troupes anglaises'. 

Qu'on me permette de me cil^r moi-même : 

Aucun Iraii de la grande bataille n'est plus complètement au-dessus di 
tAut* di»cu**ii>u. C'eirl IVpaii.teur de» lij;miii anglaises qui frappa le plui 
fortetaent leurs «mieisis. Comme i'EUielred lee décrit à h bataille di 



1. Ftudat Fn^a»a, p. 351 «l «ui*. 

t llunl. .\onnaa Britain. p. 7S, et Peudol £ngland, p. 355. 

i. U. SpdU, |iour mU, rail n;innrf|arr qun, < d'apri>K l'rvHinaD. I« mur df 
bourliri pcmcl iT)demm«nl il'upércr un chanGcmoDl Je franl > [p. M). Uaîs 
pour ma part, je ii<! piirtiyo pàit culte opinion du Tru profcupur. 

4. Huit, ut fupra. 

6. ta lltéorte t U<inclto M. Spali e»l rMuIl, (|uo le» • hoato-carl» • nVUiltin 
yMf UBBM va le crall m Aniilvli:rr«, nn i'i>r|m du tronpo» il« In ftiirdo, niali 
VcneMblaienl plulAl bu • cun>* il'uOlciun > |>rui^uu, vsl absuluiiiptil contredit 
IMT I* Umol4{DdKe do la Tapi««erlc el pu tout ce nue nou» «avoa» de om mer 

7, ■ Maiinic conferli.,.; deh«iut cuhKlubaU.,.; iiimia deatllaa > (tiulllauin< 

«le PdUkn); • spUsum neinu» AnRliKeiuruiu,.,, deasl»»iina (nrtM d [Gu 

d'Awlana); • c«ii<>er(u*.. . i-unpum dviiMlur lu unuin » (Baudii du Bouritueîl) 

• «plMMB awiMii a [BrtvU rtlatio); < in una ad« ïlriclUïime > (Ilenn <|i 

MnUngiioa); « Impeuel^bituni «uik-uiu faciunl • (Guillaume de Haïmes 

imj), elr. 




7S Miutseu iT DcxMKn*. 

l'fitradanl (1138) : • ScuUb MDia jan^nlur, Uten lflt4trihti» udd]uii* 
guDtt)r<. ■ IIh R'cnUnArenl vi élrtûtemeat les ude contre Ite «nlrM qw 
Ifê blASM* nr pumnt bouf^r n! in4ra« tes c&davres umber. 

M. SpaU admet qu» les Anglais m lenaienl eo < oinsses prurondes » 
et parlu des • massos des combaLtanls anglais ■ (p. i*) * ; mais il nie 
que II» ■ huuse-carls, » avec leurs iKiuclier* et leur arnmre d6AD- 
»ive, forroassnnl la li^nu du TruiiL, coinniu dous le pritendons, 
M. Oman el moi, avec lee paysans derrière cui, pour la raison que 
c«« derniers n'auraient servi k rien (p. 4i>). Mats, si l'on «doplc une 
rurniatiuD m masse, il TjiuI qu'il } ail eu des rangs d'aiTière<garde 
et, si ces derniers n'étaient pas composta des ptjrttM, il lUul bien 
qu'ils l'aient été des « house-carU > pceacDinent armés, les meilleures 
troupes étant ainsi plaeêes en un lieu où at hypotheti elles ne pou- 
vaieiit rendra aucun service! Ije miSme foil, incontestable, de la for- 
mation en maMe jusUfie l'opinion de Freenian et At M. Oman > que 
les Anfflais, armés de la bacbu V cumbalUreul n rau)^ eo une masn 
compacte. » M. Spal7, eût mieux Tait de se contenter du combattra, 
comme il le folt, la théorie que In général Ka>liler a présentée de la 
rormaltou anglaise. Que les théoriciens se dévorent l'un l'autre, mais 
ne saerlHons pas \(* renseigneiiients fournis par les textes et par 
l'aualogio, uniqui'nient |>arce qu'ils dérangent nos idé<-s préconçues. 

Aucun observateur impartial ne niera que la Tapisserie de Bayetu 
no pugne très lutaclement la fonnalion du << mur de boucliers, ■ 
-ligne de oombattanls se prolcfieant l'un l'autre par leurs boucliers. 
11 est remarquable que M. Spatz, ajant rejeté cette fonnaUoa, t«t 
hors d'étal de suggérer aucune formation intolligiblo des Anglais au 
liuudccellu-la (p. \k\. Ses arguments ne sont pas moins tirés par les 
cheveux quand iU s'appliquent aux chevaliers normands : qu'ils 
ea^ÀOiit l'habitude de cftmbattre, qus ce fût leur véritable vocation, 
il ne peut le nier ; mais il refuse d'admettre qu'ils pussejit se baUr« 
BUtrcmcnl (|u'un combats singuliers. Il hasarde même cette étrange 
assertion que 1.1 féodalité, par sa tcndanec à la désintégration, eoD- 
duisall !i cette condition anarcfaique. liti bien, sans rappeler ce lïlt 
que le système féod-t) était essentiel lemeiit un organisme qui liait 
eutruDus le seigneur et ses bommes.j'ai tnoulrù dans mes recberchaa 
qu'il fut organisé en Angleterre et qu'il l'avait été de méine aussi, à 
ee qu'il semble, en Normandie, sur le principe de l'unité de l'armée 

I. Il ilil encore : • la naam enneom MpîeolU^inie conglomerànliir. » 
3. Lo toHtco dixoat dainment que les Antilait Winaient une levie iMua. 
3. Art of uKir m ths MUdta afti, p. 21 ; Feitdal England, p. ib(i'3l)7. 
1. La TajiiMerlc de B.iyciii raiinIrR bLcn c^mninnl un de m» guerrier» poo- 
v«ll manitT ta tonguR b»che. derrière le boaclier d'un autre. 



tA BlTtlLLB DE KISTIICS. 



7» 



• 



fiodalo en action, la a coiislaliularia > de dix clievaliers *. Cotte unité 
avùt à sa têle un oRlcier ou connétable ; un nombre variable d'uniléâ 
tie ce genre suivaient la bannière de chaque grand chef. Tout ce <iuc 
les chevaliers étaient, pnr conséquent, appelés h Taire était de suivre 
l'étendard de leur chef, distingué par certains signes Lels qu'on en 
voit sur la Tapisserie de ilaycus. L'armée de fiuillaume avait été 
SOUâ les armes, rappelon»-le-nous, depui;^ environ trois mois, temps 
largeiuent Auftlsant pour l'organisation de troupes qui étaient d^À 
plus ou moins composées de guerriers de profession. Eillle ne se décom- 
po^t pas seulement en sections minuscules ; M. Spatz admet que, lo 
Jour de la bataille, l'armée était rangée en trots corps, selon les 
régions d'où venaient les combattants. 

Ainsi, tout comme il ne pouvait y avoir, dans la pratique, aucun» 
difncullé pour les Anglais do fumier le ■ niur de boucliers, » il 
était très simple pour le comte Eustacbe de Boulogne de conduire ses 
elievaliers dans une direction particulière, si le duc lui en donnait 
l'ordre. Selon le témoignage de la clironique de l'abbaye de la Bataille, 
c'est ce qu'il Ht en commandant la grande manœuvre pur laquoiiu lus 
Anglais Rirent surpris an milieu de leur poursuite désordonnée'. 
U. Spat/ dtxiaru que cette mancouvre était impossible <> fiirein llecr 
von l^inzelkampfern u (|>. 56\ ; pour ma part, Je prutu-ste contre ta 
légèreté avec laquelle on repousse l'afllrmation d'une autorité excel- 
lent«, uiiiquemuni parce qu'elle contredit une opinion précouçue et 
pour te moins douteuse. 

Arrivons à l'épisode bien connu de la ftiile simulée*. M. Spalx, 
dans son accc» soudain d'incrédulité, re^le absolument seul. Cela ne 
veut pas dire qu'il ail tort. La grosse difllcultù à laquelle il se heurte, 
ce n'est pas que tous les bistoricus modernes aient admis celte fuite 
émulée, c'est qu'elle joue un rfile important dans le récit de Guil- 
laume de Poitiers, chroniqueur que M. Spau. lui-même place au pre- 
mier rang des sources couteoiporaines. Disons tout de suite, à la 
louiiagQ du critique, qu'il commence son paragraphe eu citant tout 
au long hi passage un question. Les terme» doiit se sert uotre diru- 
aïqueur sont des plu^ précis; tout au plus peut-un faire remarquer 
ilue Guillaume attribue le slratagenie aux « Normanni sociaque 
turba, ■ auxquels Freeman sub^ititue le duc lui-même. Des sources 
secondaires paraisseril autoriser celle substiluLiou*, mais Guillaume 

1. ftndal Kngland, p. 3SMT1, C«lti> eonrliitlon en mainlepkiit uccopUt par 
hft InMIlM. 

t FeuJal Kngtantl. p, 381-38Î, 

î. Vnlr rrujoi Eiiglaiul. p. 380-36$. 

4. Alliai Henri il« OunliugJun tail : i Oocult ilux Vltlclmus genli uie fugam 
iloulm. * 



•n 



XilA^OËft BT POCOMH'CTS. 



de Poiliers ne la JtuUfie nullement, comm« Freeman voudrait le lUra 
croire (p. 488). Si l'ou se rappelle i]ue Guillaume de Poitlen eet 1« 
panêgjri^te enUiou-tiasIo du Conquérant, il but attacher la plasj 
grande l[iij>'>rlance à ses expressions danâ ce p.i.4.->a){e. A celle incep> i 
tion pr^, nous pouvons dirr^ hardiment que le fameux ifilsode de la 
fuite âimuI^B rcposo tiat dcsautorilte de première comme do secandt , 
imporlantri-'. cl qu'on ne saurait la rejeter <]ue si le témoignais da { 
Guillaitmc était contredit par une autorité au moins égala, ce qui 
o'e^t pa». M. Spal/ no peut lui opposer que «hi opinion préconçue, 
à savoir qu« le» Normands, comme Im Anfilais, «étalent incapables 
de mouvemenU d'enncmblo. Il est remarquable qu« Guilbumc 
Je Poili<^rs lui-mAme, son autorité fiiTorile, avait, quelques lii^nes 
plus liaul. raconlo l'expluil accompli par Hohert de Denumonl, • cum 
logioim quam in di^xlro cornu (tuiit. " Kl cependanl, un veut noua 
foire croiru que l'armée du duc n'êlïit capable que de conilat» siogu- 
liera! M. Spatz estime que Guillaume de Poitiers doit avoir mal com- 
pris les mouvements exécutis par certains obevallers isoléa et dont , 
il aura Tait une action combinée à grande portée. C'est là vraiment ; 
écrire l'Iiisloiro, non jiaa sans documents, mais eu dépit des sources. 

La seule r.riti(]iie nouvelle qui reste â examiner porte sur ladécJiarge < 
floale de lléclies que te due ordonna à ses ardiers de lancer en tir 
plongeant. ■ Aucun autre eipédienl Imaginé par le ru&é duc en celle 
journée, ■ a dit Freeman, < ne produisit un plus turriblu elfel. ■ 
M. Spatz le rejette, parce qu'il est rapporté seulement par Henri de 
HuDtiiigdon et aussi, bien entendu, parce que le.'i archers étalent 
incapables d'une action concertée. Je pense, avec freeman, que la 
Tapisserie de Bayeus confirme plutôt l'bistotrei mais l'incidcut peut 
(Irc abandonné au setitimcni individuel, inrcoquil n'importe pas 
e&sentiellement ii l'Idée que nous nous faisons de la bataille. 

Concluons. Le» traits iirineipauz de cette fomeuse bataille sont 
assez clairs et certains. Lu faiblesse des Anglais résidait dans ce ays- 
tème lactique qui, en fooe de l'armée fVançatso, les condamna é la ' 
défense passive. t>'autre part, bien que les assaillants eussent l'avan* 
lage de roiron^ive, ils échouèrent tout d'aliord dans une attaque 
dlrecteconlrn cette étonnante infitnterie qui se tenait comme un mur 
autour de son roi. C'est seulement quand, par har Aille simulée, ils 
eurenl amcuc les Anglais à briser leur invincible formation et à les 
poursuivre dans la vallée, qu'ils emportèrent âur eux l'avantage. La 
gloire de l'infanterie disparut ciiliércincnt avec le résultat de ceUOf 
lutte mémorable pour revivre sculemeul bien plus lard, lorsque l'cm- 



I. I.n tradition lacah. par «xcinplc. ifui n l-i/r mveïHie par b cluwiiitae d* 
t'ablMje il<! U ItaUilJe , piirlo ili; i ianioa cum cxerciln duec tiiniilinl*. • 



U DATltLLIi Di: II1STITG8. 



75 



I 



Idesarmas ù fuu i;l UcotDbîiiaisoa d«s inouvemiMits des raiila^^iiis 
avec ceux de )a cavalerie pormiKnt de l'employer ulilement et de 
retrouver l'importance de sa solide fornialion. 

Le tiei îiil(-rêl d« la balaille, pour t'historioa, réside donc plut&l 
en ce (Qu'elle Elit comprendre la méMiodeituividparFrecman, sa puis- 
saaoo et sa faibl«âse. Des élrani:;er.s comprendront difTIcilnmenl la 
^lualioD extraordinaire que cet historien a occupée en Angleterre et 
()ui est duc surtout aux crttî(|ue» iinpiluyalilug dont il pour$uivit 
Froude, Pearsoti et aulrvs pour leur absuncu d'uspril crili(|uc. On 
dev-aîl en conclure que son ouvrafjo so distin^Hiait par rciaclitudo 
la plu» scrupuk'usu du dùlail. L'opinion commune fui oxpriméc par 
le StUvrday Hevmv parlant ou ces termes de la Norman Conquest : 

D a'y a aociine raison de croire que l^s travaux des liif tenons futurf , 
(pials qu'ils soient, diminueront la réputation d'érudU exact et de pro- 
rood chercheur que lui augure cnlte (grande œuvre. 

Celte croyance devint en Anglelcrre une véritable superstition, 
d'autant plus que Krccman lui-même, comme on l'a fait observer der- 
nièremenl, < manifestait un parfait mépris pour ceux qui se hasar- 
daient à mettre en doute l'absolue vérité dos récits prodigués 
dans sa Conquête normande'. t> La terreur qu'il inspirait était 
si tti^ode que j'ai eu beaucoup de putni- à Turc accepter dans la 
presse mes observations criliques. Aujourd'hui encore, ceux qui 
ne veulent pas admettre qu'ils se sont tTuvemcnt trompés main- 
UttDCRtque son eiitctitude n'a pas été sérieusement mise en doule'; 
d eepeudant personne n'a ose répondre à mon «Inde Hur » le tronquè- 
rent à Exeter, 1067*, ■> où j'ai prouvé que, sur le domaine où il est 
le plus solide, l'ouvrage de Kreeman manque de toutes les qualités 
essBDtielles à l'hisloirc cl en particulier de colle cxuclitude niinu- 
Ueaae dans les détails, sans laquelle il n'y a pas de véritable muvre 
d'érndiUon. 

Pour nous en tenir h. la bataille de Hastings, nous avons tout 
ruceunucot renontré une nouvelle preuve du laodm operandi de 
Frecman. M. James, général du gcuie, qui, n'étant encore que capi- 
taine, fiil charité par Krecman, en I8ii9, du dresser pour lui le grand 
plan de la bataille qui ligure dans la Nimnaii ConqufH, nous a 
donné un lÉmoi^-nage direct sur la manière dont travaillait Free- 



I. MftTfitnt Paul. 21 jinrier 1897. 

3. Tair 8l«pht<Dii. Liff and IttUn af E. A. Freeman: et M. Dcrbcrt Piilior 
1 dtclari' t\av Prevmftn a fuurni I« pTun parfait nioiUiIe d'uue eiHie irudiljun 
lArtn-VAdy Kerl&ic. dtc. 1H9I. y. 604-S05]. 

3. Peu.lat Hnfhnd, |>. UI-»,^. 



7t irfLlIlCSB ET DOCDUim. 

mao', en montrant la bâte et !a négligence avec lesquelles se for- 
maieat ses conceptions. Selon Wace, 

Héraut (Harold) a li lien eBgardé; 
Clore l'a fet de boen fossé ; 
De treiz parz leissa treîz entrées 
Ki a garder sont comandéei. 

M. Freeman croyait que ce fossé était tout à fait indépendant de 
sa palissade et à une certaine distance d'elle, car il écrit : 

Les NormandB avaient traversé le fossé anglais et étaient maintenant 
an pied de la colline, avec les palissades et les haches droit devant eux 
(p. 47fi). 

Et, cependant, il paraphrasait les vers de Wace cités plus haut : 

II l'entoura (la colline), sur toutes ses faces accessibles, d'nne triple 
palissade avec une triple porte d'entrée et la défendit vers le sud an 
moyen d'un fossé artificiel (p. HI). 

Wace ne parle ici que de ce « fossé artificiel tracé dans le bas, ■ m^s 
on voit que Freeman lui fit aussi parler d'une palissade établie sur la 
colline, à laquelle il transporta les > treiz entrées. ■ Puis il découvrit 
(il ne dit pas comment] que cette palissade était ■ triple, > et ce sont, 
parait-il, seulement les remontrances du général James qui l'empè- 
cbèrent de la marquer en triple sur son plan. Le général nous explique 
ainsi aujourd'hui ce qu'il afQrme avoir été l^idée de Freeman : 

La ligne défensive était triple et aucune année ne pourrait mieux se 
retrancher même de nos jours. 

Il ne s'aperç/)it pas que Freeman doit avoir été averti de son erreur, 
car le mot « triple n a été eflHcé do la seconde édition (p. 447), bien 
que la a triple palissade ■ subsiste encore, pour notre confusion, 
p. 467. 

Le général publie la lettre suivante qu'il possède de Freeman : 

Elle (la palissade) avait trois entrées à des endroits quelconques; il 
se peut aussi bien qu'elles aient été aux points où vous les placez qu'à 
tout autre. Toutes les sources parlent de « silva » et de « nemus. » 
J'imagine que tout le pays était couvert de bois, moins ce que les deux 
armées en auraient coupé pour leurs besoins personnels, etc. 

Cela peut passer pour une réponse à une objection que j'avais for- 
mulée en ces termes : comment une colline nue pouvait-elle fournir 
le bois nécessaire pour une barricade longue de près d'un mille*? 

1. Moming Post, !S janvier 1S97; écrit pour difendre le rècil de Freemao. 

2. Quarterlg Beviev; juillet 1892, p. 13. 



u kitiitLR fiK HiSTrvr.9. 71 

Mats, quand dous rcmonlons aux sources pour y chercher ee 
< nemus, ■ cette ■ ^Iva > qui ont fourni sur les lieux le boiâ néc«»* 
sîire à la palissade, Preemaii ne nous donne qu'une citalion du Gui 
d'Amiens : a Spi»sum ncmus ADglij^naruu], » y ajouUnt : i La 
mciaphorc (ne) de « nemus >> ou de » silva ■ a pénétré dans la des- 
cripUon de Oui tout entière ' ! « II a donc Ml d'unr^ simple méta- 
phore une réalité, de même qu'il a pris pour un réel rem|Kirl le 
mÀtspboriiiue « quasi castcUum n appliqué par Henri de IIuntJii(;doa 
Uix troupes de llarold*. 

Ces erreurs singulières ont pour cause une précipîlalion et une 
léf:êreté încrojablfs qui ont amené Preeman, non seulement à com- 
prendre les textes de travers, mais â se conlrodire lui-même * ; elles 
proviennent aussi de cette disposllloD d'esprit, si fVheuse chez un 
historien, qui consiste à aborder un si^ot avec des opinions précon- 
çues ', ou Lieu ou oc s'aperçoit pas que les loxlcs ne les soutiennent 
pas, ou bien on contraint tes textes à s'harmoniser de force avec elles. 
Duand on constate de telles erreurs dans îles épisodes |>our lesquels 
il était te mieux préparé, comme la bataille de Haslin^-s ou le siège 
cl^Exeter, ou comprend avec quelle précaution il faut s'aventurer dans 
leâ autres partic'i de s»ii magnum opits. C'est une opinion qui com- 
mence .1 se répandre en Anfficterre, bien qu'elle oso â peine se t^îre 
Jour en publk; il e»l bon d'en prévenir les érudilâ français, que cotte 
histoire touche de si près. Aussi aî-je accepté avec empressement 
l'occasion qui m'était otTerte d'attirer sur ces délicats problèmes l'at* 
tention des lecteurs de la Revue hittorique. 

J.-il. KOUND. 

1. OoHptrei ce r*n )oli de BtuJti : 

< Nitm. niii lucvret, lancea ijlva fuit, i 

2. Vuici loul \r paMngi? <\e llt-'nri : o Qaum ergn llgriilcinit lotjini eonlem 
WMfn In iin> acte Mricliiximo lucaitrl et quaii cailcilum indc roniIruiUteil. 
iiDpcnoIrabilRt erunl Normanniii. • El voici comment t'lnterpTèl4 l'rMnisn : 
« Kn... (nrllllnl... a |ioM nf gmit natural slronglli nlilrh he madc Inlo wliHt 
I* JItlincUy *j>okiin of •« a aiillA > [|i. 4tt). fi Th« vork d Itml day wni to 
défend a rortrec. mi bi Mrlko down ni ODCA MJ inan wbo airave (u iDiik« bl» 
«a; Kilhln il> «oodcii nall* > (p. 472}. 

3. Voir plus baul, |i. US, unie î, ut Ftudai Englanrl, p. 446 el |iuHiiD. 



n 



a&ucn n tHN;Din.TTff. 



SILHOUETTES UILITAIRES DE LA RIÏVOLUTION 
BT OU PfteUIER EMPtHE. 



LE GÉNÉRAL VERGÉS 



LBâ DERNIERS JOURS DB COARETTE EN VENDEE 
(M-2& MAU n9«]. 



« La v4^ritAblc bistoire nationale, vcrivail jadis AugusUn Thierry, 
est encore enfouie lians la poussière des clirr)tii<|uc» «>iileiD|)oraiiica 
et nous réimprimons chaque jour des compilations sans voleur, que 
nous décorons du litre d'histoire de Kran«c. » 

Sans doute, si Augu»tin Thierry revenait en ce monde, il Iroov^ 
ralt que ta siluation s'csl bourcu^'mont moditlà-, que la critique a 
imprimé ù nofl récits modernes une valnur <|ue rhi»loir« écrite ne 
possédait point de son temps, qu'enfin nous sommes plus mùllants, 
plut eiifffnnl» dnns le contr&le des sourceA et des dociuneuts sur les- , 
qui'ls nous basons désormais nos relations historiques. 

Mats que de lAgendw encore à détruirci que de points sur les- 
quels, Ihute d'édoircissemcnts certains, nous laissons flotter une 
omhre douteuse! que <l« coins du grand lahleau restent à mettre à 
ce point dèliiiitif que nous pourrons arrêter d'une f^n certaine tu 
varîrturf 

Pour parler ^rvulemcnt d'une période bien proche de nous, de eeUaJ 
Révolution et de ce premier Empire, dont quelques témoins, rarittt 
ji la vérité, vivent encore, combien d't^rreurs onl-elles été écritas,] 
qui se perpétuent, se colportent, se réimpriment encore tous 
Jours, qu'il scmit important de ran^jer une bonne fois dans le 
domaine des tôt^eudes ! 

Sous ce rapport, le nombre considérable de mémoires publiés] 
depuis quelques amiées nous aura fait (aire un pas sérieux en avant. 
Sans duute, ils sont loin d'être tous voridiques, ces mémoires. Bon 
nombre sont apocryphes, cl la plupart de ceux qui sont réellement 
oriffinaux noue disent plus de mensonges que de vérités; mais l'éni' 



I.K Aé<rriKii. TBAnts. 



T» 



dit, le chercheur ii'u pas de peine u démùler, ilans celle moiiison 
sbondante, le t>oii i^rain du mauvaiit, à reconnaître les renseigaemeals 
vMdi(iut!s de» d<<it.iih suspects fournis par la trop vive imaginulton 
d'un Marbot ou d'un Guit^nel. 

Ce (|ui, pour ruulltenlicilo de l'hUloire, est supérieur s ces 
aiëmoireft, écritâ à la virile par des (émoins oculaires, mais rédigéi, 
la plopart, de longues année» après les événements, remaDiw i iMe 
reposée, retoucliàs, tronqués souvent avec prémédilalion. vc sont les 
lettres intimes écrites le jour même ou le Imdomain du jour où ont 
eu lieu les taits qu'ils décrivenl, redi^tées non pas pour la postérité, 
msis pour tin parent nti un ami, avec retle bonhomie, coLte véracité, 
eetle bonne Toi dont les allures sont si facilement roconiiaiisables. 

Nous parlions tout À l'beure di;^ lacunes nombreuses qui restent 
encore à combler dans l'hisloire de la Révolution. Qui croirait qu'on 
ignore encore le nom du personnage réel qui, le 2-1 mars 1796, mil 
la main sur Cbarette dans les laillia de la Chabotleric? Sans doute 
ce n'est pas là un point d'une iniporUnce telle qu'il ait mérité des 
nictierches spéciales ou qu'il ail pu iitcitcr les cliercbcur$ à des 
ioresUgationti minutieuses. Cependant tout le monde savait, un 
17!I6, à l'armée de Hoche le nom de cet ofllcier, et le Directoire llù- 
même l'avait distini^ué. Comment ce nom n'a-t-ll pas été sauvé de 
l'oubli, sinon par ses propr(w mcritcs, tout au moins par la célébrilé 
du partisan fameux auquel les hns.ird.s de la lutte l'avaient accolé? 
tVest une question que nous nous élion» posée à diverses reprises, 
quand des rccbiTchcs laites récemment par nous dans les archives 
municipales d'uci village perdu nu fond des Pyrénées nou-l amenèrent 
inopinément â satisfaire notre curiosité a cet égard. 

Nous tombâmes précisément sur doux lettres intimes iJe ce soldat 
licoreux, écrites comme il lo dil lui-même, i la lerre lui servant de 
ftiuleuil et le genouil de table, » sans aucune prétention littéraire, 
avec des butes de français et d'orlboi^'îipbe qui ont leur prix ' . En 
poussant nos Invesligations plus loin, nous sommes arrivé a mettre 
Ml lumière cette ligure peu connue, qui, à vrai dire, a moins d^ntérét 
par dle-méme que par les circonstances qui la mireni un moment 
en vue. ("est le résultat de ces recliorches, corroboré)» par le texte 
des deui lettres dont nous venons de parler, que nous donnons ici, 
Mlimant qu'il y a là un document d'intérêt général qui mérite d'être 
rignalé. 



1. Cm dwn IrtiMi noan «ni t\i commDntqitèM par le MTant «bbi Crabe, 
TafcliMoipio bien c/toan, dont l«« 1iti«u\ «onl il ippHeU* dM iruditu de U 



M wÏLi^iiBB ET oocmtns. 

Jeu-Hario Vors«8 «lait 116 à SainUPu, dans l« conilé de Rigorre, 
(fl 12 juin I7S7. Sftinl-PiS, aujourd'hui cbeMku de eantoa du dipat- 
tement des llautes-Pyrénéce, esl ane petite ville sans phyuooomie 
p4uticulièro, que rien ne slgnalenit h ratlention du voya^^r. il sa 
ilUiaUon à qui;l<iucs lieues de Lourdes, à ml-flanc d'iiDC vallée nr- 
dojante au fond de laquelle bouillonne le g«vo de Pau. à les ruiDU 
d'un« ahliayp cûlébre du Btinêdiclins et le siège de Vélablissemeot 
oongré^nislo le plus imporUnt de la n^ton pyrénéeoDe u'tn lU- 
flaient un point d'arrél foreé pour lu lounal« qui visite celte partia 
piltoresqufi de la vallée de l'Adour. 

Vergée appartenait à une de ces ramilles honorables de payaaas 
bigoardans, qui posscdciil encore des arcliivfs, — ce que l'on appe- 
lait alors des livre» de famille, — rcmotitanl à trois siècles et cÎm» 
lesquelleâ les snitiments d'iDdépcDdanee et de Oertâ aaUonalesélaieol 
diivoloppés à un point que la génération actuelle ne eonoait plus. 

Bien que le goât du métier militaire ne fiïl jns alors plus répandu 
dans les populations pjronùeimesqu'il ne l'oétaujourd'lmi, il w trou- 
vait, en Iti^'orrc rorame Hillours, des jeunes gen^ qui faisaient excep- 
tion à la régie, et c'est en suivant son peneliani pour la carrière des 
armes que le jouno Jean-Marie s'cniiagea eu 1778 au régiment de 
l'eutbiuvre, 

La vie militaire était a nette époque beaucoup moins mouvementéa 
qu'elle ne l'est aujourd'hui. Non seulement l'eilstence matérielle y 
était large et facile, muis nos soldats jouissaient alors de loisirs 
qui paraitraionl aujourd'hui ciceâsifs aui plus oqsîfs de nos officiers. 
S'il en l^ut croire un calcul, trêà digne de foi, établi II y a plus de 
cent ans par un témoin oculaire', la Journée du soldat sedéeompo- 
sait, BOUS le règne de Louis XVI, de la fa<on suivante : sommeil, 
sept hmrcâ, repas, une heure; sieste, deux heures; exerace, quatre 
heures; temps lilire, dix heures. 

De toutes le4 carrières que pouvait embrasser à cette époque un 
Jeu[ie homme, aucune Ires probabieuiuul ne demeurait aU6si peu 
occupée. 

On ^'explique ainsi que dcà recrues iiul avaient bit quelques 
éludes, qui étaient aue£ sagjus pour ne point s^crilier tout au plal- 
sir, pntiilassenl Je ces loisirs eansidér^lus pour ao livrer au tra- 
vail intellectuel qui commençait à être en honneur dans les régi- 
ments. Les écoles regimentairM avaient été instituées en I lUi ; Varght 
un fut probablement un des élèves, et, grâce a son intelligence, il 
put, en un petit nombre d'années, s'assimiler heureusement, non 



1 



I. Vojr. BaiiMU, la VU miUlaire toiu Vàh^h r^me. — Lti SoUaU. 



lE ci^intL vencis. 



8t 



seulemenl les nolions rudiinentaires ((oi composaionL alurs le pro- 
gramme, mats acquérir encore certaines coonaissancos générales 
ou lactique», iiiii dcv.iiciil élrc plus tard pour lui du plus grand prix. 
Il ne fauilrailpas d'uillmirs juger du degré d'iiisiruction nuquoi Verne» 
B'étail élevé par Torthographe des deux lettres qu'on lira plus loin. 
Au imt° siècle, on n'attAehnit .lucune importance à du» riïglcs de 
grammaire qui n'avaient encore éliy fnrmulées d'une façon précise 
dans aucun irailê, el cliacun écrivait suivaal la forme i[ui lui plui- 
sail, «an» que personne s'en formaliiÂt. Voltaire orthographiait cou- 
nunmoDt la première pyrsonue du futur : y&uré, j'êcrirrf, je dir^. 
« Ils m'ont mis hier de l.a Cadémie, •> écrivait lo maréchal de Sine 
à l'un (le ses amis, le lendemain du jour où il avait été admis dans 
les«in de l'Illustre compagnie, et ni l'ami ni personne ne trouvaient 
à redire à c«lte urtho^-ruplic du nouvel académicien, de l'auteur 
illualre de Mts r^verirt qui, aujourd'hui sans doute, eût échoué 
piteusement i un eiamcu de simple baccalauréat. 

Vcrgèa avait donc perfectionné son instruction générale d'une 
ftçoo appréciable et commencé avec succès son instruction tech- 
nique quand II rentra à Saint-Pé, quelques mois avant la Révolu- 
tion, son congé expiré. Nous ne savons rien sur la façon dont il 
employa son temps pend.inl les années qui précédèrent la déclaralion 
de guerre de 1792, mais il dut à celle date, comme la plupart des 
ancieJis militaires qui vivaient alors dans leurs foyers, être choisi 
pour inMrucleur dans les corps de volontaires ortjaniaés sur tous les 
poioUdu territoire, et c'est ainsi qu'il fut nommé capitaine au batail- 
h» de cliasseurs de montagnes dans lequel (bt incorporé le conliu- 
gcoldeSaiutrPé'. 

A cette époque critique, c'était devant l'ennomi que les officiers 
avaient à faire l'éducation de leurs soldais. K peine organisé, le 
talailton des chasseurs d'Argelès fut désigné pour aller rejoindre 
l'armée dite des P^rénées-Occldonlales, et c'est dans le val de Bazian 
que nous trouvons Vergés en t7!>3, t\.\;\ léto d'une comjMgnie franche 
dite des éclalreurs de montagne. Ou sait que celte année, que com- 
mandait le général Huiler, dont l'hiuloire a oublié le nom, mais dans 
laipifUo (Iguraienl des hommes dont la renommée allait liicntûl 
grandir, MoncRy. Harispe, l'un et l'autre futurs maréch.iux de 
Franc», Marliol', I.a Tour d'Auvergne. Merle, etc., soutint vaillam- 
ment, sur cette frontière, la fortune de nos armes et inlligea aux 



I. Le lUptricmuit de* iliule»-Pffén6e« leva ï celle époque dai| baUlUona, 
I 1" el le î* lo ta terrier iruî, I* 3- en scpleinlire, le 1*. «lit ï' iPArgeU*, 1« 
Ifftfrier 1T93, te $■ lo l\ ocUilire de ta même junée. 
% C'«*l le ptre de l'ouLeur Je* ■U'imoirei. 

R»v. attroR. LXV. 1- FASC. 6 



82 II<L1X6BS HT DOCDMETTS. 

Espagnols de sérieux échecs. Le combat de Sao-Harcial, la prise de 
Tolosa, celle de Saint-Sébaslien, la bataille de Lectimberry, la prise 
de Vitoria et de Bilbao furent des succès à ta fois glorieux sa 
point de vue mitilaire et importants sous le rapport des résultai, 
puisqu'elles amenèrent l'Espagne à adhérer à la paix de Bàle, et 
ramenèrent pour de longues années la paix sur notre frooUère 
du sud. 

Dans cette campagne en Navarre, en Guipuzcoa, eu Biscaje, Ver- 
gés eut occasion de montrer, à diverses reprises, l'intelligence et la 
bravoure dont il était doué, et, bien que l'histoire militaire n^ùt pas 
enregistré sa conduite dans toutes les actions de guerre auxquelles 
il eut occasion de prendre part, elle a retenu cependant quelqtus 
détails qui le mettent honorablement en vue. 

C'est ainsi qu'au combat de San-Marcial, on le voit s'emparer de 
deux drapeaux; à la prise de Totosa, il enlève plusieurs canons; 
à Lecumberry, il éteint, au péril de sa vie, la mèche d'une mine qui 
allait faire sauter une poudrière. 

Finalement, il s'était distingué à diverses reprises et avait déjà la 
répulation d'un soldat éprouvé quand il passa, avec son régiment, à 
l'armée de Vendée au mois de germinal an IV (mars 4795). 

A l'époque où Vergés arrivait dans l'Ouest, l'armée chargée de la 
pacification se trouvait, via-à-vis de l'insurrection, dans l'étatleplua 
précaire. 

Il est à peine besoin de rappeler ici que l'incapacité de gûiéraox 
tels que Santerro, Rossignol, Léchelle avait compromis la situation, 
si bien qu'elle était presque considérée comme désespérée. L'arrivée 
de Tliureau, les excès de toutes sortes commis par les colonnes 
infernales portant, comme l'écrit Vergés, des < chapelets foits de 
bouts de telons de femmes, ■ avaient encore empiré les choses et 
exalté les fureurs à ce point que la guerre ne paraissait pouvoir se 
terminer que par l'extermination de l'un des deux partis. 

Heureusement, la Convention comprit combien les militaires 
avaient fait fausse route en comballani par la violence des hommes 
auxquels l'ignorance, bien plulùt qu'une résistance intentionnelle au 
régime nouveau, mettait les armes à la main. Les instructions don- 
nées à Hoche, le nouveau commandant en chef, furent rédigées dans 
ce sens, et l'on vit avec une rapidité surprenante les résultats les 
plus heureux confirmer l'excellence de ce nouveau système. D'auljre 
part, les discussions graves qui séparaient, a cette époque, Charette 
et Stofllet, les deux seuls chefs insurgés qui eussent alors une véri- 
table influence en Vendée, Tabandon dans lequel les tenait l'Angle- 
terre malgré les promesses les plus formelles, l'indilTérence mani- 



LB ùinitikL VEItRÈS. 



SB 



ftaléo par Louis XVUI el par lu comLe d'Arlais vis-â-vis d'bomtnes 
qui BacrifiaienI oalvement pour eux leur vie, avaient porté leg Ven- 
déens à des idécâ de pacillcalion, de soumission, donl il était lialule 
de profiter. 

La Convention fit œuvre do poliliiuc sa^ en ofTmnt ellc-mpme la 
paix à ses ennemis el ceux-ci agirenl avec liabilotc en acceptant des 
projx^itions qui, sans leur donner une entière satisbclion, étaient 
cepcixlanl notoirement a leur avantage. 

Par (juelle suite d'évéïienienls cette paix ne fut^elic qu'une trëve7 
nous n'avons pa6 à le dire ni à le recbercber ici. Ce qu'il importe de 
rappeler, c'est ([ue, «lufllques mois après le traité donl nous venons 
de parler, l'Angleterre parvenait à fomenter de nouvelles intriguer 
dans nos provinces de l'Oucsl et provoquait nolammeril le soulève- 
ment qui aboutit au désastre de Ouiberon. Il semblait que cotte 
épouvantable catastrophe dut arrêter définitivement les royalistes; il 
n'en riit rien. Sur de nouvelles promesses de l'Angleterre, CbaretCe 
et Stonicl se r«uiircnt en campagne, à h fin de mars 1793, fondant 
les plus (grandes cspurancea sur le débarquement en Vendée du comte 
d'Artois, qu'on leur faisait envisager comme imminent. Cet espoir 
Ail, comme on le sail, le r^ve de quelques jours. Lu prince, pour 
des raisons qui n'ont jamais été divulguiVs, mais qui, quelles qu'elles 
soient, pèsent lourdement sur sa mémoire, déclara péremptoiremenl 
qu'il ne voulait pas « cliouaner, • et, après avoir louvoyé quelques 
jours en bce de la côte où Charette anxieux l'attendait à la tête de 
40,000 Vendéens, il donna l'ordre à Pamiral anglais de regagner les 
cAtes d'Angleterre. Ce fui alors que Cliarotto, désespéré, écrivit à 
Louis XVIU la lettre célèbre qui commence par ces mots : « Sire, 
la Ikltetê de votre frère a tout perdu. Je n'ai plus qu'à mourir inu- 
tilement pour votre service. » 

EfTecUveineiit, sans avoir perdu encore tout espoir, il comprenait 
que sa position n'avait Jamais été aussi compromise. Non seulement 
Hoche, qui usait envers les paysans d'une douceur pleine d'babileli, 
déployait oonta> les bandes en armes une activité, une vigueur aux- 
quelles les Vendéens n'avaient pas été habitués jusque-là, mais il 
semblait que l'antique fol, qui avait animé Jadis cette contrée d'an 
■ soufllesi vlrseo, fùtdénnittvemeal éteinte. Malgré s&s appels le^plus 
rpreasaots, Charette n'arrivait plus à grouper autour de lui que des 
conlingeols insufllsants, presque dérisoires, en tàce de» colonnes de 
Boche, dont l'elTecltf allait chaque jour grandissant. 

Cette situation des deux partis en présence est bien exprimée dans 
la lettre suivante, écrite par Vergés eji février 1796, à l'un de ses 
parents de Sainl'Pé, lettre qui, dans sa forme incorrecte, a toute la 



84 ttiunùts er mKniiBitn. 

saveur d'uu docutneot v^. Nous la donoons, avec 80S fuites de 
français el d'ortliograplic, nous boroaiil a ajouter ijuelquca aœcQla el 
quelqtMS virgules : 

D« Poat de Vtc, lo nurdy gru en 4*. — Vergée, commaodwil 1m 
ehaaMurs de Monu^c, aaciloyraX... — Sachant bien que vous aùan 
a polilii:|aer,}ei mets Uplumoi la maiawpré* pour TOUR donner Batiôre 
sur l'eut MluoI de la Vend^te, qtiî Mt Irte «uct. 

Nous sonimcf: ilant ono pariio ilu pay< oùdM coloiuie(d« vingt milla 
Itiaœmcsl n'avaient jamaia pu poniMrer et <iui avaient toajoan eu la 
déroule compleite; cependant, noire demi-bri^le seule occupe e< pa^ 
court toute cette contrée, auU ei jour, hju ces» A la pounuite de 
Ctiarctte, avec ie geuoral Travaux [tie), qui voudrait avoir la gloire de 
lo preniirc. 

Anui, a)al|;rc U pluie <[ul nouK accable, et lo> rlvièm qu'il noua 
faut p«sor illx M» le Jour jutqu'an menton, ne prétentcnt aucun ob»> 
taclc à l'ardeur qu'il y met. Haia Gbarelle, qui l'itt auMi adroit ijue 
connouMur ilan» le paya <y ajouter qu'il Mt bien montai, a tunjonra 
l'adrasM do uous AvlU>r, vu qu'il n'a pas pu reutulr i meitm ta dâroate 
dans In troupe* qui vleuuent d'Uiipugne, car ici on no parle que da 
CP8 défaitot. Ail »ruI nom de brigand* ut do leur arrivée, turBsait pour 
mettre en dùrouie oomploite not annto comjioiAw da cent milia 
hommes. 

Saoterre, venant ici arec ce même nombre, C'eit truav« attaqué k 
la tète, au centre et i Ut queue, marchant par le Banc el dâronlé con>- 
plnttemeiit. Voili ta raison du silence qu'on a gardé à Bon égard pm- 
danl »on généralai A la Veodée. Jamais il no prenait une poallioo qui 
ne fui di!»igué* par CharcUe, d'après les rapports que les atdec de 
camp do ce dernier nous ont faits i de même de toutes les trakisona de 
Unt d'autre* généraux, Bref, il existe aujourd'hui que Gbarettoeet sanv 
nrm^, qu'une Krande partie des habitans Kint rentrés ciiex eux et 
renilu lus armes. Les un» croient qu'ils uous ont rendu les mauv&isw 
et garda les bonnei jx^ur oci (aire uxagl^ an premier signât qu« Gh*- 
reiie pourra leur Wxtk\ jt ne U crois pas. 

Bl ce chef do brigand» n'a pu aliandonn^ tout à fait la Vend6e, ce 
qu'il a donné sa parollo à d'Artiiii' qu'il nc^ quittemit pu* la Vrnd^ sans 
ses ordres. Pondant qu'ils étaient û rixIo-Oîeu, il* uni fait une mani- 
faiste pour le faim pauir dans no» armées o''o d'attirer nus *oldais de 
leur càté, qui ne pouvait manquer do nous foire du tort, s'il avait et^ 
lu dans nos armées. 

Il y reste mainlenant une cinquantaine d'bommea de cavalerie avec 
Charette, qui sont tous des chefs; quand nous en prenons quelqu'un, 
c'est des ofticiers. 

Maintenant, j'ignore si ello ne reuanscitora paa comme elle a dcji 

t. Sou dout« iffUiét. 



fait, s'il eel vrai qu'elle ait H6 Gnie coinmo aujourd'liui; noue avons 
Iftnl d'eanecnit en l'rancc ijui ont tant d'inittrât & perpétoer la ftuerre! 
Si Tbabiianl de la Wnili^tf a cocinii» Uinl A'ncii^ contre nos armées, 
ea u*4 éU: iju'aprt* «'ôtre vu tunr. piller, violer, incemliof ; aassl c'fitait 
fait à deMÎn pour allumer la lorclie ilo la discorde daoB tontox les par- 
Un da monde. Jamais lalileau n'a 6t6 plus bidoux que celui de toute 
caiie contrée où il u'i pas une seuli: habitation pour hc mettre h l'abri 
du mauvais tempi; toul v» dévoré par les (lames, fruil des travaun de 
l'armée dite rvToIutiannaîre. Il s'en faut de beaucoup que lee pays con- 
quis tyeat «prouvé les horreurs qui oui étd eiercées sur celte portion 
de la Pmoce: l'on a vu des «oldats porter chapelets forts \oagi avec des 
'bonU de tâtons de femmes; c'est ce qu'il y a de moindn> à ciinr. Jo 
déeire de tout mon cœur que cela soit Uni, car une poHiilou purKiUc 
«tTecte Gon*ideral)lem«it le physique et le moral Salut et fraiRmité. 
Bien des dioaes k Madame votre ôpouse, ainsi qu'à la mienne. 

Au A rî'vrior, c'est-à-dire à l'époquo oii Verges pcrivail wtle 
curieu«c lettre. Hoche avait déjà disposé ses colonnps tout autour du 
pays occupé par Charelte. Les opérations de l'armée républicaine 
furent menées avec unt do vi^umir qu'en quelque^ semaine-" le chef 
vendéen, resserré dans un cercle élroil de quelques lieues, entre la 
Roche-sur- Yon, Bournozeau et le Voutris, dut songer a combattre 
non plus pour obtenir le succès Hnal qu'il avait jadis ealrevu, mais 
pour conserver sa liberté. Un découragement extrême avait envahi 
presque tous ceux qui l'entouraient, et la plupart de ses derniers 
partisans commencèrent â émettre devant lui des idées de soumis- 
sion. Inèbranlatile dans sa foi, ayant déjà lïiit le sacritice de sa vie, 
Charette repoussa péremptoirement ces Insinuations, Au jeune de 
Larobcr^O qui, à la fin de février 1796, lui apporlait, de la part de ses 
principaux ofliciers, un mémoire où rimpossibilité de continuer ia 
, lutte était démont/ée, il dit rudement : ■ Se pcuUil que vou», Laro- 
, berîe, qui vous êtes couvert de gloire en laut d'occasions, consentiez 
I à perdre en un jour la réputation que vous vous été» acquise si jus- 
tenicnl? » — « Général, » lui répondit Laroljcric, « w jo vous ai f^it 
celte proposition, conjointement avec un grand nombre d'oniciers de 
rarmé«. c'est que je pensais qu'il n'y avait ni lâcheté ni désbonneur 
à la bire; je tous prouverai que je n'ai pas changé. > 
Et, efTectivement, il se fil tuer le lendemain. 
Ou»nl à Charette, continuant à donner dea ordres pour des levées 
qui ne s'effectuaient plus, preacrivant k ses lieutenants des concen- 
traUons impossibles â réaliser, prenant lul-méme l'olTensivc avec uns 
, poignée d'tiommes qui efkt été insurUsante mèmepour couvrir une 
1 rdraile, U essajait de donner le change à ses adversaires et d'inspi- 



86 MJLAKGBS ET DOCUmitTS. 

rer, aux débris qui le suivaient eoeore, un espoir que, cwtaine- 
ment, il n'avait plus lui-ménie. 

Il avait, comme nous l'avons dit, fkit le sacrifloe de sa vie et se 
considérait lié à ce point, par le serment qu'il avait ftiit de vaincre 
ou de mourir, qu'il refiisa le sauf-conduit que lui Ql offiir Boche 
pour se rendre, en compagnie de tous ses officiers, en un point de la 
côte où un bâtiment l'eût transporté en Angleterre. 

Ce fut quelques jours après ce refus déflnitif de Gharette de quit- 
ter la Vendée que ta colonne du général Travot, à l'avant-garde de 
laquelle combattait Verges, eut avec le chef vendéen, à la Bé(puidière, 
te dernier engagement sérieux de cette lutte fhttricide. Gharette per- 
dit, dans cette rencontre, son frère aîné, la plupart de ses offiders, 
l'unique cheval qui lui restait et son portemanteau contenant toute 
sa correspondance avec le comte d'Artois. G^est cette atfkire de la 
Bégaudière que raconte Verges dans la lettre suivante, qu'on ne lira 
pas sans doute avec un inlérèl moindre que ta première : 

Armée des cAtes de l'Océan, division du sud. — A Pont de Vie, te 
7 ventAse au soir an IV (56 février 1T96). Vergés au citoyen Z... fila. 
— Lorpque je vons ai écrit, cltoyea, le 29 dernier, au sujet de l'sm- 
barqupmnnt de Charette'; nous avons été commandez le lendemain 
pour marcher sur lai, n'ayant pas elTectué les ordres du gouvememant. 
Après trois lieues de raarciie, nous le trouvâmes dans un vilage, 
accompagné de 150 hommes de cavalerie, environ cent d'ynfanterie 
que nouR mîmes dans une déroute complette, quoique nous ne fassions 
que cent cavaliers et cent cinquante chaEseurs sous mes ordres. Noos 
tuâmes Charettn l'aîné, l'alitjé Reimon, commissaire général, et le chef 
de division Cailloux^; nous no savons pas le nom des autres qui ont 
resté sur le carreau. Ils avaient des 200 louis doubles dans leurs poches. 

Nous manquâmes Ctiarctte cadet (le général) de bien peu de chose; 
il ne duit son salut qu'au mauvais chemin où nous étions et au retard 
que DOus mimes à sabrer toute sa cavalerie. Voyant qu'il allait suhir le 
même sort, il descendit de cheval ot se sauva tête nue daus le bois, car 
nous avions déjà son chapeau à l'Henri IV avec une grosso fleur de 
lys formant le nœud de sa cocarde blanche. 

Mon détacliement était presque tout monté avec ses chevaux. Moi je 
me trouve maintenant aussi monté fort bien au dépens de Charette. 
Nous prîmes Mademoiselle Goûteux et une autre dame de calité de sa 
suite qui Pont superbes, mais il fallut les sabrer un peu, ne voulant 
pas se rendre. Charette était à recommencer sa lovée lorsqu'il fut ren- 

I. Vergés Tail allDaiOD ici aux propositions qu'avait faites Hoehei Cbarelte 
pour tai permellrc de passer en Angleterre. 
3. C'est le dirisionnaire Gaillsu. 



LB OjfitâlUL TRIUlfeS. 



«7 



contré par nous; Il anittèoe les habilans par force avec lui, ou il lee 
fait fu*iller. Malii comme nous le siiivoits de proclio, il n'co a guère le 
loniï. Aojuurd'hai, le général Travul a voulu «ortir rien qu'avec tu 
etiakri* p<>ur aller 1 sa pounutto (atlpuclu qu'il rr-ut toute la gloîr« 
pour iMClinMnunichnvai qui tODiaver. Iui|, Mais Cliaretto lui a montré 
les dent*, tri il> ont renir» liiint<!ux comme di>$ p^Leux ; il vient de Doufi 
cxsmmatiiU-T pour marcliir dcniaîn miitiu. L'on pri^tend que l^e forcée 
de Clian-Uo sont un pcti augmenii^i-n df<puis six jour». 

Vous tMwz tant doute que Stoldoi e-si pris < ; et si vous ne le tavez 
pa», je tou» l'apprcDs. J'ouldié de vou» dire que !e grand-prévât do 
Qiaretie a éxé tué au«fii. Il se liattii ponduiil tix minale$ avec tc<pt 
cavalier* «lot nAtro*. Cet homme était celui qui «abrnil tous les iirisoQ- 
nlen fnraçai». Jd pourrai» liien vous donner des nouvellci^ de calts 
«rmùc loul de suite si uoun avions ta faculté de la poste, mais c'est que 
nona n'en avons pa* . Nous sommes toujours cloigués du gpnrc humain 
et U> routes iotercept^ex, obli^tiVs d'attendre qu'il y aie une correspon- 
dance afin de pouvoir envoyer notre facteur n \a ville la plus voisiue. 

8oy«i bien assuré qur- je ne manque pas de bonne volonn; h vout 
iDitralre, no fuxsc-ce que pour vous témoigner combien je vous saie 
atiacbi. 

Mat rMpcci*, je vous prie, & Madame votre épouse et au citoyen votre 
père, sant oublier ceux de la lettre dernière. Salut et fraternité : Vehoëb. 

LorH|uo je vous iScrtt, ta terre me sert de fauteuil et le genouil de 
ublv. 

Veut m« falrez le plaisir de tatro passer cette lettre cbei mol, afin 
qu'on ne si réjouisse pa» de ma mort encore. 

J*avaU oublié encore (ju'ayant pri« le cbnval de Charntle nous trou- 
vlmM lonts ta oorretpondance, mut uvec l'empereur que l'Anglet^tv, 
que tout le recte. 

Comme on le vo[l par cetlfl Iclli^, Charetlc, enfermé dans son dor- 
Dier refli^, donnait encore de temps eu lumps ud coup de boulolr, 
mais ce n'élall plus lu que le« derniers cfîorls d'une résjslancc déses- 
pérée, arriv^-e â ses limites extrËmoB. 

Traqué de village en village, err.int à pied de ftrme en ferme, il 
avait passé la nuit du 23 mnn^ au hameau de la Prénillère, sur la 
Gotnmune de Sainl-Sulpice, quand il re;ul l'avis que trois colonnes 
parties dan)> la nuit, l'une du Luc, la deuxième i}e Saint- l'Iiilibert, 
la troisième du Poiré, — cette deruiûre dans laquelle ae trouvait 
Vwgès, — marchaient sur la métairie uù il avait été signalé et 
qu'aUes n'étaient plus qu'à quelques centaines du mètres. Il se jeta 
dans une première direction, espérant encore s'octiappur avec tes 



t. Il ttit pris 1« m r«nl»r p«r le chet de batalllou Loutd dans uae métairie 
de U PorlcvinUra «t rutlIlA quelques Joura iprt*. 



»8 



MiUMES KT nOCFKEATS. 



tiviitisd«ui hommes qui lui restaient, mui» la reiraile leur ftil 
pte vl il (lui rétrograder sur La PrôiiiUire. Eu se buirtanl « la coli 
qui Teaail de lui barrer h route, il avail dit Taire le coup de tm tÀ 
Ù avail laissé dix oiorls uir le icmin ; il eu étail donc réduit à vingt- 
deux IMcles. Il a'eoronça alors dans les taiUiii de la l^haltotUirie, toi 
prrà de Saint-Sulplcc, mais il n'avait pas bit oenl pas dans 
direetjou, qu'entouré par les cka*ACura do Vergte, il dut &]re cDcore 
un erocbsL SescDoeaiffi se tanofavot ausiitM à sa poorsultc et alors 
flotnimofa, eaire lea deax troupts, une vtritable «basse t lliomma 
où l'on combaltil souvent corpa à corps. 

Baraseé de fotigue, blessé à la main et à la lile, r.)iar<>lti< piu-vint 
eocora à marcher pendant quatre heures, ^utenu |>ar iiuelifues 
braves déterminés h. mourir avec lui. Il pouvait entendre ta voix <le 
Vergte qui criait à ses chasseur»: « Pr«nez<le, maidiie le tuez paa 
U allait encore, teignant le taillis <le sou uiig, témoignant, daus 
derniers instants, d'une énergii* siirhumaiM. Le jeune Larocbe-Uavo 
bit lue à ses cAlés ainsi qu'un soldat qui, t'inslanl auparavant, avait 
eu le sublime dévouement de lui donner wa chapeau et de prendre 
le tien garni d'un panache l>laiic. Enfin, épui.'>^ de laïuitude, exsangue, 
il s'afbissa au pied d'un arbre, au montent ou tes cltasseurs de Ver^ 
gës étaient déjà en vue. Son domestique, nommé Bonard. voulant le 
relever, reçut un coup de feu qui retendit mort à ses pieds. Un der- 
nier Vendéen, qui restait près de lu), voulut le charger sar son dos 
et l'emporter ù travers le hoia, mais il tomba, flrappê d'une l>alle, au 
moment où il l'enlevait dans ses bns. Au même inàlaut Vergés, à 
la tMe de qucl<iuus chasseurs, se précipitait en avant, et, quelques 
minutes après, le capitaine mettait la main sur son célèbre pri- 
sonnier. 

Charelle, à peu près sans connaissance, ftit aussilAt conduit au 
général Travot, qui le fit immédiatement transporter nu ch&teau de 
Pont-dc-Vic; on sait qu'embarqué aur la Loire le lendemain, il toi 
fusillé à Nantes le 27 mars. 

Sans vouloir enlever au général Travot le mérito de celle capture, 
dont le succès revenait à ses eomlunaisons militaires et qu'il devait 
d'aiileuni pa>-er assez cher vingt ans après ', oo peut réclamer pour 
Vergés ta partie matérielle de ropênition. puisque ee fut lut qui mit 
la main sur le ftmeux partisan. Sa coo|>èration à cet arle, qui eut ù 
c»tt« é|>oque un retentissement considérable et des réeullats dieisirs, 
l^t d'ailleurs publiquement constatée par le général Uoobe; d'autre 

t. Conilinin^ t mort «n 1816. Je K^nérat Travol vil u peine ooMIoate M 
noc dètcolioD de Tlngt tôt lu thtiMU de Ilim, 



r.C ctti&AI. TRItCJtS. 



N9 



pari, la grade de chcfde balailion, qui lui ftit accordé par le Direcloire, 
vinl aU«3tor l'Importance du service qu'il uvail alors rendu à la 
l>adr)caUou. MaU d'aulrc» témoignages coiirirmeiU l'exactitude dea 
f»iu que nous venons <l'cxpu»cr. 

Le général Uutbil, (|Ut conimandall alors la place de Nanle». écri- 
vit quelques jours après au maire de Snint^Pé pour affirmer la jiarl 
prise par Vergés dans l'ovéncment donl parlai! la Fraiice entière, et 
la municipalité s'Qnipros.'<a d'écrire au nouveau chefde bataillon pour 
le féliciter de *a conduite au 2* mars. Il existe trace de cette lettre 
dans les arcliives de la ville de Saint-Pé (jui coiillenneot, à la date 
du 11 Horéal an IV (24 avril 17i)U), la délibéralioD suivante : 

B<ïanc« du M llordal ao qualrièœe de la Ilt^publlque. 

Le président Pierre Laaaaite dépoae sur le bureau une lettre du 
ciiOj'eD Dulilb, généra! do brigade, uatif de Tarbe», commandant de 
la force armée, qui annonce que la prise de Cbarelle... cul due à l'éner- 
gie et au courage du citoyen Jean-Mari« Vergés, capitaine de cbasBeuns 
de montaguee, né h Saïui-IV-, cuuimune du departeineul des Hautea- 
PyréDéea..., ensemble uu arr^ti^ du Départemeul portant (|u'il sera 
écrit au citoyen Jean-Marie Verges et à ses parents une lettre de feli- 
dtailon et que le ciioyeu DutilU sera remercié do 80Q aiientlun ^ lui 
faire part de celle aclion Rtorli>u?e que ks journaux ont atlribui par 
emtir au dtoi/en Travot, chef do brigailo de l'armue de l'Ouest. 

Le commandant Vergés devait continuer avec succès une carrière 
dans Uquclle il avait eu de^ débuis modeste», mm qui. grâce aux 
aptitudes spéciales dont il avait Tait preuve déj^, devait le porter à 
une situ.ition élevée. II prit part, dans le nouveau grade qu'il venait 
de conquérir, aux campagnes de 17V7 et ITDtten Italie, et fût la même 
année promu au grade de chef de hrigade, c'e-s.t-.^-iiire de colonel. 
Bk$eé grièvement deux fois devant Modène et au combat de Clila- 
var), il fulciléa l'ordre de l'arniêe pour avoir, à Novi, â la léte d'un 
escattroi), coupé la ligne ennemie, s'ûtre emparé de deux pièces de 
canoci et avoir, par sa conduite, contribué puissamment à assurer la 
ruimito. 

Vergés fut nommé ofQcier de la Légion d'honneur en 1S04 et 
devint général de bngade en 1X0(1, après léna, bataille au cours de 
laquelle H avait enrore re^u une ble.ssure. Baron de l'Krapiro et com- 
mandeur do la Légion d'honneur en 1810, il quitta alors le service et 
80 relira à Mulun, oit il mourut au commencement de l'année IH30. 

Ainsi s'éteignit uu homme qui, parti de rien, s'était élevé, gnîce 
à son seul mérite, grâce à un concours de drconsUnces exception- 



40 IliuiTGIB ET DOCDmiTS. 

nellement favorables, à une des situations les plus en Toede bod pajs. 

Toulefoia on ne peut s'empêcher de faire, sur la tombe de Vergte, 
une réflexion, qui vient à l'espril à propos de nombre de géDérïm 
de la Révolution el du premier Empire, à savoir que, cbsz la plupart, 
le caractère ne fiil pas à hauteur des qualités militaires. 

Vergés républicain sous la Révolution, prétorien au 48 Brumaire, 
était devenu bonapartiste convaincu sous l'Empire; il se montra, 
sous la monarchie, royaliste ardent. 

Quand, en 4825, il sollicita el obtint de Charles X [le même qu'il 
appelait > d'Artois > en 4796] le grade de lieutenant gûiéral hono- 
raire, où étaient ses convictions de l'an 117 

A moins pourtant qu'il ne fut sincère et que, vers ses derniers 
Jours, ce vieux diable ne fût devenu ermite. 

Ce serait, après tout, une hypothèse très admissible. 

Arthur db Giirtiesb. 



CHARLES ENGELBERT OELSNER. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE 

ICCOVPJCN ^B DE FtAGKEIflS 08 SES M^HOIRES lEUTtFS i l'bISTOIU DI U 
BËVOLCTIOn FBAXÇilBE. 



LI. 

9 marB 17!)1. — Les Unies du roi, MoEdames Adélaïde et Victoire, 
ont OQtrepris un voyage k Rome. Los opinioDa sont partagées sur la 
cause de leur départ : est-ce leur dépit contre la Révolution qui blesse 
leurs préjugés les plus invétérés? Ect-ce l'onnui de voir leur inQuence 
anéantie? Est-ce la crainte de l'excoiuniunicatioii pontiBcale ou un pro- 
jet hostile de la cour dont elles auraient connaissance? Probablement 
tous CCS motirs y ont contribué. 81 la cour connaissait son véritable 

I. Voir Revue hUlorique, t. LXIII, p. Tî el 297, 



^ 




CURLSS EYOElBfXT OELSXEft. 



Il 






Intérêt, elle te nerait opposée àe toute son anlorité à l'RDtrnpriie iaecn- 
aée de ces dames. La desapprobatloo générale, les (tépuUiUon« dos loca- 
lltéB voisines do lexii rMMeuo?, <]iil ne voutiilAiil pa» pcrdto doux pVT- 
toaaea qui font Unt de dépenscii, le* molionf au club do» Jacobins 6t 
lu reptéwn talion ft di' la municipaiilénntkjnalc A l'Ai'tipmblé? ainsi qu'au 
roi pouTlient ovivrir Ii>s yeux tur les con«i;i]uenc(iK do co voj'age. Mais 
U parait <ju« la 4:our est aveuF;Ie Eiirxn véritable Fitiiation et sur la con- 
daite qu'elle doit tenir. Le roi a n^'|ioitdu eu ftlt[-)(uaiit les droits do 
Fboinaie : il n'y a nen A lui ubjccter, A la vériti^ sUwa i[u'it «t qupl- 
l|uefob «afse et utcensaire de ne pas ueer de son droit. La muoidpalitd 
t été trop limirle {lour le lui dire. — Peudaul ce temps, McsdamM rece- 
nlonl le* vi»iie>ti amidues des poissardes et i^s Truitières et trouvairat 
bon, DOD pa» pri'cisfiment pour leur rendre leurs polilesîes, de retarder 
pluileant foi* leurviiyn^n. Enfiu ellet réussirent A s'échapper. La vigi- 
lance do quelque! damcN pairiulcsdo la balle qui, im sapeur A l«ur 
Uttft, bravèrent le froid do la nuit et la fatigue ilo la marche, fut déjouée 
par la vimilanco plus grande de Lafayetie; les oiseaux étaient envolés 
lorsqua lo cortège arriva à Meudon ou & Gellevue. Heureusement, Ils 
avaient oublié, dans leur bAle, un bon repas prépare pour \t voyago; 
rien ne pouvait mieux faire diversion et refroidir Tafiieur dévorante 
des Ëmazones fatiguées. — Trois jours après cal évimemoni, Mousieur, 
frère du roi, Ql également mine de partir. ImmédiaienienI ia foule se 
porta au Luxembourg et l'Invita k abandonner son projet el 1 rester k 
Paris. Il nia l'inteution de partir, promit de rester et fut conduit au 
Louvre en triomphe. 

Barnave prit occasion de celte rage de voyager de la famille royale 

pour demander une loi sur la résidence de la dynastie, loi oâccssaire, 

Duis qui, si lee (tens de sang froid ne préviennent pas le mal, pourrait 

être trop rigoureuse, parce que les circonstances out excité les esprits et 

u'uncerUlD parti y trouverait son compte. I^rnave.iiui est aussi grand 

lateur des mesures coercitives que des lois de ci rcons lances, n'en est 

reste là. il a demandé une loi contre l'émigration en général. 
BUme si une telle limitation de la liberté uûturetle d« l'homme était 
permise dans certaines circon «lances exlrnoriliiinires, la loi serait d'une 
«xêcution impossible; car, d'aliord, un ne pourrait l'appliquer sans recou- 
vrir à dos moyens ({ui dégénéreraient facilement eu tyrannie ; ensuite, 
^klle serait inraillibiemnRt éludée dans un état oi'i beaucoup de citoyens 
^ke sont pis propriétaires fonciers, mais commerçauts et capitalistes, 
^■«ù il y 1 toute csp^ci' de ricbesses mobili^n^s. Dnplus, dans le cas par* 
^vticulier des émignis français, rAssnmbMi* nationale ne pourrait pas faira 
'"une loi de ce ftnnre sans se déshonorer au plus baut point. l>ar la dâcla- 
retloa des drolu de l'bomme, elle a eoniacré le principe que cbacuo 
^^pMil rester où il lui plaît et aller où il veut. I^s ^migrants, A l'eicep- 
yïloo dea lotieUoQnaires, se donnent pour des «ttrangont qui ne préiendeni 
à aucun droit politique et qui dimaudent seulement i conserver leur 
fertunr. Knlin, l'Assemblto nationale est imputsMOte A donner k plu* 



I 

_élr« 
■^u-u 

1^' 



»2 



■JUttilS KT liaCCNBTrs. 



sieurs d'entre etix la wcariU n«ce«^n'à Iciir ropor, non ptrco<[UC Im 
d«>teDteura du pouvntr putilic ne toai pu di^pMM i In pfOtfgrr, maU 
p&roe qu'ils 00 root pan enouro «mm idiIum do la mactiiDo pour 
pouvoir arrêter utue Mf moDveEHnu ; ei laséoiifiraRU. avec peu de nisoo 
i la v^riu^, a'accordent aacuae eonâance k la gard? natioDsle, la tiennent 
pour tiustil» Gt no 00 croloot pas en cooipl^lo sécuritâ avec olt«. — Je 
eroU bi<'iiqii<« b«aucoupili!FraDçaj8émigréaooiledésirdclav«ogeaaQe, 
qaft Ivut «l'jnur uii pay« ('traniter leur fournit pent-^tre les noyenade 
la MtUraira, et il ««I dair qu'il* emportant ti<ir*<lnroy>aine noc aaua 
éDurme d'argent monuayé , nialM je croit aum que, mtma «r «'oiponnt 
A an danger, on doit reMer 6dèl« aux principes ; or, ceux-ci défeodent 
de punir personne pour d» opinions et dea déairs. Ahl dès qii'oa auia 
«o nain dea prouves convaiocsatesdeïactM hostiles des émigrés, la toi 
pourra te d^hainer contre eux : tl* leront ouvertement dea traîtres à 
la patrie, doot le* bien* ni les pertonnas no méritent d'être gaxanils. 

Capeiulani, le* clubs et las places publiqaea en jugèrent tout autre- 
ment. MoiclamCK, qui ne s'âtaietit laissa retenir par aucune ralMO 
d'onlrv moral, a^-aient él^ arr^ti-cs par les bourgeois de Morel, puis 
romi»i>9' en liberté grAoe à l'Irruption violente dea ^asaeunde Lorraine 
Kur \c tcrritoiro de coitn municipalité. Ijesil^rotae voyageuses poursui- 
vireol leur voyage juaqu'& Aroay-le-Dnc, où elle* furvnt de nonveau 
8rr«lêM et durent consentir ■ rv»ter, parce qu'il n'y avait dans te vulil* 
na)ço aucune troupe pour Iw secourir II y a on jeudi huit jour*, la non* 
velle de cet ^Téoemeut arriva h l'Assomblèe nationale, la question fut 
débattue longuement et avec chaleur; Charles Lameth eut la natveté 
de dire^Uf le roi, ayant de la peine à se passer de la société a«coutti- 
mw de ses tnoies, no désirait rioo plus que subir une douce violence. 
Mai» aucune loi existante n'emp^cbail les royales citoyennes de voyager, 
et aucune véritable nèceasiltt politique ne s'opposait à leurs pro- 
jeu. Sur la proposition de Mirabeau, un abandonna donc la déctrion 
au bon plaiair du roi. A peine cela fut-Il connu qu'une iroape de pol&< 
sardes, rastenblëe i la b.lti! dans la rue Salat-Hoaore, se rendit aux 
Tuileries pour prier le roi de prendre une décision agréable au peuple 
et de rappeler ses tante*. Les forude ta halle qui se trouvaient rassem- 
blés dans le voi*lnage, toi-disant par hasard el k l'occasion d'un procéa 
perdu, leurs femmes et leur entourage de gueux et de curieux gros- 
sirent la troupe. Le maire fit avancer la cavalerie, et les gardeti natio- 
naux parurent do tous cAuis. Si un eourtlïan Indiscret n'avait pas éloi- 
gné le roi do la fon^ire, la bande furieuse, esUefaite d'un salut, se serait 
peut-Atre iliKpirrsco sanfdilliculté. On eut do la peine & l'y contraindre. 
Lu criïpuscuie De pormoitalt pas de bien voir. Les uns affirmaient, 
car la fuite du roi eft l'éternel épouvantait, qu'on avait montra au peupla 
un mannequin, un LouU empaillé, que le véritable roi avait disparu; 
d'autre* cerliGaient que sas laniea avalent emmené le dauphin, qoo 
l'enfant que l'on promenait était le fiU de M. de Saint-Sauveur. Dans 
eetie confusion de volontés et d'opinions, peu de gens pouvaient savoir 




CBAHLES ENGELBEftI OBLSKËB. 93 

It le mouvement et où il coaduirait. La&yetlô et Bailty n'es- 
m «dresser beaucoup de growJèjeiÂB et s'exposèrent & de i^ndc 
t; on craquait la iinimulgation de la loi martiale; rdûd.od par- 

Il par ta douceur k Taire aorllr la foule des Tuileries. 

Le lundi !S Rrricr, le décret sur l'âmigraltoR viiil A l'ordre du jour. 
1)0 oomtU couttiiiiant déclara toutt! loi do ci> i^iirn iiicompiitilile avec 
la CoDstîtuiluu rratic^se^ pour obéir cepeadanl aux ordnfii do l'Anïom- 
biM nationale, mais nirloul pour lui enlever toute envie d'un loldécn-t. 
Il m proposa uu, tdiomiiiit cruet et absurde, que personne ne voulut 
l'écouler jusqu'à ta fin. Mirabeau appuya le comilé, lut ii l'Assemblée 
l'eioeltenl passage sur l'émigration de sa leltre au roi Frédéric-Guil- 
laume, passage qui cepecdant ne s'appliquait peut-être pas exaclement 
•H cas, et s'élera avec une force particulière contre toutes les loi» de 
cireonsiauce qui violent ordinairement les principes et frayent la voio 
■us tyrans. Oèji, dans une séance précédente, il avait dénoncé à l'As- 
■emblée certains factieux; maintenant il menaçait, en Ea qualité d'ad- 
ministrateur, de déjouer leurs plans ambitieux. 11 démasqua si bien les 
pralecteura et les Invi^ttigatours de l'auarcbie que personne ue s'y 
trempa el que beaucoup du gcus eu^^sont volontiers quitté la séunce. 

Une trentaine d'ainbilieux, nutuirement aacieR6 courtisan; puur la 
plupart, cburcbrai < per fas et aetoî > h melire sou^ l?ur domiDatlun 
la municipalité de Paris, le général et la majorité de l'Assenibléo 
nationale. In* mitiitlres y étant déjà. Peul-étro ne sunl-iU que de purs 
cnlhousiastf», luaix on peut être à la fois enthousiaste el trompeur. Les 
ocoofiion* peuvent miiu(|uer, les Cromwells q<- manqurtiil jamais. Ces 
genc^lâ H> donnent pour les leuls, pour les ciucôres arniH du peuple, 
t'ellorceut de roudre suspects les pairiuteiç les plu« rcspectnblen, le* 
vinLaUee auteurs de la Rcvotutioa, que menaçaient le« gardes du do»- 
potiSDM pondant qu'eux-mêmes cabalaieni cunlre la liberté ; ils prêchent 
la résistance A tout détenteur du pouvoir public, comme si l'on éiail 
encore aux premier» jours de la Hévolulion et que le peuple n'eût ni 
lois ni magistrats élun par lui-même. 

La société des Jacobins, qui a rendu des services importanis ii la 
RtvoluUon, qui eu rend oucure quelquefois et qui pourrait coairibuer 
lu rvlAblissemont de la paix autant qu'autrefois au renversement des 
abus Kunoués, dégi^uère, par la fatale influence de ces intrigants, en une 
bcUon dangereuse. Un ou a ouvert les portes à des fanatiques qui vou> 
iliti«nt pourfendre même l'umbre du leurs advcrsairee, k de bonnes 
eona, des naifs, qui croient tous h* contes, les répètent et sont au moine 
etp*bles de répandre ran([ots«(i et la terreur, il s'y est introduit une 
feute de ekovaliers d'industrie et d'ambitieux avides de jouer un rôle, 
<|iii, pour obtenir du crédit, alScliont un patriotisme bruyant et prélent 
Il main à tout projet oxtravi^aQi. Des bruits tumultueux et des paroles 
uninê y étouffent la voÎk de la modération éclaire» ot en ont cliassé 
beaucoup de ^as clairvoyant, mais timides ou d'une susceptibilité 
Inopportune, de sorw que la société deviendrai! un instrumoul dont on 



94 triuHcn rr DoccMsitTs. 

aurait toutîk craiadre si de braves gens, et Mirabeau avec eux, ne gar- 
daient pas te courage d'y rester pour attaquer lea scélérats dans toon 
propres retranchements. On n'épargne actnellemeat aucune peine pour 
le dégoûter de cette conduite aussi hardie qu'habile, mais oa ne pour- 
rait rien contre sa supériorité si l'on voulait la combattre la vliière 
levéei on recourt donc à la ruse, on le calomnie, on le fait calomnier, 
on rend impopulaires ses meilleures lois, on excite les soupçons contre 
chacune de «es démarches, on le décrie comme aristocrate quand il 
recommande l'ordre. Nul moyen d'arriver à ta popularité ne leur paraît 
trop mauvais, ils flattent la foule ignorante et rampent devant les jour> 
nalislas qui sont à leur solde. 

Comme leur avantage exige qu'ils restent dans lea couUsieB et que, 
sauf les frères Lametb, ils ne comptent guère parmi eux de talent sail- 
lant, ils ont su procurer à Barnave une réputation incroyable afin d'o[H 
poser un champion à Mirabeau. Ce jeune homme a un esprit pénétrant, 
une grande facilité d'élocution, beaucoup de méthode, et, ce qui est 
rare jusqu'ici en France, assen de sang-froid et de prudence pour ne 
parler que lorsque toutes les différentes opinions ont éti entendues et 
qu'on pressent celte qui doit l'emporter et ia manière dont elle triom- 
phera. D'autre part, il lui manque tout ce que Mirabeau a en plus d'es- 
prit inventif pour être original, d'imagination pour n'être jamais froid, 
d'esprit pour n'être jamais sec, de tact pour n'être jamais dur. La variété 
des connaissances et la maturité des vues politiques lui font également 
défaut. Il est regrettable que la cabale l'ait mis en avant trop tAt. Un 
succès prématuré et extraordinaire peut facilement égarer un grand 
homme naissant, le rendre téméraire, l'aveugler sur sa vraie valenr et 
l'amollir. Jusqu'ici on a eu pour lui une espèce d'engouement, mais 
enfin l'opinion commence à se faire plus équitable. Je fonde de grandes 
espérances sur ce revirement, car fiarnave semble unir une grande fer- 
meté de caractère à l'ambition. 

Je connais assez bien les Jacobins maintenant et je sais trop le peu 
de tolérance que rencontre tout ce qui est contraire à l'opinion publique 
pour ne pas prévoir des scènes violentes. Mirabeau avait joué plus d'an 
mauvais tour aux meneurs : la mission donnée à Lafayetta, sa procla- 
mation contre les factieux, enfin son attitude à l'AsBemblëe nationale, 
tout déjouait leurs projets lea plus chcrs. 

Le projet de ne laisser aux ëmigrants que le huitième de leurs biens 
s'ils ne rentraienl pas en France dans le délai fixé devait plaire aux 
factieux autant que la loi agraire plaisait aux portefaix de Rome et 
mettre le comble à leur popularité. Le duc d'Aiguillon et les frères 
Lamcth, ces nouveaux Gracqucs, l'avaient fait publier par leurs émis- 
saires sur les places publiques et envoyé des lettres et des messagers 
aux sociétés affiliées. 

Mirabeau devait dîner ce même jour chez le duc d'Aiguillon ; il t'y 
rendit après la séance ; l'entrée de la maison lui fut interdite ; on espé- 
rait l'intimider et on pensait qu'il n'aurait pas le courage de venir au 



CniBLBS VfOKLaËÈJ 0KL6»EB. 



flS 



lia Bolréii; on lui tiMxIait un piège, espér&ntpor làniioerpluB 
etlemmt son cmlit, mitie Mirabeau n'est pas poUron, il connail sca 
^versiires, il vint, et ce gue j'avais prrivu arriva. 

Dnport moDtu k Ut tribune et Gt une sorti» viûli-iite coiitm MinihcBU 
M Lafayette, aulrerois tou meilleur ami; il tnoutra rit i^ux d?» Lrnitre^ 
les pires ecoeiutâ de la patrii': il accuHa Lafayoïtede di^goûter la garde 
Dallovalo du service par ses levAit» c»iisUiuIit«, Mirabeau do vouloir êla- 
der la question de la réaidDuce royak- eu combalUat la loi »ur tes émi- 
gré, et tous deai de Tavorlser ta fuite au roi et la contro- révolu lion. 
Cet «ccuiatluiu étalât cruelles, mai* k* applandiseomenU qui accueil- 
liivot tes tniiu les plus atncr* ot Ira plut noirt en dépit des grands ser- 
vices reudut par Mirabeau à la Uiujic de la Rôvolution furent ploa 
cruels iMieoro. Duport quitta In Iriliune. Mirabeau, assis en face île lui 
peDdanl toute l'attai^ao, se leva, voulut répondre, et, chose qui ne lui 
était «ocorc jamaif arrivée & cotte place, tous se dédiai oèrent contre 
lai, le dépit cbux un j^rand nombre devint de la Tureur, et la plus grande 
parUe de l'asseoiblée reMembliilt à des groupes d'aliénèt. A la Ou cepeu- 
d^nt, son gesM et sa voix surent se faire écouter. Dès qu'il put prendre 
la parole, il déroba Latayeiie aux coupa de la mulliiude par une 
maiMeuvre habile et triompbaute, bien qu'il ne fût pas son ami, secoua 
Im OAcboA d'un adversaire qui n'ètaii pas de taille k lui tenir tête et 
le lapida de ion éloquence. Mais un second orage bien plus violent 
l'alleDdait. Alexandre I>ainetb no pouvait voir tomber son frère d'armes 
sans le venger; il a beaucoup d'esprit, parle facilement, quoique avec 
moins de verve que «un friire Cbariea; son ityte, avec ntuin» do natu» 
rel et de mordant pout-iitre que celui de Charles, a plus de solidité. Il 
piafse pour le plus grand intrigant de l'Assemblée nationale et, co 
jour-là^ il dâploya une rare habileté à mettre à profit la dltpotilioii 
(l'esprit où lo discours de Duport avait pori6 rAssemblée. 11 attaqua 
H>o adversaire nu dï'faut de la cuirasse, n'épargna ni ses folies do jeu- 
aetao, td les fauirs ili- son A^'e mùr, ni tes torts que la calomnie et des 
BODpfont malveillants lui pn^tuieni. Il H'elTorça de le rendre k la foU 
odieux et ridicule et il ne ri^uïsit que Iriip à être tour k tour mordant 
el pathétique ; à mesure qu'i^lataieul les frénétiques applaudissements 
da nn auditoire furieui, les traits de son éloquence devenaient plus 
perfide* et plus acérés. 

Certes, Il fit preuve d'un rare talent; jamais, non jamais, je n'avais 
■oaptonneeD lui autant de perfldle.jelrèpignaiE, je tempêtais, tofsi|ue 
fiiuieDMnt on exprima la crainte de voir pendre, non les facii<-ux, 
mais ceux qui oseraient en parler ainsi. Quiconque counaii la tactique 
da oe* Bwssieurs sait ce que signifient de telles expressions, et le* 
atlaqiiM dont Mirabeau fut l'objet le lendemain sur la tcrrast^e des 
Feuitlantt prouvèrent avec quelle facilité les craintes de Lnmeth 
aaraienl pn se réaliser. Je crus avoir pénétré toute l'hostilitô de »ed 
lotealiona at vu touii! la noirceur de sa haine qui déversait son venin 
u les actes tes plus louables. Sa cruauté et la joie cxullanle de la 



M 



»il.Ât<iZS KT DOCDHEnS. 



najoriin de l'An«raljtâe me rendirent malade pour qnelqou jonra; 
s&i«i dti dégoût tandis que, d« U)u> l«« eAléa de la salle, on invectivait 
Hiraboau ut que lo i>n^iii(lrDt cherchait, par une tlle pirUalité, & l'AIol- 
gaer de ta tribune et i lever ta sèaDce, je déaevpérais de voir Mirabeta 
rMtftr maître de lui et capaUe de donner la réplique qaVudgeaient u 
«iluallou et aa Jigoilé bleaaée. Le chemin de la gloire, |>eaMl-;e, eu 
ou vùriié »eiii« d'épiaee, aous un gourerDemefit deapotique, il te tant 
rtmper, daoa une république, il (aui le battre, et, lonqnetu as mérita 
ta rcconnaisMiice de tous, l'ostracisme t'envoie en exil. M[ral>eau était 
sur ie point d'on faire l'oxpàrlfliiee on, plolAt, il la faisait : tout autro 
que lui eût succombé; seule, u grtn^ ftme ne succomba pas; j'avais 
en bien tort ili> trembler pour elle, car c'cat pn^isémont dans l'orag? 
qu'elle grandit. Nou senlemeut il aiaii gardé «on nng-frold Jusqu'au ' 
bout de celle longue At sanglante attaque, malt 11 avait «u aaseï do piA> 
•ctnco d'esprit pour *o faire une arme dêfennive avec les n6cbM ilo l'en- 
nenii. tl y uni un combat acharne, il eut recours à toutes les reMoureea 
de son génie pour vaincre ion jeune et habile adversaire; il MreigDil'. 
Lametli et ae* amis il'uuo main de fer, d'une mais de feu, leuramclM^ 
le niasquo et It^ur lit des bleMuret morielli>s. Une cotâre boullUnts eoa- 
vril do sou vcumn tout co qui s'friaii dâchaioe contre lui, il tança de i 
voix de tonnerre des T«rité« inouies à l'Assemblée; sa téraérilé, l'allura 
sublime de son éloquence inspirèrent on étoonemant mMË de stupeur, i 
el c'est ainsi qu'il dompta les fous furieux et i tous, quels qu'ils fusMOt, ' 
il arracha, sinon des appUuclidsemi^nls, du moins de* crix d'ailmiralfon. 
Mirabeau n'a pas eu de plus btisu oiomonl dan* rAsscmblùe nationale. 
Je regrelte que les limitea de celte leUro ne me permettent pas d'eo- 
Irer dans de* dûtails et de rendre compte do touMs les Impressions 
iuelTa^lcs que cvtto mi^morabln soirée a laissées dans mon Ame. Ce 
qui m'enil)ouaiasma le plus, co fat la pleine potaessiou de lul-m&ma, 
avec laquelli;, abandounani tes adv«rsaires terruaée et toutes lea qiMs> 
lions porsonnelles, il reprit les discussions politiques les plus hauMS. 



UI. 



Pondant ce temps, des scènes d'un autre genre avalent lloa in «bA- 
loau de» Tuileries. Il lemlilail qu'où y comploiAl de faire do M ftvriar 
un jour D'>ra8te de l'bistolre de France. Le dmigitr a été prévenu par la 
conduite courageuse Je Mirabeau, par la vigilauoo du Uirccloire et par 
le courage reOéclil de Latayelu*. 

Gomme il n'y a plu* dt cours de justice «rimintllo, las prisons de 
Paria »o romplisseni de telle sorte qu'on peut craindra des tnslitdîea 
épidêmiques. Pour Iok pn-vunir, il a été permis k la municipalité de 
transformer en prition le donjon de Vmcennes. Uepuis doux on trois 
ffloia, elle y occupe des ouvriers; UL-dessut, un meusoaga siupide el 
dangereux s'est répandu ot ne trouve que trop de créance : on diL 



CBiliaËS E^QKLbEaT OKtSNËH. 



!I7 



t|t]'aae nouvelle Itestille se couslruit aux portes de Paru et qu'il Tilui 
la renrerser si l'on ne veat pas ëire mis en état de siège. 

l/c 23 lévrier, on dénoDça ud projet île contre-révolutiun (|u'il fiillAil 
déjouer par la destruction dudil daojon. I^e président Iteubol, oontrnrii' 
*lo wtlA inepta d6iioaci&[ioii, rotilait Icvrr lu «6(inci'. « S'il so produit 
iIm d<«ordr», dit-il, on nuu* len impulem. • Barnave cd jugea autre- 
ment, r^ricoanda le président et renoua le 61 de la diBcuçsioa, Le rétiul- 
tu de cette aDaire fut la résolution de qc pa^ quitter des y«ux 1r cb&- 
Kau des Tuileries, au cas où il y aurait des troubles dans uue partie 
do la ville, w qui pouvait bien devenir l'occasion d'un soutèveraeut. 

Dao* la nuit du S7 au 28 fëvri», le Directoire acquit lu certitude 
qu'il oxùtatt nn complot contre le donjon de Vjncenn». Lex deiuuli»- 
tenr« doxaicot commencer leur travail entre six et sept hi>ures. Larayi^llo 
donna ordre au aimnmndant du baiaillou Saint-Âutuinc de marcher à 
qoatre heurc!; «ur Vinccnnos; lui-même s'y trouva vers sBpt heuri»» 
avec fi & 8,000 hommes. Si Sanlerre lui avait obéi, tout inalbeur eût 
été préveon. Mais il trouva bon de faire beaucoup de bruit avant le 
départ, de partir tord, de marcber avec uae lenteur impardonnable, de 
tolérer que ses soldats tirassent sur deui adjudants de Lafayetii> et les 
contfai^inenl k descendre de cheval et & rHuurnerà Viucennes. Sans 
eiécoter aucune des mauœuvres prcscriies, il vil réduire en uendres 
uao partie de l'édiâcc ei brûler les meubles. Lafayette trouva les choses 
daoe CCI état, et s'il n'en eût impose à tous par sa ré«olulion et sa pré- 
sencD d'esprit, il y aurait eu un conllit sanglant entre les volontaires 
qu'il commandait ex les troupes de tiunlerre. Les provocatious ne man- 
quèrent pis; un chattc^ur fut lue à tes cAtès; mais il se contenta de 
[aire soixante prisonniers. 

A l'heure même où ceci se passait i Vincennes, un individu, armé 
«Tnn itylet et d'un pistolet, fui arrëti^ prfiï d<- la chambre du Dau]diin. 
La rumeur publique, comme on peut le pi'u»i'r, prAta dt'K couleur* 
HTrayantes é cet Incident, qui pounail venir d'une «impln dli>tnicliun. 
Le^s iwutinellet avaient di'-jà été doublées auloiir du cbAloau au drpart 
de Lafayotte; elles furent décuplées. Versbuit heures du soir, an remar- 
qua une foule extnordinaire dans ta chambre de la reine. Il y avait 
beaucoup de vitages êlrangers, et le peiit nombre des gens connus y 
étaient habillés comme on ne l'etl pa.* habit uellemeui pour paraître & 
la cour, c'esl4-dlre en tnc et en bottes; aucune sculinelle ne les avait 
vus passer, ils devaient être entrés dans le chéteau |iar des portr^s secri^li^s. 
UoUe iTuupe tint dw profios blessant* devant la gardr^ nationale et laissa 
Dénie voir de^armej;. lies gardes commencéren ta murmurer; M.Gon- 
vion fut cbar);ê de foire des représenta lions au roi. Le roi l'écouta de 
bonne grice et ordonna & sea h6lee de déposer leur^ armes. Lafayctle 
parut lorsque l'opération allait commencer ; ù la vue de quelques vau- 
riens bien connus, comme, par exemple, tes meurtriers du malheureux 
Uaiiocourt, de toutes ces physionomies étrangères, de ces armes meur- 
Bsv. HidToa. LXV I» risic- T 



< 



98 



viLAlUKS ITT DocrKins. 



uièm, & la {leiuêe des întonlioDS ot des «uite* qno pouvait avuîr ceUe 
réuoiua, Il ne pat eoateair l'ain«num« d« son lôéconwil^nieat , il 
iratu Im ebof> de la domcsticiiê rayais, MM. Villétp^ier m Doras, cou- 
pablo* lit! tonl ca déMrdre, oomiiu> ménuiem leurs mauvais desseîoa 
ou leur étoiird«ri«; du reiu, il s'eirorça de modérer l'iTrliatfaHi de la 
(pude aationale «l iln pratégw Ico ctiurtùans pour qui un oonRil aurall 
pu dovQoir daagrrpux. I.ca a» luimt m conuitir; d'autre», avx lo 
cj-devani priac« de Pois, cherchèrent divrièm un e«caItcT an al>ri 
conirv toute éveaiuftlil« fAcheoM. Qufliqgea furiaiu MnloinPiit e'avî- 
fèrt'ai d« faire uoe rdutlanee que leurt •t;l«tfl (4 l«urs pistolets de 
poche rendaient d'nulaat plus inspecto ut qui donna A la gaule natio- 
nale un prétexte dôriié pour oublier pondant qaelqoM mioutos 1m 
exhortfttloiifi de son géocral et pour attaquer, non pas la vie d« tet 
gent*l&, Duii' ue qu'ils appelleot l'taonnetir de leur ca»ie. Ni étoile, oi 
cordon d'onlrr, ni calotte no lei protégèrent contre 1» UiiirradM, !«• 
horloni, tes coup^ itu pii'^d, surtout daim r^tw partie du oorpi quo la 
natur« a lattario san* annu défrnMVM. MM. d'I^prvmoNoil, il'Agoult, 
de MoDtloxier raaraieat vou> raconter, mieux qtie pemane, de qn«LI« 
manière ils ont pam dans la olawe du plébéien». L'incidant a reçu 
difféifinu nome; on l'appelle la toîrte dé» chiqucoaudee, la nuit d» 
BoufOeia, la CAte des coupe de pieds au derrière, le dernier jour de la 
nobletat. 



LUI. 



19 avril 1191. — Il ml inconcevable que la cour ne connaisse pas 
l^aaprlt du temps qu'elle coairarie. Elle JoiL savoir qu'on n'cxixto qui' 
par ropàaion et par quelque» restes de fol, ([ue dans lonx bw tt'mps et 
touK touleti lea xûaei, ceux-lli seul« uot n.>(;né (pil onl nu gagner le euf- 
frHgi! public «an» le<|UQ! purwnne, clieK un iwuple libre, ne peut se 
maintenir longterops à une plaça Alevte. Ja parle d'un peuple libre : 
mais les sultans iDAmos ne peuvent s'en passer. Leur toute-iiui6âauce 
s'ôvanouit dès que l'upinion que te peuple a de leur force oeaie d'fim' 
plus grande que c«tte (orce; et aucun souverain, ni en Asie ni en 
Europe, ni dans l'anliquilA ni dans les temps modernes, pas mémo les 
roiK de Pru»ae, qui sont allés à cet égard jusqu'aux dernières limitas, 
n'eut (larvcnu 1 vulr k ses ordres autant de foret activa que de force 
{Wissivo. 11 n'jr a pas de constitutii>ii qui no doive s'écroolor ii» qu'elle 
porto le polil» d'uQ(i onruiun mm^K de dixcroilit. L'histoire le montre 
dans dos inilliors de pages impèrisKibles; la philosophie l'a prouvé; 
mais la philoi^ophio et l'histoire sont bannies des cours i tout au pins 
y paraissent-elles avec un masque, et si jamais, soit uicMSilA, aoit 
batiafd, elles s'y montrent en pleine lumière, io roi et son oolourage 
ne comprennent pas leur langa^- Eux, pour qui lo livre des tempe et 
de la raison «»t particuliènmeot écrit, ils sont, de tous leurs frères 



CIIIIII,KS K<(UKUËHT OtLS^U. 



99 



morule, les plue incupaliles d'ea tirer parti. lU voient h peine Ia jour, 
car U [Tomporiâ «t l'illusioD les eotoareal depuis le berceaa. L'éduca- 
tion du m^niLisat n'esl pas, à beaucoup près, auui inijtirable que ccllo 
des priocee. H apprend de bonne heure ce qu'il est el doit f trc, biiidis 
que, d^TSdt l'enfaGl qui doit hériter du tr^ue, louli! idcc. juctn nV.arte, 
tout jeniimiiil vrai m déduise, tout couipagnoa d<^ jeu est hypocrite. 
Ceux qui l'nntouriiut ii^inhluiil avoir juré de faire do lui un éiro hors 
DBlnm, il(! lui inoculer do« opinioua et des prét^niions l'ausi^os; href, il 
ilevirnl incapable de «e voir lui-même autrement qu'a tmverH un prisme. 
Pat» Im temps ordinaires, où les choses suivent l'ormère (racine, cela 
(Mtseo encore, mais si l'eijuipage du vaisseau, instruit par de loojïURa 
épreuvea, est devenu plus t&ge quo sou pilote assoupi, si la nation a 
pria le tentlnienl de sa Torce et la connaitisance de ses droits, alur» que 
le ciel fasse ntiMrlcorde à oo mûlanj^n Av. dieu et de crétin I Dur.toe 
dit que la puifsnncn papale tomhn avoc le mouvement accéléré des 
maaitos posantes. On pourra en dire autant en France do la dignité 
roynk, qui ne se soutinnt peui-Alre plus que par l'attachement pour 
celui qui en est revêtu, si la cour n'arrive pas tt comprendre sa situa- 
tion. "Tout autour d'elle un esprit noQveau condamne ce qu'elle admi- 
rait aulrefois, riiclame ce qu'outreToia elle n'eût pas permis: et auxymix 
dft la liberté qui est toujours ombrageuse, mais qui l'e^i surtout aux pre- 
miers jours de son existence, les démarches étourdies paraissent équi- 
voques, les demarcheù équivoques hostiles, Il peut y avoir une foute de 
•ouienlrs douloureux pour la cour; un<^ ni^cessItA prMsaale ordonne de 
tes oublier, impose un air satisfait, commande d'otKiir, non «oulemcnt 
par force, mais de bon gré, à l'opinion publique et do la prévenir quand 
c'eel possible. Mais on oe veut pas voir cela, on ne sait pas se défaire 
48aand«Dnes forme», qui conviennent le moins h la situation, on «roit 
en imposer par elles. Quelle urreurl Le peuple n'est plus CaâCiD6 par 
rdloLgnement et la hauteur du sultan. La cour devrait dissimuler avec 
le plus grand «oin le désir de dominer cunimu autrefois. Elle devrait se 
contenter de jouir eu silence de suu pouvoir quand ella peut le ressaisir 
et ne pas laisser voir ]>n-maturëmcnt des prétentions délestées, qui 
font iD&illiblemeot écboucr les lonuilivus les mieux conçues. Les gens 
peifidM, qui gaettent ses faux pns, chorcbent à les provoquer, et savent 
en profiter, sont nombreux. Sur quatre partis actifs, trois puuvcntdovi> 
nir égtiement dangereux pour le roi. 

1.0 premier m compose de tous ceux qui baissent franchement ia 
Rfitvlution, soit parce qu'ils ne la compreunenl pas, soit parce qu'elle 
b'h pas msirché suivant leurs vues, 8olt parce qu'elle a détroit les 
ehwgse, les titres, la su|>erIorit^. la renommée qu'lU possédaient ou 
Miqoels Ui se promettuout d'arriver. Ce psni comprend tous ceux 
qu'on apfielle communément aristocrates ; ci-devant noble», philosophes, 
èvéquee, conseillera au Parlement, pensionnés; leurs seuiimenu h 
regard du ni soot aussi honnêtes que ceux du cardinal de Ruban et 



4»0 



MJUIGB» tr MCtPHR-ITS. 



de M* parole 1 Vé^uA d« U religion : iU cbercboat en lut ua |»lla- 
dium coDlro la r&bellion. L'opiniOD accord* pnu d'importanot à M, 
pini. Oa »e moque dea philoMfibei i B"8M- I^ noblesM et l«« parie-' 
owDts *ont oublié», OD peate tout sa pluni rax qniod on pentr n l'in- 
soloDM M «ux eiActions; lo lanBtiuDO |>araît chaque jour nno «rtiio 
plu» nii*Arable. Uo peut jnger des rMBOiiKM inb^llectuplles de ce parti 
pu 11 conduite qu'il a leotio jusqu'ici ; 1er MurcM de M ricbene Mot 
tarin, lïluil ainsi dépourvu do crédit «triUuit aux expédient», on peut, 
sanf iiiju^tioA, acciuer d« fulie ou de déloyauté cetix qui raudratent y 
rattacher lu rui. Goa oat fait de lui si le malheur veut qu'il se jelli> dana 
leura bru, car II ne aorait pin* qu'on dogo, •nr^villé par une aristocn* 
lie jalouRB, si c«ll«-ci irlompliaii ; »l, au cootrairo, cllo était laiocne, , 
cd qui arriverait rpIod Uiuin probabilité, le aang det Bourbons cesa»*^ 
ralt d'être sacn- au peuple irritô, Kn fÏÏH, l'amoiir qu'on porte an ni 
ect eilféme (il est mi^inc iaconcevable qu'on Mche li peu on lirpr parti 
et qu'un laiue échapper des occasions favorables qui ne reviendront 
pa*|, malji. quiconque connaît le ranstisme de la maïae, quiconque a vu 
quelle* violences menaçantes excite l'amour de ta liberté chex les plus 
braves gens sur un toupçon, m&iDC lans fondement, mit qae je n'alUme 
rien d'oxagiSré. 

Le second parii Mt celui do« ennemis dv* princes. Il lient Ions leai 
cois pour des mangeur* d'hommes et vondnil en v<^r la race eotièra] 
fixtlrpâe de la terre. Sans intrigue, et fondant des etpérancce i loogne 
fcbéancc sur les fautes de la cour et le rapide progrès des lomiéree, ll~ 
ne porUtrait \>^ le deuil »! U cour se perdait dann l'opinion publique. 

1.0 iroïKième parti est celui dee ennemis de la paix. Il se oomf 
pour une partie, de gens chei qui la liberté est une Ci^vro chaude, quil 
courent dans coums les direclioQi uns avoir aucun systéaie, qui 
découvrent partout des cou>piraiioiix, qui entrent en campagne avec 
fureur contre ttiiit détenteur du pouvoir, qui tionnem les mo3M>na Ih 
plus oxtr/tmcK pour inniRisants et qui kc InitMint eotraincr au deU do 
ce que demande l'utilité générale. Il comprend, d'autre part, des ambi- 
tieux pleins d'asluce qui savent jouer, avec une habileté piniculiire, le 
réie d'amis du peuple, qui dltTamout, nuu pas la dlgnilii royale, mais 
le roi, iiuiilonneoL iiidtMunimftut l'alarme sur des criM* qu'ils ont eaz> 
même* provoquéifi, qui K'allroupeot et se font passer pourd«« an| 
prutoctours dans le danger. Cette fnicliun, composée en majeure parti! 
des anciens courtisans les plus favorioifs, a trop aonvenl pataé 
rto>le dea antichambres de minisires et des salooa de favuriies pour^ 
qu'où puisse croire à la aiocériié de son xèle, à la pureté de ses Inten* 
Ûons; elle est trop habile en intriguer pour no pas trouver dans l'auii* 
nioilié du parti un irislrumenl utile Ou l'uccuxe d'avoir abandonné la 
drapeau de la cour parce qu'il n'esti paK le drapeau de la victoire eii 
le peuple a ébranid lo irAne; on l'accuse d'aspirer au gouvcrnemaDl 
sous prétexte du bien général, pour créer tine nouvelle aristocratie; 



eaiBLIS ITIRILBERT OKLStSK. 



m 



I 



d'tntrfis craî«Dt qu'elle trarsUle pour an certain priDce. Si c^lU der- 
nii-re accusatioa en, comme je le crois, une calomote, ces gens-U n'ont 
pw ft M plaindre, car on récolte ce qu'on a semé. Cette Tsctlon, oppotda 
•D puticnliorà I^fayette, parait posséder, parmi les familiers mâmM du 
roi, do fidUo* adhinnt* et fomblo étn> a^lmirablemenl servie. 

Le seul parti auprtii duquel li* roi peut trouver le salut est celui des 
vrais amis de la Coostitutlon, non ceux qui »'en donnent le nom, maU 
C^uxqul le sont réellement. Ce parti, si on peut nommer ainsi la partl(> 
U plui éclairée et la pluB nombreuse d'une nation, a senli et apprin i 
coonaitm toute l'airnclté de l'ancienne conBlltullon alulie et n'i^n dlisire 
certaioeroent p» le relriur. Il aime l'œuvi» ilo ses reprèseniants, mais 
il veut le repo* et la concorde sans lesquels, à son avis, le nouvel ordre 
de choM« ne pent prospérer, et il exagère peul-i>tro nn peu la nécessité 
d'une tran(|uillitiï qui n'eut peut-^tn' pnt possible ou utile après une si 
violente tempête. Mais je l'approuve complètement quand il dit qu'on 
doit latawr le temps corriger les défauts inhérents â la Constitution, 
dêDiutJt inévitables dan» les clrconslances où elle a eu^ l'aile, surtout 
quand It s'agit d'institutions sur lesquelles l'opinion n'est pas encore 
mdre et qui n'ont pu s'éuthlir sans rompronmtlm pour plusieurs gi-nr- 
nlions les bénfRces qu'on en attend. Ain^i, il tient au système de la 
monarchie héridilatre, moins par cuuvictinii de sa nécessité et de ses 
tiienfsits que par conviction du danger qu'il y aurait à la renverser 
inaintenaQt, c'esI-A-dire à faire une seconde révolution; et comme, 
mal^ la calomnie, il trouve H Louis XVI des miSritn» utile» au bien 
pnblic et croit raconnaiire en lui une bonne volontA sincère, il lo 
défendra vigoureusement contre tous ceux qui pourraient attaquer lo 
temple de la Constitution que ce prince habite à présent. Il faut seu- 
lement que le roi finisse par Aire franc ci par dire clairement ce qu'on 
peal attendre de lui. 

UV. 

En dehors de ceux qui n'ont rien & perdre ou qui ne volent de salui, 
comme lo* partiMnii de Catllina, que dans l'incendie et la dévasiailon, 
loui le» capiialixles et tous les propriétaires devraient comprendre co 
qtio peat leur rapporter le nouvel ordre de choses. Mirabeau a laissé un 
livre sur lea lacunes et les perfectionnements nécessaires de la Gonsti- 
talioa (nnçalsc'. Il n'approuvait pa» la trop grande part du pouvoir 
public occonli'C! aux municipalité)', ni leur nombre trop ramxiilerabli^ 
qui complique et eoiravo le foncliontiement de la muchinu. U voulait 
aussi diminuer ces assemblées électorales qui. revenant trop fréquem- 



I. It s'aiill ptiil-«tre de la célèbre Quaranltirplitme note de Mirabtan pmtr 
ta ctmr. [Cf. nseuarl : Orrttpondance fittrt U eomlt de MàabiMU tt t* comte 
de ta Mank, IKJI, vol. il.) 



nfuisM n nocnnn. 

m«<ni et dunnt trop longtemps, deTiranml à charge k U partio plof 
labohontc de la oatioa oa muI nbaodoDoéM pu at nègliffence i l'ia- 
Irigoe. Les eoodilloo* »izqu«ltM od pent être étecteor du «MOnd 
iegté i)oi*eat Mro «ggrav>i(»; «u «nttniir*, il but n>ndr* plus bdl; 
Iw coodilioDs pour Hn iVItglblo ou citoyen actif. Il Tant Caira dus 
électiooa du dÂpoosM que tout l« doimI* no peut pu «upport«r. A 
v^ritô, Ift richewe obtient par 11 des priviligosqui oo lui appartivniH-ni 
pas de droit. inai< le mal sertit «ocore plu* gnnd ti l'Ëlâl payait les 
élwtetir*, parce que ce serait TaTorlter l'avIdllA «t TiDlrigue «t que Mit 
occasionnitrait rn ouin> uae auRmenuilon de dépeose A» treote ni)- 
lions. D'autre pari, il e»t r^roltant ifu«, d'aprAs les lois Ktn«llo«, ao 
Jna-Jacquesdaiis la panvreUi soit fnVtliRlIilc. Notre organisation liour- 
geoise est un mauraîs compromU entre une perfide ariitoeretie et une 
démocratie iuex péri me niée. Mir>l<euii Mimsit aussi le* dispositions <ptl 
ont Oie le sort de l'ancien et da nouiean clergé. Si la Tolie dn premier 
D'edt pa» donné des ormes aux JauseuislM, son traiiemem i*at M 
moins réduit, et pourtant tes frais du cult«, qui se monteront «ocore à 
soixante miilioD* lorsque toutos liw ponsioni «I les aocioaiM* dettM 
seront éteinte», auraient (to diminuas de cinq à sii millions. 



LV, 



J 



Quand le Dauphin, un gamin de sit & sept ans, ta se pronwnpr 
Tuileries, il (4i aeeotnpagnA do trois ou (fuitre dames d'Iionneur, d'au- 
tODl de chimbellans, d'une dami-douzaine de laquais et d'autant de 
gaides; le peuple se prtcipilo pour voir le jeune prince, qu'il volt 
cependant tous les jours, le matin et l'après midi; ou rasle chapeau 
bas et dans le silence le plus respectueux derant lui. Lee sentlnelli» su 
niellent au pofi d'armes, on bat le umbour; r«afknleMchargéd'étoil«e 
ol do cordunï d'ordres; on lui apprend & s'arancor d'un atr guindA et 
liauiain. Pourquoi^ pourquoi toutes ces parades? L'êdaealioD doe 
prince») a été la même de tout temps. Eux el nous, disait la comtesse 
de Hochechooart, somme* pareillement amollis el gttê», tei princ«s et 
les femmes n'entendent jamais la vériip ou l'entendent trop tard. Le 
duc do Vllteroi disait & Louis XV en lui montrant d'une rpnAlre d«e 
Toileries une grande loule de peuple : < Sire, tout ceJa est 1 toua. s 
1^ gouverneur de Louis XVI faisait umi afbîre d'État de l'inventioD 
d'une ligure do menuet r4^1i!e do telle fo^n que les jeunes oeigneura 
puissent danser avec le dauphin sans Ini loumer le dos. Ce mâme gou* 
verneur, M. de la Vauguyon, ne le quiit&it jamais apr^ l'avoir mis au 
lit sanf Ini dire : ■ Doosoir, Loui»-AugUfite de Bourbon, bâriiier pri* 
somptir du premier libae du monde, issu de la race la plus auguste qui 
soit entra tontes les races rurales, i C'est ce qui faisait dir« à un frère 
du roi, le comte d'Artois : < A la manière dont ou nous a élevée, nous 
avons (tu mérite à ue pas eue devenus îles tigres. ■ 



atiRizs HTRn.BEiiT 0R,ftmni. 



498 



LVI. 

Quoi d'élonnuit *i lc« princu kc croient Dés poarcoDunaQdor quand 
1« pea]>les sont mmz niais pour le croire? Quoi de «urpmniuil, a dli 
Coadillac, si hd prince gAté par les basseAses Uo ta cnur et onivri! jinr 
les (uinfeB du dcepotieme ee prend pour an grand homme digne do 
rÔRiiM- rt dont il'» fuiitaisint, le caprices sont siiiant de lois sacrées 
doDt i'obwnalion importe e^^eniiellenient au bien de ces Êiats, puiwiue 
M« snjeu sont des esclaves a«sez habitués au jouj; pour en <^trn aussi 
persasJdésT Ah! comme il est vrai que la libené a encoro pluM A se 
plaindre de* esclaves que des tyrans! 

Lvn. 

L* Révolution a accelen- les progrès de l'esprit humai» du la maiii^ro 
la plu* osiranrdiiiaire; une Toule de vèril<!'s et d'opiuiim^ qui, il y a 
qucdqofs aunéi.*», vous rainulent con»iilércr comme un jienseur que «on 
urigioalité conduisait à la table des gramis, sûnl maiiileuam nioniiaio 
courmnie «l sont devenues, Aans les i^tes des ^ens praiiqut^ï et san» 
préiuf;ée, plus claires et plus solides que lorsqu'elles nVuientque pures 
apeculalionii ou jeu d'esprit. Les causeurs les plus agréables de l'an- 
tienne Budôté se naiialeni de recueillir à la tribune des lauriers qu'ils 
o'onl pas obtenus, parce que le talMil do la cunvnntatioD, trop délicat, 
oe fait pas d'impression dann un milieu qui demande plus d'âaergti< 
()ue d'él^panc«. Par exemple M. de la Harpe, l'élève do Voltaire, un des 
premiers liliératrun de Francp. après quelques vaines leiitatives, a 
abutdonnâ pour toujour» la tribune, sans avoir cependant, comme 
bcaacofip de ses cuntrôres, abjure la Uévululion. 

Lvm. 



H- de tUuglie u depuis quelque Wmpi l'oiTronterie do parler à l'As- 
■smblêe Daiiuuale d'une armée, forte do 310,000 tiommes, po&lée le long 
du Hhin. l<es gens comme lui vivent qu'un mensonge manilesle 
devient vraisemblable quand il «st attesté avec audace par un homme 
• qui on suppose la connaissance de& choses. Mais le public éclairé ne 
M luiM pas égarer par des bruits de co genre. Les princes allemands 
oomprvnnenl assurément trop bien leur vèrilable intérêt pour se mêler 
■ d«>K alfoires étrangères oïl ils auraient beaucoup à perdre et peu i 
gKgnor. Ijm gardes nationaux, pariiculli'iremeni dans les de parlements 
de la frontirre, i<nnt au^ni bien eierci^:' que W mel1leure^ Iroup^'s sol- 
diM; U naiioii Imncairu n'a jatnnis iTiunqiii> de roura^n, et la vioUoce 
cU qoelques incidents montre ce qu'elle ferait pour la dêfeoie de hs 



-104 vriLlIfOES ET DOCCVBTrS. 

foyers. Elle chercherait en outre par tous les moyens pouibles & porter 
la désobéiBBance et la désertion dans l'armée enaernie. Je tous laisse à 
juger ei cela serait difUcUe, si les pandours et les cosaques, quand ils 
résisteraient à la Tision sereine de la liberté et aux douceuis d'nn trai- 
tenieiit plus humain, ne seraient pas gagnés par une solde double de 
celle du soldat allemand. Jusqu'à présent, les princes n'ont eu ancua 
prétexte, même médiocre, pour chercher querelle à la France, car cha- 
cun, je pense, est maître dans sa maison. Même si les comités, par une 
avarice inopportune, lésaient les propriétaires à indemniser en Alsace, 
pour pousser l'empire allemand à une rupture que la partie militaire et 
aristocratique de l'Assemblée nationale parait désirer, je ne vois pas 
quel intérêt auraient les princes allemands à s'attirer des désagréments 
encore plus grands. La Révolution française répand une vapeur de 
soufre qu'il faut avoir de bons poumoas pour supporter, à peine les 
Anglais pourraient-ils l'avaler sans danger. Le gouvernement anglais 
est cependant le seul qui ait à craindre quelque chose du peuple fran- 
çais, non que celui-ci soit intéressé & lui déclarer la guerre, qui serait 
bien chanceuse, mais il a intérêt à entretenir des troubles en Angle- 
terre et surtout des difScullés entre la mëre patrie et ses colonies pour 
arriver peut-être à prendre celles-ci comme la France a déjjl pris 
Avignon. 

KUred Snui. 
{Sera continué.) 



BULLETIN HISTORIQUE 



FRANCE. 



I.'iGRfGiiiO:<i ii'utSTOiRK. — Lo consoil supérieur de rînsIruclioQ 
pulilique vicnl d'adopler uiio nouvelle modilîaiLioii dans l'organisa- 
lion du concours d'agrégnlion d'hi.stmri>. On 3 supprimé la leçnn dite 
leçon de lliése, (\a\ devait élrc lîréo du mémoire présenté pour le 
(Iipl6me dVtudcs supérieure». Ou a pensé que l'exlrëmo vartél« et le 
practëre pnrrois très spécial de ces mémoires rendaienl dilTlcile le 
et surtout la comparaison dt- ces leçons. On les a donc suppri- 
mées et on a remplacé une des leçons d'bisLoire par une épreuve d'un 
caractère particulier, une épreuve pédagogique. On donnera à tous 
le» candidats des sujet? ijc leçons tirés du programme d'une mcino 
classe et ils devront indiquer de quelle manière \e sujet devra être 
traité pour les élèves de cette classe, à c(uelles interrogations, à quelle.'} 
lectures, à quels devoirs II pourr.iit donner lieu. Il raudr:i voir dans 
ta praticpic quels résultats donnera celte épreuve qui, à première vue, 
risque d'avoir un caractère un peu fhctice et de tourner dans un cercla 
UMz monotone de considérations toujours les mêmes. Nous aurions 
préréré Toir adopter la proposition d'un de» membres du conseil qui 
aurait voulu introduire dans le.i épreuves une explication d'un texte 
tiré d'un de^ grand» historiens grecs ou latins, préparé en vingt- 
quatre licuree. II n'aurait, d'ailleurs, pas Tait opposition au maintien 
do l'épreuve pédagogique, mais il aurait vu, et nous aus.si, un réel 
avantage à remplacer au concours d'agrégation la le(;oii de lb6ae par 
uneépreuTe accordai! t une certaine place a l'érudilion et permettant aux 
candidats <lc faire preuve de qualités intellectuelles autres que celles 
manirestécs par les leçons. L'ancienne agrégation, qui comprenait un 
premier degré d'admissibilité avec quatre éprouver Dcrilesi un second 
degré d\admi?siliilité avec une let;on d'érudition dont le sujet était 
pris dans une thèse choisie un an d'avance par le candidat sur une 
liste dressée par le jury ; cnlln, trois eiplicalions de textes grec, latin 
et français, et deux leçons de lycée, l'une d'histoire, l'autre de géo- 
graphie; cette ancienne agrégation, quels que fussent ses iléfauts, 
avait 1« grand avantage, grâce à la variété de ses épreuves, de pcr- 



iW 



teutm HisTouQve. 



mellrc de juger à peu prisa coup siir la valeur inlullecluelledescaii- 
didats. Oux qui, comme moi, onl suivi pendanl vingt ans de très 
près lesépreaves, on corjnaissantd'avano^ Ips nM-tlieurscandithlset 
de la Sorbonne el de l'Ëcolc normale, puuvi>nl alUa^er que les nul- 
bMfB d'Bxamen éuiient irte rares, que Itsbone candidale rcusslMaient 
presque à coup sûr el à peu près au rang que leurs maîtres ieurauruent 
asslgiii eux-mêmes. L'agrégation acluelle, en siipprlmanl 1«« expllea- 
liuiis d'aulPUr, a eiicouni)^ tes futurs profesaeurs d'histoire à n^lt- 
ger les langues ancienni's et Thistoire ancienne; elle a réduit tout 
l'oral à une série de leçons ilonl la monotonie Ihtigue l'atlention du 
Jur; el qui ne permettent gain aui eamliitats de hire preuve que 
d'un seul ordre de qualllês : la n»£nioire, l'art de ooflipooer une leçon, 
la facilité d'élocution. Li TérîtaMe valour intellecluelle, l'originalité, 
la pénétration, la force du jui|;einenl s'y manifc^tcnl plus diffidlemeol 
flu, ilu inuins, e'y font plus difllcileinent «ppréciur. L'oriftînalitâ peut 
même } être un écueil. La leçon de thèse, t)ui, d'ailleurs, vaélresop- 
primêR, n'y Joue qu'un rlAff tout secondaire. On a voulu. Je le sais, 
et celte préoccupation osl louable, faire de l'agrégation un csamen 
professionnel qui mclts en évidence les candidats les mieux doute 
pour renseignement. Nous craignons qu'il n'y ait là une illusion. 
Jamais un eiamon ne ponnettra de dégager vraiment les aptiludes 
profîBswrales. Un stage prolongé devant de vrais élèves peut seul le 
fîaire. Aussi, en .Allemagne, n'est-ce pas l'examen d'élat, le Staat* 
Exauum. mars l'année d'vpreuve, la Probe^Jahr, qui décJdo de l'ave- 
nir d'un professeur de Ijcoc. Un examen ne permet ^uère de consta- 
ter que It's connsÎBHances et la cajiacllé inlelIccUielle d'un j<,sii)e 
homme. Je me (Ifm,inde si ragrégntlon nouvelle, ;tvec ses épreuves 
d'une Kule nature, toutes de vulu:nri»alion et de mémoire, est bien 
Alite pour mettre avec siirelé aux premiers rangs les candidats les 
plus capables; si l'sgréf^ation d'histoire, ayant un caractère plus 
(erre à terre, plus ueoitdaire que les autres agrégations, ne j>erdra 
pas de son prestige, d'autant plus qu'on sera obligé de ne plus un 
tenir autant do compte qu'autrefois pour le choix des professeurs de 
Otcullés. On devra prendre ceux-ci avaut tout parmi ceux qui, après 
avoir hrilUmmenl conqui.s le diplôme d'études supérieures, auront 
fait <lc bonnes lliéscs de doctoral, qu'iU aient ou non réu^ii au con- 
cours d'agrégation. Le System» proposé au con.seil supérieur en oppo* 
tition à celui qui a prévalu avait l'avanla^e de varier davantage les 
épreuves 'irnles, de permettre au jury rie Juger les candidats à dee 
poInLt de vue plus divers et de ramener rattcnlion de nos futurs pro- 
fesseurs d'histoire vers l'étude de l'antiquité, trop délaissée. 
D'ailleurs, tou.s ces changements n'ont peut-être pas l'iniportaïKa 




PUHCE. 



IftT 



j'on leur atlribuc, ou plutôt ils ne sont qu'une étape dans le* dian- 
gsmeals biea plus imporlauls dont la néccssUé commence à apparaître 
à beaucoup de bons e»prJt.<» et que nous avons déjà, plus d'une foi», 
fiiil presseotir. Il est tout â Tait anormal que. taudis que dans d'autres 
pays, aux lîtits-Unis et i>n Alkma^inc par exemple, le^ éludes de 
droit et Ae. M:ience^ sociale-'^ sont ctroîtomenl unies à celles d'histoire, 
eu France uti prufes^cur d'hialoire pui-'i^sc être un ignorant en ces 
matières, tandis qu'un robIi|.'L> ;i avoir sur les questions de gôo^-ra- 
phlo physique des connaissances aussi apprarondies que suporilucs 
et qu'on oblige aussi de purs géographes à feire des études historiques 
qui seraient avantageusement reniplacites (tour eui par de l'astrono- 
mie, de la niinùraluf^ic, de la botanique, etc. 11 me parait certain 
qu'avant qu'il soit longtemps la géographie physique sera étudiée ot 
nuajgnto par de» naturalistes; il n'en restera dans l'ensoii^noment 
Uttoriquc que ce qui e»t slriclenienl nécessaire pour comprendre la 
géographie politique ci économique, ut dans les examens d'iiistoire 
b place prise aujourd'hui par la géographie physique sera occupée 
(Nir l'hisloire du droit el par l'économie politti|ue. C'est par là que 
l'agré^ialion d'Iiisloirc retrouvera la variole qu'elle a perdue cL que 
réfudllion y reprendra la place subordonnée, mais utile, qu'elle doit 
3 tenir. Par là aussi on fera pénétrer dans les esprits celte idée que 
ks sciences sociales, pour être étudiées avec fruil, doivent l'èlrc au 
point de vue historique, bien plus qu'au pointdc vue philosophique, ou 
ménifl qu'au point de vue Juridique. 11 est vraiment Kicbeui que, 
quand on veut introduire dans notm haut enseignement des chaires de 
science sociale, on y crée de-s chaires de philosopha sociale, ce qui 
est h mes yeux, Je dois te dire, une expression vague et ambitieuse, 
au Ueu d'y cré«r des chaires d'hùloire sociale, qui seules pourraient 
Atra bieufai^autes au point de vue licienti tique, pratique el politique. 
^B G. Moifoi», 

^^ BlluOGRirfliR. — £fl Catalogue général des manuscrits des bWio- 
tMquei de France vient de s'augmenter de trois nouveaux volumes : 
tome X.VVI (le principal morceau csL Lillej; tome XXIX Ideuxièmc 
volume d'A\ignoo; ce sont surtout des documenta d'arcliivesl; enfin 
tome XXXII H" volume de lïcsançonl. Ce dernier, précédé d'une 
excellente préface de M. ilelislc, es! l'œuvre du re^-retté bibliolbé- 
cairc, \. CasUin. 11 n'est point rédigé sur le plan adopté pour le 
raste de la collection, et l'auteur, lors de la mise sous presse, n'êuiit 
plu< l'i pour modilier son premier travail. De là une abond.'uice de 
^«fctails. peut-être superflus, sur des manuscrit» (ont modernes et 
^■parfois sans grand intérêt; le second volume réservé à la rameuse 
^^olleclion Oranvelle sera, par contre, beaucoup plus important. 



109 DOLLKTM MIflTOBIItOI. 

En mémo temps que l'Inventaire des manuscriU, I« ministère de 
l'instruction pul)tii]ue a entrepris un catalogue génml dea Iiko- 
nafalcs dos bibliotbùqup* de Fraiic« et en a ronflé In ridacllon k 
W" Peliwbbt; le premier volume, qui vieut de jwnUtre, renPermo 
les arlicleâ Abanc-Biblia'. Pour cet inventaire, il s Êillu rMi- 
ger un catalogue unique pour tous les dépôts, ijuillc à indii|uer 
à chaque article les bil)liolhè<]ues qui poiHCdent l'ouvrage décrit. La 
préparation d'un pureil réjierloir*) a été, on le conçoit, cxlr^menient 
laborieu6C; même un utilisant les tra^-aux anlôrieurs, maouscrlts ou 
imprimé», il a fallu, avant de réduire à une Mule aa descriptions 
toutes dirrér«nles, comparer le^oxomplairoH et (ïiii-e une foule de véri- 
llcallonâ de détails. i.e plau suivi est celui du RepcrloriuM de liain; 
on }' a tuulelbia i^oulé nombre de références, soit à des Inivaus plus 
mwliTiics, •iiih a ilt-s rMia-iU du fec-almilés. L'auteur, qui ronttall 
Turl l)icii lu» anciennes impreHSions, a pu également éinctire l<eau- 
coup d'bjiMtbéMii personnelles Bur la provenanco des ouvrai^es sans 
nom de villo ou d'imprimeur. Cnsl donc, en même temps que l'ïn- 
venlaire de l'une des meilleunïs prties de nos ricbesse» l)ililiof,-ra- 
pbiques, un complément indispensable à l'ouvroj^ de Hain, e'c«l-A- 
dirc i l'un des meilleur» travaux de ce genre qui aient jamais paru. 
Bien mieux. Hain n'avait pu voir tous les ouvra^^ énumér^ par 
lui) plus heureuse, M"< Pellcchel a eu entre les mains au moins un 
exemplaire de chaque édition, et de là, dans le signalement de tous 
ces volumes, une précision que le savant allemand n'avait im tou- 
jours allcindre. 

pDBLiciTioxs D8 TiiiTKs. — L'hiatoIrQ en Lingue vulgaire parait en 
France dàs le xii* siècle, à la cour des ducs de Normandie, rois 
d'Angleterre; nous trouvons d'abord des po6tQS tels que Wace et 
Benoît du Sainto-Morc, qui mollent on Trançais les vieui rêclls lâllaa 
de Dudon de Saint-Ouenlin et de Guillaume de Jumiègea. PuU la 
prose historique n.iit, et le xiii' siècle firoduit non seulement tes mé- 
moires personnels de Villeliardouin. Robert de Clar)*, Joinvilli;, uic., 
mais encore des histoires générales de la monarchie franvaise, dont 
la plus auctuunu connue était jusqu'ici celle du ménestrel d'Alfonsc de 
Poitiers, composée vers l'an litiO. Un peu antérieure est la chro- 
nique que vient du publier .M. V. W. Itouamixox*. De etl ouvrage U 
existe deux manuscrits, l'un en dialecte ^sintongeais, l'autre en rran- 
{ais: c'est, scmble-t-il, la traduction par un prêtre de Saintes ou des 



l. Pirit, rtrard, 1887, in-S*. 

1. TM tuiotrr île Franee (cbtunique taintoaguJMj. Londfo, Nall, Itim, 
lo-S*. (AiM pitfiM en TrançtU |>«r H. G Piri*.) 



FHiRCC. 4M 

snviroDs d'une de ces mauvaises compilations latines mal digé- 
rées, qu'on a en al gnnà iiomlti'e, essais iiiTormes «l mal venus 
i'bisUHre ginéralc de la Francu. Si nulle que fùl la compilation pri- 
milive, lo Lraductuur français, par sv.s coiUreseuE, ses bourdes et ses 
in«rics, co a ciiwru diminuù la valwur; il a mal compris eLmal lu le 
Lexle qu'il avait sous les jeux, eslropié la plupart des noms propres, 
m un mot commis les conTusioDs le^ plus réjouissantes. Au point do 
irue liislorlquc, le texte n'a donc aucune valeur; il n'en rcHlc pas 
moins iros curieux pour la lanj^e . et il témoigne clicz leâ laïques du 
tiii* siècle d'une curiosité qui allait bienl&t trouver de meilleurs ali- 
ments. Enitn l'auteur anonyme a connu certaines Iradilioua épiques 
ayant cours dans son pays d'origine, traditions très particulières et 
coopre aujourd'tmi mal connues. On doit donc remercier M. Ilonrdilloa 
d'avoir pul>tiî^ Ce curieux document; s'il n'a pas la valeur lilléraire 
d'Aucaain et IVicolrire, dont te même auteur nous atout récemment 
donné une lidition excellente, ce n'en est pas moins un teite Tort 
curieux pour l'Iiisloriograpliie du xiii* siiïcte. 

Des volumes publiés par la Société de l'iii^toire de France en IS96, 
trois se rapportent au moyen ^e; la Kerue historique a déjà parlé 
du Hiehard Useot de M. Lemoine ; nous n^avons pas ù rendre compte 
de l'étude sur Branlôi/it do M. Lalanne, complément impatiemment 
attendu de la grande édition du célèbre écrivain, maî& Vllùtotrc de 
Gofion IV, comte df. Foix, par Oiiillrtume Lern-ur, et le Journal de 
Jean de A'^ye août tout à fait de notre province. Sur la première de ces 
jrt|^throni()ues nous pouvons être a^suz brefs; nous ou avons déjà 
I^RnBorlir surtlaammeut l'inlérât. Uaslon de Foix a joué un rôle 
de premier ordre dans l'iiistolre militaire et politique de la France 
AU lOfflps de Cliarleâ Vil et de Louis \l et a été mêlé aux plus 
grandes afTaires; aussi la cbronique de Leseur fourni illM-elIc 
de renseignements tout nouveaux sur la lin des guerres an^Io- 
françaises, sur la conquête de la Catalogne par Louis \l, enfin sur 
la politique de ce dernier prince en Navarre et en Espajine. L'ou- 
vrage était resté à peu près inconnu jusqu'ici ; l'édition de M. Codk- 
TBitvLT le met désormais aux mains de iiuiconquo s'occupe de l'his- 
toire du XV* siècle. Non moins imporL-int e:^t le Journal de Jean 
i« Koye; non seulement M. It. i>f. Mi?fi>ROT nous donne un texte 
lisible et correct de la célèbre Chronique scandaleute, enHn rendue 
an véritable auteur, mah encore il y ajoute les interpolations de Jean 
Leelerc, jadis étudiées cl en partie publiées par J. Quieherat. Ce 
second chroniqueur a'jitlaclic surtout à mettre eu kuuiére le rôle du 
grand-maître de France, Antoine do l'.babannes, sous le régne de 
Louis \1-, quelques-uns des détails fournis par lui paraîtront peut- 



HO BDLLBm enroBiocR. 

élro un peu iii^«l« it cauiioo ; co 8ont «It» tradlltoiis d« hmille con- 
servées dans la maison de ilhabannes, mais Joan Leckrc a eu enl 
lee mains beaucoup de lellrp»cl d'aclei originaux, e< il a eu so<nd*ea 
doitoer le plus Kouvenl le texte int^ral. C'eul donc, i propreotent 
parler, une liistijin! docuinciilée et (les plus curieuse». 1^ tout a i 
annoté avec beaucoup do diligcncs par le uaurcl Adileur, i]ui connaf 
à merveille les choses et les hommes da xv* abde. 

Kroissarl dil dans ses cbroolques «voir nonsoeré d]i semali 
cousteuUrve i lire au comte de Fo4i, Guton I^Hnbuâ, un gr 
roman en vers de sa composition, JHéliador; sept fcuilltils par sotr, 
tdie cUil la mesura. Cette production du fécondécrivriin passait pour 
perdue; M. l.ij?tr.iioK en ayant retrouvé quelques fra^nciiU sur ua 
registre des Archives nationales a pu, à l'aide de ces débris, reeon- 
lutllrc le Héiiador dans un mnnuscrit Jusqu'Ici mal décrit de taj 
BiljliulhNiuu nalioiiule, et il vient d'en Tatrc pamllre le texte sou 
les auspicc» de la Société des anciens textes rrançais'. L'œnvre est 
ImporUinle et l'éditeur j a joint une intéressante prétlioe. Froissartj 
vivait de sa piume, et on »ait par ailleurs qu'il était asseï dépensier,] 
aimant le-i fêles, les nobles compa^lM, les vojages de ptalsanee, etc. , 
ne dèdaii^naiit même pas les tavernes et les fréquentant volontten 
quand ie vin était bon. Aussi, en homme industrieux, tirail-il tout 
le parti pos-sibln de ses écrlLs, Cl ce fut le cas pour ilriiaiSfir. Ce 
poème, vnxi roman de ta Table- Ilonde, fut composé primilivcuieul vers 
43415; il l'emporte a la cour de Wence»l.is de Luxembourg, qui rem- 
place «i première proleclrice, la reine Philippine de Hainaul, mo 
en \M\\. Il lu remanie, le dévcl'ippe probablement, et y insère, Dat 
lerio délicate, les poésies du son nouveau maître, Weitcoslos, iDojri 
infaillible de les transmcltre à la postérité ; plus tard, arec ee m&me' 
roman il cbarmeni les veillées de son hôte, le oonitc de Vo\Xy et ce 
noble auditeur lui paiera une bonne somme la lecture de oolte œuvre 
un peu bien fastidieuse pour nous auln» uiodoruus. C'est, en efîal, 
M. Longnon le fait remarquer, un de ces romans de chevalerie inter* 
minables, pleins d'épisodes, de combats et d'aventures, que l'Arioste 
devait plus lard Imiter dans son Orlando fvriom et dont Cervantte 
a fait la parodie. D n'y est parlé que de chevaliers enants, d'entre- 
prise» amoureuses, de délivrances de belles captives, etc. Où Krola 
aarta-t-il pris toutes ces billevesées? On serait fort en peine de le^ 
dire, et le fil qui rattache tous ces héros à l'ancien cjcîe d'Arthur 
parait souvent bien ténu; M. Longnon suppose que Froissarla mis 



I. Omi foiuiDU oal |iaru (exercice 1895): le troiriinie et il«rni<( cal sons 
proue. 



FRIXCS. 



H1 



oa œuvre des tradiiions rtwuuillicï par lui dans l'AD^Ivtcrre Hcptcn- 
trionale et en ËcoHse. lors de ;ion voyage à la cour de David Bruce. 
Méliador £er<iit le nnni adouci de Mériadoc, un àea héros de la ctnir 
d'Antiur, i-t la ville roirale de !?iiiai)diin serait la faliuleuse Snowdoii 
de Galles, ooiirundue de borin>^ heure avec Slirlinfi, rôsidunce des 
souverains d'iicuiisc. Tout, sans doute, dans ce long roman n'est pas 
lisible, mais ne le méprisons pas trop ; la langue en est bonne, cl, 
dans certains épisodes, Kroi8S.irl an:il^se nvec un rêi,<l lionhenr d'ex- 
pre»lofl les sentiments d'amour de ses héros; il avait lui-même 
aaseï Mu\'enl éprouvé cette passion et savait la peindre en termes 
dioisis et délicAta. 

Le ebarlrier et la bibliotlUM^ue de la vieille ahltayc do Silos en Cas- 
Ulle ont eu it subir bien de-s vici:^situde$; les manuscrits, aujourd'hui 
dispersés, ont trouvé en partie asile ;i la Bibliothèque nationale et au 
Musée britanni<]ue; quant aux archives, longtemps laissées n l'aban- 
don, pillées a outrance durunt les guerres de l'Indépendance, puis 
lOfS des luttes entre IJarlistcs et Cliristinos, elles ont éprouvé des 
portes Irréparables. Les Bénédictins Trançais ayant tout récemment 
trouvé u» «sile dans le vieux cloître de Sanlo-Uomingo ont voulu 
réparer ces désastres; ils ont fait des reclierchcs un peu partout, 
diju tes dépôts publics comme dans les collections privées de la 
Péninsule, et, pour mettre à l'abri île tout danger les précieux docu- 
menls ainsi recueillis, l'un d'eux, I). Marius Fiaons. en a entrepris 
la publication. Grâce a l'appui de M. de ItoKiore, doo'yié l'an deruier, 
il a pu blre imprimer ce carluhire racltce à l'imprîm^irie nationale, 
el celle collection de chartes rt'Kspaiine se trouve ainsi paraître SOU* 
les tospices du gouvernement français'. Silos n'ayant eu avec ta 
France du movea â^e aucun rapporl, il ne Tant pas churclier dans ce 
voluDK des renseignements sur l'bistoire de notre pavs, mais le 
recueil n'en est pus moins de? plus curieux el des plu-^ importants. 
Non seulement on peut y relever nombre de renseignements sur 
l'histoire el U géoumpliie de l'andcnne Espagne, mala encore on 
pourra, gr&ce à lui, étudier la diplomatiijue espaj^nole, la langue 
laline telle qu'on l'écrivait aux ii' et tu* siècles dans la l'énlnsuie, 
elc. Ou a peu de rocueib aussi riches pour l'histoire de l'Iispariine au 
meyoD Agti, el surtout, il but bien l'avouer, il n'en est fniere depuis 
les pabllcatioos du xviir sit^Je qui soient aussi satisraisanls. D, l^'éro- 
Un connaît les règles observées hors d'I^spagno pour l'édition des 
teites diplomatiques; il sait que quiconque publie des documents 



I. ItCCHlt ^ eluirlet dt t'abbay« île StUt. P*ri«, Uraoi, IBtfl, ». ia^*, 
ets p., urU. 



aiiei«D9 4oil s'atladwr à èire à la fois exKtetiit(elligible, ((«us qtia> 
IIUs dont l<^? éditeur!) tnnspyrpnécns n'ont i^i lou]our» assez soud. 
Un recueil pareil ne saurait être annljsé; qu'il sufltse tVy slgnaltf 
CD panant de bellf-s cliarlos <!«■( rois de Caslille et de Oon, plusleors 
acte» curieux pour l'iilslolre des communes, enfin une des doox 
seules piitccs connues au nom du fomcux Rodrigo Uiaz, le Cid Cim- 
péador; c'est uoe donation dans laquelle col également diée ta 
(bmme du béros, la célUm ('himèiie. 

HiSTOiat tiiniêÀVt. — La liibhothèque teietUifiqiu intenuUtonalt 
(Paris, Alcan) vient de s'augmenlcr d'un nouveau volume : Forma- 
tion de la nation franfaiie |ur M. G. ne Mortillit. fje titre est un 
])cu éiiigmalique ; on le eemprendra mieux tout h rbeure. L'ituleur 
a voulu, en s'aidaol des découvertes prébiglorïques bites dans ce 
siècle, reniplacvr par des hits précis, pour aitisi dire matériels, ce 
qu'il appelle deilaifineuscniant le roman historique. De là deux par- 
ties dans l'ouvrage : tout d'abord un espoaé critique et ironique 
des ï^yslcmes de^ historien.* moderne» touebant l'histoire primi- 
tive de l'Ruroi» occidentale aussi bien que des thtories des diBlà- 
rants lùiguistes, puis un cxptMii de^ noiions précises fournies par 
la sdenoe préhistorique. Malhi?ureusemeiii, dan? la partie négaUre 
de l'ouvrage, l'auteur se montre assez peu su courunt dos derniers 
résultats acquUi il parait même n'avoir qu'une connaissance bien 
supcriicielle de la Iill6rature antique <|u'il écarte tout enllère avee 
tani de dédain. Ilejelcr sans examen les témoignages d'écrivains tels 
qu'Hérodote et .\rislote, tkire d'Ammien Harcellîn un auteur du 
VI* siècle, un contemporain de Grégoire du Tours, ce sont là des 
fautes i|Lti prouvent une connaissance insuffisante du .sujet. I>our la 
littoialurc moderne de la question , mémo manque d'informations; 
M. de Mûrlillel ignore l'ouvra^ classique de /euss, il ne cite point 
les travaux de MûllenhofT et écarte sans plus d'explication, par u»0 
Un de non-reccvoir, ceux de .M. d'Arbuis de JuUainville. Evidemment, 
11 n^a de toutes ces questions diflldie» qu'une connaissance confiise 
et ineiacte; il croit encore a la réalilé dRs expédition>< de Sigt)v6se et 
Bellovèsc, mais il accu.sn r^ndidcmenl Hérodote d'erreur grossiin 
pour avoir t&il nallre l'Ister en lerre celliquc, alors qu'au temps de 
César des Volocs occupaient encore la parliu méridionale de la KorAl* 
Noire. Mêmes négations léméiaires en ce qui louclie les doctrines 
linguistiques modernes sur la parenté des langues indo-européenitcs; 
on peut se moquer des dissenliments qui divisent les auUurs tou- 
chant le berceau de la race dite arienue, mais comment M. de Mor- 
lillet explique-t-il b parenté indéniable entre la lani;uece]tiqiie,pour 
D'en citer qu'une, el les idiomes de l'Inde primitive 7 



PUNCI. 



m 



I 



Ainsi donc l'auteur u'eal n) liiiguislii ni iilslorieii, cl, étani don- 
nées ses dispositions malveillanlc» pour ces deux races de savants, 
il prendra sans doute ce reproche pour un éloge. Par compeusalion 
D a la passion du préhistorique, et la «seconde partie du volumo ren- 
ferme un exposé généralL-incnl clair et, en somme, iiilércsaanl des 
tMoouvertcs de cet ordre ùiUaa aur le sol français ou aux alentours 
de la France depuis i[narant« nu». La lecture di) aille partie est, 
dirons-nous, fort InlÔros^anle, mais toute personne non prévenue 3o 
sentira quclijue peu IroublL-c par la distance qui ^pare les prémis^s 
posées par l'auteur des conclusions tirées par lui de ces mêmes prû- 
misses. Sans parler de certaines théories bien hasardées sur l'ori- 
gine simienne de l'homme, que M. de Morlillel énonce comme vérités 
démontrées, on j trouve des rélleiions parfois gin^ulicres. Con- 
clure de l'eianiun de ()uel(|ues crânes et dos dessins sur ossemenl 
(le rennes que les hommes Je ccttu époque avaient la physionomie 
Une et narquoise nous parait quelque peu aventureux '. Rnfin, et c^csl 
ainsi que M. de Mortlllet explique le litre éni^malique donné à sou 
livre, la race Cran;a)se actuelle n'est point pour lui, comme on t'a 
cru jusqu'ici, une race composite, mélange de Celtes, de Romains et 
d'Allemands, mais une race à peu prés pure que vingt invasions 
successives ont à peine entamée. Celle race, représeoléo à l'origine 
par les liabitanLs des cavernes, s'est IcntcmeuL développée en dépit 
de la Ijrannie d'envahlàseurâ étran^erît qui n'ont pu la réduire, cl, 
— ici nous citons, — > c'est ce mélange qui a formé le fond de la 
population fran^i^, c'est lui qui. malgré l'adjonction successive des 
éléments les plus divers, a de tout temps, et surtout pendant la 
période protohisUiriquc. con^liluo la base essentielle de la popula- 
tion sédentaire. On peut dire que c'est le noyau de la démocratie 
française. * Ainsi, en l'an de grâce I8U7, M. de Morliltet expose 
avec de nouveaux arguments une Ihéorie fort semblable au roman 
imaginé tlya quelque soixante-dix ans par Augustin Tliicrry; l'his- 
toire do Franco n'est pour lui que l'histoire de la lutte entre une 
population autochl()[ic opprimée et des étrangers oppresseurs. 

Aucun dei reproches que l'on est en droit de faire au travail de 
H. de Mortillet, Informalions insu Disantes, conclusions trop géné- 
nlea dépassant les prémisses, ne saurait être adressé a l'ouvrage 



1, 0« |>eul n|>|ietcr ki 1» cum'lu^ind '[Uo1([u« peu Tol^lio il'iin aiilr<< nmatour 
da prttisloriqDV. Le* fpiniiicH littur^''^ 'iir cm iincleas ot smlpl^j lonl affec- 
Uetda ee qu'an appelle U il^topi/gle, suircinent dli dira ont l'jlr rie Iloltcn- 
lotM. OII« eonformation m relrouvanl purfiils A un imiindrc diarit i'h«i li 
roM (ruiçaiM nuxltme, i'atiuleDr en qu«ftUoii eu cnaclul KrifRincnt que lu 
FruçM» d'au]uiir<i'bui i)eaceai]«ol <lif«clemeiit <le ces racet pritullivc». 
Hav. ttitroa. L&V. I" kso. « 



114 HCLCsm KlBTOBKtVe. 

de M. Maurice Pkoo : la GauU méroviatfienœK C'est UD livre de 
vut^nrisulioii, tam prétcntioas sdenlill'iufts, mais l'fiuUwr eouuait 
ftdniirablomcat le sujel et tout lecteur non érudit i]ui voudra se 
donner la peinu de lire cul exposé clair cl solide prendra de l'til»- 
toire de la Gaulo l)arl>an; un« idée exxcU; «l l>ieii dlfTéranle de celte 
qu'un *,'m Tnil d'ordinaire. Le plan OBt fort &impl« : tout d'abord un 
résumé de l'hiâloire de la (jaute du v* au vni* siècle, puis uue étude 
Bommaire du gouTuriiement central, de l'adminiHlmUon prOTincJale 
et do la ju«lic«. M. Prou montre ensuite la place occupée par l'ËgUse 
dans la nouvelle socieLé. et ei|>oso la condition des personnes cl dei 
terres; un dcruier cbapilru truite des lettres et des arts. Ui doctrine 
est «xcelienle; l'autour est tout à fait au eourant des procréa de la 
science historique, bI, sur uomlire du poinU, il exprime des Idéee 
personnelles et émet des rollcxions tort jui^les. Ha un mot, c'est ainsi 
que devraient être toujours l^ils les livres de vul^risalion. Les con- 
dusioiis de M. Prou étonneront sans doute beaucoup de lecteurs, 
ceux-là m&niu qui ont pratiqué le» liisloriens mérovingiens, et pour- 
tant MB coQcluriiuiis seinMejil tout â Tait équitaMes. Presque tot^our^, 
on compsraul la niiséro meravin^ieunc el la splendeur impériale, on 
oublie incoiisciemnient les d6fikuts du «ysténic romain, sanit voir les 
avantâ^VA du mmveau régime. La transition dut èlr« icrrible pour 
les générations du début du i* siècle. La Vile de Dieu de saint Augus- 
lia, les lettres de saJnl Jérôme témoignent des aogoiSMe de lotu les 
esprits cultivée du lumps. Mais une Tois les Barbares établis eo Gaule 
elen dé[Htdcs cuisèrr.-> sociales, miseras que nos habitudes déllealM et 
rallinées nous font peul-èlre exagérer, la masse de la populaliou parait 
avoir plul&l gattné à la cbule de l'aneien ordre de chose». La poix 
runiatnc elajt duvuuuo biun lourde, le mécanismeadmiiiislratif étouf- 
fait le« provinn» ; une fois allégée de cette charge pesante, la Gaule 
respira un peu. \a société était pauvre, mais également pauvre, les 
mceur<^ extrêmement brutales et grosaièras, les arts eo décadence, les 
lettres amoindries et lanijuisïanles, mais, par malbeur, un peuple ne 
vit pas seulement d'art et de liLtèraluro, el, sans aucun doulCj les 
classes serviles, les babitunts pauvres dus villes ont été molus 
Dialhciurcui au vi' et au vu* siècle qu'au iv*. Une nouvelle société 
aurait-elle pu naltru de la dociété gallo-romaine? c'est ce qu'il est 
impossible d'-illirmer. llelle qui se forme alors a au moins l'ax-eoir 
devant elle; n une cenlmlisation excessive «VM suiisUlué un éUtl do 
choses tout dill'érunt, l'individu et surtout les groupes d'individus se 
meuvent plus aisément, et de ce chaos, si déplaisant à dos yeux <le 



t. Ptrii, librairie M«r. 1897, laS: 



nisce. Ut 

modernes, aorlira plus tard uii« civilisatLioa brillanU; cl originale. 
M. Prou a donc raieOD au fond; sur les délails, on pourrait bien lui 
Uârc quel<|u«i objeclions ; l'ère mérovini^ienne n'a n'eti .ipporLccn 
sorante à la civilisation t^Ànérale el, durant ces Iroi» siècles, Tnljai»- 
sement IntelleclueJ a ctê vraimenl exlraurdiiutrc. Mais que sudI 
trois siÂcleà dans l'Iiisloire? n peioc un inslaiil; rbumanilé a subi et 
subira peul-êlrc |>rocliainetnciil d'aussi terribles épreuves. 

fiidili-ur du rucueil des charlos de l'abbaye de Silos signalé plus 
haut, h, Kéhotis, a publii- eu mcine temps une Histoire de ce monas- 
tère*. Siloe, fondé probablementavant la conquête arabe, est nommé 
pour la première rois en!) 19 dans une cliarle du jjrand comlo de Cas- 
tiUe, Fernan Gonzalès. Comme c«lle de la plupart des ôtablissumeota 
religieux, l'histoire de cette abbaye u»t assez monotone; longlomp» 
elle a ^ SDufTnr des incursions des Maures, puis, au xi' siècle, un 
sainl abbé, le fameux Domiuj^o (f 107:)), donne un nouveau lustre â 
la maison. Co sont ensuite des luttes incessantes avec le clergé de la 
petite ville qui s'esl formée auij>ur des bfitiments conventuels, avec 
d'autres ordres reli^-imx plu« Jeunes et entrepi-enants, enfin avec les 
barons du voisinage, en général peu respectueux des privilèges des 
noioes. Unie en 1512 à la congrégation de Saint-Benuil de Vallado- 
lid, rabba}'e vé^zèle ensuite plus ou moins obscurémoat jusqu'à uos 
Jours; elle a été dénnitivemenl supprimée en |k3i> ei les Bénédictins 
Tran^-ais, qui l'babitenl aujourd'bui, s'elforcenl de lui rendre son 
ancienne prospérité. Dans le long exjiosé de 1). Férotin, on pourrait 
notera» possa^^ nombre de faîL? int^'ressnnls pour Tbisloira poli- 
tique el sociale de l'Espagne, mais beaucoup plus imporlanla pour 
les lecteurs Tran^s sont les appendices. Citons d'abord le cbapilrc 
eonsacréà l'hisloiro litléraire de Silos. Durant loul le moyen â^e, 
l'abbaju a eu u» Scripforium très actif, ol, Jusqu'au xtiii' siècle, 
la communauté eumpla parmi ses membres des tetlrés el des 
énidils. Nommons seulement, pour le ivi' siècle, le célèbre théolo- 
gien Antonio l'erez, pour le xtui*. le P. Domingo de Ibarrela, qui 
voulait doler l'Espagne d'un traité diplomatique analo^-ue au grand 
ouvrage de Mabiilou, et un e.\celleii( archiviste, le I'. Liciliano Saex. 
D. Kéroliu parie ensuite lonbEuemeiil de l'ancienne bibliolbèiguc de 
Silos; celle riche librairie, sauvée du pillage en {K.15, a élc mise en 
venle â l>aris eu 1877, cl les débris s'en retrouvent aujourd'hui a 
Silos loéme el surloul à La Bibliothèque nalionale ol au Musée brU 
lannique. On y remarquait une curieuse suite de manuscrits en écri* 
Uire visigotbique, dont beaucoup datés, de bons ciemplaircs des 



I. P«rl«, Uraui, 19S1, ri. la-»-, pi. 



416 «ItLLBTIN aisiDMQn. 

ouvra^ àm Pores, dm rw:u«ili de Vies de saints, enfin la série i 
peu près cotnplèle des livres liUiri^iquce do l*aiicieiine église d'ï 
pagne; l'ouvragu du savant Ixinodicliii «c clJ>l par la aérle doti ina-'^ 
crIpUons du monastère el par une élude archéologittue sur les incieDs 
bàtÎDiuuU claustraux. 

M. A. u'Hëkhoiki, dont la Heeue kistttriqtu a «igiialè récemment 
un excellent ouvi^gu «ur les chitelains de Tournai, avait, en IHOS, 
étudié dana le Bulletin lU h Commission royale d'hisloire de ftel- 
gùlHf, les relaLion.s eiilrv t'Iiilippi- lu llel et la cumiuuiie de cotta 
iii6ma ville. Il avait montré, à l'aide d'un très grand nombre de 
docunionts iiiédil^, comment ce roi avait aidé de tout son pouvoir 
les liabiuiiitâ <lc Tournoi à EWnmctiir de la dominatio» de l'év^ue 
el Afii châtelains el conlribué à fUire de «Ue ville une rôpublii|ue 
presque indépend^tnlo, (Idole alliée de la royauté frani^tac, putile 
avaiicu ver» le j-ays ilamand. (^es actes prouvenl la aouplesw et t'in- 
ItflliKeace pulilii(uu île Piiilippe et do «es conseillers; dans leurs rap- 
purts av«; le» villes el soifjneurs de France, ils se montrent volon- 
tiers enlrupruiiaiils ut lyrannique»; ici, uu contraire, lU savoot 
tempérer leur humeur autoritaire et ruspeelor les droits des Tour- 
naisien?, de eus précieux alliés. A ce premier f&Acicule du pièces 
aultienliques, M. d'ilerbomez rient d'ajouter un riche supplément de 
documenU* analogues, tout récemmeoL découverts dans les riebea 
arcbivM de Tournai. 

Le règne de Philippe le Long passe généralemeuL pour uiidesplua 
insignillaiiU de l'bisLuire do France; à part (|uelquw> érudit« gui «mi 
ont pris quelques épisodes pour objets de leurs tr.ivaus, nul tua 
paraît se doiilcr que ce princea exercé une iniluence pc/«an»elle sur 
le développenicnl du pouvoir royal. M. Paul Lehcgeiiii avait pris 
|iour aujcl dit sa Ihésc de doctorat ce règne de six 311.1 ; malheureu- 
semenL, il a dû couper son ouvrage en deux volumes. In Faculté des 
lellros n'accoptanL jias volontiers des ouvrages en plusieurs tomos*. 
Dans ce premier volume, seul paru, M. Lehuj^eur étudie pour ainsi 
diro riiisLuiri: uxlonie du règne, c'«;sl>â-dire lus rapports de la royauté 
au Lomp!i de Philippe lo Long avuc les puissancoî étrangères el avec 
les dilîèronts corps de la nation. Le tome II sera consacré à l'èlucte 
de l'adminislratioji proprement dite. Il nou» Taul loul d'aliord louer 
l'auteur de sa p(^rsévérance ; très occupé par ailleurs, il a eu le coura^ 
d'employer ses loiisirs durant de longues années au dépouillement des 
arobîves et des bibliolbéques, et il a pu ainsi rassembler une ijuantlté 



1. H«mn recnell, I8!t7. 

2. tfùfoire dt PhiUppt le long. T. 



; U IttgnB. Parli, Itdcbotl«, lihS-. 



énorme de doctimcnts, la plupart inédits, dont l'élude jpt[« un Jour 
UhiI nouveau sur l'Iiiâluire du cl^ ri>^uc si court. Suus être aussi com- 
plèles que celles d'Aragvn, do Rome ou d'Angleterre, les archives de 
U moDarcbie Trançaise sont des lors fort considérables; cerLnin» de 
ces actes prouvent déjà l'amour de la paperasserie bureaucratique, 
mais, en les réunissaut et «n Ic^s comparant, on peut s>^ Taire une idée 
^^_gact« de la politique oxlérieure et intérieure de la royauti^ L'étude 
^^Hft ces actes administratirs est d'autant plus nécessaire pour le début 
^^^fln ïiT* siècle que les chroniques françaises tiu temps _i»nl d'une rare 
I msigniriance^ ce sont, pour la plupart, de sèches annales un partie 

I officielles, dont les auteurs se copient elTrontément les uns les autre» 

I et rivalisent de banalité. Ces écrivains peignent Philippe V comme un 

^^ prince de caractère iiidcci», peu actif, sans volonté personnelle. Tout 
^B autre II apparaît dans les actes étudiée par H. Lcliu^cur ; quelques 
^ historiens estimaient déjà que c'avait été le véritable successeur de 
Philippe le Bel, le continuateur de la politique de ce dernier; le fait 
ne pourra plu» être contesté, et. du coup, ce souverain mal connu 
prend une place honorable dans la suite de.s roi.4 qui ont créé le 
régime atouarcliique avec ses qualités et ses défauts. 

L'étude de ces actes renouvelle donc enLicrcment l'histoire du 
règne de t^hilippe V. Pcul-on d'après eux connaître d'une manière 
quelque peu précise le caractère même du prince? la chose paraît 
^K douteuse; ces documents font connaître les résultats de l'action plu- 
^V l&t que l'aelion elle-même. On dira que Philippe V fut habile et 
I pleax è la fois, qu'il sut diviser ses ennemis, triompher do ses adver- 
^K Mdres dans l'alTaire de la régence et un peu plus tard dans celle de 
^V Is suooesftion au trône. Un le voit éloigner les ronsoiller^ de .<ion frère 
I Louis X, rappeler ceux de son |>ère Philippe IV; il a déjà quelques 

^B projet» curieux pour son temps, c'est ain?i qu'il rêve l'unification 
^f dM monnaf es, des poids et des mesures. Enfin, il convoque fréquem- 
mcnl les Ëtats du ro^raumc, consulte ses sujets sur des questions de 
haute importance cl suit parfois leurs avis. Tout cela donne bien 
quelques indications, mais il y aurait quclqu'exagéralion à soutenir 
que nous connaisâons le pei-sonnage inlut «t in eute. 

Un premier point sur lequel les recherches de M. Leinigeur ont 
apporté des notions toutes nouvelles, c'est la politi<|ue extérieure de 
Philippe. Ce prince {tarait toujours avoir eu plus de goAl {«our les 
négociations que pour la guerre; c'est en ué^'ociant qu'il obtient la 
paix avec la Flandre; 11 emploie la même métinode pour paciller l'Ar- 
tois déclilré par dea luttes intestines entre la comtesse Mahaut et le 
neveu do oelle-ci, le fumeux Robert; enlln, c'est de la même (bçon, 
uns recourir â la force, qu'il dissout les ligues féodales de Cbani- 



ils louent nisTOBion!. 

paigoe et flitl reconnaîtra mq autorité par les grands huom d'abord 
boslUes. 

Si jaouUs, «1 eUttt, Philippe Dl preuve d'babileté, ee fbt bien A 
morl de Louis X. Sc^ droiL« à la rt^noe^teiil douteux; coUe baul 
SNtcUon était rnclainéc à la foie par son ondo, l'ituapoblo Charles 
ValoJs, et par In duc de itourgo^p; par un onup hardi, il déconcerte 
ses adversaires, qui n'ont pas su .l'enlendre, et les plaec tout d'abord 
en bci! d'un Tait accompli. Mai» de r^eent II bllàlt devenir roi-, la 
mort du pirtil Jtan I" vîonl à point pour lui racililor l'aeoession au 
tri^ne; Mule la fille de Loui« X aurait pu lui être opposée, mais, 
d'une part, on doutait de la lé^ilimilè de celte prinusse, el, d'autre 
part, on avAit dpinils IfinRlomps iiuelque rêpu|:nance h laisser 
oouroniii; de Krance lomlier en quenouille, l'exemple di& grands i 
Ataiil b pour montrer les dangers du syslèmo. l'hilippe, qui délient 
le pouvoir, lUt sans peine triompher un principe nouveau ; on déelaraj 
les Itoimcs Inhabiles à suocéder a la couronne, el, en bveur de e»\ 
principe, qui s'appliquera encore en 132», les légistee trouveront 
plus tard des argumenU et allégueront la loi saliquc, qu'au surplus 
nul d'entre eut n'a connue ni \ui> et qui ne dit neii de scmlilatfle. 

A ffim installé, au lemp^ niûmc de aa n-gcneo, (*liilippe change i 
cnliéromenl l'oricntalion de la {Wlitique rojale. Par ûiblesse et par 
sottise, Louis X s'est tàH l'instrument de la réaction fôodale et a 
•tervi les rani-unes des grands soifi^neurâ soulevés contre la pidiliquo 
de Philippe IV. Le nouveau nialire rappelle les légistes persf^cutes, 
leur rend leurs biens, fait enterrer Itonorableinent le misérable 
Enguerrand de Marigiiyel change la composiiion du conseil suprême 
qui entoure le souverain. C'est toute une révolulion pacidijuc. Comme 
ses ancêtres, <|ui ont su admirahlemenl diviser pour ré^mcr, Phi- 
lippe :ï'appute sur la liourgeoisio di^s villes, lui demande des eoa«. 
avils, la llatle et ta oonihie de Tavcurs el rcduil ainsi i l'impuis 
la coalition Téodale. Alors comme toujours ou voit agir les causes | 
profondes du succès de Ul monarchie; seule elle a une politique »ui*] 
vie, en flioe d'une bourgeoisie à l'esprit étroit, envieuse d« la dasse' 
«oWo dont elle jalouse les priviiPRes, el d'une «ristocfatic lurijulenle 
et inquiète, dénuée de tout esprit polilique et trop dédaigneuse de la 
classe moyenne pour jamais s'appuyer sur elle. Bn un rod, la 
ro;auté a dA le suooèe de son œuvre plulAl encore à l'impulssaoee d 
à la ftOlDsode ses adversaires qu'à l'inlelli^encc des princesqul l'ont 
représentée; dès le irv* siècle, l'oeuvre est h peu près adievée; elle 
subaislera en dépit de l'incapacité dos Valois el des désaslres valits 
au pajs |>ar celle inca|)aoilé. 

Le invnil de M. Lehugeur e«l donc Tort intéressant et en grande 



PURCB. 

partie nouveau. La mise en œuvre esl saUsfaisante. L'aulcur sans 
doute n'a pu, auUnl qu'il t'aurail dcsirô, varier l'cxposilion des 
biU, el l« rcdt paraîtra parfois un puu moDolone en dépit des efforts 
f^îtfl pour l'agrémeiitcr : c'est là un inconvénienl inévitable quand on 
traite un parvi! sujet toujours rorcémenl un pou aride. On pourrait 
c^alemcnl ciiioner raulPur^urquelquRS-uiiesde ses divisions; ainsi 
le chapitre sur le$ cla>sp3 maudile-s et les misères puliliques forme 
uu peu comme une sorte de capuf moriuum, qui ne se ralLacbe pas 
par des liens bien vistbiejs aux section;- préuédcnlos. Enfin, dès ce 
premier volume, l'autc-ur est ameoùà parlur do Tliistoire admiuis- 
Irsltve qu'il doit traiter plus à fond dans le prochain. Mais ce sont 
lÀ critiques de détails sur lesquelles nous nous reprocherions d'insis- 
ter. Il fout avant luut reconnaître à l'ouvrage ce grand mérite de 
détruire une lé^nde bien vieille et de combler une lacune dans notre 
histoire. Il esl le fruit de longue» années du travail et de rvclicrcbcs 
persévérantes, cl on doit savoir grand gré à l'auteur de n'avoir épargné 
ni temps ni peine pour remettre eu meilleur jour la llgitre curieuse, el 
h tout prendre sympathique, de I>hilippe V. Ce prince avait les défoula 
de son temps et de sa condition. S'il était inférieur b. Philippe le Bel, 
il s'éJevait bien au-dessus de tous ceui qui l'eutouraioiil. Il était sans 
doute ambitieux et sans scrupules, mais sa cause a été un moment 
celle du bien public, et, quetlea qu''aient été plu:s tard les folies de la 
royauté, le triomphe de celle-ci au début du itv° siècle épargnait au 
pays les misères de l'anarchie féodale. 

Dcnysle Chartreux, né en 4402, niorlenU74, compte au nombre 
des plus fl^conds auteurs du xv* sii)cle. Dernier représentant do l'école 
Kollistique du moyen âge, il résume dans ses ouvrages les rcchcrcties 
de tous les ferivains ajilérieurs et s'occupe a la fois d'exéi^ese, do 
scieoce théologique et de philosophie. Copiste inlâligable, il écrit de 
t& main une «norme quantité de traites théoriques et pratiques, donne 
son avis sur toutes les questions inlêres.Hant l'Église de son temps 
et prend personnellement une part active à la tentative de réforme 
des Sglise» allemandes par le célèbre Nicolas de Cusa. l'e fut donc 
une existence bien remplieel partagée également entre la méditation, 
la science et la polémitiue. La vie du ce curieux écrivain, de ce pen- 
seur remarquable a été souvent écrito. Un cliartrcux, le P. A. Moir- 
£BL, s'êtani imposé la lâche assez lourde de mellre au jour une nou- 
velle édition de» œuvrvâ de Uenjs, a commencé par putilicr une vie 
abrégée de l'auteur* ; c'est â la fois un bon réiiumé des travaux anté- 



I. Ûtttyt It CKarIreux, sa vie, ton rôle, une nonvelta idtUon detataumva. 
lloDlMill-«ar>Mti. Impr. de U Ch«rlr«u»e, \m, ia<8*. 



420 BDLLirm niSTOBiQUK. 

rieurs el le Truil d'uDe élude personnelle des ouvrages du célèbre 
écrivain, que le futur éditeur connaît naturellement mieux que per- 
sonne. Mais, »aD3 vouloir aucunement décourager le P. Uougd, on 
peul craindre que celte édition complète d'œuvres en grande partie 
vieillies, même pour des théologiens, ne soit une entreprise dîfQcile 
à mener à bonne Un. L'édition primitive est sans doute assez rare au* 
jourd'hui, mais combien d'érudils ou même de théologiens éprouvent 
le besoin de la consulter? Consacrer quarante-huit volumes in-4° à 
deux colonnes à un auteur scotastique du xr* siècle, n'est-ce pas 
excessif? Les quelques ouvrages personnels de Denjs le Chartreux 
intéressants pour l'histoire des idées et de l'église de son temps ne 
risquent-ils pas d'être comme noyés dans une masse indigeste devant 
laquelle reculeront les lecteurs les plus intrépides? Loin de nous 
l'idée de ducoura^j'er l'éditeur; nous lui souhaitons au contraire 
bonne chance, tout en regrettant qu'il ne se soit pas résigné à foire 
un choix discret dans celle immense quantité d'écrits. 

M. h. DoBKt s'occupe depuis longtemps d'une nouvelle biogruphie 
du célèbre Pic de la Mirandole. De son cûlé, M. L. Thdissb, l'éditmr 
du Diarium de Burcbard, a retrouvé à Rome une curieuse correspon- 
dance du grand humaniste; les deux chercheurs ont mis ensemble 
le fruit de leurs recherches personnelles et viennent d'en tirer la 
matière d'un élégant volume intitulé : Pie de la IHirandole en France, 
H83-ii88'. Pic vint à deux reprises en France; une première fois 
c'était pour étudier l'enseignemenl de la célèbre Université de Paris 
et comparer la vieille scolaslique el l'humanisme qu'il avait appris 
à connaître à Florence. Puis, en 4487, il s'y réfugie pour échapper 
aux poursuites du la cour ponliltcale. Dans l'intervalle en eiïet, il 
a publié les fameuses Comlusiones, les thèses qui ont fait vivre 
son nom, mais la curie y a découvert des assertions hérétiques, 
il a élé condamné el il vient chercher un asile au delà des 
Alpes. Les protections ne lui manquent pas; arrêté en route par le 
comte de Bresse, il est incarcéré quelques semaines au donjon de 
Vincenuos, mais bient'M relâché, et les nonces ponliQcaux ne réus- 
sissent point à faire accepter par la cour de France la condamnation 
prononcée à Rome. Pic peut ainsi attendre de meilleurs jours, il 
obtiendra bientôt aisémenl d'Alexandre VI, successeur d'Innocent VIII, 
rabsolulron que ce dernier lui a obstinément refusée. L'épisode est 
curieux; on y voit Pic, avec une maladresse qui lui fait honneur, 
rompre en visière à la fois aux humanisiez et aux scolastiques ; il a 
échoué dans ses tentatives pour concilier Platon, dieu unique des let- 

I. Paris, Uroui, t897, in-lS. (Pelit« bibtiolbisque d'art et d'irchéalogie.) 



niYcs. 



131 



I 



n 



Irée italiens, el ArisU>l«, mailre inconteslé, bit» que mal compris, 
des ;diilosophes français; mais, en sommu, il a donné un eicollent 
exemple, cl le preniiur il a iiilroduU dans rcxé^itse l'usage des 
langue» orientales; à cet égard, c'est vraiment un précurseur. 

Le dernier volume paru de /o Vie privét rPautrefoû, de M. A. 
FktNKLix (Paris, l'Ion}, est cnns.acré aux animaux; il se compose de 
deui parties : en premier lieu, un résumé de la zoologie du moyen 
hgfi d'après les anciennes encyclopédies. Cette zoologie est pour le 
Tond ctoprunléc aux ouvrages de l'écnle aristotélicienne, mal tra- 
duits et mal compri», mais elle s'est fort enrichie en roule; on y a 
ajouté toutes sortes de fables et de. légendes biiiarrcs, dont beaucoup 
ne sauraient sans injustice 6trc mises sur le compte des grands natu- 
ralistes grecs de l'époque d'Alexandre. A ces légendes d'origine dou- 
teuse, — un bon nombre paraissent provenir de l'Orient, — ajoutons 
les explications allégoriques des Pères de l'Ëglise fil des anciens écri- 
vains ecelésiasliques ; il >' a eu toute une xoolo(|;ie théologique, et les 
animaux réets ou imaginaires ontservi de symboles, ont ligure dans 
les sermons et les rxempla des prédicateurs. Sauf de bien rares 
exeo(itjoas, les savauu du moyen &ge n'ont point su observer la 
nature, et, comme les autres sciences naturelles, la zoologie n'a fait, 
durant celte longue suite de siècles, aucun progrès sensible. A ces 
notions générale», M. Franklin ^oule quelques chapitres où il parle 
des animaux domestiques durant les derniers siècles du moyen âge 
el réunit sur le sujet ua certain nombre de texte? pri» un peu pir- 
loul. On y voit que l'amour des bétos est une vertu, une manie si 
l'on veut, d'origine très ancienne. Isabeau de Bavière s'entourait 
d'oiseaux, de singea et de cbals; le duc de [terry aiVeclionnait les 
ours; d'au tre«, Gaston Pbœbusparexemple.cbafiseurêméritc, avaient 
pour les eht«ns une véritable passion, lîprouvait-on des lors pour ces 
frèra ioférieunt, comme a dit Michclel, celle afTeclion un peu senti- 
mentale dont témoignent quelques perAOnne.4 aujourd'hui? on ne 
■aurail le dire; m-ii^ l'amour pour les animaux ne saurait passer 
pour un vice, et si vice II ; s, nos ancêtres en étaient atteints comme 
nous. — Un autre volume de la mdme série, intitulé : la Vie de 
Paris iotts la rtgence, renferme une sorte de guide à l'usage des 
éUangers, œuvre de Juacbim-Chrislopbe Ncmeitz, conseiller du 
pr^iwe de Waldeck, lequel servit plu6ieur<i fois de mentor à de jeunes 
DOblu allmnands envoyés à Paris pour voir du pays et se former 
ù la vie «légaote. Ce guide, public d'abord en allemand en t7t)t, fut 
traduit en françaisdcs 1737, cl c'est cette traduction que M. Franklin 
s'esl donné la i&cbe de remanier el de réimprimer. L'ouvrage est 
corieux, on y trouve d'abord la description de Paris el des monu- 



m 



oftiom. 



meuts de colle ville au début du iviii* siècle, puis une foule d« eoo- 
m\i utiles aux étrantjcrà sur les oondilions mnlérielles de rcxistvim, 
ks daagera do loule sorle h éviter, les usage* de la vie luoiwlajnc, le::^ 
règles de la polileeM et du uvoir-vim. Be&ucouj) Aes remaniucs de 
Nemciu paraîtront un pou puériles; oltcs sont tout au moins eiprï- 
mûi^s avec l>onhomie el sous une Tonne oaivo qui n'csl poinl pour 
doplaire. Bien plus, ceruinos iW cc^r renjarciuc^ porlenl sur dvA 
àélM» qui écliappcnl à uo habitant du pa;», car ils lui sont trop 
fomiller»; seul un étranger peut v Oiire attention. EnRii, l'ouTra^ 
prouve une fob <ic iiliis quel attrait cxcr>;ait diS lors Paris sur l'ima- 
);iiiatioii des étrangers; il» venaient di^à chorchcr dan» c«lto ville, 
humide el p^iss^iblernent ^alu et boueux, des plaisirs de toute espèce. 
L'nuli^ur est tréâ réservé sur certains chapitres, mais a Irarars ses 
réIiceiiceA on devine que E*arîs est pour lui comme pour linaueoup do 
ses imitateurs modernes a la fois uu séjour enchanteur el un lieu de 
perdition. 

L'l':xpn^Unn nationale suisse, ouverlA à ticnèvi! en 1898, compro* 
nsit, conicDi! touti.*» les exhibitions analOf^ues de Krance, d'Mlemigiie 
ou de Belgique, une section rnscrvËe è l'an rétrospectif. Celte soclioa 
u'a pas élu la moins visita, et les organisateurs, pour eii cunserver 
le souvenir, viennent de publier un recueil de soliante-dix plancbea 
inlilulô : CAH ancien à f'BxjioùlioH nationale suisse*. Le recucU 
usl fort Intéri-ssant ; il s'ouvre par dft« bronzes romains trou\-és sur 
lu sol de l'anciuiuiu lidvétic el se cl6t pur une Upis^ïhc des (îobe- 
lins roprcscnUint Louis \1V ut los représunUinls do la confôdêratioa 
juranl à nouvcnu l'alliauce franco- suisse. Dans ces planches, on 
trouve un peu de loul : pcioUtres, ivoirins, miniatures, orfèvrerie, 
vitraux, broderies, œuvres de céramique, bois, armes, etc. C'est 
loule une histoire figurée de l'art en Suisse depuis le haut mojcn &ga 
jusqu'au xvii* siècle; nous disons art «n Suissu et non art suisM, eo 
pays a,vanl à eut égard subi le plus souvent l'inlluence étrangère et 
surluut riniluencc allemande. Celte dernière apparaît principalement 
dans la peinture ut b sculpture, et c'est par TAllemagne que la 
Suisse a connu la [tunaissance. L'art du verre lui-même, ^ HorUsuit 
au XVI* et au ivii' siècle, porte des traces Indéiiiahlea de cette imita- 
tion. Mais ai l'art suisse ancien n'est pas i proprement |>arler origi- 
nal, il n'en est pas moins des plus curieux. Ce sont surtout Icscao- 
tons allemands qui Tout vu fleurir-, La, dès le iv* siècle, vivaient des 
patriciens aoei ricJMS qui, sans renoncer aux vieilles quaUtés de la 



1. C>«nM«, 1896, in-foi. (,'«i|ilJcalioa det ptancliM m tfMV* dus la cito> 
logu* ipéctal du ifrDDpe 2&. 



race, courage el simplicité de mœurs, aimaient à s'entourer d'objets 
d'arlà l'imitation de leurs ûinule^ de Souabe el de FraRcoiiic. Baliuts 
sculptés, vilraux, peintures, ils cnlassaiuol dans tours lo^is tout cq 
qui pouvait daller leur goût, el, ullemaiidâ do langue ut d'esprit, 
s'adressaient uaturellemenl pour leurs cummundes à des artistes 
allemande ou élèves d'allemande. L'album que noua annonçons fera 
donc mi«ui connaître celle province de l'art (jermanlquo, cl les 
plaodics sont assez cxacles. le lextc descriptif assez soigné, pour 
remplacer le plus souvent la vue dos objets eux-mêmes, 

Ht?TotB£ LotuLE. — La Socictcdes études historiques avait indiqué 
comme sujet de concours pour le prix Raymond une élude sur les 
anciennes justices sejf;iieuriales; le Mémoire couronné, dû à M. A. 
CoKHiER, président honoraire du tribunal de i,.aon, vienl de (larallre 
sous le liire suivant : Its Jmlices seignuitrialcs du baUHwje de V«r- 
mnitrfotf '. avec une courte introduction de M. J. Flach. Le sujet esl 
torl inlércssanl, mais encore aujourd'hui des moins connus; U faul 
en cflei un certain courage pour dépouiller les archives judiciaires, 
et, d'autre part, beaucoup d'érudîts, attachés aux anciens partis, 
éprouvent, »emblo-t>il, quelque répugnance â mettre on lumière un 
des côtés les plus défectueux de l'ancien régime. H. Combler n'a 
polot recula devant la L-iche, et sa monographie, fruit d'un dépouil- 
lemonl complet des archives du greffe de Laon cl du dépôt départe- 
metilal de l'Aisne, porinci au lecluur de se protionœr en connaissance 
de cause sur ce point d'histoire. Les anciennes jurididions seigneu- 
riales au moïenà^eétaientsansdoute fort défectueuses, loulefois ces 
débuts devaienl moins choquer en un temps où la justice rojale 
elle-même était à peine organisée, Mais les impcrrectiuns qui appa- 
raissent dte te XIV* siècle ne furil que se diveloppor avec le temps, el 
la justice prend de plus eu plus le caractère d'une exploilalion doma- 
nble des justiciables. Le système réunissait tous les délUuts : len- 
teurs excesaives, frais disproportionnés, vénalité et indignité des 
officier»; les conllils étaient incessants, les circonscripUons judi- 
ciaires mal réglées \ eu uu mot, un homme raisonnable so devait à 
lui-même de u^avoîr, avec ces singuliers représentants de l'action 
publique, que les rapports stricleœcnl inévitables, et lout procès 
civil ou criminel devenait un tlâau, entrainanl presque toi^oura la 
ruine des plaideurs. On peut s'élonncr que celle singulière organisa- 
tion se soit perpétuée jusiju'en 89; mais à qui a uu peu rélléclii ïur 
rbisloire de l'ancienne France, le fait ne paraîtra point surprenant; 
la rojsulé, même sous Louis \IV, a toujours élé trop occupée des 



1- PwU, runUuoing. 1837, iu-S*. 



124 ■nU.KTIN HISTOUQDl. 

all^irea eilêrieures pour lenter sérieusement la réforme du syslàme 
politique el administratif de la France. Certains historiens, qui sou- 
lignent aujourd'hui que l'ancien régime était un paradis, s'abs- 
tiennent fort prudemment de parler des justices seigneuriales; on 
aurait sans doute quelque peine à faire l'éloge sans réserve de notre 
administration judiciaire moderne, mais que sont les défauts de ee 
lourd mécanisme à c6lé des abus qui pullulaient encore en 4789 dans 
des milliers de cours baronales? 

L'ancien diocèse de Senlis, aujourd'hui partie du département de 
l'Oise, est vraiment pour les archéologues une terre bénie. Jadis, les 
anciens monuments civils el religieux y abondaient, et, si le temps 
et les hommes n'en ont fait que trop disparaître, beaucoup sub- 
sistent encore et rappellent le temps où celte petite ville servait de 
résidence aux premiers rois capétiens. H. l'abbé Eugène Mdllu, 
auquel on doit de nombreux travaux sur l'histoire el l'archéologie de 
ce petit coin de France, vient de publier sous ce titre : Sentit et tes 
enti'rons', un intéressant volume consacré à l'histoire et aux anti- 
quités de l'ancien diocèse. L'auteur n'a voulu ni foire un guide ni 
composer une histoire suivie de Senlis et de ses alentours; l'ouvrage 
rappelle plutôt ce qu'on appelait autrefois det promenades. Le genre 
est un peu vieilli, et dans pareille composition il est souvent bien 
diflicile de trouver des transitions pour relier les différents para- 
graphes. Le plus sage est peut-être de s'en passer, et c'est à ce parti 
que s'est arrêté M. l'abbé .Mulfer. Il prend le lecteur à l'arrivée à Sen- 
lis, lui fait parcourir les rues de la ville, étudie avec lui les monu- 
ments encore debout, indique ceux qui ont disparu et rapporta de 
temps à autre quelques anecdotes, quelques traits historiques au fiir 
el à mesure qu'ils reviennent à sa mémoire. L'ouvrage a donc les 
allures d'une conversation à bàUins rompus, el il n'est ni sans charme 
ni sans intérêt. Senlis possède encore aujourd'hui des monuments 
intéressants, dont le meilleur est la cathédrale, belle construction 
commencée au un' siècle i beaucoup de vieilles maisons fort curieuses 
el des débris parfois importants d'anciennes églises ou chapelles. 
Aux environs, même abondance de monuments. Si l'on n'a plus que 
des ruines, fort pittoresques d'ailleurs, des anciennes abbayes de 
Chaalis et de la Victoire, par conlre chaque petite ville, chaque vil- 
lage de ce l>eau pays possède soit une église intéressante, parfois 
même plus qu'intéressante (exemple : Sainl-Leu-d'Esserent), soit un 
château plus ou moins restauré mais encore curieux; ailleurs on 
notera des ruines imposantes, religieuses ou civiles, le tombeau 

I. Senlis, Th. NooTiiD, 1896, gr. In-*-, grav. 



Fsisce. 



m 



d'un personnage bislopique. des meubles d'églbc, des tableam, et«. 
^u toile. M, l'abbii Muilur a joint un grand nombre de dessins d'ar- 
cli^'olugie (|ui amusenl i;l reLicniiuul l'œil. Bn un mot, sans Aire ua 
livre scienlinquc, au sons rigoureux du mol, ce volume peuL passer 
pour un bon résumé de l'bistoire arlislique de l'ancien diocèse de 
Senlis. 

M. BitiDTËMrs-BKjtvpiuf vient de publier le dernier volume de son 
gnai ouvra^'c ; Coutumes et institutions de l'Anjou et du Maine' i 
c'esl sous le lilrc Je Pr'-.uvei un rocuoil de 227 actes du xiii" au 
ivi» siècle. La plu(iart.sonLrortIntùressant3;rC(}tteurlesa empruntés 
aui archives parisiennes et déparlcmciitales, â ta Itibliotbèque natio- 
nale, cl n'a choisi au cours de ses longs dùpouillenicnls que les pièces 
éclairant un point spécial de coutume ou de procédure. Il ■y aurait 
bien quelques réserves à Taire sur la maaioro dont l'cdileur a rem- 
pli sa tAcbe; il a sans doule résolu les dates, d'ailleurs fort simples, 
miiis il ne semble pas s'èlre imposé de régle.s bien strictes pour 
rétablissement et la préparation d»s t6Xlc5. Le plus souvent il publie 
des pièces, souvent fort longues, sans y ajouter aucun titre, si bien 
qoe pour savoir â quelk\ afTaire, à quelle localiu^ .'«e rapporte chaque 
document, quels persunna^us y sont mentionnés, le lecteur est obligé 
de parcourir l'aclo tuul futier. Bïcu plus, toutes ces pièces ne sont 
poinl ioêdiles, d'autres sont indiquées dans des répertoires connus, 
et, en consullanl ces derniers, .U. Beaulemp^Eleauprc se serait épar- 
gné o-rt&inus erreurs. Tel e^l lu cas puur la pii>ce n" 9. f^'e&t un acte 
de l'bilippo- Auguste, de septembre 1204, énumérant les droits et 
obligations du sénéchal d'Anjou, le fttmeui Uuillaume des Roches; 
elle est datée du lieu de S/inon., ce i|iie loul le monde traduira par 
Sens; mai» M. llelisleadepuislongtempscorrigé-'»i»on<!, aujourd'hui 
Cbiuon. car le roi n'était pas alors à Sens eu Bourgogne, mais occupé 
à h conquête de l'Anjou et de la Tourainc sur Jean sans Terre. Ile 
sont la des corrections tout à fait néces.saires, quand on n'a que deft 
copies modernes d'actes anciens, et le soin de bire ces correclions 
îneofflhe nécessai renient ,1 l'éditeur. Pour conclure, recueil Tort inté- 
ressant pour les historiens comme pour les Juristes, mais qui aurait 
gagné â être préparé avec plus de méthode et à être présenté au 
public avec tou» les éclaircissements jugés aujourd'hui indispen- 
sables. 

M. l'abliéGciuoTiN de CodssoiI, auteur d'un Pouitlé historique du 
diwiie de Rennes, vient de publier le premier volume d'un nouveau 
travail Intitulé : £«1 f/rauée* Kiçneuriet de Haute- Bretagne^. r.c 



1, Pari», P«)on«, 1891. in-S*. 
a. lUuM. PUboo, 1897. io-a*. 



126 tDLLtiiH nmoKigri. 

wduoK renferme la description d<>5 chùtclInDîei) eui»jx4B«9 dans le 
diparUmcnt sclwl d'lll«-ct< Vilaine. Un appelait ch&tdleole en 
Bretagne les («rn» nables auxquelles éiUt alUché l'exuccloa Ou droit 
de haute JosUoe; beaucoup étaient de miaoe itnportaoee, lesdûmaloea 
des EainrÛes Itedales ayant été morcdés à llnllni «kuis la suite des 
leinps. et eertatns détenlcurs de ces terres aoiih, u'ùuk'iil rtue dm 
gentihliommeii de campagne, parrailemcnt obwursel ne jouant (ju'un 
rùle ell^oè <laiiâ leur provinoc natale. M. (tuillolin de (.ourson a 
dipoii)ll<f les archives d'il le-el- Vilaine et de Laircy-lnfêrieure, con- 
■ullÉ ic Fonds des Blarws-M.inlcaui k la Bibliothèque nattoinle el 
qtKli]uc« carions et registres des Arcliires nationale». X chaque cb4> 
lellenie tal ooiisacràc une notice plus ou moins étendue, donnant 
l'analyse des andans aveux cl la gûnÂnlogio des propriétaires suoew- 
•Ifs Jusqu'à la fin d« l'ancien rugiinc. La lecture du volume ne laissa 
pas d'être Tort intéressante et instructive; on y trouve une fotile de 
noselgneiaents sur te régime des terres, la condition <les personnes, 
IwdrolU Kodnus, les rapporu enlm les paysiiis et k-urs seigneurs. 
On pRul toulefois regretterquc l'auteur, au lieu de rupolcr les rotoies 
détails en vingt endroits difTorenls, n'ait pas adopte un autre plan; il 
aurait puul-èlrc mieux lait d'abréger chacune des noUc«s inrticu- 
lliires et dn r^umer i<n uno cinquanlaine du pages les Tails recueillis 
par lui au cours de »es lectures; une pareille intr^iduction aurait iiti 
fort ulilc e\, aurait Taîl mieux coiitiailre l'vlal de» canip-igiivs hrft- 
torines durant les deruturs sitxlcs de la monarchie. M. GuilloUn de 
Courson nous promet encore deux volumes, réjervêa l'un aux baron- 
nlea el autres seigneuries titrées d'Ule-el- Vilaine, l'autre aux ehk- 
lellenleB et baronoies do Loire-Inférieure; espérons qu'ii l'un ou 
l'antre de ces deux tomes il joindra l'élude |j;éaéralo qu'où e»l en 
droit d'attendre de lui. 

M. J. BEBTBELf . avant d'ôtrc archiviste de rfléraull, avait occupé 
les mornes fonclious dans le département de» l>eux-$evre9 c4 avait 
publié dans diverses revues locales beaucoup de courtes noces aur 
les antiquités dc^ pays de Saiutongc el de Poitou. Il vient de réunir 
tous ces mémoires sous lu titre de Carnet de voyage tfun antiquaire 
paitei'i»'. L'aualjsc d'un volume de ce genre est impossible; qu'il 
suffise d'indiquer sommairement les articles les plus importante. 
M. Rerlhelé décril un cerlain nombre d'églises deoo pays, si rictieen 
moimmenls du moyen âge : Auluay, Lboumois, Cliantecorps, Saint* 
ifitairc do l'oitiers, olc, Une élude attentive du donjon de Niort lui 
l>ermct de rapporter ce très curieux moDumenl au xii* siècle el d'en 
attribuer la oonslruclion à Henri 11 Plaulngcuot-, ou trouvera encore 



1. Paria, l.ecli«*«Uer, I8M, iu-i'. 



ruitcK. 



137 



vtdtime quanlilô de notes sur les anciennes cloches cxisUnl 
. celto région de \:i France ul la tlescripliou très soignée d'une 

, foule de petits monumenlâ ardiéologiques. 

Gel ouvrage rentre en somme ti peine dans k* cadre de noa éludes. 

' la ItevHe hiMorifiw^. par conlri-, peut insister plus longuement sur 
un autre Iravnil du mwrac aulpur. M. ItKarntxii ol M. Iîastets, maire 
de Monlpellior el doyen da la tVullo dea lettres de cetle ville, se sont 
réunis pour publier l'inventaire des archives de la ville de Montpel* 
lier'. Ces archives sont particuliéremenl riches el importnnles; de 
boom heure le» LourgL-uis de celte grande villa ont i^^irdé leurs 
chartes et privilèges avec un soin jaloux, et cerUine» séries, celles 
des comptes, par exemple, et de^ re!;;istre-s de délibérations, no pré- 
sentent <iue pou de lacunes. neplus,iidalcr du irv* siècle et jusqu'au 
deltul du x*(', le* états de la province de Languedoc, n'ayant point de 
diartrier, dépossinit leurs titres à l'hûlel de ville de Montpellier, 
Bacbaul hiun iju'ilsy seraient en louti^ silrelé. A plusieurs reprises, 
les consuls lirunl uxéculur aux Trais de la ville des inventaires de» 
archives communales, et c'est par l'étude el la publication de ces 
inventaires que MM. IterUielc el Caslets ont jugé utile do commencer 
leur travail. Le iireniler Tascicule renferme une notice fort curieuse 
e( très étudiée sur les anciens classemcnls du dépi^t de Montpellier ; 
on en a des invenlaireâ parlicts datant du xni* siècle, d'autres du ht*; 
le meublewnlen.inUapRrlieandennedes archives remonte au motm 
A 4495, cl on a eu le Iwn esprit de nos jours de conserver l'ancien 
classement, s;ins cbcrclier ,'i appliquer au dépôt la classilîcalion mo- 
derne. On ne pouvait prendre mcillfur parli, car on possède un excel- 
lent inventaire, cxocutc en <(>fi2 par Pierre Louvol, polygraphe el 
liistorten bien connu. (îc dernier, d'abord réi^enl de collège. Unit par 
se donner tout entier à l'orudilion, et dépensa la majeure partie de 
Bft vieen courses vag&bandes, allant du ville en ville dépouiller les 
archives, copier des lexles anciens et meltre au survice de qui en 
avait besoin ses talents de paléographe el do chercheur. C^ostrin- 
vcataire de l.ouvet, forl détaillé Rt de haule valeur, malgré queli}ues 
erreurs el quelques confusions, que publient M.\l. Itortbelc el ('..istota. 
Louvet avntl vraimenL le goût de l'histoire, et il a pris soin de noter 
dans les cliarles analysées par lui beaucoup de détails qu'un feudiste 
ordinaire aurait cerlainemcul négligés, lî'est doocà la fois un travail 
d'archivé el un travail d'histoire; gr.<ice à lui, on retrouvera sans 
peine lous ces actes, classés encore aujourd'hui dans le même ordre 
qu'au XTU* sïtele, et il rend inulile un inventaire à la moderne, qui 



1. llMitptUldr, Serre et BoamAsou*, la-t*. t89S M 1890. 



IM BtLLnt.l IIBTOItQDt. 

serait peuUélre plus parfait, nuis qui n'aurait ni le même caractère 
ui le tn^mt; attrait. 

Les arcliivvs municipales de Borduaui, autreFoib si rkhw, ont 
presque enlièremenl disparu lors du gntul iiioendi« de l$M. Fort 
iieureu^ement, les parties les plus importante» avaient été, au^ 
iTiir siéclii, soumisiBà un grand travail do (lépouilluiii«iit : de 1731' 
â 1 7K9, plusioun» archivistes, dont le principal Tut Fraii^is-Jcuichini 
AUiea, avaient dri%s^ la table détaillé» des regi»lree do la Joradt 
de (320 à 17X3, ut on jm^sede caeorc atOourd'hui 34,000 flebcd] 
relevées par Allien et sescollaborateurs dans eelte immense série de.| 
volumes. Ces fiche», pour ta plupart Iré» coaveuableinent rcdi^'^s, 
peuvent, dans une certaine mesure, remplaeer les lextcfl originaux 
aujourd'hui dclruit;, ol h Commission des archives municipuivs dq^ 
Burdmux s'cïi d6cid6u n biro imprimer ce vaste répertoire. Le pr»-' 
mior volume, (jui vient de paraître par les soins de M. IhsT Lr. Vjicisk 
Di BoisviLLG ', coRiplp 708 pa^en in-i' et ne renferme <iue h lettre i 
du travail d'Allien; la imlilicalion coniplera donc au moins dli k^. 
douze volumes de mémo Torcc. Lia ticbos élaiit clajseéee par ordre 
alphabétique, l'éditeur attjoulé à eu premier volume uni? lalilc chrono» 
logique des actes et une lalile alplinhelique des noms j>r»prcs et defl^ 
pr)nci|)ales matières. I^ première de ces deui labiés el les tables sein* 
blables de» prochuiiis volumes periiiuLlroiit de reconstituer pour ainsi 
dire les volumes de la Jurade aujourd'hui disparus et de Ikire l'bis- 
toiro politique el administrative de Bordeaux durant ces deux cent 
soixante ans. Le r6Ic joué par celte grande ville est un sûr garant 
de l'intérêt historique d'une pareille publicatiuu. I^spéruns que la 
municipalité biirdeûtse ne ménagera pas ses subsides à cette entre- 
prise do longue haleine cl qu'elle trouvera pour les proclialnsvoluiuue 
des éditeurs aussi soigneux que M. de BoisvlUc. 

tiupuis qu'une mesure libérale a ouvert aux travailleurs de lousj 
les pnyn les archives du Vatican, chaque anu^-o voit paraître de nou> 
veaux recueils de documenta pontificaux. Eticuro un peu de temps et 
rEcolc rrdiiçaisc de Home aura achevé la puLlicalion de tous les adSAJ 
du iiii'iiiede, det24U à i:iU4, qL déjà quelques savants commeneeot'i 
& entamer le iiv* siècle. La L&che ici est immense, car à&à tors le 
nombre des bulles s'accroît dans des proportions incroyables, les 
séries de volumes se multiplient, el il est souvent dirOcile de SO'] 
retrouver dans colle complicatiou do registres orignaux et de coinas. j 
La Société des archives historiques de la Gascogne, sans s'efDntyer 



t. Innenfaire toinmnlrf. tUt TfçUtret de la Jurait», ite ISIO à ITH3. [Arcklvei 
municipale» de BordMui, I. VI.) BoniMu, GooBonUliDn, IVOS, Is4'. 



ru^ct. 



129 



lie la longueur du Iravail, a entrepris la publication des Docu- 
ments pontificaux relatifs à c«Ue province, el un prcini«r Tuscicule 
vient de parallre par les soins de M. ral>bB I,. GoÊa»Rii'. Il ren- 
ferme 160 documents, pour la plupvirl inédiU et du plus haut inté- 
rêt, apparteuanlauxcinti première,* années de Jean XXU [1316.4322); 
l'éditeur se propose de conduire laputilicationautuolnsjnsiju'ii 1334, 
date de U mort de ce pontife. Le volume s'ouvre par uno inlroduo 
lioo étendue sur les rnu^istres pimtillcaux du iiv' siôcle; le sujet est 
dinicUe, car de ces registres il existe plusieurs séries parallèles toutes 
très coosidérahles, cl il litul avoir la clef des anciens rcpurtuircs et 
des tabitt modernes pour élre sûr d'avoir épuisû la matière el pour ne 
pas copier plusieurs fois la même pièce. M. l'.ibbé tinérard énumoro 
les différents inventaires existants, les tables manuscrites indiquant la 
œaBtère <tc se servir de tous ces instruments de rechercbe. A lu suite 
viennent lus documents, qu'accompagnent des notes iioinbreuïcs et 
étendues. Ces actes sont pour la plupart fort intéressants : Jean \XU 
était originaire de Cabors et s'intéressait tout |)3rticuliiïrement aux 
alTaires du sud-ouest de la France, dont il connaissait à mervuille les 
hommes el les choses. Le rucu<^il renferme donc nombre de textes 
curieux pour l'histoire de la noblesse gasconne, pour colle dus riva- 
lités entre la France et l'Angleterre, des guerres féodales qui agitent 
presque constamment ce nmlbcureux pays encore a demi sauvage et 
m.tl pacilié. bc tout e-st du plus haut inlérét à la fois pour l'Iiisloire 
de la province el pour celle des relations entre la cour de France et 

«elle d'Avignon. 

A. MoLrxiRit. 

PoLiuTioifs bivKasts. — M. R. df.Miiiil»k U OunàRRafait diver- 
swn ii ses grand» travaux sur Louis XII en écrivant les .Ville et une 
nuUi d'une ambaisadriee de Louis XI V (llaclietle) . C'est un exlraoi^ 
diuaire roman d'aventure que celui de cette demoiselle Petit, ramas- 
sée en 1702 dans un tripot de la rue Mazarine paru» Marseillais, 
M. Fabre, « député de la nation ■ à Constantinople, qui, après avoir 
riassi à jouer en Turquie le rôle d'uu agent diplomatique, avait eu 
l'habileté de se faire donner par PontcburlraiJi une mission moitié 
diplomatique, moitié commerciale, en Perse. Arrêlês à Alep par les 
Intrigues de M. deForriol, aventurier sans scrupules qui avait obtenu 
par sa belle-sœur, mallressc de Torc^, l'ambassade de l^onslaiitlnople 



I. S* tMt, Emc. tl. Parti, Oumiiioii. \S&6, In-H'. — La j'ubUrMian a |iu 
«rc «nlroprlM plco i un géaireui xubiiiti.- den ari;lieiei|ucK et «rCquca de 

fU». HuTOR. LXV. I" rAÉW. » 



ISO nfLLmi aisToiiQn. 

Cl auprès de qui virait M"* Pabro dans des relalîoiis Tort se 
Ftbre et M"* E>elil allèriïiil se réfligiLT à ConsUinlinopIc mbme, 
l'ambassade (le PerM), et repiartireiilde lâ.aouà la prolcction do l'am-^ 
buMdeur persao, pour Upilun, par Eneroum et Érinn. Fabre j 
meurt d'un accès de (l«vri^ le I G août 1 70«, A c'est alore que M"» Pelil 
((ui avait lianidali^é Alep par ses extravagances, qui av^l voyag&l 
sous le nom de M"" du Ilamel, comme femme du cuisinier de Fnbre, 
mODtn tout à coup uno «itranrdiuaire énergie, conquit les boaneaij 
gràou du khan d'krivaii ot prétendit se mettre à la l6te de l'ambu-i 
sade pour la conduire à Ispaban. Elle 3 eât peut-^tre réussi, sans un 
autre Marseillais, nommé Uichel, dévoué Ik M. de Ferriol, qui, avesj 
l'appui de l'évoque de Uabjluue, entreprit de so Hubslitucr à ell 
et de lui enlever le jeune Joseph Pabra, que sa mère lui avait 
confié. Elle lutta pied k pied, réussit à pénétrer jusqu'à la cour du 
Chab, mais il liiiil par la renvoyer à Coostontînople a|>res lui avoir 
promis le roml)our«ctnuiil de tout ce qu'elle avait socrlOé pour le ter- 
vice du roi. Tenue dans une demi-prison |>ar M. de Kerriol, qu'elle 
Qnit |)ar amadouer, elle ne rentra en France que pour être empri- 
sonnèo et iVtre accusée do Iraiii^on et d'escroquerie par UicbeJ, qui 
avait bien obtenu, en 1708, un traité avec la Perse, mais un tniilé 
qui ne fut guère suivi d'ciTet. Il contribua cependant à beililer, en 
4713, les négocialioii» reprises avec le CItali par l'nlibé [Uchard, 
que secondait celle fois le nouvel ambassadi-iir de l'Vance en Turquie, 
M. des Alleurs. M"° I>etil fUl alors remise en liberlè, ruiitée et malade; 
mais c'élail elle, en :<oninie, qui avait élé l'i'uiic de luula l'i<iilreprïS4. 
de Pobrc, qui lui avait feurni les premiers fonds, qui l'avait entraîné' 
à travers l'Asi» Mineure el, en conquérant l'appui du khan d'Ërivan, 
arail rendu po»<iil)les toutes les né^^'ocialions ullorieure». M. de Maulde 
a raconté à merveille ce conte des Mille et une nuits, et il est trop 
modeste quand il prétend qun le mauvais génie qui a poursuîlrï 
M'" l'etit lui H porté le dernier coup en le chargeant d'être son bio- 
graphe. L'nppen<lice»urrainbaMuJedc Etiza-Boy, qui vint rt'pràseB* 
tarla Perse auprès do (.oui$ XIV en 1713, après de» aventures aussi 
surpreuanios que celles de M"' l'élit, dont la mission à Versailles fui 
uu élonnttiile mascarade, et qui s'en retourna par Dantzig à Ërïvan 
avec une M'"' d'Ëpinav, qu'il avait enlevée, donne une amusaota 
contri>-i)arlie des voyages de M'" Petit. On se figure volonUers la 
diplomatie comme la partie la plus solunnelle de la politique cl le 
gouvernement de Louis XIV comme un modèle de décorum. Le 
volume de M. de Maulde nous montre tout un cAté de ta diplomatie 
du grand roi où la fiuitaisie la plus dévergondée se donne libre car- 



nuîici:. 



i3\ 






rièrc cl où toutes les aflhires sont aux mains d'aveDluriera, et do che- 
valiers d'Industrie et de coquines. 

Le recueil d'articles récemment publiô par M. le duc m ïtRoctn 
sous le litre Histoire et politique |0. Levy) contient, entre autres, 
trois morceaux d'hisLoire de grande valeur intitulés: la Conttitulion 
de IS7'>, Vinyt-einq ans aprcs e\ IS/J. Ou trouvera dans le premier dn 
as (ravaut des dclaik précieux à recueillir sur In manière dont fiit 
faite |>.Hr des monarchistes la constitution de tN75 et en particulier 
sur l'organisalion du pouvoir présidentiel, M. d« Broglie y développe, 
av«c malice et avec Torcc, cette idée que les procédés employés pour 
empêcher ta présidence de la flégtublique d'ôlre une menace pour la 
liberté ont eu pour résultat d'annuler le président et avec lui le pou- 
voir exécutif tout entier, et que, tandis que dans une monarthie la 
médiocrité du souverain n'est qu'un accident, et un accident corrigé 

'ordinaire par le seiilinicnl héréditaire des devoirs de la charge, 
la Rèpuliliquo française actuelle, la médiocrité du président est 
praqne une nécessité, le président ne pouvant jouer qu'un rfile 
oflkoft, même s'il est un lioninie supùriuur. — Dans Vingt-cinq ans 
ojtrit, M. de Rrogtic juge la politique extérieure de la France pendant 
la troisième B^pulilique, et il prononce un jugement sévère sur l'at- 
lilude prise par M. W^ddington au congrès de Berlin. 11 lui reproche 
deux choses : d'avoir pris la défense des iniéréU de la Grèce cl 
d'avoir demandé que la question d'Ë^ple fût soustraite aux délibé- 
rations du congres. Sur le premier point, mnl^ré les dangers que 
t'atlitudc de M. Waddinglon pouvait offrir, elle nous semble avoir 
été conforme à la foib à nus intérêts ci à nos traditions, cl je ne puis 
comprendre que N. de Broglie appelle l'acquisition de la Tliessalie et 
d'ArU par la Grèce une rectification de frontières insignifiante, l'our 
la question d'Êgjple, Je crois bien que tout le monde aujourd'hui 
donnera raison à M. de Broglie et que tout noire effort doit tendre à 
faire reconnaître par l'ICurope le caractère lutcnialional et européen 
de b question d'Iîgj'ple. Mais |e ne vois pas qu'en <h78 personne ail 
dairomcot indiqué au gouvernement français la politique à suivre sur 
ce point. l)n reprochait môme au gouvernenieiil d'avoir admis le 
condominium. Je ne suis pas sur qu'avec des ministres plus clair- 
voyants et des t'.hamt>re3 moins incapables le condotniniuin anglo- 
français n'eilt pas pu durer ; et les deux cnups les plus liiaestcs por- 
Léa â notre puissance eu Afrique, ceux qui nous ont &té tout moyen 
de négocier ulitement avec l'Angleterre au lendemain de la prise de 
TcII-<!l-Kébir. ont été l'abandon à l'Angleterre du Niger et des actions 
du canal de Suez posâédces par le kbédiTe. Si nous avions eu ceej 



ta niLLRn!! nmouovi- 

deux armes dan» le« mains (et ce ii'cât pas M. Waddingloii qui k» i 
Urrôcs), la converution diplomalique avec les An^ais »«rail plus 
beile qu'elle ne l'esL Ou^ul aui (>l>s«rvali(ms pi^nétrantm el élo- 
quentes de M. de Kroglic &ur notre politique coloniale, dle« ont ont 
grande portée; mais, si d« nombreuses fautix^ont été commises, sur- 
bout à Madï^jascar, il Eiiul dire aussi que la Krauce ne iwuTait pu 
s'alisleiiir de toute action coloniale, ut dans son couvre, s1l y a des 
parties in» ctnitciitable», conime le t>>ni;o et le IXiboiney, d'autres, 
eoDune le Tonkiti et ta TuniHte, paraissent au conlrairo très aYanla- 
geosee. Lecliapitrc sur 1815 est la plus belle partie de eu volume, où 
tout est tDtéreàsanl. M. de Bro^-lie y fait rcNSorlir avec aalaot de déU- 
eatesie que de précision ce qu'il y a d'eioessif «t d'tucomptel dans le 
livre (I«M. il. Uoussaje; le caractère êcninemment libéral et é<|uilable de 
la Restauration de <8M, la seule rcstauratiou monarcliique qui n'ait 
été accompagnée d'aucune vengeance; le prix immenso que le prin- 
cipu de la légitimité a eu pour la France au lendemain de ses déaaslitl 
en lui pernietiant li'appeior Sas enucmis mêmes à la défense de soa 
territoire; enlln, la ju&leitâe des vues de Tallcjrind au congrès de 
Vienne. Jamais un n'a mieux uioiilre en S) peu de pogw oombleo 
l'alliance prussienne et russe eût été funeste h la France et comment 
c'est, au contraire, u l'alltancti austro-anglaise conclue par Tallujraud 
que nousavonsdùdenepospajcr plus sévèrement le crime commis 
par Napoléon lorsqu'il est revenu de l'ile d'Kibe. M. de Broglïe bit 
bien sentir U vérité des paroles prononcées, le H octobre lS3l, par 
son noble père, puroica qui restent le jugement de l'histoire: ■ L'évi- 
iiomeiil<les ijeiit Jours l'ut un crime de lese-nation et une inique folie. 
Ç& été l'œuvre d'une ambition ctTrénée exploitant un eiiUioustasme 
aviMigIc. » 

Xu lieu du mot ambition, on pourrait dire éguitme. Ue caractère 
égoïste de la politique do NajjoléoQ et de sa famillQ ressort ta (rails 
aocabloiitii du livre si rcmarquabln de M. Fréilûric Mis<^ox, Sapoiéon 
et ta famiUe ^Ullendorf), dont le premier volume nous conduit Ju»- 
qu'en 1(M>2. Personne ne connaît l'intimité de la famille Uonaiiorto 
comme M. Masson et, grâce à lui, les ll^'ures île la mère, des frères 
et des sœurs de Napoléon (Icmeurerunl gravwij d'une manière inellVi- 
cable dans l'esprit de tous les lecteurs. Ces traits ne sont guère llal^ 
teurà el l'on ue pourrait éprouver un peu de sjmpalhie que pour la 
mélancolie maladive et mécontuntu de Louis, si l'on ne démêlait en 
lui une sorte d'envie et de rancune contre un frère qui l'avait aimé 
«l s'êlail dùvoué a lui quand il oL'iit encore enfanl comme il iw le Qt 
pour personne. Lus autres sont ou dus êtres frivoles commo Pauliuu, 



OU des filros médiocres et avides comme Joseph, ou d«5 ambilieus 
brouillons «l sans scrupule comme Lucien. Napoléon était, son 
génie merveilleui mis à part, de I)eaucoup le meilleur de tous, 
capabla de dévoùmuot, aux siens tout au moins, capable aussi d'ai- 
mer la France le jour où il l'a identifiée avec lui-mémo. Mais, malRrê 
la grandeur fila()uelle s'élève Napoléon, au moius pendant un temps, 
son ascension au pouvoir a tous les caractères de la conciuél* d'un 
pa>s par une bande d'étrangers. La Kr.ince lUl le butin, la proie des 
Bonaparte « lU sont un clan, dit M. Masson, et Napoléon tgl l'iiomme 
du clan... ("esl là sa mission et son devoir : assurer au clan des 
plants, des grades el des emplois... Ce ne i^onl plus là les liens de 
Aunillu tels qu'on les trouve en France; c'est quelciue chose qui par- 
ticipe en quelque Ikronde la société secrète, quelque chose qui serait 
inexplicable sans l'esprit de clan par qui, .lujourd'liui comme il y a 
un siècle, comme ilya dix siècles, la Corse est agitée, dirii^wel gou- 
venife. • M. Masso» admire Naiioléon avec enthousiasme, mais sans 
illusions et sans rien celer de la vérité. On trouvera dans ce volume 
des pages admirables sur .^e^ relations avec Josêpliine, sur les jalou* 
(û(S àe la fomille BonajHirte contre Joséphine, sur le 18 Brumaire, 
que l'on comprend bien mieux quand on y voit, avec M. Massoit, un 
eomplut de famille servi par les inlérèls et Ic5 passions de lout un 
p«u^e. H. Uasson montre très bien que Napoléon avait une supé- 
riorité d'esprit <|ui lui faisait r^rdcr avec dédain le« petits protlls 
dn pouvoir qui alliraicnl surtout ses frères; mais il n'a ^;3rde de le 
croire plus scrupuleux qu'eux. Il esl convaincu qu'au retour de la 
pramière camp,igne d'Italie Napoléon rapportait non 300,000 rrancs, 
eommc il l'a prétendu, mais trois millions, et qu'il savait piller comme 
Ifift autres pour son propre compte; mais l'argent était pour lui un 
tnojen, non un but. Ou voudrait que M. Ma^^sou eût pu nous donner 
lee preuves de son travail el la documentation de eo livre d'un inl^ 
rét si puissant. Il but te croire sur parole. J'ajouterai que ta pré- 
cision de «s dires, leur concordance avec tout ce quR les documents 
nous perouUent de constater, la connaissance Tamilière qui se révèle 
À chaque page de tous les détails de la vie de Napoléon apportent 
la oonvictioa au lecteur. 

)f. Léon LectentE achève de nous Taire connaître le caroctitre do 
Napoléon, ses instincts tjrannrque^, son mépris absolu de l'huma- 
nltô et de la justice quand 11 voulait foire triompher sa volonté, par 
la iHihliealion de l^llrfs inédiln de Sapatéon de ISOOà tSlS (l'Ion). 
Il a réuni ks pièci>s que le prince Napoléon avait écartées delà corres- 
pofKhDoe ijéiiéralc, parce qu'elles n'étalent pas de celles qui i>ou- 



m BUUrnn BtSTOlIQDB. 

valent montrer Napoléon tel qu'il aurait voulu être vu par la posté- 
rité. C'est peut-être sur les affaires religieuses que les volumes de 
M. Lecestre apportent les documents les plus curieux et où le mépris 
de Napoléon pour les droits de la conscience se maDiteste le plus cril- 
ment. Mais tout est curieux dans ces volumes : les rapports de Napo- 
léon avec ses ft'ères, les atlïures d'Espagne, les questions de police, 
les rapports avec la presse, Napoléon faux monnajeur, Napoléon 
plaçant secrètement ses fonds personnels dans l'emprunt pnissieo à 
it 0/0 contracté pour payer l'indemnité due à la France et voulant 
se faire encore donner une commission parce qu'il versera comptant ; 
il y a là des traits de comique et de tragique incomparables, mus 
qui laissent épouvanté à la pensée de la puissance d'un pareil régime 
pour fausser et abaisser tes caractères. 

G. HoxoD. 

P.-S. — M. RocQDiM vient de faire paraître le troisième et dw> 
nier volume de son grand ouvrage sur la Cour de Rome et l'esprit de 
réforme avant Luther (Fonlemoing) . Nous ne pouvons aujourd'hui 
que signaler l'achèvement d'une œuvre qui nous donne pour la pre- 
mière fois en France un tableau complet, puisé aux sources mêmes, 
de l'histoire de l'Église catholique depuis Grégoire VII jusqu'à 
Sixte IV, et du puissant mouvement des esprits et des consdences, 
qui devail aboutir à ta fois au scbisme protestant et à la réforme du 
catholicisme. Ce dernier volume comprend cinq livres : le grand 
schisme, los conciles généraux, la réaction de la papauté, la défaite 
définitive des conciles, tes papes princes italiens et les approches de 
la réforme. Nous avons déjà dit l'inlérèl et les mérites des précédents 
volumes. Celui-ci est digne de ses aines. 

G. MoflOD. 



BELGIODE. 



488 



BELGIQUE. 



4886-1899. 



Le donner bulletin belge de la H-^vue historique date de (HS7 et 
a Irait aux années l8H)-)g85. M. Paul Fredericq, absorhé par lo 
soin d'imporlante« publications, n'a plus pu se diarger du la lâche 
(|u'il acGomplissail avec une rare compétence depuis la crÉatiûo do la 
Revue, ta <8T«. Nous inspirant de son «lempio. noua essaierons de 
donner un aperçu du mouvcmoDl historique de notre pays pendant 
Itc années 1884-4895. 

Durant ces dix années, le nombre des publication» a isii considé- 
rable. De fout temps, d'ailleurs, un goAL très vif sW manifesté en 
HelRiipie pour l'étude de l'histoire. Si eu zèle n'a pas toujours été suf- 
Ds-iRimPiil i.-clairo, el si bien souvent la préparation ^ctenLilItiue des 
écrivains n'a pas été en rapport avi»: leur ardeur, nous pouvons cons- 
tater cependant une amélioration suiiiîbtodL-culùlatdi.' choses. Cllcesl 
due au mouvement qui a surizi clans les univorsilés gràco a. l'initiative 
de quelques professeurs, au premier rani,' desquels nous devons citer 
MM. G. Kurth, l'. Fredericq, I». Willems, C.h. Mœiler, L Van der 
Kindere, M. Philippson et II. Pirenne. I,es séminaires ou cour* pra- 
tiquer, créés il y a moins de vingt ansà tilru privé, sont aujourd'hui 
consacrés par la loi, «L il en est sorti un certain nombre de jeunes 
geos formés aux bonnes méthodes el doués d'un zèle ardent ; lis ont 
déjà t^it leurs |>rcuvos et publié des travaux qui nous font concevoir 
pour l'avenir les plus vives uapérances. 

N'otL'i aurons à citer des recuelU considérables de documents con- 
oenunt notre histoire nationale, recueils composés avec be-aurnup de 
flBgacîté critique et une activité qui ne s'est pas démentie ; beaucoup 
de mémoires important» surdes points spéciaux des annales du pays, 
et mdne de puissantes synltièses hisLoriqu<;s dont lus jurys quin- 
quennaux se sont plu è reconnaître les mériter. Si c'est toujours dans 
te dooiaine de l'histoire nationale que se déploie surtout l'activité de 
DOS érudits, nous voyons cependant se faire jour des tendances moins 
parlicularislfïs qu'autrefois ; on i«olc moins l'histoire de la Bel|.-ique 
de celle des nations voisines, on se rend mieux compte dos inlluenccs 
réciproques qui se produisent dans la politique générale, et l'on com- 
prend que notre pays n'y a pas été plus soustrait dans le passé qu'il 
ne l'ctit de nos jours. 



(S4 BrLLsnji iisToiiiQint. 

It'uutre pari, les socMUe historiques provinciale el locales, difh 
nombreuses, M sonl développées et multipliées-, ell«e comptent beau- 
coup (l'hammcs inle1lib-«nl-s el instruiu, et elles eomprannetit que 
leur activité doit s'eiorci-r surtout à éclsircir d'tnie nualtro com- 
plète le passé des régkMia où «Iles vivent. Leurs publications oat été 
particulièrement nombreuses cl beaucoup méritent des éJogea. 

Nous avons lo regret d'enregtHtror la disparitioa d'une revue (|ui 
avait vécu pendant soixante-treize ans, le Uetuiçer des ttiiftuts hit' 
loriqvet de Beiffiqve, qui mit au jour bien des travaux de mérite et 
ou maint bisloritin belge (It ses premkVree armes' ; mais noua pou- 
vons auâsi annoncer h naissance de plusieurs aulrM recueils pério- 
(tiques qui ont déjà fourni a La science Iiistori4)uo d'utile:) et notables 
oontribulions : le« Anaterta BtUlandiana, lest Anitalet des sociolte 
archoologiquw de Bruxollee, do Malincd et de Nivelles, les Annales 
et l« BuUelin du cercle arcliéologique et bittiurique de Gand, enllnle 

Nous eoostatons aussi avec utisbcUon que ce n'est plus l^Mj|q|lj 
qui encourage lc« publications historiques par de largassntelite^l 
administrations provinciales et conimunalee sont entrées dans la 
même voie el, grâce à leur généreux patronage, un grand nombre do 
eollecttoiis de textes et de documents onl vti lo jour pendant ces der< 
tiibrcs années. 

NsototoRiK. — Depuis tSW, la mort nous a ravi un grand nombre 
d'bommes qui ont laissé dans le domaine historique la trace d'une 
acUon laborieuse et féconde. Ce ftil d'altonl M. F. TirxHVin, ancien 
ministre do l'Intérieur, premier président de la cour d'appel de 
Bruxelles [f 18S7], qui, dans son Képertûire de t'adminittration et 
du dr'iit administrntif, ouvrage do longue liuk'inc et d'une sciODoe 
ôtonitaiitc, avait intercalé un grand nombre de disâertatioiis histo- 
riques. M. V. LtDaKsr, professeur h. l'UnlrcrsIté de Gand [•{■ IS87}, 
Juriste célèbre, dont les Éiuàet tur Ckùtoirt de rhumaniU ■ onl mar- 
qué dans la philosophie de l'histoire, el ont été traduites en plu-Meurs 
langues. M. J. V*?i Piust [f 1887], conseiller des rois Léopold Hcl 
Léopold 11, porLiit dans l'examen des questions de philosofdiie his- 
torique ses émiiient^rsqualiUsd'Iiommo d'Ëtat. Il ftil un des premiers 



I. Par vMnpIc Allmïïti. Bnkhulwn Vnn don Brink, BIommaeH, Ail. Da 
Bnl», liurRael, P. ilo Docki^r, O, Dnlcplerre, OiiRpollAui. 1*. GuhaH, OkIkI, 
de r>riliirh«, GiiïIJotr. PHrtIUiand et Vinbir Vnniltrll>R|licin, UcIbicF. lli-aïui, 
A. llcnin>. Kfrtyii de Ullcnhore, F. Kirr, !.. Polain, Scb«ïe», l-l, de Smcl, 
J. Sleehor, Wirakocnig, Alpli. Wauler», rU. 

ï. \<yf. d«Dt Ik nwut hiflùTéqut le Boiiimaire de ce* reviMt. 

3. BruiriJes, Ucnii, ISJS-iaTO. 18 toI, Io-S*. 




BFLfllQrK. ^~^^r (37 

l« passé de la Bclgirpic dans sos rapports avec l'hUloIre 
générale, ut sos Éludes >ur l'Imtoire rfw àermert riMes*, indépon- 
damment de leur liatito valeur politique, se dislingucot par un rare 
mérile lillêraire. M. Tli. Juste [f 18S8] avait conlribuo plus que per- 
sonne, par SCS innomlirablcs publications, à répandre dans noire iwys 
le goût et h conuaiHiiance do l'histoire nationale. M. M.-N. Lecuikh} 
[•]■ 1889], ancien ministre de la Justice et procureur général à la cour 
de cassation, avait public un grand nombre de nos anciennes cou- 
lumeg. M. Cil. Ri^ELBRa [f inm] était l'auteur d'importants travaux 
de bibliographie, M. le baron B. Ksans »f. LeTTitîinoïe [f (Sflll fti( 
un des bistorioiia belges les plus Téconds et les plus connus à l'étran- 
ger. Ses éditions lies Clironiqves de Froisiart, àts Œuvres de Georges 
ChatleUain, dct! Lettres et nèifocialions de Philippe de Comminet, 
des Commentairet de Charles-Quinl attirèrent l'attention du monde 
SBTant, ain-si que son Untotre de Fiamlr^, les Uuguenotf et la 
Gvevx, élude tur vingt-cinq antufesdit XVI'. uMr, et Marie Stuarl, 
t'etuvre puritaine, leprocès, le supplice, qui ont été appréciés dans 
la Bewe Mttorique à plus d'une reprise. M. lî. Mituv [f ISUI], 
astroiMme de mérite, avait consacré plusieurs volumes à des études 
oOflScicncieuscs et suggestives sur l'histoiro intellectuelle de la Rel- 
ique. Son Histoire de l'Académie impériale et roytile des sciencet et 
beUn-teltres de Bruxelles^ est une oiruvre très neuve, d'une réelle 
iiletir. M. J.-J. Tbo«.49kn [f <S9I], membre de l'Institut de Praiice, 
axiden ministrede riutéiieurelde l'instruction publique, professeur 
a rUniver&ité de Louvain, clail :i ta fois un juriste de premier ordre 
et un histonein distingué. La science économique cl la science sociale 
Mt bit de sa part l'olyet d'études savantes et approfondies, dans Ics- 
i|iieile« la sagacité âcienlifique est servie par un lumineux talent 
li'eipositiou. Son Histoire de la Belgique som le r^gne de Léopald l", 
eorichic de précieux documcots. ses nombreux mémoires sur l'orga- 
pisalion judiciaire et le droit pénal de l'anliquitc, ses travaux sur la 
loi saliquo lui avaient conquis une éclatante notoriété. M. P. dr Dbc- 
in [j- 1891], homme politique marquant, avilit fait dans le domaine 

i^bislorique quelques Incurvons intnressnntca. Nous rappellerons sus 
îtudei liittoriques et crtliquei tur les montt-de-piélé en Belgique* 

'et s«5 Épisodes de rhisloire de l'art en Belgique*. M. Emile de 



^ 



1. Ilruti-llw, nnijlotit, 1867, IS71, 1S$3. 3 vol. in-8-. 
3. M/motrt* Ut t Académie rouait de Bdgi^ue, Mil. In-8', XXX\V-X\X\, 
, 710, m p- 

3. BraielliM, ISH. 

4. Ibid., 1883. 



in» 



BULLETH nlttTORIQCB. 



LiTBLETe [f 4892], niembri! lio l'IiisUtul dv Pranw. proBBBaeW i 
rUntversilé de Liège, èlail, sans conleslu, l« plus émioent de WN 
publiclslM, el l'on appréciait liautemenl tin Itclgiciue oomtni: sa dehors 
U richesse d'apvn;u«, ic cliariii«de>()'le, l'&tonduecJ la variété d'éru- 
dition de ses teurres. Autour de livrée célèbres sur l'iicononle poU> 
tique et le droit pul>lic, il hjt à ses bcurcH hi&toricn origioal et 
prorond. Son dernier nuvrage notamment, l« Coutfritrinent dam 
ta démaeratie, relevait de rhisloïri- autant que de h politique. 
H. A.-J. FfiHficHE [f 1893], ancien rect«ur do rUnirorâlti de 
Louratn, avait travaillé toute tta vie à un ^rand Covn d'kisttftn 
nationale, m trente volumes, dont tvms parlerons pUis loin. M. Gb. 
StALLiEBT ti <8tt3] olait l'auteur d'une Uiitoire de Jean /" de Bra* 
banl, écrite en nêerlamtais, et de travaux importants sur la vieille 
langue Juridique d«â Pars-Bas méridionaux. M. Cli. Piiun [f IMS], 
ancien ministre do laJustice et procureur gcnûral à la cour de cassa- 
tion, avait aclivcmenl collaborée l'œuvre de la CommissioD rojrale 
pour la publJcaLioi) des anciennes loîsetordonaaDcesdBlaBel^que, et 
étudié les annimnesconsliuitions des Pay»-Bas dons une solide dlsser- 
talion encore atijourd'buicon&ultteaveel^rulL M. P. NfcTi[f 1893], pro- 
fesseur à l'L'niversilà du Louvain. était l'auteiur de iiombruux mémoires 
sur riiisloifp (li>3 science? et des letlrus dans les l'ays-lias. M. Ch. 
LiDRE5T [f 1894], conseiller Ji la cour do cassation, était un laborieux 
éditeur de nos anciennes coutumes judiciaires. Le lieutenant général 
P, tIcxiURP [•[• J 89(1] avait publié sur (Ibarles le TéinRraire, sur Marie 
de Médicis, sur Henri IV et la princesse de Coodé des ouvrage* bau* 
tement estimés. M. ICdm. Vak i»ir SriicrM [f 4X96] s'était surtout 
occupé do l'histoire de la musique cl du Ibùâtre. M. A. Wacetek 
[■]- (896], phtiologuo distingué, prriresscur â i'Untversilé de (iaxid, 
av^t ftUt œuvre d'historien par son Ueeueit d'imeriptions grte^utt 
dal'AtieMiMure el par son Mémoire tur la lyMpHoniedesaneieiu*. 
Nous citeron* enlin M. Al. Ht-tvit [f Isofi], lo savant collaborateur 
do M. Alph. WjkCTEBs pour yUiiloirf de ta ville d« Bruxelles* et 
l'auteur de VHittoin du riffne He Charte* F>, u» des ouvrages qui 
font lu plus d'honneur à l'érudition hfulge ci qui futà juste litre loué 
par les criLÎques les plus compétents de t'Aileiuugne. 

I. TuviDx sei L'uiBToiae ifinoiuLE. — UocoiiEns. — Le bon 
exemple donné depuis de lon^'ues années par la Commission royale 
d'htstoîre a porté ses flruil6,et nous pouvons coustalersvec satisbe- 



I. Mimolm ib VAeai*mH rojrotf dt Bêlflquâ, CoU. tD-4% XXX, XXXI. 
3. BraiellM, Ptrlclua. 1846, 3 roi. la-v; 
3. ttiid., natci, 1865, 10 vol. In-S*. 



RBtcrouK, 



139 



tion raccroissemonl considérable îles matériaux historiiiues exlrails 
des archives et soii^cuscmQnt «iditéa par de nombreux éru<lllâ. 

Oilons d'abord l'inlhti^yable archiviste de la ville de Bruxdieâ, 
M. AIpli. WiDTKHS, gui a presque terminé sa précieuse Tablr ehro- 
MûlogiiHedrt chartes el diplômes concernant l' histoire de llelgiqve*. 
Dans les tomes Vil, Vlil et IX, il analyse plus de 4,000 chartes du 
xiT* siècle; un grand nombre ont Irait aux démêlés de lloiiil'ace VUI 
avec Phili|>pe le Bel, à la suppressiou des Templiers, û l'bérésie des 
JJégards, etc. De savantes préftices sont consacrées à l'élude de la 
situation politique des Paya-Bas durant œlte période de riiistolro 
médiévale. 

OUc publication a donné lieu À une âpre conlrovorso cotre l'édi- 
teur et le chanoine Keusefis. S'il (àut en croire ce dernier, M. Wau- 
ikrs aurait commis des erreurs graves de cbronologie et de linguis- 
%que*. L'archiviste attaqué a vertement relevé certaines bévues 
échappées k son sévère critique^. M. E. GirLLuaD a publié la Keurc 
d'ilazebrouck de 4336' et M. V,. tltcnt les Ckartes df l'abbaye de 
Val-Dieu^ du xnr* cl du iiv siècle. Le comie T. m Ltmhhhg-Stikdx 
Dous a donné le tome 11 du Codex diplomatiens Flantlrix *. Ce 
recueil oelaircd'uo juur nouveau le ré^ueaj^ilé de Guy de Dampierre 
et Tournil des rciiai-'ignoments imporlanls sur l'histoire financière 
de la Flandre au iiri' siècle. M. J. VciUiTBKK, qui s'est fait une 
spécialilJi do l'histuirc gantoise, a LyJité les Comptes de la villu^ pour 
les années 1370 à OH9, qui comprcououl lu i^ouvcrnomcnl di.- l'hi- 
tlppe van Artevelde. C'est une source de premier ordre pour la con- 
naiMance des nnnales de la remuante cité; malheureusement, une 
glande partie des archives a été détruite pendant les guerre» civiles 
qui en&aiis;lanlcreut le re^'uo de Louis de Mille. M. A. ti'IlEiiiiout/ en 
a Riil autant pour les CompÏM de la ville de Tournai det années I3i0- 

1. Braielk», Uajet, iii-1-, I. Ml, tSSD, SOS p.; t. VIII, 1802, 919 p.; 1. IX, 

18M. 933 p. 

?. Queilions de chroitotoyit el d'hitloWt, il preptu de ta pvMIcatien du 
tame VIII it ta Table chronologique (A nalectrt pour lervir à l'Iililnirt ecelé- 
IJSllifiH i^ la Belgique. I. XXIV), lir# A |mrl. Louvnin. Poelor», V-A p. 

X JVeM en répomr aux crili^irN dani la TaOle ehrcnotogique a M l'objet 
iBiUMin Ht la CommUninn royale d'IiiHoirt, ^- nètie, LUI], tiré il pnrt. lUjcl, 
38 p- — Rïuieni. Exameti dé la note en repense, «le. Itbid., I. V), Uré A 
puL Hdiei, 37 p. 

I. t>r Krare van tlazebroetlt van 1336. Gstid, SlITcr, 1891, 410 p. 

5. BuUrlin de la Cemmisiion royale d'hialoire, S' t^rlo, IV, llrj k pari. 
Bniifllc^ Hg^rx, 1894, 90 p. 

6. Biugr-v de ln»r.r. IS88. in-4-, 432 p. 

7. KêlMHingtf} fUr ilad Oend. Tydvak van PhUlpi oan Arlevetde- Gand, 
», 1893, iW V 



440 



BCUETtY niSTOaiQtE. 



ISht', déeoarerts par lui. Cette irouvaillfl présente d'autant ptos 
dlnlérit, que la plupart d«3 comptes communaux qui ont été cooscr* 
Tcs dans tes autres vilks remontent rsn'meiit au deU de la Rii du 
tiii' siècle. H. J. floAim a Tourni uiif i>r«ici«use coiitribuUoii li Tlii.'- 
loire du droit ancien de la Flandre maritime* en publiant, d'après 
un ntanuscrit de la Ubllotbè()ue do Bourgogne, le texte du • Uonl ■ 
d'ilan^liroueà et en y joignant un commentaire atmi judicieux qu'éru- 
dit. La iniblicalioa baptisée par son auteur du nom peu compnïtKn- 
fAbh if CotloH, manusfril Gaiba, est emprunléc à un registre du 
ilrilish Mu^um el comprend IKK pièces, datées des années 44D4 et 
4I0J, i|ui ont rrait aux nv^oelaiions ouvertes à Calais entra la Flundrc 
et la Franou. H. GrLLioon-Viii SuTiiEii l'a compléta par divcn 
documentsinéditslirâsdcsarchiTCsdeBruges*. NoustrouvoQs l)cau- 
ooup de rcn^ciijnpmenls sur la noblesse et lu Ijoun^coisio gantotsaj 
dans X'Obituain de t'tglùe Sainl-Jean, à Gand *, édité par M. N. M 
Piitw d'après un nanuacril de la bil)lii>lbéque de l'Université, il. Félî* 
cien r.irTiRt*a publii- le P/rmîT ri'gUfre aux plaid* dt ta eourfio'. 
dale du eomié de Haimaul [1333-M05|. Il}' a juiiil une préfkee 1res' 
iflstruelire ei un excelknl glossaire. Nous devons à M. P. Guniu la 
mlseui Jour d'un registre qui contient les procie-Terbaux des asseni- 
Nies écliovtnales d'Anvers* pendant tus années 145a à l-lxJ. Le 
Mémoire du légat Onufriut sur tet affaire* de Liff/e en 1468^ nous 
fournit dei* renseignements drconslaiiclés sur un des érÉnemeotA 
les plus mémorables de l'Iiialoirc de Bcl),-iiiu«. L'auteur, eovojé pBf f 
le pape Pie II pour n^talilir la paix dans le pnja de Liège, vil ses 
elTorts échouer par i>utl(! des exigences do Charles le Téméraire. 
M. l'abbé A. CiixiriK a eu lu bonne furlnno dodêcourriraux arcbives 
du V-iUcan d«? Inslnicliotis scen^lp^ de Lràu \ au uoncu Lampcgigj, 
accrédité auprès de Jdaximiliou d'Autriche dans Ivs Paj-s-ltas*. loute 



1. Bulletin lU la Cominiuion roi/alc d'hUloirr. S' *tf\«, III, 140 p. 
7. tuai vit U tlnlul 4v Mont ou Hoop 4'aoitbrowk H imr tn npporlt 
aoee l'ancien droit franc. I)unk«rr[iic, Ulrhct, 1S»a, Z(K) |>. 

3. CotlMton dei documenlt tnidiU putilUi loui le» aiàpien de ta Cvimmii' 
tton ni/aU iHuttotre. Ilrui«lle», linyti, \h'jb, hi2 p. 

4. Bvilelin de la Oominialon roijaU d'huMre, f «trie, XVI, tiré A put, 
lSa9, 8S p. 

6. Braxdiet. IS93, Wh \>. 

6. Btt nçitler van den dacitvaerden {Butlelln det anhlvu d'ànwen, L XIX), 
1893, 500 p. 

7. Tiibllr p»t U. SI. BorminA. BraietlM, lU^cl, 183(>, ?0Î p. 

8. /.M iMiteini pollliyuet de Léon X à ton avtnrnunt, el ta mtttion de iMu- 
renlio Camiieggl ea riaïuireen \H3 [BiàUélin de ta Conmitilonngaied'Ait- 
tatrt, S* »«rl*, I), tM h part, IgSI, 31 p. 



eRLcidrt. 



U4 



une série de Dorvmentt inédits concernant le règne de Charles'QuinI 
dans tes Pai/i-Rat * , et des lellreâ diplomatiques cjui font mieux com- 
prmdrc la brusiiuu n'iraite opérée par François I" aii Cateau^Cum- 
brésjs dans 1^ nuîl du 4 au 3 novembre I5<i:t'. M. \. dk IIidueh a 
Iradult fie ri»i)ai,'iiol et aniiolé avec âoin un manuitcril de Jean Sigo- 
aes conleuaiil les Rrtjlemenln de la coar de C/iarlfs-Quint^. K co 
mém« rcgiic siv rallachcul hs Mémoires inédils de Vianeaiiis Alber- 
gatiSiécri vain di5luigué,prolaLconlcm|)orain de Léon Xol d'Adrien VI. 
U. E^. BicsA les a copiés à la hililinttioque Gursiul*. M. C. ProT a 
repri:^ et achevé l'édilion de la Corrrfjmndançe de Granwlle'', com- 
mencée par feu l^dmond Poullut. Les (uiiil-s V à XII ont vu le jour 
depuis l?(8S ; ils renferment des miUicni de leUres et dn documents 
relatifs aux années 1574 à 158G. lies lettres émanent du cardinal, du 
roi, de l'empereur Maximilien U, de Marguerite de Parme, de Don 
Juan d'Aulrlche, de Faruesc, clc, elles dcmontreut rinsouciance, 
rinertic et l'ingratitude du souverain, et nous apportent quantité de 
renaeignemcnts nouveaux sur l'assassinat du Taciturne, »ur les Mal* 
eonteDl9,sur le projet dû à Granvelle de soulever l'Ëcossuet l'irlaude 
contre i^lUabeth, sur les prétentions de l'Infante Isabelle à la cou- 
RMinv de France. M. Piot a également foil paraître de« mémoires sur 
ï'Bitloire des troubles des l'ays-lias'^, œuvre de Iteiion de France, 
prétideot du conseil d'Artois. Co ma^strab, admirateur passionné de 
Philippe II, expose par le menu les démêlés de bon Juan aveu les 
Élals, et enre^çistre des particularités iuL-diles sur les allcatats de Jean 
Jaure^y et de Ikllbazar Gérard contre Guillaume de Nass.iu, sur la 
furie française à Anvers, sur l'indiscipUne des soldais espagnols. Ce 
D'est pas un contemporain qui parle, et ses dires sont souvent sujets 
à caution, Le capitaine bolonais Ferdinand di Maretti, attaché ix la 
persooDC de Marguerite de Parme, enlreliut une correspondance sm- 
f1eave« Danielde Uomalés, Navarrats Uxé â Anvers; celui-ci, roya- 
liste à l'esprit 1res indépendant, observait de prés les troubles des 
s-Bas et faisait part de ses impression» à son ami ; il ne dissimu* 



È 



1. Jko/mIm pour lervlT & fhutolre teeUtiaiH^M (t« la Betgiqm, 1. XXXU, 
UrAipvt, \m, nï p. 

2. Dfi épittiies dt la laite de FrattçoU I" avec Charlu-QuM (Sb/Mm 
de ta C&miaiitlott roj/att itlUfloire. 5* i.6rlc, 1], 1S9I. 

3. Mwaç^ ibi Kitncet hlUnnipifs, 1. l.Xvill, Urt I put, 1894, SI p. 

\. SwUMii de la Cemmiuion royatti d'Mttoir», b' lérie, I, litè A part, 
l»l. G5 p. 
S. T. V, 1SS0. Bniielles, Hajci, In-t', TU fi t. Vl, ISS7, 651 p.; t. Vtl, 

tm, m p.; i- VIII, 1890, ma p.i t. ix, xm, m p.-, i. x, iS93, tu p.; t xi, 

tM. 770 p., I. XII, IS'Jâ, Kl p. 

BruieltM, lUjrei, tttSG-IBÏI, 3 toI. la-f, 670, OSÎ, SSO p. 



ut 



tDLtrnX HISTORtQCB. 



bit pu tes rautœ du gouvcni«tneol en il r^gnaU aux peritoiUons 
raligieuBOS. M. ral>bé A. Civcaie a retrouvé en lettres aux archiMs 
bmési«nn«e de Naples*. M. le chanoine Ad. Diivio^k a traduit les 
Mémoires de Del Kio tw Us Ironbla iln Poffi-Boi durant t'admis 
nistration du comte de Fiunlêa* et en a ri^tabli le texte orïgiial, 
liexeaa trè» rare. Nous signalerons spécialement l'Importance dc« 
chapitres consacrés &)'Annadaelà la camiuçne de l'rauœ. Le baron 
Kkrti.i de Lettr?ihote a poursuivi l'improssiofi ili-s tleialiuM pùli- 
tit/ue$ des Paya-Bas et de l'Angleterre tout le règne de Philippe II*. 
La mort l'a enlevé au moment où II venait de terminer le loine X, «l 
son œuvre demeure iucoinplèlc. l^es tomes Vil X ont Irait aux anoèes 
J34)7 à 4578, et contiennent d'importantes lettres du duc d'Albe sur 
les affaires des Pays-Bas. do France et d'Ecosse, des rapports de con- 
seillers d'Ëlisabelh , un mémoire justificatif du prince d'Orange, les 
Instructions rédigée» par Philippe II pour Don Juan, oà édate A 
chaque pa^ la duplicité du roi. Un index alphabétique g6n£ral serait 
indispensable pour que cette importanlu colliTiion rendit tous les 
services qu'on peut un aUcudru. M. E. Btcui a bit connaître un 
œanuscril précieux de la bibliollio(|ue de llourgogne *. C'est un recueil 
de pito» o&lrailes des archives de la caihédralo d« Liège cl dont les 
originaux sont aujourd'hui perdus. Il contient plusieurs bulles 
d'Alentandre VI, de Sixte IV et de Pie 11. Nous comprenons mieux 
le« négociations ouvertes par les Êlale généraux des Pajs-Bas a\-iJc le 
duc d'Alen^n à Plessis-lès-Tours depuis la publicilioii des pliees 
diplomatiques par M. P. (ÎE^inD*. MM. MUiun et Dttfitnicx* ont 
réuni un grand nombre de documenta inédite qui l'daironl d'un jour 
nouveau rbisloirea&scz peu connue de la courte souveraineté du duc 
d'Anjou dans les I^ys-llas, Le jeune et ambitieux duc nous apparaît 
aussi incapable que présompLuRux et perfide. Les éditeurs ont Joinlà 
leurs textes dea notes pleines d'Intérêt, au cours desquelles ils recli- 



1. ComtpojidaHeei* Datuet de Bomalis avec Ferdinand «fi Mrtkt (Àma- 
tecle* pour tervir à l'hisloire t<etétta»tique de la JBc/pifM, t. XXIll}, tiré I 
pirt, im-!. n \>. 

7. Brui«lle», Scliepen», tH93, tlS p. 

3. BruiellM, Hajti, C vot. iii-f, tSSâ-tS'JI, 763, STl. OtS. »», SSO, U8 p. 

4. UocumenU d'huioire MgnUe {Bvitelln d» ta SocUU tort et dhislàtr* 
du diociie de Ll^se. Vl|, tiré A part, IKH, 31 p. 

5. t>ùcumtTtU relatif* à l'^leeUon dit due d'Àt^im el d'Menfo» à la êouw' 
ratnete du Pa^t-Kas {Bulletin de la Commùtion rogale d'httleire, 4* aèriti 
XVII}, llrtl ptrt. IS'JO, 3:> p. 

C, Doeumtntt etnttrnanl let rtlalloiu enirete duc d'Anjou rt Irt l>a<ft-Sat, 
iblti-^Mi [fublicaliofi de la nacitte hi$loriçiu dVlrteklt- U tUyi!. MiJIiufT, 

liâu-tâoi, s vol., 503. oai, ecu t>. 



BRtr,IQOP.. 

ftenl et complèlent souvent les iravaux de M. Kcrv^a de Lellfinhove. 
A celte opoquu se rattache aus6i la Correspondance générale de 
t'.-P. Huiens*, dont le premier volume a paru par le» soins de 
C. RuiLcis. On y découvre beaucoup d'indications utiles tant pour 
riiiflloirc de la politique que pour colle des arts. M. A. re KinDr.R a 
emprunté à un iimnuscril des archives lièraldiques du ministère des 
AfTaircs étran^'ères une Uelalion inéiltte de l' inaugural ion des arcJtt- 
dves Alberl et tiabtlli- aux Pat/i-Bas'. On a des raisons de croire 
que ce manuscrit est l'œuvro du roi d'armes Maurissens. M. li. de 
Mii^iaTK a entrepris de recueillir lc« documents concernant les rap- 
porta politiques et diptomatiques de la principaulé de Liège avec les 
Psys-Bas an ivi" siècle ■', pendant les règnes d'iirard de la Marck, de 
Corneille de Rerglieset de Georges d'Autriche. Le teste est reproduit 
avec soin, mais on en ullend la suite depuis huit ans. La Commis- 
sion royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances de 
1.1 llelt'îque continue son œuvre avec une loualile activité. M, L. Gil- 
UODTS-V«:f Si.VRRET a édité la Coutume de la prévôté de liniffc»*, 
ainsi que les Coutumet d'Artinbourg, Bierctitt cl Blankenlicrghe^ ^ 
puis a'Itfti de Syiscele. Thoarotit rt Watert-Uet'; M. C Ctsitn, le« 
Voulûmes d'Aenchot, Meder-Astenl et Caggeeinne'' ; MM. A. Du Unis 
et os lIo^DT, le tome Udes Coutumcn de la vitUdeGand*. Ledocu- 
OKQl le plus important de ce volume eH la concession Caroline de 
4S40, dont les deux textes, Trançais et llamand, sont également ori- 
ginaux cl ont élé promulgués en m6me temps. MM. Cism el Crauit 
oui ptlblié les Coutumes du duelié de Limbourr/ el du pays d'outre- 
Mmité*. M. C. Li(iiit.<iT a Toumi uu DtuxO^mt suf>plf.menl aux cou- 
tume» du Luxembourg et du comté de CAi'ny "*. Lo même jurlscou- 
snltea rendu un grand service aux chercheurs en combhnt les lacunes 
nombreuses de la Liste des édilt émané» de CAarlc^Quinl ' ' , que feu 



I. AjiTCf»,4c Baciior, 188T. I. I, ln~l-. 410 p. 

i. Mtuager de* ielencu huiorbj-ie*, LXVll, tiré i pari. Gand, Van der Hm- 
gh«a, \BOi. tVJ i<. 

;i. la Principauté de Ittge et tet Pays-Bai au XVI' siècle. UËfte, Gnind- 
mMl, IBXS-ISS», 3 Tol.. 3'JO. Mtl, 3'.H)p. 

4. Rruxelloi. Ooittiaerl». IS88, 1 vol. ia-f, hS», 3tl p. 

5. Ilitd.. 1890, In-V, 036 p. 

6. tbiil., \m. In-C. m p. 

7. Iliid.. tSH, io-t*. '132 p. 

S. ibid., ISB8. III-4-. 7Jâ p. t.e tome I • ét« publie m 18C8 par Glieldoir. 
9, Ibid., 1SS9, ia-4-, ili2 p. 

tO. Ibid., 1888, io-t-, 485 p. Le* d«ax volumM al le premier lapplimtnl ont 
Ht public* p*T U. H. K. Le Clercq en 1667, 1868. 1878. 

II. IbML, 1885, iii-4% 3TT p. — Sup|d«inenU IliUl., 1890, Ut f 



141 BFLLKTII UISTOHIOirit. 

li. Galbsloot avait dressée en iv»j. Il avait aussi comnciieé le 
Rtcwil des oràonwMces d« CHarUi-Quint '. Lo tome I comprend 
les édits portés de I30G h 1509; plusieurs ont imil à ta iiuu*^ 
tioD des indulgeoccs. Le fameui »iège de Cbarleroi du 1 1>!)3 no no 
était connu t\m par les écrits de témoins français. M. C. Pior a 
découvert dans les archives une relalion due, selon toute vn^sent-^ 
blanco, à Don KranciMo do OasUlo Taxardo, i|ui dirigea la d^fa 
de lu place*. H. C. Piot a dunuo le tome VI et M. J. Uhukockt le 
tome Vil du R«ciuH des ordonnanen d«i Pa^t-Btu autriehiens^y qui 
contiennent lesêditsdc \m à I73fl. 

Le m.ir((ui» de Bolta-Adorno fut ministre plénipotentiaire ij 
Bruxelles tlo 1741) à 1753. Ses [Mfiiers, très utiles jUKir la oonoall 
sance des bits polilit|uesde l'époque, sont consen-és à la bibliothi 
Atnbroâlenne de Alilan. M. A. Ciccuik en a donné un aiwrpi 
détaillé*. 

Le mlDisliircaulnchiendi^âirail améliorer la lé^'islation pénale de 
Pays-Bas, el notamment adoucir la procédum en vigueur. Mais.aveol 
sa prudence habiludle, l'irapcralricc Mariu-TtiérèïC voulait, avaotj 
de décréter des réformes, amener la magistrature a adopter scsvttea. 
En conséquence, Charles de Lurnine fit rédi^r parmi umgistrat dis- ] 
liugué, G. dti Kicrlanl, un mémoire préconî^inl la suppression de la ' 
lorlure et t'envoja aux Conseils de Justice en demandant leur avis. 
liD presigu'uaaiilmllé des Juges Ht aui projet» du Gouvernemi-nl uue 
opposition déBespérée. L'auteur de ce bulletin a retrouvé dans les 
archives ce mémoire inédit, ainsi qu'un autre écrit dans lequel C de 
Pierlanl s'occupe de la eréaiion de maisons de force, et il les a publiés 
avec une introduction historique et des notes*. 

M. le cJianoine B. IkcsKTs* a réuni une imporUtnte colleclioii de 
Doeumenlf relatifs <t l'histoire de CVnivonité de Louvain (<42C-j 
I7!>7|. On sait que l'histoire de la célèbre Aima Mater des I^s-l 



1. BnnellM, OoenMre, 1S9I, la-M.. 761 p. 

2. U SUga lU Chaiimi «n tâ'.'S {SniteUn dt ta Oommittiom n^atti ttUt- i 
loin, 5* ifrie, IV). 

3. T. VI, Ibid.. iUSS. In-rol., 060 |i.; I. Vil, lUd., 189(1, in-M., JSO |k U» 
cinq premier* «rolumci ont «16 publie* par tiMiurd tû 1860. 1967, 1873, I871.J 
ISS3. ^ 

4. Lté Papim itÉtttt ito mirA:lutt it BoUa-Adorno (Aultefin dé la ConmU- 
Mon nyaU dltUiolTt, 5* t4ri«. !%■), tif* i |.arl. Wi, 40 p. 

ft. K, Hiiborl. Vn chapitre dt IKtiMn du droit irimiHtt doiu lei Pafâ- 
Bat mtrielvMn» au XVlll- tièeU: its Mtimirtt de Canein de PtsUatl, 
Brmellet, llayex, logj, 102 p. 

Oi Loavala, r«eiere, I8S6, &33 p. 




nRtClQCE. 



145 



n'a jamais élé ftiite. Des travaui préparatoires comme ceiii de M. Reu- 
sens sont donc de la plus haute ulililo. M. de GiBcii de i.a VEr.* noua 
rapproche de l'époque contemporaine par le? tomes XIV ol XV du 
Reewii des trailés et cotivenfiom concernant le royaume de Bet- 
ffiqae'. <tui oonliennenl li>ïiacle.9 datés de 18U u 1891. 

Nous devons signaler aussi un grand nombre de documents spè> 
cialemenl relatifs â l'histoire eccléBiaslique. Tels sont les travaux do 
M. RiiF^BTs, Co/ltelion rfi? dneumenii itur le* Xl.lYcol/f'gesde l'Uni' 
wrtilé de /oNcnin', et sur les Cliar/ft ri privilèges rfc t' Université 
de Ijouvain*; de M. G. Pioi, DocumenCs relatifs à l'abbaye da 
Soiières' ; de M. V»s SriLBEECK, Obîtuaire de l'ahbaye de Soleil- 
mon/, de l'ordre de CUeaux^ ; de Dom Usshkr BtRuitaK, Documents 
inédits pour servir d Flmloire ecclésiastique de ta Belgique *. Ce der- 
nier ouvrage contient de nombreuses cliarles des abbajes de Flo- 
rennes, Lobbcs, Brugiic; mie cbrouiquc du iv° siècle de l'abbaje de 
Saint- Jacques de Liège; les procàs-verbaux des cliapilres généraux 
tenus par les moines bénédictins dans les provinces de Reims et 
de Sens depuis 1290 jusqu'en UIO; une chronique d'Kenaeme du 
XI* siècle, elle Néerologe de l'abbaje de Saint-Martin de Tournay; de 
M. Reusus, Documents relatifs à l'abbaye norberline de Ueylissem^ . 
AI. J. HiLKi.1 a publié les Statuts de la collégiale Saint'Pierre, à 
J.i^ye''; M. E. m M«r^f.ffh le Tableau chronologique des dignitaires 
ttu chapitre de Saint -Lambert, à Liège*; cnfbi M. Tiiuiisieu le 
Jféerotojfe du clergé diocésain de Liège, 1801 à 18'Ji, prêtédè de la 
Aioçrapkie des dignitaires de la collégiale de Saint-Paul, de 960 
<i 1798 ">. 

Là période dikennale écoulée a vu mettre au Jour un grand nombre 
«le cartoUircfi. Nous mentionnerons le (Jartutatre de l'église Saint- 



1, NaoLur, Dcliaux, 1893, 3 vol., til, 430 p. 

1. UuVain, Pvelcn, 1SS9. â5B |). 

3. AimiMef pour jen'tr à l'hMoirt rccliiiaMque lU la Bttgtqur, X\\. 

\. BvUtUn de la Committion royale dhUloirt, I. IV, tiré à part, 1S94, 

a* p. 

y Doeumtntt *( rapp{trtsde la Société arehéoloslqtte et paléontotogi^iie de 
C*ar(r/oi, SSIV. tir* A pari. 1834, 90 p. 

6. MirwtMHM, \m. ÎV> p. 

7. ÀnaUeltS peur serW à thUtoire eccléilasUqtm de la Betçique, XXV, tiré 
4 part, 1895, 81 p. 

e. BidMM 4» ta Soctété'd'art et d'hUtotrê du dlûctsa de Uèçe, X, IM A 
«Mrl, tB», M p. 

9. AnalKles pour tenir à ttiittoirt tccUttatUqut de ta Bttçtque, XXV, Urt 
A part. IS». 53 p. 

10. liig/i. Grtndmoat, 1894, 371 p. 

RSV. HlBTO». LXV. )" FAM. JO 



A*& 



BDurni nisTOBroCE. 



LamAvt, à Uiçe*, par MM. S. Itoiuim et K. SciiA<H.)iKisrus. ilnnt 
les deux premiers voluinet) contlennenl 9W actes datés de 82S à ISOO ; 
un ^mnd nomlire de oPspiPceitsODtd'une importance considérable poar 
rbietoiro LerriloH'ilc el [loliUque de la principauté. Ue CarMatre tira 
eomiftde Hainaut*. )>^ M. Liktp. Diitillus, va juiiqu'À la lin du 
règD0(I(ij8»|uelli)edeltaTi9rc(U3e|. M. Ijéoa U If itk a fait paratlre 
\o Carlulaire de ta rauiMM»^ r/« Watcotirt*, le t. (V du Cartulain 
de la eommune de Oinanl l1S54i-H20) ', le I. I du (Carlulaire de la 
commune ttAndetMe miH-t6iO\* ,el \6 livre da fieft de loprinôli 
de PoUsaeht*. U. Cli. UuatuT a édité la dtnuiiWne partie du Cartu* 
lairc lie la cûmmvne de llnuffrttiie' , qui compretid H actes deSi 
années I1S7 a I5S6. MM. J. Itv iijâtKtr et oi l'att-te tu la Niimont 
dressé le Cartulaire de la trtUe dt Nii>eHei*, ou nous remarquons la 
texte roman d« la l^nteuse charte do Gorteiib<>rf; do 131 '2, (]ui était 
demeuré Jusqu'à présent liwdit. U. B. D>MiR!«M'ri: a commence l'édi- 
tion du Carlulaire de l'abàajfe d'Affliçhêtn et det Monastêref 9H1 «1 
dépendaietU*. M. i>r. u Ckakab a aussi ibît œuvre utile eu dotiiiAnl 
de voluniineuK Extraits analyliqHn de» regUtret drt coniaulx et dti 
ceux aux publications de ta ville de TourRai*". MM. VisName^" el 
DE I'helle t>R u NrsrpB <* ont ruspcciiveiiicnt relevé ks îascripUons 
tombales du pays de VVaes et de la ville de Nivelleâ. 



t. DruicIlM, ihin, lin-\m, ? toI. in-C, 699 et GT3 p. H. {«cbtnolM 
neuseiit a cuniatré i etlle jmpur(uil« pulilic«Uan udp étude critl(|u« : (Ma 
imblicititoa et la Commltuon rayal« d'hiilolre. EiameH ertliçue rf» eart 
lairt dt l'èçlise tiaM-Lamlmrt lU l.ièg« de HU. Bomiant a -vchMlmmuff 
Idnalecle* pow teretr à ïblitotre ttdeiiuitiiiut dv la Btiftqiic, X\V], UrA i 
part, \SS)\. US p. — H. Burinitnt a HpoiU *>rc beaucoup d« rtm : la Cna^ 
miutmt royale dhiitoirt d ion détracleur. Litae, PoncctM, 1894, ïî p. M. Rea- 
wiu o'n plu& iiiiiilé. 

ï. Bnnello*. IhyM, L lit, 1880, fn-l*. 639 p.; L IV, 1889,764 p.;t. V. I8«H, 
781 p.; l. VI. 1896. iriiû p. 

3. Nitmur, Wcinikol. ISBV, 329 p. 

4. llild., tsni, 3H7 p. 

5. m±, l»Q3, 317 p. 
e. «mat, Doutfll». 1893, .^tO p. 

7. JniMtiM de fltuiilut artMologique de tujeembotif^, IS87. 
S. nivelle*, QuignurJc, 1H<ri, 118 p 
0, Ànatetia poitr umr à flUttoirt eecWikuUque de la Belçl^ut, 2* utria, I. 
tO. D&Dï ht ilémolret de la -•iocUté hittorique i» Tourwl, XUII, IM à 

fwrt, 1693, 3% p. 

11. ipiiapbier »'ae$len {Annales iu Cercle arcMolojifue da pags de Waes, 
XIV), lir^i |.uri, is^t, y^ p, 

lï. ÉpUapliier de jyieeUet lA aaalet d* la Soci^é areMalotlqve de ,yieeilM„ 
U et IV), Urt i pari, 18UI, 100 p. - Supplénent en 1892, 80 p. 



* 



UT 

tTtsroini: uiro»t«. Ëpdqol' bduaike, — Cetle période de noire his- 
toire a fiiit éclorc tl'intércssaDlcs monographies de M. IUkiioi', qui 
plaoe il Limhoiirç, près deVerviers, la fameuse Aduattioa, qui a déjà 
causé tant d'insomnies à nos archéologues, do M. A. ot. Vi.ami?ick', 
lie MM, A. Di:CcuLK'rKL&', il. ScuutKVtTis', J.-P.WiLTxmi:% BiigtitT'', 
MiifiEc^, V*™ Neoss*, BtHPs^. Vïv Hi^telxer"', et KEBtnoFF". 

MoiM uiE. — M. I'. ALRKitnnr.K-TiiiJu *' »'e»l occupé d'une épO(]U0 
généralement né^>ligée par nos historiens. Il a prouvé que la division 
do la Lotharingie en deux duché» di--[iijcls nu fbt pas l'œuvre de 
suDt Brunon et «lu'il y a lieu da rotnaniur lu listo des ducs de 
BassB-liOlbaringie, attendu que l'on a souvent confondu plusieurs 
de ces per»)nna»es. L'ouvrage de M. Oh. DdtitigrI' a obtenu 
en 1807 le grand prix quinquennal d'histoire nationale; il renou> 

1. Ltt Ébvroiu è timbovrif. La vMtable Adualuca'CatMtutn 4e Céiar. 
IVamur. Ljmbcrl, im, 1118 p. 

2. le T^TiloIr* dr* ÀdiiaUjuet {Mnia^tr des Kitnctt tiUtori^iiet, LXIJ, tiré 
& pari, Giud, Van >l«r liuHii'i^u, I88T, 63 |i. 

3. ta Mfaitt dn Tongrt-t par /« Sicanihrei, Us Vsipèlei et Ift Tenchlret, 
«n 53 ae- ).-C. [en n^crlanitaU). LuuvHiii, \sa Lintliorul, t^92, 1& |i. 

K. L'IttaMon dei CAuUfUri, #n 176 (Bullelint des CommUii<m§ ravala d'art 
ttt aarch^alosie. X\\\}. tiré A port. llriii«ltc«, WM. IT ]>. — Kpi^raphit 
romain* de la Bttf/UiM» [lb>d., XXIX-WXI), ilr.!: A ]>!>''>. l8UI-lt<!l3. Vil p. — 
Lt* ÀnH^U/* rumaina trùuvéa ea Btlijiqite {Ibid., X\1S], tiré A pari. 
Bnilrll(!«, 1891, 63 p. — Im RemparU dArton et de Tongrei {Ibid.. XXVIII}, 
tiré t pin. 18S9, 47 p. 

S, Vmt iiueriptim inrdile d^eoaverle à Poy [BuUelin de l' Académie ro\/alt 
de Bttytqve, 3- lèric. XXIV), lir6 \ part, IS'J3. l\ p 

0. Le* ClmefMnw de ta (orternue déprave {Annattt de la Soeiité arehto- 
toçl^teée .\amur. XIX], Cir« a |>,irl. Namur, 1892. 32 p. 

7. Lei Vlltai Mga-romalnei dn Maelten {Ibid.). 48 p. 

g. Meouiwrfc i'unt HUa belso-romatne mr la Itmfle de* territoire* de 
Xttrhartn tt de Becliheim {BultiiUiu dct Cnmmlutom tayalrs d'art el d'ar- 
cSMogie. XXVlli), Urt * pnrt. Brnictl», Muqunrdl, \m3. TiU p. 

0. Le Ltmtovrg primitif, ou aperçu inr lei d/coHVfrlet danliquHe* faitet 
4ant le Umbourg bHge. Ilni>'nll, KIork. ISS?, 06 p, 

10, lit* CimeUtrei !ielço-r/nnain4 de Courcelles el de Foryet-lei-Chimaf 
(OocumenU et rapporU dt la socUli' arelUologlquf et paUoatoloylque de 
Ckarler^, XIX). lift A pnri, 18'J3, \h p. 

11. Hotieeâ Kitlori^et et arcMotogiquet tur l'ancienne égltte et les tUtaâ 
ronioinai de yeerliaren. Srat«l\ti, i^S'-i^ 17 p. 

17, lea Duei de Lotharingie tl ipéeialement ceux de Baiie- Lotharingie au 
X' M ait XI' litcle, drpuit toifènemenl de Brunon. en 'JÔÏ, jasiftià la mort 
de tkidt/roi le Pairi/i<jae, en IDÎ3 (ilémotrei de l'Atadémle royale de Bel- 
gique, foll. iu->i-, LUI}, lit» 1 p,irl, 3t0 p. 

n, Lei Infiuencei françalte nf grrai'inlque en Btlgique au XIII' ilêcle. La 
querelle dei (fjKnnM el det Damplerre jatqu'à lu mort dé Jean iCAvettie» 
l\tS7). firuxdlM, F<tck, IS91, 1 vol.. 330, G06 p. 



44B ' ItiuncK iitnoiuocB. 

relie eRlièrement l'bisUiire très compliquée de la hmeUH quorellSj 
des d'Avesnes et des Itampterre, ijuj Ait, au iiit' siècle, pour l( 
l^}-»-1ta3 et pour les provinc(!s voisines b source àv troiihli» proie 
gés. 11 en Tait licitement .saisir le» Importantes mnsétiuencea poK-' 
Uques ; la conc«alraljon dea provinces belu^ reUrdée do ifeux siècles, 
l'anhiblissenifnt île la puissiuicu des comtes au proUt de la poliliqui 
d'expansion de la Franco, l'àpre désir des d'Avesnea de eorrigor par^ 
tous les moyens l'ioiquilé du parlai opér6 par aaini Louis. Lo dite 
juridiijuc du difrùroiid c»t égaliMi]i;ril iraité d'une bçon moglslnla. 
L'auleui* Tnil preuve d'utiu érudiLiuii aussi cxaclo qu'aboodioto •(, 
avec un e»pril critique reniarquahle, il recliOe à chaqu« page 
erreurs qui se sont glissées dans les ouvra;^ anléneors, depoia 
chronique» coiiluuiporuiit&t Jusqu'aux éludcâ lc« plus réocoles. 
lomo II conliCQl 3j5 documents d'arcliiviss, dont ISS soal loAdjtS 
dont les autres ont foit l'objet d'une révision sévère. 

M. Eld. ftifr.Ri.RT' a déinonire la l^usselé de la tradition d'aprèl^ 
laquelle le vol d'une vache, purpétr^ par le bailli du Condroz, ulTIcier 
de justice liégeuis, au délricnonl d'un tiabitaiil du village oamuroiSj 
do Jallet, aurait été la cause des hostilités qui éclalêrent en 127 
entre l'ovéque de Litige Jean d'Enghien, d'une part, les «omtes 
Namur, de Plandre el de Luxembourg, d'autre pari. Comment 
avec beaucoup de sagacit<i les documents de l'enquête faite en IS7S 
parlas arbitres, il établit que le point de départ de la 
guerre dite « de la Vache > fbt rinrêodaUon de la stjgooarle 
Gocsmos, Taile par Jeau de Beaufort au comte de Namur, au mépris 
des droits de l'i-lu de Liège, Henri de Cueidre. 

M. F. D¥. I'otit-h' a puisé dans les ]>oc«ies satiriques du xm* al 
du xiT* siècle, c'est-a-dire a une source passablement suspeeto, les 
éléments d'une esquisse, intérei^anle du reste, des nueurs do laj 
sodélé llatn^iidu. S'il faut un croire l'auteur, le niveau momi de celle 
époque aurait élé sin^lièrement bas. La partie de l'oeurre la plus 
curieuse et la plus digne de confiance concerne les habillements, lea^ 
Jeux et les ffttes. 

Au commencement du iiv* siècle, la Flandre était dans une situa- 
Uou pleine de dangers : les rois de France la mena;alcnl, les com- 
munes étaient désolées par la guerre civile, le pape Jean WII jetait! 
l'interdit sur te comté, la discorde régiiail jusque dans la fomille du 



1. la Oiierrt ilut « de la Vache de Olitii > (fiuUrdit tU ta CvatmiMan 
royale d kuiolr*. i* *«rle, III), HH à put, 1899, 130 p, 

i. U* JVcrurf el eoutimw 4e wlrt peupU au Xllt* et au XIV* âèelë, 
tafrt$ le* poAW d» l'époque (on nierluidaii}. Anvan, Bouclicrr, tOO p. 



MtOIflUE. ~~= U9 

comle. On ne connaissait pa» [e dâlail de c«s cruelles péripéties. 
H. Vi!i t>a Unot-x a trouvé aux archives de Paris des documenta, 
grâce auxquels il a pu exposer d'une manière claire et complète la 
politii]ue de Robert de lièthune'. 

L'bUtoirc du dévouement do« GOO Francfaimontois à l'époque de 
la prise do Li^ par les troupes franco-bourguignonnes, comman- 
dées par Louis XI et Charles le l'éméraire, a donné lieu à une con- 
troverse animée entre MM. J. OsHtsTRAC^el G. RHul'. 

xti* tiicLx. — M. Cti, MceLLKA a reconstitué, à propos d'une bïo- 
f^rapliie', le tableau vivant cl piltorcsque de la cour des l^}-s-Ra.sau 
xvi* siècle. Dans cette œuvre considérable, rien n'est abandonné ù la 
fantaisie; l'auteur n'avance rien qui ne soit établi par des documents 
rcclierelies avec une rare patience daus le» arcliivcs les plus diverses, 
ei Plia en oeuvru avec une remurtguable sai^cilé. Nous trouvons, outre 
l'hiatoirv émouvante des amours d'iïléonore d'Autriche avec le prince 
Frédéric, (Us du Palatin, quantité do détails inédits sur la Jeunesse 
de CbarIe»<Ouinl, son éducation, et les personnes de son «utou- 
rage. Ou a dit, avec raison, ijuc le livre de H. Mœller est un modèle 
d'étude diplomatique. M. A. dk RiDDB&esl l'auteur d'une série d'éludés, 
puisées aux meilleures sources, sur l'Iiisloire politique et diploma- 
tique des r^nes de Philippe le Beau et de Cbarles-Quiiit". Il expose 
atmld'unfimanièreinlêrcàsantelavicintlmedelacourdesPays-^s*. 

M. B. Viiv Ahexperch est un littérateur de mérite, mais ses tra- 
vaux d'histoire pèchent par le défaut de sens critique-, l'aulcur ne 
distingue pas sulllsammeni la valeur relative des témoignages, et ses 
appréclalions manquent parfois d'éqmlé^ M. K. Goftsi&T a lïklt con- 
naître, d'après les documents de Simancas, l'existence de deux filles 
Daturellcs de Charles-Quint : Thaddée, née à Bologne en 1S23, et 



1. Ltt Belalio'u poUtiguet de la Flandre avec la France au XIV' titcle 
(Baltelindela Commiuitm royale il'hiiloire, S-tirir. III), liri: A pari. 1S33,73 p. 
1. U* I**} Fraachlmoalmi. l.i<:f,p, Ui^iniirU'uu. ISQl, 41 p. 

3. L'BrpMtion des GOU FtanchimmUoU à Sainle-Watburge, U 30 octobre 
1468 {BntMin de la Socit^lf dar( d dhiiloire du diocHe de liège. XX). 

4. tU^itore d'Autriche et de Bourgogne, reine de France. Un épUode de 
rhUMrt Set tours au XVI' alècle. Pùris. Thurin, IS05. 34â p. 

5. les Payf-Bat prndani Iri règnet de l'hUippe te Beau ei de CliarIti-QuinI, 
i'aprtt lei atnitauadeuri vinititmi [Mu')a»in littéraire de Cand], lUi ï purt. 
0«adi tSS7, 48 p. — Le» Droiti de Charlei-Qutnt au duché de Bonrgoijne. Pn 
ehap*trt itâ fhUlcire diptomatiqiie du XVI' tiàUe. Loaraln, Peetut, ISSO, 
lOOp. 

6. £d Cour de Cliarlet-Quinl. Brwtf*. l>Oicl£«, ISSO, IT5 p. 

7. XWn yiuin. SrueM, Deaciti:, tB80, 124 |>. - Charlei'Quint. Itilil., 1890, 
1 <oL, 191, 109 p. 



iHÙ HCLLKTt.l UI»T0II1|PI!. 

Juana, née dans la Vieille-('.a$lille au ouurs de la mtoe année '. 
M. G. RiDUiibECK a fait une étude comparée des proeéàé» de gou- 
veriieiucnL du Marguerite d'Autriche, de Marie de Hon^-rio el de Mu^j 
gueriU) de Parme, qui prési<lérGiil sucocssinment aux (testinéos desl 

On a ou l'Iieureuse Idée de réunir un certain nombre de Iraviiux 
hiskMiques publite par Gachard, a diverses é|Mxiuc«, dans tes BuUe- 
tins de t'Ataïkmie rvyo/c de Belgique et dans li» Hullelitu de la 
CommiaioH rotfate ttAûlùire. Nous y remarquons iK^RinieJil sea, 
dUsertationi bien connues sur Don Juan, sur Jeanne bt Kolle, sur Bco* 
tivoglio, elc.^. Mais on les a réiiiiprimûes inlûgnluiaent. Il estcepen- 
daat pruLablo que les ilécouvcrLes failcs dunuit ces dun)i«r«s années 
auraient modifié quelques-unes des conclusions du saranl archiviste. 

Le mémoire de M, H. I^\cii*t, couronné par l'Académie rojaloi 
Ikltjiquc, est une uiuvre de «sérieuse viilcur. L'auteur a partieulïèra^l 
ment étudié les pnpiers d'Ëlat '. tes cbapitros eonccruant Marie del 
Hongrie el Corneille de Borgtaes. ainsi que la conspiration des 
I^aniarck, abondent en curieuses révolations. M. E. Gosuira rccoura 
aux sources espagnole» pour corriger les nombreuses orreurs acer^ 
ditées parmi les historiens bclftcs au suji^l de lu tentative de débar^; 
quemeut en Au»:luIcrrG des troupes du t*liili|)|i« Il '. 

xtir ol xTiir SIÈCLES. — M. A.-J. Niiitf.BR a écrit pendoat les] 
années IKSII a |m92 la dei'nîiire partie do son grand Cours d'AiS'i 
toirt nationatâ*. Ga treize votumee correspondent à la (lêrioda-' 
qui ft'Atmid depuis le gouvcruemcnl général do Don Louis de Hequv* 
sens jusqu'à i'avèaemcnl de Napoléon I" & l'i^mpire. L'auteur a visé 
à étro Irës complet, el s'est occupé à la Tola de la politique, du la 
guerre, de b reli^-ion, des sciunces, des arts, des lettres et deis qoos-J 
lions économiques. Il ne s'allacJie pas aux points controversés, el mel ' 

l. Dfvr /iitt* nalurelttt dt CharUt-XHUnl, TImW* tlJitano {Iteime He M- 
jfrua. LXXII), llrïi * pari, ISiH, W p. 

1. IM Trot* Hgmtfi* it*i Pagi-Bot, tS07-l56T llltwtieMgbrie, LKX-LXXI), 
Ur« ft pAfL Brnicll». mi. 45 p. 

3. i(wtet el nolleet cùnerrHont thhtotr» lUi Payi-Bat. BrucUet, Osya^ 
1890, 3 vol., iW, im, 61! p. 

4. De Catlllude tiei toaveraint du Paji-Biu à r^forê il» payi de Lièf* an 
xrr ittelt. llayM, IS8», Î3I p. 

5. L'iHviiKtbtt Arnada (/r<t>u« lU Belfique. VU), tirt i p«rt. Btiiidla»,. 
1886, M p. 

C. lAuvalfi, C. hoiitnjii. 1S«S. t- XVII. Wl p.-, 1. XVIII, «13 p. — 1887, L XIX, 
«9 p.: l. X.V, m p. — 1838, l. X,\l, 3'J* p.; l, XXII. 4M p.— t«8U, l. XXlll, 
aas p.; I. XXIV, m p. — ISaO. l. XXV, 386 p.: l. XXVI, s» f. — 18»1, 
L XXVII. «30 p.i I. XXVIll, 391 p. - 1801, 1. XXIX, 199 p.; I. XXX, Imlex 
Kâiiér«l, 503 p. 



: 



BKLGKIVI. 4KI 

en ceuvre, a>«c beaucoup de soin, les matériaux accumulés par l'éni- 
dilion moderne. Sauvent il se bomcà reproduire purement «Isimpl» 
mont 1c^ <toRU[neiit>i et. les travaux anléricurs; il a d'aiUeura la 
loyauté de déclarer dan» sa prêl^ce que, « s'il est un livre foil avec 
tl'aulrts livres, c'est aasurémenl le sien, > On lui a reproché d'avoir 
laissé en dehors de ses rectiurchcE les ouvrages dlemandâ et hollan- 
dais, dont nmporlaiice e^l cependant capiUilo. D'autre part, son 
<euvrc cit trop toulTuo el les vue» d'ensomble y font défont. Li^ style 
est clair, correct, assez froid, mais sans séchereâse. Lc^ jugements 
eoiit en général marques au coin d'unu modération relative; aussi 
eslHin surpris de rencontrer (lome XXI, 239) une tenlativa de roha- 
Mlilalion dii Italtha^ar (lérard el un plaidoyer en faveur des proscrip- 
Lions du roi d'K^pa^'uo. lies chapitres les plus intéressants de celle 
vaste compilation »unl cuux que M. NamMie con^tcre à l'histoire 
inldlcctuelle des Pays-Ba^. M. l). ItiULtxuKcx a déerit, sous des cou- 
leurs moins brillantes (|u'on ne lu fait d'ordinaire en Belgique, la 
société belge du temps des archiducs Alberi ut Isabelle'. De tout 
temps, il y eut entre les l'ays-ltas et la principauté épiscopale de 
Llige dts rapports suivis et intimes. Ces rapports avaient été expo- 
sés le plus eouvvut d'une manière superûciello, el t»eaucoup d'histo- 
rteos bel^^, négligeant les documcnU diplomatiques cl les papiers 
d'Étal, avaient écbafaudé leurs appréciations sur il&s t'xrits du ti^mps 
peu dignes de contlaiia'. M. 11. Lonciiit' u procédé tout autrement. 
S'atiactianl à dépouiller les correspondances importantes que con- 
tiennent les archives de Kranct; el de ftnl^'iqne, il y a trouvé de \éri> 
taUe« révélations sur notre histoire durant les deux derniers siècles, 
notamment sur les intrigues françaises A Liège, et il a complété son 
ceavre par une revision sévère des sources et une critique serrée deâ 
iravaui antérieurs. La Ruelle, le fameux bourgmestre de Liège, sort 
trè» anurindri de l'cnquéle minutieuse â laipielle noire auleura sou- 
mis son ora^use carrière. Nous constatons dans le livre de M. Lon- 
chay une grande liberté d'esprit et un v)f désir d'impartialité. Le P. L. 
Dairuce' s'est attaché à une des périodes les plus troublées do nos 
aanalea. Après avoir exposé très clairement le mécanisme des insti- 
tutions de l'ancien régime, pour lequel il ressent une admiration prcH 



t. Im tnid €l les Bfrlaymont (ffmntf dt Bflffijvt, 1. Ht), Uri t part, 
nroiellc», I88Û, 20 p. 

3. la F'InetpauU di Liige, ta Franeii tt les Payt-Bat au XVII' el au 
XVUf ilM^«. Bnii«llu. Iliju, WM, l'JU |i- 

3. Joupk II et la révolution brabançonne. Bruges, Bejacrl, 1890; 3' idil., 
IS9I, 300 p. 



4S3 



Bvuen<i iisTORiQce. 



fonde, il critique av«c un* thvttilA pu-rols Justifiée, malt souvent 
«xcea»iv«, tous les i>roiels rérormali-urs ilc Jo<K]>li U ; il a le tort do 
ne pu distinguer suffigamiiKDt les InDovations b&tives et iacoosU— 
tuUonnolIcs des rérurmes peul-Alre préinaluré^, mais à coup sur 
inspirées par In souci du bi«n public et que t'ciiérieiico d'un ùedo 
enlior a mninlenaiU Ju&lidécs. Celle sét'érité surpreod d'aulanl plus 
le lecUïUf qw notre écrivain jette un voile indulgent sur le caractère 
séditieux des actes de l'opposition, sur le manque d'esprit politique deft- 
slalisles et sur les excès et lea folies de la révolution brabançonne. 
Nouâ devons signaler un appendice bibliographique très complet. 

Le cardinal do Franckenberg fut l'adversaire le plus déterminé et 
le plue actif dos riVfunnes eeeléfciasliques tentées par le gouvernement 
autrichien au siècle dernier. M. A. VEaBÀSOEM* lui n consacra ua 
panégyrique inlére.<>sant nt paBuonnô oti l'on trouvera la veraèon 
calholiquu de l'histoire si controversée des régnes de Marie*Tbértie 
et de Joseph II dans les Pajs-Bas. H. E. Discaillu*, qiu appartient 
à une tout autre école, a fourni une conlrihution égalemeiit trèe inté- 
rassanlc h l'histoire du parti vonckinte et du clergé démocrate pen- 
dant h révolution brahan^onne. Un grand nombre d'écrivains ont 
étudié l'occupation fraiivaise de la Belgique à la Un du ivm' siédc. 
Ëgalemiint inspirés par le sontimcnl itatriotique, leurs livres sont 
d'une valeur très différente et beaucoup dégénèrent parfoi» en dêda- 
m»tions. Lea différentes brochures du M. P. VuintEti» ' sont le 
fruit de recherches eonsciencieuges. M. L. Mituot a bit parallro, 
sous le pseudonyme de viy Rucheu.ige?! , plusieurs ouvragée eon- 
cernant la seconde partie du iriir" siècle*. On vient de le» rééditer. 
Ce sont des ceuTrcs alisolumenl partiales d'où lout esprit critique 



|. le CanHnat Jean-ltenri df Ftanelienbtry. Bragw, Deulte, 119 p. 

3. Uomntéi et ebott* Ut (a révolution frrabanfûiine (R«me de Adgr^fw, 
LIV-LV), art A ('»'(. Briiidtes 1887, 50 j>. 

.1. Kitat sur ta Utertédé ta prou *n Bttgiqav duranl la dwiùmalioni fran- 
fûlM (1797-lBII) t,Annatt* lie ta SoeUU archfoloçigne <lf BnirrUet, Vlj, Uré 
1 pari. BruicllM. 189'.', 13 f. — Le Trtbutiat rduclulionnair» de ttrvx^tet 
UltM., VII), tità t purl.llruicIlM, Itii)}, 'iS |>. — le Pruta ti ta monde P.-J. 
t Herbe, 4e 8ni)et, futitl^ù Braiellei It 17 octobre 179* (Jhnnijfrr dtt teieneei 
liUtoriquet. I.XVIll. m><lj. 

t. Maria Theretla. Anveri, De Koniafli, 1801, 300 p. — CcfcAfctt^it der 
Va'lertan'lt. De Palriollenlijd. Keiier Jaief II. Dr Bralianltthe nmt-enleUng 
[lîiitotre nationale. L'époque de* Patriotes, l'rmpereur Jaieph II. ta Hévo- 
iuffoit bral/an^vi\M}, Giiid. Siffer, 1894, 37,^ p. — Oe iroebele l{id. BetfU 
«n(t«r de frantcherepabliek, Boereitkriig-Ketkvtrvoljmg {Le* temps IrooMA. 
la Belgique tout ta R^Hblique française. Cuerre des fajuaiu. fmAwim 
niigUuâi). ADven, tB89, 190 p. 



RELCIQU?. 



153 






isenl. M. Stirs a (ait l'histoire du gouvernemenl incapable 
de la révolulion br»l)am;onne', (\a\ succomba biciiI6t ëouiî le 
poldftde se» fouLcâ. M. il. Scuuebhins a écrit un chapitre très neuf 
et Iris attachant de l'hisluirc do l'occupaLiuii française en Belgique*. 
Le livre du P. Ukltuce ' est plus important. C'est un tableau d'en- 
semble des roiflêres et des souiTrances que nous valut ia conquiïte 
française depuis la balAilIo de Jcniniape^ jusqu'à la chute du Direc- 
toire. Les travaux de MM. SLVsyâ* et \àh Likkkx^ sont d'une valeur 
itnflnimenl moiudre. Dans les Conscrits beigts', M. A. Tfis f^it un 
récit (tétaillé de la (guerre soutenue contre les armées fran>;aiâes par 
(es paysans Qamands et camplnoîs qui se reru$aicnt k subir la 
conscription. I^e livre no fera pas oublier la Guerre des paysan*, 
d'A. OaiB; il coriticiil co|)cndanL des données nouvelles, mais l'au- 
tour tombe <iuuvenl dan^ri l'eiillure. 

I Citons enfin de curieux souvenirs de contemporains sur les événe- 
ments de la On du xviii* et le commencement du m* sifcle '. 

lU* siicu. — M. l'abbé S. ItiLiu est très bien au courant de» tra- 
vaux imprimés; il met à prolll lea mémoires les plus récenlâ aussi 
biea que les monographies les moins connues pour retracer rbi!>toire 
de nos provinces sou» la domination impériale^. Sou livre n'aurait 
rien perdu à être débarrassé de certains hor^-d'œuvre (|ui ne pré- 
Bcnlcnt pour l'bifiloirc de la Uelgiquo qu'un intérêt secondaire. La 
partie vraiment neuve et d'un puissant intérêt, même après les tra- 
vaux de Thicrs et de Cliarra», est l'élude des Tuits mihlaires, pour- 
suivie avec l'aide d'un collaborateur spécialement compétent, M. le 

levalior m. SaïuERS [>e Mobinville, nuyor au corps royal d'état- 
nujor belge. M. P. Podllet' s'est livré â de patientes recherches 



t. De tirtçttclu repuùtitk van I7B0. AnTora, J»nD*Mnx, 1891, 190 p. 

Z. Le PtTTon républicain tt À.-J. Janton [BuUrtln de flmUtut arcUolo* 
giqu» Mge')ii,. XXIV, tiré i porl. L\v%<:, <\<^ Tlikr, 1801. W |). 

X Ut Hel'jigae et la Ifrolulion françahe. I.«u»ain. Iilat, 1895, ÏGO p. 
' K. Ont vaiiertaitd Itjdtnt il* frnnKli4 ocerktertcliing op het eiiule der 
XVlll' tttttr 17*3MS0Î {Xotrt /tatrie »omj la domination françatie à la fin 
du XVIII' tittle). Coudrai. 8i'][ii«rl. 18D1, 1^0 p. 

5. De iant h-'ioUfn in Vldiinderen, of de heldeiutrijd der haeren in 1798 
(£m SaHi-CuMIa en Flaaiire ou la laite Mniqut dtt Paytant en 1796). 
BtUUllei. Vcrgiurl, ISQ4, "JUA {>. 

6. Ite btlytnli* CoriicriM (ii 1798-1790. Loovaln, Pceten, 1890, 130 p. 

7. X. Van deii Slevri de Jelinii, Souvtntn )lt Françoii Oarnltr (1746-1848}. 
Uégp, GniDainoul, l8Sr., 2 toi., 15».50S p. 

8. La Belftjiie tout rHiiiptrt et la défaite dt Ifaterloo, 1804>lSt5. LouTain, 
C, Foniejn, î toi. ï80-3n j.. 

9. L'Etprit public en Belgique pendant la dominalton ftançoite {Matager 



154 BtLLETIX BinOUQBK. 

ftur cette mémo époque el a tiré des (ktcutnenls les plus auLben- 
tiquu, tiotaffliucml des rapports secrets <Ie la polke iiupértale,] 
la pnuvu de l'iiutipalliie du btlget pour le rt^-imc fraurai» ot des 
regrets que leur inspirait le souvenir de la maison d'Autriche. La 
dooilnation rran^aÎHe ito fut populaire un Belgique «lue pendant la 
période du Cunsulâl ot les premiers temps de l'Kmpire, alors que 
l'on avait confiance dan» la durée <k la pais d'Amiens. La mesure 
qui coDlribua le plus à T^iire iinllre eelle popularilê Tut, après la «mi-, 
dusioo iJu KuiicorJ;tt, la Lnnsforniulmn du purl d'Anvers. Le lieu- 
tenant général V. WirTsaiiins' a eipoaé en détail le» projets que 
Napoléon avait conçus pour le itêveloppenieiit de notre ntétropolfl, 
commerciale. M. Ad. DvDuia a fourni i[ueli{ued éclaircissonHintB 
i'Ejcpédttion de WaleJieren* on ivoti, d'apré« les rapfKirls de Cor- 
nelisâen au comte d'Uoudctol, profbt du déparicmenl de CHscaut. 
A cette même époque se rattache un i>roeés célèbre qui noua édlflo 
sur 1<^^ abominables procédés Judiciaires de rEnq>ire*. Le malra 
d'Anvers, Weerbrouch , aocuaé do détournement des denit-rii publies, 
acquitté par la cour d'asaiws des Deus-Kéthcs, vit son acquiltemejil 
annulé par un sénalu^con^ullc, au mépris des stipulations du Code^^ 
d'inâtruclion criminelle; traduit à nouveau devant la eour do Douai, 
11 mourut en prison avant d'avoir été jugé. Le Conseil d'&lat réhabi- 
lita .'ia mémoire après une admirable plaidoirie de Qerrjter. Nous 
devons h M. P. PooLLKT* une esquisse lai'^emcnt dessinée de l'his- 
toire du rojaume dcit Pays-Bas pendant I» années 1815-1818. Ils 
surtout étudié Iivs correspondances des ministres de France et d'Au- 
triche, accràlitcs auprès du roi Guillaume I"; il discute avec une 
impartialité ompletR K's questions délicates qui surgirent à catt^' 
époque, noLimmeiit les diflicutléa que présenta l'adoption de la loi 
fondameiilali'. 
M. P. BEHcxi»" a rendu d'une manière intéressante la pliysiono- 



dt» *cienc«i hUloHfuet, LXVll-LXIX), tirt à put. G*nd, Vao der llMflin, 
1893-9t, 1» p, 

t . SopoUoa et Canal. ÉpUod» i» ChUMn mUUatrt tAnvtrt. OruxeUM, 
MuqusrJI, 18S8, "M p. 

1. Vti*ag«T dei irlenceâ hUtorlqun. LXVIII, Ur* i part Garni, Vaa Av 

X A. Tliyn. Va <Iramt judkiairt en liitl Anvort. Knnaas, I88t, lU pu 

4. Ita ettmitrti ann^ei 'i» royaume lUs l'ayi-ltai [ItêwUê gitttrtOê, I8U> ' 
1895), liriiâ patl. Ilruxdl», Sclippcnn, IRi'S, 9î |i. 

5. Ètudt sur l Vloquence parlemenloirt loui lu rtfflm* holiandatt (JMaWfnV 
dr lAeaiUmit ntale de Betffigue). eatl. iaS; XLVl, Urd 1 ptH, BraidUn, 
IU]r«t, a p. 



HELGKfVE. 



ISS 



mie agllcti des asscmblôes parlemi-iiUirus de cette même époque. 
Nous y voyons DsKrc, avec la Douvultc inoaurchic, la <{ue6tJoii des 
langues, <iui dcvail jouur un KjIu si imporlanl dans les prélimi- 
nalreg de la révotuiioa de Isso. Le» Mémoirei de G. Sïicxiiix', 
ècrils avec beaiicoup de ï^implicite et de fine lioiilioiiiîc, cuitjunnuiil 
de curieux déUiiU sur la vie privée el publique de la tiourj^coisiu llu- 
I rosndu du iir siècle; le cliapître rL-lalif auï années |K|S-t830 est 
^ft parliculièrcment û\m\e d'atlentioo, ainsi que les pages consacrées 
^V aux dêiiuls de l'Université de daiid on 4817. M. A. Hoci; u l'ail uue 
[ élude aimlusuo sur la bourgeoisie wallonne à celle époque*. 
^K Un livre de l'abbé S. Biud^. arrivé à la quatrième édition, el qui 
^L Icmotjjne d'un labi^ur considérable, nous conduit dan^ l'histoire luul 
^Kfclkileoutenipordine. C'est un rôquistloire 1res vif contre Lapoliliquo 
du parti lilwitd belge; les dernières éditions préâcnlenl des amélio- 
rations aeiisililL-s de l'ouvratje priiuîUf et se rapprochenl davantage 
du Um qui oonvienl â l'histoire. L'auleur s'est livré â des rechercher 
(MlknleA et il expose avec clarté beaucoup de choses peu cmuiuos et 
qui mérilaient d'éiro Urées de l'oubli. Mais il ne l'ait pas l'histoire 
das idées politiques el de l'évolution de nos partis, due a l'inllucnce 
exercée par les proacrîts du coup d'Iïlal d'une part, de l'autre aux 
cncvctiques de Pie l.\ et au concile du Vatican; l'importance des 
queâlioiis économiques n'est pas asseï mise en lumiôrci eafln, 
M. Balau ne s'ulDranchit pas toujours suflisainmcnl de l'esprit de 
parti, el il passe parfois sous silence: des fkils do grande imporlanco, 
nuis qui gênent sa thèse et sont au dé-vtvantage de ses arats. 

M. P. W»bVRiiiii?is ' nous a donné le portrait des principaux de ces 
exilés rrau;ats : Buncul, Madier de Mouijau, Hctzel, etc. Il n'a vu 
<|Ue l'influence exercée par ces hommes df lettres sur la vie inlellec- 
luolle de la Belgique ; il n'a pas plus examiné que M. Ilalau l'action 
<le ces ennemis du césarisnie sur l'orientslion du parti libéral belge. 
Ceat de leur proiiai^ande par les cours el les conférence-s que date la 
naissance du parti radiuat en Belgique. MM. P. Hi»?is et K. Du.- 
CROIX Gonliouuiit VUiitoire jiaiirmfnlaire de la Belijique^, qui est 
ua nMimé absolument exact el précis des débals de la Chambre des 

I. Vil Vader Brrymunn'i g*<tti\ks(liriflrn. (ionil, ViiyKU'lMi, ]!>!);■, "Î3'î p. 
S, Manin el coutuuia buurfeoUes à Liiyti tout le rtsime hoUandalt. tiitfi, 
ni, IWi, IBS |>. 
, SoimnlWir niu il'hiUotre eonitmpornine de la Belgique. Loutaia, Foa- 
t«ïn, ■!• *d., ISlKl. Ul p. 

I. U* Mfuyi^i 'lu Coup d'Èlat en Belgiijne {Majaiin llllfnire, XVI], tiré 
ik ftrX. Gao<t, SilTcr. i89t, 70 |>. 

5. Aante* ItAfl-lti'^^ Bniielle*, Brajliat, ISSt, IW f>. 




n« 



iDiUTis Rtnotiiiot. 



reprMeDtant» et du Sénat. Nous devons mentionner aussi lo livre (le 
M. VA?f IIuobkikiik', ([uI nous rapproche «ncoro darsnla^ da temps 
présent, mais c'usl un recueil cl'arlicle« de Journaux qui toumeat 
parfois k la divagution. Noue i-ccommandons surtûul au ledcor 
impartial la relation, par M. Van tluorcfackc, de la cotilrovcrsti qui 
sur);ileiil»m-4»92 entre leâ Ijollandistos d'une part, et MM, WagG< 
ncr cl Pirunnc d'autre part, i propos de Galberl de Bruge-i*. 

ilioGBiPHiES. — L'vtudo t-cientiflquc de la vie des grands hommes 
a oonlribué pour une forte pari au progrès de la science liisloriquo. 
Noua applaudissons donc à la continuation de la Biographie natio- 
nale^, publiéu par l'Acadimie royale de 1ie4g(<|uo. On peut cll«r 
parmi les niono^rapliiei lu plus AludiAos eolles d» duc» Henri de 
ItrabanI (par M. Alph. Widtsbs), de Henri do Gueidro (par M. H. 
PiHtrinF.),del'liilippcdeHorneslp3rM.Tb. JnsTKJidesJeand'AvesQM 
(par M. Alph. Wiimits) , de Jacqueline d« Bavière (par M. C. Pior), 
do Jansi^niii» (par M. A. Le Itoi), de la Kelhulle de RiJIiovo (par 
]UM. Paul I''hkdeuii:i;» cl II. Viw der LnoEii). de Saiol-Lambert (par 
M. G. Kc&Tu), de La llucllu (par M. II. l/)?rcBiT), de Joseph Lobmu 
(par M. A. Kaeson), du Lôopold f" de Belgique, de Léopold M d'Au- 
triclie (par M. Tli. Justk), de Leys (pnr M. M, Itiioss»), de Salot-Ué* 
vin (par M. H. I'irki,xk), du prince de Lifjne (par M. Alph. WAems], 
de Juste. Li|)se (par M. L. Roirhcu), de Louis itc Bourltou (par M. A. 
LoNcoii), du Louvrex (par M. A. i.B Roii, de .Uonileville (par H. H. 
PiKCfNRl, d'K. de Mansfeldt (par le lieulonanl général Hr..iataB). des 
Lumarch ^par MM. di: CheitTiikt de IUxufe, Le Roi <it Loicntï], de 
Marguerite d'Autriclic, de UargumU do Con»tantinople et de Mar- 
guerite de Parme (par M. Alpli. \ViCTRRa],de Marie de BourgogM c4 
de Marie de Hongrie (pir M. E. de DoaciiiiHAVK), de Jean <k Namix 
(par M. D. JicoB»), du Philippe de Marnix de Saiule-Aldfgoode (par 
M. H. Viii DES LinBEn). 

l^n dehors de cette publication de TAcadémle, nous devons meiH'j 
tionner un grand nombre d'éludés biograpliiifues, plii» ou moioS'' 
con:jidérahles, d'inégale valeur, mai» en général instructives et inté- 
ressantes; celled'Éginlmrd, parM. E. Bicoi '; du chroniqueur Pi«rrfi 



I, Quatre aiw d'évolttllon. Relation 'la principaux {aiU poUtiqiui et 
toclaui aerompitt en Belgiqur de IHIM à IS'H. GïncI, Siflor, lft94, 4»:| |t. 

i. Voy. riiUloire rériclique de Mlle MnlroT«r«e d*n« lu /In-ut Auttrtfue, 
L, W6, 1S7. 

3. Bfui«1tw, BruyUat, t. IX. IBS6<87, 39& p.; - t. X, 18SI<-«9, 400 p.; — 
l. Xt. WM-0\. 405 p.; — t. Xt[, 1B9203, 4Î2 p.; — t. XIII, IRM-OS, m p. 

h. Étiute biognpliiqut iw iîpfnÀanl. LItgs. UemarlMu, 1848, W p. 



IM 



Bin.Lrm nnontiii. 



eomtût f. Ncve'.de publkislea comme L. Itymans*, de UUéraleure 
eomnuiJ. Van ltecr«>«lAd. Malhieu*, d'IiUtorienscoinintGacliard*. 
Joate*, Alph. Van ika Pecrcboom', Kervyii de Loiumhoire*, J. Van 
Praet*, J.-J. Thonissen", d'arliaUs commis les p«iulr«s CanneeJl'*, 
C. Verlat", N. Oekeyser*», A. Kobcri'*, les sculplours G. M J. tieefe'» 
«l E. Simonia", l«s mu»ieiens A. Vieux lempis*^, de Juriacoosultes 
oommo M. N. Leclercq", f. Tldemans'*. G. fsidcr", 6. Nypcis», 
d'économtetMoomino P. Do Decker*' ot âmile de Uvclcjc», qxii fut 
en même temps un Itistorion do gnnà mi^rite «l un publicîsle U'udq 
merveilleuse Técondllé, de savanU comme le paloonlologiste U De 
Koninck", l'aslroiiome J.-l'. ilouzoau", IflcnaUicmatlcien Liagro**, 
lecluinislo J.-S. Sus", l'ingénieur H. Maus-*, etc. 

Le monde poliiique a fourni égatomenldeti sujets aux biographes. 
Nous devons a M. É. l>is<iiii.i.B3 deux élmlus inlêres^.'inle^. l'une sur 
le socialislv Tranfais Viclur Cunsidâ^anL'^ l'auU'L- sur le député répu- 

I. Pv M. T. Uni), Annuaire i» t8«C. Un A p«rl. Bnuollei, Utjti, S6 |i. 
i. Par H. J. Sloch«r. /M,. ISyt. U. Iltid.. 136 p. 

3. P« k iQ^me, it>id., ISt», lil. Ibid., Tl y. 

4. Paru. U|iU. Wiuten, IbU., 1M79, iié4. ta lASI. Uom, Dm|iiou«, lS7p. 

6. Par M. 0. Piul, Annuain <k 1688, Id. Ibid.. 4t p. 

e. P*T le Ueut«iiut Rentrai P. Bmrartl, Ibid, 1889. id. Ibld., 14 p. 

7. Par M. Al. Hwov.tbUt.. tS8S, Id. Ibid., 33 p. 

8. Par h lirulcnunl ernèn] P. Uentarii, Ibid.. 1893, Id. Ibid-, 65 p. 

9 Par U. Alpli. Wjutcn. Ibid., 1889, id. 1bl<l., 33 p. — Voy. aniai b Bi»- 
gnpliie de J. Van Pratl. pur M. P. de MaulloTlIlti, dsiu la Rnue ftndrttU, 
1889, iiti i pari. Il tu ici Iw. ftclicptnt. Ai p. 

10. Par U. Laini. Annuaire. 1892, id Ibid-, 101 p. — Vuf. auMl la ITMI» 
tur J.-J. Tliuniaeii. par M. A, NfitEnn. LodtoId, Van (Jnlbuul, 1889, 31 p. 

II. Par M. .Stullaurl. Annuaire de tSB3. 

iZ Par M. M. nao«-t. Aantuitre de 1894, llr« à |>arl. Drutelle*. lUfei, S} p. 

13, Pur K. II. Ilimaiis. Ibttl.. 1889, id. Ibid., 111 p. 

14. Pat U, II. Ilvmant. Ibid., mi. id. Ibid., 98 f. 

li. Par M. Mutcûiil. Ibid., 18^0 et 18.88, Id. IbM., 44 e1 52 p. 

16. Par It tattne. Ibid.. 1866, id. Ibid., GO p. 

17. Par M. J.-Tb. Rudom. Ibid., I89t, id. [bid., 1S3 f. 

18. Pat M. C Faider. Ibid., 1890, Id. Ibtd., 68 p. 

19. Par le menu:. Ibid,, 1889, id. tbid., i'J f. 

20. Par M. F. Gln<D. id.. tS93; Id. Ibid.. m p. 
31. Par M. Loomans. Ibid.. \rtSH, Id. Itild.. 48 p. 

i2. Par H. C. Piol, Aimualrg tic 189:, ilr« t part. Druxellot, Hayei, 70 f, 

13. Par le ciitnic Ooblnt d'Alriella, Id., W.», id. Ibid., 104 p. 

14. Par M. K. Ua Pnnl, Id.. 1891, Id. Ibld,. 4T p. 
as. Par M. J, Liogre. id.. 1890, id. Ibid., 104 p. 

V: Par le lipulennal ij^neril RTlalmopl, Id.. 1891, îd. Ibid., 54 p, 

37 Par U. W. Spring. Id., 1893. id. Ibld.. IGU p. 

36. Pu le lieutenant gL^nAtal Itrlalmonl, Id., 189S, id. Ibld.. 48 p. 

39. Le iocialiUe françai* Victor OontlMrotit en Belgique [BuiUltm dt TiM- 



BELCIQrE. 



159 



blicain A. Ca$llau'; M. T. Sevras a r»it rcvivns la phy^onomiosym- 
palbiquc du Gtumoîne de Hauru«, le doyca du parlement belge*. 
U. DB Ln^a bit de niéme pour le chanoine Andries, ancien membre 
an r.oagrès national, fwdatenr de U SocléLè liistorique d'émulaltun 
de Bruges, auteur d'eallmables travaux d'iiistoirc locale et d'arcliéo- 
logie'. D'autre iniportancu est le livre runiurquabic où M. A. Nis- 
SExs a exposé lo rùlc joué dans la polîliijue lielj^R par E. Pirine?. ', 
le représentant par excellence du libéralisme gouvernemental. Le 
biographe n'a pas négligé de montrer, à cûlé du parlementaire, le 
sarant, le jurîscunsulte et l'êconomisle. Voici colin un antre livre 
do valeur, mais pluâ important encore parce qu'avec la vie de l'cmi- 
oent liomme d'État Chartes Hogier^, qui donne à l'œuvre son carac- 
tère d'unité, M. E. Pisciilles déroule à nos regards toute rbisloirc 
Goatcmporaine de la Belgique cl une notable partie de l'histoire poli- 
tique générale. Le tome 1 traite de la carrière de Itûgicr avant la 
Révolution; le lonc 11 expose le» péripéties de la crise de 1H30 à 
<ÏI35; les lames Ili et IV, surtout, abondent en révélations I.inl6t 
grave*, tantAt piquantes, sur les mjslére» de ractioii gouvernenien- 
taie, spécialement sur les difllcultés de la question militaire, sur les 
rapports de Léopold I" avpc ses minislrna libéraux, rapports souvent 
tréstendUR pourde-i causes futiles, sur les compltcalions de la pollliiiue 
élran(,'Ëi« à l'époque de l'attentat d'Ursini ; puis lorsque se constitua 
le rojaumc d'Italie; pendant la guerre austro-prussienne de 1866, 
1 l'occasion de la question du Luxembourg en 1867, etc. Signalons 
dn pages éminemment instructives .sur les négociations qui nme- 
aènntl'afTI*ancbisâementde l'Escaut en 18113. M. Discailles a eu a sa 
dUpuJÎlion tous les papiers de Hogier. \& plupart inéitila, émanant 
de nos deux rois et d'un grand nombre d'bommi;s politiques, et il 
les a rais en œuvre avec beaucoup d'habileté, une grande probité et 
loole riroparliallté possible quand il s'agit do matières aussi déll- 
eotes, IntêrvenaDl discrètement ut laissant presque toujours parler 
les Mta et les documents. Ces quatre volumes fourmillent de rensei- 
pementâ curieux qui éclairent singulièrement riitstolre des partis 
et des ministres belges, et qui niodiQeronl profondément l'opinion 



royale tf« Belslqvt, 3* *irl«, XXI.V), i\ti A |Jiirl. Bruxeltei, ilajree, 

usa. 4* p. 

1. Cn ptieun*ur. AdtUon CaïUan, ancien député de l'anondiiiement de 
Timnuii. .sa carrière parlemtntatre et lei éeril». GïDd, Uotle, 1893, 94 p. 

2. Coutirai. Boitacrt, IS'.U, 135 p. 

3. BruK*. ■!* ri.infko. IS-')Î, «'J p. 

4. Budore firmu. i)niielle«, 3cli«p«iii, IS03, 334 p. 

& BruellM, LeMKue, I8ai-IH95, 4 vol., 310, 440, 410, 300 p. 



160 «OLUTIR BISTOUQUI- 

qu'on s'était faite sur les hommes et les événemeats. H. DïseaiUes a 
porté la lumière sur maint bit obscur, complété et recUflé en bien 
des points les travaux antérieurs, comme ceux de T. Juste, Tho- 
niasen, Hymans, etc. On a reproché au biographe de Charles Rogîer 
d'avoir conçu un plan trop vaste; l'œuvre aurait gagné si les deux 
premiers volumes avaient été plus condensés, si l'auteur avait laissé 
- de côté des détails par trop abondants sur la jeunesse de sou héros, 
lesquels ne présentent guère d^intérèt historique, et pourraient sans 
inconvénient demeurer réservés au domaine de la piété fomjliale. 
Quoi qu'il en soit, ces quatre volumes se lisent facilement, grâce & 
l'incontestable intérêt du sujet, et aussi parce qu'ils sont éoita d'un 
style clair et nerveux, et que H. Discaiilea a fait preuve d'un réel 
talent d'exposition. 

Nous citerons enfin une étude très fouillée de M. Htx Roosxs sur 
l'écrivain J.-F. Wiliems', qui fut un des protagonistes du monve* 
ment flamand en Belgique, et l'intéressante Hittoire du règne de 
léopold II, par M. J. Torfs*. 

&ig. HonftT. 
{Sera continué.) 

1, Jan-Pram Wiltemi. Gaoïl, Vaylïleke, 1893, 144 p. 

2. Ltopold il, %ia Itven en sgne loerim. Gind, Vu der Poorted, 1S9S, 1. 1, 

288 p. 



K0R?IEN1I>!I : DIE BISTOR. SCaBinSTGtlRRRt DES G. AStfltïïS POLLlÔriSf 



COMPTES-RENDUS CRITIQUES. 



EroEt KonSEUixx. Die blstorische Schriftatellerol dcn C. Aslalus 
PoIUo; suglekh ein BMirag tur QuKHenfoneliunij iibrr Appian 
vnd l'Iutarth. lExlrail du XXII" Iojdp supplémenittiru ttw 
Ja^rtHicAer fur chisische Philologie.) Leipzig. Tcubncr, <S9B. 
134 pagCB. 

Parmi les (lenonnaftes Ho Bccond ordre, à la lin <lo ta Républiquo 
romaine, il y en a peu de plu^ iDt^resrantB que C, Afiaiuç Pollto, et 
l'uuvriijiio qu'il avnil êcrîl sur les guerres civilos cet certainemeni une 
<Im perUts les plus re^irotcablcs que nous ayons Taites. Les jugemeotB 
qa'a renfermait gnl exercé uns innuence considérable sur les génâra- 
tioDS suivantes. Aussi a-i-on souvent essayé de reconstituer la vie et 
l'onitru <le Polliou. Dans un travail Tondaineutal {De Atinio PolUane. 
Lcrdo, \^i(>), Tliorbekc s'était Hurlout attacbé aux canLCt^rc" exliîrimrK 
de* IliUairrs, naii» recherchor quel tisinfîn AppiMi [Guerres eivUn] cl 
Ptulaniuo (fin rin CUar et dr Pomjii'eS .ivnicnt fnit de Pollion, qui a été 
une (le l«urK principales sources. Ceci donc la reconstitution de l'oiuvro 
el du personnage qu'a tenté de faire M. K. avec une érudition et une 
penpicaclK! remarquables, maii: souvent aussi avec une banlicne 
exccnivo. Son travail cnmpn-nd uaturullemeiil deux parties; dans la 
preiniAro. il it««aic do drcoiivrir ce que les hist'irlcni' piisiérieurs 
doivent k Polliou; dans la iieconde, il met en c&uvre lc« matériaux 
aiomoblena* pour caractériser riii*torien et son livro. 

M. K. étudie d'ubord les récits d'Appien et de Ptutarque de TanD^ 

fiO av. J.-G. à I& mort de César 1 il n'a pus de peine A démontrer, d'ac- 

'Cori avec Bailleu contre Thourel, que ces deux historiens ont utilisé 

PdUIoii cemaje source directe et immédiate; mais peut-être ont-ils eu 

auMÎ à leur dispodlion une traduction grecque de Pollion qui explique- 

rait leji rnxombUncet littorales qu'où constate entre leurs textes; en 

tout caji. il est Inutile de supposer avec Thouret, Jndeich, Otto, qu'il y 

I • en HDD source grecque iatl^rMlédiai^■, les Uypomnemalti. aujourd'hui 

[pentiit, de âirabon; le* contrrsen* sur les iiislitutions nimniiies et W 

exagérations de toutes sortes qu'il y a dnns Appien lui agi pur tiennent 

ta propre; ses erreurs chronologiques, topograpUiques et gi'-o (.graphiques, 

ta partialité, son habitude de grouper artilicielloment les fait* peuvent 

ttn tniMS sur le compte de Pollion. 

8nr l'emploi fait do Pollion par Plutarque en d'autres endroits [Via 
aAnloinê. Ch. t-'J, 2; Vi4 rf* Brtilui, cli. 7-13: Vie dt Vaton U Jeun» en 
différents passagesi, par Dion Cassius {de l'annëoGO à l'année 41 1 et par 
d'antre* historien*, M. K. acc^|i te en général les conclasIoDs de Bailleu : 
EtST. Uuroa. LXV, 1" vaso. tl 



'IS2 coarit»-u7m« cimucBe. 

nuuin{u«, Saélono, VBlftnvMuiioe, Velleias Piterculi» oui nlitùè 
PullioQ dirsctement et par riutoimêdiairo de Tite-LlTfi; Dloo Cutlw 
n« l'k connu que par Tile-Ltve; Nicolas de Datas* a ntlIM à la fuii 
IMutar(|ue. Appien el Tîte-Lire. PoUlon avait dû «0 servir luI-tnAtiu 
do (outet loi tources coaMmparainei, «n particulier de César el dt 
Cicoron. Il mt dinioll* d'arrlrar i la eerliiud<t dans cm i|iiaitioDB de 
sources où l'hypottièM pout se donaor libre carriirt; c*pondant, la* 
réaaluu aaxquol* arrive M. K. dans coite prantiàra |iani« sonl tris 
vraieeniblahlcs. 

C'est dans la Mcoado partie qu'il nous paraît avoir fut rendre nai 
tVXtM bMacoup plu» qu'ils ne ponvaienl donner. La iwllelé el ta pi 
clfloQ «xcoMlves de cetw reeuiuration du pertonaage el de l'ceu 
nous îojtpir«at une ccruiiie déliauce, iinoiquo nous iletlous recoi 
naltrs iiucl mcrTeilIcux parli M. K. a su tlror d'Applen, do Plutarq' 
el do qualques rFS^menm authcDiitiuos conservi^ d» Pollion. La tir, 
cAractère êi les idA^it politiques àt Pollion CornMnt l« premier pa: 
graphe, Pollion est un vieux Kumaiii, patriote, vertueux, répubtlcùi 
mds ennemi de l'oUgarcbie et qui ne se rèugoe à la monarchie qi 
roprtonlée par son ami personnel César; il se retire de la vie polliLq 
quand il n'a plus qa'k choisir entra Antoine et Ooiavf^. Le ïeoouil par^r 
graplie oiposo le* tralu caractéristiques des llinoira do Pollion |<oi 
ta {Mïriocle «omprlae Coua €0 el 41. L'historien met aouvonl «n ntli 
exagéra mAine son rdie personnel -, U aime la l'^-rlié, il critique 
ment les ôviSn<tinenC* el iea homme*, mAme César, tl chercbo « expl 
quoi la conduite des principaux personnagos par lear caractère, et, 
oda, il est paient de 8aUu«Ui et de Tacite, louten faiaaiH une niai 
part 1 la ratalité, en particulier dans la défaite de PompAo et les lUi 
(l« Cùnr: il veut fire impartial, il ne maltraite guitro de parti pns qc 
les oUgarques, il déplore les guerres civiles, il est plein du vieil 01 
romain & l'égard des étrangers, il croît â la miBsion divine des Romal: 
tout en ponant tes jugements les plus sévères sur la décadence de 
pays et la populace romaine; enân, il a introduit dans l'Usloire l'él 
ment dramatique, U lait des guerres civiles un véritable drame dont 
proiagonisteis sont Cémr el Pompée, qu'il anime en reproduinni d 
parolea fameuses, des discours de ses personnages, en multlphaiti 
petitu d(ïtalls, les épisodes, les cllattons de vers, m usant des procédât 
do rhétorique, dc« oonlrastes, de l'ironie; en un mot, Pullion eet un 
première ébauctio rie Tacite. L'analyse, euiis doute très Hdèle, que fi 
Horace de Ttenvre de Pollion {Odes, 3, 1), contirme cette appréciation 
généfale; l'étude que U. K. cousnere à cette odu d'Uorac« dans la troi- -J 
sième paragraphe est pailiculiôrement inCérewante. 

Les quatrième et cinquième parsgraphes aont consacrés & la seconde 
partie des Hisloira de Pollion, qui, d'après M. K., devait aller uo 
seulement jusqu'à la bataille de Pliilippc!», comme on le punso géoé 
lement, main jusqu'à celle d'Actium, Elle a encore été la source exelu' 
•ive d'Appieu dana les livret Ul-V des Ciwrru eivita, mais Ptnlarq 





CH. RiEifOTr : hAlks fiiscoxs. 163 

Ta complélM dan» lea Viea de ElrutuB oi d'AuUiino avec d'autres livn'i. 
EIU> offre d'ailleurs oxacteiueui Ioji miîmcs caraci^res que la prcmiftro 
portù-, avec cette illfft-i^nce i[uc Pullion n'est plus maiiitanaiit tvmoin 
oculaire et se «nrt davantage des documeota écrits. 

Dm» une aiinc):«i, H. K. n'fule aisément l'iiyfioilii^iic do Landgraf et 
de Wùlffliu. que Pollion serait l'aulcur du dt bclUi A/rieo: sa démons- 
IratioQ est eicelleoie. Il dreSiS flQSuite, ea nfipcndice, la liste des pas- 
sages ou des reusei^uemonU qu'oo pcmi nllribucr à Polliou, d'aproa 
In principes posés au dâbut, dans PlQUr<]iic, Appiea, Valère-Maxime 
et SuËtone. 

Tel Mt lo contenu do ce travail intéressant i|ui, malgrii les rêsen-ee 
qua août atoos faites, peut passer pour un modèlo de reconetitutton 
Uaimque. 
^^|h Cb. LliciiiVAiN. 

RoiM gAscona, transcrits et publiés par Charles Ubuont. Supplé- 
ment nu k)ine 1", I25t-I235. {CoUeetion de documend inédits 
ftrr l'/iùtoire de France.) Paris, <«90. la-A", GUiiii-2li) pagos. 

|Od sait la conecieoce et la rigueur de méthode que M. Charles 
BéiDODt apporte ijans tous ses travaux, il y joint une connaissance appro- 
toodi« de l'histoire d'Aagbterre au moyeu fige. Le Comité des travaux 
bistoriquri do pouvait mettre eu do m«illoure« maim la continuation de 
la publication des !tdltt gasconi commence par Francisque- Michel. Si 
l'on ajoute que M. Paul Meyer a été nommé commissaire responsable 
de U publication, l'on comprendra qu'avec la meilleure ou la plus 
mauvaise volonté du monde (cumme on voudra), il est diriicllc de cri- 
tiquer le volume qui.> nous avons étudié avec In plus grand interât et lo 
plus grand fOin. [/ouvrage s'ouvre par uno impurtJiuto inln^duction 
l'appliquant au tomo I"* tout entier, y comprit la partie publiée par 
Praneifquc- Michel, Le* ttvis promiers chapitro* sont consacrés ■ la 
dittftMlion, à t'atpocl motfriel et il la diplomatique do* R61m. P. ii, 
M. l3émont écrit : * On a classé dans un fonds commun, celui <ht 
Bariti chanctty rolU, certains râles peu Importants ou se rapportant 
aux rclatiotu extérieur». * Tous les Itàlet goicont sont cotés au Record 
Oi/tce : Sariy dtancery rollt. 

\a chapitra rr contient un précieux itini-raire du roi Henri 111 et du 
princo Edouard en Ouscogoe. P. xivir, il In date des t-IT août i2i'2, 
ne faut-il pot écrire Gironde, arr. ei cant. de la itéole, au lieu de < au 
ump sur la Gironde* r ■ Lo» itiaérairea des souverains anglais sont 



i 



I.AbdatEdu lî aoAl I3S3 (apuil CumiaeTS, > H. B^moal ijoule en uole : 
t non idenlifi^. • Unn* Bit articlE téctful, if Blociu toittincnlal sont Philippe 
fvArffJbniedfjQuMiiouhùtorl^itu.ucl. IB3G),U. UuurcldcU BoncJère cite, 
•l^rte M Unit publié par Cbampoltiou-Flgauc {Ullru de iwii, rwlno, 1, 391), 



164 GOHPTSS-KEnuua CBITIQDES. 

parltcalièrement utiles parce que leurs actes sont datés des années de 
leurs rëgues, sans autre iadicatioa, et, lorsqu'il s'agit des Edouard, 
par exeraple, la paléographie n'est souvaal pas un guide sûr pour 
man(uer s'il s'agit d'iiidouard I" ou d'Edouard II, d'Edouard II ou 
d'Edouard UI. 

La deuxième partie de l'introduction comprend la longue série d'ad- 
ditions cl do corrections' aux rùlcs imprimés par Francisque-Michel. 
Celui-ci avait établi son texte sur une copie figurée qui lui avait été 
fournio par l'admiuistration du Record OffUe;oa Imagine la quantité 
d'erreurs qui so sont gliascos diins son texte, surkiut parmi les ooms 
propres dont les RûUs gascons fourmillent. 

La troisième partie est consacrée à la valeur historique des Rôles gtu- 
airts. L'importance des râles ost considérable, snrkiut au point de vue 
topograpUique. On y trouve aussi des indicaiions précises sur l'admi- 
nistration anglaise, l'action des sénéchaux, connétables, contràleurs, 
balles et prévôts; entin des indications intéressantes sur des chartes 
de coutumes, en particulier pour les bastides. 

Le chapitre u de cette troisième partie contient une étude très pré- 
cise sur le gouvernement du prince Edouard en Gascogne; ce soat des 
pages fermes et solides, où chaque ligne est appuyée d'un texte. Peut- 
être ne sommes-nuus pas entièrement d'accord avec H. Bémont sur la 
manière dont il apprécie les luttes intestines à Bordeaux. M. Bémont 
trouve une diCTérence essentielle entre les luttes sociales à Bayonae et 
à Bordeaux : i A Bordeaux, écrit-il, l'inimitié divisait des Eamilles 
é(;alcment riches el influentes; à Uayonne, elle armait deux classes 
l'une contre l'autre. > Nous cruyons qu'à Bordoaux il en était exacte- 
ment comme à I^yonne, seulement à la tête des deux classes étaient 
placées deux familles. C'est le coup d'œil que nous offre Florence. La 
rivalité des Uonaii et des Cerciii divise à Florence toute la ville; les 
Cercliionl pour eux les marchands et la noblesse gibeline, c.-à-d. le patri- 
ciat; les Donati sont à la tète des métiers et des grands guelfes, c.-à-d. 
du parti populaire. Ce sont les Blancs (Ccrchi) et les Noirs (Donati). 
A Bordeaux, los Cerchi ^'appellent les Solerieus, aussi nommés les 
Roslaiiig, à cause du pn'nom de Koslan, Hostaing, fréquemment porté 
par les chefs de la famille del Soter; les Uonaii sont à Bordeaux les 
Cobtmbins, marchant sous la direction de la famille Colomb, qui four- 
nit à plusieurs reprises au peuple de Bordeaux de véritables dictatoura 
populaires. Dans le courant du xiv° siècle, quand les excès de plusieurs 
des Colomb eurent compromis la situation de leur famille, ils furent 
remplacés à la léte do la faction populaire par une famille qui les 

une • fontaine de Klmenoys > pila du cap Saint-Halhicu, en Bretagne. Ces 
deux Doms paraissent Être idenliiiues. On ne la Irojve d'ailleurs ai sur 
ta carte de l 'étal -major, al sur celle de Cassini. 

t. Une au moins de ces corrccliona ètail inutile : ta a° 1173, il fallait con- 
server Sanianer, nom propre à la région du siid-ouesl, el qu'on pourrait ausii 
bien écrire Saaz Aner (lat. Sanctias Anerlus; et. Loup-Aner, etc.). 



cil. HIEhAHT : HÛI.KS G.tSCOItS. 



m 



nvAit activ('m<nU K<-<:uiiiIëg jusque-là, les Oaillau; Bordeaux Tut alors 
diïiseen « ^olcriirn» • Pi i Cttillnviiu. • 

Le ïî DOTembre I2C1, le prince Edouard, pour mettre fin aux fac- 
Uous qui dècbJraiem Bordeaux, pril la mairia de !s villp dans ses 
mainfi. M. Bi^monl écrit ft ce prnpo» : < Une foi» iIr plu» t'iiiwloirfi 
muDtnit que raoarchlc inAnr> droit au coup d'État. > CeiW tituatioD 
Q'étail luu, Doufi tesiblfxt-il, de l'aoarohie, mai* la lutle de doux par- 
tis très fortement orpanitAe dunt Ine cadras d'une hiérarchie familiale. 
Annrchie impliqiK! l'Llisencp d'orgnniMtion «i de dirpction; ici c'était 
peiil-étre uoe urgnniiiniion et une direction etceetives. En outre, ta con- 
duite Uu prince f:dounn) n'était pa$ un coup d'État, mais elle était 
rigoureuse m ont conTormp nu rAleqiit lui incombait, c'était mn devoir. 
Let villes du sud-aet, qui n'avaient pas de suzerain \igilant et puis- 
BAnt, comme In villes du nord, du centre et du sud-ouest de la Prancc, 
appoloinnt d'elles-mêmes, en de semMabloo drcnniionoes, souvent de 
l'étrangler, d'Italie, de« iierionnagi's nommas potlpfUit* qui jouaiout 
slorf exaclemnnt l<> n)lu que jnun en 1261, à Bordeaux, le prince 
Edouard, représentant du duc 'l'Aquitaine, 

P. cxix, M. Bornant donne une liste des sénéchaux d'Aquitaine de 
(€4? A 1^7^. Ces listes rendent de très grands services h cause du 
grand nombre de documents relatiTs à l'administration anglaise en 
Aquitaine qui sont dépourvus de d^te, entre autre* celle admirable 
série ilr" Gaifon Pelilioiu. On ne peut lo* dater que par la ml^^lion des 
officier* qui y figurent et. principalement, des sénéchaux. Nous croyons 
qu'il but appeler ces oniciers sénéchaux d'Aquitaim plutfit que sén^- 
, ebaux de Gatcofiu. Ils sont, il est vrai, désigni'-s le plus souvent dans 

IMlMioiute titrede iraftiraffut CutconiV, mais l'expression Mnr-icatlu) 
itània apparaît autisi, et elle est historiquement plus exacte. Le 
■énfehal njai aiogeeft à Bordeaux était h la Tois «énecbal d'Aquitaine et 
■énicbnl de Gascogne. Comme sdnéchnl de Gascogne il était, pour 
BinBÏ dire, subordonna h lui-inAme, de la manière dont lui Ataivnt 
subordonnés le* sénéchaux d'A^nais, de Suintonge et de tVrigord. 
Gea derniers jouisraient d'une cortnini? indépendnnce vis-i-vin du séné- 
' ehal d'Aquitaine et n'i^taienl tenus que de lui soumettre la ratification 
de certains actes et de certaines nominaliont ; les petites sénéchaussées 
inlMeures, la sénéchaussée des Landes jnr exemple, lui étaient au 
contraire soumises entièrement. Celte organlsalloa était assex compli- 
quée, comme ou voit, et l'on ne saurait, pour la désigner, apporter 
trop de pntciriiou dans Km tt'rmes dunt on ae si*rt. 

Pour ce qui était ilo In fiinction de lieutonnni du roi en Aquitaine, 
M. Bémont, se bornant an r^^ne do Henri 111, estime qu'elle pouvait 
se substituer ii celle du sénéchal. Le Ucuienani du roi venait en Aqtii- 
laine en lieu el place de son souverain ei agissait comme le roi aurait 
agi, iDunl de pouvoirs étendus. H pouvait en cette qualité révoquer 
touB les ofOden en charge, en nommer d'autrec, les révoquer sans I« 
nraplacer, comme le roi aurait pu le Taire, mais ce n'dtalt pas |Mir le 



I6S 



coMPTU-unn) cimocts. 



fait de ta nomiaatlon quo Ia Kdnéclial Malt lupprimi. Lt Utolanul 
du roi ii'6utt pas non plue, nécoHaimntnt, un grand uigatar, «s 
ntumbn d« la Camille royale : e'diait un hommo dioUI dans tes âr- 
coiiiUQCit uceptionoellee, pattiealièrcment ta cas ds goerre exinrirara 
oadelulU)«inM(in«f pour r«ublir l'ordre, miini des pouvoirs les plui 
étandus. Lm licutenanla du roi furent kiuvcdi de iti^s grande sdgneurt, 
d'AUlm fols de fimplof chevalier* m leaqaelii le roi d'Angtetom pb- 
çait uoo eonGance particuli6r«. De nombrvux llcuUuanu da ni blMU 
•éni^hani avant ou apré« avoir rempli cette fooctioD. 

M. EiAownt ont 1« premier t identilier le nom du oiUhre ainéchal 
Jean d« Grilly iGrlIly, pays do Gcx, ilau* l'Ain). Il aorall peat-Alre 
prtfiTable tgalofoent, au lieu de Roger de Leybttm, d'imprimer : 
LLbonme. 

L'introduction est luîvie de l'impreteioD dn Adiet pour le* «nnéM 
llSt-lîâr». 1.0 texte dont nous avoni en beaucoup & nous servir tÊt- 
d'une eorrKt ion parraite. Peut-élrfl, auin*'46î3, tâMifaut-tl carrier 
W. Cliikal, au lion de W. Cbilcet. — Tel ûlai;, On nolnt, !• nom d» 
la famille, tiDO de« prenièm do Bordeaux. 

M. BémonI o'a pas aoivi le* ^dita (pii, publiant dot ducumeols dt» 
paUegrapble anglaÎM, reproduisent la nujnscule F par Fi. Celait (■&_ 
effet pour Ifc fcriben an^lai* un ùmple ai^ne graphique marquant 
majiieculei de mémo qu'ils écrivaient un double a, uo doubla b, pour 
A, U. Mais ils unissaient, dan* ces demien cas, davaots^ les deux 
IMtrw l'une à raalre. Cast donc une erreur de le reproduire par l'im- 
praeslon. Nom avons ironvé plus d'une fois, dans une m^rae pbr»M> 
le même mol commençant la phrase par une majuKnle, c'enûi^dir 
par Pr, puh tipéié dans l'intérieur do la phrase avec ttie minuMule, 
c'Ml-Àiliru avec une unilo f ; ce qui est ta d^otonatfBtlon de ceiic upi< 
mon, qui est d'ailleurs ^temaot colle des archiristos du 
Offiet. <|ue nous avons consultas 1 ce sujet. Le ddlail a de I'imporunc« 
à cause de la place dans les tables alphabétique des noms propre* com- 
PMnfant tous par une majuscule. Quand nous aurons dit qne le 
volume de M. Béitiout m lormiao par une t«hli; impunaoln de noms 
de Houx, de ponoone* et de mati&res embrassant te tome qu'il a pobliA 
Dt oolui de Prancitqu»* Michel, nous aurons montré combien l'ouvraga 
quo DoiH avons sous les yeux représente de travail, de soins et queb 
•ervicM il rendra il l'orudition. 

Puisque nous parlons des ftàUt gtuttua, pouvons-nou* oiprimor k 
•mu qne l'édition des Hiles soft aooomps^éo on suivie de calle des 
OattoH CHltionst Biles sont au nombre de 651 (itw. Off., Aneieol pell- 
Uoiis I tOM>-U&50, files Vii-'î$6i; en outre, aw ipiiniaiiM] ont été cla»- 
lAes daus le fonds do l'Ëcliiquior jAncient peiilions IS 3tU-361|; pnls 
on ln>u» un certain nombre de pétitions relatives â la Gascogne, dis- 
itrolnèee dsusle reste du roQds(Ande<nt pétitions). Nous Iwarans lue* 
Uiw k une. Bltee constituent une source admirable pour l'histoire dna 
IDtunr*, de* conditions économiques, do la vie vivant» en Aquitaine 



t/i 



MJkieB : otB riiA^Kisstscii-griTdscaïf iu.uxi l7t>6-<806. Hl 

•Di xifi» et XIV" siècles : ellon sont, à ce point do vue, le coroplémeni 
dos Râtti et beaucoup plus itufresMniw, s'il ect vrai que les Hôtes ont 

I plus d'importance pour t'IiisUiire politique. 

^b Trantz Funck-Br£»tako. 

HO' Julius ALiTF.ii. Die ft-AAKCBslsch-spaalsche AJIlans In des 
f Jatareii 1796.1807. ITbeil (17t)6-|x0ft). LInz, P. J. Eheulidch'acbo 
Buclihandlun^ (Heinrkh Korb], 1895. 

M. le I)' Jtitiiis Mayor. proroBseur au lycâe de jeaues Glles de 
Liiw, ft voulu résumer les Dégodationi (|ui sa soni poursuivies entre Is 
PRDCaet rBEpftgneiIepul^latiaixilell.Uujiisqu'aréU^de 180^. Quoique 
Irtecoan (61 paRos), eoa rreumé est trT's complot. 

L'auteur a dlvim- »on (Hudc- fin quatre cliApilrrs : 1* La pnix de Ilàle, 
l'alliaDce rraiica-oupagnolp jusqu'il !n première ^ems de Portugal. 
f* l.a paix de Iladajoz, la noutralité de l'Espagne en 1803-I804. 3" l.e 
prince d« la paix et Napoléon, la princesse des Asturies. 4" Les pro- 
JMS da iMftage du Portugal. Celte divlsiuu correspond assex exactement 
aux principales phases de In grande lutte diplomatique i^ul eut lieu 
witre la FranM et l'Uipagno do 179G à 1806. Copeailiinl, le cbapltrn 
relatif au prince do la paix crt peut-ôtre mal placé en troisième lieu; 11 
<ai aawx Éioauast de lira dans les quarante-deux premières pages d'un 
livre le nom d'un homme qu'on ne vous présente qu'& la quarante-troî- 
itèOB page. Le premier chapitre, qui va de 1795 à 1802, est trop long; 
H. Mafer n'a pas marque assnv; nettement le dmii^-emenl profond qui 
se maolfesM dans les relations de U Prance et de l'Bspagno au lende- 
niain du dix-hult Brumaire. C'eut vraiment une ^re nouvelle qui com- 
meoee. Mal^çré sen lirusqneries de langage, le Directoire irai tut nvec l'Ks- 
IMgDe comme avec un pays indépendant. Dès ses premières dépèclies, 
Bouparte parte en maître. Le dernier paragraphe ne saurait dtre non 
plus intitulé : Projeta de partage du Portugal, puisque depuis 1793 il 

ÏBBt queelion que de démembrer ce mallieureui paya. 
H. Hayer a surtout consulte des ouvrages français : la Corrotpon* 
iDOe de Napoléon, celle de Talleyrand, cûllo de Maltet du Pan, les 
inoirea du roi Juieph et du cuinto Miot de Mélito, lei' uuvrages de 
M. Pallaia aur le ministère de Talleyrand tous le Oirectoire et île lung 
aur LueioD BonaparO. 11 a tiré grand parti de l'ouvrage de M. Albert 
fioret : t'Buropn et la Rfvotulion franpaiie, et du livre de M. Geoffroy 
<1e GroiRdmaisoQ : l'ÀmbaaaiU /Hinçaiit en Etpagne pendant la H6w- 
tuiion. de dernier ouvrage a éUi entièrement composé à l'aide des rap- 
porta orOciols de nos ainliuinadeurs & Madrid, U prëteuto un réel intt!- 
_réi, maigre Kr parti pris évident de l'autour. 

H. Mayer a naturelleœenl n»é des ouvrages nlleoiands reUttiTs à In 
inetlion, comme I Ilîstoire d'Espagne au temps de la Révolution fran- 



168 coMPTSs-iBSftn» CRiriQuia. 

r^iac de Baumgarlcn, l'Histoire de l'Europe pondant la RéToIntion de 
ëybel, l'Exposé authcstique dos relattonK entre l'Espagne et le Portu- 
gal de FVédéric de Geatz. Il s'est également servi dw docomenti 
extraits des archives da l'Ktat prussien et a utilisé quelques letlres de 
Gcnnotte, chargé d'aCTaires à Madrid, lettres conservées aax arehlvts 
impériales de Vienne. 

Comme sources espagooles, M. Mayer ne cite guère qne l'Hîatoin ^ •>' 

générale d'Espagne de I^[uente. Quoique le Portugal occnpe preeqne 
tout le temps l'attentios du lecteur, pas un livre portugais ne ptitlt 
avoir été consulté. 

Il y a là, croyoDs-nouG, une lacune Tàcheusp. Comment, par exemple, 
parler de Godoy si l'on n'a pas lu au moins ses Mémoires et si l'on ne 
sait pas ce qo'ont pensé de lui ses compatriotes? Dans un p&ys comme 
l'Espagnn, chez un homme comme le prince de la paix, leF motifs poli- 
tiques n'expliquent pas tout. Il faut, pour être vrai, tenir compte de 
beaucoup d'autres élémeats. L'apathique entâlementde Charles IV eb 
son conservatisme superftitieuT, les haines et les amours de la reine, 
la somi-imbècilliti' du régent de l'ortugat, les intrigues des courtisans^ 
les manœuvre); dex anibasKadours étrangers, les contradictions et le^ 
caprices de l'opinion publique en Espagne, les passions barbares de lau- 
masse populaire, toutes ces choses ont influé sur l'esprit de Godoy^ 
expliquent ses terftiversations, ses changements, ses coups de tête. 
borner A. ranger dans un ordrr chronologique irréprochable des pië 
diplomatiques, d'ailleurs Intéressantes et bien choisies, n'est point vrai- 
ment écrire l'histoire de l'alliance franco- espagnole. M. Mayer pour 
rait répondre qu'il n'a entendu dresser qu'une sorte de répertoire de 
documents orBciels; mais alors poun|uoi consacrer presqae le quart de 
son étude i la peinture du caractère de Godoy î Ce chapitre est presque qe 
hors-d'ieuvrc s'il ne s'agit que d'un résumé chronologique et, s'il s'agit 
d'une histoire, il est im^uilisanl. .\vnnt de donner son opinion sur 
Godoy, M. Mayer rapporte les jugements portés sur lui par un certain 
nombre de personnes qui l'ont particulièrement connu. Lucien Bona- 
parte le trouve charmant, mais, comme le Tail remarquer M. Mayer, il 
est bien po!>î^ible qu'un jugenieni si favorable s'explique en partie par 
les grandes richesses amas.''ées en Es]mgnc par Lucien. M*»* d'Abranlès 
dit qu'avec ses qualités Godoy aurait pu faire un 1res bon ministre, 
mais qu(! Dieu ne l'a pas permis, et que son ministère a coûté bien 
des larmes à l'Espagne; le témciignagc de M"' d'.\hrantés ne nous en 
apprend pas lieaucoup sur le compte du prince de ta paix. — I.e baron 
de Darante trouvait Godoy emphatique, mais tous les Espagnols sont 
emphatiques; c'est la langue qui te veul. — Junot est ravi du prince de 
la paix, mais Junot devait avoir l'enthousiasme assez facile. Bien 
autrement caractéristique est la portrait de Godoy tracé par l'ambassa- 
deur d'Angleterre (îookham Frère et cité par M. Mayer, d'aprèa la Vie 
de lord Livcrpool de Young. Au rapport de l'ambassadeur anglais, 
M. Mayer aurait pu ajouter ceux des amiMissadeurs de France, Péri- 





W kathb : DiK rBjL<(isst5Cii-»i>iiiscaB ailuhz I7SI)-IS06. H9 

gnon, Tru(;iiftt. Guillrmnrdet, AlqiifT, Daurconvillf, de l'ambaseailfur 
da PruKM Bandoi-Itollio, di* rnmbuDadeur de Russie Zinoviev, qui 
•'«ooonlnnt tous & repréeoDi«r le prince de la paix comme le plus Ifger 
«t 1« ptds ineoDiiéijueDt des hommes d'Ëtat. A l'aide de tous cos ran- 
MigoemeaU, M. Mayer noos aurait donné un Godoy plut vrai oc plus 
vivant. U n'eût pas été non plus liors de jjropos du chercher i. canct&- 
riier loa principaux [lersonnu^ies qui iiiiparaissent un pru connue des 
abstractions, an count du rcdl, snns ijii'il suit poteiblc do I^f voir Ait- 
linctem«Dt. * 

OoiDrae rtpoiwîrft méthodique, l'étude de M. Mayer présenta un 
véritabU) intcrftt. Pendant dix anii, d'incessaDtea uégociatious eurent 
lieu pour ontrainor et maintenir l'E«pagap dans ralliance de la France. 
Toutea l«a phases de cette longue lutte diplomatique «ont bien mar- 
quée* et clairement présentées; quelques pointA importaitts ont été bien 
nb en lumière. 

Les afloires de Portugal ont été notamment expliquée* avec le plus 
grand win. Il t»l Intéressant de voir que, dbs 17!}9, Talleyraud nV^iait 
point partiHin d'une inti^rvention armée de la France et de l'Espngne 
en l'ortugal. M. Maycr s'est atlnchô avec raison h démontrer l'impor- 
tanoe du changement de front opi>ré en mars 1S01 par Napol^ua, au 
«jet de celte même airaira de Portugal. Le traité de Madrid, qui con- 
tient Implicitement une déclaration do ({uurre au Porluj;al, e»t du 
!9 janvier ll^OI. Le 1 mant, le premier consul semble ahundonner toute 
idfte de conquête. Pourquoi? (Vejtt que Napoléon, lùr du l'appui du 
tiar, médite une attaque directe contre l'Angleterre; 11 vaut donc 
mieux avoir le Portu^^l pour allié que de perdra «on temps ii li^ con- 
quérir. Uais l'asHiïslnat du txar Paul I", dan* la nuit du ^3 au 
H mars, la rupture de l'alliance rusae, tes progrès des Anglais en 
Egypte modilîent subitement la situation. Pour contraindre l'Angle- 
torro i la paix, il faut lu torriSer. Napoléon songe à l'expulser du Por- 
UglU: l'Bifpagno, poussée répde dan» W rein&, déclare In guerre au 
Portugal et signe presque auMit6[ avec lui le traité de Badajoz (6 juin 
1301|. Napoléon peut à peine contenir sa fureur et fait attendre plus do 
iroii muis sa ratllîcaiion. I^s èiênemontg européens expliquent sa 
ooUre en Juin comme ils expliquent ss man^tidiude eu mars. 

Dans le dernier chapitre de ooo étude, M. Mayer revient sur la ques- 
tion pOTtngaiso, dnumére les différents projets de démembrement et 
rapporte en détail, d'après LnFuente, les uii^jciation* secrètes pour- 
flivlps anlro Napoléon et Oodoy par l'entremise d'ixquienlo. 

Nous attendons avec impatience la seconde partie du travail de 

, Mayer, où il aura à retracer l'histoire encore très obscure des années 

■> et 1807. 

G. DssDsviseii du Dukut. 



(M 



■mus CRiTtQvt». 



\ll(wUo Biutt». L'Archipel de U NouTene-CaI6di>nl«. TI)C« 
lM«Miiliéu A la twul\À dos l«Uns lic Paris. Paris, Ilocbetle, 4894. 
In-&*. uuiMMt pages, avec 47 cartes eX gravures dans le texU et 
X «rtutlo» autos bon teite, la carte gtoio^ique et U otrlc bypso- 
luiiLrl^uiia l/KOO.OOO. 

La Uràn française do H. AugnaUn Bera&rd »l avnnl loat on tnvail 
<t» «MgnpIiM). et (l« gâogrtphie ccioiitifi<iae. Osi on» ètuits des pli» 
r«uwuiiii«Âlw. Plus de la moitié de l'ouvrage l'Inirorluctioii et les deos 
imnièrw p«rli«i, e«t étnagAre à lliUutire. Il ïuflin d'en ràsuravr Ici 
k ooMluahw K*iiAral«. 0« i'imdt^ du *»t, du mltef woiii-mariD, du clU 
uiUi lit U Dot* ot d« la faune, il résulta i|uc l'arabipel do la Nouvotle- 
OiUdoola a Ikit jadis parité, avec la Nouvelte-Zâlande, d'uo conllDeol 
auMntasleii, dont il ^uit la limita orientale le long des abîme* do Paoi- 
ti|it*. Ora deux groupe* te eeraieni Eéparés de l'Austratiie, par distocs' 
Uuu «l (•(Kinilreineat, vers la fin de l'époque secondaire, et, un peu plus 
uni, tout h rail it la fin de wtie ère, auraient él6 isoMs l'an de l'autre 
do la niAcuri fnrun. La Nourella-CaMdonie ii'vxt )ia* une réfpou tropl- 
«ak, mal» plulAt tublroploale et tenpérto. KIlc etl tm lotcrniédiain 
i)U*liqii« pi-\i indi!cl* entre I** deux lono*. 

La irolnftme partie, < ITIomme, • int4<rasso davantage l'hittorieo. Lm 
tudlfècM», te* Canaques, appnrtiennenl & U race mélanésienne, mais 
tvw un mMange de polynâsiens. Os ne sont pas antochiones , niais 
lUHI wnus par mer, non pas de l'Amérique, mab probablement de 
|'A*l» Indienne. A l'état naturel, ils menaient ane vie misérable rt Tor- 
Hiateiil une soolM^ des plus prirollivea. Anjourdliul, il* dlsparaisacot 
tlvvnut l« blanc, comme les Auslralieoii et Ici Miuiris, fans métiasag» 

Sitfailblt ni d6iirabl«, car lia ne pi'uvrnt rondte aueun service L'avenir* 
I» la Nouvolle^al^ooie est donc eicloniTomeni dans la colonlsalloi* 
tui*)p<)<'."iii>- M. B. coniacre un chapitre k l'histoire de ta dteourerto 
rAivbl|>ol depuis Cook | ITT8I jusqn'à la prise de potaesslon do I 
l^riinoi', iiprès do nombreux lAlonnomentH (I&53): c'est un r^somi^ biei 
tau, eomptet, clair et précis, mais qui n'a la prAteniioa d« contenir e: 
iHi ci>nUont rien do nouveau. Il montre rmuite que l'Européen peu 
|tafAtllMHM)t «'acclimat«r en Nouvel lo-Calôdonte et qu'il y a iotér^t^ 
)iMls(|un le pays, «ans ém tria ricbe, conlient d'importantes mines dc^ 
VHlvm, de far, de cbromo, de bouille, surloul do nickel; qa'il offre, en_ 
wulre, <l«s reanarcea, sinon exceptionnelles, dti moins aalfliantes, dans- 
la |4<ibs, l'affricnlture, l'oxploiution dos foréta, l'Uava^, eerlaines cul> 
Kifixi Initumrielles, notamment le caré, et peut devenir un payi de pttitt 
vullxrv. il* ptlilt pa</niiu propriétaira. MatbeureuBeineai, juiqu'icl, oa 
au a Ur4 un médiocre parti. Il y a ou dans la mise en valeur de catia 
Ottliiula dea bMlatioiis, des fautes, dont la plus grave est évidemment 
Il «ihuiltatton p<)nale, cootro laquelle M. 1). prononce dans ses trois 
llaituafa cbapilrcs nu rvqnititoire qui parait défior toute réplique. 8a 




JCntS : TRB RISTOBT OF THI iC«TUI.A&IiK COLOflftS. ITI 

ooncluston, appuyée sur des arfiumeota soliilcï, en que la Nouvelle- 
C^édonie peut et dait m Hul'firc à ellc-mt^mc et m^me devenir un 
centre d'apprvvîtionneiDCJil pour les petiu archipels ilu Pacifique; 
qu'elle w prAw k la vie dvilisèe ; qu'elle peut devenir udq colonie de 
petits propri^Uire», nue sorte d'Auvergne ou de BreUgue d'nulrc-mer, 
vivant de pfiche et d'agricullore, ayant même daos ses mine» i'ouiploi 
de graade capitaux ei des sources sbrieuses de prolîl, Pour cela, 11 lui 
but des moyen* de commuoicalion, des runies et des chemins de fer. 
dw servfcM de Davigation plus fréquents, et uotammenl des relations 
directes vne l'Indo-Ghiae et le Pacifique, Papeete et 8un-Francî«o, 
sartout des bras et des colons libres. Il faut supprimer In coluni«nliun 
pénale, qui géao sans profit la cnluEiisaliiin libre, et développer celle-ci. 
A ces conditions, l'Ëdeo df« fon;ats pourra devenir t'Édon des bonnAlos 
KM». 

Tel est le résumé des principales idées de cet excellent travail. Mais 
ce que ne peut rendre une analyse aussi rapide, c'est la précision, la 
méthode, la sOreté, l'évidenle clarté de l'ensemble et de détails de cba- 
cnn des cliapitres de l'ouvrage. Quoique l'auteur, à son grand regret, 
n'ait pas vif iié le pays et que sur bian des points il ail eu, de son propre 
aveu, des reoseiguemeuts insut'Usants, aes descrlplioue, »t* déductions 
et see démunïtratioii» laissent pourtant dans l'esprit du lecteur une 
parfaite certitude el uni' entière conviction. On pourn ajouter des 
dùlail» i ce tableau. Il semble difficile qu'on «n puisse jamais mudilior 
le* grandes lignaa et les principales conclusions. 

L. Ualavulib. 



Tbe mstory or tbe Anstralaeian Colonies \from tlieir foundalion 
/v tkf yar 1S93). fiy Edward Jliils, M. A., profesaor or Law in 
Universily Cuitcge Liverpool,..; forniLTlj Doan ol' tlii- Facultj of 
Law la Ihc Univeraity of Melhounie. (-!imhrid(je, Univcrsily l'rcss, 
■4995. 1 vol. in-12, xvi-332 page?, avec caries. {Cambridge Hiito- 
rieat Serits.} 

La nouvelle «me de manuels que M. Prothero commence de publier 
i Cambridge compn^ndra, par vohiinnB «dparès, Itiisluire des pays euro- 
péens depuis le w siècle et celle do leurs colonies plus récentes, de 
Bunlére h [acililer riat«tligence des question? actuelles do la politique, 
« dont les racine? plongent dans le passé, • — M. J. ouvre la Horlo pnr 
on travail fortintHructiretd'une parfaite compétence' sur l'AustralasIe, 
qa'il connaît perso un elle meut pour l'avoir habitue comme doyen de la 

t. L'auteur èeril A tort < Péroase > [p. !9] pour < La PérouM. > — Est-U 
bl*n vrai '|ue, « pendaiit un ilfmi'tiècle, aprè* les *oj^n|(cs de Dsmpler, l'ei- 
gtil de ilrcuuverte seiublo avoir lommeilli? • (|i. Il], Le vojraKe d'Anton a, ce 

B* Minblc, produit une ctrlaloc imprMtîon ea Europe, turtout «a Frtnee. 



172 covPTEs-nefBcs carnoDES. 

Faculté de droit de Mclbourno. L'AnstralsBie est encore trop nea'^'^ 
pour avoir une hietoira qui saieiBBe l'imaginatioD. Saur deux ou tro^* 
émeuteB de convicto ou de cbercbeurB d'or et la guerre contre le* MaO*^* 
de la Nouvelle-Zélande, pour qui l'auteur montre autant de justice 4**-* 
de aympailiie, on ne nous raconte guère ici que des événements COKI^' 
titutionuela. M. J. n'a paB neKligé sans doute les voyages d'exploratio*^^ 
à travers lo continent aufitralien ni la découverte des mines d'or ; iii^>-^^ 
il s'est renfermé dan» d'étroites limites que lui imposait peut-être 



^ 





programme de la Hérie qu'il inaugure. Cependant It n'eAt pu et 
croyons-DOQs, inutile de nous montrer d'an peu plus prha celte curien 
société australienne, dont l'antipathie pour les convicts explique pr 
S'iment l'attitude hot^tile et soupçonneune à l'égard de la France V»' 
sine en Nouvel le-Calédonie. Toutes les foie qu'un peuple fait no effo : 
violent pour éliminer des individus ou des instituliona qui le gëoen 
il lai en reste une déliance qui s'eiïarouctie au moindre symptàii 
d'une réaction poBsilile. Le caractère Tréquemment agressif de la p(dï 
tique américaine contre l'Angleterre, de la République française contr"~' ' 
le conservatisme appuyé des souvenirs de l'ancien régime, de l'An 
tralie contre le travail de la dt'portatlon, procède d'un même aeDt£- ' "^^ 
ment. Il importe de le comprendre, si l'on veut adopter une ligne d ^^ -^ 
conduite rationnelle pour désarmer, dans la mesure nëcesuire, cetU**"^ 
ombrageuse susceptibilité. 

PaR davantage, U. J. ne parle des étranges expériences socialistes qu ^^ ^^' 
se poumuivenl maintenant en AuBtralaeie et dont le succès ou l'éche*:::^^ ^ 
ne manquera pas de se répercnler en Europe. Il se borne à noter qa^^^^ * 
les Australasien», si avancés qu'ils soient, n'ont fait que dévelopfi 
des idées importées d'Europe, sans y rien ajouter de leur fonds, et que 
sur certains points, ili> ont atteint déjà le terme du radicalisme poli- 
tique à toi degré que l'élaboration d'un programme de surenchém élec- 
torale devient le caucliemar des jeunen politiciens. La partie écono- 
mique de ces expériences lui semble étrangère à son sujet. Nous ne lui 
en ferons pas un reproclie, puisqu'il est libre assurément d'écrire et ■ 
circonscrire son livre îi sa guise; mais, pour la plupart dea lecteurs, 
cette lacune Bcra profondément regrettable. 

L'Australie ,»b ilcveloppe avec une rapidité singulière, qui tient Ifl 
milieu, nous dit l'auteur, entre la routine européenne et la fébrilltéi 
américaine. Go pays perdu, il y a deux cents ans, dans les brumes de 
l'inconnu, à l'endroit même ou Swift plagalt son ilo de Lilliput; cett 
terre, dont les produits de la faune et de la flore émervei II aient Napo-' 
lëon 1" à la Malmaison, et dont il aurait souliaité que ta France occu- 
pât au moins une partie', promet de devenir un important facteur de 

1. H, J. rappelle en pissant la curieuse tealative d'un França]», 1s baron de 
Thierry, pour se créer une souveruinetë indépendante ta Nouvelle-Zélande, 
soDS U suieraineté de l'Angleterre, qui refusa, puis de U France, qui laillft 
accepter. — Une teolallTe pins récente, étouffée en germe, tut celle dn 




iKRKS : Tue lll.STOBV OP THE ^laSTKtUSIAIT COL0.11KS. 



I7S 



alilique générale. Mais [es deux grands problèmes qui se poftcnt on 
c« moment poor ello sont de savoir eî, d'une pari, les colonie» auïtra- 
Uennea se courédi-feroui en une sorto de rûpubliquo rolcvaiil nomina- 
lement de rAiigti.'ti.'rr(-, ot m, d'aiitro part, lo climat nt la naturo tropi- 
nIailu(^ucooHlun<l<::t<lcrAii&tralïcNordn'ainèiirrootpa»uneHCparAtton 
tttrquéa par des traits c>3nElitulioaneU dilTûreot!; do ceux do l'Australie 
3od. A ta première qnesiion, M. 3. répond que ■ la fédèrailon ati«ira- 
lienno est un do ces projets trop sérieux pour éveiller l'enlliouMnsnia 
populaire, à moitia de uircuuNtaiice.i imprévues... Tout ce que l'on peut 
rmer cat quu certaint^s );eus avi5iia ool couIiancR dans l'avenir d'uno 
]iM fédérale et qu'il n'existe point do gentiment popiilnîro à l'eo- 
. On ne «aurait rien dirp do plus d (p. 30l|. Quant & la socoade 
il f*time que le (juoenslaad, du moinâ, ne «aurait se coq- 
(enter d'un *ftul cboMieu admini»tralir; mais il est impossible d'obtenir 
à cet égard de« inrormaiions précises (p. 311). Évidemment, l'Australie 
n* pu oucoro «a cristallisation déQnitîve. 

Bq ligQalaat ce livre aux lecteur? réOecbif, nous ne aauriimi trop 
leur conseiller d'étudier les prucedés de colonisation de l'Angleterro 
lorsqu'elle opère nolamment, en quelque sorte, Kur uuo lablo à pou près 
rase. On 7 Terra, cuniruiromcnt h l'opinion courante de nos journaux, 
combien l'actioQ du gouvcnioment UMitte et racitito la prise de ponfos- 
siuQ du sol. Il y aurait énormément à ocriro svir co point pour redrcs- 
aw les erreurs que la presse, en ce mouionl, s'elTorce de répandre chez 
août, »ouB le préicxlo de réveiller el d'activer l'énergie individuelle. 
Nous nous contenterons d'observer qn'en Australaue ce sont fréquom- 
meutles ageuts de l'Ëtat, encouragés par lui, louctlonnatres ou mili- 
taire*, qui ont mis l'cxpluitation da la colonie dans sa vraie voie on 
0|>èraill pour leur compte personnel. C'est i un onicier retiré du «er- 
vice, Bfac Artliur, que l'on doit les débuts de l'élevage du mouion et le 
dételoppement de It culture vinicole. C'ost un cbirur^en de la marine, 
Bus, qui a découvert les mines de cbarbou. L'Angleterre même, 
comme le remarque avec insistance M. J., n'a pas dépensé moins de 
S&O mllbons pendant les trvalc premières années de son installation. 
A notre tour, dioisissons avec soin nus agents coloniaux ; exigeons, au 
beaoin, qu'iU poesiSdcnt dei; notions agricoles on Industrielles. Ils par- 
tiront sans inquiétude trop vive du lendemain, grftce k la corlilude d'un 
tr^tement. Ils étudieront les lieux ; et, sûrs de leur avenir, ils pourront 
on jour, abandonnant t administration, s'établir en colons sur une terre 



U" de Hkj*. qui d«niauila au gouvernement aaj(laU l'auterinttion d'élsbllr sa 
Oiloals de Porl-Drelon sur la cHe oucti <lo l'AuHinilie, dar» le bassin d« la 
rivière Gsarojoe, et qui ne se décida ï lrniit|i<>rlur uiJIuuri son projet ni^lbcu- 
reiii que devant la rèpOOM qu'il lut riUull. ta rt c»», ae plier aux loU qui 
rr|i4(>al«Dl la conilitutlon dei aulrei colonies auttralivuuea. Avec un peu de 
MO* et de |<er*évéranre, l'établi i-ipinant pnijelA tur c<^ l<rrulr senill peul-eiro 
wlolcnaat en poiae^tlun de champ* d'or qui Icosseol iltdomnugt do U >t6> 
rlllté relative du paja. 



174 



GotiPres-aKiH)s ciitkiobs. 



dont ÎIb connaîtront i Tond Im rauoiirocf. Va a'«t\ pu I& MuUniea^ 
l'bistolre de rAuetnlie, c*en l'hiitoire il« toulM les Compagnioi i cbar^ 
«1« l'Angleurra &uxi(iielle« elle déUgue uae partie de se* poQvoi*'*' 
Autant dire qne c'est l'histoire de presque toutes ses cotooieB. 



The United statee of Amerlea, 1785-iaâ6, bjr Bdvafy] Cumt] 

Cainbridgo, Uuivcrftjlj prcs*. I8«6. 

Comnio i'ouvrafca de H. Jenki, on Tolumo fait partit de la nèric IxX 
toriqno publia par M. G.-W. Prottuirv. I^ canette* d« ce grnre 
Uvrweel d'être courts, mbatantiels, no courant dea travaux les pi 
modeniea, mais elain et ruu recherche d'érudltioD. Telles sont pTv<' 
sAraent les qaaUtée de l'ouTrage do M. Edward Ctiannlng; son livr# 
qui comprend 3&0 pa^^a, est aecumpagné de caries M d'nae titbliogrs' 
pbiR des iourcM d'autaul |tlus priolflusea que l'oufrage, par sa dimii- 
»luD «l la llmptdl» di> *a langue, nous osl plus accessibto. 

L'aiiUiir étudie les Jf^lau-Utiis dopuis l'aniiâe oA Greoville propon 
ton iinpdt sur !(■ timlim, oriBiDO d« la révolUi, ju»qu'A oclbt oà UM 
DOUfelte nation sort do la guerre de I96I-65. L'unité do cette pArioli, 
c'est rid^ générale du livre qui l'eiprime; pendant ce sMcle, ce sont 
les lïtat«-lJniB d'aujourd'hui qui sont en formation. Lo livre pourrait 
s'intituler : Origines du Étalt-Vnit contemporains; qui «eut ooropreodfa 
lo présent doit connaître riii*toiro de ce passé. — Comment ce pa^ra, 
compose au commcnccmont des colonies hélérogèRos, s'ost-il nnffiè? 
Par quelles viciuJtudes, d'une petite nation agricole client» de l'Europe, 
est-it devenu une grande nation inJuiirielle ei commerçante, se sain- 
sani il otin-uiéme et prête & absorber par ses capitaai le nouveau 
□luude? Telle* aonl les questions auxquelW M. Ghanning s'est cha^ 
do n>pondn;. Visiblomont, les dix chapitres do son livre se répartlsaeot 
en trois groupes, cormpondant aux granités crises do fUitoire des 
Ëiats-Unis. La première partie (cbapilm i, ti, tu e4 rv) embnuas iu 
anuéofi ('65>(TS9. C'est la luite contre la métropole qui eatnvfl lo 
développnropnt économique dts sa colonie par des impftls oaèreax ou 
des monopoles plus onéreux encore : cette lulie est coDstUnlionaelle 
d'abord et doviont une prise d'armes en*uito. C'est enfin, après l'iDdé- 
pODdaDCO, rélabliisomenl de la consliluiion de 1767 qui donne & la 
nouvollo nation ses titre» et son gouvernement, Cotte période ost atMi 
bien connue en l^nce, parce que In Franco s'est m6I6a iDtimenMSt t 
l'histoire de l'indépendance sméricaîne. Presque ignorée chox nous est 
la seconde période, tout aussi importante que la première pour la 
développement ultérieur des Ëtais-Uois; elle va de 1799 à 1838 et oom- 
prend les cliapltrcs v, vi et vit. Les luttes do partis commencent, mala 
M. Ghanning a Tort bien noté que, seablablos aux wliiga «t aux torlca 
anglais, républicains et fcderalistes cl plus tard wliigs, ripubticalns tt 



BIOOKS jtCtNS : THK blW OF CIVILtSàTIO'Y iMO OECtT. 175 

démocrates ne distingneni i peins par loe opinions: H y a entre eux 

1 ditrér«Dces de Boniimeat, — ceui-ci, par gùill ennemis de ia. Toule, 

lis d'un pouvoir rt!!ipccti>, caui-14, panisuns de l'autonomie Aw AtaU 

ticulion, par sympathie pour lo commua, — ou almplf-intint, commB 

' it'tuUHtudn an Amùriqu*, do* conflilc tl'amliilions. L'hiKtoiru extérieure 

e£t stgnaléo par la Moonde guerre de l'indâpendanco |13l'2-1811) entre- 

pour secouer le joug commercial de In Grando-BrRlusnc, Celle 

erre, dont lee cause» disent les Importantes conséquence», a pour 

frisalial immédiat une périoile d'umon ol do pro»pi'^ritA eoue le prétl- 

' deot Montoâ (tbo era of goud (uohn^), pimdaui laquelle les Éiats-tlnb 

ni«r<]n«il déj& neltomunt lu direction de leur politique, leurs visées sur 

l'Aménquo ccaLrale et moridionnlc. Mais il y a une troisième crise il 

ftalvonCT (ch«pilrCf viti, ix et x). In plus grave : M. Channiag nous y a 

pràfwrèc «a traçaoi, tu début des deux premières parties de son livre, 

BD Ubteaa du développement matériel des Ëtais-Uoia. — En fait, cette 

nation était divisée en deux groupes profondemont dilTérenls : les états 

du oord, qui vivaient du travail libre et fournlH-taicni i l'oun.n sns 

feoloiiB; les ùtats du sud, dont rcxistcnc ùuonomiiiui! était fondée iur 

[VcMlavage 4I la cullum exl«n»ive du citon, l.ri' grand» propriiriaircs 

L-d'ocelavc», plu» riclio* et plus oisif»!, iléteaani le pouvoir, ont voulu en 

'Vnr k \taT profil et s'emparer de ce domaine encore libre de l'ouest : 

VéUit la ruine du nord; à ce moment les anciens partis disparussent; 

deux intérêts soni en présence. La guerre de Sécession s'en est suivie, 

Uaa des plus lerribles et des plu« dramatiques de l'iiiatojre coniempo- 

lalne. — Les Etats-Unis en sont sortis transformés. — M. Channing, 

«u i4iriDC de son livre, a laii'Sê aux lecteurs américaine le soin de réDé- 

cliir sur ce Rrand événement «i d'en tirer toutes les conséquences. — 

Le complément et la conclusion même de cet ouvrage eat été uoo 

t%pîde eoqulsBe des Etats-Unis coniemporainB , étal véritablement 

homosto*, puUtancc industricJle et commerciale formidable. C'est la 

Seule lacune que nous conitstons dans cet inleiligent manuel. 

J. DunEtta. 



ftEOOKa Ap«uk. The law of civilisation nnd deoa.7. Londres ot 
New- York, Swan Soimcnscbeia, IS95. In-»°, 1-302 pages. 

Cb livra, comme l'indique le sous-titra (An euav on hiitory], est un 
Ouvrais, non d'bisloire, mais de philosophie de l'hbtoire. En éludianl 
l*bi«toiri!de la colonie du Massacbuseits, l'auteur a été amené & remon- 
ter Il la HéJormo et, U'éUpe en étape, jusqu'aux croisniles. Il a cru 
«Idicoavrir une * reUtion jirécise entre le système ecclésiastique ot l'ur- 
«hliecture • et conclatcr << qu'aucune pure école d'arcbl lecture n'n vécu 
4&as une atmosphère mercantile. • Il a admiK qae • Ia commerce est 
aj]tagoni*te de l'imagination • el que « l'iniêrét économique cholsll 
(Mur s'exprimer l'intermédiaire de la monnaie. • Ce qui l'a amené & 



^^{^, COMPTES-aS^DtS CHITIQDBS. 

chercher la loi suivaot laquelle la société humaine paue de la barba- 
rie à la civilisation et inversement. La voici. L'énei^ de la pensée 
bumaine prend surtout deux formes, la crainte, qui stimule l'ima^na' 
tion, crée ta foi à l'invisible et le corps sacerdotal, la cupidité (grtedf, 
qui dissipe l'énergie dans le commerce. Dans les sociétés barbares, 
c'est-à-diro peu concentrées, la crainte domine, l'imagination est vive 
et le type dominant est religieux, militaire, artistique. A mesure que 
la société se civilise, c'cst-â-ilirc se ceatralise, la cupidité remplace la 
crainte et ■ l'organisme économique supplante l'émotionnel, l'artis- 
tique, le martial, >'l'énergie accumulée s'épuise alors, la société centra- 
lisée passe souR la domination du capital, enfin arrive la désînt^ration 
< sous la pression de la concurrence économique, parce que l'énergie 
de la race a éié épuisée. ■ Les survivants restent inertes en attendant 
d'étro pourvus d'une énergie nouvelle • par l'infusion de sang barbare. > 

Pour établir sa thèse, l'auteur passe en revoe les événements les 
plus caractéristiques de cette évolution : Chute de l'Empire romain, 
haut moyen âge, croisades et suppression des Templiers, réforme 
anglaise et suppression des couvents, éviction des ymmen, conquête de 
l'Inde et, dans un dernier chapitre sur ta centralisation contemptoraine, 
il conclut i la décadence de notre société où la classe agricole a déclini, 
où c le type d'homme économique i domine, où, sous les formes do 
gouvernement populaire, les capitalistes sont les vrais maîtres, défen- 
dus par nne police salariée, où la famille est dissoute, où l'imagination 
est méprisée et l'homme d'imagination réduit à mourir de faim. ■ L'arV 
semble présager In désintégration prochaine, ■ c'est-à-dire la barbarie 
qui viendra régént'rer le monde. 

Les informations historiques sont de valeur irËs inégale, comme le^ 
ouvrages d'où l'auteur les a tirées; car il cite indifféremment Niebnh^~ 
et Pastel, Montalemberl et les e^LCcllents travaux d'histoire occlésia»-^ 
tique du P. Gasquct. Aucun indice de critique personnelle. 

L'auteur appli([ue aux faits, — sans te savoir probablement, — If»- 
méthode i^acialiste de « l'interprétation économique de t'hÎBloîre, a^ 
mise à la mode par Karl Marx et dont Loria a donné la formule la ptn^ 
extravagante. A tout fait il cherche une cause économique. Par exemple^ 
la secte chrétienne ne devint nombreuse que sous Néron, i au moments- 
où apparaissent les premiers signes do la détresse produite par l'avi— • 
lissemcnt du dcnarim. Lo christianisme fut d'abord socialiste, et sa dif" 
fusion parmi les pauvres fut apparemment causée par la pression de liL- 
concurrence.,. Mais lo socialisme... disparut quand la valeur vénale du. 
miracle augmenta et procura la richesse à l'Eglise > (p. 37). — ■ Les Loi- 
lards étaient du Ivpe économique moderne et rejetaient la miracle 
parce que le miracle coûtait cher et donnait nn rendement incertain ■ 
(p. 150). — t La Réforme fut éminemment un phénomène économique > 
(p. I53|. Klie consista à > remplacer les fétiches coûteux de l'âge Ima- 
ginatif par des écrits qui pouvaient être consultés gratis. Cet expédient 
fut évidemment l'invention d'une communauté mercantile » (p. )51). 



Seelrt : THR GHOwrn or nRiriss roticr. 



tn 



Ce n'ett pu l'oflice de la Revue kistoriquf de diMuler eo d^Mîl uoe 
tblM de philosophie do rbi«toiro, et il semi injuste de traiur légèr»- 
meat une œavre faite de bonae Toi qui rpprêEente la pensée de toute 
UDe vie d'étude et de réDeiion. Mais on ne peui e'emp^cher d'avertir 
M. Brooks Adsms qu'il est sur une voie dangereusn pour du historien. 

On Df. peut admettre ni sa façon du poser les questions ui se, m<.-Uiode 
poar détenniner h^ c&u^es des Tailt. 

1" Lt quoRlioa fondaincuiAle k laqudle tout sun livre prétend être la 
réftotuo est po»ée en termes si vaf;iiei iju'il sentit impossible de la 
diàcQler. L'inuij7iru)li')n aumit dominé cbet li?.» gens du ii* tièc\o ut 
ae serait affaiblie ctici ceux du xix*. Qu'est-ce •]ue cette imagination? 
Est-ce la Tacalté d'imnginorT A mesurer par U quantité et la qualité 
des choses imaginées en tout gtnre, n'a-t-elle pas été plue répandue 
depuis le xtii* siècle qu'au xi'? Y a-l-ll moins d'imagiaation dans une 
science que dans du rormestradilionnolles de religion? Qu'est-ce que le 
grttàt cett« passion caractéristique des mndernes, c'est k passion du 
gain, l'eut-on dire quVIle ait été plus faible au moyen flge? Qu'est-ce 
que l'énergie martiale!' Comment mesurer si elle a baissé entre le 
lempa des craiws ot celui des soldats de la Révolution f La notion 
même • d'une provif^ion d'énergie accumulée par la conquête t et qui 
s'épuise graduellement n'est qu'une métaphore mystique. Quel ^fl le 
peuple civilise d'Europe dont on puisas arCrmer que son énergie est 
moindre qu'au xi" siècle? 

S« Pour délorminor quoi événcmout lilstorique on peut considérer 

c*a*i) d'un autre, il Tant tenir compte de i'tnstmbi» des phdno- 

d'nne civil iuition, tout nu moins des plus impartante. Mais que 

penser d'une mêtliode qui consixie h ne considérer dans une société 

«pie deux ou trois phénomènes, la religion, le cours de la monnaie, 

l'jrchitocinre, et a admettre que leur évolaliou doit s'expliquer par uno 

cause commune? 

Cb. Seiouobos. 



w 



■t. Seblet. The Orowth of Brltlah poUoy, an hislOfical eSBOy, 
'^vitli a. Uemoir or ti. W. I'kotbeho. Cambridge, al th» Univursily 
S:^res9, lKt>5. 2 vol., iiii-J3ri el 403 pages. 

^^vtoatioD de la politique britannique, par Sir Jolin Robert Ses- 
^L-a. TraducUoii du colonel Baiils, avoc uno notice biographique 
■=Mr G. W. PaoTBino. A. Colio. 2 vot. in-12, xiii-427 ot 394 page». 



I a/Brmaut que l'bistoîre digne de ce nom ne doit être qu'une bis- 

K v~« politique, Seelejr n'avançait rten de bien nouveftu, mais il était 

>■ a^ ^enu h &ire de cette idée, dans ses ouvrages, quelqu» ctiose de tout 

C.^1 personnel par le canctiro absolu qu'il lui domudt et par les 

Béquencos qu'il en lirait. 

HSV. IhSTOB. LKV. 1" FABO. 12 



47B coviii:»-R£.iiHts amonts. 

Il ne lolérail, en effoi, aucuod intrusion Je l'biMi^lion dtw le 
domaine tustoriqne : ■ L'tiiRloire, disaj;-il, n'est que la «âenoe <^ 
t'Ëtat... Politique et histoire ne sont que deux aspecta d'un même 
cujtil... Li'liiatoire 6M la politique jiUji^ H la i>olltiqa« l'hLitoiro <lu 
ptéMDt... L'IiiHoir» ne dt^t titer qn'fc raeonter dM guerrw, des oégQ- 
ciailuna dlplomaliqne», qu'à Kraler 1m caiu«* de la TonMlion ot de l* 
déetd«K«d«« cupirw; t«il le roMc, oo qu'on nomnia vulffairacnecii 
l'hifloin du la civiliMlion, doit éti» abandon»* aux littéralenre, etc. * - * 

Or, Bcelcy no ta rendait paa compu qn'en comtatiaai avec c^ 
aclurnemedit • l'habitude romantiiioe de «ivre par riauigloati>^so 
dans le passé ■ «l qu'eu prohibant afaBoInmeat * I«b uagédlea, d »"»" 
leaqu«ll«i l'intèrût hiFloriifuo linit par se perdre dans l'Inier^l perao «3- 
nrJ * (rh« Cnulh of Britttli poJi'ey, I, p. 106), U en arrivait tont*i«=n* 
plamanl à «upprimer la rie en bleioire. 

Il no voyait paa que, a'il aet vrai qne Icf grand* courants htstoriq *^ *■ 
mat d«icnnin«t( par dw oéoeaailAs mipirteurw, il n'en est pu nom. 'su 
trai que oc» courant* sont modiflts par tes puisnnias individiialic^^- 
L. dn tlanke, qui croyait, oomnieSeeley, que Ibiaioir» doit etreeuri.^^ ""^ 
U science de l'ËUt, ne craignait pourtant pas de nous lévéjer, locwtcm. 'il 
I>artaitde Cailierine de Médids, • qu'elle avait le taintoUv&tre, leey^^^ 
Millttiiu et les IAvri!S relovtes du pape Léon X, «ou grand-oocle, * ^s^Wt 
par aa portrait physiiiuo, il pensait nous aider i mieux comprendro ^ 
politique de l'Italienne. 

Mais Seeley s« faisait de l'Iiistoire une tout autr« idée que Ran.l *'^ '- 
Pour lui, elle ne devait viser qu'A une fin : donner <I«k idées claires ^^v 
la giolitique du jour. ■ L'histoire, dit&ii-il, doit pr<paror le citoyo 
accomplir sas devoirs civiques... L*âtude de l'hisloir? Torme une tha 
ri« d« affaires humaines nécessaire A loot homme... L'hi^ioiro est 
école (le sentiments publics et do patriotisme... Notre univernli d 
ËLre la pépinière d'hommes politiques, etc.*. ■ 

A celte preiniâre con(iéi|uenc« qu'il tirait de sa conceiiUon de It^- 
toire, Seeley on jol^tnait une seconde, à savoir qne l'hlslorien cS~ 
s'occuper avant tout do l'époque moderne. 

Pour Seeley, en elTot, ai les lUpiriiKWU politiques ont toujours 
un peu les mâmos dans tous les lempe et si l'histoire dos grands peu 
poIftiquM, — oollo de Homo par exemple', — est oooor» riche 
aoseignemonts, rien ne vaut cependant l'titnde des peuple* raodero' 

Ces idées, que Swley a développées dans quelques ouvrages hi^ 
riques qui «ont parmi Im plus originaux de notre êfoque. vleonenO 
recevoir une Douvelle illustration daas un brillant eesai poslhuoM 
la Formatim lie la polUique hritantUqM. 



\. Vo]r. UetWê» and fitinyi. LoDiloo, 189S. The Ttaekiny of PMli 
The tTpaiaion of Englatid, I8Ë1, [>. ISL 

2. eecturcj and Eua^i, X. TAe Teae/iins af PolUla, p. nS-«8. 

3. Tojr. Lttttmi amt EtUfi, I. Koman imjtariafûm. Loiidr«t, I8M. 



•^4 

i 
oii 




« 



SEELCi : TBË anowTfl or SBiTin POLtCT. 



17» 



Oa peal s'étonner qu'un auteurqui n'aime e.a hUlotra que les résul- 
tats et D'«pprécîe que les leçons rlirecteu »o soit «rrfité au problème 
d«s origines. L'inUotion de 6c«ley était d'aliord d'écrire une histoire 
tout eoii^ tic celte politique, ou tout au moin» u«llo <le ses grands 
•ièclos, te ivin* el le mx'. En i.'jS6, au inumeiil où il com montrait ce 
trmvall, c'était le xvui* siècle qui l'ovcupuii {A short lift of Napoléon l, 
Préface, p. a). MaU, en avauraut ctan« son cludo, l'auteur sentit la 
uéccKsiié de remonter aux origines et, comme il arrive il tout invea- 
tigitcartcrupuleux, son sujet lânic par s'élargir tellement que ce qui 
DO devait d'aliord 6tre qu'une introduction prit les proportions d'un 
ouvrage entier. 

Est-ce là une véritable œuvre historique? Elle dènolo sans doutA des 
recbercbes approfondies. Dix an«i de travaux l'attesUMit. L'auteur aussi 
De tta\ point oontnité d'ouvrages dn «RconHo main : Il a recouni nux 
document* originaux*. C'est donc, sur bien des points, une inves- 
tigation nouvelle et, quoique Sooloy soit subre do détails, qu'il 
cherche surloot à dégager les grandes lignes de son sujet, chaque idée 
s'appuie sur des faits qu'il a vérifies h leur source^. 

Ce qu'il y a d'abord d'admiralile dans cet ouvrante, ^est la manière 
dont U politique anglaise est étudiée, non dans sa structure intime et 
«Uns son développement constitutioimel, mais dans ses rapports arec 
les autres eiats. l'our Seeley en effet, les dealioées d'un état dépendent 
moins de sa» insliiutiou» qun de m position dans le monde. Plus un 
état net puisiani, plus sa pulllKjue est univorAsIle et plus par consâ- 
quoDl Mn histoiro doit Être étudiée au point do vue universel. 
L'histoire politique et l'histoire internationale, dit-il, se confondent 
jlDtroductioo, p. I). 

Ëlodlée à la lumière de celte idée, l'histoire d'Angleterre an xvi* et 
au xvti* siècle s'élargit considérablement. Les grands actes de cette 
politique paruiseent sous un tout autre jour, ot l'on voit en même 
temps clairement le conire-coup des grands faits de In politique earo- 
l>é«nue iconlre-râforme, guerres contîneoules, etc.j sur le développe- 
ment de la politique nationale. 

Bn ntècM temps, les ligures des souverains et des hommes d'étal 
prennent d'autant plu* de relief que ces (lersunuages ont joué un rfilc 
plus cuosidtTabIc dnn» la potiliquo européenne : de là l'Importance 
bHilo particulière que Seeloy donne on Angleterre a Elisabeth, & 
Oromwbll et à Guillaume UI; en France â Henri IV, ji Richelieu, à 
Haurin : len portraits poliiiques de ces hommes sont parfaits. 
_ Mais il y a plus eucore ; eu élarjjiiAant les questions politiques, Seoloy 



l. n ^rlrnil en 1S86, au mamcal où il ftntrc|)rlt cH ouvrage : < Belnfl nnga- 
«td spon > UUtory o/ A'ngfliA Farrlgn PolUy, I tiraw loy iafonntll'm at llrKt 
hMd tram ihc manourlpl ilrspalcbc» preurvcd el llie Record Olllce. t A 
iWt Ufi, Pr^Car^, p, ix. 

t Vojr. LMum aiut Suafi, l. Th« grtat Roman révolution. 



m 



HMPTt»-aE[V&iis CHiriQVBs. 



est ameoè & Hm pins »|uiul>le pour les bomniei. [^s jti)f«wit dhIm 
Bur ce qu'iU sont en enx-iném««, comint' Corlylc, ou im les ooniùUitiU 
point s«Dleiii«nt coidido roimSMnUnls d'uo gruaps poliliqno, coinn» 
lfa<aalay, il 1m voit suuk te rériltble KDgl« <)« l«ur dciivito. A cet 
égaM, BOD CtiarlM U ot coa Jacques n dtudià tn poiol de vu« de U 
poliLiqiM gènAnlfl de l'Europe eoal traiics d'une manière plut éqailable 
qiw dana Macanlay, q«i lo jugeait au )iotut de lue smcteitieat couti- 
tuUonnal «t n-Iigiuux. 

Eapril éutDvmnMnt phUoMpfaiqoe, Soeley, qui avait dibolé pu u 
ewai lie morale raligi«UM| fitea AÎmid (1865), et <jui Acrtvit dm Hodo 
Rur la lUligion noturtlla (I8SÎ), «loalle & reodro on Ubioaux synlht- 
tii|ues les mouvement* politique*, moraux et sociaux d'an« épocpw. 
11 faut remarquer surutot i cet égard le deuin qu'il irace des grimlet 
Cormm lypiqut» du ctiristianiame, depuis la cbr^tient« Utloe de Cypriea 
et d« saint Auguttiu jufu|u'au christianisme aoglaii, ea passant par le 
clirisUani*m«i loutvu d« Luther et le catboUeluiie espagnol de Philippe, 
d'Albf., du Ixiyula et de (lalduruu (I, p. t!l!-43l. Le« meilleu» cha|>ltrrt 
de «OD ouirage sont ooax qu'il a consacrée à l'Angleterre milîlairv et 
religieuse de Cromwril, à la contre-rérormo, au dévoioppetneat de U 
France bourbonienne, au régne de Guillaume Ul. 

L'histoire, pour Seeley, se présente soue U lorme de problème». D 
ênoiico d'abord la qaeetJoo, celle-ci, par exemple : • Commeal dolMB 
eoDsidérer la lUvutulion d« KSSt » Ou bien eidlen:! : < Comment la 
Kranee calhulic|uv devin^elle l'alliée de prlneea praiesiuiitii i* • Fuin il 
tenta U dtatonslntloo. Viennent eaflo le* oorullairo* ot le* oonsd- 
qoeoce*. Et tout cela cbex Seeley est ti métbodique et si unifonue qu'on 
pourrait presque définir sa manière un biitaire : t L'application des pro> 
c4d6* matliématiques à l'èluddation des problèmes bi«toriquo*. > 

L'inconvénient ne serait p)i« grand SI Seeley M! contojiiaitil'uppliqueru 
méthoile h In iliKcuioion do* <]u(vtiou* qui attendent «ttoore de tacritlqu 
uue BoluiioD. Mais il n'en eei rien. SecIey l'applique iadlstlnctement à 
tous les problèmes, les connus et les inconnus, les importants ot Im 
inMgDÎQaut*. Exemple : il s'agit du problème de U Révooalluu de t'édit 
de NantiM. On croit que Seeley ^a ne uuuieotcr de ra]>pelor en qodqne* 
ligne* que cette Itârooation fut un act« politique iliri^ nulaot contre 
le papisme que contre le pn)l«slanti»me. Eb bien! non, il en refait 
une dèmoD*tcation copieuse : « Luuic XIV n'était pas papiste. A ce 
moment il était le véritable ennemi du Saiot-Siâge (U, p. Î&S). • Put* 
quelques ligne* plus bas : < En frappant le proleeuniiame, Louis XIV 
vuuUJt écraser te papisme ip. ?5'2j. L'opposition & U papauté est le 
fuuit de la politique religieuse de LouIj] SVî (p. 'Î!t3f. C'est le galltoa* 
oisme naissant, non l'ulirawDuUiiiiiue qui amena la Révocation de 
l'odil de Nantes (p. Sà4). La politiitua de Ia^uik XIV était dirigée contre 
lo.pape (p. 25^|. La pcreûcuiiou ue fut pas l'acto d'une puiseano* 
papiste, c'était l'acte d'un nouveau Henri VUI |p, S60|. Le système 
catholique français ne peut point dire considéré comme du papisme 




SEF-LET ; TRS r.ROWTH OF BRITISR KHICÏ. 181 

(p. S64). L'aiilcur do la RAvucaiiim n'i'-tail \>af i-n n'nlilii un catholirgup, 
mais UD M:JiUinali(|UR <p. S65|. Luuijt «»t Ti-ii,i\r<l': pnr 1o papp coinme 
le plu« dtngsreox n lo plue cruoi ooncmi de l'Ëglise {p. ?6G). Louis 
était un ennemi public, un fléau n In foie pour le monde calhollrjue et 
le moude prolefitant |p. !G7), ^Ic, etc.'... * 

Or, cette maaiêr^ argumeatative à l'eicâs, qui ne laisse il» cAcé 
aiKtiQG oonaiUé ratio □ si ntlnime soit-pUe, cette InEiiatanct^ k rnprvndro 
on terni«« idcntlqun la m6me question, comme .«'Il n'a^mntt d'où 
rpuJDfrr la dAmonttratlon , Gnil par ent^omlror la monot/Miin*. Dnn* 
ccU« nnivn'. il y a lipaucoufi da redites ei dn longueurs. I) Komlilq que. 
pour l'Hrt, âcoloy «oil ici infi'rimir ii co qu'il éuiit dans gi>s rouvres prv- 
eMcnli-s. Kn qiialifuint Ini-ruâmi^ son travail d'essai liistorique (Intro- 
duction, p. 3|, Il »'otipaKBuil plus ou moins l'i s'abstenir de il^veloppo- 
laeot* iDDlilf«,àrtiire tout itu moins ce qu'il avait Toit pour VEirparuion 
lit t'Antlct»rtY. où doux siôclep de grundo histoire sont resserrôs en 
un court volume. Peut-être aussi l'auteur, qui fut surpris par lu mort 
avant la 6n do son travail, eUl-il supprime quelques longueurs s'il 
avKit pu mettre l« dernière maiu h ton manuscrit. 

! Antoine Gciixinn. 

I. AnlrM exemptes : la névnlntloii de 1688 fut d'un hnut A l'antro ilomlnie 
par A** Influences tout in on laies, entio «iiirps lelk de In Prsncr. Celli^ IdAe, 
Âeelei la dèrelopiM ■boadimTnenl (vol. II. p. ITI-'^IO). Puis it y revient eu per- 
lant d'antre cIium : < Sun principal nuleur fut LauU XIV (p. '2!1). L'ennemi 
4tt peuple ïDfiluit Tut alora I.ouU XIV (p. 307). Ls reïlsuration de Jiirquet 11 
aMra iinpliqué la d^pcudance de l'AnKlelurre A la France (|>. 30H^ Lu RiSvolulion 
^Ic 1688 De doil pas ftre caniidér^u A un (lolnt df Tue Dnlionnt [p. 331). Lu Riro- 
fatioD lie I6$X n'est pus um^ pure rpiolultoa anKloisv (p. 33'J}. I^a seconde Réto- 
Intion... est uoe rétif'tanri! contre l'aici'ndaDl de la France (p. 333). > Kt, de 
la page 331 A 3((, déTelappcmrnl d« la in<!(ne idée, piiît ri^tuuié linul, — 
Jlineain eaoore : i Le rj^na dit Jarqucn I" ni>ui dunna la puis (I, p. 163). Dès 
3m prwn t tTM innées du T*.gac de J.icques I" une inr du )>ali coniiTieiico 
(p. ttS). Ceaddtions le pacificntion quu donna Jactiues i". La p«ciric«liiin 
mUMfm ha premlËree anui^rs du r^ne du Jacques 1- (p. 2U'.'). La preinkre 
période de Jacque» est remplie par U pncilicilion (p. 271}. ■• 

!. La d^muntl ration (inr l'alMurde n'y niauquv luéme pan. Estayou» d'iiiianiner, 
■UI>11, ce qu'il serait adtcuu ti Eltubvlli aT.iit accepté la couronne des Pap-B**. 
Bile eùl aaps doute, .. Tout ceci pour renforcer sa d^mon il I ration et abouti) 
A U uMluiioa : I Donc elle ne pouvait agir aulreiuent qu'elle n'a fait. > 



I8S 



aecniu rÉBiODiiiim. 



RECUEILS PÉRIODIQUES ET SOaÉTÉS SAVANTES. 






1. — lA RATOlatlDB moçKla*. 18ff7, 14 jnln. — A. LiaminuEn- 
on. John Oewald, Booaatia, jicobin et tocÎAtisU. — A. Dmnooa. 
L'KglÎM «l l'Êui fou* Loola- Philippe, de Lamenoaie à Muotalcm* 
b«rt, 1936-lUO \iu pngrte aooomplb par le cterge caitaoUquo el ea 
particulinr dp* JéHiilet loiii le r^Lme Ultènl i4 piriwiuauini). — 
F. DiNssT d'Akouu. DoiMy d'Anglu «d pniiial an III (qu'il m «vit oo 
DoQ dé«o«vert devant ta Utte de l-'praud, il «cl esrtaia que Boliey d'AJi- 
giat Ù\ prevva d'an grand nmragv pendant la céanco du 1** pniria.1}. 
— AculU). Appel nominal Fur Marat fvoto da l3-)4 avril 179iJ sur la 
que«Uou de savoir s'il >- avait lieu de mpItroMaral «naccuMtion); «uiW 
le 10 juillet; En le tt aoai. = 14 juillK. E. Pjunun. L'idée de oi>D««i- 
tatioD avant te .<ermeni du Jeu de Paame (critique oerlaini point* *1* 
l'élnde cunsacRvieeiujet parM. Robin«>n|.^HenrlC*akft. La Ré 
luiioo au parc do Bloauc i PwtMr*. 1790-1796. — Paul Gottim. Si 
de Toulon: l'AogleieiTe et les princes, 1733. d'apréa daa docume 
InAdita (montre que ce Bont les Anglais qui ont empAcbé le comte ^ 
Proveoee d« tenir 4 Toulon). — RaniH-MjLBst. La mort de Butot ci ^« 
PâtloD (prouve, d'après des document* nouveaux, que Buuc et p^i^Çio 
ae sont bien brtlè la ccrwUe). — Acuan. I^a refiréeeDtants en iî> *^ 
Blon dcpuia le 11 ocl. 1793 ja»in'aa n février 1794. = 14 ax»^^- 
X. Itann. Le« d^oaee dea auerobléoa élMtoralm en 1789 (Douf ^t 
•ooon obscur ; l'auiear se contenie de régnner la correspoïKlanoe r^m- 
hnnte daaa te carton B* 8S des Archives nationale*), — A. Lx»<^- 
L'aitiliids du clergi'catholiqnei l'égard dee proi^tBQta en 17^(mon<'^ 
Im lieraières resitunce* opposées par te elei^ caiholiqoe i l'admis» *^'^ 
des proteilaola 1 loua Isa drolla civiques et politiques). '— t. Coece^'*'' 
Le rec^tre dea «ngagtf* volontaire* d« )7&3 à Hautevllle, Alo- " 
C. Bloch. Une enquAie sur l'rut dei paroisses en I7SS (publie *** 
rApoosea des deai mnnicipalitée de Chaingjr et de la Chapellc^^' 
Baint^Meemin k une elrenlaire demandant dû reoseigneaieais su 
popolation, l'agricnlture, le commerce, etc., de la province). — 
situation religieuse dans ta Hant^-Garonne au début du Con 
ipubUe une lettre du eiloym Iticiiard, préfet de la Hante-Garunn^w 
miniftre de la policr< p^nérale, 9 juillet t800|. 

8. — Ramia dliletolre dlplomatlqne. Ann^ XL 1S97, n* 9 — 
H. VAX YpEouut SE SiaiHot. Marguerite d'AnirjC'be et Jean Le "^^ ' 
(publie une lettre de ee diplomate i la régente, datée de Mau*-^^^* 
17 noAt 1MÎ). — Pr. Fcsci:'&ai3rTA:io. Doeumeou retettls aux fo 
dlpbHOMtlqnea aux xni* et xtr> liteles; lin (miMioo de Robert dr ^ 



:âlta 



UCITKILS P^moDIdOlIS. \99 

iiv«, btilli il'Amiant, CDVoyr en octobre 1311, par Philippe lo I)oI, 
roi de France, à la cour do Flandre). — Vicomte M. Bouriti. Le cardi- 
otl à» Teocin au conclave de Benoit XIV; fin. — O. Salles. L'inslî- 
lulioo des consulats^ bod origine, son développement an moyen âge 
ebei lee différents peuples; suit» luniformité d 'attribut ioDR des cod- 
ulc; exercice et contrôle de l'autorité consulaire). — Louis pAtiï. Le 
voya^ de Prnnç^ie Veilori, ambassadeur de la république florentine 
près de l'emperour Maiimiliea, 3" juin 1507-13 mars l&ÙS; suite. 

5, — Mélanges d'archéologie et d'hlatolro. Auoéo XVII, 
faic. 2-3, Ma«-juin 1897, — M. Besnieji. Note sur une intcription 
ÎDpdiU- trouvée â Rome !• Sancto Silvano «scrum Gallus Cucceiu* 
Eroe ex tIso fecii »|. — G. Dauuet. Étude aor les relation» d'Inno- 
cent VI avec D. Pedro I", roi de GsstiUe, au sujet de Blanche de 
Bourbon <d'apr6s les re^^istrea du Vatican; rooutre que senl le pape 
Intervint, sans succès d'ailll^u^», en Taveur du la malheureuse relue). 
^ P. Pashk. l^a perception du cens aimsloliqui' en France en 1991- 
It93 Ipublio lo livre de* recettes d'Albi-rt de Grundula qui contient des 
raoHJgiMsenl* curieux sur la valeur des monnaies, sur le nom des 
officiers on dignitaires des églises et monastères rie Fronce nu joar 
indiqué par la daie des quittancesi. — G. be Puïbaudbt. Une liste 
éplscopale d'Angouléroe. — G. be MANTETBa. Les mss. de la reino 
Cbristioe aux archive* du Vatican (avec une liste de concordance entre 
les 72 mss. de la reine donnés aus Archives et leuni cotes succesKlvesl. 

4. — Revne arob^ologique. 189T, rasrs-avrU. — Sadssb. Le tumu- 
lus de Fontenay-le-Marmion, — Edm. Le Blast. Paléographie des 
iDBCriptions taiines, du m- siècle i. la ûa du vit'; suite. — Ph.-E. Le* 
oaAKD. Biographie de Louis- François- Sébastien Fauvel, aulli^uaire et 

fuul. 1753-1838: suite. — EL Bi.oghbt. Le» inscriptions do Samar- 
nd. I : le GoAr-i-niir, ou tombeau de Tamerlan; épilaplies de 
DMÙr et de plusieurs prinres timoûrides; suite. — ' Ci.anuoxT-GAN- 
NAV. Notes d'archéologie orleaiale; suite (sceau safsanideau nom de 
Chabpoûrh, Inlondani général de Ycr.dcgerd 11; inscriptions romaines 
d'Abila dti Lysanias; inscription romaine d'Htïllopolls ; le sceau d'Ela- 
moiç, filsdeEtlcliou; le lyclioarlon arabe de Ojeracb); suite eu mat-juin 
(Ia iDOMique de Undaba: la géographie médiévale de la Pulemlne 
d'apr^A des document* arabes; amulette au nom du diou KiiKm; 
l'apoibéose de Nnloiros; le nom palmyrénlen de Taibol). ^ Mai-juin. 
René Dusatoo. Voyage en t^yrie, octobre-novembre. 1S96. Notes 
«rehtologiquns. — A. dk liroQKn. Lu poignée de mains sur le» bas- 
raliefs fuuf'raire« antiques.— Ph.-E. LKaRAND. Biographie de Louis- 
Fraaçois-t^bHNtien Fauvel, nntiquaire et consul, I7!i3-1838; suite. 

6. — Revne celtique. 1897, juillet. — B. Rcihacb. Tarvos Trigara- 
Dus (élude Dtir le uureau divin, l'arbre cosmique et les trois grues des- 
tinés sur l'autel des f Nautae t de Paris ; ludique quelques analogies 
d'ordni mythologique). — Whillcy Stokcs. l^rs annales do Tigenucli; 



IS4 iRcniiu rilitonrorn. 

suit« 1088-1(78. — J. Loto. Bretons inmldree en IrUode (note plu- 
Rlcura Caiu certtins des lutte« engages par tes Bretoos coolra Im GaAl> 
d'Irlandi}). ^ H. d'Aiimxi or Jubainvilu. Sur (luelques InieripUotK eo 
catMtArrR fjte» à^ la Gaole narbonaalie. 

6. -- Nouvelle Revue Ustoriqae <te droit. 1997, roal-juln. — 
P.-F. liiHAHD. l'A dau tlo la loi ^ImtU lelle a été décréite «au* GOâ 
et 630 av. J.-C.i. — D'Abdoib or Jchaivvii.i.i, l,a cIlcDlMe •□ Irlande. 

— E. FovuoL. Sur (luolijuo* trailAi do droit publie dn ivi* diela (ana* 
Ijrnr trs thtorieK pntMot^s par Pïtnçoia Baiiduuln, Jn*n llodin »t Hot- 
roan). — L. m V^LHoacn. Manirs n in»iilalion« i]« l'iincifano Islande 
(d'apràs l'hlande auinl U etiritlianlime d'A. G«ffroy «t la Saga lU Xial 
tnd. par DareMej. - Ed. Meidiul. Bacore Ini«rins (analyM W pubif- 
catiooa récealM iI'BaiDeIn, de Flttlng, de Pr. Schapfer, de Ped. Pstetu 
et de Peecatore). = GomptAf-reiidui : U. Betla. L'opéra d'Inerio (bun). 

— P. Dtl CftNtiM. Bncldopodia i^iurMIra [ter u*o dHIe «cuolo (r^umà 
clair » précU du \'tja*mb\f: di^ la Kicac jurldiqui'i. = Jttillct^uMlL 
J. TovT4iii. L'iDMription d'Renchîr>MeUich. Va aouvonu docunMiit 
•uf ta propriéti agricole daDK l'AfriqtK romain* (taxtn, tradociioa et 
«oinm«n(aire). — G. CoantL. Conlribation 1 IVtnde de la pasria ;iel«*> 
loi. — Paul PoOTimcH. La propriAlà de« égliaea dana In* premiers 
HèclM dn a)0}«n ige Irêtnine les idiea pfèMOléee aar le «jet par le 
I>n>r. StUU). — J. Paavx. Oictiannalre de rbJaiolre du droit slave 
(annouce la publiation d'un diclioiiaaire de ce genre, eotrepria (itr 
M. H. Jireiek). 

7. — Revno de l'hlatolre des reUciona. Tomo XXXV, d« 3, 
mai-juia ISUT. — G. Maspuo. Ia labled'oirnndcsd«stoinli««us ^yp> 
tîont; l** art. — L Gounniu. Dv sens propre doeexprvuioait ■ Oml>rc 
(te Dieu, Khalife de Dieti, > pour dévigiter hw cbob dana rislam. =s 
OoBipUe^f*nduf ' W. FUndffi Pttrit. Koptoa fboa). — M. et (^iMl. 
Nagada and ttallas loDvrage d'une importance exoeplioDnelle, l'auteur 
ayant retrouva dans »ee foallles des tracts d'une dvillntion ignorer, 
d'une rue qui eonqnll l'figypte lera la IV* dynastie. AntHionu cum- 
bat 6M eoDclusioos). ^ l-TH^. A record of tb* Buddhist religion as 
pncUaod in India aad tbo Halay archipclagu, fi7l>W5: trad. par y. Ta- 
ikoAimt. — E. Ciaeeri. Cavaf c quaado b tradisiona TroUi» na eotnU 
In Rona (beaucoup de faits qui méritent l'attaotîoul. — Kr^tuchnae. 
Die BuQdeavwvIetiQDg im Alten TestameoU in ibrar geacbichtlicbea 
Enlwickelnng «tude approfoodie sur le ««ta et rhistMro de l'idée d'al- 
liance dans l'Ancien TestamenU. 

8. — RevtM de l'Orleot cbr«Uea. Année n, Iï)9T, n* 3. — Comte 
GovsjcT. La pri«c de Jcrotalcro pu les l'ctyans en OU (publie !■ la 
texte grec avec une traduction fnacaiaa de l'ÈUfit on Odt vuurio»- 
I^M où saint Sopbruoios, patriarche do Jèmsalom, avait dèploté la 
mine da la ville tainta. Ce («île important, qui était coosidén oommo 
perdn, a étd irtrouvé par le comte Riant à U Bîbliolfaêqtie naltonale; 



RECCelLS niRIOIilQtlEg. 



I» 



-S* UQ récit en arabe, du métne ètènemimt, qui a peut-Atre été traduit 
du grec, mais qui est fortemeai imprégné d'élêmenie lépendaif*s|. — 
Baron d'Avwu La Bulgarie chrétienne; suite. — i". MtcuEi.. Les lais- 
aioDS Ulinec na Orical (ctiap. xi-iiii, la constiiutioa ûrienlalium digni- 
ta»: du in(}d'> d'action qui «'impose aux missiniinaire» latic* rt de 
l'av^oir dos mÏMinnii catholique» un Orient). — BLoniiET. Noie sur une 
lettre du auttan n-ijazet It au roi de Prtince Oliarlos VIII (cette lettre, 
dMltoée à accréditer Antonio de Rericbo auprès du roi de Fronce 
paraît Htt. aulhonllquo). 

9. — Revue des études Jntvea, 1897, avril-itiin. — S. Pozranski. 
Mecwi Al-Okb«ri, chof d'unn rccIp juive du ix* n. — L. Gou>scii>iio. 
Les impôts et droits de douane en Judée »ous le^ Roranins. — 
S. Kiiauss. Apiphior. nom bébreu du pape (ce mot, qui se trouve déjà 
dans le Talmnd, vient du grec naimlat, (iiyniologio que Tb. Reioacli, 
dans une note qui suit cet article, tient pour inadmissible). — 3. Bitusa. 
La petl« chet les Juirs d'Avignon (leurs soutTrances; terreur que la 
p««te leur luepirail ; peraëcuiions dont ils furent en butte à l'bApital de 
la part des iofirmlers et aumùniera dominicains qui déployèrent UtuI 
leur fanatiaine pour essayer de les convertir). — D. )Lavviu.v». Contri- 
butions k l'histoire des Juifs de Corfou; pièces justificatives; fln. — 
N. Houun. La vie commerciale de» Juifii comladins en lAnguedoc au 
svim *. — Tb. ItEiKACu. Encore un mot sur le n papyrus de Claude • 
(dons le procès qui s'engagea devant l'empereur Claude eulre le roi 
Agrippa et deux aniisémiles alexandrins, Wilcken proposait de lire : 
IV «K AaxovUunsu xrpïioi*; l'auteur propose ïïepo-j.liovflit ; ce sorail donc 
dau* le* < liorli Seniiliani i que ce jugement a été rendu, non dans 
1m jardins de Lucullus). — M. Scuwab. Les inscriptions liébruiquos do 
Il France. — 1). Kaiffmann. Une pièce diplomatique vénitienne sur 
BaUMUd Cevi, 18 mars !6G6. 

10. — Revue de géographie. 1897, avril. — J. CnoxAi.*. La con- 
qnèti^ d'El-hudji'Umiir (liii>t;raphii> d'un marabout oc'ni^galai» qui fouda 
dans le Soudan un firainl cmpiro, dotniil par lo colonel Faidberbei; 
•nito dos» kl livraison' siiivnnte». — llaron na Bavk. V\f Moscou 
& KroBDoIarsk ; souvenirs d'une mission en lf<69. — P. DxnRit. La 
[>ênélrBtioD europ>!'enDe en Asie et la dêlimilation des frontières dus 
irolonles et états indèpeodaals; Buiteeomai, fiaonjiiiD. ^ Juin. 11. Uah* 
aissE. Sébastien Cabot, pilote major d'Espagne, considéré comme car- 
tographe (du planisphère dressé par S. Cabot en 1544; c'est tans 
doute ■ l'œuvre cartographique la plus Imparfaite qui ait élê exécutée 
au milieu du xvi* a., en Espagne ou ailleurs; elle ne présente d'autre 
■atérèl que son extrême rareté *) ; lin en juillet. — Rodibb. Le Maroc ; 
poiittons m«prtctive« des puiswncc* ouTOpéeDoei dans la question maro- 
ainn: le traitiH franco- marocain de 1845 el l'avonir du Maroc; lin en 
juillet. ^ Août. A. FuomarACx. Un projrt il'ncquisitldn de TrauquA- 
btr par la Franco en 1669. — Itoutee. L'fClhiopiOi la paix d'Addi»- 



I8« 



KRCCKIU l'dttUblQCaS. 



Afaiba; In iiuestion dos froDtièrea «biopleonec ; l'aieolr de l'I^ilimpie. 

— F. PtLoit. Lloffénifrar LainbUrdto, euccesMur de Pecraoet i l'Êcala 
il4!S [iodU ot chauMéM et CoodaUur, av«c Moage, de l'Ëcol« des in^-; 
\*vx public» ifxoio polytodiDÙgutty, I74%I797. 

11. — n«vue inlernattonale dea Ar«hlT««. dn BlbUotb*qB«« 

ei dCN Mosiéeii. N" 9 i-i Ji-ciiUt. — V. ,m Cli Moi.ti.t De> catalo^es 
<xill<>ciifii »u commui» A plunieun hibliothA«]aw (tcnutlvnK qui od( été 
Tailc» CCI Frinci* et il l'ùtrangiM). — N. Jono*. Lo« liil>liotliiqu<ui de 
Itoumaaie. =: CotuptcB-rendan : W. Uegd. BibUogFtpbM der Waraeoi- 
twi^Kclien Gi^kchkhin (lioa). — thnath. Cualogui bibUolttetae tnasal 
nai. hnngiLrict, i. I : liicunabuk. — /i' B. AMtnwnn. OUi Loibojs-' 
HandechrifCcn ilor k. Oflbntticlion lliUtulliiA su IUaiioT«r. 

19. — Ba)l«Un oriUqnv. ISOT, n* 17. — Ùr. Krtuck. Pasclooes 
vttaM|ui! lanciorum aevi ninrovinglci et antli[uuniin alii|iK>l (L. Da— 
Gbnnr iraiu ici do naintR ATra H du marlyrvlngt bilïronymlCD M conf 
btt t'hypArcriliclomn do l'^lilour ulloniandi. = N* 18, AtM PUX. Hiïtolr» 
d« l'ADcien TMtan>«nt, d'après lo manael allfunait'l du D' Scboipfor 
(le manuet tllomnnil a élo tri* renianié et la bibliognpbie mÎM tu 
eourant dtx derniArM rccberchet bleioriques ot arcfaéalOKJqnet). — 
P. Pkhot. De l'origiDP du pouvoir, par TajvxrtlH ^Ateglio 1l'ouTng« 
de Tajiardli a paru ea !8iO; 4 quoi bon le traduire aujoard'hoi f | ^ 
Varl^ii^tt: G. Cirot. Erre<ur(l'bl«iorl(^D ou rornitoofto d'bérétiqne? (dan» 
ton Liber ad Damaiwn, l'riiicilllen ni(> que lo ooncilo d« 8<araf;u«f4*, tonn 
Ton t'an 390, ait eondainnê quatre de see parltsans: SolpiCA SêvAra 
l'atfirEno. (Veut mus douta Priacillien qui a menliV = N* 19. .W. Sehtpoi. 
Vocabulaire île l'AngAlologle (Uate alphabétique dei dènomlaBUona 
mystcneuses appliquées aux sages et aux démoiu* par la BoperBllUon 
juive, surtout par la Kabbalel. = N° 30. Br. Kruîdi. PasaioQea vitae- 
qne sanctoram sevl merovlngici (3< an. d« L. Duchesne, coouicTii & 
salut Plorlao; soulleot que la paaiioD de oaint Ploriao doit mnonter 
au T* et ])0ut-6lre au i\* siictë). — Cbronîquo d'Iulie. Autiquitâ et 
moyénAKepar A. DououncQ.s Varîétte: A. db DARTnàLUT. Lo boniiet 
phrygien, le bonnet roai;o. In bonnet de la liberté. =: N* ti. 8r. f pumA, 
Pai'Kioiu'!* vitn>!qiic «anciotum nevi luerovingicî {4* art. de L. Oucheroe, 
concernout «aini Loup de Troycs, dont Knisch rrîelto la vie comme 
eotièromeot fauise; or, elle eet c«r1aineiiieat authentique). — Dom 
II. SerUire. Monasllcon Mge, t. T, i'* livr. Province de Namur ni 
province du Halnaut (excellent). 

13. — Journal dcN Savanta. 1897, juin. — R. Dasmis. Uitloii* 

da droit prirë de In r<^pub!ir|iie athénienne (i propos de l'oorraçe ra 
4 vol. de M. L. Hcaucltol Mir ce sujet) : I" art.; &n en juillet, — Albert 
tioMit.. Les correapondanoes des agents diplomatiquee étrsnf^ra en 
Franco avant la Kévoluiioa là propos du rapport publié par M. Flam> 
mermont dans lei ItouveHa architifs des Miuiont scimiifiques, t. VŒ). 

— II. Wallon. Le roi de Rome ^sur l'ouTrago de M. Wobclilogorji 



I 



RRCIFEII.S F^IU0I>lllltB5. 



4«7 



1" art.; suite en juillet. ^ Juillet. Buncbard. TombDuctoii la mysté- 
rieuse (lin de l'analyte de t'ouvraye de F. Dubois. Histoire de la fooda- 
tion et do U proKpi^ritn cummcrcialc! et [Dicllecluelte de Tombouclou; 
cauMt de sk dpcndonco). 
14. — Revue orltlqne d'histoire et de littérature. 1897, n« 1%. 

— ttiaitl et Kohler. Kluiios sur l'Iiit^ioirc di- l'i'^liso de Bethlcocn (cicel- 
lent). — U. Lavoix. Oatalogue 'le* mtinriaiivt musulmanes de la Dibtio- 
thtqae oalicnale. %ïple et Synr (Imn, avnc de boiinea lablesi. — 
D'd'Amteo. Siill' assedio di Akragae del 40C a. C. Ibonj. — V. Pednli. 
n regno di Pcrgamo (bon r^umô de l'état de la «cience). — E. de Rug- 
ffltr». Le colonie del Romani (article eubmntiel ; exposiâ complot du 
droit ntonialf. — Bd. u Blanl. 7J0 InseriptloDs de pierres gravéee 
Inédites oa peu connues (excellent), — L Clfdat. Le tbâAtro au moyen 
âge (bonne snilyse d'une vinKlaiue de pi&ces; mais pourquoi l'iLutotir 
ne d^Mtso-t-il pas le xiv* s.? Car c'est au iv* s. que le IhMtre du 
moyen ftgo a trouvé son apogâei. — Ptrreni. Les libertins ou Franco 
au xvn» g, (inb^rptMQt maissiipiTficiell. — >t. Wnlf. L'éducation nutio- 
tialo. I^prublbmoderéducatiou moderne et l'uuivemté (remarquable), 
^ J. Prtvx. Lft loi du Vinodol, Iritiluito i>t annolie (excellente traduc- 
tioai. ^ N° S3. ù. HeùUrbergk. Die Ilimtcllunt; der llcamiendurclldat 
Los (dlifcertation judiciouso et bien docuineiiii^e, main prolixe et con> 
fu»|. — L Ktller. Die Anfronge der ileformatioo uiid iHo Ketzerscbii- 
len |«ccorde beaucoup trop d'importance i l'influonee vaudohe dans les 
origines de la Oèforme). — Catalogue de la bibtiothâquo do feu M. le 
baron Jérôme Picbon Inouvrau chapitre de l'iiistoiru, par II. Barrisse, 
dee dAprfdaLlon» commise» A la Colombine de Sévllle). = N° 21. Jtk 
BUie ot S. Setleri, The clder Plioy's chapiers on tho hitiory of art |la 
traduction, par mi«s Jek Blake, est excellente; les notes arcbéolo* 
glques et l'intruductiou, par mi^s âellers, sont des plu? utiles; ](■£ ques- 
tions relative!* aux sources de l'iioe aont exposées avec beaucoup de 
cUrtê et une érudlUou consomméel. — G. Kauffliiann. Die GMcliichte 
der deutschen Unlversita^len : Gd. 11 Itr^s intéressant et uliln). ^ N° ih. 
Fr. J>t4iluch. Die Entfttehung des lelteslen 8chriftsyslems (ouvrage 
lugifilrali. — /Mrper. Ansyrian and babylonian lettor», 3' et .1* partie». 

— BiKnIohr. Ein allbabyloiii^ciier Felderplan (important pour l'iilude 
de> mesures de surface chez les Uabyloniens). ^ N' 20. //. flaoï. Ge- 
•cbkhte (ter rheiniscben Btadtcultur, mil besonderer Dc^niclisichligung 
der Stadt Worm» (excellent). — L Dores et L. Thuam*. Pic do la 
MiranJole en France, IA65-MBS | Intéressant). — //. lonehay. La riva- 
lité do U Franco ot de TBipagne aux Pays-Bas, 163^-1700 <bon|. — 
B. Cnet. Stud] storici suIIk rivoluiione napoletana del 1799 (bon), = 
N« 27. B. Batuch. Die HinsMtiedte und dio Barbareaken (bonne étude 
<Dr h» relations do tlamliourg avec le dey d'Alger et le sultan de 
Maroc, de 1760 k IS30|. — La Franco cbriHicnno devant l'bistoire 
Imido 1 noter, signé Laicus}. = N« S8. J. Paquùr. Jérûmo Aloandre 
«t 1> priodpttutê de Liège, lïi4-lStO. — Schuhtrt. Fruiçois de Th^as, 



Il» 



tRCDRII.* ndioftiifCis. 



«ointe ilfl Tboronc, Girthn« Ka>algitlioauioant (l'anuar a rMon>lilu4 
ITCG beaucoup de bonheur la biogTHpbM de ce lieuMannt du roi dont 
GcetiM) parli> si Inuguemeot ilaa* SM Hteioires. A. Cbu<]uM ajoato 
d&no »(iii anicln bAaiiRotip àt Taiu In^lil*). ^ N* 39. ff. fromArveAl. 
Gtlali>en« lie ta blbliotb^ua do l'Ëoolii dM l«ii||uM orioDialra vIvanM. 
Tome I. — J. E. Sandfi. D«iiioiilh«QH : ibo fim Phitippic aod Um 
Oljroiliiacs leicpllonlf- cditîon). = N« 30. S. Sitdn. Dio UrraligiondK 
ludogeriDBDen ll'auleur prétend démontrer qne loue les urandsHlieox 
européens remout^ni au couple Sotell-Luoe. bu Ciel, ou à tonte antre 
puiwance iiatuicllei, — hxgold. Boasuet et le JaQBéaisin« (Bosauet D'à 
jamalB été JaDiéniBle; le P. IngoU l« prouve. Mais A. GaaW CDontre 
A »oa tour que Bowuet a (omhittu de Uiiit«t ses loKt» la itafologi? 
«i la moralo des JèbuIim). = N* 3I-3?. T. W. Arnold. The preadiiog 
or («lam : a liintory of ilic propagation of llie mu*lim failli tintëreaiwit: 
copieuse btblioftraptiie). — A. BhiHU. J^ku* de N»an>th <U critique 
d» wurooR, ni diïlicatA en un parvil «ujut, n'a pas iib faitn awo toula 
la largeur de vue &cc?Mairfi, — F. Pkottt. Gerbort (bon). 

16. — Le Correapondant. 3^ mai 1897, — FaoMixT. Le dae d'Ao- 
«ale. — V. 0'Yuvii.LE. Le rêftime civil et le régime militaire i Mada- 
gascar tcct article, où l'auteur, lémoln oculaire, tait ua jatte éloge de ta 
politique du g^Arat Gallliini, t»% malhoureuMmnDt tout imbu du pré- 
jugé religieux qui cJiercbc à identifier la cauao (raiit«ite avec ci^lto d«a 
miMioaajfeuiteadoiitrinlo1i>ranceenj)our le gouvenutmeat un embar> 
raa contlauel ; fl HtpAto m^mo de purDH TablM, comme «elle du pré- 
leodu soumet donu^ ft N"* Laroche par la scour de Ranavalo). — 
V, PiERna. Une consultation royale en l'an VI de la République, 
179T-08 (oe tite iDtii<rr<si>ant arliclo cumplèu ce qu'on «avait sur les 
eauiea de la iwrsÀcution religieuse du Directoire. Loui» N.VIII avait 
drmandâ nux évOquc* émigrés de faire agir loe mi>i»îoDs de préirM 
réfractairc« qu'ils entretenaient en Pranoe en taveur d'une reBlauratloa. 
en affirmant que l'on ne («nvatt i^tre bon catboliqoa qu'en étant ruya- 
tielo et en autoritsnt iea catholiques i prêter le Mraieiit de habe à la 
royauté pour pouvoir entrer daoa Iea corps électoraux et électlh. Lm 
évéqnet, irèa Bagement, répondirent que l'on ne pouvait parmetire un 
Taux aermeni «t que l'un a<^ pouvait rendre la religion abMlnmaai loU* 
dairo d'une forme de gouvememout. Us ajoutaient (wurtant que loi 
■aiaaloanaire* regardaient cummo un devoir «Monlicl du mmeoer le 
peuple à aon légitime Houverain|. = 10 juin. IjSraxut. Monuilembert, 
M. 'Thier* M la qnoation d'Orient (très curieuse corref^pondance entre 
Montalembert et Thiers pendant le vovagé que le premier fit en Orient 
«n IR-iO. Il revint très hostile k Méhdmet Ali et à la politique de guocre. 
Inivro««aDi témoignage sur les ïentlmenta catbollquee de Thlera en 
1839j. — La France et te Slam (l'anueiion de 8iam eat devenue une 
Déceesiié pour la Praucj. — But. Une statne A un ém%nï it^tirituel 
article sur Ici dém4iK>« do Beaumarchais, qui fut en effet un Amigré de 
1793 à 1795, avec In autoriléc révolutioRnairGB|. = 10 juillel. Comte 



: 



BBCDEIU P^ltlOUIQDES. 



4S9 



JoMph OiiABiKSKi. Victor- Emmanuel II ut Napoléon IIl ; tultp le 25 juil- 
let (d'aprte les très curieux souvenirs du gènùral Della Rocca qui fut 
mAlc aux uégociailoox prélimJitaires de la guerre de l>ib9, comme il prEl 
part aadi aux opcralions mililairo^. On y irouv^-ra le» d^laiiK \vt plus 
précia sur Magenta et Solforinu et la n^^cei^itô où l'attitude de U l'russo 
mit Napoléon lII de faire la paix. Il ne faut BlUcher aucune impor- 
tance & ce qui est dît dans ces articles aur Manzini el Orsluî. Celul-el 
est reprweitl^ comme ayant commi» taa aiteotat malgré lui, par ordre 
de Mazsini. C'eai le contraire de ta vi^rité). — Vicomte us Noaillu. 
Mgr M&caire. Créatiou du patriarcat copte en ïe'Jb. AmbaMiade auprès 
de Ménélilc eo 1696. =: 35 juillet. R. f, Rauev. Le concile anjjlicaa de 
Ldmboth. I (essai de crâatiun im Angleterre d'un syi^lèmi' cuncilîairo 
uoi à un patriarcal nationalj. — Cauhv. La Hussie et le Vatican soui 
LtoD \UI. — II, OB Cardohhb. Strasbourg ou Alexandrie (pas d'alliance 
aogUiso ou alIemaDde. Il Taut une politique eipectante, appuyée sur 
ralliance russe). 

B S6. — Ëtndea publiées par les Pères de la Compagnie de 
Wsos. 1897, 30 avril. — C ConNvr. Montalembori; suite le 5 mai. ^ 
^ j*''')' H- Chëbijt. Le duc d'Aumale. 2* article. — A. -M. un la Bnojse. 
Juifs et Romains; commentaire historique d'uo chapitre dus Maccha- 
becM, I, vitt. = b juillet. J. Doiii. Bulletin d'iilctolre. ecctèsiasiique du 
moyen Age (Étude* d'blstoire du moyen &ge dédiées à G. Munod; 
MéLanfie* d'IiUloire du moyen Age publiés sous la direction de M. Lu- 
cbaire: onvrages sur le grand scliisme),=:5aoùi. &.-M. de la Dboiex. 
Les demlferea aonées de la sainte Vierge, — T. Pei'ih. Les originM de 
I* booMole marine H'aigullle aimaotee a été employée daus la Médi- 
tornuiAe avant le xiu* s. et sans dDUlc dès le x>; la suspension de l'ai- 
guille Kur pivot s'est faite, au plus lard, dans le courant du xiii'. Ni les 
[Chinois ni ios Arabr» n'ont participO û ce perfection ne mont). 

fl7. — La Revue de Paris. 1S97, 1& juin. — Comte A. db Cih- 
fnr. Derlin pendant les iiarricad<>s (récit des événements accomplis 
pendant les deux journées du 18 Pi du 19 mar«; action personnelle de 
i'aniba(«adeur qui, eu slnterdisant do donner aux insurgés la moindre 
marque d'approbation ou do syropatbic, pense avoir pour bi^aucoup 
contribué il ompiclier la Itévolutton de renverser le gouTernemenl). — ' 
Léonce Piioaud. Bernadolte et les Bourbons, 1812-1814 (des menées 
auxquelles se livra Bernadotle dans l'espoir de succéder à Napoléon ; 
uégoclations avec Louis XVUI, avec les généraux de Napoléon ; priî- 
«autions qu'il prend contre le retour des Bourbons el conseils qn'U 
donna à ceux>ci quand dècidémeul la Restauration fut faite). = l"juil- 
leU Nassau W. Sitaiou. M<"> Cornu et Napoléon III (anecdotes pîquantea 
«t louchantes recueillies de la boucha de M"* Cornu qui, républicaine, 
3M put pardoDn«r au princ«, son ami et son cooGdeut, le Coup d'ÉUt, 
août qui finit par se réconcilier avec lui par amour pour le prince irapA* 
xkl). =: 1& juillet. Bsbthbi^>t et Rbnak. Correspondance, 1817-1892 



190 



riEcviiLS tiuotwa. 



limporUot, mrluut puar ce qui coBceme ta situalion de l'Italie «1 «a 
p«rticull(>rdeKo[no<>a 1^9-18^); BuiMie l^aodt.— LrsRuiMiideviDt 
CoottaDtiiiuplo. 167T-1S'8 (poarquoî les Rutwa oe »0Qt<ili |iu nauit 
à OdQstaDUoopl» «l & QallipoU? Poarqaoi m Mat-Us arrtl^ k 8«d* 
StefanoT A cause dee irrdBolutioiu ié l'empereur, da* riveliièR eotn 
l'éut-major et OortchakolT, dw jalousiet de rAnj,-lutorrc et de l'Ân- 
trlclie. L'auteur, auoaynui, ADulyiin 1« Mimarial ï* la drmiin çu€m 
é'OrkfH i^rlt aou« lit dJcli-c du grood-dac Nicolas, «un mandent ea 
cher de l'artnéu rune, et publie pluueur* déptebea officielles. Importaali. 

18. — Acadttmte doa sclencM morales et politiques. SéaiiOM 
et travaux. Cumplo-rvudij. 18^'7,juin, — Acluilft I.tbiiAiiiL-. Noth» 
sar la tie et les travaux de H. GttUruy. — Cli. Waiidinctum. Anmolv, 
écrivain et morallale. ^ Juillet. Lacikuis. NoU» hit la vie et lut 
travaux do U. l)aribiïlcmy-Ba!nt-IIilaire, — A. DEUAaniiii. Le« prlu- 
clpo* foudamenUux <1e la couttiluiion nitM rd'api^s \e • Manuel de 
l'homme d'Ëutc pour la Itunle, ■ psr M. de Koulomiiae, (Hivra(i« qui 
Tient de pAraltre en nngUie). 

19. — Académie des Inaorlptloiu et belles-Uttrea, Comptee- 
rendua des séancM de l'aanée 1997. Bulleliu dn man-avril. — Carie 
moMlque dêconverlA A MAdaba par le R. I>. Cctoriuit, Mbliotliêcaîra 
au patriarcat grec da JËfu»alom |e«tie carte reproduit la Palasttoa el 
une partie ils la BasH'Ëgypl*; elle est tiêe précité et coutieat un grand 
nombre de oom* géographiques en grec. Fac-elmilé). — R. CjuiaAT. 
Inscription d'Iiencbir-Mettich Koc^cniUi ot tradueiioa de ce long docu- 
ment en Utin gravé par ordre de Trajan. C'est uo règlement oouoer- 
UBQt l'administration d'un • fuadus • appartenant à l'cmpercar; il ait 
promulgué par deux procurateurs sur le modfrle de la ùx MancUma. 
— C. JuLLUS. ToblMle mngiquo do Ghagnon, Charcitte- Inférieure |(ac- 
»mîld pliotugntptiiquo de ce diptyquo de plomb, eomposô de deas 
labLeites temblaliles ; transcription el conunentaire. L'inscription ren- 
fenne une eiêcratioa prononcée par un Romain ou une Romaiue 
contre deux adversaires en Justlcc|. — J. OirxaT. Le boi«t«au sapti* 
mal ou Héthél^.s chaldéen. — Mai vah Bancia». Ëpigraphie do* Asns< 
sins Icommentf plnslaur» inscriptions relovées par MM. Focaejr et 
Dusenud). — Paul Tank&hv. Une oorrespoodanoe d'Acolilras du xi* s. 
(comRient« huit lettres échangées vers lOSÏ enir« Reglmboldos, graml 
écolAtre de Cologne, et Raduifus, écoUtre de Ll^; il y est traita de 
quelques questions éléroeuiaifea de gâom^triel. — ly Jules Rounsa. 
Note sur un poids antique de Btrylo, l'héuicie. — R. P. i>r. la Cnoii. 
Munumonts galto-romaiDs explorés k Rcrthouville, Uure tRorthouvilla 
Ht l'ompiscamont ob l'on a trouvé le tr^or improprement dit de Ber* 
nay). — Fr. Tsubbau-Daroin. Inscription de la stèle des Vautour» 
ll'autMir est parvenu à décliilTrer cette inscriplion, Tort importante pour 
la période reculée de rblslolre otJentale qui précède l'cBUvre d'unl- 
Bcatlon accomplie par Saison l'Ancien et qui doit être plscrie vers 
l'ail 4000 avant notre ère. Traduction). 



HtCHEELS P^RIODIQDKS. 



1»! 



80. — BodéM d« l'histoire du protestantisme rrançais. Bul- 
letin historique et littéraire, 1S97, 1!» juJD. — U. LsHn. Le siège Un 
Chartres par Conde en 1&6S; l"ari.; finie 15 juillet. — Abel [.efrahc. 
I<e* iilèes religieuses rie Marguerite de Navarre, d'après son œuvre poé- 
tique ; anlie, — N. W. Pourquoi Mélauclitou nn vinlpAKÙ Paris eii 1^35 
(publie ni) passA^ exiruti d'un recueil iln crnsurcc foriuul'-re pnr In 
Borboone : il on ressort qu'on 1 hZb FmaçoiR 1", à la demand? âe Mar- 
guerito de Valois, iavita M61anchton & uoe conférettce contradictoire à 
Paria; que m^me on fit cboîsîr douze docteurs pour cette conCèrence; 
mais la Faculté de théologie représenta ■ que ceete confëreoce vocala 
seroît perillease «t qu'elle se Terolt avec noias de danger par escnt. ■ 
L'atTaire en resta U). — Pr. pAuiiiiuii-LE. La déinolilion du templi? de 
Vlllevleille en 1685, — Alpti. FALiaitBE. Le pasteur Frjueoi* <îc Giiiet- 
tans, seigneur de Montdardl^r, I6'29-1697. Sa pri>pnratlon et «es débulii 
daus le niinitilAra Man^i^lique raconti^s pur lui-m^mc. ^ 15 juillM. 
J.-R. MuNTurniNKET. Ia'.» de la (îardin, d'aprf-K i!c« arcliivo* ili> rainille 
fionwrv'cs h luurev, Dorpiil, — N. W, La maison où est ni! Cjilvin n 
NovDD Cl l'églisR SaintP-Godeberle où il a été baptisé ; nouveaux docu- 
ments. — H. D^mitiEOTBEH, L'évâque de Grenoble, Etienne Le Camus, 
au Bujot dn temple de Grenoble, !t déc. IG84. — A. B^net. Curés tol4- 
raau qui mariaient les nouveaux convertis i Caeo. 

21. — Société de l'blstoire de Paris et de l'Ile- de- Prance. 
JBuIlcliu. IdIJT, i' livr. — E. Ruussi^i.. La bénédiction du l.cndit au 
xtv* a, (d'après les poDliBcaui de l'évËctié de Paris, avec tiu lac-simili' 
et le texte de I' « Ordo in die beoedîctioiiis Indlci! ■). — Eug Oh-uxx. 
L*a enfants d'Etienne Marcel (d'un premier mariage avec Joaniie de 
Oammartin, morte avant 1344, Marcel u'cut qu'une tilb'. uiorlfi eu bis 
A^e; sa seconde remm«, Mari^ueriin dK Essarts, lui donna «ans doute 
aept cillants, dont un pof<thuino, clqui ont dû tous mourir on bas Age), 

S8. — Annales de Bretagne. Tome XII, W i. Juillet 1897. — 
A. OE l~* BoiiuLiiii;. La cijroiioliiKi* du cartulaire de Redon; seconde 
partie, 1*' article (travail pn-cicux qui permettra d'utiliner avec une 
Ctécurilé beaucoup plus (grande Ii-k clmrles publiées dans le carlulaira). 
-»^ Jt*a LxuniNE. La rpvolto dite du Papier timbré ou des Donneta 
K^oges en llrotagne, en 1075; suite (ta révolte à Carbaii et dans le resta 
«Je ta Bnue- Bretagne. Sébastien Le fialp, chef des révoltés ; se* pro- 
jota; il lut tué par le marquis de Montgaillard, qu'il menaçait de Faire 
ametire à mort s'il ne le suivait pas). — - J. Luth. Une chanson inédile 
■ur le combat de Saint-Cast, 175S.— P. Uitiox. Les prùires assermen- 
tés dans les CAtes-du-Nurd. 

ftS. — Aonalea de l'Bat. 1897, juillet. — L. Jèromb. Les «leclioos 

«t les cahiers <lu clergé des bailliages de Nancy, Lunévilte, Blamout, 

Roslèrw, Véxeli» ol Nomeny aux oUis généraux do 17S9 (I" article 

d'un mémoire qui promotd'ûtre très important). —J. Khds-Basse. Ilis* 

(dire du parlement de Lorraine et Barrois ; suite, cbap. xi à xiii. — Le 



102 



BKCCEILS MUOHQtBS. 



peintre J.-J. Wali^retu aCbranique 8lr«Bboangooin>;l«xte6t uad. 
ea Cnnsiis par [t. Regm ; suite (opérstionc miliuiraB de Turenne «» 
tfi74 et bataille d'Rnitlieiin. Deecripiioa de l'année brandeboofigeoiBe. 
Inaction du géniïnl Bounuiti Tille, cummaudani l'armAe Impérialet- — 
UplAmD d'étnd» »upêri«ures : le roi Chilptfric, 56I-&84, par U. Ërtiett 
ItotSïBu (analyw d«lti1lée de ce mcmoire, avec d'abondanu ninToii «si 
«outcesl. = Blbllot^pkle ; //. Baumonl. Ëtude historique aar l'abtaj* 
de Luxeull, 530-IT9U Inûtcl. — Didril. Étude arcbéologique et histo- 
rique sur Sîoa-Vaudèinoiit en Lorraine (boo). — Beitni^ sur LaDdec* 
und Veikeakunde too BUasa-Lothriiigen. Bd, lU-IV (mémoÎK* sur In 
Armagnacs en Alsace, t439-lU5 : la < uinte TorM > de Haesena», 
Klèber, les rapports du duché de Lorraine atec l'Empire depaia lU?; 
Ica Allenuads e4 les Gel lo> Romain» en Lorraine apr^ les grandes Inva- 
sionii; U rorteresw do Ditche, oie.). 

24. — H«molr»8 de ta SoclèU édaenae. Tome XXIV (IS96. 
Aulun, Deju6«ieu). — J.-(i. D^jlliot, Fouilles de Beuvr«y, 1891 (aque- 
duc de U Cooie-CliBudron). — Abbé A. ii*tnvim. Note sur le eoeau de 
la ctillét;lale de Saint-Georges de CbaU>n-sar-Sa6ne, uouTé & âatnt- 
DcuiB-de-Vaux. — A. ni CuaMASsa. Note «ur le droit d'usage dus la 
TorAt de Planoitic accorda aux liabitants do l'abergMDoat do la Porebe- 
reiKe par los ducs Hugues [Vet Eudee IV, m 1931 «teoldSS. — Alpb. 
DB Uonabd. François de la Chaiso el les origines du Creusot. — A. m 
Csauusse. Jean-Louis Gouttes, évoque consiitotioiinel du depcnemeot 
do âaâne-ot-Lolre, oc le colle caihoUqiu) à Aoiun pendant la Il6volu- 
tioii i Kuite. — Paut Montaklot. Corro«pondanc« du maréchal de Brirti 
1G33-I6t3i sgiie et tin. — I-'. Coirtdis. Notes faistoriquMsarlalUnqW 
de dentelles i la main êUblio au Cnnitol, 1814-1966, — Abbé L.-C. 
Dbreiy. Les moQUtèrea de la VisiutJOD Ssiule-Slarie dans la diocèse 
d'AutuD ; fin. 

as. -- La Province du Haine. iW, avril, n« 4. —ÀMbr.tmU^ 
La folie de Cliarlos VI. Ln vi>>*(^> du roi et le drame de ttftw4t;Mâw 
«n juin ; lin on juiUot. = Mal, u* 5. Mbnjot n'ELDSiniK. Iloillê. — Alb. 
GocTTAnti. Lm sêlguourK île Vallon. = Ilibliognipbi» : Ligcr. Lu ville de 
Urouciatonauiii, k BeuKeville-au-Plain, Manche; réponse & M. I^in> 
gard (bon). ^ Juin, n" 6. A. LKamiutiii. Le» croisé* du Maine; suite. 
— Ail). (>>iiT*eD. L'évéque (luillaume ItoliLiid ; & propos des iuullles de 
l'ablmyc de Cliaicpagne (montre les eonfusioai dan» lesquelles on e«t 
Comlii' uu sujet de c«t obscur pr&lat, mort eotro 1!^ el 1361). = N» T. 
L. KnoGsn. Do l'action morale des doyens sur le clergé et sur le* Dddiee 
au XVII* s. 

se. — René de l'AgeniUe. 1897, n» 3. — G. Tiiolix. Le cblieau 
de SauvotArnyLémanoe, avec un plan. — Buoi. Los comtes carolio- 
gieos de filgorre et tes premiers rois de Navarre; suite. — T. m L. 
Notice biographique sur Ed. de C&ienove de PradioM. — AbbA 
DuscHouKs. Vio do Mgr Hébert, évAipie-coa] te d'Agen ; suite. — BuooM 



_ï. 



— ^ 



REcmnu PÉBK>ôiorrar ÏÏS 

bi OEavA». Ua mlolfitre de la marln(> «i Eon minislère sout In nestau- 
riUon, le baron Portai: «uiUt. — G. Tiidun. Notes sur la ft'oilnlité en 
AgenaU au milieu du xiif s.; auiio (diâti^ux cités dune h* hommugoe 
]e l^SS-ISSî; l'ialluen» aaglai§e el len moulins fortilîes au xiii* t.)- 

— At. NicoLAi. A propos de l'emboudiurfi do l'Avance; répunïe k 
H, Gamill^i Jnlliaii (éludn an ^Kjgraphtr historique ; montre qii« le lit 
le la Garonne, vert IVmboiichurr de l'Avance, a Ëté très modifié dans 
B suite dee »lêclpe. Il n'était ceruioemêut pa* tel, vers le m' s. de notre 
ire, qu'il eat aujourd'hui. CoD^idêralioDà à retenir pour la <juestion de 
■avoir oii étaient placâes lea stations de Fines et à'Uatubîo). = Bihtio- 
[rapliio : Abbé P. bubourg. Monoj}raphii> ou histoire du prieure et de 

■ TÎlIc de Layrac, depuis le xi* s. jusqu'au xii*. 

S7. — Revue de Gascogne. I89T, juUIcl-aoùt. — Ph. Lauxux- 
^'alettc^-sar-Oalîc, avec plmiogravurc et plan, — A, ds Bitï. Un che- 
ralier gatcon au combat ils» Trente |Manaud de Bats, sur lequel on sol- 
icite des renseigne m ente), — T. de L. Testament et acte de décès de 
jlaire d'Albret, avec appendice sur les dames de Plamarens. — TutaNY. 
lïoutumes de Comellhan, 1112 Ides coutumes ■ en vieux langua^ du 
Mi» d'Armaignsci sont sigojiléeâ comme existant à cotte dai« dans une 
Meo de procédure de I4tl8). 

M. — Reviia dos onlTersttéa du Uldl. 1S9T, jiilllet-4ept«Bbni 

— A. BoucuË-LacLSiico. Le r<>gne de Séleucus II CallIniCDa M la Cri- 
iqa* tiiitoriquo , 'i' article (signale les dangers de la méthode inaugurée 
lar Niebohr et appliquée par ses disciples, en particulier par I>roy 
en. D faut s'en tenir aux textes et, dans l'espèce, «avoir tirer un sage 
«rUdeJusiini.— RulIeLiahÎHtùriijue régional : I,.-G. Pitus^iEn. Aude. 

SO. — Revoe de Salntonge et d'ABals. 1897, 1" mai. — L. A. 
i>en»rd Palissyà Sedan, 1573-75. —Audiat. Le colonel Fauredu Ver< 
mrt de la Curaterie, 1759-1839 lémigre qui fil toutes les campagnes 
le l'année deCondé|. — Ch, d'âvone. Le séminaire de Saintes; fin. ^ 

■ Juillet. DuPLAiB DEV TouuBEs. Les Cliadcau de la Clochetcrïe. — 
i. AvDUT. Inscription chréiienno dir l'an 374 (fragmcnl où «e trouvent 
«•jgoc* l'empereur Gratien et Equitius, coosuUI. — D' G. Le moou- 
aent gallo-romain de Chagnon, Charente- Inférieure (description de 
eUe pile; objeu qu'on a rencontrée dans les fouilles). — Le fanum et 
9* tablettes magiques de Gbagnon (reproduit en grande partie le 
lémoire consacré à ces moDUtnents par M. C. Jullian). — J. Pkllis- 
nil. Note* sur tes Rnneignos, le commerce ot l'industrin ta Suintonge 
ICO Aunla). — L. A. Dorelu (paroisse de l'arcbiprâlré de Marennes; 
JdQlra dn ch&teau et des sei^<!urg|. 

80. — SoclAte archéoloEliine de Tara-et-Garoone. Bulletin 
(cbéologiquc et historique. 1S%, \' irim. — Le râle cieïi rente? fon- 
ilèfH à Hoiaaac en 1313, au pro6t da aelgneur laïque (t«xte en langue 
nil^re; oe rdle contient 473 article*. PnbUé avec une double l^le 
tlpbab«liqu«, l'une dos noms de heu, l'autre de* noms de penoone). ^ 
EUv. UistoB. LXV. l" »so. 13 



*9i 



tacxmht rdaiDbiQOR). 



Commanda et I Roqceb. A |in)iio« d'anti<|uit«K cvlurdeanM. ^ %. St;^ 
l^tiim. AI>1)« C. Dam. La eoofttihe de* pèlerins d« Mgr saint Jio/m 
d« M<Hmc«D Quorcjr (ootU) confrérie, roodéeen 15^3, obtlenid«lM« 
pstsDlea d» prolpction ruy&lo on 1615; analyse d« ses plot tad» 
ragiHrec). — SftMfcuKG. JMnno d'Albret et la guerre dvilo (dÎHonn <Jr 
clieooManee ror le livra de M. àe Itutil«i. — Abb« P. GALAmrr. Pri» 
ciptai capttaiae* du Nootallianaia durant ie» imubles du xvi* i. s 
BibUograiÂle : L. de Santi et A. Vidal. Doui livre* de raison, l^l'-U. 
^ $ladt. lolluoncc dtic mclropoliiaiot d'Btnse et de leurs a^ramt dioii. 
k* vchsvdqaw d'Aucb, on Navam et en Aragon. — Procta-vorUn 
<tei eiancea de la SocUlé ; Acte d'Iiommagc de ilugues de la Uouc i 
Arnaud de Carmaing, Migncur do NégrvpeliSBe, G octobre 1387. 



31. — Bysaatjnlaobe Zeiteclirm. Bd. VI, Hnft 3, mai IW.- 
J.-B. Ucav- Jean MaJalat; le tozto du cod. Baroccianac (publk u 
nombre conc)d6rabl« do variantn). — K. PaxcaisR. L'abr^ chreof 
graphiqno de Ni<:i^|)horo (publie qtiel<)ac8 varianlea buniifla par le n^ 
de Vlenoe, soppl. graec. n° 91). — C. db Book. La cbrooique du Loff** 
IbAlo (Studio tw rapports de cette chronique avec œllo de Geoff^ 
Monachus et ie« emprunts que lui ont faits les cbraniqueurs po ^ 
Heure. Des rapports entre te lA>^lhète et Simèon le t^ogolMU)- " 
G. WiBnNBsao. Lâoo le Diacre et les chroniqueurs (étudie leanpp^"** 
dtt Cédn^nus, Zonaras et Glyka« ; ils sont Indàpendanta de Uo» ^ 
hiacrw). — J. LAtaurr. Skylitz^s ol Nici'pliore Phocai (conclut, coK^^ 
G. Wartenberg, qu'il est impassible de (tlaculparNloéfiliore du rapi 
d'avoir fait sur les blés, pour remplir sa calase utoeadteuM, un 
pou compatible avec Im obllgallons et la di|;nltiT impériales), — B. . 
zir,, Do quelques loaroos de Zonara*. — J. Biori ot L. pAanimBa— ^ 
iradiUon m>nuiicrit<) de la vio do saint l'hiSodose par Tbécxlore, d'a^^*** 
le Patmiacus 273. — A. Sratanov. Une inscripUon ai«c le nom de !'< 
pereiir Justimeo provenant de la presqu'île de Taman. = Complea-^E?*'^ 
dus : A. Ileiitnberg, Nlcepbori Blemmydftfl curriculum vlta« et 
mina (édilioa précieuse, avec une introduction qui nous fait cunnaf ^ 
pour la promièro foiii ta entier, la vie et las oxivres d« set écriv^^'"< 
mais il y a beaucoup de critiques À faire à rédileur), — S. Ilartini. C—^^^^ 
tojjo dl mas. grect esistenti oella biblioteche iuliane, — TV*. S. Stu^"*^^ 
li<Ui. Gennodios 11, preonicr patriarche œcuménique après ta priais»" ^* 
CoaeUiniioopk' (estimable. L'uuvrage ost écrit en gnc). — A. 0$ -^ 
mann. Karl dor Grosse und du byianllnisebu Reich (simple oaqu ^^^^ 
sur les rapports politiquei antre les deux empire*). — A. Corrrérâ.— >* 
légende d'Abgir daus l'histotre d'Arménie, da Noitr do Kbontn —— " 
OhaUMaïu. lias armenlache Epos ïn Moees von Cboranes Gwc li i^ rs tW 
Arméniens (important). — AegyptlMbe tJrkunden aua den k. Ua^^"" 
lu Berlin. Arabiscbo Urkund.'n. Bd. I, Ileft 1. 

38. — Hlstoriaohea Jahrbnch. Bd. XVIU, Heft 3. — K- — ^ 
KoMP. Pierre-Paul Vcrgerio le Vieux; conUibulion â i'hi«l«l(fr ^ 



IMOTOB 



495 



débat* de rhumantstuo : Huile et lia. — Al. de ScimiD. .Icnn-Adiim 
Moihlar «l «ou développée» ont intetlectoel ; flnîte et lia. — Fr. D>bkajii>. 
Lb biographie do l'archsvâqtio Andro dft Ci^saréc dans l« cod. Athoas 139 
(publie le loito de cette l)iograplii<!,i]ui n'a pas vingt lignes). — G. R»t- 
imon. Les banales de i'assiu (quelques déttiib blograpbiquee sur 
Albert BœlieiiiiK — K. Edbel. Sortilôgcs au (xnumencemput du xiv* s. 
(publie deux procëe-verbaui datée du 9 révrin-etdu 1! MiXembre 1330 
M raUtant des tentative^ fdiei; par Mattoo et Galeaxio Vi»coutl pour 
amener la mort du pape Jean XXII par voie d'envontemenl. I-o nom 
de Duxle te trouve mfilé à celte affaire). — Saueblahd. Additioiis ft l'iti- 
néraire do Jeau XXll dressé par le V. Eultel et le I> Bchmitz. — 
R.-P. KKBLi.iiii. Quand parut pour la première foi! le catéubisme de 
•kint Pierre Oaniïiu^'f (en 1555). 

83. — Archlv fOr kathollsches Kirchearecht. Bd. X.XSVII, 
Heft I, I8'J7. — Btibcleb. La dispense ecclésiastique et son développe- 
Bunl liitlvrique juoqu'nu ix* s.\ suite dan* HoTl 2. — Rkscb. La bina- 
Hw daa* les lomps a&cicna et d'aprèt le droit aujourd'bui en vigueur 
fpAr 1« tcnne de liioation, l'on entend l'acu* par lequel le même prêtre 
offrait plusieurs fois, le même jour, le sacrilice de la messe). = Comptes* 
reoduB : Buschball. Die Prnfcssiones flJei der Pippslo (bon). — Thamm. 
Alberdus Geatîlis (bua). ^ ilelt i. EuMtxvn. La procédure cftnoniquo 
«l'aprèa la CoiUctio Daelitriana. — StLoisiiNAUL. La proci'idure crîmiaetle 
diAX \t* Bénédictins bavarois au xvin' a. [d'aprËs le cod. lat. I93C do la 
liibliothéque de la ville à Munlcb). — Hollvtkck. Du droit par les pape* 
de désigner leur successeur |cri tique le mémoire de Holder au t. LXXVl 
de VAtxKiv). — WjkunMUND. Uu droit d'exclusion exercé par les États 
du» le» (tectioni pontiBcales (combat l'opinioo «xprlmée par Soigniûl- 
ler su t. LXXVl de l'^rcAi'i)). = Comptes'rondu» : PfttUMfler. Der 
ostgothiscbe Kdntg Tbeodoricli der Grosse und die li&tbotiacbe Kircbc 
(bon). — KtudU. Die Bel ig ions- Poli tik Kaiser Justiniaos I (bon). — 
Sluts. Gescblctite des kirchlicben Beiielicial-We-ieni (bon). 

34. — DeuUche Zeltacbrlft fOr BUrcbearectat. Bd. VI, Hefl 3, 
Wi'. — lÛKULKii. De la possibilité du druit cau'jiiique {combat les idées 
de tiobni) d'O. Mojor ot de Hieker ; il n'y a jius Av couinuJiction antre 
l'nMnoo de r%lise ot le droit canooiquel- — ' Ualba». Pour scrrii' à 
l'étude dee ouvrages relatifs à l'bistoire du droit canonique (eipoM loi 
oblii^tions qu'il faut remplie pour étudier ce domaine d'une manière 
•deQtlGijue. L'auteur propose Je dresser un catuloRuo (^euéral du toutes 
iMoeaTreseanoDiques qui se trouvent dans les bibliotbôques publiques). 
— FuuwBo, Des publicfttions récentes relatives a l'étude du droit 
tMonique. 

35. — BtudioD uud Hittbel langea aus dem BonadlcUner- oad 
Clst«rclea»er-Ordcn. Jabrg. XVIll, Hefl t, 18'JT. — Plaimb. Le 
cuUc do la sainte Vierge et son histoire. — Vkith. Le» martyrologes 
des Grecs ; suite (recbcrcbes sur la manière dont les lextcs de <xt mar- 



496 UCUIILS piuoitiQUH. 

tyrologea Boot parvenus jusqu'à nous). — Pokschas. Le < Liber ponti- 
Ëcalis > de l'évâque d'Eichslaslt, Gundekar U, et le bienbeurau Dtti 
de Metten (cherche À prouver que ce dernier a été pendant un certait 
temps bonoré à Ëichststt comme le patron du diocèse). — Cambid 
L'administration des éludes supérieures dans l'ordre bénédictin; suite 
— Gasser. Le ci-devant monastère bénédictin de Bcbarnitz-lnnichen et 
Tirai de T63 jusqu'à nos juurs. — Waoheb. Gilton le Muisi, abbé d 
Saint-Martin de Tournai; sa vie et ses œuvres; suite. — O. Leistu 
Les lettres et les arts au monastère de S.-Magnus de Fûssen ; suite. - 
WiTTHABN. Jean Nibling, prieur d'Ébrach, et ses œuvres; suite. - 
Kenz. Contributions à î'bistoire de l'abbaye de Saint-Jacques et di 
prieuré bénédictin i Weih t)' Peter, ■ à Ratisbonne ; suite du catatogn 
des actes, n» 305-339, 1452-1479. — D. GRiu-MBSBOsa. Sources pou 
servir à l'iiistaire de l'ordre cistercien (sur un ms, du monastère de'Wil 
hering). 

38. — Zeltscbrift fBr wiasensdutfUiohs Thsologlc. Jahrg. XL 
Heft 1, 1S97. — A. Hiloenfeu). Les prétendues lettres de saint Paul i 
Timothée et à Tite (dans la forme où elles nous sont parvenues, ce 
lettres appartiennent au temps où floriesait le gnosticieme. L'auteu 
cberche à montrer que ces lettres sont un remaniement d'un texte pin 
ancien, mais que ce texte plus ancien même ne peut être l'œuvre di 
saint Paul). — O. Voot. Philippe de Mélanchton considéré comm 
réformateur; fin dans Heft S. = Comptes -rendus : S. Meyer. Die Enl 
stehungdes Judenthums (important). — ZoeekUr. Askeae und Mœncb 
tbum ; 2' Aufl., Usetfie I (excellent). = Ue» 2. Askus. Un trait d'nnioi 
entre la ■ Gohorlatio ad Graecos • du pseudo-Justin et le traité de l'era 
pereur Julien ■ contre les Galiléens ■ (le duutième discours de Dioi 
Cbrysostome est la source de ces deux écrits). — Franz GcsaBBs. Le ro 
Recciired le Catholique et le' judaïsme [détails sur les édite astisémt 
tiques promulgués par ce roi wisigotb en 586-601). — Hiloenpklo. L'int 
cripLion d'Abercios (nouvelle édition d'après la lecture restituée pa 
A. l>ioicricb). = Compte-rendu : Duhm. Dos Geheimnis inder Religioi 
(livre qui fait penser). 

37. — Hermès. Bd. X.XX.U, Heft 2, 1897. ~ DirrEUBEiiOBB. L'om 
pbyctionie de Delphes eu ITSav. J.-C. (étude approfondie sur l'inscrip 
tion delpliique publiée par Foucart dans le BuUet. de comsp. helUn. 
VH, ISMU, p. 427, n' C. L'auteur rejette l'interprétation donnée pa 
Foucart dans ce tluUetin et par Pomtow au t. CX.L1X des JahrbOeha 
fur fhilolugie. L'inscription montre qu'en cette année l'influence de ti 
ligue étolienue était déjà eu quelque mesure affaiblie ; cette ligue avai 
dû fo résigner à uu compromis entre ses prétentions et les prétentiou 
do la puiiisunct^ macédonienne, qui devenait prédominante. La ligue élo 
lieuno, comme telle, était alors déjà séparée de l'amphyctiouie del- 
pbiquo; d'autre part, les Dorions, les Locriens, les Énieos, qui se Xram 
vaieuleucurudaus l'iimphyctioDie, faisaient partie de la ligue étotienns 



ÏKCrilLR F^RIODIQUIFl. 



«7 



r^prétentnnU Je ces trois peuples dan» l'amphyctionii» furent di>«ii- 

^TM^»f f«rla ligue élotieone). — Dbti,ep»k». Potir»Mviril Incnnnaiwnnce 

d^ l'uû'iuité sur \m cbiea de la mer du Nord l^tlurlit^ les piueages de 

F»I i xip, Xal. Aijr.. 37, 35, ot 4, M,W SénSque, Suaf., 1. 15. Les * Guiones ■ 

ci t.«r^ p»r HioiwPyihrtas sont identiques au i < logaevone»; • ■ liauno- 

KKia«. •iallelpoinnd. • ttectilie les hypothèses de MùMenhoIT). — H. Vinx. 

I..C* Codez NasnrUnus de Sallust« Ice me. était c^oaaidnrri comnw perdu : 

il fi^Qt l'îdentiller avec le Codez Vaiicanu» KS9). — P. Mkvkr. 1>ourKnr- 

yrix- A II chronoloirio dos « praerecti Ae^ypii, ■ au ii* «. ap, J.-G. itouroit 

An nomlire^ii détails »ur ces fonction rmire;:, d'apré» des ingcriptîonx 

f^'^c^^mmeni d^eooveriea et des rraf^menls de papyrus). — H. ae Futie. 

***X^ (recherches sur la sigaibcalion ni l'origine de cet antique ancriâcn 

Rt**»^, !>}*«[ eat le mol cootiacrè pour dâsi);Derl'orite destinée au Mcrifico. 

C^âc^iil« «ur Im dilTi^renins formes de ce mcrilice. Le sacrifice des «0>al 

■'^cv&onle il la plus ancienne l'orme de la cÎTilisniion, qui ne connaissait 

T*&^ ru*ago du pain). — Hartit, Comtnenl s'est formé le recueil des 

'•"■t Bts de Cicéron Ad /amiliarti (une partie de ces lettrea a été imagi- 

ïï<^«* yu Cicéron; un certain nombre ont été reinanlâea par Cicéron 

*^«» xit d'être publiées). — A. Schulte*. Un contrat d'achat romain de 

'*•» «:» llîlj ap. J.-C. Ice contrat est fourni par lo papyrus 2*29 du Itriliidi 

"•*^ »iei:in et a été publie pourla pn.'rai(!re foi» par 'TborapKon dan» VAr- 

*'^ ^^••''Itiyia, t. I.IV. Interpréta [ion approfondie de cet important docu- 

""^^ «3i|. — Whanickk. Satyres et silènes (les satyre» i'tnte.nt des damons 

™- Ci C^re de bélier qui protégeaient le» troupeauz et qui c^lébmienl par 

**®^ dtnsea les puif«aoces mystérieuses de la terre nourricière. L'urigine 

^ l4or culte doit être cherchée en Ari^die. Les danses des satyres, qui 

*^ I~»illquaient ea l'honneur du dieu Dionysos, furent importées en 

■^*-*-8(îoe au ^-'s. Jusqu'au milieu du ï°»., le cinr^ur du drame Kaiyriijuo 

. - <:^qiiipo8a de hétier*; & partir de celte époque, lu fantaisie populairo 

^^^*-gina de mêler auz damons à forme de bi^ier le» vieux compognons 

^i «jnee de Dionysos, les silènes. EnBn, le« satyres disparurent com- 

_j ** V-einent devant les silènes). — Wissowa. Sur UU passage de Cicéron, 

^^* ^tç.. Il, 12, 30 (commentaire et correction de c« passage important 

^_ _ ** f t'hisioirv des institutions religieuses des Romains!. — C.-J> Neu- 

t|. De quelque» pa.ssuges de» binluires de Satluste {{" Silfu» llati- 

XII, 85&^T&, a utilisé les hisioiree de Salliislc; i' lo di»cour> do 

laius Macer et les idres de Salttisie sur le principat). 

>. — HitUieîluagen des k. dentachen arctaseologlsctaen iDs- 

ai« Athtnitelie Abtbfilting. Bd. XXI, lleft 3, — H. ScHaiBBu. I.es 

■ilf« sur le versant occidental de racn>polo d'Athènes ; 3* arl, Ir^la- 

3 tr^K iletaillAe des fatcription», sculpturne, constructions et auires 

^l^*- *Jquilé» qu'on a trouvée» »nr l'emplacement du Diouy»ion. Important 

*^^*** r la topographie athénienne et pour l'hiitoire des cultes relif;ieuz 

l'Altiqae, en particulier du culte d'AnkliJpiotf. — IjOi.i.iNn. SikeliJi, 

^ '"**« d'AthJnee (cet intéressant mémoired'uo archéologue, mort depuis, 

I^*nt d'abord dans ta Nia "EKHi. 1, 1874, journal aujourd'hui disparu). 






4M 



UCGKILB pfllODIQrSS. 





me 4 




— H. ae PnrTZE. Des ba«-relioft où «ont représentés dn repu «Bmi 
d« roorU (M* ht»-reliof« avtiont niu< ilo*tiiiniinn Mpulcril«; lec 
MDtatioQB ont poar objet de montrer le mort Iransfome eo béroi 
goùUnt ilana l'auilolfi lot join d'un t^ternftl lianquet. Détail* sur m 
ba«-relîof d'Êlmut* i>& m troavo figuré uu iwmbUbto fostio fnnérun>| 
^ WoLTSu. Un modo d'«ni»viT)iH«iiiftnt clicx les Grecs {c'était a 
iuag« àÂQs b Grèce antùpiodeplMPrua btndeâu autour do tn«DtODdi 
mort. Signale divATs baadMtax en or, sernnti cet usage, qu*0Qa irai 
fés dans dea lombes). — Rapport sur les inKiiptions et uniqul 
réconment lrouvéo«etiGrto(!, <!aTur()ulii «l dam l'Asit Mineur* ;>ait^ 
dâD* lleJc 4.= Hcft 4, i9W. WiuK. Apbidua, Haai t« nord ilo l'Atti^o» 
(rapport sur unr nouvclln campagne de rouilles exécutées aux «aviron. 
d'Aphldna; oo y a découvitri «ntra autre* un Rrand lumnlus avec lit 
objets d'art de l'époque prémyc4aieane. CooBÎJér&tioDs nir 1« dévcloj 
pemenl du plus ancien an grec et sur s«s rapports stn l'art mycénien: 

— KamciiMN*. Rectiercbeii »ur l'histoire de l'alphabiït ^rue. — A. \Vi: 
MtiM. Inucriptions île l'Aiilquo |<|uatrc pidcoi). — Kb^iikbi,. MéLaiii 
épigraphique« (1' sur l'inscription dite de Kamo, pubttiSe par Ruhr 
/. 0. A., 331: deuils sitr l'uMge de ncriOer un porc aux ma: 
%■> une inscription de Mégare; S" inwriptions d'OlympIe). — 
Uo jeton de vote attl(|ue (ce 44fK a été trouvé en i(t9î Hur le ve 
de l'acropole. Deuils sur l'organisation judiciaire â Atbtaes el nr 
mantJïre de voter dans les tribunaux aUiénieas). — Uiusa os G 
osa. Pour servir i l'hUUiire de Karpatlios (anals-M de l'oavtage 
do Mamolakis sur c«lte tle ; publie quatre înuri plions). ^ Aanu'i 
Abtheilttng. Bd. Kl, Hefl 3, 1B96. Ch. Huclsk*, Reclier«bc« «ur la 
graphie du mont Palatin ; &* art. ipense qne le temple d'Apollon pi 
Un se trouvait i l'angle orienUl de la colline, sur la faaulear 
S.-Seliastiano). — le. Une pelntore antique (iroovée en ISM par Ds^ 
toli el repruduilo par G.-P. Bellori dans \' IcJutographia veterû ItooMi^^* 
elle oitre une description de la ftomn antiquel. — In. Mélanges épi| 
pbiquoa ; suite (I* article très détaillé snr les maniaee à jouer ebex l« 
Romains; ?* Inscription do Casalbordiao relatÏTe au légal PaSciusCo -< 
mitas d'eniiron 140-116 ap. J.-C; 3° inscription Irouvée dans Iw 
thermes de Tarente). — PcTCHnes. Rapport sur dos objets antique 
lAoorameot découverU en lUlie. =: He 4. A. Mac. Le tomplo de Z- 
Portnaa-AugusU 1 Pompéi. — lo. Le temple des Lares é Pompéi. 
PxixRsn. Lo moBnmonld'Ailamklifsa dans In Dobroudja \ce monumi 
fut «ooiaeré en t09 ap. J.-C; les actees guerrières qui y font figui 
appartiennent à l'époque qui précéda les gaerres de Trejan contre li 
Daces. Important pour l'IiiBioiTe des guerres de cet empereur). — Ro 
TowxBw. Anatiolicum (ce tenue déniguait un iinp&i romain sur le verr 
le Ho, le chanvre, le papii^r, etc., quo l'auteur montre avoir existé 
!•' au itt» siècle). 

3B. — Nene Jaltrbâcber fUr Philologie nnd Pndacofi 
Bd. CLV-CLVl, Hea S, 169T. — A. W11.11S. Le cbamp do bauille 




BlCOniS PdRIODtOITT*. 



499 



la forit de Teutobourg; smie, Ud dans Uoft 3 (apris uo examen trét 
sninutteiii dos lemolgoa^ea fournis par lee auteurs classiques, l'aateur 
cherche ù mociiror que l'endroll oÛ se trouvait le camp de Vanis était 
pur Ceniplaci-ciienl actuel de Ûetniold. C'est près de Delmold, au sud 
de la collini; d'O^ninK. à > Grotciibur;;, • qu'a eu lieu ta destruction 
de l'nrméi! romaioe en l'an 9 après J.-C. Comliat les hypothèse! de 
Knoko sur In local iunt ion de la hnUille). — F. Voon,. La rnirailc de 
Xerx4!is aprOn la bataille do t!a!aniiiip (approuve les idées exprimées par 
'WelKhofer et «Hire l 'attention sur un paswi.na de Xénoplion, Anab., I, 
2. y, sur la construction par Xerièï de la forteresse de Keluinaif. — 
NiKMKVKii. Explication de quelques passages d'Ammien Marccllin, 
livres XV-XXXl. = Heft 3. G. FeiEuaicB. L'œuvre hietoriquB de 
Thucydide: l"art. — Puloa. L'orude de Celaeno dans Virgile, ifnJhfei 
m, 209ot»iiiv. 

•*0, — Pbilologna. Bd. LV, Heft 3, 1896, — Beisterbebok. Muiii- 
ctïpH (i^ludie le sens et la i^ituation juridique de« > muuidpOE » ri.iiiiain«. 
A l'origine, il y eut deux groupes très diiférents de « muaicipcs : • 
1" los • iieregrini v émign^E k Home, qui prenaient part à quelques 
* t>iuni!m » ou prestations pour l'iitlal, mais qui ne pouvaii'Ul exi'rcer 
mciitie foDCtton publique; 2" les magialrals cbs colouieo latines et do* 

r*ilIo» alliê«i) appelés • municipe» « parce qu'ils liiaieut rcviïlus de Tonc- 
■ tlona publiques et comptaient comme citoyens romains. Cette seconde 
^^Rorie de < muuicipes > s'accrut mpidenient par le seul lait qu'elle 
**'*il>renaii tous les ronctionnaires, anciens et nouveaux ; elle prit le 
"^QX clo I municipium, > qui peu h peu servit â déH^n^r ces colonies 
^ <îOei ville* alliéen, Les ■ muoicipc» » lalim! dans les provinces, sur- 
■O'Qt «a Kspftgne, étalent ainsi nommés parce que, possédant le droit 
JV*^**, leur» magistral* « inuiiicipes * reçurent, avec leur Tamille, Tac- 
~^ <xu droit rie clt£ ; sous le nom de « municipium, ■> ils constituèrent 
'^ ¥*lt]S importante partie de la population dans ces villesl. — C. Wcy- 
~^**M. Contributions h l'tiistoire de la littérature chrétienne primitive 
' ** »Qr quelques passages du discouis d'action de grâces de Grogurius 
**«.umaturgus à Origèoe ; 2" sur les sermons de l'évéque de Havenue 
•**-riiï Cbrysologus ; 3" de l'époque où a été composée la Yita Martini 
*^ Kulpice Sévère; 4" traces de la lecture des classiques dans la litté» 
^^re romaine postérieure). — Dauhauk. Nouveaux Tragmenis des lois 
^^ Gonj-ne, texte et commentaire. — Th. Ziei.iksi^i. Les Trachiniennes 
^^tade sur l'iiistoir» du mytlie d'Hercule). — O, Cnrsius. Les mes. illus> 
)^^^ de Térenc« (les Kcénes comiques dessinées sur cartons mss. de 
^^4rence remontent à l'antiquité). — In. La danse des Uênades. — 
^C&iKUBaMiiKorr. Epigraphica (correalon aux Inscriptions C. /. L., 1, 
^3i IX, 3âl3i IX, )M9). = Heft 4. A. du PiietrensTEni. La mytbo< 
^^gi<f dans l'Hélène d'Euripide (ilaus ce drame doux sources ont 6t6 
'tendues entenible : le fond a été fourni par le myilie ruconti! jinr Ali^< 
^îctiurc; Euripide a combiné avec cette tabla le* mythr« qu'il avait 
^xoaginos lni<mâmo dans son Iphigéiile Ji Tauris). — U.-E. Soixiipt. 



200 



isccsiLB rtuotw». 



Les BUc. d« LMtrat de CicÂnHi Ji Auicac tte ood. Medicetti doit i 
pria comiM l'unique ban pour l'éUbUmBieait do l«xte). — J.-L. EZ^^^^' 
utu. Notice* jHiiràM dus 1«* Ubtioihiqiies (mv. {{recs de PlaiMii-^>=f > 
Bargame, Mont-Cassin, Vcqîm; mw. de Sa«ile à I& Bodleienno. Pnl^ -2â« 
iiD caUlogae ancien de la bîbtioilibquo de TArchiviu di S. Pi*tn^ * 
Rome). —H. H' Jotnw. Sur l'tiiiloire d'Alhèaes <!■ du inod« d'élective? *■ 
des stnlj^ee Ubdaien»; î» lar UnkoutidËs, homme d'Élu M ■int' 
aihdniefi, 433-404). 

41. — ZAltMhrin nr A««yrioloBte. Bd. XI, Hrfl 4, 1997. 
B. Lrrmuin. Le peaple dds Gilliu (coroplAW M wnigf VSùloin 
(fO/loi, texte éthiopien publié psr Schleicher; foaraU de aonibrem 
vtiriantiw d'apré» on m«. de la bibtiolfa^e de Vienne), — Rtan 
Metnn* dt inperftcie nslléet i Babylonn (contre Oppen). — 8cnn 
IToe bfiqoe dn Smnaebérlb avec mention probable da uum dn meu 
trier de ce roi. — TnruNAoIHMiN. Qaclqam mot* dt rattrologic. 
C.-F. LuQUKK. Le cycle iDtercalaîre en a6ag« cbes les Babylooini 
(rtpond aui critiques d'Oppert dans les Con^Ut-nndui et su l. X 
Ueft 3, de cette Ititsehrifl). — Id. I^ syvttoe cbroDologfqne de Béi 
(combat In* hj-potblses de GnlKlimid et do Peiner). 





42. ^ Zeltcctarin Ar wgTptische Sprache und Alterthtua. 
kud*. Bd. XXX.1V, lloft 1, )6!». — W. C^viiuiKuiENii. L'iutmpUoL 
tnompbale du pbar«on Meraeptah sur la *lile dvcouvi-rtc pu t'liiiil«r 
PMrie (publie lo texte hiéroftlyphtque, avec une traduction M an com 
meniaire). — B.-O. Lasos. Deux iascrlptioiiB des princes d'Uennou 
tliit |n^ I au mus£e Gsrisberig de Cojwnha^s: n* ? au musée de Der~^ 
lin. EIIm proviennent d'un tombeau de la Xl< dynastie k Ixinq 
Toito, traduction nt eommenlairo). — Gnirmii. La t doctrine d'Ami 
narnbat > it4>xti'. traduction «t commentaire de oo docament, qui 
le testament puliti'iuo du roi AmenerahaL, adressé à son fils 0' 
«enj. — STKuinoKi'i'. Quatre tombeaux dn temps d'Atoduophit IV u^ 
muséo do Giieh. — L. Boiicn*e»T. Dessins de l'antique Ë^gyple rep 
santaot des plant d'architecture. — Cari Sciuiot. Une Piquette d^ 1 
momie en langue grecque. — C. Picnu Un dernier met sur la stator ' 
A 93 du Louvre (réfute les obsemtion» présentées par A. Baillet ai.' 
l. XXXUl de celte ZtiticKrifl). — Bbdokh-Bkï. Notices \i- tiup lus — ■" 
cripiion tumulaire; 2" poids de pierre). — Cnuii. Une malodictiinv^ 
(texte, traduction et commenuire d'un mi. copte). ^ Hcfi S. Vkbtks — 
Pacea. Crue« modernes et crues anciennes du Nil. — G. Stsikoorit.^ ' 
Haiton et temple île plan rundamenlal do la maison f^ptionnc a fourv^ 
le modèle pour U coaslructlon du temple ^^yptien et plus tard aD«*K 
des tombes en pierre). — Lsaium. TexlM grav4s sor la <{uai de 
nali, — lo. Iwea crues du NU di'piii* Sheshong I" jusqu'à Psameilqur^ 
— L. BoHCHAnuT. Pour servir à l'histoire du temple d'Ammon a Lonq-- 
sor (d'aprî* la noti«o explicative des ruinée de ce l«mple par G. Di^ 
ressy). — H.-O. Lahck. L'aspect du texte des luscriptinns gravées su: 



RECUEILS réniopiccB». 



su 



les pyramMes {d'après les estampages qui se trouvent 1 la BililiothiqBe 
Dalioaaic Ao ParU). — Ad. Ehuan. Lea obélisques de l'iSpocjun lni|ié- 
rialc (éttidic les îascHpiion:' des ileux obi^lisquM <]? EtËnôvcnt), — 
H. Scy^TEB. Antiquité» de NuroiIi-Ii au muiou de Borliti. — Bomia. 
Koscriplioti hébraïque <t'Ai)lini>i"-, du i" s. ap. J,-C, 

43. — Zreltacbrlft fOr romaalscbc PbUologie. Bd. XXI, Beat, 
1897. — H. Peters. La hogae et la versificatloD de la chroi^quc d« 
FtoreiTe (avec une élude sor la TorcnatioD ei sur l'auteur de cette chro- 
nique). — noniNïKi. 1.1» MiiïonP do Uiinie en l'honneur de rcmpereiir 
Benh VII (co po^IIl(? n'est pas l'œuvre de Danlo, mais taas doute de 
duo de Pietoie. Donne une nouvelle édition critique du poème ainsi 
que da poème de t^no sur la mort de l'empereur Henri Vil). — Ph.-Â. 
Bbckeb. Le manuel de la comtesse Duoda Ipubliê en 1887 par Bondu- 
r&od. Recherches sur la famille da la comtesse; analyse du manuel et 
recliercbea sur les sources). ^ Heft i. Burre. Le cbevalier an cygne 
historique (cherche & ri^poudn' aux deux questions suivautcs : (» Com- 
ment rti) Ojit-on venu à faire de (ii-udroi de Bouillon et de ses frères les 
[Jc«c*>n<lants d'un chi;valicr au cygne f Quels suai les traits les plus 
BUicien* de U IdgiMidci ? Coet le mariage du jeune frère de GcoITroi àti 
Boaillon, Baudoin de Boulogne, avec Godehilde de To^ni, qui n donné 
BftlfMUloe i la Ifgende. Le grand-père de cette Godehilde, Roger do 
TMni, mort vers 1040, avait, pendant sa vie, fourni la matière de la 
KApiode du chovalier uu cyt;no|. — 0. SciiuLTE-GonA. I^es lettres de 
Ktimbsut de Vaqueiras (répond aux critiques de Zeaker et de Buchier). 
= Supplemonlhoft XVIII {M. XVllI, Uefl â), 18<)7. — A. BcHirt.xB. 
bibliographie tomane pour l'auDôe 1893 (1,206 numifro»; embrasse 
Basai l'histoire de la civilisation et le fulk-lore). 

44, — MlUlitillangea ans dem germonlscfaen Natlanalniuseuta 
Mn NOrnberg. lS9ti, — Baucb. Un élève oublia d'Alh'irt Dùror (Georges 
t^clilenlc, mort eu 15à7, Hiugraphie d'après des dociiraunli îni-diisl. — 
HaUpi:. Les me.moiri^s de Georf^es-Frùdèric Beiold, pasteur a Wilden- 
fthjfirbach, dans le territoire de la ville impériale do Rotbenburg (vers 
^7&<l. Cm mémoires contiennent de nombreusca copies de feuilles 
■brûlante*, de pamphlets et d'articles de journaux du l4imps|. — IIahph. 
TJo traité sur la pesu" de H82 (par Bans Fali; «traits), - G. Sck*- 
vm. Ija collection de monnaie* auremberiteoises formée par le cheva- 
lier JeAD-CbrlMophn-Kigismond de Krcti loommcncée eu xviii* siècle, 
«lie est aujourd'hui en la poswBaion du ransâe national), — Hampb. 
Vèlerlna allemand» i Saint-Jacques de Gompoatetle au moyen ftge 
(publie flDti« antres le journal du nnrembergeois Sebald OErtcl, qui y 
ilt un pilerinage en CiSI-l&S^I, 

— Zettachrift Hr dentscbes Altertbum and dentacbe 1.1- 

rMnr. Dd. XLI, Ileft 1. 189&, — L«»iiiiinuivr. Uùdiger do BechU- 

(l'origine du margrave Rûdiger de Bechtoren qui joue un rfilo 

DrlanldaDH la légende héroïque de l'Allemagne est encore obscure; 



m l'a Miavnit ooawUrè cuinnic noe ft^nre de l'oljaipe 
lie mârgnveMl m» doila ana crteUon poéti^w) iampaènwavâiàt 
pu l'flT^qw da Punii, Piligrim; «!!«■ <Uit oumacèn i T 
Ugtaèt hémuxa de l'Allenugoe; Ttatéur m prapoo um 4mu il 
ptfioiiiilBer la eluiuloo da l'OttiMrk et de «a npporW à lariiHa 
■ne l'ampin d'AlkmaffM M avec Im payi voiiiaa de reetuitx*«M 
x< lUek). — E. SoBuaMB. U Ugande bernique de l'AUenugM Iw 
1m jtftiwk) ONMQ^niwryfnMi (lee dooDiee fonule* par oaoa duwi^ 
■tir l«i bênx légend^m de l'ÂlIamagne rooI d'origioa anglo ramif ; 
la souree e«t un eiempUire intetpolé et gUwè d« U cbrooiqne min'* 
Mlle de BMe. Ce mime texte a éii> atilûé par U Chronique de Werv 
bourg rtdtgèa von 1950, m pabl. JVon. G#rm. Scriptar., VI, I7-3I). " 
NoEMiBa. liecbarclHs sur l'KiliU itïtadtp nitrs antres la qnestiM ^ 
«voir b1 \m poème* de l'Edda mm d'origtoe purement geraiaiik|u0 ^ 
payenno on l'ils reposent sor dee Idées cbrêtietuMs et tl aoe parti» ** 
OM poèmca a «to eumpoed^ duni le Groeolandl. — Mdcb. Les • A»^=*^ 
rii • (nomiDés parmi lea troupe* autitiair^i da&t la Ifatitia Hîjiuiai» ^ ' 
«'dtajl une troupe genDaniqae qui lirait *oa non de «un anne ntt-^^*^ 
nale, la lance, aïki. — In. Le noin du roi Gapt (ce nom a M porté B^^ 
le plu> ancien roi de» Golb» ; la Torme prinûtîTe àtait mxa docle Gai^^'' 
= CoraptM-renduJi : Uaugm. Die dentadie Spradtiosel Gottschee (bo= ''*'' 

— Uoli. Dio ^ermaniscba Volkerlafel dee Ptulemau* (peu nt l ifaliag^^' 
oombreuGM criti4]ucs par Uncb). — Sfigv. Bertîn, IMS*IMO (tni 
aani). — Uitntr. OaUef^NaoMo Iremanniable). = Heft 3. Mcca. U 
villei dans U deacriptloo de la Gprmuiie par Ptolfmde (étude tar l'él. 
nologie du nom et identification d'un grand nombre do villo* dl 
par Ptolémée. loiportaot pour montrer raslentioD da rilémaat co*»^T_ 
ti<|ue en AllemagiU!). — &miiifo. Le roi anglo-aaxon Beeaf ^an a pr^* ^^ ,. 
tendu qw ce roi avait été introduit i tort ei par mile d'un caalr»-86i^ ^^. 
dans lei gi^n^aloglea anglo-aaxotuies ; cette opinion e«t erronée. R^»-^^. 
eborcbes mr oee gintelogiM aDf;lo-Mxonn«). — Smii7a.t.D. V"^--^ 
poème bistorique tur l'empereur Frédiric III el sur *w luttes ^'^C'''* ^bi;* 
GbrUlopb Wolfwuer (de U4I ; («xte et commentaire). — Piav. U»"^^,^ 
poème satirique lur lea paysans, du xt< Eiècle. — H.-H. Mev». L»->^ ^ 
gdant Tmi dans la mythologie allemande (combat lee Mém d'E--M ' , 
Mnyiïrt. — Wheue. Rapports sur les résultats oonsigoès dans les plus - 
riccnlcs cartes do l'Atlas llnf^iadque de l'emplra allemand dreem paift ^^ 
Wanlter. = Gomplca^rMulus : Laut. Oie Heslo der Gormanen anir*^*''^ 
Schwanea Heere (important ; criiiqu^s présentées par Tomaacbefc). 
/(t«&.0«rmaiiiRcheNanieaaurrheÎDiBchelDMbrtften(eans grande valeu^. -^ 

— Olrii. nililenio til Sakaes otdbialorle (importanll. — Schwtrr. Ens- 
mus Alberus limporianti. — S^cktr. Der mlttelall«rlicbo Hlnne'Dicost 
In Deui»ehlaii<) |n'est pas aulrenieni importaui). 

46. — Zeluohrift de» dentaobea PaJmetlna Teralsa. Bd. XIX, 
Ueft 1, I8W. ~ ULilicKKniKjaN. Uriginc et liitUilre de la Mer morte 
(recberchce vot la topographie des villes ûluècs autrefois sur les bords 



Slii* 



■l 



BCCDEtLS PJRIDDIQDES. 



203 



de cott« mor et rar Ip« causes fiui aitKMii'-ri'nt Imir ruine). — Gimt. Le 
toinl>«tu des patriarcbeB à Uêl)raiioDlll9ta<lililioaau mâmoiro publia 
fid XVII, p. 338 ei suiv. de la Zeitschrifl). — Hiebsicht. Notices rcla- 
livw à la topo^apliin de In Palcetine, qui k trouvent dans l'œuvre 
hitloriqao dp Mnkrixi. ^ Ilolt '1. lu. Ij> jjèlfirlrta^A de ClirUiian Per- 
l»ad de Kœnigf^beri; ù .tcînii'iklctn, Itil-i-DllG irxlraits de ioa juuntal 
d« voyage, coDservé dait» un m», do In liibliolliË;|UO rojale de lierliu). 

— M. Vax Bkucukm. Inscriptiooï arabes de la Syrie, — Pb^gek. Un 
pèlerlo bobéraicn eo Palesliae du sv< siècle |Manln Kabatnik, membra 
de rUnllê des frèreo bohèmes, fut chargé par l'Unilê, on U90, de par- 
courir la Palesline et l'Egypte, de recaelllir des reDscigoemcnts $ur loi 
commuiiautif chi^tieuiieB ijui y étaient établies et de nouer avec elles 
«les reUtioni. Brivc analyse de sa felation de voyage). ^ Ue(t 3. 
U. VON UiTKOWo. De la nécessita de prendre de nouvelles vues photo- 
graphiques deit ruine* de Talesliue et de âyrie. ^— RectiGcaiions et 
additions i la carte des environs imm^dinls de JéniàiLlem au i. XVIII 
do cette Zfitsthnfl. — ScBicset DENiHNien, Carte des environs à longue 
distance de Jérusalem (localités et roulei» aniiiiues; liste détaillée des 
lumix et commentaire). -~ A. Sculatter. liésullals des fouilles niceales 
CDtrvprisos par J. de Niese en ce qui concerne la ttipogruphie antique 
d« la Palestine, 

47. — ZoitBchpirt nir Ethnologie. Jahrg. XXIX. Hefi 1, 1897. 

— SciiucTUMACK. Lu prî-tiistoire dans l'Italie méridionato et & Tunis 
(notices sur les antiquités préhistoriques conservées dans les inuséea 
de Rome, Naples, Tarente, l^rt, Girt^euii, Palcrme, Tunis, Caglîarii 
rt dans un coriain nombre de collection» parti eu I i t^res ; avec de oom- 
breux dessins). ^ Comptes- rend us : Tapprintr. Der eurupa^ische Mensch 
uad dio Tiroler (bon). — Ifioderta. Ueber dea Ursprung der âUvco 
(excell«ot), 

48. — Anglla. Dd. XIX, Heft 1, i'S%. — Hoi.tuauben. Recettes, 
pribrcs et cxorci«mes d'après deux mss. de Stockholm. ^ Heft 3, 1807. 
G. Barraxdi. La salle de iloorot dans la K-gr-nde de [ te owu If (Étudie avoo 
lOin quel est le fondement historique des combats décrits dans cette 
légeode; important pour faire connaître les plus anciens rapports entre 
les Danois et les peuples allemands voisinsl. — 1d, I,e culte du dieu 
Baldr dans l'Ile de Seeloud (addition au précédent mémoire). 

40. — Kord and Sfld. 1897, mnn , » Korr/.G. Qan signiliu le mot 
« Dcaischy » (étudie les désignations diverses qui, pendant le moyen 
igo, ont été appliquées aux diiïérents peuples allemands, telles que 
FttDci, Germani, Teutones, etc., ainsi que l'histoire et tes signiGcalions 
diflbreales du mot ■ diulisk »). — C. Bmmd. Lr question irlandaise, 
•eloo Geelhe et Heine. — A. Wuxkscicc. Jeux allemande au moyen A^e. 
^ Avril. K. Kl'Kxb. IjB soie 1 la tamîéro de l'hitioire de la civiliitation. 
^ Mai. nituNQ. Pari* aprfo lu niffi et pondant la Commune (d'après 
les MUTCuirs do l'auteur qui demeurait h celte époque dans un lycite 



204 



KRCUEtU rlfRIOMffVIS- 




de Parif 1 lin «n juin), — E Paivriwn. Los ctAfs civtls «m Altcmafp-SS"!) 
et leurs aauurs (hitUiire àt-sv(!onf ncramplît au imi'vt au itt'M^^^'" 
pour codilier te droit civil de l'All^maime »t d«s fiuts puticull^re). =^ — 
Juiu. AcHEus. HythologM rt démographie |la liDgaistiqne m tufllt 
à elle toul« seule pour réeoudre Us» problème* mytbologiquea ; 
étud« oomplèb! des problëmea mytlxdcigtqtie! doit avoir l'ethiKigt&ph. 
poor biM CfKentielU). 

50. —K. BtUerlaohe AkAdemie der 'Wlaaenaobftfteii. SiU' 
bt'ricblP dcr [thili>ii'i|j|iisc:ti-pljili)lo)jiM:lii-ii uml liiHtnriKcben Clai 
1897, llfifl l. — W. (IriDKii. l>a lao^ue df« ItHdiya» à Ceylaa ( 
peuple et la langue des Rudiyas «ont élroitetnciil npporcmtSt Mvrc cm 
des Oiogalaisi. — B. Chhistensek. Lm source» du poème byiaotJn 
AEeiandr»-le<OraDd (coinpose eutre KOO et WiO; la pnncîpftte 
de l'auteur fifi le psi'udo-CallUtbènn ; il en utilt» d'aolrea, tellei qa» 
Gnorgiun Moiiachu». Ri>clM!rchcK i(4i' approfondie sur les divers 
rédiictioa* et vomiona du roman du pKeudo-Oallisthta<' qui moDtr^a 
do raoalofiic avec le poJloM). = 1li>fl 'i. Air. l)ovi. fiiade *nr la p^^rlo- 
dologie; ï* art. (parait dans 1m AlAoniUungen]. — U. DiocatrNa. Vc 
oacntemale ignoré dn xn* siècle (Jean-Dapilïte l^ckler, diniclt^ur dt. 
cabinet dea mâdaillM de l'électeur MaxJmilien de Bavière depuis 1597- 
8a vie et iM travauxl. — G.-F. Vfou». Sur Plaiias Joséphe; mi 
H' bliloire do U nïpublique de JéruMlem de hl-*1 av. J.-G.,c«nteaaQtV 
un oxpoaA détaillé do l'Iiirtolro juive 1 cette époque; h' llilitoire por 
due de Jusftphe; c'dtaii udo Ititloîro délaiUde do It Syrtedopub l'< , 
dition d'Alexandre-Ie-Gnind contre les Persea jtuqu'ea 90 av. J.-C^ — ^ 
— L, TaAUDE. I,a règle de salni Benoit; histoire du texte iperait daw - 
les Abhandtungtni. — fmnyiMiiaixti. AdamktlMl (répond aux critiqua* 
de I>eierseii. Cichorlua et Benodorf; maintient que M monument a été 
èrJgà en S8 av. J.-4^.. pour cnlAtirer la victoire d« CrasRu* sur les Ba»- 
lamca, et ([u'it n iU:. confacr<> 1 nou^-cau et agrandi par TrajaD). — 
le. Atbena Lemnia (lei clérouquc« alhcnieiw a Lemnoa ont fait, comme 
on Eoii, êrigor par Phidias une statue à la déoeso Atbèna nir l'acro- 
pole d'Athènes i une copie de ce inoDainent perdu est fournie par na 
bas-relief qui a 6t« récemment trouvé dans le sanctuaire d'Asc)4|H0B k 
)'''.piduure;>. 

SI,— K. Preuaalsche Aksdemle der WlBaeDactaafteD. Sitaungl- 
berlnbio. Jahrg. WM, âlûcktH. — A. Wanaa. Ëiudea védique*; auila 
(le Imtidliisme avait enicigoé quo l'bomme doit ao ddivnr dn tou^ 
(rancet de la vie ma» un nido extérioar et divin; en oons^uenor, it a 
tabordooné les dieux à l'bonune. Il trouva de» pointa d'niiaciie pour 
cette doctrine dans le brahmanisme et dans les Véda«. Lf développ»* 
ment du rituel védique avait ameué & ccd qne les prdties, connaiaMnt 
la manière de gagner l'aHlstaoce divine, préiendaienl forcer cette bmU- 
laneapar leurs formales et leurs ritea et commander ainsi aux dieux). 
:= Btfick 39. CoHtB. Rapport anmieJ sur les Itavaux de l'Institut orcbéo- 





BBCDRILS I>£u01ir<}0lâ. 



205 



o^qu0 allitmand. ^ Siijck 31. KnuiN. Une iDicripUun fluc ublclte 
l'argile de t'antiqa* Uabylonc (lettre du roi <le Ualiylono Uittnmarabi 
.U rui de L&rEacn SiDtdiunam). — E. Zibbarth. Nouvelles in s cri pli on s 
/hypolliî^ques trouvées à Atbënes (23 d'Aih^aes et ^ d'Amorgos; 
emarqnes mr la rorme, le couti^nu et la eigmlicalion de ces documeaU 
ppoléii ôp«i; imporlant pour la connaiBiiaucc du ilroil bypotliècaire 
. Atti^QiMJ. ^ Htûck 33. Vaulsh. I)i»cuun jiour l'iiiiiiivfir.'tairn do la 
laii^eiiaoo do LoiLniti (los travaux philosupliiquos do Lcîboiizi ce qu'il 
tïrû lie soa propre Tood, ol It» ialliieiicos qu'il a subiu|. — Kosbr et 
4BNZ. UtECoure do réceplioD. = Stùck 3â. Bobciukot. V&ge du sphinx 
Q GUeh (il appartieat ik l'époque dite du moyea empire, ver» 200U aus 
T. J.-C. Entre les pattes du epliiox U y avait une statue de divinité). 

— Ad. lUaxACK. Les • OrdiDalioDeB * des papea dans Le Livre poulili- 
ni (on n'a pas eucore étudié jusqu'ici les douiiéos fouraios par cba- 
une de» biographie» de ce livre «ur les ordinations de prêtres faites 
•ar li>4 pape*. I/auieur moulre, en s'appuyant «ur lies obsorvatîuQS 
aUiraei et Kur une lettre du pape Gélast-, qu'utic parlie de ces dOQOéet 
ist tirw d'une li«tc otScielle de ces ordinaiious. Celte lUte est Mire i 
lartir do l'au 468 et va jusqu'en 536. On attendail toujours qu'il y eût 
in grand nombre de vacances dans le clcr^jè romain avant que le pape 
trocédftt h de nouvelles ordinations). 

S2. — Beltrnge sur Gescbtchte der Stadt Bochholz In Sacb- 
t«tt. [Irft 1, i&'ij. — BAniscu. Origines de lu ville de Buchholx (vers 
1501 ; polilie le privilège électoral pour la commune de BochbolE de 
1501). — DKnaiiuiioT, La suclkïtù de ilr de Duchhotx, d« M>3b juK'tu'â 
lo* joufK. ~ Badtsch. Iïubli«sement d'un marché hebdumadairo à 
Bucbholi en 1512. — Id. L'ordonnance minière de Buchholz en \Wî; 
loila ilauE Befc i. = UeU i. la. La brasserie ui les débits de boissou 
à Biiobbob eu 150I-1550. — lu. Rapports de Buchbolz avec le mooaa* 
;ère cistercien Ue Grùuliaiii, 1501-1514. 

SS. -^ B«ltnBge sur GescUelite des Stlftea Werdea iRbeioprO' 
riiut. lied 5, 189G. — Jauouk. AnaaJc» du chapitre de Werdeu (pré- 
deux recueil de* tourccs narratives que l'oa possède pour t'htstoire de 
:e cbapitru; édîtiou critique; art. de 240 p.|. 

B4. — BeltTMge sar Oeachichte des Nlederrhelns. Jahrbuch 
IcK Dùsseldorrer (ieschicbts-Vereins. Dd. XI, lâ97. — ScHAASsaiviDi. 
Portriiii« princiers dans la galerie de l'Académie des arts de Uussel- 
lorf. — KuBcu. Contrihuliou k l'iiistolre de l'aride Dusteldorl (l' le 
lomboau du duc Guillaume m en 1599; S" histoire de la eoDstnicdon 
le l'église Salai-Aiidré au xvn* et au xviti* s.). — l'aul-Marie db Loi, 
Eteiativtdpour réformer le monastère dominicain de Wesol, 1169-1471. 

— O.-ii. Heough. La politique frauraise dans la vallé» du Hhin infé- 
rieur au eoumenceiiietit du xvi' siéde lexpose les eOotU lente» pur le 
■oi Louis XU pour ouoclurc une étroite alliance aveelesducsdo Julicrs 
■A de Clèves et pour les opposer à la politique des Uababourg > son 



-20« 



KFXOinS PfalODIlllIES. 




moj^a priDcipal était d'amener ces ducs à vivre en bom («rtnea a 
le duc (1a Gueldre Charles. Par contre, l'empereur Uftxtmiliea s'eBi 
àt ToauiDier tcK hoitiliic^ eulra Gueldre, Cliires et Julien. Par Vm^ 
llii«iic« d« la PmDce, (ut forma le plan d'uD mariais entre bi dii« 
Omlilra Qitriaa «t û prioceiiae Anne de CliTw; oe pro}Ul occues 
dnrutfeptKQoéea, lea hiMsiiiai d'Ëiui dcJalicrseï dcCUvea. Ha lâ^L 
Jullert et Clèrea se dètoiimèraDt de l'aUiUMe rrufaiee et Buuirea -«, 
ClMrtccl^ini. Publie aixdocameatt imporUuilsdeaaoïiiBes IJll-lIfl *3J 
^ Complee-niulua : Daa Hartyrium der ibebieiiebeii JtiagfraDeo 
K<sln (inaoffiitaatl. — Malkin. I^tudo bislofique sur U caliare de 
vigne en lïelgirine (trtie bon). — Bïiu. Jotianu Weycr, der eniA 
kicmpfer des Ueienwaluis (triit împortaDll. 

6S. — Beitr»go sw Oeechlchte Dortmuiida ond der Gro^ 
acbafl Mark. Ueft 7. — GauMSKKTKa. ProcAn- verbaux du coiie»^ 
municipal de Dortmund, 1604-16IT. — ItirEDKu La guerre et le recriK- ^ 
ment à Uorimund au xviii* s. («rt. tr6t tnt^restant, d'apria d«s ducz^ 
menu tnédiial. — BcoEKiia. Le précis du syndic Beorbaus contr»- 
conaelt de Uonmuud, IT63-IH2tt (latéreBsaat pour )'biBtolredeem<K 
^ Rdibbl. Le dernier homm^gie prM^ 1 l'empenar par la vlUe in; 
rîalc de Dortmuml, I74S. — le. L'bisiolro des postes au ïviii* a. 
Uel^ 8. Id. loveuiaire des arcfaives municipale* de DonmuDd (53 pi, 

se. — Boniwr JatarbAcber. Heft 100, 1896. — E. FlnitaD. L 

oonstrudioDS de* électcun de Cologne Jowpb><:iénient et Glcmei 
Au^sto; cuntributioi) û l'hinioirc du stylo rococoM AUemi^De; tat 
17S5-1T6I) (an. de IU3 p. ax-oc do oomlir^tux deesiiu). — C. BoHcmt. 
Dos différente» pefiodaa de la céramique romaine. — Joaus. Sa 
llbiî (leanoma «Super* et t Superinius * appartienaeDtd'aiwm> 
frappante surtout aux personnes <|ui vivaient dans les «ivjroas 
Cologne. Le peuple des ■ Supcri ■ est iiJeniique à ratai dee • Ubil. 
1^ nom germain de » Suprri ■ a éti communiqué è C^sar par s^' 
interprètes gaulois soue In furme < UbU • «wc une ncine oakiaée •*■ 
une terminaison ceiltiqne). — Kmcunua. Antiquité! romalDea itol.- 
vées A Bonn dans le lUiiQ et prèa do nbin (aont-cedes restes d'un | 
KunaiD^). — lu. Tombeaux romains ironvéa k Donn. — lUpporls s: 
le* travaux de la commission des monuments blstoniiues de la pi 
Tjnee rhénane en Iâ93-li^. — RapporU sur le* iranaux des musi' 
provinciaux de Bonn et de Trêves en I)i95-I69e. — ftapporu car 1 
travaux des sociétés liisturlques et sur les accroissements dee coti 
lions dee villes et des société de U province rbdnane. = Compi 
rendus : Die Sammlung ntmischcf Alterthbmer von C.-A. Nleaaen t 
Ka>ln (importaiii|. — Pipcr. Uurgen-Kunde (excellent). — A. M»Uei 
Dfts Marlyrinm dor bl. Ursula und îhrer GeaetUclian (manquC). 

S7. — BraKiuehwelKUohea Hacasla. fid. U, tS96. — Tmi 
UoBlribniions i In pr<.MiiMoiro du pays de Itnintwick. — Aji: 
Ob)cis de l'époque du cuivre au musée municipal de BraoEwick. 





RBCUStLS P^nlODKirES. 



ao7 



0. db ilBtmiiANK. Le prvwn'lii meurtre du deroior teigneur de Ham- 
burs ^ '^ trantr^c de sa seigneurie i la maUon de Bninawick (le récit 
du rxseurtre ne reposis ïur aucun lèniuii^aa^;» binloriquc; on uura *aa» 
dou L49 confondu ri!t t-vcWrai'nl avec un l^v6nCInent »cinl>lnl>|i- du coin* 
jnencffinnnt du xuf siëclul. — Zthmkiiuann, Quand et uil le duc Chris- 
tian de Bninenick n-t-il appris à cannaJire la rvine ÉlÎMbeib de 
Bobâni«7 (i Wolfenltullel, on 1620). — Dbdekwd. Lettres écrites par 
Eaap&rins, directeur du musée de DruDswick, et par sa fille, de Paris, 
en 1815 (Einperlua avait «II- charge de ramener h llruntiwick lea objclt 
<]*at*l transportés k Paris, l'ublio l'J lettres intâres-^anliTc pour l'hiKloire 
de cMilt# annoe-U). — Kccriikh. La principaiilé de liliinkcnburg et IcK 
iloc-nïcTS jours de son indépendance, I819-18'20. — R. Phubbliiio. De 
i& pca.rt prise par les troupes bmnswlcoîees à la bataille de Vendûme, 
iB 3 4 déc. 1870). — BftiNciuiANn. L'artillerie brunswicoisc aux batailles 
to "Vendôme el du Mans en 1870. — Eooblin. Anne-Amélie de Saie- 
NVnimar, née princesse de Brunswick, 1T39-I807 |mère du grand-duc 
*^li«rlcs-Augu»to do Weimar; biographie dâiailléel. — ZiMMSitHAn». 
1^0 1 appelé !t l'Université de ilelmstadt en 1791 (loducde Brunswick, 
tilïBLrles-Guillaume, s'opposa h cette DOinination|. — H. Pfkipk». Le 
I mouasière cistercien d'Anielungaborn et son église. — Gewloff. Lee 
Lfortiticaiiona do la ville do Brunswick au xvir et au xviii' siècle. — 
toLDKwsv. Les projets de J.-H. Campe pour la rôfonne scolaire en 
irunewlck, 1786. 
68. — H^nsiBche Geschlehtabintter. Jahrg. 1395. I<olpiig, 1896. 
F. Ph:uppi. I Woicbbild. » (otudc approfondie sur l'origine et la 
l^gntGcatieu du « WeicUbilJ ; * celte institution juridique se rencontre 
lA'abord ea Westphalie et à la fin du xii° s. C'est à l'origine le droit de 
'GoncAder nue rente foncière; ce droit se distingue en plusieurs pointa 
**Botitlels de la oaucession de terre à titre biïrédltaire qui était alors 
" tta nugft général; plu» tard, le mot fut âtnndu aux établissements 
^*'b^lu qui Tarent créés sur la Itase do ce droit de Weicbbibl. Expose 
*** <ltSvetoppementf< divers qu'a re^ns ce droit dan? les diverses n-gions 
^^ l'Allemajina du Nord). — Biikuukh. Un procès en cour de Bome i 
'^ fîr» du KV »liioIi! ipnifii';» d'un prôtre de Rostock, Micbel Hildenseo, 
j^**»ntre l«C0Dfcil de itosiock, i>n 137); le demandeur avait été accuse 
lecoiuieil d'avoir, par des mixtures empoisonnées, produit ta peste 
HHo t StiO e! avait été fort maltraite à cette occasion. Le procès montre 
. ' xxiBiifais dH&i des tribunaux ecctt>aiastiques â celte époque|. — 
[AsKBe. L'industrie du lin à Bielufeld,du x\' au xix» siècle. — H. Kbos- 
Le (Uplnmate poniitical Minucci et la Hanse {dans les papiers de 
^ <3i|)(o(j|4t,,^ qQi ont été en grande partie achetés eo IS93 pour l'ins- 
'•*t historique de Prusse, et fournissent d'iraporlantHs indications pour 
_J*^Ujire de la Hanse eu 1580-1589, Détails sur l'hisloiro de la IIiin*o, 
luues avec l'.^ni^ le terre et les plans du duc d'Aloa<;on en 1^8'.!). — 
. j^**"**"- Btoiuta de la Rullde dos mariniers de Uarlem se rendant i l'ile 
*^ ^choaio, I4IK. — Bbuns. Hinloire dee joyaux de comptoir hansêt- 



M» 



Menais riuomDVU. 



lUpie lia Onrsnn illile dt* vuea d'or et d'argent que Im marcband* <tc 
Bergeo voiidirvot «n l&?8 pour iubiytnir aux Trais de U gaem). — 
JuimaAMt) el UmiLnAcii. IhKtinMntii rnUiirN au ■ StalUbof i de Loadres, 
IU^163t. — B. Il«*Mn. Poor Mrvir à rhiKtùirc du («rvioe lalhérieti 
à Lisbooap, 1713-1715. ~ Ktrns. Uappori *ur uo voys^ d'euxlos pour 
ChistolK de U nariM i Lubeck, Mocklenbuurg et la Pomdimnlc. — 
I..Sr£i.ii, Uapport Bur UD voyage MDibUbleeD basM 8aza«l«a PruH. 
= Cuui|)let-r«adus : RtJitiu. Dat Ober-Slodlbuch d«r Stadt LaUek 
(important). — Kirrluim. Daa flandluiigibuch dee Vieko vvo Gddot- 
Mii (iiii])OrUiil|. — Ehrtnberg. Uaintiorg uud BDgUnd îm 2eltalter d«r 
KoDoigin Eli»ab«ib (iotunùant). — Th, Pj/l. l'oniisariMbe GanMlogieti. 
Bd. IV u. V (boo(. 

B8. — Jobrbncb de* biatorUûbAti V«relna DlUlagAB. Jtbrg. IX , 

t8U7. — \. DiLHitsv K^FiTi:ft. I.'liittoira .tu thi^iro ciMi In Jèaaita 
(d'après des m&s, proveooDt du ccllo-^i* di'K Jésuite* de Ditliogoo). — 
C.>M. Mayer. Les recteurs de IToivorsittï de OilliiigeD, de l&4ti i iWh- 

— Al. WAOsia. Mattili Gerung, peintre Mxiabe du svi* eiAcle; a vie 
ei NI oavraa. — M. KuEiiM. L'oralMO Tuii&bre àa cardinal Pierre de 
SchamiDbeTK, «trAquc d'Aug^bourg, par maître Ildnrldi Lur, 1469. — 
DjtLiKir». La ci-de\ant xbbaye bèDÛictine d'Eclieubruan, H77-1T'â. 

— A. ScKBCBDiiB. I.'evèque d'AngGbourg, Cfariitophe, el la publiimloD 
de la bulle Bxvrgt, Damint. ea 1530 (détails sur l'eipsatton du luthé- 
raDbme dans le dioc^ d'Augabourg à cette époque. Publie 34 lettm 
échangées à propos de uaUe pnblieatfoti eolre lee Avèquea d'AugabCHurg, 
lie Krri*iDg H d'Bichftntt, lo ■)' J. Bdc et Heinrichmann, vioaire gtùé- 
rai d'Angsbourgt. — M. Schsllu. RAaulUU dns nouvelles foailW 
exAcnlAee «ur l'emplacement de l'andeit canp roaûn de Paitningen. 

— KiftcmuNsi et lùaïuiisa. Le dmeUère alamao de Scbreubeim. — 
ScKUCHT. Réeepllon de l'empereur Frédéric d i Dlm dans l'Aie da 
1473. — Ib. Réëepiion dn If^t pontifie^, le cardinal S. Marco Barbe, 
h Ueialingen en UT4. — BcMLScifr. Pour servir i l'bistotre d» l'Uol- 
versitAdo Dillingen il* sur U liste pesdmdeagndnéadn celte Univer- 
sité; }■ le • diarium alumoatua o(riiMi|m, ttm pootifidi qaam epifr* 
oopailis, • 1773-1716). 

60. — Kitthcll a 11(011 nu die MttgUcder des Vereiiui fDr Hee- 
alscke G«aclUcbto and Lkadaskande. Jahrg. 18^t. — Uatrua us 
GtLSA. Peur «errir A l'bistoire de la goem de Sept aas (opêralioot 
■tiUuiPW 00 Dease). — Enanaon. Lé cfamnifneiir Lambert Ae Bxn- 
tM |Ma portrait, aoarGee et valanr Utlénire de aea A&nilesl . — Wekk. 
Cborad de Oehhaoaan et aa poUls^ue eccléetaaUgne. — Looiwvaa. 
UaU des pubUeuloiu réoaniea reletlvai i lluuoiTe de la Heaae ta ISM 
(367 n*|. = Jahrit. IdDâ. C. »> âriuioaii. La campagoo de Gormaai- 
em dans 1* pays dr* l^hattr» en 15 ap. i.-C. et U destmctioD de Alat- 
UunL — LuNk. L'hisloirs ancteDue du cbàwaa de Scharteoberg. — 
C. M dTAurgait. La tkmfêgaé de Dn*a« et ta b«UtUe d'ArbaJa en 



niCURILS priHIDDrQCRS. 2l)ft 

f 1 av. J.-C. — LoBUBveB. Liste des iiublicalion» reUtivM & TbistAira 
. k HwM eD mô |37f a<»|. 

ei. — HltthelIaDgen ans âem StultarcblT von Kœla. Heft27, 

18%. — l\BOssE>. luvriiUirp ilps toiirei? adressées à la ville Ui! Cologno 
au XIV* et au xv* s.; auita, a»' 103S-ttJSl. — K-mpdinu. luveoiaire <t(!!t 
(locumoulB ècrils »iir papier du iv> b. et des regisirea oii utaieut tiunv 
crlts les documents, de i'?lû fe I4&0. 

62. — MlttheUnngeD d«8 antfaropologlscben Veratoa In SchlflH- 
-wrlii^-HalntQlii. H.-fi'.i. Kial, I8',)ii, — C, Hiujechjianm, Une trouvaille lie 
l'uncicnni? .'ixiiiui' ili- i» |:ii'[Ti' (.-i Miiriijiibjd, dans le golfe de Neu- 
6tadl, CD a trouve ûifi ixcatoî, cl des voseii uombreux Uo ceLU^ (.•puquo). 

— M&aToar. Couteaux en bronze avec figures trouvés en Holstein. — Id. 
HoQDaJes arabes trouvées à l'emboucbure de la ScbUû. — Si'lietu. Os et 
«rlnes de l'époque des grandes raigrationslrouvd*dNnsrilr>lciFie!ir. ^ 
Ilert. 10, IS^7. KiKLi.. Le cimetière d« Pi-pit^rlierg ilnn? la principaiilô 
de Lutii'ck {oo y a trouvé des unies de I rpoque des grandes Invasions), 

— MssTOHr. Caintams holsteinuiseK (décrit cinq ceintures de fer et da 
brome en rorme dn cbaine ; cette sorte de ceinture n'a encore été ren- 
OontrÈe qo'en IloIttcJn; leur fabrication ei leurs ornements présentent 
un mâlange as«ez particulier des éléments de l'art à l'époque de La 
T&ne et à celle de IIa1l»Utt|. 

08- -* Hittheil(mK«o de« Verelns fOr dis Geschtohle uad 
Altcptbnmskunde von ErHirt. IMt 18, 1(496. — P. ZscitisscuB. La 
culture et le comInorc'^ du pastel a Krfort (art. de 70 p., avoc diîn piÈc*'» 
JuslIBc.uivee, de 1351 h 1733). — GUhqei.. La < Bunui pauperum > à 
rUniviTSité d'Erfurl. UlS-ISlô. d'après des documents inédits. 

64. — Mtttheilungen des Verelns fBr die Geschicbte nod 
I.snd«sknnd« von OsnabrQck. Bd. XKL 189G. — Mbuiieii. Friin>;ois 
Guillaume, é\'éiiue d'O^nulirlick; suite, !631-1GG3. — A. db DraiirNO. 
LiHte de* localités d« l'aDcien diocèse d'Ui^nabruck. — I'rsjawa. 
K«cbercbe8 sur les cbemîns en plancbes construit» pour traverser les 
marais sur les frontières d'Oldenbourg et de la Prusse rt à Melltngliausen 
dans lo district de âuUoijen (élude trës complète sur ces chemins, sur 
[«■ diflenncM c|u'il y a entre ces cliemlna à l'époque romnino et au 
moyen Age. Avec d^ carte* et des plans). — PuniiiEa. Glissements 
survenus à des ebeotins en plancbes dans le « Dlevennioor ■ entre 
I>i>mme et Iluoterburg (ces glissements proviennent de l'alTiiisiemeiit 
du roaraU lul-m^me; l'auteur estime que, depuis l'époque romaine, 
co* ebemins ont glissé vers l'eitd'environ ISO métros). — IIakkx- L'Os- 
terberg, andcuue forteresse à l'e^i de Neuenhaus «elle est sans doute 
d'origine rooiaine). — ScKOCHHAHUt. Le prétendu camp de Vanis dans 
l« Uabichtswnid (combat les liy|)Otbfa«s de Knoke). — Knokb. Héplique 
à l'nrticie précèdent. — lUuv. l* ctmoti^m des légions de Varus dans 
le llabichtswald pr^ de Leeden (combNt les bypOlbéses de Knoko). — 
KZOU. (t'^plique i l'aclicle précèdent. 

lUv. HisToa. LXV. 1« fabc. 14 



210 



oEcrEiLS rétiofligns. 



OS. — HoaaUblsetter tk^T- ▼«■> "v OeMllacbaft fOr Po»- 
merscbe G«»clUclil« uad Alwrttaamakiuulc. Jtliri;., I^%. n"l>ll 

— G. tVrKPHAîii. L;i torpuralmu îles orléviT» a Steuln aui lï'-im' t, 

— M. W. U gèoë^ogle de l'évèque Jeta S. de Gunln, (313-1370 l*e* 
rapport* d« paiootA aiec U maison prîocière tUi (Viiaàrani^). ^ Buat- 
fKLOT. Uenlcn Uoavb à Flddichow ea fomeranie |lt denier* orit^ 
Uax et 30 deoien allemandi et tançalfl dn i* •.)- — H. W. Ua Thb> 
pliera «0 PomiraDlo |det poMêuhM» de t'onlra; eUn ro>'kiiUMitt ponr 
h plupan i l'onlrR de Malte). ^ WaskUAHK. I*oar wrriT k T'hifto^ 
do la louille Uuutnliageii à WoIUd (à ceti« famille apjartlrai to rrfor* 
matvof de U Poménnio, Bugeahagaa, 1t8^lo58|. -> Smwanuscir. 
Ln UxDbnaui de (îumbln dan* le urcle d« 8lolp, de l'^poqge da ter 
prêromaÎQe. — h>. Torobcftux pr)-fai(toh<ii»* à BnblJiz aysat suU Tin- 
Bnence romaioe. — WBauuiiM. Quel eait le jour anaivuruire de nûai 
Ouon ea Poméranief (c'était dè}li an un* e. lo l** oa.). — la, Le due 
Oulmlr V, leigneur de Dobrin de Bromberg, 1346-1370, — 9nnn»- 
Bkucii. PorilOiailioDa weodes prèe de Dnmburg. — WuiaMjoni. Lm 
école* en Poinéraale «u xiv* et au x\- s. — Id. La mort du duc (Sut- 
mirIVde Poawnnic-SteUia en 1372 (laldnanat pour rblatoirv d(« 
lutte* cBire la Poménoie et le Braadeboitrg à ceue époque). — la. 
Johann Willeklni, évAque de Cfcmia, I3»â-1386. 

e«. — Nene Heldelberser JftbrbftelMr. Jabrg. VIll, Hefl f," 

1897, — ILicMAiH. l'iiili|>pe MêlaDchlboa («impie eeqoitae). — Cotnie 
DC HoiLLi-EcKAiiT. Treitacbke <!t l'Aluoe (daaa les (Buvrai po6li(|iMa 
lie M jeuuuMe, Ttcitactiku t'nêl beaucoup occupé do l'Altace; depuis 
(6*0 il porta mu attention sur let aShirw poliilquos de l'Alsace et sur 
son histuirej. — Fr.-Ed. SciiNixoAK&. La lég«nde populaire et la poé- 
sie héroïque do l'ancicaue France | leçon puar l'baUUtatloa ooibrm 
pritat-dooeot i l'Untvenité de HnUlelbci};. [ji légende popalalre n's*t 
pas le fondement de l'ancienne épojMM fraufoice, mais elle l'a souvent 
modifiée et enrichie. Combat let bypothtew de VuraUMJi, qui admet 
l'oxiiitcnce en l'ranco d'une légende héroïque indépendante). — Baron 
Miix OB WjiLDneBa. Lettres de Jacques el Guillaume Urimm, Laeb- 
mniin, Cr«uier et J. da Laasberg i F.-J. Mené, 18I7<(S&0 limporiant 
pour l'hisiotr« delà philologie et de* antiquités allemandes!. — U. Ueut. 
La légende de l'archevêque Udo do Na^eboarig (publiée pour la pro- 
mléro fois d'apré» un mt. de Munich. Le poème a été composé en 1336 ; 
Il s'occu]» du gouvernement et du meurM de l'arcbeveque de Ma^ple- 
bourg, Burcbard III, mort en (3S5), 

67. — Neue SUttbellungeD aaa dem Oebtet hlatorteoh-oati- 
qoAPiscber Forschoason. itd. XJX., Ilelt .1, iSOl. — J. 1-'(Kbstc- 
lUMi. Fragoienl d'un registre municipal de la ville dt Dernburg, dans 
la principauté d'AiilinlL, n0l-U20. — C. Soksppb. Pour (orvir k l'his- 
toire de la ville de Naunibourg pendant la guem des Paysans en 
Thuringe (article important, avec des extraits det registres muoici- 



IIODIOPil. 



311 



^ dfl. 



pauil. — C. Hkire. Wichmunn rie Seohorg, nrchevôciuo do Magde- 
bours, tl.SS-lIS?. ~- NsuBAites. La correspondance det< villes et priaces 
nxoae et lliuriiigieoF coD^ervée bux archives de l'Ëlat i Zerbet. — 
G. nAOCH. 1.(1 correspondance du NurftmbfirReois Gliristoplie ScUourl 
([>iibliéc par P, de Soden et C. Kiiaake; n\[c constitua, comme oa sali, 
une source IfflportftDie pour l'hUtoin^ du xvi* *. CeU<> édiUun o(Tn 
cependant de nonibroiiMS lacune* que l'auU^ur oomblc pd donnant 
l'anal>-ie d'un grand oombra do lctlri>K de 1507 h 1521), — G. Libjik, 
nr-qiiixilion» Tait» par l'élecKUT de Saxe Jean- Frédéric à l'ureenal do 
Montx-Burg, à Halle, en 1547. 

68. — Neues Arehlv fnr die Geacbicbte d«r Stadt Reldelberg 
UDd der rheinlacfaen Pfalx m. II. Heft M. 1894. — A. Mavs ml 
C. CunuT. Llxtc d«« halitUots du i^natriùme i^arlJer de Ilculclberg en 
1600 (art. douille de 2C0 p.). = Bd. III, Ilefl 1, 1895. M. Hifi>schmid. 
1>A diltoan de Ueidelberg di>pui£ m construction jusqu'à la fin du 
XVI* R. (rectifie, a >'ec l'aide de pièces d'arclii^es, l'IiUluire de ce cli&laau 
par Koch et SeiU; art. >ic 8ti p.|. = Heft 1^ 1896. C. CsmisT. I..e8 armes 
ot les couleurs an la ville de llr-idrll>erg. — C. Odi^eb. Les pins aiicienK 
journaux paru» en Ride. — Thuiirkckb, Noies prises sur les regiitreti 
eGdésIa«Ui|u(« do Ilcidelberg, ivi<-xvtr s. 

68. — Qnartalblffitter des hlartorlsohen Terelna ftlr daa 
OrorataeraoKthuiQ Hessen. nd. Il, u° 3, ISyfi. — KteiiL. Décou- 
verte* prel]iïlû^lqlle^ ri-ci;mraent faites ii Worms «t aux ctiviroasi {de 
l'épyque du lirtiuiL' et du cuivrei. — [tdscEtEM. Les HOulTraaces du 
(littrict de Midda et la dcsiructiuu de Lissberg en 171^6 par les troupes 
da Jourdan. — thro. L'obligitlum do la milice Loiirgeoiîie au moyen 
(d'aprM le« archîm municipales de Dutzbnch rtde lia h eu ha u «on), 
s: N* 4. E. Otto. Le D' Markus xum Lsmb et son Thesauntt pictural 
mm (cet ouvrage, en 33 vol., a êlé composé dans la seconde moiiiii du 
XVI* s. et se trouve à la blbliotlièque de la cour, A Darmftadt. [1 con- 
tient de nombreux portraits de savants, d'anciennes impression», des 
Esailles Tolantcs, de rleilles gaieito.t, des noies sur les âvânemeota da 
lemps; l'auteur, mort en 1606, êuiii un lb6iilogien de Patatinat doml- 
ciltii 1 Ucldelberg). 

70. ^ Sammelblatt des bistoriscben Verelna Elcbateett. 
Jahrt;. Xi, i6%. — iUznm. Les quatre ollice.i biïrediuiires du cliapiuc 
d'Eichstœtt; talie ibi^toire des familles qui exerc^irnl Is ebar^ bér6- 
dilalre de maréchal, du xin* s. au kfx'I. — J.-B. Gceti. Liste du elei^6 
aMulier du diocèse d'EiciiMielt en 1761. — DttEnnw^ciiTtn. Ilintoire 
du thé&tre au cvllëge des Jésuites d'EicbsUett: suite. — Kxoi.kiit, 
Pouitles oiècutdes sur le territoire de l'ancien château romain de Nas- 
•cnrels. — ScuLKCtn. Histoire des evéques élus d'iiicbalairll (additions 
sui: livie* dmwijeji pur l>opp et Saxl. 

71. — SchUslons VorMlt In Blld nnd Vtort, Bd. Vil, Ueft S, 
ISfn. — J. EfBTciN. Les orfèvres de Breslan do 1470 à 1753 (liïtcs des 



212 ucmu rriuoDKton. 

membres de cette corporation). -~ Sbqer. Les joyaax de la coniririe dei 
tireurs à Breslau, xV-iix* b. — H. Schulz. Une corbeille de mtriigB 
priacièrc (inventaire des bijoux offerts & la margravlDe de JE^uniorf, 
Ëve-Christino, née duchesse de Wurtemberg, 1610). — GmmiL 
Objets en bronze trouves à Lor^endorF près de Namilau, da v* u n* i. 
av. J.-C. — Klqse. Le cimetière de Goslavîti près d'Oppeln, ie 
l'époque récente du bronze. ~ Seobb. Liste des déconvertes arcbéob- 
giijues récemment faites en Silésie. 

72. — SctariftflndepphrBlkallBch-<BkoDamUohona««aIIackaft 
BU Kœnlgabeiv. Jalirg. XXXVll, 1696. ~ Jentzbcb. Itappwt su 
l'administratioD itu musée provincial de la Prusse orientale en 189Î- 
iè'ib (données sur l'bistoire primitive de la Prusse). — F. Robhl. Les 
principes de la chronologie byMQtine. — Id. Le calendrier snédois an 
zviii" s. 

73. — Schrlften dea Oldenborger Lande>vereina flir AJter- 

tbnmakunde nnd Luideagaachlohte. Bd. XV. — Bbiebing. Le 
* Saterland i (pays situé sur la fronti&re occidentale da dachâ d'Oldm- 
bourg; la population est d'orif^ne frisonne. Description très détaillée 
du pays, de ses habitantH, de lenr situation économique, de teon 
mœurs et usagée, etc.; art. de 148 p., avec des illustrations) . 

74. — Schrlften des Verelna fUr die Qasohlolite Berlla. 

Hpft 33, 1697. — F. Holtzb. Un enterrement à Berlin en 1588 (publie 
un poème de Philippe Agricole sur t'enlerromentda ctmnceUer brande- 
bourgeois Lampert Distelmeier|. — lo. Pour servir à l'iilslolre du droit 
à Berlin (analyse les mémoires réunis dans une ■ Festachrift zam 
deutscben Anwaltstag, 1896 >). — Bolte. Le poème d'Actdré Tharaeas 
intitulé : ■ la Complainte de l'orge et du lin > (de 1609; texte de ce 
poème, curieux pour la vie rurale dans la Marche de Brandebourg). 

76. — Schrlften dea Verelna ftlr die Oeaohlohte dar Neomark. 

Hcft 5, 1897. — Ualland. Oornclis Kychwart, architecte de la cour 
électorale de Brandebourg (détails sur les travaux qu'il dirigea, en par- 
ticulier sur !a construction de la forteresse de Kilstrin, d'après des 
documents inédits de lij67 à 1693). — Gietze. La Nouvelle -Marche à 
l'époque préhistorique (article très approfondi d'après des dëconvertea 
arc béu logique s, avec de nombreuses illustrations). 

76. — Schrlften des Verelna fflr Sachsen< MeinlnglachB Q^ 
Bohlchte nnd L&ndeaknnde. Hcft 24, 1896. — Jacob. La préhistoire 

du iluclié de Mciningcn (découvertes préhistoriques, forteresses, tom« 
be^aux, etc.). — Human. Les voyages de Jean-Caspar Rrchrig, de Bir- 

kenfpld à liildburghauscn, en 1768-1776. 

77, — Wflrttemberglache Vierte^ahrahefte flkr Tianrtfiigo 

echlohte. Noue Folgo. Jahrg. V, Heft 1-2, 1896. — Th. Kbu-p. Le 
village de Ilaaasiieim en Souabe (contribution intéressante à rbistoire 
de la classe des paysans en Allemagne du milieu du xv* a. juaqu'aa 



RB€ITEIL9 PlinlODIOtES, 

commoQcnment du xti*: des rap)iorts aittiti le «nnago ei U pofseesion 
(tu rkI )iar ien tyrans, d'après ua grand numliro Ae jijfci.'.'i d'srcliWef. 
Art. dn 62 p ). — JoACBOHOni. Lo» di^buU ào riiumsniamo çn Sonabe 
(d'apr^ft de nambreux documauu inédits. La vie, la correspond ancc et 
l'scUvilè lilbïraire de l.udwi|{ [tad, Nikias de Wyle>, Thi^olinld Soidf- 
nor, Albroclit de Romtettcn, Heiiirich Sielnhiewol et autrt<« l)uina> 
niitOK *uuabr* du iv< t.\: fuilo dans Ileft 3-'! (publie 36 leltre» dr M19- 
1i63|. — M;:iiKi.E. Corronpondnnco de In grandi? ducbewe CathisHne 
Pnulowna, reinn de Wiirlcmborg. avoc le prof, J.-G. MQller de SclialT» 
buuKO |cc dcraier était (rbn du célèbre faUtoriea Jean de Muller; il 
avait d'étroiteK rrlation« avec la raine, qui s'eacretenait avec lui de 
quection* niligiouxe« et politiques. Publie un certain nombre de leitreo 
khangAe* onlrn eux drt tSU it 1817). — W. Lano. BudoK Lobbauer, 
I80i-t9'3 loflicîer dans sa jeune)i»e, puie artiste et llllilrateur, il sn 
mêla actiT^meot depuis 1831 au mûuvemeQl révuliilioiioaire dau-i l« 
aud de l'Allemagne; ea 1833, il s'enfuit h Siratibourg et à Parii; de 
Ift46 à I84S, il publia h Berlin l'AUgemetuf Ztitunç- depuiti 1$4A, il 
pfofeaaai l'école militaire de Thouiio. Extraits de «a correxpundanco 
inédite). — Ë. vox LtcrKt.en, I.a ■ Oarten|>esell8cbaft ■ d'IJlm, t'69> 
1D23 (détails sur le oiouvemeiil nWiiluliounnir» à Ulm à la lin du 
xvKi* B.l, — G. Wbu.kh. Cfittfrb'd f.l Ooiinnl dn lIcibi^iilohD au scinico 
de t'empeivur KrédAric U ut de r.cs fils Henri ot Conrad IV, 1S^5-1356. 

— âoBii.t-isro. Proc4l> sur dm vol» de grand chemin de 1633 à 1031 (ces 
procès montrent rissécnritâ des routes en Wurtemberg il cetie époque), 

— Dteai.. Une charte inédite pour le monastère de Salem (la cbarie 
publiée dans le Cod^i dipiomalicus Salemitanus ioa% le n° 1033 appar- 
tient soit h rannéo 1393, soit à I30T|. = Ueft 3-4, 1897. Nbstlb. 
neiuarqoas sur quelques noms propres gallo-romain! sur des inscrip- 
tioDt romaines trouvées en Wurlecnl>erg. — Josenuans. Une ««lira 
couini le gouverneur aulridiicn do Wurtemberg, comte de &ulu, et le 
pilli^ da chAteau de Stullgan, l$38 (texte et not» explicatlvRS). — 
WnrrraaLiH. Le droit cunlumior de OQrtliii^'tn , village voisin de 
HagoUl, de 1405. — Th. KMef. [temarquos sur le servage dan» l'Alle- 
nMgnedn sud -ouest [en UavitVe et il fioilbronn au x»iii' 8,|. — ftrEiw, 
Analyse des articles do rE>vuo rpoeminent publiés cur l'blstAire du 
Wurtemberg — Meheido. Bulles pontiBcales relatives à l'histoire dn 
Wurtemberg (catalogue de 8t actes de 1311-1306 extraits pour la plu- 
part des Registres de< papes publie? par l'Ëcole française de Rome|. -> 
I,Kiiiiu«. Liste des livres et mémoires sur l'histoire du Wurtemberg qui 
ont fili- publiés en I89&. 

?B. — ZettMchrift der hlstoria«ben GeaellBohftft IHr die Pro- 
vla» PoMD. .laliri;. XI, Hcfl 1-2, IK'.'S. — H, Zbciim--.. l.u bataille de 
Traustadt (eaire l«ï Iroup'"!' iiui'idoisi's cl laxciniu'». U' 13 fi-vr. 1706. 
Deilils aboniUnts sur l'orgnfiifalion do l'armiir- saxo-pol(Jiial*e do 
«tu époque el sur les conséquences politiques d<> la baUillej; fin 
daiu Reft 3-1. — - Kiewmiku, La sériciculture et l'indastrie de ta soie 



dons le dUuIct de U Netse de 1773 à lèbi; fin. — PKiuaamniA. Vot- 
guUsatlon iDiérirare dei commoDautés jnivea & Pomd «u xw> M o 
svtii* I. — WKiDiiiAin. Camoiin et Gmmd (tiittoiro àm npfoiU MM 
l>vtaU6 <lo Caounln en Poménoîo, lbQd6 en 1140, et r«rcLevteh« d» 
Gdowd ; expoee lo« elTort* réit<r«f par lec arclieT^nee pour bir» reooD- 
Mitra pur rtvécbd de Cammla lenra droits de ii>étropo1iulDs, O'aprta 
dM ducumenla iuêdiia). — O. IIbiwbmajiii. Une wldiiioD à la chroaiqoe 
des eecrétaircfl municipanx de Poten ibrtrea noticee de 150tt-IS30|. — 
— E^noBitHBs. Tableau dea serrleet et obU^tioos dm par les haliitants 
du village de TbarlaoK, l'SS. — Msiuitii. L'ani^ur de U iraducUoo 
latine du coulumier provincial de Pruwe («ette induction éuil dettl» 
nbe nul parties polonaiies do territoire pruRsteo ; délatli sur te prMi- 
cateur Pa|»i«ll)aum, k qui l'on doit U traductioa de ce coutiimi«r|. -> 
WAaacaAini. Revue de* publications relatives à l'IilMolre de la provinoe 
de t'osco parueH en 1895. ^ Ihtl iA. [{«i.st!iiCAHr. Le» intrigues de 
Pbtli|>pe Ouillaumo. oomiv |uilatiu dn Ncubouri;, poar i>bl«uir l« cou* 
roiuv! [|(! i'utuKiHi |I65&-I66'J. Iles docamanla InËdiu on r6cMniiieiit 
publié* pennolti'iil de *uivre le* n4gi>ctationi diplomatiquM (uiviw 
BJitre Bi?riln et l'étraiifter, entre le comte palatin et le« magnata poloDAÎn, 
et de montrer te lien qui les rattache A la politli|ue générale de l'Eu- 
rupei. — a. Bail HiH -Son wAnutACH. Histoire de U ville de Ptlehov et 
d<! «ou territoire, du xii< au iix* *. — Waiiwchavbk. Lee regialre* muni- 
cipaux de la province de Pomo au moyen Age i»tatisti()u« M litin ana- 
lyael. — PatniiEBM. L'école miite de Scbokkea on IMO (expose lea 
Idée* du gooTorDoment prussien en oe qui concerne l'inipurtanoe de 
rAlimeat conreesionnel dans leA écoles polonaises à cette époque). — 
KotfTB. Les débuts de l'art dans la province de Poseo. — PactMws. 
Les journaux à Posea en 1791. — KtBWROfO. La villa de Liua de lfiS6 
à IT93. = Jabrg. XIL Uett t. Ilt97. — Koan. Ulstolra de la »)ni«tm4:tion 
des églisas protestâmes dans la pruTloce de Poseo, xvi*-xix* niidee. — 
R, PauBHEaji. Arrestation de fancUonnairea pruMileni dan* la ga«rre 
iusurrectiouiielle de I7U1. — OsDCHiiAeaii. IJoe nSqnisitiou railiuûre 
daiu la l*ru!t*(! uii-ridiunale en l'H |ordono<s pour l'armôo prussleaue 
en hitio contre les inaurgéa polonais; cette réquinilion doooa lieuAdea 
déloumemonts dont Turant accuiéa certoÎDS fonctioiiiMifee prusslnna; 
ocue accuMtion n'est d'ailleurs san* douta pas rondée). — A. W^a- 
«ciiAuan. Lci registres municipaux de U province de Poeea au moyoD 
Ige; suite. — Huwnt. Uiplùtn? du roi de Pologne SlgiantotKl III eon- 
c'rosut les armoiries do Jotn Thudescus de Pi^nonibiie. — Pmmuuu. 
Charge» miliuircs sopporl^e* par le village de GollmùU eo 1606>181&. 
=^ Coin ptvs-n^n dus : 0. von Ullow- Vorbttk. Oer Krîeg toq l&Ofi-lSOT ; 
B(l. m (impartant). — Weit/k. Der Aufaiand des Kùuigreictis Puten, 
I83Û-IS3I lîntêressanl). 



79. — &rcliaeolOKiaoh-«piKraplLiaolie Hltthellungen ans <Sa- 
torrelch-Uastuv. Jabrg. XIX, Ueft 9, 1896. — Rosntwww. Udb 



noanlle intcriptiOQ d'IIalicarnaKsn (importuau pour l'iiintoiro douAnl^ra 
dea provÎDcM romaioflB. L'auteur monlre que, d&Qs le courani du i" b, 
«p. J.-C, les grandes compagaiee rerml^res des douaneH, dea • publi- 
oÛDs, * disparurecl de plus eo plus el qu'Us furent roiuplacés par de 
Tîcbet panicaliera). — Gkoao. PairlcU el III virî monelales (de Vospa- 
siea & Alexaudre Sârère, Uiub les patriciens dont la carrière nous est 
coana« ont commence par les Tonctions de triumvirs monétaires; l'au- 
teur oliercbe l'explication de ce fait). — Arthur Stbin. Deux ioscrlptions 
lydeniivs (do l'an 240 ap. .I.-C. relative» ù llonurata, tille de Ti. PoU 
leaius Afmeaittt Poregrinu*), — In. 1,'tCpypie el le soulftvemnot d'Avi- 
diai Cassius (étude sur Maccianus, ■ juridicuE Aegypti, • per*onnag« 
qui v'atsocia à ce soul&vemeot et qui y trouva U mort on tTù. Ce 
■ juridicus ■ a été (dentifié h tort avec le juriste L. Volusius Maeno- 
nus; « dernier fut préfet d'Egypte eu 150). — Gomperï. Y a-t-il jamais eu 
des rois chri!(ien*4ftde»*R?(vniî»embIablenienlnoo. Vers231)ap. J.-C-, 
la religion païenne dominait encore à l^lease. 1« roi Abgar IX nVtait 
MUS doute pas chrétien). — In. Une inscription sépulcrale de Mylasa 
en Carie. — NowotNT et Sticotti, De Libumîe et d'Isirie (les doux 
auteurs ont été chargés en 1893. par le séminaire archéologique et êpî- 
grapbiquo, d'une mission vers le Quarnero pour rechercher les antl- 
qailn de l'Ile de Veglin. le » Curiclae • des Romains. Publie des ins- 
criptions, des marques de potier, etc.i. — 0. Denndoup. AdamkllNsf 
O'auteur avait pUc6 la cumtruciion du monument triomphal rr-irouv^ 
àûDA cette localltti on l'amiâe 109. i-'urtwitn);lfr émit cnsait« l'opinion 
qu'il rappelait tf« victoires de M. Licinius Macer en 99-27 av. J,-C. 
CkKW liypotkèac est inadmiulble. L'auteur combat également les opi- 
oiuns exprimée» |)ar Potcrseii sur les scènes historiques figurées sur le 
monnment). — Màiokica. Quatre inscri[ilion6 d'Aquik^e. — E. GoauANR. 
1^ grande inscription latine qui se trouve dans la collection Olivleri à 
PosHro laddittou au mémoire publié dons Ilefl I. Celte inscription prv" 
Tient d'Urbisaglia, l'ancienne Urbs Salvia, en Picenum), — ToeiLesco. 
Nonvelles inscriptions romaines et grecques de Roumanie {9^ numéros). 
— PoKKAiRt. Quatre inscriptions de PhiUppopoli. — H. et K. BKoni'tt. 
Inscriptions provenant de l'anciennâ Bulgarie lonxe inscriptions grecques, 
dont quelques-unes sont importanles pour l'hisloiri'' de l'ancien empire 
bulgare et des guerres des Bulgares cuntre Hyxance). 

BO. — Arehiv de* 'Pereina fUr SiebeabdrgUcbe X.BLDdra]nind«. 
Bd. XXVII, Heft !î, )8'J7. — Tkutscii. Les travaux de Schlœïer sur 
riiistolre do Allemands CQ Transylvanie | publie 35 lettres relatives aux 
travaux lilsloriqaea de ticlilcracr). — ZjHkiEHU.tNN et WAriENSAca. Pour 
Mrvlr k riiiitoire d'un volvode valaque, Wlad IV, 1 lùG-M62 (une rela- 
tion «Dr les actions de c^ voîvode se trouve dans un anden imprimé 
du XV* a. Wattrnbacli a signalé une nouvelle source pour i'hlstolrn do 
ce voivude dans le ms. 327 du cbapitro do Lambacb en Aulfichc). — 
R. ScBtiuM. La Tamilie pairidenne de* Polner à Scha'iisburg, MôO-l&M 
(ptatioire membres de celte Camilk uni joué an r6le tr^s important 



216 BKCnBILS P^BIODIQOn. 

dans l'histoire de la Hongrie et de la Transylvanie. Publie 15 docnmeoti 
de UB& à 1513). — Ddldreb. Pour servir à l'histoire du truufert de li 
Transylvanie à la maison de Habsbourg (eipose en détail lea négoeii- 
tioDB du prince transylvain Assafi et des États de Transylvanie avec 
l'Aulriche concernant la conclusion d'une alliance et tes rapports de la 
Transylvanie avec la Turquie en 168Q). — H. Hebbbbt. 1.08 corpi de 
mâtier à Hennannstadt au temps de l'empereur Charles IV (d'après dei 
documents inédits). 

81. — Berichte nnd mttbeilanges d«a AlterthniiUTerslsa n 
WTlen. Bd. XXXV, 1896. — Th. Wiedbmamm. Pour servir à l'hisloirs 
du monastère de femmes de Saint-Jacques 4 Vienne, iiv*-svui< s. — 
DtCHBiH. Orfêvros à Wiener-Ncustadt au zv s. (article très détaillé, 
d'après des documents inédits). 

88. — M IttheilnnBen des NordlishiiilBoheii BxcnrsloiiMnnba. 
Jahrg. XIX, 1896, Hefl i-\. — H. Kmotbb. Les plus anùens possesseun 
de ta vilio de Bchirgiswalde, du iiv au iviu* s, — G. Jabhel. Le che- 
valier Joachim de Meitzan, sire de Graupen et de Teplitf, 1500-1556. 

— Pahdler. Pour servir à l'histoire du domaine de Meistersdorf, dans 
la Bohême septentrionale, d'après des documents inédits. — Id. Les 
f MJscellanca ■> du moine augustin A. Jeschke d'Oschltz (composés 
vers 1TI3 ; extraits de cette chronique relatifs aux années 1349-1713), 

— Ankekt. Un projet pour l'amélioration de la navigation sur l'Elbe 
[dressé en 1687-1688 par Josef Pfalz d'Ostritz). — Kcbolbr. La bataille 
de Kulm, le 30 août 1813 (d'après les récits des habitants des environs). 

— KiHscuNBii. Histoire de la garde civique d'Aussig, 1814-1B63. — 
VoGBL. Pour servir à l'hiNlolre des domaines nobles de Herraansdorf. 

— Eloeh. Documents tirés des archives municipales de Reichstadt, 
xvii'-xviii' B. =: Jabrg. XX, Ilefi 1, 1897. Hantschbl. Découvertes 
archéologiques de l'époque préhistorique faites dans ces derniers temps 
dans le nord de la Bohême. — Jahnbi.. Histoire des barons, plus tard 
comtes d'Ogilvy. — R. de Weinzierl. Objets préhistoriques découverte 
à Grossczernosek et à Gastorf. — Klapp. La croyance aux revenants 
dans te nord de la Bohême. 

83. — ZeltBchrlft des Terelna fQr die (Jeachlcfate Hwbreju 
nnd Schlealena. Jahrg. I, Heft I, 1897. — Brbtuolz. Lee Tartares en 

Moravie et la fabrication moderne des documents (les cinq premiers 
volumes du Codex tliplomalicus et epittolaris Moravîae contiennent un 
grand nombre do documents faux qui ont été fabriqués par l'éditeur, 
AnI. Boczeli. Pour donner une idée frappante de l'importance de ces 
falsiGcations , fort habilement faites, l'auteur soumet à une critique 
minutieuse les documents publiés par Buczek sur l'invasion des Tar- 
tarCB eu Moravie; luut un groupe de onze documents est faux. Présenie 
uu récit nouveau de col épisode d'après les sources contemporaines qui 
sont authentiques. Celte invasion a i^lé sans impurlauce réelle; elle n'a 
été qu'une opération préliminaire de brif^andage). — J. Lubehth. Por- 



ItKCfBas PJHIOOIQCIIS. 



817 



UalU dn temps de la Itéronoe eii Moravia |t' biographie du D' Marljn 
GcMohl, prévÂl du monasIËre io Temmej de KaniU, qui Tul oiécutâ en 
1&t$ oomiao xnabapliHR; !■> biogmiiliii^ Aa l'aDabaplUte moraTe Oiwald 
Gtayt, ozicuté vu 1545). — GHoi.ro. La chroniquo du montribr* fnn- 
ciuain do Br&an {compcuxin ilq xt< «.; [cxto ilo cotte chronifiiic). := 
Comptcs-ntoduc : lattrlh. Urioro uiiJ Urkunilon aus àer ZHi Kroaig 
W«atelB II (imporlantl. — Mwillfr. tieschichte <ler 8ia<li Olmùu («ans 
valeurl. — Trautenbtrgtr. Cbronik der Stadl BrOnn; Bd, IV (boni. =: 
Hefl ï. F. V03I KeoKES. Berllia de Llechienfelâlti el la légeudâ d(! la 
■ Dame blanche » à Neubaus, Tetiach ei autres Hpux (blographli' do 
OenUa d« Rowtiberg, H30>Uï6, qui, en Hl'i, L'puuM Ilaii» d« Lii-cb- 
Uastein. C'Ml snulemeni au xvii* *. que des bislorleiiii ap|>art»naiil à 
l'ordre dea Ji^Hultcv, eo giarticullor Dohuslav Qaibin, lancèrent dan* le 
roondn ta l^^odo tuivaiit latiudle cotie B«ttha revpuait apr^K xa mort 
dxna to* cbJtKuiux ito Nfiibau* itt ileTdudi toan la fonnc d'une a dame 
bUiicb« » Cl comnie IV«pnl proii^cieur do la famille. D'après des iliKU- 
monU io^tmi. — llaron A. db Hblituit. La di^l« raorave do Brùiiu eu 
1848 M Iw arntoirio» do la Moravie |lp oondlt qui Tut alors souWé pour 
■avoir quelle* seraient les couleur» du pay» n'est pim encore iermin6). 

— E. SoFFft. Un recueil inédit de chansons au monastère do Itaigom 
{chansons du ivii*el du XVIII* c, quelques-unes de caraclèro hisUtrlquo; 
une, par exemple, se rapporte â In capiiulnlion de la garnison francoiso 
d'Ingol(>ladt en 1TÏ3|. — Ghouo. Toniaiive» pour introduire la culture 
deaYeraàBaleenMoraviR en lii24. — Id. Ce que cnûla un jour de repos 
en l'an 1685 jpublic 1* coroplc den frai» ooraniontifi» pnr l'entretien dos 
of&dcre d'un régiment de CAvnlcrie uuirichiennn qui, revenant <)« la 
guerre contre les Turcs, s'arrâlèrent h Trûbau, en Moravie). — lo. Du 
temp* des guerres contre les Turc? (public une lettre d'L'ngsriscti Urod 
èTrCibau amcernaol les opérations militaires contre lesTurcseu ICG3). 

— J. Ds Beck et J, LusEBTH. Documents relatifs h l'histoire du mouve- 
ment tiuMile et en particulier des mercenaires moraves; suite. = 
Ooinpte-rendu : Jireltk. Da» boehmi.4cbc Kron Arcblv irecnell d'environ 
KO documents imprimes par aualyse ou in e^ttnso). 

84. — Arcbeosrnro TrlesUno. Nuuv. séria, vol. XXI, fasc. 1-2, 
1896-1S9T. — BssKOEm, Le musicien (îiuiwppe Taniui; biographie, 
1093-11*0. — ToHABiN. Notes historiques rulalivuH i l'hitloire dot 
monaalèrM frenoiscalns de ■ Santa Maria dol Succorso > el do ■ (^lla 
Veccfaia • A Trleeie et de > Santa Maria di l'.rignano. ' — 0>«Tt. tiia- 
diants du Frioul, de Trieate el d'I^trie ii l'Université de Fadoue: iiuite : 
1683-174'^ — MoBTBAMi. Le coullit relatif k la dixoine d'GËI, outre 
l'evâqne de Capodlstria, le clergH el la population i!e Pirnno, 1990. — 

— Puwai. Di^couverte d'uue cuosirucUon romaine i^ Uarcota. — Moii- 
TOHM. OItmpia .Morata (biographie détaillée de cMlo cvtâbre poéti'sse 
Italienne. Ià'2(>-I565), — Mxionica. Étude» sur l'histoiro d'Aquiltw; 
siute (publie dos inecriptious romaines, b"' 5I>80|. — \bjlK. llecburchoa 
sur la» erlnes Irouvéa dans les touilles do Ikrcola. — Puscm. Rapport 



SIK 



kBCVSILS ptfsiODIDOIS. 



•nr kl *ati<|ult^ tomàiiuit trouvM à Trie«U9 et dans lei anTiroot i 
188T.I89S. 

85 — BnlletlB lBt«ra»tlMWl da rAcR<l«mIe des aci 
OnuioTie. Cuiiipiet-midaB dei eètooM d)> l'aDuée ii^liT, uvr 
tahMiAl. Ls clienlerie polonais an moyen âge (niU! hiitoir* rnnonb 
iUMpi'nu Titi* •.; elto cammeuce à Mro ooonuit à partir ilu DMithuil 
Baïuu, qui, npii» un rt^o de 3S uit tur Im SUvo*, monnit en tûmteA 
a m». L'BUt«ur B ètaiié le nom ot ri)i*toîre il« 1,769 famillec ddUm). 
= Mai. fi. DemUmàt. Cooifite-randu iIps r«clierchM ratt«« daiu 
arohlrei do P&hs et de LoDdtws isor U période de t7W-1791). 



se. — Th« «BBllab UatoplcKl R«vl«w. 1897, juillM. — 
llu>i. 1^8 TiircB au vi* nhcïn |cxirrig«, à l'nUI« d4a hiatorims gnea, 
eanalOM emurt de détail commiBeg par E. H. Parkerl. — J. B. Mo»- 
■la. Lop arch«ra à Crtey idan» lotiU'a ie^ baUitIeH du xiv* h., le« Aaglaia, 
obaarvaai ta m4ma dUj>oiilli>a (aclique, ]>lBe6t\Mit Im liuinmïui d'omiet 
an ordn aarrA an «nin', avec 1«b arclMn >ur Im aile*). — Mi« 
M. SKLunia. York atii xvti* et xvtit* a. — BaatI Wu-ujuii. Le duc da 
Nawcaatlo et l'élection de 1731 (d'aprte lacorreapuDdanee ih> Newcaiile 
au Brtiiab Moseutn). — VV. II. Brnraïuoit. Burb*K(ial>wi] (od a n 
dta> et larme, bien oounu de ceux qai étudiool lea iniiiiialtoufi tingliH 
•UOdiw*, 00 mot compoaA nl^iftant * tmo maiison (ittié« k la porte * ou 
laur ta rue du bourg. ■ Hn réaliuS, ccKoiitdeaxmoUsôinréB : burficl. 
«ifinidaiil un cUAteau ou hitrh menorial, et trtl, doot l'ÂquIialeai tatJa 
wt villula). — 3. U. IloinfD. I.a tenure mllfcalre avant la caxutatM 
(M. Maillaiid paraît supposer qu'avant la oouquâte, le ecrrloo militaire 
diw pHncIpaut Teudaialres, par exemple de VAvâqtift de Woreeetar, 
Alalt d'uii giinrrii^r pour cluq bidea de terre; ataxt, l'éWhliia davtU 

00 ehuvatiera pour 300 hides. Mai» le« lezlea ac juatfliaot point cetla 
nintira da voir et Round msintifnt aa théorie que lo lorvico militoln 
dei olievallen tal introduilon An^leterriTfi>iil«m«Qt«présUooRqaMe(. 
^¥. A. (}jtR(iuiT. Un fragment inédit d'un ouvragn do Rogpr Bacon 
(torlii d'atit^ de ï'Opus imv'uf. aToo une introdoclfou indiquant bd^ 
vouiiitil Ira circonatancea dana leaquallea cet onrra^ Tut cooipoae). — 
Wallar B. Hironaii. 1,'iiivi'n taire d<-s bijoux et de la garde-rob« de la 
ralno iMlielle, femme d'&IouBrd il, I3lta. — W. Wannui. Un traité 
lltOHiiiiii pa»if eiiire Edouard IV et l.ouia XI, 1489 (lignalô daoa la 

1 I dM ffitiM'*M fucorM de Bayoune). — G. M. Lloyd. Deux dépêche* 
lekiltoi A la bataille de PoDtcuuy (r^-diiR la hllre du duc de Saxe an 
MiiHl» d'Arganionet publie one lettre de «ir John LIgonier 1 lord Har- 
rlimton). >■ ComplcB-rendue : A. UittUbrami. liochl und Sitte aaf den 
VtHei'liliMtiiueii Kulluratureo (de vaalea luctum bien digérées ; l'auteur 
i|iii^ ni ]i\ mariag<> par caiiiure ni Ia matriarchîe ne peuvent être 

I I o» iiiiniaie iIps insliluiion» primitivraj. ~ E. Jfgi. ËIndea da 
tllnMt iHlfi'»*ll4>n'i' cl ^^ droit politique (Temarquable), — l>. WhiUty. 



i 

cnea. 



REÇU Et LS Pl^BIODIQirES. 



219 



Gieek otigarchios, tbeir character and organlution ibon). — Munro, 
Andtrton, MUne ol llaixrfielil. The roman town of Oodoft, in Munton«- 
gro (bonno êluilc hiKtoHigun h arnli<.-uIoiji'|uo nvoc un excellent index). 

— Gibbon. Tlio liUlory uf llic ilocliiiu mil fall of Uio roman pmpire; 
BOUT. 6à'A. par J. S. Bunj: vol. 11. — A. Hemloyj. Tlie dann of modem 
geognpby (comcienciouïo bisioirp dee explorations et de la science gùo- 
graphlque, depuiB la conrersion de l'empire romain au chrUlianisnift 
iuMin'à U fin du ix* s.; il y s dea faulea a^sez Dombreuses). ■~- Geo. H. 
Pulnam. Ilauks and iJinir makerK durlof^lbe niiddl« afim; vol. I |bon|. 

— W. 0. Wak4man. An intruduclion lo ihn tiixlory of Uio church of 
EngLind (excelloni tableau du déveluppomont hivloriquc de l'Ivglife on 
A.Dgle terril , — Lincotnshire records. AbsirocU of iinnl concords tomp. 
Rie. I-Hen. ïll; ïoI. I. — York Powell. The taie of Thrond of Gâte, 
commonly called ftereyinga ?aga itrèti bonne traduction, avec une intre- 
dacliou instructive sur rbicioiro de«ilc<ti Frrceeldo leur cODVcreion an 
chrietianitme] . — T. F. Strby. Wykeham'e register; vol. 1 (documenls 
ullle* publiés avec quelque nêtfliRencoh — M. Oppfnheim. Naval accounls 
and inveotorles of ihe reign of Henry Vil, I181-ti88 and ll'J5-lHn 
flionatMHioTi). — Clit]/nty. Social changea in England in the xvi'hfieii- 
Ury, aa reOected in contemporary lit«ralure; part I : raral changea 
(■gr^abli! r.t innlructifl. — Mani. La quesUonn dolla riforma de) calen- 
dorio nel quintâ coodlto Laleraaeiise, I&1Î-I5I7 (bon) — Leach. 
BogliBh vchooU at ibn R^ronnutiou, 1546-1548 Hmportaut recueil de 
documents relatif» à la ïuppreMiou di** •■ chiinimei* • wu* IWri VIU 
et Edouard VI, avec une introduction sur iw ccolos du moyen Age et 
Im réformée ordonnées par ËHounrd VIk ^ Burgliardi du Boii. The 
anppreseion of the afrîcan slave irade in ihe United States of America. 
IÙft-1870 (eicellent et fort bien renseigné). — Grant of Laijgan. Oiary 
of «r Archlbald Warrliion. I63S; the Préservation of t.he honours of 
ScoiUad, IS&I-&2; lord Mar's legocies, 173'2-?7; letters conceruiag 
Highland atblra, in tbe xviii<b century (utiles documents publiés pour 
la Socii^é da l'hUtoiro d'ËcOMiel. — Dkkson. The jacobita atiempt 
of ITty, If.utiT* of James Butler, second earl of Onnunde, n>laiini; to 
canlinal Albrroni's project for the iava«ion of (îri-ot Britoin (impottaul). 



87. — B. Depntasione di storla psti^n por )« provlscls dl 
Romagaa. Atti e Memorie. 3* série, t. KIV, fasc. t-G, jiiillet-déc. 
lë'.'C. — i>. AcoilME. Notices et documents ponr servir à l'histoire dot 
tspporu de Gôneis avec Bologne (du xui* au nvi* s,; publie trente et un 
documents inédits). — L. Alubovaxw. Acta Sancti OlFicii Bononiae, 
IÎ9I-I300 (publie (x documi^ut, précieux pour l'bisluiro de l'Inquisl- 
tlon). — G.-B. S^i.viOLi. Sur la vali^ur île la Itrn^ bolonuiiie (publie et 
commente plu.ticun document» sur U fabrication munulflirc ù BoluKue 
liUI, 1296 ut 130S. Ëiudesur la valeur en or delà livre de Hologno, 

pu» 1364 ia»(|u*& U frappe du florin d'or de Bologne en 1380j. 



220 UCDETLS FJBIODIQUIS. 

88. — Boletin de la R. Academla de la HUtorU. T. XXVm, 
1896, janT.-juÎD. — Gristobal Pébez Putob. TeEtament de D. Alvaro 
de Bazin, premier marquis de Santa Cruz (accompagaé de l'analyBe de 
pliiBieurs autres documents reiatife au marquis et eitnits égalemeot 
des Archives des Protocoles à Madrid). — A. Sanchez Moouel. Compte- 
rendu du livre de M. Terres Gampos : Ettudioi geogri/tau. — A. -M, 
FiBié. Compte-rendu d'ua chapitre de l'ouvrage de M. K. Habler 
{Doeumenli pour l'histoire de la Saxe), relatif au conflit entre la Banu 
el l'Espagne au commencement du xv s. Extrait d'un chapitre de ce 
même livre sur Conrad Rott et ses négociations commerciales à Lis- 
bonne au ivi*s. — E. Spehber Docsob. Inscriplions basques (modernes). 

— F. Flta. Le monastère do Sainte-Glaire à Barcelone ; saite (docu- 
ments et noies rclatirB à l'inrant d'Aragon, D. Juan, archevêque de 
Tulôde). — M. Danvila. Manuscrit de la Bibliothèque nationale de 
Madrid sur le mouvement communal, attribué à Gonzalo de Ayora 
(M. Danvila en publie un chapitre où Rgure une pièce de circonstance, 
en vers, jouée à Valladolid, à propos de l'élection de Chorles-Qnint i 
i'nnipire). — P. Frr*. L'architecture barcelonaise au nv* 8.; documents 
Inédits sur la construction de Santa-Maria del Pino et de Santa-Haria 
de Pedmlbes (renseignements précis el intéressantB). — A. Ronaiousi 
Villa. D. Francisco de Rojas, ambassadeur des rois catholiques (très 
bunne notice biographique sur ce personnage important, avec de nom- 
breuscf lettres inédites). — F. PrrA. Le concile de Tarragone en 13IS 
(notes complémentaires aux actes de ce concile). — E. Ballbstbros. Le 
cimetière juif d'Avila (contribution i l'étude de la communauté jnive 
de cette ville). — F. Fita. Pierres visigothiques de Guadii, Cabra, 
Vejer, Bailén et Madrid (inscriptions du vn* s.|. — R. Chabas. Trêve 
entre D. Jaime II d'Aragon et le noble D. Juan Manuel, fils de l'infaut 
U. Manuel, en 1296 (publication de ce document inédit d'après l'origi- 
nai).^J.-M. AsEHsio. Compte-rendu de l'ouvrage de D.José de Santiago 
y Gumez sur l'Ilisloiro de Vigo et de sa province. — N. Herqubta. Les 
Juils d'Albclda (près Logroîio) au xiti* s. (documents sur les impôts 
qu'ils payaient). — F. Fita, D. Martin Gonzalez, évéque de Calahorra 
et d'Aslorga (notes pour compléter sa biographie). — M. Danvila. 
Jug(>mi>nt critique sur le règne de Charles UI {conclusion de sa grande 
histoire de Charles III). := Dans les Variedades : B. Chabas et F. Ffta. 
TeslamPnt d'Ariialdo de Vilanova et observations. — B. Oliver y Estel- 
LBB. Document indiquant des Cortos à Tarragone en février 1177. — 
F. Fita. Note sur l'église de Badaloiia. — Fr. Veba ï Cuilier. loscrip- 
tioD romaine chrétienne trouvée à Tanger. — A.-M. Fabié, Sur les 
amimcncoments de l'esclavage en Amérique, d'après un essai de 
M. K. Ilablfr. — F. Fjta. Inscriplions romaines el visigothiques. =: 
DanK les !foticias : relevé de diverses inscriptions; note nécrologiqne 
sur 1). Ilarael Romero y Barros; noti? explicative pour la cantiga LXIII 
d'Alphonse le Sage ; sur les Juifs à Rioja et en Portugal ; voie romaine 
de MiTida à Villafranca de Los Barros. = T. XXIX, juilleUdéc. 1896. 

— A. ItoDBiauEZ Villa. D. Francisco do Hojas, ambassadeur des Rois 



BECVEtLS FénlDDtQtlRS. 



231 



tholii<iM (suite (les pièces justiGcalivm). — Le sac de Roni« ot io 
ronn<^mniit de l'empereur Cliarles- Quint (d'apnVt le Diario di jVar> 
'wJJo Alberini et Us Hocumcnts do In lamill« de t^hevoDliiller). — 
Pr. Codera, A |iropnt d'un ms. du t. IIl do In Tccmila do Abon Alab- 
bar {recueil de biographies). — Manuscrit autographe de t'histari«D 
Aben ALkliadi. — F. Fit*. Douxe bulles inédites de Lucius II, 
Aiaundre III, Lucius lU, Cêleatiu 111, Inoocent IV et Alexandre IV, 
ntetives à l'histoire de Tarragone (de II U à I35'J|. — Fr. Sui6t( v Ni«To, 
Le moiiasrëre de Sninte-Claire de Asluilillo (prâs Palencia). Extrait de 
Ma ardiiveï <5â pi^es in-cxti?uso ou analy£(ie!i|. Nouveaux reaseigae- 
mfiota sur D' Maria do t'udilla, '|ui a eouKlruit ce couvent. — J.-G. dk 
Aancra. CumptM- rendu* du livre de M. Marmotlan : U Royaume 
â'&tntri». ut de* Mfmoirsi du mun^uis de Ayorhe (époque de Fordi* 
oand VII|. — J.-F. ItiAflo. Notice nécrologique sur J.-G. Rossi. — 
A.-U. FaoiL Élude sur l'organisation et les coutumes du pays basque 
à l'occasion de l'examen des teavres de MM. Ëchegaray, Labairu, etc. 
(étendue et intéressante, avec quelques documente iu>-dits intercalés). 

— B. Saavediia. La communication dc« deux mondes par r.-Vtlaniia 
anni le déluge (compte* rendu d'an litre de M. i'airoclo Campanakl»). 

— P. Prr*. La commuiinutA juive do Oelorado, prov. de BurguK (docu- 
ments historiques). — N. Hkhgubta. Fueros inédits de GirueRa (dans 
la Rioja), en l'an 97?. — C. Fersaiidez-Diiro. Lettre sur l'origiDe de 
l'iouge de Notre-Dame de Guadalupe, au Mexique, écrite par Joaquin 
Garcia Icazbalcela. — La légende de la découverte de l'Amérique par 
Cousin et l'iozon (d'aprii* un article Ac M. Cli. de ta RoncliVrr!). — 

Paso. Deux document» inédit» (in* et xiii* s.) r«!aiifii i l'Ariigoo. 

M. Uahvila. Apprf^ciaiion de l'ouvrage du P. J. Teixidor et du 

D.-Ii. Cbabas : Aniiquitit de VaUnet. —F. Fit*. Arcos de la l'"roB' 
Ipra. KxcursioD épigrapbique {k propos du livre : bocumenU pour l'his- 
toirr d'Arcos de la Fronlera, par D. M. Maucbeno y Olivares). — Epi- 
graphie romainedeVejer delà Frontera. — J. -M. Maunax. Compte- rendu 
du livre de M. Foucbe-Delbusc : Bibliographie du voyaga en KtpagM 
ff m Portugal. — C. Fkuiandxx Dubo. Perle de U citO de Uougio ca 
Afrique, en I55S, rapportée par un prâtro biscayen, têmoia oculalro 
(document provenant de la biblioth^ue de l'Escnrial). — F. Fita. Ids- 
enptloo rotnaine de Hiolobos (circonscriplion de Corîa). — V. Dahran- 
TU. Compte-rendu de l'ouvrage de D. José de AlcÂzar : HUtoire det 
jPMiMSt'oru ts/iagnoUi en Ocfanie. ^ l)aui les Variedadei : N. Hkiioiikta, 
OocDiDcnt rebttif il la communauté juive et à l'abbayo de Ban .Millan 
(Ul la Cogolla, ainsi qu'A la hatuiUe de Najera, — F. Fita. Ëplgraphie 
romaine et visigolbique. — Inscriptions anciennes de Tanger, Jerés M 
AreoB de U Proalera. — T. A. ds Gusssub. Document du itiii< s. sur 
lei raines de Turdelo (prb d'Arcoa de la Frontera). ^ Otm les !foti- 
fu ; Notes épignpbiques et bibliographiques; privilège de Ferdî- 

id IV à la ville d'Ampudia, prov. de Patencla, en 1311; Milion des 
LtffU AsuMlMt Witifothomin fragnwita. 




W^' 



223 



iiciitrr.il p^KtonruDt*. 



89. — The Americftn liUtDrloal H«vi«w. Vol. II, a* 3, avril 1S97. 
— John W. RiiR'iitKs. I.A Kcii-iicf^ |>oliii<iun vi l'hiMoiro fMpt pigea de 
COQBÎd^rations grtn-THlei'). — J«nip« ïIiillivah. Mareile dfl Pâdooe M 
Guilliiume d'OcIcbam ; l" afticle jll eet iD«iact de dira qu« Manil* d* 
E*adoufi ail puii^ daoa Ocktiatu »ea ià»t» nr l'ËgllM et l'fïtat; Unm 
idéott cclount s* (Mrailoni étalant IrtadlRïnntcal. ~ Willinm W. Rock- 
utLL. MîMiont di|iloiiiat(i|iiM à la cour do Cliiiiv ; In quescioa d'éU- 
qaerte; I*' article (Itooriontanx n'onl jamal* compri» qae lee ainbti- 
aadciirB d'un Muvorain étranger rejirrfmiitaMmt la pi^nonne nAme 6t 
ee Kiuveraio; de l&.dMinaleateQdus constants daasteun rapporta atrc 
l'Occident; c'«at teul«in«at «n 1873 que lea ambuatdeur* ruroot di 
[lontrui en Chine de la cérémoniB de la proMernation. Produit un cor» 
uln nombre de témdguge», recaelllls depoiit raoïlquilè, aur ceiia 
qui'iition il'iklquntie). — Edward G. Boinuta. I.ea auteurt du Atbraliit 
(on ne connaît |iat exactement tout (ea écrivain» i qui l'on doH la* 
nnméroa de ce journal, la plus importante publlcatiou aur la adenra 
politique qui ait paru anx Ktata<Uni*. H. l)oum« montre la part qn'jr 
prit MadiKOD). — Frcd«rick W. Muobk. l<a r«prê«eiiUtion des Étala 
•éMMioDistea au congrAi national, 1t<GI-l865i 2- anicl4>, — G. ILKisn. 
Deax lettre* concernant l'âmigration du Yorlcslilre au Wcttt itmj, 
ISTT. — Fred. J. Tchnbh. Une lettre du baron Carooilelet, pMiventeur 
dea provinceR de la Louisiane et de la Floride occidentalo (odreiaée la 
1" déc. 1791 au duc d'Aleudla et concernant lea préparatlEi faiU par ts 
gourarocur pour rcpouaacr l'attaque dea Fnsçaia conin It NoutaII»- 
Orlians). = OompLoe-rendua crUiqa» : J. F. Mae Unnan. Studiet w 
ancient hitiory; 'î" tenei, compriciog an inquiry inlo Ihe origin of 
eiogimy {contient beaucoup d'observations utiles, mai* il n'y a pas 
d'Indes). — Bow et Uigh. A history of Roum to tJie dcatb of Cknar 
lexcellent). — 0. J. Thatcher et f. SehwilL Europe in Uie mlddte âges 
Iplau iléfôclueux; erreurs très nombreuses; précis Iras insurUsuui, -^ 
Spals. [>1« Sclilucbt \Kia UaïUnga |an. de J. U. Round pn ilomùf. — 
il. À. S. Humt. Tbo ycjir »rur Ibu Armauda and Otlier bisturical studies 
Irecueil de ntMiT mi.>inoir«s sur auiani de points rclatirs a l'histoire de 
l'Angleterre et de l'Espagne pendant le xvi* s.). — P. Bigtlow. Ulslory 
of ttio germao stfuggle for tiberty (insurOsanll. — W. A. P. Martin. 
A cycle of Catbay (souvenirs personneb sur Pékin et la Cbiiui depait 
1860, par un dea Européena qui connaissent le mieux le paya oi lot 
hommes, après un séjour do quarante années). — ThutUlgt. Tlie Jesuii 
rcLatiuos and alliod documonts. Travols and exptoraiions of ibe Jeeult 
missionnaires in New France, 1C10-179I; vol, I-UI. Acadia, I6IU.I6I6 
(très importante réimpTessIon). — Bd. EggUtton. Tlie bt^noors of a 
nation; a bistory of tlie source and rise of tlie earlii^t «Dgllsh ssttl»* 
ment In Amerlei; t. I (ouvrage trâ* conscieneieax, mats qui apporte 
peu do nouveau). — Sataibury en J. W. Fortttca*. tialcndar of suta 
P^Mn. Ooionial séries; America and West lodiee, 1677-1680. 
Bvinçton. Ttie Purilan io Englandond NewEnglaod (suite d'eiaal* 
l'bisioire du puiltanl&me ; agrâable, mois partial et peu approfondi)- — 



de 

ZM 

lie^l 



lur 



UCCRILS rJRIODtQUES. 



223 



fW. D. Nwthmd. The Bay Golony. 1624-1650 leïcelleni r^sumii de 
choEes déjà coDaues). — S. G. Fisher. pâiinsylvanla, coluny aad corn- 
moawfalDi (attrayant, mais écrU trop lite et d'aprèa des autorlttis tin 
médiocre valeur). — L. U. BouUll. Tbe lifc of Rognr Sberranii (bonne 
biographie il'un homme d'Ëtat de si^cond ran^j. — W. Wilimn. G- Was- 
blngUD (britbutË i>Ei|ui$s[>). — P. L. Ford. Thti iruc G. Wa«liinglon 
(beaucoup de Caits nuuveaui ; cliarmnate biogrnpliîe). — y. J. flou(firu>l. 
Tho llfe, public ïdrvicâi», acidrcsi^c» ami k'tl(>rs uf Elias Doudinol, pro* 
«idvni of ihe coutinonlal Congrpss (correspondance d'E. Boudinot, 
publiée par sa teuvo). — S. B. Harding. Tlie contust ovor tba fédéral 
cODStitution ta the state of MasFiftchuseUs, 17ââ tboa). — G, T. Curtù. 
ConttiluUonal htRlory of Ihe United States from Iheir iteclaralion of 
iodC'pead&ace (u the cbse uf tbeir civil war; vol. Il (tris utilel. — 
W. S. B. Du Boit, tlw supproit.'doii of tli» africaii slavo irado in the 
UnlUtd Stalett uf .\incrica, 163K-18TU (ir^it inU'rtïManl). — li. Fr. (tous- 
ton. A critical ïludy of nallUIcatloa In South Carolina |bon]. — E. B. 
Andretei. The bisloryof the liist rjuarier-contury in tho Uuited States, 
IS70-lS9fi (exposé Irill'tat, rapide et hardi). — J. Q. Bourinol. The his- 
tory of Canada (bon résuméi. 

90. — PoUtlc&l aeteace Quarwrly. T. X. ti° 4, d^c. I89&. — 
Munroe Bhjtu. Quatre juriscousultes allemand!!; i» p^rt, : Ihctring; 
tulle M fin en juin \H%. = T. XI, n" 1, nrnrs IH9(J. .T. lï. Mooub. La 
doctrine de Monroe. — Vr. 1UN<:norr. Ln Pnioce au Mexique |des rai- 
tons iniiUiptes qui poussèrent l'empereur à faire l'expédilion : dé^ir de 
COnieDter l'Autriche et la pape, de fermer la bouche h l'oppoHition 
républicaine en frappant un grand coup de politique, d'iïteudro le corn- 
nerce français. NégoclaUoa.4 avec les ÉtatB-Uniii après la Un de la 
goerre civile. Bien que la presse invoquât sans cesse la doctrine do 
Monroe, celle-ci n'apparaît dans aucun document oflicii>l cmanê du 
gouvernemenl de Waahingtonl. — W, A. Du^iNiNa. Bodin et la souve- 
raineté du peuplo. ^ N" 2, juin. Awii.bv. Le système de cliin en Galle* 
selon FrédMc 8cebohm (expoM admirablement l'orgiinisalion des tri- 
boa galIoiMS RU xm* t.; mtit, de ce que dee documenta certains n<ju« 
font connaître pour cette époque, il lire det concluûODt moins certaines 
pour l'époque antérieure. Enfin, quand il pense que l'organiBation par 
tribus nona présente une des formes les plus anciennes et les plus répan- 
doN du groupement social dans les civfliiiations primitives, il laisse 
un trop libre champ & l'hypothèse purement subjective). = Uibtiogra- 
phie : JfueAlar. The origin and bîstory of contract in roman lavr down 
to the eod of the Hepublican periûd (étude très consciencieuse). ^ N' 3, 
sept. H. BaitNKKu. L'lii>toire de la lui anglaise par MM. l'ollocU et Malt- 
taod (analyse iriv élogieusc de ce grand ouvrage). ^ îi" 4, dcc. Oto- 
Dima. Lot dcKliné» de In démocratie. 



334 cBU>!(ioci R iiiLiocupan. 



CHRONIQUE ET BIBUOGRAPHIE. 



FruiCQ. — M. Edmond Le Blaht, qnl vient de mourir à l'^e dt 
soixante-dix-neuf ans, a renouvelé la science des antiquités chrétlenaM 
dans notre pays et lui k donné de solides lianes par son grand onnage 
sur les Iiucriptioni chrétiennes de la Gaule antirieuns au VIII* siède 
12 vol., 1656-1861) 1 il a publié en outre un certain nombre de mémoires 
remarquables par la précision daa faits et la sûreté de la méthode >or 
la condition des cbrétieas au temps des persécutions et sa r les actn de 
certains martyrs. Il Rtait membre de l'Académie des inscriptions et 
belles-lettres et avait dirigé pendant six années l'Ëcole d'archéologie 
française i Rome. 

— Quarante candidats se sont présentés à l'examen ponr l'obtention 
du diplAme d'études supérieures (histoire et géographie) devant la 
Faculté des lettres de l'Université de Paris en juin 1897. Vingt-nanf 
ont été reçus. Un seul candidat avait présenté un mémoire de géo- 
graphie pure. Voici ta liste des vingt-bnit mémoires hlstoriqneii qnl 
ont été agréés : 

Babrio, Étude sur le règne de Ferdinand /", roi de Cattille et d» Um 
(103T-106&). — BmÈRE, Étude critique sur le lombeatt de Henri II a 
de Catherine de Midicis à Saint-Denis. — Cbuiboh, Histoire de la biblio- 
thèque de l'Univtrsité depuis sa fondation (1763) iwqu'à nos jours (mai 
1897). — Descamps, t'Expidition de Carthagène (1697). — Ëhadlt, la 
Société au moyen âge d'après les actes des Conciles. — Febby, t« Origines 
et tes débuts de la Paùlettt. — Fobseybux, le Colligedu cardinal Lemoint 
(xiv-xvui'' siècle) (1302-1793), — Gavbilovitou, Étude sur la traité de 
li59 passé à Paris entre Louis IX, roi de France, et Henri III, roi d^An- 
glcterre. — Georqe, la Discussion des biens du clergé à l'ÀssembUe cont- 
tiluanle (avril 1789-mai 1790).— Gihard, Colbert et la Hollande. — 
Ueis»)aB,l' Alliance franco-algirienneau IVI* siècteHb33-l6iO). — Lakibb, 
Recherches sur la vie et les fonctions de Tristan Lermile, seigneur de Mou- 
lins et du Bouchet, conseiller des rois Cliarles VII et Louis II. — La Pré- 
vôté des maréchaux de France et la prévôté de l'hâttl du roi pejuiant le 
IV' siècle. — Lesnb (abbé), les Métropolitains à l'époque carolingienne 
<742-822). — L'Hôpital, Essai sur l'organisation de l'ordre de Malte en 
France. Sa situation, sa décadence dans le royaume au IVIII' siècle. Sa 
suppression par la Législative et la Convention (sepl.-déc. 1792-jnill. 
1793). — Maubï, Thomas de Lancastre, chef de l'opposition parlemen- 
taire sous Edouard If. — Mellié, les Sections de Paris pendant la Bivo- 
lution (leur organisation, leur fonctionnement). — Uichei., les Missions 
ie Cluirnacé de 1629 à îG3i- — Passbbat, Campagne de l'amiral Dupt- 



CHBONIQUE KT niBLinORAPBIG. 



SSft 



irsdaiu U PflriAî"* (1841-18-13). — Psrrr as 3vt.L^ii.LE, l'Sa^ê- 
dition fnnçaise de Hongrie et la batatlU de Saint-Golhard 11664). — Pio 
OUSMiao, U l'arli jacobin pariiitn tout le Direetoire. — PiEnne, Prague 
ptndant l'ocmpation ftanfaise \\1k\-\'l\i\, — Pishh, Élude iur la forma- 
tion «f kl eonitilution ik la deuxihmt ligue allUnitnne. — M"* Pstum, 
JUçoeiationt de Masarin lur (m Pa\is-Bat. — Rouobt, Sudtt Rtgaut, 
artKÊCtque ds Rouen (Iî4â-12T5). — Téodobu, (a Navarre joui Philippe 
te M. — Thiuaclt, la Jeunesse de Louit XI. — Hssai sur la préface du 
rifne (U33-1 1&6). — Touuouze, ta Oifenu des eâtei de Fraiict, de Diin- 
kfrqiu à Bayanne, ou Xyw liéete. — Zivv, le Î3 Vendémiaire an IV. 

Il D'^t pa» uns liiUr^l do conauter que, sur le!: huit mcmoinio qui 
|iMÉ|rf|6 pftrliculii'!ronii-[|[ roman^ue^, cbux de MM. Bnrr&u, Uriëru, 
UMlIlàTitch, Lniiier, Le^ne, l'elil de Julleville, Thibault ot Toudouto, 
doq «ont rclaiifit à des ijuegLions d'histoire du moyen ftgo. 

— Psr le capUulBire de Servais en 853, Gharlo« le Cbauvo diviita Jk 
DOUT^u Kuii royaume eu Missatica, cha::une de ces ci rcouRC ri plions 
renfermant un certain DOinlim ili?' cumtiis et de fiagi. Oo comprend l'in- 

jMt d'un parnl lexlo pour la géographie historique. M. Vander Km- 
pSbi a eaaayë d'en expliquer A nouveau les deux paragraphes relatifs h. 
l'ancieDDe Flandre et aux terres voieîneE {U Cap%tulaire de Servait et Us 
vriginet du comll de flandre. Bruiellas, Uayex, 1897, in-8»). Voici ses 
eonclusioQ* : le Paaui Flandremis ne comprenait h celle date que U 
cAlo du pavR, la partie marécai^euse, «orle de Marcbct cri'i^ contn> les 
pintee oôrmâDdE ; le Mempisque était di»tinct de la Flandre propre- 
ment dite ; enlïn le ^agui Lilicui est le pays de la Lys, entre ce Qeuvs 
et t'Escrebieu ; à ce dernier cours d'eau, il a eoipruoté le nom de pagus 
Searbtius, sous lequel il est parrois désigaé. 

— M. l'abbé Ahoot, après anoîr dêmoolrâ la rautscté d'un acte 
lie IIS8, jadis publi« par Ménage, vient de retrouver aux archives de 
Ia prér«ctare de Laval trois ciemplaires de l'acte faux lui-mâme, avec 
oofrecUoD da faufsaire. Dans une nouvelle brochure {les CroiiH et les 
ptemitn seigneurs de Mayenne; Laval, 1897, in-8°), il t'attadie à prou> 
T*r que l'auteur de la supercherie est bieo, comme il l'avait avancé, 
un cert^D M. de Goué, ei corrige quelques vieilles erreum, aujourd'hui 
CDCore fort répandues, sur l'origine des «eignours de Mayenne. 

— H. A. ViDi£B vient de publier, dans te Moyen Age, la seconde 
■QD^ de son très utile Répertoire méthodique du maym dije français 
iPuif, Donillon, 1896, in-S»). 11 y indique tous les ouvru(i;<-s «l 
mémoirM parus en 1895 louchant l'histoire, la littérature et les boaui- 
arts en France avant IMO. Cette année U atleiot le chiffre de 
5,135 unniéros; il est bien probable qu'on ne saurait aller beaucoup 
plni loin. Ce total prouve t 'accroissement continu, d'anuee en année, 
dft ta production historique. Loii livre* important* sont assez rares, 
mal», jiar contre, que de mémoires, que de brochures I Encore cin- 
quante ans, el il sera matériellement impossible à uo énidit de con- 

Rbv. Biimni LXV. 1« rASC. 15 



%î$ CIROftOOE n ■IBLIOuail'MII. 

noitro toute la littérature enr on point qucloonque dfi l'hiOxàn iu 
moyen Ago. 

— itotr«-Dûm4 dt êiran Mt an li«u de p^srinige da dloeète d' Anob. 
M. l'abbé CiUQBAH vient de faire à U fols rbUloire du aanctualr* «1 
celle de la paroîMe où it «élève (Audi, Cucliaruux, ItîlHi, in-l2|. Sol- 
tanl une ancienne tradiiiva, on aursil jadik tnja\-é i Diiaa une ima|$i 
mirai^uletue de ta Vierge, nsaJa le pèlerinage ne devint guér* c4Mfc 
on (jucogne iiu'au ivu* uède, quand cal 6té apponce d'Bapagtui 
repraduccioo de U fameuM Vierge dol Pilar. — Du mâme auif-iu-, 
«ignaloiu une notice sur lee aacioiu caiecbtBJiieB de la proilnes d'Audi 
(Bagnère*, Peré, 1897, in-U), où l'on trouve quelques renMignMBNtn 
biblioigrapbique» nur ow livre* d'enaeignoinonl fort ram anjoard'bni. 

— Le célèbre bMel de Uoargiberoulde fut conatruil pour la Ibmille 
l^roui, (amille anoblie ven le tempa de Louis XJ et qui eeHÙma 
dant teaie Is provlnee de Normandie. M. ti. Paivotr, dans une Inl^ 
reeeante brochure intitulée : Vru famiiu normamU «l la Hmaiuanei m 
hBUU iVennandi* (Ëvreux, llérifwy, in-8**), montra comoMUt presque 
tvoa les membres de la lamillo Leroux furent au ivi* aiècle de grande 
bdiieseare, élevant ici un dUteau, Ift une cbapelle, jouant, eo un dhI, 
dana des proporllona plua modeaiee, le rôle de leurs émules, les Beauae 
de damblancay et les Robcf M. 

— H. Cotarr a retrouve et publie uo leile aases curieux sur le nage 
dVrléaas eo 143S et UiS {un Fraffutent inidU des aneimi rogittret 4i 
U frMU d'OrUanj. Orléans, I89T, in-t(«t. Ij» troupes da seconr* 
avaient élé logées aui Tmls de la ville cbei differenu bAtelterB. One 
fols le danger passé, on montra peu d'emprcssemeol & payer lee 
dépenses, et lea aubergistss réclamaleol encore une partie do leurs 
déboursas oo 14t7. 

— M. JoQoif DBS Lonobjus vient de publier un bon travail sur U Dvc 
de Mercaur (Ssini-Urieuc, KiDS, iii-^f. L'anleor avouo avoir oomioeaeé 
ses recborcticf dans le but de rébabiliter os portotmage peu syraps- 
iblque. Trè« loyalement, il reconnaît que la dioee est imposaiblo; il 
prouve, Il est vrai, que le duc ne r^va jamais la restauration du duché 
indépendant do Uretagne, mais en somme il appono du nouveaux 
documents i la thèse courante. Moromur fut un ambitieux vulgaire, 
saut talent ni politiqno ni militaire, ot dont l'aUioa eut pour tout 
rcsuliat d'introduire les Espagnols en Bretagne et de maloienir ce 
malheareiut pays, durant plusieurs aonées, dans une complète «sar- 
chie. Ce fut, i loas égards, le plus médiocre dos princes lorrains, 

— M. Georges DotmLEr, dont la R»vue a signalé un boa travail tur 
le célèbre Canlet, évéque de Pamiers, nous envoie quatre iiouv>Kinx 
mèmoirea sur le même prélat. En voici la liste : Ut ProtettanU à 
Pamitrt tout l'épisa^l dt GauUl, extrait des Annaltt du Midi (lo grand 
rélormateur janséniste s'y montre, comme tous ses confrères de l'èpis- 



COBOMQtE LT RIELIonHiPHIR. 227 

cfipit'ftinttU, parsécuiour insigne et parfois <l« roauvai&e fol) ; le Cou< 
vtrtt <tc4 daitft lU Salengues, extrait iln la méma rcvuo (lutte outre Onu< 
let et ce couvent de renmiet, alors Fori relAché, et qui nuniit pu grand 
beioiii d'une rftfornii!) ; tin tiiocisa ptjrfn/fn tous Louù XIV, extrait de la 
Rtsue da Pyr*ntu (lalileau peu ftattcur des mœure des populations pyré- 
nMniu-t|; mfin François de Caulel «t la vie teclétituU(iue dans uri dio- 
e^t ùnfysoti loui iotiit XIV. extrait du UulUtin dt la SocUU ariéçuow 
(oo y voit que le cierge du diucèse de l'aniier* imii loin d'âiro ejtem< 
plaire ; ses mœurt valaient celles d» ouailles qu'il avait ù guider el à 
instruire!. 

— J. MAsauND, inspecteur d'Acuddmifi do Vaiicluse, nous envoie 
une aoticc Kur la Facullt dtj arU de l'UniversiU d'Avignon (Paris, Picard, 
lââT, in-S*). Cette Faculté fut créée assez Urdiveuienl, en 16T5, maïs 
elle n'en joua pes moins un rôle iroporlaut dan.i le ilut'ium d'âvignou; 
l'auteur est amené par Kon sujet n cntriir dan» quelques délnilB sur Ici' 
rapports «ntrc les Jiisuitos ot rUoivorsilé, et complète ainsi, sur cer- 
tains poiBts, l'ezcelleot ouvrage du P. Cboesai, dont la l\evut histo- 
rique a tout récemment (LXUI, l'24| fait l'eloge. 

— H, A. CnâuiBox, professeur au lycée de ChAteaurouz, publie sous 
I« titre de ÊluiU lur l'hiitoire de l'instruction publigM dans te départe- 
ment de l'Indre (Gh.ileaurouK, Isllfi, iu-W»! une analyse de l'enquête faite 
en 1791 el tT'J2 par le Comité d'instruction publique de ta Législative. 
Les conulualoiu de l'auteur sont assut. pv»simi.>li.>s, el pour l'enseii^ne- 
ment aecondaire comme pour l'onecignement primairi? cette région 

I paraît avoir été estrémement en retard sur les pays avoisinants. 

— A signaler une note de M. A. Babdon sur l'Viine de vitriol dt 
Saint-Julien de Valçalgues (Nîmes, 18QG, in-8°). L'exploitation date 
d'environ 1600 et «e continua jusqu'au début du xii' siècle; elle ne 
cessa d'être lucrative qu'à la suite des progr&s des sciences chimiques. 

— La Société nationale d'encouragement à l'industiie el au com- 
nitTce, de Pari*, sur le rapport de M. Grunwr, vient de décerner un 
prix de quinze cents francs, avec médaille d'honneur et diplùme, à 
M. Emile Gabs^ult, pour son Hiitoire du commerce Rochftaii, d'aprit 
Ut archives de ta Cliambre de commerce, publiée par la Chambre de com* 
meroe. Ce travail, qui n'est pas encore tormiué, a une très grande 
nleur documentaire, el il est À souhaiter <jue Ka publication ne soit pas 

j,iaUirruinpue. Deux volumes sont encore nécessaires pour conduire, 
f jusqu'à la Révolution, rbisioire économique. 

L'auteur a, déplus, eu purtefeuille une Histoire à» l'hydrographie, des 
£apUatiut de \a marine marchande, dupilolage, du courtage, etc., et dos 
Vografihies des aiwateurt rachetais. Quant i l'histoire générale du corn- 
acre», elle ■ ét^, depuis longtomp», entreprira par M. Georges Mussbt, 
irehivUte paléographe et bibijoiliécaire de la Itochelle, qui vient de 
paltlier la DWnograpbie de r<!-)jllse de Fejnous (planche* d'K, Couneau], 



22S CHBOHIQDE ST BIILIOGKIPHIE. 

-~ Tous les inventaire» des archives départemeD taies, commanalet et 
hoEpitalièrcB de la C hareote-I a férieure sont aujourd'hui pubUéa par les 
Boiae <lu diligODt archivii^Ce, M. de Richemohd, cl l'ioventaire de la seo 
tion judiciaire est hous presse. Divers géoéreux donataires, parmi les- 
quels figure le comle di- Clervaux, ont enrichi ce dépôt de fonds inté- 
ressants pendant le dernier exercice, et le rapport annuel de l'arcbiTiste 
signale l'intérêt historique des nouveaux documents analysée. 

— L'auteur d'un des plus beaux romans paras dans ces deraiëret 
années {Passé l'Amour), M. A. Le Gofpic, vient de taire paraître un 
recueil d'études sur la vie de nos populations maritimes qni offrira de 
l'intérêt aux historiens : Gens de mer. Sur ta céte (Colin). Les chapitres 
sur les derniers liak'iniers, sur les pèchenrs de Terre-Neuve et d'Islande, 
sur l'ile de Sein, sur le Pollet, sur les pilleurs d'épaves peignent des 
mœurs qui se modilicnt rapidement et qui forment une partie de notre 
psychologie nationale. — L'étude sur Charles Carnic, d'après des docn- 
ments inédits, nous offre un exemple caraclérintique de la vie des 
olliciors sous l'ancien régime. Il n'est pas de tableau plos saisissant 
des ahus et des préjugés qui, à quelques égards, se sont perpétués k la 
Révolution tout en se transformant. 

— Depuis le 10 avril dernier paraît à Paris la Betue de l'Art ancien et 
moderne, sous la direction de M. Jules Goûte. Le pn^^mme en est très 
varié : philosophie de l'art et archéologie, fouilles et découvertes, his- 
toire de l'art et do ses applications, musées et collections de France et 
de l'étrauger, monuments anciens et modernes, biographies d'artistes, 
expositions de toutes sortes, écoles de beaux-arts et de dessin, oeuvres 
lies artistes et ueuvres de l'industrie, mouvement musical. Chaque mois 
la ftevue de l'Arl ancien et moderne apportera à ses lecteurs des études 
variées sur tout ce qui relève de sou domaine. 

— Le Colli-ije libre des seiences sociales (8, rue de Toumon, à Paris) 
reprendra ^es couiti le lundi H novembre 1897. Parmi les matières 
enseignées, qui sont au programme, nous signalerons : Les Êtudet 
ethniques, leurs mclliudes el les études sociales, par M. Ijouis Mabih. 

— l.'Applicalion de la méthode historique aux sciences soeiala, par 
M. Skjqnuuo!'. — L'Histoire du droit moiterne, par M. E. Tarbouriech. 

— L'Histoire du travail cl des floctrines relatives à son organisation, par 
M, A. MiiTiN. — L' Applieation îles donniki géographiques à quelques pro- 
blèmes iiratiques d'économie sociale, par M. Jean Bbdhnbs. — La Socio- 
logie d'après Auguste Comte, par M. le IV E. Delbet, député. — La 
Doctrines sociales atleinan'les , par M. CL. Andleh. — Les Doelrinet 
sociales anglaises, par M. André Lightesbehqbh. — Les Questions colo- 
niales, par M. Maurice Wahl. — La Russie économique et sociale, par 
M, Maxime Kovalevskj. 

Alsace. — Le D' Schkbeoans a été nommé professeur extraordinaire 

de philologie romaine à l'Université de Strasbourg. 

Allemagne. — Le 20 mai dernier est mort à Berlin l'architecte 



I 



CHHOTiquE ET Bini.ionnipim. Mi 

■nx MRaTRNx; Il ptait né en ISOFt â OuMcIdorf. II B'èuH fnit onnaUro 
par ilImporUnlO» éludes sur los uriginc« do l'archiU-Cluro roIIikiuo fI 
par sa DfnkmaUkarlf àes OccidenU. — Le ?3 juio est mort A MudÎcIi le 
I> Louis, baroa de Tbost, auteur de nombreui ouvrages sur l'histoire 
de ta BaviËre; il avait soiiante ans. 

— Le D' Cari Oldbhbbro a été nommé proreaseur d'économie nailo- 
□ale & rCnlvf-rsilé de Marbourg. — Le D' T*»aL a i-tè nomraè proret- 
aeor des ««iences auxiliaire»^ de l'bUtolrp i rtlniverstlé d« IlerliD. — 
I.^ !>* Cari NeuMAHN n t^i- noinin» profesi^eur ex inturd inaire d'hiiHoIre 
de l'arl )l l'Uni vemif'- de Hoiiiellierg. — Le D' Rlchitrcl RiinRNiiKKi) a 
ôté Domtné prolcMoar des sciences politiques i l'Uoivftrsité de Gœt- 
tiogue. 

— 1^ Société rtiyale de Gœttingue prépare, comme on sait, une «di* 
lion critii^ue des bulles ponlilicalee jusqu'à Tnuoceat III. Le prof. Kebr. 
chargé de en travail, a déjà eiptoré, avec le D' Luigi SGm*PAnEiJ.t et 
le D' KLiNGEBeERo, leB pluf impariaoles archives de la ha»le Italie; cm 
érudlts l«s conliDaeront par d'autres voyages en automne. Le travail 
préparatoire dana cette région spra terminé l'année prochaine. 

— L'Académie des sciences a volé les subventious euivantes il de 
gnoiles entreprises acientiri<|ues : 6,000 m. à MM. Bchholleh et Kosbh 
pour continuer l'édition de la Corrospondance poliUqne do graml Kré- 
déric; 3,000 m. A M. KincitKnFi'piiurle recueil des Inscriptions grecciues; 
800 m. an pruf. Finkc, de Munster, pour lui permettre de terminer non 
édition de* Àeta wncilii CunttanlieniU ; I.OOO m. au pror. {Llkbb», 
arr.litviate à Cologne, pour une llisioire de l'iDquisition en Allemagne; 
1,800 m. au D' J. PAc^KovrîKi pour la »uiic de ses recbercbes sur l'his- 
toire agraire: I.OOOni. aupror. Schirhann pour le» travaux préparatoirea 
il'ww histoire do Nicolas I" d* Rusùc; TSÛ m. au D'Haos Gnj- 
■wm pour une édition complète des diptyques en ivoiro de rauiiqulté; 
500 m. au IV Itichard Sciikidt pour une tradurlion du KAmasflCrnm; 
1,000 m. au pruf. Facsboell, do Oopeoliague, puur une édition du nep- 
tl&me livre de son Livre de Jatalca. 

— La 38* réunion pléniére de la Commîssînn d'histoire iniUtuéo au 
nnn de l'AcAdémie des sciences de Duvière u eu lieu le» 11 et I! juin. 
Dans l'exercice précédent ont paru ; 1' Allgrmaïui <lfulsch« Biùgraphit, 
t. XLI, fasc. 2-i, et t. SLU, Uvr. 1-3; ï" le t V dw chroniques 
•ouabes, consacré k Augtbourg; 3» le t. VIII et dernier des />*««w wnd 
andm Àkltn 4tr lUntetage, iS.'iS-liSO. On annonce In publîcalion très 
prochain^ du t. Il di"i JahrbOclur da ilmitfchtn lleiehei ions Fréiléricll; 
il cdnUcndra U-* années lïSS'lSSS. De même, les t. X et Xi des /t»c/U- 
tegsakUn der »Utrtn Série paruilront liieatAt; Ils atteindront à raooè« 
143I>, Oo a réuni les mniériaux pour le t. 111 dcji HticlulagiakUn drr 
EtIormatiotuttU et poussé activement les Imvaux pn^jiarstoires pour la 
CorrMiwndanco des WltleUbacb. 



380 



ciBATroai n anuoitiiiran. 



— Le 10 juillet * été fonAi h Marbonrft un ComitA pour l'hlMoIr* de 
ItHoneeiile Waldcck. laièlodc ee Comité figurent 1m prof. Below, 
WwMlt, Schrted«r, na der Ropp, Hœlilbaaiu, le D' Haopl, dlreclfiir 
de la blbUothèqoo de GionvD, r&rcfaiviiitc KiDiinccktt, k- tiiblioifaAodn 
Sebenr. Od a élu pour pr«ti(lcnt le baron voa der Hopp «l pour vi«»- 
pr4ud«i]l le D' Hœhlbatim. pror«Minir à GiessoD. Le* premiers tnnux 
du Comité Goniieudronl los RéKfst«s de« laDdgnTe* de Heaw juaqa'i 
nmîppo It Magaantm*, let cbruiii<|u«> de HecM rt an Waldi>ck du 
srt'ta XVI* a-, loi act«* d«i Ëtata provlDciaux dfl Heise, un cartulaira 
lia Fulda, un Dicllonnairo dea aoûts de lieu pour là Heaca et la priKi- 
paatf de Waldeck. 

— Le conseil muaicipnl do Berlin a reçu il y a quelques année*, avec 
laa papiers de G. Priedlender, une rldie eollecllon d'ouvragM rrtatjfti 
irtiistoiro d«» mouvcmenU libéraux, radicaux M révolu lionnairo* m 
AII«nia<{n* juiu|uVa 1866 environ; lu codrcU a lUt rieemmiint impri- 
mer ua ettalogue de œlte int4re«sanle biblioth^ue. 

— Dana les fouillée au cattêllum d'Alceburg nur tu • llrao* • romain, 
prèa de IloliJiausen, en Nassau, on a trouré un Iragmenl d'une belle 
iascriptiDQ romoiDe, gnvéa sur bronie en lettres dorées, consacrro i 
IVmperour CaracallA après M victoire sur les Alamans, en StS. 

— Aux ardiives proTinciales de Wiesbaden ont dcé daseda & put 
Ira documoiila relatifs aux admires de la principauté de Naseau; ils pa» 
serunl au grand-ducliv do Luxembourg. 

— L'Instilut historique de U Prusse i Rome publier* une rorne 
annuollit de demi rasciculen cbex Liiiubcr, à nome, mus 1« titre ^im4- 
Un ttrid ForichMngm aiti ilalienùehen Archivtn. 

— Apn'tH la mort du (irof. A. Nau»^, la direction îles /"oriMun^en 
sur lirandenburgitchtn und Preutiitclun GttchUhlt n pesM! au D' 0. 
Ujutib, prirat-docent ^ Berlin, 

~- Le 16* Jahretberiehl der GtttUtehafI fUr rheiniielu GlKhifhUkuntU 
Mt)9l}) contient la suite, rédigée par A. 'Allé, de l'Inventaitv des petitca 
archives de la province rhénane: il comprendra les archives dea oorclM 
do GUdbach, G revendra ici), Gergbeim et Dusteldorf, 

— Un aftoz important fragment du itartnor Farium a (t^ trouvé par 
H. KrispÎE à Parikia, Ile de Paros; il fourait de précieux renseif^oe- 
menta sur l'histoire des années 336-^?!). Étudié par Krispis et A. Wil* 
helm. Il paraîtra dans les ilitthtilunftn d. d. archaolofiulien initUuti. 

— Signalons deux article» dan» k'» • Heilage ■ de VAUgmteinê iM- 
lunç, n"> Wl et 163, sur les rapports de la civilisation d«a peuples «laji* 
siques de ranllquilé avec les peuples celto-scandlnaves du Nord, par 
Fr. Mam. 

— La librairie Bruckmano, de Munich, a mis eo venle, au prix de 
30n m., la reproduction photogr&pliique, en !38 planchée, de« b«t-r(Uab 



cmtoiiiocB «T mmiooiiiPHK. 



2S4 




k 

t 

L 
II 



qui ornent la colorino do Miirc-AurMe ii Hditip. Le teïlo qui accompagne 
00» ropruijuctioni!, fi importantes pour l'histoire des antiquités genna- 
njqu6§, a élé rédigé par PtTKn^KN lintrodticiion H àv»enpllau (Ici bas- 
rrliefa]. Th. Mumdxi»! lia giierri- des Marcomant' sous Msrc-Aurèle), 
CAi.DJtHtxi (l'archilccturo de la colonne| et DoMAaïBWssi |explicaiion dra 
ba»-rellerB). 

— Le P. BAiDltard SnniiiD viont do publier unn biORrapbin do l'abbé 
de Rancit : Àrmajtd-Jean le Itnuthillifr dr Itanc^, Aht und Rfformator 
von la Trappe (lUlivbonnc, Nationale V^rlagsanHialt, in-S", S-43T p. 

, 3 m. 60|. 

— [ji» memliri>s nt les ami» du Oo!t^g^ allemand à Unmo ont célébré 
\f S\* conU^nnirp dn In fondation du cimetière de« Allemands par une 
Pattehrifl dédiée au directeur actuel, Mgr de Waal iFrîboarg, Herder, 
in-**, Mt-30T p ). Parmi le* mémoire» qui compoieni cp volume, nou» 
cllerona «eulr^ment ■ \#» Milice* du culf clifélir-n avant CtiuxUiulin, 
par J.-P. KiiiKcii ; te Pallium romain, pnr le P. timiun ; l'Itincrain' du 
•wond f;énéral de* DominioiinK, Jean de Saxe, par le P, UmniiBnT; 1» 
Nomination* do cardinaux par le pape Célestin V en sept, et oct. 1394, 
par P.-M. lUcuataTRic ; les Ëvéchee créé» au xw s. sur le terrain des 
tnlMioDR dominicaines et franciscaine», par le P. EunBi.; Iltinéraire de 
Jean XXIII se rendant au i^oncile de Constance, liU, par G. Schkid; 
Pour servir \ l'histoire de la Table de Peutinger, par K. Mci.ler; etc. 

— Ptnni le» Philologwh-kitlormhe Btitrxgt publié» pour ffltcr l«i 
êO* anniversaire de la naissance deCurt Wachbuuth iLeipzig, Teubner, 
viu-318 p. Prix, S m.), nous signalerons les articles suivants : los Ba^ 
reliera du monument d'Adamklisïi, par Conrad Ciimohii)* ; les Routes 
ilaoa la Cappaduci- orientale», par W. llciriE; des Fra^tment» d'Ivtieun» 
do Bvzatice, jiar Sakolowski; la Liste des rob de Cappadnc^^ par Dio- 
iluro, par Ad. Buciiaoï.x; sur les seuretnires d'Élat à AUiiiimii, par 
£. DaxBUP. 

— Ia mâme librairie vient de publier en 2 vol. bit ffcschichltiche Lit- 
Uratur liber die rûminche Kaiscrseil bis Theodosim I und ihre Quellm, 
pftr lo D' Hermaun Pktxh (xii>476 et vi-410 p. Prix de chaque volume, 
ii m-]. 

LiTRi» iraurKAux. — RisToms tocALi. — M. ilrann. Gescbiclile der Juden 
U SchICMeai I. II. Rrrilau. Jarobsun Prli : 1 m. h(l. — II. J. Kapptn. Cle- 
KCM Angutl. ErtbUrhor Ton Ktclo. Uiin9.tcr, Airbuidurir, I8'j7, În-S*, vtii- 
2*0 p. Prix: 3 m. — Buumanii el Tiiiul>i'li. QuclkniuTfieïcIilchte de» flirstl, 
Haatca FDrtteoberg. lSI0-l55tl. Tiibiuisue, Laup. iD-8-. xiv-6j0 y. — Westfo- 
lIsrJiN tjrkunilrnburb- Vu). Yl : Se Urkundea de» RUIbuin» Mlnden. 1301- 
1300. p. p. Boogevt^. Miiniter. ItejteiivbcrK. ta-1', 330 p. Prix ; S iti. — Urkun- 
drnbu<li der RUdl Lùbeck. Lûbeck. Schinerubl. — Slieda et Mfltfg. Sclirsgeii 
■1er Gitdon aiiil ,\eiul«t der Slult Itifia bis 1611. In-8*. xv-T5N p. Prix ; 16 m. 
— 8. BuKjtn. fleîlnu|:e iiir iiiittelallerticbea TopofU'Bpble, Rocht«tteMblchle 
UMd SozlalMttUtlk der Stadt Kotta. LeipilR. Duatkcr et Bomblot, x-135 p. 
Prit 1 3 m. *U. 



232 



caaOKIVDE liT IIlLIOCUrHIR. 



lli»ToiHi Gfr>iîniLi.ii. — mnch-CtrrulK. Slodita jar G«Mbkltl« 4tr Knat- 
n^fii'ltf rucli ilcii KrnuxiU(;i!ii Uoolrli. Lun^tmiirit, viii-l7<i|>. I>ris : 6 B. 40. 
— F. X. Mink, KlrrlionuKiirlikblti'hn Abhin-llanscn ond UalCfMiekini^M ; 1. 1. 
Pidarbarn, Sirliir^nliigli, In-S-, vi.5l6 p. — F. Smitt. Dm Neuuw Krivfi. Wi- 
un Poan. lIsDtUla. lu-A*, ISA p. Prii : 1 ». — C. Sfltlmoim. Karl *isa . 
Ibotl. ITW'iaa», Wiy»l(uilL-ii. KnMe], lo-8', xi-î7l p. Prta : 4 m. - H. fno^j 
Jiinj. D«r Kstni'f um ille VorbcrrKbsft Id Ueutukidiiil. im9-lS60; I. I. SUiU> 
gui, C«IU. ia-9; IVI-U8 |>. Prit : tO lu. — B. KitivniHff, Nimtictar il«* Pal- 
lolUi. IG:S-1030i 1. II. BeHIa, Dulli, la-S', lxiii-IM p. Pnx i 2ô b. - 
tl. /jowe. Ole Railii (1er Gerniniieii ain SchK^nen Uwr. IUIIf, MctDC)er, 
ia-g-, 2T0 p. Prix : 8 m. — J/. stern. Dte itfkellttwb« BerolkeraBg dar deiil>j 
tcben ïlKdte. T. 111 : NUrab«Tg Im Mill«l*l(er. Klel, S«llel4, iii-4*, vi.338 | 
Prix : 10 Ht. 

AimQitrrri, — B. Dfutner. UaUftuchungen ùbcr loMpliuit. Huboarg, tm 
HanMl (bla*«rUUnn}. — Pr. ilnn. Uln VAlkenUmmc dnr O^naaMii ouh 
rAinltcber DantallunK- Schni-iafurt, 9lo«r, in-B', vikIOI p. Prit ; 1 m. 80. 

Autriclio. — M. lo ch«Talliir d'Abxkhi, <|ui vient de mourir k 1*1 
de BOixauu>-(lix-huit «as s'èUit tcqaU nno rôpuUtton plu« qti'vor 
|ii«]De par M«i iiDportaoU Imaus tat {"bittoire de l'Anlhctie au x«ui*B.t? 
en panicuUrrturcdl» de Uarlc-Th^rèwRldouâlle, Mari«-Aui»iD«tu. 
A|tr4e avoir joué en tStR on Mv p(iUii<iuo asfx im|iorUul, U entra «tuLj 
archives de U maison irAulriclio, dont it devint le dirccUrur ta tf 
C«1U) «ttuaiion lai permit de rendra le* plus «goaléa services à 
scienci! hi)ti:iri<|UP, jtnic par las documenta de cont premier ordre iju'it evj 
tira lui-m^me, loil par l'aMiatance qu'il donna aux travailleur» él 
gen. Nous reviendrons plus au loiiç sur l'Iiotnmc et rar rm ouvrée. 

— Ii4) a juin eet mort à Vienne JBojaes nt Faimk. anden diroct4<ar 
du Musée d'art nt d'indurtrie, kp'^ do »oitunt(*-tirtte uot. Parmi 
travaux. Boui cilOTonc : Die deuHcht Troehlfn-uiut Mvdtwilt |2 n>l.,1 
1666); Zur Cottûm9«ieMthU 4a UitUUiUtrt \\9A\V. Dit riturtitiu û*hU' 
letut/t im ZeiUdtr (fai Prauenhulttu «18631; OwkleAU du fOnUielim^ 
ilautej LitchltntteiB (18G8). 

— Le ])• Wilbelm Ki'itiTWiitK a Até nommé prohneur titnordiiwir 
d'huloire romain? jt rUnivenltA d« Vimno. — L« U' P. dk DisnKOWaxT^ 
a été nommé profocour extraordinaire d'archéologie clafKiqna i l'Uni- 
versité de Cracovio, 

— La Société dcn Antlquaireia de Vienne a eutropris de publier nne 
■4rio de Bource» ratativeï h rbitiolra de la ville do Vienne; deux 
Tolumee ont déji jiani. Lo t. tll contiendra des rAgnstee tirés do»' 
archives du chapitre de 8aintc-Dorothéo et de« Archivée taiperiali>«,' 
On prépare aussi une édition de« livres commerciaax dee industries de 
la ville. On songe enBn à composer uuc hi^tojre de Vienne d'après les 
traïaut \ea plii« récents et avec UDe illustration copieute, sous la dlrcc- 
tlon de Hnarlcb ZurnenifAinf. Le 1. 1 paraîtra bientôt. 

— La bibliothèque du tidéi-'comtnis de la ramillo ira|)ériale à Vîeaci 
sera prochainement unie i la bibliothèque de la cour. Elle contient. 



CBBOnUrX RT RIRUOCRirilK. 



233 



• 



«Dira auUi?», tino colloctîon <ic portraiu rond6e< par l'archidac FraafoJs 
de Toscane en 1784, laqudlo cooiiont actuellçm^iit plus de 100,000 por- 
iraiu. 

— M. J.-B, TxALtic vient de publier, avec une întreduccIoQ en langue 
croate, le t. ill des Monumenta Itistorica liberae rcgia» eivitatU Zagra- 
triae, mttrapolit regni Valmaliae, Croalîae et ijlavoniae ; il conliont Ifn 
/Kfifomiihi, <lel&00ii1526 |A(;raiii, ti lirai ri u du i'Iinprimerio paracliunc, 
vi-cinc-3G8 p. Prix, 6 m.). 

Angleterre. — L't^xcellcnt HMorieal Allai, publia par M. H. L. 
Pools, continue de paraître régulii'^rftmMil (Ouford, Clar^ndun pro»*). 
L» qualre dentiers fascicules monsuoli contienuent le* cxrtee buî- 
Vftates : CâBC. C, Ecosse; ses divisions ecclêsiasiiques au moyen âge, 
par H. Gregory Suitu; les Royaumi>« francs i l'âpoque otrolinglenuft, 
par M. Pools; les RoyHiinies eepagnolf, I'î63-rty2, par Tou U. llttRKs; 
— fa«o. 7 : Europe 565-7Î0, par M. J. B. Kcav; l'Angleterre au temps 
d'Ëiiouand I", par M. J. Tour; la Russie depuis l'avèttenienl des Ro- 
manov, parM. NisbetBAiN; — fasc, 8 : l'Europe eo 9fii. par M. Pootc; 
la France en l*!9, par M. Tait; l'Italie ver» l'an 6fX), par M. Uunr; — 
Eue 9 : l'Irlande au xvii* nirclc, par M. Doxlop; la Fronce, la Lor- 
raioect la bourgogne aux xi* et iii* siâclee, par H. W. E. Rhudgs; le 
Ro)«nroe espagnol depuis 1513, par M. Bubkg |voir Hevu* historique, 
LXIV, 137). 

— Souk les auspices de la R. historical Society, M. J. S. Lraoau a 
publia un (iocuni«ni Irùs Important pour l'ListoirR de la propriéb^ Ton- 
cière au xvt* •. : Tht Ùomeiday of incloturt), 15t7'i518 (Longman*, 
i vol, en î t., T15 p. in-S"). Nous y reviendrons prochainement. Pour 
ta mâme Sociale, M. Tout prépare rédiiton d'uD important docuineut 
trouva par M. Uali. au P. Record oflice: c'est le rouleau oCi ont été 
traasonts les actes du procès inteutiii aux juges du roi cnnipronii» daoït 
le scandale de l?89-tSyi), pmcl^t dont il a Jttjà i^to (|uoslioii dan» la 
Pr^faco du Ittd hook o( the Rxchequtr. 

— Le Itov. W. K. Rilaud llttufonu a iloan^ une seconde ûditton, IrÔB 
augmenlêe, de The Blason nf cpiscopacy, avec un millier de dËssine 
repréaenlant les armes des archpvi>i)ues et évoques de l'Angleterre ni 
du pays do Galles (Oxford, at the Clarendon press, iaA', ui-374 p. 
Pfii, 36 sb. G p.); précieux iostrumeot de travail pour les archëo* 
logaea «l les hiMiograpties, lei liiïlnriens y trouvi'ront auit](i lc« dates 
de cfaaqne opiNCopat. Ci^nt un irès utile supplément k l'ouvrngc do 
W. StÔbb* : fipùcnpal tucccttioti, of England qui, lui au*»i, vient de 
pBfalIre en une seconde édition entièrement rerondua [Oxlord. ibid., 
XV»-îi8 p. in-*". Prix : 10 sh. 6 p,|. 

— M. Obr. WunoHwoaTK vient de donner las Statutet of Lincoln 
tathtdnt, S* partie, dont la publication avait éUi priiparAR par feu 



S34 CIBOIHtCt n n>UOCUMIIt. 

Henry OiiADBBftW ICuinbriilge, tl the Univortlty prpu, ? roi. ia4', 
oci(:-l60elxxvi-l61-9S7 p.). Cette socoade partie coniieailM ucienow 
COuUimBB de Lincoln, avec dei documents cnnceroant Satisbtiry, York, 
Licbfield, Hererord et Truro. Nous y reviendront. 

— SaeM Bitfktnd. pabll« too» la dirralion d« H. Tkaill, vient de ce 
lenulner avecle t. VI. qQi va de 1815 Ji t88&(Cuaelt, tm-TOO p. lo-a°l. 

— Lo I. X[ des polilicailona de ta Selden Soeioty contient )«a SrJett 
pteu in (il* «ourl of Adminllv. t. IT, t547-lfi<tt, (inUi^a p»r U. Rcgi- 
n&ld G. Makrdkk {Londret. Quaritcti, uziti.341 p.». 8ar t* t. I, voy« 
là A». Af((., i. LXIV, |.. 136. 

8DUa«. — M. Jacqaea DcacKiiAnn, prortiMAur A rUolTenitd de 
BAIo, tinit dn mourir k l'Age de quaim-vingu una. Le Journal et 
Gtnèt* da II noâl dernier lui ■ coRMcré une îalérMNUiie ooilc* Uo- 
(iiraphique dont noud reproduirona les parties principalea : 

< La |iliis grande partie de sa vie s'est écoulée A DAIe, la ville DUale 
du «avant. Ne au mois de mai 1818, il rr^uenta noa éeolea et étudia à 
OAln, Derlia et Bonn. Au bout de quniquea Mineitr«a, il abandoniui la 
théologie pour l'histoire g^énle et l'hieloire de l'art. Cecten I&14 qull 
Ht pour U première fois des cours A notre Université. Dèa lors, aauf 
trou iDS panèi A Zurich et quelques myaigM d'éludée, aurtoot ea Iia> 
Ile, il eat cooatammeat reelé parmi noue. ProTeaieur à rUnlrarflllA et 
dans une parlie do noa école* •apérieuroe, il ne ee retira oomplAieiDMt 
de reDteiguemeDt qu'en 1893. 

• D D'est pas bcile de retracer, mAme trte saperfidalletaent, les traits 
caraclërlsili|ues de cette physionomie. Son reoom, qui a dépassa d" 
beaucoup les Tron Hères de la culture liltéraireallemande, estdû ou pre- 
miAre llh'nn A quulciue* ouvrages capitaux : tt Ckerone. quu tout voys- 
gour en Italie devrait avoir étudid A Toad, l'ÉpwfUt dt Conttantin U 
Grand et la Rmaùianee rn Itatit. Au premier de ces Uvrea. raut«ur 
litl-méme avait donné poursous-lllre : < Manuel pour la joulasanco des 
couvrea d'art on Italie. ■ C'est ua traité complet de l'art et de llilatoire 
de l'art o& Rurckhanlt commente avec la roAmn autorité Im œavree de 
la sculpturo ti de l'architecture romalnra, le* fresque* do Bienno et loe 
tableaux ctlitbrotdu xm* siticlo. Dans ses deux autres ouvrages, U traite 
avec une compéleoce inconteslce l'histoire de U civilisation de ileui 
6po(|iies iotéressantes entre tontes. Rien n'échappe i se< inveatigatloiM. 
L'art, la IJltératuro, la ^ie de famille et U vie publique, U guerre et la 
poix ruriii(>nL sous sa pluma les éléuienia diver» d'un tableau vivant 
dont lus truitH, résultat de savante* déduction*, iwuvent être otnuidùé* 
comme definitirs. 

■ Mais les livres de Jacques BarckhardI, si remarquables qulls eoleol, 
n'ont paseï^ l'œuvre principale de sa vie. Une fuis la renommée acquin*, 
l'enseignemeDi est devenu de plus i^n plu* sou unique pri^occupatJon. 
Chargé, au il6but, de la chaire d'hiMtoire, il décrivit tontes les ifpoquo* 
et tons Ice jiays avec la vivaoitt' et la couleur qui no naiasvnt que de la 




_ K doconenU origiDOUx. Peu h giou il no «pémlisa dans l'hio- 
kttTvt, «t ^Mt cott« discipline qu'il n ensoigni^e 1^ plus longtemps, 
jueqa'eo 1S93. Comme se^ livres, ses cours universitaires, — celui qui 
écril ces lignes peul en [larler en counai^soDce de cau&e, ayant suivi 
tous Les principaux, — élaicMit ilee œuvrcn d*an aclmvùea. Bien que, 
depuis COQ retour de Zuricli, il écrivit cl parUt toujoiim d'ubondanca et 
sans le secoure du manuitcril, t^ langue était rallemaDd le plus clas- 
sique, Ceux i]ui iioasèiienl Jes iti^nojj ranime' cumplets. par exemple de 
son llittoir» de la Ittvolulion françaist uu de «un Hùloire de la culluro 
h«lUn%i)v*, [KXMËdout des livres d'une haute valeur. Jaci|ueï Burckhanlt 
srait peu d'i!I6voe prupreineDt dits ; ce u'étail pas son ambition de Tor- 
ra«r des historiens spécialistes. Aussi comptait-il parmi /■ts auditeurs 
Am itodianlK de toutes les l'acnltês, 11 disait volontlerx igue «ou but était 
d'éveiller le (^ùt de l'hislolre et l'intelligence du pafsiï, inturpr^-l« sait 
<1adb ses événements politiques soit dans ses œuvres d'art, 

« Cette tendance le mît, &b» le début do s« carrière, en contact avec 
l« grand public. Dans un temps où l'on ne songeait pas encore aux coD- 
ri^renoe* populaires ni aux oourii académiques à l'usage d'un public 
mixte,— qu'où nous prodigue nmititenant tous tes hivers,— 11 assem- 
blait autour d« lui IJAIots et DAIoîkps ppur leur exposer des sâries de 
ebapllrcK historiques. Après rioslitutiun des cours publics, Jacques 
llurckhardt fut un de cetix qui occupèrent le plus fréquemmcut la 
diaire pour parler des sujets les plus Intéressants. Pendant l'hiver du la 
guerre frnnco-nllemande, il traita dons un cours do trois confurencfs la 
question de la Grandeur hUloritfW, lorsque, pendant l'hiver de 1883, 
le kfMipriDz allemand vlûta les cours italienne et espagnole, il raconta 
à ses auditeurs, sous le litn' di> Vot/aye d'um fiajicfe mpt'riatt, les iri- 
bubtiouG tanlftt pi^mliliu tantM plaisantes d'une infaute espagnole du 
XVII* si^le se rendant de Mndrid à Vienne, voyage qui ne s'accomplit 
qa'avoc force incidents pi-nibles et ridicules. Taotùt il peignait Talley- 
raild d'apriïs ses mi-oioîres. tantôt il donnait un résumé, — pas toujours 
imparUs), — des publications nouvelles âur Napoléon I*^, qu'il hnissatt 
de toute la haine que rbumanisle peut éprouver pour un barbare. Et 
avec quelle netteté et quelle puissance d'évocation il savait dccrin) les 
toîlM d'un Bembrandt, d'un Bubens, d'un Van Dyck ! Nous n'en fini- 
fiona pas si nous voulions seuli'ment i^iumc^rer toutes les époques do 
l'art, toute* les périodes historiques qu'il a fait revivre dans ces confé- 
reoeas acenssiblês à tout le monde et comprises par chacun. 

« Et ce savant vraiment extraordinaire, ce professeur que lex plus 
gnndas aniversitës nous enviaient en vain, i^tait d'une «implicite et 
d'gno modestie louchantes. Itesté célibataire, il vivail dans doux 
cfaambrtv litruiles. Ce n'est que C«i derniéros aniièos que, ciMaut aux 
loslaocM de ces amis, tl loua bien à contrcccDur un appartement {itus 
cOBtDrUblo. * 

Lee pf incipales publications de Burckhardt sont : DSe lelt Conilantint 
Oroaen {I8&3ji Dtr Cicérone 1 1)463; Irad. fr. par Gérardji SrstucAo/ 



23<i cnnoTtiQUE bt bibliogufhii. 

Andréas von Krain tind der letUe Komiliarrersuch in Batel, îi8S-ii8i 
(1850); Studien Bber dtr Dom in Chur (1856-1857); Die Kultitr der 
aenaiisanet in Italien (1860; trad. fr. avec des addîLions de Geiger); Die 
GatkichU der Renaissance in Italien (1867). 

— M. 3, BxanoLD, proresocur de litt<>rature allemande à l'Univenîté 
de Zurich, est mort le 8 août dernier à l'ftfse de quarante-neuf ans. Il 
laisBO une étude sur Hans Salât, chroniqueur et poile suisse de la pre- 
mi'ïre moilif du XVI' siècle, et une remarquable Histoire de la littéra- 
lure alleinanile en fiui'te. Il a publié en outre dans la Bibliotkelt xlterer 
ScliriftstelUr der deuisehen Schwei: la chronique de Strettling et les 
œuvres de Nicolas Manuel. 

— Jj'abbii Jean Ghemaud est mort & Fribourg le SO mai deroier. Il 
était né à Riax, près Ruile, en 18?3; il fit ses études à Fribourg et fut 
onlonni! prêtre en 1847. Dt» 1850, le goût des études hietoriqnes se 
développa chez lui, il s'y livra avec passion. En 1656, il était appelé 
comme professeur dliisioiro au collèf;o de Fribourg; en 1870, il fol 
nomma bibliotliccaire cantonal et on 1875 professeur d'histoire au aémi- 
naire diocésain ; en 1888, il quitta le collège pour occuper une chaire 
d'histoire dans la nouvelle Université de Fribourg; il était recteur 
lorsiiue la mort l'a frappé. Il a lieaucoup é^crit et il est & sunbaiter qne 
la liililiu(!raplilo île son œuvre soit faite; il a publié des travaux dans le 
Mi'tiiorial de Fribourij, dans les Étrennes fribourgeoises, dans les Archives 
de la Sociiif d'Iiisluire de Fribourg. Citons de lui sa Préface au Fribourg 
artistique {{" année, (8!tf)) et de nombreuses monographies dans le 
même recueil, divers articles dans le Bullrtin de la Sociiti tuiae de 
numismatique, entre uiitres un sur les Premièm monnaiei de Fribourg 
{l" année, IH82, p. 140-H8I ; le Pi'i'crologe des tglises cathédrales de Lau- 
sanne et de Sion et de l'é'jlisc l'aroi^siale de Granges, dans les Mtmoirtf 
et dorumenis puhlii's par la SonVd' d'histoire de la Suisse romande 
(t. XVin, 18t)31 ; il a publié, dans cette m<^me collection, deux volumes 
(t. XXil et XXIII. Isr.T 01 ISrilli contenant les Monuments de l'histoire 
du comtf de Gruyère cl d'autres fiefs de la maison souveraine de ce nom, 
ra«Bcmbk'B [>ar .1.-,!. Hisely, et dans le t. XXXIV (1879, p. A67 et suiv.) 
le iXêcrologe de la cbartreutc de, la Lance. Mais son teuvre capitale est la 
publication, é;;alemen( dans la même collection, des Documents relatifs 
à t'hittnire du Vailoit, qui forment déjà sept volumes (t. XXIX-XXXIII, 
XXXVIl et XXXVIII, 1875, ISTf,. 1«78, 1880, 1881, 1893, 18941. com- 
prenant les anniM-s SOO à 1131 ; il corrigeait les épreuves du huitième 
volume lorsque la mort l'a surpris. MM. Max de Dieshach {Gaeette de 
Ijiusannc du ?1 mai el Semaine litlfrairc du 5 juin! et J. Mayor Uour- 
nal de Grni-re ^ht "3"i mail ont esquissé le portrait île cet homme i ferme, 
juste et droit, « de ci'l ami sûr, de cet érudit consciencieux, de ce col- 
léf!ue à IVsprit lin et parfois malicieux. C'était un caractère et une 
auioriié. 

—- « Un [leuple doit toujours avoir à cœur la conservation des objets 



CHRONIQVK KT UlULIOCItlrUII. 



237 



niiiiiiuM qui a|tparUçnQotil soit k «on bûloirc, soit h sun culle, eoit à ta, 
vie privM, wil i l'art. Ces objets fanl mix-m^mea partie de son lijs- 
toirc et méritent A'élt» cons^nés, les uns pour leur forme et leor tra- 
vail, In autrps pour les souvenir» qui s'y rattachent. > Cotte pcosée de 
l'uibbA Gremaud aurait pu servir d'épigraphe k U belle publii:alioii iuti- 
Wlée: l'Art ancien à iexpcsition nalionaU iuiste. Album ilIuslri\Gifnk\«, 
1896, In-fol.). Ou «ail (|uo lu «l'ciioii lu plui r(>niiin|uiïi.' do criii,'- i-ipoti- 
tloo aéiè le i;ruiip<! de l'art uaciuu. I^ Ânuc a signalé l'io dernier t'iin- 
purunt CalalogtM qui en a ^té Tait. VAibum, qui vient d'dtro publié par 
lr« soins Rt (ous la direction de M. Camille Pjivrb, prétideatdu groupe, 
contient T& planches d*uae belle exécution reprodaiBant les spcclmeDs 
lus plus iQtéresHsnIs des dlvenes branclii'» do l'art ancien nuissc. II est 
supcrDu d'inaisiDr Kur la val«ur arch^ulogiquc de cet unvrngo. 

— M. Jacob Nrsscii vient de publier un ouvrage intitulé : Bat Scbtvei- 
ssrtbiid, tint yicUrliusung aus palsulitiielter und ntoMiKher Zeil (publîft 
aux frais de la Société helvétique dos sciences ualurelles, forme le 
L XXXV des Xouveaux mémoires de celle Société, Zuricb, 1896, ia-i» 
(le 338 p. avec une carte, !5 pi. et S fig.i. Co volume contient, outre le 
travail de M. Nul'scIi, dus Enirmoireii spéciaux de diverw naturalistes 
tur l'importante staiiou prâbislortque découverte près de âcliulTIiousc 

eu mt. 

— Nous de^■ons it M. UuiiïiicEa un volume contenant des récits con- 
temporains des troubles des années l?94àlï9Sdaas te canton de Zurich. 
Cette putilicatlon, uugmcntri? de nombreuses pièces en appendice, forme 
le l. XVII lie* (Jutilcn lur Schws'ier Gttchichtc : ZeKgtnaiiiseht DariM- 
ian^en der Unruhen in dtr Landicliaft ZUncli |Bàle, Geering, IfiSI, in-8" 
de xxut et Hb^ p.|. Ou pourrait reprocher à ce volume d'être d'un inté- 
rêt un peu lucul pour la collection dans Uquellâ il a paru; mais M. Hun- 
ziker ré|)oad <i cela que, dans aucun autre canton, les préliminaires de 
ta révolution n'ont eu un caractère aussi bien déterminé et que l'his- 
lulre n'en eeru que piu> frappanie, limitée qu'elle est à un seul canton. 

— D n'existe pas encore d'histoire vraiment ecientiliquo du Valais; 
l'ibbé Gremaud en accumulait les matériaux; M. It. Uoppbleh n'a pai 
euircpris du l'vcnrc, twa{* il en publie aujourd'hui <iuelques chapitres 
plus spncialomont consucr^s au Uns- Valais jusqu'au commencement du 
XIV* si^le : Beitrtçt :ur GachioMe dr4 Wallù im IHitlelalter (Zurich, 
Or«ll-['ues«li, I8d7, iv-391 p.|. C'est un louable uflori dont il faut lui 
être reconnaissant. 

— « I>^ xvtii' fitcle forme dans l'histoire de Genève une période bien 
distincte, caractorisôe par une vie politique intense, dont témoignent 
le« milliers d'imprimés contemporains. > C'est la Bibliographie hiiio- 
ri'^iM (b Genitc au Xi'lll* siicle. que vient de publier M. Emile [ItvoifiK 
(l. XXVI et XXVII des Mfmoiru «t doounienU publiit par la SoeifU 
d'hittoirt et darchMiofii dt UoiM*. Tirogsàpart. Genève, Jullien, Georg; 

'arld. Alpli. Picard, IWT, 2 vol. In-a* de xi-JS6 et !>i}9 p.). On trouve 



SM 



cnnnionv KT RnuoRHirniR. 



d«DiGe8d«ui volamedea litr«Bde plus de G,200 opuscules oaoavngM, 
■nirUiia l'iadicatiOD de U liiblioibiqM od Us h trouveoi ot ds DeiM 
bixtorLquAi ; la oiimltalloa de cei ouvnge Mt lîicîliU« par deux table», 
l'une, IK lable des utrcK, l'aoln, la ubl« tlpbabAUqoB des matières. — 
M. Itlvoire a fait reaiT^riitm» nBMiofraphit le» brochures et !«■ chas- 
sons politique*. In «diu, T^Ioroenla, ordooaaoces, l«9 publications oit- 
ciflllM, les récite de (Mes, le* diaccurs «i «•nooDs de clrcoostanca, les 
t(ull<<tin« de vote, les ptseeporia, etc., plus <|uel([ui>* écrits n-latib rux 
■flaires eocldalastlques, i l'iastnicUoD publique, aux art* et a l'iodus- 
irie eu i des particuliers. Ces exoelleou volumes, connus sor an plan 
lrAiiclalr,saQtUDeMarceaboiul«iiUideroasaigaBiD8iUs précisl laquelle 
denoDt puiier toux ceux qui s'occuperont du ivin* siècle geoBrois, aussi 
bien au point de vue historique qu'au point de vue de l'hblolre liU*> 
mire on ds l'bistolre des mœurs. 

— La Société suisse des traditions popnlùres, toodée defMiU un sa, 
s'est r<iuiiie le 30 mai dernier k Zurich. Oem travaux ont «t* oomn»» 
olqaAs 4 la séanee, l'un de M. le professeur Ernest Miiblt «tir la tingend» 
de la reine Bertbe, l'autre de M. UoFnANM-Ksjiva* rrlaitr i l'histoirG 
do la soicellerie & la fin du moyen Ige. Ces deux némoiru eecoot 
pablite dans los Àrchivu de la Société. 

LivsM Koovuux. — K. DxiHUlker. Ohs|Mobkbl« unil Ustorlscbe H«^ 
msIliaBda lo WUiwnMhAft and Schale. Knridi, 1897, In-S-, iv-t 13 p. (eoaleoast, 
|i. 00-110. uaa InlèrasMQl* liste des oavragss nliUrt su caiiloa d« Xurieb). — 
J. Mafor. U Tour d« 1 Ik [t Ooatvo], briie notice. Gcaère, Janjs, IB97, 
!«.«■, « p.. 'ttt fi«. 

ItiJie. — M. Glovaoai db CUsTao, historien diiiingoA, perticulière- 
insot par s«!S cxoelleots ouvrages «crlu pour le* ctutoc, viem de toourlr 
à tieliagio 4 l'&ge de aoixanto ans. 

— Il vient de paraître (Bologne, M. /.nuicbelli) un volume ité» inté- 
rowaot de souvenirs personnels sur lu période de la rôvolutioii ita- 
lienne, c'est VAutobiogrofia dt un vttenno; rieordt storici e aruddotiei 
iW çmêrali Bnrico l'elia Rocea, qui vient d'atteindre Tige de qtuire- 
vingt-onse ans. Le volume paru tt95 p.| va de IHOT 1 18&9. 

— L'éditeur f. Vallardc, de Milan, a commencé la publication par 
fimclcules d'uue grande Histoire politique d'Italie. L'ouvra^ comprao- 
■Ira neuf volumes; l'iiisioira preromolne sera trail^Su par H. Orixlo, 
riiistoire romaine par M. Ik'rtoliui, l'Iiisloire du no^en A^ «t des 
temps mod«rnee par MM. Gianani, Romono, Ursi, Gstlegari, Pt«nchetti, 
de Castro et Giovagaoli. — A câté de celle Histoire politii]ue, \f mitât 
Édlu<iir publlRra au.Ksl uiio Ilintuire littéraire d'ItaÛc, due égatemeot 
4 plusieurs écrivains spécialistes. 

FayS'Bsa. — M. (touott a publié trois lettres de Btigo Grotius 4 sa 
femme, Uaria van Heigersboi^h, dans Qud UoUand (t. XIV, 4). 

•» A l' Académie royale d'Amsterdam {séance de février), M. Ro<ms 



CBKonocR ET niBMoeRjpnift. 



239 



a eipoeé l'iocubêreace H la dêrecluosile liea Mires <t Mimoini du 
comte d'Estradea, publiés pour la première foie en 1709, d'après une 
collecUoD de documeats, par A. de Wicqucrorl. M. Roi^ge, eu coni' 
parant cm LeUroH ot ML-moires à la coiloctiun prciiiuc comptëU! des 
pxpicnt d'R*tnidi>t, qui *C trouve aun Archive» du Miniflcri' d«K 
Aftairc» ICtrnngûro» k Pari», a émis le vœu qu'un 8Uppli>ment aux 
LellKii et Mi'tmoiro» fût publiit. A cette occatiuii, M. Itlok a lixi) 
l'aUcQtioQ lie M. Itogge sur la collectîoD Glairambault a la Itîbllolbbque 
nationale i Paris, qui cootienl une partie dea papiora d'EsCrades. 

— Dans la seaace de toars, M. Mac CtE-L-THaAi. a prODonct un din- 
cours sur leti sources de l'Iustuire £ud•a!'ricai^l^ 

— Les De(;ociatloDB de Munster ea 1643-1G18 ont dnnoâ naissance à 
une Uttftraturetrèsabuudanie de pampbletBDi-erlamluiii. Cette lltu^rature 
a été traitée par M. Bluk dans la séance d'avril. M. DIok a dAniontrA 
l'importance do ces pumphlets, qui font counailro l'opinion publique 
sur le* nàgociations, opinion qui se tourna décidément es Tarour do la 
paix en tG4G. 

— Pour rtiistoîro de l'opoque où Jcau de Witi Tut ^rand-penslonnalre, 
l«H papiends Ifans Dontcmantel, râgeut d'Ametcrdani jusqu'à (B7S,iont 
d'un grand îatérîl. C'est à M. Kbuhkavp que nont sommes redevables 
de celte publication importante, dont le t. l,tr8iuiot la régence d'Ams- 
lardam, a paru dans les œuvres de ta Société d'bistoire à Utrecht, 

— Une thèse Ois remarquable de Leyde intitulée Di PalriolUnt^/d 
est dae & M. CoLKNenA-voEH. qui a étudié les temps troubles de 1776- 
176T dans les arcbives de la Haye, de WoirenitQttel, de Berlin, de 
Paria, de Londres. Le tome 1°* nous mèua jusqu'à 1734; la tome II 
tfailera le* trois aiimtes de 1784-1787. 

— Dans la revue Di Tj/dspitgcl (mars-avrill, M. var dbd Bb«ck (mort 
depuis) étudie les premiers éiablissements des Portugais dans les Indei- 
Orleotales. Dan» la mâme revue {mai), M. DonELA-NiEUWBNHUie publie 
dM mtiaolm do son grand-père, qui ne manquent pas d'interâi pour les 
dsrai&m aunéei du xvn:' siècle. 

— Quelques lettres de Tborbecke, l'homme d'éui qui occupa la plus 
grande place dans l'histoire des Puys-Bas pendant le iroisiëme quart de 
notre lûclo, ont été publiées par M. IIi:ni:KHiiiiofi' dans le Gidi de mars. 
Ces lettres, frites durant le séjour de l'auteur en AllHiia^-iie, fout 
conoattre les sentiments et pensées intimes de Thorbeclto avant son 
eatrie dans la carrière de savant et de politique. La maniiiro dont la 
Compagnie des Indcs-Orienlalc* a perdu l'ile de Formose est racontée 
par H. Kalpt dam le Gidt d'avril. 

— U. VAX Dsn Kmi- continue ses études documentées sur les causes da 
' soiiUTament de Dlpaiwigani (voir Revut kittoriqtit de mars lSd7| dans 

le t. XLVn des publications de l'Institut royal do philologie, etc., des 
Indes-Orieotalea. 



240 CB10.1tQDI BT BIBLIOG&itPBIl. 

— La cessioa du cap de Bonne-Espérance par la gouvememeat 
néerlandais aux Anglais en 1614 a euscicë plueieurs fo» de véhémentes 
critiques qui ont taxé cotte Tente de honteuse; H. Hbbibb a entrepris 
encore une fois de réfuter ces accusations, à l'aide de docaments 
nouveaux ou peu connus, à la séance d'avril de la Société de philo- 
logie néerlandaise (section d'histoire) à Leyde. Le même sujet est 
discuté par M. van der Kehp dans les publications de l'iDstitut royal 
de philologie, etc., des Indes-Orientales (t. XLVII); ses cooclusions 
dilTèrent quelque peu de celles de M. Ileeres; s'il nie, lui aussi, 
la vente, il constate néanmoins que le gouvernement néerlandais 
a montré trop |ieu de fermeté envers le ministère anglais et s'est rési- 
gné trop facilement aux sacri lices des colonies demandées par les Anglai» 
en acceptant, en guise de dédommagement, de fortes tommes dont on 
avait besoin pour former une ligne de défense suffisante contre It 
France. 

— L'assemblée générale des membres de la Sodété d'histoire à 
Utrecht s'est réunie le 20 avril. M. db Bbaupobt y a raconté l'arresta- 
ijon du baron de ûiirtz à Arnhem en 1717, d'après des recherches dans 

nos dépôts et en ulilif-ant les résultats acquis nouvellement par SI. Syve- 
ton (voir Revue dhist. diplom., IX-X). 

— Est-il possible de classifier les peintres hollandais du xvn* siAcle 
d'après des écoles locales? M. Uofsteds de Groot a posé cette question 
et y a répondu négativement; il estime qu'une classiBcatios chronolo- 
gique oH'rirait de moindres obstacles. 

— M. MuLLER, de I.eyde, a traite l'étude de l'histoire générale des 
Pays-Bas ei de l'histoire locale, en constatant qu'eu Hollande, depuis 
une vingtaine d'aiini'cs, l'histoire locale a été étudiée de préférence. 
Sans méconnaître les mérites de ces études, il faut aussi, au seatîmenl 
do M. Muller, que les historiens meitent à prolit les documente, qu'on a 
déjà publiés en si grand nombre, pour composer des œuvres d'ensemble 
sur plusieurs périodes. 

— Le rapport sur les recherches provisoires entreprises, sur l'ordre 
du gouvernement néerlandais, par M. Blok dans les dépôts de Paris, 
aCn de trouver et de signaler tes collections qui contiennent des pièces 
importantes pour l'histoire dos Pays-Bas, a paru récemment. 

— M. RoosEQAAHOE-BisscHQP, chargè de rechercher aux archives de 
r ■ India Oflice > à Londres les pièces intéressant l'histoire des Indes- 
Uricnlales, a rendu compte do son travail dans les mémoires de 
l'Institut royal de philologie, etc., des Indes-Orientales (t. XLTII). 



L'ttn des propriétaires-^ fronts, G. Monoo. 



Noguol-le-Hotron, Imprimerie DAUPBLSv-QouviBnBnn, 



LASTROLOGIE 



DANS LE MONDE ROMAIN^ 



ËDlre lee prècurseui's, les partisans ou coUaboratours cl les 
adversaires de l'aAtrotogie en Grèce, il n'y a aucuue sulution de 
continuité : on ne saurait diMinguer daos l'histoire de la doctrine 
àes périodes successives de formation, de lutte, de triomphe. Les 
tfatWiwt astrologique!» restèrent toujours objet de discussion, et 
c'est par la discussion même qu'elles ont été sollicitée à élargir 
leurs principes, à combler leurs lacunes, il remanier les raison- 
Dernents ou les pratiques qui prêtaient aux objections. On n'est 
pas étonné d'apprendre que les astrunome^, ceux qui étaient à 
mémo d'apprécier la vak^ur scii-utîGque dtu dogmes clialdécns, se 
sont tenus sur le pied d'hostilité avec des coucurrents qui préten- 
daient réduire l'astronomie au i-ôlo de servante de l'astrologie et 
la consigner à la porte du laboratoire ui^i les nombres et les Hgures 
fouroies par l'observation se transfoi-maient en oracles infaillibles, 
en ducrets du Destin. Cicérun cite Kudoxe, Anchialus, Caasandre 
et Sc)'lax d'Ualicarnasâe parmi ceux qui fui^ient & des prédic- 
tions astrologiques*. Hipparque, au dire de Pline, croyait t'ermo- 
ment Ji la < parente des astres avec l'homme, et que nos âmes 
■ sont une partie du ciel' > ; mais cette foi, qui pouvait l'amener 
j>eut-être à preudro son catalogue d'étoiles fixes pour une lUte 
d'Ames divinisées, l'éloignait pluti!>t de l'astrologie considérée 
comme moyen de divination. II tenait sans doute pour infranchis- 
sable la ligne de démarcation tracée par Aristote entre l'agitation 
do monde subluuaire et la paix divine des sphères supérieures. 



t. [Cet «rlkie foniiv lu cbapiire xvt t\ dernier d'uii ouira^e deiiin^ i ptrailtt 
procbAÎnemcnl, lÀitroloçie grtcque. L'aulcur n «u|>|)riiiiù ici cl rUerve jiour l« 
llrre k* note» «boadjoliM i|ut éclairent et commeoicnl le leile, ïe boruani, 
M Ul dr tt.ftntunf, ù rtadiipeatuble. N. D. L. II.] 

1. CU- D>ri«. 11, 4Ï. 

i. nia. 0i«f. yat. Il, I %. 

lUv. Umoa. LXV. 3* vjik. 16 



212 Â. ■OOCHé-LGGLBSCCt. 

Dans les écoles philosophiques , l'astrologie avait rencontré, 
partout ailleurs que chez les Stoïciens, un accueil assez àèixf 
gDsuz. Les Epicuriens l'écartaient par une fin de non-receroit 
pure et simple; les Péripatèticiens avaiest divisé la sdenceda 
la Nature eu une série de compartiments autonomes Bonstraits ^ 
la tyrannie des nombres pythagoriciens, aux exigeuces de l'ha'O 
monie et de la solidarité universelles, postulats indispensabl^B 
de l'astrologie à prétentions scientifiques; la nouvelle Académie, 
répudiant eu bloc tout le mysticisme pythagoricien dont s'amUi- 
sait la fantaisie de Platon, n'avait gardé de l'héritage du maîtv^ 
que le goût de l'éristique et cribla it d'objections toutes les doctrine^ 
connues ou possibles, qui donnaient leurs conclusions comme ceK~- 
taines, h plus forte raison comme infaillibles. L'astrologie aura. ît 
été éliminée du monde où l'on raisonne et réduite & la client^^ 
des âmes simples, d'ailleurs incapables de la comprendre, si eLJe 
n'avait rencoittré dans les Stoïciens des alliés et des collaborateuj^rs 
infatigables, rompus à toutes les finesses de la dialectique, q^w 
avaient lié leur cause k la sienne et rapprovisionnaient au tm-jr 
et à mesure d'arguments, de réponses, de distinctions, d'écha^p- 
patoires. Cette alliance s'était conclue dés l'origine, an morne :mA 
où Bérose importait en Grèce les dogmes chaldéens et où ZéndZJn 
fondait l'école du Portique. Depuis lors, les Stoïciens, dogm^^- 
tiques par nature et attachés à leur orthodoxie particulière, ^^^ 
voulaient ni ne pouvaient renier l'astrologie systématisée, q _«' 
était faite en grande partie de leurs doctrines. Panétius seul se 
sépara sur ce point de ses maîtres et de ses disciples^ D'autre^^^*» 
reculant devant un schisme, cherchaient des transactions. Dio^— **" 
gène de Séleucie sur le Tigre, dit « le Babylonien », disciple c^ ^* 
Chrysippe, rédubait l'astrologie au rôle de la physiognomoni»-***' 
c'est-à-dire à discerner les aptitudes naturelles de chacun^. Év::^^^' 
demment, Diogène avait été intimidé et Panétius convaincu p^^-** 
les arguments du redoutable Carnéade, qui n'avait pas son pare,^^** 
pour démolir les systèmes les mieux construits. Maa Posidoniu^ ■*'^' 
l'homme au savoir encyclopédique, était venu arrêter le stoîciam*:^^' 
sur la pente des concessions; il avait revisé tout l'ensemble de^^-* 
théories astrologiques, consolidant les parties ébranlées, comblan*:^^*' 

1. Cic DMit. 11, 4-2, 

2. Cic. Divin. Il, 43. Sou compatriote et coatemponin, le i ClialiléeD > SélN^^-^ 
CQS, aatroDorae, pb;sicteD el géographe, avait tout à fait rompn «Tec l'a 
logie. C(. S. Riigc, Der Chaldaer Seteukos. Dresden, 1865. 



/ 



t'isnouKif Dins LR HOynK iioiii(?r. 



Ut 



Jlllacaaes, trouva Dt pour relier entre «lies les assertions les plus 
Çaparates des assoctations d'idéai & longue portée, qu'il était «lif- 
ficîle de réfuter par l'analyse et qui déconcertaient les adversaires 
aussi sfircnicutuu mieux que des raisons en forme. C'est lui peut- 
êtn< qui a construit ou achovô la forteresse astrologique autour 
Àe laquelle a eut usé, des siècles dur.int, l'effort des scitptiques, des 
Bttoraliiites invoquant le libre arbitre, des théologiens luttant pour 
leur fui, tous inliabiW à démêler le sophisme dans l&i arguments 
captieux qu'ils couuatssaienL mal et suspects d'ignorance quand 
ils s'avisaient, de guerre lasse, d'en appeler au sens commun, 
teium imbeile, sine iclu '. 

Soas la garantie d'un savant aussi réputé, qui eut, comme 
proEesaeur, la clientèle de l'aristocratie romaine, les gens du 
monde, jusque-là défiants ou indilTérents, purent s'avouer adeptes 
Aa l'aslrologifl. Cella-ci une fois à la modo, la curiosité des dilet- 
tantes fit surgir une foulo de |>raticiens qui ne voulaient plus 
avoir rien de commun avec les « Clmldéens » de carrefour, dea 
gens experts k manier les cliiiïres et les tlgures géométriques et 
qui réclamaient dei-echôf le titi-o de < mathémalicions », tombé 
en dc-sLùrûuce depuis la disparition des écoles ji^thagoridonDes. 
L'astrologie n'avait eu jusque-là pour aliment que les disputas 
philosophiques et la foi inint^Uigetile du vulgaire; elle avait 
trouvé enlîn, entre ces deux extrêmes, le terrain sur lequel elle 
allait s'asseoir et prospérer, une société riche, lettrée, ayant 

Dint sans lo dépasser ce degré de scepticisme où les vieilles 
i>)'atict;s qui s'en vont laissent la plac6 libre aux nouveautés 
qui arrivent. C'est la Grixo qui [i>urnit les astrologues; les 
Romains, habitués de longue date au rôlo ào disciples, les 
idmii'eut, les consultent et los payent. 



I. 



D y avait longtemps déjà que des charlatans, dont on ne peut 
^lus n-^connaître la nalkmalité sous leur nom générique de ■ Ciial- 
léensv.exploitaidnt&Romelacrédulité populaire. On nesetrom- 
;»erait guère en pensant que ces Cbaldéens étaient des Grecs attirés 
parla vogue naissante de l'hellénisme. La littérature «t l'astrolo- 

I. Sur Po-iJJoiiiu4 comme source prlnclpslo de t« THrahiMe de Ptoltroéc, 
nty. Iftwlf inaKiilmle île Fr. Boit, Sttidien llbtr Ctourfttu PloltiMiu {tttrbb. 
t kl. Ptiilol. Supplbd. XXI 118941, p. 49-3U). 



m 



1. ■OOfil^-LICLHICI). 



gie grecques étaient oolrèes «nsemUe, visant à conquérir, celle-d 
la plèbe, l'autre l'aristocnilie. Les lettrés n'Mirent d'abord qoA 
ttàclaiii pour les diseurs de bonne avonlure, < les 3»<lrolo|^ues do 
< cirque ». Caton défeiidail k son fermier de cousuttur les Cbal- 
dAensi. 

Rq 130 av. J.-C., le préteur pérégrin Co. Comelitis Hispalcu 
crut duroir intivvemr. Eu vertu du son droit de juridicliun s«r 
les étrangers, il « ordonna par èdit aux Chaldéens de sortir de la 
a TiUoelde l'Italie dans les dix jours, attendu que.au oom d'oM 
« fallacieuse inl^rprétatioa des astres, ces gens jetaient ]>ar leun 
a mensonges, dans les esprits légers et incapables, uu aveugle- 
€ ment lucratif' >. Nous n'avons pat Ui sans doute le fond de 1> 
pciisi^ d» magistrat ; te »ouci de la bourse des citoyens pouvait 
biou n'être qu'un prétexte. 

Le danger des consultatioDS non surveillées allait apparailn 
plus nettement à mesure que la foi à l'asti-ologie gagnerait k» 
bautus classes. Cet eiivabisstimeut, que l'on a cru )>uuToir attri- 
buer plus haut, pour une bonno part, h l'influence de Posidoniu, 
paraît avoir été tmoz rapide. Par le temps de révolutions et lie 
péripéties soudaiiiGâ qu'inaugure la poussée démagogique de* 
Oracques, on ne croyait plus à l'équilibre providentiel, àii 
logique qui lie les oonaéquences aux actes volontaires, mats h U 
Fortune, basard pour les uns, prédestination pour les antra. 
Quand Cn. Octaviuji fut égorgé par les sicotnas de Marins, on 
trouva sur lui, dit-on, « un diagramme cbaldiien », sur ta G>i 
duquel il était resté k Rome*. Cependant, les astrologues n'avaiccit 
pas encore évincé des meilleures places les haruspices toscans, 
qui. du reste, leur firent toujours concurrence, empruntant a"* 
besoin h l'astrologie de quoi rajeunir riiaruspicin». Ou cil» 1^ 
haruspices attitrés de C. GraocJius, de S.vlla, de J. César; on C 
leur connaît pas d'astrologues tomiliers. Mais nous savons \>^ 
Cicéruu que Ic-s grands ambitieux de son temps prêtaient l'oret ^'^ 
aux faiseurs d'boroscopes. « Que de choses, dit-il, ont été, à C^^ 
« connaissance, prédites par les Cbsldëens à Pumpéu, combiec^' 
■ Crassus, combien à César lui-même : qu'aucun d'eux uo moiV^ 
« rait, sinon eu grand âge, sinon en paix, sinon avec gloire I C^^' 
« au point que je suis stupéfait qu'il se li-ouvc encore quelqu'^" 

I. Cic. Dtvtn. I. ii. Cita, De AgrlCiUl. l, i, 4. 
3. Vat. M«xim. SpU. I, 3, 3. 
3. Mut. itfuhtu, 4i. 



l'ISTIOLOCIB IlIkTTS Lit UO^DR ftOHirt. 



243 



ipour croire de» gens dont on voit les prédictions démenties 
« chaque jour par la réalité des évéoemeotâ ' > . 

Il n'y a d'étonnant ici — soit dit en passant — quô l'étonne- 
ment de Cicéroo. Les hommes croient toujours ce qu'ils espcr«Dt, 
ei la foi échappe toujours aus démentis de l'expérience. S'il s'est 
rencontré des astrologues assez avisés pour affirmer k Sylla que 
la yénos dont il se cmyait U favori, k César que la Vénus dont 
il se disait le descendant, c'était ta planète aimable et favorable 
entre toutes et qu'elle leur garantissait longue vie et prospérité, 
il est probable que ces esprits forts ont cru, sans plus ample 
informé, k leur étoile. Cicéron lui-même, qui, comme philosophe, 
hdlafoue les astrologues, leur emprunte, comme rhéteur, de«cxpres- 
^ODs dogmatiques. Quand il place les âmes des grands hommes 
dans la Voie Lactée, il ne fait qu'exploiter un vieux mythe plato- 
nicien; mais, quand il appelle la planète Jupiter « un flambeau 
prospère et salutaire au genre humain > et la planète Mer:; ■ uu 
feu rouge et redouté sur terre », il met dans la bouche du premier 
Africain des aphorismes astrologiques*. 

C'est que les idi!«s astrologiques commençaient i entrer dans 
la circulation banale, à se glisser dans le bagage intellectuel des 
esprits de culture moyenoe. Elles y entraient, astronomie et 
astrologie mêlées, par la littérature, où les < catastérismes > 
multipliés h satiété par les Alexandrins, les descriptions du ciel 
h U mode d'Aratus paraissaient aux Romains des sujets tout 
neufs et stimulaient I>*ur imagination rétive; elles y entrèrent 
surtout, et par une plus I^irge ouverture, lorsque l'encyclopédiste 
de l'époque, Varron, et son contemporain P. Nigtdius Figulus, 
adepte fervent de toutes les sciences occidtes, eurent mis h la 
port^du grand public les principales ré^gles do l'art des ■ mathé- 
« inaticieDS *. La comète qui parut h la mort de Cé-sar dut hâter 
siDguIièreroent la propagande. Kn tant que > prodige », le phé- 
nCHUÂDe fut interprété utBcielleraent par les haruspices; mais Ie.3 
astrolognes, on peut le croire, ne iDanquèrent pas de dire leur 
mot, et c'est h eux surtout que proâtèrent les graves débats ins- 
titués h ce propos sur la destinée de Rome, la durée probable de 
son existence passée et future, le renouvellement possible de 
toutes choses par une échéance ultime, peut-être celle de la 
* grande année > astrologique, échéance h laquelle les Stoïciens 



I.OIc Divin, n, 47. 
i. Oc. aep. VI, t7. 



246 !■ •ODCBi-LBCU&CQ. 

avaient attaché leur iiajM-.iy^xmi ou ■ restauration » de l'nai- 
vers. L'héritier de César choisit l'explicatioD la plus coofin^ne 
aux traditions littéraires et la plus propre à établir le systàne de 
l'apothéose dynastique : il < voulut que la comète fût l'âme de 

< son père' >; mais il ne lui déplaisait pas que les haruspices os 
des oracles sibyllins annonçassent l'avènement d'un nouvel ordre 
de choses. 11 gardait par-devers lui l'idée que cet astre était ausâ 
son étoile à lui , l'horoscope de la nouvelle naissance qui le faisait 
âls adoptif de César. L'astrologue qui lui procura cette < joie 

< intérieure' » était probablement ce Théagène qui était déjà le 
confident et qui devint par la suite presque le collaborateur du 
maître. C'est à l'astrologie, en eSêt, qu'Auguste demanda une 
preuve, assurément originale, de la l^itimité de son pouvoir. 

< Il eut bientôt >, dit Suétone, < une telle confiance dans sa des- 
« tinée qu'il publia son thème de géniture et frappa la monnaie 
€ d'argent au signe du Capricorne, sous lequel il était né' ». 

En ce qui concernait la comète de l'an 44, l'événement donna 
raison à tout le monde, à ceux qui glorifiaient César et son fils 
adoptif comme à ceux qui annonçaient, au nom des doctrines tos- 
canes, un siècle nouveau*, ou, au nom de l'orthodoxie astrolo- 
gique, des bouleversements et guerres sanglantes. Si les époques 
de crise, en déroutant les prévisions rationnelles, poussent an 
fatalisme et à la superstition, les Komains durent faire, entre les 
ides de mars 44 et la bataille d'jVctium, de rapides progrès dans 
la foi aux sciences occultes. Cette foi, l'astrologie et l'hanispicine 
se la disputaient k chances à peu près égales. L'une avait pour 
elle son antiquité, l'autre sa nouveauté. Les Grecs étaient bien 
ingénieux, mais les Toscans étaient bien habites. Inférieurs k 
leurs rivaux quand il s'agissait de tracer le plan de toute une 
vie, les haruspices reprenaient l'avantage dans le détail de l'exis- 
tence, surtout en présence de c€3 avis surnaturels appelés * pro- 
diges », pour lesquels il n'y avait point de place dans les mathé- 
matiques. Aussi se trouvà-t-il des amateurs pour essayer de corn- 
parer et peut-être de combiner les deux disciplines. C'est ce que 
Élisait déjà Nigidius Figulus, et Varron, qui savait tout, était 

1. Sert, ad Virg. Eel. IX, 47. Aen. VI», 681. 

2. Plin. Ilist. Xat. Il, g 91. 

3. Soel. Aug. 91. 

4. Cf- mon Histoire de la Divlnalion, IV, p. 9t sqq., et l'iTlicle BanupUet 
dans le Diet. des AntiquUé* de Darembourg el Saglio. 



CiSTtioiooK BIX» n floMB ^wwr 



S47 



homnio îi tout mélanger. Son ami et l'ami de Cicéron, Tarutius 
de Firmum, l'astrologue émincut qui fit et relit le thème de nati- 
Tité de Home', devait être — son nom l'indique — un Toscan 
dont la curiosité avait dépassé les ressources de l'haruspicine. H 
y a ou à Homo contact, rivalité, adultération réciproqui» entre la 
dlvinatioD étrusque et l'astrologie, sans qu'on juiisso dire au juste 
dans quelle mesure elles nnt réagi l'une sur l'autre. Rappelons sou- 
lemtiit qu'elles se rencontraient nécessairement sur des domaines 
communs, par exemple, l'interprétation des foudres et autres phé- 
nomène» « célestes », et la localisation des iufluonoes divines ou 
astrales dans les viscères. 

SoiM le principal d'Auguste, l'astrologie est décidément h la 
mode. Tout le monde se pique d'en avoir quelque teinture, et 
les toivaios multiplient dus allusions qu'ils savent devoir être 
oomprises même des gens du monde. 

Jamais les autres n'ont tenu tant de place dans la littiratnre, 
Le catastérisme ou translation dans les astree, suivant la formule 
alexandrino, devient la conclusion normale de quantité de légendes 
etia forme ordinniredorimmortalitéproniiseaux grands hommes; 
on relouche les )>ortr»its des devins épiques, dos Mélampus, des 
l^résias, dos Calcbas et des Héléous' pour leur attribuer < la 
« science de-s astres », sans laquelle ilseussent paru au-dessous do 
leur réputation. Kn feit d'astronomie, l'auteur dea Géorgiques 
est hors de pair; mais Horace lui-même met une sorte de coquet- 
terie à moutriM* qu'il est quelque peu frotté d'a^itrulugio. Ce n'est 
plusuDfldilcd'Apollon, mais un disciple des Chaldéens qui se classe 
loi-roème parmi tes < hommes de Mercure », qui félicite Mécène 
d'avoir échappé, par la protection de Jupiter, k l'influence meur- 
trière de Saturne et qui, dérouté sans doute par le désordre du 
calendrier avant la réforme julienne, se demande s'il est né sous 
la Balance, le Scorpion, « portion dangereuse d'un horoscope », 
ou le Capricorne, < tyran de la mer d'Uespério ». Mécène et lui 
avaient dû consulter quelques praticiens, qui avaient trouvé 
1 iacroj'ableroent concordants > les thèmes de géniture des deux 
amis. Properce ue se contente plus, comme Horace, d'allusions 
flaitee eu passant aux arcanes de la nouvelle science. U met en 



t. CIc. Ofi^. 11. 17. 

3. Cf. Vlrg. Atn. ni, 360. StaL Thtb. III, 558, elc. Prop«rce [V, 1. 109} 
\ QtiihMt, i|ii] DO HTtfl |i«» l'atlroloitie. 



248 



A. Botrcnrf-ucuKoa. 



scèDO un astrologue, SHa Aa ■ llabvionien Horops >, qui connait 
« rétoile beurouse de Jupiter, celle du rioleot Mars, et l'astre de 

< Saturne, qui phse sur loutt' tête, et ce qu'apportent l«e PoÙBOOSn 

< le signe impétueux du Lion et le Capricorne baigné par l'o 

< d'Hespérie ». Son lualhêtnaticîen est de ceux (|ui s'entendent kJ 
« bire tourner sur la boule d'atraia les signes », les < signes 
« redoublas do la route oblique», et qui, pour inspirer con&aDoe,j 
tonnent oontr« la mauvaise foi des charlatans. Ce penottoag 
donne k Proi>erce une consultation qu'il termine en rarertiasant 
de redoater < le dos ^nistre du Cancer* ». Le poète plaisante 
peut-être moins qu'il ue Teut en avoir l'air; il se pourrait qu'il 
ait emporté cette n>cii8ce de quelque catttnet d'astrologue et qu'il 
la prenne au sérieux. L'auteur de Ï'/Ms, étalant le thème du gént- 
luro de son ennemi, parle lo langage de» hommes du métier. < Tu 
« es né malheureux >, !>'écrie-t-il, « et aucune étoile n'a été propice 

< et légère k ta naissance. Vénus n'a pas envoyé ses rayons à 
« cotte heure, ni Jupiter ; nt le Soleil ni ta Lune n'ont été en lieu 
« ocoTenable, et celui que la brillaiito Maïa a engendré du grand 
« Jupiter n'a pas disposé ses feux de ûiçon utile pour toi. Sur toi 
« ont pesé l'astre de Mars, qui ne présage que cboees brutales et 
« jamais rien de paisible, et celui du vieillard k la (aux. Ton jour 
« natal, pour que tout ftit k la tristesse, appanit vilain H noirci 
« d'une couche de nuages- ». 11 n'y aurait qu'à ajouter dos chiffres 
k ce morceau pour en faire un document professionnd. 

Ia description des astres, de phénoroéiies dUcstes iréels ou ima- 
ginaires, Ae prodiges de co genre interprétés, tend fa dormiir une 
manie littéraire. A la cour du Palatin, qui donnait le tou à ta 
bonne société, la science des aHtrt>s trouvait de>s clients et même 
dee disciples. Oerroanicns employait ses loisirs h traduire en vers 
— comme l'avait tait avant lui Cicéron — les P/ithtomànes 
d'Aralu», ou mt^mc k corriger son modèle; et c'était, sans nul 
doute, pour les plus hauts cénacles que Manilius écrivait son 
poème des Astronomiques, mélange singulier de fut enthousiaste 
et de science douteuse, qui mérite de survivre comme oourre lit- 
téraire au discrûdit des doctrines apprises à la bAte par cet astro- 
logue du roncontre. Nous ignorons, du reste, si le poète avait pris 
là le meilleur moyen de faire sa cour à Auguste ou k l'héritier 



1. Pro|.Ml. V, I. 75-108. 
i. OiU. /Ml, 307-?16. 



L'iSTBOLOG:Ë tilNS tX HO^fOlt RONIIIV, 



24« 



^ 



présomptif d' Auguste, et si la plume ne lui fut pas arrachée des 
mains par la peur de. tomber sous le coup dvx mesures déci-étêos 
contre les « GiaWéens » par Tibère. 

On coromençail. en cffut, à s'apercevoir que l'astrologie, aris- 
tocratique par esseiiee, semblait faite pour éveiller et nourrir les 
grandes ambition». Tibère le savait, dit-on, par sa propre expfr- 
rîei>oe, t^outée à celle de son père aJuplif. Ou racontait que, 
tombé en disgrâce et oxilë à Rhodes, il avait pris Ae» leçons du 

* mathématicien Tlirasylle » et que, plus tard, il avait deviné 
dans lialha l'homme < qui goiiteratt un jour h l'Empire' *. La 
légeade s'en mêlant, on finit par croire qu'il avait créé une sorte 
de cabluct noir, oit des rabatteurs d'boro.scopes apportaient les 
aecretitdes particuliers et d'où, api-ès examen d«s thèmes de géni- 
ture fait par lui-même ou par Thrasylle, il frappait à coup sûr 
les têtes marquées pour de hautes destinées-. Do mâme qu'il 
s'était créé autour des oracles une foison d'anecdotes tendant à 
montrer leur infaillibilité et l'inanité dos efforts faits par l'homme, 
même prévenu, pour échapper h sa destinée, de même l'asli-olo- 
gîe, une fois en crédit, est censée marquer d'avance aux person- 
nages historiques les étapes de leur existence, et c'est une joie 
pour las croyants de voir les prédictions se réaliser, en dépit des 
doutes, des précautions, ou tout autrement qu'on ne l'avait sup- 
posé. C'est ain» que, au rapport de Tacite, Tibère ayant quitté 
Rome en l'an 26, « les connaisseurs des choses célestes assuraient 

* que Tibère était sorti de Rome sous des mouvements d'astres 

* tels que le retour lui était impossible. Ce fut la perte d'une 
« (bule de gens qui crurent k sa mort prochaine et en répandirent 
« le bruit; ils no prévoyaient pas, en effet, tant le cas était 
« incroyable, que onze ans durant il s'exilerait volontairement 
« de sa patrie. On vit par la suite combien l'art confine de prés 
« à l'erreur et comme te vrai s'enveloppe d'obscunté. L'annonce 
« qu'il ne reuti-erait pas dans la ville n'était pas une parole en 
« l'air; le reste, les gens qui agirent ainsi l'ignoraient' ». 

Les consultations astrologiques envahissent l'histoire livrée 
aux compilali-ur^ de curiosités et aux psychologues qui dissertent 
sur des bruits d'antichambre. Taotôt c'est Caligula, à qui le 



I. T«c. ^nn. Vt. !l. DIo CàU. LVI, U. LVH, Ifl. C(. Soet. Tiba: It. 
Z Dio Cku. LVU. 19. 
i, T«c. ^nn. IV. SS. 



S50 i. BOnCHlt-LBCUICQ. 

mathéntaticieu Sulla < affirme que sa mort approche très certain» 

< meDt' > ; tantôt c'est Néron, à qui < des mathématiciens avaient 
« prédit jadis qu'il lui arriverait un jour d'être desUtaé », on k 
propos duquel des Chaldéens avaient répoadu à sa mère Agrippine 
« qu'il aurait l'empire et tuerait sa mère >, Néron, qui attend, 
pour se proclamer empereur, < le moment favwable indiqué parles 

< Chaldéens > ou qui détourne les menaces d'une comète par des 
exécutions ordonnées comme équivalentde sacrifices humains, sur 
le conseil de l'astrologue Balbillus*. Tacite sait que < le boudoir de 
« Poppée avait entretenu quantité de mathématiciens, détestable 

< ameublement d'un ménage de princes^ >. C'est là peutStre tjo'un 
des familiers de la maison, Othon, avait rencontré l'astrologue 
Ptolémée, qui l'accompagna en Espagne et le poussa à se révoî- 
ter contre Galba. Puis viennent les Flaviens, tons trois ajrant 
leurs astrologues k eux et ne voulant tolérer à Rome que ceux-là : 
Vespasien, auprès duquel nous retrouvons le conseiller de Néron, 
Balbillus'; Titus, qui était assez savant pour étudier par lui-mùne 
la géniture de deux ambitieux et assez généreux pour leur par^ 
donner, eu les avertissant même « d'ua danger qui leur viendrait 

< plus tard et de la part d'un autre^ »; Domitien, qui, comme 
autrefois Tibère, < examinait les jours et heures de nativité des 

< premiers citoyens » et frappait à côté, car il mettait à mort Met- 
tius Pompusianus, qui déjà, sous Vespasien, passait pour avoir 
« une géniture impériale », et i! épargnait Nerva, parce qu'un 
astrologue lui garantit que le vieillard n'avait plus que quelques 
jours à vivre*. 11 ne savait pas que Nerva n'aurait pas besoin de 
vivre bien longtemps pour lui succéder. Un homme qui cherche 
à tuer son successeur est parfaitement ridicule, et l'histoire s'égaie 
ici aux dépens de Domitien. On racontait encore que, ayant £ait 
arrêter « le mathématicien Âsclétarion », coupable sans doute 
d'avoir prédit la mort prochaine du tjTan, il voulut à tout prix 
le convaincre d'imposture et que l'épreuve tourna à sa confiision. 
« Il demanda à Asclétarion quelle serait sa an à lui-même; et, 
« comme celui-ci assurait qu'il serait bientôt mis en pièces par 

1. Suet. Calig. 57. 

2. SuGl. JVn-o 36 et 40. Tac. ^nn. XII, GS. 

3. Tac. But., l, 21. 

4. Dio C«88, LXVI, 9. 

5. Suel. Titut, 9. 

6. Snet. Vgfpiu. 14. Domit. 10. Dio Cm». LXVII, 15. 



L'iSTnOLOQIK DiNS Lt HÛNUH BOHAI?!. 2S4 

« des chiens, U onlonna de le mettre h mort sans retard, maia, 
« pour (téanoDtrer la friToIitè de son art, de reusevelir «vcc le 

< plus graud soin. Comme on exécutait ses instructions, U adrint 
* qu'un otyâgau suudaio ri'nversa le bùcliin- et que dee chiens 

< déchirèrent le cadavre h demi brUé' >. Au tliro de Suétone, il 
saTait depuis longtemps lonnée, le jour et l'heure où il mourrait. 
« Il était tout jeune encore quand des Chaldèeas lui avaient pré- 
« dit tout cela, si bien qu'un jour à dîner, comme il ne touchait 
« pas aux cbampigncms, son pèi-e s'était moqué de lui ouverte- 
« ment, disant qu'il connaissait bien mal m doïtinèe, s'il ne crai- 
« gnait pa» plutôt le fer^ *. Eu effet, la veille de sa mort, il fit 
parade de sa science astrologique, en annonçant « que le Icnde- 

< main la Lune m couvrirait de sang dans le Verseau et qu'il 
« arriverait un événement dont les hommes parleraient dans tout 
« l'univers ». 

La liste des consultations impériales n'est pas close, tant s'en 
faut, avec les biographies de Suétone. Comme lui, ses continua- 
teurs, les rédacteurs de l'Histoire Auguste, ont soin de tempérer 
par des raoontages de toute sorte l'eunui qu'exhale leur prose 
à demi barbare, et l'astrologie n'est pas oubliée. Voici Hadrien, 
qui, curieux de toutes choses et encore plus occupé de hii-même, 
u« pouvait manquer d'apprendre l'astrologie pour son propre 
usage. « 11 s'imaginait savoir l'astrologie au point qu'il mettait 
« par écrit aux calendes de janvier tout ce qui pouvait lui arriver 

< dans toute l'année; ainsi, l'unnéo où il mourut, il avait écrit ce 
« qu'il ferait jusqu'à l'heure même où il trépassa' >. Le chroniqueur 
emprunte ce détail à Marius Maximus, un écrivain que, sur cet 
âchaatiUon, nous pouvons ranger dans la catégorie des mystifica- 
teurs. Si, coituno il le dit, Hadrien admettait des astrologues dans 
leoerclodesavants, de lettrés, d'artistes, au milieu duquel il vivait, 
c'était sans doute pour se donner le plaisir de les mettre aux prises 
avec Favorinus, l'ergoteur le plus subtil de l'époque, qui exer- 
çait volontiers sa verve mordante sur les dogmes astrologiques. 
Ou nous parle encore de Marc-Aur<>Ie consultant las Chaldéeos 
sur les Mïcrels de l'alcôve de Faustiue ot se décidant, sur Isur 
conseil, h faire baigner Faostine dans le sang du gladiateur qui 



t. Kucl. Domil. i\ t\ — arte. quelqDM (•rlanlM — Db CiM. UCVII, 16. 

1 SiMl. Mntl. 11. 

3. 0|HLtU«. Hadrian. IG. Htliut. 3. 



252 



1. MDCB<-LECLEU«. 



fui te père de Commode'. C*e«t le okoment où l'on coramenoe k 
confondre les aslrologues arec les magiciens. Puis, c'est Septim*- ! 
Sévira, qui, n'étant encore que I^at do la Lugdunaise, « étudiait j 
« les géniUires des âll« ht marier, ùlant Iul-m£nw très expert «o ' 
€ astrologie. Ayant appris qu'il y en avait une on Syrie doot l£ 
< géniture portait qu'elle épouserait un roi, il la demanda eui 
« mariage — c'était Julia — ot i) l'obtint par l'entremise dej 
« quelquus amis' ». Comme on voit, l'astrolo^v, sclooee uniTtirwj 
wllo, perfectionnait l'art d'amver par les femmes. Elle tacililail 
auni singuli^menl l'art de surpasser ses riraux pour un bomma 
qui oouusissait d'avance le terme assigné )i leur deatioée. SévAr»^ 
connaissait assex bien la sieuno pour savoir, en partant ponr la 
Brviagne, qu'il o'ea reviendrait pas, et cola surtout par son thème 
dti gèulture, qu'il avait fait i>e)ndre au plafond de son prétoire*. 
On répèle pour Caracalla les contes &ila sur Tibfre, les meurtres 
ordonnés d'apràs des * diagrammes de positions àdéralea' ». 
Aloxaodre Si-véro est cucom un adeple de l'astrologie, pour 
laquelle il fonda, dit-on, des chaires rétribuées par l'Etat avec 
bourses pour les étudiants^. L'histoire aneodotique fait de lui oa 
pédant et lut donne un peu l'attitude de l'astrologue qui, les yeux ' 
au ciol, tombe inopinément dans un puits. < Le mathématicieD 
« Tlirasyl>ule, son ami intime, lui a,rant dit qu'il périrait uéoefr- 
« suii'ciDunl parlo glaive des Barbares, il en fut d'abord enchanté, 
« parce qu'il s'attendait & une mort guerrière et digue d'un e«np»> 
■ reur; puis il »e mit k disserter, montrant que tous les hommes 
« éminents avaient p^-ri du mort violente, citant Alexandre, dont 
« tl portait le nom. Pompée, César, Démosthène, Cioéron et 
« autres personnages insignes qui n'avaient pas fini paisiblement, 
« et il s'exaltait nu point qu'il se jugi-ait comparable aux dieux 
« s'ilpèrusailenguerre. Mais l'éyéocment te trompa, car il périt 
« par le glaive barbare, de la maiu d'un boulTun barbare, et en 
« temps de guerre, maïs non pas en cMnlutlant* ». Les deux 
premiers Gordiens n'eurent pas le temps de régner, maïs ils cod- 



I. Cnpllolio. M. A»lmt. PhU. 10, Il t'tti Ifoutè d«« gon* pour tteirt k tm 
odieui bavanUgM. 
'i. SpartÎM. Stvrr. 3. 
3. Ulu Cm«. LXXVt, 11. 
t. Mo Cai.*. LXXVIIl, t. 

5. Ltmpriii. AL Sntr. U. 

6. I.unprld. Al. S«w. 61. 



VlWnOLÛHK DiNS LK HOnDX MOUillH. 



3Ï8 



naissaient, pRrsît-il, leur destinée. • Gordien le vieux coasultant 
« un jour un mathématicien sur la génituro de son flls, il lui fut 
« réjiundu que celui-ci serait fils et père d'oDipercur et empereur 
« luL-mème. Et, comme (Jordicn le vieux riait, on dit ijue le 
« mathématicieD lui montra l'ageDceniôDt des aslreii et cita des 
« passages de vieux livres, pour prouver qu'il avait dit la vérité. 
« I] prédit même, au vieux et au jeune, le jour et le genre de leur 
< mort, et les lieux oîi ils périraient, et cela avec la ferme con- 
■ âance d'être dans le vrai ' ». 

Nous pourrions éliminer de l'histoire ces fastidieuses redites, 
aneololes suspectes, mots forgés après coup, et eu garder le 
bénéfice, c'est-à-dire juger par là de l'état de l'opinion et des 
dangers que pouvait offrir une méUiude diviuatolre réputée infail- 
lible au point de vue de la sécurité des gouvernants. L'esacti- 
tude matérielle des faits importe peu ici : ce qui compte comme 
fait à coup sûr réel et do plus grande conséquence, c'est l'idée 
qu'on eu a, celle qui précisément se fixe dans les lêgeudes et tend 
il se traduire en actes par voie d'imitation. Ce ne fut pas par 
aimple caprice de tyran que Tibère mit sa police aux trousses des 
Cbaldéens. Déjà, undcmi-siècle plus tôt, au temps oi^l'immineuce 
du oonâit prévu entre Antoine et Octave surexcitait les imagina- 
tions, Agrippa avait < clia»sé de la ville les astrologues et les 
« magiciens* *. A la fin de sou régne, Auguste avait interdit à 
toute espèce ds devins les consulta tiousà huis clos ou concernant 
la mort, même sans buis clos'. La mesure était sage, aussi utile 
aux familles qu'au pouvoir, mais inapplicable. C'està la suite du 
pn>ctedeDrusu8Libo(16ap. J.-C.) que Tibère su décida à sévir. 
Libo Mait un jeune écervulà dont les devins — les Cbaldéens 
oomme les interprètes de songes et les nécromanciens — avaient 
exploité l'ambition. * Des sénatus-consultes furent rendus pour 
« dtasserd'Italie les mathématicienaetles magiciens: l'un d'eux, 
€ L. Pituanius, fut prédpité de la roche; quant à L. Marcius, 
« les consuls le conduisirent hors de la porte Esquilioe, et là, 
« après avoir fait sonner les tromjieltes. ils lui infligèrent le sup- 
« plice à la mode antique^ ». Les astrologues apprirent à m 
caclier un peu mieux. Quatre ans plus tard, le procès de Lépida 



t. Ctpltotln. ConUaiti tre*, 20. 

i. DLo Um. XLIX, tï, ad 100. iî a. Chr. 

3. IlloCw. LVI.U. 

4. Tm. Jnn. Il, n-32. 



254 



t. BOCCIlt-tlICLEICQ. 



révéla que cette grande dame, adultère «t empoisonDeoM, avait 
anssi « consulté, par le moyea àe ClmUlèons, sur la fomîlla de 

< Céser> ». Sous le règne deClaude, DcHiveaux seandalee. Lolita, 
qui avait dignité )i Agrippina la tnain de Claude, est, k l'ïastiga- 
tlOD de oello-ci, accusée d'avoir consulté < lea Cbaldéena, ]m 
« magleicot, et poaé des questions h une atatoe d'Aj^Uon Clariea , 
« sur le mariage de l'empereur >. ScribonianoB fut exilé soui, 
l'accoBatioii banale < d'avoir durcJté à savoir par les ChaldÂeu] 
€ la fin de l'oxiabitiic^ du prince >. Lh^deuos, on décida uiw toit] 
de plus de clinaser d'Italie les msthéinattciena, et il fut Enit k oa ' 
sujet « un sénatus-consulte rigoureux et iautile' ». 

Persécuté!;, ïvs astrulogufti dvvioreat aiuùlôt des gens inlérea-J 
^utM, et. inùmo expulsa d'Italie, on pouvait les oonsolter par j 
correspoodanœ. Tacite nous parle d'un de ces exilés, Pammène, 
« renommé dans l'art des Chaldéens etengagê par t&-n>èiae daits 
une foule do liaisons >, qui recevait des oMsiKiges et «uvoyait tes , 
cousullalioDs à liea Romains de Rome, Anteius et Ostorius Sea-J 
pula. lesquels fun^nt dénonces il Néron comme conspirant al 
* scrutant la destinée de César' ». Les mathématicteus mon- 
trèrent de l'esprit — ou on leur en prèla — le jour où Vitdliua, 
pour les punir d'avoir encouragé Othon, < rendit un édit leur 

< ordonnant de sortir de la ville et de l'Italie avant lea caleudeAj 
« d'octobre. Uu libelle Tut aussitût alSdié, faisant dèfenae, de la] 
« part dea Chaldéens, b Vitellius OeriuaDicus d'ètra où que ce 
« fût oe même jour des calendes^ >. Len rieurs purent se parta-j 
ger, car Vitellius dépassa de trois mois l'échéance indiquée. Lea] 
expulsons reommienoàrent sous Vespasien, qui, ayant ses astro- 
logues à lui. D'enlendatt pas laisser les autres exploiter te 
ptûilic; 80US Domitien, qui fit aux astrologues l'honneur de les 
chasser de Rome en même temps et au même titre que les philo- 
soplietc"'. 

Il va sans dire que tout oe bruit à vide, ces tracasseries inlop- 
mittentes et mollement poussées, loin de discréditer l'astrologie, 
accruriint sun pr^tlgeot élargirent la place qu'^e tenait dansi 
les préoocupattous du public. Des doctrines qui e^yaîent k caj 



1. lie. Àm. m, îl. 

2. Tm. Ann. \II. 13 (49 p. Cbr.), S2 (ii p. OItr.). 

3. Tic. ^nn. XVI, U (GC p. Cbr.). 
i. Soel. VUell. U. 

h. Diu Cui. LXVt. 9 (VcqwricnJ ; Suidu, >. T. iïa|unin<t. 



LiSTAOLUGIS DÀlS LE MORDS EOUtA. 



25S 



point l«s gouvfirnBDts do pouvaient plus passer pour des jeax 
d'imagioalion. C'est ainsi que los fvniiuos les plus frivoles, les 
plus ÎDcapables de comprendre même les rudiments de l'astrolo- 
gie, s'éprireutdu graod art suspecta la police. Elles ae reuouccnt 
pas & leurs autres superstitious, dit Juvéoal, < mais c'est dana 
« les Cbaldéeus qu'elles ont le plus de confiauce. Tout ce que dira 
« Tastrotopie passera à leurs youx pourvfluirdela source d'Am- 
« mon , paisqu'à Delphes les oracles tu taisent el que l'espèce 

< humaine est comlatnnéeà ignorer l'avenir. Mais celui-là prinw 
« los autres qui a été souvent exilé, dont l'amitié et le grimoire 

■ grassement pajé ont causé la mort du grand citoyen redouté 

< d'Othon. On a coiiSnnce en son art si sa main droite et sa 
« gauche ont fait tinter les chaînes do fer, s'il a séjourné loaf;- 

■ temps dans quelque prison mihtaire. Nul mathématicien n'aura 
« de succès s'il n'a pas été condamoé, mais bien celui qui a failli 
« périr, qui a eu à grand'peiuu la chance d'être envoyé dans 
« une Cyclade i-t qui est eufiu revenu de la petite Sériphos. Voilà 
« riwmnio que ta Tanaquil consulte sur la morl bî^ii lento de sa 
« mère, atteinte de la jaunisse, et sur son compte tout d'abord. 
« Ouand enterrera-t-elle sa sœur et ses oncles î Est-ce que son 
« amant doit lui survivre? C'est là la plus grande faveur que 

< puissent lui accorder les dioux. Kncore celle-ci ignore ue qu*ap- 
« porte de menaces l'étoile lugubre de Saturne, en quelle position 
« Ténus se montre favorable, quels mois sont voués aux pertes 
1 et quels moments aux gains. Mais fais bien attention à éviter 
« même la rencoalrâ de citllo que tu vois manier dos êphémérides 

< qui ont pris entre ses mains le poli gras de l'ambre ; cellu-tà ne 
« consulloplus.onla consulte. Que son mari parte pour la guerre 
* on ponr son pays, elle n'ira pas avec lui si les calculs de Thra- 
« sylle la rotiennent. Qu'il lui prenne envie de se faire voiturer, 

< ne fût'-oe qu'à un mille de Rome, elle demande l'heure à son 
« livre ; si le coin de l'œU, trop frotté, lui démange, die inspecte 
« sa géniluTO avant de demander un collyre. Elle a beau âtre 

< maladeet au lit. elle ne prendra do nourriture qu'à une certaine 
« iieuru propice, Oille que lui aura indiqua Pétosiris' ». 

Juvénal est coutumier de l'hyperlmle, mais on peut l'en croira 
quand il ne fait qun vanter l'attrait du fruit défendu, .\ttaquer et 
plaisanter sont un signe de popularité : c'est la « réclame > de 



I. jiiTM. tel. VI, U3-&ei. 



256 



». HWCaJ-LeCLEUQ. 



l*époqu«. Ou rencontre, dans les épigrammes de LuoUlus, on 
ooolomporain de Néroa, qui aime à pUtsanter sur le cxxnpta dttl 
astrologues, quelques traits <Ie botiiiu coinùiliL>, ]*ar uxample, ]e' 
trait de l'astrulogoe Aolus qui, truuvaut qu'il a'aTait plus que 
quatre beures  vivre, m pend h la cioquiime, par respect ponrl 
PétOfliris'. 

Ce Pitosiris qui derient aiasi l'oracle des adeptea de l'a»* 
trologie passaU pour avoir &tè on sou temps — sept siècles aal 
moins avant notre ère — un frtUn égyptien, ooltaboraleur da] 
non moins fatmleux roi et prophète Nécbei>so. Le livre, un __ 
livre, qui se débitait ainsi en extraits, sous forme d'éphêmérK 
ou almanadu, itail ouu»é aruir étà retrouvé dans les archive, 
hiératiques de l'Egypte'. En réalitÂ, il avait dû être fabriqué i ' 
Alexandrie, comme tant d'autnq apocryphiHi, par des Eaussaîrcs 
qui voulaient proHler d« la vogue croissante des cultes et des 
ditions venus des bonis du Nil pour confisquer, au profit 
l'Ëf^yptu, le rtiuom de la science dite jusque-là clialdéeiine. Qu'l 
ait été publié vers lu («.«ntps do Syllii ou un siècle plus tard, tou- 
jours ««t-il que depuis lors l'astrologie, considérée outniae l'héri- 
tage des deux plus antiques civilisations oriotttales, eut une 
garantie de plus et s'enrichit d'une branche nouvelle, l'ialro- 
ma Uléma tique ou astrologie appliquée à la uiédocine. Toute doo-j 
trine, science ou religion, qui peut se convertir en art niédic 
n au succès par la voie la plus courte. A peiue connues, 
recettes du « roi Néchupso » procurèrent une belle fortune an] 
médecin Creuas, de Marseille, qui « en réglant l'alûmnlaliou 
« ses clients sur les mouvements des astres, d'après une épt 
« ride matliématique, et en observant les heures, laissa tout der-j 

« nièrementdixmillionsdesestfïrctffî, Bprùsavoirdépenséautanlà^ 
« bàtirdes remparlsàsa ville natale ut •Ld'autresoonstmctioiis' >. 



I. Aulliol. PaUl. XI, m. or. 150-16t,«l, dta* Apulée (JMoni. II. I3).t-hl*- 
Mk du • Cha|jd<Ma * DlopUane, qui ta.il. fureur t Curiatlw cl qui, daa* un 
mouctil de ilUlracUoa, bt<iu« avoir fiUIi périr ilont un naufragï qu'il H'anlt 
1>M m préTuir, 

1. Vo}. le* Heeltepunlt «f PeSostridU fragmenta, colllgén p4r Kieu |JslirU>> 
r. Pkilal. Sup[>ll.d- VI [ISSl-dS], )■. 325-394}. il y a dUmntlmnnt cnlnt E. ni«U 
et Fr. Bail (iiF. ci-dumu», p. 24S, 1) Mr la d«le de l'uiipnrilJan de l'wurrt «pô- 
crypbe de NOcliepMi o( P«[o»iri>. niei» leuaut pour 'HQ-^'I i. Gbr., Uoll puar 
une «poque iioïUrieare, )>«rce iiue IVtosiris lui «Diable familier anc II lilte* 
raIor« l)«rtn«llqaâ. 

9. rUn. BM. Kat. XUX. | 9. 



t'l*TltOLOGI8 n^fi> 1.^^ 



KT 



Pline, qui n'aime ni les médecios ni les astrologues, atteste, en 
1« ilé(iloraiit, roDgouemciil da ses coiit«Dipuraios pour l'astrolo- 
gie, devenue la religion de ceux qui n'eu ont plus d'autre. D'un 
bout du monde ^ l'autre, dit-il. on invoque à tout moment la 
Fortune. « Mais une partie de l'humanité la bafoue, elle aussi, ut 
« fonde son avenir sur l'astre qui fait loi à la naissance, pensant 
« que la divinité a décidé une fois pour toutes sur tous les hommes 

< à naître et ne s'occupe plus du reste. Cette idée a commencé à 
« s'asseoir, et la foule, gens instruits uu sans culture, s'y préci- 

< pile il la course' », L'astrologie se fait toute h tous. Dans c« 
troupeau qui se rue du côté où le pousse le goût du jour, i! en est 
qai la prennent pour une science naturelle, d'autres pour une 
roUgion, d'autres pour un perfection nemeut de la vieille magie, 
tous flattés, au fond, de frayer de si près avec les astres t^t d'avoir 
leur étoile au ciel. Les plus simples croyaient, à la lettre, que 
chacun était représenté lîi-liaut par une étoile d'éclat gradué 
selon sa condition, étoile qui naissait avec lui et tombait de la 
TOÛte céleste h sa mort^. Ceux qui avaient une idée sommaire de 
la marche des astres et des moments opportuns qu'elle liait naître 
trouTai^nl leur pàtunt dans des éphémérides adaptées à louta 
espèce d'usages. Enfin, les hommes cultivés, ceux qui voulaient 
tout ramener !i des principes rationnels, eurent toute satisfaction 
lorsque, an milieu du siècle des Autonins, le plus grand astro- 
DOme de l'époque, Claude Ptolémée d'Alexandrie, eut fait entrer 
l'astrologie, ordonnée et épurée par lui, dans un corps de doc- 
trines scimilifiques où les faits d'expérience se groupaienleu théo- 
ries empruntées aux plus ingénieuses spéculations des philo- 
sophes pythagoriciens, péripatéliciens et stoïciens*. 

Devant ceitentraîneiDenl général, lesjurisconsultcsappliquai«it 
ou laissaient sommeiller, suivant les cas, les loU ri^ressives. 
Depuis la publication de la Tétrahible de Ptulémée, il leur était 
difficile de soutenir — comme le t^it encore Ulpien par habitude 
proltMsîouuellc* — que tous les * mathématiciens et Cbaldèens > 
étaient des imposteurs exploitant des imbéciles. Mais une science 
peut être de bon aloi et être dangereuse. C'était même parce qu'on 



1. Itln. HuLKnL ti, |!ï. 
1. Plia. t>f>. dl. Il, lis. 

3. La TtTf^tXet, la Uilile dci ailrologuM, «si probable me ni lo dernier 
oanage io rilinitre utronoino ^ c'éUII 1» capiluUlian de U science. 
t. Uipiin. in. Moi. H Hom. leg.nUal, XV, 3, |. 

flrr. HinoB. LXV. !■ vasc. 1? 



258 



4, DOVCa^'tCCUlCQ. 



croyait k la puissance àoa calculs astrologi^es que l'on s'en 
défiait si fort. Aussi» en fait d« diTinatioa, ta jorispnuleace bèBi- 
tait. On avait d'abord pensé que l'on ne pouvait pas punir la 
science, luai^ seulement l'exercice du métier. Puis, après deAj 
aooÈs d'indulgence, on avait considéré comme oontreTeuanU< 
lea devins et leurs clients, et gradué les peioes suivant l'impor- 
tance de ta consultaliou. la peiuu capitale étant applicable À qui^ 
coaquo consulterait ■ sur la sautùdu prince' >. Sooa le rigiie< 
Commode, S. Sôv^ avait failli être coudamné comme coupable 
d'uu crime de ce genre'. Au Toud, ce qui empêchait les légistes 
de classer l'astrologie parmi las sciences inoffensirfls ou mtoie 
utiles, en dépit des protestations de tous ses docteurs, c'est que 
le public s'obstinait de plus eu plus k la conrondre avec Ut magie, 
celle-ci antisociale par essence, étant l'art de suspendre, pour 
les violer, toutes les lois, divines, humaines, naturdles. « Chai- 
déons * et ■ mages > avaient été synonymes dàs l'origine, et 
le» • Égyptiens >, avec leurs |^rauioop6t! et chimie magiques, 
■nérilaieut mieux encore le renom de sorciers. Cestaprts la pri^ 
d'Alexandrie (2S)C}, où pullulaient les professeurs et lîTns da 
scionoes occultes, que Uioclélien rendit un édit conservé en sab^ 
tanoe par les légistes de Justinien : « Il est d'intérêt public que 
< l'on apprenne et exercn l'art de la géomètrit?. Mais l'art mathé- 
■ matique est cundaïucmblu, et il est absoluinenl interdit^ >. Les 
souverains du Bas-Empire renouvellent de temps à autre les 
édltsqui fraiipent iudistinctemwit lou» les devins oonsultants : 
les nuUhematici figurent dans le nombre, cooune doublant nu 
remplaçant l'appellation de ■ Cfaaldéens >, c'est-i-dire magi- 
cieni). Parfois, l'astrologie est seule visée, comme dans l'édit 
de 4(J9, daté de Ravenne, qui ordonne de briiler < sons les yeux 
« des évèques > lea livrée des mathématiciens et expulse « non 
« seulement de Elumo, mais de toutes les viil&i >, ceux d'entre 
les praticiouM susdits qui ne so oouvertiraient pas k la religion 
catholique*. 

Le zàle religieux que trahit ici Honorius n'est pas le mobile 
qui d'ordinaire mut eu émoi la cbaDcellerie impériale, mais bien 



I. Op. cit., XV, î. î-3. P*ul. smi. V, ai. 
i. S|iirtiau. Stver. I. 

3. Cod. JiiM. I, 18, S. 

4, EdlUd«35T(C>>d.Th«Ml.lX, 16, 4}, 4a 358 (IX, 16,6), de 365 (IX, 16,8), 
de m (tX, 16. 13). 



L1STB0L0CI8 PINS l« Xn^lift ROtltlII. 



259 



I 



la peur des prévisiuDs k l'usagtà dos ambitieux et des envoûto- 
meut3 do ta fznnille i-t^nautu. Los astrologues avaient pourtant 
imaginé un moyen radical de calmer les inquiétudes dôla police. 
C'était d'enseiguer que l'empereur, vicaire de Dieu sur terre, 
D'est pas soumis aux décrets dos astres, qui sont dos dieux de 
moindre envergure. L'iionnête Firmicus, qui dédie son trailé 
d'astrologie h un fonctionnaire arrivé sous Constantin et Cona- 
tance aux plus hautes dignités, fait de son mieux pour accréditer 
cette doctrine : * ^'ous donnerez vos réponses en public », dit-il 
h son lecteur, < et vous aurez soin de prévenir ceux qui viendront 
« vous inlern)ger que vous allez prononcer à haute voix tout c« 
« que TOUS avez à dire sur leurs interrogatoires, aân qu'on ne 
« vous pose pas de ces questions qu'on n'a pas te droit de foire 
« et auxquelles il est interdit de répondre. Prenez garde de rien 
« dire, au cas où on vous le demanderait, sur la situation de 
f l'État et la vie de l'empereur; car il ne faut pas, nous ne 
« devons pas parler, mus par une curiosité coupable, de l'état de 
« la république. Celui qui répondrait h des questions sur la des- 
« tinée de l'empereur serait ud scélérat, digne de tous les cMti- 
« menls, attendu que. sur ce sujet, vous ne pouvez ui rien dire 
« ni trouver quelque chose k dire. 11 est bon, en effet, que vous 
« sacliiee quv, toutes les fois que les haruspices sont consultés 
« par âe» particulière sur l'état de l'empereur et qu'ils veulent 
« répondre à la question, les entraillesà ce destinées et lesarran- 

< gemeats des veines les jettent dans um inextricable confusion. 
« De même, jamais mathématicien n'a pu rien affirmer de vrai 
« sur la destinée de l'empereur, car. seul, l'empereur n'est pas 

< soumis aux mouvements des étoiles, et il est le seul sur la des- 
« tiaée dnquel les étoiles n'aient pas le pouvoir de se prononcer. 
« En elTet, comme il est le maitre de l'univers eulLcr. son destin 
« est réglé par la volonlé du Dieu suprême, et. la surface de toute 
« la terre étant soumise à la puissance de l'empereur, il eai lui- 

< même classé parmi ces dieux que la divinité principale a com- 
« mis pour faire et conserver toutes choses. C'est la raiwo 
« majeure qui embrouille les haruspices : en effet, quel que toit 
« l'être surnaturel invoqué par eux, celui-ci, étant de puissance 
« moindre, ne pourra j.imais dévoiler le fond de cette puissance 
« supérieure qui réside dans l'empereur' ». 



t. Ptrmk. Mathtt, 11. W, t-lO, nd. Sitll. Oplnantitr quidavt falum vhui 
yritiClfU fi>t«iiaU ver fUri (Amni. Marc. XXVlIt. 4, U). 



iM 



k. «OUCHi-itCLClCQ. 



Le raisonnemeDl est admirable et à classer parmi ceux qoe le 
laogage populaire appelle des malices cousues de fil blauc. Fir^ 
micuB l'avait peul-âtra empruutii aux GDOstiquas, qui disaient 
ks cbrétieoa i^ncipés, par le baptôinc. de la domination des j 
astna, ou aux thèolc^eoa qui souteDiieut que J^aua-Christ n'y ' 
avait jamais été soumia. Le difficile était de le faire accepter et j 
même il',v croire. Firmictta a l'air d'oublier que, dans la pré&oe 
de son lirre, il a passé une revue de graudi hommes, et montra 
dee maîtres du monde, corarae Sylla et J. César, menés par leai 
décréta des astres; après quoi, il adresse une oraison émue aaj 
Soleil, à la Lune et aux cinq platiéteâ pour les prier de coatenrerj 
l'empire k perpétuité h, Conslanliu ot il sa postérité*. Si lesaat 
n'ont aucun pouvoir sur l'empereur, iiourquoi leur demander ca' 
qu'ils ne ptiuvout ni donner ni ùtiu-î 

Brideniroent, ces finesses d'avocat ne firent illusion Ji personoc, 
et ceux qui faisaient semblant de les prendre au sérieux avaient 
sans doute intéi'ùt k affecter la naïveté. Après comme STant, 
les lirrus astrologiques — ceux du moins qui circulaient aoua 
te manteau — continuèrent k s'occuper avec prédilection dasj 
souverains et des prévisions utilisables en politique. Le bon 
voulait que la destinée des rois fût écrite au ciel de préféreoce kl 
celle des savetiers, et le grand art ciît perdu son prestige à is'ia-] 
terdireles risques glorieux. Ne i>ouvaiit ni ne voulant se deesai-' 
sir de leur omniscience, les astivlogues préféraient s'entourer 
d'ombru et de mystère; ils taisaient prêter k leurs disciples 
serment de ne rien révéler aux profanes de« secrets de lâni 
métbodes; ils affectaient d'assimder leurs euseignemoats il une 
initiation religieuse ou aux doctrioes ésotériques de Pytbagora el^ 
de Platon^. 11 y avait, dans ces allures, autant de ooque4tcri€ 
que de prudence. Au tv* ùècle, l'astrologie ne peut plus guère 
être surveillée, car elle eM partout : elle s'iiiflltre dans toutes 
méthodes divinatoires, et bien des gens se pt-rsuadotit quo 
les dieux inspirateurs des oracles ne connaissent l'avenir que par 
les astres. Do temps en t*^mps. quelque scandale avertit que 
astrologues ne savent pas toujours pi-uvenir la chute de leurs^ 
prolacteurs. Quand lu préfet d'Égyplo, Paruasius, fut disgracié 



l. Mrmtc. 1, «-I0, 

3. Vo]f. iM funaulu de Mtment iielttt par V«Uiai Vslcos 4'AaUoclie {ap. 
Fnbrlc. BM. graec. Ion. IV, p. 147 «d. HarlMj. Cf. Fjnnle. n, SS, 18. VH, 
pntvl. 



i7ii<iTR0trv.ie D:tNs r.R «AxnR nnMAiif. 



m 



» 



SOUR Constance, ce fut probablement pour avoir consultéunastro- 
l(^ae « sur des choses que la loi ne permet pas d'apprendre' ». 
Julien n'eut pas besoin d'astrologue pour appreodro l'heure de la 
mort d« Constance, s'il «tait capable d'interpréter lui-même co 
que vint lui dire un fantAmi> nocturne, à iiaroir, que Constance 
mourrait quand Jupiter entrerait dans le Verseau et Saturne dans 
la 25» degré de la Vierge'. 

Dans le oélèbro procès de 371 figure un astrologue, Héljodore, 
mais presque uniquement comme délateur : la « consultation sur 
« l'empereur futur >. qui exaspéra si fort Valens, avait Hè don- 
née par une table magique et un anneau tournant^. Nou» sommes 
mal renseignés sur le détail des révolutions de palais entre Tliéo- 
dose et JustinioD ; mais l'astrologue Patchos nous apprend que, 
en 483, l'usurpateur Léontîus avait choisi son moment après 
consultation de deux « maltiématicîens* », et c'est une raison de 
croire que les astrologues continuaient à avoir l'œil, comme 
autrefois, sur l'étoile des ambitieux. 

En somme, l'astrologie, qui ne peut jamais avoir de prise 
directe sur les classes populaires, a eu dans le monde gréco- 
romain toute la fortune qu'elle pouvait avoir, et la persécution, 
plus virtuelle que réelle, ([u'elle a subie u'v a pas nui. Si l'on 
veut mesurer le chemin parcouru depuis le temps de Juvénal 
jusqu'à celui d'Amniien Marcellin, eu ce qui concerne les Romains 
de Rome, c'est-à-dire de la ville où l'on avait le plus tracassé 
les astrologues, il suffit de rapprocher les témoignages de ces 
deux auteurs, en faisant la part de l'exagération chez l'un et de 
la mauvaise humeur chez l'autre. Ammien Marcellin, venu h 
Rome vers 380, est scandalisé des vices de l'aristocratie romaine, 
amollie, adonnée au jeu, stérilisée, incrédule et superstitieuse. 
« Beaucoup de gens parmi eux nient qu'il y ait des puissances 
« supérieures dans le ciel; mais ils ne se montrent pas en publie, 
• nedloent ni no se baignent sans avoir au préalable consulta 
« attentivement l'éphémépide, pour savoir, par exemple, où est 



1. Liban. Oral. XIV. 

1. Amm. Hm. \X\, 1, ï. 

3. Amm. Marc, XXIX, I. h\ 1,13. 

1. Fr, Comonl, fAttmtogue Palehia (Rev, de l'Initr. publ. oo Belgtqne, 
XL |IS97], p. 1-U. et. la ninMiltBtluii ablroloiiiituo sur reiti|>irH arabe l't Ich 
vttffKt*un lie M*iioni«l, tnUu mm k nuiii ilËticarie il'Aloiiiiiilrie, cualvmiH)- 
nla d ll#r«cllui, daat U< UHiur, De SUphano itexandriiu (Doodu, IWO), 

p. a-si. 



262 1- BOCCHJ-LBCLEIGQ. 

< le signe de Mercure, ou quelle partie du Caacer occupe la Lane 
« dans sa course à travers le ciel' ». Au dire de notre sévère pro- 
Tincial , les hommes en sont juste au point oîk en étaient les 
femmes au temps de Juvénal. Une certaine foi k l'astrologie &it 
partie du sens commun, et il n'y a plus que l'excès qui pane pour 
superstition . 

n. 

Il ne faudrait pas croire toutefois que l'astrologie ne se soit 
heurtée qu'à des résistances inspirées par l'intérêt socia], et qae, 
soit comme science, soit comme religion, elle ait paisiblement 
envahi les intelligences cultivées, oïl elle trouva son terrain d'élec- 
tion, sans rencontrer d'adversaires. L'absence de contradiction 
suppose l'indifTérence, et les doctrines qu'on ne discute pas meurent 
de leur belle mort. L'astrologie grecque, façonnée et pourvue de 
dogmes rationnels par la collaboration des Stoïciens, n'avait pu 
être considérée par les phûosophes des autres écoles comme un« 
superstition négligeable. Elle avait été introduite, dès l'origicke, 
dans le cénacle de la science, à une place qu'elle eut non pas ^ 
conquérir, mais à garder. Elle eut affaire tout d'abord aux di^' 
lecticiens de la nouvelle Académie, plus tard aux sceptiqu^^' 
nèo-pyrrhooieus et épicuriens, aux physiciens qui la repoussaiw *' 
comme superfétation charlatanesque de l'astronomie, aux mor.^B' 
listes qui jugeaient son fatalisme pernicieux, enfin aux théol ^^ 
giens qui la trouvaient incompatible avec leurs dogmes. 

De Carnéade aux Pères de l'Église, la lutte contre l'astrolo^^^ 
n'a pas cessé un instant ; mais ce fut, pour ainsi dire, un piétin -*" 
ment sur place, car les premiers assauts avaient mis en lig:^*^ 
presque tous les ai^ments qui, par la suite, se répètent, m^^"* 
ne se renouvellent pas. Il n'est pas question de suivre ici pa^V^ ^ 
pas, époque par époque, la stratégie des combattants et la fili^^' 
tion des arguments. 11 nous suffira de classer ceux-ci dans t. — ^ 
ordre quelconque et d'en examiner la valeur logique. Peut-èt— ^ 
Terrons-nous que, faute d'avoir su distinguer du premier CO^^-JP 
dans une construction aussi compliquée les parties mattress^3*s, 
qui étaient en même temps les plus ruineuses, les adversaires <d^ 
l'astrologie n'ont guère feit que suggérer aux astrologues S^s 






1. Amm. Marc. XXVIU, 4, 24. 



i 



l'isnoificn DJiTS lr NonnE BOiira. 



MS 



perfectionnements iJc Ii>urs méthodes, <!t, pour avoir continué II 
«mployvr des arguments qui tie portaient plus, ont fait de plus en 
plus âgure d'ignorants. 

Nous bissons de côté provisoirement, pour éviter dos redites, 
le souci qui domine et perpétue le débat, le besoin de dégager la 
liberté humaine du fatalisme astrologique. L'astrologie grecque 
o'est ni plus ni moîiis Eatalbt« que le philosophie stoïcienne dont 
elle a emprunté les Iboories. «t, contre les moralistes, elle pouvait 
s'abriter derrière des moralistes de haute réputation. 

Ce sont les Stoïcien» qui ont mis pour ainsi dire hors d'atteinte 
le principe même, la raison première et dernière de la foi astro< 
logique. La solidarité de toutes les parties de l'univers, la re»- 
senihlance de la fraction au tout, la parenté de l'homme avec le 
monde, du feu iotolligent qui l'antmo avec les astres d'où est des- 
cendue pour lui l'étincelle do vie, les affinités du corps. humaia 
avec les èléraL'iits dans lesquels il [ilonge et qui subissent l'in- 
fluence des grands régulateurs célestes, la théorie du microcosme 
eo&D, fournissait une réserve inépuisable de réponses h des atta- 
ques hésitantes'. Mais, entre le principe et les conséquences, il y 
avait placv pour bien des objections. L'astrologie chaldéenne 
avait vécu sur un fond d'idées naïves : elle datait du temps où le 
del n'était quo le couvercle de la terre, où tous les astres étaient 
raugés h petite <li»taiice sur cette voûte, et où les planètes se pro- 
menaient au milieu des étoiles comme des bergers inspectant 
leurs troupeaux. La science grecque ayant dilaté le monde, t'in- 
fluence des astres reculés h. d'énormes distances n'était plus an 
postulat de sens commun. Les planètes sont trop loin, disait Cioé- 
roD, au moins les planètes sui>érieures, et les fixes sont encore 
au delà. Les astrologues répondaient que la Lune et le Soleil sont 
loin aussi, et que pourtant ils soulèvent les marées*. Sans doute, 
les Chaldéens ne savaient pas le monde si grand; mais les pla- 
nètes, qu'ils croyaient plus petites, étaient reconnues infiniment 
plus grosses, et il y avait compensation. Il suffisait, pour main- 
tenir lo dogme astrologique, d'ideutiâer l'action sidérale h. la 
lumière : Ui où arrive la lumière pénétre aussi l'action. 

Il y avait, dans celte réponse victorieuse, un point vulnérable 



n. Tay. la ch. t M VAitrolajU ynt^M (pobllé lUos la lltvue 4t l'tlùt. «fat 
KfUgttnu, XXXV i\m], p. 1T»-30t] tt le cti. lu, IniKnlt : ta Dogme$ mlrafo. 

î. or. CIc. DMh. Il, 43. Ptolrm. Tttnb. t, 2. 



2fi4 



1. BUItCUf-lIXtltKO. 



que 1«!) «ssaillanU n'nnt pas su découTrir. Si la lumièra d'an 
asire rayonne tout autour de lut, pourquoi son action aatrolo- 
gique ne ae produit-ello qu« sons oertaios angles ou aspects * 1^ 
astrologues D'«aas«nt pas été à court de r^oses, mais il li^ur 
bltait lo8 pratuiro dans l'ordre my&liqu«. De mèiiie qu'il y a cept 
planètes, àa mSine, en vertu de l'harmonie générale, chaque pla- 
nète agit dans sept sens ou aspects et non plus. Les purs logicleos 
n'étaieat pas oonTaincus, sans doute, par un argument de oe 
georti; mais les astrologues arnif^nt pour eux k-s P>'thagorkiMU 
et tous tes amateurs do raisous absooDaos. Unii est-il cortain 
qu'il n'y ail que sept planètes, et, s'il y en a davantage, les cal- 
culs des aatrologueii, qui n'en tiennent pa» compte, ne sont-ils 
paa btissês par là-roème ' ? I>e.<) astrologues pouvaient oa écarter 
l'hypothèse ou répoudre que l'action de ces plan&tee était oé^lî- 
geaÛfl quand elles restaient invisiblK, et qu'elle était soigneuse- 
ment appréciée quand ellrs apparaissaient sous forme de oumétee. 
Sans doute, il eût été préféraMe que Ton pût (aire eutrer (laos 
les calculs les portions de tous les astree, au lieu de se borner 
aux planètes et aux signe» du Zodiaque; mais de qudle scienoe 
oxige-t-on qu'elle attt^igno son idéal î Les astronomes modemn 
00 peuvent pas non plus faire entrer dans leurs romiulosld réseen 
infini d'altractlona quo suppose la théorie do la gravitation ani- 
vers^o. 

La discusuon éèrantatt peut-être, mais labsait debout l'idée 
que les astres agissent sur la terre, et même l'idée plus précise 
que les astrologues, s'ils m calculaient pax toutes les infloenoes 
célestes, visaient au mcnns les principales. Mais là surfît le point 
délicat, une question redoutable dont les adversaires de l'astrolo- 
gie tirèrent un assez médiocre part). Comment préteudait-on 
déterminer la nature des influences astrales*? D'où savait-on que 
telle» planètes étaient bienfaisantes, telles autrt>:< malfaisantes, 
et plus ou moins suivant les cast Comment jusliiîer !as ridicules 



t. Farnrin. ap. (Ml. XIV, 1. t1-13 : doitU »|iritné déjl par Arténtdon 
il'Kpbàie (S«nec. Quaat. Sut. VII, 13), repouitt comm<! lubTenifde l'himMK 
me Af» sphtrct par I«« plalontclent [d'. Tliiro Scnjra. p. 200 Utllcr). L«« utnv 
|0|[U» ont toujoun Ae* phltoMphe* de l«ur cAlé. 

ï. S il 1 a une actino d«i ulrM, cJI« eil pnur noui quelque cbow d« èxgnj- 
Iqsnv [Sul. Bmpitir. Àdv. Atfrot. | V>, p. 3U}. C>«l l'objection i)a fna4, 
o«t1e t laquelle on reiieat <|UAn<l lot autre* ont ttùit. Ptolhn^e la réfute de ton 
mieui, par d«i aDato^ie» caKiies et de* raliona AcAU, aa c«mnwsc«iMnl de m 
fttrabibU (cJi. i. 'On xonliiiiRixii i^ b' ivrpM^fsc rttivK ui pJxP> i^mk}> 



SBSOCÛitioDS d'id^ attachées k la forme purement imaginaire ih-s 
flgares du Zodiaque, l'influence réciproque des planètes sur les 
signes et des signes sur les ptanêlc«. alors que celles-ci — on le 
savail depuis longtemps — wiit à gronde dislance des constella- 
tions et n')- paraissent logées que par un effet de perspective? Los 
astrologues avaient le cboix entre divers genres de réponses. 
Aux esprits positifs, ils atlîrmai^nt que les connaissances suspec- 
tiècs se fondaient sur rexpôrimicu, sur uno série d'observations 
continuées pendant des siêclos ou même durant des périodes 
entières de la vie cosmique, de celles qui, achevées, su recom- 
mencent. On avait beau retrancher aux chiffres fabuleux invo- 
qués par les Cbaldéuns, il en restait toujours assez pour consti- 
tuer uno tradition respoclable. Cicéron le sent si bien qu'il s'abrite 
derrière Panétîus puur attaquer : « Quand ou vient dire, écrït-il, 
« que les Babyloniens ont em|)loyé quatre cent 8oixant«-dii 
< mille ans it faire des essais et des expériences sur les enfants qui 
« venaient de naître, c'est une duperie : car, si on avait pris 
« Thabitude de le faire, on n'aurait pas cessé ; or, nous n'avons 
« aucun garant qui dise que cela se fait ou sache que cela se soit 
« fait' ». L'argumenlalioQ est assL'z mollo : il n'est pas nécea- 
saire qu'un usage se continue pour qu'il ait été pratiqué dans le 
passé; et, quant h ce passé, W astrulugues ne se faisaient pas 
faute de soutenir que les documents chaldéens existaient - et qu*il 
ne sufBt pas d'ignorer une tradition pour la supprimer. 

Us étaient plus h l'aise encore avec les mystiques, qui déri- 
vaient de la révélation divine tout ce que les hommes n'avaient 
pu inventer eux-mêmes. Il y avait sur ce point da traditions <tc 
toute sorte, d'autant plus confuses^ qu'où uedtstinguait pas entre 
astrologie et astronomie. Une idée ctiérc aux Grecs était que, la 
prévision de l'avenir ayant pour but, avoué ou non, de déranger 
l'ordre prévu, la divination avait été enseignée aux hommes par 
les dieux détrônés et révoltés, par Atlas, fils d'Ouranos ou du 
Titan Japoto*. père des Pléiades et des Hyades, ou parPromà- 
thét', fabricateur et éducateur de l'espèce humaine, ou encore par 
le centaure Chiron, catastérisé dans le Sagittaire du Zodiaque, 



I. Ck. Ditin. 11. «, CI- I. Ifl. ne tnUru;. Fjvnrinuï 0|>. r.ell. .XIV, I, S. 

1. épii^f ciliil le* DOCXX M (iNTiorum otufrvaHoTtm tidemm Citetatbut 
laleixiilét inicriptai [Plia. UUt. Nat. Vil. |! I'J3). 

3. Le ttuMmeiit de re« l^end«6 el Ict réCèraiect «ai lutei ont tlà tupprt' 
nts Ici, c«utii« tmpMUmtalun iT«\> «ncomUniiit. 



26» 



1. B0Oi:ii<LBCLnC«. 



h moins qoe, sur ta foi àea Orphiques, on ne svbstitaàt à «e> 
rAràUtears Orphée, ou Musée, ou Humolpos. Le breret d'inTCO' 
teur(I<> l'astmlogio était ti l'encan et adjuge par les mj'lhograi'bis. 
Mais It» droits de la Cbaldto «t do l'E^pto no m labsBiont («t 
éliminer aiusi. Les oéo-Égyptieas invoquaient les ri/rHaHiOM ik 
lour Harmis (Tboth) on de l»ur AsclépioA (EsclimoaD) parler 
quels auraient été instniils Nècti«p90 et Pétosim. Les Cbaldèei» 
tenaient la leur, au dire des évliéùi^istes, d'une Istar ou Vénua 
quelconque qui aurait enseigciï l'astrologie h Hormh, celui-ci 
trait d'uuioii «titre la Chaldée, l'Ég^'pte ot lo monde grèoo-romDia. 
Toutes cûs légendes, brassées et repétriespardes agioteurs oncbi- 
rissant les uns sur les autres, se prêtaient & toutes les fantaisies. 
La palme que ne disputaient I^ptiensel Clialdéens pouvait leur 
être ravie par les Ktliiopieos, sous prétuxtA qu'Atlas était un 
Libyen ou uu SU de Libéra. En disant d'Hàraclè»4Iclqart un 
disciple d'Atlas, on se procurait une espèce Ae conunU-voyageur 
ou astrologie, qui implantait ta doctrine partout où U plaisait 
aux mylho^ra phcs de )« promener. Par ses attaches phénideaiMS, 
la lèi^ende d'Hercule rentrait ti volonté dans le cercle d'attraction 
de la Chaldée. Les Juifo eux-mêmes — ceux d'Alexandrie proba- 
blement—apportèrent leur appoint aux prétentions cbaldèenneai 
en s'attribuaot, au détriment des Égyptiens, Phéntcieoa et Ca- 
riens, le rôle de propagateurs de la science des oorpe oèlestes. 
Suivant eux, Abraham avait apporté cette science de la Chaldée, 
sa patrie, en Egypte; elles Phéniciens, instruits par les Hébreux, 
l'avaient importée par Cladmos en Itéotie, où Hésiode en avait 
recueilli quelque^s parcelles. En un mot, tous lea dieux, héros, 
rois et ancêtres de peuples étaient mis k conlnbutiun, pour la 
plus grandi) glolrede l'astrologie et de l'astroDumiu, pn!sque tou- 
jours confondues sous le même nom et se prêtant un mutuel appui. 
Toute foi engendre elle-même ses precves et n'hésite pas aa 
besoin, dans l'intérêt de la bonne cause, à leur donner l'air d'au- 
tiquité qui convient. A l'appui de oos belles inventions, les bbri- 
cants d'apocryphes écriraient des traités de scieuoe astrale soos 
les noms d'Orphée, d'Hermès Trismégiste, des plus aociens 
patriarches ou philosophes. Les partisans de la révélation et de 
la tradition ininterrompue, ainsi retranchés, n'avaient plus rieo 
h. craindre dds rares sceptiques que l'exemple du grand astrononta 
et astn^ue Claude Ptolémée n'aurait pas Gonveartis. C'était 
une espèce de consentement universel, aaeis b ta fois sur ta rêvé- 



L ASTBOLOGrE 04^6 LE M0.10E ROllilH. 



■itt7 



A 



• 



lation et l'éxpériâDce, qui avait dtifini la natura, qualité et quan- 
tilÀ, dtis ellluvos ou influence sidÂreluj. Les associations d'idées 
les plus ineptes se trouvaient justifiées de cette façon. Plus elles 
ÂtaiMit bizarres, plus il devenait évident, pour ccrtatoes gens, 
qa'flUas «Tatont dû être connuos par l'évélation. 

Les principes gi^néraux de l'astrologie une fois admis, les objec- 
ns ne eurent plus guère qu'à suggérer aux astrologues des 
perfectionnements de leurs procédés. Cicéron assure que les astro- 
logues ue tieoneot pas compte des lieux, mais seulement du temps, 
et que, pour eux, tous ceux qui naissent en même temps en n'im- 
porte quel pays ont même destinée, Favorinuset Sextus Empi- 
ricus en disent autant'. Il est probable que Cicéron n'était pas 
au courant des progrès de rastn)logie à son époque, et ceux qui 
répètent son objection étaient k coup siJrdans l'erreur. On sait 
aisaz qndle plac« tient dans le poème de Manilius fit dans tous 
les traités d'astrologie postérii^urs à l'âre chrétienne la question 
dea « climats » et des ascensions obliques (ivaçop»!) variant aui- 
Tantlesclimats, pour dire que les astrologues avaient mis la cri- 
tique à profit et ne la méritaient plus. II n'est même pas sbr 
qu'elle fût juste, adressée aux anciens Cbaldéens de Chaldée. 
C«ux-là n'avaient peut-être pas idée des climats; mais, en 
revaDche, ilscroyaiotil que l'influence d'un astre n'était pas pai^ 
lootla même au même moment. Ils écrivaient sur leurs tablettes: 
« Si la lune est visible le 30, bon augure pour le pays d'Accad, 
« mauvais pour la Syrie- ». Mais le progrès des connaissances 
gfograpbiques et historiques fuurnit la matière d'un argument h 
détaote multiple, fort embarrassant, qui doit avoir été mis en 
forme par Carnéade. Hamené k ses éléments les plus simples, il 
peut se résumer comme il suit : 1" il y a des individus qui, nés 
dans des circonstances différentes, ont même destinée ; 2° inverse- 
ment, il y a dos individus qui, nés dans des circonstances sem- 
blables, ont des aptitudes et dus destinées diJiérentes. Voyons 
l'usage qui a été fait de cet engin de guerre. 

Si cliaque individu a sa destinée particulière, détenninte par 
sa géniture, d'oi^ vient que l'on voit périr en même temps, dans 
un naufrage, un assaut, une bataille, quantité d'individus qui 



m, 



I. de. SMii. Il, 44. Fanria. *p. G«1L XIV, 1, 8. S. Smpir, Adv. *itnl. 
«1. 
. le <k. u de VAttrolagit çreejut. 



i&a I, BftttailiaRCLtUQ. 

lie sont nés ni dans l« mônic temps ni dans le mjfins lirat Bd-cft 
qa«, dit CioèrOD, tous ceux qui ont péri k la bataille de CaniuB 
étaifint oâs sous le même a^lre ■ ? A wla les astrologues répondaînt 
quo tas influencos universelles (lui^sVixi) donÛDent les iaflaences 
]>lu8 restreinli» qui façonnent las ginîtures iodividiieUes. Lea 
tempùti», guerres, pestas, flfïius collectifs de tout genre, pr^ 
valent sur les résnllats des calculs de niotodre envergure. Ausâ, 
Ptolémée recommande expreas^ment de laisser une marge, dans 
les gL^niturce iiarticulièrcs. pour lue cas de força majeure prora- 
narit des phénomtiiies de )iort^ catlwliqiw. La riposte &tait habile; 
le prédominance du général sur le particulier, du tout sur la 
partie, paraissait une vérité de sens commun. Mais l'argumant 
offensif n'était pas épaiaé. Comment se biUil, disait Caméade. 
qu'd y ait des peuples entiers où les individus ont mi^ine tempé- 
rament et mêmes mœursî Tous les iniliviilus de même race sont 
donc uÀs »ou3 le même signe*! Si la Vierge bit la peau blanche 
et les cheveux lisses, répétait encore trois siècles plus tard Sex* 
tiis EmpiricuK, aucun Ëthiupien ne nail donc boue le signe de la 
Via'ge'T An temps d« Soxtus Ëmpiricus, la brt^:ho qu'avait pu 
faire la question de Caméade était réparée, et le pyrrlionien 
aurait pu prendre la peine de lire Ptolémée, qui cite précisément, 
pour montrer qu'il y a répondu, l'exemple de l'Éthiopien îi peau 
invarisbU'ment noire et du Germain ou Galate à peau invariable- 
ment blanche*. Les astrologues invoquaient encore la prédomi- 
naiico des influences générales, non pUi« seul«ra<'n(acciidentaUe8, 
mais fixes, agissant d'une façon continue et créant ainsi les types 
ethniques. Ils tran!<pa4rent h leur usage une théorie très vinUle 
et très modeme'\ si moderne qu'on la croirait née d'hier, celle 
qui suppose l'homme façonné par le « milieu • où il vît et s'y 



I. Ck. Divin. II, 17. Areuinenl répiUft uli^l» fiuFaroriBusfa|i. Q«lt. XIV, 
1, il), S. Ktupiricui (Jdu, A*(rat. J 91-93, p. 3U], CrtgoireJe Kfu« (£)« ftUo, 
■p. 165, 169) elt., el ilunt CaItIq UMlt encore contre le* utralogoM à* m» 
Ump* (toaaiaui, Sptrul. aifrol., p. S). 

ï, OarnéuJe diriRetit Burloul cet trgnmenl contre la rnonle, qu'il monlnil 
nrulile (l'un |>«u|>l« A l'«ulre, prouvant ton itire p«t 1«« v4)u|i9 Rnrplajiiwil (er. Pt. 
Bull, op. eil,). 

S 8. Bm|iir. op. elt. p. 35S. 

*. Ploltfm. Teirab. IV. 9, 

S. Elle icinont« un inoin* a Ilipivicrale, dont le traité 11»^^ Aipwi, Uinn, 
tinuiv n mil t'.rtl« id^r It la porko de tous \f* opril» (:nlUti>.t. Polybc [IV, 3IJ 
r^iumc M* bien ta théorie àa ■ mlUan * (tï inçUx«v}. 



t'iSTBOLOniB DillS I.G MONDE RAM4IN. 



269 



adaptant, SOUS peioe do disparaître. Il sufTlsaitiI'ajouterà la série 
des causes un chaînon de plua, en rapportant h l'ÎDâuenoc des 
astres les qualités du sol, des eaux, de l'air, et les aptitudes héré- 
ditaire qu'elles dêtcnuinent, (x qui était aussi dilîlcile h réful<.>r 
qu'i démontrer. Nous avons montré ailleurs' que, jiuur préciser 
l«urs id««> et pouvoir répondre affirmativement 'a la question 
jadis &i fuiburrassaute: ■ Tous le; individus de même race naissent 

• donc sous le ni^jno sigue? > les astrolu|{uos avaient coufec- 
tionné des cartes géographiques des inHuencos astrales. Ils comp- 
taient sans doute que la patience des critiques D'irait pas jusqu'à 
leur dimiander dejustifier par le menu cette répartition, et ils ont 
été, un uQet, si i)eu inquiùtùs de oe chef qu'Us n'ont pas eu besoin 
de s'accorder entre eux [lour adopter uu système unique. 

La race étant expliquée par le milieu et le milieu par les astres, 
il semblait que la querelle fftt vidée; mais la théorie même àa 
rUiflueiice du milieu, affirmée contre les asti-ologues alors qu'Us 
ne la partageaient pas encore, fut niée contre eux quand ils s'y 
furent ralliés. Il y a un argumout historique que ressassent à 
l'cnvi tous les polémistes chrétiens depuis narde.sanc'^ : si la race 
est fo^onnêe par les iafluencos tenvistre-s et astrales exercéc-s sur 
son habitat, comment expliquer que certains groupes, comme la 
race juive, ou la aecte dos clirétiens, ou encore les « mages 

• \MX-6es » conservent en tous climats les mêmes mwum et les 
mêmes lois? Le Juif échappe-t-il dune 11 l'influence des astres 
qu'il porte partout la « tactie de nature? * dira encore Gréfçoire 
de Nysse*. L'argument était de poids, et on ne l'afiaiblissait guère 
eu disant que Juifs et Ctiréliens emporlaienl partout avec eux 
leur loi, car c'était assurer que la loi était plus forte que les 
astres. Bardesane le renforçait encore en faisant observer qu'un 
despote ou un législateur peut cha nger sur place les mœurs d'une 
natkiD, bien qu'elle ra'tte soumise aux influence» supposées par 
la thtorie du milieu. Mais Icâ asti-ulogues n'étalant pas aouls visas 

I, Dmi lu jtffldHijM GrauT (Pvrla, 1881), p. 341-351, <1 dinit le prftool 
«nrr^c, ràtinAo^ greequf, eh, ii]. 

i. Nout ttocu enrara J .irKUlncnUUon «llrlbuè« A Harrlpsiinn [ronUmporain 
4e lUri>Aurtl^ «itita EuMtlic {l'mrp. Ei'. VI, lii), ri uu(> triulucliuu ifriac|ue 
ilu l|Tr« ^rril «nuit 1r nom il< IUril(<*iin« <Unii Ir .■>tikilryliiin Sgntuum by 
W. Curatoa (LODdon, iUbi]. Cf. A. IJlImenrtlil, Bardmi'U" der ltt:le Gnoatker. 
Leipzig, 186l< UtnlcMne ne combat ùntx» \'^•l^ro\o^\rs <|ue \f rii[nlii.inc : il crojtait 
aux vitirtU rendant 4u« I«h planùlei et cliar^ deolratenlr U t\t cawn\<\iit. 

3. Gre«or. Nr**- ^ /«'^t F- 1ii9 0- 



27» 



1. «oreiri'LiaBBCft. 



par cfittfi ai^umeDlatioD, dirigée contra toata espèce de Eataliti 
sdeotifique, «(, au food, iU d>d étaient goôre plus eiDbarrssf^ 
qa'uD darwintate moderne h qui on demanderait pourquoi Ita 
divenes race* cooserreot leurs caractères spéciâqoes ao debon 
de ledr habitat primitif ou peuveat évoluer sur ]>lacâ. Un avaleot 
mêiiM avantage k faire Ait conceisioDS à leurs adversairet, afia 
de 9e garer de ]'a<xuisatioD ie falalisno étroit. U suEBsait que 
rhérédilé ethnique put être rapportée à une origine qui dépendait 
elle-même deif astres'. 

Cette discussion concamaDt les eonditioDa physiques de la vie 
et les rapports du milieu avec les astres âl sui^ir d'autres dïffi- 
coltâs et d'autres solutioDs. Le raiso&uemi'ut Enîl pour les racea 
d'hommes était applicable aux espèces antnialee, qui, aoit disper- 
sées, soit oonfiaées dans leurs pays d'èledioo, étaient plus dépea- 
daules encore des fatalités uaturelles. • Si >, dit Cioéroo, * l'étatdu 
« ciel et la disposition des astres a laQtd'ioâueDce k la oaissaoce 
« de tout être vivant, on est obligé d'admettre que cette influence 
« s'eieroe non seulement sur les boramee, mais aussi sur les bêt*» : 
« or, pout-OB dire quelque chose de plus absurde' » f Favorinus 
s'amusait &demBDdiBrrhorosoopedes grenouilles et des mouche- 
rons, et Seztus Empiricu» rit de l'âmberras d'un astrologue qu'il 
suppose en bec d'un liommeet d'uo âne nés sous le UMtne signe*, 
il faut être prudent dans l'emploi du mot ■ absurde >. Il y eut 
un lumps sans doute où l'on disait des esclaves et des petites gens 
ce que nos logiciens disent ici des animaux ; oà l'on trouvait 
absurde que leur destinée (dl écrite au ciel ou qu'ils prétendiasent 
à l'immortalité. Le progrés des idées démocratiques avait reculé 
ta barrière, plantée maintenant entre l'homme et l'animal. Les 
astrologues héfiitaitiutà la renverser: et pourtant la logique lesy 
j)Oussait, même leur logique parliculièro. Pourquoi, par exemple, 
les typesanmiaax, qui remplissaient la naiùeurepartiedu Zodiaque 
et tendaient à produire sur terre des types senbkbles, n'auraieat- 
ils eu action que sur l'hommel Finalement, les praticiens, sinon 
les docteurs de l'astrologie, acceptèrent bravement celte consé- 



I. La ■«trolo^M ardool eaeor« kî an lupplËinent de ttuouttu» dau l'h^ 
roseop* dts dUa, <iui lulroduiMit ud éltaieat commun Aam. la itoUn^a lU Imii 
lMd(0]«aa.Cio«ruu(/><(<iit.lI,47JI« IrouTul «bturJo. tl do l'iUlt fiMpluqne 
la fui i l>nicueiU <lo3 c^irtmonlB» umiUliunt c l'innuguralioo * d'us elU p>*r 
uw Coodiiicar. 

3. Psrgrln. ap. Coll. XIV, I, SI. S. Kmpif. pp. eU. p. 3SS. 



LlSTHDLOGtB DAXS LE UOMDE KOKilK. 



2TI 



queace de la sympathie universelle, et ils eurent pour eux les 
Ames sensibl&i, qui faisaient tirer l'horoscope de leurs chiens, ou 
les èlereurs de bétail, qui consultaieiit sur les aptitudes de leurs 
produits. Les mauvais plaisants qui apportaient h l'astrologue, 
sans l'arertii', uu Itièmo du géuiture itrussé pour un animal, sor^ 
laient éiiierveillos si le pralicion avait reconnu de quel client il 
s'arasait'. Le raisonnement fut «tendu, saus qu'un eu rit désoi^ 
mais, au règne végétât et minéral, justifiant ainsi, [lour le règne 
végétal, les vieux valendriers des laboureurs, et préparant du 
c&tèdu règne minéral les ambitions extravagantes des akbiinistes 
qui chercheront les conjonctions d'astres propres à engendrer les 
métaux ou les pierres prédeuses. 
^m Ainsi, la série de difficultés nées de cette simple question : 
^Pk Pourquoi des groupes d'individus ont-ils même tempérament 
« ou même dustinéo? * avait amené les astrotoguesà se faire sur 
les races humaines, sur les espèces animales, sur ler&lodu milieu 
et de l'hérédité, des théories qui leur valaient la réputation de 
savants. Ds eurent tacitement raison de l'objection inversa, celle 
qui demandait pourquoi des individus nés dans les mêmes cii^ 
conslancios avaient des aptitudes ou des destinées si différentes. 
Comment se fait-U, disait-on, que, entre tant d'hommes venus au 
I montki sous les mèmeâ planètes, il no naisse pas quantité d'Ho- 
I mères, de Sucrâtes, de Platons'? L'argument pouvait avoir 
quelque valeur au temps de Cicèron, mais Favorious aurait dû 
savoir qu'il était depuis tout h (ait usé. Avec la proclsîon exigée 
parles métliodesde l'astrologie savante, il était hautement impro- 
bable qu'il y eût jamais deux thèmes de gèniture identiques. Les 
éléments du calcul, les sept planètes et leurs aspects réciproques, 
les douze signes du Zodiaque, leurs aspects et leurs rapports av»c 
los planètes, les décans, dodécatémoriejs, etc., tout cÀi mesuré 
au dc^ré Ct it la miaute suffisait h des millions de combinaisons, 
airangemeots et penautatious mathématiques. Si, comme on va 

t. AugntllR. Civ. Dti. V, 7. Cf. Conteis. Vil, 6, OriK^n. np. Kiiititb. Praep. £t. 
VI, n, 1. FabriolP* (id Sai. Eropli. |i. ibi) * IrouTt qualie Ibtinoa géaA- 
lk1iu)ii*s de Te>ui dana na Initt i'ditnphjfii^ua pubUA k Cologae ta 1706. 
Mcn ne w perd, 

1. etc. DiMn. Il, 47. PaTorlo. ap. Gfll. XIV, I.ÏD. S. Kmpir. ap. elt. p. 35^. 
Poun]uui ne niU-ll jiu <it« roU loiit le» JourtT dUiilt S. Baaila. Ou caraio. 
poarTUui !«■ Oli de r«i« r#i;nei)t-iU, ifuel t\m «oit leur borotooptl {Stxatm. 
VI, S-7}. Mala iMadrolugues coaLctialont \f* promisses mima» do ralwniMmeot. 



272 



A. UCCltf'UCtEtCQ. 



I« voir, dos jumeaux mSino n*aTai«Dt pas le mâme horoscope, ï 
plus forto raiiton dos iiutiTidiu nés «a des temps ou des lieux difl^ 
rents. I>s astrologues stoïdens auraient pu promettre à FaTon- 
iiuii de Duuvenux Sucrâtes et de nouveaux l'tatoos quand t'ch»T.f 
TinoMif aurait (ait recommeocer au monde l'existeDCO d^k vécue. 
En 8lt«ndaDt, i) y avait plat» jiour une diversité presque inSnie 
do géoilurva. 

C'est \k que les raisonneur» attendaient les astrologufis. On 
connaît, par la célèbre comparaison de la roue du poUer', la 
bçou (tont les astrologues expliquaient comuuiot deux Jumeaux 
pouvaient avoir parfois des destinocs si difTércntes. Les exemples 
ilaient nombreux de jumeaux dont l'un mourait en bas ikge et 
l'autre atteignit h l'extrême vieillesse, et la difficulté avait fort 
tourmenta les hommes do l'art. Us expliquaient le fait par la 
rapidité de la rotation de la voùt« céleste, rapidité telle que les 
lion>scopei> des jumeaux sont séparés sur le cercle zodiacal par 
un intervalle appréciable. >lais ils soulevaient par là un ooooert 
de récriminations. On leur demandait s'ils étaient capables d'at- 
teindre dans la pratique k cette précieion idéale d'où dépendait, 
de leur propre aveu, l'exactitude de leurs pronostics. Ici, Sextus 
Empiricus, sentant qu'il «st sur un tt'rrain solide, pousse une 
charge k fond contre les astrologues. Il suppose à l'osavre une 
équipe de deux Cbaldéeus, dont l'un surveille l'accouchement, 
prêt k frapper dut un disquo de bronze pour avertir son confrère 
posté sur une hauteur, et il se bit, fort de démontrer l'iDaDitê de 
leurs précautions. 

D'abord, dit-il, la condition préalable pour préciser le laoment 
boroscopiquc fait défaut. Ce moment cherché n'existe pas. Ni la 
parturition, ni même la conception ne sont des actes iostaotanéa 
ou dont l'instant puisse être déterminé. De plus, si le moment 
boroscopique existait, les astrologues ne pourraient le saisir. 
Etant donnée la faible vitcssedu son, il ûiut du temps au Chaldtea 
en faction prés de l'accouchée pour transmettre l'avis néoeasaire 
& l'observateur, du temp;» ii celui-ci pour observer, et, peodaDt 
ces retards inévitables, le point boroscopique s'est envolé. Vob- 
servation est encore faussée par les erreurs duai au déplacement 
dol'horiKon vrai par l'altitude du lieu d'observataou ou par des 



1, Due, dil-im, i Kigjdiui, «aroaniroé pour ootte niton F^f»t1u {kvgutlin. 
Ctv. XM. V, i). 



L ASTHOt.nr.IK Bili LR H0?fn8 nOMitlt. 



273 



hauteurs qui barrent la perspective ou par la réfraction atmos- 
phérique, au plus ou moinn d'acuité de la vue de robecrvateur. 
b rimpossibiltté lie voir les étuiles dans le jour, el, même la nuit. 
Il la difficulté de saisir d&« divisions idiialcs qui du curi-ospundunt 
pas le plue souvent à des étoiles. C'est pis encore si, au lieu de 
viser directement l'horoscoiie, on a recours au calcul du temps 
par la méthode des as(>)Dsiuns [ha^^ni). Alors on a affairu à des 
clepsydres dont le débit est nécessaireineot variable suivant la 
fluidité de l'eau et la résistance de l'air, A supposer même que 
ivs gens du métier tussent capables d'écarter toutes ces chances 
d'erreur, à coup sur les ignorants qui consultent les Chaldéens 
ne l'ont pas fait et n'apportent aux astrologues que des données 
suspectes, d'où ceux-ci Urent des pronostics erronés'. 

Ces objections sont très fortes, et elles produiraient plus d'im- 
pression encore, si notre philosophe avait pris la peine de les 
ranger «d progression d'énergie croissante, bu lieu du mettre en 
tête les plus fortes et de s'affaiblir ensuite en consentant à discu- 
ter des liypotlièses déjà rejetées. 

Le premier argument, à savoir 1" impossibilité de préciser le 
moment de la naissance, était écrasant pour les imprudents qui, k 
force de subtiliser, parlaient de moment indivisible et de frappe 
instjinlanée. A quelle étape d'une parturition parfois longue pla- 
cer la naissBDcef Si les jumeaux avaient des horoscopes si diffé- 
rents, on pouvait appliquer le raùme raisonnement h une nais- 
sance unique el soutenir que la tête et les pied:s d'un enlïint ne 
naissent pas sous le même astre'. On avait beaucoup disserté 
entre philosophes, physiologistes, moralistes même, sur le mys- 
tère de la vie, vie organique, vie consciente, sur le moteur qui 
loi don Del'impuUion initiale, et les astrologue-s pouvaientemprun- 
ter des théories toutes faites, celle par exemple qui faisait com- 
mencer ta vie « humaine » proprement dite au moment oïl le 
nouveau-né respirait pour la première fois et recevait ainsi le 
premier influx du monde extérieur. Mais le plus sûr était pour 
ttux de laisser planer un certain vague sur des questions où la 



I. 9. Bmpir. op. eil. p. 3t5-3&3. 

1. !.« miionavincal aiiè fiil, tout m rnolni i>iir il» modrrno, i[ui, *nn<. 
doulr, h Krnaknt ûe U IruIKion (*0)>. Jimcllniit, op. cil., p. 1. Salmaiiui, Dt 
annit tUmacierkii, |<- 711)- UïMtmIosac* pouvninnt ou la dAcInrer absurde, 
an nom du «en* commua, ou raceepUr ni s'en imlr pour «iplic|uer ooinm* 
quoi un cerneau puitiiiul w Irouic miutenl porlf pur dei imnbM dirlillt». 
Rbv. HiâTOft. LXV. ?• p*nc. 1H 



2T4 A. BOOCSi-LECLBICQ. 

rigueur logique faisait seule l'obscurité. Le sens oommus les 
trouvait beaucoup moios compliquées : II oe voyait pas de diffi- 
culté à compter la naissance d'un en&nt pour un fait simple etla 
naissance de deux jumeaux pour un fait double, composé de deux 
actes distincts et discernables. On a vu' que, pour eo finir avec 
les logiciens, Ptolémée avait pris le parti de ne plus cbercher le 
moment exact de la naissance, mais de régler le calcul de l'ho- 
roscope sur d'autres considérations. 

Mais, ce qu'il importe de constater, c'est que, l'argunoent fût^l 
sans réplique, il n'atteint que les astrologues et leurs méthodes 
pratiques, laissant debout l'astrologie, avec ses principes et ses 
théories. On en dira autant, et & plus forte raison, des difBcultés 
soulevées à propos des erreurs d'observation. Quand il serait avère 
qu'il est impossible de faire une seule observation par&itement 
exacte, cela ne prouverait pas que la vérité qu'on veut atteindre 
n'existe pas. Lra erreurs des savants ne sont pas imputables à la 
science. Avec leurs instruments perfectionna et leurs formules 
de correction, nos astronomes et physiciens modernes n'atteignent 
pas non plus à l'exactitude idéale, mais ils en approchent. Les 
astrologues anciens s'évertuaient aussi de leur mieux à en appro- 
cher, et on ne pouvait raisonnablement pas leur demander davan- 
tage. Leur contradicteur oublie d'ailleurs qu'ils n'étaient plus 
obligés de faire en un instant, comme il le dit, toutes les consta- 
tations qui entraient dans un thème de gèniture. Avec leurs 
tableaux et canons de toute espèce, ils pouvaient, un seul point 
du cercle on moment de la durée étant fixé, déterminer k loisir 
la position simulta née des signes et planètes, comme le pourraient 
faire aujourd'hui nos astronomes avec la Connaissance des 
temps, sans avoir besoin de r^arder le ciel. 

Ainsi, l'assaut sans cesse renouvelé contre les pratiques fon- 
dées sur la détermination de l'horoscope instantané ne &isait 
pas de brèche appréciable dans la théorie. Ëût-il été victorieux 
que l'astrologie, abandonnant la plus connue et la plus savante 
de ses méthodes, aurait continué à prospérer en se rabattant sur 
les procédés plus populaires qui sufBsaient aux neuf dixièmes de 
sa clientèle, notamment le calcul des opportunités ou vjrtap^ai *. 

Que restait-il encore k objecter? Que la chaîne des causes et 

1. \oj. l'Aitrotogie grecque, cb. vu 

2. Voj. l'Astrologie grecque, eh. xiv. 



vTèniiôîmn mm i.r Hoifitii ROHtrt. 275 

de» effets Âtant contimifl, la dastinée des enfnnU dovait être vir- 
tuellement incluse dans celle das parente, et »in»i de suite, rvcc 
régression jusqu'à l'origine première de l'espèce? Cela, nonaeule- 
mcDl les aslrologuâs racconlaicnt. mais ils avaient peut-être été 
les prcniicrs h y sunfjcr. Dans tout tliùinc dit |jr^-niture, il y a la 
case àea parents, où peuvent se loger des conjectures rétrospec- 
tires, celle i\es noces et celle des enfants, ûù est prédétenninée la 
descaDdauco future du l'enfant qui vient de naître. Aussi ropro- 
cbait-on aux astrologue» non pas de déollDflr c«ttâ tAchc, iMais 
delà croire possible en vertu de leurs principes. l'avonous n'y 
manquait pas. 11 avait bâti l^-dessus un raisonnement extrême- 
ment captieux, trop subtil pour être efficace. U commence par 
exiger que la destiniic de chacun ait èlà marquée par les étoiles k 
diaque génération, dans la lignée des ancêtres, depuis le com- 
mencement du monde. Or, dit-il, comme cette destinée, toujours 
li niéine. a été bien des fuis prédéterminée par des dispositions 
d'étoiles différentes — aucun tliime de gôniture n'étant identique 
b un autre — il résulte de là que des combinaisons différentes 
peuvent aboutir au même pronostic. Si l'on admet oelto conclu- 
BÎO», il n'y a plus ni principes ni mélbode en astrologie : tout 
croule par la base. Ainsi, eu vertu de leur doctrine, les astro- 
logues sont obligés d'admettre un postulat contradictoire avec 
lâor doctrine'. Il faudrail la patience d'un scolastique pour ana- 
lyser celte mixture sophistiquée, et il n'y a pas an grand intérêt 
k tefaii'e, puisque la prédestination »st une question qui n'inté- 
resse pas seulement les aslrologue.3etque ceux-ci ne prétendaient 
pas pouBser leun) enquêtes dans le passé ou vers l'avenir au delà 
des bornes de l'intelligence humaine. Disons seulement que le 
spirituel improvisateur tombe dans l'absurde en voulant que le 
thème gènéthliaque d'un ancêtreait contenu explicitement, c'est- 
à-dire, ail été en réalité celui de chacun de ses descendants, 
tout CD restant le sien. Cela reviendrait k demander que Icsastres 
fussvot chacun au même instant dans plusieurs positions dilTé- 
renlea, ou que le grand-père, par exemple. Kit son propre 
petit-fik. 

Nous en avons fini avec les raisonneurs qui ne font appel qu'à 
la raison, avec ceux qui cherchent à détruire l'astrologie el non 
à la remplacwr par la foi qui luur agrée. Après Soxlus limpiricu», 

t. KaTorln. ap, Coll. Xtv, 1,aO-!R. 



i7« 



t. iiorairi-LBGUiicq. 



la Itigiquu pure n'est plus représoiitée ; on oe renooDtre plus qM 
d(s tUùologiei». La batailla engagée contre l'astrologie au Dom] 
de La raison raisonnante n'aboutit pas. Elle laissa subsister l'idâ 
que les erreurs iIlv ai^trûluxuus élaient imputables aux in)[M 
tioiit) d'uue Hcienco {icrfectible, el que U» astres influent rieH 
meut sur la destinée de l'homme eo vertu d'noe énergie phj 
connue par l'expèriefice, énergie qu'il est peut-être difficile, maig 
noD pas impossible de <lî-finir ot de mesurer. La poléraîquo i 
par les Utéologtens — nÂo-plaloniciens et chrétiens — 
luoitLS efficace encore; car les adveTsairee ne sont plus sàpar 
que par des iiuances, et ils ont moins souci d'abattre l'astrolo 
que de la rendre ortli<xli(xe. 



nz. 



Sur les confins de la science et de la foi, participant do I'udo 
el (le l'autre, mais pt-'U afift-ctée par les pntgr^ de l'une et tes 
variatiuu!) do l'auti-e. et surtout plun iudèpendaati) qu'où ne i 
à(K murjilistefl, e»l asjiiae ta morale, reliquat et résumé des haU-' 
ludes lie l'eapAce humaine. C'est une question qui restera toujours 
todéciso que de savoir si t'aslndogie était, pareaaraoe ou en bit, 
ooutraire it la morale; c« qui est c«rtaiD, c'est qa'alle a paru., 
telle k bon nombre de moralistes, et que, sur ce terrain commi: 
& tous, il n'y a pas lieu de distinguer entre rationalistes et mya 
tiquâs. Un coup d'œil jeté sur la querelle risant le fatalia 
a&lrologique sera uue Iransilion commode pour passer dus uns 
auxiiutres. 

La morale présupposant le libre arbitre, toute doctrine qui 
t«ud & représenter nos actes comme déterminés sans l'ioterveD- 
tion de notre volonté est légitimement tHispecte aux moralistes. 
Toutes les métbodea divinatoires sont dans ce cas, et l'axtrolDgie 
n'est prise à partie de pnférence que parce que ses affiriuattuns 
sout plus trauchautes et les conséquences de aaa prinuii>e^ plus 
aisées à découvrir. Mais, d'auti-o part, il y a, dans les conditions 
et obstacles qui entravent le libre exercice de la volonté, une 
somme de fatalité que les moralistes raisonnablea ne Bougent pas 
h contester. Tel est, par excellence, le fait de naitre en tu oer- 
tain temps et un certain lieu, btco certaines aptitudes physiques 
el intellectuelles, fait que l'astrologie avait la pi'étention non pas 



I, ISmOLOCIB DIXS LIS MO^DS ILOHil:!. 



Ht 




de créer, mais d'expliquer et d'exploiter pour la prérision rfe 
l'a Tenir. 

Nous avons dit et répété que l'astrologie grecque nvait iiris 
iromédialoment conscience ilu fatalisme inhérent h ses principes 
au sein de l'ècvle stoïcienne, et qu'elle avait pu He croire récon- 
ciliée par ces mêmes Stoïciens avec la morale. Panûlius mis à 
{Mirl, il n'y a gu^re parmi les Stoïciens que Diogène qui ait miï 
en doute le caractère fatal des pronostics astrologiques. Kncore 
était-il d'avis que les astrologues pouvaient « dire d'avance de 
« qu«d tempérament sérail chacun et k quel office il wM-ait parti- 
« culièremf'nt propre* >. En général, ou concédait volontiers 
aux astrologues que les astres jieuvent agir sur le corps. Ced 
posé, suivaut l'idée qu'on se faillit de la soIidarîkV do l'âme et 
du corps, on était conduit & admettre une influence médiate, plus 
ou moins efficace, sur la volonté. C'était aux philosophes de 
tire sur ce point : l'astrologie s'accommodait de tous les sys- 
. Aussi los partisans de la liberti!> absolue. Epicuriens et 
sceptiques, se gardaient d'ouvrir cette fissure au déterminisme, 
on, si l'opinion courante leur forçait la main, ils se hâtaient de 
dire que l'inâuencu des aslros, aucasoù elle serait i-éelle, éoha])- 
perait à nos moyens d'iuvestigaliou. On voit bien cependant 
qu'ils hésitaient. Favorinus accepterait, h la rigueur, que l'on 
p6t prévoir « les accidents et événements qui se produisent hors 

DOOB »; mais il déclare intolérable que l'on ait ta prétention 

foire intervenir les autres dans nos délibérations intérieures ot 
de transformer l'homme, animal raisonnable, en une marionnette 
dont les planètes tiennent les fils. Conçoit-on que le caprice d'un 
homme qui veut aller au bain, puis ne veut plus, puis s'y décide, 
tienne à des actions et réactions planétaires ^î Cela est fort bien 
dît; mais nos actes les plus spontanés peuvent dépendre, et étroi- 
tement, des circonstances ■ extérieures ». Que l'on suppose notre 
homme apprvoaal que ta salle de bains oii il voulait su rendre 
g'est écroulée par l'effet d'un tremblement de terre, amené lui- 
même par une certaine conjonction d'astres, dira-t-on que les 
astres D'inBuenl en rien sur sa décision? 

Favorinus croit avoir arraché aux astrologues l'aveu que les 
'Aotras ne réiglent pas l'existence humaine jusque dans l'iDilmo 



I. Ole. DMa. ]l, iX 

t. Faroria. ap. OM. XIV, 1, t3. 



278 A. BODCH^-LBCLEBCg. 

détail, et il se retourne aussitôt contre eux en soutenant que cela 
est contradictoire, et que, si l'on peut prédire l'issue d'une 
bataille, on doit pouvoir aussi bien prévoir la chance au jeu de 
dés ou à la roulette'. H se bat ici dans le vide, car il ne man- 
quait pas de charlatans prêts à lui donner sati^ction^, et il ne 
lui aurait pas suffi, pour avoir gain de cause, de constater leurs 
méprises, celles-ci étant toujours imputables k l'ignorance des 
praticiens et non pas à l'astrologie elle-mènie. 

Seztus Empiricus recourt à la vieille logomachie philoso- 
phique, jadis employée pour ou contre la divination en général, 
disant que, comme les événements procèdent de trois causes, la 
Nécessité, la Fortune ou Hasard et le libre arbitre, il est inutile de 
prévoir ce qui doit nécessairement arriver et impossible de fixer 
d'avance soit le jeu du hasard soit l'orientation de la volonté. Ce 
qu'il reproche k l'astrologie, ce n'est pas d'être fataliste, c'est de 
supposer une fatalité qui n'existe pas ou ne règne que sur un 
domaine restreint. 

Tous ces dialecticiens plus ou moins sceptiques se préoccu- 
paient fort peu du critérium moral proprement dit, lequel con- 
siste & juger des doctrines par leurs applications et à rejeter 
comme fausses celles qui sont réputées immorales. Ils étaient 
gens h penser que, au cas où une vérité scientifiquement démon- 
trée irait con tre la morale, ce serait aux moralistes à réviser leurs 
principes et à tracer autrement la distinction du bien et du mal. 
Du reste, tant que le stoïcisme fut debout, il prouvait par le fait, 
argument irréfutable en morale, que lefatalisme n'est pas incom- 
patible avec la vertu virile et aj^'issante. Il en alla autrement 
quand les théologiens néo-platoniciens et chrétiens s'attaquèrent 
au fatalisme, représenté principalement par l'astrologie. Ceux-Ii 
considéraient le fatalisme comme impie à double titre, parce que 
la resptinsabilité dont il dépouille l'homme, il la reporte sur Dieu, 
devenu auteur du mal comme du bien. 

Le^ astrologues avaient eu le temps de se préparer k la lutte. 

I. PiiTnriii. sp, Cell. XtV, 1. i\. La réponse qu'il pré*oil et réfule : mailla 

Kiaitl, paroa nrscliinl, n'est |'Us si mauvaise. Tout est écrit tà-haat; maia oo 
Jéciiiflrc; mieux lis nms raract ères que le» petits. 

■i. l.t'A ustmioftui's iiiJi(|Uiiii'iil (/Hi mentis damnit. quae dentvr ttmporu 
tucrn [liwvn., W., VI, â71*, cl k's l'iirapilalions aslroliiaicjnes (inédites pour 
la plupiirll siinl ]ili'ine3 de ri'cclles uu a mitiatices i (K«Tapx"'J P""' réussir 
dîna li'9 iiiuindrcâ i^nlreprises, pour prévoir qui gagnera la partie, à la guerre, 
au ojri|uc, au Jeu, etc. 



LismoLoets oit» ti; mondr aouiH. 



57» 



Ils se rendaient tr^i; hmi cum|)li3 du la difficulté qu'il yak maîa- 
tenir la respuiiHabilité humaitit; en .regard des écb^DC«s ilEilales 
prévues al ziiiiioiicikt8 h l'avance. Le problème u'èlait pas nsuf flt 
on l'avait af»ez !>oiivent posé à prnpoH des « oracles infaillibles • 
d'Apollon. 11 avaient pris le parti tort sage de transiger aux 
dépens de la logique, de ne pas désavouer leurs doctrines et de 
s'en tenir pourtant à la morale de tout le monde. Ils parlaient do 
l'inexorable destin, de la nécessité et des crimes qu'elle fait com- 
mettre. « Ce n'est pas une raison », s'écrïe Manilius, < pour 
« excuser le vice ou priver les vertus de ses récompansea. Peu 
« importe d'où tombe le crime; il faut convenir quo c'est uu 
« crime. Cela est fatal aussi, d'expier sa destinée elle-même' ». 
Le bon sens de ce Romain — qui était peut-être un Grec — va 
droit au refuge ultime ouvert gd tout temps & ceux qui ont une 
foi en deux principes logiquement inconciliables, au paradoxe 
sauveur lie la morale eu péril. Ptolémée se garde bien de poser 
l'antiUiése aussi nettemeut. Il connaît l'écueil vers lequel la 
logique pousse invinciblement ceux qui lui obéissent et donne le 
coup do barre h côté. A l'entendre, la plupart des prévisions 
astrologiques sont, comme toutes les prévisions scientifiques, 
fiktales et conditionnelles h la fois, c'est-à-dire qu'elles s'accom- 
plBsent fatalement, si le Jeu des forces naturelles calculées n'est 
pas dérangé par l'intervention d'autres forces natureltus non 
visées dans le calcul. Mais il dépend souvent de l'homme de 
mettre en jeu ces forces intercurrentes et de modifier la destinée. 
C'est ce qui se passe quand un médecin i-ura^e par l'emploi de 
remMes opportuns la marche d'une maladie qui, sans cela, 
aboutirait fatalement i la mort. Au pis aller, quand intervient la 
fatalité inéluctable, la prévision de l'avenir donne à l'homme — 
diaoDs, au stoïcien — le temps de se préparer à recevoir le choc 
aTeccalcnu et dignité ''. Ptolèmèe est altê jusqu'à la limite extrême 
des concessions, sans autre souci que de revendiquer pour l'as- 
trologie le nom de sdence « utile >. On ne saurait dire que la 
morale y gagne beaucoup, car le làtalismc milij^é peut être beau- 
coup plus dangereux que celui qui prêche la résignation com> 
piète. Tous les crimes qu'on prétend commis à l'instigation des 



1. Hanil. Â*tr»H. tV, 10T-t1A. Il (oamn Ia faUlUmrrn roniolalion jiour lu 
pauvret ; Ii^ t>c*IJn, lui «u nuini, ne lO Ui(«« |>ju tixrotupre (IV, S9 sqq.). 

2. Plolem. nirab. 1. 3. 



280 A. ■oDCB^-LBCLncfl. 

astrologues ont eu pour but de modifier l'aTenir prévu. Le &ta- 
lisme absolu laisse, au contraire, les choses eu l'état, et, corniM 
le bon sens pratique n'en tient nul cooipte, il se réduit k n'être 
qu'une conception métaphysique. 

Tel était l'état de la question morale quand les théologiens s'en 
emparèrent. Le nom de théologiens', appliqué méms aux nèo- 
platooiciens, paraîtra justifié à tous ceux qui savent jusqu'où Ta 
dans leurs doctrines l'obsession du divin et du démoniaque, qui 
remplace pour eux l'idée de loi naturelle et de force mécanique. 
Il ne leur a même pas manqué l'habitude caractéristique des 
théologiens, celle d'invoquer des textes réputés inùtilliblea et de 
mettre l'autorité au-dessus de la logique. Au m* siècle de notre 
ère, la littérature mystique, fabriquée dans des officines incon- 
nues, foisonnait de toutes parts, étouSautle libre essor de l'intel- 
ligeuce et diminuant la dose de sens commun nécessaire à l'équi- 
libre de la raison. Dans ces livres dictés par des dieux, des fils 
de dieux, des rois, des prophètes ou des sibylles, l'astrologie avait 
sa part, et sa bonne part. La vogue était telle que les Chaldéeus, 
reculés au plus loin de la perspective par les traditions judaïques 
et chrétiennes, passaient pour avoir eu en dépôt les plus anciennes 
révélations, les oracles les plus divins. Un certain « Julien le 
« Chaldéen » ou le « Théurge » fit avec ces prétendus « oracles 
« en vers » (Aifia èi Itmv) un pot-pourri de toute espèce de 
superstitions orientales, un mélange de magie, de théurgie, de 
métaphysique délirante, qui séduisit même des esprits rebelles à 
l'astrologie et relégua au second plan, dans le rôle de comparses, 
les dieux grecs et leurs oracles. Ce livre devint le bréviaire des 
néo-platoniciens; ils le plaçaient, comme résumé de la sagesse 
divine — un résumé qu'ils se chargèrent de délayer amplement 
— au-dessus même du Timée de Platon, œuvre excellente de la 
sagesse humaine*. 

L'école néo-platonicienne, issue de la tradition pythagori- 
cienne et se développant dans un pareil milieu, ne pouvait être 

1. Il n'esl peul-^lre pas inutile d'svcritr que le nnm de Iheotogt a élé appll- 
i|ué d'aborJ, et aotammenl par les chrétiens {et. Terlutt. Ad nat., I[,'l. Arnob. 
IV, 18. V, 100}, aiii poêles et hiérngraphes polythéistes, ii, qui t/ieologi noiRi- 
nantur [Cic. IVnt. Denr. III, 21, 53]. 

2. Voy. Lobeck, Aglaophamut. p. 98-111, 224-ÎÎ6; les textes réunis par 
G. WolfT, Porphyrii de phUoiophia ez oraetilii haurlenda. Elerolin., 1865, el 
G. Kroli, De oraculit chaldaiels (Bresl. Fbllol. Abhandl. VIE, I [18941, p. 1-76}. 



Li!>TltOr,0(llS ttllS LK MONUK ItOXtIIf. 



281 



I 



hostile i l'astrologie. Seukment, pour assurer l'unité de son 
s^'stèinc m»ilapliysiqu«, ollo devait retirer aux astres la qualité 
de cause.» [H'enit^ro^. vfïlcietitcv». que leur reconnaissait l'asIrolcH 
gie sysIémaUsée \)ht les Sluïcieiis, k plus forte raisou l'astrologie 
poI^'tLèiste engendrée par le sabéisme chaldéen. Plotiii uc crut 
méine pas pouvoir leur laisser le rang de causes secondes; il les 
réduisit au rôle de signes divinatoires, comparables aux signes 
interprétés dans les autres méthodes, rameuaut ainsi par sur- 
croît à l'unité la théorie de la divination inductive ou révélation 
indirecte, acceptée par lui sans objection et tout entière, 11 ensei- 
gnait donc que « le cours des astres annonce pour chaque chose 
1 l'avenir, mais ne le fait pas' ». En vertu de la sympathie uni- 
Terselle, chaque jiartie de l'Être communique avec les autres et 
peut, pour qui sait y lire, renseigner sur les autres ; la divination 
iaductive ou conjecturale n'est que la * lecture de caractères 
< nalun^ls- ». II ne faut pas suivre plus avant les explications de 
Plotin, si l'on veut garder uoo idée nette de sa doctrine, qui 
B'devail, h. son sens, attéinior le fatalisme astrologique et sauve- 
Bgarder la liberté humaine. Cette doctrine fut de grande consé- 
H^uence, car, en permettant de considérer les astres comme de 
HsiiDpks miroiR! réfléchissant la pensée divine, et non plus comme 
des agents aulunomcs, d'assimiler leurs positions et configura- 
tions h des caractères d'écriture, elle rendit l'astrolngie compa- 
Btible avec toutes les théologies, même monothéistes. Les Juib 
même, que scandalisaient k-s dieux-planètes ou dieux-décans et 
qui abominaient les idoles dessinées dans les onstella lions, 
purentrapportersaiisscrupule&Uénochouà Abraham les l'égles 
de déchiOremenl applicables h celte kabbale céleste. 

Le« successeurs de Plotin s'attachèrent k domestiquer, pour 
■KiDsi dii-e. l'astrologie, h la faire entrer dans leur système, non 
pour te dominer, mais pour lui .'«rvir de preuve et de point d'ap- 
pui. Porphyre, parlLsan décidé du libre arbitre, conserva tou- 
jours unecertainedèfiauceàrégardderaslrologie. Il commença 
et finit par la déclarer scil'iico oxcalleutc, sans doute, mais inac- 
CMSiblf h l'homme et au-dessus môme de l'inloUigunce des dieux 
et génies du monde sublunaire. Cependant, son reapivt religieux 



i»M, ^ TOl{ mUotï t«(iïraii (Plotlo, Ennraii. Il, 3). 

3. luéff/ami fuowAv 7pa)i|iituv (Plotin. Lnncaé. III, 4, 6). 



282 i. BODCHtf-LECLBICQ. 

pour le Timée l'empêchait de briser la chaîne qoi unit l'homme 
aux astres, et il est amené par là à s'expliquer à Ini-même, 
c'est-à-dire à justifier boa nombre de théories astrologiques, 
celles précisément qui heurtent le plus le sens commun. A l'en- 
tendre, Platon concilie le fatalisme effectif, celui qu'enseignent 
< les sages égyptiens », autrement dit les astrologues, avec la 
liberté, en ce sens que l'âme a choisi elle-même sa destinée avant 
de s'incarner, ayant été mise là-haut, dans la « terre céleste > 
où elle a passé sa première existence, à même de voir les diverses 
destinées, humaines et animales, écrites dans les astres « comme 
sur uu tableau >. Une fois choisie, la destinée devient inchan- 
geable : c'est l'Atropos mythique. C'est ce qui expliqua qu'il 
puisse naître sous le même signe des hommes, des femmes, des 
animaux. Sous le même signe, mais non pas au même moment. 
Les âmes munies de leur lot (xX?;pc;) et descendues des sphères 
supérieures attendent, pour entrer dans notre monde subluuaire, 
que la machine cosmique ait en tournant réalisé les positions 
astrales prévues par leur lot. Qu'on imagine à l'Orient, à 1' « horos- 
cope », un troupeau d'âmes en appétit d'incarnation, devant un 
étroit passage alternativement ouvert et fermé par le mouvement 
de la grande roue zodiacale, celle-ci percée d'autant de trous 
qu'elle compte de degrés. Au moment voulu, poussée par la Jus- 
tice, qu'on ap[)elle aussi la Fortune, telle âme, l'âme d'un chien, 
par exemple, passe par le trou horoscopique, et, l'instant d'après, 
une âme humaine par un autre trou'. 

On a peine à tenir son sérieux en face de ces graves élucu- 
brations : on croit voir s'allonger à la porte du théâtre de la vie 
cette queue de figurants qui attendent leur tour et présentent au 
contrôle de la Justice leur carte d'entrée estampillée de carac- 
tères astrologiques. Porphyre ne dit pas si ces âmes, une fois 
entrées par l'horoscope, vont animer des embryons ou des corps 
tout faits, dans lesquels elles se précipitent avec la première ins- 
piration d'air atmosphérique. Mais il connaît les deux variantes 
du système, et il montre qu'on peut les combiner dans une solutioa 
élégante, qui dispense de recourir à l'exhibition préalable et adjudi- 
cation des lots dans la « terre céleste ». Ilsuffit pour cela de supposer 
que l'âme lait choix d'une condition au moment où elle voit pas- 

1. Voy. l'élirait Ilopçupfo'j itEpi toO i^' r.nîv daa« SUd)M (£ri. Myi-, II, 7, 
3»-4! [T. II, p. 103-107 MeiaeLej). 




L4ST&0L0alS UINS t^ MONDE KOHIIK. 2iJ3 

eer iJeraut elle un horoscope de conceptioD ; elle entre alors dans 
vouaibi^oDf et rborosctipedenaissaDce, où commence la «seconde 
* rie >, ne fait plus que maïufiister le dioix aolérieur. Voilà de 
quoi satisfaire et les astrologues et les physiologiste.') qui les ont 
obligés À calculer l'horoscope de la conception en affirmant que 
l'embryon ne peut vivre sans àme. 

Par oe qu'adme>t Porphyre, l'esprit fort de l'école uéo-platoni- 
eienne, on peut juger de la foi d'un Jamhlique ou d'un Proclus, 
de mystiques .iflnmés de révélations et qui eussent été des astro- 
logues in&tigablai si la magie, sous forme de Uiêurgie, ne leur 
avait offci-t une voie plus courte ut plus sîkre potu* communiquer 
avec l'Intelligence divine. 

Ainsi, le premier et dernier mot de la doctrine nèo-platooi- 
deDDeconcÊToantrastroIogieest que les astres sont les « signes » 
(ai)iut«-5'H«tv:t«i>) el non les « agcuts» (:Kii;Ti)iiv)de la destinée; 
moyennant quoi les âmes sont libres, n'obéii^saiit pas à une néces- 
sité mécanique, mais seulement à une prédeMination (lî^xpiiÂvr,) 
qu'elles se sont &îte à elle^-mêmes par libre choix. 

Ainsi comprise, l'astrologie devient plus infaillible encore que 
conçue comme élude des causes : c'est le déchiffromeut. d'aprùs 
des règles révélées, d'une écriture divine. Les ai^trologues devaient 
même aux néo-platoniciens la prentiêi'e explication logique de la 
frappe instantanée de l'horoscopa, leur dogme le plus anti- 
pathique au sens commun. Aussi u'est-on pas peu étonné de voir 
l'astrologue Finuicus traiter Plotiu en ennemi, eu ennemi de la 
Fortune ou fatalité astrologique, et faire un sermon sur l'horrible 
fin de cet orgueilleux savant, qui mourut de la mort des impies, 
voyant son corps gangrené tomber en lambeaux et devenir sous 
ssayeux une chose sans nom'. Ufaut croire, si la mort de Plotiu 
était réellement si < fameuse >, que certains astrologues avaient 
oouskléré comme un affront fait h leurs divinités la distinction 
métaphysique entre les signes et les causes, et que Plolio avait 
attiré sur sa mémoire les foudres de Yodium theologicum. 

Ils pouvaient se rassurer : iniaillibilitè et fatalité, quand il 
s'agit de l'aveoir. sont de» termes synonymes, et nous allons 
assister ï de nouvelles batailles livrées autour de cette idée maî- 
tresse par des tliéologiens qui sont àla fois les disciples, les alliés 
et las ennemis des néo-platoniciens. 

I. Finoic. Ualhet. I, S, îl-30. 



^ 



iM 



t. BOircnri-i.Kci.eftCQ. 



Nous avons dil. répété, el, ce semble, dàmontré que l'astrologie 
était h voloDlé, suivant [e tour d'esprit àe «es adeptes, utie r^ 
giou ou uue science. Comme scieDco, elle pouvait s'accoanxidor 
de toutes los tbéologiw, taoyennant un cci'taiQ Lombre ds para- 
logfames que les astrologues du xti* siècle surent bien retrouver 
quand ils cberchèrent et réussirent k vivre en paix avec rKglL!«. 
Coinmtf religion — Fïnaicos l'appcUo (1« ce nom et parlu du 
auoerdoce astrologique' ^ l'astrologie tendait à supplsntor les 
religions existantes, soit en les absorbant, soit ea les éliminant. 
La vieille mythologie s'était facilciiicut laissé absorber : les 
grands dieux avaient trouvé un n^ugc honorable dana les pla- 
nète» ou les éléiDeols, et les légende» avaient servi U fieupler I« 
ciel de ■ catastèrismeâ ». La dâmonologte platonicienne n'était 
pas plus capable de résistance. L'astrologie offrait mênie ï ses 
myriades de génies, conânée dans le monde »tdiluriairu ou débor- 
dant au ddà. un emploi tout trouvé, l'ollloe d'astrologuoa, qui 
lisaient dans les astres, de plus près que l'homme, l'écritun; 
divine et dispensaient ensuite la révélation par tous les procédés 
connus. Quant eux ntligioits solain», elles croissaient sur Iv ter- 
ruiii môme de l'aittrologie, qui, loin de les ùtoufTer, aidait à U-ure 
progri>â. Les cullessolaires elles dogmes astrologiques rormaient 
une religion complète, qui prenait oonstcienoe de sa foi'oe ckes 
certains astrologues au point de les pousser à une propagands 
offensive. « Pourquoi, & homme >, s'écrie le pseudo-Manétbon, 
« sacriSe»-tu inutilement aux bienhourouxT Ù n'y a pas ombre 
« de profit à sacrifier aux inunortels, car pas un ne pi-ut changer 
« la géniture des hommes. Fais hommage & Kronos, à Ai4s et à 
«Cythéréeetà ZeusetàMènéetauroiBélios. Ceux-Ui, en efist, 
« sont maîtres des dieux, sont maîtres aussi dos hommes et de 
< tous fleuves, orages et vents, et de la terre fructifiante et de 
« l'air incessamment mohile* *, C'est le langage d'un apfitre qui, 
pour le commun des mort«iU, ressemblait singulièruntent à un 
athée. Eu général, les astrologues évitaient ces accès de zèle 
imprudent. Ix>iri de déclarer la guerre h une religion quelconque, 
Firmicus assure que l'astrologie pousse li La piété en enseignant 
aux hommes que leurs actes sont régis par les dieux et que l'àme 
humaine est parente des astres divins, ses frères aînés, dispensa- 



I. l-'lrmlc. jVafAw. Il, i», 3. 

t. MtneUi. Apotêtttm. I, 1S6-Î07. 



LlSmOtORrE D«^5 1.8 MOfOR nOHKY. 



2ft5 



teura de la vie'. Toutes les religion», même le» monothéistes, 
pour peu qu'elles tolérassent la métaphore, pouvaient accepter 

: fomules élastiques. 

Toutes, sauf le christianismie, tant qu'il resta Mêle h l'esprit 
judaïqufi qui l'avait »n(;oo(lrè et qu'il vit daos l'astrologie un« 
8U]>erstitioii païenne. A vrai ilire, il est dîfTicilu de Inmver, soit 
dans le judaisine alexandrin, soitilaiLS le christianisme primitif, 
si vite encombré de spéculations gnostiques et platoniciennes, 
uneveinode doctrine aksolunioot purs da toute coni]iromission 
avec l'olMcdante, insinuante et protéiforme manie qui était deve- 
nue une sorte de maladie intellectuelle. Le ferment déposé dans 
la cosmogonie de la Genèse, que règle le nombre septénaire, 
écbauflatt len imaginations mystique» et les poussait du côté des 
rêveries chaldécnoes. C'est aux «uvirons de l'ère chrétienne que 
parut le livre d'Hénoch-, relatant les voyagea du patriarche 
daos lus régions célestes, d'après les 360 livres écriUi par lléuoch 
lai-mùœe. Ou y rencontre une description des sept cieux où cir- 
culent les sept pla riélc-.». Dieu ré.side dans le septième, remplaçant 
ainsi Anou-EIel ou Saturne. Le paradis se trouve danti le troi- 
sième, probablement celui de Vénus, tandis qu'il y a de« anges 
coupables dans la deuxième cl le cinquième, sans doute dans 
Mercure et Mars. Les chères célestes hébergent les âmes, qui 
préexistent au corps, comme dans les système* platoniciens. 
L'homme a été formé par la Sagesse de sept substances, à l'image 
au monde, et le nom du premier homme, Adam, est l'anagramme 
(ies quatre pointa cardinaux^. 

Ce n'est pas une métaphore indifférente, mais une réminiscence 
du livre d'Hénocb qui tombe de la plume de saint Paul, quand il 
écrit aux Coriulhicos qu'il a été ■ ravi au troisième ciel, au 



1. Flrmlc. ^faOïtt. I, l>. H-I5; 7, «te Cf. le* bcaui vers ile Manillus (II, 
tO^, UVlliiJ qun (ioithc inMritit i^ur te recuira du llrockca, l<! 4 h|iI. ITSt : 

Qttit dubtlef. pùsi ha<c fuiminem eanjun^ert çattof 

QuU eattam pOftU nul caelt muHfre nottt. 

Et reprrtrt devm. niii tjni pan Ipie drantm ni f 

i. Cf. Ad. Lo<l*, (« l.icrr d'ènoch, frngmcntu icrrr* rl^auvorU à Aktiiiiliii. «it. 
.Pvl«, 18ÎJ. R. H. Ch-irlM pI W. H Morfill, J%e Bookof Oie te^rtU of Enoch, 

ilalM (roni Ihc Slavonic. Utrord, 1836. Lo Hvrf d'iléiioili HM f u Jd»- 

n'iei Idepan Igît) (inrta «enion «tlilo|iiennr. CmI iiu c<iiii|>o»r d<i |>l«r«>.<le 
ilttetraift dalM, aatttieurei cl pcol-^lra |>otiiriear«ï i l'ârs cbrtllnnno. 
3. "Ai^rsî^), a;i»i(), 'A{pxTft;l, ili,t9l\\Ui^«). 



2S.1 



A. KOrCllli-LECI.KHCV. 



Nous aviiris dit, ri'pété, et, ce semble, démon 
étiiit à voluiilé, suiTaiit le tour d'esprit de ses 
^'ûjti ou une sek'iice. CuiiiniG science, elle por 
ilii toutes les Ihwlofriod, moyennant un cert' 
Idyisjui's (jut! les astmlu^ucs du xvi* siècle 
iiuaiiii ils clieahèroDt et réussirent k viv 
Couiiiio religiDii — Firmicus rappelle 
siicei'doce astrulogique' — l'astroloir' 
ri'ligions i!]dstaiitf!:i, soit en les abs* 
La vieille iiiytiiuiogic s'était {&< 
gt-aitrjs dieux avaient trouvé ur 
iiétes ou les éléments, et les If 
ciel lie * catastérismes ». Lr -mes de la colère 

pas jdus ca[)able de résistr nombre même des et 

myriades de génies, confi' * vêtue de soleil et ayar 

datit au delà, un empl' .uk aussi des portes de la J 
lisaient dans les aatr ^,ies murailles, lesquels fondera 
divine et dispensaier ^jijiierres précieuses; l'arbre de ' 
connus. Quant auT ^''^i^eetB j'orte douze fois des fruil 
rain même de l'a' ., ''j^tcelo n'est pas de l'astrologie; 
progrès. Les w" ^^-''^h m'"' tî"' alimente ailleurs la 
une religion 



ul, * ■ 

entend ^ 
anges qui "^^ 




depr 
< la ^ 

■ s 



■y' 



,ji,nales. Nous ne nous attarderons pas h 

- -■■■■'^'jjoe^ ds"-^!'-''-'^ cerveaux de ces Orientaux i 

^>'K**'j^ieDnes ont ivniés et que nous rejetterio 

i^èf^L]) civilisation gi'éco-romaine. Les noml 

liH^^'^t d'i'i^* .istfologiquea y i^ont .semés à j 

'■■^"^ dfO* ^ lîasiiiile siml dominés par le grand .\1 

l^ t itow fis'^ "^'■''^ ''*'^ chiffres dont la somme vai 



.t"< 



i./'^:,.a). 



î-4. 



l'i^vJ, 1!. Cf. 1IJ. Kl. 



S-'^^^edec"» {A|nical, xii, 1), type conservé jiar l'icuiiottra 
/■KM. vil, I, p. 3G1 Cruicn. 



.^-- 



I 



286 i. BOUCnJ-LECLEBCQ. 

« paradis* >. L'ap&tre connaît aussi des créatures qui ont besoin 
d'être rachetées, « soit celles qui sont sur terre, soit celles qui 

< sont dans les cieux* >, des « esprits méchants dans les lieux 

< célestes* », ce qui ne peut guère s'entendre que du ciel vieible. 
C'est bien, du reste, de ce ciel que tomba un jour Satan, visible 
lui-même < comme un éclair' ». Les nombres astrologiques 
s'étalent & t'aiae dans l'Apocalypse. Le voyant s'adresse à sept 
églises, au nom de sept Esprits ; il a tu sept candélabres d'or et 
au milieu une figure semblable au Fils de l'honmie, qui tenait 
dans sa droite sept étoiles. Le Livrea sept sceaux, l'Agneau sept 
cornes et sept yeux, la Hête sept tâtes ; on entend retentir sept 
tonnerres, et les sept trompettes des sept anges qui vont ensuite 
répandre sur le monde sept âoles pleines de la colère de Dieu. 
Quant au nombre douze, c'est le nombre même des étoiles qui 
entourent la tête de la femme, « vêtue de soleil et ayant la lune 
« sous ses pieds' », le nombre aussi des portes de la Jérasalem 
céleste et des fondements des murailles, lesquels fondements août 
faits de douze espèces de pierres précieuses; l'arbre de vie planté 
au milieu de la ville céleste porte douze fois des fruits en une 
année. Sans doute, tout cela n'est pas de l'astrologie; mais c'est 
du mysticisme pareil k celui qui alimente ailleurs la foi astro- 
logique. 

On sait avec quelle intempérance les Gnostiques prétendaient 
infuser dans la doctrine chrétienne une métaphysique grandilo- 
quente et incohérente, faite avec des débris de toutes les supers- 
titions internationales. Nous ne nous attarderons pas k analyser 
les chimères écloses dans les cerveaux de ces Orientaux que toutes 
les Églises chrétiennes ont reniés et que nous rejetterions volon- 
tiers hors de la civilisation gréco-romaine. Les nombres et les 
associations d'idées astrologiques y sont semés & profusion. 
Les 365 cieux de Hasilide sont dominés par le grand Abrasax on 
Abraxas', nom fait avec des chiffres dont la somme vaut 365, et 



1. I Cor. ïii. 2-4. 

2. Coluu. 1, W. 

3. Epbes. VI, 12. Cf. m, 10. 

4. Luc. I, 18. 

5. Mrtlter amieta toit, et lutta sub pedibu» ejut, et In eaplte ^^ eorona 
attllaruia dvodecim (ApocaE. xii, 1], type con»er*é pir l'icoDogripUe calho- 
lique ponr U Vierge Uarie. 

6. PMloKphitm. VU, 1, p. 3G1 Croice. 



L^tSTItOLOCIR a»HS LS X'IYDF: ItOHjll^, 



2X7 



Ton y trouve «n bon lieu, entre autres combinaisons, une Dod^ 
cadc et une Hebrfomaiie. Au dire de l'aoleur de» Philosophu^ 
mena, la doctrine de-s Pèratiqiiea ou Ophites était tout impr»*- 
goée de théories astrolcigiques et, pour cette raisou, extrêmement 
compliquée*. L«s Manichéens comparaient, dil^n. la Zodiaque 
è une rou« hydraulique poun'ue de dou/e amphores, qui puise la 
lumière égarée dans le monde d'en bas, le royaume du diable, la 
reverae dans la nacelle de la Lune, laquelle la déverse danii la 
banque du Soleil, lequel la reporte dans le monde d'en haut*. 
Tous ces rêveurs, ivres de révélations et émancipés du sens com- 
mua, lorlumient, dèRguraicnt, combinaienten mélange» innom- 
mableti des traditions et des textes de toute provenance, assai- 
sonnés d*allègories pythagoriciennes, orphiques, platoniciennes, 
bibliques, évangéliqui^s, hermétiques. Leurs bandes mystiques 
menatont le carnaval de la raison humaine, faisant pleuvoir de 
touso&téssur la foule ahurie les communications célestes, oracles 
et érangîIeH apocryphes, recettes magiques et divinatoires, tatis- 
isaiu et phylactères. Tous n'étaient pas des partisans de l'astro- 
logie systématisée, puisqu'on a pu attribuer au plus chrétien 
d'entre eux, le S^nnen liirdssane, une réfutation du fatalisme 
aiitrologique; maifl certains comptaient précisément attirer h eux 
les aelrologues en faisant place dans leurs doctrinesaux dogmes 
« mathématiques >. Les ■ Pératique« > susmentionnés firent des 
prodiges d'ingéniosité dam ce but, et notamment convertirent les 
calastàrismes iradiliooDels en symboles judéo-chrétieus. 



IV. 



Il tant attendre que tout ce tumulte soit apisé pour distinguer 
le courant de doctrine chrotieuno qui deviendra l'orthodoxie et 
HToir affaire à dos docteurs qui aient marqué leur empreinte sur 
le dogme destiné h durer. 

Ce dogme ne sortit pas de la crise aus» simple qu'il était 
I autrefois; il avait fallu trouver des réponses h toutes les ques- 

^^ 1. Op. ttt. V, î, p. I85.Î08 Cfuicr. 

[ 2. C(. J.-H. Korlt, LOtfi. d. KtixhengetehiohU, 1 26, % Ltt nombres ttsiro' 

' loffUjiMii et l«« géaie* «idéaux, pruUcleun dei nioU, juuri el lieurL-*. lienniMil 

niie graade plau du» le* rallgioni ùrJeaUlet. Il ]i s eu 'duiiK<^ d'inlluenc«), 

•clioni et rcaclioD», eolre ellet «l l'utrolo^tie. 



SHH 



1. NoucBrCarxtEUHt. 



ttODS soulevées, et, & défaut <Ie texte» rérèUa, les empruntera 
la pliilusophie, li la seule qui (&t encore vivante et m&me rajeunie, 
au platonUnie. Fascinés par la merreilleuse ^pée de l'Ame i 
Platon leur montrait descendant dessplidresoàeates et y retoor 
liant au sortir <le ta prison d'argile, les docteurs cbrclioos recon- 
nuri-ut eu Platon et en Socrato des précurseurs de la RèvMatïoi 
messianique. Sans doute, iU se réserraient le droit de Taire na' 
triage dans ce le^ et même de se tenir sur le pied de guerre avec 
les philosophes platoniciens ; mais ils étaient désarmés plus qu'à, 
demi oontre le tbtsonnemoot tles hypostases et émanations dal 
toute sorte, contre la d^monologie, la magie et thêurgie qu'ac- 
cueillait sans résislaiice l'école nèo-ptatoDicienne. lîn Uièsegéi 
raie, ils tenaient lus méthodes divinatoires, et, plus que toutel 
autre, l'astrologie, jiour des inventions diaboliques, oe qui était 
une façon de les reconnaître pour efficaces et d'exalter peut 
le go&t du fruit dèleiulu'. tiuoore ce pouvaient-ils pousser œtta^ 
Ih^ & fond, car le démon ne sait gu&re que ]>aro<licr tes actes 
divins, et il fallnil so ganler, en condamnant les lausMs révéla-^J 
tioDs, de discréditer tes véritables. Or, il était constant que Dieu/ 
créateur d<» astres, dont il avait voulu folro des signes', s'eo 
était servi parfois pour révéler ses desseins, témoin le recul 
l'ombre sur le cadran solaire d'Ezéchias, l'étoile des r«s maj 
l'obscarôasement du soleil b la mort du Christ et les sîgaeaj 
célestes qui devaient annoncer son retour. 

Le cas des rois mages fut pour les exégèses et poléroistfa ohré-* 
tleus un embarras dos plus graves. C'élail l'astridogia, la vraie, 
oullc des Chaldéena ou Mages^, installée eu belle place et (lac 
son office propre, h la naissance du Christ, dont réKûle aiiuonoe^ 
laroyauté.Unhoroscope, même roval. pour Jésus-Christ, c'était le 
niveau de la btalité commune passé sur l'Homme-IMeD ; c'était 
aussi, puisque le signe avait été compris des hommes de l'art, un 



t. Voj. UIttoIre de la Diciitalinn. I. I, |<. 91-IQ4. 

1. C'ut Ir IpiIr àc In R''iiA«p : FianI luminarfa in /SrmammlataM... el IM, 
m ilçna H Itmpora [i, 14. cr. Pudlin. cxixv, 7-9), qni a moUvt Ua eottcSMia 
de Philoa et d'Origine a l'u«lrolu);ie. 

3. S. Jérûiiie convlont francli«inent (pie ce* Hniifi — dnnl on n'arall ; 
Miroru fall dfi Itoii -~ flairiit dfit itlrologiic* Bul)i«nlii|u» : phàlosnpki Chat-^ 
iaeoritm (lltrrciaym. fit DanM. !}, ei mfm» : docii a doemoitibiii (tiirro- 
Dfuu. In Btaiam. 10). Saint JuUin M TertullieD I«it cuntidi>mr*l coatuo ik« 
niiij(icieiiH inhe» : Im PP. do ir* »ite1e hMlaîcnl entre magM de Psnc M 
tuiii!«^ <lc ChaliUe. 



l'istiologii Hfi LE voude Mumn. 



SfiD 



certificat de véracité délivré h l'astrologie, et par Dieu même, 
qui avait dû en observer las r^^Ies pour rondro le présage intel- 
ligible. Dire que Dieu s'était servi d'un astre poui- avertir les 
MagMi simplement parce qu'ils étaient astrologues' n'affaiblit 
pasia oiiicIusioD. Us avaient été avertis; donc ils comprenaient 
les signaux célestes, et les astrologues ne mentaient pas en 
disant qu'on peut les comprendra. 

Il y avait une transaction tout indiquée, et c'est celle dont 
s'avisèrent d'abord les docteurs chrétiens : c'était, puisque l'as- 
trologie était une pratique inventée ou un secret dérobé par les 
(ièmons et quo Jésus-Christ était venu fiietlro fin au règne des 
démons, c'était, dis-je, d'admettre que l'astrologie ou magie avait 
êtévéridiquc jusqu'à la nais.'îance du Christ et qu'elle était venue 
abdiquer, pour ainsi dire, dans la personne des Mages païens, 
au berceau du Rédempteur. C'est l'explication à laquelle s'ai^ 
rêtent saint Ignace et Tertulliea'. Les gnostique.s valentiniens 
avaient creusé le sujet plus avant, et ils avaient fait sortir de là 
une théorie des plus séduisantes. Suivant Thôodoto, l'étoile des 
Mag&< avait * abrogé l'ancienne astrologie ■ en lui enlevant sa 
raison d'être; la grâce du baptême < transportait ceux qui ont 
« foi au Christ du régime de la prédestination sous la providence 
« du Christ lui-même ». Le chrétien, surtout s'il est gnoslique. 
échappu à la (atalité et à la compétence de ses interprètes^. Soitt 
mais, h ce compte, l'astrologie était reconnue véridique pour le 
passé, et elle aurait continué k l'être pour la clientèle païenne; 
I«s astrologues contre qui il s'agissait de lutter n'en demandaient 
sans doute pas daraolage. On leur concédait le fond du débat, et 
Us pouvaient prendre en pitié l'orgueil de gens qui se mettaient 
eux-niêniea hors la nature. 

Il arrive parfois aux Pères de l'Église du siècle suivant de 
réi>étei- que la prédestination et l'astrologie sont exclues du régime 
«Je la loi nouvelle*; mais ils sentaient bien que cet argument, 
d'orthodoxie suspecte, ne résolvait pas la difficulté et en soule- 

I. la. Chr)*. UomU. III In EpUI. ad TUum. 

3. IkokI. Ephl. ad Ephet. lu. Torlnll. Dr idolol. 9, 

3. Cl«m. Akianilr. Kxcerpl. *x Thtndnin ^ OS-09. Lc« thjargu, tronTanl que 
|Rur« charmes taUicnl hinn In bi)|i(ftinr. nn dltnknl auliinl du laun iliM-ipIc* 
(lo. L}<1. Ment. Il, 9J, cl Arnobc [II. dl] iilUail en bloc Unix c» tanitcux fer- 
sonnagea. 

I, J.-C. l«c^)'>y(an IXu<rt, ■■! tî|iap)ilvi|i &vin«i u>l M|i«ia{ («mi|u«t, 
K. T. 1. (lo. Chryantl. Momll, VI <rt NatK.). 

Hbv. ili»TO«. LXV. 2» xàm. 1» 



290 i. BODGHé-LKGLIlGQ. 

Tait de plus grandes. Ils cherchèrent d'autres raisons. Qs firent 
remarquer que l'étoile des Mages n'était pas une étoile ordioaire, 
ni âxe, ni planète, ni comète ; qu'elle avait marché autrement 
que tous les astres connus, puisqu'elle avait conduit les Mages à 
Bethléem et n'était, par conséquent, nullement assimilable & une 
étoile horoscope. L'horoscope astrologique sert à prédire la des- 
tinée des enfants qui naissent, et non pas à annoncer les nais- 
sances. En un mot, l'étoile des Mages avait été un flambeau 
miraculeux, peut-être un ange on même le Saint-Esprit, et, 
comme telle, elle n'appartenait pas an répertoire des données 
astrologiques'. Le raisonnement n'est pas très serré et pouvait 
être aisément retourné. Il restait avéré que des astrologues avaient 
deviné juste en observant le ciel, et, si l'astre était nouveau, il 
en fallait admirer davantage la sûreté des méthodes qui avaient 
suffi à un cas tout à fait imprévu^. C'est sans doute parce qu'ils 
avaient vu l'astre miraculeux s'écartâr de la route ordinaire des 
planètes qu'ils l'avaient suivi, et cela par calcul ; car, s'ils avaient 
obéi à une suggestion divine — eux instruits par les démons, au 
dire de saint Jérôme — on ne voit pas pourquoi Dieu s'était adressé 
de préférence à des savants. 

La preuve que le débat ne tournait pas nécessairement à la 
confusion des astrologues, c'est que l'auteur chrétien de VHer- 
mippus se prévaut du récit évangélique concernant les Mages 
pour montrer que la confiance en l'astrologie est compatible avec 
la foi clirétienne, à la seule condition de prendre l'étoile pour 
signe et annonce, non pour cause de la « naissance du dieu 
« Verbe ». Il s'interrompt, il est vrai, pour recommander de 
mettre le verrou aux portes, sachant que son opinion n'est pas 
pour plaire à certaines gens*. 

Nous voyons reparaître une fois de plus ici le scrupule qui 
excite le zèle des docteurs et qui, une fois calmé parla distinction 
entre les signes et les causes, les laisse dépourvus de raisons 
péremptoires ou même disposés à l'indulgence en fece des autres 



1. Basil, llomil. XXV, p. 510. lo, Ghrjs. loc. cit. Anoujrm. BernUppva, 1, 9, 
51, p. L2 éd. Kroll et Viereck (Lips. 1895). 

2. Varroa ratiporlait qu'Énée avait élé conduit k Laarenle par l'étoile de 
Vénus, laquelle disparu! lorsqu'il ; fut arrîTé (Serv, Àtn. II, 801). Ce genre de 
miracle Q'étail donc pas tout à fait ÏDconnu au temps où écriraleat lea érui- 
gôUstes. 

3. Anonyin. Uermipput, 1, 8, 4B, p. U éd. Eroll, 



prétentions de l'a^rrologie, Que les astroloftues renoncout h dire 
que les astre» règlent la desltnée; que, comme Platon, PhUon et 
les Déo-platODiciens, ils leur attribuent seatement le râle de signes 
indtcateui's, d'écriture divine, et plus d'un adversaire posera les 
armiw, persuadé qu'il n'y a pluD alors de fatalisme astrologique 
et que la couduilu du monde est remise, comme il convient, à 
Dieu seul. Au fond, Origèae ne leur demande pax autre chose'. 
n n'oublie pas de faire valoir coalro les astrologues les objections 
connues, l'argument des jumeaux, Targument inverse tiré des 
races, voire 1» préccssiou dos équinoxes, enfin l'impoRsibilité où 
ils sont de satisfaire aux exigences de la théorie; mais, contre 
l'astrologie elle-même, conçue comme interprétation de signes 
divins, il n'a rien à dire, sinon qu'elle est au-dessus de l'intelli- 
gence humaine. Encore n'est^il pas très forme sur ce terrain ; car 
enfin Dieu ne fait rien en vain. Pour qui ces signes révélateurs, 
qui, n'étant pas causes, seraient inutiles comme signes s'ils 
n'ètateat pas compris? Pour les « puissances supérieures aux 
« boranies, les anges? » Mais les « anges > (i-fY^Xot) sont, par 
définition, les messagers de Dieu, et les prophéties prouvent que 
Dieu ne dédaigne pas de révéler parfois l'avenir aux hommes. Du 
reste, on n'a pas besoin de pousser Origène aux concessions; il 
ne refuse aux hommes que la connaissance < exacte » du sens des 
Stgoes cék«ti^. Toutes réserves faites sui- la pratique, il croit k 
l'astrologie pour les mêmes raisons que les néo-platonîciens, et il 
lui apporte même, & ses risques et p4rUs, te renfort de textes tirés 
de l'Ecriture sainte ■. 

En dépit de l'infortune posthume qui, au iv" siècle, le retrancha 
du nombre des docteurs orthodoxes, on sait combien fut grande, 
dans l'Église grecque surtout, t'nuloritê d'Origène. Aussi o'est-on 
pas étonné d'apprendre que nombre de chrétiens, même des 
membre» du clergé, croyaient pouvoir accepter les doctrine» ou 
s'adonner aux pratiques de l'astrologie. Ou raconte que l'évoque 
d'Émëae, Eusèbe, était dans ce cas et qu'il fut par la suite déposé 
de son siège pour ce fait^. Saint Athanase, si rigide pourtant sur 

t. Oiigen. If. Eiucb. Pratp. Evang. VI, |t. 

3. Ori^hie. ptttanl iet Jumlnorto mjttui <)« l« flen^e (ci-dcnni, p. 388, 9], 
Ml nnail à crotr< \e* utrc* vlfanU, car le Ptulrnitlo dit : laudatt «un, tôt et 
fana. Il M dtiOind« aitmi: lit* n'nni pivt ptr.bt, «tlrndu que Sab dit - et ttellae 
fMM xuaf niiia<lac in mrMp^c'u a)iu, et n'JU ont rd pari A la ltAdrmi>tlan, opinion 
qui, de TaviK Ae S. Paropbïli* i[Apoli>f. pro Orlç, 9). n'fbit nullcniiinl h#r6llipie. 

3. Soent. Bùl. Eeti. II, 0. Swramnn. Uiit. SctI. III, 0, 



292 



i. necorf-LEciiiRcit. 



lo dogme, Iroove dans le livre de Job U lrac« g4, par coDséqaant 
la oonflriDStion d'une des théories 1<!S jilus caradvntitiquw 
l'astrologie, celle des eTxAi ou dumiciles dt» plaaàl«s'. Eusèlie 
d'Alexan<lrie constate et déplore que lu chràCirâts so serv<.'ul oou- 
ramiDuiit il'cxprassioiui ootuoiu : < Peste soit de loo éloUc I ■ ou : 
* Peet« soit de mou boroscopo !» ou : « Il Mt né aous une booi 
« itoUel » 11 ajoutât quu o-Tlaitiit vont jusqu'k adresser des prierai' 
aaz astres et dire, par ciemple, au Soleil levant : < Aie pitié de 
« DODS >, oomcM faut les adorateurs du Solàl et les liérèliquee'. 

Le danger était lit, eu eSêt. L'Églije oe w souciait pas d'ontrer 
«n lutte contre l'aslrulogic d'allure scionliflquc; mais elle ne pou- 
vait laiaaer KiDouteri U suriaoe le fonds de religion, le sabèisme, 
qui avait engendré l'astnilogie et qui, & mesure que baissait le 
niveau de la culture générale, tendait k reprendre aa force origi- 
nelle. C'tt&t ce qui explique la reprise des hostilités, d'aUluors 
aaa«s awUemeiit maaàes, dont nous avons donné un aperçu 
propos de rât<nle dei Hage«. Les Pères du it* siècle ânissaot i 
purent que reoommeuoer. laiia y >itur un argument nouveau, Is 
ïutt« contre l'astrologie, au nom de la morale menacée par m>u 
iîttalisiueV Comme origéuistes. Us n'osent plus etupluyiT contrv 
oUe lus arnies liiôologiquea, et, oouim» dialeulicious, ils sont bien 
au-dessous de leurs devanciers. Ils répètent it l'eovi que, si 
destinée humaine était préfixée par les astres, Diea.quia fait le 
astrea, serait reeponsaiile de nos actes, mône mauvais. Leur 
argumentation peut se résumer dans le mot de saint Éphrem : ' 
« Si Dîeu est jojite, il ne peut avoir établi des astres généthl taques,'^ 
«en vertu desquels las bommes devienaent nécessaireuKnt 
« pécheurs* >. C'était le langage du bon sens; mais le bon sens, 
fiiitdeposlulats empiriques, n'eet pas plus admis dans les démoi 
tratious «u foriuo que te coup de poing dans l'escrime savant 
Ces (bctL>urs qui, pour laissor entière DOtre responsabilité, oc 
veulent pas cuunaîlre de limites & notre liberté ferment les yenx 
pour DO point voir les redoutables qucalions soulerées par la Coi 

l. Aihuiw. «p. Anal, taen, V. l, p. S Pilra [PnU.-Rocn. tSSSj. 

1. lo. Caral. nilo, KkmAN AltxamtrtM OraUo Utpt àn^tvi^Mv « Cod. 1U(- 
Pv. iiriiMitn ndiu (Progr. ibla*, ISUj, |>. 19. 

J. Most dVD» tveon U Koià (t|uif|(lvK ilc GrttNre de Njue : k tnité 
lioinoniiuc lia ràt4i|iMi Dioïkira <k Tant Ml pcnlo, mmI quel^ao ttêgounU 
(•)>. ffaot Cad. ixuiii). 

l. Kplirrm, Carailiwi JTMtwni («■ cjrliqtM), txxn, IS. De aine, IsUotv i 
S4tU1« i,Ortg. III, 70, W). 



LISTKOLOCIE DiN» LK MOnDi: HOlUItl. 



293 



en la preecience de Dieu et les diffîculléiî qu'ajoute à ce problème 
général, insoluble, le dogme chrétien lui-même. Le péché origi- 
nel, la grâce, ot ]'oblif;atiun (râocur<ler ces formas <Ie la lataUté 
avec l'idée du justice, »ont dois arcanes auprl^s dusquols lo Cata- 
lisme astrologique paraît souple et accommodant. En outre, cos 
mêmes docteurs s'attaquaient imprudemment k la science elle- 
même, au nom de l'orthodoxie. S'ils n'avaient pas de textes pré- 
cis h opposer h l'astrologie, ils en Irouraieiit, et plus d'un, qui 
leur défendait d'admettre que la terre fût une sphère et leur 
imposait de croire qu'il y avait en haut du firmament des réser- 
Toirs d'eaux célestes. Ils «talaïeul ainsi k nu leur naïveté, déjà 
tournée eu iiitolorancc. et se mettaient sur les bras des querelles 
inutiles ou utiles seulement aux astrologues. Ceux-ci, un effet, 
gardaient le prestige de la science grecque, et ils auraient aussi 
bien trouvé leur compte au triomphe de la cosmographie ortho> 
doxfl, qui était c«lle des anciens Chaldéens'. 

La lutte, ainsi élargie, dévoyée, dispersée, fut reprise et comme 
oonccotréo en une dernière balaillo. livret) parle plus grand tac- 
ticien, le plus impérieux et le )dus écouté des docteurs de l'église, 
saint Augustin. Celuî-lîi est d'une autre trempe que les origéDîstes 
de l'église d'Orient. Il dédaigne les précautions de langage, les 
ai^mentsde moralistes, comme le souci du libre arbitre humain, 
qu'il écrase dans la doctrine de la grâce et de la prédestination ; 
et, s'il emploie la raison raisonnante, c'est comme arme I^ère, 
se réservant d'anployor. pour briser les résistances dans les 
rangs des chrétien», l'affirmation hautaine et l'aulurité du dogme. 
Il no faut pas s'attendre h trouver chez lui une logique serrée, et 
il n'est môme pas aisé de distinguer du premier coup le but qu'il 
poursuit. Ce n'est pas pour la liberté humaine qu'il combat, lioin 
de faire cause commune avec ses défenseurs, il les considère 
comme dos athées. 11 trouve détestable la négation de la pres- 
cience divine opposée comme fin de non-recevoirparCioérou aux 
partisans de la divination*. 11 admet donc, sans ombre de doute, 

t. Voj. I« mémoire de l.oIrotinB, Dm oplnioiu eoiino^aphlqatt dft Ptm 
4e rifUit, mh lŒurrrt chol*lft. II* *^(io, I. I, p. 3lil'Mll]. UcUiicc {inil. 
Div. 111,34] IniuTo abturdc la »|ihérkllé tto la Torro; Dlodoro do Tarte la 
réfate, el S. Augustin ilvfcQd quV)D y croie. 

S. ADRURlIn. fîlr. Dri, v, 9. Il Jiig* avrc ralMn qa'iin DlvQ qui ne «)iioM- 
ImU pM l'avenir no 'erull pat Dieu. Sul*nn( liil, Dion * tniil prftTu de loulo 
_Mwalli, nidino no* rnllllonti malt nno* tommei libre* daa» Icuft Its tm o(i 
kvoulu que nnofi \r fnsilanit «( pr«to <]oe non» le wrlont [ibti. V, 10). C«l 



2M i- BOOcai-LECLElCQ. 

la possibilité de la révélation de l'avenir — saos quoi il &udrait 
nier les prophéties — et même il ne considère pas comme des 
SQperstitiona nécessairement illusoires et mensongères les pra- 
tiques divinatoires. Mais il abomine d'autant plus ces ioventions 
des démons, qui, toujours aux aguets, épient les signes extérieura 
de la pensée divine et s'emparent ainsi de quelques bribes de 
vérité qu'ils mêlent, quand il leur plaît, à leurs mensonges. Saint 
Augustin accepte toute la démonologie cosmopolite qui mbait 
depuis des siècles l'assiette de la raison, et nul esprit ne fut jamais 
plus obsédé par la hantise et le contact du surnaturel. Maoicbéen 
ou orthodoxe, il ne voit dans te monde, dans l'histoire comme 
dans la pratique journalière de la vie, que la lutte entre Dieu et 
le diable, entre les anges de lumière et les esprits de ténèbres, 
ceux-ci imitaot ceux-là, opposant leurs oracles aux prophéties 
divines, disputant aux songes véridiques l'âme qui veille dans le 
corps endormi, luttant à coups de sorttl^es magiques avec les 
vrais miracles. L'astrologie bénéficia pourtant du goût qu'il s'était 
senti pour elle et de l'étude qu'il en avait faite'. Ce n'était pas Ik 
un de ces pièges vulgaires tendus par le démon aux âmes simples, 
mais l'extension abusive, orgueilleuse, athée, d'une science qui 
était à certains égards le chef-d'œuvre de l'esprit humain. Sil'as- 
trologie n'était pas athée, si les < mathématiciens » consentaient 
à ne voir dans les astres que des signes — non plus des causes 
— saint Augustin hésiterait à condamner une opinion partagée 
par des gens très doctes. Mais, telle qu'elle est et que la com- 
prennent la plupart de ses partisans, elle a la prétention de subs- 
tituer la fatalité naturelle, mécanique, h la volonté de Dieu ; elle 
est donc dans la voie du mensonge, et le champion du Tout-Puis- 
sant s'attaque, avec sa fougue ordinaire, à ces « divagations 
impies' ». 

Les armes théologtques étant depuis longtemps èmouasées, 
c'est à la dialectique qu'il a recours. Il reprend tous les ali- 
ments mis en ligne depuis Caroéade, mais il n'y ajoute guère que 
sa véhémence, des sarcasmes et un peu de sophistique. La fasti- 
dieuse querelle élevée à propos des jumeaux — avec variante 

ce libre arbitre qu'il 0|)posc au faUlisme astrologique {De continent. H), 
lequel 8U|>po«e une rat^lité niËcauique, iniDlelligeole, tmmonle. 

1. Augustin. Coaftu. IV, 3. 

2. Jam etiam mathematicorum fallaeet dMnationn et impia delirv- 
mmla rtjeeeram (Augustin. Coafeu. VII, 6). 



ïjomeaux do sexe différent — n'est pas pliw trancliét! par 
! d'Ksaù el Jacob que par celui des Dioscuros; l'attaque 
et la riposte en restent au même point. Il le sent si bien lui-in3me 
qu'il a recours à des 8rti6c4>s de rhétorique et b des pièges de 
mots. Étaut donnés, dit-il, dt-ux jumoaux, ou liicD ils ont même 
boroecope, et alors tout doit être pareil chez eux» ce qui n'est 
pas, l'expéricnoe lo prouve ; ou bien ils ont, h cause de la petite 
diffèrenoe de temps qui sépare les deux naissances, des horoscopes 
diSèrents, et alors « j'exige des parents difiërenlâ, ce que des 
«jumeaux ne peuvent pas avoir' ». Avec do tollos (exigences, on 
ne comprendrait pas que les mêmes parents puisiseut avoir jamais 
plus d'un enEnnt, absurdité dont l'astrologie n'est aucunement 
responsable. Ces inênies jumeaux sont malades « en même temps *. 
Le &it est expliqué par la siinilitude des tempéraments, suivant 
Hippocrate ; par ooU« des thèmes do géniture. suivant Posidonius. 
Saint Augustin ne se contente pas de préférer l'explication du 
luédeciQ k celle de l'astrologue : il veut que l'expression ■ en 
« même temps » indique une coïncideoco ruathématiquemeut 
exacte, et il s'^ric : « Pourquoi êtaieiit-il» malados pareilkwout 
« et en même temps, et non pas l'un d'abord, l'antre ensuite, 
« puisque aussi bien ils ne pouvaient être nés simultanément? 
« Ou, si le fait d'être nés en des temps différents n'entraînait pas 
« qu'ils fassent malades eu des temps différents, pourquoi sou- 
* ti«at-oa que la différence de temps à la naissance produit des 
« diversités pour tes autres chosos'? » Les astrologues avaient 
TÎDgt façons d'échapper à ce dilemme, sans compter la ressource 
de ne pas endosser jusque dans le détail la responsabilité des opi- 
nions de Posidonius. L'astrologie, averlie par des siècles de dis- 
CUfisioDS. ne disait pas ou ne disait plus que les destinées des 
jumeaux dussent être de tout point semblables ou de tout point 
diffireotes. Mais saint Augustin uo veut pas ainsi abandonner la 
partie. Il se cramponne !i Posidonius. Celui-ci prétendait que les 
jamaaux malades, s'ils n'étaient pas nés au même moment matlié- 
matiqne, avaient été conçus en même temps ; il expliquait ainsi 
les ressemblancei dans ta destinée des jumeaux par la simultanéité 

1. Anguttin, Civ. Det. V. 2. Il veal dire que li tout ut piircll uTcr mtmn 
bofotrape, (oui ilaîl tin difTèiunl )vee horntcopM difftrcnti. Main nlori du 
«iibnt* iwi de in^mïii parraU en des Icnip» dircr» ne d«Traicnt Atoir rien de 
cotniBUB entre eux, |iui même lu pirenb. 

3. ADguiUn CIr. Del. V, 5. 



390 



A. BODCBi-LnCLHCIl. 



de conceptioD ot las dissemblances par ta non-simuttan^té des 
naiMiDCM. Il se mettait dans un roaurais cas, «t saiDl Augustin 
daube & son aise sur celte conception siroultaoée qui produit des 
jumeaux de sexe opposa et de destioéee contraires ; maii cette 
Tolée d'argumeDli passe à côti des astrologues as»ez avisé» pour 
tirer un Toilo sur le m^itire de la conception et se contenter de 
spéculer sur l'Iioroacope de la naissance. Il a raison aussi, mais 
aussi iDUtilemenl, quand il signale uite certaine incom]>atibUité 
logique entre la méthode ginétlilîaque, qui suppose tout prùfixé 
au moment de la naissance, t-t cvlle dm y-iTot^/xf, qui prétend 
choiur pour uoe actions le moment opportun < . Co sont dus théo- 
ries di^rentes, qui coexistaient et se combinaient parfois, sans 
que personne se f&t soucié de les ramener à l'unité. Saint Augus- 
tin s'imagine toujours avoir affaire & une doctrine arrêtée, immo- 
bilisée «tans une orthodoxie qui peroielto de la saisir suue une 
forme prkûe et de la terrasser. Mais, h^dro ou ]}rutéi>, l'nstrolo- 
gie échappe de toutes parts h son élreinle. 11 fallait l'attoiudre 
dans son principe, nier résolument l'influence des astres oa sou- 
tenir que, s'il y en avait une, ou n'en pouvait rien savoir. Cela, 
saint Augui<tin le fait, mais sans conviction, avec des réserves et 
des concessions qui rendent à l'adversaire le terrain conquis, n 
déclare l'astrologie athée, celle qui enseigne « ((uo lus astrvf 
a décident de nos destinées sans la volonté de Dieu *, inaccep- 
table même pour de simples rationalistes*. Mais il ménage l'opi- 
nion trantiactiunnelle, qu'il sait avoir été celle de Plotin et d'Ori- 
géno, et on s'aperçoit tout à coup, non sans ?ur)irti«e, que, au 
fond, c'est la sienne. Il clét la discussion en disant que, si les 
astrologues • font n souvent des réponses adnih*ablement vraies », 
eu n'est pas par l'eSet de leur art chimérique, maïs par l'inspira- 
tion des démons. D pense avoir ruiné l'astrologie en tant que 
science humaine, H voilà qu'il la restaure comme rèvétaltu» 
démoniaque, rL-vivifiant du mémo coup son dogme fondamenlat, 
car. si les démons lisent l'avenir dans li>s astres, c'est qu'il y est 
écrit. C'était la recommander aux païens, pour qoi les déiooDi 
de saint Augustin étaient des dieux, sans intimider les chrétiens 
qui faisaient la part moins large aux dénions ou qui, en mettant 



1. Aa|tu*liii. Cir. Dei. V, T. PUiléméft nnlt t^Mt Mlle eoDlradlclioa en ne 
s'oCRU)Kint pai du iunap7ar. m^thoilc populaire, qu'il mtime una 4(Hite IUh 
tout dn 1.1 dianlIA dos < inaihr<m*li>|ue« >. 

2. AugunUn. Ctv. Drt, V, I. 



LisraoLOGii r>ins lr monog rouis. 



297 



des patriarches dans le Z(Hlia<]uc et des anges dans les planètes, 
pansaient avoir coDVL'nablemeot exorcisé l'outillage astrologique 
jadis manié par k^ jiaïutm'. 

Ed Su de com|)te, la polémique chrétienne contre l'astrologie 
n'aboutit pas plus qu'autrefois celle des sceptiques. Les chrétiens 
qui ne cro^'aient pas aux horoscopes redoutaient, comme tout le 
monde, les éclipses et \es comètes à cause des malheurs qu'oUes 
annonçaient, et il ne fut jamais entendu une fois pour toutes que 
l'on ne pouvait être chrélifU sans abhorrur l'astrolugie, L'auteur 
chréttuD du dialogue iulilulé llermippus fait valoir, au contraire, 
r«xa'llciic<i «1 la valeur morale d'une science qui élève l'intelli- 
gence humaine vers les choses célestes et, bien loin de pousser au 
fatalisme, nous apprend que l'âme spirituelle échappe h l'influencu 
matérielle de» astres*. 

Comme il n'y eut pas de doctrine arrêtée, ni approbation, ni 
intprobalion expresse, il n'y eut pas non plus de mesure générate 
décrétée au nom de l'Église caûtolique en ce qui concerne les 
croyances ou les pratiquas astrologiques. En Orient, on s'habitua 
à oon^dérer l'astrologie comme une dépendance plus ou moins 
coitl4<stablederastrononiie, classée dans la catégorie des opinions 
libres dont l'Église n'avait pas b. s'occuper. En Occident, l'auto- 
rité de saint Augustin et la lutte contre les Manichéens et Pris- 
cillianistes Bt prévaloir l'idée, vraie au fond, que l'astrologie était 
Doe des formes de la magie, une religion idolâtrïque qui adreissait 
8«« hommages aux démons implantés dans les planètes et les 
(lécans du Zodiaque, la mère do toutes les pratiques de sorcellerie 
appliquées k la médecin*!, à la ctiimte, ou, pour mieux dira, 
répanduas comme une obsession diabolique sur toutes les voies 
ouvertes h la pensée et l'activité humaines. Mais personne ne 
tenait la magie et l'astrologie pour de pures chimères, et l'astro- 
logie gardait, malgré qu'on en eitt, le prestige do la science astro- 
nomique qui lui fournissait le:* données de ses calculs. Les doc- 



1, Le* Prl«rHlitnUt«» iccmrnnnitilBnl nlnM l'utroloela i e'ott i em •nrlfiut 
qna Mage S. AURiii^lln en «'nlUqnant aux n«lTol(i|ini>K. 

S. Il ■ Min de fnellK le llliie Hcbllie i l'obrl <l« rinllDenco du uXn». C'est 
le WdI point qui InipoMe. tliiot, 'inl «'y conasltinlt. ilil d'Orlgene que. ni c* 
docteur CtùJtW 1 lu r^velalinn de l'aTPnir par Ip' nitrrH. in eailrm o-irl eauia 
OC Apot*l**maUci omat* ri liodierni astrologiae palrom, quorum lentcnKa, 
inltyra moJourvftiir Itterlm nrhUrii, haerenfot unta immuntsrsliP. Il.mlell* 
llu«Ui f>nftmanoTiim, IJb. Il, Quwil. Vlll, D« aUrit, ia l'ilrol. Ulfini', Or><7rn. 
opp. ion. VII, f. 973-980]. 



298 1. BODCBJ-LBGLEICQ. 

leurs orthodoxes du moyen âge ne veulent pas se tam soupçonoer 
d'ignorance en proscrivant une science qui faisait la gloire des 
Byzantins et des Arabes. Ils endorment leurs scrupules dans 
l'opinion moyenne que les astres influent sur l'homme, mais ne 
forcent pas sa volonté, opinion qui implique une adhésion for- 
melle au principe générateur de l'astrologie. 

Ce qui a tué l'astrologie, ce ne sont pas les arguments de toute 
sorte, philosophiques et théologiques, dirigés contre elle au conrs 
des siècles. La philosophie, elle l'avait eue pour auxiliaire ; les 
dognaes, elle les avait forcés à composer avec elle', EUle renais- 
sait plus hardie que jamais, h l'aurore des temps modernes, lors- 
qu'elle reçut le coup mortel, un coup qui n'était pas dirigé contre 
elle et qui la frappa de côté, par une incidence imprévue. Tant 
que la science astronomique s'était contentée de dilater l'univers 
en laissant à la Terre sa position centrale, les idées naïves qui 
avaient engendré l'astrologie et s'étaient soudées en un tout com- 
pact dans la théorie du microcosme conservaientla force persua- 
sive d'une tradition fa la fois intelligible et mystérieuse, clef de 
l'inconnu, dépositaire des secrets de l'avenir. La géométrie astro- 
logique continuait à asseoir ses constructions sur leur base origi- 
nelle, amoindrie sans doute, mais demeurée au point de conver- 
gence de tous les influx célestes. Une fois la Terre réduite fa l'état 
de planète et lancée dans l'espace, la base se dérobant, tout 
l'échafaudage croule du même coup. 11 n'y a d'incompatihle avec 
l'astrologie que le système proposé jadis par Aristarque de Saraos, 
repris et démontré depuis parCopernic. L'incompatibilité est telle 
qu'elle n"a pas besoin d'être mise en forme logique. Elle se sent 
mieux encore qu'elle ne se comprend. Le mouvement de la Terre 
a rompu comme fils d'araignée tous les liens imaginaires qui la 
rattachaient aux astres — des astres tout occupés d'elle — et ce 
qui en reste, le concept général de l'attraction, ne suffirait pas 
au sophiste le plus intrépide pour les renouer. 

Mais des idées qui ont fait partie du sens commun pendant des 
milliers d'années ne se laissent pas éliminer en un jour. La défaite 
de l'astrologie fut retardée par l'intervention d'une alliée qui, en 

1. Les traités d'astrologie du ivi* siècle sont sourenl dédiés i des princes de 
l'Église, Celui de Fr. Junelinug [Specvlum Astrologiae, 2 toI. fol. LDgdaoi 
1581), nuire une dédicace A t'évËque de Spire, est muni d'une lettre très 
humble ad Reotrtndistimoi antUtilei ae Renarendoi InqainHoTa haeretieae 
pravitalU, dont l'auteur inroque le patronage. 



L'iSTBOLOGIE DIRS Lfi HORDE lOMlIN. 299 

défeDdant l'ancieDae conceptioD àe Tuoivers au nom de textes 
sacrés', faisait par surcroit les affaires de gens qu'elleaTait tou- 
jours été tentée d'anathématiser. En interdisant à Galilée, par 
l'organe du Saint-Office, d'enseigner le mouvemeiit de la Terre, 
l'Église obéissait à ce qu'il y a de plus inlaillible en elle, h l'ins- 
tinct de conservation. La foi religieuse ne se sent k l'aise que 
couvée, pour ainsi dire, sous l'abri d'un ciel étroitement uni h la 
terre, et, bien que la dignité du « roseau pensant » ne soit pas 
logiquement liée k la primauté de la planète qui le porte, il semble 
qu'il soit moins qualifié pour être le centre d'un plan divin depuis 
qu'ilsesaitlogésur un atome et emporté, avec le système solaire 
tout entier, dans le silence des espaces infinis. 

A. Bodché-Leclbrcq. 

1. Il faut reconnaître qae les IbéologieD» d'alors inlerprétatent d'une façon 
irréprochable, entre antres textes, celui da Psalmiate : Qui fundaai terram 
M ttabiliUileiit tuam, non iBClinabilur m taeailum laecuti [Ps. civ, 5). De 
inânie aalrefois, le stoïcien Cléanthe a^ait voulu Taire condamner Arislarque de 
Samoa pour [mplélé envers la vénérable Hestia on fojer du monde (Plal. De 
fade in orbe iunae, 6). C'est par respect ponr l'Écriture que Tycho-Brahé 
s'arrêta i ane transaclion qui, au point de vue de la mécanique céleste, est 
plus absurde que le système ancien. 



MÉLANGES ET DOCUMENTS 



NOTICE SUR LES CHARTES 

DE CODIUHES 

DE POUY-CORGELART ET DE BITÈS 

PODB SEBTia 1 L'HISTOIBE DS U FOKlUnOH DBS TILLBB*. 



I^ question de l'origine des villes est de celles qui ont le plus 
préoccupé les érudits depuis quelques années. M. Henri Rrenne a 
publié ici même, sur l'Origine des coiutitutions urbaine* au moyen 
âge. ', des travaux, remarquables de tous points, où il a résumé d^uoe 
manière complète el précise les conclusions des difTérenta éeriTaios, 
en y ajoutant des idées qui lui étaient personnelles. Depuis lors, de 
nouvelles théories se sont produites, et il s'en produira d'autres 
encore avant que les auteurs se soient mis d'accord et que la lumière 
se soit Taile dans les esprits. 

Peut-être les historiens ont-ils, jusqu'ici, concentré trop exclusi- 
vement leur attention sur les grands centres urbains où, sous llm- 
pulsion du commerce et de l'industrie, s'est fait, aux xii'et un* siècles, 
un mouvement prodigieux. Assurément, les grandes villes de Flandre^ 
du nord de la France el des pays rhénans présentent, au xii* siècle, 
un tout autre intérêt que les petites communautés d'habitants de Gas- 
cogne et de Languedoc ; mais, si nous nous préoccupons des origines, 
il en est autrement. On sait quels remarquables progrès la linguis- 
tique a réalisés par l'étude du langage des entants et des peuplades 
primitives. Au xin* siècle, dans des villes comme Bruges ou Stras- 
Iraurg, ne subsistaient que des vestiges vagues de l'organisation pre- 

1. Celle étude était écrite et déposée i ta Serme hlUariqite longue parai le 
livre de H. Paul Dof!i>aa, Ut liuUlaHoHS polUiqittt et admMttnttve* (tu pojr* 
de l.aiigsedoe. Les notes où 11 est queelion de ce livre oat été ijouléet tnr les 
épreuTee en placiirds. 

•2. BWMe hMoHqvt, LUI (IS93), 5Î-8.1; LVJI (1805), 57-98,293-337. 



I 



CflUTES DB CODTimEg DK rOUT-CO&GELlRT ET DR BItH. 301 

mière — à cause des Iransformalions rapides qu'imprime aux cou- 
tumes la vie même des conlrcs industriels ou commerciaux — tandis 
que, en Aquitaine, sous h chnude lumière du soleil, les petiUs villes, 
dans la stagnation de la vie agricole, avaient coni^ervé les U-sa^es du 
vieux lumps, immobiles d'&ge CD 3^ comme la vie runle. D'autre 
part, la siiiiilitudiï de [)lu:^ieurs traits e:»s(intielï, cunsurvû pur les 
grands ceiilres à l'époque du pkûn «panouisaomcnt, montre que, dans 
ses éléments Tondamenlâux, le travail de rormalion avait été iden- 
tique. Ouoi qu'il en soit, à défaut de documents contemporains de 
l'époque de Tormation pour les grande:* cités, les documents du 
kiir siècle, nous montrant les petites villes conservées dans l'état 
uicîua, rournissent à l'observation non plus un cbanip d'bjpolhèscs, 
— rb,vpotbése ne peut jamais être scientifique, — mais un champ 
dinductions, et l'Induction maniée avec rigueur peut aboutir à des 
eoDcluâions certaines. 



PocT-CoaoRu&T. 



^f Pouy-Oorgelart*, dans l'ancienne vicomte de Lomagne, Torme 
aujourd'hui, réuni à Roquelaure, la commune de l'ouy-Koquelaure 
(330 liabitant.'j], dans le département du Gers, canton et anondissc- 
meat de Lectourc. La charte qui va nous occuper a été rédigée le 
4 Ëeplcmbr« 1303, dans l'église Saint-Pierre de Pouj-Corgelart, par 
Fortaner de Lauzorte, notaire public a Agen, en présence des sei- 
gneurs et des bourgeois du lieu, déclarant et fixant les coutumes on 
vigueur afin d'éviter à l'avenir toute contestation. 

Le texte, en langue d'oc, a été imprimé, d'après une copie du 
ir* ftiiele, mal heureusement extrêmement incorrecte, par M. Octave 
Beylol dans le tome XVII des Arc/iivM historique de la Girontle-, 
Notre cher maître, M. Paul Meyor, a bien vuulu nous aider, avec sa 
grande compétence, el en revoyant le texte sur le manuscrit, à 
retrouver le sens exact dans les passages les plus altérés. 

Co »out des coutumes vivantes, nous voulons dire qui reproduisent 
b vie fielle des habitants de Pouy-Corgelart à l'époque ou elles Turent 
rédige, ol non des coutumes arltttcielles, comme les coutumes de 
nombreuses bastides, qui Turent calquées sur la charte dcquutque loca- 
lité T(M8îne ou loiulalnL> el données aux habitants de la vitlc nouvelle 
gans préoccupaUon de la mesure où elles pouvaient convenir â leurs 



t. H. BejloticrflPou;-OarT<Jelarl;l<] tHcUonoalre des poste* Ain n« la tome 
Pou}-Corg«l4rl. 
3. Archiva Auforifuei lU la Cirond», XVII (tSTl), t-17. 



304 



M^UMM n DMCHtTM. 



avec c«lle de la ville'. G'iUlent des campagnes avec de« inaison& 
babilécs par des culUvaleurs el deâ maisons rorliflMs appartcnanL à. 
des chevaliers ol ci des bourguois de la ville ou bi<ta à des bourgeois 
qui n'avaient d'aulre résideiM» (|ue kur domaine du districl*. 

A la Uto do Pouy-Corgelart étaient plaeès ms d<Mii geifjcieur». U* 
Bont DoniQiéâ dans la cliarle Amaut de Floreiisaii et Ainal de l>ui(y. 
.Xolrc localiLc avait donc deux s«igiH'urj. On »it que co n'élaïl jai 
là un fait ciceplionnol '. Il suRit de (Kircourirlo Icxtcde h ooulume 
pour s'apercevoir (|u'aucune hosUlilé n'existait entre lee seigneurs e( 
les bour^-eiiis ; i»m au contraire. On voit qu'il leur eût été dlffidle 
de se passer l«s uns de^ autres. I^es seigneurs et li» lubllanU ont, 
sur leurs Icrres, réciproquement, droit ii l'eau, à la leuille et à l'Iiertie, 
ma).4 saiH .s'occasionner de dommages *. 

Lps iiai)ilan(s du district ont le droit do pmtilre sur l«s terres (ta 
seigneurs l'Iiertie nécessaire à leurs bastiaux el le bois sec poor les 
besoins de leurs Toyers*. En cas de guerre ou d'alerlo, les selgueun 
sont à la télé de la dùrcriso, conduisent les bourgeois armés. Ut 
bourgeois fonl le guul aux cudruils du ta ville où Ils ont coutume ds 
lo faire cl les 5Cigneur?i Fotil faire le guot aux poslcs de garde*. Lu 
bourgeois ne sont leiius de prendre les armes à la voix des seigoeurs 
qu'en cas de guerre. Dans ces oipéditions, tout ce que les bourgeois 
preaneal leur apparlienl, sauf les prisonniers, qui doivent être 
remis aux seigneurs moyennant les sommes aecoulumtes^i mais, 



I. t En loi* U bonoc oit d«*lfcii dd( Konhon^ •■ — • d dutNC et m II 
baaur de Puj-Carmiriilarl. > — < ttonor, Âcril M, UtiRnOR, iinptli|u« l'Idte dl 
poueuioa cl tignirie le fondi de lorri; poti^é > (p. 3.'), n. 1). CMk déflnltliMi «t 
Inemcle. L'honneur ^l.-iit l'cnicinblc iln tormi billlcs ou aaa bllic* Mr l»> 
i[uallot ('éteniUil une Juridiclion. Dwh U mime oole, U. Dognoa ubierve qa'cn 
fU>u«r|juo Bl uutm payt c'uti le not f inaDdeiiMat • 'fui duniinc pour •iiaigiwr 
\'h«nw. L'honneur élill l'eaieroble de* lieux «or iMqueli pouTiit »'èl«adn 
le tntmdcnifnt, 

S. Coil i cell« uligorie que fuirtll dcrolr ■'•ppli(|uer l'eipteMicra codftu 
htilalAi du I H. 

3. V»)., djD» le inemc tome (XTII) du Arehiva Kltleritiiei di la Gtnmte, 
le» wulutnM 4e Pujult en Agenait (p. 19-7â). Pujolt ■ ^pakmpfll d«ut seignoin. 

4. Voici Ih triilucUuii du t 7, iTui. Aaa* le le^te, fiourrail parUlrv obicure : 
• Il Mt élubli par tunlutae que les uigii«urs et loa toUiji» (non* rcvenoiu phii 
loin sur o«Ue eiprauion} ont la feuille et l'berbe el l'eau eu lon( le iliMncld* 
Pouf^GorReUil, t'un «ur l'aulrc, muii lUttl fiire, et, s'il j^ a tlu d^I, qn« «élut 
<fni l'aura conttal^ eu «oit cru «ur lermeut. • 

Mes. 

C, I 87. — « Oayla, ) pMle de garde. — Sur le aen» de ce neot, wjr. DoRnoo, 
«p. M(.,p. 103, oole 1. 

7. I.a oautumo do Tonneins-Deisui et celle de C«»teI}4loui, ciUw par M. Oih> 
gaon <p. a, noie t], éclairent oe patiage, qui pourrait paraître ohiirar i i SI 



UmilTES DF. CQCTDHBA Dt POrT-COanELlET ET M BIvK SOS 

bourgeois vuni en guerre ■ par BUi-métnes, » buLin el prisoD- 
nier, tout leur apparlient *. 

Si l'un dee bourgeois de Pouy-Corgelart esl vIctJme de iguelquc 
coup (le forw en detiors des limilvs du chàlcau ul do sn juridicLion 
(delà ville ftt de son district), las seigneurs, ou leur Ueulenanl, au les 
eoiMuls de la ville, doivent exiger Justice, el, ») Justice est reruâûn, les 
seigneurs à h télndes liourgeoiss'oiïorccnld'obloiiir juHliee partout 
mojwis'. Cet article mclun lumière le rôle protecteur des aciftneurs, 
r6lc considérable, a l'époque antérieure surtout, époque de troubles 
continus el de violences, où nulle autorité n'était respectée en dehors 
de cesKTOUpes locaux, aeigneurie-s ou villes; l'individu isole niait 
perdu. Alors les villes n'étaient pas encore formées; à l'intérieur de 
l'eneeiDte commune les citoyens n'otaieiit pas unis entre eux ; seuls, 
lu ctiefs militaires élaiuul capables d'assurer le travail et le com- 
merce", 

Telle était la protection ii main armée; la protection civile — si 
nous pouvon->) parler ainài — n'étaît pas moins importante. <> Il eaX 
établi par coutume, lisons-nous à l'article 31, que les seigneurs et les 
cbovallers et tes bourgeois, et les autres qui ne sont pas bour^oîs, 
doivent, chacun, garantie el protection à leurs TetidataireB dans les 
fiers qu'ils tirnnenl li'eux-ménies ou d'autres. El, si débat est mû 
par autre persotme contre ledit feudataire devant le suzerain supô- 
rieur (et du seigneur et du vassal), le seigneur doit garantir son vas- 
sal il son pouvoir pour le fief qui relève de lui ut pour lequel ledit 
vassal est attaqué, et, s'il n'y parvient pas, il doit donner à son vas- 
sal un autre lk( de même valeur, el, s'il ne Ta pas, qu'il lui donne la 
valeur du tlef k l'estimation du conseil [des consuls) de la cité '. > Ces 
dé4ail3 sont du plus grand inti'rêl et bien conformes !i oc que nous 
devous croire des rapports entre les seigneurs et leurs vassaux & 



a* boarieoii de U tillr prvnd un clirvnlidr, aii un bourgeois au un liliin en 
b*Ulll«. U doit Im livrer au idipicuf, l'un pour 100 toit, liatrc pour 3(1, 1« 
Uolsièmc pour h. > 

1. 1 16. — Ce partage eût fait voir i U. Dognon qoll ne *'iiglt pa« ie U 
bataille judiciaire dan* le* r.ouluniet ciléct par lui fagr 38, noie 1. 

3. Cf. 1b couluiue de Uvlllian (cb.-i. de uni. du» 1» Lol-el-Garoniie), 
Anklvet kulorl^e» de la Girondt. XXV. 139, et U noie qui lai «il couMCrAe 
(Uni 11 i>rvue d^ la Soc. det Éluda htitoriqut*. aaaée ISOT, o* t. 

t. I 31. — 11 eil r^relUh\c i|u« l« lexle du cet article «1 nmirquabte el il 
inltftManl n« suit pu tiv« correct, eu qui le riiod ubscar par «uItdIIa. Nous 
CuapnooM le l«ile roiuine nous l'indiquont ci>deMu« et wrioas r«connal(aut 
ds Unie correction qui nous wrail ii^«lée 

RST. Hwn». LXV. i* fuo. 20 



3<l« 



*iH%CtS KT MCDMIXn. 



l'«poqu8 de rornialion ; on voit que la vie oommunale ne kur avail 
rien 6té de leur caractère. 

En rvUtur dce «urvicn rendus, les seigneurs perceviieiit des rede- 
ï-aiwoe. Lfls liouriwois de Pou>'Cori;fii.-irl teiiaienl leur» Uwres A 
leur» maisoas ea rrsncs-flcrti ' . 1x8 seigticurs n'svaical drmt que : 
4* à une demi-mesure d'avoine ebaque ounée, exi(;iblc de cbiU|uc chef 
de ramîUfl'; 2* à une journée de laboura l'époque des semailles, exi- 
gible de cliaque i>ro)>riélaire d'une paire de bceufs ou d'autres aoi- 
maux propres au Ubuur*. 

Ces redevances élaieut miuiinss. Dans d'aulree ooutuoits ou rail 
les BSigneurs rendre aui l)0urge(H3 d«g senlces plu» Importants : 
prenaleiil sur eux, \tta exemple, d'aMurer Is service niiliulru recji 
des bourgeois par le duc d'Aquitaine, ce qui permotlaîtaux 
de vaquer tranquillement a leurit aO^ircs ' ; uus»i les redevances pe^ 
fues psr lesHLgiieurs éliiicnL-ullus |ilu!i faraudes. 

L'srliclu i ( oonlribue â meUro en lumière te caractère des rclatloas 
entre le^ seigneurs et les lialfitantà : < Les seigueur» dudil cb&teu 
jvUle) ont crédit uir les cbûtolains (bourgeois) dudit cbttoau et autres 
habitants du cbâtvau et du district, durant un mois, pour aclttU do 
viande h leur u&agc ou à l'usago de leur tnesoie; mais, durant tt 
temps, ils devront tenir leurs bestinui atlAcbés, selon l'usage, ci n>u^ 
nir de lions gages ou de bons répondants aux créanciers, (.es clieva- 
liers uni les mÂmes droits pendant quinze jours. El«,a roxpiralion 
de ces termes, la dette n'e&t pas pajéc, le créancier peut vendre le 
gage ou fUre aaisir le répomlant. • 

Lea deux seigneurs rminis exen;nleflt une autorité oommune sur la 
ville tout eiiliërc el sur tout le district; mais, oulru ocUo autorité 
générale, cbacuu d'eux exerçait une autorité spéciale sur une 
du Icrriioire*. 

Les deux seigneurs étaient représentés à Pouy-Corgeiart, eu 
absence, jur leurs lieutenants el, en tout temps, par leurs bejli 
baillis. Ceux-ci étaient des ofticiers de justice. Ils étaicnl aOlrai 
de louli! taille et de toute corvée*. 

Au-dessous des seigneurs, aussi bien dans la ville que dans le dit 



itorité 
pvtia^ 

nleniH 
leâOl^l 



1.1 6. 

t. < Ouca» hablUnU..., ipt tendra fiufl tI« al dll uM«l. « | H3, L» tsili 
publia par U. Bejlot csl incorrect. 

3. I 84. 

4. Voy. lu ooulQinM do Pujoln, Archiva AUorlfMi d« la Glro»dr. XXV, 
49, et cnlIOB ilr Mrllhan, IMd.. p. \3!t. 

i. t 16- 
0. (SS. 



CBlBTf? DE COOTimr.S DR POtFT-COIir.Rl.lKT RT nR HIT^S. 307 

tricL, apparaisscnl les chevaliers'. Les chevatiers èlAieiil direclement 
atlacbés aux seigneurs par le lien fëoilal ; plus directemoat cl plus 
exclusivement que lea bourgeois. Ils ne figurent pas dans Ic^ asHcm- 
hlêcs (li'lihéraïUP-s, où Ils sont repr6senli^s, lors Je» affaires même les 
plus ffravcs, par les sel^eurs ou leurs lieutcaantB. Les chevaliers 
sonl privés de cerlains droils inunicipam, privilèges des hoiirçeois; 
ils sont souslraiU a certaines charges Onancièros et sans doute que, 
en retour, les charges militaires sont pour eux plus fortes. Nous 
voyons que \s» liourgeois sont consultés pour les travaux publi/M in 
faire dans l'inlérèl de la coanDune et pour rélalilissomenl des laillesi 
les chevaliers, bien qu'ÎU aient à payer leur quote-part, ne »>onl pas 
consultés'. Les bourgeois reçoivent le sennenl des consuls, les che- 
valiers ne le reçoivent pas'. 

Puis viennent les chùLoIains (caselas, castlas), c'est-à-dire les bour- 
geois. Dans uu des arlide» de la charte le mot n comunaU, • 
membres de la commune, est donné comme synonyme du mol • cas- 
tias'. > Ailleurs, ils sont appelés^ ■ c.^stlas francz-Juralz, « les bour^ 
([eois Arancs-jurês, les francs • bourgeois. Ce sont les personnages 
importants de Pouy-Cortjclarl; c'est entre eux, d'une part, ot les 
deux Higneurs, do l'autre, que la charte de coutume est établie soua 
g«rmeat, en garantie de lour^ di-oits réciproques. Nous avons les 
noms de ces tiourgeois à la fin de la charte, il.s sont au nombre de 
43; peut-être quelques-uns manquaicnt^il», mais rien ne l'indique. 
Ces t2 peràoiuiages étaient les chefs do Ihmille. Les mêmes noms, 
les Joglar. les Itergunh, les Capot, reviennent plusieurs fois. Une 
trent:Uiie de ramilles formaient ainsi la bourgeoisie de Pouy-lkirge- 
lart. C'élail lepalrîcial. Les droitsque celui-ci possédait dans la ville 
étaient considérables el fortement établis. Ce patriclat n'était pas une 
caste fermée. Nous voyons* qu'un homme questal, c'est-à-dire sou* 



I. t CaTo«rs. » 

2.13. 

3. il. 

*.|3. 

S. 131. 

1 11. — Le Mte (le cet arlltle Irèt iinporiant til DialbnireuMintenl «H4ré 
«MOnie celui de bien J'aulret ; voici roinin^Dl uoii» le iradaiMnt ; i II etl èUUI 
par Mularoe que, ii Aucun liomiiie ou r«iiiiiie i|ueatal dm eelgneorf, ou dM chi* 
**llerft el ilee lieult'nuoU de chevulien, ou île» bourgt-oi» de la Tille de roof- 
ConieUrl, arec loui «es biene-meublei ou parlie, voulait eire clidtetaln fraoe-Jnri, 
qu il uiii uint 11 |in>l«c.Ll<in J<« lelgomira Ct aou» la uuTenarde de* bnurgcata, 
dÊliuilQ CD tout irmps, comma bourgeolt, «aoiro tonlct perwnnrt, et contre 
le wigaeur i;ur le tcrrltalra duquel 11 wm Tenu, «iDii que loui *c* biens 
cl u mciMiie, et l«n tiens «Il n'a pe« ie neioie. Mal* qu'il ail iDparaiiot pnje 
ponr lonte une unaùe la queste et le Mrfiea dut au iei)(oour qu'il quitte; en 



SOS HJUKSIB R DOCDHIim. 

mis à une redevance servile, pouvait deveaîr rrano^argeois en 
venant s'établir dans le château; mais deux coaditions aemblent 
requises : ne payer aucune redevance servile en dehors do la ville et 
jouir d'une certaine fortune. 

(îes bourgeois, domiciliés dans le château, sont des cultivateurs. 
Ils ont des champs et du bétail. Leurs redevances aux seigneurs sont 
une mesure d'avoino et une journée de labour*. Nous avoos vu qu'à 
l'occasion ils étaient aussi des hommes de guerre. Ils tenaient leurs 
terres en francs-ficfs el pouvaient eux-mêmes être suzerains de terres 
a redevances serviles. II est parlé à plusieurs reprises des hommes 
questaux des bourgeois. 

A. la léte des bourgeois sont les deux consuls. Ils ont le sceau de 
la commune el Tormont le conseil de ville. > Et d'abord, lisons-nous 
à l'arlicle i", car université ne peut être bien gouvernée sans conseil 
hou el loyal, est établi par coutume ancienne au château de Pou;- 
Cor^elart, à la tète de toute l'université dudit château, consàl de 
deux prud'hommes, personnes bonnes et loyales et de bon témoignage 
qui veilleront au commun profit des majore* et des minorai el des 
seigneurs ', à savoir deux châtelains (bourgeois) qui jurmïDt chaque 
année sur les Évangiles touchés de leurs mains, le lundi de Pâqiws, 
en présence des seigneurs dudit château el de leurs lieutenants et en 
présence des châtelains (bourgeois) dudit château, ou de la majeure 
partie, qu'ils seront bons et loyaux aux seigneurs dudit château et à 
reuâcmbie des habitants, et qu'ils défendront et garderont les droits 
des seiyneurs et des bourgeois, et qu'ils ne se laisseront corrompre 
par dons ni promesses. » Ithaque année, le lundi de Pâques, les dem 
consuls sortant de charge éliront les deux consuls leurs successeurs. 
Les consuls sortant no pourront rentrer en charge avant trois ans et 
ils ne pourront élire père, Hls ou frère de ceux qui auront été consuls 
l'année précédente^. L'autorité des deux consuls était,à la fois,judî- 

retour, il sera libre de toute contribution dans laTiliedunut unan el an jour, 
si, auparavant, il n'était |>at bourgeois. El que toutes le» terre* et Tlgnes qaes- 
tales demeurent au eeii^cur ou à ta dame quitté, avec quesle et Mr^icea, telle* 
qu'il les leuiiit ie jour où il cal parti, u 

1. Ce» cbartea Je coutume conlirment d'une luaiiitre précise l'opinioD de 
M. Giry : < Les villes étaient des bourgs rurani et les citadiQE étaient des paj. 
sans qui labouraient aui environs ■ {Bistoire générale, Laviese et Ramband, 
II, 4l3). 

1. < Dels majors e Jels minnrs e dels senhon. » Cm eipreaiioas sont trts 
Intéressantes, car elles sont la répétition de celles qui désignûant, i la mtoN 
époque, tes classes sociales dans les grandes villes de Flandre. A Panj.Corg»- 
lart, le« majoret sont les chevaliers et les bourgeois; les nUnorei soal les 
a voisins u et les huinmeii questaui, 

3. Arehivet huioriquei de la Gironde, XVU, 1&<16. 



ECLiitr RT DE BrrJEs. S09 

cUire, financière H admini^lrativc. Dans les circun&tanccs impor- 
tantes, ils devaient prendre l'avis des bourgeois' ; le» deux seigneurs, 
au coDtniiro. ne paraissent jamais tenus de prendre l'avis des che- 
valiers. 

Us deux consuls élisent oux-mëmes leur« successeurs : c'est le sys- 
tème palriciett ; mais, comme Us ne peuvent chotair ni leurs parents, 
ni ceux des consuls de l'année précédente, ni rentrer eus-m^moa au 
consulat avant trois ans, la majeure partie des 23 ou 30 familles 
bourgeoises était assurée d'avoir son rùlo dans le gouvernement du 
cbAleau. 

Ba dehors des alDiircs militaires, auxquelles présidaient les deux 
seigneurs et pour lesquelles il y avait des redevances Dxes et contu- 
raières, el des aHairos judiciairos. auxtiuelles présidaient les deux 
consuU et pour lesquelles il y avait des redevances llxcs el coutu- 
miêres ajoutées aux amendes infligées aux coupaiilcs, l'administra- 
lion publique se réduisait à peu près à l'entretien des roules et à l'ou- 
verture des voies nouvelW, et, conséquemment, c'est à ce.a routes 
(]ac se bornaient presque toutes les dépenses coinniunalcs. Aussi le 
paragraphe ijui leur est consacré éclairc-l-tl entièrement la partie 
administrative et flnancière de la vie commune à Pmiy -Gorge lurt. 

■ Ilem, le conseil (c'est-à-dire les deux consuls), avec l'assemblée 
des châtelains (c'eal-à-diru des bourgeois), ou la majeure partie, 
et avec les seigneurs (on voit que les chevaliers sont exclus), ont 
pouvoir de fitire et réparer et ouvrir les roules coininunales cl dans 
Vhonnmr et le àatroU (dislricl} desdits seigneurs, dedans et dehors 
(c'est-à-dire ù rintéricur des murailles de la ville et â rcxtéricur. dans 
le ressort de la juridiction du château), ils onl pouvoir de faire ces 
route» et les autres choses profitables à l'ensemble des hommes et des 
châtelains (bourgeois) dudit château. El toutes les dépenses qui seront 
faites pour ces choses, eu dessous de 30 sous morlans f30 sous mor- 
laas représenlaienl environ 37^ francs de monnaie aoUloUe). pour- 
ront èlre levées sur les châtelains (bourgeois) et les voisins [nous 
reviendrons tout à l'iicure sur celle expr&nion) dudit château, et les 
tailles seront établios de bonne foi, avec le conseil de quatre pru- 
d'hommes dudil chàleau, hommes jurés, choisis comme bons el 
loyaux. El si ces déponseji exigent une Uiille qui s'élëvo âu-dessus 
de 30 sous, mais demeure en dessous de CO, la taille tera faite 
avec le conseil des quatre prud'hommes <iui, alors, prêteront serment, 
la main sur l'Ëvaub'ile, de donner loyal conseil sur ladite laiUe, «n 
toute sliicurilé, sans fhtude ni mal engien, ouïes lc> requêtes d'un 
^b-icun. El si les dépenses s'élËvent au-dessus de 60 sous (au-dessus 
francs de valeur aciuellu), oUos su ferant de l'avis des set- 



9I« 



niUWIÈ B MCIUEtTB. 



gneurs et des chitelaîDS (bouroBoist on des IkutenanU des seigneurs 
et de la majorilé des bourgeois. Quant aux ebcvaliers et aux Ueule> 
nanta de obenliors. «luI ne sont pas ke seigneurs, ils paieront dans 
la proportion fixée par la coutume'. » 

Ce para^pbc fourmille de détails corleux et oaracLérisUquea; ootu 
n'eD voulons rdever i|ue di-iix. Le premier est retour û l'indleatioa 
deeesctiilAw correspondant u 379 etàT^tlfraae de nolr« moanaie. 
nKvntrant rimporlaiM» qu'avait alors Pouy-Gori^larl et celle des 
dé()en»es <vimmun.tl(!9 qu\ y étalent fUlea. Un autre trait très int»- 
reasanl e^l a'Iui-ci : na^tut les dépenses derleiineiit plus imporlaotes, 
l'adjonction aux consuls <lo quatre bourgeois cfaoists par Iob eoosoU 
eux-mâmea parait aux liabilants une garaoUe wlftsaote; eo efltt, 
élaat donné le nombrecles familles bourgeoises, S5 ou 80, qui étatool 
alliées entre elles, six bourgeois de la ville aprartenanlàde» bmiUee 
difKrcnlvs repr^nlalenlen bit les interdis de la uujeure partie des 
fomillus lie la cite. Il eunisail c|ue les deux consuU ^'adjoignissent 
i]iiaU« prud'tiommes, dioisis par les consuls eux-mêmes, pour qtM 
la in^cure partie des bourgeois Tùt rasâorce '. 

L'article suivant montre comment te répartis«aicnl ces laillee : il 
est établi par coutume que chaque bourgeois déclare, ^eus sermeot, 
ses biens-meubles, )i:s biens-fonds 'qu'il possède aotis In Juridlctloo 
du cJiftteau eA tous les biens qu'U po<<«Mle ailleurs. C'était l'imp&l aor 
k- revenu établi sur la déclaration du cooUibuable ; au point de VQ^H 
diimocratiquc , les châtelains de Pouy - C^rgelart élaient en avuM^H 
sur les Kranrais de IKttT. 

AuprOÂ des bourgeois, appelés dans la charte les cb&teLains, doos 
trouvons une catégorie de personnes ncitement distinctea des bour- 
geois el qui sont appelées les « voisins *. » Ce terme n'est pas slogih 
li«ir dum l'hislnire du moyen Age. Dans de nombreuses vIUbs, i 
Bayoïine^, pnr exemple, et.ù l'autre oxlnSinitéd« la Gaule, iV Cologne*, 
il désignait les bourgeois eux-mêmes^. 

Nous nous sommes demandé si, à Pouy-Corgelarl , le« voûtv 
représentaient les haliltants de la banlieue, «eux qui demeuraient 

1. 1 3. — Cet arlicle d« la coolumii de PttDy-Oori^rl Ml diè. nul» ultr- 
prilé d'une roanilire ineiacU, pnr U. OoRnon, |i. 106, nol* 3. 

2. Coolamc MmblaUc A MnnUuif. Mit par H. Oognon [p. 108), «{«l eq Un 
uaB maduaiiin loul oppoȏe 1 ri>)>inloo cIhIushi. 

3. ■ Ha hcreUt. • 

4. 1 Bmli. ■ 

5. Gin. '«> ÈtabluieaunUi rfe Aaum, I, 1S3-IM. 
G. Kllp|>r«l, lei Paralçei matiiu, p. 10. 
T. On Wkil (|u'en ilulii^a vl ta «ipinnol vicino. veeino, xlcnlQt aujourd'kBl 

«uore KaMient < Jo »ono vitino d4 Turiiio, je demeon i T^rin. • 



• 



CÏÏÎITB» OB cÔctÔAiM de PB^ÏoiiaEUHT ET DR BtTÉS. 5M 

SOUS la jiiridicliou du chùtcau, mais en dehors des murs, ou bien 
des habilanLs du château, c'cst-à-dirv de la ville, du {ouissanl pas du 
droit de bourgeoisie, ceux qui, dans d'autre? chartes de coulume, 
sont appelés les atanan/.<i. C'est à celte seconde manière do voir <]ue 
nous nous sommes arrilA. Les voisins étaient des kabitantsde Pouv> 
Corgelart payant leurs impAts, mais n'ayant aucun des droits de la 
bour^isiie, Non seulement ils étaient exclus du consulat et des assem* 
blëes délibérantes où entraient les bourgeois, mais ils n'avaient pas 
le pouvoir, comme Ica francs-bourgeois, de tenir des fiefô nobles. 
L'article ii des coutumes contient môme à ce sujet des indications 
intéressantes. Nous le traduisons mol à root : ■ Item, est établi par 
tume (jne tout homme cl toute femme voisin puut arrière-réoder 

:e partie de son lier k une autre personne, mais en retenant par 
devers soi la pi^ de terre ' qui forme la télé et en pyant la valeur 
du service que le t'eudalaire doit faire pour le fief â son seigneur. * 
Voyons ces ftiils dans la réalité : le voisin est fermier d'une terre 
pour laquelle il doit au suzerain des redevances en espiîces, en nature 
ou en corvées, quelquefois les trois réunies- U lui e^t permis de 
mettre une partie de ce domaine en sous-tocattou, pouiTU qu'il con- 
serve dans ses mains le morceau qui forme la tête du Qef eLicquitle 
vi»-!ii*vis du seigneur toutes les redevances, loyer el service person- 
nel, que le Itef lui doit. 

La dernière catéKorio de personnes que nous trouvons à Pouy-Cor- 
gelart est celle des hommes qucslaui, c'esl-it-dtrc des hnmmes .'tou- 
rnis à une redevance sorvile'; cette redevance peut être due par eux 
aussi bienauxseigneursqu'auichevaliersetaux bourgeois. Leques- 
tal peut se l^irc recevoir ITanc-bourgi^ois du château s'il on a les 
moyens; pour cela ii doit se transporter au château avec s.-i famille el 
SOS biens, apn.« avoir payé au suzerain qu'il quille le montant de la 
questcd'uncannée, les terres et vignes soumises h la redevance demeu- 
rant la propriété du suzerain quitté ; en retour, à Pouy-Corgetarl, il est 
alTrancbi de toutes contributions pour une année. C'e^t ainsi que les 
seigneurs de IV>uy, d'accord avec les bourgeois, bvorisaienl reilioc- 
lion du servage et le développement de la ville. Si, on quittant les 
terres qu'ils occupaient moyennant redevances, les queslaux devaient 
Ttrscr au suzerain une année do loyer, en retour, le suzerain ne pou* 
vait évincer son '{ucstal sans des moUfs graves conRrmês par une sen- 
lencedejustice. En outre, lesdgneur était tenu de soutenir sou questal. 



t. • Caul. > 

ï. Lvt mlkleR d« la cbirte où IJ e«l quciUon des bammct quifet^ux mbI Im 
I W-ïl. a(«.31. 



343 HduHGis n DOcimiiTB. 

de le proléger et de lui prêter assislaoce en toute circoastance. Si, 
par foule du suzerain, le questal perdait sa terre ou ses biens, le 
suzerain était tenu de l'en iDdemniser par valeur égale, au jugement 
des consuls du château. C'était un contrat avec des engagements réci- 
proques et, si on veut le comparer aux contrats locatifs de notre 
temps, on verra qu'il était tout à l'avantage du questal. 

Les deux seigneurs et leurs lieutenants, les chevaliers, les bour- 
geois (cbâtelains) , les voisins et les hommes queslaux, telles sont les 
difTérentes classes de personnes que nous trouvons à Pouy-Corge- 
lart. Nous avons dit que les bourgeois étaient des agriculteurs. On 
ne trouve guère au-dessous d'eux que des paysans et des ouvriers 
agricoles. Comme dans toutes les chartes de commune, un cerlain 
nombre d'articles sont consacrés aux métiers. Par ces articles on voit 
que Pouy-Corgelart était tout à fait au début de sa formation ; on n'j 
rencontre que des charpentiers, des tâcherons, des bouchers, des bou- 
langers et des marchands de vin; toutes proressions que l'on trouve 
exercées dans un village. Eu dehors de leurs beyles, chargés d^attri- 
butions judiciaires et dont nous parlerons plus loin, les seigneurs w 
nomment d'autres ofUciers municipaux que les crieurs publics, les 
messiers (gardes cbampëtres) et les arpenteurs*, oRIces qui cadrent 
encore avec la vie agricole. Les seigneurs, d'accord avec les consuls, 
peuvent aussi nommer des notaires publics chargés d'enregistrer lea 
contrats. L'article 45 porte que les « manœuvres, tâcherons et char- 
pentiers » no sont pas tenus da travailler, pour homme ou femme, 
avant qu'on leur ait payé leur salaire ■ sur la place communale du 
château ou dans leurs maisons*, n 

e Les bouchers qui vendront de mauvaise viande ou do la viande 
d'un animal mort de maladie paieront 5 sous aux seigneurs et la 
viande sera donnée aux pauvres '. — Les bouchers qui vendront de 
la truie pour du porc, ou de la brebis pour du mouton, paieront 
5 sous aux soigneurs. Ils paieront 20 sous morlaas s'ils débitent de 
la viande d'un animal tué la veille, de la Pentecôte à la fin d'août*. 
— Les bouchers qui mêleront, sur l'étal, la viande de truie à celle de 
porc paieront 5 sous au seigneur*. — L'article 70 fixe aux bouchers 
le maximum du prix do vente'; l'article 71 fixe un maximum aux 

1. ga. 

2. n- 

3. Archiva hUtorlquet de la Gironde, XVII, 30-31. 

4. ê 67. 
5.168. 

6, g 69. 

7. S 70. 



CBiSTBS DB CaCTtHES DK FOCr-COSGEUaT ET DE BlvitS. 313 

boutangércfi, » viles le dépassent olli^s paiuront 20 denier» au set* 
gneur i>( lout le pain exposé en venle sera donné aui pauvre»'. — 
Le marchand de vin qui mouille son vin, ou qui le vend 9 un prix 
supérieur â celui qiiMI a fail crier, paie ■*> sous d'nnionde. Celui qui 
vend du via dont il a'a pas fait crier le prix paie 30 deniers^ > 

Enna, à, l'article 78, il val qucslioo de doniesUques. 

Il oous ri'Sle à parler de la Justice. C'était^ après l'obligation de 
défendre la ville à main armée, la principale fonction des seigneurs. 
■ Il est étaldî par la couliime, dit l'article lo*, que les seigneurs 
ex«rcenl Is Justice dans ledit château, c'csl-n-dire dans la ville, sur 
hommes et Temmes et sur les habit^nls du Vhonneur et du désirait 
dudlt château et qu'ils prennent lus amendes cl e^geE ci-après dësi* 
gnés. > 

Les ofliciers de justice des seigneurs sont le^ beyles. L'un de ces 
bejles est fiarlicii librement eharjjé du innintien de l'ordre. •> Lus sei- 
[;n«urs nonimenlelpiéjerilenl aux consuls et iiux ctiâlolains unbejle 
qui doit faire serment devant les consuls de re^^pccter localement les 
coutumes dudlt château et les droits des seigneurs et des bourgeois, 
el de ne faire tort ni violence, de ne laisser faire tort ni violence à 
homme ni femme de Pouy<Corgelart ou do la juridiction *. ■ 

La cour des seigneurs, où les seigneurs sont assistés de leurs 
bejks, siégeait dans la ville. K\a seigneurs elà leurs beyics sont 
acljoints les deux consuls, Telle est la composition de la cour de 
Poujr-Corgclart. Il y entrait encore quelques autres personnages 
qfû ne sont pas designés'. 

Voyons, a présent, les cas qui étaient soumis à la cour du chà- 
leau : 

\' Si l'un des deux seigneurs fuit tort â l'autre, à rinlérieur du 
château, c'est-à-dire de la ville, ou dans le ressort de la juridiction, 
celui qui est lésé doit porter plainte devant les consuls, el ceuxHU 
doivent eu adresser une observation au seigneur coupable dès qu'il 
se trouvera daiis ta ville. Si le seigneur coupable ne veut pas se sou- 
mettre à ta sentence des consuls et de la cour du château, les consuls, 
les chevaliers et les châtelains (bourgeois) devront prendre le parti 
de celui qui aura été lésé'. 



l.|7l. 
ï. |73. 
3. ârchivei hùfortf itM dt la CtroiuJr, XVII, IS. 

5. I h\. 



su 



wiiiTKK Tt poctnmm. 



Cet article, très curieux, montre Ip3 ransuls, ref>r«9enUu)U 
bourt!^Si jui^A *t arbitres entre les deux sei^eurs. 

V SI l'uo «les seigaeura Um l'un iJi-s rlK-TAlkrs ou àti bourgeois, ' 
l^lro seigneur, asaislé des consuls, duit hin roudrc justice, ol, si 
le seigneur coupable mruse de se plier à leur avis, l'autre seigneur 
et ti-H eonsuls et \eè bour^ois doivent «ouleoir celui qui a él6 lésé* 

3» Si l'un des haltilants, dinvalicr. bourgeois ou Toisin, cause tor 
ou (tomnia^'C h l'un dei^ ^Ignciirs, les seigneurs ne doivent pna 
eela user du violuncc dans la ville, mais recourir aux coii?)tils, qui' 
loforment. L'enquâlc tcrmioée, le coupable doit se soumetlri; au 
tugement de la oour, e(, s'il s'y rofu-se, les chevaliers, les bourgeois 
el les rojtins doivent prêter main-forte aux seigneurs'. 

1° Quiint aux dilT^rvnds entre habitants, ils TOWrtîssaienl iiatu* 
nllcment â la cour du cbûteau, composée oomme noua vcooiiB 
le dire. 

Lh sentences de la cour pouvaient (tonner lieu à appel aux jurl- 
dlellons supérieures ,ieeonlunices, par exempte à la «Nir du 
auterain, le roi il'An):li.>tern.-, duc d'Aquitaine, représenté par 
aénéchal. Si l'un des seigneurs nu « trouvait pa» engagé dans le 
débat, c'flftt-j'i-dirc si le difTérend ciisljiit calrc habitante de la ville 
ou de In jurididion, — c'était, cocdiur bien un pea&e, le cas le plu» 
fréquenl, — les deux seigneurs de l'ouï- Corgelari (brinaleut ud 
ppcmier degré d'appel'. 

Il iH' nouK reste ptu» qu'à parler des traits de monuï rrievés dans 
(m ebarlos de ooulume do Pouy-Corgelort Quelques-uns sont très 
Importants. Tout habitant qui en fraj^ra un autre, on le tirera par 
les ctiereux ou par »on liabit, ou cruhera sur lui, sera puni d'une 
anwnde <le vingt deniers morlaas*. (Mul qui appeUera son voisin 
traître, ladre et parjure, ou voleur, sera puni d'une amende de cinq 
sons morlaas*. Il but noter que c'est une amende trois fois plus 
forti'. 

L'article 6J dit : « Celui qui dépua-leni do foroc une lillo du château 
do l'ouy-Oorgelart ou de la juridictiou, Tépousen si elle est de sa 



I. 14». 

t. I », 17, ». 

S. I U. — M. DtVMa {fi. US) dH t Mrt ^M b oiu connUIn euil mm 
•fftl. ( n y ■ Mpt CMtUBM m lamt, écrH-U, ^1 |w<» u t Mi l fttrA ti inl l'«u- 
lôriMat. 1 II ]r ea • M moIm hmU : vetd b oaalM» 4« Pomt-OksoImI, que 
H. Ih^pHM M dit pM, *l U T <■ • il'MirH. 

i I». 

A. I M. - PmI-Mi* It UXI» «rlilwl t>orUII-U « i itnkir* httImi. • «■ 
IWu iW ■ 5 ton*, t 



cniHTES DE coorcMis Di PorT>cOB6euit n de bitës. SIS 

valeur {c'est-à-dire de son rang, de sa classe sociale), et, si elle n'est 
pas lie sa valeur, il lui trouvera un mari, àses fraie et à l'cslimnlion 
des bcigneurs cl des contiuls. El, s'il n'y parvicol pas, il sera puni 
au jugement des seigneurs et des consuls'. > Ce passage — qui 
so retrouve dans presque loules les coutumes de cette époque et dfl 
cette légion — tnonlre combien profondes étaient déjà, dans ces 
villes embnfoonaircs , les déniarcalions entre les classes sociales, 
seigneurs, chevaliers, bourgeois, r^oitins et hommes rjuestaux*. 



Nous voyons donc devant nous, dessinée d'une manière claire et 
précise, une localité qui est encore un village et qui est déjà une 
ville; elle a tous tes traits essentiels des agglomérations qui, à la 
même époque, constituent des villes importantes. Par la flxité de ta 
vie agricule, oii les coutumes ac transmettent immuables, elle a con- 
serviî la physiflnomie ilea premiers temps, i'.etlc physionomie, le» 
plus grandes villes l'ont eue, identique. Uue manquc-t-il â Pouy-Oor- 
çelart pur être une vllte comme Gand, Brugo-s, Lille, lilois, OliJ- 
teauduij, Ëtampcs, Montpellier ou Montauban 7 — que l'aclivité des 
habitants, secondée par l'emplacement et les circonsUnees, ait bit 
prospérer lo travail commercial cl industriel. Tous les sentes qui, 
sous la puissance du mouvement commercial et industriel, se sont 
développées, quelquefois d'une manières! redoutable, dans les grandes 
viUw, s'y Irouveul feimcs et précis. Supposez un instant que les 
efforts faits par les seigneurs cl les bourgeois de IViuy-Corgclan 
jMur développer la ville aient réussi, que des industries s'y soient 
établies, que des marchés s'y soient ouverts, vous aurex, non seule- 
ment les grandes villes du un* siècle, mais vous en aurez l'histoire 
mêoie, les révolutions el les tourmentes. 

Les seigneurs, qui ont favorisé le développement de la ville el qui 
y ont présidé, voudront, quand la ville sera devenue grande, conli- 
mier d'y percevoir droits el redevances, continuer d'y exercer la Jus* 
tioeavec tous tes profits qui y sont attachés; mais les patriciens, à la 
tôtcd'uue cité puissante par les hommes et la ricbesse et qui, depuis des 
années, n'a plus bcsoio do la prolection des seigneurs, trouveront ces 
droits et ces redevances abuslls et voudront s'en attrauchir. A la tète 



Il «3. 

I. fttm «rojHtni alite de n]ipcler que la olitenalion* et Iradacllnm ^^ 
pf^^dml uDl UiUi. Dan tut le leilc, *ltM p«t endroiU, publié par U. Dejilal. 
mai* «HT Ig matiiitcril lui-tnenie. 



tH6 HiUKGEB ET DOCDMBnS. 

de leurs clients, ils entreront en lutte armée contre les seigneurs, el 
ceux-ci, appuyés sous leurs vassaux, les chevaliers, et leurs arrià^ 
vassaux, revendiqueront leurs droits séculaires les armes à la maJD. 
Voilà toute l'histoire de ce que l'on a appelé la révolution eommunde, 
qui se place au m' siècle. Les patriciens triomphent. Ils deviennent 
maîtres des villes. Héréditairement, ils ont dans les mains le gouver- 
nement municipal, les artisans en sont exclus; héréditairement, ils 
dirigent le mouvement commercial, les artisans en sont exclus. Sous 
leur direction féconde, la ville a pris un grand développement indus- 
triel et commercial. Tel est le spectacle dans toutes les grandes villes 
du XIII* siècle. Mais voici que la classe des « voisins >, des manants, 
qui est exclue du patriciat et n'entre pas dans sa clientèle, qui, 
avec le développement industriel, a pris une redoutable extension, 
acquiert la conscience de sa force et de son utilité. En face du patri- 
ciat a grandi le commun. L'industrie de la rille est prosp^^, des 
débouchés sont ouverts dans tous les marchés, les coutumes soal 
élaltlies, les citoyens ont gagné le sentiment de leur solidarité, les 
patriciens ne rendoul plus les services qu'ils rendaient aux premiers 
temps et, à son tour, le commun trouve abusifs les privilèges poli- 
tiques et commerciaux que le patriciat s'est arrogés. Appuyé sur sa 
clientèle, le patriciat les défend, comme, auparavant, les seigneurs 
avaient défendu leurs privilèges héréditaires. C'est la grande lutte 
démocratique qui remplit la (lu du iiii° et le xiv* siècle et qui se ter- 
mina par le triomphe des métiers à la veille de la Renaissance. 

Gomme on le voit, cette histoire était en germe, tout entière, dans 
les petites coutumes de l'ouy-Gorgelart. Placé dans des conditions 
semblables à celles des grandes villes, Pouy se serait développé d'uoe 
manière semblable et aurait connu les mêmes révolutions. 

BlTËS. 

Bivcs est une humble commune du déparlement du Gers, arrondi^s^ 
sèment do Lecloure, canton de Saint-Clar. Elle compte aujourd'hui' 
340 habitants. IDUe faisait partie de l'ancienne vicomte de Lomagn^^' 
comme Pouy-Gorgelart, dont nous venons de parler. La coutume 
de Bivès a été rédigée par le notaire Guillaume Barrau, clerc d-^' 
Cologne^, et conUrmée sous serment par les seigneurs et les bour ' 

t. Publiée par M. J.-P. Bladé, Coutumes municipales du département ^S^* 
Ceri, prcmiËre série [Paris, 1861, in-8-), p. 17-27. 
Z. Cti.-!. de cuit, daas le dép. du Gars, arr. de tombez. 



^ 



cuiHTEg un r.ottTUHee Di: rom-conGEuar et de arvàs. •117 

ge(N» de la localité, le 6 décembre 42S3, au château de Bivès'. Ce 
qui disUnguii eâsentiellemenl la coulumc de Bivcs de celle de Pouy- 
Coi^rclart, c'i'Sl (\ue celle dcrtiièrâ usl la rédaction ans CûuLiimea iiui 
élaicnl en vigueur dans la pelilc ville (il y esl d'aillpurs (ijjialemeiit 
question des rapports entre les seigneufâ et les habilaiils), laudts que 
la coutume de Itivés est un acte émananl des âcigiiuurs pour Qxcr 
d'une mauièrc itiaitérabic leurs rapports avec le» liabilanlâ;iln'yest 
guère question d'autre chose. Le texlu indique que, en dehors de cet 
acte, exislsîenl des « eitablisKiaen» Tails |iar les liahilans cl par tous 
lesjuralsaveclestiabilans'. «Nous allons voir quel précieux apport 
nous fournit ce texte pour fixer l'ùlut dee petites ïille» d'Aquitaine à 
c«ltc époque de noire liistoire. 

La coutume de Ilivès, telle qu'elle est parvenue Jusqu'à nous, est 
rédigêoen lanjmed'oil — c'est une traduction; —elle a les rapports 
ka plus étroits avec la coutume de PolasLrou^ Comme le texte donnô 
par M. Bladé est exlrêmement défectueux, par endroits inintelli- 
gible, la coutume de Polustrou nous a été d*un grand secours pour 
réclairer. 

La localité est appelée dans le texte tantôt la »illt, tantôt, et beau- 
coup plus souvent, Ir rkSIeau. Autour du château, les fausfmargs, 
expression que nous ne trouvons pas dans la coutume de Pouy, et 
autour des faubourgs le destroit [districlj, aussi appelé, comme dans 

etiarle de Pouy, l'honneur ou les apartenances. 

La ville est close d'une enceinte avec une |>orte gardée par un por- 
tier. Ce portier esl nommé par les sei^'neurs. Voici l'arlicle de la 
coutume semblable à la coutume de Pouy : « Le portier doit (tarder 
la porte, du soleil levé juaques uu soleil couché, bien et loyalment, à 
iKinne foi. Si dommage y arrivait ou bcsle se pcidail par fimte du 
portier, qu^il restitue le dommage et la bcste par estimation des pre- 
miers (nous reviendrons sur cette expression) du lieu. Si aucun dudit 
L'hâleauavait ii faire, ou veuille aller, avant jour, que le portier seléve. 
qu'il lui ouvre la porte et puis qu'il la ferme'. » 

Kvès est un centre exclusivement agricole, comme Pouy. Il n'est 
question dans la coutume que de blé et de foin, de bœufs et de [tou- 
Icls, Le seul métier dont l'exercice y esl librumcnl pratiqué esl 
celui de charponlior. Le forgcron-marochal-ferranl est uu fonction* 
naire public, à la nomination des seigneurs. Voici le très curieux 



1, L'tttcien cliA(4*u (orl de BiiA» subsl&le «nwre tujourit'bui. 

Z. I X1.TI. 

3. Gtn, arr. d« Lamb«i, uni. Je Samitan (éd. niad«, op. cil., p. GT-4t]. 
1. 1 XIX et XI. 



318 



iifu<tc» iT DocrviTn. 



article du la cbarte qui le coooArne* : ■ Toul homnM qui aun une 
paire de bœufs doaii«ra par an au marêcli-tl une nKwire de nxKDenI, 
eelui qui n'urn qu'un bœuf lui donnera une demi-mesure; les inlrM 
proporlioanellenMal. Ea retour, le maréchal Eerrert les bœuâ gn< 
UiitemeDl el fera les autm iraviim h un laus (lié. ■ 

Pouj-Corgelari avait tluui »ïign«irs; Bivés en avait cinq. Ce 
sont : Guilluime de ViTèe, Gaillard de Ville-Longe, IVlegrj de Vivis, 
Arnaud de Vives et Raimond do Virta. Trois d'entre eus parlent (o 
leur nom et au nom de leur^ fils. Ils portent les Ulres de « éeajtn 
et seigneurs du ehftteau de \1tù en Lonugne. ■ Il est trts iiBfot~ 
tant, pour l'hittoire de la formation des viUes, de noter que ks cinq 
s^gneurs réunis exerçaient une aaloriti gioérale sur ta Tïlle et que, 
en outre, cbaiiue seigneur avait son aulorilé spéciale sur on quar- 
tier*. C'tAl ce qui avait égaleinent lieu à Pouv-Cor^lart. L'un deeei 
seigneurs — c'était à cette époque Guillaume de Vive — portail h 
litre de ■ le premier du chAtesu. > Il avait une autorité sopérieim. 
Ailleurs, il est question da prtvti^n du ch&leau. Cétaient, aras 
dotilc, le seigneur m «jtwstioo et les consuls. Nous n'avons d'alllcun, 
pour la raison marquée ci-dusiis, que très peu d'indicatioas sur les 
catégories de personnce 4 Kvès. Nous m vojoos que les seigneurs 
d'une part^ les bobitanls de l'autre. .K Bivés, tous tés babitants soni 
nommés les voitmt, tandis i)ue, à PoBjr, «a lanw serrait à désipier 
les habitants ne jouissanl pas des droits de boargeoisie. Enfin. 3 oal 
question dans la coutume de^im/j, de eomntit, de MMvii dudU I4em, 
do M eommmu dodit lieu *, sans autres indications. Noua ne saTOoa 
même pas si les consuls et les jurais êtaieiit les mêmes persaaaages 
ou si les consuls étaient les cbeA des Jnnvt». U réunion des 
ou des eouMiU formait le raaiei). et l'ensemble des habitants 
eommmt. Nous vojou aussi mtntioaow la ■ justice ■ dudît 
très ncllemenl diâtinrte des janits et des consuls; c'était ta réoniofl 
dos oDiciers de juslice des seigneurs; eoBn, U cowiIb dUfnni*, tri- 
bunal supérieur qui se ounposail, sans auain doute, das oTTicit^rs de 
jmUee rxftreseobmt les wigneurs, et peul-Mre des scigncora eux- 



loaa^ 

inls^^l 

Ueu^l 



\ txxL ~U laia wl tMti «t ma^aè: remr M <»mfnm in . U bat ta 
(«porter H fi n ifi crnntfomiawt 4e I* coatoM i» PtàMtfM 

t. L'wtkta U.T M liMM uow 4Mle 4 m tf/ri : < Ttoat boMu» ijtû n'a 
p«a pbn ia nuiioa u fnmm éimt H cUImi^ M, «M m |imI cd imir 4*i»mt, 
qvr k itifaeat tout tai B Jm— wi M m Amm •■ f tihaar i, jw^n't œ ifaV 
ah *M pkia. c C9I 1 u*airUMiMa4|vtact-«Mtoinrilm4tlo««t4Mn( 
4alMr- • 

L lun. 

4. Ml. 



rUBTes DE cfltriTiiis i»e ronr-cokcBLiRT et dk BtHs. 319 

RlAmes, et d«3 consuls ou den Jurais représenlattt l«s habiLanU. 
Enfin, lea foDctioiinaires puMics éUiient, outre les ofltciers dejustice, 
le portier, an (,-atrde chainpilro Isicssier), uii ror^ron, un boulanger 
et dw porchers el parde-moutons sur le nombre desquels nous ne 
somnifts pas llxé^. Tous ces Tond ion naires étaient â la nomination 
dô3 seigneurs et rétribués par eux. II est enlln <]ueslion d'un maitre 
maçon', mais nous ne savons pas si le mûticr était exercé librement, 
eonuno celui de cliarpenlicr, ou si c'était une Tonction à la nomination 
des scigoeurs, comme celui de forgeron. 

Une première charge dciî seigneurs est donc d'assurer la garde du 
La porte du château, c'est-à-dire de la ville, puis d'assurer par eux- 
iDÔmes, et par leurs mes.siers, la garde des Jardins' et des prairies des 
habitants, la garde du Totn et de la paille appartenant aux habitants*, 
enfin, la garde des pourceaux el dos brebis, que les pasteurs, nommés 
et payés par las seigneurs, conduisent aux champs, a Kl, si beste se 
perdoil lorsque le seigneur les fera garder, le pasteur la doit rendre 
si par «s lïiuto sa |}ord'. » Enlin, la grande obliè^lion des seigneurs 
est d'assurer, armes à la main, la protection des habilaiils contre 
les violences ol les revondicutions du dehors : * Si aucun faisoit tort 
àrbabilantdudilch&leau, lesdils seigneurs le doivent relever et tenir 
ftous leur protection, jusques que le tort lui soit eamandé". Si quel- 
qu'un vouloit se dian^Tr à quelque autre lieu, les seigneurs le 
devront accompagner l'espace d'uuc lieue, ou quelque part qu'il 
veuUle allers » 

CMobligations d'assistance étaient, naturellement, réciproques: uSi 
personne hors dudil châleuu liiisoit tort au seigneur ou à quelque sei- 
gneur dudil cbùleau, tous les habitants du même cbâleau se doivent 
leairavec ce dernier et l'en doivent défendre â leur pouvoir el suivre — 
mUiceoucavalerie— par l'espaced'un jour'. eCcAt la seule ci rconstanco 
où les habitants soient tenus de suivre le seigneur : quand on lui a 
bit ■ tort manifeste. > ■ Et si, par avanture, le seigneur les menoit 
plus loin (que par l'espace d'un jour), avec leur volonté, de là en 
avant doit Taire la dépense à la milice ou ù bi cavalarie, doit leur 



I. t (XXV. 

s. I XII. ^ Le Mua du mot caial, Jaiu ce» cliarl«i île coutoUQ, «il n«(I«- 
mcDl tt^bli giar I< iiaïaiij;^ «uivuni de U cjjuluroe do Pulmitrr^ii -. t ... dM Jar- 
din* on cauux, iuroir de .l, bra>E)ùvs du luag cl d« ((ualre briMèes de lurKO i 
[IU«<14, op. eu., y. est. 

3. { XXXIV. 

4. 1 XXXI. 

5, 1 xxxvi. 

& I XXIV. 

7. t xxxn. 



no 



atiiwitt sr nocoMR.Trs. 



donner cher el hoin Ju9i]ii« sokot retornés audit cbasteau. » Il but 
examiner cet ensemble de faits de \rH près, et l'on verra combteo 
d'erreurs conlienneiil les idées gém^ralemeot remues sur les cBinclères 
de la fcoilalilô et sur la formation de» villes*. 

Quaud noua aurons dit que les babiUnts de h vIIIr el du district 
avaient droit, eux et leurs bètes, ■ de «luel poil qu'elles soient. ■ à 
r « entrée et Jouissance des p&turee, reullles, Iwrbcft et fi'aiKtiises > 
dans tout le retisort de la Juridktlon*, et ajouté que les seigneurs 
étaient tenus de donner à chaque habitant un lorrain, d'une étendua 
déterminée, dans ta rille, ou du moins — s'il ne leur était pas pos- 
sible dans la ville — dans les bubourgs, et un autre lemio, il 
riiabitant eu exprimait le désir, dans la campagne, nous aurons 
donné une idée des obli)Httion< des seigneurs vis-l-v!s des tubltânls 
do Biv^'. Rn retour, ils percevaieiil dea droilsetdes mJevauocs; 
l>our les terrains concédé», quatre deniers inorlaas (une tunine 
ingignillanto, i fr. 25 d'aujourd'hui) par an*. Pour la garde des bes- 
tiaux, ceux des habitants qui donnaivnt leurs bêtesè garder — earlb 
n'jr étaient pas obligés — pairaicnl un demi-denier (environ fl*. 30 
d'aujourd'hui] par mois pour chiique p.-iîre', en outre, quand la truie 
mettait l>as, le seigneur avait k droit do se choisir un cochonnet*. 

Comme redevances générales, chaque cher de Camille scuUwoail 
devaii aux sdgnours chaque année une earterùo de frontenl et une 
autre de méleil, une pinte de bon vin et, à Noël, une charge de bois*. 
CeuxquiTaitudenl des flramages devaient en donner par an, au seigneur, 
une douiaine, non des meilleurs ni des moindres'. Celui qui fiUsait 
fbuclier devait au seigneur sq)! chargea d'boinme«, celui qui vendait 
un porc il la boucljcric lui devait un dénier. Enfin, les seigneurs 
étaient propriétaires du four han.-il pour cuire le pain; m^s chaque 
lial>JUtnl avait le droit d'avoir chez soi un four pour les besoios de sa 
maison*. Aux rcdi>vaiices en argent s'ajoulaicflt les enrvtes : tout 
propriétaire d'animaux do latiour doit mettre une paire de bœufs, ou 
de mulets, ou d'ânes, ou de chevaux ji la di^silien des aeigiieurj, 
au moment des semailles; s^il n'a pas débites, Il doit aider lui-même. 



I. Il faut nilunllriiMut faite bl«n de* tirfytioni el. nolamtnpiil, tirer bon 
lie fiir rwlinirible livre de U. rtacli sur lei Oriffinet 4* i'antitua» FraMt, 
L II, t*$ Origimei mBiamnatet, ta FMalM tt ta CA«*al«r«*. 

S. I xxxii. 

3. i XLv-xLvi. 

t. i XLVI. . 

h. I XXXI. 

G. 1 xvi H xvti. 

7. i XX vil t. 

8. I XXX. 



I 



CnARTKS Dï COPTimiS Dt rODT-CORGELlBT ET DE BITÏS. 32t 

Kn retour te ^ei^neur doit aux lahoiiruurs leur dopeiisc'. A l'cpoquo 
des vendanges, chatiiic feu doit au seigneur une journée de travail ; 
le seigneur doiL ôgalemenl leur dépense aux vendaiigeur^i^. * Item, 
qu« tout homme, qui a moulure qui ne suit tièle de b.'il oi bêle de l,il>our, 
aîJe avec sa monture et avec lui-même, sept Jours, au soigneur, et 
le sc^iguRur avec <iui il cliariera lui doit Diire la dépense en ces jours*. ' 

Celle charte dn coutume de <2N3, donnée par les soigneurs aux 
iiabitants de Bivés, parait d'ailJeurs avoir été un adoucJHsemcnt de 
coutumes aDlùricures, comme un témoigne l'article ut : ■ Ilem, que 
tous mananfi el liabitane, dedans et dehors donne et soit tenu de 
donner une gêline t]Ui fiisse des œufs, à chaque Teste de Nocl. el, s'il 
nVn a, qu'il ne soil tenu d'ei) donner, ni n'en doit ; et, si par aven- 
ture il y avoit quelqu'un qui ne vouliîl pas payer ^donner) hdilo 
géline. ainsi comme dit e$t, que coIui-U ne soit quitte, ni absent ilna 
semures*, ni des houhades^nj des courbées', ai d'autres servitudes 
qu'alors faisoient les habitants de la r;isson et des temps qui sont 
passée et quand les coulumcs (furent) octroyées. ■ 

Les seigneurs recevaient nulin une pari sur les amendes : soixante 
sous morlaas de ceux qui avaienl été condamnés pour vol, cinq sous 
lie ceux qui avaient été condamné* pour fausse mesure, etc.'. 

Quant aux rapports des seigneurs avec lus habitants au point do 
vue des conflits qui pouvaient surgir entre eux, ils étaient llxés p,ir 
des coutumes semblables â celles de !'ouj-Corf.'elart. Il est interdit 
aux seigneurs du se faire justice eux-mêmes, ils doivent s'adresser à 
la cour du château. « Bt, si les seigneurs, eu seigneur, fesoienl olfenee, 
lorl ou force à aucun babilaol dudit cbàleau, que la jusUcc dudll 
cliàleau, à la requête dudit foixè, clierctie et prenne loyale inquisition 

1. 1 XZP. 

3. 1 XXIII vl XXIV. 

3. I XITii. — Un nrlirle Irùî inléreasnnt, maU in«llieurfuwnent «ttn^mcmoal 
obtcur A r.mN; ilc In mi-iutaisu quiilitè du tntlr. n*t k luîrant : ■ Si tei Mi- 
jtneurt Touloicat IraTAlllcr oii Iramil ra inlc nu ra mutaillc dud. rlidlitau, quB 
air le corouD de <b*qn(i rnikiM>n un linnimn A notlrc (Rii*r« un jour iIp rba<(u« 
Mmalne, tant <]qo {'narre durent: ^ connnUianrc du mallrc tnai^n, vt In lei^tieur 
oa miiila qui (et* l'wuvro qn'il iloiinv i) ffl&U:r aui tioinmo i[Ul seront au tra- 
vail, • I Xïxv. — Il «eroblu liicn <|ii'il s'iigissiT du truraui (nlls, dann l'inl^rM 
de U vitle enliéro, lui muraille» ou daa!^ de» i,alW «crvanl A un unafir Mminun. 

A. Stn\%ire, entemMcouient. Il »'«ftil ici d'unt^ cotiez i|ul obliitenii li^ l«iiun> 
cier t enMmencer le» lerretdu Misneur; ce «cnt du mot nVil pan iaili<|up Jan« 
le diclioniiaire d« Godefroy. 

!t, Cnulunif qui obtUiPait le tennucier S Taire la lestlre |M>ar «m tdgncur. Le 
mol n'cri pu dan* In dictionnaire île Gud«fra>. 

fi. Coulnmc qui obMsniit le knander 4 cultiver lat t«rm d« un MiRiMur. 

7. 1 w el IV, 

ftKV. UwToa. LXV. î» raac « 



322 M<UHGBS BT IXKOlfBNTS. 

de cette force, et, s'il se trouvait que tesdita seigneurs eusseat bit 
tort, qu'ils amendeat le tort, et, s'ils ne le voulaient ^re, que tous 
les autres habitants dudit lieu se joignent avec lui (avec celui qui 
aura suiii le dommage} jusqu'à ce que la force lui soit défaite et ie 
tout amendé*. » 

Les liabitaals sont d'ailleurs tenus de veadre aux seigneurs ce qui 
est nécessaire à leur subsistance et à celle de leurs mesnies, mais 
contre argent comptant et à des prii fixés. Si le seigneur ne peut 
payer immédiatement, il doit donner des gages, et si, après un mois, 
il n'a pu s^acquilter, le gage peut être vendu. La géline sera payée 
par le seigneur deux deniers morlaas, te poulel un denier, t'oie trob 
deniers, de Pâques jusqu'à la Saint-Jeaa*. « Et si les seigneurs, ou 
te seigneur, avoient besoin pour hostes (pour des hâtes qu'ils rece- 
vraient chez eux) de gélines, poulets ou oies, ils doivent charger la 
justice de les leur procurer, et la justice doit aller par le château, 
par toutes les maisons Tune après l'autre, et que, par amour ou ran- 
cune, elle ne laisse d'en prendre', mais que le seigneur paie tout 
d'abord douze deniers et donne, pour le surplus, cautions et gages ^> 

Les articles de cette charte de coutume, bien que ne traitaat presque 
exclusivement, comme iiousl'avons dit, que des rapports des seigneurs 
avec les habiUtnts de Bivès, n'en éclairent pas moins d^ne vive 
lumière l'état social de celle petite communauté d'babitaala à la fin 
du un* siècle. Bivès est encore dans des conditions plus primitives, 
plus rapprochées de l'élal agricole que Pouj-Oorgoiart, el cependant 
Bivès n'est plus un village. 

Ces chartes de coutumes communales dans les pays de Languedoc 
sont nombreuses, el l'étude attentive que les érudits en feront 
renouvellera co qui a clé écrit sur rorigine et la formation des villes 
dans notre civilisation. Il ne faudra pas négliger pour elles les 
grandes cités arrivées au plein épanouissement i mais ces petites 
villes d'Aquitaine, tranquillement assises dans la vie rurale, mon- 
treront les premières étapes de la t'iorieuse carrière fournie par 
leurs sœurs puissantes el actives. On saisira les points de contact : 
les hypothèses si nombreuses émises sur la formation des villes 
trouveront dans celle étude une pierre de touche précise. Du domaine 
de la conjecture, ou entrera dans celui de la science. 

FranU FcicK-BaKHiuo. 

1. J XXXVll. 

a. I II. 

3. 1 ixxm. 



LK COITGIllS oas nlSTOSTRYS ILLeHtKM Jl unSRRVCI. 323 

LE CONGRÈS DES HISTORIENS ALLEMANDS 

A INNSBRtJCK 
ET LA SCIENCE DE L'HISTOIRE EN ALLEMAGNE. 



M. Pîrannc a d6\h, dans un élégant article, mi» les lecteurs de la 
fteiite hisloriqw^ aa courant des vives paléraiqu&s <]ui [jassionncnt 
aujourd'hui les liigtoriens allemands. J'ai moi-mémi.', «n rendant 
compte lie la Deutichr GescliKhle do Lamprecht, insislé sur quelques* 
uns des griefs udrussus à la nouvelle école qui s'inspire plus ou moins 
ouvcrlemvut de lui. Ces polûniiqucs, inslruclives, quoique parfois un 
peu confuses, n'ont pas encore pris Un. Nous voudrions dire ici 
quelques mois d'une des réunions où elles ont eu l'occasion de se 
produire, du congrès des liisloriens iillcmands à Innshruck, congrès 
qiM! la flicHTS'esl jusqu'ici Ijorncea signaler, mai* sur letiucl il nous 
parail d'autant pluis inlérossantdu donner quelques détails que nous 
n'avons point en France malheureusement de réunions analoguos. 
Il a élÀ pour ceux qui ont eu la bonne fortune d'y assister une oooa- 
sion excellente de voir et déjuger les courants ou lus tendances qui 
enirainent aujourd'hui les principaux historiens des pajs de langue 
germanique, 

Cent vint:l personnes (professeurs, archivistes ou énidits) ont pris 
p^t à ce conjures, dont les séances fort hien dirigées par .U. dcZwi^ 
(lineck-SiJdentiorst, professeur a Graz, ont alterné avec des réunions 
plus Riœlliores et quelques excursions dans les environs. Les com- 
ouinicatioiis qui y ont élé présentées ont toutes ull'ert uu véritable 
intérôl. Nous réservant d'insister sur cellesqui ont provoqué les plus 
vives discussions, nous nous bornerons â donner d'abord un bref 
apeivu des atilres. 

LeprofesF«ur Rodiicb (de Vienne) a apporta un excellent travail 
sur l'Institut des sciences historiques ir.\utriche. Inau(^-uré en 1835, 
il a compté parmi ses maîtres des hommes dont le nom fait autorité 
dans la science, .\lbort Jxger et Theixiore Sickel furent ses premiers 
directeurs. C'est de lui que sont sortis OItokar Lorenz. F. de Kro- 
iies, H. (le Zeissl>urg, J. von Zabn, Thausing, Horawitz, H. Itruu- 
ner, Thanor, .\rnoId do Luscliîn, etc. On ne peut mieux en donner 



uiw id6e quVn disant qu'il a été organisé à l'inslar de notre ficole 
dm eltancs {ii iaiiuoUe M. Itedlich 3 readu d'ailleurs en passuit un 
1res M tiommftgo). Les itud«s compnrliMil iroi» .innées ; une aaiiM 
prépamtotro et doux aonéoa d'éttuh» taisturiqucs proprcnieoL dlli». 
Kai» il niut ajouter qiwt les eandMits dolT«iit ii*<^r tûjà («ssé trois 
uns dans uite Uiih^rsilé. On n'ailm<-t clia(|u« nnnte ijut six élim, 
((ul roroirant chacun de Tt^Uit un aulisiilc do 480 florins. H. Redlîcti 
a iiiHUtésur lesscrvicos vraiment consiclérables rendus par l'Inslilut 
nutridiii-n surluul 'Icpuis \ S94. C'est avec soo concours que Udfott 
H d'Aruc4.li ont cntri-iirib une m>rKaiiisation des ardiives do l'filal, 
aTeeTospolr devoir aussi lmarcbinBparlieult«re& livrées aux invc»- 
tlgalUms des IraiRilllcurs. 

La oommunicatioii du profe^Mur H. Pnilz (de Kamlgsberg) sur 
tes thtid«rata des lilstoriei» vi$-4.Tis de radniinlslrallon des arebivts 
a 90ulev6 de vifs débat». H. Prulz deounde i|ue les archives s'ouvreal 
aux tntt silkurs avec la plus graxuk libéralité. Rappelant l'opposilioo 
à laquelle se lifurta fiiriinilorf. il y a deux siéeles, Ior>4)u*il voulut 
écrire &011 ouvrai^e Mir li: grand Ëiecteur cl les rcdamaUonà éncr* 
giques de Leiluiitx, il montre les progrès qui ont été taiis depuis. Bl 
poorUiot, UD de SCS eolMgOH se vojail renuer, à Casscl, ca IMC, 
la eooununleatioa de pièces qnl remoolaient à deux cent dnquiiils 
ans, et uagulîra encore Oneke» ne lrounit<il pas portes closes & 
Londres pour étudier llilstotre des années l8l3-l8l4?Touleo (br- 
anlul des praponUons trie Ubénles, Prutz esl néaiunoioB embar- 
nssé pour indiquer la dste en de(A de Uquelte raeeés des arcfains 
cMMnll d'être Ubre, el tes coodasiooa sont vivement attaquées par 
SUen, de Weeeh et SdimoUer. Il Euit d'apri« nix dlslingoer sui< 
vanl les dé|)At&, il haX aussi, i|uw qu'en ait ilit IVut2, reooniuHn 
anx arehlvtsUs eux-méoies certaines prérogatives puur i'nlllisatlun 
des dseuiiMots; U huica lotttca3reguderl'!iuéelS40eoaiiiM nnc 
Umll» BMLdnun, «n (tefà de laquelle ou ne peut féelaoMr une pMoa 
liberté. SehaioUer. aOut beMieoiiii plus loin, a lUt reawi|oer qoe 
l^àrtt Hipéneur de rSiat commande perfDis une trtogna^ réserve. 
AtOounTboi, disût-U, r.UlemBgBB «al naUèe; h boMw favmonto 
régM sain ha petits [W Infru ils r m if hwwi cnn l Mf n Hnii Bn c iimiliim 
Hais U jr a ^ns beaucoup d'arthives aUcoHMka de» documente doot 
h fnliwllM ponmit nvlvw Isb vWlIia hsbwa éWMaa. U j a 
■Mi te éMaaHma dn sUda dmitr qM h dynastie dta Hohann). 
km ne doit pas laïaser pobiler. D 7 a tante nne ««ne J'anendolas 
lainihisuMi sur tes einr», — Scftaottir paria n irilhniwl de la 
«our éi Rhb^. — qu'A ««at baauDonp ■Jaa» «a pas pwWrt an 
ynad Jour, kam le eoo«T«> i'aAiX laûè à la ■aMM dn pnfeaaanr 



te co:fr.Ri>.=i des histobiets ALi-eMinns t iNn^oRncK. 



323 



W^i 



n Thudichum [de Tubingue) en demandanl toutes Ifs fttcililcs 
posâililes pour utiliser les documents contenus dans les archives 
publiques, pounu que l'intérfl de l'Êlat ne s'y oiipose pas. 

Nous ne dirons que quelques mots des communicalioiis des pro- 
fèiteeurs Ilichter [de Grax), Ueigel (de Munich] et llirn (d'Innsbrflckl. 

Ilim a niit une conférence do ctrconsUnco, très documentée et 
très claire sur l'histoire de la ville d'Inn^linirJi. 

Le professeur Heigel, dont la communi&ition a étù complétée par 
1« savant ilirocleur des archives de Karlsruhc, F. du Wcucb, a mon- 
Iré, en fort lions termes, l'importance que pourrait avoir l'union 
des Académies, et indiqué que]<jues-unes de» entreprises ijui pour- 
raient se faire en commun. Il a insisté notamment sur rulililé que 
pourrait avoir un cfforl collectif pour donner un tableau complut de 
la colonisation de<i pays slaves par lus Allemands. 

Richler a parle d'une façon fort intéressante de l'utilité qu'aurait 
un atlas historique de la région des Mpes. Cet atlas devrait être 
ei^té pourchaque paysd'.iprês un pro{;ranimc spécial, ici la ques- 
tion des circQnschptions Judiciaires a^ant une importance capitale, 
là, au contraire, la question d'organisation administrative resUnt au 
premier plan. Il faudrait par suite renoncer à adopter une échelle 
unifonoe. Cette entreprise serait {)articulicrumenl utile u ceux qui 
veulent étudier l'histoire du régime de la propriété Ibnciére dans les 
pays de montagnes. Nous reviendrons nous-mêmes, on parlant du 
livre de Meit/eri (Stêdelunt/ und Agrani^tatH dn Wrilycrmaiien 

'i Oftgennanen) sur l'imporlance de wlLc question, 

Menlionnonâ enOn la communication du professeur Luschin de 
Rbengreulh (de Graz) sur l'origine des iMndsiàntle. H s'agit là d'une 
institution propre à la seconde partie du mo;>-n A^e, et qui n'a pu se 
former tant que le comté, la marche, le duché eonservèrcnl leur 
caractère de fonctions. Mais, en Autriche, où la LandesberrUchkeU 
se développa de bonne heure, on voit, dés le iil" siccle, une |wirtie 
du clergé cl de la noblesse territoriale se mêler au gouvernement. 
On peut même dire que les Landutànde restèrent tot^ours oc quils 
furent dan.'i le début, non pas les représentants de tout le pajs, mais 
les représentants de certaines clas.'tes privilégiées, qui en vinrent à 
réclamer la participation aux affaires du pa^s comme un droit. Cette 
conférence a provoqué d'importantes observations du professeur 
Georges de Ilelow protestant contre cette idée que les Landstânde 
a'auraient pas été la représentation du pays. Ils se donnaient cepen- 
dant eux-inènies pour tels, et il ne faut pas oublier que nos idées 
uctuclles s.ur ce qu'est ■ le peuple t> n'étalent pas entrées alors dans 
les esprits, i^omparublc» à la chambre des seigneurs actuelle, les 



326 IléLinciS liT DOCOHBNrS. 

Landstànde deTaien( défendre am poinl leurs inlér&ls t»t>pre8, mais 
ceux du paya tout entier. Ce n'est pas non plus la |Ht>priété Ton- 
ciére qui doit ctro regardée comme le critérium d'après lequel s'éta- 
blissait l'aplitudo à &ire partie des Landstânde. C'est au point de 
vue de la capacité militaire qu'il Taul se placer. Les chevaliers étaknl 
précisément appelés à y figurer comme possesseurs d'une forteresse, 
tsl les associations de paysans y figurèrent aussi dans les pays où, 
comme le Tyrol, elles étaient aptes à parler les armes. 

De toutes les communications présentées au Congrès, nulle ne pro- 
voqua plus de discussions que celle, d'ailleurs très modérée en elle- 
même, du professeur Rodolphe de Scala sur ■ l'individualisme et le 
socialisme en histoire. > Aucun de ceux qui les ont entendues n'ou- 
bliera l'échange de vues auquel elles donnèrent lieu entre des hommes 
tels que G. Schmoller, E. Golhein, J. Stieve, W. Michael, L.-M. Hart- 
mann, clc. Ces discussions se rattachèrent nalurellenaent à des 
polémiques déjà anciennes. En elTel, dès '(889, a la suite de d^u 
remarquables brochures de Dietricb Schxfer et d'Eberbard Golheio, 
on avait discuté la question de savoir ce que devait être aujourd'btù 
l'histoire de la civîUsalion, on s'était même demandé s'il ne conve- 
nait {tas de créer dans les Universités des chaires spéciales d'hisUure 
de la civilisation. L'apparition de la Deutsche Gesckichte de K. Lam* 
prechi et les nombreux articles qu'elle avait provoqués avaient 
envenimé le Jébat en l'élargissant. On devait s'attendre à voir des 
protestai ions enerdques se produire quand ce dernier, trop dédai- 
gneux [lour ses devanciers, venait déclarer que l'histoire n'était pas 
encore faite, que son ot>jet était mal défini et son programme oonfhs, 
qu'elle était jusqu'ici incapable d'établir des lois et que ses fonde- 
ment? mêmes étaient enc>.'re à établir '. 

l. Nous sigiult'root )virmî les |>lus rec«ale^ iliïs^rtj lions de I^mprccbt celles 
qui on\ fint Jads Ii De■llic^e Zriltriinft fur Geiehichl$\rumichafl. 1896-97, 
Ui{, i. <'l lloEUtsbUtt n- 9; IS.-:-ï>$. MouUblaU U:. 3-4. C« artides reo- 
(imn>'nt it tÎtm rîpostts jdi criliqnM jdrewiMS > l'intcnr p*r RielifaLI, 
Kiuhi^ yl2enettu:hr and iUniate GrxhiehtiaMff'aaiimg): ScliDûrer (duis le 
Httiortit.\ei Ja^^^llrA Jrr Gfrragtifllitltaff. IsvT. p. SS-116;. La plus liw 
l«ul-jlrr it- (i>u(«4 r^s rritiqu^s e<l rt'.lt Af Henaana Ouckin, du» )«& Preut- 
tUehf Jukr/xiflteT. I. LWXIX '.>'.>r. |>. ^ : Znr <)*ftU»anatf)st modmuter 
ëentteàrr Gofhidi'iehml'tàitç. La r«)Mn«« de Lunprerhl dms (e furicalc soi- 
Tut de b mtme rptue p. .i*.*^ reiMnaail le bien Tonde d« certaines critiqnei. 
It «•( nrtain qne, pour n qui e^l de i'Iùsloire politique, il » pille ses deru- 
citn> MM tatotf quelquefois se Jooaer U peine Je les lire arec soin. Sou lûs- 
loln e«l Eùie ecidentneul Itvp Tilt: )k>jr t>>u!e li p-vlie propremeot politique, 
LlMpnckl M peut 4Toir lUiune prele^ttioii i des iY«hertbes personnelles et 1 
fÊti^lt «ripMlitê. Les emptunl* qnil lù\ m\ mires altèrent du moins nne 
g— i l hahàtele. C'*aX ea «Mue i liitr décrire um histoir» de la eiwiUsatiM 



LE coK.nis nrs msTOHiRns illkviyrs a i^ctsiHDCK. 327 

On a pu ramener h deux conranls prinripitiix les l^indancps qui 
ont inspiré les historiens conlernporains de l'Allemagne. On a qualifié 
d'individualiste le courant qui a surtout suiri l'impulsion de Ilanke, 
Les lilstorieiii^ qui suivent ta même voie ([ue lui (!<ans avoir le même 
talent) sont volontiers portés h Ihlre de respèce humaine deui parts, 
l'une où ils placent les faommns cAlëbros, ou ceux qui ont eu, d'après 
eux. une action prépond^ranle sur la marche des choses, l'autre 
dans laquelle ils rejettent ta foule des inconnus, en même temps cpie 
les mille petits faits qui n'attirent point l'attention. C'est pour la 
première caté^'oni! qu'ils réservent toute luur sollicitude, concenlranl 
la lumière sur quelques pcrsonnapcs choisis, et laissant volontiws 
les autres dan^i une ohscurilê qu'ils ont tout inlérgi h Tnire aussi 
profonde que possible pour obtenir de plus puissants effets'. 

I^rmi les historiens modernes, Lehmann et Schiofer se raltaclicnt 
& ctito doctrine : « L'historien , dit celui-ci, conçoit avant lout l'honimc 
comme une individualité et non comme le représentant de son espéco. 
Ce qu'il étudie et décrit ce sont on définitive les acics libres, qui font 
sortir rindividu du milieu dans lequel il se meut, et Tont de lui un 
gaide OU an adversaire. L'historien, sans doute, ne néglige pas 
l'élude des milieux, autrement il ne comprendrait pas l'individu, 
mats î) n'y a véritablement de faits historique^ que là où l'acte indi- 
▼Wuel s'élève au-dessus des actes uniformes el insignillanU do la 
foute, n 

Uimprecht est d'un tout autre avis. C'est une erreur d'après lui 
de mettre l'individu au premier plan ; l'individu reçoit du groupe 
social auquel il appartient s.i manière d'élre. C.'e^l dans le qrnupe 
social, c'esl-:'i-dirc dans la nation, qu'il taal chercher l'esprit rollectif 
dont l'individu n'est qu'une émanation. Voilà comment au courant 
iDdividiialiste s'oppose un courant collectiviste ou socialisle vers 
lequH s'orientent aujourd'hui bon nombre d'&sprits. Ceux-ci estiment 
qoe l'humanité, considérée dans son ensemble, se développe par la 
vertu d'une force intime comparable à celle qui oblige un homme ou 



qvll l'fttUcbe. C'eit ici qu'on ne p«ul lui rettiCT, alan mAmn qu'nd n'ocecpto 
PM «M \déw, une rcnorquabln piiiiuincR d'riprit, On pourra Utr. A ta (.ujnt l« 
rM«nt arlkl« <1p K, Lary, PaltUtche CtiehkIUe uitd KuHurgaehlebte, ilan* In 
rwae Viiucha» de RpcbluM, '20 juia 1897. y. W>\. 

I. C'Hail (l^j) lA le «eullincnl (l« Carlyle disml (|ii« a l'hUUÛM unironelle 
n'JUll. en (in de corniile, i|ue l'lii*luir« d«t grands liummo», '|ui avaient M lu 
Mnilucleun dm aoiras et, dans un ien« large, les créateur» de tout ce t\<at la 
nUÉM dM homtnM a pu «'efforcer de faire. > TuuIl's tes cIiomi qui s'étaient 
■eCMnpIle* dans le monde avaient (le, i ws jeui, la réalÎ!><ition |>ralii|ue des 
pMMto qui avalent habité l'esprit des grands bomini:*. L'tra« de l'hinloire 
n'tlall q»n t'itne de ceni-fj. 



32» 



«<UTCfS KT U0CiniE<IT8. 



un animal ii alleindre une cerlain« taille, à créer uneoBrtaioc Tonne, 
à réaliser un cerUiin lypc. L'élude des sciences ualurelles, qui a cxeit« 
DM Bi grande influenw sur hj courant inlelleeluel coDl«inpi>rain,i 
eu une réactii^i) vis.il>lesur k-s tendances et rortciilaUond'es|>rii d'un 
^■raud nombre de Jeunes hislorienH. 

Lc8 disciples plus ou moins ffdèlps de Ranke, \ei Jtingranktantr, 
comme on les appelle, n'onl pas manqué de pmteiUer. La longue 
discussion qui suivit Is conférence de R. de Scala (qui avait mb ta 
relief In nêces^té pCMir l'tiistnnvn de se placer â un point de vue 
euhjccljf) fui dominée par l'éclio de ces vives discussion». I> ftil 
(iotîicin d'abord qui dôfiMidil les tendances individuali^lcs, en mon- 
trant avec une run>:iri|uablc nellelé d'expressions le rùle quu jtnicnt 
en histoire cas fticlcurs intellectuel un pou dédaignés, à l'enoontrf 
des (iictours économiques, el «issî l'imporlonce de l'ètément indivi- 
duel ji rencontre des cnractèrea gênênui. Sans adopter toute» le» 
idées de Ratike ou de ses disciple», il déclara qu'à son avis l'élude 
de l'histoire du m'>ndc prouve que rbumanité était menée par des 
idées plus que par des l^its, et que les grands hommes araient une 
part prépondéranlc dans I évolution des ppupies. L'histoire du ITiu- 
manité, comme l'a si bien dît ensuite G. Schmoller, ne doit pas être 
rc^ardé^ comme une marche purement mécanique. Partisan de la 
méthode eiperimenUile, ce dernier veut sans doule que l'obscnalioii 
rouriiisao û l'iiislorien les maLériaui à l'aide desquels il constrnin 
son ùdilice. Mais il ne faut pa» lui demander de renoncer à chereber 
on lui-ml^mu une i'ii';oii de concevoir le monde i{ui reste après loul 
son <Buvro propre, individuelle, et lu fruit de sa Uberlé. 

PouHsant plus loin qui; Lamprecht la conception a malcrialistc ■ de 
l'histoire, L.-M. )l.-irLmai>ni](>r.l.ir.iauconlmireqn*àsesyeuirhUtoire, 
pour ijlre vraiment* une scicriee,> devait répudier tout ce qui ne repo- 
sai t pas sur des prémisses scieuliltquement ;tcquises, qu'elle devait pu- 
suite exclure loul préjugé, toute hypoâlase, toute conception a priori 
de rinnnanité. U conception que l'hisloriem doit se fiilrv du monde 
m doit reposer que sur des observations purement scientinques et se 
tenir en dehors do toute idée iran^ccndanlale. RauKe, avoc son idéa- 
lisme, est un mystique, parce qu'il croiique riiisluire est t;uidéc par 
des idées <]ui planent au-des&us des choses et des fiiils, des idées qil 
viennent de Dieu, el qui par suite ont forcéflienl quelque chose de 
moUphjsique. Aux jcui de Hartmann, vouloir, au nom de tiotre 
prétendue liberté, se hUv. une conception de rtiistolrc qui ne rupD> 
serait pas sur des a recherches exactes. • mais ierait le résultai 
d'une sorte de foi ou d'iuie conception Iransocndantale préconfiN, 
c'est afjir d'une faron antj scientifique. Il faudrait du moins séparar 



i.e r.o!i<:RË<; des BisTOBiEmi ALievims « iTKSBnocK. 



329 



Migneusement diniï- les livres d'histoire, ~ mais ceLLi> séparation 
est-elle toujours possible? — ce qui est scicnUllquemeut établi, et 
M qui De repose au conlraire que sur di'S appK-ciatious pi;r:«oiincIlcs, 
des conceplioos purement subjectives. Cette partic-t.i devrait être 
mise ea appendice, ou au moins reléguée au second plan : elle per- 
drait vile aior& de son imporl^iiee. 

On voit par ce bref apurçu cumbieii d'idées importanli^s ont clé 
agitées dans ce congrès, l'eut-étro ne serail-il pas impossible de clicr- 
chnr dans une opinion intermédiaire une sorte de concilialinn entre 
des adversaire^-* qui sont quelquefois plus prés de s'entendre que le 
ton de leurs polémiquca ne le bisserait supposer. C'est bientjjt Ikit 
d'accuser Itanke du mysticisme. Mai« iiu reconiiail-il pas dans son 
Ili»l(Mrc universelle que la néci;&$ité remporte linalcment sur Ic8 
volontés individuelles, ijuelque Tortcs que soient ces dernières? U De 
fout pas le rendre responsable des exagérations do tguelques-uns de 
ses disciples dont l'individualisme est certainement outré. Dans le 
niouvomont du marée intullecluellu qui élève le niveau de l'âme 
huimiiiL', les plus grands liomnics, les plus beaux (génies peuvent 
être comparés â une vague un peu plus baute qui précède lus autres, 
mais qui ne dépasse ^uère en déiinilive la ligne que celles-ci allaient 
alteitidre. Que certaines individualités aient beaucoup fait pour le 
prof^ês, voilà ce qu'il ne faut pas nier, mais si l'on envisage dans 
son ensemble l'hisloire de l'humanité, la part di^ progrés qui peut 
(ïtre donnée comme leur œuvre propre est on somme peu de cbose ii 
côté <Ic culle qui s'fircclue en silence par suite de l'elTorl volleclif et 
de l'universel concours, lin étudiant par exemple, comme je l'ai fait 
depuis quelques années, l'histoire des populations rurajus et du 
rè(pme de h propriété, et la partie considérable de l'histoire de la 
civilisation qui touche ii ces questions, on esX amené 'a reconnaître 
que la civilisation se compose en déOnttive d'une multitude de petits 
gains accumulés. Les grands hommes agissent, il asA vrai, sur la 
société, mais c'est un peu celle-ci qui les fait ce qu'ils soûl-, et ils 
oe font le plus souvent que rendre ce qu'ils ont reçu. 

Mais il ne ftut pas dire d'une façon absolue, comme le fiill Lam- 
prectit, que les individus ne méritent pas mÊme d'être regardés 
comme des facteurs du dévclopj>ement hislorique. U faut, à c6lé des 
grandes créations du la force populaire. <|ui sont de beaucoup les 
plus DombreuscA, reconnaître aussi qu'il y a des crcalione impor- 
Unttts qui se ralt-acbent à un homme ou â quelques individualités. 
Ni ritiariemAgne ni Napoléon n'ont été les prwiuils de leni- temps, 
et il me parait impossible de leur faire l'application de cette idée que 
les créations organiques que nous étudions dans l'histoire sont t le 



aso 



M^UnCES ET ItOCCUVm. 



fhiil d'tiiK vie plus bauto itonl tes Inilividua ne »ool qu'noti rnani* 
featatioD. * 

L'élude dea «denoes oalurelles a mi sur cerlains hisloriens «rbeo* 
reux ettUi, nais II est permU de croire ipie la l<»gii|tu) Joue dans In 
•cietio.'s naUirellts un r&lc plus considérable que ànaa le* aàtaea 
historiquw. Ou aura beau accenluer l'imporlanoe du o&là colteclir 
dans rbistoire, il n'en resU^ra pu moiog loujours vrai que riiisloire 
se eoinpoee d'actes aceoraplis par les individus. Kl et que monbe 
une analyse tniaatieuse, c'est que chacun des aditurs du drame Idi- 
lArique agit â la foia comme homme i foirai • et comme boaune 
* paitieulier. > 

C'Mt, jecriHB, Umprochl lui-même qui a dit qttelque part tjn 
les destinées de l'humanité tournent autour de deux pblea : la 
liberté el la nécf-s»ik<. Pi>ur donner à chacun iton tmportUMe, od s 
lente de séparer l'iilstoire dea personnages éniinents de l'Iiisloin 
dee bit». Dans le prumiur groupe, c'est le pble ■ liberté • qui exeret 
la force d'allrncliuii princijKtlf ; dans le sonMid. c'est le pôle < néces- 
sité. ■ lit chneun de ce» ilcut groupes aurait ni^me, aJoute-t-cD, 
sa méthode parLiculière. Mais celte séparation eel-^le poulItleT 
N'e»l-elle paa, en loua cas, bien tncUco? Ce n'eatpa$ seulcjnenl dam 
l'bisloire do peuple, e*est dan» l'histoire de disque bummu qtM te 
rolrouveni ma deux pùlcs auUiur desquels gravitent toutes les actions 
humaines. 

Oii oublie aussi, me g«mble-t-il, que tout hommii a une action Nur 
lo milieu social où il s'agite. Les plus forts, les plus habiles, les plus 
énor^çiques font rayonner leur action sur un cercle plus large. Que 
les grands hommes soient des récopteurs, soll ! mais Ib réunissent, 
condensent, amènent à leur maiimum d'intensité les actes, les Idées, 
les tendances éparses chez, leurs contemporains. Pa puis n'est-il pas 
dos époques du sein desquelles ou ne voit émoTKer aucun de ee» 
hommes dont un dit quelquefbis qu'Us sont dos conductvtirs de 
peuples ? N'y en a-t-il p.tB d'autres, au contraire, où eertaines pcrson- 
naliLés, — le» cmyanls les appellent des hommes providtmUcIs, — 
marquent fortement leur empreinte? Au risque d'être taxé d'éclee- 
Usme, nous croyons que ce n'est ni par riudividuali&m« ni par le 
collectivisme que le véritable hisLorien doit se laisser gutder. C'est 
daiiii une combinaison féconde de ces deux tendances qu'il dtril 
cberditr l'équilibre entre cns deux pôles dont nous venons de carier. 
(iï-st cnln* eux qu'oscillera toujours la rie des peuples comme cvlle 
des individus. 

Georges Kiondil. 



U COITGBit! DBS eiBTORIE.IS iLLEVlITDS A raitSBRDCK. 331 



APPENDICE. 



Le cuugrte d'Iaiubrûck a. provoqué la d('p6i d'un cerUiii Duinbri! do 

lémoiraB el ds rapparti(|uî M'ont pus éié ilbcui^s en tMÎBDCo publique, 

\» dont quelquecuu» oiTreiu un vériublc ialérfit et qu'il couvioDl 

o FJgDslor ici. 

Deux rapports des prof^^Fietirs Kfjchor ei Prul:: Insistent sur l'umil^ 

qu'il T aurait pour les hitloriena à complêw les répi>rtalreB de Wo)- 

•iher el de Koner qui s'arn-'Leni à l'aunée 185). Kùcher pense qu'où 

pourrait simpliller lo travail ca ie boruflal aux périodiqueti ot aux tra- 

aux dei grandes sadult'H historiques. Mais le rèpectoiru devrait ninbra»- 

touf les |)ayï ayant Tait parliit de l'aucien eInpin^ allrniaud (par 

luéqucnl lec juirlir* allvmaudu» de l'Autriche, la Suisse, les Pays- 

I. On pourrait «n borner à un index unique (pur uoms de personnes, 

de lieax cl de motii^ml. 

Le pror«»sour Darpe, dont Ip travail a provoque des contre- rapports 
de I.an]preclit el d'Aloys Bchultc, s insisté sur l'utilité de la publica- 
tion des registres indiquant les revenus des propriétés foncières depuis 
le moyen i,ge. Il y aurait \h une source précieuse d'infciruia lions ponr 
l'hisloire dea Bauemhôfe ou domaines de jiaysuns, pour l'étude de la 
Yie âcuDoroique, de* culturi-s, dci cunimuDes, des diucMC», de l'or^a- 

■jlisation adrainislralive, elc- Lnmprechl a demandé que des caries 
ftaneot autant que possible adjointes à ces publications, qu'elles fussent 
ponrii'ues de glossaires irës détaillas, que jusqu'au xiii° siècle inclu- 
eivemenl les docameots fassent publiés in cî-Unto. Il Fuudraii aussi, 
cwnuie l'a dil Schulle, des iudicalions sur la valeur relative des prix, 
des niMinaies, elc. Ces publications se heurtent à de grosses dinicuilte 
donl 11 faudra toute l'opiniftiieté des Allemands au travail pour triom- 
pher. 

l/crtch et Schm^der se sont occupèit de la meilleure faron de publier 
la WriilUtner. ot surtout de faire des publicalieiis qui fussent compa- 
rable* entre elles. 

La commission bistorique de t^tyrio a envoyé le lècîl d'un Inléres- 
bsdI voynge d'éiudes t'ait en Carintbio tii dans le TyruI par M. Lusertb. 
If'auleoT a fouilla noiammeut les archivcit de Klagenfurtb, ou il a 
trouvé des documenU iniporlani» pour l'biitoiro de l'Autriche cunirale 
et de la Slyrie. La même commission a envoya un travail de topono- 
mastiqaa sur l'importance des noms de maisons, de champs, do foriïts, 
de foBséa, de rivières, travail qui met on relief rint<>r^i de cetU! élude 
pour l'hblaire de la civilisation, «t spécialement pour l'bisioire des 
lutle* de l'bomme avec la nature. 

I» faxicule de la Zeitichrîft filr Sosial'Und Wirlhichaftiseiehielile. 
offert en bommago nu congrus renferme de bons artidea. Celui de 



332 



K^Lk^CBS ET DOTCVOTS, 



J. Poliker «ur t'hijiuiin> »ocUI« <l« la tloMine coatient une vlTecn- 
U(|ui> du grand onvmg* df Juliu* Lip|wrt. Il pu roKSorl au»! que l'blv 
tmrc de In Bohème de Palncky n'« plu* ga^n d« valmr pour l'étnii 
de Ik TJe «ocialc. l.'anicle de Mell notit nentcigoe fur lr« diOnvotn 
metUK-» «n UMj^e dani Is Siyrie, ninn qu« mr l<>s prix, rt cokû mr 
Im noms que portaient le« différenlM propriétés, Très important mr- 
toatl'artide de M. G. de Betowgur t'ori^nedea (Déliera eo Allemapia. 
Oa ; trouve de* déutU Tort précis sur l'vrgaoisaiioa de l'indnMrie da» 
les ■elgueurie* et Ici couvents. L'auteur repuusne la théorie d'aptte 
laquelle lea artiniu dee villes aoralcot eu ptxir origine le* ouvrien 
employés <Uiu les seigneuries rondères, «>i ceik aussi d'aprte Is^nelk 
l'organitaiinn dm our|w do miKiers pourrait être nuiacfaée an BtfntU 
<jui evfiae). On a jusqu'il, d'après lui, plac6 dans la catégitria dn 
ouvriers seigaeuriaui des ouvriers auiqu^ls ce qualifleatîr ne pent coo* 
venir et on a donné une exteoston trop coDsidérable aaz corpocatiMS 
seigneuriale*. On a eiai^rA l'inotetneol Monoraiqtie («ti> G*tthhutnMI) 
des selgneuriee foocldree. Il est bien établi aajoord'boi que tes firwnd- 
tttmehùfUn participaient assex largvment à ta vie éoDootniquo et eom- 
nercialeet fuisaienl venir K-aucoup de produit» dndebota. L'iikdastrle 
telle qn'elle te pratiquait dan» tns Miftnruriw foncières s'c«t (onéfMU 
OOmpUtce au dclwr* pour ce qui était ioduvtrio inétallurgi([ne ot indue- 
trie teitile. C'est une erreur anui de pinSteodre qoe les artimu bbm 
ont commencé par être dee arliMni; ««rT*. 8ana donle i noe époque oA 
il n'y avait pae encore de ville», les métiers ont coiomencé par avoir b 
caractère de métiers ruraux : les artisans du moyeo i^ Tarent plus oa 
moins des cultivateon. C'est probablement l'inégalité de la fortune 
(consistant alors en tornMl qui poossa beaucoup de genc ii emliraMw us 
métier. Mais le rAle que iooa ici le dAvclopjieinent dc« ».-igni>uries foo- 
direa ne doit pas être csagjré, M il e«t probable qno lee ouvrier* 
Pnntaft furent d'abord moins habile* que le» autres. C'e«t dans 
seconde pMode de leur histoire, qu'il faut diïtiogner Kiigneusemeol 
de la premiôrff, que l'iLCiivitâ industrielle des frigneurie« fondina 
grandit M quo l'induUric Gt do notables progrée. 

L'article de L.-M. Hartmann sur Ine propriMs oollectivM et ha 
exploitations en commun, d'après des chartes italiratieet mérite anst) 
d'Mro ligoaU. Il s'agit de doenmeata dee vt* et %-n* sitclea montrant 
des cas d'exploitation en eommua par phtaieurs Socti. L'nuieur, Atu> 
diant la question des partages entre Trères. croit pouvoir affirmer qn'ea 
d^pit de partafte* en nature {IUalltitURgm\, oenx-ci poeeédafcnt en 
((Anéral leur» biens en commun. Cette pnttique vieodndl, d'ajiri-s lui, 
du droit romain qui n'a point f-ié jusqu'ici asses étudié an point de vue 
du l'mterptvtation n:onomique dont U est sueeeplîble. hm documents 
otili^ par M, Hartmann ne nous raoMJgneiit malbeureuseuent po» 
sur rorganieatiuu intcricnro de cea commtuuatée ot sur le mode d'ox- 
ploitatioo. 

Le lÏMicole des Mitthiawnçm ftir tMrrrtidiUdu GatiUehbforKhmt 



ofTeri également au coDgrès renferme, lui aussi, d'importanu arllclea : 
eeluide J.Jung d'abord sur l'orgaciMiloa de l'Italie à partir de l'époque 
d'AugufU), avec il 'in titres ean les coasidératlonn «ur ia révolution i^ono- 
mliuequi *e produitit en Italie à l'époi]un(li> Ka plu!< ^rando puiiuance, 
sur la ruine deque1i[ue» contrées |ci>fflmc> l'I-^trurioet le âamniuml, nur 
la [ormalionÀ partir de cette épuque de nouveaux ceairn* Ëconomiquua, 
aor le déveluppeiueiit des voies du cominuuicatiou ftt la police des 
gnndes routtts. 

La conclution do l'étude ttêâ pâitûiranlc du J. i<'^ckor sur le paya 
d'origine de U loi <l?» Rijiiiaires, c'o»t qu'il iic Iauc pa» le chercti<^r 
dans la région du bus llhin, Otto loi oouf fait connaître le droit ctn 
vigiHur dan» In hitute vallée de la Moselle, dans une contrée qui devait 
bin partie de la Lorraine supérieure. 

K. Uhlint a fait une étude spi'-cialo des lettres de fidélité \Trfubrieft] 
adreMâea par le» ciLoyena de Vienne on lîl^l et 1288 h Rodolphe de 
Habsbourg et à ton liU Albert. Ces lettres ou Heversa, dont plusieurs 
sool reproduites in extensii, soat dcsdocunii.'Dt8 très prûdcux pourl'hl»* 
loira do rétAblieEenient de la dynastie des Ilalisliour^. 

SîgnaloDs enlin l'article de J.Uira qui renferme p lusi eu r« documents 
ÎDédils sur Wallcnsiein ; celui de M. Mayr-Adlwaug reproduisant une 
lettre curieuse de Catherine, baronne do t^paur. supérieure du couvent 
de Buchau sur le Fedi^riioo [i^iS). Onito lettre, adressée k l'urcbiduc 
Léopotd, rtfgentdu Tyrolol du Vorarlberg, invite Ltopoldâ Tain- ussas- 
siiwr Wallënstein. I.n travail de M. H. de /wiedineck-ï4adeTiliorsl 
eonoenielcrAledelabrigndeTbierryaiicombatd'AbeiiaberglI^-ÏOnvril 
1600) et rcofcrmo quelques documents inédits. 



BULLETIN HISTORIOUE 



FRANCE. 

PuBLiciTioNs DS DocuNEiTTS. — H cst très dîHIdle de fonnuler un 
jugement équitable et compétent sur l'ouvrags dont M. A. Liteitu- 
JON vient de nous donner le premier volume*. Gel homme distingué, 
qui s'est fait une place particulièrement honorable dans la politique, 
d'abord comme journaliste et directeur de la Gironde, puis cwnme 
député, diplomate et sénateur, par son intégrité, son désinléreBse- 
ment, l'élévation de ses idées, la constance de ses opinions, s'est 
épris, il y a de longues années, d'un bel amour pour Sulpice Sévère, 
un méridional du sud-ouest comme lui, le premier des grands diro- 
niqueurs ecclésiastiques et des grands hagiographes de notre pays, 
le biographe de saint Martin l'apôtre des Gaules. Il a été choqué de 
l'oubli où était ensevelie la mémoire d'un écrivain qui avait en eS^ 
de la science, du talent, de l'éloquence, voire même de l'esprit, et 
il a été jaloux que l'Allemagne ait été dotée avant nous, gr&œà 
M. Ilalm, d'une édition correcte de ses œuvres. Ne pouvant gu^ 
prétendre donner, d'après le ma. unique du Vatican , un meilleur 
texte, il a du moins voulu y ajouter une traduction et des commen- 
taires étendus qui feraient de son édition une sorte d'encyclopédie 
de l'histoire des mœurs et des idées de la Gaule chrétienne jusqu'au 
V' siècle. Celte œuvre, oii chaque volume est précédé de prolégo- 
mènes, introductions, études critiques, et suivi d'essais, notes et 
notules, doit comprendre cinq volumes, deux pour la chronique, on 
pour la vie de saint Martin, un pour les lettres et les dialogues, enRn 
un volume complémentaire, où prendra place la traduction des 
onze traites de Priscillien. Ce qui fait la principale originalité 
de cet ouvrage, indépendamment de sa composition, c'est que 
l'autour, po:>itiviâte fervent et pénétré des idées de Comte sur le 
rôle de l'Église au moyen âge, a élevé un monument à la sain- 
teté, qu'il considère comme un des facteurs importants, je crois 
liien même comme le facteur le plus important de l'histoire. 
M. Uivcrtujon, en consacrant des années de sa vie à l'éUide minu- 
tieuse de son auteur et de toute la littérature chrétienne des premiers 

I. La Ckrimiqtie dâ Septime SMn, t. 1. Hachelle, in-S*. 



PBticK. 335 

siècles, esl devenu ud êrudit à la foron de» hommes du xn* el du 
xni' siècle. M a ramoné à son auteur tout cb qu'il sait, toul ce qu'U 
pense, el en lire, ou plutôt y rattache, toute une pliliosophle do l'his- 
toire. U ne faut pas lui demander un ordre bleu rigoureux dans l'cx* 
position ni se scandaliser s'il place les renseignements sur tes manus- 
crits et les éditions de Sulpîcc uod on tête du texle, mats dans les 
notes de la pa^ 262 à la page 271 , ou s'il mêle des détails autobio- 
graphitiucs à sa critique des éditions. Ses prolégomènes sur la valeur 
historique des œuvres de Siil|iice, sur leur pince dans la littérature 
latine, sur le:^ qualités Intel Iccluellus de Sulpice, sur lu r&lc de saint 
Martin, sa iioIl's liur les concoplioiis reli^^ieusos de Sulpici? {péché 
originol, cusmo^'raphic calliolique, saintcle, angelologie, rètichisme, 
diable, miracle, foi, sacerdoce, sacriilces humains, idée de la divinité, 
intolérance, antisémitisme, socialisme) seul la conversation très atta- 
chante, très instructive, tré^ ori{;Jnale, parfois paradoxale, el tou- 
jours abondante en digressions, d'un homme fort érudil, Tort intelli- 
gent, maLs qui ne ménage ni notre temps ni noire peine, ni le sien 
ni la sienne du reste. On lira particulièrement avec fruit, dans les 
prolégomènes, les motifs pour lesquels, avec raison, selon nous, 
M. Lavertnjon estime assez haut ta portée d'esprit de Sulpice; dans 
les notes, toutes celles où il arrive à préciser, avec une ingéniosité 
vraiment remarquable, ce qu'il j eut d'original dans ses conceptions 
religieuses, cl aussi les analogies nombreuses entre les cona'ptions 
païennes et les conceptions chrétiennes. Il va, â noire avis, trop loin 
dans cette voie, et l'on hésitera h admettre que l'idée de la sainteté 
fût une idée empruntée par le christianisme ù rhclléuisme. Mais il y 
a vraiment un grand proiit à écouler un homme qui a vécu des années 
dans la bmiliarilé d'un auteur. Il trouve la inarriue de sa personna- 
lité même dans une œuvre aussi traditionnelle qu'une chronique 
universelle; il y voit une foule de cho.'>os que personne n'a vues 
avant lui. Parmi ces c1iose.s, il y en a bien un certain nombre qu'il 
j a mises lui-même-, mais il en reste beaucoup qui s'y truuvaieul 
vérilablemenl et qu'il a découvertes. 

Le lome II du Carlitlaire géHéral de l'ordm des Hofpitatim' d« 
Saint-Jean de Jérusalem (K. Leroux), publié avec tant de soin et de 
lute par M, J, l)iiLivn.r,ï Lk Roulx, contient les acti;s relatifs aux 
soixante premières années du xui* siècle (I2û< à 1 2tfOj. Nous assis- 
tons aux développements rapides des llospitiliers dans les pays de 
i'Kuropc qui ont le plus d'intén.M à la lulle contre les Infidèles, les 
rojaumesespa^'uoUen parliculicr, l'Aragon, où Pierrell cl Jacques 1" 
les comblent de donations cl de privilèges, le Portugal, où Alphonse H 
est leur zélé protecteur, la Moravie, la Bohême, la Pologne, la lion- 



33l( tltLLRt» nrtTOMQOB. 

grio, surtout au temp» d« Bêla IV. FrËdèrie II k-ur accorde de nom- 
brcux privilège», mais II a aus»i dus diDicultvs avec Tordra à cauae 
tl«MpnU<Brcnocpour lcsTeut»iii<tuc«. Ilcuri UI Icâcbérileotrelaiu, 
el les hvoriM en Angletnrn:. Ln.^ rois de France, ao cootnin, m 
roumiAMiiit il oe volume qu'un nombre iRsignidant de dJptâmM. Si 
l'iilcsUiic, malgré les Jalousies qu'iU excitent ehez les prMala de 
terre saîou: ou cJiei des seigneurs eomme Bobtoiond tV d'Antiocbe, 
oa esl nhU^é de leur rcroetlrc la garde d'une fouie de vUlee et de 
chileaux quu seuls ils peuvent efllcacement défendre. Les pftpes ila 
iiii* siiwlo, Innucenl III, llonorius lU, Grégoire IX, Innomnl IV, 
Alexan<lre IV, leur accordent iiifaligablvinenl des avanUgee ooa- 
veaux ou leur coRllrmenl leurs privilèges anciens. Ils sont ul)U> 
gàt de sévir parfois contre eux <iuand ils abu^nl par trop dr 
leur situation excepUonndle, comme il arriva h llonorius lU quand 
Il lour iiitiTdil do blre oél^irer la messe par des pré4res exeommo- 
nîéft (n* 1703), ou h Grê);oire IX, ({uand il leur enlève l'bôpiUl de 
Mormant (n" ItiST, 1934), et quand II tesol*ligeÀ ne pas refuser k 
lNi)>lËmo à leurs esclaies d'Orient (n*2lti8)', ou à Alexandre IV, 
quutid II règle, en tîSC, leurs exemptions (d" SSOS); mats le plu 
sou%«ot nous les voyons diifendrc lui Hospitaliers eonlre les alUquts 
inre&'iantes dont ils .wnl l'objet rie la pari des é^-équea. Ceui-d 
viiuloni les ifnumellre a dp.^ exactions financières de loul genre ou 
leur imposer indûmonl leur juridiction i iU praliqucnl ebez eut le 
droit dogltc d'une manière abusive; ilsrculc^il les empêcher d'oicr- 
cer les fonctions de la pnUrise ; ils s'opposent à ee que les Qdétot le 
Dussent ensevelir dans leurs cimetières; ils prétendeol avoir le droit 
do les excommunier, et, quand la papauté le leur iMnie, ils eioon»- 
munient leurs vassaux, leurs àcrvilcum, ceux qui vont moudre 
leur moulin ou presser à leur pressoir, l^es papes, qui n'avaient 
les théorie» de Tolstoï sur la nan~réslstance au mal, autorîsaii 
expressément les Hos|>tt.'kliers à résister par lu furce a toutes !«' 
attaques (il" 2103); main ils étaient obligée d'inturvcnir quand le» 
Hospitaliers et le» Templiers, en procè'«, tournaient les uns contre 
les autros les armes qu'ils auraient du n'employer que contre les 
Infidèles (n" 21201. Les actes intéressants abondent dans ce beau 
recueil. Citons les statuts d'Alphonse de I*ortugal (I204>l2l)6t, doni 
l'éditeur nous donne les textes français et latin, cl a dà ntalbeureu- 
semeiit laisser inédits les texte» provençal, catalan, iUdien et alle- 
mand. Il n'a pu également donner que le texte français d'un docu- 



ïttf 

i 



I. VO]p. anid le a' 9139, où Croire IX initrvieot pour In enpScli«( ik 
purt^rnler Mux qui l«ur «aai IiosIUm par 4et cluiioiu abuMn» <• JMtiee. 



rUNOE. 



33Ï 



menl des jilua procieus, les - esgarU « (Jugemenlâ ou plulûl rëglea 
de dr»il| ot coulumeit de Dl^piUil du milioii du xin' siècle (eutrc 1239 
cl <290). La charte de conimuiie do Provenca a Nova donuoe en mars 
tut par Itodri^'i-i Gil, prieur du l'tlûpiuti un Porlu^l, lea privilèges 
accordùs le 20 juin 1233 aux HospiUlicrs par Henri 111, mùriloitl 
ègaleœttnt une? mciUioii spéciale; de mémt: les acles rebUrs it des 
donaUons do juifs (n" 1220, M23, 1356, etc.). M. Delavllle Le RouU 
a ajoulé de nombreux acies inôdils à ceux (|U0 Pauli avait d^à publiés 
sur l'abtiaye de Moiit-Ttiabor. 

Le Fecueil de noijagn et lis documents* , publié par la librairie 
Leroux sous la direction iIl- M. ilh. Schefer, vient de s'enrichir d'un 
nouveau volume. M. II. Uausiih, proresseur à lliniversilâde Cleniionl, 
qui poursuit avec un zèle ai heureux s&s éUideâ sur l'histoire rcll' 
gicuscet l'histoire économique du xvi* siocle'. et i|ui avi-c M. iJu»- 
dovisesdu Dezert a mis sur un si hou pied l'ouseignomciu hisloriiiuo 
à rUnivursité de Clermonl, a retrouvé dans un dus manuscrits du 
fonds Uupuy le texte italien du Voyage de Philippe du Fresw- 
Canaye datu le /Avatil, resté inédit jusqu'à eo jour, bien que les 
dictionnaires de Mureri, de Lalanne et bien d'autres prétendeul que 
ce voyage a clé gmltlié sous le nom iVEphémèridcs. Du FrcBiie-Canaye 
avait fait ce voyage en ^572, àgi> seulement do virigL aiis. Il était alié 
de ttaguâe à Gonstantinople par voie de terre avec l'ambaseadeur de 
Frana- auprès de Sélim II, M. de Noailles, et il était revenu par voie 
de mer à ses risques eL périls. Son récit, sans être tout à fait origl- 



1. Catl« collMliao comprend len imporlinti ounaRes de II. llarriiM lur 
Jmh «I Svlmiilkii Caliold 1), lur Ivi Corl(> Rval (III et UIAm), lur Cliii«tuph« 
Coloinh (VI rI Vllj, leiMitiontiinr U. Schefpr du Voyage île ta totnctretU Ht 
aUnualrm (ail Inn 14811 (||), i|«« Savtgatitmi do Uan l'amimtUr (IV|, ilu 
Voyagt de ,W. 'l'Aramon par Chptneoii (Vlll), de» Voi/oget An l.ouls Vnrlhi^ma 
{IX), du Voyaiji: de Irrrt natalt pnr Pnonnl cl Philippn [W), du Voyagr. d'outre- 
mer pur U, dr la ltmqul<ir« (XII), dn In Deteripiton de l'Afrique par t.èan 
rAfrlMlii (Xlll-XV), cl pniln n inil but nnn k^M, i lui Vogajrs eu Aiie du 
ftire Worie dii Forde.none, publirt par H. Cordior (X]. 

1, H, ll4U»(<r piiurtult av«r nii-lhudp, ilana t» cours et le* Iravaui parllcu- 
lierH, retl« douMu rii>[ui>U. qui uITre tant de |>uiala coiumuos. On en trouvera 
ilw fragmeati dans dva le^unn publii^et par lu H(\iu« de* court et eonl^rpneef 
Ab tSBl, i»ai de« arliclc« du BulMtn de ta .soctétd de l'Iiiftoim du protesta»- 
(tau franco (1690, inar* cl mai : Nouveaux documents lur la captivité et 
la MUvranet il f delà Xoue ; 1S07, mai : iVhnei, la ComutaU et la Réforme) 
Cl duu de6 «rtlclo* de ta Reeue dt locialojle parui en IS'Jl. IH95 el 18'J7 *ur 
dH Grève* d'mi\;ruri imprimeurs au XVI' tièeletXiurlo Travail det femmei 
au XY' tl au XVI' aede. Oa veria dona ce dernier arUcle le rûle iniportiinl 
|oat pv la tnain-d'iDurro lemialno el commeal lei fennie* (Movaienl, ellei 
antif, arriter i ta roaltriM. 

lUï HwTOR. LSV. S» FMC. 52 



838 tlTLlKTIH HiSTOMQin. 

nal, car, comme le monlre M. flauser, il empniDle plus d'un 
sage aux relations aoléricures ' , âurloul k ceUw de HamberU et it 
Nieolai, nst l'œuvre d'un esprit vif et observateur, dont la curiusilé 
est eiempte dm préjugés do race ot <Io religion ()UJ ofTùs()uaiont li 
vue de beaucoup d'hommes de ce teonps. Il sait apprécier les quali- 
tés des Turcs, «L, sans méconnaître la cruauté de leur gouverneneot 
et leurs violences k l'égard des ijopulations chrétiennes, it las Juge 
et décrit leurs mœurs avec imparlialiti'. M. Hatiser a douné le Unie 
iLalicn et une 1res exacte traduclioo Triuii^ftC du Voj/age de Du FrwM- 
Uanaye. Il a acrompa^né la traduction de notes hii^toriqueii et gfo- 
grapliiques exceileotes et l'a fait ]>récéder d'une introduction Mogra- 
|iliii)ue où il complète et recliRe les renseignements très erronée 
donnés par Ice biographes qui ont partie de Du i^resne-Canaye. 

Le second volume des Voyages de Moateiquieu (Pfeard), publiés 
par le baron Albert ne MonssonEii, ooiitiont ta fln du voyage en 
Italie d'avril à juin IT19, le voyage en Allemagne et en Hollande 
de I72«, des mémoires sur les mines de la même époque, une lettre 
sur Génca de tlZi, des notes sur les liabiiants de Rome et aur ka 
musées de FioreDce, des noies sur la cour de Stanislas Leciinskl de 
ilH, enfln des pages assez bibles sur la loaniérc gothique. Ces car- 
net» de voyages sont comme les précédents d'un exlrème intérêt. 
Moiitosquicu est pou sensible aux beautc^a de la nature, \aples t»6nie 
et riiicompanble baie de Baia ne lui arrachent pas un aeeool d'émo- 
tion. Quant aux Alpes, il les juge eomme sou ami des Brossée : cIImim 
lui iniipirent que de l'horreur. ■ Tout ce que j'ai vu du Tyrol, depuis 
Trente Jusqu'à Innspruck, m'a paru un très mauvais pays... > Mais 
il est un amateur (je ne dis pas un connaisseur) passionné de pein- 
ture et de sculpture. Il y apporte lu même iwrupuk du détail et de 
l'exactitude qu'il met h évaluer la populatton des villes, l'importaDoe 
de leur commerce, ou les procédés d'exlraclion des mines. A Florence, 
il dresse un witable catalogue des statues antiques et sa doeerip- 
Uon de la Vénus de Mêdicia est d'un homme qui eu a analysé choque 
membre, cliaque ourbe du modelé, chaque pli de lu cJinir avec uo 
CBJI d'amoureux, muîs d'un amoureux qui aurait d4.-s habitudes de 
coœmissairu-priscur. Il y a une page sur les fesses de Ut Vénus qui 
est d'une minutie désopilante. — Où Montesquieu est vraiment supé- 
rieur, c'e»l dans ses notes sur l'économie politique et sur k» moeura 
des pays qu'il travers. L'universalité de sa curiosité e&t admirable, 
et il sait recueillir les anecdotes caractérUtiqucâ. Os cantets de 



1. U tUtincr dnniit m «ppaoïllu une uUle blbUefcNfilile dn V«ra(ca dvu 
k Lcv«ul [lublleii de USD S ISUS- 



voyage auraient hit le bonheur de Tuiiie. Ses jugements, il est vraJ, 
sur Il'a hommes, dans des voyages aussi rapides, n'étaient pas lou- 
jours surs. Voici on qucU termes il parle do Frédéric-Guillaume I" : 
< Sa pui&^nco ra tous les jours tomber d'elte-mènie. La [UuvretA 
est dans ses (ÏLits el le ridicule sur sa personne. Le prince royal 
{Frédéric lit troquerait bieu sa qualité do prince contre dix bonnes 
mille livres de rentes. » 

Le Hecueil de doi^nmenls rolalift à la période révolutionnaire, 
publie par ks soins du l^omité des travaux historique», s'est aug- 
taexiUi de deux nouveaux volumes. U tome X du tifcveil de» aetet 
du Cùmilé de mlut puUtc, publié par M. AduBD avec une compé- 
tence et un 7.ule atiiqueU nous av»uit plus d'uue Tois reudu hommage, 
eompreud les procés-verbaux du Comité et du Conseil etêcutir pro- 
visoire ainsi que la correspondance oftlcielle des rcpràscnlants ea 
mis«on, du I" janvier au fl février tTH. L'impression pénible qu« 
donnait la lecture du tnme IX ne Tait que s'aœroltre avec ce nouveau 
volume. A cfilédes Actas du Comité qui lémolgnent de son zèle pour 
la dérenso du lerritoire et aussi de ses elTorts pour introduire un peu 
de diseernemenl dans les mesures de répression et de suspicion contre 
les aristocrates et les Todéraliâte^ ou soi-disant tels, et pour maintenir 
UD semblant de liberté M de lolérancc à l'égard du catholicisme, on 
trouve surtout ici les preuves de tout ce qui fui déployé de férocité, 
de bétis« et de cupidité par les représentants en mission dans l'orga* 
oisalUKi de ce qu'on appelait le gouvernement révolutionnaire. La 
lettre de Javogucâ, du 4 février 1794, adressée h Collot d'Herbois, 
est n cet égard cruellement signillcativc. On y voit trop clairement, 
comme dans mainte.s autres lettres, que la richesse était un crime 
suffisant pour être jugé digne de mort et que les accusations d'inci- 
visme étaient avant tout uu moyen pour le gouvernement révolution- 
naire de se procurer l'argent que les imp6ts ne fournissaient plus. 
L'bjpocrifiiesc mêiaila la tyrannie. LalctlredeLequinioau (Comité, 
»ur sa manière de concevoir la liberté religieuse, en est un curieux 
bèmoignage. La liberté religieuse consisUiil pour lui dans l'interdic- 
Uon de tout exercice du culte, en permettant d'ailleurs aux cîloyons 
de croire ce qu'ils voudroioat. La plupart des représentants en mis- 
sion jil y avait quelques exceptions, comme Pa^-anel, Blutel, etc.) 
avaient de la liberté reliRieuso la même conception que Lequinio, et 
quand on voit le peu de souci qu'eut le Comité d'exiger l'applicttion 
du décrut du U frimaire et des instructions du 2H nivdse, on se 
demande s'il n'était pas au fond d'accord avec les représentants. Il 
auivail à l'ê^'ard du catholicisme la politique que Louis XIV vivait 
suivie â l'égard des protestants et avait sur U liberté religieuse les 



34(1 



«DLLBTin niBTOMQItB. 



manies Idées que l« clergé catholique avait de tout temps pi 

ne voyant, comme Anacharsig ClooLz, dtns la loliraiioe, qu'un mal 

nécessaire. 

On éprouve quelque sauUgemenI quand on passe au tome III des 
PrvcH-vtrfmtix tiu Cotnilt iV instruction pubtiqwf dt ta C.onofmUo» 
nationale, publiés par M. J. (îriLLtciic. (k volume compreud b 
période du 27 novembre 4T93 au 20 mars 1794. Ou y trouve gant 
douLu au)tsi bien dos preuves de l'abaissonienl lutellectuol el mot^ 
qui avail étû pour les plus distingués des liommes de ce temps le 
résuilal naturel du régime de la Terreur. On soulTre â entendre Gré- 
goire park-r de Henri IV comme d'un tyran ■ dont les préleodum 
ver(u.4, comparées à celles des autres dospou-s, âont dans le rapport de 
la mécbanceté à la scélératesse, > ou Monge qualifier de • réçénérS' 
tion du Comité des poids et mesure» > la mesure abomin^le qui v^m 
avait arradié Lavolsier pour le mettre en accusaUon comme ancM^^I 
fermier général. Mais on suivra avec inlérél el émoUon le travail 
acfaarne auquel «'est livré le Comité d'itislructiuu publique, malf^ré 
ranurcliio qui régnait alors et la difBcull^ a trouver du l'argent pour 
autre cho«e que la guerre, afin de réparer les ruiner que la Hévolution 
avait faites, el d'organiser un enseignement n tou.'« leâ degrés rjui 
fût en harmonie avec les principes de la France nouvelle. On eom- 
meDU À organiser l'enseignement primaire el on forme les promien 
projets d'enseignement secondaire cl supérieur, malgn^ les protesta- 
tions de ceux qui considèrent les études supérieures comme subver- 
uves et entadiées d'aristocratie; on s'ingénie à créer des rètos civiques 
qui devront remplacer les l%les religieuses abolies; on Jette les pre- 
mières bases du Muséum, d'un conservatoire de musique i on s'ef- 
force de préserver les monuniculs et les œuvres d'art de la deslrue- 
tiou dont les menace le vandalisme révulutionnaire. C'est Grégoire 
qui prononce le premier ce mot qui devait faire fonutie el qui, pour 
ne pas pouvoir s'appliquer au gouvenkcmcut républicaiu, o'en nt 
pas moins justifié si on t'applique â la nslion elle-même. 

U. Adlisd a achevé avec le tome VI son prédeux recueil de docu- 
ments sur la Société det Jaeobiat (Golleetioo de documents relalife 
à l'histoire de Paris pendant la Ré^'olutlon française, publiée sous le 
patronage du conseil municipal). Il contient les derniers actes de la 
célèbre sodélê de mars 1704 i sa dissolution par ordre de la Coa- 
veotioa les 12-14 novembre. On y trouvera les débats ausqueto donna 
lieu le procès des Danlonislcs el l'on >■ verra les Jacobins, terrorise* 
par Rolieiipierre et Couthon, et se solidarisant encore avec eux du 7 
au 9 thermidor, se rotountcr contre eux arec la ménw ardeur dès le 
41 lltermidor el ne plu» appeler Robespierre que le nouveau tlatitioa 



PU MCI, m 

ou ce scélérat tie Robespierre, Dénonciations, épurations, toile esl l'his- 
loire des derniers mois de ce club qui avail joué dan* la Révolulion 
un rbie tour à leur si fjloriitux el si oïlieux. Los procùs-verbaux du 
8 au II lltcrmidorontexislê. Courtu'ts \ùsa eu< entre li>» mains. Mais 
il ne les a sans doulc paj resLiiués, car M. Aulard n'a pu en docou- 
Trir aucune trace. L'ensemble dc^ documonls mis au jour par 
.M. Aulard dans eus six volumes, avec une conscience irràprochable, 
permet de préciser beaucoup de points de l'histoire révolulion- 
naire fi ajoute beaucoup de traits Inléressanlâ k la psychologie de 
l'Époque. 

M. le comte Bocut db u Medride a ajouté deux volumes supplé- 
menlaires (l. IV cl V) à son recueil important de Documents sur la 
«égocialion du Concordai et sur les autres rapporli de la France, 
avec k Sainl-Si^je en 1800 et 1801 {li. Leroux). On trouvera dans 
ces volumes tous les documents relatirs à la recon^lituljon de l'épis- 
eopal, à rétablissement du budget des cultes, h l'opposition du Sânat 
el du tribunal contre le Concordai, a l'adoption (Inale du projet de loi 
sur les cultes par le Corps lêgislatifel te Tribunal, enfin à ta promul- 
gation du Concordat et des arlidoa organiques qui en ont été, comme 
le fait remarquer M. Boulaj de la MourLhe, le passeporl néœasairo. 
L'babile édilour a su rendre la Inclure de ces documents intéressante 
et leur maniement commode non seulement par les excellenles notes 
dont il les a illusln.^s, mais par leur classement mélbodique qui lui 
a permis do l^ire suivre ses volumes de tables précieuses : table des 
matières par cliapilres qui Tont de ces documents une véritable his- 
toire, table chronologique des documents, index de-s noms jiropres, 
enfin table analytique du Concordat avec renvoi aux pages des voUnncs 
correspondant à cbaquo détail. M. Boulay de la Aleurtbe a su Taire 
preuve même dans un recueil de documents do ce don de précision 
lumineuse et élég<mtu qui distinguait, avec des qualités Utléraires do 
premier ordre, ses ouvrages sur l'expédition d'Egypte cl sur le duc 
d'Kn^hien. 

L'ardeur de curiosité pour tout ce qui concerne l'époque napoléo- 
nienne ne se limite pas a la Prance. Le.» hislohens de toules les 
nations se sentent allirés vers cette période dramatique et poétique 
entre toutes, dont on peut aujourd'hui parler sans parlialilé et qui 
a exercé sur les in.itiLutionB el l'histoire de tous les peuples une si 
profonde Influence. Parloul on trouve un public de lecteurs avides 
de mieux cnnnaitre l'homme extraordinaire qui a pétri de ses mains 
et foulé aux pieds l'I'.urope moderne. M. Auguste Foinnicn, profes- 
seur a Prague, a publié sur NaïKiléon, en 1890, un ouvrage concis et 
nourri, puisé aux meilleures sources, qui a mérité d'être traduit en 



m BVLUm^ ailTOtlOCK. 

frauçais. On Hll beaucoup ik bitua du Napol&in de M. Sloane, pra< 
fesscuràrUiiivcrsiléde Princeton (ËULls-Uofs], que nous oe coi 
sons pas eocoro. Lcâ doi'umRnLt pt mémoires inédits »ur l'EmpIra sont 
l'objet d'une (Itveuruiiivurstslle. L'Italie ne pouvait pas U6|)a& prendre 
au part active à celle rurmissanco lilt^rsiredu oapoléonisme. f-M 
OûDsidère avec raison les ilonnparles commi.' dv» compatriotes et elll 
n'oublie paii loul ce i]ue runilé ilalinane <loU au fondattnir du royaume 
d'Italie. Un jeune historien, M. A. Lumbroso, tient le premier nng 
piumii CW rervenl-s de l'époque napoléoniBane-, et il a en quelques 
années accompli une besogne si prodigiousu qu'on ne peut qu'tou* 
mérer ses travaux sans avoir 1« temps de les analyser ni de les juger. 
U s'est d'ailleurs jusqu'ici borné pn-stiuo flntiè-rQm<>nt au métier do 
bibliograptie et d'Mitour. Le seul ouvragn proprement dit qui soH, 
& ma connaissance, sorti de sa plume esl un Essai sur le lilocw 
continental (Sapoleone I e l'InghUterra, taggio tnllg origitU 
det biocco ronlinmlale e tvtle me coruegtieiae eeonomiclie. Homa, 
Modes et )lendel; Paris, PicardI, qui est un oxœlleDl conipeodji 
de l'histoire des relations commereiales entre la Pranoc ot Vhn^l 
terre de t7il3 à 1819, el de tout ce qui a été écrit sur les 
de la guerre économique des deux pays soit pour eux soit pour 
autres peuples-, mais i'autcur se borne presque au rôle de ra, 
et conclut par l'adage : aithue $ub judict lis est. Il a ajouté à ott 
admirable exposé de la question un appendice oà 11 reproduit les 
débats du parlement britannique au sujet du blocus et des lois de 
navigation édictiies par l'Aiiglotcrre, lois qui cudiflalciit les pratiques 
de piraterie usitées de tout temps par 1m Anglais, et queltpm 
documents rtrançais; il donne enfln une excellente bibliographie pour 
servir à rbistojrc do celle lutte économique. Dm lS9i, il aconnneneè 
la publication d'un Bssai de bibliographie napoléonienne {Saççh di 
HiM bibliografia ragionnta per $ervire aUa itoria deW «pocs mqwK 
leoniea (Rome, Modes et Mendel), dont nous avons reçu les tomes I 
k V, et qui n'arrive encore i|u'à la Icltre U [Hernajs). ('.e oolossal 
travail est en même temps un travail taxi avec un soin exlrtrae. 
Le mot 1 ragionata » n'est pas une vainc étiquette. Nous trouvons 
presque sur chaque auteur et chaque livre cité des renseignements 
précis. Pour les documents rares, M. Lumbroso indique le dép6t où 
ils se trouvent. Certains articles sont de petits mémoires crIliqtMG 
très piquants. Bérauger est l'objet d'une charmante étude de 34 p.*. 




I. u. I. Garwii iiubUnll pr^u apr)i« une èluil« pr««que MMUillIer ' 
«I ta Ugtivie napolilonlrnnf (Hriiielloi, WeluenbrucJi, IS p.)qri esl 
inenl d'oM biitoirc il* l« lèRBndp n*|N)l«uiiiei)ii«. 



rniRCR. 



S43 



• 



Outre celle Bibliographie si copit-usc, M. Lumbrosa a entrepris la 
pul]|icalioii d'un roj;iiuil Jt* lUùeeUanea IVapoleomca (Rome el l'nris). 
Ces MisccUanées comprennenL déjà les méilioirus et docunoeiitâ sul- 
fanls : général Joo»v, Soavenin militaireit. lèna-Dresde, 180G-I8I8. 
— Commandant Bvciiku. Erlebnisse atis den J. iS09. — !■'. Obioli, 
fticordi tnlto stalo Romano nei lempi napoleùniei. — 0. I'oleisteo, 
ia Napoieonide, poomu. — Lullres à S. von BuoI (I75S-)80I). — 
Uitiii, Lettres mr la campagne de Rufsie. — CiuuviGnr, Projet 
d'amoisinat de Napoléon [ISU). — P.-J. PnouDuoiv, I^llre sur 
Napoléon (IS5«). — Po^s db l'Héiuclt, l'He d'Elbe ptndani ta 
Itérolution et CEmpire, publié par L.-G. WiiasiER. — Major Cni- 
UEno DE Mexpozi, Mémoires 1(803-1 NOil), publiés pnr MM. Ôhkiu et 
R. I'bt«e. — Ouelfiues sonnets révolutionnaires de la lîn du siècle 
dernier. — M. SuuiFiRRCLi a en outre publié deux documents arabes 
communiqués par M, Lumbroso. Ce sont deux manifestes musul- 
mans, l'un conlro les Trani^ais et l'autre coitlru les Busses, (abriqués, 
le premier, par l'ambassade anglaise de Couslanlinopte on 1795, 
l'autre, en 1807, a l'instigation de Sébasliani, alors ambassadeur de 
France auprès de la Porte. 

l^s Mémoires du baron d'Hausses (G. l'évy), publiés et 1res sol- 
gneu»emen( annotés par Ml. m CtiK-ouRT et ut: Poih.iigiik, qui les 
ont fait précéder d'une importante notice biog^aphiqul^, sont avant 
tout une galerie do portraits, portraits peu (lattes et même lé^'érement 
poussés a la caricature, mais dessinés d'un Irait vigoureux et spiri- 
tuel par UD plijrsionomiste très pénétrant. Le roi Louis XVIII 
D'échftppe pas plus à la malice clairvoyante de ce zélé royaliste que 
M. Royer-Collard ou le général La Fayette. Je ne citerai quun 
eiemple de la manière de M. d'Hau^sez : « M. de Marcellus ne man- 
quait pas de moyens réels, mais il leur donnait un vernie de ridicule 
qui nuisait à l'eflel qu'il voulait produire. Humble et désintéressé, il 
aspirait â tout et demandait tout; mais c'était pour la plus grande 
gloire de Dieu. Ces sentiments pieux l'ont conduit à la Ctiambre des 
pairs et ont valu â son fils un avancement rapide dans la diplomatie. • 
Ou trouvera dans ces deux volumes lesefûgles vivantes de tous les 
hûmuics politiques qui ont marqué de 1815 ix 1S30 tracées avec le 
même relief cl ia mène bienveillance. A côté de ces portraits, pour 
lesquels M. d'Uaussez se sentait évidemment un talent tout spécial, 
on trouvera dans se.<< Mémoires des détails intérossanls sur son r6le 
flORime préfet dans les Landes, le (iard, l'Isère et la Gironde, et le 
récit (lélalllé de son rMc pendant le mlnislere Pollgnac et la crise qui 
a emporté la monarchie dus Uourbons. M, d'IIausuz était ua remar- 
quable administrateur; il en a douné la preuve dans ses diverses 



Ïl4 BFLL^n.1 HintIRIOfR. 

profeclures et surtout doiis la priïpantlon ai rnpido et si beureuM de 
l'expédilioa d'AIficr. Il avail inUiiimenl d'esprit el de per3i>icadt« : 
le tableau (tu'il fbit du mîDiatêre IVIi|;tuic, les critl(|uw ■eerbcs qu'il 
adresse à l'iucohérenee de rues, à riniprévoyaDce qui ont camct^iriâa 
toutes SCS dérnarclios, en sont ia preuve. Malit il étail, lui aussi, un 
pauvri) politique ; il s'était formé k la vio publique sous l'I^mpire; il 
était de c»^ iortoniltnbles muiibres de l'ancienne noblesse que, de 
IKOJ à 1814, Nitpolcon I** eut eoin d« placer dins tous les poslN 
administratifs comme pour pri^parer vu vue de la monarchie li^tlme 
un personnel prêt à le trubir. II coitsidénit les lois qui r^s«aient 
la France en 182$ comme un excè» de licence qui n« pouvnil èln 
toléré; Il arait été le premier à conseiller un coup d'Slal à Gbarles Xi 
s'il anlt Ut des objeotlona aui Ordonnances de Juilkl, c'est parée que 
rieu n'avait olé combiné pour les foire triompher. Dm» sa vieillesse, 
il soutient encore i\m le parti libéral e«t seul coupnlile du l.i cbulede 
la monarclitp. Cul aveuglement ell'exeés de sévérité (le tous ses ju^ 
menU sur les Inmines nous mettent en dèflanoe même sur son exac- 
titude à rapporter les Ihila. On le surprend plus d'une fois on flagraol 
délit d'exagônUon ou d'erreur. Biais, s'il e»t un témoin passionné et 
prévenu, il n'en a pus moins laissé dans ses Mcmoirri un document 
iilstorique (rés précieux, el par ce qu'il nous apprend sur les cboMS 
el les hommes qu'il a connus et par la cuuri.i^lou sincère qu'il uou$ 
oRVe lie l'état d'&me d'un des plus capables d th^ plus libres d'oe- 
prit parmi les membre» du parli rojatisle sous ta Kest&uralion. 

HisTOisi; soDKRiri. — M. Félii VaiiK, l'éditeur énidît des Margiw 
rites de ta Marguerite detprincestet el de f Ueptaméron, avait, comme 
tant d'autres, laissé échapper le manuscrit des Dernières poésies de 
Hargur-rilt d'Angouléme, que M. A. Ufiranc nous a récemment lUI 
connaître en majeure partie. Mds il était réservé à SI. Frank, ptr 
une élude plus précise des manuscrits, de nous apporter des lumiéRs 
nouvelles sur le$ dernier» temps de la vie di< la reine de Navarre d 
dn vers inédits quv Ii^^ pn-civlfiitâ ixlitcur» avaient négligés. On lira 
avec un \it intétit sa brochure intitutéo Dernier tvi/Mf» d« la reint 
àé Samrre Hartjuerite d'Anijoulfrne avec sa fSlte, Jttittne d'Atbret. 
aux bains de Cautertlt, I'>i9, etc. {Toulouse, IVivat; Paris, Lecfaeva- 
lierj.M. Prank, qui ajoute h sa brochure unappcndiee à la fois érudll et 
piquant sur l'histoire de Caulerets et de ses bains et qui nous reiiâ«itine 
avecprccision sur les cures qu'y ftiisait Marguerite d'Ango«(6me,élablit 
avec uTlitutlc que la reine deN.ivarre fit as dernière cureÂCaulercts 
en avril-mai I3ttf. Sa ftlle Juanne, mariée un p«u maltp^ »a uiére, 
élalt d'ahord restée à Pau avec son père et son mari , et écrivit <lo là è 
saniércune leitreen versqueM. Frank publie pour la première fois. 



Dsns le courant de mai, sa mère l'appelle auprès d'elle, ol une épitre 
^loroonl inédile Jusqu'ici d'une personne de leur entourage nous 
roDseigno sur un Incitndie qui éclata aux bains de CaiitcreU. Dans 
une épIlrL- de MargueriU; Ju 31 mai IS^IO, que M. Lerr^nc n'a pas 
publiée et que M. ICd. Frémy, dans son travail sur les Poésies iné- 
dileê de Catherine de Itliidlcù, de même que M, P. Paris dans soo 
Catalogue des manuscrits, avaient crue dn la femme d'Henri II, nous 
trouvons une peinture iré* vive de l'amour de la reine pour sa fille 
et dti Jeamie pour Antoine de Bourbon. Sept autres épiires, que 
M, Lorranc a publïiïcs, mais a crues de 1548, quatre de Uargueril« et 
trois de Jeanne, sont, écrites après tu séparation des deux princesses, 
on juin ; elles maniTestent la douleur qu'éprouTail Marguerite de celle 
sépuralion, douleur à Uqueik- Jeanne répondait bien un peu; maie sa 
douleur était dominée par lîon amour pour son mari. A cause de lui, 
elle ne devait pas revoir sa mère. M. V. Frank Tait, au sujet du 
œs. t)K3 du Tonds Tran^-ais de la Ribliotliéque nationale, auquel tous 
ces morceaux sont empruntée, des observations asseît piquantes. 
M. Ivil. Frcmy avait publié sept de ces dix pièces en les attriliuant à 
Catherine d» Médicis et à sa tllIe Ëli^iletli ; M. de llulile, qui a fiiit 
une charmante publication des Mémoires cL poésies do Juanne d'AI- 
bret, n'a pas fttil llgurer dans son recueil les pièces du m?. 883 ni 
celles du ms. 2^298 qui émanent de celle princesse. M, Abcl Lcfranc, 
qui a consulté le ms. 883, ol qui lui a emprunté les sept pièces publiées 
par M. frèray en le» attribuant k leurs véritable» auteurs, lésa crues 
inédites et a de plus ni.'.g1igé de prendre dans le ménii; manugcril les 
<l«ux épitrcs de Marj^ucrite al du Ji;uiine que M. Frank publie pour la 
première fois. Entln, M. Itaguenauli de Pucbesse, qui avait démon- 
tré en 1883 l'absurdilé de l'aUribution à Catherine de Médicis et à 
Elisabeth, n'a point paru se douter, dans l'article publié par lui sur 
le volume de M. Lcfranc, qu'on j retrouvait à leur vraie place les 
pièces de vers pour lesquelles il avait si justement bataillé. — Cette 
série d'erreurs et d'omissions commises par des hommes aussi cons' 
ciencieux cl aus-sr éruditsque M. Krank, M. Frémj, M. Lefranc ol 
M. de Pucbesse, peut nous enseignera tous, éditeurs et critiques, 
rbumililé et l'indulgence. 

M. G. F*GiiH vient d'écrire, sur VÊconomie sociale de la France 
sous Umri IV |llacbelte), un livre qui est un modèle d'Iiisloire éco- 
nomique. Il est impossible de traiter de matières plus ardues avec 
plus de clarté, et j'ajouterai plus d'aRrêment. l/onlrc lumineux 
dans lequel il a classé les innombrable^ faits de détail sur le.tquels 
repose son Irarail, l'habileté avnc laquelle il a su montrer toujours 
le rapport de ces bits économiques avec l'histoire générale, avec Icâ 



34(1 BVLLBTni BmoRion. 

mœurs et avec les liommes, la prtôsion «ttgante du style ([ui dunae 
un lour littéraire à une eiposilton souvent ininutlcuMfDent («clinique. 
toutes CM qualités Hom d'un historien et d'un iterivsln Traimeol 
maître de son art. Cortea, l'ouvrage do M. Patiniez sur le P. Joseph 
élait une œuvre d'un rare mérite, mais dont la solidité un peu mas* 
sive arail plus de force encore que de charme. « était plus persia- 
sive ((u'cntralnante. Au contraire, en parlant de l'agriculture, de 
l'induslrifl et du commerce intérieur cl extérieur de la Franc« sous 
Henri IV, M. Fagniei: a su si bien distribuer la lumière sur toutes 
les parties de son sujet qu'il leur a donné )e reltef et la vie, et qu'il a 
ajouté des traits essentiels et définitifs à la flf^uro de Henri IV cl & 
l'image do son régne. Poirson, danî son ouvrage trop vanté sur 
Hejiri IV, méritoire néanmoins pour le temps oà il Ait écrit, avait 
bien indiqué les grandes lignes du sujet traité par M. Kagnlu ; tou< 
tefols, œ qu'il en avait dit était, non seulement très incomplet, mais 
â la fois exagéré, vague et inexact. M. Fagnicz nous donne un tahlean 
ndèlc et vivant de la condition des paysans, des artisans et des com- 
merçants, de leurs liabEiudes et de leurs aptitudes ; de h misère et 
du désordre où les guerres avaient réduit la Kraoce; du relévRmenl 
durable du paysù la fois par l'inilialivo personnelle de Henri IV, pir 
l'action de ses cuUabontcurs , et par l'énergie de son peuple. Le 
grand mérite de M. Fagnicx est d'avoir su ne rien outrer, dw tout 
mettre exactemenl au point, et, sans hausser la voix, d'arriver dans 
sa conclusion à rendre au roi, à Sully et la B. dalISaïas un hommage 
d'autant plus émouvant que la riiolorEque n'y a aucune part, que 
tout y est vrai, flnement exact et solidument prouvé. I!n apiculture, 
si Henri IV a encouragé les méthodes perfectionnées préconisées par 
0. de Serres, el a, d'oecord avec Sully, montré aux cuIUvateurs une 
sollicitude paternelle, il a surtout servi le pajs par la sécurité qu'il 
lui a rendue. Il a facilité le commerce des grains, mais n'a pu lui 
donner la liberté dont il admettait pourtant le principe. Les pr^ugés 
et l'indolence de se« sujets l'ont empêché de réaliser ses projeta 
pour le desséchejnent des marais, En industrie, l'cDUvre de Henri IV 
nous appnralt plus variée ot moins efllcace à U fois qu'on ne l'a dlL 
Les mesures prises par lui ont souvent été inspirées par de purs 
inlérélâ fiscaux el oui été plus nuisibles qu'utiles : on peut y ran^ 
les créations d'ofllces du conlKilcur», l'augmenlation du nombre des 
maltrines.rcitension du régime desjurandes. Les elToiis de Henri IV 
pour développer la sériciculture, sur lesquels M. Pagniez fournit la 
détails 1<» plus complets, n'ont pas eu tout le succès que l'on pou- 
vait espérer-, môme la verrerie n'a pas l^it sous son règne lc« pro- 
grès qu'on attribue d'ordinaire à sou intcrventioii. Mais Henri IV, 



rUHCR. 



»47 



avait nûuinioins préparc, par la proleclion accordée à Glande Dan- 
fpa, l'irivcDlGur du mélicr h la lire, le relf!vemoiit des soieries lyon- 
RAises, el, par sa Rollicilmie pour toutes les brandies de l'iiiduslriet 
par Iâ4 subvenlioits, Ifâ jirimijs ot Ica mouopolas qu'il accordait 
libérale menU 11 avait donné une impulsion toute nouvelle à l'indus- 
trie des tapisïQries. à celle des toiles, des bas de soie et de laine. 
11 avait compris l'iaiporLanee des ouvrier» d'art, el ceux qu'il avait 
installés au l^uvre Jouissaient de privil^^eg qui exerraîent une 
influence sur la France entière. RnOn la crêalioii tle ta Commission 
de commerce témoignait do la volonté de donner à l'itidustrie et au 
commerce dos encouragements permanents et une direction éclairée. 
C'est pour le commerce, qui avait été presque arrêté par le désordre 
des règnes préct'denls el par la timidité même de l'esprit national, 
que l'inlervnntion de Henri IV fut le plus profitable. Il eut beaucoup 
À lutter pour protéger le commerce extérieur contre ta rivalité sou- 
vent déloyale des Anglais ou des Hollandais, mais il réussit pour- 
tant à relever un pra notre marine marchande, à donner un clan ii 
nos entreprises coloniales au Canada, â conserver â la France et t 
Marneille leur prépondérance dans le Levant. A l'intérieur, l'œuvre 
accomplie par l'administration des ponts el chaussées pour l'amélio- 
ration des voies (luvialcs et le rétablissement des communications 
lerrcslres est immcnsB. Il Taul clierchur dans lu livre do M. Fagniez 
les détails si intéressants sur les formes de l'activité commerciale à 
celte épwjue et surtout ce que lit Henri IV pour rendre conllancc aux 
oommerçants, pour réprimer les abu», pour améliorer la législation 
«t la Juridiction commerciales. M. Fagniez n*oul)lie pas les ombre» 
du tableau; il montre que le gouvernement de Henri IV, s'il réus^t 
à diminuer les tailles, accrut considérabicmcnl d'autre» charges pour 
le pajs, qu'eu 1603 cl )«0J Sully lui-même avoue qu'on se plaint, 
et avec raison, et qu'on soulTre. Mais il montre aussi que Henri IV 
employait les ressources qu'il demandait au pays, non seulement â 
lui assurer une bonne armée ut un trésor de t'uerre, mais aussi à 
réparer tes maux causés par les guerres civiles et à Tourolr à la 
France tous les Jostruments de sa prospérité future. Un rapide et 
bnllant|)ortralldeHeorilV, où tous les mots portent, résume admi- 
nblenienl tout ce que U. Fagniez a dit de son teuvre, en puisant 
tous ses renseignements aux sources mêmes el en les éclairant par 
une critique pénétrante et par une vive latAllIgence de l'époque tout 
entière*. 



I. Il faut lire Uiul c» porlrdl, ■inij (|ae ceux de L^fliniH et d« SuHy. 
H. PagnlM cil* lin Sut); nn Inle bien r.urieui et ûi^nt à'tln Ugailt uu »ii)et 



348 ICLlBri» BUTOUQn. 

On BOit ftTOC quel amour H. Ch. Bt^uo »'est eonucré à éclairer 
des polats peu wonus do l'histoire <!« sa provlnoe, Is Norm&iidie, et 
•Q particulier A recueillir tous le» «uuvcnir; qui permettent de se 
nmdro compte du rViIi* uinaidérable joué par sa ville natale, Hoo* 
fleur, dans notre histoire tnnritim« et colonlnlt^. Notre vieille France 
avait ainsi tant de oeulres vivaees d'activité et de hardie [nitUliie! 
La Noraiandle en particulier a si longtemps rivuli^^ par son tnergie et 
son eH|kfit dVntraprw nvec l'AnKteterre ! Nos lecteurs n'ont pas oublié 
Im travaux de 3J. Itrcaril sur les archives do Honllcur, sur lliisloire 
du eommeroe de Hontleur, sur le capitaine Goooeville, le corsaire Jean 
Doublet, te capitaine de vaisseau Slméon, sur la marine nnrmaiMl^^fl 
et ses armement--», sur le clos des galées de Rouen. Il vient d'ioan^l 
guror la série des |niMication» do la Société narman'is d'Hhnoyra- 
phif ft il'arl pnpuiMff p.tr un volume imprima avec IdHiijiimdI ds 
gutU sur If yifttx llMptur fi if* marini (Rouen, împr. Cogaïard, 
IROT]. Celle s^le de biographies, classées par ordre alpbabéliqw. 
est un prllt tmor d'aetions et de récits béroMpies, puisés aux «ooites 
inèaws [vir un homme qnl connait dans tous leurs détails dos ardihna 
de la marine. U avait, en issfi. pul>lié une nwnognphie rgui v-\ un 
modHe de gNtrv sur MottlùuaiLx «t I* rhdlfam de RnUrt Ir Dtahlt 
(Ihld , tmpr. Cagniard), suivi d'une notice sur le fief de La Vadierte 
•00* MotdilNNn, d'apn^ tes .irrhives de I%rts el de Rooeo et les 
IMpiers al titra» da h tamille l>»âerai- 1^ cbàleau de MooIIimuu. dit 
i tort de RotMtt to Diahle. Ait ceostrait à b On do iii* siècle et 
dMruit prolahlooiMt M Ul». TI a joui, peadul It nu* et la 
in* »ieck, un HA» asai Important ponr que le Ueu où U a'flevaJt 
nMUt d^valr un bistorita. H ao a trm*è an exeellaBl. 

It» la nMiHrini MatblMe m )Uau « eu lldée Irta iasKueose 
d'fcrin MM Utfafc* 4» M** lie SêT%nè et de mu laoïpt, eo youiant 
par périeda leua ka nsMl^MaMM» feunis par ta fettres de l'ai- 
noMe naarqutec Ln deox tbI— a faVOi a lottata -. Im àmumim 
dr ir*- de >*i<*^«f i&rf soat m» tatv» Irti allaihonlo tk Awl 
■U rttfcaaw d» liftiaKliiii » rWaWra, la aoeWé 




PUlfCK. 



84» 



Noire collaiwrateur M. Funck-Brcnlano, dan& son article sur la 
Masque de fer, a eu occasion do signaler l'importanoe du volume de 
U. F*. UoEtBNON sur /d Bastille jparu en 1H53; fait partie de l'His- 
Uiire générale de Paris, publiée par la Ville de Paris) ; mais ta Rei'ue 
n'ajant reçu le volume qu'il y a pou de semaines, cllo vient un i>eu 

^tard le sij^nnler dans son liulleLin. Mais il u'esi, jamais trop tard pour 
eparlur d'un bon ouvraijo, et celui de M. Bounion Tait le plus grand 
bonncur à la collection ou il a pris place. Une première partie con- 
tient l'histoire et la descripLion très précise des bâtiments de la Bas- 
tille, dcpuiâ sa Tundation, m 1370, par Hugues Anbriol, jusqu'à sa 
àernière réparation, en I7NH. I.a deuxième partie e^l couiacrée A 
l'administration de la Torteresse, claââée parmi l«$ gouvcnicniuuts et 
non parmi les priions, et dont le budget annuel était, au xvit< aiëcle, 
eIg 120 à 1(0,000 livres, et s'ét^t élevé, ert (707, jusqu'à 255,141 I. 
M. Bournon a pu dresser, non sans quelques lacune-s, la liste des 
gouverneurs, des intendant» du roi et des majors de la Bastille. Sur 
le régime de la Bastille, nos lecteurs se rappullcul les iuIéressanU 
articles publiés ici même par M. FuncIt-BrenLano en 1890. M. liour- 
non confirme sur la plupart des points les conclusions de son devan- 
cier, mais il ei>t pourLint moins optimiâle en ce qui concerne la dou- 
ceur du régime et surtout les soins dont les prisunniurs malades 
étaient l'objet. Il nous renseigne avec précision sur toutes les catégo- 
ries très diverses de prisonniers que re^ut la Bastille et en particu- 
lier sur les prisonniers de marque. Le quatrième livre est consacré 
aux ivénemcuts historiques dont la Bastille fut le Ibûàtre, aux sièges 
qu'elle a subis, aux complota formés contre elle, enlin à sa chute 
«n I7S!>. Il a publie des documents qui prouvent qu'à ce moment, 
dans les régions administratives elles-mêmes, on projetait sa sup- 
pression, et que, d'autre part, l'atUique dirigée contre elle le 1 4 juil- 
let avait à l'origine pour objet, non de s'en emparer pour délivrer 

l^des prisonniers auxquels personne ne songeait, mais do se Taire 
ir des armes pour équiper te peuple de Paris. Soit dans le récit 
de la prise de la Banlille, soit dans les documents qu'il donne en 
appendice, M. Bournon s'est elTorcé de compléter ou de rectilier sur 
plusieurs points l'examen critique de la journée du M juillet que 
M. Flammermout a mis en l6tc des mémoires de Pitra, publiés par 
lui en t8!)'2. 

M. Edme Champio.'^, à qui nous devons une Philosophie de l'kii- 
totre de France un peu {taradoxale, mais pleine de vues Ingénieuses, 
un livre our l'Esprit de la llémlation, qui e«t un habile et savant 
plaidojFCT en faveur des intentions des révoluliounairvs, que lus cir- 
constances auraient f^ls violents malgré eux, et un petit volume sur 



nuitcB, 



ssi 



tout ec qui esl relalirâ l'organisalion cl au foactionoemenl des atu- 
liers [lc charit«} sont, d'un intérèl plus général. On paul rogreltcr 
que ce voluino n'ail pas clé allégé par quolriuefl suppressions bien 
faites, qui a'auniionl rien enlevé h sa valeur réelk. Il est 1res liOn 
d'imprimer des docunionU inédïls d'histoire locale. Riais il imporie 
de plu» en plus de le rain* ;ivcc choix ot discrélioa. 

Le volume dans lequel M. GoKRt acliéve l'Histoire financière de 
t'Astemblée commuante sera consulté avec fruit ' . Il Taul louer l'au- 
ttiur de s'être apjiliqué à rattacher inUmemcnl t'hisloirc Giiancicre 
à l'histoire );énér.aie et d'avoir montré quelle influence la lutte des 
partis exerça sur l'œuvre financière de l'Assemblée. Il est RLcheux 
que M. Gomd se soit Hé parfois u des livres de seconde main sans 
valeur et trop souvent aux correspondances cl aux mémoires parli- 
eullera. I^cs documanU ofllciols el les pièces d'archives qu'il a néfjli- 
gis il peu prC9 complètement lui auraienl permis de conlrOler friW 
qucmment l'elTel des mesures de l'Assemblée et auraient donné plus 
de poids a son jugement'. 

M. AcuBu apporte (juelques documents précieux pour établir 
l'histoire d'une dt^.'; périadf^ les moins bien connues de la Révolu- 
tion française*. Il pulilie trois rapports de Pouché, ministre de la 
police, sur la situation de la Bépubltque en l'an Vlll, nipporls qui 
résument ceux ijue lui adri^ssaiitnL ^es a^'unl^. Il a ensuite fondu 
en un seul lalili^u uiu; série de pièces rédijjées au début de l'an IX, 
clans les bureaux du minisire do l'intérieur, sur l'esprit public, sur 
divers fonclionnaires, sur les émigrés, etc. Tou^ ces documenls sont 
importants. 

Le général Soultam est une des ligures .'>econdaire3 des guerres 
de l'Empire el de la Révolution. Brave soldat et pauvre caractère, 



l. Ch.vlM CMinel, natoirt /tniinciirv de tAnembUt eontUttMnU, I. Il : 1790- 
1791 . PnrU, Guittaumia, Wil. in-S- de im |i. 

'L Se tais, A |irD)K>!i du lulumv de U. UudicI, uue teinir<iu« ijui pcul ('«iiiil)* 
qnor 11 Id plupoil Ati \ifm d'Iiiituire. )£He etl relaUfe 1 !■ inunl^rD iloiit uo» 
écrifaioà Ugllenl la |iarticuit> de l'rMxtant un auin fxoyn iIr Uiiilllr. H tintanl 
_4crU Oualt* (p. 168) arec raiv>n : nmii prciu|u« na mArnc eodroll II ^ril \ turi 
KMÎlln el d» Gciuj d'Anj !p. 169). P. 171, \f tntmr. iiulltl'lu nt ii|<|>HA 
sÎTeinenl de Cu«»j el Cum) . On itemble oublier qu'il eililc iiu umkb 
qui, Je croU, n'i jamai* tiè abroge. L« Lire ou U Eonaula « Uoiiueur de t 
n'ébat |iu eiDplo;^. on *u|>priue la particule, Mof iJ la non propre eil mono- 
ii]ill4bii|uB. ou coinraenu i>u une vojcJk on nu h mael. On Aerll dnnr d llulni, 
, Caulia el Nuii)ll«8, vl Gou; d'Knf. 

3, Sod«l« ie l'hislulre (U )• RiT«4alion trançalw. LÛtat de ta tfait» *n 
' Tan Vlll et tn tan IX. atrt une tùte de* préfêU et det unu-pUfitt au 
momwU dit Coiutiial. DocumcaU |iabli«i p«r F. -A, AaWd. Parla, au Ut«e do 
U Sooièl*, tj9T, in-S- d« ir-MO p. 



S52 iin.LiTiii iimoiiQn. 

tci iiotu le coonaissiona .luparannt ; tel 11 rcete après le livR de 
M. FiCB*. Son biographe a'a pas essayé de Tiftealiâer, et il a bkn 
bil. Il a roeumé, on y ajoutanl qucl(|iics pitces inédites, ce qut 
divers historien» avaient dôji dit di; son lii^-ru!). Son livre coosUtni 
un vtat de services largement sutnsant de Soutiain-, on (kuI ragretlcr 
qu'il ne l'ait pas consacré i ua personnage plu» intérassiat. 

Je signale le deuxième volume de la relation d'O'Heara sur la cap- 
tivité de Napoléon à Sainte-Hélène*. Rien à dire de l'édilloo, tinl 
est sans valeur. Qtianl au récit d'O'Meara, gn connaît assez tout son 
intérêt. Rcmartiuoiis (|uc lus rapports K'cemmeQt publiée du eom* 
missairc ruseu à Sainlt-liL-kniu sont très ravorablcs au docteur Irtao- 
daia et corrobortuit do la m&uiuru k plus écrasante ses loiputatkiu 
contre sir Hudson Lowe. 

La ResiauratioR el la Monarchie de Juillet eoiiUnuent à passioa- 
ner assez peu nos tii«turiens. Kappclons (|uo lo cin<|uièn)e Tolunu 
des mémoires de la couitc^e Disu, auquel on a donné comme sous» 
titre, on no sait pourquoi, Souvenirs OMeedottifiiei tvr U itamd 
Empire^ , nous parle des tiuunnuetdesclioeeedes dernières années 
de la Monarchie de Juillet. Il olKrs le même genre d'intérit i|ue \xa 
précédents. 

Ceux (lu général Fleur; ' pourront être de quelque uUliUi aux bis- 
loriens. Ituiiié par aes Tulies de Jeunesse, Fleur> c]>crcba un booune 
capaMo de Tairu Ha fortune; lu duc d'Aumale ayant eu la « ^ihlesse * 
de préférer l'inlérét de la France à celui de sa dynastie, il so Jeta 
dans les bras do Louis Napoléon et suivit sa fortune avM un dévoue- 
ment qui rut sans doule amplement récompensé, mais qui ne se 
démenti pas dans l'adversité. Les mémoires de Fleur}', écrits pour 
ses enfants, ont aussi pour but de réruter les erreurs des « histo- 
riens ■ (lisftz les écrivains boitapartietes) et des v pamphlétaires > 
[ce sont tous liM autres). Lamoriclére y est oeeusé d'avoir « donné 
1b signal de ta rébellion ■ eu donnant sa démission après le meseagn 
présidentiel du 10 ducembre; chuk qui résistèrent <iu coup d'Êtâl 
furent des ■ maniaques; ■ en particulier Trocbu^ Glaiâ-Blzoin et 

I. tUaé FaH«, le O^ntral Sov/tant, 1760' tS37. Parii, l'Iuin), IS97, in-^* a« 
vd-SOt p. 

1. Complément ilu mémorial de Sainte-ttélint. XapoU»» t» nU..., pat la 
doclciit B-irr; E. O'Uenra : inlroiluction el noU* da DMi* Lacreii. T. 11. 
P»rii, Giniier, in-18 de 50î p. 

3. Hf'moirci des autres, par U MtnlnMt Da»fa. Sovttnirt tmeedoOfUtt t¥r 
le tecond Empirt. Vnit, Librairie Itlattr^c, lo-IS de 351 ji. 

I. Saaveniri du 9t^ju(ral eoiaU fttury. T. t : 1S37-16S9, Vttit, Ptcui •( tttnf 
ril, ISQT, la-8- d« riTi.433 |i. 



rmiïffi. 



3S3 



• 



Jule» Kavro aonl du < misérables révolutioDiiaires; ■ le premier est, 
en plus, un Irallie, un incapable, un bavard kI un vanil«ux. Fleury 
n'a pas de termes assuz erilliousia.'*le.s pour célébrer l'empereur et l'iin- 
pt^raLricc (voir, par exemple, p. 301). Ce» mémoires, sans imparlia- 
lilt!, géiiêralomciil mal écriU, et cmpreinl^ d'une préoccupation aga- 
çanledc mettre la personne de l'auteur eu reb'cr, conticnuuiil. beaucoup 
de détail!) curieux et inconnue »ur la cour impériale, dont 1^'leury (ul le 
ID^oniome, et priocipalemcnt âur cette ngure ai singulière de l'em- 
pereur. Le temps n'est plus où, pour décrire Napoléon III, il suffi- 
sait de le qualifier de monstre. Les mémoires de Fleur; coUticnnenL 
de nombreuse.^ preuves de cette indécision bonasse et bumanilairc 
qui fut un dejs trail* dominants do son caractère; il l'ut la proie — 
sans parler des femmes — de quelque» bumnies avides, ambitioux 
et sans scrupule gui firent la piuâ grande part de la grandeur et eau- 
sèrent la majeure parlie de ses rnnleg. Dans lus pelilcs choses 
comme dans les grandes, il se laissa mener souvenL < comme un 
niiiri dans son ménage » (p. 3i3\, ut il fut peut-être encore moins 
rcsponsabli- de son avénuraenL ^le coup d'État fut imaginé, dllTéi-ù et 
réglé par son entourage) ([ue de sa cbut*;. 

G'eal également la personne de l'empereur qui tient la première 
place dans le volume de souvenirs de M. Emile ÛLLiviKn'. Sans être 
exempt d'erreurs, il relève quelques-unes de celles ([ue renferment 
les mémoires de Kleury, et je me tiàte de dire que sa valeur est 
tout autre. Nous n^avons pas ici à juger le r6le de M. É. Ollivier, 
qui est nul dans l'époque qu'd nous décrit. Son livre est celui d'un 
dialecticien distingué eX d'un écrivain de baul mérite, tlien qu'il soït 
plus une œuvre de polémiijue que d'bistoire, et que bien des juge- 
ments ou des théories en soient au moins disculablea, des bistoriens 
auront a en tenir grand compti.-. Pour ne p.'irli.-r que des cbapitrea 
consacrés au coup d'Étal, il est certain que la malice mordant» et 
ironique de M. Ullivier lui a bit souligner certouis traits qui, pour 
n'être pas pour plaire aux é^Tivains républiciùns, doivent être rap- 
pelés par l'bistoire impartiale. 

On lira également aveu intérêt le volume que M. Trodtekrl vient 
d'écriru sur la question d'Orient de 1830 à I8Ï9, d'après les papiers 
de son père, alors ambassadeur de Krancc à l^oostanlinuple. Nous y 
suivons, presque Jour par jour, les intrigues des diversos puissances 
européennes auprès de la Porte au sujet do la question de l'organi- 
sation des principautés de Moldavie et de Valachle, où la France 



1. Émllo OUIvl«r, FBmplrt llMral. ÉtaïUs. réciu, louvenirt. louU-ftapolàM 
M U coup iTÉIat. Pari*, Curnier, 1 vol In-IS de iH p. 

Kbv. Ui.wii. LX.V. 2' r*wi. M 



3.14 irunii BisTOftiQDi. 

joua alor» un r'At fort houorabte. Od trouvera dans le line de 
M. Hii'uvtrtiei'. ea aùme lemps que le récil des bîls, un lableaa 
ïrv» viviiit ^!« [il oour a <Iu ï.'ouvernement deâ sultans. Ce tableau 
n^!.' îj.'w v<.-i;uili' ,ii-!iuliU'. La nueslioii d'Orient se transfortne 
"^1.1^ ct'-^'. :rJ'5 i"» 'loiiveaux auteurs çardeul la ■ tradition ■ de 
k'urv l'r-'iii.i.rss.urs, Sav.-EL IVu ne sait plus s'il s'agit du trailê de 
j.'.Kv ji'v ivi ùreiv 't if ; iir^nisiition de la Crète en *897 ou ïTai- 
lUi'ii. :■,' d'il'.' -i<'S ;'r:Lci(Mii'.es eu IS5ti, U y a des rétlçiloos de 
H. r'.v i;v.;ui-i .;u. v-n ■ iir iaieies d'aujourd'hui, et d'autres cuit des 
-L.un's ,w ; rOïHi'ii-'s ' Vjoua'us que ki lecture de ce volume est 
Ct'. i.;!rd^'io. .;"irt a i.i ;.ii4xe alerte et précise de celui qui rédigea 
..t r-iiirVi''. ^"S i<o.t 'Jeit^ jui y :iinirent. et a celles que maniérenl 
^î^^■l■;u.•:--^os :e **■> .\r!-'Si.omiaiiLs. 

.'fi.', i- '1. fi..'0>-uii)tcr ie M. ÀUDuel Ds^is' se recoomunde 
LM- :.i-:rï ; :.: >•>. U' pp.'u;;'ir volume, qui vieot de paraître, 
uvr* a .■:■.:■ ;i' '.■Lii/ire a. .es ieouLs du Gouvemeineot de b 
LV:i;i;?i' 7a.. ■. .»...■ i_ ,i-.eur u' jT.'diii: pas ie dixumeais aouveaui. 
l ji- ~'Vt"? »-i>.i;..tr> 1 Je* .'uvru'.-s ie seeoade maia. d'auleurs 
j>'ivri.^' ■.'>'!.' ■ ;■. :;:< iS-> ;'. van.: i\i •xarLii de Li U:teniare ifa 
> ■: -„ il- ■ oi.'!" .■!:i,'i: !ii. "J.ie aieiiii.'tie oiaire ei précise e; 

..:l" .: : 1 .:-: :.: :iT- r :' '■f.'or-a.iLe. Ou seuL un Jesir UjOl i îii: 
!i >. ■ .i-K^ ;c t,'!.!.:- r .a ■— i.l' j'iivsiouoinie le v-ôoeun des v^eci; 
■;: ■-.■■.■ ■■■ : ^v-;er >* — s.'oi:siJJl!:^s. ^uL-étre j !;c- 

i : ■. > " . -^ >.- , -iJ.-L i :eu.-.'r e azs z'.y.:- 

■■ : ■■■: ■ ■■' : V •■ - .■a_"es ;.. . i :'jcsif:rer< lii.'H 

"■.■-. ' ■'■-.■ ;. ~ . i--~rie i:Ai.ec^s. 

■: . . .. -^ ..■ ■- ;. :■ o:- :^.. c Trii- 

■. •-* .. -■..■-; ....ir- n--- tt ; c*- 



V. ■■ ■ .— ■ 



ruines. 



SS5 



daocoe échaiigi^os «ntre MM. Thiare, de Saint- Valtloir et de Mfinteuf- 
f<Bl'. Ces ducumciiu, forl imporlants par etix-mômes, suraiciil ^gaé 
à 6tre émoDdés an peu et encadrés dans un récit plus complet, où 
les actes de M. Thier» et de M. de MantcufTi;! auraient été exposés 
d'une manière plus objective et en laissant au lecteur le soin d<.' icur 
accorder les êIo^i.>s qu'ils méritent. Sau!: doute, le premier Tut un 
eieellcnt patriote cl le deuxième un ennemi fort courtois. Mais an 
ne saurait subir sans un senliraenL pénible ravalanche de compliments 
dont M. Thierà et ses amis accablaient le général prussien, ijuaud 
bien même celui-ci n'était pas en reste de protestation, d'admiration 
el de sympatble. M. Doniul aurait ajouté encore à la valeur histo- 
rique de son volume en évitant toute apparence de panégyrique el 
en évitant de forcer notre admiration et noire reconnaissance. 

L'bistoire d'Angleterre a suscité plusieurs travaux forl intéres- 
sante à d«5 titres divers. Il Faut citer en premier celui de M. Deho- 
LiiTs*, qui a eu un grand succès de presse. 11 lu mérite par beaucoup 
(lu qualilèi. Il est plein d'obsen'ations ingénieuses, de comparaisons 
int4^lligcates, de réllexlon.'» piquantes ou pénélranles. Il esl eiempt 
de tout chauvinisme, signale biviucoitp de nos déihuts, el lAclie d'ex- 
pliquer pounjuoj quelques-uns manquent à nos voisins. C'est un 
bon livre de piidagogic nationale, dont l'influence peut être excel- 
lente. Comme œuvre acicnliflque, sa valeur est moindre. M. Dereo- 
Uns esl le chef d'une école qui regarde comme de^ dogmes des pro- 
positions au moins contestables cl qui prétend les vériDer par 
l'histoire. Aussi ne faut-Il pas s'étonner si celle-ci est parfois siii- 

Cguliëremcnl interprétée. M. Demolins dlsllngue les société» a forma- 
Uon particularisle <lypc anglo-saxon) ut les sociétés à formation 
communautaire (Ijpe celle]- Les premières sont, pour lui, essen- 
tiellement perfectibles et leur nom même devient synonyme de per- 
fection morale et sociale', l^i autres sont les mauvaises. M. Ue- 
lliolin.4 trouve la preuve de ce» ariïrmalions dans l'étude de la société 
anglaise. Aussi peut-on nlaDcrdaiis son volume nombre d'affirma- 
tions qui élonneiil et d'arguments précipllè.'i. Les jiiigoes les plus 
ardenU n'oseraient traiter avec le dédain de M. Demolins les formi- 

1. Henri Donloi, M. Ttiiert, le co'iUt d« SatHt-Velller, U gifnéral de Mai- 
Isifel. La Itbilraiion 4it territoire. 11(71-11173. Docntn«nU intdlls. Pari», Arnaoït 
Colla, lâST, in-IS du itMSl )>. 

%. EUmond Demutia», À quoi Ueiil la laptriorM du Anglo-Saxontf Pirii, 
Oldot, Id-12 de iv-iU p. 

S. Je n'cMHère pu : d'aprte H. Ooroollns, uns ptrlle d*?* ourrjiT* d« lA 
iOM Inférieure de tendre* n'ipparUonoAnl pu t !■ formaUDii pirticuldrliu^ 
A s caono do loufi viceit i>enoiinel« ■ Ip. 292). Il eil curicax de voir l« vice cl 
la T«rlu «ri|{to en crllerium social. 



3S9 lOLLRTiii msTomon. 

(Ubies progrès indiislrieU cl commcrciuux de rAII«magDe moderne. 
— On croit rkvee quand on lit (p. 173t que l'arUlocraUc aaglïiae 
ocUidle est une iiaportalitm de Tiuillaume le Conquéraol, Mrao^^ 
nu Ijpe (ingto4axon. Son organKsitlion dale du uiii* stèelc, et die 
esl c«sontieI]i>me.iil un produit indigène. ~- Ailleurs (p. 480) : « Lt 
genllt'diaii nsl lu forme saxouix.^ [Uge parliculari»te) ils la daaH 
siijM>rIeure, romino lu miltle, le tord, eo est la runne Dornult {ttft 
cumniunautairoj. ■ M. De«)olina semble en élrc resté à Angiutlo 
Thiwry. — Le prirLirulirisle iuiglo-uxon, dil M, Iteroolins, eal p«r- 
ticulUvrcnictil apLe à s'élt^veri comme exemple il vite M. rAevcJaiKl, 
(|ui a étâ garvon épicier puis président des Btala-Uiiis : et le cooinu» 
nautaJre Félix Kaure? — Il j' a an chapitre intitulé : ■ Pourquoi les 
An^o-SaxDDS sont plus rêfractaires au socialisRM que l«9 Allenundt 
et que li'â ï'nin^is. ■ Esi-ll bien sur qu'ils y soient si réftaelAin* 
<|uo cela? N'y a-t-il pas, dans le pays du setf Mp et (Tllerberl Spea* 
ter, quelques vieui levains socialistes et beaucoup Je jeutmt 
M. Demolins ignore-l-il, comme il semble, les tendaDws des tMM- 
Tcaus trado unions? Rt oublie-t-11 qu'en dehors «le l'AagleleiTe et 
do l'Amériquu il existe un autre pays anglo-saxon. l'Australie, w 
(leuril un socialisme igui. pour o'fitro pas cjacleincnt celui des Pfai- 
raons, eommii l'iniinuc (p. 273) AI. Demolin-'^ d'une manière oo poB 
trop générale, n'en mérite que plus d'atleoliofl? Kl cnrit-U sériase- 
ment que l'Allemagne, m^me socialisée, jouerait, ris-è-vis da tk^ 
gleterre, le rôle des Peaux-Rouves en face des Yankees (p. MflP — 
On pourrait multiplier et beaucoup ces point» d'iolerrogatioo. Il i* 
très laeheux que M. DcRMlius. dans sa rolonlé de sysLémattser K 
tlo simplilkr, ail contribué à ^nilgariser autant d*idèes Duhsh. SV 
fi'étail contenté de nous présenter ses ob9efval>on.4 sur les Ao^ib 
au lieu de prétendre nous donner les causes de leur sufKfioaLé, aai 
livre serait une réunion d'articles loitl A fait intérnsauts. Sa» 
doute, tuH défauts oui contribué pour une boone port à son sueelE 
m lai donnant plus tie clarté cl de foree ; il fiuil les regretler et he 
signaler d'autant plus Tivemuit que ce sueeês a été pliB grand *t 
que les très réelles qii.\lilé^ do l'ouvrage auraient sufQ pour Xtamat. 
Le Totume de H. Pierre Uboi-Kkiiilixc »ur Ut SomwtOa mtHlé 
amçbftaxomui* et celui de SI. Min.t sur U SociaUimt r» Aa^i»' 
ttm* peuvcfil servir à réfuter nocnbrv des assertiona de M. 
lins. .V. Pierre Leroy-Beaulieu a fait le toor du 




m SmiMtU-Z^landt Àfrtimt aiâttraie. PtiU, Araud OoBa, t«7. i^tS 4i 
vui-lXI p. 
2. A. HHm, U Sceialumt at AnfUltm. Puis, Akn, IJ07. 1»n * St ^ 



biei 

nnii 



t'IUNŒ. 357 

qui sait voir et regarder. Il a doniiû un voliuue d'obeervalions Judi- 
cieuses el précises, Kailes sons aucun parli-pris, laissant di»crctemoiit 
^apparaître les opinions de l'auLeur, borné â des concUisions mudô- 
el aussi objecUves que possilile. Le lecteur le suit avec a^re- 
inent, avec conllance et avec intérêt. Son aversion pour le socia- 
lisme ne l'cnipëcbc pas d'en décriru le Tonctionnement en ,\u3lrali« 
sans déclainatiuit ni pessimisme outré; -îon admiration pour h déve* 

ppement du Cap sous radministralion de M. Cccil Rhodes ne 1« 
le en rien pour Juger et lu ministre et la ^luation doi Anglais 
18 l'Afrique eeiilrale. Il décrit avec un égal intérêt les transfor- 
mations — inllnimunt diverses — du » type anglo-^axon « dans 
l'utiivcfs. Quelques pages importantes sur la question de la " Grea- 
ter-Hritain ■ et sur l'avenir de l'empire coloniut anglais terminent 
ouvrage, qui est un bon livru d'bistoirc ot de géographie écono- 
'isique, au sens le plus lar^o de co terme. 

M. HélJn nous raconte l'histoire du socialisme anglais. Son récit 
est méthodique, net, précis, plein de faits. 11 est parIiBJt«menl au 
courant du son sujet et semble connaître les hommes aussi bien que 
les doctrinos. Tous ces chapitres sont munis de bonnes bibliographies. 
11 n'exîstail aucun ouvi-a^^e analot^ue on l<'ranco; le sien remplît très 
bien uoe lacune importante dans nuire littérature sucialc; il pi^ut 
dre des services aui lecteurs anglais eux-mêmes. Visiblement 

tnpatbiqueau socialisme, M. Mélin n'en a pas exagéré l'imporUnce 
l'aulrc côté de la Manche. On puun-ail peul-étro lui reprocher uu 
peu d« sécheresse. J'avoue que j'aurais aimé qu'il dit un mot des 
doctrines communistes qui, avant notre siècle, se sont souvent mani- 
festées en Angleterre. Ces précédents ont de l'importance dans un 
pajs où la tradition est si respectée. Je suis convaincu ipie bien de» 
soctalistCâ chrétiens aclueU ont leurs précurseurs directs parmi 
quelques-uns des saints de Cromwell; je oe suis pas absolument 
certain que tel avocat socialiste an^'lais ne se souvienne pa« que, 
juridiquement, depuis Uuiltaume le Comiuérant, c'est l'Êlal qui est 
l'unique propriétaire absolu du sol dans le pays oii Vindividualisme 
s'est le plus pleinement épanoui. Ce sont l;t de menus regrets, dont 
je n'ai garde d'exagérer rimpurtaucc. Le livre do M. Môliu est très 
bon et très utile. 

Il a consacré en passant un paragraphe aux idées socialuede Rus- 
kin. M. R. de la Sizeranno a étudié le prophète de la beauté dans 
un volume i-xa'lIcntV Je sais peu de biographies littéraires où l'auteur 
ait apporté autant do solo à s'idcjitilii»' avec son héros et eu ait 

t. ftebcrideU Xxtnna'.ttutklntlIarfUgtoitiilabMvU. Parla, IJaehellc, 
fa<t« de 360 p. 



8S8 BOLLiniT HIBTOlIQnB. 

exposé les doctrines avec autant d'objectivité et à ia fois d'inldli- 
gentee^mpalhie. Buskin n'avait jusqu'ici pas eu de vrai biographe 
en France; il n'est pas probable qu'il en ait de sit6t ud autre que 
H. de la Sizeraone. Ajoutons que son livre est plein de clarté, qua- 
lité qui n'est pas méprisable quand il s'agit de théories îuiasi nébu- 
leuses que sont parfois celtes de Rusliin, que le stj'le en est presque 
toujours très bon, et quelquefois même d'an coloris, d'uoe ■ plasti- 
cité ■ qui rappellent ceux de son modèle. 

Le volume que M. Aholeb a consacré aux origines du sodaliBow 
d'État en Allemagne', s'il est d'une lecture plus ardue, est un in- 
vail de grand mérite. Nous n'avons pas en France d'bistoire da 
sodalisme satisfaisante. M. Andler en a écrit fort bien quelquest cha- 
pitres importants. Il s'est attaché non à analyser succe^ivemeot 
l'ensemble des théories de chaque écrivain socialiste, mais à étudier 
isolément les dermes principaux du socialisme, à montrer commeot 
peu à peu ils se sont formés, précisés et complétés grâce au travail 
d'un certain nombre de penseurs. Dans le volume qu'il vient d« 
publier et qu'un deuxième complétera, il a étudié la coocepUon 
socialiste du droit, de la production et de la répartition de ta richesse. 
Son livre se compose d'analyses pénétrantes, substantielles et géné- 
ralement claires. La méthode observée par l'auteur le rend forcé- 
ment d'une certaine monotonie et difBcile à suivre. Il font une grande 
confiance dans la puissance de la logique pure pour ne pas éprouver 
une certaine lassitude à cette lecture, et il est possible que le volume 
soit plus loué que lu. Mais tous ceux qui seront à même d'en juger 
les qualités réelles reconnaîtront que personne n'en avait écrit d'ana- 
logue et que peu d'hommes étaient en état de l'écrire. M. Andler a 
une connaissance à peu près parfaite de son sujet et il a admirable- 
ment accompli l'utile travail qu'il s'était imposé. 

La Itohême contemporaine nous est fort mal connue, encore qoe 
bien des liens rattachent les Tchèques à la France. Je ne crois pu 
qu'en France personne autre que MM. Léger et Denis s'occupe de 
son histoire ; et ils nous ont donné peu de détails sur sa vie actuelle. 
L'étude que M. Bodblibb vient de lui consacrer doit donc être accueillie 
avec faveur^. Elle est malheureusement un peu décevante. La par- 
tie où il raconte l'histoire politique de la Bohême depuis 1861 est 
assez complète. Mais la deuxième moitié du volume nous décrit fort 
insufllsamment la Bohème d'aujourd'hui. Particulièrement, le cba- 

1. Les Origines du loclalltme d'Étal en Allemagne. Psrii, Atctn, IS97, io-S' 
de 495 p. 

2. Jean Bourlier, les TeKtquei et la Bohême emtenporaine. Ettai d'histoire 
et de politique, taris, Alcan, 1897, io-12 de x-263 p. 






as9 

pilfc consacré h l'euposp ilu moiivemonl inloUecluel en Rotiâme nous 
salisfait Irès mal. M. Bourticr s'est borné à un exposé fort aoc, parrois 
à une simpli! énumératiori de noms, pnrrois JnexacU, qui sonl rangés 
par «rdre de mérite commo dans lea vieux précis de liltémluro. Il 
n'y a, jo crois, ni une analyse dèLiilIéo ni une cïtalion. Mieux aurait 
valu nous donner un catalofiue moins complet de la litléralure 
tchèque et nous l^ire mieux comprendre ce qu'elle esl. 

Doe plume nulorisée a déjà dil dans celte revue le haut mérite de 
\'Uistt>ir« poliliqur dt rBurojir ontmnporairw dv. M. CL. StiGsosus'. 
Je tiens également à la rappul(;r. Nos moillcurs hifitiirions craignent 
et dédaignent â la fois d'écrire des livres d'histoire (;énérale; ils le 
craignent par excès de scrupules historiques; ils le dédaignent, 
ostimant pouvoir faire œuvre plus utile que de coordonner tes ira- 
vaux de leurs prédèccssuurs. Ils ont tort, M. Scisnobos vient de le 
prouver. Son œuvru, en même temps qu'un exceJlenl précis, est uoe 
œuvre synthétique admirable. 

André LicHTK^BEnGca. 

P.-S. M. WcLSuiintiEit, dans une lettre fort courtoise, se plaint que 
dans mon dernier bulielin j'aie taxé de « partialité » et de « bonapar- 
Usnie » l'auteur du />i>'orfe de jVn;)o/(»oji et dnDue d'Enghim. Je lui 
donne bien volontiers acte de celte protestation devant le» lecteurs 
de la Hevue historique. Ils jugeront si ma critique est dénuée de 
fondement à l'égard de certains passages <in Roi de Pome. — .K. L. 

M. (>. DcoDR vient de faire paraître le tome I\ de son t;rand 
oavro^, je dirais plutôt do su grande enquête sur la guerre de 1870: 
Paris. Second éc/iec du BourgH et perte d'Avron^ 9-31 décembre 
(Fasquelle). L'Académie francise, sur la proposition de M. Emile 
Ollivier, lui a décerné le grand prix Berger de 12,000 tr. pour le 
uR-ilk-ur ouvrage sur l'histoire de Paris. M. Duquel a certaliR-menl 
mérité celle récompense exceptionnelle par rénorniité du travail 
auquel il s'est livré, par le soin avec lequel il a minutieusement 
étudié et raconté les opérations mililaim^ et reproduit tous les docu- 
ments qui font revivre l'étal d'Ame des acteurs de ce lugubre drame. 
Dans ce volume nous retrouvons les mêmes qualités que dans les 
précédents. Les récits de la seconde bataille du Bourgel et du bombar- 
dement du plateau d'Avron reproduisent toutes les péripéties de ces 
deux lamcnlabtcs désastres, où l'incapacilê et l'incurie de nos cbe6 
militaires, ainsi que l'héroïsme individuel dos oflicierâ et des soldats, 
SB sont manife.slés avec tant d'éclat; les souffrances du siÈge, les 



r I. Ch. Soignolxin, tiufoire i>oliU<ivt de l'Kvrope conltmpiyratne. Pul*, 
AmuDd Colin, 1*07, in-S* de xii-Slt p. Cf. Rev. AW., LXIV. 373. 



SAd 



iit>i.i.m<i KiNToaiqui. 



folies des clubs, les incohérences des gouvernants nous sont renilius 
sensibles par une abondance et miknu one surabondance de eitaliona 
empruntées aux journaux de l'époque et uni rrâits des témoiRS ooi- 
laires. Si ci? volumn a les mêmes (|ualiics que les [vrécMwits, il a 
aussi ici mûnic» dùfaut». Le récit est noyé dans une masse de docu- 
ments de toute naluri] i-t de valeur trèa inégale; il est coupé par des 
digressions, des apostrophes, des tirades virulentes aur ta poHUiiue 
coiilemiKifikino, »ur la tactique, sur les tnaut du parloiDeotarisme, 
sur la hauli' kin<iuc, cle.. etc. M. Duquot prend lexte dea CuilM el 
des snuise^ cmnniises petidanl lu guerre pour donner libre cours k 
toutes ^3 passions politir|ucs, à toutes «es baines, et elles sont vives 
et variées. M. Emile Ollivier, qui occupe dans l'Académie une plaics 
u part, et qui, lui aussi, a des avcriâon» tenaces el des raocams 
durable», a (\ù so réjouir malieieusctnenl en hisant couronner pv 
slr^ confrères un ouvrage où beaucoup d'entre eux auront, apr^ 
m\i\}, i.^té élonnns de trouver M. Henri Roeherorl exalté, les ban> 
quiers parisiens accusés d'avoir subventionné les chers socialistes, 
M. l'M, Cbarlon traité de (railre, le maréchal Hao-Mahon d'iae, 
M. de Frejicinet de fal el do mauvais génie de Gambetta. Les géné- 
raux Trochu et Uucroi mi>irit«nt assurément le^ sévédtés de rhi&loire 
pour avoir dirigé ta dérens» de Pari» et livré des batailles sans avoir 
voulu In victoire parce qu'ils ne la croyaient pas possible. Mais que 
dire d'insinuations comme colle-ci î • C'est le moment que MM. Tro- 
cliu et Ducrot ebolsirent pour paraître vouloir sortir Avec une 
inconscience rare, tt l'on ne tvut pas croire d une cokjmMc intmUw 
rie prévenir l'ennemi, le soir même, une afliche annonçait iiue. le 
lendemain, toutes les partes de Paris seraient Tormén A midi : ■ «t 
plus loin il accuse le général Trochu d'avoir voulu au Bourget « prou- 
ver qu'une armée flrançaisQ pouvait être mise en écbec par quelques 
compagnies prustienoes [p. K) ; i il le trouve odieux |p. I M ) et kd 
i-efuso les verlus privées aussi bien que les talents militaires. I'aa 
cxagéralioiis passionnées et les pag&t où M. Uutguet soutient que 
U guerre de francs-tireurs el la sortie Lorrenticiic pouvnient sauver 
la Kraucc et Paris seraient do natureàlHiremcltro en doute la silrelé 
critique de ses appréciations sur lesopéralions militaires. De plus com- 
pétents que nous en Jugeront; mais, autant qu'une lecture attentive 
nous a permis de nous former une opinion, c'est pcut-éUV la (larlle 
mililaire cl i>tralégi<|uc do^ rùeiis de M. Duquel qui nous parait la 
plus solide et la plus remarqualile. SeulemenI, id comme partout. Il 
ne lient jamais compte dos circon.ttanccs atténuantes. 

M. Louis Vcmtt est un étudiant en médecine de Montpellier qui, 
enlrainê par les souvenirs des guerres de l'iuclépendanee belléuique, 



raiiGE. 



aei 



est allé, avec quelques comp,îf;iions d'armes, se meltre au service de 
la Grince dans aa iulte contre h Turiinie. 11 nous a raconlé ses cipé- 
rieiiivï dans son Journal d'un mlimtaire [Fonleinoiiig) avec mic 
naivctu enlhuuiiiasle (|ui nous est une garantie de aiiicôrilé. Ce Jour- 
nal mêrilA d'élro lu. C'est un documenl irrécusable et navrant de la 
tégéreté et de l'incurie avec lesquelles le ^ouvemunivnl lielléniigue a 
proroquË une ^erre «lu'il savait ue pouvoir soutenir vi où le simu- 
lacre d'opérations militaires auquel il s'osl livré n'avait d'aulro objet 
que de mettre la dynastie à l'abri d'une révolution et de provoquer 
l'intervention de l'Europe. On y verra comment hirent accneillis à 
Athènes les jeunes philhellènps, comment on les laissa un mois sans 
ilircclion. ni armes, ni uniTormes, comment un le» engageait a »'ea 
aller faire le coup de Teu et le coup de main en Macédoine pour pous- 
ser le* Turcs à déclarer la guerre, comment la lésion pliilhellêne fut 
lancée en avant sans aucun plan, puis abandonnée sans ordre. Les 
récils de la déroute de Urissa, de la retraite sur Pliarsale et sur 
Dliomokos sont d'une dramatique simplicité ut criants de vérité. Ils 
sont d'ailleurs conllrmos |ar tout ec «juc nous ont appris les témoins 
oculaires de cette incroj'ablc campagne où les troupes turques, d'ail* 
leurs mal ori^anisées et mal dirigées, elle-s aussi, étaient stupéfaites 
des succès qu'elles remporUienl à si bon niarclie, sauf à Véleslino, 
OÙ les troupes de Smoleriski ont maiitré ce qu'auraient pu faire les 
Grecs s'ils avaient été commandés. Les réllexions générales qui ter- 
minent cet opuscule sont fort allristées et fort sévères. I^eur sévérité 
a le tort do s'adresser au gouvernement seul. Le peuple, l'armée et 
surtout l'Hétalrie ont leur part de nupougabililé dans cette doulou- 
rcuâe aventure, dont l'Europe liiut entière, la civilisation et l'huma- 
nité auront longtemps à soullrir, et qui met h une sA dure épreuve 
notre sympathie, pourtant toujours vivante, pour l'heiléni^mc. 

Xous raviverons celle sympalliie eu lis^nl le joli livre de A). L. sa 
L*v»i. un géologue voya^-cur, sur /« Grecs de Turquie (E. Cor- 
nély). Il nous fera visiter Lesbos, Lemnos, Tbasos, le Mont .\thos, 
Saloiiique, la Tbcssalie. et en entremêlant ses récits de souvenirs 
d'histoire, de mythologie et d'arl, il nous fera aitner ces douces 
populations grecques de l'iVrcJiipcl et même envier leur sort, clans 
ces lies ■ où tes Turcs sont censés mallres et travaillent à enrichir 
leurs esclaves grecs, plus intelligents, plus habiles, auxquels, sous 
un apparent despotisme tempéré par le bahsciiich, ils laissent en 
rèalilè toute liberté. « M. d« Launay juge d'ailleurs avec sévérité la 
oorruplinn, la négligence et l'esprit de tracasserie inintelligente de 
l'adminislratiou turque. Mais il est un spectateur impartial malgré 
son chaleureux philbellénisme cl ses jugcmenU sur les cunâé(iueiici.-s 



3412 gCLLLTlII HmORIOtlI. 

de l'annexion de la Tbcssalie ù la Grèce laissent nir toal ce que le 
noiiTeau régimo a encore de défeclaeiu. 

Deux (les bommes qvi ont ]« plos tùl pour nous initier «a rnoode 
rusw viennent de publier deux recueils d'arUctea qui iBériUal louU 
noire allcnUoo. M. Anatole Lkrot-Budliui a réuni sous le lilre 
d'Êludet nutn et enropéenufs (C. Lérj) des article» sur les cmpe- 
Kurs Alôiandro II et Ali-xundre 111 et sur la visite de NJeobs II à 
Par)», auxqueis il a Joint dee essais sur l^rispi, GlodstoïKt Léon XIII, 
et lieux études ImporlanteA sur la Iriple allinaoeet les rapports <le la 
France ei de l'Allernagne. On »it avec quelle eonipéuûioe, quel 
patriotisme ut quelle clairvoyance prudente M. Lcruy-ik'aulicu Juge 
les aQhïree curopoeniies. Personmi n'a |»rlé cl» ralliaitcv russe avee 
une sympathie plus oclairuc que lut. Il est de ceux dont les conseils 
doivent être écoulé» et suivis, surtout ceux qui se trouvent entre 
les lignes. •— Le votunie do U. Le<ixb, Aima et Slavet (Hacltettet. 
est le cinquième volume do aiôlaages slavoa du savant profeseeur. 
On y retrouvera lu vur^e accuulumée, la profonde connaissanea de 
toutes le.'^ [urtics du mondo slave que possède scul ili ce Atgti bai- 
nont celui qui a ouvert b vole à tous nos slavisants et russîsant