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Full text of "Revue historique et archéologique du Maine"

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REVUE 

IIISTOUIQUE ET APvCHÉOLOGlOUE 

DU MAINE 

1^ 



REVUE 

HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE 



DU 






TOME VINGT-QUATRIEME 



ANNÉE 188<S. — SECOND SEMESTRE. 




Au Siège de la Société, Place du Château, 1, au Mans 



MAMERS 

G. FLEURY & A. DANGIN 
imprimeurs 

Place des Grouas. 



LE MAiNS 

PELLEG il AT 

LIBRAIRE-ÉDITEUR 
Rue Sl-Jacques. 



1 888 







^*^/^ 1 ., A 



Hcliop'. & Wp-Lemercicr & C'.^  



UN 

LIVRE D'HEURES 



DE LA 



MAISON DE CHAMPLAIS 



I. 



L'art et l'érudition, loin de se nuire, se complètent. Ce que 
l'érudition peut avoir d'aride est corrigé par ce que l'art 
apporte d'élégance et de charme, en même temps que Féru • 
dition conserve ses qualités distinctes : la précision et la 
critique. 

Un Livre d'Heures, enluminé, rehaussé de miniatures, qui 
est en même temps un Livre de raison, nous semble pré- 
senter un double intérêt, et au point de vue de l'art, dont il 
est un spécimen, modeste il est vrai, mais néanmoins pré- 
cieux, et au point de vue de l'étude d'une famille, dont il 
établit, complète ou confirme l'indication de l'origine, de la 
filiation, des services et des alliances. 

Aussi nous nous sommes proposé cette étude où nous 
essayerons de donner la description sommaire d'un lAvre 
d'Heures établi au XV*^ siècle pour la maison de Chami)Iais, 
et advenu à un des sujets de notre famille, Marie de Bastard, 
mariée en 1636 à François de Champlais (1), dont l'écu ainsi 

(1) Ce Livre d'Heures esl conservé dan^ les archives du château de 
Dobert. 



6 



que celui de sa femme ont été peints en une des miniatures 
qui ornent ce manuscrit, et que nous avons reproduite 
en tête de notre travail. Nous publierons ensuite avec quel- 
ques annotations les divers textes contenus en marge de ce 
manuscrit, dont l'ensemble n'est peut-être pas indigne du 
nom de Livre de raison, ou Livre de famille. 

l>es diverses sources où peut s'alimenter l'étude des famil- 
les dans le passé, il en est une recommandable entre toutes 
par la précision des renseignements, et la particularité des 
détails : C'est le Livre de raison. 

Qu'est-ce donc que le Livre de raiso)i ? 

C'est le mémorial des naissances, des mariages, des sépul- 
tures des sujets d'une même maison ; c'est la chronique des 
laits de la vie domestique ; c'est l'éphéméride où le chef de 
famille consigne, sous des formes diverses, les événements 
de sa vie et de la vie des siens. 

A qui songe à la grande place qu'occupaient dans l'esprit 
de l'ancienne société française les idées de famille, de quelle 
vénération était environné le foyer domestique, il est facile 
de comprendre l'importance qui s'attaclie à un Livre de 
raison. Commencé par une génération il était continué par 
une autre (l). L'histoire de la famille était le dépôt sacré 
(fue recevait de la génération passée lu génération nouvelle, 
pour le transmettre aux générations futures, chargées de 
l'accroître en vertus et en hoimeurs. La tradition, en faisant 
vivre le passé, était le gage fidèle que le présent échapperait 
à l'oubli dans l'avenir. A la différence du temps présent, 
où le jour d'aujourd'imi n'est pas assuré du jour de demam, 
la vie du temps passé reposait sur l'hérédité, qui à coup sûr 
imposait autant de devoirs qu'elle conférait de droits. En 

(1) M. Moulard, en publiant récemment dans la Bévue historique et 
arclicoloijique du Maine, t. XXIII, p. lli et suivantes, l'intéressant Livre 
(le f(i)nille des Le Gendre, qu'il complète par les plus judicieuses notes, 
nous fait savoir que commencé en 1523 par Symon Le Gendre, le Livre de 
famille est continué pendant douze ans, jusquen 158!^, par son fils Denis, 
et poursuivi, jusqu'en l'année 16G2, par R. Le Gendre. 



— 7 — 

transmettant son nom, le chef de famille transmettait l'obli- 
gation d'accomplir les charges qui incombaient à sa race ; 
et le vieux manoir, qui depuis plusieurs siècles avait avec 
sécurité abrité ses pères, n'avait pas à craindre de nouveaux 
maîtres. 

L'histoire de France elle-même n'était que la tradition de 
la maison de Bourbon. 

M. l'abbé Esnault, lo savant secrétaire de la Société histo- 
rique et archéologique du Maine, en publiant il y a cinq 
ans (1), le Livre de raison rédigé dans le premier quart du 
XVIIl^ siècle par Pierre Henri de Ghaisne^ seigneur de 
Classé, d'une famille du Maine, à laquelle appartient le maré- 
chal de Bourmont, nous indiquait divers livres de raison, en 
nous en laissant espérer la publication, contenus dans ses 
importantes collections de titres et de documents, et relatifs 
à des familles de cette province : celui des Le Roy, celui des 
Le Peletier, des Bodreau, des Le Lée, des Boutelier de 
Ghâteaufort etc.. Combien d'autres subsistent encore, ajou- 
tait M. l'abbé Esnault, qui restent inconnus et inériteraieid 
cependant d'être mis en lumière. J'ai V espoir que ces souve- 
nirs du passé recevront bon accueil, et peut-être arracheront- 
ils de Voubli d'autres documents du même genre qu'il serait 
important de connaître et d'étudier. 

Encouragé par cette pensée, nous osons espérer que notre 
présente publication de notes et de renseignements de 
famille ne sera pas dépourvue de quelqu'intérêt, d'autant 
que la maison à laquelle notre étude se rattache a tenu un 
rang élevé dans la province du Maine, et a été considérable 
par ses services et ses alliances. 

IL 

La maison de Champlais, et primitivement de Champe- 
(ij Revue lust. et arch. du Main:;, t. XIII, p. 147 et suiv. 



- 8 



lais (1), tirerait sou origine^ si nous eu croyons divers armo- 
riaux, d'une souche royale. Elle montre par ses armes et 
par sa généalogie, nous dit le Père de Varennes dans son 
traité du blason (2), être descendue de Florus roi de 
Hongrie, père de Saint-Martin etde Falasius, sénateur romain, 
son prédécesseur. Le souvenir de cette origine se trouve 
consigné dans le Cœsar Armoriai (3) ; Champlais.... sort de 
saint Martin, et de Florus, roij de Hongrie. 

Il est vrai que l'écu de la maison de Champlais qui porte : 
Fascé d'argent et de gueules, s'accorde avec une des parti- 
tions des armes du royaume de Hongrie : au premier, de 
gueules à quatre fasces d'argent. Quant à la généalogie des 
sujets de cette maison depuis Florus jusqu'au premier que 
nous rencontrons, nous avouons l'ignorer complètement. 

A côté de cette première hypothèse d'une origine royale, 
le Livre d'Heures qui nous occupe nous signale une autre 
origine, qui, poui- n'être pas royale, n'en serait pas moins 
fort recommandable, et d'une ancienneté peu commune. En 
effet nous lisons dans la marge d'en bas d'une des premières 
pages de notre Livre d'Heures : Champlais tous sortis de 
Champelais baillé en empanage aux Champelais par le 
duc de Bretagne qui avoit seze fils et seze filles, et fut ieel- 
luy qui fist la fog et hommage comme duc de Bretagne à 
Dagobert, rog de France, lequel estoit auparavant appelle 
royaulme Armorique et porloient telles armes : trois barres 
de gueules en champ d'argent. 

(1) To\is les anciens litres sont ortograpinés Cliainpelais jusqu'à Jean 
de C/utniplais marié à Marie de Lonij'iail en iOi'l, dont le nom ro»i~ 
mence à être ortographiê Champlais dans le conlract demariar/e de 1611. 
(Bibl. liât. Cahier bleu, Champlais n" 1718, nouveau d'Hozier). 

(2) Le roij d'arines, ou l'art de bien former, charger, briser, timbrer, 
parer, expliquer, et blasonner les armoiries... par le R.-P. Marc Gilbert 
(le Varennes de la compagnie de Jésus. Seconde édition à Paris, chez Jean 
iJillaiiie, rue Saint-Jacques, à l'image Saint-Augustin, proche la Poste, 
p. Uô. 

('à) B'ih\. nal. Pièces originales, vol C6't. Dossier Champlais n* 15545, 
pièce cotée 35. 



Quoiqu'il en soit de l'origine de la maison de Champlais, 
qu'elle remonte au temps de Florus ou au temps de 
Dagobert, il ne saurait y avoir de doute ni sur son ancien- 
neté ni sur sa noblesse. 

Un partage de famille intervenu entre trois frères Cham- 
plais, le 5 mars 1497, et dont nous aurons plus loin occasion 
de parler, atteste que la maison de Champlais est une 
famille illustre et ancienne, venue originairement de Breta- 
gne, estahlie en plusieurs cJiarges et emplois lionorahles, 
comme il paroit par plusieurs baulx et anciens titres qui 
sont encore dam la maiso)i des seigneurs de la Masserie (du 
nom de Champlais) demeurant dans le pays du Maine 
depuis un très long temps (1). 

C'est en effet dans la seconde moitié du XIV'^ siècle que 
Georges de Champlais épousa Perronnelle de Montrottier 
dame de la Masserie, en la paroisse de Fay, au diocèse du 
Mans, et établit ainsi sa maison dans le Maine. 

Ses trois arrière petits-fils firent souche, et formèrent trois 
branches. L'unFouquet, seigneur de la Masserie, continua la 
branche ainée ; le second, Colas, forma une branche établie 
d'abord en Anjou, puis en Poitou ; le troisième forma par 
son mariage, une nouvelle branche dans le Maine, celle des 
seigneurs de Courcelles. 

La province du Maine compte donc à juste titre la maison 
de Champlais comme une de celles dont elle s'honore et 
pour les services rendus, les charges obtenues, et les allian- 
ces contractées par les sujets de cette maison, tous nés et 
extraits de noblesse, comme l'établit Pierre de Champlais, 
seigneur de la Masserie, le 28 mars 1540 (2), et ayant tou- 

(1) Les titres d'un chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalein : Camille de 
Champelais, seigneur de Courcelles, par le marquis de Sécillon, tirage à 
part, p. 17. (Extrait de la Rev. fiisl. de rOucst). Nantes : Imprimerie de 
Vincent Forest et Emile Grimaud, place du Commerce, 4. 1885. 

(1) Deffense et généalogie que Pierre de Champlais, escuyer, s' de la 
Masserie, a mis devant nous (François Belot) le ?S mars i'y'iO... 
pour être tenu exempt de subsides rogaux. (Bibliothèque nationale- 



10 



jours vécu noblement, c'est-à-dire, qui n'ont point dérogé à 
leur qualité, qui n'ont cessé d'être d'épée, ou d'église, ou 
de servir le Roi dans ses conseils et cours souveraines. 

Aussi, sans vouloir faire l'histoire de la maison de Cham- 
plais, ni en établir ici la généalogie des diftérentes bran- 
ches^ nous avons pensé que l'intérêt qui s'attache dans le 
Maine à cette maison pourrait peut-être assurer un bien- 
veillant accueil à la publication des textes de famille, renfer- 
més dans notre Livre tVHeures. Tous fort concis, quelque 
fois même un peu obscurs, ils nous ont semblé demander 
des annotations dont on nous pardonnera l'étendue et 
l'aridité. 

Mais auparavant nous dirons quelques mots du Livre 
d'Heures en lui-même et des miniatures qu'il renferme. 



m. 



Sans oser préciser l'école à laquelle appartient notre 
manuscrit, que ce soit l'école flamande, italienne ou fran- 
çaise, nous pouvons en fixer l'époque au XV" siècle. Nous y 
sommes autorisé par les caractères de la calligraphie, par 
l'étude des miniatures dont nous remarquons la richesse du 
coloris, la finesse du détail, l'élégance du dessin et la délica- 
tesse de rornementation (1). 

Pièces originales, vol. G')'i. Chaiaplais, ii" iâôtS). — Jaçiement rendu en 
l'élection du Maine du '28 mars i5W, par François Belol. élu en ladite 
élection, par lequel il se réservi; de faire droit à Pierre di: Clinmplais, 
r,cu]ier, seiiineu*- de la Masserie, sur la production qu'il luy a faite de sa 
f/énéalogie et noblesse pour être tenu e.re)npt île subsides roijau.r ainsi 
que les nobles du roiiaume. — (Bibl. nat. CahiL'i' bleu •.Cliainplais.n" 4,390.) 
{^\) Un précieux manuscrit sur volin du XV» siècle qui avait servi de 
livre d'Heures à Martlie de Souvré, femme d'Antoine de Lavardin, cheva- 
lier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, et sœur de 
Ciilles de Souvré, maréchal de France, était en même temps un livre de 
laisoM où se trouvaioul consijïiiés les principaux actes concernant les 



— 11 - 

Ce livre d'heures, de dix-neuf centimètres de hauteur 
et de quinze centimètres de largeur, comme tous les livres 
d'heures manuscrits n'a pas de titre. Il débute par le 
calendrier des douze mois de l'année dont chaque jour est 
écrit tantôt en noir, tantôt en rouge. Il renferme quatre- 
vingt-douze feuilles de velin de grande pureté, de très belle 
conservation, exemptes de toute rognure ; chacune de ces 
quatre-vingt-douze feuilles contient un texte de seize lignes 
entourées de grandes marges et calligraphiées en caractères 
noirs avec majuscules de diverses grandeurs, en couleurs et 
en or. Les paragraphes se terminent par des traits enlumi- 
nés plus ou moins longs. 

En ce texte sont reproduits divers offices des morts, et 
autres, des psaumes, des litanies. 

A la fin du livre se rencontrent douze feuillets, les uns en 
papier de fil, les autres en parchemin assez grossier, qui 
renferment des dissertations d'une écriture courante, sur 
des textes des Saintes Écritures. Le sentiment religieux était 
alors si profond dans les âmes que personne ne s'étonnera 
de trouver annexées à un riche manuscrit, où les faits inté- 
ressant la famille étaient pieusement consignés, plusieurs 
pages toutes remplies de pensées chrétiennes. La mort et la 
Sainte-Eucharistie en sont les sujets à peu près exclusifs : le 
seigneur de Champlais en faisait sa lecture fréquente, et vou- 
lait en toute circonstance se rappeler que si cette misérable 
vie nous conduit à la mort, c'est en Dieu que se trouvent : 
Resurrectio et vila ! Nous nous contenterons de citer briève- 
ment l'objet de quelques unes de ses dissertations : Caro et 
sangtds regnum Dei possidere non posmnt ; — Sancta ergo 
et salubris est cogitatio jtro defiinctis exorare lit a peccatis 
solvanttir ; — Litera occldit, spiritus vivificat ; — Panis 
quem ego daho caro mea est; qui rnenducat hune panem 

Lavardin et autres alliés. — Il figura sous le numéro 1,085 dans le catal. 
de la bihl. de M. Garde (2" partie). Paris, Bachelin. juin, 1872. Renseigne- 
ment communiqué par M. Tabbé EsnauH. 



V2 



vivet i)i eternum. Leur reproduction in extenso ne saurait 
trouver place ici, sans compter que notre incompétence 
absolue, jointe à un sentiment de foi et de convenance, ne 
nous permettrait pas d'y ajouter le moindre commentaire. 11 
suffit d'avoir signalé ces dissertations religieuses pour 
montrer combien les vérités de notre foi catholique occu- 
paient l'esprit de nos pères, et combien ils en voulaient 
demeurer constamment pénétrés, puisque, dans le même 
manuscrit où ils consignaient les événements de famille, ils 
inscrivaient aussi, avec de nombreux développements, les 
réflexions de l'ordre le plus élevé que leur inspiraient les 
textes des Livres Saints et des Pères de l'Église. Nous ne 
sommes pas surpris de retrouver à maintes reprises cette 
pensée: Il est sahUaire de piler pour les morts. C'ef^i la 
dette d'outre-tombe que Dieu demande pour ceux qui ne 
sont plus à nos sentiments de famille, comme nous nous 
devons à nous-mêmes et à nos traditions d'imiter leurs 
vertus, et d'honorer leur mémoire. 

Celui qui ne prie pas pour ses morts est bien près de les 
avoir oubliés. 

La partie spécialement intéressante au point de vue artis- 
tique du Livre d'Heures qui nous occupe, ce sont les quatre 
grandes miniatures (jui s'y rencontrent : la première 
représente la Visitation de la sainte Vierge ; la seconde, 
le Couronnement de la Vierge, est celle que nous avons 
reproduite en tète de notre travail (1), la trosième repré- 
sente le roi David glorifiant Dieu (jui lui ;q)parait du haut 
des cieux, la <{uatrième nous cHVe une douloureuse scène 
iriiiliimiation {1). Nous pensons i|U(' la re[)roduclion d(^ l'une 

(1) Nouî; reportons aux pages 28 et suivantes, à l'occasion ilu mariage de 
François de Cliainplais avec Marie de F5astard, l'étude iIu double écu de leurs 
armoiries que soutient l'ange encadré dans la gramle majuscule du mot 
Converle, premier mot du texte. 

(2) Dans un autre manus<;rit que possède la hibliotlièque de Dobort, et 
qui rejiferme le livre de laison d'une vieille famille du MainC; celle des 



de ces miniatures permettra de se rendre compte de leur 
caractère, et des qualités diverses qui en font le mérite. 
Nous croirions sortir des bornes où nous devons nous tenir, 
si nous donnions de chacune d'elles une description détaillée: 
il nous suffira de constater la correction du dessin, l'éclat du 
coloris, la recherche dans le détail, la finesse de l'exécution, 
l'harmonie de l'ensemble qui forme un tableau complet. 
Nous remarquerons la délicatesse des bordures que rehausse 
l'éclat de légers feuillages d'or en relief, et oii l'artiste a 
placé des personnages secondaires, dont l'attitude se rap- 
porte au sujet principal, tel que l'ouvrier écrasant le limaçon, 
animal impur, dans l'encadrement de la scène de la Visita- 
tion, tel que le fossoyeur négligemment appuyé sur sa bêche, 
à côté de la scène d'inhumation. 

Chaque scène est empreinte du plus profond sentiment 
religieux qui inspirait l'arti.ste, et qu'il a su communiquer aux 
personnages de chaque miniature tant dans l'attitude qu'il 
leur donne, que dans l'expression que reflète leur physio- 
nomie . 

Mais j'ai hâte d'arriver aux notes et documents qui font du 
Livre d'Heures le Llcre de Raison de la maison de Cliam- 
plais, et de publier, à côté de tous les renseignements de 
famille et de filiation, les épitaplies en vers et les diverses 
poésies qu'il contient. 

Toutefois, je dois constater qu'ils sont précédés à la pre- 
mière page, et suivis à la dernière, de passages tirés des 
Saintes Écritures, tels que ceux-ci : Nemo potest diwbns 
servire dominis, — S. Luc, vj ; — En S. Luc IX'' chap : 
Jehsus parlant à ses apostres leur dist : Ne portez rien pour 

Dagues, nous retrouvons également parmi les miniatures la scène de la 
Visitation, et une scène d'inhumation. Nous aurions à signaler de curieuses 
différences dans le costume, dans les accessoires, dans la composition de 
l'ensemble. Il serait intéressant détudier comment de façons si diverses 
ont été traités les mêmes sujets, tant au point de l'histoire du costume 
que de l'art du dessin et de la miniature; mais nous serions entraînés 
trop loin de notre sujet. 



14 



le chemin, ni hâto)i, ni molette, ni pain, ni argent, etn^ai/ez 
point deux luibillements ; — d'extraits de Sénèque : Nemo 
bene imperat nisi qui ante paruerit imperio ; — de Salluste : 
VEstat, la ville et la compagnie ne peut durer ny prospérer 
si la vertu en est bannie. Nous trouvons aussi des préceptes 
tels que celui-ci : Les biens de ce monde sont comme les 
meubles d'une hostellerie ; nous ne nous en debvons soussier 
que pendant que nous g sommes, et en avons besoin ; et cet 
autre : Quatre vertus pour le souverain ou gouver)ieur : 

Piété 
Justice 
Vaillance, et 
Clémence. 

C'est au bas des pages du calendrier qu'ont été inscrits en 
notre Livre d'Heures les renseignements domestiques sur la 
maison de Champlais que nous publions ci-après, dans 
l'ordre où ils se trouvent consignés sur le manuscrit. 



IV. 



I. — L'an mil cinq cens quarante-cinq, la vigille de Saint- 
Thomas, fut né François de Champelais (1), filz aine de Pierre 
de Champelais escuyer sieur de la Masserie (2) ; Marie 
d'Andigné (3) fut née le jour de Saincte-Gatherine l'an mil 

(1) François de Cliamplais était tils île Pierre de Champlais et de Char- 
lotte de la Iloudinière, que nous allons rencontrer plus loin. 

(2) Voir sur le fief de la Masserie, la note l page 16. 

(3) Marie d'Andigné était fille de .lean d'Andigné, seigneur de l'Isle 
Briarid et de Marie Pelé, comme l'indique un acte de partage reçu par 
Brindeau, notaire au .Mans, le 26 septembre 1579, entre Louis d'Andigné, 
seigneur de l'IsleBriand, et François de Champlais son beau-frère, tant de 
la métairie et tene de la Mabilière eu la paroisse de Besson, acquise par 
feu Jehan d'Andigné, que de la succession de feue Marie Pelé leur mère. 



15 



cinq cens-quarante et 7. Ils furent mariés ensemble le jour 
sainct André l'an mil cinq cens soixante et treize. 

Jehan do Ghampelais est leur filz aisné (1). 

II. — Guvon de Gliampelais, mari de Marguerite de 
Souvré (2), 

Perronnelle de Montrotier sœur aisnée, 

Francoys de Champlais sieur de la Masserie, 

Jam de Champlais (3). 

(Bibl. nat., caliier bleu ; Gliampelais ii" i390). — La maison d'Andigné, 
race d'ancienne chevalerie, est originaire de la province d'Anjou où 
se trouve situé Andigné près le Lion d'Angers. Le nom d'Andigné, écrit 
d'Hozier (reg. second, t. III), peut passer, sans aucune difliculté, pour un 
des plus anciens noms qu'il y ait dans la province d'Anjou ; il y est connu 
par des chartes promulguées en 102i> et ItôO. Aussi quelques auteurs, et 
parmi eux la Chesnaye - Desbois en son Dictionnaire de la noblesse, 
(t. I, p. 252, éd. MDCCLXX), lui donnent - ils à tort une origine poite- 
vine. — Le chevalier de Courcelles dans son histoire de L'État acluel de 
la Pairie de France, (p. 13, éd. MDCCCXXVI), compte plus de quarante 
rameaux de cette maison... et répandue dans l'.lnjou, la Bretagne, le Maine 
et la Touraine. Depuis les croisades où elle est représentée, jusqu'au 
siècle dernier où plusieurs de ses membres ont été admis aux honneurs 
de la Cour, elle a toujours figuré avec distinction dans les armées du Roi, 
dans l'Eglise, dans les Parlements, dans les ordres de Malte et de Saint- 
Louis ; et de nos jours, elle n'a cessé de tenir un rang élevé, digne de sa 
noblesse et de son ancienneté. Armes : d'argent à trois aigles de gueule, 
becquettes et ongles d'azur. (Bibl. nat. Cabinet des titres : Atlas: Pro- 
vince d'Anjou, p. 3, n» 14. 

(1) Jean de Champlais, dont nous parlerons ci-après, épousa en IGll 
ilarie de Longueil. 

(2) En 1453, on trouve Jeanne de Champlais, dame de Souvié, paroisse 
de Bazougers, faisant foy et hommage à Jean de Brée, à cause du lieu du 
Coudray, paroisse de Saint-Denis du Maine, comme tutrice des enfants 
rnineuis issus d'elle et de Jean de Falays, écuyer, sieur du Coudray. En 
liGO on la trouve mariée en secondes noces à Jean de Maillé, écuyer, dans 
la maison duquel passa la terre de Souvré. (Extrait de la généalogie de 
Quatrebarbes, article de Brée). 

Denise de Falays, dame du Coudray, fille de Jean de Falays et de dame 
de Souvré, épousa Jean des Rotours. {B\h\. nat. cabinet des titres. Nouveau 
d'Hozier. Généalogie des Rotours). 

Nous remercions notre ami M. le comte de Beauchesne de ces rensei- 
gnements qu'il a bien voulu nous donner. 

(3) Les quatre lignes ci-dessus sont transcrites dans notre livre de 
raison d'autres mains que le texte précédent et le texte suivant qui sont 



— l(i — 

III. — S'ensuit les s"'* de la Masserie (1) de congnoissance 
d'homme. 

Premier, 

Messire Jehan de Millon, chevalier et grand Provost de 
Paris (2). 

l'un et l'aiitrc (11' l;i moine écriture. Nous avons liéjà lencontré ou nous 
I eiicontrerons plus loin plusieurs des personiiiiges dont il est ici fait 
mention. 

Guyon de Glianiplais et Pierre de Champlais, son fils aine, assistant le 
3 mai 1403, au conliat de mariage de Jamet de Champlais, (ils deGeorget 
de Champlais alors décédé, et de Penonnelle de Montrotier, promirent 
de « faire tenir et avoir agréable le dit traité et accord, à la dite Perron- 
t) nelle de Montourlier (sic), le contrai passé devant Palra^, notaire an 
» Mans, en présence de Guion et de Pierre de Cfuuuplais . et 
» frère Jean Berthelot, prieur de C haufour » . (Preuves, en 172'i; de 
Noblesse de Françoise Emilie de Chaynplais, agréée pour être admise an 
nombre des filles demoiselles de la maison de Saint- Louis, fondée par le 
Roi à Saint- Cyr, dans le parc de Versailles. — Bibl. nat., cahier bleu: 
Champlais, n» 1718. Nouveau d'IIozier). 

Nous avons lieu de penser que François de Champlais, sieur de la 
Masserie, devait être (ils de Perronnelle de Montrotiei, et qu'après sa 
mort survenue sans enfants, son frère Jamet de Champlais devint seigneur 
de la Masserie. Ce dernier fit souche, comme nous allons le voir, et conti- 
nua la branche de sa maison. 

(1) La Masserie, terre fieffée en la paroisse de Fay, au diocèse du Mans, 
à deux lieues de la ville du Mans, appartenait tout d'abord de « congnois- 
i) sance d'homme » à la famille de Millon, d'où elle advint par mariage en 
celle de Jlontrotier^ et ensuite en la maison de Cliamplais par le mariage 
en 1370 de Perronnelle de Montrotier avec Georget de Champlais, dont les 
descendants demeurèrent pendant plusieurs siècles seigneurs de la 
Masserie. En 1777, suivant ce que nous dit le clianoine Nepvou de la 
Manouilliére dans les mémoires si intelligennnent publiés par M. l'abbé 
Esnault (2 vol. in-B" imp. Monnoyer, Le Mans 1877), la Ma.sserie apparte- 
tenait à M. Blondeau des Ardillers, ancien mousquetaire, qui a une jolie 
terre dans la paroisse de Fug, appellée la Masserie. Il mourut sans 
alliance, et la terre passa à sa sœur mariée à Henri Daniel Nepveu. 

Dans cette paroisse de Fay se trouvaient deux autres terres fieffées, la 
terre de Vendeuvre et celle de Broussin à laquelle était ainiexée la seigneu- 
rie de paroisse ; l'une et l'autre appartenant à la maison de Champlais. 

(2).Iean de Millon ou Milon appartenait à une noble et ancienne famille 
d'Anjou, qui a paru avec honneur dans l'Eglise, dans la Robe et dans les 



— 17 — 

Jehanne de Millon espousa ung nommé de Montrottier et 
estoit fille aisnée du dict Jehan de Millon. 

Henri de Montrottier fut seigneur de la Masserie par la 
mort de son frère aisné, et estoit prestre le dit Henri. 

IV. — Perronnelle de Montrottier, sœur aisnée du dict 
Henry, fut son héritière, et espousa Georget de Champlais, 
escuyer (1), sorti puisné de Champelais, prais Saint- 
Malo en Bretaigne, et sorti des ducs de Bretagne {-2). 

V. — De Georget issit Jamet de Champelais (3). 

Cours souveraines, produisant des conseillers au Parlement, des maîtres 
des Comptes, des conseillers d'Etat, un Grand-Maître des eaux et tbrèts, 
des aumôniers du Roi et des évèques. — C'est au temps de Philippe de 
Valois de 1330 à 1334 que Jer.n de Millon fut prévost de Paris. Les armes : 
de gueules à la fasce d'or chargée d'une merlette de sable et accomjia- 
gnée de trois croissans d'or, 2 en chef et i en pointe. La devise : Non est 
qiio noceat. C'est la devise que portail François Milon, maire de Tours, en 
1G44. Dictionnaire des devises par Chassant et Henri Tausin, t. L P- 220. 

(1) C'est en 1370 que Georget de Champlais épousa Perronnelle de Mon- 
trottier. (Bibl. nat. Cahier Lieu: Champlais n° 43t)0, pièce 5). Dans 
cette pièce, ainsi que dans diverses autres contenues soit en ce même 
Cahier bleu, soit dans la collection intitulée « Pièces originales », à la 
bibliothèque nat., vol. 664 : Champlais 15545, le nom de la femme 
de Georget de Champlais est écrit : Montourtier. C'est encore sous le nom 
de Montourtier qu'elle se trouve désignée dans la publication qu'a faite 
dans la Revue historique de l'Ouest, M. le marquis de Sécillon, des titres 
d'un chevalier de Saint-Jean de Jérusalem : Camille de Champlais seigneur 
de Courcelles. 

M. l'abbé .Yngot, que la Société historique et archéologique du Maine 
compte parmi ses membres titulaires, et dont les travau.x sont à si juste 
titre appréciés, a bien voulu nous signaler un Vidirnus du doyen d'Evron, 
ilaté du samedi avant la fête de saint Thomas, apôtre, 1307, donnant un 
extrait du testament de feu Jean de J/o)tto!t>'<(er, fils de feu Hugues de 
Montourtier, qui lègue à l'abbaye de Fontaine Daniel où il a choisi sa sépul- 
ture, lectum meu7n furnitum velejus estitnationetn ; il fonda déplus dans 
la même abbaye une chapelle d'une messe par jour et dota cette chapelle- 
nie de biens situés en Martigné. — Jean de Montourtier est qualifié, 
Armiger. (Bibl. nat. Fonds latin. Cartulaire de Fontaine-Daniel). 

(2) Nous retrouverons plus loin reproduite de nouveau l'indication de 
cette origine de la maison de Champlais. 

(3) Jamet de Champlais, écuyer, fils et héritier principal de Georget de 
Champlais et de Perronnelle de Montrottier, dame de la Masserie, épousa 
par contrat, en date du 3 mai 1403, Jeanne de Rouillon, fille de Guillaume 

XXIV. 2 



— 18 



VI. — De Jamait issit Pierre de Chainpelais (i). 

VII. — De Pierre issit Foucquet de Ghampelais (2). 



de Rouillon, écuyer, qui;, du consentement d'André et de Jean de Rouillon 
ses enfants, donne à la dite future la somme de quarante livres tournois, 
assignée sur riiébergement et domaine de la Ragottière et sur le domaina 
de Brochesac, situés dans la paroisse de Cliaufour. Guyon de Cliamplais 
et Pierre de Champlais, son nis aine, promettent de faire latifier le dit 
contrat par Perionnelle do Montrotier. Bibl. riat. Nouveau d'Ho/.ier, 
caliier bleu, Ciiamplais : n" 1718. — La famille de Rouillon, originaire 
du Poitou, porte : (leijunidcs, à une fasce dor, à iine derni-rriue d'argent 
en 'pointe. (Les litres d'un chevalier de Saint-Jean de Jérusnleïn : 
Camille de Ghampelais seigneur de Courrelles. par le marquis de Sécillon, 
tirage à part, p. h.') 

(1) Pierre de Gliamplais se maria en 1450. Le nom de sa femme n'est 
pas ariivé jusqu'à nous. Le 28 novembre 145S, Cbarles, comte du Maine, 
loçoit hommage de Pierre de Gbam|ilais, lils de .lamct de Gliamplais et de 
Jeanne de Rouillon, seigneur de la iMasserie, pour lu. maison du l'nrtuu, 
et partie du domaine, heu etjusiiee de la Masserie mouvant du chastel 
du yians. Il transporte, par acte du 9 avril i47ô, passé devant Poussier, 
notaire au Mans, à Fouquet de Gliamplais, son lils aîné, et à Josseline Drouet 
sa femme, le lieu de Brochesac moyennant certaine somme qui avait été 
constituée en dot à la dite demoiselle lois de son mariage avec ledit 
Fouquet. (Bibl. nat. Pièces originales, vol. GGi. Gliamplais : n" i55't5). 
— Outre Fouquet de Gliamplais, son lils aine, il eut encore, comme fils, 
Colas et Etienne de Gliamplais, ainsi que nous allons le voir. 

(2) Fouquet de Ghamplais, seigneur de la Masserie, avait épousé, dès 
avant le 9 avril 1475, Josseline Drouet c/ite du Hallai (Bibl. nat., cahier 
bleu, Gliamplais : n" 439U), comme l'indique l'acte de transport que 
nous venons de rappeler à cette date. Josseline Drouet portait pour armes: 
« De gueules, frété d'argent ». (Preuves de itohlesse de Françoise de 
Champlais, en iOSO pour sa réception à Saint-Cyr ; — Titres et docu- 
ments pour servir de preuves à l'histoire de la ))iaison de Bastard. 
Branches du Maine, t. IX, (1G75-IG99). Le 24 novembre [V.)T), hommage 
est rendu au roy aux assises du Mans, par Fouquet de Gliamplais pour le 
l'ort.iil (ou Portau), la maison et la cour de la Masserie, le domaine qui 
en dépeml, le lief de la (ioutte et le domaine de Bruiietièrc ou Bonnelière, 
le tout assis en la paroisse de Fay, et à luy appartenant pai' le décès de 
Pierre, son père, ainsi que ses prédécesseurs ont acoustumé faire au 
temps passé (Bibl. nat. Pièces originales, vol. 004, n» 15,545, [lièce 
cotée 3.) 

Le 5 mars 1497, intervint le paitage de la succession de feu Pierre de 
Champlais, entre ses trois fils, nobles Foucquet de Champlais, l'ainé 
seigneur de la Masserie, Colas et Etienne de Gliamplais, les puinés,seigneuis 
de Vendeuvre. Foucquet eut le domaine de la Masseï ic, le Plessiers, la 



— 19 — 

VIII. — De Fucquet (sicj issit Guillaume de Ghampelais (1). 

IX. — De Guillaume issit Pierre de Champlais (2). 

Cucassière, le bordage de la Huardière et continua la branche ainée dite 
de la Masserie ; Colas et Etienne reçurent d'autres biens et formèrent 
l'un, Colas seigneur de la Bourdillière, une branche établie en Anjou et en 
Poitou, l'autre, Etienne seigneur de Vendeuvre^ une seconde branche fixée 
au Maine dite de Courcelles. La seigneurie de Courcelles avait été apportée 
à Etienne de Champlais par sa femme Jeanne de Poillé, dont le père Jean 
de Poillé , seigneur de Courcelles , fut présent à l'acte de partage 
du 5 mais li97, passé devant Gareau, notaiie de la cour de Bourgnouvel. 

(1) Guillaume de Champlais, (ils de Fouquet d e Champlais et de Josseline 
Drouet, épousa par contrat passé le 30 septembi'e 1506, devant Lancelot 
Le Cerclerc, notaire à Chàteaugontier, Eiançoise Briant, fille ainée de 
noble homme Lancelot Briant, seigneur de Brez, qui lui donna les métai- 
ries de la Mouvairie et de Chanbusson, paroisse de Savonières, et ensuite 
la somme de trois cents écus d'or. A ce contrat avaient figuré, noble 
René, seigneur de la Jaille et de la Roche-Talbot, Etienne de Champlais 
seigneur de Vendeuvre_. oncle du futur époux, Jean Tillon proto-notaire du 
Saint-Siège, autre Jean Tillon curé de Saint-Rémy, Guillaume Tillon, sei- 
gneur de Varennes et Pierre Tillon, seigneur de Villes. (Bibliotlièque 
nationale , cahier bleu : Champlais , n" 4,390 ). De son coté Guil- 
laume de Champlais avait apporté tous les biens compris dans la 
donation que lui avait faite son père le 12 septembre 1504, npoiir qu'il put 
trouver un meilleur parti. » (Bibl. nat. Pièces originales, vol. 66i, 
Champlais, n" 15,545). 

Françoise Briand porte pour armes : « d'argent à une fasce de sable 
» potée entre six roquers (rocs) de niènie posés trois de face n. (Bibl. nat. 
Nouveau d'Hozier, cahier bleu, Champlais : 1718). 

Guillaume de Champlais n'était pas seul enfant de Fouquet de Champlais 
et de Josseline Drouet : il avait pour sœur Jeatme de Champlais, mariée à 
noble Hardouin Cailleau, seigneur de la Laubinière, ainsi que l'atteste 
l'acte de partage de la succession de Josseline Drouet, intervenu le 9 
mars 1513, entre Guillaume et Jeanne de Champlais en présence de 
Jacqueline Le Court, lille de la dite Jeanne. (Bibl. nat., cahier bleu, 
Champlais : n" 4,390.) 

(2) Pierre de Champlais, seigneur du Plessis-Foncquet, fils de Guil- 
laume de Champlais, seigneur de la Masserie, et de Françoise Briant, 
épousa, par contrat passé devant Gilles Honnouré, notaire de la cour 
royal du Mans^ le 26 janvier 1536, damoiselle Charlotte de la Houdiniére 
fille ainée de noble homme Mathurin de la Houdiniére, seigneur de Chan- 
tillé, et de feue damoiselle Renée Morice, ses père et mère. Mathurin de la 
Houdiniére constitue en dot à sa lille, entre autres choses, le droit qu'il 
avait en la terre et seigneurie de Savigné .i cause de sa dite femme. Renée 
Morice, etprotaet de la vestir et accoustrer de soie el drap de laine, bien 
et honnestement selon, l'eslat et coustume de leur maison. (Bibl. nat. 
Cabinet des titres, Carrés d'Hozier, t. 166.) Cet acte fut passé en 



— 20 — 

X. — De Pierre issit François de Ghampelais (1). 

XI. — De François est issu Jehan de Ghampelais, et de 
damoiselle Marie d'Andigné (2). 

XII. — Tous sortis de Ghampelais baillé par empanage 
aux Ghampelais par le duc de Bretaigne qui avoit seze fils et 
seze filles, et fut celluy qui fist la foy et hommage, comme 
duc de Bretagne, à Dagobert roy de France, lequel estoit 
auparavant appelé le royaulme Armorique, et portaient telles 
armes : trois barres de gueules en champ d'argent. 

XIII. — L'an mil six cens honze, le dit Jean de Ghampe- 

présence de noble et puissant seigneur messire Baudouin de Champagne, 
chevalier de l'ordre de Saint-Michel, conseiller et chambellan des rois 
Louis XII et François h"', baron de la Suze au Maine, seigneur de Bazouges, 
Loupehinde. Cliaufl'onr, Biouassin et autres lieux, de noble et puissante 
dame Jeanne de la Chapelle-Raiusouin, François du Bois, seigneur du Bois 
et de Maquillé, mariée à' Catherine de Quatre-Barbes, de René d'Orvaulx, 
seigneur du dit lieu et de la Renaudière, et autres gentilshommes. (Bibl. 
nat., cahier bleu, Charnplais : n" i,390. Dictionnaire de la noblesse par la 
Chesnaye-Desbois, t. IV, p. 191. Ed. M U CC L XXII.) 

Pierre de Champlais et Charlotte de la Houdinière eurent pour enfants : 
François, Urbaine et Charlotte que nous allons rencontrer ci-après. 

Charlotte de la Houdinière porte pour armes : d'argent à une croLv de 
sable dont les quatre extrémités sont terminées par une fleur de lys. 
(Bibl. nat. Noiweau d'Hozler, cahier bleu. Champlais n" 1718). 

(1) François de Champlais, seigneur de la Masserie, fils de Pierre de 
Champlais et de Chailotte de la Houdinière, avait épousé en 1573, comme 
nous l'avons vu plus haut, Marie d'Andigné. L'année suivante, le 18 juin 
1574, il transigea avec Antoine de la Houdinière, seigneur de Chantillé, 
son fils aine, autre Antoine de la Houdinière, seigneur deSavigné, marié à 
Renée de Marcé, sur le partage de la succession de Mathurin de la Houdi- 
nière et de Renée Morice, père et mère du seigneur de Chantillé, etaieuls 
maternels du seigneur de la Masserie. (Bibl. nat., cahier bleu, Cham- 
plais, n" 4,390.) 

Deux autres transa(;tiûns, intervenues l'une le 12 février 157i-, et l'autre 
le 22 avril de la même année, sur le partage des biens de feu Pierre de 
Champlais et de feue Charlotte de la Houdinière, nous font connaitie les 
deux sœurs de François de Champlais. L'une d'elles. Urbaine, avait épousé 
Jean de la Chevrière, seigneur de la Roche de Vaux, le 21 septembre 15G3; 
l'autre, Charlotte, avait épousé Jacques de la Fontaine (Bibl. nat., Cabinet 
des titres. Carrés d'Uozier, t. 16G, n"':5;51, :iii-2). 

(2) Jehan de Champlais épousa en 1611, comme nous allons le voir, 
Marie de Longueil. 



21 



lais fut marié à damoiselle Marie de Longueil (1), fille 
puinée de monsieur du Rancher (2), conseiller du lloy en 

(1) Jean de Champlais, demeurant en la maison noble de la Masserie, 
fils de François de Champlais et de Marie d'Andigné, épousa, par contrat 
passé le 9 janvier 1611,. Marie de Longueil, fille de Nicolas de Longueil, 
seigneur du Rancher, conseiller au Parlement de Bretagne, puis conseiller 
du roi en son Grand-Conseil, et de feue Geneviève Croquet. Jean de Cham- 
plais était assisté de Michel du Bouchet, seigneur de la Forterie, procureur 
deFrançois de Champlais et de Marie d'Andigné, dWntoineAmariton, avo- 
cat au parlement, marié à Catherine de Champlais, de Samuel d'Andigné, 
seigneurde la Gaullerie,de Louis de la Court, seigneur duBoisdu Coudray, 
cousins du futur époux ; Marie de Longueil était assistée de son père, de son 
oncle Jean de Longueil, seigneur de Maisons, conseiller du Roi et maitre 
ordinaire en sa chambre des Comptes, de Michel Ripault, conseiller du 
Roi en ses conseils d'Etat et piivé, ci-devant président aux enquêtes de la 
cour de Parlement.... Par ce contrat Jean de Champlais reçut de ses 
père et mère les terres et seigneuries de la Loge et de la Thomasserie 
au pays d'Anjou, plus diverses sommes à eux dues, dont l'une s'élevant à 
5,500 livres, par Jacques de la Chevrière, seigneur de la Roche de Vaux. 
(Bib\. nui. Cabinet des titres. Carrés d'Hozici% t. 166. Champlais, n» 344, 
cahier bleu, Champlais n» 4,390). 

Devenue veuve en premières noces de François de Champlais, Marie de 
Longueil épouse en secondes noces, Christophe du Bouchet seigneur du 
Vau, et en troisièmes noces N... seigneur de Longmortier. (Nobiliaire de 
France, par Saint-Allais, t. XIII, p. 256 ) 

La maison de Longueil, une des plus illustres de Normandie, avait 
donné un compagnon à Guillaume le Conquérant à la conquête Je l'Angle- 
terre, un capitaine de cinquante hommes d'armes, chambellan do Charles 
d'Anjou, roi de Naples et de Sicile, un évêque au diocèse du Mans au 
XIII" siècle, un chevalier tué à la bataille de Poitiers, trois tués à Azin- 
court, un cardinal évoque de Coulances premier président de la chambre 
des Comptes de Paris au temps de Chailes VII, un évêque au diocèse 
d'Auxerre en 1449, des conseillers d'Etat présidents et conseillers aux 
Parlements et cours souveraines, un évêque au diocèse de Léon grand 
aumônier de la reine Anne de Bretagne et ambassadeur du Roi dans les 
Pays-Bas, des officiers aux armées du Roi, un capitaine gouverneur des 
châteaux de Versailles et Saint-Gei-main-en-Laye, etc.. Les armes de la 
maison de Longueil sonl : d'azur à trois roses d'argent, au chef d'or 
chargé de trois ro.'ics de gueules. Nicolas de Long'ieil, seigneur du 
Rancher, hrisail son écu, d'une feuille de souci d'or en cœur. (Dictioti- 
na'ire de Moreri, t. VI. p. 379 et suivantes. Dictionnaire de la XobU-sse 
•3ar la Chesnaye-Desbois, t. LK, p. 95 et suiv. édition MDCCLXXV.) 

(•2) Le Rancher était une terre considérable située dans la paroisse de 
Téloché au diocèse du Mans. Elle advint, au commencement du XV' 
siècle, en la maison de Longueil par le mariage de Jean de Longueil, pré- 



OQ 



son grand conseil. La mère du dit Jehan mourut trois mois 
aprais en mai, le XXVI may, à neuf heures du matin (1). 
Requiescat in pace. Amen. 
XIV. — Le XVI^ jour de juillet à mesnuit mourut Jehan 
de la Chevrière, escuyer, seigneur de la Roche de Vaux, 
paroi.sse de Requeil, mon neveu ('2), qui estoit en fiencés 

sident au Pailement de Paris sous Charles VI, avec Anne ou Jeanne 
Bouju, Jame du Raucher. Une des branches de la maison de Longueil 
avait aussi possédé dans la province du Maine la seigneurie de Chevillé en 
la paioisse de ce noni;, (\l la seigneurie dos Clienets, en la paroisse de 
Boëssay, par le mariage, le 2 avril 1607, de Jacques de Longueil avec 
Su/.anne le Barbier, h('ritière de la terre des Chenets par sa mère, Perrine 
Vaohereau, fille de Robert Vachereau, gouverneur de Sablé au temps de 
la Ligue. (D(c^ du Maine, par le Paige, t. L p. 108. — Nobiliaire de 
France par Saint-Allais. t. Xill, p. 566. — Archives de Dobeit, Titres et 
docmnenls de la maison de Bastard, branches du Maine]. 

(1) Marie d'Audigné, mère de Jean de Champlais, nioinut en mai 1611 
quatre ans avant son mari Fiançois de Cliamplais. Ils eurent pour enfants, 
ainsi que nous l'apprennent les textes que nous publions : Jean, Charles, 
Matburin, Françoise, Aiiastayze, Marquise. 

(2) Il s"agit ici d'un neveu de François de Champlais et de Marie 
d'Andigné ; en effet une des sœurs de François de Champlais, Urbaine de 
Champlais, avait épousé, ainsi que nous venons de le voir, le 21 septembre 
156:^, Jean do la Chevrière, seigneur do la Roche do Vaux, lesquels eurent 
un lils Jean de la Chevrière, dont son oncle François de Champlais consi- 
gne ici l'époque de lamort,le 16 juillet 1611, on mémetemps qu'ilindique 
i'époquo de la mort de sa propre femme qui mourut peu anpuiavant le 
s'' de la Roche. 

Les terre et seigneurie de la Roche di^ Vaux, paroisse de Requeil, au 
diocèse du Mans, étaient possédées dès le milieu du XIV siècle \niv la 
maison du Rouchet ide la Roche-Rouchet et du Bouchot aux Corneilles), 
d'où elle passa vers la lin du XV"* siècle en celle de la Choviière, par le 
mariage d'Aliette du Bouciiel, lille de GeoUioy du Rouchet et d'Elisabeth 
de Thévalle avec Jacques de la Chevrière. (Note communiquée pai' M. 
l'abbé Ledru, d'après les archives du château do la Rermondière à M. le 
comte P. du Plessis d'Argentré.) — C'est à cette maison de la Chevrière 
qu'appartenait Marguerite de la Choviière, (ille de Jean, soigneur de la 
Roche de Vaux, mariée ,'i Jean-B.iplisto-Louis do Oeaumanoii', chevalier de 
l'ordre du Roi, baron do Lavardin et d'Antoigné, sénéchal du Maine, qui con- 
duisait l'arrièie-ban en 1635, et était fils de Jean de Beaumanoir, marquis 
de Lavardin, maréchal de France, et de Catherine de Carmain, com- 
tesse de Negrepelisse. (Ilist. des rjrands-offtciers de la Couronne par 
le Père Anselme, t. VII, p. 386). 

La terre de la Roche de Vaux, ayant été adjugée à François de la 



- 23 — 

avec la fille de M. (mot effacé) seigneur de la Faigne près le 
dit lieu de la Roche (4) ; il avait esté douze jours auparavant 
au service de ma feme. Le seigneur d'Abatens(2), qui avoit 
esté à l'enterrement de ma femme, mourut peu auparavant 
le s'" de la Roche. 

Le S"" de la Troussière mourut au mesme temps mercredy 
4 Temps (3). 

XV. — [Augustini Ep.] Ce maismejour mourut Marie 
d'Andigné dame de ciens (lisez céans). Estoit (4) jeudi à 
IX heures du matin 1611. 

XVI. — Ce 46 avril 46'2'2 mourut Anaslayze de Champekiis, 



Rivière, conseiller au pailemenl Je Metz au XV1[« siècle, adviut en la 
maison de Mailly, où elle est demeurée depuis lois, parle mariage en 170i, 
de Louise-Madeleine-Josèphe de la Rivière avec Joseph de Mailly. 

(1) Les seigneurs de la l'aigne formaient une branche de l'illustre 
maison de Montmorency. René de Laval, premier du nom, seigneur de 
la Faigne qui a donné à la lin du XV^ siècle ori,-;ine aux seigneurs de ce 
nom, était le quatrième fils de Guy de Laval, chambellan de Charles Yll^ 
grand-maitre des eaux-el-forèts et sénéchal d'Anjou au temps de René, 
roi de Sicile, duc d'Anjou, et de Charlotte de Sainte-Maure, dame de la 
Faigne. i Histoire goncafogique et chronologique... des grands-ofliciers de 
la couronne, par le Père Anselme, t 111, p. 6o(J et W3, éd. MDCGXXVIl). 

("2) Hélie d'.\batant, écuyer , seigneur dAbatant, la Roche-Tabary , 
Anvers et autres lieux, lils de Georges d'Abalant l'un des cent gentilshom- 
mes de la maison du Roi, et de Françoibe de Paynel, avait épousé Fran- 
çoise du Bouchet, dame de la Roche-Tabary, laquelle Françoise du 
Boucbet, veuve en premières noces de Louis de Coisnon, seigneur de la 
Roche-Coisnon, avait épousé en secondes noces messire Olivier de la 
Vove, seigneur de Vaux, chevalier de l'ordre du Roi. L<» seigneurs de la 
Roclie-Coisnon au, Maine, par M. l'abbé Ledru. Revue historique et 
arch. du Maine, t. Vlll et IX. — HisI . généalogique des Courlin, par le 
vicomte de Poli, p. 111, 1«87. 

C?) Ces mots : u Mercredy 4 temps », se trouvent inscrits dans le livre 
d'heures en côté, dans la marge du mois de mai, en face du 2'y- jour dont 
la ligne pi'écède immédiatement celle où le calendrier porte la fête 
d'Augustin évêque, .Augustini ép. Au-dessousiles mots: Mercredg 4 temps, 
se trou\e l'indication du moment de la mort de Marie d'Andigné. qui 
trépassa donc le 26' jour de mai IGll, le jour de la fête de Saint- 
-Augustin. 

(4) Avant le mot eslod, il y aurait lieu vraisemblablement d'ajouter les 
mots: la sépulture... 



'24 



sœur de Jean de Champlais, et fille de Francoys, espouse de 
Girard s"" de la Jonchère, paroisse de Lucé-sous-Ballon ; le dit 
Girard s'appelle Vanerye, oncle curateur des enfans de la 
Masserie, sortis de Jean de Champelays (1). 
Requiescat in pace, 

XVII. — Frère Charles de Champelays, sorty cadet de la 
Masserie, filz du dict Francoys de Champelays et Marie 
d'Audigné fut mins (lisez : mis) en religion dans le monas- 
tère de Saint-Calès (2) l'an de salut 1597, et chanta sa pre- 
mière mese le 20 juillet 1608, mourut le 31" marsKiil. 

Requiescat in pace. 
Dieu face florir cy bas le riche champ de Palas (anagramme 
de Charles de Champlais). 

XVIII. — Mathurin de Champelay.'?. , puisné de la 
Masserie , filz du dict Francoys (3) fut donné par le 
maréchal de Bouas-dauphin (4) au Rangrave (5) Listanbert 

(1) Cette indication établit qiio Jean de Cliamplais, frère d'Anastayze, et 
Marie de Longueil sa femme eurent plusieurs enfants, bien que dans 
notre étude nous n'ayons rencontré qu'un seul enfant né de leur union, 
François de Champlais seigneur de la Masserie, marié à Mario de 
Rastard. 

(2) Ce monastère, le plus ancien du Maine, avait été fondé dès Tan 532, 
par un cénobite nommé Karileplms ou Calesius, qui le construisit aidé des 
libéralités de Childebert I^^"", sur la rivière l'Anille. Occupé par les Béné- 
dictins de la congrégation de Saint-Maur il subsista jusqu'à la suppression 
lévolutionnaire des ordres monastiques à la fin du siècle derniei". Pendant 
la première moitié du XYII-^ alors que Charles de Champlais était moine de 
Saint-Calais, les abbés commandataires de ce monastère furent Gilles de 
Souvré, fils du maréchal de France, et Charles de Souvré neveu de son 
prédécesseur. — M. l'abbé Froger vient de publier le cartulaire de l'abbaye 
de Saint-Calais, en accompagnant cette publication d'une savante in- 
troduction sur les commencements de l'histoiic de cette abbaye. 

(3) Mathurin était fils de François de Champlais et de Marie d'Andigné. 

(4) Urbain do Laval Roisdaupbin, marquis de Sablé, fils de René de Laval 
et de Jeanne de Lenoncourt, maréchal de France, chevalier du Saint- 
Esprit, gouverneur du Maine et de l'Anjou au temps de la Ligue, joua 
un rôle important dans les guerres de l'époque dont le Maine et l'Anjou 
fuient le théàtie. .Apres avoir tenu contre Henri IV qui lui avait dit le 
soir de la journée d'ivry où il était tombé prisonnier du Roi : « Vous êtes 
le seul Monlinorencu qui cumhnHc contre inui, » Boisdauphin changea 



t>5 



aleman, où il fut tué au servisse de l'Empereur, aagé de 
24 ans l'an 1607. 

Requiescat in pace. 
XIX. — Francoyse de Ghampelays, feille enée du dict 
Francoys de Ghampelays et Marie d'Andigné, se rendit à 
l'âge de onze ans, outre le consentement de père et de mère, 
religieuse dans l'abbaye de Fontevrault (1) par le conseil de 
père Ange, capuchin, sieur de Joyeuse (2), qui en vingt lui- 

de parti, fit sa soumission en 1595, en amenant à Totéissance du roi. 
Sablé, Château-gontier et autres places. Nous rappellerons à cette occa- 
sion les Documents sxir le Maine (1593-1595). La capitulation de Laval 
{Ibdi). La reconnaissance d'Henri IV par Bo/srfanjj/* in (1595), que pu- 
blia en 1882 M. Arthur Bertrand dans la Revue historique et archéolo- 
qique du Maine, t. XI, p. 181 et suivantes, en les faisant précéder d'une 
intéressante introduction. 

Par une lettre du 3 novembie 1.599, Henri lY avait chargé Boisdauphin 
d'une première mission en Allemagne. Onze ans plus tard il lui en confia 
une seconde, au moment où souvrait la succession des duchés de Clèves 
et de Juliers ; quelques jours après, le roi de France et de Navarre tom- 
bait sous le poignard de Ravaillac. Nous renvoyons le lecteur à létude qu'a 
consacrée dans la Reçue du Maine (t. H. III, IV) à la vie du maréchal de 
Boisdauphin marquis de Sablé, M. l'abbé Ambroise Ledru, l'auteur de 
nombreux travaux si recommandables par l'intérêt qu'ils présentent, 
et l'érudition dont ils témoignent. 

(b de la page précédente.) Le Ulre de Rhingrave est le titre que por- 
taient depuis le VIII" siècle certaines familles dont les domaines s'éten- 
daient au bord du Rhin. Les Rbingraves assistaient aux séances de l'Em- 
pire, et portaient le titre de maréchaux héréditaires du Palatinat. Un autre 
gentilhomme du Maine, un des nôtres par son mariage avec Madeleine de 
Bastard, sœur de Marie de Bastard mariée à irançois de Champlais, Urbain 
de Hardouin, seigneur de la Girouardière, servait à la même époque dans 
les armées de l'empereur, ainsi que son frère aine, Pierre-Charles de 
Hardouin mort sans alliance. Les archives de Dobeit possèdent le manuscrit 
de ses campagnes tant en Hongrie qu'en Bohême, jusqu'au 12 mars 1611. 

(1) La célèbre abbaye de Fontevrault, près Sauinur, avait été fondée en 
1099 par Robert d'Arbrissel sous la règle de SainlrBenoit. Bientôt à 
l'ordre de femmes vint s'adjoindre un ordre d'hommes. Mais ce fut 
toujours une femme qui demeura la supérieure générale. Les religieuses 
portaient comme costume la robe blanche, le rochet de batiste plissé^ 
la guimpe, les bas et les souliers blancs, la ceinture et le voile noirs. 
Depuis 180't l'antique abbaye a été transformée en maison de détention. 

(2) Henii de .loyeuse, dit comte du Bouchage, puis duc de Joyeuse, lils 
de Guillaume, vicomte de Joveuse maréchal de France, et de xMarie de 



— 26 — 

mesme consoler le dit sieur de la Masserie le 23 aoust 

1610 (1). 

XX. — F. de Champelays escuyer sieur de la Masserie, 

époux de Marie d'Andigné, a suivy ses prédécesseurs en 

valeur et prudence, craint et aimé de ses sujets, mourut le 

II" jour du moys d'octobre 1616, aagé de [mot effacé! et 

douze (2). 

Requiescat in pace. 

X\l. — Le ciel loge tousjours où loge la prudence ; 
Le ciel verse toujours sa plus belle influence 

Balaiiiay, (ille de René de Bataiiiay comte du Boucliage, avait été durant 
la Ligue lieutenant-général d"\njou, Touraine, Maine et Perctie. Devenu 
veuf en 1587 par la mort de Catherine de Nogaret de la Valettf , sipur du 
duc d'Epernon, il entra dans Tordre des Capucins, et fit profession sous le 
nom de Père Ange. Peu d'années après il en sortit poui' se mettre à la 
tête de la Ligue en Languedoc. Liguerr opiniâtre, il l'ut des derniers à 
faire son acxommodement avec Ilenii IV qui le créa mar.ohal de France. 
Joyeuse rentra de nouveaii dans l'ordre des Capucins, et y demeura 
jusqu'à sa moiL, laissant dans ses dernières années la réputation d'une 
grande veitu. La date de 1610 indiquée ci-dessus contredit les auteurs qui 
donnent comme époque de sa mort l'année 1G08. 

(Il Nous ne pouvons nous empéclier de remarquer ce que renferme 
d'affecteux et de touchant ce souvenir laissé dans ce livre de l'amilie. 
C'était un tro|) gros sacrifice pour le seigneur et la dame de la Masseiie 
que de voir les grilles du cloitre s'élever entre eu.x et leur fille, à laquelle 
ils n'avaient pu se résoudre à donner leur consentement, et qui avait passé 
outre. Mais l'ancien gouverneur du Maine, actuellement capucin, le Père 
Ange, Henri de Joyeuse, vient lui-même apporter aux parents de pieuses 
consolations en leur disant sans doute que, comme la Madeleine de l'Evan- 
gile, la novice de Fontevrault avait choisi la meilleure part. 

{i) Kiançois de Chaniplais étant né, ainsi que nous l'avons vu précé- 
demment, en 15i5, l'indication de sa mort au mois d'octobre lOtG nous 
permet de rétablir le mot effacé dans le texte de notre livre de raison, 
l'rancois de Champlais mourut donc i'kii' iIc soi.ianle et douze ans. Marie 
d'.Xndigiié, sa l'cinnie, ('tait morte, connue nous l'avons déjà remarqué, 
cinq ans avant lui, en IGII. Contrairement à la maxime du classicjue 
Lhomond : On liait ci-.u.r ipic inn craint, ici nous voyons François de 
Champlais craint et aimé de ses sujets. C'est qu'ici le mot craint évalue 
l'idée de respect ; de même que le mol prudence est ici synonyme de 
la droite raison appliquée à la conduite. Ce qui faisait dire à Vauvonaigues: 
« Il ij a peu de vertus sans prudeme i. 



— 27 — 

Sur les hommes prudents ; et les Parques encor. 
Qui filent leurs destins, ne les filent qu'en or (1). 

XXII. — Nicolas de Champlais sortant des estudes ce 
Î2« jour d'avril, l'an fut donné IGo'i. 

XXIII. — Jehan de Champelays, mari de Marie de 
Longue il, filz ené du dict François de Champelais, mourut 
peu de temps avant son père étant capitaine de cent hom- 
mes sous le sieur de Semur, quy est le 'iG*-' jour d'apvril 
I(rl6. 

Requiescat in pace. 

XXIV. — N. de Champlais sortit de Saint-Calais le mardy 
de Pasques, l'an fut donné 1629. 

XXV. — Marquize de Champelays, cadette de la Masserie, 
feille du dit F. de Champelays (2) fut minse en bas aage, la 
mesme anée que son frère Charles fut mins religieux à 
S. Cales (3), religieuse à Saint-Sulpice en Bretagne (4), à 
condition qu'elle auroit la survivance d'une tante qu'elle 
avoit à la Fontaine S... (5), se ([ui arriva l'année même de sa 
profession. Elle mourut l'an.. . 

(1) La place qii'cn'ciipent ces quatre vers dans notre livre de raison immé- 
diatement après l'indication de la rnoi t de François de Champlais, jointe 
aux idées qui y sont exprimées, comparées à celles énoncées pour nous 
faire connaitre les vertus du seigneur de la Masserie, nous permettent de 
considérer ces quati'e veis comme son épitaphe. 

(2) Marquise do Cliamplais était fille de François de Champlais et de 
Marie d'Andigné. 

(3) Nous avons vu que Charles de Champlais était entré au monastère 
de Saint-Calais en « Tan de salut 1597 ». 

(4) L'abbaye de Saint-Sulpice était située à trois lieues de Rennes. 

En même temps que Robert d'Arbrissel fondait à la fin du XI» siècle le 
monastère de Fontevrault, Raoul de la Futaye fondait celui de Saint- 
Sulpice sous la lègle de Saint-Benoit. Comme à Fontevrault, il y avait 
deux couvents, l'un d'hommes, l'autre de femmes; l'un et l'autre, sous lu 
direction de la supérieure du monastère des femmes. 

C5) Une déchirure dans le parchemin de notre livie d'heures a fait dis- 
paraître le mot qui suit ceux-ci : la Fontaine Saint- Mais nous 

pouvons y suppléer. R s'agit de la Funtaine-Saint-Marlin au diocèse du 



— 28 - 

XXVI. — Le 17 Juillet 1(530 François de Champlais, 
escuyer, sieur de la Masserie, fils de Jean de Champlais, 
escuyer, sieur de la Masserie, et de damoiselle Marie de 
Longueil, passe son contrat de mariage avec damoiselle Marie 
de Bastard (1), fille de Guillaume de Bastard, écuyer, sieur 

Mans. En effet nous lisons dans le Dict. lopngraphiqiie de la Sarlhe, par 
Pesche, (t. II, p. 445) qu'an XII"* siècle Foulques V dWujou fonda le 
prieuré de Saint-Martin auprès de la fontaine de ce no)n, et ij plaça des 
rcVuiieuses de l'ordre de Saint-Benoit, qu'il fit venir de Vahbaije de 
Saiiit-Sulpice de Bretarjne. Ces deux abbayes obéissaient à la même règle, 
l'une dépendait de l'autre : d'où il est naturel qu'une religieuse de Saint- 
Sulpice fut appelée à la survivance d'une autre religieuse à la Fontaine- 
Saint-Martin. 

(I) En ce contrat de mariage passé devant Jacques Robelot, notaire au 
Mans, François de Champlais, ayant perdu son père et sa mère, fut assisté 
par niessire Charles de Samson, chevalier, seigneur d'Amené. Marie de 
Bastard, née au château de Coudreuse, paroisse de Chantenay, le2décem- 
bre 160'J { Beqislres des actes de baptêmes, mariages et sépultures de cette 
paroisse) fut assistée, indépendamment de ses père et mère, d'Urbain de 
Bastard, seigneur du Hautbaigneux, son frère aine, et Marie Le Pelletier, 
sa femme, en j)résence de noble et discret Jacques du Cliastel, prêtre, 
piieur d'Avessé et doyen de Brùlon , de noble Pierre de Bastard, curé 
d'.\siiières, lie Florent de Bastard, seigneur de la Rouillonnicre, sesoncles, 
d'Uibain de Hardouin, seigneur de la Girouardière, son beau-frère, capi- 
taine de cent cinquante cavaliers cuirassiers dans les armées de l'Empereur 
en Hongrie, lieutenant pour le Roi au gouvernement de Chàteau-Gonf ier, de 
noble Louis de Bastard, prètie, leligieux de l'abbaye de Château-rilermi- 
tage, son frère. (Bibl. nat. Pièces originales, vol. (Wt, n" 15,ô'i5, Chani- 
plais, pièce 33). 

Le mariage fut célébré le 31 juillet H^'X en l'église de saint Jean-Baptiste 
de Chantenay, par maître Rousson, curé de cette \^aroisse. (Begis Ires de 
Chantenag, et registres dWsnières où mention est faite de la célébration 
de ce mariage). 

Les armes de François de Champlais et de Marie de Bastard nous sont 
données par notre li\re d'heure!, dans la miniature que nous avons repro- 
duite en tète de cette étude. Ce sont du reste les seules qui s'y ici contrei.'t 
enlimainécs. Toutefois nous croyons devoir accompagner la reproduction 
de leuis deux blasons de quehpu's réllexions et corrections. 

Lécu de Champlais, comme l'atteste cette miniature, doit être blasonné: 
d'argent à trois fasccs de gueules surmontées de trois aigles éplogées 
de sable , tel qu'il est indiqiu'- an tome II des Maisons du Boijau- 
tne, Fonds français, nuuiéio IH,G5G. (Bibl nat.) Ce sont ces mêmes armes 
qu'indique Vertot daiis V Histoire des chevaliers de Saint - Jean- de- 
Jérusalem, t. VII, p. 3i'2 où l'on lit : « Gabriel de Ciiamplais de la Bour- 



— '29 — 

dillière eu 1581 : d'argent à trois faces de gueules, surmontées en chef 
de trois aigles à deux têtes de sable, diocèse de Poitiers »; de même la 
Chesnaye-Desbois en son Dict. de la noblesse, t. IV, p. 208, édition 
MDCCLXXII. ; de même aussi le Paige dans le Dict. topog. du Maine, 
t. I, p. lil. On peut voir encore aujourd'hui ces mêmes armes sur une 
pierre tombale de grande dimension, qu'a bien voulu nous signaler 
M. l'abbé Ledru, et qui, provenant de l't'glise de Courcelles, est actuelle- 
ment déposée en dehors de la dite église, et se trouve dans un état regret- 
table, voisin de l'abandon. Un seigneur de Cbamplais de Courcelles y est 
représenté étendu à côté de sa femme; et à leurs pieds est sculpté l'écusson 
de la maison de Champlais accompagné des trois aigles éplotjées. Ce sont 
encore ces mêmes armes que nous rencontrons indiquées en nos archives 
dans un tableau généalogique des quartiers de noblesse de Camille de 
Champlais, seigneur de Courcelles, établis pour sa réception en 1056 dans 
l'ordre de Malte. (Arch. de Dobert : Titres et documents de la maison de 
Bastard. Séries reliées: Branches du Maine, tome VII, 1030-1(359). Et à cette 
occasion nous remarquerons que M. le marquis de Sécillon, en publiant 
dans la Revue hist. de l'Ouest, les titres de ce même Camille de Champlais 
pour être reçu chevalier de Malte, libelle ainsi ses armes, sans mention- 
ner les aigles : d'argent à trois fasces de gueules. 11 se rencontre en cela 
d'accord avec le libellé des armes de Françoise de Champlais, fille de 
François de Champlais et de Marie Dieuxivois, dont nous aurons occa- 
sion de parler ci-apiès, telles que les indique d'IIozier en un document 
conservé en nos archives, et dressé le 31 août 1686, pour étabhr les preuves 
de la noblesse de Françoise deChamplais pour étrereçueà Saint-Cyr. M. de 
Sécillon se trouve aussi d'accord avec le texte de notre livre de raison que 
nous avons publié page 25 où, comme nous l'avons vu, l'écu des Champlais 
est ainsi libellé : f/'0(s iiarrtis c/e gueules en champ d'argent, sans faire 
mention des aigles, dont de même ne parle pas Palliot en sa Vraye et 
parfaite sciencedes armoiries p. 32S, éd. MY)CL\l\ , où on lit : Champelais 
en Anjou et Touraine qui se disent descendus de Florus, rog de Hongrie, 
porte fascé d'argent et de gueules de huit pièces. 

Nous n'avons pas pu jusqu'ici établir à quelle époque les trois aigles 
furent introduites dans l'écu des Champlais, ni déterminer si c'était là le 
signe distinctif d'une des branches de cette famille, autre que la branche 
établie en Poitou, qui subsistait en 1667 et qui portait : de gueides à trois 
faces d'argent, à la bordure de gueule semée de besans d'argent. (Bibl. 
nat. Fonds français, n" 18,656. Maiso}is du royaume, t. II, p. 411). 
Nous ignorons aussi sur quelle tradition, autre que la similitude d'armoi- 
ries, ou sur quel texte peut s'appuyer l'origine citée par Palliot, que nous 
trouvons indiquée par le Père de "S'arennes, ainsi que dans le César ar- 
moriai, m-l6. (Bibl. nat. Pièces originales, vol. 664; Dossier Cham- 
plais : 15,545). 

La maison de Bastard porte pour armes : d'or, à l'aigle d'empire ; mi- 
parti : d'azur, à la fleur de lys d'or. C'est par erreur et contrairement 
aux monuments héraldiques les plus anciens et les plus probants que 



— 30 — 

de la Parachère (1) ( sic j , et de damoiselle Marie de 
Ségrais ('2). Le dit Francoys de Champlais, escuyer, sieur 
de la Masserie, était père de Marie de Champlais (3) qui 
épousa maistre Jean Rousseau de Paradis, bourgeois au 

dans la iniiiintiue de notre livre d'Heures, l'écu de Marie de Bastard porte 
la. fleur de lijs ù dextre L't l'a'ujle à scneslre ei ({we\es pièces sont ainsi 
interverties. Si l'on rencontre ici K' lanibel, c'est qne Marie de Bastard 
appartenait aux branches du Maine qui distinguaient ainsi leur écu des 
autres branches de leur famille, tMablies en d'autres provinces, la branche 
ainée portant les armes pleines. ïoutotbis, la précisior deiiianderaitque le 
lambel brisant les armes de Marie de Bastard (de la branche de la Paragère) 
h\\, ii trois pendaiilH de (jiunde><^ \.i\uA\?, que le lambel à trois pendants 
d'argent était la brisure de la branche des seigneurs de Dobert, marquis 
de Fontenay. Les manuscrits de Glievillard, historiographe et généalogiste 
du Roi, ainsi que diverses généalogies de la maison de Champlais, notam- 
ment celles établies pour les pi ouves île Saint-Cyr, en 1724, et du chapitre 
de Tournay, en IZVô, indiquent avec exactitude, i\ trois pendants de gueu- 
les le lambel qui brise lécii de Marie de Bastard, femme de François de 
Champlais. 

(,1) Guillaume de Bastard, seigneur de laParagère(et non Parachère), de 
Coudreuse, de Chantenay, de la Boche Saint-Brault, du tiers de la chàtel- 
lenie de Champagne-IIommet, au Maine, homme d'armes de la compagnie 
de Jean de Thévalle, comte de Bouille et de Créance, ensuite de Jean de 
Beaumanoir-Lavardin, était re-té fidèle à la bannière catholique pendant 
les guerres de la Ligue. Il tomba prisonnier de guerre du parti protestant 
dans la lutte qu'il soutint contre le régi.nent du sire de Saint-Denis- 
Maillot, qui pilla le château de Coudreuse. (Lettre de rémission du 23 
mars 1590. Arch. de Dobert. Titres et documents... de la tnaison de 
Bastard ; Séries non reliées ; série de Bastard : liasse 9, pièce 30). 

La Paraj/fTe était un fief en Chantenay apporté en 1478 en la maison 
de Bastard par le mariage d'Alexise Gauquclin, dame de Dobert, de la 
Paragère, et autres lieux, avec Macé de Bastard, seigneur de la Frille et de 
Nolian en Berri, bisaïeul de Guillaume. (Titres et documents.... de la 
maison de Bastard.... passim.) 

(2) Marie de Ségrais, dame du llautl)aigneux et du Houx, en la paroisse 
de Sainl-^Iars (rOutilb!', au diocèse du Mans, était (ille de Louis de Ségrais 
seigneur du Houx et de Catherine de Montécler, dame du llautbaigneux. 
Titres et dociDuents.. de la maison de Uastard : séries uon reliées ; .série 
de Bastard : liasse G, pièce 2. La maison de Ségrais porte pour armes : 
d'azur à une croix d'or, cantonnée de trèfles d'argent. (Bibl. nat. 
Cabinet des titres n" 14. Province d'Anjou, p. 178). 

Ci) Marie de Champlais était née du second mariage de François de 
Cliamplais avec Marie de Justinien. En eflVt l'inventaiic sommaire des 
archives de la Sarllic, Ml r. de la Flèche, jiaioisse de Pontvallain, p. 4it, 



— 'M — 

Mans (1); père et mère de Francoyse Rousseau de Paradis, 
qui épousa le s'" Jacques Cliappelain , receveur - général 
du marquisat de Lavardin ('2). 

XXVII. — Par contract de mariage, Francoys de Champe- 
lays escuyer, sieur de la Masserie, fils de Francoys de 
Champelays et de damoiselle Marie de Bastard (3), épouse 
damoiselle Marie-Anne de Dieuxivois, fille de feu Pierre 

nous montre que l'iançois de Champlais, étant devenu veuf de Marie de 
Bastard, épousa le 23 août 1G57, dans la chapelle seigneuriale des Touches, 
paroisse de Ponlvallain, nohie Marie de Justinien, fille de feu Sci|iioM de 
Justinien, et de dame Madeleine de Chalopin. 

Marie de Justinien, devenue veuve de François de Champlais, mourut le 
21 juillet 1692, et son corps fut inhumé dans l'église de Fay, par le curé de 
Pruillé-Ie-Chétif. (Arch. de la paroisse de Fay). 

Dans l'acte de baptême de Jacques de Champlais (aux arch. de la parr. 
de Fay) le 23 janvier 1609, Marie de Chainjjlais, marraine, est dite fille du 
seùjneur de la Masserie ei de Marie c/t; Ji(-s/(Ai(t;rt. Les registres de la 
paroisse de Saint-Benoit du Mans, n" 1412^ nous font connaître à la date 
du 5 mai 1742, la mort de Marie de Champlais veuve de Jean Rousseau de 
Paradis. 

(1) Un membre de cette famille était conseiller au siège de l'élection de 
la Flèche, au commencement du XVIll* siècle ; sa fille avait épousé en 
premières noces Louis Le Febvre du Ressort, conseiller au siège 
présidial du Mans, et en secondes noces Jacques Legoué de Riche- 
mont. Nous empruntons de nouveau ces renseignements aux Mémoires 
du chanoine Nepveu de la Manouillière (t. I. p. 291), et aux annota- 
tions de M. l'abbé Esnault. Les registres de mariages de la paroisse de la 
Flèche nous font connaitie à la date du 25 juin 1709, le mariage de Jean 
Rousseau, sieur de Paradis, âgé de 24 ans, fils de défunt Charles Rousseau, 
sieur de Paradis, et do demoiselle Le Gaigneur avec Renée Jacquine 
Grosse, âgée de 25 ans, tille de René Grosse et de Françoise Corvaisier. 

(2) La seigiieurio de Lavardin , au diocèse du Mans , jadis du 
doyenné de Sillé-lc-Guillaume, fut érigée en marquisat par lettres 
patentes du 4 juillet 1601, au profit de Jean de Beaumanoir , 
maréchal de France. ( Voir dans la Bévue hist. et archcol. du 
Maine, t. VI, p. 198 et suiv., les judicieuses notes critiques sur les 
trois Lavardin de l'ancien diocèse du Mans, par M. Alexandre de 
Salies;. 

(3) François de Champlais n'était pas le seul fils du seigneur de la 
Masserie et de Marie de Bastard. Les registres de la paroisse de Fay 
nous font connaître leurtîls cadet, Charles, écuyer, seigneur du Plessis, 
marié le 24 juillet 1673, à damoiselle Jacquette de Fruge, fille de Louis 
de Fruge, sieur de la Massonniere et de damoiselle Jacquette Lenoir, 



— 32 — 

Dieuxivois, de la ville du Mans, et de damoiselle Graffard (1). 
Ce contract de mariage passé devant Bruneau notaire au 
Mans le XI may 1G64 (2). Du d. mariage sont plusieurs 
enfans (3), un à Paris, l'autre en Bretagne qui s'appelle 

(1) Marie-Anne Dieuxivois appartenait à lune des plus vieilles et 
honorables familles d'ancienne bourgeoisie de la ville du Mans, reconi- 
mandables par la dignité de leur vie, leur esprit de tradition, puis- 
santes par leur fortune , leurs alliances , et le nombre de leurs 
membreS;, et souvent pourvues de charges importantes dans les juri- 
dictions locales. Dubuisson dans son Ar)norial de France, p. iH, t. I, 
éd. MDCCLVII, libelle ainsi les armes des Dieuxivois : d'azur à un 
chandelier à Irais brandies d'anjent, accompagné en chef d'un soleil 
d'or. D'Hozier dans les preuves de noblesse qu'il dresse en 1686 pour 
la réception à Saint-Cyr de demoiselle Françoise de Champlais, l'une 
des filles de Marie Dieuxivois, indique l'or comme l'émail des branches 
du chandelier ; de même aussi dans le Nouveau d'Hozier, cahier bleu : 
Champlais, n" 1718. Bibl. nat. 

(2) Par les articles du contrat de mariage accordés le 20 avril I66i, 
et confirmés le 20 mai IGGi, François de Champlais, veuf de Marie de 
Bastard, sa première femme, marie le futur époux comme son fils aine 
et principal héritier, et lui donne par avancement d'hoirie la moitié de 
la maison seigneuriale et de la terre de la Masserie, la métairie et 
domaine du l'Iessis-Fouquet, le lieu et métairie de la Lucassière, et 
s'engage à fournir aux futurs époux des meubles pour meubler une 
chambre. La mère de Marie-Anne Dieuxivois promet de son côté à la 
future épouse en avancement d'hoirie dix mil livres tournois, et, con- 
tracte diverses autres obligations, et entr'autres d'habiller sa fille .selon 
sa qualité. Le mariage eut lieu au Mans le 2 jnin 1664 (Reg. de Saint- 
Pierre-de-la-Cour, au Mans, 2,100-2,148). 

Nous remercions ici M. l'abbé Esnault d'avoir bien voulu nous com- 
muniquer ce contrat de mariage, ainsi que divers autres titres et docu- 
ments concernant les Champlais, et dont nous avons plus d'une fois 
tiré un utile profit. 

(3) Nous rencontrons parmi les enfants de François de Champlais et 
de Marie-Anne Dieuxivois : 1» François, baptisé à Fay, le 11 juillet 1666, 
parrain Charles de Champlais son oncle , et marraine Mario de 
Dieuxivois sa tante, (Bibl. nat. Carrés d'Hozier, t. 166, n» 358) ; 
S» Jean, baptisé le 17 juin 1667 (reg. de Saint-Pierre-de-la-Cour, du 
Mans, 2.142), inlunné h^ 23 janvier 1669 (Reg. de Fay). 3» Jacquine 
(reg. de Saint-Benoit du Mans, 1,023) ; 4" Marie, parrain maître Pierre 
Cailleau , marraine Marie de Justinien sa grand-mère ; 5» .Anne- 
Françoise que nous trouverons ci-après marraine de sa sœur le 12 
janvier 1673 ; 6» .lacques baptisé le 11 avril 1671, parrain vénérable et 
discret maître Jacques Ribault, curé de Fay, marraine damoiselle 



33 



chevalier et capitaine de cavalerie, et qui a été page 

chez (1). 

XXVIII. — Le mardy 22 avril 1659, Louis de Champlais, 

Marie de Champlais, filJe aisnée de monsieur de la Masserie et de Marie 
de Justinien ; 7" Françoise de Champlais baptisée le 12 janvier 1673, 
parrain François de Champlais son frère, et marraine Anne-Françoise 
de Champlais; décédée le 30 août 1691; 8" Marguerite, baptisée le 
7 septembre 1678 ; 9« Pierre, baptisé le 12 décembre 1682, parrain 
vénérable et discret maître Anne Amyot, prêtre, et marraine Françoise 
de Champlais. Les archives de Dobert possèdent les preuves de 
noblesse établies par d'Hozier pour la réception à Saint-Cyr de plu- 
sieurs des filles de François de Champlais et de Marie Dieuxivois. 

(1) Lieutenant des gardes de M. le marquis de Lavardin lieutenant- 
général au gouvernement de la haute et basse Bretagne, François de 
Champlais, lils aîné et principal et noble héritier de François de 
Champlais, seigneur de la Masserie, et d'Anne Dieuxivois, épousa en 
1695 Marie du Bochet, fille de Marc du Bochet, seigneur du Plessis-Qui- 
nio, paroisse d'Asserac.évêché de Nantes, et de Marguerite Le Roy. Dans 
son contrat de mariage intervenu le 18 décembre 1695, François de 
Champlais était assisté de Jacques de Petit-Jean, seigneur de la 
Roussardière, (de la paroisse de Courdemanche, au diocèse du Mans), 
capitaine des gardes du marquis de Lavardin, et son ayde de camp^ 
procureur du seigneur et de la dame de la Masserie, père et mère ; 
Marie du Bochet, assistée de sa mère veuve, et de son frère unique 
François du Bochet, demeurant en la ville d'Hennebont, de Vincent du 
Boys, sieur du Bot, son oncle maternel, demeurant en la ville deVannes, 
en faveur duquel mariage la dame Le Roy cède à sa fille la terre noble 
du Plessis, relevant de la seigneurie d"x\sserac. (Bibl. nat., cahier 
bleu, Champlais : n" 4,390). Du Bochet porte pour armes : d'azur 
à deux levrettes d'urgent, colletées de rjueules, bouclées d'or. (Armo- 
riai général de Bretagne, par lîriant de Laubrière). Mon, Potier 
de Courcy. 

Du mariage de François de Champlais et de Marie du Bochet naquit 
le 30 décembre 1698, un fils Guillaume, baptisé le lendemain en la 
paroisse de Nolre-Dame-de-Paradis d'Hennebont ; il eut pour parrain 
Guillaume du Bochet, seigneur de Penhoët, et pour marraine Marie- 
Anne le Paillon. Capitaine dans le régiment de cavalerie de Condé, et 
l'un des gentilshommes de S. A. S. Monseigneur le Duc, il fit en 1724 
ses preuves pour être admis au nombre des chevaliei's de Saint-Lazare, 
comme l'indique la mention inscrite en marge d'une des pièces con- 
servées à la Bibl. nat., dans l'un des cahiers dits: Cahiers bleus, 
titres de famille : Cliamplais, n" 4,390. 

François de Champlais et Marie du Bochet eurent de leur union : 
\° Guillaume, dont nous venons de parler ; 2» Jacques ; 3" Marie-.Vnne ; 

XXIV, 3 



— 34 — 



baron de Courcelle (4), mourut sur le menuict, et l'avoisveu 
le lundy 14 avril quy esloit le fairier de Pasques. 

4" Léon (BiLl. nat., cabinet des titres. Carrés d'Hozler, t. 166; 
nos 359 et 360; ; 5" Françoise-Emilie, baptisée le 3 août 171 i eu la 
paroisse de Notre-Dame d'Henneboiit, et pour laquelle des preuves de 
noblesse furent faites en 1724 pour sa réception au nombre des filles 
demoiselles de la maison de Saint-Louis fondée par le Roi à Saint-Cyr, 
dans le parc de Versailles. ( Bibl. nat. Caiiier bleu , Champlais , 
n° 1 718, Nouveau d'Hozier)\ G" François-Marie baptisé en la paroisse 
d'Asserac le 4 octobrel717 (I{il)l. nat. Cart'ès d'Hozier, t. 166..), présenté 
pour être reçu chanoine de l'église de Tournay, le 15 juin 1739, et 
pour le(iuel d'Hozier certilie qu'en conséquence des actes ci-dessus men- 
tionnés et qui ont été produits pour les réceptions de Françoise, de 
Jacquine, et de Françoise-Emilie de Champlais dans la maison royale 
de Sainl-Loiiis à Saint-Cyr en 1086 et il 2^, ledit François-Marie de 
Champlais justifie une possession de noblesse constatée par titres depuis 
Jamet de Chainphtis^ son neuvième aïeul écuyer sieur de la Masserie, l'an 
mil quatre cent trois, dont l'un des petits-fils a for/né la branche de 
Courcelles éteinte en la personne de Camille de Chamj)lais, chevalier de 
Malthe, commandeur de Poitou, )nort iieutenant-yénéral des armées du 
Bol, au mois de mai il 06. {Titres et documents de la maison de 
Bastard. Branches du Maine. Série reliées, t. XI, 1725-1749). 

(1) Nous n'avons pas ici l'intention d'entrer dans le ilétail de la fdia- 
tion, des alliances, di^s services, des liels et seigneuries des sujets de 
la branche de Champlais de Courcelles, dout notre livre de raison, 
IJarticuliérement consacré à la branche des seigneurs de la Masserie, 
nous indicfue seulement le mariage et la mort de Louis de Champlais, 
baron de Courcelles. Nous i)ensons consacrer quelque jour une étude 
aux Champlais de Courcelles en publiant l'important tableau généalo- 
gique de cette branche coutenu en nos JU'ciiives. Nous nous conten- 
terous de rappelc^r aujourd'hui les auteurs de Louis de Champlais, en 
remontant jusqu'à l'auteur commun d'où sont sorties les difTérentes 
brauches de sa maison. 

Louis de Champlais, l)aron de Courcelles, dit aussi le manjuis de 
Courcelles, natiuit le 15 juin 1003 ; il fut conseiller du Roi eu ses con- 
seils d'Ftat et privé, maréchal des camps et armées du Hoi, iieuleuant 
commandaut l'artillerie dans sou armée en Italie, lieutenant-général 
pour sa Majesté au gouvernement de la ville de Lyon, {)ays de 
Lyonnais, Forez et Beaujolais; il était (ils de Charles de Champlais, 
seigneur d.' Courcelles, secrétaire du Hoi, et de Suzanne de 
Montbourciii'r, mariés en 1602 ; et petit-fds de François de Cham- 
plais, égal'^ment secrétaire du Roi, et de .Iranue de lîeaumout, 
mariés en 1563. il descendait au troisième degré de François de 
Cliaui|jlai.'i, sf'igueur de Courcelles, et de Hélène du l'uy-.lourdaiu 
mariés eu 1513; au (juatriéme degré d'Etienne de Champlais, ;//a('(re 



— 35 — 

Le mercredy 28 mai 1659 l'on a faict la quarrantainne du 
dict seigneur de Gourcelle oîi un Jésuitte, le Père Mon- 
brun, de la Flèche (1), a faict son orayson funèbre. 

Requyescat in pace. 

Le dict baron de Gourcelle (2) puiné de séans et sa der- 
nière femme (3) avait nom Marie de Villeroy (4), sœur de 
M. le Maréchal de Villeroy. 

iVhôtel en ia maison du roi Charles VIII, commissaire d'artillerie, 
et de Jeanne de Poillé, qui lui apporta la seigneurie de Courcelles, 
mariés en 1480; enfm au cinquième degré de Pierre de Cliamplais, 
lequel, connne nous l'avons vu, avait eu pour lils : 1° Fouquet marié 
dès avant 4475 à Josseline Drouet, et auteur de la branche aînée, celle 
des seigneurs de la Masserie ; 2' Etienne, auteur de la hrauche de 
Courcelles, et 3" Colas, seigneur de la Bourdillière, paroisse de Saint- 
Martin-de-Sanzay, en Anjou, auteur de la branche qui se lixa en Poitou. 
A cette dernière branche appartenait Jean de Champlais, homme 
d'armes de la compagnie du maréchal de Retz, et son frère archer 
dans ladite compagnie, comme l'indique la quittance donnée à Brigno- 
les, en Provence, par ledit Jean, comme héritier de défunt Louis son 
frère, de la somme de cinquante livres tournois jiour gages dus au dit 
défunt sieur comme arclier, pour les quartiers de janvier, février, mars 
1574. (Bibl. nat. Pièces originales; vol. (5lJ't, n" 15545). En 1581, 
Gabriel de Cliamplais de la Bourdilliére était reçu chevalier de Malte; 
et un siècle plus tard environ Louis de Champlais, seigneur de la 
Bourdilliére, obtint le 24 septembre 1667 une ordonnance de maintenue 
de noblesse de M. Barentin, intendant de Poitou. 

(1) Ce fut en 1603 que Henri IV ayant rappelé les jésuites en France 
conçut le projet d'établir un collège à la Flèclie et leur en confia la 
direction. 

(2) L'érection de la baronnie de Courcelles, au diocèse du Mans, élec- 
tion de la Flèche, en marquisat, eut lieu par lettres patentes du mois de 
mai 1667, date indiquée dans le Dictionnaire de la noblesse de la 
Chesnaye-Desbois, t. IV, p. 208, éd. MDCCLXXII, et reproduite par 
Pesche, Dict. statistique de la Sarthe, p. 127, t. IL Toutefois, dès l'année 
1656 un « adveu est rendu à hault et puissant seigneur itiessire Louis 
de Champlais par dame Marie- Magdeleine du Chesne, veuve de défunt 
messire Michel de Broc, par lequel elle reconnoist estre femme de foij 
lige du dit seigneur marquis de Courcelles au regard de la dite terre et 
seigneurie de Courcelles, à cause de sa dite terre de Chemiré.y> 

(3) Louis de Champlais n'avait-il pas épousé en premières noces 
Marguerite de Chevrière qualifiée épouse de Louis de Cliamplais, dans 
un acte de baptême où elle figure comme marraine à la date du 10 
août 1623, sur les registres de la paroisse de Saint-Jean-de-la-Motte ? 

(4) Louis de Champlais épousa en secondes noces, le 12 mars 1640, 



36 



Ici s'airètent, sans autres mentions des seigneurs de 
Courcelles, les indications que renferme notre Livre d'Heures 
sur les événements de famille de la maison de Chimplais. 
Nous rencontrons alors des poésies écrites soit dans le bas 
des marges du manuscrit, soit dans la partie des feuilles où 
le texte est interrompu à mi-page, soit au verso ou recto 
des grandes miniatures. 

La mort est le thème exclusif de chacune de ces poésies. 
Les vertus de Marie d'Andigné, femme de François de Cham- 
plais, les ont inspirées. Et le poëte ne semble être autre 
que son mari comme le témoignent à la fin de l'une des 
pièces de vers, la mention : F. de Champelais me fecit, et 
son nom au bas de plusieurs autres. 

Marie de Neufville de Villeroy, fille de Charles de Neufville, marquis 
de Villeroy et d'.\rlincourt, clievalier des ordres du roy, gouverneur de 
Lyon, and)assadeur auprès do Paul V, et de Jacqueline du Harlay. 
Marie de XeulVille de Villeroy était veuve en première noces d'Alexan- 
dre de Bonne, seigneur d'Auriac , vicomte de Tallard ; elle était 
sœur de Nicolas de x\eutville , premier duc de Villeroy , pair 
et maréchal de France. Elle mourut en 1688 laissant de son mariage 
avec Louis de Champlais, plusieurs enfants dont trois fils : i" Charles, 
né à Paris le 6 mai 16i5, marquis de Courcelles, lieutenant-général de 
l'artillerie de France, marié en 1666 à Marie-Sidonie de Lenoncourt, si 
fameuse par sa beauté, ses scandales et ses aventures, et mort sans 
postérité; 2" Ferdinand, né le 11 juillet 1650 abbé de Saint-Méen, au 
diocèse de Saint-Màlo ; 3" Camille né en 1653, chevalier de Malte, lieu- 
tenant-général des armées du roi. 

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces divers personnages ; 
nous serions entraînés hors des bornes de notre étude. 

Le seigneur de Champlais. ('poux tle Marie deVilleroy, est tantôt a|)pelé 
Louis, comme il est désigné ci-dessus dans notre Livre d'Heures; tantôt 
Loiiif- Charles comme le désigne le père Anselme, au t. IV, p. 642, de 
V Histoire des rjrands officiers de la couronne ; tantôt Charles, à la page 
286 du même tome IV de l'Histoire des (jrands-officiers de la cou- 
ronne. I*aul Pougin dans la notice qui précède les Mémoires de Sidonie 
de Lenoncourt, marquise de Courcelles, éd. Jaunet, Paris, 1869, désigne, 
à la page 7, le second mari de Marie de Neufville de Villeroy sous le 
prénom de Charles. Nous remercions ici M. Prière, le sympathique 
bibliothécaire de notre société historique et archéologique du Maine, 
de son obligeante communication. 



37 - 



I 



Mon Dieu, mon seigneur gracieux, 
Je te prie me donner ta grâce, 
Afin qu'un jour là hault ès-cieux 
Je puisse contempler ta face. 

De GHAMPLAIS. 



II 



Cy gist une digne de amer (1) 
Par son nom et son anagramme, 
Qui en son vivant a heu l'âme 
De tous jours le vray Dieu prier, 
Et faire bien à ung chascun 
Sans jamais en fâcher aulcun. 
Prions Dieu que tous ses peschés 
Par Jésus-Christ soient effacés. 
Amen. 

Mon Dieu et seigneur glorieux. 
Je te prie lui donner ta grâce 
Affin qu'estent là hault ès-cieux 
El voit la beaulté de ta face (2). 
Requiescat in pace. 



(1) Digne de amer anagramme de Marie d'Andigné. 

(2) L'exigence de la mesure el les nécessités de l'orthogi-aplie s'ac- 
cordent mal ensemble. Nous n'avons pas du reste la pensée de recom- 
mander ces vers pour le soin jaloux de la versification, la richesse 
de la rime, et le respect de toutes les régies de la prosodie ! 



— :?s — 

m 

De Marie d'Andigné — Digne de Aymer. 

mort, mort, cruelle besle, 
que tu es à redouter 
Ta traïzon ne se peult doulter 
Par ceulx qui vivent en cest estre. 
Tu tues (1) les rois, tu tues les princes, 
Et n'épargnes aulcuns humains. 
Tous sont par tes mams cruelles 
Assommés par touttes provinces. 
Tu tues les bons et les maulvais, 
Tu ruines tous sans recognoistre ; 
Tu n'as raison non plus que beste, 
Car d'acception tu ne fais. 
Tu as, dont l'on te doibt blâmer, 
Faict mourir une damoiselle 
Qui plus que aultre avoit le zelle 
D'honorer Dieu, dingne de Aymer. 

F. de CHAMPELAIS. 



Conclusion . L'on ne me doibt blâmer 
D'Aymer tousjours celle digne de Aymer 

Anagramme : François de Champelais : 
Palas de France ma choisi (2). 

(1) Le soin de l'euplionie est ici bien (nililir. 

(2) Pour ossiiyor d'explifiuor cet aiiajjiranuno niyfliolo^'iqnn, nous 
sommes amené à dire que François de Gliamplais, l'auteur fécond de 
toutes ces poésies que lui inspiraitle souvenirdes vertus de sa femme, 
voulait ainsi comparer Marie d'Andigné qui l'avait choisi pour époux à 



- 39 — 

IV 

Marie d'Andigné, digne d'Aymer. 

Ci-gist soubz se fortuné lieu 
Le cosre d'une âme parfaicte ; 
Il est en pouriture infaicte 
Pour estre blanchie devant Dieu. 
Blanchie je dis de tous ses fais 
Quelle a cumis estant au monde. 
Mais elle n'avoit point de segonde 
Qui l'imita en ses biens faictz. 
Ici n'y a femme qui nairre 
Et qui ne pèche grandement ; 
S'il s'en trouve une autrement, 
Qu'il jette la première pierre ! 
Comme une perle orientale 
Elle estoit fort à estimer, 
Et comme une vierge vestalle (1) 
Toujours estoit digne de Aymer. 
Prions Dieu qu'il oblie les faits 
De tous ses malheureux forfaits. 
Amen. 

F. de CHAMPELAIS. 



Pallas, déesse de la Sagesse, de la Ciierre et des Arts. Marie d'Andigné 
n'était-elle pas remplie de vertns et do sagesse? N'a-t-elle pas inspiré 
fi ses fils la passion de la guerre, que l'un d'eux alla faire jus(pi'cn 
Allemagne? N'a-t-elle pas inspiré à son mari l'art de la poésie ? 

(1) La comparaison de Marie d'Andigné à une vierge vestale est 
quelque peu risquée, car nous lui connaissons six enfants. Moins heu- 
reuse était la vestale de l'antiquité qui était condamnée à être enterrée 
vivante, quand elle manquait au vomi de virginité, 



40 



Aftaiblis de courage 

Qui distes le destin 

Avoir ceste avantage 

Vous mener à la fin 

Soit au bien soit au mal (1) 

Selon le cours fatal, 

Gongnoissez l'avantage 

De votre liberté 

Dieu nous donne en partage. 

Libre la volonté ; 

Donc les effectz en fin 

Ruinent le destin. 

Ce que dessus est contre ceux qui disent que fault que le 
destin ;iit lieu. 

Tel a sa vie presque usée 
Qui ne sçait pas sa destinée. 



VI 



Le jeudy 26" jour de may 1611 ti'épassa sur les neuf heures 
du matin damoiselle Marie d'Andigné, femme de François de 
Champelais, escuier, s"" de la Masserie, — Elle estoit en son 
an climatoir : i.xni ans ('2). 



(1) Notre poëte ne se préoccupe pas de juxtaposer deux rimes mascu- 
lines sans intercaler entre-olies une rime féminine ! 

(2) Climatoir vieux mot employé pour cliinatcrique. Climatérique se 
dit de chaque septième année de la vie humaine, et particulièrement 
de la soixante-troisième, qui est la m'uviéinr septénaire. C'est \\\i 
reste des rêveries de l'astroloffie. 



M 



Gi-gist dans cest obscur tombeau 
Le corps d'une vraie damoiselle 
Qui avoit envers Dieu le zelle 
Que doit avoir un esprit beau. 
Elle portait le nom en sa vie 
De la bonne vierge Marie. 
D'Andigné était son ?ou.s-nom 
Alliance de grand renom. 
Son anagramme sans changer 
Se rencontrât digne d'aynier. 
Très digne elle esloit d'être aymée 
Et par sa vertu estimée. 
Sa vie a été fort pieuse 
Et envers tous officieuse. 
La Parque fist finir ses pas 
En son année soixante et trois (i) 
Prions tous le Roy glorieux 
Qu'il colloque son Ame ès-cieux. 
Amen. 



F. de CHAMPELAIS me fecit. 



(1) Avec la meilleure volonté, on ne peut arriver à faire rimer pas 
avec trois. Nous ferons remarquer que quatre vers à rimes féminines 
se succèdent ici. et sont suivis par quatre vers à rimes masculines. 
Les vers pourraient être ainsi transcrits sans que le sens en fut 
altéré : 

Très digne elle estoit d'être aymée 
Et par sa vertu estimée : 
La Parque finit ses pas 
En son année soixante et trois. 
Sa vie a été foit pieuse 
Et envers tous officieuse ; 
Prions tous le Roy glorieux 
Qu'il colloque son âme es cieulx. 



î>2 



VII 



O.mort, tu me convie de dire : 
«. Hélas ! il n'y a jour en cette vie humenne 
» Qui ne tremble de peur, ou ne sue de peine ». 



VIII 

Épitaphe de Marie d'Andigné (1). 

Areste toi, passant, aiens ton ame atainte 
D'un extrême regret de voir dans ce sercuieil 
Celle pour qui le pays porte ung merveilleux deuil 
Car leurs tristes accents le témoignent sans fainte. 
Sa grande chanté, sa dévotion sainte 
Ses dignes actions, sa débonnaire humeur 
Luy ont faict acquérir ung immortel honneur, 
Dont la gloire ne peut par la mort estre éteinte. 
C'est Marie d'Andigné dont l'esprit vertueux 
N'avait pour objet que Dieu devant les yeux 
L'honneur de son mari, le soin de son mesnage. 
Pour l'amour de Dieu, elle aimait son mari ; 
Elle aymait ses enfans estant issus de luy. 
Et d'aultre ambission n'anima son courage. 

(1) Cette pièce de vers : « Épitaphe de Marie cVAndigné » ainsi que 
l'épitalie qui suit, (ii" IX), ot le tombeau de DitKjne de Aymer (n" X) 
sont transcrites dans notre Livre d'Heures au milieu des réflexions 
[lieuses et des textes des Livres - Saints, qui terminent le ma- 
nuscrit. Ces textes des Livres-Saints, transcrits d'une niaiti cou- 
rante sur des feuilles de fiapier, el non de velin comme le reste du 
manuscrit, nous ont paru par leiu' nature, ainsi que les disseilations 
qui les accompagnent, ne pas devoir être reproduits dans notre 
travail. Nous n'avions aucune note, aucun commentaire à y ajouter, 
et il suffira de dire que la Sainte-Eucliaristie y occupe une grande 
place pour que l'on compreime (pie la gravité et la sainteté du suj(>t ne 
nous permettaient pas de compriMidre ces textes dans la publication 
de notre travail. 



~ 43 — 

IX 

Aultre. 

Triste pays, c'est en vain que multiplie ton dueil 
Car la mort se faict voir aux pleurs inexorable. 
Des vertus le séjour gist dedans ce cercueil 
Qui témoignent son heur et la perte semblable. 



X 

Tombeau de Dingne de Aymer. 

Ci gist, ô triste mort sous cette froide pierre 
Ung corps dont l'esprit e.st maintenant dans les cieux. 
Car la terre et le ciel se partagent tous deux. 
L'âme demeure au ciel et le corps à la terre ; 
Envieux de notre heur par cest invention 
Nous ravissent Fobject de la perfection. 
La mort avait voulu come par violence 
Par la douleur du corps en séparer l'esprit ; 
Mais Dieu la désavoue, et elle se garist, 
C'est ain.ssi qu'il faict voir tous jours sa providence 
Non qu'il veuille priver son esprit désireux 
D'en jouir et se voir avec les bien heureux, 
Aprais avoir ataint soixante et trois année 
Elle tombe, preint ses heures en sa main 
Et tous remèdes alors sont apliqués en vain ; 
Prise d'un doux sommeil sa vie fut terminée 
Dieu ne voulant donner sa proie à la douleur 
Ce corps qui le servant fut du vice vincueur. 
Me semble que j'entends une voix agréable 
Résonner doulcement et parler à son cueur : 



Vv 



u Maintenant je vous donne un éternel bonheur 
» Venes, ma chère amie, il est bien raisonnable, 
» Tu pleurois ta moitié, j'excause tes désirs 
» Donnant pour te survivre une feme à son filz » (1). 
« Je suis à vous seigneur », repart son âme esprise 
D'un extase transport qui la ravit aux cieux 
Où elle faict séjour entre les bienheureux. 
pront et cher apel désirable surprise ! 
C'est ainsi que mon Dieu caresse ses amis 
Doulcement leur donnant lieu dans son paradis. 
Despeindre ses vertus, je ne puis l'entrepreindre ; 
Leur essence est du ciel, c'est aspirer trop hault. 
Il est donc impossible en parler come il fault 
Car nul esprit humain ne les peult pas comprendre. 
C'est pourquoi ce grand Dieu lui donne place ès-cieux 
Pour loier immortel de ses dignes labeurs (2). 
Dingne de Aymer 



Pour terminer et résumer cette étude, particulièrement 
consacrée aux Ghamplais, seigneurs de la Masserie, nous 
croyons devoir rappeler, sous forme généalogique tous les 
sujets de cette branche que nous avons rencontrés dans 
notre livre de raison, ou que nous avons cités dans nos 
annotations. 

I. N... de Ghamplais, 

Il eut pour fils, vers le milieu du XIV^ siècle : 
I" Georget qui suit, 

(1) Comme nous l'avon.s vu, le mariage du (ils aîné de Françoi.s de 
Ghamplais et de Marie dWndigné eut liim le i) janvier 1011, précédant 
ainsi de quatre mois la mort de Marie d'.Vndigné qui trépassa le 26 mai 
de la même année. 

(2) Dans ces deux derniers vers la rime fait totalement défaut. 



— fô — 



2" Guyon de Ghamplais, marié à Marguerite de 
Souvré, lesquels eurent pour fils Pierre ; 

Jeanne de Chanîplais, dame de Souvré, 
mariée au milieu du XV^ siècle avec 
Jean de Falays, et en secondes noces 
avec Jean de Maillé. 

II. Georget de Champlais épousa en 1370 Perronnelle 

de Montrottier, dame de la Masserie. 
Ils eurent pour fils : 
1° François, 
2" Jamet qui suit. 

III. Jamet de Champlais, seigneur de la Masserie, 

épousa en 1403 Jeanne de Rouillon. 
Ils eurent pour fils : 
Pierre qui suit. 

IV. Pierre de Champlai.s, V' du nom, seigneur de la 

Masserie épousa en 1450 N... 
Ils eurent pour fils : 

1° Fouquet qui suit, seigneur de la Masserie, 
2" Golas, auteur d'une branche établie en Anjou, 

puis en Poitou, 
3'J Etienne, auteur de la branche dite de Cour- 
celles, également au Maine. 

V. Fouquet de Ghamplais, seigneur de la Mas.serie, 

épousa en 1475 Jo.sseline Drouet. 
Ils eurent pour enfants : 
1'^ Guillaume qui suit, 
2" Jeanne, mariée à Hardouin Gailleau, seigneur 

de Laubinière. 

VI. Guillaume de Champlais, I"'' du nom, seigneur de 

la Masserie, épousa en 1506 Françoise Briand. 
Ils eurent pour fils : 
Pierre qui suit. 

VII. Pierre de Champlais, IP du nom, seigneur de la 

Masserie, épousa en 1536 Charlotte de lu 
Houdinière. 



m 



Ils eurent pour enfants : 

l" François qui suit, 

2" Urbaine, mariée en 1563 à Jean delaCiievrière, 

seigneur de la Roche de Vaux, 
3" Charlotte, mariée à Jacques de la Fontaine. 
Vlir. François de Champlais, !«■' du nom, seigneur 

de la Masserie, né en 1545, mort en 1616, 

épousa en 1573 Marie d'Andigné, née en 1547, 

morte en 1611. 
Ils eurent pour entants : 
1" Jean qui suit, 
'> Charles , religieux au mona.stère de Saint- 

Calais, mort en 1641, 
3" Mathurin, né en 1583, tué au service de 

l'empereur d'Allemagne en 1607, 
4" Françoise, religieuse de Fontevrault en 1610, 
5" Anastayze, mariée à Girard, seigneur de la 

Jonchère, morte en 16'22, 
6" Marquise, religieuse à l'abbaye de Saint- 

Sulpice de Bretagne, puis à l'abbaye d.3 la 

Fontaine-Saint-Martin. 

IX. Jean de Champlais, seigneur de la Masserie, capi- 

taine de cent hommes d'armes, mort en 1616 ; 

il épousa en 1611 Marie de Longueil. 
Ils eurent pour fils : 
François, qui suit. 

X. François de Champlais, II*' du nom, .seigneur de la 

Masserie, épousa en 1536 en premières noces 
Marie de Bastard, née en 1609. 
Ils eurent pour fils : 
1" François, qui suit : 

2" Charles, marié, en 1673, à Jac(iuette de 
Fruge. 

François de Chanqilais, veuf de Marie de 
Bastard, épousa en secondes noces, en 



47 



1657, Marie de Jnstinien, morte en IGO^, 
dont il eût : Marie de Champlais, mariée 
à Jean Rousseau de Paradis, et morte 
en 1742. 

XI. François de Champlais^ III« du nom, seigneur de 

la Masserie, épousa en 166i, Marie-Anne 

Dieuxivois. 
Ils eurent pour enfants : 
1° François qui suit, 
2" Jean, né en 1607, mort en 1669, 
3" Jacques, né en 1671, 
4" Pierre, né en 1682, 
5" Jacquine, admise au nombre des demoiselles 

de Saint-Cyr (1), 
6« Marie, 

7" Anne-Françoise, 
8» Françoise, née en 1673, admise au nombre 

des demoiselles de Saint-Cyr, 
9" Marguerite, née en 1678. 

XII. François de Champlais, IV« du nom, seigneur delà 

Masserie, né en 1666, lieutenant des gardes de 

monsieur le marquis de Lavardin, épousa en 

1695 Marie du Bochet. 
Ils eurent pour enfants : 
1" Guillaume qui suit, 
2" Jacques, 
3" Léon, 
¥ François - Marie, né en 1717, chanoine de 

Tournay, 
5» Marie-Anne, 

(1) La maison de Saint-Cyr contenait 250 demoiselles, c'est-à-dire 
filles nobles, qui depuis sept ans jusfiu'à douze ans y étaient reçues, 
élevées, entretenues de toutes choses jusqu'à vingt ans, et cela gratui- 
tement aux frais de la fondation. Pour l'admission à Saint-Cyr, il suffi- 
sait de justifier de quatre dégrés de noblesse du côté paternel. 



^S! 



iS 



0" Françoise-Emilie, née en 47-14, admise au 
nombre des demoiselles de Saint-Cyr. 
XIII. Guillaume de Champlais, IP du nom, seigneur de 
la Masserie, né en 1698, capitaine de cavalerie 
au régiment de Condé, chevalier de Saint- 
Lazare. 



Comte de BASTARD d'ESTANG. 



LES PROTESTANTS DANS LE MAINE 



LE TEMPLE ET LE CIMETIÈRE DE L'ÉGLISE I)L MANS 



ET 



L'EGLISE D'ARDENAY 



Lorsqu'au milieu du XVI^ siècle, les doctrines de Luther 
et de Calvin se répandirent en France, divers édits accor- 
dèrent un certain nombre de privilèges à la nouvelle 
religion. 

VÉdit de janvier (1562), sorti de l'assemblée formée à 
Saint-Germain par les députés des Parlem.ents, leur concéda 
quelques libertés de culte. 

VÉdit de Poitiers (7 septembre -1577), sanctionna de 
nouveaux droits. Les protestants pouvaient pratiquer 
dans toute la France, excepté à Paris et dans un rayon de 
deux lieues autour de la capitale. Un grand nombre de 
villes de sûreté leur étaient accordées pour six ans. 

L'Édit de Nantes du 13 avril 1598, confirma toutes les 
concessions précédentes, liberté de conscience, droit de 
réunion, places de sûreté, etc., et en ajouta d'autres, telles 
que l'autorisation de s'assembler par députés, tous les trois 
ans, pour présenter au gouvernement les réclamations. 

XXIV 4 



— 50 — 
I 

Au Mans, dès le l'''' janvier 1560, le ministre de Salvert 
i'unda une église réformée (]ui fut interdite le l'i juillet 
150^2 (1). 

Aussitôt après VÉdlt de Nantes, les protestants du Maine 
reprirent l'exercice public de leur culte. 

En 1599, ils ouvrirent un temple dans la paroisse de Saint- 
Ouen au Mans. Quelques années plus tard, ce local étant 
devenu trop petit, ils eurent à se préoccuper d'en avoir un 
autre. 

Noble Jehan Pousset, sieur de la Tousche, demeurant en 
la paroisse de la Couture, servit puissamment ses coreli- 
gionnaires en cette occasion. 

Par un acte passé devant M« Syméon Fréart, notaire, le 
4 novembre 1610, puis confirmé le 7 mai Kill, il fit don à 
l'Eglise réformée du Mans, d'une pièce de terre, nommée 
la Roche, contenant trois quarts de journal, joignant « d'un 
» bout le chemin de Sainte-Croix à Saint-Blaize, d'autre 
» bout la terre de M*^ Jehan Bellenger, sieur de laBataillère, 
); et des deux côtés la terre de la veuve Gervais Guyton ». 

Un nouveau temple tut aussitôt mis en construction sur 
ce terraiii et, le 19 août 1617, après son achèvement, en 
présence des représentants de PEglise réformée, — savoir • 
Jehan Vigueur [sic], ministre ; Jacques Thomas, sieur de la 
Roussière ; André Bouju, sieur de la Vaye, avocat ; Daniel 
Bouchereau, marchand, tous demeurant au Mans ; etSymon 
Legendre, sieur de Boissimon, résidant aux Fougeraiz, 
paroisse de la Chapelle-Saint-Aubin ; — le donateur déclara 
« que pour plus grande asseurance et vallidité des contrats 
» précédants, il les approuve, ratiffie et a pour agréables, 
» veult et entend qu'ils sortent leur plain et entier etïet et 

(1) Registre rhi Consistoire de l Eglise du Mans, publié par M. Chardon. 
Es-iui sur les sépultures du Mans, p.ir Etoc-Demazy. 



— 51 — 

» par ces présentes constitue le porteur. d'icelles, M^ Syméon 
» Fréart, son procureur pour en faire faire l'insinuation au 
» greffe de la sénéchaussée du Mayne », 

A la porte du temple on édifia une petite maison qui servit 
de logement à un gardien et le lieu, fréquenté par les protes- 
tants, changea son nom de la Roche contre celui de Bel-Air. 
C'est ce que nous apprend une pièce datée du 19 novembre 
1639 et qui dit : « Déclaration que le général de l'Eglise 
y> prétendue réformée de la ville du Mans, représentée par 
» M" Jean Vigneu (sic), ministre en icelle, par M'' François 
» Nicole, advocat au siège présidial de ladite ville, Jacques 
» Pany, marchand, et Estienne Le Tripier, aussy marchand 
» orpfèvre, anciens de ladite église, rend au roy notre sou- 
» verain seigneur.... d'une portion de terre cy devant appel- 
» lée La Roche et de présent Bel-Air, contenant trois quarts 
» de journau ou environ, en laquelle leur temple a esté 
» construit et basty, où se fait le service de ladite religion, 
» et d'un petit logement pour retirer et loger celui qui 
» garde le temple et qui pour récompense jouist du surplus 
» et reste de ladite terre.... laquelle tient et relève du fief 
» du roy et chargée d'en payer deux sols six deniers de 
» cens et rante et dont donation avait esté faicte à ceux de 
» lad. religion par défunt noble Jean Pousset, vivant sieur 
» de la Tousche. Et ont lesdits Vigneu, Nicole et Panyesleu 
» leur procureur spécial pour rendre et présenter ladite 
» déclaration à messieurs les commissaires députés par le 
» Roy.... » 

L'établissement continua de prospérer avec le concours 
des fidèles et sous la garde d'un sacristain. Peu d'années 
avant la révocation de l'édit de Nantes, en 1682, le petit 
logement fut encore loué, pour 18 * par an, à François Bataille, 
tisserand, e.t à Marie Hervié, sa femme, qui demeuraient 
avant sur le territoire de Saint-Vincent. Le bail fut signé par 
Jacques Pillau, orfèvre de la paroisse Saint-Benoît, préposé 
à cet effet par ses coreligionnaires. 



— 52 — 

Mais en 1685 « le 17 septembre et jours suivans, en exé- 
» cution des ordres du roy, le temple des hérétiques de la 
» ville du Mans, nommé Bel- Air, situé derrière l'enclos de 
» Maupertuis, paroisse Sainte-Croix, fut démoly. Le lundy 
» 15 octobre suivant M. l'intendant, étant au Mans, fit 
» assembler les Huguenots et leur ministre à l'évèché. 
), M. l'évêque leur fit une belle exhortation. Le lendemain 
» M. l'intendant les fit encore assembler chez lui pour les 
» engager à se convertir. On envoya ensuite chez eux des 
» gens de guerre et on leur donna beaucoup de taxes : cela 
» occasionna des conversions ». 

Le temple une fois détruit, le terrain de Bel-Air fut confis- 
qué et accordé à l'Hôpital général et Hôtel-Dieu du Mans, 
avec les autres biens des consistoires du Mans, de Pringé et 
d'Ardenay, par un acte royal du 17 juillet 1690. La petite 
maison du sacristain qui était restée debout et l'enclos furent 
loués, en 1710, à René Le Romain, marchand cirier et à 
Magdelaine Hermé sa femme. Ceux-ci ayant acheté précé- 
demment le lieu de Froide-Cuisine, situé près du domaine 
de Maupertuis et attenant au dit enclos, ne tardèrent pas à 
obtenir des administrateurs de l'hôpital la conversion de 
leur bail en un contrat à rente perpétuelle. Cette opération 
leur permit de réunir les deux terrains et d'en faire un seul 
établissement où ils montèrent une blanchisserie de cire. Il 
était sitpulé dans le contrat (3 février 1717) « que si l'Édit de 
» Nantes venait à estre rétably et que les relligionnaires 
» auxquels apartenait ce petit territoire fussent remis en 
y) possession d'iceluy, lesdits sieur Le Romain et sa femme, 
» leurs successeurs et ayant cause quitteraient la détention 
» et occupation et rendraient les choses au même état 
)) qu'elles .sont actuellement suivant la montrée et plan qui 
» en seront faits ». 

Charles Le Romain, fils des précédents, étant allé demeu- 
rer à Paris, loua d'aljord, puis vendit la blanchisserie de 
cire à Chailes Orry, marchand cirier, époux de Marie-Anne 



53 



Le Romain, laquelle rendit encore aveu, le 11 avril 1787, 
aux doyen et chanoines du chapitre du Mans, seigneurs et 
propriétaires des fiefs de la prévôté régale du dit chapitre (1). 

Quant au cimetière, les protestants l'établirent dans un 
terrain qui leur fut concédé pour cet usage, par l'autorité, 
afin qu'ils n'eussent point à pénétrer dans l'enceinte catho- 
lique. 

Pesche dit que ce cimetière était situé entre la Vieille- 
Porte et la rivière. Etoc-Demazy en a déterminé l'emplace- 
ment entre la Vieille- Porte et l'entrée principale de l'Hôpital. 
Cela ne s'accorde pas complètement avec une pièce notariée 
du dernier jour d'avril 1647 ('2). 

Le cimetière des protestants aurait été situé, jusqu'à cette 
époque, un peu plus au midi, vers l'intersection des rues de 
l'Hôpital et du Vert-Galant, et transporté, alors, plus loin, 
entre la rivière et la butte du Greffier. 

En efiet, le 30 avril 1047, comparurent devant notaire ; 
d'une part, Marie Guillon, \euve de noble Jacques Caron, 
demeurant au Mans, paroisse de la Couture, et Charles 
Caron, son fils, écuyer, sieur de Mortries, demeurant audit 
lieu situé paroisse de Savigné-l'Evèque ; d'autre part, 
Estienne Le Trippier, demeurant paroisse Saint- Benoît , et 
Marin Pezé, sieur de Beauvais, demeurant paroisse du 
Crucifix, tous deux maîtres orfèvres. Il s'agissait delà vente, 
par les premiers, d'un jardin, acquis par ces derniers « au 
» nom et comme procureurs des habitans de la ville du 
» Mans faisans profession de la religion prétendue réformée >>. 

Ce terrain situé en la paroisse de la Couture, renfermait 
une chambre et un appentis avec cheminée. 11 contenait 

(1) Les documents si intéressants et si nouveaux dont nous avons extrait 
tout ce qui précède, relativement au temple protestant du Mans, nous ont 
été communiqués par M. Robert Triger. Non s lui adressons ici de sincères 
remerciements auxquels nos lecteurs joindront à coup sûr les leurs. 

(2) C'est à M. l'abbé G. Esnault que nous devons la connaissance de cette 
pièce. 



— 54 - 

environ un tiers de journal et joignait « aux terres du lieu 
» de Chasteaux, d'un costé au chemin de l'abreuvoir au 
» Greffier et d'autre bout niix maisons et issues du sieur 
» Leballeur *. 

Le contrat fut fait « pour la somme de 40 1. tournois de 
)) rente annuelle et perpétuelle payable par chacun an au 
» jour de Pâques. La dite rente amortissable au sol la livre, 
» sans que lesdits preneurs pussent y être contraints. 

» Et ont, lesdits sieurs Le Trippier et Pezé, déclaré faire 
» la présente prise à rente pour se servir, par lesdits sieurs 
» de ladite religion, de partye dudit jardin, de cimetière 
» pour enterrer et inhumer les corps de ceux de ladite reli- 
» gion ; le destinent audit uzage au lieu et place de celui 
» qu'ils avayent cy devant et qu'ils ont cédé et délaissé aux 
» religieuzes de la Visitation de ceste ville, suivant la vol- 
» lonté de Sa Majesté la reine régnante, à eux faict scavoir 
» par Madame la duchesse de la Trémouille et autres.... » 

Ainsi donc, 1" il ne faut pas chercher l'emplacement du 
premier cimetière protestant, dans l'espace que limitent 
actuellement la me Gambetta et le bas de la place de 
l'Eperon, mais de l'autre côté, au coin de la rue du Vert- 
Galant, jusqu'où s'étendait l'enclos des dames de la Visitation, 
établies là en 1643. — 2° Ce terrain fut abandonné et rem- 
placé, plus loin, par un second cimetière, acheté en 1647, 
et qui subsista vraisemblablement jusqu'à la révocation de 
l'Edit de Nantes (1685). 



IL 



Les protestants ne s'étaient pas seulement établis au 
Mans ; ils s'étaient encore répandus dans la province. 

Quelques seigneurs, pratiquant le nouveau culte, abusaient 
de leur puissance pour jeter le trouble dans le pays, par des 



— 55 — 

violences et des crimes (1). D'autres se bornaient à entre- 
tenir des foyers de calvinisme et à subventionner des églises. 
Il y avait des prêches dans plusieurs localités, notamment à 
Chenu, à Dissé-sous-le-Lude, à Janzé, à Luché, à Ardenay. 

A Ardenay, la Réforme prit une extension toute particu- 
lière, grâce à l'influence de deux ou trois notables familles, 
et fut tout à fait organisée, sous le patronage de Suzanne de 
Voisins, veuve de Louis Le Vasseur, marquise de Cogners. 

L'Eglise commença à fonctionner au mois de décembre 
lee^i, comme le prouve un registre de baptêmes et mariages 
tenu par M. Trippier, pasteur au Mans, qui venait officier à 
Ardenay. 

Le premier acte inscrit est un baptême et est daté du 18 
décembre 1662. Jacques Trippier, pasteur, et Suzanne de 
Voisins sont parrain et marraine de l'enfant, fille de Henry 
Froger, chirurgien. 

Pour l'année suivante 166:^, il y eut quatre actes : un bap- 
tême et trois mariages. 

Le baptême fut celui de Pierre-Gaspard de la Goupillière, 
<.( fils de messire Chaiie De La Goupillière et de dame du 
» Voysin. Il eut pour parrain, messire Daniel Le Grand, 
» seigneur du Petitboc, et pour marraine dame Elizabeth de 
» Sainte-Marie, 9 aoust )i. La cérémonie fut faite par Jacques 
Trippier dans la maison seigneuriale de la Goupilhère. 

L'un des mariages, célébré, le 4 mars, dans la maison sei- 
gneuriale de Loudon, fut celui d'Alexandre de Godeul, 
écuyer, sieur de la Rochepetit, avec Madelaine de Courtonne, 
tous deux demeurant à Loudoi'. 

Un autre des mariages est spécialement intéressant. Ce 
n'est rien moins que celui du pasteur. Voici l'acte entier : 
(( Le vingt et un d'aoust mil six cent soixante et trois, épou- 



(l) De ce nombre fut Jacques-Antoine de Ciiix marquis de Conrvoyé qui 
remplit d'épouvante une partie du Bas-Maine. (Dont Piolin, Histoire de 
l'Égline du Mans, t. \l, p. 31'2. 



5(j 



» sèrent dans la maison seigneuriale de la Goupillière, Jac- 
» ques Trippier, ministre du S' Evangile dans l'Eglise du 
» Mans et d'Ardenay, et Ester Le Tort, et fut leur mariage 
» beny par monsieur de Lerpinière, ministre de Montoire, 
» beau-frère dudit Trippier ». 

1664 compte trois actes, trois baptêmes ; — le 1«'', du 25 
mai, fait dans le temple d'Ardenay est celui d'une fille de 
David de Longuemarre, marchand. — Le second est ainsi 
conçu : « Le neufième d'octobre mil six cent soixante et 
» quatre fut baptizé Jacques Trippier fds de Jacques Trip- 
» pier pasteur de l'Eglise du Mans et d'Ardenay et de Ester 
» Letort; fut baptizé par sondit père dans sa maison en la 
» ville du Mans, située en la paroisse de S'-Benoit ou 
» naguerre pendoit pour enseigne Loyson bridé, et ce à 
» cause qu'il n'estoit pas venu à terme et que n'ayant pas 
» apparence de vie le Baptême Lui fut promptement 
» administré pour satisfaire seulement et contribuer à la 
» consolation de la mère qui le desiroit ardemment ; 
» il eut pour parrain Etienne Trippier , son oncle , 
» marchand orfèvre au Mans, et pour maraine, Madelaine 
» Besnard, femme de M^ Bibot greffier du domaine du Roy 
» au Mans ». — Le troisième est le baptême de Louise 
de la Goupillière ( 9 septembre ). Le parrain fut Louis 
Le Vasseur , seigneur de Fonteineveille , représenté par 
Louis de Biar , de la maison de Saint-Georges , et la 
marraine, Catherine de Courciiloji, représentée par Eliza- 
bet-Marie de la Goupillière. 

A cette époque (septembre l(i6i), l'Eglise d'Ardenay était 
déjà condamnée à périr. Il parait que les protestants y 
prenaient des allures provocatrices, gênaient tous les ser- 
vices religieux et troublaient l'ordre public. Plaintes furent 
portées contre eux au parlement. Un premier arrêt ('21 mars 
1665) mit un frein à la solennité des exercices ; un deuxième 
(li août) [orra la in;u'(iuis(^ de Cogners à démolir le temple 



— o/ — 

et à donner asile, dans son manoir, aux cérémonies inter- 
dites (1). 

A partir de ce moment, jusqu'en 4G68, c'est-à-dire pendant 
quatre ans, le registre ne contient que trois actes, tous rela- 
tifs à des enfants du ministre, ce qui ne plaide pas en faveur 
du nombre des fidèles et montre au contraire que les édits 
avaient arrêté le recrutement du troupeau. 

Judith Trippier, fille de Jacques Trippier, pasteur de 
l'Eglise du Mans et d'Ardenay, et d'Ester le Tort, « fut bap- 
» tisée, le 15 novembre 1665, au lieu de Belair. Elle eut pour 
» parrain Jean Trippier marchand orfèvre au Mans et ancien 
» de l'église, et pour marraine Judith Pavée sa grand mère». 

Le 2 mars 1667 naquit Elizabeth Trippier, fille des mêmes, 
qui « fut baptisée le sixiesme dudit mois au lieu de Belair 
» par M" de Vaussoudan pasteur et eut pour parrain Fran- 
» çois Ribot, grefier du domaine du roy au Mans, et pour 
» maraine Elizabeth Elisant sa grand mère ». 

Enfin, Jacques Trippier, né le 6 juin 1668, reçut le bap- 
tême, des mains de son père « pasteur de l'Eglise du Mans 
» et d'Ardenay et eut pour parain Daniel de Lerpinière, son 
» oncle, pasteur de l'Eglise de Mondoubleau recueillie à la 
» Fredonnière (2), et pour maraine Judith du Voisin, dame 
» de la Goupillière et Dolon ». 

Cet acte est le dernier inscrit sur un registre dont le texte 
nous a été communiqué par M. l'abbé Esnault. 

Mais d'autres ont été conservé au milieu des archives de 
l'état-civil de la mairie d'Ardenay (1673-1699). 

Un premier groupe correspond à l'année 1677. Il comprend 
quatre baptêmes et deux sépultures. 

« L'enfant de Louis-Gaspard Vanier, natif du lieu d'Arde- 
» nai et de Jeanne Câpres, native du lieu de Dubfen, dans la 

(1) Dom Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, t. VI, p. 314. 

(2) Il parait que l'Eglise de Mondoubleau, avait été aussi l'objet de 
mesures rigoureuses et se trouvait dans le même cas que celle d'Ardenay. 



- 58 — 

» province de Gueldre est né le cinquième de juillet et a 
» esté présenté au sainct baptesme par messire Louis- 
» Gaspar Le Vasseur chevalier, seigneur d'Ardenai, et dame 
» Amaranthe de Mirop, sa femme, et a esté nommé Louis. 
» Pépin, ministre de l'Eglise d'Ardenai ; Pierre de laGoupil- 
» Hère, ancien ; L. G. Verne, ancien ; L. G. Le Vasseur ». 

((. La fille de Jean Chappet, natif du lieu d'Othon, et 
» d'Esther Vanier, native du lieu d'Ardenai, est née le vingt 
» et huitième du mois de juillet, et a esté présenté (sic) au 
» sainct baptesme le premier d'aoust par Jonathan Pezé, du 
» lieu de Vendosme, et Esther Gervaise, du lieu d'Ardenai, 
» et a été nommée Esther » (mêmes signatures que ci- 
dessus). 

« Le huitième aoust suivant, la dite enfant est morte et a 
» esté inhumée au cimetière que nous avons dans le village 
» d'Ardenay » (mêmes signatures). 

« René de Tahureau, écuyer, sieur de Maresché, aagé 
)) environ de trente neuf ans, est mort le vendredi vingt et 
» neufiesme du mois d'octobre au matin, et a esté enseveli 
» à Courgeon, le sammedi trentiesme dudit mois ; présens : 
» les sieurs de Dollon et Courgeon, anciens de l'Eglise 
» d'Ardenay ; de l'Estang, Vanier, Chapet, et mesdemoiselles 
» de l'Estang et de Courgeon. Fait à Ârdenai — Pépin; 
» Pierre de la Goupillière ; J. Cluippet ; Anne Souchay L. G, 
» Venié ». 

oc L'enfant de Daniel Mouchard, natif de Dangeon et de 
» Magdelaine Pezé, native du lieu d'Authon, est né le l"^"" jour 
» du mois de novembre et a été présenté au sainct baptesme 
» par Louis-Gaspard Vanier et par Esther V;uiier, et a esté 
» nommée Jeanne. Pépin, ministre de l'Eglise d'Ardenay ». 

« L'enfant de Bernardin Marion et de Massoroth est 

» né le 3 novembre 1G76, et a esté présenté au sainct 
» baptesme par le sieur Gaspar-Anthoine de Clermont Lou- 
» don, chevallier, et demoiselle Françoise de Musor, le 



— 59 — 

» quinzième du mois de décembre mil six cent soixante dix 
» sept. Pépin ». 

Le cahier est terminé par ces lignes : « Je soussigné cer- 
» tifie que les actes cy dessus sont véritables ; en foy de 
» quoy jay signé la présente attestation par l'absence du 
» ministre de cette église, lequel s'est retiré. Fait à Ardenay 
» le 8"^ may 1679 — L. G. Le Vasseur Ardenay, ancien de 
» l'église p. r. d'Ardenay ». 

Le second groupe est de 1679 et n'a que deux actes : 

1" Le mariage de Jean de Hallart, écuyer, né à Nimègue, 
avec Madeleine Brossar, née à Aillières, célébré à Ardenay, 
le 14 décembre, par M. Gravisset, ministre de ladite Eglise, 
en présence du sieur Prépotin, beau-frère de l'un des époux, 
de Louis-Gaspard Vannier, de Fremont, et de Madeleine Le 
Vasseur. 

2» La sépulture de Georges-Sam.uel Morel, écuyer, décédé 
à 21 ans, le 17 décembre, faite le même jour, par le ministre 
Gravisset, en présence des sieurs de la Montagne, frère du 
défunt, de Thouars, d'Ardenay, et de Prépotin. 

Ces deux actes sont certifiés, le 10 mars 1680, par le 
ministre de l'église d'Ardenay, Gravisset. 

Le foyer du protestantisme à Ardenay était entretenu par 
Louis-Gaspard Le Vasseur. Mais il mourut le 23 novembre 
1682, au Mans, ce qui porta sans nul doute un préjudice 
considérable à ses protégés. Du reste, peu de temps après, 
un nouveau coup plus formidable encore les achevait et les 
faisait disparaître, comme presque tous leurs coreligion- 
naires de la région. L'Edit de Nantes était révoqué le 18 
octobre 1685, et les rares fidèles demeurés à Ardenay, s'em- 
pressaient d'abjurer entre les mains du curé le 28 octobre 
et le ']er novembre 1685 et le 10 mars 1686 (1). 

Bon s. J3E LA BOUILLERIE. 

(1) Nous devons signaler un acte récemment découvert par M. l'abbé 
Esnault. 11 apporte un nouvel élément à la connaissance de la vie deS 



60 



protestants dins lo Maine au XVII" siècle ; à ce titre nous en reproduisons 
la teneur : 

« Aujourd"huy vingt deusiesme de janvier mil six cent quatre-vingt, 
» après midy, 

« Devant les notaires royaux au Mans, est comparue en sa personne 
» damoiselle Barbe Pelloquin, veuve de maistre Samson Perrot, vivant 
>; intendant de la maison de monsieur le duc de la Force^ native de la 
» ville de Blois, demeurant au Mans, parroisse du crucifix, laquelle nous 
» a dict et déclaré que le décès de son dict mary estant ai rivé dès 
» l'année 1652, Servais Perrot, ministre de la religion prétendue réformée, 
» issu du premier mariage dudict delFunct Perrot, son mary, l'auroit attirée 
» en la maison où elle a demeuré l'espace de plus de douze années, pen- 
» dant lesquelles abusant de la foiblesse de son ancien aâge,auroit tellement 
» obsédé son esprit qu'il l'auroit entièrement dépouillée de tout son bien 
» et léduicte dans la dernière nécessité par plusieurs actes qu'il auroit 
» extorqué d'elle par les quels, non content de la somme de 1,600 livres 
» qu'elle luy auroit donnée manuellement, provenant du don testamentaire 
» à elle faict par son dict deffunct mary, il he seroit encore taict donner 
» une somme de l,'2O0 livres par une obligation passée devant Pineau, 
)' notaire à Issoudun, et 900 livres qu'il luy devoit pour arrérages d'intérêts 
» apportée en mariage avec son dict defl'unct mary, et mesme le principal 
» de la ditte somme de 3,000 livres après son déceds, et Tauioit encore 
» taict lenoncer à son douaire de 150 livres par an jusques à son déceds ; 
» contre tous les quels actes la dicte Pelloquin a protesté de se pourvoi i' 
» en chancellerie, laquelle protestation elle n'a pu faire plus tost, attendu 
» que le dict Perrot s'est emparé d'une partie des minuttes des dicts actes, 
» et que des autres il luy a esté impossible d'en deslivrer des coppies que 
» depuis peu de jours, quelques réquisitions qu'elle ait peu faire aux 
» notaires que ledit Perrot a faict venir en la maison pour surprendre 
M plus facilement la dicte Pelloquin, destituée de tout conseil. Dont et de 
» tout ce que dessus avons à lad. Pelloquin, ce requérant, décerné le 
» présent acte pour luy servii- et valloir ce que de raison. Faict et passé 
)> audit Mans, maison de lad. Pelloquin, qui a signé avec les tesmoings à 
» ce requis et appeliez ». 



LA 

BIBLIOTHÈQUE ET LE MOBILIEB 

D'UN LIEUTENAN r PxVRTIGULIER 

AU SIÈGE ROYAL DE CHATEAU-GONTIER 

SOUS LOUIS XIII 

(1626-1627) 



L 

Maître René Quantin. 

Le 5 octobre 1626, M*^ René Quantin, conseiller du roi et 
lieutenant particulier (1) au siège royal de Château-Gontier Ci), 
mourait dans sa maison, assisté à ses derniers moments 
par sa femme, Jeanne Gaultier, son fils, M" Jean Quantin, 

(1) Le lieutenant particulier était un magistrat qui jugeait en 
l'absence du lieutenant général dans les présidiaux et autres justices 
royales. (A. Chéruel, Dictionnaire des institutions, mœurs et coutumes 
de la France, t. II, pp. 663-664). 

(2) La baronnie de Chàteau-Gontier appartenait alors à la maison de 
Bourbon. Louis XIII la possédait au même titre que le roi Henri IV, 
son père, « jusqu'au mois de mai 1643, qu'il décéda. Les vassaux de 
» Chàteau-Gontier firent leurs obéissances entre les mains des ofli- 
» ciers du siège dudit lieu ». {Généalogie des seigneurs de Châteaugon- 
<ier, par A. de Martonne. Commission hist. et arcli. de la Mayenne. 
Procès-verbaux et documents, t. III (I88-2-1883), p. 301). 



G'-l 



et sa fille, Françoise. Trois jours après, Jacques Blanchet, 
licencié en droit, ancien avocat au même siège (i), chargé 
de représenter le lieutenant général, maître René Poisson, 
se rendait au domicile du défunt, accompagné de maître 
Jacques Collin, greffier, pour procéder à l'inventaire et au 
partage du mobilier. La veuve et sa fille étaient présentes. 
Quant aux autres parents du lieutenant particulier , ils 
étaient absents à l'époque du décès, « à cause de la conta- 
gion qui estoit et est encore en ceste ville et forsbourgs ». 
Depuis le printemps, en effet, la peste désolait Chàteau- 
Gontier. Le vendredi 17 juillet, l'entrée de la cité avait été 
formellement interdite aux gens qui venaient d'Angers ou 
des pays voisins, également infestés par le terrible fléau. 
Nous avons déjà raconté, dans un précédent travail, les 
mesures adoptées pur l'assemblée de la Communauté des 
habitants pour essayer d'entraver la marche de ce mal fou- 
droyant. L'épidémie persista jusqu'au milieu de l'été de 
l'année suivante ('2). 

Nous ignorons si maître René Quantin avait été victime 
de la peste, car notre document n'indique pas à quel genre 
de maladie il avait succombé. Toutefois, il est probable qu'il 
éprouva les atteintes de la contagion qui décimait la ville. 
Le l*^"" octobre, il avait renoncé à ses différentes fonctions, 
comme le prouve un acte signé de MM. Guérin, Collin et 

(1) Henri IV, en créant le présidial de la Fléclie, enleva au pré.sidial 
du Mans la Ijaronnie de Sainte-Suzanne et au présidial d'Angers la 
baronnie de Cliâteau-Gontier pour composer le nouveau ressort. 
Enfin, en 1640, la baronnie de Château- Gontier fut pourvue d'un siège 
présidial auquel on attribua une série de juridictions. L'édit de 
Louis XIII (pu fixe la compositi(Mi de ce siège présidial est daté du 7 
mars IGiU. Le texte de ce docunuMit ligureà la bibiiotliéque de Chàteau- 
Gontier. (L. Maître, Dict. top. du dép. de la Mayenne. Introduction, 
p. XXVII. — Notice hint. sur Chute au-Gontier. Annuaire du dép. de la 
Malienne, pour 1878, pp. 299-3Û0). 

(2) Voir notre étude sur la Peste de Château-Gontier, en iOW et 
i621 . dapri's des documents inédits, Angers, 1881, Germain et G. 
Grassin. in-S». 



03 



Girard. Quelques jours plus tard, il s'éteignait brusquement. 
Notre personnage avait remplacé en 1603 maître René 
Baudouin, lieutenant particulier. Le 17 octobre 1602, il 
avait acquis de maître François Fouquet (1) « Testât de 
conseiller et le tiers de l'office d'enquesteur commissaire 
examinateur (t2) ». Il avait acheté le 25 juin 1617 la terre 
de Châtelain vendue par Louise de Laubier. L'acte avait 
été passé devant Orry, notaire au Mans (3). Il possédait 
aussi les Moulins-au-Bois (4-) et diverses autres métairies. 
Sa maison de Château-Gontier était grande et bien amé- 
nagée. 

On commence donc, le 8 octobre, en présence de Jeanne 
Gaultier, assistée de maître Charles Lemoulnier, licencié 
en droit, son avocat, l'inventaire du mobilier. Dans 
c( l'estude », on trouve différents meubles, parmi les- 
quels un bahut contenant une bourse de cuir blanc 
renfermant « soixante et cinq livres treze solz en quars 
d'escus testons et autres monnoys blanches ». Une autre 
somme « de douze livres deux solz en douzains vieux (5) », 
déposée dans une petite écuelle de bois rouge, est 
laissée à la veuve, pour ses aumônes, conformément aux 
intentions exprimées par son mari. La salle n'est ornée 
que d'un buftet. Dans une chambre voisine de l'étude, on 
remarque « un grand vieux coffre de bois de chesne, fermant 
de clef, dans lequel ladicte damoyselle Gaultier a dit y avoir 
des pouppées ». L'inventaire énumère ensuite une série de 
coffres, de bahuts, de cabinets, de « vaisseaux » , de 

(1) Cette famille Fouquet était alliée à celle du célèbre surintendant 
des finances de Louis XIV. 

(2) René Quantin avait payé au[roi, pour ces offices, la somme décent 
cinquante livres. 

(3) Le prix de la vente de cette seigneurie était de onze mille livres. 

(4) Cette ferme, aujourd'hui détruite, n'est pas mentionnée dans le 
Dict. top. du dcp. de la Mayenne. 

(5) Le douzain valait douze deniers ou un sou. Il y avait aussi des 
demi-douzains. 



Gi 



« presses » servant à conserver le linge, la vaisselle, les 
papiers, les vieilles hardes et les effets de peu de valeur. 
Une pièce est affectée à l'oratoire. La garniture de tapisserie 
de la salle a été déposée dans la galerie. Le nombre des 
appartements visités est de douze. Le défunt n'avait pas 
l'habitude de garder de l'argent chez lui. Il l'employait « en 
constitutions de rente et augmentation de bâtiments », car 
il avait le goût de la truelle. Il avait fait de fréquentes dé- 
penses pour agrandir et embellir sa maison, de 1618 à 1620. 
Le lundi 23 novembre, les mêmes personnages sont 
réunis de nouveau pour continuer l'inventaire. Maître Jean 
Quantin, i.ssu du premier mariage de René Quantin avec 
Renée Jousse (I), companut, assisté de maître Jacques 
Chailland, licencié en droit, son avocat et son curateur. La 
demoiselle Gaultier est accompagnée de maître Charles 
Lemoulnier, son avocat, et sa fille, Françoise, est suivie de 
maître Claude Arnoul, licencié en droit, son avocat et « son 
curateur en cause (2) ». 



II. 

Tai bibliothèque. 

Le laborieux dépouillement des papiers, mémoires, comp- 
tes, quittances, enfouis dans une suite de sacs, ainsi (|ue l'in- 

(1) La famille Jousse occupait un rang iini)ortant dans la l)t)urgeoisie 
de Chàteau-Gontier. Ses membres remplirent de nondn-euses fonctions 
pendant i)lusieurs siècles. Plusieurs furent avocats, lui Jousse était 
député au siège de l'élection avec J. Rousseau et Pagie, échevins 
en 1738. {Notice historique sur Cliâteau-Gontier. ibid., p. 303). 

(2) Le manuscrit dont ces détails sont extraits et qui sert de 
base à ce travail porte sur la couverture la mention suivante : 
« ^'' octobre iOW. Inventaire des tillres, papiers et nieubles demeurez 
» de la cunnu^" de deffunct noble homme M*" René Quantin. vivant 
» Lieuf- part"' ù CJiaugontier, et de datn^^" Jeanne Gaultier, sa veufve, 
>i fait audit Chawjontier le VllI'^ octobre iO-^li ; an pied duquel est 
» l'acte de partage desdits meubles ». 



65 



ventaire détaillé de la bibliothèque durèrent du 23 novembre 
au 4 décembre. Gomme le lecteur le verra, l'énumérat ion 
"des cent trois livres laissés par maître René Quantin est 
très intéressante et très curieuse. La liste des volumes 
« trouvez en l'estude dudit deffunct, apprêtiez par les advo- 
catz des parties », prouve que le lieutenant particulier 
était un magistrat instruit, ami des lectures sérieuses, qui 
avait su composer une remarquable collection d'ouvrages 
latins et français, relatifs à Thistoire, à la philosophie, à la 
religion, à la controverse et à la politique. Aucun écrit 
frivole n'a trouvé place sur les tablettes. Ouvrons donc 
la bibliothèque et faisons en l'examen : 

« Premier. — Un livre intituUé UAzille et Deffense des 
Pupilles, prisé dix solz, cy x* 

» Un autre intitullé L'Examen des Espritz propres aux 
Sçiances, prisé dix solz, cy x* 

» Autre intitullé UYrenarchie, de Jean Daller acq, prisé 
huit solz, cy viii ^ 

» Les Anthicquitez d'Anjou, par Hiret (1), prisé huit solz, 
cy viii * 

» Autre intitullé Syamis, Histoire Romaxjne, prisé vingt 
solz , cy XX * 

» Autre intitullé Ambrosii Callepine Dixonariom, prisé 
quarente et huit solz, cy xlviii * 

» Item, un autre intitullé Desçisions de Boyrina, couvert 
de parchemin, prisé vingt et cinq solz, cy. . . xxv « 

» Item, Les Trois Notaires, de Papon, couvertz de veau 
rouge, prisez ensemble quatre livres, cy. ... iv ' 

» Item, Sintagina Juris, en deux vollumes couvertz de 
veau noir, prisez quatre livres, cy iv ' 



(1) Cet ouvrage, publié à Angers, en 1605, chez Anthoine Hernault, 
IP du nom, qui avait succédé à son frère Jean, au titre d'imprimeur 
ordinaire du roi, par lettres du 17 mai 1604, fut réimprimé en -161S et 
considérablement augmenté . 

XXIV. 5 



— 66 — 

» Le Codde Henry (1), couvert de veau rouge, prisé 
soixante solz, cy lx i 

» Chopin^ Sur la Coustume d'Anjou (2), en un voUume 
couvert de parchemin, prisé trente et deux solz, cy. xxxii ^ 

» Item, Jani La)igleri Olrnin Semestre^ vieux et rompu, 
prisé seize solz, cy xvi * 

» Les Plaidez, de Monsieur Robiot, couvert de parchemin, 
prisé vingt solz, cy xx *= 

» Pa>'aplirase de Ducal sur les Pseanmes de David, cou- 
vert de parchemin, prisé trente et deux solz, cy. xxxii » 

» Alliance des Loix Roniaynes, couvert de bazanne, prisé 
trente et deulx solz, cy xxxii * 

» Le Recueil d'Arrestz, de Monsieur Loiiet (3), commanté 
par Brodeau, prisé soixante solz, cy lx * 

» Lidice des Droictz Roijaux, par Bacqtiet, couvert de 
parchemin, prisé dix solz, cy x * 

» Les E^tatz, Empires et Principaultez du Monde, couvert 
de parchemin, prisé soixante solz, cy lx 



s 



(1) r^e Codde Henrij est une compilation faite sous Henri III par le 
prcsideut Brisson. 

(2) Chopin (René), savant jurisconsulte, né près de la Flèche en 1537, 
mort en IGOG et annobli par Henri III pour ses traités du Domaine et 
de la Police ecclésiastique. Son Commentaire sur la Coutume de Paris, 
publié en 1596 et dédié au roi Henri IV, est justement célèbre. 

(3) Georges Louet, sieur de la Motte-d'Orvaux et duPlessis-Rémond, 
fds de Clément Louet, lieutenant général de la sénéchaussée d'Anjou, 
né à Angers vers •15i0, remplit diverses fonctions ecclésiastiques et fut 
installé, le 30 octobre 1598, abbé de Toussaint. Syndic du clergé de 
France, il avait fait partie de la commission pour le dé mari âge d'Henri IV, 
qui le gratifia en reconnaissance de nombreuses dignités. Grand archi- 
diacre do Paris depuis le 13 mai 1599, doyen en 1601, il était nommé à 
l'évêché de Tréguier (|ii,inil il niuuiut à la Rochelle le 4 octobre 1608, 
empoisomié dit-on pur des justiciers du Parlement qu'il ])Oursuivait. Il 
fut inluunédans la chapelle des évèques à Saint-Maurice d'Angers. On 
lui doit le fameux Recueil d'arrêts, par ordre alphabétique de matières, 
avec notes (Paris, 1G(i'2"), réimprimé déjà onze fois avant 1633, quand 
Brodeau prit la peine de 1' « allonger d'un Commentaire ». Il a com- 
posé aussi ({autres ouvrages juridiques [Bict. kisl. de M.-et-L. t. II» 
pp. 547-5i8}. 



— 67 — 

» Actions et Questions, de Pelleus, en deux thosmes cou- 
vertz de parchemin, prisez soixante solz, cy. . . lx « 

)) De rHommeau, Sur la Coustume d'Anjou, couvert de 
parchemin, prisé vingt solz, cy , . . xx» 

» Jubert, commansé en latin francés, prisé vingt solz 

cy XX « 

» Desseings des Professions nobles illustres, par Anthoyne 
de Laval, couvert de parchemin, prisé vingt solz, cy. xx >* 

» Notables singullieres questions de droit, par Menard (1), 
prisé quarente solz, cy xl* 

» La Praticque, de Mazuere, prisé seize solz, cy. xvi ^ 

» Le Trezor de V Elocquance Françoise, prisé seize solz, 

cy XVI s 

» Le Procès civil et criminel Du Bourg (2), prisé seize 

solz, cy XVI s 

» Traicté gênerai des Criées, prisé seize solz, cy. xvi « 
)) Remarques du Droit François, de Reiaond, prisé seize 

solz, cy XVI* 

» Les Loix abrégées, prisées dix solz, cy. . . . x « 

» Pledoyez, de Monsieur Lebret, prisé seize solz, cy. xvi ■'' 
» Praticque, de Monsieur Lizet, prisé cinq solz, cy. v s 
» Arrestz antiens, de Papou, prisez seize solz, cy. xvi « 
» Maxime Generalle du Droit François, De VHommeau, 

prisé quinze solz, cy xv » 

» Item, Un Vieil Coustumier d'Anjou, prisé dix solz, cy. x « 
» Questions de droit et de praticque, par Rochette, prisé 

huit solz, cy viii « 

(1) Sans doute Claude Ménard, né à Saumur le l<"- septembre 1574, 
fils de Pierre Ménard, sieur du Tertre^ juge de la prévoté et de Marie 
Vallier, auteur de nombreux ouvrages historiques, mort le 20 janvier 
1652, chez son gendre, au château d'Ardenne en Corzé, inhumé à 
Angers dans la chapelle des Pénitentes. (Voir la liste de ses livres dans 
le Dict. hist. de M.-et-L., t. II, p. 651-652.) 

(2) Probablement le procès du fameux Antoine du Bourg, conseiller 
au Parlement de Paris, pendu et briilé en place de Grève sous le règne 
de François II. 



s 



s 



s 



— 68 — 

» Descizioiis, diid'd JiochelU', prisé huit solz, cy. viii * 
» Le Digeste du droit pratiaque, de François de Ponsle, 

prisé seize solz, cy xvi 

» ResoUutions poUiticques, par Jean Marnix, prisé huit 

solz, cy VIII 

» Tliosme second des Responces, de Carondas, prisé cinq 

solz, cy V* 

» Godille des Requestes, prisé cinq solz, cy. . . V'* 
» Chronicqiie praticque des notaires, par Colhereau, prisé 

cinq solz, cy v 

» Les Conceptions, de Llierosme Caranbert , prisé cinq 

solz, cy V * 

» Coustume du Mayne, prix huit solz, cy. . . . viii " 
» Epitre de Cunacque, vieil, fripé, prisé cinq solz, cy. v ** 
y) UListitution du Prince, prisé cinq solz, cy. . . v* 
)■) La Demonomanye, de Bodin (i) , prisée seize solz, 

cy XVI * 

» Le Tliimée, de Platon, en françois, prisé huit solz, 

cy. . , VIII s 

» La Saize, de Carondas, prisé vingt solz, cy. xx " 
» La Theollogije naturelle, de Ramond Sehon (2), prisé 

seize solz, cy xvi 

» Deux vollumes d'Istoires de France septuenaire, prisé 

vingt solz, cy xx-^ 

» Une vieille Bible, prisée vingt solz, cy. . . . xx* 
» Epitaites, de La i*or<«^, prisé cinq sols (3), cy. . v* 

(1) La Démonomanie, de .lean Bodin, ouvrage singulier, imprimé 
tour à tour à Piiris, à Anvers, à Lyon, ù llouen, de 1580 à lOOi, fut tra- 
duite eu latin et en italien, liodin était né au village des Hanriiets, 
prés Angers. Son ouvrage iulitulé De la BépubUquc est également 
renommé. 

(2) La Tliéologic naturelle de Raymond Sebon a été traduite en l'ran- 
gais par Montaigne en 1581. Louvi'age ne vendait à Paris chez Guil- 
laume Chaudière. 

(.3) Les Épithites, de M. de la Porte, parisien; Paris, G. liuon, 1580. 



s 



- 69 — 

» La Suicte des Diversitez, Du Bellay (1), prisé cinq 

solz, cy ys 

» Le Discours de VEstal, prisé huit solz, cy. . . viii ^ 

» L'Hipoatrer, prisé quinze solz, cy xv ^ 

» Commentaire de VOrdonnanci de trente neuf (2), par 

Constantin^ prisé huit solz, cy viii ^ 

)) Petites Institutions Francés Françoize^ prisé cinq solz, 

cy V « 

» Traicté des Diverses Jurisdictions de France , prisé 
trois solz, cy m « 

» Les Polliticques, de Lipse (3), en françois, prisé cinq 
solz, cy V s 

» Office du Juge, par Biiret, prisé cinq solz, cy. . v^ 

» Consiliatio locquorom communoz Cartiné Scripturé 
Sairé, prisé dix solz, cy x ^ 

» Vallere Maxime, couvert de veau rouge. — J\(stin , 
couvert de veau rouge. — .Tulles Cezart, aussy couvert de 
veau rouge, prisez ensemble seize solz, cy. . . . xvi » 

» Item, trente et huit petictz vieux livres dliumanité, les 
uns lattins, les autres françois, prisez dix solz, cy. x* ■>■> 

Dans le même appartement, on trouve ensuite : une cara- 
bine, prisée douze livres ; une épée, prisée trente-deux sous ; 
unjavelotdoré, prisé aussi trente-deux sous ; « une douzainne 

(1) Vraisemblablement Joachim Dubellay, deuxième fils légitime de 
Jean Dubellay, sieur de Gonnord, et de Renée Chabot, né à Lire 
(M.-et-L.), en 1523, célèbre poète français, mort des suites d'une 
apoplexie le l'^' janvier 1560 (n s.) Il fut inhumé, croit-on, à Notre- 
Dame de Paris, aux cotés de l'archidiacre Louis Dubellay, et son Toni- 
beati, dont lui-même avait fait l'épitaphe, fut célébré par Ronsard, 
par Rémi Belleau et par tous ceu.x qui lavaient applaudi triomphant. 
(Voir les litres de ses ouvrages dans le D/r/. hist. de M.-et-L., t. H, 
pp. 68-G9.) 

(2) C'est l'Ordonnance de Villers-Cotterets, rendue en 1539. 

(3) Le chef-d'teuvre de l'illustre philologue, Juste-Lipse, est son 
Commentaire de Tacite. Ce savant, d'origine flamande, né en 1547, 
mourut en 1606. Ses ouvrages sont très nombreux. La collection com- 
plète de ses oeuvres a été publiée à Anvers, 1637, 6 vol. in-fol., et à 
Wesel, 1675, 4 vol. in-8". 



s 



— 70 — 

et demie de vaisselle de faiaence », prisée cinquante-quatre 
sous; un trébuchet, avec ses balances, prisé huit sous; 
seize verres « de christal fougère », prisés quarante sous ; 
deux boîtes de cire blanche, prisées ensemble cinq sous ; 
un petit bahut, un tapis, un petit tablier, une chaise de bois 
noir, quinze ais de bois de chêne, sur lesquels sont placés 
les livres, avec l'échelle pour les atteindre ; une écritoire 
de plomb avec une écuelle à poudre. A dix heures du soir, 
le 1'"' décembre, l'inventaire de « l'estude » est terminé. 



III. 

Les papiers. 

Examinons maintenant les pièces enfermées dans les sacs 
et mentionnons les plus importantes : 

« Pre'nier. — La mynute d'unne procuration constituée 
par ledit deiïunct Quanti n par devant Girard (1), notaire en 
ceste Cour, le premier jour d'octobre dernier, signée 
Quantin , Guerin , GoJlin et Girard, par laquelle icelluy 
deiïunct avoit constitué pi'ocureur, le nom du(iuel est en 
blanc, pour resigner en main de Sa Majesté ses offices de 
lieutenant particullier, civil et criminel, conmiissaire en- 
questeur examinateur, pour un tiers et encorres celluy de 
conseiller 

» Item, un jugement donné au siège de Laval, le dixiesme 
mars mil six cens vingt et cinq, signé Perier, au proffit du- 
(lif deiïunct René Quantin, contre Isaac Gigault et René 

(1) Le nom do C(3 notaire près la cour royale de Ciiàteau-Goiitier, en 
KJ'iG, ne figure point sur la liste des notaires de cette ville. Le 
plus jiucien des personnages cités dans ce tableau est Moudin père, 
(1(>53- 11)99). (Voir V Anmiaire de V arrondissement de Chùteau-G onlier, 
adtnhnstralif, agricole et commercial, accompagné de notices historiques, 
lioui- 1878, p. 105;. 



— 71 - 

Verger, de la somme de six mil livres et iuterrestz, pour la 
vendition des Moullins au Boy. 

» Item, un contrat d'entre noble Nicolias de la Marque- 
raie (!}, lieutenant gênerai, maistre François Fouquet et 
maistre Jean Nigleau, au pied duquel est un acte receu de 
Girard, notaire, le dix neufiesme juin mil six cens deux, 
concernant l'acquest de l'office d'enquesteur commissaire 
examinateur ; la .seconde pièce est une coppie receue de 
Symon, notaire, le dix septiesme octobre mil six cens trois, 
contenant que ledit defïunct René Quanti n auroit acquis 
dudit François Fouquet un estât de conseiller et le tiers de 
l'office d'enquesteur commissaire examinateur pour la 
somme de douze cens livres. 

» Item, un bail faict par ledit deffunct du lieu du Tertre (2), 
par devant Girard, notaire, le septiesme janvier mil six cens 
vingt. 

» Item, un bail à moityé fait par ledit deffunct à Ambroise 
Bourré du lieu de la Guilloterie, par devant Girard, notaire, 
le dix neufiesme janvier mil six cens vingt et trois. 

» Le contrat de retrait fait par Monsieur de Saint- 
OtTange (3), sur ledit deffunct, de la terre de Houssay. 

» Item, quittance receue de Girard, notaire, le septiesme 
febvrier mil six cens dix huit, contenant que noble Robert 
Guilloteau, sieur du Hallay, a receu dudit sieur Quantin 

(1; IMarqueraie (la), f., c""' de Sœudres (M.-et-L.), appartenait en 1540 
aux enfants de Perrine Chevalier, femme d'Hugues Blanchard (Arch. 
de M.-et-L., C. 106, f» 15). 

(2) Tertre (le), chat., m'" et f., c»" de Mée (Mayenne). Fief vassal de 
la baronnie de MortiercroUes. En lOiS, René du Tertre, seigneur du 
lieu, rendait hommage à René de Rohan. Les Trémignon avaient pos- 
sédé ce château au moyen âge. {Chroniques Craonnaises, p. 534). 

(3) La famille angevine des Saint-Offange s'est éteinte au XVHP 
siècle dans celle des Turpin de Vihiers. Son manoir héréditaire était 
depuis le XIV« siècle à l'Éperonnière de Saint-Aubin - de- Luigné. 
François, sieur de Hurtault, et Amaur y, sieur de la Houssaie, furent 
deux ardents ligueurs dont l'histoire a été souvent retracée. 



— 72 — 

unze mil deux cens livres pour la recousse de la terre du 
Houssay. 

» Item, le rachat, de par ledit delïunctQuantin, de la rente 
de six cens livres du Houssay, du sieur de la Roussière (1) et 
du Haut-Boullay (2). 

» Item, une minute d'obligation, du huictiesme aoust mil 
six cens vingt et cinq, portant condamnation de la somme de 
six cens livres contre damoyselle Renée de Bonvoisin, veufve 
Lancelot de Quatrebarbes. 

» Item, un accord reçu de Nigleau, le vingt et septiesme 
mars mil six cens dix, entre ledit deffunct et damoyselle 
Marie Doyrron, touchant l'office de trezoryer paieurdela 
compagnie de Monsieur de Lavardin (3). 

» Item, une liasse concernant les lieux de la Grande et de 
la Petite-Poterie (4). 

» Item, une liasse des affaires contre le sieur de la 
Brossinière (5), pour les mestaries de Poupard et de la 
Vieillière en Ghemazé. 

» Item, une liasse concernant la Beuzelinière (6). 

» Item, un compte de paiemens et recepte de deniers 
faictz par ledit defl'unct pour la dame Jeanne Lecercler (7), 
sa mère, épouse de René Quantin, le quatriesme décembre 
mil six cens. 

y> Item, l'acte de provision de curatelle de maistre René 

(1) Roussière (la), f., c* de Chàtelais (M.-et-L.). En est sieur Claude 
Ariioul, avocat au prcsidial de Gliàteau-Gontier, lG'i3-lG()0. 

(2) iioulay (le), L, c"« de; Marigué (M.-et-L.). 

(3) Ce nom n'était pas en odeur de sainteté dans le pays de Chàteau- 
Gontier où on avait gardé le souvenir des désordres commis jtendant 
les guerres de religion par les tioupes de M. de Lavardin, allié du roi 
de Navarre. {Journal de Louvet). 

(4) Poterie (la), h. c^ de Chemazé. 

(5) Fief vassal du marquisat de Chàteau-Gontier. 

(6) Beuzelinière (la), f., c"* de Laigné. Fief de la baroimie de Craon. 
L'étang a été desséché. 

(7) Cette ancienne famille, dont les memhres ont rempli diverses fonc- 
tions aux XVII" et XVIU» siècles, existe encore à Chàteau-Gontier. 



73 



Séguin aux enfaiis mineurs de cleffunct maistre Robert- 
Jousse et de Renée Le Gentilhomme, ayeuls maternels dudit 
defïunct maistre Jean Quantin, faict au siège le vingt et 
quatrième aoust mil cinq cens quatre vingt et six. 

» Le vingt et deuxiesme novembre mil six cens huit », 
Daniel de Juigné, sieur deMollière (1), s'oblige à paier «audit 
defïunct cens trente et six livres deux solz pour vendition 
de la Viellière, parroisse de Chemazé. 

» Une pièce concernant le bancq de lad. Gaultier en 
l'église de Saint-Rémy de Chasteaugontier. 

» Item, le pappier journal dudit delïunct, relié et couvert 
de parchemin, au second feuillet duquel commencent les 
articles des paiements faitz à divers. Premier. — A Monsieur 
Fayau, peintre, trente et six livres, pour sa peinture de ma 
salle, et un bouesseau de blé, que ma femme lui a baillé, 
vallant cinquante solz 

» Rem, un soubzseing privé , signé Trochon , portant 
convention pour la nourriture des capucins prédicateurs, le 
deuxiesme mars mil six cens vingt et trois (2). 

» Rem, vingt une pièces consernant les bastimens faictz par 
ledit deffunct en la maison où il est decceddé ; marché portant 
obligation de Jean Sallard, masson, de faire les cloisons et 
murailles ; receu, par Jean Levaur, vingt et deux livres dix 

(1) jMoUiére, bourg, c" de Chemazé. Fief de la baronnie de Chàteau- 
Gontier. 

(2) Le 13 avril 1609, il avait été décidé, d'une commune voix^ par la 
communauté des habitants réunis en assemblée, que les PP. capucins 
seraient « priés d'avoir un couvent proche cette ville. Une souscrip- 
tion fut ouverte et, dés le 12 juin, elle atteignait la somme de 0,000 
livres. On avait d'abord songé à bâtir le couvent dans le quartier 
du Martray ». Un homme du faubourg otTrit gratis le terrain à condition 
que le monastère serait à Azé. Enfin l'assemblée du 11 mars 1611 
arrêta que « la croix et bâtiments du dit couvent » seraient «bâtis aux 
Trois-Maries ». Le prince de Guémenée fut prié le 22 mai, par les 
habitants, « de vouloir bien se transporter au lieu où est destinée la 
place du bâtiment des Capucins pour asseoir et y poser la première 
pierre». (A. du Chêne, Notes sur Chàlcan-Gonlicr an commencement 
du XVII" siècle). 



7i — 



solz, pour vendition de pierre ardoisine taillée ; quittance de 
Fayau, de trente et six livres, pour avoir peint une salle ; 
quittance de sept vingt et une livres quatorze solz six 
deniers payées à Henry .Clievrier, serrurier ; autres 
quittances de Jean Sallard, masson, et de Laurent Allard ; 
quittance de Chantepie, de vingt livres, pour ardoise ; 
marché passé avec Jacques Quantin, pour la charpente ; 
transaction entre le defTunct, Gabriel du Bois et Pierre 
Nouel, pour lesdits bastiments ; receu de trente et cinq 
livres, donné par François Lemelle, terrassier ; autre receu 
de quinze livres, donné par Jacques Fourmentin, charpen- 
tier; receu de six livres dix solz, donné par François Ecoy, 
chaussumier ; receu de vingt et six livres, donné par Fram- 
bault Margotin ; receu de François AUeaume, « battelier », 
qui donne une quittance de vingt et neuf livres ; receu donné 
par Jacques Cardif et Jean Pigeon, massons, de la somme 
de trois cens quatre livres ; receu de Fayau, qui a esté 
payé de la vitrye par luy fournye à raison de cinq solz le 
pied ; contrat passé entre le delîunct et Jean Lattay , 
marchand de bois, et quittance dudit Lattay, de vingt et sept 
livres deux solz six deniers, qu'il a receues pour la char- 
pente pour luy fournye ; quittance de Guillaume Le Gileux, 
pour le clou par luy fourny ; quittance de René Goisbault, 
menuisier, qui a receu cent quatorze livres quinze solz ; 
quittance donnée par Léonard, cloutier. 

» Item, la grosse du contrat de mariage de Robert 
Guilloteau, sieur du Hallay, avec Catherine Quantin, receue 
devant Blanchet, notaire, le dixneufiesme febvrier mil six 
cens deux. 

» Item, une coppie des comptes de la Baronnie de Chas- 
teaugontier. 

» Item, le contrat de la vente dudit lieu de la Beaume- 
rie (i) à Jean de la Barre. 

(1) ntuiruf^rie (la), i'., c"« de Châtelain. Fief vassul do la baronnie de 
Chàteau-Gontier. 



— 75 - 

» Quittance de cinquante escuz, pour l'achat de la terre 
d'Aviré (1), du unziesme juin mil cinq cens quatre vingt et dix. 

» Quittance signée Vacquier, du vingt et huitiesme may 
mil six cens deux, portant qu'il promet audit deffunct luy 
fournir quittance de la dame de la Barre, de quatre vingt 
trois escus un tiers, » 

« Quittance de Pierre Menoret, bailly de Pouensé (2). 

« Mémoire dudit delïunct concernant le voiage de Jean 
Quantin à Poitiers et lettre dudit Jean Quantin, en latin, 
adressante audit deffunct. 

» Mémoires de parties d'appoticquaire. 

y> Mémoire des prestres qui ont assisté à la sépulture de 
ladicte defïuncte Jousse et de ce qui leur a esté paie. 

» Mémoire contenant quittance du drap mortuaire ; quit- 
tances du luminaire , de la sépulture et des frais des 
écussons fournis par Fayau ; minute du testament de lad. 
Jousse receu de Jouennaux , nottaire. 

» Quittance des services de Marguerite Hamon et Jeanne 
Bouré, servantes de lad. deftuncte. 

» Mémoire de la rente léguée au Collège de ceste ville. 

» Quittance de la cellebration d'une messe par sepmaine 
en l'églize Saint-Bemy. 

» Quittance donnée par devant Girard, par maistre Bené 
Quantin, sieur de la Chesnaie, père dud. deflunct, le uniesme 
juillet mil cinq cens quatre vingtz dix neuf. » 

ÏV. 

Le mobilier. 
Le 2 décembre, on commence l'inventaire du mobilier. 

(1) La seigneurie d'Aviré relevait de Chàteau-Gontier et était com- 
mune aux seigneurs de Bouillé-Téval, puis de Rossignol. Les métairies 
de l'Epinay et de l'Aubriaie en dépendaient. La maison dite la Cour 
dWviré subsiste encore aujourd'hui. 

(2) Pouancé, chef-lieu de canton, arr. de Ségré (M.-et-L). La sei- 
gneurie était titrée de baronnie dès le XIV^ siècle. 



— 76 — 

Le procureur du roi, assisté du greffier, est présent. André 
Maboner et Guillaume Jarry, maîtres menuisiers, remplissent 
les fonctions d'experts. 

Dans la salle basse, on trouve : une table « tirante » de 
bois de noyer, portée par des petites colonnes ; un buffet de 
bois de noyer, dont le bas forme armoire et ferme à clef ; 
une couchette de bois de noyer ; douze grandes chaises, 
dont la moitié a les bras garnis de cuir doré, de Flandre ou 
de Turquie, avec passements et clous également dorés ; six 
petites chaises, sans bras, mais semblables, pour le reste, 
aux précédentes ; une bancelle couverte de serge verte et 
ornée de la même façon que les chaises ; une autre bancelle 
de bois noir sans garniture. 

Dans une pièce voisine : « une vieille petite table » de bois 
de noyer ; un vieux banc de chêne ; une paire de balances ; 
une bouteille de verre clissée ; trois armoires en bois de 
chêne , fermant à clef. Cette pièce est appelée « la despence 
de lad. maison ». 

Dans « l'entichambre » : une armoire ancienne où l'on met 
la vaisselle; un cabinet de bois de chêne, « fermant de clef »; 
un grand coffre de chêne ; un autre petit coffre, un vieux lit, 
aussi de chêne, de forme antique ; « un travouil et un fallot ». 

Dans la petite salle de la maison: un lit de noyer avec 
pommettes dorées et bouquets, une couchette de noyer; une 
petite table de bois de noyer, portée sur cinq colonnes et qui 
se tire ; une autre petite table servant aux repas; neuf grandes 
chaises de bois, dont cinq à bras et quatre sans bras, garnies 
de serge verte, avec passements et clous dorés ; deux petites 
chaises, sans l)ras, garnies de serge verte, et deux autres 
pareilles couvertes de bois ; trois petits escabeaux garnis de 
.serge verte; un lialiut carré, fermant de clef, avec sou- 
bassements ; un vieux banc à dossier en noyer, où il y a deux 
coffres, placé .sous la galerie ; un petit miroir ; un souflfet. 

Dans la cuisine : une grande huche de bois de chêne, 
fermant de clef; une vieille table de bois de noyer , portée 



— il — 

par des tréteaux ; une bancelle, un escabeau, un « haistault «^ 

Sous le portail neuf : un grand coffre de bois « dans lequel 
ne s'est trouvé que cocques de noix » ; une vieille table ; une 
selle pour faire la lessive; « une bencosse à habiller porcqz »; 
un rouet pour filer ; une seille, un godet pour boire ; un 
petit coffre de bois; « un demeau >■> et une mesure (1). 

« En unne cliambre haulte appelée la chambre rouge » : 
une table sur pattes, qui se tire, en bois de noyer; un 
cabinet fermant de clef, à quatre tiroirs de bois de noyer ; 
deux bois de lits ; deux grandes chaises, sans bras, garnies 
de serge verte, avec clous dorés ; un petit bahut carré avec 
soubassement ; un autre petit bahut rond ; un autre vieux 
petit bahut rond. 

((. En unne petite estude à costé de ladicte chambre où est 
l'oratouère » : un grand vieux bahut en forme de garde- 
robe; une vieille porte sur deux tréteaux; trois « barenchots 
à mettre fruict cuit » ; une petite boite ; un petit cuveau. 

Dans une autre petite « estude » : une grande paire de 
« presses » de bois, avec quatre armoires, fermant à deux 
serrures ; un grand vieux bahut en forme de garde-robe ; un 
petit vieux bahut rond. 

» En unne gallerie respondant sur la court de derrière 
estant à costé de lad. estude » : deux tabourets de bois de 
noyer, couverts de tapisserie, avec clous dorés ; deux petits 
bahuts ronds, qui ferment à clef; un grand vieux bahut 
rond, aussi fermant à clef et servant à mettre tous les 
papiers de la famille ; une selle à faire la lessive, avec une 
clisse ; une perche ; un vieux petit coffre de bois de chêne. 
Les tabourets recouverts de tapisseries, qui sont «. de l'ou- 
vraige de Françoise Quanlin », ne sont pas compris dans 
l'inventaire. 

» Item est de même d'un tableau qui lui a esté donné par 
le sieur Moreau. 

(1) Voir, sur les mesures de contenance pour les solides en usage 
dans le pays de Chàteau-Gontier, les Chroniques Craonnaises, p. 407. 



IH 



» Fa\ 1.1 rli.iiiibiv (lu garsûii -> : uiii^ table, un lit et un 
vieux coffre de bois de chêne à panneaux ; un autre coffre 
de chêne « fait à ouvraige » ; « un godendard» ; deux « claies 
à nettoyer habit » ; une paire de « poussetes » ; deux selles 
de cheval, « à homme, avecq les estriers » ; une autre selle 
de cheval, « servant à femme » ; une vieille bride ; une 
vieille paire de bottes ; « unne vieille faucoimier » ; un rouet 
à filer et un « barenchot ». 

« En unne gallerye à co.sté où y a paille » : un coffre de 
chêne fermant à clef : deux « baranchotz » et un « travoueil ». 

Dans la chambre verte : une vieille table de noyer ; un lit 
« fait à l'anthicque et godronné, avec verges de fer » ; une 
couchette; un vieux buffet de noyer « godronné », avec 
deux portes vitrées ; deux grandes chaises de bois ; un vieux 
petit bahut rond ; « unne petite malle de cuir, couverte de cuir 
velu, fermant de clef, non inventoriée, appartenant à ladite 
Françoise Quantin et ne contenant que les chemises de la- 
dicte damoiselle ». 

» En la gallerye de sur la court de devant » : une chaise 
percée ; un vieux banc ; une table sur tréteaux ; un seau ; 
deux perches ; trois fûts. 

Dans une étude auprès de la chambre verte : « un tablier 
de bois fermant de clef » ; deux grandes chaises à bras ; cinq 
tableaux. 

Dans le grenier bas : un millier de carreaux, prisé cin- 
quante sous ; « deux betuzcs » ; un millier d'ardoises, prisé 
cent sous ; une selle à aire lessive, prisée trois sous ; une 
autre selle destinée au même usage ; « unne sarche à faire 
laissive » ; tiois échelles de pied ; deux tréteaux ; « cinq 
septiers trois bouesseaux de bled seigle, apretyé à raison 
de treze livres le septier, qui font en somme toute soixante 
neuf livres dix sept solz six deniers ; item, neuf bouesseaux 
d'avoyne , prisez vingt solz le bouesseau , qui font en 
somme toute neuf livres; item, trois bouesseaux et demy 
de froument rouge, prisez à raison de quarente solz le 



— 79 — 

bouesseau, qui font en somme toute sept livres ; item, un 
demeau d'orge, prisé dix solz ; item, treze bouesseaux de 
noix, prisez à raison de dix solz le bouesseau, qui est en 
somme toutte six livres dix solz ; item, deux cens vingt 
livres de lin, apretyé à raison de dix livres le cent^ qui est 
en tout vingt et deux livres ; item, deux cens douze livres 
de chanvre, estimé deux solz la livre, faisant en tout vingt 
et une livres quatre solz. Et a déclaré ladicte Gaultier que 
sa part des produits du lieu de la Richotterye (1) n'a 
encores esté apretié, pour n'avoir esté partaigé. » 

Dans le grenier haut de la maison : une bancelle de 
chêne ; cinq c( barenchotz » ; deux autres k barenchotz » ; 
(( vingt-neuf septiers de blé, prisés treize livres le septier, le 
tout mesure de cette ville de Chasteaugontier, faisant en 
tout trois cent soixante dix sept livres » ; « un demeau de 
pois, prisé vingt solz » ; « trois demeaux de febves, prisés 
cinquante solz ». 

Dans la cave : une huche de bois de chêne termant à clef; 
un garde-manger ; « deux barenchotz » ; « deux petits sal- 
louers ; trois petitz poullains et une quenouille à descendre 
vin en ladicte cave ; un tonneau où y a quelque peu de 
reste de vin clairet ; unne buce vuide ; unne pipe de cildre, 
provenue en ceste année au lieu du Tertre de Mée, aussy à 
ladicte Gaultier, estimée dix livres; un charnier dans 
lequel y a un porc salle, qui vient de la Richotterie et dont 
la moitié est au closier , le tout prisé douze livres ; un 
tour, prisé trente sous. » 

Dans la cour : « cinq chartéesde gros bois, prisées ensemble 
dix livres ; trois cens de fagot, prisé neuf livres ; unne mue à 
mettre poullaille, prisée dix solz ; unne civière à bras^ prisée 
trente solz ; quatre pièces de vieux bois ; deux pannes de 
terre à faire la laissive ; unne pelle à bescher, une vieille 
fourche ferrée et une petite cobeche, le tout prisé quinze 
sols ». 

(1) Richotterie (la), f., c°« de Saint-Fort. 



- 80 - 

V. 

La vaisselle, V argenterie et les bijoux. 

A une heure de l'après-midi, le même jour, les parties 
sont réunies de nouveau pour continuer l'inventaire. Jérôme 
Bernier, « maistre pintier (1) », Samuel Chelleur, « maistre 
orfebvre », Gaspard Lecourt, « maistre poislier et chaudron- 
nier », François Ledroit, « tapissier », Mathurin Henri, 
«tailleur», et Pierre CrouUet, « trompette et crieur ordinaire 
proclamateur (2) », sont présents. Ils prêtent serment de 
remplir honnêtement leur mission d'experts. Ils examinent 
successivement la vaisselle commune, (( la poislerie d'airain 
et autre ferraille », la vaisselle d'argent, les bijoux, les vête- 
ments, le mobilier, le linge, etc. C'est, avec l'énumération 
des livres, la nomenclature la plus intéressante de notre 
manuscrit : 

La vaisselle commune de toute espèce est estimée cin- 
quante et une livres seize sous, plus deux chandeliers 
d'étain, qui sont prisés vingt sous. 

On inspecte ensuite «la poislerie d'airain et autre ferraille » : 
« Unne grande poisle chaudière ronde de trois seillées, pri- 
sée six livres ; unne autre poisle chaudière ronde de deux 
seillées, prisée quatre livres ; unne autre petite poisle chau- 
dière ronde d'unne seillée, prisée trente et deux solz ; unne 
autre petite poisle vieille ronde de demie seillée, prisée dix 
solz ; un vieil chaudron d'unne seillée, prisé quarente solz ; 
un autre chaudron moyen, prisé trente et deux solz ; un 
autre chaudron de demie seillée, prisé quarente solz ; un 
autre plus petit chaudron, prisé dix solz ; trois poislons, 
prisez ensemble trente et deux solz ; unne passete, prisée 

(4) Une des rues de Château-Gonlier porte encore anjnunl hui le nom 
de « rue des Pintiers. » 
(2) Le tambour de ville à remplacé le crieur. 



— 81 — 

seize solz ; trois couvercles d'airain, prisez seize solz ; deux 
vieilles poisles, prisées seize solz ; unne grande marmite, 
prisée vingt et ung solz ; unne autre moienne marmite, prisée 
quinze solz ; unne autre plus petite marmite, prisée quatorze 
solz ; trois cuillers, prisées trois solz ; trois vieilles poisles, 
avec un rechault, le tout prisé cinq solz. 

)) Item, un trépied, prisé cinq solz ; deux vieilles marmites 
rompues, prisées trois solz ; unne grande paire de landiers 
de cuivre, de la salle, prisez dix huit livres ; unne autre 
paire de petitz landiers, aussy de cuivre rouge, servant à la 
chambre rouge, prisez huit livres ; unne paire de landiers, 
qui servoient à la petite salle, aussy de cuivre, prisez avecq 
les chesnetz, treze livres ; deux vieiz chenetz, qui ne sont 
pareilz, prisez vingt et cinq solz ; unne vieille pelle de fer ; 
unne fourchete et un garde-casse, le tout prisé trente solz ; 
unne autre paire de landiers, qui servoient à la cuisine, 
avecq deux chesnetz, le tout de fer, prisé soixante solz ; unne 
paire de landiers de fonte, qui estoient en la chambre du 
garson, prisez seize solz ; quatre chandelliers pareilz à 
collonnes, prisez ensemble soixante et quatre solz ; un autre 
petit chandellier d'estude, prisé dix solz ; un autre grand 
vieil chandellier à l'anthicque, prisé quinze solz ; deux 
lampes, prisées ensemble trente deux solz ; trois petits 
coings de fer et une hache de nulle valleur, prisez ensemble 
vingt solz ; dix couteaux de table, prisez ensemble cinquante 
solz ; un petit rond, estimé trente et deux solz ; trois petites 
broches de fer, prisées ensemble seize solz d. 

C'est ensuite le tour de la vaisselle d'argent : « Un petit 
bassin en auvalle d'argent doré, pezant trois marcqz cinq 
onces ; un pot d'argent doré, pezant deux marqz et demye 
once ; deux vinaigriers d'argent doré, pezant ensemble un 
marcq six onoes ; un autre petit vinaigrier d'argent doré, 
pezant quatre onces deux gros et demy ; deux sallières 
d'argent doré, pezant ensemble un marcq une once et 

XXIV. G 



8^2 



demye ; unne autre sallière, pezant six onces et deniye un 
gros et demy ; unne douzainne de cuillers d'argent, aiant le 
manche quarré et le bout doré, pezant ensemble quatorze 
onces et demye un gros et demy ; unne autre demye dou- 
zainne de cuillers d'argent, avecq le manche plat, et deux 
autres d'une autre faczon, pezant ensemble sept onces six 
gros ; item, demye douzainne de fourchetes d'argent, trois 
onces et un demy gros. Touttes lesdictes choses cy dessus 
rjvenans ensemble à treize marcqz six onces demy gros, qui 
ont esté apprêtiez par ledit Chelleur, l'un portant l'autre, à 
vingt et une livre le marcq, qui font ensemble à lad. raison 
deux cens quatre vingtz huict livres trois solz six deniers, 
sauf erreur de calcul ». 

On examine après les parures et les bijoux : « Item, deux 
colliers de perles, dont y en a plusieurs rondes, l'un conte- 
nant deux cens quatre vingt trois perles et l'autre trois cens 
quatre vingt dix huict, apretyées, l'une portant l'autre, à six 
solz pièce, lesquelles perles lad. Gaultier a dit qu'elles 
luy ont esté données par led. defïunct Quantin par son con- 
trat de mariage, faisant en somme toute deux cens quatre 
livres dix solz. 

» Item, lad. Françoize Quantin a représenté un diamant, 
qu'elle a dit luy avoir esté donné par led. detïunct, led. dia- 
mant apretyé à quarente cinq livres. 

» Item, lad. Françoize a représenté un petit collier de petites 
perles de sepmances barocques, pezant trois gros, qu'elle a 
dit luy avoit esté donnez par son père, apretyé à sept livres, 

» Plus a esté trouvé une chesne de crhistal en ollives gar- 
nies de gerbes d'or, estimée et appretyée soixante livres. » 

Ici, une di.scussion inattendue s'élève entre les héritiers. 

«Item, lad. Françoize Quantin a (ht avoir deux pendans 
d'oreilles de petictz diamans, qu'elle a représentez, qu'elle a 
dit la plus grande partye luy avoir esté donnée, depuys 
plusieurs années, tant par la dame de Hellault, son ayeule 
maternelle, que pai- lesdits Quantin, son père et sa mère^ 



83 



lesquelz pendans d'oreilles sont eu son peculle et, liiy 
appartiennent, sans qu'ils puissent venir en apretiation ny 
estre compris au présent inventaire et les a représentez seul- 
lement affin qu'il ne puisse imputer que l'on ;iit caché ny 
laissé aucunne chose. Ledict Quantin, son frère, a dit n'avoir 
congnoissance dudit don et que ce qui se trouve doibt estre 
inventorié et apretyé. Surquoy, serment pris de lad. Gaultyer 
ensemble et de lad. Quantin, qui ont veriffyé que lesd. pen- 
dans d'oreilles ont esté donnez, pour lad. partye, àlad. Quan- 
tin, par lad. dame de Hellault, et que ledit Quantin y a 
contribué d'un petit collier d'or pour faire faire lesdiclz pen- 
dans d'oreilles, qu'il luy a donné véritablement, et les a 
portez depuis cinq ans durant, ensemble led. petit colher 
de perles prisé sept livres, avons desdits pendans d'oreilles 
et petit collier fait et faisons dellivrance à lad. Quantm, 
comme aussy des habictz qui sont à son usaige. Signé 
Chelleur ». 



VI. 



Les vêtetnents de maître liené Quantin et de Jeanne Gaultier , 

sa femme. 

Voici maintenant la liste des nombreux * habictz trou- 
vez en grandes presses, dont a esté levé le scellé et fait 
ouverture, avec les clefz, par led. Collin, en la chambre 
estant à costé de la chambre rouge : 

« Une robe de pallais, de sarge raze, garnie de taffetas, à 
usaige dudit deffunct, prisée sept livres, cy. ... vu i 

» Item, un manteau de sarge raze, noir, à usaige dudit 
deffunct, prisé douze livres, cy xin 

» Item, unne autre robe de pallais, de sarge, parée de 
de velours, à usaige dudit deffunct, prisée vingt livres, 
cy XX» 



— 84 — 

» Item, unne sotanne de tafetas, à usaige dudit defïunct, 
prisée douze livres, cy xii^ 

» Item, umie douzainne de petictz collectz, usez, àl'usaige 
dud. deffunct, prisez vingt et quatre solz, cy. . xxiv» 

» Item, huict fraizes, à l'usaige dudit deffunct, estimées 
quatre livres, cy iv i 

» Item, un manteau d'estamine, doublé de tafetas, à usaige 
dudit deffunct, prisé sept livres, cy vu • 

» Item, deux sotannes d'estamine, à usaige dudit deffunct, 
prisées ensemble neuf livres, cy ix ' 

» Item, unne robbe de chambre de sarge raze, avecq bou- 
tonnières, doublée de baguette, à usaige dudit deffunct, 
prisée vingt livres, cy xx ^ 

» Item, un manteau d'estamet, à usaige dudit deffunct, 
prisé douze livres, cy xii ' 

y> Item, un autre manteau d'estamet, doublé de baguette 
et gariiy de boutonnières par le devant, à usaige dud. 
deffunct, prisé neuf livres, cy ix' 

« Item, un autre manteau de camelot de lisle, à usaige 
du deffunct, prisé six livres, cy vi • 

y Item, une robe de pallais de sarge, parée de taffetas, 
prisée douze livres, cy xii' 

» Iteni; un mante;iu de camelot de lisle, à usaige dudit 
deffunct, prisé soixante et dix solz, cy lxx® 

» Item, unne sotanne de satin, à usaige dudit deffunct, 
prisée trente livres, cy xxx' 

» Item, unne cazacque, à usaige dudit deffunct, doublée 
de sarge, pri.sée cinquante solz, cy l* 

» Item, un capichon de camelot, prisé cinq solz, cy. v* 

» Item, deux vieilz prepoinctz, l'un de satin et l'autre 
d'estamine, prisez ensemble quatre livres, cy. . . iv' 

» Item, un bonnet quarré et un chappeau, à usaige dudit 
deffunct, prisez ensemble quarente solz, cy. . . . XL* 

» Item, im ballendrap de camelot noii', doublé de sarge, 
avecq bouttons, prisé soixante solz, cy lx * 



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s 



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- 85 - 

» Item, six coueffes de nuict, à usaige duel, deffunct, pr 
sées dix solz, cy x 

» Item, un bas et hault de chausse de sarge raze, à usaige 
dudit defîunct, prisez quarente solz, cy xl * 

» Item, un tapiz de jayette, prisé trente solz, cy. xxx* 

f Item, un bas de chausse de sarge raze, noir, à usaige du 
dit detïunct, prisé seize solz, cy xvi 

)^ Item, un autre vieil bas de chausse, aussy noir, à usaige 
dudit deffunct, estimé huict solz, cy viii 

» Item, un vieil hault déchausse preijoinct d'estamine, à 
usaige dudit deff"unct, prisé dix solz, cy x « 

» Item, huict chemises de nuict, à usaige dud. detïunct, 
plus que my usées, prisées quatre livres cy. ... iv i 

» Item, unne paire de gamaches de bure, à usaige dudit 
deffunct, prisé huit solz, cy viii * 

» Item, unne cornette de pallais, prisée soixante solz, 

cy LX* 

» Item, trois douzainnes de chemises de lin, à usaige 
dudit deffunct, prisées ensemble vingt et huict livres, 
cy xxviii ' 

» Item, deux vieilles camisolles de fustainne blanche, à 
usaige dud. detïunct, prisées dix solz, cy x* » 

La garde-robe de la dame Jeanne Gaultier n'est pas 
moins bien fournie que celle de son mari : 

« Item, unne douzainne de chemises de lin, à usaige de lad. 
dame, prisées neuf livres six solz huit deniers, 
cy IX ' VI s VIII d 

y^ Item, unne Juppé de vellours en fondz de suttin blancq, 
à usaige de ladicte Gaultier, prisée quinze hvres, cy. xv ' 

» Item, unne autre Juppé de tafïetas, bordée depassemens 
d'argent, à usaige de ladicte Gaultyer, prisée douze livres, 
cy XII' 

» Item, unne autre juppe de satin violet, moucheté, bordé 
de gallon d'argent, que lad. Gaultyer a dit luy avoir esté 
donnée par lad. dame de Hellault, lors de la vendition de 



- 86 - 

la terre du Moullin au boy, à usaige de lad. Gaultyer, et 
ainsy ne debvoir entrer en apreliation, neantmoings apretyée 
trente livres, cy xxx* 

» Item, dix mouchoirs de toille de Hollande, à usaige 
de lad. dame, prisez cinquante solz, cy l « 

» Item, unne autre juppe, à usaige de lad. Gaultyer, 
lad. jupps de satin à fleurs, prisée dix livres, cy. . x' 

» Item, quatre collectz de nuictz, à usaige de lad. Gaultyer, 
prisez trente solz, cy xxx « 

» Item, u:i vieil cotillon de camelot sur soye rouge avec 
passemens, prisé dix livres, cy x' 

>^ Item, unne demie douzaiime de manchettes à usaige de 
lad. dame, prisées six solz, cy vi * 

» Item, un manteau de damars noir, à usaige de lad. dame 
Gaultyer, avecq doubles nianches, prisé sept livres, 
cy VII ' 

» Item, un autre manteau il'estamine, à usaige de ladite 
dame Gaultyer, led. manteau enrichy de passemens, prisé 
quarente solz, cy xl *= 

» Item, unne demye douzainne de couefïes de jour, à 
usaige de lad. dame, i)risez six solz, cy vi ^ 

» Item, un corset à manches de taffetas gris, à usaige de 
lad. Gaultyer, led. corset avecq gallon d'argent, prisé cent 
solz, cy c « 

» Item, unne douzainne de chemises neufves non inven- 
toriées et que ledict Quantin a dit qu'il faut aussy inven- 
torier. 

» Item, unne thoillette et un sacq, le tout de vellours gris 
brun, ni)pretyô à sept livres, cy vit' 

» Item, unne rol)e d'estamino estofl'ée de satin, à passe- 
mont, [jiisée soixante solz, cy i.x '^ 

» Item, unne cimarre de camelot gris moucheté, à usaige 
de ladicte dame Gaultyer, de peu de vaileur, prisé à trente 
solz, cy xxx s 



s 



• — 87 - 

» Item, deux vieilles chemises, à usaige de lad. dame, 
prisées ensemble cent solz, cy c 

» Item, unne doublure de cottillon frèze grize, prisée 
trente solz, cy xxx* 

» Item, huict couefïes de nuict, à usaige de lad. dame, de 
toille blanche, my usez, prisées trente solz, cy. . xxx « 

» Item, unne paire de fustaine de brassières, à usaige de 
lad. Gaultyer, prisée vingt solz, cy xx ^ 

» Item, huict fers à porter rabatz et colleclz, de femme, qui 
ne sont en usaige, prisez huit solz, cy viii« 

» Item, deux bas d'estame rouge et gris, à usaige de 
femme, prisez quarente solz, cy xl« 

» Item, un bas de soye tanné, de nulle valleur, prisé cinq 
solz, cy , V s 

» Item, un manteau et deventière de femme pour monter 
à cheval, led. manteau et deventière de camelot noir, prisez 
sept livres, cy vir ' » 

Dans le même appartement, on trouve aussi : un dessus de 
buffet garni de frange de soie ; un tapis vert de neuf aunes ; 
un autre tapis vert de trois aunes et demie ; « une housse 
de serge de quan, verte, passementée avecq frange, servant à 
la couschette de la salle » ; une housse à cheval en velour.-. 



VII. 

Le linge. 

Le jeudi 3 décembre, on continue l'inventaire. On exa- 
mine et apprécie le moljilier : « Un ciel de lit rouge, i)asse- 
menté de trange de soye, composé de trois pantes, quatre 
rideaux, deux bonnes grâces, la mante, trois pommettes 
dorées », et « le tour d'un autre lict coulleur Gingrolly, 
composé de quatre pièces, deux bonnes grâces, garny de 
petite frange de soye et boutonnières, avec la mante de 



— 88 - 

mesme coulleur, trois pommettes dorées, le tout en lad. 
chainbre rouge ». Le tout vaut quatre-vingt-cinq livres. 

Dans la chambre verte, on relève : un autre bois de lit, un 
pavillon de couchette avec passement de laine ; « atroispantes, 
avec un doussier de damas vert », garnies de frange de soie et 
doublées de satin ; trois rideaux ; deux bonnes grâces 
de taiïetas vert, garnies aussi de IVange de soie ; « le fonds 
dudit lit aussy en satin ». La dame Quantin dit que ce lit lui 
appartient et qu'il lui a été donné par ses parents. Sur la 
demande du fils, le sieur Quantin, on décide que cet objet 
c( sera tiré en ligne de compte >\ 

D'autres lits et un tour de lit en broderie sont énumérés 
dans l'inventaire avec leurs « couettes, mathelas etorilliers ». 
On inscrit aussi vingt-neuf livres de fil de lin, en deux 
paquets, estimées à vingt-quatre sous la livre, soit en tout 
trente-quatre livres seize sous, et une pièce de toile de brin 
en réparalicn. Trois bougies jaunes sont estimées quarante 
sous et quinze pelotons de fil à coudre, seize sous. On note 
aussi « un quartier de bureau à faire semelles,, une pelisse 
et un vieil langeul il'enfant ». 

On inspecte , le même jour , les serviettes et les 
draps renfermés dans les cotîres et les bahuts : « Sept 
douzainncs de serviettes de brin , estimées soixante- 
quinze solz la douzainne, faisant en tout vingt et six 
livres cin([ solz ; une douzainne de draps neufs de toille 
Je brin, de neuf aulnes le couple, faisant ensemble vingt et 
sept livres dix .solz ; une douzainne d'autres draps de brin, 
my usez, prisez neuf livres dix solz ; quatre autres draps, 
presque neufs, de toille de réparation en réparation, prisez 
huict livres ; dix draps d'estoupes, my usez, de huit aulnes le 
couple, prisez ensemble quinze livres; niuic d(Mni(> dou- 
zainne de nappes de rei)aralion, de deux aulnes, [)risées 
ensemble sept livres ». 

Il faut y ajouter: une douzaine d'.uili'es uajjpes d'une aune 
et demie chacune, « de toille de l'c^jaraLion, my usez, prisez 



89 



ensemble cent solz ; unne douzainne d'essuymains neufz, de 
grosse toille, prisez ensemble trente solz ; huict poches 
neufves, prisées ensemble cent solz ; trois encherrouers, 
my usez, prisez ensemble vingt et cinq solz ; unne douzainne 
de draps neufs de toille d'estoupe, de huit aulnes le couple, 
prisez ensemble vingt et quatre livres ; sept douzainnes de 
serviettes de toille de brin en brin, prisées vingt et six livres 
cinq solz ; deux douzainnes de souille de pareille toille, de 
deux aulnes, prisées ensemble sept livres ; unne douzainne 
de draps de brin en brin, tout neufs, de pareille toille, de 
neuf aulnes le couple, prisez ensemble trente livres ; unne 
autre douzainne de draps, aussy neufs, prisez trente livres ; 
sept douzainnes de serviettes de toille de brm en brin, neuf- 
ves, prisées vingt six livres cinq solz ; unne douzainne de 
souilles d'orilliers de toille de gros lin, prisées ensemble sept 
livres dix solz ; unne demie douzainne de draps de gros lin, 
tous neufs, de unze aulnes le couple, prisez ensemble dix- 
huict livres ; cinq autres draps de lin, my usez, de dix aulnes 
le couple, prisez ensemble douze livres ; unne douzainne de 
nappes de toille de brin, de deux aulnes, unne autre dou- 
zainne de toille de lin, prisez ensemble treize livres ; 
unne douzainne de couvrechefz de nuict, de lin, prisez 
ensemble soixante solz. 

» Unne douzainne d'essuimains, prisez ensemble trente 
solz ; sept douzainnes de serviettes de toille blanche, prisées 
ensemble trente livres ; cinq autres douzainnes de serviettes 
pareilles, prisées ensemble vingt et quatre livres ; cinq 
autres serviettes comme ci-dessus, prisées ensemble qua- 
rente solz ; un tablier de cinq aulnes de toille blanche, prisé 
quatre livres ; deux draps de toille blanche, de dix aulnes le 
couple, prisez ensemble six livres ; un autre drap de toille 
blanche, garny de dentelle, prisé quatre livres dix solz ; deux 
autres draps de toille blanche, de dix aulnes le couple, prisez 
ensemble sept livres ; deux autres draps de lin, my usez, de 
unze aulnes le couple, prisez six livres ; deux autres draps, 



— 90 - 

prisez six livres ; deux tabliers de toille blanche, de cinq 
aulnes, prisez huit livres ; deux autres petits tabliers de 
(juatre aulnes, prisez six livres ; un demy drap de toille 
blanche, prisé quarente solz ; deux tabliers de quatre aulnes 
de toille blanche, cent dix solz ; deux autres tabliers pareils, 
prisez six livres cinq solz ; quatre dessus de buffet, de toille 
blanche, prisez ensemble sept livres. 

» Deux bancquetouères de toille blanche, prisées ensemble 
cinquante solz ; vingt et deux souilles d'orilliers de toille 
blanche, tant grandes que petites, prisées ensemble unze 
livres ; cinq couvrechefs de nuit de toille blanche, prisez 
ensemble cinquante solz ; deux grandes souilles d'orilliers de 
toille de lin, prisées ensemble quarente solz ; septdouzainnes 
de serviettes de brin en brin, prisées vingt et six livres cinq 
solz ; unne douzainne de draps, de unze aulnes le couple, de 
toille de brin, prisez ensemble quarente livres ; unne dou- 
zainne de nappes, de deux aulnes, de toille de lin blanche, 
prisées ensemble quatorze livres ; une demie douzainne 
d'autres nappes, de pareille toille, d'unne aulne et demie 
chasque, prisées ensemble six livres ; unne vieille nappe de 
camelot, parée par le devant de taffetas, prisée vingt et cinq 
solz. 

» Un capot de tatïetas, prisé dix solz ; (piatorze vieilles 
serviettes de brin en réparation, my usées, prisées trente et 
deux solz ; trois souilles d'orilliers, prisées douze solz ; un 
vieil drap, prisé seize solz ; une douzainne de draps de brin 
en brin, de neuf aulnes le couple, prisez trente livres ; deux 
autres draps de toille de brin en réparation, aussy de neuf 
aulnes, prisez quatre livres ; une douzainne d'autres draps, 
my usez, aussy do lu'in en l)rin et de neuf aulnes, prisez 
vingt livres ; quatre autres draps pareils, my usez, prisés 
cent dix solz ; deux autres vieils draps, prisez soixante solz ; 
(Quatre autres vieils draps de brin en réparation, prisez six 
livres ; neuf autres vieil draps pareils, prisez sept livres 
quatre solz ; deux tabliers de toille blanche, de quatre aulnes, 



91 



prisez sept livres ; deux costés de courtinnes, de peu de val- 
leur ; deux douzainnes de mouchoirs de toille blanche, my 
usez, prisez vingt et quatre solz. 

y> Unne douzainne de biais de toille blanche, my usez, 
prisez douze solz ; unne autre douzainne de biais, prisez 
vingt solz ; quatre canettes de toiles blanche, prisées seize 
solz ; unne douzainne de bandeaux de toille blanche, prisez 
douze solz ; deux douzainnes de serviettes de brin en brin, 
prisées huit livres ; unne douzainne d'autres vieilles ser- 
viettes, prisées cinquante solz ; une autre douzainne pareil- 
les, prisée trente et deux solz ; quatorze serviettes de lin, 
plus que my usées, prisées quarente solz ; seize serviettes 
de brin en réparation, prisées soixante et quatorze solz ; 
neuf nappes de brin, my usées, de deux aulnes, prisée^ 
huict livres ; sept draps, estant en lictz, prisez sept livres ; 
deux poches, prisées seize solz ; trois vieilles napes, prisées 
vingt solz ; dix essuimains, prisés vingt solz ». 

Cette énumération est vraiment formidable et on voit que 
le linge était le luxe de nos pères ! 

Deux K pezetz de layne » sont estimées neuf livres seize 
sous ; (( unne chartée de foing, avec demie chartéede paille », 
six livres ; « cinq rouelles de pouppées de lin », à neuf sous 
la livre, sont estimées trente livres froissons; cinquante- 
quatre livres de chanvre, treize livres dix sous. 



VIII. 

Les inéiairies. 

Les experts se transportent ensuite, le 7 décembre, à la 
maison du Tertre de Mée. Mathurin et Louis CrouUet, 
avec Daniel Guignard et son fds, bouchers, assistent à 
l'appréciation des bestiaux de la métairie et des autres lieux 
voisins. Le niobilier modeste du Tertre est promptement 



— 1>2 - 

inventorié. A la Ricliotterie, on trouve: « neuf demeaux de 
noix, quarente livres de lin, six livres de chanvre, une demie 
mesure de pois », dont les prix sont semblables aux précé- 
dents, et « six mesures de poires et pommes cuittes; prisées 
quinze solz ». 

La métairie du Tertre renferme « vingt et huict chefz de 
bergeail, prisez trente et deux solz pièce, qui est, pour 
moictyé, vingt et deux livres huict solz ; plus unne grande 
truye, avecq cinq petictz pourseaux de nourriture, le tout 
prisé dix neuf livres, qui est, pour moictyé, neuf livres dix 
solz. Et au regard des porcqz à eflbuiller, le mestaier leur 
a dict qu'ilz uvoyent esté cy devant appretyez à vingt 
livres. Quant aux bœufz , vaches, thores, quevalles et 
poullains, ilz appartiennent, pour le tout, au mestaier 
dudit lieu, attendu qu'il tient ledit lieu affermé d'herbaige ». 

A la métairie de Vaubertran (i), on trouve : « dix neuf 
cheftz de bergeail, prisez trente solz pièce, qui est, pour la 
moictyé du maistre, quatorze livres cinq solz. Item, six 
nourri tu reaux, prisez dix huict livres, (|ui est, pour la 
moictyé, neuf livres ; plus une quevalle en poil rouge 
brun, avecq son poullain, appartenant, pour le tout, au 
maistre, prisez ensemble (juarente livres. Kl ([uaiit aux 
porcqz à elïouiller en ceste année, ilz n'en ont vtni et ne 
leur en a esté représenté aucuns, ne sçavoir s'ilz les ont 
partaigez ou venduz. Et au regard des bœufz, vaches, 
tores, cheveaux, veaux, quevalles et poullains, autres que 
ceux cy dessus, ilz appartiennent, pour le tout, au mestaier 
dudit lieu de Vaubertran, ainsy (|u'il leur a dict aussy qu'il 
tient aiïermé d'herbaige ". 

A la closerie de la Guilloleric C2), on r(^mar(|ue ; (^ trois 

(1) \';mlieitr;iii (Jii Vauliei'tiuu, 1'., c'"^ dt; Cliàlrlaiii. 

(2) Ibid. Cetto ferme est aujourd'hui détruite. — Voir, sur la situation 
des populcitions ruralr-s de notre régif)n, à rotte époque, dans le beau 
travail de .VI. U. lîaudiillart, nieini)re de l'iu.stitut, sui' Les Popidal ions 
afjncoles de la France, les deux ili;ipitres intitulés Les Popidalions 
agricoles du Maine. — Le^i Popidalions ayricoles de l'Anjou, pp. 1-91. 



— 93 - 

mères vaches, deux thores et deux veaux de l'année der- 
nière, le tout ensemble appretyé à quatre vingt livres, 
faisant, pour moictyé, quarente livres ; plus audit lieu, 
seize chefz de bergeail, prisez vingt et huict solz, pièce, 
faisant, pour moictyé, onze livres quatre solz ; plus quatre 
petictz porcqz de norriture, prisez douze livres, qui est, 
pour moictyé, six livres. Et au regard des porcqs à 
effouiller en ceste année, ilz n'en ont veu aucun audit lieu 
et ne leur en a esté représenté par le closier dudit lieu, ne 
sçavoir s'ilz ont esté venduz ou partaigez ». 

A la Richotterie, on voit : « trois mères vaches, unne thore 
venant à deux ans et un veau de l'année dernière, le tout 
apretyé ensemble à soixante livres, qui est, pour moictyé, 
trente livres ; plus vingt et quatre chefz de bergeail, prisez 
trente et deux solz, pièce, qui ♦st, pour moictyé, dix neuf 
livres quatre solz ; plus un petict porcq de nourriture, 
prisé soixante quatre solz, qui est, pour moictyé, trente et 
deux solz ; et quant aux autres porcqz dudit lieu, ilz ont 
esté cy devant partaigez entre le maistre et le closier, 
et a, ledit CrouUet, dict ne sçavoir signer. Signé D. 
Guignard. 

» Quant aux porcqz du lieu et mestairie du Tertre, qui 
estoient cinq à effouiller en ceste année, ilz estoient de sy 
peu de valleur que ne furent apretyez à la Toussainctz que 
vingt livres, qui estoit seullement dix livres pour la part 
du maistre, lesquelz le me.staier et lad. dame Gaultier 
retinrent pour taire engraisser et les ont ensemblement 
nourriz de grain, dont elle a achapté sa part depuis, sy 
bien que, pour ce regard, elle ne doibt estre chargée au 
au présent inventaire que de la somme de dix livres dont 
elle se charge ». 

La dame Gaultier reconnaît aussi avoir reçu, du métayer 
de Vaubertran, onze livres cinq sous, pour le prix de la part 
des porcs de la présente année qui appartient au maitre et que 
le métayer a rachetée. A la Guilloterie, deux porcs ont 



9i 



été vendus, pour la part du maître également, l'un cent sous 
et l'autre seulement cinquante sous. Le métayer de Vauber- 
tran a versé quatre-vingt livres, à valoir sur ce qu'il devait 
au défunt ; il a fourni, en outre, pour la présente année, à la 
dame Gaultier, trente livres de beurre ; celui du Tertre en a 
remis aussi trente livres ; celui de la Guilloterie, quarante 
livres ; celui de la Richotterie, quarante livres. Le prix de 
la livre de beurre est alors de deux sous ; ce beurre a été 
apporté dans des pots. Les fermiers ont donné vingt-cinq 
chapons, qui valent huit sous le couple. 

Depuis la mort de René Quantin, on n'a mis au moulin 
qu'un setier de blé, et le pain a été distribué aux pauvres, 
le jour des funérailles. Quant au vieux lard et au vin, il en 
été fait une faible consommation par la veuve, ses enfants, 
ses serviteurs et les « collons » venus à l'enterrement et au 
service. La dame Gaultier a acheté, en outre, de la viande 
fraîche, du poisson et des provisions, dont cependant elle ne 
réclame pas le remboursement. Toutefois, elle a été obligée 
d'emprunter, pour solder « les fraictz funeraux et autres 
menues debtes », et elle fournira son compte explicatif. 

Le 8 janvier lG'i7, la dame Gaultier déclare avoir reçu, « du 
sieur de la Marre-Juffé », la somme de vingt-sept livres, pour 
prix d'une pipe de vin clairet, qu'elle lui a vendue la semaine 
précédente ; elle a aussi eu, du Tertre, une busse de vin 
semblable, vendue vingt-quatre livres, dont la moitié lui 
revient ; elle a pris, à la Guilloterie, un quart de vin clairet, 
à raison de douze livres la busse, « qui est, pour led. quart, 
six livres » ; plus, au lieu de Vaubertran, une autre busse du 
même vin, d'un prix semblable. 

L'inventaire est clos. L'ensemble des meubles examinés 
représente un total d'environ quatre mille deux cents livres, 
non compris les valeurs trouvées après le décès, qui ne 
s'élèvent qu'à soixante-cinq livres, et les sommes dues i^ tant 
par ceduUes ou obligations, que pour areages de rentes ». 
On avait omis d'estimer une montre, donnée pai- René 



— 05 — 

Quantin à sa fille, Françoise, et une petite écuelle d'argent, 
offerte par le défunt à la dame de Hellault. Ces objets sont 
représentés par leurs détenteurs. La minute de l'inventaire 
est signée : « Blanchet, Galliczon, Jeanne Gaultier, Jean 
Quantin, Chailland, Arnoul, Lemoulnier etCollin, greffier 
susdict ». 

Nous espérons que le lecteur aura pris quelque plaisir à 
nous suivre dans l'analyse détaillée de ce précieux document, 
qui peut être comparé aux pièces les plus curieuses et les 
plus instructives du commencement du XYII" siècle. Comme 
il l'aura constaté, notre inventaire renferme des détails nou- 
veaux et intéressants sur les familles, sur la magistrature, sur 
les livres préférés des esprits sérieux de cette époque, sur le 
mobilier, sur le costume, sur la vie privée à la ville et à la 
campagne, à Château-Gontier et aux environs, au temps de 
Louis XIIL Ce volume, de format in-folio, broché, compte 
451 pages. L'écriture en est généralement nette et lisible. Il 
fait partie aujourd'hui de notre collection particulière de ma- 
nuscrits inédits, relatifs à l'histoire de l'Anjou et du Maine. 



André JOUBERT. 



BIBLIOGRAPHIE DU MAINE 

ANNÉE 1887. 



Al:manach- Annuaire de la Sarthe pour l'année 4887, 13e 

année. Le Mans, Albert Drouin, 1 vol. in-32. 
Almanach de la Sarthe et de l'Ouest pour l'année 1887, 

contenant le calendrier, foires et marchés de douze dépar- 
tements, assemblées de la Sarthe, etc., etc. Le Mans, 

Beauvais, 1 vol. in-3'i. 
Almanach (Petit) de la Sarthe pour l'année 1887. Le Mans, 

Beauvais, in-o2. 
Almanach de la Société de propagande républicaine du 

canton de Montfort, année 1888. Le Mans, A. Drouin, 1 vol. 

in-32. 
Almanach de l'entrepôt des tabriciues J. Péan pour l'année 

1887. Le Mans, A. Drouin, 0(5 p. in-32. 
Almanach du magasin central, Chauvin-Hersant, à Ballon 

(Sarthe), pour 1887. Le Mans, A. Drouin, 1 vol. in-32. 
Almanach du Maine pour l'année 1887, 12« année. Le Mans, 

im[). de l'Avenir, 1 vol. in-32. 
Almanach du Maine et de l'Anjou, agricole, horticole et 

commercial, année 1887. Château-Gontier, Leclerc, 1 vol. 

in-10. 
Almanach du Petit Bonhomme Manceau, 1887, 3« année. 

Le Mans, bureau rue Dubignon, imp. A. Drouin, 1 vol. 

in-32. 
Al.manach histori(iU6 et patriolinue ilu département de la 

Sarthe, pour l'année 1887. Le Mans, Calais (Paris, imp. 



— 97 — 

V. Goupy et Jourdan ; Le Mans, Leguicheux et C'^), 1 vol. 
in-24, 144-52 p., avec fig. et carie du département de la 
Sarthe. 

Almânach Manceau (le Grand), pour l'année 1887, conte- 
nant les marchés, assemblées et foires de la Sarthe et 
départements limitrophes, la liste des maires, adjoints et 
curés du département de la Sarthe, etc., etc., plus des 
éphémérides historiques, nécrologies bibliographiques et 
anecdotes amusantes, 22'^ année. Le Mans, Ed. Monnoyer, 
1 vol. in-:i'2, 224 p. 

Almanacii Manceau journalier, pour l'année 1887, conte- 
nant les foires et marchés de cinq départements, les assem- 
blées de la Sarthe, etc., etc.. Le Mans, Ed. Monnoyer, 
96 p. in-32. 

Almânach pour 1887 des grands magasins de nouveautés de 
la Belle-Fermière à Fresnay-sur-Sarthe. Maison boul'. de 
la Madeleine. Le Mans, Drouin, 1 vol. in-32. 

Almânach républicain de la Sarthe pour 1887. Le Mans, 
A. Drouin, 1 vol. in-18. 

Almânach Sarthois 1887, contenant des faits historiques 
spéciaux au Maine, les marchés, assemblées et foires de 
la Sarthe et départements limitrophes, recettes utiles, 
histoires amusantes, etc., etc., 19' année. Le Mans, Legui- 
cheux et C'e, 1 vol. in-32, 192 p. 

Ami (1') des familles, almânach de la Mayenne, publié par la 
conférence de Saint-Vincent-de-Paul de Laval, année 1887. 
Laval, Chailland, 192 p. pet. in-16. 

Angot (l'abbé A.). — Les Pocquelin ecclé-siastiques dans le 
Maine. Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 23 p. in-8, avec 
tableau généalogique. — Extr. de la Revue hist. et arch. 
du Mabte et tiré à 100 exempl. 

Anis (l'abbé). — Les Mystères représentés à Laval, de 1493 à 
1538. Laval, Chailland, in-8. 

ANNUAmE administratif, commercial, historique de la ville 
du Mans et du département de la Sarthe, 1887-1888, Tome 
IV. Le Mans, E. Lebrault, 1 vol. gr. in-18, 568 p. 

Annuaire administratif et commercial de la Mayenne, 4" 
série, 17^ année (1887). Laval, Moreau. 1 vol. in-12, 442 p. 

Annuaire de la Sarthe pour 1887. Partie administrative 

XXIV. 7 



98 



complétée par l'Indicateur des adresses de la ville du 
Mans. Au Mans, Ed. Monnoyer, i vol. pet. in-18, XVIII- 
5(J0 et 108 p., plus 16 p. de tables et l'I d'annonces. 
Annuaire de l'association des anciens élèves du Collège et 

du Lycée de Laval, 1887. Laval, Moreau, 1 vol. in-8. 
Assemblée générale des actionnaires de la Société Talvande 
et C'*', le 3 avril 1887. Rapports présentés par j\L\L Portet- 
Lavigerie et Talvande. Le Mans, K. Lebrault, 1 1 p. gr. 
in-8. 
Association amicale des anciens élèves du Collège de N.-D. 
de Sainte-Croix, années 188i, 1885 et 1886. Le Mans, 
Leguicheux et G''', 48 p. in-8. 
Association amicale des anciens élèves de l'institution 
libre de l'Immaculée Conception à Laval. Laval, Chailland, 
in-8. 
Association amicale des anciens élèves du Lycée du Mans, 
9e et 10« années, 1885-1886. Le Mans, Ed. Monnoyer, in-8. 
Association catholique de Saint-François de Sales pour la 
défense et la conservation de la foi, diocèse du Mans. 
Compte-rendu de l'année 1886. Le Mans, Leguicheux et 
Gi«, 16 p. in-8. 
Association des médecins de la Sarthe, 8« bulletin (1886- 

1887). Le Mans, A. Drouin, 32 p. in-8. 
Association libre des agriculteurs de la Mayenne, 17" bulle- 
tin. Compte-rendu des séances de novembre 1886 et 
janvier 1887. Laval, Camille Bonnieux, 32 p. in-8. 
Association médicale de la Sarthe, 44" année. Discours du 
d'' Lejeune, président, et Rapport du d'" Bourdy, secré- 
taire. Le Mans, Ed. Monnoyer, 20 p. in-8, tiré à 
150 exempt. 
Barbier [A.). — Jean II d'Armagnac, gouverneur de Lou- 
dun, et Urbain (liandicr. Poitiers, Roy, 1 vol. iii-8, 380 p. 
B.VRRÉ (l'abbé Louis). — Tractatus de Virtutibus necnon de 
Donis Spiritus Sancti, cui premittitur tractatus de Passio- 
nibus, juxta mentem D. Thomœ, ad usum sominariorum 
et cien, auctore Ludovico Barré, in seminario Valleguido- 
nensi sacrae theologiaî professore. Parisiis , Berche et 
Tralin, 1886, 2 vol. in-12. 



— 99 — 

Barthelet-Vigneau, du Mans. — Notice sur le traitement 
des matières excrémentielles ; procédés nouveaux intéres- 
sant au plus haut degré l'économie, l'agriculture et l'hy- 
giène. Le Mans, Ed. Monnoyer, 16 p. in-8. 

Belon (Pierre) du Mans et la presse étrangère. Le Mans, 
imp. de V Avenir, 2 p. gr. in-fol. à 6 col. 

Bigot (R.). — De l'intervention du magistrat dans l'aliéna- 
tion des biens des incapables, en droit romain ; de l'admi- 
nistration légale des biens des enfants mineurs durant le 
mariage, en droit français. Mayenne, Nézau, 1 vol. in-8, 
178. 

Bodereau (Georges). — La Bible, poème. Le Mans, E. 
Lebrault, 16 p. in-8. 

Bouchot (Henri). — Le Portrait de Louis II d'Anjou, roi de 
Sicile, à la Bibl. nat. Paris, A. Lévy, 1886, 10 p. in-4 et 
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BouGLÉ (D'). — De l'Expérience et de la raison en médecine. 
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— La Médecine jugée par la science et la raison. Le Mans, 
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BouRMONT (comte Amédée de). — Les Ponts de Vaas. 
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Bouvier (l'abbé). Programme des Conférences ecclésiasti- 
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Paris, Haton, 1 vol. in-8, 583 p. 

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Broc (vicomte de). — La France sous l'ancien régime. — 
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Nourrit et Ci% 1 vol. in-8, 428 p. 

BuEiL (Jean de). — Le Jouvencel, suivi du Commentaire de 
Guillaume ïringant. Introduction biographique et litté- 
raire, par Camille Favre. Texte établi par Léon Lecestre, 
t. I°^ Paris, Laurens, 1 vol. in-8, CCCXXXII-231 p. 



— lUO — 

Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de La 
Flèche, i>' année. La Flèche, Besnier-Jourdain, 1 vol. in-8, 
tiré à lOOexenipl. 

Bulletin de la Société philotechnique du Maine, tome VL 
Le Mans, E. Lebrault, 1 vol. in-8. 

Bulletin du cercle des instituteurs de la Sarthe, 3" année. 
Le Mans, E. Lebrault, in-8. 

Bulletin du comice agricole de Chàteau-Gontier. Château- 
Gontier, Leclerc, in-8. 

Bulletin officiel de l'instruction primaire pour le départe- 
ment de la Mayenne, année 1887. Laval, L. Moreau,! vol. 
in-8. 

Bulletin officiel de l'instruction primaire pour le départe- 
ment de la Sarthe, année 1887. Le Mans, A. Drouin, 1 vol. 
in-8. 

Bulletin trimestriel de la Société d'études philosophiques 
et morales, année 1887. Mayenne, Nézan, in-8. 

Cœremoniale monasticurn, ad usum Congregationis Gallicœ 
ordinis Sancti Benedicti. — Cieremoniœ communes. 
Solesmis, ex typ. Sancti Pétri, 60 p. in-IG. 

Caisse des retraites ecclésiastiques du diocèse de Laval. 

Compte-rendu de l'année 1886. Laval, Chailland, in-8. 
Caisse des retraites ecclésiastiques du diocèse du Mans. 

Compte-rendu de l'année 1886. Le Mans, Ed. Monnoyer, 

36 p. in-8. 

Calendhiei? du diocèse du Mans suivant l'Ordo, à l'usage 
des fidèles, 31 « année. Le Mans, Ed. Monnoyer, 64 p. 
in-32. 

Calendkikiî liturgique du diocèse de Laval pendant l'année 
1887. Lovai, Chailland, 3l> p. in-3^i (par M. Lebreton). 

Cantate à Pierre Belon. Paioles de A. Leconte, musique de 
Ad. Papin. Le Mans, E. Lebrault, in-tol, tiré àlOOexempl. 

C.\RRÉ IJE BrssEROLLES (J.-X.). — Les vrais et les faux- 
titres de noblesse ; liste de titres concédés à des familles 
de la Touraine, de l'Anjou, du Maine et du Poitou. Tours, 
Suppligeon, iii p. in-8. 



— 101 - 

Cars (duc des) et Ledru (l'abbé A.)- — Le Château de 
Sourches, au Maine, et ses seigneurs. Le Mans, Pellechat 
(Poitiers, typ. Oudin), 1 vol. in-8, XlX-426 p., avec grav. 

Celier (Alexandre). — Essai sur l'administration locale en 
Italie et en Espagne. Étude de législation comparée. Rap- 
port présenté au Congrès des jurisconsultes catholiques à 
Lille. Paris, Pedone-Lauriel. 21 p. in-8. — Extr. de la 
Revue catholique des institutions et du droit. 

Chambois (l'abbé Emile). — Table des matières contenues 
dans les vingt premiers volumes de la Revue hist. et arch. 
du Maine, dressée par l'abbé Emile Chambois, professeur 
à l'Institution Saint-Paul de Maniers. Mamers, G. Fleury 
et A. Dangin, 62 p. gr. in-8 à deux col. 

Chambre syndicale de la boulangerie de Mamers. Statuts. 
Mamers, G. Fleury et A. Dangin, in-8. 

CuARNAGÉ (G. de). — Les Veneurs ennemis. Paris, Pairault, 
1 vol. in-16, 232 p. 

Chelot (Emile). — Notice sur Albert Guillier, sa vie, ses 
travaux. Angers, Germain et Grassin, 188(5, 15 p. in-8. 
Ext. du Rull. di'. la Société d'études scientifiques d'Angers, 
année 1885. 

— Note sur les calcaires à Perna et Megalodon du moulin de 
Jupilles, près Fyé (Sarthe), par MM. G. Boehm et Chelot. 
Lagny, Emile Colin, 12 p. in-8, avec vign. dans le texte. 
Extr. du Bulletin de la Société géol. de France, t. XV. 

Circulaire aux électeurs du département de la Sarthe, rela- 
tivement à l'organisation de la Fédération du centenaire de 
la Révolution. Le Mans, imp. de VAvenir, in-4. 

CoHix (D'" L.). — Etude sur la variation du poids du corps 
dans la fièvre typhoïde. Thèse pour le dottorat en méde- 
cine. Le Mans, A. Drouin, 32 p. in-i, avec fig. et pi Tiré 
à 165 exempl. 

Comice agricole de Laval. Concours annuel de 1887. Laval, 
Bonnieux, in-8. 

Comice agricole du Mans. Concours départemental d'ani- 
maux reproducteurs, année 1887. Catalogue des animaux 
exposés. Le Mans, Ed. Monnoyer, 2(» p. in-8.. 

— Ibid. Liste des prix. Le Mans, Ed. Monnoyer, 15 p. in-8. 



— 102 — 

Comité catholique du diocèse du Mans (Les sept premières 
années du). Rapport présenté à S. G. l'évêque du Mans. 
Le Mans, Leguicheux, 27 p. in-8. 

Comité conservateur de la Mayenne. — Adresse aux élec- 
teurs. Mayenne, Nézan, in-4. 

Commission historique et archéologique du département de la 
Mayenne Procès-verbaux et documents. Tome IV, 1884- 
1885. Laval, Léon Moreau, 1 vol. in-8, :)76 p., avec plan- 
ches et vig. dans le texte. 

Compte-rendu de l'assemblée des catholiques tenue au 
Mans, le 11 avril 1887. Rapport sur les œuvres du comité 
catholique du Mans depuis la dernière assemblée générale 
(par le baron de la Rouillerie, président). Le Mans, Legui- 
cheux et G'% 16 p. in-8. 

Compte-rendu des recettes et dépenses faites pour l'œuvre 
de la propagation de la foi dans le diocèse du Mans, année 
1880. Le Mans, Leguicheux et C'", 16 p. in-8. 

Compte-rendu des recettes et dépenses faites pour les 
œuvres de la propagation de la foi, de la Sainte-Enfance 
et de Saint-François-de-Sales dans le diocèse de Laval. 
Exercice 1886. Laval, Chailland, 20 p. in-8. 

Compte-rendu des travaux de la chambre de commerce du 
Mans, année 1886, Le Mans, E. Lebrault, in-8. 

Comptoir d'escompte de la Sarthe. Rapport du conseil d'ad- 
ministration et de la commission de surveillance sur les 
comptes de l'année 1886. Le Mans, Ed. Monnoyer, 8 p. 
in-4. 

Conférences ecclésiastiques du diocèse de Laval, année 
1887. Laval, Chailland, 4 broch. in-8. 

Conseil d'arrondissement de La Flèche, session ordinaire de 
1887. P.apport présenté pai le sous-préfet. La Flèche, 
Resnier Jourdain, in-8. 

Conseil d'atrondissement de Mamers, session ordinaire de 
1887. Rapport présenté par le sous-préfet. Mamers, 
G. Farré, in-8, tiré à 80 exempl. 

Conseil d'arrondissement de Saint-Calais, session ordinaire 
de 1887. lîappoi't présenté par le sous-préfet. Saint-Calais, 
Peltier, 24 p. in-8, tiré à 150 exempl. 



103 



Conseil général du département delà Mayenne. Rapport 
du préfet et procès-verbaux des délibérations. Laval, L. 
Moreau. 2 vol, in-8. 

Conseil général du département de la Sarthe. Rapport du 
préfet et procès-verbaux des délibérations, i'"" et 2'= sess. 
ord. Le Mans, A. Drouin, 2 gros vol. in-8, avec tableaux. 

GoNTADES (comte G. de). — Passais et ses monuments 
mégalithiques. Paris, H. Champion (Argentan, imp. de 
rOryic), Tl p. in-8, avec deux dessins de M. Jules Tirard, 
représentant la Table au Diable et le menhir du Perron. 

— Canton de Domfront. Essai de bibliographie cantonnale, 
par J. Appert et le comte G. de Contades. Mamers, G. 
Fleury et A. langin, 1 vol. in-16, XVI-162 p. 

CouANiER DE Launay (l'abbé E.-L.). — Histoire des religieu- 
ses hospitalières de Saint-Joseph (France et Canada). Paris, 
Palmé (Le Mans, typ. Ed. Monnoyer), 2 vol. in-8, LX-303 p. 
et 415 p., illustrés des portraits en héliogravure de Jérôme 
Le Royer de la Dauversière et de Marie de la Ferre. 

Cours de géographie départementale à l'u-sage des écoles 
chrétiennes. — La Sarthe. Le Mans, Leguicheux et G'", 
32 p. in-8. 

CouRTiLLOLES (E. de). — Analy.se de divers actes du 
Tabellionnage d'Alençon (XVe et XVI« siècles). Alençon, 
Renaut-Debroise, Il p. in-8. — Extr. du Bullet. de la 
Société hist. et archéol. de VOnie. 

DÉAN (Louis). — Contes noirs ; première série. Le Mans, 
E. Lebrault, 24 p. in-8. 

Deshayes-Dubuisson (A.). — Désespéré. Histoire d'hier. 
Feuilleton publié dans V Avenir de la Sarthe, journal 
in-fol. 

DÉSIGNÉ (A.). — Les Pa.sse-temps d'iui inanceau, poésies. 
Le Mans, Ed. Monnoyer, 1 vol. in-8 

Destriché (M""^), de Courdemanche. — Que.stion agricole. 
Chàteau-du-Loir, Alphonse Menier, 8 p. in-8. Opuscule 
daté de la Chollerie, Courdemanche (Sarthe), janvier 1887. 

Discours de MM. Rarouille et Rigot, députés de la Mayenne. 
Chàteau-Gontier, Leclerc, in-8. 



- 104 — 

DucHEMix (V.) et Brindeau (P.). — Cahiers de plaintes et 
doléances des paroisses de la province du Maine pour les 
Etats-Généraux de 1789 ; publication d'après les originaux, 
commencée par feu M. Armand Bellée, archiviste de la 
Sarthe, et continuée i)ar M. Victor Duchemin, son succes- 
seur, avec la collaboration de M. Paul Brindeau, archi- 
viste-adjoint. Tome II. Le Mans, Ed. Monnoyer, 1 vol. in- 
18, VIII-60i> p. 

DUPUY (Tabbé). — Alloculion prononcée au mariage de M. 
Robert Triger et de M*'"'' Fillion. Mamers, G. Fleury et 
A. Dangin, in-4. 

Durand (V.). — La nouvelle Chanson populaire (en 8 cou- 
plets) : Les Tribulations d'un beau-père ou la fin d'un 
gendre, paroles de V. Durand, sur l'air de Papa Nicolas. 
Le Mans, Ch. Blanchet, 1 feuille in-4. 

Farcy (Paul de). — Abbayes de l'évèché de Bayeux. 
^'- fasc. : Cerisy (1030-1791"). Laval, L. Moreau, XI-29() p. 
in-4, avec pi. dessinées par l'auteur. 

Faucon (A.), avocat. — Une Station préhistorique de la 
forêt de Mayenne. Le Mans, Ed. Monnoyer, 12 p. in-8. 
Extr. du Bull, de la Société cVai/ncul. , sciences et arts de 
la Sartlie. Tiré à 50 exempl. 

FÉDÉRATION (la) de 1889 daris la Sarthe. Statuts. Le Mans, 
A. Drouiii, iii-i. 

FÊTE de bienfaisance, 1887. Appel aux souscripteurs. Le 
Mans, Blanchet, in-i. 

FÊTES (les) jubilaires de l'abbaye de Saint-Pierre de Soles- 
mes, les 9, 10 et 11 juillet 1887. Solesmes, Babin, in-8. 

Fillion. — Evangile selon saint Jean. Mayenne, Nezan, in-8. 

Fleury (Gabriel). — Recherches sur les fortifications de 
l'arrondi-ssement de Mamers, du X" au XVI" siècle. 
Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 83 p. in-8, avec une 
[)l. et vigiL dans le texte. Tiré à 50 exempi. et extrait de la 
Revue liist. et arch. du Maine. 

— Catalogue des publications historiques et archéologiques 
concernant le Maine, en vente chez G. Fleury et A. Dangin, 
imp. à Mamers ^Sarthe). Mamers, Fleury et Dangin, 32 p. 
in-8 , avei; (.'ucadremenls , formant le supplément du 
t. XX, 3" livr., de la Revue hisl. et archèol. du Maine. 



105 



Forges (le Dr des). — Le docteur des Forges et l'hôpital 
d'Evron. Le Mans, Ch. Blanchet, 7 p. in-4. 

— Réponse du docteur des Forges, d'Evron, au docteur 
Sourdin. Le Mans, Blanchet, 7 p. in-4. 

Frain de la Gaulayrie (R.). — Vingt-trois lettres adres- 
sées par l'intendant général de la maison de la Trémoille 
à l'advocat fiscal de la baronnie de Vitré (1690-1700). 
Vitré, Guays, 99 p. in-i. 

Fremy (Edouard), premier secret, d'ambassade. — Origines 
de l'Académie française. L'Académie des derniers Valois 
(L570-L585), d'après des documents nouveaux et inédits. 
(Notes siH' Lazare et Jean-Antoine de Baïf, Ronsard, etc.). 
Paris, Ernest Leroux, 1 vol. gr. in-8, VI-40'2 p. 

Froger (l'abbé). — Cartulaire de l'abbaye de Saint-Calais. 
Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1 vol. in-8, XXVI-98p., 
avec une vue de l'abbaye. 

Gasselin (Robert). — L'artillerie allemande dans les com- 
bats de Wissembourg et de Wœrth. Nancy et Paris, 
Berger-Levrault, 66 p. in-8. 

GÉNÉRAUX et chefs de la Vendée militaire et de la chouan- 
nerie, suivis de la liste alphabétique des chefs de division, 
et officiers (1793, 1799, 1815, 183^2). Paris, Retaux-Bray, 
1 vol. in-fol., VI-12'2 p. et 20 portt'aits hors texte. 

Gentil (Ambroise). — Cryptogames vasculaires de la 
Sarthe ; examen des espèces qu'il convient d'admettre 
dans notre flore. Le Mans, Edmond Monnoyer, 16 p. in-8, 
tiré à 50 exempl. 

— Note sur les saules de la Sarthe. Le Mans, Ed. Monnoyer, 
in-8. 

GiLLARD (l'abbé). — Saint Joseph, sa vie, son culte, exerci- 
ces et prières en son honneur. Laval, Ghailland, 1 vol. gr. 
in-32 Jésus, 328 p. 

— Ibid. Laval, Ghailland, 1 vol. in-18, 352 p. 

GoNDARD (le p. J.), s. J. — Enfant, je t'aime! Ghant pour 
la première Communion ; paroles du P. J. Gondard, S. J., 
musique de M. Piené Quid'beuf, organiste de Sainte-Croix. 
Le Mans, in-4. 

— Les Six sous de Boieldieu. Poésie du P. V. Delaporte, 



- 1(16 — 

S.-J., dédiée à M. le comte A. de Pontmartin; musique du 

P. .1. Gondard, S. .1. Pari^, Delauchy et C'% 4 p. in-4. 
GouPY (L.). — La transportation en Afrique, pour faire 

suite au coup d'Etat dans la Mayenne. Domfront, Renault, 

Gl p. 18. 
GiÉRANGKK (II. P. Dom Prosper). — Notions sur la vie 

religieuse et monastique. Paris, Mignard, 1 vol. in-i'2 

carré (édition de luxe). 
GuiGNARD (D'' Gharles), médecin à Mayet. — Velpeau ; sa 

jeunesse. Tours, E. Mazereau, 45 p. in-12. 
Haentjens (A.) — Discours et lettres politiques, publiés par 

G. Fournier-Carville. Le Mans, Blanchet, '2 vol. in-8, VIII- 

398 et 419 p. 
Haton de la gùupillière, professeur. — Hydraulik und 

hydraulische Motoren. Autoris. Uebersetzg, von Vikt. 

Rauscher. l. Thl. Hydraulik. Leipzig, Félix, I vol. in-8, 

172 p. et 71 fig. 
Hauréau (Barthélémy). Notice .«;ur les sermons attribués 

à Hildebert de Lavardin. Paris, Imp. Nationale, 62 p. in-4. 
HÉDiN (Marcel). — Société d'encouragement au travail du 

département de la Sarthe. Rapport sur le résultat du con- 
cours, prononcé à la distribution solennelle du 6 mars 

1887, suivi de la liste des membres de la Société. Le Mans, 

E. Lebrault, 23 p. in-8. 

— Les Ghamps de démonstration et d'expériences dans la 
Sarthe. Le Mans, imp. de VAve)iir, 11-24 p. in-8, tiré à 
110 exempl. 

Hennebert (lieutenant-colonel). — L'Ecurie horizontale. 

Travail faisant connaître l'invention du colonel Ba.sserie. 

Paris, G. Masson (Gorbeil, imp. Crété). 48 p. in-8, avec 

une grande planche, fig. dans le texte et le portrait du 

colonel Basserie. 
Hervé (Louis), directeur di' la Gazelle des campagnes. 

— Almanach de la francc rui-alc cl dos syndicats agricoles 
|)()iw 1888, contenant, outre les matières ordinaires, la 
première liste complète des syndicats agricoles, laliste des 
laun'Mts des concours régionaux, ainsi qae des articles sur 
l'agriculture, la viticulture, le matériel agricole, etc. Paris, 
Henri Gautier, 1 vol. in-18, orné de jolies vignettes. 



— J07 — 

Hery (Paulj. — Une Promenade à rExposition des beaux- 
arts au Mans, en 1886. Le Mans, Ed. Monnoyer, 16 p. gr. 
in-g, — Extrait du Bulletin de la Société d'agriculture, 
sciences et arts de la Sarthe, tiré à 100 exempl. 

— Catalogue des tableaux et dessins formant la collection 
de M. R. Chàtel, artiste peintre. Le Mans, E Lebrault, 8 p. 
in-8. 

— Catalogue des tableaux, dessins et livres formant la collect. 
de M. A. Chaignon, ancien banquier à Sillé-le-GuiUaume. 
Le Mans, Ed. Monnoyer, 7 p. in-8. 

HuBLiN (Léon). - L'ancien Mans illustré, etc. Quelques 
places de la vieille ville, 11" livraison. Le Mans, E- 
Lebrault, 20 p. in-8, avec 3 vig. Tiré à 100 exempl. 

— Ibid. Itinéraire du promeneur à tra.vers la vieille ville. 
Description de quelques rues. Avant-propos et tables. 
12« et dernière livraison. Le Mans, E. Lebrault, 40 p. in-8, 
avec un plan de l'ancien Mans. Tiré à 100 exempl. 

— La Place de la Pvépublique au Mans. Monographie 
accompagnée d'un plan panoramique des établissements 
entourant la place avant la démolition de la Halle rotonde. 
Le Mans, Ch. Blanchet, 11-43 p. in-8.— Extrait du journal 
La Sarthe et tiré à 100 exempl. 

HupiER (Ch.). — De la .suppression des trésoriers-payeurs 
généraux et des receveurs particuliers et de la réorganisa- 
tion des services directs au Trésor. Le Mans, A. Drouin, 
1 vol. in-8. 

Indicateur des adresses de la ville du Mans et de sa ban- 
lieue, 12,000 adresses, 1886-1887. Au Mans, Ed. Monnoyer, 
1 vol. pet. in-'i8. 

Impressions d'un touriste sur Lavardin - sur - Loir et ses 
monuments. Saint-Calais, Peltier, 32 p. in-8, tiré à 150 ex. 

Joubert (André). — Une famille de seigneurs calvinistes du 
Haut-Anjou.— Les Chivré, marquis de la Barre de Bierné, 
XVIe-XVIlI" siècles. Nantes, Grimaud, 1 vol. gr. in-8, 
234 p., avec 7 grav. 

— Histoire de Menil et de ses seigneurs, d'après des docu- 
ments inédits (lOiO-1886). Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 



108 



1 vol. in-8, '200 p. et 8 gr;iv. Tiré à 150 exempl. et extr. 
de la Revue Itist. et archéoJ . da Maine. 

— L'Établissement de la maison d'Anjou dans le royaume de 
Naples, d'après des documents nouveaux (1265-1'285). 
Angers, Germain et Grassin, 42 p. in-8. — Extr. de la 
Revue de VAnjoK, t. XIV. 

— Histoire de Saint-Denis-d'Anjou, X'^'-XVIIP siècles. Paris, 
Leclievalier (Laval, imp. Moreau\ 2 jjart. en 1 vol. in-8, 
178 p. 

— Le Château de Ramet'ort de Gennes et ses seigneurs aux 
XIV" et XV" siècles. Mamers, Fleury et Dangin, in-8, tiré 
à 30 exempl. 

La Bouillerie (vicomte Sébastien de). — Notice sur Saint- 
Germain du Val. Angers, Germain et G. Gras.sin, 11-65 p. 
in-8. — Ext. de la Revue de V Anjou. 

— Paroisse et commune de La Chapelle-d'Aligné (canton de 
La Flèche). Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 63 p. in-8. 

— Extr. de la Revue hist. et archéol. du Maine. 
Labouré (Ms'" Guillaume). — L'Éducation chrétienne. Lettre 

pastorale et mandement pour le carême de l'an de grâce 
1887. Le Mans, Ed. Monnoyer, '24 p. in-4 (n" 9). 

— Itinéraire de Monseigneur l'évêque du Mans jtour les 
visites pastorales de l'année 1887. Le Mans, Ed. Monnoyer, 
4 p. in-4 (n" 10). 

— Lettre pastorale pour annoncer le Jubilé sacerdotal de 
N. S. P. le Pape Léon XIIL Le Mans, Ed Monnoyer, 8 p. 
in-4 (n" 11). 

— Lettre circulaire au clergé du diocèse du Mans, pour 
annoncer l'ouverture de la retraite pastorale. Le Mans, 
Ed. Monnoyer, 2 p. in-4 (n^ 11 bis). 

La Jonquièhi-: (marquis de). — Le cardinal du liellay. 
Alençon, Renaut-de-Broise, in-8. — Extr. du Bulletin de 
Xdi Société arcJiéol. di'. fOrnc, t. VI, [). 128-185. 

La TKÉMoiij.h; (le duc Louis de). — Livres de comptes, 
1305-1406. Guy de la Trémoille et Marie de Sully ; publié 
d'a[)rôs l'original, par Louis de l;i Trémoille. Nantes, 
Emile Grimaud, 1 \(i!. in-i, Vl-278 p., papier vergé. 



- lOil — 

— Inventaire de François de la Trémoille. 1542, et comptes 
d'Anne de Laval. Publiés d'après les originaux, par Louis 
de la Trémoille. Nantes, Emile Grimaud, 1 vol. in-4, XXIV- 
21«) p., papier vergé. 

Launay. — Rapports à la Société des agriculteurs de la 
Sarthe, des commissions du concours d'enseignement 
agricole et du concours d'exploitations rurales, année 1887. 
Le Mans, Ed. Monnoyer, 10 p. in-8. 

Leconte (Armand). — Cantate à Pierre Belon, dédiée à 
M. B. Hauréau, membre de l'Institut, et cbantée par la 
Société chorale du Mans, le jour de l'inauguration de la 
statue de Pierre Belon, au Mans, le 9 octobre 1887. Le 
Mans, E. Lebrault, 16 p. in-8, avec portr. et dessins sur la 
couverture. Tiré à 100 exempl. 

Ledru (l'abbé Ambroise). — Le Château de Sourches, au 
Maine, et ses seigneurs. Observations critiques. Mamers, 
G. Fleury et A. Dangin, VIII p. in-8. Pire à 100 exempl. 

— La Cathédrale du Mans, lieu d'asile au XIV*^ siècle. 
Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 12 p. in-8. — Extr. de la 
Revue hist. et arch. du Maine et tiré à 100 exempl. 

Legeay (F.). - Documents historiques sur la vente du 

mobilier des églises de la Sarthe pendant la Révolution. 

Le Mans, Leguicheux et C'^ 1 vol. petit in-8, xiv-241 p. 

Tiré à 50 exemplaires. 
Lemire (Ch.). — Un maréchal et un connétable de France : 

Le Barbe-Bleue de la légende et de l'histoire. Paris, E. 

Leroux, 02 pages grand in-8, avec pi. 

LÉOPOLD DE Chéraxcé (le R. P.). — Sainte Marguerite de 
Cortone (1247-1297). Paris, Pion, Nourrit et C'', 1 vol. 
in-8 carré, xxiii-338 pages, illustré de deux eaux-fortes de 
MM. Paul Le Rat et Maurice Deville, de six héliogravures 
de Dujardin, d'.tprès les bas-reliefs de Jean de Pise, de 
compositions de Hervier, de dessins et gravures sur bois 
et de vingt-cinq tètes de chapitres en couleurs. 

Lesueur. — Création d'une académie d'exercices, compre- 
nant : 1'^ la gymnastique ; 2" l'escrime ; 3° le tir ; 4" l'équi- 
tation ; 5" le dressage des chevaux de selle et de trait ; 
6° la formation des cochers, au Mans, rue Chanzy, 72. Le 
Mans, Ed. Monnoyer, IG p. in-18. 



110 



Lettre eircakiire de la T. R. Mère Supérieure générale de 
la Congrégation des Sœurs de Ruillé-sur-Loir. Le Mans, 
Ed. Monnoyer, 23 p. in-4. 

Lettre circulaire et Mandement de MM. les Vicaires capi- 
tulaires du diocèse de Laval pour le carême de l'an de 
grâce 1887. Laval, Chailland, in-4. 

Levé. — Métliode pour enseigner la doctrine chrétienne. 
Laval, Chailland, in-8. 

Liste des prêtres qui ont assisté à la retraite ecclésiastique 
donnée à Laval, au Grand Séminaire, en 1887. Laval, 
Chailland, in-i. 

Liste des prêtres qui ont assisté à la retraite ecclésiastique 
donnée au Grand Séminaire du Mans et prêchée par le R. 
P. Letierce, de la Compagnie de Jésus, du 25 au 30 juillet 
1887. Le Mans, Ed. Monnoyer, 8 p. in-4. 

Livet (A.). — Roulangers aux Pétrins, chanson sur l'air de 
la Marseillaise. Le Mans, Eug. Massiette, 1 feuille in-folio. 

Lochet (l'abbé J.-L.-A.-M.). — Manuel du Pèlerin à Notre- 
Dame de Torcé. Deuxième édition, publiée par le R. P. 
Dom Paul Piolin, prieur de Solesmes, et augmentée d'une 
notice sur M. l'abbé Jacques-Louis-Antoine-Marie Lochet, 
auteur de l'ouvrage. Paris-Auteuil, imp. des Apprentis- 
Orphelins, Roussel, 1 vol. petit in-16, xvi-149 pages, avec 
planche. 

Maillard (l'abbé Charles). — Chroniques paroissiales de 
Maisoncelles, diocèse de Laval. Laval, Chailland, 1 vol. 
in-16, 321 p. Tiré à 100 exemplaires. 

Mandements du Chapitre de l'Église de Laval. Laval, Chail- 
land, 2 broch. in-4. 

Maréchal (Mgr. Victor), évèque de Laval. — Lettre pasto- 
rale de Monseigneur l'évêque de Laval à l'occasion de son 
arrivée dans son diocèse. Lav;d, Chailland, in-4. 

Martonnf-: (A. de). — Rapport au Préfet de la Mayenne sur 
les archives départementales, présenté au Conseil général 
pour la .session d'août 1887. Laval, L. Moreau, 30 p. in-8. 

Meignan (Mgr.), archevêque de Tours. — Mandement et 
Lettre pastorale pour le carême de l'année 1887. Tours, 
Bou.serez, in-i. 



— 111 — 

Menjot d'Elbenne (vicomte Samuel). — Notice sur la vie 
et les travaux de M. l'abbé Robert Charles:, vice-président 
delaSociété historique etarchéologique du Maine. Mamers, 
G. Fleury et A. Dangin, 24 p. grand in-8, avec un portrait 
en héliogravure. — Extrait de la Reviie historiqueet archéo- 
logique du Maine. 
Misanthrope (le), journal publié au Mans, sous la direction 
de M. Denéchère, gérant, du 1'''' janvier au 15 mars 1887. 
Le Mans, A. Drouin, six numéros de 8 pages in-i à deux 
col., avec deux frontispices différents. 
MoREAU (E.). — Documents pour servir à l'histoire des rues 
de Laval, publiés par E. Moreau. Laval, L. Moreau, ii-64 
p. in-16. 
Moreau. — Les Divertissements provençaux à Paris, en 
janvier 1887. La Tarasque, les Courses de taureaux. Le 
Mans, A. Drouin, 16 p. in-8. Tiré à 50 exemplaires. 
Morin de la Beauluère (L.). — Notice historique sur la 
commune de Nuillé-sur-Vicoin. Laval, Moreau, 63 p. in-8. 
Mouton (Pierre). — L'Anarchiste ; poèmes populaires. Le 

Mans, Ed. Monnoyer, 16 p. in-8. 
Œuvre de la Propagation de la foi dans le diocèse du Mans. 
Compte-rendu des recettes et dépenses faites pendant 
l'année 1886. Le Mans, Leguicheux et C'*^, 16 p. in-8. 
Œuvre de la Sainte-Enfance dans le diocèse du Mans. 
Compte des recettes et dépenses du l^'' janvier 1886 au 
l^"" janvier 1887. Le Mans, Ed. Monnoyer, 8 p. in-8. 
Ogier d'Ivry (Edouard). — Dernières rimes de cape et 
d'épée : choses d'amour, choses de guerre. Paris, Savine, 
1 vol. in- 18, 308 p. 
Ordo divini officii recitandi missseque celebrandse in tota 
diœcesi Valleguidonensi servandus, pro anno 1887. Laval, 
Ghailland, 1 vol. in-12. 
Ordo divini oflicii recitandi sacrique peragendi ad usum 
insignis ecclesise Cenomannensis, pro anno 1887. Ceno- 
mani. Ed. Monnoyer, 1 vol. in-L2. 
Ordo divini officii recitandi sacrique peragendi in ecclesia 
abbatiali Sancti Pétri de Solesmis, pro anno 1887. Ceno- 
mani, Ed. Monnoyer, 1 vol. in-12. 



11^2 



Palmarès de la distribution des prix de l'Ecole libre de 
Notre-Dame de Sainte-Croix, présidée par Mgr. l'évêque 
du Man>;, le !«■• août 1887. Le Mans, A. Leguicheux et C'% 
•48 p. in-8. 

Palmarès de la distribution des prix de l'institution Fouqué, 
au Mans. Le Mans, Leguicheux et C'", 40 p. in-8. 

Palmarès de la distribution des prix de l'institution libre 
Saint-Paul de Mamers. Mamers, G. Fleury et A. Dangiii, 
in-8. Tiré à 150 exeinpl. 

Palmarès de la distribution des prix du pensionnat des 
Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus au Mans. Le Mans, 
Leguicheux et C'", 10 p. in-8. Tiré à 100 exempt. 

Palmarès de la distribution des prix du collège de Courde- 
manche. Le Mans, Ed. Moiuioyer, in-8. 

Palmarès de la distribution des prix du collège d'Evron, 
Laval, Jamin, in-8. 

Palmarès de la distribution dc's prix du Lycée de Laval. 
Laval, Bonnieux, in-8. 

Palmarès de la distribution des prix du Lycée du Mans. Le 
Mans, E. Lebrault, in-8. 

Palustre i^Léon). — La Renaissance en France, 13'' livrai- 
son : Maine et Anjou (Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire). 
Paris, Quantin, fascicule in-fol. (p. 113-170), avec quatre 
grandes planches et illustrations dans le texte sous la di- 
rection de Eugène Sadoux. 

Pélp:rinagk (huitième) du diocèse du Mans à Notre-Dame 
de Lourdes, présidé par Monseigneur l'Évêque. Le Mans, 
Leguicheux et C''", 63 p. in-10, avec musique. 

Perreau (Joseph). — Historique du 104'' régiment d'infan- 
terie de ligne, d'après les documents du Ministère de la 
Guerre. Le Mans, E. Lebrault, 1 vol. in-8. 

PÉTITION contre le transfèrement de l'hospice du Mans. Le 
Mans, Ch. Blanchet, in-4. Tiré à 50 exempl. 

PÉTITION circulaire à M. le Commissaire enquêteur et rela- 
tive au transfert de l'hospice du Mans. Le Mans, Ch. 
Blanchet, in-8. 

Planté (Jules). — Une Charte originale de ^lanriro TT, sei- 
gneur de Craon. Laval, Moreau, in-8. 



— iVA — 

Processionale monasticum ad usurn coiigregationis Gallicse 
ordinis Sancti Benedicti. Solesmes, E. Babin, in-8. 

Programme pour l'e.vamen à subir à l'évèché du Mans, du 
15 octobre au 15 novembre 1887, par les prêtres ordonnés 
depuis 1882 jusqu'à 1886 inclusivement. Le Mans, Ed. 
Monnoyer, in-4. 

Projet d'incorporation du chemin de fer de Mamers à Saint- 
Calais dans le réseau de l'Etat. Notes lues à la séance du 
Conseil municipal de Saint-Cal^is, séance du 31 mai 1886, 
par M. Albert Dugué, conseiller général. Saint-Calais, 
Peltier, 7 p. in-4. Tiré à 100 exempl. 

Pyrard (François). — The Voyage of François Pyrard of 
Laval to the east Indics, the Maldives, Ihe Moluccas and 
Brazil ; translated into english from the third french édi- 
tion of 1619, an edited, with notes, by Albert Gray, for- 
merly of the Geylon civil service, assisted by H. G. P. 
Bell, of the Geylon civil service. Vol. I. London, printed 
for the Hakluyt Society Whiting and G^, 1 vol. in-8, avec 
une vue de Laval, 10 dessins dans le texte et une grande 
carte des îles Maldives. 

Quentin (l'abbé Aurèle). — La Vie des Patriarches, d'après 
le texte hébreu Paris, Oudin, 1 vol. in-8, avec nombreuses 
cartes et gravures empruntées aux loges de Raphaël. 

Queruau-Lamerie (E.). — Notes pour servir à l'histoire de 
la corporation des orfèvres de Laval, statuts et documents 
divers (1661-1791). Laval, Mureau, 32 p. in-8. 

— Projet d'établissement, à Laval, d'un arsenal d'artillerie. 
Laval, Moreau, in-8. 

Quid'beuf (Léon), professeur de rhétorique. — L'Attention. 
Discours prononcé à la distribution des prix du collège 
Notre-Dame de Sainte-Groix, le l'"' août 1887. Le Mans, 
Leguicheux et G'^, 28 p. in-8. Tiré à 150 exempl. 

Raulin. — La Procession de la Fête-Dieu et les corpora- 
tions de Laval. Laval, Moreau, in-8. 

Recueil de principes sur la tenue des livres. Le Mans, Le- 
guicheux et G'<', 1 vol. in-18. 

Recueil des actes administratifs de la préfecture de la 

Mayenne. Laval, L. Moreau, 1 vol. in-8. 

XXIV. 8 



— 114 — 

Recuei[. des actes adminiytralifs de la préfecture de la 

Sartlie. Le Mans, A. Drouin, 1 vol. in-8. 
RÈGLEMENT tt Catalogue de la Bibliothèque de Château- 

Gontier. Ghàteau-Goiilier, Leclerc, in-8. 

Revue historique et archéologique du Maine. Tomes XXI et 
XXII. Le Mans, Pellechat (Mamers, imp. G. Fleury et A. 
Dangin), 2 vol. grand in-8, 3'28 et 416 p., avec pi. et vign. 
dans le texte. 

Revue littéraire du Maine, 0*^ année. Le Mans, E. Lebrault, 
'1 vol. in-S. 

Ricard (Mgr. Antoine). — Yie de Monseigneur de la Bouille- 
rie, archevêque de Perga, évêque de Carcassonne, coadju- 
teur de Bordeaux (•1810-188'2). Paris, Palmé, 1 vol. grand 
in-8, xxiv-442 p., avec portrait en héliogravure. 

RiciiAHi). — Mahaut, comtesse d'Artois et de Bourgogne. 
Laval, Chailland, in-8. 

Roger (P.). — Simples notions de chimie agricole. Confé- 
rences suivies d'une Instruction pratique pour l'achat des 
engrais chimiques, et (Fini Tableau de la composition 
moyenne de différentes matières intéressant les cultiva- 
teurs. Château-Gontier, H. Leclerc, 110 p. in-8 de te.xte et 
de tableaux. 

Roger (Philibert). — Circulaire de M. Philibert Roger, 
rédacteur du Progrès de VOuest^ condamné à la requête 
de M. Emile Martin, rédacteur de rAvenir de la Sartlie, h 
4,(300 fr. d'amendes et dommages intérêts et huit jours de 
prison. Le Mans, Drouin, in-'i. Tiré à 100 exempl. 

Rondeau (Adolphe). — Le cardinal Lavigerie. Paris, 31 p. 
in-8. — Extrait de la Revue du Monde laiih, octobre et 
novembre 1887. 

Ronsard (Pierre de). — Gùivres, avec une notice biogra- 
phique et des notes, par Ch. Marty-Laveaux. Tome pr. 
Paris, Lemerre, 1 vol. in-8, 443 p. 

— Œuvres choisies, avec notice, notes et commentaires, par 
Sainte-Beuve; nouvelle édition, revue par L. Moland. 
Paris, Garnier frères, 1 vol. in-8 cavalier, avec portrait. 

Roussel (l'abbé). — Ahnanach de la France illustrée. Paris- 
Auteuil; imp. des Apprentis-Orphelins, 1 vol. in-18, avec 
grav. 



— 115 — 

— Almanach illustré de la première communion ot de la 
persévérance. Paris-Auteuil, imp. des Apprentis-Orphelins, 
1 vol. in-'18, avec grav. 

Sarthois (le Petit), almanach pour 1887, contenant un 
calendrier, des notices agricoles et horticoles, les marchés 
et foires du département de la Sarthe, les foires de l'Orne 
et de la Mayenne, une statistique administrative du dépar- 
tement et le service des postes et télégraphes. Le Mans, 
Leguicheux et G'% 80 p. in-32. 

Sarthois (le) illustré, journal (hebdomadaire) du dé- 
partement de la Sarthe ; publié au Mans, sous la direction 
de M. E. Lebrault, du 4 octobre 1885 au 7 novembre 1886. 
Le Mans, E. Lebrault, 58 numéros de 8 p. in-fol., avec 
nombreuses grav. dans le texte. 

Sauvé (M&^). — Questions religieuses et sociales de notre 

temps, 1 vol. in-18 Jésus, x-SS'J p. 
Science et Foi, ou la Méthode scientifique comparée avec le 

procédé de la foi. Livres I et II : Les dogmes. Le Mans, A. 

Drouin, t2 vol. in-18. 

Sebaux (Ms'' A.-L.), évèque d'AngouIème. — Mandement 
et Lettre pastorale pour le carême de l'année 1887. An- 
goulème, Roussand, in-4. 

— Vie de Monseigneur Jean-Baptiste Bouvier, évèque du 
Mans, 2e édition. Angoulème, Roussand, 1 vol. in-18, 
344 p. 

Semallé (Comte Roger de). — Souvenirs littéraires (en 
vers) d'un gentilhomme campagnard. Mamcrs, G. Fleury 
et A. Dangin, 1 vol. grand in-8, ii-'275 p., papier vergé. 

Senart (E.). — Les Inscriptions de Piyadasi. Tome II. Les 
édits sur piliers ; les édits détachés ; l'auteur et la langue 
des édits. Paris, Leroux, 1 vol. in-8, 618 p. 

Société amicale des anciens élèves de l'Institution libre de 
Mamers. Compte-rendu de la ■¥ réunion, le 7 juillet 1886. 
Mamers, G. Fleury et A. Dangin, in-8. 

— Ibid., 5^ réunion, 6 juillet 1887. Mamers, G. Fleury et A. 
Dangin, in-8. 

Société anonyme des mines de charbon minéral de la 
Mayenne et de la Sarthe. Assemblée générale ordinaire 



— 416 — 

des actionnoires, en avril 1887. Laval, C. Boniiioiix, 15 p. 

in-8. 
Société d'assurance mutuelle immobilière du Mans contre 

l'incendie. Rapport de la commission pour l'examen du 

compte du 58" exercice (1887). Le Mans, Ed. Monnoyer, 

28 p. in-i. 
Société de propagande républicaine du canton de Montfort. 

— Statuts. Le Mans, A. Drouin, A p. in-8. 

Société de Saint-Vincent-de-Paul du Mans. Procès-verbaux 
des assemblées générales des P) juillet et 8 décembre 1886. 
Rapport par M. Armand Surmont. Le Mans, Leguicheux 
et Gi% 26 p. in-8. 

Société de secours mutuels de la commune de Bonnétable. 

— Règlement. Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 36 p. 
in-18. Tiré à 100 exemplaires. 

Société de secours mutuels de la commune de Dollon. — 

Statuts. Le Mans, A. Drouin, 32 p. in-8. 
Société de secours mutuels de la Compagnie des Sapeurs 

pompiers de la commune de Briîlon. — Statuts. Le Mans, 

A. Drouin, 32 p. in-8. 

Société du matériel agricole de la Sarthe. Procès- verbaux 

des conférences et compte-rendu des travaux. 34" livraison. 

Le Mans, Ed. Monnoyer, in-8. 
Société générale de secours mutuels de la ville du Mans. 

Compte-rendu de l'bxercice 1886. Le Mans, Ed. Monnoyer, 

64 p. in-8. 
Société philanthropique des Voyageurs du Mans et du 

département de la Sarthe. Le Mans, imp. de VAvenir, 

48 p. in-8. 

Société régionale des Pharmaciens de la Sarthe, de l'Orne 

et de la Mayenne. — Bulletin. Le Mans, A. Drouin, 24 p. 

in-8. 
Statuts de la Société d'encouragement aux Ecoles laïques. 

Le Mans, E. Lebrault, 1 vol. in-8. 
Statuts du comité républicain du canton de Ballon (Sarthe). 

Lo Mans, A. Drouin, in-8. 
Syndicat agricole de Saint-Gervais-en-Belin (Sarthe). — 

Statuts. 3« édit. Le Mans, Leguicheux et C"", 16 ji. in-8. 



- 117 — 

— Comptes-rendus pour le premier semestre de 1887. Le 
Mans, LegLiicheux et C''', in-i6. 

Syndicat agricole du canton de Sablé. — Circulaire. Le 

Mans, Chenu, in-8. 
Syndicat du hannetonnage du canton deGorron. Historique 

du syndicat et résultats de la campagne de 1887. Le Mans, 

Ed. Monnoyer, 8 p. in-8. 
Talbert. — De la Prononciation en France au XVP siècle. 

La Flèche, Besnier-Jourdain, i vol. in-8. 
Triger (Robert). — Un Episode de l'histoire du Mans au 

XYII*^ siècle. Les Prisonniers de Rocroy à l'abbaye de 

Saint-Vincent du Mans, en 16i;>. Le Mans, Ed. Monnoyer, 

32 p. in-8. Tiré à 50 exemp. 

— Notice biographique sur M. l'abbé Cénéric Moulinet, curé 
de Douillet-le-Joly. Le Mans, Leguicheux et C"', 16 p. 
in-8. — Extrait de la Semaine du Fidèle. 

Usages ruraux de l'arrondissement de Chàteau-Gontier. 
Chàteau-Gontier, Postie, 1 vol. in-12. 

Valframbert (Charles). — Piépertoire politique et histo- 
rique de 188(3, contenant une revue politique de l'année, 
les élections sénatoriales et législatives, le compte-rendu 
du Sénat et de la Chambre des députés, les lois, décrets, 
circulaires et documents divers concernant chaque minis- 
tère, une revue des beaux-arts, de la nécrologie, etc., 
publié sous la direction de M. Charles Valframbert. Paris, 
Quantin, 1 vol. in-8. 

Verlet du Mesnil. — La Sanctification du Dimanche. Le 
Mans, Leguicheux et C'% 40 p. in-8. Tiré à iOO exempl. et 
extrait de la Semaine du Fidèle. 

Véron-Duverger. — Le Régime des chemins de fer français 
devant le Parlement (1871-1887). Paris, Guillaumin, 1 vol. 
in-8, 375 p. 

Vie de saint Hugues, abbé de Ckmy, 102M100. Solesmes, 
imp. Saint-Pierre, 1 voL in-8 iliu.stré (par le R. P. Dom 
A. L'Huillier.) 

L. BRIÈRE. 



CHRONIQUE 



Depuis quatre mois environ, plusieurs distinctions honori- 
fiques ont été décernées h quelques-uns de nos confrères. 
Nous sommes heureux aujourd'hui de pouvoir leur offrir 
nos félicitations, au nom de la Société, en leur exprimant le 
regret que les circonstances ne nous aient pas permis de le 
faire plus tôt. 

Par un bref du Souverain Pontife Léon XIII, en date du 
6 mars 1888, M. le baron Emmanuel de la Bouillerie et 
M. Alexandre Celier ont été nommés chevaliers de l'ordre 
de Saint-Grégoire-le-Grand. 

Par arrêté ministériel en date du 25 mai 1888, M. l'abbé 
Esnault, secrétaire de la Société historique et archéologique 
du Maine , correspondant du Ministère de l'Instruction 
publique, a été nommé officier d'académie. 

Enfin, dans sa séance annuelle qui a eu lieu à Paris le 
dimanche 27 mai, la Société d'Encouragement au bien a 
décerné une médaille d'or à M. Léon Hublin pour ses études 
sur le Maine. 

Ces distinctions, si bien méritées, sont, chacune dans leur 
genre, la juste récompense de longs et consciencieux tra- 
vaux, mais la nomination de M. l'abbé Esnault au grade 
d'officier d'académie honore plus particulièrement notre 
Société dont il a été un des principaux fondateurs, et à 
laquelle il ne cesse de prodiguer, depuis bientôt treize ans, 
tous ses efforts et tout son dévouement. Qu'il nous soit donc 
permis de renouveler ici à M. l'abbé Esnaull l'expression de 



- 119 — 

la vive satisfaction qu'a causée parmi nous la nouvelle de sa 
nomination. 

R. T. 



Pour la première fois cette année, a eu lieu à Paris, du 
9 au 14 avril, un Congrlu scientifique international des 
Catholiques. 

Au nombre des communications les plus importantes faites 
à la section d'histoire, nous devons signaler un mémoire de 
M. Paul Fournier, professeur à la Faculté de droit de 
Grenoble, sur l'origine, la date et la provenance des Fausses 
Décretales. Cette question ([ui oifre, comme on le sait, un 
intérêt tout spécial pour les Manceaux, a soulevé dans le 
public savant de vives controverses depuis la publication du 
fameux livre du docteur Bernhart Simson : Die Entstehung 
der pseudoisidorischen Falscliungen in Le Mans., Leipzig, 
1886, in-8. Elle avait déjà été l'objet, en 1887, d'un premier 
travail de M. Fournier, inséré dans la Nouvelle Revue histo- 
rique de droit français et étranger (janvier-février 1887), 
travail que nous avons rapidement analysé, en même temps 
que l'ouvrage du docteur Simson dans le Bulletin de la 
Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe (Tome 
XXXI, p. 193). 

Or, de la nouvelle communication de M. Fournier au 
Congrès international des catholiques, il résulterait que les 
Fausses Décretales auraient bien été composées au Mans, 
vers Tannée 850, dans l'entourage de l'évêque Aldric, pour 
réaliser les réformes nécessaires à cette époque dans l'Eglise 
de France, et à l'occasion de la lutte de Nomenoë contre 
l'épiscopat breton. 

Ces conclusions , toutefois , ne sauraient encore être 
acceptées sans examen. L'éminent professeur de droit cano- 
nique à l'Ecole des Chartes, M, A. Tardif, conseiller d'Etat 



— l'iO — 

honoraire, déclare dans im ouvrage tout récent (Hidoire des 
Sources du droit canoniqiie , Paris, 1887, un vol. in-8, 
p. 149), « qu'on n'est pas en droit jusqu'ici d'affirmer que le 
» diocèse du Mans est le lieu d'origine des Fausses Decre- 
» taies, que les présomptions restent en faveur de la province 
» de Reims, si mieux Ton n'aime dire avec M. de Schulte, 
» dans son appréciation du Mémoire de M. Simson, que 
» cette question est plus que jamais obscure ». 

La discussion reste donc ouverte, et nous tiendrons les 
lecteurs de la Revue au courant de cette intéressante con- 
troverse qui attire sur notre ville du Mans l'attention des 
principaux énidits français et allemands. 



Un mois après le Congrès scientifique international des 
Catholiques, le mardi 2*2 mai s'ouvrait également à Paris le 
Congrès annuel des délégués des sociétés savantes. 

Dès la première séance, notre confrère, M. Gabriel Fleury 
a présenté à la section d'archéologie la suite de son excel- 
lente étude sur les Fortifications du Maine. L'auteur, dans 
ce second mémoire, cherche à expliquer les différentes mo- 
difications apportées dans la construction des enceintes en 
terre du X'' ;ni XTT'^ siècle, puis il décrit les châteaux de 
Saint-Calais, Pirniil et Bourg-le-Roi. Sa lecture a été écoutée 
avec un vif intérêt, et un archéologue bien connu, M. Buhot 
de Kersers s'est empressé de constater que les conclusions 
de M. Fleury étaient identiques à celles qu'il avait déjà foi'- 
mulées sur les enceintes féodales du Berry. 

Nous nous abstenons aujourd'hui de faire connaître ces 
conclusions, notre Revue devant publier dans une de ses 
prochaines livraisons le Mémoire de M. Gabriel Fleury. 

La même semaine, du 22 au 2.") mai, avait lieu à l'Ecole 



121 



des Beaux-Arts, la réunion des délégués des sociétés des 
Beaux-Arts. Dans la séance du nnercredi 23 mai, un membre 
de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 
M. Tancrède Abraham, présentait une Note sur une esquisse 
peinte de la Bataille d'Alexandre, par Le Brun. Cette pein- 
ture a été composée à la demande de Fouquet pour être 
exécutée en tapisserie, et l'esquisse qui fait l'objet de la 
communication de M. Tancrède Abraham appartient actuelle- 
ment au musée de Château-Gontier. 



Par une circulaire en date du 19 avril 1888, M. le Direc- 
teur des Beaux-Arts fait appel aux Sociétés savantes des 
départements pour établir le classement des objets mobiliers 
appartenant à l'Etat, aux Départements, aux Communes et 
autres établissements publics, dont la conservation présente, 
au point de vue de l'histoire ou de l'art, un intérêt national. 

Ce classement, on se le rappelle, a été prescrit par la loi 
du 30 mars 1887, sur la conservation des Monuments et 
objets ayant un intérêt historique et archéologique. Il peut 
offrir, pour l'avenir, une très grande utilité en évitant la 
dispersion ou même la destruction d'objets d'art exposés 
jusqu'ici à des actes de vandalisme. Nous nous empresse- 
rons de transmettre à M. le Directeur des Beaux-Arts tous 
les renseignements que nos confrères voudraient bien nous 
communiquer en vue de faciliter l'exécution de la loi du 
30 mars 1887. 



La plupart des membres de la Société historique et ar- 
chéologique du Maine savent depuis longtemps qu'il se 



l'22 



célèbre chaque année, à Beaumont-sur-Sarthe, le lendemain 
de la Fête-Dieu, une fête religieuse, civile et populaire très 
ancienne, dite Fête de la Confrérie. Nous sommes heureux 
de leur apprendre que le i juin dernier, la Fête de la Con- 
frérie, vieille de plusieurs siècles et dès lors très intéressante 
pour l'histoire des mœurs et institutions de la province, a 
été célébrée avec un éclat inaccoutumé. D'une part, la pro- 
cession traditionnelle a été, comme toujours, très brillante ; 
d'autre part, la journée s'est terminée par une fête véni- 
tienne sur la Sarthe, une retraite aux flambeaux et un feu 
d'artifice, organisés par les soins de la municipalité. 

On ne saurait trop féliciter le Conseil municipal et les 
autorités de Beaumont d'avoir si bien su conserver les tra- 
ditions historiques de leur ville ft d\ivu)r ainsi donné \\n 
nouvel attrait à cette anti(iue fête de la Confrérie, toujours 
populaire dans la région. 



MM. Barbe de Conlie et Liger du château de Courmenant 
viemiont encore de reconnaître, près du Chevaigné, à la 
limite des communes de Tennie et Conlie, en bordure du 
vieux chemin de l'ancienne abbbaye de Champagne, les 
vestiges d'un établi.ssement romain. Cet établissement, qui 
s'accuse particulièrement dans la pièce de terre appelée le 
champ Faraud n" 73 au plan cadastral de Tennie, occupait 
un |)lateau entre deux vallons où naissent des sources aux 
eaux abondantes et intarissables ; il semblerait s'étendre sur 
une superficie de sept hectares et |ienl-èlre .m-delà de la 
vallée du côté tin Chevaigné où l'on a remarqué quelques 
débris de briques à rebord. 

Plusieurs propriétaires du pays, notamment M. Percheron, 
avaient précédemment recueilli un ceitain nomln'e de me- 



123 



dailles romaines de la fin du III^' siècle sur cet emplacement 
où des substructions restent apparentes. 



Au moment de terminer cette chronique, nous avons 
le regret d'apprendre la mort d'un de nos collègues les plus 
distingués : M. le comte Paul Le Gonidec de Traissan, décé- 
dé à Laval le 17 juin dernier. 

Ancien zouave pontifical, puis chef de bataillon aux Volon- 
taires de l'Ouest, M. le comte Paul Le Gonidec de Traissan 
avait fait la campagne de 1870 avec une vaillance qui lui 
valut non seulement la croix de la Légion d'honneur, mais 
aussi la reconnaissance et l'estime de tous ses compagnons 
d'armes, et pour mieux dire de tous ceux qui eurent 
l'honneur de le connaître. Depuis cette époque il s'était 
retiré à Laval, oîi, malgré le mauvais état de sa santé, il ne 
cessa de faire le bien et de consacrer sa vie aux œuvres 
charitables. 

M. le comte Paul Le Gonidec de Traissan était décoré des 
ordres de Pie IX et de Saint-Grégoire-le-Grand : il faisait 
partie depuis longtemps de notre Société comme membre 
titulaire. La Frace perd en lui un de ses fds les plus 
dévoués, un de ces courageux soldats qui contribuèrent 
dans les circonstances les plus tristes, à sauver l'honneur 
du drapeau. 



R. T. 



I.IVUES NOUVEAUX 



Histoire populaire de saint-julien, premier évêque du 
MANS, par le P». P. dom Paul Pioliii, bénédictin de la 
Congrégation de France, président de la Sodétê historique 
et archéologique du Maine. Paris, 1888, 1 vol. in-l^, de iii- 
'220 pages. 

Ainsi que son tilie rindi([ue, ce livre ne si' présente ni 
comme nn ouvrage d'érudition, ni comme un ouvrage de 
critique. 11 n'en est pas moins l'orl intéressant o[ s(M'a lu 
avec ))laisir par un grand nombre de nos compatriotes. 
C'est un l'ésumé clair et précis des importants travaux de 
de notre vénérable président, le R. P. dom Piolin, sur les 
origines de l'Eglise du Mans, résumé qui s'adresse à la 
mas.se des lecteurs [)lutot qu'au public savant. La première 
partie est consacrée au récit des actions de saint Julien ; 
la .seconde expose l'histoire de .son culli' au travers des 
siècles. 

I'>i'it avec cœur et avec simplicité, ce iidil livre réi)ond 
de toutes manières au bul (pi'il se [nopose et aux motifs qui 
l'ont inspiré. Il p('iiétrf'i;i partout, (l.nis les chaumières aussi 
bien (|iie dans les cliàtcaux, cl il redira à tous les inappré- 
ciables bienfaits de cette civilisation ( hrclienne apportée de 
Rome par saint Julien. 

Imi 188(3 déjà, M. l'abbé Persigan, cliaiioiue titulaire du 
.\laus, avait public une étude critiipic sur Vapoalolal de 



sahd Julien, dans laquelle il s'efforçait de rassembler tous 
les documents susceptibles d'établir la date bistorique 
de l'évangélisation du Maine. L'Histoire populaire de 
saint Julien, dont le plan et le but sont absolument diffé- 
rents, accentue en quelque sorte ce pieux mouvement qui 
pousse depuis peu les catholiques du Maine à étudier avec 
une nouvelle ardeur les origines de leur Eglise. 

Tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du pays seront 
heureux de constater avec nous ce mouvement d'opinion. 
On ne saura jamais rendre assez hommage aux premiers 
évèques de la Gaule, qui furent tout à la fois de généreux 
missionnaires, et d'intrépides défenseur? de la liberté 
et de la dignité humaine. 

Robert TRIGER. 



Appendice aux lettres adressées par l'intendant 

GÉNÉRAL DE LA MAISON DE LA TRÉMOILLE A L'ADVOCAT 
FISCAL DE LA BARONNIE DE VITRÉ, 1696-1700. — Vitré, 

Guays, 1888. — 56 pages. 

Cette nouvelle plaquette, éditée avec le goût et le luxe 
qui distinguent tous les ouvrages de M. Frain, vient com- 
pléter fort heureusement une de ses précédentes pubhca- 
tions, la correspondance administrative de l'intendant gé- 
néral de la maison de la Trémoille. Elle donne des détails 
inédits sur les de Caqueray, leurs verreries, leurs .services 
militaires, et, en général sur la condition des gentilshommes 
verriers. Elle donne aussi le récit fort amusant des <( vicissi- 
tudes d'un banc seigneurial ». Cet épisode, qui rappelle 
les mémorables exploits de la dame de Sougé-le-Ganelon, 
au pays du Maine , révèle une fois de plus les mœurs 



l'2() - 

curieuses de cette société provinciale du XYII" siècle, que 
M. Frain connaît si bien et sur laquelle il a déjà publié 
de si intéressants travaux. 

R. T. 



PvECIlKl'.CllKS lIlSTOinnUES SUR LA VJLLE IJE SAINTE-SUZANNE, 

par le docteur Ch. Nory. Sillé-le-Guillaume, Veau-Besnar- 
deau, 1888, in-8, de 114 pages. 

Bien qu'elle soit incontestablement une des petites villes 
les plus curieuses et les plus célèbres du Maine, Sainte- 
Suzanne n'avait pas été l'objet, depuis longtemps, d'une 
monographie spéciale. M. le docteur Ch. Nory a eu l'excel- 
lente pensée de combler cette regrettable lacune et il vient 
de publier sur Sainte-Suzanne une intéressante notice, 
résultat de ses recherches dans les archives de la ville et du 
bailliage. 

Son travail est divisé en trois parties : i" Sainte-Suzanne 
et les guerres anglaises, 2» Organisation de Sainte-Suzanne 
})ioderne, 3° Souvenirs et monuments des environs de Sainte- 
Suzanne. Les anciennes archives de Sainte-Suzanne ayant 
été détruites, ia première partie est malheureusement la 
moins riche en documents, el M. Nory est réduit, comme il 
arrive souvent pour cette époque, aux récits des chroni- 
queurs. A partir du XYI» siècle au contraire, les sources 
deviennent plus abondantes et l'auteur y puise de nombreux 
détails sur l;i b;ironnie, les gouverneurs, les juridictions, 
l'administration ecclésiastique. Enfin il termine en donnant 
une analysa des actes du bailliage. 

L'ouvrage est accompagné de trois photographies repro- 
duisant les anciennes fortifications de Sainte-Suzanne. 

Détail important à noter : Par une délibération en date du 



— l!>7 — 

15 février 1888, le conseil municipal de Sainte-Suzanne a 
donné à une des principales places de la ville le nom du 
grand patriote manceau du XV" siècle : Ambroise de Loré. 
C'est un exemple que d'autres villes plus importantes de- 
vraient tenir à honneur de suivre. 

R. T. 



Parmi les livres nouveaux parus depuis notre dernière 
livraison, nous devons encore signaler particulièrement à 
l'attention de nos confrères : 

i" Le tome V des Procès-verhaux de la commission Jiisto- 
rique et arcJiéologique de la Mayenne, qui contient, comme 
toujours, plusieurs documents inédits sur l'histoire du Maine. 
(Lettres extraites des arcJnves de M. le duc de la Trémouille, 
publiées par M. l'abbé Ledru ; Certificats de VEtat religieux 
de lanohlesse du Bas-Maine, parM. l'abbé Ch. Pointeau etc.), 
et auquel est annexé le tirage à part de la Sigillographie des 
seigneurs de Laval. 

'2° La première livraison du tome VII du Bulletin de la 
Société Jtistorique et archéologique de VOrne, avec la suite 
du très intéressant travail de M. de Courtilloles : Analyse de 
divers actes du tabellionnage d'il toiçoji (XV-'-XYIe siècles), 
et plusieurs articles relatifs à l'histoire du Passais : Les ori- 
gines du Passais, par M. Le Faverais ; Les fresques de 
Véglise Saint-Jtdien à Domfront par M. F. Loriot. 

3° Un tableau comparatif des Prix anciens et acluels dans 
le canton de Château-du-Loir, de 172!2 à 1887, inséré par 
jVirae Destriché dans le dernier Bulleti)i du comité des Tra- 
vaux historiques et scientifiques. 

4" Deux documents médits, fort curieux pour l'histoire des 
mœurs et institutions, publiés par M. E. Moreau, secrétaire 
de la commission historique et archéologique de la Mayenne ; 



— 12S — 

Les usemenU et redevances des seigneurie et forêt de Bour- 
gon (Mayenne), Vannes, Lafolye, 1888, in-8, et Mémoire sur 
la processio)i de la Fête-Dieu à Laval en JOOl, Laval, 
Moreau, 1888, in-l'i. Cette dernière plaquette fait partie de 
la collection de documents historiques sur le département 
de la Mayenne, dont nous avons eu occasion de parler plu- 
sieurs fois déjà, 

5'> Enfui un charmant volume de poésies : Primevères^ de 
notre sympalhi([ue confrère M. Georges Loir. Nous ne pou- 
vons lui consacrer un compte-rendu qui sortirait du cadre 
ordinaire de notre Revue, mais nous tenons à lui souhaiter 
au moins tout le succès qu'il mérite. 

Robert TRIGER. 




D après luiy portraU- appartenant O' la, Société. 
ci'AqruuLUttre Sciences et Arts de la Sartha- 



Louricii/o.) 



NOTES 

SUR 

ANTOINE LE COI^YAÏSIEK 
dp: courteilles 

ET SUR 

SON HISTOIRE DES ÉVESQVES DV MANS 



I 



U Histoire des Evêquesdu Mans, par Antoine Le Gorvaisier 
de Courteilles, est un des classiques de l'histoire du Maine. 
Nous ne voulons certes pas dire, en employant cette expres- 
sion, que l'ouvrage, sous le rapport du style, soit d'une 
élégance ou d'une correction remarquable, ni qu'au fond, 
il offre une érudition forte et variée, une critique toujours 
saine, des vues toujours sûres. Ce n'est pas ici le lieu de 
discuter les opinions de Le Gorvaisier sur certains points 
importants, notamment .sur l'époque où saint Julien serait 
venu évangéliser le Maine. Ges opinions furent contredites 
de son vivant ; elles l'ont été depuis ; elles le sont encore 
par nombre de personnes éminentes en science et en piété. 
Il n'en reste pas moins acquis que Le Gorvaisier est un des 
plus anciens et des principaux historiens du Maine. Il avait 
vu et su beaucoup de choses. Il est cité partout. Son livre 
e.st dans toutes les bonnes bibliothèques de la province et 
même des pays voisins, et se paie assez cher à l'occasion. 

XXIV. 9 



— 430 — 

Sous ces rapports, du moins, il peut être rangé parmi les 
classiques de l'histoire du Maine. 

La vie de Le Corvaisier est beaucoup moins connue que 
son ouvrage. Tout ce qu'on en savait jusqu'ici, c'est qu'il 
était né au Mans, qu'en 1637 il était conseiller au siège 
présidial de cette ville, et lieutenant criminel au même siège 
en 4648, date de la publication de VHistoire (4). Une heu- 
reuse fortune ayant réuni en nos mains certains documents 
précis et authentiques sur ce personnage, nous espérons 
que les curieux de l'histoire du Maine nous sauront quelque 
gré de les publier, si obscurs qu'ils laissent encore plusieurs 
points de sa biographie. C'est, d'ailleurs, une sorte de resti- 
tution que nous faisons aux confrères, érudits autant qu'obli- 
geants, à qui nous en devons la communication désinté- 
ressée {'2). 



II 



Antoine Le Corvaisier était né au Mans, le 43 mai 4608. 
C'est, du moins, la date de son baptême dans l'église parois- 
siale, aujourd'hui supprimée, de Saint-Pierre-de-la-Cour uu 
Grand-Saint-Pierre (3). 

(1) Le Paige, Dictionnaire du Maine, t. Il, p. 245 ; — RenouariJ, Essais 
historiques et littéraires sur la ci-devant province du Maine, t. II, p. 99; 
— ^. Bespovlcs, Bibliographie du Maine, I, p. 'AiM; — Lepellotier (de 
la Sarthe;, Histoire complète de la province du Maine, t. Il, p. M ; — 
B. Hauréau, Histoire lit té raire du Maine, t. III, p. 442 do la 1''* édition, 
(1845); article reproduit textuellement dans la seconde (t. VII, p. 121). 
C'est par erreur que dans ces deux (''dilions, l'année 1G43 est indiquée 
comme date de la publication. Le privilège est du 11 décembre 1G45 ; 
l'impression fut terminée le 29 novembie 1647 ; le livre ne parut qu'en 
1648, seule date que poitc le frontispice. 

(2) MM. l'ablié Ksnault, Brière, Henri Chardon, Ernest de Courtillolos 
et G. Fleury, tous meinbres de la Société liislorique du Maine. Un autie 
memore de la Société, M. Bellée, de regrettable mémoire^ avait égale- 
ment secondé nos recherches. 

(3) « Le 13 may 1608, Anthoinc filz de noble ho« Jacques Corvasier, 
cons"' du Roy au siège présidial de ceste ville et de damoyselle Suzanne 



— 131 — 

Il était d'ancienne et bonne famille. 

Son père, Jacques Le Corvaisier, — il n'ajoutait pas encore 
à ce nom celui de Courteilles, — était noble. Il était, lui aussi, 
conseiller au présidial du Mans. Devenu veuf, il entra dans 
les ordres (1). 

C'était un homme lettré, comme le prouvent l'épitaphe de 
l'évêque Charles de Beaumanoir de Lavardin et une épi- 
gramme sur le livre de son fils qui donne ces deux pièces (2). 

La mère d'Antoine, Suzanne Vasse, était également 
d'ancienne et noble famille. Les Vasse, seigneurs de Cour- 
teuvre en Villaines-la-Juhel (Mayenne), furent maintenus ou 
réintégrés dans leur noblesse par lettres-patentes du 3 août 
1651. Ils furent, eux au.ssi, conseillers et lieutenants crimi- 
nels au présidial du Mans et dignitaires de l'Église (3). 

Vasse, son espouse, fut baptizé par moy, curé soubsigné. Parin, vénb'« et 
discret M^ André "Vasse, doyen de ceste église s*:' Pierre ; Marenne, 
damoyselle Marie Corvasier, femme de mons'' le P"" du Fioy de ceste ville.» 
Signé : Gesmerye. 

(Paroisse de Saint-Pierre-de-la-Cour. Communication de M. l'abbé 
Esnault). 

(i) M. Hauréau (t. IV, p. 321) suppose que ce Jacques Le Corvaisier de 
Courteilles qui, dans les vers que nous citerons tout à l'heure, adi cssés à 
Antoine, se qualifie de « vostre meilleur et plus affectionné père... prestre 
indigne », n'était pas le propre père, mais un des grands parents d'An- 
toine et que la paternité qu'il invoque ici n'était qu'une paternité spiri- 
tuelle ou d'affection. En réalité, c'est bien de l'ancien magistrat, devenu 
prêtre, qu'il s'agit. Il avait été baptisé le 1" novembre 1578. Il avait 
épousé le 22 août 1GU4, Suzanne Vasse ; il mourut le 24 mars 1646 sur la 
paroisse Saint-Nicolas du Mans et fut inhumé dans le grand cimetière. 
N. Desportes, de ce père d'Antoine a fait un fils. 

Jacques était (ils de Julien Le Corvaisier, sieur du Plessis, et de Marie 
du Breil. 

(2) P. 885 et feuillets liminaires. — Toutes deux sont fort courtes et 
d'un tour très alambiqué. M. Hauréau a fait à Jacques Le Corvaisier 
l'honneur de lui donner une place dans son Histoire lUtéraire du Maine, 
t. IV, p. 321. 

(3) V. sur la famille Vasse, Le Paige, V" Villaines-la-Juhel, et Le Gui- 
cheux, Le château de Chasseguerre, les seigneurs de Belin et d'Averlon, 
Fresnay, 1883, in-8». 

Armoiries des Vasse : d'azur à la fasce d'or, chargée d'une aigle 



— 132 — 

D'où venait aux Le Corvaisier le nom de Gourteilles'? 
Probablement de la possession d'une terre. Où cette terre 
était-elle située ? Nous ne saurions le dire avec une certitude 
absolue. Les localités du nom de Courteilles sont fort com- 
munes en France et particulièrement dans la Sarthe. M. l'abbé 
Esnault croit que les Le Corvaisier étaient propriétaires du 
fief de Courteilles dans la communs de Coulans, où se trouve 
aujourd'hui une maison de construction moderne (1), et nous 
partageons cette opinion. 

éployée de sable, accompagnée de 3 èloiles d'argent, 2 en clic f et i en 
pointe. 

(1) Cauvin, Statistique de V arrondissement du Mans, p. 122 ; — Pesche, 
Dictionnaire topographique, historique et statistique de la SariJie, v" 
Coulans. Ce dernier auteur {\'° iJoucelles) attribue aux Le Corvaisier la 
seigneurie de la terre de Courteilles, dans la commune de Doucelies. C'est 
une erreur : cette seigneurie, au temps de Le Corvaisier, appartenait à la 
Maison de Faudoas-Scrillac. et depuis des siècles à son ascendance. 
(Archives du château de Sérillac). 

D'autres fiefs de Courteilles sont signales : dans la commune de Sainte- 
Sabine, celui-ci propriété des Le Court, sieurs de Frédebise ; (Cauvin, 
Essai sur V Armoriai du diocèse du Mans, v" Court (Le) ; — Pesche, v» 
>S'atn<e-.S'a6ine ;) dans celle de Brains (Cauvin^ 7&. v° Brains) ; un autre 
encore appartenant aux Le Clerc de .Tuigné (notes de M. de Courtilloles). 
Enfin, Cauvin (Géographie ancienne du diocèse du Mans, v" Cnrtillcc) 
mentionne l'existence ancienne de plusieurs Curtillse (Courteilles). 

Nous connaissons quatre localités de ce nom dans le département de 
l'Eure, et quatre dans celui do l'Orne : Tune, faubourg d'Alcnçon, une 
autre, commune de l'arrondissement d'Argentan, la troisième en Saint- 
Fraimbault-sur-Pisse (dépendant autrefois du diocèse du Mans), enfin, la 
quatrième dans la commune de Sure à cinq kilomètres de Mamers. Ce der- 
nier Courteilles, aujourd'hui propriété de M. G. Fleury, appartenait jadis 
aux Guestre de Courteilles. 

Celte famille fournit au bailliage de .\Iamers, pendant près de deux 
siècles, une succession de lieutenants généraux (Notes de M. de Cour- 
tilloles et de M. Fleury^ Ils étaient probablement alliés aux Vasse, car ils 
possédaient^ en 1073, la terre, fief et seigneurie de Planches, près Mamers, 
qu'ils tenaient de Geneviève Boivin, veuve de Jacques de Chambes, comte 
de Monlsoreau,. et la sœur de cette dame, Marie Boivin avait épousé Vasse, 
seigneur de Sables ; cette dernière étant morte sans enfants, son héritage 
passa à la fille de Geneviève. 

Les Guestre de Courteilles étaient une branche de la famille Guestre de 
Préval, de la Matrassière, etc., qui a donné un abbé à l'abbaye de 
Perscigne. (Notes de M. G. Fleury.) 



133 



Les Le Corvaisier possédaient, en outre, la châtellenie 
d'Oustillé, qui passait pour la plus ancienne du Maine, pour 
moitié, et la terre seigneuriale de la Fontaine-Vaumorin 
dans la même commune de Saint-Mars ; elles leur prove- 
naient de Marie du Breil, épouse de Julien Le Corvaisier, 
sieur du Plessis, d'abord avocat, puis conseiller au Présidial 
du Mans, père de Jacques et ayeul d'Antoine (i). Les du 
Breil en étaient eux-mêmes possesseurs avant 1489, époque 
où ils en rendaient aveu ("2). Le père de Marie avait été 
receveur du domaine. L'ancien château d'Oustillé, assez fort 
au moyen-âge, a été remplacé par une jolie construction 
moderne. 

Les Le Corvaisier de Courteilles appartenaient-ils à la 
même famille que les Le Corvaisier de Bretagne et d'Anjou, 
dont plusieurs se sont fait un nom dans les lettres (3) ? Paen 
n'autorise à le croire. Il est plus certain qu'ils étaient alliés 
des du Bellay (4). 

Du mariage de Jacques avec Suzanne Vasse, naquit un 
autre enfant, Marie, qui épousa Jacques Aubert, conseiller 
au Présidial du Mans (5). 

(1) Histoire des Evoques, p. S'il ; — Mémoires de Nepveu de la Ma- 
noiiillcre, t. II, p. 269. 

(2) Autres aveux par les Le Corvaisier en 1603 et 1659 ; autre par Marie 
Le Feuvre, veuve d'Antoine, en 1663. (Le Paige, \° Mars d'Oustillé (S.) ; 

— Cauvin, Essai sur la statistique de l'arrondissement du Mans, p. 76 ; 

— Pesche, V Saint-Mars-d' Outillé.) 

(3) M. G. Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique 
de Maine-et-Loire, \° Le Corvaisier. N. Desportes croyait que les deux 
familles n'en faisaient en réalité qu'une seule ; M. Hauréau, t. IV, p. 321, 
est d'un avis contraire. 

(4") Histoire des Evêques, p. 827. 

(5) Baptisée dans l'église du Grand-Saint-Pierre, le 17 mars 1610. « Par- 
rain, noble Michel Vasse, lieutenant criminel de la sénéchaussée du 
Maine ; marraine, demoiselle Marie Joubert, femme de M. le Président à 
ce siège ». Elle n'avait donc que 15 ans lors de son mariage (5 septembre 
1625). Elle eut un fils, né au Mans, le 30 mai 1626,. qui devait, lui aussi, 
être conseiller au Présidial du Mans en 1653, puis lieutenant criminel en 
1661, en remplacement de son oncle Antoine Le Corvaisier. (Communica- 
tion de M. l'abbé Esnault). 



- 134 — 

Nous n'avons pas de détails sur les premières années 
d'Antoine, mais nous savons qu'il dut faire de bonnes études 
classiques. Il s'essaya, en effet, dans la poésie française et 
môme dans la poésie latine (1). Il semble aussi qu'il sût 

(1) Voici un sixain de sa composition, imprimé avec d'autres pièces 
laudalivcs, en tête de l'ouvrage suivant : Les divins trophées de la Croix 
du Sauveur plantés sur les ruines de l'idolâtrie de l'e7npirejapo7iois, 
par les protho ynartyrs séraphiqiies de l'ordre du grand sainct François, 
depuis peu crucifiés à Kanfjazaqui , et composés par le R. P. F. 
François d'Orléans, Gardien du couvent des PP. Cordeliers Réformés 
du Mans. Au Mans, chez Gervais Olivier, 1634, in-S". 

K Sixain. 

Autres fois sainct Thomas, d"un esprit Prophétique, 
Dit allant visiter le Docteur séraphique, 
Laissons écrire au Saincl la vie d'autres saincts : 
D'Orléans aujourd'iniy, sur cette conjecture, 
Que ta plume s'occupe à de mesmes desseins, 
Puis-je pas t'appeller un sainct Bonaventure ? 

» Par monsieur le Corvasier, sieui de Courteilles, conseiller du Roy au 
siège Présidial du Mans ». 

Et deux pièces latines en tète des Mémoires des Comtes du Maine, par 
Pierre Trouillart, sieur de Montferré. advocat au Mans. Au Mans, par 
Iliérome Olivier, imprimeur près S. Julien, et Paris, Libert, lGi3, in-12. 

K Ad illustrissimitm et reverendissimum Henricum Ludovicum Cas- 
taneum de la Roclie-Pozan . Episcopuin Piclavicnsem. et Ahbalem 
Cœnobii S. Pétri de Cultura. 

Iambi. 
(S Doctrina, pietas, gloria et virtus, tibi 
Struxere (Magne Prœsul) îcternos lares : 
Sed ad perennis pompam et ornamentum domus 
Ne quid deessct : ecce fumosas patrum 
Imagines in atriis Icngo ordine 
Tibi collocandas, autor in donum obtulit. 

» .\ntonius Le Courvalsier de Courteilles, Regius 
in Cnria prîcsidiali Cenom. Consiliarius ». 

Aliud. 

« ,'Eternum durabil opiis ; Mons-Ferreus illud 
Muniit, et custos Rupipossnns adesl. 

Idem .\. Le Courvaisier de Courteilles». 

Nous éprouvons toutefois, un scrupule au sujet de l'attributiou du 
sixain. Ce Le Corvaisicr, qui ne prend pas de prénom, ne serait-il pas 
Jacques qui rimait volontiers et dont ce sixain rappelle un peu la manière 
prétentieuse et quintessenciée ? Antoine n'avait (jue 20 ans en 1634. 



135 



l'italien, à en juger par certaines citations qui se rencontrent 
sous sa plume. 

Il entra fort jeune dans la magistrature. En 1634, ou du 
moins en 1637 (1), il est déjà conseiller au Présidial du 
Mans ; peut-être son père avait-il résigné en sa faveur. En 
1648, il était devenu lieutenant criminel, sans doute aussi par 
la résignation de son oncle Jean Vasse qui avait obtenu cette 
fonction vers 1615 et l'occupait encore en 16 i6. 

Antoine épousa Marie Le Feuvre, fille de Guillaume Le 
Fcuvre, écuyer, sieur de la Butte, qui prenait le titre assez 
compliqué de « Président-bailly-juge-royal civil et criminel 
de Sonnois et Peray », et de Marie Le Pelletier (2). 

(1) Pesclie, t. III, p. 420. 

(2) Guillaume Le Feuvre était né le 12 juin 1593, de Guillaume, bailli de 
Sonnois, et de Chai lotte duTronchay. (Registres de l'état civil de Mamers.) 
Il mourut le 20 mai 1650, et sa veuve le l"^'' novembre 1653. 

Ils avaient eu plusieurs autres enfants. 

Marguefute, qui épousa René du Hardaz, écuyer, seigneur de Cour- 
tilloles, le 14 juin 1648. Ils furent séparés de biens le 11 décembre 1653, 
à raison de poursuites criminelles exercées contre René. Elle mourut à 
Courtilloles, le 29 janvier 1672. Ses biens firent retour à ses frères et 
sœurs, car elle n'avait point d'hoirs directs. René institua Léonor du 
Hardaz, son petit-neveu, son légataire universel, mais ce dernier étant 
mort peu après sans lioirs, son grand-père Tliomas du Hardaz, seigneur 
de Fresnay, devint héritier et seigneur de Courtilloles. 

Guillaume, écuyer, sieur de Congé, bailli de Sonnois et Peray, marié 
à Renée Lair. 

Marie-Charlotte, qui épousa le 27 août 1653, Jean Le Maire, cheva- 
lier, seigneur de Montlivault, trésorier de France en la généralité 
d'Alençon. 

Guillaume, sieur de Moire, sans alliance connue. 

Catherine (mineure encore en 1654) qui épousa Jacques de Boullemer, 
seigneur de Bresteau et de Montigny, conseiller du Roi, gouverneur de la 
ville et château d'Alençon. 

Les Le Feuvre portaient d'azur à 2 Oàtons noueux d'or en sautoir, 
accompagnés de 2 croissants en chef avec étoile de même en pointe. 

La Bulte était un petit manoir situé dans la condmune de Marollette, à 
1500 mètres de Mamers. La construction primitive doit être du XVI« 
siècle; elle a été remaniée dans le siècle suivant, probablement à la suite 
d'un siège qui l'aurait ruinée en partie, car de nombreuses traces de 
balles se remarquent à l'entour des anciennes ouvertures. Ces ouvertures 



— 136 — 

Elle lui apportait par contrat de mariage 40,000 livres 
tournois (1). 

Ils n'eurent pas d'enfants. 

Antoine Le Corvaisier mourut au château de Courtilloles 
(en Saint-Rigomer-des-Bois), le 7 octobre 1660. Il devait s'y 
trouver en villégiature chez sa belle-sœur, M"'^' du Hardaz. 
Son corps fut rapporté au Mans et inhumé dans l'église des 
Jacobins ('i). Son neveu, René Aubert, fils de sa sœur, lui 
succéda comme lieutenant criminel et comme propriétaire 
et seigneur de Courteilles. 

Sa veuve vivait encore en 1663. 



III 

Il existe dans ïlconographie cénomane^ que MM. Pesche 
et Desportes devaient joindre à la Biographie faisant suite 
au Dictionnaire de la Sarthe, et demeurée inachevée comme 
cette Biographie elle-même, un portrait d'Antoine Le Cor- 
vaisier de Courteilles : Figure grave et fine, nez aquilin, 
beau front, cheveux blancs. Ce portrait avait été dessiné par 
Pelletier et lithographie chez Monnoyer, d'après une toile 
conservée à la bibliothèque de la Société d'Agriculture^ 
Sciences et Arts de la Sarthe et dont on ignore la prove- 
nance. Nous pouvons, grâce à la courtoisie du Bureau de 
cette Société, présidé par M. Gentil, donner de l'original, 
une reproduction beaucoup plus exacte (3). 

à meneaux en croix, sont visible.s encore dans les murs de la grange qui a 
remplacé le manoir primitif. Des lucarnes du second étage, plus de traces ; 
lostes de peintures indéchiffrables sur d'anciennes poutres. (Communica- 
tion de M. Flcury.) 

(1) Partage entre les héritiers Le Feuvrc, du 29 décembre Woi, au 
notariat de Mamers. (Communication de M. de Courtilloles). 

(2) « Anthoinc de Courtcille, Lieutenant Criminel du Mans, est mort à 
Courtilloles, Le Jeudy 7'"« octobre (1660) à 10 heures du soir et a esté 
porté en terre en L'Eglise des Jacobins du Mans». (Registres paroissiaux 
de Saint-Rigomer. Communication de M. de Courtilloles). 

(3) Nous ne saunons trop remercier nos collègues de la Société histo- 



- 137 — 

A la vente des autographes du cabinet Parison, (mars 
1856), une lettre de Le Corvaisier au P. Sirmond, le Mans, 
août 1650, 3 gr. p. pleines in-fol., passait en vente. Nous ne 
savons à qui elle fut adjugée ni ce qu'elle sera devenue. Le 
Catalogue (no 387) l'indiquait sous le nom de « Le Cervoisier, 
historien de l'Anjou », et ajoutait que cette « très belle lettre 
était relative à des recherches pour l'histoire ecclésiastique 
du diocèse ». 

Nous voyons la signature A. Le Coruaisier au pied, d'une 
requête tendant à communication de pièces dans un procès, 
à la date du 25 janvier 1642 (1). L'écriture en est large, 
ferme et posée. 




Sur un exemplaire de son Histoire des Evêques, conservé 
à la bibliothèque publique du Mans, dont nous reparlerons 
plus loin, se trouvent beaucoup de notes marginales de la 
main de Le Corvaisier ; mais, de ces divers autographes, 
aucun, malheureusement, n'a trait à sa vie intime et privée. 



IV 

Nous arrivons à ïHistoire des Évêques du Mans qui fut le 
grand événement de la vie de Le Corvaisier et qui est restée 

riqne du Maine et M. Brière en particulier, du concours empressé qu'ils 
nous ont prêté pour cette reproduction. 

(I) Pièce communiquée par M. l'abbé Esnault. 

D'autres signatures de Le Corvaisier existent aux Archives municipales 
du Mans. Les Archives départementales ne possèdent rien de lui. (Lettre 
de M. Bellée;, archiviste du département, 16 juillet 187S). 



— 138 — 

son principal titre aux yeux de la postérité. Pour ne pas 
rompre l'enchaînement des faits qui se rattachent à cette 
publication, nous avons cru devoir y consacrer un chapitre 
séparé. 

Par quelles circonstances particulières Le Corvaisier fut-il 
amené à s'occuper d'un sujet assez étranger, au premier 
aspect, à ses études et à ses fonctions spéciales 1 Nous ne 

M. Brière possède un fragment inamisci il que le libraire Bondu, qui 
11' lui .ivait cédé, affirmait être de la main de Le Corvaisier et destiné à 
l'ormer un carton à la vie de l'évêque Pierre de Savoisy ({). COi). Voici ce 
fragment : 

« Cette Princesse (Marie d'Anjou) étoit au Mans lors do la querelle de 
l'Evêq. et du cliap. p>- la Marche de la procession de la fête Dieu. Les 
chan. s'imaginèrent q. leur pclue exemption leur donnoit droictd'en régler 
la Marclie et la cérémonie ; sauf à l'Evêq. et aux corps eccl'q de sy joindre 
si bon leur semblait ; ils firent publier q. la procession iroit reposer dans 
l'église du Prr, abbaye qui est le lieu de la sépulture de S' Julien. 

» Pierre de Savoisy, E. du Mans, en donna avis à Marie; la princesse, qui 
avoit pris conseil des pf" de droit de rV'« d'Angers, ordonna q. les portes 
par où l'on va à l'abbaye du Pré, fussent fermées. 

» Les Comtes qui précèdent la cathodralo, prirent la route ord''' ; la 
cithed. prit le cliomin du pont l'errin et fut obligée de revenir,, pendant 
q. l'Evéq. prenant le S' ciboire de l'église de S' Benoit suivit les comtiîs 
qui alloient a Co<"ffort ; c'est en partie cette entreprise du chap. qui a 
donné lieu a l'ariét du 27 juin 1680 qui déclare l'exemption du chap. 
abusive : c'est la jurisp. présente (*). J'en ay parlé si amplcm' dans mon 
Tr. ihi Dr. françois canonique que je n'en puis rien dire icy ». 

(') « Bibl. canon. VIjo exemptions, p. ()2'2 ; — V. mém. du clergé, to. 7, 
p. 652. » 

Cette attribution n'était pas soutenable. 

L'écrivain cite un arrêt de 1686 et la Bibliothèque canonique qui es* 
de 1689; or nous avons vu que Le Corvaisier était mort en 1660. 

Il se désigne lui-même comme l'auteur d'un Traité du droit canonique 
et paraît avoir eu des rappoits particuliers avec ITuiversité d'Angers. 
C'était dans la famille des Pocquet de Livonnicre, angevins, jurisconsultes, 
canonistes, dont les manuscrits éparpillés de tous côtés en Hniilles volan- 
tes, encombrent les dépôts publics d'Angers et les collections privées, 
qu'il fallait le cliorclier. L'éerituie du fragment appartenant à M. Brière 
est, à n'en pouvoir douter, celle de Claude-Gabriel Pocquet de Livonnière, 
né à Angers le 21 octobre 168t, mort dans la même ville le 27 février 1762, 
avocat, professeur, doyen de la Faculté de droit de sa ville, écrivain et 
compilateur infatigable. (C. Vo\[, y" l'on/uct ; — Bévue de V Anjou, mars 
1878). 



- 139 — 

saurions le préciser ; mais cette évolution, comme on dirait 
aujourd'hui, était assez dans l'esprit du temps. 

Indépendamment des grands travaux d'histoire ou de 
critique historique que vit paraître le milieu du XVIP siècle 
et qui ont rendu fameux les noms de Kircher, Saumaise, 
Pétau, Bignon, Sirmond, André Du Chesne, Du Gange, 
Mézeray, Labbe, Launoy, Bollandus, Baluze, Samson, des 
Sainte-Marthe et de tant d'autres savants, l'histoire provin- 
ciale parait avoir été à ce moment l'objet d'un intérêt parti- 
culier. Autour de Le Corvaisicr, se multipliaient les tenta- 
tives analogues à la sienne. BouUiard avait donné sa 
Parthénie (1609) consacrée aux souvenirs du pays chartrain ; 
Gilles Bry, son Histoire du Perche (1630). Celle de Bretagne 
par Le Baud, restée longtemps inédite, venait de voir le jour 
(1638). Guyon (1647) et Le Maire (16 i8) écrivaient les 
annales de l'Orléanais. Le dominicain Marin Prouvère-Biche- 
teaux avait achevé son Histoire ecclésiastique du diocèse de 
Sées (1624). Dans le Maine même, Trouillart publiait ses 
Mémoires des Comtes de la province, et Ménage préparait sa 
grande Histoire de Sablé qui ne parut qu'en 1683. Le Cor- 
vaisier donnait donc et suivait l'exemple. 

La composition de son livre dut lui coûter plusieurs 
années de travail. Il dit lui-même dans son épître dé- 
dicatoire à l'Évêque du Mans Emery de la Ferté , qu'à 
l'avènement de ce prélat (1637) il avait déjà le dessein 
bien arrêté d'écrire l'histoire du Maine. Il parle de ses 
recherches « dans les trésors et dans les archives des 
églises », des « manuscrits assez fidels » qui sont tombés 
en ses mains, du soin avec lequel « il a compilé tout 
ce qu'il a jugé digne de remarque dans nos histoires », 
des savants qu'il a consultés « Messieurs Dupuy frères et de 
Saincte-Marthe aussi frères » et « Monsieur de la Mote Le 
Vayer ». La vérité est qu'il a puisé à beaucoup de sources 
diverses. S'il a les crédulités et les préjugés de son temps, 



— 140 — 

il ne les exagère pas ; il montre même parfois une certaine 
critique. 

La date du privilège est du 11 décembre 1645 ; la cession 
qu'il en fit aux frères Cramoisy, imprimeurs, du 15 mars 
1646. Peut-être avait-il été retardé par les démarches que 
le Chapitre du Mans, choqué de ses idées sur plusieurs 
points et notamment sur l'époque de l'apostolat de saint 
Julien, fit auprès du chancelier Pierre Séguier pour s'oppo- 
ser à la publication de l'ouvrage (1) et qui n'aboutirent pas. 
L'évêque du Mans, Emery de la Ferté, prélat recomman- 
dable par sa piété et sa charité, en accepta même la dédicace. 

L'impression traîna en longueur. Un sieur Martin en avait 
été chargé par les frères Cramoisy, comme leur cession- 
naire ou leur agent. Le Corvaisier n'était pas là pour la sur- 
veiller. Les relations entre Paris et le Mans étaient rares et 
difficiles alors. Il parait même que des indiscrets obtinrent 
la communication soit du manuscrit, soit des épreuves, et se 
permirent d'y faire des changements qui contrariaient les 
idées de l'auteur. 

Le tirage fut terminé le 20 novembre 1647, et l'ouvrage 
publié en 1648 sous ce titre : Histoire | des ] Evesqves | 
Dv Mans, | et de ce qvi s'est passé | de plus mémorable 
dans le Diocèse pendant | leur Pontificat. | A Paris, | (chez) 
Sebastien Cramoisy, Imprimeur ordi- | naire du Roy, et de 
la Reyne Régente : | et | Gabriel Cramoisy. | (rue S. 
lacques, aux Cicognes.) m. dc. XLVIII. | AVEC PRIVILEGE 

DV ROY (2). 

(1) Bondonnet. p. 710; — Dom Piolin, Histoire de l'Église du Mans'> 
t. I, p. XLiv;t. V[, p. 215, 219. 

(2) In-40. — 16 p. n. ch. pour le frontispice, la dédicace, signée, à l'évê- 
que du Mans Emery Marc delà Ferté, une lettre dc compliments adressée 
à l'auteur par son oncle Jean A'asse, «Conseiller du Roy en ses Conseils 
d'Estat et Privé, et Lieutenant Criminel au Siège Présidial et Sénéchaus- 
sée du Mans », les « Epigrammes » et la Table (la liste des noms des évè- 
ques). — 888 p. ch. — 2 p. n. cli. pour les Errata, et 54 p. n. ch. pour la 
Table des matières principales et le Privilège. 



141 



Les adversaires de Le Gorvaisier s'étaient sans doute tenus 
au courant de l'impression de son travail et avaient dû en pré- 
parer la réfutation au fur et à mesure, car il est inadmissible 
que cette réfutation laborieuse, minutieuse et qui forme un 
énorme volume, ait pu être rédigée, composée et tirée de 1648 
à 1650. Elle était achevée d'imprimer dès le 22 avril 1651. 

En voici le titre : 

LES VIES 1 DES | EVESQVES | DV MANS 1 restitvées et 

CORRIGÉES, I AVEC \ PLVSJEVRS BELLES REMARQVES \ SVR 
LA CHRONOLOGIE. | Par Dom Iean Bondonnet Benedic- 

Voici les deux épigrammes encomiastiques qui figurent, avec la leUre, 
ultra louangeuse, de Jean Vasse. en tète du Livre : 

« Il ne faut ne marbre ne cuiure 
Pour grauer le nom de celuy 
Que l'on voit paroistre auiourd'huy 
Au frontispice de ce Hure : 

» Car puis que le suiet est tel. 
Qu'il est aux Prélats honorable, 
Et que l'Eglise est perdurable, 
Il sera sans doute immortel 

)) Vostre meilleur et plus 
affectionné Père, Iacqves le 
Gorvaisier de Covrteilles, 
Prestre indigne. » 

« Mes vers ne peuvent pas eterniseï- ta gloire, 
Puis que tes escrits seuls donnent l'éternité. 
Tant d'illustres Héros viuans dans ton Histoire 
Feront viure ton Nom à la postérité. 

» Plus puissant que les Saints dont les diuins Oracles 
Rendirent autresfois nos Pères admirez, 
Tu redonnes la vie aux Faiseurs de miracles, 
Et la lumière à ceux qui nous ont esclairez 

» Vostre très humble, très obéissant 
seruiteur, et très-cher Cousin, Roland 
le Vayer de Rovtigny, aduocat en 
Parlement ». 

On voit que dans tout ce monde, l'esprit de famille était assez largement 
pratiqué. 



— 142 — 

tin de Sainct | Vincenl du Mans, et PHetir de Sarcé. 
I A Paius, I chez Edme Martin rue S. lacques au Soleil 

d'or, I M. DC. LI. I AVEC PRIVILEGE DV ROY (l). 

Mais Le Corvaisier, de son côté dut profiter de quelques 
indiscrétions, car, à la veille pour ainsi dire de l'apparition 
du livre de Bondonnet et cherchant à en conjurer l'effet, il 
lança : 

DeFFENCE I ANTICIPÉE | DE l'HlSTOIRE DES | EVESQVES DV 

Mans. | Contenant j Le desadueu de quelques additions et 
fautes insérées \ dans le texte à Vinsceu de V Auteur \ Av 
Mans. | Chez Hierôme Olivier, Imprimeur et | Libraire, 
demeurent prés l'Egl. S. Ivl. | m. dc. l. 

40 p. in-4" y compris le frontispice. 

Au verso du frontispice, cette sentence 

// est bien aisé de reprendre 
et mal-aisé de faire mievx 

qui exprime la même idée que le fameux vers si souvent 
cité : 

La critique est ai.sée et l'art est difficile (2). 

L'auteur débute ainsi solennellement : 

(( Encore que ie sçache que dans l'ordre de la lustice il 
e.st non seulement inutile, mais quelquefois périlleux de se 
iustifier avant que d'estre accusé, d'autant qu'une deffence 
anticipée aussi bien qu'une précaution trop affectée nuist 
plus souvent qu'elle ne sert, et laisse dans l'esprit des luges 
une forte impression et un soupçon violent du crime dont 

(1) 24 p. 11. ch. poui' le frontispice^ l'épitrc (Jt'dicatoire à 1 evêque Phil- 
bert-Emmanuel de Beaumanoir de Lavardiu, l'avertissement au lecteur 
et le catalogue des évêques. — 740 p. ch. (y compris la Réponse à la 
Défense anticipédj. — 12 p. n. ch. pour la table, l'eirata et le privilège. 

(2) Ce vers souvent attribué à Boileau et qui est en effet dans sa manière, 
est de Destouches, Le Glorieux, A. II, se. 5. 



— 143 — 

on tasche de s'excuser : Neantmoins il faut advoûer qu'il y a 
quelquefois des rencontres dans lesquelles il est non seule- 
ment important et nécessaire de proposer ses faicts et ses 
preuves de iustification avant que d'y estre receu , mais 
mesme d'aller au devant de ses accusateurs, lors que nous 
croyons qu'ils peuvent tirer advantage de notre silence, et 
par une publique déclaration de la vérité prévenir le des- 
sein qu'ils ont de nous accuser. 

» C'est ainsi qu'ayant esté adverty que deux (1) personnes 
Ecclésiastiques fort sçavantes se préparoient d'escrire contre 
mon histoire, tant pour destruire l'opinion que i'ay voulu 

-NI 

establir touchant le temps de la missio de nostre Apostre, 
que pour déchiffrer beaucoup d'autres méprises qu'ils disent 
avoir remarquées contre la chronologie, i'ay creu estre obligé 
de les prévenir par ce discours apologétique, et d'anticiper 
leur censure par ma defîence et par cet acte de desadveu que 
i'ay voulu doner au public, crainte que l'on ne m'attribïiast 
plusieurs fautes qui .sont procédées, les unes de l'ignorance 
des copistes, et les autres de la négligence des composteurs, 
qui- par une facilité que l'on ne peut excuser, ont permis 
que q lelques personnes incogneuës s'advoiiant de mon nom 
ayent inséré en mon absence et à mon insceu dans la cop- 
pie manuscrite de mon ouvrage, lorsqu'il rouloit soubs la 
presse, plusieurs additions fausses ou impertinentes, de 
sorte que i'ay esté contrainct de m'en plaindre plusieurs 
fois et de les desavoïier par des lettres, dont les termes 
plains de chaleur tesmoignoient assez la passion avec 
laquelle ie condamnois ce procédé ». 

Avant d'entrer dans le détail de ses griefs, il indique 
comme ses témoins, a Messieurs Godefroy, de Ghantelou et 
de Chambray, ... trois personnes qu'il estime beaucoup, 
qu'il hante familièrement et dont la foy est irréprochable .... 

(1) Le second de Bondonnet dans cette polémique devait être Gault, 
chantre de Saint-Jiilieii du Mans, qui mourut pendant l'impression des 
Vies des Evesqites (Avant-propos^ P- ^)- 



— 144 — 

ils sçavent que toutes les fois qu'on luy envoyoit de Paris les 
espreuves de son ouvrage, il les leur communiquoit et se 
peuvent souvenir des plaintes et des reproches qu'il faisoit 

contre les Imprimeurs » Il invoque aussi le témoignage 

de M. Le Vayer de Boutigny, son cousin. 

.... (( Les livres sont comme les bastiments, il fault y 
veiller soigneusement lorsqu'on y faict travailler, d'autant 
que les ouvriers qui sont plus curieux du profit que de la 
gloire, trompent ordinairement et s'en acquittent comme 
d'une corvée, considérant plustôt le payement de leurs 
salaires que la perfection de la besongne à laquelle ils sont 
employez, outre que les deffaults ne paroissent point que 
lorsque l'ouvrage est achevé, et qu'il est mal-aisé et quelque 
fois impossible d'y apporter remède (p. 9). 

.... » Les imprimeurs, soit pour éviter la honte et le 
reproche qu'on leur eust peu faire, soit pour espargner leur 
peine et leur papier, réduisirent un cahier assez ample 
(d'errata) que i'avois moy-mesme dressé, et que ie leur avois 
envoyé, en une fueille et demie de papier, si pressée que 
l'on ne pût pas y employer les fautes les plus remarquables, 
et principalement celles dont mes adversaires se pouvoient 
prévaloir contre moy.... » (p. 29) (i). 

Le Corvaisier reproduit ses lettres, assez aigres, aux 
imprimeurs Cramoisy et la réponse de ceux-ci qui s'excusent 
de ne pouvoir représenter le manuscrit. 

Les principales interpolations dont il se plaint sont les 
suivantes : 

P. 339, la prétendue intervention de saint Bernard auprès 
du pape Eugène III et de divers autres personnages, en 
faveur de Tévèque Avesgaud qui étoit mort longtemps avant 
la naissance de .saint Bernard. 

P. 385, la date de la mort de l'évêque Goël nu Hool. 

(1) La liste des errata, dont beaucoup, il est vrai, sont tout à fait insigni- 
fiants, à la suite de la Oelj'cnce, ne cornjirend pas moins de 1 1 p. 



- 145 — 

P. 457, le passage relatif à la supériorité de l'abbaye de 
Bellebranche sur les autres abbayes de Bernardins au Maine, 
et aux services que le seigneur des Chenets aurait rendus à 
cette abbaye. 

P. 469, la mention des armes des Lavardin aux fenêtres 
de l'abbaye de Champagne. 

Le reste de la Deffence est plus particulièrement consacré 
à la justification des opinions de l'auteur relativement à 
l'apostolat de saint Julien, de saint Liboire et de saint Dom- 
nole. Il maintient au III" siècle la venue de saint Julien dans 
le Maine. 

La réplique ne se fît pas attendre, et Bondonnet se hâta 
d'ajouter à son livre une Response soynmaire à la Défense 
anticipée du sievr de Covrleilles, qui forme 30 p. (709-740). 

Dans sa dédicace à l'évêque Beaumanoir de Lavardin, il 
compare l'histoire de Le Corvaisier à cet homme de l'Evan- 
gile qui, se rendant de Jérusalem à Jéricho, tomba aux 
mains des voleurs. « Les Prestres et les Leuites de ce Dio- 
cèse ont bien plus fait que ceux de l'ancienne loy, qui pas- 
sèrent outre sans s'approcher de ce malade : et ceux-cy se 
détournants de leur chemin en ont approché, et mesmes ont 
manié ses blessures, autant comme il y en a qui ont fait 
lecture de son Liure. Mais soit pour n'en auoir pas voulu 
prendre la peine , ou peut-estre désespérants de la santé 
d'un corps si endommagé, ils ont passé outre et l'ont quitté 
là. le suis comme le panure Samaritain qui n'ayant pas tant 
de science n'y d'expérience qu'eux, mais plus d'espertmce 
et de pitié, i'ay soigneusement manié ce suiet, i'ay fait un 
dénombrement exact de toutes ses playes, pour le moins des 
plus considérables, l'en ay mesuré la grandeur, l'en ay sondé 
la profondeur, et après y auoir fait une infusion du vin de 
mes nécessaires corrections, de l'huile de la douceur que i'y 
ay apportée et du respect que ie luy ay tousiours conserué, 
i'ay resserré le tout par de fortes ligatures de bons raisonne- 
ments couchez en ce Liure.... » 

XXIV. 10 



146 



On voit que si les deux adversaires luttaient entr'eux d'ar- 
guments et d'érudition, ils faisaient aussi assaut de méta- 
phores et de comparaisons. 

Bondonnet est un éplucheur perspicace et impitoyable. 
Il relève beaucoup d'erreurs échappées à Le Gorvaisier ; son 
argumentation est plus pressante et plus rigoureuse ; mais 
on peut lui reprocher de moins exposer, moins raconter que 
prendre sans cesse à partie, et souvent sur des points tout 
à fait secondaires, un adversaire dont on n'a pas le texte 
sous les yeux, et de donner à sa polémique, surtout dans la 
Réponse à la Défense anticipée^ un caractère insupportable 
d'aigreur et de personnalité mal déguisé sous des formes 
patelines , de consacrer ainsi de longues pages à vouloir 
prouver que les erreurs de Le Gorvaisier sont bien véritable- 
ment les siennes et non celles des auteurs qu'il a consultés, 
des copistes ou des typographes qu'il a employés. Quelqu'en 
fût le coupable, il suffisait, ce semble, de relever ces erreurs. 
On dirait que le critique regrette qu'elles ne soient pas plus 
nombreuses encore, et qu'il en veut à Le Gorvaisier de 
l'avoir prévenu en reconnaissant de lui-même et en corri- 
geant à l'avance certaines fautes. Il va même jusqu'à sus- 
pecter sa bonne foi, ce qui dépasse les bornes tout à la fois 
de la charité chrétienne et de la liberté critique, et à lui 
dénier, sans avoir l'air d'y toucher, le droit de s'occuper de 
ces questions étrangères à la spécialité de ses fonctions, ce qui 
n'est pas plus juste. Le Gorvaisier, quelle que fût la vivacité 
avec laquelle il .se défendait, ne se permet, du moins, aucune 
personnalité de ce genre (1). 

(1) DoiKloniict (Jean), né au Mans en 1592, avait fait prolession chez les 
Bénédictins de Saint-Vincent, en 10)2. Il passa quelques années à l'Abbaye 
de Saint-Germain-des-Prés où il exerça les emplois de procureur et de 
célérier, etre\int dans le Maine occuper le prieuré de Sarcé qui dépendait 
de Saint-Vincent. 11 mourut le 16 mars KJGi. (llauréau, t. 111, p. 144). 

Sur la question de lapostolat de saint Julien, lai poh'uiiste, plus redou- 
table (jue Le Gorvaisier, ne tarda pas à entrer en lice avec Bondomict. 
C'était Jean de Launoy. Il [jublia en 1(351 son livre fameux : Bisso'talioiies 



147 — 



Le Gorvaisier avait songé à une seconde édition revue, 
corrigée et augmentée (1). Elle ne parut pas. 



Nous connaissons deux exemplaires de VHistoire des 
Évêques doublement intéressants par les annotations manu- 
scrites dont ils sont chargés et par les noms de leurs anciens 
possesseurs. 

L'un se trouve à la bibliothèque publique da Mans, l'autre 
à celle d'Alençon. 

Le premier a certainement appartenu à Le Gorvaisier. 
Les marges en sont couvertes de notes de son écriture et 
dans lesquelles il parle souvent à la première personne. 
Malheureusement, ces marges ont été fort atteintes par le 
couteau d'un relieur maladroit ; les derniers mots des lignes 
latérales et même des lignes entières au haut et au bas de 
certaines pages ont disparu. 

Il est évident que Le Gorvaisier avait préparé ces notes en 
vue de la nouvelle édition qu'il projetait, mais elles ne pré- 
sentent pas des corrections ou de-; additions définitives. 
Quelques-unes font double emploi avec le texte primitif; 
d'autres avec les deux errata de VHistoire et de la Deffence 
sans le.« reproduire intégralement, à beaucoup près ; d'autres 
renferment des additions à ces errata. 



très quarum tertia, gaid de pritai Cenomannorwn antislUis epucha 

senliendwn iit, explicatur, 1651. Bondonnet reprit aussitôt la plume et 
donna: Refvtation | des trois | dissertations | de m" Iean de Lau- 
NOY I Docteur en la sacrée | faculté de Théologie de Paris. | CONTRE 
LES MISSIONS APOSTOLIQVES \ dans len Guides au premier 
Siècle.... A Paris, | chez Iean Piot, rue S. Jacques, à la Salernandre 
d'argent. | M. D C. LUI. | AVEC PRIVILEGE DV ROY. 

In-4i'. — 16 p. n. ch. pour le frontispice, la dédicace à Tévêque Emmanuel 
de Beaumanoir de Lavardin, l'avis au lecteur et le privilège qui est daté 
du 9 juin 1653. — 38S p. ch. — 4 p. n. ch. pour la Table des matières. 

(1) Advertissement final ; — Deffence anticipée, p. 28. 



- 148 — 

Ces additions, pour la plupart insignifiantes, consistent 
en redressements de grammaire ou d'orthographe, en 
variantes de style. Parfois Le Corvaisier remplace un texte 
plus correct par un autre qui l'est moins ; ainsi, à la p. 10, 
à : « laissez dans l'oubly » il substitue « laissez dedans 
l'oubly » ; à la p. 48, au lieu de « dont le langage et 
les mœurs lui estoient incogneus >;, il écrit « lui estoient 
incogneues ». 

Il fait d'assez nombreuses intercalations chronologiques, 
généalogiques, géographiques surtout. Il donne la synonymie 
en français de beaucoup d'anciens noms de lieu qu'il n'avait 
cités qu'en latin (p. 68, 69, 76, 86, 96, etc.) notamment 
dans la transcription du testament de saint Bertrand. Cette 
question de l'ancienne géographie paraît l'avoir fort pré- 
occupé, car en marge de la table des matières principales il 
a inscrit, par ordre alphabétique, beaucoup de noms de 
lieu, avec cette note indicative : « verba obscura et appella- 
tiones proprige quorumdam locorum jam nunc nobis ignot... 
ex testamento S'' Bertrandi et Hadouindi et etiam ex Ponti- 
fical i ». 

11 avait écrit, en parlant du cardinal de Richeheu, v( le 
miracle de notre siècle ». L'hyperbole était un peu forte; 
Richelieu est mort ; il remplace le a miracle » par « l'eston- 
nement» (p. 881). 

Il avait vanté la « maiesté » du cardinal du Bellay, dans 
sa circulaire aux protestants d'Allemagne pour les assurer 
des bonnes dispositions de la France ; majesté se change en 
« vivacité » (p. 833). 

Il a un mot sévère pour le chroniqueur Bourdigné que la 
plupart des contemporains de Le Corvaisier étaient hanitués 
à traiter avec plus de révérence : « Je crois que Bourdigné, 
historien peu digne de foi, fait des contes à son ordinaire 
lorsque dans la première partie de ses Annales d'Anjou, aux 
chapitres quinzième et seixieme , il fait mention de Gui 



— 149 - 

sieur de Laval vers l'an quattre cent quattre vint quinze » 
(p. 74) (1). 

Il n'a garde d'omettre les lignes oubliées (p. 3, 11, 13, 
168, 302, 428, etc.) et les interpolations (p. 437, 459, 468, 
etc.), objet de .ses récriminations principales contre ses 
imprimeurs. 

En parlant du testament de l'évèque Bertrand, il n'élève 
dans ses additions, non plus qu'il ne l'avait fait dans son 
livre, aucun doute sur son authenticité, encore que Launoy, 
qu'il connaissait, la suspectât déjà. 

Les plus longues de ses notes sont consacrées à la défense 
de son opinion .sur la date de l'apostolat de saint Julien. Aux 
arguments tirés de la chronologie et des textes de Grégoire 
de Tours et de Sulpice Sévère, déjà produits dans son His- 
toire, il en ajoute un d'un ordre tout nouveau. Ce n'est, il 
est vrai, qu'une hypothèse, mais elle a du moins le mérite 
de n'être présentée qu'avec une réserve extrême : « On peut 
conjecturer et présumer avec quelque apparence que ceux 
qui ont les premiers écrit que S. Julian auroit esté envoyé 
par S. Pierre ont soubz ce nom peut estre volu désigner 
tous les papes ses successeurs, de la mesme façon que soubz 
celuy de Cœsar on comprend tous les empereurs romains qui 
luy ont succédé, ou bien l'on peut dire qu'ils se sont abusez 

dans l'exphcation de ces deux lettres capitales S. P 

se mettent ordinairement par abbreviation non seulement 
dans les [décrets] bulles et autres expéditions du Saint Siège, 
mais aussi dans les histoires ecclésiastiques et que peut 

estre dans les csrtulaireset cahiers manuscrits « Sanctus 

Julianus mis.sus fuerat a S. P. in G^llias », ils l'ont interprété 
« A S. Petro », quoi qu'il se deut peut estre entendre « A 

(l) « Boiirdigné raconte et discute avec le sérieux d'un .\llemand de nos 
jours les billevesées de son imagination que rien n'arrête, comme s'il 
li.'iait à pleine page dans quelque recueil inconnu du passé ». (G. Port, 
Dictionnaire historique, rjéographique et biographique de Maine-et- 
Loire, v Bourdiijnéj. 



- -150 — 

sancto pâtre » ou « A sancto pontifice », et ceste mesprise 

et explication qu'ils ont faitte selon ont peut estre 

donné l'opinion qu'ils disoient estre venue d'une tradition 
fort ancienne (p. 43)». II cherche aussi à étabhr que des 
erreurs se seroient ghssées dans le texte des leçons des 
bréviaires, et en infirment l'autorité. 

Quelques annotations d'une écriture difïérente de celle 
d'Antoine Le Corvaisier et plus moderne, sont mêlées aux 
siennes. Elles n'ont pas grand intérêt. Le nouvel annotateur 
constate (p. 853) que Robert Garnier était « son trisayeul 
paternel » ; c'est donc Jacques Aubert de Gourteilles, descen- 
dant, en '^ffet, du fameux poète. Son père, prénommé René, 
était neveu par sa mère et héritier d'Antoine Le Corvai- 
sier (1), ce qui explique la possession de ce volume aux 
mains de la famille Aubert et la note suivante sur une des 
gardes : « Les remarques et apostilles sont de la main de 
l'autheur, grand oncle de Marie-Anne Aubert, épouse de 
Jacques Chouet de Monlbizot, mon père )>. 

Signé : Chouet de Mauny. 

Marie-Anne Aubert, fille de Jacques, avait épousé Jacques 
Chouet de Maulny, seigneur de Montbizot. Après elle, le 
volume a passé par des mains inconnues et i)robablement 
indifférentes, jusqu'au jour où il a trouvé à la bibliothèque 
du Mans, sa place véritable et définitive. 



VI 



L'exemplaire de la bibliothèque d'Alenron ne mérite pas 
moins d'être décrit. 
La plupart des notes marginales dont il est surchargé ne 

(1) Mémoires de Nepveu de la ManouUlère, t. I, p. 7i. 



— 451 — 

sont que la reproduction des errata de VHistoire et de la 
Deffence, du moins dans la première partie du livre. A partir 
de la page 175, l'annotateur entre personnellement en 
scène. Tantôt il fait des corrections grammaticales ou des 
rectifications chronologiques, des additions souvent de peu 
d'intérêt ; tantôt il prend à partie, non pas l'imprimeur, 
mais l'auteur lui-même, avec une âpreté et un sans-gêne qui 
rappellent un peu la manière de Bondonnet, quoiqu'il se 
place à un point de vue tout à fait gallican, c'est-à-dire fort 
diflérent de celui du Père. 
Voici les plus importantes de ces notes. 

P. 175, 1. 9. — Armes prétendues de saint Bertrand. 

« Ce qui fait voir la fausseté du manuscrit est que les armes n"etoient 
point en ces tems la en usage et ne l'ont été que plus de 5 siècles depuis, 
mais l'on doibt en estre d'autant moins surpris que tous les autres manu- 
scrits des quels on a tiré la plus grande partie des récits précédents ne 
sont pas plus autentiq. et ont été forgés par des ecclésiastiques intéressés 
et que les moines en ont les premiers donné les exemples corne a été 
reconnu p.u' les sauans modernes et autres ». 

P. 184. — Testament de l'évèque Berthran. 

s. Il est surprenant que l'auteur ayt donné au public une pièce si évi- 
demment fausse après que luy mesme a fait les remarques qu'il a insérées 
auant cette coppie, carjay veu ce prétendu original auecq feu M. de 
Chamilly, abbé de la Couture, bon antiquaire et connoisseur, et l'on n'eut 
pas de peine a reconnoitre que cet ouurage est d'un moine du 13 ou 14 
siècle qui, a l'exemple d'une fourmilière de semblables, se disputoient la 
gloire d'en fabriquer pour leur propre uttilité, et comme le P. Mabillon 
auoit donné dans ce panneau l'ayant insérée dans ses Analecta, je pris un 
Jour occasion de laborder dans le cloitre de S' Germain des Prés ou je 
luy fis part de mes observaons sur le testament ; il me dist qu'il se repen- 
toit d'auoir suiui aueuglement les mémoires que luy auoit enuoyés un 
nomé Musserotte (1) chanoine du Mans qui auoit extrait les registres du 
cbapitre dont il auoit dans la suite reconnu les errems et qu'à l'égard du 
testament il laissoit au public la liberté d'en croire ce qu'on voudroit 

(1) Julien Musserotle, reçu clianoine semi-prébendé de Saint-.Julien, le 
IG octobre 1662. (Note de M. l'abbé Esnault). 



— 152 — 

(convainciri ? que cela tourneroit a la confusion des anciens moines. Il 
adiûusta pourtant que, si je luy apporfois des observations conuaincanfes, 
Ei'is niihi magnus ApoUo » (il 

P. 684, 1. 24. — Jean Fastol. 

« Ce Jean Fastol s'etoit marié au Mans auec Jousseline Le Roy. de la 
paroisse de St Pauin de la Cité, et il luy en coûta 500 ' pour la dispense 
par ce qu'il n"etoit pas naturel du pays. Les euesques sauoient f" leur 
profit de toute mauièie ». 

P. 746, 1. 14. — Philippe de Luxembourg. 

« 11 etoit pourveu du vivant de son père, puisqu'il conféra les ordres au 
Mans en qualité d'evesque du Mans aux i Tems du même mois de 7bre au 
quel son père décéda ce que j'ay veu des lettres de Tonsure qu'il conféra 
à Jean Liaure (?) ». 

P. 749. — Le même. 

« On peut icy parler du grand procès qu'il eut en 1484 contre les offi- 
ciers du Mans au sujet d'un prisonnier qui s'étoit réfugié en la chapelle 
du Gué de Mauny où les officiers le reprirent, ce que l'Evesque ne voulut 
passouftrir. prétendant qu'on avoit donné atteinte aux droits de son église 
et a cette occasion les écritures de ce procès sont bien curieuses ». 

P. 757. — Pierre de Courthardy, restaurateur du couvent 
des Jacobins. 

« Tout ce récit est faux ; c'est son fils qui lit bâtir cette chappelle et 
qui avoit été on Italie et non le père, et encore ne tut elle bâtie qu'après 

(1) Le testament de saint Bertrand, pièce capitale peur l'histoire du 
Maine, est admis comme authentique, non-seulement par Le Corvaisier 
et par Bondonnet, mais par tous les historiens que nous avons pu consul- 
ter : Donti Rivet, Hintoire littéraire de la France, t. III. p. 530 ; le 
P. Longueval, Histoire de V Eglise Gallicane, Livre ix ; Barnabe Brisson, 
De Formtdis juris ; Chopin, Coutume d'Anjou, Liv. I, art. 37 ; Renouard, 
t. I, p. IG5; Pesche, Biographie et Bibliographie du Maine, \" Bertrand 
(S.J ; Cauvin, Géographie ancienne du diocèse du Mans ; D. Piolin, t. I, 
p. 32*2. Launoy en suspecte la sincérité, sans se prononcer d'une manière 
absolue. « Persuadeor facile lestainenlum istud post Pippinutn Caroli 
Magni farealon cnnfeclum, aut sanr depravatura fiiisse y> . (P. 217 de 
ses Dissertatio)is, édit. de 1070). La sortie violente que se permet ici 
'"annotateur, nous paraît plus que bazardée ; rien n'indique que l'illustre 
Mabillon, mort en 1707 seulement, ait changé d'avis sur cette question. 



153 



sa mort, comme il se voit par son testament qui est conservé chez les 
Jacobins, et c'est le cœur de ce fils qui fut juge du Maine comme le père 
l'auoit été, qui est dans cette chappelle auec le corps de Jacquine Auvée, 
sa femme, qui exécuta ce testament qui est de l'année 1525. Le fils s'appe- 
loit Pierre de Courthardy comme le père, et auoit, suiuant des lettres 
patentes de Charles 8 de l'an 1493, obtenu des prouisions de lad. charge 
de Juge du Maine pour exercer du vivant du père et conjointement, c'est 
a dire en l'absence de l'un et l'autre. Elles sont fort curieuses. Je les ay. 
Elles portent que ce fils étoit aux universités d'Italie, âgé seulement de 
20 ans et le Roi veut qu'à son retour et lorsqu'il aura atteint 22 ans il 
puisse tenir et exercer le dit office et état de Juge du Maine, en considé- 
ration des seruices du père et de ses prédécesseurs de ce nom employés 
en différentes ambassades pour son seruice et celuy des comtes du Maine, 
ses oncles et cousins, à la maison des quels ils auoient toujours esté 
attachés « . 

P. 759. — Le même, constructeur de l'hôtel de Cour- 
thardy. 

« Cela n'est pas vray. 

(> Il etoit son fils. Cela est justifié par les registres de l'abbé de la Couture 
et c'est Jean de Courthardy, doyen de S' Pierre et chanoine du Maine, 
cousin (?) du l*'' Président qui fil bâtir led. liotel, ainsi il y a erreur en tout 
ce que dit l'historien ». 

Le neveu de Pierre de Courthardy, chanoine. 

« Jean Tahureau, fils de Colas Tahureau, écuyer, seigneur de la Cheualle- 
rie en Anjou, et d'Isabeau de Courthardy, sœur de ce Jacques et de Pierre, 
premier Président. L'on voit les armes de l'oncle et du neveu dans la 
vitie d'une chapelle près celle de Notre Dame du Chevet à main gauche. 
Ce Jean Tahureau, clianoine, étoit frère de Jacques Tahureau, lieutenant 
général lors de la réformation de la Coutume, le quel Jacques étoit aussy 
neueu par sa mère du premier Président ». 

P. 827. — Les entrailles de Du Bellay enterrées dans 

l'église de Saint-Benoist du Mans (sépulture ordinaire de la 

famille du Breil). 

« Ce n'est pas vray ; ce fut dans la catliédrale et l'auteur a voulu se faire 
honneur à cette occasion. Le registre en fait foi et qu'elles furent mises 
auprès du corps de Fr. de Luxembourg, suivant son testament ». 



- 154 — 

P. 834. — Jean du Bellay gardant l'évêché du Mans jus- 
qu'à sa mort. 

« Cela n'est pas vray. Il s'en démit en faveur de Charles d'Angennes en 
1557 et retint la présentation et collation des bénéfices quoiqu'il n'en eut 
plus le titre. Etrange abus de ces tems la; c'étoit avant le concile de 
Trente ». 

P. 869, 1. 1. — L'évêque d'Angennes. 

« En 1596, il fut député par le clergé pour faire des remontrances à 
Henry 4 sui des plaintes, dont il s'acquitta dignement et auec beaucoup 
d'honneur à Folembray où le Roi otoit. Cette harangue se void imprimée 
et est fort éloquente et très uiue ». 

P. 870, 1. dern. — Le même. 

« Il faut voir les lettres du Cardinal d'Ossat qui liiy donnent do grands 
éloges après sa mort . 

<| li y a des procès verbaux des visites qu'il faisoit de son /liocèse où l'on 
voit un zèle infatigable et les soiens (sic! infinis qu'il pronoit pour infor- 
mer la conduite des ecclésiastiques religieux et autres ». 

L'écriture de ces annotations appartient à la fin du XVII^ 
siècle ; elle est d'une main ferme et exercée et offre beau- 
coup d'analogie avec la signature Hoyau, tracée sur l'une 
des gardes. 

Quel est ce Hoyau ? L'absence de son prénom nous fait 
hésiter entre Honorât et François Hoyau, tous deux lettrés 
et érudits, tous deux fort capables d'avoir fait les annotations 
dont il s'agit. 

1" Honorât Hoyau, procureur du Roi au siège de la pré- 
vôté royale du Mans, était un curieux émérite, un collec- 
tionneur distingué, en correspondance avec les érudits et 
les lettrés de son temps et notamment avec Ménage qui, 
dans son Histoire de Sahlé, le remercie, à plusieurs reprises, 
des renseignements généalogiques qu'il lui a fournis (1). 
Nous n'avons ni la date de sa nai.s.sance, ni celle de sa mort. 

(\)2^ partie, édit. in-i8, p. 144, 185. 



155 



Nous savons seulement qu'en 1658 il était parrain de Jacques, 
fils de son frère François Hoyau, marchand cirier en la 
paroisse Saint-Nicolas, qu'il épousa Marie Drouard de la 
Caillère, qu'il eut un fils, également nommé Honorât, baptisé 
à Saint-Nicolas le 8 novembre 1674, qu'à ce moment il était 
déjà procureur du Roi en la prévôté. 

2" François Hoyau, sieur de la Paillerie, trésorier des 
gardes du corps, né au Mans le 8 octobre i664, était, lui 
aussi, d'une érudition variée autant qu'obligeante, biblio- 
phile, correspondant de Gaignières et de dom Briant, « libre 
et hardi dans ses sentiments»; il mourut en 1728, sans 
avoir été marié et sans avoir rien publié (1). 

Nous inclinons à attribuer les annotations à Honorât. Elles 
semblent dans leur ensemble s'appliquer à un ouvrage de 
publication récente. Ce qu'elles ont de minutieux, de puéril 
même s'explique sous la plume d'un contemporain attentif 
aux moindres détails, prévoyant peut-être une seconde édi- 
tion où ses observations pourraient trouver place. François 
Hoyau, né en 1664, n'aurait pu les écrire que cinquante ans 
après l'apparition du livre, quarante ans après la mort de 
l'auteur, tous deux déjà bien oubliés : piété, colères, redres- 
sements singulièrement rétrospectifs ! 

A côté du nom de Hoyau, sur la garde de l'exemplaire de 
VHistoire des Évêqiœs que possède la bibliothèque d'Alençon, 
se trouve celui de Tahureau, d'une date postérieure. 

Ce Tahureau ne peut être l'aimable et doux poète que 
Sainte-Beuve a appelé le Parny du XVI" siècle. Né en 1527 
au Mans, moissonné à vingt-huit ans, il était mort longtemps 
avant la naissance de Le Corvaisier (2). 

(1) Le Paige, t. II, p. 252 ; — Belin de Béru, Notes manuscrites (com- 
muniquées par M. Chardon) ; — Revue de Bretagne et de Vendée, 1879, 
t. I, p. 105 ; — Hauréau, t. III, p. 357 ; — Communications de M. l'abbé 
Esnault. 

(2) V. sui' Jacques Tahureau l'excellente notice de M. Chardon {Revue 
du Maine, t. XVI, p. 297). 



- 156 - 

Constatons toutefois que, dès le XVI'-' siècle, existaient 
entre les Tahureau et les Hoyau, les relations dont le rap- 
prochement de leurs noms atteste ici la persistance deux 
siècles plus tard. 

Une des pièces de Jacques Tahureau, contre les /bus 
désirs des hommes, est dédiée à Jacques Hoyau, seigneur 
de Beau-Chesne (1). Elle se termine, à la manière d'Horace, 
par un retour à l'amour et au vin. Ce n'est pas, du reste, 
une de ses meilleures. Voici la strophe consacrée à la folie 
des poètes : 

Mal-heureux l'homme qui s'amuse 
A trop peigner la pauvre Muse, 
Laquelle pour contentement 
Ne luy laisse en fin qu'une geinne 
D'ennuiz, de maux et d'erreurs pleine. 
Dedans la prison de tourment. 

Dans une autre pièce Aux Muses, où il les convie à visiter 
le Maine qui leur offre tant de fervents disciples, il s'exprime 
ainsi : 

« Voyez ce beau lict de fleurettes. 
Voyez ces courtines proprettes. 
Qu'avec la Vayrie et Hoyau, 
Mon frère vostre Tahureau 
A part vous dresse, dans l'ombrage 
De ce fueillu sonnant bocage » (2). 

Pierre Tahureau, lieutenant particulier en la sénéchaussée 
du Maine, baptisé le '24 avril 4673, moui'ut au Mans le 28 
aoiàtl7i7. Il avait épousé Françoise Hoyau, descendante pro- 

(1) Edition Jonaust, 1870, t. I, p. 127. 

(2) P. 167. I/autour fait ici allusion au.\ travaux poéliciucs île son frère 
aillé Piont! Tahureau, qui est surtout connu comme jurisconsulte. C'est 
de i:e dernier que descendait le lieutenant-particulier. 



157 



bablement de Honorât ou de François (J). Pierre Tahureau, 
leur fils, se maria, le 2 mars 1739, en l'église Saint-Nicolas. 

L'alliance entre les Tahureau et les Hoyau ainsi établie, 
on comprend très bien que l'exemplaire de VHistoire qui 
portait les annotations de l'un des Hoyau ait passé aux 
mains de Pierre Tahureau et qu'il ait inscrit son propre 
nom à côté de celui de l'ayeul de sa femme. 

Il avait été possédé plus tard par Morel (2), bibliophile 
alençonnais, dont il porte Vex-libris, avec cette note « Très 
estimé et rare, 9 ' ». 

Comment et à quelle époque a-t-il passé de sa bibliothè- 
que dans celle de la ville d'Alençon ? Nous ne saurions 
le dire. 

L. DE LA SICOTIÈRE. 



(1) Mémoires de Nepveu de la Manouillère, publiés par M. l'abbé 
Esnault, 1. 1, p. 118; — Communication de M. Chardon. 

(2) Morel René-François, né à Alençon en 1742, mort dans la même 
ville en 1813. Il avait été avocat, puis chef d'institution pendant la Révo- 
lution. Il avait réuni une bibliothèque considérable, mais plus remarqua- 
ble par le nombre que par le choix ou la condition des volumes, qui fut 
vendue aux enchères publiques en 1813, et dont les débris ont longtemps 
encombré les boutiques des bouquinistes d'Alençon. 

Mon exemplaire provient de la même bibliothèque et porte cette note 
de la main de Morel : « rare et recherché, 9' ». 



ESSAI 

SUR 

L'INSTRUCTION PRIMAIRE 

AVANT 17 89 
DANS LE DOYENNÉ DE GREZ-EN-BOUÈRE 

(diocèse de LAVAL ) 



Il appartenait à l'évêque du Mans de pourvoir, en usant 
de son autorité, à l'instruction des enfants dans son diocèse. 
C'est pour remplir ce devoir de sa charge que Monseigneur 
Louis de Lavergne-Montenard de Tressan insérait dans une 
ordonnance épiscopale du 29 septembre 1677 les prescrip- 
tions suivantes à l'adresse de son clergé. 



DES ÉCOLES POUR L'INSTRUCTION DE LA JEUNESSE. 



L 



« L'un des commandements donnés de la part de Dieu par 
» le Sage, est de former les enfants dans leur jeunesse, ce 
» qui se fait principalement dans les petites Écoles. Pour cet 
7> effet, nous ordonnons à tous nos doyens ruraux dans leur 
» ressort, et à tous les curés dans leurs paroisses, d'en 



— 159 — 

» établir au moins une pour les garçons, et une pour les 
» filles dans chaque paroisse. 



II. 



» Celle pour les garçons sera tenue par un ecclésiastique, 
» ou un maître laïque de saine doctrine et de vie irrépro- 
» chable. Celle pour les filles sera tenue par une veuve ou 
)) fille de vertu et suffisance nécessaire, les uns et les autres 
» choisis par les curés avec les marguilliers, ou procureurs 
» fabriciers des paroisses, et à nous présentés pour être 
» approuvés et autorisés dans cet exercice : enjoignons à 
» tous nos doyens ruraux de nous rendre un fidèle compte 
» de l'exécution de cet article. 



III. 



» Les garçons sous quelque prétexte que ce soit de bas 
» âge, ou autres considérations, ne seront point reçus dans 
» les écoles des filles, ni enseignés par des femmes, et les 
» filles de même ne seront point reçues dans les écoles des 
» garçons et enseignées par des hommes, le tout sous peine 
» d'excommunication Ipso facto, tant pour les maîtres et 
» maîtresses que pour les parents qui les y envoient. Cepen- 
» dant nous apprenons avec douleur que le présent article 
» n'a pas toute son exécution, soit par le peu de soin des 
» curés d'avertir les maîtres et les maîtresses d'école, aussi 
» bien que leurs parents, ou par la dureté des uns et des 
■» autres, qui négligeant leur propre salut, commettent les 
» enfants aux désordres qui nous ont obligé de faire cette 
» ordonnance dès notre synode du 15 septembre 1672. Nous 
» déclarons que lesdits maîtres et maîtresses d'écoles ont 
» encouru la peine portée par notre dite ordonnance, à 



— 160 — 

» savoir rexcommunication Ipso facto, au même temps qu'ils 
» y ont contrevenu, et que nous entendons y comprendre 
» les maîtres d'écriture, sans modification ni explication, 
» et n'en exceptant seulement que les précepteurs demeu- 
» rant dans les maisons particulières, ou maîtres d'écriture 
» qui peuvent montrer aux filles en présence de leurs mères, 
» ou de celles qui en tiennent lieu. Révoquons en tant que 
» besoin seroit, toutes dispenses, s'il s'en trouve aucunes 
» accoudées de nous ou de nos grands vicaires, les déclarons 
» nulles et de nul effet : et nous nous réservons à nous seul, 
» ou à nos grands vicaires, ou autres ayant de nous pouvoirs 
» particuliers, l'absolution des susdites excommunications, 
» comme nous faisons de toutes celles qui sont portées dans 
» tous les autres articles de nos présentes Ordonnances. 



IV. 

)) Les maîtres et maîtresses d'écoles auront soin d'appren- 
» dre à leurs écoliers à prier Dieu, et de les instruire du 
» catéchisme, et suivre exactement le règlement qui leur 
» sera par nous donné (1). 

Ces prescriptions furent rééditées par les successeurs de 
M^"" Louis de Lavergne. 

Pour montrer dans quelle mesure ces ordres du prélat 
avaient été prévenus ou furent suivis (2), il faudrait que les 
établissements d'instruction eussent tous laissé des traces de 
leur existence, et un grand nombre s'élevèrent et vécurent 
sans qu'on prit soin d'en consigner nulle part ni l'origine, 
ni la durée ; il faudrait qu'aucun des documents propres à 

(1) Ordonnances synodales du diocèse du Mans. Édition de 1747, p. 34- 
36. 

(2) La fondation de la communauté des sœui s do la Charité de la 
Chapelle-au-Riboui, dévouée au service des pauvres, ;i rédiication des 
jeunes lilles, qui se lit en 1682, par madame Tliuiard, sous la direction de 
prêtres zélés, peut bien être attribuée aux instructions et aux ordonnances 
de l'évèque du Mans. Sed de his alibi. 



— ICI — 

nous renseigner n'eut disparu, et il n'en reste que des débris; 
il faudrait au moins que tous les titres qui subsistent fussent 
consultés minutieusement et c'est encore un travail presque 
impossible. Pour l'exécuter sur un seul doyenné du diocèse 
actuel de Laval, il nous a fallu au cours de recherches plus 
générales et qui nécessitaient le dépouillement complet de 
toutes les archives locales, prendre soin de relever les moin- 
dres faits qui peuvent éclairer cette question. Les quatre- 
vingts volumes du greffe des Insinuations Ecclésiastiques 
nous ont révélé l'existence de quelques écoles. Les registres 
paroissiaux nous en ont fait connaître plusieurs autres. Les 
archives des fabriques eussent été d'excellentes sources, si 
elles étaient moins rares. Le chartrier des Chesnaies, les 
titres de la Guenaudière nous ont appris plusieurs faits. 
Enfin les minutes des anciens notaires nous ont donnés les 
détails les plus circonstanciés. 

Après cela il reste encore beaucoup à apprendre, et davan- 
tage qui ne sera jamais connu. Quoiqu'il en soit, ce travail 
sur un seul doyenné donne un aperçu du résultat que pro- 
duiraient des recherches d'ensemble poussées aussi loin sur 
tout le diocèse. Dans la seule circonscription de Grez-en- 
Bouère (1) aucune paroisse qui n'ait eu son école, nous trou- 

(1) Grez-en-Bouère, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Chàteau- 
Goutier, doyenné dépendant de l'archiprêtré de Saint-Jean de Château- 
Gontier, comprend les paroisses suivantes, dont la population est lappor- 
tée d'après un des dernieis recensements. 

Grez-en-Bouère, 1629 

Ballée, 906 

Beaumont-Pied-de-Bœuf, 424 

Bouère, 2053 

Bouessay, 561 

Le Buret, 501 

Préaux, 330 

Ruillé-Froidfond, 925 

Saint-Brice, 754 

Saint-Charles-la-F., :364 

Saint-Loup-du-l)oigt, 442 

Villiers-Charlemagne, 1308 

XXIV. 11 



J62 



verons même une école de village autour de la chapelle de 
Mariette. Nous y verrons que le clergé fut toujours le pre- 
mier à créer ou à provoquer ces fondations, comme à les sou- 
tenir ; que ce furent des prêtres qui presque partout rempli- 
rent les fonctions d'instituteurs de la jeunesse. Il sera fait 
mention pourtant d'une école tenue par un magister laïque. 
Nous aurons à signaler la différence des simples établisse- 
ments primaires ou ne s'enseignaient que la lecture, l'écri- 
ture et l'arithmétique, avec les petits collèges ou les élèves 
étaient préparés par l'étude du latin à entrer dans les maisons 
de plein exercice. On verra au XVIIP siècle, les populations 
prenant elles-mêmes l'initiative de la création d'écoles pour 
leurs enfants, et en faisant les frais. Remarquons enfin que 
l'enseignement était toujours gratuit pour les pauvres, et 
presquo toujours pour tous, puisque les dotations faites par 
les bienfaiteurs avaient pour but de pourvoir à la subsistance 
du maître. 

Il est évident que le fait de l'existence d'une école signalée 
à une époque donnée n'implique pas sa continuité et sa per- 
manence. Les mieux fondées n'étaient pas à l'abri des revers 
et des suppressions forcées. Pour nous faire une idée exacte 
de l'état de l'enseignement avant 1789, tenons donc compte 
des intermittences et des disparitions ; mais à condition de 
reconnaître aussi que nous ignorons un grand nombre de 
fondations faites pour l'enseignement. S'il n'est pas prouvé 
qu'une école a duré par là môme qu'elle a existé, il ne l'est 
pas davantage qu'elle a disparu parce qu'il n'en est plus fait 
mention (1). 

B ALLÉE. 

Il V avait une école à Ballée dès le XVI« siècle. Les deux 



(i) Les conclusions de cet avoiit-propos se tioiivenl plus complètenieul 
confirmées que nous n'aurions osé l'espérer par des recherches poursui- 
vies, depuis 111) ,111 (pje cet article est écrit, sur un champ beaucoiip plus 
vaste. 



- 163 - 

titulaires que nous connaissons étaient laïques. On cite en 
effet parmi les témoins de l'acte de possession d'un bénéfice, 
en 1560, et après les ecclésiastiques, Macé Bondonnet, 
magister ; et ce titre dans un acte français placé après le 
nom qu'il qualifie n'est pas l'attestation d'un grade, mais 
bien l'indication d'une profession (1). 

René Leduc, successeur de Macé Bondonnet dans la 
même fonction est dit maistre d'escolle dans un acte 
de 1578 (2). 

Remarquons pour mémoire que Chemeré, paroisse limi- 
trophe de Rallée, mais actuellement d'un autre doyenné, 
possédait aussi une école au XVP siècle. 



BEAUMONT-PIED-DE-BŒUF. 

Nous connaissons deux fondations de collèges dans la seule 
paroisse de Beaumont. La plus ancienne fut faite dans un 
hameau, nommé Mariette, situé à la limite commune de 
quatre paroisses, Beaumont, Ballée, Préaux et Le Buret. Le 
fondateur fut Jean Portier, curé de Préaux. L'acte de dota- 
tion est rappelé dans une inscription funéraire, gravée sur 
pierre et qui se lit encore dans la chapelle de Notre-Dame- 
de-Mariette. 

CY . GIST . LE . CORPS . DE . DEFFVNCT . 

MISSIRE . JEAN . PORTIER . PRESTRE . VI . 

VANT . CVRE . DE . PRÉAUX . QUI . A . F0.\ . 

DÉ EN . CETTE . CHAPELLE . NOSTRE . 

DAME . DE . MARIETTE . A . PERPÉTVITÉ . 

DEVX. . MESSES . PAR . CHASQVE . SEP . 

MAINNE . LVNNE . AV . LVNDY . LAV . 

(1) Insinuations ecclésiasti(jues, VIII, iU"-!. 

(2) Insinuât, ecclcs. XVI, 423. 



— 16i 



TRE . AV . SAMEDI . AVEC . VX . COLLE . 

GE . A . FIN . QUE . LA . JEVNESSE . Y . SOIT . 

INSTRVITE . l'AR . FONDATION . 

PASSÉE . DEVANS . GVILLAVME . CHAR . 

DON . NOTTAIRE . ROYAL . DEMEVRANT . 

AV . RVRET . EN . DATTE . DV . IS'"" . 

MARS . 1638 . QVI . DECEDA . LE . 

VOVS . DIREZ . SIL . VOVS . PLAIST . 
A . SON . INTENTION . PATER . ET . 
AVE . REOVIESCAT . IN . FACE . 

Jean Portier qui avait ainsi préparé sa sépulture dans les 
sanctuaire de la Sainte-Vierge, y fut inhumé en effet. Son 
œuvre se perpétua, car le souvenir s'en est conservé au 
village, et l'on y montre encore la chambre où se faisait la 
classe. 

Le fondateur du second collège de Beaumont-Pied-de- 
Bœuf fut maître René Rousson, curé démissionnaire de la 
même paroisse. Il était neveu de Jean Rousson, prêtre, curé 
de Chantenay, qui sous le pseudonyme de Sousnor, publia le 
Dialogue des trois vignerons tnanceaux, et qui lui-même 
entre autres bienfaits fonda le collège de Chantenay (1). Avant 
d'occuper la cure de Beaumont, René Rousson avait été 
pourvu de celle du Buret (16P2 à 1622), puis de celle de 
Chantenay qu'il quitta avant 1644. 

L'acte de fondation du collège de Beaumont fut passé 
devant Jean Esnault, notaire à Ballée, le 16 juin 1651. Dans 
le préambule il dit taire cette bonne œuvre : « reconnaissant 
» les biens et faveurs ipril a plu à lu Majesté Divine lui 
» départir..., voulant en bien user... principalement vers les 

(1) Voir un ailicle siirjeaii Rousson dans Y Histoire liué.raire du Maine, 
de M. H. llauréau, ot dans VJlisloin' de l'Éijlise du Mans, du R. P. Doni 
P. Piolin. 



— 465 — 

» pauvres de la paroisse de Beaumont..., afin de participer 
» aux prières des jeunes enfans...., et parce que de long- 
» temps il a eu cette intention, et qu'autrefois il a fait fonc- 
» tion de maistre d'école, et craignant de ne s'en estre 
» deument acquitté... ». 

Les biens légués à cette fin comprenaient diverses rentes 
s'élevant à un total de 148 livres, <.( et une maison de deux 
» chambres, un grenier, un appenti, une petite galerie, une 
» cour, un jardin, un autre appenti, avec un petit esvier et 
» une petite longère de jardin qu'il avoit acquis au bourg de 
» Beaumont de Pierre Mont..., prêtre, curé d'Aliuillé. Une 
-y) autre maison composée d'un bouge, une cheminée, cham- 
» bre à côté, grenier dessus. » 

» Ces dons étaient faits, nous citons textuellement, pour 
» l'entretien d'un maître d'école, lequel sera tenu bien et 
» dûment instruire les enfans en la crainte et au service de 
» Dieu. Les commençant et élevant dans la grammaire, à 
» bien écrire et chanter, du moins le plain-chant, afin qu'ils 
» puissent aider avec le dit maistre d'écolle à célébrer le 
» service divin. 

» Le titulaire devra se faire ordonner aux ordres sacrés ; 
» il ne devra être ni religieux, ni curé, ni vicaire, ni ayant 
» charge d'âme, ni sacriste. 

» Il sera tenu de célébrer ou faire célébrer une messe 
» basse sur les cinq à six heures du matin tous les premiers 
» dimanches du mois et aux quatre festes de la Sainte-Vierge, 
» nostre bonne Dame et maistresse^ pour servir de première 
» messe ; et deux messes chaque semaine, une de Beata, 
y> l'autre de Requiem. 

y> Le maître d'école fera chanter aux enfans en la dite 
» église ou en sa maison devant quelque image de Notre- 
)) Dame, le salut à la Vierge, tous les soirs, afin d'exercer 
» les enfans à dévotion et service de Dieu et de la Sainte- 
» Vierge. 

)) Veilleront à l'exécution de ces clauses, le curé ou l'un 



\m 



■)■) des vicaires résidants, le procureur de fabrique, le procu- 
^> reur syndic, et trois des principaux roturiers et plus 
» anciens habitants. 

» Pour la première fois le fondateur nommait à ce nou- 
» veau bénéfice François Rousson, son neveu, écolier 
» étudiant au collège de La Flèche. Il demandait aussi qu'on 
» préférât comme titulaire les membres de sa famille. 

y> Avant d'être pourvu le maître d'école devait être inter- 
)•> rogé par le préfet ou régent de la première ou deuxième 
» classe des PP. Jésuites de La Flèche, et apporter un certi- 
ï) ficat constatant qu'il était capable d'instruire les enfants 
» de sorte qu'ils puissent entrer en quatrième ou troisième 
» classe chez les PP. Jésuites. » 

Par le même acte qui est l'expression de ses dernières 
volontés le testateur voulait être inhumé dans la chapelle 
Saint-Etienne de l'église de Beaumont. Il laissait son calice 
au chapelain, il donnait à l'église deux custodes, l'une pour 
mettre dans le tabernacle, l'autre pour le sacre, et égale- 
ment l'horloge qu'il avait placée dans le clocher (1). 

Les exécuteurs testamentaires de René Rousson furent 
René Epinard, son neveu maternel, et son successeur dans 
la cure de Beaumont, Gervais Rousson, notaire à Arquenay, 
son frère. 

Les titulaires connus du collège de Beaumont furent : 

François Rousson, désigné par le fondateur. 

Pierre Chenon, prêtre habitué à Beaumont, décédé en 
1695. 

Urbain Lemonnier, prêtre, aussi résidant à Beaumont, 
qui fut présenté par Pierre Rousson, clerc du diocèse de 
Tours, prieur de Romain, y demeurant, paroisse de Mons, 
comme aîné de la famille. Il prit possession dans la maison 
du collège et dans l'église, et mourut en 1705 ('2). 

René Gérard, prêtre, qui demeurait précédemment à 

(Il Im'umul. ecdés. XL, 308-30'.). 

(2) Iminuat. ecclés. XL, 309, XLIV, 180. 



— 167 — 

l'abbaye de Bellebranche. Il fut pourvu par l'évêque du 
Mans, sur la présentation de Pierre Rousson, bourgeois de 
Tours, qui habitait le cloître Saint-Gatien (1). 

Joseph Godiner, prêtre, devait être pourvu en 1747. Non 
content de se dévouer lui-même à l'éducation des garçons, 
il fit une fondation de GO livres de rente dont le capital fut 
placé sur le clergé du Mans. Le revenu devait appartenir à 
Marguerite Malitourne, épouse de Marie Brocherie, le jeune, 
(( maîtresse actuelle des écoles, et à celles qui instruiront 
après elle gratuitement les pauvres filles de la paroisse » (2). 
Nous ne connaissons pas l'origine de cette école des filles à 
Beaumont. 

Joseph Lemercier^ sous-diacre, demeurant en la paroisse 
Saint- Martin de Sablé, fut nommé le 14 octobre 1783 par 
Charles Hérisson, curé, Pierre Gougeon, procureur de fabri- 
que, et plusieurs autres habitants de la paroisse, après le 
décès de Joseph Godbert. Nous ne voyons plus intervenir 
l'évêque du Mans dans les provisions de ce bénéfice. Il refusa 
le serment schismathique et fut déporté en 1793 dans l'île de 
Jersey (3). Il était fils de Joseph Lemercier et de Anne 
Challe, de Saiiit-Vénérand de Laval et reçut la tonsure au 
Mans en 1775. 

Nous venons de dire quels furent les maîtres du petit 
collège de Beaumont-Pied-de-Bœuf, on trouverait sur les 
registres paroissiaux de nombreuses mentions du nom des 
écoliers qui, suivant le désir du fondateur, remplissaient à 
l'église les fonctions de la cléricature inférieure. 

BOUÈRE. 

Honorable Charles Delalande, par son testament du 21 
mai 1672 devant Vincent Sesbouë, notaire fonda la presli- 

(1) Insinuât, ecclés. XLIV, 180. 

(2) Arch. de la fabrique. 

(3) Arch. de la fabrique ; — Étude de M. Mouézy, notaire à Grez-en- 
Bouère. 



168 



monie et collège de Bouère. Le temporel consistait dans une 
closerie sise au bourg. Il est dit par ailleurs qu'une maison 
dépendant de cette fondation avait un de ses pignons vis-à- 
vis de la petite porte de l'église, la rue entre deux. 

En 1675, Michel Auvé, curé de Bouère, se plaignit de ce que 
Jean Couleart, sieur de la Juguetterie, fermier du temporel 
de la cure, qui avait entre autres charges, celle de pourvoir 
la paroisse d'un prêtre pour administrer les sacrements et 
instruire les enfants aux premières messes, ne remplissait 
pas ses engagements. Celui-ci répondit qu'il avait fait 
marché avec Marin Gaultier, prêtre, puis avec M. Ghantelou, 
mais que le curé pour le vexer les empêchait de dire la 
messe. C'est ce même Marin Gaultier qui dans un autre 
titre est appelé chapelain de la prestimonie et collège de 
Bouère (1). 

Jusqu'à présent nous ne connaissons aucun autre rensei- 
gnement sur le collège de cette paroisse importante. 



nOUESSAY. 

Le dimanche 24 janvier 1779, les habitants de Bouessay, 
convoqués en assemblée générale, avec M. Bion, prêtre et 
curé, Bené Charles, procureur syndic, et Jean Lesage, pro- 
cureur fabricien, décident que n'ayant point de prêtre pour 
dire une première messe le dimanche et les jours de fêtes, 
ils feront une souscription pour celui ([ui voudra venir 
demeurer à Bouessay. Les messes ([n'il dira seront à son 
intention, sauf celle du vendredi qui sera en l'honneur de 
Saint-Sébastien, pour les biens spirituels et temporels de la 
paroisse. 

» Et s'il lui i)laît de montrer à lire, écrire, etc., aux 
); cnfans du dit Bouessay, il sera payé de leurs pères et 
» mères ». 

(1) Élude de M« Mouozy. 



— 169 — 

Le curé s'inscrivit pour soixante livres (1). 



LE BURET. 

Il est certain que l'instruction se donnait au Buret aux 
enfants par un des prêtres attachés à l'église ; on désigne 
même une grande salle du presbytère comme ayant servi de 
classe ; mais les titres ne nous ont rien appris sur l'école du 
Buret. Bené Bousson, fondateur du collège de Beaumont, et 
qui dit avoir exercé les fonctions de maître d'école, avait été 
curé du Buret. 

GREZ-EN-BOUÈRE. 

Le collège de Grez-en-Bouère était très ancien. Les titres 
font mention à une époque reculée de la rue de l'Ecole, et 
quand il est question plus tard des titulaires du collège on ne 
rappelle jamais la fondation. 

Louis Follenfant exerçait sans doute les fonctions de 
maître d'école à Grez, où nous le trouvons à la fin du XVIII'^ 
siècle, lorsqu'il devint vers 1700 principal du collège de 
Buillé-Froidfont. Il fut plus tard curé de cette dernière 
paroisse (2). 

En 1747, Me Pierre Chantelou, prêtre, titulaire du collège 
et sacriste de Grez, rend aveu à la Guenaudière pour une 
maison et jardin sur la rue de Grez à la Chapelle, dite rue 
de l'École (3). Il demeurait déjà à Grez-en-Bouère comme 
sacriste en 1738, puis il fut pourvu les années suivantes 1748, 
1749, des chapelles de la Babinière, à Grez-en-Bouère, et 
de la Bourlière, en Bouère (4). 

(1} Étude de M« Mouëzy. 

(2) Registres paroissiaux. 

(3) Arch. de la Guenaudière, dont nous devons la communication à M. 
le comte de Villebois, conseiller général de la Mayenne pour le canton de 
Grez-en-Bouère et maire de cette commune. 

(i) Insinuât, ecclés. LXIII, id, 100. 



— 170 — 



PREAUX. 



Monsieur le colonel Lebailly, né à Préaux le 8 juillet 177-2, 
nommé officier de la Légion d'honneur sur le champ de 
bataille de Valentina, colonel commandant le 33'"c régiment 
d'infanterie, le 20 avril 1813, dit au début de ses mémoires 
qu'il écrivait en 1821 : 

« Nous fûmes seize enfants, j'étais le quinzième. Je n'avais 
» qu'un an quand je perdis ma mère ; mon éduca- 
» tioii fut confiée au curé de la paroisse. J'appris machina- 
» lement à lire et à écrire et l'arithmétique, tout cela sans 
» principe, sans même apprendre la grammaire française. 
» A douze ans je fus forcé de quitter cette pauvre école où 
» je n'appris pas grand'chose. » 

Le colonel Lebailly écrivait ses mémoires la dernière 
année de sa vie. Il ne dit pas que le curé lui fit la classe, 
mais qu'il se chargea de son éducation. Nous savons par 
ailleurs que le dernier maître d'école de Préaux avant la 
Révolution fut M. Roussin, vicaire de la paroisse. Le digne 
curé qui éleva le jeune orphelin était M. Jean Héroux, qui 
mourut pour la foi en 1796 (1). 



HUILLÉ - FHUIUFONT. 



Non seulement les titres nous apprennent qu'il y eut à 
Ruillé un collège, mais l'édifice, qui fut habité par les 
maîtres et les écoliers existe toujours, et son seul aspect 
extérieur le distingue assez pour qu'on reconnaisse de suite 
sa destination primitive. La fondation se préparait mais 
n'était pas réalisée en 1652. En cette année par leur testa- 
ment du 3 juillet, Marguerite Gouyau, veuve Arthuys, et 

(I) Notice sur Sainl-Martin-de-Préaux, 1884. 



— 171 - 

Marie Arthuys, sa fille, demeurant au lieu de la Retousserie, 
lèguent à la confrérie de Saint-Nicolas de Ruillé deux plan- 
ches de vigne, « jusqu'à ce qu'il se trouve érection ou fon- 
» dation de collaige pour l'instruction de la jeunesse du dit 
» Ruillé ; auquel temps le prêtre pour lors régent, en jouira 
» comme de la dite fondation o. 

L'atttente ne fut pas longue. Par testament devant Rarbe 
Leprince, notaire à Villers-Gharlemagne, Antoine Relluë et 
Marie Ghanteau, sa femme, fondaient définitivement le 
collège (1). 

Avant cela, s'ils ne trouvaient pas chez eux les moyens de 
s'instruire, les enfants de la paroisse n'avaient pas à les 
chercher bien loin, car une école fonctionnait régulièrement 
à Fromentières au moins depuis le commencement du 
XVI« siècle (2). 

Nous ne connaissons point tous les régents du collège de 
Ruillé-en-Anjou ; nous avons dit ailleurs que Louis Follenfant 
enfutpourvu vers l'année 1700. En 1748, François Horeau, 
prêtre, mourait après avoir exercé les fonctions de principal. 
Il eut pour successeur Henry-Louis Raudouin, prêtre, fils de 
Julien Raudouin, sieur de L'Isle, marchand, et de Julienne 
Russebran, qui demeuraient au lieu seigneurial de la Grandw- 
Fontaine, en Ruillé. Il prit possesssion de son bénéfice dans 
l'église, au maître-autel, et nous remarquons qu'il avait été 
présenté par François-Nicolas de Rediers, curé, et Mathurin 
Ronneau procureur de fabrique. L'évèque intervenait aussi 
pour la collation, comme pour un bénéfice ecclésiastique. 

La paroisse de Ruillé-en-Anjou eût à la fin du XVIP siècle 
un curé qui laissa une haute réputation de sainteté. Il se 
nommait Julien Rlandet, et disposa d'une fortune considéra- 
ble en œuvres pies pour sa paroisse, par testament daté du 



(1) Arch. de la fabrique. 

(2) Insinuât, ecclés. XLII, 347. 



— 172 — 

11 août 1690. Un des articles de ce testament portait cette 
disposition : 

« Item, le dit sieur testateur pour soulager traiter et médi- 
» camenter les malades de la dite paroisse de Ruillé, a donné 
» et par ces présentes donne à des sœurs nommées les Sœurs 
» grises, comme il y en a dans les paroisses et aux Invalides 
» de la ville de Paris, préférablement à toutes les autres, 
» savoir le lieu et closerie de l'Infirmière, avec la rente de 
» huit livres qui luy est due sur iceluy en la paroisse de 
» Villiers, à la charge des autres rentes, tant foncières que 
» féodales qui peuvent être dues à cause du dit lieu, que les 
» dites Sœurs-Grises acquitteront. Item, le lieu et closerie 
» des Grands-Genetais ;... — Item, neuf livres de rentes 
» sur certains héritages en Sougé-le-Bruant ; — Item, la 
» maison, jardin et enclos nommés Bethlehem au bourg. A 
» charge par les dites Sœurs-Grises de faire leur résidence 
» actuelle au dit Ruillé,.... et rendre compte.... entre les 
» mains des sieurs curé et procureurs (1). 

Pour l'exécution de cette fondation Monseigneur de 
Lavergne, évoque du Mans, fit venir deux Sœurs-Grises à 
Ruillé. Elles y demeurèrent quelque temps ; mais les héri- 
tiers ayant fait saisir les revenus, elles se trouvèrent hors 
d'état de soutenir le procès et n'ayant personne dans la 
paroisse qui en voulut faire les frais et leur procurer les 
moyens de subsister, elles furent obligées de se retii-er. 

Quoique dans cette fondation il ne soit parlé que du soin 
des malades et du soulagement des pauvres, le seul fait 
d'appeler les sœurs de Saint- Vincent -de -Paul, montre 
qu'elles devaient également s'adonner à l'éducation des 
jeunes filles, car toutes les fondations semblables compor- 
taient les deux fonctions. 

C'est du reste ce qui se réalisa plus tard. Après le départ 
des premières sœurs et de longs débats où intervinrent le 

(\) Insinuai, ccclàs. LXJI. ;ii7-35'K 



— 173 — 

curé, M. de la Planche de Ruillé, seigneur de paroisse, 
et les habitants, il fut d'abord décidé que la fondation 
de M. Grandet, servirait à rétribuer une fille ou femme 
instruite et de bonnes mœurs, qui enseignerait les enfants 
et soignerait les malades. 

Puis, comme à cette époque les sœurs de madame Thulard, 
dites d'abord de la Chapelle-au-Riboul puis sœurs de la 
société de Sillé-le-Guillaume, commençaient à se répandre, 
et à taire apprécier leurs services et estimer leurs vertus, 
on les appela à Ruillé. Elles y exerçaient leurs fonctions 
charitables en l'année 1748. La fabrique possède en effet 
plusieurs reçus signés des sœurs Anne Chapron et Renée 
Mézière. Elles touchaient quarante livres par quartier (i). 



SAINT-BRICE. 

Les habitants de Saint-Rrice qui n'avaient pas d'école 
fondée par des bienfaiteurs surent eux-mêmes se pourvoir sous 
ce rapport. Depuis une époque que nous ne pouvons préci- 
ser ils se cotisaient entre eux pour faire le traitement d'un 
vicaire qui en même temps était maître d'école. Les souscrip- 
tions étaient en nature. Les métayers donnaient deux bois- 
seaux de froment, les closiers et les meuniers un boisseau, 
les chambriers dix sols. Plus anciennement il y avait un cer- 
tain nombre de gerbes ajoutées à ces mesures de grains, 
puis en 1759 il fut convenu que ces gerbes seraient retran- 
chées « mais en recompense les boisseaux dénommés au dit 
» acte seront donnés combles à venue d'aire ». 

Tous ces arrangements étaient pris dans l'assemblée du 
général des habitants convoqués à l'issue de la grand'messe 
« en corps politique ». Le prêtre ainsi choisi promettait de 

(1) Arcli. de la fabrique. L'original était chez M. Legeai, notaire à 
Chàteau-Gontier. 



— -17i - 

romplir les fonctions de vicaire et de sacriste et de faire 
« l'école aux enfants de la paroisse. Ceux qui envoyèrent 
» leurs enfants paieront tel qu'il appartient » où, comme il 
est dit ailleurs « le maître sera payé d'un modique salaire ^>. 
Les vicaires maîtres d'école que nous connaissons pour 
Saint-BricesontMM. Chauvière, Louis-Antoine Lefebvre 1759, 
Urbain-François Leroyer, prêtre précédemment attaché au 
collège de Sablé (1), 1701, François Chehère (2), 1771, 
François Pochard, 1781 (3) 



SAINT-CHARLES-LA-FORET. 

Nous n'avons rien trouvé d'assez précis sur cette paroisse 
fondée en 1689 et qui vit naître, un siècle plus tard, Mgr. 
J.-B. Bouvier, évêque du Mans. 



SAINT-LOUP-DU- DOIGT. 

Au XVe siècle les assises de la seigneurie de Saint-Loup se 
tiennent plusieurs fois dans la maison cVécole (4). 

Le '20 décembre 1632, par testament devant M" Cousin, 
notaire à Auvers-le-Hamon, Jean Regard et Louise Neveu, 
son épouse, fondèrent le collège de Saint-Loup. Il y eut un 
codicile à ce testament ajouté par les époux le 28 mai 1649. 

(1) Arch. de la fabrique. 

(2) Nous trouvons Urbain Leroyer, fils de Louis Leroyer et de Marie 
Bigot, de la Poôlé, qui fut tonsuré au Mans en 1749. {Ini>inuat. ccdés.) 

(3) On trouveia dans Vliistoire de l'é(jlise du Mans, et dans les Recher- 
ches nnr la Trinité de Laval, de nombreux faits concernant M. Chehère, 
qui après avoir débuté par les modestes fonctions de maître d'école et de 
vicaire de Saiiit-Brice, devint chanoine du Mans,, administrateur du tem- 
porel de l'évêché pendant les mauvais jours de 'i791-l792, enfin au retour 
de l'ordre, cure de la Trinité de Laval. Il était né à Fromentières, paroisse 
voisine de Saint-Brice. 

(4) Arch. du cliàteau des Chesnais, en Bouessay. 



— 175 — 

Nous n'avons point trouvé l'acte original que nous aurions 
transcrit ici, mais une simple mention qui en est faite dans 
un titre postérieur. 

Nous savons par un compte de fabrique de la paroisse en 
quoi consistait la dotation du collège et prestimonie de Saint- 
Loup. C'étaient : « un lieu situé au village de la Goupillère, 
en Beaumont; 15 livres sur un pré au lieu de la Morlière, 
en Beaumont; 6 livres sur la closerie de la Fouperais, en 
Saint-Loup ; la maison où demeure le titulaire du dit collège 
et prestimonie, au bourg de Saint-Loup ; la maison nommée 
le cadran, au dit bourg ; un emplacement de maison où il y 
a quelques pierres. » 

Les obligations du principal du collège étaient : « de faire 
» l'école tous les jours ouvrables deux fois par jour..., la 
» première à huit heures du matin, la deuxième à deux 
» heures après-midi... ; leur montrer avec douceur à lire et 
» à écrire et l'arithmétique, et les instruire en la religion 
» catholique, apostolique et romaine, en étant payé d'un 
» salaire modique par chaque enfant. Il montrera aux pau- 
» vres gratis et acquittera les services et messes dont est 
» chargé le dit collège. » 

Comme le principal du collège remplissait en même temps 
les fonctions de sacri.ste, aidant le curé à faire l'office divin, 
confessant et administrant les habitants, il recevait à ce titre 
une rétribution en grains et en argent des paroissiens ; des 
métayers, deux boisseaux ; des cloi.siers un boisseau, des 
chambriers, dix sols. Les métayers devaient aussi un charroi 
par an quand ils en étaient requis (1). 

La situation du maître d'école de Saint-Loup était comme 
on le voit, plus avantageuse que celle de Saint-Brice. Il ne 
faut donc pas être surpris que la place venant à vaquer par 
décès de François Chasteau, Louis-Antoine Lefebvre quittât 
Saint-Brice pour la solliciter. Il fut admis, après concour.s, 

(1) Étude de M*" Mouëzy. 



— 176 — 

comme le plus capajjle de ceux qui s'étaient présentés, 
en 1760. Quatre ans après il alla demeurer à Saint-Christophe, 
près Vallon. Le curé et les habitants choisirent alors M" 
François Tregory, prêtre, qui demeurait à Sablé, et devint 
en 1768 vicaire de La Cropte. Jean Fresnaye, natif de 
Lignière-la-Doucelle, demeurant à Ghassiilé, le remplaça. 
On le trouve encore en fonction en 1778. 



VILLIERS-eUARLE.MAGNE. 

Par son testament du 5 décembre 1580, maître Guillaume 
Lebreton, curé de Nuillé-sur-Vicoin (1), donne à la fabrique 
une maison située au bourg de Villiers-Charlemagne, pour 
.servir de maison d'école, il ajouta comme dotation plusieurs 
pièces de terre. Cette fondation primitive fut depuis augmen- 
tée par divers bienfaiteurs. C'était le prêtre sacristain qui 
remplissait les fonctions de maître d'école, et qui jouis.sait 
de la maison léguée par Guillaume Lebreton. Les deux 
derniers titulaires avant la Révolution furent MM. Gorbin et 
Abafour ('2). 

A. ANGOT. 

(1) Guillaume Lebreton qui succédait à un oncle poilant les mêmes 
noms, avait été curé du Genest, et possédait un canonicat de Saint-Michel 
de Laval. {Insinuât, ecclés. XV, J89, XVI, 217.) 

(2) Arch. de la fabrique. 



SUPPLEMENT 

AUX 

MCllElICllES lUSTIIRiaiES 

SUR 

MAYET, AUBIGNÉ, COULONGÉ, LAVERNAT, SARCÉ, 
VERNEIL-LE-CHÉTIF ET VAAS (MAINE). 



Depuis la pablicatiou de nos Recliercltes historiques sur 
les paroisses composant le canton de Mayet (1856-1859), 
nous avons trouvé de nouveaux documents dans les archives 
du département de la Sarthe, nous les avons analysés très 
sommairement afin de compléter notre travail et pour satis- 
faire au désir qui nous en a été exprimé par plusieurs chro- 
niqueurs de notre histoire du Maine. 

Pour avoir tout ce que nous avons écrit sur le canton de 
Mayet, il faut ajouter à nos Recherches historiques les bro- 
chures suivantes : 

i« Mayet avant 1789. — Noblesse et peuple. — Des inhu- 
mations dans les églises ; 

2" Inventaire sommaire des reglstrcb de Vélat civil anté- 
rieun^ à 1190 des paroisses d'Aubignë, Coulongé, Lavernat, 
Sarcé, Vaas et Verneil-le-Chétif ; 

3° Vente des Mens nationaux du canton de Mayet, etc.; 

4" Documents inédits ; une dénonciation en 1191 ; 

5" Vente des biens nationaux de la Sarthe. — Vente du 
mobilier des églises de la SartJie, 4 vol. in-12. 

" XXIV. 12 



— 178 



MAYET. 

IJIMES DE LA PAROISSE DE :MAYET. 

1374. — Acte par lequel le chapitre de Saint-Julien du 
Mans s'engage à nommer au prévôt de Mayet et à ses succes- 
seurs un homme vivant et mourant, et à lui payer une 
somme de G livres tournois à chaque mutation d'homme 
vivant et mourant^ pour raison d'une dime de la dite paroisse, 
acquise et léguée au chapitre par M*' Pierre Papin, l'un de 
ses memhres. 

Le 8 avril 1417 (1), Adam de Glennes, seigneur des Salles 
et de la Roche-Mayet, et Jeanne Savary, sa femme, c< donnent 
et laissent au curé de Mayet et à ses successeurs, la sixième 
partie des dixmes de la paroisse de Mayet, laquelle les dits 
donneurs ont accoutumé prendre et recevoir chacuns ans 
en la part et part commun que les chanoines de Monsieur 
saint Julien du Mans prennent es dixmes de la paroisse de 
Mayet. » 

17 mars 1520, déclaration rendue à Olivier Hamelet ('2), 
seigneur de la Roche-lMayet, par Michel Quelin, curé de 
Mayet. 

Le 18 juillet 1534, transaction entre les chanoines de 
Saint-Martin-de-Tours et de Saint-Julien du Mans, d'une 
part, et Michel Quélain, curé de Mayet, dans laquelle les 
chanoines du Mans expliquent leurs droits en ces termes: 
(( qu'ils sont propriétaires et possesseurs de la moitié par 
indivis avec les chanoines de Saint-Martin de Tours de la 
grande dixmerie de la paroisse de Mayet, des bleds et vins 
croissant en icelle, qu'ils tiennent à foi et hommage de Saint- 
Martin. Par ladite transaction qui porte augmentation du 

(1) Voy. Bediercfies historiques sur Mayet, t. I, p. 228. 
(•2) V. Rech. hisl. sur Maijet, t. I, p. 229. 



— 179 — 

gros deub au curé.., il est parlé de la dixmerie du prévôt de 
Mayet (l'un des chanoines du dit Saint-Martin), comme ayant 
la garde et l'administration des droits de ladite édise de 
Saint-Martin et soubs les dits de chapitre. » 

Le 23 février 1563, autre .transaction entre les dits cha- 
noines de Tours et du Mans et René Gaultier, curé dudit 
Mayet, dans laquelle il est dit que les curés ne prendront 
que le sixte sur les dits Saint-Julien. 

6 octobre 1586, déclaration rendue à Jean Hamelet (1), 
seigneur de la Roche-Mayet, par René Gaultier, de Mayet. 

11 juillet 1601, aveu rendu par Merlin Aublanc, prévôt de 
Mayet, à Antoine de Girois, seigneur de la Roche-Mayet. 

17 avril 1650, M« Marin Trouillet étant décédé, ses héritiers 
ont reçu, « le sixte sur la moitié qui appartenait au chapitre 
du Mans de toutes les espèces de bled du canton de la 
Picardière et des Loges, à Mayet, et ils en ont fait raison du 
temps de la prise de possession... » 



EGLISE DE SAINT-MARTIN. 

1505. — Transaction entre le procureur de la fabrique et 
Adenet de Vezins, écuyer, frère et principal héritier de l'eu 
Antoine de Vezins, au sujet de l'inhumation du corps de ce 
dernier dans l'église de Mayet. 

1666. — Résultat d'assemblée du général des habitants de 
Mayet contenant l'énumération de réparations faites à la dite 
église par M<^ Mathurin Besnard, prêtre, bachelier en théolo- 
gie, leur curé, à ses dépens ; le dit acte délivré pour servir 
(( d'un monument perpétuel de reconnaissance des libéralités 
dudit sieur curé. » 

1667. — Ordonnance de Philbert-Emmanuel de Beauma- 
noir de Lavardin, évèque du Mans, concernant les droits de 
place et d'inhumation dans l'église de Mayet. 

(1) V. Bech. hist. sur Mayet, 1. 1, p. 229. 



180 



1674. — Testament de Me Julien AUoyau, prêtre, curé de 
Mayet, portant legs à la fabrique d'une rente de 18 livres 
tournois sur les Grands-Champs, près le bourg de Mayet, 
pour la fondation à perpétuité d'une messe basse tous les 
samedis en l'église dudit lieu. 

Documents concernant une rente de 10 sous sur une 
maison, jardin et terre ; autre rente de 3 livres 5 sous sur 
une maison, cave et portion de jardin au lieu des Bois de la 
Boulaye, situés à Mayet. 

1730. — Contestation devant l'official du Mans entre 
M« Philippe Mi Ilot, prêtre, curé de Mayet, et messire 
François-Pierre de Girois, chevalier, seigneur de Neuvy, 
la Roche-Mayet et autres lieux, au sujet de M*^ Barthélémy 
Merreau, prêtre, principal du collège et pourvu de l'office de 
la sacristie de l'église de Mayet. 



CHAPELLE DE SAINT-JEAN-BAPTISTE DITE DE DARON. 

1673. — Aveu à Jean de Hodon, écuyer, seigneur de 
l'Épinay et du fief et seigneurie de Sarceau, en Sarcé, comme 
héritier de daine Renée de Ségrais, épouse de messire René 
de Hodon, chevalier, seigneur de la Gruellerie, Vauloger, 
Haute-Perche, son père , \n\v Jean de Sarrazin, écuyer, 
.sieur de l.i iirossardière, titulaire de la chapelle de Saint- 
Jean-Baptiste de Daron (1), desservie en l'église de Saint- 
Martin de Mayet, pour divers biens en dépendant. 

1693. — Déclaration rendue par M" Jean Dubut, écuyer, 
titulaire de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste dite de Daron 
de.sservie en l'église de Saint-Martin de Mayet, à messire 
Honorât de Bueil, marquis de Bueil, seigneur de la Roche- 
Racan et autres lieux, « pour la métairie de la Raguenerie, 
située à Saint-Paterne, en Touraine, dépendante du dit 
bénéfice. » 

(1) V. Rech. Iiist. sur Mm/cl. t. I. p. 14't. 



— 181 — 

1779. — Aveu rendu au fief de la châtellenie de Saint- 
Martin de Mayet par M" Joseph-Philippe Le Breton, titulaire 
de la chapelle Daron, pour le lieu de la Coquillonnière, à 
Mayet, dépendant de ladite chapelle. 

1781. — Aveu rendu pour la métairie de la Bouteuserie, à 
Mayet, par M« Joseph-Philippe Le Breton, prêtre, doyen de 
l'église royale et collégiale de Saint-Mesme de Chinon, 
officiai en la même ville de l'archevêque de Tours, titulaire 
de la chapelle Baron, à mesbire Pierre - François-Benis- 
Gabriel-Henri marquis de Girois, chevalier, seigneur de 
Neuvy, châtellenie de la paroisse de Saint-Martin de Mayet, 
Sarceau, la Garrelière, Vauloger, Haute-Perche, et autres 
lieux, capitaine de cavalerie au régiment de Bourgogne, au 
regard du fief de Sarceau. 



CHAPELLE DE N.-D. DE SAINTE-CROIX. 

1667. — Ordonnance de l'évêque du Mans concernant le 
service de la chapelle de Sainte-Croix (1) et celui de la 
chapelle de Saint-Jean-Baptiste de Baron desservie en l'église 
de Mayet. 

Bequête adressée à l'évêque du Mans à l'effet de provoquer 
la translation de la relique de Sainte-Croix et de la retirer des 
mains de messire Bené de Hodon, chevalier, seigneur de la 
Gruellerie. 

1687. — Procès-verbal de translation dans la dite chapelle 
de Sainte-Croix, de la relique de la vraie croix, en présence 
de plus de 1^2,000 personnes, tant de Mayet que des paroisses 
limitrophes, et des principaux représentants de la noblesse 
dudit lieu, par M^ Mathurin Besnard, prêtre, curé de Mayet 
et promoteur de l'évêché du Mans. 

(2) V. Récit, liifit. sur Mayet, t. I, p. 156. 



iS'2 



CHAPELLE DE X.-l). DE I.'ANNOiNCIATION DE OUITTION. 

1(j7'2. — Acte par lequel messire Jacques de Girois, cheva- 
lier, seigneur de Neuvy et de la Roche, de Mayet, reconnaît 
avoir reçu de Papin, l'indemnité de certains fonds affectés à 
la dotation de la chapelle de Notre-Dame de Guittion (1). 

17^22. — Déclaration d'une partie du temporel de la cha- 
pelle de Notre-Dame de Guittion faite à dame Marie de 
Sarrazin de Vezins, épousf non foiiuiiune en biens de mes- 
sire Joseph de Montesson, clicvalier, seigneur de Vezins et 
autres lieux, par M« Louis-René Duvau prêtre, titulaire de 
la dite chapelle. 



ÉGLISE ou CHAl'ELLE DE SAINT-NICOLAS. 

Comptes de la fabrique de la chapelle de Saint-Nicolas (2) 
rendus par Pierre ChevaJHer ( 17i8), par darne Marguerite 
Leloup veuve du sieur Jacques Douttevin, vivant marchand 
(170.")), par Charles Bouttevin, aussi marchand et procureur 
de la fabrique (1789). 



CHAPELLE DE LA TRINITE. 

1502. — La chapelle de la Trinité (3) a:u château de Mayet 
a été fondée par dame Cécile Cuillette, veuve de feu Jean de 
Hodon, en son vivant écuyer, seigneur du château et forte- 
resse de Mayet. La veuve de Hodon était tutrice de ses 
enfants mineurs : Adam, François, Elie, Charles et Julien. 

(1) V. Itccli. Iiisl. sur Maijiil, t. 1. p. 17(1. 
i-2) V. licch. hisl. sur Mayel, I. I, p. 81 . 
ni) V. ncr.h. hhl. sur Muijel, l. 1, |.. '208. 



— 183 — 

Cette chapelle était dotée des titres suivants . 

1-457. — Titre d'une rente de 3 livres 10 sous sur le champ 
des Guignons, à Mayet. Contrat d'acquêt par Marie Bonnard, 
femme d'Adam de Hodon, notaire et secrétaire du Roi, sei- 
gneur du Château de Mayet, d'une rente de 35 sous assise sur 
Taître et appartenance de l'Orberie^ à Mayet, vendue par 
Guillaume de Vendômois, écuyer, seigneur de la Pivardière, 
à Mayet. Reconnaissance d'une rente de 18 boisseaux de mou- 
ture, valant seigle, assise sur le moulin des Chevriers, à Mayet, 
donnée par messire Urbain d'Argy, chevalier, seigneur de 
Baigneux, demeurant au village de Saint-Nicolas, représen- 
tant défunt messire Jean d'Argy, chevalier, son père, pro- 
priétaire dudit moulin (1709). Titre d'une rente de 9 bois- 
seaux de froment et 2 chapons sur le lieu de la Gruellerie, 
à Mayet. Rente de 15 sous sur 17 hommées de vigne au clos 
des Rivières, à Mayet. Rente de 4 livres 15 sous sur les 
vignes de la Chapelle, à Mayet. 



MOULINS DU CHATEAU ET DU MILIEU. 

1454. — Accord entre les religieuses de Bonlieu près 
Château-du-Loir et maître Adam de Hodon, notaire et secré- 
taire du Roi, seigneur du château et forteresse de Mayet, au 
sujet du paiement de la rente de 2 septiers de froment et de 
3 septiers de mouture que les religieuses disaient leur être 
due sur le moulin du Château (1) et sur le moulin du Milieu, 
à Mayet, ce qui avait été contesté par ledit Adam ; <( cette 
rente, soutenait-il, eut-elle été due autrefois, ne le serait 
plus maintenant par la raison que par l'inconvénient de la 
guerre de 28 ou 30 ans ou environ, iceulx moulins estoient 
et sont demeurés en ruyne et à non valoir du tout, et icy a 
aucune habitation en nul d'iceulx, aussi ne lui valurent 

(l) V. Rech. hinL. sur Mayet, t, T, p. 199. Ces moulins n'existent plus. 



184 



oncques rien ne n'y eut aucun prouffit durant la guerre ni 
depuis la délivrance du pais du Maine de la main des 
Anglais. » 

1480. — Sentence du bailli de Château-du-Loir condam- 
nant M*^ Adam de Hodon, seigneur du Château de Mayet, à 
payer à l'abbaye de Bonlieu 4 boisseaux de froment de rente 
assis sur 6 journaux de terre au carrefour de la Gucherie, 
4 sols et 1 maille de cens sur les Roches, et 2 septiers de 
froment et 3 de seigle de rente sur les moulins de Mayet. 

1503. — Accord au sujet du paiement de cens et rentes 
entre les religieuses de Bonlieu et demoiselle Cécile Cuillette 
veuve de Jean de Hodon, écuyer, seigneur du château de 
Mayet, tutrice de ses enfants mineurs. 



ESIGNE. 

1341. — Le lieu d'Esigné doit une rente de 5 boisseaux de 
froment au prieuré de Château-l'Hermitage. 

1454. — Sentence des assises du fief de Sarceau qui réduit, 
du consentement d'Adam More, prieur de Château-l'Hermi- 
tage, la rente du lieu d'Ésignc, qui était trop chargée, à 
5 boisseaux de froment, mesure de Mayet. 

Essigné ou Esigné s'étendait sur les parois.ses de Mayet et 
de Verneil. 

1455. — Déclaration rendue par Adam More, prieur de 
Château-l'Hermitage, à noble homme Alain Haussart, écuyer, 
seigneur de la terre de Sarceau, à cause de demoiselle 
Jeanne Maréchalle, son épouse, mentionnant la dite rente 
du lieu d'Esigné. 

1404. — Acte de Jeanne Maréchalle, veuve de feu Alain 
Haussart, écuyer, dame de Sarceau et « gouverneresse de 
monseigneur de Berry, fils du feu roi Charles d, cède au 
prieur de Château-l'Hermitage, Adam More, 5 boisseaux 
froment de rente que lui doivent faire Pierre Vaillant et sa 



— 185 - 

femme, sur divers héritages à Mayet et pour se libérer de la 
rente précitée assise sur le lieu d'Esigné. 

1580. — Transaction sur procès intervenu en la cour du 
Roi, entre les religieux de Château-l'Hermitage et haut et 
puissant seigneur Jean de Hamelet, chevalier de Tordre de 
Saint-Michel, seigneur de la Roche -Mayet et métairie 
d'Esigné, en Saint-Martin de Mayet, portant reconnaissance 
de la dite rente de 5 boisseaux de froment. Témoins : 
Joachim de Sarazin , écuyer , sieur de Vezins ; Jacques 
d'Argy, écuyer, seigneur de Baigneux, et W René Gaultier, 
curé de Saint-Martin de Mayet. 

LA ROQUERIE. 

1435. — Demoiselle Blanche du Pont, dame du château 
des Salles de Mayet, veuve d'Adenet de Glennes, en son 
vivant seigneur du dit lieu, vend à W Jean Salles, curé de 
Mayet, une rente de trois septiers de froment, assise sur la 
métairie de la Roquerie, appelée aujourd'hui Roguerie dite 
paroisse, pour la somme de 15 livres tournois. 

1468. — Testament de Jean Salles, curé de Mayet, par 
lequel il donne une rente de trois septiers de froment, assise 
sur la métairie de la Roquerie, à la cure de Mayet à la charge 
de services religieux. 

LA COQUILLONNIÈRE. 

1775. — Une rente de 4 boisseaux de froment, mesure 
de Mayet, est assise sur le lieu de la Coquillonnière, sis à 
Mayet, au profit de la cure de Sarcé. 



LA GROCHARDIERE. 



1420. — Vente par noble Robert de Vendosmoys, écuyer, 



186 



seigneur de Chources (i), à Mayet, aux prieur et religieux 
de Ciiâteau-rHermitage d'une foi et hommage simple avec 
3 sous lournois de service annuel audit écuyer sur lu 
Crochardière, sise à Mayet, plus d'une rente annuelle et 
perpétuelle de 30 sous tournois mise sur les choses du 
domaine de Chources, à Mayet, le tout pour le prix de 
30 livres tournois payées comptant. 

1405. — Procès pendant entre les religieux de Château- 
l'Hermitage et les fermiers de la Crochardière devant 
M« Jehan Basnard, bailli de Touraine, « des ressorts et 
exemptions d'Anjou et du Maine ». 

1490. — Abonnement par Jehan Carreau, écuyer, seigneur 
de la Carrelière, à Mayet, à Jehan Simon, sieur de Vaumorin, 
à Mayet, de mener paitre et pâturer ses bestiaux de la 
Crochardière sur les landes du lieu de la Carrelière, moyen- 
nant chacun an 6 boisseaux d'avoine et 2 gros poulets. 

Ii98. — Bail à moitié de la métairie de la Crochardière 
par les religieux ù Jehan Simon, de Mayet, pour sa vie, celle 
de sa femme et d'un de leurs enfants. 

1527. — Acte par lequel les religieux de Château-l'Hermi- 
tage échangent avec la veuve de Jehan Simon, plusieurs 
pièces de terre et un cours d'eau descendant du moulin de 
Salvert, à Mayet, au moulin à tan de la dite veuve, contre 
un tiers de journal de terre et une rente inféodée de 30 sous 
et 2 chapons, avec réserve de pouvoir faire construire un 
nouveau inoiiliii cl d'y retirer les eaux. 

1503. — L'aliénation de la métairie de la Crochardière est 
poursuivie p;u' noble François de Hodon , seigneur du 
château de Mayet. 

156i. — Bail à moitié de la Crochardière fait par Jacqu^ s 
de la Taillaye, prieur de Chàteau-l'Hermitage, à Etienne 
Benoit et à Matlnnin Chalubert, de Mayet, (pii devront en 

il) On lioiivc ce nom écrit : Chources, Chourses, Cliourclics. Soiirchos. 
etc. 



— 187 - 

outre payer annuellement au bailleur 12 chapons, 16 poulets, 
2 poids de beurre salé, des œufs frais, et de 5 en 5 ans cinq 
aunes de toile de brin, 1 livre et demie de duvet, 2 livres de 
plume et une livre de cire pour l'église. 



CIIOURCES. 

1677. — Messire Jacques Bandeau, économe du prieuré 
de Chàteau-l'Hermitage depuis le 3 avril 1667, s'est trans- 
porté au lieu seigneurial de Chources, à Mayet, afin d'offrir 
à la marquise de Beaumanoir, dame de Chources, la foi et 
hommage pour raison de la dite métairie. En marge est 
écrit : cette foi et hommage n'était pas due. 

1693. — Foi et hommage rendus par messire de Monlezun 
de Busca, prieur de Château-l'Hermitage, à dame Marie de 
Neuchèze, veuve en premières noces de messire Claude de 
Beaumanoir, lieutenant pour le Roi ès-provinces du Maine, 
Perche et Laval, à présent épouse de messire Charles du 
Laurens, chevalier, comte de Beauregard, et non commune 
en biens avec lui, dame du château de Mayet et de la 
seigneurie de Sourches (1). 

1781. — Déclaration censive rendue par messieurs de 
Chàteau-l'Hermitage à messire Claude - Philippe- Anne 
Thibault, marquis de la Roche-Tulon, seigneur de la chât':='l- 
lenie de la Tour de Beaumont, Beaudiment, château du Fort 
des Salles, de Mayet, et autres lieux, ancien colonel d'infan- 
terie, chevalier de Saint-Louis, à cause de son fief de 
Sourches, dépendant du château de Mayet, demeurant en 
son château de Beaudiment, paroisse de Moussaie et la 
Madeleine, province de Poitou. 

(1) V. Rech. hist. sur Mayet, t. I, p. 260 et suiv. 



— 188 



L EPINAY 



1i03. — Transaction entre Séguin - l'Enfant, écuyer, 
seigneur de Varennes et de la Roche-Mayet, et les religieux 
de Cliàteau-l'Hermitage, i)ai' la(]uelle le premier, en échange 
de 17 livres 2 sous 7 deniers maille tournois de rente qu'il 
devait au prieur de Varennes, lui donne 4 livres de rente 
sur la métairie du Chêne, plus 7 livres 9 sous 3 deniers, un 
quart cens et rentes sur divers héritages, plus le décharge 
lie 19 sous 1 denier de rente sur la métairie d'Epinoyau 
(l'Epinay). 

LE HOUX. 

1749. — Déclaration à la commanderie d'Artins par mes- 
sire François de Girois, chevalier, seigneur de Neufvy, la 
Roche-Mayet et autres lieux, demeurant à Mayet, lequel 
avait acquis, entre autres biens, en 17 ii, la métairie du 
IIoux, à Mayet. 

LA BOUGERIE. 

1632. — Bail à plusieurs vies du lieu de Bourgerie, appelé 
aujourd'hui la Bougerie (1), sis à Mayet, affermé par messire 
Gaspard de Daillon, conseiller du Roi, en ses conseils d'Etat 
et privé, évèque, comte d'Agen, abbé des Châtelliers et 
prieur commendataire de Château-THermitage, à Pierre 
Fontenay. 

en A.MP DU TAPPOX. 

152'i. — Transaction au sujot d'un procès relatif à une 
'Il V. liech. Iiiil. sur Mayelf t. l, p. iJil. 



— 189 — 

rente de 30 boisseaux de blé sur le champ du Tappon, à 
Mayet, entre noble dame Françoise de Villiers, au nom et 
comme tutrice naturelle de noble Geoffroy de Baïf, seigneur 
de Mangé, à Verneil-le-Chétif, et de ses autres enfants issus 
d'elle et de messire François de Baïf, chevalier, en son 
vivant seigneur de Mangé, et les religieux de Chàteau- 
l'Hermitage. (Voy. sur cette famille : Recherches historiques 
sur Aubigné et Verneil, p. 493.) 



LES GUITTONNIERES. 

1350. — Bail à vie consenti par les religieux de Chàteau- 
THermitage à Julien de Vezins et à Macée, sa femme, d'une 
vigne et d'un journal de terre appelé les Guittonnières, ou 
plutôt les Guillonnières, à Mayet, moyennant une rente d'un 
septier de seigle et de i'-l deniers de cens. 



LAUBEPIN. 

1419-1432. — Baux de Laubepin pour une rente annuelle 
de 3 septiers de seigle, 20 sous tournois et 2 poules. 

1482. — Bail de Laubepin, à Mayet, consenti par les reli- 
gieux de Chàteau-l'Hermitage, à Jean de La Porte, à sa 
femme Marguerite, et au plus vivant de ses enfants nés et à 
naître, pour une rente annuelle de 3 septiers de seigle, 
mesure de Mayet, 15 sous tournois en argent et 4 bonnes 
poules. Le lieu de Laubepin dépendait du fief de la Bougerie. 



LES BUCHETIERES. 

1622-1668. — Déclarations rendues a messire Gaspard de 
Daillon, prieur de Château-l'Hermitage, par Louis Guillot, 



— 190 — 

écuyer, sieur de Launay, à cause de Marguerite de Hodon, 
son épouse, seigneur du fief des Buchetières, à Mayet. 



BOIS - DE - JOIE. 

1530. — Transaction sur un procès entre messire Loys, 
humble prieur de Château-l'Hermitage, et M« Martin Fermé, 
prêtre, par laquelle celui-ci abandonne la sai.sine et posses- 
sion d'une pièce de terre et bois appelée autrefois la Mar- 
chandière et à présent les Planches et Bois-de-Joie, à Mayet, 
en éch.inge de certaines vignes sises à Pendloup, .Mayet. 



LA GESIERE. 

La Gé.sière appelée anciennement la Jugésière. 

151 i. — Frère Guillaume de Germaincourt, religieux tlu 
prieuré de Château-l'Hermitage, titulaire de la chapelle de 
Bocé dépendant du prieuré, donne à bail le lieu de la 
Jugésière (1), à Mayet, pour un loyer annuel de 5 septiers 
de seigle, mesure de Château-du-Loir, et 50 sous en argent. 

159G. — Déclaration rendue à la seigneurie de Sarceau 
par messire René de Daillon, prieur cornmendataire de 
Château-l'Hermitage, pour le lieu de la Jugésière. 

1781 . — Le comte de Mailly prétend que la métairie de la 
Jugésière relève de la Faigne et en a fait payer aux religieux 
de Château-l'Hermitage le rachat sur le pied de 25 arpents 
quoiqu'elle n'en contienne que 17, en 1758. Le marquis de 
Girois, seigneur de Sarceau, la réclame en censif, suivant 
une déclaration rendue en 1596. 

1781. — Déclaration rendue pour le lieu de la Jugé.sière 
par les religieux de Château-l'Hermitage à me.ssire Pierre- 

(1) V. Recli. hisl. sur Maijel, 1. 1. p. -292. 



191 



François-Denis-Gabriel-Henri, marquis de Girois, chevalier, 
seigneur de la chàtellenie de Mayet, la Roche - Mayet, 
Bonneval, la Garrelière, Vauloger, Haute-Perche, Brillaudin 
et autres lieux, capitaine de cavalerie au régiment de 
Bourgogne. 

LAUNAY. 

1565. — Bail du lieu de Launay (1), à Mayet, fait par 
M" Urbain Bougard, chapelain du prieuré de Chàteau- 
FHermitage, à Guillaume Rocher, moyennant un demi poids 
de beurre salé, 2 chapons et 6 poulets. 



AUBETERRE, LA BINQUINIÈRE, LA ROUZERIE. 

1781. — Métairies d'Aubeterre, de la Binquinière et de la 
Rouzerie, à Mayet, affermées par les religieux de Chàteau- 
l'Hermitage à Pierre Dupuy, pour 300 livres en argent, 212 
boisseaux de froment, « ras le bois », mesure du Mans, 
60 boisseaux d'avoine combles, même mesure, 6 poulardes, 
4 boisseaux de marrons, 6 boisseaux de noix par an. 



LES PETITES -BOULES. 

1712. — Le lieu des Petites-Boules, à Mayet, est affermé 
par les religieux de Château-l'Hermitage, à René Dupuy, pour 
une rente annuelle de 12 livres payable à la seigneurie 
d'Aubeterre. 

LE BOURNAIS. 

M. Bouttevin, propriétaire à Mayet, en faisant restaurer 
(1) V. Rech. hist. sur Mayet, t. I, p. 33-2. 



— 192 — 

les bâtiments de sa métairie du Bournais, a découvert une 
pierre gravée portant l'inscription suivante : 

CETTE PREMIÈRE PIERRE A ESTÉ POSÉE 
PAR MONSIEUR MARIETTE DE LA BATAILLIÈRE, 
LICENCIÉ ES-LOIX ET RECEVEUR DES TAILLES DU 
CHATEAU, D YI LE 'M .ll'^X 



On croit que la date de l'année est 1731, d'après un autre 
chiffre mis sur la même pierre. (Note donnée par M. Gui- 
gnard, docteur médecin, à Mayet, 1887). 



AUBIGNE. 



EGLISE. 

1445. — Testament de dame Jeanne Boucher, dame de 
Bocé, d'Aubigné, reçu par xM" Guillaume Maschat, curé 
d'Aubigné, par lequel elle lègue aux prieur et religieux de 
Château-rHermitage tous les frais et intérêts résultant de 
l'instance entre eux au sujet d'une rente de 8 livres; elle fait 
des legs nombreux à son inari, à l'église d'Aubigné et à ses 
domestiques. 

1719. — Testament de Charles Fouqueré, curé d'Aubigné 
et doyen d'Oizé, portant legs à la cure d'Aubigné du droit 
de dîme qu'il avait ac(piis, moyennant :},000 livres, de 
M. Deffiat, à la condition que les curés ses successeurs 
payeront chaque année à l'hôpital du Lude, une rente de 
100 livres pour l'entretien de deux malades d'Aubigné. 

En 1735, une sentence de la justice du Lude condamne 
Pierre-Gabriel Yver, curé d'Aubigné, à payer la renie ci- 
de.ssus réduite à 70 livres. 



— 193 — 

En Tan IV, l'église d'Aubigné a été vendue à Antoine 
Guyon, d'Aubigné, pour 1,500 livres. 



CHAPELLE DE LA MORELLERIE. 

1749. — La chapelle de la Morellerie a été fondée dans 
l'église d'Aubigné le 4 octobre 1553 (1). Le curé d'Aubigné, 
M° Pierre-Gabriel Yver, demande des renseignements à 
M. l'abbé de Roussecey, vicaire-général du diocèse, sur la 
mesure à prendre pour réunir le temporel de la dite chapelle 
à l'école fondée dans la paroisse par l'un des prédécesseurs 
dudit curé. 

Consultation est donnée sur ce sujet par un avocat de 
Beaugé. 

On possède aussi plusieurs baux de la Morellerie. 



LA BAUSSONNIERE. 

1405. — Aveu de la Baussonnière (2), à Aubigné, sis à 
proximité du chemin par où l'on va d'Aubigné au moulin de 
Varennes, rendu par Jean Guerriau à Guillaume, abbé de 
Vaas, seigneur de Ghampeaux et de Tissue. 

1466. — Aveu pour le même lieu rendu par le Martin 
Martigné à l'abbé de Vaas. 

1521. — Aveu pour le même lieu rendu par Jacques Moreau 
à Gilles de Corner dit de Langlade, docteur ès-lois, abbé 
commendataire de Vaas. 

1548. — Aveu pour le même heu rendu par Urbain Simon 
à François, humble abbé de Salonnes et de Vaas. 

1556. — Aveu pour le même lieu rendu par Jehan Fortier 
le jeune, au même abbé. 



(1) Y.Rech. liist. sur Aubiçiiié et Verneil:, p. 74. 
C2) V. Rech. hist. sur Auh'njné et Venieil, p. 221. 



XXIV 13 



— 194 — 

1601. — Aveu pour le même lieu rendu pai- Michel 
Boussard et autres à Robert, abbé de Vaas. 



CRANNES. 

1409. — Acte par lequel Hubert ou Habert de Vendômois, 
écuyer, seigneur de Grannes et d'Aubigné, constitue au 
profit des abbés et religieux de Vaas, une rente annuelle et 
perpétuelle de 26 sous 6 deniers tournois assise sur tous ses 
biens, pour le prix de 13 livres tournois. 



CIIAMPEAUX. 

1490. — Baillée à toujours, faite pai' les religieux de Vaas 
à Geoffroy Boulld, d'Aubigné, d'un champ à faire pré, sis à 
Champeaux ou plulùi, Ghamprond (1) à Aubigné, pour la 
somme de 3 deniers et 5 sous tournois de rente annuelle. 



I.A FONTAINE. 

1615. — Bail du cliamp de l'Épinay près la Vieillerie, par 
Pierre de Bageau, écuyer, sieur de la Fontaine et du Ruau, 
demeurant au lieu seigneurial de la Fontaine, à Aubigné, à 
Fabien Jeunier, prieui- de Ghàteau-l'llermitage. 



LES MORIEHS, 

1698. — Pièce de procédure entre les religieuses de 
Boidieu près Ghâteau-du-Loir, adjudicataires de la métairie 

(1) Y. liech. Itisl. sur Aubuiné et Verneil, p. 22.'1 



— 195 - 

des Moriers, à Aubigné, dépendant de la succession de 
François de Boisard, écuyer, sieur de Villegraton, et Jeanne 
Durand, fille et héritière de Mathurin Durand, écuyer, sieur 
de Changé, conseiller auditeur en la chambre des Comptes, 
au sujet de la répartition des deniers provenant de la vente 
de la dite métairie entre les créanciers du sieur de 
Villegraton. 

L'ESTRE- AU -PETIT. 

1779. — Déclaration au commandeur Léon - Hippolyte 
Lingier de Saint-Sulpice de la commanderie d'Artins par 
Pierre-Victoire de Sarcé, chevalier, seigneur de Bossé, 
Dissay, la Sévaudièro et autres lieux, capitaine au régiment 
de Guyenne, demeurant en son château de Bossé, à Aubigné, 
(( pour des pièces de terre dépendant de L'estre-au-Petit, 
à Aubigné ». 

1780. — Déclaration au même commandeur par Pierre de 
Sarcé, chevalier, seigneur de Bossé, la PersilHère et autres 
lieux, demeurant à Sarcé, pour le moulin du Pont-de-Cœur, 
à Aubigné. 



COULONGÉ. 



LA CURE. 



1550. — Déclaration rendue pour le temporel de la cure 
de Coulongc au regard de la seigneurie et châtellenie des 
AigLiebelles, à Coulongé, par M^ Martin François, prêtre, 
curé de Coulongé, à M'^ Jean, cardinal du Bellay, êvêque de 
Paris, archevêque de Bordeaux, évêque du Mans, abbécom- 
mendataire de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans. 

1679. — Déclaration rendue à l'abbaye de Saint-Vincent 



— 196 — 

pour le fief de la Raimbandière, par le titulaire de la chapelle 
de ce nom, desservie en l'église de Coulongé. 

1715. — Déclaration rendue par Germain Cousin, prêtre 
et curé de Coulongé, aux religieux et couvent de l'abbaye 
de Saint-Vincent, pour la même cure. 

1728. — Déclaration rendue pour la même cuie, à l'abbaye 
de Saint- Vincent, pai' M** Grandhomme, curé de Coulongé. 



CHARBON. 

1457. — Aveux des fiefs, domaines de la Turpinière et de 
Charbonnais ou Charbon (1^, sis à Luché et Coulongé, rendus 
par Louis de Tucé, écuyer, seigneur de Mervé et de la 
Turpinière, à cause de Martine Cantino, son épouse, à noble 
et puissant Beaudouin de Tucé, chevalier, seigneur de Tucé, 
de la Motte-Achard et de Broussin. Principaux sujets: le 
seigneur de Clermont, pour son lieu de la Tripardière ; le 
seigneur de Passau pour son domaine de la Grifferie, et 
Janon Hamelet, seigneur de la Roche-Mayet, pour son fief 
de la Bérardière (ou plutôt Biffaudière). 



LES AIGUEBELLES. 

1544. — Baillée à perpétuité de 1 arpents de terre en 
lande, au fief des Aiguebelles (2), près les Maisons-Rouges, 
à Coulongé, pour 3 sous de rente et un denier de cens. 

1()91-1782. — La châtellenie des Aiguebelles dépendait de 
l'abbaye de Saint-Vincent du Mans et était composée des 
métairies de la Hellerie, de Courcelles, de la Grastière, de 
la Fontaine, des Aiguebelles, de l'Epinny, du Bourg, de la 

(1) V. Rech. hinl. sur Coulonr/é, p. 100. 

(2) V. Bec/i. hisl. sur Coulonrfc, p, 29. 



— 197 



Cadorière, de la Gillardière, du moulin de Chenon, d'une 
maison et jardin au bourg et du champ de la Pointe ; tous 
ces biens sont situés à Coulongé. 



LA ORASTIERE. 

1265. — Charte de Yves, humble abbé du Lorouer, de 
l'ordre de Giteaux, contenant transaction sur procès entre 
l'abbé et les religieux du Lorouer, d'une part, et les abbé 
et religieux de Saint- Vincent, d'autre part, au sujet de trois 
septiers de seigle, mesure de Sarcé, et de 3 mines assignés à 
l'abbaye du Lorouer sur le bordage de la Grastière, sis à 
Coulongé, au fief des religieux de l'abbaye de Saint- Vincent, 
p ar Jean Durand, du Lude, qui avaient été retenus par ces 
derniers, en compensation de 6 deniers mansais de cens que 
les dits religieux du Lorouer avaient fait défaut de payer 
pendant deux ans. Il est convenu que les 3 septiers de seigle 
et les 3 mines seront perçus à l'avenir par les religieux de 
Saint- Vincent, qui, en retour, déclarent libérer de toutes 
redevances les religieux du Lorouer et notamment 2 septiers 
de blé, l'un de froment, l'autre de seigle, de rente assise sur 
leurs terres de Sarcé. 



ACTES DIVERS. 

i'266. — Charte de l'official du Mans, par laquelle Guil- 
laume Rogier, de Coulongé, donne en perpétuelle aumône 
à Dieu et à l'abbaye de Saint- Vincent tous ses biens meubles 
et immeubles en quelques paroisses qu'ils soient situés^ 
consistant en maisons, prés, terres, vignes et autres choses, 
pour en disposer à leur volonté, mais seulement après son 
décès. 

1286. — Jean Buton, de Coulongé, a vendu à Michau Le 



— 198 — 

Toisier et à Hélis, sa femme, du Lude, 1 quartier et le quart 
d'un quartier de vigne assis au-dessous des vignes du seigneur 
de Vau, à Coulongé, au fief des Aiguebelles de l'abbaye de 
Saint-Vincent du Mans. Vente faite pour i livres tournois 
que le dit Jean a reçues. 

1288. — Lizarde femme de défunt Hubert Lauderon, 
donne quittance à Osenne, jadis femme de Jean Tendonnel, 
de Coulongé, de 15 sous tournois pour la reconnaissance 
d'une rente d'un septier de froment, mesure de Mayet, et de 
4 deniers tournois, assise sur divers fonds de terre à 
Coulongé, au fief de l'abbaye de Saint-Vincent. 

1292. — Julien Floier, de Coulongé, vend à frère Gefrey 
Boutevele^ moine de Saint-Vincent, du Mans, 11 sous 
mansais et un denier tournois de rente assise sur une vigne 
au Val de Corge, « juste la vigne Juliot Lcmercier, de Sarcé », 
contenant un quartier. 



LAVERNAT. 



LA MONNERIE. 



1344. — Vente en la cour de Mayet, par Simon de Vezins, 
Jeanne, sa femme, et autres, aux prieur et couvent de 
Château-l'Hermitage, d'une rente de 3 septiers et 1 mine de 
seigle, sur l'aître de la Monnerie, à Lavernat, pour 8 livres 
11 sous tournois. 

LE PONCE AU. 

1417. — Vente de 8 livres de rente sur la terre du Pon- 
ceau (1), il Lavernai, au profil des religieux de Chàteau- 
l'Hermitage pour 100 livres tournois payées conq)laiiL. 

(1) V. Rech. Uial. sur Vaun et Lavernat, p. 2tî8. 



199 



24 octobre 153i . — François Leboucher, écuyer, seigneur 
de Pounceau (Ponceau), fait acte de foi et liommage à 
François de Beaumanoir, baron de Lavardin et seigneur de 
Tucé, à cause de son domaine de la Joyentière. 



ACTES DIVERS. 

1321. — André Rogier et Agnace, sa femme, et Etienne 
Vaneau et sa femme donnent au couvent de Chàteau- 
l'Hermitage, pour le salut de leurs âmes, 1 septier de seigle 
de rente perpétuelle assise sur des choses à Lavernat. 

1484. — Echange de divers fonds de terre faits entre 
Me Jean Ernoulx, curé de Verneil et M<^ Jean Doulcet, curé 
de Lavernat. 

17... — La fabrique de Lavernat a un titre de rente de 
3 boisseaux de froment assis sur le lieu du Grand-Chevaigné, 
à Luceau. 



SARCE. 

1663. — François de Sarcé, chevalier, seigneur de Sarcé, 
est parrain de François Lelièvre, de Luché. 

1766. — Louis-Pierre- Antoine de Sarcé, chevalier, seigneur 
de Sarcé, assi.ste à l'inhumation dans l'église de Luché, de 
haut et puissant seigneur messire Henri-Louis d'Espagne, 
marquis de Venevelles, ancien premier capitaine du régiment 
de M^"" le prince du Pont, chevalier des ordres royaux et 
militaires de Saint-Louis et de Saint-Lazare. 

1777. — Mariage de René-Alexandre de Sarcé, chevaher, 
garde du corps de M'', frère du Roi, fils majeur de Louis- 
Pierre-Antoine de Sarcé, écuyer, seigneur de La Cour, de 
Sarcé, Bossé et autres lieux, et de dame Eléonore de 



— i200 — 

Btirdou, de la paroisse de Sarcé, avec demoiselle Marie- 
Charlotte Damours, fille de M. Bonaventure, bailli de la 
ville et comté du Lude, et de feue dame Charlotte Molan ; 
en présence des père et mère de l'époux, et de W Pierre- 
Victoire de Sarcé, écuyer, seigneur de Bossé et autres lieux, 
et de dame Madeleine-Perrine-Catherine de La Haye de 
Mongazon, demeurant à Aubigné, ses frère et belle-sœur, 
de dame Catherine - Suzanne Gallois, épouse de Louis- 
François de Sarcé, chevalier, lieutenant de vaisseau du Roi, 
demeurant à La Flèche, sa belle-sœur, des demoiselles 
Eléonore-Jeanne, Madeleine-Eulalie de Sarcé, ses sœurs, 
demeurant à Sarcé. La même année Pierre de Sarcé assiste 
au mariage de M" Pierre-Uieudonné Mauboussin, conseiller 
du roi et lieutenant particulier des eaux et forêts de 
Château - du - Loir, avec Jeanne-Henriette Froger. Catherine 
de Sarcé épouse de Jean Beaufils, maître apothicaire à La 
Flèche assiste aussi à ce mariage qui a été célébré à Bessé. 



VERNEIL-LE-CHETIF 



EGLISE. 

1631. — Déclaration de divers licrilages rendue par Pierre 
Hureau à W Jacques Drugeon, prêtre, curé de Verneil, 
seigneur h' cause de sa cure, des fiefs et seigneuries de la 
Guasnerie, la Digroserie et Neuville. 

Les titres de lu fabrique de Verneil portent qu'une rente 
de 12 boisseaux de seigle et 25 sous d'argent est due au fief 
de Mangé, sur les terres de l'église de Verneil ; une autre 
rente de 3 livres 12 sous est due à la rabriipii' pai- les 
héritiers Mignot. 

Le compte de ral)ii([ue de 1674 porte cette menlioii : 



- 201 — 

« pour un tabernacle en sculpture et figures, doré, azuré, et 
fourni au maître-autel dudit Verneil à la fête de Pasques 
Wl'I a été payé au sieur Mongendre, du Mans, 85 livres ». 

FIEF DE GEOFFROI. 

4274. — Charte de Geoffroi, de Verneil, par laquelle il 
donne à André Arrabi, bourgeois de Tours, pour le récom- 
penser de ses bons services, 18 arpents de terre labourable 
et une dîme sis ès-paroisses de Saint-Christophe et de Ville- 
Bouneau au fief dudit Geofïroi. 

1282. — Charte de l'official du Mans attestant la donation 
aux religieuses de Bonlieu près de Chàteau-du-Loir, par 
Gilette, veuve d'André Arrabi, pour la célébration de son 
anniversaire et de celui de son mari, d'une rente de 
18 septiers de méteil sur la métairie de la Gobiannyère, à 
Saint-Paterne, au fief de Geolïroi, de Verneil. 

LA NOUILLIÈRE. 

1540. — Accord sur une contestation entre Emery 
Chalopin, prieur de Montsureau, à Vaas, et Julien La Miche, 
au sujet d'une rente de 6 boisseaux de froment due au prieuré 
de Montsureau et assise sur le lieu de la Nouillière, à 
Verneil. 

1685. — Sentence du lieutenant-général de la sénéchaus- 
sée de Château-du-Loir condamnant René le Boischu demeu- 
rant à la Nouillière, en Verneil, à payer à André Mandroux, 
fermier du prieuré de Montsureau, à Vaas, la rente de 
6 boisseaux de froment citée [)lus haut. 

VAUPERROUX-LE-GRAND . 

1014. — La baillée de Vauperroux-Ie-Grand, à Verneil, 



202 — 



dépendant de la seigneurie de Mangé, doit de cens et rente 
à l'abbé de Vaas, 3 septiers de froment, à la mesure de 
Mayet, et 2 chapons de rente foncière. 



FIEF DE J>A MOTTE. 



1363. — Bail par Etienne Belenfant à Jehan Lemonnier, 
de l'aître de la Picardière, consistant en maisons, roche, 
terre, vignes, bois, sis à Verneil, au fief de la Motte, pour 
une rente annuelle de 11 boisseaux deux tiers de froment. 



LA SEQUARDIERE. 

1402. — Geoffroy et Laurent Ridereau, deMayet, vendent 
h Jehan Le Moulnier, de Verneil, le lieu de la Séquardière, 
pour 42 sous tournois payés comptant. 

1404. - " Bail de Taître de la Séquardière faite par Macé 
Arciuonine et Denise, sa femme, à Jehan Le Moulnier, pour 
une rente annuelle de 10 sous tournois. 

La même année Jehan de Launay, d'Aubigné, cède à 
Guillaume Le Moulnier, de Verneil, tout droit qu'il a sur 
l'aître de la Séquardière, sis au fief de Colas de Mangé, pour 
une rente annuelle d'une mine de froment, mesure de 
Mayet, et 6 deniers tournois. 

1407. — Vente par Jehan Ligeon, de Mayet, à Jean Le 
Moulnier, de Verneil, d'une rente d'une mine de froment, 
assise sur la Séquardière, pour 64 sous tournois. 

1445. — Baillée à vie par les religieux de Château- 
l'Hermitage à Denis Véron, de Verneil-le-Chétif, du lieu de 
la Séquardière, pour 16 sous 1 denier et 2 poules payables 
aux «lils religieux « eu leur houstcl de la Thorinière ». 

XVP siècle. — Procès entre les religieux de Château- 
rilermitage et Antoine de Baïf, c:hevalier, seigneur de 
Mangé, à Verneil, pour le lieu de la Séquardière. 



— 203 — 



HOTEL DE LA THORINIERE. 



140'2. — Reconnaissance d'une rente de 8 sous tournois 
assise sur le champ du Vieux-Four, à Verneil, payable aux 
religieux de Château - l'Hermitage en leur hôtel de la 
Thorinière, par noble Nicolas de Mangé, écuyer, seigneur 
de la Pinardière et du Petit-Mangé, à Verneil. 

ilS'l. . — Bail à rente par les religieux de Château- 
l'Hermitage à M« Jehan Ernoulx, curé de Verneil, de la 
tierce-partie que le prieur de Chàteau-rHermitage avait le 
droit de prendre sur la dime de la Thorinière, à Verneil, 
moyennant 100 livres tournois payables tous les ans à la 
recette de la Thorinière et 1 charretée de paille, « aussi 
chargée que possible y> prise au presbytère. 



LA FORMANDIERE. 

1418. — Jean Bourdais, de Verneil, baille à vie à Jehan 
Mignot et à Collette sa femme, de Verneil, le bordage de la 
Formandière pour 1 septier de froment et 10 sous de rente 
annuelle et à charge de payer 6 sous 10 deniers de cens au 
seigneur de Crannes, '20 deniers de cens à la seigneurie du 
Petit-Mangé, 1 mine de froment et 1 mine de seigle au prieuré 
de Château-l'Hermitage et 8 sous de rente aux religieux 
de Vaas. 

LA PELLERIE. 

1444. _. Vente du bordage de la Pellerie, sis à Verneil, au 
fief de la Gasnerie, par PhiUppe Moreau, du Lude, àM«Jean 
T.anglois, prêtre, moyennant 14 livres tournois. 



204 - 



LA RENARDIERE. 



14^6. — Bail à vie du lieu de la Renardière, à Verneil, 
contenant 15 journaux, fait par les religieux de Château- 
l'Hermitage à Jehan Lenfant, de Verneil, pour 15 sous 
tournois de rente annuelle et 2 deniers de cens. 

1 '(1^9. — Baillée à vie du lieu de la Renardière, faite par 
les religieux de Château-l'Hermitage à Julien Lenfant et à 
Marion, sa femme, pour 45 sous tournois de rente annuelle 
et 2 deniers de cens. 

Autre bail au même en 1 i5(3. 

1476. — Procédure entre les religieux de Château- 
l'Hermitage et Jehan de Baïf, seigneur de Mangé, au sujet 
de '2 deniers de cens que celui-ci avait droit de prendre sur 
la Renardière. 

Autres baux de la Renardière, en 1654, pour 35 livres, en 
1668, pour 92 livres par an. 

1510. — Baillée de la Renardière à plusieurs vies i)ar le 
prieur de Château-l'Hermitage à Jehan Richardeau, praticien 
en cour de laie, demeurant à Verneil, pour une rente 
annuelle de 41 sous tournois, 2 chapons et 2 deniers de cens. 

1593. — Bail de la Renardière fait à frère Bauldry, reli- 
gieux de Château-l'Hermitage et l'un des religieux de la cha- 
pelle claustrale de Saint-Michel de la Rondelière, pour 40 
livres tournois de loyer. 

LA FORGE, LES BORDEAUX OU LA FONTAINE AU MILLET. 

1535. — Déclaration rendue au regard du fief de la Forge, 
à Verneil-le-Chctif, à François, humble abbé de Vaas, par 
Denis Millet, Denis Gaullart et Guillaume Coudray pour le 
lieu des Bordeaux, autrement de la Fontaine-au-Millet, en 
Verneil, situé sur le chemin allant de la Croix-Ségleineau au 
moulin de Verneil. 

1539. — Déclaration rendue par les religieux de Vaas, au 



— 205 — 

regard de la seigneurie de la Faigne, de certaines dépen- 
dances du fief de la Forge, à Verneil, à veuve de haut et 
puissant seigneur Jean de Laval, en son vivant seigneur de 
la Faigne. 

1561 . —• Autre déclaration pour le même lieu rendue par 
Marin Millet à R. P. en Dieu François de la Carrière, évêque 
de Sallonnes, abbé de Vaas. 

1603. — Autre déclaration pour le même lieu rendue à 
frère Robert, abbé de Vaas, par Julien Champion. 

1606. — Autre déclaration rendue par les religieux 
de Vaas, pour le lieu de la Forge, à messire Jehan de 
Laval, chevalier, seigneur de Tartigny, Gourné, Montigny, 
La Rouzière et la châtelienie de la Faigne. 

D'autres déclarations du lieu de la Forge ont encore été 
faites par les religieux de Vaas en 1563, 1603, 1604, 1624 et 
1657. 

LA DODINIÈRE. 

1472. — Bail de la Dodinière à plusieurs vies faite par les 
religieux de Chàteau-l'Hermitage à Martin Durand, de 
Verneil, pour 20 sols et 2 deniers de cens et rente. 



ACTES DIVERS. 

1286. — Vente par Simon de Sables, écuyer, et Philippe, 
son fils aîné, de Verneil, de 6 arpents de terre et 2 arpents 
de pré, à Verneil, près de Lerraudière, pour 60 livres tour- 
nois payés comptant par les religieux de Château-l'Hermitage, 
acquéreurs. 

1292. — Simon Thorin, de Verneil, vend aux mêmes 
religieux 1 vigne de 3 journées de bêcheur, à Verneil, pour 
16 sous tournois payés comptant. 

1309. — Macé Dodin et Juliote,sa femme, de Verneil, 



- t206 — 

vendent à Pierre Joubin et, à Juliote, sa femme, 3 sous et 
12 deniers tournois de 1 ente annuelle assis sur maisons et 
terres à Verneil, au fief des religieux de Chàteau-l'Hermitage, 
moyennant 35 sous de monnaie courante. 

1350. — Baillée par Pierre Bouvier, de Verneil, à Thomas 
Bonsart,' de Verneil, d'une aître avec maisons, terres, 
courtils, bruyères, arbres, à Verneil, sur le chemin de 
Verneil à Beaumont-pied-de-Bœuf, pour une rente annuelle 
de 7 sous tournois et à la charge de payer chaque année au 
prieur de Chàteau-l'Hermitage 4 boisseaux de seigle et 
4 deniers de cens. 

1353. — Baillée à trois viss par les religieux de Château- 
THermitage à Jehan Hérault, de Verneil, d'un champ de 

4 jours, à Verneil, sur le chemin de Verneil à Mayet, pour 
une rente annuelle de 20 sols tournois et 2 septiers de bon 
froment. 

1380. — Bail à trois vies par les religieux de Château- 
l'Hermilage, à Laurent Lemercier, de Vaas, de deux vignes 
de trois quartiers et d'un bois d'un quartier, sis à Verneil, 
pour 1«) sous tournois de rente annuelle. 

1382. — Bail par les mêmes à Jehan Uucaz, de Verneil, 
d'une vigne de 4 hommées sise à Ileisse, à Verneil, pour 

5 .sous tournois de rente annuelle. 

1391. — Vente par Gillet Sauvageau, de Verneil, à Jehan 
Lefebvre du Cormier, à Verneil, d'une rente annuelle de 
3 provendiers de froment, mesure de Mayet (le provendier 
vaut 3 boisseaux), assise sur 1 quartier de vigne à Bocé, à 
Verneil, pour CO sous tournois payés comptant. 

1411. — Bail par les religieux de Chàteau-l'Hermitage à 
Gervais Pinsson, de Verneil, d'un champ de 1 journal, à 
Verneil, pour 15 deniers tournois par an. 

1434. — Bail par les mêmes religieux à Michel Laye, de 
Mayet, d'une vigne, à Verneil, près les vignes do Mangé, 
pour 2 sous 6 deniers de devoir. 

1434. — Bail parles mêmes religieux à Michel Laye, de 



207 



Mayet, d'une vigne, sise à Verneil, contenant 3 quartiers, 
pour 8 sous tournois de rente annuelle. 

1442. — Donation par Guillemette, veuve de Jehan Lucas, 
de Verneil, de tous ses biens, meubles et immeubles, à Denis 
Véron et Jeanne, sa femme, de Verneil. 

1469. — • Vente par Jehan Testard, de Verneil, à noble 
Guillaume d'Avaugour, écuyer, seigneur de Courtallain et 
de Boysriffin, d'une vigne et de fresche de 2 quartiers, à la 
charge de payer au prieur de Château-l'Hermitage, à la 
décharge du vendeur une rente inféodée de 4 sous tournois. 
Témoins noble Jehan de Baïf, seigneur de Mangé, Ambroise 
Plinetaut?, écuyer, seigneur de Brillaudin et autres. 

1471. — Prise à rente par M^ Jean Doulcet, prêtre, curé 
de Verneil , de 2 tiers par indivis d'une pièce de terre 
nommée les Prays, pour une rente annuelle de 2 sous 
6 deniers. 

1472. — Provision de la cure de Verneil accordée par le 
pape Sixe IV, à M« Jean Ernoulx. 

1512. — Bail par les religieux de Château-l'Hermitage à 
M'^ Jehan Richardeau, praticien en cour de laie, du champ 
de la Clos-Gerbe, à Verneil, près les vignes au seigneur du 
Rocher, pour 7 sols 6 deniers de rente inféodée. 

1517. — Jamin Hariquet et Perrine, sa femme, vendent à 
noble homme Jehan de Vendosmois, écuyer, seigneur du 
F\.ocher, à Verneil, 1 pré de 8 hommées de faucheurs, pour 
80 livres tournois. 

1548. — Vente d'une pièce de terre labourable faite par 
Urbain Roussard, de Verneil, à M« Charles Arnoulx, prêtre, 
curé de Verneil. 

1682. — Fondation par Jean Guiilot, religieux profès de 
l'abbaye de La Couture, du Mans, en l'église des bénédictines 
de Chàteau-du-Loir, à son intention et à celle de ses parents 
trépassés, d'une messe à célébrer chaque vendredi, pour 
laquelle il donne une rente annuelle de 25 livres 5 sous à 



— 208 — 

prendro sur la veuve et les héritiers de Jean Bardet, de 
Verneil-le-Chétif. 



VAAS. 

DESCRIPTION DE L'ABBAYE DE VAAS d'APRÈS UN MANUSCRIT 
DES ARCHIVES DE LA PRÉFECTURE DE LA SARTHE. 

Le 11 août 1770 l'abbaye de Vaas, se composait : D'un 
corps de bâtiment construit en pavillon, la principale façade 
au midi donnant sur la rivière du Loir. Ce bâtiment a 48 pieds 
de façade sur 39 de longueur ; il est lié et attenant à un 
autre bâtiment plus anciennement construit. 

Le bâtiment construit en pavillon a un étage ; au rez-de- 
chaussée il y a salle à manger, un petit salon, corridor au 
milieu et une petite office ; au premier étage une chambre, 
un cabinet servant d'infirmerie, une autre chambre servant 
d'hôtellerie, une petite antichambre, des lieux de commodité. 
Le deuxième étage est distribué du même corridor, d'un 
côté vers l'occident deux chambres forment la bibliothèque, 
du côté de l'ouest une chambre servant d'hôte et au fond la 
cage de l'escalier. Ce corps de bâtiment construit de murs 
en pavillon à la française est couvert d'ardoises. Vers le midi 
du Pavillon est une terrasse soutenue par des murs donnant 
sui' la rivière, qui est de 48 pieds de long sur 8 de large, 
aux deux bouts ont été construites deux tonnelles en 
charpente. 

Le bâtiment attenant au pavillon et joignant l'église a 
103 pieds de long sur '28 de large ; distribué au rez-de- 
chaussée d'une cuisine, cave, corridor, réfectoire, vestibule, 
chambre servant au chapitre, autre corridor pour la commu- 
nication du bâtiment à, l'église ; entre l'église et le chapitre se 



— 209 — 

trouve la cage de l'escalier construit en bois à trois révolu- 
tions et sous le premier palier se trouve un garde manger ; 
au 2« palier, un fruitier. Au premier étage, un dortoir dans 
toute la longueur du côté de l'c»rient, au bout un escalier 
pour la communication du corridor. Il se trouve du côté de 
l'occident huit chambres. Il y a entre les appartements ser- 
vant de cuisine et de réfectoire un entresol de 7 pieds de 
hauteur et 2 corridors vers l'orient et 3 chambres de domes- 
tiques. Ce bâtiment est construit à la française, sur le 
comble se trouve un dôme, couverture en ardoises. Au milieu 
du premier étage est un balcon de pierres dures garni 
d'ornements et supportant l'écusson portant les armes de la 
maison. Cette façade est décorée et soutenue par 2 pilastres 
ainsi que la porte du milieu avec un fronton circulaire. 

Un autre bâtiment nouvellement reconstruit au bout et en 
retour du dernier du côté de l'orient dans l'angle qui forme 
la croix de l'église ; ce bâtiment a 29 pieds -4 pouces de long 
sur 21 pieds 9 pouces de large ; il est distribué ainsi : au 
rez-de-chaussée la sacristie, un bûcher. Au premier étage : 
une chambre servant de chartrier au-dessus de la sacri.stie 
est le chauffoir exploité par une galerie en bois et une porte 
de communication dans le dortoir. La charpente en pavillon 
couvert d'ardoises. Cour close de murs devant le dit bâti- 
ment dans laquelle est une fuie. Vers l'orient un jardin 
séparé de la cour par une claire-vue de palis brochet sou- 
tenue par 8 piliers ; un autre jardin potager clos de murs, 
vers midi un bras de rivière où se trouve un pont de bois 
pour la communication du jardin dans une ile dans laquelle 
a été construit un bâtiment sur poteaux de 18 pieds de long, 
sur 12 de large couvert en tuiles. 

Église conventuelle. — La nef a 9 toises de long formant 
une croix tendant du midi au nord sur 4 toises 4 pieds 
3 pouces de large. Cette nef est formée d'un bout par un 
pignon vers l'occident et de l'autre bout terminée par deux 
pihers qui-supportent une arcade à 5 ogives, auquel à un 

XXIV. 14 



— 210 — 

des piliers vers le midi est posée la chaire à prêcher. Cette 
partie est éclairée par 4 vitraux : 2 au nord et 2 au midi. La 
voûte est construite en deux parties soutenues par deux 
piliers ronds attenants au mur de la nef, et la dite voûte 
construite en croix d'ogive avec nervures. L'autre partie de 
la nef formant comme il est ci-devant expliqué une croix, 
est de 13 toises 3 pieds de longueur sur 3 toises 4 pieds 

3 pouces de large fermée au midi et au nord par 2 pignons, 
la voûte construite en 3 parties, et sur la première partie du 
bout vers le nord se trouve la cloche. La dite voûte soutenue 
par des piliers arcades ogives et nervures dans laquelle se 
trouvent adossés au mur vers l'orient, 2 autels dont un est à 
droite, sous l'invocation de Notre-Dame du Rosaire, et 
l'autre à gauche sous l'invocation de saint Norbert ; cette 
partie est ouverte, de la principale porte, pour l'entrée de 
l'éghse et par un vitrail au-dessus de la dite porte ; 2 petits 
vitraux vers l'occident donnant jour sur le dit autel de Saint- 
Norbert, l'autre bout est aus.si éclairé par un vitrail vers 
l'occident donnant jour sur ledit autel du Rosaire, à côté 
dudit autel se trouve un petit vitrail qui a son ouverture 
dans le chauffoir. 

Le chœur a 7 toises 1 pied de long sur 3 toises 4 pieds 

4 pouces de long. La partie du bout du chœur est construite 
en cul de four et ledit chœur fermé par une grille de fer en 
forme circulaire. Le chœur est éclairé par 3 vitraux du côté 
du nord et 2 du côté du midi, le grand vitrail au milieu 
dudit cul de four a été supprimé pour y placer le Christ ; la 
voûte est construite en 2 parties soutenues par des piliers ; 
une arcade ogive faisant la division de la nef et du chœur ; 
toutes les voûtes, piliers intérieurs, murs et baies, sont 
construits en pierres de taille. Le comble est construit à la 
française formant 4 noues, et le bout vers l'orient sur le 
chœur en cul de four, le tout couvert d'ardoises. 

Une petite chapelle adossée au mur de la nef vers l'orient, 
sous l'invocation de Notre-Dame de Pitié est de 7 pieds 



— 211 — 

6 pouces de long sur 10 pieds 6 pouces de large, les murs 
construits en cul de four ainsi que la voûte. L'entrée de la 
dite chapelle se trouve au côté gauche de celle de Saint- 
Norbert ; elle est éclairée par 2 petits vitraux, la charpente 
construite en cul de four, couverture d'ardoises. 

Toute l'église est couverte en ardoises. Il y a 2 vitraux 
dont un construit de 8 panneaux et 5 rosettes, l'autre vers 
l'angle construit de 15 panneaux et 5 rosettes. 

Maison abbatiale. — Un corps de bâtiment façade vers 
l'occident ; deux autres parties en retour vers l'orient ayant 
leurs façades l'une au midi et l'autre au nord, ces trois 
parties ensemble ne faisant qu'un même corps, avec une 
tour et une ancienne tour carrée à laquelle sont attenants 
vers le nord un autre bâtiment adossé dans lequel est un 
grand escalier et la grande cour d'entrée vers le nord ; à 
l'orient de la cour est un grand bâtiment servant de remises 
et écuries et à l'autre côté de la cour un autre bâtiment 
servant encore de remises et de chenil. Devant la principale 
façade est une terra.sse et ensuite les jardins vers l'occident 
dans lesquels est une pièce d'eau dans toute la longueur du 
nord au midi, le tout clos de murs. 

Distributions clans les bâtiments : Le principal corps de 
bâtiment faisant face à l'occident a 12 toises 3 pieds 3 pouces 
de long sur 5 toi.ses 1 pied de large. La partie en retour vers 
l'occident faisant face au nord est de 9 toises 2 pieds de long 
sur 4 toises de large, l'autre partie aussi en retour vers 
l'orient faisant face au midi à partir de l'angle jusqu'au 
bâtiment carré qu'on nomme la Tour est de 9 toises 
2 pieds de long sur 13 pieds de largeur, tous bâtiments 
construits à la française et couverts en ardoises. Le bâtiment 
au rez-de-chaussée est ainsi distribué : une antichambre, un 
vestibule, uu grand escalier, une salle de billard, une salle à 
manger, une office, deux caves sur les dites pièces ; de 
l'autre côté du vestibule, une grande salle, un corridor, trois 
pièces voûtées, deux poulaillers, une petite cour, un grand 



- 212 - 

escalier pour exploiter le premier étage. A.u premier étage : 
trois chambres, un vestibule, un cabinet, un petit vestibule, 
un corridor, une galerie voûtée qui a été distribuée de 
quatre cabinets, un autre cabinet, des lieux de commodité, 
en retour deux chambres. Du côté de l'occident : trois 
chambres, un vestibule, deux corridors, au-dessus de la 
galerie trois cabinets, une chambre, tous ces bâtiments à la 
française, couverts d'ardoises. 

Un autre bâtiment dans l'angle de la petite cour attenant 
au bâtiment principal, joignant le tout, est de 19 pieds de 
long sur 13 de large dans lequel est le grand escalier couvert 
en ardoises. 

Un autre bâtiment qu'on appelle la Tour faisant la clôture 
de la nef de l'église. Ce bâtiment a 36 pieds de long et est 
distribué ainsi, au rez-de-chaussée: une grande cuisine, 
petits fours à pâtisserie, un puits, une grande salle à manger, 
un lavoir ; au premier : une chambre, une tribune à côté, 
deux chambres, un vestibule dans lequel est l'escalier à 
noyau rond en bois pour l'exploitation des chambres et 
grenier, un fruitier, une grande chambre, une cage d'esca- 
lier ; au troisième étage : une grande chambre, cage d'esca- 
lier, grenier, et comble en pavillon couvert. Cave sous la 
cour à son entrée par les caves, laquelle a 11 toises 2 pieds 
de long sur 7 pieds 6 pouces de large. 

Un autre bâtiment à l'orient de la grande cour qui est de 
13 toises 1/2 de longueur sur 3 toises 4 pieds de largeur. Ce 
bâtiment sert de remises, écuries, lieux de commodités, 
construit de murs greniers et coxuble, couvert en ardoises. 

Un autre bâtiment à l'occident de la cour faisant face à la 
grande route de la ville de Vaas au Lude, de 4 toises 4 pieds 
de long sur 5 toises de large, le dit bâtiment distribué de 
deux remises, couverture en ardoises. 

La cour au nord du principal bâtiment est close de murs. 

Devant la principale façade vers l'occident est une terrasse 



— 213 — 

ensuite les jardins dans lesquels est une pièce d'eau, le tout 
clos de murs. 

Une baie de porte décorée de deux pilastres et un fronton 
circulaire, dans le timpan dudit fronton sont les armoiries 
des anciens abbés. 

La glacière est dans une pièce de terre labourable située 
près le grand cimetière dépendant dudit temporel contenant 
8 chaînées ; elle est en partie remplie ; couverture en paille. 

A cette époque l'abbaye de N.-D. de Vaas possédait les 
Grands-Moulins, les iles et îlots qui se trouvent au-dessus, la 
prairie des Gains, les étangs de Lavauderie et du Milieu, les 
métairies Duplessis , du Grand -Pin, du Petit-Pin, des 
Planches, de la Guibourgère, à Vaas ; le bordage des 
Closeries, à Vaas ; le taillis Dutertre et le bois de la Borde, à 
Aubigné ; le bordage de la Guillaumerie, à Lavernat ; le 
chenevrail Bacon et la vigne du Four, à Montabon ; la grange 
dîmeresse et dépendances à Luceau ; l'église et grange 
dîmeresse de Fiée ; la métairie du Plessis - Garnier, k 
Neuvy. 

Messire Charles de Siochan, licencié en théologie de la 
maison et société de Sorbonne, chanoine, vice-gérant et 
vicaire-général de Soissons, était abbé commendataire de la 
dite abbaye, en 1700. 

1770. — Le chœur et cancel de l'église de Fiée a 34 pieds 
de long sur 35 pieds de largeur. Ledit cancel formant 3 pans 
égaux et séparé de la nef par un pignon dans lequel se 
trouve une arcade qui fait l'ouverture du chœur et est 
éclairé par un vitrail, charpente à la française. Cette égli.se 
dépend de l'abbaye, de Vaas. 

1527. — Aveu rendu au roi François I'-'', au regard de sa 
baronnie de Chàteau-du-Loir, par Philippe, humble abbé de 
Vaas, et tout le couvent, des choses et droits formant l'an- 
cienne fondation, dotation et augmentation de ladite abbaye, 
savoir : « l'houstel, l'herbergement et forteresse fermant à 
pont-levis dudit lieu de Vaas, courtilz, jardrins et pourpris. 



— 214 — 

avec un colombier à pigeons, et l'infirmerie dudit lieu, le 
moulin à blé et à draps, assis en la rivière du Loir, avec les 
pêcheries, portes, écluses, et droit de contraindre les hommes 
et subjets à tourner aux dits moulins ; une garenne défen- 
sable à poissons, en la rivière du Loir, qui dure depuis 
l'embouchure du ruisseau descendant du moulin de Porrion 
en ladite rivière, jusqu'au port Liberge ; le four à ban de 
Vaas avec droit de contraindre les hommes et subjets de y 
venir cuyre leur pain ; la place ou anciennement on avoit 
halle, avec nostre foyre au jour sainct Georges, avec les 
coustumes et estallaiges des denrées vendues et estallées, 
et droit d'avoir la pugnicion, la correction et congnoissance 
des excès et délitz qui pourraient estre faitz à ladite foyre, 
et commettre garde de nos subjets à garder la foyre, et les 
marchands et denrées par jour et par nuict, lesquelles gardes 
sont commises de par nous, et font le serment de bien garder 
ladite foyre et marchans dès l'heure des vêpres de la vigille 
sainct Georges, jusques à ce que ladite foyre soit départie, 
avec droit de faire chevaucher par ladite foyre le jour sainct 
Georges par notre bailly, procureur ou sergent, et droit de 
faire bannyes et cryées en la dite foyre de par vous, notre 
sire, baron dudit lieu, etc. » 

1666. — Un autre aveu est rendu pour les mêmes choses, 
au roi Louis XIV, par François de Laupebin, abbé commen- 
dataire de l'abbaye de Vaas (1) et de celle de La Boissière, 
ordre de Citeaux. 

1581. — Bail du temporel de l'abbaye de Vaas consenti 
par haut et puissant seigneur messire Louis de Bueil, cheva- 
lier de l'ordre du roi, et son conseiller et chambellan, lieute- 
nant de sa compagnie de gens d'armes, gouverneur des îles, 
ville et château de Creusil, seigneur de Racan et de la 
Roche-au-Moine, demeurant audit lieu de la Roche, paroisse 
de Saint-Paterne, p;iys de Touraine, au nom et Tcomme 

(1) V. Recli. hisl.aii.f Vaas et Lavenial. [>. is. 



— 215 — 

procureur de frère Michel Guyton, abbé de Vaas, à Gervais 
Massé, licencié ès-droits, avocat au siège présidial du Maine, 
et à Jehan Fergeau, marchand demeurant à la Bruère, pour 
un loyer annuel de 1,100 écus d'or et autres charges. 

1591. — Bail judiciaire en la sénéchaussée du Maine, des 
fruits, profits et revenus de l'abbaye de Vaas, saisis à la 
requête du procureur du roi sur l'abbé de Vaas, pour non- 
paiement de la somme de 27,453 écus imposée sur le clergé 
du diocèse. L'abbé fait opposition audit bail, se fondant sur 
(( ce qu'à raison des troubles et guerre civile où nous som- 
mes de présent », il n'a pu parvenir à vendre certains 
héritages pour payer sa contribution. 

1724. — Bail général de la mense abbatiale consenti par 
messire Bené-Charles Venier, abbé commendataire, pour un 
loyer annuel de 3,800 livres et autres charges. 

1778. — Suptiim par adjudication à titre de ferme des 
biens de l'abbaye de Vaas, à la requête de messire Joseph- 
Marie-Charles de Siochan, abbé commendataire, sous la 
réserve de l'approbation d'un prétendu partage du temporel 
de l'abbaye fait en 1667 entre les religieux et M. de 
Laubepin, leur abbé. 



CHAPELLE DE LA BESNERIE. 

1430. — Lu chapelle de la Besnerie était desservie en 
l'abbaye de Vaas. Acte par lequel Macé Richardeau et 
Juliette, sa femme, d'Aubigné, prennent à bail perpétuel, 
des abbé et religieux de Vaas, 2 quartiers de pré sis au- 
dessous de Champeaux, sur la rivière du Loir, pour une 
rente annuelle de 5 sous tournois. 

1458. — Baillée à toujours par les abbé et religieux de 
Vaas, à Jehan Bureau de la métairie de la Besnerie, à Vaas, 
pour en payer annuellement 4 livres tournois de rente. 

1470. — Déclaration rendue à Jehan, humble abbé de 



— 210 - 

Vaas, au regard du fief de Tissue, par Marie et Jehan Bureau 
pour la métairie de laBesnerie. 

1535. — Sentence de Jehan Gaucher, conseiller du roi et 
son lieutenant à Ghâteau-du-Loir, qui condamne Jehan 
JJureau à payer la rente précitée à frère Adrien de Goune- 
ville, religieux de la dite abbaye et titulaire de la chapelle 
de la Besnerie. 

1580. — Sentence rendue par M" Pierre Bodineau, licencié 
ès-lois, conseiller du roi et de monseigneur frère unique du 
roi, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, lieutenant 
civil et criminel du sénéchal du Maine à Château-du-Loir, 
qui condamne Pierre Blanchard à payer au chapelain de la 
Besnerie, frère de René Guillemaux, G années d'arrérages 
d'une rente de 7 sous 6 deniers tournois assise sur une por- 
tion de vigne, au lieu de Valette, à Vaas. 



CHAPELLE DE TARTIFUME 

La chapelle de Tartifume était desservie en l'abbaye de 
Vaas. 

1464. — Baillée perpétuelle du bordage de Tartifume, à 
Vaas, contenant 17 arpents, faite par les abbé et religieux de 
Vaas, à Martelin Bardet pour une rente annuelle de 14 livres 
tournois, 1 septier de seigle et 2 sous 6 deniers de cens. 

1589. — Déclaration rendue par Joachim Bardet et autres, 
au regard du fief de Gourberault, aux religieux de Vaas pour 
le bordage de Tartifume. 

1617. — Sentence rendue au siège de Château-du-Luir 
par M" Louis Desboys, conseiller du roi, lieutenant-général 
civil audit lien, par laquelle François Ripeneau et autres 
sont condamnés ù payer, dans huit jours, aux religieux de 
Vaas 3 années d'arrérages de la rente annuelle de Tartifume 
de 14 livres tournois, 1 septier de seigle et 2 sous 6 deniers 
de cens. 



217 



CHAPELLE DE VAUVERT. 



La chapelle de Vauvert (i) était desservie en l'abbaye de 
Vaas ; elle a été fondée par Jehanne veuve de feu Pierre 
Poussin et Henri Le Barillier. 

1396. — Acte par lequel Etienne Tiberge, de Vaas, aban- 
donne à Jehan Quetin, religieux de l'abbaye de Vaas et titu- 
laire de la chapelle de Vauvert, que « fonda feu Henri Le 
Barillier », un quartier de vigne pour demeurer quitte d'une 
rente annuelle de 7 sous 6 deniers tournois et un demi pro- 
vendier de seigle. 

1461. — Déclaration rendue pour les 2 prés Hardi, à 
Marçon, par frère .lehan Drouart, titulaire de la chapelle de 
Vauvert, à noble Jehan Malherbe, écuyer, seigneur de Poillé 
et de la Roche. 

Î470. — Déclaration rendue par Pierre du Vau, prêtre, 
religieux de Vaas , chapelain de Vauvert , à honorable 
homme Pierre Gaudin, seigneur des Hayes, à Marçon, pour 
6 boisselées de terre audit fief des Hayes. 

1471. — Baillée à toujours du lieu de Crousille, à Marçon, 
par les abbés et religieux de Vaas, à Jacques Cleret^ de 
Chahaignes, pour en payer la rente de 15 sous. 

1476. — Baillée faite par les dits abbé et religieux de Vaas, 
d'un champ en Saint-Germain-d'Arcé au fief de Chambon, au 
clos de Valon, à Jehan Valloust, de Vaas, pour 22 sous 6 
deniers par an. 

1482. - Baillée du lieu des Hayes faite par les abbé et 
religieux de Vaas, à Jehan Lemaistre, seigneur des Hayes, 
de Marçon, pour 5 sous tournois de rente et 2 deniers de 
cens. 

1489. — Baillée du pré de Maucoueil, à Marçon, à Jehan 

(H V. Rech. Iiisl. sur Vaas et Lavernal, p. 105. 



- 218 — 

Fermé, de Chahaignes, moyennant 45 sous tournois de rente, 
plus les cens dûs au seigneur de Poillé. 

1492. — Baillée à trois vies faite à Pierre Ruallen, par 
Jehan , abbé et les religieux de Vaas , pour une rente 
annuelle de 40 sous tournois, payable à la Toussaint, du lieu 
du Vivier, à Montabon. 

1535. — Commission donnée par Jehan Gaucher, conseiller 
du roi, lieutenant du sénéchal du Maine au siège de Ghàteau- 
du-Loir, au premier sergent d'assigner, par devant le dit 
siège, à la requête de frère Jidien Plainchesne, titulaire de 
la chapelle de Vauvert, frère René Pinard, se prétendant 
aussi chapelain de Vauvert, et qui, à ce titre, a perçu 
indûment une rente de 45 sous tournois, assise sur le lieu de 
la Carrelière. 

1567. — Cession laite par veuve feue Lucas Gaullard, de 
Vaas, à W Pierre Voysin, prêtre, procureur et receveur delà 
dite abbaye, et à Denis Leber, de Mayet, de 14 sous 3 deniers 
de rente faisant partie de celle de 22 sous 6 deniers, acquis 
par ladite dame Gaullard, suivant l'édit du roi. sur le tem- 
porel de la chapelle de Vauvert, laquelle cession est faite 
pour I i livres 5 sous tournois. 

1507. — Baillée à trois vies consentie par Jacques Buat, 
titulaire du bénéfice de Vauvert, à Mathieu Ruellon et à 
René Hémon, pour une rente annuelle de 100 sous tournois. 

1593. — Sentence du siège de Chàteau-du-Loir, qui con- 
damne M' Christophe Beduet, enquêteur pour le roi audit 
siège, et autres possesseurs de la Carrelière à payer aux 
religieux de l'abbaye de Vaas, 9 années d'arrérages de la 
rente de 45 sous tournois mentionnée plus haut. 

1608. — Transaction sur procès au sujet du pré de 
Maucoueil, à Marçon, entre frère Jules de Lestang, religieux 
de Vaas, chapelain de Vauvert, René Rotier, de Chahaignes, 
et M'- Urbain Guillemaux, prieur de la Madeleine de la 
Chartre. 

1615. — Trausaclion sur procès entre Jules de Lestang, 



— 219 — 

chapelain de Vauvert et les détenteurs du lieu du Vivier, par 
laquelle ceux-ci s'obligent à payer audit de Lestang 52 livres 
pour être déchargés de l'obligation de restaurer les bâtiments 
dudit lieu, ruinés par vétusté ou par le malheur des 
guerres. 

1617. — Procès devant la sénéchaussée de Château-du- 
Loir entre Jules de Lestang, chapelain de Vauvert, et Etienne 
Bignon pour la possession d'une partie du pré de Moquerolle, 
à Marçon. 

1647, — Acquisition par frère Simon Bellanger, chapelain 
de Vauvert, d'une raize de vigne (38 chaînées) au clos des 
Fontaines, à Montabon, à raison de 6 livres par chaînée. 

1660. — Acte du lieu du Vivier fait par Pierre Mignot, 
marchand à Château-du-Loir, à fr'ère Simon Bellanger, 
chapelain de Vauvert, qui s'engage à payer audit Mignot, 
une rente annuelle et viagère de 15 livres. 

1665. — Bail du lieu du Vivier par Simon Bellanger, 
chapelain de Vauvert, pour « 70 livres tournois, 2 poids de 
chanvre teille, bon et marchand, 4 chapons etl fouasse d'un 
demi-boisseau de fleur de froment pétrie au lait et au 
beurre ». 

CURE DE VAAS, 

16'23. — Vente par Jules Begard et autres à M^ Madelon 
Loyseau, prêtre, curé de Vaas (1), d'un corps de logis situé 
auprès de la rivière du Loir, tenu du fiet de l'abbaye de 
Vaas sous le devoir de 10 sous tournois et 3 sous de /esta/^/e, 
de deux corvées, l'iuie à faner et l'autre à vendanger, de 
banalité au four et moulin de la dite seigneurie, de garde au 
jour saint Georges, pour la somme de 330 livres tournois. 

1627. — Baillée perpétuelle d'un autre corps de logis audit 
M" Loyseau, faite par Michel Prévost, messager ordinaire de 

(1) V. Rech. hitit.sur Vaas et Lavernot, p. 87. 



— 220 - 

Chàteau-du-Loir à Paris, pour une rente annuelle de 12 
livres tournois. 

4630. — Testament par François Fautras, sieur de la 
Croix et de la Renaudière, demeurant à Vaas, portant legs à 
la cure de Vaas de 21 boisseaux de seigle et de 2 livres 
15 sous d'argent. 

1639. — Déclaration rendue aux commissaires-généraux dé- 
putés par le roi pour la recherche des droits d'amortissement, 
par frère Louis Robert, prêtre religieux protes en l'abbaye de 
Notre-Dame de Vaas et curé de Vaas. 

1695. — Quittance d'une somme de 67 livres 5 sous 
7 deniers pour droit d'amortissement et nouveaux acquêts, 
délivrée au prieur-curé de Vaas, par Jean-Baptiste Brunet, 
conseiller du roi en ses conseils, garde du trésor. 

1712. — Procès-verbal de nomination d'experts et rapports 
d'iceux sur l'état des bâtiments de la cure de Vaas, faits à la 
requête de M*^ Jean Fouésil, prêtre, chanoine réguher de 
l'ordre de saint Augustin, prêtre curé de Vaas. 



CHAPELLE DE ME AUX. 

La chapelle de Meaux, desservie en l'église de Vaas, a été 
fondée par feu messire Jean Le Royer, évêque de Meaux, 
dans l'abbaye de Vaas. 

1445. — Baillée à toujours consentie à Guillaume de 
Lespinay par les abbé et religieux de Vaas pour la métairie 
de la Guerrière à Saint-Germain-d'Arcé, « contenant 24 ar- 
pents, sise au fief de la seigneurie de Chambon, pour en 
payer par an 2 septiers de froment, 2 septiers de seigle et 2 
septiers d'orge, au titulaire de la chai)elle de Meaux (1), 
desservie en l'église de l'abbaye de Vaas et que fonda feu 
messire Jean Le Royer, jadis évoque de Meaux. » 

(1) V. Iteck. /litit. sur Vaas et Lavemal, p. 103. 



— «221 — 

1449. — Bail ù toujours fait par les abbé et religieux de 
Vaas, à Jehan Le Miche, de la métairie de La Prieuré, à Vaas, 
pour en payer annuellement au titulaire de la métairie de la 
chapelle de Meaux 5 septiers de seigle, 12 boisseaux d'avoine, 
5 sous tournois et 2 poules. 

4550. — Déclaration rendue pour la rente au seigneur de 
Chambon par frère René Pinard, religieux de Vaas et chape- 
lain de Meaux. Titre nouvel donné par la veuve de Julien 
Massé, en son vivant chirurgien - major, demeurant à 
Vaas, à M« Vincent-François Le Camus, notaire royal au 
Lude (1774). 

1612. — Transaction sur un procès au sujet de la rente 
assise sur le lieu de La Prieuré, contenant 18 arpents 67 
chaînées 1/2, entre M^ René Guillemeaux, prêtre, chapelain 
de la chapelle de Meaux, et Martin Boissard, écuyer, sieur 
de Villegraton et autre détenteur de la Prieuré. 

1662. — Sentence d'Adam Deschamps, lieutenant-général 
de Beaugé, par laquelle Louis Rondeau, détenteur de la 
tenue de La Prieuré, est condamné à payer la rente précitée 
(5 septiers de seigle, 12 boisseaux d'avoine, 5 sous tournois 
et 2 poules), à frère Jacques Martin, prêtre, religieux de 
l'abbaye de Vaas, et titulaire de la chappelle de Meaux. 
— En 1727, La Prieuré, de Vaas, relevait censivement de la 
seigneurie et fief du Ruau, membre dépendant du Petit- 
Perray, « sous le devoir, envers la dite seigneurie de 6 de- 
niers de cens, et de don et lègue fait par le seigneur dudit 
Ruau au titulaire de la chapelle de Meaux ». 



CHAPELLE DE SAINTE-CATHERINE. 

1751. — Reconnaissance par les détenteurs de la baillée 
de la Cartillerie d'une rente de 44 sous due à la chapelle de 
Sainte-Catherine, desservie dans l'église Vaas, et de 3 bois- 
seaux de blé seigle et 8 sous de cens dus à l'abbaye. 



222 — 



PRIEURE DE MONTSUREAi: 



1627. — Déclaration faite à frère Fabian Jeunier, religieux 
profès de l'abbaye de Vaas, prieur de Montsureau (1), par 
Floritnond Robert, pour un pré, sis à Vaas. 

1629. — Autre déclaration faite au même par André 
Cheverieu, pour une chaînée de terre, à Vaas. 



LES GRANDS MOULINS. 

17G4. — Sentence de Jacques-Hercule-François Massue, 
conseiller du roi, président, lieutenant-général, commissaire 
enquêteur et examinateur en la sénéchaussée et siège royal 
de Château-du-Loir, qui déclare résilié le bail des Grands- 
Moulins de l'abbaye de Vaas consenti par messire Paul 
Ghauchon, prêtre, docteur en théologie, commandeur des 
ordres militaires et hospitaliers de Notre-Dame du Mout- 
Garmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, aumônier du duc 
d'Orléans, abbé commendataire de l'abbaye de Vaas, au sieur 
Laurent Fuzil, attendu que ces moulins ont été toujours hors 
cVétat de tourner et de travailler. 

1780. — Sentence du siège de l'élection qui statue que 
messire Joseph-Marie-Gharles de Siochan, prêtre, licencié en 
théologie, chanoine, vice-gérant et vicaire-général de Soissons, 
abbé commendataire de l'abbaye de Vaas, seigneur dudit Vaas 
et du Plessis-Garnier, demeurant ville de Soissons et actuel- 
lement en sa maison abbatiale de Vaas, sera payé par privi- 
lège de la somme de 600 livres pour une année de fermage 
des dits Grands-Moulins, sur les deniers de la vente des 
meubles et effets saisis sur Jean Rottereau et Anne Loizeau, 
sa femme, ci-devant fermiers des Grands-Moulins de Vaas. 

(1) V. Recli. hisl. sur Vaas cl Laver nat, p. 90. 



— 223 — 



LES PONTS DE VA AS. 



30 novembre 1382 . — « La Lettre du sire de Châteaufromont, 
chambellan du roi et du duc de Calabre, d'Anjou, de Tou- 
raine et comté du Maine, lieutenant-général dudit seigneur 
et de madame la duchesse ès-dits duchés et comtés, adressée 
au sénéchal de ce pays, etc., pour forcer et contraindre 
les religieux et couvent de Vaas, de refaire les ponts de 
Vaas pour passer la rivière du Loir ; lesquels ponts sonl 
depuis longtemps rompus et démolis ». Un long procès s'en 
est suivi ; les religieux disaient que les ponts étaient autre- 
fois en bon état et qu'ils avaient été détruits par les ennemis 
du roi et de monseigneur, et par les gens du pays, pour 
Futilité publique afin que les ennemis ne pussent passer, et 
comme leurs rentes et revenus sont si diminués et amoindris 
par les guerres qu'ils peuvent à peine avoir de quoi vivre en 
faisant le service divin et aussi ils répondent « qu'ils ne sont 
pas tenus à la réfection des ponts, considérant qu'ils furent 
rompus et abattus par les ennemis et autres pour le profit 
commun ». 

Par suite le lieutenant-général autorise la levée à Vaas et 
dans les paroisses voisines d'une aide consentie par les 
habitants pour la réfection et restauration des ponts de Vaas 
et dont le montant sera recueilli par Laurent Boyvin commis 
à cet effet. En date à Tours 30 novembre 1382 (1). 



MOULIN DE POSSAC. 

l^eO. — Baillée à vie du moulin de Possac, par Jean, abbé 
et les religieux de Vaas, à Laurent Desgoutières, prêtre., l'un 



(1) V. Les ponts de Faa.9, par M. A. de Bourmont {Rev. hist. et archéol. 
duMaine,\8Sl.} 



— '224 — 

des dits religieux, et d'une place pour construire un moulin 
et d'une pâture d'un quartier, le tout situé sur l'étang de 
Poursac, sur le chemin de Vaas à Verneil pour une rente 
annuelle de 10 sous tournois. 

1475. — Baillée à toujours du même moulin à André 
Guillemeaux pour 4 livres 10 sous et 1 poule de rente an- 
nuelle, 6 deniers de cens, plus les droits de faitage et la 
garde à la foire de saint Georges, et 2 corvées, l'une à faner, 
l'autre à vendanger. 

LA BEAUSONNIÈRE. 

1484. — Acte passé en la cour de Château-du-Loir par 
lequel Macé de La Porte, demeurant à la Fouterive"? diocèse 
de Limoges, donne pour l'amour de Dieu, à l'abbaye de Vaas 
une rente de 3 septiers de seigle et 20 sous qui lui sont dus 
sur le lieu de la Beaussonnière, à Vaas, plus une autre rente 
de 3 sous tournois à lui due par Jehan de Marne sur sa 
tannerie, sise sur le Loir, à Vaas. 

1540. — Lettres du roi François P'' données à la requête 
de François Carreau, abbé de Vaas, relativement à un procès 
intenté aux détenteurs de la Beausonnière par Philippe 
Hamelet, prédécesseur dudit Carreau, décédé, au sujet d'une 
rente d'un septier de froment, mesure de Mayet. 



LA VIEILLERIE. 

1396. — L'abbé et les religieux de Gastines baillent à 
André Vian et Guérite, sa femme, de Vaas, la moitié de 
« l'estre de La Vieillerie », pour 40 sous tournois de rente. 

1485. — Potou, abbé de Gastines, baille à 3 vies à Jehan 
Goupilleau, de Vaas, le bordage delà Vieillerie, autrement la 
Martraye, de 10 arpents, sur le chemin des Halles de Vaas à 
Chenu, pour 18 sous de rente, 8 sous 4 deniers de cens et 



— 225 — 

3 boisseaux de seigle, livrables à Montsureau à la saint 
Nicolas d'hiver. 

1518. — Alexandre, abbé commendataire de Gastines, 
baille à Pierre Sécard, de Vaas, la métairie de la Vieillerie 
de 12 arpents, pour 35 sous, 6 boisseaux de blé, 2 chapons 
de rente et 1 denier de cens. 

1557.— Pierre « Séquart le jeune », vend à Michel Perroux, 
prêtre à Vaas, la Vieillerie pour 60 sous tournois que le père 
Séquart avait acquis des religieux de Gastines. 



LA GASNERIE. 

I 

1273. — Vente par Macé Bignotian et Marie, sa femme, 
de divers biens à la Guarnerie (Gasnerie), de Vaas, au fief 
de Robert de la Fosse. 

1419. — Baillée h 3 vies de la Gasnerie, à Vaas et Monta- 
bon, au fief de l'abbaye de Bonlieu, par les religieuses de 
Bonheu, à Gillet et à Poupée, d'un « aistre appelé la Gasne- 
rie », pour 4 septiers de seigle et 7 sous tournois de rente. 

1483. — Autre baillée du même lieu par les religieuses 
de Bonlieu, à Sainton , Gillet et Jean Poupée , pour 
4 septiers de seigle, 20 sous tournois et 2 chapons de rente 
annuelle. 

LA BOURGONNIÈRE. 

1486. — Bail du lieu de la Bourgonnière, à Vaas, fait par 
les religieux de Chàteau-l'Hermitage à Jeanne Courberault 
veuve de feu Saincton Voisin et au plus vivant de ses enfants, 
pour une rente annuelle de 75 sous tournois. 

1511. _ Bail de la Bourgonnière à plusieurs vies par les 
religieux de Chàteau-l'Hermitage à Adam Prieur, pour 7 
livres tournois et 4 chapons de rente annuelle. 

XXIV. 15 



226 



LA CARTILLERIE. 

1526. — Déclaration rendue pour le lieu de la Cartillerie, 
à Vaas, aux prieur et religieux de Vaas, par Robine veuve 
de Jehan Davy. 

1617. — Les religieux de Vaas reçoivent 3 boisseaux de 
seigle de rente .sur le lieu de la Cartillerie. 

1751. — Reconnaissance par les détenteurs de la baillée 
de la Cartillerie d'une rente de 44 sous due à la chapelle de 
Sainte-Catherine desservie dans l'égHse de Vaas, et 3 bois- 
seaux de blé seigle et 8 deniers de cens dûs à l'abbaye de 
Vaas. 

LA TASSOUPIERRE. 

14()4. — Baillée du lieu de la Tassoupierre, à Vaas, sis sur 
le ruisseau qui descend du Moulin-Neuf au moulin de Porion, 
contenant 2 arpents, faite par les abbé et religieux de Vaas 
à Simon Peslier, pour une rente annuelle et perpétuelle de 
10 sous tournois et une mine de seigle, mesure de Chàteau- 
du-Loir, 

1541. — Déclarations du lieu de la Tassoupierre faites aux 
religieux de Vaas par François Carreau ; en 1602 par Robert ; 
en 1648-1607 autres déclarations faites à François de 
Laubepin, abbé de Vaas, conseiller du roi, seigneur de Bossé 
(à Aubigné), abbé de la Boissière. 

En 1617, les religieux de Vaas recevaient 6 boisseaux de 
seigle du lieu de la Tassoupierre. 



LES URETONNIERES. 

152 i. — Déclaration rendue pour le lieu des Bretonnières 
de 30 arpents, à Vaas, |jar Perrot Blaneliard et autres à 
R. I*. en Di<'H lMiilip|)e, abbé de Vaas. 



— 227 — 

XVIP siècle. — Acte de vente fait par Jelian Blanciiart, à 
Jehan, humble abbé de Vaas, d'une rente annuelle et perpé- 
tuelle de 10 sous tournois, assise sur la sixième partie indi- 
vise des Bretonnières, pour 9 livres tournois. 

1657. — Autre déclaration faite pour le même lieu à 
messire François de Laubépin, seigneur de Bossé et la Per- 
sillière, conseiller du roi, titulaire de l'abbaye de N.-D. de 
Vaas et de celle de Ménot. 

1685. — Sentence de la sénéchaussée de Ghàteau-du-Loir 
qui condamne René Bardet, détenteur de la baillée des 
Bretonnières à payer à messire Charles Barentin, abbé de 
Vaas, 30 années d'arrérages d'une rente de 2 poules assise 
sur ledit heu. 

LA LAVAUDERIE. 

1451. — Baillée à 3 vies de la Lavauderie, contenant 
3 arpents de terre, faite par les abbé et religieux de Vaas, à 
Laurent Hérillart et Gasseline, sa femme, de Vaas, pour en 
payer 2 septiers de seigle, mesure de Vaas, et 20 sous tour- 
nois, le tout de rente annuelle. 

1486. — Baillées des lieux de la Lavauderie et de la 
Berthotellerie avec 2 étangs et 1 moulin, consenties par les 
abbé et religieux de Vaas, à Jehan Hérillart, de Vaas, pour 
une rente annuelle de 6 livres 17 sous, 2 chapons et 6 septiers 
de mouture valant seigle, mesure de Château-du-Loir, le 
tout payable à l'Angevine. 



ROCHEREAU. 

1471. — Baillée perpétuelle de Rochereau, à Vaas, faite 
par Jean, abbé et les religieux de Vaas, à Guillaume Le 
Pelletier, de Vaas, pour une rente annuelle de 60 sous tour- 
nois et 3 poules, payable en l'abbaye au profit et usage de 



— 228 — 

la chapelle qu'y fonda feu l'abbé Philippe de Lespinay, et à 
la charge, en outre, de construire, dans l'espace de 2 ans, 
sur ledit lieu, une maison bonne et compétente, et de mettre 
et d'entretenir les terres en culture. 

1527. — Aveu rendu pour le lieu de Rochereau, à Vaas, 
par Philippe, abbé et religieux de Vaas, à la baronnie de 
Château-du-Loir. 

].A GRIFFERTE. 

1535 — Déclarations rendues aux prieur et religieux de 
l'abbaye de Vaas par Etienne Bourgoing pour un champ 
contenant 9 boisselées ; par Jehan Heullard, et Jean Lefebvre 
pour une pièce de terre nommée la mine des Sablons. 

1560. — Déclaration rendue par Michel Pelletier pour 
une maison située sur le chemin (jui va des ponts de Vaas à 
l'abbaye. Ces objets dépendent de la baillée de la Grifïerie. 



LIEU DU GRAND-PESLE. 

1541. — Lettres du roi François I"'' accordées aux religieux 
de Vaas pour t:onlraindre Julien Nadereau à leur laisser 
libre la. jouissance et disposition du lieu du Grand-Pesle, à 
Nogent-sur-Loir. 

1545. — Baillée à plusieurs vies du Grand-Pesle, faite par 
François Carreau, abbé de Vaas, évèque de Salonnes pour 
une rente annuelle de 45 sous tournois. 

1628. -^ Le chapitre général de l'abbaye de Vaas, présidé 
par Jules de l'Estang, prêtre, prieur claustral, en l'absence 
de messire Dominique Séguier, conseiller du roi au parle- 
ment de Paris, grand doyen de l'église de Paris, abbé de 
Vaas, charge le dit prieur de se transporter sur le lieu du 
Grand-Pesle pour s'informer si la baillée précédente est 
expirée et quelle peut-être la valeur locative dudit lieu. 



— 229 



LA BARRE. 



1568-1742. — Déclarations du lieu de la Barre ou des 
Loges, à Vaas, rendues au fief de la Thorinière appartenan t 
aux religieux de Château-l'Hermitage. 



LA CAILLETIERE. 



1548. — Acte par lequel Madelon Lebèchu se reconnaît 
débiteur envers l'abbaye de Vaas de G livres 5 sous pour les 
arrérages de 5 années de la dite rente, assise sur le lieu de 
la Cailletière, situé sur le chemin tendant du moulin de 



Guébrunet à Aubigné. 



l'aitre dutertre. 

1559. — Sentence rendue par M"^ Julien Gaucher, licencié 
ès-droits, lieutenant du sénéchal du Maine à Château-du-Loir, 
qui condamne les détenteurs de l'Aitre Dutertre à payer aux 
religieux de Vaas une rente de 24 sous 6 deniers et 30 bois- 
seaux de seigle. 

LA hamardière. 

1447. — Frère Olivier Ferrant de l'abbaye de Gastines, en 
Touraine, baille à Jehan Rolon, de Vaas, « l'estre de la 
Hamardière composée de bâtiments et 2 arpens 1/2 déterre, 
à Vaas, pour 29 sous 6 deniers et 2 chapons de rente et 
2 deniers de cens ». 

1617. — Sentence du sénéchal d'Anjou condamnant Jean 
Cureau à payer à Jean Duchesne les arrérages de 2 sols 
2 deniers de rente due sur un champ de la Hamardière. 



— '230 — 



LA FOUSCHERIE. 



1410. — Bail à '^ vies fait par les religieux de Château- 
l'Hermitage à Guillaume Laigneau, à Jeanne, sa femme, et à 
l'un de leurs enfants de l'aistre de la Fouscherie, à Vaas, 
pour 8 sous de rente annuelle et à la charge d'y faire cons- 
truire, avant 4 ans révolus une maison bonne et compétente. 



LA BODINIERE. 

1508. — Bail à plusieurs vies fait par Adam, prieur de 
Château -l'Hermitage , à Michel Dutertre, d'un champ de 
3 quartiers à la Bodinière, à Vaas, pour 7 sols 6 deniers de 
devoir. 

LA VJGNE. 

1628. — Vente d'une rente de 25 boisseaux de seigle, 
mesure de Ghâteau-dn-Loir, et 50 sous tournois en argent 
sur la baillée de la Vigne, à Vaas, consentie par Jean Couette, 
écuyer, sieur de la Grifferie et de la Roche, de Vaas, demeu- 
rant ;iu lieu seigneurial de la Roche, à François Fautras, 
sieur de la Croix et de la Raudière, y demeurant, paroisse 
de Vaas, pour le prix de 224 livres tournois. 



LA BESNARDIERE. 

1085. — Messire Charles Jiai'entin, abbé commendataire 
lie Vaas, achète une rente de 8 livres 15 sous, assise sur le 
lieu de la Besnardière, à Vaas, pour 100 livres. 



231 



LA BIFFERIE. 



1602. — Déclaration du lieu de la Bifferie à Robert, 
docteur en théologie, abbé de Vaas, par Pierre Hérillart. 



LORIDIER. 



1771. — Vente par les époux René Piron, marchands, 
aux époux Louis Chauveau du lieu de Loridier, à Vaas, sur 
lequel était affectée une rente de 50 livres. 



ACTES DIVERS. 

1407. — Bail à trois vies par les religieux de Ghàteau- 
l'Hermitage à Macé Coulleard, à sa femme et son vivant 
d'eux trois, de 2 arpents de terre en bois, vigne, et bruyère, 
à Vaas, près la Gaherie, pour 5 sous tournois de rente. 

1475. — Acte par lequel les abbé et religieux de Vaas 
baillent à Philippon Davy et à ses descendants en ligne 
directe deux pièces de terre près le bois du Tertre, à la 
charge d'y construire une maison sur « six ataches .» bonne 
et compétente, dans l'espace de six ans, et d'en payer an- 
nuellement 15 sous tournois et 2 poules. — Déclarations 
rendues à Philippe (1527), à François Carreau de la Garre- 
lière, évêque de Salonnes (1558), à frère Michel Guy ton, 
prêtre (1589) , à Robert et autres abbés de l'abbaye 
de Vaas. 

1484. — Déclaration rendue pour 2 pièces de terre près le 
bois du Tertre à Jehan Leproust, abbé de Vaas. 

1485. — Vente d'un pré de 3 quartiers du fiefde Varennes, 
sur la rivière du Loir, et d'une rente de 25 sous tournois par 
Louis le Secrétaire, d'Aubigné, à Jehan, humble abbé de 



— 232 — 

Vaas, pour 43 livres tournois payées comptant en écus à 
l'étoile, valant la pièce 36 sous 6 deniers tournois, 4 florins 
valant chacun 17 sous 6 deniers tournois, 2 florins d'Aragon, 
valant 26 sous 3 deniers tournois l'un, et le surplus en mon- 
naie courante. 

1487. — Délibération capitulaire à laquelle M^ Leproust, 
l'abbé et les religieux deVaas consentent baillée perpétuelle 
à René Lefebvre, de Lavernat, d'une pièce de terre en gast, 
moyennant 12 deniers de cens et une rente annuelle de 20 
sols 6 deniers. 

1488. — Vente de 3 quartiers de pré dans la prée de la 
Pointe, à Nogent-sur-Loir, au fief de Vaux, faite par Perrot 
de Vaas, à Jehan, abbé de l'abbaye de Vaas, pour le prix de 
20 livres 10 sous tournois. 

1489. — Autre acte par lequel l'abbé et les religieux de 
Vaas baillent à titre perpétuel à Julien Picher, Jehan Picher, 
son fils, et Michau Chastellier, son gendre, une pièce de 
gast de 1 arpent 1/2 adjointe à la pi-écédente et aux terres 
de la métairie du Pin, pour 12 deniers de cens et 22 sous 
6 deniers de rente. 

1497. — Vente par Jehan Regnault à Philippe Potier, clerc 
de Vaas, d'une pièce de vigne de 1 quartier 1/2 près le 
Grand-Pin, pour 10 livres tournois payés comptant. 

1499. — Vente par Jehan Picher, à Jehan, abbé de Vaas, 
de la part indivise d'une vigne, à Vaas, contenant 1/2 arpent, 
pour 8 livres tournois payés comptant. 

1511. — Les religieux de N.-D. de Gastines baillent à 
Michau Gullier et à Jean Bourdilleau, de Vaas, un champ de 
3 arpents, pour 25 sous et 2 chapons de rente. 

1521. — Bail par Alexandre, abbé commcndatairc de 
Gastmes, aux enfants de feu Jean Pinard, de 2 champs de 
2 arpents 12 boisselées, à Vaas, près la métairie deChambon, 
pour 6 boisseaux de seigle et I [)(Mile de rente. 

'I5'18. — Champ en bois et bruyère d'un arpeiil, ;i Vaas, 
b.iillf' par les religieux de Gastines à Martin Melacourt, de 



— 233 - 

Saint-Germain-d'Arcé, pour 7 sous 2 poules de rente et 6 
deniers de cens. 

1521. — Alexandre, abbé de Gastines, baille à Mathurin 
Breteuil et à la veuve Colas de Mézières, sœur dudit Mathurin, 
une maison et 3 arpents de terre près la Peschouère, 7 ar- 
pents de terre sur le bord du chemin de Vaas à Saint-Jean- 
de-Beauvais, un arpent de pré, sur la rivière de la Fare, 
pour '20 sous tournois et 18 boisseaux de seigle de rente pen- 
dant la vie des preneurs. Après leurs décès, leurs héritiers 
seront tenus de payer chaque année une rente de 2 septiers 
de seigle, 30 sous tournois et 2 chapons sans compter les 
dîmes. 

1527. — Martin Goupilleau, de Yaas, vend à Pierre 
Séquart, un champ de 6 bois.selées sis au fief deMontsureau, 
pour 7 livres tournois. 

1529. — Abandon d'une pièce de terre, sise sur le bord de 
la rivière du Loir, par M" Pierre Desmarnes, prêtre, demeu- 
rant à Vaas, pour demeurer quitte envers l'abbaye d'une 
rente de 7 livres tournois assise sur ledit héritage. — Sous 
Philippe, abbé de Vaas. 

1570. — Sentence de Pierre Bodineau, lieutenant civil et 
criminel à Chàteau-du-Loir, condamnant Pierre Chesneau 
à payer à Julien Robineau, fermier du prieuré de Montsu- 
reau, à Vaas, les droits de vente pour un contrat que le 
défendeur avait passé avec Michel Perroux et les arrérages 
d'une rente de 30 sous et 2 chapons due sur un arpent 
de vigne au clos de Montsureau. 

1603. — Déclaration rendue au regard du fief des Barres, 
à Luceau, par Jean Marais et Bastien Le Royer, pour divers 
héritages au lieu de Ballon, à Beaumont-Pied-de-Bœuf, à 
frère Bobert, humble abbé de Vaas. 

1609. — Autre déclaration rendue par François Barbin à 
frère Robert, humble abbé de Vaas, pour une maison et 
dépendances du lieu de Beauregard, en Luceau. 

1675. - - Frère François Jacques, chanoine régulier de 



— 234 - 

Notre-Dame de Vaas, assiste au mariage de François- 
Bernard Coussin de Luché, avec Madeleine Jacques de la 
Hurbière, du Lude. 

1G88. — Sentence du siège de Chàteau-du-Loir (jui con- 
damne Jacques Busson, détenteur de la maison de Vlmage 
Saint-Pierre, à Vaas, à payer à messire Charles Barentin, 
abbé commendataire de l'abbaye de Vaas, une rente de 65 
sous assise sur cette maison. 

1717. — Bail à rente d'une place de maison, à Vaas, fait 
par messire Barentin, abbé de Vaas et de la Boissière, à M« 
Jean Fouésil. 

1739. — Reconnaissance au prieuré de la Fontaine-Saint- 
Martin de 2 sous (3 deniers de rente sur le moulin de Boisard, 
à Oize, par Madelon-Timoléon de Savonnière, seigneur de 
la Cour-de-Net, à Vaas, mari de Renée Le Roy. 

4748. — Abandon du lieu de Guillemaury aux prieur, cou- 
vent et abbaye de Vaas, par M^ Joseph de Goulard, prêtre, 
ancien curé de Luceau, pour une rente annuelle et viagère 
de 40 livres. 

1788. — Parmi les rentes appartenant aux bénédictines du 
prieuré de Château-du-Loir sur les aides et gabelles, il en 
est une de 25 livres que Martin Menant, bourgeois de Paris, 
originaire de Vaas, ancien secrétaire de M. de la Bourdon- 
naye, ancien syndic des rentes de l'hôtel de ville de Paris, et 
époux de Marthe Largillière, avait léguée aux dites religieuses 
par son testament du 19 octobre 1743 et qui faisait partie 
d'une rente de 47 livres 10 sous venus audit Menant de la 
succession de François Gaultier, ancien directeur des vivres 
de France et d'Allemagne. 

1788. — Bail à ferme de 25 chaînées de terre près le lieu 
de Roisneau, au prieuré de N.-D. de Ch;Ueau-du-Loir, pour 
10 livres par an, à Cuillaume Gillet, marchand à Vaas, par 
la supérieure de Maria-Moinerie, la dépositaire Marie Corbin 
et la l)oursicre Jeanne Cornilleau (1). 

(1) Exlr. de l'inv. somm. des arch. de la préfecture. 



:>35 



AMPHITHEATRE. 



Nous croyons devoir reproduire les principaux passages 
d'un article de M. G. Jousse, publié dans la Sat^Uie, sur un 
amphithéâtre, à Vaas : 

« Il y a quelques jours, je visitais les restes d'un édifice 
dont maintenant on ne distingue plus que des murailles 
s'élevant à peine à quelques décimètres au-dessus du sol. Je 
veux parler d'un amphithéâtre bâti, sans aucun doute, au 
temps de la domination romaine dans les Gaules et dont 
l'arène a peut-être été arrosée bien des fois par le sang des 
gladiateurs. Les ruines de cette construction portent dans le 
pays le nom de château de Gane (1). 

» Peut-être a-t-il existé dans les environs de Vaas un 
château ayant appartenu à Ganelon seigneur de Gane, mais 
assurément les restes de l'édifice qui se trouvent à cinq cents 
pas de l'arche de Cherré ne sont pas ceux d'un castel féodal. 
D'ailleurs on va en juger : 

» L'amphithéâtre en question — je dis amphithéâtre par 
ce que je me figure que ces ruines ne peuvent provenir que 
d'une construction semblable — a la forme d'une demi cir- 
conférence ayant un diamètre d'environ quarante mètres. 
L'intérieur est entièrement rempli de murailles demi-circu- 
laires qui probablement s'élevaient autrefois en gradins, 
puis par d'autres qui relient ces premières entre elles. Au- 
devant de cette partie de l'édifice, devait, sans aucun doute, 
se trouver l'arène ; car on voit encore des pans de murs, qui 
partant de la construction que je viens de décrire, semblent 
avoir du se continuer parallèlement et entourer un espace 
carré ou rectangulaire réservé aux sanglants combats des 
gladiateurs. 

» Gomme on le voit, il n'est guère probable que ces ruines 

(1) V. Rech. hist. sur Vaas et Lavernal, p. 132 et suiv. 



- 236 — 

proviennent d'un château fort qui, d'ailleurs, aurait été mal 
situé, attendu qu'il se serait trouvé au fond d'une étroite 
vallée. 

» Dans une prairie située de l'autre côté de la route, et 
distante d'environ cinq cents mètres de l'amphithéâtre, des 
vestiges de constructions qui, j'ai tout lieu de le croire, 
étaient des bains romains. Malheureusement, il m'a été im- 
possible de me rendre bien compte de la distribution de ces 
nouvelles ruines, car, plus encore qu'au château de Gane, 
les fouilles sont insignifiantes. J'ai remarqué seulement que 
les murs sont d'une épai.sseur plus qu'ordinaire et que 
l'édifice devait être très vaste. D'ailleurs cette prairie sem- 
ble renfermer dans son sein une grande quantité de restes 
de murailles, qui ne sont pas à une grande profondeur. 

» Maintenant quel est l'historique de tous ces restes d'édi- 
fices et de constructions remontant à des temps bien 
éloignés ? 

» Des fouilles seules pourront peut-être nous renseigner, 
et ce n'est qu'avec l'intention de donner l'éveil aux amateurs 
d'antiquités, aux savants, que j'ai écrit ces quelques lignes. 

» Avis donc aux archéologues qui trouveront dans des 
recherches d'amples dédommagements pour leurs peines, 
c'est-à-dire de précieuses découvertes, intéressant ranti([uité 
et l'histoire. » 

CIMETIÈRE. 

Au mois de septembre 1886, on a découvert à Vaas, un 
cimetière assez considérable et qui paraît remonter au XII'' 
siècle. Les cercueils, en grès coquillier, d'une longueur de 
1'" î)5 et d'une largeur de 0'" 55 à 0'" (iO à la tète, et aux pieds 
()'" ;}5 à 0'» 40, sont placés sous une couche de terre d'une 
épai.sseur de ()'" '25. Ils sont orientés à l'est sur un triangle 
d'une étendue de 100"' à la base, et situés au nord de Vaas, 



^237 



dans le champ des Derrières, le long de la ligne de Vaas à 
à Aubigné, à 30'" environ de la station de Vaas. Une dizaine 
ont été mis à jour, et on peut supposer qu'il y a une dizaine 
de rangs à découvrir. Les couvercles sont en fragments, et 
à l'intérieur on ne trouve plus que de la terre et des débris 
d'os. 

F. LEGEAY. 



CHRONIQUE 



Depuis la |)iil)lication de la dernière livraison, la Conseil 
de la Société historique cA archéologique du Maine, a admis: 

Gomme membre titulaire : 

M. DE LA BARRE DE NANTEUIL (le vicomte Emmanuel), 
au château de Moire, par Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe). 

Comme membre associé : 

M. DE CUMONT (le comte), maire de Crissé, conseiller gé- 
néral, au château de l'Hôpitau, par Sillé-le-Guillaume 
(Sarthe). 



On vient de découvrir , dans le département de la 
Mayenne, un dolmen (iiii, jusipra co jour, était demeuré 
complètement inconnu. 

Il s'élève sur une hauteur, près du hameau de la Louve- 
tière, dépendant de la commune de Saint-Mars-de-la-Futaye, 
mais plus rapproché de celle de Saint-Berthevin-la-Tanière, 
dont il n'est éloigné que de '2,800 mètres Nord-Ouest. 

Le monument alïecte la forme régulière d'une allée cou- 
verte. Il est presque enfoui dans le sol, cumme celui de la 
Contrie, près d'Ernôe, avec lequel il oilre la plus grande 
analogie. Il est mieux conservé du côté du chevet qu'à 



— 239 - 

l'extrémité opposée. La pierre plate, posée verticalement, 
qui forme le chevet, est de dimensions colossales, et plu- 
sieurs dalles du toit sont également d'une taille et d'un 
poids peu communs. 

La longueur est d'environ dix mètres. 

Il était facile de reconnaître, à première vue, que le sol, 
à l'intérieur, avait été depuis bien longtemps foulé, creusé, 
bouleversé et que par con.séquent des fouilles avaient peu 
de chance de réu.ssir. Le propriétaire, mis en éveil par les 
visiteurs, a fait pratiquer une excavation près de la pierre 
du chevet ; un archéologue a, depuis lors, trouvé dans les 
déblais deux couteaux en silex et un fragment de poterie 
orné de lignes au pointillé. 

Nous espérons recevoir sur ce dolmen, fort beau, paraît- 
il, des renseignements plus détaillés. E. M. 



En rendant compte du décès de M. Almire Bernard, 
ancien notaire et ancien maire de Saint-Pierre-sur-Orlhe 
(Mayenne) nous signalions une donation faite par lui, à la 
Bibliothèque de Laval, de divers manuscrits consistant prin- 
cipalement en notes recueillies pendant sa longue carrière. 
Nous sommes aujourd'hui en mesure d'affirmer que ce fonds 
comprend non pas six volumes, mais trente volumes et une 
dizaine de liasses, déjà entrées à la Bibliothèque de Laval. 



Notre confrère, M. Liger, continus avec succès ses inté- 
ressantes études sur les anciennes voies romaines de la 
région. Il vient encore de signaler sur le plateau de la 
Grande Guette, aux deux tiers de la distance du Mans à 
Jublains et au point correspondant à la dix-septième heue 



2.4() 



gauloise, non loin du vieux chemin d'Évron, l'existence 
d'une station romaine dont les débris jonchent le sol sur 
une superficie d'environ sept hectares. Dans cet espace, on 
trouve, paraît-il, les traces de deux édifices importants, 
comportant, l'un, un carré parfait de '21 mètres de côté, 
l'autre un carré long d'environ 33 mètres sur 18. Les murs 
n'avaient pas moins de 0"i 9(K d'épaisseur. 

M. Liger nous a remis, d'autre part, une tuile romaine 
trouvée récemment par des ouvriers du gaz, dans la rue de 
Paris, au Mans. Ce fait confirme l'opinion de l'abbé Voisin 
d'après lequel la direction de la rue de Paris serait celle 
d'une ancienne voie. 



Le château de Bonnôtable, restauré avec tant de soin et 
de magnificence, par M. le duc de Doudeauville, a été inau- 
guré le dimanche 26 août 1888 par des fêtes brillantes qui 
laisseront dans la contrée un long et excellent souvenir. 
Nous n'avons pas, dans cette chronique, à donner le récit 
de ces fêtes dont les moindres détails ont été longuement 
racontés i)ai' la presse parisienne et par la presse locale. 
Nous croyons seulement devoir conserver, pour les lecteurs 
de la Bévue, la date d'inauguration du château, date désor- 
mais très importante pour l'histoire de l'édifice et pour celle 
de la ville de Bonnétable. 

Nous tenons aussi à répondre aux désirs qui nuus ont été 
exprimés par plusieurs de nos confrères, en rappelant la 
date précise de la construction du château. Ce fut le 15 juillet 
1476 que Jehan d'Harcourt, autorisé par lettres patentes à 
rétablir et à fortifier son château de Bonnétable, traita avec 
un architecte angevin, Mathurin Delandelles, ([ui prenait 
modestement la qualification de maçon, et lui fit établir un 
curieux devis, dont le texte a été publié en 1859, par M. F, 



— 241 - 

Piel dans une Notice sur le château de Bonnétahle. Les 
ouvriers se mirent aussitôt à l'œuvre, mais des difficultés 
étant survenues en raison de l'insuffisance des salaires, les 
travaux furent suspendus. Peu après, Jean d'Harcourt re- 
connut la justesse des plaintes qui lui étaient adressées, et 
le 7 janvier 1479 il conclut avec Mathurin Delandelles un 
nouveau marché, dont le texte a été publié également par 
M. F. Piel. Reprise sur le champ, -la construction ne semble 
pas avoir subi de nouvelle interruption. 

Le château de Jean d'Harcourt était donc un intéressant 
spécimen des forteresses élevées après la guerre de Cent 
Ans, à la veille de la Renaissance, au moment où les 
sombres demeures seigneuriales de l'époque féodale com- 
mencent à se transformer. 

La Notice sur le château de Bonnétahle de M. F. Piel a 
été insérée dans la Revue de VAnjou, tome IV pages 65 et 
193, tome V, page 1. Angers, Cosnier et Lacheze, 1859. 

R. T. 



Nous sommes heureux d'apprendre à nos confrères que 
dans sa dernière session (août 1888), sur le rapport présenté 
par un de ses membres, M. Renard, et sur la proposition de 
M. le Préfet, le Conseil général a bien voulu renouveler, à 
la Société historique et archéologique du Maine^ pour l'exer- 
cice 1889, la subvention annuelle de 1200 fr. qui lui avait 
été accordée pour l'exercice 1888 sur le rapport de M. Bout- 
tié. C'est une nouvelle preuve du haut intérêt que l'Assem- 
blée départementale de la Sarthe , conformément à ses 
excellentes traditions, porte toujours au développement des 
études historiques et artistiques. 



XXIV. 10 



— ^242 — 

Par décision du mois de juillet dernier, notre collabora- 
teur et confrère, M. André Joubert, a été nommé membre 
d'honneur de VAcademia ddle Giovani Italiani, de Naples, 
placée sous la présidence d'honneur du célèbre historien 
César Gantu. 



La Société historique et archéologique di< Maine vient de 
faire une nouvelle perte très sensible par la mort de M. le 
comte du Buat, arrivée en son château de la Subrardière, 
en la commune de Méral (Mayenne). Ce triste événement 
est depuis plusieurs semaines parvenu à la connaissance de 
tons les membres de la Société, car la presse a payé un 
juste tribut d'hommage aux grandes qualités du défunt. 

M. le comte Charles du Buat était né à Laval en 1804. Par 
son père, il descendait d'une très ancienne famille de Nor- 
mandie et par sa mère d'une famille non moins distinguée 
venue de Bretagne. Elevé dans les traditions du dévoue- 
ment le plus absolu à la cause de la royauté légitime, 
Charles du Buat, lorsqu'arrivèrent les événements de 1832, 
prit part à l'organisation du mouvement qui se prépa- 
rait dans l'Ouest, et (jui fut étoufïc avant d'avoir pu se 
produire. 

L'année suivante il épousa M"'^' Clotilde d'Anthenaise et 
s'établit à sa terre de la Subrardière, au milieu d'un pay.s" 
sans communications et où l'agriculture n'était qu'une rou- 
tine. Aussitôt il s'appliqua à l'étude de la science agricole et 
en peu de temps il lui fit faire des progrès remarquables. 
Les médailles qu'il a remportées, les objets d'art qu'il a 
obtenus dans tant de concours, forment une véritable collec- 
tion dont le joyau est la prime d'honneur, c'est-à-dire la 
plus haute recompen.se agricole. Elle lui fut décernée en 
1862. Le 3 août 1875, la croix de la Légion d'honneur lui fut 



— 24:i — 

offerte pour affirmer la continuité de sa supériorité agricole. 

Content du bien qu'il produisait autour de lui, M. le 
comte du Buat n'eut pas d'ambition politique. Pressé par 
ses amis, en 1869, il accepta la candidature législative pour 
la circonscription de Château-Gontier, mais il l'abandonna 
dans la pensée qu'un autre rendrait plus de services que lui. 

La seule fonction publique qu'il ait occupée a été celle de 
maire de Méral, fonction qu'il a remplie depuis 1848, c'est" 
à-dire, comme il aimait à le rappeler lui-même, dès le 
moment qu'elle est devenue élective, et qu'il a conservée 
jusqu'à sa mort. Ses administrés ont prouvé par leurs regrets 
combien il leur avait rendu de services et combien il leur 
avait inspiré de respectueuse affection. Dieu seul connaît le 
nombre des infortunes qu'il a secourues ; mais il n'a pu 
cacher tout le bien qu'il a fait, par exemple la fondation de 
l'hôpital de Méral ; la reconstruction et Tameublement, sans 
impôts ni emprunt, de l'église paroissiale ; la générosité 
quasi-princière avec laquelle il a concouru à l'établissement 
des Frères de Saint-Gabriel, à Clavières et dans l'école de 
Méral, à la fondation de l'Université catholique d'Angers et 
à celle d'une école libre dans la commune dont il avait 
l'administration. 

Ce fut au miheu de ces travaux que Dieu le rappela à lui 
le 12 juillet. A ses funérailles qui eurent lieu le 17, un con- 
cours immense venu de toute la contrée attestait la grande 
place qu'a tenu dans le pays, surtout par sa bonté et sa 
générosité intelligente, M. le comte Charles du Buat. Notre 
confrère, M. Jules Planté, notaire à Ballots, au nom du 
conseil municipal de Méral, rendit un éloquent et juste 
hommage à ses qualités et à ses vertus. 

, Dom Paul PIOLIN. 



- 241 - 

Depuis l'impression de la dernière livraison, notre Société 
a eu également le très vif regret de perdre M. Bouriat, 
maire de Changé, conseiller général de la Sarthe, l'un de 
nos membres titulaires les plus anciens. 

Né à Paris, M. Bouriat n'était venu à Changé qu'après son 
mariage, mais ses bienfaits et les services qu'il a rendus 
donnent à cette commune le droit de le revendiquer comme 
un des siens. Il connaissait tous les habitants de Changé. 
Leurs peines étaient ses peines, leurs joies ses joies. Nul n'a 
jamais fait vainement appel à ses conseils, à ses lumières, à 
sa charité. 

En même temps qu'il était homme de devoir, M. Bouriat 
était un ami dévoué des lettres et des arts. En toutes cir- 
constances, il s'efforçait de contribuer à leur développement 
et la Société du Maine, en particulier, ne saurait oublier 
l'empressement avec lequel il se fit inscrire sur ses listes 
comme membre a.ssocié dès l'année 1876, époque de la 
fondation de notre Revue. En 1877, M. Bouriat devenait 
membre titulaire, montrant ainsi tout l'intérêt qu'il portait à 
la jeune Société, et ce bienveillant intérêt il devait le lui 
conserver pendant douze années consécutives. Les obsèques 
de M. Bouriat ont eu lieu dans l'église d'Yvré-l'Evêque, le 
lundi 16 juillet, en présence d'une assistance considérable 
qui avait tenu à honneur de venir rendre un suprême 
hommage à notre regretté confrère. 



R. T. 



LIVRES NOUVEAUX 



Le graduel de la bibliothèque de Limoges. Notice 
et extraits, par M. L. Guibert. Paris, 1888, in-S» de 50 [i. 

Ce très intéressant travail a paru dans le Bulletin du 
Comité, section d'histoire et de philologie, année 1887. Il 
est précédé d'un rapport par M. Paul Meyer, membre de 
l'Institut. Gomme ce rapport, parfaitement motivé, conclut 
à la publication intégrale de la communication de monsieur 
L. CTuilbert, nous n'avons pas autre chose à faire qu'à 
constater ce fait, c'est le meilleur éloge qui puisse le recom- 
mander. 

Mais comment le Graduel de la bibliothèque de Limoges 
intéresse-t-il les Manceaux '? Il les intéresse très particulière- 
ment parcequ'il a été donné à la collégiale de Saint-Junien, 
au diocèse de Limoges, le 7 mai 1387, par l'abbé de Saint- 
Pierre de la Gouture au Mans. 

Ge prélat était Pascal Hugonot, né à Saint-Junien, aujour- 
d'hui chef-lieu de canton, département de la Haute-Vienne. 
Il embrassa la vie monastique et devint prieur du prieuré de 
Saint-Hilaire-du-Harcouet ( Saint - Hylaire-le-Bascoyst dit 
l'épitaphe de son tombeau ). Il fut ensuite élu abbé de Notre- 
l>ame-de-Lonlay et enfin fut élevé au poste plus important 
d'abbé de la Couture, au Mans. Son administration fut des 
plus heureuses. Non-seulement il accrut les revenus du 
monastère, mais il fit reconstruire une partie des bâtiments; 
il enrichit l'église d'ornements précieux et fit exécuter pour 



— 2W — 

le trésor « le chief de M. Saint-Bertrand. » Le Saint-Siège 
lui accorda l'usage des insignes pontificaux et le privilège 
de donner la bénédiction épiscopale. Il était docteur en droit 
canonique et renommé pour sa prudence. Ses bulles sont 
de 1375 et il mourut le 3 octobre 1399. Son tombeau qui 
était en cuivre émaillé, était au milieu du chœur de l'église 
abbatiale de la Couture. 

Quant au Graduel que Pascal Hugonot ou Huguenot donna 
au chapitre de Saint-Junien, c'est l'un des plus importants 
monuments liturgiques que possède la France et sou étude 
apporte beaucoup de profit. 

Dom Paul PIOLIN. 



Vie du R.-P. Pierre Ghaignon, parle P. Xavier-A. Séjourné, 
S. .1. Paris, Rétaux-Bray, 1<S88. In-12 de III-418 p. 

Malgré l'abus trop général en notre temps des monogra- 
graphie et les plaintes fondées qui s'élèvent de toutes parts à 
ce sujet, nous pensons que le R. P. Séjourné, S. J. a eu 
raison de publier la Vie du R. P. Pierre Ghaignon dont la 
longue carrière a été si féconde en œuvres utiles pour l'Eglise 
et pour la société. Il y avait peu de religieux en France 
aussi connu que le P. Ghaignon ; il y en a peu (|ui aient 
autant prêché que lui et qui aient fait entendre leur voix 
dans un au.ssi grand nombre de diocèses. Sa vie écrite avec 
fidélité, simplicité et délicatesse, réveillera, surtout dans le 
clergé, des souvenirs précieux. Ges souvenirs, nous en som- 
mes .sûrs, sont à peine assoupis ; mais leiu' réveil sera d'un 
grand profit pour tous. 

Lors même que le livre du R. P. Sùjuurné ii'aui'ail point 
ce succès universel que nous croyons pouvoir lui i)rédire ; 
il devrait trouver dans notre province du Maine un accueil 



— 247 — 

exceptionnel. Chez nous nul ne peut oublier que le R. P. 
Chaignon est un compatriote et qu'il comptera toujours 
parmi les illustrations mancelles comme orateur, comme 
écrivain ascétique et surtout comme prêtre et reli- 
gieux d'une éminente vertu et d'un zèle admirable. Ce 
grand serviteur de Dieu a beaucoup travaillé dans notre 
province ; Laval a eu le bonheur de le posséder durant de 
nombreuses années. Le clergé des deux diocèses du Mans et 
de Laval lui a de grandes obligations ainsi que presque toutes 
les communautés religieuses de la contrée. C'est avec grand 
plaisir que l'on retrouve dans les pages pieuses et spirituelles 
du R. P. Séjourné le souvenir de beaucoup de localités et de 
beaucoup de personnes qui nous intéressent, nous Manceaux, 
à tant de titres. 

Dom Paul PIOLIN. 



Lettres du maréchal de Tessé à madame ta ducliesse 
de Bourgogne, madam,e la princesse des Ursins, madame 
de Maintenon, M. de Pontcliartrain, etc. etc. ; publiées 
par M. le comte de Rambuteau. Paris, Calmann Lévy, 
édit In-8° de XXXI-505 p. 1888. 

René, sire de Froulai, comte de Tessé, marquis de 
Lavardin, vicomte de Reaumont et de Fresnay, baron 
d'Âunay, d'Ambrières, Châteauneuf, de Vernie, etc. grand 
d'Espagne, maréchal de France, chevalier des ordres du roi 
et de l'ordre de la Toison-d'Or, lieutenant-général des pays 
du Maine, du Perche et du couité de Laval, etc. etc., n'est 
poin', un grand homme assurément ; mais c'est une figure 
remarquable, et pour les Manceaux c'est une illustration 
qu'ils ne sauraient oublier. Avec la publication de M. 1p 
comte de Rambuteau il leur sera bien plus facile de faire 



— t2i8 — 

connaissance avec ce grand seigneur qui fut durant quarante- 
cinq ans lieutenant-général du Maine. 

Tel que nous le peint l'éditeur de ses Lettres, le maréchal 
de Tessé, c'est le modèle du courtisan : ce bel homme aux 
façons engageantes, accompli dans l'art de charmer, qui, de 
la tranchée d'un siège ou de la chaise de poste du diplomate, 
tient toujours son regard fixé sur Versailles : pareil au 
tournesol, l'emblème préféré des jours de carrousel, il attend 
un rayon de l'astre pour fleurir. Plaire au roi tout d'abord ; 
ensuite la grosse affaire du courtisan c'est Famour. 

L'époque à laquelle nous reporte la correspondance de 
Tessé, c'est la fm du grand règne : madame de Maintenon 
domine, Louvois n'est plus, les grands maréchaux de France 
sont morts ou hors de service ; et le roi tient — pour ce 
trône d'Espagne donné à son petit-fils, — résolument tète à 
toute l'Europe. Il y a des rides sur son visage, comme il y a 
de grandes plaies dans son royaume ; mais le sourire 
olympien du maître saura, jusqu'au bout, grimer toutes les 
figures ; la grâce est la reine de Marly aussi bien que de 
Versailles, et Tessé est un maître en cet art charmant de la 
révérance et du baisemain. 

Mieux vaut le voir là ([u'aux armées : il se plaint toujours 
et annonce des désastres pour qu'on lui sache gré d'un demi- 
succès ou qu'on lui pardonne un échec. Un jour même il 
oublie trop le français pour ne se rappeler que Vécuyer de 
la duchesse de Bourgogne, dans la molle poursuite (|u'ii 
donne au duc de Savoie, après la levée du siège de Toulon, 
Louis XIV, un grand français, lui, ne le pardonnera jamais ; 
Tessé pourra se montrer à l'Opéra dans la loge de Villeroy, 
on ne le reverra plus aux batailles. 

Pour amuser ses nobles correspondantes, il l'aul conter 
galamment l'histoire risquée et crayonner le.stement le der- 
nier .scandale mondain : il y excelle, badinant un peu de tout. 
L'éditeur le donne à vif, en ses propos gaulois : ayant 



— liO - 

expurgé les plus salés, il prie son lecteur de prendre légère- 
ment les autres. 

Outre ces récits un peu risqués, nous reprocherons à 
Tessé sa conduite à Rome contre le pape Clément XI et 
plusieurs passages de ses lettres dans lesquels il parle du 
souverain Pontife presque comme un hérétique. Et cepen- 
dant, malgré ses écarts en divers sens, Tessé n'était ni un 
débauché ni un mécréant ; mais il avait ressenti autant que 
tout autre les funestes effets du gallicanisme et les fausses 
maximes d'une société qu'on nous représente comme rem- 
plie d'erreurs mais délicieuse. On sait que notre compatriote 
finit pieusement sa vie chez les Gamaldules de Grosbois, le 
30 mai 1725, à l'âge de soixante-quatorze ans. Son corps 
fut transporté au pays du Maine, et présenté le 16 juin 
suivant au curé de l'église paroissiale de Vernie, où il avait 
ordonné sa sépulture, par le Père Nicolas-Antonin O'Kenny, 
dominicain, docteur en théologie de la faculté de Paris, qui 
prononça son oraison funèbre dans la même église. 

Dans la correspondance de Tessé, nous avons moins cher- 
ché la silhouette de la société vers la fin du XVII" siècle, que 
les traits qui se rapportaient à notre chère province du 
Maine et à la famille de Froulai qui, à cette date, y tenait 
une place si marquée. Les renseignements sont assez rares 
sur ces deux points, mais il faut se souvenir que nous n'avons 
qu'un choix des lettres toutes adressées à la duchesse de 
Bourgogne, à la sœur de celle-ci reine d'Espagne, à madame 
des Ur.sins, à madame de Maintenon, etc., et pas une seule 
à ses proches. Tessé nous y apprend que sa femme n'était 
jamais venue à la cour et qu'elle ne désirait pas y paraître ; 
son fils aîné, dont il semble content, parut, lui, de très 
bonne heure, .son père lui céda l'une de .ses principales 
charges et Pontchartrain lui porta beaucoup d'intérêt ; un 
second fils, au contraire, devint une sorte de bohème, épousa 
la fille d'un caissier infidèle du célèbre banquier Bernard et 
se sauva en Suisse ; c'était pour ces gens que la Bastille était 



— 250 — 

bonne ; s'il avait été au pouvoir du père ce cadet aurait été 
au château d'If méditer sur les folles aventures. Tessé venait 
tous les ans dans le naois d'octobre à sa terre de Vernie ; il y 
chassait avec ses voisins ; à Tessé il trouvait un château tout 
délabré et sans fenêtres garnies, il n'y avait de chambre 
convenable que dans une tour. Les chemins étaient si détes- 
tables qu'il fallait mettre des bœuts aux voitures les plus 
élégantes et celles-ci devaient être solides pour arriver à bon 
port. Aussi le maréchal se plaint-il souvent de la solitude 
complète dans laquelle on le laisse. On le voit .s'occuper de 
mettre en vente sa terre de Lavardin (2 juillet 1704), mais il 
voudrait qu'elle ne sortit point de sa famille. 

Le 8 mars 1712, Louis de la Vergue de Monthénard de 
Tressan, évèque du Mans, venait de mourir, et aussitôt le 
maréchal de Tessé alla trouver le P. Le Tellier pour faire 
donner le siège de saint Julien au cardinal de la Trémoille ; 
il en écrivit à celui-ci et à la princesse des Ursins, sœur du 
prélat. Mais les choses ne tournèrent pas comme il le dési- 
rait et le cardinal de la Trémoille s'assit sur le trône archi- 
épiscopal d'Aucli. Le Mans fut moins bien partagé, il eut 
Pierre-Roger du Crévy dont le règne eut peu d'éclat. 

N'oublions pas un échec que l'amour propre du maréchal 
de Tessé eut à subir au Mans : il eut occasion de parler 
devant le présidial de cette ville ; mais il s'embrouilla et 
resta court. Ce fait e.st certainement antérieur à sa grande 
fortune à la cour, il lui tenait au cœur, car il y revient plu- 
sieurs fois dans sa correspondance (p. 20l,i'(-0). 

Mais la i)ièce la plus importante pour nous en particulier, 
c'e.st la lettre (|iril écrivit de Mantoue, le 12 mai 1702, et 
(ju'il adressa au ministre Chamillart, au sujet du major du 
Mans. Je la transcris toute entière, quoique un peu longue, 
pour donner une idée de la ntanière de l'écrivain e1 surtout 
pour faire connaître un document qui a sa valeiu'. 

(.( Vous vous moquerez de moi, Monsieur, et ce ne sera 
pas la pieuiière fois que je l'ai mérité. Je ne croyais pas que 



— 251 — 

de Mantoue je dusse jamais vous importuner de ce qui se 
passe au Mans. 

« Cette municipale des bons chapons n'a jamais eu de 
gouverneur-particulier et nos grands-pères, gouverneurs et 
et lieutenants-généraux de la province, avaient seulement la 
coutume de mettre un gentilhomme à eux, sous le titre de 
major, qui n'avait d'autorité, de commendement, ni de fonc- 
tion, que celle de porter une canne, de s'appeler M. le major, 
et de briller sous les halles du Mans, aux importantes occa- 
sions de tirer de l'arbalète, et de faire mettre en quelque 
sorte d'ordonnance les milices de la ville, quand il s'agissait 
de faire pendre quelqu'un, ou de faire quelque cérémonie 
publique ; mais jamais de rang, de commendement, de 
séance, ni d'autorité. 

» Quand, après la mort de mon grand-père, M. le duc de 
Gesvres fut gouverneur de la province, il pourvut un nommé 
des Sablons, garde du roi, de cet important office, dont 
jamais il n'a fait nulle autre fonction, que celle de porter 
une canne, et se défit même de sa canne en 1680, en faveur 
du sieur de Courcival, pour une pièce de mille ou douze cents 
livres. 

» Sur ce principe d'une majorité imaginaire, le sieur de 
Courcival commença de vouloir régler les prétentions de sa 
majorité sur les prérogatives de celles de Cambrai, de Lille 
et d'Arras, voulant mettre des bourgeois aux portes et les 
faire fermer ; pour cela il eût fallu en faire de neuves. 

» Je fis dans ce temps-là un tour en province, et j'abolis 
toutes les prétentions imaginaires de M. le Major ; il écrivit 
à M. de Louvois, qui vivait alors, aussi bien qu'à M. le mar- 
quis de Chciteauneuf, secrétaire d'État de la province ; ils 
ordonnèrent tous les deux que les mêmes choses demeure- 
raient dans l'état, où elles avaient été depuis deux cents ans, 
c'est-à-dire que le sieur de Courcival cesserait ses préten- 
tions, qui n'étaient [las moindres que d'avoir la même 
autorité, au Mans, que celle de M. le gouverneur de la pro- 



— '25-2 — 

vince, ou celle de M. le lieutenant-général, en son absence. 
Il n'y eut point d'arrêt donné sur cela, mais feu M. le 
marquis de Chateauneuf dità M. de Courcival, ou lui manda, 
que l'intention du Boi était que les choses demeurassent 
comme elles étaient : l'on n'en a pas entendu parler 
depuis. 

» Voilà déjà. Monsieur, bien du verbiage ; je vais essayer 
de le finir par vous représenter que tous nos pauvres 
Manceaux, mes compères, sont au désespoir que M. Le Vayer, 
lieutenant-général , lequel est un parfaitement honnête 
homme, bon citoyen, qui a financé considérablement pour 
sa charge de maire perpétuel, lequel n'a jamais été troublé 
dans les fonctions de sa charge, que par cet imaginaire 
major ; que, dis-je, le sieur Le Vayer n'auroit quasi plus de 
fonction, et qu'enfin il vaudroit mieux que la ville donnât 
mille écus ou quatre mille francs à M. le major, pour sous- 
traire son imaginaire emploi qui désole tout le monde, et qui 
prétend même prendre le pas sur la noblesse, qui m'en a 
écrit dix lettres ; ou que le Roi enfin ordonnât que les choses 
demeurassent à l'égard du major, comme elles ont été depuis 
cent ans, c'e.st-à-dire sans autre fonction que celle de porter 
une canne et de s'appeler ^L le major. 

)-> Vous trouverez ci-joint. Monsieur^ les deux lettres que 
m'écrivent les sieur Le Vayer et les maire et échevins. 
J'écris sur cela une lettre à peu près pareille à M. le mar- 
quis de la Vrillière, hormis que je ne lui envoie pas les deux 
lettres, que vous trouverez ci-jointes, attendu que le sieur de 
Courcival, se croyant militaire par sa charge de major, a eu 
recours à vous, pour vous prier de l'autoriser dans un com- 
mandement, que je vous répète que ses prédécesseurs n'ont 
jamais eu, et qu'un major est nécessaire au Mans, où il n'y 
a ni château, ni garnison, ni état-major, comme il est néces- 
saire à Vaugirard ». 

Il .serait à désirer quf la publication de ce document 



amenât une étude sérieuse sur un sujet qui agita les esprits 
durant plusieurs années. 

Dom Paul PIOLIN. 



Les populations agricoles de la France, par H. Bau- 
drillart, membre de l'Institut. Maine, Anjou, Touraine, 
Poitou, Flandre, Artois, Picardie, Ile-de-France. Paris, 
Guillaumin, i888, un vol. grand in-8, de xii-643 pages. 

Ce nouveau volume, dans lequel M. H. Baudrillart conti- 
nue ses remarquables études sur la situation matérielle et 
morale des populations agricoles, offre pour les érudits 
manceaux un intérêt capital. Le premier chapitre, en effet, 
est exclusivement consacré aux populations de la Mayenne 
et de la Sarthe. L'auteur y examine successivement, dans le 
passé et dans le présent, leurs mœurs, leurs institutions, 
l'organisation de leurs familles, leur degré d'instruction, la 
valeur et la division des terres ; enfin il complète son œuvre 
par un exposé des divers systèmes de fermage et de métayage 
et par un résumé des conditions générales d'existence des 
habitants des campagnes du Maine, cultivateurs et ouvriers 
ruraux. Un compte-rendu, si développé qu'il soit, ne peut 
donner une idée exacte de ce beau travail : nous le recom- 
mandons donc particulièrement à l'attention de nos lecteurs, 
en les engageant à l'étudier. R. T. 



Les du Yauborel, normands et bretons, par E. Frain. 
Nantes, Vincent Forest et Emile Grimaud, 1887, grand 
in-8, 110 pages. 

Ce n'est pas seulement l'intéressante biographie d'une 
vieille famille de noblesse pro\inciale que publie, sous ce 



t>54 



lili'c, iioli'c coiifrèro, M. E. Fiaiii. C'est nu nouveau frag- 
nicnl (le riiistoirc des mœurs etdes instilulionsde l'ancienue 
bociélé Ijretonne qui vient s'ajouter aux curieuses études que 
M. Frain nous a précédemment données. Nous signalerons 
lonl s])(''cialement, dau'^ cette brochure, le cl-iai)itrc intitulé : 
licite tir Vmihorel ni lo. hnUi'iUon île milieu de. Vire: 
Commettl an XVI f]' siècle, la itublesse de province savait 
paijfr riwjKil thi sanij. On y trouve des détails aussi précis 
que p(;u cumins sur l'organisation, le rôle et la valoin' des 
troupes de la milice : c'est \me page fort inslruclivc d'his- 
toire militaire, qu'on lira, nous en sommes assniv, avec 
beaucoup de plaisir et beaucoup de profit. 11. T. 



NoTRS TTisTOHinrEs i:t nMiLionnAPTiiouES sun le waink 



230. — Ceux de la rclluion iirélendue réfurmée de Loudun 
ayant rem(jnlré à b'rancois, duc de La Hochelbucanid, (jne 
leur synode de la |)i'()\'ince d'Anjou, de Tonrain(\ dn Maine, 
(In NCndnniois cl t\[\ Lundnnuis se doil lenir à hundnn, le 
jeudi l'i seph'uihre I(i'i7, d nonune ini eouseiller au siéi;e 
l'oyal de l.ondnn |)()ur y assister. 
Ibid., n"î)70. 

'231. — IjC 29 fé\ fier 1050, Jean de ha honlaine (''cril de 
Château-Thierry, h son oncle .launarl, suhslilntdu procureur 
général ;i Paris, un<' lellre aiil. signée, relaliv(>;i <les atlaires 
(riul('i»'l entre sa famille cl kulil .lanuari. 
Ibid., n"i)84, 

232. — Dans une lettre dn 31 juillet 1073, l'ienv l',;iyle 
ddune des détails siu' ha Mothe he Vayei", uiori r^'ecnnueni . 

Ibid., n" 1021, colleeliou \'>. l'illoii. 

233. — \Aiii ni.u IT.')'!., le (•(•nile de Tressan adresse, de 



t255 



Toul, ù Vollaire, une UîLli'u .uiLogi'apliu .sigiiix!, du 'A \k iii-i, 
relative à la dispute de Vuilaire avec La Coudamine. 
IhUL, n" 1078, collection li. Fillun. 
234. — Le 13 octobre 1758, Je.ui -Jacques Rousseau 
adresse, de Muiitiuoreiicy, à l;i ui;ii(iuise de Cit'(|uy uue 
lettre autographe signée, de "2 p l/'-i iu-'î, » iuk; des plus 
intéressantes (pi'on ait de Jean-.Iac((ues ». — Vfnvenlaire 
en donni! un long cxiraii. 

Ibid.^ Il" KJ85, collection l'>. Killon. 
■235. — Le 2() ventôse an XI (17 mars 1803), Volney 
adresse, de Paris, au général Aiidréossy, ambassadeui- à, 
Londres, une lettre autographe signée, atuiouf-ant l'envoi 
de la traduction en anglais de son livre des Ruines. 
Ibid., n" lloO. 

236. — Par inio lettre du 4 mars 1862, Jules Michelet 
demande à JJugast-Matiteux (\('> i-cnseignements sur Gilles 
do liais, doiil il a besoin pour la n'daclion de sa Sorcière. 

Ihi.d., \r 1233. 

237. — Dans une autre lettre du ::.■"> mars 1862, J. Michelet 
le remercie de l'envoi qu'il vient de lui faire, et rengage à 
publier le dossier de copies de pièces originales siu- Gilles 
de Rais, qu'avait réuni feu Armand Gu(;raud, ini|)rimenr à 

Nantes « D'autres (pie vous pourraient faire des change- 

)) ments, des coupures dans ce procès de si énorme inipor- 
)) tance, et le plus grand après cehh du Temple. » 

Ibid., n«1234. 

238. — Le 20 juillet 1456, les Frères Mineurs de Laval 
adressent au roi René d'Anjou, une lettre i)Oiu- le remercier 
de leur avoir fait présent d'un tableau de sa main. « f(ui 
pouroit dignement rescompen.ser vostre très haulte et pr ;- 
fonde chérité, par laquelle avez prins tel labeur de nous 
compenser ung ymaige de pitié portant la croix, le plus 
piteux, le niieulx pourtraict, selon la réalle vérité du faict, 
que touz ceulx qui le regardent en font grant admiration, et, 



— 256 — 

en le regardant, ont de leur lédempteur moult grant com- 
passion. » 

Ibid., n« 1580. 

239. — Quittance signée par Marc Duval, peintre, dessi- 
nateur et graveur, que son estampe des Trois Coligny, un 
des chefs-d'œuvre de l'ai't français au XVI« siècle, a rendu 
justement célèbre, né au faubourg Saint-Vincent du Mans, 
vers -1530, mort à Paris, le 13 septembre 1581 : 

« Je paintre et varlet de chambre du Roy de Navarre 
» ay receu de Mon.sieur iJnplessy (Mornay)^ par les 
» mains de Monsieur Delaunoy, la somme de trente et 
» six livres tournoiz pour le petit tableau de la dilte 
» Majesté, que il m'a commandé, de laquelle somme de 
» trente et six livres tournoiz je le tiens quitte et moy 
» satisfait, en foy de quoy ay signé la présente quittance. 
» Faict à Paris, ce xix" d'octobre mille cincq cens soi- 
» xante et dix huict. » Marc Duval. 

Ibid., nolSQQ. 

240. — Pièce signée par riiiillaume Fillochc, doyen du 
Chapitre de Reims, 7 mai 1410. 

Ibid., n"2491. 

241. — Par une pièce signée à Paris, le 23 mars 1633, 
Julien Hayneufve, et plusieurs de ses confrères, désavouent 
plusieurs livres attribués à des Jésuites, et que les dits PP. 
déclarent n'avoir point été composés par quiconque de leur 
Compagnie. 

Ibid., n-'2508. 

242. — Le 17 septembre 1637, Denis Petau, jésuite, 
adresse, de Paris, à son confrère, le P. François Vavasseur, 
à La Flèche, une lettre autographe signée, dans laquelle il 
parle du Job, du P. Vavasseur, à (jui il reproche de ne s'être 
pas donné assez de libertés vis-à-vis du texte original, et 
de sa propre Paraphrase des Psaumes, qu'imprimait alors 
Cramoisy. 

Ibid., n"2512. G. E. 



RECHERCHES 



SUR LES 



FORTIFICATIONS 

DU MAINE (^) 



Dans une première étude sur les Fortifications du 
Maine (2), nous avons décrit toute une série de retranche- 
ments en terre relevés par nous dans l'arrondissement de 
Mamers. Aujourd'hui nous venons développer devant vous 
le résultat de nos recherches, pour établir les transforma- 
tions produites successivement dans les fortifications de 
cette époque et les motifs de ces transformations. 

La fortification féodale, comme la fortification de toutes 
les autres époques, a suivi les progrès de l'organisation 
foncière ; l'une et l'autre n'ont pas été le résultat d'une 
révolution brusque, mais la conséquence d'une formation 
progressive quoique lente. Le château présente un dévelop- 
pement en rapport avec le nombre d'individus à protéger, 
et le perfectionnement dans les travaux de défense est 

(1) Mémoire lu au Congrès des Sociétés Savantes à Paris, le 22 mai 
1888. 

(2) Voir Revue historique et archéologique du Mairie, tome XXI, 
année 1887, p. 25 à 96. Les Fortifications du Sonnois du A'" au XII* 
siècle. 

XXIV. 17 



— ^258 — 

également en rapport avec la durée et les assises du pouvoir 
seigneurial. 

On admet généralement, en principe, que le seigneur a 
construit son habitation sur une motte, soit pour l'obser- 
vation, soit pour éviter une surprise. Quand la fortification 
est plus importante, cette motte est enfermée par une cein- 
ture de talus et de fossés ; dans plusieurs localités, nous 
avons retrouvé à côté de cette première enceinte une 
seconde ceinture de fossés et de talus qui ne nous paraît 
pas offrir les bases d'une défense complémentaire sérieuse, 
mais plutôt une annexe presque indépendante. 

Dans ce dernier cas, la motte porte la demeure du seigneur, 
qui vit sur cette éminence, isolé de son personnel, de ses 
vassaux, qu'il surveille et qu'il commande. 

La première enceinte renferme les demeures de ses 
vassaux en armes, qui le suivent et partagent les péripéties 
de sa destinée. 

Au-delà dans la deuxième enceinte s'est réfugiée la plèbe 
qui demande au château la protection qu'elle ne peut obte- 
nir dans la plaine, loin du bras du seigneur qui, à cette 
époque ne protégeait guère en dehors du cercle que pouvait 
tracer son épée. 

Les constructions en terre ainsi comprises, nous four- 
nissent donc les principes des fortifications en pierres, 
élevées postérieurement, et dans lesquelles le donjon rem- 
place la motte, le baille représente la première enceinte, 
et la ville remplit la deuxième ceinture de défenses. Quand 
les architectes ont élevé leurs fortifications en pierres, ils 
ont apporté une seule modification au système employé, ils 
ont remplacé par des matières incombustibles les défenses 
en bois ; mais les plans sont restés les mémos rpiant aux 
grandes lignes. 

Pour notre déiiiunsUaLi(jii nous t'in}jiuiiloiis au Maine 
Liuis exemples : Sainl-Calais, Pirmil, et Bourg-le-Roi. Ces 
localités appartiennent à trois arrondissements différents. 



— 259 — 

Saint-Galais nous donne le château de son chef-lieu ; La 
Flèche nous fournit Pirmil ; et à Mamers nous prenons 
Bourg-le-Roi. Nous avons choisi ces châteaux, entre tant 
d'autres aussi intéressants, parceque, avec les documents 
historiques recueillis par nous , ils nous font saisir la 
transformation succesiiive de leurs enceintes fortifiées, 
et qu'ils constituent ainsi des types autour desquels 
nous pourrons classer dans la suite toutes les fortifications 
de cette époque qu'il nous sera permis d'étudier dans la 
région. 

1° Saint-Calais. 

Le château de Saint-Calais a laissé peu de traces de son 
ancienne importance, toutefois on y voit encore une motte 
artificielle entourée de fossés. Elevée sur la crête du coteau 
qui domine la ville de Saint-Calais, elle ne se trouve pas 
cependant à l'extrémité d'un des contreforts de la colline, 




Fig 



1. — Saint-Calais 
Elévation du château 



a b. Fossé extérieur. — c 6. Talus intérieur. — ccl. Enceinte au pied 
de la motte. — D. Donjon. — M. Motte. — g. Fossé séparant la motte 
M du faîte de la colline /;. 



elle est défendue de ce côté par une enceinte c d (voir fig. 1) 
dressée sur la crête. Cette enceinte formée par un talus et 
un fossé contourne un plateau c d, qui s'étend jusqu'au pied 



260 



de la motte M. Cette motte est terminée par une plate-forme 
e f, d'un diamètre d'environ vingt mètres, sur lequel un 
donjon fut construit. Un fossé g, isole la motte du terrain 
environnant h ; la hauteur de la motte au-dessus du fossé 
est de vingt-cinq à trente mètres, la profondeur du fossé de 
six à dix mètres ; du côté de l'enceinte c d la hauteur de la 
motte n'atteint que dix mètres de surélévation. Ce cliâteau 
est orienté de l'est à l'ouest dans sa plus grande longueur, 




<%^ 






-^^'J-iT 



Fig. '2. — Saint - Calais 
Vue du donjon. 



la motte avec son donjon est élevée à l'est, au point faible, 
c'est-à-dire sur le côté qui n'est piis protégé par les pentes 
naturellement abruptes du coteau. 

Si cette enceinte est bien conservée et facile à étudier 
dans tous ses détails, il n'en est pas de môme pour qui veut 
déterminer la nature et la configuration du donjon élevé sur 
l.i motte, tellement les débris qui ont échaj)pé à la destruc- 



261 



tion ont peu de développement. Les points les plus saillants 
sont un mur e G (voir fig. 8) avec des contretorts D el E 
entre lesquels est élevée une tour carrée A ; à côté, à l'est, 
un bloc de maçonnerie F, h l'ouest un autre massif de 
maçonnerie se composant d'un contretort C et d'un mur 




Fig. 3. — Saint -Calais 
Plan du donjon 



A. Tour élevée entre les contreforts D et E. — B. Tour d'escalier. — 
C. Contrefort élevé sur le mur du côté de la ville. 



épais dans lequel était ménagée une tour ronde intérieure- 
ment, qui devait renfermer un escalier. 

Dans le mur e G, le point G est un angle intérieur parfai- 
tement appareillé et chaîné ; le point correspondant g, nous 
donne l'angle extérieur ; si l'appareil est détruit à la base, 



— 262 — 

dans la partie supérieure au contraire l'angle formé par des 
pierres de roussard est très-visible. Partant de ce point 
déterminé et indiscutable nous trouvons un mur de un 
mètre quatre-vingts centimètres d'épaisseur, à face plane, e 
G, de huit mètres quarante centimètres de longueur, sou- 
tenu à l'extérieur par deux contreforts D E, de un mètre 
quatre-vingts centimètres de largeur sur trois mètres cin- 
quante de profondeur. Ces contreforts rectangulaires à la 
base se terminent par un glacis très allongé ; entr'eux 
deux on a élevé une tour carrée à l'intérieur, de deux 
mètres de côté. Cette construction est postérieure à celle du 
corps principal du donjon, car il n'existe aucun lien dans la 
maçonnerie pour rattacher ces murs au grand mur e G ; de 
plus leur peu d'épaisseur, quatre-vingts centimètres, com- 
parée à l'épaisseur du mur d'arrière, qui est de un mètre 
quatre-vingts centimètres, indique que cette tour était un 
accessoire, utile peut-être pour l'habitation du donjon, et 
même pour la défense, mais en tous cas n'était pas une 
œuvre vive. 

Eiit!'e ce mur e G, et le massif ouest C B, une large 
brèche est ouverte sur huit mètres trente centimètres, ce 
qui nous donne une longueur sensiblement égale à celle 
(lu mur debout ; il est donc permis de supposer que sa 
construction devait être établie sur lo môme plan, (nous 
ne nous occupons que de la forme primitive et laissons 
de côté les adjonctions postérieures) ce qui nous donne 
un troisième contrefort a, sur cette face sud. Une autre 
preuve que la partie détruite devait être semblable à celle 
encore debout est fournie par la présence en e, derrière 
le contrefort />, d'une cheminée et d'un trou do })()Uti-e, 
([ui indiquent le milieu de l;i salle intérieure du donjon. 

Sur la face Ouest le contrefort G existe intact dans tous 
ses détails; il est identique au contrefort E de la face sud, 
et placé dans une situation semblable ; nous pouvons donc 



263 



proposer pour ce côté une construction analogue à la pre- 
mière décrite. 

Sur la face Est le bloc de maçonnerie informe F, est dans 
le prolongement du point G et à même distance de l'angle g 
que le contrefort E. Il peut donc être la base d'un contre- 
fort, et permet de supposer une troisième face semblable 
aux deux autres, puisque leurs angles communs sont symé- 
triques. 

De la quatrième face il ne reste absolument rien, et si 
nous lui donnons un plan identique aux autres, c'est par 
analogie avec les autres constructions de même style. 

De toutes ces remarques et hypothèses il résulte que nous 
proposons pour plan primitif du donjon : un carré rectan- 
gulaire soutenu sur chacune de ses faces par trois immenses 
contreforts. Quelques années plus tard on a élevé une ou 
plusieurs tours entre les contreforts. Toute la plate-forme 
de la motte était couverte par le donjon. 

On peut nous faire une objection sur la forme carrée que 
nous adoptons, de préférence au plan barlong qui s'emploie 
généralement, d'autant plus que nous ne pouvons citer au- 
cun point limite dans la direction du nord. Nous répondrons 
que la forme carrée, nous est imposée par la plate-forme 
supérieure de la motte qui, mesurant vingt mètres de dia- 
mètre en tous sens, est parfaitement circulaire, contraire- 
ment à l'emploi généralement répandu de la forme elliptique. 
Le carré inscrit dans la circonférence est donc la construc- 
tion la plus logique et le corollaire du rectangle allongé 
inscrit dans l'ellipse. 

Nous connaissons un seul dessin ancien représentant ce 
château, il nous est fourni par Gaignières dans une vue 
générale de Saint-Calais (1). Il ne semble pas s'accorder avec 

(1) Cette vue générale de Saint-Calais dont un fac-similé est inséré 
dans le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Calais, savamment édité par 
M. l'abbé L. F roger, fait partie de la Collection Gaignièies, conservée 
à la Bibliothèque Nationale, cabinet des estampes, album Sarthe, 



— 26i — 

la description que nous venons de tracer, mais nous esti- 
mons que c'est une faible preuve contre le système que 
nous croyons devoir adopter. Les dessins de Gaignières fort 
intéressants et que l'on est souvent trop heureux de pouvoir 
citer, ne se font pas estimer généralement par l'exactitude 
des détails ; leurs dessinateurs ont plutôt cherché à donner 
la physionomie générale qu'à fouiller les détails. Aussi 
n'est-il pas surprenant que dans un dessin d'horizon, à 
l'arrière-plan, nous ne trouvions pas les formes correctes 
que nous avons tracées ; les plans des collines voisines ne 
sont pas, au reste, mieux rendus. 

Ce donjon est-il l'œuvre de Guillaume auquel on attribue 
la création du château de Saint-Calais(l)?ou bien l'ensemble 
que nous venons de décrire est-il le résultat de plusieurs 
occupations ? 

Il est fort possible que le château construit par Guillaume 
dans la première moitié du XP siècle, se composât simple- 
ment d'une motte avec son enceinte, et que le donjon ne 
fût qu'une construction postérieure. En eftot il est assez 
difficile d'admettre que l'on ait construit sur des terres 
fraîchement remuées, sur le bord même des talus. On a 
bien, il est vrai, consolidé le donjon par des contreforts 
énormes pour éviter des tassements ; mais ces contreforts 
eux-mêmes reposent sur des terres meubles. 

Les murs sans appareil sont construits en simple blocage 

arrondissement de Saint-Calais. Son intitulé est : « Veiie de l'abbaye 
et du bourg de Sainct Calais dans le Maine à neuf lieues de la ville du 
Maiis^ 1695. » Une petite lithofiraphie signée Poltier a copié on pjirtie 
l'aciuarelle de Gaignières. 

(1) Le Cartulaire de Saint-Calais nous apprend en effet que le Comte 
du Maine, Herbert Eveille-Chien autorisa, de 1015 à 1036, Guillaume de 

Saint-Calais à élever un château. — Notum sit omnibus quod 

Willelnius abiit ad Herbertuni cenomanensem comitem prenomim' 
Canem Excitantem, requirens ut suo consensu faceret castelluni ad 
Sancfum Cai^ileCum. Ipso autem comes respondit(>i non se dimissuriun 
in suarn terrani lacère oppidum nisi ab eo acciperet aliquod magnum 
donuni.... (L. Froger, Cartulaire de Saint-Calais, n° 20, p. 50.) 



— 265 — 

avec quelques pierres de taille seulement, pour consolider 
les angles ; aucun détail ne permet de préciser l'époque de 
construction ; au bas d'un contrefort on remarque cependant 
une moulure identique à celles que l'on peut observer sur 
les tours de Mondoubleau ; dans cette enceinte également 
nous avons retrouvé des contreforts semblables à ceux de 
Saint-Calais. 

Nous croirions volontiers que le château du XI" siècle se 
composait seulement d'une motte sans constructions en 
pierres, avec enceinte en terre et qu'au XII" siècle seule- 
ment on a élevé le donjon dont nous venons d'essayer une 
restitution (1). 

Cette construction de donjons en pierres sur motte en 
terre a été mise en doute par des auteurs sérieux, elle a 
soulevé des objections très vives et elle rencontre même 
beaucoup d'incrédules. Pour nous qui voyons tout autour 
de nous ces donjons debout sur leurs mottes, nous ne 
comprenons guère l'hésitation ; nous constatons ce que 
nous voyons. M. de Caumont (2) a lui-même signalé depuis 
longtemps de nombreux exemples de ces constructions ; 
on accepte ses affirmations, mais sous réserves malgré son 
autorité. Si aucun donjon en pierres sur motte n'existait 
encore de nos jours, il serait permis d'épiloguer sur la 
possibilité des constructions en pierres sur motte factice, et 
sur la plus grande probabilité des constructions en bois; mais 

(1) Nous n'étudions ici pour le moment que les fortifications du X« 
au XIP siècle, et c'est à dessein que nous omettons les autres fortifi- 
cations de Saint-Calais, qui appartiennent à des époques postérieures, 
époques que nous traiterons plus tard et successivement. 

(2) Dans son Abécédaire d'archéologie, architecture militaire au moyen 
âge, page 408, il écrit: « Les donjons en pierre se trouvent le plus 
souvent assis sur des escarpements naturels ; plus rarement sur des 
éminences artificielles ou mottes, probablement parceque ces monti- 
cules en terre rapportée ne présentaient pas un sol assez résistant 
pour supporter des masses aussi pesantes. Il y a cependant des 
exemples de tours très élevées et de châteaux en pieri'e établis sur 
des mottes artificielles. 



— 266 — 

puisqu'ils sont là, debout, avec tous leurs caractères archi- 
tectoniques, pourquoi les uier ? Devant une incrédulité 
semblable à celle de saint Thomas, nous allons essayer de 
faire toucher nos preuves du doigt. Le Maine nous fournit 
de nombreux exemples (1) de donjons en pierre encore 
debout, aux formes variées, élevés sur buttes en partie 
factices, et au lieu de nier leur existence nous avons cherché 
dans quelles conditions ces donjons ont été élevés, et par 
quels moyens ils ont pu, pour la plupart, conserver leur 
équilibre. 

D'abord, dans les mottes nous avons rencontré deux 
modes principaux de construction. Les unes sont absolu- 



Fig. 4. — Type de motte factice. 

.1 il. .\iveuu du soi pnniitit'. — M. Motte eu terres 
rapportées. — FF. Fossé. 



ment factices (voir fig. 4), c'est-à-dire élevées sur un pla- 
te.in, an iiiuyeii des terres qui proviennent des fossés de 
ceinture ; dans ce cas la motte surgit au-dessus du sol 
environnant, parfois même les fossés sont si larges et si 
peu profonds qu'ils passent inaperçus et sont pris souvent 
pdur nue dépression naturelle du terrain, tandis qu'ils sont 
bien creusés de main d'homme ; la culture et l'aftaissement 
du sol r(»nli'ihu(^nt également à niveler ces travaux. 

(1) Pour notra région seule nous pouvons citer Sonne, Bourg-le-Roi. 
Saint-Calais, Saint-Rémy-du-Vlain. 

Dans les pays environnants nous nommerons Bellesme, Montdou- 
bleau, Montoire, Lavardin. 



267 



L'autre mode de construction consiste h choisir une 
élévation naturelle, dont on détache un point par une section 
perpendiculaire à l'axe de la colline (voir fig. 5). Cette sec- 
tion forme un fossé large et profond, et les terres qui en 
proviennent sont utilisées à surélever un peu la plate-forme 
de la motte, ou à dresser des talus sur son périmètre. 




Fig. 5. — Type de motte factice 
A. Niveau du sol. — F. Fossé creusé pour isoler la motte M. 

Pour les donjons nous avons également deux modes de 
construction correspondant aux deux genres de mottes que 
nous venons de décrire. 

Quand la motte a été isolée du terrain environnant, et non 
surélevée, le donjon est posé simplement sur le sol, sans 




Fig. (1 — Type de donjon sur motte 
A. Niveau du sol. — D I). Murs du donjon. — F. Fossé. — M. Motte. 

fondations (voir fig. 6) ; l'épaisseur des murs est la seule 
assise pour maintenir l'équilibre. Exemples : Saint-Rémy- 
du-Plain, Saint-Galais. 



- 268 — 

Dans les fortifications, au contraire, où le donjon en 
pierres est contemporain des travaux en terre, les murs du 
donjon ont été dressés sur le sol primitif, puis quand ils ont 
été élevés, les fossés ont été creusés tout autour ; les terres 
rejetées du côté intérieur de l'enceinte, se sont amassées 
au pied des murs et ont formé la motte (voir fig. 7). En 
fait, la motte, ainsi construite, est postérieure à l'érection 



Fia. 7. — Type de noxjox sur motte 



'o 



.1 B. Xivciiu du sol |)rimitil'. — Il I). Murs du donjon. — 
7' /■". l'osst'. — M. Motte. 



du (loDJon. Ncnis avons étudié cette disposition à Soinic, à 
Pirmil, à Bourg-le-Roi, à Assé-lc-Riboul, etc. 

Dans le premier genre de construction les inuis sont 
élevés droits ou avec épatement extérieur , dans le second 
cas au contraire l'épatement est intérieur, pour résister 
à la poussée des terres. 

Si plusieurs châteaux ont été remplis de terre intérieure- 
ment jusqu'à la hauteur de la iil.itc-l'orme extérieure, d'autres 
au contraire, oui cousorvé toute leur profondeur, l,i motte 
n'existe qu'cxtériciirciiicnt, cl rnih'ricur csl li.-iiiihihlc. 

Ce que nous venons de développer, en |i;iil;iiil des don- 
jons, s'applifpio également aux autres tours et même aux 



— '269 — 

murs d'enceinte, qui ont été construits d'après les mêmes 
principes. 

2° PiRMIL, 

Le château de Pirmil est composé d'une motte avec deux 
enceintes (voir fig. 8). 




Fig. 8. — PiP.MiL 
Plan du château. 

A. Ruisseau dans la vallée. — B. Première enceinte. — B. IJonjon. — 
E. Église. — F. Deuxième enceinte. — M. Motte. 

Ce camp situé à l'extrémité d'un promontoire comprend 
une motte M dressée à la pointe, une première ceinture B 
de soixante-quinze mètres de diamètre, et une seconde 
enceinte F de deux cents mètres de long en suivant le 
faîte de la colline, sur une largeur moyenne, mesurée 
perpendiculairement, de cent cinquante mètres. A la base, 
une vallée, traversée actuellement par un ruisseau A devait 
être submergée (voir fig. 9). 

La plate-forme de la motte, de dix mètres de diamètre, 



— 270 — 

domine la vallée de quarante mètres de hauteur, et Ten- 
ceinte intérieure de dou/.e mètres seulement. 

La première enceinte B D, inaccessible sur toute la partie 
courbe est séparée du promontoire par un talus B de dix 
mètres de hauteur en moyemie au-dessus du fossé C, ({ui 
mesure quatre mètres de lai-geur au fontl, et deux mètres 
de profondeur par rapport à l'enceinte extérieure F B. 

Cette deuxième enceinte F B, de même conliguration que 
la première, mais de plus grande dimension, a perdu ses 
travaux de défense ; on ne peut que les suivre dans les 
constructions du bourg et les travaux de sondage. 




Fig. i). — PiRMIL 



'o 



Elévation du château suivant la ligne A B de la figure S. 

A. P.uisseau. — B. Talus de la première enceinte. — C. Kossé de la 
première enceinte. — D. Fossé au pied de la motte. — M. Motte. 

Telle est la description sommaire que nous pouvons faire 
de l'ensemble des fortifications existant aujourd'hui. 

Ces travaux sont certainement d'origine très reculée, car 
une charte du cartulaire de Saint-Vincent du Mans, que l'on 
peut dater de 1098, contient la vente d'un terrain, devant le 
château de Pirmil et à l'intérieur de l'enceinte, pour ériger 
un bourg. En reconnaissance de ce fait, les moines prennent 
l'engagement de construire une chapelle dans le château (1). 

(1) Preterea vendidi eis quandain niansurani Icnv juxla l'iliiniliiim 
sitam et II agripennos terre ante ipsum castellum existantes, et intra 



- 271 - 

Nous avons retrouvé à Pirmil une disposition en rapport 
avec ce texte. 

Dans le château (intra casteUumj entre la motte et le 
premier talus d'enceinte une petite chapelle est encore 
debout. De construction plus récente, il est vrai, elle laisse 
voir cependant à son chevet, noyés dans le mur, les deux 
piliers de l'arc triomphal d'une construction du commence- 
ment du XII" siècle. 

Dans la deuxième enceinte (ante castellum et intra castelli 
amhitum) existe le bourg ancien de Pirmil. 

Près de l'ancien fossé {juxta Pilimilium) se trouve l'an- 
cien prieuré avec son église, construction de la fin du XII« 
siècle et qui est aujourd'hui l'église paroissiale. 

D'après cette charte on peut donc conclure que le château, 
castellum, comprenait la motte M avec son donjon (1), plus 
une enceinte B, et que la seconde enceinte circulaire F 
protégeait le bourg qui s'était formé au pied du château. 

Lurson et Sonne nous fournissent des exemples iden- 
tiques. 

3" BOURG-LE-ROI. 

Bourg-le-Roi est un château fort, avec une ville au pied, 
enceinte de murailles. 

Le château fort, élevé à l'extrémité d'un promontoire 

castelli ambitum partem ejusdem castelli ad burgum faciendum, et 

omnes consuetudines ejusdem burgi, promiserunt denique michi 

quod intra Pilimilium castellum meum capellam ad presens facerent, 

quando autem eis facultas adesset, lapideam construerent Carlu- 

laire de Saint-Vincent publié et annoté par l'abbé R. Charles et S. 
Menjot d'Elbenne, tome premier, n» 351, colonnes 210-211. 

(1) Nous croyons que ce donjon était en pierres, mais nous ne pou- 
vons l'affirmer n'ayant rencontré aucuns vestiges de constructions 
anciennes. Le château de Pirmil, ruiné pendant les guerres anglaises 
de 1322 à 1445, n'a pas été restauré. On remarque sur la motte les 
traces de nombreuses fouilles qui ont été faites, dit-on, pour l'extraction 
des moellons de la maçonnerie. 



272 ~- 

dominant la vallée, est construit sur une petite motte M. Il 
se compose d'un donjon cylindrique A en pierres, avec che- 




Fig. 10. — lîOURG-l.E-ROT 

Plan du chûteaii. 

A. Donjon. -■ B. Intervalle entre le donjon et la chemise. — C. Che- 
mise. — /). Fossé. — E. Talus. — F. Fossé. 

mise C eu pierres, et ceinture do fossés et i]o talus D, E, F, 
(voir fjg. 10 ol 11). 




Fig. 11. — BOURG-LE-ROI 
Elévation du château suivant la ligne G H de la figure iO. 

A. Donjon. — B. Intervalle entre le donjon et la chemise. — C. Che- 
mise. — D. Fossé. — E. Talus. — F. Fossé. 

Le donjon A d'un diamètre intérieur de sept mètres .avait 
des murs d'une épaisseur de huit mètres trente centimètres, 



— 273 - 

en Jolocage noyé dans un mortier épais sans charbon, le 
parement est sans appareil avec trous de boulain carrés. 
Dans la partie qui est encore debout on ne retrouve aucune 
trace d'ouvertures, de voûtes, ni d'étages, à l'exception de 
quelques trous bien petits pour recevoir des poutres d'aussi 
longue portée. 

La chemise C séparée du donjon par un intervalle circu- 
laire B de six mètres de rayon était formée par un mur d'un 
mètre quatre-vingt-dix centimètres d'épaisseur, de forme 
circulaire et sans contreforts comme le donjon. Dans la 
maçonnerie , au niveau du sol intérieur , et à un mètre 
au-dessus du sol extérieur, des pièces de bois non équarries, 
de vingt à trente centimètres de diamètre, étaient noyées 
deux par deux , longitudinalement et sur un seul rang , 
chacune d'elles à environ vingt centimètres de la paroi 
extérieure. 

Autour de cette chemise C, à huit mètres de distance, 
un talus E de deux mètres avec fossé de cinq mètres, 
avait été élevé ; du côté communiquant avec le faite de la 
colline H, ces fossés et talus avaient été établis sur une 
double ligne E, F. 

Au pied de cette colline deux longs murs formant un 
triangle, avec la rivière pour troisième côté, enfermaient le 
bourg. 

Ces murs, en blocage d'un mètre soixante centimètres 
d'épaisseur, protégés par un fossé peu profond, mais de 
huit mètres de largeur, ont encore une hauteur moyenne 
de huit mètres à l'extérieur , et de six mètres à l'inté- 
rieur. Deux portes ogivales permettent d'entrer dans 
cette enceinte. Nous pensons que ce système de forti- 
fication a été modifié au XIII" siècle. Primitivement l'en- 
ceinte devait être continue , sans portes , et l'entrée du 
bourg existait selon toute probabilité au pied de la butte 
où le château s'élève. L'intérieur du bourg était moins 

XXIV. 18 



274 



grand, et le mur de chMure, marchant parallèlement à la 
rivière, suivait aussi le faite d'un repli de terrain qui coupe 
le bourg actuel par la moitié. Du reste , sur les deux 
côtés de l'enceinte on voit à cet endroit très visiblement les 
deux amorces du mur. Plus tard le bourg ayant pris de 
l'importance, ce mur a été rasé, et les portes d'entrée 
construites. L'église, du XIII" siècle, est construite sur 
l'emplacement de ce vieux nnu-. 

Les portes de ville n'ont point été construites en même 
temps que les murs d'enceinte ; elles ont été accolées en 
avant. La porte est ogivale, de trois mètres d'ouverture 
avec massifs en blocage de deux mètres trente centimètres 
de côté. Une herse fermait le côté intérieur ; dans la voûte 
son passage largement ouvert est encore très bien conservé; 
à la porte d'Anciimes, des traces de gonds indiquent que 
postérieurement (U's portes à vantaux ont remplacé les 
herses. 

Lo Livre Blanc, cai'tulaire du Chapitre de la cathédrale 
(lu Mans, nous fournil des textes pour toutes ces transfor- 
mations (1). Bourg-le-Roi a été acquis par Guillaume-le-Roux, 

(1) Il rex Augloruni, et dux Normaiinoruin et Aquitanorum, et 

cornes Aiidegavoniiii Sciu.tis quod canonici Beati Juliani Cenoma- 

nensis concesserunt.... michi.... toirinn quam liahobant in villa que 
dicitur Ourgus Episcopi libi-WS'i). Liher Albiis, p. iO. 

IlCenricus II) rex Anglorum et dux Normannorum et Aquitanorum et 
cornes Andegavorum 

Sciatis.... me concessisse.... et présente carta conlirmasse canouicis 

ecclesie Beati-.Iuliaiii Cenomanensis pro escambio ville que dice- 

batur Burgus Episcopi, ubi edilicavi castellum meum... 1154-1-189. Liber 
Al bus, p. 11. 

Hciiricus, rex Aiigliie... . confirmavi liominibus castelleti niei iiovi 

de Beauvoii", super aquam de Moira quittanciam per totam 

terram meam de consuetudinibus que ad me pertinent. Apud 

Sagiam. Liber Albus, p. M. 

Radulfus, vicecomes Bellimontis notuin lieri volo, quod habita 

(lin contentioiie iiiter capituliuii Ccuomanense, ex ima parte, et domi- 
iiiiin et patreni meurri, ex alla, sujier villa tpie, anti(|uilus dicta Burgus 
Episcopi, uuiic aulem Burgus llegis appellatur (puuu i[uideni buigum 
et lundum loci prefatum capitulum suum et antiquis temporibus esse 



— 275 — 

Henri II y a construit un château (1154-1189) et a accordé des 
privilèges aux hommes qui venaient s'étahhr dans son 
bourg. En 1205, Raoul de Beaumont transige avec les cha- 
noines du Mans, pour les droits qu'il avait sur le vieux 
bourg, et pour ceux qu'il voulait prélever sur le bourg 
nouveau, excepté sur l'église qu'il reconnaît leur appartenir 
en propre. 

Ces privilèges accordés à Bourg-le-Roi par le roi d'Angle- 
terre furent reconnus et confirmés par le roi de Franco 
Charles VIL 



CONCLUSIONS 

Pour conclure, résumons nos trois descriptions : 

1° — Le château de Saint-Calais (commencement du XI'^ 
siècle) se compose, à son origine, d'une motte avec une 
enceinte en terre ; plus tard on élève un donjon en pierres 
sur cette motte, et enfin, au pied de la colline où se dresse 
le château, une ville s'enferme de murs autour de l'abbaye. 

2° — A Pirmil (fin du XP siècle) une motte est formée 
avec une première enceinte ; plus tard la seconde enceinte 
du château abrite un bourg qui se crée sous la protection 
d'un prieuré dépendant de l'abbaye de la Couture du Mans. 

3° — A Bourg-le-Roi (XII« et XIIP siècles) un château 
est construit sur la colline, il comprend un donjon avec 
chemise et ceinture de fossés et de talus ; dans la vallée, 

asserebat, et pater meus de dono illustriuiu quondam regum Henrici 
et Richardi, filii ejus, vindicabat. Tandem hoc compositio intercessit, 
quod pater meus, cum assensu etiam meo. concessit antedicto capitulo 
annuum redditum sed guerris supervenientibus non est ipsa com- 
positio fmem debitum tune sortita ita compositum est.... quod 

capitulum, prêter jus suum antiquum de veteri burgo et terris circa 
villam sitis, et prêter patronatum ecclesie qui eorum est proprius, 
habeat de censibus et aliis redditibus meis de eodem burgo novo 
annuatim et perpetuum. 27 mai 1205. Liber Albiis, p. 9. 



'270 



iiii(> ville lilu'c fsl ciV-i'c h \':\hr\ dos murs (INMiroinfo. 
Nttiis |iiMi\(His (loue (lire (iiic l.i t'orlilicMliou iV-odalc, pai"- 
taiil (le la iiittllc coimiie prcinièrc apidicalioii, s'est (h'X'e- 
l()|)|»i'e siieeessi\('meiil par radjoiiel ion d'une onde denx 
eneeinles, la preniièi'e allribut'e an eliàlean, la seeonde 
ivserxiM' an\ lialiilaiils in !'(''( »d(''s ; ipii' les talus rw leri'c ci 
los eenslrnelions en Ikiis enl elé reni|)l;u'r>s insonsibloniont 
par les nnu's el les donjons en pierres; en nn mol, (pie la 
vdie an Mil"' siècle, avee son t'Iifiiean, son baille el son 
(MR'einl(\ n'esl (pie le ivsnllal de re\peri(Miee des sii'cU's 
pi-ec('denls ; (A\c n'esl ponil ime crealioii nou\('ll(>, mais bioil 
une i(l(''e an(i('nn(\ d(''velopp(''(^ el perl'eclionni'e dans ses 
proporlions el dans ses moyens de di''riMiS(\ 



C.A13U1EL FI.EURY. 



I. K S 



l^JMSONS ]){ ROI 

A CHATEAU -G ONT llvi; 

AUX XVI h KT XVnr- SIKCLKS 
D'APRÈS DES DOCUMENTS [NÉDLTS 



Les arcliiv(:'s départementales de lu Mayenne n;nferrnenl, 
sur l'état des prisons du roi à Ch;îteau-(Jorilicr, de 1055 à 
1770, sur le régime qui y était en vigueur, sur le nombre 
des prisonniers et sur les catégories diverses de détenus qui 
s'y succédèrent, des renseignements noriil)reux et intéres- 
sants (1). Cette longue et curieuse liste, ({ui (Mjnipte seize cent 
soixante-dix noms, comprend des voleurs, des mendiants, des 
vagabonds, des assassins, des faux-sauniers, des déserteurs, 
des soldats insoumis, des faux-monnayeurs, des fous, des 
débiteurs insolvables, des perturbateurs du repos public, des 
galériens évadés, des incendiaires, des empoisonneurs, des 
filles de mauvaise vie, des femmes accusées d'infanticide, etc. 
Souvent aussi on voit des individus se faire écrouer volon- 
tairement « pour l'entérinement de leurs lettres de grâce et 

(1) Archives de la Mayenne. Sénéc/iaunsée el Sii'tic l'résidial de Cfid- 
leau-Gontier, série B. 294H ( 16!)5-176B ). — B. iUV.) M700-1777). — 
B. 295() n757-1773| — B. 2051 (1770). 



— 278 — 

rémission )\ ou « pour subir interrogatoire. » Le bourreau 
lui-même est emprisoimc du 20 novembre au 1" décembre 
1761. 



I. 



VISITE ET POLICE DES PRISONS. — ÉVASIONS DES PRISONNIERS. 
— RÉPARATIONS FAITES AUX B.\TIMENTS. — DÉMÊLÉ ENTRE 
FRANÇOIS GESLIN, NOTAIRE ROYAL, ET JACOB GUITAU, 
LIEUTENANT-GÉNÉRAL DE LA SÉNÉCHAUSSÉE. — TROUBLES 
DANS LES PRISONS (1655-1781). 



Le 25 mars 1655, Charles Bridier, assisté de M" Jacques 
Collin, se transporte « aux prisons royaux de cette ville, où 
estant, nous avons trouvé René Gallan, concierge, et fait 
venir dans la salle basse tous les prisonniers, où il s'en 
est trouvé ung emprisonné pour faute de gabelle depuis 
huit mois, ung depuis deux mois et ung collecteur de la 
paroisse de Cosme, six pour fraude de commerce, condam - 
nez à deux et trois mois » (1). Julien Bruneau, do Houssay, 
était détenu en 1069 pour « juremens, tapages et blasphè- 
mes » (2). On adjuge, le 22 janvier 1672, à Marin Langevin 
et à la dame Cherbonneau, sa femme, le bail à ferme du 
pain des prisonniers, pour une année, à raison de 9 deniers 
la livre, par pain de deux livres, « le son enlevé, salé et 
bien cuit et sans mauvaise odeur et son échantillon présenté 
à la première fourniture. Les pains mal conditionnés et ne 
contenant pas le poids seront refusés » (3). En 1073, le 

• 

(1) Archives de la Mayenne. Sénéchausuée et Siège Présidial de 
Chûteau-Gontier, B. 2948. 
(2)Ibid., B. 2G8:{. 
Ci) Ibid., B. 2948. 



— 279 — 

nommé A..., accusé de vols, s'évade avec la complicité du 
domestique de M^ René Neveu, notaire royal, qui était aussi 
concierge des prisons (1). René Gallichon, conseiller du roi, 
visite les prisonniers le i^^ avril 1679, 

Une nouvelle inspection est faite le 22 du même mois 
par Me Claude Bernier, lieutenant-criminel. Le concierge 
lui déclare que les détenus sont assez paisibles et qu'il 
n'a aucune plainte à formuler contre eux (2). Ceux-ci, de 
leur côté , disent qu'ils sont satisfaits de leur gardien. 
Le nommé Groussin expose qu'il est enfermé depuis le 
20 novembre 1678 pour une faute légère et que sa peine est 
expirée, « sur quoy faisant droit à sa requête, l'avons élargi, 
sans autre formalité, attendu qu'à la fête de Noël il n'avoit 
pas été accordé d'élargissement. » René Gallichon, conseil- 
ler du roi, lieutenant -général en la .sénéchaussée d'Anjou, 
assisté de Jean Garnier, son greffier, revient le l^' décembre 
de la même année (3). Il enjoint au concierge d'observer les 
règlements « et aussi auxd. prisonniers de bien se comporter 
et d'observer la défense de jurer et blasphémer le saint nom 
de Dieu, sous peines et punitions corporelles. » Il se rend 
également à l'hôpital Saint-Julien, où il interroge la sœur 
Marguerite de Saint-Jean-Baptiste, supérieure de cet établis- 
sement. Elle lui répond que tout marche bien. Les malades 
assurent qu'ils sont convenablement traités « et proprement 
entretenus de linge. » Ils .sont au nombre de dix. 

Un des soldats du sieur Saint-Aubin de la Faucille, capi- 
taine au régiment de la Ferté, est sous les verrous en 1680 (4). 
Gallichon fait une nouvelle visite le 20 avril 1688. Le con- 
cierge lui dit qu'il n'a pas à se plaindre des détenus et que 
le pain est de bonne qualité. Intervient alors M" Jean Juffé, 

(1) Archives de la Mayenne. Sénéchaussée et Siège Présidial de 
Château-Gonlier, B. 2696. 

(2) Ibid., B. 2948. 

(3) Ibid. 

(4) Archives de la Mayenne, ibid., B. 2701. 



- 280 — 

« prêtre, chanoine de Saint-.Tust, administrateur préposé 
par les habitants et qui a accepté la charge de venir esdites 
prisons ». Il affirme qu'il ne peut « se rendre le maistre des 
prisonniers, lorsque les particuliers apportent eux-mesmes 
les charités », sans qu'il en ait été préalablement averti; 
« à quoy, il serait nécessaire de pourvoir, mesme à la sûreté 
des ornements et du calice de la chapelle, pour estre mis 
entre les mains d'une personne de laquelle on peut les avoir 
toutefois et quant il se présentera des ecclésiastiques pour 
célébrer la messe dans la chapelle desd. prisons ». Il y a des 
fondations qui ne sont pas acquittées, notamment celle de 
M*' Bordeau, dont M^ Jean Allard, prêtre de cette ville, est 
chargé, ainsi que celle de M« Pierre Lorchon. On dit la 
prière le matin et le soir. Il serait utile de fermer la chapelle 
pendant la journée. Jufté s'efîorce d'empêcher les hommes 
de communiquer avec les femmes, principalement pendant 
l'hiver. La chambre des femmes n'a pas de cheminée, et i^ 
serait urgent d'y aviser. Le lieutenant-général ordonne que 
les chambres hautes seront garnies de paille fraîche, en 
juillet et août, selon l'habitude (i). 

Le môme jour, il va à l'hôpital, où il est reçu par 
la dame (<^ OUive Duchemin, dite sœur Sainte-Catherine, 
supérieure de la maison, » par « noble François Du- 
blineau, un des administrateurs, » et par la dame Ca- 
therine Bionneau , épouse de M« René Guérin , sieur de 
la Gendronnière , conseiller du roi au siège présidial 
et également administrateur de l'hospice (2). Tout va 
bien, cependant on désirerait que le Lableau concernant les 
pauvres malades qui sont admissibles « fut signé et que les 
chirurgiens conférassent les uns avec les autres sur l'état 
des malades et qu'ils se donnassent la peine de venir eux- 
mêmes les traiter. » Les salles sont en parfait état d'ordre et 

(1) Archives de la Mu'jenne, ibid., B. ^'.tiS. 
(2; ////■(,/. 



— 281 — 

de propreté. Les pauvres assurent qu'ils sont très contents 
de leur sort et qu'ils ne pourraient pas être mieux. 

Jacques Grandet, conseiller du roi, procède à l'inspection 
ordinaire les 24 mars et 19 décembre 1692. 

Les femmes de la prison se plaignent, le 26 décembre 1693, 
qu'on ne leur renouvelle pas la paille assez souvent (1). 
Plusieurs détenus expliquent, le 13 décembre 1695, à Jacques 
Grandet, leurs griefs contre le concierge. Pierre Dumas, 
Etienne Bourneuf, René Godebille, renfermés pour divers 
crimes, Julien Moustault et Perrine Eschard, veuve de Jean 
Lemesle, faux-sauniers, Pierre Goisbeau et Marin Genest, 
condamnés « pour droit d'aydes , » ainsi que René 
Trioche sont successivement entendus. Moustault a été 
maltraité et traîné par les cheveux, « led. concierge luy 
disant que, quand lesd. gens de la justice l'auroient vu, 
il n'en seroit pas davantage que de l'évasion de Bobard, 
cy devant prisonnier pour vol et assassinat ». Trioche 
raconte que, plusieurs personnes étant venues lui appor- 
ter à manger, on leur a refusé l'entrée des prisons. Gode- 
bille, Dumas et la femme Eschard sont satisfaits de leur 
situation. Genest et Goisbeau font une réponse analogue et 
Goisbeau ajoute qu'il a été battu par Trioche et Dumas, qui 
l'ont traîné par les cheveux dans le préau. La femme du 
concierge, en l'absence de son mari, proteste contre ces 
allégations mensongères. Les fers sont mis aux pieds de 
Moustault et de Dumas, par Pierre Cailleau, marchand ser- 
rurier, demeurant au faubourg d'Azé, sur l'ordre de Grandet, 
qui assiste à l'opération (2). 



II. 



Au mois de mars 1702, François Boulay, de Château- 
Gontier, s'évade des prisons. Il est repris peu après. Fran- 

(1) Arch. de ta Mayetuie, ihid. 

(2) Ibid., B. 2748 



— 282 — 

çois Pillegault, conseiller du roi, lieutenant de la maréchaus- 
sée, fait sa visite les 22 mars 1704 et 10 avril 1705. Jacob 
Guitau, lieutenant-général de la sénéchaussée, se trans- 
porte le 3 avril 1706 à l'hôpital, où il est accueilli par 
la dame Renée Deniau , supérieure. Le 7 avril 1708 , 
Pillegault inspecte de nouveau les prisons. Le 15 no- 
vembre 1723, c'est le tour de François Dublineau, sei- 
gneur du Châtelier, conseiller du roi, assesseur civil, lieu- 
tenant-particulier-criminel, accompagné de Jean Garnier, 
son greffier. Le concierge lui affirme qu'il a donné lecture 
des ordonnances et règlements concernant la police des 
prisons et que nul n'y contrevient. Les détenus reconnaissent 
que le concierge leur fournit la paille en quantité suffisante, 
quand ils en ont besoin, « qu'il n'use d'auscun sévice ni 
aultres mauvais traittements en leur endroit ». Mais ils se 
plaignent du boulanger dont le pain n'est ni levé, ni salé. 
De graves désordres avaient troublé la paix de, la prison, la 
même ajinée. Les nommés Jean M..., «de Montreuil-sur- 
Mayenne », Jean H..., de la Brù latte, René H..., de Pomme- 
rieux, Jacques B..., de Craon, Jean V..., de Craon, étaient 
accusés d'avoir, en exécution d'im complot qu'ils avaient 
formé entre eux, étouffé la femme du geôlier, tenté d'étran- 
gler celui-ci, volé de l'argent et des vêtements dans le loge- 
ment de leurs victimes, et de s'être ensuite évadés « des dites 
prisons ». Des sentences prévôtales condamnèrent les rebelles 
à être appliqués à la question ordinaire et extraordinaire, 
à avoir les bras, jambes, cui.sses et reins rompus et à être 
mis sur la roue « pour y expirer quand il plaira à Dieu » ; 
au bas de ces sentences sont des post-scriptum ordonnant 
que les condamnés seront étranglés secrètement, après avoir 
reçu vifs, les uns quatre, les autres douze coups de barre. 
Marie V..., femme de Jean B..., accusée de vols domestiques 
et nocturnes, de complicité dans l'assassinat de la veuve Davy, 
hôtesse à Craon, et aussi de complicité dans le vol commis dans 
les prisons de Chàteau-Gontier, où elle était détenue lors du 



283 



complot ci-dessus mentionné, fut également condamnée à 
être pendue et préalablement appliquée à la question ordi- 
naire et extraordinaire. Pour mettre leur criminel projet à 
exécution, les détenus avaient profité du mauvais état des 
prisons et avaient pénétré dans la chambre du geôlier en 
passant à travers un plafond défoncé (1). 

Julien B..., domestique, accusé de vol avec effraction au 
préjudice de sa maîtresse la dame Allain, veuve de Louis 
Royer, chevalier, seigneur de Champagnolles, demeurant à 
Brissarthe, réussissait, en '1724, à s'évader des prisons de 
Ghâteau-Gontier (2). Le 13 mars de la même année, le pro- 
cureur inspectait les prisons pour s'assurer de la qualité du 
pain. Le 29 mars 1725, René Le Masson, sieur du Haras, 
conseiller du roi, juge magistrat de la sénéchaussée d'Anjou 
et siège présidial de Ghâteau-Gontier, faisait la visite habi- 
tuelle. Louis Dubouïs, concierge, et Joachim Gimier, guiche- 
tier, se plaignent d'avoir à garder un trop grand nombre de 
détenus, car ceux-ci forment un groupe « de 38 à 40, ce qui 
fait qu'il est presque impossible de les contenir et avoir soin, 
à cause du peu d'étendue desd. prisons ï>. Le défaut de lits 
les oblige à faire coucher la plupart des condamnés sur de 
la paille étendue sur le carreau et la maison est si étroite 
qu'il est impossible d'empêcher la fréquentation des prison- 
niers de l'un et de l'autre sexe. Depuis longtemps, Dubouïs 
réclame les réparations absolument indispensables, surtout 
aux planchers de la chambre criminelle et de celle qui est à 
côté de la petite pièce servant de chapelle. Il court risque 
d'être tué par ses pensionnaires «. par la facilité qu'il y a de 
descendre dud. plancher en la chambre qu'il occupe, où il 
couche, seul endroit où il peut se retirer, lad. facilité pro- 
venue de ce que les soliveaux sont trop escartez les uns des 
autres » (3). Le pain est de mauvaise qualité. On augmen- 

(1) Arch. de la Mayenne, B. 2949. 

(2) Ibid. 

(3) Ibid. 



— 284 — 

tera aussi le nombre des fers pour dompter « les violents ou 
malcontants ». Les planchers seront remis à neuf. 

Le 3 juin de la même année, sur les trois heures de rele- 
vée, Denis-Georges Guillebault de la Roberie, premier avocat 
du roi, substitut du procureur - général, accompagné de 
Jean-Joseph Garnier, greffier ordinaire, arrive à la prison, 
où il trouve M. Dublineau, assesseur, et M. Letessier des 
Forges, lieutenant de la maréchaussée, également convoqués 
pour constater une évasion accomplie la nuit précédente. 
Guillebault est surpris de voir les clefs aux mains d'un cava- 
lier de la maréchaussée. Il en demande la raison. On lui 
répond que c'est par précaution « pour éviter et prévenir 
les soupçons de la conduite de Dubouïs à l'occasion de lad. 
évasion ». Le substitut ripo.ste « qu'il eust été du règlement » 
de l'en avertir et que « la garde sagement établie ne l'auroit 
dû estre que sur sa réquisition, qu'il estoit un peu trop tard 
pour une si sage précaution ». 11 requiert le sieur Jouanneau 
de lui remettre la clef de la porte d'entrée et celle du guichet, 
« ce qu'il auroit fait si, en même temps, MM. Dublineau et 
Letessier montant dans la chambre de l'interrogatoire, nous 
avons représenté à mond. sieur Dublineau que mond. sieur 
Letessier étoit partie inutile et ne pourroit régulièrement 
assi-ster au procès-verbal qui estoit nécessaire de faire » pour 
découvrir comment le prisonnier avait pu s'enfuir. 

L'a.ssesseur et le lieutenant n'en persistent pas moins à ré- 
diger leur rapport dont Guillebault réclame la lecture, « afin 
de requérir pour le bien de la justice ce que de raison », mais 
les deux autres s'y refusent. Aussitôt le substitut mande 
M'' François Geslin, notaire de cette cour, et Gelée, hussier, 
(( afin d'éviter de nous voir rien imputé ». De leur côté, 
Dublineau et Letessier appellent à la rescousse Duval, le 
procureur de la maréchaussée, qui est fort mal reçu par 
Guillcbaull. Entrant alors dans la chambre du concierge, le 
substitut l'interroge sur les circonstances de l'évasion. Le 
geôlier lui dit i\\w. c'est le nommé René Ghesny, « accusé de 



— 285 — 

fausse-monnaie et de vol d'argenterie », renfermé depuis 
peu dans un cachot situé dans le grenier, qui a réussi à 
s'échapper. L'audacieux coquin avait feint d'être atteint de 
la fièvre, quand le sieur de la Fuye, maître chirurgien, était 
venu le voir, la veille, sur les quatre heures du soir, et il avait 
prié Dubouïs de lui ouvrir la porte de son cachot pour aller 
bc coucher, car il était trop malade pour assister à la prière 
du soir. Chesny s'était sauvé par une ouverture pratiquée 
dans la toiture. Il avait « couvert lad. coupure avec de la 
terre détrempée, ce qui empeschoit qu'on s'aperçiit de son 
dessein. Ce qui a pu faciliter la scieure desd. planches, c'est 
qu'une ordonnance de mond. sieur Dublineau, du 30 avril 
dernier, ordonna de l'air dans les chambres des prisonniers, 
pour en arrêter les maladies, dont plusieurs et Dubouïs et sa 
femme étoient attaqués ». On remarque que le faux-mon- 
nayeur s'est servi « de la corde dont il supportoit sas fers (1) ». 
Le 9 juin, le concierge, soupçonné de complicité, est arrêté 
et transféré le 14 juin dans les prisons de Tours. Le nommé 
Pierre Lecocq, accusé d'avoir fourni de « l'argent et autres 
instruments » pour favoriser également la fuite de Grespy, 
est arrêté le 23 juin et mené à Tours le 4 juin 1726 (2). 



m. 



Les réparations des prisions étaient devenues absolument 
urgentes. L'insalubrité causée par l'accumulation des déte- 
nus ainsi que le manque d'air amenèrent plusieurs catastro- 
phes. Les deux chapelains, un médecin et presque tous les 
prisonniers moururent de maladie pestilentielle (3). L'année 
suivante, 1726, à la requête du procureur du roi, on fit 

(1) Arch. de la Mayenne, ibid. 

(2) Ibid. 

(3) Ibid., B. 2440. 



— 286 — 

saisie, entre les mains de François Geslin, notaire royal à 
Château -Gontier, que nous venons de nommer, des sommes 
dues par celui-ci aux sieur et dame deBailieul, propriétaires 
du marquisat de Château-Gontier (1). Cet argent devait être 
employé à la réfection du palais (2) et des prisons royaux 
de la ville. Geslin avait, en effet, différé depuis longtemps, 
sous divers prétextes, de procéder aux travaux reconnus 
indispensables. 

Le 20 janvier, Jacques Limousin, accusé de vol, s'était 
évadé. M« Jacob Guitau, seigneur de la Marche, conseiller 
du roi, lieutenant-général en la sénéchaussée d'Anjou et 
siège présidial de Château-Gontier, fut chargé de rendre 
une ordonnance contre Geslin pour le contraindre à obéir. 
Geslin, furieux, s'en vengea en publiant un libelle diffama- 
toire contre tous les officiers de la sénéchaussée, et particu- 
lièrement contre Guitau, qui, pour se justifier, produisit 
des certificats de tous les corps de la ville. Voici celui du 
clergé : «. Nous soussignés curés, prêtres et autres ecclésias- 
tiques composant le clergé de Château-Gontier, certifions à 

(1) Archives de la Mayenne, i&id. —Nicolas-Louis de Bailleul (1714-1739), 
marquis de Chàteaii-Gontier, fut reçu président au Parlement en survivance 
de son prrc, lu 18 juin 1714. Des documents certains attestent qu'il fit 
hommage au roi, pour son marquisat en 1737, conjointement avec ses 
tantes et ses cousines. A la suite d'une licitation faite le 12 mai 1739;, la 
terre de Château-Gontier passa à son neveu Félix Aubry, marquis de 
Vastan, héritier de Madeleine-Louise de Bailleul, sa mère, qui. pour cette 
acquisition, paya 730,000 livres. (Léon Maître, Ta})leltcs chronologiques ei 
historiques de la succession des seigneurs de Laval, de Mayenne et de 
Chàteau-Gatdier, \). 31). (Voir, dans le Biillcliii de la Contmission hist. 
et arch., de la Mayenne, t. III, (188'2-18«3), p. '2S1-292, la liste des membres 
de la famille de Bailleul qui furent seigneurs de Château-Gontier, d'après 
la Généalogie inédite publiée par M. A. de Martonne, ardiiviste do la 
Mayenne. Cette liste diffère de celle (jui a été leproduite pai' M. Léon 
Maître.) 

(2) Le 7 septembre 1727, les délibérations du maire et des échevins 
eurent lieu « en la salle du cliàteau de Giziers », servant d'auditoire, « at- 
tendu la démolition du Palais-Uoyal du dit lieu n. [Régis 1res des délibéra- 
tions de la Communauté des habitants de la ville de Château-Gontier. 
Arch. anciennes de la Mairie). 



— 287 — 

nos seigneurs de Parlement que M*" Guitteau, lieutenant- 
général de cette ville, est un magistrat de distinction et sans 
aucun reproche, qu'il a toujours vécu en bon chrétien, été 
charitable envers les pauvres, fort populaire, zélé pour le 
bien public, un très sage père de famille, ennemi du luxe et 
de la vanité ; que lui et la dame son épouse et ses enfants 
ont toujours été d'un bon exemple, capables de servir de 
modèle à toute la ville. En foi de quoi nous avons donné et 
signé ces présentes à Chàteaugontier le 17 juin 1727 ». 

Les noms des signataires suivent : « Moulin (ou Noulin), 
curé de Saint-Rémy (1). — Martin, ancien curé de Saint- 
Jean (2). — Deshayes, curé de Saint-Jean (3). — G. Despinay 
de risle-Adam, curé d'Azé (4). — F. Despinay de l'Isle- 
Adam vicaire d'Azé. — Georges, curé de Bazouges (5). — 
Arthuis, vicaire de Bazouges. — P. Chauviré-AUaire. — De 
la Fuye. — Garnier. — Bonneau. ^ Pelletier. — Bufïeran. 
— Pineau. — De l'Hommeau. — Marais, principal du 
Collège (6). — Liger. — Anger. — Frouin. — J. Langevin, 
prêtre de l'Hôtel-Dieu. — Marais. — Halbourg ». On remar- 
que ensuite l'attestation du Chapitre Saint-Just, parlant 
comme chef du clergé de la ville. Elle est datée du 
lendemain 20 juin et signée : « Boucault, doyen (7). — 



(1) René Mouliu ou Noulin, curé de Saint-Rémy, du 14 mai 1710 au 21 
mai 1728. 

(2) Madelon Martin, curé de Saint-Jean, résigne à son neveu, après 
oG ans d'exercice le 19 décembre 1670. 

(3) François Deshayes, curé de Saint-Jean, le 31 juillet 1726, exerce en- 
core en 1761 ; mais une lacune de liuit années existe là dans les anciens 
registres, qui ne permet pas de préciser sa mort, ni l'entrée en fonctions 
de son successeur, 

(4) C. d'Espinay, curé d'Azé, du 23 avril 1723 au mois d'octobre 1766. 

(5) Pierre George, curé de Bazouges, de 1716 à 1756. 

(6) Gilles Marais, principal du Collège, né à la Jumellière, près Cholet, 
mort le 29 décembre 1733. 

(7) Barthélémy Boucault, chanoine du chapitre de Saint-Just et de Saint- 
Etienne, cité dans un titre de 17Ui. 



— ^288 — 

L. Bionneau (1) — Rafïray. — P. Rigault. — Sollier. — 
Paigis ». 

L'attestation des gentilshommes est signée par « MM. Gal- 
lichon. — Du Guesclin. — De Loresse. — De Quatrebarbes. 

— Du Bois-Jourdan. — Du BuatdelaSoubrardière. — M. de 
la Soubrardière. — Gallichon de Gourchamps. — De la Barre 
du Teilleul. — Le chevalier de la Planche [de Ruillé]. — 
Du Tertre de Sancé. — L.-J. de Madaillan. — J.-B. de Sour- 
dille. — E. Déaii de Luigné. — F. Déan de Luigné ». Offi- 
ciers de l'élection: « Planchenault. — Besnard. — R. Richard. 

— Trochon, procureur du roy. — Le Mercier, greffier ». — 
Administration des hôpitaux : « Dublineau, syndic de la ville. 

— Fouassier, procureur du roy. — De Bonnefoy. — Syette. 

— GoUin. — Jousse. — De Fleurance. — Douart. — J. Bes- 
nard. — Deschamps. — Denoes ». — Avocats: « Allain. 

— Thoumin. — Jousse. — Gollin. — Allaire. — Le Te.ssier. 

— Le Gercler. — Leridon. — Bionneau. — Bouchard. — 
J. Bouchard. — Maignan. — Bruneau. » — Notaires : 
« Meignan. — Raffray. — Noël. — Millet. — Mahier. — 
Garnier. — Maingot. — Desnoes ». — Bourgeois et princi- 
paux habitants : « Arthuis. — Huard. — Trochon de Moiré. 

— Ghailland. — Bonneau. — Lasnier. — Péan. — Chauviré. 

— Gilles. — Geshn. — Bionneau de la Fuye. — Jarry. — 
Bruneau. — Séguin. — Gh. Séguin. — Patry. — M. Séguin. 

— J. Paigis. — Nocl. — Mahier. — Piau. — Sizé. — Le 
Gamus. — Rousseau... » ('2). Guitau avait eu souvent de 

(1) Louis Bionneau, correcteur en 1720. 

(2) Ces pièces sont annexées au Mémoire signifie pour M' Jacob 
Guitau, conseiller du Ro\i, lieutenant-général en la si'nesc haussée 
d'Angers et sirgc présidial de Chàteaugontier, intimé, défendeur en 
prise ù partie et demandeur contre François Geslin, notaire royal à 
Chàteaugontier, demandeur en prise ù partie et défendeur. — Nous 
devons la communication de ces documents à M. Guiliei', de Laval^ qui a 
bien voulu nous les confier, grâce à ToljUgeant intermédiaii'e de notre 
excellent ami M. Emile Moreau, dont les savants travaux sont si appréciés 
des critiques compétents. 



— 289 — 

piquants démêlés avec les magistrats du présidial et il 
avait de nombreux ennemis (1). 

En 1730, Joseph B..., de Chûtillon en Bretagne, accusé 
d'avoir tenté d'assassiner le guichetier des prisons de Ghâteau- 
Gontier, où il était détenu, et de s'évader, était condamné à 
être rompu vif (2). Le 22 décembre 1747, André Oger, soldat 
au régiment d'Angoumois, détenu comme déserteur, s'évade. 
Un soldat du régiment du Dauphin était poursuivi en 1748 
pour avoir enfoncé la porte de ces mêmes prisons et en avoir 
enlevé deux individus détenus pour faux-saunage (3). Le 
26 décembre de la même année, on réintègre le nommé 
André, voleur, qui s'était évadé. Une procédure fut instruite 
en 1752 contre trois prisonniers, accusés d'avoir tenté de 
s'enfuir à l'aide de fausses clefs en étain, après avoir limé 
leurs fers et excédé de coups le guichetier, ainsi que la mère 
et la femme du concierge. L'un, qui était déjà un forçat évadé, 
fut condamné aux galères perpétuelles, l'autre à trois ans de 
galères et le troisième acquitté (4). François B...., autre 
détenu, en 1766, porta des coups mortels à la mère du 

(1) On conserve à la Bibliothèque d'Angers, parmi les documents inédits, 
un très curieux mémoire manuscrit pour « M'' Le Chat, sa"" de Marigné^ 
contre M. le président de Bailleul et Jacob Guisteau, époux de Renée 
Dublineau, lieutenant-général à Chàteaugontier », daté du 8 février 1717 
et commençant ainsi : « Réfléchissant sur la conduite et iiianières d'asir 
de M« Jacob Guisteau, lieutenant-général indigne à Chàteaugontier, filz du 
valet et servant de la messagerie d'Angers à Paris, et auparavant à la 
BouchefoUière, chez M. Fouquet, on reconnaist que ce jeune homme na 
pas de savoir ny de jugement, du moins dans sa profession, mais seule- 
ment de l'orgueil, de l'ambition et de l'envie avec de lavarice et de la 
vengeance... « Il y a trois parties et les réponses. (Manuscrit 918, f. 49). 
— Les registres du présidial et les registres des délibérations de la Com- 
munauté des habitants de la ville de Chàteau-Gontier contiennent d'inté- 
ressants détails sur les conflits très violents et très fréquents de Guitau 
avec divers magistrats ainsi qu'avec les officiers du corps de ville. 

(2) Archives de la Mayenne, B. 2757. —Le prisonnier avait volé, la nuit, 
un cheval à la veuve Besnier, fermière de la terre de Soulgé {Ibid). 

(3) Ibid., B. 2774. 

(4) Ibid., B. 2779. 

XXIV. 19 



— ^290 — 

concierge et parvint à s'évader (1). Le roi Louis XV accorda 
en 1781 des lettres de pardon à Pierre - René-Joseph 
Prudhomme, soldat au régiment de Normandie, accusé à 
son tour de tentative d'évasion des prisons de Château- 
Gontier ('2). Des lettres patentes du roi avaient fixé en 1774 
le tarif des droits de havage de l'exécuteur des sentences 
criminelles (3). 



IL 



EXTRAITS DES LIVRES D'ÉCROU. — EXAMEN ET ANALYSE DES 
DIVERSES CATÉGORIES DE DÉTENUS RENFERMÉS DANS LES 
PRISONS DE CHATEAU-GONTIER (1700-1777). 



I. 



La liste intégrale des détenus renfermés dans les prisons 
de Chàteau-Gontier, de 1700 à 1777, comprend, comme 
nous l'avons déjà dit, seize cent soixante-dix noms diffé- 
rends, avec l'indication des crimes ou délits qui moti- 

(1) Archives de la yia\ienne, D. 2795. 

(2) Ibid., B. 2812. 

(3) Und., B. 278. — Des visites avaient été faites, pour constater l'état 
des prisons, le 6 avril 1767 et le 2 avril 1768, par Louis-Daniel Lemasson, 
seigneur du Haras, conseiller du roi, lieutenant-pailiculier civil et criminel 
eti la sénécliaussoe et siège présidial de Cliàteau-Gontier. « Attendu les 
approches de la fête de Pâques, dit le magistrat dans son premier procès- 
verbal, nous nous sommes transporté dans lesd. piisons, où estant, nous 
avons demandé aux prisonniers s"ils s'acquitteroient du devoir de la reli- 
gion. Ils ont répondu qu'ils en avoient l'intention cit ont déclaré n'avoir 
aucune plainte à formuler ni contre le concierge, ni contre la fourniture 
de pain. Avons ensuite visité les chambres et cachots, que nous avons 
trouvé en bon ordre ». Lors de sa seconde inspection, Lemasson constate 
qu'il n'y a « aucun prisonnier criminel, sinon 8 mendiants, qui ont été 
constitués prisonniers depuis peu. — Sans aucune plainte ». 



— 291 — 

valent soit leur arrestation par les archers de la ma- 
réchaussée, soit leur comparution volontaire devant le 
geôlier chargé de les écrouer. Cette longue énumération, qui 
est cependant incomplète, puisqu'il existe, dans ces docu- 
ments, une lacune importante comprenant la période qui va 
de 1706 à 1723 (1), renferme des détails très intéressants 
pour l'étude de la moralité des habitants du Haut-Anjou au 
XVIIIe siècle. Elle mérite donc d'être résumée, analysée et 
annotée sommairement. 

Les infractions aux obligations imposées par le service 
militaire à ceux qui avaient « tiré le billet noir » donnent 
lieu à soixante arrestations dans le court espace de quelques 
années, du 25 mars 1701 au 6 juillet 1705. Les prévenus sont 
accusés soit de désertion, soit d'indiscipline, soit de refus de 
se rendre à leurs corps ou de négligence dans l'accomplisse- 
ment de ce devoir. On incarcère aussi les parents ou 
les amis des insoumis, qui avaient pris l'engagement de les 
astreindre à se présenter et qui ont, au contraire, favorisé 
leur fuite. Les remplaçants qui gardaient l'argent et ne 
venaient pas à leur poste étaient également poursuivis. Le 
cas le plus fréquent est celui des soldats de milice des 
paroisses qui n'assistent pas au tirage ou qui s'obstinent à ne 
pas rejoindre le régiment auquel ils sont incorporés (2). Leur 
arrestation est demandée tantôt par le procureur syndic de 
ces paroisses, tantôt par la généralité de Tours, par M. le 
subdélégué, par les habitants eux-mêmes, par les officiers 
des régiments de Saintonge, d'Orléans, de Baraille, de 
Froulay, de Briouze, de Beaufort, de Laval, de la Motte, etc., 

(1) Le recueil factice, coiiservé aux Archives de la Mayenne, est en 
assez médiocre état. Les livres d'écrou sont faits d'une série de feuilles 
volantes, où souvent manquent plusieurs pages. 

(2) Les Cahiers de doléances du Bas-Maine en 1789 réclament l'abolition 
de la milice et du tirage au sort. On propose la création d'un fond pour 
l'acliat des miliciens. (Voir Bellée, Duchemin et Brindeau, CaJders des 
plaintes et doléances des paroisses de la province du Maine. Le Mans, 
1877-1887.) 



— 292 — 

parle prévôt provincial et par d'autres personnes. Beaucoup 
de soldats portent des surnoms tels « que Sans-Chagrin, Bel- 
Air, Joli-Cœur, La Fonçade, La Grenade , La Tulipe , 
Jasmin, La Violette, La Jonquille, La Fleur. » D'autres sont 
baptisés du nom de leur province : « Provençal, Breton, 
l'Angevin ; » enfin les qualités morales ou extérieures servent 
à en désigner quelques-uns : « Françœur, La Volonté, La 
Douceur, Beauvisage, Belhomme, Bel-Amy. » D'autres doi- 
vent leur dénomination à leur caractère, leur penchant: « Pot- 
de-Vin, Vide-Bouteille, Brin-d' Amour ; » enfin on trouve les 
surnoms joyeux de « La Joie, La Gaieté, Belle-Humeur. » Les 
habitants des paroisses payaient les volontaires qui offraient 
de prendre rang dans l'armée et réclamaient leur argent 
quand le milicien désertait. 

Le 26 octobre 1701, on emprisonne Julien (raingnard, 
« soldat de milice, faute de s'être rendu pour le service 
du roy , conformément au traité qu'il avoit fait avec 
ses paroissiens », qui lui avaient versé une somme de cent 
quinze livres, « suivant la quitance consentie par lui devant 
Esnault, notaire royal de cette ville». Souvent la prime 
était peu élevée. Ainsi, le 28 juin 1702, Antoine Lépine, 
soldat dans la compagnie de René Petit, sieur de la Bour- 
daiserie, lieutenant au régiment de Baraille, remettait deux 
écus neufs à l'un des valets du meunier des Trois-Moulins de 
Château-Gontier (1), pour son engagement. Toutefois, après 
avoir accepté le paiement, celui-ci refusa de suivre le recru- 
teur qu'il maltraita, « excéda de coups » et « mit tout en 
sang ». Le forcené se rua ensuite sur le lieutenant, sur le 
meunier et sur sa femme, qu'il accabla de violences. La 

(1) Les trois moulins étaient situés au pied même du vieux château sur 
la rive droite de la Mayenne. Une tour à créneaux, qui devait être en 
dehors des fortifications, était encastrée dans ces moulins. Voir, dans 
l'album de Chdteau-Goatier et ses environs, la première des trente eaux- 
fortes par Tancrède Abraham, qui représente Château-Gontier et les 
Vieux Trois-MouUns. Une ruelle s'appelle encore aujourd'hui a ruelle 
des Trois-Moulins. » 



— 293 — 

maréchaussée accourut enfin, s'empara, non sans peine, de 
ce furieux caché dans le grenier, le garrotta et le conduisit 
dans les prisons. La durée de l'incarcération des déserteurs, 
des indisciplinés ou des insoumis variait généralement entre 
deux et six jours. Souvent même, on élargissait dès le len- 
demain les miliciens réfractaires, pour les conduire à leur 
régiment. 

Le messager de Château-Gontier, appelé, en 1701, Nicolas 
Champion, était fréquemment chargé de mener les accusés 
ou les condamnés soit à Paris, soit à Angers, soit à Laval ou 
à Craon. Quand ceux-ci étaient gravement malades, on 
les envoyait à l'hospice de la ville, sauf à les réintégrer dans 
les prisons, lorsque la guérison était constatée. La liste des 
gens qui se présentaient devant le geôlier, pour être écroués, 
afin de faire procéder à l'entérinement des lettres de grâce 
et de rémission qu'ils venaient d'obtenir ou pour subir leur 
interrogatoire, était assez considérable. Les rafles de men- 
diants et de vagabonds par les archers de la maréchaussée 
ne parvenaient pas à purger les villes et les campagnes. 

Le 6 juin 1704, on incarcère Marie Barbier, de la paroisse 
de Longue, qui est ensuite emmenée aux Pénitentes d'Angers, 
par ordre de i'évêque. Les prisonniers pour dettes étaient 
nombreux. Le 3 février 1705, Louis Lebrun, « garde-corps 
de Sa Majesté », demande à être écroué, pour « parvenir à 
l'entérinement des lettres de grâce, rémission et pardon qui 
lui ont été délivrées par la Grande Chancellerie », au mois de 
novembre de l'année précédente, « pour raison d'homicide 
commis sur la personne de feu Robert Bancoust ». Certains 
condamnés étaient transférés, à l'expiration de leur peine, 
dans d'autres prisons, ou étaient amenés de divers heux dans 
celle de Château-Gontier. Le 14 mars, Geoffroy Madiot, 
accusé de meurtre, est incarcéré. On l'exécute le 2 juillet 
suivant. Marc Cabaret, mendiant, accusé d'avoir voulu 



— 294 — 

mettre le feu à la Masure d'Azé (1) et dans plusieurs autres 
endroits, est emprisonné le 26 octobre. La maréchaussée est 
toujours occupée à poursuivre et appréhender les vagabonds 
qui pullulent (2). 

De 4723 à 1753, le nombre des crimes augmente. Les 
voleurs de grand chemin et les vagabonds se multiplient. 
Le 7 septembre 1723, Pierre Macé, René Geslot et Nicolas 
Garreau, lieutenant et gardes aux gabelles, établis au poste 
du Chêne-Coupé, paroisse de Houssay, ressort de Craon (3), 
s'emparent de Jean Hodeline, soupçonné d'avoir tué Pierre 
Simon. Le lendemain, 8 septembre, on arrête Jacques 
Biguide, accusé de meurtre sur la personne de La Joulière. 
Trois jours après, le condamné est exécuté sur la place 
publique de Château-Gontier. Le 13 du même mois, on em- 
prisonne Marie Viel, femme Juigné, accusée de vol et d'as- 
sassinat. Elle est menée au supplice le 19 février de l'année 
suivante. Le 14 octobre, Charles-François de Madripon, 
capitaine des fermes du roi au dépôt de la Valette (4), Jean 
Deshayes, lieutenant-ambulant (5), Jean Godier, lieutenant 
de brigade, et François Fouassier, garde - capitaine du 
de ressort de Château-Gontier, arrêtent Jean Girard, natif 
de la ville d'Ancenis, voleur de grand chemin. 

Le 11 janvier 172i, incarcération, pour sédition populaire, 

(1) Masure (la), logis et f. c"« d'Azé (Dict. topographique de la Mayenne, 
p. 208). 

("2) La maréchaussée de Château-Gontier, qui n'était autrefois qu'une 
dépendance du prévôt d'Angers, avait été créée provinciale à la fin du 
XVII^ siècle. Il y avait un prévôt, un chevalier du guet, un lieutenant, un 
assesseur, un commissaire des montrées, un procureur du roi, un exempt, 
un greffier et quinze archers. ("Voir les Mémoires de M. de Miroménil 
intendant de Tours, dressés par ordre de la cour en 1G97, pour Monsei- 
gneur le duc de Bourgogne). 

(3) Houssay, canton de Château-Gontier, ancienne paroisse du doyenné> 
du comté de Laval et de réleclion de Château-Gontier. 

(4) Il existe dans la région plusieurs lieux qui portent ce nom de "Valette 
ou de la Valette. (Voir le Dicl. topocj. de la Mayenne, p. 223). 

(5) Voir, sur l'organisation de la gahelle, le Dicl. des instittUions^ 
moiurs et coiilunies de la France, t. I, p. 460. 



— 295 — 

de Michel Meignan, Michel Vallet, René Rousseau et Charles 
Chesnion, qui sont mis aux fers. Le 6 mars, arrestation^ par 
les archers de Craon, de Jean Rouard, natif de Pontorson, 
accusé de vol et d'assassinat. Le 41 avril, c'est le tour de 
Claude Roulay, aussi accusé de meurtre. On lui met les fers 
aux pieds. Les vols de chevaux sont très fréquents. Le 3 mai, 
incarcération de Renée Rouvet, servante à la Chapelle- 
Craonnaise, accusée d'avoir tué son enfant. Le 20 du même 
mois, Mathurin Marchandie, accusé d'avoir volé plusieurs 
chevaux, en compagnie de René Rareau, est pendu. Julien 
Rellanger, de la paroisse de Brissarthe, condamné pour vol, 
subit le même supplice le 30 août. Le 19 du même mois, 
Avertin Deniau , employé aux gabelles , natif de Brain- 
sur-Longuenée (1), accusé d'avoir tué un homme, avait été 
écroué. Il obtint des lettres de rémission, après deux ans de 
détention. 



II. 



La misère est toujours grande. Une centaine de men- 
diants et de vagabonds sont emprisonnés du 1 au 10 
septembre 1724. Ils sont envoyés à l'Hôpita] d'Angers (2). 
Le 12 septembre, à la requête du procureur du roi et 
en conséquence de l'arrêt du Parlement de Paris rendu 
le 30 août, Jean Jarry, prêtre, curé de la paroisse de 
Menil, est incarcéré (3). Le 3 février 1725, il est transféré 



(1) Brain-sur-Longuenée, canton du Lion-d'Angers (M.-et-L.). La sei- 
gneurie de la paroisse appartenait aux châtelains de la Beuvrière. 

(2) L'hôpital Saint-Jean l'Évangéliste. (Voir VInventaire analytique 
publié par M. C. Port en 1870.) 

(3) Le curé de Menil était accusé de relations scandaleuses avec sa belle- 
sœur. 11 fut condamné à faire amende honorable devant la principale porte 
de l'église, à l'issue de la grand'messe de paroisse, à neuf ans de bannisse- 
ment de l'Anjou et du Maine et de la vicomte de Paris et à 20 livres d'au- 
mône envers les pauvres. Il protesta de la nullité de cette sentence et 
interjeta appel au Parlement, (Arch. de la Mayenne, B. 2750. — Voir 



— 296 — 

par le messager dans les prisons de l'Officialité d'Angers, 
puis conduit le 31 mars à Paris. Cinquante nouveaux 
vagabonds sont arrêtés, du i2 au 23 septembre, et di- 
rigés ensuite sur Angers, comme les précédents. Pierre 
Guillard, meunier au moulin de la Charré, paroisse de 
Montreuil, accusé de plusieurs assassinats, est incarcéré le 
26 décembre. Le 16 janvier 1725, on emprisonne, pour dette, 
François Geslin, garde du roi dans la compagnie de M. le 
duc de Villeroy ; l'écrou est levé le 25 avril, « sur caution- 
nement fourni par le sieur des Planches-Planchenault de 
payer les sommes pour lesquelles il est retenu ». Le 29 jan- 
vier, on incarcère François Bouchard, cordonnier, originaire 
de Nantes, pour défaut de passe-port. René Gaudais, vaga- 
bond, accusé de vols, est enfermé le 10 mai et exécuté le 9 
janvier de l'année suivante. Le 24 mai, on emprisonne Jean 
Brosset et Jean Audereau, qui sont pendus le 9 juin. 

Le 24 septembre, emprisonnement de Georges Doucet et 
René Gaudin, assassins. Un mois après, Gandin est remis à 
l'exécuteur pour être fustigé et marqué. Doucet est conduit 
au palais pour demander pardon à Dieu, au roi et à la 
justice. Le 5 novembre, emprisonnement de Nicolas Leduc, 
assassin, condamné à mort le 12 janvier 1726. Le 30 janvier 
1729, incarcération de René Tardif, dragon du roi. Le 30 mai, 
emprisonnement de Pierre Thezé, incendiaire ; sa femme le 
rejoint en prison le 8 juillet. Le 27 août, emprisonnement de 
Joseph B., breton, et de Jean Avril, milicien, aussi breton, 
voleurs de chevaux. Le premier est condamné à être 
rompu vif et le second mis en liberté. Le 14 novembre 1730, 
emprisonnement de Pierre Landelle, assassin. Le 4 janvier 
1731, arrestation du nommé Ory, garde de gabelles. Le 26 
novembre, emprisonnement de J^ouis Mauvinet, huissier, et 
de Laurent Joulin. Les condamnés étaient souvent menés à 



notre Histoire de Metiil et de ses seigneurs^ d'après des documents inédits, 
(1040-1886). E. Lechevalier, Paris, 1888.) 



— 297 — 

Paris, (( en appels devant le Parlement », ou conduits dans les 
prisons de la Conciergerie. Le sieur Gandon, messager de 
Paris, demeurant à Sablé, remplaçait quelquefois le messager 
de Château-Gontier. Le 24 décembre 1733, emprisonnement 
de François Cottereau et de François Bernard, faux-mon- 
nayeurs. Le 24 juin 1734, incarcération de François Moulard, 
« tissier et tambour de ville ». Le 2 février 1735, le chevalier 
de Bouille, capitaine au régiment de Gondrin, écroue lui- 
même son soldat, Jean Dorsemaine. De 1723 à 1735, on ne 
compte qu'une douzaine de miliciens mis en prison. Le 4 no- 
vembre 1735, incarcération de Pierre Hiret, assassin. Le 30 
juillet 1735, Pierre Halleur, huissier à cheval, est transféré 
au Grand Châtelet de Paris, par Louis Duraux, « exempt de 
la compagnie de robe courte du dit Paris, en vertu de l'or- 
donnance de M. le heutenant criminel ». 

Le 19 mai 1739, à la requête du procureur de la maré- 
chaussée, on écroue Etienne Gard, assassin. Le 29 août, 
arrestation de Jean Rondeau, accusé d'avoir écrit une lettre 
anonyme de menaces au curé de Bierné. Le 3 octobre, par 
ordre de M^ le lieutenant de la généralité d'Alençon et 
de M. de Coulonge, lieutenant-criminel de Château-Gontier, 
sont incarcérés : Michel Monvel, dit du Rocher, Charles 
Mire, dit Sans-Crainte, Philippe-Joseph Desrues, dit Saint- 
Léger, tous les trois soldats de la compagnie des Indes. Le 
29 septembre 1741, Jean Cassel, fou, est arrêté et conduit, 
le l*^'" novembre, à Bicêtre. Quinze miliciens déserteurs et 
un soldat de la compagnie de Boissan, au régiment de 
Chartres, sont emprisonnés, de 1735 à 1742. Le 24 juin 1742, 
on s'empare de Perrine Chêneau, « accusée d'avoir fait des 
motions populaires à l'occasion des blés ». Le 24 juillet, on 
arrête François Hamme, « faux-saulnier » et assassin. Le 
17 septembre 1743, arrestation de Jacques Legros, accusé 
d'avoir tué sa femme. Le 4 décembre, on incarcère Marie 
Gasté, accusée de c contravention aux ordonnances du roy 



— '298 — 

sur les filles enceintes (1). » Le 11 juin 1745, on écroue Jean 
Després « collecteur de sel, de la paroisse Saint-Gault ». Le 
17 juillet, exécution de Jacques Lefebvre. Le 15 janvier 1746, 
arrestation des Hamelin, père et fils, laboureurs, demeurant 
au lieu de Gornouailles, au village de Saint-Denis, paroisse 
de Bazouges, accusés d'assassinat. 

Le 29 août, à la requête de Louis Rabeau, meunier au mou- 
lin de Port-Joulain de Marigné près Daon (2), le premier 
huissier au présidial se transporte chez René Jarry, métayer, 
demeurant au bourg de Coudray, qui doit à Rabeau cinq 
cents livres, « pour pris de bestiaux », et constitue le débiteur 
prisonnier. Jarry demande à Thuissier de l'accompagner à 
Coudray, c( en la maison du nommé Paillard, dit La Pierre, 
hoste, demeurant audit bourg, pour y boire une chopine de 
vin, en ayant besoin, et pour avoir un habit, une culotte et 
des guestres », ce qui lui est accordé par son gardien, d'hu- 
meur débonnaire. Tous les deux boivent donc « une peinte 
de vin blanc, après quoy, ajoute philosophiquement le pre- 
mier huissier, nous avons marché sur Chàteaugontier, où, 
estant arrivé sur les quatre heures, avons écroué ledit 
Jarry ». Le 8 décembre 1747, on incarcère Jacques Des- 
champs, « praticien », demeurant à Ghâteau-Gontier. Le 
l^'"" octobre 1748, à la suite des troubles de Cessé (3), on 



(1) Voir, aux Archives de la Mayenne, B. 2952-2960, les neuf registres qui 
mentionnent les déclarations de grossesses, de 1708 à 1792. 

(2) Ce moulin n'existe plus aujourd'hui. 

(3) Voir, sur celte seigneurie, notre Notice hlstonqiic sur le château du 
Port-Joulain et ses seigneurs, Angers, Germain et Grassin, 1883. — A la 
fin du mois de mai 1789, cinquante habitants de Daon, inquiets de la 
cherté des grains qui semblait présager une disette prochaine, envahis- 
saient ce moulin, accablaient le meunier do menaces ainsi que sa famille, 
et lui déclaraient qu'ils lui prendraient sa kw'me (Arch. de la Mayenne, 
B. Cliâteau-Gontier, 1789). 

(4) Cossé-lo-Vivion, arrondissement de Cliàtoau-Gontior. Les registres 
des procédures et sentences du Présidial ne contiennent aucun renseigne- 
ment sur ces troubles. 



— 299 — 

arrête Pierre Dubois, le principal auteur de la sédition popu- 
laire. 

De 1742 à 1750, on emprisonne une douzaine de miliciens 
déserteurs, dont plusieurs du régiment d'Anjou. Le 15 
février 1747, M. de Levaré, capitaine au régiment de 
Gondrin, écroue Jacques Le Tassier, son soldat. Le 23 
février^ arrestation d'Etienne Larchevèque, dit Sans-Quar- 
tier, « soldat du régiment de la Couronne - Infanterie », 
accusé de vol. Le 3 juillet, on arrête, pour désertion, Pierre 
Oger, « soldat au régiment de Cavalerie-d'Omond ». Le 
11 juillet, c'est le tour d'André Oger, « soldat au régiment 
d'Angoumois ». Le 9 août 1748, on écroue .lean Buffet, « sol- 
dat au régiment d'infanterie de Monaco », Jean Gilles, « sol" 
dat de la compagnie du chevalier de Biars, au bataillon de 
Mayenne », et Jean Raveau, « soldat au régiment d'infanterie 
de Monaco », accusés de désertion. LeSoctobre, arrestation de 
de Guillaume Secretin et de René Auray, soldats des gardes- 
françaises, accusés de désertion et de viol. Le 29 septembre 
1749, incarcération de Nicolas Pierron, dit Maridor, et de 
Jean Savary, « cavaliers du régiment de Dauphin-Étranger ». 
Le 29 novembre, arrestation, pour désertion, de Jean- 
Baptiste Maillard, « soldat du régiment de la Fère-Infan- 
terie(l). » Huit autres déserteurs, dont le régiment n'est pas 
désigné, sont aussi fanprisonnés. 

(1) On conserve aux Archives du Ministère de la Guerre la pancarte sui- 
vante placardée par les racoleurs de ce régiment : 

A LA. BELLE JEUNESSE. 

ARTILLERIE DE FRAÎ^CE 

(CORPS royal) 

RÉGIMENT DE LA FÈRE, COMPAGNIE DE RICHOUFFTZ. 

De par le Roy. 

Ceux qui voudront prendre parti dans le Corps Royal de l'Artillerie, 
régiment de la Fère, Compagnie de RichoulTtz, sont avertis que ce Régi- 
ment est celui des Picards; l'on y danse trois fois par semaine, on y joue 
aux Battoirs deux fois, et le reste du temps est einployé aux Quilles, aux 
Barres, à faire des Armes. Les plaisirs y régnent, tous les Soldats ont la 



— 300 — 



III. 



Les émeutes contre la circulation des grains deviennent 
bientôt fréquentes. 

Le 21 mars 1750, François Duval, voleur, est pendu. Le 
29 juin, incarcération de Mathurin Guéry, accusé d'assas- 
sinat. Le 14 août, on incarcère Mathurin Le Bret, « se disant 
frère hermitte ». Le 10 septembre, arrestation de Louis 
Floréal, « déserteur dans la marine ». Le 25 octobre 1751, 
incarcération de Louis Chemineau, « soldat de la compagnie 
Dupont, au régiment de Royal-Comtois ». Le 20 novembre, 
on écroue Marin Rapin, « garçon tissier, accusé de faux- 
saunage. » Le 1«'' janvier 1752^ on arrête, « pour séditions 
populaires concernant les bleds », François Oger, François 
Nail ainsi que sa femme et Joseph Lebreton. Le 22 octobre, 
arrestation de Jean Hubert, « soldat au régiment de Cambrais, 
compagnie de Mauvert. » Le 19 mars 1753, incarcération de 
Claude-Pierre Pelu, « soldat au régiment royal de Roussillon- 
Cavalerie ». Le 3 août 1753, arrestation de Pierre Jérôme, 
dit la Douceur, « soldat cavalier au régiment de Blésois ». 
Le 26 juillet, incarcération de Jean Trocherie, assassin et 
voleur. Le nombre des voleurs et des vagabonds ne cesse de 
s'accroître. On en enfermait des bandes. Lel""" octobre 1754, 
six mendiants sont extraits des prisons et conduits « dans la 

haute-paye,, bien récompensés, des places de Gardes d'Artillerie, d'Ofli- 
ciers de fortune, à soixante livres par mois. 

Il faut s'adresser à M. De Richouiftz, en son Cliàteau de Vauchelles, 
près Noyon on Picardie. Il récompensera ceux qui lui amèneront de beaux 
hommes. 

Pareilles afiiches sont sur la porte. 

A Noyon, de l'imprimerie P. Rocher, imprimeur de la ville. — Voir, sua 
lorganisation militaire de la France à la veille de la Révolution, l'Armée 
roi/ale eu 1780, par Albert Uuruy, Paris, Calman-Lévy, 1888. — Voir 
aussi l'intéressante étude de M. Albert Babeau sur Le soldat sons l'Ancien 
Régime. 



301 



tour grenetière de Saumur » (1). Le 26 août 1755, arresta- 
tion de Joseph Moreul, déserteur du régiment de Piémont. 
Le 14 septembre, on écroue Etienne Daunay, « accusé d'avoir 
assassiné les ouvriers du sieur curé de Bouillé-Ménard » (2). 
Le 11 juin 1757, on incarcère François Jardinais, déserteur 
du régiment d'Auvergne. 

Le 31 janvier 1757, le chevalier de Bouille fait mettre son 
soldat, François Blin, au cachot. Le messager de Chàteau- 
Gontier à Paris a nom, à cette époque, Louis. Le 20 avril 1758, 
on incarcère Pierre Retin, qui refuse de rejoindre le régi- 
ment de Languedoc, où il est engagé en qualité de dragon. Le 
13 avril, on écroue trois métayers qui ne veulent pas « char- 
royer le bois de marine, qui se trouve sur la terre de 
l'Entourterie, paroisse de Grez » (3). Le 23 septembre, arres- 
tation de Julien Gauthier et de Pierre Cassé, déserteurs du 
régiment de Brissac. Le 16 octobre, le capitaine Freney 
écroue le nommé Girard, soldat au régiment de Normandie. 
Le 27 novembre, arrestation de Pierre Severé et Jean 
Moulliet, déserteurs « de la compagnie de M. de Brassi, des 
colonies françaises ». Le 17 février 1759, on extrait des 
prisons de Laval, pour le conduire à Château-Gontier, 
Nicolas-Joseph Boulogne, « soldat invalide de la compagnie 
de M. Desbouchers, en garnison à Saint-Malo. » Le 14 juin, 
on écroue Pierre Ménard, « soldat du régiment royal des 
vaisseaux». Le 21 juillet 1768, on incarcère Jean Ménard, 
dit l'Angevin, « se disant soldat aux greniers de France ». 
Le 16 août, on dirige sur Château-Gontier Jean Godivier, 
« aide-canonnier ». 
Le 6 décembre, on incarcère Jean Gilles, dit Saint- 
Ci) C'était sans doute une dépendance de l'Hospice de la Providence fondé 
par Jeanne de la Noue en 1693 et établi en 1716 dans l'Hôtel des Trois- 
Anges. On y recevait les vieillards pauvres et les mendiants. 

(2) Jacques-Antoine Godreuil, du diocèse de Coutances, fut curé de 
Bouilly-Ménard de 1731 à 1762. 

v3) Entourterie (F), ferme, paroisse de Grez- en-Bouère. Fief vassal de la 
chàtellenie. 



— 302 — 

Germain, « soldat du régiment du Roi-Infanterie, compagnie 
des grenadiers d'Hirecourt ». Une cinquantaine de miliciens 
et d'autres soldats déserteurs, dont le régiment n'est pas 
indiqué, sont également emprisonnés, de 1750 à 1760. 

Le 3 juin 1761, Julien Tessé, soldat du régiment de Brie, 
est écroué. Le 7 du même mois, on lève l'écrou de François 
Boisgonthier, pour le conduire à l'armée du Rhin. Le 11 jan- 
vier de la même année, on arrête, pour assassinat, le nom- 
mé Jean Marin, et, le 28 février, Pierre Corbin, de Fromen- 
tière, accusé du même crime. Le 11 juillet 1762, arrestation 
de René Pelletier, « soldat au régiment de la Vieille-Marine )r 
Le 18 décembre, René Buttier, dit Robichon, forçat évadé, 
condamné pour vol, est pendu. Le 19 novembre 1763, on 
écroue René Rousseau, marchand, accusé de vol et d'assas- 
sinat. Le 30 août 1764, Pierre Rousseau, voleur, est pendu. 
Le 22 juin de la même année, Charles Chevron, « déserteur 
des recrues françaises du régiment de Touraine », est arrêté. 
Le 11 juillet, plusieurs marchands d'Azé sont emprisonnés, 
« pour cause de non paiement de la somme de cent vingt 
livres, à la requête de messire Jean-Baptiste de la Planche, 
chevalier, seigneur de Ruillé-en-Anjou (1). » 

Le 2 novembre, « a été écroué Pierre Roulin, contrebandier 
et vagabond, accusé de violence ». L'écrou est levé le 24 mai 
1765, pour le conduire à Laval, « en attendant le passage de 
la chaîne (2) ». Le 2() juin 1766, on arrête Jean Testu, « accusé 

{■[) Ruillé-Froidfond, C' de Grez-en-Bouère. Ancienne paroisse du 
doyenné de Sablé, de l'élection de Chàteau-Gontier et du comté de 
Laval. 

(2) On désignait sous le nom de chaîne le convoi des forçats que Ion 
conduisait au bagne. — « On nous enchaîna par le cou, deux à deux, avec 
une grosse chaîne de la longueur de trois pieds^ au milieu de laquelle il y 
avoit un anneau rond. Après nous avoir tous enchaînés, on nous fit tous 
mettre à la file, couple devant couple; et alors on passa une longue et 
grosse chaîne dans tous ces anneaux, si bien que nous nous trouvâmes, 
tous enchaînés ensemble. « La chaîne était conduite par nu capitaine. Le 
poids des chaînes était d'environ « cent cinquante livres pesant pour 
chacun. » Les archers, placés sous les ordres du capitaine, faisoient pieu- 



— 303 — 

de faux-saunage et d'assassinat». Le 27 juillet, incarcération 
de Guillaume Poirier, dit Tranquille, « déserteur du régiment 
de Berry, compagnie de Duvernais ». Le 19 septembre, on 
emprisonne Jean-Bernard Menant, « soldat du corps des cara- 
biniers ». Le 11 octobre, on écroue François Vallet, dit la 
Verdure, caporal des recrues provinciales d'Alençon, accusé 
d'avoir tué un homme. Il est relâché le 22 avril 17G7, après 
avoir reçu des lettres de rémission. Le 11 novembre, arres- 
tation de Mathurin Guimeau, accusé d'assassinat. Le 19 avril 
1767, Mathurin Jousseau, assassin, est écroué. Le 22 avril, 
on emprisonne Pierre Bouvier, déserteuri du régiment de 
Gondé, conduit à Dunkerque, au mois de juin. Le 28 mai, 
Guillaume Garnier, accusé d'assassinat, est incarcéré. Le 
17 juin, (v a été écroué André Simon, pour refus de se ren- 
dre à l'isle de Ré, pour y servir en qualité de soldat, pendant 
huit ans, dans le régiment de Saint-Domingue ». Le 31 août, 
René Beaudoin, voleur et assassin, est pendu. Une douzaine 
de mihciens et d'autres soldats déserteurs, dont le régiment 
n'est pas nommé, sont incarcérés de 1760 à 1770. Plusieurs 
portent les sobriquets de la Rose, la France, Sans-Rémission, 
l'Angevin, etc. La hste des mendiants et des voleurs 

voir le.5 coups de nerf de bœuf ou de bâton sur le dos des condamnés qu^ 
refusoient de marcher. Pour le trajet de Paris à Marseille, en J 712, le 
capitaine recevoit vingt écus par tête de galériens rendus vivants à desti- 
nation et rien pour ceux qui mouroient en chemin. Les malades étoient 
jetés pêle-mêle dans des chariots. Les prisonniers, mal nourris, couchoient 
dans les écuries où la chaîne étoit clouée au râtelier, « de manière que nous 
ne pouvions nous coucher ni même nous asseoir que difficilement sur le 
fumier et les immondices des chevaux. » Ils étaient généralement infectés 
de vermine et atteints de maladie repoussantes. Beaucoup succombaient 
pendant le trajet à ces traitements barbares. (Mémoires d'un protestant 
condamné aux galères de France pour cause de religion, écrits par lui- 
même, etc., nOO-lUS, nouvelle édition, Paris, 1865, pages 326 et sniv.). 
— Les condamnés aux galères étaient d'abord livrés au supplice du fouet, 
marqués, puis, quand ils étaient en nombre suffisant, réunis en cliaine et 
conduits, de ville en ville, jusqu'au lieu de leur destination. On les enchaî- 
nait ensuite sur les galères chacun à leur banc. [Dictionnaire des Institu- 
tions, mœurs et coutumes de la France, t. II, p. 964.) 



— 304 — 

augmente. Les faux-sauniers sont aussi très nombreux (1). 
Les émeutes et les émotions populaires étaient très fré- 
quentes dans les environs de Château-Gontier et dans la 
ville même au XYIII" siècle. Le 20 août 1765, on arrête les 
nommés Lavardin, Boucher, Lalande, cordonniers ; Moque- 
reau, fils, « boisselier » ; la femme de Chevreul, maçon ; la 
femme de Richard, journalier ; lafemme deBruneau, mercier; 
la nommée Roze, « tous domiciliés en la ville de Sablé, accu- 
sés d'avoir suscité une émotion populaire au sujet de l'expor- 
tation des blés et d'y avoir été parties » . On les relâche le 9 octo- 
bre. Le '23 du même mois, incarcération de Marguerite Tellier, 
femme de Toussaint Houdellier ; Françoise Houdellier, fille ; 
Claude Laurent, fille ; Marie Brière, fille ; Vrillère, fille ; La 
Chapon, veuve Placé ; La Reine, femme de François Boucher; 
Marie Dubourg, fille, « toutes domiciliées de la paroisse d'A- 
voise », accusées du même délit. Ces prisonnières sont élar- 
giesle4 janvier 1766. Lel3 juin 1765, Jacques Després, Etienne 
Langlois, Jacques Bréhommeau, Gabriel Guillet, Clémence 
Langlois et Andrée Langlois, filles, sont emprisonnés pour un 
motif semblable. Préhommeau meurt en prison. Després et 
Guillet sont bannis le 22 novembre 1766 : les autres sont élar- 
gis. Le 19 juin 1766, on enferme Marie Bourdais, femme de 
Guillaume Dodard, voiturier; Jeanne Choizé, fille; Marguerite 



(1) La gabelle était odieuse aux populations. Les paroisses de la Mayenne 
furent unanimes en 1789 à réclamer sa suppression. Ce système était tel- 
lement liai que^ sur le simple bruit que les autorités do Craon voulaient 
défendre cet impôt détesté, les gens de la région se soulevèrent. Les 
Cahiers de doléances comparent la lutte entre les gabeleurs et les faux- 
sauniers à une guerre civile. « Les faux-sauniers, dit un historien, avaient 
pour eux la sympathie du public. S'ils étaient pour les agents du fisc des 
outlaws, dignes des plus sévères ciiàtiments, aux yeux do leurs compatriotes 
ils demeuraient de braves gens, faisant, pour le profit général, la plus légi- 
time des guerres au plus exécré des monojioles ». (Les premiers troubles 
de la Révolution dans la Maijenne. Elude sur l'état des esprits dans les 
différentes régions de ce département depuis le coimnencement de il 89 
jusqu'à la fin de d702, par V. Duchemin, terminée et publiée par Robert 
Triger, Mamers, 1888, pp. 188-189). 



— 305 — 

Bourdon, femme de T. Terrier; Renée Hersant, fille, et René 
Ramier^ manœuvre, toujours pour la même cause. Le 23 octo- 
bre 1769, on écroue Marie Quinton, femme de Pierre Cour- 
teille, et Jeanne Doignant, femme de Jean Basille, également 
pour «, avoir suscité une émotion populaire » à l'occasion 
du départ des grains (1). 

Le 3 mars 1770, Philippe Seureau, voleur, est rompu vif. 
Le 12 octobre, on incarcère Pierre Gazeau, « soldat du régi- 
ment de Dauphiné, compagnie de Granville ». Les mendiants, 
qui s'accroissent sans cesse, sont transférés au dépôt de 
Baugé (2), où on en conduit soixante-et-onze dans une seule 
année. Le chiffre des vagabonds arrêtés en 1771 dépasse la 
centaine. Le 25 mars, on emprisonne Guillamme Poirier, 
« soldat déserteur du régiment de Béarn-Infanterie ». Le 

d) Les émeutes contre la circulation des grains furent fréquentes aussi 
dans le comté de Laval au XVIII'' siècle. Le peuple se souleva à Laval en 
1725, à Ernée en 1766^ à Laval de nouveau en 1782, à Mayenne le 30 avril 
1789, puis à Daon, près de Chàteau-Gontier, le 27 mai de la même année. 
La difficulté des subsistances était une des causes principales de l'agita- 
tion des esprits dans ces contrées à la veille de la Révolution. « Le 2 octo- 
bre au soir,. Pierre Bruneau, garçon boulanger à Craon, voiturait dans 
cette dernière ville du grain acheté à Chàteau-Gontier. A une demi-lieue 
de Laigné, il est attaqué par une troupe armée de fusils et de bâtons. L'un 
des agresseurs lui tire un coup de fusil et le blesse grièvement ; la cha- 
rette est pillée. Un des pillards disait, en emportant une charge de blé : 
« J'ai plus gagné à faire ce coup qu'à fabriquer une aune de toile ». Le 19 
du même mois, auprès d'Ernée, des troubles éclataient pour leméme sujet. 
A Laval des rumeurs sinistres circulaient. Le 24 octobre, plusieurs fem- 
mes de Cossé-ie-Vivien s'emparaient de quatre charges de blé qu'on por- 
tait au moulin de Touche-Baron et se les partageaient publiquement sous 
les halles. » En 1790. les désordres continuèrent et les greniers furent 
saccagés. Au mois de novembre, les mutins forcèrent la prison de Château- 
Gontier et en arrachèrent les détenus enfei'més pour avoir voulu s'opposer 
à la circulation des grains, {Ibid., pp. b, 6, 48, 49, 52, Gi etc.) 

(2) Il existait alors à Baugé un hospice civil fondé par Marthe de la 
Beausse, née dans cette ville en 1602, morte en 1676, qui avait établi dans 
cette maison les Hospitalières de Saint- Joseph. Le pays de Baugé était lui- 
même alors désolé par les voleurs, les mendiants, les « faux-saulniers » et 
les « gabeleux >, ces « brigands à cheval qui ravagent les ensemejicés et 
les prairies ». 

XXIV 20 



— 306 — 

25 mai 1772, on arrête Jacques Drouiii, accusé de viol. Ce 
crime est rare. Le 13 juin, on incarcère, pour désertion, 
Louis Guinée, « soldat au régiment d'Orléans-Infanterie ». 
La proportion des mendiants emprisonnés reste la même. Le 
4 mars 1773, arrestation de Joseph Palard, « soldat au régi- 
ment d'Aquitaine ». Le 23 août, on écroue Jean Delanoë, 
assassin. De 1773 à 1777, le chiffre des vagabonds détenus 
ne change pas. Les vols et les désertions diminuent (1). 

Nous terminerons ce travail en priant M. Chiron^ biblio- 
thécaire-adjoint de la ville de Laval, qui a bien voulu nous 
aider dans le laborieux dépouillement des livres d'écrou, que 
nous venons d'analyser, de recevoir ici l'expression de nos 
très sincères remerciements. 



André JOUBERT. 

(1) Les déserteurs furent nombreux dans toute la France au XVIIP siècle. 
Les recrues désertaient souvent. En 1759, « il en reste la moitié en che- 
min, et ce qui arrive tard est tout nu ». En 1709^ pour les faire parvenir 
sûrement à destination, on les « conduisait enchainés comme dos forçats 
de galères » ; mais, dit M. Albert Babeau, de pareilles précautions ne 
peuvent être qu'exceptionnelles. (Voir Mémoires sur une nouvelle consli- 
tution militaire, par M. de Marassé. Archives de la Guerre. Doc. Gén., I. 
— Médiiations militaires^ par La Rochelambert. Archives de la Guerre. 
Doc. Gén., L — Albert Babeau, Le soldat sous l'Ancien Régime.] 



RUINES ROMAINES 



DE 



LA FRÉTINIÈRE 



LE TEMPLE 



Les ruines romaines de la Frétinière se révèlent dans les 
champs de la ferme de ce nom, sur le territoire de la com- 
mune de Rouez, à cinq kilomètres de Sillé-le-Guillaume et à 
peu de distance de la route départementale du Mans à 
Mayenne. Elles occupent le versant sud-ouest d'un coteau 
s'inclinant vers le ruisseau appelé le Berdin, qui passe au 
pied (1). 

(1) Nous avions déjà remarqué des fragments de tuiles à rebords dans 
le vieux chemin qui traverse les ruines antiques de la Frétinière ; mais 
nous n'avons vu là que le fait d'un encaissement provenant des débris de 
construction romaine et pouvant venir d'assez loin. Nous savions donc 
qu'il y avait eu des constructions antiques dans le pays, mais nous les sup- 
posions plus au sud-est du côté du Mont-Jouvin. 

Le 25 août 1887 étant en tournée archéologique, en compagnie de 
M. Robin de Courgout, notre attention tut portée sur des fragments de 
terre cuite mis à découvert, par la charrue, dans les champs de la Fréti- 
nière. Ces champs furent inspectés et des renseignements que nous 
reçûmes sur les particularités du labour et sur l'aspect des blés au mo- 



308 



Ces ruines qui couvrent une superficie d'environ huit 
hectares sont donc celles d'une agglomération importante 
qui avait son temple et ses édifices secondaires. 

Les pièces de terre appelées le Grand Champ et la Grande 
Corvée (Planche I"""), sont celles où les vestiges de construc- 
tions antiques sont les plus apparents. C'est dans cette der- 
nière pièce de terre qu'était le Temple, dont nous avons 
retrouvé les fondations. 

L'établissement romain de la Frétinière date du commen- 
cement du deuxième siècle (1) ; il périt par les flammes à 
une époque qu'on ne saurait préciser. 

A la ville antique dût cependant succéder une bourgade 
chrétienne , qui fût bâtie au nord - ouest des ruines 
romaines. On trouve des vestiges de cette bourgade dans le 
champ qui borde le chemin de Crissé et dans les pièces de 
terre portant le nom de champs de l'église (2). Parmi ces 
vestiges on ne rencontre pas les moindres traces de tuiles 
romaines mais les débris d'ardoises épaisses comme on les 
employait dans le pays au IX'"" siècle et aux époques subsé- 
quentes y abondent. 

Aujourd'hui grâce à nos recherches, la géographie des 

ment de leur floraison, il résulta poui' nous la conviction que nous étions 
sur des ruines importantes. 

Le lendemain on procéda à des sondages qui eurent pour effet d'indi- 
quer de nombreuses substructions ; colles qui parurent sinon les plus im- 
portantes, du moins les plus caractéiistiques furent celles du champ de la 
Grande-Corvée où des fouilles ausitôt entreprises sous notre direction et à 
nos frais mirent à nu les fondations du temple. 

Dûment averti, notre estimable ami, M. Barbe juge de paix, de Conlie et 
archéologue distingué, accourut sur place et suivit nos travaux avec 
sollicitude. 

Sans l'autorisation et le concours de M. Salmon, fermier de la Fréti- 
nière, nous n'aurions pu compléter ces importantes découvertes. Le pays 
lui doit donc toute sa reconnaissance. 

(1) Deux monnaies d'Hadrien ont été trouvées dans un bloc de maçon- 
nerie du temple. 

C2) La tradition en ce qui concerne l'existence d'une église dans les 
champs qui en portent le nom, est encore vivace dans le pays. 



__ 309 — 

Gaules, dans le pays de Sillé, est enrichie de huit centres ou 
établissements gallo-romains dont on n'avait jamais soup- 
çonné l'existence : le Pouteau à Rouillon, qui fut apparem- 
ment l'ancienne Callemarcium ; Neuvy, la Frétinière à 
Rouez, qu'on croit avoir été la Gurta-Bosana, le Vivier à 
Crissé, les Chevaignes à Tennie, le Mont-Saint-Calais qui dût 
être le Mont Ebratrammo, le Pont sur le ruisseau appelé le 
Palais faisant la limite des départements de la Sarthe et de 
la Mayenne ; la Croix-Ponteau et la Grande-Guette à Torcé. 

Toutefois nous devons dire que la découverte de l'hypo- 
causte de Neuvy ne nous appartient pas (1) ; elle fût faite 
par M. Renout dans sa propriété avec le concours de 
M. Barbe juge de paix de Conhe qui aussi signalait les ruines 
de Chevaigné, presque en même temps que nous et qui de 
plus avait déjà recueilli des renseignements sur une trou- 
vaille de monnaies romaines précédemment faite par 
M. Percheron à peu de distance de ces ruines. 

Les cercueils du Pouteau à Rouillon et de la Groix-Ponteau 
à Torcé, en tant que vestiges francs et moyen-âge, avaient 
bien été précédemment découverts, mais sans aucune indica- 
tion de ruines romaines. 

La destruction de la ville antique de la Frétinière fut com- 
plète et ce qui pût échapper au feu dût être renversé et dis- 
persé ; la charrue enterra le reste et le silence se fit là où 
jadis avait circulé une foule bruyante. A côté de ces ruines 
oubliées dans les âges postérieurs, la féodahté planta les 
fourches patibulaires de la justice seigneuriale d'un fief dont 
on ne connaît pas même le siège. 

Deux champs de la Frétinière portent effectivement les 
noms de Grand et Petit Gibet. A tort ou à raison on peut 
croire que ce furent là les champs de justice de la baronnie 
de Sillé. 



(1) Les fouilles de cet édifice ont été exécutées, pour partie, à nos 
frais. 



— 310 — 

La Frétinière dont il n'est fait aucune mention comme 
seigneurie n'était qu'un simple domaine du fief de Coulettre 
ainsi qu'il résulte d'un titre portant la liste des hommages 
rendus à la baronnie et seigneurie de Lavardin, en 1470, et 
dont le texte suit : 

« 19 février 1470 : Pierre d'Avaugour (1), seigneur de Gour- 
» lettres, pour sa métairie de la Frétinière, alias de Coulonges, 
» la moitié de l'étang d'Echarbeau et des perrières à ardoises 
» et partie du féage de Courlettre ('i) (Archives du Mans Pi, 
j) Billard, t. II, p. 28) ». 

Et encore le mot alias du texte paraît-il impliquer que la 
Frétinière faisait alors partie, ou du moins avait fait partie 
du domaine de Coulonges désigné dans une bulle du pape 
Grégoire IX, de 1234, contenant la nomenclature des métai- 
ries constituant le domaine de l'abbaye de Champagne sans 
que cette bulle porte le nom de la Frétinière, qui alors, 
(1234), n'était probablement pas détachée de Goulonges, ni 
même fondée comme métairie particulière (3). 

Si la Frétinière n'eût d'autre illustration que celle de ces 
fourches patibulaires, dans la période du moyen-âge, au 
moins peut-elle revendiquer les honneurs d'une existence 
glorieuse du temps des Romains ; ses ruines attestent un des 



il) En 1399 on trouve le nom do Joli d'Avaugour dans un acte de Guil- 
laume de Courceriers. Un d'Avaugour fut évèque du Mans et rannoria' 
du Maine note une famille d'Avaugour établie en Bretagne. 

(2) L'étang d'Echarbeau, dont on voit encore la chaussée, contenait envi- 
ron 12 hectares ; il absorbait le ruisseau de Berdin, au-devant de la Fréti- 
nière et s'étendait jusqu'au bas du coteau où sont situées les ruines de 
l'agglomération romaine. 

(3) In quibus bec propris diiximus vocabulis exprimenda. locu ipsu in 
quo prelaclu inonasteriu lituge ou perlin suis de ïertro. de vcstri abbatia 
de Asneriis de Wignoliis, de Procardière, de Borfestu, de Chastelier, de 
Maiovoles, de Gucrnoillier, de Montraculo, de la Clioisneliere, de la 
Guischodière, de Rivopotroso, de Cnloncjiis et de Cboan, Grangias eu om- 
nibus pertin. suis in llambert in Segria et in... de .lamberto. Ecclesiis ex 
donobone mem. Maur. Ccnorn. etc., etc. (Extra'tl de la bulle du pape 
Grégoire JX jinrlant la date de 123-'i). 



PI. II 




— 311 - 

établissements antiques les plus importants qui aient été 
découverts dans le département de la Sarthe ; elles occupent 
plus de huit hectares et son temple par ses proportions égale 
ceux des plus grandes villes de l'époque romaine (1). 

La majeure partie de l'agglomération était dans les pièces 
de terre appelées le Grand Champ, le Petit Champ, la petite 
et la Grande Corvée et apparemment dans le pré;, du côté de 
la source qui n'est pas sans notoriété. 

Les ruines du temple de la Frétinière se trouvent à 
soixante-dix mètres de la route départementale du Mans à 
Mayenne et à dix mètres du chemin de Tennie à Crissé par 
l'abbaye de Champagne, dans le champ de la Grande 
Corvée. (Planche I et II). 

Cet édifice d'une forme oblongue avait 29'" 90 de longueur 
sur 16"' 65 de largeur, mesures prises, hors d'œuvre ; il se 
composait : 

D'un portique d'entrée A (Planche I), appelé Pronaos par 
les Grecs et Vestibulum par les Romains. 

D'un sanctuaire B, partie principale de l'édifice et occu- 
pant son milieu ; c'était le Naos des Grecs et la Cella des 
Romams. 

D'un opisthodome D, ou trésor, faisant suite à la Cella et se 
terminant à la post-face du temple. 

Le Vestibulum régnant sur toute la face de l'édifice avait 
trois mètres de largeur mesure prise entre le pare- 
ment intérieur des murs qui le formaient ; il compor- 
tait une colonnade bien indiquée par l'épaisseur du mur qui 
la supportait. Cette colonnade formait la façade du temple. 

La Cella se composait de trois nefs divisées par des colon- 
nes LLLLL dont on retrouve les soubassements et fondations ; 
elle mesurait 19"i 32 dans sa plus grande largeur. La largeur 
de sa nef principale était de 7"' 60 mesure prise sur les axes 



(1) Les temples gallo-romains des villes delà Gaule étaient généralement 
comme celui de Jublains, de petite dimension. 



312 



des colonnes ; celle de chacune des nefs latérales était de 
3'" 60 mesure prise entre les mêmes axes de colonnes et les 
parements intérieurs des murs du pourtour, en fondation. 

C'est dans la Cella, sur l'axe de la grande nef, à son extré- 
mité près de l'Opisthodome qu'était la statue de la divinité 
(œdictda) H, dont le soubassement mesurait'!'" 90 sur 1™ 90 
de côtés. 

L'Opistliodome (1) occupant le reste de la superficie du 
temple à la suite de la Cella avait 4"' 60 de largeur ; il conte- 
nait deux massifs dont un formait saillie dans une des nefs 
de la Cella, et diverses distributions parmi lesquelles on dis- 
tinguait une cachette de 1'" 90 sur 1"' 90, une chambre de 
3™ 40 sur 2'" 50 et un plus grand espace qui devait com- 
porter des subdivisions qu'il n'est pas possible de déter- 
miner. 

Ce mur de face supportant les colonnes du Vestibulum 
avait 1"» 45 d'épaisseur en fondation ; il était assis à 1"' 00 
au-dessous du niveau du sol sur deux lits de grosses pierres 
hourdées en mortier de chaux et sable tiercé de ciment de 
tuilots ; le reste de sa hauteur apparente jusqu'à 0'" 30 au- 
dessous du niveau des terres était construit en moellons de 
tuf aussi hourdés en mortier de chaux sable et ciment de 
tuilots ; ces maçonneries étaient proprement parementées. 

Les autres murs du pourtour y compris celui qui séparait 
le Vestibulum de la Cella avaient 0"> 95 d'épaisseur et étaient 
construits d'une manière identique à celui de la façade. 

Les soubaseements en fondation des colonnes intérieures 
de la Cella et qui mesuraient 1"' 00 carré étaient exclusive- 
ment formés de briques plates de 0'" 27 sur 0'" 39 de côtés 
et 0'" 05 d'épaisseur. Cette maçonnerie hourdée en mortier 
de ciment de tuilots à gros joints était soigneusement pare- 
mentée et appareillée. Elle descendait à 0'" 90 dans le sol. 



(1) L'Opisthodome était la partie extrême du temple où l'on déposait les 
objets précieux du culte et même le trésor publie. 



— 313 — 

La mesure des entre-colonnements prise sur les axes était 
de 4'" 48. Les travées extrêmes avaient 5'" 18 entre les axes 
des colonnes et le parement intérieur des murs contraire- 
ment aux règles voulues de la symétrie ne portait point de 
dosserets. 

Le massif E était fondé comme les murs de pourtour, 
mais le massif F descendait moins profondément dans le 
sol. 

La fondation du soubassement de la statue du Dieu était 
construite en grandes briques appareillées comme les sou- 
bassements des colonnes de la Cella. 

C'est au pied de cet œdicule qu'on a trouvé 62 pièces de 
monnaie du Haut-Empire, parfaitement conservées pour la 
plupart ; ces monnaies qui toutes étaient en billon parais- 
sent avoir été déposées dans un vase en terre cuite noire 
dont on n'a pu déterrer que les débris. La plupart de ces 
monnaies sont d'Antonin, de Lucille fille de Marc-Aurèle, de 
Crispine femme de Commode, de Marc-Aurèle et de Faustine. 

Les objets recueillis dans le cours des travaux, indépen- 
damment des médailles précitées, sont : 

1° Deux monnaies d'Hadrien (117-136) trouvées en pleine 
maçonnerie du mur latéral de gauche, en face la troisième 
colonne. Cette trouvaille a une grande importance car elle 
fixe l'âge de l'édifice par la raison que ces monnaies n'ont 
pu être introduite dans la maçonnerie qu'au moment de la 
construction (1). 

2" Un certain nombre de monnaies du Bas-Empire en po- 
tain et de petit module, éparses dans les terres (2). 

(1) L'une : Tête laurée ; légende : IIADRIANVS AVG . COS . III ; — 
Revers fruste ; exergue : SC. 

L'autre : même tête ; Légende : HADRIANVS AVGVSTVS ; Revers : 
Une femme debout, tenant d'une main une corne d'abondance ayant à ses 
côtés deux enfants dont l'un tient une feuille de palme ; légende : 
HILARIT...; exergue: COS . III. 

(2) A diverses époques, suivant la déclaration du fermier, il a été trouvé 
d'autres pièces de monnaie dans le champ de la Grande-Corvée. 



314 



3° Une brique plate circulaire de 0'» 27 de diamètre, trou- 
vée par M. Salmon fils, sous le soc de la charrue, au-devant 
de la deuxième colonne de droite, sur le sol de la Cella. 

¥ Un grand nombre de morceaux de terre cuite dont la 
réunion compose des briques formant la moitié d'une cir- 
conférence de 0'" 51 de diamètre. 

Ces derniers objets et beaucoup d'autres de même nature, 
trouvées dans la Cella, démontrent que cette partie de l'édi- 
fice formait deux étages puisque les fragments de colonnes 
qu'elle contenait accusent deux diamètres différents. 

5° Les débris de dallage en pierre blanche de 0"' 05 d'épais- 
seur trouvés dans de Vestibulum et à côté. 

6" Une quantité prodigieuse de fragments de tuiles à 
rebords et de clous provenant de la charpente des combles, 
au pied du mur de pourtour et sous les nefs latérales de la 
Cella. Dans la nef principale ces objets sont très rares. 

70 Quelques petits cubes de mosaïques de 0™ 01 en marbre 
blanc et noir et des débris de carreaux de marbre blanc 
d'Italie, dans la Cella. 

8'> Des tessons de poteries rouges pseudo-samiennes, avec 
des reliefs représentant des chasses, dans la Cella, près de 
la statue du Dieu. 

9° Un grand nombre de tessons de vases en poteries noire, 
grise et rouge pour la plupart de grossière fabrication, dans 
rOpisthodomc. 

10" Des débris de carrelage en terre cuite dans de diverses 
dimensions, aussi dans l'Opisthodome. 

11" Un morceau de vase en poterie rouge d'assez bonne 
fabrication avec d'autres débris de vases, près de la deuxième 
colonne de la Cella, dans la nef de droite. 

12" Des fragments de vase en verre irrisé, très mince. 

Au reste, ces sortes d'objets pullulent à l'intérieur et autour 
de l'édifice; ce n'e.st qu'occasionnellement que nous les avons 
déterrés, car nos fouilles avaient uniquement pour objet de 
retrouver les sections horizontales des murs afin d'être en 



— 315 — 

mesure de reconstituer le plan, et sous ce rapport nous avons 
complètement réussi. 

Tous les murs restent en place dans leurs fondations, les 
soubassements des colonnes et de la statue de la divinité 
seuls ont été endommagés par les visiteurs qui, à mesure 
que nous les mettions à découvert en emportaient les grandes 
briques plates dont pourtant quelques unes ont été déposées 
au musée de Courmenant avec tous les objets que nous avons 
recueillis. 

Certains murs ont aussi été démolis dans leurs parties les 
plus hautes, par le fermier, en vue de faciliter ses labours. 

Des traces d'incendie apparaissent sur la plus grande 
partie de la superficie de l'édifice, particulièrement au pied 
des murs de pourtour, qui supportaient la charpente des 
combles. Toutefois les traces sont moins nombreuses dans la 
nef centrale de la Cella. 

Mais c'est particulièrement autour de la statue du dieu 
qu'on remarque de véritables amas de cendres, de charbons, 
de masses agglutinées, de matières calcinées pêle-mêle avec 
de nombreux débris de briques noircies et fendillées par 
l'action la plus violente du feu. 

Un si terrible embrasement sur un point oîi il devait y 
avoir si peu de matériaux de construction propre à ahmenter 
le feu dénote un fait intentionnel. 

On ne peut guère se méprendre sur l'origine de cet acte 
de destruction, que l'histoire générale nous indique, en nous 
montrant les chrétiens renversant les temples et en brûlant 
les idoles du paganisme, lorsque la religion nouvelle fut 
triomphante. 

La destruction de la statue de Jupiter, dans le temple des 
Artins, par Saint-Julien est un fait similaire , dans le 
Maine (1). 

(1) Audivit ibi orgaiia et omnes geiuis musicarum sonore et Ludes maxi- 
mes fieri vidit.... vidit ibi S'-Julianus statuam magnitudinis cubitorum 
duodecim (Bibliothèque du Mans, ms. 241). 



— 316 — 

Quoique le temple de la Frétinière ireût point d'émicycle 
nous avions d'abord pensé que c'était un de ceux que l'on 
nomme basiliques, lieu où l'on rendait la justice et où Ton 
faisait négoce ; mais des études plus approfondies, et la 
découverte du mur de séparation de la Cella et de l'Opistho- 
dome ont démontré la présence d'un temple dédié à une 
divinité (1). 

La disposition du soubassement de la statue du dieu que 
nous n'avions d'abord pu préciser et que nous avons ensuite 
pu apprécier est une preuve de cette destination. 

Il est à remarquer que ce soubassement forme avec la 
saillie du massif E et le renfoncement du massif F un espèce 
de cachette qui rappelle certaines pratiques du culte payen 
dont les auteurs font mention. 

Quelle fût la divinité à laquelle le temple était dédié? nul 
ne peut le savoir. On peut néanmoins préjuger un sanctuaire 
de Mercure, car les édifices élevés en l'honneur de ce dieu 
étaient ordinairement placés sur le forunj et là l'emplace- 
ment du forum semble indiqué par l'absence des habita- 
tions sur une certaine étendue, au devant de sa façade au 
midi. 

En tout état de choses, sur les données certaines du plan 
que nous venons de préciser et à l'aide de fragments de 
colonnes trouvés dans la Cella, il est facile de reconstituer le 
monument dans son élévation ; car les règles qui présidaient 
à ces sortes d'édifices étaient à peu près uniformes. 

Il devait être de l'ordonnance de ceux qu'on nommait 
temples à antes, in antis c'est-à-dire, flanqué à ses angles, 
en façade, de piliers carrés formant têtes des murs latéraux. 

Entre les antes étaient quatre colonnes de 0'" 90 de 
diamètre (2), supportant la corniche avec son architrave, sa 
frise et son fronton. 

(1) La maçonnerie K, planche II, qui avait toutes les apparences d'un 
soubassement de colonne était un fragment du mav procité. 

(2) Le nombre des colonnes, leur diamètre et leur entrecolonnemcnt est 
donné par la longueur de la façade et l'épaisseur des murs en fondation. 



— 317 — 

L'ordre d'architecture appliqué au monument devait ap- 
partenir au dorique, comme étant le plus simple et le plus 
propre à ces sortes d'édifices. 

Nous reproduisons (planche III), l'élévation de face rétabhe 
suivant ces données. 

Les fragments de briques circulaires trouvées dans les 
décombres, accusant deu\ diamètres différents, il en résulte 
que les nefs latérales de la Gella avaient deux étages. En 
outre ces briques donnent le diamètre des colonnes qu'elles 
composaient : 0™ 56 pour celles du rez-de-chaussée, et 0'" 33 
pour celles du premier étage, en tenant compte de leur 
enduit et de l'épaisseur du stuc qui les recouvrait. 

Les nefs latérales étaient couvertes par des toits se profi- 
lant selon les lignes du fronton du portique de façade ; il 
n'en pouvait être autrement et les nombreux débris de tuiles 
à rebords ainsi que les amas de cendres et de charbons pro- 
venant des charpentes incendiées l'attestent assez. 

La nef du milieu de la Cella était liypètre, c'est-à-dire à 
ciel ouvert ainsi que le démontre l'absence presque com- 
plète de traces d'incendie dans cette partie de l'édifice, et 
aussi les débris de colonnes de différents diamètres, car les 
temples hypetre'^ et les basiliques étaient presque les seuls 
qui eussent deux étages. 

L'Opisthodome était entièrement couvert, par un comble 
à deux rampans et aussi suivant les lignes du fronton de 
façade. Ce comble devait suivant l'usage antique s'avancer 
de quelques mètres sur la grande nef de la Cella, jusqu'au 
dessus de la statue du dieu, afin de la préserver des injures 
du temps. 

Cette statue dût être colossale si l'on en juge par les 
dimensions de son soubassement ; elle était probablement en 
bois doré comme la plupart de ces idoles (1). 



(1) Dans les temples grecs et romains la statue de la divinité avait quel- 
quefois dix ou quinze mètres de haut. 



— 318 — 

Il ne reste aucuns éléments pour reconnaître si les murs 
de l'édifice étaient en pierre ou en moellon appareillés dans 
leur élévation ; en tous cas on ne peut douter qu'ils ne 
fussent lisses et sans ornements , suivant les pratiques 
romaines. 

Il est également hors de doute que ces murs n'étaient per- 
cés d'aucune ouverture, autre que la porte d'entrée, suivant 
les règles adoptées par les temples autres que les basi- 
liques. 

Les antes et les colonnes du vestibule ne pouvaient être 
construites qu'en marbre ou en pierre de taille. 

Les colonnes intérieures de la Gella étaient, au contraire, 
en briques circulaires, comme nous l'avons déjà dit. 

Les débris épars trouvés dans les décombres, par la place 
qu'ils occupaient, démontrent à l'évidence que le pavage du 
Vestibulum était en dalles de pierre blanche de 0"' 06 d'épais- 
seur ; que celui de la Cella se composait de carreaux de 
marbre de 0'" 015 d'épaisseur et en mosaïques de marbre ; que 
celui de l'Opisthodome était formé de carreaux de terre cuite 
de 0'" 14 carrés et de 0'" 035 d'épaisseur. 

On ne peut, sans doute, déterminer d'une manière certaine 
de quelle nature étaient les parements des murs intérieurs ; 
mais il est supposable qu'ils étaient comme tous ceux du 
temple romain en mortier de chaux, sable et ciment de 
tuilots, recouverts de stuc. 

Les plafonds des nefs latérales de la Gella devaient être 
ornés de caissons en bois ; ceux de l'Opisthodome ne pou- 
vaient être que lisses et à solives apparentes. 

La Cella était probablement couverte d'un vélum manœu- 
vrant au moyen d'une poulie comme dans les édifices simi- 
laires. 

L'escalier montant au premier étage régnant sous les nefs 
lalcrales de la Cella et de l'Opisthodome était apparemment 
pratiqué dans les massifs E ; il ne reste pas trace de ces 
dispositions. Ces .sortes d'escaliers qui étaient ordinairement 



— 310 — 

de petite dimension se plaçaient quelquefois dans l'épaisseur 
des murs et même dans l'intérieur d'une des colonnes, 
quand c'était possible. 

Le massif F devait servir à préserver les trésors du temple 
et à en rendre l'accès inaccessible aux voleurs. 

Les autels des sacrifices et des offrandes se trouvaient en 
dehors du temple quand il était entouré d'un péribole, où en 
l'absence de cette enceinte dans le vestibule. 

Sous les temples romains il n'y avait jamais de sous-sols ni 
de caves, et tous, sauf les basiliques, n'étaient éclairés que 
par la porte et par en haut. 

Le temple de la Fretinière est orienté au sud-ouest con- 
trairement aux règles ordinaires qui prescrivaient d'en 
établir la façade à l'orient ou à l'occident. Il y eût cependant 
chez les Romains d'assez nombreuses exceptions à cette 
règle qui chez les Grecs était inflexible, à moins que les 
dispositions du sol ne s'y opposassent impérieusement. 

Il ne reste aucuns vestiges de la charpente qui fut consu- 
mée par le feu ; mais les règles générales de la construction 
chez les Romains étant presqu'invariables pour ces sortes 
d'ouvrages, il est possible de la reconstituer sur les données 
du plan de l'édifice dont on a les mesures exactes. 

La charpente des édifices antiquesne diffère guère de celle de 
nos jours que par l'échantillon des bois qui était beaucoup 
plus considérable et aussi par la substitution du bardeau aux 
lattes ou à la volige. 

Les fragments de tuiles qui pullulent dans les décombres 
permettent également de reconstituer la couverture exacte- 
ment ; elle était formée de tuiles à rebords tegula-œ et de 
tuiles courbes imbrex-ices . Les tuiles à rebords se posaient 
sur bardeau, par rangs et de telle sorte que les joints du rang 
supérieur recouvrissent le rang inférieur de trois ou quatre 
centimètres ; les tuiles courbes se posaient par emboîtement 
sur les joints verticaux des briques à rebords et aussi par 
recouvrements. 



- 3'20 — 

A l'extrémité inférieure de chaque rangée de briques 
courbes, on ajoutait un ornement appelé antefixe et dont on 
a retrouvé des débris ; le faîte, ou angle supérieur de la cou- 
verture, était recouvert d'un cours de tuiles faîtières qui 
n'ont pas laissé de traces. 

Les briques du temple de la Frétinière ont 0™ 39 de long 
sur ()'" '11 de large et 0'" 045 d'épaisseur ; elles forment un 
carré long parfait, sont sonores au choc d'un corps dur, de 
couleur rouge, soigneusement corroyées et régulièrement 
cuites. 

Les tuiles à rebords (legulœ), sont de deux sortes : 

Les unes forment un carré long régulier de 0'" 43 de lon- 
gueur 0™ 32 de largeur et 0"' 037 d'épaisseur ; elles sont de 
la même fabrication que les briques. 

Les autres affectent la forme trapésoïdale, ont 0'" 40 de 
long sur 0"' 30 d'un bout et 0"' 27 de l'autre et O"» 03 d'épais- 
seur ; elles sont brunis et moins cuites que les précédentes; 
leur rebord a moins de saillie, et est irrégulier ; elles donnent 
un son sourd et la matière qui les compose est pailleuse, 
mal corroyée. 

Les premières ont tous les caractères du haut Empire, les 
secondes accusent une époque postérieure. 

Les débris de celles-là se trouvent dans la couche infé- 
rieure de décombres ; les fragments de celles-ci se rencon- 
trent à un niveau plus élevé ; mais toutes sont mêlées à des 
couches de cendres et de charbons. 

La différence du genre de fabrication de ces tuiles et la 
place qu'elles occupent dans le sol, indiquent clairement 
que l'édifice fût brûlé une première fois avant sa destruction 
complète par un deuxième incendie, et la comparaison de 
leurs échantillons atteste que la restauration du temple 
n'eût pas lieu avant la fin au troisième siècle, époque à 
laquelle s'accentua la négligence dans le choix des matériaux 
de construction qui était un temps du haut Empire l'objet 
d'une surveillance souvent excessive. 



— 321 — 

Les tuiles de recouvrement (imhrices), de la première 
époque diffèrent également de celles de la seconde ; celles-là 
forment le dos d'âne et sont plus épaisses ; celles de la 
seconde sont courbes et plus minces. Ces deux sortes de 
tuiles présentent les mêmes différences de fabrication que 
les tuiles à rebords (tegulœ) auxquelles elles s'appliquaient. 

Le mode de couverture des romains est bien connu quant 
à la disposition des tuiles ; mais tous les auteurs ont glissé 
sur la question de savoir comment ces tuiles étaient fixées 
au toît. Seul entre tous nous avons indiqué le procédé em- 
ployé pour cet objet, au cours d'une étude publiée en 1876 
dans la Gazette des arcliitectes, sous le titre de Fouilles de la 
Cité de Paris. Voici comment l'on procédait : 

Lorsque les chevrons de la charpente du toit étaient posés, 
on y clouait, en dessus, une couche de bardeaux de chaque 
0'" 10 de largeur sur 0'" 03 d'épaisseur en ayant soin d'écar- 
ter ces bardeaux les uns des autres de 0'» 04 ou 0'" 05. 

On plaçait ensuite des planches volantes en dessous en les 
étayant provisoirement, puis on posait la tuile à bain de 
mortier de 0'" 03 à 0'" 04 d'épaisseur sur le plancher, de 
telle sorte que le mortier entrât dans les interstices qui 
régnaient entre les bardeaux et y formât quelque chose 
comme une série de tenons, de nature à compléter la solidité 
de l'œuvre. La tuile creuse (imhrices) qui recouvrait le joint 
était de même scellée en mortier sur la brique à rebord avec 
d'autant plus de facilité que l'espace régnant entre celles-là 
au droit de leur moindre largeur donnait prise au mortie-i' qui 
y pénétrait et y adhérait. 

Une fois le mortier pris on retirait les planches posées 
provisoirement en dessous et le tout était alors d'une solidité 
parfaite. 

On le voit la couverture romaine était par le fait une 
œuvre de maçonnerie; elle avait l'inconvénient de donner 
un poids lourd auquel on obviait par la force des bois qui 

XXIV. 21 



— 32t> — 

étaient ubondants et à bas prix ; mais avait l'avantage d'être 
imperméable, inaccessible aux coups de vent et en somme 
d'une solidité à toute épreuve. 

On sait que les toits romains avaient peu de pente sans 
quoi la méthode sus indiquée n'eut pu recevoir son applica- 
tion. 

On a trouvé dans les décombres du temple de la Frétinière 
des fragments de mortier encore adhérents aux tuiles et l'on 
a pu à plusieurs reprises apercevoir dans ces fragments de 
mortier la saillie qui entrait entre les bardeaux et qui for- 
me comme nous l'avons dit un espèce de tenon de 0"' 02 à 
0'" 03 d'épaisseur. 

Outre leur usage pour l'exercice du culte, les temples 
payens étaient de vérital)les musées ; on y voyait des statues 
en marbre et en bronze ; des idoles en bois doré ou colorié, 
souvent revêtues de riches habits ; des tableaux en bois ap- 
pendus aux murailles, comme des ofl'randes religieuses ; des 
portraits points qui souvent avaient été votés par les villes 
aux citoyens ayant bien mérité de la patrie ; des tablet- 
tes votives peintes ou sculptées en bois, en marbre ou en 
bronze ; des vases, des ustensiles ; des vêtements ; des orne- 
ments ; des armes ; des trônes ; des sièges votifs en bois ou 
en bronze ; des candélabres en marbre ou en métal ; des 
tables en bois à trois ou quatre pieds sur lesquelles on dis- 
posait des fruits, diverses oblations et les repas sacrés que 
l'on préparait pour les dieux. 

Knfm dans plusieurs temples, on voyait des statues éques- 
tres, des chevaux, des bœufs, des chars, le tout en bronze, 
pt des lits qui servaient dans les pompes sacrées et sur 
lesquels les prêtres couchaient les statues des dieux. 

Les fouilles de la ville, proprement dite, restent à faire. 

F. iJGEP.. 



LES 

COESMES 

SEIGNEURS DE LUGE ET DE PKUILLÉ 

(DEUXIÈME PARTIE) 

(Finj 



GHAPITRE VIL 

JEANNE DE COESMES. 

JEANNE DE COESMES ET SON MARI LOUIS DE MONTAFIÉ 
HABITENT LUCÉ. — LEURS ENFANTS. — MORT DE LOUIS DE 
MONTAFIÉ. — LETTRES D'HENRI III ET DE CATHERINE DE 
MÉDICIS AU PAPE. — ÉPISODE DE LA VIE DU MARÉCHAL DE 
LAVARDIN. — LETTRE DU CARDINAL DE RAMBOUILLET. — 
AVEU DE THOMAS DE CLERMONT. — ÉCHANGE DE BIENS 
ENTRE JEANNE DE COESMES ET LES CHANOINES DE PRUILLÉ. 
— JEANNE DE COESMES SE REMARIE AVEC FRANÇOIS DE 
BOURBON, PRINCE DE CONTY. — LE SEIGNEUR ET LA DAME 
DE LUCÉ DE 1582 A 1601. 

Avec ce chapitre VIL nous terminons la deuxième partie 
des Coesmes seigneurs de Lucé. Jeanne de Coesmes, mourut 
en 1601, après avoir épousé Louis de Montafié et François 
de Bourbon. A sa mort, les terres de Lucé et de Bonnétable 
devaient passer à sa fille Anne de Montafié, femme de 
Charles de Bourbon, comte de Soissons. 



— 324 — 



§1. 



Par suite darrangements faits avec la veuve de Jean de 
Coesmes, le comte de Montafié et sa femme habitèrent au 
château de Lucé (1). Ce fut là (]ue le nouveau seigneur reçut 
une lettre datée du Mans, le 7 septembre 1575, où l'on 
remarque ces lignes : « L'on tient en ce lieu (du Mans) que 
» sommes à la guerre^ et l'on a eu quelque advertissement 
» du lieu où a esté porté l'argent du Roy qui fut prins y a 
» huit jours, et qu'il y a en quelque maison le nombre de 
» quatre vings chevaulx, et que l'on faict entreprinse sur 
» ceste ville, ofi nous donnerons ordre, Dieu aydant, mesmes 
» que l'on veult piller quelques maisons, soit d'argent, 
» joyaulx et chevaulx ('i) ». Malgré l'inquiétude qui régnait 
au Mans, la ville ne fut pas attaquée ; les catholiques conti- 
nuèrent à y dominer, bien que le gouverneur Nicolas 
d'Angennes penchât pour les politiques (3). 

Le 5 septembre 1575, un fils naquit au comte de Montafié. 
Son acte de baptême est ainsi enregistré dans le Papier 
baptismal de Saint-Facile de Lucé : « Le 5" jour de septem- 
» bre 1575, fut nay un filz de dame Jeanne de Coaesmes, 
» espouse de hault et puissant seigneur Ludovic de Montafié, 
» comte du dict lieu, Tïolles? Piouart? et Marnay, chevalier 
» de l'ordre du roy, nostre sire, et gentilhomme ordinaire 
» de sa chambre, heutenant de monseigneur le Grand 
» Prieur de France, baron de Lucé et Pruillé l'Esguiller, 
)) à cause de sa dicte espouse, auquel jour le dict seigneur 
» tenoit ses hommages au chastel du dict Lucé, assisté de 
» ses officiers de justice, scavoir M*'^ Estienne Chereau, 

{[) Papiers Prel. — Les arcli. du chat, de f.ucé renferment un grand 
nombre de lettres en langue italienne, jiarticulièrement des massives de 
tù7-2, ('crites i)ar les sœurs de Louis de Montalié, Anlunia et Ludooica, et 
par Thomaso di Slrappiano, mari il A nlonict. 

Ci) Areh. du cliàt. de Lucé. 

(3i Dom Piolin, Ilist. de l'é(jlise du ilana, t. V, p. 515. 



32ri 



» bailly. Marin de Guybert, lieutenant du dict bailly, Pierre 
» Allaire, procureur fiscal, et Pierre Garanger, greffier ("1) ». 

Cet enfant, nommé Charles, fut baptisé dans « la maison 
» seigneurial de Lucé, pour sa débilité (2) », le 20 février 
1576. Il eut pour parrains et marraine, François Loret, fils 
de Claude Loret, Claude, fils de Claude Rippier, et Françoise, 
fille de défunt Julien Prudhomme. « Icelluy enfant ne vescut 
» que environ quatre heures après le baptême, et fut inhumé 
» au cueur de l'église dudict Lucé, le lendemain ; et furent 
» présens au baptesme, monsieur du Ponseau, médicin, 
» lequel a faict rapport que le dict enfant ne pouvoit estre 
y> transporté que soubdain il ne mourust, M^^ Marin de 
» Guybert, lieutenant, Pierre Garanger, greffier, Michel 
» Dutertre, Estienne Duboys et plusieurs autres (3) ». 

Plusieurs mois avant la naissance de Charles, Elisabeth 
de L'Espine avait écrit cette lettre. 

« A monsieur le conte de Montafié, chevalier de l'ordre 
» du Roy, à Paris. 

» Monsieur, je ne scaurais trop vous remercier du bien et 
» honneur qu'il vous a pieu me taire, ayant eu souvenance 
» de moy par votre recommandation mise en la lettre de 
» madame la Comtesse, laquelle maintenant se porte fort 
» bien et ne veulx oublier à vous dire que depuys votre 
» parlement elle c'est trouvée fort mal, tant pour vostre 
y> absence (4) que pour la maladye du remuement de vostre 
» enfant qui continue d'heure en heure à remuer bien fort ; 

(1) Registres paroissiaux de Lucé. 

(2) Le 5 décembre 1575, Jeanne de Coesmes écrivait à Pierre Gallois : 
« Mon fils s'est trouvé un peu mal, il est sy grand que l'on luy donnerait 
)) un an ». Arch. du chat, de Lucé. 

(à) Reg. par. de Lucé. 

(4) Jeanne de Coesmes ne pouvait s'habituer aux absences de son mari. 
On lit dans une lettre adressée de Coullon , le 2 novembre 1574; par 
Guillaume Frelin, au comte de Montalié, ù Turin : « Madame la contesse 
» est bien faschée et bien marrye quelle n'a point de vos nouvelles, et si 
» vous ne venez bientost, je vous asseure que Madame la contesse sera 
)) désespérée. Je vous supplie, Monseigneur, si vous ne pouvez venir cy 
ï> toust, pour le moins de luy envoyer de voz nouvelles bien souvent et 



326 



y) madicte dame ne fut jamais si gentille qu'elle est de jour- 
» d'huy avec son petit ventre. Elle ne tient aultre propos 
» que de vous et de madame vostre mère , et ne désire 
» aultre chose que de vous voir tous deux par desà. 

» Je laisse ce propos pour vous dire que ce jourd'huy j'è 
» entendu par deux bourgeoises de Lucé, qui estoient venues 
^> icy près à des nopces de leurs parens, qui maintenaient 
» fermement que madame de Lucé, vostre belle seur, n'est 
» poinct grosse, et mandent à ma dicte dame la comtesse 
» que quelque chose que l'on luy dye qu'elle n'en croye 
» rien et qu'elle ne l'est poinct (1). Je vous supplye humble- 
y> ment, monsieur, persuader madame vostre mère s'en venir 
y> le plus tost qu'elle pourra pour en voir une fin. En cest 
» endroict, je vous baise bien humblement les mains et prye 
» Nostre-Seigneur vous donner, 

);M onsieur, en parfaicte santé, longue vie, heureuse et 
y> contente vye, 

» A Bormestable, ce XIX" apvril 1575. 

» Vostre très humble et très obéissante servante. 

» Elisabeth de l'ESPINE, de Paradis, de 
» Bonnestable (2) ». 

Entre le 5 septembre 1575 et le 20 février 157H, Jeanne de 
Goesmes écrivit à son mari, qu'elle appelle son père, une 
lettre ;iiiisi conçue : 

« A monsieur le conte de Montafié. 
» Mon père, quant j'ay receu la lettre qu'il vous a pieu 

» par homme exprès, car rWo ne lait que iilorer et se tourmanter, et 
» sommes tons ennuie/, et fort tourmentez, de la voir ainsi désolée et tour- 
» mentez ». Arcli. du cliàt. de Lucé. 

(1) Cette question de la grossesse de Françoise de Maridort était impor- 
tante pour les Montafié à cause de la succession de Bonnétable et de Lucc. 

(2) Arcli. du cliât. de Lucé. 



— 327 — 

)■) m'escripre, j'avois desjà bien entendu qu'estiès party, et 
» me revoit l'on dit en sy grant effroy que j'an ay cuydé 
» debvenir folle et mourir tout ensemble ; mais Dieu m'a 
» voullu ancorre laisser pour, attandant vostre retour, le 
» prier sans cesse vous voulloir faire la grasse d'accomplir 
» vos souhais. Je vous suplie très humblement, mon père, 
» vous souvenir toujours de luy et avoir mémoyre qu'il ne 
» delaysse jamays seus quy ont leur recours en luy et ferme 
» esperansse en ses promesses. Quant à moy, je me promais 
» bonne yssue du malheur où je suys pour m'assurer qu'an 
» le supliant de votre soudain retour, de bon cœur, il m'oc- 
» troyra et vous donnera contentement. Pensés bien, mon 
» père, je vous suplie très humblement à se que vous ferès 
» pour la seureté de vostre personne, et pour l'amour de 
» Dieu ne vous accompagnes de personne que vous ne 
» connoissyès fort bien, et sy vous ne vous voullès garder 
» dour vous, au moins gardés vous pour vostre fis (Charles) 
» et vostre fille (votre femme) qui vous ayme plus mille fois 
» que sa vie propre, qu'elle donneroit de bon cœur, sy en 
» la perdant elle vous pouvoit sauver de quelque malheur... 
» Je vous suplye me continuer en vos bonnes grâces et nous 
» aymés bien le petit (Charles) et moy, qui vous bayse très 
» humblement les mains. 

» Adieu mon père, adieu mon âme, adieu mon tout. 

» S'est vostre très humble et très obéissante fille à jamais. 

» Mon père, l'on dit que les soldats de Lavardin vont au 
» Pont-de-Gennes. Madame vous prie que vostre troupe ne 
» loge point pour l'amour de monsieur de Sotre ? ; s'il vous 
» plai.st vous me ro.anderès si nous rebaillerons sette terre à 
» ferme. Ma mère (Anne de Pisseleu) vous bayse sant mille 
» fois les mains (1) ». 

Dés la fin de l'année 1576, le 1 4 septembre, une fille na- 
quit à Louis de Monlafié. Elle fut baptisée à Lucé, le !<=' jan- 

(1) Ârch. du chat, du Lucé. 



— 328 — 

vier 1577, « par vénérable et discret maistre René de 
(( Rousty, prestre, grand archidiacre de l'église monseigneur 
» Sainct-Julian du Mans, raaistre et administrateur de 
» l'hostel Dieu de Coefort ». Elle « fut portée et tenue par 
» noble Jehan Hamelin, seigneur de La Roche-de-Mayet et 
» chevalier de l'ordre du Roy », et eut pour « parrain très 
» hault et très puissant frère Henry d'Angoulesme, grand- 
» prieur de France », et pour « marraines, haultes et saiges 
» dames Anne de Pisseleu, veufve de hault et puissant Loys 
» du Coaesmes, mère de dame Jehanne, dame de Lucé, et 
» Renée, espouse de hault et puissant messire Jehan de 
» Chourses, seigneur de Malicorne ». On lui donna le nom 
de Suzanne (1). 

Le 21 Juillet 1577, naquit une autre fille nommée Anne ; 
elle fut baptisée à Lucé le 4 août de la même année. Son 
parrain était « noble messire Jehan Hamelin, seigneur de La 
» Roche-de-Mayet, chevalier de l'ordre du Roy », et ses 
marraines « damoiselles Jehanne, espouse de noble Jacques 
» de Raillet, seigneur des Hayes de Tresson, et Jehanne de 
» La Chenzière (2) espou.se de noble Pierre Pinard, seigneur 
>j des Roches de Marson et de Vaubertran (3) ». 

Suzanne allas Urbaine de Montafié épousa Louis de La 
Châtre, maréchal de France, et mourut sans enfants. Anne 
héritière de Lucé et de Ronnestable, fut unie le 27 décembre 
1601, à Charles de Bourbon, comte de Soissons (4). 

(1) Reg. paroissiaux de Lucé. 

(2) Peut-être faut-il lire Chevrière. 

(3) Reg. paroissiaux de Lucé . 

(4) P. Anselme, t. V, p. 141, t. VII, p. ;j71. — Suzanne aliùs Urbaine et 
Anne de Montafié furent plusieurs fois marraines à Lucé. 157!}, 1(3 septem- 
bre ; baptême de « Suzan, fils de M" IMerie Levayer et de Rolande de Ciii- 
» bert, sa femme » ; mairaine « .Suzanne de Wontalié, lille de deifunct 
X inessire Loys de Montafié, vivant seigneui' de la tene et seigneurie de 
)' Lucé )). 1580, 27 mai; Anne de Montafié, mariaine. 1583, 4 juin; baptême de 
Suzanne, fille de M"-' .Michel Ûulcitre et de Fiançoise, sa fcnmie ; j)arrain, 
noble Adrien de Promentières, seigneur des Estangs ; marraines, demoi- 
selles Suzanne et .\\\nv de .Montali('. filles de feu Louis de Montafié. 



— 329 — 

L'union de Louis de Montafié et de Jeanne de Coesmes ne 
fut pas de longue durée ; elle fut brisée par la mort, le 7 oc- 
tobre 1577. « Hault et puissant seigneur messire Ludovic de 
» Montafié, comte du dict lieu, au pais de Piedmont, cheva- 
» lier de l'Ordre, seigneur baron de Lucé, à cause de dame 
» Jeanne de Coaesmes, son espouse, décéda au pays de 
» Provence, le 7 octobre au dict an (1577) (1) ». Le il octo- 
bre, le comte de Raiz donna un mandement ainsi conçu : 
« Le conte de Raiz, mareschal de France, gouverneur et 
«lieutenant-général pour le Roy en Provei ce et admirai 
» des mers de Levant, à tous gouverneurs des villes de 
» nostre gouvernement de Provence, cappitaines, chefz et 
» conducteurs des gens de guerre, etc. salut. S'en allans les 
» sieurs de Grimaldi, de Noue, deMoren?, de Chasteauneuf, 
» de Nigerolles, d'Amur?, de Pont-de-Pierre, du Parc, de 
» Vignolle, j^our conduire en Piedmont le corps de feu le 
y> conte de Montafié, avec le sieur Galloys, son maistre 
» d'hostel, ses valletz de chambre, paiges, argentier, som- 
» mellier et pallefrenier, estans en nombre de trente cinq 
» chevaulx, quelques lacquais et gens de pied, nous vous 
» mandons et expressément ordonnons que vous ayez à les 
» laisser librement et seurement passer par chacuns de voz 
» pouvoir, jurisdicttion et droitz, sans leur faire, mettre ou 
f> donner.... aulcun trouble ou empeschemenî, ains leur 
» faire bailler libre passaige par tout et les vivres qui leur 
» seront nécessaires, en payant ; et, oultre ce, mandons aulx 
» consulz, manans et habitants des villes où ilz auront cà 
» passer en nostre gouvernement, de leur faire, fournir 

1583, 30 juillet ; baptême de Suzanne, fille tle M« Jacques Landereau ; 
marraines, demoiselles Suzanne et Jeanne (sic, pour Anne) de Montafié. 
1589, 4 mars ; baptême de Pierre, fils de M- Pierre Allaire le jeune, et de 
Marie, sa femme ; parrains, maître André de Guibert, avocat, demeurant 
en la paroisse de la Coultuie au Mans, et maître Pierre Allaire, l'aîné ; 
marraine, demoiselle, l^rbaine aliùs Suzanne de Montafié. Reg. parois- 
siaux de Lucé. 

(1) Rerj. par. (Je Lucé. 



— 330 — 

» l'escorte et seureté nécessaires pour leur passaige.... En 
» tesmoing de quoy nous avons signé ces présentes, à 
» Avignon, le 11" d'octobre 1577. — De Gondy. — Par mon 
» dict seigneur, Lyotart (1) ». 

La mort de Louis de Montafié fut un coup terrible pour 
Jeanne de Coesmes. En février 1578 , celle-ci écrivit à 
Pierre Galloys, écuyer, maître d'hôtel de son défunt mari : 
« MoiL-tieur Gallois, j'ay receu la painture que m'avez 
» envoyée qui a esté trouvée de tout le monde fort bien faite, 
» et vous remercie de la peyne qu'an avet prise ; Je suys 
» bien fort ayse de l'avoir, mays je ne l'ay point ancorre 
» veue pour avoir mon malheur trop ressent pour le renou- 
» veller ancorre davantage, le ressentant plus que le premyer 
» jour. Je ne vous puis mander aultre chose sinon qu'il est 
» presque découvert assurément la m.anterie de ma belle- 
» seur à son grant regret ; quant à moy, madame de Lucé (2), 
» ma mère, vous poura dire Testât en quoy l'on tient de 
» sertain (jue je suis, qui me fera finir, et priray Dieu vous 
» avoir en sa garde. 

» A Bonnestable, se 22 febvrier. 

» Vostre bien bonne amye 

» LUCÉ (3) ». 



§11. 



La succession du comte de Monlalié fut contestée à sa 
veuve. René de Nigerolles écrivit à ce propos, le 19 novem- 

(1) Arcli. du clifit. de Lucé. 

(2) Anne de Pisseleu. 

(3) .'Vrch. du chat, de Luco. 



— 331 — 

bre 1577, à Jeanne de Coesmes à Lucé, les lignes suivantes. 

« Madame, estant en se lieu de ïiclle, je me suis enhardi 
de vous escripre pour vous advertir de se qui se passe de 
par dessà, s'est que en toutes vauix maysons, tant Montaffié, 
Tillole, Maret que Rouart , madame la contesse de 
Estropiano (i) y a mis des soldars dedans pour la garde, et 
nous gardons la campaigne, et vous assure que ilz font une 
grande despanse, et disent que Montaffié et Tillole leur 
apartient. Il seroit bon de avoir des lestres de faveur du 
Roy adressantes à mons'" de Savoye, et seroit bon de les 
luy fayre tenir par quelques ungs qui luy fise bien enten- 
dre vaulx affaires , vous advertissans que madame la 
contesse de Paucallier vous y poura bien servir, vous 
assurant, madame, que se seroit une grande faute de lesser 
perdre ung sy beau lieu que est setuisy, par faulte de soli- 
citude, et le plustost que y pourez mectre ordre sera le 
meilleur, car ilz ne se endorme pas. Il y a trois semaine 
que nous sommes arrivés en se peis avec une partie de 
vostre train ; laquelle contesse d'Estropiano ne nous a 
point voulu lesser entrer en pas une de vaulx maysons, ne 
donner moyen de vivre, sinon que jeudy dernier elle m'a 
envoyé faire ses excuses disant que je ne trouvasse mau- 
vais que elle ne nous avoit lessé entrer en quelques unes 
des susdites maysons, pour se qu'elle a promis au susdit 
duc de les luy mectre entre les mains toutes les foys que 
elle en sera par luy requise, et que elle y a obligé tout son 
bien, et que se qu'elle en faict s'est pour vaulx filles ; mais 
les cris qui se font par les villes se font au non de son filz. 
Cristofle , présent pourteur , vous en poura conter 
comme tout se passe ; il va par devers vous pour 
vous fayre entendre la fason de quoy ilz trectent voz 
subgectz et vostre bien; et feray fain pour vous baiser bien 

il) Antonia. (emme de Tho)naso di Slrappiano, sœur de Ludovic de 
ontafic. 



— 332 — 

» hungblement les mains, et prie Dieu, Madame, qui vous 
» veille donner en sente très heureuse et longue vie. Vostre 
» très obeyssant et plus affectionné serviteur pour vous 
» servir à jamais. 

» René de NYGEROLLES (1) ». 

Le pape était suzerain des biens des de Montafié (2). Le roi 
de France, Henri III, crut devoir lui écrire : 

ft Très Sainct Père, nous avons dès le moys de janvier 
» dernier passé supplyé Vostre Saincteté avoir en recom- 
» mandation la maison de Montaffié en ce qui en deppend 
» sur les occasions de la saisye qui a esté faicte de l'oierie et 
» biens délaissez par le feu conte de Montaffié, comme aussi 
y> nous faisons encores, d'ordonner que la possession etjouys- 
» sance d'iceulx soit mise entre les mains de la comtesse, sa 
» veufve, et enfans qui en sont légitimes héritiers et les vrais 
» successeurs, à quoy nous avons esté meuz par Fadhérance 
» des maisons et biens des prédécesseurs du dict feu conte 
» de Montafié avec cette couronne, soubz la protection et 
» adveu de laquelle leurs personnes et biens ont toujours 
» esté conservez et deffenduz, d'autant que de la charge 
» qu'avoit esté donné à celluy qui fut depesché de nostre 



(1) Arcli. du cliàt. do Lucé. 

(2) 1578, 8 mars, de Rome. Lettre de .1. Nicot à Anne de Pisseleu, où il 
est queslion des biens laissés par le comte de Montafié. « Le pape en est 
» souverain seigneur et ayant droit de pi'olation à rencontre des arclie- 
» vesque de Thurin et de Pavie, seigneurs médiatz en directité des fiefz 
M de Montafié et de Tillolo. Il prêtent que les dicts fiefz sont venuz en 
>; caducité par le doced/ de vostre gendre, le comte de Montaffié, mort 
)) sans lioirs rnasles h'gitimes de son corps, et a par son lirief mandé 
» mettre eu sa main, non les dits fiefz seulement, mais maintes pièces 
» allodiales, qui est l'entière succession de Georges, bisaïeul de vostre 
» gendre, laquelle ayant esté dispersée en maintes brandies, s'estoit 
» finablement ralliée en la personne de vostre gendre... » Arch. du cbàl. 
de Lucé. 



333 



part vers Vostre Saincteté n'en est encores riens reussy à 
nostre intencion. Continuant ceste mesme requeste, nous 
la supplions, autant affectueusement qu'il nous est possible, 
que le bon plaisir soit de voulloir faire cesser tous les 
empeschemens et troubles mis par les officiers de Vostre 
Saincteté sur la jouyssance des dictes terres, et avoir 
agréable que où il y auroit lieu de reversion de fief ou que 
pour raison de quelques autres difficultez prethendues par 
Vostre Saincteté la dicte main-levée seroit surcize, le tout 
soit assoupy comme nous le désirons bien fort, suyvant la 
dévotion dont nous en avons cy-devant escript à Vostre 
Saincteté, tant pour la cause de soy assez favorable et 
laquelle nous sommes tenuz embrasser que pour l'interrest 
notable :[ue y avons, oultre les mérites et services des 
prédécesseurs de la dicte dame qui ont toujours combatu 
et porté les armes pour la deffence de la Saincte Religion 
catholique, appostolique et roumaine, lesquelz, estans 
représentez et mys en considération; rendront tousjours 
leurs héritiers et successeurs envers nous dignes des recom- 
mandations qu'ilz en peuvent désirer, et pareillement 
vouloir commander à ses officiers de se désister et départir 
de telles saisies, et recepvoir la dicte confesse de Montafié 
en ses raisons, lesquelles Vostre Saincteté entendra plus 
particulièrement par le s'' d'Abaen, nostre ambassadeur, 
l'ayant chargé vous en faire touttes les instances, requestes 
et remonstrances. Et a tant nous supplions le Créateur que 
icelle Vostre Saincteté il veille longuement préserver et 
maintenir au bon régime et gouvernement de nostre mère 
Saincte Eglise. 

» Escript à Paris, le premier jour d'avril 1578 (1) ». 

(1) Arcli. du chat, de Lucé. Copie. 



- 334 — 

De son côté, la reine Catherine de Médicis écrivit : 

» Très Sainct Père, nous vous avons cy-devant escript en 
» faveur de la veufve et en fans du feu conte de Montafié, sur 
» la saisy faicte des terres qu'il leur a delayssée par testa- 
» ment, à la requeste de vos officiers, et supplier leur en 
» accorder la main-levée, suyvant la requeste que le Roy, 
» nostre très chier seigneur et lilz, vous en faisoit de sa part; 
» et parcequ'il a continuée encores, n'en ayant esté satisfaict 
» ny en advis de vostre volonté sur icelle, nous y avons 
» voulu adjouter la présente à mesme effort, et supplier 
» encores Vostre Saincteté autant affectueusement qu'il nous 
» est possible de considérer les justes occasions qui nous 
» meuvent d'espouzer ceste cause d'affection, estant chose 
» charitable et de soy assez favorable, oultre l'interest parti- 
» culier que lo Pvoy, mondict seigneur et filz, a pour la con- 
» servation de ses droictz, joinct la recommandation de 
» ceulx de la maison de Lucé dont est yssue la dicte veufve, 
» qui se sont montrez tousjours singulièrement zelléz à la 
» protection et deftence de la saincte religion catholique, 
» appostolique et romaine, ce qui doibt tant plustost incliner 
» Vostre Saincteté à leur accorder ce qu'ilz désirent d'elle, 
» dont la supplions de rechef et le Créateur de la vouloir 
» maintenir au bon régime et gouvernement de nostre mère 
» saincte Eglise. 

» Escript à Paris, le It"" jour d'apvril 157(S (1) ». 

Le corps de Louis de Montafié n'était pas encore enterré 
le 21 juin 1578. Le billet suivant écrit de La Pécaudière, par 
Jeanne de Coesmes, à Pierre Gallois alors en Piémont en 
témoigne. 

« Gallois, je trouve en se lieu de La Pecaudière, Laygnau 
» et l'Ecossais. Vous me mandes par eus de fort boimes 

(1) Ai'cli. du chat, de Lucé. Copie. 



— 335 — 

» nouvelles ; je m'en vois bien joyeuse à cette occasion et 
» avec bonne espérance de donner bien ordre à nos affaires, 
» et y estre plustost dix ans que je n'en voye une bonne fin. 
» J'espère en venir bientost à bonne fin, car j'ay pour moy 
» et mes filles, Dieu, la rayson et du bien et fort bon courage 
» de ne sesser jamais que nous n'ayons se qui nous apartient. 
» Plus que tout le reste me fâche s'est que V enterrement de 
)) feu 7nons^' le conte, rnon mari, est ancore à faire. Pour rien 
» du monde je n'yrois qu'il ne le fust ; et par ce, je vous prie, 
» incontinant la présante ressue baillés de l'argent pour faire 
» ouvrir la terre et le lui metès, et puis quant j'y seray, je 
» feray faire la serymonye. Le cœur me crève qu'il faille 
» que je parle ancore de sella. Venez-moy trouver à une 
» journée de Carignan où j'yray tout droit d'ycy. Faites nous 
» trouver un beau logis et des provizions, comme vous poura 
» dire se gentilhomme. 

» Vostre milleure maistresse, 

» LUCÉ (1) ». 



un. 



Une Vie du maréchal de Lavardin ("2) renferme l'épi- 
sode que nous allons rapporter ici malgré les erreurs qui 
peuvent déparer le récit. «Lavardin, dit notre manuscrit, 
» songeait au mariage, et il recherchoit la dame de Lucé, . 
» veufve de feu mon.sieur de Montafier, tué au siège de 
» Lusignan (3), femme en secondes nopces de M"" de Gonty, 

(1) Arch. du chat, de Lucé. 

{^ Vie du maréchal de Lavardin, md,m\scY\\. àe la Bibliothèque nat., 
fonds français, n" 498, fol. 1 à 19. 

(3) Le comte de Montafié mourut en Provence en 1577. Ce fut son beau- 
frère Jean de Coesmes, seigneur de Lucé et de Bonnétable, qui fut tué en 
1574 au siège de Lusignan. 



— :33G — 

et mère de feu inadanie la comtesse de Soissons ; il avoil 
pour rival en cette recherche le jeune Randan, demi favori 
de Henry III*^. La dame de Lucé avoit plus d'inclination 
pour Lavardin que pour Randan qu'elle fist prier de ne 
venir point chès elle tant que Lavardin serait au pais du 
Maine, car elle estoit pour lors dans son chasteau de 
Bonnestable, et craignoit que se rencontrant ils ne se 
battissent. Randan, picqué de cela, creut qu'il y alloit de 
son honneur, il résolut de faire ce voyage, si bien accom- 
pagné, qu'il ne sembloit pas qu'il deust rien appréhender. 
Il partit avec deux cens chevaux et grand équipage. 
Lavardin ayant appris sa venue alla au devant du rival, et 
envoia un gentilhomme nommé Champrond, pour le recon- 
noistre. Lavardin, l'ayant reconnu, le charge, essuyant tous 
les coups qu'on tira sur luy, luy donna du pistolet dans la 
teste dont il mourut, et mist avec trente cavaliers les deux 
cens chevaux en déroutte. Cette rencontre s'estant faitte 
dans le Perche, dans un chemin ci'eux, un mulet espou- 
vanté du bruit des armes, passant auprès de Lavardin, 
espaulla son cheval avec un coiTre, et jetta Lavardin par 
terre, se sauva dans un champ. L'escuyer de Randan, 
voulant venger la moil de .son maître, vint attaquer 
Lavardin (jui après un long combat tua l'escuyer et monta 
sur son cheval pour joindre ses amis qui le cherchoient de 
tous costés, et se retira au pais du Mayne en crainte d'être 
opprimé par la cholère du roy — Randan estant fort consi- 
dérable et sa mère dame d'honneur — se sauva en 
Guienne auprès du roy de Navarre qui estoit pour lors à 
Montauban, s'estant de.sjà déclaré pour luy ». 

Cette histoire est probablomenL auLlienlique, mais elle ne 
concerne pas la veuve de Louis de Montafié. Elle doit s'appli- 
quer à Françoise de Maridort, dont le mari fut tué à Lusignan. 
Une lettre de Jeanne de Coesines, datée de Lucé, le 5 sep- 
tembre 1575, ne saurait laisser subsister le doute à ce sujet; 



— 337 — 

elle y dit à Pierre Gallois : « Lavardin, se dit-on, va espouser 
» ma belle-sœur, toutefois il dit que non (1) ». 

Lavardin se maria, en 1577, avec Catherine de Garmain, 
fille unique de Louis de Garmain, comte de Négrepelisse, et 
de Marguerite de Foix. Françoise de Maridort s'unit à Charles 
de Ghambes et Jeanne de Coesmes prit en secondes noces, 
en 1581, François de Bourbon, prince de Conty. 



§ IV. 

Jeanne de Coesmes avait à Rome de puissants protecteurs 
disposés à lui prêter leur concours. Au nombre de ces per- 
sonnages, il faut ranger le cardinal, évêque du Mans, Charles 
d'Angennes de Rambouillet. Celui-ci adressa le 23 janvier 
1581, la lettre suivante à la comtesse de Montafié. 

« Madame, je suis encore en cest estât qu'il m'est du tout 
» impossible de vous escripre comme je vouidrois, car quoy 
» que depuis trois ou quatre jours mes grandes doulleurs 
» m'aient laissé, je me remetz si bellement que je n'ay 
» encores ne force ne cervelle. Aussitost que je me porteray 
» mieulx, je ne fauldray, si Dieu plaist, à recompenser ceste 
» faulte. Monsieur l'ambassadeur me vient tout à ceste heure 
» demander qu'en son audience qu'il a eue.... le pape luy a 
» promis de vous faire bientost despescher. Monsieur le car- 
» dinal de Gosme luy en a dict de mesmes, lequel, à ce que 
» m'a dict Bonisseau, vous escripra bientost et envolera des 
» depesches qui vous contenteront. Nous verrons ce qui en 
» sera. J'entends que l'évesque de Servia ? qui est icy tire 
» tousjours en arrière le plus qu'il peult. Si se doivent-ilz 
» demain assembler monsieur le patriarche de Jérusalem et 
» luy ; Dieu veuille qu'ilz facent quelque chose de bon. 

(1) Arch. du chat, de Lucé. 

XXIV. 22 



338 



» Maintenant que je commence à me mieulx porter, en ceste 
» affaire comme en tout autre chose, je me sentiray bien 
» heureulx de vous pouvoir faire service, et m'y emploieray 
)) d'aussy entière affection qu'après m'estre humblement 
» recommandé à vostre bonne grâce, 

» Je prie Dieu vous donner, 

» Madame, en santé, i)rospérité, très longue et très heu- 
» reuse vie. 

» De Rome, ce 23 janvier 1581^ 

» Vostre obéissant serviteur et parent, 

» Cardinal de RAMBOUILLET (1) ». 

Le 23 août 1581, Thomas de Clermont, chevalier, seigneur 
de Saint-Georges, rendit aveu pour sa ville, domaine et 
seigneurie de Saint-Georges, à lu veuve du comte de 
Montafié, à cause de sa baronnie de Lucé. Parmi les hommes 
de foi de Thomas de Clermont, on remarque : 

« Guillaume de La Bodinicre, escuyer, seigneur de La 
» Pommeraye, foy et hommage simple et ung cheval de 
» service, quant il y eschet, pour raison de son hostel, terres 
» et appartenances de La Pommeraye, scitué au val de 
» Ferrières, paroisse de Lhomme. 

» Jacques Huart, sieur de La Guynardière, foy et hom- 
» maige simple et ung cheval de service,... pour raison de 
» .son lie!' des Juguenières, sis en Courdemenche,... et de 
» ses fiefs de La Sourgetière et des Nouet... es seigneuries de 
» Ruillé et d'Aigrefoing... 

;) Jehanne Vazeux, en lieu de Jehan Guibert, pour une 
» pièce de terre nommée la pièce de l'Ousche Mansays. 

» Michelle Huguet et .lehan Badère, foy et hommage 

(1) Arch. du chût, de Lucé. 



— 339 — 

» simple, cinq solz tournoys de service au jour de la feste 
» aux trespassez, pour raison de leur mestairie de La Colli- 
» nière, anciennement appelée La Davyère... 

» M" Rolland de Marcé, escuyer, eeigneur de La Bouche- 
» tière^ et ses cohéritiers héritiers de deffuncte Catherine de 
» Guybert, qui fut héritière de défunct M^ Georges de Guybert, 
» escuyer, foy et hommaige simple pour raison de six livres 
» tournoys de rente qu'ilz ont droit de prendre sur le lieu de 
» La Collinière, au jour et feste de Toussainctz. 

» Jehan Liiet, à cause de sa femme Jehanne Odeau, foy et 
» hommaige simple et deulx solz six deniers de service au 
» jour saint Christofle pour le bordaige de La Dauderie... 

» Pierre des Noyers, escuyer, sieur dudit lieu et de Poix, 
» h cause de damoiselle Magdalene Leboucher, son espouze, 
» foy et hommaige simple... pour raison de sa mestairie de 
» Poix et ung vieil aistre nommé le Petit-Poix,... ledit lieu 
y> de Poix scitué en laparoissede Saint-Mars-de-Locquenay.» 
D'après cet aveu de Thomas de Clermont, la justice patibu- 
laire de Saint-Georges était « sise en le chemin de Saint- 
» Georges à Saint-Kalays et le chemin de Saint-Georges à 
» Venczay (1) ». 

Le 8 novembre de la même année 1581, c( maistre Françoys 
)•) de Goaesmes, escuyer, messire Michel Dionneau et messire 
» Michel Vérité, prêtres, chanoines de l'église collégiale de 
» monsieur Sainct Julian de Pruillé l'Esguillier », cédèrent 
à Jeanne de Goesmes la métairie de La Gonterie ; celle-ci 
leur transporta en retour tous ses droits sur le lieu de Vieux- 
Moulin (2). 

§ V. 

Jeanne deCoesmes se remaria le 17 décembre 1581 (3), avec 

(1) Arch. du chat, de Lucé. 
('2) Arch. du chat, de Lucé. 
(3) Certains auteurs placent ce mariage au 1" janvier 1582, 



— 340 — 

François de Bourbon, prince de Conty, fils de Louis I«'' de 
Bourbon, prince de Coudé, et d'Eléonore de Roye, fille de 
Charles, sire de Roye, comte de Roucy, et de Madeleine de 
Mailly, dame de Conty. François de Bourbon était né le 
19 août 1558. Il fut souverain de Châteauregnault, chevalier 
des ordres du roi, gouverneur d'Auvergne, de Paris, du 
Dauphiné et chevalier du Saint-Esprit. Dans les actes de 
l'époque, la veuve de Louis de Montafié, est dès lors appelée: 
« Haulte et puissante dame, madame Jehanne de Coaesmes, 
» espouse de très hault et illustre prince, Franczois de 
» Bourbon, chevallier des ordres du roy, cappitaine de cent 
» hommes d'armes de ses ordonnances (1) ». 

Nous n'avons pas la prétention de retracer ici la vie du 
prince de Conty et de rechercher dans les Mémoires du 
XVP siècle ce ([\n a Irait à notre nouveau seigneur de Lucé 
et de Bonnétable. La fin de ce chapitre sera simplement 
une nomenclature analytique d'actes concernant Jeanne de 
Coesmes, son mari, ou le pays de Lucé. Nous reproduirons 
cependant dans leur entier quelques lettres qui nous sem- 
blent intéressantes, en ayant soin de n'y ajouter que de très 
sobres commentaires. 

1582, 'il mars, 23 mars, 10 avril. Le prince de Conty va 
jouer au « jeu de paulme » de Bonnétable avec plusieurs 
gentilshommes, en particulier avec MM. de La Chevalerie et 
de Vignolles (2). 

1582, 22 juin. Jeanne de (Coesmes, étant au château de 
Bonnétable, baille à ferme, par devant Mathurin Desportes, 
notaire audit Bonnétable, la métairie de I^a Remoullière, pour 
200 livres par an, à Jean Barrier, marchand laboureur, en 
présence de « nobles Jehan do Macé, escuyer, maistre 

(1) Arcli. du cliùl. de Lvicé. 

(2) « Parties pour présenter à i\r. le maistre d'hostel de monseigneur le 
)) prince, de la partie de François Landais, fermier du jeu de paulme de 
» Bonnestablc ». Arch. du cliàt. de Lucé. 



— 341 — 

y> d'hostel » du prince de Conty, « Jean Jarry, argentier de 
» madame de Lucé, mère de ladite dame de Bonnestable, et 
» maistre Estienne Boyer ». 

1582, 30 octobre. « Le s"" de Cangié, maistre d'hostel de 
» monseigneur le duc d'Alençon, » demande au roi le prieuré 
de Grandmont, vaquant par la mort de Bernardin de Saint- 
François, évèque de Bayeux. — M« Louis Jousseaulme, clerc 
du diocèse du Mans, demande aussi le dit prieuré « en la 
» faveur de M'' le prince de Conty ». 

1582, !20 décembre. De Bome. Paul de Foix, archevêque 
de Jérusalem, remercie madame de Lucé de ses compliments 
à l'occasion de sa promotion. Il lui promet de favoriser de 
tous ses moyens le futur évêque de Bayeux. Il recomman- 
dera aussi bien vivement auprès du Saint-Père les intérêts 
de mesdemoiselles ses filles. 

1584, '27 août. Catherine de Médicis, « à ma cousine la 
)) princesse de Conty. 

« Ma cousine, j'é entendu que le maréchal de Matignon 
» désire de recouvrer le évèché de Bayeulx pour son second 
» filz, je serès bien ayse qu'il en feust gratifié, m'assurant 
» que en ce fesant que le pansions que je mis dessus seront 
» telement aseurrye que ceulx à qui je leys e donné n'an 
» seront en poyne, ce que je vous prye, car vous savez que sa 
» esté à cette condytion qu'à voste requeste je balys Févêché 
» et m'aseurent que feyré de sorte que gratifyer le dyst 
» marychal de Matignon, ce que je vous prye bien fort pour 
» ay.stre de me bons amys, et ausy que la seureté sera pour 
)) les dys pansionères, et je sayre bien ayse de savoyr que le 
» tout souyt au contentement de tous les partys et en ayant 
» dist autant à Bonineau je m'en remetre à ce que plus parti- 
» culièrement il vous en dyra, et feyre fin, pryant Dieu vous 



- 342 — 

» avoyr en sa saincte et dygne guarde. De Chenonceaulx, ce 
XXIP d'aoust 1584. 

» Vostre bonne cousine 

» CATHERINE (1) ». 

1585, 26 septembre. Le roi Henri HI au prince de 
Conty. 

» Mon cousin, j'ay reçeu vostre lettre du '29" jour d'aoust 
» dernier passé, que Boneau m'a baillée, sur la quelle je vous 
» respondray quant à la requeste que me faictes touchant 
» l'évesché de Bayeux, duquel celluy qui s'en trouve à pré- 
y> sent pourveu l'a esté en vostre faveur, que quand il viendra 
» à vacquer par son trespas j'auray en cela bonne souve- 
» nance de vous en gratifier tel personnaige que me vouldrez 
» présenter à ceste effect, sans qu'il soit besoing de l'expédi- 
» tion du brevet de.... que me demandez. Et sur ce faisant 
» fin, je supplieray le Créateur, mon cousin, qu'il vous aict 
» en sa sainte garde. 

» Escript à Paris, le 26" jour de septembre 1585. 

» HENRY. 

» BRULARD (2) ». 

1585, 27 octobre. Le prince de Conty et sa femme «estant 
» de présent en leur chastel de Lucé » donnèrent procura- 
tion générale « à noble François de Bonysseau, conseiller et 
» superintendant de leurs maison et affaires », par devant 
« Estienne Reffoul, notaire royal ;ui [)ays et comté du Maine, 
» demeurant en la ville de Lucé, en présence de noble Jehan 

(1) Arch. du rliàt. do Lucé. 

(2; Arcli. du chàl. de nonnétablo. Papiers Picl. 



— 343 — 

•>•) de Macé, escuier, s'' de Noes, maître d'hostel du prince de 
» Conty, Anthoine Leroy, son secrétaire, et Jehanne de 

» Macé (1) )\ 

La tranquillité à Bonnétable et aux environs n'existait 
guère en 1585. Dans un compte de fabrique de Saint- 
Georges-du-Rosay, de cette année, il est dit que le procureur 
avait baillé à JuUian Levasseur, Loys Drouin et Hierosme 
Lapoustouère, marguilliers, 20 francs pour aller à Saint- 
Denis-des-Goudrais prier le capitaine « de compagnies de gens 
» d'armes y estans de ne venir loger audit Saint-Georges ». 
Le même procureur exprime plus loin ses craintes à l'égard 
des Huguenots : « Item, ayant entendu ceulx de la nouvelle 
» opinion se vouloir eslever, auroit osté la croix et autres 
» précieux joyaulx de ladite église de Saint-Georges et les 
» auroit transportés et fait transporter en lieu de seureté, 
» pour laquelle vacation et de ceulx qui l'auroient assisté 
» demande 20 f. (2) ». 

1587, 16 juillet. « Par devant Loys Roze et François 
» Croiset, notaires du roy au Chastelet de Paris, nobles 
» hommes Franczois Lejeune, seigneur de Malerbe, demou- 
» rant à Folet, parroisse de Saint-Pierre-du-Lorouer, pais 
» de Touraine, et Ghristofle Jacquart, secrétaire de monsei- 
» gneur et madame de Conty, comme procureurs desdits 

» seigneur et dame, assistez de messire Loys de 

» Vaudetard, chevalier de l'ordre du roy, chambellan de la 
» maison des dits seigneur et dame, de Francoys de Bréville, 
» escuyer, maistre d'hostel d'iceulx seigneurs, et de maître 
» Vincent Mustel, advocat en la court de Parlement, estant 
» de leur conseil », vendent « à noble homme et saige 
» maistre Pierre du Lac, aussy advocat en ladite court de 
» Parlement, demeurant à Paris^ rue de Bussy, les fiefs, 

(1) Arch. du chat, de Lucé. 

(2) Pap. Pie]. 



— 344 — 

y> terres et seigneuries de Coulon et Villeperdue, assizes au 
» pays de Berry », qui avaient été affermés le 13 juin 1582, 
(( par feue haulte et puissante dame Anne de Pisseleu (1) ». 

La bataille de Coutras eut lieu le 20 octobre 1587. Toutes 
les troupes de l'armée protestante étant réunies, le roi de 
Navarre dit à ses cousins qui l'entouraient, le prince de 
Condé, le prince de Gonty et le comte de Soissons : 
(( Messieurs, je n'ai qu'une chose à vous dire : Souvenez- 
» vous que vous êtes de la maison de Bourbon. Vive Dieu ! 
» je vous ferai voir que je suis votre aine ! — Et nous vous 
» montrerons que nous sommes de bons cadets, répondit 
» Condé (2). » 

1588, 28 novembre. Procuration portant que René de 
Boislanfray, escuyer, seigneur de Fontaine, « ne pouvant 
» comparoir en personne pour sa maladye », avait nommé 
et constitué comme son procureur, M'^ Charles Huger, avocat 
à Lucé, pour faire et jurer deux fois et hommages simples au 
prince de Conty, l'une pour Fontaine, l'autre pour sa terre, 
fief et seigneurie du Perray. 

1588, 28 novembre. Olivier du Bouchet, écuyer, seigneur 
de Roziers, confesse être « homme de foy, vassal et subject » 
du prince de Conty, pour raison des terres et seigneuries de 
Roziers et du Petit Vauboyer. 

1588, 29 novembre. Charles de Pontavice, écuyer, seigneur 
de Courbéon, rend foi et hommage simple au prince de 
Conty, à cau-c do Courbéon. 



^VI. 



L'année 158!) devait voir s'accomplir des événements 
remarquables dans le Maine. Le plus important i\il la prise 
du Mans par Henri IV. Avant le 2 décembre, date de ce fait 

(1) Ardi. du chat, de Lucé. 

(2) Hitit. des princes de Coudé par le duc dAumule, l. Il, p. 17*2. 



— 345 — 

d'armes, notre province fut parcourue par de nombreuses 
compagnies et mise au pillage par des soudarts tant royalistes 
que ligueurs. Lucé ne fut pas épargné ; les registres parois- 
siaux en font foi : « Le mardi 17 mai 1589, lit-on dans l'un 
» d'eux, se départit de ce lieu l'armée de monseigneur le duc 
» de Maienne par luy conduite, qui y séjourna par deux 
» jours, et fist grand et tel pillage en ceste ville, paroisse et 
» lieux prochains, qu'il ne peust estre estimé ; et mourut en 
» une marnière à la Guinevaudière quatre hommes suffoquez 
» par l'air enclos dedans, un soldart, Francoys Gigout et son 
» filz et un aultre incogneu ». Le duc de Mayenne revenait 
de Tours où il avait subi un échec ; le même jour il était au 
Mans et laissait en passant à Bois-Dauphin quelques secours 
et sept pièces de canon. Les hgueurs étaient alors tout-puis- 
sants dans le Maine ; l'autorité du prince de Conty, nommé 
gouverneur de la province par le Béarnais, y était à peu près 
nulle. Nous trouvons dans les papiers de F. Piel que le roi 
Henri IV vint à Lucé en novembre avant d'assiéger Le Mans. 
Les registres paroissiaux sont muets à ce sujet ; ils ne consta- 
tent que l'entrée d'un nommé Saco dans la ville, le 10 octo- 
bre 1589. 

Pendant les années 1589 et 1590, le prince de Conty et sa 
femme adressèrent à M. de La Forterie, (probablement 
Michel du Bouchet) qui avait été chargé de la garde du 
monastère de Château-l'Hermitage, les lettres suivantes : 

1589, '26 octobre. De Tours. Jeanne de Goesmes àM. de La 
Forterie. 

« Mons'" de La Forterie, j'ay preveu longtemps y a que les 
» moynes de Ghasteaux (1) reduiroient leur abbé en Textré- 
» mité où ilz puisent l'avoir reduict et le mettre en despence 
» par moyen de la garnison qu'ilz poursuyvent d'y establir. 
» Vous qui estes homme de jugement et faictes profession 

(1) Chàteau-l'Hermitage. 



346 



» d'honneur, jugez bien que ce n'est à aultres fins, veu qu'es- 
» tans ecclésiastiques il n'y a point de propos qu'ilz doibvent 
» entrer en ombraige de ceulx de la Ligue qui ne touchent 
» rien de ce qui est destiné pour le service de l'église, non 
» plus aussy de ceulx qui tiennent le party du Roy, pour le 
» respect de nous. C'estoitbien acez à gens qui ne demandent 
» que de vivre en bons relligieux et en seureté de leurs per- 
)> sonnes que vous commandissiez en leur maison, estans 
» digne de commander en plus grandes et plus fortes qu'elles 
» n'est. Il n'est pas possible que monsieur de Chatelliers, 
» mon cousin, puisse trouver bons tous ces deportemens et 
» n'aura guères d'obligacion à ceulx qui sont cause de ces 
» désordres et qui se servent de l'injure du temps à travailler 
» le monde et acquérir des ennemys, n'ayant esté faict 
» aulcune entreprise sur eulx ny occasion qui les presse de 
» mettre sy forte garnison en leur maison. Il n'y a point de 
y double que vous ne soiez trouvé plus agréable que nul 
» aultre quant les choses iront selon l'ordre qu'elles doibvent 
» aller, m'asseurant tant de vostre prudence et discrétion que 
» ne vouldriez favoriser ny vous rendre chef à l'exécution 
» des conseilz et délibérations sy préjudiciables au bien delà 
» dite abbaye, le revenu de laquelle n'est destiné pour servir 
y> aux gens de guerre ny pour y nourir la confusion qui le 
» suyvrait d'un tel desbordement. Mon dit cousin sera bien 
» mary d'entendre ses fascheuses nouvelles et que les dits 
» relligieux ayent retranché les aulmosnes acoustumées ; ce 
y> ne seroit pas œuvres de piété. Hz poursuivent le fermier à 
» ce que j'ay entendu par peynes et emprisonnement de sa 
» personne; la fin fera congnoistre leurs intantions et donnera 
» contantement à ceulx qui auront bien faict et regret aux 
■i> aultres d'avoir pris peyne pour se mettre en mal aise et 
» offenser les amys et voysins qui ont moyen de se resantir 
» du bien ou du mal qu'ilz auront receu. Et vous plaise 
» prendre la peyne d'y establir quelque bon ordre au meilleur 
» mesnaige qui se pourra. Ne doui)lcz pas, monsieur de La 



- 347 — 

y> Forterye que soyez bien avoué sans soufrir que le dit ter- 
» mier soit plus longuement travaillé ny tiré en procès au 
)) Mans, car vous estes trop honneste homme de penser que 
-y) monsieur mon cousin veulle permettre qu'il y aille plaider. 
» La consiance de vostre honnesteté et de l'amitié que nous 
» portez ne me permet faire ceste lettre plus longue que 
» pour prier Dieu, monsieur de La Forterye, vous avoir en sa 
» garde. 

» Vostre bien affectyonné amye 

» La princesse de CONTY. 

» A Tours, ce XXVI'^ jour d'octobre 1589. » 

Lettre non datée de Jeanne de Coesmes à « M. de La 
» Forterye gouverneur de Chasteaulx (1) à Chasteaulx ». 

« Mons'" de La Forterie, j'eusse desjà faict response à vos 
» deux lettres que nostre bailly de Lucé m'a envoyé n'eust 
» esté que j'attendoys trouver quelque expedyant pour satis- 
» faire à la cryrye des moines de Chasteaulx qui me semble 
» n'estre à autres fins que pour raectre l'abé en despence, 
» n'y ayant point d'apparence qu'ilz doibvent craindre ceux 
» de la Ligue tant qu'ilz ne font point la guerre aux ecclé- 
» siastiques moins encores ceulx du party du Roy auquel n'y 
» a homme qui ne respecte les domaines de Monsieur, mon 
)) mary, et tout ce qui sera advoué de lui et en sa protection. 
» Nous ne sommes pas sy destituez de moyens que ne puys- 
» sions prandre ny avoir revanche des bons offices et cour- 
» toysie qu'on nous faict et à nos amys en nostre considéra- 
» cion, remectant le tout à vostre prudence et bon jugement 
)^ pour en user ainsy que verrez bon estre. Si les relligieux 
» ont tel zèle qu'ilz doibvent avoir à leur honneur et à la 
» conservacion de leur maison, il me semble qu'ilz sont 

(1) Cliàteau-l'Hermitage. 



348 



» assez fortz pour empescher les desseings des meschans. 
» Néanmoings je leur feray accorder xx livres par moys pour 
» la dite garde. Quant à vous, monsieur de La Forterye, je 
» vous prye croyre que mondit sieur, mon mary, et moy scau- 
» rons bien recongnoistre le plaisir que nous ferez, n'estant 
» nostre intention que personne du monde perde avec nous. 
» Tout le contantement que nous en espérons ce sera par 
y> vostre moyen. Faictes y donc, je vous prye, ce que jugerés 
» estre de nécessité et croyez que en tout ce qui touchera 
» vostre particullier, bien et advancement, vous verrez par 
» efîect combien je suys 

» V''^ bien affectyonnôe amye. 

» La princesse de CONTY (1). 

» Monsieur de La Forterye, je vous recommande encore 
» une fois sest aftayre; je ne puys vous celler le mécontante- 
» ment que j'ay de se que les moynes s'opynyatrent à se quy 
» est contre toute rayson. y> 

4590, février. De Bonnétable. Le prince de Conty à 
» Monsieur de La Forterye à Chasteau. 

« Monsieur de La Forterye, oultre l'affection que je scay 
» vous avès tou-sjours porté à ce quy me touche, je vous 
» priray de voulloir tenir la main à ce qui est de mon parti- 
» cullier interest pour le prieuré de Gha.steau, duquel je vous 
» prye ne permettre l'entrée à quelque personne que se soit 
» qui ne soit serviteur du roy monseigneur, affin que les 
y> pernicionx desseings de quel([ues factieux qui y sont à 
» présent no puissent nuyre à nos affaires, vous a.sseurant 



(1; Cette sigualuio et le posl-sciiptum soiil de lu niaiu do Jeanne de 
Goesmes. 



— 349 — 

» qu'en aultre occasion vous me trouvères aultant bien dis- 
» posé à le recognoistre que le scaurez désirer de 

» Votre plus affectionné amy, 

» François de BOURBON. 

)) Bonnestable le vi^ febvrier 1590 ». 

1590, !«'■ avril. De Bonnétable. Jeanne de Coesmes à M. de 
La Forterie. 

« Monsieur de La Forterye. J'ay esté advertye par monsieur 
» de Rembouillet du malheur qui est arivé à Chasteaux. Il 
» me semble que je debvoys en estre au.ssi tost avertye par 
» vous qui este là pour commander. J'ay tousjours espéré 
» que auriez seing de la conservation de la place comme nous 
» en avez tousjours asseuré monsieur mon mary et moy, 
» par vos lettres, aussy, qu'elle vous sert de retraite. Je vous 
» prye, monsieur de La Forterye, me mander si c'est chose 
» que ne voulliez continuer par ce que je avizeroys d'en faire 
» aultre chose et y mettre personne qui en puisse respondre, 
» comme je feré, incontinant ayant receu votre response, et 
» vous prye que ce soyt par ce porteur , me recommandant 
» à vos bonnes grâces. De Bonnestable, ce premier jour 
» d'apvril 1590. 

» Jeanne de COESMES. 

» Je vous prye, par ce que je suys pressée des gouverneus 
» de donner ordre en sette place, me fèré mander si en voul- 
» lès respondre parce qu'aussi tost votre responce ouye j'y 
» mettray quelqu'un quy m'an assurera s'il ne vous plaist y 
» antandre (1). 

(!) Ce post-scriptum est de la main de Jeanne de Coesmes ainsi que la 
signature. 



350 



1590, 21 juillet. Jeanne de Goesmes à « M. de La Forterie, 
» à Chasteaux ^). 

« Monsieur de La Forterie, j'ay receu la lettre que m'avez 
)) escrite, et pour response à icelle je vous diray que mon- 
» sieur mon mary et moy ne sommes nullement délibérez 
» d'entretenir des soldats pour la conservation de la maison 
» de Chasteaux parce que nous n'avons nul moïen de satis- 
» faire aux fraiz, quant à présent, joint l'asseurance des reli- 
» giôux que nous avons là dedans, et si pour vostre commo- 
» dite il vous plaist d'y demeurer nous serons bien aizes que 
» vous y conserviez comme vous avez fait par le passé, et 
» pour la peine que vous y avez prise si nous avons moïen 
» de la recognoistre nous nous y emploirons de la même 
» affection, laquelle vous me trouverez tousjours en toutes 
» occasions. 

» Votre bien affectyonnée amye. 

» Janne de COAESMES (1). 

Le 23 février 1592, le prince de Gonty, « lieutenant- 
» général pour le roi... es armées de Poitou, Anjou, Touraine, 
» le Maine, Berry, Blaisois, Vendo.smois, Dunois, hault et 
» bas Limousin, le grand et le petit Perche », donna une 
sauvegarde, datée du « camp de Bonnestable », à Charles 
de Chambes, comte de Montsoreau, mari de Françoise de 
Maridort (2). 

La bataille de Craon eut lieu le 23 mai de la même année. 
Les princes de Conty et de Bombes y commandaient l'armée 
royale qui fut battue par le duc de Mercœur et Bois- 
Dauphin (3). 

(1) Signature aiitograplio. 

(2) Cliartrici- de Sourches. Fonds Montsoreau. 

(3) A. Ledru^ Urbain de Laval Bois-Dauphin, ji. iO et suiv. 



351 — 



VII. 



Dans ce dernier paragraphe, nous continuerons à donner 
l'analyse d'actes conservés aux archives du château de 
Lucé. Ensuite, nous terminerons cette deuxième partie des 
Coesmes, par le décès de Jeanne, dernière de son nom à 
Lucé, et la mort de François de Bourbon. 

1590, 10 juillet. François de l'Espervier, écuyer, seigneur, 
à cause de sa femme, du lieu et métairie de La Chasse- 
loyère, paroisse de Villaines-sous-Lucé, ofire de faire foi et 
hommage simple au prince de Conty, pour raison de sa 
baronnie de Lucé. 

1593, 8 octobre. Par devant Macé Aulbin, notaire juré en 
la cour du roi à Tours, nobles hommes Charles Bouet, sieur 
de La Noue, et Michel du Tertre, demeurant à Lucé, procu- 
reurs de hault et puissant seigneur monseigneur François 
de Bourbon, prince de Conty, et de très haute et puissante 
dame, madame Jehanne de Coesmes, son épouse, vendent 
à « damoyselle Christophlette du Mesnil, veufve de feu 
» Adrian de Fromentières, vivant, escuyer, sieur des Estangs 
» l'Archevesque, représentée par Nicolas Aliot, marchant, 
» demeurant à Saint Vincent du Lorouer, un pré nommé le 
» pré de l'Arche, situé dans la paroisse de Saint-Vincent » et 
autres choses, pour 450 écus soleil. 

1594, 7 février. Otïre de foi et hommage au prince de 
Conty, par Pierre des Noyers, écuyer, mari de Renée de 
Boislanfray, pour les lieux du Verger, La Goupillière, Fon- 
taines et Le Perray. 

1594, 6 mai. Procuration par Charles Le Camus, écuyer, 
mari de demoiselle Marguerite Le Chesne , seigneur du 
lieu de La Corbinière, en la paroisse de Villaines, pour faire 
foi et hommage au prince de Conty, pour raison du lieu de 
La Corbinière. 

1595, 17 mai. Marguerite de Pontavice, fille aînée et 



352 



principale héritière de défunt Charles de Pontavice, écuyer, 
seigneur « de Corbuon », se transporte au château de Lucé pour 
trouver monseigneur le prince de Conty afin de lui rendre foi 
et hommage à cause de la terre et seigneurie « de Corbuon ». 

1595, 9 décembre. Damoiselle Ambroise de Clcrmont , 
héritière de messire Thomas de Glermont, vivant;, chevalier, 
seigneur de Saint-Georges, olïre foi et hommage au prince 
de Conty, pour raison de la terre de Saint-Georges. 

1597, 28 juillet. Demoiselle Elisabeth de La Chastaigneraie, 
veuve de Charles de Pontavice, <( seigneur de Corbuon », offre 
foi et hommage au prince de Conty. 

1597, 5 novembre. François Danguy, avocat au Mans , 
procureur de dame Jacqueline de Montigny, jure foi et 
hommage à François de Bourbon, à cause de sa baronnie de 
Lucé, pour la terre et seigneurie de La Ratelière, à Saint- 
Mars-d'Outillé. 

1598, 9 septembre. Messire Hardouin de Glermont com~ 
paraît en personne au château de Lucé, où était monseigneur, 
pour lui offrir foi et hommage pour raison de la terre et 
seigneurie de Saint-Georges. 

1599, 31 mars. Messire Eustache de Conflans offre foi et 
hommage au baron de Lucé pour raison du lieu, terre et 
seigneurie de La Ratelière. 

1599, 3 avril. Dame Louise de Villiers fait foi et hommage 
pour la même terre. 

1601, 5 avril. Charles de Piart, écuyer, seigneur de La 
Bellangerie, offre foi et hommage. 

1001, 10 avril. M'^ Pierre Garanger , prêtre, curé de 
Saint-Pierre-de-la- Cour, seigneur du fief de La Pimpardière 
en Villaines, olïre foi et hommage. 

1001, 5 juillet. Procuration de Jacques de Lelï'e, écuyer, 
seigneur de Vaux-le- Vicomte, à Louis de Leffe, son fils, 
pour faire foi et hommage au prince de Conty, pour raison 
de la terre et seigneurie de A^aux. 

1001, 11 décembre. Procuration de Charles de Brissart, 



— 353 — 

écuyer, à Jacques Barreau « pour comparoir au chasteau de 
» Lucé, devant monseigneur le prince ou messieurs ses 
)) officiers, pour faire et jurer la foy et hommaige à mon- 
» seigneur pour la terre et seigneurie de Challes » . 

Jeanne de Coesmes avait donné deux filles, Urbaine et 
Anne, à son premier mari, Louis de Montafié. Son second 
mariage avec le prince de Conty demeura stérile. 

La dame de Bonnétable et de Lucé, dernier rejeton direct 
de Brisegault de Coesmes. mourut le 26 décembre 1601. 
« Ces jours derniers de décembre 1601 (disent les Registres 
» paroissiaux de Dehault) décéda noble dame Jehanne de 
» Coaysme, mère de dame Anne de Montafié, dame de 
» Bonnétable, épouse de François de Bourbou, prince de 
» Conty (1). y> 

François de Bourbon ne mourut que le 3 août 1614, après 
avoir pris en secondes noces, en 1605, Louise-Marguerite de 
Lorraine, fille de Henri I, duc de Guise. « Il était bègue, 
» sourd et de plus atteint d'un tremblement nerveux. Il avait 
» dû à son rang plutôt qu'à son mérite la lieutenance- 
» générale de toutes les provinces dont la Touraine était le 
» centre. Cependant la bravoure se trouvait au fond de 
» cette nature incomplète, et il y avait dans ses veines une 
» goulte de ce sang de Condé qui allait atteindre sa plénitude 
» d'expansion sous le règne de Louis XIV ('i). » 

Le portrait de Jeanne de Coesmes a été exécuté par un 
peintre de la famille des Quesnel (3). 

V. ALOUIS. A. LEDRU. 

(1| Papiers Piel. 

(2) André Joubert, Etude sur les misères en Arijoii, p. 182. 

(3; « Portrait de Jeanne de Coesmes, princesse de Conty, à mi-corps, 
» tournée à droite. Médaillon ovale. Autour, le nom. En bas, quatre vers: 
» Ce portrait plain d'honneur, etc. Thomas de Leu sculpsit. — Quesnel, 
» pinxit. » Les Monuments de l'Histoire de France, Hennin^ 10* vol. 
p. 275. 

XXIV. 23 



CHRONIQUE 



Depuis la publication de la dernière livraison, le Conseil 
de la Société historique et archéologique du Maine, a admis: 

4" Comme membres titulaires : 

MM. De CHAMILLART DE LA SUZE (le comte), au château 
du Plessis, par Noyen (Sarthe). 
LIGER, ancien Inspecteur divisionnaire de la voirie 
de Paris, déjà membre associé. 

2» Comme membre associé : 

M. TALVANDE DE MAUNY (Maurice), rue Chanzy, 5, au 
Mans. 



Dans une de ses dernières séances, le Conseil a décidé 
d'accorder le patronage de la Société, pour l'année 1888, 
aux ouvrages suivants : 

Le Siège de La Ferté-Bernard en ioOO, publié par M. G. 
Fleury, un volume grand in-8. 

Recherches historiques sur Saint-Léonard-des-Bois et 
Saint- Paul- le- Gaultier (canton de Fresnay), par M. Moulard, 
un volume in-8. 



— 355 — 

Conformément aux articles 16 et 17 de nos statuts, les 
fondateurs et les membres titulaires se sont engagés à 
souscrire à un exemplaire de ces ouvrages. Une circulaire 
adressée à chacun d'eux, annoncera ultérieurement l'appa- 
rition des deux volumes et les conditions spéciales faites à 
nos confrères. 

Nous espérons, en outre, pouvoir mettre en distribution, 
d'ici peu, l'introduction et les tables du Cartulaire de Saint- 
Vincent, que notre confrère, M. le vicomte d'Elbenne, ter- 
mine en ce moment. 



Une nouvelle intéressante nous arrive de Laval. 

La Commission historique et archéologique de la Mayenne, 
fondée en 1878 et qui n'avait pu, jusqu'ici, par suite de la 
modicité de ses ressources, publier que tous lus deux ans 
environ un volume de Procès-verhaux et Documents, annonce, 
à partir du l"'' janvier 1889, la publication régulière d'un 
Bulletin trimestriel, formant chaque année un volume in-8. 

Cette amélioration est due à la bienveillance du Conseil 
général de la Mayenne qui a augmenté récemment le chiffre 
de la subvention allouée à la Commission, et aussi à la libé- 
ralité d'un de nos confrères, M. A. Joubert, qui a offert 
généreusement un don annuel de 500 francs. 

La Commission reste, comme par le passé, une Commis- 
sion administrative, composée de membres titulaires et de 
membres correspondants, nommés par arrêtés de M. le 
Préfet de la Mayenne, mais afin de propager le goût des 
études historiques, il a été décidé que les particuliers 
pourraient s'abonner au nouveau B^(llelin. 

Cette décision de la Commission historique et archéolo- 
gique de la Mayenne, nous apporte une nouvelle preuve du 
développement que prennent chaque jour, dans notre région, 



— 356 — 

les études historiques, favorisées et encouragées depuis 
treize années déjà par notre 'Société. 



Les travaux de restauration qui s'exécutent en ce moment 
dans la nef de la Couture, viennent de mettre en relief deux 
magnifiques chapiteaux, empâtés jusqu'ici sous une épaisse 
couche de badigeon. 

Ces chapiteaux sont situés du côté de l'Evangile ; ils 
appartiennent à la dernière époque du roman, ou mieux à 
l'époque de transition, et certains détails sont déjà gothiques. 

Le premier groupe, placé au-dessus de la chaire, présente 
un admirable ensemble de volutes, de feuilles d'acanthe et 
d'enroulements, fouillés à jour avec une étonnante habileté, 
dans un bloc de pierre de Bernay. Le second groupe repro- 
duit une scène symbolique : des oiseaux, au long bec, qui 
viennent se prendre dans les filets d'un chasseur, derrière 
lequel est perché un énorme hibou, d'une facture très 
remarquable. 

Ces deux morceaux de sculpture qu'on ne peut attribuer 
qu'à des artistes de premier ordre, ont été moulés par les 
soins de notre confrère M. Pascal Vérité, architecte diocé- 
sain, et nous espérons qu'un jour leur reproduction prendra 
place au musée du Trocadôro, au milieu des chefs-d'œuvre 
de la sculpture du Moyen âge. 

Fait intéressant à noter : les deux côtés de la nef de la 
Couture présentent, comme construction, des différences 
très notables. Le côté de l'Evangile, où se trouvent les cha- 
piteaux dont nous parlons plus haut, est bâti en excellente 
pierre de Bernay, tandis que le côté opposé, celui des 
cloîtres, est construit en pierres d'une qualité inférieure et 
d'une provenance difficile à déterminer. 



— 357 - 

On se rappelle qu'il y a dix-huit mois environ, un certain 
nombre d'archéologues du département s'étaient émus de 
nouveau de l'extrême lenteur apportée à la restauration de 
plusieurs verrières anciennes de la cathédrale du Mans (1). 
Envoyées à Paris depuis de longues années, ces verrières 
n'avaient pas repris la place qu'elles devaient occuper , 
et leur présence était signalée, en 1886, au grand étonne- 
ment des Manceaux, dans les collections du musée des Arts 
Décoratifs. 

Ce fait avait soulevé des protestations dont la presse 
locale s'était fait l'écho, protestations bien naturelles après 
l'enlèvement si regrettable d'un riche et magnifique vitrail 
à La Ferté-Bernard. De son côté, interprète fidèle de tous 
ceux qui s'intéressent aux richesses artistiques de notre 
région, la Commission des Monuments historiques de la 
Sarthe avait émis officiellement le vœu que les verrières en 
question soient replacées à la cathédrale dans le plus bref 
délai possible. 

Transmis par M. le Préfet de la Sarthe à M. le Ministre 
des Beaux-Arts, ce vœu est aujourd'hui réalisé en partie. 

Il y a quelques mois, on a replacé dans la chapelle Saint 
Louis les deux verrières de saint Nicolas et de saint Éloi, 
et, d'après les termes de la réponse de M. le Ministre des 
Beaux-Aits au vœu de la Commission des Monuments histo- 
riques (( la verrière dite de Sainte Anne et de la Vierge^ 
» qui reste encore à Paris, sera replacée des que les 
» ressources locales le permettront. » 

Nous sommes heureux de prendre acte de cette promesse, 
que nous devons à une bienveillante communication de 
M. le Préfet de la Sarthe, et qui sera accueillie avec une 
réelle satisfaction par la plupart des membres de notre 
Société. 



(1) Voir Congrès archéologique de France. — Séances générales tenues 
au Mans et à Laval en 1878. Tours, Bouserez, 1879, p. 188, 189. 



— 358 — 

La verrière de Sainte Anne et de la Vierge occupait 
autrefois la septième lancette de la chapelle du Chevet. Elle 
offre, dit M. Hucher, dans son magnifique ouvrage sur les 
vitraux de la cathédrale du Mans, « un seul sujet peint à la 
» fin du XV*^ siècle ou au commencement du XVI« : Sainte 
» Anne instruisant la sainte Vierge. La scène se passe sous 
» une riche ornementation à trois étages superposés ; une 
y> bordure de lleurs de lys florencées, alternant avec des 
» couronnes, entoure le sujet. » 

La Légende de saint Éloi et celle de saint Nicolas étaient 
également placées dans la chapelle du Chevet (12'= et IS" 
lancettes). Elles datent de la seconde moitié du Xllh' siècle. 
Les figures sont belles et exécutées avec soin, d'un dessin 
très avancé et drapées très élégamment. 

Afin que nos confrères puissent se rendre compte plus 
facilement de leur restauration, voici leur description 
sommaire, d'après l'ouvrage de M. Hucher : 

Verrière de saint Étoi. — /'"'' panneau: Saint Éloi mis au 
tombeau. — S"^ panneau, à droite : Saint Éloi, une épée à la 
main, coupe la corde par laquelle un jeune homme est 
pendu à une potence. 3^ panneau : Saint Éloi rappelle ce 
jeune homme à la vie. 4" panneau: Le saint évèque voyage 
à cheval. 5« panneau: Saint Éloi, vêtu en forgeron, tient 
avec ses tenailles le noz d'un grand diable vert, symbole de 
l'opiniâtreté et de la vigueur avec lesquelles saint Eloi a 
poursuivi le triomphe de la religion chrétienne. 6" panneau : 
Saint Éloi, en évèque, avec une longue barbe par opposi- 
tion au premier panneau oi^i il est représente imberbe. 7'^ et 
8^ panneaux : Saint Éloi en Concile. 

Verrière de Saint Nicolas.  — Au sommet de Vogiœ : Deux 
anges encensant. 3*^ panneau, h droite : Histoire du Juif et 
de l'image de Saint Nicolas. 4" panneau : Saint Nicolas 
admoneste les voleurs. 5« et (P panneaux : Résurrection des 
trois jeunes gens. 7", 8", 9'^ et 10^ panneaux : Légende de 
l'enfant à la coupe. ii« et 12^ panneaux : Saint Nicolas 



— 359 — 

remet aux parents l'enfant sauvé des flots. 7^« et 74" pan- 
neaux : Messe de Saint Martin. 

•Ces deux verrières, auxquelles il est regrettable qu'on 
n'ait pu assigner une place plus favorable, occupent actuelle- 
ment deux fenêtres latérales dans la chapelle -S'am^ Lowîs. 
Leur restauration a coûté fort cher. Nous souhaitons néan- 
moins que les travaux soient continués le plus rapidement 
possible, et que la verrière de Sainte Anne et de la Vierge 
soit bientôt rendue à notre belle cathédrale. 

Au reste, il est permis d'espérer que ce résultat sera 
bientôt atteint. Tout récemment en effet, dans sa séance du 
10 novembre, la Commission des Monuments historiques a 
prié M. le Préfet de vouloir bien demander au ministère des 
Beaux-Arts le devis de la restauration de la verrière de 
Sainte Anne et de la Vierge, et elle a exprimé le vœu que 
ce devis lui soit soumis dans le plus bref délai possible, afin 
de solliciter les secours nécessaires à sa prompte exécution. 



On nous apprend, au moment de terminer cette chro- 
nique, qu'il vient d'être trouvé sur le territoire de la 
commune de Sarcé, dans un fossé, à trente ou quarante 
centimètres de profondeur, un bracelet antique en bronze. 
D'après le premier examen, ce bracelet semblerait, nous dit 
un de nos collègues, remonter à l'époque gallo-romaine. 
Nous donnerons ultérieurement, s'il y a lieu, une description 
exacte de ce curieux objet. 



R. T. 



— 360 



NOTES HISTORIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES SUR LE MAINE 



243. — Le 18 août 1671, Jean-Baptiste Thiers adresse, de 
Chamrond, à M. Bulteau, une lettre autographe signée, 
1 p. 1/4 in-8. (( Il a reçu ses remarques sur son ouvrage de 
la Fréquente exposition du Saint-Sacrement. Il le remercie 
de ses observations. Il enverra à M. de Gaussainville les 
treize derniers chapitres du livre, et il le prie, dès à présent 
de les examiner de la même manière qu'il a fait des pré- 
cédents. ». 

Ibid., no 2530. 

244. — Dans une lettre autographe signée, datée de Saint- 
Denis-en-France, le 15 février 1709, Dom François Louvard 
parle de son édition projetée des Œuvres de saint Grégoire 
de Nazianze. Il remercie son correspondant de la commu- 
nication d'un précieux volume qu'il lui conseille de donner 
à la bibliothèque de Saint-Donis ou à celle de Saint-Germain- 
des-Prés. 

Ibid., n" 2538. 

245. — Le 26 floréal an X (16 mai 1802), l'abbé Et. Bernier, 
ancien curé de Saint-Laud, d'Angers, adresse au premier 
Consul Bonaparte, une lettre autographe signée, datée de 
Néri, près Chemillé, dans laquelle il rend compte d'une 
tournée qu'il vient de faire en Vendée. 

Ibid., n" 2554. 

246. — Le 13 août 1832, Ms^ Le Febvre de Cheverus, 
archevêque de Bordeaux, adresse à M. Mathieu, notaire, 
adjoint de cette ville, une lettre autographe signée, « où il 
affirme que, depuis juillet 1830, il n'y a jamais eu de dra- 
peau blanc fleurdelysé dans sa maison. » 

Ibid., n" 2555. 

G. E. 



LIVRES NOUA^EAUX 



Vie de Mgr. C. Wicart, premier évêque de Laval, et 
histoire de l'érection de cet évêché, par m. e.-l. 
Couanier de Launay, chanoine honoraire. Laval, Chaiiland, 
un voL in-8, xi-652 pages. 

Cet ouvrage que vient de pubUer récemment M. le cha- 
noine Couanier de Launay, présente pour l'histoire du Maine 
un double intérêt. 

Tout d'abord, il nous donne une biographie très complète 
et très étudiée du vénérable prélat, que sa nomination au 
siège épiscopal de Laval, en 1855, devait rattacher au Maine 
par des liens si étroits. Ms'" Wicart revit tout entier dans 
cette œuvre. On le suit avec attachement dans les années de 
son enfance, au sein d'une famille chrétienne , sous la 
direction d'une mère éminente ; on le retrouve vicaire à 
Saint-Jacques de Douai, directeur du Petit Séminaire à 
vingt-quatre ans, puis doyen de Sainte-Catherine de Lille, 
où son zèle ardent et sa parole éloquente produisent les 
plus heureux effets, enfin vicaire général de M?'" Giraud et 
évêque de Frejus, de 1845 à 1855. 

La seconde partie du livre, qui donne pour la première 
fois l'histoire détaillée de l'érection de l'évêché de Laval, est 
plus importante encore au point de vue local. L'intérêt devient 
de plus en plus vif, les renseignements précieux se multi- 
plient, des personnages, aimés et vénérés du clergé manceau, 
revivent sous la plume de l'auteur ; peu à peu on voit le nou- 



362 



veau diocèse s'organiser et se consolider, en dépit des diffi- 
cultés inévitables de la première heure. 

En résumé, pour employer les expressions de M. le cha- 
noine Couanier de Launay, dans sa préface, « c'était une 
» belle figure d'évêque que celle de Monseigneur Wicart et 
» qui, placée à son point, dans la perspective du temps, 
» semble plus grande encore ». Cependant, M. Couanier de 
Launay a voulu être sobre d'éloges ; il ne s'est pas même 
cru obligé de voiler quelques faiblesses, « dont Monseigneur 
» était envers lui-même le plus sévère justicier ». Le livre, 
par cela même qu'il est vrai, n'en offre que plus d'attrait, et 
tous les amis de Monseigneur Wicart seront heureux que le 
premier évêque de Laval ait trouvé un historien si bien 
inspiré . 



Petit Tableau des Ravages faits par les Huguenots, 
DE 1562 A 157-4, dans Vancien et le nouveau diocèse de 
Séez, par l'abbé J.-B.-N. Blin, chanoine honoraire, curé 
de Durcet. Avignon, Séguin frères 1888, in-8 de 178 pages. 

Sous un titre modeste, ce dernier ouvrage de M. le cha- 
noine Blin, l'un des meilleurs historiens du diocèse d^ Séez> 
contient plusieurs détails inédits et des documents précieux. 
Une partie de l'ancien diocèse du Mans, le Passais par 
par exemple, étant aujourd'hui compris dans le nouveau 
diocèse de Séez, l'auteur fait, à plusieurs reprises, de très 
heureuses incursions dans l'histoire religieuse du Maine. 
Nous signalerons, entre autres, au chapitre IV, le récit des 
pillages et des dévastations commises à Domfront et dans 
les environs, par les partisans iU\ Monlgommery. Ce récit 
.s'appuie en partie sur un document inédit, que M. l'abbé 
Blin doit à l'obligeance de notre confrère, M. Jules Appert, 



— 363 — 

et qui établit avec une précision rigoureuse « qu'en l'année 
y> 1533 l'abbaye de Lonlay fut bruslée de nuict fortuitement, 
» et en l'année 1574, le dernier jour de mars, bruslée par 
t> les Huguenots, qui pour lors estoient en Domfront, con- 
» duits par un nommé Pissot, et ce de propos délibéré, en 
» telle sorte que lesdicts religieux, comme ils disent, ne 
» peurent autre chose faire que asaulver leurs personnes, 
» etc. ». Nous signalerons aussi le récit circonstancié du 
siège de Domfront, d'après le Journal de François de Bois- 
pitard, et surtout un document très intéressant pour le 
Maine, extrait d'un livre rare et peu connu : Le secret des 
finances de France, descouvert et departy en trois livres, par 
Nicolas Froumenteau, publié pour ouvrir les moyens légi- 
times et nécessaires de paier les dettes du roy, descharger 
ses suhjects des subsides imjwsés depuis trente et ung an, et 
recouvrer tous les deniers prins à Sa Majesté, MDLXXXI. 
C'est un relevé du nombre des prêtres, gentilshommes, 
soldats et manants massacrés, et du nombre des maisons 
détruites ou brûlées pendant les guerres de religion, dans 
les Diocèse, Bailliage, Election, Prévostés et Chastellenies du 
Mans. 

Quant au but et à l'esprit du livre, M. le chanoine Blin les 
expose en ces termes dans sa prétace . c( Il nous a semblé 
» qu'il serait bon, après plus de trois cents ans, de remettre 
» sous les yeux des Catholiques le spectacle des vexations 
» de tout genre que leurs pères ont endurées pour la cause 
» de leur religion.... Tout le monde y gagnera : les Catho- 
» liques verront combien il en a coûté à leurs pères pour 
» garder le dépôt de la foi. Nos frères séparés, que nous 
» sommes loin de haïr, que nous aimons au contraire sincè- 
» rement pour Dieu, pourront voir aussi, s'ils le veulent, 
» comme dans un miroir fidèle, le portrait très ressemblant 
» de leurs ancêtres. » C'est assez dire que l'auteur s'attache 
avant tout à rétablir la vérité historique, et l'on ne peut que 
l'en féliciter. R. T. 



TABLE DES MATIÈRES 



DU VINGT-QUATRIEME VOLUME 



Pages. 

Un Livre d'Heures de la Maison de Cliamplais, 
par M. le comte de Bastard d'Estang. . . 5 

Les Protestants dans le Maine. — Le Temple et 
le Cimetière de l'Église du Mans et l'Église 
d'Ardenay , par M. le baron Sébastien de 
la Bouillerie 49 

La Bibliothèque et le Mobilier d'un lieutenant- 
particulier au siège royal de Château-Gontier 
sous Louis XIII (1626-1627), par M. André 
Joubert 61 

Bibliographie du Maine (année 1887), par 

M. Louis Brière 96 

Note sur Antoine Le Gorvaisier de Gourteilles 
et sur son Histoire des Évesques du Mans, par 
M. L. de La Sicotière 129 

Essai .sur l'Instruction primaire avant 1789 dans 
le doyenné de Grez-en-Bouère ( diocèse de 
Laval), par M. l'abbé A. Angot. . , . 158 

Supplément aux Becherches historiques sur 
Mayet, Aubigné, Goulongé, Lavernat, Sarcé, 
Verneil-le-Cliétif et Vaas (Maine), por M. F. 
Legeay , . . . . 177 



365 — 



Pages 



o"- 



Recherches sur les Fortifications du Maine, par 
M. Gabriel Fleury 257 

Les Prisons du roi à Château-Gontier, aux XVIP 
et XVIIIe siècles, d'après des documents iné- 
dits, par M. André Joubert. .... 277 

Ruines romaines de la Frétinière, par M. F. 

Liger 307 

Les Coesrnes, seigneurs de Lucé et de Pruillé 
(suite et fm), par MM. Victor Alouis et l'abbé 
Ambroise Ledru 323 



OUVRAGES ANALYSES DANS LES LIVRES NOUVEAUX 



Histoire populaire de Saint Julien , premier 
évoque du Mans, par le R. P. dom Paul Piolin, 
bénédictin de la Congrégation de France, pré- 
sident de ia Société historique et archéologique 
du Maine 124 

Appendice aux lettres adressées par l'intendant 
général de la Maison de La Trémoille à 
l'avocat fiscal de la baronnie de Vitré (1696- 
1700). . . , 125 

Recherches historiques sur la ville de Sainte- 
Suzanne, par le docteur Gh. Nory. . , . 126 

Nouvelles bibliographiques 127 

Le Graduel de la Bibliothèque de Limoges. No- 
tice et extraits, par M. L. Guibert. . . . 245 

Vie du R.-P. Pierre Chaignon, par le P. Xavier- 
A. Séjourné, S. J 246 

Lettres du maréchal de Tessé à madame la du- 
chesse de Bourgogne, madame la princesse 
des Ursins, madame de Maintenon, M. de 



— 366 — 



Pages. 



Pontchartrain, publiées par M. le comte de 
Rambuteau 247 

Les populations agricoles de la France, par H. 
Baudrillart , membre de l'Institut , (Maine , 
Anjou , Touraine , Poitou, Flandre, Artois, 
Picardie, Ile-de-France) 253 

Les du Vauborel, Normands et Bretons, par 
M. E. Frain 253 

Notes historiques et bibliographiques sur le 
Maine, par M. l'abbé G. Esnault. . . . 254, 360 

Vie de Ms^" Wicart, premier évoque de Laval et 
histoire de l'érection de cet évêché par M. E.- 
L. Couanier de Launay, chanoine honoraire. 361 

Petit Tableau des ravages faits par les Huguenots 
de 1562 à 1574, dans l'ancien et le nouveau 
diocèse de Séez, par l'abbé J.-B.-N. Blin, 
chanoine honoraire, curé de Durcet. . . 362 



CHRONIQUES 



Nominations, 118 

Congrès scientifique international des Catho- 
liques : les Fausses decretales 119 

Congrès des Sociétés savantes : les Fortifications 

du Maine 120 

Classement des objets mobiliers appartenant aux 

établissements publics 121 

La Fête de la Confrérie de Beaumont. . . 122 

Découverte archéologique près Conlie. . . 122 
Nécrologie : M. le comte Paul Le Gonidec de 

Traissan 123 

Membres nouveaux 238, 354 



— 367 — 



Pages 



o^ 



Découvertes archéologiques récentes. . . 238 

Le château de Bonnétable 240 

Subvention accordée par le Conseil général. . 24d 

Distinction honorifique 242 

Nécrologie : M. le comte Charles du Buat et 

M. Bouriat 242-244 

Nouvelles bibliographiques 354 

Les chapiteaux de la Couture 356 

Les vitraux de la Cathédrale. ..... 357 

Bracelet gallo-romain découvert à Sarcé. . . 358 



PLANCHES ET VIGNETTES 



Frontispice du Livre d'Heures de la Maison de 

Ghamplais 3 

Portrait de Le Corvaisier de Courteilles. . 129 
Fac-similé de signature de Le Corvaisier de 

Courteilles 137 

Saint-Calais, élévation du château. . . . 259 

Saint-Galais, vue du donjon 260 

Saint-Calais , plan du donjon. . ... . 261 

1er Type de motte factice 266 

2e Type de motte factice 267 

1er Type de donjon sur motte 267 

2e Type de donjon sur motte 268 

Pirmil, plan du château 269 

Pirmil, élévation du château 270 

Bourg- le -Boi, plan du cliâteau. . . . 272 

Bourg-le-Roi, élévation du château. . . . 272 

La Frétinière, plan^ planche 1 311 

La Frétinière, plan du temple, planche II. . 311 

La Frétinière, élévation du temple, planche III. 317 



— 368 — 



NOMS D AUTEURS 



MM. 

V. Alouis. 

A. Angot. 

O^ de Bastard d'Estang. 

Bon s. de La Bouillerie. 

L. Brière. 



323 

458 

5 

49 

96 



G. Esnault. 
G. Fleury. 



254, 360 
257 



MM. 



A. 


Joubert. 




61, 


277 


L. 


de La Sicotière. 




129 


A. 

F. 


Ledru. 
Legeay. 






323 
177 


Liger. 






307 


R. 


P. dom P. 


Piolin. 


245 


-253 


R.Triger. 119-128,241 


, 253-363 



Mamers. — Typ. G. Fleury el A. Dangin. — 1888. 



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