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ftSVUE MÉDICALE 



FRANÇAISE ET ÉTRÂIfGBRE. 



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IMPRIMERIE DE Y* XHUAU, 

EUS OU QUAvtLM-êàSMT^nMoiT f 11® 4* 



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REVUE MEDICAIiE 

FRAITÇAT^ Et* ÉTRANGÈRE, 

JOURNAL DE XiLINIQUE 

DE L'HOTEL-DIEU , DE \Jl CHARITÉ .. 
ET BES GRANDS HOPITAUX DE PARIS; 

ET * 

MM. BAYLE, CAYOL, GIBERT , MARTINET. 

1855. ■--;'-': 
TOME QUATRIÈME. 



PARTS, 

LIBRAIRIE MEDICALE ET SCIEWTIFIQUE 

DE DEVIILE GAVELLIN, 

ANCIENNE MAISON GABON, 

lO, EUX DK L'iC0l.B-DK<2MXDK0ZHK. 

MONTPELLIER. — LOUIS CASTEL , 3o-32 , GRANDE-RUE. 

1855. 



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REVUE MEDICAI^É 

^ S^JJ^^ FRAKÇAISE ET ÉnUlTOÈRE, 

^ '^^^^ JOURNAL DE CLINIQUE, 

DE L'HOTEL-DIEU, DE LA CHARITÉ. 

\ ET J>ES 6nAN]>S UQlftTAV^ J»B ]PAAIS 

) 

GLIHIQIIE ET BIÉaiOIBES. 



Suite des recherches sur les Muses secrètes dks 
éjùdémies; 

Par M. le barou Alibert , 
. BrofflM^v àU FMntoé de méaadqe^e Paiif (i). 

La question qui s'of^e majiKenant « aps médilatioius 
me paraît d'un grand intérêts II s'apt de prouver qijie les 
maladies pesiilenjtjbelles peuvent se mcuiifestçr d«ns les ' 
endroits l^s moins exposé^ wïl 4xnai»a|îoos atmoSphérî- 

' ' 

(i) GeÂconâd^atioiM anv les épidémies , dont pIoBifiini fr^gmeos oa 
chapitres ont déjà para dans les précédentes lirraisons de la Revue mé- 
dicale, sont extraites, comme on sait^ de ^nelqnes leçons de thérapea- 
tiqne, qae M. le profossear AHbert Bt istoâiftes pendant ^e le du}- 
lén^nUfrBus régotâx klfmh. 



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6 CLiniQUE'ET MÉMOIRES. 

quer, comme ^anar ceux on cHes montrent le pFus <f ac- 
tivité. 

Aussitôt qu'une maladie ëpidémique se déclare dan» 
une contrée , la première pensée des magistrats et celle 
du peuple est d'en chercher les causes matérielles daus 
les altérations des objets qui les environnent et qui frap- 
pent immédis^tement leurs sens. Cest alors qu'on a lieu 
de s'étonner de l'a rapidité avec laquelle s'entretiennent 
les opinions les plus extravagances, dès qu'une fois on est 
frappé ou prévenu. Les croyances les phis absurdes , les 
idées les plus bizarres , suffisent alors pour tout expli- 
quer aux yeux du public. 

C'est ainsi qu'on vit autrefois les Romains attribuer la 
peste qui , sous le règne de l'empeireur IVIarc-Aurelle et 
des Autonins , sembla menacer TEurope et l'Asie d'une 
dépopulation totale •, c'est ainsi , dis-je , qu'on les vit 
attribuer ce' grand fléau à une misérable cassette qu'un 
soldat avait tt'onvéà Sélèuciç dans le temple d'AppoIlon, 
lors de la prise de cette ville par Lucius Verus (i). Les 
historiens Ammien Marcellin et Julius Capitolinùs, qui 
nous ouyt transhiis ce fait , disent sérieusement que ce 
soldat ayant eu l'imprudence d'ouvrir cette cassette qui 
était d'or, et qui ne contenait que de ridicules secrets des 
anciens Chaldéens, il sortit de cette nouvelle boîte de 
Pandore un esprit pestilentiel , dont les effets furent si 
étendus et si rapides qu'il infecta toute cette portion 
du globe qui s'étend depuis les frontières de la Perse 
jusqu'au Rhin et à l'extrémité des Gaules. 

On lit dans Foreaius , écrivain d'ailleurs fort estima- 



(i)Je rappelle ce fiât eztnorcUiiaire dans la description que j'ai dcmnée 
de la peste de Yillefiranche. (Yoyes ma Phpîolbgie des postions , t. n^.) 



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CAUSES SECRÈTES DES ÉPIDÉMIES. >J 

Ue, que la pésie qui se déclara en Hollande au seizième 
sîècle, et qui ravagea principalement le territoire d'Eg- 
mont, fut oecasîonée par une baleine quMl avait vue 
lui-même s'échouer sur le rivage , et qui s'y était putré- 
fiée. Qu'au moment de Pinvasion d'une épidémie pesti* 
lentielle v^l arrive une seule pièce d'étoffe d'un endroit 
où ce fléau ait existé; qu'iï se présente un étranger ar- 
rivant d'une contrée lointaine , il n'en faudra pas davan- 
U^e.pour l'accuser lui ou celte misérable pièce d'étoffe 
d'avoir apporté le germe de Tinfection 5 l'étranger sera 
renvoyé , et l'étoffe, après avoir été brûlée , sera vouée 
à mille fois plus d'imprécations que ne le fut autrefois 
J!innoceuterobedeDéjanire, tandis que le peuple, sa- 
tisfait de celle explication , se dispense de pousser plus 
loin ses recherches,, et se résigne à sou malheureux sort. 
Qu'au défaut de cette pièce d- étoffe ou<ie ce malheu- 
reux étranger, arrivés dans le pays vers le temps dé l'in- 
vasion dont nous parlons , il se soit livré une bataille 
près du lieu. qui est le théâtre de 1 épidémie ; qu'on ait 
creusé dans le voisinage , vers cette époque , quelque 
puits ou quelque fosse d'où il sesoit exhalé quelque va- 
peur^ qu une rivière voisine se soif débordée, et^u'elle 
aitlaissé un peu de limon sur le rivage; qu'on ait enfin 
négligé la propreté des' rues ou celle deç maisons , le plus 
léger foyer de corruption suffit pour expliquer aux yeux 
de la multitude la naissance .du plus inconnu comme du 
plus terrible des fléau;x. 

Cette explication est même saisie par le peuple avec 
avidité , parce qu'elle n'exige de sa part aucun effort de 
méditation*, le médecin lui-même s'en contente ordi- 
nairement, parce que, d'une part, ell& Taffranchit de 
toute responsabilité; et que., de l'autre, elle le dispense 



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8 GLIiii^^UE XT MÉMOIRES. 

des «tudes nécç;ssaines pour rémoncer aux véritables cau^. 
ses : enfin , elle ââtte sans qu^on s'en doutç Tamour- 
propre national; ou serait secrètement humilié d'ap^ 
partenir à ime cont<*ée lavorsj^le à la production de la 
peste , et on est bien plus ^tis&it de penser ou de faire 
croire que la piaUdie çst étrangère, ou qiie son appari- 
tion n'est due qu'à un acddent dont, a^c un peu de 
surveillance, il ^era, facile de se garantir une autre fois. 
En attendant , on néglige la recherche des causes natu- 
relles j et on ne prend aucune mesure raisonnable pour 
se mettre à l'abri de$ ravages épidémiques. ^ 

Quelques faits relatifs aux propriétés essentielles del'air 
prouveront le p^de fdodement qu'ont les pr^ngésdont 
nous venons de parler. Ils ont bien peu étudié lés proprié- 
tés dissol van tes de ce fluide , ceux qui pensent que quelques 
miasmes fournis par des moyens d'infection , aussi bor- 
nés que ceu^ q|ie nous visons de meiitiouner, puissent 
résister à un agent qui décompose à la longue la lave xi- 
trifiée^ et le métal le plus dur *, ils sont surtout bienpeu 
fondés ceux; qui s'imaginent que ces miasmes , trans- 
portés dans des pays éb)ignés , peuvent , sans prouver 
aucune altération de la part 4e cet aj^nt, conserver au 
loin leurs qualités malfaisantes, et venir à des milliers 
de lieues corrompre l'immense atmosphère de toute une 
con4rée<. 

Pour de désabuser de octte croyance, on n'a qu'à con- 
sidérer quelques-uns des phénomènes qu'on voit se pro^ 
duire to«« les jou^ par Taction du fluide aécien ; qu*on 
examine, par exemple, cei*e fosse profonde d'ahance, 
dont les émanations sont si délétères qu'elles^ donnent 
une mort certaisfte à tous ceux qui ont rimprjidence de 
^'exposer à leiu* action , et qu'on mette en contact ayçç 



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CAUSES SEenÉITES DES ÉPIDÉMIES. 9 

l^atmosphèite, rîQ^men^e quanfite demiastnes qu elle oon<^ 
lient , on vei^i^a |out aussitôt cet miasmes pénétrés et dé- 
naturés par la masse d'air ambiant \ «n pourra respirer 
librement et s<^ns pénl dans un lien où , peu de temps 
auparavant , on eût pu craindre l'asplïyxîe. 

Ajoutons que toutes ces vapeurs méphitiques pour** 
roçit se répandre dans le fluide aérien sans que la salu*- 
brité de ce dernier en soit diminuée. Telle est en effet 
la manière d'être de ce fluide , qu'il n'est point de sub- 
stance dans la nature qui possède au plus hautdegré, dans 
son essence même , la faculté de corriger les alltérations 
qu'eUe est susceptible d'éprouver. Entraînés dans la 
fluctuation continuelle qui les agile, il n'est point de 
miasmes qui ne s'y trouvent bientôt volatilisés ou décom*- 
posés , .et qui ne i^nisa^ut par céder à l'action dévorante 
de cet élément. 

Qu'on réfléchisse k ees vastes excavations que ren* 
contrent souvent les ouvriers qui exploitent les mnes 
dans rintériéur de la terre. La masse de méphitisme 
qu'elles contiennent^ suffirait souvçnt pour donner la 
mort à toutes les espèces qui respirent. Les premiers 
hommes ^ui ont eu. la témérité de Içs visiter ont été sur- 
le-champ victimes de leur imprudence , et le même sort 
attend tous ceux qui auront la témérité de les imiter. Ce- 
pendant si on pratique des ouvertures à ces excavations^ 
si on établit des communications grandes et libres avec 
l'air atmosphérique , si on facilite surtout l'accès de ce 
fluide par le moyen des ventilateurs appropriés , bientôt 
tous ces principes méphitiques sont dissous, et l'on pourra 
dès-lors pénétrer dans ces grottes sans danger. 

Les exhalaisons -qui s'élèvent des marais , lorsque l'é- ' 
coulement ou Tévaporation des eaux les, laissent à dé- 



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10 eLIKIQUE ET MÉMX)IRES. 

couvert ^ fournissent une bien forte preuve de cette pro- 
priété dissolvante que possède l!air atmosphérique. L'es- 
prit ne saurait o^ncevoir la masse d'émanations qui 
s'élèvent de ces marais, dont quelques-uns forment la 
surface de toute une contrée çt occupent un espace d'un 
grand nombre de lieues. Ces émanations , qui sont le 
produit d'une immense quantité de végétaux et d'ani- 
malcules auxquels ces marais servent de tombeau et qui 
s'y putréfient , sont en quelques endroits tellement per- 
nicieuses , que les oiseaux même ne sauraient traverser 
sans danger . l'atmosphère qui les couvre ; et qu'on les 
voit, par un instinct bien admirable , faire dans leur 
course de grands détours pour l'éviter. Il semblerait , 
au premier coup d'ϔi , qu'un aussi immense .volume 
d'exhalaisons délétères , poussé sans cesse dans l'air am- 
biant, devrait le tenir constamment empoisonné et por- 
ter au loin l'infection et' la^ n^ort. Cependant , à peine 
ces miasmes ont-ils quitté le lieu où ils s'étaient formés, 
que les principes qui les rendaient nuisibles , loin de 
donner naissance à la peste , sont décomposés , désunis, 
sanscpnserver aucune de leurs qualités malfaisantes. 

Qu'on se représente encore cette grande masse d'ét- 
manatîons qui s'engendre dans les grandes villes 5 qu'on 
réfléchisse sur la quantité d'infections dé toute espèce 
qui doivent se produire dans les hôpitaux , dans les pri- 
sons^ dans les divers ateliers \ enfin, au milieu de l'im- 
mense population d'un million d'hommes et d'un pareil 
nombre d'animaux réunis dans un aussi petit espace ! 
Qui ne croirait que rincalculable méphitisme, fourni à 
chaque instant par tous ces foyers, ne dut en peu de 
temps corrompre l'atmosphère de ces villes ! Cependant 
toutes ces éipanations , à peine parvenues dans la masse 



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CAUSES SECRETES DES ÉPIDÉMIES. If 

aérienne , y sont neutralisées , 4îspei:$ées au loin ^ y res- 
tent impunément suspendues , et , loin d^engendrer la 
peste dans la contrée , on les voit causer à peine quelque 
altération sensible dans cette portion même de l'atmo- 
sphère qui sert d'aliment immédiat auic habitans de ces 
villes. 

Les £adts que nous venons de rapporter suffiraient sans 
doute pour démontrer d'une manière évidente cette fa* 
culte salutaire et réparatrice dont la nature a doué le fluide 
aérien ; mais il est encore dés sources bien plus fécondes 
d'exhalaisons délétères, qui sans cesse neutralisées par la 
force dissolvante de ce fluide , caractéri;sent au plus haut 
degré cette faculté dont nous parlons , ce sont celles que 
fournissent le système de la végétation et le règne mi- 
néral. 

Pour se ^former une idée de IHmmense quantité d'é- 
manations malfaisantes qui s'engendrent dans l'atmo- 
sphère par le seul acte de la végétation , on n'a qu'à 
présenter à la pensée l'efiet que produisent dans un salon 
hermétiquement fermé un simple pot de- fleurs , un 
flacon d'essences ou une corbeille de plantes odoriféran- 
tes ; les gaz pernicieux qui s^en détachent y répandent 
en peu de temps une telle quantité de méphitisme , que 
des expériences multipliées prouvent qu'on y trouverait 
une mort . certaine et subite^ si on avait l'imprudence 
d'y entrer sans précaution , c'est-à-dire sans y avoir préa- 
lablement rétabli un libre accès de l'air. Qu'on calcule 
maintenant Timmense quantité d'émanations végétales 
dont ce fluide est le réceptacle , on ne pourra se défendre 
d'un sentiment d'admiration en songeant aux propriétés 
bienfaisantes jde cet élément , quand il est dans un état 
de liberté. Nous lui devons, enefiet, l'avantage de jouir 



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1% CLI91QUE ET HÉHOIEES. 

MDS daager de Tiacomparable siuvitié des fleurs et des 
parfuma inimitables qui s^en exhaleai. 

Enfin , le règne minéral demie Im-mème naissance, à 
une tdle quantité d'émanations pernicieuses , qu elles 
suffiraient seules pour faire périr en peu de temps tcmtos 
les espèces virantes, si, à mesure qu'elles s' élèvent dans 
lair atmosphérique , elles n'étaient smvle-K^kamp dé- 
pouillées de leurs qualités délétères par Faction irrésisti- 
ble de ce fluide. En considérant seulement que quelques 
odorceaux de charbon enflammé suffisent pour méphitiser 
uh vaste appartement , et y asphyxier tous les individus 
qui s'y trouvent ^enfermés , on pourra se feîre une idée 
de la masse.inappréciable de tons les gaz délétères qui se 
détachent du règne minéral pour se répandre et se neu-^ 
traliser dans l'atmosphère. 

On ne finirait pas si on voulait indiquer tous les foyers, 
toutes les sources d'infection qui versent dans le fluide- 
aérien des principes malfaisans ; ces sources et ces foyers 
sont si nombreux , qu'on a lieu de s'étonner que l'exi- 
stence animale puisse s'y conserver et s'y maintenir* 
Cependant tous ces principes de destruction, à peine 
paurvenus dans ce fluide , y perdent leur action ; et ces 
miasmes , qui semblent porter avec euk une mort cer-* 
taine , deviennent bientôt , par leur décomposition et 
leur mélange avec l'air libre de Tatmosphère, l'aliment 
le plus immédiat et le plus nécessaire de4a vie. 

Mais ^ si Tair a la faculté de détruire ou de neutraliser 
tous ces amas d'infection y qui se produisent sans cesse 
dans les nombreux et inépuisables foyers qu'entretien- 
nent les U'ois règnes de la nature , n'est-il pa^ ridicule 
do supposer, comme on l'a fait , que le corps putréfié 
d'un^ baleine , les émanations sorties de quelques cais- 



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CAUSES SECRETES DES ÉPIDÉMIES. l3 

Kes de café pourri , ou de quelques barils de salaisons 
corrompues , celles qui peuvent s'élever d^un cîhamp de 
bataille dans le court intervalle qu'ony laisse les oadavres> 
quelques exhalaisons survenues après le déboisement 
d'une rivière; enfin, unpeudenégligencedanslenettoyage 
des rues ou des maisons , et autres causes aussi légères 
et aussi frivoles que le peuple adopte avec autant d'avi- 
dité que d'aveuglement : n'est-îl pas ridicule, dis-je, de 
supposer que de pareilles causes puissent corrompre l'at- 
mosphère d'une vaste contrée , qu'elles puissent lui im- 
primer un caractère pestilentiel; enfin ^ qu'elles soient 
capables d'étendre leurs efiets délétères k des milliers de 
lieues , et même quelquefois dans la plus grande partie 
de la circonférence du globe ! 

N'avons-nous par^culièrement un juste sujet de dé- 
plorer cette facilité qu'a l'espèce humaine de se laisser 
aveugler, quand on pense qu'une génération entière ne 
fit pas difficulté d'attribuer la peste qui envahit sous 
Marc-Âurelle la presque totalité du globe habité , de 
Tattribuer, dis-je, à une misérable portion d'air mé- 
phitique qui se trouva renfermé à Séleucie , dans une 
cassette d'or, ainsi que nous l'avons raconté plus haut? 
ne doit-on pas gémir sur cette triste condition de l'es- 
{^t humain, lorsqu'on réfléchit que cette génération 
avait succédé aux siècles des Aristote , des Hippocrate, 
des Péridès ? . 

On ccmçoit sans doute facilement qu'une populace 
ignorante 9 lorsqu'elle se trouve dans des situations ex» 
traordinaires, se laissé égar<âfr par des opinions absurdes; 
mais il y a lieu de s*étonner que des écrivains tels que 
Julius Capitolinus et Ammianus Marcellinus , dont les 
ouvrages étaient destinés à instruire la postérité , aient 



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l4 CLINIQUE EX MÉMOIRES» 

adopté une semblable erreur , et qu'ils Talent consignée 
dans leurs écrits (i). L'histoire qu'on a faite sur l'ou- 
verture de la cassette qui ^e trouvait dans le temple d'A* 
pollon est aussi fabuleuse que la boite de Pandore* 

Nous citerons , du reste , relativement au sujet que 
nous traitons , une autorité bien respectable , c'est celle 
de Lobb , célèbre anglais. Cet illustre écrivain , très 
versé dans l'étude des maladies pestilentielles, dit exprès- 
sémen tqu'il ne faut rien redouter des exhalaisons les plus 
pernicieuses , même de celles d'un pestiféré , lorsqu'elles 
ont la liberté de se répandre, parce qu'elles y sont bien- 
tôt dénaturées , et si bien dissoutes, qu'elles y perdent 
en peu de temps toute leur virulence. Il compare, sous 
ce rapport, les effets de l'air avec ceux que produit l'eau 
sur les poisons les plus violens. On sait qu'étant dé- 
layés dans une grande quantité de ce liquide , ils finis- 
nissent par y perdre leur activité. Ce praticien ne croit 
pas même qu'il faille une grande quantité d'air atmo- 
sphérique pour décomposer les miasmes les plus infects 
et les plus abondans ; car, en parlant d'un établissement 
d'hôpitaux pour les besoins d'une ville ravagée par la 
peste , il dit.qu'il n'est pas nécessaire de les placer à une 

(i) Les passages dans lesquels ces aatenrs nous ont transmis ces étrange, 
assertions , sont trop dignes de remar<]ae pour ne pas les transcrire ici. 
Voici comment s'exprime Capitolinns : Et nota fertur pestilenùa in Seleu» 
ciâ uhi de templo ApoUinis, ex arculd aureâ quâm miles fprti incîderat, 
splrUus pcstilèns evasU, etc. Ammianas Marcellinns entre dans des détails 
encore plus particuliers : Milites fanum scrutantes invenere foramen Jn^ 
gustum quo referato ut preciosum aliquid invenirent. Jdjrto quadam cotir 
cluso, à Chaldœorum arcani^ , labes primordialis exsUivit, quœinsanabi- 
lium vi concepta morhorum, ejusdem teri et Marci-Antonim temporibus<, 
ab ipsis Persarum finibus^ àdusque Rhenum et Gallias cuhctas contagih 
polluebat et mortihus, ~ 



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CAUSES SECRÈTES DE» ÉPIDÉMIES. ' l5 

grande distance; que trois ou quatre milles, c'est-à- 
dire une lieue à une lieue un tiers , sont très suffisans, 
et même qu une moindre distance ne mettrait nullement 
en danger la santé publique, tandis qu'elle serait plus 
convenable soit pour/le transport , soit pour le service 
des malades. 

Le germe du virus pestilentiel est tellement indépen- 
dant des émanations qu'on qualifie ordinairement du 
nom de putrides , qu'on a vu souvent les endroits où ces 
émanations étaient les plus actives et les plus abondan- 
tes être exempts de la maladie , tandis qu'elle exerce les 
plus affreux ravages dans les lieux où l'air paraissait être 
le plus pur 5 j'ai déjà fait cette remarque dans le premier 
mémoire que j'ai publié sur les causes secrètes des épi- 
démies. Des faits sans nombre peuvent appuyer cette 
vérité. J'aime surtout à citer ^(ietix qui onf été recueillis 
il y a beaucoup d'années, par feu le docteur Cassan, quoi- 
que ces faits ne soient relatifs qu'à la fièvire jaune. Comme 
ils se sont passés sous les yeux de la génération actuelle, 
on ne saurait révoquer en doute leur authenticité. On a 
. généralement observé aux États-Unià, que les personnes 
dont la profession les exposait le plus aux émanations 
réputées malfaisantes, étaient celles qui fournissaient le 
moins de victimes à cette maladie \ ainsi , on. y voit d'une 
manière presque générale les tanneurs, les bouchers, 
les vidangeurs , être épargnés par ce fléau; tandis que 
d'autres personnes, qui mettent une attention scrupu- 
leuse à écarter tout ce qui pourrait donner lieu à de sem- 
blables exhalaisons en éprouvent les plus terribles effets* 

M. Cassan, en 1 798, eut occasion de remarquer ce phé- 
nomène à New-Yorck d'une manière frappante. La fièvre 
jaune éclata avec le caractère le plus désastreux dans la 



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6 CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

partie nord-est de cette ville, à très peu de distance dii 
quartier occupé par les corroyèUrs et les tanneurs •, mais 
au lieu de gagner les ateliers et les demeures de ces arti- 
sans , quoiqu'elle fut pour ainsi dire h leur porte , on 
U vit avec étonnement se. propager du côté opposé dans 
\et quartiers les mieux habités de la ville» 

Les hôpitaux parurent être eux-mêmes , dans les Etats- 
Unis Y un asile certain contre les ravages de cette épidé- 
mie 5 on voyait rarement la fièvre jaune y prendre nais- 
sance ; et, si quelquefois en l'y observait, c'était tou- 
jours sur des individus qui en avaient apporté le germe 
lorsqu'ils y étaient entrés. Feu M. Cassàn cite à ce sujet 
un fait très remarquable : pendant le règne de la fièvre 
jaune àNew-Yorck (i;y8) , on établit à l'extrémité sep- 
tentrionale de èette ville , sur une petite montagne ap- 
pelée Bellevue , un hôpital de troils cents lits pour les 
pauvrj^ pestiférés. Seize infirmiers , sept blanchisseu- 
ses » outre les officiers de santé et les personnes néces-^ 
saires;pour le transport des malades et l'enterrement des 
morts , furent employés au service de cîet hôpital et y 
avaient leur résidence. On les vit cependant, malgré 
rinfection qui devait régner autour d'eux dans un es- 
pace aussi étroit y on vit, dit-il , totis ces employés con- 
server leur santé ordinaire, quoiqu'ils fussent placés sur 
un théâtre de destruction et de mort. 

Faut-il d'autres autorités? Malouin affirme très bien 
. que dans la célèbre peste de Lyon, qui, en 1626, fit 
périr tant de monde , les maisons les plus sales , les pla- 
ces les plus encombrées, les rues les plus étroites, et les 
appartemens regardés eomme les plus mal^ins , étaient 
les endroits ^ù l'on se. trouvait le plus en sûreté , et 
que la maladie exerça principalement ses ravages dans 



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CAUSBS SECRÈTES DES ÉPIDÉMIES. l*] 

les lîeax les plus élevés et dans les sitaatiotis réputées 
pour être les plus saltibres. On vit mème'ce fl^au , dît 
Malouîn , épargner les tanneurs , les corroyeurs , et 
ceux qui par état étaient obligés de nettoyer les 9(}tieducs 
et les égoûts. Lancîsi aVaSt déjà fait une remarque ana- 
logue aif sujet (Jes fossoyeurs qui respirent contihuelle- 
metit Tair des cimetières. On a vu souvent les personnes 
renfermées dans des prisons échapper aux ravages d'une 
épidémie. Nous lisons, dans le premier volume dès Let- 
tres édifiantes^ que pendant la peste de 1707, qui' priva 
Constantinople d'un tiers de sa population , les mis- 
sionnaires remarquèrent avec surprise que, mïiljgré le ^ 
noçibre immense d'esclaves chrétiens qUi se li'ôuvaieùt 
entassés dans les bagnes, il y périssait moins dé monde 
qpe dans la ville et au 'grand air. ' 

Van-Syrieleii , recherchant les causes des ëpidéihies , 
fait au sujçt de l'Espagne une remarque qui n'est pas 
moins décisive touchant la non-influence des exhalai- 
sons putrides sur l'origine du virus pestilentiel. Il n'est 
. pas de pays sur la teireoù l'on prenne moins de précau- 
tions contre les effets de ces sortes de miasmes. Telle est 
sur ce point l'insouciance des Espagnols, qu'à chaque pas 
^oit dans les rues, soit dans les places publiques, on ren- 
contre des ansas de toutes sortes d'ordures dont fes ema-' 
nations répanduesdansl'atmospUère, deviennent insii^- 
portablespour les étrangers, qui n'y sont pas a«;e6utumés. 
L'illustre médecin que je viens de citer pense avec* raison 
que^ si de pareilles circonstances pou vaieh t feirè naître' 
la peste, elle devrait être continuelle, ou du moïiis très 
fréquente dans un pays où la chaleur du climat et Ta-^ 
pathie des habitans favorisent, excessivement Fàcti vite* 
de cett^ cause# Cependant, l'obseiSration est loin* de con- 
TomelV. Octobre i833. 2 



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l8 CLIHIQUE KT X^MOIBBS. 

firmer une conclusioa semblable \ car on n*igiioi« pas y 
ajoute ce^ écriTaio j que cette contrée a été censumment 
celle de toute TEiirope qui a le moins éprouvé les rava- 
ges d'un pareil fléau. 

On a souvent parla de Tinfluenee des guerres sur la 
production des phénomènes pestilentiels. Mais, si }a 
fréquence de leur développement pouvait être rapportée 
^ de tels événémens.i^ jamais ils n*eussent été plus com- 
muns que dans les années qui onl rendu si célèbre le 
règne de ]N[apoléon* Or, combien de pays s'en sont trou- 
vés préservé^ malgré les nombreux champs de bataille 
qu ils ont iburnis, malgré Fimmense quanti téde cadavres 
dont }es terres out été couvertes, malgré le grand nombre 
d'hôpitaux qu'on a été forcé d'établir ; enfin, malgré les 
privations, les fatigues de toute espèce qui ont dû être 
nécessairen^ent le résultatdes guerres les plus actives et les 
plus dfestructices f^u^ait jamais soutenu respèoehumaine. 

Xe qui s'est observé de nos jours fut jadis remar- 
qué p^ir Diemerbroek , et 'cet autenr était trop judi- 
cieui: pour pe pas le noter d'une manière particu- 
lière 44ns ses écrits. Il dit que dans les cruelles guerres 
qui eurent \}^w de son tefnps , en. Allemagne , entre les 
Impériaux et les Suédois, les champs de bataille resté*» 
rent sQuvent couverts de morts , sans qu'il se déclarât 
dt-^ns les environs aupune maladie pestilentielle. U cite 
en particulier une bataille qui se donna, en 164^, dans 
le duché de Juliers , à la suite 4& laquelle il resta huit 
mille cadavres $ur le champ du combat , qu'on laissa 
putréger ^bren(entè la surface de la terre , de manière 
que pendant long-temps» ils répandii'^ent au loin une 
p^a|iteiir ipsapporublfs. Cependant, il ne se mani- 
festa (dans cette contré0 aucune affecttph du genre de 



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CAUSER «PSCQÈTIS BES ÉpiaÉlflES. {Q 

ecdlee à^^l i^w parlons, Di^ia^rbr0eV coii|dpi.4e œ 
fût, 4^^ c ^^ bîen.àlprt jqti'çfl^ ^qg^rd^^i^k» ^xbalAl^ 
for^K putrides doii^iiKe cpiM^oativ le gwme d^ virus pes- 

- Ge fionli aans do»le,4w obwy^îoft# pareille? qui fqiw 
«ii^tlMii^AdiàtoQ^vepiriiuilgrésoii syst^ç^tc» favori pour les 
catisesjocaleaet visibles, qu€i)»p^|f)»pQii;*a<;quérlreoa 
caractère prdiu^iiie de malignité^ a^aitb^^oin dVftP aUé- 
ratioB parùciilière de Tatmosphir? qu'^a v^ a^ufaîi ni 
bftso connaître ni bien difi»îr« Il appuie celt« idpkiîoii 
dsjcellàdes pli^s célèbrea médecias airaSbçs, qui ataievi 
pareillement observé que les exliateUQ»| put^ki^s, méiUe 
dtanajes' climats* chauds, ne dopnaieni jamais ual^s^^eil 
à la peste , si leur ac^um n'iéiait secondé^ p^Q «n vi<^ 
pairtieiAiek^dfts âmàevs^ \ .; 

Kfms venons de ^b\st que les es^haWsQQ^ le^ plus mf^V 
fieisàntefij ne sautffieni' seules, même dans les oircoii- 
siancos Jqs pkii favoyëbjqs à leijr déyetoppenoieiit , à,^^ 
net jijaibsanjoe à^une^idéiiiiepesiilëntlelle ^ op M^r^ 1|^ 
preuve. encoreplas coi»plèled0 ^W4^ as$erti0]^ » ai on 
prouve que réloîgnement de loiufè espèce de<^rr<uplioi| 
nTeHqiïèoIiepas c^tLéan de naître et f^ propager $es rava- 
|[6s^ iet qu'il éoIafe^lrëqtiemiiàeritiQJalgffé jes soins ^t Iqs 
fôrécapticMis de la perliee la plus sweilMiHe*^ Eqi pSu^^ 
ësios les pestes de Lybn ef^ de^Marseilk 9 ee. fut eu vain 
qik'on prit les meswes If s plUs ^v^es 1 qWon s^eiup^es^a 
fie purifier lesniaîaQilSi. de tepc^er.Jjes litiges pour nu^iur 
tenir la :^a grande propr^e, kl^al^die ne- laissa; pas 
<}é se éi^oiifesier/iiulislinptenient, et de suivre p^riwjt 
o^fuiâtrément aon èeurs. -, 
• Sciuieibep nous a{>|»rend aitsâfT qu'il eut soui^eui 00 
ea^on , lors' delà célèbre pesie^ l'Ukraine, dQ visiter 



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3tO fcLtîilQtJE ET'MÉMmtrEr. 

d«s malades '^\xi 1(» montagnes' Ii^s plus élevées et le» 
plus libres d exhalaisons malfaisantes ; tandis que lesha- 
Htansdés plaines et dés vallons întermédiaîrea , quoique 
respirant un air t)eaucoup moins pur, conservaient nue 
santé ihaltérablé* La mèrbe remarque se trouve t;oi]ki- 
gnée dad» je Traité d'Hildanus, sot la peste qui râvaigea 
la Suisse , ei particulièrement Lausanne en n[6i^3« n • 

'ËnfinV l'buanus, dans IVxcellent travail qn^ilHoas 
â' laissé sur la peste qui désola PEurope vers la^ fin chi 
seieîèi^ie siècle , et qui fut prinoipalenusnt funeste dans 
nie de Candie, dont la capitale fut presque eritièi«mcn!e 
dépeupléeen iSfg^ , Thuanus dit qu'aussitôt que k'maf 
ladie fit son apfkàrition , on ^ mit 'par tout le plu s granti 
zèle pour séquestrer les «lalades , 'pourleloigner tçut'Cé 
qui pouvait tendre à la corruptions Mais toutes les tnet 
sures qu'on put prendre à cet'qgard furent sai^ «•cas. 
Une chose digne deremarqtie, c'est que ce'fléatt's?éte»4 
gttit de lui-même dans le tenrpi'dïscHalci^s^vîaU'mois 
de juillet, c'est-a-diré d^ns laiâîpon où»se>diévdbjiptwl 
Ifc plus abondamment lés émÉi-ttatione putTÎdes-, eSJO^ 
elles dnt le ' pi u^ d! activité. '-' ' ' • v- " ' 'jl'i» )/ï« )1'| 

On sait que les e^lUlsdsons des maràiS'peuyeritfejiiriiîar 
le germé d'une multitude <ie> maladies ^ qu'eUcsinfluen^ 
pârticulièreteent sur' la pçoducriim.des fièfcesiperjiif 
cieiises 5 loàais il est eou^U'i qu'elles* né ^déterminant jah- ^ 
maïs ledévelojj^nïettt dû vîrtîs^ptestUentielvLes' jeup^s 
se soh t en 4Con$é(JiT^ce' tné^is^ur la i»«nre de eé fléfiu^ 
eu r^pJwrtant=sbii'ot<^tée^'de» oaqsefrpuçeincBjt lècdlési 
En effet, Rome '^, cette méiropdleîd» l'uni wiai^ «tait dè>- 
puîslong-temps sujette à des retourefrcqaeiisdèjlaipeste. 
On crut, d'api^s les pr^ugés v^plgaifei^ que. Je$^»Sm- 
menses marais quii Tavoisincnt, cpntenaient la.oause fm^ 



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CAUSES 9SCMBT£S, PJSS tTiJ^tlVllES. %i 

Biièk^e de >€C fléau , ^elr^iu'én le? délïaisaut ob garantirait 
po# toujoum lu v)llç>dedes ravage^* Pénétré dç celte 
•pimion , lo sénat en ordcmna le dessèchement vers Tan 
S42jde'8a 'fondation, ^oos le consulat de Cornélius Cethe-* 
^ii»:qin' fat chargé de la direction des travaux. 

Jamais ks.afts, réipnis àj'opulenee, n'entreprirent 
el.Dielécuiërent un ouvrage aussi méfnprahle. Les im- 
menses inaraiç, pahiétes pomptinœ,:, qi)i couyrent Tl-f 
talie méridionale depuis le 'JTibre j^usqu a N^plesr, furep^ 
bi^ntèt desséeh^s. .Plusieurs routes magnifique et ,1^ 
faneuse voie appieon^ fureln consolidée! à travers, ce;i^ 
plages auparavabi impraticables. L'Aver^e» ce lac bour- 
beux et infect , si souvent célébré parles^poëtês, fut con^ 
vertî en une terre labourable. On vit enfin de riches môis^ 
son». couvrir ces vastes contrées qui. aupara vaut n'ét^iej^^ 
que des amas de fange, Des^^oûts , des aqi^educs dig^e^ 
de Tadmiration de tous lés siècW, fuirent cfeusés potn* 
assurer.U propreté et favoriser Técèulement des eaux,, 
tantide' la cité de Rome que de ses environs. On créa 
même d^s officiers particuliers, sous le nom de curatores 
cîoacantm urbis , dpnt Tunique soin était de veiller à 
rejd^etîen/de ces eondùii!s. Tite-Live nous a douué un 
a(>erçu. d^s travaux qui fuj^eut exécutés à. ce. sujets . ' 

. Cependant j:. quel fut^sojDs le rappon di^ fléau fm^-^ 
leniiel^ le résultat de tjoûs ces: efibrts du! génie huo^int? 
i»Uii«lQire, nctus ^ipprend que c'^st pn^çi^ément. 9|^fès 
1 exéputfon de ces gratids et irimioi^els ouvrages que la 
pester de^Kome éprouj^a les plus tei:ribles épidémie^,, On. 
petif/ciieif^ eh treamtres,, celte ^e Tan 5j5 de sa'fonda-^ 
tiom^.qui fut égalemapt funeste aux anipiaux domesti- 
quas* Tite-Live aesuremême que de$oii»eaux. de proie , 
alors si eommunadaus les campagnes^ furent tous at- 



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triâtts pur c^ nu poîni que Tefipèce s'en «perdit* Nèti» 
ëiteron» enéi^m eelle d0 l'an 6io dci ïa même ère , doot 
pttrle Ût*o9iU9i Elle fdt généralement si cruelle qn'aw 
laissait les (;adavtes se ^Ul^éfier.dans les nàisoàset daàs- 
les rues, faute de gens bien portens pour les ente^rrer.. 
Nous devons aussi rappder eielii^de665» qui se propagea 
a¥éc tant de rapidité dame le^ à^hiées rotnàinès , duraiït 
fes ^Uè^rés dviléi déMarîii» et Je SyMa : celle qui m 
i^iiifest^ z^fh lé ttieùrtiredeltékâr, dtti^titlaquelleoii ftiv 
éisofifveîitahniùLé parlée débot'deiiietis du Tibre^ pat* de» 
t^toibleihénsdé terre, etpar les météores les plusefirayaits^ 
' Utie peste non moins n>énk>rable fut céltê quise déploya* 
sM!9 lé citiquîème consulat d'Octatien Âugusfte^ et 
qtti'fltt aetiompagnée^ tofÉtoe la précédente, d'afireitse» 
îiÉ<ôn!dà^tièi>is i et qu'ôti etiti^agea coinme un présage 
de ia ^randeui* future de eet empereub. Nous ne san-^ 
ï4értt4 passer s6ué silehcé'ia peste de Pan 66 de Ji-C. ^ 
qtâ Se déclara sôùà le règtie de Néron ^ et servit de pré-^ 
teiie pour perséeuter les ehrétîeft* qu'on accusait d'at- 
tirer, par leurs itiipîétés>^ la cdlèro des dieux; mAie 
surtout qui désola Rome ^mis \eh Antonins^ et qui f«it 
Ulàe des plus désastreuses c^ù'ait jamais éproUvé l'es^àoef 
humaine) enfin, la peste qui parut sous k règne de 
Cémigaôde, pendant' laquelle onf ^iertait da^ '!|i.0èie 
jusqu'à cinq mille persotines par jouK . « . î 

Ou vbit, d'après èes faiwv qtie malgré les etTorts A\i 
pluà grand deis peuples , pour éloigner de Rome toùtc^ 
qui pouvait donner lieu àdes étnanaticpis malfaisantes , 
divers fléaux pestilentiels ne laissèrent past de dépeupler; 
côlKMe auparavant^ à certaines époques , cette in^me^is^ 
capitale* La matièret est loin 4'èire épuisée ; elIeVa-i- 
grandit sanseeèse par }at*éflexiou. Nous nom proposoits 



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H6TELM)IBtJ DB LYOlt. 23 

êL\ retenir', et ayant de porter noê coadmicms ânr les 
catfôes secrètes des épidémies^ d'ttuires ctmsidératioiis 
ap^idlent notre pensée : nous nous eti b^tiperons datis 
qii^qiies prochains nnméros de ce joarnat. 



CLINIQUE DE L'H0TEL4)IEU Dfi LYON. 

ïrîmestre de juillet iSSa. 

teriee d0 M. BaAfivnw 

(Troisième et dernier article. ) 

Parmi les maladies. organiqnes qni fe >so&t présentées, 
deux seulement méritent de fisier notre atteatioff; 

i^ Engorgement de l^épiploon.^^ha preinièi^ de ces 
observations est un epgorgemâit de la grosseur des deu± 
poings, situé daiis la cavité abdominale, cbez tme femtiie 
• âgée de7!&ans« Cet çngorgement était dur, et si mobile 
qu^on le transportait facilement dans tous les points dé 
rabdomen , ce qui m'a fait penser qu'il s'était développé 
dans Fépaissenr du gratid épîploon. La maliidiâ dut*àii 
depuis plus de deux ans* Son ancienneté et Tâgé dé la 
.malade ne permettaient guère d'en espérer la résolu tibti. 
Cependant elle s'est opérée en entier dans l'espace de 
trois mois^ Je n'empirai que des moyens théi^ap^Utiqties 
bien simples^ des boissons délayantes, des cataplasmes 
émoUîens, dés grands Iniins ^ et un légei^ lajtalif tous lèi 
dix-sept jcMiirs* Ce fait , en apparence insignifiant , nous 
prouve. néanmoins qu'il ne faut jamais désespérer des 
efforté de la nature , aième dhez les vieillards. • 



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^4 CLINIQUE ET MÉltOlRES. 

i^^Phthisiepulmanaire. — ^La seconde observation que 
j'ai cm digne de quelque intérêt bst nn fait de phlhisie 
tuberculeuse guérie par une métrite intense. ^ 

Marie Dupuis , âgée de ^S ans , entre à l'H6tel-Dien 
le i4 août, au n"* aoo de la salle n^ 4) ^^s femmes 
fiévreuses. Elle était accouchée depuis dix-sept mois , et 
elle n'avait pas eu de retoiu* menstruel. Elle avait con- 
tracté une toux sècbé pendant ses couches ; mais elle 
n'aVait commence à souffrir de la poitrine que depuis uu 
mois , époque à laquelle une hémoptysie avait eu Heu 
pendant huit jours , ei avarît été remplacée par une ex- 
pectoration puriforme qui durait encore au moment de 
son entrée. Le côté gauche de la poitrine était sain. Du 
côté droit, tout paraissait naturel en avant et en haut ^ 
mais en arrière et sur les côtés il y avait de la matité , et 
la respiration ne s'y faisait pas entendre. La pectorilo- 
quie ét2^t distincte aui^iveau 4^ la partie moyenne du 
bord inte^rne d^ Tomoplate. Il y avait une toux violente 
qui se renouvelait par quintes^ les pieds et la partie 
inférieure des jautbes commençaient à s'infiltrer. Je h 
mis à Fus^ge du bouillon d'escargots niti'é, pour tisane, 
d'un loock avec addition de 2 gros de sirop diacodeet lo 
grains deisitrate de potasse, et du lait. 

Le 19 , le loock fatigue l'estomac. Il est remplacé par 
ime potjon mucilagineuse avec addition de demi-once 
de sirop scillitique; 

Les symptômes restent les mêmes jusqu'au 1^3. Ce jour- 
là le bas-ventre devient douloureux , surtout dans l'Ky- 
pôgastreet du côté droit. Le pouls est accéléré , et les 
urines sont ronges. {^Mèiùe tisane , potion huileuse -, 6 
sangsues à l'aine droite. ) 

Le a4 9 1a douleur de .l'abdomen est plw» grande; une 



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HÔTBL-DIBC DE l.YOIf. âS 

iumear inflammatoire se prononce au-dessns Au pubis, 
et s'étend à droite vers la fosse iliaque. Par le.toneber, 
le corps de la matrice est reconnu plusToJunaneax , très 
dDjolonreux et excessivement chaud. La toux est pres*- 
que nulle. (Décoction de laitue et de chicorée blajiehe^ 
potion miicîlagineuse , baume tranquille , et cataplas- 
- mes émoUîais sur le bas-ventre. ) . . 

Le a5, le volume de Tutérus a lencore augmenté. La 
toux et Texpectoration ont presque disparp. (Mêmes 
médicameps , saignée de lo onces. ) 

L^état aigu de Vinflammation est arrêté^ mais rittéms 
et Tovaire conservent leur accroissement de volnme.. 

Le 39 , Tctat ae la poitrine continue à s'améliorer. 
L'infiltraiioii des membres inférieurs continue ses pror 
grès. ( Tisane de graine de lin émulsionnée , poticm 
mucilagineuse cahnante , lavement avec le bouillon de 
tripes; lait ; catasplasmes émolliens* ) 
, Ces moyens sont continués jusqu'au 9. septembre, 
parce qu'il ne survient rien jde particulier,, et que l'en* 
gorgement inflammatoire de la matrice et de ^s annexes 
«diminue progressivement*. Quoique bien diminuées, la 
toux et rrxpectoratiou résistent toujours,, (Tisane d'es- 
cargots ^t de dattes édulcorée et ciitrée; même potion. ) 

Le II, même état. Un verre d'eau ferrée , coupée 
avec du lait,, est donné le ^latin à jeun.. Les jambes 
œdématiées sont frictionnées avec le vin aromatique. 

La maladie parait stationnaire jusqu'au so. La ma- 
tijce éprouve une activité inflammatoire remarquable. 
Son volume augmente rapidement. La toux et l'expeC"- 
toration disparaissent presque en entier. ( Saignée de la 
obçes ; boissons émolUentes ; cataplasmes de lin syr le 
bas-vjentçe. ) 



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«6 CLINIQUE Et MÉHÔtniiS. 

L'amélioracioti faitdcs firogrès rapides • le» ckrethes 
du jpoumon se cicatrisent eompiètement ; la toux dispa* 
rait ; la matrice revient à 8<m tdiame, et la inalade sort, 
le 37 septembre, avec terne, les signes d^nne'guërison cer- 
taine* 

Ce fait est pi^etti , parce qu'en nôné montrant la 
terminaison heurense dNine phthisie pulmonaire arec 
eaveme , il nous pronve la possibilité de guërir qùelcjne- 
feis cette cruelle maladie , et qu'il vient sôutenif" nos es- 
pérances ^u milieu du découra|;ement que produisent ses 
ravages incakulables.Ilnoturprouvesurtout les ressources 
immenses de la nature; car la guiérison a été son ouvrage: 
Fart y est resté tout-ft-fait étranger ; il n'a été kjtie sim- 
ple spectateur. C'est à la révulsion puissante , opérée 
par rinflamtHatibh db l'utéruë , qu'est du ÙA tésUltat 
mëéi fliLintai^ûi 5 Ik chose ne peut pa^ ètredouteUsc; 
C'est pour imiter éetlè voie de guéri^oii ^ue nous met- 
tôtts si souvèht en usage les révulsifs les plus énéi*gi- 
ques. 81 nous en obtenons quelques avantages , je dois 
l'a Vouer, ils sont bîeU faibles et biien rares. Leur action 
ne peut pas être j^omparée aux révulsions opérées par la 
nature, parce ^e, lorsque celle-ci les emploie, elfe 
détermine sur Torgaue qui en dévient le siège ou l'agent 
uhe fluxion pathologique qui cotnbàt efficacetnent la 
fluxion qui exiètàit auparavant. Nos câUtèies , iios em«* 
plâtres stibiés, etc., produisent bien uhe révulsiouj 
msAs cette fltixîdtt^i'tifieîelle ne lutte jaiftaîs avec autant 
d'efficacité contre celle qui constitue la Inaladîe , parce 
qu'il est rare que la nature s'associe à l'art pour seconder 
les directions fluxionhairesYioUvellés qu'il veut imprimer 
à l'économie. Dès-lôrs elles laont impuissantes , parce 
que la fluxion pathologie resteia plus forte et:persiste: 



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^/hémëhti6t*e6s€Ûriii âkeram. Cette èb^ei^Viilioii peut 
être l^p{)^ôehé«f de t^llë^^é j'ttl citée j[^irécédeinittèim ^ 
et àatùÀ laquelle ^lië pbihîsié pùliififôtléû'e H éié gtlériè 
pal" line tariéle. ' ^ 

Pléhôte sangàiM^ ^imhèse iHjtëihnilaitHft ; /*tW 
iitJhimhiWoit'e. -^ Notii «e l^pétettiife pôà ce qtke h6o* 
àvonë dît ddtis Ifr^prëéçdeiàl triiâefctte de \k ptëtWesatt^ 
gftîné, de là dWtliè&e îiftfeînÈi*atftfîW et êë \à filtré îh-' 
ftâ'ittnratoirë. Ccè l^èl^ éWfe tôhi bfeii cirhctërtsW ëtMeit 
dte^tictelè^ ti«i des àirtres. Ils aôkitWoîé maladiéé gé- 
nérales, dans lesquelles le sang joue le plttà gralîrd t^le, 
et prëèt»hte deé dCfw^lîoVîS pà^Kôlogtqtie^ pattîculîèi^ès à 
èfcâeiffîèj|)àns là J)WUîdre il y a pléntlûdt el en qnelqtri^ 
8<^té èbtraBbtidàiice , le pluisr souTeiit générale ; elle ié 
Idi^àlhe quelquefois en ie fikàtit sur un organe ,'prîild- 
{^àléihént sur les |)otiàîons. C'èàt à cet état de sufabon- 
dahcè dû ésttig que M, le J)rofeiseu^ Andràl a donné lé 
nmrfd'kypérhéihîë. B j^eùt <e prolonger indéfiniment > 
et deé 'évacuât! otis Sanguines siàffî^nted en sont le tnoyeti 
de ttkîtetiaent lé J)Iu^ éificace. Le sang tiré de la veine 
né4>i^séntè audtitie (jualité appréciable dîflërciite de ce 
^ qu'il est dans son état naturel. Il n'en, e&t pas de^ùiéiUe 
dans la fièvre inflammatoire : le sang est plus rouge , 
plus vettneil, il ie cdâgulê ^ajiidemerif, et cO<ïStàn\ttient 
il pt^ésélitë J sa sûrftéé \ihé couèhne ÎÀjfamtnàtdite plxii 
dû ikoîiià épaisse. Il ^st fort dôùléùx \{xié lèi ioliâéi 
iôîeiit ilbrâ triJiTàdès. La t'ôru^eu^ |ihiegtiiasîquë des vàîs^ 
sieaili ii^eàt pas ass^'i^risiatifé ^àiit ntn affirtriéf. Où 
pôûi'i^it ihèttiè éèribltTré ({tiè éè sôni deui maladies dis- 
itôcWs ^ dont rûnecsi Pangèiôtébie , et Tàtitre la fiévrë 
inflàmtfiaioîi'e. De nôuveauk faits nouS permettront peut-" 



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28 GLtiriQUB ET ]t^M0U9S. 

être un jour de préciser cette dktinotipa* L«> fièvTe inv 
flammatoire est donc pour nous une mi^kdie généï;si\e 
consistant spiécialementdans une altercation du sang. Très 
souvent elle n'est que le prélude d'une phieginajSti^ lo- 
cale qui s'éublit sur un organe quelconque. Elle a tou- 
jours cédé au trai^ment antipbk^stiqne le plus simple, 
évacuations sanguines proportionnées ^ Vétat4M ma-^ 
lade, et boissons adoucissantes. Conime le plu» souvent 
elle s'accompagne d'une cépUalalgie intense, il çst. ar- 
rivé, une fois, entre autres , que. cette céphalalgie s'est 
prolongée pendant plusieurs jours, quoique la fièvre 
n'existât plus. 

Dans les deux faits de diathèse inflammatoire qu)â j'ai 
recueillis^ les malades i^'pnt été guéries qu'après qi;ie, 
l'inflammation a eu parcouru la plupart des organes. 
Lorsqu'elle disparaissait d'un côté, c'était pOur.ijepa-, 
raitre de l'autre sans aucuiie cause nouvelle , et malgré 
l'emploi d'un traiteinent antiphlogistique méthodiquiç, .. 

Il, y a eu un peu moins de pléthores et de flèvreSjîur- 
flammàtoires dans ce trimestre que da^s celui du prin *, 
temps. La chose est assçz naturelle,: en été,, les. pial^^ 
dies inflammatoires franches sont toiyours moins x^om- 
breuses. 

Courbature. — Sept courbatures ont été traîtéei. 
C'est un nombre presque égal à ^celui du trimestre pr^éj- 
cèdent. On ne s'en étonner^ pa^ç^n songeant avec qpel^ 
facilité on prend chaud en été , et combien ajors on, 
commet d'imprudences en cherchant à se refroidiç,. cç 
qui est cause des suppressions de, tTf^nspîratîon et toutes 
leurs conséquences. Du reste ,, <jes affections n^' ont, rijcii 
présenté de payliculier ;; le r^pos^la diète, et quelques 



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nÔTEL-DiEU DE LYON, Hg 

boissotis adoudssantes ont suffi pour ratiiener \k santé 
ert ipeu de jôuvff 



! 



' Emharras gastriquie. -^ Trois ihalades ont présenté 
Fembairr^s^ gastrique sîn^ple. Sans y tenir Beaucoup, 
mms^à^b^s conservé cette expression un peu humorale , 
parce ifue celles qu'on a Voulu lui substituer ne sont pas 
meilleures^ Si nou^ faisons attention que c'est dans la 
saisoojde rétë,nous trouverons sans donte qUe le nombre 
U/cn :a. pas 'été grand \ mais si nous nous rappelons <^ttt 
noài^ n'ehJn'aTOns pomt reçu pendant le trimestre pré- 
oédientt^f àoûsconviendroiis que c'est déjà quelque chose, 
et'noùt en âttiribuèrons 1^ * développement là IHnfluei^ce 
deièarflaîsoii. Je fe^ai observer que plusieura mahcKe^^ 
ét£6inaait*}e8 vhumatisnies. se sont compliqués d'erabat^ 
pasigasikrîque pendant ce trimestre. . . > - > 

iJ?ièyreJllS^lhiUe^te gàstmqu0. — Nous -t*apporteron» 
AU^l à.rinâfuence de la saison les deux, fièvres rémî«^ 
lentes gastriques qi^e> nous avons observées. £Ues ae soàt 
dissipées , ainsi que; les janbarras ^triques ^ par des 
b(m»<m^ dét^ÀnjtiBs Alter«vé^s. avec des bfHssons acidulées 
«f!de l%i9^s éivii^iiaiia^^Qniiièâetiaitipas d'idée, combien , 
dariis joc»/ mdl»diels :^; Ja; langue Ise - dépouille ;rapideniem 
pAt i'(«4iiHai8jt|)9ii(^ 4'4iu émétique^ et q^elquefi^'s d'un 

^gaXÎ/tj T.;. j^ ,:< ,f. ;î . t . ;;^ ;, '..''.:.; - .- ,, . / 

)'Hf^jJèH'^f9^pn?»»tt^/i^«.rTr- Ce irimefetre lious a fourui 
cim{,fi^r^âi^çr^ât;en|e$> C^'qH beauooii|i , «nos doii4e^ 
si l'on a égard à la saison. Ce nombre semblerait même 
cç)g|fisdijreje^ r^exions 4^e non» faisions dans le tri- 
mesi^j{)^^claul en. f endunt com'pte de la cause de ces 



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30 CLUriQUE ET «f^KOl^ES. 

affçctipp3f Pour f^ire disp^rait^c ,ceue cw^radictîp^ ^pt 
parente, il nous suffira dédire qu'aucuD«|Ê|f ces m^la.di^ 
n*a été contractée pendant Tété ; toutes les cinq existaient 
4^piMç 9U moins le coBiinencement de juiq. Âinisi , au 
li^ d*mfi|nne^ nps réflexions sur les eâfots àç^: effl»)^ 
d^f ip^f^i^, ellc^ viendrafent a^,coiltrai^e les eonfîrvftec^ 
]£n9pife, je nV pas «U riuteqtîon d établir ^ue Jl«ii 
^yffp$ i^termiuenies éuient le rosaltat exclusif des émt^ 
nfiMan' marécageuses: Vohseryation a>*inftcriraitê(UMles 
jours en £|ux cobuç mon assertion. jRaiseuIemiem.eKrt 
plicpié pourquoi les fiàwea inteniûltentas étaient pk» 
f jRéquentes a« pr^ilemps et fon aotonuie ^ imaiB dans «ètia 
explicftttou ne smt ppiat ^mprbes les pytexies inief*^ 
piiMentes qui abnt indépendantes de ces émabatîôuA; 
Quoique moins pomhimised, ellss^ont encore assÊjsiré» 
quentes , et nous en trauTons^deu^t aU'BO(nbi|idns /cinq 
dont Tobservaiion a été recueillie. L'une est une fièvre 
nerrense, tierce, dottt4essynipt6i4es'péi^iodtque9 étaient 
uiie> agitation nerreuse extrAme', et la sensation d\ine 
oiialem' tiiis grande san s qa^îl y eût pfesq«(e ta n^oindré 
élévatipa ^e la tenfpératwédn corps* .La maladie^nrak 
depuis irois>tii0i^; m |^nd Mtsibi^ dé^fi^ilégctt «tait 
éohbiié. Le kudamim liquider d^ Sydenhmi à haàies-db^ 
acs (4ofouttes«0]ti<eisdosi^; quatre faè«ri^ a vsrmVtNV- 
CAS) en tr{<>inphèi*ient si:|r4e^haiiàp^. L^autre ei^r ttn4 fièr 
vre quarte qui durait depuis deux mois et deoiiv <^^^^ 
était due à un engorgement de la rate. A Faide du sul- 
fil te de qàinine ^ ^ îe»'àCcès> ont été arrèféà , '^ fwtt^^^u 
nous avons o)>tenil la réM>lbtioadè la rat^'engo^^à^.^ ' 

FihsfTB typhotdsi-^ïiexin «[fieéciôns OU lèvres typbféï^ 
des ont été traitées. jLes gi^andos chaleurs paraissant M 



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IfÔTKLrDlEU PE tXOII* 3? 

avoir favorisé Je dév^loppewçiH, Malgré Tatiei^pant Ifi 
plus scrupuleuse , il 01*4 été impQ$«iI>)e 4^ t^i^ver Hi^m 
ces deux cas ]^ poin( ()e départ^ où Vorgane primi^ve^ 
ment aflecié et siège de la mala^i^t Mon igi^qrapee ^i 
d'autant plus impardonnable qui^ je n'avais pa^ 4^ plu$ 
Ifeureux à THôiel-Dieu ^e Paris, eu i8i4 9 lor#qiie le 
tjphus moissonnait un si grand xu)fQl»re de mes f^tiipablq^ 
collègues n ?ïnîs, et que, 4çpwi& qîMp ^pçquf ^lyne prftii-r 
qqç médical)? pomîpueUe4^a?le« hôpi^u^etdawJfisprir 
s^ns çi'a pas ç^s^é ^e iji^e faui^mr dp npmJbrc^usos q(^q9^9IRS 
d'observer 1^ ^al?idiç. Jp i^'ai jamais yuq^^un^iaffeQiiQn 
génér^ç d^^J Jaqijfifl^ J'^pppotmç ftjîfti ^lijiro ^ftH afn 
fectée^ |Bt lojr^qi^'qîi pr^ane ^, p^ri| pîw sp<é^îalfi«¥»l 
malade «'Qu bîefi f 'fuit nne.çoi^plicappii , ou bwn çi'jér^ 
tai^ une pQucentration ou diff^Pt^, ^j^^i^^oni^aîf^ p\f^. 
grande si^r Jpf j iw|s J?W^ ^ i^ poi^fiit|i^|i b md^î^ 
esçentiçlle, D'a})lçvrs, t^^js qïie p^W im »4»dfit VflH 
le pçipnoa qvj e^^, a^pîpt^ çh^? fttt a«jtr§i^.c'^t* l?iMto^ 
• ipai?, QW |e CjCfveiiu o\i ^p^jt fipfr<î. ÇtssJL upç^d^^uQS ^^ 
ladîe? qui §eii|J>lei^t £?iiips.to4jH fi I4 ft>^ p^w t^'^M^omiMH 
der ^ tous les ^y^iq^s , et ppuf }^ d^jpwr tpw , .paii$^ 
qi^'pi^ y t,rQ\^Ye, i^p pçu d^ i^^tçf ri^i^d^.d^rmmé- h&^ 
tif ^lis ^f |çs îîquidfB§ pRTg|^$§p^\ Ag^^m^ml majadea : d^uw 
côté , irrégûlarîtp dç^;fQnrtiopt, pfO^lr^^ioA d0« forcea, 
bouffissure, injection, etc.^« de l'autre , viciation du 
sang et de tous les produits sécrétés* Comme la maladie 
es^ générale , il est à présumer que si Fétat pathologique 
est limité à son début , il doit plus spécialement attaquer 
un tissu générateur ou un fluide géuéral. Ce sont l'ap- 
pareil circulatoire et le système nerveux qui sont plus 
immédiatement atteints. Mais abandonnons ces consi- 



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32 CLINIQUE BT MÉMOIRES. 

dératîons géttërales pour ne nous occuper que des deuit 
malades que nous avons observés. 
' An début , ces deux malades ont présenté les symp-* 
tomes d'une congestion sanguine générale , plutôt que 
delà fièvre inflammatoire. Plus lard, les accidens ner- 
veux- ou ataxiques et cérébraux se sont prononcés de 
plus en plus. La prostration des forces a été extrême dès 
le début. Sans chercber à développer ni à interpréter ces 
phénomènes, je ferai observer que nos deux malades 
sont entrées, Tune le 28, l'autre le 3o juillet^ ce qui 
pourrait faire présumer que les chaleurs ont pu exercer 
quelque influence sur leur production. Après les éva- 
cuations sanguines générales , j'ai eu recours aux sai- 
gnées locales , à l'aide de sangsues derrière les oreilles. 
Chez l*une , cette évacuation a été nécessitée trois fois, 
et toi^ours avec un sticcès remarquable pour calmer les 
congestions ^rébrales.' Pendant le premier septénaire , 
les malades ont été tehues aux boissons emollientes et 
tempérantes, en tisanes' et en potions. Le calomélas leur 
a^é tassoeié vers la fin. Pendatit le çecond septénaire , 
j'ai e|i ' recours aux toniques ' antispasmodiques ; mais 
deux dont les efiSdts^ avantageux h^ont pas pu être dou- 
teux sont le caiËLphre piir le haut , et les lavemens faits 
avec la décoction de qUina et de valériane. ' 



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OBSERVATIONS M^.DieO-CHIRURGICALES. 33 



Lettre et observations tnédico-chirurgicates • 
Par le docteur Ci.OT-BEY , 

XaievaUcr de la Légion d^HoBBoir, directemvet fondateur de l'École de 
médeiine d'Àboo-Zabel, inspecteur général da aerrioe de santé det 
armées égyptiennes , membre de TAcadémie royale de médecine» etc. 

A M. le docteur Cayol^ P 

Vnxk àf» rédacteurs de la fiepue médical^, 

Alexandrie, le lo août 1833, 
Mon cher confrère et ami , 

Vous connaissez le bienveillaht accueil que j'ai reçu 
€n France de tous nos sa vans confrères, et Tintérèt si 
vif qu'ils mont témoigné , soit en particulier, soit dans 
les réunions académiques. Ces souvenirs honorables et 
encourageans, je n'ai eu garde de les noyer dans la tra- 
versée ; ils me retrouvent «.ur les rives du Nil , aussi sen- 
sible à cette bienveillance que je lar été au bord de la 
Seine ^ et je voudrais écrire à chacun de ées hommes 
distingués, pour leur exprimer encore ma reconnais- 
sance, leur parler de mon arrivée en Egypte, de ce que 
je continue à y faire,. et les associer ainsi à la marcbe 
de mes travaux; mais la niultiplici'té de mes occupations 
m'obligeant de circonscrire ma correspondance , ils me 
pardonneront , j'espère, et vous me permettrez de sup- 
pléer aux lettres individuelles que je leur doi*, en vous 
' Tome m. Octoère 1 833. 3 



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34 CLINIQtJE £T tlÉlfOini^S. 

traiismeUanl , pour.lcar^tre communiqués, les détail» 
que je croirai de nature k vous intéresser (i). 

Je suis arrivé /le 4 mai , à Alexandrie^ après une tra- 
versée dé (fàïntb jottt*s>qui aui^ait été hetlfetlâe iAM tine 
, tempête que nous avons en à essuyer pendant trente-six 
heures sur les parages de Candie* 

Le vice - roi m'a aocueilli avec itmt^ \à bonté quMl 
fi'a jsinàiis cessé d'avolf pemr moi. Il â vôulu m'an- 
ndâcër Idi-nlëme qu'il m'dviiit téservé la place de pré- 
sident du conseil de santé, devenue vacante, pendant 
mma. absence, par la mort de M. Rosari^ son premier 
médecin. 

Ces nouvelles foncitiôûà né âOMt pa$ Im léger sur- 
croit de peine et de SoUiqitudes. Réunies à celles que je 
remplissais déjà, elles font une masse d'occupations 
auxquelles il n'est possible de sttffire que par la plus 
grande activité et le vouloir le plus énergique. Mon zèle 
ne fera^ pas défaut ; j'espère mener tbutes choses à 
bonne fin, et justifier cette marquede haute conâante 
dont son altesse vient dé m'faonorer* 

A mon arrivée à Aleiandl'ie, j'ai trouvé que la grippe 
y régnait épidémiquement ; elle attaquait tout le monde 
sans distinction d'âge ni de sexe. Dâtis la tnaison Seule 
où J6 suis logé , tous les itidividus qui la oomposent, au 
nombre de dix-huit^ eu otit été atteints en même tettips5 



(i) Nous iloas émprcssooi de mettre sons les jen^ àt ^m leotesTe oc» 
intéressantes commnniciitions, qnine,i^iasaDnt parvenues qii*aajonrd*hni 
lo octolire. Noos espérons qne notre illustre compatriote voudra bien 
eômintiei' à boas tenir ah courant de ses travaux, qui ont deji été si utiles 
à la scitfftte et èi k^tiôrables pout le note Firâtl^is. 

(NMe àûB rédacteonde la i^put tnédîMiê.} 



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OBSERVAXiOWS MÉDIC0-CaiRURGlC:Af.Q5 35 

d'autres (<^ elle frappait les membres d'une même fa- 
mille successivement. Il nj a certainement pas le quin- 
zième de ia populaûou qui en ait été exempt : beau- 
coup de personnes même en ont été s^Cfectées deux fois. 
Elle a été d'ailleurs asse% bénigne, et aucun malade 
n'en est mort. Elle s'est présentée avec ses symptômes 
ordinaires. Lés affections ks plus intenses étaient effi- 
cacement combattues par les saigiiées générales et loca- 
les , et par les autres anti-phlogis tiques. Cette épidémie 
detronchîte a suivi jusqu'à présent la marche inverse 
ducholéra-morbus, qui fit, il y a deux ans, de si grands 
ravages en Egypte. Ainsi , partie de Constantinople , 
«llea parcouru successivement Smy me, la Syrie, Alexan- 
drie, le Cair^ , Suez et VHéggîas. Je ne connais ^son iti- 
néraire que jusque-là. Il serait assez singulier que de la 
Mecque elle eut continué son chemin vers l'Inde. 

Cette maladie a présenté dans son développement 
jtoutes les bizarreries qu'on observe dans celui du choléra 
et de la peste. Le plus ordinairement elle n'attaquait 
d'abord qu'un individu , puis elle gagnait tous les ha- 
bitans de la même maison sans faire grâce à un seul, 
tandis que la maison voisine restait intacte ; mais, apj^ès 
quelques communications, le mal ^^étendait là aussi. > 
D'uu autre côté , on vojrait des peréonnes qui fréquen- 
taient et toiichaient les malades $ans être atteintes. 

Nos contagionistfes d'Egypte n'ont pas placé cette ma- 
ladie dans la classe djss affections contagieuses , unique- 
ment parce que le mot grippe est moins connu, moins 
effrayant, que celui de peste , qiii, d'après eux , porîe 
avec lui a le caractère irrévocable de contagion , quoi 
qu* on puisse dire » y ils avaientsTefusé aussi, .il y a deux 
. ans cette qualité au choléra-morbus , qui pourtant avait 



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36 CLINIQUE ET MÊMOIHES. 

fait périr dans vingt-neuf jours plus d'-îndlifidas que 
les pesteS'les plus meurtrières dans six mois. Cependant, 
compte bien fait, et toute opinion préconçue à part y je 
ne vois pas pourquoi Ton refuserait à la grippe et au 
choléra le caractère contagieux pour le conserver exclu- 
sivement à la peste. 

^ Quant àjcette dernière maladie , voilà huit ans qu'elle 
n^a pas régné épidémiquèment en Egypte , bien que lés 
communications y soient restées libres y et que cepen- . 
dant elle ait fait des ravages à Constantinople et en Sy- 
rie» Ce n'est pas la première fois que des périodes sem- 
blables, et même plus longues , s6 sont passées sans que 
ce fléau se soit moùtré ici ; et dans ce long espace de 
temps ^ néanmoins , les inondations annuelles du Nif 
ont présenté toutes les variétés de hauteur en plus et eii 
moins : le clfmat , les moeurs , les habitudes et les usa- 
ges n'ont point changé. 

On prétend cependant que depuis quelques années les 
saisons se sont modmées ; que Tété est devenu moins 
cliaudf l'hiver plus, froid. Tes pluies j^lus abondantes et 
plus répandues^ On raconjle que cette anpée l'hiver a été 
tellemeiit rigoureux durant les premiers jours du mois 
de février, qu'il est tombé en très grande quantité de la 
neige des bords de la mer au Caire v qu'aux environs 
d'Alexandrie, il y eu avait jusqu'à plus d'un pied au-des- 
sus du sol y et que l'eau se gelait dans les vases de grès et 
les canaux. La neige a été suivie d'une forte grêle qui a 
duré trois jours, et à laquelle a succédé une pluie qui 
n'a cc'ssé que. Luit jours après. 

Tous ces faits exigeraient beaucoup de détails et de 
développement 5 le temps et \eé limites d'une lettre uq 



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OBSERVATIONS MÉDICO-CHIRI^RGICALES. 87 

me permettant pas d^y entrer , je les livrée à vos ré- 
flexions et à votre sagacité. , 

Après avoir passé quinze jours à Alexandrie , le vice- 
rot m'a. ordonné de partir pour le Caire. l'y suis resté, 
trente-sept jours* J'y ai établi le conseil de santé en per-' 
manence pour débrouiller le cbaos que j'ai, trouvé dans 
les affaires. De nombreuses réformes et améliorations 
sont opérées ^ des ^inventaires de toutes cho^s dressés , 
des inspections générales faites ou ordonnées. 

Je viens de me rendre à Alexandrie pour y organiser 
le service de santé de la marine d'une manière défini- 
tive ^.ainsi il va être entièrement séparé de celui, de l'ar- 
mée de terre. Un' conseil de santé et une école de méde- 
cine navale vont être créés dansi cette ville. Tout cela 
ae fera , j'espèi*e, avec facilité; j'ai d'excellens modèles 
<lans les règlemens français que je crpis ne pouvoir mieux 
faire que de suivre. 

Quant à l'école , pourtant , je pense qu'il n'y faudra 
qu'un enseignen^ent pratique spécial ; les étude s élé- 
mentaires continueront à être faites à Abou-Zabel. Les 
élèves ne seront envoyés de. là à l'école navale qu'après 
leur troisième année d'étude. 

Le vice-roi , qui s'occupe avec sollicitude de tout' ce 
qui péui, améliorer le sort du peuple Egyptien ^ vient 
d'ordonner qu^en attendant qu'il soit construit des b6- 
pitaux civils , on reçoive dans les hôpitaux militaires 
tous les individus des deux sexes malades. Cet acte de 
pliilantropie, de la part de son altesse ^ est d'autant plus 
méritoire qu'il est l'effet d'un mouvement spontané. De- 
puis plusieurs années cela se pratiquait à l'hôpital d^A- 
bou-Zabel ; mais <, dès aujourd'hui ] cela se fera dans tous, 
les autres hôpitaux. 



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38 CLim^UE ET MtUOtHEB. 

A mon retour de France j'ai pratiqué quelles opë-^ 
rations majeures , notamment l'extirpation d'niie tu^ 
ihenr éléphantiaque du scrotum , qui avait caché dans 
son épaisseur les organes génitaux. Cette maladie était 
compliquée de deux bydrooèles que j'ai opérées en même 
temps. Après avoir dégagé la verge et les testicules , je 
leur' ai fotmé une enveloppe tégumentaire.^Le malade 
a (^emi une guérison si complète que dans peu de temps 
on aura peine à croire qu'il ait subi une opération pa- 
reille. Je vous envoie la relation détaillée de ce cas de 
chirurgie, unique , à ce que je ci^oîs , dans Thistoire de 
l'art , et beaucoup plus curieux que ceux que j'ai déjà 
publiés sur cette -marière. 

Tbï aussi pratiqué , le même jour, la ligature de 
l'artère brachiale , et deux afmputaiîons dont une du 
bras et tme du pied dans l'ap^ulation tarso^ métatar-^ 
sienne. Cette dernière opération est remarquable en ce 
que j'ai recouvert avec un lambeau très long' pris sur la 
face plantaire du pied , non seulement sa' partie anté- 
rieure ,^ mais encore une ulcération qui se trouvait sur 
' son dos et s^opposaità la conservation des tégumens ; la 
réunion s'est très bien faite , et le malade est parfaîte- 
nsent guéri. Votis trouverez ci-jointe cette observation 
avec celle de la tumeur scrotale, et une autre sur un 
cas <le rétrécissement du canal de l'urèthre. 

Recevez , mou cher confrère, etc. Clôt Bet. 

r* Observation. — Tumeàr éléphantiaqiie scrotale 
avec complication de deux hjdroçèlesj extirpée avec 
succès par le docteur Clot-Bey ^ le i5 mai i833 , 
à V hôpital de la marine , à Alexandrie. 

Le nommé Ihrahim^SaaJ-Allah , natif de Rosette, 



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OBSEKVATiOUS MélilCP-CBI^UIlGlCALES. Sf) 

ègé âe 95;ai|s^ çoiMÛtutîoa athlétique, laille de çiuq 
pied9 dix pouea^y s^ pr^seme^ la i5 mfii à rhèpîtat d(& 
la IMUHiia , où Clol^Bey l'avait engage à se rendre.. la- 
lerrpgé sur Torigine^eft les progrès de s» maladie » il 
don^e le^ déUiiU «uivaae.. 

3a mère, encore vivante» porte tm engprgemeni iM^ 
phapûaqne i 1^ jambe droite. Il a luir-mâme souderC dans 
sou enfonce, un 4éger engorgement à la jan^be ganelie, 
qui a i^îsparu à Tépoqne de U puberté. Il éprouva, il 
y a sept\in«, un gonflement au testicule droit, qniaug'- 
menia insensiblement de volutoe , sans pourtant devenir 
considérable « car. il se maria quatre, ans plus tard ; il eut 
un enfant 4 et sa femme est actuellement enceinte de 
buitmois^ Le coït était néanmc^ns difficile, U ver^e 
étdnt presque A^ntierement c^hée dans, Tépaîsaeur du 
scrotum* Depuis quelque^ mois , cet acte est devenu im-* 
possible, h. maladie ayant fait de rapides prog-n&s^ sur^ 
tout depuiji les trente- trois derniers jours de aen cntr^ 
àrWpital. 

Durapt le cours des sept années, la tumeur a passé 
un grand ncHnbi^ de fois à Tétat inâammatoire aigu , 
pendant lequel il y avait de la fièvre, des vopiissemens , 
de la ebaleur , et une ^augmentation notable de ,voluni« 
dans la prtie^ Cet état «ne dui^it Ordinairement que 
quelques jours, ei ie malade n'y a[^rtait aucun re^ 
mède. 

Dans letat actu^, la tumeur est d'une teinte ronge- 
brun. Elle est ovale;, a un pied quatre pouces de hau- 
teur , (feux pieds deux pottces de circonférence , et pré- 
sente à sa partie antérieure, un peu au-dessus de la moitié 
ii^lérieure, une déf^ression ressemblant assez à une vulve, 
formée p^r le renversement du prépuce en dedans, d'où 



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4o CLINIQOB ET M^HOtnES. 

résulte un canal de quelques pouces, q^i va aboutir k 
la cîrconfërèiïce du gland, et par où s'écoulent les urines» 

Clot-Bey prit Tavk des n^ecîns qui se trouvaient 
{>résens, MAI* CervelU, médeciR en chef de la marine; 
Frîars, Vemanî, Rigaud et moi. Nous fûmes d'opinion 
unanime que l'opération était la seule ressource qu'of- 
frait Fart. EHe fut motivée par l'impossibilité d'obtenir 
la résolution de la tumeur. Le malade la désirait lui-" 
même. Clot-Bey la pratiqua le même jour à lo heures 
du matin et y procéda de la manière suivante. 

Le malade placé horizontalement sur une table cou- 
verte d'un matelas et de x:oussins, Topera teur armé d'un 
bistouri conveye pratique trois lambeaux sur la tumeur: 
le premier de forme oblongue , d'envjron quatre pou- 
ces de largeur sûr six de longueur , à la partie supé-* 
rieure antérieure et moyenne, pour servir d'enveloppe 
à )a verge , cachée sous ce même lambeau dans la mas^é 
de la tumeur; les deux attires, latéraux, demi-circu- 
Jaires , pour recouvrir les testicules, s'étendant chacun 
des c^tés de la base du premier lambeau au périnée. 
Une sonde canuèlée introduite dans le méat anormal sert 
à isojer le pénis. Les testicules sont mis à découvert au 
moyen dr'une incision sur le tr^yel des tordons , et sépa- 
rés de làL^massc de la tumeur, qtii est emportée^pal^ quel- 
ques coups de bistouri. Chaque testicule se trouve con-' 
tenu dans une hydrocèle. La tunique vaginale incisée 
du sommet dutes^ticule à sa base , laisse échapper le li- 
quide qu'elle cot>tîent-< Elle est trouvée épaissie et ul-^ 
cérée dans divers points/ 

L'opérateur en excise , avec des ciseaux , une portion 
de chaque c6té; les testicules, reconnus dans l'état nor- 
mal sont placés dans les deux lambeaux tégumeniaires ^ 



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OBSERVirTIONS MÉDICO-CHIIltJRCICÂLES. 4^ 

qlii sont rapprochés et assujettis par despoii^ts de suture 
pratiqués du périnée à la base de la verge. Celle-ei est 
enveloppée à sou tour avec la peau qui lui est réservée 
et dont les bords sont réunis de la même manière et le 
long du canal. 

X Pendant la dissection , Clot-Bey avait conservé une 
portion du prépuce 5 il la réunit aussi par quelques points 
dé suture, à la partie antérieure du lambeau, vers la base 
du gland. , ' 

Le scrotum et J*enveloppe étaient si exactement for- 
més , qu'il fallait avoir été présent pour croire que la 
chirurgie pût obtenîr^'aussi étonnans résultat^- La du^ 
rée de cette x)pération n'a été que de vingtr^inq minutes. 
Cinq vaisseaux artériels ont été liés. 

ïiC ihalade placé dans son lit , les cuisses deml-flér- 
ehies , soutenues par un coussin , fut assez calme jus- 
qu'à quatre heures après midi. Il fut sai^i alors d'un fris- 
son auquel succéda la chaleur e( la fièvre é 

Le THQtin , 16 mai. La nuit a été calme, le malade a 
dormi par intervalles*, il a uriné une fois. Il n'accuse 
pas de douleurs ^ le pouls est fréquent, légèrement dé- 
primé, mais régulier*. Soif ardente {Boissons acidulées^ 
Diète). L'appareil est pénétré d'miehumeur séreuse san- 
guinolente. 

Le soir : même état , légère somnolence. 

17 au niatiru Inquiétude, découragement^, langue 
couverte d'un enduit muquéux rouge sur ses bords et 
i sa pointe. Pouls fréquent, développé (lao pu fspotian 5). x 
La plaie est d'un bel aspect et les bords sont peu en-» 
gorgés. Diète. 

Le soif\ Abattement général, toux fréquente^ teu- 



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4^ CLI0IQDB ET XiMOIRES* 

sioa abdominale {Ltwoment émollient ; bomon ordi^ 
naire). ' 

iS au matin. Pfuit trianqmlle, physûmomfc calme, 
ln<|uîétude moindre, poub moins fréquent, coDiinuatiov 
de la toux (looch blanc du codex) y bon aipect des par- 
ties 'j m&me situation. Le mr , âiètCf 

19 au matin. Bien^tre g^m^ral, pouls presque natu- 
rel , tendance à la gangrène k la partie supérieure et an^ 
térieure de la plaie. L'opérateur enlère quelques points 
de buture> il s'écoule une humeur séreuse (il!/<^me bçà* 
son; diète)' 

20 au malin. État général satisfaisait* La plaie laisse 
écouler une humeur ichoj^euse. Deux points de suture 
sont tombés {Le malade sera pan$é matin et $oir; la^ 
vement émollient; diète). Oh accorde au patient de su- 
cer /ime orange. 

'11. Mieux prononcé, abondante évacuation alvine, où 
on distingue des lombrics. La plaie est en bon état, l'hu- 
meur qui en découle prend le caractère de pus , tous les 
points de suture sont lotnbés (Même prescription). 

22. Le mieux continue, copieuse évacuation non 
provoquée. La plaie laissé couler un pus de bonnb qua- 
lité; elle se dépouille, à la partie postérieure, d'un tissu 
cellulaire mortifié (Soupe maigre). 

23 et 24. Amélioration rapide. 

25. On remarque quelques petits abcès k la réunion 
des lambeaux du scrotum. Ils sont otiviQrts. Il s'en échappe 
un pas louable. 

26. On ouvre un petit abcès à la partie latérale droite 
du scrotum. On accorde au malade une nourrituiv 
légère. 

27; Depuis ce j<^r jusqu'au 17 juin , le malade a été 



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OBSEUVATIOAS MÉDlCO-CBIlItlBGICALES. 4^ 

de mieux en mieux ^ il te prooienait dans )a saUe^uni 
d^an suspensoir, quand toutà coup une bronclnte se dé* 
clar^. (La grippe r^nail alors à Alexandrie. ) Une forte 
toux'snryinl et changea ti^lement les conditions heo- 
reuses de la plaie par les efiorts qu'elle occasionait au 
malade« Le scrotum s'enflamma , s'engorgea. La plaie se 
dilata , présenta un aspect lardacé ; les dcatrîces se r'ou^ 
vrirjeat en partie , surtout celle de la verge. 

Le^malade passa dix à douze jours dans cet état; mais 
le repos , une diète rigoureuse , les boissons rafraîchis- 
santes et mucilagîneuses , quelques applications^ de sang- 
sues , etCr, le rendirent à son premier état , et à la fin 
du mois de juin Ibrahim fut à même de pouvoir marcher, 
fumer et manger la portiouî. La plaie , pansée simple- 
ment avec de la charpie, s'améliora de jour en jour, jus- 
qu'à ce que, réduite à un demi-pouce de largeur, elle resta 
stationnaire. 

Clot-^Bey ordonne îa sortie du malade de l'hôpital, 
persuadé qu'un air plus pur et un exercice modéré amè- 
neraient une parfaite cicatrisation. Cette plaie se trouve 
cachée dans un prpfond sillon résultant du renversement 
de la peau et d'un peu d'engorgement. 

En effet , quelques jours après la sortie du malade, la 
plaie avait changé d'aspect, était presque cicatrisée, ex- 
cepté vers la racine de la verge , oiJL il y avait eu déper- 
dition de substance. 

Réflexions. — On voit , d'après cç qui précède , quo 
cette opération importante a çu le succès le plus com-r 
plet, ou plutôt que' trois opérations distinctes , faites en 
même temps, ont réussi simultanément aussi vite et 



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44 OLiniQUE ET MÉX0IBE8. 

aussi bien que cela a Heu géDéralement pour la simple 
opération de Thydrocèle par excision. 

Non seulement le malade est débarra/sé de sa tumeur^ 
mais encore il a cc^pservë l'int^rité des organes géni* 
taux ; car il a eu, pendant son séjour a l'hôpital , de fré^ 
quentes érections suivies de rémission du sperme. Il 
nous a même assuré avoir usé ^ depuis sa sortie , du coït, 
qui, cependant, est rendu douloureux par la courbure 
de la verge, à laquelle il sera facile de remédier par une 
simple incision. Le temps même peut suffire pour ame* 
ner rallongement de la cicatrice. 

Quant au léger engorgement qui existe eUcore au scro- 
tum , il se dissipera iùdubitablement en peu de jours , 
et il sera alors difficile de croire qu'Ibrahim a subi une 
telle opération, qui est peut-être unique dans les anna- 
les de l'art. 

Les affaires du Service m' ayant obligé de me rendre au 
Caire\ peu de jours après que j'eus pratiqi|é celte opéra- 
tion , je confiai le malade aux soins particuliers de M. le 
docteur (xrassi, et le priai d'en recueillir l'observation. 
Il ne pouvait être en meilleures "mains ^ car ce praticien 
est aussi distingué par son savoir que par sou zèle phi- 
lantropiqué. ( La suite à un prochain cahier. ) 



Nous apprenons que le docteur CIot-Bey a mis sous les 
yeux du vice-roi les belles planches coloriées qui décorent 
l'ouvrage de M. le professeur Alibert sur les maladies de la 
peau. S. A. AU Mahomet a ordotmé que l'ouvrage serait 
traduit en arabe, et servirait de base à renseignement dô 
la patliologie cutanée dans l'école d'Abou-Zabel. 



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TAKEKTISME» 4^ ' 



RAPPORT 

Sur le tarentisme et te mémoire du doct. SahU'- 
tore de Renzi (i), concernant cette affection ^ 

La à rAoademie ro^alfi de médediM, 
Par MM. Awdkal père et Vikey commissaires. 

Chargés par T Académie de l'examen du mémoire que 
M. le docteur de Renzi a lu devant clle^ et ayant pour 
objet des observations sur Taffection si célèbre sous le 
nom de tarentisme^ vos commissaires ont dû s'occuper 
de- ce travail avec un soin d'autant plus scrupuleux 
<{u'il s'agît de fixer, s'il est possible , l'opinion dans les 
sciences médicales, sur un sujet curieux* ei controversé 
jusqu'à ce jour. 

L'auteur ayant voyagé dans la contrée de la PouîUe, 
au royaume de Naples , où cette maladie se rencontre, 
dît-il , sous toutes ses formes , déclare que les observa- 
lions authentiquée dont il entretient l'Académie dissi- 
peront cous les doutes. Il décrit d'abord i>rièvement ce 
territoire ^ilué vis-à-vis de la Grèce, peu élevé au-dessus 
du niveau de la mer, entré le golfe de Tarente et l'A- 
driatique, formé d'un sol calcaire aride. Uaffection du 
tarentisme se manifeste principalement dans la région 
d'Otrante et des aiiciens Salenlins. Il Tattribue unique- 
ment à Tespéce d'ari^ignée si connue sous le nom de ta- 
rentule , dont il donne une description fort abrégée et^ 

(i) Médecin ordinaire de lliApital de Iioreto, membre de rinstitat de 
Maples , etc.; la le 97 août i893. 



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46 CLINKjnUB ET MEMOIRES. 

imparfaite sans doute; car, selon Vantèur, cettetiraignée 
présente , outre ses quiatre mâchoires , une trompe bien 
caractérisée, coexistence dWganes incompatibles (i). 

D'après M. de Benzi , le venin de la tarentule aurait 
deTanalogie avec celui de la vipère (coluber berus)^ 
dont il ne semble différer, sgoute-t-ll, que par la den* 
siié. La morsure ne proditirâk que les résultats appnréns 
d'une piqûre d'abeille , par la pUogose , le gonflement 
' et la douleur ; mais il s'ensuivrait tous les eÛets géné- 
raux d'une profonde réaction sur l'appareil nerveux ; 
Tangoisse , le tremblement j la fréquence du pouls . les 
vomissemens , la prostration des forces , l'état d'hébé*^ 
tude accompagné de spasmes hypocondriaques très vio- 
lens. 

Le remède consiste, comme on l'a assuré tant de fois , • 
dans uhe musique vive , et la danse appelée tarentelle^ 
portée jusqu'au point d'exciter des $ueurs abondantes ^ 
afin de ranimer Téùergie affaissée des sys^tèmes nerveux 
et musculaire. M^ de Repzi rapporte aussi que l'emploi 
de la tfaériaque et de l'ammoniaque n'a pas été inutile 
dans qitelques cas gravée, et que l'usage superstitieux 
de l'eau d'un puits du couvent de St-Pierre, à Galatine, 
présente de bons effets. Cette eau., dit l'auteur, éma- 
nant des égoûts de la ville, est putride, ammoniacale , 
et suscite des vomissemens salutaires. M. de Renzi 
conseille encore des diaphorétiques , les antiiaoniaux , 
la scille , les fumigations aromatique. H s'élève contre 



(i) Chez les* insectes , la trompe résulte de la transformation des or- 
gtn«B maxillaires en des lames dont la réunion constttne le tnbe da in- 
içoir 9 par exemple ceax de la cbeailte àâhè la trompe au papitton» d*a|irè» 
les belles obserrations de M* Savigny. 



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^ . TAItEMTiSMR. 4? 

les opinions qui attribuent aux seules influences (du cli- 
mat et de ia chaleur le larentisme ; il apporte enfin , 
eomme ppeuves du pouvoir vénéneux de la tarentule , 
deux observations, - 

La première est celle de Çoncetta Scardia^ petite fille 
âgée de trois mais seulement ^ qui ^ par suite de la pi- 
qûre de la urentuljs (Tauteur ne dit point s'il s'en est 
assuré lui-même ) , se trouva très oppressée tout-à-coiip, 
et sur, le point de suffpquer* ElJe vomit et éprouve des 
convulsions. Les paréos font jouer devint ce^ enfant un 
instrument de musique et remuent ses membreà en ca^ 
dence. Il s'établit une, sueur copietisé ^ on couche cette 
petite fille qui s'endort bientôt) puis se réveille entière- 
ment délivrée de son târentisme , dit l'auteur. 

La seconde observation isst œlle d'tin moissonneur 
qui , dormant sur la terre , fut réveillé en se semant 
piqué. C'était une tarentule d'une espèce dangereuse^ que 
le docteur Demidri , voulant en faire l'expérience , ap- 
procha du pied de ce^ moissonneur. Çelui-oi^ sans con^ 
naître quel animal Tavait blessé^ n'observe qu'une seule 
tumeur circulaire : mais il prouve bientôt oppression , 
abattement général^ délire. Alors on a recours.au re- 
cède de la musique* Le mdssonueur» invité à danser, 
danse ^ transpire abondamment >. et. sa guécison est im- 
médiate. M. dp Renzi ^^ute ^'il a été le témoin ocu- 
laire de beaucoup de faits anal<^ues dont il ne croit pas 
nécessaire d'entretenir plus longuement l'Acsadémie^ 

Tel est en substance le mémoire de l'auteur. Nous 
examinerons non seulement ce travail ; mais , pour ac- 
complir les intentions de l'Académie , nous devons lui 
soiunettre les questions qui se rs^ttaçhent à l'histoire du 
tavemisDie considéré en lui-même. 



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48 CL1NIQVE «T VÉMOIRES, ' 

Nousrne prétendons point affirmer, d'abord, qu*aucane 
des grandes espèces d'araignées soît absolument exempt^ 
de venin pour f hoiiinie et les ànimanx. Quoique Swam- 
merdam n'ait point aperçu d'ouverture d'oà une liqueur 
put s'écouler dans la plaie faite par leurs mandibules , 
cependant on a reconnu , depuis , que leurs serres fron- 
tales ou maèhoires supérieures présentent en dessous 
de leur crochet terminal , très pointu , une petite fente 
pour la sortie d'un venin renfermé dans une glande si- 
tuée sous leurs palpes. Elles immolent ainsi les insectes 
dont elles font leur jprgie; car, même , des mygales ou 
grosses araignéesrcrabes , tuent jusqu'à dés oiseaux, tels 
que des pigeons ; les thérîdion (la malmignatte ), peut- 
être les clotho, les ériodon , les dolqmèdes , en général 
les espèces qui chassent sans tendre des toiles , ont be- 
soin de frapper leur victime d^tm ^ul coup, comme font 
les lycoses ou araignées-loups de Latreille et Watcke- 
liaer *, les vraies tarentules appartiennent à ce genre dont 
la marche est rapide ( c'est la tribu ^es cltigrades ) 5 leur 
habitation est souterrs^ine ou 4ans des trous en boyaux 
tapissés de soie, comme je sac qui renferme leurs 
o^fs (i). 

Il s'en faut beaucoup que ces insectes cherchent à 
blesser l'homuiQ *, ils fuient au contraire sa présence. 
Cependant ils excitent toujours quelque. frayeur. Ce n'est 
points ejci effet, à cause qu'il se rencontre>de ces araî?» 
gnées vers la ville de Tarente qu'elles portent le nom 
de tarentule , cqmme on l'a çlît 9 car elles existent aussi 
en des pays très éloignés et très différens. On en voit 

. I, m.- ■- « I ^ ' ■ i I 

(1) Us ^nt an 9iom)>re d6 6 à 800; mais, comme lea aatre» arai^ées, 
i£8 tarentilles s^entre-dévorent. 



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TABENTISMB. 40 

sur les c6te^ de Barbarie , en Oriçnt, en Perse et dans 
. la Tauride , d^ns.les déserts de la Ru3sîe méridiouale , 
comme aussi vers Astracan , et jusqu'aux moats Altaï. 
La lycose tarentale ordinaire est; répandue en Italie, et 
également en EspagQe ; elle s'y tient dans des terrains 
argileux surtout; on en rencontre diverses autres espè- 
ces , soit en Provence et dans tout le midi de la France, 
soit même autour de Paris ( les lycosafabrilis^ perita^ 
saccata , etc. (i) sans qu'on ail éprouvé le moindre ac- 
cident par elles; mais le nom de tarantola on terrent 
to/a^ pareillement attribuée un stellion étoile de rouge, 
ou un lézard gecko fort lait] , dérive de la petite terreur 
causée par leur subite apparition (de' ferror). De plus , 
la tarentule, comme ce stellion, est nocturne ;' ses huit 
petits yeux rouges sont luisans et voient clair dans l'ob- 
scurité , comme ceux des chats , selon l'observation.de 
M. Léon Dufour« Grosise <;omme une .aveline ou fotte 
noisette, son abdqmen cendré et velu est taché de ma- 
cules noires en dessus, et teint sous le ventre d'un rouge 
de sang ou de fauve avec des bandes noires; mais ces 
couleurs varient selon les âges. C'est par ces marques 
sanglantes que d'autres espèces d'araignées inspirent en- 
core beaucoup de frayeur, comnle les treize gouttes de 
sang de la malmignatte.de Corser - 

Si nulle autre part sur le globe , parmi les terrains 
les plus secs, le^ contrées les plus ardentes^ la morsure 
de la lycose ne suscite le tarentisme; si l'espèce de cen- 



(i) Fojrez CtiaibrieT, 3îém. Soc, acad. Je Liile , cahier iv^ pag. 5 a, sur 
la Lyc, melanogaster du midi de la France, etc. Walckenaer, tçume franc. ^ 
II, Aranéid., p. 5 et soiv. Rossi, Fauna tlrusca, t. n, p. i3a. LatrelUe, 
Nouv. dict. d'HisU nat., et M. Léon Dafour, JHêm. annal. d'BisL na/,, etc. 

Tome IV. 'Octobre iSii. 4 



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5o CLINIQUE ET MÉMOIRES* 

vnlsion nommée à Tanger \ejanon ^ d*après Gervaise , 
si. celle décritç parOléarius, en Perse, dnt lieu sans 
la piqûre d'aucun insecte, «i enfin les médecins les plus 
éclairés , Français ou étrangers , qui ont visité le sud de 
ritalie , regardent le tarentisme comme une maladie si- 
inulée , tine £ible populaire , leur témoignage peut 
inspirer quelque confiance , malgré le respect du à des 
'auteurs recommandables, tels que Baglivi et plusieurs 
autres» L'un de nous qui. a long -temps habité le 
rQyaumedes'Oeux-Siciles , déclare que }e« tommes les 
plus instruits 4^ ce pays considèrent le tarentisme comme 
ime jonglerie. 

he tarentisme fut iiprconnui en effet, à toute ranti«> 
^uité , puisque Aristote , Pline et tous les anciens , qui 
traitent de diverses araignées véniiàèuses comme lespAo* 
langium à longues pattjes , ne font aucune menii^m de 
la cure au moyen de la musique et de la danse. D^atl- 
leurs les modernes admettent qne toutç piqûre de la 
tarentule ne produit pas toi^gours le tarentisme. 

On n a commencé d'en raconter de^ histoires qu'au 
quinzième siècle. Accueillies par Cardan , Kircher et 
d'autres savans crédules, on a^rmait gravement que la 
tarentule dansait elle-même au son des instrwmcns ^ 
qu on voit cet insecte exécuter une sorte de ballet avec 
k sphexpM cette fausse guêpe, leur ennemie, qui çï»ei- 
che à la percer de son aiguillon -, que jusqu'aux pattes 
arrachées aux Urentules exercent encore , dans leur irri- 
ubilité, des mouvemens cadencés. XfaL piqûre du scor- 
pion de la Fouille passait aussi, d'après quelques au- 
teurs, pour exciter le tarentisme. Sans doute encore 
Topinion que les araignées sont sensibles k la musique 
dérive de Li. 



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TARBNTISMfE. 5l 

Toutefois 9 Torigine la plus Tmisemblable du tareii- 
tisme paraitëmanerd'uiie antique coutume dapagauisme, 
jadis foi^t répitudue dans Je midi de ritatle. Si parmi sout 
le o^ruaval rattache ses usages po|mlaires aux saturnales 
et aux bdochaiMles de Tan^iquité^ il y n toute apparence , 
ég^ï^s^mil^ qae il ciimai^afûfto delh donner désigna* 
iion du tarentisme . d'après BagUti , se rappoi^te aux 
anciennes danses des Saliens du «lèxne pdys. Les taren-^ 
tulés , en effet , dansent sur uct rhyîbme.vif et très pré- 
cipité la tarant^Ue ^ dause ^fiOsotéeà ce prétendu mal ç 
ils se parent de vètemens de conteurs J>rill:anteB, de col- 
liers ou d'autres pi^emeus j ils aiment manier dea^pées 
d'un air animé et furibond* Tous ces faits sont encore 
une eliacte réminiscence de Texercice de ces prèires de 
Mars appelés à Kome par Numâ. Mais ces Saliens et 
Saliennes' (de Salire, sauter) couraient parmi les Sabîns 
des Appe9ina> et les Salentîas , aujourd'hui Ja i^iou 
d'Oirante, et à Tarente, où fleurissait jadis la philoso- 
phie de P;thago]?e| si adonnée au culte de rbarmonié.. 

Il y avait parpi les Saliéns ^epx appelés Pàiloriens 
ou Paf/on«;i5 consacrés à la pieurou àla pâleur^ ka Qlles 
«alieniies ne pouvaient, dit-K» , aspirer jautax^g des ym^ 
talefs, Ces caractères manifestent l'analogie entra eux et 
les tareiïtulés; Ceuit-^i, de Tun et Taùtre s^xe., d'après 
les meilleure observateurs, excitent. et éproiilrent des 
passions et un état spasmodique rapporté a Thystérieet à 
l'hy})ocbotidrie. Cèn'eet pas sans raison qtie iesoosolo*^ 
^îst«» rangent près de la nymphomanie le tarentisme 
spasmodique.Un plus grand nombre de femfmes que 
d'hommes est atteint de cette manie dansante^ surtout 
chftft les vHlagâoîfltes dont qA comrarie les inclinations , 
comme le dit aussi le docteur de Renzi , après 'Séraa, 



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02 CLINIQUE ET MÉllOIRES^. 

Kiedesel cl une foulé d'observateurs. Ceux même qui 
admettent ta réalité du tarentisme, airec Pigonati , Ca-^ 
puti, Ferdioandi , etc. , citelit des faits semblables d*é- 
rôtomaoie (i). C'est d'ailleurs par des danses analogues 
que s'expriment d'ordinaire les passions athoureuses 
exaltées soùs les cieux ardens du midi. Non seulement 
On peut citer le Fandango des Espagnols et la Calenda 
des nègres , danses lascives qu'on permettait , jusque 
•dans les couvens; mais les Corybantes , les Curetés, les 
Galles', ministres des divinités de volupté dans lectdte 
, mystérieux d'Atys et de Cybèle , la bonne déesse ,, exé- 
cutaient des danses sacrées avec une fureur, portée, dit- 
on , jasqu^à se mutiler les parties génitales. 

Il est resté des souvenirs de ces danses , soit dans 

les anciennes farandoles du feu de la St-Jean , soit dans 

. les cfaoeur£| de nos temples au moyen âge. Les évèques 

prœsules donnaient le premier élan' à ces exercices dont 

le roi David avait montré l'exemple. 

Il est , comme on sait y dans le Système nerveux des 
dispositions qui multiplient par Pimi ta tiou ces actes au- 
tomatiques , comme daiis la danse de St-Guy et l'ente^ 
neasmuà. On a cité des exemples d'épidémies de ces 
affections spasmodiques, à certaines époques, sous Fîri- 
fluence religieuse, comme sous celle der l'Amour, dans 
les réunionsdés fètes^ principalement en été. 

Nul doute que cette mobilité de l'appareil nerveux ne 
puisse être accrue par l'ardeur du climat , jointe à l'ex- 
citation des passions voluptueuses chez les jeunes person- 
nes célibauires des deux sexes , puisque la inusiqi^e 



(x) Tels ^*im priapismo inftrMak , etc. Voir ûjmscûU ScelH, to». iv^ 
p. ^o^^Ibidj p. «2 a et suit. 



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TlRBlITISME. 53 

déploie tin si puissant empire sur les complexions vives, 
sensibles y maigres et, pâles des iiystériques et hypocon- 
driaques. Tout n'est pas simulé dans ces actes auxquels 
les entraînent dés passions trop allumées. Mais là réalité 
du venin de la tarentule (qufint à. ses propriétés musi- 
cales et dansantes) n'est rien moins que démontrée. Ses 
défenseur^ confessent eux-mèmeS qu'il n'agit ni en d'au- 
tres lient , ni en tout temps-, il nous parait donc une fable, 
yn prétexte pour excuser comme tnaladives et forcées des 
actions répréhensibles ^ ou un moyen d'attirer l'atten- 
tion publique. ' * 
. De semblables motifs de doute s'attachent aux deux 
observations présentées par M. de RenzL Celle relative 
à un enfant de trois mois nous parait être simplement l'un 
de ces mille exemples des mouvemens convulsifs qui fa- 
tiguent le premier âge , et que terminent souvent , 
comme dans le cas cité, le vomissement ou d'autres 
réactions spontanées de * l'organisme. La piqûre de la 
tarentule, sur le moissonneur endormi, nous semble 
avoir été si subitement guérie qu'elle laisse naître les 
plus grands soupçons sur la réalité de ses effets.dans cette 
épreuve. 

Enconséquense, nous pensons que le mémoire doit 
être déposé aux archives de l'Académie. 

G. Andral pfî/'e . J. J. ViREY, rapporteur. 



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54 CLIHIQUS BT. MÉMOIRES. 



Bulletin de la S^déÈé Jnatonuque; rédigé par 
M^ FoROBT^ secrétaire. 

JËxtrait dfiS proeès-^etbaux des séances de la Société 
anaiomique. 

Anatomie du système nerveux dé la main, *de la lûttgue, gunglian opf^haU 
mîque, — Anévrysme du cœur. — Cancer du foie. — Conduit auditif,';^ 
Destruction de l'épiglottc^^ Phthisie larjngée. — Dothinentérie, — Tfc- 
moirhagie intestinale par ulcération artérielle,-^ Ramollissement générât 
des osl'^^Pofype utérin, — Vessie à colonnes. ^^ Abcès sout-muqaeux du 
larynx, ' ' 

Présidence de M. Cruueilhier. 



Séance du i*' août x833. — M* Comas fait nn^ rapport soi- on tkwaîl 
de I^,- Lacroix , relatif anx nerfs de la mai|i« 

Au snjet de ce rapport^ M^ Giraldès f&it ot>serter que le nom de gan- 
glions donné par M. Cainns aux petits corpuscules annexés aux filets de* 
tcrmimfisoii des nerfs de là flice palmaire de la maitt , n'est pas justifié, 
en ce qu'il est douteux que ces corpuscules soient de structure nerrensè. 
M, Camus répond n'avoir employé ce mot que comme terme de conven-' 
tiOn et sans préjuger, absolument la nature de ces corps. 

M. Robert prétend que c'est à tort que le rapporteur a dit que le tierf 
glosso-pliaryngien se distribuait également aux muscles du pharynx et à 
la languf , va qu'il se distribue en presque totalité à la muqueuse' lin» 
guale; du reste,, il n^est pas un nerf de U langue apquel on puisse ass^ 
gner une distribution «xclnsive à tel élément déterminé. 

M, Michon relève une assertion de M. Giraldès , qae les nerfs de la- 
▼ie animale sont dépourvus de ganglions. H oppose les ganglions inter- 
vertébraux , ganglion ^e Casser ou du trijumeau , ganglion otique , etc. 
Il soc^tient contre M. Robert, que le glosso-pharyngien fournit autant de' 
rameaux aux muscles du pharynx qu'à la langue. 



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SOCIÉTÉ AMÂTOUlQUE. 55 

. M, Giraldèt àcm%^dt ù le» prétendu» giii^;tiam â» neifr fenHtili se 
sont pas plutôt des plexas plus oa moioji HCQM« 

M. ChMikiêt wtf^poftê^wwmliÊ f mt aM wé d«vmèr«açttt «ne byviiche du . 
têàaA f loBgemit If gkisso-pkaryofien «l eodMonakpiaiit «yec Im. Cette 
braifcbe amtsi ToliiiDitieiW^iio lé trotte priiK^pal , desaèndait le long de 
rapopbyee stf loîde , «"aiMsioflibsah if¥ee le tferf {«toBso^ha^gien, et te 
dirtribinôtr ceuiuie loi ; «etle 4dispoeltioii a^existatt que d^D^l e^é. M* le 
préàdtnt propose de ikymiDef oiie eommissiofi dans le Imt d'éclairer les 
impOTiaotes questions sOaleTées dans cette discassion. Cette commission 
se composera de MM. Chassaignac, Camos, Lacroix, MaisoimeoTe, 
Giraldès et Desprcs. EUe a^oceopera : i** de dicerfaiiiier la dispoeitioit et 
la •trnotui'e nerveuse oo im>ii des prêlciidns ganglion» des fiktt des nei€i 
de If main ; .^** d*élablir la distribDti<yn pr^cûe da nerf glosso-phsryn- 
gien ; 3** de rechercher quelle est la irëqaence de cette anastomoee dn 
même goerf obseryé par M. Cmveilhier. 

M, Moiitaiiii rapporte qu'ayant diseéqoé l'appareil ocolaire d'nn lion , 
il. a 'Tainement cherché à découvrir le ganglion ophtlialmiqne ; il se de- 
mande si ce ganglion ne manquerait pas dans le genre felis on dn moins 
dans l'espèce leo , comme on a prétendu qu'il manquait dans le genre 
equuSf où pourtant M. Retzius l'a rencontré et monti^ i la Société ana- 
tomiqne. 



Séance Ju 8 août. — A propos do procès-verbal, MM. Giraldès ^ De^ 
france et Denonvillters , disent avoir trouvé le ganglion ophthalmique 
chez de jeunes chats , et témoignent leur étonnement de ce que M. Mon*- 
fault ne l'ait pas trouvé chez I^ lion. 

M. Né[aioK dit qae cher le genre feiitf ce ganglion est, parfois dlDBeile 
à trouver , à canse de la disposition de la branche inférieure de ht troi- 
sième paire, qui est très longue, s'avance jusqu'au globe de l'œil et se 
réfléchit ensuite le long du nerf optique avant de se rendre au ganglion 
opbthalmtque. Ce ganglion eft multiple ches certains anim»nx : ches le 
cheval il y en a ju8({u'à trois. Cette variété de nombre s'observe anési 
pour lé ganglion spbéno-palatin. Parmi les oiseaux, le ganglion ophthal-^ 
miqoe , selon M. Nélaton, n^existerait que dans le genre y<fA:o> cependant 
on le rencontre ches la pie, 

M. Lenoir rappelle que Munch , dans nue diasertation intéressante , 
Çait observer que le volume du ganglion ophthabniqne est généralement 



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56 CI.INFQVE ET MèMOinES. 

en n^port aVéc la contractiHté dé VixiB ; ce qui* a pn conduire k penser 
qa*il n'existe pat cfaes le ebeva^. 

M, Figer ptéitDte f i^ on cceor anévrysmatiqae e» ^i^ct^ , prove- 
nant d'un hoomie ches lequel exiataient tooa les .aignes ' de Tané^rysine 
pasaif. Lea battemens de oesor y vers lea derniers temps , n*ofCraient pins 
qn*an bniit.de eUqoementet se snccédaient par séiiea de quatre à cinq 
soivis d^nne intermittence. l«e bmit de'sonfflet, sensible dans le principe, 
avait disparu; 2** nn morcq^ de foie parsemé de matière encépb*loîde 
qui loi donnent nn aspect granitiqyie ^ disposition pins rare qoe le cancer 
maronné on en masses. v 

M, Lênoir \\X nne note^ snr la disposition do condoit anditif externe 
anx divers âges, conduit dont la direction diec l'enfant est pkis oblique 
en avant X^ redressement est attribué an développement consécutif de 
Tapopbyse mastoide. , - ' 

M, Ribes présente un larynx provenant d'un pbtbîsique. L'ëpiglotte 
est détraite, et cependant la déglotilion s'opérait d'nne manière normale. 
Quelques roewibres pensent qns les caroncules qui naissent de U racine 
de répiglotte pouvaient snfGre pour recouvrir la glotte. Il y avait aphonie. 
Djlus les ventricules existe une ulcération tuberculeuse. Le cartilage cri" 
coîde est ossifié (le' sujet avait 60 ans)^', mais le tissu réticulaire e&t di- 
laté d'une manière anormale. M. Ribes a toujours vu les tubercules pul- 
monaires accompagner la phtbisie laryngée ; une fois il a trouvé pour 
toute lésion dans le larynx une carie du cartilage cricoide. 

M. Ribes regrette de n'avoir pu- apporter un cœur anévrysmatique où 
l'une des vâvnlés sygmoïdes dé l'aorte est ossifiée, l'ossification étant le 
siège d'une carie. 

M. Sédillot ^ésente nne portion d'intestin provenant d'un individu 
affecté de dotbincntérie , dont il étajt convalescent , lorsqu'il fut enlevé 
par la résorption purulente résultant de la suppnratitim d'une escbare 
qui s'était formée au coiide. Quelques plaques de Peyer sont à demi-ci.- 
catrisées, d'autres le sont entièrement, dans quelques points la ciicatri'ce 
repose sur la séreuse elle-même , les plaqpes ayant été détruises. 

Séance dii i5 aoîit.-^ M* Monestier , interne des hôpitaux >* lit une' 
observation d'hémorrhagie dans la cavité de l'estomac et des intestins. 
Il présenté une pièce anatoroiqne rendant compte de rhémorrbagie qui, 
snivapt M. Monestier, n'est pas due à une exhalation , mais bien à la 
rupture par ulcération^ d'une des^ artères de l'estomac. On veiï}arque, on» 



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SOCIÉTÉ AWJtTOMlQUE. 5 7 

%(fet , eu éxatainaot 1a surface iaterne de la paroi postérieure de' Petto- 
lùac une artèr0 dan» laqaeUe ont- été . iatrodiiit«9 en'^aeiu opposé deux 
soies qui s'enfoncent ratie etVaatre aune asset grande distance de l'on- 
vert^ire par laqnelle éUes ont pénétré. M. Monestier ^ été condnit à pen- 
ser qne ce ramean vàscalaire était artéiâel ; la dissetetion de ce rameau 
permet en effet de remonter 'jnsqn^iin tronc de Tartère gastHqae sapé— 
rienré qui parait plas'volnmineose qoe dans l*état normal. 

M, Crupeilkier présetite à là société deux pièces dont nne a pour snjet 
nn oàtéosarcome de plnsiefars des os du tronc ; les os iliaques sonr ré- 
doits k un état de ramoUîssement qm permet de les tordre facilement 
et d^ faire pénétrer ayec fine égale facilité la pointe' d*un scalpel^ la 
même altération se remarque dans le corps de la plupart des cdte^ et leè 
os du crâne offrent ça et là des plaques ramollies qui ne comprennent 
pas toute répaisseur des osi mais pénètrent soft parla surface externe 
sôit par la surface' interne à une profondeur plus ou moins considérable. 
La femme à laquelle appartenaieiit ces os malades était atteinte d'un 
cancer de mamelle. 

3/. CramVÀ/Vr avait présenté dernièrement à la Société u^ exemple 
d^ostéosar corne des os du cranè tput-à-fait analogue à celui-ci. On y voyait 
également des plaques d'un tissu ou plotôt d'une bouillfe .«ncéphaloïde 
comme incrustée dans la substance osseuse , k la manière de ces os wor- 
miens qui âe pénétrant pas dans toute Tépaisseur des parois du crâne, 
s*y trouvent véritablement incrustés. Cette forme particulière de Tostéo- 
sarcome des os du crâne est fort remarqqable ; il semblerait , k Taspect 
de ces plaques irrégàlièrement semées à la surface des os, que des 
gouttes d'an acide capable de ramollir la substance osseuse auraient été 
projetées sur cette surface et n'auraient attaqué la substance que ^ns 
le pOHit de leur contact , laissant tout le reste de Fos dans son état nor- 
mal. La seconde. pièce présentée par Jf. Crupeilhier eon^isté en un polype , 
utérin qui avait déjà déterminé nn renversement de Tutérus. M. Cmveil- 
hier faitremarquer. que la snrface extérieure du polype présentait un 
aspect cancéreux , bien qiie rien d'analogne n'ait été rencontré dans so'h 
dssm M. CruveiÛiîer remarqpe que cet aspect se renopntre souvent dan^ 
les polyfies qui • font saillie à travers' une ouverture qpi ^exerce sur eax 
nne conatriction plus on moins forte. Ce fait ne doit don<5 pas être 
perdu de vuepoifr le pronostic et pour k traitement des polypes. 

M> DenonvilUers présente à la société deux pièces. La, première a, pont 



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58 : / CI.IK1QCE ex MtMOinss. 

siij«t oneidilittitioft t^nàiéènUt de %&ÊÊm Ifta ctTilit dii Otturt «t jpMti* 
colièreiivtttt des csvkés ^slHshfls. LfesplonitiMi du com» pf^dwit U rie 
« fait ceimaitt^ Vtaùtet^iie d'im obo€ tana brait. f/L Bmùn^riXdtn Aût 
remarqaer qaiB les otiùeta àa Menr sont dépoonm» dç tootit *spèçû d'dlr- 
Btnélta k U drcalfttion, tfncttnc ouificatiott n'y eiisiait, et e*ett k \p«lBe 
si dans tout le trajet de l'aorte ofï trooTe qpel^ats radiaeti» de pUqttea 
artérîellesJ L antre pièce juréieiitëe par Jtf. D§màimlUrt coKaisté ^ ant 
'wuidt à coldnnéfl n'ayaiit rien qoi ne toit ordinaire an genre de vesalea 
qn*oB a ainsi désignées , li oe n*eat qu'elle a une ampleur assez reinar? 
^able> mais elle est accompagnée d'un engorgement de la prosute et 
surtout de la Ine^e yésicale. 

1/. Ckiusaignac ayant disséqué arec lieaucoop d'attention cette pros- 
ute et la iaette Tésicale, afin de savoir au juste à quoi s'ëta tenir sur la 
véritable nature de la disposition anatomique désignée par E. Home Sous, 
le nom de lobe mojfu ,de la prostate, il rendra compte à la Société ana- 
tomique des résultats de ses dissections qui sont, du reste, conformes à 
ceux déjà obtenus et publiés par M. Cruveilhier. 

M. Bip.aidt présente à la Société un de ces cas qui se multiplient dans 
la collection de la Société anatomiqné< U s*agit d'une de ces phlegmades 
avec suppuration autour dei ' cartilages du larynx. Ict l'àrythéuiaide , 
complètement dénudé et terni , se trouvaSt an sein d'une petite masse 
pblegmonense dont le pus était en |>artie collecté, eh partie concret et 
encore emprîsonUé dans les mailles du tissu sotb mnqneux. / 



Hypertrophié des os du crdne, présufnée çonsécutwe à 
rhydrocéphale^jpsLT M. Aubraïl, interne des hôpitaux. 

Dans le mois de février i832, tt entra à l'hôpital de 
la Pîtîé , un homme âgé de 6$ ans , d'une petite stature, 
maigre et chétîf, A la première vue, l'aspect de son 
crâne liie frappa, et avant de songer à lui de^ïiànder la 
cause qui Tàmenaît à l'hôpital, je passai à plusieurs re- 
prises la in^aîn sur sa tète :' en voyant ma préoccupaiiou, 
le vieillard se mit à sourire, et il me raconta que 4Îè» sa 



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pïuA tendite enfance il à;¥ait tOujoars eu la tèle folumi- 
neuse^qiiesaiiièreliiifaîiiiitdes CGMTnres exprès, qu'yen'- 
fin, depuis qa^il-se connaissait ^ le Volunnte dé sa tète 
avait toqjotirs été conftidéi^able , et qu'il était obligé de 
commander se$ cUapeaux à Favani^ ; je le questiopnai 
alors su» son état,, sur sa niani&re de vivre ; ses réponse» 
furent vonjour» claires et nettes^ son îiitelligence était 
ordinaire ^ du reètè , cet homthé , balayeur de son ^t^t , 
n'avait Jamais été à même de Pexercer foi^tettient, il ne 
savait ni Hre ni écrire.. Sa pAjftîonomîe élaft expreèsive 
et très mobile ^ ses yeux vifs et recouverts par la saillie 
considérable des avcades^sOttrcilfèreèa Ses trait» ihàigresr 
et fins à c^da volume desott crime, lui donnaient un 
aspect fort singulier. Ses mouvemens jouissaient de la 
plus entière liberté. Il entrait à Fh^pital pour y être 
traité d'un asthme qui le tourmentait depttis long-témps.. 
Du reste, il avait bon ajppétît, et ses fonctions s^Accom- 
plissaient avec régularité. Il demeura à l'hêpital pendant 
dix jours , et mourut tout à coup, au bout de ce temps ^ 
au milieu d*nn violent accès d'asthme. 

L'autopsie fut faîte n^ heures après la mort : le cœur 
et les voie^ i*èsfpiralOii^es nous donnèrent la raison de la 
mort decetinditidu^ je rie parlerai ici que de, ce qtiî a 
trait à sa tête et à son système <5èsétix en général. 

Taille de quatre pieds diji* pouces; membres grêles 
et trè» maigres^, ^raideur cadavérique nulle» A l'au.ver-'* 
ture du crâne , la dure-mère se sépara facilement des os; 
cette memi>rane n'avait éprouvé aucun <;hàngeitiènt , ni 
dans son aspect ni dans sa texture : l'arachnoïde et la 
pie-mère avaient conservé leur transparence ordinaire; 
à la première vue, le cerveau nous parut aplaii , iifioins 
volaniîneux qu'à Toixiinâirc; mais, retiré du creux pro-' 



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6a ciiiiriQufi.ET méudirbs. 

fond QÙ il se. Uouvait' touché , nousj nous aperçùak» 
bientôt que c^élait pan. une illusion d'optique que nous 
avions mal apprécié son volume : ces circonvolution^ , 
petites et nombreuses , n^ofTraient aucune trace d'apla- 
tissement, rien qui pût même faire soupçonneriju'eUes 
avaient éprouvé une compression quelconque. Le canal 
vertébral avait partout, conservé son calibre^ les Yertè^ 
bres^ ainsi que les autres os du squelette , n'avaient 
éprouvé aucun dérangement d^ns leur )iispeci physique^ 
les os du crâne seuls ont éprouvé un remarquable tra- 
vail» . ( , ' 

En ^xam^na^t ce crâne avec attention , on est d'abord 
frappé de la proéminence considérable du front : l'angle 
que ia jiortion supérieure du coronal forme avec la por- 
tion orbitaire est presque entièrement effacé : disposition 
qui 9 solon Camper , $ufi&rait seule pour caractériser et 
f»re reconnaître l'hydrocéphale. La portion éeailleuse 
des tiemporaux est déjetée en dehors , et fait saillie au^ 
dessus de l'apophyse zygomaiique. Tjoutes les sutures, 
qui se remarquent, sur. la voûte du crâne ont disparu. 

Si nous examinons mainten^mt les os qui se trouvent 
à la base du crâne, en avant du trouoceipiul, ils nous 
présenteront très peu d'altérations, soit de forme, soit 
d'épaisseur. C'e^t ainsi que l'apophyse basilaire, le ro- 
cl^er, le, corps du sphénoïde, l'ethmoïde, n'ont subi 
que quelques déformations. peu. importantes, les os de 
la fa^e ont à peu près conservé leur volume a|*dinaire. 
D'un autre côté, la cavité crânienne me parait avoir les. 
dimensions qu'elle présente chez le commun des homr 
mes.: La* portion droite de l.r base du crâne parait au 
premier abord plus étendue d'avant en arrjère, maïs la 
portion gauche a plus de largciw. 



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^Oc'l^TÉ AWATOMIQtrE* . 6l 

Une qaestion se présente ici à examiner : ne pour- 
rions-nous pas , en nous aidant de l'analogie, dçcouvrii* 
la cause qui a ainsi accumulé autour du cerveau une si 
grande quantité de phosphate calcaire? 

Le sujet de ceMe observation me paraît avoir ét^ hy- 
drocéphale dans Je principe : la forme du crlâne, eelto 
forme qu'o»i pourrait appeler hjrdrocéphaltque, s'il est 
permis de parler aîhsî , le démontre. J'ai eu occasion * 
d'examiner plusieurs crânes très épais ; mais , dans au- 
cun d'eux, la forme extériem^ n'était changée; chez 
quelques-uns, répaîssîssement n'était qu^e partiel, et 
chez tous c'était la table interne qui s'était hypertro- 
phiée, l'ex teigne n'ayant subi aucun changenïem de foî'me 
ni de volume. 

L'hypothèse que le sujet a été hydrocéphale admise, 
il nous reste à rechercher quel était le siège de la collec- 
tion séreuse : l'épanchement ne pouvait se trouver dans 
la cavité xle l'arachnoïde 5 l'intégrité parfaite du cerveau 
et de ses ventricules le prouve ; il existait donc entre.la 
duré-mère et la pie-'fiière : dans son accroilssemènt pri- 
mitif il aura , d'un côté , comprimé le cerveau et forcé 
les parois du crâne â s'étendre peu a peu. Malheureuse- 
ment les renseîgnemeris nous manquent pour établir les 
accidens que le sujet peut avoir éprouvés à cette épo<Jue 
de sa vie. La quantité de s^tx>sité restant la même, les 
ôs du crâne ont achevé' leur* entier développement, en 
affectant la forme vicieuse qu'ils avaient d*aborrd con- 
tractée. Enfin, ce dévelt^e/ihent^ackevé., il est arrivé 
un moment x)\i l'épatichement a commencé à être ré- 
sorbé, et en vertu de cette loi que toutes les fois qu'un 
vide tend > s'opérer dans l'économie , la nature s'em- 
presse de le combler , si je puis ainsi parler j le.o.orveau, 



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6a ' CLINiQVE £T MÉlfOIllSS. 

d'un côté, aura repris peu à peu sa forme et son yolume; 
mais, comme il ne pouvait à lui seul remplir la cavité 
cousidérable qui s'était, formée, la. table interne de la 
voûte du crâne s'est peu à peu ckargée de phosphate cal- 
caire, a lentement suivi les progi^de la i^orption du 
liquide, et le dépôt de sel terreuK s'est enfin arrêté lors^ 
que sa continuatioti n'aurait plus amené que la com- 
pression d'un organe important* 

Mais , me dira-t-on , vous n'avez trouvé aucune trace 
d altération dans les membranes dm cerveau, rien qui 
puisse iaire soupçonner qu elles bnjt couteau une quan- 
tité si considérable de liquide? Non Sians dôùte ^ mais la 
pathologie ne nous préseute-ît-aUe aucun fait qui puisse 
éclairer celui-ci? Ne voit-on pas quelquefois une ascite 
guérir, disparattre, et ne Laisser après elle aucune trace? 
Lorsqu'on ouvre des individus morts aveîc des hydro* 
cèles, trouve-tr-on quelque altération dans la membrane 
séreuse <|tti contenait le liquide ? Il est bien entendu que 
je ne veux , parler ici que des hydropisies essentielles , 
cjîlles produites par la rupture de l'équilibre entre l'etha- 
Iftion et l'absorption, pour me servir des expressions^ de 
JBicbat*, car il estbîen clair que des hydropisies symptô- 
matiqueSi dç l'altération organique d'une meiiibrane sé- 
reuse laissent toujours après elles des traces de leur 
passage. 

En dernière analyse; ce fait démontré, selon moi, un 
mode de guéri^Qu de/t'hydroeéphaley^je le soumets à 
l'appféçiatipn de la 3peiét#>aipAftofàique. ^ 



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SOCIÉTÉ ANATOMfQlJE. 63 



Câ'KCer du rein droit. Présence de la matière cancé- 
reuse dans la veine rénale, dans la veine cave et 
dans le bassinet ^ par M. Peltiee. 

Le noipmé Nicolas-CharLs Bouin, âg^ de 49 stus, né 
à Villadet,, département derAube, entra le i3 mars 
i833 à l'hôpiui de la Piti^ , et fut. placé au n^ 17 de la 
salle Si-Raphaël , service de M. Ciémejut. 

Cet homme nous donna les détails suivans sur Télat 
auiéricur de ^a sa^té: il s'éuit toujours très bien porté 
jusqu'à répp,que du choléra; il fut atteint de cette ma- 
ladie, dont il guérit^ mais la convalescence fui longue 
et pénible. Depuis mèmeil resta valétudinaire. Aumcds 
de septembre cet état empira, et bientôt il ressentit de 
violentes^ douleurs dans le reia droit, douleurs que son 
nUiL$çm rapporta à une néphrite. CeUe-ct fut traitée 
oonveonblement et guéricé 

A Tépoque de son entrée, il était dans Tétat suivant : 
£acîes aliéré, figure \A\e^ oedème considérable desjaiQ- 
bes^ dqs cuisses et du scrotum; ascite d^à assez déve- 
k^péei dyspnée extrême; toux fréquente et sèche* Il 
avai; souvient, en outrée , des étoui:dissemens 9 des )>our- 
dcmnemens às^ns les oreillçâ,, et ,des bluettcs» Il avait cra- 
ché le san^ au mois de d^mbre ; depuis , cette hémop- 
tysie n^avait plus reparu. L'œdème^ qui datait à peu près 
de U même épocpie^ avait commencé par les ejLtrémités 
ijlféri&m*e3 et avait i^moûté insensiblement. L'auscul- 
tation fut pratk|uée*Le rhythme des battemens du cœur 
n'était pas altéré, le brait en était un peu augmenté,, 
mais Timpulsion en étaH très considérable. La perciis- 



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64 CLmXQUE ET MÉMOIRES. 

stoii rendait un son presque mat , dans une étendue de 
la grandeur de la paume de la main , au devant de la ré- 
gion préeordiale. 

La respiration s^entendait partout , elle était même 
bruyante. En arrière et en bas , il y avait seulement un 
peu de râle muqueux. 

L'abdomen fut exaitiiné à son.toilr. Il était très dis- 
tendu; par la percussion il rendait un son tympanique; 
les intestins paraissaient donc remplis de gaz. Sous la 
peau , on aperjcevait de nombreuses veines dilatées et 
variqueuses; le tissu de la peau lui-même. présentait, 
en certains endroits, une sorte d'injjectipn capillaire; 
du reste, il n'y avait aucune tumeur sensible ni en avant 
ni en arrière. On porta donc pour diagnostic ^hypc;rtro- 
phié excentrique des ventricules du cœur. 

Pariétaire nitrée , potion avec xv gouttes de teinture 
éthérée de digitale , frictions avec la teinture de scille. 

Cette médication ne soulage nullement le malade. 
L'œdème continue à faire des progrès , là dyspnée aug- 
mente^ on la modifie donc eaux prescriptions indiquées 
ci-dessus , M. Clément ajoute a pilules de Boartius par 
jour. 

Le lendemain, le malade est pris de dévoiementi peu 
considérable le. premier jour, il augmente rapîden;ient. 
D'ailleurs, l'œdème fait toujours des prc^rès; on cesse 
donc les "pilules de Bonlius , et on se contente de diuré- 
tiques. Leag, on pratique à chaque jambe de petites 
piqûres àl*aîdéd'ùne lancette. A tette époque, l'œdème 
du-scrotum est devenu tellement considérable, tjue la 
verge est entièrement cachée dans son intérieur^ Le 3 1 , ^ 
on pratique de chaqiie côté trois nouvelles piqûres. 

Le premier avril , un p^u d^érysipèle se manifeste à 



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SOCIÉTÉ AN ATOMIQUE^ 65 

Feotour. Le tî il n'a pas augmenté. Le malade se plaint 
de.ne pas unner vl» vessie ne parait cependant pas dis- 
tendue, bn s'en assure par la percussion. 

Au point où il en était , le malade ne paraissait pas 
pouvoir prolotiger lopg-temps son èiLisience. Le soir le 
pouls était petil^ presque imperceptible, le faciès pro- 
fondément altéré. Je r9U3Cultai, en avant seulement^ il 
n'y avait rien de changé ni dans le cœur ni dans les pou- 
mons 5 l'àbdomen présentait toujours la même tension. 
t}ne heure après il étAit mort. 

Un symptôme que nous n'avions pas noté , mais que 
nous nous rappelâmes à Tautopsie, c^était de la douleur 
dans les reins. Nous y fîmes peu d'attention^ préoccu- 
pés que nou^ étions par la maladie du cœur, et persua- 
dés d'ailleurs que cette douleur était le résultat du dé- 
cubitus dorsal dans lequel le malade était constamment. 

h'autopsie fut faite 38 heures après la niort^ La paroi 
antérieure de la poitrine et celle de Tabdomen furent 
reri versées de haut en bas 5 le péricarde ouvert , ne con- 
tenait guère que deu^ ou treis onces de sérosité> roussà- 
tre. Le cœur était d'un tiers plus volumineux que dans 
l'état naturel', les parois du ventricule gauche avaient au 
moins quatre fois l'épaisseur de celle du ventricule 
droit, la cavité des deux ventricules était un peu aug- 
mentée, les valvules étaîéirt saines , l'aorte également. 
Il y avait donc réellement hypertrophie exc(întrique du 
ventricidé gauche, mais cette lésion était loin d'être 
assez gr^ve pour pouvoir expliquer l'étendue de Tœ- 
déme. 

I^s poumons étaient très adhérensà la plèvre costale, 
Tiiai^ surtout le poumon gauche à son sommet. Dans l'in- 
férieur de chacun d'eux on trouva vingt-cinq ou trente 
Tome IV. Octobre i9'ii . 5 



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66 CLINIQUE FT MÉUOIltB». 

noy^iux de matière eocéphaioïde conienos dans des kyste» 
adbérens par leur face externe an tissu pkimonaire. Ce» 
tumeurs étaient toutes à la périphérie du poumon, et 
nuiformément disséminées dans toute sa hauteur. Le 
tiçsn polmonaire qui les séparait était parfaitement sain. 

Le tuhe digestif fut examiné -d'un bout à l'autre. Il 
était sajn; à la fin de Tintestiq grèld il présentait quel*- 
quès plaques de Pejer un peu plus développées que dans 
Tétat naturel; en général il y avait un peu d*ii\|ection 
veineitse^ mais nielle part de ramoitissement ni d'ulcéva- 
tion de la muqueuse^ 

Dans répaisseiir du mésentère , c'est-^à^dire entre les 
deux feuillets qui le forment , nous trouvâmes plusieurs 
ganglioiris Ijmphaticpies évidemment squirrheux; mais^ 
>sous.le feuillet qui passe par^dessusla colonne vertébrale, 
nous reconnûmes une tnassé dure , G<Hisiâérable. Cette 
masse commençait aux piliers du diaphragme ^ dont le 
gauche se trouvait m6me aplati et d^eté en arrière. 
Elle se prol(M»^eaît ainsi jusqu'à Tangle sacro-vertébral. 
L'aorte était diminuée de capacité et un peu rouge à son 
int^ri^ur. En disséquant cette masse ^ tious nous.aper» 
çumes que la veine cave inférieure en limitait le bord 
droit; udus disséquâmes. celle-ci, et nous la séparâmes 
de la tumeur, qui fut enlevée de haut en bas. Cçtte der- 
nière avait six pouces de longueur sur deux et demi de 
largeur. Elle était formée d^un ti^su squiricheux asse£ 
résistant* La veine cave fut enlevée à son tour, et, à 
notre grande surprise , elle fut trouvée remplie de ma-^ 
tière encéphaloïde. Cette matière, toutefois, s'arrêtait ' 
au niveau de là bifurcs^tion des iliaques primitives en 
iliaques externe et interne. Âu-^essons , les parois de la 
veine étaient un peu épaissies, la eavité était normale )► 



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'SOCIÉTÉ AHITOMIQUS. Si 

tnaîs U n'y avait plus de matière encépbaloifde.^ veine 
crurale 9 qu$ uous dissëquàiaes jiisqu^au tiert moyen de 
la cttiase, ^taii saine et ne contenait quB cpielques cail- 
lots Je sang. 

En examinant la ^ veine cave au'-dessns dn point où 
nous Tavions conpëe, nous aperçûmes. qu6 le rein droit 
avait acquis un volume considérable ^ nous Tenlevâmes 
après avoir coupé les adhéi'euces qu'il avait contractées 
avec le foie. 6a longueur pouvait être de cinq pouces , 
sa largeur de troi3. Des bosselures nombreuses se remar* 
quaîent à sa superficie. Il fut incisé par son bord c6n^ 
ve:se; il était impossible d'en reconnaître la structure, 
son tissu était remplacé par un tissu encéphaiolde très 
mou , excepté à sa partie inférieure, où il existait encore, 
et où l'altération était moins avancée. 

Les iracines de la veine émulgente, les. grosses bran- 
ches et le tronc lui-même, étaient remplis de matière 
cncépbalo]^« La veine cave , ^u niveau de son embran- 
xjiement , était extrêmement distendue par la même ina- 
t»ère , qu'on retrouvait jusqu'au niveau du bord posté-» 
rieur du, foie \ du reste , les parois de tous ces vaisseaux 
^ étaieïit parfaitement saines -, l'artèi'e et ses divisions 
étaient vides ^ le bassinet, au contraire, en était rempli 
ainsi que les calices^ mais ruretone n'en cpnteuait pas. 
La vessie, qui était vide, n'en contenait pas non plus. 
La capsule surrénale, unpeuliypertrophiée, était saine. 

Le rein gauche était hyper|.rophié , mais sain : le foie 
était énorme , mais également sain; la rate était petite , 
le pancréas normal. 

Le cerveau ne présenta rien de remarquable. 

La science possède un assez bon no4iiI>re de faits ana- 
Ipgues. Cependant ils ne sont pas asse» noN(ibi'eux pour 



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68 * CLINIQUE ET MÉMOtRKS. 

ne pas mériter d'ôlre relaies , alors qu'ils se présentent* 

M. Bouilland a observé un cas entièrement semblable. 
Dans son observation, le rein droit, qui avait é^jalement 
acquis un volume considérable , avait contracté des ad- 
. hérences avec le foie. Il était le siège d'un cancer encé- 
phaloïde ramolli , occupant la presque totalité de Tor- 
gRue, excepté »a partie supérieure. Les veines émulgeii- 
tes et la veine cave éthîent distendues par une matière 
ayant, sinon tout-à-fait l'aspect de 1^ matière encépha- 
loïde, du moins une grande analogie avec! elle. Dans ce 
cas aussi, il n'y avait qu'un rein de malade, c'était le 
droit. 

M. Andral cite un faitanalogoejM. Velpeau en à aussi 
observé pi ûsieuf s. 

M; Reynaud a observé un cas à peu près semblable 
dans le service de M. Fouquier. Seulement, ô'étaît dans 
le foie que le cancer avait son siège , et les veines hépa- 
tiques «e trouvaient reniplies^ d'une n^attère anajogue à 
celle qui se trouvait dans cet organe. 

Dans tous les cas que nous venons d'indiquer, la ma« 
tière-encépbaloïde se trouve contenue dans les vaisseaux 
efférens^ maïs M. Andral dit, dans certains cas, en avoir 
trouvé dans les vaisseaux afitéreus, dans Ja veine porlc 
pour le foie, dans l'artère pulmonaire pour le poumon. 
JViais ce dernier cas est très douteux. 



Hémorhhagies entre le placenta et le chorion , avorte- 
ment à sept mois âe la grossesse y par MM. Grisolle 
et Casbaux , internes à l'Hôlel-Dieu. 

^ Roiques-Marie^JosephHei^ce,âgéedeîi9ans, portière, 
enceinte pour la cinquième fois, é^ait arrivée au .sep- 



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SOCIÉTÉ A^JATOMIQÛE. G() 

tième mois dé la grossesse y et depuis quatre mois euvi- 
ron elle perdait chaque jour, par la vulve, une certaine 
quantité de sang. Ces hémprrhagies piresque continues, 
plus aboudtotes vers le sixième mois de la gestati#i, ont 
tellement affaibli cette jeune femme, natureUdmeut 
forte, quoiqu'un peu lymphatique, qu'elle en est Reve- 
nue pâle, jaunâtre , comme chlorotîque. Elle à des pal- 
pitations incommodes , ne peut se livrera Texercice, et 
tombe fréquemment en syncope dans le courant de la 
journée. 

Le 5 mai , à cinq heures du soir, les pertes utérines 
sont devenues plus abondantes; en m^me temps des dou« 
leurs sourdes, dont le siège semblait ^tre dans Tutérus, 
indiquaient un avortement imminent. La sag^*fcmme 
qui filt appelée crut reconnaître une implantation du pla- 
centa au col utérin. Effrayée de cette circonstance , elle 
conduisit la malade à THôlel-Dieu , où nous reconnûmes 
que le col mouetcomplèten^ent effacé, était dilaté comme 
une pièce de cinq francs; les membranes, peu tendues , 
nous permirent de diagnostiquer une première position 
de la tète. Nous ne sentîmes aucun corps paollasse ni au 
col de Tutérus ni dans les parties^ voisines. D'ailleurs 
toute hémorrhagie avait cessé; le pouls delà femme con- 
servait assez de force. JVous rabandonnàmes à elle-même. 
Les douleurs , qui avaient presque entièrement cessé, 
ne lardèrent pas à se ranimer, et à quatre heures du ma- 
tin elle accoucha d*un enfant de sept mois. En sortant , 
le fœtus entraîna avec lui le cordon et une masse mem- 
I^raueuse , que Tun de neus crut être formée par un de 
ces placentas membraneux dont les auteurs nous parlent. 
Immédiatement après , cinq du six .caillots , gros comme 
Je poing, s'échappèrent de l'utérus. Le foatus était 



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^Or CEIHIQVB ItT MÊMOtliES. 

ifiort> et la vîe paraissait éteinte en lui depuis peu d*în^ 
staBs.Il était mort la veille 6û pendaïit raccouchementV 
Sa peau n'était pas eîreusie) les organes internes, conte- 
naieA encore du sang; mais, malgré cela, noua croyons 
qti n est mort d^hémorrhagîe ; M. Orfilâ (médecine lé- 
gale, t. 1**^, p. 439) ayant p;rouvé qtie lorsque le foetus 
meurt d'hémorrhagie , il n'y a pas vacuité absolue des^ 
vaisseaux, décoloration des viscères et des muscles, 
comme on l'avait dit. Fendant la nuit suivante, après 
quelques contractions utérines , la femme rendit quel- 
ques caillots moins gros que les premiers, et, en outre, 
un placenta d^un volume ordinaire. Sa surface utérine 
était lisse, fout-à-fait à Tétat normal. La surface foetale, 
au contraire, était couverte de caillots qui avaient jusqu'à - 
un demi-poufee d'épaisseur. Les vaisseaux placentaires 
étaient déchirés complètement à un demi-pouce ou un ^ 
pouce de la surface. L'autre extrémité des vaisseaux âÎH 
visés s'observait à la face «placentaire des membranes. 
Leur cavité était béante*, ou bien obstruée par des caillots 
fibrinenx nouvellemelit formés; Les divisions princi- 
pales étaient intactes y perméables au sang. La femme 
n'a éprouvé aucun accident ; elle a voulu quitter l'hôpi- 
tal 36 heures ^près laccouchement. 

Ce fait nous semble très curieux, nous n^en avoils pu 
trouver aucun d'analogue dans nos meilleurs traitéà d'ac- 
couchement. 



Tumeur squiirheuse du pylore ,* adhérences cohtraclées 
avec le foie (lobe gauche); gangrène de la tumeur^ 
des adhérences et du foie ^ par M. Déhonviu^iers. 

A la'én du mois de décembre f832^, s'est présentée à 



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êOdétt ANÂTOXIQUB. ^1 

k Ciiarilë la femme Sàcurier, marchande des quatre 
saisona» âgée de 67 ans ; elle en parait bien 70* Elle a 
eu Ireii^e enfaas qu'elle a élevés avec beauçonp de peioe^ 
^le a, souffert du froid , de la faim ,/ surtout depuis le 
commencement de Tbiver. Il y a deux mois qu elle sent 
son appétit diminuer 4 que ses repas sont suivis d'ai* 
greurs , de rapports , de nausées et d^envies de vomir ; 
depuis huit jows elle vomit presque tous ses alimens, 
et elle ressent dans la région épigastiiqoe de^ douleurs 
et dès élaocemens. 

Nous la trouvons sans ûèYve ; sa figure est souffrante 
et amaigrie , maïs le reste du corps conservée dfi Tembon* 
point; la peau 9 s^che et terreuse , a une teinte jaune 
paille, pluièt cancà*euse qu'ictériquie. Le toucher nous 
£iiit reconnaître sur le côté droit de Tappendice xypboïde 
une tumeur du volume d'un œuf de poule , un peu mo* 
bile , noii douloureuse à la pression , donnant un son 
mat ] le fpie déborde d'un travers de doigt le rebord des 
c&tes. La situation de la tumeur, sa. mobilité, le trouble 
des fonctions digestives , et principalement les vomis* 
sèmens , font penser que le pyloa% est le siège de la ma- 
ladie; le genre des douleurs porte à cK(nre que Taffec- 
tîon est de nature cancéreuse. 

Un traitement adoucissant, consistant en boissons 
émollientes coupées avec de Tean de Selts , potions cal- 
mantes , bains et diète , fait disparaître les vomissemens*, 
mais les douleurs lancinantes persistent , et il s'y joint 
dans le courant du mois de janvier un sentiment de cha- 
leur qui occupe la tumeur fl ses envi it)ns. Celle»- ci 
nous semble k la fois moins mobile et moins proémi-* 
nenie, soit qu'elle ait diminué de volume , soit quelle 
hU augmenté en largeur , soit qu'tm d^lacement i|il eu. 



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72 CLOflQUE ET MÉMOIRE». 

lieu. Les choses restent à peu près dans lé même état 
jiXisque vers le îm) février. Alors les douleurs prennent 
un caractère d'acuité^ sont continues,, pulsatives, et aug* 
menten^par lar pression ; mais elles demearent bornées 
à la région qu occupe la lumeur ; de la fièvre survient ; 
Tapplication de i5 sangsues et d'un emplâtre de thérîa- 
que ne modèrent pas les accidens» La malade s'afAiibliL 
rapidement, les yeux se cavent , la figure s'allonge. Tout 
à coup, le 25 février, les douleurs disparaissent et la 
tumeur s'affaisse au point qu'il devient impossible de la 
trouver. Dans la journée , la faiblesse augmente; il sur- 
vient des hoquets, de l'anxiété, plusieurs défaillances; 
rhaleineest fétide; Je pouls très -petit et très fréquent. 
Le 26, à ces symptômes se joignent des vomissemens de 
manières noires et puantes , et des évacuations alvines 
de même nature; vainement administre-t*on des potions 
toniques et du quinquina \ les vomissemens continuent. 
Lé 25, 5wvient du râle trachéal , ei la itiort arrive le 
28 dans la soirée. 

y^nXo/?5ie , i3 heures ;après la mort. 

Les organes contenus dans les cavités crânienne et 
tliorachique ne présentent rien de notable ; seulement 
Taorle contient entre ses membranes interne et mpyenné 
quelques plaques osseuses. 

A l'ouverture de l'abdomen , noua sommes frappés, 
de l'abondance du tissu adipeux qui couvre le péritoine. 
Le grand épiploon est engagé danS' une des lacunes om- 
bilicales , avec les bords de laquelle il a contracté des 
adhérences. La C£(,vitédu péritoine ne contient pas de 
sérosité 5 cette membrane conserve sa couleur naturelle. 
Le foie déborde les côtes , et nous remarquons que le 
lobe gauche offre un^ couleur ardoisée. En cherchant 



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SOCIÉTÉ AM ATOMIQUE. 7 3 

à soulever le foie et à le porter en arrière potir décou- 
vrir le pylore, nousi trouvons que la surface inférieui^e 
du lobe gauche est unie à la face «antérieurie de Testo- 
mac. Un effort modéré suffif pour détacher l'un de lautre 
les deux organes. Exan^inant alors les surfaces par les-^ 
queUes ils se louchaient,. noUs voyons qu'elles ont une 
forme arrooid^e et un diamèti^ d'environ trois pouces et 
demi. A leur circonférence existe, un cercle blanchâtre 
£ornié parles débris d'adhérences coueoneuses et récentes 
qui ont été rompues ^ dans le reste de son étendue, la 
surface qui appartient au foie se présiente sous la forme 
d^une bouillie noirâti^e, putrilagineuse , fétide, dans 
laquelle les doigts s'enfoncent avec facilité, et qui se 
réduit en lambeaux celluleux, mous et grisâtres. Cette 
altération s'éiend profondément jusqu'à deux lignes de 
la surface du foie ; elle se confond avec le tit>su sain par 
une d^radation de couleurs du noir à l'ardoise, au gris, 
puis au rouge brun ^ la surface qui appartient à l'esto* 
mac offre, çn allant de la circonférence au centre, le 
cercle blanc dont il a été question ; un nouveau cercle 
dWviron un pouce d'épaisseur, constitué par du tissu 
squirrheux en partie ramolli , en partie gangrené ejt ré- 
duit en putrilage noirâtre; et enfin une perforation d'un 
pouce et demi de diamètre existant à la face antérieure 
de l'estomac , un peu plus haut que son orifice pyloriquè. 
Lorsque les deux surfaces que nous venons de décrire 
étaient appliquées l'une à l'autre, la cavité de .l'estomac 
ulcéré et perforé se trouvait fermée et complétée par la 
face antérieure du lobe gauche du foie^ mais les seuls 
liens qui unissaient les deux organes étaient des adhé- 
rences couenueuses récentes , et la continuité de tissus 
altérés par la gangrène, devenus friables et putrilagineux. 



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74 CLlMtQUB BT MÉMOIHES. 

Les parois de Festomac commencent à s'^àisSHr à 
(|uelc[ues pouces au-dessus <hi pylore , et acquièrent une 
épaisseur progressÎTemeat croissante jusqu'à un pouce 
et plus : leur tissu est blanc , dense , facile k écraser sous 
les doigts , ulcéré et érodé en plusieurs points où sa cou* 
leur devient noire , et où il est recouvert d'une couche 
brunâtre et fétide. La membr/ine muqueuse qui tapisse • 
Testomac est p&ie et ramollie; celle du duodénum et de 
l'intestin grèle est généralement pâle, mais semée d'une 
multitude de petits points noirs que ]e lavage enlève, 
et qui paraissent résulter du passage des matières pUtri*- 
lagineuses détachées du foyer de la gangrène. La sttb* 
stance du foie, dans lelobe^droit, est saine et d'une con* 
leur rosée; la vésicule contient une multitude de calculs 
gros comme des tètès d'épingles, e| de In bile claire 
d'une couleur jaune très éclatante^ L*uiérus renferme 
un polype triangulaire moulé sur la forme de la cavité 
même , se continuant avec l'organe par un pédicule très 
mince implanté sur l'angle gauche de la cavité utérine ; 
le tissu de ce polype est d'un rouge pâle asses ferme, et 
contient une multitude de petites vésicules qui ressem- 
blent assez exactement aux ceufs de Nabdth. 

Eô analysant cette observation , voici ce que nous 
trouvons : la portion qui avoisine le pylore et le pylore 
Im-mème transformés en tissu squîrrheux, le tissu en 
partie ramolli en partie gangrené, le lobe gauchq du 
foie converti en un putrilagenoir, humide et fétide , et 
des adhérences unissant ces deux organes malades .'Quelle 
relation établir entre ces lésions? Les altérations du foie 
et de l*estômac sçraîent-elles seulement simultanées ou 
bien sont-elles la conséquence l'une de l'autre , et dans 
ce cas laquelle s'est développée la première ? Inlcrrogeons 



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les symptâine$ «t suivons la marche de la maladie de^ 
puis le commencement jusqu'à la terminaison. 

Or, l'analyse des symptômes convenablement inter- 
prétés , îioiis fait assister au déreloppement des altéra- 
tions ai^atomiques et suivre presque de l'œil la succès-^ 
sion des phénomènes organîqtiefl. Nous vcy^ns un épais-» 
sissement squirrheux du pylore développer autour de 
lui une inflammation adhésive par suite de laquelle l'es^ 
tomac et le foie sont étroitement unis; plus lard un 
mouvemem inflamoiatoire aigu ae manifester simultané^ 
ment dans les deux organes et ]a gangrène qui en est la 
conséquence , perforer l'estomac , détinire à la fois le 
tissu squirrheux qui enveloppe le pylore , le lobe gauche 
du foi^ et les âdbércnees qui unissaient le tissu du foie 
au tissu accidentel et morbide du pylore. Enfin des ad-- 
hérences nouvelles s'établissent autour du point qui est 
le siège du travail, lelimitent , empêchent la chute des 
débris dans la cavité du péritoine et préviennent Fin- 
llammation de cette membrane ] de sorte que , si la ma<^ 
lade avait pu résister à l'épuisement produit par une 
affection si profonde d'organes importans , on conçoit la 
possibilité d'une guérison. La gangrène se serait limitée,^ 
les débris auraient été portés au dehors, et le Jobe gauche 
du foie aurait suppléé à la paroi antérieure de l'esto- 
mac (i). 

(i) Cette supposition de rantenr s'est plnsieors fois réalisée sons \eê 
•fwxde lafioeiélé, qni possède trois çn quatre exemples oorieox de 
deatmction des paras del'estotaao suppléées par le parenohjrne, désordre 
compatible avec une existeuce prolongée , si Voti en jugé par le travail 
de cicatrisation dont quelques-unes de ces larges et anciennes ulcératioinr 
parttisent être le siège. F^ 



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76 LITTÉKATURE MÉDICALE TRAl^ÇAlSE. 

LITTÉRATURE MÉDICALE FRANÇAISE, 



ANALYSES D'OUVRAGES. 

Cours d^ànatomie médicale^ ou expasition de 
Vanatomie appliquée à la physiologie^ à la pa- 
thologie et à la chirurgie; 

Par J- L. Eugène Estor , 

Doct. en médedne , agrégé à la Faculté de Montpellier , profeaaear par- 
ticoli^ d^AnatOmie , de Physiologie et de Cfairargie , etc. Tofne I , 
première partie. In> 8°. 

Voîci un livre dont le plan est vaste./ L'auteur s'est 
propo^ d'envisager ranatomie humaine sous tous les 
points de vue qu'elle peut offrir, de réunir ce que les ai;- 
teurs avaient jusqu'ici divisé et traité séparément, soit 
(ju'ils jugeassent ces sections utiles dans l'enseignement, 
soit qu'un goût particulier, qu'une direction spéciale 
de leurs études les rendit anatomistes purs^ anatomistes 
physiologistes, anatomistes tran^cendana , médecins ou 
chirurgiens. On trouvera donc ici rassemblés, et en 
quelque sorte articulés , chacun à leur place respective, 
tous les membres épars du grand corps anatomiquc : 
anatomie générale ou des liquides et des tissus , anato- 
mie descriptive, anatomie comparée , anatomie des vices 



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COUns D*^NATOMIE MÉDICALE. ^7 

de conformation et des monstruosités) anatomie patlio- 
logique -, enfin , ranatomie des régions ou chirurgicale 
arrivera à la suite, et sera le complément du tableau. LV 
natoniie médicale n'est autre chose , suivant M. Elstoi;, 
que la science qui einbrasse et réunit tous ces aspects de 
l'organisa tibn humaine. 

Cet ouvrage n^est que le développeihent du cours que 
M. Estor fait depuis douze ans à la F^aeulté de Montpel- 
lier. A en juger par Téchantilloa , les leçons de ce pro- 
fesseur sont pleines^ d'intérêt , et il est à désirer quMl 
hâte la publication de celles qui doivent suivre les huit 
premières contenues dans ce volume. Aucun ouvrage 
moderne d'anatomie n'est aussi complet qi;le celui-ci nous 
promet de l'être > s'il est traité jusqu'au bout. avec le 
même soin. 

La première leçon est consacrée à déGnir Tanatomie 
d'une manière exacte, à bien indiquer son objet et ses 
limites. Suit un coup d'œil sur l'histoire de cette science 
depuis son origine jusqu'à nos jours. Là Fauteur rend à 
chacun sa part de gloire , et fait voir que la Faculté de 
Montpellier n'est pas restée inactive spectatrice des tra* 
vaux des autres Facultés. Les noms de Bernard^ Gor- 
don^ Guillaume Rondelet, Daleschamps, Joubert , Du« 
laurens, Cabrole, Chirac^ Vieusseiis, Fei'rein, Bor- 
deu, Lamure, Barthez et Dumas, ont jeté sur elle un 
assez vif éclat. M. Estor termine cette leçon par l'exposé 
du plan qu'il se propose de suivre dans l'examen des di- 
vers organes dont se compose le'coi'ps humain. Après 
avoir indiquéle m4de de préparation anatomique néces- 
saire à l'étude de chacun de ces organes , lorsque celle 
préparation présentera quelque difficulté particulière, on 
pourra éclairer quelque point un peuobscuv de la science, 



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78 LITTÉJlATtJHE MÉDICALE fRANÇAlSE. 

Fauteur exposera ckns le plus grand déiail les qua- 
lités ou propriétéa extérieures, là «trueture iniime, et 
les rapport? eicôunexipns avec les organes voisins. C'était 
là la méthode suivie par Desault, et adoptée par ses élèves 
et pnr bus les anatomistes de son école. M. Èstor a comblé 
une lacune qui se rencontre dans presque tous les traités 
les plus modernes, «et rendu inutiles ces ouvrages bâtards 
connus sous le nom de Manuels d^anatomie , et qui se- 
raient mieux nommés Manwe/^ de Vanatomiste^ s'ils^ 
se bornaient à exposer les procédés artificiels propres a 
mettre à jour, toutes les qualités physiques des organes 
sans y ajouter une description incomplète Bt tronquée 
dont se contente si souvent la paresse. L'organe étant 
bien complètement décrit daï» son état hygîde et 4e 
développement parfait, le professeur étudiera les diffé- 
reùces qu'il présente selon les âges, les sexes, les traces 
et variétés humaines; puis il en opposera, dans ses traits 
les plus saillaiis, la structurée cello^àes mêmes parties 
dans les diverses classes d'animanx, en signalera ensuite 
lés anoitnalies principales 5 ot enfin ae livrera à quelques 
inductions physiologiques, pathologiques et opéra- 
toires. ' - 

On peut voir dans les leçons contenues dans ce vo- 
lume l'application de cette méthode d'abord aûix organes 
considérés d'une manière générale, puis au système 
osseux, à chaque division de ce système > et même à 
chaque os en particulier. Ce volume ne contient pas l'os- 
téologie toute entière 5 il manque, pour la compléter, la 
description des membres qui commencera le second vo- 
lume. 

Il est facile de voir tout de suite comment rien n'a 
pu échapper à ce plan \ comment , dans les considéra- 



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COVRS D^ANâTOMIE M^DICA^LE. 79 

tioDs générales sur les organes , a dû se' rencontrer This- 
toiré de leur développement successif, de Vorganogénie^ 
depuis la concepliou jutq.u^à la mort, en passant par 
toutes les périodes de la TÎe ; comment s'est rattachée 
à cette grande question de Touvrage Télude des races et 
dQ3 variétés butnaiues , des principes généraux dei'ana- 
tomie comparée et des anomalies de Iferganisation, des , 
vices de conformation et mbnstruositéa ( dénominations 
qu'il faut bien se garder de prendre pour synonymes). 
L'anomalie est une altération congénitale de la forme 
ou de la situation de nos parties, simple , légère, le plus 
souvent non apparente à l'extérieur. Le vice de confor- , 
mation en diflfôre en. ce qn'il produit de la diffprmilé et 
gène l'aocomplisseraent d'une ou àe plusieurs fonctions. 
Le mot de monstruosité ne s'applique qu'aux anomalies 
les plus profondes , à celles qui sont complexes , très 
graves et apparentes à l'extérieur : les êtres qui en sont 
afiectés Sont appelés monstres. L'auteur a misàcontri- 
b\ition sur ce sujet les travaux de Al. Geoffroy Saiot^Hi^ 
laire , et des autres anatomistes contemporains qui ont 
fait voir que la monstruosité n'était pas une altération 
Aue uniquement au basard , mais était soumise à cer- 
taines loi» qui ne sont autres que celles du développe- 
ment arrêté ou perverti par quelque cause accidentelle, 
appréciable ou inconnue, et que ce qui est monstruo- 
sité chez l'homme est souvent état Normal ches un être 
placé à 1UI autre échelon dû la série aiumale .» oa chez 
Thomme lui-^mème examiné a nue certaine époque de 
son développement. Dans l'application de cette méthode 
au système osseux , et à chaque os en particulier, vous 
trouvez nécessairement développées toutes les lois de 



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SO LITTÉIlAtCBE I|ÉD1CALE FRANÇAISE. 

Vostéogénie^ et tous les faits particuliers qui leur serveat 
de base. 

Aî-je besoin de dire que, sous tous ces rapports^ l au- 
teur a mis son livre au niveau de la science^ que le^ tra- 
vaut les plus récens dés anatomistes y sont exposés cha- 
cun en leur Ueu ; qu'ainsi les élèves , et même tous les 
médeeins^qui, ac^Êtai étudié Tanatomie à une époque an* 
térieure , n'auraient pas une connaissance exacte des 
découvertes modernes ^ trouveront dans l'ouvrage de 
M. Ester tout ce qu'il leur importe de savoir sur les idées 
nouvelles de MM. Blainvillé, Sentes, Geoffroy Sain t-Hi- 
laire. Les observations ostéogéniques de Béclard , con- 
tinuées et étendues par M. Serres, qui a cru pouvoir 
établir les lois de symétrie et de conjugaison des émi- 
nences et des cavités osseuses; la théorie des homologues, 
les lois des connexions , d'unité de composition et de 
conformité organique , développées dans la |>hilo8ophie 
anatomique de M. Geoffroy Sâint-Hilaire, et dont les con* 
séquences ont été poussées par MM. Okest -et Spîx, jus- 
qu'à une exagération absurde , ont une place assurée 
dans l'ouvrage que nous annonçons. C'est surtout à pro- 
pos de l'histoire de l'os hyoïde qui a servi de point de 
départ au savant naturaliste français , de celle des ver- 
tèbres et des os de la tète , que ces idées sont dévelop- 
pées. L'auteur n'a pas oublié , dans ce dernier chapitre, 
les li^vçiux de Gall et Spurzheim. Scarpa , Cuvier, 
Chaussier , MM. Meckel , Tiedeman , Dutrochet , Gru- 
veilhier, Cloquet, Sœmmëring, Boyer, etc., etc. , lui 
oni fourni chacun leur pîirt pour la confection de son ^ 
ceùvre, et on y voit empreints tous les pas que ces sa- 
vans oi^t fait faire à la science anatomique ; et , ce (jue 



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COURS .D^NATOMIE MÉDICALE. 8l 

nous pouvons dire de mieux à la louange de Tauteur, 
c'est que la vaste. étendue de son plan na nui en rien à 
Texâcte description des détails. L'élève trouvera dans 
lostéologie la simplicité , Fordre méthodique toujours 
le uième , et Texactitude minutieuse qui font le prin- 
cipal mérite du traité d'ostéologie de Gavard et de Fana- 
tomie descriptive de M. Boyer, dont 4a forme si émi- 
nemment élémentaire force, l'entrée des mémoires les 
plus récalcitrantes. 

Il est difficile d'extraire quelque chose d'un ouvrage de 
détails comme celui-ci ;.uous nous contenterons de rappor- 
ter quelques propositions qui prouvent que Fauteur n'est 
pas seulement anatomiste^ mais qu'il a des idées saines en 
. médecine , et que y tout en étant ami des progrès , il ne 
se laisse point, égai'cr par le^ fauteurs exaltés et exclusifs 
de tout ce qui est nouveau , et sait mettre des bornes 
ai^x conséquences qu'on peut tirer des recherches des 
modernes. 

Après avoir reconnu les services réels et nombreux 
rendus par Fanatomie , il combat les prétentions exagé- 
rées de ceux qui y placent pour ainsi.dire toute la science : 

a Si dans une autopsie', dit-il, on ne trouve abso- 
<( lumen t aucun oi'gane altéré, il faut bien se donner de 
c( garde de conclpre sur de fausses analogies qu'une lé- 
<c sion a nécessairement existé , et qu'elle a disparu • 
c( après la mort. 

tt II ne faut pas donner trop d'importance à des lé- 
« sions. organiques légères. L'on doit se rappeler qu'il y 
« en a qui sont purement l'effet de la mort. M. Mà^ea- 
« die a rencontré des taches rouges des intestins si- 
(( mulant l'inflammation , sur deis chiens soumis à ses 
(( expériences -, Béclard^ sur des cadavres de suppliciés ; 
Tome IV. Octobre i833. 6 



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8*a LITTÊllATOllK MéOlCALE FRAlIÇAtSE. 

H M. Lcrminier, chez un maçon (juise ttta en tombant 
(C d'un toit, etc. » • 

Nous avons pourtant aussi quelques reproches à faire 
à M. Eslor. n n'a pas toujours porté , dans Texposiiion 
des idées nouvelles dès anatomistes transcendans , la 
elarté qu'il a mise dans ses descriptions anatomiques. Il 
semble s'adresser à des gens qui connaissent, et non à 
des élèves qui veulent apprendre. Ainsi , dans son énu- 
méralion des élémens d'une vertèbre, d'après la décom- 
position opérée par M. Geoffroy St-Hilaîre , il serait 
difficile de se faire une idée juste de la signification pré- 
cise de ions les mots nouveaux créés par ce sayant^ tels 
qae eycléal , pésiaux ^ épiauXy pnraauXy catuaux^ 
cyclo'pcrial , méta-perial , en-épial , etc. , etc. Je lui 
ferai le même reproche à l'égard de l'anatomie tomparée 
de Tos hyoïde. Je conçois qu'en démontrant cet os à ses 
élèves, aVec les objets sous les yeux, il se soit parfai- 
tement fait comprendre *, mais il faut aussi qu'il soit in^ 
tellîgible à celui qui veut se contenier de lire cette des- 
cription , ou qu'au moins on puisse retrouver seul et 
sans Je secours d'un maître , sur la pièce anaiomique , 
}a partie qu'il a voulu désigner, et je doute que ses in- 
dications soient suflBsantes pour remplir ce but. Peut- 
être aussi l'auteur a-t-il adopté trop légèrement certaines^ 
opinions hasarJées , certaines applications trop t6t gé- 
néralisées par les mêmes savnns , et qui sont loin d'être 
admises par tous , témoin la polémique élevée naguère 
au sein même de l'Académie des Sciences entre Cuvîer 
et son collègue M. Geoffroy, polémique que M. Estor 
n'a pas ignorée, et qu'il signale même dans son ou- 
vrage. 

Ne tpouvera-t-on pas trop hasardée aussi cette asser- 



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JOURNAUX FRANÇAIS. 83 

UoH qu^émet le même autour, qu une des causes de la 
plus grande fréquence des apoplexies du côté gauche esc 
sans doute le rétrécisseraeni des trous de la base du 
crâne, plus commun de ce çèxé^ où le trou déchiré pos- 
térieur est naturellement un peu plus étroit que du côté 
opposé ? Si cette idée appartient à M. Estor, elle est in^ 
génicuse f maiâ peut-elle être émise autrement que sous 
la form^ du doute ? Corby. 



I^EVUE ANALYTIQUE ET CIMTIQUE DES JOURNAUX 
DE HéDECtNfi FRANÇAIS. 



Résection de tes maxillaire inférieur.— Jalap* — 'Lac- 
tomètre. — Médecine légale (décharge d'une arme à 
iexi).-^ Altération du lait dans les vases qui le ré- 
çoii^eht, — ^ Préparation de la salicine. — Lilas des 
Antilles. — Fariole. -^ Magnétisme animal. — Pa- 
ralysie faciale guérie par la strychnine. — Fracture 
de r humérus sur un nouueau-né. — Extirpation d'un 
squirrhe du rectum. — ^ p^ice de conformation, — ; 
Êpanchement apoplectique. — Propriétés fébrifuges 
de la salicinè. 

Journal hebdomadaire (aLOtt iS33). 

Résection du maxillaire inférieur^ par le docteur 
Martin, chirurgien de THôtel-Dieu de Marseille. — 
!'• Obs. Anne Coujtan , âgé<e de 47 ^n« » d'une bonne 
santé, mère de cinq enfans bien portans, entra, le 12 



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8.Î litt^.rature médicale française. 

juin i83o, A riiôpital de Marseille, pour une tameor 
ostéo-sarcemateuse , du volume du poing, qui avait com*^ 
mencé, six mois auparavant, vers la canine gauthe , et 
' s'était étendue vers les molaires du même côté, ne dé- 
passant guère à droite la symphyse du menton^ Dure 
partout, excepté au sommet, où on croyait sentir un 
peu de fluctuation , inégale et bosselée , recouverte d'une 
peau^ violacée , altérée, faisant éprouVer des douleurs 
lancinantes, eic. etc.; elle se confondait évidemment 
par sa base datis la mâchoire inférieure , ds^n^ laquelle 
elle faisait corps. 

Pendant les premiers jours du séjour de la malade à 
l'hôpital, celte lumeur s'ouvrît et s'ulcéra au sommet ,^ 
à la suite d'une sorte d'inflammation phlegmoneuse qui 
s'y développa. Le docteur Martin cerna la tumeur par 
deux incisions ; la^ première, partant de la région paro- 
tidienne gauche, passait sur le bord libre de la lèvre et 
le menton » jusqu'au-dessous de l'angle de la mâchoire 
du côté opposé; ta seconde, commençant au même point 
à gauche, passait à quelques lignes au-dessus de l'os 
hywde, et venait se réunir à l'incision supérieure : La 
peau malade fut ainsi circonscrite dans une ellipse; les 
parties moUé» disséquées^ les dents qui gênaient pour 
la section de la mâchoire anachées ; cette dernière fut 
sciée h gauche à la base de l'apophyse coronoïde, a droite 
à quelques lignes en arrière de la symphyse du menton : 
les vaisseaux furent liés, et les parties molles rappro- 
chées par dix-huit points de suture. La réunion fut com- 
plète du douzième au vingtième jour : dès le septième , 
tous les points de suture avaient été successivement cou- 
pés. La malade sortit de l'hôpital parfiiitement guérie. La 
bouche était très rétrécie, la santé parfaite s'est toujours 



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«ntretemie depuis, et la portion droite da maxillaire 
(^ui a été conservée offre a^séz dé soKdité pour permettre 
la mastication du pain frais. . r 

IP Obs.^ pair M. Goyrand, ^^hirargkn chef-interne 
de l'Hotel-Dieu d'Aix. — Jacques Tronc, cultivateur, 
âgé de 44^^99 9 entra à Thôpiul d!Aix, le at8 décembre 
dernier, pour un affreux cànter qui avait dévoré la moi- 
tié de la. face. La.maladie ^vait commencé unan aupar 
ravant par un petit bouton cancéreux vers Textri^mité 
droite du bord libre de la lèvre, inférieure { une incision 
en y et la suture entortillée avaient été pratiquées sans 
succés,puisque quinze jours après cette première opéra^^ 
tion, il y avait eu récidive, et formation d'un ulcèi^ cancé- 
reux qui depuis n'avait cessé Je faire des progrès, avait en- 
vahi toute la lèvre inCérieure ^ tout le menton, la moitié 
antérieure de la joue droite y et le tiers droit de la lèvre 
supérieure. A droite et en haut, le mal se prolongeait 
au-dessous de la peau encpi'e saine par des engorgemens, 
dont r un, peu étendu en largeur, remontait à côté. du 
nez et s'élevait jusque vers la base de l'orbite -, l'autre 
s'étendait largement dans l'épaisseur de laî joue^ celui-ci 
avait sa base, touroée vers l'intérieur de la bouche, et 
formait , à la. surface muqueuse de la joue, un relief aplati 
que le:dpigt^ porté dans la bouche, circonscrivait aisé- 
ment, et qui s'étendaiten arrière jusque vers le bord an- 
térieur. de, la branche.de la mâchoire^ la peau qui i^ecqu- 
vrâit ces prolongemens était saine et i^obile. La surface 
de rulcère était toute hérissée de tubercules rouges et 
saignans , et sillonnée' d'anfraotuosités à fond grisâtre 
ai exhalant un ichor putride. La lèvi*e inférieure avait 
la dureté du cartilage^ les fbugosités qui s'élevaieul d» 



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86 LITTi:R4TDB£ 1|6dIGALP FAAUÇÀISE. 

son boml libre soulevaient la lèvre siipérieunè , reçoit- 
vr^ieat \^ dents imtérieuree des deux mâchoires, et ren- 
daient très difficile rintroducdon des alimens dana la 
bouche. Les parties molles du menton adhéraient inti- 
mement à Tos.maxîUaire^La gencive était boursouftée 
à U^pariie aniérieure de Tarcade alvéolaire inférieure : 
les gtnglîoù lymphatiques des régions sous-maxillaire 
et pACOtidienoie n'étaient nullement engoi^és. M. Goy- 
randt après avoir combiné en praticien habile toutes les 
manomvres de son opération , la pratiqua de la manière 
suivante, le 3o décembre : Le cancer fui cerné par trois 
incitions ; la première , oblique de haut en bas et de dor* 
hors en dedans , s'étendait de la partie inférieure interne 
de la basa de Torbite au bord libre de la lèvre supérieure^ 
à diroite de son tubeh^ule médian , en rasant Paîle ^u 
nea^ la seconde, partant du même point que la première, 
ftveclaquelle elle formait un angle aigu,. se dirigeait en 
bas et en dehors, décrivait une courbe à concavité an-' 
lérieure, et se prolongeait jusques au-^dessous de la base 
de la mâchoire , diTÎsant seulement la peau de la joue , 
vers le nùlieu de l'espace qui sépare la commissure la* 
biale du bord antérieur du masseter, et comprenant 
toute 1 épaisseur des parties molles adhérentes à I'ost 
maxillaire. Enfin, une troisième incision fut portée Ter- 
ticalemeàt de l'angle gauche des lèvre^au-^dessousde la 
base de la. mâchoire : la peau fat ensuite détachée du- 
prolongement.de la tumeur qui s'enfonçait soua la joue, 
et la masse cancéreuse abattue de haut en bas,, et déta- 
chée par une incision transversale au-dessous de la base 
de la mâchoire \ trcôs artères furent tordues dans ce pre- 
mier teint>s de l'opération* ,L'os. maxillaire inférieur fut 
alor$ trouvé vermoulu, ramolli : Pahérationderosdé- 



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, JOUKJÎA.UX FHAMÇAIS. * 87 

passât un peu à gaiacbe la sympbyso du nieotou , ets'é^ 
tendait à droite jusqu'au niveau de la lecoude molaire, 
$ur VaWéole de laquelle la scie fut portée, après Tex- 
traction des dpux dents, et Tincision des parties molles 
de la face interne de Vos pour^ frayer le passage au atylet 
conducteur de la scie a chatue ; Tos fut ensuite scié à 
gaudxe de la symphyse , et la section des muscles mylo- 
kyoïdien , digastriqùe et génio-glosses successiTemeut 
acbeYée ; ces derniers furent à dessein coupés à huit li*- 
gnes environ de leur point d'attache à l'apophyse géni. 
(M. Goyrand retrancha ime. partie des muscles génie- 
glosses , parce que prévoyant que la cicatrisa t^oi qui de- 
vait paria suite donner insertion à ces m^uscles, serait 
sur un plan postérieur à Tàpophyse géni, il craignit 
qu'un excès de longueur ne rendit leur action moins 
complète). La sou&^mentale droite fut lorduo, et une 
branche de la linguale liée avec quelques fibres musçu- 
lairos de la langue^ dont elfe était entourée. D'après l'é- 
tendue effrayante de cette plaie , il fut évident que le 
rapprochement d'un c6té à l'autre serait impossible ; on 
s'assura même ^ue les tentatives pour Topérer enfon- 
çaient en arrière, la paroi inférieure de la bouche et la 
langue^ au point de détei*miner un sentiment de «tj^an^ 
gulation. 0|i prit donc le parti d'emprunter k la partie 
antérieure du cou , uqe portion de peau destinée i re- 
couvrir en partie cette énorme plaie, et à faire là une 
application nouvelle du procédé de cheiloplastie de 
M. Roux. Les deux incisions latérales furent prolongées 
un peu en convergeant Ju0qu'am devant du cartilage thy- 
roïde, et la peau et le.peaussier disséqués dans tout cet 
espace' quadrilatère, dont^ on fo^ma un lambeau, resté 
j^dhérent par s^^ partie inférieure : puis, laisani forlih» 



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88 LITTÉHATURE MÉDICALE FRiKÇÀISE. , 

ment incliner la tète du malade, on put, non sans dif- 
ficiilté, élever le bord supérieur de ce lambeau jusqu'à 
la hauteur ordinaire du bord libre de la lèvre inférieure. 
L'angle supérieur de la plaie put être rappi'ocbé par deux 
points de isuture entortillée ; le lambeau relevé fut fixé 
de la même manière aux tégùméns dé la joue^ à droite 
et à gauche (trois points de chaque côté). On ne put 
ièî affronter exactement les bords saignans , à cause de 
l'étendue de la perte de substance, mais on rupprocha 
le plus posisible , et on recouvrît seulement d'un linge 
enduit de cérat. La tête fut tenue fortement inclinée en 
avant, au moyen de plusieurs oreillers, et on recom- 
manda an malade de ne faire aucun mouvement de dé- 
glutition . Après quelques accidens de peu d'importance, 
le recollement du lambeau s'opéra assez promptem^ent , 
etle vingt-troisième jour ^près l'opération, le maladie sor- . 
^tît de l'hôpital. La cicatrice était complète, à part un 
petit point suppurant vers la partie inférieure du lobe 
gauche du lambeau, formant un pertuis étroit surmonté 
•dé Congosités qui furent cautérisées ^vec le nitrate d'ar- 
gent. La face est peu difforme, cependant un peu con- 
tournée; les deux moignons delà mâchoire sont inclinés 
l'un vers l'autre et en avant : de là changement de rap- 
port des deux arcades dentaires. Le menton est irrégu- 
lier, surtout à droite. Le lambeau, fortement uni au 
plancher dé la bouche , ne forme aucune saiHie qui rem- 
place la lèvilR inférieure , et pourtant le malade ne perd 
que peu de salive. Le lambeau est déprimé et boidé sur 
ies deux.côtés par la saillie hyoïdienne. La peau de la 
jMÉrtie moyenne de la région antérieure du cou , forte- 
nient tendue , forme un ruban longitudinal étendu de la 
base du lambeau à la fourchette du sternum. Les mou- 



migitizecl 



.dbyGpogle 



JpUKKAtJX FRANÇAIS. 89 

vemèn^ de Ja mâchoire se font avec un ensemble parfait, v 
ceUx de la langue sont libres et atissî étendus que dans 
Tétai normal. La parole est nette ^ la déglutition, qui 
dans les premiers jours déterminait une menace de suf- 
focation', nVst nullement gênée*, la mastication ne à'est 
"exercée qde sur des corps mous, mais tout fait espérer 
qu'elle pourra plus tard broyer des corps solides et durs. 
Les digestions sont bonnes, l'appétit vif, la santé par- 
faite , l'embonpoint revient. 



Journal de chinUemédicale ( septembre 1 833}. 

L SurleJalap^rpsivM. Dahiel B. Smith. -^ La 
plante qui fournit le jalap a toujours été le sujet de 
beaucoup d'incertitudes. On l'a considérée successive- 
ment comme une bryône , une rhubarbe, une belle de 
nuit, enfin comme un liseron : niais jusqa'à ce jour aie 
a été confondue avec celle qui produit le méchoacan • 
M. Smith a démontré que Vipomœa macrorhizà de Mîr 
chau^, qui est aussi le com^lvulus ^ jalapa de Linné et de 
Desfcmtaines, ne produit pas le vrai ya/ap officinal, con^ 
trairement à l'opinion de ces célèbres naturalistes ^ mais 
il se trompe a son tour en disant que cette plante pro^ 
duit presque certainement le méchoacan : car si l'îpo- 
mœa macrorhizà ^ jiont la racine ^ pèse 5o à 60 livres; 
ne peutproduire 1^ jalap qui n'« jamais atteint cette gros- 
seur, à plue forte^ raison ne peut-elle donner; le mé- 
choacan, généralement d'un plus petit volume que le 
jalap. Ce dernier est évidemment produit par la plante 
nommée par M. Smith ipomœa julapa ^ et offrant les 
caractères botaniques sirivans : Racine tubéreuse, ar- 



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90 LlTTl^nATÇUE MÉDICALE FHÀNÇAlSE. 

rondie, un peu pyriforme, noirâtre extérieprement , 
blanchâtre à l'intérieur^ de longues radicelles partent de, 
sa partie inférieure , et les tiges s'élèy^it de la surface 
supérieure. 

Tige ronde , herbacée , d'un brun brillant, très vo- 
lubile, et, comme toute la plante , parfaitement lisse. 

Feuilles cordiformes» entières^ lisses, très acumi- 
nées et profondément échancrées à la base *, les feuilles 
du bas , quelquefois légèrement hastées ou portant les 
points angulaires écartés; face inférieure marquée àc 
veines proéminentes; pétiole égalant souvent la lonr 
gueur de la feuille. 

Pédoncules à peu près de même longueur, commu- 
nément 2 > plus rarement 3 flores. 

Calice sans bractées à 5 divisions obtuses , dont a ex- 
térieures. ' ^ 

Corolle infiuidibultforme, d'un pourpre liWet d'une 
demi-^ransp^rence cireuse. 

. Etamines 5, anthères oblongues, blanches, quelque 
peu sorties. 

Pistil : ovaire grèle, atténué eu style (observation 
faite sur une fleur imparfaite) , stjgmate en tète simple. 
Semences encore inconnues. 

Quant au méchoacan, la plante qui le fournit est in* 
connue; et ce qui le distingue complètement du jalap, 
de la racine de Vipomœa niacrorhiza^ et aussi <fes tuber- 
cules mondés et coupés de Moj'um dracunculus^ qui lui 
ressemblent beaucoup , ce soi^t des tadvss brunes et des 
pointes radiculaires ligneuses qui dmvent sortir en très 
grand nombre de toute la superficie delà racine. \ 

M. Soiith décrit auccinctement , h la fin do 90Sk mé- 
uipire, une racine fusiforrae et fibreuse, aujourd'hui 



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IbtllNÀtJX FIIÀ»ÇA1S. 91 

AUSSI i^pandue aux Etats-Unis qa'en France , où on Ini 
tienne le nom de jalap léger ^ et qui est bien la même 
espèce cpii fut envoyée du Mexique par M. Lédanois, 
à M, Chevalier, sous le nom de jalap mdle. Le nom de 
jalap fusiforme lui cùfiriendraLh mieux, par opposition 
H celui de jàlaptubéreux<iu ou donnerait 9i\x jalap offi- 
cinal ^ double dénomination fondée sur le caractère dis- 
tinctif le plus saillant des deux espèces. La plante qui 
produit le julapfiisiforme appartient du reste au même 
genre que Tofficinal ; seulement ses feuilles sont velues, 
cordiformes et moins longuement acumiuéés ; les fleurs 
paraissent semblables. 

II. Note sur le lactomètre; par M. Payew. •— Les 
altérations du }ait débité dans les grandes villes se réduis 
sent en général à Taddition d^une quantité variable d'eau, 
d'uue légère J>roporiion de matière colorante employée 
pour rétablir la couleur naturelle du lait ainsi étendu , 
et à la séparation de la crème, augmentant la proportion 
relative de caseum. Ces altérations n'entraînent avec elles^ 
aucun caractère d'insaltcbrîté , et u'ont d'àUtre incon- 
vénient que de l'endre k saveur du lait moins agréable. 

Un instrument nouveau , imaginé à Londres par 
M. Banks , d^'â fort usité en ce pays, et importé èhes 
nous par M. Valeourt , paraît très propre à faire recon- 
naître ces altérations variables , et les résultats de quel- 
ques autries causes d'appauvrissement du lait. 

Le lactomètre consiste en une sorte d^éprouvette à 

pied , diviséj& en centièmes près de sa partie supérieure» 

Une niesure exacte de lait , remplissant le lube jusqu'à 

la ligné ultime^ la crème' peu à peu monte , et, lorsque 

' son épaisseur est stationpaire , on apprécie facilement 1er 



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92 LITTÉRATURE. MÉDIGÂ.LE FRANÇAISE, 

nombre de centièmes du volume total qu'elle occupe. 

m. Récherches prières à déterminer r époque à la- 
quelle une arme à feu a été déchargée ,* par P. H. Boti- 
TiGHY, pharipacien àEvreux* — Un homme .était accusé 
devant la cour d'assises d'Évreux dHine tentative d'as- 
sassinat avec un fusil. Cette affaire donna licii à trois 
questions médico-judiciaires bien délicates à résoudre., 
i* Tinspection de la batterie peutr-elle conduire à indi- 
quer d'une manière certaine le temps depuis lequel le 
coup a été tiré? 

2® De ce que du plomb , extrait des blessures de. la 
victime, porte le mêmc'numéro que celui qui était re- 
présenté par une marcbandecbez laquelle ou croyait que 
l'accusé avait acbeté celui qui devait servir à l'accom- , 
plissement de son projet, peut-on conclure. à Tidenli lé 
. parfaite des deux pi ombs ? 

3° En6n, une bourré, ramassée sur le lieu du crime, 
a^}^ même couleur, le même aspect , U m^e épaisseur, 
que du papier «aisî chez l'accusé : ces deux papiers Sonl*- 
ils pour cela identiquement les mêmes ? 

La première question ne fut pas résolue ^ un gendarme 
et un expert-armurier s'étant trouvés aussitôt en con- 
tradiction, quoique^ affirnyint tous deux leur opinion 
avec la plus ferme assurance. ' 

Les deux autres questions n'en furent pour ainsi dire 
une pour personne. . 

Tout le monde conclut n l'identité du -plomb et de la 
bourre. 

M. Bouiîgny s'élève avec raison contre la légèreté de. 
cette dernière conclusion. Le papier (dans l'aiTairc eu 
question) était bleu ^ mais n'existe-t-il qu'une sorte dje 



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JOimNAUX FRANÇAIS. ' gi 

l)leu? N6 saîl-on pas que le bleu de Prusse , Tindigo , 
le tournesol , l'azur, etc. , peuvejat être employés à cette 
teinture ? Avant donc d'affirmer que ces papiers étaient 
identiques , il fallait eji faire l'analyse*, et si , par exem- 
ple, un acide quelconque avait fait virer au rouge l'un 
de ces papiers , et qu'il eût été sans action sur l'autre , 
on aurait sans doute conclu de cette diiTérence d'action 
du même réacfîif , que les papiers, malgré, leur ressem- 
blance parfaite , n'étaient pas de même nature. 

Quant au plomb , l'identité du diamètre des grains 
est-il donc suffisant pour établir une identité parfaite 
entre les deux espèces ? serait-il donc inutile de s'assu- 
rer encore par l'analyse de l'identité de composition, 
quAnd il s'agit de prononcer sur la vie ou la liberté d'un 
homme ? On sait en efiet que le plomb parfaitement pur 
est très rare 4ans le commerce ] qu'il est toujours allié 
soit avec l'antimoine , soit avec l'arfenîc , soit encore 
avec l'argent : assez souvent il contient ou du cuivre ou 
du soufre , quelquefois l'un et l'autre corps. 

Quant à la première question , elle est sans contredit 
la plus grave et celle qui oflfre le plus de difficultés. Voici 
la marché qu'a suivie M. Boutigny pour arriver k sa 
solution. ^ 

Il examine d'abord à l'œil nu et à l'aide d'une bonne 
loupe les traces de la poudre sur la batterie ^ et note les 
propriétés physiques de la crasse, puis il procède à l'a- 
nalyse chimique de la manière suivante : • 

La crasse, enlevée avec*^oiiï à l'aide- d'un pinceau et 
d'éau distillée , est filtrée dans du papier préalablement 
lavé avec de l'acide hydrochlorique et de l'eau distillée. 
Cette solution, examiné^ en masse ^ est ensuite divisée 
dans des tubes éprouvettes et soumise à l'action de l'hy- 



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94 LITTÉRATURB MEDICALE FRAUÇAlSE. 

drocyanate de potasse ferrure, de Teau de' baryte , de 
Tacëtalede plomb, de Tacide arsënieux additioniié d'à* 
cîde nitrique , eC de la teintui^ de noix de galles* 

M. Boutxgny a résumé dans un tableau tou^s les ex- 
périences qu'il a faites sjir la crosse de la batterie d'un 
fusil , depuis uue minute jusqu'.^ cinquante jours d'in« 
tervalle. 

Ce sont ces expériences qui Tont d'abord conduit à 
regarder l'acide arséuieux et l'eau de baryte comme dès 
réactifs inutiles ; le premier, parce qu'il n'accuse la pré- 
sence d'aucun corps ^ et l'autre V parce qu'il indique con- 
stamment la présence de l'acide sulfurique. 

L'observation des caractères physiques de la crasse de 
la batterie lui ont prouvé qu'on ne peut tirer aucune 
induction de la couleur de cette crasse qui est loujoujrs à 
peu près la même, ni de son état hygrométrique qui dpit 
nécessairement varier suivant la saison, la température 
et Ie& localités. 

Il n'en est pas de même de L'oi(ide rouge de fer» La 
présence de cet oxide sur la partie du canon correspon- 
dante au bassinet , annonce qu'il y a au moins deux jours • 
que l'arme g été déchargée. On conclura au contraire de 
l'absence de cet oxide qu'il n'y a pas deux jours qu'on 
a fait usage de l'arme. 

On tirera les mêmes conséquences de la présence ou 
de l'nbsenee des cristaux dan$ le bassinet et sous le cou* 
vrefeu. 

Les réactifs indiquent : i^ la présence d'un hydrosul- 
fate, et conséquemment de Taoide hydrosulfurique ; 
a^.de l'acide sulfurique ; 3^ l'absence d'un sel de fer, 
plus tard sa présence , et ensuite sa disparition , sinon 
complète , du moinls en grande partie } c'est donc prin- . 



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JOORTÏAUX FRAWÇAÏS. qS 

cîpalemem sur ce sel que roulent toutes les conséquences 
de l'analyse. 

Les résultats obtenus de Texamen simultané des pro- 
priétés physiques et chimiques peuvent se diviser en 
quatre séries qui caractérisent autant de périodes : 

i'« Période. Elle ne dure que deux heures , caracté- 
risée pat la couleur noire bleue de la crosse, Vabsencc , 
des cristaux , de l'oxide muge de fer et d'un sel de fer, 
la couleur légèrement ambrée de la solution et la pré- 
sence d'un hydrosulfaté. 

2* Période. Durée de a4 heures ^ couleur moins for- 
cée de la crasse, limpidité dé la solution, absence dé 
l'acide hydrosulfnrique, des cristaux et de Toxide rouge 
de fer, «t présence d'fitomes de fer. 

3® Période. Durée dç lo jours; présence de petits 
cristaux dans le bassinet , sous le couvrefeu et sous là 
pierre, cristaux d''autant plus allongés qu'on s'éloigne 
davantajge de répt>que à laquelle l'arme a été déchargée -, 
taches nombreuses d'oxide rouge de fer sur la partie du 
canon correspondante à la batterie , et particulièrement 
au bassinet. La teinture de noix de galles et Thydrocya- 
nate de potasse ferrure indiquent la présence d'un sel 
de fer. 

4* Période. Elle va jusqu'à 5o jours; diffère de la 
3* par une plus faible quantité d'un sel de fer, et une 
plus igrande d'oxîde rouge. 

La conclusion est facile à tirer d'après les caractères 
de chacune de ces périodes ; 

Ainsi : i® une arme à feu, à pierre et à bassinet de fer, 
qui offrira les caractères de la première période, aura été 
tirée depuis deux heures àu plus ; 

a* La même arme, qui présetttera les phénomènes dé- 



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96 littéhatuke médicale fkançaise. 

crits dans la deuxième période , aura été déchargée. depuis 
a heures au moins , et a4 heures au plus; 
. 3** Caractères de la deuxième période ; déchargée de- 
puis 24 heures au moins , et i a jours au plus ; 

4o Quatrième période; déchargée depuis 10 jours au 
moins, et 5o jours au plUs. 

Il est donc possible d^assigner à quelques heures , et 
ensuite à quelques jours près , Képoque où il a été fait 
*u3age d^une Arme à feu. 

Il faut pourtant tenir compte de Tétat général de 
Farme , et ne pas non plus regarder comme trop abso- 
lue cette division en quatre périodes. 

M. Boutigny termine son intéressant mémoire par la 
théorie chimique de la formation et de la disparition du 
sulfate de fer^ et par une remarque assez curieuse sur 
Tabsence à toutes les époques ^ même après 5o jours, 
de Foxide de fer adhérent dans le bassinet et sous le 
couvrefeu, tandis qu'il en existait considérablement sur 
le canon. Ce, fait con(ii*me une propriété qui nous a été 
révélée par M, Pay en, -sa voir que les alcalis préservent 
le fer de Foxidation , et il prouve aussi que la potasse 
est le résidu le plus considérable de la combustion de la 
poudre. 

M. Boutigny nous promet d'en trc^prendre incessam- 
ment des recherches analogues à celles qui font l'objet du 
présent mémoire , 1° sur les armes à bassinet de cuivre; 
îi" sur les armes à percussion. 

Journal de pharmacie {septembre i833). 

. I. Injluence des vases sur ï altération du lait (ex- 
trait d'un niéaioire sur les relations qui existent entre 



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JOTJUNAtJX FRANÇAIS. C)^ 

les actions électriques et les actions chimiques ) ; par 
M. le docteur Bouchardat. ^ — L'expérience a démon-' 
iré qu'un des moyens de conserver le lait est de ne pçint 
le transvaser dans des vases de matières différentes. 
Ainsi,"du lait recueilli dans dès vases de fer-blanc, puis 
transvasé dans des vaisseaux ou de verre ou d'étain, etc., 
s'y conservera beaucoup moins long-temps que s'il y 
avait été primitivement placé; il se produit ainsi une 
perturbation favorable à la coagulation. Le soufre con- 
serve \e lait très long-temps, mais il y devient sensible- 
ment acide et se cdagule par l'ébullîtion. Les vases de 
zinc, d'antimoine, de bismuth, de laiton , de cliîvre 
et de fer le conservent très bien ; mais l'innocuité des 
pr^nieris est trèè contestable : quant au dernier, il com^ 
munique assez vitç au lait une saveur très désagréable 
et une odeur caractérisqtie très prononcée. Au résumé, 
pour l'usage économique, il faut s'en tenir aux vases 
de fer-blanc en évitant de transvaser. 

Le fromage acquiert une oaeur et une saveur très di- 
verses, suivant la substance des vases qui ont servi à lo 
préparer. La nature des moisissures^ui se développent, 
est aussi fort diflFérente- Après quinze jours de conser-. 
Tatioh, les produits ammoniacaux prédouiinaient dans 
tous les métaux. . ' 

M. Bouchardat attribue le plus ou moins de promp- 
titude des altérations chimiques du hit à la force élecr 
trique qui se développe au contact de tous les corpvS hé- 
térogènes, et dont rinfluence est phià ou moins mar- 
quée sur l'énergie ou la nature de toutes les réactions 
chiniiqueà, ainsi qu'il résulte de ses nombreuses obser- 
vation ô , et de ses expériences curieuses sur les varia- 
' tions apportées par Je contact des vases de diverse nature. 
Tome rV. Octoire 1 833. 7 



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98 LlTTéRATlinE MÉDICALE FRANÇAtSji. 

dans les déiomposi lions chimiques , d^ns la cristalliïa-» 
lion , Tacétification et la fermen talion alcoolique. 

n. Préparation de la salicine ; par M. Doflos ( nou- 
Yelles Annales de chimie , de physique de Schwerggeiv 
Seidel, vol. 7, cah. i, i8^3, pag. aS). — Le procédé 
assez simple de M. Du0o8^ consiste à épuisti^r Fécorce 
par trois décoctions successives , à passer, à faire ih^r 
porer les décoctions réunies jusqu'à ce que la liquei^r 
représente le triple de Técorce employée^ à y ajouter 
alors de Toxide de plomb en poudj|?e fine , et à laiçsetir 
le mélange digérer à uue douce chaleur pendant 24 
heures en remuant souvent; à passer de nouveau et à 
faire évaporer jusqu'à consistance sirupeuse.^ et à pu- 
riQer les cristaux qui se déposent en les faisant 'iiedis^ 
soudre dans Teau et cristalliser. 

La propriété que possède la Salicine» de se cctlorer en 
un bea IV rouge pourpre par Tacide sulfurique concen- 
tré, a éternise à profit pour reconnaître la préseaice 
de celte substance dans les écorces de satule et de peu-»», 
plier. . \ 

IIL Eau minérale de Cramaux (analyse par M. Li^ 
mouziw-Lamothe ). — Vingt-quatre litres de cette e^Lu 
ont donné, à quelques fractions près ; acide cârbor 
nique libre un tiers du volume, carbonate de fer 5q 
grains, .sulfate de fer 12 , carbonate de chaux 49 1 
sulfate 4é chaux 24 , muriate do chaux et de potasse 48, 
sulfate de magnésie 7, mntière animale 3; eu tout 240 
grains ^ou 10 grains par litre. La prédominance du fer 
l't les proportions des sels àe diverse nature doivent faire 
'^angPT ceire éau dans la classe des eaux ferfugineuses 



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XOUHMAUX FIIANÇ4IS. , j bg 

salines ; car le gaz acide carbonîq^iie. libre qurcUe con- 
tieat n'est pas eu (quantité sufEsanj^ pour la cksser parmi 
les eamo gazeuses. Il ea e6i de même do la matière ani* 
Diale doaC la quantité ivop minime ue permelpas djQ U 
ranger parmi les eaux sablonneuses ^enûn , sa tempéra-» 
lure la place parmi les eaux minérales froides. 

IV. Histobe nattirelfA e% toxique du Mlas dp^ wln^ 
tilles (melia senipervirens), as^ec V analyse de ses 
fruits^ par J. B. Ricorp^Madiaua). — Cet avbrisçieau 
appartient à la famille des méliacées J. , et a la dÀïat^ 
drie monOgynie L. , espèce très voisine à» Tagédarach 
(meliq ihgedarach). C'e^t encore un de ces végétaux 
dont la racine et les fruits passent pour un poison à la 
Guadeloupe» Les. expériences positives de M. Ricord-^ 
Madiana, sur de» chiens et sur lui-même, ont démontré 
que' cette plante ne recèle aucun principe vénéneux. . 
Quant aux propriétés thérapeutiques qui lut ont é^é at- 
tribuées, apéritîves(Lémery), anthelmintiques(AHbertv 
Valentin), elles ne sont prouvées par aucun fait prati- 
qua bien constat^. La pulf^e d^ ses fruits , mise en pAte 
avec de Thuile d'olive et da sel, fcurme,«au dire de 
quelques guérisseurs , un onguent excellent dans les ' 
éruptions galeuses,. Le célèbre botaniste , André Mi- 
chaux , ]iip|>orie qu'en Perse cette piUpe^ tnèlée avec la 
graisse > est fort employée en frictions contre la galç et 
la teigne. M. Descourtilz dit que l'huile qu'on retire de 
ce fruit est estimée vulnéraire. Il est diÊcjle de crqire 
qu'on ait mis beaucoup ce médicament à Tépreuvo, en 
raison de la quantité fort minime de Thuple qu'on tire 
de ce9 fruits , à en juger par l'analyse chîmiqi^e suivante 
fai(e par M. Ricord-Madiana : Eau évaporée par U des- 



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iOO LIlTÉlUTURr MÉDICALE FRANÇAISE. 

sîcalîon des fruits roo,o , chlopinite 5,g , réstne 1,2 ^ 
espèce de sarcocoll^ 6,0 , muqueux o,3, gomme 40,0 ^ 
fécule f amylacée 7,0, hurle grasse 2,5 , ligneux 46^0 ^ 
acide acétique des traces , perle 2,0 5 total 180 , quan- 
tité du fruit employé. 



Bulletin médical de Bordeaux ( septerabre 1 833). 

A rimîtation de la presse politique , la pixîsse médi- 
cale^ s'efforce de dégager les provinces djii joug de la ca- 
pitale : ces efforts seront sans doute suivis de succès , 
et nous ne. manquerons pas , pour notre compte , de Ips 
seconder quand l'occasion s'en présentera , en reprodui- 
sant quelques-unes des observations intéressantes pu- 
bliées par les médecins de province. Pour commencer, 
aujourd'hui nous ferons un court extrait de deux nii- 
méros du Bulletin médical de Bordeaux , qui nous ont 
étéadressés^ 

1. Variole. -*-La variole , la varicelle et la varioloïde 
régnent en ce moment à Bordeaux comme à Paris. M* Ga- 
chet , dans un article concis et substantiel ^ appelle de 
nouveau l'attention des médecins sur l'effet préservatif 
constant de la vaccine. Tous les médecins de la Société 
royale de médecine etdu conseil de salubrité de Bordeaux 
affirment que la variole n'a atteint aucun des sujets qu'ils 
avaient vaccinés , et che^ lesqueh ils as^aient constaté 
le développement des pustules de la vraie vaccine. - 

Durant Tépidémie , la vaccine , par le léger trouble 
qu'elle apporte dans l'économie, a quelquefois paru l'occa- 
sion du développement de la varicelle et de la varioloïde. 



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youKNAux Français. loi 

Ainsi, M. le docteur Lacoste ayant vacciné soîxanie-iroîs 
individus, en vit citiquante-sept atteints de la varioloïde; 
A Saint-Martial 9 M- Lanelongue vaccina les i3, 21 et 
99 mai, 4 6^ 1 3 juin, soixante^drx individus sur lesquels 
cinquanjte^inq furent pris de varioloïdp. Depuis cette 
époque , 1 épidémie ayant décliné (sans avoir cessé), le 
nombre des varioloïdes paraissant avec la vaccine est de- 
venu beaucoup moindre. 

II. Effets du magnétisme minéral. -*- M. le docteur 
Bcrmondy frappé des succès obtenus, au dire d^un jour- 
nal^ par le docteur Kelly, à Londres, de 1 application 
de Taimant chez les sujet^^tteints de névralgies, et»* 
ploya le même moyen dans le6 cas suivais : 

1^ Chez Une dame atteinte de douleurs dentaires (avec 
carie d'une grosse molaire), que six frictions faites dans 
la direction du nerf dentaire avec un aimant dont les 
forces de tension et électro-nnotrice étaient très-dévelop- 
pées (condition nécessaire), délivrèrent entièrement et 
subitement de ses douleurs ; / 

7i^ Chez'une autre dame en proie à Une névralgie sus- 
orbitaire que divers moyens actifs n'avaient pi* soulager. 
Plusieurs passes faites^sur le trajet des nerfs sus-orbi- 
tafres avec le pâle nord de laimaut firent disparaitie les 
douleurs. Des frîctions faites ensuite avec le pôle sud les 
rappelèrent aussitôt ; elles furent de nouveau dissipées 
et guéries enfin par des frictions avec le pôle nord\ 

3^. Les mêmes effets furent obtenus chez xm jeune 
homme atteint de névralgie sciatique. 

III. Paralysie faciale guérie par la strychnine, -r-- 
M* le docteur. Lanelongue (de Saiut-Martifil) cal^portQ 



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102 ^ UTTÉaATURB MÉDICALE FRANÇAISE. 

avec détail l'observation d'une paralysie du côté gauche > 
de la ftice^ qu'il croit devoir attribuer à une inflamma** 
tioQ rhumatismale fixée sur la portion. dure de la sep» 
tième paire ou nerf facial. Cette paralysie, combattue 
d'abord par les sangsues et les vésicaioires , céda à l'ad- 
ministration interne )ei ,eficfarmxi/ue de la strychnine, à 
la dose d'un huitième de grain par jour (par chacune 
de ces voies). —-L'auteur rappelle à cette occasion les 
succès obtenus à l'Hôtel-Dieu par M. Bally à l'aide du 
mèn^ mode de traitement i II ne faut pas oublier toute-^ 
fois que le temps ^ à lui tout seul, guérii.assez bien cette 
espèce de paralysie chez quelques sujets. Un malade que 
naus observons en ce moment ^ l'hôpital Saint-^Louis, 
n'a éprouvé aucun ' Éénéfiee de la, méthode vantée par 
M. Lajoelongue , n^éthode qui est d'ailleurs on ne peut 
plus rationnelle. *« 

IV. Ft^acture de Thumérus sur un nouyeau^né. —* 
M. i?uiroca, chirurgien à Barsac, trouva l'humérus gau- 
che fracturé sur un. enfant né depuis deux heures. Cette 
fracture é<idit évidemment la suite des manœuvres de la 
sage-femnoLC, qui s'était empressée de dégager les épaules 
(aussitôt après la sortie de la tète), et qui , au moyen du 
pouce, avait, disait-elle, fait basculer le bras gauche • 
Un appareil convenable ayant été appliqué , la fracturé 
parut consolidéje le kuitièmejour: cependAux M.Diirbroca 
jugea prudent de n'ôter le bandage que le quinzième-^ À 
cette époque le cal était si volumineux que l'humérus 
avait acquis trois fois sou volume à l'endroit fracturé.- 
Cette tuméfaction a complètement disparu depuis. 

V« Extirpation {f un sq\Urrhe du rectum. -^Un ha- 



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JOU&HAtJX FRANÇAIS. loî 

bît^ntnotablê de Bordeàtiis portait depuis long-temps une 
tumeur sqdirrheuse à la paroi intérieure de Tintestin 
rectum. M. Delpech avait propose Topération comme la 
sétilè chance dé salut, sans dissimuler lome£ois la gra- 
vité et les dangers de cette opération : elle fut pratiquée 
avec rhabîleté connue de ce chirurgien célèbre \ la com- 
pression et le tamponnemeiU snffire^it pour se rendre 
maitre de Técoulement du sang : mais une péritonite 
survint, et îamort arriva quatre jours après Topéra- 

tlOtt. 



' TransactioHs médicales (septemhrç i833.) ' 

1. J^ice de conformation^ grossesse j opération césa- 
rienne j mort, autopsie \ par M. Béllo. — Ce vice de 
conformation consistait en une soudure è an^le droit de 
la colonne vertébrale (avec destruction du corps de la 
cinquième vertèbre lombaire, probablement par suite de 
carie survenue dans rèufance) à la face interné pu anté- 
rieure du sacrum (devenue supérieure) : d*où réirécîsse- 
ment du diamètre antéro-postérieur aIu détroit supé- 
rieur, anté'version de la matrice, etc. La malade , âgée 
de quarante ans, avait eu plusieurs accouchemens labo- 
rieux, le dernier notaiTimcnt avait nécessité la version 
et là perfoi^tîon de la bosse du crâne du fœtus mOrt. 
Dans celui qui fait te sujet de l'observat^iwi rapportée par 
M. Bello, on crut devoir foiré la gastrotomie : Ces pa- 
rais abdomitialc^s prodigieusement distendues, étaïQiit tel- 
lement amincies quelque précautibnqu^ouy eût mise, que 
Je premier coup' de bislcmrî entama le tissu de Tutérus. 
L'încîsion feîte sur la ligne médiane avait porté sur le 
fond et la face postérieure (devenue antérieure) de Tuté- 



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lo4 LITTÉRATURE MEDICALE FRAIÏÇAISE. 

rus ^ la malade sdourut d'hémorrbagie quinze keure^ 

après Topération (ion trouva à Fautopsie le bassin et 
Tabdomen renlplis de caillots de sang). L,'enfant, extrait ^ 
vivant , mais daus un état de langueur, succoinb^ deux 
Jieures après la mère. 

II. Observation cC épanchenipnt apoplectique ayant 
son siège dans la cauité arachnoïdienne ^ rédigé par 
M. A. Lo^GET, intefne^ et présenté à la Société de Mé4e- 
cjne par M. Pruç, médecin de l'hospice de Bicètre^-t: 
Un homme âgé de soixante-treize ans> sujet à la cépha- 
lalgie et aux éiourdissemens, succomba après environ 
six jours d'une maladie cérébrale que Ton supposa être 
un ramoUissement^îtAiqné par la céphalalgie^ du délire, 
de Tassoupissement , une hémiplégie droite sui.venue 
graduellement^ etc. A Fouvertute du corps, ou, trouva 
sous la dure-mère qui recouvre l'hémisphère gauche du 
cerveaii ^ un caillot sanguin de cinq pouces de long sur 
trois de large et un pouce au plus d'épaisseur, adhérent 
au feuillet pajiétal de l'arachnoïde et isolé par une çaem- 
bràne accidentelle du feuillet cérébral , en sorte qu'il 
paraissait bien le produit d'une exhalation qui s'était 
opérée dans la cavité même de la membrane séreuse.. 
Une injection assez vive (plus pronojncée dans l'hémir 
sphère gauche) était la seule altération qu'on rencon- 
trât dans la substance cérébrale. — L'auteur de cette 
observation, après avoir rappel^ les faits analogues* pu<^ 
bJiés par divers observateurs modernes, repousse comme 
peu probable Topinion de cqux qui veulent que le siège 
de l'hémorrhagie, en pareil cas, se trouve entre la dure- 
mère et le feuillet arachpoïdien, et non point dans la car- 
vile même de. l'arachnoïde. 



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JOURNAUX FRANÇAIS. ïo5 



Archives générales de médecine (sept. i833). 

Essai sur les propriétés fébrifuges de la salîcine^ 
par le docteur G. Richelot. Ce nouveau médicament, 
proposé en France par M. Leroux^ en Allemagne par 
Buchner^ en Italie par. Rigatelti^ a déjà été l'objet d'un 
assez g]!^nd nombre d'expériences dans les hôpitaux de 
Paris ; M. Andral, à la Pitiés M. Bally^ à FI^ôtél-INeu ^ 
M.. Chomely.à la Charité # sjeu ,^oïit particuUèi^ement 
occupé3. ti'auteur cioitdevgir tirer les conclusion^ sui- 
vantes de l'examen raisonné des résultats de la pratique 
de ces médecins et dfe quel(Jues autres encolrc r 

.i^La 5«iici/ie* paraît ppssédér réellement des pro- 
priétés fébrifuges 5 mais ces propriétés sont peu énergi- 
ques et nullement comparables à celles du sulfate de 
quinine; ^ . 

2*^ Cependant , préférable à tous les autre$ fébrifuges 
indigènes, la salicine pourra être donnée avec avantage 
dans les cas où le quinquina aura échoué , dans ceux où. 
il existe un^étdt d'irritation abdominale qui contr'indi- 
que l'emploi du sulfate de quinine , et surtout dans les 
fièvres hectiques accompajghées de diarrhée ; 

3** La dose la plus convenable est celle dé six à huit 
crains donnés dans; Papyréxiè : cette dose peut ensuite,, 
au besoin, être graduellement augmentée î ce mode d'ad- 
ministration sembl*^; bien préférable à celui qui consiste 
à recourir de prime-ahord à des doses élevées. 



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t06 littéràtuhe ikÉmcALs jêtuangèhv. 



LITTÉRATURE MÉDICALE ÉTRANGÈRE. 



ANALYSES D'OUVRAGES. 

A trtaJdst on the urefhra ; Us diseuses^ espécially 
stricture and their eure^ by Benjandn Phil- 
lips. London, i832, în-8. 

Trailé cle Turèire, de ses maladies, et en particulier 
des rëlrëdsseineiis^ par B. Pbijllips. 

L ouvrage dont nous allons rendre compte n'est p» 
destiné aux suecès éclatans. Bien des livres ont été faits 
sur ksrétrécissemeas de l'urètre : les nos riches de feiis, 
de procédés ingénieux , sont encore consultés avec fruit 
malgré le temps qui les sépare des perfectionnemens 
apportés aux méthodes curatives \ les autres y pales re* 
fleis d'écrits originaux j se sont bortiés k répéèer leurs 
devanciers sans rien ^jouter à leurs travaut , ils sont 
tombés dams l'oubli. Quoique le docteur Beiyamin 
Phillips n'ait fait qu'un résumé ^ nous avons cependant , 
remarqué avec plaisir qu'il avait étttdîé son sujet avec 
sagacité et profondeur , et dans uu volume inr&'^i ^^ a 
clairement exposé la pathologie de l'urètre et 00a trai- 
tement. * 

Le premier chapitre est consacré à Tanatomie du canal -, 
puis l'auteur a décrit l'urétrite; et,quoiqu'arrivé le der- 
nier, il ne résout pas la question de sa voir comment on peut 



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DE L^URkTiftE. 107 

distitiguôr récoalemeiH simple de celai qni esieyphiliu- 
que; à la ehimieappartieBt encore^ suivant lui, la solution 
du problétoie. Toutefois ^ on pourrait eu quelque sorte , 
à priori le présùBoier de la nature d^une bleimorrhagie, si 
elle coâiucide avec re:&i6ten€e d^affectieiu de la peau ou 
de fluxions -goutteuses et rhumatismales. On le sait, de 
nombreuses obéervatiotis le constatent , 1« ncnnbre des 
blennorrhagies est |>his considérable au printemps et ea 
automne qti'en^té et en faîvçr , dans ces saisons où les 
variations fréquentes de i^npérature impriment à tout 
)e système Une disposition inflammatoire ; tienne alors 
une I^re irritation de la muqueuse urétraleV causée par 
le coït ou réxces de boissons qui provoquent feéquém- 
ment rémission de l'urine, et la blennorrhagie se déclare» 
Cette observation que nous trouvons reproduite dans 
Pouvrage du docteur Phillips ^ Uous 1 acce^ns toute 
entité , et nous pensons avec lui que Turélrite , mala-» 
dîe localisée s'il en fàt jamais^, est soumise çependa^it à 
une inffùenee générale dont il, faut tenir compte, et sa- 
voir qu'une alimentation un peu excitante guérira plus 
prompteiùent que Temple^ exclusif des antiphlogisti- 
ques alors que la coustitution atmosphérique n'est plus 
kmèmq. 

Piassant au abattement , l'auteur a parlaitem^it Te tracé 
tout ce qui a été dit jusqu'ici pour la pérkklô aiguë et 
ehrQhique de rurétrite. Les antipfalogistiques et les 
moyens hygiéniques pour laprenûère, les exdtans et 
les révukife pour la seconde. Dans cette dernière époque 
de lia maladie^ la cautérisation proposée par M< Lalle- 
mand hA semble mériter toute confiance. Il cite de 
n^ombreux cas de suoeès inespérés après Temploi d'une 



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I08 LITTÉRATURE Mé0I<ÎA.l.E ^TRÂBiGERE. 

foule de moyens. Ainsi qu'il le fait très-Lieii remarquer^ 
récoulément qui persiste ne ftiége plus à la fo9se navicu- 
laîre comme au début , rinflammation se propage à F in- 
térieur du canal , et de petites ulcérations se forment à 
sa paroi inférieure sous Faroade pubienne et même jus- 
qtic dans la région prostatique. Elles sont indiquées par 
les douleurs que ressent le malade au passagç de Turioe^ 
au contact d'une bougie. Vainement cautérise* t-on la 
fosse navîculaîre, le nitrate d'ai^ent doit être porté sur 
le lieu même de Tulcératicm', et laissé une mipute au 
plus. Deux cautérisations semblables suf6sent ordinaire- 
ment potir. ta tir ces blennorrhéesyle désespoir des malades 
et de la thérapeutique. Nous regrettons que le docteur B. 
Phillips n'ait pas insiste davantage sur le traitement qui 
convient à Vaffection chronique du testicule qui compli^ 
que si souvent la blennorrhée. Il a^ oublié de parler de 
l'emploi des frictions stimulantes, telles que l'hydriodate 
de potasse, le mercure, et surtout nous devons lui repro- 
cher de n'avoir rien dit de ces engorgemens chroniques 
du testicule qui , simulant le sardocèle , e^agent à re- 
courir à là çastratioh. Nous avons observé plusieurs faits 
de ce genre. Avant d'en venir à l^pération , le profes- 
seur Dupuytren a toujours soin d'essayer les prépara- 
tions mercurielies, et bien des fois, sous leur influence, 
la résolution s'est opérée. 

La seconde partie de l'ouvrage est consacrée aux ré- 
trécissemens. L'auteur équmére les causés , les diverses 
espèces d'obstacles , et cite les opinions des meilleurs 
auteurs sur ce sujet. Dans cent soixante- treize, cas qu'il 
a recueillis avec soin , neuf fois le rétrécissement sié-i 
geait à. un pouce au méat urinaire, huit fois à deux 



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ï)E L'unÈTRiE:. 109 

pouces , treize fois enire deux et trois pouces, onze fois 
enu-e trois et quatre.pouces , quatre- vÎBgi-dîx-buît fois 
entre quatre et cinq pouces et demi , dix fois entre six et 
demi et «ept pouces et demi. Il cprabat l'opinion de 
Sœmmering , qui ne croyait pas au rétrécissement dans 
In portion; prostatique 5 il en r3pporie deux cas observés, 
par le professeur Lallemand. Le siège de Turétrite quç 
nous avons constaté être à la. fossé navioulaire, semble 
une contradiction avec le siège du rétrécissement; mais 
si Ton se souvient que Tinflammation tend à matcher le, 
long du c)sinal et se fixer à sa courbure par des ulcéra- 
tions , et de plus, que ce n'est que dans la période chro- 
nique de la maladie que se forment les obstacles au cours 
de Furine, on voit que la conciliation est facile» 

La tiescription des symptômes n'offre rien dé parti- 
culier ^daàs le traitement se trouve Thistcurique de Tin- 
vention des bougies. Avant le milieu du seizième siècle, 
les.réirécissemens de IWètire étaient presque inconnus; 
ce fut à cette époque que Tattention des médecins fut 
éveillée en ^pagne ^ur des, rétentions d'urine qu'on 
attribuait au squirrbe de la prostate et à la présence de 
caroncules dans l'urètre. Un nommé Philippus , de Lis- 
bonne , inventa la première bougie pouir opérer la dila- 
tation, et, dès ce moment,, celte méthode se répandit 
et arriva jusqu'à nous, nxidifiée par les' époques qu'elle 
avait U*a versées. La cautérisation préconisée par Hunter, 
et de nos jours rendue presque exclusive par les^ belles 
recherches de Dudamp et de Lallemand , sembl&à Tau-^ 
teur de ce livre le procédé le plus $ûr , le plus court, le 
plus e?cempt de récidives^ Avec une grande lucidité, 
le docteur Phillips discuté les avaqtages comparatifs des 



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tlO LIXTÉEATURE MÉDICALE ÊTRÀUGERE. 

deux méthode^, s'appuyant de faits nombreux recueillis 
avec soiu et d'autorités scientifiques iiTëcudïiblea en 
pareille cause. Il emploie la dilatation lorsque le rétré* 
oissement vient à peine de se former , c'esi-Ànlire l6rs"« 
<(ue le peu de temps, qui s*est écéulé depuis le dép6t de 
la matière qui engorge l'épaisseur des parois du canal 
peismet une résolution facile. Il n^en est piuB de même 
si cette hjpertrc^kie irrégiiltère ^ pleine de nodosités, 
diminue déjà depuis lonç*temps le calibre de Furètre; 
la dilatation mème^ an rapport de Sœmmering et de 
M. Boy er, exige un long traitement^ et l'emploi pro- 
longé de bougies pour maintenir dans $a capacité nor- 
male le canal qui tend à revenir à sa déformation prinii* 
tive. 

La. cautérisation n'a pas les mêmes inconvéniens ; per- » 
Sectionnée par Lallemand / elle agit avec certitude et 
sûreté. Toutefois elle demande une mait» habile qui .ne 
détruise que le rétrécissemont sans attaquer la hkae 3ur 
laquelle il repose , et amener ainsi une contïactioii con^ 
aécntive. Après la cautérisation , l'auteur regarde éga- 
lement comme inutile l'emplcn des bougies fiiour.âiehever 
laguérison^ selon lui, la réunion des deux méthodes 
lui semble la retarder plutôt que la consolider; il &'ap^ 
puie sûr dé nombreuses observa ticms^, nofamtuent sur 
celles àe Lallemand , et de Grensoal de Lyon. 

Cependant , il est des ^as ouïe rëtréçîsseméai siégeant 
à l'orifice externe du canal , ne guérira que par 1* pré- 
sence d'une bougiequi éloignera les pardis de la surface 
cautérisée, de , même que lorsque l'escarre profonde 
a , dans un autre point du canal , fait place à une sur* 
face qm suppure , l/i bougie devra être introduite poui 
obtenir une cicatrice convenable. ^ ' 



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PE L'UKiTEK. 111 

Le docteur Phillips a faii plus que de présenter Tétat 
lia h science jiur celte qn^slion des maladies ^ Turètre : 
]ui aussi a voulu perfectionner, et donner k son livre 
un intérêt de plus que c^Iui qui Vattaqhe nalnreUemttnt 
à de|i observations pratiques, et pleines de stibsunca. 
Quelquefois un rétrécissement de forme valyulaire ne 
peut être atteint par le caustique « ou bien Tindura- 
tion pariétEtle qui iaitobstacWs'oppose.à toute éntôssion 
d'urine , malgré les efforts du malade et sea besoina im« 
përieux. Ici le nitrate d argent ne cautériserait jpesatiaes 
vite V la^ougie^ maintenue eu contact suivant le pcé-« 
ceptc de M. Dupuytren , serait trop longue à agir ;^poop 
obvier à ces inconvénîeiis, le docteur PhîlUps a inventé 
un urétrotome qu'on introduit daita une cenule^ et qui 
coupe Tobstacle. . . - ^ 

. Ce moyen a quelques rapports avec le calhétérisme 
forcé coutre lequel il s^élève aveo raiaon. dans toutes ' 
les circonstances, préférant les injections forcées de 
M. Amussafc, et la ponct^oi^^de la vessie. L instrument 
proposé par Vauteur et dont il a donné une planebe^ 
nous par^t devoir i;i'ëtre emj^y^ qu avec resuriclion., 
et par une main bien esseroée* 

Nous, terminerou^ Tei^posédb cet ouvrage en rappor- 
tant quelquj^sHins dea résultats géuàraux cibbesias paf lo 
doqteur PhiiUpa sur cent 4i,Sr^éui^ cas de rétrécissemenu 
A Taide d'uu tableau statistique > on toit ique sur ces 
cent dix-neuf malades , cent^ dix-sept devaient leur ré- 
trécissemem i des urétrit^s« , 

Sur ces cent dix^neuf , trente-six furent traités par 
la dilatation \ de ces trente-six , dix-neuf eurent des ré- 
cidives et durent leur gUérteoe à la cautérisation coliisé- 
cutîve. 



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lia LITTÉRATURE MÊDICiLE ÉTRAliGÈRV. 

Quatre ^ vîngt-un furent primîti veinent cautérisés , 
soixantedouze guérirent ;; il y eut treize récidives seule- 
ment. 

De ces soixante^louze , soixante-chiq furent traités 
par la dilatation consécutive à k cautérisation ^ récidives^ 
treize. 

Cinq furent incisés avec succès par Turétrotome. Re- 
lativement à Tâge des irrdividus, 6n voit que des trente- 
six qui furent traités par dilatation , vingt étaient entre 
quarante et soixante ans; huit entre vingt-cinq et trente- 
cinq; quatre aii-dessus de soixante; quatre au-dessous 
de vingt-cinq. 

i Sur les soixante-douze qui furent traités par la cau- 
térisation , vingt-quatre eiïtre quarante-cinq et soixante 
ans : récidives , 6 ; vingt-deux entre trente-cinq et qua- 
raute-cihq: récidives 3; dix^-huit entre vingt et trente 
ans : récidive, un ; huit au-dessus de soixante : récidives, 
trbis. 

Nous bornerons-là ce détail numérique. Le livre que. 
nous avons analysé -mérite une appréciation complète ; 
sa clarté , sa méthode excellente , sçs vues pratiques si 
nombreuses le recomiùandent à la méditation du lecteur. 
Cest chose si rarte qu'un bon livre , que nous ne saurions 
trop donner de loiianges aux hommes qui ont long-tempis 
élaboré leuraujet pour produire une œuvre d'étude et 
d'observaticm éclairée. Le docteur Phillips a, lait ainsi, 
nous lui devions justice. 

DUPRÉ LA TOTJR, D. M. P. 



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T01»0G1tAPHtE DE ItiAPLES. n3 

' j 

Topographie et statistique médicale fie Naples ; 

Parle docl. SalvatOre de Remzi^ 

Médecin ordina^'re dé l'hôpital royal de Lorette, médecin adjoint àê 
celui des Incurables , membre de l'Académie royale des seiences, etc. 
,N«ple^, i833. In-8*. Dixième édition. ' 

Daus un ouvrage publié en 1827 sur la topographie 
ççdicale du royaume de Naplei , le doctetir Salvatore 
de Renzi avait consacré un chapitre seulement à la sta- 
tistiqiie de cette capitale* Depuis ce temps , ayant f éuni 
de nouveaux matériaux , il en a formé l'ouvrage que 
nous annonçons, et qui renfermé tout ce qui tient à la 
topographie et à la statistique. 4e Naples. Nous n'en- 
treprendrons pas ici de donner une atialyse complète de 
ce livre, oùs^e trouvent les documens les plus minutieux 
sur la manière de vivre des habitans , sur les maladies 
auxquelles ils sont sujets, sur lès institutions sanitaires, 
etc. ^ etc., etc. Ces documens, n'ayant pour la plupart 
qu'un intérêt local , nous nous y arrêterons peu, et nous 
insisterons plus particulièrement sinr la partie statistique, 
comme pouvant offrir des points de comparaison avec là 
' statistique des autres capitales de l'Europe. Les détails 
dans lesquels nous allons entrer , nous paraissent utiles 
pour fixer Fopiuion de nos compatriotes sur les avantages 
que peut offrir le climat de Naples aux sujets atteints de 
maladies de poitrine qu'on y envoie des diverses contrées 
de l'Europe. , 

Le royaume de Naples , situé à l'extrémité méridio- 
nale de l'Italie, est entouré par trois mers , et présente 
•Tome IV. Octobre i833. B 



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Il4 LÎTTÉRATIJRK M^PfCA^^ ÉTftAMGÈRÉ. 

" un sol irrégulièrement divise par des montagnes qui 
rendent le climat assez variable. La capitale , située ail 
quarantième degré de latitude , s'étend en ampliitéâtri^ 
tut \e penchant de plusieurs eoltines qui couronnent un 
golfe. 

Elle a vis-à-vis d'elle le Vésuve. Son sol volcanique^ 
ou be trouvent partout des^ traces d'antiques coçibus- 
tioiis^ est couvert d'une végétation c^oiir^ble : on peut 
y faire jusqu'à cinq récoltes. Le terme moyen delà tem- 
pérature, est de quatorze degrés de Réauoluk*; celui de la 
Uauieur du baromètre est de viugt'-huit pieds. Les beaux 
jours sont au nombre de ckûs cent dix, terme moyen : 
cinquante-huit sont froids Oti variables , quatre-vingt- 
dix -sept pluvieux* Les vents du sud , sul*tout ceux du 
sud'^ouest, y régnent géneroiemept. Les fruits et les 
moissons y mûriiseiTt un mois plui tbi qu'à Paris. 

, Naturellement vif et spirituel, aimant les fêtes et le 
bruit) sociable, affectueux, passionné pour k musique^ 
pour la danse et pour tous les plaisirs , le Napolitain 
reliait tous les caractères généralenlent attribué3 au 
iempérameut sanguin. Se^ yeux noirs, ses beaux traits^ 
sa mobilité , son ge$ie animé , son dialecte ingénieux > 
sonore et riche, qui conserve encore des mots et des 
tournures de la langue grecque> contribuent à augmenter 
l'originalité de ce peuple^ qui a beaucoup plus de raj;)- 
port avec les notions de l'orient qu'avec celles du noi^d. 
Jouissant avec délices de sou beau ciel, l'habitant de Na^* 
pies vit pour ainsi dire dana la rue : il y fait ses affaires, 
son commerce ] il y prend ses repas j ses plaisirs et même 
assez souvent ses heures de repos. Les gens du peuple 
dorment en .plein air durant la plus grande partie de 
Tannée. 



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TOPQGRAPmE DE NAP1.E8. 1 l5 

, A Naptes, les femmes sont en [itas grand nombre que 
les hommes^ et dans la proportion de douze à dii* Cela 
tientv dit Fauteur 9 à ta plus grande, mortalité des liom- 
mes qui sont occupés aux travaux pénibles et exposés 
aux intempéries de Tatmosphère : ec en dSCét^ la difie- 
rence en lavent* des femmes âugfnénte dans les quar« 
tiers pauvres de la ville. Les âges y sont dans les pro- 
portioàs suivantes : sur i^ooo individus, 36enfans au- 
desSotts d^un an ^ i5oà 7ans^ anS de 8 à i8; i36dë 19 
à 25 ^'ai3 de a6 à ^O] a4o de 4i jusqu'à Tâge le plus 
avancé. 

, Les femmes peuvent concevoir à douze ans^ et les 
hommes engendrer É quinze ; les saiso&s les plus favo- 
rables à la eonoeplion ^ont le pribtemps et Tété. 

Les morts sont dans la proportion de i sur 3a ; eette 
proportion n'est cependant point la même dans toute la 
ville. La mortalité croit dans les quak*tiers pauvres et 
diminue dans ceux qu'habitent les classes riches. Dans 
la première année dé la vie , il meurt un huitième des^ 
enfans ^ M. d6 Renzi fait à ce sujet reinârqùer que dans 
ce clitiiat le froid influe, beaucoup moins sur leur mor- 
talité, que dans l'Europe mojenne et septentrionale. 
Un homme sur miHe eu général dépasse cent^ns) et de- 
puis dix-huit ans , sur les oSoiiltra^entenaires qui sonr 
morts, il y a eu 169 femmes et 81 homn^s; le plus âgé 
de ces vieiUards^^est mort à ii5 ans. 

D'un an à 18 là mortalité est de i sur 39 

De 19 à 40 * -, I 60 

De 4' à 6a .......... i 36 

De 61 . • . . I 19 

Daiis Ijcs hôpitaux y la proportio]^ est de 1 mort sur 
10 admis. Dans l'hôpital des incurables on reçoit aussi 



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ll(y LlTTéRATURt MéOICALE ÉTHAW^feaF. 

les moribonds que les famille^ pauvres y conduisenC pour 
éviter les frais de funérailles. 

Iiie Hombre des maladies chroniques k Naples est dou- 
ble des maladies aiguës. Les affections dominant^ sont 
les (lèvres gastro-rhumatiques , les catarrhes ^ les hé-^ 
morroïdes, les cachexies, les herpès. On n'y connaît 
pas^de maladies, endémiques. 

Les naissances sont de i sur ^5 habi tans; mais la pro- 
portion n*est pas égale dans tous les quartiers , et dans 
toutes les classes. La proportion des naissances , comme 
celle des décès, s*accroit en descendant dans les classes 
inférieures. Il naît plus de mâles, dans la proportion de 
i6 à i5,o49 tnais ils meurent aussi en plus grand nom- 
bre. Le terme moyen des mariages est de i sur io8 ha- 
bilans , et celni dés enfans est de cinq pour chaque mié- 
nage. 

La ville de Naples est bien pourvue d'hôpitaux etd'é* 
tablissemens sanitaires. Les sourds-muets sont élevés 
dans rhospice royal des' pauvres^'Uu établissement par» 
tionlier est destiné aux aveugles , qui sont malheureu- 
sement très nombreux danB ce pays, ils y reçoivent outre 
les soins ordinaires, des principes d'éducation. L'auteur 
delà statistique qui a dirigé cet hospice pendant neuf ans, 
a écrit un mémoire sur le caractère moral de sa popu- 
lation. La direction de la vaccine est soumise à un in- 
stitut central de vaccine , et sou inoculation est d'obli - 
gation par tout le royaume. Le chevalier Media, secré- 
taire perpétuel de Tlnsti tut, publie annuellement un jour- 
nal de vaccine , intitulé Biblioilieca "^accinica. 

L' Académie-royale des sciences , l'Institut d'encoura- 
gement des sciences naturelles et l'Apadémie miédîco- 
chirnrgicale s'occupent de la partie scientifique dç l'art^ 



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TOPOGHAPHIE DE VkVLES. ïl^ 

V 

Tïnetructioii médicale est confiée à T Université Toyalc 
des Etudes, au Collège médico-chirurgieal, et à des 
professeurs particuliers. AJNapJes, les médecins à sysiè- 
mes devienneut de plus en plus rarfes. L'homœopathîs- 
ïïie et le contro-slimulîsme n*y comptent plus quNin 
très petit nombre de partisans, et l'on y professe géné- 
ralement la doctrine hippocratique plu^ ou moins bien 
comprise. La chirurgie y est surtout cultivée, avec suc- 
cès^ elle n'exclut aucune des pratiques employées dans 
lf?s autres pays et est tenue au niveau de la science par 
la publication de plusieurs journaux de médecine et de 
chirurgie. 

^ L'ouvrage du docreiu*Renzi se distingue par un carac- 
tère d'utilité pratique. Cet éloge, d'autant plus flatteui^ 
qu'il est rarementméritéde nos jours ^ sera sans doute 
pour cet estimable médecin y un motif de continuer se» 
travaux, et d'enrichir la patrie de Cotugno d'une topogra- 
phie médicale aussi bonne et aussi complète que peut le- 
permettre l'état actuel de la science. L. M. 

SOCIÉTÉS SAVANTES. 

INSTITUT DE^FEANCE. 

ACÂOiuiM OJM SdESCEU 

(Août et septembre 1 833.) 
Recherches statistiques, sur les calcuïeux, — ^ Oùsava-^ 
tions critiques sur ce trayaih — f^icç con génial du 
cerveau, — Bouillons de gélatine. — Quarantaines, 
— Diastase. — . Polémique lithotomique. — Puits 
forés, — Décapitation, 

Séance 1}V 19. — M. le docteur Giviale dooue Icctuci^ de 



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Il8 SOClâXÉf SAVANTES. 

la dernière partie de ses, recherches statistiques sur les cal-» 
culeux. Il se lirre d'abord J des considérations géôéraUsy 
do^t les r^uUa^s aq^t : 

1*^ Le doute de Fli^'édiité de Taffectiq^ ç^^caleu^ç ; 

^"I.I/affirinative sur l'ei^îsteiice d'un itat pathdogique* 
des orgues urinaires, précédant toyjpurs la formation àe 
la pierre ; 

5® Que l'action de la pierre sur les parois d/e la- vessie 
produit très souvent urt effet contraire à c^lui qu'on lui 
attribue généralement. 

On sait qu'eu Egypte la pierrç est très fréquente, et les 
renseignemens qu'il a reçus à cet égard ne permettent pas 
d'en douter. Il a été constaté, dans ces derniers temps,, 
que la pierre n'est pas rare dans le Bengale , où' on ne la 
connaissait pas jadis.. 

On avait fait quelque^ remarx^ues asseï^ justes sur la pror 
portMMi des calculeux suivant . les difiEérens âges d,e la vie^ 
Cepeodaatla ques^OIl présentait çticore beaucoup d'incerr. 
tUud^>, l^ tableau que l'autQur a dressé à ce si^t fii^e^a 
définitivement l'opinion des praticiens* Ainsi suir 6^f>:^ma- 
lades.dont l'âge est indiqué , on trouve 3^260 enfans^ 2,21 3 
adultes et/882 vieills^rdsr Cet Ijonorable chirurgien fait 
observer que cette proportion n*est pasla^niême dans toutes 
les localités; ce qu'il importe le plijis ^, noter, c'est qu'é- 
videmment alors il y a quelque influence locale, qu'on doit 
s'attadier à déterminer. Ainsi,, c'est principalement aujt 
pieds des Alpes ^4n côté de Vll^li^, d^aos-k^ montagnes de 
la Lorraine, dans certaines contrées de h. Grande-Bretagne, 
dans quelques localités du Wurtemberg qu'on trouve le 
plus d'enfans calculeux,; tandis que les vieillards attaqués 
de la pierre se rencontrent surtout dans les grandes viUes ,. 
eu Suède , en Egypte 9 et notamment parmi les personnes 
qui mènent: unp vie sédentaii'e. . 

Une question du plus haut intérêt ai ét^long-J-lemps agi-. 



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lee sans qiî'on atteignit |e ^t qU'û» se propoiiiit i»ft Vagis- 
sait de déterminer les chakices que Topération de fai taillç 
fa^it <;ounr aux calculeux, Il a été dit à rÀcadémte qu'ot\ 
avait à peine perdu i malad<^âur io opérés* Certaikiemeiit , 
il est. difficile ^ en An|;leterr.e commsaiUeuiv, de délermiÉirv 
d'une, ina^ièire rigooreuse la inojftaUté des calcuMuk aprè^ 
ropérat^on« Le» aut^rs df ce pays, qui se soot spéciale^ 
meii>t livrés à 4^ pan^ill^s re^zlierçhes, n'aratentpa arritev 
qu'à des approximations^ Le docteur Marcet a lait connaître 
les résultats obtenus à Norwich. Pendant 44 *^^ V^ ^ taillé 
$06 malades, dont 271 aCi-^dessiU de i4 &os, La proportioii 
de la mortalité clïi^z ces derniers est de 4 sur 19- Ce cliifite 
varie u^ peu suivant M.^aUoIjr» qui a embrassé qu^qoes 
années de plu^ dans $e$^ recherches. Celui-ci , dans ^espace 
de 56an$^ di^ qu'onèp a taillé 5401 dont 357 adultes; et qu'il 
eu/est mort 69, c'est-à-dire i sur S, A l'inârmenedeSHstot, 
la mortalité a été plus grande)* Le tableau que M, Smith a 
présenté des opérat^ns finîtes d^us cet ëlablisseHient'paralt 
être le plus complet et le pluii e:(act que l'on ait dresié en 
Angleterre 5 sur 3^4 ^V^l^d^s opérés , dont 1 3g «u-^desseus 
de i4 ans y Jl^ en est mort 7g , cet qui donne 1 .sur 4 i/^ poiifr 
tous Us â((e^- L^ raçme auteur fait connaître aussi les ré- 
sultats obtenus ^ l'hôpital de Leçd9* Il a trouvé qu'on n'a- 
vait perdu que aS m^jtlades s^r 1(^7 reçus dans l'étaUisse- 
ment ; il tin <| conclu. que la mortalité avait été de 1 sur 7 
et une fraction. Mais coniço/e 65 dj^s maladen reçus n'ont pas 
subi d'opération > la mortalité s*élève à 1 sur 4 i/^ pout . 
tpusJe^ âges^ ' . • ^ 

En reunis^anf^ ces' résultats , ij e^t cdnstaat que d^ins leci 
hppitau3^ de T Angle terre, pu perd 1 malade sur 4 <^u 5 
opérés. Telssont Ici» résu^aU généraux qu'ont iitdiqués les 
auteurs anglais^ et qui contrastent d'uqe manière frappante 
avec les assertions de quelques chirurgiens français. 
Si, de ces résultatj^ obteuus daiis le$bàpitaux de laGrande- 



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120 SOCflÉTÉS SAVA2iTES« 

fipeta^e, nous passons à l'exanten dcvceUx qni l'ont été en 
France » nous trouvons d(es différences bien remarquables. 
Les premiers documens recueillis avec quelque précision 
ont été présentes par Morand ; t*est un relevé des opéra- 
lions cystotomiques faites à FHôtel-Dieu et à Thosplcc de 
la Charité de Paris ^ depuis 179.0 jusqu'en 1727. Le nombre 
des sujets o^rés est de 812, et celui des morts de 255, tous 
les malades compris. A ce tableau eff^àyàùt de naortalilé > 
on peut opposer, il est vrai, les résultats obtenus à Luné- 
ville, que Sl&ucerotte nous a fait connaître; Sur 1,639 cal- 
culent opérés en cette ville , il n'y a eu que î^j mort^. Il 
est bon de faire observer que sur ces 1 ,629 il y avait i , 196 
enfans , chez lesquels la mortalité est înconiparablemeut 
mcHndre ; de sorte qu'on ne connaît pas exactement le to- 
tal des morts parmi les 434 adultes, et des vieillards dont 
Sauèerotte afomrni le tableau. 

Maintenant, les résultats obtenus par les procédés cysto- ^ 
tomiques actuellement en usage airec la perfection qu'ils ont 
.acquise dans les derniers temps ont contribué puissamment 
à diniinuer considérablement la mronalité de l'opération. 
Les doGumens que le docteur Giviale présente lui ont été 
fournis par l'administration des hôpitau Jc de Paris. Ils con- 
statent que sur 5 21 malades reçus dans ces établissemens , 
7. appartenaient à l'etifance^ 234 ^ ^'^g® adulte, et ro5 à la 
vieillessCéSur 247 qui ont été taillés,.86 sont morts, i i5'sont 
guéris, et 23 ont conservé des infirmités; le résultat n'est pas 
noté dans les autres cas. 

A l'hôpital Soini'Antoine ^ on a reçu en 10 années i3 
calculeux; 4 ont été opérés, 3 sont guéris, i Seul a suc- 
combé; 9 n'ont pas subi d'opéiiation 5 2 de ces derniers 
sont morts^ 3 ont quitté Thôpital : on ne dit pas ce que sont 
devenus les 4 autres. 

A rhôpital i9eaif/an ^ dans le m^me temps ,- 1 5 calciileux : 
1 1 ont été taillés, 6 sont morts, et 5 sont guéris complète— 



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lWS1*rrtJT DE F HA» CE. 12 f 

titent. Ces 4 qui n'ortt pas subi ropératîon,^a sonr morts, et 
les 2 autres étaient encore à rhospicc. ' 

A la Maison royale de santé ^ dans l'espace de 6 ans, 68 
talculeux ont été admis : 36 ont subi la taille , 1 3 sont gué- 
ris , i3 sont morts, et 8 ont conservé des fistules. 

A la Chdritéy 1 32 calculeux , dont 8 enfans, dans L'espace 
de 23 ans : 6i oril été taillés; 35 Sont morts, 20 so^i guéris^ 
et front conservé des fistules. Plusieurs de ceux qui n'btit 
point été opérés sont morts. 

A YHâiel^Dieu , en »8 années, 256, dont 84 enfans , 
ii3 adultes et 36 vîeillards : j>6 ont été opérés; 27 sont 
morts, 4? sont guéris complètement « et i3 ont conservé' 
des infirmités. Des i4oqui n'oiit pas subi d'opération, plUe 
siéuifs sont morts, d'autres sont sortis de l'hôpital. Il est 
reconnu de no$ jours que les di£Férentes manijéres de tailler 
donnent à peu près les mêmes résultats , ainsi qu^on le voit 
dans un tableau dressé à cet effet par TaUienr, et qui contient 
des faits récens, recueillis sous les yeux des chirurgiens les 
plus éminens,'et qui ont^ par conséquent, Un caractère 
d'authenticité qu'on ne peut trouver dans les faits con- * 
traires. Si l'on persistait à faire valoir ces derniers , on se- 
rait amené à. cette juste conséquence, que les nombreux et 
importâtes travaux entrepris par les modernes pour perfec- 
tionner la cysto'tomie , n'ont eu d'autres résultatis que de 
rendre cette opération Jjlus meurtrière qu'elle ne l'était en- 
tre les inaihs de Gheselden , de Lecat ,' de Pouteau, de Raw, 
4é frère Jacques. 

En Bavière , sur une population de 2,014,722 âmeS; l'on 
a compté en 10 années 586 calculeux, dont 1 5^) enfans, 
i5 adultes, et 76 vieillards t 355 du seke jnasculin et 3i du 
sexe féminin. Sur 1 58 opérée, 32 de morts, 122 de guéris, 
et 2 ont conservé des îuhrmités ; 2 malades y ont étélîtlio- 
tritiés et guéris. 

La ville à*Ulm et ses enviroiis ont fourni 127 calculeux , 



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123 S0C1ÊT1ÊS SAVÂHTES. • 

prcsqvfe tous enfans , et dont i|o seul apparteii2|it è^ |a yieil- 
lesse. Aussi les résultats des opérations sQi^t^iU trè« beu* 
r^ux. 

Saxe. Différentes localités^ comprenant une popuia|k>9 
de 3i6,24ft àme^^ n'ont fourni que a8 calculeu^ , dont le 
plus grand nombre appartiennent à Tâge adulte* 

Danemarck. Sur un million d'habitansi ag6, cas de.pieirre, 
dont i4 enfans> SSadultés^, 55 vieillards. Sur 4^ opéf^és , 
!I2 morts et 26 guéris. 

Dans le département du Var, sur 3o5,iO0 habitaas, il y 
a eu , dans Tespce de 10 ans^ ôi ciilculeax , dont le nom- 
bre pourrait être porté à 65 , d>près Topinion de quelques 
praticieniii du pays. Il y a beaucoup moi^s d'eiifans portés 
sur ce tableau qu'on n'en trouve dans ceux de diverses au- 
tires localités. Les communes où l'on boit des eai;x chargées 
de sels calcaires et incrustantes n'q0rent pas plus de c^lcu- 
leux qu'il ^e s'en rencontre ailleurs. 

La pierre parait être fort rare dans le départeipent de 1^ 
Liozère , ce qu'on attribue ^ la nature granitique du sol , ^ 
la limpidité des eaux , et à l'usage habituel du laitage ^\ 
des légumes farineux, etc. Les- mêmes réflexiops s'appl^-^ 
quent 9U département du Lot.' 

La piçrre n'est pas moins rare dans le département du 
Tarn que dans le$ contrées limitrophes , ainsi que dan$ ce- 
lui des Deux-Sèvres , de la Sarthe et de l'Aube. Il est pli^ 
grand dans celui de la HauterMarne, Dai^s celui de Seine- 
et-Marne, une population de SoS^ooo âmes a présenté 22 
calculeux , dont à ei^fans , 8 adultes et 11 vieillards, appar- 
tenant à tputes les classes de la^ciété. 

La pierre parait très fréquente dans les- départeipens qui 
çompreoneut la Ziorrame et le Barroi^ ^ c^est sans doute 
ce qui avait engagé St;^lisla$ de Pologne à fonder à Luné- 
yille un établissement général pour les calculeux. D'après 
ti^ tableau di'çssé par M. Carton, dans une période de 90 ans. 



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INSTITUT BB FRAHCE. 1^3 

on trouvjç 1)^917 cfisde tailla \ dont i,49> ont été exécutés 
à rhôpital, et 55 en ville. Sur ce nombre^ on compte i^i5o 
enfans au-dessous de i4 aQS,.353 adultes, et 24 ^^^^^^^''ds : 
1^4^^. ^)^iu™^s ^^ ^4 femmes. Sur 1,1 65 malades opérés 
par Ije grand appareil, il en est mort 1 19, et 7 ont conservé 
des fistules. 3j64 ont été taillés par le procédé de Hawkins 
modifié > 33 sont morts ,. 3 ont conservé des fistules , et '2 
sont atteints d'incontinence d*urine. 

APar/sy la.pierre est assez cpmmuqe^ moins toutefois 
que ne ]pourrait le faire croire le nombre des malades , 
qui, pour y être traitée , viennent des contrées les plus éloi- 
gnées. Depuis 1824 jusqu'à oe jour, M. Civiale a donné ses 
soins à 4^ malades, dont' i4 enfans, 190 adaltes, et 2a5 
vieillards : 4>9 du sexe masculin et 10 du sexe féminin. 
244 de ces malades, ont snbi la litbotriti e : 5 sont ntorts , 
236 sont guéris, et 3bi^t con tiuué de s6tt ifrir. Sur 88 pour 
lesquels on a été obligé, de recotirir à la taille, 4^ ^^nt 
morts, 3i sontguéri^, et & ont conservé des infirmités. 
i5 entête opérés par le procédé latéral, 9 par l'appareil 
bilatéral^ et 89 .par la taijle hy^pgastriqtie. Dans 27 cas le 
procédé mis en usage ]^est:pas connu , parce que les opé-* 
rations ont été' faites par le phis grand nombre des chirur- 
giens de Pari6^..Nou$ ne pousserons pas pkis loin cet examen. 
En résumé^ les tableau^ que l'auteur a mis sous les yeux 
de l'Académie contiennent 5, 191 faits nouveaiii^^ p^mi les- 
<|uels se trouvent 2,0*96 enfans , 1 ,706 adultes et 7 89 vieil- 
lards : 5, 1 34 du sexe masculin et 3o3 du sexe féminin. 4»^^^ 
malades ont été opérés , savoir : 

. 267 par la ]i|Jiotritie , 

94 par Viucision de Turèthr.e , . 
4^ par la dilatation du candi. 

Dans lin petit nombre de cas , le calcul a été extrait sans 
incision ni dilatation préalables ^ tous les autres malades 



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124 SOCIÉTÉS SAVATITE8/ 

ont subi la taille proprement dite. Ces derniers , -a a iwHnbre 
d*eiiYiron 3,900, ont été opérés : 

i,io5 par le grand appareil^ 
1,34a par la procédé latéral, 
1 ! 7 par la taille recto- vésicale, 
88 par le procédé hypog[astrique ,. 

Dans quelques cas , le procédé n'est pas indiqué. 
, Le nombre des guéris est de 3,4^7 ; celui des ^idrts de 
^{2 : on compte 97 infirmités. Dans les autres cas le résul- 
tat n'est pas indiqué.; mais pour réduire à sa juste valeur 
cette fixation des résultats de Topération , il est nécessaire 
de faire observer que le cbifi*re porte sur tous les malades 
opérés, qui sont au nombre de 4>339. Ou doit donc en dé- 
duire r 1.° 257 malades lithocritiés , parmi lesquels il n*y a 
eu que G morts; 2® ceux cbez lesquels on a extrait le calcul 
par ihcision ou dilatation , et quelquefois sans dilatation 
préalable du canal ,, etc. , dont le noiUibre s'élève à environ 
120; Le cbifire total s'élève pour les morts à 756, |>our les 
guéris, à 5,o56 , pour les infirmités à 96. 

Ainsi, pour les cas Seulement dont on connaît le résultat , 
la mortalité est d'environ un cinquième pour tous les âges. 
Il est bpn de rappeler que plus de la moitié des malades 
n'avait pas att^eint quatorze ans, et Ton sait qu'à cet âge 
It^s çbançes de guérison spnt au moins doitbles. 

Si l'on rappçocbe ces fait des relevés de l'hôpital, de la 
Charité et de l'Hôtel Dieu, de 1720 à 1727, dans lesquels 
on trouve 225 morts sur 812 opérés de tout âge, et des ta- 
bleaux de Norwich et Bristol dans lesquels^ on, compte f68 
morts sur i,oo3 opérés de tout âge, on aura une somme 
de 5,71 5 faits qui ont donné i,i4ï»io'^tîi et ^j^'jS {^^uénsons 
et une cenlaige d'infirmités. Là moyenne nie ce chiffre gé* 
néral est donc d'eavii^on 1 ii^ort sur 5 opérés. . 



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INSTITUT DE FRAK^CE. Iîî5 

SéAHCB OU 26. -^ M. Souberbielle adresse la lettre si|i- 
A-ante au sujet du dernier Mémoire de M. €iviale. 

« Messieurs , 

H J'aî pris eonDaissadce-, dans les journaux scientifiques 
qui rendent compte de vos séances, de l'analyse d'un Mé- 
moire qui vous a été présenté par M. Civiale , concernant 
la statistique des calcnleùx. En.attendant que l'auteur livre 
son ouvrage à l'impression , et qu't)n puisse alors Pétudier 
avec le soin que mérite ce sujet intéressant^^ permettez«mor 
de voi|« adresser quelques observatiohs sur les points les 
plus knportans qui 7 sont traités. 

u Dans un rapport que fit, en iSdr, à rAcndémie des 
Sciences» M. le baron Larrey» sur le premier t:ompte rendu 
présenté par M. Gviale , concerpant les calculeux traités à 
rbôprtlil Nècker, M. le rapporteur s'expriipait ainsi : « Dans 
le nombre des 24 opérés y dont & par la taille, 1 1 sont morts 
à. des distances plus ou mains rapprochées de T opération, n 
Et ailleurs, Jif . Larrey dit t <« qu'il paraît que tous les taillés 
ont succombé, » 

K Ce pnemier compte rendu présenterait donc au moins 
5 morts à la suite de la lithotritie. 

<t Dans un rapport qu'a iiait, en i833, M. Double, sur le 
deuxième compte rendu de M. Civiale, 11 est dit textuelle- 
ment : M Sur 45 malades opérés par la lithotritie, 27 ont 
été complètement guéris^ i o sont morts après avoir subi 
diverses tentatives de broiement^ et 6 sont restés calcu^ 
leux. » 

«( Cçs 10 morts du rapportdeM. Double, réunis aux 5 de 
celui de M. Larrey, donnent un total de 1 5 pour 6t mala*^* 
•des traités par la litliotritie à l'bôpiul Necker, sans tenir 
compte de 2 malades compris dans les 98 qui ont été reçus» 
et qu'on, ne retrouve ni dans les morts ni dans les {guéris, ni 
dans ceux qui sont restés calculeux^ ni dans ceux qui ont 



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ISlG' SOCIÉTÉS SAVÀXMTES* 

été opérés de la taille , $t qu'il est au inoiq$ permis de con- 
sidérer comitie n'éiant pas^guérls. 

u Enfin, dans sa statistique des calculeux, M. Giviale dé- 
clare que y sur 244 nialades qu'il a soumis au broiement, 
5 sont morts , 236 ont guéri , et 3 ont continué à soujffrir^ 
ce qui veut probablement dire qu'ils ont conservé leurs 
pierres." 

«< Ce chiffre de 244 litbotritiés comprend nécessairement 
la pratique de M. Giviafe à l'hôpital Necker, puisque ce chi- 
rurgien le présente comme un résultat général depuis 1824* 
Àiais alors comment concilier les contradiction^ qui résul- 
tent des rapprochemens que je viens de faire? Que sont 
devenus les i5 morts de^ deux comptes rendus qui ne por- 
tent que sur l'hôpital, si aujourd'hui il n'y en tL que 5 sur 
la totalité des opérations pratiquées par la lithotritie? 
Qu'est-il doncsurvenu aux (3 malades restés calculeux, d'a- 
près M. Double^ si aujourd'hui on û'én retrouve que 5 ; et 
au sujet de ces 3, dont M, Giviale dit qu'ils ont continué de 
souffrir, il faudrait d'abord qu'il établit précisément où 
finissent les explorations et où commence l'opération dans 
la lithotritie^ et je lui deftianderai dans quelle classe de sa 
statistique il place les «malades qui se sont adressés ji moi 
après avoir été Ufruotueusemént traités par lui ^ et dont j'ai 
opéré la majeure partie. (Le nombre de ces derdiers s'élèVe 
à 18.) ■ - 

u On remarquera d'ailleurs qu'en citant ce nombre de |5 
et de 6 pour les morts et les malades non guéris, je ne rai- 
sonne que sur les malades traités à l'hôpital Necker, les- 
quels foi>nent la minorité de ceux mentionnés par M. Gi- 
viale ; -clirles deux comptes rendus ne comprennent que 61 
lithotritiés, précisément le quart du nombre total, puisqu'il 
en annonce 244- Ûr^ si on meurt à l'hôpital^ on doit mou- 
rir aussi en ville, et si 61 lithotritiés à l'hôpital ont donné 
i5 morts, il est difficile de concevoir comment le chiffre 



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tKStiTUT DE FRâ«QE. tt'J 

, total de a44' m^^ ^ôit nécessaireineot comprendre ces 6i, 
n'en fouroirait que 5. PeuUêtre ce qu'il y a d'inintelligible 
ici s'éclaircirait-il , si M. Gviale, qui ne parle que des ^44 
opérations de broiement pratiquées sur les 4^9 malades 
qu'il a soignés, voulait bien dt>nner quelques détails sur les 
105 qui forment la dififérence. 

«« Il y à donc ici erreur ou mal entendu, et le résultat in- 

' diqué dans la statistique a d'autant plus droit de surprendre 
que M. Heurteloup a établi d'une manière rigoureuse, d'à* 
près le dire même de M» Giviale , qu'à l'hôpital Necker la 
proportion des morts sur lès calculeux traités est de i sur 
'^J résultat bien plus désavantageux que celui qu'obtiennent 
les autres chirurgiens par la Utbotomie , cohime M. Giviale 
est forcé dfeii convenir dan^ sa statistique. 

» Je ne puis termilier ces observations sans m'arréter un 
instant sur les résultats que M. Gv^ale a obtenus en. prati- 
quant l'opération de la taille. Des 88 malades qu'il a opérés, 
48 sont moirts, par conséquent pltis de la moitié : Sa sont 
guéris (peu de plus que le tiers) et 8 ont conservé dçs in- 
firmités. 

Ce résultat est effrayant «t placerait l'opération de la taille 
au-dessous de la Uthotritie, quelque mauvaise que fût celle- 
ci, si lés points de comparaison devaient se |)rendre isolé- 
ment dans la pratique de M. Giviale. Mais il n'en doit pas 
être ainsi; et, sans opposer aux 4? malades perdus par. 
M. Gyiale sur 88 opérations, les sériés de succès ^ presque 
incroyables de frère Jacques, de Raw, de Gheselden , ou de 
Baseilhac , qu'on pourrait considérer comme des excep- 
tions heureuses, j'opposerai les résultats de frère Gome, qui, 
sur ibo opérations de teille par le haut appareil , perdit 19 
malades, ce qui est à peu près la proportion admise par les 
chirurgiens français , c'est-à-dire i sur 5 , et ce qui est con- 
forme au résultet de ma pratique 9 comme le prouvent les 



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l-aS SOCIÉTÉS SAVANTES. ' . 

communicatioas que j'ai adressées ^ rAcadémic royale ,de 
Médecine. 

« Pour pallier le triste résultait qu'il a obtenu , M. Civiale 
recherche quelle a été U mortalité k la suite de r.opératioji» 
de la .pierre dans les hôpitaux de Paris. Mais s'il énonce les 
chiffres à chaque hôpital, il semble ne pas oser tirer une 
conséquence'générale en établissant le rapport total des 
morts au^ |;uéris i c'est qu'en effet cette piopot-tion , )}\en 
que défavorable, est encore pli^s avantageuse que celle 
qu'il a obtenue , pujisqu'en admettant ses chiffres comme 
exacts,, sur 172 opérations de taille pratiquées dans les hô- 
pitaux de i'Hôtel-Dieu , la Charité, Beaujon et $aiat- An- 
toine, on a perdu 76 malades^ c'est-à-dire moins de la 
moitié; et M. Civiale a perdu plus delà moitié (48 sur 88). 

» Jiais puisque M. Qviaie a jugé à propos de s'emparer du 
résultat de plusieurs hôpitaux , il me semble asses. déplacé 
qu'il n'y ait pas fait figurer l^hôpital Necker^ où , d'après 
les deux comptes rondos présentés à l'Académie des Scien- 
ces, 1 1 malades sont morts sur 14 qui y ont, été taillés. A 
la vérité la comparaison eût été peu avantageuse pour le 
chirurgien de l'hôpital Neckeri mais elle'eût été plus juste, 
f^ite ainsi d hôpital à hôpital : car il me^mble tout-à-fait 
injuste de comparer rigoureuseipent les résultat^ obtenus 
daits sa pratique particulière avec ceux qu'obtiennent d'au- 
tres chirurgiens dans les hôpitaux. 

u Troublé sans doute par reffroyable mprtalité dont ses 
opérations out été frappées, M. Civiale croit voir dans. les 
chiffres ce qui n'y ekt pas : xar après avoir cité les relevés 
faits à Norwich par M, Jajlôly, il dit qu il en résulte i mort 
sur 5 opérés, tandis qu'é\^idemment la proportion est de i 
sur 8, puisque sur 549 malades, 69 ont succombé : et eu 
additionnant les chiffres de M. Jalloly et ceux du relevé de 
M. Schmia à Bristol (79 morts pour 354 opérés), on obtient 



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INSTITUT DE FnA^XE. 1*^9 

une moyenne de' i sur C, et non de t sur 4 ou 5; comme l'a- 
vance M. Ci viale. 

« Je borne ici, Messieurs, l^s réflexions (^ue m'a suggérées 
la lecture du irésumé du mémoire de M. Giviale. Ses conclu- 
sions seraient de nature à égarer l'opinion publique sur un 
procédé qui n'a pas tenu ce qu'il avait promis. Je désire 
que vous ne les trouviez pas sans importance , et j'espère 
qu'elles provoqueront de la part de M. Civiale la réponse' 
que les bonmies de l'art sont en droit d'attendre. 

n J'ai l'bonneur d'être , etc. « So^berbiellé* » 

SÉANCE DU 3 SEPTEMBRE» -^ M, Descbamps adresse une 
observation sur un vice de conformation congénial du cer-> 
:veau, inconnu jusqu'à ce jour j ce cerveau présente î 
. 1^ UaproloDgenlcnt anormal de la scissure de Sylvius. à 
U lace supérieure de rhémispbère gaucbe ; ' 

2? Deux, ouveruires accidentelles distinctes, autour des^ 
quelles les circonvolutions cérébrales sont plissées ; ouver- 
tures qui établisse^ une communication de la périphérie 
de l'encéphale vers les parties centrales ; 

3* On remarque à la face supérieure des bémisphèrès 
une divisioa trifide lobulaire , image fidèle de la base du 
cerveau. 

Commissaires : MM-, Duméril^ Magendie et Flourens. 

Le ministre de l'instruction publique annonce que le rei' 
a confirmé l'éleclion de M. FJoarens en qualité de secré- 
taire perpétuel , vacante par la démission de M. Dulottg. 

M. Gcouvelle adresse le compte rendu de Kadministration 
des hôpitaux civils de Meti , où se Uouvent les attestations 
le^.plus favorables. sur l'emploi de la gélatine, entre autres 
la remarque que dans l'hospice des vieillards^ il y a moihs 
de. maladies depuis qu'on y fi|il usage de cette i^ubstance. 
Une lettre manuscrite du secrétaire-contrôleur dès hôpitaux 
de Metz , renferme aussi des lenseignemens détaillés. D'à- 

Tome IV. Octobre iîi33. n 



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tSo SOCIÉTÉ SaVARTÇS. 

près ia lettre de M. Grouvelle^ il paraîtrait que 2,ood à 
2,4<>*^ rations gélatineuses sont consommées, journellement 
au grand h&pital de Rouen , et que- Tordre vient d'être 
dôn^é de remisUre en activité T^appareil de TH^tePOieu 
de Paris. ^ 

llenvoyé à la commission de la gélatine déjà nommée. 

Séance db 9. — MM. Soubervielle et Tiviale adressent 
des lettres à l'Académie ; le premier â Tappui d^s ses obser- 
vations , et le second pour servir de nouvelles preuves aux 
faits qu'il a exposé» dans sa statistique des calculeux. 

M. I<assis lit un mémoire ayant peur titre : Solution de 
la question des quarantaines. L'auteur s'attache à faire voir 
\^ que la question des quarwatainesne doit point être eu- 
>^isa^ée sous le rapport pécuniaire , quoiqtu , selMi U\\ ,. le» 
pertes qu'entraîne ce systèn^e soient fort au-dessus de ra|v- 
piécjaliou de H. Gbervin lui-même \ 2" qu'en la considé- 
rant sous le. point de vue médical , on trouve pour la ré- 
soudre complètement tous les documens, nécessaires dans 
les observations q.ue rautéor a pr^sèutées ^ et sur lesquelles^ 
l!A€adéu(ûe a porté eu 1Ô2 1 un jugement favorable. M.. Las- 
sis y k cet^ o£casion y cite ee jugement qui dit que tous les* 
faits présentés par ce médecin justifient T opinion émise par 
lui que la cause des épidémies fC^si pas la contagion ^ 
Pourquoi r ajpttte-l*-il , les maladies épidémiques seraient- 
elles contagieuses y si nous voyonsque d'autres maladies qui 
présentent les mêmes ensembles de symptômes , et qui y 
par conséquentrsont kienti(|ues avec elles , n'ont jamais éié 
soupçonnées de se transmettre par contagion? le plus ou 
ivoins de morts qiû survienneat dans un temps donné ne 
fait rien à l'afiaire. 

M. Lassis répète l'assertion qnM a déjà émise plusieut*» 
lois que la grande mortalité dans Jes épidémies > ou même 
kii épidéwe^^lles-mêmçs^sont le résultat des précaution» 



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INSTITUT DE ^RàMCC. î3« 

prises poUr leâ arrêter. Il annonce un grand travail dans 
leqaiel il considère sous ce point de vue, une à une , .toutes 
les épidémies des siècles derniers. • 

Quarantaines, — M. Ségur Dupeyron lit un mémoire 
dans lequel il rectifie plusieurs des estimations de M. Cher- 
vin relativement aux pertes pécuniaires qu'entraînent les 
quarantaines, et montre que ses propres évaluations étaient 
plutôt trop forteà que trop Taibles, 

Sbaii<:e du i6. — MM. Payen et Persan adr^aent uniné* 
mqire intitulé : I^ou veaux faits relatifs à la diastase , a Ta-^ 
midpn et au composé bleu. Ils demandent que >ce mémoire 
soit renvoyé^ à la commission qui a déjà vérifié une partie 
de leurs expériences* Ils y joignent un paquet cacheté con- 
tenaqit des expérienees sur le sucre que produit la réaction 
spéciale de la diastase« 

M. Soubervielle écrit de nouveau à l'Académie pour 
combattre les données de M. Civiale » et pour lui foire con- 
naître que ce dernier a -refusé de lui donner communication 
des faits qu'il a cités dans sa statistique des caiculeux.r 

M. Civiale, dans une nouvelle lettre, proteste de l'exac- 
titude des documens sur lesquels se fondent ses calculs sta- 
tistiques. Il ^plique en détail comment il les a obtenus* 11 
insiste surtout sur les erreurs qui , suivant lui^ se sont glis- 
sées dans la lettre de M. Soubervielle Ce chirurgien disait 
H)ue le docteur Civiale avait , dans sa pratique de l'hôpital 
Nt^er, lithotritié 61 calduleux , et qu'il en avait taillé i4 f 
ce qui ferait 76 cas d'opéi'ation 5 M. Civiale, au contraire , 
aifirme c^ue le nombre total des calculeux qu'il a reçus dans 
cet hôpital n'a été que de 5S. C'est , dit-il^ parmi les ma- 
lades supposés qu'on a trouvé les cas malheureux dont on 
s'est servi d'abord pour chercher à déprécier la pratique 



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l3î SOCIÉTÉS SAVAKTErÇ-. 

de rhâpilal Necker, <ians la vue de faire prévaloir un sys- 
tème nouveau de lilliotritie , et que Fou çnripl oie aujour- 
d'hui pour rajsaisser l'art de broyer la pierre et relever les 
avantages de la cystotomie. M. Civiale donne en même 
temps copie d'une lettre adressée à M. Soubervielle , dans 
laquelle bien loin de lui refuser les communications qu'il 
désire , il les lui a offertes et Tes lui offre encore. 

M. Arajjo donne lecture d'une note insérée dans le jour- 
nal du département des Pyréoées-Orientales , sur une eau 
jaillissante due à un puits foré pratiqué à Btiges^ village . 
situé à deux lieues sud-ouest de Perpignan , dans un terrain 
• qui^ayapt été un élang, avait -été couvert par des aîl>ivions. 
Aux environs existent de véritable» sources naturelles jail- 
lissantes, connues dans le pays sous le nom dais mattei. 
. Ces sources sont^ profondes, très abondantes^ cachées quel- 
quefois par une végétation supérieure , qui les rend très 
dàngoreus,es pour le voyageur, aventuré dans les envi- 
rons sans les connaître ou sans être dirigé par un guide. 
M. F. Durand , ppsscsseur d'une grande partie des terrains 
bas de cette commune , a chargé M. Fabre de Perpigntin dç 
la direction des travaux sous la direction de M. Espéri- 
quette, maître ouvrier i A 80 pieds de 'profondeur, il jaillit 
une source peu volumineuse , donnant îo litres d^eau par 
3 minutes 5 cette eau est claire , sans sable ni argile , s'éle- 
vant de 5 à 4 pieds au-dessus du sol. Sa température est dé 
i4®55 R. Un autre sondage de 80 pieds à 6 pieds de l'autre 
donna une eau jaillissante moindre. On continua à perforer,- 
à 142 pieds la sonde traversa une argile noire ; à' \^b pieds 
«lie s'enfonça d'elle-même assez profondément , sans avoir 
pu dé^rminer à xjuelle profondeur elle s'arrêterait : on la 
retiràbien vite, et au même instantil en jaillit une source qui 
étonna tous les assistans par âon abondance , sa force et sa 
puissance ascensionnelle. Dès l'instant de son apparition > 
aucun obstacle ne put lui être opposé pour la contenir- 



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11#ST1TUT Dtî rKAîlCE. I 33 

Elle s'est élevée à toutes les hauteurs qu'on lui a ménagées 
au moyen des tuyaux. Aucun essai positif n'a encore constaté 
le maximum cie sa force ascensionnelle; c'est être au- 
dessous de la réalité que de dire qu'elle s'élèvera à 5o pieds. 
Depuis le 28 août'i833, à 5 heures il i du soir, moment 
de l'apparition de cette source, toujours même abondance, 
même violence d'ascension $ il paraîtrait qu'il y a plutôt 
augmentation que diminution dans le volume de l'eau. 
Cette eau , dès ^ sortie de la terre , forme un courant de 
o mètre (J3de largeur sur o mètre i de profondeur, terme 
moyen. Dans une minute Teaù parcourt 32 mèties de ce 
courant , ce qui donne par conséquent , «^ peu de chose 
pi'ès, 2,000 litres d'eau par minute ou 2,880 n^ètres cubes 
par jour. L^eau de ce puits foré est très claire , brillante , 
limpide , incolore , d'une saveur un peu fade; sa tempéra- 
ture au jet est de i5**R. Elle fait jaillir avec elle des grains 
de sable, de gravier rouge,'en tiès petite quantité , et des 
morjceaux d'argile noire , dont quelques-uns sont presque 
aussi volumineux que le trou de sonde. Cette eau doit pio- 
babiement sa saveur à ces substances terreuses. Sa force 
ascensionnelle est telle qu'un poids en plomb de huit livres 
soutenu par une cqrde et plongé dans It^ trou.de sonde, a 
•été,rapid,ement rejeté au dehors. . . 

JVL Julia de Fontenelle lit un mémoire sur les guillotinés 
etsur l'existence de la douleuraprès la décollation. Après 
avoir rappelé les expériences faites sur les animaux par di- 
vers auteurs, notamment par Sœmmerring, par Sue , par 
les docteurs Moj on , Castel^ etc. , il en. conclut que la déca- 
pitation est une mort d'autant plus cruelle que la icte et le 
cor|)s souffrent pendant quelque temps des douleurs atroces^ 
lalête surtout (0- 



(i) On sait que^ Cabanis avait établi la proposition diamétralement 
contraire dans son mémoire sur le supplice de la guillotine. Les doctecii:» . 



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l34 SOCIÉTÉS SAVAKTES*' 



AÇADÉliiE ROYALE DE IfÉDECISE. 

(Septembre et octobre i833- ) 

Choléra parmi les aliénés, — Fœtus V'ùuvé dans TaS- 
domèn d^ une femme de 'jS ans. -^ Bassin en fihmé^ 
tallîque. — Tarentisme.' — Grossesses péritonédles. 
— Noweau système de déligatîon chirurgicale. — 
Eclampsie. — jiccouchement prématuré. — F^accine^ 
Cowpox» — If'ouçeau procédé pour exciter la réac- 
tion chez les c^èolériques. — Endosmose. 

Nous (lassons sous silencela séance du 2>f août, parée 
qu'elle a *éié employée tout entière à entendre des rap* 
ports sur des piècesde correspondances relatives au choléra. , 
Or, sur le nombre , nous n'en avoirs remarqué que deu^ 

Îui méritent quelque attention : l'une est de M. le docteur 
alliis. L'Académie en a voté le dépôt aux archives pour y 
être consultée au l^esoin y l'autre est de M. AlpheA, méde^ 
' cin à la Nouvelle-Orléans. L'auteur a vu le choléra régner 
en même temps que la ûiyre jaune > et a pu- s'assurer de 
Fimmense diflérence qui sépare ces maladies, quoiqu'en 
aient dit quelques médecins 1 il a employé avec suceès le 
-sulfate de quinine uni à la tliridace. 

Séance du 3 septembue.*— Z>ii choléra parmi les aliénés. 

GaiUotin et Petit pensaient anssi comme Cabani»f-et pltttienrs antto» 
physiologiitfs modernes, qne dès. l'instant oà le cerveau n**it pins en 
commnaication avec le cœnr, il n'y a pins de perception , pins de con- 
science du moi et partant pins de donlenr. Cette opinion nous a toujours 
paru la mieux fondée, et nous y persistons encore après avoir pris 
connaissance des nouvelles recherches de M^ Jnlia de Fontenelle. (. Not* 
de la Mepue méd, } 



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GoQgle 



«— M. Ferriis lit la première partie d'iM èntftiUHi'e'siir la 
uiarcbe et les effets du éiioléra dans riio^ice de Bkétre , 
€t sur les i^avages qu'il a produits parmi ks aliéoés. l\cri ré- 
sulte que, contre l'opioton reçue, les aliidfn^Ss sotit soumis 
comme les autres hommes aux inftumces iépidemîques; qu^ 
la sécurité dont ils jouissent ne diminue pas pour eux là 
gravie des ^c^ideas^ «t qu'il est tout aussi nécessaire , pour 
les préserver^ de les soustraire au^ causes <|lii détériorent 
l'organisation. 

Les autres parties de t}e ttavftil sont réservées pour le» 
séances subséquentes. 

M. Yillermé combat quelques^propositions avancées par 
M. Ferrusy touchant la marche des épidémies qui voya- 
gent^ et qui; (lelon M. f errus^, vont génér^en^ent de l'est à 
roiiest)' touchant la nourriture des prisonniers <le BiçétriSy 
laquelle est inoins mauvaise que celle, des bons. pauvres ^ 
eufîu touchant le dang^or du choléra, en gèlerai plus grand 
pour les deux âges extrêmes que pour les àgcs iutermér 
diaires, comme 1« prouverait eu particulier la p^rte f^rtlé** 
;gère qu'ont faite les vétérans d/3 l'hospice , lesquels i^'pot içu 
^ùr 160 hommes qu'un seul cholérique. 

: Séance du 10. — Fœtus trouve dans F abdomen dune 
Jemwe de 78 ans. — M. J. Cliquet donne pour M, jyiojoA 
communication à l'Académie d'un fait singulier. 11 s'agit 
d'un fœtus de 3* mois trouvé dans l'abdomen d'une femme 
tlé 78 ans^ au ceutre d'une tumeur cartilagineuse qui oc- 
cupait la cavité droite du petit bassin, et adhérait à la^ 
vessie, au vagin et à la matrice par un tissu cellulaire très 
épais. Ce fait serait un exemple de la grossesse extra- uté- 
rieur péri ton éale. 

M. Bréschet fait d^server que lés faits de cette nature 
sont très rares et ont été jusqu'ici considérés comme trei 
douteux. 



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l36 SOCIÉTÉ SAVAHTEi* 

M. J. Çloquiet répOod qa ik ont été très bien oonstatéy 
dans "k» aniluaiix. On a vu dans des chats de ces tnniears 
enkystées., qui reaiermaient des foétas de chat par&itement 
dessinés, et qui n'avaient d'adhérence qu'avec les. vaisseaux 
du péritoineiT Chez les feimmesy il est vrai^ ces faits sont plus 
rares pt plus difficiles à bien constater. 

M. Velpeau pense, au contraire, qu'on en a des exemples 
très positif. Il en cite deux où les fœtus n'avaient aucune 
relation ni avec l'ovaire , ni avec les trompes, ni avec l'u- 
térus. M. Yelpeau, cite particulièrement une feititne de 
Pont'à-Mousson. 

M. Brescltet soutient qu'ayant eu l'occasion d'examiner 
cette question de concert avec Bf. Béclard , et les faits ayant 
été scrupuleusement examinés , ils ont jugé Tun et l'autre 
que ces faits manquaient d'authenticité, et qu'on n'en pou-' , 
vait rien conclure de certain. 

M. Gapuron dit qti'il a vu avec M. Lisfranc une malade . 
à qui ron* croyait une rétroversion de Tutérus. Elle mou-» 
rut. A l'ouverture , elle offrit une tumeur volumineuse, 
transversale,, laquelle contenait un fœtus desséché de Tâge 
de 7 mois. 

M. Lisfranc ajoute que l'enveloppe en était homogène 
et dure comme un cartilage. L'observation en a été, dans 
le temps (en rSiS ou 1824)7 communiquée a l'Académie. 
M. Deneux était. ce jour-là à la séance. 

H. Deneux avance que les grossesses de cette nature ar- 
rivent rarement au terme accoutumé. Au reste, l'erreur, 
danîi ces cas^ est très facile. Étant à Naples. il a vu ouvrir 
une femme qui , selon quelques personnes, avait une gros- 
sesse pt-ritonéale. Cette grossesse était tubaire^ mais si on la 
publie commç un exemple de grosse^e péritonéale , il ne 
faut pas s^en étonner. 

M. Veipeau reprend la parole pour rappeler un fait qu'a^ 



^ 



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ACADÉMIE DE MÉDiSClKE. }3j 

fuM. Esquirol, et qui est en tout conforme au fait rap- 
porté par M, Mojon. 

M. Esquirol affirmé, en eiFet , qu'à la Salpê trière, on ù. 
rencontré dans l'abdomen d'une femme de 68 ans^ une tu- 
meur analogue à celle dont il est question, et qui était toul- 
à*fjait indépendante des organes génitaux. 

M. Moreau parle tout à la fois dans le sens de M. J. Clo- 
quet et de M. Breschet. Chez la femme il y a eu souvent 
confusion sur ce point. Dernièrement ei^core il a vu à la 
Maternité, dans Tabdotoen d'une femme, un fœtus qui 
avait la face tournée contre le diaphragme , et que renfer- 
' mait un kyste secondaire , une sorle de fausse metnbrane 
secondaire qui était éiehduç sur toiit le canal intestinal; 
mais le cordon ombilical tenait à un placenta confondu avec 
ToVairë.' Dans les espèces animales, ces grossesses ont été 
souvent observées. Une femelle de lapins, vue il y a quel- 
ques années, renfermait un certain nombre de fœtus flottans 
et détacb es dans l'abdomen. 

M. Lisfranc soutient que ce phénoniène n'est pas moins 
constant chez les femmes. 

Bassin enjil métallique^ — M. le professeur Mayor, de 
Lausanne , met, squs les yeux de TAëadémie un modèle de 
bassin fait en fil métallique, tl en résulte un dessin comme 
linéaire , qui représente les contours, et laisse des vides qui 
permettent de suivre des yeux toutes les manœuvres de 
Faccoucbeur. La flexibilité du fil permet, d'un autre côté, 
d^imiter toutes les déviations que peut préisenter cette par- 
tie du squelette. 

. On .voit combien cette invention donne de facilité pour 
l'étude des accouchemens , et pour la, démonstration. 
Tarentisjne. — On ne pensait plus au tarenti.sme ; il était 



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t38 SOCIÉTÉS i^âvautbs. 

relégaé au nombre des folie» de l'esprit humain > loi^quie 
M. Salvatore de Renzi, médecin napolitain, de retour d'un 
voyage dans la patrie de la tarentule , est venu ressusciter 
un sujet dont on pouvait, croire que le ridicule avait fait 
jnitice. ^ 

Du reste ^ il îaut dire , à sa louange, qu'il est loin d'ad^ 
mettre tout ce que le peuple en raconte; mais il est persuadé 
qu'il y a quelque chose de vrai 4ans la tradition populaire. 
U croit > par exemple , que la morsure de la tarentule , 
gçosse araignée de la famille des peddipalpes de Cuvier , il 
croit , dis-je , que cette morsure n'est pas aussi innocente 
qu'on le dit aujourd'hui. Outre les symptômes inévitables 
de toute piqûre d'insecte , elle jette le blessé dans une an- 
goisse^ une oppression indicibles ;^ mais i\ ne croit nulle- 
ment qu'elle leur inspire pour la musique un goût qu'ils ns 
s'étaient jamais sentis auparavant. De même la danse n'en 
est ps^sl'antidotei mais là musique excite à^anser , et la danse 
fait suer. Or, on peut bien concevoir qu'une maladie pro- 
duite par un venin se guérisse par la sueur. 

M. Duméril traite de fable tout ce qu'on a djt ou écrit 
sur le tarentisme. 

M. Andral est du même avis. . 

A cela nous opposerons le sentiment de M. Guvièr. j'ai 
constaté y dit-il, qu'une seule piqûre d'àranéide de moyenne 
taille fait périr notre mouche domestique dans l'espace de 
quelques minutés. Il est encore certain qcre la morsure de 
ces grandes aranéides de l'Amérique iméridioUale, qui sont 
connues sous le nom d'araignées crabes et que nous ran- 
geons dans le genre mygale y donne la mort à de petits ani- 
maux vertébrés , tels que de petits oiseaux , comme des co- 
libris , des pigeons^ et peut produire dans l'homme un accès 
violent de fièvre -, la piqûre même de quelques espèces de 
nos climats méridionaux a été quelquefois itior telle. L'on 



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ACADÉMtB D£ MÉDËCIJÏE. l3gi 

peiâ donc y sans adopter tbates les Cables que BagHvi et 
d^autrés ont débitées sur le compte de la tarentule , se mé- 
fier , surtout dans les pays chauds , de la piqûre des ara-« 
néidesy et particulièrement des grosses espèces; 

SéANCs DU 1 7 . — Grossesses péritonéales. — 3f * Breschet 
revient sur la question des grossesses péritonéales. 11 sou- 
tient que ces grossesses ne sont j^rouTées ni pour notre es- 
pèce ni pour les familles des animaux. Il fait voir comment 
l'esprit des observateurs peut facilement s'abuser sur ce 
j^oint.U est aujourd*bui comme démontré que les germes se 
pénètrent , et que deux germes étant à la fois dans Tutérus, 
l'un peut entrer dans l'autre et s'y maintenir au moins en 
partie. M. Brescbet cite à ce propos l'exemple du jeune Bi- 
sieux. Si cet exemple eût été observé sur .une jeune fille j 
on eût pu croire qu'elle avait une grossesse péritonéale ] et 
quelque plausible qu'elle eût semblé , cette opinion eût été 
nue erreur.. La, même erreur peut être commise, à plus ' 
forte raison pour les familles des animaux , à cause de leur 
^node particulier de génération,* du grand nombre de leurs 
fœtus, des- lieux 6ù ils se développent, etc. Du reste, 
M. Bresdiet n'attaque point les faits ; il n'^n attaque que 
les interprétations. Il désire que M. Mojbn soit invité à 
prendre sur l'exemple qu'il a rapporté les éclaircissemens 
les plus exacts qu*il pourfa obtenir. 

M. 6asc, pour répondre en quelque sorte aux doutes de 
M. Bji-escbet, donne lecture d'un passage de la thèse sou*- 
tenne en 1 8 18 sur différens points de médecine, par M. Lal- 
lemant, professeur à Montpellier. Il est question , dans ce 
passage ^ d'un commencement de grossesse péritonéale qui 
parait parfaitement constaté. 

Noui^eau sjrstemede déligation chirurgicale. — M. Mayôr^ 
qui^ àhs deux heures, avait préparé ses appareils pour Ift' 



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I/(o SOCIÉTÉS SAVANTES. 

déinoostration qa*il savait voulu bien promette à T Académie^* 
est invité à prendre la parole. Les bandages dont il se sert 
pour èoutenir^ jjans les rapports qui leur sont nécessairts , 
les parties ou les membres divises ou fracturés > se réduisent 
à une seule pièce. C'est , si l'on veut , un mouchoir de 
poche i que Ton dispose en carré long , en triangle, en cra- 
vaté ; pièce très simple , pu de toile de Un , ou de coton , 
ou de soie , on; de laine , et qui , dans ses applications di- 
verses, peut satisfaire à toutes les indications. Du reste > 
M. Mayor n'exclut pas absolument l'emploi des compresses, 
des coussins , des attelles , etc. 

Après cette démonstration très étendue, et très variée , 
M. Mayor teçoit les remercimens de la compagnie par l'oi- 
gane de M. le président. 

Eclampsie. — M. Dugès lit ensuite un mémoire sur Té- 
clainpsie djBS.jeuiaÈVs enfans, comparée avec l'apoplexie et !e 
tétanps. Cette maladie , qui n'est ni l'épilepsie , ni l'apo- 
plexie, ni le tétanos,, qui dififère des^unes et des autres pav 
des caractères propres, et qui, cependant, en revêt très 
souvent les formes, est tantôt intermittente , tantôt conti- 
nue , continue rémittente ^ chronique, et exige un traite- 
ment variée selon qu'elle est idiopathique ou sympathique , 
bien que dans les deux cas elle dépende d'une irritation de 
l'encéphale. 

Sur la demande de M. Bousquet , ce mémoire est renvoyé 
au conriité de publication. , 

Séance du a4. ^-r- Crossesses péritonéahs. — M. Capuron 
reprend la question des grossesses péritonéàles. Seion' 
M . Breschet , si le fœtus trouvé dans le jeune Bisieux l'eût 
été dans une jeune fille, on eût pu croire qu'elle avait une 
grossesse péritonéale. Cetîe, erreur n'eût pas été cominise , 
soit que la jeune fdle fût,^ soit qu'elle ne fût pas nubile. Ce 



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ACADÉMIE DE MÉDECINE. *l4l 

fœtus était un fœttis monstrueux , et reçu par intrusion ; or, 
ces foetus n'ont jamais d'annexés ^ ni cordoh, ni membranes; 
tandis que les autres en ont. 

M. Breschet réplique que dans les 83 cas qu'il a cités, cette 
distinction n'eût pas été concluante; car si un fœtus intrus 
se développe , il faut qu'il ait ses membranes vasculaires ou 
au moins ses vaisseaux. Il a donc des annexes qui peuvent 
disparaître , et dont l'absence n'a rien de décisif. Dans le 
fœtus qu'il a produit , M. Mpjon n'^ pas rencoqtré de mem- 
brane ; et celui qu'a cit^ M- Gasc , d'après M. Lallemant , 
s'était développé entre l'ovaire et la trompe : il n'était donc 
p^s abdominal. Dans tous les autres cas, le défaut d'annexés 
ne trancbe point la question. 

M. Capuron avance qu'il a vu un fœtus développé dans 
une cuisse.... 

M, Olivier l'interrompt pour ajouter que ce fœtus avait 
une enveloppe péritonéale , et il cite beaucoup de faits 
semblables. 

M^ Capuron continue , et soutient que les fœtus intrus ne> 
sont jamais complets et peuvent se développer sans an- 
nexes, tandis que les autres en ont toujours. 

M. Velpeau répète ce qu'il a dit, savoir, que rien n'est 
niieux constaté que les grossesses péritonéales.Conime elles- 
contredisent le système dont on était convenu sur la géné- 
ration il y a i5 à 20 ans, on trouvait plus commode de les 
nier, comme on niait celles des ovaires et des trompes. Il 
est vrai quecdles des ovaires sont encore douteuses. Tou- 
tefois, le cas cité dernièrement par M.' Moreau paraît un cas 
de grossesse abdominale , puisque le placenta était sur et 
non dans l'ovaire. Du reste, les témoignages répétés de 
MM. Motivié, Pointe, Amand , celui de M. Moreau , les 
exemples observés à Paris ^ à Lyon sur des femmes chez les- 
quelles le placenta reposait sur l'épiploon et sur le mésen- 
tère ; les cas que M, Velprau lui-même a communiqués^ à 



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*4^ SOCIÉTÉS savautbs. 

la société pUilomatique, et qite MM. Blaiiivitle et Serres ont 
jugés comme lui; tous ces faks mettent' hors de doute la 
réalité des grossesses abdominales. 

j^ccouchehienf prématuré.— Est'ïl permis de provoquer 
raccouchement avant le terme de la grossesse? telle est la 
question que s'est proposée M. Stroltz, agrégé près la fa- 
culté de Strasbourg. Jusqu'ici tous les accoucheurs , sans 
exception , s'étaient p^noncés pour la négative. M. Stroltz 
va émettre une autre opinion. Il rapporte à l'appui l'exem- 
ple d'une fille de 29 ans, bosaue, contrefaite, laquelle avait 
été grosse deux fois , et deux fois on fut obligé de détruire 
l'enfant et de vider le crâne pour la délivrer. Enceinte pour 
la troisième fois, le même sort l'attendait. M. Stroltz , con- 
sulté, se détermina à provoquer l'accouchen^ent à 7 mois. 
Pour cela, il introduisit dans le col de l'utérus des éponges 
préparées, lesquelles, en se gonflant,. opérèrenila dilatation.. 
Âpres trois jours de manœuvres, la femme accoucha d'un 
enfant vivant. Il vécut trois mois et demi et puis succojuba. 
La mère vécut huit mois après sa couche, et puis mourut 
avec tous les symptémes de la phthisie. 

On s'as^ra, i-l'ouverture du corps, que lebassin était trop 
Jétroit pour donner sortie àla tête d'un enfant à terme ', et 
ainsi se trodfva justifiée la pratique ^hardie de M. Stroltz(i). 



(j) Ia pratiqao de AL Stroltz est tertftinement très hardie, tt nous ne 
voadrions pas prendre snr nous de |a proposer comme un exemple à imi- 
ter. Provoquer on accouchement avant le terme fixé par la nature, c^est 
condamner à mort ifu être humain, ou du moins diminuer de beaucoup 
ses chances de vie. Or, un médecin peut-il, en. sûreté de conscience, pro- 
jponcer nh tel arrêt P Lui est-il permis, nous ne dirons pas de sacrifier, 
Jnais de compromettre l'existence de l'enfant pour protéger celle de la 
jnère?Lamère elle-même aurait-elle ce droit de vie et de mûrt sur son 
enfant dans Tintérêt de sa propre conservation ? Gb sont là dès quêtons 
fort délicates, soit qu^oales considère du point dt vue moral et religieux, 



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ACADÉMIE DE ItÊDEClHE. l43 

SéAUCE DIT 1*' OCTOBRE. — Vaccine^ cawpox.'^M. Fiard 
v.ipportes 1^ ropînion de Jenner , qui pense que le'cow- 
pox est donn^ à la vache par les eaux aux jambes du che- 
val; 2^ l'opinion de M.. Robert , qui pense que le cowpox 
est la variole qui passe de l'hoinme i là vache j et pren<) 
sur f animal la forme qui le distingue ; 5* Topinion par la- 
quelle on considère le cowpox comme propre à la vache de 
la même façon que la variole est propre à T homme* Aprèa 
cet expo^é^ M. Fiard rend 'compta, des expériences qu'il Sk 
faites pour eclaircir ces trois questions. 

Il a inoculé à des vaches : i° du virus extrait des eaux 
aux jambes ; 2° du virus variolique. Les résultats ont été 
nuls. M. Friard n*a pas pu répéter l'expérience faite en 
Angleterre par Sundçrland. Il pen^e que les vacKes ont 
souvent une maladie toute semblable au cowpox , et qui 
cependant n'est pa^ le cowpox, 

A ce propos , M. Girardin revient aux expériences par 



flott qu'on venilte seolçraent les discater d'après le texte "de nos lois crimi- 
nelles. La médecine à eUe senle nons parpit incompétente ponr décider ; 
et c'est bien ici le cas de dire qne dans le donte il serait prndent de s'ab- 
stenir. An reste , M. Stroltz i)*est pas le seal ni I^ premier , A beanconp 
près, qui ait tranché ces qnestioh» par l'affirmatiTe. La doctrine qn'il a 
mtsd en pratique est celle qn'ont enseignée et qu'enseignent encore pki- 
siears médecins allemands qni ont écrit snr la médecine légale et snr IfB 
aeconchéviens. Ib se sont appnyés, en général, sofr des relevés statistiques, 
desquels il résulterait qne l'àvortement provoqué Asept mois, par exemple, 
n'est pas beaucoup plus périlleuse, pour l'enfant lui-même, que Thystéro* 
tomie on les antres opérations auxquelles on est obligé d'ayoir recours 
lorsque l'étroitesse du bassin ne permet pas le passage d'un foetus à terme. 
Mais, de bonne foi, peut-on tirer des inductions bien rigonrenses de tons 
ces relevés statistiques, lorsqu'on réfléchit anx ressources prodigieuses, et 
souvent ton^4-fait inespérées, de la natnre, pour mener à bonne fin dea 
acconchemens qui étaient jugés impossibles par les pins habiles praticiens! 

^Nole de la Reffue médicale, ) 



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l44 SOCIÉTÉS SAVAITTE9. ^ 

» 

lesquelles le docteur Sunderland prétend avoir inoculé le 
cowpox à des vacbes çn les enveloppant de couvertures 
chargées de miasmes variolîques. Supposez l'expérience ef- 
ficace, elle donne un moyen de renouveler le cowpox, et 
prouve que la variole a précédé lé vaccin. L'Académie a eu 
ridée de répéter r©xpérience, mais elle a manqué de fonds. 
M. Girard a proposé de le renouveler à Alfort. Le i5 sep- 
tembre dernier, des couvertures cpii avaient servi à des va- 
l'ioleux , ont été fournie^ par M. Piedagnel et envqyées à 
Alfort par M. Girardin. Elles ont été portées pendant plu- 
sieurs jours pat des vacbes, sans aucun résultat. En Angle- 
terre , en Italie , on a fait les mêmes tentatives , et on n'a 
pas été plus heureux. M. Girard a le projet de recommén^ 
cer ces épreuves à Rambouillet. 

M. Bousquet ajoute qu'unç dame du département du 
Tarn a voulu refaire l'expérience, et n'a pas mieux réussi. 
M. Huzard rappelle que le premier comité de vaccine 
avait fait les mêmes expériences à Paris et à Rambouillet, 
avec la m^ti^re du vaccin, et celle que fournissent les eaux 
aux jambes. Le résultat a été également négatif. On n'a 
point e:^pçrimenté avant la variole. 

M, Hu^on pense que, le mémoire de M. Huzard est ici 
en défaut. M. Boiveau Laifecteur, père, voulut, malgré 
son âge, se faire vacciner; maisil exigea que le vaccin fut 
pris directement sur une vache. Il avait plusieurs vaches 
t'ans sa maison , rue Mouffetard. M. Husson en vaccipa 
qdelquÉS-unes. Le vaccin prit et servit à vacciner avec suc- 
cès et son enfant et M. Boiveau Laffecteur lui-même^ qui 
n'eut de boutons que sur un bras. Cette inoculation a été 
répétée sur la vache , et n'a pas réussi. 

Choléra^ — Nouveau procédé pour exciter la réaction chez 
les cJiolériqties — M. Petit a communiqué à 1 Académie le 
nouveau procédé qu'il suit pour provoquer dans la période . 
algidc du choléra Une réaction prompte et salutaire. Cepro- 



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ACADÉMIE DB MÉDEGIltE. l45 

cédéest l'équivalent de celui qu'il avait adopté l'année der- 
nière; mais il est plus simple et plus dégagé d'inconvénienU 
Dans une boite d'étain de 2 pieds de long sur S pouces de - 
large et 2 et 1/2^ de haut , il introduit de Fean bouillante 
animée de sel coipuiun . Cette bo^te occupe le centre d' an pail"- 
lasson de balle d^avoine dont les boutsse rej^rpussent et re,<k>ô- 
vrent les angles de la boiie. Placé à une distance sur cette 
espèce de lit , le malade se, ranime au bout d'une 1/.2 heure 
ou de 3/4, d'heure , 6u d'une heure ; le jeu du coeur et de§ 
poumons se rétablit et la guérison. est assurée. M. Petit ei;^ 
cite plusieurs exemples tirés de sa pratique à l'bôiel-Dieu. 

Endosmose^ — M. Bouillaud fit eh son nom et au nom 
de M. Samour, un rapport sur un Mémoire de M. Bourjot 
Sain(«Hllaire , i&liteilé : Essai sur rapplicalicn de la théo^ 
rie du phénomène de V endosmose et dd Vexosmôsèy à la 
circulation des humeurs de Voeily à la nutrition du cfys- 
tallin , et à quelques-unes des affections pathologiques de 
ces élémtns de V organe visuel, < L'idée capitale de ce Mé- 
moire est que la formation^ le maiâtieny le renouvelle- 
ment dés liquides de l'œil dépendent de ce.qu'ayant de» 
densités différentes et étant séparés par des tissus ^Ucats, 
minces et poreux, ces liquides se prêtent au double çou^ 
rant d'endosmose etd'exosmose que M. Dutrochet a décou^ 
vert dans les liqîiidles analogues, eVsontsouniis à la même 
action. L'^alteiation de ces liquides dérange ces courans^ 
change les proportions des hulneuxis qui circulent, et donn|e 
lieu à la formation des différentes cataractes, lesquelles ne 
sauraient être le produit d'une inflammation ; car la vascu- 
hirité que l'inflammation suppose^ et qui est nécessaire au 
premier développemept .des organes, s'eftaçe bientôt et 
n'existe plus. 

Tome Vf. Octobre i^i'i. lo 



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f4(3 BlàPPABlTtok 

RÉAPPARITION 

pu CHOLÉRÂ-MORBOS A PARIS» 

Depnifl la denrière réerndescence da tnoîs de juillet 
i83îi, le choléra, à en juger par le sîlenc<^ des journaux, 
lUfrnblail avoir totalempnl disparu de la capitale. Cepen- 
dant il n^en était point ainsi ; et quelques cas , rares à la 
\érité, mais sujets h se muUiplier sous Fintluencc 
de certaines vicissitudes atmosphériques, se rencon- 
traient de loin à loin dans la pratique civile, mais prin^ 
«•ipalemeqt dans les hôpitaux. En janvier i833, on put 
compter encore, soit en ville, soit d^ins les hôpitaux, 3a 
ciécès que le choléra revendiquait pour sa part* Le nom- 
bre des morts ne s'éleva pas au. quart pour le m<lis de 
ievrîer^ et, d^ns les mois sdivans^ il t eut des chifirea 
variables, ei en général peu élevés. Les médecins seuls en 
étaient instruits*, les journaux se taisâient-^la population 
n'en ' fut. jamais émue* Gependifrnt Moscou ^ Varsovie ,. 
Vienne, Berlin^ avaient eu leur rechute; l'analogie noué 
HiênfiçaU» En effiftt, le choléra reparut à Londres, d'où il ' 
nou^ était Venu une premîèi^e fois , puis à Bruxelles ; et 
tandis tjue dans la première invasion, arrêté sur le conti- 
nent par la barrière duRhin, il avait été frapper Londres 
avant de se jeter sur Paris, et delà sur la Belgique et !a 
RoUande où il avait semblé s'éteindre \ celte, fois > c'est 
de la Belgique qu'il est revenu chez nous. 

C'est à dater du 19 septembre que le chlfïre des cho- 
lériques entrés à l'Hôtel - Dieu s^ est subitement accru 
d'une manière alarmante. 

Le 20 au soir^, on comptait d^à 18 ijnaladçs ^ sur les- 
quels 7 morts. , 



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DU CnOLÉRA-MOKMUS. - lî^l 

1^ %t et le 2a ^iï y.avaî^, i5 nouveaux enlrans, et 7 
nouveaux décès. 

Le 23 ei le 24 ? Ja ampes malades àhi été apportée , 
dont plusieurs dans> un état dése^p^é. Nous faisons ab«« 
siractîon de cjuelcjueg cas qui «p sont développés à Thô* 
pital même sur des malades qui 7 étaient entrés pour 
xl'autres «laladies. 
^ À oes^ pi*emiers renseignemens , empiirnitésà la Gor 
zetie médicale ^ nous ajouterons quelques résultats vde 
nos observations dans la pratiquie' particulière^ et dans 
l'un des plus grajiàs^ hôpitaux de PaiTisi ■< . 

Depuis ïe 24 décembre, le? qas de choléra se sont 
multipfiés , mais toujours dim9 deis limites fort res- 
tresptjes ^ et quoique apjûurd^hui le nral se soît encore 
«ine fois éteindu des quaf tiers însalubi^s qui avoisinent 
k dvière aui^ quartiers plus excentriqpes , etque la plu- 
part des hôpitauit^ aient reçu plusieurs eholériques^ ce-i- 
pendant , d'une part) ^es cas- sont restés assez peu ikxm^ 
breux*) et, de rftntre, ils ont généralement présenté 
moins de gravité que ceux qde Ton observait.au: début 
de la première épidémie. Ainsi, trois-hommes reçus à 
ThÔpitàl St- Louis dans les premEers jours d'octobre , 
et qtti offraient d'abord des syrnptémes^ assez alarmasse 
n'ont pas tardé à passer àr un état de réaction nvodérée 
qui les a promptèment mis hors 4e danger. On.é^est 
borné d,'ailîeurs à opposer aiix principaux accidens, des 
.boissons froides à l'intérieur, et des cataplasmes syua- 
pisés à l'extérieur. 

Le ^1 octobre^ on avait reçu k l'hôpital Saint^JLauis , 
en tout, onze cholériques /lo^ifine^ ^ depuis le opmmencei- 
nient du.mois. Sur ce nombre , trois avaient succombé* ■ 

Le prcfmier de ces trois était un malade atteint depuis 



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l48 RÉâPPARITION 

qunire semaines d'une mahdie tàguê (pleutx}-pneumohie 
avec entérite) , vers la fin de laquelle les accidens cbolé* 
i-kfues étaient survenus. Il succomba le quatrième jour 
de Tinvasion du choléra, dans un état cyanique très-pro- 
noncé. A rouveriuve du corps , on trouva des traces de 
pleuro-pneumonie du cèté d^oit (adhérences intimes h 
la partie postérieure du poumon, dont \q tissu était splê- 
nifié)^ et de phlegmasie de tiléum ( rougeur, tuméfac- 
tion , état granuleux des plaques dlliptiques de Peyer ) ; 
plus cette couleur bortentia de la muqueuse intestinale 
qui est assez commune chez les cholériques. 

Le Sjpcond malade qui succomba était un homme âgé 
tle 49 ans ,. d'une èonstitution athlétique, qui n'habitait 
•PaTâs que depuis ^rois mois , et qui depuis cette époque 
avait été soumis à des travaux pénibles et à un fort mau- 
vais régime. Frappé de la maLidie à cinq heures du ma- 
{^in,il mourut le même jour à huit heures du soir, dans 
la période asphyxique. Sur ce sujet, les voieç digestives 
farelit trouvées pleines d'un liquide aqueux et légèrement 
laiteax dans l'estomac , plus épais et un peu rougeâtre 
dans le gros intestin. La muqueuse gastrique , enduite 
de mucosités blanchâtres et visqueuses pétait rouge et hé- 
rissée de faillies folliculeuses : celle de Viléum , toute se- 
mée de granulations sans point central yïs\\Ae{psorentérie 
de M^Serres)etde plaques folliculeuses granulées^ mais 
petites et d'un.blanc mat, était aussi généralement rou- 
eie. Toutle^c^nal intestinal était d'ailleurs injecté et rosé, 
à l'extérieur. 

Enfin le troisième malade succomba dans la période 
de réaction avec 4es symptômes dû typlius cholérique. 
. C'était un menuisier , âgé de 35 ans , demeurant rue 
Saint-Denis , chez lequel tous les accidens du choléra 



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BU CBOLéRA->MORBUS. i^g 

s^ètàient dédarés après deux jours d'un dévoiemeut iu- 
dolent 9 auquel le malade n'avait opposé que du repos et 
un régime plus sobre qu'à Fôrditiaîre. Une réaction sui- 
vie de sueur abondante succéda à la période ûspkyxfque 
(au bout d'environ 36 heures)^ mais l'urine ne se réta- 
blît pas, le malade resta, affaissé et dans une sorte de 
stupeur ; il succomba le soir du quatrième jour de cette 
seconde période qui avait décidément revêtu le Caractère 
du typhus. A l'ouverture du corps, on trouva les veines 
de la dure-mère gorgées de sang, la substance cérébrale 
d'une fermeté presque dure et assez notablement injec- 
tée , le cervelel mou ; les poumons engoués (mais crépi- 
tans ) à leur partie postérieure et inférieure ; la membrane 
interne de l'estomac pointiltée de i*ouge , mamelonnée, 
hérissée de follicules saillans, et enduite d'ailleui*s de 
mucosités visq^ueuses ; Vileum légèrement' rougi dans 
quelques points, semé de plusieurs pLiques folliculeuses 
rosées et saillantes , et , vers la fin , de quelques petites 
granulations isolées (psorèntérie)^ la vessie remplie 
d'urine, etc- , 

Des huit autres malades , un seul, entré lé 21 octobre 
mème^ était en danger. XI avait tout récemment perdu 
sa soeur d'un choléra foudroyant ; pii^ lUÎ-méhic à la 
communedé là Villette, où il habitait, d^accîdens ého- 
l'érîques qui furent combattus d'abord par la sai.<2;nce, 
les sangsues ^ les révulsifs , les opîadés , l'eau de Séllz 
glacée..., il avait été ametié à l'hôpital dans un état de 
stu|)eur survenu à la suite de quelques symplômes d'tine 
réacnion modérée, et qu'on avait pu croire salutaire. 
L'invasion de la maladie remontait à six jours. 

Les sept malades restans ] qui tous avaient oflert les 
symptômes du choléra asiatique \é mieux caractérisé 



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l5o RÉAlFARïTIOlï 

{ sans toutefois que le pouls eût toujoui'^ été complète^ 
ment sa^fime dans la période cyanUfue ) , étaient tous 
ou guéris ou pleinement convalçscens. Chez la plupart, 
le choléra avait été précédé de quelques jours de diar- 
rhée ; la période asphyxique avait duré de i a à 36 heures; 
la réaction avait été fébrile pendant i aou a4 hepres, quel- 
quefois avec persistance de quelques vomissemens , etc. 
^xk général , dans cette légère reprise , comme dans l'é- 
pidémie de i83a , nous avons eu couvent occasion de re- 
marquer que Tabondance et fe persistance des vomisse- 
mens était un phénoo^ène d'un augure plutôt avantageux 
que défavorable. Chez un de nos malades, il survint, à 
Foccasion de. la réaction , un délire gai qui se prolongea 
sans fièvre pendant 48 heures , et qui nous parut avoir 
été çxcité par l'eau de Seltz, bue peut-être en trop grande 
quantité. Chez un autre sujet , âgé de 5o ^ns , qui , ap- 
porté à rhôpital comme cholérique^ n^offrit d'abord que 
des phénomènes assez équivoques de congeslron céré- 
brale, puis succomba après 48 heures d'un état coma- 
teux , nous ne trouvâmes à l'autopsie que des traces de 
congestion assez médiocre dans les méninges et la sub- 
stance cérébrale. Faut -il rapprocher ce cas de la maladie 
si extraordinaire qui a tranché les jours de nolte grand 
naturaliste, Cuvier j et de plusieurs autres qui ont été 
considérées par quelques médecins cqm^me à^s névroses 
produites par r influence épidémique ? 

Le traitement qup nous avons mis en usage dan§ la 
plupart des cas a été fort simple : de l'eau de Seltz coupée 
avec de l'eau sucrée , et rafraichiç à la glace \ quelqiies 
quarts de lavement laudanisés, des applications révulsive» 
à l'extérieur, pendant la période algidei des boissons 
adoucissantes dur^ant la période de réactioni quelques^ 



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DU choléua-xorbus. î3t 

émîssiànft sanguine» (qui ont éi^ géniéndçi»ea| peu- sa^ 
lulaires), des synapismes, et enfin de la glaee sur la. tète 
lot^ue le cerveau paraissait a^oir nàe trop grande part ^ 
à la réaction, et qu'on avait lieu de eiaindre ledAvelop-^ 
pemeut du tjplius cholérique, dont les sukes ont été si 
souvent funestes dans cette épidémie connne dans la^ 
première. - * 

Au reste , soit qu'on considère le nombre des malades 
ou la proportion des décès , cette réapparition du cho- 
léra-morbus n'a rien offert de comparable avec la graviié 
et Tiniensité de Tépidémie de i832. Les nouveaux «las 
deviennent de plus en plus rares dans, les hôpîtau^y pi 
bientôt sans*dpute il n'en sera plus iïnesf ion > Espéi-o^is 
que cette fois nous allons être détiyi^ pour toujours , 
ou du moins pour long-temps , d'un iléaii qui aura du 
morns servi à flaire comprendre â U nouvelle gçnéi^âtibn 
médicale le néant des faut sys|èmes , et la nécessité d'é^ 
tudierçans idée préconçue le caractère propre d'une épi- 
démie , comme la seule basé solide des indications cjura*? 
tives. , , . , 

Dans le prochain cahier nous dounerons le i^biûVw 
total de cette récidive de répJdémîé, ' v G* .. 

■ ' \ ' " " "" ■ "" " ■ ." '' " "" " ^ — -T— ^ — — ^— — \t > J ' i 

variétés'.' 



Association de prévoyance des médecins de Paris (i). 

tJne Assemblée géfléra^e a en lieu <lansle Kraud aiiiphi- 
uieatre de la faculté, 16 mercredi 36 octobre , à 8 lieuiev 

(t) Voir le cabiçr d'août. de la R^u^n^^%fiiifi>gfn^^ vyiiu., »î« 



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iSl VARIÉTÉS. 

du soir y pour procéder à plusieurs élections par la voie iu 
scrutin. 

M. Orf^a a été Aa prénderu^ M. DouBtE^ vice-prési-^ 
dentj et M* GiBBàT, soorétaire^giniral. 

Il a été décidé que dans la prochaine réunion une com- 
mission serait nommée pour s'occuper des questions de 
police médicale à Tordre du jour. 

, Hpus ne pouvons qu'approuver cette décision (encore 
que son objet paraisse s'éloigner du but primitif de l'insti^ 
tution), et nous faisons des vœux pour que les efforts des 
niédechis de Par^s ne restent pas înipuissans. dans ces nou- 
velles tentatives d'amélioration , comme ils l'ont toujours 
été jusqu'ici. 

RÉCLAMATION. 

Nous n'avons pas tout dit , dans le précédenjt cahier de la 
Revue médical f {^ -p. 485), sur le mécanisme de la fabrica- 
tion des^ journaux compactes et à bon mardié. Nousau^ious 
pu ajouter, ce qued'ailleur$ personne n'îgnoie , qu'au lieu 
de ta plume on se sert quelquefois des ciseaux comme in- 
strument plus expéditif et'plus économique. Nous supplée- 
rons à cette omission en reproduisant ici \3l réclaniation sui- 
vante , qui vient d'être adressée à Messieurs les rédacteurs 
du journal des Connaiisances médicales ^ 6/hancs, avec 
prière de l'insérer dans leur plus prochain cahier. 

« 9t^li, ce 97 octobre i833. 

K Messieurs et très hqfnorés confrères 9 

« Nous avons des premiers applaudi à votre entreprise, 
et 60US i^àvôns, dé prime-aliord , distinguée entre quel- 
ques entreprises rivales et du même genre. 

"« Nous vous 1^ connaissons le droit, sanctionné pari' usage, 
de puiser dtesnwttériaùx dans les autres recueib périodiques^ 



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mais à laeonditioQ toutefois , lorsqu'il s*agtt d'articles de 
fond , de citer le journal auquel l'emprunt a été fait. 

M C'est un devoir de délicatesse et de probité littéraire 
que, pour notre compte, nous ne manquons jamais d'ac- 
complir , et dont nous nous croypn^ en droit d'exiger la 
.réciprocité. 

u La littérature mé4icale allemande est , comme vous 
ne pouvez l'ignorer , celle qu'il est le plus difficile de s'ap- 
proprier en France : 

« Nous avons ^it des efforts pour si^tisfaire sur ce point 
la juste exigeance de nos lecteurs ^ et nous 'pouvons dire y 
sans présoknption y que notre journal est celui de tous qui 
laisse; aujourd'hui le moins à désirer sous ce rapport. 

« Dès-lors» nous avons dû voir avec peine que, sans aucune 
indication de source, deux articles appartenant à notre 
revue des journaux allemands du mois de mai dernier, 
avaient été littéralement copiés dans le i*' n® de votre 
journal. ' 

« Nous croyons devoir vous signaler cet abus , et vous 
demander , en réparation, l'insertion de la présente lettre 
dans le plus prochain cahier àn^ournat des Connaissances 
médicales, 

« En comparant le texte de la page 9 du premier h" de 
ce journal, depuis les mots: De toutes les préparations 
mercurielles , etc., jusqu'à ceux-ci : remploi de la diète et 
la décoction de salsepareille, avec les pages So^ à 809 de 
notre cahier de mai (art. sur l'emploi de la décoction de 
Zittmanti), ou bien encore , en comparant la seconde co- 
lonne de la p. 3o de votre journal , depuis tes iiiots : le thy^ 
mz/5 ^an^rAomme^ etc., jusqu'à la fin de l'article, avec la 
p. 296 et la p. 398 du inême cahier de la Rei^ue (analyse de 
rpTivrage de Haitgsted sur le thymus }, il vous sera facile 
de reconnaître combien notre réclam a tiop est foi^Jée. 

•• Il ne suffit point en effet d'ajouter une tête et une queue 



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i54 NOTICES bibIiographiqtjes. 

à un article ou d'en retrancher quelles. pa89<tg^$^ poiu: 
c[ue la copie littérale de tout le reste devienne uqq propriété 
légitime. . . 

« Agréez , Messieurs et très honorés confrères , etc. 

S ignés: Les rédacteurs propriétaires de la 
, ,. Revue médicale. , 



NOTICES BmUOGRAPHIQlTEa 



Lettres topographiques et médicales sur Vichy, ses eaux 
minérales et leur action thérapeutique sur nos organes; 
par M. Noyer (Victor), docteur en médecine, chirurgien 
de rho^pice de Vichy, etc. Un vol. in-6*> de 208 pag.' 
Paris, i833. 

M. Noyer, il f«at b»enle dire, est an tant «oil pea arriéré; car il inti- 
tule son oaYjrage Littbks ( sans qae rien y indique la forme épistolaire } ; 
car il sacrifie çà et là an PhjsioJogisme ; car , en Tan de grâce 1 833, il a 
empmnté an Constitutionnel la phrase suivante (p. i^t et 14^): 

«... Tontes ces innovations me^^'ca/^ ont trouvé des antagonistes puis- 
sans qui les ont combattues de tons leurs efforts. La position sociale qu'ils oc- 

Clip<7/>AI/, LES AFFII.XATIOICS NOMBREUSES ETA BtiXS FOUR, Atm^TER , D Alf S TOPT, 

LES pRooRis DES LtiMiàRES et Cet espi'it novateur qui TonRMEirTa les hommes , 
n*ont pu emfpdohet la vérité de se faire jour à tnivtrs ton» les obstacles 
qn^ils loi ont soscités« 9 

A ceU p***» 9 1^ 1^^* de M. Noyer, écrit ^vec simplicité et modestie 
sera fort utile a^ |^ns ^u Bion4e <\pà fréquentent les- eaux minérales de 
Vichy. Quant aux médecins, ils pourront regretter que l'auteur, se renfer- 
mant dans les généralités de son sujet , n'ait pas cru devoir substituer à 
des raisonnemens et à des explications phfsiologiques un ^eu afl^sés', 
Texposi lion succincte des faits principaux qu'il a en occasib/i cfôfcs/rvér ; 
mais ils troriveront encore quelque profit dans la lecture d'un liVre oh. 
Ton trouve stir la topographie , Vhisto'rlque et les 4létaîl8 liygiémques velatif:> 



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îiiOTlCÇS BIBLIOGRAPHIQUES. l55 

aoz eaux de Vichy, des renseignemens et des reroar<|aes qui offrent nn 
véritable int^é^. 

Les eanx de Yichy sont thermales et alcalines gazeuses: la quantité no- 
table de gaz aekle carbonique et de bi-carbonate de soude qu^elles contien- 
nent leur donnent des qualités stimnlantes , révulsives, diin-étsqnes, apé- 
ritives , qni ne sont pas- à dédaigner dans le traiteiDeàt des phlegmasfes 
chroniques de la muqnetise gastro^intestinale , des gastralgies*, des engor- 
gemens de la rate, du foie, des coliques hépatiques, de la graveUe, de 
la leucorrhée, de la chlorose, de l^aménorrhée , des affections rhnmatls. 
maie», des «aladies chroniques de la peau , des engorgemens lymphati- 
ques, eic. ,etc. ; ce qni justifie snffisamment le distique latin qu'on^lisait 
jadis au-detfsus de la fontaine des Capucins ou Puitë carré :^ ' 

« Spwnantes inter fluctus undasque patentfis , 

Quàm benè tam sàlubris stat me^icina tiBi ! v G. 



Nouvel aperçu sur laphjsiologie du foie et les usages de 
la bile; de la digestion considérée en général] par 
M. Benjamin Voisin, docteur en médecine de la société 
médicale d'émulation. Brocli. in-8^. Paris, i833. 

La question pleine d'intérêt que l'auteur s'est proposée consiste à exa- 
miner si le foie n'aurait pas d'antre nsî^ge que celui de fabriquer la bile, et 
surtout si ce' liquide est Vagenl efficient de la cbyb'fication , comme c'est 
encore l'opiiiion la plus accréditée. L'anatomie , que M. "Voisin nous sem- 
ble parfaitement connaître, lui a seru a écIaircU uu pnixit de Joctiint^ 
. qui était douteux sur la circulation des vaisseaux chyU^iesi iî travers le 
parenchyme du foie. Après avoir examiné les divi-rj^eâ saurt^^îi au le foie 
puise les élémens de sa sécrétion , M. Voisin est coaduk à regarder la hîLt: 
comme un produit excrémerititiel , provenant de la digf^tion ; U composi- 
tion de ce liquide vient encore à l'appui de cette idée. L*itutt-ur r^ppelie 
qu'il existe des animaux saus foie, chez lesquelsia nutrition eût □éKiinjuias 
fort active^ et qu'un cas semblable s'est rencontré aussi chez Vliomme, It 
établit une comparaison raisonnée entre le foie et le rein , quant aux pro- 
duits de ces deux organes sécréteurs ; enfin la composition dn méconiiim , 
sa ressemblance avec la bile, 'justifie encore l'opinion de l'auteur qui con- 
sidère le foie comme un organe cbargé^ssentiellement d'une fonction d'é- 



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l56 JNOTICES BIBLIOGRAPHIQUES. 

UmiiuitioD. Noos ne siliyroiis point ici Tanlear dans àc ùoipbrfeiise* 4î<HH» 
«idératioiM tendant tontes à démontrer gne la bile n^est point Tag^it de- 
la chylification. 

Après avoir présenté oes preuves physiologiqiies., M. Toisi&s'est livré à 
des expériences sur la digestion ,. à Teffel d'examiner Taction de la bile ^ 
de la, salive, dasac gastrique «t des antres produits mnqneox^e Tintes- 
tiu f siir.lef difiërens éuts de la pÂte chymeuse. Noua renvoyons à Fou- 
viage pour le détail de oes expériences comparatives^ 

Par d^atrea >expérîences faites snr àta aniiÀaux vivans , 1 auteur a con- 
staté q^'nn emp^diement absolu i^n cours de la bile et à son arrivée ^ns 
le duodénum ne constitue poûit un obstacle à la chyllfica^n. , . 

4près avoir examiné le foie à Tétat physiologique , le docteur. Yoiéin 
aborde l'histoire des affectioA^ morbides de cet organe, et fait voir que 
dttis ses diverses lésions sa sécrétion est sensiblement altérée, qu'on voit 
alors surveiàr l'ictère, phénomène que l*anteur étudie chez le nouveau- 
né et dans l^nlte, et dont il donne une explication particalière. 

Nous appelons Fattention des physiologistes sur les idées que l'aoteur 
a émises sur les fonctions de la rate, snr la circulation en général, et la 
division du sang en deux colonnes , à la sortie du cœur, théorie iogé- 
niènse, et au sujet de laquelle M. Voisin rappelle les expériences contra- 
dictoires , mais plausibles^ de part et d'autre , de M* Dumas et de Legaliois 
sur l'identité du sang. Nous voudrions , quant à la division du sang en 
deux colonnes, que plus de faits eussent forcé notre conviction à cet 
égard. ' 

Nous signalerons en passant l'explication fort remarquable que donne 
Fauteur de la manière dont on peut envisager l'action délétère de ïa bile 
dans lé choléra. 

En somme, cet ouvrage expliqua, d'une maître beaucoup plus ingé- 
nieuse qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour, les fonctions du foie et les usages 
de la bile dans leura rapports avec la digestion. Peat-être avancera-«t-il le 
moment où la physiologie du foie cessera enfin d'être si obseare^ Déjà les 
vues qu'il renferme ont reçu une sorte de confirn^ation de la, réclamation 
même d'un auteur anglab (il/. Phillips) qui en revendique la priori té : 
nous en avons signalé quplques-unes dans notre revne des joamanx fran- 
çais ( voir le n° de juillet de la Berne médicale ), le mémoire de M, Voisin 
ayant été inséré d'abord dans les Transactions médicale^ \cah, de mai e^t 
de juin). D. ^ 



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NOTICES BlBLtCGBÂPHIQl]l.S. . ibj 

Notice' des travaux de la Société royale de médecine de 
Bordeaux) parM. Dupuch-Lvpointe, secrétaire général. 
Broch. in-8. j833. 

^ons signalons parmi le grand nombre |ie faits intéressans, dont cette 
noti<ïè Gontijent le releré : i° remploi du gaz oxhdul^ d^ azote dans fascite : 
Le malade, âgé de 3 a art» , et atteint d'ascite depuis «lixmois , . fnt son- 
mis à Wparacenthèse par M. Lafaye; ce chirurgien inteoduisit ensuite 
par la cannle environ deux pintes ^e 'gas oxidale d'axote. 11 n*y eut 
point de vive irritation ; nne snenr assez abondante et deax selles co« 
piedses eurent lien ; pendant plosienrs )oars Felcrétian nrinaire parat 
augmentée. Le malade, dont rétat.s'éuit Leanconp amélioré, quitta Bor- ' 
deanx s^n bout d^nn mois , en sorte qu'on n*a pu saroir si l'ascite stest 
reproduite ; 2" raàus des chhrures comme dcsinfectans avant t* épidémie 
d^u choléra, Uh conseiller à k- cour royale., surpris en entrant dans la 
salle du tribqnal , par nne émulation surabolidante du chlorure de chaux 
i-épându comme désinfectant dans ce lieu, éprouva subitement nne vive 
céphalalgie, de l'éplgastralgie , des évacuation» réitérées par hant et par 
bas y auxquelles succédèrent d'aqti^ accidens plus graves encçre, tels 
qae^ froid glacial, suspension du pouls, prostration > etc., qui firent 
redouter Vinvasion du choléra. Le soir , une réaction fébrile s'établit et 
la convalescence commença le jour, suivant ; 5o la gnérison /»ar ie baume 
de copahii (à la dose de 3o à 4o grains par jour ) d'une bronchite fébrile, 
traitée d'abord, sans succès parles antiphlogis tiques^ 4® la cessatkm im- 
médiate , à la suite de l'admii^istration d^u/i bain chaud, d'une bronchite 
et d'une aphonie complète «nrvennes chea^ nne nourrice qui s'était expo- 
sée à Faction d'nn froid hnmidç; pendant les trois premiers jours on 
avait employé en vain les bjoissons adoucissantes et les pédi laves sinopi^ 
ses; 5° tobtitéralion complète de l'ori/ice pyloriqiio ^renoantrèe sar le cada- 
y^e d*ni^ adulte. qui succomba au bout de deux mois et demi à uHe maladie 
de l'estomac que Ton soupçonna devoir être attribuée à l'ingestion de 
quelque substance vénéneuse ; 6* ope apoplexie pulmonaire observée sur 
une demoiselle âgée de 19 ans, que l'on trouva morte dans 9a chambre , 
où elle était rentrée là veille bien portadte à dix henaes dn soir. Les pou- 
mons étaient denses , d'un rouge brnu ; on ne distinguait ancna de leurs 
tissus ; une, congestion générale avait envahi ces organes; 7^ l'épidémie 
du cIiotéra-;morbus asiatiqu e k Bordeaux. Cette épidémie , ^ni commença 
en août et Qnit en octobre (i83a), fut assez légère si l'on n'a égard qu'an 



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l58 NOTICeS BySLIOOnAPHIQUES. 

nombre déb ib«1^^ cobdq ( 305 sar nhe- {k>palatton de 107,000 ktùpa }, 
mus i^ès grave sons le rapport de la mortalité ( aSa décès sur 3^5. ma- 
lades). Le guaeo essayé pendant Tintensi té de lepidêmie , a para jonir 
de quelque efficacité; il avait évidemment pour effet de provoquer une 
réacÈiou énec^ae. A Pjiria, où cette substance o'k pu être employée qu^à 
laiih de répidémie', je l'ai vue ches mr cholérique de'lliàpital Saint-* 
Louis ^ déterminer des -vomisseiàenc répétés ,' supprimeir les selles et 
amener an bout de quelques beores une réaction suivie ^' de jtienr qui 
jugea Ta malade; mais alors le choléra^^vèit tellement perdu de son in- 
teiuité que cette guériiOB n'avait rien de bien extraordinaire*- G. 



SiJiVCBpubliqnti delà Sociale royale de médecine^ chirurgie 
^t pharméicie d6 Toul49use* hroclk* ia-S^^. 185"^^ 

Suivant notre-usage , nous indiqttej'Oi^ sommairement leâ faits princi^ 
paux signalés dans ce compte rendu dte travaux de là Société de Tou- 
louse. — Choiera. Toulouse a joui de rhenreux privilège itl^e *exem|)tè 
^e répidémie de i83ti ; on a seulement observé dans la ville qu^ques cas 
de cholérine. M. Galté^ correspondant de ^ Société à Calais, fait remarquer, 
dans un travail relatif' k cette épidémie, que le choléra a été signalé en 
même temps à Calais et à Pari^ : il ajoute que, -^pa^ exception, les dépè^ 
cbes envoyées de Londres à MAf. les ambaf^sadeùr-a on consnb généraux à 
Paj^ls n'étaient pas soumises aux mêmes désinfections que les lettres et 
paquets ordinaire^; et que pins d'une fois :>on a ca6hé'souA Ib sceau di- 
plomatique des tissus 'et des marchandises dont Tintroduction en France 
est prohibée ou soumise à des droits coasidérables. '• — Inftaence des suh» 
stances alimentaires non atotéessUK les animaux. Dans un 'Mémoire sut 
l^¥t vétérinaire, M. Dopny démontre que les pertes que fait Pagncultore, 
dans les années pluvieuses, d'un grand nombre de moutons, pa^ la maladie 
connue sons^ le nom de pourriture, doit être attribuée à un défaut d'ali> 
mentMiôn de substances atotees, on à des émanations dé la nature de 
«elles qui occa&ionent les fièvres intcrmîttetftes. Il appuie sé>> raisonneme|is 
d'ei^ét^encea faiAss sui^ des fMet& ndut^ris avec de la gomme , d& l'huilé , 
du beurre, etc. Oes animaux meurent ordinairement dans un grand état 
de faiblesse, le trente-deuxième jour après l'expérience; Vurifte et lé bile 
présentent (^CK eux les mênles oaractères que celles des faerbitores; c'est- 



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BtJtLETIlV BlBLlOGUAPniQUE. 1S9 

à-dire que fniine ne fo&r^t^oitit de'plioêphate ai d*Éei«i6 nt-iqne, ^ que 
la bile doDiM^ iieaikiodp de piearatùéi^ comme on Fobserfe dtcns le bœuf. 
— jâbcès critique. Une encéphalite observée par M. Mondonk râr eue pe- , 
tite fille "de dix-sept nioifl , déjà atteinte antérienrement d'a<icâdeBft céré- 
braax, -se jngea par Tapparitiôn sabîie d'une tiunear Boctnante an eèté 
gaache de lâ poitrine <pd donna issne à huit onces environ de pus bien 
lié. -^Rupture^du cœur. Une femme, âgée de .soixante-dix ans, affectée dUuie 
maladie du cœnr depuis plosieurs années, mourut subitement à llkôpital do 
la Grave. A l'ouverture du corps^ on trouva un épancbement de sang dan» 
le péricarde et le c6té gauche de la poitrme, provenant de trois fissures du 
'ventricule droit (l'une vers le milieu de la iace. antérieure, l'autre à la 
pointe, la troisième sur la face antérieure) avec traces d*érosion à Tinté- 
rieur au pourtour des perforations. li y avait, en outre, dilatation du ven- 
tricule droit, induration de la valvule iricnspide^ hypertrophie du ventri» 
cule gauche, induration de la valvule mitrale, etc. — Cardite et péricardite . 
aiguës sans symptômes. M. Carte, de Briknçon, chez un sujet qui n*avait 
offert que les signes ordinaires de Tasëite Ct de l^ydrothorax ( ni douleur, 
uipalpitàtions^ ni linziétés, ni syncopes,, etc.), trouva, àrantopsie, la 
surface du cœur rouge et granulée , le péricarde injec|é de sang et conte* 
nant un litre et demi lie liquido sanguinolent. Reste à savoir si ce »ont bien 
là les fraces d'iMie véritable inflammation an péricarde, Ce qui^ du reste , 
n'dte rien à l'intérêt qu'offre cette observation. ■ G. ^ 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



Ouvrages publiés dans le mois cToçiohre i833. 

TOME Y« (mâladiis de i.*iwcéphale)'DE LA CLINIQUE MÉDI- 
CALE , ou choix d'observations recueillies â l'hôpital de la Charité ; par 
G. ÀJSntikL, professeur à la Faculté de médecine de Paris ^ membre de 
l'Académie royale de médecine, etc., in-d. 

Tomes let II (maladies de poitrine ). 

Tomes III et lY ( maladies de l'abdomen ). 

A Paris , librairie médicale et scientifique de Deville Cavellin , rue de 
VÉcole-de-Jtf édecine , iô. . 



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t6o BULJ^ETIH BIBLIOGKAPHVQUB. 

iH^ilTÉ D*ANATOMl£ PATHOLOGIQUE; par J. F. Lobstbin , pro- 
téine dî Je cliniqae interne et d'aoatomie pathologiqae k la Facnlté dct 
tuétlecjDc de Strasbourg, etc. 

(Jet DQTrage formera 4 v^»!* in-S. Les tofnes I et II aont en vente. 

Prix <I« chaque ▼olame, 7 fr. 60 c. 

A Fim, chez F. G. Levraolt, libraire, nie de la Harpe, no 8. 

SOUVENIRS Dy CHOLÉRA A ROUEN et dabs le département de 
b S^me^Inférienre en i83i>, ornés d*an plan de Ronen indiquant 1a- 
mit-Lbc de répidémie dans la yille; par M. Hbllis, médecin en chef de 
lHâiel-Diea. In- 8. Prix, 3 fiu 5o c* 

A Paris, chez J. B. Baillière , libraire, rue de VÉcole-de-Médecine , 

RAPPORTS ET DISCUSSIONS de l'Académie royale de médecine 
sar ïc magnétisme animal , recueillis par on sténographe et publiés avec 
des j^otes explicatives; par M. G. Foissac, docteur en médecine <ie la 
Facnlté de Paris, in-8. Prix, 7 Ir. 5o a 

ÉTUDES DES PASSIONS appliquées aux beaux-arts ; par J. B. Db- 
LETTRE. Itt-8. Prix, 7 fr. 

CONSIDÉRATIONS SUR LUIPPOORATISME ET L'ANATO- 
MISME, et 'réponse â la- question suivante, proposée pour sujet de 
thcm EkQ concours ^e clinique interne de là Faculté de Paris : « Jusqu'à 
i^itel point tanatomie patïtologique peut^eUe servir de base et la classifica* 
iim desj maladies? par le docteur C. M. Gibirt, in-8. Prix, i fr. 5o c. 

TouA ces oiKvragol se trouvent à la Libraihix lÊihickLE bt soiav- 
iiFiQUE DX DEYILLE CAYELLIN, ancienne maison Gabon, rue de 
ri^rub' de- Médecine, n* lo. 



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fJx^A^wiey «yyteiXca^te . 



Ocko^ iS33. 




£it/^. ^ .ACadUa. 



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REVUE MEDICALE 

mANÇAISE ET ÉTRANGÈRE, 

JOURNAL DE CLINIQUE. 

«UNIQUE ET MÉMOIRES. 



NOTE 

Sur lés obstacles apporté^ à Paccouchement par 
certaines déformations^ adhérences, solutions 
de continuité oii diminution de consistance du 
fœtu's; 

l?ar M. DuGÈs, 

ProfeMenr à la Facidté de idédedne de Montpdlldr. 

Cette note faisait partie du mémoire que nous avons 
lu, il y a quelques années , à l'Académie royale de méde- 
cine , sur les obstacles amenés par les difformités du fœ- 
tus, et qui fait partie du premier Yolqme des mémoires 
de cette société savante. Nous Tavions supprimée alors 
comme ne se liant pas assez immédiatement ai^x autres 
articles dont ce travail se compose. Les difficultés dont 
nous allons parler ne sont effectivement point compara- 
bles à celles dont nous nous occupions alors ^ aussi cet 
article sera-t-il de peu d'étendue. Nous y annexerons 

TomelV. iVbi^mftre i833. , ii 



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l6% CLINIQUE ET MÉlfOiRES. 

seulement quelques réflexions siir un sujet récemment 
débattu , et sur lequel les présentes observations pourront 
jeter quelque lumière. Deltucge, en distinguant les 
inonstruosicés par excès et par défaut » déclare que les 
premières seules peuvent mettre obstacle à l'àccouclie- 
ment; quelques exemples prouveront que cette assertion 
est au moins trop générale. 

I® Si les membres atrophiés sont réduits à de courts 
moignons , a des espèces de nageoires , le fœtus , plus 
mobile daq^ la matrice , ^st'p|us sujet h présenter une 
partie défavorable à la marche dulravail-, le diagnostic 
devient, de plus, fort obscur; et si l'on veut tenter la 
version, on manque de prise suffisante. Aussi, dans un 
cas semblable , Pen fut-il obligé d'appliquer le crochet 
ajgQ sur le sacrum , et Delamo^te , qui reçutun enfant 
ainsi conCormé, mais qnipré^nUiit }a t£te, aYa9<;<{u'il 
liurait éfé fort embarraç^ç s^n^ çiette jcifponçt^nice. . 

n^ Chez les anencéphales dont le rachis est ouvert en 
arrière , la tète est ordinairement renversée sur le dos , 
et Tocciput soudé aux vertèbres de. cette région é On sent 
que cette soujdure , faisant de tout le foetus une sorte de 
bloc inflexible, ne lui permet plus de suivre régulière- 
ment le mécanisme puerpéral; aussi raccoUchcment 
spontané serait-il fort difficile en pareille circonstance si 
Tenfant naissait à terme. Mais, pour l'ordinaire, il ne 
dépasse point le huitième mois , et pourtant il ne sort 
encore qu'avec peine. Cette difficulté a été bien notée par 
Viardel (p. 243j, Paul Portai (p. iSg), Mauriceau 
(obs. 348 )î Delamôtte (p. Sgg), Morgàgnî (ep. 48, 
art. 5o ) , et plus récemment par le docteur Ollîvry 
(nouv. Bîbl. médc, t. a, p. 434)- Nous avons remar- 
qué la même chose lors de la naissance d'un enfant dont 



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ICCOUGHEMEl^S. l63 

îe crâne ëtaît seulement fendu en arrière et sou^é aussi 
avec la région dorsale ( Ephem. méd. t. a, p* s8g)* La 
version est alors assez souvent nécessaire ^ elle Test quel- 
quefois aussi parce l'enfant se présente dans une position 
défavorable ( Viardel , Delaiwlte). Celte opératiou , au 
restç , ï^'off^c aucune difficulté.; et cpême, quand la tête 
s^ avance, si la, femme a le bassin large, et si les eaux, 
toujours fort abondantes , s'échappent brusquement pajr 
une large rupture des membranes, l'expulsion du monstre 
pourra être très prornpte. C'est ce qui est arrivé pour 
celui que.M? Lallemand a décrit fprt au long dans sa . 
thèse inauguralje. 

Il est des adhérences qui seraient plus tiéfavorablc*s 
encore; elles sont heureusement peu fréquente^. Je yeux 
parler de celles des membres du foetus entre eux et (jypp 
le tronc,. comme dan^ le cas raconté par le docteur • 
Morlanne (Gardien, t« 2, p. i85). Il eq est 4'^utres 
plus ordinaires , mais moins fâcheuses en raison dç leur 
mollesse, celles du foetus aux secondines, souvent ae^ 
çcunpagnées de difformités diverses , d'éventrations, dont 
le professeur Geoffroy Saint-Hilaire semble leur attribuer 
}a production vOn peut mettre au même rang la brièveté 
du cordon , son entortillement autour des membres du 
foetus , toutes adhérencesi dont le pire effet serait de dé* 
coller prénaaturément le, placenta, de retapir un ^u le 
fœtus, mais dont une section faite à temps ou bien un 
déplacement e;xécuté avec un peu d'adresse préviennent 
les suites 1^ quelque peu importantes qu'elles soient. 

J'aurai^, peu de chose â dire des solutions dé conli- ' 
nuité qui rendent l'extraction du fœtus ou de ses parties 
plus difficile : jamais je ti^ai été témoin de la dé(rpnca- 
tion , c*est-à-dire de l'arrachement du tronc , la tête res- 



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l64 CLINIQUE ET liéllOlIlES. 

tant dans la matrice, ûi de la décollation, c*cst4-dire 
de rarracfaement de la tète , le tronc étant retenu dan» 
le bassin. J'ai vu plusieurs fois les'vertèbres du cou d'un 
enfant mort séparées par une déchirure que ne paria-* 
geaien^ point les parties molles ; on agissait alors sur 
la tète au moyen du forceps , des doigts , des crocliets 
mousses ou aigus , selon la nécessité; mais le col, quel- 
que affaibli qu'il fût, serrait encore à conduire, à diriger 
les tractions. J'abandonnerai donc ce sujet , et je me li-' 
vrera» à quelques considérations sur le ramollissement 
qui facilite ces arrachemens , et qui par.lui-méme peut 
* causer quelques retards dans le travail , je veux dire celui 
qui est le résultat de la putréfaction. 

Sans croire, avec les anciens^ que la mort du fœtus 
rende raccouchement difficile , parce qu'il est ordinai- 
rement lui-même le principal agent de sa progression 
au dehors, oti peut penser que cette mort arrêtant la 
circulation utéro-placentale , diminue l'activité , là con- 
tractilité de la matrice. On peut croire encore que cette 
mollessç générale réduit le fœtus à une sorte de tampon 
qui remplit et bouche les passages au lieu de suivre les 
mouvemens du mécanisme ordinaire. Cette mollesse fait 
que le tronc , au lieu de transmettre à la tête l'împul- . 
siôn communiquée par Tutérud, s'affaisse, se replie et 
présente au détroit supérieur quelque partie peu favo- 
rable â un accoucliement spontané, quelqu'une de ces 
parties que n*y présenterait jamais un fœtus vivant et 
à terme.. Pour donner une idée de l'influence qu'a pu 
avoir la putréfaction du fœtus sur la terminaison du 
travail, et pour en faire connaître la fréquence , nous 
extrairons le dénombrement suivant des tableaux consi- 



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ACCOUCB«M£llS« t65 

gués dans k premier volume de la prali(jue des açcoa- 
ebemens. 

1 5,65a parturî lions , opérées en 9 ans à Thospice ^ la 
Maternité (i) , ont donné 689 enfans morts , dont 539 
putréfiés. Les morts forment donc la aa* ou. a3* partie 
des eufai^s nouveau-nés j proportion un peu plus favora- 
ble qne celle donnée pat Plenck (i/ao), et les putréfiés 
constituent à peu près les 7/9 des mQrts» 

Les 539 enfans putréfiés dont nous parlons, sont 
distribués de la manière suivante paV rapport à la ter*- 
Bunaison de raccouchemcàLt» 

|P",^!"^l5x4) I total" 

« M» ' y oa les fesses,! I r I 



a» Tîr& avec le forceps, ' \ ''*'***' ^ \ gV 639 

\^ front, 1 J f 



parVépaoley 



S^Putlavewion, f vertex, 7 

I épaule, 3 

4* Après cdiniotômie , a 



} 



Il y a donc eu lieh 18 foïssur 539, c'est-à-dire une fois 
si^r trente à l'emploi de la main oti des instrumens^pour 
les enfans putréfiés, tandis que, pour la masse géné- 
rale, la proportion n'est que d une foî^i sur 56, et même 
seulement sur Sg à6o, en reirancbaut deceUe masse 
les enfans putréfiés. ,A la vérité , il n>st pas toiyours 
facile de distinguer si la putréfaction est cause ou effet 



(i) VoyeB UacL Lachapelle, Prat des acel, tableaux annexés an prei* 
mier volnnie^ 



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l66 CLINIQUE ET MÉIMOtRES. 

dcrîncrtîe, de la mauvaise position q^ui nécessite les se» 
cours de l'an 5 mais à part quelques positions dte l'ér 
paule et les cas de rétrécissement du bassin , il est asise^ 
{>robable qu'elle est plus souvent cause qu'effet des ano- 
malies du travail. 

QttOÎqûle ce court article ne contienne que l'expres- 
sion des faits , nous ajouterons ici deux brèves observa- 
tions destinées à su{>piéer k ce que nous aurions pu dire 
du diagnostic de l'ànencépbalie , et à prouveî: que les 
lenteurs observée^ dans quelques cas, tenaient, non 
pas à l'absence du crâne et du cerveau •, mais à l' adhé- 
rence dont il a été question ci-dessus. 

1" Observation. — FœjLus ànencéphale né spofitaûé* 
ment et facilement. --^ La n^çre , âgée de 3i ans et d'une 
constitution forte , était enceinte pour la quatnème fois. 
^Pendant la gestation, elle s'était plainte de douleiirs à 
Testomac et de fréquentes anorexies. Elle arriva à la salle 
des accouchemens (Materiiilé de paris) le i4 avril i8io, 
à six heures du matin \ les membranes étaient déjà romr 
pues, et l'eau s'écoulait en abondance. Les douleurs 
n'existaient pourtant pas encore ^ elles commencèrent à 
se faire sentir vers huit heures. L'orifice utérin com- 
mençait alors à se dilater \ on ne sentait du fœtuS qu'une 
partie mollasse qu'on crut d'abord être les organes 
âexuels; cfependaht rien du reste ne caractérisait la pré- 
sence des fesses : en avant et à droite , on sentait Une 
main qui tendait à descendre. A neuf heures , douleurs, 
jplus fortes et plus fréquentes-, l'orifice utérin , plus^ou- 
vert , ne laisse toujours sentir qu'une tumeur molle, au 
milieu de laquelle on croit trouver une ouverture qui 
reçoit l'extrémité du doigt j cependant le travail iriarfchè 



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ACCOUCHeM.£NA« 167 

avec rapidité, et après deux heures de coutractions uié- 
ijues bien prononcées , le fœtus est poussé au dehors. Il 
ne donna que quelques signes fugitifs de vie après sa 
naissance ] son poids était de trois libres. 

La tumeur niollasse qu'on avait sentie pendant le 
travail , n'était qu'une fokigosité rougeàtre recouvrant la 
bas^ du crâne et remplaçant le cerveau. En outre, cet 
enfant avait Tanus împerforé et n'offrait, à l'extérieur, 
aucune trace d'organes génitaux; quclqires oi'ganes mas- 
culins furent trouvés à l'intérieur. Les orteiis n'étaient 
qu'au nombre de 4 ^ chaque pied. 

Après 1 accouchement , la mère éprouva un&. hémor^ 
rhagiequi |nit madame Lacbapelle ^slus la nécessité de 
porter, la main dans l'utérus pour achever de décolUi? 
le placenta ; le cordon ombilical était effectivement trop 
grêle pour qu'on put le faire servir à dès tractions un 
peu fortes. ' ^ 

Cette femme ne tarda pas à se rétablir. 

IP Observation. -^ Fœtus anencéphale présentant 
t épaule. Version*, — Le %^ septembre 1821, à lo heures 
du soir Je touchai, à l<a salle d'accoucheiiient de l'hospice 
déjà cité, une fénune âgée de 3ô ans, et en travail,, quoique 
parveiiue seulement au huitième mois de sa deuxième 
grossesse. Une perte de fearig modéjéa avait précédé Jes 
premièi^s douieui*s, et je sentis un bord du placenta 
..gceffé sut' le contour de l'orifice interne de l'utérus. Les 
membranes s'ouvrirent sponiahémentpeu après ; procé- 
dant alors à une nbuVelle ex|)l(>ration , je semis la main 
située en ava^t et à droite du bassin , et je suivis l'avant- 
bras jusqu'au coude qui était à ganche un peu en ar- 
rière; cette main était la droite, elle appartenait à un 



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f68 CLIUIQVB BT MEMOIE^. 

enfant petit et vivant ; et , d'après sa situation , elte in- 
diquait la présence de l'épaule droite dans la quatrième 
position de Banddocque. Ce diagnostie fut confirmé par 
le dégagement du bras , et madapie Charrier , alors pre- 
mière élève de l'hospice, tenta d'exécuter la version; la 
main droite fut introduites deux reprises avant d'arriver 
jusqu'aux pieds 9 les difficultés quelle éprouvait dépen- 
daient du resserrement de la cavité de l'utérus et de Tex- - 
trème obliquité de ce viscère d^ côté droitde l'abdomen ; 
la main gauche n'avait pas été plus heureuse, elle avait 
rencontré la tète et avait appris qu'une tumeur fou* 
gueuse remplaçait la voûte du crâne. Le pied droit une 
fois saisi , on se contenta de tirer sur lui seul en suivant 
la tendance que le fo&tus montrait k se tourner comme 
dans la deuxième position de l'extrémité pelvienne; on 
eut soin déporter fortement à gauche et de retenir du- 
rant la version le membre* supérieur dégagé dana les 
premières^ recherches. Cette dernière partie de la ma- 
nœuvre ne contribua pas peu à déterminer la rotation 
du fœtus et à faciliter sa sortie. La tète s'échappa brus- 
quement de la vulve. Les suites de coiiphe furent des 
plus simples pour la mère, à l'exception de l'extraction 
du placenta qui adhérait eu devant de l'utérus, et que 
je décollai peu à peu aprèç fivoir porté la main dans cet 
organe. L'enfant pesait trois livres un quart ; il avait à 
peu près quatorze pouces de longueur et semblait fort 
voisin du terme de neuf mois. Le corps était bien con- 
formé ; la face étroite , le crâne sans voûte ; la place du 
cerveau occupée par des fokigosités vésieuleiises et rem- 
plies de sérosité. Cet enfant, du sexe féminin, vivait 
encore après son extraction ; mais il n'a point respiré ^ 
et bientôt ce peu de vie s'^t éteint éomplèicment,. ^ 



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ACCODCHEMESS. 169 

additions. ^-^Dans rariicle précédent, où l'on ne te- 
nait compte que des difficultés qui pouvaient résulter de 
la mort de Teufaint par rapport à l'accouchement , on a 
pu voir que ces difficultés élaîeiil fréqlientes proportion- 
nelleinent aux parturitions où Penfant naît vivant , et 
qu'il s'en fallait de beaucoup qu^elles tins^nt à la mau- 
vaise position du fœtus , puisque i4 fois sur 589, c'est- 
à-dire I sur 38, il a fallu opére'r quoique l'enfant pré- 
sentât le vertex. Si ce que nous avons dit plus haut des 
causes de ces difficultés n'était pas èi ratioonel et si coù- 
cluant , il faudrait en revenir à l'opinion des anciens 
que le fœtus est l'agent principal de sa progression au 
dehors^ que c'est* lui qui sort plutôt qu'il n'eàt expulsé. 
Cette opinion , combattue par Ant. Petit et repoussée 
depuis par tous les accoucheurs , n'était point plus ridi- 
cule que celle de la culbute volontaire; et il ne serait pas 
difficile d'accumuler en faveur, de la première autant 
d'argumens spécieux que l'a fait M. Paul Dubois en fa- . 
véur de la deuxième. Comme un de ses principaux ar- 
gumens est emprunté à ce qui concerne les naissances 
d'enfans morts et celles d'enfans vîvans , nous nous 
trouvons asse% naturellement cpnduitis à examiner ici, 
en peu de mots , celte opinion que le fœtus se dirige la 
tête en bas par un effort spontané. Dans l'énumération 
que nous avons donnée plus haut , on n'a pas suffisam- 
ment tenu compte du nombre des cas où renfant offrait 
. le pielvîs ou le vertex , pourvu que l'acconchement iùx, 
spontané; nous emprunterons en conséquence à un au- 
tre tubleau les élémens de nos calculs. Dans le deuxième 
volume de la pratiqué des accouchemens , nous ayons 
dressé nous -même, d'après les registres de la Maternité 
pour neuf années, des tableaux dont voici le produit 



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IJO CtlNIQtJB ET MEMOIRES. 

relativemfeni à notre objet actuel sur un toial de 1^1,723 
positions bien déterminées. 



Vertcx^ 30,697 
Face, io3 

Pelvis , 804 

Épaolet y, 118 



Enfaas Tirana 
faibles à terme, 



ieJ«o,o 



97 

683 

80 



Moruàl 
terme, j 6^8 
.... 5 
.... io5 
.... aS 



Morts et) 

difToroie, / ^4 

. . ., . I 

.... 16 

.... 10^ 



Réunisses aux positions du vertex celles de la face « 
et vous aurez, pour la tête en géiiéral, 673 en£ans 
morts \ réunissez de la même manière les positions du . 
pelvis et celles des épaules, et Vous aurez i33 enfans- 
morts. Donc la proportion des enfans morts nés par la 
tête e^t à celle des autres de 5 à i, ce qui est uh peu dif- 
férent du résultat obtenu par^M. Paul Dubois (^3 i?4)- 
^Néanmoins ee résultat est encore bien favorable à sa 
manière de voir , puisque la proportion des enfans vi'^ 
v>ans nés de l'une et de l'autre manière est bien plus 
prépondérante que pour les morts ^ en faveur dés posi^ 
lions de la tète; la proportion est alors en effet de plus 
de 26 à I. Mais il faut remarquer ici que Ton ne peut dis*- 
tinguer les enfans morts par Xejffet du trasfctil de oeux 
qui étaient morts auparavant: les premiers sont certai- 
nement ,-et sans comparaison ^ les plus nombreux ; ils 
doivent former presque la masse ^es enfans morts dans 
uneprésentalion du pelvis oudeTcpaule. Le refoulement 
graduel du sang vers la tête, la lenteur de la parturi- 
tion si elle est spontanée, la nécessité fréquente d'une 
opération violente en pareil cas, voilà de quoi expliquer 
celte fréquence de la mort dans ces posîtiohs^ fréquence 
que nous avions déjà depuis long - temps remarquée 
(Manuel d'obstétrique, deuxième édition , p. 127 ). Dquc 



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ACGOUCH£M£NS« I7I 

ce n'est pas parce que TenÉBint était mort à Tavance qu'il 
n'a pu se donner une direction plus favorable ; souvent 
il «si mort , au contraire , parce qu'il a été défavoraUer 
raent présenté au passage. 

Il tt^y aurait guère que la naissance des enfans putré- 
fiés, c'est-à-dire morts évidemment avant l'établisse- 
nient du travail qui pût être invoquée avec avantage par 
M. P. Dubois; or j'aflSrme d'après l'observation , sans 
pouvoir, il est vrai, le prouver par des chiffres, que, 
sur ^o enfans à peu près , à terme et macérés , ramollis 
de manière à prouver rancienneté de leur mof t , il n'y 
en a pas un qui soit né par les fesses^ 

Cet argument ^ si puissant de prime-aboi'd en faveuiP 
de la spontanéité du fœtus . dans le choix de ^a position,^ 
se trouve ainsi réduit à peii de valeur ; il en est de m^e 
(-et M. Paul Dubois semble l'avoir senti par le doute où 
il est resté en définitive sur ce point) de l'âge peu avancé 
dès fœlus et de la fréquence des mauvaises positions 
avant le terme de 7 mois. Nous voyons effectivement 
que , sur 5 1 enfans arbortifs ou difformes ( ces derniers 
naturellemeut en très faible proportion) a6, c'est-à- 
dire plus de moitié , ont présenté le pelvis ou l'épaule ; 
mais cette particularité tient-elle à une faiblesse d'in- 
stinct déterminateur ? ne tient-elle pas évidenùnent à la 
mobilité excessive d'un petit fœtus dans une cavité spa-. 
oieuse et contenant beaucoup de liquide , et puis à la 
mollesse , à la flexibilité du corps qui lui permet de 
a'accommoder , d'une manière telle qu'elie , au passage , 
ee qui a lieu aussi souvent pour le fœtus putréfié et ra-' 
molli? M. Dubois a raison de considérer la différence 
de pesapteur des deux extréixntés du fœtus comme insuf- 
fisaiite pour déterminer seule sa position *, il est certaiii 



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17a CLINIQUE ET MÉMOiaeS. 

que celle différence perd beaucoup de $a réalilé dans tn» 
liquide d'une àeushé ^presque égale à celle du fœlus: 
le moindr'e mouvement suffira pour détruire Teâet de 
celle prépondérance si le fœtus est flottant. 

Il nen sera pas de même s^il est gêné dans V utérus ^ 
comme il Tesi évidemment dans les derniers moîisr 
quelque faible que vous supposiez la prépondérance de 
la lète « elle est réelle, elle agit avec cgniinuité, elle 
agit parce qu'elle est Texlrémitéde I-ovoïdp; elle n'est 
point contrebalancée par le foie qui se trouve à peu prè^ 
au milieu^ la tête tend ainsi continuellement à glisser vers 
le point le plus déclive , et cest toujours le bassin de la 
femme. La femme debout ou assise , cela est par trop 
évident; couchée sur le dos, cela est positif encore, vu 
la direction oblique de l'axe de l'utérus ;, la femme cou- 
chée sur le ç6i6 , il 7 a indi^éreuce ; mais ce ;n'est là 
qif un état 'momentané et qui ne détruira point ce 
qu'aura produit la station dès que l'utérus ne permet- 
tra plus les pirouettes èj l'enfant grandi et entouré do 
peu d'eau. 

Toutefois, il nous parait qu'il y a du vrai dans 1« théo- 
rie des mouvemens instinctifs du fœtus. Oui , l'enfant 
exécute des mouvemens instinctifs ; oui, ces mouve^ 
mens sont eu proportion de la gène qu'il éprouve 5 oui , 
ces mouvemens concourent à lui donner la position qui se 
montre évidcmnicnt la plus fréquente. Que le foetus de 
7 mois ait la tête en haut dans l'utérus -, le poids de cette 
partie devra être supporté parle reste du corps, et ce ne 
sera pas peut-être une légère fatigue pour lui , surtout 
dans les mouvemens exécutés par la mère : on sait que 
ce nèst que plusieurs mois après sa naissance que Venr 
fant commence à porter sa tête. Le fœtus mal pUc6 



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, ACGOUCBEMBNS. 1^3 

4&Xécutera sans doute des mouvcmcns aveugles, tléter«- 
miiiés.par un senlimcnt pénible , et qui , jô'nts à la pre-^ 
pondérance sùsdhe , feront , touC mécaniquement , glis- 
ser la têie vers le bas; Taltitude sera pins commode alors, 
et Tenfaut plus tranquille. Voilà à quoi se réduit son in- 
stinct , à <[uoi se borne son choix. Nul doute aussi qu'il 
ne résiste ensuite , et toujours par les mêmes causes, à la 
production Je positions désavantageuses: celles de la face, 
par exemple , sont gênantes pour lui , et il n y a pas be- 
soin d'une faculté instinctive spéciale pour concevoir 
que ses muscles doivent s'opposer à une extension for- 
cée de la tête; de là , si l'on veut , Id rareté de ces posi- 
tions et la forte proportion des morts au^.vivans avec des 
présentations de ce genre (: : 5 : 97 ) ; mats puisqu^il y a 
, aussi beaucoup de vivans qui naissent de cette manière, 
on peut en conclure que l'enfant ne cLoîsitpas son atti ^ 
tude ; qu'il obéit Je plus souvent à des forces qui lui sont 
étrangères, et nous en avons eu quelquefois la preuve 
dans l'exécution du mécanisme de Taccoucliement na- 
turel, même pour les positions les plus favorables. 
Certes , si le foetus se donne une position du vertex , on 
peut bien croire aussi qu'il tourne volontairement l'oc- 
ciput en avant dans le deuxième temps, du travail , et 
pourtant nous avons reconnu plusijeurs fois sa résistance 
à ce mouvement; la rotation de la tête ne s'exécutait que 
durant la contraction utérine; dans leurs intervalles , 
l'enfant lui faisait subir un mouvement rétrograde qu'on 
reconnaissait bien être spontané à ses hésitations , à ses 
petites secousses. Nous ayons ailleurs suffisamment expli- 
qué, comme tant d'autres éc^-ivains , les causes de toutes 
les particularités de positions et de mécanisme qui tien- 
nent aux rapports de forme existant entre les parties de 



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1^4 CLINIQUE ET MÉUOIHES. 

Tenfant et celles de la mère , et non à des puissances iFt* 
saisissabies. C'est là le seul reproche que nous ferons k 
Tingénieux anteut de ta théoriedont nous venons de-par^* 
1er. Nous eussions été complètement d'accord avec lui , 
s'il se fût contenté de dire que t enfant ai4e , par des 
mouUBmens automatiques^ au glissement de la tête vers 
les parties les plus déclives et par conséquent vers Vo^ 
rifice utérin. Nous ne croyons pas nécessaire , pour ex- 
piquer cette particularité , de recourir à l'opinion^ fort 
ingénieuse aussi , mai^ non moins abstruse, de M. le 
doctcurVirey , qui rapporte ce fait à «ne loi générale et 
applicable même aux animaux ovipares (i). Nous n^en 
contesterons pas la réalité en principe ,* mais Tapplica^ 
tion à l'espèce humaine nous en parait douteuse , et sur- 
tout insuffisante pour ceux qui aiment les idées nettes 
et positives. 

IL."' . ' ' . ■■ j ■ 

(i) Silepoolet, le. lézard, le serpent, etc., naissent la tête la pre»- 
nière , c^est ^e c'est chez eoz la. partie la pins forte, la pins capable de 
briser Jes enveloppes extérieures de Poenf, 



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CONCRÉTIONS FOtYPîFOUMES DU COEUR. l'jà 

-- ■ ^ ■ - . • ^- ■■ *- ^ . ^ . < . ^ ^^^^^ 

MÉMOIRE 

Sur tes concrétions fibrincuses polypiformes (tans 
^les cavités du cœur; 

Par P. Blaud , 

Médecin en chef de lliôpital de Beancaire , membre correspondant de 
1* Académie royale de médecine , etc. 

« Snnt aotem polypâ tnm potiatflanm 
« graviam morbomm mortisqne ci^nsse. ai 
« qaandô mole soi aacti, vel, qnod 9ae« 
« pids fîtyàlaevi tam interna qnamextemâ' 
« cansâ de sede sna dimoti, libero sangoi- 
*» ms circnld ex nno cordis ventricolo per 
« pnlmonnm rasainalteram obicen» po* 
« nant enmqne pervertnnty aat qnandà 
« orificia yasornm penitiis occlndendo mo- 
*« tnmsangainisyitalemomninô toUnnt. » 
Freô. HoFFMAzrir, t. 5, in-fol., p. 978. 

Les coucrétioiis fibnneuses qui se forment dans 1e$ 
cavHés du coeur n'ont été jusqu'ici considérées que 
coiniiia des faits acçesfiioiii'es , liés k d'autres agectipna 
dont ellas sont presque toujours un de^ effets inéyi^l^es^ 
comme les'lé&îons du cœur, les péri pneumonies qui sç 
terminent d'une manière funqste,etc» On ne lésa poiàt 
encore étudiées comme formant deç. affections pariicur 
lîèresVet , si on les cite daus les autopsies cadavériques^ 
ce n'est que comme des résultats de.rextiuçtion de la vie, 
et nullement commères lésions à part, offrant des symp- 
tômes qui leur sont propres, une marche particulière, 
et pouvant exister iudépendamment de toute au^re affec- 
tion. 



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t^6 CLtNt<^E Et MétfOItlËSk 

Cependant ces concrétions sont plus fréquentes- quW 
ne Timagine. Combien de dyspnées subites , de troubles 
survenant inopinément dans la circulation ^ d^affec- 
tiens asihmalH{ueS) de palpitations du cœur se déveiop^ 
pent à Timprovisle et sans c^use appr^iable, qui nais- 
sent sous Tinfluencede leur formation. Cette vérité sera 
mise dans tout son jour par les observations suivantes. 

Obs. I. Dyspnée, palpitations <, suffocation continuelle^ 
mort. Oreillette gauche remplie par une concrétion 
fibrineuse. 

Dupin (Pierre), âgé de ymgt-deux ans, fusilier au 
2^* régiment 4'infanteiie de ligne , d^unc forte constitu- 
tion, d'un tempérament sanguin, s^était toujours bien 
porté jusqu'au 12 décembre i83a, où il fut pris subite- 
ment de dîflScuUé de respirer et d'un sentiment de pres- 
sion dans la région du cœur. Cet état empira les Jours 
suivans-, et , le 23 , onzième jour de sa maladie , il fut 
transporté à riiôpital. 

Il offrait alors les symptômes suivans : Dyspnée ; t)p^ 
pression ; douleur vive dans la région du cœur. ; palpita- 
tions avec tnoùvepiens tumultueux à l'auscultation mé- 
diate, bruit sourd et étouffé pendant la contraction des 
oreillettes et des,.ventrîcules ; pouls petit, fréquent, ir- 
régulîer, inégal. Tous les autres organes exercent leurs 
fonctions d'une manière régulière. 

Nous é(^rivimes , sur notre feUille de visite , h la co- 
lonne dii diagnostic : Cardite aiguë , étant bien loin de 
nous attendre à ce que la mort allait bientôt nous dévoi- 
ler, et nous prescrivîmes une saignée de douze onces , 
Tapplication de douze sangsues sur la région du cœur , 



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COMCnÉTIOZIS VOLYPIFOaMES DU COEUR. Ï'J'J 

de la décoction d'orge pour iisaue ordinaire , et des 
bouillons pour aliiaens. 

Le a4> ^ douleur de la région cordiale est moins ai-* 
guë, mais les autres symptômes persistent. 

Prescription^ Demi-grain de digitale en poudre , dé • 
quatre en quatre heures. 

Le 25, dans la matinée, loppression augmente , la face 
s'îiyecie , bleuit ; bientôt tout le corps prend cette teinte, 
qui devient plus foncée dans raprès-midi. Alors l'agita- 
tion est extrême , le malade fait à chaque instant les plus 
grands efforts pour respirer ; son lit, en fer, en est tout 
ébranlé. C'était un spectacle digne de pitié que de voir 
cette horrible angoisse , à laquelle rien ne pouvait re- 
médier. Il changeait continuellement de place par des 
mouvemens brusques et violens, qui s'affaiblirent en- 
suite par gradation» Bientôt survint un rile apoplectique; 
le corps .se couvrit d'une sueur froide , les extrémités 
devinrent glacées; et^ le soir, à six heures, le malade 
avait cessé de vivre. 

Résultats de t autopsie cadas^érique ^ faite vingts 
quatre heures après la mort. Face violacée; tégumens 
comme ecchymoses ; poumons sains; cœur un peu plus 
volumineux que le poing du sujet ; vaisseaux qui ram- 
pent sur sa surface dilatés et gorgés d'un sang noir; son 
tissu n'offre rien d'anormal , et seulement un peu moins 
de coloration que dans l'état ordinaire; environ cinq 
onces de sérosité limpide dans le péricarde , qui n'offre 
aucune altération ; surface extérieure de l'oreillette gau- 
che livide , et offrant de nombreuses ramifications vei- 
neuses , noirâtres par le sang qui les distend ; la cavité de 
cette oreillette remplie et distendue par une concrétion 
fibrineuse, consistante , d'un blanc grisâtre, du volume 
Tome IV. Novembre i833. î2 



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178 CLINIQUE ET MÉMOIKES. 

d'un œuf de poule , qui pénètre à travers Torifice aûri- 
culo-venlrîculafre , et va dans le ventricule gauche se 
diviser en branches Xfm partent d'un mamelon com- 
mun de k grosseur d'une uoîk, et enchevêtrent les co- 
lonnes charnues de cette cavité, auxquelles elle^ adhèrent 
assez fortement, et dont elles conservent Tempreihte; 
cavités droites remplies d'un sang noirâtre , en partie 
coagulé ; touk le reste de l'organisation dans l'état normal. 

Tout démontre, dans cette observation , que' la con- 
ccétton polypeuse trouvée dans l'oreillette et le ventri- 
cule gauches était idiopaihique , et ne dépekidait nul}e^ 
ment d'une lésion du cœur. En e&t, cet organe n'a 
offert, à Tautopne cadavérique, aucune altération de 
teicture, et ai son volume était, en apparence , un peu 
augrûenté , cela d^endatt évideinment de la distension 
que lui faisait éprouver la concrétion qui y était renier-* 
mée , et de celle qui devait avoir en lieu pendant la vie 
par raccumulatioh du sang dans ses cavités. 

Remarquons encore le début brusque de la maladie, 
la santé qui ];i' avait point été troublée avant son dévelop- 
pement, la- vigueur du sujet, la vie si active de soldat 
qu'il avait supportée sans som^Srances jusqu'au jour où 
le mal éclata, l'absencç de toute ^utre l^ion , et n^ 
fterons convaincus que la cpncréiion polypeuse qui a ter-j- 
miné les jours du malade était spontanée. 

Pour acifuérir une preuve de plus de la justesse d^ 
cette opinion, rapprochons ce fait des dettx observations 
suivantes. 



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COWCKÉTICHfS FOLTPIFOKKIBS'DtJ COEUR. ff^ 

Ois. IL ♦— Céphalalgie, anorexie^ n>omissemefis ^ 
diarrhée^ refroidissement ^ pouls insensible ^ moH, 
Oreillette et vpntricule droits remplis pAr une eon^ 
erélioÀ fibrineuse* 

Une petite fille ^ àgëe de six ans^ habiuwlfemem pMe 
et cbctive, mais sans dérangement d aucune foncfion ev^ 
gantque , esl prise , le 3o novembre au 'matin ^ nt^ oéphaH 
lal^ie et de perte de rappëtit. Dans Taprès^^midi, il snaiw 
vient des vomissemens et qudlques selles diarrkëiqutss ^ 
puis, et peu après , un abattement complet des forces , 
une âone de paralysie {[énérale , de Tassoupissemènl .. Sut^ 
le aoir, je corps se refroidit , .se décolore ^ les lèyi«s«de> 
viennent livides, les yeux tjernes.En même •temps, péf te 
de la parole , voix plaintive quand on cherche à la chan- 
gper de posUion ; pouls in96ii9iblé ^point de dyspnée. La 
mort survient à onze heures dii soir, par r«ffiiîbli9se- 
iBsnf tcnijburs croissant ^es battemeiis du cfeur,' «b^ttvoti 
quinze heures apcèsie début de la maladie. \i. i i ; > .: 

L^autnpsie cadavsidque , faite vingt-quatre ' heures 
lèpres la mort, moBtra eisuvinon une.oiMEe dé sëi'osité «tu-^ 
dessous du cervelet; cet organe et le cerveau sans lésiox^ 
sensibles; les poumons sains et crépitans; cfuelque^ 
onces de sérosité dans Tes cavités thordciquei ; iè' v^1«ine 
et le tissu du cœur dans l'état normal; unecotix^it^îoii 
polypeuse, consistante , jauiiàtre , remplissanl «esacite- 
ment Toreillette et le ventricule droits, et se prolongeant 
jusqu'à un j^uce environ aunlel&de l'origine dtt rartère 
pulmonaire 7 dont elle occupait , dans ce point , toute la 
cavité. L'oreillette gauche était vide , et le vemridule du 
même côté ne contoaait qu'un petit caillot sanguin. Tout 
le reste de l'otganisation était dans l'état normal. "• 



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iBo CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

Dans Celte observation singulière, la concrétion fibri-* 
neuse occupai^ les cavités droites du cœur. Là malade 
mourut pour ainsi dire subitement , par la suspension 
du cours du sang dans le système artériel. Nul doute que 
cette concrétion ne se fut formée dans les quelques heures 
qui précédèrent 1 extinction de la vie ; car, la veille du 
développement de la maladie et les jours antérieurs , la 
malade jouissait d'une assez bonne santé, et n'avait offert 
aucun symptôme qui put faire soupçonner Texistence 
d'une lésion de la circulation sanguine. 

Obs. in. — Malaise^ ahasarque ^ dyspnée, vomisse- 
ment y pouls irràgulier^ frissons^ mort. Concrétion 
fiérineuse remplissant le ventricule droit. 

Dans la matinée du 6 décembre , Jean Monnier^ âgé 
de cihq ans , sortit , à plusieurs reprises , demi-nu de $on 
habitation , qui était échauffée par un poêle. Peu après, 
il se plaignit de malaise et d'anorexie , et l'on s^aperçut 
que sa face était bouffie et ses membres inférieurs infil- 
trés. Le lendemain , cette infiltration avait fait des pro- 
grès, et l'abdomen offi*ait une fluctuation sensible. On 
prescrivit une tisane diurétique, et le mercure doux uni 
à la scille ; il survint des urines abondantes , et , le isi ^ 
tout était dissipé. 

Dans la nuit du 12 au i3 ^ l'enfant est pris subitement 
de dyspnée, de vomissemens , d'un délire qui cessait par 
intervalles , et d'une soif ardente. 

Le 1 3 au matin , soumis à notre observation , il nous 
offrit les symptômes suivans : 

Dyspnée , respiration précipitée (soixante inspirations 
par minute)^ pouls petit, faible, très-fréquent, face 



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GOKCRÉTiONS POLYPIFOUMES UU COEUB. l8l 

{mie, traits altérés , lèvres livides, pupilles dilatées , mais 
se contractaut à la lumière ; délire par intervalles. 

Yésicatoires , potion excitante antispasmodique. 

Même état toute la journée. 

 cinq heures du soir, tremblement général comme 
coavulsif, roideur de tout le corps, trismus, respiration 
cle plus en plus fréquente, puis stertorèuse^ mon k huit 
heures. . 

Autopsie. Vaisseaux cérébraux gorgés de sang^ tissu 
encéphalique dans Tétat normal; une once de sérosité à 
U base du crâne ; une petite quantité de ce même liquide 
dans les ventricules latéraux y poumons crépitans et sains; 
cœur ayant son volume ocdinaire et n'offrant; aucune ali- 
tera tion dans son tissu ;^ ventricule droit de cet organe 
renfermant une concrétion fibrineuse qui le remplissait 
entièrement ; cette concrétion était blanchâtre , en partie 
fibreuse et consistante , et en partie mollasse , comme gé- 
latineuse , et offrant une teinte rougeâtre â sa région su- 
périeure, c'est-à-dire la plus voisine de Forifice de Tartère 
pulmonabe. Les viscères. abdominaux ne présentaient 
rien de*particulier% 

Dans ce fait , comme dans le précédent , nous voyons 
un enfant qui y avant Tinvasion de la maladie qui a ter- 
miné ses jours, n'a offert aucun symptôme propre aux 
l^ons de la circulation sanguine. Une anasarque d'a- 
bord*, puis une ascite , se manifestent. Elles se dissipent 
bientôt sous l'influence de remèdes appropriés , et l'en- 
fant était revenu à son état de santé ordinaire, lorsqu'il 
fut pns subitement d'une violente dyspnée. En même 
temps ses. traits s'altèrent , les lèvres deviennent livides , 
annonçant ainsi un obstacle mécanique à la circulation 
du sang veineux ; le délire, puis les mouvemens convuU 



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]8ft CLIKtQUB E9 IftÉMOIlIBS. 

iîi'set le triioius dépendaient sans doute de la stase de ce 
fluide dans le tissu de TencéfÀdle ^ car l-aùtôpsie n'a 
montré aucune lésion sensiUe de ce vîseère , tandis 
qu'elle a révélé dans le cœur la cause cvMeAte du mal y 
cause qtii , d'accroissant sans ce^se , et ^'aggravant par 
eUti-^mème ^ oennme nous le vertx>ns par la strite, a amené 
une gène de plué en plus intense ddu^ U respiratioili , qui 
a fini par être stertoreuse , et enfin la cessation complète 
des contractions du' coeur et f exûnetion Je la vie. 

Jusqu'ici nous n'avons tu que des -eiPts de coUcrétiotts 
polypéuses à formation que n6bs nommerons aiguë; en 
yxjifà mn exemple de formation chronique, que nousn'a^ 
^ona.puii la vérité vérifier par l'autopsie , mais quinoias 
ft paru évident par les symptômes particuliers qu'il nous 
a offerts; 

Ofs. IV. — Dyspnée, fqce Uvide ^ poaU irrégulier ^ 
suffocation , more. 

Une fille , âgiée de neuf ans, fraîche , vivement colo* 
rée , d'une forte constitution , avait toujfanrs joui d'une, 
santé parfaite , lorsque , dans les premiers jours de no-^ 
v^Vi^bre, elle ressentit de la gens dans U respiratkm. Sa 
eplpration vearmeille prit une teinte violacée^ Les jours 
suivaus l'embonpoint avait beaucoup diminiié , les traits 
s^'étaient comme afiiiiasés; les yeux, qui étaient noirs et 
vifs, avaient beaucoup perdu de leur édat; les livres, 
auparavant si vermeilles , étaient devenues livides. 

Cependant la gène de la respiration allait croissant ; et 
lorsqu'elle fut confiée à nos soins , quinze jours après la 
manifestation de h¥ maladie , elle nous offrit les symp-- 
tomes suivaûs. 



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COSCliÉTiOH» POL¥PIFORMBS DU CeCUR. iS'i 

Face altérée, iesîeclée , violacée^ yeux ternes -y lèvi^a 
livideu^ *9 oppression v respiration fréquente -, {>oint de 
symptômes de lésion pulmonaire à Texanoen atétbosco^ 
pÂque et k la perciission vl>attemens du cœur tumultueux 
et spurds^ pouls fréquent^ pelit, inégal, irréguUer. 
L'appétit levait peu diminué , F en faut se présentait aux 
rep^s comme à l'ordiôaire , et se livraU à certains exer- 
cices. ma]gté «a difficulté de respirer. 

Le oaal fit des progrès , malgré tous les moyens que 
n<>^;S mimes en usager et, environ deux mois après 
UinvasÂon de la.maladie , Tenfant mouirut dans les an- 
gofis^^es de la $ufibcation , avec un pouls de plu4 ep plus 
p^it et une teinte bleuâtre répandue sur toute rtiabifude 
dn corps. * 

Evidemment <ie n'est point une affection pulmo^aii^ 
qui , datis ce ci«s ^ a amené Textinction de la vie ; la mcirt 
ne peut pas non plusètrcattribu^e à une lésion p^opre^du 
cçeur, car ces lésions organiques ne suivent jamais^une 
marche aussi rapide y elles. ^ développent , au contraire , 
lentement' et par gradation, souvent même avec dea in- 
termittences plus ou moins prolongées , et leur térmi^ 
naison funeste n'a lieu qu'après un temps plus ou moins 
long. 

On ne peut pas non plus supposer une lésion nerveuse 
de la foneden respiratoire, une espèce d'affection asth- 
matique, car ces maladies sont chroniques , et n'offi*ent 
point d'ailleurs les symptômes qui se sont développés 
dane le cas dont il s'agit* 

Reste donc un obstacle mécanique à la circulation san- 
guine , et probablement une concrétion polypeuse dans 
les cavités du cobur^ cause qui se trouve exactement en 
rapport avec les symptômes observéa.^ pendant la vie^. 



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l84 GLUilQDB ET MéMO»ES. 

tels que la dyspnée , la couleur bleue de la face el des 
lèvres , les mouTemens tumultueux du cœur, Tabsence 
du bruit des contractions de cet organe , etc. 

Au reste, les faits que nous venons de rapporter trou- ' 
vent leurs anaio^es , et par conséquent leur appui , dans 
des auteurs dont le talent d'observation est connu de tout 
le monde, et; dont on ne saurait suspecter la véracité. 

Obs. V. Frédéric Hofiiuann (Opéra om/iûz, in-fol., 
t. I, p. 3^9, 33o) raconte qu'un jeune homme se plai- 
gnait d'une douleur gravative fixe dans le côté gauche 
du thorax , au-dessus du mamelon , avec anxiété , dif- 
ficulté de respirer, pouls inégal , palpitations du cœur. 
Il ajoute qu'à ces symptômes se joignit Tœdématie des 
pieds. Après la mort , qui ne tarda pas h arriver, Frédé^ 
rîc Hoffmann, qui avait annoncé l'existence d'un polype 
dans le cœur, vit son diagnostic confirmé par l'autopsie 
cadavérique , qui montra , pour toute lésion , quatre con- 
crétions polypeuses , deux dans le ventricule droit, une 
dans le gauche , et la quatrième danâ Faorte. 

On lit dans le même auteur (t. I, p. 398), un fait 
analogue des plus remarquables. 

Obs. VI. Un jeune homme éprouvait une grande dif- 
ficulté à respirer, avec un sentiment de tremblement 
dans le cœur, et la crainte de la suffocation toutes les fois 
qu'il se couchait sur le côté droit. Ces symptômes ces- 
saient subitement dès qu'il se couchait sur le côté gauche. 
Il mourut , et l'on trouva k l'ouverture du corps une 
concrétion polypeuse d'une grande dimension , appli^ 
quée contre les parois de Voreillelle droite. 

J. Scheuckius (Obs. màd. rar.^ în-f^, 1644? P- ^^) 
rapporte le fait suivant : 



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GONCRÉTIOMS FOLYPIFORMES OU COEUR. l85. 

Obs. Vn. Une femme souffrait, par intervalles, d'une 
douleur dans la région du cœur, que les médecins attri- 
buaient à un vice de ce viscère. Cette douleur s'accrut 
gi^aduellement , et finit par devenir continue. Elle s'ac* 
compagna ensuite de défaillances; et , le mal devenant 
de plus en plus grave, la malade mourut. On trouva à 

• l'ouverture du corps, dans le ventricule'gaucbe, une 
concrétion charnue , noirâtre , de la forme (T un fruit de 
né/lier. 

Obs. VIII. On trouve dans Rivière (Cent. — IV, 
obs. XXI) l'histoire d'un homme qui , saisi subitement 
d^une grande frayeur, fut pris de tremblement du 
cœur (i), de difficulté de respirer, avec un pouls inter- 
mittent ejt inégal , ei mourut peu après de suffocation. 
On trouva , à l'autopsie cadavérique , le cœur et ses gros 

• vaisseaux. obstrués; dans le ventricule gauche, trois ca- 
i*oncules rondes , simulant la substance du poumon ; la , 
plus grande , de la grosseur d'une noisette , bouchait 
complètement l'ouverture de l'aorte. 

Obs. IX. Le même auteur (Cent.I, obs. lxxxii) 
rapporte le cas rare d'un enfant de cinq ans qui , tour- 
menté depuis long-temps par une grande dyspnée, mou- 
rut enfin subitement. L'autopsie cadavérique offrit le 
poumon gauche adhérent fortement au diaphragme par 
suite d'une pleurésie ancienne , et l'oreillette gauche du 



(i) Le tremblement dn cœur (tremor cordi») est analogue an trem- 
blement mnscnlaire des vieillards, n dépend, comme celai-^,.dWe 
grande atonie, et consiste dans des contractions incomplètes et précipi- 
tées, qui doivent nécessairement déterminer la stagnation dn sang dans 
les cavités de cet organe. 



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l86 GLIJMIQTJE fS.T MÉMOiaES. 

cœur fortement distendue par une cooeréUc^ ëpaisïse , 
compacte, blancne , et semblable à dijt lard eyit {Iq^ri^ 
dmncoctum referente)» 

Obs. X. Bonnet, dans son Sepulchretum (in-f% 1. 1, 
p. 43o), cite Texemple d'une petite fille qpai, saisie su- 
bitement d'une grande oppression , avec respiration ^rès 
difSoile et très laborieuse , ijiourut après trois jours d'une^ 
continuelle agonie , et dans laquelle on t|:ouva , après la 
mort , une concrétion polypeiise obstruant entièrement 
le ventricule droit d|i( cœur, et se prolongeant dans l'ar- 
tère pulmonaire, empêcbant ainsi lepassa^ du sang, et 
la comn^unication entre les cavités di'oites et les cavités 
.gauches de l'organe centi^al de la circulation sanguine. 

Obs. XI. Wepfer, dans sa Dissertation sur Vapo^ 
plexiei rapporte l'exemple d'une femme qui , tourmen- 
tée long-temps par une grande difficulté de respirer et 
des palpitations du cœur, mourut subitement dans une 
syncope, et qui offrit à l'autopsie , pour toute lésion évi- 
dente, une concrétion fibreuse dans l'artère aorte. 

Obs. XII. Un homme , atteint depuis -long- temps de 
palpitations du cœur , avçc un pouls d'une irrégularité 
et d'une inégalité extrêmes, mourut enfin dans une 
grande dyspnée , avec insensibilité du pouls. On trouva, 
à l'autopsie, les poumons gorgés de sang \ les deux ven- 
tricules du cœur distendus par le même fluide coagulé, 
et, dans le gauche, deux concrétions arrondies {carun^ 
cuîœ rolundœ), analogues à de la chair. (Bonnet, Se- 
pulchr.y liv. II, sect. IX, obs. 38). 

Ces concrétions , en obstruant l'aorte, avaient déter- 



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CONCRÉTIONS <»OLTPïrORME$ DU COEUR. 187 

mhié Ift TtHiti^ la cessation du pools^qui la pTécédh, et 
Faccuïaulâtion du sang dans les ventricules du cœur et 
dans les poumons, ainsi que la dysipn^e qui en était la 
suite. 

Obs. XIII. Un homme éprouva pendant quelque («mpa 
une grande diminution dans ses forces; il fut pris en* 
suite de fièvre avec violente dî^culté de respirer, et une 
douleur dans la poitrihe. (La région n'est pas désignée; 
TauteUr dit seulement : Dolor pcctoris.) Ensuite celte 
douleur Se répandit et se fit sentir par tout le corps , et 
surtout adx articulations. Sur la fin de la maladie le 
pénis, toujours fréquent, était souvent inégal et inter^ 
mittent , avec une violente palpitation du cœur. Enfin le 
malade mourtrt d'une manière subite. On trouva , à Vou* 
vertare du corps « une concrétion polypeuse très consi- 
dérable {ingens polypus) dans le ventricule gauche du 
cœur. ( J. Freind, Opéra omnia medica , in-4°> ^7^5 , 
Defebribus commentarii nopem, p. a/J^ )* 

Obs. XlVr Un jeune homme, ayant pris de la bière 
froide après s'être mis en sueur par un violent exercice , 
fut saisi de palpitations de cœur qui duraient depuis plu- 
sieurs années lorsqu'il mourut d'une péripneumonie. 
On trouva , ^ l'ouverture du corps , une énorme concré- 
tion polypeuse distendant l'artère pulmonaire ( Fred. 
Hoffmann, t. I, p. 234)- 

La concrétion polypeuse fut sans doute augmentée 
pendant la péripueumonie; mais elle existait évidem- 
Hteàt loïs de l'invasion de oèt'teaffectîoù , comme le dé- 
nlontrebrtléS symptômes qu^on avait observés avatit cette 
dernière maladie. 



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l88 CLINIQUE RT MÉMOIRES. 

Voilà des faits assez uombreux , ce nous semble, pour 
élablir Ja formation spontanée de concrétions polypi- 
fornies dans les cavités du cœur (i). 

Cependant Moi^agni , dans son immortel ouvrage sur 
le siège et les causes des maladies , semble douter de cette 
vérité, n considère la plupart de ces concrétions comme 
le résultat de Textinction de la vie , et n'admet , à cet 
égard, qu'un très petit nom^bre d'exceptions ( Epist, IV , 
n^ 22 ; XXXIII , n« 9; XXIV, n° 29, etc.,. etc.). Mais, 
puisqu'il admet la coagulation spontanée du sang dans 
la ligature des vaisseaux, daus les anévrysmes artériels , 
et dans les dernit^rs momens de la vie , circonstances où 
le ralentissement du cours de ce fluide la produit, com- 
ment a-l-il pu nier la possibilité de cette même coagu- 
lation dans tous les cas où , pendant la vie, ce ralentisi- 
sement peut avoir ^eu ? Qu'une syncope survienne dans 
l'état de santé le plus florissant , et que , dans sa durée , 
elle dépasse certaines limites , cette suspension trop pro- 
longée de la circulation sanguine ne pourrait-elle pas 
produite , surtout si le sujet y est prédisposé par des 
conditions ou des états organiques que nous exposerons 
par la suite , une coagulation de certains élémens du 
fluide sanguin , qui formera, par un mécanisme que nous 
^ développerons bientôt , le noyau d'une concrétion poly- 
pifoime plus ou moins considérable? La logique la plus 
sévère ne saurait repousser, ce nous semble , une si juste 
assertion . ( La suite au prochain cahier. ) 

(i) Ceux qoi voudront recneillir on pliu grand nombre* de prenvesy 
les tronveront dans Bonnet, Sepnloh., t. i, p. 677 , obs. 4^.; p. 679» 
obs. 3 ; p. Ib.f obs» 4; p. 680, obs. 6 ; p. 64i» obs. i^i ^,^ 643, $ 9 ;p^ 
^45, S 4, 7> 9> 10, «te. 



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TUMEUa MÉLANIQUE DU FOIE. l8(^ 

OBSERVATION 

D^une énorme tumeur mélanique dufoie^ qui fut 
prise pour une grossesse; 

Par M. RuYEu, 

Docteur en médecine à Senone (Tosges). 

Marie-Jeanne Barden , âgée de 33 ans, avait joui de la 
santé la plus parfaitejasqu'au mois de juin i823, époque 
où elle fut maltraitée par son mari , d'une manière violente; 
elle reçut sur le thorax et Fabdomen plusieurs coups de 
pied, qui occasionèrent diverses contusions » lesquelles 
furent négligées et abandonnées aux soins de la nature. 
Après quelques jours, ces contusions déterminèrent vers 
la région de Testomacdes douleurs sourdes qui se propa- 
gèrent le long de la colonne lombaireron n'eut recours à 
aucun moyen thérapeutique pour les calmer; elles se dis- 
sipèrent spontanément dans Teâpace de plusieurs jours , 
et reparurent ensuite avec plus ou moins d'intensité et à 
des époques plus ou moins rapprochées suivant le genre 
d'exercice auquel la malade était forcée de se liv/ev.pour 
subvenir à son existence. La cavité abdominale paraissait 
alors être dans l'état normal ^ son' volume n'était point 
aiigmenté. 

Au mois de janvier 1824 > 1^ malade accoucha pour 
la quatrième fois d'un enfant fort et bien portant, qu'elle 
allaita pendant onze mois , sans que les douleurs qu'elle 
avait éprouvées dans l'abdomen fussent plus vives et plus 
fréquentes qu'avant la parturiti(m.Après l'accouchement, 



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tgO CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

le ventre (Jiniinua très peu ea volume et en dureté, et la 
malade s'aperçut qu'il grossissait de plus en plus , ce qui 
la détermina, le 2 ravril 1 826V à venir réclamer mes soins; 
elle présentait alors les syqaptômes suivans. 

Pouls faibtè et accéléré ,' chaleur mordîiîànte à la^èaû 
des mains, soif inextingurble, anorexie , Bgure décom- 
posée , fièvre continue , ami^rissement général , prostra- 
tion entière des forces , et enfin tous les symptômes du 
marasme. La cavité abdominale était aussi distendue qu'à 
la fin d'une gestation ordinaire. Je distinguai facilement 
qu'elle renfermait uti corpfe dur qui offrait une forte ré- 
sistance à la pression , et qu'on déplaçait difficiletnent. 
Les fonctions dé l'estomac et des intestins s'exécutaient 
libremeiit ; les nienstrucà étaient suppritiiées jdepnis 
quatre mois. Les glandes mahimaîres étaient affaissées « 
La sécrétion et l'excrétion des urines n'éprouvaient au- 
cun dérangement. Tous ces symptômes réuniâ , il ne me 
fut pas facile d'établir mon diagnostic, d'autant plus que 
la malade m^assurait qu'elle était fencèinte et que la ca- 
vité abdominale avait commence à grossir par. h. régitm 
hypogastrîque. Désirant m'assurer d'tiné tnaniére posi- 
tivé dé l'état de ftitérus et de ses dépendances, je pro- 
posât }é totïchér ^ le malade montra de la répugtiance à 
se souméfttré à ce genre d'îàvestigâtion , ce qui me priva 
d'iin moyen d^instructit)n qui m'était indispensâ^Me, pour 
me coii vaincre si riellement Tùtétus se trouvait en état 
de gestation ou s'il était le siège d'un produit pâihblb- 
gique: Étant incertain sur la tiature et le siège dé la ma- 
ladie, je fus réduit à recourir à des moyens pallia tîfi : jfî 
prescrivis le sirop d'acétate de mofphine à fatbles doses; 
la mdade s'en trouva bien, fees douleurs devînreïit pres- 
que nuïles et lui permirent dé goûter les* bienfeità dû 



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TUMEUU MÉLAjïîQUE DU FOIE. ÏQl 

sommeil. Depuis celte oonsulialîôn , je perdis la malade 
de viie jusqu'au 27 septembre suivant ,« qu'elle tttt fil 
chercher h tbute hâte, croyant qu'elle allait açcoucbei'. 
A mon arrivée, je trouvai la malade au dernier degré 
de marasme , iie pouvant "plus se remuer dans son lit ei 
. présetitant tbus les signes qui annotiçaient une fin pro- 
chaine. Toute la capacité abdominale était extrêmement 
distendue et beaucoup plus volumineuse qu'au mois d'a- 
vril précédent , époque de ma première consultation. On 
remarquait à la fosse iliaque gauche une bossS dure et 
arrondie qui sitiluîait très exacteinent la tète d'un fœtus 
à terme. Cette sphère cédait facilement à une légère 
pression et reparaissait aussitôt que ta main cessait de la 
comprimer; lé reste de la cavité abdominale était dur 
et unî.^ Lès organes génitaux furent examiné» pcnir la 
première fois : je trouvai le Vagin étroit et sa membrane 
lïiuqueuse sèche ; je sentis très distinctement à tttivers ^a 
partii àntériefure et supérieure Un corps dur et arrondi, 
sîtué hoi^s de l'organe utériiï dont le col et le corps ne 
^ésehtâîetit aucun des signes ^iii font tecontiâtire une 
geistatîbù^'à terme. Cet examen me confirma danxs ma 
première è^îriîôtî, ' et me prouva la nbn-exisltenk^ d'ua^ 
gesiàtibn lAérîne. Dèfe-fors jé i^noèçaî à tôu^e espèée 
dé teiitatîves piorùr provoqiiéÉ'' Tàiîcotteti'énïeûts et je «lëi«- 
clarai qub je ne pôssédài^'àuciiu moyen qui pût, terifiiier 
d'une manière heureuse un cas aussi grave et aussi obe-c 
eur, et qu'il fallait attendre le tettne fdtal qui n'étaic pas 
éloigné avant de recourir à une opération chimrgi^ 
cale pour donner le jour à l'eufant, si toutefois il en 
en existait un. La mort survint deux heures après ma 
visite. Pburia tranquitllté des parens et pourma -propre 
satisfaction, je procédai de suite àTopérattotitiésarifenile, 



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192 CLINIQUE ET MÉMOIRES* 

en préseuce de plusieurs confrères. Quelle fut notre 
surprise , en découvrant , au lieu d'un fœtus , une pro» 
duction pathologique très Tolumineuse qui n'avait au- 
cune analogie avec un fœtus , et qui était dans la cavité 
abdominale, sans offrir aucune connexion avec les or- 
ganes de la génération. Mes recherches anatomico-patho- 
logiques furent suspendues jusqu'au lendemain. 

Autopsie faite vingt-quatre heures après la mort. Rai- 
deur cadavérique très prononcée* 

Abdomen* Cette région était très volumineuse et d'une 
dureté étonnante; e!n l'incisant , il s'en échappa environ 
trois litres de liquide séreux qui n*offrit rien de remar- 
quable. Le foie remplissait totalement cette cavité, re- 
foulait considérablement le diaphragme dans les cavités 
thoraciques et s'étendait jusqu'à la région iliaque droite, 
où il se terminait par une éminence qui avait une forme 
sphérique. Tout l'organe hépatique éuit converti en une 
masse sur laquelle on ne pouvait rien reconnaître de ce 
qui existe dans. l'état normal, toutes les parties étaient 
confondues. Cette dégénérescence av^^it c^n^tracté de 
nombreui^s adhérences avec la partie anléjrîeiurede Tea- 
tomac et ave<: ui^e grande partie du colon ^ransvçp^eî 
elle compj*âmait tout le paquet intestinal et le^ autres 
viscères contre la colonne vertébrale. Ce produit patho- 
logique posait vingt -quatre, livres-, sa substance y plus 
molle y plus friable et plus facile à inciser que d^ns Tétat 
normal , était d'une couleur d'un violet brun e^ ardoisé, 
parsemée d'un grand npmbre de tumeurs blanchâtres , 
dont la grosseur variait depuis celle d'un gros œuf de 
poule jusqu'à celle d'un grain de millet (i). Ces abcès 

(1) La couleur de ces tamean et leur âége aa miliea d'ooe énorme 



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TUMEUn MÉLAniQUE.DV FOIE. • ig3 

coiïtenaîent un liquide homc^ène et de consistance puru- 
lente. La vésicule bilaire était beaucoup plus volumi- 
neuse qu'on ne la rencontre habituellement ; son con- 
tenu^était presque noir. Tous les autres organes renfermée 
dans la cavité abdominale étaient ()ans Télat normal (i). 

Thorax. Ses deux cavités avaient perdu de ba^ en 
liant près de la moitié de leur étendue; le cœur avait 
conservé son volume normal^ maïs il avait changé de 
position; sa pointe était dirigée en haut. Les poumons 
étaient beaucoup moins volumineux que dans l'état or- 
dinafire; leur tissu était mou, peu crépitant et fadle à 
déchirer: il existait entre eux et la plèvre costale un 
grand' nombre d'adhérences. 

Le^ crâne ne fut pas ouvert. 

Réflexions. On ne doit pas être surpris en voyant 
que les médecins de tous le» âges et de tous les pays ont 
travaillé à augmenter lairs connaissances théoriques et 
pratiques sur les maladies de l'organe hépatique. Les 
affections de ce viscère sont en, général couvertes d'un 
voile obscur , qui empêche de découvrir leur véritable 
cause , de déterminer d'une manière précise leur siège 
et leur nature. Cette obscurité dans le diagnostic est 
cause que l'hépatite passe si souvent a l'état chronique 
et finit par être la cause ou du moins l'occasion d'un 
grand nombre de désorganisations. Clelle que je viens 
de relater était -déjà parvenue à un degré , tellement 

masse mélaniqQe , nous portant k les considérer comme des cancers encé- 
pbaloîdes. ( Note de hî Revue médicale. ) 

(i) Cette pièce d'anatomie pathologique îàt envoyée de snhe k la Fa- 
«nlté de Strasbourg, afin qn*on ^examinât attentivement. A son arrivée, 
on la tronra rédnite en putréfaction. 

Tome IV . Novembre 1 833 . * 1 3 



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IQ^ OLIlfIQOB ET MéMOimES. 

avancé , <{Q*ob ne pouvait plus espérer d^en obt^r la 
réaolntîoi^, lorsque la maîâde vînt me ôonsuker pour la 
premiàre fois. Si on avait en recours ^ dè&le principe 
de la 2]Eialadie , «nx moyens antlphlogistiques , on. serait 
parvenu probablement a arrêter les progrès de la mala^ 
die -qu'on a vue se terminer par la désorganisation de 
Forgane qui en a été le siège. A l'époque où je fus 
consulté , la maladie étant bien l'econnue, oa ne pouvait 
plus espérer une résolution parfaite. Les secours de la 
médecine furent réclamés beaucoup trop tard -, la mala- 
die n'offrait plus alors d'espoir de guérison. Le choix 
des moyens thérapeutiques à lui opposer po^r pallier les 
symptômes était facile : les préparations sédatives étaiem 
les seules sur lesquelles on put compter ; lem* usage 
procura un soulagement très sensible. La pensée de 
grossesse qui avait constamment occupé, la maJade pen- 
dant les derniers m^is de son existence, avait auÂsi prot- 
duit une foir^c imp]ression*sur ses parens t|ui , au «dOr 
ment de sa mort , demandère&t rouverture d^ cadavre, 
espérant qu on li^uvei^ait un fœins- 

^ Les recueils des observateurs qui ûpt parlé de la mér- 
knose développée dans le foie , ne nous fbaroisseni au- 
cun symptème pathognomonique propre à faire connaître 
à priori cette production accidentelle. Les sympt^^ies 
qui raccompagnent sont les mêmes que ceu^ qu'on pb^ 
serve dans lés autres maladies de cet organe. Le méo^oire 
du célèbre Laenneç sur cette matière ne présente rien de 
plus satisfaisant, tout c'y rédi^itaux symptômes sfiiivans : 
iiugmentaûo^ 4^ yplun^ du foie, sentîmentde pesau- 
y^^v verf.<^ttg îîégic^.r ^K qijel^u^: 4wlewSi 4 î-hjpo- 
lîondre disoil.> L'imœor^ Haller {opusc. pcohoi. ). OiOtts 



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v^ft$ieif DB8 ÀmTèrnss. -^i^ 

a tcansmis ^usienrs faits qoi oui quelque rettembtancf 
avec la maladie qui now occmpe* 

Ëckirer quelques points encore obscurs de réUoIogie 
des productions mélaniques , et surtout éubUr les bases 
de la thérapeutique de ces affections, tels sont Ifs ob- 
jets qui devront, ce nous semble, appeler principale^ 
ment Tattention des nouTeaux observateurs. 



TORSION DES ARTÈRES 

Pratiquée avec succès dans une amputaU^n àe 
la jambe y à Vhbpital général de la marine à 
Alexandrie^ en Egypte^ le 36 juillet i833 ; 

Par le docteur Clot-B^y. ' . 

Le 26 juillet 1 833, M* 1^ doctew Grassi &, dan^ \\^ 
pitàl général de la marine , Tamputation de la jambe 
gauche pour un cas de fracture comminutive à lui marin 
arabe. Je proposai à Topérateur de faire la torsion des 
artères, et il me chargea d'y procéder moi-même^ at- 
tendu qu'il ne coi^^aîss^it pas çoisw?^!9^t f'?X|^^^^(|e^tç 
nouvelle méthode. Alors, avec une pince à ligature or- 
dinaire, je saisis succesisivement l'extrémité de la tibiale 
, antérieure et celle de la postérieure, seules artères qui 
donnassent du sang^ et eu les timnt vers moi, je plaçai 
le pouce et l'indicateur de la main gauche au-dessus du 
mord des pinces, et les fis tourner quatre ou cinq fois sur 
leur axe ^ après quoi je lâchai le vaisseau en le poussant 
légèrement da];is les tissus. Le moignon fut laissé à dé- 
couvert pendant quelques minutes, et je mé convainquis 



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rgÔ , CLINIQUE ET MÉMOinES. 

que ce moyen avait enttèïement arrêté le sang; mais je 
n'étais pourtant pas complètement rassuré. On recou- 
vrît et on pansa la plaie; puis j'appliquai un tourniquet 
cTattente et le confiai à la surveillance d'un élève degarde^ . 
pour qu'en cas d'hémorrhagie , il l'arrêtât immédiate- 
ment. Le malade est arrivé au quatorzième jour, et la 
plaie est presque cicatrisée^ sans qu'il se soit manifiesté 
' le moindre écoulement de sang. 

Ce cas de torsion des artères est un des premiers pra- 
tiqués chez l'homme. Il n'est point suffisant pour conclure 
en faveur de cette méthode ; mais il servira au moins à 
encourager les praticiens à l'expérimenter. 

C'est pendant mon dernier séjour à Paris, et en sui- 
vant les expériences du docteur Amussat, que j'ai com- 
pris l'avantage qu'on pourrait retirer de la torsion des 
artères; je dois encore à l^ complaisance de ce zélé et 
savant investigateur de m'a voir éclairé sur d'autres points 
importans de la science. C'est un témoignage que je me 
plais à lui rendre ici. 



Bulletin de la Société Anatomique; rédigé par 
M. FoRGET, secrétaire. 

Tumeur du testicule formée par une masse de kystes 
séreux et par du tissu cancéreux à différens degrés de 
dégénération. Tumeur de même nature occupant la 
moitié latérale gauche et sans relation de continuité 
avec celle des bourses^ Disparition subite et corn,- 
plète^j en apparence^ de la. tumeur du ventre ,j4bla- 



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SOCIÉTÉ ANATOMIQUE. Igy 

lion du testicule^ mort par épuisement ^ dix jours 
après Vopération , par M. Marotte, interne des hô- 
pitaux^ 

Dmnay ( Honoré-François ) , âgé de vingt-deux ans , 
berger, né- à Assy-sur-Oise^ entré le i4 févrîei* i833, 
mort le 4 mars, • • 

Le malade qui fait le sujet de cette observation était 
âgé dp 22 ans, d'une taille peu élevée et d'une maigreur, 
assez grande. Il assurait n'avoir jamais eu de i:apports 
avec les femmes, ce qu'on pouvait croire sans difficulté 
après l'examen de celui de ses testicules qui restait sain^ 
car cet organe présentait une petitesse extrême. Son la- 
rynx avait cependant acquis un assez grand développe- 
ment, comme je m'en suis assuré à l'autopsie. 

Onze mois avant son entrée k l'hôpital , il s'aperçut 
que son testicule gauche avs^it augmenté de poids , et il 
reconnut une légère Indu ration h sa base, sans y ressentir 
cependant aucune douleur. La tumeur, loin de rester 
stationnai fé, acquit par un développement lent et gra- 
dué un volume assez considérable, qui finit par gêner 
le malade et lui fit naître des inquiétudes. Il consulta 
à cet effet plusieurs médecins qui , après un examen sans 
doute superficiel, lui assurèrent que.son état n'avait rien 
d'alâ'rmant^ et qu'il portait une simple hydrocèle. IVIais 
soit que cet homme fût peu rassuré par cette réponse, 
soit qu'obéissant à cette sorte d'instinct naturel à tous 
les malades, il désirât faire jaillir la lumière du choc des 
consultations médicales, il consulta en dernier lieu un^ 
médecin qui ne se prononça pas sur la nature de la ma- 
ladie y mais en reconnut toute la gravité. Ce dernier con- 
seilla au malade de venir à Paris,, et l'adressa à M. Ri- 



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198 CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

cord. Il avait fondé son diagnostic, non seulement sur 
la tumeur des lM)ui'ses, nuiis encore sur 1 existenoe d'une 
tumeur volumineuse, siégeant dans le côtégauebe de 
Tabdomen. 

En e0et , hmt mois après s'être aperçu de la tumeur 
des bourses, le malade ressentît de vives douleurs dans 
les reins, et, suivant lui , six jours après TappaHtion de 
ces douleurs, une tumeur considérable se développa tout 
à coup dans le ventre, et acquit le volume qu'elle pi^- 
sente aujourd'hui. On conçoit qtie ce récit, déjà peu 
croya):^e pendant que le malade vivait , est devenu in^ 
admissible depuis Tetamen de la pièce pathologique. Il 
esc probable que les douleurs de reins auront éveillé Tat- 
tentioli de cet homme, et luiauront iait Seules reconnaitre 
une difformité dont l'origine remontait à une époque 
plus éloignée. La tumeur abdominale lui au^ échappé 
pendant long-temps avec d'autant plus de facilité, qu'il 
nous a été difficile, pour ne pas dire impossible, de la 
limiter exactement par le toucher. Les muscles de l'ab- ' 
domen étaient d'une susceptibilité si grande que le moin- 
dre contact les faisait contracter^, en la touchant du bout 
dudoî^i, dti faisait exécuter Ides nàLOuvemens.isoléa a chan 
cunde leurs faisceaux. 

Au moment où le malade se présenta à M. Ricord, il 
avait l'extérieur que j'ai dépeint *, il mangeait peu; mais 
toutes ses fonctions s'exécutaient avec régularité. Anté- 
rieuremient à cette époque, les deux tumeurs ne l-avaient 
jamais £Eiit douf&ir, mais il se plaignait en ce moment de 
pesanteur dans les lotàbes, et depuis une quinzaine de 
jouM ii avait ressenti , par intervalles , des pîcotemens 
assez vifs. dans le testicule malade. 

(Seloi-ci, tout en acquérant un développement exces^ 



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SOCIÉTÉ âNATOMIQUE. I99 

sif , avait conservé sa forme ovcMùde y il ppésentàit alors 
six ponces au moins dans soii diamè^ vertical , et trois 
poiitee^ dans sa plus grande largeur* Sa surface était as- 
sez unie; vers sa partie interne, dans un point corres- 
pondant à la cloison des dartes, existait un petit noyau 
de la forme, de la consistance et du volume dû testicule 
adin, adhérant au reste de k masse. Le poids de la tu- 
meur, sans être massif, réprâdait assez bien à son vo- 
Imne ; cependant elle donnait au toucher une sensation 
de résistance , qui n'est pus,, à proprement parler, celle 
de la fluctuation^ mais qui appartient aux tumeurs en- 
kystées, distendues par le liquide qu'elles renferment; 
M. Ricord chercha cfonc plusieurs fois à constater fa 
transparence^ en se servant ppur intercepter la lumièi«, 
tantôt de la tnain^ tantôt du &thétoscope , comme le re- 
commandé M. Ség^las, sans obtenir aucun résultat. Le 
cordon testiculaire était fortement tendu, et les parties 
qui le con\posent s'étaient épaho^uies en ombelle à ia 
surface du testicule ; du reste , il n'était ni dur, ni aug- 
menté de volume. 

f^ tumeur du ventre en occupait la moitié gauche ^ 
elle p^^raissait bornée en dedans par la ligne blanche, 
qu'elle dépassait un pieu à k partie inférieure ; en dehors, 
elle s'enfonçait profondément dans le flanc ,* en haut, elle 
s'engageait cous les fausses côtes et se perdait en bas dans 
le bassin. Elle donnait à la percussion un son mat dans 
toute son étendue, et présentait cette résistance signalée 
dans la tumeur des bourses. 

Quelle était la nature de ces deux tumeurs? C'est la 
ce qu il était difficile, sinon impossible de préciser. Les 
résultats de l'examen qui avait été fait, tendaient bien à 
prouver que la tumeur des bourses était solide \ maia^ 



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900 CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

TabseDce complète d^engor|;enieiit sur le traieï du cor-v 
don pouvait porter à croire qu'elle n^ét^it pas cancéreuse. 
. D'ailleurs, avait-elle son siège dans les bourses ou dans 
la tunique vaginale épaissie^ dégénérée ? Cette dernière 
opinion paraissait appuya par la découverte qui avait, 
été faite d'une petite tumeur analogue au testicule sain ; 
mais, d'un autre côté, l'espèce de résistance que donnait 
le toucher et le poids de la tumeur rendaient probable 
l'existencç d'une désorganisation mixte du testicule et de 
son enveloppe séreuse. 

On conçoit que si le diagnoslic d'une tumeur^ située à 
Textérieur et d'une exploration facile, présentait tant 
de difficultés, il était impossible d'établir celui de la ma- 
ladie du ventre. Si, d'un côté, il y avait de très grandes 
probabilités pour croire qu^elles étaient de la même na- 
ture, ce qui ne précisait rien, on ne pouvait, de l'aiitre, 
démontrer des relations de continuité entre elles : il était 
impossible de suivre à la trace la maladie du testicule 
vers le ventre, puisque le cordon était entièrement sain. 
Il y avait même une explication plausible de l'indépen- 
dance des deux vumeurs : le mialade habitait un pays 
humide H>ù régnent les fièvres intermittentes, et, comme 
les autres, il avait payé le tribut. Il n'était donc pas dé- 
raisonnable de penser que la rate pouvait être te siège 
d'un engorgement symptômatique, ayant survécu à la 
maladie qui lui avait donné naissance. 

Tout porté qu'il était à croire que les deux tumeurs, 
également' solides, également résistantes, ecrssent des 
liens dé parenté et fussent dénature cancéreuse, M. Ri- 
eord attendit avant de se prononcer^ et laissa le malade 
en observation jusqu'au 23 février. A cette époque, ce 
médecin non pas persuadé, mais espérant qu'elles étaient 



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SOClérÉ AIïATO>IIQUE. 201 

îndépendanles, que la tunique -vaginale contenait un li- 
quide, se décida à faire quelques exproratîons et à se 
servir à cet effet de la méthode indienne. Le ^3 février, 
il examina de nouveau la tumeur, chercha le point le 
plus résistant qui se trouva être la partie* antérieure et 
moyenne, ei y enfonça une aiguille à cataracte. Il fit exé- 
cuter à celle-ci des mouvemens . étendus de circumduc- 
tion , sans éprouver d'obstacle , il sortit même quelques^ 
gouttes de sérosité limpide par la piqûre. 

Il y avait là de quoi confondre tous les raisonnemens ; 
cependant après avoir réfléchi, M. Ricoid s'arrêta à ces 
conclusion^, savoir que la tunique vaginale contenait de 
^ la sérosité limpide, puisqu'il s'en était échappé par la 
piqûre de Faiguille 5 qu'elle était le siège d'une aftéra- 
tion pathologique qui lui ôtait sa transparence-, que le 
poids faisait raisonnablement supposer que le testicule 
. lui-même était malade^ qu'il était probable, mais cepen- 
dant iqcertain, que les deux tumeurs avaient des rela- 
tions d'origine 5 qu'enfin il croyait que dans tous les 
c5S ^ne ponction avec le trocart n'aurait aucun incon- 
vénient, tandis qu'elle aurait l'avantage d'évacuer la se» 
rosîté et de permettre de constater l'état du testicule. 
Cepemlant il attendit encore cinq jours pour voir s'il 
n'existait pas quelque motif de changer de conduite, qui 
lui échappait en ce moment. 

Le 28 février, l'aiguille à. cataracte fut enfoncée dans 
le même point que la première fois, et donna la même 
sensation d'un corps solide, parcourant librement un 
liquide en tous sens. L'aiguille retirée, M. Ricord saisit 
un petit trocart, fit une ponction, et retira le poinçon ; 
mais , au grand étonnement de tous les assistans, il ne 
s'écoula. pas la plus petite goutte de sérosité. La première 



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aoa CLINIQUE ET MÉHOIIIES. 

îdëe qui yînt à ce praticien fut qu'il avait percé le testi- 
cule^ il relira donc un peu sa canule, puis lui fit exé- 
cuter, comme à Taiguille, des mouvemeus qui 6'effe^- 
tuèrent avec la même facilité. Le trocartfut entièrement 
retiré et Taiguille plongée à Tunion du tiers inférieur 
et du tiers moyen de la tumeur *, les tnèiùes mouve-^ 
mens lui furent imprimés, mais ne furent libres que 
vers le haut ; en bas, la main éprouva une légère résîs-* 
tance, et comme la sensation de brides qui se déchirent- 
Le trocàrt fut de nouveau porté eti cet endroit sans plus 
de succès. Pendant ces tentatives, le malade n'accusa pas 
dé vires douleurs. Nouvelle modification, dans le dia- 
gnostic : la tumeur contient des kystes séreux dont les 
parois se rompent avec facilité, et il devient probable 
qu'il existe des kystes semblables dans le ventre. 

Le sàrcocèle n'avait cessé de faire des pr(^rès depuis 
l'entrée du malade a l'hôpital; toais peut-être ceux-ci 
furent-ils plus rapides depuis les différentes ponciionis. 
Le 4 ^Ars^ un point de la tumeur de la large^ir d'une 
pièce de trente sous, s'était élevé au-dessus du teste et 
semblait fluctuant. M. Ricord y pratiqua une ponction 
avec un bistouri à lame étroite*, il enfoûça l'instrument 
à la profondeur de quatre lignes, sans donner issue à 
aucun liquide, et la même sensation de fluctuation per- 
sista. Un stylet substitué au bistouri parcourut celte ré- 
gion en tous sens avec facilité. 

Pendant le même temps, la tumeur du ventre n'était 
pas restée inactive, elle avait chaque jour augmenté de 
volume ] le malade commençait même à se plaindre d'op- 
pression^ causée sans doute par le refoulement du dia- 
phragme. Ces symptômes du côté de la poitrine rendirent 
encore plus sensibles une remarque qui avait été faite dès 



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SOCIÉTÉ AJfATOMIQV^. 203 

rentrée du malade, c'est que le membre inférieur du 
côté malade n'avait jamais offert d'infiltration. Il fallait 
donc qiiie la tumeur ne comprimât pas les veines ; cela 
aurait eu lieu facilement dans le cas où elle aurait eu 
son siège datis les parois même de Tabdomen» M. Rîcord 
eut un instant cette idée, naais tie s'y arrêta pas. 

Les deux tumeurs continuèrent donc à marcher de 
concert ; celle du tentrè ne tarda pas à dépasser la ligne 
blanche eu même temps qu'elle s'accrut en hauteur. 
L'oppression augmenta; le malade perdit l'appétit, le 
ventre devint très douloureux à la pression, surtout vers 
l'hypocondre gauche; le pouls prit le caractère de celui 
de la péritonite, sans qu'il y eut de vomissemens : il se' 
manifesta de la constipation (diète, lavemens émolliens, 
cataplasmes, frictions avec le laudanum). Le sarcocèle 
concourait à produire ces désordres généraux, car il avait 
presque doublé de volurne ; l'ouverture faite avec le bis- 
touri s'était ulcérée et avait donné issue à un fongus can- 
céreux. La peau du voisinage étant devenue érysipéla- 
teuse, d*un rouge vioWé: enfin une escharre large 
comme Une pièce de cinq francs s'était détachée |i l'ex- 
trémité inférieure de l'ovoïdè. Un liquide noir et fétide 
s'écoulait de ce points d'où sortaient des lambeaux de 
tissu cellulaire sphacélé. 

Les choses étaient dans cet état , et toute idée d'opé- ' 
ration semblait à jamais éloignée , IcHTsque la tumeur du 
ventre qui, loin de se raoù^lir, avait acquis plus de c6n^ 
sistance, disparut entièrement, ou pour mieux dire on 
trouva le lendemain que les parois abdominales avaient 
repris le même niveau. Le ventre avait perdu toute du^ 
reté dans le lieu qu'occupait la tumeur, la percussion 
doiiuait un son clair : l'oppression avait cessé comme par 



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204 CLIKIQUE ET MÉMOIRES. 

enchantement; la pression n^ëtaii plus douloureuse, là 
fièvre avait diminué j en un mot, le^malade se trouvait 
parfaitement et avait repris de la galté, persuadé qu'il 
était débarrassé d'une partie de son mal. 

Deux explications pouvaient rendre compte de cette 
disparition subite : dans la première, il fallait admettre 
que la tumejur du ventre était formée d'un kyste renfer- 
maiit soit des hydatides, soit un liquide séreux; qu'elle 
avait subi une grande distension , laquelle expliquait 
les sîgrtes observés du côté du ventre, et que ce kyste 
s'était enfin rompu : la rupture avait fait cesser la dis- 
tension, et ses accidens, et la tumeur, avait disparu par 
la répartition égale du liquide dans le péritoine. Une pé- 
ritonite consécutive était à redotiter. 

Dans la seconde explication, qui est la plus probable, 
le kyste aurait contracté des adhérences avec l'intestin et 
se sjerait ouvert dans sa cavité. Pour voir jusqu'à quel 
point celle-ci était fondée , on s'inCbrma si le malade 
avait été à la selle, et l'on apprit qu'il avait eu deux 
garde-robes assez abondantes, la veille^ trois ou quatre 
heures après la disparition de la tumeur, et une le ma- 
tin même. La communication ne pouvait donc avoir lieu 
qu'avec un point de l'intestin grêle. 

Les choses étaient dans un état aussi satisfaisant le 
lendemain, 25 ; le malade avait eu de nouveau une selle 
bilieuse qui nous fut présentée. 

Le malade était-il débarrassé pour jamais de sa tumeur 
du ventre, et n'y avait-il aucun accident à redouter de 
ce côté ? devait-il être nécessairement tué parles progrès 
de la maladie du testicule? Telles sont les questions que 
M. Ricord s'adressa, et auxquelles éjLSih liée la solution 
d'une troisième question égarlement importante : l'abla-' 



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SOCIÉTÉ ANÀTOMIQUB. ' 2o5 

jtion du. testicule apporterait- elle au malade quelqu(3 
chance de salut? Il était impossible de répondre d'une 
manière affirmative ou négative à la première de ces ques- 
tions, tandis qu'on pouvait affirmer que le sarcocèle en- 
traînerait lia^ mort. L'opération avait donc quelque chance 
en sa faveur, sans qu'on dût cependant se faire illusion 
au po'nt de compter sur la guérison. En eflfet, l'écoule- 
ment fétide que fournissait la plaie, la diète à laquelle 
on avait été forcé de soumettre le malade l'avaient affài- 
yi, et sa maigreur, déjà grande à son entrée à l'hôpital, * 
était venue au point de ne plus pouvoir augmenter. Me-- 
lius remedium anceps quam nulïum. M. Ricord-se dé- 
cida à opérer le lenden[iain aS mars i833. 

Le malade fut convenablement placé sur un lit étroit 
et élevé, dont le plan était résistant^ le bassin légère- 
ment soulevé par un oreiller roulé en cylindre, les cuisses 
écartées et légèrement fléchies. Un pli perpendiculaire 
à la direction du cordon fut fait à la peau, à peu près au 
niveau de l'arcade crurale, afin que l'incision mit le cor- 
don à découvert dans toute son étendue, et qu'on pût au 
besoin le suivre jusque dans le candi inguinal lui-mé^e. 
Les différentes couches qui le recouvrent ayant été cou- 
^ pées, M. Ricord parvint à l'isoler et à passer un doigt 
au-dessous; mais l'intervalle était trop étroit pour qu'un 
aide pût le saisir entre les doigts indicateur et médius 
d'une part, et le pouce de l'autre, ainsi que le recom- 
mande M. Lisfranc, et le tenir ainsi fixé sans craindre 
qu'il lui échappât. La prudence le força donc à renoncer 
au procédé qui consiste à couper le cordon le premier, 
lequel a l'avantage de rendre la dissection plus facile et 
d'épargner aux malades des douleurs inutiles, puisqu'on 
coupe de prime-abord les nerfs qui accompagnent le cor- 



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acÔ CLINIQUS ET M^KOIKES. 

don 9 sans courir le risque âe len couper plusieurs fois 
en disséquant de bas en haut. L^incîsion fut prolongée 
en dedans du eôté da raphé jusqu'à la base de la tumeur 
et auKldi des points malades ; |ine seconde incision, par- 
tie de la première, servit à circonscrire la peau altéra, 
et fut dirigée en remontant jusqu'au point de départ. On 
ménagea dans ce premier C^mps laclo^a^n des dartos et 
par conséquent le testicule sain. 

Avant de pousser plus loin sa dissection, M. Ricord 
3*arréta un peu à examiner les tissus qu'il avait divisés 
cjans le premier temps de son incision semi^ellip tique, et 
qui lui semblaient lardacés ; n^s il reconnut bientôt 
qu'ils étaient seulement infiltrés d'une sérosité gélati- 
neuse , et que la pression les dégorgeait facilement. Le 
testicule fut éloigné avec soin des parties environnan- 
tes. Le cordon cessa alors d'être distendu; et il fut facile . 
devoir qu'il était parfaitement- sain. M. Ricord passa 
alors a|i-dessous de lui une Ugature en masse, qu'il serra 
médiocrement, dans le seul but d'empêcher sa rétrac- 
tion complète, puis en fit la section couche par couche 
et lia les artères à mesure qu'elles furent divisées. Lors- 
qu'il se fut assuré que tous les vaisseaux étaient liés, il 
retira la ligature en masse. 

L'opération terminée, il restait une plaie asse^ éten- 
due, dont le^ bords furent rapprochés à l'aide de bande- 
lettes ngglutînatives. Le tout fut recouvert d'u|i linge 
troué enduit de cérat et de charpie molette^ et'maintènu 
avec des compresses et un bandage en T. (Diète, cata- 
plasme sur le ventre, eau de gomme pour boisson.) 

Le lendemain 26 mars, le malade a bien dormi, il n'a 
pas éprouvé de frisson ^ il u'a eu ni vomissement ni diar- 
rhée^ sa laugue est asse^ bonne, son pouls n|oins agité 



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SOCIÉTé ÀNATOMIQUB. %0J 

qiy? la veille, et il i^ç ressent plus les douleurs quHl ac- 
cusait sur le trajet 4u . cordon . 

Le' TL'jy sou état était très satisfaisant -, le sommeil a été 
tranquille, Vétat fébrile a cessé, Tappétit eçt revenu > il 
9, eu une'se)Ie un peu liquide de matières rougeâtres et 
infinies, mais sans effort^ de coliques, sans cuisson à Ta- 
nus* L'es;crétîon des uriaes u'épfouve aucune difficulté» 
(Diète, eau de gomme.) 

28, mèiue état , une suppuratiou de b(mne uature pa- 
raît vouloir s'établir \ l'appétit ^| bon. (Un vermicelle 
au lait pris par cuillerées). 

Le 29, uous apprenons qu'après avoir x^angé, le ma- 
lade a eu un accèf de fièvre e; a fait une garde^robe de 
la tuéiue uature que celle de la veille. (Diète, cata- 
pla^mç.) 

Le 3o, la fièvrç esc continue, le ventre est sensible à 
rendrait qu'occupait la tumeur, et la percussion indique 
unç; tympanite commençante. La plaie est devenue bla- 
farde et donne en certains points une sensation de cré- 
pit^tÎQt^. ( Pansemeus avec le chlprure de soude.) 

Lie? JQur^ suivaif^ cet état a continué, et le malade, 
trop faible pour réagir, s'est éteint doucement sans dé- 
lire, . 

Les det^iç derniers jours, un léger empâtement s'était 
manifesté à la j-ambe et au pied du côté malade. 

Anatomie pathologique. 

Au mourut où nous examinâmes la pièce pathologi- 
que fournie par le testicule, elle avait perdu un bon tiers 
deson volume , ce qui est dû à i^ne circonstance dont je 
uiV pas parlé eu décrivant Topération ^ en effet, pendant 
la dissection de la tun^eur, la pointe du bistouri porta en 



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208 CLINIQUE ET MÉMOIRES.- 

arrière et en haut sur un point distendu de la tumeur, 
et y fil une légère ponction, qui donna issue à une assez 
grande quantité de sérosité^ d'ailleurs les tissus infiltrés 
avaient eu le temps de se dégorger. On fendilla tumeur 
dans son diamètre vertical, et cette incision porta d'abord 
sur la partie antérieure et supérieure qu'elle divisa jus- 
qu'en arrière*, elle ouvrait des poches séreuses qui laissè- 
rent échapper de la sérosité. Ces kystes étaient arrondis, 
de volume variable, les uns gros comme un poi», d'autres 
comme une noisette. Un d'eux, celui qui avait été ouvert 
pendant l'opération, aurait pu contenir un œuf de poule. 
On pouvait les isoler d'une espèce de coque celluleuse 
qui les enveloppait de toutes pai^ts et se déchirait avec 
facilité. Le reste de la tumeur était formé par. du tissu 
cancéreux passé presque partout à l'état encéphaloïde. En 
arrière existait une tumeur de la grosseur d'un noix, par- 
semée d'épanchemens sanguins, et dans laquelle se per- 
dait le canal déférent. La tunique vaginale fut retrouvée 
intacte, avec sa densité et sa transparence normales -, sa 
cavité h'avaît pas augmenté et ne contenait pas de séro- 
sité. Les autres enveloppes du testicule étaient distinctes 
'et se laissaient séparer sans peine. 

Passons à l'examen de l'abdomen : Les parois de cette 
cavité ayant été enlevées, on reconnut une tumeur's'avan- 
çant vers la ligne médiane jusqu'à la colonne vertébrale, et 
recouvrant même l'aorte, mais n'allant pas jusqu'à la veine, 
cave inférieure 5 en bas, elle descendait jusqu'à la cir- 
conférence du bassin, sans arriver jusqu'aux vaisseaux 
iliaques ; en dehors, elle s'enfonçait profondément dans 
le flanc, où elle recouvrait le colon descendant et le 
rein; elle s'arrêtait en haut au rebord cartilagineux des 
côtes. L'expression de tumeur, dont je jne suis servi, est 



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SOCIIÊTÉ ANATOMIQDEé ^09 

)^M propre à faire comprendre qUel était soti aspect, on 
aurait plutôt dit une poche ovoïde à. parois tnembra^ 
neuses, à moitié rèmplied'un liquide qui tremblotait à la 
percussion. Sa forme ovoïde ^plique comment, au mo* 
ment où elle était distendue par un liquide ou toute au- 
tre matière, elle pouvait avoir un volume considérable 
pendant que sa base se renfermait dans les limites que 
nous avons tracées, limites en.debors desquelles se trou*- 
vaient les gros troncs veineux. Ceux-ci n^étant pas com- 
primés, on comprend comment il n'y a pas eu infiltra-^ 
lion des membres inférieurs. Sur le côté inférieiir et 
interne de la poche était couchée la troisième portion clu 
duodénum^ qui s'élargissait vers son ihilieu, pour repren- 
dre graduellement son calibre, en se, continuant avec \e 
reste de Fiiitestin grêle. 

On s'occupa alors d'isoler la masse^entière : cette dis- 
section présenta quelques difficultés,^Gar il existait deà 
adhék'encés avec les psoas et avec la colonne vertébrale 
etir^brte.Ces deux dernières étaient saines. Pendant t)e 
travail, un des points de la tumeur se déchira, et U s'é- 
chappa de l'ouverture une assez grande quantité de ma- 
tières jaunâtres, semi-liquides et ayant Todeur de matiè^ 
ires fécales. 

L'intestin fut alors otivert dans toute «on éfeàdoè, et 
Yon trouva une libre communication qptre sa cavité et 
la tumeur vers le point où il était élargi ;. elle correspond 
dait ail i>ord adhérent de rinteslin^ elle présentait .des 
dimensions trop grandes pour être attribuées À uuesim^ 
plé perte de substance^ son diamètre est sans dout^ç dû en 
partie à la rétraction des fibres musculaires. En eOTot, cette 
ouverture était irrégulièrement arrondie et avait au moins 
deux pouces de diamètre 5 sa circonférence était noirâtre. 
Tome IV. Novembre i833. i4 



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2IO CLINIQUE £T MÉMOIRES. 

et resseiiibjait assez aux bords desulcérations qui consii-» 
(uent la fièvre typhoïde \ eHè laissait Wtr ÙBe masse de 
mêmes dimensions, colorée en jaune par la bile et for- 
iliëe d^bydatidês dégénérée^. Onr fendit cette ouverture 
dans undft ses peints, et on incisa la tumeur, dans toute 
sa partie antérieure; Il en sortit de' nouveau un li^de , 
«asez abondant, mais grisâtre, kyant une odeur fade et 
que Ton atrait dit eomposéed^uh mélange de pus et de 
^yme« Le fond de la tumeur était constitué pariin tissu 
noirâtre^ comme gangreneux, à maillés très larges. Les 
parbis de la poche parÛssaient formée^ de tissu cellulaire 
condensé* ' , : ' 

Réflexions* — * Nous terminerons en rappelant d'une 
âaniàre succincte les circonstances de ce fait et en tirant 
quelques conclusions. 

Il est admis comme règle générale que le cancer af' 
fecte de préférence les individus qui opit atteint cç qu*on 
ajppdle rigeoritique, et qu'il manifeste une sorte de prédi- 
leôioàpoinr^ed^ôrganes qui vivent en quelque sorte moins 
lon^emps qàe les autirès, parce qu^its n^ont.pàs de rap« 
ppitsumniédiàtravedla vie iiidividuelle,ët qui, après avoir 
join d'oiie jgratidé activité, retombent ensuite dans ime 
sorte dHnertie, tels que la mamelle , ja motrice , le tes- 
ticule. G^àt au moment où 'leilr^ rôle commence à cesser 
quHls devîemietit lé éiége de lésions organiques. Ici il y 
a eu nner scni^ d'exception^ pùisqtié lès testicules étaient 
pém développés et que 1^' malade n'avait jamais rccber*- 
ehéies'feiiini^. Cependant raftection a suivi la marche 
aiguë qui- tkraétérise lés maladies ^e la jeunesse. 

Les deux tumeurs n^avaieiît pas dé connexions appa- 
rchl<$s*, oii*n^ pouvait, comme je Taî d^à dit, suivre à 



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SOC^ÈTé ÀKAl'OiilQITE. '^ itt 

' )a trace la marche de j*uiie vers Tautre, et cependant ietir 
ihàfcKe était la même. Ne pourrait-on pas conclure dé 

^ce fait> que la présence de^ ganglions engorgés 9<^r les 
trajets des vaisseaux dans les cas de sarco^cèle, je dirai 
inéme p6ùr toutes les tumeurs, prouve la dépendance où 
elies sont les unes des auti:e5^ mais que leur absence n^a 
auctitie valeur pour le diagnostic , surtout lorsqu'elles 
siègent du même côté» comme cela 4yait lieu icî>. 

On a dû voir tç'ticore^ààns cette observation que le 4i*« 

' gnostic , quoique posé avec justesse, a toujours présenté 
de'lMncertitùdéet a sùÉi de temps' en temps quelques 

, modifications. Que Ton juge par là du degré de certitu<)e 
de la chirurgie ; .cbnime la médecine, elle etîge ^e fé- 
iude, sàris laquelle on lie peut arriver à faii^ uii'bôh 
praticien, mais comme elle aûissi elle dénJUiîîde dans cer- 
tains cas une sa^dîté que la natiire seule (donne et que 

"le travail ne fait que dévdépper. 

lia difficulté qu'il y avait à asàeôir le dî^ûostic ê^i-^ 

' ]geait qu'on mit en tisâge tous les moyeni d'investigation ; 
un de ceux qtie'M. Ricbrd à eluploy^, a été kins'i qiie 

'nous l'avons vu,!^ knéthode Aiie ii^aiëiine, %inr laquelle 
Bil. Kèraudrén a fait iin 'tràvaîV(i). Comme cela iirrive 
souvent à toutes les tb^thocles ùbuvelles^ sttrtoiit qui 
viepnent dé toin^ celle-ci a promis pIUs qu'elle n'a tepu^ 
et ki les r^ltats qu^elle â ïouruiâ ont ^é peu satisfai-» 
sans dans le cas présent^ cela tient, àelou moi', à son 
impuissance et Àon pais k l'opérateur, tfne dies raisons 
sur lesquelles je me fonde, c^est que j'ai imjprîmé lUoi^ 
même des mouvemiens de circuûidUctiou aUfc ai^uillest 
■' ' ' ' , I. ■ 

(i) Sortes notes comAiniilquées par M. Brossard, cl^rargiéii de la 
Inarine aa |»ort de Rochefort« . F4 



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*ll!2 CLliriQUE ET KÉMOIEES. 

et que ^e les ai toujoui^s sentis se faire avee facilité; clléi 
parc9uraient dans ^n cas des kystes que le moindre effort 
déchirait, et labouraient dans Tautre de ta matière encé- 
phaloïde ramollie. 

Je rapprocherai même de ce fait une observation inté- 
ressante par sa coïncidence avec l'autre et par les résul- 
tats fournis par Faiguille. Un homme couché dans la 
même salie portait une tumeur des bourses qui avait tous 
]e« caractères de ThydrocMe simple de la tunique vagi- 
Baie (transparence, etc.).. on apercevait et on sentait en 
arrière le testicule augmenté de volume. M. Ricord vou- 
lut s'assurer si la sensation donnée par raiguîlle serait 
la même, et nous ne pûmes saisir i^ucune différence. II 
se mit en devoir d'opérer par ponction : le trpcart est 
plongé, le poinçon retiré, pas un atome de liquide ne 
sort par la canule \ même crainte d*avoir blessé le tes- 
ticule , même manœuvre pour s'en, assurer. La canule 
retiré^, la sérosité sort en assez grande abondance- 
Nouvelle exploration» — Qn peut isoler entièrement le 
. testicule avec la main, et faire saillir la poche.— -Secondé 
.ponction avec le trocart. — Le résultat est le même. 
L'aiguille n a pu, dans ce cas, comme dans le précédent, 
avertir des obstacles qui retenaient le liquide. 

Ondevia donc, «eW nous, regarder la méthode in- 
^ dienne comme un moyen qui pourra aider au diagnostic 
mais non le fixer. 

LVpér^tion n'a rien présenté d'extraordinaire^ ou 
doit cependant regarder comme heureuse l'idée d'appli- 
quer une ligature en masae au cordon, pour s'opposer 
à sa rétractation jusqu'à ce que toutes les ligatures tus-* 
sent faites. 



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SOCIÉTÉ A2IÀT0MIQU£> " ai3 



Observation d^une destruction de la plus grande partie 
de r hémisphère gauche du cerveau , chez une femme 
he'miplégiqueducd!tédroitetépileptique^faLTM.BÈ,ktj 
interne des l^ôpitauxi 

Marîe-RoseGarcel, âgëede trente-deu<aris, è$tnééâ' 
Rbsny eii Brie. Ses che vieux sont blonds ^ éa tràfflé 
moyenne , sa constitution asseï faible ; elle à én'i f&ge 
de' trois arii ùneôévre cérébrale avec convutsioh^ vio-' 
lentes , & la suite de laquelle elle e$i restée épileptiqùe 
et hémipl^qùe du côté droit; les membres thoracîqutf' 
et abdominal ont p6rdu Tusàge de presque tou^ kUrs' 
mouvemens ; ils sont moins volumineux que ceux ûk 
côté gauche ; Favant-bras est en denii-pronation , le poi- 
gnet fléchi, et appliqué contre la poitrine^, lé membre 
abdoipiniâl ne peut plus supporter à lui seulle pcMdsdfl 
corps , la malade le tralàe et marche comiiiè Ton dit nU' 
fauchant. Il est à remarquer cep^dant que la sénsi W*;- 
Jité est aussi vive de ce côté que du côté gauche; la p^âv 
lysie n existe cju'aveç perte^de mouvemenst ' , ^ ' 

Quant, aux attaques d'épilepsie, elles viennent Jwes- 
que tomes le^scnlaines le plus souvent la nuit, ^elqtye- 
fois il y en a deux de suite. -' - 

Cette fille, ^ni éSt depuis cinq ans à la Sàlpêtrière,' 
est reiûrquable par son air doux , tranquille ; elle ne se 
plaint jamais , parle peu^ maisrépond^jùste^ touieis les 
questions qt^on lui fait, elle a appris facilement à lire, 
cl la galté , assez rarez chez elle , s'exprime par un sou^ 
rire qui donne à sa pfaysionojQOkie un air très agréable. 
Tous les sens sont intacts. 



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5|l4 . . CLINIQUE WT M;ilfOIRES. 

' 01e enlra a TiofirmeFie âe la seclioa , le 22 avrlt 1 8331^ 
accusaot une grande faiblesse, tme douleur sourde dana 
}e centre; el)^,nou8 di^ ^ne depuis pl^^ieura années ello: 
est suietle k U toQX et aux palpitations, que depuis deux 
uio^s ses il^les qui venaient avanl le temps d une ma- 
nière très réguti^ sont supprimées. ]^e> la face.lr^ 
P&le^ les' lèvres violettes, le pouk petite cent vingt pul-^ 
satiouf par minute ;ies pieds 9cmi enflés l^i^ment^^ ^ou 
ventre «»t b41(^é > ^ur, depuis , trois semaine^ euvirou^ \ 
elle v^mi^ de Jttnjipa eu temps \^ pei^ d'a|îiAen$ qu.!eJle,,, 
preiid; fM^A des alterudtivçs de dévoiisipent et 4^ co^-., 
«tipation, de Va^orexie, de la soif ; .la presi^ion déuQfe , 
dai^s^ r4»dot9ien jk présence d^mp liquide quîi^a^e d^; , 
plai'f auivaùt les positions qu'on $û,t prendre i fa :ma- , . 
ia^;; il y a de la matité à la j>artie latforale drqite fie U ^ 
pbiirine^ la respinuion s'y lait impar&item^t^ les l^aue-, . 
m^s du cœur existent avec un 1%^ briiit de iràpe^ sans 
qu-'oil sache. pos^itiyementà.quel mouvement du cœur le. 
rmppc^ter» Tq^s ces dilS^ens ^symptôiues^, aid4s des. > 
« inoyens d'infvestigp^tioi^dout je ^fïens de parler ^ ue Iai$T> 
sent pas 4e 4o^te surrexistence d'uAe périfouiief chrpn 
nique, et d'uu, rétrécisseme|it à Tu^^^a des cavités, du , , 
ceéur^ ou laeonibat, mais inutilement,^ à l!aide 4'^^^"^ 
cuaûous .xsanguiues modéré^,: Tépét^a de temps eu . 
temps, des vésicatoires, des laveiuens amilaçés, de Teau 
de.Seltz, etc., etc. Ils augmentent toigours d'iutensîtéi^ 
la face scdécpmpsoe.de.plùa en p)us^9 le pouk^dçj»eu^ . . 
filif<H*Bie,> reste à cet état pendant quatre ou cinq jmirs^ 
la malade meurt eufiu le i r mai h midi y elle a cons^yé 
son intelligence jtisgu'au dernier, moment*, elle d e^' 
pendlint la durée de celte maladie deux attaques d'épi-i . 
lepsie d'une violence extrême. 



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Got)sle 



SOCIÉTÉ ANATOMLl^UE. , 2l5 

Autopsie vingt-quatre heures, fibres ta nforu Çad^iÊr^ 
émaclé , ventre bâiloné, meiiù>rès dcoits moins déte-*^ 
lôppës ^uè Jes gauches. , , .j-,^ uj ; ^' 

Les poumons sont goi^s de sang à leur pactio pk^sié"- 
rieure ei inférieu|re. Le droit r^e^eraie d^ns son lobe 
inférieur une masse tubçrcnjeiise ^^ Yobime 49:P<9iBg $ > 
les ttil>ercùle8 iion ramollis sont peu i cicGonsçrils et 
comme fondus Tes uns dans 1^ aqffies. • . . i 

Le volume et les cavités di; cq^iii: 41e pré^oaeni la^ii , 
cl*èxtraqpdînaîre. À ToTifice auriculo-yentriçulaire gpv-^ 
che oii remarque qu'une u^oitié die^Ia.TalyuIç mîtrftlet ' 
a ^lus qiie double de volume \ elle est transformée &k> 
tissu cartilagifieux blanchâtre»^ ^ rétrtfciv de beaucoup 
le diamèti^e de cet orifice. ' • . -^ 

A Touverture de Tabdomen^Jl s'éco^ un^jiqjukfo * 
jaune , d'abord transpareint , mais gui peu à p^u^d^yieUt 
trouble, lactescent, et renferme des filamens de £t|b-" > 
stance concrétée.La quantité peut en être évaluée à cinq .. 
ou six pintes. » : t • - 

Le péritoine est rfscouvert daps ç^rtaiiis epdipits , ao««.. 
tammén t sur îea (osses i!liaquies , dan^ Ja i^ayité i^ ba&sfn,. 
sur quelques anses d^iptesdn^ >.de ]^9iq^e^ roi^es, coi^r < 
tenant une muititude de petits gjcainS; blanc^ > tubercu**? ; 
Jeux, i^iliaires. Le, point pù ces flaquessqnt le>iplfi« < 
rougeS) et les grains mUjaîres.plus noml^reux^ est ni^eu. 
anse diléuni qui est adfaéi^eu.t,^ par la partie latérule , 
droite de FS du colon^, à la moindre traction q^OvOie . 
fais pour séparer c^s deux* anses àntejstinaks ,. ces. adbér 
rencës encore mcri organisées pt jcomme muqueu^Qs- cèf^ . 
dent lacilement t et je vôis^que le feuillet, ipCéi'ieur .du 
mésentère <[e Tiléum est perforé ^ ToViveriure de cette . 
érosion est bouchée par un gros tubercule mésentérique 



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2l6 CLIiriQUE ET MÉMOIltES.. 

du volume d'un œuf de poute , et ramollj dans la paKtfe> 
seulement quÎBe'pr&ënte à rouverture; il. y i| sur 'les 
feuillets péritonëaux dont je viens de détniiHç^ Tadhér 
rence du détritus blancbàtre , analogue à celui du ta- 
befcule* 

Dé plus, une autre mas:sç formée de quatre tuber- 
cule» enkysté* non ^ramollis , exîste derrière le feuillet 
de la eavfté des^épiploôns : elle contient dans, sou épais- 
seur le canal cholédoque qui en est tellement comprimé, 
que la vésicule est distendue par la bile, et qu'au moyen 
de pressions , oh ne peut pas la faire passer dans le duo- 
dénum, arrêtée qu'elfe est au niveau, de cette masse tu- 
berculeuse. 

L'cstoraàc est considérablement rétréci. L*o?aîre 
droit est accolé à un kyste du volumq d'un oeuf de dinde> 
contenant un liquide blanc , transparen t. 

Après avoir enlevé ïa cahotle du crâne , je remarq^p 
que, vis-à-yis. Ifi partre latérale gaùchq du cerveau, la 
di^re-mère s'enfonce légèrement ; j'enïève celte mem- 
brane, je vois que l'hémisphère gauche est beauçp.up 
moins épai^, moins étendu que celui du côté droit ^.dans 
son miUen il y a une dépression reqqtplie de liquide in-. 
filtré dans le tissu de la pie^mère , Tai^achpoïde est paç- 
faitemenl saine dans ce point , seulement dans la fossç 
moyenne gauche , Je feuillet cérébral est enfQn^cé dans, 
une multitude de petits trous dont est criblée U dure- 
mèi*e qui tapissa cette fbsse, mais sans adbérej^ce orga- 
nisée-) ell^^ède sans déchirure à une légère traiction que 
j'opère pour l'en détacher ; je fais unç section ;sur la 
moelle vîs-à-vîs l'atlas, et je sépai.e toute la masse cra-. 
nienne, qui au' reste né présente rien çle rcmarquablô 
fous le rapport de la plénitude des vaisseaux, de U^co-. 




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SOCIÉTÉ AHÀTOIUQCE* l^WJ 

loraljon et de la coqsisUnce ; le poid« absola de cette 
masse est de 'j5i grammes. Cm^Mniqaehk chaleur 
excessive ne ramollisse par trop le tissu cérébral , je 
ploQge la pièce dans Tesprit de vîq pour la consenrer, et 
lui faire acquérir le degré de coçsistauce uécjmaire aux 
recbercbes que je me propose de faire. JF^examine eusuite 
les parois du crâne ; la calotte pré3en.te une grande iné« 
galité de développement dans ses cavités latérales ^ la iur* 
face du pariétal gauche e§t moindre d'un poucç que celle , 
d^ droit \ la suture cQrono-pariélale gaache p'existe-que 
danç la paoilié supérieure ; la droite est sotudée entière- 
mcpt et cependant les deux moitiés du coroual soQt en-^ 
core séparées ] toute la partie droite qui , comn^e je v^e^s . 
de le dire, est plus ample que la gauche , est aussi ren 
inarquable par son épafsseur; apr^s Tavoir séparée eu . 
deux moitiés par un trait de scie lopgitudinaU je vois 
que le siège de la plus grande ép<|isseur est à 1» bosse 
pariétale ; elle est en ce point d'un demi- pouce, elle va 
de là en diminuant en avapt et en arriè|*e ; dans ce der- ^ 
nier sens elle ^'^arrète à deux pouces de la suture occi- 
pitorpariétale *, et dans l'autre , elle dçsceud jp^qu'à la 
partie inférieure de la Éosseçpronale^ après avoir éprouvé 
comme une espèce d'étrauglement dans l'endroit qu'occu- 
paU la suture coronale qui , comme nous l'avons dit , est 
entièrement soudée de ce câté; latéralement, cette épais- 
seur va de la suture pariétale à la ligne courbe de la 
fosse temporale;^ elle est due à une grande acçuniulatioa 
de diploé entre lès deux lames compactes], qui du reste 
ne présenteut rien d'anormal dans leur structure. 

Cette^ ipégalité n'existe que dans la voûte ; la base me 
paraît bien symétrique ; les diamètres de la ci^vité sont 
de trois pouces onze ligues pour le transversal ^ et dp 



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TtlB' CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

quatre pouces dix' lignes pour Te longjtuctiiial 5 il y a- 
environ tin pouce dé 'môin& que dans les diamètres or-^ 
didaires. 
. Le a joillet , je retire réncëphale de Talcool , la pièce^ 
a ^cquiâ une grande hlànclieur, tous les vaisseaux sont 
dééolôrésv la cotilfdtahce est bien établie dans Thénii- 
sphëre gauche, et seulement dans' la^ partie corticale au 
droit ^ tout rihtérieor àe cet hémisphère , où sans doute 
Tatcool u^âvait paspébetré assez tôti, est réduit en bouîW 
lié 5 il iie peut par conséquent m'èlre d'aucune utilité 
pour }a comparaison des organes ventriculaires dans les 
deux c^ôtés du cerveau ( et je ne conserve de toute Ift 
masse îotra-crânîénne que rhémi^phère gauche que j'en 
sépare par une sedtioh longitudinale médiaue, prolongée- 
3ur le pédoncule gauche. Lés parties étant superposées , 
j'observe que l'hémisphère gauche est dans toute sa cour 
vexité débordé par celui du cpté droit , postérieurement 
vers le cervelet qui est à découvert , dans rétendue d'un 
police et demi , antérieurement de huit lignes , et supé* 
riéuretnent de six lignes; son diamètre antéro-postérieur 
qui est le plus fort^ est de quatre pouces /le longitudi-^ 
nai est ie trois pouces ; la plus grande épaisseur est à la 
partie antérieure 5' elle est d'un pouce , elle va en dimi- 
nuant de là en arrière 6ù elle n'est que de trois lignes 
euviroû; le lobe antérieur seul est assez dlsiin(cl, quoique 
cependant beaucoup plus petit que Celui du côté opposé, 
le moyen est réduit à une saillie et à une épaisseur de 
trois où quatre lignes ; le postérieur manque entière^ 
ment; l'enfoncement tle la scissure de Sylvius , suffirait' 
à peine à cacher une plume a écrire. La dépression oc- 
cupe la partie centrale de la surface extérieure de rbé- 
inisphcre , elle est découpée par des bords bien circon- 



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SO€|éTi AKJlTOMIQV£«! ^l^ 

6criu y UkiMés à pic^ ce$ bor4]s «ont pips profonds^ pltis 
épais à la partie antérieure qu'à la partie postérieui^e , 
et cela se conçoit d'après ce que nous savpps de la grande 
diflérence d^épaisseur qui' existe entre* ces parties elles- ' 
mêmes* Après avoir séparé par une incision la- méninge ' 
qui recouvre cette dépression , j'arrive dans une poche , 
pleine de cellulosités , démailles communiquant les unes 
avec le% autres ^ et où était infiltré le liquide que j'y re- 
marquai lors die l'autopsie. Cette poche est eu dehors du 
ventricule latéral et séparée de lui pr une cloison très 
mince de substance cérébrale ^ chagrinée du* côté de fa ' 
pochent lisse du côtédu ventricule^ Cederuier eët comme 
comprimé; son plancher est très étroit y le corps strié, lin ' 
couche optique ont subrune atrophie noiable ;ia corne 
d'Ammon me -pairait. l'organe le mieux déVetûîppé^ la 
come.postériéure mmque entièrement Le nerf eAfaétif - 
estaiissiJ>iennourri que celui du ^té opposé; l'artèiie 
sylvienne.est^'un^diataètre très étroit , et se termine 
bruacfueiDettt dans les cellulësiles qui remplissent la 
scissure de Sylvius^ Voilà iles^parties qui me paraissait lè^ ' 
pitis léséestà U suite de TaUération qui a atrophié ainsi ' 
l'héniisphère gauche; on voit que la plus grande partie 
du ëentre ovale a été oommc ' fondue dans celte dépres- 
sion,ct il'faut dire aussi que lêsdrconvolutions des bords 
de cette poche sont bien développées , hprmis cependant 
celle» d'iiine partie du bord postérieur qui soht petites , 
dujrësiet f;atatxiiées4 * 

Rà/h^ùms.Je vais succesbivementprésenter quelques 
réOexioBS dans le mébie ordre que les^ lésions lanatoiûi-^ 
ques que j'ai décrites, ayant par conséquent soin de lais- 
^r pour la fin co que j'ai à^ dire sur l'altération cncé* 



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ftAO CLIHIQUE ET MélfOSRES. 

phaliqae t{ui eat la partie la plus importaote de cefie ob^ 
scr^valioD. 

D^abord les pcMunons nous présentent un engorge- 
ment sanguin , qui par sa position , par ses caractères 
pl)yMq.ues , ne poi^Tait être que cadavérUiue. Les tuber- 
cules qui existaient dans celui du côté droit, plus irolu-i 
inineux ^ non ramollis-, me paraissent consécutifs à 
«eux de Tabdomen ; remarquons ici en passant la Térit4 
do cette \q\ de M. Louis y que toutes les fois qu'il y a 
des tubercules développés dans Vabdomeu et le péri- 
toine , il y en a aussi dans les poumons. 

La lésion de la valvule mitrale , le rétrécissement d» 
Toriâce auriculo-ventriculaire , qui en était la suite , 
expliquent bi^n Tenflure des pieds , le bruit léger de 
râpe , la couleur violacée dea lèvres , qui existaient chez 
notre m^lf^le ; je ferai remarquer , en passant, que dans 
toutes lef autopsies d'épilepiiques que j'ai faites jusqu^à 
présent, j'ai trQuvé constamment des altérations- du 
ioçur , et même chez la plupart des j^ersonnes de cette 
section qui sont e^t ce Inoment malades depuis long- 
temps, ces altérations sont indiquées de la manièi*e la 
plus positive par I&urs signes ordinaires. On peut , ja 
crois, expliquer d'une manière satisfaisante cette grande 
fréquence d'affections du cœur chez les épileptiqucs, par 
les mouvemens irréguliers et convulsifs.de tout Le corps, 
se répétant à intervalles quelquefois très courts , et mo*> 
difiant d'une manière remarquable la respiration 'et la 
circulation \ de plus , les émotions* vives aiixqi^elles ces 
personnes sont exposées par l'irritabilité ordinaire de 
leur caractère ^ me paraissent aussi une cause puissante' 
du développement des, altérations que je signale en ço 
moment. 



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. SOCIÉTÉ ÂNATOMIQrE. ' btài 

Ira maladie à laquelle Garcet a succombe est Ceirtaîne- 
..inent la pérîtouîte chronique, due elle-même à Térosion 
Ttilcéralive du péritoine par le ramollissement du tuber- 
cule volumineux qui existait entre les deux feuillets du 
inésentcre de niëum; cette érosion du péritoinci qui du 
. reste n'est pas très rare dam ces circonsiâncçs de causa- 
,lité, est, comme on Ta dit souvent, analogue aux per- 
forations de là plèvre produites par le ramollissement 
de tubercules pulmonaires, et la plèvre dans ces cas là 
présente ordinairement les plaques rouges, les tubercules 
miliaires que j'ai ;signalé5 plus haut dans le péritoine 
,du stijetile cette observation./ 

On peut regarder là compression du canal cholédo- 
que par ta masse tuberculeuse qui len virounait comme la 
cau9e de r2J>sence des-vomissemens hilieux,~vomissemens 
^^ordinairement si fréquens dans la péritonite. Garcet ne 
i:e^etait que le peu d'alimens et le» boissotis qu'elle pre- 
^nait^, et. ces matières ainsi rejètées n'étaient nullement 
colorées par la bile. , 

La première question qui se présente en abordiant la 

. discussion de l'altération de l'hémisphère gauche du cer-f 

.,¥.eau, est de savoir si cette aUéfatidn n'est autre choée 

. qu'un arrêt de développemutit de cette, partie^ mi bien 

une véritable destruction maladive panrenue a son en- 

, tier développement ^ je pense qn^il est impossible de né 

pas adopter cette' dernière opinion : i* parce qiïeGarcet 

n'était héi^iplégique et épilepliquè que. depuis une fié- 

. vre cérébrale qu'elle avait eue à l'âge dé trois ans', et 

..qu'il estextlrèmemept probable que cette fièvre n'étiit 

^jue le symptôme général do l'affection qUi détruisait la 

plus grande partie de lliémisphère gauche, et produisait 

• 'hémiplégie du côté droit ji2<^ parce que Van^êt dedéue- 



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.!aîi!t CLFHIQtJÊ feT MÉMOIRE^. 

lopppmeht ne porte ordinairement que sur les paHiei 
déyeloppées les dernières^ et qa'alo|*s au lieu d'exister 
ici siir la partie latérale et^moyeniie de Thédiiflpbèresàiis 
^ affecter les parties interne^ et postérieures qui se for- 
. ixient , commue Foa sait, en dernier lieu, il aurait dûem- 
yabir la surface extérieure, de rbémisphère, et néceâsai- 
remeui ensuite la surface interne ; or les circonvolutions 
., sont ^ comme j& Tai dit , bien développées ; 3^ ordinai- 
rement, dans les cas d'arrêt de développemeiit, \\ n'y a 
pas^ comme ici, une cavité {profonde à bords taillés à 
pic, mais bien une-dépression légère^ le plus souvent fin 
kyste communiquant avec \ei ventrietdes, kyste qui ti'ést 
autre ckose que la membrane dés béuiisphères d^iis la- 
quelle la substance cérébrale n'a pas été déposée; 4*^ la 
grande quantité de tissu cellulaire, organisé en ibetii-' 
branes peu étei;d;Ueis^ euinailles multipliées,'iudfque un 
travail ancien, ^t est tomme la trame de différens ma^ 
tériaux absorbés, matériaux de<:icatrice proprenkent diie^ 
où de substance cérébrale altérée ^ car Mè Laliemand a 
prouvé ^e les cicatrices étaient le résultat d'un travail 
organique plus ou moins récent, et qu'après un certain 
nombre d'années, lOlles i^jqâsdaient par «^absorber, et ^e 
laissaient après elles qtiedu tissu cellulaire) voilà les rd- 
sons sur lesquelles je me foude pour séuténir que teette 
atrophie de rbémisp^f^i^e gauche j m'est pas laisuite d'tm 
^rrèt de développemçiat, )naisb1en d'une altératiomna- 
ladive., etprôbabjlemeJ^ d'un ramoUtssement.J'ddfaer- 
cbé inutilement dans le$ au|/êuraspéciaux des observations 
d'altération aussi éteadué, et quoique les ramollissemens 
ne soient pas aussi souvent mortels chex les enfails ^ne 
xbcz.les vieîlla|:ds, on a peine à concevoir qu^un paireîl 
délabrement dans un organe aussi iàipoHant n'ait pas 



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Société ANATOMtQtt. 2^3 

été shîvî immédiatement de Ja mort dn sujet , cl que par 
la suite il n'ait produit d*auire symptôme que la perte 
du mouvement dans le membre .thoracîque et abdominal 
droit ; il est vraî que dans ce cas l'influence du corps 
strié et de*la coucbe optique paraît jufttiSée'^mais la corne 
d^Ammon, les trois lobes, tout le centi'e ovale, etc.*. 
Quels étaient les organes.q\ii souffraient de leur atrophie 
ou de leur desiruclion ? Ponrqtioi les fooctbns de l'en- 
tendement n'étaiènt-elles pas abolies ou au moins très 
affaiblieè, si Ton ajoute foi à certaines observations dans 
lesquelles des médecins ont cr^ raisonnablement expH- . 
qu!er Tidiotisme par quelqvies lignes de moins dans les 
diamètres de k cavité du crâne ? 

Je remarque, en finissant, Je défaut de. symétrie de la 
voûte, produft par l'étroitesse de la partie gauche ^ ce 
défaut de développement des parties osseuses est une 
chose très or4inaire : toutes les fois que paF çuité d'al- 
tération quelconque il doit se fornaer un vide dans le 
ceryes^u, les parties environnantes s'opposent a sa for- 
mation dp différentes manières. Ainsi on a observé que 
dans les cas réciens d'une deslructiç^n notable de Ja sutv 
stance cérébrale , le ventricule correspondant se dilate 
outre mesure , par suite de l'abondance d,e la sérosité 
qui est accùinuléç daiis sou intérieur ^ d'autres fois qiian4 ^ 
la destruction es.t très ancienu^e, comme ici p^ exemple, 
les os .eux-mêmes se rétractent, â'affaissçntsiir le cerveau 
altéré et détruit dans une de ses parties. 

Outre ce défautde développement cavitaire de la voiiite 
du crâne, il y a de plus ici épaississement considérable de. 
la paroi du côté droit \ on pourrait dire, eu cherchai^ ^ 
tout expliquer, que cette accumulation de substance os- 
seuse est due ai^x matériaux de sécrétion eiivoyés f§t 



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^^4 CLINIQUE ET MÉMOIKÈS. 

]*orç«ntiisation pour le développement de la partie gauche 
qui est restée stationnaire; mais pourquoi cette accumu- 
lation n Vt*e]le pas eu lieu dans la paroi gauche même ? 
.sa cavité n'en eût pas été plus développée pour cela. 

Pour ime résumer, cette observation me parait impor- 
tante et curieuse, en ce que la presque totalité de Thé- 
tni^phèrc gauche a été atrophiée^ que cette atrophie est 
la suite d'une lésion survenue dans la première euCEince^ 
que les fonctions del^entendement et des sens ont pourtant 
été réguliers, et que les deux seuls symptômes observés 
se réduisent à la perte de niouvemens dans le membre 
supérieur et inférieur du côté droit, et à Tépiiepsie* 

Extrait du Rapport de M* Cazalis sur V observation 
précédente. 

Je partage complètement ropinion de M. Beau sur la 
hature de la maladie. Je ne retrouvé ni dans les symp- 
tômes ni dans les altérations pathologiques aucun 'signe 
d^agénésie \ il n^y a aucutie t^essemblance à établir entre 
tette altération et d^aiitres cas. d'atrophie qui vous oiit 
été présentés, Atrophie générale de toutuii hémisphère, 
de toutes seé circonvolutions; un surtout accompagné 
d'atrophie du lobe opposé du cervelet. Je pense toutefois 
que le point dé dé()art de toutes ces altérations a été Ta- 
rachnoïditc qui a laissé à sa suite une altération dont Je 
ne cherche pas à pénétrer. la nature, mai? qui dans ses 
diverses phases a dû suivre une marche bien chronique, 
car une altération aiguë aussi étendue aurait déterminé 
une mort immédiate. 

Je ferai remarquer que dans les cas d'atropl^îe même 
complète d*un seul hémisphère, les faculiès inlellec- 



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MALADIES DE L^UTÉRUS. 225 

tuel(ës étaient restées intactes, il avait suffi d'un seul 
hémisphère souvent hypertrophié ; et enfin que l'atro- 
.phie a porté sur trop d'organes à la fois pour que cette 
observation puisse en rien servir à la localisation des di- 
verses parties de Tencéphale. 

LITTÉRATURE MÉDICALE FRANÇAISE- 



ANALYSES D'OUVRAGES. 

Traité pratique des maladies de P utérus et de ses 
annexes^ fondé sur un grand nombre d^obser'^ 
cations cliniques; accompagné d'un, atlas de 
4^ plunches in-foL^ gravées et coloriées^ etc.; 

Par M"^« V* Boiviiî, D. M., etc., et A. Dtiôi;s , 

Profess^nrA la Faculté de Montpellier, etc., a ToLin-S. Paris, i839. 
(Tome second.) 

En rendant compte du pi^emier volume de cet ouvrage 
(Rei^ue médicale, cah. d'avril 1 833), nous avons fait 
sentir toute l'importance et toute l'utilité d'un livre qui 
désormais devra, trouver place dans k bibliothèque des 
praticiens jaloux de se tenir au courant des progrès de 
l'art. Ce n'est pas assurément que nous regardions 
coinme un prog^rè5, lesconce3sionsfaiiesparM. le profes- 
seur Dugès aux idées nouvelles (ou mieux renouv^elées) 
sur î'éiiologie inflammatoire du cancer, par exemple; 

Tome IV. iVof/cmére i833. i5 



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aaO LITTÉRATURE -MÉDICALE FRANÇAISE* 

lesquelles ont arraché aux auleurs la phrase suivante 
(t. 25 p. 269) : (( Ou ne peut nier' que l'hérédllé c^^n- 
céreuse ne donne presque toujours naissance à la me- 
trite avant de développer la funeste dégénérescence qui 
caractérise les affections dont nous avons parlé..,. » Ce 
n'est pais surtout que nous ajoutions une foi entière aux 
assenions de quelques modernes qui, armés in spécu- 
lum^ ont découvert 'sur ië col de l'utérus des affections 
dont plusieurs ne doivent peut-être leur existence qu'à 
des illusions d'optique... Mais, ce que nous regardons 
véritablement comme un progrès, c'est la rédaction sim- 
ple et coiicîse des faits nombreux contenus dans cet ou- 
vrage, c'est la discussion modérée et impartiale des 
points de doctrine qui y sont traités, c'est l'extention 
convenable donnée àl'appi^éciation des ressources de la 
thérapeutique, c'est surtchit le soin apporté à laisser le 
moins de lapunes possibles dans l'histoire des maladies de 
l'utérus et de ses annexes, maladies qui, sans. doute, ont 
de tous temps attiré les regards des observateurs , mais 
qui, depuis un certain nombre d'^années , sont devenues 
l'objet de recherches et d' expériences spéciales. Sous ce 
rapport , tout le monde consultera avec fruit l'ouvrage 
éminemment pratique publié par madame Boivin et 
M. Dugès, tout le monde exprimera comme moi le vœu 
que, portant particulièrement leur attention sur les af- 
fections au^jourd'hui mises en lumière par l'exploration 
directe faite à l'aide dn spéculum ,. les auteurs puissent, 
dans une seconde édition, émettre une opinion formelle 
sur des points qui n'ont pu encore être qu^'ébauchés dans 
le volume que nous avons sous les yeux. Pour ce vo- 
lume , d'ailleurs , nous ferons , comme pour le précé- 
dant, tm exposé succinct des matières qui y sont conte- 



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MALIDIES DE l'CTÉRUS. 227 

naes, insistant seulement sur celles qui offrent aujour- 
d'hui le plus d'intérêt et le plus de nouveauté. 

Le cancer de Iq, matrice , cette redoutable affection 
que toutes les femmes craignent et que beaucoup su- 
bissent, jusqu'ici rebelle à toutes les ressources de notre 
art, quoi qu'en aient pu dire quelques-uns de ces hommes 
qui ne rougissent pas de faire de cet art un métier, le 
cancer^ dîs-je, occupe dans ce volume uiie place impor- 
tante. Voici la définition pratique qu'en ont donnée 
les auteurs : « Nous appellerons génériquement cancé-- 
reuse ( disent-ils à la p. i ) toute affection qui, chau" 
gisant dans sa trame même la texture de la matrice , 
tend naturellement à s'accroître , à 3e propager à son 
pourtour, et à se détruire par ulcération dans son centre.)) 

Quatre formes principales de cancer utérin leur ont 
paru devoir être admises , savoir : le cancer tabéreux 
(ou squirrheux), le cancer ulcéreux ^t le "cancer /<>«- 
gueux et le cancer hœmatode. 

En discutant la nature anatomique du cancer, M. Du 
gès s*est appliqué à distinguer le tissu squirrheux pro- 
prement dit de V.hypertrophie simple avec laquelle 
M. Andral l'a, jusqu'à un certain point, confondu dans 
son Traité (Tanatomie pathologique : déjà nous avions 
nous-mème assez longuement insisté sûr cette distinction 
eu rendant compte de ce dernier ouvrage dans la JYouu. 
Biblioth. rtiédic. (1829, t. IV, p. 365). Ce passage ré- 
vèle tout d^abord l'opinion intimides auteurs sur la na- 
ture spéciale du cancer , et quoique plus tard ils fassent 
de larges concessions à la théorie physiologique du dé- 
veloppement de cette affection , on retrouve çà et . là , 
dans leur ouvrage , des assertions qui prouvent quie cette 
théorie leur répugne, ainsi qu'à presque tous les obser- 



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%%6 LITTÉRÀTUftB MÉDICALE FEANÇÀISE. 

valeurs dégagés de préventions et d'idées préconçues» 
C'est ainsi qu'à la page 20, ils conviennent qu'on peut, 
dans certains cas, prévenir mais non pas guérir le squir- 
rhe véritable , par le traitement antUphlogistique. C'est 
ainsi surtout qu'à la page 278 , ils tracent^ en parlant 
des engorgemens de l'utérus, ces remarques judicieuses 
qu'approuveront sans doute tous les bons praticiens : 

a Ce qui rend le mal opiniâtre et les médications 

souvent impuissantes, c'est que, d'une part, la malor 
die^st ordinairement sous V influence d^un état consti^ 
tutionnel-, d'une idiosyncrasie qui tend à reproduire le 
mal à mesure que les topiques tendent à le dissiper ^ 
c'est que , d'autre part, il y a là, comme dans toutes les 
inflammations chroniques^ un mélange de sthénie et 
d'asthénie qui tantôt prédominent l'une sur l'autre, et 
tantôt semblent se combiner assez également pour ren- 
dre le mal réfractaire à l'action des remèdes dirigés seu- 
lement contre l'un des 4eux états , qui sembleraient in- 
compatibles si l'expérience ne prouvait journellement 
le contraire. Il suit de là qu'on est souvent obligé de tâ- 
tonner^ de suivre les indications qui semblent plus pres- 
santes , et de se conduire , comme on dit , à jus^antibus 
et lœdentibus. )> 

Le cancer de l'utérus, avons-nous dit, est malheu- 
reusement une affection très commune : on voit dans le 
relevé statistique fait par les auteurs, que sur sept cent 
sept cas de cancers observés dans les principaux organes 
ilu corps, ceux de l'utérus entrent pour plus de moitié, 
puisqu'ils sont au nombre de quatre cent neuf. Dans 
l'ordre de la fréquence proportionnelle , c'est l'ovaire 
qui vient après l'utérus, la mam^elle après l'ovaire. 



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MàLAblES DE l'utérus. ïi^p 

Sur les ^og femmes affectées de cancer utérin dont it 
vient d'être question ^ on en a compté : 

Au-de^ous de l'âge de ao ans, seulement i2r 

deao à 3o. ...... .^ 83 

de3oà4o«.. loa 

de4oà45*^ io6 

de45à5o... 95 

de 5^0 à 60 7 

de 60 à 7 1 . * 4 

Total . 409 

Les maladies de Futérus sont, comme on sait, plus 
communes encore dans les grandes villes que partout ail- 
leurs. A Paris , les auteurs signalent avec raison les in- 
fluences nuisibles de toute espèce auxquelles sont expo- 
sées les personnes qui viennent brusquement échanger 
les habitudes satubres de la campagne contre le séjour 
meurtrier de la capitale : 

a ..... Cette famille, disent-ils (& la p. i4i > à Toçca^ 
sîon d'affections de l'utérus observées sur une mère -et 
ses deux filles) , est une des mille victimes que font tous 
les jours les nouvelles constructions , les passages , les 
anciennes rues étroites de Paris, les loges des portiers, 
leai^uisines, les chambres de domestiques. Les demoi- 
selles de com^ptoir , de magasins , ont , pour l'ordinaire, 
des logemens infects où se trouve entassée sans pitié 
^cette jeunesse active , laborieuse , et brillante de santé , 
^i accourt de tous les points de la France dans la ca- 
pitale, aVec l'espoir d'y acquérir une industrie, pnc ai- 
sance ou une fortune qu'elle se propose de reporter dans 
les pays qui Vont vue naître 5 et elle n'y trouve ordinal-^ 



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23o LITTÉRATUBE médicale FRAiyçAlSE. 

rement que )a ^eîne, les fatigues,, les dégoûts, k misère, 
et souvent la honte, les maladies et la mort. » 

Quoixjue le plus ordinairement la douleur son l'un 
des premiers indices qui révèlent Texistence des mala- 
dies cancéreuses de Tutérus ^ cependant il est (Quelques 
exemples de cancer indolent : en voici un assez remar- 
quable emprunté à l'ouvrage de M. Dugès et de madame 
Boîvin (t. 2, p. 143) : 

Une dame encore jeune, sujette à de&flueurs blan- 
ches depuis son premier accouchement, fut prise au 
spectacle d'une métrorrhagie suivie de syncopes. Exami- 
née peu de temps après par madame Boivin , celle-ci fut 
frappée de l'odeur répandue autour de la malade....... 

(( ma surprise fut grande , dit l'auteur, de trouver le col 
de l'ulérus très développé, dur, fendillé à son orifice,^ 
dont les bord$ présentaient une large échancrure, hé- 
rissée de pointes saillantes, comme cartilagineuses, et 
qui conduisait dans le col même de l'organe. J'avoue 
qu'il me fallut faire un grand effort sur moi-mênie pour 
donner 4 ma physionomie une expression qui fût en l'ap- 
port avec les paroles rassurantes que je croyais devoir 
adresser ta la malade, sans toutefois lui laisser ignorer 
que son état exigçraît des soins , me réservant de faire 
part de sa fâcheuse situation au docteur Marc , qui pos- 
sédait sa confian<;e. % 

Ce qu'il y a. de remarquable , c'est que jamais Tutérus 
ne fut le siège d'aucune douleur , qu'il n'y eût de perte 
de sang que huit jours avant notre examen, quoique bien 
certainement le mal fût déjà fort ancien alors. 

S'opposer à l'afBux du sang vers l'utérus, soutenir le^ 
forces de la malade, entretenir les parties dans un état 
de propreté, calmer les douleurs utérines qui se sont 



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MALADIES DE l'uTEUUS. '231 

éveillées par la suite, tel fut le plan suivi par M. Marc, 
jusqu'à Tépoque où les parens de cette dame rengagè- 
rent à consulter IM. Nauche , qui donna V assurance de 
la guérir. Malgré cette promesse , la malade a succombé 
aux progrès du mal dans les derniers jours ^u mois d'août 
i83i , environ six mois après fnon premier examen. » 

Dans rîmpossibilité où Ton était de guérir le cancer 
derulérus, on a cherché, dans ces derniefis temps ^ à y 
appliquer les procédés chirurgicaux usités pouf Jes au- 
tres cancers* Quelques succès et beaucoup de revers ont 
signalé cette pratique appréciée à sa juste valeur par les 
auteurs du Trait^ des maladies de Vutérus, Apportant 
'dans remploi de ces procédés hardis une sage réserve , 
ils en indiquent soigneusement les dangers, sans les re- 
jeter entièrement dans les cas où toutes les circonstances 
favorables se trouvent réunies. On trouve même dans 
leur ouvrage quelques exemples propres à encourager 
les praticiens qui oseraient , à Timitation de plusieurs 
opérateurs, célèbres , entreprendre, soit la cautérisation^ 
soit V excision^ soit même la ligature des excroissances 
et des ulcérations du col de Tutérus. Toutefois nous n'a- 
vons rencontré qu'une seule observajtion qui pût être 
citée comme un exemple, de succès , et encore il n'est 
pas impossible qu'une récidive fâcheuse ne vienne tôt ou 
tard reléguer ce fait dans la catégorie déjà si nombreuse 
de ceux où l'opération n'a fait que retarder l'issue fu- 
neste du mal: Ce fait, d'ailleurs, est .trop intéressant 
pour que nous hésitions à le transcrire ici dans presque 
togs ces détails : 

« Madame B..., âgée de 34 ans, mariée depuis i4ans, 
sans enfans, s'était toujours bien portée jusqu'en 1828, 



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a3a LITTÉRATURE MÉDICALE FRAI7ÇAISE. 

qu^elle vint à Paris pour suivre un cours d'accouché-' 
ment à, la Maternité. 

C'est pendant son séjour dans cet établissement que 
madame B... s'aperçut d'un • dérangement dans les fonc- 
tions de l'utérus. Les règles venaient à leurs époques, et 
cependant il s'écoulait du sang de la vulve dans l'inter- 
valle d'une époque à l'autre , particulièrement lors des 
efforts pour uriner ou pour aller à la garde^robe. Cet 
état n'était accompagné que d'une gène dans la région du 
sacrum^ la malade n'y faisait que peu d'attention. La 
métrorrhagie venant à augmenter , un écoulement séro- 
sanguinolent succédant aux pertes de sang, madame B. • . 
commença à s'inquiéter de son état. Elle chercha à s'en 
assurer par elle-même, et crut reconnaître le mal affreux 
qu'elle redoutait, un ulcère à la matrice. Dès ce mo- 
ment elle perdit le repos, la tranquillité dont elle jouis- 
sait auparavant. Enfin elle confia s^ position à MM. Du- 
bois père et fils , qui , après l'avoir examinée , reconnu- 
rent l'existence d'une tumeur analogue à celles décrites 
précédemment, et décidèrent la malade à se soumettre 
à l'excision , seul moyen qu'il y eût alors de la guérir. 

Il se passa encore un mois avant que la malade se fût 
décidée à se laisser enlever cette espèce de végétation. 
Elle entra à la Maison royale de santé le 24 novembre 
1828. 

Le vagin était occupé par une tumeur à surface gra- 
nulée, adhérente par un collet court et gros à la lèvre 
antérieure du museau de tanche; elle présentait au 
moins deux pouces de diamètre; la moindre compres- 
sion exercée sur elle donnait lieu à un écoulement de 
sang. 

Le 26, on se disposa à pratiquer l'ablation. Avec le 



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MALADIES DE L^^XéEUS. 233 

spéculum , ùous vîmes que la surface du fongus était 
mamelonnée comme celle d'un choufleur , et recouverte 
par un réseau vasculeux dont la rupture s'opérait facile- 
ment. M. Dubois se proposait d'amener le plus près 
possible de la vulve la tumeur, y avait appliqué de cha- 
que côté une aîrigne \ mais à chaque effort de traction , 
la substaince du fonguâ cédait *, la portion saisie par les 
airignes se détachait de la masse et le sang coulait à flots. 
I^ous rappelâmes à M* Dubois le moyen qu'il avait em- 
ployé dans l'un des cas précédemment rapportés^ et dont 
nous lui avions alors suggéré l'idée^ Il remit au lende- 
main l'application du procédé en question. 

Pendant les vingt-quatre heures qui venaient de s^é- 
couler, la femme avait perdu beaucoup de sang. On avait 
été obligé de faire des applications froides et de tam- 
ponner le vagin. La tumeur avait' singulièrement dimi- 
nué de volume. Cependant , comme sa portion la plus 
solide , sa base, formait un chapiteau à bords renversés 
sur le museau de tanche , cette partie du col lui servait 
de pédicule. 

C'est sur ce collet que l'on appliqua la ligature main- 
tenue en place par deux serre-nceuds à anneaux, qui 
servaient en même temps à l'attirer jusqu'à la vulve. Ces 
tractions furent douloureuses pour la malade. On en- 
leva, avec le bistouri concave, non seulement la totalité 
du museau de tanche , mais encore plus de six lignes du 
col : cette partie étant molle, s'est allongée sous les trac- 
tions qu'on a exercées pour l'amener au dehors, et a pré- 
senté en totalité près de vingt lignes de longueur. La tu- 
meur, qui avait plus de deux pouces de diamètre, était 
réduite à la moitié de son volume primitif ; sa surface 
déchiquetée était d'un rouge brun, etc. La malade sor- 



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^36 LITTÉRÀTUKE MÉDICALE FRÀIÎÇAISE. 

plupart des malades ont une répugnance invincible 
(sangsues sur lé col de l'utéi'us, cataplasmes introduits 
dans le vagin , etc. ). Qui ne sait, d'ailleurs, que les ma- 
ladies qui sont le plus accessibles iiux médications topi- 
ques ne sont pas de beaucoup les plus faciles à guérir , 
et qu'en, pareil cas , ces médications sont loin d'avoir 
tout le succès qu'on croît devoir en attendre. 

IJ ophthalmie y les maladies de là peau pourraient 
nous fournir beaucoup d'exemples propres à appuyer 
cette double assertion, de même qu'il nous serait facile 
de prouver que beaucoup de maladies dans lesquelles la 
médication topique n'est pas applicable, cèdent très bien 
aux autres ressources que possède la thérapeutique^ 
exemple : la pneumonie , \es fièvres intermittentes^ etc. 
Ce n'est pas que nous voulions ici décider une question 
sur laquelle n'ont pas cru devoir se prononcer absolu- 
ment des auteurs aussi versés dans l'étude des maladies 
de l'utérus que madame Boivîn et M. Dugès -, nous pré- 
tendons seulement qu'il faut se défier un peu des asser- 
tions et des promesses prodiguées récemment à ce siget 
par des observateurs qui ne paraissent pas toujours mus 
exclusivement par le$ intérêts de la science et de l'hu* 
manité. 

Le chapitre qui traite àes ulcérations du col de l'u- 
térus nous fournirait ample matière à des réflexions du 
même genre : toutefois nous nous hâtons de dire qu'il 
ne nous appartient nullement de porter un jugement as- 
sure sur des faits qui demandent une expérience toute 
spéciale. Mais , qu'il nous soit permis du moins de rap- 
peler les erreurs de diagnostic auxquelles ont tant de fois 
donné lieu les excoriations et les ulcérations de la bou- 
che, les phlegmasies pseudo-membraneuses de l'isthme 



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JOURNAUX FRANÇAIS. 287 

du gosier, cent fois plus faciles à étudier de visu que 
les affections du col de Tutérus ! Je ne doute pas, par 
exemple , qu'on n'ait souvent attribué gratuitement à 
l'emploi de médications énergiques la guérison d'exco- 
riations aphtheuses dç cette partie, qui eussent tout aussi 
bien cédé au tem{>s et à un traitement djes plus simples. 
Après avoir successivement étudié tout ce qui a trait à la 
pathologie de l'utérus, les auteurs du livre que nous an- 
nonçons trai.tent avec détail des maladies de Voi^aircj des 
lésions, des trompes^ du vagin, de la vulve y et si le 
temps et l'espace nous le permettaient , nous trouverions 
encore, beaucoup à louer dans cette dernière partie de 
l'œuvre de madame Boivin et de M. Dugès. 

Qu'il nous suffise , par les remarques et les citations 
précédentes , d'avoir appelé l'attention des médecins sur 
un travail qui nous paraît le plus complet qui ait été 
publié jusqu'à ce jour, et qui mérite à tpus égards le 
titre deTrdiïié pratique..., circonstance qu'il est bon de 
noter ^ à l'époque encore passablement anatomique où 
nous avons le bonheur de vivre. G. 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE DES JOURNAUX 
DE MÉDECINE FRANÇAIS. 



Hoquet guéri par un yésicatoire sur le trajet du nerf 
phréniquô.-^ Cancer du duodénum. — amputation 
de la verge : nouveau procédé. — Mal d'estomac 
dei colonies (ou langue blanche )é — Liqueur contre 
les dartres. ^^Concrétion du cristallin. — Propriétés 



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238 ^LITTÉRATURE MÉDICALE FRANÇAISE. 

du lobelia syphilitica. — Acide arsénieux. —r Sirop 
de café. — Nouueau moxa.^-^Créosote. 

Journal hebdomadaire (octobre i833). 

I. Hoquet traité auec succès par un a)ésicatoire ap- 
pliqué sur le trajet des nerfs phréniques. — M. Shortt 
d'Edimbourg {remarques sur le hoquet^ ses causes et 
son traitement (i8'i3) placé la cause prochaine du hoquet 
spasmodiquedans une irritation, une congestion, ou une 
inflammation soit des nerfs phréniques , soit de leurs 
ganglions , se fondant sur ce qu'en irritant mécanique- 
ment ces nerfs, on détermine des convulsions du dia- 
phragme. Le remède le plus puissant suivant lui , pour 
mettre fin à ces hoquets chroniques , qui, rarement dan- 
gereux, sont souvent si incommodes par leur Opiniâtreté 
et leur durée, qu'on a vu se prolonger des mois et même 
des années , est l'application d^un vésicatoire au cou , 
vers l'origine et le long de la partie cervicale de ces nerfs 
phréniques. Il cite trois cas de succès à l'appui du moyen 
qu'il propose. 

Le même remède s'est trouvé seul efficace encore contre 
une afiectionspasmodique, assez singulière du diaphragme 
et des muscles du thorax qui servent à la respiration , 
consistant dans une expulsion irrésistible , involontaire 
et non sonore de l'air de là trachée-artère , ou bien ^ns 
un motivement expiratoire , spasmodique , involontaire , 
très énergique , qui revenait par accès , et ressemblait 
plutôt à une combinaison de la toux et de Téternuement 
qu'au hoquet. 

Le sujet était un enfant de dix ans. Il n'éprouvait au- 
cune irritatiou apparente des nerfs du nez , quoique les 



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JOURNAVX FRANÇAIS. sSg 

mouvuaens de Tos maxillaire inférieur fussent , du- 
rant llttaque , tels qu'on les remarque dans Téternue- 
ment. Il n y avait d'ailleurs ni écoulement par les na- 
rines , ni expectoration , ni catarrhe bronchique , ni 
aucune aflFection appréciable de quelque nature que ce 
soit. La volonté du malade était impuissante pour pro- 
duire les attaques , qui paraissaient influencées par cer- 
taines émotions de l'àme, et quelquefois excitées par 
l'action de monter un escalier. Dans les premiers temps 
de la maladie , Texpiration spasmodiq^ie et violente était 
beaucoup plus intense le matin, elle commençait géné- 
ralement vers cinqlieures et durait pendant trois heures 
sans interruption. Pendant le reste du jour, les accès 
étaient moins fréquens , et avaient rarement plus de 
quelques minutes de durée. Il faut noter que , pendant 
un petit nombre de semaines , les attaques du matin ne 
se prolongèrent pas plus d'une demi*heure; mais on a vu 
aussi les efforts convulsifs revenir jusqu'à cent fois dans 
l'espace d'une minute. Les accès occasionaient toujours 
un profond épuisement. Comme la langue était sale et 
chargée , on eut d'abord recours aux émé tiques et aux 
purgatifs ; l'idée qu'il pourrait y avoir quelque gonfle- 
ment des tonsilles, quelque relâchement des parties su- 
périeures de la gorge et du larynx , à cause de plusieurs 
attaques de croup qu'avait eues depuis peu le jeune 
malade , fit essayer l'administration du mercure, et des 
applications locales stimulantes et astringentes, telles que 
le poivre de Cayenne, le cachou , la moutarde. Les an- 
tispasmodiques et les narcotiques de toute espèce , les 
rubéfians sur la poitrine et le rachis , les bains , le quin- 
quina , etc. , eurent leur tour , le tout sans résultat. 
Enfin un vésicatoire , à l'application duquel les parens 



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2^0 LITTÉRAÏÛRE MÉDICALCT FRANÇAISE* 

s'ëtaient d'abord refusés, fut placé sur Torigt^ et le 
trajet des nerfs phréniques. Au i)out de cinq lietkRs j les 
accès spasmodiques cessèrent entièrement pendant envi- 
ron trente heures , puis ils revinrent, mais à un degré 
modéré , dans le cours de chaque journée , et aucune 
des attaques du matin ne reparut. Le vésicatoire resta 
ouvert pendant dix jours , et la maladie guérit sans re- 
tour. Elle avait duré environ trois mois. Ce fait rapporté 
par M. Shortt, et vu par les docteurs Hamilton Junior 
et Craigie , me rappelle un cas de hoquet opiniâtre , qui 
durait d'une manière presque continue depuis sept à 
huiljours, chez un homme d^environ cinquante-cinq ans, 
rhumatisant et catarrheux, et qui était convalescent d'une 
fluxion de poitrine. Ce hoquet convulsif persistait même 
pendant le sommeil qui en était toutefois troublé et fort 
interrompu, il fatiguait excessivement le malade, et avait 
amené une gène assez grande de la respiration : il n'y 
avait du reste aucun son mat dans la poitrine, l'expecto- 
ration catàrrhate épaisse, se faisait avec assez de, faci- 
lité ^ l'appétit était faiblement prononcé. Ce hoquet qui 
avait résisté à tous les moyens antispasmadiques em- 
ployés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, céda immédia* 
tement , et sans reparaître , à un vésicatoire volant ap- 
pliqué sur la partie inférieure de la poitrine , de manière 
à couvrir autant de Tépigastre que de la région costo- 
sternale inférieure. Je me proposai d'en saupoudrer la 
surface de quelque sel de morphine : j'en fus dispensé par 
la disparition du mal sous l'influence du seul vésicatoire. 
Si dans le cas rapporté par le médecin anglais , on peut 
expliquer la guérison par l'action stimulante du vésica- 
toire sur l'origine du nerf diaphragmatique , faudra-t-il 
dans le second l'attribuer à la stimulation des extrémi- 



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JOURNAUX FAAlfÇ4lS« a4< 

tes dtt même nerf dans le voisinage de$ attaches da dis*- 
phragme avec lesqïieU le vésicaioire élait en rapport ? 
Reste à savoir si cette application faite sur tout autre 
point, aséez rapproché des oi^anes qui. parait «^nt être 
les producteurs du hoquet ou même dans uQr point ^UÂr* 
gné , n'eut pas eu un résultat semblable* 

. II. Cancer du duodénum avec perforation ^ périto* 
nûe^ mort{ par M. Fallot , médecin en chef deThô^ 
pital de Namur. — Lecoq, lancier^ engagé depuis un an ^ 
âgé de. dix*8ept ans, d'un tempérament, lymphatique 
prononcé 9 est dpué d'un appétit, porté jusqu à ji^ vora- 
cité, mange autant que deux ordinairenient ; et après 
ses repas , on le voit encore dévorer plusieurs Uyres de 
pain. U aime les liqueurs fortes , quoique elles rincom^ 
modent: il est habituellement très relâché, et le b^oiu 
dWler âla selle est chez lui d'ordinaire si pressant, qu'il 
est obligé de le satisfaire à Tinstant , quelque part qu'i| 
Retrouve: il vomit de temps à autre, et quelquefois 
aivcc de grands efforts. L'exposition au froid ou à Thu- 
midité , et la nourriture de la caserne lui donnenlt des 
coliques plus ou moins violentes: de^puis quclqu^ temps 
leiiriptaisité augmente"^ Lecoq a Thabitucfe de les com- 
l^atlre par de Teau-de^vie. Sans être jamais venu à )'hô- 
pit^i^jamais ce militaire n'a pu faire de service réguliier ; 
prif d'un tremblement général et de coliques > dès qu'il 
était sojus les armes , à pied ou à Grevai , il se faisait aus^ 
sitôt renvoyer des rangs. 

^'i Le 5 août , après avoir mangé sa ration â la caserne,, 
il,^ rend dans une guinguette , où il se fait serviir de la 
mriet ai^x oeufs et du cidre. Se sentant incommodé , il.se 
fait reconduire en ville^ vomissant en chemin, d'abord 
TomeVf. Nosfembrex^yi* î6 



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les ttlimeiM pris dans la joui née, puis des malièreff nûiré^ 

lëi^ doulétrrs de ventre deviennent de plus eu plus inior^ 

lél^Ues. On ramène à Thôpital dan^ la nuit : peau froide 

nûk ëtltémités en au front/ pouls radial nul, mouve«- 

mens du cœur réduits à nu fréi^issement d>scur^ face 

grippëe, pl^le , livide « yeux cernés, ternes, ventre tendu» 

peu balonné, douleurs abdominales, variant dans leur 

sîege, intermittentes, souhigéos par chaque yomisàement, 

et qui «' loin d'augmenter pdr le palper, deviennent pin» 

tolét^bleft par lés frictions; suppression des selles et âtp 

uriùes , vomiifiemens stercoraux. Le malade dit avoir 

déjà^éprOqVé d^s accident semblables qui cessaient lor^ 

dé Ift réapparition des selles. Sangsues, lavemens, bain 

dont on est fordé de le retirer au bout d'un quart 

d*heuré, à cause de Tangoisse qu'il y éprouve, sentie 

toient d^anéantissement i haleine et langue froides, 

sueur visquetîse, peau glacée partout ailleurs que sur 

le'tron'c ( irfhix/^time^ ), aucun troiïl)Ie dans les idées. A 

dii^'héures du matin lé6, il expire en vomissant. Au 

monletit'de ta mort, tout l'abdomen prend une teiftie 

vîolâefe. / • f 

Tîécropsîè lé'7,' vingt-sept heures après la tnort. Es-* 

tomac'd^ùne capacité' énorme, contenant indépendani^ 

ment de quèlic[ues pellicules et noyaux de' cerises , et d^ 

quelques fragmens de pommes de terre,- uii! liquide brun-r 

Verdâlre , mêlé de grumeaux noirs, le tout d'odeur sterr- 

corale. Lés pai'oisdé la j^brtion pyloric^ûe sont indtti^és, 

épaissies , mais sans altération de la muqueuse ; l'ouver-^ 

tùre du pylore a conservé ses dimensions naturelles. Près 

3b <^ol dé là vésicule biliaire, on trouve dans le duodé^ 

ntiîii Mne ouverttnre assez grjtnde pour admettre le bouK 

âu'doigl aiintllaSré : c'esti'orifice interne d'une pctfora- 




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J 



tW àé Vinuuiiifk , placée au miliea d'un ukèrd ik bord» 
irplràtrés., frangiés^ creiuëe dans une tulaettr a^irrtiente • 
^'oi| blanc mat| criant i^bm le scalpel ei oconpant ha • 
deux tiers .d<l pourtour de rintestin.La muquattae qiûà 
recouvre cette zone aquirrheuse j est d^ foc^ uni- 
forme ardent, épaissie, fongueuse > nuàoéimmêè j*ffm^ 
fondement sillonnée ; une espèce de végtfuttoti ^i %*iBik 
«lèvi^ , anticipe sur rouTerturé imestinate ei y rétréeUt 
dea^ ulcèrea^ Tun ][K|til y superficiel , rond , l'autre ajant 
la forme, d'un trian^ i angles aigus, d'uti demi-^ne^ 
dé longn^urv plus profond a sa base qu'à son solnmet ^ ' 
sam placés près de'Wperforatiott. L'mfioe pérkonéatde- 
cette dernière a le diamètre d'une lentille 5 M)li pottlr^ 
toUf jest sali paÉr l^s maiières contenues dans rimésuitt* 
I^e Icommenceoient de l'iléoncontient un^ quantité ti^ 
Remarquable de mucua visqueux IbrienkteUt âdliërem , au ' 
point qu'en quelques endrmta, on le pren<bait polir Une 
fausse membrane^ il coutieut aussi. des niadèressieroo^ 
raies* Plus bas , ce muci^s perd de sa transparence, âug* 
mente d^jépaisseur , et se convertit en utie e^pècie de 
bouillie jaunâtre. La fin de l'intestin ^le et le gros ht^- 
t^n sont pleins de fèeejs moûlé^. Les plaques follicù-' 
leuses de l'iléon, sdnt cousidérablement tuméfiées , rtV' 
gueuses , d'un blaUc mat : quelques-unes sont ovàlàirès^ 
d'autres ont pl^s de sept pouces de longuedr sur une 
largeur mojenne.de cinq lignes. La muqueuse qui les 
recotivre est ramollie, surtout à leur centra /mais H 
n'y a nulle part trace d'ulcération : la itnuqueute est par^ 
tout ailleurs en général d'un rose fort pÀle ; san^ tache* 
ttt'res, subies ;ou arborisations rouges : rien autoàr de Ift' 
valvule iléo-coecale ^ rien dans le gros intestin. Lepéri^ 
toine, partciÀt d'un rouge prdentji a.laissé écHapper à 



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344' LltTÉRATVmE mADICAI/'S fRA«ÇAl8£. 

soû Ollvértiïrô beaucoup- de sérosité brunrâtre; te peliÉ 
baMÎniQohlôeut'environ une pinte de pus floconneux ; Ids 
^ricÊMwtmtionBt inîésiiaalés sont agglutinées par \itie 
pèopd^Hiieffibnane JDiolle, d'aspect géli»tin|3ux. 

Mu flftUot fait suhrre cette obsertarioti^ô quelques re^ 
mur^ef^Awr ^obscurité qui accompagna le développe- * 
n^iU ^^^fsés ImùVL. aus^i ancienne et aussi profonde , ét^ 
sur.HofiuKl^oe des signes observés pour en reéonnaltre 
lotsi^e, Véténdlie et la nature. L^appétit viorace du ma^ 
la^jÇïi^ded QoUques.fi^uentes et une diarrhée habituelle^ ' 
1^ fa<^ilité.a^ac laquelle les Tomisseinei^s avaient Ueu sousr* 
rinftumoô d'un simple refroidissement dès pieds , ou 
d!aljmens indigi^ste^» annonçaient sans doute une mala-^ 
difkiduicaiital. digestif^ mais pou vait«on ^'après ces seui^^ 
sj^pt^m^ en pr^cîsi^la nature , et surtout le siège* Le 
d^ut d'açiaigri^semenl , la conservatioto de la ropdeiir 
def £^txt^ ^^tt^eslaient une nutrition suffisante ^ on :0^&b*'i 
serv^il^ni c^W teinte jaune-faille de; lapeau , ni cet état 
dfiJMri^tess^^i^bitUQUequi accompagne l&déyeloppemeht ■ 
dça cftncpr^ dp tube d^geMif? surtout à une époque aussi) 
avapc^* Upie,cin*coj^ta^6ejencore assez remarquable de ' 
ce^teobse^'KI'i^ion^ est le^peu de seusibili&é! du ventre V- 
etjk^ çstractèri^' 4^ douleurs diminuant aptré^ 'le vomisse^ ' 
ment , alors que la péritonite s'çst montrée , si soudaine^ 
si in,te]j^ .fit si étendue pi^r; suite, de la perforation, in--' 
tçstinalç,.^,^, point que quelques collègues de M. Fallot ' 
npaiçnt.resistence de cette dernière ^ contrairement à 
l'opinion qu'il avait ém:i^* 

Peut-être faut-il un, peu jitlribuer l'obscurité du dîa-»» ■ 
^ostfc de ,1a ;naladie, dont M. Fallot a rapporté les dé-* 
tails intéressant qui précèdent^ à ce que le malade n'étant 
jamais ^ntx'é ^Th^pital., n^a.pas été soumis à un examen 



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JOURNAUX FflAMÇAlS. 345 

Attentif ^t circopstancié. N'ayaut, poiit»amsîdîre,C9n- 
sullé les médecins du corps qne pour se faire dispen- 
ser du service, plutôt que pour chercbep le r«mèfde àson 
^al V il P'a jamais été l'objet que d'Uîi examen «uperû- 
cîel , suffisant pour fgiire apprécier soniinapiitude au acr^ 
vice mililaire} j^fliais, saus doute, ou n'avait pidpé le 
ventre, ni interrpgé Baînutîeusement les' divers troubles 
digestifs. On se sera paut-ètre couleiUé de lui prescrire 
la sobriété qu'il ^'a jamais observée^ et qui lui était |)lus 
difficile qu'à tout autre, en raison de celte voracité qui 
ét^it un des caractères de sa nialadié , et dont ce cas n'e»t 
pas IViîqtifi çxemple. D'ailleurs , en supposant que la 
nature et le siège delà lésion , qiii a occasioné la mort 
de ce. malade, ^icqi^ échappé à une observation scrupu- 
leusement faite> il n'est pas sans. exemple qne les fon<^^, 
ûons de l'estomac et des intestins se soient exécutées aussi 
bien, et même d'une manière plus complète , et que la 
nutrition ait été encore moins altérée , dans qnelqutss 
cas de lésions dje même nature, ^t présentant même dés 
désorganisations plus étendues et plus graves 3 n'a^t-*on 
pas vu Tutérus qancéreux , retenir et conduire a termç 
Je produit d'une conception opérée pendant la ^durée 
même de la maladie ? L^âge encore tendre dn jetmé Utf^ 
coq, âge où la nutrition est si aolive ^ l'appélit «i ottfett^ 
l'esprit si peu enclin auxidées^ttfist)es,rinsoucNinee tto^ 
vie militaire dont ce jeune homme n'avait ni lea désag^é^^ 
mens , ni les fatigues , n^ontrelles pas dû'influer bu¥'édA 
état général d^ns un sens tpùt*^«fait oppo^ à l'ae^idii^ 
destructive die la maladie? Celte^ voracité quii^i fut liît 
des symptômes^ a dû elle-même contribuer 'à entretenir 
)a réparation des organes que tendait à eniraver fe itcMl^ 
hle de l'action di^estivc. Ici,, la quantité é^^pfoàëUh 



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946 UTTÉRATUllE MÉDICALE FBAUÇÀISE^ 

Cogérés en a remplacé Jusqu^à un cerlain point k qualiUk 

m. amputation dé la verge^f procédé de M. Bak^ 
TBÉLSVTv^ On sait que le procédé coneisle à introduire 
dans .la Tcssie une sonde 4e goi^me élastique , un peu 
plus longue que les sondes ordinaires , àTenfoncer aussi 
avant cpie possible; et pendant qu^nn aide la maintient 
ImmohileV en pressant le canal sur elle à Faide des doigt» 
pfacés tout près du pubis , Topératetir coupe d^ûn seul 
coup la verge et la sonde , quif sera ensuite attirée un peu 
au dehors avec dès pince» ^ cette dernière manœuvre sera 
d'ailleurs probablement toujours inutile, la rétraction 
des tissus coupés, et la contraction de la vessie contre 
laqtielle la sonde arc-boute devant en faire Toffice. Sans 
entrer dans la polémique qui s^est élevée au sujet de cepro- 
cédé entre M. Velpeau et M ^Barthélémy «qui pflrattfort 
Uessé de ce que l'auteur de la médecine opératoire n'a pas 
attaché à son invention toute l'importahce qu'il y atta- 
che lui'?mème, nous ferons d)server à l'auteur dé U 
découv^t&qne son procédé pourrait bien n^ètre pas sp^ 
plicable k tous lea cas; et je pourrais lui- citer deux 
exemples d'asiputation de verge que j^ai vu pratiquer à 
M« I^Mptiylren ^ et oà cec habile opérateur , pour aller 
ÎMqu'anx dernières limitea du mal , fût obligé de dissë-i 
ffaer en quelque sorte les corps caverneux jusqu'à leur 
alUebé au ptdiis ^ et d'en faire la résection très près dé 
^tte attache, A cottp sur, ks ddgts de l'ai<te de M. Bar-^ 
Abélemty n'eussent pas él* à leuç aise près de la racine 
4^ 1a verge, et la sonder n'eut été ici cf l'un obstacle à 
la mauflsutt^ opératoire. Je lui ferai encore observer 
ifH^X 9à trompe , s'il c?oir qae la contraction de la ve^sii^ 
4Dll4rA fou|ouT9 a pousser au dehors une sonde qn'on y 



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aura introdidie assez avant pour qu elle arc-boiHe conire 
la paitn postérieure de cet organe. Je lui dirai que dans 
^ tme yessîe fort ample , et c'est enccnre sur un fait (d>servé 
^e je m'appuie, le sommet de la sonde peut ée re-» 
courber en haut en appuyant conire la paroi postérieure 
de la vessie, et que la contraction de cet organe, bien 
loin de cbasaier l'instrument, tend à le faire pénétrer 
tout entier, en augmentant cette courbure, et donnanl 
en quelque sorte à la sonde la forme d'un cor de 
chasse. Quant à la difficulté de retrouver le canal après, 
l'amputation par le procédé ordinaire , pour y introduire 
nne sonde j^ elle peut être réelle dans, quelques cas. le 
n^ puis, pouirtant pas me défendre d'un grand étonne- 
xnent en apprenant de la bouche de M. BarthiMemy, que 
M. Béclard, aidé de MM. Casimir Broussais et Baudens^ 
n'ait jamais p^ retrouver le c^al de l'urètre et y intro<* 
duire une sonde après une amputation de verge, et que 
cea trois c1;iin;^:gieiv^ distingués se soient vus réduits à 
donner issue aux urines par la ponction sus^pubienne qu^ 
f^^ traita upe jinfiltrajtion urineuse mortelle. Je ne pour- 
iliiS' . vraiment. çr/pir^ à i^n pareil fait qu'en supposant 
que le canal éuit priniitiveitien^ oblitéré, et qiie la sonde 
^'eutpu être introduite mèine ayant l'opération. 

M. Barthélémy rapporte du reste une amputation de 
verge pratiquée paç M. Poîrson d'après son procédé, et 
où il remplit lui-môme les fopctions d'aidé. Tout se 
passa comme il l'avaitprévu : M. Poirson lui dit aussitôt 
que la difficulté que la sonde lui avait offerte au mo^ 
ment de la section , était si petite quelle ne valait pas, 
ih peine qtion^fffft attention ; et la sonde couvée parut 
(tu cert&é de la pfàie , dépassant ^environ une ligne 
tes tissus réfractés. Il m^élait bien facile :de la saisir^ 



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l48 LITTÉBÀTtriK MÉDICALE FRANÇAISE. 

dk; M. BiiFtliéleniy ; mais comme je voulais ^vérifier ' 
toutes mes prévisions , f annonçai aux ^ssistans ^uè 
f allais laisser la sonde libre :je la lâchai en effet , et 
tout le monde put la voir saillir hors de laplaie^de 
plus Sun pouce. Qui oserait jamais élever le plus léger 
doute sur ce que M. Barthélémy raconte si naïvement? 
Ce n*esi certes pas moi; Je crois dans toute la sincérité 
de mon cœur, que tout s'est passé absolument comme il 
ledit- 

IV. Mémoire sur le mal dC estomac ou langue blan- 
che , maladie des colonies y fréquente surtout à la Mar^ 
iinique ; par M. G. Noverre , médecin à Saint-Pierre- 
Martiniqne, D. M. P. , ancien interne des hôpitaux de 
Faris.—La maladie vulgairement appelée mal d* estomac 
est, après la dysenterie, la plus commune de toateis les 
maladies qui attaquent les nègres de nos colonies : în^ 
connue aux médecins qui n'ont pas parcouru les *An^ 
tilles, elle a à peine été décrite: on s'étonne de n*en 
trouver, pour ainsi dire> d'autre description que celle 
que M. Leroux , notre ancien doyen , a rédigée et insé«- 
rée dans son Journal de médecine^ 

Cette maladie n'épargne ni le sexe , ni Tàgc^ elle est 
pourtant rare avant la sixième année et après la trente* 
sixième \ elle est plus commune vers la puberté, ou quel- 
ques années après, surtout che^l^ les jeunes négresses, 
dont la menstruation éprouve quelques retards dans son 
apparition. 

Les causes paraissent fort obscures au premier abord , 
et il est fort difficile d'obtenir des nègres des réponses 
claires aux questions qu'on leur adresse sur les antécé* 



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JQURKAUX FRàKÇÀlS. ^49 

dens de leor mal. Cependant ou pent désigner parmi 

les causes naturelles : 

. Le tempérament lymphatique , assez rare chez le 

nègre; 

L*excès dés liqueurs spiritueuses, particulièrefnent du 
taffia; . 

Les goûts dépravés , par exemple , pour la terre , les 
matières calcaires ; ' 

Des contusions violentes sur la région épigastrique -, 

La suppression des règles ; 

La répercussion de la gale , très commune chez les 
nègres , surtout chez les nouveaux débarqués ; 

La repercussion de toute autre maladie cutanée; 

Les afiectious morales , qui en sont plutôt en général 
leffety ont paru cependant quelquefois en èu*e une cause 
déterminante ; 

Enfin au premier rang, Faction des substances véné^ 
neuses données à doses brisées, et ceci constitué une 
cause non naturelle. 

Endémique sous la zone torride , surtout à la Marti' 
nique, cette maladie n'est jamais épidémique ; mais on 
peut être assuré que lorsqu'elle se montre dans une ha« 
bitation , elle attaquera en môme temp<i un certain nom^ 
bre d'individus , dont la plupart finiront par succomber. 

On peut diviser sa marche en trois périodes. Voici les 
symptôme de la première : état général de tristesse et 
nonchalance , pesanteur de tête , avec céphalalgie vagiitJ, 
et sentiinent d'ètourdîssement qui fait craindre au ma- 
lade de ne pouvoir marcher sans tomber, surloiit lorsque 
le soleil frappe le sol perpendiculairement ; soîf ardente, 
appétit nul ou dépravé; goût particulier qui porte les 
malades à manger de la terre, avidité surtout remar*- 



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i»5o LllTÉBAXUEB kÉDICALE FIUKÇAISB. 

qoable poiir la craie » la cbaax, et toutes les matièrea 
calcaires, au point que les murs de leur chambife por» 
tent des traces de cette dépravation du gout^ les sab« 
stances les plus bizarres, et les plus dégoâtinies , les e&« 
jcr^en^ en soot quel()uefois 1 objet: les vounsseoiens 
abondans qui signalent souvent le début, ne se montrent 
plus, passéla première période, pendant laquelle ils sont 
encore rares et de peu de durée. 

La langue , sans être sèche , n'est pas hqmectée, n& 
mouille pas le doigt qu'on y passe , et offre , à part la 
^nte un peu rougeatre de ses bords , une pâleur géné^ 
raie remarquable: elle est tuméfiée, rarement recouvert 
de mucus ou d'enduit ^ les r^ons épigastrique et ster- 
nate sont le siège d'one doulieur vive qui augmente par la 
pression , et d'une chaleur simulant une brûlure ^ irra**' 
diantjusqu'au.milieu du thorax: on sent uil ballonne-* 
ment prononcé du ventriculer 

'. Bas ventrequelquefois un peu ballonDé^ souvent oob-^ 
stipation, quelquefois diarrhée, et alors douleur par- 
courant en cercle tous les intestins, surtout le ooloa » 

Respiration haute et accélérée, essQuffiement et jac* 
croassement de la douleur par la course et k marche 
précipitée , qui accélèrent aussi la circulation déjà plus 
vive ^ battemens de cœur sensibles sous la mam et déjà 
a Toeil nu ^ pouls fréquent , petit, assez souvent concen- 
tré, sans être dur. Déjà les jugulaires commei|f.efnt à bat^ 
,\re. Le visage moins noir commence à perdre de son lui-^ 
saut ; souvent il y a déjà une légère bouffissure de là face. 

Peau brfLlanle , sèche ^ sueurs nulles ; fièvre évidente. 

Menstruation retardée chez les jeunes n^resses non 
^encore nubiles, supprimée chez les autres; la guérison 
*9C|ile en amène le retour on rapparitian* 



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CSelte première période peut durer deux ou trois mois, 

2* période. Toas les symptômes s'exaspèrent: décou* 
ragement complet , étourdisscmens cohtinuels , dégoût 
et dépravation de Tappécit plus prononcés^ il survient 
une diarrhée brune ou noirâtre , tenant en suspension 
des matières calcaires ou terreuses, et souventune grande 
quantité de vers ; dotileur épigasirique persistante , sans 
être plus forte, avec plus de tension ; pâleur de la langue 
plus prononcée , sans le plus léger mélange de rouge , 
aspect de cet organe caractéristique , lisse et luisant ^ son 
lissu est comme mâché , son contour o£b*e presque tou^ 
jours rimpresision des arcades dentaires, ses papilles 
sont devenues imperceptibles , soif moins vive , mais 
toujours prononcée. . ' 

Respiration et circulation plus embarrassées, peaîi de*> 
venue brune«livide. 

Battemens des jugulaires extraordinaires, même dans 
Î88F momEcns dé repos continuels , bouffissure plus mar- 
quée du visage , oedème des pieds et des mainfi;, de ma- 
nière à simtulei* une maladie grave du cœqr, qui le plus 
30uvent n'existe pas. 

Gorps chaud et sec, extrémités froides, flaccidité et 
mollesse des membres qui annonceiit déjà une grande 
anémie. 

La durée de cet état varie scion les traitemens em- 
ployés^*, ibest quelquefois d'un an et plus^ivant l'arrivée de 
la dernière pétiode qui est constamment sans ressource. 

'à^ période, j&u plus gr^nd découragement vient se 
joindre une grande faiblesse; la peau devient jaiuie- 
pâle, les yeux languissaos., les conjonctives jaunâtres et 
îuiiUrées; décubitUs presque continuel, articulations 
rapides et douloureuses , ^urto^t celles des n^embres îp^ 



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^52 LlTTÉilATDRE MÉDICALE FRANÇAISE. 

férieurs > anasarque complète, ou marasme extrême avec 
œdème des pieds et des mains i langue et gencives ra- 
mollies et couvertes de muguet ^ la première molle , co- 
tonneuse, d'un blanc mat, et tellement caraclérisiique 
qu'elle a fait donner le nom de langue blanche à la 
maladie; ou n'y reconnaît plus de vestiges de papilles , 
même à labase^les gencives, pàleà comifie la langue, sont 
exsaugues et ramollies , ainsi que les muqueuses appa- 
rentes. Dans certains cas , appétit et soif tout-à-fait nuls; 
dans dWtres les malades demandent constamment à 
manger, et le manger soulage la douleur épigastrique : 
ils demandent même des vins généreux et des liqueurs 
fortes qui ne font qu'accélérer la mort. 

La douleur si vive de Testomac est quelquefois nulle , 
excepté à la pression ; elle se change plus souvent en une 
sensation de faim canine :: le ventre , peu sensible, se tu* 
méGe , se tend , et déjà on y reconnaît la fluctuation d!ùn 
liquide : quelquefois , au contraire , lorsque le marasme 
est extrême , la diarrhée devient excessive et le venire 
se plaque au dos ^ ce phénomène s'observe sur ceux 
des malades qui résistent le plus long^temps. 

Le pouls bat cent cinquante,. devient faible, petit, 
filiforme, inseiistble; les jugulaires battent avec autant de 
fréquence que le pouls. La respiration et les battemens 
du cœur se précipilept tellement, que les pulsations ne 
permettent pas une. minute de repos; tout devient à 
charge aux pauvres malades , qui , après èlrq restés dans 
ce pénible état , quelquefois pendant quelques semaines , 
succombent au moment où orî s'y attend le moins , et 
toujours couchés sur le ventre. 

Nécropsie, Malgré la difficulté de faire des ouver- 
tures aux colonies , M. Noverre en a pourtant pratiqué 



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im certain nombre ^et a tcouvé les ahéra lions suivantes 2 
Crâne. Sang violacé dans les sinus et les veines du 
cerveau en assez; grande quantité, injection artérielle ra- 
rement prononcée^ d'où masse encéphalique presque 
toi^jouro flasque; memln^anes saines ^ sérosité assez abon*^ 
<)ânte danH les ventricules* 
. Thera^^ Poi^mons ordinairement sains, crépitans, 
m^s jd'urie pâleur remarquable» Souvent même Ten- . 
goueraent ordinaire dos agonisans n'existe pas; souvent^ . 
e|. surtout. à gauche , quelques verres de sérosité dans la 
plèvre;^ \^ périciarde en conliept ordinairement le doubla, 
de I5I quantité naturelle. 
> Çœar pâle eiQasque, souvent volumineux par dilata-' 
tioj|i^; son tjssu inou se déchire au moindre eiTort et en 
quçlque sort,e plus facilen^nt .qu'on ne le coupe. Il jia. 
djl^ttatiçu très distincte de toutes les cavités, surtout 
4es oceilletles et du ventricule droit , qui est ordinaire- 
^içnt repipli d'un fluide sans consistance et tout-à-faît 
analogue à de Veau rougie par un de nos vjns violets : 
js^niais on ne rencontre de concrétions albumiaeuses. 

Arthre&* Rien de parMculier \ V^orte a seulement pré-^ 
sente quelques taches violette^, ou une teinte uuiibr- 
mément violacée dans toute la crosse. 

jpronche^. Épaisseur et pâleur, de la muqueuse d'au-» 
tantplus pronoucée qu'onremonte vers le larynx; souvent . 
traces de muguet chronique, qu il n'est pas rare de ren- 
contrer non plus sur l'épiglotte et même sur les cordes 
vocales : cet état cotonneux ressemble en effet au mu- 
guet à la première vue, mais il existe réellement aux 
dépens de la muqueuse épaissie , qui par£^it recouverte 
de petites écailles molles, blanches, aussi minces que 
répiderme. La langue, après la guérîson , ne présente 



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ia^^ LlTTÉhATURE MÉDICAt^ FltAVÇAtSB^ 

jamak de ^{uiles, ce qui prouve qu'il y a eu tèelléf^r 
mtiul destruction de 1 epiderme. 

jippareil digestif* Œsophage^ quelcpefois sain 4 
miris , dans les deux tiers des cas , épaissi dans toutes ses 
tiHiiques , et alors tapissé, dans loute soti étendue, par 
une mucosité épaisse, analc^ue à cette sécrétion qui' 
recouvre les intestins pblogosés depuis très long-temps. 

La cavité abdominale confient presque ioujours une 
assez grande quantité de sérosité citrine. 

Estomac et intestins y pâl^s à lextérieur^ souvent 
boursouflés par Tinfiltration et quelquefois par Pemph j«* 
sème de la séreuse. Muqueuse de Festoniac ordinaire** 
ment d'un pâle un peu jaune^ sans vestige de replis , et 
d'une teinte tellement uniforme, qu'on croirait que de- 
puis long-temps le sang ne circule plus dans les vais-* ' 
seaux : c'est sans doute à cet état qu'on doit rattacher 
le manque de vomissemens dans les deux derniers degrés 
de la maladie , la membrane musculeuse sans force et 
sans contraction ne pouvant plus contribuer pour sa 
part à la production de ce phénomène. En frottant avec 
le dos d'un scalpel, on enlève avec facilité un mucus, 
comme purulent , qui adhère à peine et que le moindre 
lavage détruit. Lavez'vous la muqueuse, vous la tendes 
laciloment cotnme une toileuiiie) sans saillie, ni enfon- 
cemens, ni cryptes mnqueux, ni bouclies absorbantes^^ 
comme on a déjà vu pour la langue; néanmoins , vous 
détachez avec facilité la muququso avec le àcalpet ou 
même les ongles. Il y a en même temps ici amincisse^' 
ment des tuniques, tandis que partout ailleurs on ob-^ 
aerve un épaississement : l'estomac est presque transpa- 
rent. Intestins grêles : duodénum particulièrement al*- 
téré -, ses parois ont au moins, doublé d'épaisseur ^ sur-^ 



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IoUBHAUX FilàlVÇAfà. ' If 5$ 

toiit là niuqucuse que recouvre une bile rare , jaune ^ 
très claire, et une mucosité comme purulente. Intestins 
gi*èles , très boursouflés à l'extérieur , comme macérés , 
pales : muqueuse pale , valvules rares , et vers la fin de 
Viléon, épaississement remarquable presque constant de 
cette tunique avec développement marqué des follicules 
muqveux. Gros intestins. Altérations évidentes du co* 
Ion , du cœcum et du rectum , dont toutes les membra- 
nes sont considérablement épaissiea^ jamais d*ulcéra«>- 
tions, même pâleur partout, même matière purulente 
obtenue en grattant la muqueuse. C/est surtout dans le' 
colon que le boursouflement de la séreuse est considé*' 
rable; il a ^elquefoia quatre ou cinq lignes. Glandes 
nïésentériques , ordinairement durcies, volumineuses, 
paraissant quelquefois injectées en rouge-noir. 
. Les autres viscères sains , et ridés seulement, comme* 
tous ceux qui sont en uiaeération. 

Anasarque : quelquefois extrémités seules infiltrées; 
musclas grêles et flasques ; sang toujours violet , liquide 
et presque entièrement séreux. 

Traitement. Celte maladie connue depuis long-temps 
dans la colonie, sans qu'on puisse pi^iser Fépoque dd' 
son apparition , a été combattue et l'est encore par des 
moyens divers , les uns tout-à-fait empiriques , les autres, 
plus ou moins rationnels. Dans la première série, sont 
les émétiques et les purgatifs drastiques, entre autres la 
médecine de Leroy, et, il faut le dire, pour quelques 
cas de guérison , on compte bien des victimes de cette 
méthode incendiaire. 

Des médecins sages et instruits virent dams cette ma- 
ladie, un état morbide des organes digestifs, et l'allé-' 
raiioh du sang et des humeurs qui en procèdent 5 en 



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2j6 ï-tTTÉRATUIlE MÉDICALE FHAKÇAïSÈ. 

conséquence , ils jngt^rcnt cooveiiable de. donner d'a1>or(i 
un ëmélique, puis de purger , et d'administrer ensuite 
des toniques végétaux , et quelquefois des ferrugineux i 
surtout Toxidede fer. De nombreux succès couronnaient 
l'emploi de cette méihode, si la cause première de la 
maladie était éloignée; et cette cause pour M. Noverre 
réside neuf fois sur dix dans Faction d'une substance 
vénéneuse, donnée à doses brisées. M. Noverre consi^ 
dère cette afiectibn morbide comme une phlegmasie pri* 
mitive de l'estomac et des organes digestifs à forme 
chronique dès son origine , et compliquée de faiblesse 
etd'allération manifeste du sang. Partant de ce principe^ 
il n'hésite pas , lorsque le sujet, jeune, a été vigoureux, 
et que ses forces le permettent , à lui pratiquer une ou 
deux saignées , malgré la bouf&ssure, il a tiré ainsi jus-* 
qu'à vingt once^ de sang. 

Le sang a toujours paru le même , très fluide, bleu- 
violet , ressemblant plus à de l'eau roùgiequ'à du sang, 
se^coagulant lentement, avec un caillot minime et peu 
consistant. Il est quelquefois arrivé de trouver, sur le 
caillot une légère parcelle d'albumine coagulée ; dans ce 
cas surtout , M. Noverre a constamment pratiqué une 
spconde saignée , et presque toujours alors ^ il a pu ré-* 
pondre de la guérison , certain des ressources qu'offait 
alors le malade. Les sangsues à l'cpigastre et à l'anus ne 
lui ont jamais donné des résultats aussi satisfaisans. Les 
adoucissans de toute espèce , les gommcux, le lait , et 
surtout le grand lait doivent être administrés , mais l'u- 
sage de ces moyens ne saurait être prolongé , sous peine 
de voir survenir la diarrhée et toutes les conséquences 
de l'anémie et de l'inertie du tube digestif. De tous le» 



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iroiruNAux français. a57 

loniqu€6 et astrîngeiis , les ferrugioeus , el parmi eux le 
sulfate de fer, ont paru mériter la prëfércncé. 

Deux gros de sulfate de fer dissous dans une boBteille 
de^in rouge ou blanc > oU mieux encore dans une bou- 
teille ûe vin d'orange , liqueur du pays, pi^parée avec 
des oranges amères ^ des oranges sures , du sucre et du 
rhum, forment nûb teinture ferra-alcoolique qu'on 
donne à la dose d'un , deux ou trois petits verres à vin 
par jour \ on encourage le malade après chaque prise , 
et;on lui fait faire une promenade qui t-ecd à exciter la 
transpiration. C'est surtout lorsqu'il y a suspension des 
menstrues que ce remède est efficace; il a pu rétablir^ 
avant le troisième mois, des règles supprimées depuis 
près de deux ans. 

Si le malade éprouve daçs les quinze premiers jours 
une amélioration caractérisée par le retour de la couleur 
noire d« la peau, la diminution de la diarrhée, etc. , ctc*, 
on peut espérer qu'avant trois mois la guérison sera 
c;ompIète; si nop, il faut perdre tout espoir, quel que soit 
le traitement mis en usage. Il faut en outre combattre 
l'action des causes; donner, s'il y a eu répercussion d'une 
maladie de la peau, des bains de vapeurs aromatiques, 
qui ont aussi une action très marquée sur les, bouffis- 
sures, etc. , etc. La rhubarbe torréfiée, surtout dans le 
bas-âge, aparu favorable, surtçutsi on y joint une nour- 
riture sticoulente et l'usage d'un vin de bonne qualité. 

IVlais si la cause est un poison administré à petites 
doses et de temps à autre, le mal est presque toujoui^s sans 
ressource , à moins qu'il n'ait été dosé qu'une ou deux 
fois. Le premier remède est alors l'éloignement de la 
cause, et une rechute presi]ue conslamnaent et plus 
proraptement mortelle ne tarde pas à suivre une non- 
Tome IV. Noi^embre 1 833 . j « 



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!^6 LITTÉRATURB MéOlGALE FRANÇAISE. 

yMe adminisuralioir du poison , lorsqu'une premières 
lois , on était parvenu à amener les malades à la couva-' 
lestôemoe. 

U eat à re|;relter que M. Norerf^ n'ait pu joindre 
quelques observations à son mémoire , celles qii'il avait 
védigéet s'élanl trouvées perdues dans un voyage. Ail , 
veste 4 sa description cit aussi détaillée qtte possible, et 
il est difficile de ne pas trouver la plus grande analogie 
entre la maladie qu'il a dépeinte', et la chlorose portée 
aa plus haut degné^ ou plutôt peul être Tanémie des* 
mineurs , ou des hommes plongée long^remps dans des 
cachots hvmides et infects, privés de toute influence 
de la chaleur et de la lumière solaire, et faisant en mâme 
temps usage d'une nourriture grossière et malsaine y 
quelquefois même putréfiée. L'insalubrité du climat de 
œriaînes localités des Antilles, dont M. Noverre ne fait 
aucune mention n'enire-t-elle donc pour rien dans les 
causes du développement de cette maladie ? Une action 
aUSBOsphérique spéciale , la constitution particulière de 
la race n^re ^ ne sont-elles pas la source de quelqueit 
caractàres peu tranchés qui distinguent cette maladie deé 
affections analogues observées dans nos climats ? Je serai» 
assez porté à trouver dans ces circonstances ou quelque^* 
autres semblables ^ la raison de ces variétés de forme , 
de quelques altérations plus prononcées , et de la gravité 
plus marquée de la maladie des Antîlle?. 



Journal jfe chimie médicale ( octobre i833). 

. ,L Analyse dCun liquide employé contre les mnladie^s 
de la peau , dartres , gale , efc. ,• par M. L/^ssai^ne^ Ce 



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JrotJR^AtJX FftAiiÇÀis, aSg 

iîqui(Je avait été envoyé à M . Id dirèrlcur de Técole 
d'Alfort^ avec învîtaiion d'en faire Tessaî sur les ani- 
xnauit affectés de gale ou de dartres. Limpide , neutre ^ 
d^utie teinte légèrement rosée ^ d'une odeur perii pro- 
noncée, d'une saveur très piquante, puis un peu âcre^ 
d'une -densité plus grande que celle de l'eau distillée > 
marquant 3o° à raréomèlre de Baume , ce liquide n'est 
autre chose qu'une solution mixte de prolo-hydrochlo- 
rate de manganèse et d'hydrochlorate de chaux dans les 
proportions suivantes : eau 67,00; proto-hydrochlorate 
de manganèse 26,79; hydrochlomle de chaux 7,21. 
M. Lassaîgne présume qu'une pareille solution provient 
du résidu d'opérations chimiques, et probablement de 
TeXiraction du chlore dans la fabrication des chlorures 
par l'oxide de manganèse et l'acide hydrochTôrîqtio. 
L'excès de ce dernier aurait été sans douté saturé par 
Une certaine quantité de craie; ce qui expliquerait l'âb* 
^ence du péroxide de fer dans ce produit. M. Làssai^e a 
très bien réussi à reproduire une liqtleur toute sembla* 
ble en exécutant l'opcratioti présumée* Si l'expérience 
démontre l'eflScacîté thérapeutique de cette liqueur , ce 
^ra un moyen fiicile à préparer, en utilisant ce résida 
de nos fabriques. 

IL Ëxàmûn chimique d'une matière concrète qui 
s'était développée 15 ur le cristnllin dun cheval; pat 
M. Lassaioïjé. Cette espèce d'incrustation qui entourait 
la partie antérieure du cristallin , ne s'était point formée 
sur la membrane cristalline. Elle était composée de 
couches superposées, très dure, cassante, cViin blanc ^ 
jaunfilre, et mamelonriée â sa surface , épaisse d'un mil- 
limètre environ , posait, après dessication , o,4io grara* 



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a6o UTTÉUATCRÇ MÉDICALE FRANÇAISE. 

mes ou nii ,pbu plus de 8 grains. La substance du cris-* 
tailiuqiiî y adhérait, était ramollie , purif'orme, et d'une 
couleur jaune-brunâtre^ sans exhaler aucune odeur fé- 
tide 5 de simples lavages ont suffi pojur opérer facilement 
la séparation de la partie concréiée. Cette concrétion pré- 
sente à l'analyse la composition suivante : 

5uro,3^ogr. Surioopari« 

Matière animale albumîneuse. 0,090 29,3 

Phosphate de chaux. a, 160 5 1 ,4 

. Carbonate de chaux. o^oo5 «^6 

Sels alcalins solubles. o,o55 17 ,7 

o,3io 100,0 

Ou voit tout de suite aux proportions relatives du 
carbonate et du phosphate de chaux qui sont ici dans le 
rapport de i,5i , que- celte sorte d'incrustation calcaire, 
assez commune dp reste dans Torganisation animale , ne 
saurait être regardée comme une véritable ossification^ 
le rapport des deux sels calcaires dans les os offrant Té*- 
norme différence de i de carbonate sur 5 de phosphate 
de chaux. 

ni. Recherches sur les propriétés thérapeutiques du 
lobelia syphilitica et du lobèlia inflata (extrait d'un mé- 
moire de la société médico-botanique de Londres , i/\ juin 
i833) ^ par )e docteur Sigmond. Le lobelia syphilitica 
a joui long-temps d'une grande renommée dans le trai- 
tement de la gonorrhée : son action spécifique sur la 
muqueuse uréthrale et vaginale est évidente. 

Le lobelia inflata est une plante trîenniale , indigène 
des États-Unis. Les feuilles et la cfipsule sont très acres, 



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XOIJnNArX FRANÇAIS. '^6i 

fcitr goût se rapprochede celui de rëmélîque: lorsqu'on 
les conserve quelque temps dàtis la bouche , on éprouve 
des lottrnoîemens et une forte douleur de tête, avec agi- 
tation et sorte de trembltement de tout lie corp ; il sur- 
vient ensuite des nausées et même des voinrsscmens. 

Cette plante, rangée parmi les émétiqnes de la phar- 
macopée atnérîcaine, est administrée à la dose de quinze 
grains pour déterminer lé vomissement, qui ordinaire- 
ment a lieu, mais avec relâchement général , débilité , 
swewr et quelquefois diarrhée. Le docteur Eberls Ta 
donné comme éméiique et avec des elfets remarquables 
dans le croup. A l'extérieur, Slraps Fa employé en in- 
fusion dans l'ophlhalmie.^ Le docteur Cutter le premier 
en a faii usage dans les accès d'asthmes spasmodiques , et 
a obtenu le plus grand succès sur lui-même de l'emploi 
de la teinture éthérée. Le docteur Drury fît cesser com- 
plètement par le même moyen , dans l'espace de trois 
miuutes, un accès violent d'asthme avec dyspnée ex- 
trême. Une seule cuillerée à thé de la teinture éthérée 
et saturée produisit cet effet ; la dose répétée au bout 
de dix minutes excita le vomissement avec une sensation 
de picotement à la peau, et depuis, la maladie disparut 
complètement. D'autres médecins en Amérique ont es- 
sayé cette plante avec un égal succès. Le docteur Recce 
l'importa en Angleterre. Le docteur Andrew publia sur 
ce médicament un mémoire dans le journal médical de 
Glascow^ Enfin le docteur Sigmond ajoute son témoi- 
gnage à celui d'un grand nombre de médecins. 

Généralement, suivant lui, la dose première admi- 
nistrée pendant un accès d'asthme spasmodfquo ramène 
)a respiration à Vétat naturel : en même temps, fell.é dimi- 
nue l'engorgement des Vaisseaux broncliiquesparrcxpec* 



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1l6a LITTÉRATUBE MÉDICALE FIlAlîÇAlSE* 

(oratjon du mucus qui s'établit presque aussitôt ; on « 
obtenu de notables succès de Teinploi du mê*ào remèdo 
dans la coqueluche. Le docteur Andrew assure qu'il n'a 
jamais trompé son attente que dans un seul cas pi eu a 
aussi fait Fessai dans une cboréc opiniâtre dans laquelle 
les antispasmodiques, les purgatifs et les toniques avaient 
échoué* Quarante gouttes administrées trois fois par jouF 
firent cesser complètement les mouvemons convulsifs des 
membres, et la malade (jeune fille de quatorze ans) §o 
vétablit bientôt. Le môme moyen diminue ^otablement 
la toux et la dyspnée chez les phthisiques. 

On a aussi recommandé de fumer les feuilles sèches, 
du lobelia inflata mèléps avec d'autres plantes dans la 
proportion d'un quart , et on dit en avoir obtenu de& 
e0ets avantngeux. On en a fait une préparation analogue 
à l'eoxime, en remplaçant toutefois le miel par le sucro 
de laii. 

Voici la formule américaine : 

Lobelia inflata.' . . . g iv 
. Âlcoolis diluli. . . . Jij 
Digère pér dies decem et cola per chartam. 
Dosis : 20 ad 4o guttas. 

Les médecins préfèrent généralement la teinture a la 
poudre des feuilles. La préparation la plus efficace esl 
la teinture éihérée, obtenue en dissolvant dans l'éther 
l'extrait préparé par la vaporisation spontanée : une cuil- 
lerée à thé de celte teinture prise pendant un accès a 
ordinairement un effet très prompt. 

Il est pourtant essentiel de tenir compte ^q la pré-» 
sence de l'éther qui, à celte dose, possède à lui seul Hu<J 
action antispasmodique puissante* - 



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JOURNAUX FaANÇllS. !î63 

IV. Prçcè^é propre à ^montrer la présenee d'un 
cem ^ingt^huitième de grain d'acide çrsénieux ,• par 
P. H^ BotTi9«Y> pliaiipacien à Ëvcenx^ M. BimttgBy 
ayaîjl d^à employé pour parvenir à ce but , BxaSe «ans 
r^U$^ir çpmpIèteEoent , le potassium et le sodium. Il a 
e^ ilepuis l'idée djemployer le procédé de Beti^ïtts et 
dç Ro^e , et il a o>bt<mu le succès le plus complet. Ëe 
procédé cçn&iste à tntjsrer la substance qui eoui4«ni d^ 
Var^teQ^ av^p dfi la jopde > et à sonniettre ^e mélange | 
r^^cMon d'un bon feu de réduction sur un support de 
charbon. Pour bâ en réussir, il faut encore prendre quelH 
qq^ précauiions. Ainsi, il faut chauffer m^dtSrébiç^^ 
pour délenniner d'abord la fusîon aqueuse du seil »de 
soude, puis' sa dessicatîon, enfin la fusion ignée: alors 
il faut ceç^er de cfaaufler , et se placer perpepdîcùlafre- 
ment sur le charbon qui exhale l'odeur alliacée de l'ar- 



senic . 



Tout en reconnaissant rinraîllibïjiié d'un pareil pro- 
cédé , on n'en avait pas moins fait à son auteur des ob- 
jections sur lesflvaniages qu'il s'eh promettais dans la 
découverte des empoisônnemens : il y aurait , disait-on^ 
d^ la léwérité à affirmer qu'un individu est mort em« 
pojspnné , si Vm ne retrouve qu'une aussi faibje quan- 
tité d'a^'senic : en /Outre, rarsenJc ne pourrait-i! pas, ainsi 
que fe cuivre , se retrouver da«$ les alîmens ou boissons^ 
«H dam les vases employés à la prépai^iion des alimens? 
On sait que le bî«mutbtïoiitient de l'arsenic et qu'41 est 
employé par les chaudronniers ambulans pour poKr les 
cuillers detain. L'antimoine ^ son sulfure en contien- 
nent presque toujours aussi 5 ^fin l'arsenic est employé 
dans certains cantons au chaulage du blé. Eh bien ! le 
procédé indK[ué plus h£^ut poHr démontrer la présence 



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i*^^ lai*^. i.-\«* 



£ 










a64 UlTTÉRATUEE MéDICALE FRANÇAISE. 

de rarscuic , ne pnt en séparer la moindre trace d'iine 
cttUler d^élain polie avec le bismuth y ni de rantimotne 
et de sou snlfnre^ quoiqu'on put l'obtenir par le pro* 
cédé deSërulIas, m du blé chaulé dans une solution 
contenant de r'acid&arsénieux. Quant k la quantité d'ar^- 
s^nk relrouvé, elle est indifférente : il suffit que cette 
subslance soit obtenue pour prononcer qu'il y a en em^ 
poifonnement 4 Bien en tendu que cela ne prou vera pas qu^ I 
y a eu crime ^ l'empoisonnement pouvant être le résultat 
d'un suicide , d'une erreur y etc. , etc. , toutes questions 
qui ne sont plus de la compétence de l'ei^pert chimiste 
appelé seulement à prononcer sur le £ait matériel de* 
l'empoisonnement.. 

Y. Sirop de café» Formule de M. FERRARr.. 

Ciafé du Levnnt torréfie. . Sîv 
Eau ............ Ibij 

Sucre raffiné . ....... Ibiîj 

Faitesinfus4^ pqndanrt six heures, dans un vase fermée 
1q café avec une livre et demie d'eau fffoide ^ placez en-^ 
suite f en le débouchant un peu, le vase sur un bain- 
marie*, quand le bain-marie bout,, retirez le vase, lais^ 
ser déposer, décantez , et versez, sur le résidu les huit 
onces d'eau reMantes,, que vi>us décantez au bout de 
quelques heures. Réunissez les liqueurs , et versez peur 
à peu sur le sucre , faites dissoudre au bain-marie et 
passez à la chausse. 

La dose de ce sirop est de demi«-onee à une once eP 
plus dans suffisante quantité de véhicule 

VI. Nouveau moxa\ M, Ferrari conseille do tremper 



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JOVniXÂIJX FIAUÇAIS. '265 

du colpn daos une solntibii saturée de ddorâte de po- 
tasse, el de lui donner ensuite la forme de cônes que Ton 
fait plu^.ou moins gros .el plus ou moins compacts. Ces 
moxas sont beaucoup plus actifs que ceux que Von fait 
avec le tissu celluleux des feuilles de Tarmoise (artemisia 
arvensis) , avec la moelle de riielianthus annuus , ou 
avec le. coton imbibé de nitrate de potasse. 

• . ■ ' - . . • • ' ■ 

. Ylï. De la créosote) par Te docteur Reigheubach ps 

BlÂksko. Extrait et traduit de lalkmand des Annales 
de Scliweigger - Seîdel , vol. vi et vu. M. iç docteur 
Reîchcnbach a retiré des produits de la disiillaiioA des 
substances végétales, et particulièrement de IJacîde pyro- 
ligneux et de tontes les espèces de goudron , une sub- 
stance nouvelle qu'il a nommée créosote (dexpiâ; cbaîr, 
et ffcj^o), je conserve) à cause de la propriété qu'a celt^ 
matière de conserver la chair qui en a été imprégnée*. 

La creb50£6 qui nagea la surfiace du vinaigre de'bois' , 
et qu'on ne parvient à obtenir pure que' par xtii ftodéAé 
compliqué, est une huile peu grasse en apparence, ^dci 
la consistance de l'kuité d'afmandes , incolore , transpa- 
rente, réfraclanl considérablement les rayons lumineux 
et les dispersant avec plus de force que le sulfure de 
carbone , d'une odeur pénétrante et désagréable , d'une 
saxeùr brûlante el caustique^ pesant 1,087, entrant en 
ébullition à 203** cenii g., conservant sa fluidité à 27*. Ver- 
sée sur du papier, elle tacfaie comme les huiles volatiles ,. 
et disprait entièrement au bout de quelques heures, elle 
n'est pas conductrice de l'électricité, n'agit point sur les 
papiers réactifs, s'unit à l'eau en deux proportions, 
formant un hydrate fluide contenant ro d'eau pour loa 



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9.6& ' LITTÉRÂTUUE MÉDICALE FRAKÇAlSE. 

decréosotet et une sc^tition qui renferme i i;4<l<î créosote 
pour loo d'eau. 

Le TÎnat^e de l>ois de hétk>e en contient 172 pour ioo> 
et le goudron du même hcÀê 20 à ^5 pour 100. 

I41 créosole.diasbnit niieux que Taloool les résines ^ 
et les iu9tiéiveS'Coloffanteà résStioïdes, surtout riodigo qui 
ne précipite pas de sa dissolution par lé refroidissement. 
L'albumine des œufs de poule est à peine mise en 
contact avec la créosote , que toutes deu^ deviennent 
' solides. Là créosote hydraléeprécipile abondamment l'ai? 
bumine étendue d'eau , agit de même sur le sérum d^^ 
sang , dont elle concrète Talbumine , en enveloppant la 
matière colorante, mais sans avoir d'action sur la fi- 
brine. ' ' ' 

La chair fraîche plongée dans la créosote hydratée ^^ 
et retirée après une demi-heure ou une heure , et sé- 
chée, peut rester exposée à l*aîr et à la chaleur la. plus 
iniensefdu soleil sans se putréfier : elle continue à se des- 
s4ç^^r.^;e^Ai;ipbout;4e htfjit joMtSjBlle.esidure, cassante et 
exhale, uxi^ odçur.d^ bonne . viande fumée. La créosote 
e^,t s^ips domie l'élém^t qju,itagii leomme principe xon-^ 
sef va^ei^r dès vjandes dans la fjuinl^^»: Vaspbalte, le gou- 
dron:,. 1/^9^? pjro-ligneux , e^ç. La créosote pure agit 
sur les corpS[ organiques v.égét,giUx ou animaujcàla ma-» 
jûère.des.ppisons.. • .,, " , 

Ceite subsiancç p^^,aîli>cQBftpo0ée seulement de carbone 
et 4'hydrDgène<5 comme, certaines . huile» essentidles : 
décomposée dans un ti^bp de porcelaine, porté aii ronge ^ 
jiJle donne entre: autres, produis de beaux cristaux de 
naphtaline, 

JA'uiploi ibérapei^ûque de la créosote pure ou élen- 
dup d'eau a offert au docteur Reichcnbach les résultats 



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JOURNAUX FRAWÇAIS. 267 

les plus sai.îsfaisans dans les aûbctioos cancéreuses , les 
pourritures , les caries^ et même quelques-unes de ces 
dernières rebelles à tous le^ autres moyens ont guéri 
avec une rapidité étonnante. 

Les propriétés de Thuileanimale de Dîppel» de l'eau 
def^oudrouy ou de poix liquide, de l'huile empyreuma- 
tique de Chabert paraisseut à M, Reichenbaçh devoir 
être, rapportées à la crépsote contenue dans ces diverses 
si^b^iauces. Il parait bien aussi qu'elle est une partie 
constituante (^e celte eau importée d'Italie sous le nom 
d'ecm de Binellij et, qui jouit, au rapport de quelque» 
luédecinsy de la propriété d'arrêter l'écoulement du sang 
des petite vaisseaux, par son action coagulante sur le 
sérum. 



LITTÉRATURE MÉDICALE ÉTRANGÈRE. 



ANALYSES D'OUVRAGES. 

Essa^ sur Vétat de la médecine et sur les mala^ 
dits endémiques dans la Turquie dJsie e^ 
d'Europe y 

Par F. W. Oppekheim, D. M, ' 

Hambourg, iâ33. 

Rien de plus intéressant pour le médecin observateur 
que d'examinçr les prctpiers eflforts que l'homme, encore 



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268 LlTTéRATOttE U1ÊDICALE ÊTttl^WGÈRP. 

dans Télat de nature, tente pour résister aux niaradîêsr 
dont il se sent atleiat ^ tes idées superstitieuses se mê- 
lent aux tatonnemens empiriques, fa relîgTon à Fart de 
guérir, et le prêtre résume en hii seul les pouvoirs dir 
sacerdoce et les fonctions dti médecîn ; mais cet intérêt 
augmente encore, s'il est possible,. lorsque cet état de 
barbarie a été précédé d'un état de eivHisation, lorsque 
des connaissances traditionnelles , conservées d^âge en 
âge, transmises de bouche en bouche, viennent, quoique 
défigurées , éclairer quelquefois une aveugle pratique. 
Les Turcs,, descendant à la fois de ces Arabes si civilisés* 
sous tes califes, et decesGrecssrsavansduBbs-Empire, 
présentent cet intéressant tableao-que le docteur Oppen- 
heim a eu le temps d'examiner à loisir pendant les trois 
ans qu'il a résidé en Turquie comme médecin du grand- 
vîsir. Son livre a tout le charme d'un voyage joint à l*inr 
térêt d'une production scientifique. 

Le» amulettes, dix*il, joubsent encore d'am grand' 
crédit parmi les Turcs : ce sont des passages du Coran ^ 
des parchemins couverts de signes cabalistiques. Les. 
bezoards passent pour guérir presque toutes les mala- 
dies, et les larmes répandues par un de leurs saints, soit 
pendant une vive douleur, soit dans l'extase d'une prière 
fervente, sont un moyen tout puissant que l'on donne 
dans les cas désespérés. Les Derviches arabes emploient 
contre les migraines une espèce de magnétisme animal en 
promenant les. pouces, et en crachant sur le front de la 
personne souffrante. Les fièvres intermittentes sont tou- 
tes attribuées [àt un malin esprit, et les médecins perses 
et égyptiens écrivent des exorcismes sur de petits mor- 
ceaux de papier que les malades avalent;' voilà pour les 
superstitions. Avant de passer à l'examen de ht méde^ 



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tnnc proprement dite, il est indispensable de donner un 
aperçu, une classification, pour ainsi dire, des diverses 
espèces de médecins qui exercent en Turquie II y a d'a- 
bord des niédecins chrétiens ^ ce sont souvent des hom- 
mes instruits, qui ont étudié dans les universités. d'Eu- 
rope , et qui s'établissent ensuite dans les grandes villes 
4e l'empire. 

Mais comme la plupart de ces médecins sont francs, 
c'est-à-dire. français, italiens ou allemands, il en est ré- 
sulté que le Turc ignorant regarde comme médecin tout 
homme qui porte le costume européen; de là résulte 
aussi que beaucoup d'Européens qui danjs leur pays n'é- 
taient rien moins que médecins, le deviennent en Tur- 
quie, sollicités par l'appât du gain et sûrs de l'impu- 
nité. Un Maltais, facteur de la poste aux lettres à Corfou, 
était médecin dans l'armée turque, et M. Oppenheim. 
fut appelé en consultation par un ex-tambôur-major des 
armées de Napoléon, qui jouissait à Smyrne de la consi- 
dération générale. Parmi les médecins grecs, on trouve 
les plus honorables exceptions, mais la plupart sont 
d^une ignorance dégoûtante; ils vont étudier quelque 
temps en Italie^ et Justifient pleinement l'adage de la 
faculté de Pavie : Exaniinamm asinum et mittimus ia 
Asiam. 

Les médecins Israélites sont placés dans l'opinion pu- 
blique immédiatement au-dessous des médecins grecs; 
ils vendent des drogues dans les bazars avec toute sorte 
4'objets de parfumerie ; quelques-uns même parcourent 
les marchés en créant : Voilà le médecin ! De temps à 
autre un Turc sort de sa maison, leur tend les bras pour 
qu'ils lui latent le pouls, et ils lui donnent une pou- 
dre ou une pilule que le malade avale à l'instant 



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•i^O tlTTÉRATCniÇ MÉptCALE ÉTRANGÈRÉi. 

^ tnôme ett leur présence. II cxîsie enfin dans le paclialîck 
de lanina , une petite peuplade habitant une cohtrée saiv- 
vage, et qui s'occupe soît de commerce, soît de méde- 
cine*, CCS cotinaîssances se transmettent de père en fils, et 
cette peuplade fournît d'empîrîcjues presque toute la 
Turquie d'Europe* 

N'est bon médecin aux yeux d'un maliométan que 
eeluiqu!, api-és lui avoir tâté le pouls, prescrit à l'instant 
mèuie lé médicament et fixe d'une manière positive k 
durée de la maladie. Toute question, toute investigation 
ultérieure est une preuve d'ignorance. Quand îl sVgît 
d'une femme, le médecin est le plus souvent forcé de 
s'en tenir là. Voici comment le docteur O. décrit une 
visite qu'il fit dans le harem à l'épouse favorite du kiajV 
bey î'(( Un eunuque hoir vint me chercher, et la porte 
du harem s'étant ouverte, on me fit attendre dans Un 
jardin intérieur 5 bientôi une seconde porte s'ouvrît, et 
je fus^ reçus par une personne voilée qui était la gar-» 
dîenné do sérail. Elle me fit tr»-» verser un second jardin 
qui nous séparait encore de l'habilation proprement dite 
des femmes, darts laquelle se trouvait une foule d'enfanâ 
et d'esclaves blancs et noirs qui regardîiient furtivement 
h travers les rideaux. Enfin je pénétrai dans la chambre 
de la malade : celle-ci était couchée sur des coussin^, et 
tejlement enveloppée des pieds à la lôte qu'il était hn- 
possible de sôupçonnet même sa présence. On me fit 
asseoir près d'elle sur un divan , et tout le monde s'éloi- 
gna, une vieille matrone exceptée. La mitlade l'épondît 
sans difficulté h toutes mes questions, et lorsque je té- 
moignai le désir de luî tàier le pouls, elle me tendit 
une main blanche et bien faîte; j'inSîslaî pour vofr Jâ 
langue; j'obtins qu'elle ëcat^iât son voile, et je pus ad- 



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UkLkblES EUDÊMIQUBS. îl^I 

tmrer des^Uaits d'une beauté remarquable. En Turquie 
comme ailleurs, le refus de lever le voile ne prouve rien^ . 
siaou qu^îl cache une figure.qui ne vaut guère la peine 
d'âtre vue^ Les mères nourrisseut toujours leurs en-» 
hus et ne les livrent à des mains mercenaires qu'a la 
dernière extréihiié. Pendant le travail de Tenfante- 
ment, elles reçoivent les secours d esclaves grecques ou 
jaives, qui dans les accouchemens laborieux placent sur 
le ventre de la mère la viande d'un jeune veau bouillie 
dans du lait ^ heureusement les cas de dystocie sont foi^t 
rares. 

Les lâaladies des enfans- les plus commune» en Tur«< 
quie sont : d'abord la variole^ qui tous les ans en enlève 
vu grand nombre. "Quoique la vaccine ait été introduite 
dans Tempire ottoman par de Carro, elle est loin encore 
d'être répandue dans les provinces du centre, et la pe- 
tite rérole y exerce tous les ans ses ravages. Après la 
variole , cWt la fièvre scailati ne que l'on observe le plu» 
fréquemment. Cette maladie entraine souvent la mort des 
enfans qui eu sont atteints* Dans Thiverde 1829, Tau-* 
teur observa une épidémie très meurtrière qui s'étendit 

, sur toute la Macédoine ( douze cents hommes de troupes 
régulières étaient campes dans ces contrées^ pour les pré-* 
server de la contagion , M. Oppenheim fit préparer une 
masse composée d'une livre de suc de réglisse sur trente* 
six grains d'extrait de belladone pour faire des pihiles de 
deux grains* Chaque soldat en prenait cinq le matin et 
cinq le soir, et quoiqu'ils fusseTit dispersés dans les mai- 
sons des habitans, douze seulement furent aùeints et six 
moururent. Ce fait est une confirmation des effets pro- 
phylactiques de la belladone dans les cas de scarlatine, 

' effets qui sont universellement connus en Allemagne, 



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HfJTi LI-rrénATURE lléDICiLC èTKAKGEKC. 

Les adultes sont principalement snjets à Thypooim-^ 
drîe et à Thystérie, une vie oisive, le manque d'exercice, 
Fabus des plaisirs expliquent leur développement chez 
les hommes. Chez les femmes , l'emploi de remèdes 
abortifs vient s'ajouter aux causes mentionnées ci-dessus. 
liCS hémorrcNidcs sont communes chez les Turcs ainsi 
que les maladies du foie. Dans ce cas ils usent sans cesse 
de purgatifs, et pour leurs médecins, le ténesme de la 
, dysenterie est une indication pour F^nploi des drasti- 
ques. Un seul trait suffit pour donner une idée de leur 
profonde ignorance. En Anatplie, Fauteur fut appelé 
pourvoir un Ulema qui souffrait beaucoup d'une hépatite 
aiguë bien prononcée 5 il s*y rencontre avec son médecin , 
grand homme sec, aux regards sombres et fanatiques, 
exprimant le profond dédain que lui inspirait un chré- 
tien. Où sont situés les intestins, lui dit le Turc d'un 
air provocateur? — Dans une poche, lui répondit l'au- 
teur. , — Nullement, c'est dans un lac; ce lac est à sec 
etle$ intestins près de s'enflammer, voilà d'où viennent 
la soif, la chaleur, les douleurs dans le ventre^ la langue 
et la peau sèche, les urinés rares. Tu as tort de vou- 
loir ôter du sang, qui est un liquide, de dbnner une pou- 
dre qui est sèche, ce sont des médicamens liquides qu'il 
£aut administrer. Cela parut si lucide aux assistans qu'ils 
crièrent bravo, et M. Oppenheim dut céder la place au 
savant mahométan. La goutte et le rhumatisme se ren- 
contrent assez fréquemment, et celui-ci donne lien a- 
la formation de tumeurs dures, arrondies, peu mobiles, 
situées sur la continuité des membres dans le sens de la 
flexion. La thérapeutique 4cs Turcs dans ce cas ^st sim*^ 
pie et presque toujours suivie de succès : ils ont recours> 
aux bains chauds, aux massages, aux frictions, et ils se 



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■■•" '• ■.*A£iDl«»>"»SOferr«}tff#.».iTr- • g^j 

feBt.8tl«l?4w'prettaiit.*»teafôjf r«àu- trèsKïhjrAa.'ta ma- 
ladie -véoérienne est presrciu'aussi commune p«fftrf les 
ifoupe» «t* ^;classps^ifféffeiirèsi'qa^lW Yééi »k Eàto^e ; 
c«wiBiHedhez.Hoii8, c'est Je<!bttttijy vfàe W'ièâflidfcS'cxJ 
ploitent arec le phis'.dwg^dcésif*!!^ t^ïié tMtnW.'&âM 
kWennorljafgi©, U tei^lurfaidectoiUwriiieeify l*elaè(J^ 
le phi&'UMléJ : ,.> ■..il':! : .-. .'ih" ■/) !j, !.,,,;, . 

; Depius:.çtie Jes Tnr-cs'ont^iJràsule' ra|»p*Hafar«Èl5terf 
Europëesa, leurs 8ctupiile«>poHP Ijpîre éà'yiW'^^fl»^!*^ 
peu à peui,iïéanfaoiÎB*.il yi»oiicbi*, surtoWt^«8?<A,Wé" 
Mineare, ùu grnwd TM>ml)Mfi(fe iriangéu«>d'«JJitfifeaq» 
raY»lent»oos la forme à0pi\nll6ëi'màWiSnmiVp§Jt<âm4 
graius.par jour, et aM«v"èm^Jllsq«'â émc^^s'Ht ^è'f 
.ils ont tous tin (aspect tmtilMÉt^hé^tftS'm fih^VHétMii 
naître à l'instaM même,: l&*oi-ps'ia«te}grîJ'îà'^-fîîtf'Aài^ 
«l dé«otui)05i}e, la dëitla»die chahfcélairtë, lé'M mAê^ 
k»«eiMb*i^ tr«tfiBla»Jet'les yefiit càir^s ; ïèwi âi^V^' 
OobB sont laborieuses j-c'est'à pèiiièi'î!rf^i>ôàt'u^%îi«f 
fesdlémhuitjoBr*, leurs forces ^hy^^^ét-immî- 
soùt détruites, et leur itàpuîssiittee "à^Oïpiètë.'^oimi 
TapimA seolne leur fait T^}v(ad't!Sei,hWfec6ibUimè 
«TOC *B sublimé corrosif qù'îk pi-enhénï Jt»s<fî?i'ïHf'a'QsK 
de dirgt-ains, et quiigir comme ei^dlani:- CtieÂAc'è 
piefaw^ifete^i.ne^è laiissè fM'abitUé'pSr^^^JHulif^. 

etse ÇMisfrleen dis«iti qtielttVoloiitéde'Dîetf aiJJtWitîj^» 
les. malles -mentefes soirtTÉirt'ràrerf.; -^l f^lfés. g^jfvéKV 
l'être ë«)«(ferv Les; Tuitocehàldôrëâtjyi'âfî^i^'jitLW^ 
dwâlusdeDieu; -ils iOHt'l^uà dkiJs'dfe^mifâdB'ÎW^:;' 
prts'dea tDM(ptéf»gi4tfqùélqvii¥lmà «imtîèniiëHl^iHfis^dvr 
ceii».TaaadeSJ B n'exisié pas •AWstilntioris^ui'-Iè'eftfté'-'* 
— ' dos «ûtro»iMladitf»^ V*it3ffiSàhéttiA-^m\!té'S,\i(v 



meot 



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L'^j^f d^ h cUr^rçîe 991 eocpne fihu déplorable^ si 
celfi p^i {ip#sîble ^ qpj9 eqlmlle la: médecine, li Ta n'o»-» 
y ^^tf fpAf )i^ ca4<*yfe ipa^^mtoirëlerthaleâe aurait a vaM 
lai piari^ l|i p)i|s pi^}ç»Aey4îl k'Gôran^ ^ là, ignorance 
absolue de Tanatomie : faire quelques incinons aupcffi'^ 
fi^llff, :pF^liffffflf VpbLébotomie, :vQilii à qnci se Réduit 
IçmMn^cljSç^ppéi'^tricç. Commet oseraieui-âls faire 
uqe aifpif M^jt^ ? î}i» i^ coomifsêni^ ponr arr^er les héf 
^prrb^gieB, cpie les sl]^li.quQ^ «tk fier rouge! Les mem- 
bif^ fi^ci^v4^ jm^t' f^twté» 4'uu moule de plâtre» sam» 
igiff^ tflp^ çpn^'^ûpa^. Left T^^ sontfort si^eto àuaç 
henuef,jeif Quii^eils x^'fpMnçwH^idée 4a oofbindagesy 
ilf ^siUrepi]|epneQt çi^i^yen^ 4^ Qp4i?tftipm» pour obtenir 
ln^igfif^ ^uftiy^} jcu^ff op^^^pOQ ^ii^li4>i^ fui pratïr 
fl^^ ]^fnif8e» ^us }es yeu^ 4^ K^ut^ur, dqja manière 
^yffitje Pj 4h^* fTpîlT ?:é4uit Ja^lierme, le clururgi» fiiy 
ayeç un rf^oir^ june }c^#i wpiaiqi^ jçopuneti^utà un 
pç«5^ a|x-;4î5W8 4^ iig^»I^W4jÇ PoppW«> ^1 fiqîésaut à 
' 4çii^:pQu<^s. f o^es^ouç ; ^j^i|t4éço))y^r| le «ap il le l^a, 
^p C9i;i^f^^t ije çpR49ff |Wîct»lwQ 4a|i9 1? ïîgaiuj»î 
M- O. lui ayfûf fajf obs^ry^pr gi|0 )^ |p9tîcu}e i^'airc^bie^ 
wit,' il )^ .^i açfcufi çff% ^ ^ ayerUs^entent» et: prétesk 
^t <9[fe;pçh Q^li}^ j$|fij( j^D(i{ii^ arçîl/ié. I^a laîlfe se prati- 
^ sQJkyan||l;i pjéi^e de ficljse, e^ incisant sur là pierrç 
^e l'oji l^ît :ff(i|îir f^ périnée; on XèUce le calcul arec, 
un cm^ef'ftfpfi 4p 4^1^^* P|i ^j^e^ op;ne tirpuvelcbei 
^ux f pçifpf^ |l;^i|Çfç.4^ la çhii;i^^^ pt|dàpîeUsç4ea Afiabés, 
et à pf rt Ij^ nplfii^^çfk 1^4!^^ f I l»:ç^tftréi;te ^nlilaïQpà* 
rent i^rfbaiss'cifneiKty'^lff u'oM fffjîtiup Î44e de3 rossouiv 
ces de, Tart moderne. Cet extgi^it peiKt dOiiuei' qnek[ùe 



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\iAt4Q Vk^téieAisdu Àdéimire de M. OppeaMm ) •'il M'a 
]p«9 p^rl<é 4^. h peste et de k lèpre* c'est quHljveiii #m 
fuira le «ujet d'un tna^vail pariicnliei!. IponfeMy^eicUa^viDoidc 
pour qu'il eniftdbifae bientôt ^ Iktétêktfur^ oiédkiiléd'ilaé 
deipiipiiioii l&JiMe el oonplèiit & c^ affiBt^os M iaié* 
)i0Hiiiite4^»ffeu:aeMËinttQ^8^ . . ... , r. 



REVUE AHALTTÏQXJÉ ET CKIIrrQtrE DES^JOtjnlritnC DIÇ ' 
HÊDECINE ÂLL^KANDS^ . i • . . 

.'.. ■ ■, i '^ .. . .. . . !M)VMîim ' ! . : •. ; : " • \,, , ! 

iteckerchêsanàiomiijuesetphysiotogiques'sur faithà' * 
- main.'^ObseTvaiiùm sut le ganglion auditif d^Àt^^ 
fiold.^ttûsdes de Pareille interne. ^ Mulc^dîe dè^ 
Gàeihe^ ' \- '- c ■ i ^ ' ..: ' '. '..:• 

i>î/ ft^i?«w»i par 4e dfiîtçw F, AMwiloy. wac troiiq 
planches. Heidelberç et Leipsîc, i83lé^m»A^B|Uib»i> 
S9Pe 4H«Qrp^ )>u9i^Q^p'^ ^té V<^jet d'autmtde maiafax 
quejc^p.4^ l^.vîsîpn^ PA^ cjei^ Ul» di«^ ioépnisabWî 
QH.l>ii5iU>mîf te déçç^^çe t^i^^jU^ de 3Éiî»ydfaK«i«w»iU/ 
les. Le célèbre auj^l?^. I'ouyi^ ^ Je gn^idsf mpft4i 
thiqufi deJa ^êie é^i^ ^Jj^fi 4« QftWliliiieill'^witercBe 

SqSîQUII^riQg> ' ... ^,.., " - { -. r! ,'•';■ ;;-• 

Le miciïpspope d^qp^Kre que 1^ ioiâK^lîqte est du* 
lîssïi çpl}i^ire çopdçîw*^, elle e«t ripke èiLT«i««eattM) 
ISVphaUftV^» mai^ Ç«^ie»tpett de vai9aieaù».8aiiguîns... 
Cest ep %rjÇÎ^Ç€iqu;^| «9 pinai ^^^ éptii«ii»,2Btr. «èi 
^^»%H.«VlWÇ3tlep}gsflMi|çp, Je*. :j.K!. 



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ij6^ LITTéUAStmB .VfmVCJCLZJ ÈtKktfGkKE. 

« Là en rollisf 8c réUkiit avec la coudée et le dercle irieâ^ 
est «tttflilloneireubiire cod tenant un sinus veineuse , qoe^ 
Fon.pentiBJecter par Tartère ophltialmiquCk Hœvius'et 
Bnysbk 'sottt les pr^BÎers qui l^aietit signalée • 
- Laisôléroliq«e se continue airec4a cornée, qui est re« • 
couverte par la conjonctive , ce • dont oç s*assure très 
bien sur des yeuac qui ont macéré dans Teau chaude. La 
conjonctive qui recouvre la cornée est de la nature des 
séfeûsés, et sur Ta sclérotique elle forme le passage dés 
muqueu^a aux séreuses. 

La cornée elle-même est formée de vaisseaux lym- 
phatiques que Fohmann a ii^ectés , et qu'Arnold a vus 
au microscope. Toute séparation en lames ou couchés 
est ait^tificielle. ' 

L'arachnoïde a oculi ou membrane séreuse derœil,cst 
placée entre la kclérotique. ei la choroïde, auxquelles elle 
adhère intimement ; c'est sur les yeux des fœtju's qu'pn 
peut le mieux s^assurer de son existence^ elle est formée 
de deux lam^Miont Tintefue est séparée de la choroïde 
par les nerfs- dliaires, elle i^ei^it' évidemment beaitcoù^ 
de lymphatiques. 

La membrane de rbumeur aqueuse forme dans le 
foetus un sac sans ouverture; tant que la membrane pu- 
piilrâci existe ^elle se déchire' ensuite , mais ne se con- 
tkiiieipas dans là chambre, poètérieùre. 

ILaoluMxâde^s'^tend depuis l'entrée dés nerfs optiques 
jusqu'à la grande circonférence de la capsule du crîstal- 
Im, elle répond à la pie-mèredu' cerveau avec laquelle 
eUecoauminiqne par Tintermédiâire du sysièihe vascu-*-- 
laire qui* en¥Îrptine4ô nerf optique, et se compose de 
réseaux vaseulaif^es superposés les uns aux autres , qui^ 
à-la face interne, paraissent ^re uniquement des artères 



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W izùlieu des artère& et âe& .y^io^s ePtf^bioé^y «iic»&^f 
au dehors , des troncs reineux connus sous iQjdOMdd 
\aaa vorticosa* Lct^su oelbll^ire.fililrU 'i}ftlfdâu;lîése^. 
Vc^rs la partie aiitériewfi;cfift içw ^mep^Mr^épunent} 
réiément celluleapc foiii|i^.le (cercl^iHÎW'f ^u^a'a pAfii 
r.apalogie la plus élojgn^^ ay^ un g^pg^on ^ Vélémenii 
vajiCulaire . se . ^jetjli^ ; jen rdedans yerçrj^'apcp, dP- , l'œil. «I 
cQnsUtu^^ corps çilj^ire qui est situé4]|i^r£i|^i)lQl«ri4.«JI 
s'étend. 4^ cercle ciliaixeàla capsule crjimU|,n^.i: crr 

JjQ^ pi:oeèa<;iliaÎJ:e«, ^ptfe la plus l^eufgiji^ JnjeclMHi»,. 
ne laissent voir que des vaissei(UX,entf;4£W4s»;Q|^b»»ire^ 
cqnnait point de nerfs. Lioq/j ir / * 

L Vis n'est pas une cp^tinuatipj^ d^ U ^ji;^Qvi»î;d0 »i . il 
n^ se sépare pas naturellement en îris'f^-çnjiiyée ^ sa; 
sti^uçture es£ celle d'u^e, mjQmb^ianer ya^ûla^ire) enUrer 
mêlée de fibres qui sont les extrém^i^te^die^ QQi}fs>eiJi^ÎT] 
res. Arnold n'a pu y. découvrir ajicuiiie "^raoe .de fiioiresi 
mijisculaires , et il regarde ;$es .moi;ivei&eQS. do conUmtn 
tion et de dilatation oaomie également actîf^f î - , ; ..î >t> 

La rétine change aussi de direction vers la partie an té- 
ri^çre.de l'œil ^ elle se porte vers Vaxç du globe}<M;ul4}re 
ct^'5^^rê,te a^ nive^u^/J^ la,cftpsule.Grisi^ii3io,^ ^e p^dsft^ 
par conséquent aurdeyapt d^s, prpj^,pi^<^^.j,^lii^^ 
d'ginejljénwté/e^rêu3Pie^Jeuf,^OT mic^l^I 

cQ^^el^ç pdjrait formée 4' un gr^fn^Lup^i^K^j^f :petii]^i 
gl/:{b^lq8, réunies pîir june substance $^m\^fi^\4^r^l^ 9&\ 
tra^syer^al de la rétine ex^s]le ; tçiyojiirsiî Jf% tSi^Mt jaohtt 
est ufie^uite de l'action constamte dès rarjrctfis;l^iia}n#i]<: 
sur ;lç5 .p^r»pî\ i^l^jçi^s d^ roçîU Mç >xWriélW*;pa«»lt-i 

lei^S. ■ . ., >;, „j-., .. ;/ IL. lioiq B 3UÎIB1J ij J im .rf 

Le foiyainen çentralfije^^iiçW^îrdWfïkfs^iîs ^]é}M*\\ 
Ttîufant no«¥cauri)ié>f^ ^ si4>stanlii^e médAllAÎrè;âttJuéi'£b 



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0^iqiiè«etlMlU«Md'âné tbaniii^è toi» intén^mpùeavî^ 
kiAhte;' . ' . - > 

Là lâëddMttë liyÂlàsaë/là {Ali§«Ue clu corps, se fe- 
fAie^n k^tm p^ en ¥ë^ ^ti^ttk , dé là tifci ciiikl pkt-^ 
tmrû fil»' Faitèfè cteMi^é^ ^è fo rédiië. 

lii tÂiej^t\é iû &huA\id 'est tf^sàé sêveûx, fèràié ié 

Idttélii^til dè^ ^èfétif s tàfSiUës iioccès&iVési on y irôuVè' 
une foul^^îïj ViliéiteMtiie lyinîffaSiilqiireis ^ lé cnstàllln àV 
Mabé W'^^ïtiki loitf à ^tit* rfmiKieti^ de M6%à^» 

Cette exposition des opinions de l'atiiétii* sni* fiilùkièdra 
j^Nnià'èéAt^Méi de Fànàtoinie de Ttcèil, à T^vaiità^ d^a- 
jouter Fttilfdritéd^tui haMîë préparateur èi d'im oBser- 
rttVèUP (Hmsciettéfent à celle des anatoiùlstes qui Font 
ptétiMédâiIkià^càlf^llhré, Daïîs )a $ec6ndé partie dé son 
mériîbîrë, )I ètnllè^ <^elbppeiii^sâë roéil hbtnain dans 
tottCëS teà pkaâë^dë^on ëVôliitioki dëpluni le premier mois 
de la vie fœtâlèi; f^Anfi.dè Hecker , ai^riî iSSîi) ' 



.Incii.i'i.q r.i 



jl.'Ptôâf^ûèMksf àUsérfàiiànum kirca ganglion Ar^ 
iSMi\ ^^ktcMfi tiiiioMné^¥anisquèfanMdtti>ùsfae^^' 
Mn. LeJ^W,'' t89!i ; in-4H ^^^t. W. F. AsiiUkTxîBf/i^ 
hâ âét^ht^ë é^ijijï ^hgBôii apjiàrténant à la Vie orga-» 
ttfoinë <H p^âdditfiit imt fcmciioiis de Pouïe , étah. d'aùtâùt 
plw hnp^àlkîe ^û^Ilè assiÉdifait plus compUtémént To- 
rttUtoà rèéir, M (iiékiii Véifràfialb^e du ganglion dpk^ 
ikldffil^V'^^BEÀméûJl-èuàéMéiit cette découverte esï con-^ 
testée vc^i^dnvi^ë ddnc le titrif eSt en tète dé c^ article 
semble destiné à prouver la non^xistence d'un véritable 
gangKéH pMsldtilliftii^i fiM6iièiis 'di^Aïqués déTorgatie 
dèii'<iii|ditkiti.-!A|YiSi(/ dans léë ^^fatlds animadx; dans le 



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JOVKÉAOX ALUEKÂITDS. 379 

mn, fttr €xe«qpk ^ o^gànglfaiii fl'e^r <{u'mic masse ^Un^ 
dnhYcnriimadhérenieèîiiCi^Méft^h ébi^ièmepaiK 

vobimf célài ^ivaàu MBsetipâe k Ai^ittbraM dt^tjÀi- 
pâtt, p^ èxetupk^^irkdt; du ^é^ {itérigc^dleÉfrLefei^r^ 
Vu« petrosusstiperficîaite niihor ÂtiïoUi du- glëB^ptitfi^' 
ryogieà 5 nf est que dv tirài cellulaire ; ce* ^âfidud éoM' 
(ionâirmés pvr Â|* Suimiu^ de 9eAitk 43il te prefesise^r 
Mullçr de Bonn. Sur ifspt^kes de moiitMi ^ le ga^gKônr 
manquait troi^ fois , et c'était sw des anièiàtl^ kgé^\' 
M. Moller a observé la même chose snr -des bteufr : 
avec. Yèger le ganglion 4}ispaaralt. Dans )e cerf et dans la* 
biche , la siructnrer^ndnleuse est encore plwr^tdeàîe* 
Dakis Fhomme, on chercha lefan^^ltooi snr ttêk tètes; 
deFun e( de l'autre c6té , jamliis lenérFdùi^settr du 
tympan, ne provenait de la «tasse ganglionnaire,' niais: 
toujours du plâeygoïdien. 

Lés: cowdmions de )s dissertation .de Mv ' A^maiMM 
sont les suivantes: :•-. ^ . > . 

i^ Le prétendu ganglion *eiieum itmoldii n'est pas tm* 
giDglibiimérveux, mais un corps de la navore^és glan^' 
. des lymphatiqiiesy renferme dans un prolôngeikiettt de^ 
la dore^taub^^ i ' 

à* Tous lès rènseonx q«i , d^a^rès Arnold , proviéft^j 
^uen^ dni|;arngticm , ne sont que des pf^longememi de là 
à^te^mèki où dés vaisseannç irès déKës^ ou inèâne dès 
filaaiénsdb tissu oèllulainf - > . :r 

3^ I0 rafti«au <{iii ^à-an'teBS^iU' du tym^ati nati 4n 
ptér;goi[£en lufierne, eli n^ppartietir pas àu' système >d(A 
la >yier crgsnEuque* ^ . .• >^' 

Hc eë^bré miiotiâsui Boek, de L«îps|cv ^^^i^ e^é' 
cènddit ^ -sca recherohes à$tx mémes.condiasâoftls. 

( annales de Heeker* ) 



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'iiilf )JÉiduéwdi Jïagénk»iik:dà9quHiticmsjant^ 
oifca, • mu9CuiQ$, lO^wtis tUtttcrtHtt^i^céMmsx et. àlèammaKum, 
a^jeçihrlanim4dêfei:siàf^ii]fsii hm/mU^i de'u^angHo^auri'-s 
culariij^mM(CQ cum'tab^^kvm^.' Èaêilffe^ i<83â. -^ Aiv 

Uiclmii^fja^qam if chaque. faîicciitty.rraitteup a réduit à 
ilf^x l€^}h|iMi|ri» musoleé'^Ënéralciinieniadmtô par les au-. 
t^^ff^*S;« ;]l^(py^Qle ex!ï(ei;<iQ»lii»i4)ftrtef(u(1axaior major). 
]|^6|rïsi« j)§t Cf)lK^Uiininent^>ilin<l pu? découvrir à sapkcïe 
qu'un pQiîlii{|iA£e0ii;tendiq«iixj trop.fajl)le.pour inauùvoirr 
1^ m(irftéa4i'(ireuâeur ne refiounut évidemment âOaexii-^ 
t^ee c{«ie> s^iir Ja^|)r^arationn4'nbi a^ire;ai^atbmjtslè.-^ ; 

Quhm\att !ii|i^3cJe*kKator minbr t^mpmif Fisuieuviiiie' 
posiliv^m^nlda présence, dt même il nepçuticompiiendrc 
ce'qii a p»iiiiiji<itiire les a«a Cornistes cnerk^eur, in ayant' 
rièn'tnouvé'^ui ressemblàc le* moins du çionde àj.fdu- 
tissu musculaire. L'action de; c^i peûls moselcS'<lm» 
ptffak ibitt iflSiscarej, ta.ni^iabraàe'.du.tj^iDqpaa est-feoii- 
jours convexe en dedans, le tensar tympuûiaugiiletite^ 
catt&€ipnvc»lié/' niais ïson.aiiitiori 'cessant, e>Iei revient à 
soiii.4fa(b'ppinitif'én vertu -de^^a. propre; élasticité. IL 
en*^fiffart touit:aii|rem»itsi le tyriipan était; dans un état 
intermédiaire entre la tension et le relâchement. La plu^« 
pautdfis anatonùatfes.ént maltujesfmusoles^oni ils^agit, 
e| jcommeilsia'ieQtiaiçnt pas {dans leflautceé. mammifères; 
dont V^i^illQ.a Mut d'analogie: avèc'celle de rboœmcv 
il est logique de réduire les u^usclles de Torâillë interne^ 
à deut \\ 1« ;t^SQur du tyo^paoriet lei nuisderdie: llétrier. 
A la^fiuVle sa dîsa«4ftattQn, IWtcttn émet son opinion sur 
la question qui est à Tordre du jour en Allempgike, savioîr^ 
1^ patpre ,du ganiglion oJ:iq«ié{ d» H» > Arnold^ pour lui 
rcxisii?»<9e 4bii>eig9ngH0ii. m^rvMK eit încoales^Ue^ ei. 



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84uf qiKîlques variétés, il souscrit pleinement, à la d<^7 
çriptioady jeune et savant élève de Tridemaun. 
, I (Annç>les de Hecker^ Mars.) , 

ÏV. Ilhtoîrç de là dernière maladie, de Goethe^ 
accompagnée de quelques détails sur sa 'vie y par lé 
docteur VoGEi. , niédçcîn du grand^duc ^e Weimar. — 
Tout intéresse dans les grands hommes ; les plus minu- 
tieux détails sur leur vie intime piquent vivement notre 
curiosiîlé. Serait-ce que leurs habitudes^ leurs besoins^ 
leurs faiblesses en les rabaissant à notre njveau satisfont 
notre amour-propre et nous servent d'excusé ? Quoi qu'il 
en soî^t , c'est surtout de leurs derniers momens que 
nous nous enquerrons avec avidité : nous voulons savoir 
/Comment ces puissantes întçlligences se sont éteintes, 
comment ont fini ces existences si remplies dont l'in- 
fluence se fera sentir jusque dans les temps les plus re- 
cuïesl Aussi avec queJTe avidité n'a-t-on pas lu l'histoire 
de la mort de^Napoléon, de Mirabeau, de Cuvier^ et pour- 
tant ils sont morts des mêmes maladies et avec les me» • 
mes symptômes que les malheureux qui expirent tous, 
lés jours ignorés dans nos hôpitaux. 

Qq^ike est le plus grand poète de son siècle^ le génie 
le plus prodigieux que l'Allemagne ail produit.: non eon-; 
\en^ d'avoir eotniposé d?s ouvrages àdmirs,bles dans tous 
leaf genres.de littérature, il a écrit snt la botanique un 
opt^sijulç intitulé la Métamorphose des plantes, dans Ict 
qi^el ila 4evanc4 de trente ans la marche de la. science^ 
c«|,flnatomie il à indiqué, les traces de l'os întermaxillaire 
dans rhornme, et énoncé le premier les idée^ d'unité qu'il 
Qifti^] réservé i M. OeoffroyS^in t-HUaire de développer 



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iSs LITTiEATÙKE MÉDICALB ÉTEAUGisilK. 

cooïplèfeitieiit. Il existe encore de lui un grand Tf^iiê- 
sur les couleurs et sur Foptique ; en un mol, ssl vaste in* 
telligence a embrassé le cercle des connaissances hu- 
maines, il s-est occupé de tout ^ et a découvert du non* 
veau dans toutes les sciences ^'il aabordées. L'^térieur 
de Goethe était en harmonie avec ses belles iacidtiés in- 
tellectuelles; il était grand, bien proportionné, sa poi-« 
trine large et ^mbée suffisait pleinement au jeu de ses 
poumons^ Ses membres étaient forts^ et Texercice de tous 
les organes *des sens, celui de Touïe excepté , demeura 
intact jusqu'à. la fin de la vie *, cependant Texcitation de 
son ceryeau, lorsqu'il se livrait au travail, amenait pres« 
que toujours des accidens^ et la composition de chacun 
de ses grands ouvrages 4i été suivie d'une maladie. Dans 
sa jeunesse il buvait beaucoup de vin et d'autres liqueurs, 
alcoholiques^ plus tard il s'en priva totalement par^ 
crainte pour sa santé. Il n'était pas si sobre pour les 
aîimens solides, et il avait de fréquentes indigestions qu'il 
niait toujours ^s'ètre attirées lui-même par son intempé-^ 
rançe. Une chose très remarquable dans*^ son idiosjn* 
crasie, c'était de voir combien les médicamens agissaient 
sur lui à faible dose; une cuillerée à thé de teinture, 
de rhubarbe déterminait toujours une à deui|^£elles , et 
deax gros de si^l£ite de soude six à huit, d'une manière 
îttvatiable. 

En deeetnbre i83ô, iLavait eu une hémo^t^dè trè» 
fôrté donft il s*é(ait néanmoins conl^lètemeilt rétabli* Le 
i6 mars i83^â, son méàècfh fut appelé, il se i^laigAait 
à^ètte revenu ièdispbséil'ùné promenade faite eti'voiittk*è' 
par un tempft froicf; en rentrant i\^ n'avait pas eu à-àfh- 
petit, s'était couché de bon^e heure, m^is n'avait pas 
dormi de la nuit, tourmenté qu^il était par une' tbux 



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jôviurAtjk ilLÈMiiibs. 283 

ièbhe^ et des firïâBOO» altematik avec des hotiSêès de chà-^ 
leur. Stm regard éuhterue, sa respiration profonde, sans 
potfitdé t6t6\ îl avait de ritfâppëienee, de la soif, et des 
^z ^'échappaient par sa bouebe en très grande quantité; 
}t tenire était bàlloné^ surtout vers la r^on ëp%ast^i-« 
que i sensible au toucher, et re&erf é depuis deux jours, 
La, peau était sèehe^ Furine bourbeuse, le pouls médio- 
' eremeiil plein ^dé pluâ^, le malade se sentait la tête vidé, 
incapable d'assembler deux idées; la surdité s'était ac-. 
crue, et il répétait ce qu'il avilit coutume de dire dc^tiis 
cinq à aîi^ «ni : Quand on rCù, plus le droit de 4/iVfe, il 
fimiée àontenterde vipre comme an peut. On prèsqrivit 
atf mulffde'deilx gros de sulfate de soudeet une décoction 
nmcililgineàsè pour boisson. lie «otr^ Goethe tfe trotnra 
uRBÙx : il avait eu pTusiétirs selles^la tète était plus lé-^ 
gère ; lé ventre inoins tendu et la toâx moins fréqueiite. 
Onadmitiistra quelques prises d'une pioudre composée de 
siicre^et'dé soufre doré4'antim0ine. Le lendemain, Vst- 
jnéCoration éltait sensible ; deux jours apirès le malade 
selera, et Ton crut la convalescence complète ; cet es* 
poip fiit Irom^éi Dans la nuit du 19 au 29, le malade fut 
repiriSideirisson, de tressaillement dans lè^mémbii^, et 
d'anxiété préGordîiale*Ib ne fit appeler que -ïe 'lendemain^ 
raitëuv deioètte notice, qui leitooirva «'agitant violemment 
dans son lit sans ]j>otilvQir trouver une positien commode, 
SCS dents claquaient^ lajilouleuir de la poi triuelut aiJracfaiBtit 
dès cris, lès traits éiaîeàt altéré», les jeux enfoncés dans 
l'orb^e, et ses regards ei^rîmaieiit l'aioixiélé laplua vive;. 
Le oérps était couvert d;nike*sueiir glacée, Jcvpouls dov, 
fréqiieia:t, à peine sénsiUe, le ventre balloné, Ja.soif 
des plus vives. Quelques iparoWs à pàiie arificulées té^ 
moif^eiit la crainte d'avoir -encore une héotoiypsie^ 



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284 LlTTÊnATpmE MÉDICALE. ÉTUAIYGERB. 

Oa ordoançi une infusion de menthe. poivrée et de flfaiF$ 
de camomille , de Tëtber el une solution d'ammoniaque 
anisée:. la chaleur revint au bout d'une heilré etdemie> 
(*t la douleur fixe siégeant sur le muscle grand^pectoral 
fut enlevée par un vésicatoire *, la s^if|fut étante avec une 
légère infusion de cançlle mêlée de sucre et dis vin.. 

Le soir le malade, se trouva mieux; il parla un ;peu 
et resta assis -dans im grand faulctuilquHl ne ((uittajplus 
jusquVu moment de sa mort. '" 

La tisane fut changée pour une infiiaion de lH>uvra-> 
che avec Tammoniaque liquide anisée. Le. lend^nàin le 
corps était couvert d'une légère suepr, un lavement avait 
provoqué plusieurs sejles, le pouls donnait quatre-vingt-* 
douze pulsations par minute, l'urine était bour^beusoy 
la langue humide mais couverte d^un mucus brunâtre^ 
la salive épaisse.. A deux heures de l'après midi ^ 1% 
prostration- augmenta, le malade était couvertide sueur, 
les extrémités froides, et il avait des momens de perte de 
connaissance presqu'absolue où lès sensations h' fêtaient 
plus perçues par son cerveau : un léger râle se faisait en^ 
tendre dans la poitrine* Vers neuf heures le râle devint^ 
bruyant , le corps froid, la bouche pâteuse; le maladet 
n'àvaitjquè de courts instans de connaissance, el alors il* 
répondait distinctement k toutes les ^questions qui lui^ 
étaient. adressées-, l'expression de la face éUiit calme. 
'Cette dernière circonstance prouve qu'il ne souffrait 
})as.; car:. avec son impatience hocbituelle, il n'aurait 
pu supporter la douleur sans se plaindre et ^s'agiier. 
Plusieurs' paroles qui lui échappèrent convainquirent 
les assistans qu'il n'avait auctuné idée de sa fluprcechaine^ 
vi afucune des allusions qui purent être faites à ce sujet 
ne fureht saisies J>ar lui. Son cerveau continuait ençpre- 



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à vivre; cependant la parole devînt de plus en ptud em^ 
hhtrabsée. Plus de lumière (Mebr lîchl)! furent ses 
dernières paroles. Lorsque la langue refusa son service 
è-ses idées, il se mit à les peindre avec}la main^ comme 
il av#it coutume de le faire quand un sujet l'occupait 
vivement, par des signes, d'abord en Tair, puis, ses 
foi^ces diminuant, sur la couverture qui était étalée sur ses 
genoux. A onze heures et demie il s'appuya dans l'angle 
gauche de son fauteuil , et pendant long-temps les assis- 
tans eurent de la peine à se persuader que le grand homme 
n'était plus. 

C'est ainsi qu'une mort paisible couronna une vie , 
bien remplie. 

(Journal de Hufeland^ février i833.) 

Ce. Mautins. 

%» ^ »^ »» » »»»%l »*!»*»#<»» ^»% »» %^^l% %»%'%•»» %»»•»» %fc»»# *!*»%. »^%»» %^ V% %^%'%'V 

« 1 ' * 

SOCIÉTÉS SAVANTES. 



iNsnrux JSSL i&a:rgb. 

HCASilUI DIS SCIVSC18. 

(Septembre et octobre i833.) 

Cristallisation du deuto-suljure dCétain. — Nowelte 
boussole.^— Guérison de la rage. — Anomalie dans 
la voix humaine, — Remède contre le tic doulou- 
reux. — Chfomate dépotasse^ appliqué à la, confec-* 
tiond^ jnQxas.-^Depiotherium, nouveau §enr^ de 
. ruminans.^^ Déyeloppemefit des poils et d^sj aines 



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^86 .sûciéa:i8.$XYÀnMs. 

. (hs animaux. — : Eaux minérales de Ckiancans* '^ 
. NQUi^eau système physicchchimique. 

' Sbance du 23 sepismbre. «TT-HM. Vûrey^Goiurerscbelei 
$plaDge,-£todip, écrirent k Xk^Méifn pputi. éire.pott^ 
connue candidat^ pour )a pl^ce vacante d^n^ 1^ ^UPH 4'^ 
conomie rural^^ vacante par la noiifîaatiqa de M* F)oi^iif 
à celle de secrétaire perpétuel. 

L'Académie procède à 1* élection de trois de ses membres 
pour faire partie du conseil de perf^ectionnement de l'école 
poljrteclinique. Une discussion s'engage à ce sujet. Lemi-^: 
nistre de la guerre dit que^ d'après l'ordonnancé royale^ le 
choix de l'Académie ne doit pas porter sur les académiciens 
professeurs de cette même école^ MM. Aràgô , Thénard^ 
Poisson, soutiennent que cette même ordonnance ne prescrit 
nullement cela^ et que les nominations antécédentes le 
prouvent d'ailleurs; MM* Girard et Navier expliquent l'or* 
donnante dimsle sensministériel. L'académief sansprentlre 
aucune décision^a nommé M. Arago i ancien professeur de 
l'école polyaJ:iiuûqiio\ et tf M. ï&énàrd'^t 'Gay-Lussac , 
professeurs actuels de cette même école» , 

M. Gandin envoie une superbe cristallisatioti de deuio» 
sulfure d*éiain en tables }iexagonales régulières, possédant 
le poli le plus parfait , et dont les angles , ainsi que les cô-^ 
tés, sont dessinés avec la flermèré perfection. A la loupe, 
les trémies^ bçxaédriqu^ et le parallélisme dç^ lames jux-^ 
ta-posées produisent les plus belles apparences -de symétrie 
et de franges colorées. Cette cristaUi$a,tion a été obtenue na|.* 
le feu. \\ est à regretter que M. Gandin lirait pa^ décri[ le 
procédé dont i^ s'est servi. 

M. Hébert, ancien officier au corps impérial du g^^ie^ 
adresse à l'Académie plusieurs instrumens de matbémàti- 
ques propres à la mesure des distances. Ces instrumens 
sont , une nouvelle, baiis sole ,» no rapporleur et une' hott- 



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tKSTiTtrr PK FBincE. 987 

Velle espèce i^ alidade. Nous allons nous borner à )a des« 
^fiption de cette boucle. 

La nouvelle boussole diffère des rancienne; non seule- 
ment sons le rapport de la forme , mais encore sous çeli^i 
des fonctions. £Ue se comppse d'un cercle. gradi^é, ayant 
upe lunette plon^^eante , avec une alidade à nonius , yi;^ 
de rappel et vis de pression. 

L^alîdade porté i^i second cercle également gradué ^ ser-* 
vant à incliner la lunette sous Tangle de déclinaison de l'aî^ 
quille aimantée , de manière ^ prendre les angles entre Iq 
méridien terrestre et les objets observés loi^ue l'aiguille 
aimantée se trouve fixée sur le méridien magnétique. 

L'aiguille^ disposée parallèlement à la lunette, est placée 
dans une cage pratiquée à côté du diamètre du cercle | et 
an lien de parcourir l'intérieur du cercle^ comme dans les 
boussolesandennes^ elle p'a qu'une course nécessaire pour 
battre les dernières oscillations et marquer le bord magné- 
ti({ue seulement ; c'esf l'alidade y qui , en supportant la 
lunette supérieure , parcourt le cercle gradué y et en fixant 
la lunette spr l'objet observé, donne l'angle en degrés, mi* 
nutes et secondes. 

L'instrument peut recevoir une seconde lunette et deve- 
nir un cercle répéti^ur, propre à faire toutes les opérations 
géodésiqnes possibles. Il est susceptible de recevoir aussi 
un demi-cercle vertical ou éclimktre pour faire les opéra- 
tîon^ de niveUement et obtenir la mesure des angles verti- 
caux pour les di^érences de niveau relatives ou absolues du 
terrsUn dont on fait la carte. 

Le cercle est^upporté par un triangle à collet. 

L'auteur n'a pas fait exécuter l'instrument avec ces deux 
dernières propriétés, de peur d'en trop élever le prix. 

M. Bi^isso^ écrit qu'un traité sur l'bydrophobie adressé 
en 1823 à l'Académie j et signé seulement d'une seule inir 
tiale, est de lui. Il ajoute que l'individu désigné comme 



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ig8 ^àcii'its'sKVKMEè.' 

gù^rlde là ra5C est lui-même. Il regarde son moyen chmmé 
tellemeut cerlaiu ^ qu'il ofTre de s'inoculer la maladie. It 
demande que le mémoire en question soit' ad mis au con- 
cours pour fe prix Monlhyon. . t 

Yoici ce que M. Buisson raconte de sa maladie et de'^^a 
guérison. Il avait été appelé près d'une femme qui depuis 
trois jours était atteinte d'une maladie qu'on' disait être' 
rhydrophobie. Elle poussait des cris aigus, se plaignait 
d'un sentiment de constriciion à la gorge , écumait et cra- 
chait continuellement. Les yoîsms de la' malade v dirent 
qu'elle avait été mordue quarante jours auparavant par un 
chien enragé. Elle-niêihe ne confessait pas être hydropho- 
be, et soutenait que ces àccidens dépendaient de son temps 
critique, ^ur ces in.>tantes prières elle fut saignée et mou-' 
rut deux heures après , ce qui se pouvait prévoir d'àîlleufs 
avant l'opération. M. Buisson, qui avait les mains couvertes 
de sang , prit pour les nettoyer un linge qui avait servi à 
essuyer la bouche' de' Ik malade. Il avait' alors à un des 
doigts une ulcération dépendante d'une carie; cependant' 
il crût qu'il détruirait les effets de cette imprudente app1î« 
cation du linge imbibé de salive , en se lavant ensuite avecT 
dé l'eau pure. . ' 

Le neuvième jour, étant en cabridièt, il sentît (oùtâ' 
coup une douleur dans la gorge et une plus grande encore 
dans les yeux ; son corps lui paraissait si léger , qu'il s^nW 
blait qu'il aurait pu en sautant s'élever à yne hauteur pro- 
digieuse ; la peau du cuit chevelu était si sensible y cttfîf 
aurait pu,. à ce qu'il pensait alors , compter tous se^'éliè- 
veux sans les voir. La salive lui Venait contiflueîlement à la 
bouche ; l'impression de l'air, là vue des corps biillahis lui 
causaient une sensation très pénible j iléprouvait,' dît-îlVun 
besoin de courir et de mordre , no h les homnics^ ihhiVics 
animaux et le$ corps inanimés. EnHn il buvait avec peine ,' 



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tKSTITVT DE FHAHCB. 289. 

cC la vae de Teau le fatiguait beaucoup plug que la douleur 
de gorge. 

Les accîdeos se reproduisaient de cinq en cinq mtnutes> 
et il lui sentbiaiA que les douleurs commençaient par le 
doigt malade, et s'étendaient de là jusqu'à l'épaule. 
. A Tensemble de ces symptômes^ il se jugea atteint de la 
rage, ^résolut de mettre fin à sa vie en s*étouffant dans un 
bain de Tapeur^ Il poussa la cli^leur jusqu'à 42 degrés ^ et 
alors il fut aussi surpris que charmé de voir cesser tous les 
accidens. Il sortit de la salle guéri > dîna largement et but 
plus qu'à son ordinaire. Depuis ce temps , il dit avoir traité 
pai^ le mèfae moyen plus de quatre-vingts personnes mor- 
dueSy chez quatre desquelles la rage était déclarée^ toutes 9 
à ce qu'il assure, ont été guéries, à l'exception d'un enfant 
de 7 ans» qui mourut dans le bain 4 

Le traitement qu'il prescrit aux personnes mordues, con- 
siste à prendre un certain nombre de bains de vapeur , dits 
à la Russe ) eik se faire suer toutes le;s nuits violemment 
en s'enveloppant d'une couverture de laine et se couvrant 
d'un lit de plumes. On favorise la transpiration en buvant 
«n abondance une décoction chaude de salsepareille. Pour 
. preuve de l'utUité de cette transpiration ^ il rapporte l'ob-^ 
servation suivante : 

Un parent de Grétry fut mordu par un chien enragé , 
ainsi que beaucoup d'autres personnes , qui toutes mouru- 
rent hydrophobeSé Pour lui , sentant les premiers symptô- 
mes de la maladie f il se mit à danser nuit et jour ^ cUsant 
qu'il voulait mourir gaiment : il guérit. 

L'auteur cite à ce sujet les vieilles histoires de tarentisme 
guéri par la danse ; il fait observer que les animaux chez 
lesquels on voit le plus souvent la rage se développer spon- 
tanément , sont ceux qui ne suent pas. 

Séance m] 5o, «— M. Bennalî lit un aicnioirc sur un cas 
Tome IV. Novembre i833. lo 



I 



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1^ «ÔtlÉtÔS SKVàUltf.S, 

pHvittvAïet d*anom^)i6 à^m la voix Immainc pendant te 
chant. . 

• Tous \ei savans qui jusqu'ici se wni spécialement occu-^ 
i^és tJe l'orfpane vocal , s'ils n'ont pu s'attcérder sur la qua- 
lité de rinstrument , sont au moins to>iis tombés 'd*aecord 
iûr s6n mécanisme dans Témis^on des sons a%us et grades. 
Ils ont dk , en conséqu(^nce , que tomes les fois tfae Von 
chante, dans les notes les plus élevées^ le larynx se pdrte cil 
haut et qu'en même temps il se rétrécit? que le c^ontrairë 
a lieu pendant l'émission des sons graves. L'observation 
suivante est en raison inverse de ces principes, et cela chest 
un chanteur dont la voix est des plus.belles , des plus fral^ 
ches et des plus étendues. 

lit. Iwaiioâ', âgé de a3 ans, russe de naissance, .ténor 
contraltino au Théâtre-Italien; peut prendre avec une vorx 
de basse-taille pariiculi^re , le sol le plus, profond, c'esi-à- 
dire Toctave en bas des voix de basse ordinaire. t<e timbre 
de sa voix tient , pendant l'émissioa de cette note, de l'en^ 
rouemcntoU d'une voix faetiee qui ressemble à celle de* 
ventriloques, et que je puis moi-même assez bien imiter 
pendant l'inspiration ; mais chez moi le nkécanisuie des or^ 
Hanes ^0<3iux s'opère de la feçon orâinaire, tandis, qo^ 
chez M. IwanofT, le mouvement du larynx , de l'os hyoïde^ 
etc., joue un rôle tout-^-â-fatt opposé. 

Void ce que j'ai observé chez lui pendant l'émission de 
ces sé(ks graves :Je larydx est placé antérieurefnent et su^ 
périéurement , comme cela a lieu dans l'émission des son» 
aigus ordinaires , ce qui empêche de constater \h position 
de»5 bordi supérieurs du cartilage tltyro'ide ;* le» muscles 
géhio-glosse^ bàsio-glosse , génio-fay6idien , etc., ainsi 
que! ceux des mâchoires^ sdot dansiuur plus grande^on^ 
traction. \ 

Il est à remarquer que, pendant rémi.ssion des sons ap« 
paitenant au diapason naturel du ténor contraltino lira* 



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lilSTttCT DE i?RAHCE. Ikgt 

^t>È^ lé tnccân'tsinc est le même que celui obsctvé oHinai- 
rement. Ainsi , par exemple , depuis Vut grave jusrpi'à Vut 
aigu au-dessus des lignes , le mécanisme de la voix s'opère 
dans Tétat naturel ; mais dès que M. fwanofF veut dépasser 
en bas les sons indiques ^ chose qui lui est possible Jwndant 
toute rétendue d'une octave, c'est là que le phénonmène en 
question a lieu. \^ 

je ne crois pas hors de propos de faire remarquer que 
ce jeune homme faisait partie de la chapelle de l'empe- 
reur de Russie , qui se compose en général de voix de 
basses-tailles très remarquables sous le rapport du timbre 
et de la gravité des sons^ el dont plusieurs d'entre eux ^ 
diantant à l'octave des basses-tailles ordinaires , forment 
une harmonie vraiment admirable. 

Les efforts d'imitation faits par Mv Iwanoff dans les pre- 
mières années de sa vie, n'entreraient-ils pas pour beau- 
coup dans la production de l'anomalie que nous venons^ de 
signaler? , 

Il est biea démontré pour nous que c'est toujours To^ 
reille qui forme la voix^ c'est ensuite de cette condition que 
j'ai recommandé , dans mes études sur la voix , d'exercer 
les enfans à écouter la musique vocale avant de la leur en- 
seigner. 

Avant mes recherches sur l'organe de la voix hum&ine| 
avant que j'eusse prouvé l'influence et la nécessité du jeu 
de certains muscles, tels que ceux de l'os hyoïde , de Id 
langue , etc. , dans l'émission des sons , il eût été bien plutt 
difficile de dohner une explication satisfaisante de Tano^ 
malie en question. Diaprés ces principes, je petisc qtie lé 
jeu des muscles modificateurs l'emporte dans ce cas sur ce 
lui qui préside à la foritiatioïi des sons ordinaires, et qu'en 
conséquence la contraction forcée des muscles de ta langue^ 
de la mâchoire inférieure, ainsi que des muscles qui por*' 
teut l'os hyoïde en haut, l'emporte sur ceux qui ojèjrht 



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%g% . sociérés ^ savantes» 

orâmairement l'abàîssemeRt de l'os liyo^ide et du Iai*yiix^ 
ce qui donne lîeU à un mouvement diamétralement t)pposé 
au mouvement ordinaire. Je m'explique : si dans ce cas le 
larypx'dtaU obligé de conântier à descendre pour obéir à 
la lol.qui veut qu'il, se porte en ba^> afin que l'e'cartement 
des <Mrdes vocales ait Heu pour la formation des sons gra^^ 
ves, il finirait par être extrêmement gêné, soit parle pa- 
quet de faisceaux musculaires qui l'entourent^ soit par le 
voisinage de corps peu élastiques , et c'est là sans doute 
une des causes de la limite posée aux voix de basse ordinai* 
res. Àinsi> pour la production du phénomène relaté , il a 
nécessairement fallu que la nature s'écartât de la route or- 
dinaire j au^i voyons-nous le lai-ynx se porter en haut 
comme s'il s'agissait de rémission de sons aigus , mais en 
même temps il doit exister une contraction violente des 
muscles qui pré^dent à la formation ^es sons graves y et 
notamment du crico-atythénoïdien postérieur , et c'est de 
cet antagonisme simultané entre ce double ordre de miiscles 
que ipésultent des sons d'une gravité insolite , et que dans 
ce cas on pot^rrait considérer comme composant un méca- 
ni^ne tcv^t {»avticulier. Si ce fait remarqual)le et unique\ 
qui m^a paru ofirir assez d'intérêt pour être communiqué 
à l'Académie des sciences , ne peut à lui seul.ren verser les 
idées admises par les physiologistes sur le ménanisme de 
îf vçix humaine , il prçuve du n^oins qit'il y a beaucoup à 
étudier encore sur le jeu des musdes qui président autant 
à }a formatroa qu'à la modulation des sons. 

SÉANCE DU 7 OCTOBRE. — M. Double ^ tant en son nom 
qu'en celui de M.Magendie, fait un rapport sur un mémoire 
de M. Deleaîi, relatif au traitement de névralgies faciales, 
pu tics douloareux , par la pulpe de belladone. Ce travail, 
dit lé rapporteur , se réduit jqsqu'à présent à confirmer des 
iaitsdéjà connus, à y joindre quelques observations à d'au- 
tres observations, . , 



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SéAfriiDXJ iv{.^ — M. Gaioly peintre d'histoire, annonce 
r|ul! vient de perfectionner unç découyerte qu'il a faite il 
y a trois ans^ et qui consiste dans inapplication des eou« 
leurs prismatiques sur différentes espèces de nvétaux , il^i- 
neraux et cristaux, • 

M. Grégoire rappelle à rÀcadémie qu'il lui a présetité un 
ouvrage intitulé : Projet de Code pénal, suivi d'un système 
pénitentiaire ; il pense que cet ouvrage s'adresse plutôt à 
des médecins^ et il désire qu'il soit renvoyé à 1^ commission 
chargée de prendre connaissance du mémoire de M. Julia 
de Fontenelle , intitulé: Recherches niédicà'^légales sur 
Vtxistence de la douleur après ta décollation, 

Jd. Douville adresse de Bahia une gomme qu'il a extraite 
du jacquier. Elle ressemble beaucoup au caoutchou. lï 
joint à cet envoi quelques graines de plantes et/d'àrbre| frui* 
tiers* ' , . \ 

M. Jacobson lit un Mémoire sur les propriétés physiques 
et thérapeutiques du chromate de potasse neutre. Ce sel 
supporte une très haute température sans «e décompèèier ; 
il. est décomposé par le charbon qu'il rend incandési^nt ^ 
dut chanvre, du coton, des cordes ou des toilei^ imprégnés 
d'une solution de ce sel deviennent t#ès pombnstiblesf; ^Btdtaé 
on .y met le leu, il y a une forte et vive incandescence^ Àveâ' 
un dégagement considérable de çhalettr et de luWiiière'. Leis. 
oxidesr de chrome et ses différens sels jouissent de hi nkéme 
propriété, cependant avec moins d'énergie que les cbro^ 
mates de potasse et de soude. Cette propriété du; chrome 
pourrait peut-être servir à expliquei; quelques pliénomènes 
dont s^ontaccompagnés les aérolites dans leur chute; cavronr 
sait qu'on a trouvé le chrome dans un grand nombre de^ces 
pierres. 

I/autèùr a fait l'application de cette propriété du' chro*- 
maie de potasse à la préparation des moxas. Cent dont it se 
sert sont fait^ avec du papier Joseph imbibe d'une solution 



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3K)4- SOCiÉTéS SàVAWlVKS. 

faUet^vec wne jiartio ck oc ;selet jfcâeîâ'eau^ Il fàil^Tcc €^ 
papitnr des cylindres de 4iTerses grafidears et épaisscursi, 
scloi^ riodkalian. GQsmoxas brûlent sam însufHaltoiif dé- 
gagent Utte cbalear trè» vive, et forment «n eschare plits ott 
moins profond suivant leur grandeut*. M. lacofeson ^on«- 
s^ille^de préparer ainsi tdes mècJbés aviee le coton , la grosse 
totti^, etCi-i en les plongeant dans une. solution faste avec 
uiie partie de cbromaie de^potassesur sei«e ou Vingt d'eau. 
Une grande propriété de cesel^ c'est.â'être très solube daas- 
l'eaa et d'être propre i >préservei* les- suirataiieçs végétales 
et anittiales de lai fermentation et de la patréfactioii i il en- 
lève aussi l'odeur infecte des substan^ces putrides. 

Le rcbromatc de potasse .neutre elle bicbromatc jouissent 
de ces xnêmea proppiétési; ce dernier sel â*eniporte cepen^ 
daut po«i^ la oouservation et la déirâfectioR des substances 
précitées. La dose est de un gros de ce sel dans deux livre» 
d'eau; le^ tbbatances végétales et animales ne sont nulle- 
liieni.aUiérées dans ceqie solution; les i^arties nerveuses sont' 
sujettes â s'yaUé*'ér. Quant à ses propriétés thérapeutiques 5 
à V^uéj&QiMXf M. Jac6bson l'emploie comme résolutif, et»'iL 
e^'t e^Acentré^ comihe .caustique f i l'intérieur, il le donne» 
à^ftâi^sie de deux â( quatre grains comme émétique; à celle 
de demî^groin k uu grain ^ chaque deux ou trcâs lieitres, él 
pro|/Qqoe des nausées^ et peut être employé dans les- ma-* 
ladiûs.de poitrine et contre quelques accidens. spasmodir 
quesJ , 

Mt Dar.cet déclare, au ,nom de la i^ommissîon rdative ÀaK> 
arts insalubres, qu'il n'y 4 pas lieu à décerner de prix celte. 
aiV^née. 

MvGeoffroy Saint-Hilaire préseate les débris osseux et 
les dessins qui représentent les pièces provenant d'unoiou- 
veau genre de runûnans du sous-ordre des Moschoïdes qu'il 
a découvert , à l'état fossile , dans la carrière du plateau in*« 
dusien de Saint-Gérand- le-Puy, et qu'il nomme Dremos^ 



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$ieri4im. IL eit-confiaît cLéj^deilx- espace:; :ie Dtentofthète 

{i^ geovç Mosi^huf ce trouve ri>P^ ce premier restât €t 
d'apt'^ d'autres recherches faites à cette occasion, compostf 
de «(imitre ge^es.: i ** le . Portf^Mii^ ; a*» les Drerm^theres ,-. 
5*» les Chei^rotains ; 4** 1®-** Miçroonthes, les plus ptstits des 
rumia^iis, «st^oiit ia taille est •au*rd'<es;$QW» de c^tteidu co- 
chon d'hidc. JH^ sont iU-ès-abiô^da^$ en Guinée , ou on le& 
regarde 4^)milie uume-ts. délicieux. 

. Les Brepi^tbère^ $o^t J^imjde^ ^x genres 4|iii^>M. Geof-- 
frûyiiréqemii(ie;it.4^coavei:<tSjen Auvergne. . . 

distillant du benzoate ^p fjtr^u^ daiis u^e cprn^e., on ob-f 
tîenjlVPi<>i^P^<Hl^l>r!ut, une, matière huiiem^d'uâecom- 
poisition, co^lpli<]U4$e. 1} re^te d^^ps la cornue d^ <:ai*bouate 
de chaux. La rectUicatioii de celte huile au ^in-lnarit; 
donne un bydrogèœ lii|uide^ plus 14ger q^e l'^'ou, d'une 
odeur agréable qui rappelle celle dtis amandes. iCeit te huile» 
qm bqut à iJS" c>,.^ PQM'^ formule C^ B^ ; elle e^ isaméiri- 
que avec Thydrogène bicarbure découvert par M, Faraday 
dans les matières provenant de la distillation delà houitle^ 
Etk «levant . graduellemepft la ^empéramre , pn xecu^lie 
bientôt ,un. s^utre .produit huijbBu^x , accomplie d^ne inU* 
tière blanche , solide , qui s'^^ sép^c ep, partie par le rer 
froidissement) cette matière est de;la npphfalifie^ L'auteur 
Aiin^ce , eu tnême temps, qu'il a constaté le fait annolicé 
qMe l'amygd^ine traitée par l'acide nitrique se convertit 
en partie en acide benzoïque^ mais qu'avant la production 
de cet acide, il se distille de l'huile d'amandes amènes , 
douée de toutes les propriétés qiv ou lui connaît. 

M. Giviale adresse à l'Académie sa quatrième lettre sur 
la lilhotritie* 

M. Virry envoie un mémoire ayant pour litre : Observa-' 



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SgÔ SOCIÉTÉS SAYAVTB»/ 

110115 physiologiques et paihologiqves sar le déTelopperoeat 
des poib et des lain^ dès i^ntmanx à fourrulres et à toisonf^ 
dans rinteiition de. proaver que leàr produetlôn est &to- 
risée : • • ' 

i^ Par la diininutioiv de la sensibilité JdérvciÉse oil sa eoti* 
centration ; 

2** Par la froidure , Tengourdissement, le sommeil , etc.; 

3(> Parla diminution de la transpiration cÀtatice^ 

4"* Par l'affaiblissement des fonctions respiratoires ; ^ 

5® Par ramollissement et la vie sédentaire ou casanière, 
sous cette température tiède et un peu humide qui prolonge 
le poil ; 

6® Par la dispontion à la leucose ou albinisme^ la déco- 
loration ou Téttolement avec Tobscurité ; 

7*> La finesse des poils est surtout favorisée par la téànité 
de la peau, la jeunesse, la petite taille, la vie courte, tandis 
que des tontes fréquentes grossissent les laines ; ' 

8<^ Des nourritures légères concourent à la délicatesse des 
poiU ou laines. 

9<^Tout ce qui empêche la déperdition des for ces des ani-r 
maux , ou accroît leur vigueur, rembourre beaucoup leur 
robe et multiplie la densité du pelage; . 

lo^ C'est particulièrement l'ardeur génitale > ou le moins 
d'abus possible de cette faculté <|ui ennoblit les races etqui 
procure les plus riches toisons. 

Commissaires : MM. Duméril et Dutrocket. 

Le docteur Targioni-Tozzilli adresse un travail sur let 
eaux minérales de Chianciano , en voici les principaux r$« 
sultats } 



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loo ktlag. des eaux iherfnàles du bain de Saint^jégnkse, 
contiennent: 

Sulfate de chaux.. .. . •^. ,.. • i^aiais 876,00 

«-r de maguésie.f 120,00 

— ■ de soude 4^6^00 

•— ~â*aluiiiine 60,00 

Carbonate de chaux. . • 4769^^^ 

— - de magnésie 180,95 

Chlorure de magnésie. . . • « » 57,00 

— de sodium... •*•••, 39,oi> 

Silice. ....•.•. 93,00 I 

Oxide de fer 33,oo , 

Matière bituniineusé azotée. • 12,00 
' — organique végétale, et perte. . a7,oo 



( 



24o>00 



I 



Ces eaux contiennent en dissolution i^ la température 
de 22« R. : 

Gaz acide carbonique». •• pouc. cub. 274,952 
Air atmosphérique.. .. •• 6^,239 

Azote.... 15,275 

' Eau Sainte. 

1 00 livres sont composées de : 

Gaz acide carbonique pouc. cub. 4^799^ 

Air atmosphérique. .«••••. 54*42 

Sulfate de chaux. • . • • grains 86iB,oo 

— de magnésie. i64,5o 

'^*- de soude. ^4^)9^ 

— d'alumine 95,58 

Carbonate de jchaux. . . .*.... 1022,00 

' — . de~ magnésie ^ 182,00 



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2^ SOCâttÈS BkyKH^ÈS. 

Çlilprurç de magnésie ....... 38^5^ 

— de sodium ...,...,.,, 1 7,5o 

Silice , ....; 66,5o 

O&ide «Je &rk ^ . ......... ... ..• ...... '<>6,5o 

Ma44èt«ibiluminejase.azot^... . T4900 

w*r iorganiqae végétale... 2t,oo 



2t>oo,op 



Bc^ins Casuccini. 



100 irvfês contiennerit : 

Gaz acide carbonique pouc. cub. no,a3 

Âir atmosphérique. .' ti7,5t> 

Sulfatede cbaux... 648,2Î> 

-^ de magnésie, 9'^j75t 

r- de soude iîï4>73 

. 1-^ d'alumine. ....... 9o,2& 

Carbonate de chaux.. . . . . 820,98 

— de magnésie .. . 1 75,55 

Chlorure de magnésie 59,ï3 

— ^., de.sodiii^p...... . . , . aiibç* 

Silice... ........ .••.••.. 86,po 

Oxide de fer. . . ..... ...... .«o,7?> 

- Matière bitumineusie azotée 5r 7 

— ^ organique végétale «0,75 

2i5o,oo 
Eau Martiale 

Composition d^ 100 {ivres : ... 

Ga? apjde carboniqqev. .. .. • . poup.<c?ttb» , 9f^^ 

Air atmosphérique 9>zij2 

S^ilfete de chaux................ , . . >67lvÎ5 

, — 4e magnésie, ...... . .72,51. 

-^ de soude. . ......... %>/i5 



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IKSTI7VT DE FBàMCB. 399 

Sulfate d'alumioe 34)5 1 

Carbonate de chaux. ..... 8o5^74 

•*— de magnésie. .. . 116,22 

€3iIorilre de magnésie. ... uS/iO 

— de sodium. • • . . . 13,90 

Silice .'• . . *^ 56,82 

Oxide de fer. i25,9G 

Matière bitumineuse azotée 10, Vi 

» — orjganique végétale io,38 

Perte ' 55,53 

io66>oo 
Eau Puzzûle ou de Sidnl^A^bin. 

Acide carbonique. • pouc. cub. 670,47 

Âir atmosphérique. ....... 34)56 

Sulfate de chaux. • 4^5,56 

r-^ de magnésie .4^>i^ 

,, — r de soude, ..••... . 62,67 

— . d'alumine. ....... 199^0 

Carbonate de chaux 368,oo 

— - de magnésie 56,o6 

Chlorure de magnésie 28,88 

— de sodium. ^7,49 

Silice 24;4^ 

Oxide de fer. ............ 58,97 

Matière organique végétale. 5,78 

— bitumineuse azotée. - ^^^^^ 

Mi Aube présente un mémoire intitulé : Sjrsthme phy^» 
sicthebimique y basé sarTexistenee deltrois corps élémen- 
taires qui sont : 

Le feu , prindpe ou électricité vitrée. 

La matière inflammable ou' hydrogène (électricité rési-< 
ncuse;. 



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30p SOCIÉTÉS SàVAHTBS* 

La maM^e passive ou o^igéne. . i 

Nous ne suivrons pas l'auteur daos le dédale des^liypo^ 
tkèses qui fpnt la base de son travail ; nous ferons con- 
naître le rapport qui eu sera fait par MM. Biot> Dumas et 
Robiquet* 



ACADÉMIE ROYALE DE MéOECIBE. 

(Octobre et novembre i833.) 

Causes de la position du fœtus au moment de Vacçou" 
chemenU — Typhus épidémique^r-Insirumens obsté- 
triques. — Paralysie. — Organisation de la méde^ 
cine en France. — Cas d'application du forceps. ^-^ 
Suture du périnée. -— Rupture de la cloison recto-* 
"vag^inale.'-^Cystotomie'. — Èpizoatie. 

SÉANCE DU 8. — Pourquoi le fœtus se présente ordinai-- 
rement par la tête au détroit inférieur du bassin, — Ou 
se souvient des ingénieuses idées de M. P. Dubois sur ce 
sujet. C'est à ce mémoire que M. Maygrier se propose de 
répondre par un autre où il s'attache à démontrer deux 
choses : 

1° Qu'en suivant dans tous ses dégrés le développement 
du fœtus , on ne voit aucun jour à faire intervenir l'im- 
pulsion de l'iustinct dans les mouvemens qu'il exécute. La 
deuxième , que la situation qu'il prend à la fin de la gros* 
sesse est l'effet de plusieui*s causes : de la disposition de la 
matrice ; de celle du bassin ; de la pesanteiu* relativemeni 
plus grande de la tête, et de l'impulsion que lui impriment 
les battemens continus deâ artères delà base du crâne. 
Après quoi il s'attache à faite ressortir ce que les expé^ 
liençes de M. P. Dubois peuvent avoir de défectueux. 



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ACAIMftMIE BE MÊBBtiKE. 3o'i 

If. Paul Dobois soutîeni que les argumens par lesquels 
il à prouvé son opinion ne sont point ébranlés par ceux 
de M. Maygrier. A l'égard de ses expériences , il répète 
qu'il a pris soin de les faire sur dés enfans qui n'avaient pas 
respiré y et qui, devaient obéir à toutes les lois de la pesan-«> 
ienr. Supposé que cette pesanteur puisse décider de la si*^ 
mation du fœtus dans une femme où l'utérus présente des 
plans kidifiés) cette force serait nulle dans les femelles des 
animaux où la matrice et les trompes sont horizontales) 
et où cependant les fœtus présentent la tête comme le fœtus 
humain. M.Maygrier parlede l'impulsion que la tête reçoit 
des artères de la base du crâne ; du moins, cette nouvelle 
cause est-elle intérieure et n'a rien de commun avec la 
pesanteur. Quant ù la distinctio'n qu'il est nécessaire d'ad^ 
mettre entre l'intelligence et Tinstinct , M. P. Dubois ju^e ' 
que cette distinction n'est pas bien sentie , et que , sur ce 
point I il y a généralement confusion dans les idées. 

À cela M; Mayijrier réplique qu'à l'action de la pesan-» 
tcur il associe comme auxiliaires et les contractions de l'or-^ 
gane utérin, et les. courbures que cet organe affecte. A 
l'égard de l'instinct, il le retonnaSt dans l'acte de succion 
qu^exerce Penfant qui tette ; mais il avoue ne pas le com^ 
prendre dans les autres actions du fœtus. 

M. Yelpeau avance de son côté que si M. P. Dubois a 
réussi à démontrer rinsufiisance des lois physiques pour 
expliquer le fait dont il s'agit, peut-être ne donne- ' 
t*il pas une explication meilleure. Les expériences qu'il 
a faites n'ont rien de concluant ^ on ne doit point assimiler 
unicetus logé dans la matrice avec un fœtus mis dans un 
vase. Il ne faut pas même comparer avec ce fœtus un fœtus 
de quadrupède^ qui a la tête moins pesante que les parties 
abdominales. Enfin , il ne Caut point oublier.qu'un homme 
qui tombe de haiu tonibé constamment sur la tête. Telle 



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est sjiassi , )a sitadtion que prend natiirellemcnt le iWtiis 
dans la matrice. 

M. Capuron CéUcite.M. Maygricr sur le taleot de rédac-* 
lion que présente son mémoire. Il partage ses sentimens 
smr Taction de la pesanteur, et tente de l'ec^fier lésez* 
pressions par lesquelles M^ Maygricr a voulu caEracferâseÉ' 
la forme qu'affecte le fœtus dans la matrice. DanS'deujt 
opérations césariennes qu'il a faites^ M. Capuron a vu qn€ 
le fœtus était reployé en peloton sur lui-même. Il n'«Bt pas 
vrai que, dans les femelles des quadrupèdes, les organes 
génitaux aient une situation horizontale. Au moment oA 
elle met bas, la vache se plie et fait en quelque façon glis^ 
ser le jeune animal sur un plan incliné. Il i/est pas vrai 
non plus que M. Capuron ne sache pas distinguer Tintel* 
ligence d'avec l'instinct qui lui serait tnème supédeuf . fit 
du reste , $î % à^ la fin de la grossesse, Ten^sint présente la 
tête , c'est quêta nature le veut ainsi ; c'est qu'elle faittouf 
concourir à cet acte par les lois physiques qui sont $on 
ouvrage. 

SÉ^wcE DU i5. — ' Ijrphus. — M. Bally lit un rapport 
$ur deux mémoires de M. le docteur Fleuiy , médecin en 
chef de la marine de Toulon , touchant le typhus qui ^ 
en i85o et i832, a régné dans le bagne de cette ville. 

M. Bally s'applique, par des exemples tirés de localités 
tharitimes dans les différens points du globe, à réfuter les 
opinions avancées précédemment dans le sein de l'académie, 
savoir , que Je typhus se développait à Toulon par fa stag-* 
nation des eaux et celle de l'air. Dans un second rapport # 
il rendra pkts spécialetnent compte du travail de M. Flenry. 

Instrumens ob&tétri^jites, *— M. Dugès fait voir, à l'aca<r 
demie une st;ite de nouveaux instrumens relatifs à l'art .dea 
àccoucheiùeus. i"* Une branche de forceps à cutllef toiir««>* 



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liante , et à laquelle s'adaptent plusieurs crocTicfls àigas on 
Hlottsses, un troquart k hydrocéphale, et nu tëiibellutu ; 
yo Une aose ou fer à cheval appelé bosilabe , que Ton lait 
glisser sur la ba^ du crâne ^ et qui , munîe de troin lac$ j 
peut exercer des tractions. S" un crodiet à délivrance 
pour remplacer la pîace à faux gernîe de* Levret ; 4'' Un 
9^écu,la4i à deux branches mobiles f 5^ des pessaires gar* 
nk d'épongés et de formes variées ^ derniers instrameni» 
que l'ouvrier le «noins habile peut fiiire extempofrànéinent 
en Ul inélallique^ 0^ enûauo céfdialotome , plus comii^de 
que le céphalotribe et le perce«-crâne ordinaire, ^t qpi', 
au moyen d'une ou deux incisions faites sur la tête du 
fœtus ^permettra de l'eMràire Uiéme à travers le détrc^ii 
le plus rétréci. 

. Paralj-sie, — Un bœuf de cinq ans avait une paralysie 
des menabres. postérieurs avec perte du sentiment et du 
mouvementé La mastication se faisait mal 5 il ne ruminait 
qu'à de long» intervalles; la respiration était courte; néan- 
moins , il n'était sensiblement maigri que des parties para- 
lysées. 

L'animal ayant été assommé-, ou trouva la partie de I4 
moelle de l'épine qui répond à la région lombaire ^ ramol- 
lie; la substance grise décolorée ; les racines des nerfs 
qui prennent de là leur origine, comprimées,; les méninge9 
épaissies ; le cerveau et le cervelet intacts. 

Ce fait prouve que les fonctions et les maladies de la 
moelle sont indépendantes des fonctions ai des maladies du 
cerveau. 

Dans un second mémoire, M. Pupnis développera ses 
vues sur le mode qu'ont suivi, dans leHr formation, ceii 
altération? cadavériques). 

S^SAMÇE Dtf 'itk* -^Orgunimtionde lamédecineen FràitM. 



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So4 SOCIÉttÊS 8ArA9ffiS4 ' 

"^Dès 1839. rautorkë supérieure avait adressé à Tacad^iwli; 
^ne série de questions sur renseignement et l'exercice der 
la inédecise cpie nous croyons devoir donner icl-tejituélle-^ 
ment ^ afin Ae mettre le lecteur à même de suivre la dia-^ 
cnssiou. Différentes circonstances^ et notammeift fai' révo-» 
lution de juillet , Tapparition du choléra , peut-être aussi 
la difficulté du sujet 5 avaient presque £ait perdre de vue la 
demande du gouvernement. Une lettre ministérielle est 
▼eaue la rappeler , et aussitôt la commission déjà nommée 
a rapproché ses séance» et a composé le projet d'un long 
rapport dont M. Double vient de donner lecture* 

Questions proposées ^ F académie par F administration, 

1® Peut-on y sans inconvéaiens I renoncera avoir deux 
ordres de médecins? 

a* £n admettant que le titre d'officier de santé fût rem- 
placé par celui de licencié en médecine , quelles deVraieirt 
Are les conditions d*études exigibles pour obtenir ce der- 
nier titre? 

5^ Faudraît^ly pour faciliter l'enseignement des licenciés 
en médecine , augmenter le nombre des étioles secondaires 
qui existent déjà légalement près de certains hôpitaux ? 
' 4." A quel taux serait*il convenable de fixer le ptix*des 
«inscriptions dans- ces écoles? 

5» Pourrait-on suppléer, en tout ou enpartie, à ces écoles 
far des cours faits dans certains hôpitaux par les médecins, 
chirurgiens et pharmaciens qui en dirigent le service mé- 
dical? Pourrait-on, sans inconvéniens réels, attribuera 
ceux de ces médecins, chirurgiens et pharmaciens qui don- 
neraient des leçons publiques dans lesdits hôpitaux « le droit 
de délivrer des inscriptions aux élèves internes et cittetnes 
qui les suivraient, quoique l'ensemble des cours ne fût pas 
suffisant pour constittier une école secondaire de médecine ? 



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ACADEMIE DE lÉÉDEClNE. 3o5 

L^inStrofition acquise, dans ces hôpitaux pôurrait-ellé être 
cotnme équivalente à celle qu'on peut obtenir dans Icè éco- 
les? et les inscriptions ainsi obtenues pourraieàt-^ellés être 
comptées aux élèves.qui aspireraient au doctorat? 

Quelle restriction convient^-il d^apporter au droit d'exer- 
cice des licenciés en médecine ? i > 

RÉCEPTIONS- . ^ ^ ' 

1 « Convient-il d'attribuer aux écoles secondaires le droit 
de recevoir des licenciés en médecine? 

2® En cas de négative , à combien devront être fixés ies 
frais de réception dans les facultés pour le grade de li- 
cencié? 
' 3** Par qui seront reçus les pharmaciens de seconde 
classe ; les sages- femmes et les herboristes ? 

CHAMBRES DE DISCIPr;INE. — Police médicale. 

i<k Quel Siérait le-meilleur mode d'organisaûon des cham- 
bres de discipline ? , , ■ 

2^ Comment devrait être tracé le cercle de leurs attri- 
butions? ^ . 1 . 

3° Jusqu'où pourrait aller leur dhroit de censure? 

4^ Si eues doivent être chargées / comme <<eta est ilîdis- 
pensable dans les départemeiis ou >fl(»'y a pas d^étôfé d^ 
pharmap^ , de U visite des officines des j^armacieiis -, dès 
bouticpies ^t ipaga^iiùs des épiciers ,: droguistes ci heii>ori9'- 
les, penser-toft que le pràdu^ des drpits à percevoir pour 
cette opération, joint à celui, des : amendes it^igées pour 
Gontra,yenupns aux lois aurJa' médecine et la pharmacie, 
sera suffisant pour les couvrir de leurs frais ? . - ^ 

5® Quels sont les abus dans l'exerciee de la médecine, de 
1^ chirurgie et de la pharmacie , pour laréfnression desr 
quelles la législation actuelle Vest montrée insuffisante ? 
Tome IV. Novembre i833, ao 



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3o6 SOCIÉTÉ SaVAKTBS. 

6* Qaelles (tispositims noayeUes seraiefti fiécesdàît^s peur 
assurer la r^pre$8t€tia de ces abus ? 

. y"" Est-il nécessaire de préVeuir par une dispositiôh spé^ 
claie rexception SQurent réclamée par des dentistes » dé9 
renpveurs non pourvu^ de diplômes ; et quelquefois adinise 
par les tribunaux ? 

8** La distinction entre les pharmaciens et les épiciers , 
droguistes et confiseurs, doit-elle être l'objet d'une défini- 
tion, explicite dans la nouvelle loi ? 

g** Quel parti adopter définitivement^ en ce qui concerne 
les remèdes secrets , pour concilier de la manière la plus 
équitable les intérêts de la santé publique ^t les droits de 
propriétaires de ces remèdes ? 

10® Beaucoup de pharmaciens tiennent des dépôts de 
remèdes connus , mais composés par d'autres que par eu¥ , 
peuvent-ils y être autorisés , sauf à ne les délivrer au pu- 
blic que sur la prescription -d'^ifi dactçur en aà^Aecifte ou 
, d'un officier de santé ? ou bien faut-il maintenir explicite- 
men/ le prindipe qu'ils ne doivent veudre que des médl^ 
mens composés par eux-mêmes , selon lès idfmulèrtfuj^ 
co4?» ? 

1 1 ° Le codex est^il en rapport avec les progresses scien- 
ces? Ëst^ nécessiiire de le refaire 1 

%^** D^ jponvelles prépari^tioès éiàn^ «oiisfcs joutslatro- 
dnit^^ da^s la phatmtM:iè ^ par suite 4eis progrès dé là ehi- 
Me, pelUron a^reîàdre les pharinacietis à ne tenit Aans 
leUfTs oifitines que des médicaiiAens préparés^ survatit lies for- 
mules d'u» cod^x> quelqitô parfait que puisse lêti^'un tel 
ouvrage.au moment de sa piîblicatiotK? - •< ' ^ 

Je Supprima les longues cimsidératidâs prélitaïiiiaii^s 
auxquelles s'est livrée la commission pour dévd(yppér ses 
proposions V et j'èxtvais du rapport ces lyrop&sitions rédi- 
gées en fome de loi. Les motib des législateurs reparais 
trontasseit dans la discussion. 



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^ ACADél|IE DE MÉOBCIKE. 807 

, Art. i^* Les jury» BaédicaïUL ^ criés pur h loi 4|i 1 9 ven- 
tôse an 1 1 > peur la jréceptioii dés oDEkiers cU saolé, so^t 
vnppnaiit. 

2. Il n'y aura désormais en France qu'un seul ordre de 
prackiens s ka docteur^, eià mideicioa el le» dociei|r$ en 
«^kurpe. 

S.Xes officiets de isastë aetuellement existiAS lesteroAt 
avec tous leurs droits Acquis : ils ne pourront être supprir 
mes que. par Yoie d'estisctiùn. 

4. Ils pourront , après dix années d'exercice , obUi^nir le 
gtadc de docteurileirant les facultés, moyeni»ant un examen 
clinique^ une consultation rédigée par écrit sur une mala- 
die donnée et la thèm. 

i 5. 11 y anra six facultés de médeciue ep France. Indépen- 
damment des trois qui existent. djéjà, il en H^/i c^^é Uiçjis 
a«kres t une à Lyoo^ une i Toulouse ou ^ Bord^^HM^^ et pne 
à Vanteà^ou à B^nnes.Les écoles^secondaires soi^t maip tenant 
telles qu'elles exisleât. A Fayenir^ deux années d'études daus 
«es écoleecooaptecont pour une année d'iAsaription dans les 
Incultes. 

6. -k TaTenir, les séceptione ne «ero^t plus e^^clij^ive- 
JUient lailcs pair les professeurs des fucuItéSé Les médecins 
dé la ville et de la banlieue où se trouveront placées les. fa- 
cultés devront concourir pour un ûe^s i tous les actes pro- 
tbatcdree- 

hes> eooseib gjéBéraux de dépanectteul poui:rpiit faire à 
volonté 9 soit en partie , soit en totalité ; hs frais 4^ études 
et de la réception d'un ou de plusieurs doeteur^; ^ la ch^ge, 
«par ee««x-*ci 9 de fixier leur diiumcile^ durant u^ t€^ipps4é-' 
terminé^ dans la commune du dépârtex^^eut que le conseil 
|;énéra}aura;a6si(néd'avaiice . L^ dooteuiss placés d|ins qette 
t»t^orie ne pourraient être libétés de leur ^g^gement 
nqii'en restituant les smnmes Teçues. 

5. Il y aura dé» médecius canAonuaux ep France partout 



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3o8 SOCléTÉS SAVANTES. 

OÙ le besoin s*en fera sentir. Les conseils des commuiles^ 
avec l'avis des conseils d'arrondissement , et sanf l'appro- 
bation des conseils généraux de département, en pourront 
obtenir la création. 

9. Il ne pourra jamais exister de médecins cantonnaux 
salariés dans* les chefs-lieux de département, d'arrondisse^ 
ment^ ni même de canton; leur résidence fixe devra être 
nécessairement établie dans les communes rurales. 

10. Les places de médecins de canton ne seront données 
qu'à des docteurs en médecine. ' 

11 . L'élection des médecins cantonnaux sera faite par les 
conseils médicaux de départei^ient , sur la présentation des 
autorités locales. Les cadidats devront avoir fait preuve de 
connaissances en accouchemenseten chirurgie autant qu'en 
médecine proprement dite. 

1 2. Le traitement des médecins cantonnaux sera toujours 
fixé entre 600 et i5oo frantis^ en vertu d'une délibération 
expresse du conseil général du département. 

1 3w Tous les docteurs en médecine ou en chirurgie, tous 
les pharmaciens reçus postérieurement à la promulgation 
de la présente lot seront tenus, pour être inscrits sUr la 
liste d'un département , d'acquitter préalablement un dro^ 
d'exercice proportionné à la population des villes ou des 
communes dans lesquelles il s'établissent. 

Les chiffres du droit d'exercice seront réglés de telle ^sorte 
que, combinés avec le montant des inscriptions^ ils coosti* 
tuent la totalité des frais de réception. 

Tous les actes probatoires seront gratuits, 

14. Les herboristes et lés sages-^femraes sont soumis à on 
droit proportionnel analogue. 

|5. Les pei*8onnes qui, ayant acquis le droit d'exercer 
^ans une ville ou commûtoe , avec ou sans droit propor- 
tionnel, voudront s'établir dans une autre ville d^une popn- * 
iation plus élevée, devront, pour en obtenir l'autorisa- 



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AGAI>ÉMIE DE MÉDECINE. , iùQ 

tion, licquit^r la . différence qui exislerîsi entre les droits 
d'exercice exigés pour la population des deux villes. Dans 
les cas où le droit proportionnel pour la ville eu faveur de 
laquelle le changement s'opère serait moindre^ il n'y aurait 
jamais lieu à restitution. » 

Néanmoins , les docteurs qui , sans avoir eu ni le titre 
ni lies émolu mens de médecin. de canton ^ auront exercé 
avec domicile pendant^ quinze ans consécutifs > dans une 
comqaune au-dessous de mille âmes de population ; et 
qui voudront aller ensuite s'établir dans des villes de leur 
choix, seront dispensés de payer le droit proportionnel 
d!eiercîce.^ ^ ^ 

M SÉANCE DU 2 ifOVEMBBB. — .De l'impossibité dé taccou' 
chèment naturel et deja nécessité de t application du for- 
ceps dans la position occipitO' antérieure de la tété ^ par 
M. Capiiaon. • 

Selon l'auteur de ce Mémoire, l'impossibilité démontrée 
par la pratique l'est encore par la théorie, lorsque les pro- 
portions de l'enfant et celles du bassin sont dans l'état nor-, 
mal ; c'est alors que pour terminer l'aecouchement , l'em- 
ploi du forceps est de nécessité rigoureuse; mais cette 
nécessité n'existe pas lorsque la tête et le corps de l'enfant 
sont très petits , ou lorsque le bassin de la mère est très 
grand; ou, à plus forte raison, lorsque ces deux dernières 
conditions de petitesse ^t de grandeur sont sîmuUanées. 
Pour . autoriser toutes ces propositions , M,. Gapuron cite 
plusieurs observations tirées de sa pratique particulière. 

M. Paul Dubois demande la parole, et dit qu'il ne croit 
pas , comme M. Capuron , que, l'accouchement spontané 
soit impossible dans 4es positions occipito - postérieures*. 
.Que l'opinion de M* Gapuron serait .seulement en partie 
fondée , s'il était vrai , comncie l'admettent pj;esque tous les 
accoucheurs > que les positions occipito^postérieures , l'oC'*. 



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3lO , SOCIÉTÉS SAVANTES. 

cipat fut porté par un mouvemeiil de devant en arriére ^ 
dans la face concave du sacrum f mais qu'une, étude plus 
attentive du mécanisme de l'accouche inent naturel démon^ 
tire qu'au lieu de diviser idéaleinent le bassin en deux moi<» 
tiés , Tune antérieure , qui dirigerait Toceiput d'arrière en 
avant, et l'autre postérieure, qui lé dirigerait d'avant en 
arrière , comme oii le fait en général , il faut se représenter 
le bassin comme composé de deux moitiés latérales qui di-* 
rigent l'occiput presque invariablement d'arrière en avant, 
quel que soit le point de ces deux moitiés avec lequel l'o<i^ 
ciput se trouve primitivement en rapport, et qu'ainsi, 
même dans les positions occipito-postërieures, l'ocdput se 
rend dans l'arcade du pubis par un mouvement de rotation 
très étenda , qui çkange la position occipito-postérieure en 
une position oecipito^ntérieure. M. P/DuhcHls convient 
cependant que ce mouvement de rotation ne s'éxécnle paa 
toujours ^ et que les rapports de la tête du fœtus avec lé 
b^issin restent quelquefois tels qu'ib étaient primitivement; 
mais alors t'aecoHchement n'est pas encore impossible ; la 
tête peut être poussée bors du bassin par des contractions 
énergiques , seulement l'accoucbement est plus long et plus 
difficile. H se peut engn que l'expulsion de la tète devienné^ 
inipossible, et que raocouchemenf requierre les secours de 
l'art , mais ces cas sont certainement les plus rares. 

H. .Paul Dubois ne conteste pas la validité des faits cités 
par M. Capuron , mais il peutkur opposer des faits beau^ 
coup plus nombreux observés chaque année à l'hospice 
de la Maternité , et qui prouvent la possibilité de l'accou- 
chement spontané dans les positions bccipito-poslérieures, 
même quand elles ne se' convertissent pas en occipito-an^ 
térietires. M. Paul Dubois ajoute, enfin que les observations 
de M. Capuron doivent être considérées non comme de na- 
ture à établir une règle , mais au contraire comme des dé- 
rogations à la règle commune. 



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ACADÉMIF' DE MÉDECINE. 3ll 

M. C^puron i^ 9ç ref\^se pas auip divisiaoa du bassin prcH> 
posées par M. P^l. Dubois^ mais çlk$ pe proutent tien cob^ 
tre la thèse qu'il so^tie^tf 

M. Velpeau t^omba^ rejçp^ience de M. Gapuron pat 
celle de Mauriceau , de SmelHe , de Baudelocque. 

M;, Paul Dubpi^ reprend la piUrolé, et dit qu'il hii arait 
pfiru nécessaire 4ff rappeler 19 viSritable mécanisme de Tac^ 
ço^I^einépt naturel , puisq^^ t'était dans la ciuuabsance 
4e ce pfi^cani^qie qu'il deyaittVQiivev la {nrenre que les po- 
si^Q^s oçcip^tp^postérieurestie rendent pas Pàccouishement 
naturel iippQSsiJ^le. 

Que quqnt ^ tfe^M^ autire objection de Jtf. Velpeau > que 
les remarques de M. Paul Dui^is s'appliquent aux. eàs dans 
lesquels la tête, du foetus est uâie au dëtrôit supérieur, tan^ 
dis que Celles de M. Gapurqn s'appliquent à ceuit dans les- 
quels la tête est déJ4 profondément engagée dans F^icava- 
tjon du bassii^ 9 M.. Paul Dubois répond encore que seis ob- 
serTatiqu^ sur le cfaaugement des positions occipito-poîsté- 
rfeures en posiUons ocdpito-aniérieures, s'appliquent aussi 
bien aux cas dans lesquels la tête du fœtus est déjà descen- 
due dans rex-cavation qu'à ceux dans lesquels elle est en- 
core élevée ; car ce serait une erreur de croire que le mou- 
veipaent de rptation très étendu dont il a été parlé s'exécute 
toujours pendant que la tête descend du détroit supérieur 
daQS l'excavation; et en ef&t^ on voit souvent, au con- 
traire 9 les positions occipito^ostérieures ne commencer à 
se convertir en positions occipito-àntérieure^ que quand 
la tête du fœtus est appuyée depuis quelque temps sur lé 
plancbet du bassin , et que l'accoujcfaèmeat fi été déjà long 
et difficile. , . 

SÉAiiCE DU 9. — Suijute du périnée, r^M, Rou^ mppelle 
à.rAcadémie qu'il a déjà eu l'bonneur de l'entretenir d'âne 
opération qu'il a faite il y a qudques mois ;^ c'est la Suture 



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3 13 SOCIÉTÉS 84VAlfTES. 

ilii périnée rompu , déchiré par l'acte de raccouchement. 
Oh avait tenté cette opération par la suture entortillée , et 
comme elle n'avait pas réussi, on Ta vait abandonnée. Il a 
«ibstitué à cette suture la suture enchevillée et en a obtenu 
plusieurs gnérisons. 

La première est celle de la femme d'un médecin qui 
écrivit à M. Roux d^ns le mois d'octobre dernier^ qu'un 
nouvel accouchement a eu lieu sans accident. En mars der- 
nier , une autre femme qui portait une déchirure depuis 
deux ans, a été opérée à la Charité de la même manière, 
et avec le même succès. Une troisième , âgée de 29 ans, 
^Ttte par MM. Càpuroo et Maygrièr, offre le même résultat. 
U re^te seulemei^t eQ sus du cercle de l'anus une petite 
fente qui se guérit comme elle s'est guérie dans les malades 
précédentes. Il en est de même pour une quatrième femme 
qui est aujourd'hui au quatorzième jour de l'opération , et 
va très bien. Les fils ont été retirés le septième jour. Ainsi^ 
dans un an, voilà quatre déchirures du périnée opérées dans 
quatre femmes différentes, et avec la même réussite. Tout 
le mérite est ici d'avoir substitué la suture enchevillée à la 
suture entortillée. M. Riffenbacb, occupe tle ce sujet, pro« 
pose de faire des incisions latérales, pour diminuer la ten- 
sion des parties et la rupture des fils. Ces incisions sont 
inutiles. 

M. Gap.uron demande comment M. Roux a prévenu les 
dangereux effets des efforts que nécessitent les selles « 

M. Roux répond tjn'il f a deax espèces d'efforts , les uns 
purement musculaires , dont on atténue les effets en tenant 
les çuisseâ rapprochées ; les autres,, que fait faire le besoin, 
d'aller à la garde-robe, dernier effort que déterminent, soit 
une constipation habituelle, qu'il faut, jusqu'à un certain 
point respecter , soit le soin que Ton prend de rendre les 
selles liquides et faciles en administrant de légers minora - 
vifs, Qn peut encore favoriser la sortie des matières fécales^ 



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ACADÉMIE DE MÉDECtNR. 3f3 

en les eomprimanl au moyen des^oigts intrediûts daAis le 
▼agin. 

Rupture de la cloison recto-vaginale. — M. Deneux 
revient sur ce qu'il a dit précédemment touchant le cas où 
la rupture de la cloison recto* vaginale est pins considérable 
que celle dû périnée. Il ne faut point songer à placer la su- 
ture sur la cloison même ; il faut voir alors si la constipa- 
tion est préférable à la liquidité des selles produite par les 
minoratifs. A l'égard des succèis obtenus par M. Roux, 
comme il a opéré sur des £emme$ malades depuis deux ans, 
et lorsque les solides qui forment le pérkiée avaient repris 
leur état natureh, il se peut que cette circonstance "ait con- 
couru à la guérison, au lieu qu'immédiatement ou peu de 
temps après la déchirure, les parties intéressées auraient 
offert trop de gonflem.ent. Dans ces ruptures , ilimporlé de 
placer les fils à un pouce ou deux de la cloison. Les bords 
rafraîchis de la cloison se ferment aisémeiit 5 mais la liberté 
du ventre doit être entretenue, et )e temps amène' la 
guérison •> • 

M. Roux finitpar annoncer qu'il rédige actuellement un 
mémoire général sur ce point de pratique. 

Cystotomie. — M. Bérard met sous les yeuic de l'Acadé- 
mie un calcul extrait ce matih même par la cystotomie sus- 
pubienne , sur un homme de 55 ans. Ce qu'il y a de remar- 
quable ici • c'est : 

1^ Le volume du cal cul; , ^ 

2* Sa position telle qu'il adhérait en arrière à la vessie. 

Il n'en a été détaché que par l'action du doigt , tandis 
qu'en avant il était engagé dans le, col de la vessie , ce qui 
a comprimé et atrophié la prostate. 

S'^ Enfin l'opération a été faite par lé seul bistouri. 

A l'âge dé deux ans / le malade avait deiit betnies ingui - 



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3l4 SOfiitTt^ SàVÀVTES. 

aàles» PMf L» guérir» un obarhuaii. lui aampufé les deux 
testicules. Depuis long-temps les urines coulent gottltis à 
goutte et involontairement. 

Epizootês.^-^M. Dupuy Ik mf rapport verbai^ c'èst^à-> 
dire, un rapport sans coudusioa., sur un mëniiKve tow^ 
chant una éfHzootie observée en 182m dan» Tarrondiase-^ 
mant de Wissembourg. 

Dans ce rapport, M. Diqiuy présente Tanatysç du né* 
moire ordinal ; il en combat quelques idées , apéfiiakmeiil 
sur la contagion, sur la nécessité d'anéantir les chairs ai 
ks poauji des aninauz , etxu ; m il propose ses vues sur Tari 
d'améliorer lesaaces, et de prévei^ir les.maladfts^par la 
ctotsement , etc», à l'iinMàtion de ce qu'on a fiiiteuAngler 
terre. 

M. Hjaasoki depGiAPde ce qu'il faut entendre par ces opé-* 
ratiolis de croisement, en vertu desquelles des auimauty 
qm ne pesaient que aoo kil. il y a un siècle , peuvent peler 
aujourd'hui jusqu'à 400 kil. 

M. Dupuy répond que cela se £ait en prenant pour croi- 
ser , un animal déjà reinarquable par une partie de lui- 
même, qui a reçu un grand développement. Ainsi ^ un 
mouton de Barbarie , dont la queue a beaucoup de poids^ 
donnera , av)ec une femelle de nos pays ^ un.moalon dont 
la' queue sera plus pesante qu'à l'ordinaire. 

SUITE DU RAPPORT SUR L'ORGANISATION DE LA 
MÉDECINE. 

Conseils médicaux. 

Art. P'. 11 y aura un coa^^il médical iam chaque chef-^ 
lieu de département, 
a. Chaque çoasteii vg^cd^ dç 4^partemei^ sera composé 



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ÀGAj>iMiE OB M^neçiiiE. 3l5 

de iieiif mendims , d^nt ^m docteurs m tnédech^ ou en 
dûrurgie^ tt àroi& pharmaciens r6ças dans les écoles. 

5. Le cpnseUL médical de Paris seul, à cauw du grand 
nombre d'affaires qui pourraient lui ^tre déplues, sera 
composé de dii*-h«dt membres, douse docteur^ en méde- 
cii^e ou en chirurgie y et six pharmaciens. 

4; Nul ne pourra être an membre du cooseil médical 
du département, s'il n'est docteur en médecine ou en chi-» 
rurgie, ou pharmacien reçu dans les écok$, et s'il n'a 
trente ans d'âgeau moins, et cinq années révolues d'exer- 
cice dans le département. 

5. Les membres des conseils médièaux de département 
sont élus individuellement au scrutin secret , et 4 la nia- 
jo^itë absolue des suffrages, par tous lés médecins, chi^ 
ruinions ^ officiers de |anté et pharmiKHens ayatit droit 
d'exercice dans le déj)artement , lesquels sont réunis pour 

, cela en collège d'élection au chef-lieu , après convocation 
expresse. 

6. Les conseils médicaux de département, réunis, se 
constituent pi'ovisoire ment- sons la présidence du plus an- 
cien en exercice dans le département ; les deux plus jeuoès 
remplissent les fbnctions de secrétaires. 

7. L'assemblée , ainsi constituée provisoirement, élira , 
à la majorité des suffrages , un président , un secrétaire et 
deux scrutateurs. 

8. Les nouveaux officiers ayant pris place , l'assemblée 
procédera à la nomination des membres qui devront com- 
poser le conseil médical du département. Cette élection 
sera également faite par voie du scrutin individuel , et à la 
majorité absolue des suffrages. 

9. Les conseils médicaux de département se renouvellent 
par tiers tous les trois ans. A la troisième et à la sixième 
année révolues de leur formation , le renouvellement aura 
heu par la voie du Sort, et les années suivantes , par ordre 



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3.1 6 ' SOCIÉTÉS SAVANTES. 

dénomination. Les membres sortans ne seront rëëligîble»' 
qu*aubout de trois ans. Le cifoix des membres à élire en* 
remplacement devra se porter sur un nombre égal de per- 
sonnes exerçant la même/ profession que les membres sortis. 

lo. Au début de leur exercice, et plus tard; à la fin de 
l'année révolue, les conseils médicaux de département 
nomment entre eux un président qui aura voix prépondé- 
rante en cas de partage d'opinions 5 un rapporteur chargé 
de remplir dans le conseilles fonctions du ministère public^ 
et un secrétaire qui rédige les procès-verbaux desséaaces., 
lesf délibérations du conseil , et qui signe tous les actes qui 
en émanent , conpintement avec le président. 

 ^aque conseil de département est attaché un agent/ 
salarié pour la tenue des registres, l'expédition des 
actes , etc. : cet agent salarié ne peut, dans. aucun cas^ 
foire partie ^u conseil. 

ARTICLES DE LÉGISLATION, 

TlTRB 11. 

^Attributions des conseils médic0ux de déparlement.. 

Art. I*'. Les conseils médicaux seront chargés de vérifier, 
les titres des personnes qui , dans le département , se pré- 
sentent à l'exercice d'une profession quelconque relative à 
l'art de guérir. 

En conséquence , quiconque voudra s'établir dans le resr- ' 
sort du département pour y exercer une des professions 
appartenant à l'art de guérir , devra auparavant se pré- 
senter devant le conseil médical du département pour jus- 
tifier de ses titres. 

2. Les conseils médicaux sont chargés de dresser et de 
faire publier par l'autorité coii^étente , les listes des indi- 



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ACADÉMIB DE MÉDECINE. Sl^ 

Tklit^ réimissaiit tefs coAditions voulues pour exercer dans 
le département une des professions de Fart de guérir; 

5. I>e signaler aux tribunaux compétehs toutes personnes, 
exerçant dans le département une ou plusieurs des profes- 
sions relatives à Fart de guérir , sans titre légal. 

4* ^^ faire connaître aux autorités compétentes les indi- 
vidus qui , daùs un établisseinent quelconque , exerceraient 
des fonctions de Tart de guérir, sans avoir les grades et 
les titres requis. 

5. De dévoiler aux autorités judiciaires les contraven- 
tions aux lois et règleinens^ tant par les hommes de Tart 
que par les autres citoyens relativement à la composition , 
à la préparation , à la vente et à la distribution dés médï- 
camens tant siniples que composés. . \ . 

6. De poursuivre d'office, devant les tribunaux ^ , jlp^i^s 
les délits rela^tifs à l'art de guérir <iu'ils auront diéférés à la 
justice, , ^ 

7. De provoquer aupirès des autorités compétentes l'ins- 
ûtutionrdes médecins ca^tonnaux sur les points du dépar- 
tement où^ leur présence sera nécessaire. 

8. D'élire , sur une présentation multiple faite par les 
autorités locales, et après. un examen public, les -méde- . 
cins cantonnaux. 

9. De constater par des examens suffisans la capacité 
des Herboristes et des^^ sages-femmes qui voudront exercer 
leur profession* dans le dép^rte^em ; maôs^ paiement pour 
les lieux éloignésdes facultés et des écoles. 

10. De surveiller là discipline Âes écoles secondaires dans 
^les départemens où il en existe. - 

IX. De visiter, dans la circonscriprtion d^paîftementale, 
les pharmacies^ les boutiques et magasins des droguistes, 
des épiciers et des herboristes, les diverses collections de 
médicamens dans les établissemens publics , et aussi cliez 



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3f8 ^i>€lâTÉS SJiyiMTMS* 

Us méd^€]AS ei les ollciet s de «aiiAé auAdriséft 4 les débiler 
conformément' ftuK lois. 

12. De faire exécuter fidèlement, pour les élères ea 
pharmacie , les règleynens auxquels ceuaMÛ doivent être 
assujettis, particulièrement h l'égard de leur stage dans 
les officines. Tous les certificats de ces stages , nécessaires 
pour se présenter aux écoles de pharmacie , et dont il sera 
tenu registre , conformément au titre 1 1 de la loi du 22 ger- 
minal an XI , devront être délivrés par les conseils médi«- 
caux de département , à la suite du certificat authentique 
du pharmacien.. 

i3. De prévenir ou de concilier , par tous les moyens 
qui seront à leur disposition , les contestations nées entre 
les individus de l'une des professions qui appartiennent à 
l'art de guérir , et pour des actes relatifs à Texercice de 
ces professions. 

,i4- De prévenir et Ae concilier toutes plaintes, toutes 
réclamations des médecins ou des pharmaciens envers des 
^rticulievs *^t réciproque meikt , soûb pour jhotiotiiires y soit 
Tpdur autres, faits relatifs à T^x^cic^ de k profession. 

i5. De provoquer auprès de l'amorké ci»mpétente, M 
AUX (époques voulues^ Ja eonvocatioB des coUéges( â'âec- 
tM»i pour li& renon^w cU ea aem t légal des* mémbres^ dû coBseil 
médical du département. 

.i6« De réunir, de mettre en ordre et.de pdbUèr les do- 
cuneas., kl oiiservations et les Sailsqù auvoni.pu 4(lie 
(recweilèb.Sdinchaaitlailf^pQgrafliito et la statîstiqiM médi- 
cales des différentes parties du département. . ^ 

171;.. De «uirre £»ns inierrnption l'étude ides iconstitutions 
médicales , afin de se trouver incessamment en mesure 
,d'éelttuitr)yaidmiiibtrafioa.sar.les épidémies qui pourraient 
. survcmr^ ncI aussi de publier sur ces matières tous les avb , 
•toutes ksinstmctioiis que Ton pounrait juger aésesHÂres. 

18. Les travaux résuUaAsde l'exécution dssdmnc atticles 



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piiécédeoil, i5 tt i6t devront élre réguUèrenctK adtesscs à 
FAcadémie royale de médeciM. 

19. Les conseils médicaux de département appliqueront 
à tous le$ individus exerçait t. une profession relative à l'art 
de guérir les peines disciplinaires que ces individus pour* 
mienjL encourir en comaneâtapt des actes qui tendraieitt à 
priver la profession de l'estime et <de ia considération pu*- 
bliques. 

20. Dans aucun cas, ni dans aucune oirçrastanee , les 
conseils médicaux de département ne pourvoit kitervenir 
pourkà disciialnoBS de prati^œ, de doctrine, de méUkode, 
de système* 

21. Ces conseils, en matière disciplinaire, ne devfottt 
oOBiiaitre tfoe, des actes ayant trait à la conduite morale 
directement relacivc à l'exercice de la profession. La covi^ 
duite privée, toujours murée pour les individus, reste téWC-» 
k'^bàt en dehors des attributions de ces 'conseils, à incim 
que ; notoirement et publiquement scandaleuse , cette con- 
duite ne àoit de nature à prirerla profession de l'estime et 
de la cènsidération publiques. 

sav La marjodilé de^ntea^res; oompoisant les conseik mé- 
dicaux est nécessaire pour toutes les^délibémtions': les dé^ 
cîsieriu; emporlant une ^peise ^e Wcpiqtie ine sevom valables 
^'«véc îles deux tieis^ au moîm, ^ ces'tiK^rmbrès^^ésef&s, 
et signés sur jugement. - 

'2&. Tous les Jirois ans y, à l'owveKQW ^e i k^séanè'e «des 
éleetiop», ilserà Mt, par le rapporteur dueoniqilyttiBiMq^ 
port. officiel de toutes les opérations administratives, ecien- 
tifiques et disciplinaires qui auront eu lieu- durant :eeàe pé- 
riode. ' , ï 

Seront nécessairement «xdeptés de ce rapport ttes les 
actes de pblkedieoipliaairecqui >èx)geat le secret^ afin de 
conserver à ces opérations les avantages du» tiirtoaUe «on»- 
soi^tcleîftiniUe^ ' ^ ... 



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320 ' SOCIÉTÉS SÂVÂHTES. 

à4* L^ places de membre thi conseil médical de dépar- 
tement ne seront point rétribaées^ i 

Titre in. — Pénalités^ 

i. Art. 1*'. Comme sanction pénale , leS'Conseib mé(Ucaiix 
auront à leur dispositiotn : 
1 ** L'admonition ; ^ 
, a" La répômande ;. 
S'^iLacensnre, . * . . > / : ' ^' 

. 2 . X'admonition est>un simple a^is paternel donné à hui&^ 
clos, ténu secret. Elle peut avoir lieu par une simple lettre 
écrite à l'inculpé. • 

;^. La réprimande consiste en une objni^ation adre^ée 
nécessairement de vive voix au délinquant » avec injonc- 
tion de s'amender. La réprimande veut être lûte par un 
des membres du conseil , deur autres m^nbres étant pré- 
sens. 

4* La censure est de deux sortes : 
^. La censure privée prononcée en plein conseil par le 
président et avec dé£e^6e expresse de réôdivi^r, sous peine 
de la censure public^c ,: ; . V 

^^ La censure publique,, répandue pat voies d'afficbes. 
Les motifs de ce4le censure devront être netteiuent déduits 
sur l'affiche elle-même. 

. , S.'Taus les! ju|;emenfr.rendus/par le .conseil médical se- 
ront âuspeptibles. d'appel, mais de la part de L'inculpé seu- 
lement.-- V .;-. , . . • ';.'.' 

..Ç^/L'appel alieu: 

i® Devant le conseil médical supérieur 3 
. 2^. Devant les cours royales du ressort. 

7. Tous les jugemens des conseils médicaux.de départe- 
ment -devront être nioûvés. 

8. Le fait même de l'appel suspend l'exécitfSibn du juge* 



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tHOLÉKA'^KOllBUS b£ PARIS. itï 

m^ntjusqu'à confirmation du.prononcé : ent:a§d*iafirina-*' 
tlon , toutes poursuites^ cessent. 

ApriçL. 

Art . I ^^ Indépendaminent de l'appel par devant Us cours 
royaleS) il existe utte autre voie d'appel devant un ^couseii 
médical de révisicm. 

Ce conseil supérieur unique réside à Paris. 

Il se compose de dix-huit membi*es> nommés de la même 
manière que les membres des conseils médicaux de dépar- 
tement. ' 

Il prononce sur les appels portés detant luij'il iC^^ lii 
d'autres pouvoirs ni d'autres attributions. • 

Dans le prochain numéro , nous donnerons la fi'rj dû ràp*^ 
port sur l'organisation dé la médecine > et nous rendront 
compte des débats auxquels il a donné lieu. , 

Il ■ • ■ ■ 1 • u^t .1 I — '' '■■ > i >'t *r>.'' 

CHOLÉRA-MORBtfS'DE PARIS. 

L'épidémie cholérique , dont nous avons annoncé. 1 A f|iin 
ble réapparition dans le précédent cahier de la Revue mé-* 
dicale^ n'a pas encore entièaement cessé. A la fin d'octc^re 
on ne voyait presque plus de cholériques dans les hôpitaux^ 
mais quelques nouveaux cas^e sont montrés en novembre^ 
tant en ville qu'à l'hôpital { en sorte que Tôpidion que nous 
exprimions dans notre précédent article $ur la terminaison 
prôchaiàe et définitive dé l'épidémie était encore pi^ma-, 
turée. Le 20 novembre , deuk malades^ qui furent prts du 
choléra dans l'Hôtel-Dieu* [mênafe', afvàiènt succôinbè*. te' 
22 on avait àmeilé dans le méme'hÀ^ilat deux iîikçoBi'gra-' 
venant ^tSectés-. Le 5î4,"deU3i' cholériques furetti^t^ncfôre* 
apportés. 1^^ s il nfiourut un^ho^mè' et une fèfmtne f liWi^^ 
i^e«Gnde fenukib^ftit ameinée'da^s i'ijtatt cyuniqne etnciMIiN 
Tome IV. Noyfembre i833» 21 



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39i «tcaoLocriB. 

véeui ^iie qoelquesliear^s.. .;. Dapiib , d'autres eâs ont ef^ 
observés dans la ville et dans les hôpîtauit, lyiais toujours 
en fort petit nombre, et généralement moins funestes que 
dans répidémie' de iSS^. 

, .Voici, «tt 9â:$i^i, U cMTie, total des observation^ rectieil- 
1^9 à,môteI<-Diw de Parts ^ principal loyer de r^ptdémî^ > 
depuis sa réapparition au mois de ^ptembre dernier |qs^ 
qu'à ce jour, 2 décembre. 

Entrées. ^ Décès, 

Hommes. .Femmes flommes. Femqiesv 
Septeml^ 5^ 4^ 23 i5 • 

Octobre 58 47 ^^ ^^ 

pëcqnbr> , ** ^ " " 

Totaux i3o io4 ' , ' 67 44 * 

Tôt, des entrées a34 Tot.detdéees loi 

117 nudad^i^t^^nt sdttis guéris, dont 66 hommes et 
5i femmes. lien restait en tout 16 qui étaient encore eu 
traétemént. * 



NÉCROLOGIE. 

Jlfqn 0t Oh$fiques de Sf» le baron Boteb. 

Le professeur Boyer est mort lundi dernier» 25 novem-» 
krp, à riçe de 77 ans. Peu de jpors auparava/it^ oi> 1^. 
voyait ;eticore, dè§ le graifd ipatiu, ^ Tfièpît^i de 1». 
Çharit^,, 4^ns \fi% ^^çs 4? ,?a cUpiq^pj^f^l^pi^s- 
UPÛ^î 4aps ^ les aict^ , pji.»Wiç§ de i'iJqrfe , r^fflipljftSMPi; 
tQ|({|!s le# fofidiQi^ dn pcqfe^spmtf «yee pa a^e icafanef . 
taipqilDlf ^ ^i»^- oon^i^nebnx #1 }Afali{al)ie^ qui fai- ^ 



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XORT Dfi M. BOtER. 3ti 

MHoiriificr soD âge et poufakoefirir de^modUe à dei 
plus jettMs.collègues. Doué d'ime oonstiiti^ioti ^iite cft 
vigoureuse 9 sobre , tempérant, modéré dans se^dériH,' 
et o'ajant jamais connu les toormetis de l^amMtion , ce 
grand chirurgien réunissait en lui fouicfsi les garanties 
d'une longue et htiuseiise ticillesse. Son ouio éti^t de^ 
Venue dure dans les demièreé années ||tlàis 11 Jouissait, 
à cela près> de la plénitude de ses facultés , lorsqu'uti 
accident déplorable est venu tranches des jours dont \à 
science et rhumanité réclamaient encore les (irédeuk 
restes. M. Poycr avait ressenti déjà, à de longs inter* 
valles, plusieurs atteintes de néphrite cakuléuse quL 
nVvaient pas eu de suites fâcheuses , k>rsqu*en sortant 
de sa leçon j le samedi )6 nov<9mbre , il fut pHsf de doti'^ 
leurs lombajrei qui le forcèrent à rentrer chet lui et à 
6e mettre au lit : ixssdouleni^ n'étaient accompagnées ni 
de fièvre ni de vomissemens , ni d'aucun symptAme 
grayc. Il so fit mettre aussitôt ^ù sangsues, et n'ayani 
pas obtenu de soulagement an bôUt de quelques heures, 
vaiiM^u pkt* la* douleur , ou plufdt dominé t>ar un mou«* 
Kwmeut d'iilipatieiJGe>» qui ^ pour la première fois ^ixi^ 
être avait obscài^i son jugement, il s'en fit mettre en^ 
^Gore £fO, qui saignèrent abondàtninént presque toute la 
iii|it.'Les doulem*s cédèrent cette fois ; mais Tépuise- 
nient des forces fut porté h un tel degré que tous les ses 
oùwvê les plus empres^ de la médecitae et de Tamitië 
furent impuîssans à y.remédieiA-. le inaladé tomba daais 
un ûùUapsus ptt>fei^d(]^i' se' termina par la mort au bout 
de quelques joui*5. ... • 

SitiguUère et tàîste >fàtalité : cet homme* si \sage , éi 
ikUîi^é, si émfînemtïtent judicieux ^ devait être lui-mèfnle 
une des plus illustres victimes de cette médecine San^-^^ 



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3^ ^ KÉCRJOJLQCIE. 

iuanJte dôDlJl faisait tous les joars dans ses leçons uhe 
çionsi^re si jil^te,. si grave, et en même temps si pi-f 

. M.. Bpyçr.étatt le dernier survivant cjies professeurs 
quî f oirmèrêai , f;n 1794^ Je premier noyau de FJ^^rO/^ 
d^ S(^tét Ô^vepiie ensuite. Faculté (îe. Médecine. Con^ 
tenipofjdîn et émule de tontos les grandes renommées qni 
9pt fait^fle gloire de Técolte de Paris depnis la fin du sien 
de der;jjçr<, il p^^afeàsa long-temps à côté dtes Fourcroyv 
d^ Cçryi^art , dçs Halles des.Pinel, des Dubois, des 
P^Ueta;!!, $an& avoir à redouter aucun parallèle : si la Fa- 
culté eut des professeurs plus ,l}rillans> jelle<n^en eut 
jap);^i^d^ plus solides j et peut-être n'en pourra it*^He. pas 
ç^^er iu\ seul, depuis son origine^ dont Tonseignef- 
nieut ai( fajt autant de fruits, vl^est de ilVdole .de 
M" ISoyer, continuation. do celle de Desault, que sot^t 
âpi;tis lai, plupart des; chirurgiens c^i tiennent encore le 
jj)i:e|uiçr i^ang dans toutes les parties de la Fralace. Ses 
Icgôùs étaient si pleines^ si substantielles et si méihodi- 
qucs; qu'elles attiraient par là touilles meilleurs esprits: 
^VL pointquei assiduité à ces leçons était.déjà une preuve 
dps heureuses dispositions de l'élève, .et leprésage assuré 
4 'une bonne direction pratiqué. Sa diction, généralement 
loufde, traînante et empotée , attachait cependant:. par 
SQu admirable précision , et par un caractère particulier 
dehot^homve : elle étaii^ d ailleurs assaisonnée a propos 
de pçtite^ saillies et d'anecdotes .pi ajsan tes, qui lui don- 
naient upe sorte de mordant ^mr où les détails arides 
dû la science s'igiprimaient plus exactement dans l'esprit 
des élèves. Tout, dans son enseignement, tendait au 
yrai, àjl'utilev.i^U solide j tout se rapportait au bien 
^es malades et à l'instruction des élèves 5 et Texcinn 



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MORT DE M. BOYER. Î!é5 

pie rtarcVît toujours d'sccord av«c fe précepie. On tt« 
connaissait pas, dans cette école, Tart d'accommoder les 
faids aux aystème^^ ni celui d'eniler les suctès^ et de dis- 
simuler, les. revers : on n'y sacrifia jamais l'intérêt de 
la science ni celui, des malades à un vain désir de popu^ 
larité. 

M. Boyer fut du très petit nombre des hommes qui 
sont parvenus à une grande célébrité par le seul ascen* 
dant de leur mérite, sans aucun appui de cutene ni de 
journalisme, sans aucun de'ceà artifices qui constituent 
ks diverses espèces et les nuances presque iiifi^ies du 
ckarlataixisme.: il ne courut point, comme tant d'autres, 
après la renommée; c'est la renommée qui contait après 
lui et s'attachait a ses pas.. C'est à l'hôpital, dans un 
modeatc amphithéâtre , au milieu d'un petit* Cercle d'é-^ 
lèves ^ que la réputation du professeur de la Charitéavait 
pris naissance; c'est de la qu'elle se propageait d^mn^é 
en année dans toute la J^rapce, let dans les pays étran- 
gers.; c'est dans l'asile de.la misère et des infirmités que 
les grands et les ptt\ssans venaient chercher l'homme ha- 
bile et conJBciencieux qui pouvait remédier à leurs sou^f- 
frances; c'estlàque le r^ard perçant du vsiinqnetir de 
l'Europe àni découvrir le célèbre chirut*gién , lorsqu'il 
voulut environner son trône de toutes les gloires natio- 
nales. 

Né de parenspauvres, et n'ayant pu recevoir, dans 
ses jeunes années, qu'une éducation fort incomplète sous 
le rapport. littéraire, M. Boyer eut l'insigne mérite d^ 
suppléer par, son travail au défaut d'études premières*: 
on assure qu'il apprit le latin et le grec à l'âge de 4o ans . 
fie là vint sans doute qu'il écrivit tard ; et ses cmvrages 
n'en eurent que plus de maturité et de perfection.- Par- 



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V4^urâu jftiiede la copsiderauoa cbrrui:^ic;âle^ il n'àvditi 
oaoqrç publié que sou Traité d^àaatomie de^cripÛTe , et^ 
un abrégé dé ses leçoss sur les maladies des os, rédigé par 
A|, lUphef^d ^ lerëque enfin il se détermiiia à titrer à 
rimpres&îotk son grand 2V/itte €£95 maladies chirurgie 
cales et dés opérations qui leur cbnviennent^ résumé^ 
fidèle dosa lon|[ueetpénenoe> et de plus de vingt années 
d'epseignemeni publie, ôuvrige TFaiment dasaiqnie , et. 
qjQÎ le fc^a long- temps. 

Bien quç les çHitUi^ens^ habiles etks opérateurs oé*» 
^res ne manquent pas èjtotfè FacvHé actuelki, tji^. 
depuis tjiigt^ci|K{ ans est Ipute anatomique et chirurgi- 
cale y la nçHHrt df^7VI«.fiojer j laisse un grand vide. 
' Les obs^^ues de cet homine dç bien , de ce pratieieh 
consommé). de <;e;profes8enr-inodàk^ imt eu lieu ^saits 
^s49^ siiiîvi^t s^s iiil)^^ons:;iI Avait, 'dan^ son testâmes ty. 
«çxprimé'l^ désir qu audmi. discbiUÉ?s «a fi^t pronôuoé «ur 
sa toiphe^ e^,Q^ diernier tndt n'ast t>as le ihom^caractéris-' 
tique de sa vi0». Mais oe^u il^a^a pu ei^spècher , ce que sa 
mqdç^stiçoe.l^ji avait paaj^^ p^évob, é'est Vita^ 

BQ.en$^;Cpflcpi|c.a 4e: jeunes gens et,^ médecins de tout 
âge qui s'|6mpisessaieiu a jtài^ rendre lés derniers devoirs» 
^ élèy^rà Ténvi les jÉEis des antres,^ Be^scmt^mparës 
du pqrps , qu!ils ont tranéport^Jsur leurs épan^ à Té^ 
glise 5 et après le service divin , ayant délelé les ch^aiiit. 
duaharfunèbw, ikîseaonft £ût.un pieuKdevoir detraiuer 
pémblem9iU€U^<-m(iDi«sla «dépouille mortelle de Isuevé^ 
nérablen^aîtrci jusqu'à sa dfffuiète demeure* 4. Hommage, 
touchant^, q^ 4u inoinà était, skieise ,.et plu^ éloqufBi 
mille foiS; que i^\x% les discours d'hppairat I / 
. ^ M«,Boyer laisse un fils.^ agrégé à la Faculté de médc" 
jpjue, .eichii^rgien de l!H6pltd des Vénériens , qui s'est; 



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KOTIGES BIDLlOOIlibPllIQUEft* Ï2^ 

déjà fait connaître par d'honorables succès dans plusieurs, 
concours de çliwurgî^. Ciyol. 



NOTICES BIBLIOGRAPPIQtJES. 



fiéperMiifi génée^il <ies principaux modes de traUemcnt ^ 
iik^fiMicarhtnset dt^prociàée opétAioiref qui ont él^ 
'cwiêhiUés àffnà eesi tjmaptmi^ dernières €imtée£\ par \i^ 
doct. ' Rtkna, de Sàrëftbach . H« ^ol ., ( en «(leniaitd^ ^ 
Vienne, i83S. 

IfO Èevue médicaîe ^ déjà annoneé, datis son. numéro d« mai i S9S , 
la pablication 'jàn premier volume de ce dictionnaire; le second tient àé 
paraître, il va depuis la lettre 1k fnsqu^â la lettre Z» et Vontrag^e fte tv^irr«r 
ainsi terminé.' Tfbus. répéterons ici c« que nous atoAS dit dans le fMW'» 
mier ai-ticle: ce livre remplit «ne latnne en donnant la fisfe complet» 
de tous les médicamens, tous les. modes de tri^îtement qui ont été Indi** 
qués pour chaque maladie; mais les indioations ne sent pas assès ftèfà^ 
sêes. Du restQ., comme l'auteur renvoie toujours aux s<}ordes OfigknlM, 
cet inconvénient disparaît pour le médecin studieux qui ahtp^tléiMNf éfj^ 
recourir. Les âèvres intermittentes, la phtbisie, la cataracte, la 6èt«lèlftT» 
crymale , Jes ligatures des artères , lliydropisie et les fiéVi^s internfit*^ 
tentes pccopént dans ce volume une place importante. Un ehapittlé ititéi> 
r^essant est consacré aux médicamens scipcédanés qui sont tonsTétinis et 
placés en regard du médicament étananger qu'ils peuvent remplacer. Lé 
quinquina à lui seul n'en compte pas moins de cent qui tous ont été pire- ' 
conisés , comme pouvant le remplacer avaiitagteusemeiit; Lorsqti'on a Ik. 
If s deux grands volumes in-S^ de 6so pages chacun, ;^U composent- ce^ 
ouvrage, on ne peut s'empêcher d'admirer combien, avec na arsenal im- 
tnenae de moyens tfaérapeotfiqncs, nous sommes im^i^ssivis quand i|. s'a- 
git de guérir , et combien les forces mystérieuses de la nature ^mènen^ 
^s Souvent et ^ilus fkromptemênt te f établissement de- l'Iiomm PUtUde- 
que tout ràrt et tout ie savoir tMimain. Ciu— M. 



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3q8 mOTliCES BlBLIOCRAPHIQVEà; 



Mémoire sïtr Vîiy'ponarthêcic ou surhtràitetneni desfrac^ 
tures par la planchette , avec une nouvelle manière de 
la suspendre et d'j' assujettir les membres^ et la descrip- 
tio^i d'un appareil particulier; par Matthias Mayor ^ 
D. M., chirQi|peo de l'hôpital du canton de Vai^d, etc., 
i833. - ' • 

* Ce mémoire , publié en i827,n*est pas nne nouvelle édition; ilons 
tommes très |>ortl^ i croire ^e ce n*ât ihéme pas iiné. téimpMMÎôiÉi 
Noos pensons qne raateor ayant hit titrer un nombre d'esemptaires aàpé- 
rienr k celai des acheteurs, et ^es amis auxquels il fit hommage de son 
cenvre, s^est contenté de changer le ittillésime et la conleor de la conver- 
tore, qni, rose en i8«7« est jaune en i833, et a lancé dans le public ce 
qui restait ches lui on dans la boi^iqne des libraires. Nous ne répéterons 
éàûe pas ce qni a été dit dans le (emps sur cette nouvelle méthode de trai- 
ter les firactures. Tout en adméttaut qne la suspension des membres fractu- 
'riê puisse être d^ifis quelques cas ^ et notamment à bord des vaisseaiuc, 
d*aiie utilité réelle, nous somoles loin de lui accorder k préilérènce sur 
teà méthodes généralement adoptées et où TimmoBilité non seulement du 
tt(0mbre malade, mais encore de toutes les parties attenantes et quelque- 
fois du GOi^ tout entier, est un précepte rigoureux de traitement. Nous re- 
commandons pourtant aux âèves et aux médecins qui ne coupaltraieilt 
pa* ces moyens nouveaux de lire la brochure de M. Mayor. Elle contient 
quelques idées ingénieuses et qui ne sont pas sans quelque utilité pra- 
tique. Cest un résumé concis de Tonvrage du docteur Sauter de Constance, 
qui publia en 1812 un livre volumineux sur cette méthode dont il est 
Tinvcntenr. 



L'art de formuler f ou Tableaux ^riôpliques des doses 
des médicamens et des formes pharmaceutiques sous 
lesquelles ils doivent être administrés; par deux doc- 
tieurs en médecine (^e la Faculté de Paris. Un vol. in- 16^ 

' Gè petit livre est divisé en qtiatre parties : la première contient quelques 
généralités sur les médicamens et leurs divertes formes pharmaceutiques ; la 



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NOTICES BIBLIOGRAPHIQUE. 32g 

denxiènie les tableaux synoptiques de posologie médicale ; la troisième 
les formules consacrées des médicamens jonmellement employés dans 
les hôpitaux, comme la iisane de Felts , la potion de Chopart , la 
solution de Powler, le laudanum, etc., etc.; enfin la quatrième ou Vocabu- 
lAîre est destinée à quelques particularités sur les agens thérapeutiques 
mentionnés dans les tableaux , telles que les noms latins , les dénomina- 
tions diverses sons lesquelles plusieurs sont connus^ les principes actifs 
de c^taines sobstamcesy etc.% etc. , avec, le renvoi aux tableaux, dont ce 
vocabulaire forme une sorte de table , indépendante d'une autre table aK 
phabétiqne des matières,, où ne se trouvent pas les noms des substances 
mentionnées dans Jes tableaux synoptiqties : cette espèce de double tahle 
n'est pas une idéeiienrepse , elle ne sert qvCè^ compliquer le mécanisme du 
|ivre«^ 
. Dan^ le9 tableaux synoptiques,, les médicamens sont rangés en sectioqf 

^ et cla^ie^ d'après leur action thérapeutique. H s'en faut que cette dasdfi- 
pati«^a'. spit sans reproehe, et'qi^e chaque ' médicament y soit bien à sa 

. pince :';m«îs c'est une àsseas. bonne idée d'avoir établi ^mae colonne spéciale 
.|M>1^ Dthaqoe. forme pharmaceutique. Les auteurs ont du reste réduit ces 
jpolonnNe» à> sept, cori-espondantes aux formes foudamcntales y sous les 
^oms dç, poudres, tisants^ sirops,, vins, MtraUs,i temtures, eaux distillées. 
Jl. est. facile 1 de voie que tontes les fermes pharmaceutiques rentrent daf^s 
les précédentes, que par exempleles pilules, bols^ tablettes «tpastiUes, etc., 
, ont jit même base posologique qufl,les poudres; que les apoz^mes ressorr 
tent ufiturellement des tisanes; que \es potions ne sont que, dès compo«- 
sés de d<écoctions , d'eaux distillées , de ^ops , etc. , ^tc. 
• Comme un pareil livre |ie saurait être qu'un manue/ consultatif , et que 
lipus ne pouvons lui donner l'importance d'^n traité pacjait sur l'art de 
formule^r, nouji croyons^pe les auteurs, ont manqué leui'but cuqc dour- 
X^iit pas à leurs tableaux l'ordre alphabétique ; leur petit ouvrage eut en 
au mojns l'avantage de. la commodité, k défaut d'autres. Encore nu. mot, 
^vant de fii^ir : ei^ serait-il donc des lîy^es d*art comme des .^çuvres litt^ 
|9iç{es , et Iç nombre des auteurs d'pn livre serait-il en raison inverse de 
^pn degré d'importance? Un. bon poème n'est jamais que l'œuvie d'i^i 
9^i^l ; il faut ap moins deux auteurs pour faire un mauvais vaudeyi^e : le 
. petit formulaire^ que nous, annonçons est Tcenvre/de deux docteurs eu 
^^decine qui ont désiré gfirder l'auonyine. C.->-Y« 



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33o HOTICBS BIBLIOCUJIPHIQUES. 



Souvenirs du choléra à Rouen et dans le dépmrlement de 
la Seine-Inférieure en i852 j par M. HsiXis^ uiédeeia m 
chef de l'H^i^l-Dieu^ 

Ce serait êirkvn wê ptn tard , qne de bous «tnif/lrire, à non» hàMtalM 
die VBldêi âc k fin 'de ift5ft^ Hkktoird d*ta«e épidémie tpà toOà « ttndtéft 
Ml aînés de ftnûlUi tant par la préfé ren ce qn'eUe nom a aecoi^iée de^aé 
priBinMt6 VfisiCe^' ^ae par la triste prédileetioii avec laqnatte ait» ttflm a 
àtnkm, et la eéeenle narfneqa'elle nonsen^ donnée de nooveao, il y apeU 
de semaines. M, HeUU a senti tout ce qa*anrait en de déplacé une pareille 
pr^entieiiy et tel n*a pas été l'objet de ta lsrô€l|ai«. Elle piraH écrite 
S«int4-fMt dans m intérêt de loealîté. Un |lan graTé ùeMouen ia^qtialtft 
la marche dn choiera dans cette ville; qnelqncs oonsidérationa sttr les 
iMtiSes , snr 1* dorée, anr les moyens ciiratils f sur les ttÉstdtata de Vé^ptèir 
mie; une aéiie de tableam des àlioiérifns soivam les ptolsstîoas, Hn 
âges, la dnréé dn séjoér dans le» kopitamt ^ à»déùèâ ealealéa pêfOiéÊût 
la dorée do choléra^ «t dans nno série d'années antériearei^ depaie 1 8 14 T 
dfs tables météorologiqneaàressées pendantUi^ré« d# l'épidémie, etoc,'etiK 
TeUe est à pan pi^ la stdistaiica dd son livte ,qtxi^tta ^énd rédigé 
dans nn bon e^irit^ et atM beaocotip déJranchW. On pent en jager pat 
1 opMon qn'il émet sarcla valeur 4ei siaûsti^Ues, e\ sot le pen de certitade 
des élémem dont oll les Compose. Ce médecin n'exagère pas non pins ses 
8«fc^ dans le traitement de l'épidémie : «D'après ce qooj'al Vn, dtt-il , 
« d'après te qni é'est passé dans beancodp de localités , je. sois portera 
« penser ^oe , dans le cas de cbôléra vrai et lAh caractérisé , le^ soiilB 
« les mienx adiiiinistrés ne pensent pas too^onrs répondre d'an tiers d^ 
• malades. »' M. Uellis a fait encore nn rapprochement cnrieox entte la 
mortalité das d éta. années 1 8 1 4 et 1 83 a . Xe diiffre des décès des bâpitatds 
de Roùèn fnt en »8i4 àt i,565 , taudis qn'en i8$a , îl n'a été qne db 
l^aS^ ; et, cboée remarqaable, la mortalité dans là Tille fat la ménie anx 
deOx époques ^ d'où l'aotear conclut qne 3*épidémxe de typhus qui vint 
à la snite délbos désastres de i8i(^ n'a pas été moins meurtrière qne 
celle dn cboléi-a. Un fait aussi curieux qne rasstafant c'est que tes deifx 
années qui ont suivi 1 8 1 4 ont été si peu chargées de décès , que leur 
somme réunie à la première ne dépasse point celle de trois autres années 



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fttJLttTïN BIBLIOCRAPDTQtJE. . 33 1 

^t ise84iu hasard. M^Hetlis Mpère qu'il en sera de même après le choléra f 
91^9 Iw- SD flées 1 8 3 3 et i S3 4 rétabliroiit Téquilibre détruit par la i 
Utéda i93a : mAii soihH! C.^Y. 



ERRATA 
Pour le cahier précédent (octobre i833). 

Page i^'iy^gii^ iHja^ lieu de décetxihve , lisez i sef- 
tembvs. - t , 

Page i52 , ligne 24» uu lieu £le Journal des Connaissan- 
ces Médicales à S'fr., ÉiseA : à 7 fr . 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



Ous^ragçs publiés dans le mois de novembre i833. 

TOME V« ( icALADzis DE l'euc^phalb ) DE LA CLINIQUE MÉPI- 
CALE , oa choix d'observations recneîllfes à Thôpital de la Charité ; paf, 
Qr.AxJ>Kàh, professeur à la Facidté de médecine ' de Paris , meg^r^ de 
l'Atadémie royale de médecine, etc., io-S, Prix, S fr. 5oc, 

Tomes I et II ( maladies de poitrine )• 

Tomes in et IV ( mala^ea de rabdomen ). 

A Paris, librairie médicale et sciepti^^ne 4« PfViU^ Ca^eHiUj J^ 4f. 
1* École«dft>Médecine ,10. 

DICTIONNAIRE DE MÉDECIITE on Répertoire ^nérale des science» 
médicales considéréeis sons les rapports théorique et pratique ; par 
BfM . ADSi.oir,'BiGLÀaD, A. BsBJkRD, P. H: Bérard, Biett, Blache, Bris^ 
GHiT, Cazjuil, Al. Cackkavx, Chomsl, h. Cloquxt,' J. Cloquât, Con- 

TAUCBAU, DaLMAS, PaHCB, DÛOElIEAITX, DXZKIIIXRIS, P. DUBOIS, FaRRUS, 

OiORaxT, GxRDRT, GuiRSCHT, Itard, Lagitxav, Lavorb-Bbauvais, Lau- 
oiiR, LiTTai, Lomsy BIari:, BIarjolxv, Murai*, Ollitixb, Orfiiu^^ Oudit, 



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33« BULLKtiN DIBLtOGRiPHIQU^. 

PiLLXTÙRy Prataz, Raxgx-Diloems, Rstxaud, Ricbaro; RûcBduii Kb^ 

TAH, &OUZ , RULLIBR ^ SOUBEIEAN ,. TrODSSSAU ^ YSLPJKAU , Y ILLXEMX « 

deuxième. édition , entièrement refondae et considéniblement aaginetitéei 
Tome T«. Prix, 6 f r. , 

^p/f important. — - Les anteors renonvellent rengagement de fonrnir 
gratis les TOlnmet , qttei qu'en toit U nomhre , qni dépasseront le XX^ 
Yol. et rappellent que cette condition n'est faite qne ponr ceux qni aiiront 
souscrit avant le i*' janvier 1 834* 

On souscrit k Paris , chea Béchet jeuiie, libraire de la Faculté de mé* 
decine y place de l*École-de-Médecine, n® 4. ^ , 

AGENDA DU MÉIŒCIN , pour i894. Quatrième année. 

Prix : En demi-rel. dos de mouton avec portefeuille et crayon » doré 
sur traéche , 3 fr. «5 c. 

"Esk mouton vert avec portefeuille et crayon, doré sur tranche. 3 fr. So* 

Idem , fermant à pattes, doré sur tranche, 4 ^r> 

En maroquin, portefeuille de satin et crayon^ doré sur tranche, 5 fn 

/e/em, à pattes, doré sur tranche, 5 fr. 5o c. 

Idem y souples, à serviettes, 7 fr. 

Idem^ doublé en soie, m/., d fr. 

A Paris, chez Béchet jeune, libraire, place de TEcole-de-Médecine^ 
n»4. 

TRAITÉ COMPLET DANATOMIE DESCRIPTIVE ET RAISONNÉE^ 
par P. P. Broc, professeur d'anatomie et de physique, 4 vol. in-S. 

Le TOME I*'', couteujHit la description de l'homme considéré en 
grand sons le rapport des appareils et des fonctions , vient de paraître ac-^ 
copipagné dW atlas de la pUnches. ln-4. Prix, 16 fr. 

Le TOME II™ «, sous presse, sera consacré à l'exposition en grand 
des organes ainsi qu'aux considérations générales relatives aux ctivera 



A Paris, librairie des sciences médicales de J'ust B.onvier etE. Le 
Bouvier, rue de TÉcole-^e-Médeciiie, 8. 

Tous ces ouvrages se trouvent à la LnRAtRix MÉxiiCALx x^ j^^sfir-' 
TXFCQCK DR DEVILLE CAVELLIN, ancienne maison Gabop,..rae de 
rÉcole-de* Médecine , n*^ lo. 



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REVUE MEDICALE 

FEANÇAISB ET ÉHUmOÈRB, 

JOURNAL DE CLINIQUE. 

GLlinQUE ET UânOIlUBS. 



MÉMOIRE 

Sur les concrétions fibrineusespoiypif ormes dans 
les cavités du cœur; 

Par P. Blaud , 

Médeciii en che£ de lli^ital de Beapcaire , membre correspondant de 
TA-oadémie royale de médecine, etc. 

(Suite et fin. ) 

Il nous parait donc bien démontré, par tous les faits et 
les considérations exposés jusqu'ici, que des concrétions 
polypiformes peuvent se former, pendant la vie, dans le» 
diverses cavités du coeur, non seulement par IMufluence 
de certaines affections , mais encore spontanément et in- 
dépendamment de toute maladie préexistante.^ 

Recherchons maintenant les causes qui peuvent les 
développer. 

La cause principale et directe de la coagulation du 
sang est le ralentissement du cours de ce fluide. Ainsi 
dans une artère^liéc, il se forme , peu après Topera-* 
Tome IV. Deccmire i833. 22 



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33^ CUNIQUÉ ^T MéMOIE£6. 

tiotf j an-dèSâOs àe ta ligature et jusqu^à la hauteur 
(Tune artère collatérale, un caillot fibrineux, qui prend 
èe plus en plu» é& U ooasiHauce, tt qui, en même 
•temps que le vaisseau lié se contracte sur lui-même, se 
convertit eki un cofdbn fibrineux qui concourt à sa com- 
plète oblitération. 

Ainsi dans les anévrysmes artériels , où le sang^ en 
s^étendant du centre à la circonférence de la poche ané- 
, yrysmale, perd nécessairement de sa vitesse, il se forme 
et se dépô^ Contre les parois de cette cavité , des con- 
crétions fibrineuses , dont les couches concentriques 
forment le caillot anévrysmal , et dont les divers degrés 
de consistance servent à distinguer ceux de leur an- 
cienneté. 

Ainsi, enâu^ daiis les derniers momens de la vie, à 
mesure que les bon tractions du cœur expirent, le sang 
s* accumule dans les cavités droites de cet organe , où le 
pousse encore Faction des capillaires qui persiste après 
Textinction de* la circiilatiôn artérielle , «t y forme ces 
concrétions que Ton remarque dans tous les cadavres, 
quelle que soit la maladie qui ait causé la mort. 

Toute affection qui entravera, qui ralentira le cours 
du aang > pourra donc donner lieu à la formation de con- 
crétions polypiformes dans les cayilés de l'organe central 
de la circulation sanguine. 

Ainsi la péripneumonie , soit aiguë soit chronique, le 
catarrhe pulmonaire, des tumeurs ou des Jproductions ao^ 
cidentelles dévdoppées dans ]e parenchyme pulmonaire, 
Thydrothorax, Thydropéricarde, des lipothymies plus ou 
moins fréquo^tes , une syncope plus ou moins prolon- 
gée, etc., pourront déterminer une coagulation sanguine 
plus ou moins considérable, qui>, après leur disparition, 



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€ONGRÉTIOJI$ WOLWVIMOMMMS DO CCEUR. 33^ 

ffeMeracoamberâémeBtd'ime concrétkm polypense^dont 
ItB symptômes se développeront plus tard i mesure ^pw 
celte concréttoa prendra de raocroissement par Faddi*^ 
iion de couches saoeessives. Combien de vieillards qui, 
à la suiie d'une bronchite dironique , sont saisis touti 
coup dWe affection asthmatique, dont les symptômes 
ne sont dus qu'à la présence d'une concrétion pdypi- 
forme déterminée par Tafiection prinûtive! 

Dans les anévry&nes actifs du cœur, les concrétions 
eanguines sont rares pendant la vie, parce que cet or^ 
gane, au lieu de s^affaiblir, a acquis, au contraire^ un 
surcroît de force motrice. Il n'en est pas de même de aes 
dilatations passives , ou sa contractiiité se trouve comme 
lâpuisée. Dans cette espèce d'ânévrysme, ce sont les con*^ 
crétions sanguines qui s'y produisent^ qui font presque 
tout le danger de la maladie , par l'obstacle qu'elles ap- 
portent à la circulation du sang. 

Dans beaucoup de circonstances, la dilatatiott du cœur 
n'est qu'apparente ^ elle dépend de la distension que ini 
font qprouver les concrétions accumulées dans ses cavi- 
iés ^ comme le dânontrent évidemment Tobservaiion î3 
«t celW qui suit (i). 

Observation i5.— On trouyaà l'ouverture du corps 
d'un homme qui avait présenté pendant sa vie une iné- 
galité et une irrégularité du pouls remarquables / coïn- 
cidant néanmoins avec l'exercice normal d^ toutes les au- 



( i) Anssi sommes-nôofl portés à croire qae la plnpart des lésions ëa. 
«eesr que Fou considère eomnie cbs dilatations passives de ce , viscère, ne . 
wan^ dues qn*anx «dncrélions potypifonnes q«*il ignlbn— c| tfà. eft dis- 
.te&dentles parpis* 



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336 CLINIQUE BT MÉMOIAES. 

très fonctions , une concrétion comme gfancluletise) noi- 
râtre en certains endroits , du poids de deux livres, ren-^ 
fermée dans le ventricule gauche, qu'elle distendait ou- 
tre mesure , comme le fœtus distend la matrice ( instar 
uteri) (J* Scheackitts, Obs. med. rar., in-fôlio, 1644? 
p. a6o). 

La pléthore sanguine , soit qu^elle soit [constitution- 
nelle, ou qu'elle dépende d'un régimç trop nutritif, soit 
qu'elle soit accidentelle^ comme celle qui a quelquefois 
lieu à la suite des grandes amputations , est encore une 
cause des concrétions sanguines polypiformes. Cette sur- 
abondance du fluide sanguin affaiblit les mouvemens 
de contraction du cœur en distendant outre mesure les 
parois de ce viscère ; de là le cours du sang retardé dans 
ses cavités , et sa tendance à la coagulation. 

Un sang trop consistant, trop abondant en fibrine , 
trop dépourvu de sérosité , trop riche, comme disaient 
les anciens,, soit par un régime trop succulent, soit par 
une vie trop sédenuire , enfin un état particulier de ce 
fluide , prédisposent singulièrement aux concrétions 
sanguines , par le contact trop rapproché de ses élémens 
concrescibles. Telle est, dans certains cas , la prédispo- 
sition du sang à la coagulation , qu'on le trouve com- 
plètement concret dans les vaisseaux qui le renferment. 

Observation i6. — ^Schenckius (Obs. med. rar. in- 
folio, 1644 9 P- 4^^) rapporte l'histoire d'un homme qui 
mourut après s'être plaint pendant quelque temps d'une 
grande et continuelle faiblesse , et chez lequel on trouva ^ 
à l'autopsie, tout le sang coagulé^ et tellement consis- 
tant, que, retiré des veines, il ressemblait à une branche 
de corail (sanguis universus in venis concreuaret adeà 



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COZCCRÉTIOMS POLY^IFORMES DU CGBUB. 33^ 

têt demiun conalli modo fruticans illinc eximeretur )• 

Observation 17* -—On trouve dans les Âxehives gé* 
néralesde médecine (février i833) un cas analogue au 
précédent. Une jeune fille, âgée de 17 ans, frappée d^nne 
gangrèùe spontanée douloureuse de la jambe, fut traitée 
par des moyens anliphlogistiques comme atteinte d'une 
ardérite. Elle mourut au bout de trois semaines , et Ton 
trouva à l'autopsie des concrétions sanguines dans l'artère 
crurale et les artères de la jambe^ dans les veines du côté 
malade, dans la veine cave , les veines iliaques et crura- 
les du cô^ opposé, dans les veines pulmonaires, et dans 
les cavités du coeur. 

. Si la pléthore sanguine favorise la formation de ces 
concrétions, le défaut de sang en est une cause non 
moin^ active. On conçoit, en effet, qu'à la suite d'une 
grande hémorrhagie , le cœur se trouvant trop vaste 
pour le fluide qu'il reçoit, n'agit plus si fortement sur 
ce dernier , soit par le trouble de ses rapports avec lui , 
soit par l'affaiblissement même de sa contractilité par^ 
l'effet de l'hémorrbagie, et le sang , qui alors nécessai- 
rement y stagne,, peut se convertir en concrétion. 

Les dimensions du corps peuvent influer aussi sur ce 
phénomène. Les individus d'une taille élevée et d'une 
organisation grêle ont , en général , la circulation 
moins active , les battemens du pouls moins fréquens et 
moins forts ^ que ceux qui se trouvent dans des condi- 
tions contraires. D'une part, ils ont moins d'activité vi- 
tale, et d'une autre part, la pesanteur, agissant sur de 
longs tubes , retarde plus sensiblement le cours du sang 
dans les vaisseaux veineux. ^ 

Les boissons froides , le corps se trouvant en sueur , 



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338 CLUfl^UB Vt UÈUÙIM9» 

prédi^OMiir eacor« a«x concrétiom pôlypiformeft (ob«^ 
i4 V Ces boissons arrêtent les mouvemens organiques 
fifarillair^ , et ralentissent le eônrs 4* satig f d- abord 
dans Içs capillaires, ensuite dans Wgros vaisseaux. On 
sait que k sang se coagule eft tiimbant 4dnB Tean Iroide^ 
U en est de même du froid eitceasif , eomm^ le démon-- 
trent k constrietion, la couleur livide de la pèaû, U 
gène de h respiration , etc., qui surviennent dan» ces 
circonstances. 

Les boissons acides , les spirimeux^ rendent le sang 
moins fluide et le disposent à la coagulaUôn. Le sang soi^ 
tant de la veine se coagule promptemem^ en toÉtibant 
dans une liqueur acide ou dans Talcool. 

L^abns des boissons astringentes , qui rencaissent les 
capillaires , et ralentissent ainsi la ciittilalioa ^ttngiààtj 
prédisposent encore aux concrétions poly[»fermes. - 

ïje coït ti>op fréquemmfCM répété eiterce k même in-^ 
fiuence, 90it en affaiblissant les forces motrices dtt odeur ^ 
qu'elles surexciteni momentanément à un degré extrême^ 
soH en déterminant raccumulation exagérée ^ et par con- 
séqnent la stagnation du sang dans les cavités cardia*^ 
ques , comme le démontrent Toppreséien , la congestion 
cépfaalique, et les palpitations, qui accompagnent cet 
aeie. 

Enfin les passions tristes , les chagrins prolongés , la 
frayeur surtout, dont Tefiet est d'affaiblir les forces m^ 
trices du e^ur et de ralentir le cours du fluide qui j 
^ pénètre , peuvent produire les mêmes effets. L'obserra-^ 
tion 8 en offre un exemple bien remarquable. 
- Toutes les causes que nous venons d'énumérer sont 
d'autant plus actives qu'elles sont réanies en plud grand 
nombre^ surtout ché2 un sujet prédisposé. 



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^HCRÉTIOliS POI^YPIFORIAB» Dlf COBUR. 33g 

On peut pUcer parmi le» prédispositiboft de l'àffectton 
qui npus opcupe , Tlise , le ftei(€» 01 swioi^ ks clioiats.' 

Bicui qne tous 1^ âge» y H)i^nt «QJetA^, oouitae le dé- 
montrent le$ observatioi^s qqe nQUfli avoua rappipr^^ 
tées (i), Fâge adulte eu mt pliMi fréqvemxient attekil 
que toute autre période de'ls^ vie; et , relatirânèttt aux 
sexes , les Itommes y sofit plus sujets que les fieSmnies ; 
soit que la pléthore s.ai>giiîlie soît moins fréquente ehes 
elles à causa de TévacuAtion mensuelle, soit que leur 
sang soit plus séreu)( , plus fl«ûâ«, comme semblent Tatr^ 
tester la laxit^ de leiirs fibres et la moUesfie de l^rs lis** 
sus, et que leur ciroulaiion en sdit par là plus fiicilt. 

Fréd. Hofitoanti per^ e qoe les dimatSt eodstdécâ 
sous le rapport de la manière de vivre qu'ils nécessiiei»!^ 
doivent ètrenûsau ngmbieedeff censés prédisposanrtes 
de l'affection pplypepse* Les peuple septentrionaux» 
qui 3e nQnrriasetnt de viaiides salées, fbmées, denses, 
fibrinenses, et d'uti pain grossier, qui boivent d0s vins 
acides» des liquenrs fortes, y sont, selon lui, t^Ius sU"* 
jets que les pet^^les des régions méridionales» 

Quoi qu'il en soit, lorsque par l'action d'une des can^ 
ses que nous venons d'énumérer , ou d'un plus ou moins 
grand nombre de ces influences morbifiques réunies , 
une concrétion polypiforme 3'est formée dans une ou 
plusieurs des cavités du cceur , si elle ne cause pas ra- 
pidement la mort, en obstrui^it un des gros troncs vas^ 
culaireo,' comme dan$ le sujet de l'observatioo 8, elle 



(1) To^ «BBore Bonnet, J^u^li., Hk. U, teet. xt^'Ohà, :n; VnM., 
DiiêerL de fofypOt pag. i8; Dorttcn, B. A. C, d«c. Il, ana. 3,'ob8. cuft; 
oh ron troava desobMrvMioiil dm oonorétioDS poiypiformtt âércloppéct 
ches àm nmi tmM àgS^ é$ moîns de sept ans. 



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Svfo- CLIMIQtJE ET MÉMOIRES. 

s^accrolt gra'dnellemeiit par raddition de couches suc- 
cesisives â là manière dés calculs bilmires et vësicaux. 

G^ést alors que s^établif son adhërfence avec les parois 
de la cavité ^jui la renfetnie j que, dans les ventricules, 
^s ramifications enohevèlrent les colonnes charnues et 
lès tendons val vulaires; et^ de cette adhérence et de cet 
encbevèti*ement, résultent une'foalé de symptômes dont 
nous allons exposer les principaux. ' 

! La' préfénce d^ine concrétion polypiforme dans les' 
cavités du cœur détermina des palpitations plus ou 
moins persistantes , qui se renouvellent à la moindre 
cause,' telle qu'une affection de Pâme, inème légère, 
Tùsage d'aliméns flatueux ou déterminans la constipa- 
tion, etc., etc. (i). 

En même temps que le cœur est ainsi prédisposé à des 
contractions convulsives , ses mouvemens habituels sonV 
irrégûliers par ile contact de la concrétion qui le gène^ 
Auss^ le pouls, qui est l'expression de ses mouvemens , 
o0re^-C-il une irrégularité et Une inégalité remarquables, 
et se montre- t-il fréquemment intermittent (i). Cette 
intermittence est d'autant plus fréquente et plus prôlon- 



(i] La première de ce» oanses ajoute à Fezcitation qoe le coeur .épronve 
de la part des corps étrangers qu'il renferme et le fait entrer en conynl- 
sien, lies antres produisent le même effet en gênant la drcnlation abdo^ 
niinale, et en produisant nn reflQx«angain vers' le thonx. 
. (9) L'inégalité . et Firrégolarité da ponls, pour atoir quelque yaletir* 
séméiologique , doivent être accompagnées de palpitations et de dyspnée; 
car il y a des sujets bien portans , dont le pouls est habituellement iné-* 
fffX et irrégolier. C'est une aiiomalie. de l'influence nerveuse qui ne 
trouble en rien les rapports mutaels des fonctions; anomalie qui oesstf 
dans les pyrezies , lorsqu'il faut nn plus grand accord dans les actions* 
organiques potir faire eesser le trouble survenu daàs Porgaaisationv " 



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COKCRÉTIOIIS . POLYPIFORMV» BU CQBUR. 34 £ 

gée , que la concrétion poly^ifonne, jdus ou moins mo- 
bile, s'oppose plus ou moins fréquemment et plus om 
moins long- temps au cours du sang et à son passage de 
la cavité où elle existe dans celle que ce fluide doit tra-^ 
verser. Elle est quelquefois si prolongée > qu'elle amène 
des lipothymies, des syncopes, la mort -même, par l'in^ 
terruption complète de la circulation. Il faut, k Tinter- 
mittence, à l'irrégularité , et à.rinégalité du pouls, join- 
dre sa petitesse , qui dépend de la petite quantité de 
sang qui arrive au sysième artériel , par la gè;ie que ce 
fluide éprouve à se rendre dans l'aorte, quel que soit le 
aiége de la concrétion. 

' Les signes exposés ci-dessus sont ordinairement ac-' 
compagnes d'une anxiété plus ou moins vive, d'une dy»^ 
pnée qui survient sans cause, manifeste, et qui a sa 
source dans la gène de la circfùlation pulmonaire ^ eC 
d'une douleur fixe , d'un, sentiment de tension , de com^ 
pression à la r^on du cœur, qui proviennent de la tor* 
sion , du tiraillement des fibres de oet organe se contrac*' 
tant vivement sur un sang solide, devenu immobile, et 
qui résiste k leur actions Cette douleur > ce sentiment, 
sont d'autant plus vifs, que la concrétion est plus con-> 
sidérable et plus consistante. 

Toutefois dans certaines circonstances , le cœur sem- 
ble s'habituer- k la présence de la concrétion qu'il ren-* 
fermer la plupart des symptômes^ qu'elle produit se dis-< 
sipent par intervalles^ et, dans ces cas , rien^ ne signale 
au dehors ime lésion aussi grave de manière k éclairer 
suffisamment le diagnostic. Vesale (\De corporis hw^ 
mani fabricâ) cite un cas remarquable d'un polype 
énorine du poids de deux livres , distendant le ventri- 
cule gauche du cœnr^ et il ajoute que le malade rquoif* 



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34^ CLIfimUB ET XiVOlttS. 

qu'M Qffpît. ua pouU. irvb inégal #t tvto kri%ul|er ^ Méanm 
9M>iB8, plusieurs moie uvaBAr^fi imorl^ ^ {Hromeiik^U 
comffie un s^jet bien portant JP^us Je»* 4eitiière5 4e^ 
n^ûn^ de sa yiesei^kment, k fonsl» dey^iaitsi jnlern 
iniueat , que > d«u« riutervalle de n&ad baU^meiis, deux 
ou trois étaient seulement sensibles au tact» 

Dans ces cas^ le sthétoseope seul peut dévoiler 1« 
nature de la maladie. Ce précieux isatrument, en effetv 
fait apprécier avec exactitude le$. divers bruits qui, dsoia 
l'état normal, accompagnent les contractions des cayiiéa 
du cceur. Qr , lorsqu'une contraction pplypiforme exista 
dans ces cavités, le bruit est sourd ou pour mieux dire 
nul; et comme il n'y a que l'hypertrophie de kura pa- 
roiajquî offre ce phénomèiïe, et que. cette affieetiou sr'ac*- 
compagne de signes étrangers aux concrétions sanguines^ 
td& que la forc^ des-bàttemens, qui soulèvent Les parois 
tliovaciques, k régularité du pouls ^ et le j^tis souvent 
l'absence de la dys]^ée ^ on sera sur , lorsqu'il aura lieU; 
de l'existence d'une concrétion polypiforme* 

On pourra^y joindre aùàsi }a<matité de la régif^ cor-t 
diiEile , lorsque la-.oonerétioii aura acquis assez de volume 
pour /remplir et distendre la cavité tjui la renferme , et 
en appliquer les parois contre le thorax. « 

: Tels sont les signe» généraux de, l'affectioiii qui nous 
occupe. Mais ces signes offrent des vajriétés sén$ibles9 
selon la région cordiale qui en est le isiége* 

C'est dans les. cavités droites que se forment le plus 
souvent les concrétions polypiformftSv Le sang veineux, 
qui y afflue, a moins dé yie,iin cours plust lent que 
l'artériel , est formé départies plus deoses, plus coagu- 
lahles, et contient plus de malice chyleuse et dç dé-- 
bria organiques , qui ont une tendance ^à se coaguler fa* 



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cileméBt potir peit que leur mcruyemetit se ralentisse 4 
soit à «sose de leur composition , ^t k caase de leur 
^itaBtë moindre* C'est aussi dans ces fnètnes cavités que 
les conarétioDS sanguine sont, en général, les plus yo^ 
himineuses, les plus denses , les plus consistantes ^ parce 
que , outre les qualités du sang plus coagulable qu'elles 
renferment, elles ont une force expnlsive moindre que 
les cavités gauclies , et favorisent par conséquent davan*^ 
tage la sUgnation du fluide qui les remplit. 

En général^ lorsque^ la coagulation sanguine s'est ef-^ 
feotuée dansles cavités droites , la région thoracique qui 
correspond à ces cavités rend un sou mat , le bruit des 
oiMutractions du cœur y est sourd ; il y a un reflnx , sen- 
sible à là vue, du sang veineux dans les jugulaires; lia 
fiiee est injectée et aune teinté violacée^ le malade se 
plaint souvent de pepanieur de/tète, de vertiges , et a de 
la propension au sommeiL Tout œk se conçoit aisément, 
puisque le sang veineux , qui arrive des veines caves , ne 
pénètre que difficilement dans les cavités droites du 
cœur, plus ou moins obstruées par la concH^tion san- 
guine qui y est renfermée^ et ne les traverse qu'avec peine 
à cauae delagâne qu'éprouve la contraction de leurs pa-^ 
rois. Aussi ^ par les /progrès du mal, la teinte violacée 
de la face prend de plus en plus de l'intensité, et quel* 
que temps avant la mort, elle se change souvent d'une 
manière §ubite , ainsi que celle de tout le système cu-^ 
lané, en une couleur livide ou noirâtre , par la suspen-» 
sion complète du cours du sang veineux dans les cavités 
droites du cœur , et le malade meurt apoplectique. 

Lorsque cette concrétion est dans le^ cavités gauches , 
outre la matité de la région cordiale correspondante, et 
la. diminution ou l'extinction des bruits du cœur dans 



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344 CMHIQUE BT XÊMOIRBS. 

cette région , comme dans le cas précédent^ la circula* 
tiod pàlmonaire se trouve plus embarrassée : le sang qui 
arrive des veines pulmonaires ne pénétrant que difficile- 
ment dans ces cavités , il s^efiectue un reflux dans le pa^ 
renchyme du poumon ; de là la dyspnée plus ou moins 
intense qui tourmente les malades* 

Dans l'un et Vautre cas , il peut survenir des lîpothy-^ 
mies plus ou moins fréquentes ^ plus ou moins prolon- 
gées, selon le volume de la concrétion polypeuse, et 
même un état apoplectique avec coloration livide du sys- 
tème cutané y par la suspension graduelle de la eircula" 
tion pulmonaire, puis delà circulation veineuse (obs.i)» 
Mais lorsque Taffection a son siège dans les cavités 
gauches , ces lipothymies peuvent aller jusqu'à la syn- 
cope; et même ce dernier accident peut surv^r subi- 
tement et causer à Timproviste la mort du malade, si la 
concrétion, volumineuse ou mobile, vient à obstruer 
complètement Torifice auriculo-ventricitlaire , ou Fou* 
verture de Vaorte (obs. 7, 1 1, la, i3 )* 

Tous les symptômes que nous avons énumérés jus-^ 
qu'ici se développent , s'aggravent par toutes les causes 
qui activent la circulation sanguine , comme un exercice 
un peu violent, la chaleur qui raréfie le sang et préci- 
pite sa marche , certaines positions, comme nousi'avons 
vu dans la sixième observation, comme aussi certains 
mouvemens particuliers, tels que celui de se retourner 
dans son Ht*, et où les malades sont menacés de syncope 
par la violence des palpitations *, ce qui distingue celles-ci 
des palpitations essentiellement nerveuses , qui , une fois 
qu'elles ont cessé, ne se reproduisent point par les meu- 
ve rpens du corps* 

Mais l'influence qui augmente d'une manière con- 



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CO]NCmÉT40£l8 POLYPIFOKMBS DU COEUR. 345 

étante et graduelle l'intensHé des symptômes de Taffec*- 
tiom qui nous occupe, c^est Taccroissement suôeessif dé 
la concrétion. Toutefois il ex:iste k cet égard des variétés 
remarquables. Tantôt cette concrétion se développe 0t 
s'accroit rapidement; les symptômes surviennent alors 
brusquement 9 et la mort est prompte; c^est là Tétat aigu 
delà maladie (obs. i, 2, 3, 10).. D'autres fois elle reste 
stationnai re*, la circulation n'en est pas gravement trou- 
blée, et les malades peuvent, vivre pendant un temps 
plus ou moins considérable ( obs. 4» ^ ^ » ^ ^ )• D^uis d'au- 
tres circonstances, bien que la concrétion ait un très 
grand volume , la respiration et la circulation sanguine 
semblent se mettre dans une sorte de rapports physiolo- 
giques avec el)e , de sorte que le malade diffère peu, en 
apparence , d'un sujet bien portant , jusqu'à ce que , par 
une altération subite de ces rapports^ la mort arrive 
d'une manière inopinée (obs. i3, 14) 1 5). 

Outre les symptômes que nous venons de décrire , le 
développement d'une concrétion polypiforme dans les 
cavités du cœur détermine une foule de lésions organi- 
ques plus ou moins graves, qui en sont aussi les efifets 
inévitables, et qu'il nous semble important de signaler, 
en ce que , si l'on était peu attentif sur l'afTection primi- 
tive, on pourrait les considérer comnie idiopathiques , 
et commettre ainsi une grave erreur de diagnostic. 
Ainsi l'hémoptysie, qui reconnaît la même cause di- 
- recte que la dyspnée , c'est-à-dire , la stase du sang dans 
les vaisseaux du poumon , s'observe assez souvent dans 
la lésion qui fait l'objet de ce mémoire. On trouve dans 
Bonnet (Sepulch.j t. i, lib. 2, sect. 5 , p. 6^4) le cas 
d'un h^moptysique dans lequel on trouva , après la mort, 
une concrétion sanguine^ épaisse, dense, fibreuse, et 



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346 GUmQUB ET MÉXOIftBf. 

ressemblant i de }a chair, dans Tim et l'autre ventricule 
du cœur , ou elle était encheyètrée avec les colonnes 
chamneSf et d'où elle s'étendait dans tous les vaisseaus 
qui sortent de cet orgsne. 

L'hydrothorax, Tascite, l'anasarque, accompagnent 
fréquemment aussi les concrétions polypifonaes» Ces 
collections séreuses dépendent évidemment de l'engor- 
gement du systèmid veineux général produit par la dif- 
ficulté qu'éprouve le sang^à traverser les cavités cardia^ 
ques ; engorgement qui ne permet pas aux Ijmphati- ^ 
ques de verser complètement dan$ les veines le fluide 
qu'ils charrient, et qui fait refluer ce fluide dans toutes 
les cavités exhalâmes , où nécessairement il s'accumule 
en. plus ou moins grjande quantités On trouve des exem- 
ples de ces cas dans DiemerbiH)ëch (^ ^nat. ^ lib. a, chajj. 
iXy p. 4oi) î Bartholin {EpisU II, cent, iv 5 EpisU 56, 
cent II); Lower (<ie Corde ^ chap. 11) \ Harder (Thés, 
ohs. medic^ rar. obs. 56 et suiv.) , etc., etc. 

La pneumonie hYpostatique de M. Piorry (1), c'est- 
à-dire cet engorgement sanguin, passif, du tissu pul- 
monaire par les causes qui s'opposent à ce que le sang^ 
le traverse librement, s'observe souvent dans la lésion 
qui nous occupe \ et cela doit d'autant moins nous sur- 
prendre qu'ici une cause constante, et dont TinteDsité 
d'action> va toujours croissant, ralentît continuelle- 
ment }a circulation pulmonaire. On trouve un exemple 
remarquable de cette complication dans Bonnet {Se- 
pulch.^ U I, lib. II, sect. xi, obs. 6). C'est le cas d'un 
enfant qui mourut presque subitement d'un engorge- 
ment sanguin-pulmonaire, et dans lequel on trouva 

(r) Tnfnsactions médicales, fiâvricr iSSd. 



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CONCIIÉTIOIIS POLYPIFOKHES DU COEUIl. 34? 

aprèâla mort une ooncrélion polypifome très^ionsidéra- 
ble (potypi ingénies) dans chaque ventricule du cœur. 

On lit dans le même auteur (t. i, lib. i, sect. ii, 
obs. xxxYi ) TobserTation d^une apoplexie mortelle dé- 
terminée par une conerëtion polypiformie dans le ven- 
tricule gaucbe du cœur. On trouva, à Touverture dm 
corps , un amas de séroÂié dans laracfanoïde et les ven- 
tricules latéraux du cerveau , et du sang coagulé en po- 
lypes dans les grandes veines cérébrales et dans le sinus 
étlciferme. Le polype du cœur était blanchâtre^ consis^ . 
tant) enchevêtré avec les colonnes charnues de cet or^ 
gane , auxquelles il adhérait fortement, d'où, se divisant 
en deux parties, 11 obsutiait et Torifice de laorte^ et les 
veines^ pulmonaires, après avoir pénétré dans l'oreillette 
gauche^ 

Un autre -cas non moins remarquable de mort subite 
se trouve rapporté dans P. Salius (Dwersis de affecta 
particuL cap.iy). Une jeune fille, âgée de i4 ans^ mou- 
rut subitement après avoir éprouvé pendantun jour de' 
la pesanteur de tête^ des vertiges, et âe T-anxiété. On 
trouva, à Tautopsie, Tarière pulmonaire et la veine 
cave obstruées par un samg fortement coagulé, qu'on en ^ 
retirait comme on retire une épée de son fourreioi* Il 
n'y avait rien de remarquable dans la substance céré* 
bralje. Qui ne voit que la suspension de la eirculation 
dans cet oi^ane , par robstructioti des vaisseaux qui en 
sont le débouché ,. a été la cause réelle de la mort ? 

L'extinction de la vie par consomption est aussi, mais 
plus rarement, une terminaison des concrétions polypi^ 
formes : c'est la marche chronique de cette affection. La 
nutrition se trouve frappée dans sa source , la circolar 
tion sanguine 9 et si cette dernière fonction n'est pas 



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34B CLIMIQUE £T MÉMOIRES. 

trop profondément altérée , la mort n'a point lieu par 
Tefiet de la maladie principale , knàis seulement par son 
influence funeste sur Fexhalation nutritive. C'est à ce 
cas qu'il faut rapporter l'observation qu'on lit dans Bon- 
net {Sepulch.n t. I, lib. ii, sect. i, obs. xcvi), et 
qui est relative à une jeune fille qui, sujette à des pal- 
piutîons du cœur et à la, dyspnée, mourut de consomp- 
tion {tabida obiit)^ et très laquelle on trouva, à l'au- 
topsie, une conciétion polypiforme blanche > membra- 
neuse, consistante et oblongue, chez l'oreillette droite 
du cœur qu'elle distendait, et une matière semblable à 
de la graisse dans le ventricule du même c6té. 

• Enfin la teriûinaison la plus rare que pourraient offrir 
les concrétions polypifôrmes , c'est la mort |Mir la ru()- 
ture de la veine cave» comme dans le cas suivant, que 
rapporte le même auteur (t. i, lib. 1 1, sect. xi, obs. i ). 
Un homme ^ âgé de trente ans, long-temps sujet à des 
palpitations de cœur et à des paroxysmes de dyspnée , 
à une douleur grava tive de la tète avec une grande fai- 
blesse, mourut subitement dans un accès d'asthme et de 
palpiutions, au moment où, étant à uble, il se levait 
précipitamment pour aller respirer à sa fenêtre. L'ou- 
verture du corps , faite peu d'heures après , montra un 
épanchement considérable de sang coagulé dans la cavité 
du péricarde , une rupture de la veine cave dans la ré- 
gion la plus voisine du ventricule droit, et une concré- 
tion partie membraneuse, partie charnue, adhérente aux 
oreillettes du cœur. Qui ne voit quç la gène apport^ à 
la circulation veineuse par la compression de l'oreillette 
droite, a accumulé le sang dans la veine cave, qui, dis- 
tendue outre mesure, a fini par se déchirer aux envi- 
rons du confluent des deux colonnes sanguines opposées 



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C019CIléTIOXlt POLTÇIFOAMCS BU COEUR. 349 

^ui aflluent dans Toreillette droite, et là où son tis^u 
éprouve le plus de distension ? I^e même effet pourrait 
é,yidemment résulter de Tobstruction de VoreiUette 
droite par une concrétion sanguine renfermée dan$ cette 
cavité. Ne l'a-t-on pas vu être produit par une cause 
bien plus légère , le ralentissement momentané de la 
circulation pulmonaire, ainsi que l'atteste le fait sui- 
vant? « Meminit Amattis Lusitânus ciyiisdam qui ex 
a frequenli uxoris super se in re yenereà decubiiu, qua 
« corpulenta^ et vasti corporis erat^ in venae càvse rup- 
u luram incidit et de repente omni sanguine extrave- 
« nalo mortuus est. » (M. iDonatus, Hist, mir.^ lib. 4» 

Quel que soït le mécanisme de la mort, ou par hé- 
morrbagie , comme dans le cas que nous Venons de rap- 
porter, ou par syncope^ comme lorsque la circulation se 
'trouvé brusquement interrompue, bu par suffocation, 
comme lorsque le parenchyme pulmonaire s'engorge par 
le ralentissement toujours croissant de la ciitnilatiôn, 
-par apoplexie avec épanchement sanguin ou ëéreux dans 
la cavité crânienne, ou enfin par la consomption lente 
de Forganisme, on trouve toujours dans une àcs cavités 
du cœur, et souvent même dans plusieurs, à la'foîff^ nie 
concrétion sanguine polypiforme, dont les caractèHis 
anatomiques sont bien tranchés, et la font aisément Uis- 
tinguer de celles qui sonit postérieure^ à Vex^nctîon de 
la vie, ou qui se forment peu avant la mbnt. ^ 

Une concrétion sanguine réellement patholc^iqùe.^ 
essentielle , idiopathique , et à laquelle on doit auribuer 
le trouble de la circulation observé pendant la vie, offre 
•une ^couleur blanchâtre et ne contiqnt dans son ti^9u aur 
cane molécule colorante du sang. Si parfois. sa. sur&ce 

Tome IV. Décembre i833. . a3 



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35o OLiifïQTJB HT MéMÙltkt»* 

oa s^ dernières C6ttcbé$ en soui imprégnées , cfkfs pro- 
Vieriiieni du dépAf Sanguin qtli sW fait dans les der- 
niers motnens de 1» vie , et que la circulation suspendne . 
n*a pi as- pu entraîner. 

Sa texture est composée de couches fikrineuSes su- 
perposées, plus ou moins denses, plus ou moins consis- 
tantes, résistant aussi plus ou moins fortement à la pres- 
sion, quelquefois d^une apparence charnue par là cou- 
che sanguine qui les colore, «t que le lavage en enlève 
facilement. Cette consistance est d'autant plus grande 
que la formation de la concrétion est plus ancienne. 
Aussi lorsque la maladie a une marche aiguë, que la coa- 
gulation du sang est rapide, que la mort est prompte, 
on ne trouve qu'une concrétion jaunâtre, gélatiniforme, 
semblable à de la graisse cuite (obs. 3). 

* Dans ce dernier cas, la concrétion existe libre et flot- 
tante dans la cavité qui la renferme. Lorsqu'au con- 
traire elle est de formation ancienne , elle adhère plus 
ou moins fortement aux parois qui Tenveloppent, et, 
dans les ventricules, elle enchevêtre les colonnes char- 
nues et les tendons des valvules auriculo-ventriculaîres, 
de man^re qu'on ne peut que difficilement les en sé- 
pfl^er. 

' Le volume des concrétions polypéuses varie et selon 
le temps qui s'est écoulé depuis leur formation, et selon 
la nature particulière du sang qui les produit. En géné- 
ral ^ plus Une concrétion est ancienne ^ plus elle se mon- 
ti^ra volumineuse ] mais aussi ce volume sera d'autant 
plus considérable que. le sang du sujet aura plus de 
eoagttlabilité. Voilà pourquoi on trouve quelquefois des 
concrétions très anciennes et d'un petit .volume (obs* ji^ 



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COUCRÉTIOVS POLYPlFOllMtEB 9V COEUR. 35 î 

ta)^ et d'autres, très promptemeDt.fomiées,qi]iëtoiinetit 
par leur é&ormité (obs. i, 2, 3, lo). 

C'est, en général, le volume des concrétions polypi- 
formes qui forme tout le danger de Fafiection. On con* 
çoit, en effet, que plus elles seront considérables, moins 
la circulation sera facile, et plus les désordres organi- 
ques qui en seront la suite auront de la gravité. Toute* 
fois , une concrétion d'un petit volume peut déterminer 
promptement la mort, surtout si elle est libre et flottante 
dans la cavité qui la renferme; car elle peut obstruer un 
des gros vaisseaux du cœur , et éteindre subitement la 
vie (obs. 12). 

D'où il suit, qu'en général , toutes choses égales d'ail- 
leurs, une concrétion adhérente est moins grave qu'une 
concrétion libre. 

Le prognostic nous send>le aussi devoir être moins 
fôcheux sous le rapport de la promptitude de la mort 
( car nous pensons qu'une concrétion polypeuse est pres- 
que toujours mortelle ), lorsque la coagulation s'effectue 
dans les oreillettes , que lorsqu'elle a lieu dans les ven- 
tricules. Les premières plus minces , plus extensibles, 
se prêtent davantage aux efforts du sang qui y afflue, et 
la circulation doit par conséquent y trouver mmns d'ob- 
stacle dans la présence d'une concrétion. 

La maladie est-elle plus grave lorsqu'elle a son siège 
dans les cavités droites que lorsqu'elle réside dans les ca- 
vités gauches ? La mort est^ëlle plus prompte dans le 
premier cas que dans le second ? Ce problème est diffi- 
dle à résoudre. Dans l'un, l'apoplexie amène ordinaire- 
ment la mort, qui peut aussi avoir lieu par la rupture 
de la veine cave; dans Vautré, la syncope termine le 
plus souvent la vie. Dans l'un el dans l'autre, la mala- 



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35*2 GLlinQUB Kl? UtUÛlfitd. 

die est déplorable p^r Tanxiétë , les angpisses qu'elle oc** ' 
casione, et il est à vivement regretter que Tart n'y ^îsse 
opposer aucun remède. 

£t, en e£fet, quel traitement mettre en usagé, avecr 
qudqu'espérancé de succès, pour combattre un mal «t 
profond, et dont la nature intime est si peu connue? Em- 
ploierà'Von , en désespoir de cause , les sous-carbonates 
alcalius^ ouïes eaux minérales salines , pour dissoudre 
la concrétion, cause de tant dei désordres ? Et est-on en 
droit den attendre quelque succès ? Noûâ ne le pensons 
pas, et le traitement prophylactique nous semble le seut 
rationel, le seul efficace. Il consiste à éviter soigneuse- 
ment les causes déterminantes dé rafiectiou ^ voyez sur 
ce point ce que nous. avons dit en parlant des causes* 



, NAISSANCE TARDIVE . 

Observée par J.-J. Deville , docteur en médecine. 

Dans les derniers jours du mois de, novembre i832, 
madame David Rbeins, demeurant rue Vieille du Tem- 
ple , n® 9 , me dit qu'elle pensait ètrp enceinte d'un 
mois environ, n'ayant pas eu ses règles depuis le 22 oc- 
tobre, et me demanda de, l'accoucher lorsque le terme de 
sa grossesse serait arrivé. 

Pendant les mois de janvier et de février je fus plu- 
sieurs fois appelé auprès de celte dame, qui, le soir sur- 
tout , éprouvait des coliques très violentes , coliques q«e 
j'apaisai toujours , soit à l'aide de frictioiis faites ^vec 
des serviettes chaudes , soit avec quelqijiçs cuillerée* 
d'une potion légèrement calmante. 



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nkUSkVCE TARDIVE. 353 

. Bans les premiers jours de mars j madame Rheîns se 
plaiguant d'étouxdissemens assez fréquens , j.e pratiquai 
ui^e saignée de trois paletlos, cl l'état de malaise qui 
Vêtait manifesté depuis quelque temps cessa entière- 
,mept;il,resia néanmoins un peu d'insomnie qui aug- ' 
menta 4aus la dernière quinzaine, de. juillet; madame 
:IlUeins ayftit fixé son .'accouchement au ^ de ce mois, 
.etp^ssécette époque elle pe comptaitplus. Le à8 juillet, 
â dix heures du- matin , cette dame fut prise de douleurs 
assez vives dans le bas'^ven^re^l dans la i^gioifi des reins. 
Ces/douIeurs augmentèrent successirementetfurent assez 
rapprochées jusqu'à dnq heures du soir , moment où 
j'arrivai ; le toucher me fit recpunaltre Ufie inclinaison 
de la tète dans la position 6cdpito*6otylo¥diânn« gauche; 
le çqI de l'utépus était souple et offrait tUi commence- 
ment de dilatation assez considérable^ Les envies d'u- 
riner étaient fréquentes, et tout annonçait que l'àccou- 
, chemcnt ne tarderait pas à se faire. . Cependant vers les 
six heures du soir les douleurs, cessèrent presque entiè* 
rém^ent pour ne recommencer de nouveau qu'à onze 
heures ; elles f^ire^nt , à partir de ce moment , vives , rap- 
prochées et se firent plus particulièrement sentir dans le 
jbas-vçutre. Lé travail marcha ainsi jusqu'à deux heures 
du m^tin ; alors les contractions augmentèrent, la poche 
4es ea.u^ s'engagea el fit saillie dans le vagin ; depuis 
plusieurs heures madame Rheins vomissait de temps en 
temps et considérait le spasme de l'estomac comme d'un 
bon auguré,: pareille chose s!.étant manifestée dans un 
premier accouchement peu d'ina tans avant la sortie de 
reniant deTutérus. v 

Cependant les douleurs et les contractions utérines / 
i^uoique non moins vives , étaient un peu éloignées les. 



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3^4 CLIf<l<2UV ET MtUùtkES. 

unes autres ^ et ce ne fut qu'à trois heures du Inatin que 
le trâyail parut toucker à aa fin ; par trois fois les mem-^ 
bmnes fortemeùc. tendues s'en^gèrent dans le vagin ^ de 
(elle sorte que y les drorant d'une densité trop grande 
pour percer d'^es-mèmes , je les pinçai avec mes ongles 
sans pouvoir toutefois les déchirer ; je pris alors clés ci- 
seaux pour m^en servir à la première cpntraction èl 
meure un terme à un accouchement aussi naturel qHte 
possible ] mais cette contraction ne vint point , les doui- 
leurs cessèrent unu«-à'pfait ; j'attendis , espérant <{u'elleâ 
allaient sreviuiir, maris ce fut en vain ^ je pratiquai une 
saignéei^ puis, après^ voulant réveiller Tinertie de la ma- 
trice, je fis prendre a4 grains de seigle ergoté sans ob- 
tenir Aucun. résultat^ petit à petit 1^ tète de Tenfatit 
jrentra et tint se placer dans ^excavation du bassin. Le 
3o du QUNs de juillet , dans la journée , madame Rheins 
n^ayant ni douleurs ni malaise, se mit k reprendre son 
train de vie ordinaire , éprouvant seulement un peu de 
pesanteur vers le rectum. 

Je dois faire remarquer que la persoime qui fait le 
sujet de cette observation est une jeune femme (24 ^^^ ) 9 
parfaitement conformée , d'une bonne santé , et que 
chez elle un prennçr accouchemtent n'avait rieti présenté 
d'extraordinaire. Cet état dura jusqu'au âs septembre , 
c'est-à-dire 56 jours , et pendant tout ce «emps , madame 
Rheins sentit son enfant remuer et n'épi^ouva du reste 
aucun phénomène particulier. 

Ce fut a dix heures du soir, le as, que* tout à coup 
les douleurs de l'eniantèment se matiifestèrent ^ elles 
furent soutenues et rapprochées jusqu'à mintiit^'^oûl'u- 
.téruâ cessa entièrement d'agir ^ j'ebs encore tecours* au 
seigle ei^gôté , et après bien des contractions :des Muscle» 



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àlifloiiiinaiix 6t de grands «fions, eette dame 4Qnna le 
Jour à une fiUe ; le placenta fut presque. aussitôt expulsé, 
el les smies de ce^ accouchement furent extrèo^ement 
heorenses. ^ Le lendemain je mesurai T^ifant que je 
tr^¥ai avoir ae pouces de long et peser cinq kilogram- 
mes. Certes si jamais gestation d\9 onze ynots fut bien 
constatée , c'est je pense celle que je viens de signal^. 

Je n'ai certainement pas la prétention de trancher 
une question aussi grave que celle des naissances tar- 
dives 9 en m*étayant d'une seule observation , mais il 
importe d'autant plus de faire connaître ces sortes d'ac» 
couchemeus , qu'aujourd'hui ils sont considérés comme- 
dès cas fort rares , que plusieurs auteurs les nient même 
lout-à^fait 5 et qu'enfin l'article 3] 5 du Code civil porte 
que la légitimité de l'enfant né trois cents jours après 
la 4issoli|jtiondu n^a^riage , pourra étrç Qotité^t«Jiç. 

De tout temps les xuédecips ^ les jui^isconsultes se sont 
occupés de ce sujet , sans jamais le résoudre d'une ma- 
nière satisfaisante ; et nonobstant les immenses progrès 
de la physiologie et des sciences médicales en général , 
la controverse qui existait à Rome, il y a près de vingt 
dècles, pouiTait se renouveler aujourd'hui , sans amener 
un résultat plus certain. 

To,utefQis, qui^ique les lois q^i nous régis^e^twe pro- 
n&aoem pas aussi affirmativement aur les naissances 
tardives que sur celles qui sont précoces , .les auteurs 
modernes qui ont écrit des ouvrages de médecine légale 
considèrent les naissances tardives comme possibles , en 
se fondant : i® sur les preuves que leur fournit la phy- 
t^que animale ; %^ 4&ur ce qui se passe chez les femelles 
des animaux dont la gestation est variable ; 3® sur une 



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3S6 CLIliXQXJB ET MÉltOIUCS. 

série de phénomènes particuliers., que les gcxis de Tari 
peuvent apprécier. 

Me possédant ea propre qu^.UR seul fait, j'ai du 01e 
borner aie publier : tout. ce que je pourrais ajouter reon 
treraît dans le domaine de la compilation* Il ne: m'apr 
pai^tienlt douiç pas de pousser plus loinmes réflexions sur 
une question '^ussi importante ; je dois seulement faire 
rc^piarqpejT que la plupart des médecins qui citent des 
naissances tardives, avancent que dans ce cas les enfans> 
loin d'avoir le volume et la force de ceux qui viennent à 
terme,, sont au contraire faibles et chetiis \ ce que j'ai dit 
de la fille de madame Rbeins se trouve en contrs^dlction 
avec cette assertion. 



Bulletin de la Société Anatomique; rédigé par 
■ M. FoRGET, secrétaire. 

Extrait des procès-verbaux des séances de la Société 
anatomique^ 

Âerwersement de t utérus par un polype, — Ramollissement dès os par 
cachésxie cancéreuse. — jtnévrysme Je l'aofie, »- Plewus ptibnonalre, -«- 
Ramollissement de la protubérance annulaire. — Fracture du col du fémur. 
— Luxadon du fémur ^ — Cancer osseux. — Cavernes cicatrisées. '-^ Abcès 
articulaires, suite de fracture. -^ Métastase purulente* '■^ MaUidies des 
tWfweaurnés. — Extraction d^ane pièce de cinq francs engagée dans 
Vœsopliage. — Anévrysme de V artère fulmonaire.-^ Cancer du médiastin, 
— Cancer -pzTxctéaXifiue,^^ Anomalie du rein. — Fracture du crâne, -^ 
Gangrène spontanée. 

Présidence de 31. Crw^eilhier. 

Séance du 9^. août. — M. Crupeilhitr.ipshçafiXt on cancer de l'atérns, 
constitué par ua fongqs a base fibreuse, ^ui^ né do fond de ror^aney. « 



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SOCIÉTÉ ANÀTOMIQUE. 357 

fimiichi.l« mnseàa do tanche, pois reoteraélebas fond de Ihitëtas jusqof 
dans le yagin; de soi^e qne'si Ton çht ampaté la base de cette sorte de 
polype» l'instrument eût excisé le fond de rntérus et ouvert le péritoine. 

M, Orupeilhier présente encore les os d*nne femme opérée trois ans 
ayant sa mort, d'un canéferà la mamelle. Elle avait, éprouvé d*atrocef 
doideora dans les hanches^- oli :des' membres pelfiéns était devenu plus 
Nconrt ; ks os du bassin étaient' flexibles ; les pièces, du sternum jouaient 
les unes sm* les autres; les c&tes , ramollies , étaient déviées 4e leur direc* 
tion ; enfin , le système osseux , en général , offrait une raréfoction de son 
tièsn , résultat de rinfeedon cancéreuse. . "* 

, M. BaiUûrgé présente les- ShtesÔBs: d'un individu mort d'un accès ^ 
d'asàhine, o*eat-*à-dire asphyxié. Les valvules conni ventes^ sont ecchymo- 
sées À Icnr bord libre, par suite de rinfiltration du tissu cellulaire sons- 
mnquenz ^ aucun symptôme n'a existé du c^té des voies digestives. 

M. Couriard présente mn aoévrysme de Taorte, . provenant d'une feram^ 
morte phthisiqne. Le caillot est perforé au centre, de^ manière à permettre 
la Ubre circulation du aang^ la soua-clavière gauche était comprimée 
par la tumeur. Le cceur est anévrysmattqné. On percevait j pendant la vie^ 
des battéfnehs doubles dans la- région précordiale ,< seul symptôme qni^ 
atec l'absence du pouls à ga»che^ pouvait faire soupçonner l'anévirysme 
de l'aorte. 

M. Huguîer présente une belle préparation des plexus pulmonaires ; des 
filets, émanés de chaque groupe latéral, viennent former un reseau mani- 
feste en s'anastomosant entre la trachée et l'œsophage ; accolées à ce der-< 
nier, des branches , émanées de l'anastomose du nerf vague avee le pre- 
mier ganglion thoracique , descendent au-devant de l'aorte et vont «e 
rendre au plexus pulmonaire et au nouveau plexus œsophagien. '' . 

M. Chassenet présente un ramollissement blanc de la moitié droite de 
la protubérance annulaire. Il y avait eu héiniplégie lente et progressive 
du càté gauche. > 

Séance, du ilinopemére.. M. Olmeti lit une observation de fracture du 
col du fémur, simulant Une luxation. La tête de l'os est détachée et 
incarcérée dans la cavité cotyloïde. Le sujet est une femme de 60 ans qui 
fit, il y a six ans , une chut^ sur le grand trochanter. 

M. Sédillot^résente un cas curieux de luxation ancienne du fémur en 
haut et en dehors; malgré son allongement extrême, le Hument roi^i 
est conservé. Cette lusation était réductible; tons les mouvemens étaieut 



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aSS CLIIIIQCR ET MÊI101IL88. 

poMildcfty Mpeadant la pointa da pied i^it Utitiidlaiaeiit «onrnée ^att 
dadana ; le raceoufcÎMMiettt «tait oapsidérableç la téca déplacée est «mia-* 
lappéa d'ane forte •capaaie anormale; le petit trodiantar i^en est fpnaé 
-une particnUère dana fcpaiasenr dn mnsde obcnratenr interne. Cette pièce 
proyieitt dHnie femme de 3o ana, anr laqodie on ne possède point de 
Banfeîgnemena antérienn ; mida tont poiiie à croire ^e cette luxation étut 
aocideateUe et non congéniale. Qnant à la persistanoe da Ugaraent rond 
dans ce cas , M. IH^MPftren en avait àhêetwé des exemples ataxfaéU on 
* Jkésitait de croire. 

M. Figer présente nne iractore intrà«oapsalaire, non consolidée, da 
c^ da liémory dataat de dix4mit moie , ches «ne -femoM de 63-ans, qoi, 
depuis l'accident » est totqours testée cooshée. pê xaccoonâssement létait 
ccBfidérBble; quelles portions ligamenteoaes «pissent les fragmens, k 
ligament rond ^est intaet. MM. CraveUbier, Michùn\ Çhassmgmie y àS^^iU 
n'avoir jamais th. de réunion des Iraçtnres âatrà^capaa^aire da col da 
£èmar^ qocûqBe la possibilité de cette l'éonion aoit professée i^as le» 
écoles. INL^D^rez assnre a^oir m on cas de consolidation après ticnt)e>six 
jours 9 diesiine|(Bmme de raètel-Dien. Jif. Brun dit «pie M^^Dopig^tmi^ 
en montre plosieors exemples dans ses leçons de oiiniqœ. M. Cnmnlhier 
isit obserfer qn'U «•€ laciie de s'en laisser imposer .par certaines déforma-* 
tiens da col, on de confondre les cas dans lesquels la fracture s*«0jt ,e0èc« 
tuée sur les limites ou hors de l'insertion^ capsulaire. 

M« Hache pnés^nle lea^ d'une jambe ampotée par M.. Michon » pour 
nn ulcère captoére^x. Aa niveau de cet ulcère , Tas eat ramolli; Talléra- 
tion pénètre jusque .dan^ 1^ c»jm\ médullaîDe; çUs portions d'As sont pç^rD- 
sées , d'autres ont évidemment le ci^ctère cancéreux* X« restie deVé^ndoe 
des os est recouvert 4'aspérités on régétations osseuses , que M. Micbon 
a TU quelquefois coïncider avec le cancer, mais qui s'observent dans 
d'aotres ^conslances,. Cette maladie tirait son origine d'un «coup de pied 
de cheval. 

M. SestU présente un poumon dont la plèvre â été perforée par un 
«obenetilie vers le tiers supérieur et externe ; le sujet était nne finome. La 
lésion fut manifestée par nne vive douleur/ jdécompaaition des traits , 
pnenmo»thonix , tintemient métallique, etc. La perforation présente deux 
lignes de diamètre, autour existent de la rougeur et des usasses mem«- 
branes, L'éaveiture communiqae avec nne caverne presque cioatrisée , 
dans laqadle vient déboncher nn rameau bronchique ; le poumon , de 
Taotre câté , présente des vestiges de cavernes également cicatrisées. La 



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SOCIÉTÉ AWATOMfQUB. 'i5g 

teort ii*h suivi Taeeidetit que de dnq joan , pe&dime ktqiMl» on fit mvec . 
le ttoqoMt deux ponetiofiis qoi procarèrent rérAonatloii de fair et ré*- 
terdèÉrent- peut-être la catastrophe. M. Pigeaux éit avoir obsenré mi «as 
de gaédson de ptieomo-thorax , sÉlte de perforation tolbevcolettse , A 
?HÀtel-Diea , et on astre à la Charité. 

Séance du ai. — M. Cazalis commoniqoe k la société des détaflscn- 
rîcax snr une observation d*abcès articolaires sarvenns chez nn Jiômme 
qui avait eu une fractare de coisse. Hnît jonrs après l'accident, et Tap- 
pareil* ayant été appliqué, ob vit survenir nne teinte jaunâtre de la pean, 
des Tomissemens, des donlenrs dans les articula tions , des rougeurs cir-' 
consentes dans les différentes régions dn corps , des symptômes ad3^à^ 
miqoes et entre antres des sndamina. A Tantopsie , on ne trouva rien de 
particulier dans les viscères. An milieu de la cuisse fracturée était Un vaste 
foyer pnruleat. Dn pus fut trouvé dans Tarticnlation cozo-fémorale ; il 
s^n trouvait également dans les deux articulations fémoro-tibiales , dans 
les deux coudes et dans nn des poignets. Dans aucune de ces articulations', 
la synoviale n'était injectée. 

M. CazaJis rapproche de cette observation des cas d'abcès articulaires 
observés che£ les nouveau-nés , et il a remarqué que, dans ees derniers . 
cas, dn pus se trouvait dans les veines du cordon ombilical. H est & désirer 
que M. Cazâlis , qui du reste se propose de lire un travail k ce sujet , fosse 
connaître s'il existait coîncidemment à cet état dn fœtus qnelqne lésion 
chez la mère. 

M. Cazalis livre ces faits aux méditationade la Société anatomique, sans 
les accompagner d'aucun rappochement et d'aucune opinion sur le genre 
de eonnexîté qui aurait "|m se trouver entre ^existence des foyers articu- 
laires et les collections purulentes, soit traumatiques , soit dans le cordon 
ombilical ; mais il assure qu^ y avait absence de phlébite. M. Gasalis 
remarque aussi que des inflammations séreuses coïncident souvent avec 
des érysipèles. 

M. Sestiefait observer que, chez les nonreau-nés , des coUectîoiis pu- 
rulentes se remarquent assez souvent dans le péritoine , la^ plèvre et les 
cavités aiticulaires , sans aucune altération do tissu concomitant. 

M. Cruvèîlhier remarque que , dans ces cas de non-altération de tissu > 
la mort a dû être prompte ; car, dans les cas de collection purulente , les 
cartilages articulaires s^àltèrenl avec beaucoup de rapidité, offrant un«î 
destruction par érosion. 



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36o CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

M. Cmmlhier « troavé des péritonites et des pleures^ existant chev 
des nonvean-nésycoïncidemmentàdes pnc^omonies arriyées à rbépati»^ti<vi 
ronge; jamais il n'a trouvé la pnenmonie armée .à r^hqNiUsatipn pn^n*- 
lente; et d'après. l'observation de . pneomonies trouvées .chez plusieurs 
fcetus , M. Cruveilhier se croit autorisé à avancer, ^ne la pnirainonie est 
plus fréquente chex les enfans avant qu'après la naissance. 

fil. Chasfoignac demande si l'on connaît quel est le plus court espace 
de temps que la suppuration puisse mettre à se former. M. Cruveilhier 
répond à cela que quelques heures suffisent; mais il ne peut préciser une 
durée déterminée. 

fii. Camus communique à la Société quelques détails sur l'extraction 
d'une pièce de cinq francs engagée dans Tcesophage , qui a été faite par 
M. Monod à la Maison de Santé. M. Mouod s'est servi, pour cette opé- 
ration f de l'instrument inventé par M. Graefe de Berlin. Le corps étranger 
a été saisi d'emblée et sans tâtonnement; mais l'extraction en a été un peu 
pénible à cause du frottement contre les parois de l'œsophage. Le corps 
étranger devait être au niveau de la quatrième ou cinquième dorsale. 

^ancû du 98.-— Jk/^. Chcusaignao présente un anévrysme de l'artère 
pulmonaire. Toutes les tuniques du vaisseau sont dilatées et lui donnent 
un aspect fusiforme ; la crosse de Taorte est légèrement dilatée. On n'a 
point de renseignemens sur l'individu dont le cadavre présentait des traces 
de pneumonie du cÂté gauche. M, Pigeaux dit qu'une dizaine d'obser- 
vations analogues existent dans les archives de la science. Un exemple de 
cet anéTrysme a été présenté, il y a quelques années ^ à la Société anato- 
mlqne. 

M. CmveiihUr présente nue pièce provenant d'une 'personne âgée de 
78 ans, qui 4 depuis quinze ans, éprouvait des symptômes de maladie du 
cmar (paljMtations); mais, depuis quatre ans et surtout depuis deux ans, 
elle éprouvait des suffocations fréquentes et douloureuses avec sensation 
d'une boule qui comprimait le cœur ; il y avait infiltration générale. On 
soupçonnait un anévrysme du coeur; cependant l'auscultation ne ^oqrnjssait 
aucun signe particulier; les pulsations artérielles étaient irrégnlières. 
L'individu étant mort dans un accès de suffocation, à l'aptopsie, l'on a 
trouvé la région du raédiastin antérieur occupée par une tumeur squir- 
rhenae embrassant la crosse de l'aorte et l'artère pulmonaire dont le calibre 
était peu diminué, lie péricarde et la substance même du cœur étaient en 
partie compris dans la masse cancéreuse, dont quelq^ues noyaux s'étaient , 



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SOCIÉTÉ ANÀTOMtQUB* 36 1 

déVelèpp^ sons le péricArd^ ▼iacéral. La (cavité da péricarde contenait 
de la sérosité et présentait quelques traces d'inflammation ; le cœur l«i- 
même était aminci, mais peOv modifié dans son volume. Le sternum, à sa 
partie supérieure ^ offrait une épaisseur insolite ; les poumons étaient 
engoués. 

JKf. Jones présente une masse cancéreuse développée entre les deux 
feuillets du ligament suspenseur du foie, chez une vieille femme morte de 
pneumonie. On ne rencontre nulle part ailleurs de tissu cancéreux. Cette 
femme n'a jamais éprouvé de douleurs dans la région du foie. La fumeur 
offre Faspect caractéristi^e du cancer pancréatique de quelques auteurs. 
La plupart des viscères présentaient une mollesse remarquable. 

M. Denonpilliers rapporte avoir rencontré une variété anatomiqne cou- 
estant dans l'existence d'un seul rein , non pas sur la ligne médiane, 
comme cela s'observe ordinairement , mais dans, la position que l'organe 
occupe normalement. Il y avait un seul uretère. Du côté droit, on ne 
rencontrait que la capsule surrénale à laquelle l'artère capaulaire droite 
venait aboutir; de ce côté point d'uretère, pair conséquent l'angle du 
trigone vésièal cortespoùdant était imperfbré. 

Jl/. Teissier présente une fracture du crâne , intéressant le temporal et 
l'occipital, diesiun scget de 33 ans , mort trois jours après les violences 
intentées contre lui : il y eut d'abord perte de connaissance, déliré, 
puis contracture et relâchement alternatif des muscles, enfin coma et 
mort. A l'autopsie , on a trouvé un caillot correspondant au point de la 
fracture ^jjMîénpant la région basilaire de Poccipital ; le bord tranchant 
d'un des hémisphères cérébimix et quelques points do cervelet présen. 
taient des plaque» de pus concret; du pus semblable existait sur l'ara- 
chnoide de la moelle vertébrale, laquelle était aussi ramollie dans une 
certaine étendue. Le fo\e présentait une tache grisâtre pénétrant dans son 
épaisseur, et que la Société juge produite par du pus infiltré. 

If. I^élaton présente le moignon d'un bras amputé depuis cinquante- 
deux jours, pour un cas de gangrène spontanée des doigts. Pendant Topé- 
ration , l'artère brachiale n'a pas donné de sang ; des signes de phlogose 
furent trouvés sur les altères de l'avant-bras ; la malade avait éprouvé des 
symptômes de casdite. Après la mort, survenue â la suite d'oppression 
considérable y on a trouvé la sous-clavière oblitérée en divers points par 
un caillot adhérent ancien ; cependant la surface interne de l'artère est 
pâle et assez lisse. Un caillot libre existait également à la bifurcation des 
artères iliaques , k' leur naissance de l'aorte. Cette pièce vient â l'appui de 



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362 CtlNljQtJB ET HÊMOlKEft 

Iii ihiosia àt M. Oof njrtren m Vartérili , ooMne cauae 4^ fiaDgrèat apoii^ 
usée. 



Cahgs& du Kxiii , par M. Càzbacx. 

La femme Pfliger^ Régina Elisabeth , âgée de 56 ans, 
domestiqne , née en Angleterre , entra à THôteUDieu le 
26 mars i833 , et fut couchée salle Saint-Lazare, ser- 
vice de M. Gaillard- 

A la viftite du lendemaiq, nau^ rexaminâineç et pûmes 
ccmstater les symptômes suivana : maigreur très pronon- 
cée, peau légèrement colorée ^1 jaune paille , face grip- 
pée et exprimait la souffrance (faciès des maladies 
chroniques des voies digestives )• La malade désigne le. 
ventre comme siège de ses douleurs. L'abdomen pré- 
sente, en effet, le tolume de celui d'une femme enoêi»te< 
de six mois. Il est peu douloureux à la pression, ce- 
pendant lorsque la main presse avec force sur l'hypo- 
condre gauche , la malade parait éprouver une douleur 
aux reins. En cet endroit, on^ent un corps solme d'un 
volume considérable , et qui parait occuper toutThypo- 
coudre, s'élever en refoulant la rate vers le diaphragme/ 
derrière les fausses côtes, et s'étendfe jusque dans la 
fosse iliaque de ce côté, qu'il remplit. Cette tumeur pa- 
rait peu consistante, cède au doigt qui la presse, et 
présente surtout à la partie supérieure et antérieure une 
mollesse presque fluctuante. Ausâi cette fluctuation ap*<* 
parente fit-elle croire , pendant la vie , k une tumeur 
enkystée. L'abdomen examiné dans les autres régions , 
présenta les phénomènes suivais : La percussion prati- 
quée au-dessus de l'ombilic dpnne uq Mn;<:lair, et fait 



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^ SOCIÉTÉ A S ÀTOM IQtï E . 366 ^. 

reconaaiti*e la présence des intestins refotilés en haut et 
distendus par des gaz» Mais an-devant de la région om-* 
bilicale le son est mat , Soît qu'on perctile sur la région 
iliaque gauche ou droite. Dans cette dernière on recon- 
naît une fluctuation manifeste. Le plus léger choc 
exercé sur cette région se fait en effet ressentir à la main 
placée sur la région opposée. Cette circonstance vient 
encore confirmer le diagnostic porté d'aboixl sur Texis- 
tence d'une tumeur enkystée. Quelle était donc Ip siège 
de cette tumeur? Tous ceux qui examinèrentla malade 
pensèrent comme nous que l'ovaire gauche était l'organe 
malade : M. Gaillard, sans désigner la nature de l'allé-' 
ration , avait pensé que le rein en était le siège. L'exis- 
tence de cette tumeur, au rapport de la malade , n'était 
pas ce qui l'inquiétait le plus. Affectée depuis trois mois 
d'uu dévotement considérable, elle était entrée à l'hô- 
pital pour guérir de cette dernière affection qu'elle regar- 
dait comme la plus grave. Interrogée sur ce qu'elle avait 
éprouvé avant d'entrer à l'hôpital , voilà ce qu'elle 
nous apprit : elle avait cessé d'être réglée à 48 ai^s , de- 
puis cette époque sa santé avait été assez bonne. Au 
mois de décembre dernier son mari mourût , elle en eut 
beaucoup de chagrin \ et cette vive émotion détermina 
chez elle une perte utérine abondante. Cette perte se 
renouvela un mois après. C'est à cette époque qu'eUe 
, fîrit remonter l'origine de son mal. Dès lors, en effet, 
elle ressentit de vives douleurs dans le ventre , un sen- 
timelit de pesanteur innacoutumé , une grande difficulté 
de respirer ) surtout après le repas. Cette çéne de la res- 
piration était sensiblement augmentée. Elle se fit d a- 
\bord. transporter à rhôpital Beaigon, elle en sortit quel- 
que tettips après pour se confier à un charlatan , qui lui 



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364 CLISIQUB ^T MÉMOIRES. 

fit prendre plusieurs drogues qui , suivant son propre 
aveu, lui avaient été plus nuisibles qu utiles. Enfin elle 
enlraà rHôtel'-Dieu,ne voyant aucuuQamélioratioii dans! 
son état- , 

J^e dévoîement était certainement rindice d'une enté- 
rite chronique. Et c'était évidemment contre lui q^'il 
était le plus urgent d'agir. Mais la maigreur de cette 
malade , la faiblesse du pouls , s'opposaient à Temploi 
de moyens énergiques. Aussi se borna-t-on auic émoi- 
liens externes etinlerues. Ledévoie'meiit persista, et la 
malade mourut le i6 , sans avoir rieuiprésepté de remar- 
quable. 

L'autopsie fut faite trente heuI^es après la mort* jés^ 
pect caçiûi'eri^yue : maigreur, teinte jaune-^paille. Abdo» 
men ': les parois abdominales renversées , les intestins 
sont refoulés à la partie supérieure et distendus par des 
gaz \ le péritoine parait à l'état sain , sa cavité renferme 
à peu près un litre de sérosité citrine, limpide, qui 
remplit le petit bassin , et s'étend un peu dans la. fosse 
iliaque droite. On remarque que la masse des intestins 
grêles est refoulée à droite et en haut , le colon descen- 
dant est situé 'plus haut que dans l'état normal , et évi- 
demment soulevé parla tumeur. Celle-ci, recouverte par 
une assez grande quantité de tissu adipeux, occupe 
l'espace que nous avons indiqué en parlant des symp- 
tômes qu'offrait la malade. Une espèce de poche cellu- 
leuse assez consistante l'environne de tous côtés. Elle a 
la. forme du rein , quoiqu'elle en ait au moins huit fois 
le volume normal. Il est facile de la détacher, dans toute 
sa circonférence, des parties envirooDantes, excepté à sa 
face interne où viennent s'insérer, dans son milieu , les 
vaisseaux i*énaux et un appendice du volume du petit 



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I SOCIÉTÉ ANÀTOMIQUB. 365 

do%t^ lequel vient aboutir à une poc^e de la grosseur 
d^uQ œuf de pigeon. Cet appendice, incisé, ne présente 
»icûne espèce de oaTilé, a Taspect d'un cordon celluleux. 
C^est évidemment Furetère ^ les vaisseaux rénaux sont 
u& peu ploits dilatés que dans Tétat normal , mais ne ren- 
ferment rien de particulier dans leur cavité. Cette tu- 
meur enlevée de la cavité abdominale pèse de deux livres 
à deux livres et demie. On peut facilement la disséquer et 
la séparer de la membrane celluleuse dont elle est enve- 
loppée. La couleur de sa surface extérieure est d'un gris 
foncé. Elle est ovoïde , le plus grand diamètre , qui est 
longitudinal, a huit pouces, le transversal cinq. Son épais- 
seur est de quatre pouces. Incisée de son bord externe 
vers Tinteme , on n^y reconnaît plus la substance du 
rein. Le tiers supérieiv de la tumeur est formé par 
un amas de n^atière encéphaloï^; ramollie. Cette dégé- 
néra tion a envahi non seulement la substance tubuleuse, 
mais aussi la substance corticale. C'est, sans doute, à elle 
qu'il faut attribuer la fluctuation que Ton croyait res*- 
sentir à la partie supérieure de la tumeur. La partie 
moyenne de cette masse présentait au centre une suIh 
sfance graisseuse , jaunâtre, qui ressemblait ainsi à de la . 
graisse depuis long-iemps exposée à l'air. A la surface , 
on remarquait encore' la ligne de démarcation entre les 
substances tubuleuse et corticale , quoique celle-ci fût 
elle-même dégénérée et transformée en substance squir- 
rheu^e et lardacée* Mais c'est surtout à la partie supé* 
rieure de la tumeur que le cancer, à l'état de squirrhe , 
était manifeste* C'^ait évidemmeut le squirrhe à Pétat 
de crudité. Au milieu de cette masse squirrheuse qui 
occupait environ le tiers inférieur de là tumeur, on 
pouvait r^narquer quatre véritfiblea foyers apoplecli- 
Tome IV. Décembre i833. ^4 



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366 CLINIQUE ET MÉMOIRES. ( 

ques autour desquels le squirrheétait légèrement ramolli. 
Daus ces foyers , on trouvait du sang dépourvu â'une 
partie de sa sérosité , espèce de détri»tus ressemblant à 
de la gelée de groseille, et tout-à-fait analogue au ra-^ 
mollissement rouge cérébral des auteurs. En incisant 
plus profondément la tumeur, on arrivait à une poche, 
dont nous avons déjà parlé , remplie par de la matière 
encéphaloïde. De celte poche partait l'appendice que 
nous avons déjà dit être Turetère. Cette poche était évi- 
demment le bassinet, etc. 

Le rein du côté opposé était dans l'état normal ; , il en 
était de inème de la Vessie qui renfermait à peu près six 
onces d'urine. Ce liquide n'avait aucun caractère par- 
ticulier. 

La rate avait à peu près le double de son volume, elle 
était très consistante,^omme hépatisée , d*un rouge 
foncé , granulée , et ressemblant beaucoup au tissu du 
. foie. Ce dernier organe n'avait rien de remarquable. 
L'intestin grêle offrait des traces évidentes d'inilamma- 
tiou. Les parois étaient considérablement amincies , et 
la muqueuse légèrement ulcérée vers sa terminaison of- 
frait surtout en cet endroit une injection vasculaire très 
prononcée. Çà et là quelques plaques rouges. 

Les oi^anes thoraciques et crâniens n'ont rien pré- 
sent^. 

Peu d'auteurs ont parlé du cancer du rein , peu sur- 
tout en ont donné une description exacte. Il en est 
même quelques uns qui semblent mettre en doute son 
existence. Tous ceux qui en ont parlé s'accordent sur la 
difficulté du diagnostic , et disent que , dans la plupart 
des cas , la maladie n'a été reconnue que sur le cadavre. 
Il est même probable qu'un asçez grand nombre de 



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SOCIÉTÉ ÀNATOMIQUE. 867 

cancers du rein n^ont pas été aperçus , car on en trouve 
très peu d*exemples dans les ouvrages des anciens. Les 
niodernes , au contraire , et cela seulement depuis une 
quinzaine d^années , en ont cité un assez bon nombre. 
Cette rareté des observations du cancer du rein m*a fait 
penserquMl ne serait pas inutile de résumer les obser- 
vations connues jusqu'à ce jour. 

La première date de 1679 ; elle est de Segerus et se 
trouve consignée dans le Traité de Chopart , sur les ma- 
ladies des- voies urinaires. Le rein droit était quatre fois 
plus gros dans toutes ses dimensions que dans l'état 
normal, pesait dix-sept onces, était rouge au dehors, 
entièrement chancreux endeda^s , rempli de pus de très 
.mauvaise odeur, et parsemé de graviers , mais en petite 
quantité. Le rein gauche contenait une pierre de cinq 
gros qui , suivant la remarque de Segerus , n'avait occa- 
sioné aucune douleur. Les symptômes, observés pen- 
dant la vie , furent les suivans : forte douleur au rein 
droit , urine teinte de sang et mêlée de pus , et renfer- 
mant quelques petits grumeaux ensanglantés^ qu'il 
prenait pour des* grumeaux de sang. — Dans un autre 
fait -rapporté par Bonnet, le malade avait rendu par les 
urines des morceaux de chair rouge, épais, et qu'on 
assurait être des portions de la substance du rein droit. 
L'autopsie vint confirmer cette assertion. 

Oi^ trouve , dans les Éphéméricjes de la nature , une 
observation fort remarquable (observation i53, cin- 
quième année). Un jeune hom'kne de quatorze ans éprou- 
vait d'assez vives douleurs lorsqu'il urinait. Son urine 
était muqueuse , purulente, quelquefois sanguinolente. 
Ces douleurs avaient surtout leur siège dans la région 
pubienne , au col de la vessie. Son urine laissait déposer 



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368 CLÏNïQUK KT MÉMOIRES. 

quelques petit» graviers. Aucun symptôme remarquable 
ne se faisait observer du c6té du rein. A l'autopsie, on 
trouva le rein droit presque entièrement résorbé ; mais 
le gauche offrait quatre fois son volume naturel. Il était 
entièrement squirrheux , l'urètre et les bassinets étaient 
distendus par une matière purulente, semblable à celle 
que le malade rendait chaque jour par les urines. On ne 
trouva dans le rein aucun calcul ni gravier. La vessie 
était saiue , mais à son col se trouvait une pierre pe- 
sant Jïj et Sviij. Celte dernière circonstance explique 
assex les douleurs en urinant et les graviers que déposait 
le liquide. Mais oii sont les lignes de l'altération du rein? 

IV^. Andral, dans son Anatomie pathologique, rap- 
porte un fait, où une assez grande quantité de matière 
encéphaloïde était déposée au milieu du parenchyme de 
l'organe. Un autre . oii la presque totalité du rein était 
transformée en une masse encéphaloïde. M. Bouillaud a 
vu un cas semblable ( art. Cancer du nouveau Diction- 
naire), le rein droit gros comme la moitié d'un foie or- 
dinaire , représentait une tumeur qui^s'étendarit depuis 
la fosse iliaque jusqu'à la rate, et où la matière encé- 
phaloïde avait presque partout remplacé la substance 
rénale. î)ans ces deux .cas les veines rénales ,, et même 
dans le dernier la veine cave , étaient remplies par une 
matière pultacée, sanieuse , à peu près analogue à celle 
qui occupait le rein. A peine, pendant la vie , avait-on 
soupçonpé l'existence de cette altéraiiou. 

Enfin M. Cruveilhier , dans son grand ouvrage sur 
l'Anatomie pathologique, a décrit et fait dessiner un 
rein qui a la plus grs^nde analogie avec <^lui que j'ai 
présenté k la Société... Ventre légèrement méteorisé> 
dans le âanc gauche mmeur très volumineuse , indo* 



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SOCIÉTÉ ANÂVOMlQUfl. 36gf 

lenie ^dont le makâe ne s'éuît jamais aperça , étendue 
depuis les dernières c^tes gauches jusque dans la fosse 
iliaque. Cinq mois auparavant, douleurs autour deTom- 
bilic , suivies d'une hématurie qui dura pendant vaa. 
mois , et au bout de laquelle les urines sont devenues 
^turelles. À cette époque survient un devoiement qui 
a beaucoup de variations , que Ton cherche vainement à 
combattre et auquel suecombe le malade. A Tautopsie , 
dans la région d^à décrite, une tumeur qui a , avec les 
organes voisins , tout-à-fait les mêmes ra]^orts que la 
tumeur dont }*ai donné la description. La presque tota- 
lité de la tumeur était formée par un tissu blanc , jau- 
nâtre y concret , granuleux ( matièpe diêet tuberculeuse ). 
Une zone plus excentrique était composée d'une matière 
demi- transparente, analogue par l'aâpeot au cerveau 
d'un jeuue enfant ^ et parcourue par des va!isseaux san*- 
guins,( cancer encéphalçïde ). La substance tubuleuse 
était entièrement détruite , mais on pouvait reconnaître 
ça et là la substance corticale. Des poches fibreuses rem- 
plies ici d'un liquide transparent, là de matière trouble 
et noirâtre se vc^aieckt ej^i grand nombre. C'étaient- évi)^ 
demment, je cite toujours M. Cruveilhier, les calices 
dilatés et oblitérés, n'ayant plus aucune communication 
avec les bassinets. I^e bassinet et T uretère étaient, par- 
cour as à leur surface externe , par un grand noi^bre de 
vaisseaux veineux , ilexueux comme tous les vaisseaux 
réçemmeot développés. L'un et l'autre étaient remplis 
par une matière puUaeée , analogue à celle observée dans 
les calices. 

J'ai rapporté , avec détails, cette observation , parce 
qu'elle a vcaimeut et sous tous les rapports , une grande 
ressemblance avec la mienne. Cei'iainement il est bien 



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3^0 . CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

probable que si nous eussions pu observer notre malade 
six mois avant sa mort , nous eussions pu aussi constater 
quelques uns des symptômes , tels que rhématurie ob- 
servée par M. Cruveilhier. Quatre mois avant la mort de 
son malade , les urines n'ont présenté rien qui put faire 
soupçonner là maladie. Il en était de même chez notre 
malade, qui fut seulement, le '2 mars , soumise à notre 
observation. Et cela se conçoit facilement, car chez tous 
les deux les reins malades étaient tellement désorganisés 
qu'ils n'entraient plus pour rien dans la sécrétion uri- 
naire. Et lors même qu'une des parties saines encore 
eût pu sécréterv l'oblitération complète de Turetère n'au- 
rait pas permis au liquide d'arriver jusque dans la vessie. 
Chez nos deux malades encore un dévoiemènt survient 
quatre mois avant la mort. Cette entérite peut* elle avoir 
quelque rapport avec là maladie organique , ou n'esit*ce 
qu'une simple concomitance ? Je n'en sais rien ^ mais la 
dernière opinion me parait la plus probable. 

Quant aux conséquences pratiques que l'on peut tirer 
de mon observation et de celles consignées dans les au- 
teurs , elles ne sont , i\ faut l'avouer^ guère satisfaisan- 
tes. Dans la plupart des cas, en effet , grande difficiiltéde 
diagnostic, lorsqu'on observe le malade au début, car 
alors , malgré les signes fournis par lès urines ^ la tumeur 
rénale, si toutefois elle existait^ trop peu développée, 
éloignait probablement toute idée d'affection cancéreuse 
de l'organe. Plus tard, il y a bien tumeur développée 
dans un des hypocondres , mais absence complète de si- 
gnes fournis par les urines , et par conséquent toiit au- 
tant de difficulté. 

Quant au traitement^ il est constant aujourd'hui que 
cette maladie échappe à tous les moyens thérapeutiques. 



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SOCIÉTÉ ÂllATOXIQUE* ijl 

Les ànciené ont employé contre elle toute espèce de 
fondans, et il est yraiment curieux de lire avec quelle 
' bonne foi ils en conseillent Temploi. Nous savons au* 
jourd'hui à quoi nous en tenir sur leur usage. 

Rapport sur F observation précédente'^ par ML Bhuh. 

M. Cazeaux décrit avec soin toutes les espèces d'al- 
térations que les anatomo - pathologistes distinguent 
comme offrant une organisation différente, mais que les 
praticiens confondent toutes sous le nom de cancer 
frappés qu'ils sont des rapports communs que ces alté- 
rations ont entre elles , je veux parler de leur déve- 
loppement simultané ou successif dans le même point, 
de cette tendance à envahir les paities^ environnantes et 
à se reproduire lorsqu'elles -ont été détruites ou enlevées. 

Toute la substance du rein étant dégénérée , ou , sui- 
vant une autre explication, tous les élémens de Torgane 
éunt dissociés par Tinfiltration ou le dépôt de produits 
anormaux , le rein gauche avait cessé de sécréter Furine 
et Furetère éuit oblitéré. Remarquons en passant que 
cette oblitération de Turetère est contraire à l'assertion 
un peu trop générale de Bichat, que jamais les canaux 
muqueux ne peui^ent s'oblitérer. 

La cessation de la sécrétion urinaire par le rein gau- 
che et l'oblitération de l'urètre nous expliquent pour- 
quoi les urines , sécrétées alors par le rein droit parfai* 
tement sain , n'ont pu fourni» aucun indice de Faltéra- 
tion du rein gauche; il est probable cependant qu'à une. 
époque antérieure le produit de la sécrétion urinaire a 
présenté quelque altération qui n'a pu èire notée , la ma- 
lade n'étant soumise à aucune observation. 



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L^aulopsie fa imontré de plus ua ëp^il^hemeiit séréuk 
estas la cavité péritODéale i ces *épaâçhemeo5 accompa-' 
gneutXrès fnécjfuemmeiit les lësions organiques des Vîs^ 
cères abdomîfiiaux^ noions ici qU'il n'y avait aucmie 
oblitération ^ non seulement dans le système de la veine 
porte, mais encoredans la veine émulgente, et n'admet- 
tons pas que dans toutes les affections du foie avec ascite 
il y a oblitération du canal des veines, car le cancer de 
Futérus est aussi ex Urèmement souvent suivi d'ascite, et 
pour cet oi^ane , comme pour le rein v ^Q ne saurait ad- 
m^tue d'oblitération veineuse* 

L'altération organique que M. <^aaeaux vous a pré^ 
sentéé était très étendue, elle était ancienne, elle avait 
réagi sur toute l'économie, elle aVait produit la teiitte 
jaune de la peau^ la maigreur, le dévoiement avec alté-^ • 
ration des traits de la£ace. Cependant, M. Cazeaitsest 
porté à penser que ces derniers symptômes étaient ceux 
d'igie entérite concomitente qui a fait périr la malade. 
Je ne saurais être de lavis de M. Cazeaux : tous ces phë- 
ncmines me paraissent intimeotent liés à la lésion orga- 
nique dont ils ne sont que le résultat. 

Cependant les individus afSeciés Se maladies cancé- 
reuses externes, succombent. ou à des érysipèles ou à 
des entérites chroniques symptomatiqoes^ ceux qui sont 
affectés de naaladies cancéreuses internes succombent 
presque tous à des entérites, à moins qu'elles ne se soient 
développées dans des organes dont la dégénération en- 
traîne la mort* # 

Le mal cancéreux , d'abord local , devient général a 
une époque plus ou moins éloignée , alors stiryiennent 
les symptômes . notés ipar M. Ca&eaux. La dégénécation 
est d^jà cepciudant quelquefois extrêmement avancée 



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fiv9nt que les symptômes géséraux se soient manifestés ^ 
je fMiis à ce sujet vous citer un fait doublement curieux 
qui s'est présente hier à l'Hôtel-Dieu. 

On amena dans cet hôpital un jeune garçon de qna* 
tre ans, qui avait lé xléveloppement d'un enfjant ordi- 
naire de huit ans. U était gras , ses joues étaient vermeiU 
les ; il avait bon appétit et ne se plaignait d'aucune don^ 
leur dans aucun point. Ses parens le présentent comme 
aâecté de hernie^ on l'examina et on constata bientôt 
qu^il n'y avait «pas de hernie, mais qu'il portait dans la , 
bourse droite une tumeur dn volume d'un gros ^œu/ de 
dinde; était-ce une hydrocè le ? On le pensa d'aborfl : 
cet enfant n'avait que quatre ans , cette tumeur était in- 
dolente ; on crut reconnaître la fluctuation , mais Topa- 
cité de la tumeur était complète lorsqu*on. l'interposait 
entre Tœil et la lumière. On admit la possibilité d'un 
sarcocèle , et , dans le doute, on se prépara à l'une et à 
l'autre opération de l'hydrocèle et du sarcocèle. On fit 
une poiiciion avec un trocart pour évacuer la sérosité et 
faire une injection stimulante si c'était une faydrocèle.* 
Il ne sortit que du sang en petite, quantité; en procéda 
alors à l'ablation du. testicule. On examina la tumeur , 
qui était cancéreuse et ramollie dans sa presque totalité, 
et il fut prouvé que c'était un. véritable sarcocèle, qu'on 
avait fait sagement d'enlever. 

Ainsi, enfant de 4. ans , bonne constitution, sarcocèle 
très volumineux , ramolli , sans douleur ni symptômes 
généraux. Voilà, je crois, «in fait a'ssez rare. 

M. Cazeaux n'a ^u tiver de son observation att(;une 
remarque pratique importante* La palpation et la con- 
sidéra tion des phraomènes présentés par le malade étaient 
les deux seuls ordres de moyens propres à faire diagnos- 



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374 GLIBIQUE ET KÉMOIflES. 

tiquer le mal dont elle était atteinte ; eh bien ! d'une 
part les fonctions urinairea n'ont présenté aucun troublç 
particulier , et au point de développement oxk la tumeur 
était arrivée , on sent combien le toucher , exercé à tra- 
vers les parois épaisses de Tabdomen , était insuffisant 
pour permettre de reconnaître sa nature et son pmni d'o- 
rigine. 

M. CazeauT. a joint à son trarail l'histoire de plusieurs 
affections cancéreuses des reins, recueillies par les au- 
teurs ; il a rendu son observation plus complète par les 
rapprochemens qu'on peut établir entre, les différens cas, 
et a fait quelque chose de plus digne d'être offert à la 
société. 

TuMEUK fongueuse dans le ventricule droit du ter- 
çeau , chez une petite fille de trois ans \ par 

M. GuEBrfAKD. 

Robert (Joséphine), âgée de 3 ans , entrée à l'hôpital 
des Enfans le 16 novembre i833, service de M. Bru- 
neau , division des filles. 

Elle était arrivée à Paris depuis sept ou huit mois , 
n'avait pas eu la rougeole ni d'autre maladie , excepté 
la coqueluche à la fin de l'hiver dernier," qui ^ fi^t ca- 
ractérisée par des quintes très fortes , et a duré de six 
à sept semaines. Elle u^est pas stgette au dévoiement, ' 
ne tousse pas habituellement, et se portait bien pen- 
dant tout l'été. Huit jours avant son entrée, elle com- 
mençait à tousser \ la toux persiste avec de la fièvre 
sans dévoiement. 

Les deux premiers jours du séjour de la malade à 
l'hôpital, l'observation n'a pas été recueillie. 



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SOCIÉTÉ AlfATOMIQUE. i']5 

Le 19 novembre, décubitus dorsal abandonné, as- 
soupissement , face violacée , lèvres bleuâtres , narines 
dilatées , yeux fermés ; quelques tacbes îrrégulières ra- 
res sur la face paraissent dues à la rougeole.' Cbaleui* 
sècbe , piquante ^ pouls petit, faible, pulsations i4o^ 
repiration régulière à ^o^ très élevée. Toux fréquente 
par secousses^ se rapprochant du hoquet. Voix ei dé- 
glutition naturelles ^ elle ne demande ni à boire Jii à 
mapger. Constipation* 

La poitrine , percutée eu avant , est sonore des deux 
côtés , percussion mate en arrière dans presque toute la 
hauteur de la poitrine. Respiration bronchique dans 
toute la partie postérieure du thorax. 

Deux sangsues au côté gauche de la poitrine. Ti- 
sane gommeuse avec un gros de sirop diacode, lait. 
Depuis le "19 jusqu'au aa , la. dyspnée est toiyours in- 
tense, respiration de 4o à 4^ 9 irrégulière, respiration 
bronchique et matité postérieurement sans i*âle. 

Le 22 , dévoîement léger. 

aS , augmentation du dévoiement , mais oppression 
diminuée , râle , toux se répétant. 

^7 , pas de râle , respiration faible peu expansive des 
deux côtés , percussion fort obscure en arrière ; dévoîe- 
inent assez abondant , assoupissement diihinué notable-, 
ment. 

3o , face décomposée , bouche ouver te , yeux très 
caves, respiration 6a, pouls i5o, faible. Ventre sonore. 
Mort le 3 décembre , sans aucun symptôme qui aurait 
pu faire soupçonner une lésion du cerveau. 

^uCo^iele 5, trente -huit heures après la mort. 

Emaciation prononcée^ point d'œdème ni rigidité. 7a<e; 
Point de sang à Textérieur de la dure-mère, un mince 



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376 ' CLINIQUE ET MÉMOIRES. 

caillot dans le grand sînus , et un peu de sang très li- 
quide dans les sinus latéraux , arachnoïde sans granula- 
tions ; scissures de Sjlvius libres \ pie- mère non injec- 
tée , facile à enlever partout. L'hémisphère gauche du 
cerveau, le cervelet , la protubérance et la moelle allonr- 
gée avec la partie supérieure de la moelle épinière sont 
fermes, non injectés, sans tubercules ou autre lésion. 

Substance corticale pâle , à droite comme à gauche , 
blanche et nullement pointillée , corps strié et couches 
optiques à Tétat naturel. 

Xe ventricule latéral du côté droit contient , dans son 
extrémité postérieure, au lieu appelé cavité digitale, une 
tumeur du volume d'un œuf de poule^ d'un aspect rouge 
violacé, bosselée à l'extérieur, qui se rapproche uu peu 
de l'aspect de la glande thyroïde , renfermée dans un 
tissu cellulaire mince qui ne forme pas d'enveloppe 
distincte. Celte tumeur est très élastique au toucher, 
d'une coupe granulée , offrant la n^ème teinte qu'à l'ex- 
térieur, sans vaisseaux considérables , et paraissant for- 
mée d'une infinité de petits vaisseaux contournés et pe^ 
lotonnés ensemble comme le lacis qui forme la sub-* 
stance .testiculaire. 

 la partie antérieure de la tumeur , on voit le plexu? 
choroïde qui y aboutit , et offre près de la tumeur de pe- 
tites granulations rouges , violacées , qui paraissent de la 
môme forme et de la même composition que la tumeur 
elle'-mème. 

Les parois du ventricule en contact avec les tumeurs 
sont fortement injectées d'un pointillé rouge-vif géné- 
ral et de vaisseaux nombreux, la membrane interne du 
ventricule dans ce point parait plus épaibsc qu'à Fordi- 



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SOCIÉTÉ AHATOMIQUE. i'J'J 

naire, plus opaque, et peut être enlevé^ en petits lam- 
beaiix avec des pinces ordinaires. 

Les parois du vehti^icule , dans le reste de leur éten- 
due , n'offrent point d'injection , ]a substance corticale 
tout autour est ferme, pas injectée^ infiltration de sé- 
rosité sous Tarachnoïde de la surface convexe du cer- 
veau. La sérosité contenue dans les ventricules était 
d'une once environ^ parfaitement transparente. 

Poumons libres, le lobe supérieur du poumon droit 
est fauve , aéré dans toute son étendue , sauf au bord ' 
postérieur où se trouvent deux ou trois noyaux durs, non 
grenus. Lobe moyen aéré, fauve. Lobe inférieur violacé 
à l'extérieur, non aéré, infiltré d'un liquide visqueux. 

Pourhon gauche , au lobe supérieur, aéré, fauve pâle, 
lobe inférieur hépatisé comme Je lobein^rii^ur droit, de 
la même coupe violacée, non greniïe et infiltrée. Bron- 
cbes pâles non diiatées/Un seul ganglion bronchique , 
gros comme une petite noisette ,^ contient de la matière 
tuberculeuse. 

Cœur ferme,contenaut de petits caillots aux deux côtés. 

Estomac^ assez développé, contenant un liquide blan- 
châtre d'une odeur aigre ^ muqueuse très pâle, même 
laiteuse , ramollie dans presque toute la moitié cardiaque 
où elle est presque pultacée. 

Intestin grêle , contenant un ver lombric , pdle^ cas- 
sante partout, surtout dans le tiers inférieur où les 
lambeaux ont 3e deux à trois lignes. Plaques réticu- 
^aires pâles. Follicules et plis non visibles. Ganglions 
mésentériques , très pales, volume ordinaire ^ non tu- 
berculeux. 



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378 LITTéRATimE MÉDICALE FRANÇAISE. 

Groê mle^fi/i, contenant du liquide jaunâtre, mu- 
queuse partout pâle, molle, surtout dans le colon trans- 
verse et le colon descendant on elle ne donne ^as de 
lambeau. 

Foie^ pâle , non gras, sans tubercules. Bile foncée. 

Rate^ ferme, bleuâtre. 

Cette observation est remarquable par la rareté des 
tumeurs de ce genre , et par Tabsence complète de 
symptômes. La nature de la tumeur parait se rappro- 
cher de celle des tumeurs désignées sous le nom de fon- 
gueuses \ sa structure la fait supposer formée par le dé- 
veloppement des vaisseaux des plexus choroïdes qu^on 
ne peut suivre dans les parois de la masse. 

LITTÉRATURE MÉDICALE FRANÇAISE. 



ANALYSES D'OUVRAGES. 

Embryologie ou Ovologie hmainej etc. ; avec i5 
planches ; par M. Velpeau. 

(Deuxième et dernier article (1)) 

SECTION .premiëhe. Annexes jœtales, — Le docteur 
Velpeau divise cet ouvrage en deux sections , dont Tune 
traite des annexes fœtales, et l'autre du fœtus lui-même. 
La première comprend trois chapitres où il est question 
des membranes » des vésicules et des organes de la 
circulation fœtale. 

(i) Yoir le premier article dans le tome précédent de la Rwuty cahier 
de septembre, page 491. 



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EMBRYOLOGIE. 3^9 

CHAPrrRE PREMIER. 

Membranes foetales* — Les membranes du fœtus sont 
au nombre de trois : la caduque, le chorion et Tamnios; 
l'allantoïde est rangée parmi les vésicules. 

Caduque, — L'article de la caduque en embrasse Fhis- 
torique, la description, la structurée , les usages , l'ana- 
logie et quelques concluions. 

Cette membrane, désignée par presque autant de 
noms qu'il y a eu d'auteurs qui s'en sont occupés , a été 
observée par les anciens; n^ais aucun ne Ta distinguée 
des autres enveloppes fœtales. La plupart l'ont confon- 
due avec le chorion et n'en on,t parlé que sous ce titre ; 
ce que quelques uns en ont dit tendrait à faire croire 
qu'ils n'avaient jamais observé d'œuf humain \ quelques 
autres ont remarqué ce qui la remplace sur les animaux , 
et n'y ont point fait attention sur l'homme, ^ou l'ont 
prise pour une concrétion morbide. 

Depuis W* Hunter, auquel on doit positivement la 
découverte de la caduque, on s'est beaucoup occupé 
de cette membrane en France et à l'étranger. Parmi 
les auteurs 'qui se sont le plus distingués à cet égard , les 
uns s'accordent avec lé physiologiste anglais , les autres 
sont arrivés à des notions opposées. Le docteur Velpeau 
avait espéré, en 18249 de mettre un terme à cette dis- 
sidence ; mais quelques uns de ses contemporains ont 
admis ses idées, d'autres les ont combattues et rejetées. 
Certains même ont été jusqu'à nier l'existence de la ca- 
duque et à la regarder comme une chimère; d'autres 
sont tombés dans de telles Inéprises qu'on peut douter 
s'ils l'ont jamais observée dans les premiers mois de la 
gestation. 



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38o LIITÉBATURE MÉDICALE FRÀKÇAISE. 

La cause qui avait empêché le docteur Velpeau de 
faire adapter généralement ses idées , venait de ce qu'il 
n'avait pas assez insisté sur quelques pohits litigieux du 
sujet, et qu'il n'avait point appelé la gravure .à son se^ 
cours. Mais aujourd'hui qu'il a observé la caduque un 
grand nombre de fois, et qu'il eu a fait tirer des dessins, 
le lecteur pourra très bien <;omprendre sa pensée , et se 
mettre à même de prononcer sur la valeur de ses obser- 
vations. Il n'aura qu'à vérifier si elles sont exactes ou 
conformes k la nature. 

. La description que le docteur Velpeau donne de la 
caduque , est claire et facile à saisir ; mais elle n'est pas 
à l'abri d'objections. Il en explique l'origine et la for- 
maticHi d'une manière satisfaisante , et qui n'a rien d'in- 
vraisemblable. C'est une matière coagulable qui s'ex- 
hale dans l'utérus par l'eSet de l'imprégnation , et se 
transforme bient6t en une ampoule remplie d'un liquide 
transparent ou légèrement rosé, filant, semblable à du 
blanc d'œuf ou à du verre fondu, qu'il n'a point .fait 
analyser. Cette ampoule tapisse toute l'étendue de la ca.- 
vité utérine , d'où elle se prolonge quelquefois dans l'o- 
rigine des trompes , et le plus souvent dans la partie 
supérieure du col , sous forme de filets pleins et solides* 
Mais ici se présente naturellement une difficultés 
Comment l'ovule , qui n'arrive dans l'utérus qu'environ 
huit joprs après avoir été fécondé , peut-il trouver à se 
loger danis l'utérus ? qui lui donne la force de surmonter 
la résistance de la caduque, membrane d'une asse2 
grande épaisseur et sans ouverture, suivant M. Velpeau ; 
membrane dont quelquefois des prolongemens concrets 
bouchent les orifices des trompes, et dont les adhérences 
à l'utérus ont lieu par des filamen^ muqueux qui , bien 



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EmBRYOLOGIE. 36i 

que faciles à rompre avec le manche du scapel , doivenr 
certainement offrir beaucoup plus Je résistance à Tovule 
arrivant de lovairei membrane enfin distendue par uii 
liquide album î ne ux et ressemblant à du verre fçudu? 

Quoi qu il en soit , notre auteur prétend que Tovule , 
après avoir parcouru la trompe , déprime la caduque ,■ 
pour se glisser entre elle et Tutérus jusqu'à ce qu il finit 
par se coller à la surface interne de celui-ci- Il explique 
par là Torigine de la caduque réfléchie, qu'on a nommer 
aussi QviUine on épichorion ^ parce qu'elle recouvre 
Tovule, à Texcepliondu point par lequel il touche Tu- 
té rus 5 et ou répondent le cordon ombilical et le pla- 
centa. 

Il résulte de là que la caduque , en se réfléchissant 
pour envelopper Tœuf , forme \in cercle qui^ d'abord 
très distinct des rudimens du placenta, ne tarde pas à se 
confondre avec cet organe. Ce repli circulaire s'amincît 
ensuite peu îipeu, finit par se continuer avec le pour- 
tour de la masse placentaire et la couvre en partie. C'est 
ce qui a fait regarder celte masse comme une portion 
considérablement épaisse de la caduque. Des auteurs , 
en accordant deux lames à cette membrane , persisieoi 
à croire que le placenta ne se fixe à Witérus qu'après les 
avoir traversées. Mais comment concevoir la forma tiou 
de ces deux lames , si Toti admet que Fovule j en sortant 
jde la trompe, entre dans la caduque par l'une des ou- 
vertures que W. Hurrter et ses partisans disent y avoir 
rencontrées ? 

Le docteur Veïpeau réfute avec la même forw! Topir 

nion de J. Hunter quî pense que Tovule , arrivant de 

Tovaire , s'enibnce dans uae gangue d'albumine coagulée 

qui remplit lutérus et avec laquelle les villosiics du 

Tome IV* Décembre i8îi3. i5 



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3âa LITTÉRATURE IfÉDICALÊ FRANÇAtSE. 

chorion soat obligées de se confondre pour forciier le 
placenta. Si cette théorie était vraie , ne seraii-il pas im- 
possible d^expKqiier pourquoi le placenta se développe 
plutôt stir une région de Tovule que sur Fantre; pour- 
quoi là cavité de la caduque parait aVant la descende du 
gertne; pourquoi cette cavité est d'autant plus grande 
c[Ue la grossesse est moins avancée ; pourquoi enfin là 
caduque est toujours vésiculâire et remplie dé liquide , 
loràc(Ue TovUle Vient s'y loger? Ce sont pourtant là dea 
caractères ou des faits qu'une constante observation 
atteste. 

On ne peut souvent , dit Ghaussier avec quelques ob« 
servateurs , apercevoir la démarcation entre la caduqae 
et le placenta , et, dans les^ avortemens qui arrivent peu 
dé temps api'èsi la conception ^ le produit abortif estpar^ 
foiér complètement recouiert d'une couche unique qtd 
ne diffi&re en Wen de Fépîchorîon ou caduque réfléchie. 
Il faut cotivénir que èèite objectibn est au moins spé- 
cieuse i surtout quand on coùsidére que le docteur Veï- 
féàn avoué avoir rencontré lui-même un petit noai:bfé 
d'oeu£s ainsi disposés dans les six ^r.émières semaines. 
Où peut dire èiïcoçe plus ; quoiqu'il ne voie pas la ten- 
danèe de ces faits a détruire ce qu'il avance , la plupart 
d'e'ses râisonnemensne seraient pas péremptoires , s'iU 
il'étaiént appluyés sûr des faits contraires à ceux qu'on 
lui opposé'. Qu'importe eu effet qiie ïa caduque , lors de 
l'a^ortement , ne soit points comme il le dit^ éxptdsée à 
l'état d'intégrité parfaite , que son feuillet utérin sfort 
i^éduit en' lambeaux , qu'elle soit déchirée, rehversée, 
que ^a face 'externe devienne interne ou! réciproquè^- 
ment ? Tout cela peut-il en imposer a des yeux exehsés , 
tes etnpèi^her d'apercevoir la séparation de la caduque 



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' EMBRYOLOGIE. 383 

et du placenta , si elle existe , et les porter à confondre 
unie couche concrète^ sanguine où fibrineuse a?eo 
rëpîcliorîon ou lame réfléchie de cette membrane ? 
La raison la plus positive à cet égard , et celle qui ré- 
pond lé mieux à l'objection , c*est qu'un œuf de cinq à 
six semaines , qui sort recouvert en tout sens d'un en- . 
duit sous lequel se rencontrent les villosités du chorioti , 
est déformé ou a subi quelque altération ; sans cela , ne 
faudrait-il pas supposer que, jusqu'à l'avortement , il 
n*atirait eîdôté aucun rapport entrç l'ovule et la matrice ? 
Supposition gratuite j contraire à l'observation, et in- . 
«outenable! > j i 

Outre ces raisons , le docteur Velpeau assure avoir 
obsefv/é , sur nombre de femmes mortes dans les pre- ' 
mières séibaines après la fécondation , l'utérus distendu 
paï'utoei ampoule, du volume d*ùn œuf ordinaire, remplie 
d'un fluide transparent , légèrement rosé, et déprimée 
pat un dvuleVdont Tautre moitié occupait encore l'angle ^ 
utérin correspondant. Or, à de tels faits , que peut^on ' 
répondre, quand ils sont bien constatés ? 

Sur la structure de la -caduque , il s'en faut bien que 
le docteur Velpeau soit d'accord avec les embryologistes 
qui l'ont précédé. Ceux-ci prétendent en général que 
ceiie membrane est organisée et que les fonctions en 
sont analogues à celles des fausses membranes produites 
par l'inflammation» Notre auteur croit ^ au contrail'e, 
qu'elle n'a ni vai^sseaux , ni nerfs, qu'elle n'est orga- 
ni»ée à aucune époque de la grossesse, et qu'on ne peuv 
jamais la comparer aux faussés membranes. Elle est le 
résultat de l'excitation qui a Heu dans rmérus pendant 
le coït fécondant , excitation qui ne ressemble que trèà 
incomplètement à l'inflammation ^ la caduque est légè- 



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384^ LITTERATURE MÉDICALt: FRANÇAISE. 

rement rosée , extensible y mais friable , molle, souple ^ 
spongieuse , élastique , seulement contiguë à Tutérus et 
au chorion , dont on peut toujours la séparer avec faci- 
lité; enfin elle ne parait formée que de gélatine, de 
mucus et de matière colorante; une fausse membrane, 
au contraire, une couenne inflammatoire est blanche, 
jaunâtre ou grisâtre , tenace ^ compacte-, et peu extensi- 
ble ; elle est formée d'albumine , et ne peut rester un 
certain temps en contact avec la surface qui Ta produite^ 
sans contracter de solides adhérences avec elle , et sans - 
passer à Tétat d'organisation. 

Le docteur Velpeau ne considère pas, seulement la ca- 
duque comme une simple concrétion non organisée , 
mais encore comme une membrane sans texture. Voilà 
pourquoi il Fappelle anhiste , nom qui exprime parfai- 
tement cette idée et qui est préférable à ceux à^épicho- 
riunïj àHépione , dé périone^ et de nid ou nidamentum , 
^qu'on a proposés depuis peu, et qui sont plus impropres, 
ou indiquent des sujets fort difierens. 

Cependant, malgré Fabsencé d'organisation ou de 
texture , il accorde à la caduque une sorte de vie , telle 
que celle des cartilages , de Témail dentaire , du muetis, 
des fluides organiques en général. Il admet aussi qu'elle 
peut se confondre accidentellement avec Futérus, et le 
chorion , quoiqu'elle soit par sa naturjC indépendante de 
Funet de Fautre. Mais ici, soyons justes et logiciens;, 
les cartilages, Fémail des dents n'ont-ils pas une texture, 
un tissu propre ? Comment donc la caduque aurait-elle 
quelque rapport avec eux ; et si on lui.en accorde, pour- 
quoi est-eUe anhiste ou sans texture ? D'un autre côté, si 
elle peut se confondre avec le chorion et l'utérus, n'a- 
l-eUe pas beaucoup d'analogie avec les fausses mem- 



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EMBRYOLOGIE. * 385 

braaè» qui peaveat faire corps avec les surfaces sous-ja- 
céntes ou contiguës?Il nous semble que notre embryo- 
logiste aurait pu éviter ces légères apparences de 
coiftradictton , cordonnant un peu mieux ses idées et ses 
expressions. 

Quelques^ physiologistes modernes prétendent que là 
caduque sert à nourrir Pembryon , pendant le premier 
temps , après son arrivée dans futérus ; mais le docteur 
Velpeau fait observer que le cordon ombilical est inséi^ 
s%ir la portion de Tovule qui n'est point enveloppée' de 
cette membrane : ce qui lui parait démontrer qu'elle est 
étrangère à la nutrition des premiers linéament diïfàètm. 
Cette démonstration serait , en effet ,' rigoureuse , s! l'éè 
choses étaient coihme il le dit. Or il y a des observa- 
teurs qui assurent que le cordon ombilical et lè' placenta 
ne se dessinent ou ne se prononcent que vers le troisième 
eu quatrième mois de la grossesse. Comment donc Tovule 
s'est-il nourri durant cet intervalle ? tes adversaires de 
M« Velpeau croient que la caduque et le liquide qu'eHe 
contient lui fournissent alors le pi-èii&ier aliment : opi- 
nion qui pourrait avoir quelque vraisemblance > si le 
germe 9 dans l'espèce humaine, ne se nourrissait pas 
quelque temps du jaune , comme chez les ovipares . Au 
surplus , nous verrons ce que notte auteur dira là^lessuè^, 
en parlant des vésicules , du cordon et du placenta. 

Le principal usage qu'il attribue à la membrane dont 
il est question-/ est de retenir la -véhicule fécondée ou 
l'ovule sur un point donné de là cavité utérine , d'y cir- 
conscrire le placenta , et d'en^y détet^ûiîner Tinsèrtion. 
Cette idée, quelque ispédeuses 'que soient les ratisonrs 
par lesquelles son auteur l'appuie , pelit iléanmoîds être 
combattue. Une membrane ^ul ne peut pas empêcher* 



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386 LITTÉRATURE MÉDICALE FRANÇAISE. 

Tovule de se glisser entre elle ^t la matrice ^ qui se laisse 
fléchir et repousser parce no^Tçl hôte utérin, auca-t-«Ue 
assez de force pour l'arrêter et le ^retenir sur tel ou tel 
pouit de ce domicile ? Cela parais un peu difficile à com- 
prendre. D'ailleurs , chez les autres mammifères , quoi 
qu'en dise M. Velpeau , la féconda tioti dilate* par sym- 
pathie toutes les cornes de rutérus^proportionnémemà 
l'ovule'que l'une d'elles reçoit, çç il nj a qu'une cadu- 
que^^imple, dépourvue de cavité et fi^ liquida.' Cepëdr 
dant.le germe y est circonscrit sur un point déterminé 
comme dans l'esp^e humaine. Enfin d^ns le cas de 
gjçpssesse abdoqdina^e , l'ovule n'est-il' p^s adhérent è un 
point donné du péri^>ine , saujS y ètve r^t^ni^ par la cà-^ 
d.uque réfléchie ? L'usage de cette ijn^pihrane lest donc 
epcpje inçsertain , et celui que lui ^tt^ibue JM. Yelpeau » 
si^et h contestation* 

Quoiqt^e cpt çpabryologiste n'ait eu l'intention d'étun 
dîpr quftl'oeuf humaip, i) n'a pas laissé d'examiner celiii 
dtfs ^piniàt^x et d'y chercher la caduque. Mais, ai Ton 
ep.exçeptç.,les quadrumanes où il n'a p« l^ '.yàÎT, et où 
les ti*aya^x de J. Hpilter portent à croire qu'elle se rap^ 
proche beaucoup de celle de la femme, elle ne repr^ésente, 
chez aiicjun autre vertébré, ni uqo ampoule , ni deux 
feuillets distincts, ni une cavité remplie de liquide. Qn 
ne l'y trouve cpe soust la foruie d'iine couche également 
sans texture , quelquefois excrétée en paiitie par |a face 
externe de l'œuf, plus souvent et pjus incontestablement 
par les parois de la trompe , de Toviducte i des coruéë 
utérines pu de la matrice , enfin d'un point quelconque 
du canal vec^çur. Elle est partout , datis l'échelle ani- 
male 5 comme chcfz la femme ,' placée eutre le chorion et 
l'utérus , saus être adhérente à l'ovule. Qeluv'ei n'est 



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£3i:rryo;.ogie« Î87 

ipèinç pp$ nécessaire ou îii(lispçi;is^ble pour sa forma* 
tiçxi ^ çaT*» lorsque la grossesse est extra-utérine , elle 
^ûsfe <J^çs l'utérps^ quoique l'oeuf se développe ailleurs -^ 
la cavité yidp des matiûces doubles ou bifides eu est ta- 
pi^ée , comme celle qui renfermç reinb^ryc^ -, ç;tifin, ou 
1^ ^^ouve dans foutes les cornés i^térîoes des brutes doi;i^ 
upe seulçme^t reçoit le produit de, la fécondation. Tou- 
tefois elle n'est point alors fit^s^i çpnstan^e que d^ns }a 
grossesse ordinairçi ainsi que le pro^venf^des faits bien 

4.pr^s a^çir relevé l'eçvetM^ dVn physiologiste' mo- 
dern^e qui met la caduque au nombre des chimères > 
notre auteur récapitule,, en dix copclusiops , ses princi- 
p^es idçes su^ cette mei^ïj^jr^np ^ e^ traita ensuite du 
ç^orioo , en suivant à peu près le mêflje prdrç ^i^edans 
Farticlç, p^édent- 

Chpr;ioji» —- Quçiqiijç cette sepqn^e mpijibraue ait é^ 
es^ppjs^ ^vec glu^ ou mo^iijs ie détail daps divers ouvi;*a- 
Çes, ((cpijLii ^ipppprate jiji^qu 2^ nos jours» M. Velpeau çrojt 
indispei^JS;ab)e d'en donner un,e nouvelle description pour 
répai^dre quelque lumière sur l'eml^ryologie humaine. 
Seaucpug ^'ancie^s et la plupart des modernes n'en ont, 
p^rlé, ({ue d'tji/ie manière vague e^ <}ojtttradîctoîre. Les 
unç ont désigi^, spu^ ce nop,, des lamçs différentes, 
leç autççs l'ont pris pour l'aj^antoïde * ou la çad]i;ique. 
Ppuç luj^ pfir, liîpnséqvent , rieii de plus utile eJt de plus 
9éç€;çsai]::e qfte de l'étç^ier açx di^^^çntes phases de; la 
grpss^esse , daç^.son djçyjçjtpppepxpixf ^ dans ses rapports , 
sa s^uçti^ire , etc. -, 

M. Yelpeau. a eu. np^^r^e d'occasions, d'ohsei^yer. le 
^hpri^n dans. son état piinûtîf. §ur un produit de dix; Oii 



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$88 LlTTÉBATUàE MÉDICALE FRASÇAI^É^. 

douze jours 9 il n'a vu qu'une apparence d'hydatidé' 
telue où de petite vésicule transparente. La surface ex-» 
terne, libre de toute adhérence, en était comme fon- 
gueuse ou chagrinée dans toute son étendue , etr Tinté- 
rieur rempli d'tm liquide clair et séreux, sans amniofs, 
ni vésicule, ni embryon 5 en sorte qu'il n'avait point la 
certitude d'avoir disséqué plutôt un ovule qu'une vési-< 
cule quelconque, iûdépendatitë de la génération. En-* 
suite , sur deux autres produits de cette époque , lé cho- 
rion offrait y toute proportion gardée , les mêmes carac- 
tères qu'à une époque plus avancée. A quin^ jour^ , à 
trois semaines , k uu mois comme à deux , il n'a jpoint 
trouvé qu'il fût lisse daiis ses deux surfaces , ûî opaque , 
ni velu à son intérieur. La surface externe en était cou^ 
verte de duvet, l'interne lisse et régulière, là transpa- 
rence comme à toute autre époque de la gestation. 

Les villosités duchorion sont-elles vasculaires ? Com- 
ment s'épanouissent les vaisseaux renfermés dans le 
cordon ombilical , et comment ceux qui doivent former 
le placenta ^'insèrent-ils au point de la cavité utérine , 
non recouvert de là caduque? Questions fort curieuses , 
mais délicates , difficiles , peut-être impossibles à ré- 
soudre] Néanmoins M. Velpeau, fort de ses propres ob- 
servations , et de l'autorité de quelques autres embryo- 
logistes distingués , fait à la première une réponse né- 
gative 5 il ex:plique les deux autres par l'activité dé 
nutrition dans les villosités de l'œuf qui répondent à 
l'utérus j corps vivant, organisé, et habituellement 
gorgé de fluides, et par l'atrophie dé celles qui s'im^ 
plantent dans la caduque réfléchie , membrane inerte , 
Sans organisation et sans texture. Cette explication , si 
elle ne suffit pas, ne peut et ne doit-elle pas an moîn» 



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EMBATOLOGIE. 38^ 

Satisfaite, à défaut d'une autre meilleure ou pltis plau-^ 
sible ? 

. Les hydatîdes en grappes de l'utérus ne sont-elles que 
des vers vésiculaires , comme on le croit généralement? 
Notre embryologiste est conduit à penser qu elles sont 
le produit d'un fœtus avorté, dont les petits corps gan<^ 
gliformes , ou filets ronds, fins, résistans, qui tiennent 
solidement au chorion par leur racine , et au feuillet ré- 
fléchi de la caduque par leur autre extrémité , ont per- 
sisté anormalement , ou bien ont pris un accroissemmt 
extraordinaire. Cette réponse à une question de patho- 
logie foetale et de médecine judiciaire , est fondée sur 
des faits. On observe que les hydatîdes appartienneÀC 
toiijours à la face externe du chorion , jamais à Tamnios^ 
que leur intérieur est celluleux et raréfié comme une 
éponge^ plutôt que rempli d'un liquide , à la manière des 
membranes séreuses^ qu'enfin isolées ou en grappe, 
elles ont toutes une ou plusieurs racines dans le principe. 
Toujours lisse et poli à l'intérieur, Je chorion est d'a- 
bord séparé de Tamnios qu'il touche ensuite d'une ma-» 
nière à peu près immédiate , et auquel il se colle, légè* 
rement, mais sans adhérence intime, à moins que l'œuf 
ne soit malade. A l'extérieur, au contraire, il est d'abord 
également tomenteux partout , et semble se débarrasser 
ensuite par degrés de ses villosités : il parait devenir 
transparent du côté de la caduque , et de plus en plus 
opaque vers le placenta , où l'on diraitqu il se recouvre 
de granulations plus nombreuses et plus longues. Jamais 
en contact immédiat avec l'utérus , cette membrane.est 
partout mince et transparente ^ abstraction faite de ses 
villosités. On ne peut lui accorder une épaisseur consi- 
dérable qu'en adoptant les erreurs des anciens et desmo- 



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390 I LITTÉRATURE MÉDICILE ^RAlIÇAlSE. . 

4erne8 qui ront confondue avec la caduque , ou Tont 
décrite conjointement avec elle. L'étude de plus de quatre 
cepts produit!^^ à terme ou aux autres époques de la 
grossesse, doit garantir Tassertion de notre auteur à cet 
égard. La même étude lui a fait voir aussi que cette 
memhipane était toujours simple , au lieu 4'^tre lamel-^ 
leuse ou feuilletée, et ceux qui ont avance le contraire, 
<}ui ont admis deux chorions , l'un externe et l'autre in- 
teviie , ont souvent donné le même nom à des enveloppes 
différentes, oudifférens noms à des membranes aua* 
loguej. 

Dès la plus haute antiquité , on a regardé le chorion 
comme un prolongement de la peau, et cette opiuiou 
s'est maintenue jusqu'à nos jours; iVL Yelpeàu lui-même 
l'avait adoptée , d'après quelques observations. Mais de 
nouvelles recherches sur des produits p^us jeut^cs ^ plps 
€op[;pl^s, l'ont fait rencm^cer à ses premières idées. Il a 
vu que le cboçion disait partie 4e Tovule , dès le com- 
mencement de la gestation , et qu il ne changeait ni de 
caractères ,- ni de forme , après le développement de la 
parm abdominale, après l'apparition de la peau ; il était 
donc indépendant de cet organe. Pour bien connaître 
l'origine du chorion, il faut réludier dans le premier 
mois , lorsque la tige ombilicale se termine à lui d'urie 
part et au rachjs de l'autre. Plus tard, il se confond sj 
intimement avec l'anneau de rdmbilic , qu'il paraît cou- 
tinu avec les tégumens. Yolià pourquoi noire auteur 
l'avait pris d'abord pour un prolougement de Ift peau. 

La texture du chorion fut de tout temple un problêi»e 
fort obscur, Oiâérent du derme , dés muscles , des apo- 
névroses, on lui contesterait difficilement la nature celr 
luleuse. De grandes raisons portent M. Velpeau à croire 



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BMBHYOLOGIE. 3j^I 

qu'il se forme comme Jes membranes séreuses , dont U ^ 
offre tons les caractères physiques et physiologiques. 
Mais y a-t-il des nerfs , des vaisseaux sanguins ^ lympha- 
^tiques. exhalans etinbalans? 

Ce? deux derniers ordres de canaux n^ont d'autre ga- 
rant que la parole ou les expériences de quelques phy- 
siologistes , expériences dont les phénomènes d'exsuda* 
lion et d'imbibition générales^ e^cpliquent le résultat. 
Il faut donc des preuves plus concluantes, avant de 
discuter les vaisseaux exhalans et inhalans du. chorioa. 
Même sévérité pour les lymphatiques , dont Texistence 
semble plus imaginaire que réelle ; même sévérité encore 
pour les n*erfs qu'on parait avoir confondus avec des flU»- 
mens de toute autrenature. 

 regard des vaisseaux sanguins , M- Velpeiau les re- 
fuse complètement au chorioti , et il se fonde sur ce que 
personne ne les a vus positiveuient , ^ur Tinutilité d^^. 
e^saiiB pour les découvrir, sur ses propres observations, 
^t'Sur Timpossibilité de leur existence dans la portion de 
celte mcEubrane qui est recouverte de la caduque réflé^ 
chie. Il n'y a que le point de l'ovulfe contigu à l'utérus où 
les viùsseaux ombilicaux et placentaires puissent se déve- 
li^^r; mais aucun de ces vaisseaux n'appartient au 
dborion. Enfin Tinijection , la dissection, la loupe , tout 
a été inutile pour y constater la présence de ces organes^ 

Après cette discussion qui nous a parq du plus grand 
intérêt, on trouve, dans Touvrage que nous analysons., 
un tableau des analogues qui remplacent le chèrion che? 
tous les vertébrés, et dix conclusions pu s.ont récapitulés 
I^S principaux "caractère^s de cette membrane. 

Amnios. —M. Vdpeau passe ensqiie à Tamnioa^ la 



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39^ tiT^rÉRATums médicale frâuçaue. 

plus interne ou la plus profonde des membranes cpi en* 
veloppetLiTœuf humain. Elle est désignée sous les mêmes 
termes par presque tous les auteurs qui en ont parte , 
comme le prouvent de nombreuses citations. Depuis la 
première quinzaine jusqu'au troisième ou quatrième 
mois , il est toujours séparé du chorion par un iiitervaUe 
qui est d'abord très considérable et diminue ensuite 
d'une manière insensible jusqu'au terme de la grossesse. 
Notre embryologiste croyait avoir démontré que «ettc 
membrane, dans son origine ^ était un prolongement, 
une dépendance , une production de Tépiderme , ainsi 
que l'avaient avancé les anciens et quelques modernes ; 
mais cela n'est pas tout-à-fait exact. Dans Te premier 
mois , elle n'a de rapport qu'avec le cordon ombilical , 
qui semble la perforer pour aller au-devant du rachis se 
perdre dans quelques uns des viscères abdominaux; Dans 
la suite^ lorsque les parois du ventre sont formées^ elle est 
si intimement unie avec la couehe épidermique de l'em- 
bryon ou. du foetus, qu'elle semble véritablement être 
en continuité avec elle. La face externe en est phis 
lisse que l'autre , mais elle ne tient au chorion par aucun 
filament c^lluleux ou vasculaire. Dans le commence- 
mient , la surface interne en est très rapprochée do l'em- 
bryon , dont elle s'éloigne plus tard à mesure que l'œuf 
est plus développé. L'amnios n'est formé que d'un seul 
feuillet , où l'on ne découvre pas plus de vaisseaux ni de 
nerfs que dans les membranes précédentes. Ses rapports 
avec l'embryon , dans les autres mammifères /sont les 
mêmes que dans l'espèce humaine. Telles sont en précis 
l'histoire, la description, la structure et l'analogie de 
cette membrane dans l'ouvrage dont nous venons d'exa-^ 
miner le premier chapitre. 



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EMBKTOLOGIE. 39^ 

CHAPITRE SECOND. 

DES VÉSICULES. 

Ce chapitre traite des vésicules , et se divise en trois 
articles où il est question de la vésicule ombilicale , de 
Tallantoïde et de la vésicule érytroïde. 

J^ésicule ombilicale. — La vésicule ombilicale ; in- 
connue des anciens , n'a point été décrite assez exacte- 
ment par les modernes,. pour en donner une idée nette. 
M. Velpeau ne connaît que trois ou quatre dessins qui la 
représentent incontestablement à l'état naturel dans les 
six ou huit premièi:es semaines de la grossesse ; encore 
laissent-ils beaucoup à désirer , surtout celui d'Albinus. 
Il n^est donc pas étonnant^qu'on Tait considérée , tantôt 
comme un être de raison , ou comme un produit patho- 
logique, tantôt comme un organe constant, indépen- 
dant de Tallantoïde , et représentant dans Thomme le 
vitellus des oiseaux, ou tenant de cette dernière vésicule 
et n'ayant point de canal de communication avec le con- 
duit digestif. 

Cette diversité d'opinions, ou le peu d'accord qui règne 
entre les auteurs , est facile à expliquer. Les ovules ou 
produits ^ur lesquels on cherclre la vésicule ombilicale, 
sont rarement entiers et dans Tétat naturel. La plupart, 
danç Tespèce humaine, sont rendus* par avortement , ce 
qui fait qu'ils sont^ au moins trois fois sur cinq, affectés 
•de quelque maladie. Comment donc distinguer alors ce 
qui est normal .d'avec ce qui ne l'est pas , surtout quand 
on n'a l'occasion d'examiner qu'un petit nombre de ces 
produits? Sur un total de près de deux cents , M. Vel- 
peau n'en a rencontré que trente où la, vésicule ombili* 



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3^ MTTéRATURE IfÉmCALK FRAVÇÂISB. 

cale fat dans Tëiat saio ou naturel. C'est ce qui Ta rendu 
très circonspect à Tégard de ses propres observations ^ 
et Ta empêché d'accorder une aveugle confiance à celles 
des autres* Il rapporte une quinzaine de faits les plus re* 
marquables qu'il ait pu se procurer , et les prend pour 
base de la description générale qu'il trace de la vésicule 
ombilicale. 

Cette VésicFé est une sorte de petit sac pyriforme , ar- 
rondi , ou sphéroïde | de deux à quatre lignes de diamè- 
tre , vers la seconde ou la troisième semaine de la fécon- 
datîôh.- Elle accqùiert probablement ses plus grandes 
dimensions depuis le dix-hùltiëme ou vingtième jour , 
jusqu'au trentième ; elle diminue ensuite de volume 
jusqu'à la cinquième , sixième , ou septième semaine , 
se réduit alors à la grosseur d*ûne graine de coriandre , 
et coirimençc à s' aplatir pour disparaître insensi-r 
blenient. 

M. Velpeau avait confondu autrefois cette vésicule 
ivèc le 'corps réticulé qui lui ressemble , et avait soutenu 
qti^elle «'était pas située entre le dborîon et l'amnios. 
Mais il a trouvé depuis la preuve incontestable du con- 
liraire sur plukde vîngtproduits dîfférens.Il sait aussi, à 
li' eu pas douter, qu'elle ne se continue point avec les 
parois du ventre, mais qu'elle coinmunique avec l'in- 
testin. Enfin habituellement enveloppée dans le coi*ps 
réticulé , jusqu'à trente ou quarante jours , c'est au mi- 
lieu de cette matière qu'on doit la chercher alors : en» 
stiite elle se colle le plus souvent sur la face interne du 
choriou ou sur la face externe de l'amnios : ce qui n'em- 
pêclle pas de la rencontrer quelquefois libre et flottante 
à deux? et même trois mois , et de la distinguer alors 
d'avec ces deux membranes, dont l'une ou l'autre sèm- 



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EMBRTOLOGIB. igS 

blerait la reafermer entre ses feuillets , quand elle leur 
est adhérente* 

La vésicule ombilicale s'attache à Fembryon^, se con- 
tinue et même communique avec le conduit intestinal 
par un pédicule j dont la longueur et Pépaiéseur varient 
Suivant l'époque de la grossesse. Ce pédicule est comme 
divisé 9 par Famnios qu'il semble avoir perforé , en deux 
portions , dont Tnzïe, extérieure, se confond avec la 
vésicule en s'^anouissant sons forme d'entonnoir, et 
l'autre^ imérieure, se rend à Tintestin sans se, rétrécira 
Jusqu'à viti^ ou trente jours, M. Yelpeau a&it passer le 
liquide vitciKfi de dehors en dedans, sans rien déchirer^ 
preuve iticontestable que le pédicule était alors creux ou 
canaliculé. Mais il s'oblitère ensuite dans Fanncaîu de 
l'ombilic ^ à un6 époque qui n'est pas bien déterminééé 

Les parois de cette vésicule sont fortes , assez épaisses 
et aussi difSciles à rompre que les autres membranes; 
listes ert réguliers dans l'état de plénitude , elles se ri» 
dëm et se plissent , au contraire , dans l'état de vacuité* 
On a pi'élendu qu'elles étaient composées de trois lames 
distinctes ; mais M. Yelpeau en a une opinion tout op- 
posée et les croit simples. Il y admettrait une surface 
séreuse et une surface uiiuqueuse , .et' non deux tuhiqiiës, 
encore moins une tunique musculeuse. La couleur eu 
est jaunâtre^ et la transparence imparfaite *, ce qui peoir 
être dépend du liquide qu'elle renferme. 

Notre physiologiste a observé et même injecté des 
vaisseaux artériels et veineux dans la vésicule omblli^ 
cale ; il la considère , par conséquent , comme organisée, 
Ceé vaisseaux , qu'on nomme imjproprement omphalo^ 
me5^e/iter/<7iie5^, lui sembleraient plutôt mériter le noib 
de vitello'rnésentériqwes ou simplement celui de vitetr 



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, ig^ WTTÉKATURE MÉDICALE FRANÇAISE. 

lins. Us ont lé volume d'un gros cheveu, et se rendent, 
non dans le tronc de la veine et de Tartère mësaraïques 
supérieures , mais dans lune des branches du second oa 
troisième ordre de ces gros canaux , particulièrement 
dans celles du cœcum. Hs suivent les phases de la vési- 
cule et de son pédicule où ils se distribueqt 5 ils doivent 
donc s'atrophier, aussitôt que l'appareil vitello-mésen- 
, térique devient inutile par Finsertion du placenta sur 
l'utérus; on conçoit néanmoins , qu'après avoir disparu 
du côté de la vésicule , ils doivent persister encore quel- 
que temps dans l'abdomen. On avait cru que ces vais- 
seaux transportaient la substance vitelline dans le tor* 
rent de la circulation générale ; mais ne semblent-ils pas 
plutôt destinés à porter et à reprendre , dans les parois 
de la vésicule et de son conduit , les matériaux qui ser- 
vent à leur nutrition? 

La vésicule ombilicale renferme un liquide dont la 
nature a causé quelque dissidence parmi les auteurs qui 
l'ont examiné. Les uns l'ont comparé au jaune de l'œuf 
des oiseaux, les autres à de la sérosité. Mais l'analogie 
prouve que la dernière decesdcux opinions-est erronée ; 
la consistance et la couleur de ce liquide ressemblent à 
celles du fluide vitellin du poulet. 

Rîén n'empêche donc d'attribuer à l'appareil vésiculo- 
fitellin , l'usage de nourrir les premiers linéamens du 
fœtus , avant l'inshertion de Fovule à la surface interne 
de l'utérus. Par conséquent , on peut comparer l'œuf de 
la femme à celui de la poule, avec cette différence pour- 
tant que le premier est éclos avant d'être pondu , tandis 
que le second est pondu avant d'être éclos. L'incubation 
de l'œuf humain se fait à l'intérieur de la femme, dont 
l'utérus peut fournir l'aliment au germe ; l'œuf des oi- 



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.ElkBAYOLOGlE. ?97 

seaux , au contraire ,^st couvé dans Tatmosphère , et à 
Vextërieur de la mère. Voilà pourquoi le jaune ou fluide 
vitellin n^est que passager , temporaire, ckez Fnn, où il 
est remplacé parle cordon ombilical et Iç^ placenta, au 
lieu qu'il persévère che2^ l'autre Jusqu'à ce que la chaleur 
de l'incubation ait fait naître le poulet et l'ait rendu 
capable de chercher lui-même sa nourriture. 

La conclusion de ce premier article est que l'analogie 
de la vésicule ombilicale, dans Tembryon humain, avec 
la poche vitelline de l'oiseau , se tire de sa forme , de sa 
positioA , de sa continui^ et de sa communication avec 
l'intestin , de la structure de se^ parois , des apparences 
du fluide qu'elle renferme , et surtout de ses usages. 

Allantoïde. -^ On a observé encore dans les ani- tv 
ntaux , tels que les bisulques , les reptiles sauriens et 
ophidiens , les oiseaux , etc. , une seconde vésicule qu'on / 
nomme allantoïde^ toile farciminale ou membrane 
intestinale , k cause de quelque ressemblance avec le 
gros intestin. Elle communique , dit-on , avec la vessie 
urinaire , par un conduit auquel on donne le nom 4'ou- 
raquè, et contient une matière qui n'est pas la même à 
toutes les époques de la gestation, ni chez tous les ani- 
maux. Cependant, malgré les nombreuses diflérences 
d'aspect que cette matière présente, la plupart des na- 
turalistes ont soutenu qu^elle était de même nature que 
l'uriné , et que son enveloppe était une dépendance de 
la vessie. 

Maifi l'allantoïde existe-t-elle dans l'espèce humaine ? 
L'histoire apprend qu'on l'y a tour à tour admise et re- 
jetée , depuis qu'on cultive l'anatomie. Aujourd'hui l'on 
est presque d'accord sur son absence,* et M* Yelpeau 
/ Tome IV. Decemire 1833. 26 



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398 LITTÉHATU&B MÉDIClU FRANÇAISE. 

prouve quç ceux qui Yonl décrite , mkmipt Jtes {4qs 1 
derues , n'en ont parlé que d'a^s Ta^atogie 1 oli bien 
Tout confondue avec le chorion ou avec Famnios y dont 
il importe de la distinguer. En iSa^, lorsqu'il corn* 
meoça ses recherches , il avait annoncé lui-même que si 
cette vésicule existait dans Thompie , ell^ devait ae trou- 
vjer en dehors et non ^n dedans du chorion t Bientôt après- 
sa conviction f^t d'abord ébranlée par la présence d'une 
vésicule ombilicale , très distincte et très volumineuse 
entre le chorion et Famnios. Ensuite les différences qu'il 
remarqua dans la matière contenue entre ces deux mem- 
branes propres de l'embryon , le rainenèrent à l'idée 
qu'il y àviât aussi très probablement entre ^s un ap- 
pareil qui, jusque-là , avait échappé k ses investigations 
et à celles des autres observateurs. C'est ^ en effet, ce 
que d'ultérieures observations sur ce point lui ont eomr- 
plètement démoiïtré. 

En examinant, avec attenjion plusieurs produits dans 
les deux preiKÛers mois apipès la fécondation , il a trouvé, 
au milieu du liquide qui occi^U la cavité du chorion » 
une vésicule » une sorifs de couche continue, irrégulière, 
poreuse, tenace et filandreuse, ou réticulée, flocon- 
neuse^ lan^leuse, roussàtre, mollasse» spongieuse, 
cloisonnée à l'intérieur dans tous les sens , comme, cela 
s'observe dans le tissu de la rate, du corps caverneux, 
du corps hyaloïde. Ce sac réticulé , d'autant plus épais 
qu'on s'approchait de l'insertion du cordon , emboîtait 
la vésicule ombilicale et l'amnios, à la manière des 
Qiembranes séreuses ,,et contenait une substance émul- 
sive ou crémeuse ,. d'un blanc très l^rement jaunaitre^ 
qui tmdait à s'échapper en grnmieaux homogènes , et 
comi»e pulpeux. 



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ftM&KOI.OGfE. 399 

Mais une telle yésicule ëtait'^elle bien l'allamoïde ? 
Ponr répondre affirmativement , il aurait fallu démon- 
trer qu'elle communiquait arec la poche urinaire » au 
moyen de Fonraque , et M, Velpeau n'a pu y paryenir. 
D a néanmoins suivi, a unepart , le sac rétîeulé jusqu'au 
ceî'cle de famnios , et a tu^ de Tautre, le sommet du 
réservoir urinaire arriver jusqu'à ce même anneau. 
C'était assurément approcher le plus prèa du but, et 
tendre cette communication très probable. Il aurait suffi, 
pour compléter la démonstration , de découvrir que 
Touràque était ereux ou canaliculé, depuis la vessie uri- 
naire jusqu'au sac réticulé dont il est question. Or» no- 
tre embi^ologistea totyonrstrouvéqa'il conservait les ca- 
ractères d'un filament solide, et qu'au lieu de se terminer 
dans le sac allantcHidien , il allait se perdre , soit dans la 
tige placentaire, soit dans la couche vitriforme du cho- 
rion. Il a donc été forcé , malgré ses premières recher- 
ches, et les assertions de quelques physiologistes, de 
rester dans le doute, jusqu'à Texamen de nouveaux faits, 
dont voici le résultat. 

Depuis la cinquième seniàifiedela conception jusqu'à 
la fin de la grossesse, le cfaorion et l'amnios sont sé- 
parés par une couche traB'spareme , incolore ,' o#ti'un 
jaune légèrement verdàtre , lamellée comme le corps 
vitré de l'œil , diminuant d'épaisseur à mesure que le» 
autres membranes se^ développent^ et ^^enfermant d'au- 
tant moins de fluide dans ses mailles que la gestation est 
plus avancée. Cette couche finit par se transformer en un 
4 simple enduit homogène , gélatineux , qui disparait ftou« 
vent avant Taccouchement. Plusieurs de ses lamdles^ se 
collent à la surface externe de l'amnios , principalement 
à la racine du cordon ombilical : ce qui arrive aussi , 



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400 LITTÉRÂTUEE MÉDICALE l^RiNÇAISE* . 

mais pins rarement, pour le chorion. Elle occupe la 
place dn corps réticulé , et se continue, comme lui , avec 
la substance gélatineuse dû cordon. Enfin elle doit rem- 
plir un rôle pour le développement de Toeuf humain , 
puisqu^on Fobserve constamment dans Tétat normal. 

Cette couche est-elle indépendante du sac poreux qui 
la précède , ou bien n*en est-elle qu'une modification ? 
Cette dernière opinion parait, suivant M. Velpeau, 
sinon certaine^ du moins très probable; ces deux sub- 
stances ont ^ en effet , même siège , mêmes rapports gé- 
néraux , même mode d'union avec le chorion et Tant- 
nios , même place dans le cordon , et même épaisseur, 
proportionnelle dans les diverses portions de leur éten- 
due. Elles se ressemblent donc sous le point de vue fon- 
damental. Si elles offrent d'ailleurs quelques dissem- 
blances , elles sont légères , accessoii^s , et dépendantes 
de révolution naturelle des parties. Toutefois , parmi 
les changemens de cet organe, qui parait identique à 
ses différentes phases, on doit dire que les lambeaux sé- 
parés de )a toile réticulée ont paru avoir quelquefois une 
véritable texture et tous les autres caracti&res de Tam- 
nios ; d'autres fois, au contraire, les lamelles de laxouche 
vitrili^me ressemblaient, à part la consistance, aux 
couches minces de la cornée transparente, en un mot, 
à Tépiderme, aux ongles, ou au tissu corné. D'où, il 
résulte que , d'après les apparences physiques , cet or- 
gane sencit d'abord formé d'une grande proportion d'al- 
bumine, et que la gélatine y prédominerait plus tard. 

Maintenant, quelle marche le corps réticulé suit-il 
dans son dévelopement pendant le premier mois de la 
grossesse ? A quelle époque parait-il dans l'œuf? M. Vel- 
peau dit n'avoir pas assez de faits pour répondre ici ca- 



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EMBRYOLOGIE. /^Ol 

tégoriquemeiit. Mais toutes les analogies le portent à 
croire que , dans Forigine , ce corps se présente , entre 
le cborion et Tamnios , sous la forme d^ une vésicule 
assez volumineuse , et comme une dépendance du venr 
tire de l'embryon; que, par des accroissemcns propor- 
tionnels et rapides^ il emboîte bientôt Tamnios et le, sac 
Vitellin ; que les deux extrémités de la surface externe 
finissent par se toucher è% se confondre comme dans 
rallantoïde des oiseaux \ enfin qù'aussiiôt après il change 
d'aspect et commence à décroître. 

Si Ton veut acquérir des notions pins étendues sur le 
corps réticulé de l'œuf humain , on peut recourir, avec 
fruit , à l'anatomie comparée : on y verra qu'il a les 
rapports les plu$ fréquens de ressemblance avecï le sac 
allantoïdien des mammifS&res , des oiseaux et des replilets. 
Ce sac est-il destiné à contenir l'uriné du fœtus? Les 
' naturalistes qui ont soutenu cette opinion ont cherché 
a l'établir principalement sur la communication de l'ai- 
lantoïdc avec la vessie, sur la saveur salée et sur l'odeUr 
urineuse du Hquide qu'on y rencontre. Mais outre que 
celte odeur est trop fugace pour offi*ir quelque impe»r- 
tance; outre que la saveur salée appartient aussi à Teait 
de l'aranios , d'où elle peut se transmettre au liquide 
allantoïdien , quel rapport peut-il y avoir éotre Turine 
et la massé blanche, féculente et rétictilaire , qu'on 
trouve dans l^allantoïde du poulet , entre l'urine et la 
matière visqueuse , grasse , blanchâtre , coaienue dans 
Fallantoïdedes bisulques,«ntre l'urine et Ic'fluKle ^lai- 
teux ou floconneux que renferme l'œuf de la couleuvre ? 
Le principal usage de 1 allantoSde u'e^t donc pas de coa- 
l^nir de l'urine. , . * 

Au surplus , comment attribuer ç/Mte fonction à Toc- 



•' , ' ' ' Digitizedby VjOOQIC 



4o2 LlTTÉBAarURB XÉDIC4&E F&AHÇilSE. 

gaiie dont il s'agit y quanA ott sait qu'il existe avaïit les 
reins ^ qn'ii^minue de volume, i mesure que la sécré- 
tion urinaire augmente , enfin que PoUitération ou 
Tétat ligamenteux et solide de Touraque doit nécessaire- 
ment «'opposer à toute communication i^tre les mem-- 
branes de Fosnf et la vessie? 

M. Yelpean termine cet article en concluant qu'iL 
existe une allantoïde dans Tœuf humain | et que ses 
fonctions se rattachent à la nutrition du germe dans les 
premiers temps. Il ne oonnak aucun auteur qui Tait po- 
mtivement décrite; mais il convient que plusieurs Ta- 
vaient entrevue , tant en France que cfaes l^as é(ran^ers. 

Vésicule érytraïde. — Quant à la vésicule érytroïde 
qui fait le sujet d'un troisième article^et que M* Pockels 
de Brunswick prétend avoir découverte , elle est dis- 
tincte ou indépendante des deux autres. Mais notre emr . 
bryologiste ne la jamais rencontrée, ni avant y ni depuis 
' Jta publication des recherches de ce médecin , et le» 
%ures de son mépaoire Fautorisent à peayser qu'aucun 
4es c^ufs qu'il a fait dessiiier n'était à l'état normal. Il 
.est donc possible qu'il ait été induit ep erreur, soit par 
la ténuité des objets y soit par les maladies ou altérations- 
•des produits qu'il a etaminés. 

CHAPITRE TROISIÈME. 

Orgnnes de la einailation fœtale», — Après IMlude 
des meulbrbiies et des vésicules qui paraisseula^pir 
pour but de tu^rrir l^eudiryon ou de protéger le £cetu^, 
M. Yelpeau passe k l'estamen du jcf^ioa ombilical eit du 
placenta qui en resserrent les rapports de vilaliié avî^la - 
mère ou le ftmt cémuiuniquer avec la partie ^soulaire 



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^ , embuvôlogie. 4^^ 

de VasaL Ces deux organes de circulation forment la 
matièro d'iuDtroisièine chapitre qui se divise en deux 
artielèa» 

Dans le pr«mier^ on trouve d'abord la description du 
oordon omJnlicid^, loqueUd eti coimpreud la longueur et 
le Tolaiiie avec leurs variatiotis , les granuktictos blan- 
châtres qu'on- obsenre ehe^ plusieturd mammifères^ et 
qu'ona soutent prises pourdçs gkndes ou des hydatides^ 
les Bodosités 4e diffiéDcns gentes, les nceiids simples ou 
ooBtposés j les anaes ou replia , soit des artères^ soit de 
k Tfiine. L*auteur cmiçoit^ accorde même qtie les tortud- 
^itét de la tige omphalo^-placentaire ^ si elles étaient très 
nomhrwsc»^ trèa serrées ou sous des angles trèà aigus, 
pourraient en comprimer la» vaisseaux^ y ràtentii^ du 
suspendjre k^cireulation, et faire périr le foetus; inais il 
ne connaît aucun fiiit qui démontre k réalité de cet ac- 
cidents lia réfutation qu'il fait des préjtigés superstitieût 
QUI! les noeuds du cordon est peuiiiiportante. H a mieux 
&it de relever Terreurde quelques physiologistes dont les 
£gorea porteraient à croire que ^ jusqu'à trois Ou quatre 
semaines , cette tige vasculaire se continue àtec l'extré- 
mité inférieure de rerabryon% L'insertion en est con- 
stamment au-dessus de l'origine des membres pelviens, 
et d'autant plus près dû pubâs qoef la grossesse est moins 
avancée. D'une égale grosseur daits toute son étendue 
chëit quelques -SBJets^ elk eût Jdhl^ d'autres beaticoup 
pkis grèk •près de ea tefmiiiaison^^ qu'àtik environ^ de 
rabdonœni lU aurait ùlhi ajouter qu'iiue' anse dMtitestin 
•peut en* augmenter oonsidéirabkment le Voltime k sôti 
exjyrétnilé ombilidal^^ et que, si l'on n'yfsât pàs atten- 
tion, on risque alors de couper, ou de lier en même temps 
le cordon et une partie du conduit digestif. 



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4o4 LITTÉRiTUEB IftolCiLB FRANÇAISE. 

Nous ne rapporterons pas j mais nous inTifercms les 
physiologistes, principalement eenx qui s'occupent d'em- 
bryologie , à lire dans le texte une infinité da détail» cu- 
rieux sur le développement du coardon ombilical. Oh y 
verra Tépoque ou il commence à se dessijner ,;celle où il 
est encore grêle et celle où il acquiert un^ toIjib^ con- 
sidérable vcelle où il ofire des bos^lures^des yésicolès 
et des renflemens séparés par, des collets , et celle où il 
perd beaucoup de son. volume par la disparition ou ab- 
sence de ces bosselures. On y verra que ce n'est d'abord 
qu'u|a;p^tit cylindre auquel l'amnios ne fournit point de 
gaine, et que plus tard il renferme le condnit de k vési- 
cule ombilicale y lj3S ^ vaisseaux vitellins , avec' une por- 
tion de Touraque/ou de Fallantoïde et des^ intestins : le 
tout renfermé dans une. sor te d!étui commun qui appar- 
tient à Famnios* On y verra qu'il n'y a ni des vaisseaux 
lymphatiques, ni de? nerfs 5: qu'il petit :y avoir deux 
veines, au lieu d'une.^e^le, ou une seule artère au lieu 
de deux; que ces vaisseaux ne se contournient en spirale, 
le plus squ vent de* gauche à droite , qu'après la dispari- 
Ûon des. renflemens du cordon ; qu'il n'existe point de 
valvule dans ces canaux» Ou y verra l'explication des 
renflemens du cordon et là cause de l'erreurquiles avait 
fait prendre k M. Yelpeau pour ce qu'on avait décrit 
sous le ti^re de vâsiç^i^j^ ovibilieale et d'allantoïde ; enfin 
on y verra ce qui a i^pport aux variétés et aux anomalies 
du cordon, commeAtiet pourquoi on a pu croire qu'on 
seul fœttus pouvait en a vois plusieurs, ou naître sans (x>r- 
don et S2^ns ombilic ; xoàunent et pourquoi cette tige 
vasculaire a pu paraître s'insérer sur la poitrine, le col, 
les mej^pbres , etc . . i . ; > '• 



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• EMimirOLOGIE. /{oS 

. ^acenta^'^îieuB recommanderons encorelalecture de 
Tiu^cW cansacréaùplacentaque notre embryologiste con- 
sidère dans les mammilèresen^généralytels quelechien^les 
ruminans , \e$ r<»3geurs , le cheval , et principalement 
dans l'espècebumaine* Il endëcrit la forme ^ la consis- 
tance, les dimensions, la face interne ou foetal^ et la face 
externe oq. utérine. Celle-ci „ quand le placenta est hors 
de rutërus>rprésentedes inégalités , dés lobas séparés par 
des r^inm'es plus ou moins profondes ^ mai^ , lorsque le 
corps est en place , on n'y dislingue ni sinus, ni sillons; 
elle est seulement tapissée d'une simple pellicule qui. en 
réunit les légers reliefs* Au terme de la grossesse ,. la eir- 
copiférence du placenta se continue , sans démarcation 
bien tranchée, avec le double! feuillet de la caduque: ce 
qui a pu faire croire qu'il; n'était quinine portion épaissie 
de celte membrane. 

' 'Quelle est la structure de cet organe ? est-il entièxe- 
: ment foetal ,.qu bieo y a-t ildeux moitiés, Tuue fœtale, et 
l'autre. maternelle ?Résulte-t-îl du mélange de vaisseaux 
utérins avec la couche externe de la membrane caduque? 
Fautril admettre: ou rejeter une memtrane iitféro-pla*- 
centaire qui s'enibnce entre : les cotylédons du:plaeenta , 
ou qui se comporte ici coxame l'^vachnoïdésur le cerveau? 
Quelle différence y art-^il entré cette pellicule et la ca- 
duque, :entre celle-ci et la couche de dép6t qui entoure 
tous les troncs^ vasculaires-^de cette masse parenchymà- 
teuse? Toutes ces questions sont discutées et résolues 
d'une manière iatîafaîsanite» ;lViais M. Velpeau eat^l biei(i 
4'accord.avec lui-même,- quand il dit que l'eiaudation 
utérine, qui donne naissMiee^à la caduque , lui semble 
pouvoir être -également produite par la face externe de 
l'ovule ou de b^s villosités et par l'intérieur de la trompe? 



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466 LlTTÉRÀTUEB.MÂOiQAIiS FEAUÇAISE. 

Peut41 oit^r Texemplc èe» êiiim^ giiMsesses comme ttne 
"^ preuve de cette ii^iiion ? Quctiqué la coache qui entdtire 
ftlois le produit de la conoeptimif ne soh pairyeiiQe d'une 
merab^ne muqueuse, |>eut-K>n dire l]«^elle scÂt toitfnie 
par la face externe de Tôvule? Celni^fii, quand il est 
ho^ de Tutérus, ne doi^-il pas ètre^ compaliS aux corps 
étrangers qui s'enveloppent d'un kyste fibro-celluleux , 
dans les cavités où ils demeurent, quand ùH ne peuples 
en es^tratre ? (V , ce kyste ne J:ésult0-t-41 pas de Firrita- 
tion catisée par les ^rps sur lès orgaues avec lesquels ils 
sont ^contact? 

Quoi qu'il en soit, notre ameur n'accorde au plàçeata 
ni glandes , ni vaisseaux lymphatiques ^ ni nerfs , ni fila-» 
mens cellulaires» Il n^y admet que des vaisseaux sanguins 
qui sont Tépanouissem^t de ceux du cordon ombiHea}. 
Avant la troisième semaine , le velouté du ohorionn'en 
renferme pas^ et on peut le comparer «dors au chevelii de 
laradnedes plantes, qui a' imbibe de fluides; -Lesooi^don-. 
nets solides qu'on trouve dans le j^acentay même après 
l'aeooudiement^ ne sont que des filamenede l'ovule, oùles 
vaisseaux ne se sont pas développés^ Ses capillaires ar- 
tériels paraissent en même tenlp» que lès cspiUaires vei<- 
neux. Chaque faisceau vaseulaire est composé d'une 
artère et d'une vepne, cpnM^ contournent déjà en spirale 
et se ramifient par dichotomie, presque à Tinfini. C'est 
ainsi que se formait les lobes ou cotylédons du placenta 
qui ne communiquent les uns avec les autres que par 
anomalie ou exception. L^écartement de 'quelques mis 
de ces l<^s, par rapport à la masse principale, a pu faire 
croire à l'existence de plusieurs placentas pcfur u& seul 
fœtus^; et, dans la grossesse composée ^ lé sang del-uf 
des cordons , revenant par l'autre , a éemblé prouver qiiè. 



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EMB&TOLOGIB. 4^^ 

les : placentas des jumeaux communiqaaieiit ensemble *, 
mais ce ne sont encore là qne ùds îrrëgnlàrkës , des 
eKceftiomB. 

Y^^il des vaisseaux utéro-placentaires, e*estr&-âire des 
artères et des veines qui passent de la matrice au pkcenta 
et réciproqu^oient ? question fort curieuse sans doute , 
mais non encore résolue; M^ Yelpeau rabàndoBUe aux 
observaleurs. 

11 pense qiie le placenta natt , en quelque aorte , en 
m^ne temps que Tovule arrive dans dans la matrice : ce 
qui est {onneHement opposé à Topinion généi^àle et ne 
sevble pas trop cadrer avec la sienne propre. Suivant 
lui^ les vaisseaux sanguins , qui forment Télémént fbn- 
damental du placenta , ne sont que Tépanouissement ou 
les ramifik^tions des vaisseaux du cordon oinbilical , et 
ne se développent, comme ces derniers, qu'après la 
troisième semaine , par intus-susccption et graduelle- 
ment, n dit ailleurs que les vaisseaux du cordon se for- 
ment, et que le placenta s'ébauche à la fin du deuxième 
mois:. Or, ces deux époques, la seconde surtout, ne 
peuvent guère se confondre^ avec l'arrivée de l'ovule 
dans la cavité utérine. 

Mal^é cette légère contradiction, M. Velpeau ne 
laisse pas de piquer la: Curiosité et l'attention , lorsqu'il 
s^agit de Pattàche ou adhérence dii placenta , tantôt au 
fond, tantôt en avant, en arrière ou tfur^es côtés, et 
quelquefois sur le col de la matrice. Il réfute ingénieu'- 
sefment les explications qu'on avait données de ce phé- 
nomène , et , quoique celle qu'il propose ne soit qu'une 
suppositioi^ , on ne peut disconvenir qu'elle ne paraisse 
beaucoup pk> naturelle* Il explique en même temps, el 
d'dprès le même principe , pourquoi le placenta prend la 



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Gaogle 



4o8 LITTÉRATUHE MémCALB FAÂUÇAlSE. 

forme de disque régulier ou de raquette , et pouirquoi , 
d«n$ certains cas, la caduque réfléchie , enrempèchant 
de se développer , cause la mort de Tœuf ^et une fausse 
couche, ou pour le moins une mole, une fausse grossesse. 
Il aérait trop long de parler ici de toutes les hypo- 
thèses imaginées par les physiologistes pour expliquer 
le n^ode d'union du placenta avec la matrice^ et ses usa- 
ges par rapport au fœtus. D'ailleurs on voit/ à peu près, 
par ce qui précède, ^uel doit être le sentiment de Fau- 
teur sur ces deux questions. Nous ne craignons pas d'as- 
surer qu'il les a discutées avec upe rare sagacité .et une 
admirs^le érudition. Le lecteur pourra s'en convaincre 
par la lecture du texte. . 

SECONDE SECTION. 

FfiBtus. — Après avoir traité des annexes foetales , 
M. Velpeau passe à la seconde section de son ouvrage 
où il s'agit du fœ^us. Il examine d'abord la formation 
de l'embryon, et ensuite le développement successif de 
ses différentes parties. Le premier chapitre en comprend 
l'apparition et la forme primitive. 

CHAPITRE PREMIER. 

Apparition et forme primitive du fçetus. — Quelle, est 
Tépoque à laquelle l'ovule apparaît dans la matrice? On 
ne le sait point, e?, les nombreuses opinions , émises de- 
puis vingt siècles sur ce point , ne prouvent rien, sinon 
que c'est un mystère enveloppé des plus épaisses ténè- 
bres. Pesées à la balance d'une judicieuse critique, elles 
n'ont que peu de valeur. M. Velpeau rjipporte seule- 
ment quelques faits,. d'après lesquels l'âgç de l'embiyon 
pourrait être apprécié d'une manière asse^ positive^ 



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EMBRYOIOGIE. 4<>9 

mais ils ne sont pas tout-à-fait concluans ou cicempts de 
contestation. 

Quant à la forme primitive de Témbryon, il ne s^oc- 
cupe que de ce qu'il a pu constater par les sens, afin de 
ne pas s'exposer à substituer ses propres suppositions à 
celles des autres. Or, des observations recueillies en 
grand nombre sur des embryons fort jeunes , lui sem- 
blent' prouver que le racbis est la partie fondamentale 
du corps, qu'il parait avant tous les autres organes, 
qu'il e^ciste seul pendant assez long-temps , que la forme 
n'en diffère pas essentiellement de celle qu'il présente 
aux autres époques de la vie intra-utérinë , que , jusqu'à 
vingt et quelques jours, l'embryon n'est ni droit , ni 
renflé au milieu , que la tète et le cou forment au moina 
la moitié de sa^ longueur^ il ajoute que sa courbure se 
rapproche d'autant plus d'un cercle, qu'il est moins 
développé , et que les apparences de sa circonférence ex- 
terne diffèrent très peu de ce qu'elles seront par la suite, 
tandis que son contour antérieur ou sa concavité éprouve 
les plus grands changemens , parce qu'elle se remplit 
peu à peu de tous les organes qui s'y développent , tels 
que les diverses parties du visage , les membres , les vis- 
cères thoraciques et abdominaux. 

n résulte delà que révolu:tion organique ne s'opère 
point des côtés vers la ligne médiane, et que l'embryon 
n'est pas d'abord une gouttière , dont les bords végètent 
de derrij&re en devant, pour se réunir, pat une espèce de 
suture , sur la ligne moyenne antérieure. 

Mais par quel mécanisme le nouvel être se place-t-il 

et s'isole-'t-il dans l'intérieur des membranes? Suivant 

' M. Velpeau, l'expérimentation qui n'a pas permis jus* 

qu'ici de déterminer , ni Farri véë du germe dans l'utérus , 



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4(0 LITTÉRATURE MEDICALE FRANÇAISE. 

ni la forme primi^ve de Tembryon ^ 4 dû laisser à plus 
forte raison ce pioint dans le vague. Aussi les conjectures 
auxquelles on s^eat livré j et Thypotbàse qu'il avait sou- 
tenu^ lui-même à cet égards lui pfEiraiçseut avoir trop 
peu de valeur pour mériter une sérieuse réfutaUou. 

CHAPITRE SECOND. 

Déçfiloppement du fœtus. •— (jC second cliapitre de 
ce^te section a rapport au développement successif des 
diverses parties de Fembryon^ telles que la tète et les 
organes des sens , les membres et la partie inférieure du 
tronc* L'auteur est entré dans des détails si* nombreux 
qu'une simple analyse en donnerait une idée trop incom- 
plète, lioi^ jue pouvtma que ^envoyer à la lecture du 
t^xte, oà tout est du plus grand intérêt. Nous en dirons 
autant du dernier article où Tembryon est ppnsidéré de- 
puis la sixième jusqu'à la dixième semaine. On s'apçr-* 
cevra sans doute que M* Velpeau a passé sous silence le 
dévelppponent du cerveau et des nerfs , du cœur et des 
vaisseaux sanguips , des organes th6raciques et abdomi- 
naux^ de la peau, des os, des niusçles , etc. Mais l'ou- 
vrage qu'il vient de publier n'eît qu'une légère ébauche 
de celui qu'il ^promet sur l'organogénésie^ et où il en- 
trera clans de plus longues discussions. Cettei promesse 
doit dœic lui servir d'excuse en attendauit II avoue 
d'ailleurs qu'il est loin de prétendre regarder ses asser- 
tions comme à l'abri d*erreur et de CQntesution : l'exa- 
men des faits ne l'a pas encore assez éclairé sur une folile 
de questions qu'il se pr6pose.de traiter. 

En. terminant son (ravail , Il rappelle le but qu'il s'est 
proposé ; c'est de soumettre à une cantre-epreuye l'évo- 
lution organique de l'œuf humain, poui^Iaquelle ou n'a- 



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BKBaYOLQOlB. . 4^^ 

vait consnltéque Tanalogie, déduite de Tanatomie ou de 
la'pliysiologie comparée. En descendant de Thomme aux 
autres êtres animés /et en prenant k son tour la femm^ 
pour point de départ, il croit ramener les esprits à une 
critique plus sévère des faits , les empêcher d'en tirer 
trop précipitamment des conclusions rigoureuses, et faire 
r(çs§p^ûr ainsi, la e^usç d^une iaule dVrraurs et de mé* 
prises en fait d'embryologie. 

LWTrage de M. Yelpeau est suivi de quinze planches 
à Tappui du tc^te. Elles contiennent des figures dont les 
unes li^isont propres^ et les s^^tres appartiennent k dif- 
fé]:^ens auteurs. Ces dernières sont expliquées de manière 
à montrer en quoi elles se rapprochent ou s'éloignent 
de Vétat norçud. Parmi les unes et les ai^tres , il en est 
un grand nombre qui représentent des produits altérés; 
ou malades. Toutes ont été aussi bien^oignées que pos- 
sible pour rendre la nature avec fidélité* L'auteur et 
le graveur n'ont rien pégligé à cet égard. 

Notre conclusion définitive est que l'ouvrage de 
M. Yelpeau nous a paru le meilleur traité d'embryo^ 
logjie ou d'ovologie qv4 ait été publié jusqu'à ce jour. 
Outre l'utilité qu'il présente, nous ne craignons pas 
d'fissurer qu'op en trouvera la lecture fort curieuse et 
fort p^uai^te d'un bout à l'autre (i), Çàpumoii • 



(l) Ajooloîis qm, ai TAnalysè qa^on rient de lire peut paraître lon- 
gue eu égard mi Tolugu de Toarnige qui ea est l'objet » on ne la jagera 
^ pas trop étendue en égard au nombre, k . llmportanee et à la spécialité 
des faits que cet onvrage renferme, et dont elle donne tonte la substance. 
Une analyse faite avec un soin aussi consciencieuse, et par un écrivain 
aussi profondément Tersé dans la matière que M. le professeur Capuron , 
n*est-dle paa eUe-roémeoa bon ouvrage, qu'on aime à lire et i consulter ? 

(Note de la Revue méeUeàle,) 



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4l2^ LITTÉBATUBE MÉDICALE FB ANC àlSE. 



Traité de pathologie méthodique ou philosophie 
que basé sur Vexpérienct; 

Par J. P. Batigne , . ' 

Docteur agrégé et chef des travaiiz anatomiqaes à la Faoolté de médeciiie 
de Montpellier, chirurgien interne à l'Hôtel-Dien de la même Yille , 
professenr particulier d'anatomie et de clinique médicale, etc. à vol- 
în-8. ' , 

Il y a long-tèmps que nous avons à rendre compte de 
cet ouvrage. Nous nous sentons d'autant plus coupables 
envers Tauteur, et d'autant moins excusables à nos 
propres yeux, que la philosophie médicale de M. Batîgne' 
sympathise, en ce qu'elle a de fondamental, avec celle que 
nous nous efforçons de faire prévaloir dans ce journal. 

Il reconnaît en principe comme nous , avec Hippo- 
crate d'ailleurs et les plus illustres médecins de tous les 
siècles, que tous les mouvemens de l'organisme ne se 
font qu'en vertu d'une seule et unique force,de la force 
naturellement appelée vitale et médicàtrice, qui les coor- 
donne , les dirige tous vers un but commun ^ la conser- 
vation de l'individu. Pour lui, comme pour nous, les 
maladies ne sont que des réactions plus ou moins efficaces, 
plus ou moins violentes de celte même force contre 
toutes les causes qui tendent à déranger l'harmpnie 
qu'elle est chargée de maintenir entre chaque partie , 
pour que la santé ait lieu. La science du médecin 
doit donc consister essentiellement à bien connaître 
l'histoire de ces réactions, pour pouvoir juger, dans Toc- 
casion , quand il convient de les favoriser , de les modé- 
rer, de les modifier ou de les arrêter. Le médecin, d'a- 



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pAtholooib MÊTHOPIQUE. ^l3 

près cela , ne doit être , comme Ta si bien pensé le père 
de la médecine , (jue le ministre et Tinterpràte de la 
nature, au Keu de se croire appelé à lutter sans cesse 
contre elle. 

Ces vues sont aussi justes que simples , et nous n^au- 
rions pas besoin, ni nous ni l'auteur, de les renouveler 
de Fantiquité , si Ton ne s'en fut écarté pour suivre des 
systèmes dont on reconnaît généralement aujourd'hui 
le vide et l'insuffisance. M. Batigne démontre parfai- 
tement pourquoi ces systèmes n'ont pu se soutenir, 
quoique certains d'en tr'eux renfermassent de grandes vé- 
rités. U conçoit qu'un esprit vif, ardent , élève tout un 
système sur une vérité qu'il croit avoir découverte •, mais 
ce qu'il ne comprend pas , c^est que des médecins de 
mérite , sous le titre un tant soit peu orgueilleux d'e- 
alectiques , s'amusent encore à chercher la vérité , en 
prenant un yu5fe milieu parmi tous les systèmes. « Gom- 
. ment ne voyent-ils pas , dit-il, qu'ils raetteùt plutôt un 
obstacle à l'établissement d'une doctrine capable de con- 
stituer la science médicale? Car^ selon eux , chaque in* 
dividn est appelé à juger d'après sa raison ; et comme son 
jugement peut différer non^eulementde celui de tout au- 
tre personne , mais encore de la manière de voir qu'il a 
eue autrefois et qu'il aura h l'avenir, il sera donc toujours 
impossible , en faisant de l'éclectisme , d'établir des rè- 
gles générales de conduite ou des dogmes qui forment 
une unité scientifique. L'éclectisme , tel que l'ont conçu 
la plupart des médecins , ne saurait pas plus être appli- 
qué à la médecine, qu'il ne peut l'être à l'astronomie, à la 
physique , à la chimie. Chaque science a ses faits, et c'est 
sur eux que les principes doivent être établis. On peut 
même dire que l'éclectisme doit nécessairement conduire 
Tome IV. Décembre i833* 37 



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4l4 LITTÉRATURE MÉDICALE FRASÇilSE. 

à Tanarchi^ médicale , attendu que chaque iudivîd4i i en 
se proclamant éclectique , déclare d'avance qma «09 ju^ 
gement, e^t supérieur à celui de tant d'hommes célèbre», 
qui ont travaillé toute leur vie pour établir un système». . 

f( L'çclectisme, ajoute- t-il en finissant > ne peut être 
considéré que comn^e transitoire et signalant une épo- 
que de trouble et d' embarras : il indique de plus en plus- 
le besoin que Ton a de trouver le moyen de coordonner 
tous les faits et de ^mettre un terme à toutes les discus- 
sions qui agitent depuis long-temps le monde .médicaL » 

Il suffirait, sans doute, de ces vérités de sens corn- 
^nun^ comme les a d bien qualifiées, tout récemment^ 
M. le professeur Gayol , pour justifier le litre de Patho^ 
logie philosophique^ que M. Batigne a donné à son ou* 
vrage ; mais ce n'est point dans ce sens-là précisément 
que Fauteur entend donner cette qualification à son 
traité. Grand partisan de la philosophie anatomique de 
M. Geoffroy Saînt-Hilaîre, il propose d'importer en mé- 
decine la même méthode de philosopher, que ce célèbre 
naturaliste a introduite en histoire nattu^elle. Pour lui, 
les maladies sont^ c'est'-à-dire qu'elles ont une existence 
propre et individuelle, aussi bien que les êtres organir 
ses. Si ces derniers naissent, croissent, se reproduisent et 
meurent, les maladies sont produites par des causes, com- 
mencent^ croissent , cessait et se reproduisent quelque^ 
fois , en un mot , parcourent des périodes qui ont de 
r analogie aifec les périodes que suivent les êtres orga- 
nisés eh se déçeloppant. Les maladies, comme les di- 
verses pwties qui composent l'organisme , ont leurs ca- 
ractères, les élémens qui en proviennent, leur ordre 
de développement et de combinaison régulier ou natu- 
rel; une subordination réciproque existe entre ces 



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curaetèreftel.eesâémeiis; les «bjets extértetirs exercent 
une action sur eux. Ces eardctères, ces maladies enfili 
subissem patfois desdiaag^ens importans qui codsti- 
'tuen t des irrégularilés , de craies anomalies , et ces aûo^ 
malies ft^M en patholog;>e philosophique, ce que les 
nibnstruosités^ sont en pathologie anatomique. Les unes 
et les ftutresf sont susceptihles d'être rattachées^ à Tétat 
normal. Dans un parallèle fort ingënieuit (pag. 34)9 
Taulear pousso la comparaison aui poinff d'admettre qu'on 
peut applique^ aux mdadies lés principales lois que la 
philosophie anatomique anidtale ft reconmxes aux corps 
pganisés^ teUea que^ i"" l»k>i de Fengeildren^nt végé'- 
tatif des organes *, a^ la loi de k'ordre datis faâ^aciation 
progressive d^es tissus 9 3^ la loi de k stiborditiation dés 
tissus et desélémesâ oti^ganique»^ 4^ la loi de la correld- 
ijon des formes ^ 5^ les lois de symétrie et de conj ugaisoa ; 
6^ enfin , la loi du balancement des orgaftes. 

En voilà assca^ je pense, pour fajre voir que si M^ 6a- 
tigne est avec nous pour les principes , il s'en éloigne 
de beaucoup par sa méthode qui tend à donciliet 1 hip- 
pocratisme av^c la jdoctrine des afômeni pathologiques 
de Barthez et de Dumas, doctrine qui parait jouir 
encore de quelqâe faveur à la ^BKsulté de Mbnf pelliet , 
nj^isqui ua jaiAais pu franchir le seuil de cette école, 
doctrine toute artificielle, qui présente peutrélre quel- 
ques avantages pour initier les jaunes élèVes auTt pre- 
miers élémuens de la pathologie , mais qu'ils doivent ou- 
blier ensuite , sous pane de s'éloigne1l> de plus en ^lus 
des réalités, et de finir p«^ perdre de vue les véritables lois 
de Torganisme en opérant toujours sur des abstractions. 
Chaque caractère morbide , et chaque ^ment qui le 
compose, doit être, dans cette méthode, analysé avec 



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4l6 LITTÉRATURB MÉDICALE FmASÇAlSB. 

soin et classé d'après son degré d'importance. Pnîs, 
quand cette sorte de dissection anatomico -pathologique 
est achevée, on étudie dans leur ensemble Tordre de 
développement et les degrés^d'importance et de subor* 
dination des diverses parties qui constituent les mala- 
dies. On se trouve naturellement forcé ainsi à suivre la 
filiation des phénomènes pathologiques dans l'ordre 
de leur développement, et à en attendre une sorte de 
succession , prévue d'avance ^ qui fixe l'imagination de 
l'observateur et devient la règle de sa conduite. 

Il y aurait , sans doute , bien des choses à dire sur 
cette comparaison des maladies, actes vitaux, réactions 
anormales de l'organisme, essentiellement mobiles et 
variables de leur nature , avec des êtres matériels qui 
ont, dans la nature, une existence individuelle et con^^ 
tamment la même. Mais l'auteur répondrait à cela, qu'il 
est plus facile qu'on ne le croit communément de recon- 
naître^ à l'aide de sa méthode, dans Içs maladies, un ordre 
constant dontle type, pour lui, se trouve dans les trois pé- 
riodes d'un accès de fièvre ; puis il arguerait de la mar- 
che de certaines affections assez bien déterminées , telles 
que la rougeole , la scarlatine, la variole. Après tout, 
M. Batigne ne veut pas qu'on confonde l'identité de sa 
manière de procéder dans l'étude de l'organisation et 
dans celle des maladies, avec l'intention d'assimiler ce 
qu'il compare. « J'admets, dans l'un et dans l'autre cas, 
dit-il, l'identité, quanta la manière de philosopher, sans 
pour cela reconnaître l'identité 4es olyets que j'examine. 
Dans l'un et dans l'autre cas j'étudie matériellement, si 
je puis parler ainsi , les choses qui sont soumises à mon 
observation , maifje ne les confonds pas. Je suis, en un 



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PATHOLOfttB MÉTRODIQUE. ^fj 

mot , la marche que Ton adopte dans robservation ri- 
goureuse des faits , et je les classe en procédant de la 
même manière, soit que je conisidère les animaux et 
même tous les êtres , soit que j'observe les maladies. » 

Cet ouvrage, tout recommandabl^ qu'il est par les 
bonnes doctrines auxquelles il se rattache^ et par Tori- 
ginalité de la méthode qui y est proposée , est cependant 
un peu long et fatigant par là redondance de mots d'as- 
sociation nouvelle , que l'auteur n'a pu éviter du mo- 
ment où il a pris le langage de la philosophie anatomi- . 
que. Il eût été à désirer aussi qu'il se fût abstenu de sur- 
charger son discours d'une foule de définitions, de 
divisions, et de subdivisions qui ne sont pas toujours 
assez motivées» Auctmç maladie, du reste, n'y est traitée 
en particulier; il les rapporte toutes à son chapitre des 
fluxions et à vingt-sept observations recueillies sur divers 
sujets , d'après sa méthode , et qu'il donne comme mo- 
dèles à ta fin de son second et dernier volume. 

L 



BEVt7E AlfALYTIQUE ET CRITIQUE DES JOURHAUX 
DE MÉDECI»E FRANÇAIS. 



Ramollissement de la moelle cpinière. '•^Clinique de 
M, Guersent.'-^Coqueluche, — Absence (Tonus sur 
unejemme de 22 ans. — Luxation de V astragale, — 
Tympanite guérie par la compression. — Corps étran- 
ger dans t oreille. '^^ Absence d^ hydrochlorates dans 
• t atmosphère marine* -—Emploi de la racine de rata- 
nhia. — Préparation d^ aconit. — Conser\fàtion des 



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4l8 LlTTéRATVaE ^ÉpiCALS PAàifÇiAlSE. 

çantharides.'-^NouifGflUX rnoxus^^^Manne de Briatt* 
çon. < — Falsifications ih la féàiilçt.'^ Absence de la 
morphine dans les semences du pavot* «^^ Onguent 
mercuriel, — < Assainissement des eaux de laçage 
des salles de dissection* ^^ Èleetuaire d^écorce de 
grenadier, — Pommade contre la teigne» 

Qazette médicale (novembre i833). 

Ramollissement du renflement inférieur dfi ta mqelle 
épinière ; par M, Iç docteur HEapiA, ^— Une femme, 
âgée de 55 ans, tombe d'un deuxième étage. ^ûr le pavé 
( fracture de Textrémité carpieupe di^ radius, plaie con* 
tusiç au-dessus de l'oreille gauche), yivedp^leur k la 
région lombaire et dans les membres inf(^içur3, dont 
le mouvement est borné aux orteils et aux pied3- Légère 
. sensibilité k la pression des troisième et qu^trièmp ver<« 
tèbres lombaires; vomisse^len$ bilieux. i5 sai^gsuos sont 
appliquées aux lombes ; puis 12*, plus tard, i5 à Tanus; 
et le douzième jour il existe encore des douleurs dans les 
membres inférieurs ainsi que dans la région lombaire. 
Celles-ci sont réveillées par le moindre mouvement im- 
primé au corps , par la tlexiou même de la tète* La ma- 
lade ne peut écarter les membres inférieurs; quand ils 
le sont^ elle les rapproche par de petits mouvemens alter- 
natif!^ de flexion et de rotation , le talou ne quittant pas 
le lit.. Les pieds se portent en dedans. Peu de selles de- 
puis la chute; pas d'urines sans çatliétérrsnue. Le 18, les 
douleurs, so^t plus fréquenteji dans le côté droit que 
dans le côté^uche^ La motîlité est ^ussî plus grande. 
L^L pxaladç ramène, d'un seul mouvement, le membre 
droit dans ^adduction ; T^bductiou est presque impos-' 



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X tOirtiVKVX FRANÇAIS. 4' 9 

sible. Le 19 , deux selles liquides , sans que la malade 
en ait conscience. Le 20, les urines s^écoulent de mèmeb 
Un abcè» se forme vis-à-vis la dernière vertèbre lom- 
baire. Le quaranie-eînquième jour, il en paraît un nou- 
veau dans la fesse droite. Le quarante-huitième jour , 
mort. V 

Autopsie. — Pas de traces ni de fracture ni de luxa- 
tion dans toute la colonne vertébrale. Dure-mère saine; 
le cordon rachidien ayant partout sa consistance et sa 
éouletir naturelles , sauf dams son renflement inférieur , 
qiii , de chaque côté de la liglie médiane y présçnte à la 
section une surface rosée grenue, avec ramollissement; 
Rien de remarquable à Torigine des nerfs. Cette lésion 
explique la paralysie plus ou moins complète des mu^ 
clés qui reçoivent leurs nerfs de ce renflement, et la 
motilité moins diminuée dans les adducteurs dont les 
nerfs proviennent principalement des deuxième et troi- 
sième nerfs lombaires. 

, II. Revue de la clinique de M. Guersenty médecin 
de r Hôpital des Enfàns malades^ pendant les mois 
de juillet^ aoûtj septembre^ par T. Constant. — Dans 
les mois de juillet et d'août, la rougeole régnait épidé- 
i]|i^(|ii^9i(^r^Qi^ plttftDiinst quartiecsi ^ Paps. iitte .âta 
déclara dans toutes les divisions de Thôpital des enfans. 
Celle des galeux en fut seule préservée. Pas uii seul de 
ces malades ne fut atteint de rougeole v il en fut de même 
des choi*éïques, couchés dans les divisions des maladies 
aiguës, et qui faisaient usage de bains sulfureux. 

Cette observation confirmerait celle que Tourtual a 
faite en Allemagne. Ce médecin, dans une épidémie de 
rougeole, a vu cet exanthème épargner les enfans qui , 



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4^0 LITTÉRATUaS XÉDIGALB FRANÇAtSE. 

pour cause de gale ^ étaient soumis à ud traitem^t sul^ 
fureux. 

Au sujet de la variole , M. Constant se demande si ^ 
à l'exemple de M. Eichoru, médecin allemand, on doit 
admettre un rapport constant entre la violence de la 
fièvre d'invasion , l'intensité de l'éruption , et la quan- 
tité de conlagiwn absorbée. Il est certain que la quàn-' 
de contagiurti absorbée doit avoir une influence sur le 
caractère d'une variole^ niais ne faut-il pas mettre en 
première ligne , soit la constitution propre An sujets 
soit la disposition accidentelle dans laquelle il se trouve 
au moment où il contracte la contagion ? Et n'est-ce pas 
de là surtout que dépend la violence de la fièvre d'inva- 
sion 9 où , en d'autres termes , la force de réaction qui 
doit chasser au dehors la cause morbique P Ne sait-on 
pas qu'il est des côustitutions qui résistent à Taction de 
la plupart des miasmes , et d'antres qui en sont facile- 
ment affectées ? C'est, au reste, ce qu'a très bien exprimé 
le docteur Valette, dans un article sur les tempéramens, 
inséré dans la Gazette,, et dont nous rendrons compte 
quand il aura été entièren^ent publié. 



jirchipes générales de médecine (octobre i83â). 

De la Coqueluche. — Mémoire qui a remporté le 
prix proposé par la Société de médecine de Paris , par 
M. Blache , médecin du bureau central des hôpitaux.— 
Les questions posées par la Société étaient ainsi conçues : 
« Déterminer par des observations pratiques etdesnécrop- 
sjes ,que II e est la nature et quel est le siège de la coqueluche ? 
Rechercher si cette maladie est contagieuse ou seulc^- 



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70U1UÏAUX FRANÇAIS • 4^^ 

ment épidémique ? Indiquer quelles sont les afleetions qui 
peuvent la compliquer et dans quels cas elle devient 
mortelle ? Déterminer enfin^ le traitement qu'on doit ap- 
pliquer à chacune de ses périodes ? )» Deux de ces ques- 
tions (celles relatives au siège et aux complications) 
devaient nécessairement, à Fépoque où nous vivons, avoir 
le pas sur toutes les autres ; aussi ce sont surtout ces 
questions , auxquelles se rattache la partie nécroscopique^ • 
qui ont fixé, d'une manière particulière, 1 attention de 
M. Blache. Pour les résoudre, il s'est appliqué à re- 
cueillir des observations aussi nombreuses et aussi com- 
plètes que possible. Le cahier des jirchives^ que nous 
ayons sous les yeux, n'en contient qu'une partie; la suite 
paraîtra dans le numéro suivant : nous attendrons donc 
que ce travail soit complet pour le juger. Aujourd'hui 
nous extrairons seulement des considérations prélimi- 
naires placées en tète du Mémoire de M. Blache, ce qui 
nous a paru le plus propre à intéresser les praticiens. 

LesobservatioQs recueillies par l'auteur sont au nombre 
de vingt-et-une , dont une seule a pour sujet un adulte, 
les autres ayant été prises sur des enfans âgés de 25 mois 
à 17 ans, parmi lesquels douze filles et huit garçons. 

Ces observations^ sont divisées en trois séries,- l'une 
(" composée de sept faits) comprenant les cas de guéri- 
son \ l'autre ( de neuf) comprenant les cas compliqués 
qui ont étt une issue funeste \ enfin , la troisième comr 
prenant sept cas où des tubercules coexistaient avec les 
autres complications. 

La bronchite est une des afie;>tions qui ont le plus 
constan^ment précédé la coqueluche : dans plus de la 
moitié des cas , il y avait eu chaque hiver catan*hes aigus 
ou catarrhes chronique^. 



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42S LITTÉRATUaE MÉDlCALB PHANÇAISB. 

La durée de la maladie, évaluée approximativepiént ^ 
a élé de soixante-quinze jours au plus, vingt-cinq joi|rs. 
• au moins ; durée moyenne, un mois à cinq semaines, 

Parmi les affections qui sont venues compliquer la 
coqueluche , la pneumonie s'est montrée la, plus fré- 
quente 5 presque toujours cette pneumonie était double. 

Les accidens cérébraux ( coma , convulsions, etc.) 
qn'qn observe chez plusieurs sujets, ne, trouvèrent pas 
toujours leur explication dans les lésions anatomiques. 
Sur quatre sujets de cet ordre , à part une légère injec- 
tion qui n'existait même pas toujours , le cerveau , la 
moelle épinière et leurs membranes furent trouvés & 
Tétat normal. 

Dans quatre cas, les nerfs pneumo- gastriques , obser- 
vés avec soin , parurent exempts de toute lésion. 

La muqueuse bronchique a été trouvée pâle cinq fois, 
et quatre fois rouge. Ordinairement on trouvait dans les 
bronches des mucosités spumeuses , et deux fois on y vit 
du mucus puriforme. Trois fois ces canaux furent trou- 
vés dilatés , etc. 

Quant au traitement y la coqueluche bénigne a cédé 
aux moyens ordinaires (^et au temps) '^ la coqueluche 
^ave a été souvent funeste, et les émissions sanguines 
ont été employées avec un désolant insuccès. Pour mon 
compte, ce que je trouve encore de plus désolant ^ c'est 
que , malgré cet aveu , l'influence des doctrines anato- 
miques fera persévérer encore dans cette pernicieuse 
* voie les médecins qui sont le mieux convaincus de ses 
dangers. Trop préoccupés des résultats cadavériques , 
la maladie est toujours , pour eux , un assemblage de 
phlegmasles locales qu'il faut combattre par des moyens 
actifs. Devrait-on s'attendre, après cela, à les vgir sou- 



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tenir quç la coqueluche est une névrose^ et que, daus 
là coqu^luchô grave, il y a autre chosie que de rinflam- 
matîon? Devrait-on s^iittendrç à rencontrer auprès d'une 
pratique toute physiologique des théories aussi ontolo^ 
giques que celles qui spiit exprimées dans la phrase sui** 
▼ani(Ç? 

f( ,.••• Çest que dans ces coqueluches graves, comme 
dans les fièvres thyphoides^ comme dans le choléra, 
çt malheureusement aussi comme dans tant d^ autres 
élections f il y a un autre élément que Vinfiammation, 
élément inconnu , qui domine toutes ces plegmasies in^ 
tercurrentes j qui vous, cédera peut-être en un point, 
mais pour repa^aitre plus terrible en un autre, véri- 
taffh Protée qui séjour de nos poursuites, et qui, tôt 
ou tard, mais presque infailliblement » saisira sa vie-- 



Journal hebdomadaire (octobre et nov. i833). 

I, Absence de Tanus chez une jeune femme de as 
ansi canal rectOH^ginal; issue volontaire des matières 
fécales par la vulve ; absence des menstrues ; par 
M« RicoRB. -^ Les parties génitales externes n'offraient 
rien de retoarquableymais, cntreila commissure posté* 
rieure des grandes lèvres et la saillie du coccyx , à la 
place que devrait occuper l'anus , existe une tache bru- 
nâtre de la grandeur d'une pièce de un franc , irrégu- 
lièrement radiée et dépourvue de poils. L'anneau vul- 
vaif^ , situé à la profondeur ordinaire et dépourvu de 
caroucuiles myrtiformes, présente des rides excentriques 
formées par Ja. muqueuse : il jouit d une certaine force 
^ de contraction , bien moindre que celle d'un sphincter 



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^. 



4^4 LITTÉEATTJRB laÉDICÀtE FRAZÎÇA.I8E. 

anal 9 mais plus forte que celle des constricteursi^diDaires 
du vagin. Au-delà j le doigt peut être intr^ekliiit sans dou- 
leur, de même que le spectftnnïtf Ce dernier iiistrument 
met à découvert une muqueuse dépourvue des rides 
transversales ordinaires du vagin ^ et poussé , dans toute 
sa longueur, sans rencontrer la moindre coudure, ni 
aucune ligne de démarcation qui puisse indiquer un 
changement de tissus , il n'est arrêté que ^ par, dès ma-* 
tières fécales. Un doigt placé dans ce canal, tandis' 
qu'une sonde est introduite dans la vessie , ne sent, entre 
ces instrumens et lui, qu'une épaisseur de tissus, com- 
parable à la cloison uréthro et vésico-vagînale. Le tou- 
cher exercé sur tous les points , et le spéculum introduit 
h la plus grande profondeur, ne laissent apercevoir au- 
cun vestige de col utérin ni de matrice. 

yo)ci le résultat des questions adressées à cette femme 
sur te mode d'exécution des fonctions des organes affectés 
de ce vice de conformation : 

Leâ selles se font par la vulve, et sont soumises à la 
volonté : les gaz s'échappent souvent involontairement. 
Lorsque les matières fécales arrivent contre l'anneau 
vnlvaire, le besoin se fait sentir, mais aussitôt qu'il est 
satisfait, le doigt ^ introduit aussi loin que possible , nie 
rencontre plus rien : une simple injection, prise tout de 
&uite , entretient la propreté du ccniduit. 

Jamais les règles n'ont paru , jamais il n'y a eu de 
sang dans l'urine ou les selles. 

Elle vit depuis trois ans avec le même homme , qui 
jamais ne s'est aperçu de son vice de conformation. Les 
premiers rapports qu'elle a eus n'ont pas été douloureux , 
il n'y avait pas d'hymen à rompre. Il existe des désirs 
vénériens ^ seulement il parait que les jouissances du coït 



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JOUKUAUX FRàMÇàlS. 4^5 

n'ont pas chez elle une grande vivacité. Dn reste, elle est 
grande, svelte^ bien faite ; ses formes et sa physionomie 
sont celles du sexe féminin ; ses seins sont très déve- 
loppés ; sa voix est douce et féminine ; les poils qui om- 
bragent le pubis et les grandes lèvres sont abondans et 
serrés. 

Cette femme est dans ce moment affectée d'une blen- 
norrhagie urélrale, sans avoir rien à la vulve ni dans le 
canal ^ectorvaginal. 

il. Luxation de V astragale, — Un homme de 4? 
ans fut amené à l'Hôtel-Dieu le 17 septembre dernier, 
encore dans un état d'ivresse. La veille au soir, en des- 
cendant un escalier, son pied gauche s'embarrassa dans 
la rampe, et le poids de son corps entraînant tout-à-coup 
la jambe à angle droit du côté opposé, la résistance des 
ligamens latéraux externes fut surmontée, et l'astragale 
fut violemment poussé en dehors. Voici ce que présenta 
le malade à «on CDtrée : impossibilité de mouvoir le pied, 
difibrmité, plante du pied fortement tournée en dedans , 
éminence formée par l'astragale au-dessous de la mal- 
i léble externe \ cet os paraissait assez fortement enclavé 
entre le tibia et le calcanéum, tout en conservant un peu 
de mobilité. -^L'état d'engourdissement , de demi-insen- 
sibilité dans lequel Tivresse tenait encore ce malade, 
parut à Mf |!)upuytren une circonstance favorable à la 
réduction» Lç malade fut doue étendu sur un lit, la 
jambe fléchie sur la cuisse pour relâcher les m.uscles fé- 
moro-calcaniens } des aides prirent le pied pour en faire 
l'extension ; h contre^xtension fut faite snr la paitie 
inférieure dç la cuisse , à l'aide d'un lacs placé dans 
l'anneau de fer scellé de l'amphithéâtre. M. Dnpuytren 



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4ft6 LITTÉKATUEB XtolQAl»B FRâUÇAlSE. 

soutint rartîcuUtioiii eu plaçant la, main dé maniàre a 
pouvoir presser sur Tastragale, et parvint, pendant cpe 
les tractions faisaient céder les mUsclea, à faire peu à 
peu exécuter au pied un mouvcmeiît d'arc de cercle pat 
Jequel la face supérieure de l^astragale fut reportée soiu 
la concavité tibio-péronière , et le pied ranoiené à sa rec-^ 
titude ordinaire. 

Un simple appareil contentif fut immédiatement dp^ 
pliqué ] mais , soit que la consiriction fut insuffisante f 
soit que la déchirure des ligamens latéraux fut complète, 
on observa le lendemain un léger déplacement ; dès com- 
presses en plusieurs Roubles appliquées, pour j remédier, 
sur la saillie de Tastragale, ayant déterminé une l^ère 
escarre à la peau sur le point comprimé , M« Dupc^trea 
lesremplaçaparrappareilordinairedesfracturesdejambe, 
en ajoutant toutefois une langue attelle, semblable a celte 
qu'il emploie pcmr la fracture du péroné , maïs placée 
cbez ce malade an calé externe de la japibe , et destinée 
à maintenir le pied dans sa rectitude naturelle» Ce moyen 
réussit à merveille , et le malade sera bient^en état de 
sortir de rbôpital. Il devra porter une chaussure cofi^ 
tentive, pour s'opposer à la sortie de L'astragale. ' 

IIL Tjrmpaniêe aifec symptôme^ graines ^ guérie pat 
M. te dQcteur GamsaiU ^^G*.. ^k^éé de 68 ans, do-^ 
mestîque, reste occupée, toute la journée du lo novem*» 
bré à laver dtt littge à la rivières Lé soir, n'ayant pris qtfe 
peu d'alimens pendant le joui", elle soupe avee dfes hari-» 
cots , et se couche presque immédiatehieu t. ^^ Insomnie 
et un peu d'agitation. Le 1 1 at» ^àti», sentiment de hial- 
aif€ et p*ante«r dans tout le Veilfre'quî n'iest nr tum^ 
fié, ni douloureux ^ dégo&t prènoneépmir 1^ alîmcns ; 



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bouche pâteuse, amère^ pas de Gèvre. {TTié iP abord, 
puis boissons délayantes acidulées). — ^-Le 12 , depuis le 
milieu de la nuit, coliques vives qui arrachent des cris 
à la malade; elle reste couchée sur le dos, les traits 
commencent à se gripper ; Tabdomen , plus volumineux 
que la veille , ne de?ient cependant douloureux que par 
une forte pression *, son tympanique , surtout dans la ré- 
gion moyenne et supérieure du ventre*, de temps à autre, 
quelques éructations; pouls petit, concentré : la malade, 
habituellement constipée, est depuis long- temps sujette 
aux hémorrhoïdes ( i a sangsues à Tanus , fumigations 
émollientes , Usane d'orge , lavement huileux, diète). 
Le i3, augmentation de la distension du ventre ; éructa- 
tions plus rapprochées; point de selles ni d'émission 
de gaz par Tanus ; Vanxiété et l'abattement vont crois- 
sant (10 sangsues autour de l'ombilic , potion purgative 
huileuse , lavement huileux ^ infusion d'anis ). Tous ces 
moyens ne produisent aucun changement , non plus que 
les suivans employés successivement: bains, applica- 
tions d'eau vinaigrée froide , nître et camphre en po- 
tions et en lave mens ^ lavemens fortement purgatifs , 
ammoniaque liquide , aspiration des gaz , à l'aide d'une 
bonne seringue , armée d'une sonde de gomme élastique 
introduite profondément dans le rectum. L'état de la 
malade s'aggrave rapidement, et le 17, le ventre est 
énormément ballonné , et sur ses parois amincies se des- 
sinent lés circonvolutions distendues de l'intestin grêle; 
la respiration est courte et laborieuse par le refoulement 
tlu diaphragme ; éructations fréquentes^ presque conti- 
nuelles , boissons rendues aussitôt que prises , des ma« 
tîères demi-liquides et fétides sont également rqjetées à 
des intervalles éloignés d'abord , puis de plus en plus 



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428 LlTTÉRàTiniE ^ÉDICALB rilAlfÇAlSB* 

rapprochés : les vomissemens se font sans effort, et 
comme par régurgitation ; il ne se fait point d'évacuation 
par Fanus ; pouls dépressible et misérable , peau aride^ 
faciès profondément altéréii» M. Gaussail proposait en 
désespoir de cause Tacupuncturcou la ponction des in- 
testins sur le succès de laquelle il comptait pourtant fort 
peu, et dont il n'osait d'ailleurs prendre sur lui toute la 
responsabilité. Cette opération, ainsi qu'une consulta- 
tion qu'il désirait, sont repoussées par les parens et la 
malade elle-même. Enfin il lui vient à l'idée d'^exercer 
sur le ventre une compression graduelle, à l'aide de lin- 
ges plies en plusieurs doubles et d'un bandage de corps : 
ce moyen lui sourit d'autant mieux que le ventre est 
toujours peu sensible à la pression de la main. Cette 
constriclion, exercée avec une certaine force, estd'fd>ord 
péniblement supportée, au point que la malade prie 
qu'on l'en débarrasse : on persiste^ il survient quelques 
menaces de syncope \ mais au bout de quelques instans , 
le calme se rétablit , et au bout de deux heures , il y a 
une amélioration remarquable *, Tappareil compressif re- 
lâché permet d'introduire les doigts au-dessous et de re- 
connaître un affaissement notable du ventre \ pendant 
tout ce temps , des gaz ont été rendus en fort grande 
quantité par la bouche : cette émission continue, beau- 
coup plus par la bouche que par l'anus \ le bandage est 
resserré à diverses reprises , enfin dès le soir, le ventre 
est totalement affaissé , et la peau sillonnée d'une mul- 
titude de petites rides» Les vents ne sont plus rendus 
que rarement , le pouls s'est relevé , la souffrance et 
l'anxiété font place sur la physionomie à ime expression 
de contentement et de bien-être. L'application du ban- 
dage est continuée pendant trois jours , le mieux se sou- 



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JOUKNAUX FllANÇAIS. 4^9 

lient j des pilules purgatives sont données pendant cpiel- 
ques jours i puis quelques alimens , dont la quantitéest 
progressivement augmentée^ enfin le i*' décembre, la ma- 
lade complètement rétablie peut vaquer à ses occupa- 
tions. 

M. Gaussail fait remarquer , dans quelques réflexions 
publiées à la suite de son observation * que la compres- 
sion ne figure pas parmi les nombreux moyens conseillés 
pour combattre le météorisme, et qu^il n'en est pas fait 
mention dans tous les ouvrages qu'il a été à même de 
consulter sur cet objet. Je ne saurais dire positivement 
si, enefiet, la mention de ce moyen a été oubliée par les 
auteurs , ou s'il en est parlé dans quelque ouvrage : mais 
ce que je puis assurer, c'est qu'étant interne dans les 
hôpitaux, j'ai vu M. Récamier, qui a fait d'ailleurs des 
applications si ingénieuses et si remarquables de ce pro- 
cédé thérapeutique, combattre s(^uvent, et avec des suc- 
cès variés , le météorism.e si commun des femmes hysté« 
riques par la compression! exercée à l'aide d'une ceinture 
Jacée , ou d'un corset qui embrassait toute la cavité ab- 
• dominale : j'ai vu plusieurs fois le massage, qui n'est 
qu'un mode de compression, réussir à merveille dans des 
cas analogues. Peut-être même ce dernier moyen aurait- 
il une supériorité marquée sur la compression circulaire 
contivue : il paraît rationnel de croire qu'il exciterait da- 
vantage les contractions du tube intestinal , et provo- 
querait plus activement l'expulsion des gaz. Bien en- 
tendu que ces m<^ens thérapeutiques ne sont applicables 
qu'à des cas de météorisme , du genre de ceux dont 
nous Venons de parler , météorisme sans douleur, ni in- 
flammation , dû à une cause appréciable , et qui ne soit 
Tome IV. Décembre i833. 28 



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43o . LITTÉRATURE MtolCAXE FRANÇAISE. 

pas de niatare à rendre uwi-à^faît nmtile on dangeretix 
remploi de ces moyens, 

^ IV. Corps étranger extrait de Vorçilley après y avoir 
séjourné pendant six mois , accidens cérébraux , etc. 5 
pai- M. Ratibr. — Un enfani de sept ans , bonne consti- 
tution, eut au mois ^e novembre i83â un petit phlej^-: 
mon sous Toreille droite qui, malgré Fapplîication de 
huit sangsues , vint à suppuration en cinq on six jours. 
 peine Fabcès ëtait41 ouvert et vidé , qu'apparurent de* 
symptômes de phlegmasie aiguë des membranes dn ca- 
veau, assez rapides et assez graves pour nécessiter une 
consultation de M. FoHquier,,qui conseilla un traitement 
ahtipblogistique très actif. Le succès fut entier» et la 
convalescence complète dans les premiers jours de^n*^ 
vîer i833. 

,Dèux mois après, Tenfant, alors en parfaite santé, ra- 
conta à sa soeur qu'avant les premiers accidens , un de 
ses petits camarades d'école liii avait introduit dans 
roreillc droite une pierre qui n'était pas soi^tie depuis. 
Sa mère, instruite de cette circonstance, put constater le 
fait à l'instant mème^ à la simple vue, et à îa percussion 
avec un cure-orcîUe d'acier. M. Ratier, appelé sur- le* 
champ, reconnut aussiunepierre enfoncée dans lecondnit 
auditif, qu'elle remplissait assez exactement pour qu'un 
stylet ne put glisser quediffidlement entré elle et le canal. 
Les parties ne présentaient du reste aucun signe d'irri- 
tation. L'indocilité, les cris et l'agitation de l'enfant à la. 
moindre tentative d'extraction, agitation portée jusqu'à 
un état presque convulsif , donnèrent à M. Ratier l'idée 
d'enivrer l'enfant pour engourdir sa sensibilité et aii-« 
nuler sa résistance \ il savait que ce moyen, conseilU par 



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lOURHÂUX PRÂNÇAld. . ^'^ 

divertantews, avait été mia en usage quelque temps au^ 
paravaat ehei un Russe tràs irri tabler, auquel 6n deVail 
extraire un calcul de Turètre. On s'était servi chez ce 
malade de vin de Champagne arec uii deo^i-^rain d'^piimi 
par verre, e^ Topératlon avait eu le plus heureux succès. 
M. Ratier enivra le petit garçon, en lui faisant boire coup 
sur coup plus d'une demi-'bonteille de vin des coteaux 
de Saumur, vin sncré et spiritueux. En moins d'une 
' demi-heure ^ Tenfant tomba dans Thébétude la pins com- 
plète et l'assoupissement le plus profond. La pierre était 
si solidement enclavée dans \e conduit que M. Ratier ne 
put pas seulement l'ébranler, et la curette d'argent, dont 
il se servait» plia dans Veffprt» M< Dupujtren, appelé 
k l'instant même , se servit d'une curette en acier montée 
sur un manche solide , et enleva d'un seul coup le c^ps 
étranger { il lui fallut toutefois un effort très énergique^ 
et il s^en suivit une certaine dilacération du canal et une 
perte de sang assez abondante^ Le petit caillou, angn* 
leUx , irréguljîer, avait quatre lignes dans son plus grand 
diamètre. L'enfant ne bougea pas plus que s'il eût été 
mort I et ne C(»nmença guère à reprendre ses sens que 
dans la soirée, après avoir vomi plusieurs fois, et laissé 
échapper, sans en avoir la mioindre eousoienee, les urines 
es les matines fécales. La violence dont le conduit au-' 
ditif avait été l'objet^ ne produisit, quelques jours> plus 
tard , qu'un petit abeès sans gravité , qui se manifesta 
sut la partie latérale du cou« 

M. Ratier fait remarquer le long séjour dû corps 
étranger dans l'oreille sans produire d'accid^ns graves 
d'abord, puis Je développement de l'inftammati pu céré* 
brale, qui disparait malgré !la persistance de la <^iHe, 
enfin .]'c|bsence de toute douleur locale qui pAt laire 



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43a ifTsrifikTVKZ médicAib PAAirçiisE. 

même soupçonner la source des divers phéiiomènes mor- 
I>ide8 qui se ^laAÎfe$tèrent successi vendent. Il n'est pas 
rare que des çorp étrangers s^ournent long-temps dans 
Voreille. Il n est pas d'élève attaché aux hôpitaux de 
vieillards des deux sexes^ qui n*ait eu occasion de ren- 
contrer plusieurs fois, en se livrant aux études anato- 
miques, un bouchon solide^elcompacte, composé de coton 
tassé et enveloppé d une couche de cérumen , obstruant 
exactement le fond du conduit auditif de quelques vieil- 
lards , appuyant sur la membrane du tympan dont l'épi- 
derme est quelquefois enlevé en même temps que le 
cylindre de coton auquel il.est adhérent. Ces vieillards 
sont aifcctés d'une surdité qui remonte le plus, souvent 
à un assez grand nombre d'années , et concorde proba- 
blement avec l'époque où une boule ^e coton , oubliée 
daQs le ccmduit auditif, a été enfoncée et tassée de plus en 
plus par r.introdtLction répétée du doigt, introduction de- 
venue en quelque sorte .irrésistible .'et machinale par 
l'espèce de gêne et de bourdonnement incommodes oc- 
casionnés paiT je corps étranger, et qui ont précédé la 
surdité absolue. — J'ai vu tin grain d'aVoine.qui fut 
extrait de l'oreille droite, où il avait séjourné plus de 
deux ans , sans donner lieu . à aucun autre phénomène 
qu'une sorte de bruissement qui rendait l'auditicMi un 
peu moins, distincte de ce côté. L'inspection de l'oreiUe 
à une lumière vive, l'introduction d'un stylet, dans le 
conduit auditif n'en avaient pas fait reconnaître la pré- 
sence. La seusibilité exquise de la membrane du tym- 
pan , lorsqu'on introduisait un stylet d'argent , ne permit 
pas d'explorer assez long-temps et avec as^ez d'attention, 
et la pénétration de cet instrument à cette profondeur 
fit renoncer* peut-être, trop vite à l'idée de U présence 



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ÏOnilSr Aux FRANÇAIS. 4^3 

d^uQ corps étranger. Toujours est-il qu'après une appTÎGa- 
tion de sangsues derrière Toreille, et quelques injections 
huileuses dans le conduit , ce corps fut extrait avec fa- 
cilité et pour ainsi dire par hasard , à l'aide d'un cure- 
oreille , dont on se servait dans un seul but de propreté^ 
pour enlever le céniinen, dont la sécrétion n'était pas 
du reste augmenitée d'une manière sensible. Cette graine 
était revêtue de son écorce , éfnoussée aux deux pointes 
^t enveloppée d'une légère couche de cérutiien. Il est 

. probable, qu'elle était retenue dans le conduit par sa 
position, ses deux extrémités arc-boutant en quelque 
sorte contre deux points opposés du conduit cylindroïde. 
L'introduction répétée du petit doigt avait pu concourir 
à la fixer assez solidement , et peut-être ne doit-ellè sa 

-, sortie et son extraction facile qu'à un changementxie po- 
sition, déterminé par les ikijections et les introductions 

. journellement réitérées de la curette dans le conduit au^ 
ditif. 



Journal de pharmaàie (novembre i833). 

l. SurJa non^existence de Vacide hydrochlcrique , 
éu des hjdtochlorates dans f atmosphère près de la mer 
ou sur la mer même ^ pai* M. RotrBADoi , pharmacien à 
Nice. — - M. Vogel de Munich avait établi , d'ajprès des 
recherches faites siir la Baltique, i^ que l'atmosphère 
de cette mer contient moins d'acide carbonique que celle 
de la terre , et qu'il est probable que l'aci4e carbonique 
diminue à mesure qu*on s^éloigne du continent ; i"" que 
cette atmosphère renferme des hydrbchlorates en plus 
ou mcHns grande quantité ( JoumaZ de Pharma€ie^^ 
7^^ année, pag, 46i )• 



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434 LITTÉRÀTIIRR U^pi^MhU F&4NÇàISE. 

. M. Fodéré, ématlam, l'opinion que le séjour ifiur kft 
bords de Ja Mëditerruaée est contraire au phthisiques, 
attribue eette iofiuence fâcheuse i la prédence^ dans Fat* 
mosphère, de quelques unsilesélémens des sels hydro- 
chloriques ou du gas acide hydrodilorique lui-même , 
développés dans cet air,paje une action ëlectro*qkimi-' 
que ; cette opinion^ contredite par un grand nombre de 
médecins du littorol^ n'est du reste appilyée sur aucune 
expérience directe* 

; M. Roubaudi a fait quelques expériences propres à 
éclajroir la double question desavoir : i** si 1 atmosphère 
des; cdte$ contient de Facide hydrochlorique libre ou 
combiné 5 %^ s'il en existe dans TatmospHère de la mier, 
À quelque distance des côtes. 

C'est sui:* la vapeur atmosphérique eondenaée k la sur- 
face d'un récipient rempli d'un )mélap§(e réfrigérant , et 
recueillie sur terre ou en mçr ^ à des di^tance^ vluri^tblea 
du bord y et à des hauteurs diiTcrentes , tantôt par ¥», 
temps calme , tantôt par. un temps agité et une mer hou- 
leuse, c'^iît sur cette vapeur j dis -jç5^> qu'il a ,faî^ agir les 
réactifs propres à aéceler la présence dès hydrochlorates 
çu de l'acide bydrocUouriqne* Il a répété au^ l'exjJé- 
rience de Yogel ^ qui consistet à exposrr m jurant du 
yent de mer , à cent cinquante pas du rivage ^luo ballon, 
et deux larges.tubulures , disposées dans le sens du cou^ 
rant> et contenant une aokitioÉi de nitrate d'argent. . 

Ces recherches ont conduit M. Roubaudi à des con- 
clusions tout^àrfait contraires à celles clu chimiste aile* 
mandet du médecin français ; les voici. 

i*" Xi'air sur les bords delà nerv etisur la meif (mème^ 

ne contient ni acide hydrochlorique:, ni hydroohloiaies : 

. 2** Lorsque la mer est agitée^ et s^rt<M|t loraqu'^orègne 



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xm veat vialetti) défi moléottle»d'eaude mer , dans imgrtnd 
fitat de^léiinité, flottent dans reâr, fiiiri^Mtt près des bcMrds 
où les vagues Yiettnenl se brisw, et sont même trans* 
portées par le yent à des distances plus- ou moins ^àudes^ 
suivant la violence et Jie degré d'agitation de la mer. 

3^ Sans vouloir éiaJblir d'une manière précise cette 
distance I on peut croire qu'elle ne tiépasse pas^cordînai'- 
renient oeUe de cent pas^ du moins à JNioe, oà le veut 
de sud esi ranement très vi&Ienl. 

IL lie Vemfdoi pkarmaasd^ique de la iwine *éh 
ptUmrûiia^ par M. SovmraM.kii.{Extr. du Sulletin <fe 
Thàmpe^aiqwe^ ) — H résulte des reelwrches de M« Sou'^ 
beiran sur Finfusion «t la^éoection acpMute du ra^ 
lanhia et survies extraits obtenus île oiss deux iproduits ^ 
et rextrait obtenu au mojen de ralcoolà ââ"", cuiseulé*- 
ment à aai^, selon la formule du Codex, que la.propor* 
lion de tannin pur, et par conséqueniia propriété as- 
tringente du médicament en rapport avec la quantité db 
ce principe, soÀt infiniment plus mar<|uées «dans Finiu*- 
sion que daQS la décoction , et dans Textrait aqueux 
provenant de rin&sion, que dans celui qu'on prépare 
par décoction ou par l'alcool. Ces diffîrences .sôiit foa^ 
dées sur là composition même de la ramae de ratanhia 
qui contient 4u tannin dans ses trois états : i* piir,iet 
alors tout-à-fait incolore , et possédant toutes les pro- 
priétés qui lui s(mt propres,^ ^.^ à T^tat d'apothème ^ 
c'est une matière insoluble dans l'eau, résul^tant de l'air 
tération du tannin au contact de r;iir \ ainsi Uratis£ormé , 
il a perdu sa solubilité et son astringencc ^ 3"^ à Téiat ex- 
tractif : c'est \d combinaison soluble du tannin pur avec 
sou apothème ^ c'est le composé qui donne ^ux sKqueurs 



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436 LITTÉRATURE ICÉDIGALE FRANÇAISE. ' 

de ratanhia la couleur rouge-briine qui leur est caracté' 
mtique. Le ratanhia contient encore une faible propor- 
tion de gomme , de fécule amylacée ^ de manière sucrée et 
un acide mal déterminé. L alcool ài 33^ et à 22® fournit, 
il est vrai , la plus forte proportion d'extrait; la 
décoction en fournit beaucoup moins , Finfusion beau- 
coup moins encore ; mais pour la valeur médicale de 
chacun de ces extraits , les résultats sont bien différens:^ 
L'extrait par iniîiMon contient jusqu'à 90 pour 100 de 
matière soluble ; l'extrait par décoction laisse environ 4^ 
pour 100 de matière insoluble , dans l'extrait alcoolique ; 
avec l'alcool à 33*^ > il y a de 60 à 76 pour 100 d'extrait 
^uble , et toiyours une proportion un peu plus forte de 
matière insoluble que dans l'extrait fourni par l'alcool 
à 22^. On y trouve presque toutes les matières contenues 
dans la racine , sauf une faible proportion de substance 
gommeusé , l'amidon ; cet extrait contient la plus forte 
pi*oportion de tannin , mais mêlé à toute la quantité 
d'apothème insoluble dans l'eau et soluble dans Talçool 
^ue renferme naturellement la racme. 
/L'extrait par inftision est le plus riche en matière so- 
luble : on n'arrive cependant pas à obtenir un extrait 
complètement soluble ^ parce cpi'on ne peut éviter l'ac- 
. tlon de l'oxigène de l'air^ pendant la concentration. 
M. Soubeiran , à la fin de son travail , prévient les pra- 
ticiens que le Codex ayant prescrit l'emploi de Falcocd 
à 22® pour la préparation de l'extrait, c'est l'extrait du 
Codex qui leur sera délivré dans toutes les pharmacies, 
lorsqu'ils ne spécifieront pas. l'espèce dont ils veulent 
faire usage. 

III, Des oréparations d'aconit \ par le même. • — La 



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. JOUR» AUX FKANÇAîS. 4^7 

plupart des médecins ont considéré, ayec raison , comme 
très infidèle , Faction thérapeutique de l'aconit : la cause 
en est évidemment dans le mauvais choix des formes 
pharmaceutiques sous lesquelles cette plante a été em- 
ployée. La forme d'extrait, recommandée par Storck, est 
presque la seule à laquelle on ait encore eu recours, et 
c'est précisément celle qu'il eût surtout fallu ^oscrire. 
Bien que la nature du principe actif de l'aconit soit en- 
core mal connue , il résulte cependant des observations 
générales faites sur les plantes de la famille à laquelle 
ce genre appartient, et des recherches spéciales de Bra- 
connot et Bucholz , que ce principe est très fugace , et 
que l'emploi de la chaleur doit par conséquent être sixi- 
gùlièrement évité dans les préparations pharmaceutiques 
de l'aconit. Storck l'avait déjà senti, fen recommandant 
d'évaporer les extraits vireux a. une très basse tempéra- 
ture. On setdi donc bien plus certain d'avoir une pré- 
paration toujours à peu près identiquement la même , 
en n'employant que la teinture alcoolique faite avec la 
plante fraîche. On trouve dans les pharmacopées alle- 
mandes une formule d'un mélange à parties égales de< 
sue d'aconit et d'alcool. La formule suivante se rappro- 
che davantage du principe qui sert de base aux teintures 
alcooliques du Codex, savoir^ le rapport de. la nature 
sèche à l'alcool : seulement , ici , on ne saurait employer 
le rapport de i ji 4? généralement prescrit parle Codex^, 
la plante fraîche cédant toute son eau de végétation , il 
faudrait ajouter de l'alcool pour que le véhicule de la 
teinture conservât de 20 à 22®. La formule suivante éta- 
blit le rapport de 1 à 8 entre la plante supposée sèche el 
le liquide spiritueux : 



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438 LITTÉUÀXVU MtolCÂLB F&AHÇAlSE, 

y Acooit frais bien iionimé* ... « lo paiiies. 
AJcool à 36^ 8 panieft. 

Laissez niacérer huit à dix jours , passez avec expres- 
sion et Bltrez. 

(M. Boullay pense qu'il serait important de s'assurer 
si la même préparation faite avec la plante soigneuse- 
ment dessécliée , n'aurait pas des avantages à peu près 
équivalcns , et cela serait d'autant plus à désii-er que 
l'aconit d'Allemagne , de Suisse, parait avoir une supé- 
riorité réelle sur celui qui cr(Ax en France. Quant à 
l'extrait d'aconit, qu'il paraîtrait convenable de faire 
avec l'alcool è 22"" et la plante sèclie , ses effets et sa 
puissante activité ont été constatés tout récemment en- 
core par MM. Roche et Delens. Cette forme pourra donc 
être réclamée toutes les fois que le .médecin craindra 
Vassociation de l'alcool. (Extrait d'une note de M. P. F. 
G. Boullay aux observations de M. Soubeiran. ) 

IV. Cohservaiian des caniharides. — Depuis lon- 
gues années , on croyait que le oamphre faiiéait périr les 
mîtes de • la cantbaride , lorsque M. Farines ( Journal 
dç Pharmacie , XII^ vol. ) annooça que le camphre esrt 
saiia*acUOii sur la mite ot sur la larvé de l'anthrène. 
' M4 fifiivei , interne à Thôpital des enfitiis , vient de cons- 
tater par de nouvelles expériences : i^ t|ue le camphre 
ne préserve pas . les caatliarides entières des larves de 
l'anthrène ; a^ mais^qu'il faji périr les mites de la can- 
tbaride. M. Yirey assure que la vapeur du naphte 
éloigne jDîienx ces larves de coléoptères, que le camphre 9 
et que cette vapeur ecbtployée par lescntomc^gisles pour 
préserver leurs collections contre les larvés àeXanthre^ 
nus musœorum y pourrait bien servir à la conservation 



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m 



des cantbaride» , doi^t elk ne parait p&a du reste pôu- 
i^oir diminuer Ie$ propriétés. ' 

V. Nouveaux moxas> -r- M. Ferrari a proposé de 
composer des moxas en faisant tremper du coton dans 
une solution saturée de chlorate de potasse,, et le divisant 
ensuite en petits cônes plus ou moins compactes. L'acti- 
vité de ces moxas est très grande. M. le docteur Jacobson 
a présenté à TAcadémie de médecine d^ss moxas faits 
avec dés bandes de papier imbues d'une solution de cbro* 
mate dépotasse, et roulées en cylindre. L'avantage qu^ils 
possèdent de brûler lei^tément et très bien.^ prolonge 
leur action. 

VL Manne det Briançon» — Il résulte de Tanalyse 
chimique comparée de la manne de Calabre et de celle 
dite de Briançon, recueillie sur les jeunes rameaux du 
mélèze p et des obsei:vations microscopiques appliquées 
à cette dernière ^ par M. Bonastre , que ces deux sub* 
stances offrent d^ digfféi^nces fort tranchées. La manne 
de Briauçon peut être considérée comme une substance 
sut generU 9 et dQni l'analyse a pu séparer , et le mi- 
croscppe déteiminer : ^^ un suç sucré cristailisabje; 4^ un 
réseau glol;>ul^re^ 3^ uf^ .tissu cellulaire oju spp^ieax^ 
En outre^ eUene contient pas de mannite .^oXiAAa dtans 
l'alcool , co^tme la manne de Calabre , et on ae peut par 
conséque^it y cqnsta^f u|ie propriété recoi^nue fians l^^ 
majinite^ de donner, quçlquçs étincelles lumineuses par 
le frottement , loi^squ'on la triture bien sècjie danf uu 
mortier. On n'a pu encore déterminer bien positivei^ent 
ce que c'est que la maniua de l^riançon. Est-^cc pn s^c 
sucré exsudé spontanément des jeunes ram^eaux du.mé- 



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44o JLlTTÉItATCllE MÉDICALE FAÀ»ÇàISE. 

lèze ? La nalure de cette substance parait démontrer le 
contraire. Est-elle produite par un insecte du genre 
coccus j cynips ou autre? L'examen au microscope 
n'ayant pu y- faire i*econnaitre la plus petite portion de 
ces animaux , jiesl pas favorable à cette opinion j qui 
réunit pourtant un assez grand nombre de partisans. 
Enfin est^elle due à un cryptogame de genre et d^eàpèce 
encore non décrits ? C'est ce qtle des expériences faîtes 
.sur les lieux même et dans des circonstances favorables 
pourraient seules décider. 



Journal de chimie médicale ( novembre i833). 

'I. Falsifications de la fécule et moyens de les 
découvrir'^ igi^t M. Payen. — Depuis quelque temps 
les falsifications de la fécule se sont multipliées , elles 
ont occasionné des pertes importantes à plusieurs fa- 
bricans de sirop et de sucre de fécule^ ell^s pourraient 
compromettre gravement' la salubrité publique , si les 
fécules ainsi altérées venaient à être mélaifgées aux fa- 
rines. 

Heureusement , ces fraudes sont faciles à déceler : 
M. Payen avait d'abord indiqué un moyen, qui consiste 
à incinérer dans une capsule en platine du en terre à 
creuset chauffée au rouge , %o grammes de fécule. 

Les fécules non altérées à dessein, et le plus mal la- 
vées^ laissent moins d'un décigramme, c'est-à-dire d^ln 
demi-centième de leur poids, en résidu de sable et de 
cendres , et les plus pures un demi-millième du même 
résidu. Dans cette opération, la combustion très leute 
du charbon de féculq peut être activée dans le vase en 
platine par uu-peu d'acide nitrique. 



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JOUHNAtJX FRANÇAIS. 44* 

Un autre procédé plus général cl qui p<»rniet che mieux 
apprécier la nature et les proportions de la substance 
étrangère insoluble , lors même qu'elle serait de nature 
organique combustible , consiste dans la dissolution de 
toute la substance utile de la fécule. Le poids du résidu 
non dissous donne très approximativement la proportion 
des corps étrangers introduits dans la fécule. Quant à 
leui: nature , on la reconnaît en examinant le résidu par 
différens moyens. La craie, le plâtre et la sciure d'al* 
bàtre gypseux ou sulfate de chaux, enfin une argile 
blaneliàtre , sont les trois substances frauduleusement 
ajputées qui se sont jusqu'ici rencontrées en fortes pro- 
purtions, 

Enfin , le plus simple et le plus expéditif de tous les 
moyens d'essai des fécules altérées par ces mélanges , est 
l'observation microscopique. U suffit de placer, àur une 
petite lame de verre , une très petite pincée de la fécule 
sèche, en couche si mince qu'elle ne soit pas opaque par 
son épaisseur, et de poser cette lame sur la table 
éclairée par;- dessous du microscope. Si la fécule est 
exempte de mélange, elle n'offrira que des grains ar- 
rondis , diaphanes , blancs , ombrés parallèlement aux 
bords; si elle contient une des trois substances que la 
fraude y fait entlrer si fréquemment aujourd'hui , on 
verra distinctement interposés entre ces grains, des corps 
opaques , bruns ou nuageux , anguleux , irréguKers. 
Dans ce dernier cas, peu importe la proportion du mé- 
lange, il faut refuser toute livraison d'un produit altéré j 
c'est le meilleur moyen de mettre fin à des fraudes aussi 
scandaleuses* 

IL Non existence de la rhorphine dans les sentences^ 



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44^ LITTÉtlATWUK MéDI€ALE FRANÇAISE. 

de ,pauot. -^ M. Accarie avait anhoncé qu'il avâil retiré 
de la graine de pavot une certaine quantité de morphine. 
MM. ChevaUîer et Bastien d'une part, et M. Figuières de 
Tautre, ont répété les expériences de M. Accarie stir les 
tourteatm de graine de pavots ou résidus qu'on obtient 
lorsqu'on extrait rhuUe des semences de pavots, vulgaire- 
ment appelée huile d'œillette. Les deux premiers chimis-* 
tes ont appliqué en outre à la même opération le procédé 
donné par M« Henry (ils pour Vexlraction de la mor- 
{^ine, et tous trois se sont convaincus que cet alcaloïde 
n'existait pas dans les semences du pavot. L'usage que 
font beaucoup de bultivateursck la Haute-Mai^e de ces 
tourteaux pour la nourriture de leurs bestiaux, les cst 
pèccs de gâteaux qu'on fabrique dans plusieurs com- 
mîmes du département de la Meuse avec les graines (fe 
pavots f l'espèce de massepain que les Romains fai^ient 
en les combinant avec la farine et le miel , les petites 
dragées fort estimées qu'on compose encore aujourd'hui 
avec ces mêmes graines en Italie ei surtout à Gênes , dé^ * 
posent tout-à-fa|t conti^ les résultats du premier chi-* 
miste, et viennent confirmer, autant qu'il est possible ^ 
l'exactitude des expériences des trois derniers. Gomment 
croire, en effet, à l'innocuité absolue de bes prépara* 
tiens, si la graine de pavot qui en forme Ja base conte- 
nait delà morphine en si petite quantité quW pût la 
supposer? L'huile dé pavot elle-même en est d'ailleurs to- 
talement dépourvue , et c'est à tort qu'elle fut long-temps 
proliibée dans les usages alimentaires , comme conte- 
nant une substance narcotique dangereuse ^ et que des 
lettres patentes du 22 décembre 1764 prescrivent au 
fabricant de mêler, dans le moulin même, de l'essence 
de térébenthine, destinée à gâter cette huile , et à la lieu- 



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lOimilAXJX. FR4MÇAI8. 44^ ' 

dre impropre comme aliment.- Limite de pavot fiit# ré^ 
habilitée en 177Î9 par labbé Rou^r, qui fit y en. pré* 
sence d^halnles (îhinmtes , plusieurs expëriences qui 
pronvèrent anthentiquement *qii'elte ïxr aucune qualité 
malfeisaote et en firent de nouveau autoriser le débit. 

ni. Onguent mercurîel y par M. Mouchon de Lyon.— 
Dans tous les procédés proposés pour la préparation 
de cet onguent , il n'en est aucun qui ne laisse beaucopp 
à désirer sous le rapport du temps nécessaire à Fex- 
tinction du mercure ou de Tonguent déjà ancien, et dans 
lequel , à moins d'employer un corps oxigéné , de la 
graisse rance , il ne laisse , sinon quelques Jours , au 
moinA plusieurs heures pour parvenir à ude combinai- 
son intime. Voici le procédé proposé par M. Mouchon, 
et exécuté à la température de 20^ : 

7 Mercure exempt d'alliage, jSà grammes. 
Âxonge récente, . 625 

Cire blanche, i%S' 

Fondez Taxonge et la cire ensemble : prenez, après 
refroidissement, le tiers de cet adipocérolé^ pour tri- 
turer avec le vif-argent dans un mortier de pierre d'une 
grande capacité et peu poli , avec un pilon de bois à 
large base ] triturez vigoureusement pendant une demi- 
heure \ ajoute^ un second tiers de Texcipient , et le dar- 
nier tiers au bout du même espace de temps , continuant 
toujours la trituration, et au bout d'une heure et demie, 
pour. toute la durée de l'opération, vous obtenez un on- 
guent tellement parfait , que l'inspection avec la meil- 
leure loupe ne permet pas d'apercevoir un point 
brillant. Le suif, combiné k l'axonge dans la proportion- 



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444 LITTÉRATUEE MÉDICàLE PRANÇAiSB. 

d*uti sixième , d'après le procédé de M. Calloud , et à 
rimitation de plusieurs pharmacopéjes étrangères y n'a 
pas paru rendre plus facile l'extinction du mercure* 
Il n'a d'autre a^rantage que d'augmenter un peu la con- 
sistance de la pommade , taudis que l'addition de cire 
réunit le double avantage d'éteindre facilement le mer- 
cure et de fournir une pommade d'une consistance 
convenable. 

TV. Assainissement des eaux de lavage des amphi- 
théâtres de dissection^ rue des Fossés-Saint' Marcel. 
— ^Une commission spéciale, nommée pa^le conseil-gé- 
néral des hosjpices, composée de MM. Desportes et 
Yaldruche , administrateurs ; Sentes , directeur de l'éta- 
blissement -, Emerj, ingénieur en chef du département ; 
Soubeirap, chef de la pharmacie iceu traie ; Havé, ar-. 
chitecte, et Pa^en, professeur de chimie appliquée, 
secrétaire ^ s'est occupée des dispositions à prendre poiir 
opérer là désinfection dés.eau^t de lavage des amphi- 
théâtres, au moyen d'une substance charbonneuse ab- 
sorbante , semblable à celle qu'emploient MM. Salmon, 
?ayen et Lupé dans la préparation des engrais pulvé- 
rulens. 

L'examen de la localité a fait reconnaître que, dans 
une grande partie de leur cours, les eaux de lavage 
suivaient des caniveaux ouverts , faciles à inspecter \ 
que, dads une traversée assez longue , les mêmes eaux 
devaient cheminer dans des aqueducs' en fonte. 

Pour éviter 1 engorgement de ces derniers, et le dépôt- 
etla fermentation putride de3 détritus organiques , on a 
d'abord adopté rétablissement de trois réservoirs (un à, 
l'entrée fet deux à la sortie de ces tuyaux), où la vitesse 



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lOVMIAUX FBANÇAIS. ^4^ 

des eaux serait assez dîmmuëe pour 'que Ici d^^ dcm 
corps lourds eu susp^nsioa put facilement sWfeetuer. 

Sur la proposition de M. Serres,. ona décidé qu^il 
serait convenable dft fermer ces réservoirs avec des cmi^ 
verts faciles à soulever, à Taide de petits treuils k ma- 
nivelles : que tous loui les jours aux heures où il couI« 
le moins d*eau de lavage, le dépôt mélangé danà ces ré*- 
servpirs avec, de la poudre absorbante \, serait désinfecté, 
puis retiré aussitôt* 

'Sur Tobservatio^ de M. Soubeiran > qu'il serait utile 
d'eu lever Iç liquide surnageant, on a adopté le moyen 
<]c décantation proposé par M. Pajren , et consistant en 
un tube coudé) tournant a frottement doux dans. un 
stuffen-box ^ ^ ou daus une boite métallique allésée^ et 
facilitant la décantation >ucceséive des couches snpé-. 
rieures. 

M. Payen^a encore proposé de diminuer le plps pos* 
s^I^le, la quantité et^sUrtout la putridttédes canx de la*- 
v^gf^, par u/i premier nettoiement à sec, datis les sables 
de dissection , des dalles , tables , et surtout des maitîs 
dics opérateurs , au moyen d'une petite quantité de pou- 
dre absorbante , d'appliquer le même mode de désinlec* 
lion journalière à tous les détritus, parties molles et H'-* 
quidds chargés de matières organiques ; qu'à cet eAèt, 
un vase clos , bien sec, contint dans l'établissement un 
approvisioni^^meAt de la substance désinfectai^t^'dionft» 
ou mettrait chaque jour une certaine dose à la disposi- 
tion des travailleurs. 

Dçs e|:périei^i;e!S. CEHtesiet répétées par MM. So]^res, 

Eayen, CléiueûtrNwat, etîen présence c}e plusieurs* 

intern^^ et él^y^e^^ lyéuiila dans une d«^ salle* de jiisseo*-» 

tion de la Pitié, ont confirmé laprbpriéié déftlnfeda^te 

Tome IV. Décembre i833. 29 



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446 LttTÉIlÀ.TURE MÉDICALE FBÀlfÇAlSÉ. 

reoiaripiable de la popclre charlioniietifte : elle fot 8tt6-> 
cesaivemeirt mélangée aiee des parties molles extraites 
du Tenire d'im cholérique, intestins, mésentère, etc., 
aveeJa substance intérieure des intestins; enfin la plu- 
part des assistans firent plusieurs essais de désinfection 
dèY 'leurs mains, qui avaient baigné auparavant dans 
des matières putrides , et les frottèrent à sec et forte^ 
ment avec la poudre, les lavant ensuite à Feau de savon 
et les rinçant à l'eau pure. Dans tous ces cas ', l'odeur 
cadavérique fut totalement annulée: à peine en pouvait- 
on déceler quelques traces, en rassemblant sous le nez 
les/ bouts des doigts , et il n'a pas paru douteux qu'on ' 
n'eut fait ilisparaitre ces légers restes d'odeur , à l'aide 
d'uoe brosse qui eût facilement introduit et renouvelé 
la poudre entre les ongles et le bout dés doigts. Cette 
poudre a donc parufpréférablé aux autres ageus connus/ 
sur lesquels elle a le très gran4 avantage d'absoi*ber plus 
rapidement et plus complètement le^ émanations , et de 
ne pas substiiuer à l'odeur piimîtîve unie wleur forte 
plus.ou moins désagréable. ' 

MM. Despoples et iVi^ldruche se proposent d'appliquer 
le^mètne procédé. d'assainissCToent dans touo les établis* 
seipens de leur administration. 

iM» Serres a manifesté l'intention de continuer jour* 
«ollemeiit Tûsage «t \és essais dcrla noutèlle substance,* 
et.dfepgfiger , €dnformém(ent à Tavis de M/Payen , les 
opérateurs à procéder méthodjqfuemêdt; ^ti nettoyage des' 
mains , en les frottant à sec successivement dans ti^Ôis 
vas^ 9^ d'épuiser l'action de la poudra , et de ne 'la 
nenpD^v^ler qu'après l'avoir le plus'poééible imprégnée 
dans l^premiiôr vase ^ tandis qù'elld serait toujours neuve 
etj peu chargée dans le dernier. » • » • 



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MM. PÎEiyâii et SalmôA sont invita' à ch^t^her les 
moyens d'augmenter encore Ténergie d'an agent si effi- 
cace de désinfection. 

M. Clément a fait observer que ce mode de désinfec- 
tion , appliqué aux inétrumetis de chirurgie, aurait Va- 
vantagede n'exciter en aucune manière la rouille^ comme 
cela arrive en employant le chlore^ que çième la poudre^ 
en raison de 'sa réaction alcaline ^ ternirait plpitât à pré- 
server 1q fier ft l'acier d'oxidatipn. 

. V^ Éleçtuaire d'ecorcis de racine de grenadier contre 
le tœnia. — - M. Deslaiides propose de substituer à .1^ 
décoction aqueuse, dont la saveur est désagréable ^ppor 
voque souvent le vomissement, l'extrait alcoolique dé 
celte écorce, qu*ît dit f tre î)îèn plus énergique. 0ë cet 
exiri^t, il oompo^el'éleetu^'m suivant : . 

y Eau de tilIeuU * 3 onces. 

■ . Suc de citron. •*.., ^ •«.... •« , a qdcçs. 

Ëxtiait alcodlique d'écorce de 

racine de grenadier 6 gros. 

Gomme adragatite. 1 i S.» Q. 

M. Deslamles a obtenu un plein «uocèa, diM9^ t^ois^ 
cas , |db l'admimstratiôn de cet électtmirie : dan^ unqfia- 
inème, où il avait échoué, aussi bien que la d^eoCtjon 
a deux onces, la podpniaivanteA parlaiCemeut r^si : > 

^ Eau de tilleul.. ..•* \ 

— de qpienihe. , . . . . [ aa g îj 

Suc de citrou ) 

Extrait alcoolique d'écorqediï^ ra- 
cine de grenadier • 5-vj 



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'448 LITTÉRAXUBfR MÉDICALE ÉTBANGÈnC. 

Dans un autre cas ; ircm ^os de cet extrait' opt «iffi. 
Ces iexiratts avaient toujours été préparés avec Técorce 
sèche. 

VI. Pommade charbonneuse contre la^ teigne. 

^ Charbon végétal en poudre très 

\ fine..-.:.... L gj 

'Protochloruré de mercure. .... 5 xj 
A^onge 5 V 

Pansement soir et matin de la partie affectée, préala- 
blémfcntlavééavéc une infusion vineuse et tiède de qui»- 
Ypittia. 



LITTÉRATURE MÉDICALE ÉTRANGÈRE. 



EEVtèE DES aOtTRÎTAlIX ANGLAIS ET 'AMÉRICAIUS. 

Empioi:^ du trépan dans Vépilepsie traumatique, — 
Traùet^ent de.Vozène par le chlorure de c/iaux,^^ 
Rétrécissement du vagin faisant obstacle à Vaccou-^ 
ùhètMnt%^Carb6nate -de fer employé contre laxho^ 
' rée'€t'C0ntreietétanos^tramuatiiiue*-^Ifydrocff}bale 
'■•' chroniqiie V^ftitéè par Viode. — Fracture d'une, 6^e 
pîar uHn^iolent à^cèsdectouXi^^Emploiducalomel 
contre le pi-urit. -— Catalepsie guérie par les affu" 
sions. -- Connexions vasculàires du fœtus avec la 
mère. — Injections acides contre les calculs. 

De Vemploidu trépan dans Vépilepsie traumatique» 
— te Transyl{fania Journal ofthe -médical Sciences 



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JOtTRVAtJX ANGLAIS Et AMÉRICAINS. 44& 

ton tient une observation curieuse : M. X... reçut au 
mois de mars i83!», un coup de feu à la fëtê. Lelende^ 
tnain, le médecin qui le vit relira de la plaie une foule 
de petites esquilteis osseuses, et une petite portion de la 
substance cérébrale s'échappa par une- plaie faite à là 
dure*mère. Puis le malade fut pansé, et au bout de deux 
mois il était bien rétabli. Toutefois un petit écoulement 
continuait à se Êiire jour par la plaie ^ et au bout de 
quelques mois , il survint des convulsions épileptiques 
avec un dérangement considérable de la santé générale. 
A Texamen-Qn découvrit que la matière de Téeoulément 
provenait de la surface du cerveau et que le crâne sem- 
blait affecté. - 

Ge fut alors" que le malade se mît entre les mains du 
professeur Dudley k Lexingtori.. Une cicatrice de deux 
pouces et demi de longueur sur la partie centrale et pos- 
térieure du pariétal droit indiquait le siège de la bles- 
sure. Sur deux points de celte cicatrice on découvrait 
deux petits oriGces sinueux par lesquels s'écoulait ûu 
pusde mauvaise nature. Une sonde introduite alla touchci^ 
i'os malade. Le trépan fut appliqué dans la, direction 
de la fracture originelle , et sur un côté seulemetit.' Une 
couronne d'os ayant été enlevée, on découvrit des por- 
tions osseuses isolées , placées souà la dure-mère, dan^ 
une cavité de quelque étendue , occasîonéè pari absorp- 
tion du cerveau. Trois de ces esquilles approchant du 
volume de Tongle du pouce , furent extraites en même 
tcfmps qu'une excroissance morbide développée sur là 
surface de la dure-mère blessée. Des panserachs simples 
furent appliqués , et au bout d'une seinaine te malade 
était guéri, ... ; 

Ce fait n'est pas \û seul qu^ail observé ïc professeur 



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450 I^ITT^IiATORE MÉDICALE ^THAHaÈllE* 

Dudl^ , il en possède cmq autres analo^s qu'il a àéyk 
poUiés.^Cçs succès obtenus par le tr^pan^ pour des ac-» 
eld^s fturvedus à la suite de plaies de lèti! io^al dirigées ^ 
ptroUYem ; i^ quele cerrea^ peut être soumis pendant 
u|i long laps de temps à une forte irritation mÀunicpief 
sans . désorganisation très gtave ; s^ que Topératioa da 
trépan dan^ ces circonstances peut rendre à Torganê se» 
conditions normales primitives» 

Ozène traité par le chlorure de chaux. — Il y a 
déjà plusieurs années qWon a eu l'idée d'employer W 
c^loiTures dans les écpulemens purulensdu nez. Williams 
Horner a publié dans l'un des numéros de ce. journal 9 lU 
mémoire à ce sujet. L'obsenratiçn qu'on va Iji^ confirme 
les bons résultats qu'on doit attendre des chlorures. 

M. H. .. ) âgé de 37 ans , peintre d'enseignes^ de bonn^ 
IX>nsiitution et de bonne santé y était affecté d'un ozène 
qu'il ne savait h quelle cause rapporter « La maladie avait 
commence en îanvier i83i , par des accès fréquenfi et 
yjolens d'une douleur aiguë vers les sourcils ^t la partie 
inférieure du front et quelquefois dans les yeux euxr 
mèmes. Les; saignées ^ les pqrgatifs y les vési^atoires n'y 
avaient rien fait > lorsqu'au bout de deux moisi le nez 
s'ulcéra subitement et devint le siège d'un écoulement 
copieux d'une matière mucoso-purulente , 4*uhe mau* 
vaise nature. D'abord il n'y eut qu'une i^^rine prise , 
et l'abondance et l'acreté de, l'écoulemeni, soit de jour j 
spitde nuit^ încommoda,ient excessivement le malade* 

Au i**^ niai.i83i le docteur Macley Awl lui conseilla 
de faire usage du chlorure de chaux : il en mêlait une 
cuillerée à thé dans un verre d'eau, passait la solution, et 
en faisait des injections trois fois par jour,- le plus haut 



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J 



possible cUn^ J% pArioe. D!aho|}d cea injoctiobs fuoent 
lires pénibles 9 ell^ produisirent des éternufiinens terri«*> 
blés» et finissaient pair causer tant de douleur et d'hé<^ 
ijQorrbagie,, ^u'on, fut, obligé de les suspendre pendant 
upe semaine. Pu;s ^ rfconunença , les effets Curent 
moins violens», 1^ malade se ^écida àvp^wëyerer. Ij'écoUr 
lèvent ëtoijt toigpurs très abondfint ; les injections faieet 
trois fob par jo^r corrigeaient la fétidité^ maûs quatre 
semaines s*étaient écoulées sans qaon eàt pu s'asauret^ 
d^aucun chaugeipent imports^nt* A peu ptè^ à cette épo« 
que Fa^tre narine, commença à ;do]^icr . du pqs. aussi ^ 
puis ramélioration devint prompt^, et j^ la iin.de juin 
le malade était guéri. Il n^y a pa/i eu de récidive. 
{F estera Joum.ofthe medf.^niphysic. Sciences») 

Rétrécissement du vagin fai^atU çb^tacte à Vaccou-- 
cAeme/ze. — Sur la fin de i83|,. upe femme à%é^ét 
^3 ansi accoucha d'un enfant nK>rt, qui pesait plus de 
^uit livres^ après 48 heures du trayait le plus laborieux 
que ràuteurait jamais rencontré, dans sa pratj^ue.. La 
présentation était naturelle^ Plus de cinq semaine» aprèà 
raccouchement , les mùnesetles fèces ^!écbappaieotf en «- 
core involontairement , et plus, de six Semaines s!épQlUT 
lèrent avant que la femme pût faire un paj». A ii^fibi^die 
la huitième semaine elle sortit en voiture >, et dès loi^ 
elle alla bien. Dans le courant de l'ai^née'ellè redesint 
enceinte, et le 4 juin iSiz ,Je docteur Stone et jt^autcnir 
de. cette observation furent cons;ulté$.;Le docteur Stemé 
pensa que le travail allait naturellement, quoique avec 
.lenteur ; il semblait y avoir un rétrécissement à Iftf^tie 
supérieure du vagin, qui empêchait ses iptogrtèà^, Le 
docteur Stepheu Williams trouva. le diag;)pslic.extoi4. 



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/\5à LlTTÉRÀTfJirE MÉDICALE ÉTRANGEnê. 

Je relÉ^écissement , sitùë environ à deui polices et d^enii 
éms le vagin, était complètement circulaire. On pou- 
vait Ic^ dilater de retendue d*un dollar; la tète du fœtua 
appuyait sur ce l'etrécissement, et on raturait prise pout 
le 6»l de la matrioe » si , dans Fabseoce des douleurs , on 
là'avait pu sentie l'orifice utérin au delà dé la siricture. 
Qumquelos doûtéilrs fussent régulières , il fut décidé 
qfu'on emploierait le seigle ergoté, dans Téspoir de leur 
donner assez de force pour surmonter Tobstaclë du re- 
trépissemeut» La feteme en prit donc 20 grains en pou- 
dre; en iS. ou 210 minutes survinrent des douleurs vio- 
lentes qui conlinùèrenlLdeuic ou trois heures. Le rétré- 
cissement se dilata très peu : toujours existait un obstacle 
insarmonlable aux efforts de Putérus. Une saignée fut 
pratiquée , on ne put obtenir de relâchement. Alors on 
pensa à diviser le rétrécissement avec Finstrùment. Un 
bistouri boutonné , garhi de linge , fut introduit à plat 
;it|r rindleateur de la main' gauche ; arrivé sur le rétré- 
cissement, il fut divisé à la partie antérieure du va^n 
dé laufème manière qu'on débride la hernie étranglée. 
Le rétrécissement faisait l'effet d'un coi^don qui serre 
l'ouverture d'une bourse; une seufe Incision suffit pour 
relâcher toute la circonférence du vagin. Comme les 
douleurs avaient iong-iempscohtinué, on donna une forte 
dose de èulfate de morphine qui fit paser une bonne 
niiit. Le lendemain 20 grains de sîegle ergoté ne pro- 
duitirentpas d'aussi promptes douleurs que la première 
£9is<; enfin , après plusieurs heures de travail , le doc- 
teur Stqne reçut un enfant mort, du poids de neuf livrés. 
Neiui^eÀinines après raccouchement, Tétat de la femme 
était loi Ji^ d'être satisfaisant. Les mines et les excrémens 
s'é^appalent involônfiairement ; elle se plaignait d'en- 



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JOUnUÀUX AIJGLAIS LT AMERICAINS. 453 

gouitlissément aux extrémités et dans la région du' pubis. 
Ces parties avaient perdu ioûté sénsibiHté. A cHItees 
reprises , dès vésicaloires furent ap|ili^ués sur le sacrum , 
ou fit des lotions stimulantes. A l'intérieur, on dohua la 
teinture mitigée de cantharides / qui fut supportée juv 
qn a i^ goutter par jour, ^àns effet ^ur restomac et la 
Tefsie, Enfin, le là décembre i83a, cette jeune feàimè 
avait recouvré ub degré considérable de sensibilité dans 
le rectum et la vessie 5 mais elle Ue pouvait encore garder 
coinplétemeht ses excrémens et ses urines. 

Il est rare de rencontrer des cas de Ce genre. 'Deuman 
a vu des cicatrices du vagin qui avaient la forme derétré^ 
çiss^néus circulaires ; mais il il*a jamais observé qu'elles 
aient fait obstacle à la sortie du fœtus quand la matrice 
jouissait de ses contractions ordinaires. Devrees peûse 
qu'il est très rarement iiécessaire d'employer Tinstru- 
ment tranchant^ une saignée copieuse pouvant faire cesser 
Je spasme. M, VelpeaU a été obligé d'inciser sur trois 
ipoints de son son bord libre une large bride semi-lunaire 
dure et comme fibro-cartilagineusë , qui existait^ à deux 
pouces au-dessus de la Vulve , cheïr une femme en travail 
jjoui* là troisième fois. M. César Hawkins a consigné dans 
London médical gazette des remïirques surce sujet. 1,1 
pense que lorsque , chez une femme enceinte, il se ren*- 
contre de ces obstructions partielles, il faut pratiquer Tiri- 
l^ision aussitôt que possible, pour que la* dilatation puisse 
être faîte et Les parties convenablement cicatrisées avant 
l'époque de l'accouchement. Si on attendait l'instant du 
travail, on risquerait d'avoir une déchirure beaucoup 
plus étendue , lorsque la tête du foetus traverserait le 
rétrécissemcHit. Cette opération est délicate, sans doute -, 
mais, quand il reste tin orifice, on a cet orifice pour sf 



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454 LITTÉRÂTUI^ MÉmCAlE ÉTHÀKGÈIIB. 

guider, et on risque moins de léser le rectum ou k vessie 
«w|fl^8que roblît4ration«st coiçplète. Cepeuddut Iescfa'£- 
ficmiés paraissaient si grandes à Smellie» qu'il conseillak 
Topération césarienne lorsqu'il y a des cicatrices éten- 
dues dans le vagin ou Torifice utérin. Callisen penche 
pour lopération çésariemie vaginale quand Vorifioe uté«- 
rin est oblitéré par suite d'inflammation* » 

Le docteur Williams a complété les recherches sur le 
£^it qu'il raf^fte en présentant les cas analogiies ob- * 
serves, en 18279 par le docteur ]!f^vgbton et insérés dan^ 
\^ New^York médical and physical journal ^ pair le 
docteur Himson de Dedham et communiqués au iV^^w 
Englahd médical and ^urgical journal'^ etpac le D, 
Richacdson , en 1839, et contenus dans le T'ransylsHinia 
journal of médecine* 

( The jimerican journal ofthe med. sciences») , 

Carbonate de fer dans la ohorée. -^ Une jeune fille:, 
Marie Brenntall , âgée de t8 ans, éprouva, le ^5 mai^ en 
revenant de l'église , un accaUement extraordinaire ^ elle 
s'imagina avoir commis quelque faute impardonnable. 
La menstruation ^ jusqu'alors régulière^ avait ceœé de- 
puis trois mois. Une vive susceptibilité nerveuse , des 
convulsions furent la suite de cette préoccupation morale» 
Ce fut en vain que les purgatifs furent employé^^Je^ 
symptômes augmentèrent d'intensité > et Marie Brenn- 
tall fut reçue le a juillet à Thôpital de Nottinghai?n* L'a- 
gitation des muscles volontaires est générale et conti- 
nudle, la bingue est gonflée, le teint animé; elle ne 
pentavaler que de^ liquides. Les pupilles sont dilatées, 
matsmobiles; les muscles fléchisseurs des bras agissent 
{dus violemment que les extenseurs. C'est avec peine 



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iouhnadx anglais js.t auéricaiks. 4^^ 

q^*on paryieut à la feîi'p r^^ter au lit- (Cgloquîote, ca-r 
liDgiels, si gr. vj , de trois enlrois heures») Puis on cam* 
mence le carbonate de fer à la dose de six gros, de quatre 
heures en quatre heures*» 

]Le4 juillet pas de mieux. Le purgatif a fortemeut agi^ 
la tète est plus chaude que la re^te daoOrps h insomuie^ 
agi^iou coDSftante ^ on coUpe les chev^fi^^.etsUrU ièi« 
sont mc^intenues des applications froides*. (Essence de ter 
rébenthjne gj, carbonate 4^ fer^i toutes les trois heures.) 

liÇ 5, les-CQmvulsiouA sont iqoins viv^ pendant le jour 
que pendant la nuit. La tète e^t frOide^ les selles ont été 
nombreuses; la langiieesl sillonnée de morsures. (Essence 
de térébenthine 3 vj , faydrocliloratede morphine, i huilier 
mode grain» carbonate de fer gj; touies kâ troi» heurlea.) 

Du 6 au 9, Tamélioraiion continue so«s Tinflueneexle 
cette médication. Dcfiuis le jour de son, entrée, cette 
jeune malade a pris 43 onces de carbonate de fer. Le 8, 
elle avait rendu un ascaride \ ce fut le seul , malgré un 
purgatif qu elle prit et dans lequel entrait la scammonée. 

Le la , le mieux était notable. Les convulsions avaient 
bien diminué , la parole n'était plus embarrassée ^ le lear*- 
bonate de fer avait été continuai à la même dos^ et il 
le fut encore ju^u'au la^août. Faisant la somme des 
doses de ce médicament prises par la malade, on trauve 
1 î livres 7 onces 5 drachmes. 

Quelle énorme quantité ! et cependant elle a ^é nér 
eessaire pour amener la guérîson. D'autres moyens, eus- 
sent-ils obtenus le mÊme résultat? nous ne saurions I0 
dire. Pes succ^ nombreux ont bien constaté. l'efiScaciié 
de la Valériane , de Toxide dç zinc, des immersions su- 
bites dans l'eau froide , des bains tenant en dissolution 
du sulfure de potasse^ etc. ^ etc*f mais la plupart de ces 



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456 littéhaturé médicale étiiangêre. 

cas obserrés, Tont été sur des enfans non pubères eu^ 
core. La choréea pour cause prédisposante Tâge de 9 à 
i4 ans, * • 

Sur 119 sujets affectés de celte maladie , où a trouvé 
83 filles et 36 garçons, tuais ceis derniers sont générale- 
ment frappés plus jeunes que les filles. Il est à r^etler 
que le docteur Hutchinsôu n^expose pas les motifs qui 
Tont engagé à débuter par le carbonate de fer dansi le 
traitement de cette chorée intense. S'il nous éuit per- 
mis de suppléer à son silence^ nous voudrions voir iquel- 
que relation <^ntre Temploi de te sel' de fer et les cir- 
constances qui ont prédisposé à la maladie. Sans doute 
Taménorrhée est Tuue d'elles, et les heureux effets du 
carbonate de fer sont assez prouvés ppur qu'on ait dû 
essayer ce médicament dans des mouvemens convulsifs 
qu'on pouvait bien croire liés au dérangement dé lat 
menstruation :\ ( The Lancet. ) 

Tétanos traumatique guéri par le carbonate de fier. 
— Ifous rapprodions à dessein ce fait du précédent ^ 
pou^ montrer k quelle dose- considérable on peut quel- 
quefois porter le carbonate -de fer. 

Robert Ireland, d'une forte constitution, se trouvant 
dans un ét?it complet d'ivresse, tomba , le a5 mai, de sa 
voiture , dont les roues lui pas*sèrent sur le corps et fi- 
rent une fracture au tibia et au péroné de la jambe gau- 
che, un peu au-dessus de l'articula tiou du coudé-pied; 
Lç gros orteil du pîod droit était brisé, les parties inol*' 
les contuses, il y avait encore une fracture à la crête de 
Tes iliaque gauche. Le blessé fut fransporté-thez liiî , la 
frat turc réduite et couverte de cataplasmes. 

Aucun accident ne survint jusqu'au 4 j^î»» Alors le 



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JOURNAUX ANOLA.I5 ET AMÊRICàllfS* 4^7 

nialacle se plaignit d'un léger trism^s qui alla en aug«- 
mentant (décoction dè.quiua !b^*, teinture d'opium, 
cent gouttes^ poudre de kîna et de carbonate d'amiho- 
Iliaque, aâ 5 îj ^ embrocàtions anodines autour du cou).« 
La 8 y trimus complet , vive douleur à la nuque, se pro- 
longeant jusque vers le milieu de la colonne vertébrale; 
pouls 85 ( même prescription , à laquelle on ajoute kina 
en poudre par chaque dose 5 fi ). 

Le g^ les muscles du ventre sont devenus rigides 
comme ceux du co^ et.de la mâchoire; violeptes.dou* 
leurs spasmodiques. La tète est portée en ax|rière. Pouls 
loo (carbonate de fer, une livre.en poudre, a prendre 
dans du bouillop de bœuf 9 et de la thériaque; frictions 
sur lesi parties rigides avec la teinture d'opium; huile.de 
ricin cprlinie: laxatif). La plaie suppure toujours. 
, Le. (O) la.nt^it a été meilleure; douleurs diminuées; 
pçiuls à yo, Les muscles sont toigours rigides (carbo- 
nate. dp:-i(er S xîj ). . , . 

Le i,% et le ia,'la rigidité, disparait progressivement. 
Constipation ( potion purgative, même prescription pour 
le carbonate de fer ). , 

Le 1 3, les douleurs spasmodiques ont cessé. Som^ 
meil. Pouls k 65. L'appétit revient ( même. prescription )* 

Le 14? les acçidens reparaissent parce qu'on a cessé 
brusquement le carbonate de.fejc* Le malade le prend 
de, nouveau à la dose d'une livi*e. L'amélioration revient . 
aussitôt , et se change en cuneguérjson parfaite, que l'on 
maintiçnt par \ded di;^s décroissantes du. médicament. 

Le 21 juillet, la plaie de l'orteil est cicatrisée, et la 
consolidation de la fracture du tibia est parfaite. 

Cependant, pour apprécier le mode d!aclion.dn. car- 
bonate de fer,, j.etnns va^ coup*d'oeit rapide sur la lésicm 



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458 LlTTÉEÀTinil: IfÉDICALE ÉTRAll&feRtr. 

aaatomiqneqai coïncide avec le tétanos* Cette lésion est le 
plas souvent inflammatoire avec injection de la moelle épi* 
nière, on de ses membranes, où des nerfs depuis leur ori- 
gine jusqu'aux trous de conjugaison. Ou A vu aus^i uue 
injection rouge colorer le névrilème des nerfs qui se dis* 
triiinent danaies membres. Sur dix-sept autopsiés de té- 
taniques , le professeur DabrU0il , de Montpellier , a[ 
noté trois fois une matière blancbâtre produite par une 
méaingiie ordinaire de la moelle. Dans les quinze au- 
tres cas, il a remarqué seulement des congestioifis lé- 
gères. D'antres observateurs ont vu quatre fois, lé ra*« 
môllissement de la portion dorsale de la moelle. Deuit 
cas de ramollissement des odtdons antérieurs <int été 
constatés^ Fuu d'eux est consïgué dans les bulletins de 
la société anatômique , Tautre dans Un journaft italien, 
dont le nom nous échappé. On ne sait rien de plus sur Fa- 
na lomie pathologique du tétano^. Et cependant que d^à^^. 
topsie où ces lésions n'ont pas été renconti'ées! Satosdoûte 
la méthode empirique a pria naissance 'de la difficulté 
d'établir la lésion anatomiqUe; et aut saignées combinées 
aux narcotiques à haute dose k succédé l'esëài dti mer- , 
enre poussé ptompCément jfusqu'à ^livàtion ^ de la tein- 
ture de canthsiridesà 3 j i du phosphore de t à 4 grains , 
de la^ liqueur ^rsei^icale de FttHer^ enfin du carbonate 
de* fer. Ce ael a merveilleusement réussi dans le cas rap- 
porté par lé médecin anglais ^ é'est un sucdès de plus à 
ajouter à ceux obtenus ^ar le professeur Ëlliotson dans 
cette maladie . ( Thà Lùndon médical gazèue. ) 

De ïiode dans thydrocëphale ehtonique. — Un 
jeune enfant de tS mois fut pi^éséftt^ au dispensaire le 
i5 janviec. Sa physionomie est celle d'un idiot/ Tos 



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fttmtal fait une saillie oon^dérable , les veines sous- 
cutanées de la tète sont clis tendues. Constipation babi" 
tuelle^ dysurie, tomîssemens fréquens, disposition 
très irritable. Cet état date depuis la naissance. La mère 
dit avoir perdu deux autres encans de la même maladie 
à Tags de quelques mois. Ne voulant pas consentir à la 
ponction qu'on vcmlait pratiquer sur celui-ci , elle pré- 
féra des frictions faites trois fois par jour avec une pom- 
made ainsi composée : 

Iode. .... 5j. 
Cérat 5j. 

A Tintérieur, on donnait 4 grains de calomel et une. 
potion d'oximct sciUitique. ' 

Après dix jours de traitement , la tète , qpi aupanravan t 
avait i8 pouces et demi de circonférence et i3 pouces et 
demi d'unie oreille à Tantre, se trouva diminuée de trms 
quarts de pouce dans la drconférence et d'un demi- 
pouce dans l'autre dimension. La santé générale était 
meilleure ; les vomissemens, les conrulsionâ avaient cessé. 
On refiarqua surtout t^ie excrétion considérable d'urme 
qu'on ne 6aui*Ait attribtiër à la potion! sciliitique, puis* 
que les vomissemeâs Favàieutpresque toujours rcjetée.On 
continua les friélSons, lé crâne diminua graduellement 
de volume. La ^illie dû frontal resta légère ^ et la san^ 
de Tenfaut par&ite. ( The Lancet. ) 

' 'Fracture d* une côte produite par un violent accès de 
to<«Jt. — Le à4 mafs't833, le âoetcur Graves fut consulté 
par une dame âgée dé 47 ans, d'une constitution atklé*- 
tique ^ -ste plaignant d*uttc vive douleur ate côlé gaucbe de 
la poitrine, atigmentànt datis HnspirAtion ieiae prepa- 



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46o LITTÉRATURE l^ÉDICALÉ ÉTRAKOÉRE. 

géant à Tëpaiale. La neuvième et la dixième c6te étaient 
le siège d'une grande sensibilité. Vainement on appliqua 
des sangsues et un vé^îcatpire. Tenunt compte. du récit 
de cette dame , qui affirmait avoir été prise de cette doù-n 
leur, cinq jours auparavant, pendant un fort accès de 
tjoux: où elle avait cru sentir en elle cpielque ^chosequi èo 
serait brisé, le docteur Graves 6t coucher la malade et 
tTQuva que la douleur siégeait, non pas entre les côtes, 
mais sur Tune d'elles , à son point d'union avec lé carti- 
lage. La pression déterminait en effet une crépitation 
évidente. Dès lors on changea' de traitement, le bandage 
poiir les fractures de côte fut appliqné , et la guérison fut 
proiT\pté. 

Ce fait méritait de fixer Tattentioa par la rareté de la 
cau.<e qui l'a produit;. car l'auteur a bien soin de faire 
observer que cette dame n'avait aucune disposition au 
cancer, ni aucun iiidice de fragilité particulière des os. 
{^TliemedicO'chirurgical Reyiesv.) 

DeX emploi du caiomeldanslepruHu—Ofï sait touie 
la difficulté qu'on éprouve quelqp^fpis à guérir le. prurit- 
de^ .parties géoi^alçs. Dans ces derniçfs tepps , on avait 
conçuté les av^tagea d'une splutioi^ de.^borax.appliquée 
Ipcajbmiei^t* De ^nopibreux exeo^ples avaient pîrpïivé au, 
4oqteur Pewees l'avantage de çç sel , surtQi^ .lorsque la 
muqueuse est le siège d'une effloréscenpe aphtbbu<^. Maiji. 
,un cas plus opiniâtre se présenta: là maladie résistait à 
taus Jes moyjÇps, à la diète austère^ aux sa^i^gç§.^ atix 
purgatifs, au hoyana. , auk onctions mei^jCfirielles^ L l'eau; 
froi^e.Qt sfti^fi \ le 4o^J^ur Devees Imag^ade satap^jo^rei: . 
trois fois pM" JQwr toute la sur|aqe;enPi^mnaée ^vçc du; 
calom^ pt^^P^ï;^ A .*a vapeur. AicbaqU(ej>^n,seiftçnt ou. 



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JOVBNAUX AIÏGLÀIS ED AMÊRICAIKS. ' 4^1 

ii^ectait à l'intérieur au vagîii une seringue d'eau froide 
et on appliquait de nouveau du calomel ^ le prurit ne tarda 
pas à disparaître. , j 

(The American jot4rn. ofthe med. S<:») 

Catalepsie guérie par les affusionsfroidesi.'-^ Au mq\s^ 
de juin i83i, le docteur Lee de New- York fut appclt» 
pour visiter une fille de couleur, âgée de i4 ans, bien 
développée , d'upe bonne santé habituelle; seulepient sq 
plaignant quelquefois de légères douleurs dans Fhypp-; 
coudre droit, douleurs qui s'étend^ent jusqu'à l'épinei 
el qu'elle attribuait à une ancienne brûlure qu'elle ayait 
eue dans son enfance.' La veille, les souffrances avaient 
été plus vives que de coutume,. Le docteur Lee trouva U 
malade étendue par terre et^ùr le dos, saivs mouyement, 
tîans un état complet d'insensibilité que ne pouvait tç-^ 
veiller ni le bruit , ni même la piqûre des épingle^. Elle 
était ainsi depuis le moment où l'accès avait comn^enqé^ 
on ne Tavaitpa^Yue changer do situation. Lç pçtujs éta^t 
à 100 , la respiration naturelle , la peau av£^it upe çba» 
leur ordinaire, les yeux étaient fermés. Le bras fut él^vç 
formant avec le corps un angle de ^5 degrés , il, res^ft 
dans cette posiijop ; Pavant-bras fut plié sur le bra^^, et 
i\ resta plié; on en fit autant avec les membrçis, îpfér; 
rieurs , ils se laissaient fléchir avec facilité , mais. il^ fal- 
lait employer une force considér|^le pour les redresser. 

Le docteur Lee demeura une heure près de la malade, 
et, pendant tout ce temps, les notembres.cons^vèrent la 
position qui leur avait éié donnée- Au bout de qiiatorzç 
heures, ellf se réveilla, sans aucun souvenir de.ce,qui 
venait de se passer. Un mois et dejçui s'écouU ^ans rifin 
éprouver qu'un accès semblable au premier^ mais^ 4ont 
Tome IV. Z?ecemfere 1 83 3. 3o 



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46a LITTÉRATUHE VLÈDltktE ÈTÏiànùkKZ, 

la durée ne fui que de six heures. A cette époque , de 
TÎolentes couTulsions apparurent, le corps se fiéchissaif 
dans tous les sens avec une rapidité étonnante., puis le 
sentiment et les mouYemens rolontaires étaient abolis» 
On compu cinq ou six paroxysmes semblables , chacun 
d*eux dura vingt minutes. 

La colonne vertébrale , examinée avec soin , manifesta 
de la douleur à la pression des vertèbres dorsales , et 
aussi long^-temps qu'elle fut continuée, on vit les jambes 
s'agiter. Des ventouses furent donc appliquées le long 
de tépine, ainsi qu'tm exutoire, au moyen de Tàcide 
nitrique concentré. Tant que la suppuration fut abon- 
dante , aucune attaque ne survint *, mais dès qu'elle fut 
tarie, un nouvel accès, semblable en tout aux précédens, 
jeta hi jeune fille dans une insensibilité complète pen- 
dant cinq jours. A son réveil, elle avait peu d'appétit, . 
il semblait que les fonctions digestives eussent été sus- 
pendues. Pour abréger cet accès, la saignée seule, fut 
mile, tous les autres moyens avaient échoué. \ 

^pt mois après, elle devint enceinte; à plusieurs repri- 
ses, les attaques de catalepsie reparurent, mais cette folis 
on employa reau froide versée sur la tête, d^une hauteur 
eonsidétable et en un courant continu. Ce fut assez de 
cinq minutes p<!Kir voir Taccès se terminer. Constam- 
ment on obtint tes mêmes résultats. 

(Tfœ ITmericantfouTTi.ofthe med. Sciences.) 

Le (bcceur Homer, professeur d'anatomie à FuniVer- 
sité de Pens^vanie, rend^ compte, de la manière sut-» 
vante, d'une expérience sur les connexions vasculaires 
de la mère etdufasttiS : 

Une femme Manche^ ftgée de vingt-quatre hns, mourut 



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JOtJRAàUX ANGLAIS ET AlfÉniCimS. 4^3 

au neuvième mois de &a grossesse^ le ^5 dyril i833 « k 
rinfirmerie de Philadelphie. Le lendeinaln , eb présence 
de plusieurs médecins et d'étudians, j'iiyeciti dans Faorie 
un gallon d'une solution sàtiirëe de prussiate de potasse. 
L'injection pénétra dans les plus petits vaisseaux ^ et la 
couleur de bleu de Prusse fui visible dans plusieurs 
points de la peau. Puis on examina Tutéi^s ^ lés artè* 
res utérines étaient bien ityectées; mais il n*en était 
pas de même du cordto ombilical / ainsi que Je dé^ 
montrèrent dea réactif chimiques» 

Le jour suivant, j^injectai tous les vaisseaux du cordon 
ombilical avec une solution sattirée de biehroniate dé 
potasse i ensuite avec une solution saturée d'acétate neu- 
tre de plomb. Un magnifique précipité jaùile debicfaro^ 
maie de plomb apparut dans toué les po^ntl o^ jpénétra, 
le liquide. J'injectai encore les sinus utérins avec le 
prussiate de potasse et le sulfate de fer ^ les vaissefe'ux 
ombilicaux furent alors remplis avec du plâtra de Parif 
coloré en jaune, et les sinus utérins avec |8 onces de )a 
même matière colorée en bleu. Alors, en coupant Jl'u^ 
téruB et le placenta dans leur épaisseur, je i^e trouvai 
aucune trace de vaisseaux jaunis par le bichromate de 
plomb. Le placenta était infiltré de prussiate de fer qui 
lui était venu des vaisseaux de l'utérus , et la cavité de 
ce dernier eoii tenait une grande quantité dé plâ^r^.' On 
doit noter que t dans le passage de rinjecftion dans les 
9inxx^ utérins, les membranes s'étaient soukliées^ comme 
par vésicationw .^ 

L'utérus fut étendu et séché , et qpipze jonr&après^ J19 
ne vis pas encofe d'injection bleue dans les- vaisseaux 
ombilicaux du placenta^ ni d'injeet|o& jaune daps Ijo^ 
vaisseaux deVutérus. Cependant la placenta ^t^it ^lt^|v 



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464 ' LITTÉRATURE MÉDICALE ÉTRANGÈRE* 

nativenient bleu ou jauoe , quelquefois d'une couleur 
indéterminée. Incisé dans sa partie moyenne , il présen- 
tait deux parties parfaitement distinctes , lune fœule et 
Fautre utérine , chacune d'elles marquée par la couleur 
bleue ou jaune. 

De ce^e expérience , il résulte que , malgré la solution 
de continuité qui existe, ainsi qu'oq le pensait générale- 
ment , entre les vaisseaux de la mère et ceux du fœtus , 
il y a cependant des portions du placenta qni peurent 
être réellement infiltrées par la matière que l'on injecte 
dans les vaisseaux utérins , et ces portions semblent ainsi 
être plus intimement liées avec l'utérus par une con- 
nexion des orifices des sinus utérins que par des vais-- 
seauz cylindriques distincts. * 

( The American Journal ofthe med. Sciences). 

Injections acides dans les maladies càlculeuses.^ 
"Dans un livre récemment publié par le célèbre docteur 
Brodie , premier chirurgien du roi d'Angleterre , nous 
, remarquons des expériences sur Taction directe des aci- 
des dans les maladies calculeuses de la vessie : à diffé- 
rentes reprises , et en augmentant dans l'eau distillée Ik 
proportion d'acide nitrique, M. Brodie a injecté ce lî-»- 
quide chez des sujets affectés depuis long -temps de ca- 
tarrhe vésical', toujours il a observé une grande amélio* 
ration dans les symptômes , une diminution notable dans 
les envies ♦fréquentes d'uriner et dans la sécrétion des 
mucosités purulentes. Une fois , un calcul de phosphate 
de chaux s'étant trouvé compliquer le catarrhe , son Vo- 
lume diminua graduellement , et finit même par se di- 
viser endeux petits fragmens, sous l'influence de l'injec- 
\iori nitrique long-temps continuée. 



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JOURNAUX ÂNGLM5 BT AMÉRlCAllfS. 4^5 

Parmi lés faits rapportésper -M,. Brodié, nous citetofis , 
surtout celui d'un calculeux , dont l'âge avancé ne'per* 
nietuit pas de recourir à l'opëitition^ Au niilieu des mu- 
cosités expulsées par les urines, se voyaient des gtaitis 
solides de phosphate de ckaux. Dès lors la nature du 
calcul fut présumée, on essaya les ipjections nitriques* 
Une sonde en or le plus pur et a double courant fut in- 
troduite dans la vessie , l'extrémité urétralé était termi- 
minée par deux tubes séparés , l'extrémité vésicale par 
deux yeux latéraux. A l'aide de cet instrument un liquide 
put être intjQdui^contiuuellemeiit dans l'organe sans le 
distendre. D'abord on injecta de l'eau distillée seule- 
ment pour laver les parois de la vessie des mucosités 
adhérentes. Puis oh'eiiipïoya la solution d'acide nitrique 
en pressant lentement la bouteille de caoutchouc qui la 
contenait. Après chaque injection , on remarquait que le 
liquide qui sortait -de la vessie, pjréçàpitait car l'addition 
d'une suffisante quantité d'ammoniaque très concentré* 

L'injection durait quelquefois une demi-heure , on la 
répétait trois ou quatre fois par jour, et le malade n'en 
était pas incommodé. Une fois en urinant , il rendis deux . 
petits calculs de phosphate de chaux ; dès lors lès symp- 
tômes qui tenaient à leur présence dans la vessie,, se 
dissipèrent. Le malade quitta Londres et alla dans une 
ville de province où il est mort ensuite d'une affection 
tout-à fait étrangère à la maladie calculeuse -dont 
M. Brodie l'avait traité. 

De ces observations l'auteur copcliu : i* que le catar- 
rhe vésical chronique peut être guéri par. des injections 
d'une solution affaiblie d'acide nitrique. 
. 2® Qu'un calcul compose, extérieurement de phos 



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466 ' SOCIÉTÉS SAVAKTES^ 

phate petti è(rp léduît par de telles injections i^ un ittoin- 
dr«j volum»* . 

â^QiiQ tQui'porteà croire que les calculs composa 
de d^éFeos phospbalea , et qni résultent des Ill^Iadies de 
la proaute ei de la veasie peuvent être enlièrement dia- 
ayons par ce mode de traitement. 

T. DupmÉ LA Tour D. M. P* 



SOCIÉTÉS SAVANT^. 

msirruT m màsqi. 

▲cUBjbux DU scnurcEs. 

(Novembre id33. ) 

Mélia'magftétomèU'ê. — €)Eufàes mammifères. — O/- 
ganisiHfiùn des cirrhipèdes. — • T^ia: décernés pour 
Vannée i83}. — Pri3û proposés^ pour les années r834 
et i8î5. — Nouveau composé chimique. — Wou^eau 
procédé JCés^aporation au moyen de îair chaud. — 
Nim^auxinstrumens pour V extraction des dents. — 
Unité du courant électrique. '^Agaric de Volis/ier. 
— - Différence entre le calorique solaire et celui de 
nos foyers, 

$A4KÇjç «u 4 ^^siOfiB^ -^ M, Gi^kt anDoiice> qu^il a 
inventé un instrùmf^l k V^ide dijiqu^jl'oa poiurrait trouver 
le midi virai , à unt; minute prè&; J^^ 4^4f>iai«09 de k bous-^ 
sole, à 3o secondes pi^ès; Tlieure solaire^ pendanttoutlejour, 



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INSTITUT DE FR41ICC. 4^7 

ik unç miniice prèn, ete*L*âut«ur appelle son mstrumelit hé^ 
liO'ïïnagné^mktrç \ ildeiiaande descoaiinîssaires; 

M. GendrÎB adresse àe nouTdlles obserTaiions sur la li^ 
monade sullurique contre la colique de plomb ^ en consé- 
qo^uce, il denu^ode k être âdints, Tan propbain^ pm coii^ 
cours du prix Moniyon en faveur de çelut qui aura rendu 
un art ou un métier moins insalubre. 

M. le docteur Coste écrit que dans le dernier nàéfhôirc 
qu'il a eu Thonneur de lire à racadémie, il a atttioncé 
U découverte dans Tœuf de mammifère d'une véskute ana- 
logue à oeUe que Parkinje a démontrée cbes les oiseaux* 
M. Coste élevait en naètne temps des doutes sut sa rupture^ 
après la chute de l'oeuf de l'oTaire. Aujourd'hui, ses doutes, 
dit-il^ se sont convertis en certitude ^ il a pu faire TOir et 
conetater l'existence de cette vésicule k MM. BiaintiUe , Du- 
ftcQcbet i Isidore Geoffroy Saint^Hilaire et BonrJdt-'Saint'^ 
Bilake , dans des ceufs de lapin trouvés dans les cbmes 
de la matrice ) tnHS jours eavir^ft après Taccor^plisse- 
ment. 

SiiJicE MJ If. -^ M. Tbiaudifère ( de Gencay , depane* 
meut de la \ie»oe , ) présente an nvémoire sur Rétablisse- 
ment de médecm léfj^stes près les cours royates : —MM. 
fiaméril et Double sont nommés commissaires. Le même 
présente un mémoire sur la fondation d'hôpitaux dans tous 
les cb«£»*lieux de canton. 

M* Martin Sautt<-Ange annonce tes résultats d-ûri ti^àVail 
dont il s'occupe en i» moment sur rorganisatiou des cifirhi^ 
pèdea. ' 

M. GuTÎer ^ et après lui presque tous les zoologistes , ont 
ceosidéré les cirri^pèdes comme appartenant aun moliûs* 
ques, quoiqu' offrant d'ailleurs quelque» rapports avec les 
articulés. M. de Blainvitle les a ecm^dérés comme un [groupe 
intermédiaire eutre ces deux embranchemens du règheam-- 



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468 SOCIÉTÉS SAVAWITÏS. 

mal. L'examen complet que M. Mariîn Saifit^Ange vient de 
faire des divers systèmes organiques , établit que les . 
cirrLipttdes pédicules de Lamœck , l«s seals que Tauteur 
aitsiiffîsamment étudiés, sont de véritables articulés offrant 
djBs rapports nombreux avec les annélides, et liés d'unie 
nijinîère beaucoup plus intime encore avec 'les crustacés in* 
férieurs. 

Voici les bàii principaux que cite l'auteur à l'appui de 
son assertion/, 

Ia boudie des cirrhipèdes pédicules est composée de 
pièces perfaiteinent semblables à celles de là bouche dé 
plusieurs crustacés, et notamment des pliyllosomes; la lè- 
vre supérieure , les palpes ,^ les mandibuleé sont tellemei^K^lf 
analogiveÇ'». que la ressemblance, s'étend jusqu'à la forme. 

Les trois pieds-mdcboires qu'on reoconire le jJus ordi- 
nairement chez les crustacés, se retrouvent confondus en un 
seu\ p;e^-^m"$çJhoire , qui reçoit deux branches nervèusesw 
A,sa |)asf; se trouvent toujours d'une à quatre branchies. 

Les dix pieds ordinaires des crustacés sont fidèlement re- 
présentés dans les anatifes. A la base de plusieurs d'entre 
eux s^^troi^yent des bi;an4£bies disposées oomme celles. de 
cçjf'tauii^ci;u{itacés , et Iç^ répétant mem^ par le nombre. * 

U existe, ditns, chaque jped^n doubla caoal propvè à éta* 
bl^ir un cpucaiH circulatoire ^ et trav^sant tontes les aMi^ 
culalious dei^ cirrhes. ^ . . :. v .' -^ 

Le corps est compose d'un certain nombre d' anneaux où. 
4'af|tiçu{atipns bien distinctes) dontchaomie suppok-te une 
pai;*^^ ^^^ pieds. A l'intérieur du corps^ existe^ > un vaisMau 
dorsal semblable à celui d'un grand nombre d'articuléf^^ ef 
une double; s^fie de ganglions « dont le nombre est égal à 
celu^ â^s pattes* Il en existe une autre paire sur les parties 
latérales jde l'estomac. , , • . ; 

Le pédicule peut être considéré comme analogue li -la 
queue detplusiieurs.a'UâtacéS; c'est dans s« cavité, ecnon 



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INSTITUT DE FRANCE. 4^9 

comme on l'a dit , sur le dos , que se trouvent les œufs qui 
de là passent dans ^e manteau par un conduit non encore 
indiqué. Les organes placés sur le dos, qui avaient été dé- 
crits comme les œufs , sont l'appareil générateur mâle dont 
la disposition est très remarquable. 

Enûn , Festôniac et le canal intestinal renferment à l'in- 
térieur un sac membraneux en forme de cône , dont }a dis^ 
position et les usages très curieux seront décrits avec soin 
dans le mémoire qu'annonce l'auteur. 

Séance nti 18. — Prix décernés poitrVaiïnée i835. — 
1° tJp.AND PRIX DES sctENCES PHYSIQUES. — L'Acadéinic 
avait proposé pour sujet du grand prix des sciences phy- 
siques les questions suivantes i . - 

« Les organes creux que M. Sbultz a désignés sous le 
nom de vaisseaux du latex , existent-ils dans le plus grand 
nombre des végétaux , et quelle place y occupent-ils ? Sont- 
ils séparés les uns des autres, ou réunis en un réseau par de 
fréquentes anastomosés? Quelles sont l'origipe, la nature 
et la destination des sucs qu'ils contiennent ? Ces sucs ont- 
ils un mouvement de translation , et à quelle cause , soit 
interne, soit externe, faut-il attribuer ce lùouvement? 
Enfin , jusqu'à quel point est-on en droit d'adopter on de 
rejeter Topinion de quelques physiologistes Aiodernes qui 
admettent dans les végétaux une circulation de sucs com^ 
parable à celle du sang dans les animaux.' » ^ 

Lie prix a «té décerné au mémoire de M. Schultz. 

Srdans ce mémoire il se* trouve dés idées hypothétiques 
que ne justifient pas, suffisamment les faits allégués par 
l'auteur l4ii-même , et des omissions qui quelquefois afi'ai* 
blissei^t la valeur des preuves qu'il prodiât , il n'en est pas 
moins vrai que ce travail , soit par le grahd nombre de 
bonnes observations , soit par Tiraportance des résultats , 
marche de pair avec tout ce qui a= paru de plïis beau en 



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4/0 SOCIÂTÉS SAVÀMTES. 

physiologie végétale dans ces derniers temps, et qu'il re* 
pond d'une manière très satisfaisante à la plnpau^ des qûeé* 
lions posées par l'Académie. 

2° MÉDAILLE FONDEE PAR LALANDE. — L' Académie a dé- 
cerné cette année , sur les fonds provenant de la rente que 
Lalande lui a léguée , une médaille d'or de la valeur de 
655 francs, n M. Herschel fils, pour l'ensemble de ses^ 
travaux sur les étoiles doubles. 

S"*. PRIX DB PHYSIOLOGIE zxviniMETfTAhEy fondé par M. DE 
MoîèTyoïr* — r L'Académie accorde , à titre d'encoaragé- 
ment , une médaille de 3oo francs à chacun des auteurs, 
dont les noms suivent : 

MM. Lreschet. . . . pour ses recherches sur l'œuf de l'es- 
. . pèce humaine ; 

Meycn pour ses travaux de pbytotomie j 

Purkinje. •. . pour son travail sur les cellules fi-* 
bre uses des anthères; 
' Velpeau . .... pour son travail sur l'embryologie 
ou ovologie humaine. 

4**, PRIX nE fuicAjuiQU^ , fondé par M. de Monttoit. — 
Deux mémoires ont été présentés celle année au concoars 
et sont arrivés en temps utile f l'un a pour objet la con^fnio 
tipn d'une.chaumière destinée à prévenir tes explosions. Il 
offre une idée i>euve qui consiste à env^pper lefs tubes 
bouilleurs o« la: y{it>e>ir e»efofme , d^nn liquide qui ne bout 
qu'à i5o* envii^on. Toutefois , rexpérience n'a point encore 
j^^noucé sur les 4ifféi«otes dispositions que l'auteur emploie 
pour iéali^er TappUcation duî.priacipe qu'il a coUf u. 

L'autre mémoire offre pour la première fois l'application 
en grand d'un principe indiqué par Coulomb > et relatif à 
V élévation des fa^deaiuc*C est en faisant servir le poids des 
hommes à cette élévation ^ qu'on emploie leur force de la 



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INSTITUT DE FkÎnCE. ^Jl 

manière la plus ^avaoug^uj&e. L'écopomie 9'éièv9 & flm de 
la iBotliié de la d^penae qu'auraient néccssUiétt lea moyem 
les pkM ayanlageux. L'auteur de ce second luéuioîre ayant 
eu des déblais considérable à faii» exécuter ^ a réalisé celte 
écoQoiniei et s^n exemple ne manquera paa d'être imité 
par les ip^nieur^ et les arcbitecles quiauront k diriger des 
travaux du même geure. 

L'Académie, sans décerner de prix, accorde à chacun 
des auteurs de ces mémoires , MM. Galy Gazalal et Coignet, 
une fventioii honorable et une médaiUe fe la valeur dé 
5oo fr.^ réservant d'ailleurs à l'auteur du premier mémoire, 
à M. Galj Cazalat , tous ses droits au concours de l'anode 
prochaine. ' . . 

5°. pnix , fondé par M. de Montyon , 

En faveur de celui qui aura découvert les moyens de rendre 

un art ou un métii^r moins insalubre, 

I/Acadéinie n'ayant reçu aucune pièce qui remplit les 
intentions du donateur^ ce prix n'a pu être décerné cette 
année. 

6®. pnix DE MÉPECiN^i, fondé par M. deMontyon, 
En faveur de ceux qui auront perfectionné l'art de guérir. 

Lf Académie a d^idé qu'il serait accorda, cette année , à 
titre À'encouragemeut : 

I* Une somme de 2,ooofraiics à M. forge t pour les par- 
fectionnemens qu'il a apportés, par son ouvrage, à l'hy-^ 
giène et à la médecine navales. 

2» Une somme de 5,ooo francs à M; Colombat pour les 
travaux qu'il a publiés sur le ipécanisme de la pronoucia^ 
tion j et pour les succès qu'il a obtenus dans le traitement 
de «quelques vices de prononciation et eu particulier du bé-r 
^iement. 

S'' Une somme de &,ooo francs à M. Baudelocque neveu 



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47^ SOCIÉTÉS SAVAKTKS, 

pour Tinventioii d'au foriCeps,d]»pUcahle aux cas O'ès rares 
où f acoottchemënt eét rendu dmpossibie par la déforniatioa 
d« bassin , et applicable seukment après que la anort de 
l'eafant a été cooMatée par des gens de l'art. 

^° Une somme de i^5oo francs à M. Seipâon Pinel pour 
ses observations manuscrites d'ianatomie pathologique re- 
latives à Tencéphale. 

;. 5^ Un prix de 6,000 £r. à M. ledocteur barx>n Hemuetoup 
pour l'invention et l'applicadon qu'il a faite avec succès de 
/'^crajeme/t^|7ar/^rcu^^/o/i à la destruction de la pierre 
dans la vessie. 

6"^ Une somme de 4)Ooo fr. à M. le docteur Jacobson, 
de Copenhague , pour Fapplication qu'il a faite avec succès 
de l'écrasement par pression à la destruction de la pierre 
dans la vessie. 

7** A M. Sir-Henri , coutellier , une somme de 2,000 fr. 
pour la pai t qu'il a prise à l'invention et à la confection des 
instrumens destinés à écraser par pression la pierre dans 
la.vessîe. . . 

IL . 

Médailles (V encouragement de la valeur dt 1 ,000 fr» 
chacune pour les travaux sur le choléra. 

Depuis que le choléra s'est étendu de l'ïnde aux diverses ' 
parties du globe, l'Académie dès sciences est devenue le 
point où aboutissent la plupart des travaux qui jwnt publiés 
sur cette maladie. La haute importance qui se rattachait à 
ces communications a été accrue encore par l'invasioQ de 
cette maladie en France et par les recherches nombreuses 
dont elle a été l'objet parmi nous. Bien que ces travaux 
laissent beaucoup à désirer, principalement en c^ qui cou^ 
cerne les icaoses et le traitement^ néanmoins comme des 
résultats utiles ont. été la suite des recherches savantes cl 
des efforts faits par les médecins sur les diverses parties du 
(jlobe où le choléra a régné, l'Académie a cru devoir ac- 



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INSTITUT DE FflAMCE. 47^ 

corder une médaille en or de la Taleur de mille francs à 
chacun des auteurs dent lés noms suivent : 

I" A M. le, docteur Anhesley ( Anglais ), pour les observa- 
tions qu'il a recueillies dansTInde sur le choléra. 

2* A MM. les docteurs Marcus et Jachnichen ( Russes ), 
pour leur Relation du choléra-'inorbus à Moscou , une mé« 
daille à chacun. 

3® A M, le docteur Diffembach ( Prussien ) , pour ses ex- 
périences et ses travaux relatifs au choléra-morbus de 
Berlin. 

4^ A M; le docteur Marcin-Kowski( Polonais), pour les 
•faits et les renseignemens qu'il a fournis sur le choléra-mor- 
bus de Varsovie. 

5* A MM. les docteurs Gaymard et Gérardin ( une mé- 
daille à chacun ), pour leur Relation du choléra-morbus en 
Russie , en Prusse et en Autriche , pendant les années i83 1 
et i832. 

6® 4. M. le docteur Foy, pour sa Relation du choléra-mor- 
bus en Pologne. 

7» A M. le doxteur Brière de Boismont, pour sa Rela-; 
tion historique et médicale du choléra en Pologne. 

8® A MM. les docteurs Bouillaud ^ Fabre et Guérin , pour 
leurs ouvrages sur le choléra-morbus de Paris , et pour les 
services rendus pajr lés publications périodiques faites 
sôus leur .direction pendant la durée de l'épidémie (uqç 
médaille à chacun). 

9« A M. le docteur Rayer, pour ses recherches sur le 
choléra , et pour ses expériences sur les fluides rendus par 
les cholériques. . 

lo* AM. le docteur Scoutelten^ pour sa Relation histo^ 
riquë et m^cale de l'épidémie du choléra qui a régné à 
Berlin en i83 1 . 

Il'' A M. le docteur Lassis, pour les recherches et les 



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4î?4 SOClÉ-rtS SAVA«TE9. 

efforts qu'il n*a cessé de faire dans k Tue de prouver là non- 
contagion du cfaoléra. 

Prix DE STATISTIQUE; fondé pOT M. DE MoJITÏON. — . 

Ce prix^ consistant en une médaille d'or delà videur de 
cinq cent trente francs , a été décerné à l'Essai sur là sta- 
tistique morale de la France^ de M. Guerry, avocat à la 
cour royale de Paris. 

L'Académie accorde une première mention honorable à 
la Statistique de la vigne dans le département de la CSte^- 
(tOr, par M. Je docteur Morelot. 

Une seconde mention honorable est décernée à la Carte 
de la navigation de la France , de la Belgique et de la Bot- 
lande , dressée à Tadministration générale des ponts-et- 
chaussées d'après hs documeus les plus authentiques , par 
M. Dubrena. 

Prix proposés par V Académie des Sciences pour les an-- 
nées 1&54 et ib35. 

Grand prix des sciences mathématiques. --^ L^Académie 
rappelFe qu'elle a publié te programme suivant , concer- 
nant le grand prix de mathématiques qu'elle dloit déeenhier 
eft 1854. 

Ce prix sera décerné; dans la sésmce pvblique de iSd^? 
au mémoire soit manuscrit , soit impvinké depuis le corn-* 
mencemcnt de 1882, aéresU directement kVkoiAémxQ^ 
et qui contiendra une découverte importante pour l'ana** 
lyse , ou une nouvelle application du calcul à l'astronomie 
ou à la physique. 

Le prix consistera en une médaille d'or de la vaSeUr de 
trois mille francs. 

Les ouvrages ou mémoires devront être re!iius> au serré* 
tariat de l'institut, avant le i*' mars 1 834- Ce term&estdè 
rigueur. Les auteurs pourront faire èO)!itafirftreleii'r àéiaou. 



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lasTiTirr de framce. 4? 5 

r ÎMcrifc 8iur on billet cacheté^ Dans ce dernier cas , le bil- 
kl , aoivapt l'usage , ne sera ovvert que si la pièce est cou- 
roimée. 

Grand PRIX des sciences physiques pour i855. — L'Aca- 
démie propose pour le grand prix des sciences physiques 
qu'elle distribuera, s'il y a lieu , dans sa séance publique 
de i835, le sujet suivant : 

Examiner si le mode de déx^eloppement des tissus orga- 
niques chez les animaux , peut être comparé à la manière 
dont se développent les tissus végétaux. 

Rappeler à cette occasion les divers systèmes des physio- 
logistes ; répéter leurs expérienceset voir jusqu'à quel point 
elles s'accordent avec les règles du raisonnement et les lois 
générales de l'organisation. 

S'assurer surtout, si les animaux d'un ordre inférieur se 
développent d'une autre manière «^ue ceux d'un ordre su- 
périeur^ s'il existe aussi dans l'accroissement des acotylé- 
dones ; monocotylédones et dicotylédones y autant de dif- 
férences que l'ont cru quelques auteurs ; enfin j si chez les 
dicotylédones il y a à la fois plusieurs modes d'accroisse- 
ment. 

Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 
5ooo fr. Les itiémoires devront être remis au secrétariat de 
l'Académie avant le i*" avril i835. Ce terme est de rigueur. 
Les auteurs devront inscrire leur nom dans un billet ca- 
cheté, qui ne sera ouvert que sL la pièce est couronnée. 

GllAND PRIX DBS SCIENCES MATHEMATIQUES, remis au CVnCOOtS 

pour i8S4' *^ L'Académie reppodak ici le programme du 
grand prix de mathématique»^ qu'elle devait décerner en 
i83a. La question ayant été remise au< ccmcours, le prix 
sera décerné, s'il y a lieu, dans la séance publique de 1 834. 
Les explications plus ou moins ingénieuses que les phy- 
siciens ont données du phénomène de la grêle , laissent en- 



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476 SOCIÉTÉS SAVANTES. 

core ))eaucoup à désirer. L'Académie ii pensé que cette 
question pourrait aujourd'hui être étudiée aVec succès; que 
les connaissances exactes qu'on a déjà acquises sur lerayon— 
nement de la chaleur , sur la température de Tatmosphère 
à différentes élévations , sur le froid qu'engendre Févapo- 
rafion, sur l'électricité ,> etc. , etc. , conduiront peut-être à 
une solution complète de cet important problème înétéoro- 
logique. Les concurrens sont invités à se bien pénétrer des 
vues de l'Académie : ce qu'elle demande , c'est une théorie 
appuyée sur des expériences positives , sur des observations 
variées, faites, s'il e^t possible , dans les régions même où 
naît la grêle , et qui puisse remplacer les aperças vagues 
dont on a été forcé de se contenter jusqu'ici^ en traitant de 
la formation des grêlons , quant à leur constitution physi- 
que , quant à l'énorme volume qu'ils acquièrent quelque- 
fois , quant aux saisons de l'année et aux époques du jour 
dans lesquelles on les observe ordinairement. Il sera donc 
indispensable de suivre les cpnséquences de la théorie qu'on 
aura adoptée jusqu'aux applications numériques^ soit 
que cette théorie mette seulement en œuvre les propriétés 
déjà connues de la chaleur et de l'électricité, soit qu'elle se 
fonde sur des propriétés nouvelles , résultant d'expériences 
incontestable^. 

Le prix consistera en une "médaille d'or de la valeur de 
Arois mille francs. 

Les conditions du programmé n'ayant été remplies par 
aucun des concurrens , l'Académie remet la question au 
concours. 

Les mémoires devront être remis au secrétariat de l'Aca'* 
demie avant le i*"^ mars i834. 

Ce terme est de rigueur. 

Prix d' ASTRONOMIE ,yî?7iJ^/7ar M. deLalande, — ^.a mé- 
daille4bndée par !Vf de LalandE; pour être donnée annueU 



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INSTITUT DE FRANCE. 4? 7 

lemeBt à le personne qui , en France ou aiUeùrs' ( les mem- ' 
bres de rinstitut exceptés ) , aura fait l'observation la plus 
intéressante , ou le mémoire le plus utile aux progrès de 
l'astronomie sera décernée dans la séance publique dé Tan- 
née 1834. 

La médaille est ordinairement de 635 fr. ; mais en> i835 
l'Académie, s'il y a lieu , pourra eu augmenter la Valeur de 
tontes les sommes qui sont restées disponibles dans les 
années i85i , 1882 et 1 833. 

Prix de physiologie expérimentale, fondé jpqr M. de 
MoNTYON. — Feu M. le baron de Mon.tyon ayant offert une 
somme à l'Académie des sciences, avec l'intention que \t 
revenu fût affecté à un prix de pbysiplogie expérimentale à, 
décerner chaque année , et le Roi ayant autorisé cette fp^- 
dation par une ordonnance en date du 22 juillet 1818, 

L'Académie annonce qu'elle adjugera une médaille d'or 
de la valeur de huit cent quatre-vingt-quinze francs k lou- 
vragc , imprimé ou manuscrit , q^ui lui paraîtra avoir le plus 
contribué aux progrès de la physiologie expérimentale. , 

Le prix sera décerné dans la séance publique de 1 784. 

Les ouvrages ou mémoires présentés par les auteurs , de- 
vront être envoyés francs de port au secrétariat de l'Insti- 
tut avant le i*' avril 1844 • * 

Prix de mécanique ^ fondé par M., de Montyon. — M. de 
MoNTYON a offert une rente sur l'État, pour la fondation 
d'un prix annuel, autorisé par une ordonnance royale du 
29 septembre 1 8ig, en faveur de celui qui , au jugement de 
l'Académie ix>yale des sciences , s'en sera rendu le pl^s di^ 
gne en inventant ou en perfectionnant des instrumèns utiles 
aux progrès de l'agriculture, des arts mécaniques et d«8 
sciences. 

. Ce prix sera une médaille d'or de la valeur de cinq cents 
francs. 

Tome VL Z>ecewère ï 833. 3i 



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4^8 M>€léTé8 SâVAHTB^. 

Les ouvrages ,oa mémoires adressés par les apteitrs^ oit ^ 
s'il y a lieu , les ro^éles des machines ou dès af^i^eils, de^ 
Tront être envoyés francs de port au secrétariat de Tlnstitut, 
avantle !•' avril i834. 

Prix divers du legs Montton. — Gonformémeni au tes- 
tament de feu M, le baron âuger de MoNTTOir , et aux ordoii- 
nances royales du 29 juillet 1 821, du 2 juin 18249 ^t du 25 
août 1829» il sera décerné un ou plusieurs prix aux auteurs 
des ouvrages ou des découvertes qui seront jugés les plus 
ailles à Tari àë guérir^ et à ceux qui auront trouvé les moyens 
de rendre un art ou un métier moins insalubre. 

L'Académie a jugé nécessaire de faire remarquer que les 
prix dont il s'agit ont expressément pour objet des décou- 
vertes et inventions propres à perfectionner la médecine ou 
la chirurgie, ou qui diminueraient les dangers des diverses 
professions ou arts mécaniques. 

Les pièces adniises au concours n'auront droit au prix 
qu'autant qu'elles contiendront une découverte parfaite- 
ment déterminée. 

Si la pièce a été ptoduiie par l'auteur; il devra indiquer 
ïa partie de son travail où cette découverte se trouve expri- 
mée : dans tous les cas , la couinûssion chargée de l'examen, 
du concours y fera connaître que c'est à !a découverte dont 
il s'agit , que le prix est douné. 

l.es sommes qui seront mises à la disposition des auteurs 
des découvertes ott des ouvrages couronnés , ne peuvent 
être indiquées d'avanee avec précision ^ parce que le nom- 
bre des prix n'est pas déterminé ; mais les libéralités du 
fondateur et les ordres du Roi ont donné k l'Académie les 
moyens d'élever ces prix à une valeur considérable , en 
sorte que le^ auteurs soient dédommagés des expériences ou 
recherches dispendieuses qu'ils auraient entreprises, et re- 
çoivent des récomj^enses proportionnées aux services^qu'iU 



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iNS-riTtlT DE FmANCE. 4/9 

auraient reikdas, nhït en prévenant oa diminuent iie&ieotip 
Tinsalidïrité de lier tained professions ^ soit en perféttionnâtit 
les sciences médicales. 

G)nformémenl à l'ordonnance du 25 août , il sera aussi 
décerné des prix aux meilleurs résultats des recherches en^ 
treprises sur les questions suivantes proposées par l'^cadé-^ 
mie , conformément aux vues du fondateur. 

Les ouvrages ou mémoires présentés par les auteurs de^ 
vtont être envoyés franc de port au secrétariat de Finsdtut 
avant le i*" avril i854. 

Question de MéDEcmE. — L'Académie avait proposé la 
question suivante pour sujet du prix qu'elle devait décerner 
en i832 : 

Déterminer quelles sont les aliéraîiorts phjrsi^es et chi- 
miques des 'organes et des fluides ddhs lus Maladies dési- 
gnées sous^ le nom, defih^res cohtinues 7 

Quels sont les rapports qui existent entre les symptS^ 
mes de ces maladies et les altérations observées ? 

Insister suh les vues thirapentiques qui se déduisent de 
ces rapports ? 

L'importance de cette question détermine l'Académie â ' 
la remettre au concours ; et pour en faciliter la solution 
complète , elle l'a divisée en deux question distinctes , quî 
pourront être traitées séparément , l'une purement médicale 
et l'auli^ entièrement chimi<|ue. 

Question de médecine. — Déterminer quelles sontle^al-- 
térations des organes dans les maladies désignées sous le 
nom. defihvres continues ? 

Quels sont les rapports qUi existent entre les sj-mptSmes 
de ces maladies et les altérations observées 7 

Insister sur les vues qui se déduisent de ces rapports 7 

Question de chimie MétfrcALE. — Déterniiner quelles sont 



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4^0 SOCIÉTÉS SAVANTES. 

les altérations physiques et chimiques des sofides et liqui" 
des dans les maladies désignées sous le nom dejihvtes con- 
tinues 7 

Les' fnt consisteront^ pour chacun de ces deux sujets , 
en une médaille d'or de la valeur de cinqynille francs . 
Les mémoires devront être remis, francs de port, au secré- 
tariat de l'Institut , avant le i*' janvier 1884. 

Question de CHinuROiE. — L'Académie avait proposé la 
question suivante pour sujet du prix qu'elle devait décer- 
ner en i832 : . 

Déterminer par une série défaits et d! obsers^ations aU" 
thentiques quels sont lès avanfages et les inconvéniens des 
moyens mécaniques et gymnastiques appliqués à la cure 
des difformités du système osseux ? 

L'Académie a décidé que la même question seraiti'emise 
au concours^ «lie engage les concurrens à se rappeler que 
l'on demande 2 

x^ Ia description générale et anatomique des principales 
difformités qui peuvent affecter la colonne vertébrale , le 
thorax , le bassin et les membres ; 

2® Les causes connues ou probables de ces infirmités , le 
mécanisme suivant lequel elles* sont produites , ainsi que^l'in- 
fluence qu'elles exercent sur les fonctions fiX. particulière- 
ment sur la circcilation du sang , la respiration , la digestion 
et les fonctions du système nerveux ; 

3° De désigï\er d'une manière précise celles qui peuvent 
être combattues avec espoir de succès par l'emploi des 
moyens mécaniques ; celles qui doivent Têtre par d'autres 
moyens; enfin celles qu'il serait inutile ou dangereux de sou- 
mettre à aucun genre de traitement; 

4° De faire connaître avec soin les moyens mécaniques 
qui ont été employés jusqu'ici pour traiter les di/formilés 



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1ÎÏST1T13T t)E FRÂTiCE. 4^^ 

soit du tronc, soit des membres, en insistant davantage sur 
ceux auxquels la préférence doit être accordée. * 

. La description de ces derniers sera acconnpagnée de des- 
sins détaillés ou àe modèles, et leur manière d'agir devra 
être démontrée sur des personnes atteintes de diHbr- 
mités. * 

Les concurrens devront aussi établir par des faits les amé- 
liorations obtenues par les moyens mécaniques non-seule* 
meét sur les os déformés ; mais sur les autres organes et sur 
leurs fonctions, et en premier lieu sur le cœur, le poumoD^ 
les organes digestifs et le système nerveux. 

Ils distingueront parmi les cas qu'ils citeront ^ ceux dans 
lesquels les améliorations ont persisté , ceux où elles n'ont 
'été que temporaires , et ceux dans lesquels on a été obiigé 
de suspendre le traitement ou d'y renoncer à raison des ac- 
cidens plus ou moins graves qui sont survenus. t 

Enfin , la réponse à la question devra mettre l'AGadéinie 
dans le cas d'apprécier à sa juste valeur l'emploi des moyens 
mécaniques et gymnastiques proposés pour combattre et gué^ 
rir les diverses difformités du système osseux. < 

Le prix consistera, en une médaille d'or de la valeur de 
dix mille francs. Les mémoires devront être remis au se-' 
crétariat de l'Institut avant le 1*^ janvier 1834. 

Ce terme est de rigueur. 

Prix de statistique ^ fondé par M. de Montïon* --Pajr.iwi 
les ouvrages qui auront pour objet une ou plusieurs ^ques- 
tions relatives à la statistique de la France , celui qu^ , au ju- 
gement de l'Académie , contiendra les recherches les plus 
utiles, sera couronné dans la première séance publique.. 
On considère conotmeadmi» au concours les mémoirefii eur 
voyés. en manuscrits y et ceux qui , ayant été inipii^inés .e^ 
publiés , seront parvenus à la connaissance de l'Âça^énpe; 
sont seuls exceptés les ouvi:a^es de ses men^)res vçsidçi^* 



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49^ SOCIÉTÉ^ SAVAIIXE3. 

Les Eftémoires maiHiSGrits oa impriaiiés , adressés par les 
auteurs , doivent être envojÀ au secrétariat de l'Institm , 
francs de port, et renûs avant le i*"' avril i3 34 î iU peuvent 
porterie nom de l'auteur } ce nom peut aussi être ^rit dans 
un: billet cacheté joint au mémoire. 

Le prix consistera en une médaille d'or équivalente à ^t 
somme de cin^ cent trente francs. Il sera 4écerné dans la 
séance publique de i834* 

Les concurrens pour tous les prix sont prévepus qoeFAc^r 
déoiic ne rendra aucun des ouvrages qui auront été envoyés 
au concours; mais les autei^rs auront 1^ liberté d'en faire 
prendre des copies. n 

SéAR«& BU 35« — M. Aimé annonce qu'il vient d'obtenir 
un nouveau corps qui est composé de cyanogène y de soufre 
et de chlore. 

M. Brame-Chevalier adresse un mémoire sur l'emploi 
de l'air ckaud comme moyen d'évapoj^ation pour k^ raffi^ 
àeries'de snece > les fabr«)i«es de sucre de l>ettera,v« et les 
distilleries. Cet appareil S6camp0M^ ', 
' D'tth générateur de la force de vingt ckevaux^ 

D'ane machine à vapeur de la force de qaatre çh^vaiup^ 
garnie d'acçetooires nécessaires ^ 1a fabrique, faisant mou- 
voir en même temps les cylindres k air, et une éponge 
alimentaire qui reprend les eaux condensées qu'il fait ar- 
river dans un même résevvoir j 

IXuiï tylindkre à air que la machine pousse dans les ré-o 
cipiierns. * ^ 

Dans le premier de ces- récipienS) l'a» froid arrive par 
îébas et sort^îhaud à environ 6o degrés par le haut. Ce 
récipiém reçoit la vapenr qui a servi à faire mardier ia 
machine; cette vapettr atrive par le haut et sort par le 
bà^.* Lé Second récipient eèl disposé de la miême manière. 
Il reçoit Fair déjà chauffé pa^ le premier et le chanife à 



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IKftTITDX PB FliUiCfi. ^9S 

un plus baut de|;rc ; il i.eçoit la vapeur du génirateur. Un 
conducteur por.t« Tair chaud aux» dtaudières d'évaperation, 
au fond desquelles il aboutit par eaibrancbemeat • La dis^ 
tributiou d'air cb^ud pour chaque cbaudiire s'opère au 
moyep d'un robinet pour obajque. 

1^8 çbaudières d'éyaporation ont i5 pieds de surface y 
^les sont doobleis «t fixées rtiÀe à Tantre par les^ b<>rds, a6n 
de pouvoir contenir l'air entre les deux fonds. Le fond de 
lit chaudière imérieure est criblé de petits trous au travers 
desquels l'air chaud passe pour -traverser ensuite le liquide 
après ^voir été divisé à l'infini ; ces trous sont capillaires et 
coniques, le large c6té en dessous. Ces chaudières sont à 
bascule pour en opérer la vidange très vite. Tes^dmibles 
fîpnds n'ont pas de conoinuBicatioti avec la chaiuli^e et se 
fidetuparun robinet à part. 

MM. Boyer, I^rrey et Dupuytren font unraprport favo- 
rable sur des insUumeus propres à l'éxtractioa des dents, 
inventés par M« Baudequin, Ces insuumens consistent: 
\° dà^$ i^ie hr&nvbe à crochet montée sur un mantbe et 
formant iin levier^ 9° dans ua anneau avalàire en acier , 
servant de poiat d'appui à ce levier que l'auteur uoinme 
jbyppomochlipn. Ile» a de différentes formes et grandeurs 
pour les côtés drçût et gaui^he ; l'oui^erture de la bonche et 
î'ige des sujets* Ce dermer instruuient s'appayant sîir plu- 
sieiurs points du rebord alvéolaire ^ la gencive se Croirve 
peu comprimée en même femps que cet anneau métallique, 
garni 4^ gomme élastique 9 offre un point d'appui «olide à 
la branche du crochet qu'on implante sous le cOllet de la 
denty qu'on. arrache ensuil« Imitement avec une grande fa- 
cilité, et. da^ft yLU^ 4iteQ%ii^n verticale ou perpendiculaire, 
i$e)Giu quiç)^ dmt anp44rtientfà 1à mâchoire supérienre ou à 
l'inférieure* 

Ce proc^d^ convient pfurlîaÂtement pour l'extraction del 
twtes le§ dents des deux» mâchoires> si nbus'en espceptons , 



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484 soc I ÉTÉS SAVANTES. 

les deux -dernières molaires de chaque côté, et surtout les 
deats de sagesse , parce que cet hyppomochiion ne peut 
être appliqué sur les points élpignés des mâchoires; d'ail- 
leurs ces derivières peuxieni s'extraire avec les mémies a van- ' 
tagesà l'aide de la clef.de Garengeot, perfectionnée par 
Spence. C^tte perfection consiste dans le rapport du chevet 
de cet ii^trument destiné à former le point d'appui avec lë 
crochet^ en sorte qne ce point se fait sur la deiit voisine et 
apiérieuce de celle qu'oa doit arracher ; nous supposonis 
qjue e'esi de sagesse. L'extraction s'en fait d'autant plus 
facilement et dans la direction que nous avons indiquée , 
qu*ejUe aj de très, courtes racines et que son implantation 
aux mâchoires .est inclinée en dedans. 
. Pour l'extraction des autres dents , cette clef, le davier , 
le pélican ou la pince n'ôfFrent plu$ les ameiltages du procédé 
deH. Bai^dequin. - (' 

L'auteur a imaginé aussi un autre instrument pour ex- 
traire, da fond des alvéoles les portions de racine de dents 
q^ui y sont quelquefois ensevelies de manière à né pouvoir 
les saisir ouïes extraire avec la pince ou le pied de biche. 
Cet instrument a pour objet de couper de dehors eu dedans 
, la genicive et le bord de la parois alvéolaire pour aller saiistr 
le chicot et en faire l'extraction du même coup. 

M. Pekier dépose un paquet cacheté contenant la rela- 
tiou* de deux séries d'expérien<;es positives qui démontrent 
l'uDitéetle sens du courant électHque, la perte qu'il éprouve 
dans sa propagation , l'élévation de température en raison 
de cette perte. , : . . . i . 

^, Delille lit un mémoire sur la description de' Fagarit 
de i*o]ivicr ; il est sans odeur désa^gpéalfylev sa chair est uh 
peu coriace , sa saveur légèrement aufièrè sans être nauséa- 
bonde , son suc est roux, non laiteux ; au rapport de M. Dès^ 
trem d'Alais , il a produit la superpiirgaliou sur un de ses 
fermiers. li est^ de tous les végétaux phosphcN^éseens, le ^us 



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IMSTITUT DE FRAMCE. 485 

grand , puisque sa surface lumineuse , quoique bornée à 
celle de ses replis ou feuillets , acquiert Tétendue de la 
ma'm , tandis que le champignon lumineux d'antimoine n'a 
que la largeur d^une piècçd£mH>ni)aie,. 

M. Macédoine Ëllellon écrit à l'Académie au sujet de la 
différence^qui existe entre les rayons calorifiques du soleil 
et ceux de nos foyers. Si l'on se place , dit*il, successive- 
ment au soleil et devant le feu d^uiie cheminée , et qu'on 
interpose un large carreau de verre sur le passage des 
rayons qui viennent frapper le visage, kt sensation de cha- 
leul* continue pour le$ rayons solaires , etxresse complètement 
dans Je cas du feu. 

Des recherches lui ont prouvé que ces deux modes d'ac- 
tion ne tiennent pas à ufne différence essentielle dans la 
natujre des chaleurs terrestre et solaire , mais à un simple 
mélange »en proportions variables de plusieurs sortes de 
rayons. Cest-à-dire que la chaleur de Tune et de l'autre 
origine est composée , comme la lumière , de rayons divers, 
et que les rayons de même espèce ne s'.y trouvent pas dans 
les mêmes proportions. L'auteur doit être parvenu à tirer 
de l'irradiation lancée par des corps enflammés une espèce 
particulière de rayons qui agissent sur les milieux transpa- 
rens comme la chaleur solaire , et , réciproquement , la 
chaleur solaire Ibi a fourni des rayons qui reproduisent tous 
les^hénomènes de transml^ion que présente la chaleur 
rayonnante des feux terrestres. 



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486 SOCIÉTÉS SAVA^Tl^. 



ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE. 

(Novembre et décembre i833.) 

Rapport sur torgunisation de la médecine.-^ Diicus-^ 
sion sur ce irayaiL — Projet de création de trois 
nouvelles Facultés de médecine. 

SÉANCE DU 12 NOVEMBRE. *^ Si^ite du roppûrt sur V en-*- 
gamsatipnde la médecine. ^^ M. Double tcirinipe la lec-^ 
ture de son rapport dans cette séance. A son exemple, nous 
donnerons aussi la suite de ce travail aree l'aOentioii de 
iranscrire textuellement les articles de législation!^ sans les 
Aiire précéder des motifs dont la commission les appuie. 
Ces motifs reparaîtront eu partie dans la disqussion. 

REMÈDES SECRETS. 

Articles de Législation, 

ARTICLE paEHiEii, Il ne doit plus y avoir de remèdes se- 
crets. 

A^T. 3. Les inventeurs des remèdes nouveaux pourront , 
quand ils voudront s'en assurer la propriété légale^ ob- 
tenir une patente de^araptie ^ dont la durée sera, limitée. 

Art. 3. Les patentes de g^arantiç, ^eij^pat délivrées parle 
ministre de l'intérieur sur l'avis et moyennant l'approba- 
tion de l'Àçadémie royale de médecine. 

Art. 4* L'examen et l'approbation de l'Académie devront 
surtout avoir pour but de constater la nouveauté et l'uti- 
lité du remède. • ' 

Art. 5. Il est expressément déclaré que de légers chan- 
gemens de forme , de préparations , de doses ne sauraient 
fournir matière à une patente de garantie. 



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ÀCADI^Mm DE MÉDECINE. 4^7 

Ar.T. 6. Tout remède nouveau» approuvé par^'Âcadémie 
et patenté par le gouvernement, devra avoir son dépôt dans 
des officines légalement établies. Partout ailleurs, le débit 
en s^rapmii par les peines youliie^, 

A&T. 7. Les patentes de garantie seront délivrées pour 
diix» quinze, vlngtanS; à la volonté du demandeur. Une 
fois l'époque consentie , il n'y aura point de prorogation 
possible. i 

AnT. 8. Tout demandeur d'une patente garantie pour un 
remède nouveau , sera tenu de déposer du secrétariat du 
ministère de l'intérieur, et sous cachet, copie double de la 
description du remède avec sa composition et le véritable 
mode de préparation. Il y joindra un échantillon du re- 
mède.' • . 

L'un de ces paquets cachetés sera adressé à l'Académie 
royale de médecine, qui devra en conserver dépôt, quel 
que sôit sou prononcé j l'autre restera au gouvernement , 
pour ledit paquet être ouvert au moment où l'inventeur re- 
tirera son titre de propriété. 

Art. 9. Le catalogue des remèdes nouveaux 80umiî« à 
l'Académie royale de médecine, aussi bien que le catalo- 
gue semblable déposé au secrétariat du ministère, devront 
rester publics. Il sera loisible à tout le monde d'aller les 
consulter. 

AnT. 10. Le propriétaire d'une patente de garantie sera 
libre de constituer autant dé dépôts que bon lui semblera 
du médicament patenté , mais seulement4làns les différen- 
. tes officines du royaume, sauf à prendre avec les proprié- 
taires de ces officines les arrangemens convenables aux deux 
. parties. 

Akt. la. a rexpirlEition du délai de chaque patente de ga- 
rantie» I4 formule, la description , la composition et le 
mode de préparation 4^ remède seroi^t rendues publiques 



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488 SOCIÉTÉS SAVANTES. 

par la voie des journauic officiels. Alors il rentrera dans le 
domai De public. • / 

Art. i3. La déchéance des patentes de garantie concé- 
dées sera prononcée par les tribunaux , si le concession*- 
naire manque à quelqu'un de ses engagemens ; s'il est con 
vaincu d'avoir^ en donnant sa recette , caiïhé ou dissimulé' 
les véritables élémens de saL composition ; si l'inventeur a 
été breveté pour un remède déjà consigné et décrit dans des 
ouvrages imprimés et publiés. 

Art. 14. La déchéance^ quelle qu'en soit l'époque , en^ 
traîne toujours pour le patenté la perte du montant de La 
taxe de la patente de garantie. 

Art. i5. Toutes les décisions de l'Académie en fait de de- 
mandes de patente», quel qu'en soit le résultat, devront 
être inséi^ées au journal ofEcieL 

Art. 16. Il sera prélevé une taxe pour lé droit de com-' 
munication des registres des patentes de garantie , tant à 
l'Académie royale de médecine qu'au ministère de l'inté- 
rieur. Néanmoins les membres de l'Académie royale de mé- 
decine pourront consulter ce dépôt à volonté, sans être as- 
sujettis à la taxe. 

Art. 17. Il sera établi une taxe pour le droit de patente 
de garantie. Celte taxe sera proportionnée à la durée de la 
patente. 

AriT. 18. La taxe du droit de communication des paten- 
tes de garantie sera de. • . • . 10 fr. 

La taxe pour le droit de patente de garantie sera pour 
une patente garantie 

De lO ans . . . . ijooo fr. 

.De i5 ans i,5oo 

De 20 ans. . . . . 2,000 

Le demandeur auia de plus à payer , pour frais d'expé*- 
dition. . .... . . 5o fr. 

Art. 1 9. Le demandeur sera tenu d'acquitter la moitié du 



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ACADéMI£ DE MÉDFXINE. 4^9 

^nontant de la taxe pour la patente de garantie , en présen- 
tant sa requête. Il devra déposer sa soumission d'acquitter 
le restant six mois après la concession délivrée. En cas de 
refus définitif de la patente de garantie par le gouverne- 
ment; la somme versée lors de la présentation de la requête 
sera immédiatement restituée. Cette somme serait au con- 
traire acquise à Tétat si le demandeur renonçait à sa de- 
mande. 

Art. 20. Les inventeurs d'un remède déclaré nouveau , 
jugé utile, qui voudront en gratifier tout de suite la société; 
pour qu'elle en jouisse librement, pleinement , seront re- 
commandés au ministère de l'intérieur pour des récompen- 
ses proportionnées à l'importance de la découverte. 

Art. '21. Par la promulgation de la préente loi , toutes 
les lois , tous les décrets , toutes les ordonnances , tous les 
arrêts , avis du conseil d'état ou autres touchant, la matière 
des remèdes secrets , antérieurement rendus , sont et de- 
meurent abrogés. 

Abus dans V exercice de la médecine. . 

Article 1''. Nul ne pourra désormais exercer la médecine 
ou la chirurgie , soit en totalité , soit en partie , s'il n'a été 
reçu docteur dans l'une des Facultés du royaume. > 

Art. a. Nul ne pourra cumuler à l'avenir l'exercice de 
la médecine et de la pharmacie , sous peine d'une amende 
de 1000 fr. 

L'amende sera triple en cas de récidive. 

Compromis entre le médecin et le pharmacien. 

Nul médecin , pharmacien ou officier de santé ne pourra 
contracter avec un pharmacien aucun compromis , aucune 
assossiàtion , soit directement , soit indirectement , tendant 
à se procurer quelque gain ou profit venant de leurs ma- 
lades , à, peine d'une amende de 5oo francs.' I/araende 
pourra être triple en cas de récidive. 



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/^Oa SOCIÉTÔI «aV>ÎÎTES* 

Substitution frauduleuse deamdidats, 

AmTicLt uifiQCE. — Tonte substitation frauduleuse (Tun 
^dividn à un autre indÎTidu dans un ou plusieurs des actes 
probatoires sera punie de la perte du temps d^ëtudes révolu 
e;t du montant des inscriptions acquises pour tes deux dé- 
linquans. De plus,. !& faculté suivant les circonstances, 
pourra renvoyer le principal coupable de vaut les tribunaux 
sous l'accusation de faux en matière d'écriture privée. 

Le grade de docteur nécessaire pour toutes les fonctions 
publiques. 

Nul ne peut exercer de fonction publique quelconque , 
soit de médecine , soit de chirurgie , soit de pharmacie , s'il 
n'est docteur dans une des facultés de médecine , ou phar- 
macien reçu dans une des écoles de pharmacie du royaume. 

Médecins étrangers. 

Tout médecin , chirurgien ou pharmacien gradué dans 
les universités étrangères, qui voudra obtenir le droit d'exer- 
cer en France, devra, avant l'organisation du gouver- 
nement , s'être présenté devant une des facultés du royaume 
pour y faire preuve de capacité. 

Les conditions seront , pour les médecins et les chirur- 
giens ^ deux examens cliniques et une thèse, et pour les 
pharmaciens trois opéiraiions chimiques et une thèse. 

De la violation du secret. 

Les médecins , chirurgiens , et antres officiers de santé , 
ainsi que les pharmaciens , les sage-femmes et autres per- 
sonnes dépositaires des secrets qu'on leur confie , qui , hors 
les cas oh la loi les oblige à se porter dénonciateuréy auront 
révélé ces secrets, seront punis d'un emprisonnement d'un 



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ÀCADiMIE DR MÉDEGISB. 49< 

na à six mois , et d'une amende de cent à cinq cents francs. 
D'après notre projet, l'art. 378 du Code pénal resterait 
ainsi rédigé : 

. Les fnédecins et les chirurgiens , aiuâ que les pharau^ 
maciens , les sage-femmes et autres personnes dépositaires 
des secrets qu'on leur confie qui auraient réf élés ces secrets, 
seront punis d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une 
amende xle 100 à 5ao francs. ^ 

§ VII. Delà responsabilité des médecins dans F exercice 
de leur art. 

Deux articles du Code civil, titre 4» chapitre 2, articles 
1 38a et 1 383 , sont ainsi conçus : 

«( Aht, i382. Tout fait quelconque derhomine qui cause 
à autrui un dommage , oblige celui par la faute duquel il 
est arriva à la répare é*. » 

« Aat. i383. Chacuù est responsable du dommage qu'il 
a causé, non-seulement par son fait, mais encore par sa 
négligence ou par son imprudence. » 

Propositions de la Commission, 

Les médecins et les chirurgiens ne sont pas responsables 
des erreurs qu'ils pourraient commettre de bonne foi dans 
l'exercice censciencieux de leur art. 

Patente des médecins. 

A l'avenir les médecins ne seront plus soumis à l'impôt 
cfes patentes. 

Eaux minérales. 

A l'avenir, le» impôts d'eaux minérales natures | le dé- 
billet , là vente , la di8trii)ution de ces eaux hors la source 
ne pourront avoir Heu que dans les officines légaletneht 
instituées. 



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4c)2 SOCIÉTÉS S A VANITES. 

La préparation des eaux artHicieltes , ainsi que la vente 
et la distribution de ces eaux sont exclusivement réservées 
aux pharmaciens légalement établis et inscrits à' ce titre , 
au rôle des patentes , ainsi que sur les listes départemen- 
tales. 

Les dépôts d'eaux minérales présentement exista ns seront 
conservés jusqu'au décès des propriétaires. Ils seront sou- 
mis aux mêmes visites que les pharmacies. 

§ X. Faculté concédée aux médecins de tenir des médi^ 
camens. 

Les malades qui se trouveront à plus d'un demi-myria- 
m être d'une officine légalement ouverte , pourront seuls 
recevoir les médicamens des médecins et des officiers de 
santé. 

Les médecins et les officiers de santé qui , en dehors de 
ces conditions 9 auront fourni , vendu des médicamens , 
seront passibles d'une amende de loo francs. 

L'amende pourrait être triple en cas de r^idive. 

Les médicamens officinaux ^ tenus en provision chez des 
médecins et des officiers de santé > conformément aux lois y 
, devront avoir été pris dans une pharmacie légalement 
ouverte. Ils en porteront l'étiquette. 

Ces dépôts de médecine pourront être sujets à la visite 
légale. 

Sanctions pénales. 

Despeincs particulières seront prononcées contre chacune 
des infractions prévues. 

Les peines seront surtout pécuniaires. 

La sanction des lois consiste surtout dans les pemesou 
les récompenses , dans le mal ou le bien attachés àTinfrac- 
Û6n ouâ l'observation des préceptes et des défenses que le 
législateur a tracés. 



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1 
▲CADJÊHIK de MÉDSCIIIS. 49^* 

Abrogation des lois et ordçrmances antérieurs. 

11 sera rédigé une loi unique qui embrassera tous les 
points relatifs à Texercice , aux progrès et à renseignement 
de Tart de guérir. 

Toutes les lois , toutes les oidonnances antérieures sur 
ces matières seront abrogées. 

PHARMAaE. 

Considérations générales, — Les besoins qui se font im- 
périeusement sentir quant à l'exercice de la pharmacie ; les 
améliorations que cette troisième branche de l'art de guérir 
rédame; les abus qu'elle accuse et dont elle i^pelle la ré* 
pression, peuvent être tons ramenés aux catégories sui- 
vantes : . 

I** Constater par les moyens convenables 1^ moralité , 
l'aptitude et l'instruction des jeunes gens au moment où ils 
vont entrer en pharmacie : de telle sorte que , d'emblés > 
sans contrôle et sans examen , on ne laisse plus s'introduire 
dans la profession des hommes qui pourraient la désho- 
norer un jour, par cela seul qu'ils n'auraient ni les capacités ' 
voulues, ni les habitudes de morale exigibles; 

a^ S'assurer par des voies légales de la vérité, de l'assi- 
duité , de la durée du stage des jeunes gens dans les phar- 
macies , afin que U fraude ne puisse jamais se glisser dans 
aucun des points de cette portion importante de l'éduca- 
tion pharmaceutique ; 

3** Faire cesser la déplorable facilité des réceptions par 
les jurys, auxquels la loi n'a ni donné le temps nécessaire, 
ni assigné les épreuves suffisantes pour reconnaître et pour 
constater les qualités intellectuelles et morales in dispensa* 
blés au bon pharmacien ,* . 

4** Surveiller en, réalité la bonne tenue des pharmacies , 
la discipline des élèves , le choix , la préparation , la con- 
Tome IV; Décembre i833. Sa 



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servati0n«t hi ^K9trfbutf<Mi clés médiçâmeiid, datns la double 
viiç ?l'A>ffrif ^u. ptt>)lic les garanties qa'il a drpit d'exiger 
d'juoe ppliç^ infédicab bi£|i exUeudv^^ -et d'asE^pir d:»?^ 
manière convenable la condance que les médecins o^lbe- 
sq\^ d'ajcçarder,en général ai|x nié«Ucam*ens ^ulU prescri- 
Tent ; 

5" Faire rentrer dan^ le cadre pharmaceutique et ra- 
mener au domaine exclusif des officines légalement insti- 
Xiiêe^^ la composition , la distribution et la vente de plu- 
sftejirssubstances essentiellement médicamenteuses qui; par 
abus y^e prépai!«nt et se distribuent/iilleurs ; 

8^il -contient que la loi impose des conditions sévères à 
l^xèrciee de la phiirmacie, il faut en retour assurer aux 
pharmaciens une protection légale suffisante 5 

' 6**. Ne pennettre que dans les officines ouvertes cohfor- 
iHémcnt ^nx lois, la préparation ^ la distribution et la 
ve»îe dô tous Içs médicament, sauf quelques exceptions 
roiiltiiwf et Spécifiées; 

'^*^É(ablir une délimitation précise entre la pharmacie 
' ét'lës professions collatérales, dont l'empiétement pro- 
gressif pèse chaque jouj davantage sur les attributions et 
sur les droits des pharmacien^ ; ^ 

6^ Donner au formulaire authentique ^ au codex officiel 
fimpôrtance et Futilité que sollicitent les intérêts combinés 
qui se rattachent à l'art de guérir. 

TITRE PREMIER. 

\ Capacité des candidats en pharmacie. — Nul ne pourra 
être admis pour la première fois dans une officine, en qua- 
lité id'élève , que sur l'autorisation du conseil médical du 
département où se trouve placée l'officine dans laquelle 
l'aspirant veut entrer. 

" Pour accorder celte autorisation , les conseils médicaux 



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inifr^aAt l'^'établirsiii^fj^'boiis rfMâei^^meitô la moralité 
du jeune homnije qui se présente; o? constater, a l'aide de 
f^jriifiçat^, aiuheatiquiés^ <^e raspivaut.aijfiaiiijus^'â sa 
lioisièmedasse iadùÀveineat dans un def eoHë^&unitrér- 
Mairies; 3° â'assunsr pac voie d'examen que le cauUidat 
ipiDiisÀrie réeUeméàt «t à .des degr^ saûs£susans tmtteiJef 
parties qu'on enseigne jasque et compris Ja troisi|suie;. Ces 
jeunes gen^ devront^ tvès spécialement,. faire preuy<5,de 
<qn naissances jéléiiient^ires en math ilnia tiques, en physi- 
que et en histoire naturelle. , , 

Q^s mêm^s exameafcsemwtide.rftgaei^r'pdtir Tadmâs- 
jt'K>n deft«lè«reâ>dans (as pharmacies dëshèptlanx taat ci^Ui 
q44<e ,miBuii'es* .m ,..,. ■•.■'.■/ f. ■ ..- ;,,.,. (, • -, 
' ' . ,■]■.}' ■'.-, ' , . .. V / ., . ' -'• , 

TiTBE II. — Surs^eillan^^^is^ ^tàge)^, uL ifl DMis;4ihaqu« 
iKmsefl médical de' Aépa^éfBent , ily aiuif'a'uo »e(>^tre ou- 
veii picntr ;)e8^[èl^ eo pharmacie ^xisiâns idans tom \é 
r^Mortdu-dépafteaieAÇ . ' ' • . ' : "' ' '' 

2*> Ces registres cônSiateiCont les ribiits dés jeutites'gehs 
altàèïiéâ aux diverses pharmacies du dëp;ipieme*it ', aveè la 
dàlé'déleur éxâmêri par le conseil niëdîcaV;"€r li date rfef 
leur entrée danis la pharmacie détfeViiiinée.' * *<*^ ' ^ * > : 

3<> Tout élève qui voudra passer d'une pharmacie dans 
une accfrey de^ra en ^nuer avià au tdn^il. tierétépi^éUle 
cet arîs de la part dU cotl^îl Sera indi^péÂ^àMé ^6ii^ p^ikft* 
dans une nouvelle pharmacie., * > ' - m. «r-.i 

4° Le pharmacien , de son côté , devra transmettre un 
avis semblable du passage de T^lève chezun autre phar- 
macien Vêt àussVde renonciation que 'pourrait faire l'élève 
à suivre cette carrière, ' 

Pareil avis sera doçiié de l'entrée d^ |'^lève^ans la pl^ai^- 
macie nouvelle qu'il aurA choisi*. Tpus ces iff^onvemfui^ 



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^^ . . «OCIÉTÉS SAVAVTSS. 

seront exactement annotés aux registres du conseil m^caA 
du département. 

50 Les certificats de stage dans les pharmacies , donnés 
d'abord par les pharmaciens , seront visés et annotés avec 
les observations vpulues par les conseils médicaux de dé- 
partement. Ces certificats seuls seront valables, au moment 
des réceptions, pour constater les temps d'études. 

Titre m. — Réceptions. — i* A l'avenir, nul ne pourra 
être reçu pharmacien , si ce n'est dans les écoles spéciales 
de pharmacie du royaume. 

2* Les études pharmaceutiques devront être continuées 
pendant six années. De ces six années^ une du moins devra 
être entièrement consacrée à suivre , dans une des écoles 
spéciales , tous les cours de scholarité qui composent l'en- 
seignement complet de la pharmacie. 

30 II y aura autant d'examens que de cours composant 
l'enseignement dans l'école où le candidat sera examiné. 

11 y aura de plus la série des préparations pharmaceuti- 
ques , actuellement en usage à la thèse. 

4<» Les actes probatoires ne seront plus exclusivement 
cienffés aux professeurs de Técole f les pharmaciens étran- 
gers à l'école feront partie des examinateurs dans la pro- 
portion d'un tiers. 

TiTAB IV. — Surveillance des officines. — i" La surveil- 
lance et la visite des ofiEîcines seront confiéies exclusivement 
au^ conseils médicaux <ïe département. Trois membres au. 
moins de<;es conseils seront ctigibles pour. ces visites: il y 
aura toujours un pharmacien. 

!^<» Ces visites , qui pourront d'ailleurs être rendues plus 
fréquentés , sur une délibération expresse du conseil réuni 
en assemblée générale „ auront lieu deux fois par an au .. 
moins. Dans tous les cas, elles devront être faites inopiné- 
ment et à des époques diflférentes4e l'année. 



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\iCADÉltIE DE ICéDEetfIB. 497 

5^ La vérification du litage des élèves en phavinacie sera 
aussi ud des objets de ces visites. 

4^ Dans Texamen des médicamens de tous les ordres^ les 
membres chargés de la visite noteront particulièrement 
Tétat des médicamens patentés. 

5^ Procès-verbal de la visite sera rédigé immédiatettient^ 
dans la pharmacie même ^ avec les observadons^ et les re^ 
marques nécessaires. Il sera dressé copie double de ce pro-^ 
ces- verbal ; ces deux' copies , signées par les trois membres 
chargés de la visite ^ seront aussitôt envoyées, Tune à la 
préfecture y Tadtre au conseil médical du départeinent. 

&* Dans* ces visites, les membres chargésde^les faire de*- 
vront toujours être assistés d*un commissaÎTë de policé, et 
du maire ou de Tadjoint dans les villes où il n'existe point 
de commissariat de police. , . $. 

' j^ Les pharmaciens ayant officine légalement ourf^rte 
seront tenus d'avoir tous les médicameps tant siiiipl«s,cpie 
cotiripbsés inseritsau codex officinal. Les pharmaciens pour^ 
ront avoir aussi- les divers médicamens publiés dans les ait-^ 
très formulaires soit nationaux , soit étrangers t et qwi&t 
au^ remèdes étrangers non pubUés dans les formulaires, 
ceux-là rentreront dans la série des médicamens patenjta-' 
blés, et ils en subiront toutes les conditions. " i 

S"* Tout pharmacien ayant officine légalement établie 
devra avoir son nom inscrit sur son enseigne , sur:ses éti- 
quettes et sur sa patente ; il ne pourra y avoir de phat ùiisi; 
ciens avoués , reconnus ; que ceux qui réuniront ces tbois 
conditions. . . V • 

9<^ La loi n'admettra d'associations valables que celles 
qui auraient heu entre pharmaciens reçus ; ceux-là seuls 
seront légalement reconnus et véritablement responsables, 

io<» NuHe association entre un pharmacien reç« et d'au- 
tres personnes ne pourra avoir lieu autrement que par voie 
de commandite de la part de ces dernières. 



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49? • SOCiÉXés .hJLVAlUtlBSi 

■ 1 1 ^^ ; Lhk ^9ft Açolare incompatibles le i conimercc de W ^o« 
guérie en gros et le commerce des Gorapoittà'phahuacciitÎA 
qi4e$ a^ détaUl t nul ne pouirà /donc tenir amùltanément 
et nmgéiliijâe'droçoeries pour négoce, et ofiioine légale^ 
ment ouverte. /• .. . ^ - • ... 

. : . laf" JbeshlMigasià^ dé droguerie seroiit passibles de la Vi- 
silt 4^aie^|)ai>fles conseils médicaux de départenieiit 9Nk% 
Vftèmes e^Hi^fiosb et de la méina màfaière que ies oftaiwes 
des ))karmàfî#niui ..,),• 

i3** A r^ventiTy. ttuLliB pourra péparer, dibttibcter> Ai 
vendre des anedicabiétts.i'U a^bst pharmacien reçi» y é'A n'fll 
oflk:me légdlefaieiM ouverte^ etjs'iL n'est înecrii à. ce titrer 
fivr les Itçteb dressées par k éons&il médi«al du départe-^ 
Inentv le tout bonferoiémeiit flti3é>lDfs dé F4tat qm r^[î«setit 
la matière. . * 

: n^^tLér-drogàmiés^ les épieiers , les herboristes ^ les |>ar- 
^iupéxilifv'etl)ttnfi86ars, ne poun^ont^ soîes aiican prétexte ^ 
etn^ùK isifr les ^ttidbdtions légales delà pbarmaeie^ B^» 
tablead^idëtail^ Qxeront lessnbstantes, soit (jvmpks/mi 
<x>«fifpoi>éds^, qjii appartiennent exclusif ément au comiiier<5é 
de la ph^rhmtiie , àx celles qui seront liches aux autrifs 

lo"" La fabricatioii^ la > priant tioh en gi^anddéssùbslâ^ 
cdsfnÉèediaameht^usesde tout .genre ne pourront être fartes 
€pèt psriçkés ph^tiinaciens légalâmenti reçus : c'est Solidement 
enilaaiifpoin opie pourra être: déliinrée 'la; patente de^fàbH'^ 
'naliDi»> u^oir , ■ I ■ •> •-;.,'■•.-.• . w 

i6^ Les pharmacies des hôpitaux^ hospices, bat^atiix! de 
^OHEB^ do-biënlatsaBsed Y iet auttes étirbli&sémeis/ put)K,cs \^ 
Ht ^il^ti:ont ê^tre régies .que -pahr des ( pli ariàaoieiis' légale « 
menireots. -■ ,• - .,<■ ^ ■......,..:.... m ..,,., 

17° DaK^HieapkarnaoÉcieS' «spéciales , bien disUttétefs^ des 
oflSieine«( légaltanent é«âd3liei ^i<l««tei refile) de nii^ifêafiïeit^ 
démeure sévèremeiit interdite ^ ÎDUnsî toii» *ce^ èiaWisfiCmeiis 



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ACÀ|yÉDt1£ IIS JaÉDBCtKE. J^ 



\ 



téiéMéSi la disiribulioa àeslÊnéàh^tmm^ ânn ih<ligetts he 
ponri-a être. faite qu'en vevtU d^ordoonance^àigii<^ ]()ar ^ës 
médeciDS , «t pour le secrice seul de t'éiàbliissèibentv -> - - 

] 8^ Nul pharmacien ne pourra tenir simultaneinedt plu- 
sieurs ofûeinesot^vear les j à tfuelque dîstâ^«< HfUe teâoffici- 
. nés se trouvent Tune d'e^ l'autre; l'infràctioti î tette dispo- 
sition devra être punie par la fermeture défe^i^ivfe'dë Vïxwé 
on Fadtre officine y et par Um duveude. * ^"^^ "' 

. 19*" Toutes les cmvtr^v^èntkyfiij â«k^ dispc^àk^tis^ lëgi^ait-' 
ves, touchant la pharmacie , seront punies d*uriè âHf^ilde 
déterminée par le légisteiteur pour chaeotvè^^ infrÂctiona 

préviieS. . ., ■ ' - . -: v j.: :l> 

HEtlBOKlSTÉS. . \ ''- J 

i^ Nul ne pourra vendre à l'avenir dès pil^nlée^ cil!^à 
parties de plantes tnédicinjales .indigènes, fraîches ou sè- 
ches, sans avoir subi auparavant dans une des écoles de 
pharmacie , eti pour kîJ dëpârteïrténS où il n'è^fété- point 
d'écoles , auprès du conseil médical , ùrt exaiiieiî'c^ài fcèns^ 
ta^e qu'il connaît exactemefit les plaiitës tifttrëlièè'er? inede- 

, cine dans leiur double état de plantée fiaîcbe^ à tbudèi Wi. 
ép0quèS de la végétaftion , et de pflariteî? sètîïieé ; st>it in to- 
talité, soit par JJartieè. . « / : î ; :J 
' a^ Il est défendit à tous attire^ qu'au ie hérbdrtstèrf ainsi 
î'éçus, de vendis? en déiai) *des plantes ou des parties de 
plàhtès^ lôédiéiiialés'îhdièènéfè > fraîches oûf ^ècheiv Geitc 
dif^poiâhion n^est point" fifppiicable aux phainiatlens^ qtt) ocit 
toujours le droit de vendre.toutes sortes de plantes biêSitî^' 
nales indigènes ou exotiques. 

9* Les frais de rétention d€s h^ii)orisleé èc^bnt , pour 
Paris', Lyon, Bordeaux > de 106 fw/Wë ^lÈ6nitê^-il6 h: 

p6Ur lès vilfësf dtî dëttîêrfie ôcdrè , et de 3o ' fi*.* ' |^lttl ^s^ 

4** Il esl sévèremeut interdit; et sous les ^ér^és pbitfci 



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5o» SOCIÉTÉS SAVllI'TVS. 

par le$ k^fi., aux berbotistes^ de vendre aucunes subsiancas 
méclicinales y exotiqueis ou indigènes^ autres que les plantes 
' indigènes et les diverses parties dexes plantes , fraîches ou 
Sjecbes., .: ,, . 

b"* Les berboiîi3l«s légaletnent reças ne pourront cumuler 
que le cQmmeffce. de graineterie ;. en payant tous les droits 
dj? patente exigés. . • 

6^ Les boutiques des herbox»steS(4evront être visitées pair . 
' les soins du coi^seil médical du département au moins deux 
Oijt pa^au^. 

: 7'' n, sera délivré aux herboristes reçus, soit dans les 
écoles de pharmacie, soit par les conseils médicaux de. dé- 
partement y un certificat d'examen signé par trois membres 
au moins du conseil. Ce certificat sera enregistré ainsi qu'il 
tstpresprU.parlaloi. 

^ * CODEX. 

i^ Il faut i^u cpdex officiel^ obligatoire pour toutes les ^ 
pharmacies de la France , ■ 

2<^Le cpde}ç actuellement en u^ge, n'est plus en rap- 
port ay^q l'état présent de la science y 

3° Il est urgi^m d'en publier un ^utre sous les conditions 
les plus favorables à sa meilleure composition ;,. 

4* A l'avenir et à des époques variables , suivant les exi- 
gences progressives de la , pl^armacologie , des fascicules 
seront successivement annexés à qe codex jusqu'à ce que 
de plus grands progrès imposent la< nécessité de le r^^fondre. 
en entier. 

SÉATfCE DU ^6. — La discussion commence par quelques 
observations g^uérales. L'un jre|[rette que le rapport ne soit» 
pas plus étendu ; l'autre^ que la commission ne se soit pas- 
bornée aux seules questions adressées à l'Académie pai; le. 
gpuyerjQeiue^t, 



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ACiDÉMIE DE MÉDECINE. Soi 

L'Académie voyant la tournure que prennent les débats, 
s'interdit toute discussion générale et passe immédiatement 
aux articles. 

Y aura-^t-il deux ordres de médecins, ou n'y en aura-t-il 
qu'un ? Il y a vingt ans , dit-il , que j'ai proposé de faire 
deux classes de médecins ,'des licenciés et desdocteurs. Un 
seul ordre ouvrira nécessairement la porte à une foule d'hom- 
, mes d'un mérite sul>alteme ; il ne faut pas la fermer à ceux 
qui se sentant des facultés supérieures , cJtercheraient par 
un titre particulier à se placer plus haut dans l'estime pu^ 
blique. Ayez donc, sinon deux ordres , du moins deux de- 
grés qui répondraient aux anciens titres de docteurs et de 
docteurs-régens. 

M. Dupuytren<faitr0ssortir)e yicede ce titre. Quel sera-t-il? 
archi de quoi ? régent de quoi? IS'ayez qu'un titre et lais- 
sez à chacun la liberté de se choisir sa spécialité. 

H. Kéraudren craint que la suppression des officiers de 
santé ne rende les réceptions de docteurs plus faciles pav la 
nécesfsité de pourvoir au service des communes rurales. 

M. Yelpeau parle dans le m^e sens et ajoute qu'il se 
fait 600 réceptions tous les ans. 

Il ne vapàsâ 4oo, répond M. Double; àqi^oild, Yelpeau 
réplique qu'il augmente chaque année. ' 

M. Collineau dit que les hommes^e placent d'euxrméme$, 
et qm'jl n'y a pas à s'en occuper. 

M. Adelon entre dai^des détails de date et d^ sta^tique» 
Selon la commission^ i5,ûoo médecins sont nécessaires aux 
services de la population de )a. France ; selon Jd. Adelpn f 
il n'y en a que 14900p. On re^t anjoiuellement aÇp.ofQ.ciers 
de santé et 34o docteurs ; total : 620. Si l'on supprime les 
officiers de santé ^ il faudra donc faire plus de 600 docteurs 
chaque année. Un médecin reçu, comment l'engager à 
prendre un service rural ? 

M. Double répond qu'il y a en France plus de médecins^ 



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502 SOCIÉTÉS SAVASXl».' 

qu'il Vea faui', que, sur 1 5 pw) personnes ^ les taiAei de 
-môrtaUté focU foi qu'il exi menr| 38ô pqir.an, et. qiie.tel e^ 
le déficit à réparer tous les ans. 

Après quelques autres observation» , L' Acadâme décide 
que : ' . f ' ' 

I* Lesjoiryt médicaux créés par la loi du ig^veDfiôs&aoXI^ 
pour la i^écepttoo des officiers de sauté y sont sopprinfeës ; 
.' s° Ua'jr aura d^s^mais en. Fradce qu'un 9eul ordire àe 
prjsttideDs i docteurs en mé^ecixie et docteurs en ckii»»!^ 

SÉâNCfi DU 19. -«-r A peine la lecture 4o proeè^verisal de 
lit séance piécedente est-elle achevée, que li|. Orâla der 
mande la parole : J'ai vu avec plaisir les deux dernières de'- 
cisions prisés parrÂcadémie $ j« ^ois eu effet qu'il estJbon 
-àà ^upprûUev les officiers à& s^nt^^ nuds je ptxHeste contre 
les phrases injuri^seâ qui iett^sont adresSî^es pttâ^k ^rap^ 
portde la commission. Ils ne sont pas à beaucoup prisiriissi 
i^iy^^ns' qu'on teutbien le <^Fre c lesjurys médicaux ont 
mieux fà'K leur dett>lr qu'on tid l'itiâiiiue. PlDurni^iSUr 
1 598 candidats que j*ài exattiihés depuis i^ atts , j'eii al re- 
fusé 622. , ' 

QueUe^rài^^US'pouirraient etff^^erks examinateur^ àan s 
ce système d'indulgence dont oh parle ? l'intérêt, héi frai^' 
de réceptièti' ^tit dé '3oo fh ^our Paris et 25o pou^ les âé- 
partemens , Sur ces 260 fr. , it J* à 5o fr. pour le coôsèil rêyaî; 
I ^ *ë^* dari^ k cais.^è da^ dépkrtèrtient , éî ife reste est 
fWyétrfëJj^ty/ Or , cott^tté il y trois^i!xaU«Si3tset %ro4s^itfgés , 
céîa^^^péfe^ eLttq^fe jUgci ir £1^. psfi>èîtathefl; • ' ^ ^ • 
^ WJ ÔÈk)Uble^$e couéadiÀWÔOft t^àV ce ^er Aiei< |><ràM» fUâts 
iî maitttlëdt 'tous Ves aUltCS; ilré^ètè q^ fes <iHtefeiferi#6'«int»é 
«éttt biii»s d'état d'e^etc^i* côô^e^ifeiblèfeiiônt feUr profèsâo», 
que c'est^^tut-^elfil ^u'iis ^fe peuveifrt être foW^i nOA^saus 
et doute que sur le nombre il ne s-ért» tfôuvc qUi sorit'fori 
écl^îfàVihaisi1.i]^rlé<fek*iïft]otité. i ' '' 



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ACADÉMIlî.pE MÉPECiNE. So^ 

Mi Adeloureyient sur l'origine des officiers d^ laBtjB,et 
cherche à proayet que si la dénoibiDation des; ofâjQÎe) 9 .d« 
s^nté a pris naissatice en Tan I|l ^ la chos^e i^ date q^. de 
l'an XI« Quoi qu'il en soit de ceite explicalifXi^ il cicoit que 
M. Double, loin de se justifier dans les cépoq^s qu'il 
\:ient. d'adresser â M. OrfiU > n'a fait qu'4ggf?jitv^i&r' SQS^ tOi*U. 

Ici , la discussion change de direction. M» VllteiMeicTe de- 
mande que y par respect pour las droits ad^uis./ lieâ jurys 
médicaux rie' soient supprima que deus^ ans. apvès la prb- 
mulgalion de la loi,^ de manière à donner api^ clindiddU 
inscrits en ce moment, lé temps de se faire rodevcâr etitle 
finir ieuts études !soiis la protection dé la' loi » qui lésa v Us 
dommenceir. «•,,,. 

M. Doublé répond à M. Villeneuve que la colï^nissionr 
arait pfévu l'objection ; maiis api'ès y â^éÂr reflédiûy- eHe a 
pensé qu'on ne saurait it^op tôt faire jouir ]a>t)^(i^ dabien.-: 
fait de la nouvelle loi. £n revanche^ elle dounçraà 1^; ics 
officiers de santé qui existent^ toute espèce àe facilûfe pOur 
se faire recevdic docteurs. 

M. Velpeau se plaint et de ce qu'on exige des officiers de 
"^sàntéJi'hJt ans de pratique pour être, admis au doctorat, et 
de <ço t]ii^on ^es dispense ides examens ordiitaire». Cela va 
contre la justice. 

A' cela M. Double répcmd qud , coiitraindce dësGtffiders 
âei|[aété:qui ont perdu de' vue les leçons de l'école y.àsobir' 
les mêmes examens que Kîs jeunes gens qui du collège 
pai^ènt sttrles bancs dterlalaculté,^ ce serait les torotuper^ 11 
ëhi htt^ dans l'ifl tt^mibh de'lftitlMiimissJoii dn 'ienr faire une 
fàVè<it^ m^^is (/est ptï^i^fiiént<âficau6e de celafiju^vnles^îs'^ 
pensant des examens ordinaires, on exige imiôf espèce dé 
ci>Aifkn§^Uïk pat* dix ah^ de pratique. » /i < :j : 
^ ''^tMl I^sfrdhCapprcrâtÊ^ la<»^^isskm; nuôs^ HH-^il, ea 
hbnkfe Wgîstwiôt , U B*y '$'p6(s^eï'éti'oâctivité. Oi- j iteéeratt 
aM^'^Ài'tré C0 'priiteipë*qiîe dq>sttpptiïii€(r.le$^ jury^ mKdi-/* 



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5o4 SOCIÉTÉS SAVANTES. 

eaux : il faut qu'ils soient mainienus , ne fût-ce que pour 
maintenir aux officiers de santé la faculté dé passer d*vm* 
département dans un autre , si l'envie leur en prend. 

M* Double avoue que la commission n'a pas prévu ce cas; 
néanmoins il ne croit pas qu'il* y ait lieu à conserver les ja*^ 
rys pour des fonctions qu'il serait si simple d'accorder aux 
conseils médicaux. 

^ M* Barbier d'Amiens^ présent à ht séance/demande la pa^ 
rôle comme correspondant. H ne peut s'empêcher de re-^ 
' gretter la suppression des officiers de santé : il se rappelle 
malgré lui la fameuse séance dé l'assemblée Yx>nsti tuante ,. 
où la noblesse abdiqiyi ses titres. Hélas ! il craint que les 
docteurs des communes, rurales ne profanent leur titre et 
leur diplôme. 

M, Sanson voudrait qu'on ajoutât aux épreuves des offi*^ 
ciers de santé un examen sur la médecine opératoire ; 

M. Piorry , un examen d'anatomie et de physiologie ; 

M. Martin-^Solon , un examen sur la médecine légale ;. 

M. Roux , des examens généraux au lieu, d'examens spé- 
^ ciaux ; 

M. Andral , des examens sur leis différentes branches de 
la médecine^ mais seulement dans leurs rapports avec la pra- 
tique.' 

M. Double reprend ces diverses propositions et les coin- 

bat l'une après l'autre. L'article lY mis aux voix est adopté. 

' * , • ^ 

SÉANCE DU 21. — L'objet de la séance est des plus inte- 
ressans s il s'agit de la formation de trois nouvelles façiAtés 
^n France t une à Lyon , une à Toulouse ou à Bordeaux , 
une à Nantes où à Rennes. 

M. Heller ouvre le premier la discussion ; il combat, le 
projet de la commission , et ajHrès de longues considérations 
sous le triple rapport de la politique , de la scieince ^t de 
l'industrie, considérations qui n'ont pas toujours été entçl);- 



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ACADÉMIE DB MÉDEGIIIB. 5o5 

'dues avec faveur^ il conclut qu'il est impossible de faire de 
bons médecins ailleurs qu'à Paris. 

M. Velpeau s'élève contre le projet , mais par d'autres 
raisons : il croit qu'il se fera plus de médecins , et il n'y ea 
a déjà que trop. Plus il y aura de facultés , phis les examens 
seront faciles ; il n'y a aucun avantage pour les jeunes gens 
à ne pas s'éloigner de leurs familles ; au contraire , car ils 
s'occupe^t moins: enfin ^ diviser les étudians , c'est étein- 
dre ^émulation parmi eux . 

M. Roux trouve la création de nouvelles facultés super- 
flue , difficile y njuisible à l'instruction : superflpie , faute d'é- 
lèves ;* difficile y car bien^que toutes les lumières ne soient 
pas à Paris, il est peu probable qu'on trouve dans les villes 
désignées des hommes dignes d'être élevés au rang de pro- 
fesseur ; enfiaj, nuisible à l'instruction , car de mauvais pro- 
fesseurs feront de mauvais élèves , et, pour comble , il n'y 
aura ni moyens d'instruction y ni émulation. 

M. Bouillaud ne voit aucun but à cette création, car il ne 
pense pas qu'on se propose de diviser les élèves: le gouverne- 
ment leur doit trop pour la part qu'ils ont prise à la révolu- 
tion de juillet. ^ 

M. Âdelon déclare que de nouvelles facultés sont d'au^ 
tant jplus inutiles y que des trois qui existent y il en est une 
qui y dans l'espace d'un an ,n'a reçu que 12 docteurs; mais 
il souhaiterait qu'on multipliât les écoles secondaires y et 
qu'on ajoutât à leurs attributions. 

M^ Ferrus parle dans le même sens y après quoi la séance 
<est levée. M. Double se réserve de résumer la question à la 
séance suivante.' 

SéANCE DU 23. — M. Double montfe à la tribune avec une 
réponse écrite y de peur des infidélités de sa mémoire. Il 
reprend, non pas toutes les objections qui ont été élevées 
contre le projet de la commission , mais les principales. 



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5o6 iOCIÉTès SAVANTES. 

Avant de commencer , il proteste de son déslntétestemeÉit 
et de son indépendance : (Jaelqaes membres ont cru voir 
dans cette déclaration unie sorte d'allusion à 1a position de 
ses adversaires qui, à Tcxcepittôn d^un seul , sont tous pro- 
fesseurs ou veulent le devenir. 

La création de trois nouvelle^ facultés semble une consé- 
quence de la suppression des ofûdei's de santé. It faut croire 
en effet que tes. médecins ne manqueront pas à la France , 
parce qu'elle n'aura plus des offîciets de santé. Les jeunes 
gens qui se destinent à la médecine^ avertis qu'il n'existe 
qu'un seul titre , ne renonceront pas pour cela à leur voca- 
tion ; mais ils feront de meilleures préparations et passeront 
du collège dans une faculté. Sans doute, h la ri^^uèur, troi$ 
facultés pourraient suffire à tons les besoins. Quedis-je! 
^il n'en existait qu'une qui conférât le pouvoir d'exercer, il 
faudrait Lien que tous ceux qui en auraient envie s'adres- 
sassent à elle 5 mais il est du devoir d'un bop gouvernemettt 
de protéger les citoyens, et par conséquent de les seconder 
de tout son pouvoir dans leurs desseins ^ dans leur entre- 
prises. - ' • 

Toutes les familles n'ont pas les moyens d^entretcnîr 
leurs enfans loin de chez elles. En g^éral les frab d'entre- 
tien sont en rapport avec les distances ^ il est contre tonte 
vérité de dire que la vie n'est pas plus chère k Paris qu^en 
province , il y a au* moins un tiers de différence. 

Cette raison et d'autres assurent aux nouvelles facuilft 
un assez grand nombre d'élèves pour prospérer. L^ émula- 
tion y sera tout au^si vive , tout aussi soutenue qu'à Paris , 
et l'instruction y sera plus facile. Oui , plus facile. Lies chbses 
veulent être vues : pr, comment voulez-vous que les deux 
mille élèves dont se compose actuellement fa Faculté de 
Paris , sirfvent avec fruit un cours d'anatomie , ou un cours 
de clinique? La Faculté l'a si bien senti qu'elle a doublé 
en quelques années les professeurs de cet enseignement y 



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ÂCADÉl^rB DE Mtl^BCIIfE. 5a7 . 

mats ^é à beau faire, elle n'einpêch<eva pas que Tua dç 
^ ces professeurs n'acquière plusse célébrité que les autres, 
et tous les élèves se iprouperont autour de lui . 

11 n'est pas néoessaire pour étudier raualomie 4'habiter 
Londres ou Paris. Bonet , Morgagni , Sosmering y Lôbsteln , 
Tiedmaon, etc., exerçaient dans des villes qui , pour )a 
plup«u-t , n'ont pas àiieaucoUpprès la population des villes 
où la commission y ott^ propose de pUcer les nouveUesfa*- 

Il y a dans ces villes de grands hôpitaux , des jardins de 
plantes , de riches bibUothèques , des cabinets de physique 
et dé diimie ; enfin rien n'y manque pas, et il n'en estpas 
une seule ({ui n'offre de faire les frais nécessaires pour avoir 
un grand enseigneilieikt médicaL 

A f égard des professeurs, la plupart ont aussi des hon^tfies 
du premier mérite, dés hommes à qui il ne *man<|ue que 
d'habiter Paris pour avoir la réputation de nos oélébrités* 
Tels sont M. Prunelle à Lyon, M. Viguenç à Toulouse, ete. 
Et puis où est la nécessité de prendre tous les professeurs 
sur les lient ? Si je lève les yeux devant moi^ dit M^ Double, 
je vots dans tette enceinte de jeunes âtadémidens pleins 
de talent , pleins de zèle , et qui certainement ne dédaigne- 
raient pas d'aller occuper une chaire en province , s'ils 
avaient l'espoir d'y arriTer.' 

Prononcée avec conviction , écoutée aree le pliis profond 
silence , cette réplique a produit sur l'assemblée qu efOet 
difficile à déclaré. 

^Malgré quelques personnes qui voudraient rouyi'ir la 
discussion , M. le président met le projet de laxommission 
aux voix. La première épreuve parait douteuse. La seconde 
donne 4i ^oix pour le projet et 20 coptre ; mais aussitôf 
des voix se font etitéiidrë qui demandent le scrutin secret : 
MM. ÂndraU'Adelon, tionde, Bouillaud , Roux , Moreau , 
Velpëau. Au contraire MM. Delens, Husson^ Lôiseleur 



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bgè SOGlâtÉS SAVANTES. 

Deslonchamps ne veulent pas de scrutin. La dâibération 
est prise à une fbrte majorité^ il n'y a pas à y revenir. On 
essayerait en vain de peindre le tumulte et la confusion de 
l'assemblée. Désespérant de pouvoir ramener l'ordre, 
M. le président quitte le fauteuil ; M, Orfila, vice*président» 
. est prié de, le prendre. Le silence se rétablit. La discussion 
recommence. La minorité veut toujours le scrutin. Enfin 
on demande Tordre du jour, il est appuyé , mis aux v6ix 
et adopté. En conséquence l'article de la commission est 
maintenu. 

' Se ANGE DU a6. — L'objet en discussion est de savoir si^ 
nonobstant la création de trois nouvelles facultés, on con* 
serVera les écoles secondaires qui existent. 
• M. Dubois ouvre la discussion en disai^t que , pour 
prendre un parti à cet égard , il faudrait du moins savoir en 
quel nombre sont ces écoles , en quels lieux , quelles sont 
les personnes qu'elles possèdent pour l'instruction , iptfk 
sont leurs droits universitaires. 

M. Double croit que ces écoles ne subsistent qt^'en vertu 
d\m décret oii d'un^ ordonnance, mais elles n'ont point 
d'existence légale; par conséquent tout est à refaire en ce 
genre. 

JKf. Felpeau a fait des recherches qui lui permettent 
d'affirmer qu'il y en a au moins dix-huit; c'est tout. ce qu'il 
en sait. 

M. Adelon ajoute à, cette nomenclature neuf hôpitaux 
d'instruction appartenant à la marine ou à l'armée. Ici l'o^ 
rateur rentte dans la discussion de la séance précédente ; 
mais averti par les murmures qui s'élèvent à ses oreilles , il 
finit en disant que chaque faculté coûte 100,000 écùs ; 
total pour six facultés 1,800,000 fr. Or, pour atteindre ce 
chiffre , il faudra 1 ,aoo nouveaux, élèves. 

M. Lodibert propose tm amendement ainsi conçu : « H y 



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ÀCADÉMtE DE MÉDECIMÉ. 5o^ 

n Siurà dans la circonscription de chaque faculté une école 
« secondaire au moins et trois au plus. Mêmes, dispositions 
« pour la pharmacie. Ces écoles ne conféreront aucun 
« grade. » 

Cet amendement et l'article lui-même sont renvoyés à là 
commission. 

L'article suivant propose l'adjonction des médecins de la 
ville, dans la proportion d'un tiers, aux professeurs des 
facultés, pour prendre part aux examens des élèves et aux 
réceptions. 

Fidèle à son système. M* Velpcau s'élève viv.eitaent contre 
cette proposition. Du reste toutes ces objections se rédui- 
sent à une seule , savoir : que l'art d'interroger est fort dif- 
ficile , et tout-à-fait étranger aux personnes qui , sorties 
depuis long- temps des bancs de l'école, n'en font pas nlétiei'. 

Reproduite par MM. Bouillaud, Adelon, Roux, J. Clo- 
quet, cette objection eàt retournée de toutes les manièif'es. 
* A cela M. Double répond qu'on exagère beaucoup trop 
la difficulté qu'il y a d'interroger. En effet, pour juger , 
pour apprécier l'instruction d'un élève , il n'est pas absolu- 
ment nécessaire de savoir tous les détails de la réponse à la 
question qu'on lui adresse : il suffit, dit M. Colliman, d'a- 
voir lu et d'avoir du bon sens. Pour moi , ajoute M. Double, 
il est peu de matières sur lesquelles je ne puisse interroger, 
et je suis convaincu que tous ceux qui m'écoutent sont dans 
le même cas. Au surplus comment fait-on à la Faculté ? 
Ëmploie-'t-on tous les professeurs à tous les examens ? Non 
certainement^ on les divise suivant leurs spécialités. Eh 
bien ! on fera de même à l'égard des médecins libres. Il 
serait vraiment trop étrange qu'on ne pût pas trouver en 
dehors de la faculté vingt-quatre médecins en état de pro- 
fesser et d'interroger. 

Apres quelques autres observations, la discussion est 
renvoyée à une autre séance. 

Tome IV. Décembre i833. 33 



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5lO SOCléxès SAVANTES^ 

SéANCE DU 3o. — M. Amussat ne peut s*empêcber (f« 
faire observer que la Faculté traite aussi trop dédaigneuse-» 
ment le tiers^état des médecins, £h quoi ! MM. Ribes , 
Magendie^ Serres, etc.^ ne sauront pas interroger un élève 
sur Fanatomie ! car c'est toujours Tanatomie qu'on met en 
avant dans cette discussion. Il propose de partager les exa-* 
minateurs en trois parties , dont Tune serait prise dans la 
Faculté, la seconde dans le sein de l'académie et la troisième 
{(armi les praticiens de la ville. 

M, Villeneuve se range de l'avis de M. Amussat. 

M, Castel au contraire voudrait qu'on augmentât l'in- 
fluence des professeurs et décline la compétence des mé- 
decins étrangers à la Faculté, en ce quils n'ont aucune 
connaissance de l'aptitude et de l'application des élèves; en 
outre ces médecins seront circonvenus , ils seront obsédés 
'de sollicitations et ils ne sauront pas résister. Cependant il 
lui paraît juste de les investir d'un certain contrôle; mais 
ce contrôle ne doit s'exercer qu'à la tbèse. 

MM. Noiens et Moreau , répondant spécialement à 
M. Amussat , font profession de la plus profonde estime 
pour tous les membres de l'Académie ; mais où trouver une 
société rivale ? L'af^ d'interroger est si difficile qu'il croit 
devoir rappeler l'histoire d'un agrégé de la formation y 
homme plein de mérite , et qui , après s'être essayé à deu3( 
ou trois examens , eut la noblesse de se retirer et de donner 
sa démission. 

M. Loiseleur Deslong champs trouve que, sous ce rap- 
port , celui des examens , les anciennes institutions étaient 
beaucoup plus libérales que les institutions moderne^. Tou^ 
les docteurs-régens avaient droit d'interroger. 

M, Lodibert dit qu'il est inutile de se heurter contre i;m 
fait, et que ce qui a été fait est faisable. Or^ c'est un fait 
qu'on prenait les.examinateurs dans le collège dc: chirurgie 
avant l'établissement des facultés. 



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ACADÉMIE OEÎirÉttEClNE. 5lï 

M. AdeUm. demande q^i'on-k» vctiiHe bicnr émnnéreir en 
les comptant les avasitages 4e la mesure proposée par la 
commission. 

M, Double s'étonne d'une pareille prétention , et retour- 
nant Tobjectifon, il demande qu'on en signale les in con* 
véniens. Ce qui prouve que la mesure est bonne , (î'est que 
la plupart des législateui^s qui se sont occupés de la matière, 
l'ont proposée. Yanswieten Ta fait adopter à l'École de 
Vienne^ Parmi nous , Guillotin la demandait à l'assemblée 
constituante. Feu M, Boyer , dont les cendres sont encore 
humides de nos larmes, M. Boyer consulté par l'autorité 
proposait six juges pour chaque examen, savoir, trois pro- 
fesseurs et trois médecins libres. 

M. thipity souhaiterait que le cotps enseignant fut com- 
plètement distinct du corps recevant , et cite à ce sujet 
Peitemple de Fourcroy que la Faculté renvoya : U fallut que 
les membres de la société de médecine se cotisassent pour 
faire une somme de six milje francs , prix de la réception 
au doctorat pour le jardin des plantes. 

M. Velpeau proteste contre la mesure parce qu'elle dé- 
charge la Faculté de la responsabilité qui pèse sur elle. 
Bfelle responsabilité, répond M. Double. L'a-t-eile empê- 
chée de recevoir une foule de sujets médiocres ? Il n'y a 
donc pas garantie sufiisante. 

On réclame la clôture de toutes parts, elle est prononcée ; 
on met aux voix Tamendement de M. Villeneuve, qu^ 
souhaiterait dans ]e$ examens autant de médecins libres 
que de professeurs. Une première épreuve est douteuse ; a 
la seconde , on compte les voix : dix-neuf bras se lèvent 
pour, dix-neuf se lèvent contre. On procède au scrutin se- 
cret : il donne 35 bulletins pour l'amendement , 27 pour 
Tartide de la commission. D'où il suit que plusieurs per- 
sonnes qui s'étaient abstenues de voter ouvertement contre 
la commission , ont usé de leur liberté secrètement. 



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5 1 9 VAJIIÉTÉ9* 



VARIETES. 



Prix proposée par la Société royale de médecine 
de Bordeaux^ 

La Société avait promis , par son programme de i83i , de 
décerner, dans la séance de ce jour, un prix sur Ia phlébite .* 
elle n*a reçu aucun mémoire. Néanmoins l'importance de 
cette question , qui depuis quelque temps fixe d'une ma- 
nière spéciale l'attention des praticiens , et les difficultés 
que présente sa solution ^ engagent la Société à la remettre 
au concours pour Tannée prochaine. En conséquence elle 
propose de décerner, datis sa séance publique de i834, une 
médaille de la valeur de 3oo fr. à l'auteur du mémoire qui 
aura le mieux traité la question suivante : 

Tracer l'histoire de ta phlébite , déterminer F influence 
que cette phlegmasie exerce sur la marche et le dévelop^ 
pement de certains états morbides^ et notamment dans la 
production des phénomènes fébriles ^préciser f dans cescai, 
les modifications que le traitement doit subir, 

La Société rappelle également aux praticiens qu'elle a 
proposé pour sujet d'un prix de la valeur de 400 fr. , qui 
sera décerné dans la séance publique de i834 » la question 
suivante : 

^ Déterminer, par un rapprochement méthodique défaits 
nombreux , soit cliniques ^ soit anatomiques^ la nature et 
le siège de la chlorose j déduire de cette détermination les 
bases du traitement» 

Indépendamment des prix, la Société accorde des mé- 
dailles d'encouragement et des mentions honorables à ceux 
qui lui font parvenir iles mémoires ou des observations sur 



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YARIÉTÉS. 5iy 

quelque point intéressant de l'art de guérir. Elle se plait 
ainsi à stimuler Je zèle et l'émulation de ses correspondans, 
et à récompenser leurs efforts. 

Elle exclut de ce concours les ouvrages imprimés ou en- 
voyés à d'autres Sociétés savantes. 

La Société , dans la vue d'encourager les médecins du 
département de la Gironde à propager de plus en plus la* 
vaccine , décerne annuellement , dans sa séance publique , 
des médailles d'argent à ceux qui lui font parvenir les ta- 
bleaux authentiques les plus complets des vaccinations 
qu'ils ont faites ^ et des remarques qu'ils ont eu occasion 
d'observer sur les effets de la vaccine. 

Les travaux et les tableaux reçus cette année sur ce sujet 
n'aérant pas rempli les conditions du programme^, la Com- 
pagnie n'a pu récompenser leurs auteurs. Elle n'en conti- 
nuera pas moins à décerner de semblables médailles aux 
praticiens du dépactemen-t qui lui enverront des tableaux , 
en se conformant oux conditions suivantes : 

Les table€UiX , dûment légalhés , doivent renfermer lé 
nom. j le prénom , l'dge , le sexe , l'état des enfans vacci- 
nés y et les observations intéressantes à recueillir^ 

Les mémoires , écrits très lisiblement , en latin ou ca 
français, doivent être rendus, yrancj déport , chez M. Dur 
pucb-Lapointb , secrétaire-général de la Société, rue de la 
Grande-Taupe , n* 21 , avant le 1 5 juin i854> 

Les^ membres associés résidans de la Société ne peuvent 
point concourir. Les concurrens des prix ne sont point tenus 
de se faire connaître; ïh doivent distinguer leurs mémoires 
par une sentence qui sera répétée sur un billet cacheté y 
contenant leurs noms , leurs adresses^ ou celles de leurs 
correspondans. Si ces conditions ne sont pas remplies, leurs 
ouvrages seront exclus du concours. Quant aux mémoires 
manuscrits qui doivent concourir pour la médaille d'encou- 
Kagement et ks tableaux de vaccinations; la Société disr< 
pense leurs auteurs de la dernière condition.^ 



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5l4 NOTICES BIBL10GEAPHTQUE5. 



»^^»^^»^^»^%'%»%^^«%'< 



NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES. 



Rapport sur les travaux de la Société des sciences , agri^ 
culture et arts du Bas-Rhin , depuis le mois de juillet 
1821 jusqu'à sa séance publique dum 18 as^ril i833 ; par 
P. MallE) secrétaire général. Broch. in*^. 

En rendant compte eu premier volame da Ifouveau Dictionnaire de 
wnédec, {Revue médic, sept. i83a), nous avons cité avec éloge un ar- 
ticle de Jf. Dezeimeris, sut Vttccouchement prématuré artificiel; nons 
noos croyons obligés dès lors de rapporter textuellement le passage sui- 
vant dn travail de M* MfllU, qni tend à rendre k César ce qui est » 
César: 

« Envisageant dans son Tiaité de Médecine légale «t d'hygiène pn- 
bliqcA les difficultés auxquelles donnent lien i'étroitesse du bassin cBe». 
certaines femmes , M. Foderé n'avait point hésité à se prononcer en fa- 
veur des moyens exempts de violence, et propres \ provoquer la con- 
Uaction de Tutérus à une époque où la viabilité du fœtus est assurée.. 
Critiqué amèremenjt, Tauteur nç répondit point alors aux reproches qui 
lui étaient adressés, et garda le silence jusqu'en 1827, où nn événement 
maOïeureux vint le confirmer dans sa première opinion. 

« Une femme , dont le diamètre antéro-postérieur du bassin se trouvait 
fort resserré par deux saillies considérables du corps de la dernière ver- 
tèbre d'une part, et de l'autre des os du pubis , n'en était pas moins, 
parvenue à sa neuvième grossesse > bien que le détroit eut à peine deux 
pouces de largeur. Le perforateur et les crochets avaient été employés 
pour les trois premières couches ; mais à^l^ quatrième, elle accoucha, paf 
suite d'une frayeur, au septième mois, d'ane fille qui existe encore, et 
dont on avait hâté l'expulsion en perçant la membrane. 

et Frappé de cette circonstance, l'accoucheur conseilla à la dame, dans 
le cas où de nouvefles grossesses surviendraient, de se faire accoucher à. 
la fin du septième mois « ou au commencement du huitième ; ce fut inu- 
tile, on se coudnisi^ pour les cinquième, sixièmf, 8ei>tième, hutti^èmeet, 



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j 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 5l5 

ttevTième , comme on PavAit fait ponr les troir premières , et rinfortonée^ 
périt aTec le fœtus, dont on avait en vain perforé le crâne. 

tt C'est à cette mort malhenren^e qu'est du le mémoire de M. Toderé , 
mémoire d*atft8Bt pins intéressant , qu'à TépOqué on il pamt raccouche- 
ment prématnré artificiel était' en Fiancé banni de la pratique, et soulevait 
contre loi tontes les notabilités de Part, les Baudeloque, les Gardien,. 
non toutefois ^^ttè' ces éêlèbttB accoudbenrs eussent en occasion de mettre 
cette méthode à PépreUve , mats parce que , disaient-ils , cette pratique 
4tâit (Mkttuivt -àiuc fois -de la nature , 'qn^elle ne diminuait point les don- 
ieuirs de la knête 'et iqu'elle disposait & PinAammatioù , au squirrhe, aux 
tdcères , au Otticiet de ïà matrice. 

« Resté presque inaperçu à Pépoqne de sa publication, ce mémoire vient 
^e receroir une juste réparation dans le nouveau Dictionnaire de méde- 
cine. L'observation qu'il contient est en effet une de celles que l'auteur a 
citée la première , comme s'il en avait senti l'importance. Ajoutons, ponr 
' liionneur de notte faculté ( Strasbourg) , que l'article du Dictionnaire ne 
contient rien de «remarquable qui ne f&t transcrit dans l'excellente thèse 
de M. Bnrckfaardt, ancien aide 'de clinique, à qui M. Dezeimeris ne croit 
pas , sans doute , avoir rendu toute la justice qui lui est due, en se con— 
tentant ^e le nwntionttet et en erApruntant de ses concluions. Puisque 
M. Deceimeris prétend que ce sujet était neuf et mal connu, comment se 
Iftit-il qu'il n'ait inséré dans son article rien qui. ne fut déjà écrit dans le 
mémoire de M. Foderé et dans, la thèse de M. Borckhardt ? » 



BiogfYtphie des sages-femmes célèbres, anciennes , moder- 
nes et contemporaines , ouVrage orné de vingt portraits; 
par A. Delacoux , D. M. P. -r^ i vol. in-4° avec planches, 
ParisJ i855. — Prix i5 fr. . 

Après avoir été , pendant quelques années , un peu trop dédaignées, les 
planches et les images sont aujourd'hui fort à la mode et occupent une 
grande place dans toutes les publications récentes. Grâce à la concur- 
rence et aux perfectionnemens de Pindustrie^ l'élévation du prix des 
ouvrages n*a pas été portée , par Paddition de cet ornement, à un taux 
trop élevé ; et le livre de M. Delacoux , en particulier, qnoiqn'ennchi de 
vingt portraits, la plupart assez gracieux à la vue « est resté à la portée do- 



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5i6 NOTICES RIRLIOGRAPHIQUES. 

lootM les bourses : c*est U incontestablement un progrès. En mettant sm» 
les yenz des hommes éclairés l'histoire ^e Part des accouchemens, et lé 
tableao des progrès de cet art entre les mains d^ femmes , M. Delaconx 
8*est efforcé de dém.ontrcr : i^ cLueles femmes sont suffisantes pour sou- 
tenir l'éclat de la science des acconchemens , et même pour reculer ses 
limites ; a** que la morale , et l'intérêt même de la société, réclament impé- 
rieusement qu'elles seules soient appelées, à présider à un» opération dont 
la nature fait ordinairement tous les irais, 

« La première raison (dit Fauteur ) qui nous a déterminé à donner, la 
Biographie des SageS'Femmet célèbres, est une raison de moralité et d'in- 
térêt social ; c'est un prix d'encouragement que nous proposons à celles 
qui, déjà , sont lancées dans la profession , aussi bien- qu'à celles même 
quis*y destinent. Nous nous. félicitons qu'un tel séjour ait pu nous fonmir 
l'occasion de payer un. tribnt d'éloges à un sexe digne de nos égards , et 
de louer une profession qui mérite tout notre respect. » 

« En vérité (aj^onte M. Delacoux), il y avait là, comme dit saint Chtj- 
sostâme , de l'or à mettre en ceuvre. Pour en convaincre ^e vulgaire , il 
aurait fallu , comme, à saint Jean , une plume d'aigle ; un autre saura la 
trouver. » ' . 

Si, ^n en effet, la plume d'aigle, ne s'est pas rencontrée cette fois , on ne 
pourra du moins s'empêcher de rendre justice au talent et à l'exactitude 
consciencieuse de fauteur, qui a trouvé place , dans sa biographie , pour 
les portraits de Lucine et de sfiinte. Marguerite , et qui , dans son texte, 
n'a oublié ni Jnnon ni Cléopâtre. 

An reste, on trouvera, dans l'ouvrage de M. Delaconx, des vues fort 
sages et fort judicieuses sur les moyens d'instruction des sages-femmes à 
la Maternité de. Pans^ et dans lies écoles^ secondaires, du royaume ^ sur 
leur mode de réception , soit dans les facultés ,8oit dans les jurys n^édi- 
eaux, enfin, sur les meilleurs moyens de remédier aux nombreux abus 
qui existent encore dans l'enseignement comme dans l'exercice de l'art 
obstétriqqie. 

Eli résumé, cet ouvrage, aussi utile qu'agréable, nous semble avoir d^à sa, 
place marquée , non seulement dans le boudoir de toutes nos sages-femmes 
célèbres , et de toutes celles qui ont la prétention de le dctenir, mais en- 
core dans la bibliothèque de tous les. médecins qui s'intéressent, comme. 
M. Delacouxyà la gloire scientifique du beau sexe. N'est-ce pas bien assez^^ 
^t même plus qu'il ne faut , pour la fortune d un livre ? 



V 



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X 



TABLE AHALYTIQCE DES MATIERES. 



5.7 



■>^S»<%<^<%<^^/4%l^*l^%>%0^^/^^^'»»»^^<^*^ » ^^^»^' 



TABLES 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES. 



CLINIQUE ET MEMOIRES. - 

SuiTB des récherches sur les épidé^r 
mies; par M. le baron Ai.iBBaT,5. 

CLiiriQUB de l'HAtel-Diea de Lyon; 
par M. Braghbt, a3. 

LxTTRS et observations médico-chi- 
mrgicales; par le D. Ci.ot-Bet, 33. 

Extirpation d*ane tnmeuréléphan- 
tiaqne dn scrotnm ( avec jfyure 
Hthogravhiéè)\ par le même, 38. 

Rapport snr le tarçutisme, par 
IdM. AxfDRAi. père et Viret, 4^* 

NoTR snr les obstacles apportés à 
Tacconchement par certaines dé* 
formations dn fœtns, adhérences, 
etc.;par M. le p^ofess^DvGis, ^ 6 a . 

MÉMOIRE snr les concrétions fibri- 
nenses du coenr ; par M. Blaud, 
175, 33 1. 

Observation d*nne énorme tnmenr 
mélaniqne dn foie , qni fnt prise 
ponr nne grossesse; par M.RuTERy 
189. 

Torsion des artères pratiquée , par 
le doct. Glot-Bet, 195. 

Naissanor tardive, observée |»ar J, 

J. DXVILLB, 359. 

Bulletin de la Société Anatoml' 
qne; par M. Forgbt. , 

Mois d^octobre. Anatomie dn sys- 



tème nervenx. ~- Anévrysme da 
cœur. — Cancer dn coenr. — ^Ané- 
vrysn^e dnfoie. — Conduit andi^ 
tif. — Destruction de Tépiglotte. 
— 7Phthisie laryngée. — Dolhi- 
nentérie. *<»Hémorrhagie intesti- 
nale par ulcération artérielle.-— 
Ramollissement général des os. — 
Polype utérin,— -VesMe à. colon* 
ues. — Abcès sons-muquenx dn 
larjrnx, ^4. 

Mois de décembre. Renversement 
de Putéms par un pol^e. — 
Ramollissement des oa par ca- 
chexie cancéreuse'-— Anévrysme 
de l'aorte. — ^Plexns pulmonaire. 
—Ramollissement de la protnbé- 
. rance annulaire. — Fracture dn 
col dn fémur.— Luxation dn fé- 
mur. — Cancer osseux. — Caver« 
nés cicatrisées. — Abcès articu- 
laires , suite de fracture.. — Mé- 
tastase purulente. — Maladies des 
nouveau*nés.— Extraction d'une 
pièce de cinq francs engagée dans 
Fcesophage. — Anévrysme de 
l'artère pulmonaire.- Cancer du 
médiastin.1 — Cancer pancréatique, 
-^Anomalie des reins. — Fracture 
dn crâne. — Gangrène spontanée^ 
356. 

Hypertrophie des os dncrane^snite 
dliydrocéph.;par M. Andral, 58^ ' 



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5i8 



TABLC ANALYTIQUE 



CAHCsa do rein droit. Présence de 
la matière cancérease dans la 
▼eine rénale , la veine cave et le 
bassinet; par M. Peltibr, 63. 

Hsif OBJiHAGiKS entre le piccata et 
le chorion, avortèrent à sept 
mob de la grossesse^ par MM. 
Givi§oi.LB et Casbaux, 68. 

TuMBUR sqnirrhense dn pylore; par 

M. DEHOZrVILLIBRS, 7O. 

Ablatioh d'nnsarcocèlecancérenx, 
eto.; par M. Marottb, 397. 

HÉMiPLÉGiB avec destruction d*nn 
hémisphère cérébral;par M.Beau, 

9l3. 

Cakcbr du rein; par M. Câzbau, 

369. 
TiTHBUR fongueuse dans le ventr. 

droit du cerveau; par M. Guk- 

RHABD, 374* 

UTTEnATUnE MEDICALE 
FRANÇAISE. 

AiTALTSlK D*oirvRAGBS. Gours d'a< 
natomie médicale ; par Eue. £si> 
Toa, 76. 

TraUtb pratique des maladies de 
Totérus et de ses annexes ; par 
mad. V« Borviir, D. M., etc., et 
A. Btrois, aa5. 

EicBRTOtoGiS ou ovologîe humai- 
ne; par M. Vblpeau (dcoxième- 
et dernier ai^icle ) , 378. 

TRArri de pathologie méthodique^ 
ou philosophique basé sur Tez- 
périente; par J.-P. Batighb^ 4 "^ »" 

RBVUtAKALTTIQUE KT CRITIQUE DBS 
JOURXTAtTX iiK MÉDECUTB FRAX- 

çAfs. Mois d'octobre. •Résection 
de l'os maxillaire inférienr. — Ja- 
lap. — Lactomêtre. — ^ Médecine 
légale {décharge d'une arme à 
feu). — Altération du lait dans 
les vases qui le reçoivent. — Pré- 
paration de la salicine. — Lilas des 
Antilles. — Yariole. — Magné- 



tisme animal. — Paralysie fiiciate 
guérie par la strychnhie. «^Frac- 
ture de rhnméms sur un nou- 
veau-né. — Extirpation d*un 
«quirrhe Un, Tectum. ••<• Tice de 
«onformaltoH. -^ Épanchement 
apoplectique. — Salicine, 83. 

Mois de novembre. Hoquet guéri 
par un véfticatoire sur le trajet 
du nerf phrénique. -» Cancer du 
dnddénum.-^ Amputation de la. 
verge : nouveau procédé. — Mal 
d*estomac des colonies (ou lan- 
gue blanche), ^-h Liqueur contre 
les dartres. — Concrétion dn 
cristallin. — ^Propriétés du lobelia 
syphilitica. ^^ Acide arsénienz. 
— Sirop de café. — Nouveau, 
moxa. — Créosote, a$8. 

Mois de décembre. Ramollissement 
de la moelle épinière. — Clini- 
que de M. Guerseut. — Coque- 
luche. — Absence d'aQUS sur 
une femme de a a ans. — Luxa- 
tion de l'astragale. — Tympanite 
guérie par compression.— Corps 
étranger dans l'ore^le. — Ab- 
sence d'hydrochlorates dans l'at- 
mosphère marine. — Emploi de 
la racine de ratanhia. — Prépa- 
rations d'aconit. — Conserva- 
tion des cantharides. — Nou- 
veaux mdxas. - — Manne de 
Briauçon. — Falsification des fé- 
cules. — Absence de morphine 
dans les semences de pavots. •— 
Onguent mercuriel. — Assainisse- 
. ment des eaux de lavage éeè sal- 
les de dissection. — Electuaire 
d'écorce de grenadier. -— Pom» 
made contre la teigne, 4^9- 

UTTERATUKE MEDICALE 
ÈBTRANGRE. 

AiiATSB# d'ouvragbs. Traité de l'u- 
rètre, de ses maladies, et eu. 



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DES MATIERES. 



particulier des rétrécissemens ; 
par B. Phillips ( analyse par M. 
Dapré-I*atoar), io6. 
TopoGRAPiK et statistique médicale 
de Naples ; par le doct. Salya- 

TORS DB RSHZl, XI 3. 

Essai sur rétat delà médecine et aur 
les maladies epdémiqàçs dans la 
Tarqoie d'Asie et d'Europe; par 
Opp^hxxm, 367. 

Revue des jourkaux allemahds. 
Recherches sar Tocil humain. — 
Obserrations sur le ganglion an- 
ditif d*Amol4. — Muscles de 
l'oreille interne. — Dernière ma- 
ladie de Goethe, «76. 

Krvue des jourhaux ahglais bt 
AMÉRICAINS. Emploi du trépan 
dans l'épilepsie tranmatique. — 
Traitement de l'ozène par le 
chlorure de chaux. -*- Rétrécis- 
sement du vagin faisant obstacle 
à l'acconchement. — Carbonate 
de fer employé contre la chorée 
et contre le tétano^ traumatique. 
.^- Hydrocéphale chronique trai- 
tée par l'iode. >— fracture d'une 
côte par tin violent accès de 
toux. — emploi du calomel con- 
tre le prurit. — .- Catalepsie gué- 
rie par les afTusions. — Con- 
nexions vascnlaires du fœtus 
avec la mère. — Injections aci^ 
des contre les calcnls^ 44^ • 

SOCIETES SAVAPITES. 

IifSTiTUT DE vRAxrcE. Mois d'octOi- 
bre. Recherches statistiques sur 
lei calcnlenx. — Observations 
critiques sur ce travail. -^ Vice 
congéiûal du cerveau. — Bouil- 
lons de gélatine.-^Quarantaines. 
— ^Diastase. — Polémique litho-r 
tomique.-— Puits forés. — Déca- 
pitation, 117. 

Mois de novembre. Cristallisation 



5i9 

du deato-anlfure d'étain.— Noa- 
yelle booasole.— Guérison de la 
rage. — Anomalie dans la Toix 
humaine. — Remède contre le tic 
doolonreaK.— -Chromate de po- 
tasse, appliqué à la confection 
des moxas.—Demf^Aeriam, nou- 
veau genre de nunintins. *— Dé^ 
yeloppement des poils et des 
laines des aninmix. '— Eaux nti* 
néndet de CbÎAncans. — ^^Nonveaa 
système physico-chimique. i«6. 
Mois de décembre. Hélio<magné- 
tomètre. — Œuf des mammi- 
fères. — Organisation des cirri- 
pèdes. — Prix proposés pour 
les années z834 et i835. — 
Nouveau composé idnmiqne. — 
Nouveau procédé d'évaporation 
an moyen de l'air chand. — 
Nouveaux instrumens pour l'ex- 
traction des dents. — Unité du 
courant électrique. — Agaric 
de l'olivier. — Différence entre 
le calorique solaire et celui de 
nos foyers, 466. 
Académie royale db MÉDBaiHB. 
Mois d'octobre. Cholôm parmi 
les aliénés. — FœtuÀ trouvé dans 
l'abdomen d'une femme de 78 
ans. — Bassin en fil métallique. — 
Tarentisme. — Grossesses péri- 
tonéales.'-^- Non veau système de 
déligation chirurgie. — Éclamp- 
sie. — Accouchement prématuré. 
— Vaccine. — Cowpox. — Non* 
. yeau procédé pour exciter la ré- 
action chez les cholériques. — « 
Endosmose, i34. 
Mois de novembre. Causes de la 
position du fœtus au moment de 
l'accouchement. ^-^ Typhus épi^ 
démique. — Instrumens obstétri - 
ques. — ^Paralysie. — Organisation 
de la médecine en France. — Cas 
d'application du forceps. — Su- 
Hnçe du périnée. — Rupture de la 



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520 



TABLE AIVALITIQVE 



cloifton recto-vaginale. •— Cysto- 
tomie. — Épisootie, 3oo. 

Mois de décembre. Rapport sur 
l'organisation de la médecine.— 
Discossion sur ce travail. — Pro- 
jet de création de trob noovelles 
Facnltés de médecine, 487* 

RsAPPARinoir da choléra-morbns 
k Paris, i46. 

GaoLBRA-MoaBus de Paris, 39 1. 

Nbcroloou.-— Mort et obsèqnes du 
profeasenr BoTCRj 339. 



VARIETES. 



des 



AssociATxoir dç prévoyance 

médecins de Paris, i5i. 
' RicLAMATioir. Lettres des rédac- 
tears propriétaires de la Meçue 
médicale an joomal des connais- 
sances méJicaies, x5a. 
Paix proposés par la société royale 
de médecine, 5g a. 

NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES- 

Lkttres topographiqoes et médi- 
cales snr Yichy ; par M. I^otbr^ 
i54. 



Nouvel aperçu sar la |>hysiologie 

da foie; par M. B. Yoisiir, iô5. 
Notice des travaax de la Société 

royale de médecine de Bordeaux; 

par M. DupncH-LAPoixrrx , xS?. 
SÉAircK pnbHque de la Société royale 

de médecine de Toulouse, i&8. 
Rrpkrtoirr général des principaux 

modes de traitement, des mé- 

dicamens, etc.; par le doct. Rivr 

KA, de Sarenbadb, 397. 
MAmoirr sur Phyponartbécie ; par 

Matthias Mator, 3 a 9. 
L*ART de formuler ; par deux doct. 

en médecine de la Fao. de Paris, 

lè. 
SouviKiRS du choléra à Rouen; 

par M. Hkllis, 338. 
Rapport sur la société royale do 

Bas-Rhin; par M. P. Matxb, 5i4. 
BiOGRAPHik des sages-femmes célè- 
bres ; par A. Dblacoux, Sao. 

BULLETIN BIBUOGRAPHIQUE* 

OtJVRAOKs publiés dans le mois. 

d'octobre i833, tiSg. 
Ouvrages publiés dans le mois .dft: 

novembre i839, 33 1. 



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1>ES MATlkKBS. 



5^1 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



ET DES AUTEURS. 



A. 

Abcès articulaires, 359. 
Acide arsénienx (moyen de recon- 
naître V). a63. 
Aconit (préparation de V), 4^6. 
Accouchement (obstacles à l'),i6x. 

— proToqné avant le terme, i^a, 
ÀfiFnsions froides contre la catalep- 
sie, 4^ I • 

Agaric de rolivier, 484* 
Mibert, 5. 

Amputation de la verge, 946* 
Anatomie médicale, 76. 
Anatomie du système nenrenx, 5 . 

— do ganglion opbthalmiqae chez 
les jeunes chats, 55. 

Anencèphale ( fœtus ), 1 6 7 . 

Anévrisme de Fartère pulmon., 3 6 o. 

Andral père, 4^* 

Anomalie dans la toîz humaine, 
990. 

Anus (absence de 1') chez une 
femme, 4^3. 

AngOf i39. 

Assainissement àm amphithèÂIres , 
444. 

Association de prévoyance dea mé- 
decins, |59. 

Astragale ( luxation de 1*) >, 4 a 5 . 

ÎB. 

Batigne^ 4ia* 

Bassin en fil métallique, 137- 
Bemamin Voisin^ z55. 
Bomn ( mad. v*), 2 95. 



Blaud, 175, 33 1. 
Boussole (nouvelle ) , 986. 
Boyer ( mort et obsèques du pro- 
fesseur), 399. 
Brochet, 93. 



Café (sirop de), 964* 

Cancéreuse (matière) dans la 
veine rénale, dans la veine 
cave et dans le bassinet, 63. 

Galomel contré le prurit, ^60, 

Calorique, 4^5. 

Cancer du rein , 63, 369. 

— du pylore, avec gangrène, 70. 

— du rectum, 109. 
-^^ du testicule, 196. 

— • du ducudennm avec perfora- 
tion, 941. 

— polypeux de Tutérus, 366. 

— de la mamelle, 357. 

— de la jambe, 358. 

— du cœur et de la crosse de 
Taorte, 36o. 

— du ligament [suspenseur du 
foie, 36 1. 

Cantharides ( conservation des ) , 

433. 
Capuron^ t^ii. 
Carbonate de fer contre la chorée, 

454. 

— contre le tétanos, 4^^* 
Cayité arachnoïdienne ( épanche- 

ment apoplectique dans la)|^i 04. 
CayoifSS, 397. 
Cerveau (vice congénial du), 199. 



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'^w^ 



5!X2 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Gerveaa: destruction de sonhémis. 

pkère fa«cli«, 91 5. 
Césarienne ( opération ), i o3. 
Glioléra- morbus (réapparition da), 

&46, 391. 

— parmi les aliénés, i34. 
Ghromate de potasse, 395. 
Girrhipèdes (organisation itfi), 4^ . 
dviale^ 117, l3i. 

Clinique de Thôpital des Enfans 
419. 

— de l'Hôtel-Dieu d* Lyon, a3. 

Cœur anévrismatiqiie., 5B. 

— en gibecière, 56. 
Concrétions fibrineuses polypi- 

formes du cœotv, 176, 33 &, 
Coqueluche, 4^0. 
Corby, 83. 

Courant électrique (unité du), 4B4* 
Corps étrangers extrait de Toretlle, 

43«. 
CowpoXf i>43. 
Créosote, a 6 5. 
Cystotomie, 3x3. 



Dédiavge d*aM umm k len ( niéde« 
cine légale), 93. 

Delacous, 5i5. 

Déligation chirurgicale, 139. 

DevUley 35 a. 

Dothinenterie, 5%. 

Dremothére (nouveau genre de ru- 

minans), a94* 
Duçès, 161, aaS. 
Dupré4a''four^ i i-a, 46^ 
Dupuch-LapoirUe, 167, 5i3. 



Endosmose, i45. 

Epidémies (causes secrètes des ), 5. 

Epiglotte (destruction de 1*), 56. 

Epiploon (engorgement del*), a 3. 

Bstot*, 76. 

Etain (deuto^sulfnre d'), a 86. 

Extraction des dents (nouveaux 

instrumens pour 1*), 4^3. 
Evaporation (nouveau procédé d^, 

48a. 

F. 

Falsifications de la fécule, 44o. 
Fièvre inflammatoire, 27. 

— rémittente gastrique^ 39. 

— intermittente, ibid. 

— typhoïde (typhus], 3o, 3oa. 
Forceps (application du). 309. 
Porget, 54) 196, 356. 

Foie (tumeur mélanique énorme du), 

189. 
Fracture de l*humérus, loa. 

— du col du fémuTy 357, 3^^* 

— dn temporal et de Toccipitacl', 
36i. 

— d*une côte par la toux, 459. 



Ganglioti d'Arnold^ 976. 

Gangrène spontanée des dt^gts^ 
36i. 

Gélatine (son emploi comme ali- 
ment), 139. 

Goethe (demièfe maladie de), aSi . 

Grossesse péritonéale, i35, i39, 
i4o. ' 

Guillotinés (mémoire sur les), i33. 



Eau minénàe de Ctameaux, 9». Injections acides contre les mala- 
— deChiauciano, 996. dies calculenses, 464. 

Kdampsie i4o. Instrumens Obstétriques, 3o9. 

Embf^o^ ou ovologie humaine, Io#e contre l'hydrooéphale, 458. 
378. 



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IrES MATIERES. 



5l3. 



Jaltp, 89. 

Journaux à bon marché, 1 53. 

JuUia de Fontenelle, i33. 

H. 

Helio-magnétomètre, 4^6. 

Helli* , 33o. 

Hémorrhagie due à la rupture par 

ulcération d'un artère de Testo- 

mac, 56. 
— entre le placenta et le chorion, 

6«. 
Hoqnet guéri par un vésicatoire, 

a38. 
Hydrochlorates ( non existence 

des ) dans l'atmosphère marine, 

Hypertrophie àes os da crâne, 56. 



Lactomètre, 91. 

Lassîs, i3o. 

Lettre et observations médico-chi- 
rurgicales ; par le doct. Glot-Bey, 
33. 

LiUa des AndUes, 99. 

Lobelia syphilitica, a€o. 

— inflata, ibid, 

M. 

Magnétisme minéral, 101 . ' 

Mal â*estomac ou langue blanche 

des colonies, 94^. 
Mala4ies endémiques en Turquie, 

267. 
l^IaUe, 5i4. 

Manne de Briançon, 439. 
Maihias Mayor^ 3a8. 
'Morphine (non-existence de la) dans 

les semences de pavot, 44^* 
Moxas (nouveaux), 439. 



N. 

Naissance tardive, 35 a. 
Noyer, z54.. 



Œil humain (recherches sur T) 

.75. * 
Œufs des mammifères, 467. 
Oppeinkeim, 967. 
Organisation de la médecine en 

France^ 3o3, 3i4> 486. 
Ostéo-sarcdme de plusieurs os du 

tronc, 57. 
— des os du crâne, ièid. 
Orène traité par le chlorure de 

chaux, 45o. 



Paralysie faciale, 101. 

— par ramollissement de la moelle 

épinîère, 3o3. 
Pathologie méthodique, 4i a* 
Péritonites et pleurésies chez les 

nouveau-nés, 36o. 
Phillipsy 106. 
Plèvre perforée par un tubercule, 

358. 
Puits forés, i39. 



Quarantaines» x3o. 

R. 

Rage (gnérison de la), 987. 
Ramollissement de la moelle épi- 

nière, ^iS, 
Rathania, 435. 
Rein unique, 36 1. 
Réfection du maxillaire inférieur^ 

83. 
Rétrécissement duTagin,45i. 
Rinna de Sarenbachy 337. 



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5^24 1 TABLE ALPHABÉTIQUE DSS MATlIlTir.S. 

Rupture de la cloison recto-vagi- Tœnift traité par . l'éleetuaire d*ë- 

uidf 9 4 1 3. eorce degrénadièr, ^j . 

Miî^r,xè9m . Topo^pliie.et slatlstiqae de Na* 

. ' < i . ' plef, ii5, 

S. Torsion des artères, ig5. 

Trépan contre P^ilepsie , 44B. 
Sages-femmes (biogra^e des), 5 1 5. Tomeur éléphantîaqoe 8crbtale,38é 
Saliciue, io5. ' Tumeur fongueuse dans le yentri- 

Shlvaiore Ue Menzif 45, ii3. cvle dm^cf^nftfi^,rdrjii^, 

Souberhielle, 19$. Tympanite, .4^6. 

Statistiques (reeheidies ) sur les, 

calculenz, 117, laS. . ^* 

Strycnine, 10 1. 
Suture du périnée, 3x n. tJrètre (ses maladies), 106. . 

Utérus (maladies de 1^, 135, 356. 
, T. " ^ 

, V. 
Tarentisme, 45, iSy. 
Teigne, traitée par le- charbon, Yariole, 100. 

448* Yases (influence des) sur l'altération 

Testicule (masse de kystes^dans 1 du lait, 9 6 . 

196. P^elpeau, 3^8. 

irey, 45. . 



Flir DES XABLES. 



ERRJTUH. 



Page 192 de ce volume, ligne i;5 , au lieu de droite^ 



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yN'^ERSITY OF MICHIQAN 




3 9015 06275 7557