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Full text of "Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France"

REVUE SCIENTIFIQUE 



DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION 



De M. Krnest OLIVIER 



VIIVGT ET UÎVIÈME AWÉE — 1908 




MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 

ANCIENNE MAISON C. DESROSIERS 

igc8 



VINGT ET UNIEME ANNÉE 1908 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANGE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1908 

Premier Trimestre 

Etudes sur la ponte des Odonates, par M. l'abbé Pierre. — Etymo- 
logies bourbonnaises, par M. Levistre. — Un auteur bourbonnais, 
par M. F. Pérot. — Le Syndicat torestier de France, par M. Er- 
nest Olivier. — Comptes rendus des séances. — Météorologie. — 
Tableaux analytiques des Coléoptères d'Europe (suite), par M. des 
Cozis. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1908 



En 1908, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier, — 26 février, — 25 mars, 
— 29 avril, — 27 mai — 24 juin — 29 juillet — 
28 octobre — 25 novembre — 30 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise, i""*^ partie, Mollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2* partie. Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbc Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Rivièri-:. 

Les Lichens des environs de Moultns, par M. Laronde. 

Nouvelles cêcidologiques^ par M. l'abbé Pierre. 

Flore carbonifère et permimne du Centre de la France^ 
par M. Berthoumii-:u. 

Essai bibliographique sur l'Histoire naturelle du Bourbonnais y. 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicida de l'ambre, par M, F. Meunier. 

Les phénomènes atmosphériques observés en ^bourbonnais depuis 
les temps anciens , par M. F. Pérot. 

Le Papillon Machaon, par M. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy, par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Olivier. 

L'aigle carnuthe pris pour le coq, par M. G. Bertrand. 

Les orthoptères de l'Auvergne,» par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson, 

Quelques anciennes ihériaques contre la peste, par M. Renoux» 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Le drapeau de la France» par M. Bertrand. 

Boti-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier, 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



VIIVGT ET UIVIÈME AI\I\ÉE — 1908 




NEW YORK 

BOTANICAL 
QaRDEN. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 

ANCIENNE MAISON C. DESROSIERS 
1908 



,iyi/tyi^ , 



• ^ > 



Etudes sur là ponte des Odonsttes n^w 



QARDEf 



De ce que les larves des Libellules vivent dans l'eau, 
il paraît plus simple que les œufs soient déposés immé- 
diatement dans ce milieu. Ce mode de ponte n'est pour- 
tant pas le plus répandu chez les Odonates. Ce que 
nous connaissons déjà de cette phase de leur vie accuse 
chez ces insectes, une admirable variété. Il y a le germe 
des considérations finalistes, les plus attrayantes dans 
le profit presque minutieux qu'ils font des ressources 
du milieu. Les forces multiples qui entrent enjeu pour 
la conservation de l'espèce y ofirent les relations les 
plus délicatement nuancées. 

On y trouvera sans doute aussi une base solide d'ar- 
gumentation, trop souvent négligée, pour la distinction 
des espèces, la recherche de leurs affinités et l'établis- 
sement de leur filiation systématique. Mais il importe 
essentiellement de raisonner sur des observations pré- 
cises. Nous désirerions contribuer à faciliter cet examen 
synthétique. Dans ce but, une première partie de notre 
étude relatera les observations que nous avons faites 
nous-même au cours de ces dernières années et une se- 
conde partie contiendra la liste des observations éparses 
en diverses revues scientifiques, qu'il nous aura été 
possible de connaître. 

I. Observations personnelles 

1" ^schna niixfa, Latr. — Pond sur les racines 
émergées en voie de décomposition, d' « Alnus gluti- 
nosa ». 
(Observation faite le 21 août 1905, à l'étang Amélie du parc de 
ce Baleine.) 

<:t. Les bords de l'étang Amélie offrent de nombreuses 
*^ racines, les unes vivantes, les autres mortes et plus ou 
c^ moins décortiquées, que l'eau laisse à nu en été. Ces 

ce 

D,. 



4 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

racines forment une série d'arcades, complètement émer- 
gées, et partiellement cachées par des herbes pendan- 
tes, j^. mixta vient effectuer sa ponte dans le demi- 
mystère de ce lacis. 

Cette espèce a la réputation méritée de voler presque 
toujours à de grandes hauteurs, et d'être difficile à captu- 
rer. Pour la raison contraire, sa ponte n'est pas moins 
difficile à observer. L'animal, dans son vol d'explora- 
tion des racines, les rase et se trouve dissimulé par les 
hautes plantes du bord ; le léger bruissement de ses 
ailes peut cependant trahir sa présence. C'est en obser- 
vant des Anax volant au large de l'étang, et en laissant 
traîner, par une habitude voulue, la canne de mon filet 
dans les herbes du bord, que je dérangeai un ^•Eschna 
occupé à pondre. Je m'attachai alors à suivre cet in- 
secte, qui choisit bientôt une autre racine et se mit en 
devoir d'y insérer ses œufs. L/encombrement du milieu 
gênait l'observation ; je capturai la bestiole, lui passai 
une épingle dans le corselet comprimé et la laissai libre 
dans ma chambre. Le lendemain, elle grimpait aux 
rideaux de fenêtre, cherchant à insérer, dans la toile, 
des œufs qui tombaient à terre. Alors je lui choisis 
une racine moite, à moitié décortiquée, à bois friable, 
complètement imbibée d'eau, et le lui fournis. Elle s'exé- 
cuta sans retard ; voici sa manœuvre : 

yE. mixla seûxe en un point, courbe l'abdomen en arc 
d'ouverture variable, dans un plan normal à la surface, 
et sonde la racine. Si le bois est un peu dur e' résiste 
aux valves de Toviscapte, l'extrémité de l'abdomen se 
déplace. Les endroits favorables sont les bords d'un 
lambeau d'écorce, ou la surface décortiquée et spon- 
gieuse. Dans le premier cas, pour faciliter la pénétration 
des valves sous l'écorce, le bout de l'abdomen s'écarte 
du plan normal, et s'incline sur la surface de la racine ; 
dans le deuxième cas tout l'abdomen reste dans le plan 
normal. Les valves, lames courbes, très tranchantes, 
s'enfoncent vivement, reviennent, et l'œuf reste dans le 



ETUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 5 

vide qu'elles ont fait. Aucune trace extérieure n'est vi- 
sible. Chaque œuf exige une pénétration des valves. 

Après avoir déposé ainsi isolément ses œufs dans la 
région qu'il peut atteindre par de simples déplacements 
de son abdomen, l'insecte s'avance un peu et renouvelle 
ses opérations. 

A la fin de la journée, j^. mixta avait garni d'œufs le 
morceau de bois (une vingtaine de centimètres) que 
j'avais mis à sa disposition, et laissé tomber à terre 
d'autres petits paquets d'œufs agglutinés dont la pro- 
duction s'explique de la façon suivante : En pondant 
sans substratum, l'insecte exécute les mêmes mouve- 
ments de pénétration des valves ; les œufs s'agglutinent 
un à un à l'extrémité abdominale jusqu'à ce que leur 
poids soit suffisant à les détacher. Mais les œufs ne 
sont point pondus ensemble, dans une masse gélati' 
neuse. 

L'évolution des œufs est des plus faciles à réaliser. Il 
suffit de mettre la racine infestée dans les conditions 
naturelles, c'est-à-dire, de la plonger en partie dans 
l'eau d'un flacon. La capillarité procure l'humidité suffi- 
sante. 

En laissant le flacon dehors, j'ai obtenu plusieurs 
éclosions dans la première quinzaine de juin. Les jeunes 
larves présentent une coloration intéressante : la tête 
est noire avec une ligne très réduite, transversale, d'uQ 
blanc flave, derrière les yeux, dont la teinte varie suivant 
l'inclinaison du rayon visuel et passe du gris au jaune 
soufre ; le thorax est noir, ainsi que l'abdomen, à l'ex- 
ception de la base et de l'extrémité anale qui sont d'un 
blanc flave ; cette dernière teinte, annelée dé» gris, est 
aussi celle des pattes. 

Lélevage des larves peut se faire à l'aide d'une eau 
habitée par de petits entomostracés tels que Apus, 
Daphnia, et de larves d'Ephémères, etc., suivant l'âge 
d'^schna. Je n'ai point tenté cet élevage complet. Ce- 
pendant, depuis le commencement de juin jusqu'au 



6 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

14 juillet, j'ai compté sept mues. La coloration se modi- 
fie en ce sens que le noir devient plus net, là où il per- 
siste, et que le blanc flave envahit la région noire abdo- 
minale en dessinant des points à la base inférieure, et une 
tache aux bords latéraux de chaque anneau (1). Jusque 
vers la fin de juin ^. mixta ne s'est guère attaqué 
qu'aux petits entomostracés. Quand le gibier abonde, 
ce chasseur, très patient, est constamment à l'aftùt sous 
les débris de bois. Rien ne trahit sa présence, si ce n'est 
le lancer rapide de sa lèvre inférieure sur l'imprudent 
qui s'aventure trop près de sa retraite. Si la proie est 
rare, il se décide à sortir, et à chasser ; sa démarche 
alors est lente et cauteleuse ; il ne saisit bien sa proie, 
que quand ses pattes reposent sur le solide ; à la nage 
il est mal habile. Quand il se déplace pour un autre 
motif que celui d'une chasse immédiate, il sait filer rapi- 
dement. 

Je signalerai un fait dont je n'ai pas eu l'explication : 
par deux fois j'ai trouvé une larve d'yË. mixta, morte 
sur mon bureau. Ces larves étaient sorties du vase plat 
où je les élevais. Ayant cru remarquer que des larves 
rouges de Titulaires les effrayaient par leurs contor- 
sions connues, je fis disparaître les Tipulaires. Mais il 
y a sans doute une raison plus sérieuse à cette migra- 
tion hors de l'eau. Etait-ce à cause des limites trop 
étroites du vase? Se sont-elles donné la chasse?... 
La nourriture était d'ailleurs abondante. 

2*. yEschnitle ? — Pond sur les rhizomes émergés 
d" « iris pseudacorus ». 

(Observation faite à l'étang des Ramillons, septembre 1907.) 



(1) Le D"" R. Trunpel {Die Geradflûgler Mittelleuropas, 1901, 
s. 62-72, Taf. xii) donne un aperçu sur les caractères généraux, 
lâchasse, l'élevage des larves de Libellules, et fournit un tableau 
succinct des caractères morphologiques extérieurs de 24 larves 
déjà âgées. Dans les quelques lignes consacrées à jE. mixta, l'uni- 
que détail de coloration qui soit signalé est l'annelure foncée des 
pattes. 



ETUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 7 

Je n'ai pas pu capturer cet insecte, bien que j'aie 
observé nettement sa ponte. II me paraît probable qu'il 
s'agit d'un ^schnide. L'insecte voletait assez pénible- 
ment entre les longues feuilles d'Iris. Je le vis se 
glisser entre ces feuilles jusqu'à la base d'une plante. 
Arrivé là il suivit le rhizome, choisit un emplacement 
convenable et y inséra ses œufs. Il va sans dire qu'il 
s'agit d'un rhizome vivant. 

3*. Anax formosus. Van d. Lind. — Pond sur les 
débris flottants des grands joncs, « Typha ». 
(Observation faite en été à l'étang de Souys, à Saint-Menoux.) 

Ce magnifique Odonate choisit les débris flottants des 
grands joncs pour y déposer ses œufs. Posé sur son 
léger esquif il cherche à insérer ses œufs dans la partie 
immergée. La pression qu'il exerce suffit à mettre en 
marche le radeau, et il n'est point désagréable de voir 
filer à la surface de l'eau ce voilier qui parfois est assez 
rapide dans sa course pour écarter les autres morceaux 
de jonc. 

4*. Sympetruni tiepressiusculum, de Sél. L. — 
Pond, accompagnée du mâle, en dehors de l'eau, au- 
dessus des herbes du bord, en volant. 

(Observations faites au parc de Baleine le 10 août J906, Etang 
Amélie ; et le 10 août 1907, Etang neuf.) 

Le mâle accompagne la femelle pendant la ponte ; les 
deux sont disposés sur une même ligne droite. Le.' 
couple vole au-dessus des herbes diverses, telles que 
ronces basses, rumex, etc., qui croissent sur les bords 
de l'étang, en dehors de l'eau. Il se glisse entre les 
tiges, plus ou moins profondément ; parfois il se tient 
constamment au-dessus d'elles. Par instants le couple 
descend brusquement d'une petite quantité, suivant 
une oblique dirigée en avant. C'est dans ce mouvement 
que la femelle, courbant un peu l'extrémité de son 
abdomen, projette ses œufs sur les feuilles entre les 
plantes. Les œufs n'adhèrent d'ailleurs point aux 



8 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

feuilles ; l'agitation produite par le vent suffit à les 
faire tomber sur la terre humide, où les détritus les 
protégeront jusqu'à ce que, à la saison des pluies^ le 
niveau de l'eau vienne jusqu'à eux, à moins que la 
première pluie un peu forte ne les entraîne bientôt 
dans l'étang. 

Les distances à l'eau des points où s'effectuait la ponte 
variaient de quelques centimètres à 1 m. 50 Les œufs, 
on le sait, sont très petits, à peu près sphériques, 
opaques et blanchâtres. 

5*. Orflictrum cancellatum, L, — Pond, accom- 
pagnée du mâle, sur les bords à peine immergés, en 
touchant la surface, mais sans arrêter son vol. 

(Observation faite le 10 août 1907 au parc de Baleine, Etang 
neuf.) 

Ce Libellulide pond à la façon des Tipules. Il s'abaisse 
et s'élève, et paraît frapper l'eau des bords de l'étang au 
moment où il y dépose ses œufs. 

6*. Libellulide, sp. ? — Pond, seul, dans la terre 

fangeuse, en touchant le sol, mais sans arrêter son vol. 

(Observation faite en été 19C6, sur les bords d'un ruisseau, 
à Montvicq.) 

Ce Libellulide que je n'ai pu capturer pondait à la façon 
de rOr^/iefrum précédent dansla terre humide des bords 
du ruisseau, avec cette différence qu'il était seul. 
Pourtant, je dois signaler qu'un autre Libellulide, 
paraissant de même espèce, planait à quelque distance 
de la pondeuse, et que les déplacements des deux 
insectes m'ont semblé simultanés. 

7». Agrion scitulum, Ramb. — Pond, accompagnée 
du mâle, sans s'immerger complètement, sur la partie 
immergée de « Myosotis palustris * et * Elodea cana- 
densis ». 

(Observation faite le 15 juin 1904, au parc de Baleine, Etang 
neuf.) 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 9 

Plusieurs couples voltigeaient au-dessus des Elodea 
canadensis, et s'y posaient pour pondre. 

Le couple que j'observai se fixa sur une tige de 
Myosotis, à peine distante du bord. Les derniers 
anneaux de l'abdomen de la femelle étaient seuls im- 
mergés pendant la ponte. 

La disposition des œufs mérite une mention particu- 
lière : 

Les œufs, d'aspect général cylindro-conique, sont 
insérés isolément ou par groupes de trois : le grand 
axe de l'œuf du milieu est placé suivant une généra- 
trice de la tige ; les deux autres œufs sont placés symé- 
triquement à droite et à gauche du premier, leurs axes 
faisant avec le sien un angle aigu, ouvert par en bas. 

Les trois ouvertures ponctiformes, nettement sépa- 
rées, mais très voisint s, par où les œufs ont été intro- 
duits, sont sur une même circonférence. Leur couleur 
foncée indique la mortification des cellules blessées par 
l'oviscapte de l'Agrion. Immédiatement à la suite de 
chaque ouverture, sous l'épiderme, se détache par 
transparence un court filet brun, qui n'est autre chose 
que le prolongement épaissi de la membrane fine qui 
enveloppe tout l'œuf ; cette membrane provient de la 
solidification du mucus gélatineux qui accompagne 
l'oeuf à la sortie de l'oviducte. Quand on extrait l'œuf 
même avec précaution de sa loge végétale, cette mem- 
brane et ce filet s'en séparent. Ce filet brun ne paraît 
p-^s d'ailli^urs obstruer complètement le canal végétal 
de pénétration, car tout le pourtour de ce canal se 
détache en clair, comme s'il n'y avait pas de tissu, 
f nfin, toujours par transparence, apparaît la masse 
cylindroïde de l'œuf, qui, elle, paraît à plein gdans le 
tissu qui l'héberge ; elle n'est point entourée de zone 
claire. Ce groupe gracieux n'occupe guère que 1™" 1/2 
de hauteur. 

S\ Agrion lindenil, de Sél. L. — Pond, seule ou 
accompagnée du mâle, im,m,ergé com,plètem,ent ou par- 



10 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

tiellement, sur les parties immergées des « Potam.o- 
geton ». 
(Observation, 22 juillet 1905, rivière d'Allier, à Moulins.) 

Ce névroptère était extrêmement abondant dans les 
petites anses des bords de l'Allier où croissent des 
Potamogetons. Quand la femelle est complètement 
immergée, le mâle apparaît à peu près vertical à la 
surface de l'eau, sans aucun support végétal. 

9\ Erytlironinia najas, Hansem. — Pond, accom- 
pagnée du mâle, sur « Eludea canadensis ». 

(17 avril, parc de Baleine.) 

L'entaille faite dans le végétal est à peine visible, et 
se reconnaît par une ponctuation brune de tissu mor- 
tifié. L'insertion de l'œuf paraît peu profonde ; car, avec 
de l'attention, on aperçoit le pôle de l'œuf entre les 
lèvres de cette petite ouverture, 

iO\ Platycnemîs sp ? (1). — Pond, accompagnée du 
m.âle, sur un ragot mort de « Veronica becabunga * ? et 
sur « Alisma pluntago » vivant ; à peine immergé, sur 
les parties immergées. 

(Observation faite au parc de Baleine, 16 juin 1904, Rtang 
Amélie.) 

Le couple évoluait au-dessus des diverses plantes 
d'un coin de l'étang, calme et abrité. Dès que la 
femelle s'était accrochéeà une tige, elle la suivait jusqu'à 
la surface liquide, au-dessous de laquelle elle pondait 
sans s'immerger complètement. 

Les blessures ne sont bien visibles qu'après enlève- 
ment de l'épiderme ; cependant on peut arriver à les 
voir par transparence, sans cette opération prélimi- 
naire. Elles se détachent en ponctuations plus sombres 
que le reste du tissu. 



(1) A cette époque, on trouve sur les étangs du parc de Baleine 
les deux espèces pennipcs Pall. {platypoda, Ramb.) et acutipennis 
de Sel. 



ÉTYMOLOGIES BOURBONNAISES 11 

Ici encore la ponte est parfaitement ordonnée. Les 
entailles sont faites sur une même génératrice. Par 
chaque entaille, un œuf est inséré obliquement par 
rapport à cette génératrice, et sensiblement suivant la 
surface végétale. Ou bien la femelle introduit deux 
œufs, l'un à droite, l'autre à gauche, de façon à former 
un chevron à angle aigu ouvert par en bas : nous re- 
trouvons les pontes chevronnées que nous signalions 
naguère pour Lestes viridis, sans pourtant constater ici 
de bourrelets extérieurs. 

(A suivre.) Abbé Pierre. 



ÉTYMOLOGIES BOURBONNAISES 



Uzine 



Les cultivateurs du Bourbonnais désignent les rigoles 
d'irrigation de leurs prés sous le nom d'Uzines. On pour- 
rait être tenté de faire dériver ce mot des us et coutumes 
qui font au métayer ou au fermier une obligation de re- 
mettre en état les dites rigoles à la Saint-Martin, 11 no- 
vembre, époque traditionnelle des déménagements et des 
fins de bail. Mais comme cet usage ne s'applique certaine- 
ment pas seulement aux rigoles, il est plus que probable 
que le mot en question vient d'une autre source et relève 
d'une étymologie toute différente. C'est le cas de dire, en 
retournant le célèbre vers de Boileau : Le vraisemblable 
n'est pas toujours le vrai. 

Les documents suivants, que je trouve dans Romania, 
n° 33, 1904, page 586, appuient cette conjecture : « Ozive, 
« conduit, égoût, xvi® siècle. Ces ozives et ces esgouts se- 
rt ront deffendus quand il n'y aura apparence de servitude 
« constituée. » (J. Duret, Coustumes cVOrléans, 133, édit. 
1609.) 

En bas de la page, cette note de M. A. Thomas : « Ozi- 



12 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

« ne, dans Godefroy qui cite d'après La Curne. Est-ce la 
« bonne lecture ? C'est probable. Cotgrave a Ozme, faute 
« manifeste pour Ozine. » 

La forme usitée en Bourbonnais tend, en effet, à prouver 
que la bonne leçon est Oz'me, plutôt quOiive, quoiqu'il 
n'y eût rien d'impossible à ce que ce dernier terme ait 
existé en Orléanais au xvi® siècle. 

La racine de ce mot, quel qu'il soit régulièrement, Ozive, 
Ozine ou Uzine, appartient à la grande famille des lan- 
gues dites, à tort ou à raison, indo-européennes. On la 
reconnaît dans l'anglais ooze et ooz^ing, suintement; oozy, 
vaseux, bourbeux ; to ooze, suinter, couler doucement ; 
dans le patois d'IlIe-et-Vilaine, houzée, averse. Le latin 
fournit le radical ud, dans udare, baigner, humecter ; udor, 
humidité, moiteur ; udus, humide, moite. Renforcé de l'as- 
piration ou esprit rude, le thème latin udor conduit au grec 
uSco/s, hudor ou hydor, eau, lequel explique en retour le 
latin sudor, sueur ; sudare, suer ; car suer, c'est suinter 
de la peau. L'esprit rude des Grecs a en latin pour équi- 
valent la consonne sifflante s. (Comparez herpô et serpo ; 
herpès et serpens ; hulê et sylva, etc.) 

Celte forme radicale, avec ou sans aspiration, ud, Iiud, 
sud, se rapporte incontestablement au verbe kichua sutu, 
qui signifie dégoutter, couler, distiller ; d'où par adjonc- 
tion du suffixe d'instrument na, suluna, conduit, égout, 
gouttière. 

Cette même racine se découvre aisément, diversement 
modifiée, dans les noms d'un grand nombre de cours 
d'eau du pays celtique ; et, à cela, il n'y a rien d'étonnant, 
car c'est un axiome linguistique que les noms propres ont 
été originairement significatifs et ne sont en réalité, que 
des appellations communes, dénuées de toute prétention, 
aujourd'hui désuètes, et dont la signification s'est perdue 
au cours des siècles. 

Ces formes radicales, dérivées du thème ut = hul =^ sut 
sont les suivantes : 



ÈTYMOLOGIES BOURBONNAISES 13 

1° Oih, dans Othain, affluent du Cliiers (bassin de la 
Meuse). 

2° Od, d'où Odet, rivière de Bretagne, 

3° Oud, dans Oudon, affluent de la Mayenne. 

4° Oz, dans Oze et Ozerain, deux mauvais ruisseaux 
qui, avec la Brenne, entourent la colline isolée du Mont- 
Auxois, au village d'Alise, où l'on suppose avoir été l'em- 
placement de l'Alesia des Mandubiens, Alesm Mandubio- 
rum. 

5° Uz, dans Uzès, fontaines qui alimentent VAlzon, af- 
fluent du Gard, et dans Uzet (source d'Uzet ou de Juliat, 
voisine de Saint-Seurin d'Uzet). 

On pourra s'étonner de me voir écrire uzine et non usine. 
L'orthographe que j'ai adoptée est justifiée par ce fait que 
la forme radicale ut se modifie logiquement en ud et en 
uz, et non en us ; la sifflante s n'étant pas une consonne 
de même organe que les dentales t, d, z. Cette loi de per- 
mutation fonctionne encore actuellement en breton, où le 
mot lui, peuple, gens, devient, selon les exigences eupho- 
niques, iud ou zud, mais jamais lus ; où Breiz, Bretagne 
dérive de Britannia ; Braz, grand, du gaulois Brat el Bret ; 
où breuzr, frère, correspond à l'anglais hroiher, à l'alle- 
mand bruder. 

D'ailleurs, le kichua, parlé encore aujourd'hui par les 
indigènes du Pérou et de la Bolivie et qui, s'il n'est pas 
la langue primitive, est certainement un des idiomes qui 
paraissent s'en rapprocher le plus, ne possède que les 
trois voyelles fondamentales a, i, u prononcé ou, forma- 
trices du nom divin lAU, Jéhovah, Jovis, Ju-piier, el les 
dix consonnes fortes p, k, t, ch, l, m, n, r, s, y consonne. 
Les Kichuas prononcent Tios pour Dios, Dieu ; car le d 
indo-européen est représenté dans leur langue par le t ; 
et, par suite, le thème gaulois hut, huz, ainsi que les radi- 
caux gréco-latins hud et sud y ont pour équivalent sut, 
qui est la forme originelle et matrice. 

Quelle est la conclusion à tirer de ces rapprochements ? 
C'est : 1° que le gaulois est apparenté de très près aux au- 



14 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

très langues du groupe indo-européen ; 2° que rien ne se 
perd, même dans le domaine des faits linguistiques, mais que 
tout se transforme, et que les cultivateurs de notre Bour- 
bonnais se servent encore des mêmes mots, à peine altérés, 
qu'employaient leurs ancêtres, soldats et contemporains 
de Vercingétorix ; 3° que tout est dans tout, et que les 
découvertes de la science nous acheminent fatalement vers 
la reconstitution de l'unité linguistique primitive, c'est-à- 
dire vers la justification de ces paroles de Moïse : « Et 
alors, la terre était d'un seul parler et les hommes par- 
laient tous la même langue. Eral autem terra lahii unius, 
et sermonum eorumdem. {Genèse, xi, 1.) 

Pierres de Jô 

Le vaste amas de rochers naturels qui hérissent un des 
contreforts septentrionaux du IMontoncel porte le nom de 
Pierres de Jô. Au premier abord, on est tenté de rap- 
procher cette appellation du mot iau, qui signifie coq en 
maints patois, y compris ceux du Bourbonnais. Mais, dans 
la suite, ayant rencontré en différents endroits ce même 
nom sous les formes légèrement modifiées de Jeu et de 
Joug, qui n'ont certainement aucun rapport avec le latin 
gallus, d'où vient notre patois jau, il me parut que la con- 
venance des choses et les lois de l'étymologie s'accordaient 
pour s'opposer à une interprétation fondée simplement sur 
un jeu de mots, et m'invitaient plutôt à rapporter cette dé- 
nomination à un vocable celtique, ayant pu signifier pierre, 
rocher, et, par extension, puy, cime de montagne. 

Le dictionnaire celtique de Dom Bullet justifie cette in- 
duction, par le breton Jôh, amas de rochers. Ce terme con- 
duit logiquement à une racine gauloise de la forme Jug. 
Cet élément entre en composition dans le nom propre Ver- 
iugo-dumnus, cité par Zeuss dans sa Grammalica cellica. 
Dumnus étant glosé par tholem, qui signifie probablement 
comme le breton solenn, tas, amas, amoncellement, le nom 
tout entier doit se traduire : grand amas de rochers. Ce 
substantif gaulois relève de la racine primitive AK = IK 



ÈTYMOLOGIES BOURBONNAISES 15 

= UK = UG = AUG, laquelle implique dans toutes les 
langues l'idée d'aiguille, pic, pointe, hauteur, cime, et, par 
une association d'idées très naturelle, celle de rocher. Ce 
dernier sens me paraît avoir été celui du latin iugum dans 
l'expression Juga montium. L'ancien nom de Puycerda, 
Jugum Ceretanorum, met en évidence l'équivalence du cel- 
tique puy et du latin iugum. D'autre part, le latin iugum, 
sommet de montagne, est en analogie de signification avec 
le gaulois iug ou /uc'/i, rocher, et avec le français iucher, 
se poser sur une cime, un sommet. Ce sont des affinités 
linguistiques de cette nature qui faisaient dire aux Arver- 
nes, au grand "scandale de Juvénal, qu'ils étaient frères des 
Latins. 

Le mot puy, qui se rencontre dans plusieurs patois sous 
des formes diversement altérées, peu, pé, pié, py, pugel, 
etc., dans l'italien poggio, dans l'espagnol poya, vient d'un 
thème gaulois de la forme pokio, pogio ou pugio, dont la 
racine enferme aussi l'idée de pic, de pointe : POG =PUG 
= PIK. 

La Plierre du Joug, à Bresnay (Allier), est un monolithe 
remarquable, sorte de menhir naturel, dont le sommet est 
creusé d'une entaille carrée qui ressemble selon les uns, à 
un berceau, et selon d'autres à un ioug ; d'où le nom porté 
par cette pierre. Cette explication, comme celle de Jô par 
iau coq, est fondée sur un jeu de mots et ne saurait préva- 
loir, pour quiconque n'est pas disposé à s'en laisser impo- 
ser par une ressemblance fortuite de sons, contre la valeur 
étymologique du gaulois Jugum, pierre, que les celtisants 
sont heureux de reconnaître et de retrouver dans une dé- 
nomination locale dont le peuple a oublié la signification 
originelle. 

De cette racine Jug dérivent un grand nombre de noms 
propres, tant de lieux que de personnes : 

1" Jeu {le Grand Jeu), c'est-à-dire le grand Puy ou le 
grand Roc ; c'est le nom d'une éminence ou rail de 800 m. 
d'altitude, sise sur le territoire de la commune du Mayet- 
de-Montagne (Allier). 



16 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

2° Joux (le fort de), clans le Doubs. 

3° Joug (la pierre du), déjà citée, commune de Bresnay 
(Allier). 

4° Jô (les Jômalhres, dans la Creuse) ; les pierres de Jô, 
du Montoncel. 

5° Joy, dans Joyeuse, c'est-à-dire rocheuse ; chef-lieu de 
canton (Ardèche). Je connais à Ferrières-sur-Sichon {Al 
lier) une terre rocailleuse dite la Joyeuse. 

6° Joie ou Joye dans l'expression Mont-Joie, monceau 
de pierres élevé en signe de victoire ou pour indiquer le 
chemin. Monl-Joie Saint-Denis était le cri de guerre des 
Français au Moyen-Age. 

l°Yeu (île d'), dont l'ancien nom Ogia, comme le 
vieux français huge, colline, hauteur, l'anglais high, haut, 
est une variante de la forme Jug. 

8° Maints noms propres de personnes et de lieux très 
fréquents dans le département de l'Allier sous des formes 
diverses : Juge, Jugeai, Juchel, Jouhet, Joyon, etc. 

Si je ne me trompe, ressortissent encore à cette racine 
les mots [oyau, ioaillber, ioaillerie, plutôt qu'au latin /o- 
calia, jouets. C'est ainsi que pierreries désignent non des 
cailloux quelconques, mais des pierres précieuses mon- 
tées en hi'ioux. Et en cherchant bien, peut-être trouve- 
rait-on que hllou lui-même n'a pas eu, primitivement, d'au- 
tre signification que celle de caillou. Ces mots appartien- 
nent au fonds obscur de notre langue, qui n'est ni latin, 
ni teuton, mais purement celtique, et qu'on ne peut espé- 
rer d'éclaircir qu'en étudiant nos vraies origines. C'est 
par là que la linguistique donne la main à la préhistoire. 

Il n'est donc pas étonnant que le terme celtique Jug 
soit si fréquent dans notre pays, et qu'il s'y applique ex-' 
clusivement à des pierres, des rochers, des cimes monta- 
gneuses. Ce nom si répandu de Pierres de Jô, se trouve 
être une pure tautologie attestant sur notre sol la succes- 
sion historique de deux idiomes et la supplantation du 
gaulois par le français victorieux. Ainsi trouve-t-on en Ka- 
bylie la lonlaine d'Aln-Thala, dénomination dont les trois 



ÉTYMOLOGIES BOURBONNAISES 17 

éléments sont équivalents dans leurs langues respectives : 
Irançais, arabe et berbère. 

Ce nom local suffirait à lui seul à prouver à la posté- 
rité que trois races, trois civilisations et trois langues se 
sont superposées sur le sol berbère. De même, le nom de 
Jô atteste aux linguistes l'origine celtique de notre peuple, 
nonobstant l'étiquette de [rançais que l'histoire lui a imposé. 

M. Louis Robert a signalé le menhir de la Pierre au 
Jô (Meurthe-et-Moselle) {Bullelin de la S. P. F., tome II, 
année 1905). M. Stalin a mentionné plusieurs mégalithes, 
notamment à Neuville-Bosc (Oise), connus sous le vocable 
de Pierre-Coq {Bulletin de la S. P. F., tome II, n° 6, an- 
née 1905). 

M. Décheletle signale aussi dans la commune d'Avant- 
lez-Marcilly (Aube), un menhir, monument historique clas- 
sé, appelé la Pierre-Coq {Bullelin de la S. P. F., tome II, 
n° 7, année 1905). 

Ces deux dénominations, et, sans doute, d'autres ana- 
logues qu'on pourra relever en divers lieux, seraient de 
nature à infirmer mon interprétation si leur antiquité était 
authentiquement établie. Mais on est en droit de penser 
qu'elles sont le résultat d'une substitution relativement ré- 
cente. Les gens du pays, et peut-être même les personnes 
plus instruites qui ont collaboré à la confection du ca- 
dastre et à la rédaction des noms de lieux dits, ignorant 
la signification du terme celtique Jô, ont pu croire qu'il 
s'agissait du patois iau (coq) ; de là ces dénominations 
francisées de Pierre-au-Coq, qui ne prouvent qu'une mé- 
prise de sens et une confusion de mots dues à notre igno- 
rance radicale, au point de vue linguistique, de nos ori- 
gines celtiques. C'est ainsi que, par une erreur analogue, 
on trouve en Queyras un lieu dit Mille-Aures, c'est-à- 
dire mille vents, transformé en Mylord par la carte de 
l'Etat-Major. 

Je connais à Ferrières-sur-Sichon un lieu dit les Qua- 
tre Faux, les Quatre Hêtres, dont le plan cadastral a 
fait les Quatre Fous. 



lÔ REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBOÎÏNAIS 

On trouve dans le nom à saveur franchement mégalithi- 
que des fameuses Jômathres, l'élément </ô, pierre, et non 
JaUy coq. J'ai cru longtemps que l'autre élément du mot 
se rapportait à la racine à la fois sanscrite et celtique 
maiih, malh, grand, et j'ai exprimé cette opinion dans mes 
Monuments de pierre brute du Montoncel (1). Mais depuis, 
des réflexions nouvelles provoquées par des rapproche- 
ments inattendus m'ont convaincu que l'étymologic propo- 
sée par Baraillon, et que j'avais cru devoir négliger, est 
la seule vraie. Cet auteur, en effet, expliquait mathres, par 
le gallois malhraw, qui signifie presser, (ouler, meurtrir, 
auquel se rapportent le français marri et le patois marrer, 
travailler la terre avec la houe, dite marre. Cette racine est 
bien proche parente aussi du latin mactra (maie ou mait), 
qui suppose un inusité mactrar, ayant eu le sens de pétrir. 
Le nom de Jômathres signifie donc, si je ne m'abuse, pier- 
res meurtries ou marrées, s'il m'est permis d'employer 
ce terme patois, et elles devraient celte appellation aux 
nombreux bassins artificiels {vaguons, mortiers) dont elles 
sont creusées. 

Cette signification concorde avec celle de Sayacusca, 
nom kichua de la grande pierre à bassins de la forteresse 
péruvienne de Sacsahuaman (le grand aigle), sise non loin 
de Cuzco. 

Cette pierre est un bloc énorme, constellé de vagnons 
de toutes formes et de toutes dimensions, tant sur les sur- 
faces horizontales (jue sur les parois verticales. Elle gît 
encore à peu de distance de la carrière d'où furent extraits 
les matériaux qui servirent à construire la citadelle ; au 
dire des historiens de la conquête, il n'a pas fallu moins 
de 20.000 hommes pour l'ébranler ; sa chute ayant écrasé 
un grand nombre d'ouvriers, on dut renoncer à la trans- 
porter et il fallut la laisser en place, avec ses bassins 
étranges, à destination mystérieuse. Le nom de celte pier- 



(1) Voir Rev. se. du Bourb. et du Centre de la /•>. T. XII, 1899 
et suivants. 



UN AUTEUR BOURBONNAIS 19 

rc, Rumi saijacusca, signifie, en kichua, la pierre fatiguée, 
c'est-à-dire travaillée, fouillée ; les Espagnols ont traduit 
ce nom par l'expression équivalente de Piedra cansada, 
en langue celtique Jô-malhre. J'ai pensé que ce rapproche- 
ment valait la peine d'être signalé et pouvait être de na- 
ture à provoquer chez les préhistoriens d'utiles et intéres- 
santes réflexions. 

C'est aussi le gaulois Jug (pierre, rocher), qui explique 
le vieux français Jughea (interdit, stupéfait, pétrifié), cité 
par Lacombe (1766-1768), et le mot patois du Bourbonnais 
iugé, qui possède exactement le môme sens dans l'expres- 
sion : en rester tout iugé. 

L. Levistre. 



UN AUTEUR BOURBONNAIS 

LE R. P. PIERRE BOBYNET 



Nous extrayons de notre Répertoire historique et bi- 
bliographique du Bourbonnais (1) la notice suivante, 
concernant le Révérend Père Bobynet, savant Jésuite et 
auteur bourbonnais peu connu. 

Né à Montluçon en 1595, le Révérend Père Bobynet 
se voua de bonne heure à la vie religieuse et entra tout 
jeune dans la Compagnie de Jésus. Il devint professeur 
de philosophie et de théologie, qu'il enseigna pendant 
vingt ans. 

Malgré ces occupations, il trouva le temps de s'adon- 
ner à l'étude des sciences mathématiques, et de composer 
plusieurs ouvrages fort appréciés à l'époque où. ils pa- 
rurent, puisqu'ils ont obtenu plusieurs éditions. 

Cet auteur n'est point mentionné dans le catalogue 
des écrivains bourbonnais laissé par Ripoud et c'est en 



(1) Manuscrit, tome Ilf, gr. in-4'. 



20 REVUE SCIENTIFIQUE t)U BOURBONNAIS 

vain que l'on chercherait son nom dans ï Ancien Bour- 
bonnais ou dans la Bio- Bibliographie des écrivairis*- 
anciens du Bourbonna s publiée en 1899, quoique cepen- 
dant M. L. Bouchard ait donné plusieurs titres de ses 
ouvrages dans son Histoire du collège de Moulins, 
p. 70-72. 

En 1651, Bobynet était recteur au collège de Moulins ; 
il passa en la même qualité à celui de Quimper-Corentin 
et il mourut à Orléans, en 1668, des suites d'un catarrhe. 

Stotwel le caractérise ainsi (1) : « Homme d'une re- 
marquable piélé, d'une entière soumission à ses supé- 
rieurs, patient, aimable, aimant tout le monde, et se 
faisant aimer de tous. > 

Ouvrages du Père Bobynet 

I. — h'Horographie curieuse, contenant diverses mé- 
thodes nouvelles et générales pour faire promptenient 
toutes sortes d'horloges et cadrans solaires avec justesse 
et facilité. La Flèche, 1644, in-S", 1" édition. 

II. — h' Horographie ingénieuse, 332 pages, Paris, 
1647, 2" édition. 

III. — U Horographie ingénieuse, contenant des con- 
naissances et des curiositez a'jréables dans la composi- 
tion des cadrans. 24 grav. en taille douce. Paris, 1663, 
in-12. 

IV. — U Horographie où Von trouvera plusieurs belles 
propositions de géométrie, astronomie et géographie, 
avec les figures et les tables nécessaires à cette science, 
le tout mis en pratique avec l'instrument des demi- 
cercles et du carré astronomique. Paris, Jombert, 1688, 
in-18 de 154 pages et 18 pages de table, 3« édition, con- 
tenant 22 planches gravées. Ce livre est dédié au chan- 
celier Seguier. 

V. — La Longimêtrie industrieuse, 109 pages et 
32 avec 24 planches. Paris, 1647, in-8\ 



(1) Biographie Didot. 



LE SYNDICAT FORESTIER DE FRANCE 21 

VI. — Relegatio regularium ad sacras confessionnes 
audi'gndas Paris, 1648, Trois éditions, la dernière : Apud 
Guillelmwn, mdcliv. 

VI. — Le cadran des cadrans universels. Paris, 1649, 
in-8o 2* édition. 

VII. — L'Horloge des doigts. Paris, 1649, et Orléans, 
1650. 

VIII. — Les secrets du calendrier rendus faciles aux 
curieux. Quimper-Corentin, 1665, in-S", 

IX. — Lettre sur la mort du P. F. Le Grand. Quim- 
per, 1663, 

Tous ces ouvrages sont devenus introuvables. 

Un François Bobinet, époux de Anne Pérot, était 
notaire royal à Montiuçon en 1695 ; nous ignorons s'il 
avait quelque parenté avec le Jésuite, 

Francis Pérot. 



Le Syndicat Forestier de France 

Les dernières inondations qui ont ravagé les provinces 
du Midi ont enfin ému les pouvoirs publics et on s'est 
occupé partout des moyens à employer pour empêcher 
le renouvellement de semblables désastres. 

Le remède consiste dans le reboisement de ces im- 
menses étendues de terrains al)SoIument dénudés, où paj; 
un brin d'herbe ne retient les eaux pluviales qui cou- 
lent en torrents furieux, ravinant de plus en plus des 
cantons entiers et portant avec eux la ruine et la dévas- 
tation. 

Le reboisement est une œuvre longue, difficile et coû- 
teuse, souvent gênante pour les habitants de la région où 
il a lieu, et pour l'exécuter il n'y a guère à compter sur 
le concours de l'Etat qui fait toujours passer l'intérêt élec- 
toral avant les mesures qui peuvent garantir la richesse 
et la prospérité de la France. 



22 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Et en même temps que l'on s'occupe de la restauration 
des forêts, il faut arrêter le défrichement inconsidéré 
qui se pratique de toutes parts avec des proportions de 
jour en jour plus grandes. 

M. le Ministre de l'Agriculture vient de présenter récem- 
ment à la Chambre des députés un projet de loi sur le 
défrichement et l'exploitation des bois des particuliers 
qui modifie plusieurs articles du code forestier. Ces nou- 
velles dispostions sont insuffisantes, ouvrent le porte à 
des apprécations arbitraires et ne pourront rien arrêter. 

Le gouvernement n'est, du reste, pas en posture de 
s'opposer à l'abattage des forêts surtout quand il est 
exécuté, comme habituellement, par des sociétés de Juifs 
ou d'Allemands. Il n'y a donc malheureusement guère 
d'illusion à avoir et on ne doit compter que sur l'initiative 
privée pour remédier, autant que faire se peut, aux cala- 
mités dont nous avons été témoins l'automne dernier. 

C'est dans ce but qu'a été créé le Syndicat forestier de 
France par une Société d'hommes compétents et désin- 
téressés ({ui jugent qu'il est grand temps de s'occuper de 
conserver ce qui reste aujourd'hui de celte portion si 
importante de la fortune publicjue. 

Dès à présent, le Syndicat forestier de charge de re- 
boiser, à ses frais et en employant les habitants de la 
région, tous les terrains incultes ou de peu de valeur, par 
grandes ou par petites parcelles. 

Les Maires cl les propriétaires devront s'empresser de 
profiter de cette occasion exceptionnelle qui leur est 
offerte, en adressant immédiatement une demande au Pré- 
sident du Syndicat, 4 rue de Lille à Paris. 

Afin de prouver que le reboisement est une question 
vitale pour la France, la Revue lorestière a commencé 
une enquête dans les pays inondés et elle donne une 
première liste de cent communes qui ont perdu ensemble 
plus de 16 millions et n'ont reçu à titre de secours que 
67.605 francs, soit, pour ne pas sortir de la queslion, 
une goutte d'eau pour un décalitre. Ces mêmes com- 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 23 

mîmes demandent aujourd'hui que l'on plante à outrance, 
non seulement la montagne, mais même la plaine, et 
elles espèrent justement que le Syndicat forestier de 
France, dont l'organisation s'étend dans quatre-vingt- 
quatre départements, va leur permettre de reboiser, dans 
un délai rapproché, les pentes dénudées de leurs monta- 
gnes et leurs vallées ravinées. 

Celui qui plante un arbre, a dit André Theuriet, est un 
bienfaiteur de l'humanité ; celui 'qui en détruit un inuti- 
lement est un criminel. 

Ernest Olivier. 



Fléunioa seleiitillqLvi© du Bourbonnais 



Réunion du 2Q Janvier içoS 

— M. R. Herpê, professeur de sciences naturelles à Redon 
(Ille-et-Vilaine), offre d'échanger des minéraux et des fossiles. 
Redon étant situé en plein pays silurien, il peut procurer des 
échantillons de schistes et grès caractéristiques des divers ni- 
veaux de l'Ordovicien et du Gothlandien et un important mas- 
sif granulitique des environs fournit sur ses contours divers 
types de roches métamorphiques, andalousite, calcite, etc. 

— Gisements minéraux récemment découverts et peu con- 
nus DU Centre de la France. — L'exploitation du gisement 
aurifère du Chatelet, à la Budelière-Chambon (Creuse), dé- 
couvert par M. H. Marlot, est en pleine prospérité. La So- 
ciété constituée en août 1907 est obligée de recourir à des tra- 
vaux importants et à l'établissement de nouvelles machines. 

L'exploitation des minerais radifères de Grury s'est encore 
développée ; les produits sont traités maintenant à l'usine 
spéciale de radium de Nogent-sur-Seine. 

Un nouveau gisement d'atttunite vient d'être découvert au 
Riau, commune de Saint-Symphorien-de-Marmagne et à Char- 
moy, sur les talus de la route (Saône-et-Loire). 

La nontrolite a été découverte à la Granetière-sous-Uchon 
(Saône-et-Loire), dans une bande filonienne, au travers d'une 
argile plastique. Cette sorte de pegmatite, pétrie de cristaux 
de tourmaline noire, est d'une grande rareté ; elle est ainsi 
décrite par Pisani, dans son Traité de minéralogie : substance 
amorphe, opaque, d'un jaune serin, tendre et onctueuse au 
toucher ; densité, 2,08 ; noircit au chalumeau sans se fondre, 
fait gelée avec les acides ; c'est un silicate hydraté de sex- 
quioxyde de fer, avec un peu d'alumine. Gisement : Nontron 
(Dordogne). 



24 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Manganèse -phosphaté ferrifère, minéral de grande valeur, 
s'est rencontré à la Creuse des Perchets. Un échantillon de 
la collection de Charmasse est au musée de 1 hôtel Rohn, a 

Autun. ^ . , ,, . j T) 

Cérium, provenant de la région de Mesvres et de Broyé. 
Il a été reconnu par M. de Charmasse. , , , , ... . 

Niobmm. Collection de Charmasse. Très bel échantillon de 
ce rare minéral d'un éclat métalloïde, provenant de Broyé et 
Cussy (Saône-et-Loire). 

Graphite compact. Gisement : Marmagne et Martigny, dans 
le voisinage des serpentines et des amphibolites. 

Béryls et émeraudes, récoltés par M. de Charmasse dans la 
vallée du Mesvrin. 

Wolfram. Signalé à Auzon, non loin de Montmort et de 
Saint-Saulge (Nièvre). 

Manganèse. Aux environs de Luzy ; la pauvreté du gîte a 
fait renoncer à l'idée de l'exploiter. 

Cobalt. Reconnu au domaine de la Roche, près d'Issy-l'E- 
vêque. 

Tentante. Découvert par M. Carrion, près d'Auzon, avec la 
gigantolite et Vanda.lonsite. 

Blende et titane rutile. Le gisement en a été observé par 
M. l'abbé Baudiau, à Saint-Brisson. 

Wulfemnite. Provenant de Luzy ; collection Charmasse, au 
musée d'Autun. 

Or. Les eaux du Mesvrin charrient des parcelles aurifères 
ainsi que de petits grenats. 

Carbonate de baryte. Au hameau de la Chaume, au Mauguin 
et à Igornay. 

Tourmaline. Beaux cristaux noirs à la Roche-en-Breuil, au 
hameau du Boulois. Francis PÉROT. 

— Les Orpailleurs de Diou. — En 1854, existait encore à 
Diou une famille d'orpailleurs qui vivait uniquement de la 
recherche de l'or, industrie autrefois très répandue sur les 
rives de la Loire. L'orpailleur tendait de larges peaux de mou- 
ton ou des couvertures de laine un peu au-dessous du niveau 
de l'eau ; puis, de temps à autre, il relevait ses engins pour 
y recueillir de fines parcelles d'or restées suspendues aux brins 
de laine. On pouvait gagner de 3 francs à 3 fr. 50 par jour, 
mais les frais étaient assez élevés, car il fallait renouveler 
souvent les peaux ou les couvertures de laine, qui, à la suite 
d'un usage un peu prolongé, ne retenaient plus les délicates 
parcelles du précieux métal, que doit rouler encore le yrand 
fleuve de la France centrale. Francis PÉRor. 

— Mines d'Etain de Montebras (Creuse). — Une nouvelle 
société vient de se constituer pour reprendre l'exploitation 
des mines d'étain de Montebras, sises à côté du petit village 
de ce nom, sur la ligne du chemin de fer de Montluçon à 
Guéret, dans le département de la Creuse. M. Jules Strap ter- 
mine en ces termes son rapport qui a servi de base à la for- 
mation de la Société : 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 25 

(( Il y a à jNIontebras un ensemble de travaux anciens qui 
prouve que cet endroit a été travaillé d'une manière inten- 
sive par les Gallo-Romains. Les travaux effectués depuis ont 
montré l'existence de nombreux filons d'étain à teneur élevée. 
Le minerai d'étain y est disséminé assez irrégulièrement, puis- 
qu'on le rencontre en mouches d'un demi-millimètre de côté 
jusqu'à des masses de sept tonnes d'un seul morceau. 

L'abondance de la minéralisation est prouvée par ce fait que 
partout, dans les chemins, sur les routes, dans les champs, on 
trouve du minerai d'étain, soit en poussière fine sur les routes 
ou chemins, soit en rognons dans les champs. Les filons mis 
à jour par les travaux actuels, ont donné une moyenne d'envi- 
ron 4 "/„ d'étain. Les travaux efl:"ectués ne descendent encore 
qu'à une profondeur insignifiante (43 mètres) et ont permis de 
constater que la minéralisation augmente en descendant. 

Au jour, il y a de nombreux affleurements reconnus et qui 
n'ont pas encore été touchés. Les amas de débris de roches, 
de sables, etc., représentent des millions de tonnes à traiter 
dans des conditions très économiques. 

La concession comprenant 42 kilomètres carrés de surface 
assure, par son étendue, que l'on se trouve non pas devant 
une partie de gîte, mais en face d'un champ minier tout 
entier. 

Comme accessoires, tous Ifes travaux préliminaires et ins- 
tallations si coûteux dans les nouvelles entreprises (maisons 
d'habitation d'ouvriers, bureaux, magasins, etc.) existent ac- 
tuellement et sont en très bon état. Un grand domaine de 
72 hectares, compris dans les propriétés, permet de faire 
toutes les installations nécessaires sans entraîner l'achat de 
terrains, ce qui est toujours une source d'ennuis et de dé- 
penses. 

En résumé, je crois le champ d'étain de Montebras de pre- 
mière importance et je pense qu'une exploitation rationnelle, 
bien conduite et ayant la puissance financière suffisante, ar- 
riverait très rapidement à tirer de ce gîte une production 
remarquable, qui serait une source de bénéfices très impor- 
tants. » 

Réunion du 26 Février içoS 

— M. Chassignol, instituteur à La Boulaye (Saône-et- 
Loire), signale le Lépidiutn virginicmn L., crucifère d'ori- 
gine américaine, qui, depuis quelques années, se propage 
dans la vallée de l'Arroux, le long de la voie ferrée de 
Digoin à Etang. Cette plante semble aujourd'hui parfaite- 
ment acclimatée, puisque dès avant 1904, M. Lassimonne 
l'avait déjà récoltée sur les sables de la Loire, à Gilly et à 
Diou. (i). 

— M. S. DORFLER, Barichgasse, 36, à Vienne (Autriche), 



(1) Voir Rev. se. du Bourb. et du Centre de la Fr., T. XV'II, 
19o4, p. 148. 



26 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

prépare une troisième édition du Botaniher-Airesshuch, re- 
cueil contenant les noms et adresses des Botanistes de tous les 
pays, actuellement vivants, et demande qu'on lui indique les 
modifications et les changements qu'il pourrait y avoir lieu 
de faire à la précédente édition. 

— Le Comité de l'Exposition franco-britannique, qui aura 
lieu à Londres dans le courant de cette année, demande la 
participation de la Revue à l'Exposition. Les deux dernières 
années y seront envoyées. 

— La séance d'ouverture du Congrès annuel de la Société 
entomologique de France est fixée au mercredi 22 Avril pro- 
chain. Le banquet annuel aura lieu le samedi 25 Avril. 

— La quatrième session du Congrès préhistorique de 
France se tiendra cette année à Chambéry, du lundi 24 au 
dimanche 30 Août. Des excursioons seront organisées aux lacs 
du Bourget etd'Annecy et au Mont Cenis. 

— M. le docteur Guebhard, président de la Commission 
d'études des enceintes préhistoriques, envoie les rapports 
mensuels de la commission qu'il préside. On sait que le but 
à atteindre est la formation d'une carte indiquant les points 
exacts où se trouvent les enceintes préhistoriques Ces sortes 
de monuments sont nombreux dans notre département, où 
beaucoup restent encore à découvrir. 

— ^L M. RÉGIMBART, mort il y a quelques mois, s'était 
spécialisé dans l'étude des Coléoptères aquatiques, et il laisse 
un collection d'insectes de ces familles qui est d'un intérêt 
considérable, en raison de la série unique de types et de do- 
cuments qu'elle renferme. Il est indispensable que cette 
collection, qui doit être vendue, reste en France et le Mu- 
séum d'histoire naturelle de Paris est prêt à faire tout son 
possible pour l'acquérir. Malheureusement les fonds dont il 
peut disposer sont insuffisants et un comité d'entomologistes 
a pris l'initiative d'une souscription pour aider le Muséum 
dans cette circonstance. Une somme importante a déjà été 
recueillie, et toutes les offrandes seront reçues ave recon- 
naissance par M. Ch. Alluaud, 3, rue du Dragon, à Paris, 
qui veut bien se charger de les faire parvenir. 

— M. Ernest Olivier montre des fragments de bois de 
renne, provenant de la Grotte d'Arlay (Jura), qui portent des 
entailles et des stries paraissant produites par un outil et 
un ouvrier de l'époque préhistorique. Il y a lieu de se mettre 
en garde contre une attribution trop précipitée à une époque 
éloignée de ces éraillures observées sur certains os, car M. E. 
Olivier montre en même temps un radius de vache gisant 
depuis quelques années seulement dans la forêt de Moladier 
et qui présente des traces de morsures simplement faites nar 
des rongeurs, traces que l'on serait tenté d'attribuer à un 
travail humain si ce radius était fossile comme les bois de 
renne et avait été trouvé dans des conditions analoL'ues. 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 27 

— A signaler, parmi les publications reçues dans le 
mois de février : 

— La magnifique série de volumes publiés par l'Université 
royale d'Uppsala, à l'occasion du deuxième centenaire de 
Linné qui fut célébré par de grandes fêtes les 23 et 24 mai 
derniers. Ces volumes sont la réédition de plusieurs ouvrages 
du célèbre naturaliste devenus introuvables, et un superbe 
album in-quarto reproduit avec un grand luxe d'exécution 
tous les portraits connus de l'illustre Suédois. 

— Bulletin scientifique de la Frmice et de la Belgique, pu- 
blié par A. Giard, 1907. Beau volume de 505 pages et 14 plan- 
ches qui contient d'importants et savants travaux, notamment : 
Action des trautnatisjnes sur la variation et l hérédité, par 
M. Blaringhem ; L'évolution dans les sciences biologiques, 
par A. Giard ; Revision des Ofhiures du Muséum de Paris, 
par R. Kœhler • Recherches sur les hybrides végétaux, par 
Mendel, etc. 

— Le Gui, les essences sur lesquelles il a été signalé, les 
chênes -porte-gui, -par F. Chassignol, instituteur à La Boulaye 
{Saône-et-Loire). In-8, 28 pages. — Depuis quelques années, 
dans divers recueils, il a été fréquemment question du Gui. 
L'auteur résume tout ce qui a été dit sur ce parasite et donne 
une liste de cent dix-huit arbres sur les branches desquels il a 
été signalé. Il en résulte que le Gui peut croître à peu près 
sur tous les végétaux ligneux de la France. 

— Revue scientifique du Limousin, n° 182, 15 février 1908. 

— L'appendicite sévit toujours. C'est, a dit le D'' Lucas-Cham- 
pionnière, une maladie nouvelle, maladie des villes, ayant 
pour origine l'abus de la viande ; ce qui le prouve, c'est qu'en 
Angleterre et en Amérique, où l'alimentation carnée est plus 
intense que chez nous, l'appendicite est beaucoup plus fré- 
quente. D'après le docteur Keen, de Philadelphie, cette affec- 
tion sévirait sur le tiers de la population. Aussi, en imposant 
le maigre et le jeûne, l'Eglise avait mis en pratique un sage 
précepte d'hygiène. Mais nos concitoyens d'aujourd'hui ne 
sont satisfaits que lorsqu'ils se sont gorgés de viandes souvent 
avancées, de vin souvent cuisiné et de boissons alcooliques 
provenant presque toujours de savantes préparations. Certains 
médecins anglais émettent une autre opinion. Pour eux, la 
fréquence de l'appendicite doit être attribuée à l'usage de la 
vaisselle émaillée. L'émail se détache par petits fragments 
très aigus qui, emmagasinés dans l'appendice du caecum, pro- 
duisent des inflammations s'aggravant avec le temps. 

— Société Entomologique de France. Bulletin n° 2, igo8. 

— M. Ernest Olivier décrit un nouveau genre de Coléop- 
tères du groupe des Lampyrides et voisin de Luciola, dont il 
se distingue surtout par les yeux, qui sont profondément échan- 
crés dans leur moitié postérieure. Ce genre, auquel il donne 
le nom de Bourgeoisia, comprend jusqu'à présent deux es- 



28 BEVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

pèces : Bourgeoisia antipoàuni Bourg, de la Nouvelle Calé- 
donie, et Bourgeoisia hypocrita Ern. Oliv., des îles Fidji. 

— Revue Néphologique, n° 25, janvier 1908. — Cette Re- 
vue, publiée à Mons (Belgique), sous la direction de M. A. 
Bracke, mentionne l'observation faite par M. Pérot des bandes 
polaires apparues le 25 octobre dernier, à Moulins, et que no- 
tre collaborateur a signalées à la Réunion du novembre. 

— Entomologisk tidskrift, organe de la Société entomo- 
logique de Stockholm, 1907, contient d'importants travaux 
sur la Faune de Suède (Pulicidés, Hyménoptères, Diptères), 
avec des dessins très bien exécutés; le texte est malheureu- 
sement en Suédois. 

— Xous souhaitons la bienvenue à une nouvelle publica- 
tion : Bollctino del laboratorio di zoologia générale e agraria 
délia R. Scuola superiore d'Agricoltura in Portici. Le pre- 
mier volume qui vient de paraître est un beau livre grand in- 
octavo de 311 pages avec 5 planches séparées et 234 figures 
intercalées dans le texte. 11 contient 11 mémoires des plus 
intéressants sur divers insectes nuisibles, dus aux savants ies 
plus autorisés. Lee planches et dessins sont très bien exécutés 
et le côté typographique ne laisse rien à désirer. 

Réunion du 25 mars igoS 

— M. Hermann ROLLE, Speyerer-strasse 8, à Berlin, envoie 
un volumineux catalogue de vente de Lépidoptères euro- 
péens et exotiques. 

— Le dixième volume de la Flore de France, par G. Rouy, 
vient de paraître. Il comprend la fin des Composées et les 
familles suivantes jusqu'aux Solances. 

— ]\L Renart, à Maisons-Alfort (Seine), annonce l'appa- 
rition d'un nouveau volume du Répertoire des Collection- 
neurs, qui concerne exclusivement la France et ses colonies, 
et donne plus de 15000 adresses d'amateurs et curieux, et 
environ i 200 adresses de marchands, libraires ou antiquaires. 

— ]\I. Edmond HUE, médecin vétérinaire, membre de la 
Société préhistorique de France, vient de terminer une 
œuvre considérable, en vente à la librairie Reinwald à Paris: 
Musée ostéologique, étude de la faîoie quaternaire, ostéomé- 
trie des 7nammifères, album de 186 planches contenant 2187 
figures originales, toutes dessinées d'après nature. 

Cet important ouvrage s'adresse au préhistorien comme à 
l'anatomiste. Il permet la détermination facile des ossements 
et fournit, particulièrement sur les ruminants, une quantité 
considérable de matériaux ostéologiques qui sont de la plus 
grande utilité. 

— Le Syndicat forestier de France adresse à la Revue 
scientifique du Bourbonnais, à titre de collaborateur, un élé- 
gant diplôme sur papier de Hollande et une plaquette artis- 
tique en bronze, frappée à la Monnaie. 



METEOROLOGIE 



29 



JANVIER 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres 



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12 




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13 




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14 




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15 




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Brouillards, givre. 


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N.E. 


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30 










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1,2 


N. 


Couvert. 


31 







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4 


774 




N. 


Couvert. 



Les observations sont faites à 8 heures du niatin, sauf pour la températurt 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



30 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



FEVRIER 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RA.MILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allikr) 
Altitude : 295 mètres 





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29 




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15,3 


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Giboulées. 



Lzi observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 31 

TABLEAUX ANALYTIQUES 

POUR DÉTERMINER 

LES COLÉOPTÈRES DE FRANCE 

(Suite) (i) 



Genre Paclij braclijs Suffr. 

A. Dessus du corps presque entièrement d'un vert ou 
bleu métallique, le dessous d'un noir verdâtre ou 
bleuâtre. (Chloropachys Rey). azureus Suffr, 

Oblong, subcylindrique ; glabre en dessus, finement pubes- 
cent en dessous et sur le pygidium. D'un vert ou bleu métallique 
assez brillant en dessus, d'un noir verdâtre ou bleuâtre en des- 
sous ; bouche en partie, plusieurs taches frontales, pattes en par- 
tie et base des antennes testacées ; arête supérieure des cuisses 
et des tibias, et tarses rembrunis ; bords antérieurs et postérieurs 
du corselet ainsi que la base des étuis souvent testacés chez le 
o^. Corselet fortement et densément ponctué. Etuis grossière- 
ment et densément ponctués, lisses au devant de l'angle suturai, 
ainsi qu'au calus humerai, çà et là, quelques côtes longitudinales 
obsolètes (3 à 4™i"). France méridionale, Pyrénées. Provence et 
Languedoc, sur le chêne liège. R. Cannes (coll. des Gozis). 

Obs. — Les individus où le vertex est profondément sillonné 
forment la v. verticalis Rey ; ceux où le corselet est fovéolé de 
chaque côté la v. bifoveolatus Rey. — Le viridissimus Suffr. [re- 
gitis^chaul.] n'est selon quelques auteurs qu'unevariété de cette 
espèce ; selon Weise et Rey, ce serait une espèce distincte pro- 
pre à l'Espagne. Sa couleur est plus mate, sa ponctuation plus 
rugueuse, ses cuisses et tibias son', immaculés, ses étuis ont une 
bordure pâle assez constante, ainsi que le corselet. 

AA . Dessus du corps ± mélangé de jaune et de noir 
(rarement presque entièrement noir). Dessous noir 
ou noir taché de jaune. 

(1) Voir t. XX, 1907, page 144. 



32 rf:vue scientifique du bourbonnais 

B. Taille de 3 i/2 à 4°"". Corseletgrossièrement, irré- 
gulièrement et peu densément ponctué. Etuis non 
ou peu régulièrement ponctués-striés. variés 
irrégulièrement de noir et de jaune Proster- 
num nettement angulé en arrière (s. -g. Pachy- 
brachys in sp). 

C. Pjgidium et dessous du corps entièrement 
noirs, sans taches jaunes, 

D. Etuis jaunes à taches noires, les parties 
jaunes non relevées en reliefs luisants et lisses 
(sauf près de la suture^ les parties noires 
composées d'une bande discale ± fîexueuse 
et de trois taches externes souvent liées à la 
bande discale, le bord externe tout entier tes- 
tacé, sauf le rebord même. 
E. Rebord latéral du corselet testacé pâle. Der- 
nier article des palpes seul un peu rembruni 
au sommet. Couleur foncière jaune très 
pâle Pattes mi-partie de roux et de noir. 

hippophaës Suffr. 

Allongé, étroit, subcylindriqiie, glabre en dessus, finement 
pubescent en dessous et sur le pygidium D'un noir immaculé 
en dessous et sur le pygidium. Cinq premiers articles des an- 
tennes testacés, tachés ou non de noir en dessus. Palpes testacés, 
le dernier article seul un peu rembruni au bout Tête d'un jaune 
testacé pâle, avec une bordure le long du corselet, une lincole 
médiane longitudinale et deux taches surantennaires noires (ces 
parties noires plus développées et parfois unies chez la 9 • Cor- 
selet d'un jaune testacé très pâle, à taches noires grandes et car- 
rées, deux en avant, trois en arrière, réunies par leurs angles 
en forme de M, les externes enclosant un point pâle ; rebord la- 
téral pâle Ecuïson noir, parfois taché de pâle. Rtuis d'un jaune 
testacé très pâle, offrant : i° une ligne discale large, enclosant 
vers son milieu.au moyen d'un rameau interne, une linéole sub- 
suturale pâle et subélevée ; 2^ plus extérieurement trois taches 
en rangée longitudinale, souvent reliées entre elles par les ran- 
gées striales noires, la postérieure parfois unie à la ligne discale ; 
3" le fin rebord externe noir sur la seconde moitié, bourrelet 
basilaire prolongé jusqu'au milieu des côtés ; ponctuation forte 



COLÉOPTÈRES DE FRANCK 33 

et peu dense, çà et là disposée en séries confuses. Pattes testacées 
avec le dos des cuisses, les genoux, le sommet des tibias et les 
tarses noirâtres, ies parties noires plus larges chez la 9 que le cf 
(4™™). Alpes, Pyrénées, et bassin du Rhône à partir de Lyon, 
assez rare. Digne (coll. des Gozis). Savoie, Brides ! 

Obs. — Les taches externes des étuis s'effacent parfois en 
partie. 

EE. Rebord latéral du corselet brunâtre ou noir. 

(adde hic hieroglypliicus 9 var.) 
Deux derniers articles des palpes maxillaires entière- 
ment noirs. Couleur foncière jaune ocracée. i'attes 
en grande partie noires. sinuatus Mis. et Rey. 

Subaliongé, assez étroit, subcylindrique ; glabre en dessus, 
finement pubescent en dessous et au pygidium D'un noir imma- 
culé en dessous et sur le pygidium. Cinq premiers articles des 
antennes testacés, tachés ou non en dessus. Palpes testacés, avec 
les deux derniers articles des maxillaires et le dernier des labiaux 
noirs. Têtetestacé [<y) avec une bordure le long du corselet, une 
linéole médiane et deux taches sur^intennaires noires, — ou bien 
noir avec quatre taches testacées interoculaires et une autre sur 
l'épistome (celle-ci enclosant souvent un point de la couleur du 
fond, (Ç). — Corselet d'un jaune testacé ocracé, à taches noires 
grandes et carrées, deux en avant, trois en arrière, fortement 
réunies pat leurs angles en forme de M, les externes enclosant 
parfois un tout petit point jaune ; rebord latéral variant du brun 
au noir, souvent éclairé dans le milieu, où il paraît roux obscur. 
Etuis d'un jaune testacé ocracé, offrant i'* une grande bande dor- 
sale sinueuse, obliquement dilatée avant le milieu jusqu'à la su- 
ture et enclosant derrière ce rameau une petite tache oblique un 
peu élevée de la couleur du fond, souvent liée en arrière à la 
bordure — suturale ; 2" plus extérieurement trois taches en ran- 
gée longitudinale, parfois reliées entre elles par les rangées 
striales noires, et presque toujours dilatées i^au moins la dernière 
ou les deux dernières) jusqu'à se joindre à la bande discale ; — 
3 • le rebord latéral finement noir en majeure partie ; bourrelet 
basilaire prolongé jusqu'après le milieu du lobe sous-huméral ; 
ponctuation forte et peu dense, formant après le milieu des séries 
assez distinctes, et une ou deux rangées transverses au devant 
du bord apical. Pattes noires, avec le dessous des quatre cuisses 
antérieures, le sommet des postérieures, les tibias antérieurs et 



34 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

la base des intermédiaires testacés, les parties testacées plus 
larges chez le cf. (4""™]. Vosges, Alpes, Beaujolais, Lyonnais, 
etc. A. R. Montluçon ! Grande Chartreuse ! 

Obs. — Peut-être le P. haliciensis Miller (1868) n'est-il qu'une 
variété de la présente espèce, propre à la Galicie. à l'Au- 
triche et à certaines régions de l'Allemagne. Il en diffère à 
peine en tout cas par le fond jaune plus pâle, la déclivité api- 
cale tout à fait dépourvue de point après la cessation des rangées 
striales, (au lieu que sinnatus en offre quelques-uns), la série de 
points du rebord apical généralement unique, au lieu qu'elle est 
double chez sinnatns. 

DD. Etuis noirs à taches jaunes portées sur des reliefs 
lisses assez élevés (le bord latéral noir au moins en 
partie, plus largement que le rebord). Rangées striales 
dépassant à peine ou ne dépassant pas les taches 
noires en arrière. picus Weise. 

Suboblong, assez court, épais, glabre en dessus, finement pu- 
bescent en dessous et sur le pygid^um. D'un noir assez brillant 
et iinmaculé en dessous et sur le pygidium. Cinq premiers arti- 
cles des antennes testacés. Palpes obscursis au sommet. Tête ou 
bien testacée avec une bordure au vertex, une tache allongée 
médiane et deux points surantennaires noirs ou bruns (rf), ou 
bien noire avec 4 taches interoculaires et une tache sur l'épis- 
tome d'un jaune flave (Ç). Corselet noir, bordé antérieurement et 
sur les côtés d'une étroite ceinture jaune, subdilatée aux angles 
antérieurs, la bordure antérieure émettant trois prolongements 
dont le médian étroit, prolongé jusqu'au milieu du dos ; à la 
base, deux taches ovales un peu obliques, souvent isolées, les 
parties noires latérales sans point jaune inclus ; rebord latéral 
brunâtre en dessus. Ecusson noir. Etuis parés : 1° d'une côte 
dorsale jaune suboblique, très largement interrompue du quart 
aux deux tiers de la longueur, puis de nouveau, mais étroite- 
ment, plus près du sommet ; — 2° d'une bordure intramarginale 
jaune =t interrompue après le milieu, dilatée au sommet et re- 
montant très étroitement le long de la suture sur une longueur 
variable; — 3" sur le disque de 4 taches jaunes en relief, deux in- 
ternes, deux externes, la première interne très petite, oblongue, 
postscutellaire, la seconde un peu plus grande, ovale allongée 
vers le milieu près de la suture, au devant de la bordure suturale ; 
la première externe transverse derrière l'épaule, la seconde un 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 35 

peu plus grande, transverse, sur les côtés après le milieu ; 4° d'un 
rebord basilaire jaune prolongé jusqu'après le milieu du lobe 
sous-huméral ; ponctuation grossière et assez dense à la base, 
éparse en arrière où elle forme des rangées très confuses, effa- 
cées bien avant le sommet. Pattes variées de testacé et de noir, 
dans des proportions assez variables (s"*"* 1/2) Régions monta- 
gneuses, Vosges, Alpes, Pyrénées, Cévennes, Forez, Lyonnais, 
etc. A R. Saint Martin- Lantosque ! 

ce. Pygidium taché de jaune, (très rarement immaculé, 
mais alors les épimères du médipectus tachés de cette 
nuance). 

D. Rebord latéral du corselet testacé, non rembruni. 
Etuis à couleur foncière testacée avec des taches 
noires, celles ci n'arrivant jamais à toucher le bord 
externe. Pas de reliefs lisses (sauf parfois un ou 
deux le long de la suture). 

E. Angle inféro-interne des lobes supérieurs des 
yeux bien accusé, presque droit. Couleur foncière 
pâle Stries des étuis assez régulières à leur base, 
les interstries subconvexes. pallidulus Kiesw. 

Allongé, étroit, subcylindrique, glabre en dessus, finement pu- 
bescent en dessous et au pygidium, noir en dessous, avec une 
tache de chaque côté du dernier arceau ventral et une bordure 
aux épimères du médipectus, flaves ; pygidium bimaculé de la 
même nuance ; cinq premiers articles des antennes testacés, ta- 
chés ou non de noir en dessus. Palpes presque entièrement tes- 
tacés. Tête testacée, avec une ligne le long du corselet, une ligne 
longitudinale médiane et deux taches surantennaires noirâtres 
plus larges chez la Ç que chez le Cf^. Lobe supérieur des yeux à 
angle inférieur presque droit. Corselet testacé très pâle, paré de 
5 taches noires, deux en avant, trois en arrière, plus ou moins 
réunies, les latérales avec ou sans point pâle inclus ; rebord la- 
téral concolore, nullement rembruni. Ecusson noir ( 9 ) ou taché 
de pâle (cf). Etuis d'un testacé très pâle, offrant : r' deux taches 
noires irrégulières en ligne longitudinale non loin de la suture, 
reliées entre elles par les points noirs des stries, parfois décou- 
pées en linéoles séparées ; 2° plus extérieurement trois taches en 
rangée longitudinale, l'antérieure parfois réunie à la suivante, la 
postérieure découpée ; partie pâle de l'extrémité émettant trois 



36 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

rameaux ; 3° le rebord latéral finement noir en arrière ; le bour- 
relet basilaire prolongé jusqu'au milieu des côtés ; rangées striales 
assez régulières, arquées, obliques ; interstries convexiuscules. 
Pattes presque entièrement testacées, cuisses tachées de brun 
sur le dos. (3™'" 1/2). Pyrénées orientales. Montagnes de Pro- 
vence. Très rare partout. 

EE. Angle inféro-interne des lobes supérieurs des yeux 
très-obtus, largement arrondi. Couleur foncière d'un 
flave testacé ocracé. Rangées striales confuses à la 
base ; interstries planiuscules. suturalis Weise. 

Suballongé, assez étroit, subcylindrique ; glabre en dessus, 
finement pubescent en dessous et au pygidium. Noir en dessous, 
avec une tache de chaque côté du dernier arceau ventral et une 
bordure aux épimères du médipectus flaves ; pygidium paré de 
deux taches obliques de la même nuance. Cinq premiers articles 
des antennes testacés, tachés en dessus. Palpes presque entière- 
ment testacés. Tête testacée avec une bande le long du corselet, 
une linéole médiane longitudinale et deux taches surantennaires 
noires Lobe supérieur des y;ux à angle inférieur non ou à peine 
marqué, largement arrondi Corselet d'un flave testacé ocracé, 
paré de cinq grandes taches noires, deux en avant, trois en ar- 
rière, réunies par les angles en forme de M. Les externes enclo- 
sant un point pâle ; rebord latéral concolore, nullement rembruni. 
Ecusson noir Etuis d'un flave testacé ocracé, offrant : 1° deux 
taches noires grandes irrégulières en ligne longitudinale, non 
loin de la suture, souvent réunies l'une à l'autre ou à peu près 
parfois aussi avancées jusqu'à la suture ; 2" plus extérieurement 
trois taches bien mo ndres en rangée longitudinale, l'antérieure 
un peu plus grande que les autres qui s'affaiblissent graduelle- 
ment et ne s'unissent presque jamais ni entre elles ni aux inter- 
nes ; 3 ' un rebord latéral finement noir en arrière ; bourrelet 
basilaire prolongé jusqu'au milieu des côtés ; ponctuation forte 
et confuse, plus éparse en arrière, oij elle est un peu sériale ; dé- 
clivité postérieure à peu près lisse. Pattes testacées en majeure 
partie, cuisses tachées de noir sur le dos, genoux noirs, ainsi que 
souvent le sommet des tibias et des tarses (4"i/'"). 

Presque toute la France, assez commun partout, sur Salix vi- 
minalis. 

Obs. Il se produit souvent quelques variations de couleur, ainsi 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Las tomes I (1888) et II ,1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome Vil (1894) au prix de 
15 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant lU Irancs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XX, 
1888-1907) au prix de 250 francs. 

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Nous serons acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
et 1894. 

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VINGT ET UNIÈME ANNÉE 1908 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 

ET DU 

CENTRE DE LA FRANGE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1908 

Deuxième Trimestre 

Tableaux analytiques des Coléoptères d'Europe {suite), par M. des 
Gozis. — Etudes sur la ponte des Odonates (suite), par M. l'abbé 
Pierre. — Les poissons acclimatés. — La perdrix de montagne 
avec figure, par M. Ernest Olivier. — Comptes rendus des réunions. 
— Météorologie. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France. . . .- 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1 908 



En 1908, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier, — 26 février, — 25 mars, 
— 29 avril, — 27 mai — 24 juin — 29 juillet — 
28 octobre — 25 novembre — 30 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie hoiirhonnai^e, i""*^ partie, iMollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas, 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie^ Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbé Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Rivikri:. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. Laronde. 

Nouvelles cccidologigues, par M. Tabbé Pierre. 

Flore carbonifère et permiame du Centre de la Francer 
par M. Berthoumieu. 

Essai bibliographique sur l'Histoire naturelle du Bourbonnais^ 
par M. Berthoumieu. 

Les Cttlîcidif de l'ambre, par M. F. xMhunier. 

Les phénomènes atmosphériques observés en ^bourbonnais depuis^ 
les temps anciens, par M. F. Pérot, 

Le Papillon Machaon, parM. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy, par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de r Allier, par M. Ernest Olivier^ 

L'aigle carnuthe pris pour le coq, par M. G. Bertrand. 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M, Bruyant. 

Les astodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson. 

Quelques anciennes thériaques cotitre la peste, par M. Renoux. 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Aîeunier. 

Le drapeau de la France, par M. Bertrand. 

Bon-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 



COLÉOPTÈRES DE FRANCK 37 

les taches du dernier arceau ventral sont parfois coupées chacune 
en deux (v. quadrimaculatus) ou réduites à deux petits points (v. 
bimactilatus), ou même nulles (v.subtilis) ; dans cedernier cas les 
points jaunes inclus des taches latérales du corselet disparaissent 
aussi. Plus rarement les deux taches postérieures externes des 
éluis sont en partie obsolètes et les pattes immaculées (v. reduc- 
tus). Plus rarement encore les étuis sont presque entièrement tes- 
tacés (sauf la tache humérale), les taches prothoraciques sont iso- 
lées, et les pattes presque immaculées (v. gallicus). 

DD. Fin rebord du corselet noir ou brunâtre obscur. 
Etuis ordinairement à couleur foncière noire avec des 
taches jaunes, la partie noire arrivant au moins en 
quelque endroit à joindre le bord externe (si ce n'est 
chez certaines variétés de hieroglyphicus). 
E. Taches jaunes des étuis relevées en reliefs lisses, 
bien saillants, même les externes. Forme plus ou 
moins trapue. Rangées striales ne dépassant pas ou 
dépassant à peine les taches noires extrêmes. 
F. Taches latérales noires du corselet enclosant un 
petit point jaune. Bande longitudinale jaune ex- 
terne des étuis ± largement interrompue dans le 
milieu, au moins le plus souvent. Tache subsutu- 
rale médiane oblique ou subtransverse. 

tessellatus 01. 
hisirio 01. 

Suboblong, assez court et trapu, subcylindrique, glabre en des- 
sus, finement pubescent en dessous et sur le pygidium, noir 
en dessous, sans tache ; le pygidium seul bimaculé de testacé. 
Cinq premiers articles des antennes testacés, tachés en dessus. 
Palpes testacés. Tête ou bien testacée avec une bordure au vertex, 
une tache allongée médiane et deux points surantennaires noirs 
ou bruns (o^), — ou bien noire avec 4 taches interoculaires et une 
tache sur l'épistome d'un jaune testacé, celle-ci enclosant un point 
noir (Ç) — Corselet noir, bordé en avant et sur les côtés d'une 
étroite bordure jaune dilatée aux angles antérieurs, la bordure 
antérieure émettant trois rameaux, le médian plus long, atteignant 
le milieu ; en outre, à la base, deux taches jaunes oblongues, su- 
barquées ; taches noires latérales enclosant un petit point jaune ; 



38 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

rebord latéral finement noir. Ecusson noir. Etuis noirs, parés d'une 
côte dorsale suboblique jaune, deux fois interrompue et d'une 
autre plus externe partant de derrière l'épaule, interrompue au 
milieu (sauf dans les vv. tauticus Suffr. et pictiiyatiis Rey) dila- 
tée au sommet et remontant étroitement le long de la suture pres- 
que jusqu'au milieu ; en outre sur le disque quatre taches polies 
et relevées, jaunes, la première petite, oblongue, derrière l'écus- 
son, la seconde plus grande, obliquement transversale vers la su- 
ture après le milieu, la troisième transverse derrière l'épaule, par- 
fois liée à la côte dorsale, la quatrième transverse, sur les côtés 
après le milieu, ces deux dernières souvent coupées par les points 
noirs des rangées ; rebord basihire jaune prolongé jusque vers 
le milieu des côtés ; ponctuation grosse et assez dense, confusé- 
ment sériale en arrière, avec la déclivité postérieure lisse. Pattes 
noires, avec le dessous des cuisses antérieures et le sommet des 
autres testacé, ainsi que les tibias antérieurs et la base des autres 
(4'"/"'). Presque toute la France, assez rare. Savoie ! Montluçon ! 
Digne ! Hyères ! Cannes ! 

M. Rey a pris à Néris-les- Bains et j'ai pris moi-même à Mont- 
luçon une variété (v. pictiiyatus] qui se distingue du type par les 
taches jaunes du corselet plus pâles, la tache postcutellaire des 
étuis plus prolongée en arrière, la médiane suturale accompagnée 
par devant d'un tout petit point jaune et, en dehors, d'un trait de 
même couleur souvent interrompu ; les taches externes accom- 
pagnées aussi de petits points supplémentaires, la bande externe 
entière, etc. 

FF. Taches latérales noires du corselet sans points jau- 
nes inclus. Bande longitudinale jaune externe des 
étuis ± entière. Tache subsuturale médiane sublongi- 
tudinaie ou à peine oblique. exclusus Rey. 

Suboblong, épais, assez court, subcylindrique, glabre en des- 
sus, finement pubescent en dessous et sur le pygidium. Noir en 
dessous, taché de pâle sur le dernier arceau ventral, bimaculé de 
même sur le pygidium (très rarement aux épimères dumédipectus). 
Cinq premiers articles des antennes testacés tachés d'obscur en des- 
sus. Palpes presque entièrement testacés. Tête ou bien testacéeavec 
une bordure au vertex, une tache allongée médiane et deux points 
surantennaires noirs, ou bruns (0^), — ou bien noire avec 4 ta- 
ches interoculaires et une tache sur l'épistome testacées ( 9 )• — 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 39 

Corselet noir, bordé en avant et sur les côtés d'une étroite bor- 
dure jaune dilatée aux angles antérieurs, la bordure antérieure 
émettant trois rameaux le médian plus long, atteignant le milieu 
au moins ; en outre à la base deux taches jaunes oblongues, sub- 
obliques ; taches noires latérales sans trace de point jaune in- 
clus ; rebord latéral finement ou brun ou noir. Ecusson noir. Etuis 
noirs, parés d'une côte dorsale jaune suboblique, interrompue 
sur la majeure partie de la longueur, et d'une autre plus externe, 
partant de derrière l'épaule, non ou à peine interrompue, dilatée 
au sommet et remontant très étroitement le long de la suture jus- 
que près du milieu ; en outre sur le disque 4 taches polies et re- 
levées, jaunes, la première très petite, souvent ponctiforme, der- 
rière l'écusson, la seconde un peu plus grande, un peu oblique 
vers le milieu près de la suture, la troisième transverse derrière 
lecalus humerai, la quatrième un peu plus grande, transverse, 
sur les côtés, après le milieu, ces deux dernières souvent coupées 
parles points noirs des rangées ; rebord basilaire jaune prolongé 
jusque vers le milieu des côtés, interrompu toutefois au-devant 
ducalus ; ponctuation grosse et assez dense, confusément sériale 
en arrière, avec la déclivité postérieure lisse. Pattes testacées 
avec le dos des cuisses (ou même un anneau aux postérieures!, les 
genoux et le sommet des tibias noirâtres (3 1/2 à 4™,'"). Provence, 
Hyères, Saint Raphaël, Nice. R. 

Obs. Cette espèce extrêmement voisine du tessellatusOX. n'en est 
peut être qu'une variété. Je possède un tessellatus qui n'a plus de 
point jaune inclus dans les taches latérales du corselet, un autre 
exemplaire n'en ofïre que d'un côté, etc. (i). 

EE. Taches jaunes des étuis non relevées en reliefs lisses, 
(si ce n'est une ou deux parfois le long de la suture). 
Forme plus ou moins allongée. Rangées striales dé- 
passant sensiblement en arrière les taches noires. 
F. Epistome plus ou moins maculé de jaune. Dessus 
du corps rarement presque entièrement noir. 

hieroglyphicus Laicht. 

Assez allongé, subcylindrique, glabre en dessus, finement pu- 



(1) Le catalogue de M. Heyden, Reitter et Weise (1906) le donne 
comme une var. 9 de tesseVatus. L'édition de 1891 le donnait éga- 
lement de la même façon. (L.B.) 



40 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

bescenten dessous et sur le pygidium. De couleur très variable. 
La coloration normale est la suivante ; noir en dessous avec les 
épimères du medipectus tachées de flave, ainsi que souvent le 
dernier arceau ventral ; pygidium bi maculé de pâle {cf) ou noir 
sans tache ( 9 ). Cinq premiers articles des antennes testacés, 
tachés ou non en dessus. Palpes testacés-rembrunis au sommet. 
Tête ou bien testacée avec une bordure au vertex, une tache al- 
longée médiane et deux points surantennaires noirâtres (a"), — 
ou bien un peu plus obscure avec le même dessin, mais plus élargi 
et variablement uni (Ç) Corselet testacé, marqué de cinq grandes 
taches noires, deux en avant, trois en arrière plus ou moins réu- 
nies par les angles en forme de M, les latérales enclosant ou non 
un petit point testacé ; rebord latéral finement noir ou brunâtre. 
Ecusson noir. Etuis testacés offrant : 1° une bande discale longitu- 
dinale noire, plus ou moins brisée ou subinterrompue au milieu ; 
2" plus extérieurement trois taches irrégulières en rangée longi- 
tudinale, souvent liée les unes aux autres par des traits noirs, la 
dernière ou les deux dernières le plus ordinairement réunies à la 
seconde partie de la bande interne ; bourrelet basilaire pâle pro- 
longé jusqu'au milieu du lobe sous-huméral ; ponctuation forte et 
confuse, plus ou moins sérialement disposée après le milieu, nulle 
sur la déclivité postérieure. Pattes testacées, marquées de noir 
sur le dos des cuisses et souvent au sommet des tibias (3 1/2 à 
4 '"/f"). Régions froides et tempérées, assez rare. Lorraine, Alsace, 
Savoie, Pyrénées, etc. 

Voici comment on peut répartir les variations principales de 
cet insecte protéique : 

a. Taches noires des étuis plus ou moins isolées, parfois même 
en partie obsolètes (v. ictericus'Ws.). 

p. Etat normal. 

y. Taches noires au contraire plus ou moins réunies, au point 
que la couleur noire domine 

5. Corselet et étuis en majeure partie noirs, le piemier avec 
une bordure (v. stellaris, Goz.) et deux taches jaunes, les seconds 
avec le bourrelet basilaire, une tache apicale trilobée et une, deux 
ou trois petites taches di-cale- jaunes (v. lunatus Scop 1763). 

t. Corselet noir avec les angles antérieurs jaunes ; étuis noirs 
avec une petite tache apicale jaune transverse (v. posticinus Rey). 

Ç. Corselet noir avec les angles antérieurs ; étuis noirs, tantôt 
sans tache, tantôt avec le bourrelet basilaire jaune (v. nycto- 
fhantus Goz., 1884). 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 41 

FF. Epistome noir immaculé. Dessus du corps pres- 
que entièrement noir ; étuis avec deux petites taches 
jaunes sur chacun, l'une derrière le milieu, Tautre 
subapicaie. apicalis Rey. 

Cet insecte dont M. Rey n'a connu que deux 9 . "'^st évidem- 
ment qu'une variété extrême du hieroglyphicus, où l'épistome est 
devenu tout noir, et où le front n'a plus que deux taches jaunes, 
ce qui se ne présente pas dans le type. La coulear des étuis na au- 
cune importance, l'énumération des variétés du hieroglyphicus le 
prouve assez. La taille est faible (3"»/" l/3)- Mais à part cela, il 
n'y a rien à retenir dans la longue description de M. Rey. 

Les deux exemplaires connus proviennent tous deux de Hyères. 

BB. Taille de 2 à 3 1/4. Corselet assez finement, régu- 
lièrement et très densément ponctué (moins densé- 
ment toutefois sur les parties jaunes). Etuis ordinai- 
rement régulièrement ponctués -striés, tantôt noirs 
bordés plus ou moins régulièrement de jaune, tantôt 
testacés à rangées striales noires. 
Prosternum obtusément angulé en arrière. 

•(s. -g. Pachystylus (t). 

C. Rebord latéral du corselet noir, le corselet noir, 

entouré d'un liséré pâle excepté au milieu delà base 

qui offre souvent deux taches jaunes. Pygidium et 

dessous du corps noirs immaculés 

fimhriolatus Sufir. 

Suboblong, assez court, subcylindrique ; glabre en dessus, 
finement pubescent en dessous et au pygidium. Cinq premiers ar- 
ticles des antennes testacés, maculés en dessus. Palpes testacés, 
obscurcis au bout. Tête ou bien testacée avec une bordure au 
vertex, une tache allongée médiane et deux points surantennaires 
noirs (o^), ou bien noire avec deux taches testacées entre les lobes 
supérieurs des yeux, une médiane plus petite entre les antennes 
et souvent un trait le long des lobes inférieurs des yeux (Ç). Cor- 



(1) Ici se place encore le P. testaceus Perris, distinct de tous les 
suivants et même de tout le genre Pachybrachys par le dessous 
du corps testacé en majeure partie et non noir. 11 se trouve en 
Corse et en Sardaigne. 



42 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

selet noir, bordé en avant et sur les côtés d'un étroit liséré pâle, 
la bordure antérieure émettant trois rameaux, les latéraux très 
courts peu distincts parfois, le médian atteignant à peine le mi- 
lieu, paré en outre vers la base de deux petites taches oblongues 
plus ou moins réduites, parfois nulles (v.pteromelas Mars) ; rebord 
latéral finement noir ; ponctuation assez fine et très dense. Ecus- 
son noir. Etuis noirs, entourée d'une ceinture intramarginale 
pâle et lisse (mais avec le rebord finement noir), la ceinture pâle 
souvent interrompue entre l'écusson et le milieu de la suture ; 
parés en outre chacun de 4 petits traits pâles, un intrahuméral, 
deux sur les côtés le long de la ceinture latérale, parfois nuls (v. 
pteromelas, un suboblique vers le milieu de la suture ; bourrelet 
basilaire pâle prolongé jusqu'au bout du lobe sous-huméral ; 
ponctuation assez forte et dense, parfois un peu sériale en arrière. 
Pattes testacées. avec le dos des cuisses et les genoux noirs, les 
4 tibias postérieurs plus ou moins rembrunis au sommet (cf^) ou en 
majeure partie noires avec les cuisses tachées de pâle en avant, 
ainsi que les tibias antérieurs et la base des autres (2 1/2 à 2 3/4). 
France méridionale, Provence, Dauphiné, Landes. 

ce. Rebord latéral du corselet concolore, nullement 
rembruni ; pygidium et dernier arceau ventral macu- 
lés de testacé (1). Corselet entouré d'un liséré pâle 
complet ou à peu près et marqué en outre de deux ta- 
ches basilaires jaunes. 

D, Rebord latéral et apical des étuis toujours pâles. 
Etuis offrant des taches noires autres que les points 
des stries, ou même en grande partie noirs, Taille 
de 2 à B""/'". Pradensis Mars. 

Suboblong, subcylindrique, glabre en dessus, finement pubes- 
cent en dessous et au pygidium. Noir en dessous, dernier arceau 



(1) Ici se placerait, si on venait à le trouver quelque jour en 
France le P.cinctus Suffr. de Corse et de Sardaigne. Il diffère des 
pradensis et scriptus par le liséré pâle qui entoure le corselet inter- 
rompu à la base qui offre seulement deux taches jaunes ; les étuis 
sont noirs (avec ou sans 2 ou 3 petits points jaunes sur le dis- 
que), avec une ceinture jaune complète et bien tranchée sur cha- 
cun, ce qui lui donne un aspect tout particulier ; le rebord 
latéral et apical est finement noir, etc. C'est un joli insecte, très 
répandu dans les collections. 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 43 

du ventre et rarement les épimères du médipectus tachés de pâle, 
pygidium bi-maculé (o^l ou bordé (Ç) de même Base des antennes 
testacée, maculée en dessus. Tête noire avec deux taches intero- 
culaires supérieures jaunes ainsi qu'une grande (0^) ou 3 petites 
taches (Ç) sur l'épistome. Corselet noir, entièrement bordé de 
testacé, la bordure antérieure émettant trois rameaux, les laté- 
raux courts, le médian terminé vers le milieu, la bordure basi- 
laire émettant deux taches subobliques ; rebord latéral non rem- 
bruni ; ponctuation assez fine et très dense. Ecusson noir. Etuis 
testacés, ponctués striés de points noirs, parés en outre d'une as- 
sez large bande dorsale noire, suboblique, et deux taches plus 
externes de même couleur, ces bandes et tache souvent dilatées 
et confluentes, au point de couvrir la plus grande partie des étuis ; 
rebord latéral et apical pâles le suturai finement noir. Pattes en 
majeure partie testacées, les cuisses plus ou moins rembrunies sur 
l'arête supérieure (2 a 3™/'")- Pyf-, Languedoc, Alpes, Lyonnais 
A. R. Lyon (coll. des Gozis). 

Obs. La coloration varie quelque peu : on trouve parfois des 
indi\idusoù le testacé domine ; le corselet est alors testacé à des- 
sin noir plus ou moins réduit ; les étuis n'offrent plus guère que 
les rangées striales ainsi que la tache externe antérieure sur le 
calus, etc. 

DD. Rebord latéral des étu's finement noir, l'apical 
noir à l'ordinaire, mais parfois aussi pâle. Etuis n'of- 
frant pas d'autres taches noires que les points des 
rangées striales. Taille de 3 à 3 1/2. 

scriptus H. Scheeff. 

Oblong, subcylindrique, glabre en dessus, finement pubescent, 
en dessous et au pygidium. Noir en dessous, avec le pygidium, 
le dernier arceau du ventre et les épimères du médipectus tachés 
de pâle. Base des antennes testacée, plus ou moins maculée en 
dessus. Tête ou bien testacée avec une bordure au vertex, une 
linéole médiane et deux taches surantennaires noires (o'), ou bien 
noire avec deux taches inleroculaires supérieures et trois petites 
taches sur l'épistome testacées (Ç). Corselet noir, entièrement 
bordé de testacé, la bordure antérieure émettant trois rameaux, 
le médian prolongé jusque vers le milieu, les latéraux très courts, 
la bordure basilaire projetant deux taches un peu obliques ; re- 
bord latéral non rembruni ; ponctuation assez fine et tiès dense. 



44 



BEVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



Ecusson noir, souvent taché de flave. Etuis d'un testacé grisâtre, 
ponctués striés de points noirs, assez confus sur la région scutel- 
laire ; calus humerai noir ; rebord latéral finement noir en arrière, 
le suturai noir, l'apical souvent éclairci Pattes testacées, presque 
toujours les genoux et le sommet des tarses rembrunis (3 à 3 1/2), 
Provence. Draguignan (Doublier, ex. Key). Plus commun en 
Corse. Alpes, Savoie [de Marseul'. 

Obs. Quelquefois les rangées striales deviennent noires même 
sur les intervalles des points ; les étuis paraissent alors alterna- 
tivement et très finement rayés de jaune gris et de noir (v. ery- 
cinus Gêné). 



CATALOGUE DES ESPÈCES 



PACHYBRACIIYS Slffrian 1848 

Pachybrachis (Chevl., Mars. 1874). 

pr. p Chloropachys Rey, 1833 itype azureus). 

pr. p. Pachystylus Rey 1883 (type fimbriolatus). 



azureus Suftr. 1848. 

elegans Graëlls 1851. 
V. regius Schauf. 1862. 
cy" viridissimus Sufïr. 184I 
V. bifoveolatus Rey 1883. 
V. verticalis Rey 1883. 



hippophaës Suffr. 1848 

lignosus (Dahl. in litt) Weise 

1882. 
scriptus (Dahl. in litt.j. 

sinuatus Muls. et Rey 1859 
(sp. pr. ex Rey). 



pallidulus Kiesw. 1851. 

V. aiigustifyons Rey 1883. 
apicalis Rey 1883. 

hierog lyphicushaich. 118i . 



LaichartingiMoW. 17S5 pars) 
Laichartingi var. Schrll. 1798. 
atoînarius Gebl. 1880. 

V stellaris (Goz) i%2>^. 
V. ictericus Weise 1882. 

V tristis Laich. 1781. 
V, italiens Weise 1882. 
V. posticinus Rey 1883. 

V. nyctophantus (Goz) 1884. 

exclusus Rey 1883. 

tessellatus 01. 1791. 

hislrio 01. 1791 et auct. Rey 

1883. 
hie>'oglyphicusSchne\derijg2 
\tauricus Suffr j 1848. 
bisignatus Redt. 1849. 
V. œthiops Weise 1882. 

V picturatus Rey 1883. 

suturaiis Weise 1882. 

V. gallicus Weise 1882. 

V. quadrimaculatus\\eyi^d>2,. 



COLÉOPTÈRES DE FPANCE 



45 



V. bimaculattis Rey 1883. 
V. subtilis Rey 1883. 
V. reductus Rey 1^83. 

picus Weise 1882. 
histrio Redt. 1849. 



Pradensis Mars. 1874. 

fîmbriolatus Suffr. 1848. 
tristis 01. 1791. 



Laichartingt MoW. I785(pars) 
hieroglyphictis var. Schneid. 

1792. 
Laichartingt var G. Schrll. 

1798. 
[Mulsanti Perris] i8.52. 
V. pterom las Graëlls 1888 

scripf US H. Schœft. F, Germ. 

V. erycinus (Gêné in litt.) 

Weise 1882. 
V. Hellwigi (Dabi, in litt.) 

Weise 1882. 



Genre Stylosoiiius Suff. 



A. Dessus du corps en majeure partie testacé, Tarsf s 
aussi longs que les tibias (Stylosomus, in sp.) 
B. Etuis offrant une bordure suturale noire ou noi- 
râtre ; vertex ifc largement de la même couleur. 
C. Pubescence élytrale presque couchée. Etuis avec 
une bande suturale noire graduellement élargie en 
avant ; rangées striales assez fortes et crénelées ; 
interstries subconvexes. Dessus du corps peu 
brillant. famctricis H. Sc^œff. 

Allongé, subcylindrique, un peu élargi en arrière. légèrement 
pubescent,la pubescence élytrale disposée sérialement et presque 
couchée. D'un roux testacé peu brillant, avec le vertex, la seconde 
moitié des antennes et l'arrière-poitrine noirs, le ventre noir 
aussi mais chez le rf seulement, corselet tantôt immaculé, tantôt 
paré de deux taches antérieures obscures de grandeur variable, 
et plus rarement de 3 autres taches peu distinctes en arrière ; 
étuis ornés d'une bande suturale noirâtre étroite, graduellement 
élargie en avant, mais jamais dans le milieu ; souvent, en outre, 
une ou deux petites taches nébuleuses, la première au calus hu- 
merai, la seconde près des côtés au delà du milieu. Corselet forte- 
ment, densément et ruguleusement ponctué. Etuis subparallèles, 
assez fortement ponctués striés-crénelés ; interstries subconvexes 



46 BEVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

(2 à 2""^ 1/4). Toute la région méditerranéenne, sur le Tamarix. 
Très commun. Hyères ! Cannes ! 

C. Pubescence élytrale semi-relevée. Eluis avec 
une bande suturale noire, non élargie à la 
base, également étroite sur toute sa longueur 
ou subélargie dans son milieu seulement, ran- 
gées striales peu profondes, non ou à peine cré- 
nelées ; interstries presque plans. Dessus du 
corps assez brillant. corsicus Rey. 

Oblong, subcylindrique, légèrement pubescent, la pubescence 
élytrale assez raide et mi-relevée. D'un roux testacé assez bril- 
lant, avec le vertex, la seconde moitié des antennes, l'arrière poi- 
trine et le ventre dans les deux sexes (sauf la pointe de ce der- 
nier chez la Ç*!, noirs ; corselet paré antérieurement d'une grande 
tache transversale obscure, parfois indistincte ou nulle ; étuis 
ornés d'une bande suturale noirâtre également étroite sur toute 
sa longueur ou un peu renflée dans son milieu, parfois accom- 
pagnée d'une ou deux petites taches nébuleuses, la première au 
calus humerai, la seconde près des côtés au delà du milieu. Cor- 
selet fortement, densément et ruguleusement ponctué. Etuis 
oblongs, peu profondément ponctués-striés, les stries non ou à 
peines crénelées, les inlerstries presque plans (2'"'"). Hyères (Ab. 
de Perrin — coll. des Gozis), Arcachon (Rey). Corse. 

Obs. — Rarement la bande suturale en s'élargissant au milieu 
va presque rejoindre la tache latérale en formant une fasciei mar- 
quée. 

BB. Etuis sans trace de bordure noire ; vertex nulle- 
ment rembruni. Interstries étroits et relevés. 

xantlwlus Hey. 

Exactement cylindrique et parallèle, légèrement pubescent, la 
pubescence élytrale disposée presque sérialement et presque cou- 
chée. D'un roux testacé grisâtre peu brillant, avec le rebord ba- 
sai du corselet et des étuis un peu rembrunis ainsi que la poi- 
trine et le dernier article des antennes, le reste sans tache. Cor- 
selet densément et subrugueusement pointillé. Etuis parallèles, 
fortement striés-ponctués crénelés, et régulièrement dès la base ; 
interstries étroits, relevés 12"'"). Montpellier. Confondu dans les 
collections avec le tamaricis, dont on le croit sans doute une va- 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 47 

riété pâle, et dont il diffère non seulement par la couleur, mais 
encore par la forme, et par les interstries plus étroits et plus 
relevés. Ressemble beaucoup au [flavus M.-irs] de Grèce, mais 
distinct par sa taille plus grande, sa forme moins étroite, sa 
couleur moins brillante, son corselet moins transverse et son 
calus humerai moins oblong. 

AA. Dessus du corps tout noir. Tarses moins longs que 
les tibias (Microstylus Rey). 

B. Cuisses (et parfois tibias) rembrunis ou noirs. 
Front fovéolé sur son milieu. Pubescence très ca- 
duque. 

C. Front peu brillant, obsolètement alutacé entre 
les points. Corselet peu brillant, rugucusement 
ponctué, régulièrement arqué sur les côtés quand 
on regarde d'en dessus Etuis offrant une fine 
côte posthumérale. *rugithorax Ab. 

Subparallèle, subcylindrique, à pubescence extrêmement ca- 
duque, un peu sériale. D'un noir un peu brillant, avec la bouche 
et la base des antennes testacées, les pattes obscures ou noires 
avec les 4 tibias antérieurs ferrugineux ou rouges, parfois les der- 
niers de même (type) ou plus rarement les pattes tout entières 
noires (v. nigy'isura Goz) Tête densément et médiocrement ponc- 
tuée, avec les intervalles des points obsolètement alutacés ; front 
marqué d'une fossette profonde le plus souvent prolongée en ar- 
rière en forme de sillon sur le vertex. Corselet vu de dessus ré- 
gulièrement arqué, arrondi sur les cotés qui sont crénelés ; assez 
fortement très densément et rugueusement ponctués, creusé de 
deux sillons transversaux peu profonds, peu distincts même au 
milieu Etuis subparallèles assez fortement et densément ponc 
tués, à points un peu en séries ; une très fine côte latérale par- 
tant du calus humerai, une côte semblable àz marquée sur le 
disque) (i™"i 3/4 à 2™"). Toute la chaîne des Alpes, Provence, 
Gard, Rare, Saint- Martin Vésubie ! 

ce. Front brillant, à interstices des points lisses. 
Corselet brillant, non rugueusement ponctué, obli- 
quement et subrectilinéairement rétréci en avant 
quand on regiirde d'en dessus. Etuis sans côte 
posthumérale marquée. iiicicola Suftr. 



48 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Subovale oblong, subcylindrique, à pubescence extrêmement 
caduque, presque confuse. D'un noir assez brillant, avec la bou- 
che et la base des antennes testacées, les pattes obscures avec les 
4 tibias antérieurs roux ou testacés. Tête assez finement etdensé- 
ment ponctuée, avec les intervalles des points lisses et brillants ; 
front creusé d'une fossette non prolongée sur le vertex. Corselet 
vu de dessus paraissant obliquement et subrectilinéairement ré- 
tréci en avant, ses côtés non ou à peine distinctement crénelés ; 
assez fortement et densément ponctués, creusé de deux sillons 
transversaux assez profonds, surtout sur les côtés. Etuis très fai- 
blement élargis en arrière, assez fortement et assez densément 
ponctués, à points à peine sériaux ; pas de côte latérale en ar- 
rière de l'épaule ou une trace à peine distincte (imm 1/2 à 2"'"). 
Provence et Languedoc, sur la région méditerranéenne. La 
Seyne sur-Mer (coll. des Gozis). 

BB. Pattes entièrement rousses ou testacées (sauf les 
tarses) ; cuisses concolores ou à peine rembrunies 
sur l'arête supérieure. Front non ou à peine fovéolé 
surson milieu. 

C. Pubescence des étuis assez raide, assez courte, 
semi-relevée et bien distincte. Taille de 2'"'". Cor- 
selet vu de dessus presque rectiligne sur les côtés, 
marqué de deux impressions transversales assez 
marquées, surtout sur les côtés. 

minutissimus Germ. 

Oblong subcylindrique, offrant sur les étuis une légère pubes- 
cence, un peu hispide et mi redressée, sérialement disposée. 
D'un noir un peu brillant, avec la bouche, la base des antennes 
ferrugineuses et les pattes en entier ferrugineuses, tarses seuls 
rembrunis Tète assez finement et assez densément ponctuée, à 
peine fovéolée entre les yeux. Corselet vu de dessus, paraissant 
presque rectilinéairement rétréci en avant ; assez fortement, den- 
sément et subrugueusement ponctué, creusé de deux sillons trans 
versaux assez marqués, au moins sur les côtés. Etuis subparal- 
lèles, assez fortement et parfois confusément ponctués striés, par- 
fois subruguleux ; interstries convexiuscules (i"""3/4à 2"'™). 
France septentrionale et centrale. Alpes et Pyrénées. Assez rare 
partout. Montluçon ! 



COLÉOPTÈRES DE FRANCE 49 

ce. Pubescence des étuis couchée fine et très 
courte. Taille de 1"""' I /2 à 3 4/4. Corselet vu de des- 
sus paraissant arrondi régulièrement sur les côtés, 
marqué de deux impressions transversales très 
obsolètes. depilis Ab, de Perrin. 

Subovale-oblong, subcylindrique, offrant sur les étuis une pu* 
bescence blanchâtre, fine, couchée, très courte, à peine sériale. 
D'un noir assez brillant, avec la bouche, la base des antennes et 
des pattes d'un roux testacé, les tarses à peine rembrunis au 
sommet. Têteassez finement et densément ponctuée, non ou à peine 
fovéolé entre les yeux. Corselet vu de dessus paraissant assez ré- 
gulièrement arqué, arrondi sur les côtés, assez fortement et den- 
sément ponctué, le plus souvent même rugueusement, marqué de 
deux sillons transversaux très obsolètes, même près des côtés. 
Etuis très faiblement élargis en arrière, assez fortement, densé- 
ment et confusément ponctués ; interstries planiuscules. (l'nm f^2 
ài"""3/4,) Provence, assez commun sur le littoral. Hyères ! 
Cannes ! sur une Erica. 

Obs. — Presque toujours donné sous le nom de mimitissimus . 
Le vrai mijiutissimus, plus septentrional, semble bien moins ré- 
pandu dans les collections françaises. 

CATALOGUE DES ESPÈCES 



STYLOSOMUS Suffrian 1848 
pr. p. Microstylus Rey 1883 (type minutissimus). 



tamaricis H. Schœfï. Fne. 
Germ. 
tamarisci (Dej. cat 3' éd.) 

1837. 
clytrœformts (Dufour in litt ) 
V. [cruciatus] Weise 1882. 

xantholus (Goz) Rey 1885. 

depilis Ab. de Perrin 1877. 
minutissimus Weise 1882. — 
Suff. 1848. 



rugithorax Ab. de Perrin 

1877. 

V. nigrisura (Goz) 1884. 

minutissimus Germ. 1824. 
pulicarius (Dufour in litt.). 

ilicicola Suffr. 1848. 

corsicus Rey 1883. 

M. DES Gozis, 



50 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Études sur ta ponte des Odonates 

Suite (1) 



11^ l.estcs virens. Charp. = vestaiis, Ramb. — 
Pond, accompagyiée du mâle., dans larcgion terminale 
desséchée de la tige de « Juncus effusus. » 

(Observations faites au parc de Baleine, étang Amélie, 7 août 
1907 ; — étang des Bordes, derrière la Tuilerie des Combes, jan- 
vier 19 8). 

L'angle sud-ouest de l'étang Amélie présente de 
nombreuses touffes de Juncus effusus, J. acutifiorus, 
Ehr., etc. A l'époque de l'observation, la floraison de 
/. effusus était à peu près terminée, et déjà beaucoup 
de tiges, desséchées depuis le point-d'où s'échappe le pa- 
nicule de fleurs, portaient des fruits mûrs. C'est dans 
cette partie terminale desséchée que j'ai vu pondre un 
couple de /.. virens. 

Le couple se pose à l'extrémité de la tige et descend 
peu à peu jusqu'au paniculede fleurs, qu'il ne dépasse 
pas. Les nombreux joncs que j'ai recueillis à cette sta- 
tion ne présentaient pas de ponte au-dessous de ce jalon 
naturel. Si, comme je l'ai noté à l'étang des Bordes, on 
trouve des joncs, où les pontes s'égarent au-dessous de 
ce jalon, ce n'est que l'exception. Les sommités vivantes 
sont également indemnes. Enfin mes recherches, rela- 
tives à ce mode de ponte, sur les autres joncées avoisi- 
nant J effusus, ont été vaines. 

Pendant la ponte, la position du couple est celle quia 
été déjà décrite pour L. viridis. Mais le mode, suivant 
lec^uel sont disposés les œufs, diffère beaucoup de celui 
qui est propre à l'espèce précédente : 

(1) Voir page 3. 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 51 

Les entailles régulièrement espacées, (huit entailles 
pour dix mill.) forment des séries longitudinales qui 
peuvent atteindre quinze centimètres. Très fines, ova- 
laires, munies d'un délicat clapet cortical exactement ap- 
pliqué, elles ne sont bien visibles cjuà la loupe. Elles le 
sont davantage, quand le clapet est un peu soulevé. 
Dans ce cas en étirant doucement le jonc de haut en 
bas entre le pouce et l'index, on sent une série de 
crans d arrêt ; ce qui permet daller plus vite dans la 
cueillette des joncs porteurs de pontes. Il peut y avoir 
plusieurs séries plus ou moins parallèles sur le même 
jonc. 

A uns entaille de chaque série longitudinale corres- 
pond un œuf ci/li7ïdric[ue coniciue, (!"'"' long.), à peine 
incurvé, à bout antérieur effilé brun, à bout postérieur 
arrondi, à couleur cVensemble gris jaunâtre. L'œuf est 
placé sensiblement dans le plan diamétral qui contient 
la série, un peu obliquement par rapporta la surface 
du jonc. {Diamètre du jonc l'"'"5 à 2""".) 

Il est à remarquer d'une part que, même en temps de 
grandes eaux, les parties terminales de J. effusus ne sont 
pas immergées, et que d'autre part elles sont facilement 
brisées au départ du paniculc. 

J'ai essayé d'obtenir l'éclosion des œufs récoltés à 
Baleine et aux Bordes. 

12% Agi'îonîde. (Peut-être Lestes barbara ? 

(Pontes recueillies sur « Salix » et « Rubus «autour d'une mare 
à Font Sainte-Huile de Bézenet (Allier), 8 août 1905, 19 août 1907 ) 

A. Je décrirai d'abord ces pontes sur le saule : Les 
rameaux attaqués sont surtout ceux qui poussent à la 
base du tronc. Cependant quelques pontes sont portées 
par des rameaux plus élevés. Les diamètres mesurés 
varient de 1™"' 1/2 à 6"'™, mais la préférence de l'insecte 
est pour les plus jeunes : L. viridis au contraire les 
évite. 

Les entailles, régulièrement espacées (dix pour deux 



52 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

centimètres], ovalaires ou suhtr > angulaires , munies d'un 
mince clapet épider)nique desséché et mai appliqué, 
forment de^ séries longitudinales parallèles, plus ou 
moins nombreuses, sur le niême rameau. Les entailles 
d'une série alternent avec celles des séries voisines. A 
chaque entaille, correspond un coussinet denviron 
0.5°"" de longueur bien visible de profil, formé d'un 
tissu vivayit, et parfois gercé dans le sens de la série. 
Un œuf par entaille a été inséré daiis le plan diamé- 
tral qui contient la série, et à peine obliquement par 
rapport à la surface du rameau. Œuf cxjlindro coni- 
que, presque incolore, à pointe antérieure brune, à bout 
postérieur arrondi (/mm de long,). 

Cette disposition qui rappelle L. virens, par les séries 
linéaires et l'œuf unique, et L. viridis, par les saillies 
végétales, donne parfois aux rameaux une apparence 
sculptée toute spéciale. Ainsi j'en ai noté un d'un dia- 
mètre moyen de 3™'", qui sur une longueur de 20centim. 
à partir de la base comptait de multiples séries li- 
néaires parallèles, parfois sept, de minimes coussinets, 
alternés, et offrait ainsi un aspect chagriné, où le brun 
des clapets desséchés et du pourtour des entailles se 
mêlait agréablement à la couleur verte du rameau. 

11 est très facile de distinguer ces pontes de celles de 
L. viridis, quand elles se présentent sur un même saule, 
puisque L. viridis est caractérisé par des séries de che- 
vrons. Par su\te, chez viridis les œufs ne sont jamais 
dans un plan diamétral, mais toujours à droite et à 
gauche du point de pénétration des valves. Ici il n'y a 
qu'un œuf par entaille, tandis que chez viridis la pré- 
sence d'un seul œuf est toujours accidentelle. Enfin, 
comme nous lavons signalé déjà, au lieu de rechercher 
les branches élevées d'un an au moins, qui n'ont point 
de chances ordinaires d'être submergées, VAgrionide 
dont nous nous occupons s'adresse plus spécialement 
aux tout jeunes rejetons, qui au printemps sont facile- 
ment immergés, partiellement du moins. 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 53 

Ces pontes sont-elles Tœuvre d'un Lestes ? Tout ce 
que nous venons de dire paraît bien l'établir. Ce serait 
probablement L. barhara ? En effet, je n'ai vu que celte 
espèce et viridis voletant au-dessus de la mare. De 
plus barhara est tout à fait précoce. M. R. Martin 
m'écrivait que dans l'Indre il pouvait capturer cet insecte 
dès le mois de mai : cette précocité s'accorde bien avec 
l'emplacement des œufs, qui, plus tôt en milieux aqueux, 
doivent évoluer rapidement. L'élevage que j'ai tenté n'a 
point réussi. 

Au point de vue cécidologique, il importe de remar- 
quer que le coussinet végétal ne provient pas seulement 
d'un soulèvement mécanique, mais paraît résulter (sim- 
ple examen à la loupe) d'une légère hyperplasie du pa- 
renchyme cortical. L'œuf est presque entièrement situé 
dans ce parenchyme ; son bout arrondi atteint la région 
ligneuse, où l'oviscapte lui a ménagé une petite loge 
arrondie, dont les parois ne présentent rien autre chose 
qu''une légère pellicule brune de tissu mortifié. 

B). Pontes sur les ronces : 

Les ronces infestées sont les longs filaments qui ram- 
pent à travers les herbes, et les œufs se trouvent plus 
rarement sur les rameaux un peu élevés au-dessus du 
sol. Les pontes ont été effectuées jusqu'à deux mètres 
de l'eau, plus fréquemment sur les filaments de 2 à S^m 
de diamètre ou sur les pétioles, parfois aussi sur des 
tiges plus fortes (S^m de diamètre, par exemple). 

Ce sont des files d'entailles comme sur les saules. 
Chaque face de la tige de ronce peut être garnie de plu- 
sieurs séries linéaires, à blessures plus ou moins bien 
alternées. Mais la nature du substralum, à moelle abon- 
dante, à régions corticale et ligneuses très limitées, à 
fibres âgées résistantes, a provoqué quelques diffé- 
rences. S'agit-il des minces filaments, alors l'œuf a pé- 
nétré jusque dans la moelle, et il n'y a pas de soulève- 
ment extérieur en forme de coussinet. Au contraire, sur 
les tiges de 8'""" de diamètre, l'œuf, superficiel, parallèle 



54 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

à la surface épidermique, a provoqué mécaniqueiTient un 
soulèvement C3^1indrique, sensiblement aussi long que 
lui, et teint en rouge violacé. Au lieu de coussinets, nous 
avons donc ici des bâtonnets, placés sur une même 
droite. Il arrive que des pontes très régulièrement exé- 
cutées présentent des entailles dont la distance égale la 
longueur de l'œuf (1™" 1/2 environ, soit 12 bâtonnets 
pour 20 mill.) Alors l'aspect de la tige vivante est vrai- 
ment saisissant : Vécorce verte parait avoir été piquée à 
la machine à coudre avec du fil pourpre. Mais souvent 
les entailles sont un peu plus distantes. D'autres fois 
les œufs ont été insérés un peu obliquement par rapport 
à la génératrice qui contient toutes les entailles, les 
bâtonnets ayant tous une même obliquité. Enfin des 
troubles divers, au moment de la ponte, peuvent occa- 
sionner d'autres aspects accidentels et dont l'étude 
n'ofifre aucun intérêt. 

(A suivre). Abbé Pierre. 



Les Poissons acclimatés 



Depuis une quarantaine d'années environ on a 
essayé d'acclimater dans les rivières et les étangs de 
plusieurs régions de la France des espèces de poissons 
provenant en majorité de l'Amérique du Nord. 

Dans beaucoup de localités, ces poissons introduits 
ont disparu rapidement ; mais dans d'autres ils ont 
prospéré et quelques-uns même ont pullulé, sont par- 
faitement naturalisés et font actuellement partie inté- 
grante de notre Faune. 

M. J. Gensoul. dans la Monographie des poissons du 
département de Saùne-cl- Loire qu'il vient de publier 
dans le Bulletindela Société d'Histoire naturelle d'Au- 
tun, a avec juste raison placé ces espèces nouvelles 
venues à leur place de classification sur le même rang 
que les indigènes. 



LES POISSONS ACCLIMATÉS 55 

Le département de Saône-et-Loire n'étant séparé que 
par la Loire de celui de l'Allier, les poissons peuvent 
être communs au deux départements et nous donnons la 
liste des espèces étrangères que M. Gensoul signale 
comme existant actuellement dans la région qu'il a étu- 
diée et dont plusieurs se trouvent aussi dans l'Allier et 
ses affluents. 

Eupomotis gibbosus L. Sim fîsli, Perche du Canada, 
Poisson soleil. — Originaire de la partie nord-est du 
continent américain, la Perche du Canada est répandue 
et commune dans toutes les eaux ; Saône et ses 
affluents, Loire, Arroux, tous les canaux et beaucoup 
d'étangs. C'est un petit poisson de peu de valeur qui 
multiplie énormément mais est toujours de taille infime, 
dépassant rarement 100 à 125 grammes. 

Ambloplites rupestris Raf. Rock hass, Perche noire 
de Russie. — Introduit dans la Saône il y a une ving- 
taine d'années, existe aussi dans quelques étangs. 

Micropterus salmoïdes Lac. Black bass. Perche truite. 
— Espèce de grande taille, très carnassière, commence 
seulement à se répandre çà et là dans les étangs. 

Micropterus Dolomieui Lac. Small black bass, Per- 
che noire. — Commence aussi à se répandre dans les 
étangs. 

Carassius vulgaris Nills. Carassin ordinaire. — Ori- 
ginaire d'Allemagne, se trouve, mais assez rarement, 
dans quelques étangs où il se reproduit. C'est un pois- 
son des fonds vaseux qui n'existe pas naturellement 
dans les rivières. 

Carassus auratus L. Cyprin doré, Poisson rouge. — 
Dans les mares, les bassins les étangs dont les eaux 
sont chaudes et boueuses où il multiplie beaucoup (1). 

Idus melanotus H. et K. Ide melanote, Orfe. — Ori- 
naire de l'Europe du Nord. Parfois aussi coloré que le 

(1) Ern. Olivier, Faune de l'Allier, II, p. 146. 



56 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

précédent, il existe dans plusieurs étangs et quelques 
individus ont été introduits dans la Saône. 

Chondrostoma nasus Nal. Chondrostome, Hotu, Fera, 
Lavaret, Mulet, Ombre. — Très commun dans toutes 
les rivières. Ce poisson est très variable et il doit exis- 
ter plusieurs espèces difficiles à caractériser. M. Gen- 
soul ainsi que nous-même, admet le Ck. rhodanensis 
Blanch. de taille beaucoup moins moindre (1). Les Chon- 
drostomes sont originaires de l'Europe du Nord ; ils ont 
apparu vers 1865 dans la vallée du Rhône et quelques 
années après dans la Loire et ses affluents. 

Salmo iridens Gibb. Rainbow trout, Truite arc en 
ciel. — De l'ouest des Etats-Unis ; répandu dans pres- 
que tous les étangs et cours d'eau du département où il 
supporte très bien une température élevée. 

Salmo fonlinalis Mitch. Brook trout, Saumon de fon- 
taine. — Poisson d'eau vive qui redoute les tempéra- 
tures élevées ; il n'existe que dans les étangs de quel- 
ques amateurs. 

Ameiurns Debnlosus LeS. Cat fisli, Poisson chat. — 
Très répandu dans les étangs où il se reproduit réguliè- 
rementet abondamment, mais ne se plaît pas dans les ri- 
vières. Ce poisson a l'avantage de n'avoir pas d'arêtes, 
qualité rare chez les poissons d'eau douce. 



La perdrix de montagne 

La perdrix grise {Stama cinerea Lath.), abondam- 
ment répandue dans toute l'Europe, offre, comme tous 
les oiseaux très communs, de nombreuses variétés de 
coloration, La couleur marron peut prendre un déve- 
loppement anormal jusqu'à envahir parfois tout le plu- 
mage de certains sujets ; chez d'autres, elle se fonce et 

(1) Ern. Olivier. Faune de l'Allier, II. p. 150 



LA PERDRIX DE MONTAGNE 



57 



tend à devenir brune ou noire sur le corps entier ou sur 
quelques parties seulement ; les cas d'albinisme partiel 
ou total s'observent aussi de temps en temps çà et là. 
J'ai vu un individu complètement blanc, avec les jeux 




Perdrix de montagne 

roses, tué près de Saint-Saulge (Nièvre), Un autre, de 
Neuilly-Ie-Réal, avait le plumage blanc, sauf les couver- 
tures des ailes qui étaient fauves. Chez d'autres, les 
bandes jaunes qui coupent les plumes des ailes sont très 
larges et cette largeur donne à ces perdrix une teinte gé- 
nérale pâle qui les fait remarquer de suite. 



58 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Il est digne d'attention qu'aucune de ces variations ne 
se perpétue : elles sont toutes absolument accidentelles 
et on ne les retrouve généralement plus dans la région 
où l'année précédente on les avait rencontrées. 

La mieux caractérisée est celle que Brisson avait élevée 
au rang d'espèce et qu'il a décrite et figurée sous le nom 
ds Perdrix de montagne [Ornithologie, Tome 1, p. 22i, 
■pi. XXI, fîg. 2 — 1760 — ) : la tête, la gorge et le haut du 
cou sont d'un fauve roussàtre ; le bas du cou, la poitrine, 
le haut du ventre, les flancs, les sous caudales, le des- 
sus du corps et les ailes d'un brun marron ; le bord des 
plumes est liseré de fauve sur la partie supérieure du dos 
et sur les ailes ; les six rectrices médianes sont d'un 
marron brun et bordées à l'extrémité de gris blanchâtre, 
les latérales sont dun marron clair. 

Comme coloration, cette variété est tout à fait dis- 
tincte du type ; mais elle en conserve les formes et les 
proportions et il n'y a pas lieu de la considérer comme 
un hybride issu du croisement de la perdrix grise et de 
la perdrix rouge, comme quelques chasseurs le préten- 
dent ; car elle a tous les caractères de la première espèce 
et aucun de la seconde. 

Elle se rencontre très rarement par unique individu 
dans une compagnie oii toutes les autres perdrix ont leur 
couleur normale et il est très remarquable que cette va- 
riété, qui ne se reproduit pas et apparaît, par hasard, çà 
et là, à intervalles éloignés, affecte toujours la même 
constance dans son système de coloration pourtant si 
différent de la livrée ordinaire de l'espèce. 

Brisson et après lui la plupart des ornithologistes di- 
sent d'une façon vague qu'on la trouve sur les monta- 
gnes ; Vieillot l'indique dans les Vosges ; Degland et 
Gerbe, dans la Seine-Inférieure ; de la Rue, aux envi- 
rons de Dieppe. D'après Fatio, on la capture fréquem- 
ment en Italie. Au Muséum de Paris il en existe trois 
individus, deux portant la mention générale : Europe, 
le troisième étiqueté Egypte. Un autre figure dans la 



LES ÉRUPTIONS DE LA LIMAGNE 59 

collection de Montessus, actuellement au musée d' Au- 
tan. Le sujet dont nous donnons la photographie et qui 
a été monté par M. Marsepoil, naturaUste à Moulins, 
a été tué au mois d'octobre près de Beaulon (Allier) (1). 
Il faisait partie d'une compagnie dont tous les autres 
perdreaux avaient leurs couleurs typiques et on n'en 
avait jamais observé de semblable dans la région. 

Ernest Olivier. 



LES ÉRUPTIONS DE LÀ LIMAGNE 



Les cinquante collines volcaniques de la Limagne 
montagneuse, qui donnent à cette région sa caractéris- 
tique spéciale et son pittoresque séduisant, ont fait l'ob- 
jet de nombreux travaux géologiques. 

Depuis Desmarets (1771), Montlosier, Ramond, Le- 
coq, Julien, Michel Lévy, Boule, Giraud, etc , se sont 
surtout occupés de leur constitution. Mais par suite de 
la rareté ou de l'absence de documents paléontologiques 
on n'avait pas, jusqu'ici, de notions précises, sur làge 
et la genèse des coulées basaltiques qui couronnent un 
certain nombre de ces collines. 

Les recherches que j'ai entreprises, pour le Service de 
la Carte géologique de France, sous la direction de 
M.Michel Lévy, me permettent d'apporter une impor- 
tante contribution à la solution de cette question. 

J'ai reconnu, en effet, qu'il y avait eu dans la Limagne, 
au moins sept périodes d'activité volcanique s'échelon- 
nant du Miocèiie inférieur au Ptéistocène inféreiur. 

Pour déterminer l'âge de ces éruptions, je me suis 
basé, non seulement sur les faunes renfermées dans les 
alluvions en relation avec les coulées, mais aussi sur les 
hauteurs des coulées, épanchées à plusieurs époques 



(1) Cette photographie a déjà été publiée dans son Bulletin (1907) 
par la Société zoologique de France qui a bien voulu me commu- 
niquer le cliché. 



60 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

dans la vallée de l'Allier et suspendues aujourd'hui à ni- 
veaux, au-dessus de cette vallée. 

La faune à Dinotheriuin de Givreuil (Allier) que j'ai 
fait récemment connaître et qui correspond à un de ces 
niveaux alluviaux a été un jalon précieux pour cette 
étude. 

Les éruptions volcaniques de la Limagne sont enca- 
drées entre lesalluvions burdigaliennes de Gergovie sur 
lesquelles reposent les coulées les plus élevées de la 
Limagne et les alluvions pléistocènes supérieures de 
Sarlière qui sont au pied des coulées des volcans de Gra- 
venoire et de Beaumont. 

Eruptions miocènes. — 1° Les premières éruptions 
volcaniques débutèrent au Miocène inférieur, car cer- 
taines coulées (Gergovie) reposent sur des alluvions 
burdigaliennes à Melanoides tischeri, Melanopsis Heri- 
catri (Dollfus) et leurs galets se trouvent dans les allu-. 
vions helvétiennes. 

Les puys Saint-Romain et Saint-André sont de cette 
époque. L'érosion a été considérable depuis le Miocène 
inférieur puisque les coulées surplombent aujourd'hui 
de près de 400'" la vallée de l'Allier. 

Aux côtes de Clermont, à Chanturgue, au Puy du 
Var, les coulées inférieures, reposant sur des sables 
feldspathiques de ruissellement, remaniés par les eaux 
et discordants sur l'Oligocène, sont du môme âge 

2° Ces premières éruptions volcaniques furent certai- 
nement en relation avec Vexhaussement continu de la 
Limagne commencé avant la fin de l'Oligocène et se fai- 
sant du Sud au Nord. 

Au Miocène moyen, un nouvel effort orogénique aug- 
menta le relief en amont, vers la région des Cévennes 
et du Véla3^ d'où il descendit une rivière (Allier) qui 
couvrit une partie de la Limagne d'une nappe alluviale 
de galets de quartz, de silex jurassiques (chailles) mé- 
langés, à partir de Clermont, à quelques galets de ba- 
salte provenant des éruptions antérieures. Ces alluvions 



LES ÉRUPTIONS DE LA LIMAGNE 61 

se poursuivent vers Gannat et Moulins où elles renfer- 
ment une faune d'âge miocène moyen {Dinother>um Cu- 
vieri, Mastodon angustidens, Mastodon tapiroides, etc.). 

Feu après, de nouvelles factures éruptives donnèrent 
issue à des coulées de lave qui s'étendirent sur ces allu- 
vions. Elles couronnent aujourd'hui les pays de Var, 
Chanturgue et le Puy-de-Mur. 

La colline de Chateaugay et la coulée basaltique qui 
la surmonte sont trop profondément disloquées pour 
qu'on ait une notion absolument précise de l'âge de cette 
dernière. Elle semble bien, cependant, se rattacher aux 
éruptions helvétiennes, ainsi que le Puy-de-Mur qui 
domine la vallée de l'Allier de 287". 

3° Le plateau de Pardines, beaucoup moins élevé au- 
dessus de l'Allier (224'") et reposant sur des alluvions à 
galets de quartz, doit être plus récent {Miocène supé- 
rieur). 

En résumé, la continuité des efforts orogéniques, qui 
avaient exondé la Limagne à la fin de l'Oligocène, se 
poursuit durant le Miocène. Elle amène : 

1° Dès le début du Miocène, un phénomène de ruis- 
sellement intense et l'établissement d'un premier réseau 
hydrographique qui transporte dans la Limagne, dans 
les vallées de l'Allier et de la Loire etjusqu'en Sologne, 
des sédiments sableux et marneux (sables de l'Orléa- 
nais et de la Sologne), couvrant une étendue considé- 
rable ; 

2° L'édification des premiers volcans du Massif central 
à cette même époque ; 

3° Au Miocène moyen, un nouveau soulèvement qui 
augmente la pente et le pouvoir dynamique de l'Allier. 
Cette rivière est alors assez puissante pour étaler dans 
la Limagne, jusqu'au delà de Moulins, une nappe allu- 
viale à galets de basalte, de quartz et de chailles juras- 
siques provenant des Cévennes et renfermant une faune 
helvétienne ; 

4° Deux nouveaux épisodes d'éruptivité, au Miocène 



62 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

moyen et au Miocène supérieur^ dont les produits re- 
couvrent les formations antérieures. 

Ces éruptions se sont continuées durant le Pliocène 
et le Pléistocène. 

Ph. Glangeaud, 
Professeur à la faculté de Clermont-Ferrand. 



Ftéuniori sclentifiqLU.e d.xx Bovir*lboiinais 



Réunion du 29 avril 1908 

— M. Edmond Perrier, directeur du Muséum d'histoire 
naturelle de Paris, annonce la formation de la Société des 
Amis du Muséum national d'Histoire naturelle dont il envoie 
les statuts. L'Association se compose de membres titulaires 
(cotisation lo francs), de membres donateurs (cotisation 6o 
francs) et de membres bienfaiteurs. Une réunion générale 
aura lieu prochainemnt pour la constitution définitive de la 
Société. 

— M. BRACKE, directeur de la Revue néphologique, à Mons 
(Belgique), envoie plusieurs tiges de genêt [Sarothamnus sco- 
-parius) qui offrent un remarquable cas de fasciation : tous 
les rameaux sont soudes au sommet des tiges qui s'aplatis- 
sent, atteignent une largeur de ii millimètres et continuent 
à croître en se recourbant. La fasciation qui se présente fré- 
quemment sur certaines plantes herbacées a été rarement 
observée sur le genêt. 

— M. Francis PÉROT donne la coupe stratigraphique d'un 
puits qui vient d'être construit au champ Pérot, sur le ver- 
sant occidental du coteau de Bcauregard, à i8o mètres du 
portail d'entrée de l'hospice Sainte-Catherine, commune d'Y- 
zeure. Ce puits a 9'",22 de profondeur; les terrains traver- 
sés ont été les suivants: terre végétale avec de petits cailloux 
roulés, o'",6o; sable gras, ferrugineux, caillouteux, 2™,io; 
marne grise avec blocs de calcaire léger et quartiers de cal- 
caire fin et plus dur, 3™, 40; sable gris, fin et désagrégé, 
o"", 12 : c'est là qu'a été rencontrée la nappe d'eau qui repo- 
sait sur une roche calcaire d'une très grande dureté qui a 
été entamée jusqu'à une profondeur de 3 mètres. 

— M. Francis Pérot donne ensuite lecture des premières 
pages d'un long travail sur les animaux symboliques, mys- 
tiques et légendaires représentés sur les monuments de l'an- 
tiquité. 

— M. Fernand Meunier a étudié les empreintes laissées par 
les insectes sur les schistes houillcrs de Commentry. Dans 



RÉUNION SClENTIîflQUE 63 

le Bulletin du Muséum â^ Histoire naturelle de Paris (1907- 
1908), il décrit une toute petite Blatte, Blattiyio-psiella fyg- 
mœa et plusieurs grands Paléodictyoptères auxquels il donne 
les noms de Archœoptilus Boulèi, Cocker ellia feromafte- 
roïdes, Stenodictya Thevenini, Microdictya Klebsi et agnita. 

Réunion du 27 mai igo8 

— M. Delpech, président du Syndicat forestier de France, envoie 
une circulaire sollicitant des adhésions au projet de loi dont il 
demande le vote aux pouvoirs compétents dans le but d'arrêter le 
déboisement qui s'opère maintenant sur une grande échelle. Voici 
la loi dont le zélé président sollicite le vote : L'Etat ne pyélevera 
aucun impôt sur les forêts existantes ou à créer. Il sera perçu seule 
ment un droit fixe sur les produits forestiers au moment de la coupe. 
Toute commune est tenue de reboiser ou de faire reboiser le quart ou 
le cinquième de ses terrains incultes. 

Cette loi ne fera rien perdre à l'Etat, puisque pour la moindre 
coupe le propriétaire devra payer l'impôt et la France y gagnera, 
puisqu'en outre de la sauvegarde des forêts, elle amènera la régu- 
larisation des saisons et des sources, du climat et de la température 
et assurera d'une manière définitive contre les désastres causés par 
les inondations. 

On ne peut qu'appuyer cette heureuse initiative et la Réunion 
approuvant tous les arguments de M. Delpech, lui donne son en- 
tière adhésion. 

— M. Ernest Olivier annonce qu'il a retrouvé en abondance le 
Dr.iba muralis sur les pelouses au pied des tours du vieux château 
de Bourbon-l'Archambault et sur des murs à l'entrée de la ville en 
venant de Moulins. Cette plante n'a donc pas disparu de cette loca- 
lité, comme il l'avait supposé (i). 

— M. l'abbé Pieure continue ses études sur les Odonates et an- 
nonce que les pontes qu'il a en observation sont en bonne voie 
d'éclosion. 

— La session extraordinaire de la Société botanique de France 
s'ouvrira à Nancy le 25 juillet prochain. Les herborisations seront 
faites aux marais salants de Lorraine, à Gerardmer, Hohneck, la 
Schlucht, Lispach et les Basses-Vosges. 

— L'Association française pour l'avancement des sciences tien- 
dra sa 37* réunion annuelle du 3 au 9 août, sous la présidence de 
M. Appell, doyen de la Faculté des sciences de Paris. Des excur- 
sions auront lieu durant le Congrès dans les di' erses régions volca- 
niques de l'Auvergne : Limagne, Monts Dores, chaîne des Puys, etc. 

— Le Congrès préhistorique se réunira cette année pour la qua- 
trième fois à Chambéry, du 24 au 30 août. 



(1) Voir, Rev. se. du Bourb. et du Centre de la Fr. T. XX, 1907, 
p. 13. 



64 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

— A signaler parmi les publications reçues : 

— Le i'"^ fascicule du Bulletin, organe de la Société entomolo- 
gique d'Egypte, créée au Caire le i" août 1907. L'Egj'pte est une 
région riche au point de vue entomologique ; la nouvelle Société ne 
manquera pas d'intéressants sujets d'étude et nous faisons des 
vœux pour sa prospérité : ce premier fascicule renferme des travaux 
dus aux entomologistes les plus autorisés. 

— Nous souhaitons encore la bienvenue au Journal des Natura- 
listes excursionnistes, organe mensuel de vulgarisation des sciences 
naturelles, dont le directeur est M. Bimont, 54, rue des Plantes à 
Paris. La première excursion organisée par la direction du journal 
a eu lieu le lundi de la Pentecôte dans la forêt de Rambouillet. 

— M. Glangeaud continue ses études sur la géologie de l'Au- 
vergne. Au Congrès de Reims de l'Association française pour l'avan- 
cement des sciences, il donne la géologie et la pétrographie de deux 
des anciens volcans qui dominent Clermont, le puy Chopine et le 
puy des Gouttes, qui sont des moins accessibles et des plus diffi- 
ciles à étudier de tous ceux qui constituent la chaîne des Dômes II 
étudie aussi les relations de quelques tremblements de terre qui 
ont eu lieu récemment, notamment à Montmarault (Allier), les 11 et 
12 mars 1907, avec les dislocations anciennes du plateau central. 
Le savant professeur envoie souvent à l'Académie des sciences des 
notes remarquables résumant ses observations. Celle concernant 
les éruptions de la i.imagne se trouve reproduite dans la Revue. 

— Le Bulletin de la Société entomologique de France (n" 8) 
publie la description par M. itrnest Olivier d'un nouveau genre de 
Lampyrides. Ototreta, et de six espèces nouvelles qui en font partie, 
provenant de l'Asie orientale (Japon, Tonkin, Sumatra). 

— La Revue générale de botanique dirigée par M. G. Bonnier, 
membre de l'Institut, reproduit le travail de M. Ern. Olivier publié 
dans la Revue en 1907. qui traite des «Transformations de la flore 
aux environs de Moulins ». 

— La Société Botanique des Deux-Sèvres s'est transformée en 
Société régionale de botanique. Son siège reste à Pamproux (Deux- 
Sèvres) et son président est toujours M. Souche. Le Bulletin qui 
vient de paraître contient de nombreux et intéressants récits et ex- 
cursions qui témoignent de la vitalité de la Société et une série de 
photographies de botanistes, heureuse innovation que l'on souhaite 
voir imitée par d'autres Sociétés, 

— La bibliothèque botanique de feu l'abbé Boullu est en vente 
chez M. Cuny, à Sainte Colombe (Rhône). Le catalogue sera 
envoyé contre o fr. 40 en timbres-poste. 

— La librairie Hermann, rue de la Sorbonne, à Paris, envoie la 
seconde partie du catalogue des livres de la bibliothèque Fairmaire, 
comprenant 2.169 numéros et un supplément. 



METEOROLOGIE 



65 



MARS 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 

Altitude : 295 mètres. 



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TEMPÉRATURE 


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Couvert. 


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773 


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Couvert. 


7 




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Nuageux. 


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13 


772 


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Couvert. 


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10 


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Couvert. 


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Giboulées. 


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Couvert. 


12 




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771 


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Couvert. 


13 




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772 




N.E. 


Nuageux. 


14 




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775 


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N. 


Nuageux. Brouillard. 


15 




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774 




N.E. 


Nuageux. 


16 


P.L. 


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6 


772 




N.E. 


Couvert. 


17 




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770 




N. 


Clair. 


18 







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9 


766 




N.E. 


Nuageux. 


19 




1 


— 1 


10 


764 




N. 


Nuageux. 


20 




3 


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764 


1,2 


N. 


Couvert. 


21 




—1 


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10 


770 




N.E. 


Brouillard. 


22 




3 


-3 


14 


769 




S. 


Nuageux. 


23 




7 


5 


12 


767 


8 


SO. 


Nuageux. 


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6 


5 


14 


774 




N. 


Couvert. 


25 


D.Q. 


5 


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15 


774 




N. 


Nuageux. 


26 




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10 


774 


5,3 


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Couvert. 


27 




3 


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14 


776 




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Couvert. 


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14 


776 




E. 


Nuageux. 


29 




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16 


778 




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Nuageux. 


30 




7 


5 


14 


776 




S.E. 


Nuageux. 


31 




9 


7 


15 


774 




S.O. 


Couvert. 



Les observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du aoir. 



66 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



AVRIL 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres. 



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TEMPÉRATURE 


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Giboulées. Orage à 4 h. s. 


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N. 


Couvert. 


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N. 


Nuageux. 


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N. 


Nuageux. 


11 




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N. 


Nuageux. 


15 




6 


1 


17 


770 




N. 


Clair. 


16 


P.L. 


11 


5 


19 


770 




N.E. 


Couvert. 


17 




11 


9 


20 


770 




S. 


Nuageux. Orage à 5 h. s. 


18 




8 





15 


765 


3,4 


N. 


Couvert. 


19 




4 





9 


764 




N.O. 


Giboulées. 


20 




1 





8 


762 


1,9 


N.O. 


Giboulées de neige. 


21 







-1 


9 


769 


0.5 N 


N.O. 


Nuageux. 


22 




6 


2 


14 


771 




S.O. 


Couvert. 


23 


D.Q. 


10 


3 


18 


768 




S. 


Nuageux. 


24 




9 


6 


14 


759 


2,5 


S. 


Couvert. 


25 




5 





13 


762 


2,7 


S. 


Nuageux. 


;26 




4 


2 


14 


770 




S. 


Couvert. 


27 




11 


5 


21 


770 


2,5 


S.O. 


Nuageux. 


28 




13 


9 


20 


767 




S.O. 


Nuageux. 


29 




13 


9 


21 


777 




N.O. 


Nuageux. 


^0 


N.L. 


14 


6 


23 


778 




N.O. 


Clair. 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



METEOROLOGIE 



67 



MAI 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres. 



P.Q 



PL. 



D.Q, 



N.L. 



TEMPERATURE 



LE 


MINIM 


MATIN 




17 


7 


15 


8 


19 


13 


18 


10 


17 


11 


12 


10 


10 


8 


15 


12 


20 


12 


17 


13 


18 


14 


19 


15 


10 


9 


13 


6 


14 


11 


13 


9 


16 


8 


17 


11 


18 


13 


20 


15 


21 


15 


9 


9 


9 


6 


10 


6 


13 


8 


14 


11 


14 


10 


17 


10 


13 


/ 


15 


8 


17 


14 



29 
27 
32 
27 
17 
20 
25 
32 
28 
2J 
23 
20 
21 
21 
22 
24 
28 
30 
31 
31 
JO 
15 
18 
21 
19 
24 
24 
20 
25 
27 



- 3 



779 
775 
775 
769 
768 
768 
774 
778 
773 
774 
772 
770 
772 
769 
774 
781 
785 
785 
782 
780 
775 
772 
775 
775 
776 
779 
781 
780 
775 
772 
773 



D 3 -ï 

a- z 



2,3 

2,4 

0,4 

5.7 

0,7 

41,6 
1,6 



11,6 



.ETAT DU CIEL 

REMARQUES DIVERS) S 



N.E. 

N. 
S.O. 

S. 

s. 

S.O. 
S.O. 
s E. 

S. 
SE. 
S.E. 

N. 

N. 
S E. 

O. 
NO. 

N. 

N. 
N.E. 

N. 

S. 

N. 
N.O. 
N.O. 

N. 

O. 

N. 

N. 

N. 

E 

S. 



Clair. 

Clair. 

Clair. 

Nfuageux. 

Nuageux. Orage à 4 h. s. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 

Nuageux. 

Nuageux. Or. 2 h. s. O. 

Couvert. 

Couvert. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Clair. Orage à 5 h. s. S. 

Clair. 

Couvert. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux, 

Nungeux. 

Nuageux. 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
m.axima, qui est notée à 6 heures du soir. 



68 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



JUIN 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres. 





73 


tfl 2 


TE^ 


IPÉRA 


TURE 


- 3 
7^. s 


i5 w 

D3Ï 




ÉTAT DU CIEL 




< 




LE 
MATIN 


UINIM 


MAXIM 


< Z 


J o a 

Oh Z 


> 2 


REMARQUES DIVERSKS 




1 




22 


13 


28 


773 




E. 


Nuageux. Orageà 4 h. s. 




2 




20 


12 


30 


773 


0,5 


S.E. 


Clair. 




3 




21 


14 


32 


774 




E. 


Clair. 




4 




21 


14 


30 


774 




N. 


Clair. 




b 




22 


16 


30 


770 




N. 


Nuageux. 




6 




15 


15 


25 


770 





N. 


Nuageux. 




7 


Kg 


15 


9 


17 


in 




N. 


Nu^eux. 




8 




13 


6 


19 


777 




N. 


Nuageux. 




y 




12 


lu 


22 


78a 




N. 


Nuageux. 




10 




15 


9 


2i 


782 




N. 


Nuageux. 




11 




18 


10 


28 


781 




N. 


Clair. 




12 




16 


11 


31 


777 




E. 


Clair. 




13 




2^ 


15 


31 


776 




S. 


Clair. 




14 


P.L. 


23 


13 


31 


775 




N E. 


Clair. 




lo 




21 


16 


34 


776 




N. 


Nuageux. Or. 4 h. s. E. 




16 




22 


18 


31 


771 




S.E. 


Nuageux. 




IV 




20 


17 


26 


770 




O. 


Nuageux. Orage à 5 h. s. 




18 




17 


15 


23 


773 


23 


O 


Nuageux. Orage à 5 h. s. 




ly 




17 


14 


24 


768 


24,4 


S. 


Couvert. Orage à 3 h. s. 




2U 




U 


U 


18 


767 


60,9 


SE. 


Nuageux. Orage à 4 h. s. 




21 


D.Q. 


14 


9 


24 


772 


7,3 


N. 


Nuageux. 




22 




13 


il 


22 


774 


2,6 


N. 


Couvert. 




là 




15 


13 


23 


777 


10,2 


N. 


Nuageux. 




24 




16 


15 


22 


778 




N.O. 


Couvert. 




25 




17 


14 


27 


777 




N. 


Nuageux. Or.à2h s.N.O. 




26 




21 


14 


28 


778 




N. 


Nuageux. 




21 




21 


15 


30 


778 




N. 


Clair. 




28 


iN.L. 


22 


16 


31 


778 




N. 


Clair. 




29 




22 


16 


31 


777 




N. 


Clair. 




^0 




21 


16 


31 


778 




N. 


Clair. Orage à 6 h. s. S. 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANfCE 



Les tomes [ (1888) et II (1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome Vil (1894) au prix de 
15 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant 10 trancs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XX, 
1888-1907) au prix de 250 francs. 

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Nous soinmes acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
et 1894. 

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MOULINS, rue François- Péron, n" 11 (Ancienne rue Notre-Dame.^ 



VINGT ET UNIÈME ANNÉE 1908 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 

ET DÛ 

CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIEE SOUS LX DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1908 

Troisième Trimestre 

Promenades d'un naturaliste au Mont-Dore. par M. H. du Buysson. 
— Les dolmens du Nador (Algérie), par M. Levistre. — Musciïiées 
nouvelles pour l'Allier, par M. Toubret. — Description d'une alti- 
sidé nouvelle, par M. H. du Buysson. — Le Congrès de Clermont- 
Ferrand. — Comptes rendus des réunions. — Bibliographie. — Mé- 
téorologie. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France . . 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1 èb 8 



En 1908, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier, — 26 février, — 25 mars, 
— 29 avril, — 27 mai — 24 juin — 29 juillet — 
28 octobre — 25 novembre — 30 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise^ i""*^ partie, Mollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie. Mollusques ter- 
restres, p*ar M. l'abbé Dumas. 

Le crâne de Beauîon, par M. E. Rivièrk. 

Les Lichens des environs de Mouhns, par M. Laronde. 

Nouvelles cécidologiqueSj par M. l'abbé Pierre. 

Flore carbonifère et permienne du Centre de la France^ 
par M. Berthoumieu. 

Essai bibliographique sur l'Histoire naturelle du Bourbonnais, 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicida de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Les phénomènes atmosphériques observés en bourbonnais depuis 
les temps anciens, par M. F. Pérot. 

Le Papillon Machaon, par M. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy, par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Olivier. 

L'aigle carnuthe pris pour h coq, par M. G. Bertrand. 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson. 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux. 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Le drapeau de la France, par M. Bertrand. 

Bou-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 



YiNGT-DEUX ANS APRES D 



Une promenade au Mont-Dore 



En 1885, j'avais passé les trois premiersjours de juillet 
à excursionner au Mont-Dore^ en compagnie de M. l'abbé 
Berthoumieu et de mon frère ; depuis cette époque j'avais 
toujours caressé le projet d'aller revoir ces sites ravis- 
sants de l'Auvergne qui m'avaient laissé de si bons sou- 
venirs, mais je n'avais jamais pu mettre mon projet à 
exécution. Entin, l'année dernière (1907), mon frère fai- 
sant une saison à la Bourboule, je fis effort sur mes ha- 
bitudes casanières, et je me rendis à sa bonne invitation 
d'aller passer quelques jours près de lui. 

Le soleil venait de nous gratifier de tant de jours tor- 
rides que je redoutais pour mon voyage une série de 
temps pluvieux. Le vendredi 28 juin, nous eûmes à 



oc 

<7-; 



(1) La relation de ma première course au Mont Dore a été 
imprimée dans le Naturaliste, en 1886. On y trouve beaucoup de 
fautes typograpliiques que je ne prendrai pas la peine de relever ; 
mais je dois y faire les corrections suivantes : 

1» Le Tropiphorus mercurialis signalé sous les feuilles d'un Cir- 
aium est une espèce différente de celle que Fabricius a décrite 
sous ce nom ; c'est le T. cucullatus Fauv. (Rev. d'Entom., p. 103, 
1888). Il semble vivre de la même manière que le T. obtusus Stierl. 
(tomenfosas Marsh.), espèce rare dont j'ai pris un exemplaire au 
Vernet dans les mêmes conditions et deux autres individus en oc- 
tobre et en février dans les détritus d'inondation de la Sioule, 
(J'ai rencontré aussi \e mercurialis Fabr. également sous les feuilles 
de Cirslum dans les terrains humides et argileux près de Broùt- 
Vernet. 

2° Les Orina que j'ai citées sous le nom de 0. superba Ol. se- 
raient les unes VO. gloriosa Fab, typique, les autres la var. pre- 
tiosa Fabr. 

3° C'est par inadvertance que j'ai écrit graminée en parlant des 
panaches blancs de Luzula nivea qui est une j'oncee que tous les 
promeneurs ne peuvent faire autrement que de remarquer. 

4° C'est Pyrola minor L. et non Pyrola secunda L. que nous 
récoltâmes au Capucin. Nous y rencontrâmes aussi Mulgedium 
PlumieriD.C que j'ai oublié de citer. 



70 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Broût Vernet un orage terrible, accompagné d'une grêle 
qui ravagea bien des localités ; le jour suivant fut en- 
core nuageux et couvert ; le dimanche il pleuvait toute 
la matinée et je m'embarquai ce jour-là, confiant dans le 
dicton : Après la pluie le beau temps. J'eus cet espoir, 
mais il ne dura pas longtemps. Arrivé le 30 juin dans la 
soirée, à la Bourboule, mon frère m'apprit qu'il conjec- 
turait que le temps allait se mettre à la pluie. 

Ces pronostics ne laissèrent pas de me contrarier ; ils 
se réalisèrent d'ailleurs. Le lundi, mon frère, de bonne 
heure, voulut m'accompagner jusqu'à la Roche Vendex. 
Nous fouillâmes ensemble quelques ravins et, sous les 
pierres, dans les endroits oii les feuilles de hêtre abon- 
daient, nous prîmes un certain nombre de Nebria rubri- 
pes De'}., puis que!c[ues Pterostyclius fcmoratus Dej., 
Abax ovalis Duft., parallelus Duft. et ater Nill. Quel- 
ques jolies noctuelles cachées sous les feuilles vinrent 
rompre la monotonie de la récolte. Pressé par l'heure de 
son traitement, mon frère m'abandonna en m'indiquant 
un sentier montant au milieu des sapins. Je me mis à 
fouiller les souches et je pris VElater erijthrogonus 
Mull. (1), puis le Rliyncolus [chloropus Fabr.) ater L. 
Toutes ces souches étaient trop vieilles et ne renfer- 
maient plus rien, je grimpai sur la hauteur et je me 
trouvai au milieu d'un abattis de sapins et de quelques 
hêtres. Là les souches avaient de la consistance, et les 
écorces étaient pleines de larves et de nymphes de Pis- 
sodes piceœ lUig- et de Rhizophagus dispar Payk., joli 

(1) En consultant mon travail sur les Elaterides gallo-rhénans, 
je constate que, par suite d'un oubli bien involontaire, j'ai omis de 
signaler les localités des spécimens que j'avais en collection. Or, je 
vois que je le possédais déjà du Mont-Dore de la collection Desbro- 
chers-Sénnc ,- que je l'avais pris aussi moi-même dans les monta- 
gnes du Forez, dans les souches de sapins aux sources de la Bes- 
brc et aussi à Chamonix à la Flégère, dans les premiers jours 
d'août 18U4. Il a été signalé également par M. Fauvel {Bev. d Ent., 
V. p. 29i). au Mont-Dore, Rigolet-Haut, à la Bourboule et au Lio- 
ran. M. Desbrochers le cite aussi du Lioran {Le Frelon, 1902-1903, 
p. G'<). Avant mon arrivée, mon Irère en avait déjà récolté un 
exemplaire qu'il voulut bien m'abandonner. 



UNE PROMENADE AU MONT-DORE 7i 

petit insecte commun en montagne. Çà et là, en battant 
les hêtres ou les sapins, tombaient dans mon parapluie 
de nombreux exemplaires cr' et 9 de VAthous subfuscus 
MûU. Bien que l'espèce soit très commune, elle me fit 
grand plaisir, car, pour la détermination de celle-ci, j'a- 
vais été très perplexe et finalement j'avais rectifié les 
mesures que j'avais trouvées primitivement en disant 
que ses antennes ne dépassaient les angles postérieurs 
du pronotum que de la longueur de 1 1/2 article et non 
de deux. Il ressort de l'examen d'un grand nombre 
d'exemplaires cf que chez ceux-ci les antennes dépas- 
sent généralement le pronotum de 2 articles lorsqu'ils 
sont frais et parfois de 1 1/2 article lorsque l'insecte est 
vieux et très desséché, comme le sont les sujets que 
j'avais récoltés jadis dans le Forez. Mieux vaut donc 
n'apporter aucune correction au tableau que j'ai donné 
[Elat. gallo-rhén., p. 352). Les mesures des antennes 
sont fort délicates à prendre ; mais, malgré les difficul- 
tés qu'on rencontre parfois à bien appliquer les antennes 
contre le rebord du pronotum, pour les pousser en ar- 
rière dans toute la longueur qu'elles doivent donner, 
on éprouve toujours grande satisfaction à voir combien 
ce caractère est stable et précieux pour la détermination 
de certaines espèces. Je crois donc toujours à l'homo- 
généité des races du suhfuscus MùU. et ma récolte de la 
Bourboule n'a pas été sans intérêt pour moi. 

Je battis au parapluie les branches des pins et des hê- 
tres abattus : on sait que bien des espèces recherchent les 
feuilles en train de se flétrir ; mais je ne récoltai rien de 
remarquable. La pluie avait tout lavé et forcé les insec- 
tes à chercher un abri plus sûr. Là se termina ma course 
du matin. Sur la route, je récoltai quelques Geotrupes 
[sylvaticus Panz.) stercorosus Scriba remarquables par 
leur petite taille. 

Dans l'après-midi, nous allâmes en famille à la pro- 
menade sur un coteau oîi mon frère avait récolté quel- 
ques Pœmnites œratus Muls. J'eus été bien aise de trou- 
ver la ç, mais la température avait baissé considéra- 



72 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

blement et seuls quelques mâles de Psyché atra Esp. 
volaient çà et là sur le gazon. Je me dirigeai vers un 
sentier bordé de quelques aulnes, et, en les battant, je 
fis tomber dans mon parapluie quelques Polijdrosus te- 
reticoliis de G. presque tous in copula. Je n'avais pas 
repris cette espèce depuis une excursion dans le Forez 
faite en compagnie de M. Ernest Olivier, et j'avais oublié 
sur quelle essence elle vivait. 

Je pris là aussi, à ma surprise, un Cryptorhynchus la- 
pathi L, Je pensais un instant au Cryptorhynchus verti- 
calis Faust., mais il était identique à l'espèce de la plaine. 
Puis tomba un superbe exemplaire de Sospita tigrinaL. 
var. 20-guttata L. et quelques Telejjhorus higricans, 
var. arvernicus Desbr. (1), pellucidus Fabr. etc., et Lina 
œnca L. verte et bleue, qui est très commune et rem- 
place là-haut lAgelastica alni. delà plaine. 

Nous visitâmes quelques souches de hêtre où mon 
frère avait pris, quelques jours plus tôt, un exemplaire de 
Pyrochroa pectinicornis L., mais nous ne retrouvâmes 
que le coccinea L. Le ciel se couvrit, la pluie tomba et 
après nous être abrités quelques instants sous le pcnt 
du funiculaire, nous redescendîmes à la Bourboule. 

Le lendemain, me basant sur la hausse du baromètre, 
je m'embarquai vers sept heures en chemin de fer pour 
le Mont-Dore. Ce mode de transport si préférable aux 
diligences d'autrefois est de toute commodité pour les 
excursionnistes : en quelques minutes on est transporté 
au Mont Dore et on peut aborder ensuite à pied des al- 

(1) Cette variété rappf'lle exactement la coloration du T.albo- 
marginafus Mark., mais la bordure périphérique du pronotum est 
jaunâtre e1 bien plus large surtout sur les cotés ; les tibias posté- 
rieurs sont entièrement testacés, même sur leur arête supérieure, 
et la coloration jaune de l'épistome remonte bien plus haut entre 
les antennes ; les crêtes surantennaires sont bien mieux marquées. 
La pubescence des élytres est analogue, mais elle est bien plus 
grosse sur la lète et même le pronotum que chez Valbomarginaius 
avec lequel on est porté à la confondre. En un mot, c'est la var. p de 
M. Bourgeois, et la var arvernicus Desbr. [in ?nus). M. Bourgeois 
m'écrivait qu'il se pourrait bien que ce fût le discoïdeus de Ste- 
phens. 



UNE PROMENADE AU MONTDORE 73 

titudes plus élevées. Les nuages étaient bas, et, plus je 
montais plus ils s'épaississaient. J'avais envie de reve- 
nir sur mes pas, mais la fièvre de l'excursion me pous- 
sait et je pris le funiculaire du Capucin. Autrefois on mon- 
tait là à pied mais aujourd'hui la découverte d'un sentier 
exige même des recherches minutieuses ; on vous amène 
au funiculaire malgré vous et vous vous laissez tenter 
par la facilité du transport, surtout un jour de pluie. 
D'une marche fort lente il vous conduit au Salon du Ca- 
pucin. Ce lieu jadis désert est aujourd'hui le rendez-vous 
de tout le monde élégant de la ville d eau. On y a ins- 
tallé un restaurant, des jeux les plus variés et un tir 
aux pigeons. Novices qui allez par là, lisez bien votre 
ticket de funiculaire, vous y verrez que si vous laissez 
passer l'heure de 10 h. d/2 il vous faudra encore payer 
pour redescendre. On va là en compagnie et l'on ne lit 
pas toujours ce qui est imprimé sur ce petit bout de car- 
ton. Que de gens doivent s'y laisser prendre comme cela 
m^est arrivé. Par le temps abominable qu'il faisait, je 
fis bien piètre récolte ; il fallait être un naturaliste 
acharné pour sortir par une pluie pareille. Sous les pins, 
je battis cependant quelques sorbiers qui me donnèrent 
Gonioctena 5-punctata F. et ses variations diverses. 
Sur Senecio cacaliaster , pins abondant en cet endroit 
que ï Adenostyles alhifrons, je vis des quantités d'Oreina 
cacaliœ Schrank., mais un seul exemplaire, par sa bande 
d'un rouge cuivreux mat, retint mon attention, puis 
deux exemplaires seulement de ÏOreina nigrina Suff.(l). 
Là encore les souches de pin foisonnent partout, mais 
peu sont dans un état qui permette d'y trouver des es- 
pèces intéressantes. 

La tourmente me prit tout près du sommet du Capu- 
cin, à un endroit oîi un écriteau avertit le touriste que, 
par un sentier comme par l'autre, il y a fr. 25 à solder 



(1) A la cascade du Serpent, j'avais récolté en 1885 la variété 
noire de l'O. cacaliœ que M. Weise a décrite sous le nom de nuhi- 
gena ; je l'avais prise également dans les montagnes de Courgoul. 



74 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

en passant plus loin pour escalader le Capucin du côté 
où il est abordable au commun des mortels. Jadis, nous 
n'avions suivi ni les chemins, ni les sentiers ; mon frère 
et l'abbé Berthoumieu étaient venus là pour la récolte 
des mousses, des hépatiques et des lichens, nous avions, 
les uns et les autres, vingt années de moins et le sang 
plus chaud. Mais tout seul et moins enthousiasmé 
qu'alors, je reculai devant un bain complet, je cherchai 
les sentiers et redescendis à pied au Mont-Dore, gardant 
dans ma poche (pour mon instruction personnelle) le 
coupon de mon ticket de retour. 

On m'a dit que le gardien du funiculaire avait une pe- 
tite collection d'insectes et qu'il en cédait volontiers des 
spécimens aux amateurs ; je l'ai su trop tard et je n'ai 
pu voir ce qu'il pouvait bien écouler aux ingénus. 

En redescendant, je me perdis dans tous ces lacets 
fort bien entretenus : c'était là que j'avais récolté en 
grand nombre la Nebria ruhripes Dej. Ces sentiers 
bien aplanis et sablés ont absolument changé la prome- 
nade et le naturaliste n'y trouve guère à glaner ; il doit 
affronter les éboulis s'il veut dénicher quelques bonnes 
bestioles. 

Faute d'insectes, je me mis, à l'abri de mon parapluie, 
à arracher quelques Scilla lilio-hyacinthus L. qui abon- 
dent en ces parages, surtout à hauteur du point termi- 
nus du funiculaire. J'ai toujours ici, dans mon jardin, 
cette plante récoltée en 1885, au même endroit et par un 
temps analogue ; elle fleurit tous les ans et évoc^ue en 
moi le souvenir de ces sites si pittoresques. Celles que 
j'ai rapportées cette année sont plantées dans des mas- 
sifs à une autre exposition et j'espère quelles s'y con- 
serveront tout aussi bien. 

Telle fut ma promenade au Capucin en 1907 ; elle fut 
agréable malgré ce vilain temps et, au restaurantdu Ca- 
pucin, une bonne tasse de café bien chaud et un verre 
de bénédictine me firent particulièrement plaisir. Il y a 
des trains environ toutes les heures pour le retour à la 
Bourboule ; je regardai ma montre et je dégringolai par 



UNE PROMENADE AU MONT-DORE 75 

derrière un hôtel pour prendre le chemin de la gare. Je 
fis cette course en pardessus, c'est dire combien la tem- 
pérature était peu clémente. 

De retour à la Bourboule, mon frère me fit part d'une 
remarque qu'il avait faite. « Quand tu es venu, me dit-il, 
j'avais trouvé l'eau de la source, que je bois, bien plus 
chaude que de coutume ; j'ai observé que c'est toujours 
le prélude d'un changement de temps et, en effet, diman- 
che soir et aujourd'hui, nous avons de la pluie en abon- 
dance. Mais, ce matin, Veau a repris sa température 
normale ; j'espère donc qu'il fera beau demain ; la dé- 
pression barométrique se relève également. » Il fut dé- 
cidé que, ce jour- là, j'irais dès l'aube au Mont-Dore, que 
je visiterais le ravin de la Grande Cascade et que, reve- 
venant par le Sancy, je trouverais mon frère et sa fa- 
mille dans la vallée, sur la route qui va à la Cascade 
d'Enfer. A mon réveil, je fus enchanté de voir nos pré- 
visions se réaliser, le vent chassait les nuages, et le ciel 
se nettoyait. Arrivé au Mont-Dore, le ciel était clair 
mais le vent froid et je me hâtai d'aborder le ravin de 
la Grande Cascade, oîi je trouvai un excellent abri con- 
tre la bise. C'est au bas de ce dédale de rochers sur des 
plants de Rumex quejadis j'avais récolté Hypera arver- 
nica Bris. ; je ne fus pas assez heureux pour la repren- 
dre. Toute recherche fut vaine et je me mis à battre les 
Salix. Une pluie de Luperus pyrenœus Germ. tomba 
dans mon parapluie et au milieu d'eux quelques Gijnan- 
drophtabna fiavicollis Charp. Je pris encore deux ou 
trois Ancystronycha abdominaiis Fahr. \ar. passeriana 
Gredl. et un exemplaire de violacea Payk., puis quel- 
ques Telei'horus tristis Fabr. et obscurus L. ; les petits 
Rhagonycha femoralis BruU. et morio Kiesw. étaient as- 
sez abondants. En continuant à battre saules et aulnes, 
je trouvai deux exemplaires de Saperda scalaris L. Les 
oseilles étaient dévorées par le Gastrophysa raphani 
Hbst., espèce commune que je ne rencontre pas à Broùt- 
Vernet, mais que mon frère trouve en Maine-et Loire, à 
Saint-Remy-la-Varenne. 



76 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

J'oubliai de rechercher un petit staphilinide rare in- 
diqué par M. Fauvel à la Grande-Cascade {Rev. d'Ent., 
V, p. 285), petite espèce flave et brachyptère qu'il prit 
en secouant les mousses à peine humides. D'ailleurs 
l'humidité étaitencore excessive, et j'avais laissé à l'hôtel 
comme inutiles le tamis et la nappe que j'avais apportés 
de Vernet. 

Je montai peu à peu jusqu'à la Cascade et je pris la 
rampe de fer pour gagner le sommet du rocher. Les 
herbes yétaientfort mouillées, et, où j'avais filoché jadis, 
je ne trouvai que des gazons rasés. Là comme dans la 
plaine la froidure du printemps avait arrêté la pousse 
des graminées qui n'avaient atteint que la moitié de leur 
hauteur habituelle. Je cherchai en vain à racler les ai- 
relles, les brins en fleur de Mewn mustelina Gaertn., 
je ne récoltai que quelques larves chétives d'Ortho- 
ptères ; sur un Thalyctrum je capturai deux ou trois 
Cryptocephalus margmellus 01. 

J'avais pris chaud pour faire cette ascension ; je hâtai 
le pas pour me donner du mouvement et je m'achemi- 
nai alertement jusque vers le roc de Cuzeau. Le vent me 
prenait de flanc, il était glacial, car il m'apportait la tem- 
pérature des ravins d'en face encore garnis de neige. 
Aucun insecte n'était sorti, je me sentais glacé et renon- 
çant à m'aventurer plus loin, je pris sur la gauche et 
je gagnai un plateau où le froid se faisait un peu moins 
sentir. Je n'y trouvai rien à prendre que quelques tu- 
bercules de Lis martagonei de Narcissus pseuclo iiarcis- 
sus. Il faisait un pâle soleil et je fus fort surpris, à cette 
altitude, d'entendre chanter non loin de moi deux cail- 
les qui certes ne devaient pas y vivre de froment. Quelle 
était la nourriture de ces pauvres volatiles ? Je l'ignore. 
Dans tous les cas il faut croire que la station était à leur 
convenance, car elles avaient des ailes pour choisir un 
autre séjour si cela leur convenait mieux. 

Je revins à la Grande-Cascade et, au lieu de suivre les 
lacets des promeneurs, je m'aventurai dans les éboulis 
etj'explorai les plantes qui me venaient jusqu'à la cein- 



UNE PROMENADE AU MONT-DORE 77 

ture. Tout était d'une fraîcheur incomparable, le soleil 
chauffait doucement et je pris alors quelques Liophlœus 
atricornis Desbr. tantôt sur une plante, tantôt sur une 
autre. Sur les scabieuses s'accouplaient les Agapanthia 
violacea F. et elles s'y montraient assez abondantes ; 
mais il fallait les saisir lestement à l'aide d'une pince, 
au moindre mouvement elles se laissaient choir et de- 
venaient introuvables. A côté d'elles, je pris plusieurs 
exemplaires d' Agapanthia pyrcnaa Bris., mais toujours 
sur les feuilles du Chœrophyilumaureinn L., croissant 
çàet là, côte à côte avec les Adenostyles et les Knautia. 
En somme je ne trouvai rien de particulièrement rare, 
je descendis rapidement dans la vallée sur la route du 
Mont-Dore, où je rencontrai mon frère qui venait à ma 
rencontre. Ensemble, nous nous mîmes à soulever les 
pierres sur la pelouse le long de la route qui va aux 
Durons, nous récoltâmes de la sorte quelques Bary- 
notus illœsiro&trisYoÀvm., deux Oliorhynchus riigifrons 
et Harpalus lœvicoUis (1). 

A l'entrée des bois de sapins, mon frère avisa un sor- 
bier dont les feuilles étaient fortement endommagées, 
il tomba une nuée d'un Polydrosus que je reconnus 
pour être ïarverniciis Desbr. (2). 

Entre les pierres que nous avions soulevées, mon frère 
fit une trouvaille très intéressante : il découvrit une 
pupe d'Œstre du bœuf contenant la larve bien vivante 
qui certainement parviendra à l'éclosion. 

Sur les bords de la route, j'arrachai quelques plants 
de Centaurea ir.ontana L. aux grandes fleurs bleues 



(1) Je profite de l'occasion pour signaler la capture que mon 
f-ère fit. en 1897, de plusieurs exemplaires de VOliorhynchus helve- 
ticus Boh., les uns le 24 juin, sur les pentes du Puj'-de-Dôme, 
les autres en juillet à Pont-de-l'Arbre, entre Orcine et le puj de 
Dôme. C'est une espèce intéressante à signaler pour la faune 
française. 

(2) L'espèce de M. Desbrochers a été réunie dans la suite à P. pi- 
losus Gredl. qui n'est pas rare en Autriche et en Allemagne, et ce 
nom a la priorité. 



78 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

pour les transplanter en Bourbonnais et essayer leur 
culture à une altitude moins élevée. 

A la Bourboule, sur l'avenue de la gare, le long de la 
Dordogneje vis à mes pieds, marchant lentement, un 
gros Molytes germanus L, : ce fut la dernière bestiole 
que je récoltai et le lendemain j'étais de retour à Broût- 
Vernet, regrettant que le beau temps ne m'eût pas permis 
d'aller jusqu'au Sancy, reprendre l'Orina nivaiis Sufr. 
sur les Meum et sur les graminées, et le Corymbites Pu- 
toni Desbr. , rencontré également sur les graminées, dans 
les hauteurs de la vallée de Chaudefour, duroc de Cuzeau 
et au-dessus de la Grande-Cascade. 

Cette année-ci, les neiges étaient encore en abondance 
dans les ravins des sommets, et le froid avait considé- 
rablement retardé la végétation. La majeure partie des 
Oreina cacaliœ si abondantes sur les Adcnoslylcs étaient 
encore à l'état de larves. 

Le dimanche qui suivit mon départ, le 7 juillet, mon 
frère profita d'une belle journée pour monter enfin au 
Sancy ; en passant devant le Sorhus aucuparia L , dont 
les feuilles étaient absolument dévorées par les Polydro- 
sus arvernicus Desbr., il en fit ample provision. Dans 
les lacets qui montent au Sanc}', il eut la bonne fortune 
de capturer un magnifique exemplaire du rare Hypcra 
arvernica Cap., qui se promenait à la recherche de je 
ne sais quoi. 

J'oubliai de dire qu'à la Bourboule, à la fin de juin, il 
avait pris au vol le rare Tachynus elongatus G3'-ll. 

Cette année, ni l'un ni l'autre nous n'avons pu repren- 
dre le chemin de l'Auvergne et nous remettons à une 
autre année quelques excursions nouvelles dans ce petit 
paradisdes entomologistes. 

H. DU BUYSSON. 



DOLMENS ET STELES FUNERAIRES 79 

DOLMENS ET STÈLES FUNÉRAIRES 

Des environs de Duvivier (Algérie) 



STATION DU NADOR 

La Société archéologique de Constantine a fait connaî- 
tre, dans le 22® volume de sa collection (année 1882), les 
monuments préhistoriques des environs de Constantine. 
M. Féraud, interprète de l'armée d'Afrique, a fouillé en 
1863 quelques-uns des dolmens de Ras-El-iVïn-Bou-Mer- 
zoug, situés à 35 kilomètres de Constantine, sur la rive 
droite de la vallée de l'Oued Bou-Merzoug. 

L'émotion provoquée par ces découvertes inattendues 
fut telle qu'Henri Martin n'hésita pas à aller en Algérie 
pour étudier des monuments qui promettaient d'éclairer 
d'un jour nouveau l'obscur problème des origines ethni- 
ques. 

M. Jullien, alors capitaine au V^ zouaves, publia, dans 
le recueil de la Société archéologique du département de 
Constantine (22® volume, pages 214 et suivantes), le 
compte-rendu de ces excursions. Le 26 mars 1881, les 
explorateurs visitaient les dolmens de Bou-Nouara, à 
32 kilomètres de Constantine. 

Le type général des monuments de cette station est 
un dolmen formé de quatre dalles verticales laissant dans 
leur intervalle une chambre rectangulaire recouverte 
d'une table horizontale. Le caveau funéraire ainsi cons- 
titué est entouré d'un ou de plusieurs cercles de pierre. 
M. Jullien signale comme particularité des enceintes à 
assises : « Pour donner, dit-il, aux plates-formes des 
« monuments établis sur des pentes rapides une surface 
« à peu près horizontale, les cercles ont été construits 
« en murailles formées de blocs disposés en assises » 

La journée du 27 mars 1881 fut consacrée à la visite 
des nombreux monuments snégalithiquee du Djebel- 



80 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Merah et de Ras-El-Aïn-Boii-Merzoug. M. Jullien a vu, 
dans cette dernière station, certains tombeaux dont les 
tables mesurent 4 x S"', sur 0"50 d'épaisseur. Quelques- 
uns de ces dolmens ont été fouillés par M. Féraud qui 
y découvrit des squelettes à attitude repliée, des frag- 
ments d'une poterie grossière et plusieurs anneaux de 
cuivre. 

Il m'a paru digne d'intérêt de rapprocher ces dol- 
mens des monuments analogues qu'on trouve dans la 
partie inférieure de la vallée de la Seybouse. 

Durant mon séjour à Duvivier (département de Cons- 
tantine), j'eus tout le loisir d'étudier les nombreuses 
antiquités de la région, en compagnie du docteur Chas- 
saigne, dont mon amitié déplore aujourd'hui la mort 
prématurée, et nous avions pensé qu'il ne serait peut- 
être pas inutile d'appeler l'attention des savants sur des 
monuments aussi intéressants que peu connus. 

Non loin de la gare du Nador se déploie une plaine 
de médiocre étendue qui aboutit aux gorges pittores- 
ques au fond descpielles coule la Seybouse. 

C'est en cet endroit, sur la rive gauche de la rivière, 
que se trouve une importante nécropole dolméni(|ue. 

En général, les tombeaux sont assez rares dans les 
champs d'alluvion c[ui s'étendent autour de la gare ; 
on les rencontre de préférence sur les flancs escarpés 
de la montagne, ù l'étranglement du couloir des gorges. 
J'incline h penser que les tribus préhistoriques enter- 
raient volontiers leurs morts dans des lieux d'accès dif- 
ficile. La religion, qui sanctifiait les tombeaux, invitait 
les hommes primitifs à prendre toutes les précautions 
imaginables pour les rendre inviolables. Pour cela, il 
fallait les dérober à la curiosité profane et les soustraire 
aux chances de destruction qui les auraient infaillible- 
ment menacés dans des lieux trop unis et trop propi- 
ces h la culture. 

Quoi qu'il en soit, les sépultures préhistoriques des 
gorges du Nador ont dû à la sauvagerie du site de de- 
meurer généralement intactes jusqu'à ce jour, sinon 



DOLMENS ET STELES FUNERAIRES 81 

complètement inconnues des archéologues. Seuls parais- 
sent avoir été fouillés les dolmens les plus voisins de 
la gare, dont quelques-uns sont de dimensions colossa- 
les. L'un d'entre eux attire particulièrement l'attention ; 
il se compose d'une fosse fermée par des dalles dont la 
paroi intérieure a été dégrossie et polie ; la table de 
couverture est un bloc de grès ferrugineux qui mesure 
12 mètres carrés de surface sur 1 mètre d'épaisseur. 

On se demande avec une sorte d'effroi par quels ou- 
tils et par quels moyens de telles masses ont pu être 
taillées, remuées et soulevées. 

Ces tombeaux cyclopéens sont légion ; ils se multi- 
plient à mesure qu'on avance dans la profondeur des 
gorges ; ils bossuent le relief de la montagne de leurs 
formes étranges et variées. Les uns ressemblent à d'é- 
normes champignons ; d'autres dressent obliquement 
vers le ciel leur dalle de couverture ; plusieurs sont en- 
core complètement enfouis et se dissimulent modestement 
sous leur couvercle de pierre. La contrée apparaît com- 
me un vaste ossuaire où dorment, avec la cendre des 
générations anonymes, les secrets d'un passé impéné- 
trable. A l'endroit le plus resserré de la vallée et le plus 
étranglé do la gorge, les pentes devenant de plus en 
plus abruptes, la montagne a été taillée en gradins : 
de la base au sommet s'étagent des plates-formes arti- 
ficielles qui sont autant de cimetières. 

Ces terres-pleins sont ordinairement circulaires ; quel- 
ques-uns sont elliptiques ; tous s'appuient sur un soutè- 
nement en pierres sèches de style tout à fait cyclopéen 
et abritent en leur centre un dolmen enfoui et intact, 
flanqué parfois d'une rangée circulaire de sépultures 
de moindre importance. 

Tous ces tombeaux ont été construits à grands frais 
et à grand renfort de bras. Il a fallu édifier les tourel- 
les de pierres sèches, établir avec soin les plates-for- 
mes, entourer les esplanades d'un mur d'enceinte pro- 
tecteur destiné à prévenir les éboulements, extraire les 



82 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

blocs de la carrière, les transporter et les hisser au 
prix d'efforts surhumains. 

Tant de peines et de soins pour des tombeaux attes- 
tent chez la race qui les dressa une pieuse sollicitude 
pour ses morts, et par conséquent des croyances reli- 
gieuses élevées. De vulgaires sauvages se seraient cer- 
tainement donné moins de mal pour conserver une dé- 
pouille méprisée et destinée à un éternel néant. Ces 
travaux gigantesques attestent aussi chez ces tribus l'u- 
sage des métaux et d'une mécanique aui^si puissante que 
perfectionnée. 

Ces sépultures sont encore intactes ; c'est une circons- 
tance heureuse et en même temps trop rare pour qu'on 
ne la mette pas à profit. Je me proposais d'en fouiller quel- 
ques-unes, lorsque je dus changer de résidence et ajour- 
ner ainsi à plus tard l'exécution de ce projet. Je sou- 
haite, dans l'intérêt de la science préhistorique, que les 
fouilles des dolmens du Nador soient exécutées au plus 
tôt. Je suis persuadé qu'on n'aura pas lieu de regretter 
le temps et l'argent (]ui y seront consacrés. 

STATION DE L'OUED FRARA 

L'Oued Frara est une halte située à 10 kilomètres 
en aval de Duvivier, sur la voie ferrée du Bônc-Guclma. 
C'est non loin de là que se trouve la station dolménique 
de la Zaoûal-el-Guela'a. A mi-flanc d'un mamelon es- 
carpé que contourne la Seybouse, deux vastes enceintes 
dessinent l'emplacement d'une sorte de camp retran- 
ché. Le sommet de l'émincnce porte les vestiges d'un 
fortin rectangulaire qui devait constituer le réduit cen- 
tral de la défense. Tout le retranchement est formé de 
blocs bruts attenant au sol, dont les intervalles sont 
comblés par un enchevêtrement de grosses pierres sè- 
ches. On ne voit nulle part trace de mortier. Les dol- 
mens sont tous situés en dehors de l'enceinlc extérieure. 
J'en ai compté environ une centaine. La plupart sem- 
blent avoir été fouillés ; quelques-uns sont même dé- 



DOLMENS ET STELES FUNERAIRES 83 

couronnés de leur table de couverture. En général, leurs 
dimensions sont exiguës ; la fosse intérieure ne me- 
sure environ qu'un mètre carré de surface, ce qui laisse 
supposer que les corps y étaient placés dans l'attitude 
accroupie, les genoux louchant le menton. Ces sépultu- 
res étaient, à l'origine, enfouies en terre ; mais comme 
elles se trouvaient situées sur un terrain en pente, les 
eaux pluviales ont sensiblement dénudé le sol et dé- 
chaussé les tombeaux ; c'est ainsi que les dolmens sont 
peu à peu sortis de terre et paraissent en certains pays 
avoir poussé à la manière des champignons. 

Ces tombeaux appartiennent très probablement à la 
race libyenne, dont les Berbères sont les actuels repré- 
sentants. Hérodote raconte que les Libyens inhumaient 
leurs morts comme les Grecs, sauf les Nasamons, tribu 
nomade qui habitait aux alentours de la Grande Syrte 
et de l'oasis d'Augila, aujourd'hui Audielah, en Tripo- 
litaine. « Ceux-ci, dit l'historien, enterrent leurs morts 
« assis, ayant bien soin, quand l'âme d'un des leurs s'é- 
« chappe, de mettre le mourant sur son séant et de ne 
« point le laisser expirer sur le dos. » (Histoires, iv, 115.) 

Selon Diodore de Sicile (v, 18) les Troglodytes Muga- 
bares, autre nation bibycnne, garrottaient les cadavres 
avec des branches de Paliurus, de façon à attacher le cou 
aux cuisses ; ils les exposaient ensuite sur une colline 
et leur lançaient en riant de grosses pierres jusqu'à ce 
que les corps en fussent entièrement couverts. 

Les découvertes faites dans les dolmens d'Algérie prou- 
vent que la coutume d'cnlcrrer les morts dans l'altitude 
repliée n'était pas particulière aux Nasamons et aux Tro- 
glodytes Mugabarcs, puisque M. Féraud a trouvé des 
squelettes assis dans les dolmens de Bou-Merzoug ; vers 
la même époque, le général Faidherbe découvrait, dans 
la nécropole de Roknia jusqu'à huit cl dix squelettes 
assis sous un même dolmen. 

Des squelettes accroupis ont été découverts au Mexique 
par M. Villet d'Aoust ; on rencontre aussi au Pérou et 
en Bolivie de nombreux caveaux funéraires dans lesquels 



84 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

les squelettes sont placés assis en cercle, les jambes al- 
longées en dedans, comme les rayons d'une roue. On di- 
rait un conciliabule de momies. Ces sépultures, dites 
huacas, sont attribuées aux anciens Aymaras. 

Des squelettes à attitude repliée ont été trouvés éga- 
lement en France, dans plusieurs dolmens et allées cou- 
vertes. 

Si je ne m'abuse, la sépulture dolménique abritant un 
ou plusieurs squelettes accroupis, devient, par le té- 
moignage de l'histoire et des faits, la caractéristique de 
la race libyenne, fille de l'égyptienne. Or, d'après la 
Bible, les Libyens descendent de Laabim, fils de Mes- 
raïm, ancêtre des Egyptiens. Mesraïm était lui-même 
frère de Chanaan, fils de Cham. Je n'avais donc pas tort 
d'attribuer à une race chamitiquc les monumments ar- 
golithiqucs : dolmens, menhirs, cromlechs et pierres à 
bassins (1). 

L. Levistre. 



Musciiiées peu communes ou nouvelles 

DU DÉPARTEMENT DE L'ALLIER 



Ephemerum stellatum Piin . Cette espèce a été décou- 
verte en 1879, dans les bois de Bruailles (Saône et-Loire). 
par Philibert, qui en a donné la description. Elle a été 
récoltée depuis en Angleterre, par M. Nicholson,et dans 
un grand nombre de localités d'Eure- et- Loir et de Seine- 
et-Oise, par M. Douin, professeur au Lycée de Chartres, 
auteur dune étude détaillée sur cet Ephemerum et sur 
les Ephemerum européens [Builelin de la Société hola- 
nique de France, 1907). 

Sur les indications de M Douin. qui a bien voulu 



(i) Les monuments de pierre brute de la région du Montoncel et 
les Pierres Jomathres, par L. Levistre. In-8', MouUns, 1901, Et. 
Auclaire. 



MUSCINÉES PEU COMMUNES OU NOUVELLES 85 

déterminer mes récoltes, j'ai recherché ÏEph. stellaturn 
pendant l'hiver de 1907-1908. Je l'ai trouvé dans deux 
stations de la forêt de Mulnaj, commune de Trevol : 
1° sur la terre argilo-siliceuse humide, dans les parties 
un peu dénudées du chemin des Rebys (novembre 1907) ; 
2° sur la terre argileuse, parmi les graminées, dans une 
allée de la forêt, près de la route de Moulins à Bornes 
(janvier 19G8). Je n'ai pas réussi à récolter VEphemerum 
steno-phyUiim, var. hrevifolium Schp., qui accompagne 
presque toujours VEph. stellatian dans les échantillons 
provenant de la région parisienne. 

D'après M. Douin, VEph. stellaturn est probablement 
répandu dans beaucoup de régions, mais il échappe aux 
recherches, par suite de sa petitesse extrême (0"'™, 15 à 
l'"'",50). 

Il croît sur les terrains argileux ou argilo-siliceux. au 
bord des chemins et des sentiers des bois. Il est fré- 
quemment associé aux espèces suivantes : Ephemerum 
serratum, Acaidon muticum, Archidium alter72ifolium, 
Weisiaviridula, Ceratodon piirpureus, etc.. Floraison : 
octobre-novembre ; fructification : février, mars et com- 
mencement d'avril. 

Madotheca porella Nées. Cette hépatique n'est pas 
indiquée dans le catalogue de MM. Berthoumieu et du 
Buysson. Elle a été récoltée au Breuil, sur des racines, 
dans la Besbre, par mon collègue et ami M. Brun. La 
détermination de cette plante a été vérifiée par M. Douin. 

Hypnura cordifolium Hedw Existe dans tous les 
étangs de la forêt de Muinay. Il fructifie abondamment 
dans le « Grand Etang de Muinay », parmi les touffes 
de Sphaignes. 

Hypnum Schreberi Willd. Fructifie très communément 
dans la forêt de Muinay. J'en ai récolté de grandes 
quantités sur le talus de la route de Moulins à Dornes, 
à environ un kilomètre de la maison forestière, en mars 
et avril 1908. 

Hypnum cupressiforme L., var. imbricatum Boulay. 
Sur un tronc d'arbre, dans les bois de La Lizolle. 

6 



86 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Hypnum molluscum Hedw., d= var, Winteri Boulay. 
Sur la terre silice argileuse provenant de la décompo- 
sition des micaschistes ; talus de chemin à La Lizolle. 

Hypnum Kneiffii, var. pungensH. Muell. Cette variété 
est commune dans les mares et les étangs de T revol, où 
elle se présente sous des formes variables : robustes, 
grêles, effilées. 

Amblystegium radicale Br. eur. Sur des pieux, dans 
un ruisseau, aux Réaux, commune de Trevol ; mai 1906. 

Buxbaumia aphylla L. Sur un coteau stérile. Le 
Breuil. 

Aulacomnium palustre Schw^. Fertile au bord du 
« Grand étang de Mulnay », près du chemin des Rebys. 

Hedwigia ciliata Ehh., var. secunda Schp. Sur les 
rochers siliceux ombragés, dans les bois de La Lizolle. 

Dicranum spurium Hedw. Sur un coteau dénudé et 
dans un bois de sapins, où il couvre le sol sur une grande 
étendue. Le Breuil, 

Weisia mucronata Br. eur. Sur la terre argileuse du 
chemin des Duriers, dans la forêt de Muinay, commune 
de Trevol. 

Archidium alternifolium Scup. Commun et fertile sur 
la terre silico-argileuse de plusieurs chemins à Trevol et 
dans les allées de la forêt de Muinay. 

Chiloscyphus polyanthus Cokda, var. rivularis. Va- 
riété commune sur les pierres submergées, dans les 
ruisseaux de la Ganne et de la Veauce ; bois de La Lizolle. 

Madolheca obscura Boui.ay. Diffère de M. lœvigata 
DvM par sa teinte plus foncée passant au noir, par ses 
rameaux moins nombreux et moins étalés et par le lobe 
supérieur des feuilles presque entier. Sur un rocher 
siliceux humide, parmi les mousses. Le Breuil. 

Trichocolea tomentella Dum. Récoltée en assez grande 
quantité sur un rocher siliceux humide et au bord d'un 
ruisseau parmi les Sphaignes. Le Breuil, 

Aneura sinuata Dum. Aneura pinnatifida Nées Sur la 
terre argileuse humide, dans un bois marécageux. Le 
Breuil. 

G. TOURRET, 
Instituteur adjoint à TrcTol. 



UNE NOUVELLE ESPECE d'aLTISIDE 87 



UNE NOUVELLE ESPÈCE D'ALTISIDE 



THYAMIS CANINE du Buyss. 

Dans les premiers jours du mois d'août 1907, j'ai trouvé 
très abondamment aux bords de l'Allier, près de Cha- 
zeuil, et exclusivement sur les plants de Scrophidaria 
canina, une altiside nouvelle du genre Thyamis Steph., 
dont je reproduis ici la description. (V. Miscell. ent. XV, 
juillet 1908). 

Thyamis caninae nov. sp, — Oblongo ovata, pallide 
rufa; sutura concolore niicante, veL auguste ferruginea; 
fronte ferrugineo, labro et sœpe epistomale nigris ; tho- 
race nitente , longitudine vix dupliciter latiore, leviter 
punctato ; elytres viinute et inordinate punctulatis ; ah- 
domine pedihusque ferrugineis, femoribus posticis fer- 
rugineis. Abdominis segmenta idtimo non utrinque di- 
latato, nec subelevato, in medio longitudinaliter cana- 
liculato, summo apice triangulariter emarginato cT, 
integro 6 , usqne ad summum arcuatum. et regulariter 
perfecto ; cf9 alati. Long. 3 3,5 niiil. Lat. 1,5-2 mill. 

Cette espèce se distingue de Thyamis pallensYouàr. 
par laformetrès différente du dernier segment ventral; de 
T. nigrofasciata var. patruelis AU , par sa ponctuation 
abdominale beaucoup moins grosse et ses antennes plus 
robustes, nettement moins grêles, surtout sur les pre- 
miers articles. 

Elle ressemble aussi à T. crassicornis Foudr., mais 
chez celle-ci le dernier segment abdominal du (f est ter 
miné comme chez la Ç, le premier article des tarses an- 
térieurs est plus large, les antennes encore plus épais- 
sies ; puis la différence de ponctuation des élytres enlève 
tous les doutes. Cette espèce éclôt dans les premiers 
jours du mois d'août. 



88 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

M. Sainte-Claire-Devillel'a capturée aussi à cette même 
date au Bec d'Allier (Nièvre) et également sur Scrophu- 
laria canina. 

Henry du Buysson. 



CONGRES DE CLERMONT-FERRAND 



Le 37« Congrès de l'Association française pour l'avan- 
cement des sciences s'est ouvert à Clermont, le lundi 
3 août, par une séance solennelle au théâtre de cette ville, 
sous la présidence de M. Appelle membre de l'Institut, 
en présence d'un grand nombre de savants français et 
étrangers. 

Le soir du même jour, le Conseil municipal recevait 
les congressistes dans la grande salle de Ihôtel de ville 
splendidement décorée et les savants firent honneur au 
buffet copieusement garni, tout en applaudissant au 
concert donné par des artistes de talent. 

Le mardi, des communications nombreuses et impor- 
tantes furent faites dans toutes les sections, installées 
chacune dans un local distinct, et le groupe des archéo- 
logues, sous la direction de M. du Ranquet, visita la 
cathédrale et les monuments de Clermont et de Mont- 
ferrand. 

Le mercredi eut lieu une excursion générale au Puy 
de Dôme, sous la direction de M. Glangeaud, professeur 
de géologie à la Faculté, qui, avec une haute compétence, 
expliqua sommairement sur les lieux les phénomènes 
volcaniques d'éruption qui produisirent la chaîne des 
Puys, phénomènes qu'il décrivit in extenso le lendemain 
soir, devant une brillante assistance, dans une conférence 
applaudie sur la genèse et l'évolution des volcans d'Au- 
vergne. 

Le samedi eut lieu l'assemblée générale de clôture, et 
le congrès se termina par une excursion de trois jours. 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 89 

pendant lesquels M, Glangeaud voulut bien servir de 
guide à La Bourboule, au Mont-Dore, à Murols, Saint- 
Nectaire et Issoire. 

Le congrès de l'Association coïncidait avec le cente- 
naire de l'Ecole de médecine, dont l'anniversaire fut célé- 
brée par une séance solennelle où siégeaient des délégués 
•de toutes les facultés de médecine de France et plusieurs 
docteurs étransers. 



rtéunion soieixtifi<ixxe du. BoixrTbonnals 



Réunion du 24 Juin iço8 

— M. Tourret, de Trevol, écrit en exprimant ses regrets 
de ne pouvoir assister à la réunion de ce jour. 

— Orohanche hederœ. — M. Michel des Ligneris a trouvé à 
Bressolles, près Moulins, trois pieds d'Orobanche hederœ Du- 
by poussant sur Fatsia japonica Dcne et PL, araliacée com- 
munément cultivée dans les serres et appartements. Cette 
plante est parasite sur le lierre, et il est extraordinaire de 
la rencontrer sur une autre plante. Cependant VOrobanche 
minor, parasite ordinaire du trèfle, a été constaté sur Pelar- 
gonium zonale. Ce serait donc un sujet d'erreur de déterminer 
les Orobanches uniquement d'après leur hôte. L'O. hederœ 
existe dans tout le Sud-Ouest de la France (Gren. et Godr.), 
en Espagne, en Belgique, en Angleterre, en Piémont (Lecoq). 
Dans le département de l'Allier, il n'est signalé que dans 
l'arrondissement de Montluçon, près de cette ville aux bords 
du Cher et à Lignerolles (Pérard) ; en Auvergne on le trouve 
près de Royat (Héribaud). 

— Herborisations à Tronçais. — M. Déribéré-Desgardes 
envoie une liste de plantes qu'il a récoltées dans la partie 
de la forêt de Tronçais avoisinant Vitray, et il promet de 
faire connaître le résultat de ses explorations de cet été. 

— M. l'abbé Pierre annonce qu'il a pleinement réussi l'é- 
levage de plusieurs espèces de Cicadines (Homoptères), et il 
rendra compte prochainement du résultat de ses observations. 

— M. Ernest Olivier présente des tiges de Farsetia cly- 
-peata garnies de nombreuses silicules contenant des graines 
à maturité. Cette plante qui est une des plus rares de la 



90 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Flore française, ne se trouve qu'à Saint-Amand (Cher), où 
elle croît sur les ruines du château de Montrond (i). 

— M. Ernest Olivier montre aussi un gros exemplaire de 
^Polyforus hispidus Bull., pris sur le tronc d'un marronnier 

d'Inde. Ce champignon qui pousse fréquemment sur les no- 
yers, les pommiers, les mûriers, est très rare sur cet arbre, 

— A signaler parmi les publications reçues dernièrement : 

Coin-ptes rendus des séances de V Académie des Sciences, 
i^^ juin. — Dans la grotte du Portel (Ariège), MM. Breuil 
et Jammes ont découvert une galerie dont les parois sont or- 
nées de peintures préhistoriques dans un état parfait de con- 
servation, représentant surtout des bisons, des rennes et 
des chevaux de couleur noire et rouge. En outre, en maints- 
endroits, on remarque sur les murailles des stries parallèles 
en séries de quatre ou cinq que les explorateurs attribuent 
aux griffes de l'Ours des cavernes. 

Bulletin de V Herbier Boissier, vill, n" 6. — M. Fr. Wil- 
liams étudie les variétés européennes du Silène infiata, et en 
établit six qu'il partage en deux sections : i° glabres, com- 
prenant : angustifolia de Cand. ; latifolia Reich. et alfina 
Mert. et Kock. ; 2° -pubescentes, comprenant niinor Moris ; fu- 
bescens de Cand. et )narginaia Maly. Il cite aussi comme un 
cas tératologique la variété viridiflora de Cand., récoltée par La- 
marck au Mont-Dore en montant aux sources de la Dordo- 
gne, dans laquelle le calice est devenu foliacé, à 5 lobes pro- 
fonds et pointus, et les pétales demi-avortés sont de couleur 
verte. 

Revue d'Auvergne, 1908, n° 2. — Le D"" M. Lamotte avait 
entrepris une iconographie des champignons d'Auvergne 
qu'il comptait publier, mais ce projet ne fut jamais mis à 
exécution, et les planches restèrent au Musée Lecoq, au 
milieu des collections botaniques. M. P. Gautier, conser- 
vateur du Musée, a retrouvé ces planches au nombre de 
513 dont 436 consacrées aux Basydiomycètes, 67 aux Asco- 
mycètes et 10 aux Myxomycètes. M. Pedon a étudié cette 
collection, a déterminé les espèces représentées et en donne 
la liste méthodique avec les localités où les espèces dessinées 
ont été trouvées. Ces localités appartiennent aux départe- 
ments du Puy-de-Dôme, de l'Allier et de la Haute-Loire. 

Observations sur la f retendue disparition des oiseaux, par 



(1) Voir au sujet de celte plante Rei\ se. du Hourb. et du Cent, 
de la Fr., T. XVII, p. «6. 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 91 

le V*« de Chaignon (Extr. des Mém. de la Soc. d'Hist. nat. 
d'Autun, 1908. — Dès 1897, M. Raspail jetait un cri d'a- 
larme sur la disparition progressive des oiseaux ; depuis 
cette époque, beaucoup de travaux et mémoires ont été pu- 
bliés sur ce sujet intéressant. M. de Chaignon fait le re- 
censement des principaux oiseaux sédentaires ou passagers 
dans la Bresse et la Nièvre, et il arrive à cette conclusion 
que la cause de leur diminution, plus apparente que réelle, 
tient plus aux modifications agricoles et économiques de la 
région qu'à leur rareté proprement dite: changements de 
culture, déboisement, champs plus habités, construction d'u- 
sines, de voies de communication, etc. L'oiseau recule de- 
vant la civilisation, son aire se restreint, mais sa multipli- 
cation semble encore suffisamment assurée. Cette conclu- 
sion ne paraît pas très rigoureuse ; car si les oiseaux ne 
peuvent plus se reproduire dans une certaine étendue de 
pays, il semble évident que leur nombre doit être diminué. 

Le Centre médical et pharmaceutique , mai 1908. — M. F. 
Pérot continue la publication de ses intéressantes Biogra- 
phies médicales du Bourbonnais et M. Ern. Olivier y donne 
une note sur les travaux entomologiques de Charles Nodier. 

Annales de la Société d' Agriculture, sciences et industrie 
de Lyon, 4^ fasc, 1907. — A Lyon fonctionne une Société 
pour la production du froid industriel, qui obtient les meil- 
leurs résultats. M. Bureau, président du conseil d'adminis- 
tration de cette Société, explique les procédés de production 
du froid, décrit le mode de fabrication de la glace, passe 
en revue les principaux systèmes de refroidissement et 
expose en détail la plus intéressante et la plus pratique de 
ses applications: la conservation des denrées périssables. 

Réunion du 2g Juillet IQ08 

— Congrès international du froid. — M. Ernest Olivier 
donne communication du programme du premier Congrès 
international du Froid, qui se tiendra à Paris dans les lo- 
caux de la Sorbonne, du 5 au 10 octobre prochains. 

Entré il y a à peine une vingtaine d'années dans le do- 
maine pratique, le froid, par ses applications nombreuses 
et souvent imprévues, a déjà profondément modifié les con- 
ditions économiques de plusieurs contrées, la nature des 
échanges des denrées périssables, le mode de préparation 
d'une foule de produits, les moyens de transport d'appro- 
visionnement des nations et des armées et jusqu'à l'outil- 
lage des grandes industries, telle la métallurgie, et des 



92 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

travaux publics. Ce premier Congrès du Froid sera le plus 
important de tous les congrès internationaux tenus jusqu'ici 
en France et, en raison de l'intérêt exceptionnel qu'il pré- 
sente pour l'agriculture, le commerce et la production na- 
tionale, le Gouvernement a fait voter une loi spéciale le 
dotant d'une subvention de 40.000 francs. Dans tous les 
pays du monde, des comités nationaux ont été créés sous 
l'appui et le patronage de leurs gouvernements respectifs et 
enverront des délégués à Paris, Ce congrès s'annonce dès 
à présent comme une grandiose manifestation qui marquera 
une féconde étape dans le développement des industries du 
froid, 

— M. Ch. Delpech, président du Syndicat forestier de 
France, remercie la réunion de l'adhésion qu'elle a donnée, 
dans sa séance du 27 mai, à sa tentative pour arrêter le dé- 
boisement de la France. 

— Le comité constitué pour élever un monument à La- 
marck fait savoir que l'inauguration de ce monument aura 
lieu à la fin du mois de novembre 1908. 

— M. Brun, instituteur au Breuil, annonce que la mai- 
son d'école de La Chapelle, dans le grenier de laquelle 
l'instituteur élevait des pigeons depuis longtemps, a été 
complètement envahie dès le printemps dernier par des 
Argas rej^lextis qui ont causé au maître et aux élèves des 
piqûres sérieuses. L'école a été évacuée; les locaux ont 
été désinfectés à plusieurs reprises et les murs de la classe 
passés au ripolin ; mais toutes ces mesures sont demeu- 
rées infructueuses: le parasite a continué à se multiplier. 
La préfecture et le conseil supérieur d'hygiène ont été 
saisis de la question ; mais naturellement aucun remède n'a 
été indiqué. Comme les Acariens se réfugient autour des 
pièces de charpente et sous le toit, la couverture de la mai- 
son a été changée, mais sans que le nombre ait paru dimi- 
nuer. Actuellement on parle de démolir tout le bâtiment et de 
mettre ensuite le feu aux matériaux. 

— M. Brun a capturé Mantis religiosa au mois d'août 1907, 
à Châtelguyon, près Riom (Puy-de-Dôme). 

— M. L. Béguin cite, parmi les coléoptères pris par lui 
cette année dans l'Allier, Leptura rufipennis à Vallon, Dra- 
■petes equestris dans les ravins de Lamaron à Montluçon, 
et Moriella bisignata Redt., à Vallon sur des fleurs de Sor- 
hus aucuparia; cette dernière espèce est nouvelle pour la 
faune de notre département. 

— M. Henri du Buysson prend en ce moment en nombre: 
sur les Sainfoins en fleurs: Bruchus olivaceus Germ., Bru- 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 93 

chus cîsti Fab. et Cryptocephalns fulvus Goez. ; sur le Serpo- 
let : Cryptocephalns pygmœus et var. amœnus et sur les Sa- 
rothamnus, Nanophyes flavidus. Il a trouvé aussi dans l'inté- 
rieur de branches de tilleuls attaquées par Cryphalus tiliœ 
deux individus de Berginus tamaricis qu'il regarde comme 
parasite des larves de Xylophages. 

Le même entomologiste a découvert sur Scrophularia ca- 
nina une Altiside nouvelle du genre Thyamis, dont la des- 
cription sera donnée dans la Revue. 

— A signaler parmi les publications nouvellement re- 
çues: 

Annales de la Société â^ Horticulture de V Allier, i" 
trimestre 1908. — M. L. Fardé, inspecteur des eaux et fo- 
rêts, donne une liste des arbres du parc de Baleine dont il 
a constaté l'existence lors des visites qu'il y a faites en 
1902 et 1906. Bien des articles ont déjà été écrits sur Ba- 
leine et ses collecti^^ns. Le travail de M. Pardé complète et 
modernise tout ce qui a été fait à ce sujet. 

Contribution à Vétude des bâtons percés. Un nouveau bâ- 
ton de la Madeleine, par D'" P. Girod, in-4°, p. 7, avec une 
planche. — Les stations préhistoriques magdaléniennes of- 
frent un grand nombre de pièces en bois de renne qui por- 
tent des trous plus ou moins nombreux et qui, souvent re- 
marquablement ornées, ont de suite fixé l'attention des ar- 
chéologues. On croit que c'étaient des insignes spéciaux pour 
les chefs de tribus et on les a généralement désignées sous le 
nom de bâtons de commandement. Dans les fouilles qu'il a 
faites à la Madeleine, M. le D^ Girod a découvert en ce genre 
une pièce de premier ordre dont il donne la description et 
le dessein. C'est un fragment de bois de renne d'une lon- 
gueur de 31 centimètres, bien cylindrique, à surface lisse et 
polie, creusée d'un sillon circulaire à chaque extrémité : à 
l'une d'elles, un andouiller a été utilisé et façonné pour 
former une tête triangulaire au centre de laquelle se trouve 
une large perforation. La surface est couverte de traits et 
de dessins reproduisant des poissons et des serpents. M. 
Girod pense que ces bâtons ou sceptres servaient à carac- 
tériser les sorciers aussi bien que les chefs de tribus. 

Congrès préhistorique de France. — Le compte rendu de 
la troisième session, tenue à Autun l'année dernière, qui 
vient de paraître, forme un magnifique volume de 1.044 pa- 
ges enrichi d'une foule de dessins et rempli de mémoires 
du plus haut intérêt. Ce livre doit être entre les mains de 
tous ceux qui s'intéressent à l'archéologie préhistorique. 



94 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Nous n'essaierons pas d'en donner une analyse même som- 
maire, et nous nous contenterons de signaler la conférence 
publique faite au théâtre d'Autun par M. le D"" Guébhard, 
qui, avec l'érudition la plus documentée, a parlé des camps 
et des enceintes que l'on rencontre en grand nombre sur tous 
les points de la terre et dont il a pu montrer les spécimens 
les plus remarquables à l'aide de projections merveilleuse- 
ment exécutées. 



BIBLIOGRAPHIE 



— Le Bourbonnais épiscopal, par Francis Pérot, in-12 p. 94. 
Vannes, igo8, 

— Foik Lore Bourbonnais, par Francis Pérot, in-i8 p. 247. 
Paris, Leroux, 1908. 

L'infatigable travailleur qu'est M. Pérot vient de publier 
encore deux jolis volumes qui ont leur place marquée sur 
les rayons de toutes les bibliothèques bourbonnaises. Le Bour- 
bonnais épiscopal nous donne la biographie succincte de 
tous les prélats nés dans cette province ou y ayant occupé 
des sièges, ainsi que celle de plusieurs autres étrangers, mais 
qui s'y rattachent par des alliances ou des liens de famille. 
L'évêque Chatel, prêtre renégat, n'a pas été oublié et un 
appendice nous raconte l'existence mouvementée de ce dé- 
classé qui mourut dans la plus extrême misère. Aucun tra- 
vail n'avait encore été fait sur ce sujet et ce petit volume 
comble une véritable lacune de notre histoire régionale, il 
servira de point de départ et fournira des matériaux à tous 
les travailleurs de l'avenir et, comme le dit l'auteur, il pré- 
pare la voie à tous ceux qui pourront découvrir des oublis 
ou voudront donner à leur étude une plus grande extension. 

Le Folk-Lore Bourbonnais forme le 31^ volume de la col- 
lection des contes et chansons populaires éditée par Ern. 
Leroux. En le lisant, nous entrons dans la vie intime de 
notre province en y trouvant le récit d'usages autrefois en 
vigueur partout, ayant cours encore çà et là actuellement, 
mais tombant de jour en jour dans la désuétude et l'oubli. 
Il était temps de recueillir les pratiques des sorciers et re- 
bouteurs, des meneurs de loups, des fées et de nous raconter 
les sorts innombrables qui pouvaient influencer tous les 
actes de l'existence des hommes et des animaux. En effet. 



BIBLIOGRAPHIE 95 

les modifications de la vie à la campagne, apportées par 
le défrichement des bois, et des landes, l'assainissement 
des marais et surtout la construction des routes qui abrègent 
les distances, ont supprimé beaucoup de légendes prenant 
leur source dans l'isolement d'un pays sauvage et de cir- 
culation difficile, souvent même impossible pendant toute 
la mauvaise saison. Celles qui subsistent et dont la croyance 
est encore vivace chez bien des campagnards, même chez 
les plus fortes têtes, n'ont pour ainsi dire plus cours public 
et ne se racontent que tout bas et avec force réticences. Aussi 
il a fallu à l'auteur beaucoup de temps, de patience et de 
longues recherches pour arriver à connaître tous les faits 
qu'il nous présente. M. Pérot en faisant revivre des types 
aujourd'hui disparus nous reporte à notre première jeunesse, 
à cette époque oiî nous nous régalions avec les croquignats 
et le coco, où les jours de congé nous allions sur les levées 
de la rivière contempler les manœuvres des viariniers et 
le soir, quand nous avions été sages, on tendait un drap 
sur un mur de la plus grande pièce de la maison, le mon- 
treur de lanterne magique arrivait et, en présence de toute 
la famille et des domestiques réunis, nous expliquait avec 
force commentaires les aventures de Geneviève de Brabant 
dont il projetait les principales scènes sous nos yeux ébahis. 

— Clermont-Ferrand et le Puy-de-Dôme. — C'est le titre du 
volume publié à l'occasion du Congrès de l'Association française 
par le comité local de la ville de Clermont. Ce livre de 788 pages 
illustré de cartes et de dessins est offert aux seuls membres du 
congrès et n'est pas mis dans le commerce. Il constitue une mono- 
graphie complète du département du Puy-de-Dôme formée par 
une série de mémoires dus aux savants les plus autorisés. La géo- 
graphie, l'histoire naturelle, l'archéologie, l'histoire, l'agriculture, 
l'industrie, la démographie y sont traités dans des mémoires signés 
par des spécialistes tels que MM. Glangeaud, Eusebio, Bruyant, 
Rouchon, Bonnefoy, Gerber, Accarias, E. Gautrez, etc. On y 
trouve dans tous les genres tous les renseignements que l'on peut 
désirer sur l'état actuel du département. 

Ern. Olivier. 



96 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



JUILLET 1908 ^ 

STATION MÉTÉOROLOGIQQE DES RAMILLONS 

GOMMUNK DE GhEMILLY, PRÈS MoULINS (AlLIICR) 
Altitude : 295 mètres. 



P.Q. 



PL. 



D.Q 



N.L. 



TEMPERATURE 



LE 


UINIM 


MAXIM. 


MATIN 






23 


17 


26 


19 


16 


25 


22 


16 


30 


22 


17 


31 


20 


16 


26 


18 


14 


25 


18 


13 


22 


18 


14 


26 


18 


16 


23 


19 


13 


30 


22 


15 


34 


24 


19 


32 


16 


15 


Zi 


J6 


11 


23 


16 


11 


21 


15 


10 


23 


18 


13 


22 


14 


12 


19 


14 


13 


18 


13 


13 


18 


15 


J2 


20 


16 


10 


24 


16 


12 


26 


19 


15 


28 


19 


16 


29 


2.J 


16 


29 


22 


17 


31 


22 


17 


28 


15 


15 


19 


18 


14 


26 


19 


17 


29 



779 
779 
778 
775 
775 
775 
776 
778 
7-7 
777 
774 
767 
769 
774 
777 
779 
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768 
768 
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777 
776 
776 
776 
775 
779 
778 
778 
781 
781 
781 






16 



3,5 
15,5 
12,7 



0.9 
7,2 

24 

14,1 

10,7 



1,2 



N.E. 

N.E. 

N. 

N. 
N.E. 

N. 

O. 

E. 

O. 

E. 
N.E. 

S. 

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S.O. 
S.O. 
N.O. 
N.O. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 

N. 



ETAT DU CIEL 

REMARQUES DIVERSKS 



Nuageux. Orageà 1 h. s. 

Nuageux. Orage à6h.s.E 

Nuageux. 

Nuageux. Orage à 5 h. s 

Nuageux. 

Nuageux. Or. à 6 h. s. N.O 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 

Nuageux, orage à 4 h. s. 

Nuageux, or. à 5. h. s. S 

Nuageux. 

Nuageux. Or. 3 h. s. S. 

Nuageux. 

Couvert. Pluieapr. midi 

Couvert. 

Couvert. 

Csuvert. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Nuageux. Or.àSh s. N 

Couvert. 

Couvert. Orageà 9 h. s. S 

Nuageux. 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Les tomes I (1888) et II (1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome Vil (1894) au prix de 
15 francs ; les utres années peuvent être acquises moyen- 
nant 10 trancs :hacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XX, 
1888-1907) au prix de 250 francs. 

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Trois volumes : Vertébrés, Coléoptères, Orthoptères, 
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Nous sommes acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
et 1894. 

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V i:gt et unième année 1908 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1908 

Quatrième Trimestre 

{premier fascicule) 

Le Congrès préhistorique de Chambéry, par le D' Charvilhat. 
Faune des oiseaux du Puy-de-Dôme, par le D' Charvilhat. 
Compte rendu de la réunion du 28 octobre. — Météorologie. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1908 



En 1908, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier^ — 26 février, — 25 mars, 
— 29 avril, — 27 mai — 24 juin — 29 juillet — 
28 octobre — 25 novembre — 30 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise, i*"^ partie, Mollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 1^ partie. Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbé Dumas. 

Le crâne de Beaulon^ par M. E. Rivière. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. Laronde. 

Nouvelles cécidologiques, par M. l'abbé Pierre. 

Flore carbonifère et permienne du Centre de la FrancCy 
par M. Berthoumieu. 

Essai bibliographique sur l'Histoire naturelle du Bourbonnais, 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicida de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Les phénomènes atmosphériques observés en bourbonnais depuis 
les temps anciens, par M. F. Pérot. 

Le Papillon Machaon, par M. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy , par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Olivier. 

L'aigle carnuthe pris pour le coq, par M. G. Bertrand. 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson. 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux. 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Le drapeau de la France, par M. Bertrand. 

Hon-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 



iî CONGRES PItËllimitlOllË m CHÂIBËRY 



(JA!? 



C'est à Chambéry qu'ont eu lieu cette année les tra- 
vaux du quatrième congrès préhistorique de France, 
Ils ont commencé le 24 août et se sont poursuivis jus- 
qu'au 30. Les trois premières journées ont été consa- 
crées aux communications et discussions, les quatre der- 
nières aux excursions. 

On sait le succès obtenu par les sessions antérieures. 
Cette année, il a été encore plus grand que de cou- 
tume, les mémoires présentés plus nombreux et plus 
importants, et les adhésions ont dépassé le chiffre ce- 
pendant très élevé de 350. Ce résultat doit encourager 
les organisateurs de ces assises scientifiques que nous 
rencontrons chaque année toujours aussi zélés pour 
mener à bien une si lourde tâche et nous fait conce- 
voir, pour les congrès futurs, les plus belles espérances. 

Il y a quatre ans, avait été abordée, dans sa terre clas- 
sique pour ainsi dire, par la première session, celle de 
Périgueux, l'étude de la période paléolithique dans cette 
belle vallée de la Vézère dont nul préhistorien ne peut 
complètement se détacher et où à chaque pas se trou- 
vent des stations aux noms célèbres, les Eyzies, Cro- 
magnon, Laugerie-Haute, Laugerie-Basse,la Madeleine, 
le Moustier, etc. L'année suivante, à Vannes, le néoli- 
thique et les monuments mégalithiques étaient devenus 
tout naturellement la question à l'ordre du jour, dans ce 
pittoresque Morbihan et cette belle Bretagne aux mé- 
galithes aux proportions colossales et où nulle part en 
France on pourrait en rencontrer un nombre aussi grand. 
Puis, en 1907, à la session d'Autun, on passa aux camps 
et enceintes qui commencèrent à être classés méthodique- 
ment et où furent successivement visités, le Mont-Beu- 
vray, le camp de Chassey,et Alise-Sainte-Reine. A Cham- 
béry, dans la Savoie où les lacs d'Annecy, du Bourget, 

7 



98 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

d'A.iguebelette, comme leurs voisins de la Suisse, don- 
nèrent asile à de vastes agglomérations de villages sur 
pilotis, et où sur les montagnes des Alpes se trouvent, 
parfois à des altitudes considérables, de curieuses cavi- 
tés creusées de main d'homme, nous devions trouver 
deux questions parmi celles inscrites au programme : 
les palafittes, les gravures sur rochers et les pierres 
à cupules. 

Le lundi 24, à 10 heures du matin, a lieu au théâtre 
municipal la séance publique d'inauguration où succes- 
sivement prennent la parole M. le maire de Chambéry, 
M. le docteur Chervia, président du congrès, le prési- 
dent du comité local, et M. le docteur M. Baudouin, 
secrétaire général du congrès. Les membres du bureau 
du IV' congrès préhistorique de France sont : président : 
M. le docteur Chervin. Vice-président : MM. E. Taté et 
Tabariès de Grandsaignes. Secrétaire général : M. le doc- 
teur M, Baudouin. Secrétaire général adjoint : M. le 
docteur H. Martin. Secrétaires : MM. E. Hue et C. 
Schleicher. 

Le même jour, à deux heures, dans l'après-midi, à 
l'Ecole préparatoire des sciences et des lettres, commen- 
cent les séances consacrées aux communications et dis- 
cussions ; elles se poursuiventles mardi 25 et mercredi 26, 
le matin de 8 h. 1/2 à midi, le soir de 2 à 4 heures. Il nous' 
est naturellement impossible, dans un compte rendu 
aussi sommaire, d'énumérer les travaux présentés, nous 
ne citerons donc ici que quelques mémoires intéressant 
notre région : E. Olivier, directeur de la Revue scienti- 
fique du Bourbonnais : polissoirs trouvés près de Mou- 
lins (Allier) ; Pagès-Allary (de Murât) : les gaulois de 
Chastel, de Mennarques et de Celles ; vase en bronze 
trouvé en 1908 dans le Cantal (Marnien) ; les camps du 
Cantal (fouilles de Las-Tours, fouilles de Chastel), etc. 
Le lundi 24 août, après la séance de l'après-midi, le con- 
grès visite le château des ducs de Savoie, qui domine la 
ville de Chambéry. Cette lourde construction, qui date 



LE CONGRES PRÉHISTORIQUE DE CHAMBERY 99 

du xii*" siècle, a été plusieurs fois modifiée. Signalons, 
parmi les parties anciennes de cet édifice, une tour ronde 
près du beau portail Saint-Dominique et une tour car- 
rée portant la date 1439. Dans la cour du château, se 
trouve la sainte chapelle où fut pendant longtemps con- 
servé le saint Suaire actuellement à Turin. On se dirige 
ensuite vers les remarquables collections d'histoire na- 
turelledu muséum où MM. RéviletM.Dénarié présentent 
de fort belles séries de roches locales et donnent à leur 
sujet de savantes explications. Le programme indiquait 
pour ce même jour la visite du musée municipal, mais à 
la suite d'un triste événement, la mort de M. Descottes, 
avocat, président de l'académie de Savoie, cette visite 
fut renvoyée au lendemain. Elle fut remplacée par l'exa- 
men de la magnifique collection archéologique de M. le 
comte Costa de Beauregard qu'on devait voir le jour sui- 
vant. Le soir à 9 heures, réception à l'hôtel de ville par le 
maire et la municipalité. Le mardi 25, à 4 heures, au 
musée delà ville de Chambéry, les congressistes admi- 
rent les riches séries d'objets en bronze et l'intéressante 
céramique des cités lacustres du Bourget, d'Annecy, 
et des lacs suisses, ainsi que quelques rares pièces : une 
jolie statuette de Vénus provenant de Détrier, un beau 
caducée en bronze semblant avoir appartenu à une sta- 
tue colossale, et un superbe collier mérovingien trouvé 
àGarrier (Maurienne). En sortant du musée, on visite au 
château du Chaney, les belles collections préhistoriques 
recueillies en Savoie par M. le baron Blanc, privât docent 
à l'université de Rome Enfin le même jour, à 9 heures 
du soir, au théâtre municipal, on assiste à une intéres- 
sante conférence avec projections lumineuses sur les 
palafittes par M. le docteur Chervin, président du con- 
grès. La soirée de mercredi 26, à partir de 4 heures, est 
consacrée après l'examen d'une terrasse fluvio glaciaire 
près la butte de Montjay accompagnée d'une savante 
causerie de M. Révil, aune promenade aux Charmettes, 
maison de campagne où pendant l'été de 1736 M°" de 



ICÔ REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Warens et J.-J. Rousseau s'installèrent et goûtèrent 
dans ce joli coin de terre pendant plusieurs années un 
calme bonheur. Le même jour, avait eu lieu la visite de 
l'église Notre-Dame, de style dorique, construite en 1636 
et la cathédrale du xiv' siècle, terminée en 1430. 

Le lendemain 27, première journée d'excursion : le lac 
d'Aiguebelette et les gorges de Saint-Saturnin. Le matin, 
à 8 h. 1/2, départ de Chambéry par le train de Saint- 
André-le-Gaz et arrivée à 9 heures à Aiguebelette après 
avoir jeté un rapide coup d'oeil sur la jolie cascade de 
Couz, sur la gauche de la voie ferrée, et avoir traversé 
le long tunnel du mont de l'Epine. Par la belle rouie 
descendant du village, on se rend jusque sur le bord du 
lac et on aperçoit devant soi, à 200 mètres, la place occu- 
pée autrefois par la cité lacustre ; plus loin, deux îles, 
une petite et une grande ; dans cette dernière, se trou- 
vaient une pierre à cuvettes et des vestiges de l'époque 
gallo-romaine. On monte ensuite jusqu'au château de 
Lépin, à M. le comte de Chambost, d'où on jouit d'une 
vue splendide sur le lac et où on visite les objets recueil- 
lis dans le grand îlot, objets décrits par M. L. Schaudel 
(pierre à cuvettes, meules romaines, pierres tumu- 
laires, etc.), puis, après avoir fait un court détour pour 
voir les restes d'une voie romaine, on est de retour à 
midi et demi à l'hôtel Jullian, à Aiguebelette, pour 
déjeuner et partir à 3 heures pour Chambéry, afin de se 
rendre en voiture aux gorges de Saint-Saturnin, où on 
arrive à 5 heures. De cette station néolithique décou- 
verte en 1874, on aperçoit une partie de la chaîne des 
Alpes, aux sommets neigeux, et la plaine du Grésivau- 
dan. On rentre à Chambéry, à 7 heures, par le faubourg 
de Lemenc yLemincum à l'époque gallo-romaine). 

Le soir, banquet à 8 heures, à l'hôtel de la Paix. Le 
28 août, deuxième journée d'excursion : Aix-les-Bains et 
le lac du Bourget. On part le matin à 7 heures de Cham- 
béry et, à 7 h. 1/2, on se trouve à la gared'Aix-les-Bains. 
Le tramway emporte les congressistes jusqu'au grand 



LE CONGRÈS PRÉHISTORIQUE DE CHAMBERY 101 

port et, à 8 heures, tout le monde s'embarque sur le 
bateau à vapeur. On se dirige d'abord vers la station 
lacustre du Saut de la Pucelie, à 100 mètres environ du 
rivage où se trouve déjà un des bateaux pêcheurs envoyés 
par le Congrès et où on entend de savantes explications de 
MM. le baron Blanc, A. de Mortillet et Révil. On va de 
là à Haute-Combe, où le bateau s'arrête quelques ins- 
tants pour permettre la visite du monastère fondé en 1125 
et de l'église où furent ensevelis jusqu'en ces derniers 
temps les princes de la maison de Savoie et où on 
remarque la statue, du roi Charles-Félix, par B. Caccio- 
tore, et celle de la reine Marie-Christine protégeant les 
arts et secourant les pauvres, par Albertoni ; une Pieta 
et des peintures de Gonino et de Vacca. On regagne le 
bateau pour aller successivement aux stations lacustres 
de Conjux, de Chàtillon et de Grésine, et on débarque 
enfin au port à midi pour déjeuner à l'hôtel des Belles- 
Rives. Dans l'après-midi, promenade en funiculaire au 
Revard et, au retour, visite du Musée d'Aix et des objets 
lacustres du Bourget, de l'arc romain de Campanus. 
Dîner au restaurant Petrus et soirée au Casino. Arrivée 
tardive à Chambéry, d'où on part le jour suivant, 
29 août, pour la troisième journée d'excursion à Annecy, 
où chacun admire les coUectionsdu Musée soigneusement 
classées (histoire naturelle, préhistorique, anthropolo- 
gie, archéologie) et une importante série lapidaire. On 
s'embarque ensuite et, sur les eaux teintées du beau lac 
d'Annec3'', on visite la station lacustre du Port (époque 
néolithique), la station de Vieugy, celle du Roselet 
(époque du bronze), enfin ceHe, iarnaudienne, de Chà- 
tillon, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme 
du lac du Bourget, tandis que M. de Mortillet poursuit 
ses intéressantes et savantes causeries. A midi et demi, 
déjeuner au Palace-Hôtel, dans la jolie petite ville de 
Menthon, dont tous les congressistes garderont un 
excellent souvenir, ainsi que de l'accueil si aimable de 
M. le maire de cette coquette station thermale. Le soir. 



102 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

à 4 heures, le bateau reconduit les membres du Congrès 
à l'embarcadère d'Annecy, après une nouvelle prome- 
nade sur le lac et, à 7 h. 1/2, tout le monde est de retour 
à Chambéry, tandis que la pluie commence à tomber. 
Le 30 août, quatrième et dernière journée d'excursion, 
malheureusement contrariée par le mauvais temps. 
Malgré cela, on est encore nombreux le matin, à 6 h. 15, 
au départ du train, et on arrive à 8 heures à Aoste, où 
on visite le Musée d'antiquités gallo-romaines. On 
partdelàen voiture pour Saint-Didier-d'Aoste, Bre- 
nier-Cordon où on longe le lac de Pluvis, Murs, Tre- 
murs, Peyrieu. Le temps, déplus en plus pluvieux, ne 
permet pas l'excursion de Thoys, où se trouve une pierre 
à cupules dans le jardin de M'"' Faisan; on se dirige 
vers Brens-Virignin, on s'arrête un instant au pont de la 
Balme pour visiter les grottes fouillées par M. le baron 
Blanc et on arrive à midi à Yenne, pour déjeuner à 
l'hôtel des Voyageurs, aux accents de la fanfare muni- 
cipale. Le soir, retour à Chambéry par le train de Culoz, 
à 6 heures, et dislocation du 4o congrès préhistorique, 
dont on se rappellera les trop courtes journées et tes 
intéressantes excursions aux beaux lacs bleus de la 
Savoie. 

Docteur G. Charvilhat. 



PUCDROME D'UNE FAUNE DU PUY-DE-DOME 



OISEAUX 

La faune ornithologique du Puy de-Dôme a été étu- 
diée par le savant abbé Delarbre, aujourd'hui trop 
oublié, par Baudet-Lafarge, Culhatet un certain nombre 
d'autres auteurs à une époque déjà éloignée. Mais c'est 
surtout M. de Chalaniat qui l'a bien fait connaître dans 
son important catalogue. Depuis, plusieurs naturalistes 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME 103 

se sont également occupés des oiseaux de notre région, 
mais nous ne citerons que l'excellent travail d'un natu- 
raliste distingué, M. E. Olivier, l'éminent directeur de la 
Bévue scientifique du Bourbonnais, auteur d'une faune 
très remarquable d'une contrée voisine de la nôtre, le 
département de l'Allier. 

La faune ornithologique du pays comprend des espèces 
du centre de l'Europe, quelques espèces du nord, quelques 
espèces de montagne et des espèces du midi. Enfin, il 
vient aussi quelquefois des espèces maritimes. Dans une 
région, il faut distinguer entre les espèces sédentaires et 
les espèces migratrices et de passage. Il est, en outre, 
des oiseaux fort rares qu'on ne rencontre qu'accidentel- 
lement qui viennent de fort loin entraînés par des oura- 
gans et des tempêtes ou chassés par des hivers excep- 
tionnels. C'est ainsi qu'il nous arrive parfois des espèces 
de la Tartarie, de la Sibérie et même de l'Amérique du 
Nord. 

Les oiseaux migrateurs et voyageurs nous offrent 
d'étranges phénomènes. Des vols de grues ont été obser- 
vés à neuf kilomètres de hauteur, dans un air glacial. 
Même les petits oiseaux s'élèvent très haut et vont fort 
loin. On sait que nos rossignols vont passer l'hiver dans 
l'archipel grec et l'Asie-Mineure, nos hirondelles en 
Afrique, etc. Les oiseaux possèdent un sens de la direc- 
tion qui se retrouve, à un moindre degré, chez quelques 
mammifères et doit ressembler au sens qui permet à 
certains papillons de retrouver leurs femelles à de 
grandes distances. Beaucoup d'oiseaux voyagent la nuit 
et s'abattent souvent par les temps de brouillards. 

Une petite chouette vient d'Afrique en Provence tous 
les ans. Le harfang, splendide oiseau de nuit du Nord, 
se montre parfois en Picardie. Certains insectes voyagent 
aussi comme les oiseaux ; un papillon, le Sphinx nerii, 
ne craint pas de traverser la Méditerranée et nous vient 
souvent d'Afrique. Beaucoup d'oiseaux n'hésitent pas 
non plus à s'engager dans les grandes villes, dont 



104 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

quelques uns semblent même affectionner les jardins; 
une fauvette est dans ce cas, ainsi que le cini. Même 
dans Paris, on trouve assez souvent une chouette, des 
corneilles, des pies, des mouettes et le martin-pêcheur, le 
pygargue rôde dans ses environs et un vautour s'est 
abattu à Montmartre. Quant aux moineaux, aux pigeons? 
aux hirondelles, ces oiseaux y abondent. On y rencontre 
assez souvent le pinson, le rouge-gorge, la mésange, le 
troglodite et le roitelet. Le rossignol vient chanter dans 
les parcs, enfin un oiseau des forêts résineuses, le Loxia 
des pins, vient quelquefois y faire son nid. 

Le zoologiste trouve donc à étudier dans les grandes 
villes, même en dehors des nombreux animaux qu'y 
introduit la civilisation. Il peut y observer de nombreux 
oiseaux, des mammifères tels que les chéiroptères, les 
insectivores, les rongeurs, etc., beaucoup de mollusques, 
d'insectes, d'arachnides, de myriapodes, de vers, de 
spongiaires, de protozoaires. Le botaniste lui-même, con- 
trairement à l'opinion commune, n'a pas moins à y faire. 
Qui sait y chercher y découvre parfois des plantes d'es- 
pèces ou de variétés fort rares. Ajoutons enfin à cela 
que l'anthropologiste y rencontre de curieux types et 
des spécimens de races nombreuses. La nature est un 
grand livre que l'homme intelligent peut lire partout. 

Nous ne donnerons ici en traitant des oiseaux, comme 
d'ailleurs dans tout ce prodrome, que la synonymie 
strictement nécessaire. Dans quelques cas seulement et 
lorsque cela sera absolument indispensable, nous nous 
départirons de cette règle. Une synonymie tant soit peu 
complète transformerait ce travail en un trop gros 
volume. Nous renverrons donc à ce sujet à notre faune 
en préparation. 

I. RAPACES 

Vultur cinereus Gm. Grand Vautour de Buffon ? Se 
trouve dans une grande partie de l'Europe et pré- 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE DOME 105 

sente plusieurs variétés. A été vu sur plusieurs points 
du département. 

Vultur fulvus L. Briss. Grn. Vautour fauve, Vautour 
griffon, grand Vautour. Habite une grande partie de 
l'Europe.' A été tué accidentellement près d'Aigueperse. 

Il est possible qu'on rencontre un autre Vautour, 
Vuitur percnopterus L,, commun en Espagne, Sicile, 
Grèce, Algérie et qui se montre dans le Midi de la 
France. 

Le Gypaète barbu, Vautour des agneaux, des Alpes, 
peut s'égarer jusque dans notre département. 

Aquila fulva Sav. Aigle fauve, Aigle royal. Paraît 
avoir été vu au Mont-Dore. Se trouve dans une grande 
partie de l'Europe et sa présence en Auvergne n'a rien 
d'étonnant ; on le rencontre accidentellement jusqu'en 
Seine et-Marne et même en Seine-Inférieure. 

Des Aigles, dont on n'a pu déterminer l'espèce, ont 
été vus près de Pontgibaud et de Vernet-la-Varenne. 

La répartition géographique des Aigles nous fait con- 
sidérer comme possible dans le Poy-de-Dôme la pré- 
sence de VAquita nœvia Briss. (Aigle tacheté, Aigle 
criard). Celle de ÏAquila nœvioïdes Kamp. est plus 
problématique. 

On pourra peut-être rencontrer aussi Aquila fasciata 
Vieil]. (Aigle à queue barrée) qui a été capturé dans le 
département de Seine-et-Marne. UAquila intermedia 
Boit., tué dans la forêt de Fontainebleau, semble n'en 
être qu'une variété. 

L' Aquila pennata Br. {Aigle botté), le plus petit des 
Aigles d'Europe, qui est commun dans les départements 
méridionaux et remonte jusqu'aux environs de Paris, 
pourra bien se trouver dans le Puy-de-Dôme. 

Haliaetus albicilla L. Py g argue, Orfraie, grand Aigle 
de mer, Aigle pécheur. C'est un oiseau du Nord de 
l'Europe qui a été observé dans notre département. 
Delarbre paraît l'avoir désigné sous le nom de Falco 
leucocephalus. Pour Vieillot, ce serait un pjgargue 



106 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

dont la tête et le cou auraient vieilli par l'âge. Temminek 
en fait, au contraire, une espèce distincte. Culhat et 
de Chalaniat ont indiqué cette espèce dans le pays, ainsi 
que M. E. Olivier, qui la signale également pour notre 
région et pour l'Allier. 

Ce puissant oiseau de proie se montre parfois même 
jusqu'aux environs immédiats de Paris et le Muséum 
en a possédé de pris à Rambouillet- 

Pandion haliaetus L. Balbuzard, petit Aigle pêcheur. 
Habite l'Europe et l'Amérique. Indiqué dans le Puy-de- 
Dôme par Culhat et Olivier. 

Circaëtus gallicus Vieill. Jean-le-Blanc. Assez com- 
mun en France. Tué près de Brioude, de Vodable et de 
Pontgibaud. C'est un oiseau utile qui détruit beaucoup 
de reptiles. 

Buteo vulgaris L. Buse. Oiseau très utile qu'on détruit 
bien à tort. Vieillot admet deux espèces : la Buse à 
poitrine barrée et la Buse changeante. 

Nous sommes portés à croire qu'on trouvera chez 
nous Buteo lagopus Vieill., du Nord de l'Amérique et de 
l'Europe, qui se montre dans le Midi de la France, et on 
pourra peut-être trouver accidentellement Buteo ferox 
d'Asie, qui a été quelquefois signalé en France. 

Pernis apivorus L. Bondrée, Buse bondrée. Asie occi- 
dentale, Nord de l'Afrique, Europe. Se montre jusque 
dans les environs immédiats de Paris. M. de Chalaniat 
la considère dans le Puy-de-Dôme comme très rare. 
Nous ne pensons pas sa rareté aussi grande dans notre 
département où nous en avons vu plusieurs tuées dans 
la région et même dans le voisinage de Clermont. C'est 
un oiseau utile qui détruit beaucoup de guêpes et de 
frelons. 

Milvusregalis Briss. Milan royal. Asie, Afrique, toute 
l'Europe. Signalé sur divers points du département. 

Milvus niger Briss. Milan noir, Milan parasite. On 
doit probablement rapporter à cette espèce le Falco 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME t07 

œtolius Sa.v.,[e Falco Egytius et le Falco Forsxolii Gm. 

Le Milan noir Bel., le Milan parasite véritable, Mil- 
vus parasiticus Schl., semble une espèce distincte du 
Nord de l'Afrique, de l'Europe orientale et du Sud II n'a 
guère été signalé en France que dans un bois maréca- 
geux de la Côte-dOr où il aurait été fréquent. (D"" Mar- 
chand Fairmaire.) 

Le Milvus niger Briss., au contraire, a été signalé 
dans le Puy-de-Dôme par Chalaniat et Debert. 

Il se peut qu'on rencontre un jour ici VElanus cœsius, 
Elanion blanc, oiseau d'Afrique voisin des milans, 
qui a été observé à Nîmes et jusqu'en Picardie, dans le 
Nord de la France. On aurait moins de chance de trouver 
dans le département le Nauclerus furcatus Vig., Falco 
furcatus L., Milaii de la Caroline, très bel oiseau 
d'Amérique rencontré parfois en Angleterre, et très 
exceptionnellement en France, dans la Côte-d'Or. 

Le Falco laniarius Schl. Faucon lanier, a été indi- 
qué, mais avec incertitude, dans le Centre de la France. 

Falco peregrinus Gm. Faucon pèZerm. Assez commun 
en France, Chalaniat le considère comme assez rare 
dans le Puy-de-Dôme, ce qui serait étonnant, étant 
donné qu'il est assez répandu et qu'il apparaît jusque 
dans l'intérieur des grandes villes, même à Paris. 

Falco subbuteo L. Hobereau. Observé dans le Puy- 
de-Dôme où il ne serait pas rare. 

Falco lithofalco Gm. Emeriilon. Assez commun. 

Falco tinnunculus L. Cresserelle. Plutôt utile que nui- 
sible : il détruit beaucoup de vermines. 

On doit trouver encore en Auvergne Falco vesperti- 
nus L. {Faucon aux pieds rouges), qui est joli et so- 
ciable, et Falco tinnunculoïdes Natt. (Cresserellette), du 
Midi, le plus petit de nos rapaces, de la taille d'un merle ; 
il remonte au Nord jusque dans la Sarthe. 

Astur palumbarius Bechst. Autour ordinaire. Com- 
mun et sédentaire. 



108 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Astur nisus L. Epervier vulgaire. Commun dans le 
département où on le nomme Ecarcèle. 

Circus seruginosus L. Busard des marais, Busard har- 
paye. Grand destructeur de gibier d'eau. Signalé aussi 
dans le Cantal. 

Circus cyaneus L. Oiseau de Saint-Martin. Observé 
dans le Puy-de-Dôme. 

Circus cineraceus Naum. Busard Montagn, Busard 
cendre. Signalé dans le département. Niche dans les 
marais ; présente de nombreuses variétés. 

On pourra rencontrer le Circus Swainsonii Sm., signalé 
en France dans plusieurs départements du Midi et du 
Nord. Olivier le cite dans la faune de VAUier comme 
oiseau de passage accidentel. 

Noctua minor Briss. Chevêche, petite Chouette. Abon- 
dante dans toute l'Europe, se montre en Egypte et en 
Nubie ; fréquente dans le Puy-de-Dôme. 

Syrnium aluco Sav. Hulotte, Chat Huant. Commun. 
Oiseau à gestes singuliers et bizarres. M de Chalaniat 
a fait remarquer son habitude de prendre, comme les 
Psittacidés, ses aliments avec le pied et de les porter à 
son bec. 

Strix flammea L. Effraye, Chouette effraie. Commun 

Otus brachyotus Gm. Hibou brachyote. Commun. 
Répandu sur presque toute la terre. 

Otus vulgaris Flemm, Hibou vulgaire. Très commun. 

Bubo maximus Flemm. Grand Hibou, Grand Duc Ha- 
bite diverses régions de l'Europe et de la France. Se 
trouve sur plusieurs points du département : vallée de 
la Durolle, environs de Murol, Mont-Dore, Montaigut- 
le-Blanc. Pontgibaud, vallée de Royat, etc. 

Scops Aldrovandi Will. Petit Duc, Zouetta, Tzouetta 
en patois auvergnat. D'après Chalaniat, s'est montré en 
grand nombre à une certaine époque près de La Sauve- 
tat ; a beaucoup diminué depuis. 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME 109 

II. PASSEREAUX 

Picus martius L Pic noir. Dans les forêts de la région 
montagneuse. C'est un magnifique oiseau. 

Picus major L. Epeiche. Peu rare, 

Picus viridis L. Pic vert, Pivert. Pas rare aux envi- 
rons de Clermont. Un individu à coloration plus jaunâtre 
a été capturé. 

Picus canus Gm. Pic gris. Assez rare. 

Picus médius L. Pic mar. Pare. 

Picus minor L. Epeichette, petite Epeiche. Assez com- 
mun. 

On pourra recontrer le Picus leuconotus Bechst. de 
Styrie et d'Allemagne et le Picus tridactylus, commun 
en Suisse. 

Yunx torquilla L. Torcol. Commun. 

Cuculus canorus L. Coucou. De passage, très com- 
mun. 

Certhia familiaris L. Grinpereau. Assez fréquent. 

Tichodroma phœnicopteraTemm. Grimpereau de mu- 
railles. Ce bel oiseau devient rare dans le département. 

Sitta europea L. Stttelle torchepot, Echalette en pa- 
tois ; commun, 

Upupa epops L. Huppe. Commun, surtout dans la val- 
lée de l'Allier, 

Merops apiaster L. Guêpier commun. Très rare. Pla- 
teau de Gergovia (Debert, de Chalaniat). 

Alcedo ispida L. Martin pêcheur. Assez commun, 

Corvus corax L. Corbeau noir. Assez rare : Mont- 
Dore, Pongibaud. 

Corvns corone L. Corneille noire. Très commun. 

Corvus cornix L. Corneille mantelée. Assez rare. 

Corvus frugilegus L. Freux. Très commun. 

Corvus monedula L. Choucas. Commun, 

Le Corvus spermologus n'est, d'après Temminck, 
qu'une variété du précédent. Il est signalé dans le dépar- 
tement par Culhat. 



110 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Pica candata L. Pie. Très commun. On en signale des 
individus albinos. 

Garrnius glandarius L. Geai commun. On trouve, 
mais assez rarement, des individus albinos. 

Nucifraga caryocatactes L. Casse-noix. Buûon et Vieil- 
lot l'ont cité comme commun en Auvergne ; il y est 
maintenant très rare. 

Pyrrhocorax graculus Temm. Grave, Coracias à hec 
rouge. Assez commun dans les Monts-Dores. (Lafarge, 
de Chalaniat.) 

Pyrrhocorax alpinns Vieill. Gliocard. Très rare. (De 
Chalaniat, Debert.) 

Coracias garrula L. Rollier. Très rare ; signalé à Cha- 
teaugay. (De Chalaniat.) 

Ampelis garrulus L. Jaseur de Bohème. Apparaît ac- 
cidentellement. (Debert, de Chalaniat.) 

Sturnus vulgaris L. Etourneau. Commun. De Chala- 
niat et Debert ont remarqué des individus noirs et plus 
petits. Le plumage de cet oiseau est sujet à varier : il y 
en a de tout blancs et de tout noirs. Aldrovande admet 
une variété blanche à pattes roses, une autre à tête 
blanche et une autre grise. 

Pastor roseus Temm. Martin roselin. Accidentelle- 
ment, très rare. Limagne. (Culhat, de Chalaniat.) 

Lanius excubitor L. Pic-grièche grise. Très commun. 

Lanius rufus Briss. Pie-gricche rousse. Assez com- 
mun. 

Lanius miner Gm. Pie-griëche à poitrine rose. Men- 
tionnée par Lafarge et de Chalaniat ; semble devenue 
rare. 

Lanius collurio L. Pie-grieche écorcheur. Très com- 
mun. 

Muscicapa grisola L. Gobe-mouche gris. Signalé par 
de Chalaniat. 

Muscicapa albicoUis Temm. Gobe-mouche à collier. 
Assez rare. (Debert, Culhat, de Chalaniat.) 



PRODROME a'uNE FAUNE DU PUY-DE-DOME 111 

Muscicapa luctuosa Temm, Gohe-mouche bec-figue. 
Très commun. 

Turdus viscivorus L. Draine, grosse Grive de gui. 
Assez commun. 

Turdus pilaris L. Litorne. Assez commun. 

Turdus musicus L. Grive. Commun. De Chalaniat si- 
gnale une variété chez laquelle l'olivâtre du plumage est 
remplacé par du roux jaunâtre. Il la nomme Grive de 
vigne blonde et la rapproche d'une variété trouvée dans 
les Pyrénées par Picot Lapejrouse et désignée par ce 
dernier sous le nom de Mauvis blond. 

Turdus iliacus L. Mauvis, Mauviette. Commun. 

Turdus torquatus L. Merle à plastron. Commun. 
(Culhat, Lafarge, de Chalaniat.) 

Turdus merula L. Merle noir. Très commun. Certains 
naturalistes en font deux espèces, mais ce ne sont que 
de simples variations. On trouve des individus plus ou 
moins tachetés et d'autres entièrement blancs. De Cha- 
laniat en cite d'un gris cendré. 

Turdus saxatilis L. Merle de roche. Signalé par de Cha- 
laniat à Corent, au Mont-Dore, dans la vallée de la 
Durolle ; serait assez commun. 

Turdus cyaneus L. Merle bleu. Assez rare. (De Cha- 
laniat.) 

Cinclus aquaticus Bechs. Merle d^eau, Cincle plon- 
geur. Assez commun dans les vallées des régions mon- 
tagneuses. 

Oriolus galbula L. Loriot. Assez commun dans la 
Limagne. Observé dans les jardins autour de Clermont. 

Sylvia turdoïdes Temm. Bec- fin rousserolle. Assez 
commun. 

Sylvia locustella Laih. Bec-fîn locustelle. Rare. (Culhat, 
Lafarge, de Chalaniat.) 

Sylvia phragmitis Bechst. Fauvette des joncs. Indiqué 
dans le département. 

Sylvia arundinacea La th. Effarvate, Rousserolle, Bec- 
fin de roseaux. Commun sur les bords de l'Allier. 



112 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Sylvia aquatica Lath. Fauvette des marais. Rare en 
France mais s'y montre du Nord au Midi ; existe pro- 
bablement dans le département. 

Sylvia sylvicola Lath. Fauvette sylvicole. Commun. 

Sylvia luscinia Latii. Rossignol. Commun. 

Sylvia cinerea Lath. Fauvette grisetfe. Très commun. 

Sylvia provincialis Temm. Pitchou. Observé dans la 
montagne. (Debert.) 

Sylvia atricapilla Lath. Fauvette à tète noire. Très 
commun. 

Sylvia hortensis Temm. Petite fauvette.Très commun. 

Sylvia curruca Temm. Babiltarde. Commun. 

Sylvia orphea Temm. Bec-fin orphce. Assez fréquent 
au.x environs de Clermont, d'après de Chalaniat. 

Sylvia rubecula Lath. Rouge-gorge. Très commun. 

Sylvia suecica Lath. Gorge-bleue. Très rare. 

Sylvia palustris Temm. Verderolle. Toute l'Europe. 

Sylvia phœnicurus L. Rouge-queue de murailles, Ros- 
signol de murailles. Commun. 

Sylvia tithys Temm. Rouge-queue. Commun. 

Sylvia hypolaïs Lath. Fauvette de roseaux, Grand 
pouillot. 

Sylvia flaveola Vieill. Fauvette flavéole. Indiquée par 
Culhat. 

Sylvia icterina Vieill. Fauvette ictérine. 

Sylvia polyglotta Vieill. Fauvette polyglotte. 

Culhat a mentionné Sylvia sylvestris que de Chala- 
niat considère comme la femelle d'une autre espèce. 

Phyllopneusle trochilus Bon. Pouillot fîtis. 

11 est probable que deux autres espèces se rencontre- 
ront : Phyllopneusle rufa Bon. Pouillot véloce et Phyl- 
lopneuste Bonnellii Vieill. Pouillot à gorge blanche. 
Culhat admettait l'existence en Auvergne de ces trois 
espèces. 

Troglodytes europeus Cuv. Troglodyte. Très abon- 
dant. 

Regulus cristatus Briss. Roitelet. Très commun. 



PRODROME D^ONË FAUNE DU PUY-DE-£)OME 113 

Regulus ignicapillusNaum. Roitelet à triple bandeau. 
Beaucoup de naturalistes le considèrent comme une 
variété du précédent. 

Saxicola œndiJiihe T emm. Tr aquet jnotteux, Cul-hlanc. 
Commun. 

Saxicola rubetra Temm. Traquet tarier. Commun. 

Saxicola rubicola Temm. Traquet pâtre. Commun. 

On aurait, dit-on, rencontré dans le département le 
Iraquet stapazm, Saxicola stapazina, du Midi de l'Eu- 
rope. 

Accentor alpinusTemm. Accenteur des Alpes. De pas- 
sage dans le département. (Debert, de Chalaniat.) 

Accentor modularis Temm. Fauvette d'hiver. Traîne- 
buisson. Commun. 

Motacilla alba L Bergeronnette grise. Très commun. 

Budytes boarula L. Bergeronnette jaune. Presque 
toute l'Europe. 

Budytes flava L. Bergeronnette printanière. Com- 
mun. On pourra trouver Motacilla luguhris Pall. du 
Midi de l'Europe. 

Anthus spinoletta L. Spipolette. 

Anthus campestris Bech. Rousseline. Plus rare que le 
précédent. 

Anthus pratensis Bech. Pipit farlouse. Régions mare, 
cageuses. 

Anthus arboreus Bech. Pipit des arbres. Très com- 
mun ; est désigné sous le nom de Bec-figue. 

On pourra rencontrer Anthus Richardi Temm. du 
Midi de la France, mais qui remonte jusqu'en Allemagne. 

Alauda cristata L. Alouette huppée, Cochevis. Com- 
mune. 

Alauda calandra L. Calandre, grosse Alouette. Rare. 
(De Chalaniat.) 

Alauda arvensis L. Alouette des champs. Commune. 
On trouve plusieurs variétés, brune, presque blanche, 
tachetée. De Chalaniat en a vu des individus entière- 
ment blancs. 11 attribue à l'altitude cette coloration 

blanche ou presque blanche. 

8 



ii4 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Alauda arborea L, Alouette lulu. Commun dans les 
montagnes en été, dans la plaine en hiver. 

Alauda brachydactyla Leisl. Calandrelle. Sur les 
grèves de l'Allier. (De Chalaniat.) 

Plectrophanes lapponica Mey. Plectrophane de Lapo- 
nie. Oiseau de l'extrême Nord ; se montre parfois en 
France et en Suisse Un exemplaire sans provenance a 
figuré dans une collection à Clermont. 

UEmberiza nivalis L., Ortolan des neiges, oiseau du 
Nord de l'Europe et du Groenland, apparaît quelquefois 
en France : il a été observé dans le département de 
Saône-et-Loire. 

Parus major L. Mésange charbonnière. T^rès commune. 

Parus ater L, Petite charbonnière. Mont- Dore et 
plaines. (De Chalaniat.) 

Parus cœruleus L. Mésange bleue. Très commune. 

Parus cristatus L. Mésange huppée. Dans les forêts 
de conifères des montagnes. 

Parus paluslris L. Nonnette. Très commune. 

Parus caudatus L. Mésange a longue guewe. Commune, 

Parus biarmicus L. Mésange moustache. Etang de 
Giat. (Lafarge, de Chalaniat.) 

On prétend avoir vu près de Clermont la Mésange 
rémiz. Parus pendulinus L. du Centre de l'Europe et 
du Midi de la France. Le nid de cette mésange est très 
curieux ; sa distribution géographique rend probable sa 
présence dans le département. 

Eraberiza citrinella L. Bruant jaune. Très commun. 

Emberiza chloris. Verdier. Commun. 

Emberiza miliaria L. Proyer. Assez rare. 

Emberiza hortulana L. Ortolan. D'après de Chalaniat, 
l'ortolan est commun en Auvergne, où il passe une par- 
tie de Tannée. Malgré sa grande réputation dans d'autres 
pays, il est ici peu connu et peu apprécié. Contraire- 
ment à l'opinion de de Chalaniat, plusieurs naturalistes 
le considèrent comme assez rare dans la région. 



Ï-RODROME d'une FAUNE DU^f UY-DE-DOME 115 

Emberiza schœniculus L. Bruant de roseaux, Ortolan 
de roseaux. Bords de l'Allier. (Debert, Lafarge.) 

Emberiza cirlus L. Bruant zizi. Commun. 

Emberiza cia L. Bruant fou. Moins commun que le 
précédent. 

Loxia curvirostra L. Bec croisé des pins. 

Pyrrhula viilgaris L. Bouvreuil. Assez répandu et 
malheureusement traqué par les jardiniers qui l'accu- 
sent de détruire les bourgeons. 

Le Bouvreuil ponccau, Pyrrhula coccinea de Sél., est 
une espèce des montagnes de l'Europe septentrionale et 
centrale qui se montre de loin en loin en France. On l'a 
observé en Saône-et-Loire et il est possible qu'il en soit 
venu dans le Puy-de-Dôme, des paysans ayant affirmé 
avoir vu en hiver un oiseau rouge un peu plus gros qu'un 
moineau. 

Coccolhrauster vulgaris Vieill. Gros-bec. Dans la ré- 
gion montagneuse. 

Passer petronia Degl. Soulcie. Assez rare. 

Passer domesticus L. Moineau. Très commun dans 
toute l'Europe et dans toute la France, surtout dans les 
villes. De Chalaniat en a vu un individu gris à yeux 
rouges ; il y en a de blancs ou presque blancs. (E. Oli- 
vier.) 

Passer montanus L, Friquct Commun. 

Fringiila serinus L. Cini. Environs de Clermont. 
(Culhat, de Chalaniat.) 

Fringiila canaria L. Serin des Canaries. N'appartient 
pas à notre faune. Les individus qu'on trouve parfois 
dans les champs ne se rapportent plus au type primitif, 
mais à des variétés obtenues par l'homme. Ce sont des 
fugitifs échappés des cages. La coloration du Serin des 
Canaries s'est fortement modifiée par la domestication. 
Il est très intéressant à cause de cela et pour la facilité 
avec laquelle il se reproduit avec d'autres espèces, prin- 
cipalement le chardonneret Le Fringiila Canaria, do- 
mestiqué depuis 300 ans seulement, comptait déjà, au 



116 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

temps de Buffon, 29 races ; il y en a maintenant un bien 
plus grand nombre. Les serins ont d'étonnantes apti- 
tudes musicales : non seulement ils apprennent les airs 
qu'on leur enseigne, mais ils imitent aussi le chant des 
autres oiseaux. 

Fringilla cœlebs L. Pinson. Très commun. 

Fringilla montifringilla L. Pinson des Ardeiines. 
Commun en hiver. 

Fringilla nivalis L, Niverolle, Pinson des neiges.Très 
rare. 

Fringilla spinus L. Tarin. Assez commun. 

Fringilla cannabina L. Linotte. Très commune. On 
distingue deux variétés : à plumage blanc, à pieds noirs. 

Fringilla montium Gm. Linotte de montagne. Rare. 

Fringilla citrinella L. Veyituron. Voisin du serin mais 
plus petit. Rare, Issoire. (Debert, de Chalaniat.) 

Fringilla linaria L. Petite linotte, Sizerin. Vieillot dis- 
tingue deux espèces, le Sizerin boréal et le Sizerin 
cabaret, qui se trouvent tous les deux dans le départe- 
ment. (Culhat, de Chalaniat.) 

Carduelis elegans Steph. Chardonneret. Commun. 

Hiruudo rustica L. Hirondelle de cheminée. Très com- 
mune ; à plumage parfois blanc. (De Chalaniat, E. Oli- 
vier.) 

Hirundo urbica L. Hirondelle de fenêtre, Hirondelle 
à croupion blanc. Très commune 

Hirundo riparia L. Hirondelle de rivage. Très commune 
aux bords de PAllier 

Hirundo rupestris L. Hirondelle de rocher. Signalée 
dans le Puy-de-Uôme. (Debert, Culhat, Lafarge, de Cha- 
laniat.) 

Les hirondelles possèdent un merveilleux sens de la 
direction, ce qui les fit employer jadis chez les Romains 
comme messagères pour annoncer les prix gagnés dans 
les courses de chevaux et comme courrier de guerre. Les 
Grecs employaient déjà les colombes et les pigeons. On 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME 117 

a proposé, depuis, de revenir aux hirondelles. Elles nous 
rendent les plus grands services comme destructeurs 
d'insectes et il est infiniment regrettable que la mode 
ridicule de porter sur les chapeaux des femmes la dé- 
pouille de ces oiseaux ait un moment compromis leur 
existence. 

Cypselus apus Illig. Martinet. Commun. 

Cypselus melba L. Martinet à gorge blanche. 

Caprimulgus europœus L. Engoulevent. Assez rare, 
est nocturne et grand destructeur d'insectes. 

III. GALLINACÉS 

Le groupe Columba est pour les uns un ordre spécial, 
pour les autres une section particulière des Gallinacés. 
Il établit le passage entre ces derniers et les passereaux. 

Les Colombes, les Gallinacés, les Echassiers, les Pal- 
mipèdes, sont les ordres qui peuvent nous fournir les 
plus grandes ressources alimentaires et les plus splen- 
dides ornements pour nos jardins. 

Columba palumbus L. Ramier. Commun. 

Columba aenas L. Colomhin, petit Ramier. 

Columba livia L. Biset, Pigeon de roche. C'est la 
souche de nos pigeons domestiques. Il présente trois 
variétés : domestica L., lima Briss. du Midi de l'Europe, 
amelia Brehm, du Nord de TEurope. 

Columba turtur L. Tourterelle. Commun. 

Columba risoria L. Tourterelle rieuse, Tourterelle 
blonde. Elevée en volière et peut se rencontrer dans la 
campagne. Originaire d'Egypte et de Syrie. 

On élève dans le Puy-de-Dôme un grand nombre de 
races et de variétés de pigeons. 

Tetrao urogallus L. Grand coq de bruyère. Peut sur- 
passer la grosseur du dindon. Delarbre l'a signalé dans 
le bois de Menât, près d'Olliergues, dans les Monts- 
Dores et la haute Auvergne. De Chalaniat l'indique à 
Am.bert. N'existe plus actuellement. 



118 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Tetrao bonasia L. Gelinotte. Observé une seule fois au 
Mont-Dore. (Culbat.) 

Tetrao alchata L. Ganga. Très rare (Culhatj, Chatel- 
guyon. (E. Olivier.) 

Perdix grœca Briss. Bartavelle. Mentionnée par De- 
larbre dans les environs d'Ardes. 

Perdix rubra L. Perdrix rouge. Commune. Variétés à 
coloration roussàtre et blancbe. 

Perdrix cinerea L. Perdrix grise. Commune. Présente 
de nombreuses variétés dont les principales sont : da- 
mascena et niontana, observées par Debert et Cbalaniat. 

Coturnix dactylisonans Mey. Caille. Commune. 

Syrrhaptes paradoxus Illig. Syrrliapte paradoxal. Si- 
gnalé dans plusieurs localités de l'Allier (E. Olivier) et 
en Saône-et Loire. 

Phasianus colchicus L. Faisan ordinaire. N'a pas en- 
core été signalé dans le département, mais il y apparaî- 
tra certainement car il est répandu dans tous les bois de 
l'Allier. (E. Olivier.) 

On élève en volière plusieurs espèces, notamment le 
Faisan doré [Phasianus pictus L.). 

Otis tarda L. Grande Outarde. De passage en hiver. 
Rare. (Delarbre, Culhat, Debert, de Chalaniat.) 

Otis tetrax L. Cancpetiere. Assez commune en France, 
rare dans le département. 

Nous dirons ici quelques mots, malgré leur origine exoti- 
que, de quelques autres Gallinacés dont l'acclimatation aune impor- 
tî'ncc considérable. Nous citerons d'abord le coq et la poule, 
originaires de l'Inde ou de Java. Ces oiseaux ont été intro- 
duits dès une très haute antiquité et ils sont pour l'homme, à 
un grand nombre de points de vue, d'une importance tout à 
fait capitale. 

Selon Darwin, les ancêtres de nos poules seraient le Gallus 
Bankiva, le coq de Stanley ou de Lafayette, Gallus Stan- 
leyii de Ceylan, le coq de Java, Gallus fuscatus ou Gallus 
varius de Java, le Gallus œtieus, qui cependant pourrait 
bien n'être qu'un croisement du coq de Java et de la poule 
domestique. Il faudrait ajouter à ces espèces, le coq de Son- 
nerat, Gallus Sonneratii, des montagnes de l'Inde méridio- 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME 119 

nale, et le coq géant, Gallus giganteus. Le coq de Padoue, le 
coq russe, le coq de Rhodes et de Perse, descendraient de ce 
type. 

La poule commune ou poule gauloise est encore assez ré- 
pandue dans le pays, mais les autres races produites par sé- 
lection s'y multiplient beaucoup. 

Il serait très désirable de voir introduire dans nos basses- 
cours : 1° le splendide coq -phénix du Japon et ses deux 
variétés, la dorée et Vargentée, 2° les races hybrides obtenues 
par le ci^oisement du coq de Houdan et de la -pintade ordi- 
naire, 3° du coq cocJiinchinois et de la poule d''Inde ordinaire. 

On élève depuis plusieurs siècles en Europe le dindon 
{Meleagris gallo-pavo, L.) importée d'Amérique. Le Melea- 
gris ocellata Temm. {Dindon ocellé) est un oiseau magni- 
fique. Dans quelques parties de l'Europe, on le croise avec le 
dindon domestique. 

On élève en France, le dindon ordinaire, variété noire, 
grise, rouge ou rousse, cuivrée panachée, rarement la varié- 
té blanche. Temminck a observé en Hollande une belle race 
chamois avec grande houppe blanche. Elle est actuellement 
malheureusement éteinte. (Nous énumérons ici les divers 
groupes de gallinacés domestiques sans nous occuper de leur 
classement méthodique et rigoureux.) 

Numida meleagris L. Pintade originaire d'Afrique. 

Numida mitrata Pall. Pintade mitrée. D'Afrique et de 
Madagascar. La Pintade domestiquée depuis fort longtemps 
n'a guère varié que de nuances. Il y en a trois variétés prin- 
cipales: la noire marbrée, la grise cendrée, la blanche. 

Pavo cristatus L. Paon ordinaire. — Originaire de l'ex- 
trême Orient, il est élevé en Europe depuis fort longtemps. 
Il y fut apporté à l'époque d'Alexandre le Grand. Il était 
considéré en France, au Moyen-Age, comme un mets recher- 
ché. 

On admet quatre espèces de paons^ tous originaires du Sud 
de l'Asie : le Pavo cristatus, le Pavo nigripennis, le Pavo 
] aponicus , le Pavo muticus ou Pavo spiciferus, le plus beau 
de tous. 

Le Paon blanc n'est qu'une variété albine. Il en est de 
même du paon pie et du paon panaché. 

Nous n'avons pas à parler à nouveau de Phasianus col- 
chicus et du Phasianus torquatus, maintenant naturalisés en 
France. 



120 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Le Faisan doré {Phasianus pictus), est dans presque toutes 
les volières, il devrait être aussi dans nos bois. Il existe de- 
puis le Japon jusque dans le Caucase à côté du Phasianus 
colchicus. Il se montre parfois, dit-on, en Allemagne, dans 
les forêts. On pourrait donc naturaliser chez nous cet oiseau 
superbe. 

Le Faisan argenté, originaire de la Chine, se trouve dans 
nombre de volières. On pourrait le naturaliser aussi ainsi que 
le Phasianus Satyre (Vieillot) du Népaul, le Phasianus Wal- 
lichii qui supporte bien le climat de l'Angleterre, le Phasia- 
nus versicolor, du Japon, le Phasianus veneratus, du Nord 
de la Chine, le Phasianus Amherstii, du Thibet et des mon- 
tagnes de Cochinchine. 

Les Lophophores sont encore de magnifiques oiseaux qui 
paraissent pouvoir supporter notre climat et qui pourraient 
être utiles et devraient être domestiqués depuis longtemps. 



IV. ECHASSIERS 

Paraissent se rapprocher à certains égards des cou- 
reurs, à d'autres des gallinacés. Les Echassiers sont 
remarquables par la longueur de leurs jambes et de leur 
cou, qu'ils doivent à ce qu'ils sont des oiseaux de 
rivages et de marais vivant les pieds dans l'eau, à la 
recherche du poisson, des insectes et des coquillages. 
Ils détruisent aussi beaucoup de reptiles et sont géné- 
ralement beaucoup plus utiles que nuisibles. Ce sont 
aussi des oiseaux de haut vol. On a vu des grues à 
9 kilomètres de hauteur. On ignore encore pourquoi 
certains oiseaux s'élèvent si haut, dans un air raréfié et 
glacé. 

Nombre d'Echassiers n'ont pas les pieds palmés, cer- 
tains les ont à demi palmés, d'autres complètement. 
Dans les villages et même les villes de certaines régions 
on conserve avec soin les nids que les cigognes viennent 
occuper chaque année. 

Œdicnemus crepitans Temm. Courlis de terre. Très 
commun. 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME 121 

Hœmatopus ostralegus L. Huitrier, Pie de mer. Très 
rare. Lac d'Aydat. (Lecourt.) 

On prétend avoir vu la Giarole {Glareola pratin- 
cola L.), vulgairement Perdrix de mer, plus spéciale aux 
régions maritimes. 

Charadrius pluvialis. Pluvier doré . De passage. Assez 
commun. 

Il en existe une variété à gorge noire qui a été obser- 
vée au printemps par Culhat. 

Charadrius morinellus. Pluvier guignard. Indiqué par 
de Chalaniat, Roux, Debert, Culhat. 

Charadrius hiaticula L. Pluvier à collier. Très rare. 
Bords de l'Allier. (Lafarge.) 

Charadrius minor Mej. Petit pluvier à collier. Com- 
mun aux bords de l'Allier. 

Charadrius cautianus Lath. Pluvier à collier inter- 
rompu. Rare. Issoire. (Debert.) 

Vanellus melanogaster Bechst. Vanneau suisse. De 
passage. Très rare. 

Vanellus cristatus L. Vanneau huppé. Assez commun. 

Strepsilas interpres L. Tourne-pierre à collier. Oiseau 
des plages maritimes que l'on prétend avoir vu dans le 
département. 

Grus cinerea Bechst. Grue cendrée. Rare. 

Ardea cinerea L. Héron cendré. Commun. 

Ardea purpurea L. Héron pourpré. Rare. Accidentel- 
lement. (De Chalaniat, Roux, Lafarge.) 

Ardea garzetta L. Aigrette. Rare. (Culhat.) 

Ardea nycticorax L. Bihoreau. Assez rare. (De Cha- 
laniat, Roux, Lafarge.) 

Ardea stellaris L. Butor. Assez commun. (De Chala- 
niat.) 

Ardea minuta L. Blongios. Observé dans le dépaute- 
ment. (De Chalaniat.) 

Ciconia alba L. Cigogne blanche. De passage. Assez 
commune. 

Ciconia nigra L. Cigogne noire. Rare en France, 



i22 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

mais commune dans certaines parties de la Suisse. Plu- 
sieurs individus ont été tués dans le département. 
(De Chalaniat, Debert, Lafarge.) 

Platalea leucorodia L. Spatule. Bords de l'Allier. 
(De Chalaniat, Lafarge.) 

Ibisfalcinellus L. Falcinelle. Très rare. Issoire. (Roux, 
Deval, de Chalaniat.) Commun en Hongrie, en Turquie, 
dans les îles de l'Archipel et en Egypte. 

Numenius arqnata L. Grand courlis. Bords de l'Allier, 
de passage. 

Numenius phaeopus Lath. Corlieu. Rare. (Culhat.) 

Tringa subarquata Gm. Cocorli. Bords de l'Ailier. 
(Lafarge.) 

Tringa cinclus L. Brunette. Indiqué par Lafarge et 
de Chalaniat. 

Tringa Temminckii Leisl. Bécasseau tcminia. Très 
rare. (Lafarge, de Chalaniat.) 

Tringa minuta Leisl. Bécasseau échàsse. Très rare. 
(Lafarge, de Chalaniat.) 

Tringa cinerea. Maubèche. Indiqué par Debert, La- 
farge, de Chalaniat. 

Les espèces suivantes sont indiquées par Lafarge et 
de Chalaniat comme plus ou moins rares : Machetes 
pugnax, Totanus fuscus Mey., Totanus calidris Bechst., 
To*anus glareola Temm , Totanus glottis. 

Totanus ochropus Temm. Bécasseau, Cul-blanc. 
Commun 

Totanus hypoleucos L. Chevalier guignette. Commun. 

Limosa aegocephala L. Barge commune. Rare. (Culhat, 
de Chalaniat, Lafarge.) 

Limosa rufa Briss. Bar^e y^ousse. Rare. (Culhat, Debert, 
de Chalaniat.) 

Scolopax rusticola L. Bécasse. Commune au moment 
du passage. 

Scolopax major Gm. Double bécassine, Très rare. Rir>m. 
(Culhat.) 



PRODROME d'une FAUNE DU PUY-DE-DOME 123 

Scolopax gallinago L. Bécassine. Commune dans les 
montagnes. 

Scolopax gallinula L. Petite bécassine. Commune. 

Rallus aquaticus L. Râle d'eau. Commun. 

Rallus crex L. Râle de genêts. Commun. 

Rallus porzana L. Marouette. Indiqué par de Chala- 
niat. 

Rallus pusillus. Râle poussin. Assez rare. (De Chala- 
niat, Lafarge, Culhat, Debert.) 

Rallus Baillonii Nieill. Râle haillon. Indiqué par Roux, 
Lafarge, de Chalaniat. 

Gallinula chloropus. Poule d'eau. Commune. 

Fulica atra L. Foulque, Judelle. De passage en au- 
tomne en bandes nombreuses. 

Phœnicopterus roseus L. Flammant rose. De passage. 
Très rare. (Lecomte, Debert, Roux, de Chalaniat.) 

Reourvirostra avocetta L. Avocette. Très rare et acci- 
dentellement. (Debert, Lafarge, de Chalaniat ) 

V. PALMIPÈDES 

Phalacrocorax carbo L. Cormoran. Très rare. Envi 
rons de Lezoux. (De Chalaniat.) 

Sterna cantiaca. Sterne caugek Indiqué par Debert, 
de Chalaniat. 

Sterna hirundo L. iîiro?ide^/e de mer, Pierre-garin. 
Commune sur l'Allier. 

Sterna minuta L. Petite Hirondelle de mer. Commune 
sur l'Allier. 

Hydrochelidon fissipes L. Epouvantail. Assez com- 
mune. (De Chalaniat.) 

Hydrochelidon nigra L. Sterne noire. Très rare. (De- 
bert.) 

Le Sterna nevia, décrit par Culhat, n'est, d'après de 
Chalaniat, qu'un jeune individu de H. nigra. 

Larus marinus L. Goéland à manteau noir. Rare. In- 
diqué par Culhat sous les noms'de Larus nœvius et de 
Grisard. 



124 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Larus fuscus L. Goënland brun. Rare. (Culhat le dési- 
gne sous le nom de bourginestre.) 

Larus canus L. Goënland cendré. Commun sur l'Al- 
lier, 

Larus ridibundus L. Mouette rieuse. Rare. Bords de 
l'Allier (De Chalaniat, Lafarge.) Le Larus erythropus, 
indiqué par Culhat, n'est, d'après de Chalaniat, qu'un 
jeune individu de cette espèce. 

Larus tridactylus L. Mouette tridactyle. Commune aux 
bords de l'Allier. (Lafarge, Debert, de Chalaniat.) 

Stercorarius parasiticus. Mouette stercoraire. Très 
rare. (Lafarge, Debert.) 

Cygnus olor Nieill. Cygne domestique. Signalé par 
Delarbre comme accompagnant des cygnes sauvages. 

Cygnus férus. Cygne sauvage. De passage pendant 
les hivers rigoureux. 

Anser cinereus Mey. Oie cendrée. Commune. (De 
Chalaniat, Culhat.) 

Anser segetum Gm. Oie sauvage Commune. (De Cha- 
laniat, Debert.) 

Anser albifrons Gm. Oie rieuse. (Indiquée par Culhat, 
Lafarge, de Chalaniat.) 

Anser varius Mey. Oie d'Egypte. Signalée comme 
très rare par Debert, Culhat, de Chalaniat. 

Anas Tadorna L. Tadorne Très rare. (De Chalaniat, 
Lafarge.) 

Anas acuta L. Pilct. Assez rare. 

Anas strepera Chipeau. Rare. (Culhat, Debert.) 

Anas boschas L. Col vert. Très commun. 

Anas clypeata L. Souchet. Assez commun. 

Anas penelope L Siffleur. Assez commun. 

Anas querque dula L. Sarcelle d'été. Commune. 

Anas crecca L. Sarcelle d'hiver. Commune. 

Anas fusca L. Macreuse. Signalée par Lafarge, de Cha- 
laniat. 

Anas marila L. Milouinan. Rare. (Debert, Roux.) 



t>RODROME d'uHE FAUKE DÛ PUY-DEDOME 125 

Anas rufina Pall. Siffieiir huppé. Assez commun. 
(Culhat.) 

Anas ferina L. Milouin. Assez commun. (Lafarge, de 
Chalaniat.) 

Anas nyroca L. Nyroca. Très rare. (De Chalaniat.) 

Anas clangula L. Garrot, Assez commun. (De Chala- 
niat.) 

Anas cristata L. Morillon. Très commun. (De Chala- 
niat.) 

Mergus raerganser L. Grand harle. Assez rare. 

Mergns serrator L. Harle huppé. Pas très rare. 
(Debert.) 

Mergus albellus L. Petit harle. Pas très rare. 

Podiceps minor Lath. Castagneux. Assez commun sur 
le lac d'Aydat. (De Chalaniat.) 

Podiceps rubricollis Lath. Jougris. Très rare. (De Cha- 
laniat, Lafarge.) 

Podiceps auritus L. Grèbe oreillard. Très rare. 

Colymbus glacialis L. Plongeon imbrin. Tué une seule 
fois sur l'Allier. (Debert.) 

Colymbus arcticus L. Plongeon lumme. Très rare. 
(Culhat.) 

Colymbus septentrionalis L. Plongeon Cot-marin. Très 
rare (Debert.) Le Colymbus stellatus du catalogue de 
Culhat n'est, suivant de Chalaniat, qu'un jeune individu 
de cette espèce. 

En terminant, nous mentionnerons quelques palmipèdes 
qui mériteraient à divers points de vue d'être élevés et répan- 
dus plus qu'ils ne le sont: Le cygne à bec rouge {Cygnus olor), 
déjà fort multiplié, mais d'une manière encore insuffisante, le 
cygne chanteur, plus trapu {Cygnus musicus), le cygne à bec 
noir, très voisin, le cygne noir originaire de la Nouvelle 
Hollande, qui supporte bien notre climat, le cygne à cou 
noir, le cygne nain, l'oie des neiges {Anas hyperborea), l'oie 
du Canada, l'oie à cravate {Anser canadensis), l'oie de Gui- 
née ou de Chine, l'oie de Toulouse, très répandue en France 
mais trop peu dans la région, l'oie de Madagascar, l'oie du 
Danube à plumes frisées, le canard musqué ou de barbarie 



126 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

{Anas moschata), le canard mandarin, le canard à éventail, 
le canard labrador, le canard pingouin, le canard de Hol- 
lande, le canard polonais, le canard de Pékin, le canard 
mignon, etc. 

Mais ne voulant pas sortir du cadre que nous nous sommes im- 
posé, nous terminerons ici ces quelques pages sur l'ornithologie du 
Puy-de-Dôme. 

D"^ G. Charvilhat. 



Fiéunion scleiitlfl.q.txe d.ii Bou-rboiinals 



Réunion du 28 octobre içoS. 

— M. Brun, instituteur au Breuil, a capturé, le 5 août der- 
nier, sous un chêne, un individu de Zeuzera œsculi, papillon 
qu'on rencontre rarement dans notre région. 11 a récolté aussi 
près du Breuil les variétés à fleurs blanches de VErica cine- 
rca et de VEchuim vulgare, ainsi qu'une tige largement fas- 
ciée de Sarofliavuius scoparins. 

— M. l'abbé Pierre a capturé à Montvicq, sur des Genêts 
et des Fougères {Pteris aquilina), un hémiptère homoptère 
assez rare, le Macraspis frashia. 

— M. Henri du Buvsson écrit que c'est par erreur qu'il a 
indiqué {Rev. se, XX, p. 93) le Bruchus cisti Fabr. conime 
capturé sur les fleurs de sainfoin. Il s'agit du Bruchus villo- 
sus Fabr. Le Bruchus cisti Fabr. n'a pas encore été trouvé 
dans le département: ses antennes sont entièrement noires, 
tandis que chez B. villosus Fabr., les trois premiers articles 
sont toujours plus ou moins ferrugineux en dessous. Ce der- 
nier vit, à l'état de larve, dans les gousses de cytise et de ge- 
nêt à balais, et probablement, faute d'un végétal plus à son 
goût, il était venu à l'état parfait butiner sur des fleurs de 
sainfoin. Sa larve vivrait-elle aussi dans les graines de cette 
légumineuse ? 

— Hélix ericetorum INItill. — Le 26 août dernier, j'allais 
en voiture de Broût-Vernct à Vichy, et, arrivé à la côte de 
Terre-Blanche qui aboutit au pont du chemin de fer, mon 
attention fut attirée par toutes les plantes du talus de la 
route absolument émaillées ^'Helix ericetorum, tout comme 
le sont les Eryngium des bords de l'Océan, aux environs de 
Royan. Je descendis de voiture et j'en ramassai une poignée 
pour m'assurer de l'espèce qui pullulait ainsi. Je ne me sou- 
viens pas d'en avoir jamais observé une telle quantité ; cha- 
que plante en supportait une agglomération et produisait de 
loin un effet des plus bizarres. Avec un peu de patience, on 
eût pu en remplir facilement un décalitre. 

^ H. DU BUYSSON. 



METEOROLOGIE 



J27 



AOUT 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres. 



'/3 




TEMPÉRATURE 


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ÉTAT DU CIEL 


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1 


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LE 
MATIN 


UINIM 


MAXIM. 


2 S 
780 


iJ u 


W 3 
> 2 


REMARQUES DIVERSKS 


17 


15 


26 




N. 


Nuageux. 


2 




16 


10 


24 


778 




N.E. 


Clair. 


3 




15 


9 


28 


779 




N.E. 


Clair. 


4 




18 


11 


31 


779 




N E. 


Clair. 


5 


P.Q. 


19 


12 


29 


773 




S.E. 


Nuageux. Orageà 4 h. s. 


6 




14 


11 


J7 


768 


10,2 


S. 


Couvert. 


7 




14 


12 


19 


772 


15,6 


N. 


Couvert. 


8 




14 


13 


22 


777 


3,7 


N. 


Couvert. 


9 




18 


J4 


25 


7:7 




N. 


Nuageux. 


10 




18 


11 


28 


776 




N. 


Clair. 


11 




17 


14 


23 


776 




N. 


Nuageux. 


12 


P.L. 


14 


9 


20 


779 




N. 


Nuageux. 


13 




14 


8 


22 


775 




N. 


Nuageux. 


14 




J5 


7 


25 


772 




N. 


Nuageux. 


15 




17 


11 


18 


772 




N. 


Nuageux. 


16 




16 


11 


20 


774 




N, 


Nuageux. 


17 




15 


8 


25 


775 




N. 


Nuageux. 


18 


D.Q 


16 


10 


20 


775 




N. 


Couvert. 


19 




18 


11 


28 


776 




S.E. 


Clair. 


20 




19 


15 


35 


774 




S. 


Nuageux. 


21 




21 


12 


29 


774 


4,4 


S.O. 


Couvert. Orage à 2 h. m. 
et or. de grêle à 3 h. 40 s. 


22 




17 


14 


24 


776 


43,9 


0. 


Couvert. 


23 




15 


14 


20 


777 


1,2 


S.O. 


Couvert. 


24 




16 


14 


22 


779 




0. 


Nuageux. 


25 




16 


12 


24 


776 




0. 


Nuageux. 


26 


N.L. 


16 


13 


23 


776 




0. 


Nuageux. 


27 




17 


12 


29 


775 




E. 


Nuageux. 


28 




20 


16 


25 


772 




S.E. 


Nuageux. 


29 




2iJ 


15 


21 


774 




0. 


Couvert. 


^0 




15 


13 


20 


775 


9,9 


N. 


Couvert. 


31 




14 


10 


19 


778 




0. 


Nuageux. 



Les observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
m.axima, qui est notée à 6 heures du soir. 



128 



REVUE SCIENTIFK^UE DU BOURBONNAIS 



SEPTEMBRE 1908 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilx,y, près Moulins (Allier) 

Altitude : 295 mètres. 



P.Q, 



P.L 



D.Q 



N.L. 



TEMPERATURE 



LE 


MINIM 


MAXIM. 


MATIN 






16 


12 


24 


1i 


11 


20 


18 


10 


23 


17 


13 


22 


12 


12 


20 


11 


6 


22 


12 


8 


28 


20 


14 


30 


17 


16 


22,5 


13 


12 


13 


11 


7 


18 


11 


9 


JG 


10 


5 


19 


9 


3 


21 


14 


7 


26 


15 


13 


22 


11 


6 


24 


14 


9 


28 


Ifi 


12 


29 


16 


13 


24 


14 


14 


19 


13 


lu 


24 


16 


12 


18 


12 


10 


18 


12 


11 


19 


12 


8 


23 


15 


12 


20 


16 


15 


26 


12 


11 


24 


12 


y 


27 



= 3 



770 
775 
776 
773 
777 
782 
778 
775 
7:5 
774 
771 
776 
781 
782 
778 
776 
780 
776 
777 
777 
776 
775 
772 
773 
774 
776 
777 
777 
780 
780 



j o w 
Cl, z 



2,5 



11,5 



4,1 
1,7 

2,9 



0,2 



1,4 



10,9 
0,5 



W 5 



s.o. 
o. 
o. 
o. 

N. 
N.E. 
NE. 
S. 

S.O. 

o. 
o. 
o. 

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S.E. 

S. 

O. 
S.O. 
S.E. 

S. 
S.O. 

O. 

O. 

O. 

o. 

O. 
S.O. 

o. 

S.O. 
E. 

N.E. 



ETAT DU CIEL 

REMARQUES DIVERSKS 



Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Couvert. 

Couvert. 

Clair. 

Clair. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Couvert. 

Couvert. 

Couvert. 

Clair. 

Clair. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Couvert. 

Couvert. 

Clair. Brouillards lemat 

Couvert. 

Couvert. 

Couvert. 

Nuageux. 

Couvert. 

Couvert. 

Nuageux. 

Clair. Brouillards le mat 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Les tomes I (4888) et II il889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome Vil (1894) au prix de 
15 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant 10 francs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XX, 
1888-1907) au prix de 250 francs. 

FAUNE DE L'ALLIER 

Trois volumes : Vertébrés, Coléoptères, Orthoptères, 
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Nous sommes acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
et 1894. 

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VINGT ET UNIÈME ANNÉE 1908 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANGE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1908 

Quatrième Trimestre 

[Second Fascicule) 

L'Exposition franco-britannique. — La forêt de Tronçais, par M. Er- 
nest Olivier. — Météorologie. — Table des matières. 

La couverture de Vannée igo8 sera distribuée avec le procliain }iuméro. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1908 



En 1908, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier, — 26 février, — 25 mars,. 
— 29 avril, — 27 mai — 24 juin — 29 juillet — 
28 octobre — 25 novembre — 30 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaiçe, 1'"'= partie, Mollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbe' Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie. Mollusques ter- 
restres, par M. l'abbé Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Rivièrh. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. Laronde. 

Nouvelles cécidologiques, pSiV M. l'abbé Pierre. 

Flore carbonifère et permicnne du Centre de la France^ 
par M. Berthoumu^u. 

Essai bibliographique sur l'Histoire Smturelle du Bourbonnais, 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicidce de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Les phénomènes atmosphériques observés en bourbonnais depuis 
les temps anciens, par M. F. Pérot. 

Le Papillon Machaon, par M. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy, par 
M. C. Basset, 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de l'Allier, par M. Ernest Olivier. 

L'aigle carnuthe pris pour le coq, par M. G. Bertrand. 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson, 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux, 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Le drapeau de la France, par M. Bertrand, 

Bou-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier, 



Exposition franco-britannique 



Une médaille d'argent a 616 décernée à la Revue scien- LîDï^AR 
tillque du Bourbonnais el du Centre de la France dont '^'^^ ^^' 
les volumes des trois dernières années ont figuré à TExpo- 
silion franco-britannique de Londres de 1908. 



BOTANIC, 



FORÊT DE TRONCAIS 



Historique, Forges, Aménagement 

La forêt domaniale de 'Fronçais, située sur les confins 
du Berry, au Nord-Ouest du département de l'Allier, fait 
partie de l'arrondisement de Montluçon et du canton de 
Cérilly. 

Elle occupe sur la rive droite du Cher, un vaste plateau 
d'une altitude moyenne de 250 mètres, généralement peu 
accidenté, sauf dans sa partie la plus méridionale. Son 
périmètre très découpé a, sur certains points, 16 à 18 kilo- 
mètres de large ; mais à Piraud, la largeur se réduit à 5 à 
6 kilomètres et, à la croix de Yitray, elle n'a même pas 
un kilomètre. Sa plus grande longueur est d'environ 25 ki- 
lomètres, et sa superficie, de 10.436 hectares. 

En y ajoutant les 1.090 hectares de la forêt de Givrais, 
qui n'en est séparée que par quelques centaines de mè- 
tres et les taillis, propriétés particulières y attenant, no- 
CTi tamment ceux de la Gravière et de Pontcharraud, on ar- 
§ rive à un total de près de 13.000 hectares d'un seul tène- 
ment constituant un des massifs boisés les plus importants 
du Gentre de la France. 
en Tronçais est un vieux mot français qui signifiait mie 



CD 



LU 
U- 



9 



130 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

forêt composée de chênes de haute futaie. Aussi, sur les 
cartes anciennes, notre forêt est appelée la grande Tron- 
çais. 

La forêt de Troncais a toujours été comprise dans le 
Bourbonnais et son histoire est celle de celte province. 

Dès l'époque féodale, elle était propriété seigneuriale. 
En 913, le roi Charles le Simple, par une charte datée 
de Metz, fît don de plusieurs terres à Adhémar, ou Ay- 
mar, comte d'Autun, prewiier sire de Bourbon, qui était 
déjà possesseur de la chàtellenie d'Hérisson comprenant 
la forêt. Elle fît partie, depuis cette époque, pendant plus 
de six siècles, d'abord de la baronnic, puis du duché de 
Bourbonnais. 

Le 27 juillet L527, un arrêt du Parlement de Par^'s 
ayant prononcé la confîscation au profîl du roi de tous 
les biens du duc Charles IH, connétable de France, dé- 
claré coupable du « crime de lèse-majesté, de rébellion 
et de félonie », Troncais fut réunie à la couronne et divi- 
sée entre les trois châlollenies d'Ainay-lc-Chàleau, Hé- 
risson et La Bruyère-l'Aubcspin. 

Le 26 févrer IGOl, Louis XIV, en échange du duché 
d'.Mbrct cl de la baronnic de Durancc, céda le duché de 
Bourbonnais à Louis de Bourbon, prince de Condé, mais 
le roi se réserva expressément tous les bois de haute 
futaie, n'accordant que des droits d'usage, et Troncais, 
par le fait, resta encore propriété royale. 

Les Condé continuèrent d'habiter Paris et Chantilly 
et ne séjournèrent jamais en Bourbonnais. En 1793, 
après l'émigration, tous leurs biens furent confisqués : 
la forêt fut comprise dans le district de Cérilly, et en- 
tra dans le domaine national dont elle fait encore partie 
aujourd'hui. 

Jusqu'à la Révolution, le produit de la forêt avait été 
à peu près nul et ses propriétaires n'en retiraient que le 
revenu presque insignifiant des droits d'usage, pacage, 
panage et autres, qu'ils concédaient aux riverains. Elle 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 131 

eut cependant en tout temps une administration spéciale : 
Cérilly était le siège d'une maîtrise des eaux et forêts 
dont le chef était le châtelain de La Bruyère-l'Aubespin 
qui, une fois par an, tenait dans une salle du château 
des audiences où il s'occupait de tout ce qui concernait 
la forêt. 

De nombreux projets et règlements intervenaient de 
temps à autre ; mais ils restaient presque toujours lettre 
morte, et il n'y était donné aucune suite. 

Ce n'est qu'en 1669, que fut établi le premier plan 
de la forêt, à la suite d'un arpentage exécuté par ordre 
du roi et le procès-verbal qui l'accompagnait, nous ap- 
prend que la forêt s'étendait à cette époque : « Depuis le 
« village du Brethon au Sud, jusqu'à l'étang où s'élevait 
« la tuilerie de Gannot au Nord, depuis les villages 
« de Barrière et de Sallegrin à l'Est, jusqu'à ceux de 
« Dovignost et de Vaux à l'Ouest ; que dans la partie 
« comprise entre les villages des Nigauds, Les Loges, 
« chez Lcpy, le Monslet, le Brethon et entre la Ver- 
« natte, le Metz et les Nigauds, il y avait de vastes clai- 
« rières. A l'Ouest, la forêt était comprise entre le Cher 
« qui la longeait pendant plusieurs kilomètres, et le ruis- 
« seau qui se jette dans cette rivière près du moulin de 
« la Vernil ; à Meaulne, en allant vers le Sud, la forêt 
« reculait à l'Est et avait pour lisière, le cours d'eau que 
« reçoit le Cher et sur lequel est construit le moulin 
« de Grandcbœuf et le village du Creux. Le village de 
« la Riffaudière semblait former au Sud-Est l'angle ori- 
« ginaire de la forêt ; au Nord-Est, elle s'avançait jusqu'à 
« l'étang de Couleuvre ; au Nord, elle montait près de 
« Valigny, remontait jusqu'au château de Chandon et allait 
« rejoindre la tuilerie de Jaccoly. Enfin, en allant vers 
« l'Ouest, la forêt descendait au village de Brèze, à celui 
« de La Pacaudière, qui était presque enclavé dans la 
« forêt dont il occupait une clairière. La forêt prenait 
« alors, pour lisière le cours d'eau sur lequel était cons- 
(( truit le moulin du Ris, et qui se jette à l'Ouest dans le 
« Cher. » , 



132 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Ce sont, à peu de chose près, les limites du massif 
forestier aetaellerneut existant. 

Cependant les revenus n'augmentaient guère, puisque, 
de 1009 à 1778, ils ne dépassèrent pas la somme de 
4.000 francs, à peine suffisante pour couvrir les frais de 
surveillance. 

Dans ce pa.ys éloigné des grands centres, sans com- 
munications faciles, il était absolument impossible d'ob- 
tenir un profit satisfaisant de cette immense étendue de 
bois que traversaient seulement quelques étroits sentiers 
et dans la(|uclle n'existaient ni roules, ni chemins pou- 
vant faciliter les transports. 

L'administration finit par s'émouvoir sérieusement de 
cette situation et, en 1778, ordonna l'ouverture d'une 
route qui devait joindre Bourbon-l'Archambault à Ainay, 
en passant par Cérilly. Les travaux furent commencés, 
mais marchèrent lentement : en 1837, ils n'étaient pas 
encore terminés : il restait à faire, tout le parcours à 
travers la forêt, de Cérilly à Ainay (1). 

Pour tirer parti de la valeur du bois dans une région 
où il était si abondant et d'aussi bonne ciualité, mais où 
les débouchés étaient difficiles et par trop coûteux, on 
comprit enfin que le moyen le plus efficace et le plus 
prati(|ue était d'y établir des forges et des usines (2). 

Plusieurs maîtres de forges, chargés d'examiner les 
lieux revinrent tous découragés, après avoir constaté la 
faiblesse des cours d'eau qui devaient fournir la force 
motrice, et effrayés par les énormes dépenses nécessitées 
j)ar l'mstallation d'un établissement aussi considérable 
que celui que l'on projetait de faire. 

C'est peu d'années seulement avant la Ilévolulion, en 
1788, que M. Nicolas Hambourg, délégué pour faire un 
nouvel examen, déclara (ju^ii était possible de réussir : 



(1) L'Ancien Bourbonnais, Voy. pitt.. p. 23ô. 

(2) Au xvnie siècle, la curde du bois piise en forêt ne valait que 
3 livres, aujourd'hui on la paye de 14 à 18 francs. 



LA FORÊT dp: tronçais 133 

il lui fut concédé un terrain et une coupe annuelle dans 
la forêt et il fut chargé de l'exécution. Malgré les obs- 
tacles qu'il avait prévus, il eut l'énergie, non seulement 
de l'entreprendre, mais encore de la mener à bonne fin. 

La première pierre de l'établissement, qui devait être 
les forges de Tronçais fut posée, au mois d'août 1789, 
sur les bords de la Sologne, dans un endroit désert ap- 
pelé Saint-Jean de Bouys, où il n'y avait alors qu'un petit 
moulin. Les travaux furent menés rapidement : cinq 
cents ouvriers y furent employés et la première fonte de 
fer put être faite à la fin de 1790 (1). 

La Révolution, aux excès de laquelle s'ajouta une 
grande disette, conséquence d'une suite d'hivers rigou- 
reux, faillit tout compromettre. Il n'y avait plus de blé 
dans le pays et les municipalités des environs réclamè- 
rent avec violence, contre cette installation d'étrangers 
dont la plupart étaient peu recommandables, et qui, con- 
tribuaient à augmenter la famine en consommant le pain 
que le déparlement fournissait à grand'peine à la po- 
pulation ordinaire. Il y eut des pillages et des émeutes : 
la forêt fut mise en coupe réglée et plusieurs cantons 
furent complètement saccagés. 

M. Hambourg, ne perdit pas confiance et tint tête à 
tous les orages ; il ne cessa jamais complètement ses 
travaux et les reprit avec vigueur dès cpie l'ordre com- 
mença à se rétablir. En 1794, l'étang de Saint-Bonnet 
étant mis en vente, il s'empressa de l'acquérir, y trou- 
vant une force motrice toute faite et, après plusieurs an- 
nées de persévérants efforts, il réussit à terminer le 
groupe des trois usines Tronçais, Sologne et Alorat (2). 



(1) Une des premières plaques de fonte fondue aux usines se 
trouvait dans une des cheminées du château de Mazières [voir 
page 153). Une autre portant li date de 1794 et qui était dans l'an- 
cien hôtel de la Fay (de la Celle), rue de Bourgogne, à Moulins, 
est conservée au Musée départemental. 

(2) M. Rambourg eut à lutter longtemps contre l'hostilité du 
pays tout entier, qui voyait son installation de très mauvais 
œil : les usagers, craignant d'être privés complètement des droits 



134 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

La première achevée fut celle de Saint-Jean de Bouys 
ou de Tronçais établie sur l'emplacement d'un moulin 
le long- de la route actuelle du \'eurdre à Urçay, cons- 
truite depuis, et qu'on appelait à celle époque le chemin 
des Mulets, parce que le trafic des forges se faisait à 
dos de mulets. La Sologne fut barrée ainsi que le ruis- 
seau de Saloup et les eaux réunies dans les deux étangs 
de Tronçais et de Saloup fournirent la force motrice. 

Mais, malgré les soins apportés à l'aménagement de 
ces eaux, l'usine était, dans les périodes de sécheresse, 
forcée à de fréquents chômages, et on fut forcé de re- 
courir à la vapeur ; deux machines y furent installées. 
L'usine de Sologne, située sur la rivière de Sologne, 
à environ deux kilomètres en aval de la précédente, ne 
fût terminée que quelque temps après. Ses artifices 
étaient mis en mouvement par les eaux de la Sologne, 
aidées d'une machine à vapeur. Sa production était à 
peu de chose près, la même que celle de Tronçais. 

L'usine de Morat n'a été construite qu'en 1822. Elle 
avait des machines à vapeur, mais pas de haut fourneau 
comme les deux aulr(>s. lue partie de la force motrice 
fût fournie par la Sologne retenue jtar un barrage. 

A ces usines a été annexée la Iréfilcrie de Laleuf, dans 
la commune de Braise, sur le ruisseau de Bis dont les 
eaux réunies dans un petit étang servaient de moteur. 
Elle a été construite en 1824 à la place d'un ancien 
moulin. 

Les fers obtenus ont toujours été réfutés de première 
qualité, et ces usines comi)tèrcnl bientôt au nombre 
des plus importantes de la France. Elles étaient visitées 
incessamment par des ingénieurs et des gens du métier 
et une nombreuse population d'ouvriers et de commer- 
çants, qui s'installaient aux environs, firent la fortune de 
la récrion. 



dont ils avaient joui jusqu'alors dans la forêt, lui faisaient une 

violente opposition, comme en témoigne la pétition de 1812, qui 

nous a été communiquée aimablement par M« E. Grandjean, no- 
taire à Urçay, et que nous donnons plus loin en annexe. 



LA FOBÈT DE TRONÇAIS j35 

En 1850, époque de leur plus grande prospérité, la 
production annuelle de Tronçais était évalué à 1.500 
quintaux métriques de fer en barres et 2.000 quintaux 
métriques de massiaux ou lopins. 

Sologne donnait sensiblement le même résultat. 

Morat produisait 1.000 quintaux métriques de fer en 
grosses barres et 3.000 quintaux métriques de massiaux 
ou lopins pour l'étirage. 

La tréfîlerie de Laleuf donnait environ 2.500 quintaux 
métriques de fils de fer de diverses grosseurs, dont 1.800 
quintaux étaient transformés en clous, dits pointes de 
Paris (1). 

Le minerai employé provenait uniquement des mines 
de Bourges et de Dun-lc-Roi, dans le département du 
Cher. 

Malgré ces résultats relativement satisfaisants, les éta- 
blissements de Tronçais ne sont jamais arrivés au but que 
l'on espérait atteindre en les créant. 

A partir de 1850, en raison du prix élevé des transports, 
il devint difficile de lutter contre la concurrence des éta- 
blissements similaires situés plus à proximité d'un canal 
ou d'un chemin de fer. Petit à petit la fabrication se res- 
treignit. Sologne et Moral furent abandonnés les premiers 
et il ne reste aujourd'hui qu'une centaine d'ouvriers à 
Tronçais où ne fonctionnent plus qu'une tréfilerie et une 
fabrique de câbles en fils de fer, et il est question de l'a- 
bandonner aussi et de transporter le matériel dans un 
pays de plus facile accès (2). 

Bientôt, de ces merveilleuses usines qui firent l'admira- 
tion des visiteurs et la richesse de la contrée, il ne res- 



(1) M. Rambourg exploita pendant plusieurs années ces usines 
pour son compte personnel ; puis elles devinrent, en 1845, la pro- 
priété de la Compagnie Chàtillon-Commentry, à laquelle elles ap- 
partiennent encore aujourd'hui. De ces jsines dépendent, outre les 
bâtiments et leur emplacement, les quatre étangs de Saloup, de 
Tronçais, de Saint-Bonnet, de Morat et environ 100 hectares de 
terres, jardins et prairies. 

(2) Les câbles de la tour Eiffel ont été tressés à Tronçais. 



136 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

tera plus que les étangs et les bâtiments inoccupés ; le 
pays redeviendra désert et Saint-Bonnet et Ainay, après 
avoir eu aussi leur ère de prospérité, resteront de petits 
bourgs solitaires et ignorés, perdus dans l'immensité de 
la grande forêt. 

Le gouvernement et l'administration finirent par s'occu- 
per enfin efficacement de la mise en ^"aleur de la forêt et 
de sa conservation fort compromise pendant la période 
révolutionnaire et par la population de sabotiers qui y 
était installée à demeure et exploitait les jdus beaux ar- 
bres, à tort cl à travers, et sans ménagements. 

Les ponts et chaussées et le service vicinal établirent 
05 kilomètres de routes nationales ou départementales et 
de chemins vicinaux de toutes catégories. Les deux gran- 
des voies du X'eurdre à Urçay et de Bourbon-l'Archam- 
])ault à Ainay, ouvertes à travers la foret, mirent en com- 
munication facile les localités du département de l'Allier 
avec celles du Cher. En même temps, la direction des 
forêts créait un réseau de plus de 100 kilomètres de rou- 
tes forestières, grâce auxquelles on peut aisément circu- 
ler ])arloul en voiture. 

Mais l'exécution de ces lra\aux dura longtemps et il 
n'y a pas plus de quinze ans (jue la viabilité est arrivée 
au point de perfection où nous la voyons aujourd'hui. 

Pour l'exploitation du bois, un mode d'aménagement 
général a été adopté et appiicjué régulièrement depuis 
1808 : en principe, les jeunes brins de chênes qui rem- 
placent les \ieilles futaies abattues sont élevés en futaies 
et doivent être à leur tour exploités au bout d'une pé- 
riode de 180 ans. 

Il existe encore, sur plusieurs points, un grand nom- 
bre de chênes beaucoup j)lus vieux que cet Age, qui tom- 
bent chaque hiver sous la hache des bûcherons ; mais, 
malgré la parcimonie avec laquelle on les sacrifie, il 
n'en existera plus dans quelques années et ils ne seront 
très probablement jamais remplacés, comme taille et 



LA FORET DE TRONÇAIS 



laY 



volume, par les arbres qui grandissent actuellement et 
qui seront coupés après l'évolulion prévue de 180 ans. 

M. Desjobert, alors inspecteur des eaux et forêts, 
donne le délail sui\aiit de la composition de la forêt 
en 1890 (1). 



Vieilles futaies de 200 à 250 ans 
Semis ou fourrés de 1 à 15 ans 
Gaulis de 15 à 25 ans. . . . 
Jeunes perchis de 25 à 50 ans 
Hauts perchis de 50 à 90 ans. 
Jeunes futaies de 100 à 120 ans 

Pins . . . . 

Clairières ou vides 



1.000 hectares. 

300 — 

500 — 

1.500 — 

3.400 — 

2.000 — 

1.500 — 

236 — 

10.436 hectares. 

Les plus beaux arbres se trouvent actuellement le long 
de la route d'Urçay, entre le rond Desjobert et les for- 
ges de Tronçais et sur la droite de la vallée de la Solo- 
gne, à gauche de la route d'Ainay. On peut y admirer des 
chênes splendides de 35 mètres de haut avec un fût de 
20 mètres sans branches, ayant deux mètres de diamètre 
et cubant jusqu'à 30 et 40 mètres. 

Cours d'eau, Étangs 

La forêt est traversée par deux cours d'eau principaux 
qui coulent presque exactement du Sud au Nord, la Mar- 
mande et la Sologne. 

La Marmandc prend sa source près du domaine des 
Renards, au sud de Cérilly ; elle forme un lavoir muni- 
cipal à un kilomètre de celte ville, à sa traversée de la 
route d'Ainay ; elle reçoit le ruisseau de Brot, alimente 
le moulin de Soulisse, entre dans l'étang de Piraud, 
passe à Isle-et-Bardais, fait marcher les moulins de la 
Faix, des Bruyères-l'Alleu, de la Bouconnerie, de Brulepot 



(1) Rev. se. du Bourb. et du Centre de la France, t. III, 1890, 
page 256, 



138 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

et entre dans le département du Cher un peu avant de rece- 
voir la Sologne, puis elle tourne brusquement à l'Ouest, 
passe à Charenton et vient se réunir au Cher à Saint- 
Amand. Le nom de Marmande rappelle les nombreuses 
cellules que construisirent sur ses bords, vers l'an 620, 
des moines accompagnant le vénérable Théodulfe, sur- 
nommé Babolène. Ces cellules, en latin mandrœ, for- 
maient, paraît-il, une agglomération considérable : de là 
Milmandrœ, d'où Marmande ou, comme on l'écrivait au- 
trefois plus correctement, Marmandre. Ces moines étaient 
soumis à la règle de saint Colombin, remplacée plus tard, 
par celle de saint Benoît, Ils fondèrent sur les bords de la 
rivière, notamment à Jouy, Charenton et Isle, des prieurés 
depuis longtemps disi)arus. 

La Sologne sort de l'étang de Faix, commune de Cé- 
rilly ; elle reçoit les eaux du versant occidental des co- 
teaux qui séparent la vallée de la Marmande de celle de 
l'Aumancc. Elle fait marcher le moulin du Rulain, tra- 
verse les étangs de Tronçais, de Sologne, de Moral, passe 
à Ainay-le-Chàteau et se joint à la Marmande un peu en 
aval de cette ville. 

L'Aumance, affluent du Cher à Meaulnc, coule com- 
plètement en dehors de la forêt, mais reçoit les eaux des 
ravins et tourbières de la Bouteille, qui lui sont amenées 
par plusieurs petits ruisseaux, la Planchette, la Bou- 
teille, etc.... 

Les étangs qui contribuent pour une si grande part 
au pittoresque de la forêt, sont tous, sauf celui de Sainl- 
Bonnet, d'origine artificielle et de création relativement 
récente. Il a suffi, pour les obtenir, de barrer le cours des 
rivières à l'aide d'une digue assez solide pour résister 
à la pression considérable exercée par l'énorme masse 
d'eau retenue. 

L'étang de .Saint-Bonnet, mentionné dès 1569 par Ni- 
colas de iXicolaï comme « fort long et beau, ayant peu 
moins de demi-lieue de circuit », était anciennement une 
dépendance du fief de Changy qui s'étendait sur la pa- 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 139 

roisse de Braizc. Il avait été vendu par l'Etat, en 1C03 
comme « terres vaines et vagues » à Jean de Bigny, sei- 
gneur d'Ainay-lc-Vieil duquel relevait le fief de Changy. 
Il passa dans la suite aux mains du sieur de Fougières, 
seigneur du Creux, qui émigra en 1793 et eut ses biens 
confisqués. L'étang fut adjugé le 1" brumaire an III (22 
octobre 1794), pour la somme de 14.500 francs, au «ci- 
toyen Hambourg, maître de forges à Tronçais ». Sa su- 
perficie est d'environ 30 hectares. Il est très poissonneux. 

L'étang de Saloup est formé par le ruisseau de Saloup, 
affluent de la Sologne. Il a été créé il y a un siècle pour 
augmenter la force motrice de l'usine de Tronçais. En- 
caissé dans un profond ravin aux pentes très rapides, il 
n'a pour ainsi dire pas de rives ; les hautes futaies qui le 
bordent ont le pied dans l'eau et son aspect est particu- 
lièrement triste et sauvage. Il est coupé par une chaussée 
de 140 mètres de longueur sur laquelle passe la route de 
Cérilly à Meaulne. Un pont de pierre, d'une architecture 
orginale, laisse communiquer les deux parties de l'étang. 
La chaussée qui le ferme est longue de 150 mètres et large 
de 5 mètres. Elle est protégée par un mur dont les fon- 
dations ont 9 mètres de large. Sa superficie est d'environ 
8 hectares et la hauteur de l'eau à l'étiage est de 13 mè- 
tres. La moitié est sur la commune du Brcthon, l'autre 
sur celle de Vitray. 

L'étang de Tronçais sert de force motrice à l'usine de 
ce nom, construite immédiatement derrière la chaussée. 
Cette chaussée a 8G4 pieds de longueur et la superficie 
en eau est d'environ 40 hectares. 

L'étang de Sologne n'est qu'un canal de 400 toises de 
long, de 30 pieds de largeur et d'une profondeur mo- 
yenne de 10 pieds. 

La digue de l'étang de Morat a une longueur de l:îO 
toises et sa superficie est de 12 hectares. 

Ces trois étangs établis pour fournir la force motrice 
aux usines de Tronçais, Morat et Sologne, sont alimen- 
tés par la Sologne qui passe successivement de l'un dans 
l'autre. 



140 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

L'étang de Piraud a pris le nom d'un domaine cl d'un 
moulin qui occupaient autrefois son emplacement. Il est 
formé par la Marmande et on l'appelle aussi réservoir de 
la Marmande. Il a été créé, comme celui de Goule, pour 
alimenter le canal du Berry ; des rigoles en maçonnerie 
conduisent l'eau dans le réserA^oir de Goule et ensuilc dans 
le canal. Sa superficie est de 94 hectares, sa profouo'eur 
à l'étiage de 15 mètres et sa contenance de 3.724.188 mè- 
tres cubes. La création de ce vaste réservoir a nécessité 
des travaux considérables : commencé en 1842, il ne 
fut terminé qu'en 1847 ; les rigoles et la chaussée n'ont 
été achevées qu'en 1852. Il a coûté un million et demi. 
Le hameau des Chamignoux, qui depuis longtemps est 
un rendez-vous de chasse, est situé sur ses bords et la 
chaussée est voisine du petit bourg d'Isle-et-Bardais. 

L'étang de Piraud affecte la forme d'un long Irian 
gle, de peu de largeur. Occupant un étroit ravin dans 
une étranglée de la forêt, il hi barre tout entière et les 
animaux qui circulent viennent forcément passer à sa 
queue, appelée le Cercueil. C'est là que les jours où il 
chassait, le marquis de Beaucairc faisait poster un o\i 
deux tireurs, avec mission de fusiller les sangliers qui 
arrivaient pour traverser. 

L'étang de Goule se trouve sur les limites de la forêt 
?i en même lcm))s du département dcl'Allier ; sa ciiaus- 
sée est construite en territoire berrichon. Aménagé, 
comme celui de Piraud, pour l'usage du canal du Berry, 
il est alimenté par la rivière d'Auron qui prend sa source 
tout près, aux environs de Valigny et don! le débit est 
alors très faible. Les eaux de Piraud y arrivent par une 
rigole et le traversent avant de se rendre au canal. Un 
système d'écluses règle la sortie de l'eau. Sa superficie 
est de 114 hectares et sa contenance de 3.780.000 mètres 
cubes. 

Malgré sa superficie et sa contenance plus considé- 
bles, le réservoir de Goule ne présente pas une aussi 
grandiose perspective que celui de Piraud. Ses bords 
déchiquetés qui pénètrent et se dissimulent sous les fu- 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 141 

taies cachent une partie de son étendue et il n'offre pas 
un aussi beau coup d'œil que la longue nappe triangulaire 
et régulièrement limitée de son voisin. Sa chaussée elle- 
même est moins longue, moins bien entretenue ; elle 
est d'un abord plus difficile et frappe moins le regard. 
En sortant de Goule, la rivière d'Auron quitte le dépar- 
tement et va grossir l'Yèvre, à Bourges, après un par- 
cours de 80 kilomètres dont 7 seulement dans l'Allier. 



Géologie 

Le sol de la forêt appartient pour la presque totalité 
au trias moyen, ou grès bigarré, composé de grès plus 
ou moins grossiers, de pegmatites, de schistes, de ro- 
ches siliceuses compactes ou en voie de décomposition. 
Les grès, quelquefois blancs, sont généralement co- 
lorés en rouge plus ou moins intense par un ciment fer- 
rugineux ; quelquefois la couleur passe au jaune rou- 
geâlre et la pierre prend alors une teinte chaude qui 
donne un agréable aspect aux constructions pour les- 
quelles on remploie. Près de Meaulne, ils sont bizarre- 
ment maculés de taches rouges, d'où le nom de grès 
bariolés que leur donne de Launay. Sur d'autres points, 
au lieu d'être colorés par une argile ferrugineuse, ils 
le sont par de l'oxyde de manganèse et dans ce cas, 
comme aux environs du Brethon, ils sont entièrement 
noirs. 

Les grès triasiques fournissent d'excellentes pierres 
à bâtir qui sont recherchées pour les ouvrages des hauls 
fourneaux : on les extrait de nombreuses carrières ou- 
vertes dans la forêt et aux environs, à Meaulne, Cérilly, 
Vallon, etc. 

Une importante bande de grès houiller s'étend sur 2 ou 
3 kilomètres de large dans la vallée du Cher, de Reugny 
à Meaulne, Quelques travaux de recherches, qui ont 
porté principalement sur la rive droite de l'Aumance, 
ont fait reconnaître des veinules charbonneuses près du 
plateau des Seignes, au-dessus du moulin de Grande- 



142 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

bœuf, et en face du château du Creux, mais nulle part 
la quantité n'a paru suffisante pour en entreprendre 
l'exploitalion. Au ravin de La Bouteille, qui est en entier 
creusé dans ces grès houillers, les sondages ont été plus 
sérieusements faits, sans fournir des données plus satis- 
faisantes. 

La formation jurassi({ue (calcaire du lias) commence 
au Nord de la forêt, près de Valigny, de Saint-Benin, 
d'Ainay-le-Château et prend un grand développement 
dans le département du Cher. 

Le terrain de trias composé de grains de quartz et 
d'argile est très perméable ; aussi les routes sont faciles 
à créer et à entretenir cl on peut les parcourir facile- 
ment par tous les temps : les eaux pluviales ne séjour- 
nent pas à la surface et il n'y a jamais ni boue, ni pous- 
sière. Il est favorable à la culture et convient très bien 
à la végétation des bois, comme le témoignent les magni- 
fiques futaies qui composent la forêt. 

Flore 

En raison de la nature siliceuse du sol, la Flore de la 
forêt est peu riche et la plupart des espèces végétales 
qu'on y rencontre ne sont représentées que par un petit 
nombre d'exemplaires, de sorte qu'on est exposé à ;.e 
promener longtemps sans voir autre chose que des gra- 
minées débiles, de plantureuses, fougères {Pleris aqui- 
lina) et d'épais fourrés de bruyères {Calluna vulgaris). 

Cependant la végétation a un cachet particulier dû à 
la présence de quelques plantes, notamment Lobelia 
urens, Itlecehmm lerlicillaUim, Gcnisiu pilosa, Erica 
telralix, peu fréquentes ailleurs et abondantes dans les 
clairières et sur les accotements des routes et des carre- 
fours. 

Les bords des étangs, surtout ceux de Saint-Bonnet et 
de Tronçais, offrent une flore plus spéciale et réellement 
intéressante et, à leur queue longuement prolongée, on 
peut cueillir toute la cohorte des plantes des tourbières 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 143 

et des marécages. La surface de l'eau y est recouverte, 
dans certaines parties, par un tapis bigarré formé par 
les roselles sombres du Trapa nalans, les grandes fleurs 
d'or du Nuphar Huteum, les épis roses du Polygonum 
ampliibium, les nombreuses corolles blanches à onglets 
jaunes des Ranuncuius aqualilis et irichoplujllus, les inflo- 
rescences modestes de VUlricularia minor, le feuillage 
verl des Polomogeton nalans, Alisrna nalans, Stirpus 
Ihdlans, tandis que Vlria pseudo-acorus, VAUsnia planlago 
et le Scirpus lacuslris garnissent toutes les rives et s'é- 
tendent souvent au loin dans l'eau. 

La flore arboricole ne comprend guère que les Chênes 
{Quercus pedunculala, sessilillora, pubescens), le Hêtre, 
rOrme, le Frêne, le Tremble et les Pins sylvestre et 
laricio. 

Le sous-bois est formé par divers arbrisseaux, notam- 
ment le Houx qui constitue à lui seul des fourrés dans 
plusieurs cantons. 

Les châtaigniers, qui atteignent des dimensions re- 
marquables, sont plantés partout dans les champs ri- 
verains et donnent un revenu important. 

Les champignons abondent : à côté des Amanites vé- 
néneuses, on peut récolter certaines années en grand 
nombre des Bolets comestibles ou Cèpes {Bolclus edu- 
lis, scaber), des Oronges, des Cocherelles, des Mous- 
serons, etc. (1). 

La Macre, Trapans nalans, est une plante aquatique 
commune dans tous les étangs de la région. Ses feuilles 
rapprochées, triangulaires ou rhomboïdales s'étalent en 
rosette à la surface de l'eau ; leur pétiole est renflé dans 
le milieu de sa longueur en une vésicule pleine d'air 
qui remplit les fonctions d'une vessie natatoire et per- 
met à la plante de flotter. Les fleurs sont petites, blan- 
ches, solitaires et axillaires ; elles paraissent au commen- 



(1) On trouvera des renseignements détaillés sur la Flore de la 
région dans le Catalogue des plantes de l'arrondissement de AJont- 
luçon et ses Suppléments, par A. Pérapd. 



144 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

cernent de l'été et donnent naissance à un fruit, sorte de 
noix dure, à consistance cornée, armée de 2 ou 4 pointes 
épineuses. Ces fruits qui mûrissent au milieu de l'au- 
tomne, se détachent et tombent dans l'eau dès leur ma- 
turité. Ils sont connus sous les noms de cornuelles, ou de 
châtaignes cVeau; ils sont remplis d'une sorte de tissu fécu- 
lent très nourrissant et on les récolte pour les manger. 
On les consomme, soit crus comme les noisettes, ou 
cuits sous la cendre, ou bouillis dans l'eau comme les 
châtaignes dont ils ont le goût. En les tenant dans 
l'eau, on peut les conserver jusqu'au printemps. La ma- 
cre croît facilement dans les étangs, les fossés, les creux 
d'eau stagnante, mais non croupissante, cl dont le niveau 
est à peu près constant. 

Faune 

La guerre acharnée qui leur a été faite a amené la dis- 
parition complète des loups d;uis toute la région. Ce 
n'est plus que de temps à autre qu'on a connaissance 
du passage d'un de ces animaux, venant probablement 
de la Creuse ou du Périgord et traversant la forêt sans 
s'y arrêter. Mais Tronçais, dont les futaies étaient par- 
courues toute l'année par de nombreuses bandes de bê- 
tes à cornes et de porcs, dont les enclaves cultivées 
étaient pacagées par des troupeaux de brebis, était 
éminemment favorable à Thabilation de ces fauves et ils 
y ont été très nombreux autrefois. 

L'administration des forges eut à lutter longtemps 
contre ces carnassiers : dans un rapport au Préfet de l'Al- 
lier fait en 1824 et conservé aux Archives départementales, 
M. Hambourg rend compte de la situation : « les chemins 
vicinaux, écrit-il, ne sont pas sûrs dans la forêt ; plu 
sieurs personnes ont été arrêtées en plein jour par des 
loups qui se lancent sur leurs chevaux ; je me conten- 
terai de signaler M. Dufour, alors contrôleur des Con- 
tributions à Hérisson. L'agriculture souffre de leurs ra- 
vages et les cultivateurs craignent d'envoyer paître leurs 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 145 

bestiaux dans la forêt, et même dans leurs champs. MM. 
les préfets ordonnent des chasses générales et particu- 
lières qui restent infructueuses : les loui)S reparaissent 
toujours et, avec eux, la désolation. En (luairc mois, do 
l'an 1812, ils ont dévoré pour 6.000 francs de mulcîs at- 
tachés au service des forges dont .les approvisionnements 
auraient fini par manquer, par suite de la désertion des 
muletiers. Le propriétaire des usines a dû faire fabriquer 
pour 2.000 francs de pièges et il a appelé du fond du 
Berry un habile preneur de loups ». Grâce à l'habileté 
de ce dernier, on arriva au résultat désiré. En huit mois 
seulement, on prit vingt-deux grands loups ou louves vi- 
vants, quatre autres s'échappèrent en laissant leurs pat- 
tes dans les pièges ; un grand nombre de louveteaux 
fut également capturé, et le pays fut pour le moment 
délivré de ce fléau. Mais le piégeur vint à mourir, et les 
fauves recommencèrent à pulluler. Un petit propriétaire 
d'Isle, Pierre Guilleteau, fut chargé de continuer la des- 
truction : il touchait une prime de cinquante francs par 
animal et jouissait en forêt de quelques avantages de 
pacage pour ses chevaux. En deux ans, il réussit à en 
prendre deux cents dans ses pièges : au bout de ce temps, 
le nombre des loups ayant naturellement beaucoup di 
minué, Guilleteau se servit pour tuer les che\'reuils, du 
fusil qu'il était autorisé h porter pour sa défense et faute 
d'occupation, il se mit à exploiter des arbres pour son 
compte. Il encourut bien vite la disgrâce du conservateur 
et fut mis à la porte de la forêt en 1826. A partir de celte 
époque, les chasses régulières et les battues organisées 
par les officiers de louveterie, devinrent suffisantes pour 
maintenir la multiplication dans de justes limites. De 
18i4 à 1858, le marquis de Beaucaire prit annuellement 
de vingt à trente loups ou louveteaux. La prime allouée 
par le Gouvernement ayant été considérablement aug- 
mentée et d'autre part, M. Fould qui élevait des chevaux 
de pur sang à la Flandrie, près Couleuvre, payant aussi 
les loups tués dans son voisinage, le nombre de ces ani- 
maux diminua rapidement et depuis vingt ans au moins, 
on n'a plus revu dans la forêt de portées de louveteaux. 

10 



146 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOr.REONNAIS 

Nous ne possédons aucune donnée sur l'existence an- 
cienne du Cerf dans la forêt et nous n'y avons pas con 
naissance de sa présence avant l'année 1864. 

A cette époque, la société de chasse « Rallie-Bour- 
bonnais » obtint de l'administration de la Vénerie im- 
périale la cession de 20 biches et de 4 cerfs qui furent 
panneautés à Saint-Germain et amenés en voiture jus- 
qu'au Rond Gardien où ils furent rendus à la liberté. En 
dépit de quelques meurtres commis par des braconniers 
ou des chasseurs indélicats, le pcuplemeiit réussit à 
merveille et les Cerfs devinrent assez nombrux pour en- 
tretenir les chasses d'un équipage spécial qui fut monté 
en 1877. Mais le bail de la chasse finissait en 1881 et, 
dans un esprit d'inintelligente démocratie, l'administra- 
tion partagea en trois lots la forêt qui, lors des précé- 
dentes adjudications, n'en formait qu'un seul. 

Les enchères, vivement poussées par les veneurs et 
les chasseurs à tir, montèrent à plus de 30.000 francs ; 
mais les lots furent adjugés à des sociétés rivales qui ne 
voulurent pas s'entendre pour le droit de suite, et la 
chasse à courre étant devenue impossible, les cerfs et les 
biches furent tués à coups de fusil devant quelques 
chiens ; la destruction méthodiquement organisée mar- 
cha grand tram, cl en 1890, à la fin du bail, il ne res- 
tait plus aucun animal d'aucun Age ; les chevreuils, aussi, 
subirent le même sort. L'administration s'aperçut alors 
de sa faute dont elle supporta la conséquence au point 
de vue pécuniaire. Malgré trois mises aux enchè- 
res successives, la nouvelle ferme ne put trouver pre- 
neur, et c'est grâce à quelques compagnies de sangliers 
qui avaient survécu qu'elle fut faite à l'amiable, avec un 
rabais considérable, par un propriétaire de vautrait, qui 
en est encore titulaire aujourd'hui. 

Mais Tronçais, avec ses hautes futaies, ses cours 
d'eau, ses grands étangs, ses clairières de bruyères en- 
soleillées, est tellement proi)icc à riiabilat do ce splca- 
dide animal, et offre en même temps pour sa chasse 
un si grandiose décor, que tous les veneurs des environs 



LA FORET DE TRONÇAIS 147 

regrettèrent bientôt la disparition de ce magnifique gi- 
bier, et il fut résolu d'en faire un nouveau peuplement. 
Trente biches pleines et quelques daguets furent lâchés 
au mois d'avril 1902 ; la réussite fut complète et aujour- 
d'hui on peut Aoir de nouveau de majestueux dix cors 
et dos hardes do biches traverser les routes et les car- 
refours de la forêt. 

Les sangliers existent en compagnies nombreuses et 
font des excursions dans tous les bois des environs. On 
en trouve des indi\idus presque tout blancs et d'autres 
d'un roux cuivreux. 

Les chevreuils sont peu abondants. 

Les renards, les blaireaux, les fouines, putois, belettes, 
hermines, sont très communs. 

Le chat sauvage est plus rarç. 

Les martes habitent dans les fourrés, à proximité des 
hautes futaies et les loutres dans des terriers, près des 
étangs et des cours d'eau. 

Les lièvres et les lapins se trouvent sur tout le péri- 
mètre et dans les enclaves. 

Un autre joli rongeur à la fourrure grise, ayant la 
forme d'un petit écureuil et la queue garnie comme lui 
de longs jjoils étalés, le Loir {Mijoxus glis), générale- 
ment rare partout, grimpe sur les jeunes futaies de 
hêtres dont il est très friand des fruits. 

Durant toutes les soirées de la belle saison et jusqu'a\i 
mois de novembre, on peut observer de nombreuses Noc- 
tules (Vesperugo noctuld), la plus grande des Chauves- 
souris françaises, qui volent rapidement au-dessus des 
futaies, faisant la chasse aux insectes crépusculaires 
comme elles. Elles passent la journée immobiles, tapies 
sous des écorces ou dans des cavités de troncs d'arbres ; 
elles peuvent atteindre la taille d'un merle. 

Trois grands équipages découplent actuellement à 
Tronçais : le vautrait Rallie-Bourbonnais, le Rallye- 



148 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Francbord qui chasse le cerf et le Rallye-Champroux, le 
chevreuil. 

Il n'y a pas d'espèces spéciales d'oiseaux à signaler : ce 
sont celles qui fréquentent toutes les forêts du Centre. 

Les oiseaux de proie, en grand nombre, construisent 
leurs aires au haut des futaies. Au moment du passage, 
les ramiers et les bécasses sont certaines années très 
abondants. Les faisans ne paraissent ps s'y plaire ; ils 
y sont rares, bien (ju'existant dans plusieurs bois à proxi- 
mité. Les palmipèdes et les échassiers sont peu nom- 
breux : les étangs ne sont guère visités par les oiseaux 
d'eau ; on n'y voit jamais d'aussi grandes bandes de ca- 
nards que sur ceux du Nivernais et de l'arrondissement de 
Moulins. 

Les Reptiles et les Batraciens appartiennent aux espè- 
ces que l'on trouve dans (ouïes les |)arlies du déparlemeni. 
Les Vipères semblent assez rares. Il est probable que 
la Rana lempotwia et le Triton alpeslris existent dans 
le voisinage des sources d'eau fi'oide des ravins de La 
Bouteille. 

Les élangs sont peuplés de carpes, de brochets, de tan 
ches, d'anguilles et surtout de perches qui se propagent 
d'elles-mêmes dans toutes les eaux. Les écrevisses ne 
sont })as rares dans les ruisseaux d'eau courante. 

Sous le rapport enlomologique, la forêt a été peu ex- 
plorée ; les insectes de tous les ordres y abondent : les 
Névroptères et les Libellules pullulent autour des étangs. 

Châteaux et Villages riverains 

Les multiples ressources offertes par la forêt attirèrent 
de bonne heures les populations dans son voisinage. 

Les ducs, soit pour se créer des revenus, soit en ré- 
compense de services rendus, accordaient certains droits 
aux châtelains riverains dont ils recevaient « aveu et 
hommage ». 



LA FOnÊT DE TRONÇAIS ' 149 

Aussi la région fut habitée dès l'époque la plus reculée. 
De nombreux bourgs, des hameaux, des prieurés, des 
châteaux et maisons seigneuriales furent construits sur 
la lisière et dans les clairières de la forêt. Plusieurs de 
ces centres sont complètement ruinés depuis longtemps ; 
mais la plupart subsistent encore, ou ont été le point 
de départ des agglomérations actuelles. Nous allons les 
passer rapidement en revue. 

La Bruyère-l'Audespin. — Le château de La Bruyère- 
l'Aubespin, siège d'une des dix-sept châtellenies du Bour- 
bonnais, dont il ne reste plus que la dépression des fos- 
sés et quelques ruines, s'élevait non loin de Cérilly près 
de la route actuelle de Meaulne, au lieu dit la Bruère. 
Sa construction paraît remonter à la fin du xf ou au 
commencement du xii^ siècle, mais il était déjà à demi 
ruiné au temps où écrivait Nicolaï (1569). Son châtelain 
avait droit de haute, moyenne et basse justice et était 
chef de la maîtrise des eaux et forêts dont le château 
était le siège. 

La Bruyère-l'Aubespin n'a pas une grande histoire : 
les ducs de Bourbon y séjournèrent rarement ; c'était 
surtout un poste administratif chargé de surveiller et 
de gérer la forêt de Tronçais. Cependant en 1369, pen- 
dant la guerre de Cent Ans, il fut pris par un parti d'a- 
venturiers au service des Anglais et repris peu après 
par les soldats du bon duc Louis II, après avou' été gra- 
vement endommagé par un incendie. Il fut réparé et 
vendu en 1445 par Charles Vil, à Jacques Cœur, moyen- 
nant 4.000 écus d'or. L'aclc fut passé en présence du 
prieur de Souvigny, dom ChoUet, et de Jacques de Cha- 
bannes. Mais le célèbre argentier de Bourges ayant été 
condamné, dépossédé et exilé, le château redevint la 
propriété du duc de Bourbon. Pendant les guerres de 
religion, il eut à lutter contre les protestants qui s'en em- 
parèrent, le démantelèrent et le mirent hors d'état de dé- 
fense. Par un édit de 1598, Henri IV ordonna qu'il fût 
rasé et le siège de la châtellenie et de la maîtrise des 



150 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

eaux et forêts fut transporté à Cérilly. Enfin, en 1786, 
l'emplacement du château et de ses dépendances, d'une 
superficie d'un hectare, fut vendu par la chambre du do- 
maine au profit du Roi (1). 

GixçAY. — A deux kilomètres du village de Theneuille, 
à gauche de la route en \enanl à Cérilly, on aperçoit les 
ruines, encore importantes du château de Ginçay : le 
portail y donnant accès est resté debout presque dans 
son entier. Moins important (|ue La Bruyère-l'Aubcspin, 
il était de même style et paraît cependant avoir été cons- 
truit postérieurement. 11 eut beaucoup à souffrir pen- 
dant les guerres de religion et fut entièrement ruiné par 
les frondeurs en 1650. 

Bouis. — Le manoir féodal du Bonis, situé entre The- 
neuille et Saint-Pardoux, dépendait de la châtellcnic 
de Bourbon-l'Archambault, et son châtelain avait droit 
de justice sur toute l'étendue de la paroisse de Theneuille. 
Le château avait huit tours reliées par de hautes murailles 
crénelées et était entouré d'un large fossé plein d'eau. 
Après avoir subi de grands dommages pendant les guer- 
res de la Ligue, il continua quand même à être habité 
et ne fut complètement ruiné qu'en 1789. Quatre tours 
plus ou moins délabrées existent encore, ainsi que de 
vastes caves dont les voûtes sont restées intactes. Une 
des fours réparées sert aujouid Inii d'habitation au mé- 
tayer. 

La Trollière. — Le château de La Trollièrc est situé 
dans une vallée profonde, jyrès de la fontaine d'eau 
minérale de ce nom, non loin du village de Theneuille. 
C'était un fief de la chàiellenic de Bourbon-l'Archanv 
bault, dépendant de la justice du Bonis. Les bâtiments 
assez bien conservés et transformés servent aujourd'hui 

(1) L'auteur de l'Ancien Bourbonnais n'a pas connu les ruines 
de La Bruyère et a menlioané comme telles cel'es du château de 
Ginçay. CL'Ancien Bourbonnais, t. !L Voy. pitt., p. 217.) De Joli- 
mont commet la même erreur. [L'Allier -pittoresque, Arr. de Mont- 
luçon, p. 19.) 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 151 

d'habitation au métayer. Possession de la famille de 
la Trollière, le château, par suite de mariage, est entré 
en 1746 dans la maison Le Groing de la Romagère. 

GoziNiÈRE. — Gozinière, situé tout près de Theneuille, 
dépendait du château de La Trollière, mais l'habitation 
actuellement existante n'est pas très ancienne. On voit 
encore près du château une petite chapelle dédiée à 
sainte Marie-Magdeleinc. Il appartient aujourd'hui à ia 
famille Thibault Beauregard. 

La Varenne. — Sur la paroisse de Cérilly, non loin 
de la forêt de Givrais, s'élevait une maison seigneu- 
riale entourée de larges fossés. Sur son emplacement 
a été construite une agréable habitation, actuellement pro- 
priété de M. André. A proximité, dans un champ attenant 
à la route de Cérilly à Couleuvre, on a découvert des ves- 
tiges de constructions gallo-romaines. 

La Feuille. — Non loin du canton de Thiolais, près 
de la route actuelle de Cérilly aux Chamignoux, sur un 
coteau dominant la forêt, l'ancienne maison seigneuriale 
de La Feuille sert aujourd'hui d'habitation au métayer. 
Elle date du xvii^ siècle cl comprenait une chapelle dé- 
diée à sainte Anne, complètement détruite depuis long- 
temps. 

La Pierre. — A l'Est de Cérilly, au centre d'un grand 
parc, s'élève le beau château moderne de La Pierre, 
construit sur l'emplacement d'un vieux château qui, 
au xvi^ siècle, était la résidence du principal seigneur 
de la ville et de la contrée, Charles du Chasteau, dont 
la fille épousa en 1541, François Legroing de La Ro- 
magère. Il appartient aujourd'hui à la famille Dumas- 
Primbault. 

Chandon. — Situé sur un coteau isolé et assez élevé, 
près de la route d'Isle à Ainay, le château de Chandon 
a fort bon aspect avec ses tours et sa longue toiture 
pointue. Il a reçu des réparations de style renaissance. 
La porte d'entrée sculptée est remarquable, ainsi qu'un bel 



152 BEVUE SCIENTIFIQUE DU BOUPBONNAIS 

escalier de pierre à rinléricur cl de vastes caves voûtées. 
C'est un des anciens châteaux de la région les mieux cou 
serves. En 1080, Pierre d'Estang, qui en était possesseur, 
donna à rilôpital général de Moulins ses fiefs et terres do 
Chandon et de la Chandonnière, à charge pour l'hôpital 
de lui fournir pour le reste de sa vie, à lui-même et à un 
A'alet, le logement, la nourriture, le chauffage, de lui payer 
une pension viagère de 500 livres, de sulnenir aux frais de 
son enterrement et de faire dire mille messes pour le repos 
de son Ame. Il se transporta à Moulins, à l'hôpital dont il 
devint un des administrateurs, et, en 1090, il lui fit de nou- 
veau donation d'une autre de ses propriétés : le moulin de 
Garanjoux, situé sur la Oucusne, près de Sou\igny. 

VoLGox. — Le château de Vougon est plus rapproché de 
Saint-Bcnin. Il est moins grand et paraît moins ancien. 
Il a été aménagé pour l'habitation du métayer. La fa- 
mille Béraud, dont i)lusieurs membres exercèrent de hau- 
tes fonctions à Ainay-lc-Château, y a résidé longtemps. 

PoNTruARRALT. — Daus Ic voisiuagc des deux châteaux 
précédents, le manoir de Ponlcharraut, aujourd'hui rem- 
placé par une habitation plus moderne, était le siège 
d'une seigneurie importante. En 1033, Louis des Escures, 
seigneur de Ponlcharraut, épousa damoiselle Marie Le- 
long, fille iÏQ François Leh)nii\ sieur de Eougis, Thionne 
et Mercy-le-Vieil. 

La Pacaudière. — Le manoir de la Pacaudièi'e, cons- 
truit au sommet d'un coteau au-dessus de l'étang de 
Saint-Bonnet, est remplacé par un château style renais- 
sance. La famille du Peyroux dont les membres ont fait 
})artie de longue date de la noblesse du Berry et qui l'a 
possédé de temps immémorial, en est encore propriétaire 
aujourd'hui. En 159 i, ini du Peyroux était seigneur de 
Vernay du Chesne, près de Saint-. \mand. 

Le Montais. — Le Montais, sur la paroisse du Brethon, 
à environ LoOO mètres au- N.-O. du bourg, au sommet 
d'un coteau élevé, était un vieux château qui fut saccagé 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 153 

par les Ligueurs et demeura longtemps en mauvais état ; 
une pierre, avec la date 1625, rappelle probablement la 
date de sa réparation. La famille de la Grave en a été 
propriétaire de temps immémorial jusqu'en 1625 où elle 
passa aux mains des du Chasteau. Un nouveau château, 
a été construit près de l'ancien au xviii^ siècle et appar- 
tient aujourd'hui au comte de Montigny, 

Les Gouts. — Sur la commune du Brethon, se trouve 
encore l'ancienne demeure seigneuriale des Gouts, flan- 
quée de tours et entourée de fossés. Gouts serait une cor- 
ruption de Goths et la tradition rapporte qu'il existait 
autrefois sur son emplacement l'habitation d'un chef des 
Goths. 

]\L\ziÈREs. — Le manoir de Mazières, sur la route de 
Meaulnc, ù 7 kilomètres de Cérilly, est encore assez bien 
conservé : cependant le corps principal qui menace de 
tomber est condamné à disparaître prochainement. Les 
parties en style roman le feraient dater de la fin du 
xi*^ siècle ; mais il dut subir beaucoup de réparations et 
de transformations qui rendent assez difficile d'assigner 
une époque à sa construction première. Le portail d'en- 
trée de la cour avec ses pierres en bordage est de la 
Renaissance. L'ensemble assez vaste se compose d'un 
grand corps de bâtiment auquel est joint à chaque côté 
un long pavillon moins élevé, flanqué à chaque angle 
extérieur d'une tour dont la base seule subsiste encore. 
La porte donnant accès au château est de plein-cintre 
avec des ornements et des moulures ; au-dessus est 
sculpté l'écusson barré à trois fleurs de lis et plus haut, 
dans une niche, était placée une statuette de la Vierge, 
en faience émaillée de Nevers, d'une grande valeur, qui 
a été transportée au château du Point-du-Jour. Au rez- 
de-chaussée est une immense cuisine voûtée et, au pre- 
mier, une vaste salle où se trouve encore dans la che- 
minée une des premières plaques de fonte fondues aux 
usines de Tronçais. Autour sont disposées plusieurs 
cliambres. Partout, les murs sont recouverts de nombreuses 



154 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

peintures renaissance, assez curieuses, mais sans grande 
valeur artistique et du reste, fortement détériorées. Elles 
représentent des chasses, des châteaux, de nombreux per- 
sonnages en costume de l'époque, etc. En 1271, Hugoniu 
Lcmorgat était seigneur de Mazières ; cette terre passa 
depuis par plusieurs mains ; M. Georges Michel en était 
propriétaire à sa mort survenue en 1904 : elle appartient 
actuellement à M"® Lieffroy (1). 

Le Point du Jour. — A quatre kilomètres de Cérilly, à 
l'entrée de la forêt, tout près de la route d'Ainay, en face 
le Rond du Pendu, on voyait, il y a quelques années, un 
petit corps de logis étroit et allongé, ne comprenant qu'un 
rez-de-chaussée et auquel attenaient des écuries et quel- 
ques autres bâtiments. C'était la résidence du marqnis de 
Beaucnire qui l'a habitée depuis le 4 février 1850 jusqu'à 
sa mort en 1878. Gentilhomme d'un autre âge, le marquis 
a laissé une réputation légendaire comme veneur et joueur 
de musette. Son souvenir est toujours vivant dans le pays 
et nombreux sont les épisodes de sa vie mouvemenléc 
qu'on raconte encore partout. A sa mort, le Point du Jour 
a été acheté par le propriétaire de la terre voisine de Ma- 
zières, M. G, Michel, qui a rasé complètement tous les 
bâtiments et a fait construire sur leur emplacement le 
grand château et les vastes dépendances qui existent au- 
jourd'hui. 

Les Chamigxoux. — Petit hameau dépendant de la com- 
mune d'Isle-et-Rardais, silué en pleine forêt, sur la rive 
gauche de l'étang de Piraud, et traversé par la roule de 
Cérilly à Isle. C'est là qu'est l'installation du vautrait Ral- 
lie-Bourbonnais pendant la saison des chasses. Dans les 
registres paroissiaux de Cérilly, on trouve mentionné, en 



(1) Pendant l'impression de ces lignes, un entrepreneur de bâ- 
tisses, de Cérilly, s'est rendu acquéreur, moyennant la somme de 
3. 0''0 francs, des matériaux composant le château de Mnzières, à 
charge par lui de le ( émolir. Cette démolition est actuellement 
commencée, et, dans quelques jours, du vieux manoir, il ne res- 
tera plus que le souvenir et la description que nous en donnons. 



LA FORET DE TRONÇAIS 155 

1623, le décès, à la suite de la morsure d'un loup enragé, 
d'un nommé Gilbert Chamignoux habitant « proche la 
foreslz de Tronçay » (1). C'est 1res probablement l'origine 
du nom que porte encore aujourd'hui la localité : les cas 
semblables d'une maison conservant le nom de son pre- 
mier occupant sont fré(|uenls dans le déparlement de l'Al- 
lier. 

La Bouteille. — Près de l'extrémité méridionale de la 
forêt, non loin du village du Brethon, au milieu d'une 
clairière, sur un monticule qui domine une vallée étroite 
et profonde, se trouvait autrefois le prieuré important de 
La Bouteille, qui était à la collation de l'évèque de Metz 
et valait, dit Nicolaï, 80 livres de revenu. Le prieuré est 
ruiné depuis longtemps et il ne rc*ste plus actuellement 
qu'une partie de la chapelle, relativement assez bien con- 
servée. Une large chaussée en pierres, qui subsiste encore 
presque entière, fermait la vallée et, retenant les eaux 
d'un ruisseau, formait un vaste étang d'une grande pro- 
fondeur. L'étang n'existe plus et est remplacé par une 
mauvaise prairie marécageuse où abondent les tartes 
bourbonnaises. 

Une légende qui a cours dans la légion rapporte que cha- 
que année, à Noël, alors que sonne la messe de minuit, 
une porte s'ouvre dans l'intérieur de la chapelle et laisse 
apparaître un trésor ; mais elle ne reste ouverte qu'un ins- 
tant : l'imprudent qui entre n'a pas le temps de ressortir, 
la porte se referme derrière lui et on ne le revoit plus. 

Cérilly, chef-lieu du canton de ce nom, paraît avoir 
une ancienne origine. Au temps des Gaulois, existait déjà 
Ceredlls, la ville de Gérés, dont il ne subsiste plus d'autre 
souvenir que le nom de vieux Cérilly, appliqué à une 
prairie un peu au sud de la ville actuelle. Plus tard, ce 
fut un camp ou oppidum, Ciriliacus caslrum, dont il ne 
reste que quelqus ruines (La Motte). Au xv* siècle, Cé- 



(1) Voir A travers les Registres paroitsiaux de (Cérilly, par G. 
BoDARD, [Soc. d'Emul. du Bourbonnais, 1908, p. 654.) 



155 BKVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

rilly devail avoir déjà une certaine importance, si on en 
juge par l'étendue des anciennes fortifications, dont quel- 
ques fragments ont pu être conservés. Elle prit plus d'ac- 
croissement à la suite des guerres de Religion et de la 
ruine du château de La Bruyère-rAubcspin, en devenant 
alors le siège de la Chàtcllenie et de la Maîtrise des eaux 
et forêts. En 1568, elle fut prise et saccagée par les pro- 
testants qui l'occupèrent pendant 22 ans. Après l'expul- 
sion do ces derniers et la fin des guerres de la Fronde 
dont elle eut à souffrir encore, elle jouit enfin d'une lon- 
gue période de tranquillité, et à l'époque de la révolution 
elle avait acquis une notoriété considérable. Elle devint 
chef-lieu de district, commandant à 8 cantons et à 44 com- 
munes, et obtenait l'assemblée du Directoire, tandis que 
Bourbon, sa rivale, ne recevait comme compensation que 
le Tribunal révolutionnaire. 

La nouvelle division administrative en arrondissements 
et cantons la fit rentrer un peu dans l'obscurité et la dis- 
tance à laquelle a été tracé le chemin de fer (6 kilomètres 
jusqu'à la gare de Theneuille) lui a enlevé toute espé- 
rance de développement. 

La paroisse de Cérilly est non moins ancienne que la 
ville : on la trouve mentionnée comme dépendance du 
prieuré de Sou\igny, dans les bulles de deux papes, au 
xi^ siècle. L'église n'a rien de remarquable ; le clocher 
ne date que de 1645 ; à l'intérieur, un Saint-Séi)ulcre, 
don de Pierre Lescuyer, qui élail curé en 1692, se re- 
C(nnmandc par le nombre, la grandeur et l'expression des 
personnages ; il a été classé en 1902 comme monument 
historique. 

Cérilly a donné le jour à ])lusieurs hommes de valeur, 
notamment François Pérou (1) jiaturalisie, voyageur aux 
terres Australes, dont le buste en bronze orne la place 
principale, et Marcellin Desboutin, peintre et graveur d\ni 
grand talent, mort il y a (juelques années. 

La population de la commune est de 2.900 habitants. 

(1; Né le 22 auùt 1775, mort le 14 décembre i810. 



LA FORET DE TRONÇA'S 157 

Ainay-le-Chateau. — Une route nationale qui traverse 
la forêt met en communication Cérilly et Ainay-le-Châ- 
tcau qui sont séparés par une distance de 15 kilonièlres. 
Cette dernière ville, sise sur la Sologne, a une origine 
très ancienne. Son emplacement était occupé dès les 
temps préhistoriques, connue en témoignent les outils 
en silex qu'on y a découverts (1) : on y a trouvé aussi 
beaucoup d'armes et d'objets des époques romaine et mé- 
rovingienne. Plus tard, elle fut fortifiée et devint le siège 
d'une châtellenie importante que lés ducs de Bourbon ai- 
maient à visiter. En 1463, le duc vendit à Pétris Foucart, 
le chàlcau el la châtellenie, moyennant 0.000 écus d'or ; 
mais peu après en 1475, Pétris Foucart étant mort, sa 
veuve, Marguerite de Salignac céda son acquisition au 
duc pour le prix de 8.000 écus. Le château bâti par Ar- 
chambaud IX élait (h\jà ruiné au xai'^ siècle. La tour fie 
l'horloge, sous laquelle passe la route actuelle, était une 
des portes de l'enceinte. 

La prospcrilé des usines de Troncais lui apporta pen- 
dant un certain temps la fortune et l'animation ; mais elle 
sul)il le sort de ces établissements, et quand ils ralentirent 
leurs travaux, elle en ressentit fâcheusement le contre- 
coup. Une colonie familiale qui y a été établie il y a 
quelques années, a ramené quelque amélioration au com- 
merce et aux industries locales. 

L'architecture de l'église appartient à trois époques : 
la construction primitive remonte au xf siècle ; plusieurs 
parties ont été réparées au xv^ siècle et le portail date de 
la Renaissance. 

Ainay a possédé un important couvent de Récollets. 

Saint-Benin-des-Bois, petit bourg aujourd'hui sans im- 
portance était anciennement une paroisse rattachée de- 
puis 1808 à celle d'Ainay. C'est la même dénomination 



(1) La collection de M. Pérot, de Bigny, comprend plusieurs de 
ces outils, notamment une hactie en diorite, très noire, très bien 
conservée, d'une longueur de 24 centimètres et du poids de 
1003 grammes, qui a été trouvée au domaine des Derbizes. 



158 REVUE SCrENTlFIQUE DU BOURBONNAIS 

que Saint-Benin-d'Azy, chef-lieu de canton de la Nièvre, 
azy étant un mot celtique qui signifie broussailles. 

Urçay est une jolie petite ville, à 19 kilomètres de Cé- 
rilly, située sur le Cher et la route de Montluçon ù Sainl- 
Amand. Elle prend chacjue jour de l'extension, grâce à la 
gare du chemin de fer de r^Iontluçon à Bourges et au port 
sur le canal où sont amenés, pour être transportés, les hois 
d'une grande partie de la forêt. On a exploité autrefois, 
pendant quelque temps, dans le voisinage, du minerai de 
fer renfermant une certaine quantité de manganèse. 

jMeaulxe, petite ville, ancienne rivale d'Urçay et au- 
jourd'hui bien supplantée, sommeille dans l'oubli et ne 
conserve plus de sa splendeur passée que ses rues larges 
et droitos, ses lu;ules maisons, et son beau i)()nl sur l'Au- 
mance. On voit aux environs plusieurs grands châteaux 
modernes. 

ViTRAY est un petit bourg situé à la lisière Ouest de 
la forêt, à 13 kilomètres de Ccrilly et qui n'olTre pas une 
agglomération de plus de 80 personnes, cultivateurs ou 
bûcherons. C'est la jtatrie de Berthomier de la Villetle, 
né dans une maison seigneuriale existant encore, à 2 
kilomètres du bourg, du côté de la forêt : procureur du 
Roi à Cérilly, il fut nommé député du Tiers-Etat aux 
Etats Généraux de 1789. Depuis la Révolution, la pa- 
roisse est desservie par Meaulne : l'église, en très mau- 
vais étal, ronronne i)lusiours tombeaux et ai^pariionl à la 
famille Bergoron de Charron. 

Braize, petit village, sur le territoire duquel avait été 
construit la trèflerie de Lalœuf (1) ; était autrefois le 
siège d'une Commanderie des Templiers dont la cha- 
pelle existe encore dans une vallée à deux kilomètres du 
bourg ; aujourd'hui sans aucune importance, fait par- 
tie de la paroisse de Saint-Bonnet. 

Saixt-Boxxet-le-Désert, joli village, en pleine forêt, 
(1,1 Voir page 135. 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 159 

sur la Sologne et près cic l'étang de ce nom. prit un 
grand développement durant l'époque de prospérité des 
usines dont il est voisin ; mais il subit le sort de ces der- 
nières et il est redevenu le désert ne conservant comme 
attraction que sa pittoresque situation. Une église mo- 
derne, de style gothique, remplace la vieille basilique 
qui datait du moyen âge et qui tombait en ruines. 

Le Brethon était primitivement un amas de cabanes 
en bois et en feuillages où s'abrilaient les bùclierons do 
la forêt. Peu à peu des maisons se sont élevées, des rou- 
tes ont été ouvertes et le village offre aujourd'hui l'as- 
pccl le plus riant. D'aucuns prétendent qiie son nom vient 
d'une bande d'Anglais, qui, au xiv^ siècle, s'installèrent 
sur son emplacement. L'étang de Saloup limite la com- 
mune au Nord. On y voit plusieurs maisons seigneuria- 
les, des manoirs plus ou moins ruinés et le château mo- 
derne du May, propriété de la famille Murcl. 

Le Vilhain est une petit bourg entre Cérilly et Cosne, 
voisin de la forêt de Soulongis, d'une altitude de 416 mè- 
tres. On y jouit d'un panorama magnifique qui se pro- 
longe jusqu'aux montagnes du Puy-de-Dôme. Les Gau- 
lois y avaient établi un poste de signaux, et c'est en pas- 
sant par ce point que la nouvelle de la prise d'Orléans 
par César parvint en quatre heures à Vercingétorix qui 
se trouvait alors à Gergovia, près Clermont. Beaucoup 
de localités des environs portent encore des noms rappe- 
lant les époques romaine et mérovingienne. L'église, 
dont la porte d'entrée est très belle, date d'Archam- 
baud VI ; elle renferme, dit-on, les tombeaux d'Archam- 
baud VII et de son épouse, Alix de Bourgogne. Tout près 
du bourg, est la fontaine Saint-Martin, à l'eau de laquelle 
on attribue la propriété de guérir la fièvre quarte. 

Isi.e-et-Bardaîs. — La commune dlsle-cî-Bardais a été 
formée le 1" octobre 1844 par la réunion d'Isle-sur-Mar- 
mande et de Bardais. Les deux petits pays se font vis-à- 
vis à environ un kilomètre l'un de l'autre, la Marmande 
coulant entre eux. Il n'y a pas d'agglomération considé- 



160 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

rable, mais cà-et-là sur tout le territoire de la commune, 
des hameaux importants habités par des cultivateurs et 
des ouvriers forestiers. La création de l'étang de Piraud 
qui en fait partie, a beaucoup contribué à l'assainissement 
de celle région qui était marécageuse à l'excès. La pa- 
roisse d'Isle-ct-Bardais est actuellement supprimée et 
est desservie par Valigny. 

\\VLiG\v, vdiiis ligni, csl d'origine très ancienne : on 
le trouve cité dans une charte de Charles-le-Gros de 887 
{Ecclesia de Vcdiniaco) comme dépendant du chapitre de 
Saint-Cyr, de iXevers. Il y eut pcndaul longlemps un 
prieuré important qui lui valut le nom de \ aligny-lc-iMo- 
nial (Valiniacus monidlis). Le prit^ur était tenu à certaines 
redevances envers les ducs de Bourbon, et en 1271, il 
eut des difficultés avec Agnès de Bourbon, relativement à 
la livraison d'un sanglier (|ue réelaniait annuellement 
la duchesse. C'est aujourd'hui un petit bourg, d'aspect 
agréable, situé à proximité du réservoir de (loule. 
A environ 3 kilomètres, sur la route de Saint-Ai- 
gnan, on rencontre un champ d'une grande étendue gui 
porte encore le nom de camp de César. Auprès, est une 
ferme du nom de \'cnoux où on voit de nombreuses sub- 
slructioiis, les ruines d'une chapelle et dcMix i-aiigs de 
fossés larges et profonds : c'est l'cMuplacenient d'une 
ville qui était occunéc par les protestants et a été détruite 
pendant les guerres de religion ; un champ voisin porte 
le nom de cirnclièrc des hu<ji'ii<>h, et le grand nombre 
d'ossements humains (pie Ton extrait du sol, témoigne 
d'un grand combat (|ui a dû s'y livrer à cette époque. 

Theneuille à 5 kilomètres de Cérilly, csl la station du 
chemin de fer économique qui dessert cette ville. C'est là 
que se trouve la propriété de la famille Bignon dont 
tous les membres ont si puissamment contribué à la 
transformation de l'agriculture et à l'amélioration du sol 
au point de vue cultural. 

L'établissement de toutes ces paroisses, de tous ces 



LA FORÊT DE TRONÇAIS 161 

"villages, de tous ces bourgs, semble avoir été la consé- 
quence de l'existence antérieure d'un prieuré. Les ordres 
religieux s'établissaient généralement au cœur des fo- 
rêts, quelquefois sur leurs lisières, mais toujours assez 
près pour avoir sous la main les ressources qu'elles four- 
nissaient. Petit à petit, n'ayant rien d'autre à faire, ils 
défrichaient tout autour de leur domaine dont ils recu- 
laient constamment les limites et ils surent si bien dé- 
boiser, qu'actuellement, sur l'emplacement qu'ils occu- 
paient, il n'y a plus que de vastes clairières. Alors des 
ouvriers et des commerçants de tousgenres venaient s'ins- 
taller aux alentours de la propriété monacale et les caba- 
nes où ils s'abritaient furent l'origine des aggloméra- 
tions actuellement existantes. 

Cîvraïs, Saînt-Pardoux 

La forêt de Givrais n'est séparée de celle de Tronçais 
«que par une vallée de quelques centaines de mètres ; 
toutefois, elle ne fait pas partie du Ijassin du Cher : ses 
eaux s'écoulent dans la petite rivière de la Bieudrc qui 
va se jeter dans l'Allier, près du Veurdre. 

L'aménagement des deux forêts est le même et leur 
aspect général est identique , ainsi que la composition 
géologique du sol. 

En sortant de Givrais par la route qui mène à Gérilly 
on trouve sur la gauche le petit hameau et la fontaine de 
Saint-Pardoux, qui font partie de la commune de The- 
neuille. 

La fontaine de Saint-Pardoux est connue de temps 
immémorial. Un poète, en l'an 1525, chante ainsi ses ver- 
tus en vers de son époque : 

Honneste passant, 
Bois cette eau qui rend 

Homme jovent, 

P^emme joliette. 

En 1569, Nicolaï en parle ainsi : « Sur le grand che- 
min tendant de Bourbon à la ville de Gérilly, en une 

II 



162 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

vallée, y a un petit temple dédié à saint Pardoux et quel- 
ques ruines d'anciennes maisons, et une seule, qui est 
Taverne ; auquel lieu, la terre est assez rouge et boueuse 
et bonne à faire briques et autres tels ouvrages. Sur 
mesme clicmin, environ dix toises de distance du temple, 
y a une fontaine tenant forme longue et carrée, qui a 
cinq pieds de roi de long, deux pieds de large et cincf 
pieds et demi de profondeur, estant couverte de tuile, 
la couverture soustenue sur quatre posteaux de bois, 
l'eau de laquelle fontaine, venant des sources de terre, 
sort tant impétueusement qu'il semble qu'elle soit inces- 
samment bouillante, combien qu'au toucher elle soit fort 
froide. Les habitants du i)ays l'appellent la Fontaine de 
Saint-Pardoux ou Fontaine vineuse et ce, à cause qu'elle 
a une acidité en son goust tirant sur le gousl du vin pi- 
quant, ou bien pour autant que la terre qui est toute 
rouge, fait paroistre l'eau comme vin clairet, un peu 
louschc dans la fontaine, encore qu'elle soil de son 
naturel claire comme eau de roche. La disie eau bue, 
ainsi qu'affirment ceux du pays, a plusieurs grandes 
vertus cl propriétés mesmement conlrc le venin, l'hydro- 
pisic et la fièvre... si une femme se baigne par trois 
malins dans l'eau de la dite fontaine, elle se trouvera 
rajeunie de la moitié. » 

Sanl-Pardoux était donc *lrès fréquenté dès celte épo- 
que et les malades y venaient de fort loin pour essayer 
de retrouver la santé : mais la guérison n'était pas tou- 
jours assurée, car les registres paroissiaux du voisinage 
mentionnent un grand nombre de décès des personnes 
« estant venus boire les eaux ». On logeait chez des par 
liculiers des environs quand la taverne appartenant au 
seigneur du Bonis et louée à un hôtelier, était entièrement 
occupée. 

Aujourd'iiui, les lieux sont bien changes. La source, 
captée dans un large puits, est entourée d'une grille et 
recouverte d'un loit en ardoises de forme conique. Deux 
auberges remplacent l'ancienne liôlcllerie qui était avant 
la Révolution, propriété de la famille d'Escrol d'Eslrées- 



LA FORÊT DE TBONÇAIS 163 

•et est aujourd'hui l'habitation de M. André ; le vieux 
temple, toujours debout, est transformé en maison d'ha- 
bitation ; plusieurs logis de cultivateurs, bâtis aux envi- 
rons, ont formé un petit hameau. Il ne vient plus d'é- 
trangers y faire de cure et Saint-Pardoux n'est plus vi- 
sité que par quelques touristes qui s'y arrêtent un ins- 
tant. L'eau a perdu beaucoup de sa réputation et n'est 
plus regardée que comme boisson de table, gazeuse, d'un 
goût agréable et ne décomposant pas le vin. Elle est 
très employée sous ce rapport : on en expédie annuel- 
lement une moyenne de cent mille bouteilles. 

Cette fontaine dépend de l'Etablissement thermal de 
Bourbon-l'Archambault qui la loue à un fermier. 

L'analyse la plus récente faite par M. Henry donne 
les résultats suivants sur 1000 grammes : 

Bicarbonate de chaux et magnésie. . 0,1287 

Bicarbonate de soude 0,0254 

.Sulfate de soude et de chaux .... 0,0010 
Chlorures de sodium et de magnésium . 0,0030 
Silicate de chaux et d'alumine . . . 0,0070 
Oxyde de fer associé à une matière or- 
ganique 0,0020 

Gaz acide carbonique 1/6 du volume. 

0,1671 

La température est -f 15° et le débit, de 9 '"•«=• 600 par 
A'ingt-quatre heures. 

Un peu plus près du bourg de Theneuille, dans une 
-vallée profonde, se trouve la source de La Trollière, à 
proximité de l'ancien château de ce nom (1). Elle dépend 
aussi de l'établissement de Bourbon-l'Archambault. Le 
bassin de la fontaine est abrité sous un portique carré, 
.d'un assez joli aspect ; son eau n'a pas tout à fait la 
mêm-e composition que celle de Saint-Pardoux : elle est 
moins gazeuse et moins sulfatée. 



(1) Voir page 150. 



164 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Origine des noms d© quelques localités 

Pour perpétuer leur mémoire, les noms de fonction- 
naires des eaux et forêts ont été donnés à des carre- 
fours : 

Rond de Dauhrée (directeur général des forêts). 

Rond de BuHévent (inspecteur qui a établi le premier 
aménagement de la forêt, en 1830). 

Rond du Guiny (conservateur sous l'administration du- 
quel a été terminé le réseau des routes forestières, 
vers 1880). 

Rond Desjobert (inspecteur). 

Rond de Brot. — En vieux français, Bro est une région,, 
un champ. 

Rond des Tiers. — Les tiers sont des droits que le roi et 
les seigneurs haut justiciers percevaient sur le prix 
de vente de certains bois : il devait y avoir une 
perception près de ce Rond, probablement au do- 
maine voisin, {|ui a conservé ce nom. 

Rond de la Grande Borne. — Sur l'emplacement de ce- 
carrefour se trouvait une borne milliaii'C de l'époque- 
romaine, qui a été conservée et existe encore, enterrée 
aux trois quarts dans le ta'us à l'angle de la ruute. 

Réserve. — On désigne, d'une façon générale, sous ce 
nom, toute la partie comprise entre l'étang de Piraud 
et la roule de Cérilly à Ainay. 

Trésor. — Canton où se trouvaient avant l'aménagement 
actuel des arbres très gros et d'une grande valeur 
(jui étaient réservés pour les besoins urgents. Aujour- 
d'hui ils sont tous abattus : leur emplacement a été 
ensemencé et le Trésor n'est plus qu'un fourré de 
jeunes chênes. 

Ligne de la Boulée. — Boulée, en patois, signifie bour- 
bier. S'emhouler veut dire s'embourber. 

Meute des Génois. — Les entrepreneurs qui ont fait les 
terrassements de cette route étaient deux frères, du. 
nom de Génois. 



La forêt de tronçais 165 

Islc. — De insiila ; au x\i^ siècle, ce village élait dénommé 
insula super Milmandrain. 

Les Chamignoux. — Localité qui a conservé le nom d'un 
de ses premiers habitants, Gilbert Chamignoux, qui 
y est mort enragé en 1G23 (voir page 155). 

Bouclianl. — .Mot patois qui signifie buisson, hallier. 

Les L'aboies. — La population du village des Cabotes 
est en grande majorité composée de sabotiers qui, 
autrefois, habitaient dans des maisons entièrement 
en bois, qu'ils construisaient eux-mêmes. 

La lande des chevaux. — Cet emplacement qui, vers 
1800, élait une clairière, servait de cimetière aux 
chevaux et mulets employés, à cette époque, aux 
transports des forges. 

Chaverol. — S'écrivait autrefois Cliavereau, de Cava 
rupes : on y trouve un amoncellement de roches, 
formant une sorte de grotte. 

Corne de Rollel (1). — Après la défaite de Vercingé- 
lorix et la victoire de César, les conquérants durent 
lutter encore longtemps pour affermir Icui' auto- 
rité dans le pays. Un chef gaulois, du nom de Uoll, 
ne voulant pas tolérer l'occupation étrangère, réunit 
un certain nombre de patriotes comme lui et éta- 
blit son quartier général dans la forêt, d'où il harce- 
lait sans cesse les Romains, enlevant leurs convois, 
massacrant leurs avant-postes et les obligeant à se 
tenir constamment sur la défensive. Il portait sur 
le cimier de son casque, comme insigne de son 
commandement, une longue corne de bœuf sauvage, 
qui le faisait reconnaître de loin par ses compa- 
gnons. Les Romains, exaspérés, mirent sa tête à 
prix et ils finirent par s'en emparer, près de la 
lisière de la forêt, à l'endroit désigné aujourd'hui 
sous le nom de Corne de Rollel. Pour faire un 



(1) Les légendes relatives à la forêt sont innombrables Nous ne 
citerons que celles qui ont trait à des dénominations encore em- 
ployées. 



ié6 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURDONNAIS 



exemple, ils le pendirent aussitôt, avec ses armes, 
à un arbre voisin et placèrent au-dessus de sa tête 
cette inscription : « Voici la Corne de Roll, ceux 
qui rimitcront auront le même sort. » 

Thiolais. — Peu après l'exécution de Roll, le barde 
Thiol qui, par ses discours éloquents et ses chants 
enflammés, exaltait le patriotisme des Gaulois et les 
excitait à la révolte, tomba aussi entre les mains des 
Romains qui le pendirent à un arbre, près du car- 
refour qui a conservé son nom. 

Villejo. — Villa jovia, villa jovialis, ville de Jupiter. 
La tradition a conservé le souvenir d'une cité popu- 
leuse construite sur cet emplacement où on rencontre 
encore de nombreux débris dobjols anciens. Quand 
le christianisme se répan(Ht en (laule, il y avait déjà 
longtemps (pie celte ville était détruite et les prc- 
m.iers chrétiens utilisèrent ses iiiincs pour y cons- 
truire une petite chapelle. Pendant l'invasion des 
Golhs, un jour de Noël, alors cpie les fidèles, en 
foule, s'y trouvaient réunis ])our l'office divin, une 
horde de barbares envahit l'édiiice et massacra tous 
les assistants : la chapelle s'enfonça sous terre et 
à sa place il ny eut plus ([u"un iininciise marécage, 
du milieu duquel jaillit une belle source d'eau abon- 
dante et limpide. Et, depuis cette épo(|ue, chaque 
nuit de Noël, à minuit, on entend, en i)enchant 
l'oreille au-dessus de la fontaine, les cloches de l'an- 
cienne chapelle sonner à toute volée dans les pro- 
fondeurs de la tourbière. 

Il y a quelques années, les eaux de la source ont 
été reunies dans un bassin circulaire, par les soins 
de l'administration des forêts, qui l'a dédiée à Velléda 
et une petite allée bien entretenue, percée à travers 
le fourré, y conduit directement de la route du Rond 
Gardien (1). 

(I) Ve léda. prêtresse germaine qui prêchait l'insurrection contre 
les Romains et réussit à fumei.ter plusieurs soulèvements. Elle 
fut prise en lan 85 après J.-C. et conduite à Rome où elle servit 
d'ornement au triomphe de Domitien. 



LA FORÊT DE TRONÇAFS 167 

Cette fontaine est très fréquentée par les jeunes 
filles de toute la contrée qui viennent y chercher 
un pronostic sur leur avenir. Celle qui jette une 
épingle dans Teau et qui la voit s'enfoncer et se 
fixer verticalement par la pointe, dans la vase du 
fond, est assurée de trouver un fiancé à son goût 
et de l'épouser dans le courant de l'année. 

Le Pendu. — Un garde avait une fille, surnommée la 
Belle Forestière, qui avait été recherchée en mariage 
par deux jeunes gens des environs. Pressée de i^e 
prononcer, elle se déclara pour l'un d'eux ; mais 
celui qu'elle évinça jura de se venger. Il assassina 
le père de la jeune tille, après avoir com.biné des 
circonstances de temps ci do lieux qui devaient faire 
soupçonner son heureux rival d'être l'auteur de ce 
crime, et lui-mè:nc l'en accusa publi(|uep.icnt. Tout 
s'accordait pour établir la culpabilité du futur époux, 
qui fut jugé cl condamné à être pendu. La Belle 
Forestière, qui avait foi dans l'innocence de son 
fiancé, n'hésita pas, pour le sauver, à vendre son 
àme au diable. Elle demanda une audience au châ- 
telain justicier de La Bruyère-l'Aubespin, et, grâce 
à l'aide de Satan, elle démas-qua l'imposture du vrai 
coupable qui fut pendu à un arbre, dans le canton 
de la forêt qui a conservé le nom de Pendu. 

Saloup. — Il y a bien longtemps, le château de Ma- 
zières était habité par un seigneur redouté de tous 
les environs et qu'à cause de sa méchanceté, on avait 
surnommé le sale loup de Mazières. Il faisait mille 
vexations à tous ses gens et surtout aux pauvres 
moines mendiants que la fatigue et la faim obligeaient 
à demander asile au château. Sous prétexte de faci- 
liter leur voyage, il les faisait monter sur un che- 
val indompté qui l's emportait à travers la forêt 
dans un galop effréné, et il était heureux quand il 
les voyait s'assommer sur un tronc d'arbre, ce qui 
arrivait fréquemment. Un maquignon, qui passait 
par là, ayant eu connaissance de ces crimes, réso- 



168 REVUE SCIKNTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

lut d'en tirer vengeance : il s'habilla en moine et se 
présenta au château. Le seigneur l'hébergea et, le 
lendemain, lui offrit un chenal en lui proposant 
de l'accompagner une partie de sa route. Le faux 
moine accepta, et, à peine sorti du pont-levis, le 
cheval qu'il montait s'emballa comme il en avait 
l'habitude ; mais, habile caAalier, il en resta maître 
sans peine, accéléra au contraire son allure et, lais- 
sant le seigneur loin derrière lui, s'enfuit en emme- 
nant sa monture. Le loup de Mazières, furieux, se 
vengea encore plus cruellement sur les moines qui 
vinrent dans la suite et qu'il rendit responsables de 
la perte de son cheval. Le maquignon, apprenant la 
continuation de ces méfaits, rcAint sans déguise- 
ment, avec un cheval à vendre. C'était un très bel 
animal, mais cabochard et emballeur de premier or- 
dre. Séduit par ses formes irréprochables et le prix 
avantageux qu'en demandait le marchand, le sei- 
gneur voulut le monter un instant avant de conclure 
définitivement. A peine en selle, le cheval partit à 
un galop désordonné, et arrivé dans je raAin de Sa- 
loup, (jui n'était pas encore transformé en étang, 
il y culbuta, entraînant avec lui son ca^alier qui fut 
tué sur le couj), et c'est ainsi que mourut le sale 
loup à l'endroit (jui a conservé son nom. 
La loge à Fraui^ois. — l'endant la guerre de Cent i\ns, 
et sous le duc Louis II, un a\enlurier du nom de 
François, construisit, en i)leine forêt, une cabane 
faite de troncs d'arbres accolés, cimentés par de la 
terre, et y établit une auberge ayant pour enseigne : 
A la Bouleille. Il y commit toutes sortes de méfaits, 
dévalisant et assassinant les voyageurs assez impru- 
dents pour venir y chercher asile. Les hommes d'ar- 
mes du duc finirent par s'en emparer et le pendirent 
à un arbre. 

La loge resta inhalutée, servant d'abri momen- 
tané aux bûcherons et aux voyageurs. Un colporteur 
Dauphinois qui s'y réfugia un soir fut dévoré par 



LA FORÊT dp: tronçais 169 

des loups : on ne retrouva plus que sa balle de 
marchandises dans un coin et les débris de ses vête- 
ments ensanglantés aux environs. 

A une époque relativement récente, en 1811, des 
bûcherons qui travaillaient dans le voisinage avaient 
consolidé ce qui restait de la Loge pour pouvoir y 
passer les nuits. Un soir, ils furent assiégés par une 
bande de loups qui paraissaient décidés à leur faire 
un mauvais parti. Les bûcherons, sans armes, main- 
tenaient de leur mieux les clôtures vermoulues de 
leur abri et leur situation devenait désespérée, quand 
ils furent délivrés par une circonstance imprévue. 
Un des loups ayant sauté sur le toit formé de mottes 
de terre mal ajustées, ses pattes passèrent à tra- 
vers : à tout hasard, les bûcherons les saisirent et 
l'animal, surpris, poussa de tels hurlements de 
frayeur que ses camarades épouvantés s'enfuirent 
et laissèrent la place libre. 

Actuellement il ne reste plus rien du tout de la 
Loge à François : sur son emplacement a été trace 
le llond du Chevreuil et a été construite une maison 
de garde. 



MEMOIRE 
sur les us des paroisses usagères de la forêt de Tronçais (i) 

— 6 Avril 1812 — 

La forêt de Tronçais contenant dix neuf mille arpents 
appartient à la nation depuis .1523 par confiscation pour crime 
de félonie commis par le connétable de Bourbon qui la pos- 
sédoit en pleine propriété. 

Cette foret était alors grevée de droits d'usage, paccage 

(1) Cette pièce iriléressante est conservée dans les minutes de 
M< ['lie Grnndjtan, notaire à Urça}', qui, avec une ainabilité dont 
je le remercie, a bien voulu m't n donner cummiinication. Je la 
reproduis sans rien modifier, ni à sa rédaction, ni à son ortho- 
graphe. Elle montre les mauvaises dispositions du pa3's tout entier 
à 1 égard de M. Hambourg et l'hostilité contre laquelle il eut à 
lutter pendant longtemps, 



170 REVUE SCfENTlFIQUE DU BOURBONNAIS 

et pannage et autres appartenant à dix paroisses riveraines 
reconnus dans tous les temps par tous les propriétaires de 
cette forêt. 

Elle a passé à la Nation avec toutes ses charges, et les 
droits appartenant aux usagers n'ont pas été altérés par 
la mutation de propriétaire. C'est ce qui a été reconnu depuis 
par Henry II et tous ceux à qui elle a été donnée en usufruit 
jusqu'en 1671, que des commissaires envoyés en Boiirbonnais 
pour la réformation des Eaux et Forets examinèrent sur les 
lieux les titres des usagers, les visèrent et furent d'avis que 
les habitants des dites paroisses usagères devaient être main- 
tenus et gardés aux droits d"usagc et pannage à eux appar- 
tenant en ladite forêt de Tronçais pour y faire pâturer qua- 
tre bctes auraailles seulement et deux porcs par chacun feu 
y compris leurs suivants ou nourrins. Le 3 Xbre 1672 in- 
tervint arrct du conseil d'Etat conforme au dit avis. Depuis, 
ces droits appartenant aux usagers ont été constamment re- 
cormus tous les ans par les procès-verbaux de visite et adju- 
dication des paccages et pannages de cette foret fnits nubli- 
quemcnt par les officiers de maitrise de Cérilly... 

Les droits appartenant aux usagers sont donc clairement 
établis; ils devaient donc espérer de continuer d'en jouir 
paisiblement et sans trouble. Cependant, à la fin de 1788, 
un sieur Rambourg entreprit quelques travaux au milieu de 
cette forêt; les usagers ignoroient absolument à quel titre; 
au commencement de 178g, il eut l'indiscrétion de se vanter 
que tous les vuides d'une partie très-considérable de cette 
forêt lui appartenoient, qu'il en disposeroit à sa volonté, les 
affermeroii à qui bon lui scmbleroit. Ces propos causèrent 
les plus vives inquiétudes aux usagers qui ne pouvoient 
faire paccager utilement ailleurs que dans les vuides, et ils 
réclamèrent par leurs cayers de doléances à l'assemblée 
bailliagère; ils firent même prévenir le s"" Rambourg par son 
préposé à qui ils communiquèrent leurs titres; mais celui-ci 
présumant trop du despotisme ministériel et administratif 
qui le favorisoit, méprisa les réclamations et les avis des 
paisibles habitants de la campagne, persista à publier qu'il 
était le maitre des vuides, qu'il chasseroit les bestiaux. 

Les usagers pensèrent alors qu'il était tems de connoitre 
le titre du s"' Rambourg ; ils s'assemblèrent légalement à Cé- 
rilly sous la conduite de leurs sindics, et obtinrent enfin, en 
vertu d'un compulsoirç, une expéditioft de l'arrêt du Conseil 



l.A FOHÈr îiE TRÛNÇAIS d?! 

du 6 Février 1788, enregistré clandestinement le Dimanche 
13 Avril suivant au greffe de la Maitrise sur un ordre ver- 
baie du maitre ; ils y reconnurent le projet hostile du s"" 
Rambourg de ruiner leur agriculture; ils convinrent alors 
d'un mémoire et d'une requête en opposition qui fut pré- 
sentée et appuyée d'une multitude de titres depuis l'an 1375 
jusqu'en 1789. Le conseil était alors le seul tribunal où on 
peut s'adresser quoique juge et partie; mais l'Assemblée 
nationale ayant reconnue depuis le droit de la nation de 
rentrer dans ses propriétés qui n'auraient pas été aliénées 
par ses représentants, les usagers ont pensé qu'ils devaient 
soumettre leurs titres et celui du prétendu concessionnaire 
à son comité des domaines pour les examiner et en faire son 
raport à l'assemblée ; le titre unique du s'' Rambourg doit 
évidemment être déclaré comme non avenu, ceci ne peut faire 
une question. 

Mais si les Représentants de la nation, stipulant pour elle, 
croyoient qu'il fut avantageux à ses intérêts de faire une 
concession quelquonque, soit au S'' Rambourg, soit à tout 
autre pour former un établissement dans ou auprès de la 
forest de Tronçais, alors ils ne pouroient le faire qu'en dé- 
dommageant fjréalablement et d'une manière équivalente les 
usagers. 

La nation, comme propriétaire, ne possède que comme un 
particulier, et n'a pas plus de droits ; or un propriétaire d'une 
forêt ne peut y faire d'établissement ni en changer la nature 
qu'il n'ait été préalablement pourvu à l'indemnité des usagers 
par un cantonnement suivant les formes établies. Les usagers 
de Tronçais diront avec confiance aux représentants de la na- 
tion : Vous n'avez pas plus de droit que le Connestable au 

lieu duquel vous êtes le principe est incontestable ; et 

si la nation pouvoit s'en écarter elle serait injuste et elle 
n'a ny la volonté ny le pouvoir de l'être. Si une fois ce prin- 
cipe, fondé sur la justice, était violé en disposant d'une par- 
tie quelquonque de la foret, on ne sauroit plus où s'arrêter ; 
car si on pouvoit seulement disposer aujourd'hui d'un arpent, 
on pourroit bientôt en disposer de mille, enfin de sa totalité; 
il n'y a pas plus de droit de disposer de peu que de baucoup. 

Les usagers s'adressent donc aux représentants de la nation 
comme propriétaires de la forêt de tronçais et ils présentent 
leurs titres en cette qualité et s'ils sont trouvés légeaux, au- 
tentiques, suffisants, comme ils n'en doutent pas, ils demen- 



172 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



dent qu'avant de faire réhabiliter aucun établissement il soit 
pourvu à leur indemnité par un cantonnement où ils puissent 
exercer utilement leurs droits sans trouble et continuer leur 
agriculture. Ils ne demandent ni grâce ni faveur, le tems en 
est heureusement passé, comme celui de l'oppression, mais 
la justice règne et ils espèrent que leur demande éprouvera 
d'autant moins de difficultés qu'elle est fondée sur les prin- 
cipes de la justice et de la raison et que malgré les injures, 
les calomnies, les imputations vagues et absurdes et les vexa- 
tions du prétendu concessionnaire et de ses adhérans, on n"a 
pu articuler aucun positif contre aucune des communautés 
usagères qui ont toujours été soumises aux loix et n'ont cessé 
d'en demander l'exécution. 



Je ne veux pas terminer cette étude sans adresser tous mes remer- 
ciements à M. Georges Bodard, de Cérilly, qui, à ma première 
demande, s'est empressé de me fournir tous les documents et rensei- 
gnements à sa disposition. M. G. Bodard, travailleur érudit et 
consciencieux, s'occupe, depuis plusieurs aiuiées, à compulser les im- 
portantes archives de Cérilly et des communes avoisinantes et il y a 
trouvé les matériaux d'une œuvre magistrale à laquelle il met actuel- 
lement la dernière main. L'Histoire de Cérilly qui, je l'espère, ne 
tardera pas à voir le jour, est un ouvrage de grande valeur qui 
couronnera digncine^ttla laborieuse carrière de son auteur. 

Ernest Olivier. 



-^T^l^ 



METEOROLOGIE 



173 



OCTOBRE 1908 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

GOMMONK DE GHEMILLY, PRÈS MOULINS (AlIJER) 
Altitude : 295 mètres. 



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Clair. 


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Clair. 


7 




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8 




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9 


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Clair. 


9 




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24 


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15 




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24 


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Nuageux. 


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12 


8 


25 


774 




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Nuageux. 


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15 


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23 


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19 




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23 


774 




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20 




8 


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18 


773 




E. 


Clair. Brouillards lemat. 


21 




9 


7 


17 


773 




S. 


Clair. Brouillardsle mat. 


22 




4 


4 


12 


774 




N.E. 


Nuageux. 


23 




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775 




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Clair. 


24 




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775 




E. 


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25 


N.L. 





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770 


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Couvert. 


26 




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769 


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27 




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774 




S.E. 


Nuageux. 


28 




7 


5 


21 


781 




N.E. 


Clair. 


29 




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3 


21 


780 




N.E. 


Clair. 


30 




7 


4 


22 


776 




N E. 


Clair. 


31 




8 


4 


23 


777 




E. 


Clair. 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



(1) Le 26, à 8 heures du matin, la hauteur de la neige tombée pendant 
la nuit était de 16 centimètres. 



174 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



NOVEMBRE 1908 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

GOMMONE DE GhEMILLY, PRÈS MODLINS (ALLIER) 

Altitude : 295 mètres. 



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Brouillards lemat. Clair. 


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N.E. 


Brouillards le matin. 


5 




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770 




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Couvert. 


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760 


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Couvert. 


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Couvert. 


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N.E. 


Couvert. 


17 




9 


8 


15 


778 




E. 


Nuageux. 


18 




8 


6 


9 


782 




N.E. 


Couvert. 


19 




G 


3 


9 


778 




O. 


Couvert. 


20 




4 


4 


9 


777 


8 


N. 


Couvert. 


21 




G 


1 


iO 


774 


0.5 


O. 


Couvert. 


22 




•7 


5 


12 


769 


8 


O. 


Couvert. 


Î23 


N.L. 


8 


7 


10 


771 


4,5 


O. 


Giboulées. Grand vent. 


24 




4 


2 


10 


782 


4.1 


N. 


Nuageux. 


25 




2 


- 2 


11 


781 




N. 


Couvert. 


26 




4 


2 


10 


781 




S.E. 


Nuageux. 


27 




— 1 


- 1 


5 


782 




N.E. 


Brouillards. 


23 




— 4 


— 4 


9 


780 




N.E. 


Clair. 


29 







- 3 


10 


781 




E. 


Clair 


30 


P.Q. 


- 4 


— 4 


3 


783 




E. 


Brouillards. 



Le« ohitrvations »ont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



METEOROr.OGIE 



175 



DÉCEMBRE 1908 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

GOMMDNE DE GHEMILLY, PRÈS MOULINS (ALLIER) 
Altitude : 295 mètres. 



7) 

i3 




TEMPÉRATURE 


F- C 

•H J= 


S w 




ÉTAT DU CIEL 


^ 


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-^ 


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a j) 


D a ï 


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c 


LE 
MATIN 


MINIM 


MAXIM. 


2 S 


J o w 

eu z 




REMARQUES DIVERSES 


1 




— 3 


- 3 


5 


783 




E. 


Clair. 


2 




— 2 


— 4 


10 


781 




E. 


Clair. 


3 







2 


11 


779 




E. 


Clair. 


4 







— 2 


6 


780 




E. 


Brouillards. 


5 




5 


1 


9 


781 


2 


S.E. 


Brumeux. 


6 




5 


4 


10 


778 




S.E. 


Couvert. 


7 


P.L. 


7 


3 


10 


776 


3,2 


S.E. 


Couvert. 


8 




3 


3 


14 


780 




S. 


Nuageux. 


9 




4 


2 


14 


772 




S. 


Nuageux. 


10 




2 


2 


10 


771 




S. 


Nuageux. 


H 




6 


2 


9 


754 


6,4 


S.O. 


Couvert. Grand vent. 


12 




2 


1 


7 


771 


3,3 


N.O. 


Couvert. 


13 




4 


2 


10 


770 




0. 


Couvert. 


14 




4 


3 


12 


768 




S. 


Couvert. 


15 


D.Q. 


6 


3 


10 


767 


4,2 


s. 


Couvert. 


16 




7 


7 


13 


763 


3,6 


s. S.E. 


Nuageux. 


J7 




2 


1 


12 


767 




S. 


Couvert. 


18 




6 


4 


y 


766 




S. 


Couvert. 


19 




3 


3 


5 


778 


2 


O. 


Couvert. 


20 




3 


1 


6 


778 


4,9 


N.E. 


Clair. 


21 




- 2 


— 3 





780 




N. 


Brouillards. 


22 




1 





3 


779 




E. 


Couvert. 


23 


N.L. 


1 





2 


775 




E. 


Couvert. 


24 




— 1 


— 2 


2 


777 




E. 


Couvert. 


25 







- 3 


5 


768 




S.E. 


Nuageux, 


26 




— 3 


- 3 





770 




N.E. 


Brouillards. 


27 




— 3 


- 4 


- 2 


766 




N.E. 


Givre. 


28 




— 3 


— 4 


- 3 


762 


4,5 n. 


N.E. 


Couvert. 


29 




- 8 


- 8 


— 2 


770 




N. 


Couvert. 


30 


P.Q. 


— 7 


— 7 


- 4 


772 


10 n. 


N. 


Nuageux. Verglas. 


31 




- 12 


— 12 




78 i 




N. 


Clair. 



Les observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxinia, qui est notée à 6 heures du soir. 



176 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

TABLE DES MATIÈRES 

de la \'iiig"t-et-unîèine année 



Pagfs 

BuYSSON (Henri du). Une promenade au Mont-Dore 69 

— Une nouvelle espèce d'altiside 87 

Charvilhat (D'' g.)- Le congrès préhistorique deChambéry. 97 

— Prodrome d'une faune du Puy-de-Dôme. Oiseaux. 102 

Glangeaud. Les éruptions de la Limagne 59 

Gozis (DES). Tableaux analj^tiques pour déterminer les 

coléoptères de France 31 

Levistre. Etymologies bourbonnaises Il 

— Dolmens et stèles funéraires des environs de Duvi- 

vier 79 

Olivier (Ernest). Le syndicat forestier de France 21 

— La perdrix de montagne . : 56 

— La forêt de Tronçais 129 

PÉROT (F.). Un auteur Bourbonnais, Pierre Bobynet 19 

Pierre (Abbé). Etudes sur la ponte des Odonates 3, 50 

TouRRET. Muscinées peu communes ou nouvelles 84 

X Les poissons acclimatés 54 

— Congrès de Clermont-Ferrand 88 

— L'Exposition franco-britannique 129 

Station météorologique des Ramillons 

Observations mensuelles : Janvier, 29 ; Février, 30 ; Mars, 65 ; 
Avril, 66 ; Mai, 67 ; Juin, 68 ; Juillet, 96 ; Août, 127 ; Sep- 
tembre, 128 ; Octobre, 173 ; Novembre, 174 ; Décembre, 175. 

Bibliographie 

Publications de l'Université d'Uppsala à l'occasion du deuxième 
centenaire de Linné, 27. — Le gui, les chênes porte-gui, par F. 
Chassignol, 27. — Bolletino del laboratorio di zoologia générale 
e agraria in Portici, 28. — Musée ostéologique, par E. HuE, 28. — 
Société entomologique d'Egypte, 64. — Journal des naturalistes 
excursionnistes, 6'i. — Observations sur la prétendue disparition 
des oiseaux, par le V'« de Cha'GNON, 90. — Un nouveau bâton 
percé de la Madeleine, par le D'' Girod, 93. — Congrès préhis- 
torique de France, compte rendu, 93. — Le Bourbonnais épiscopal. 
par F. PÉROT, 94. — Folk-lore bourbonnais, par F. Pérot, 94. — 
Clermont-Ferrand et le Puy-de-Dôme, 95. 

Moulins. — Imprimerie Etienne Auci.aikk. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Les tomes I (1888) et II (1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome Vil (1894) au prix de 
45 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant lu trancs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XX, 
1888-1907) au prix de 250 francs. 

FAUNE DE L'ALLIER 

Trois volumes : Vertébrés, Coléoptères, Orthoptères, 
Hémiptères, 10 francs. 

Nous sommes acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
et 1894. 

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tiques » 25 c. 

Grand choix d'insectes de tous les ordres 
à la pièce ou en collection 

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un portrait inédit par Claudius Roux et Antoine Colomb. 
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MOULINS, rue François-Péron, n" 11 (Ancienne rue Notre-Dame.) 



La Revîie scientifique du Bourbonnais et du Centre de la 
France paraît par fascicules trimestriels avec des 
figures intercalées et des planches hors texte. 

Le prix de l'abonnement annuel [8 francs pour la 
France, lo francs pour l'étranger) doit être versé, avant 
le 1" mars de chaque année, entre les mains de 
M. Et. AucLAiRE, imprimeur à Moulins. 

La correspondance concernant la rédaction et les 
demandes de renseignements doit être adressée à 
M. Ernest Olivier, cours de la Préfecture, à Moulins. 

La Revue échange ses publications avec les Bulletins 
des Sociétés qui en font la demande ou avec toute 
autre publication. 

Tous les ouvrages dont il est envoyé un exemplaire 
à la Direction sont mentionnés et analysés. 

Les vingt et une années parues sont en vente ; mais 
plusieurs sont presque épuisées et ne peuvent être 
vendues séparément ; il ne peut être fourni qu'un très 
petit nombre de collections complètes moyennant 
le prix de 25o francs. 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNxVlS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBCI^E SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



%l.\Gr-DEUXIÈME A\Î\'ÉE — 190» 




MOULINS 
IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 

ANCIENNE MAISON C, DESROSIERS 
I9C9 



VINGT-DEUXIÈME ANNÉE 1909 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANGE 



rUBI.lEE sous I.A DIRECri«N 



De M. Ernest OLIVIER 



1909 

Premier Trimestre 

Le tremblement de terre de Messine, par M. Lacroix. — Etudes sur 
la ponte des Odonates (suite), par M. l'abbé Pierre. — Mœurs du 
« Liosoma pyrenœum », par M. H. du Buysson. — Muscinées nou- 
velles pour l'Allier, par M. Tourret. — Comptes rendus des réu- 
nions. — Bibliographie. — Météorologie. 

La couverture de l'année igo8 est encartée dans ce numéro. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1 909 



En 1908, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier^ — 26 février, — 31 mars, 
— 28 avril, — 26 mai — 30 juin — 28 juillet — 
27 octobre — 24 novembre — 29 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise, i''^ partie, Mollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie. Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbé Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Rivièr]-:. 

Les Lichens des environs de Mouhns, par M. Laronde. 

Flore carbonifère et permimne du Centre de la France, 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicidce de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Le Papillon Machaon, ^ar M. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy, par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. LassimoiNne et Lauby. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Olivier, 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson. 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux. 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Hon-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 

Sceau d'un comte de la Marche, par M. G. Bertrand. 

Lts temps préhistoriques en Bourbonnais, par M. F. Pérot. 

Tableaux analytiques pour déterminer les coléoptères de France 
(Cryptocephalides), par M. des Gozis. 

Eludes sur la ponte des Odonates, par M. l'abbé Pierre. 

Prodrome d'une faune du Puy-de-Dôme, par M. Charvilhat. 

La forêt de Tronçais [Allier), par M. Ernest Olivier. 



REVUE SCIENTIFIQUE 



DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



Vî]\GT-DEUXIÈME A^'l\ÉE — 1909 




LI3RARY 

NEW YORK 

BOTANICAL 

QARUBN. 



MOULINS 
IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 

ANCIENNE MAISON C. DESROSURS 
I9C9 



LE TRËlLEMËPiî DE TERRE DE MESSINE 



ex. 



Pas plus que les phénomènes atmosphériques les plus ordinaires, 
pluie, sécheresse, gelée, etc., les tremblements de terre ne peuvent 
être prédits, et quand se produit un cataclysme comme celui qui 
vient de dévaster une partie de la Sicile et de l'Italie méridionale, 
on ne peut que constater l'immensité de la catastrophe et on reste 
impuissant à l'expliquer autrement que par des théories plus ou 
moins fantaisistes. 

Nous sommes heureux de reproduire la note présentée par 
M. Lacroix à la séance du 25 janvier 1909 de l'Académie des 
Sciences, dans laquelle le savant minéralogiste précise de la façon 
la plus claire l'intensité du désastre. 

M. A. Riccô, le savant directeur de l'Observatoire 
astronomique et géodynamique de Catane, a bien voulu 
me faire part des résultats de sa première exploration 
des régions siciliennes et calabraises dévastées par le 
tremblement de terre du 28 décembre dernier. 

Ce nouveau séisme dévastateur n'a été accompagné 
d'aucune manifestation particulière des volcans voisins 
(Etna, Stromboli) ; il doit donc, comme les précédents, 
avoir une origine tectonique. Il a affecté la région géné- 
ralement atteinte par les innombrables tremblements 
de terre de la Calabre et du Messinese, qui sont 
en relation évidente avec la faille étudiée jadis par 
Cortese, faille passant par le détroit de Messine, lon- 
geant le côté nord de la pointe de la Calabre et se pro- 
longeant vers le Nord-Nord-Est par la vallée de Mesima, 
entre les massifs anciens du Capo Vatican© et de la Serra 
San-Bruno. Mais la caractéristique du récent séisme est 
que sa zone épicentrale se trouve dans le détroit de 
Messine même ; la Carte ci-contre donne une première 
approximation de l'étendue et de la disposition de cette 
zone épicentrale et des zones d'intensité décroissante du 
phénomène, exprimées en fonction de l'échelle de Mer- 
calli. 

Je donnerai pour chacune d'elles quelques localités 
caractéristiques dont les principales ont été indiquées 
sur la Carte ci-contre. 



ce 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 




.^^U^'AÙ^. 



X. Destruction complète. - Cette zone épicentrale, dans laquelle 
se trouvent les villes plus ou moins entièrement ruinées (Messine, 
Reggio, Villa SanGiovanni, Cannitello, Scilla, Bagnara, etc.), 
mesure environ 40>>™ de plus grand axe. 

IX. Secousses désastreuses, quelques victimes. — jo^'" de plus grand 
axe. En Sicile : S -Teresa di Riva et Milazzo. En Calabre : Rosano, 
Melito di Porto-Salvo. 



LE TREMBLEMENT DE TERRE DE MESSINE 5 

VIII. Secousses ruineuses, peu du victimes. — iSo'*"' de plus grand 
axe. En Sicile : Patti et Zafferana. En Calabre : Palizzi et Nocera. 

VII. Secousses extrêmement fortes, légers dommages. — 300^"" de 
plus grand axe. En Sicile : Caltanissetta et Augusta. En Calabre : 
Cosenza et Montalto. 

Pour les régions ébranlées par des secousses moins intenses, qui 
n'ont pas causé de dommages, les renseignements suivants ne 
concernent que la Sicile : 

VI. Secousses tr'ès fortes. — Pollina, Serradifalco, Syracuse. 

V. Secousses fortes (oscillation des objets). — Termini-Imerese, 
Pachino. 

IV. Secousses médiocres. — Palerme, Corleone, Cattolica-Eraclea. 

III. Secousses légères. — Marsala. 



Le raz de marée, dont l'action a encore augmenté les 
désastres dus au tremblement de terre, a été ressenti 
sur la côte occidentale de la pointe de la Calabre 
et sur sa côte méridionale, jusqu'à Gerace ; sur la 
côte nord de la Sicile, jusqu'à Termini-Imerese et 
jusqu'à Syracuse, sur sa côte orientale. La hauteur de 
la vague a été sur la côte de Calabre, de S"", 80 à Villa 
San-Giovanni, de 3'",25 à Reggio et davantage à Melito, 
Pellaro et Lazzaro ; sur la côte de Sicile, de 2", 30 à 
Messine, de 6"" à Giardini au pied du rocher de Taormina 
et à Riposto, enfin de 2"', 70 à Catane. 

Le phénomène a commencé par un retrait de la mer, 
qui s'est précipitée ensuite avec une grande violence sur 
le rivage. A la station du chemin de fer de Reggio, située 
près du boîd de la mer, l'eau est sortie du sol en jets 
doués d'une grande force ; ce fait s'explique aisément 
par le choc de la vague sur le sol imbibé d'eau. 

A Messine, les quais se sont écroulés sur lOOf^» de lon- 
gueur ; le reste s'est afîaissé en s'inclinant vers la mer. 
Au marché au poisson notamment, le sol, qui était à 
2'" au-dessus du niveau de la mer, est aujourd'hui 
immergé, 

La nouvelle jetée de Reggio s^est abaissée, de telle 
sorte Que son extrémité est actuellement sous Peau. 



6 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Plusieurs édifices voisins du ferry-boat se sont tassés 
d'une façon notable. 

Enfin des sondages préliminaires semblent indiquer 
des variations de fond dans le détroit de Messine. 

Des sondages et des nivellements de précision vont 
être entrepris par les services italiens compétents, afin 
de déterminer s'il y a eu un véritable abaissement oro- 
génique du sol ou s'il ne s'agit pas plutôt, en ce qui 
concerne la côte, de simples glissements des terrains 
alluvionnaires, sur lesquels sont bâtis les quais des 
deux villes détruites. 



Étades saF la ponte des Odonates 

— Suite (1) — 



13'. Lestes barbara, F. — Pond sur les grappes 
florifères d' « Alisma plantago, L. » (2). 

(Pontes recueillies dans une mare à Font-Sainte-Huile de Bé- 
zenet (Allier), 19 août 1907.) 

Les divers pédoncules des grappes florifères d' Alisma 
plantago, même ceux qui n'ont qu'l*"™ de diamètre, 
offrent à L. harbara un emplacement de choix. Les 
entailles, faites par l'oviscapte de l'insecte, s'y alignent 
très régulièrement en taches brunes. Elles ont d'ail- 
leurs les caractères extérieurs décrits sur Salix (n° J2). 



(1) VonRev. se. du Bourb. et du Centre de la Fr., 1908, p. 50. 

(2) Le point d'inierrogation que j'ai mis au sujet de l'auteur des 
pontes recueillies sur Salix et Rubuf, et décrites au numéro pré- 
cédent (n» 12) n'a plus lieu d'être depuis que j'ai fait l'élevage des 
larves données par Alisma plantago. J'attribue sans hésitation 
ces pontes au même auteur, à L. barbara. Mises à part les petites 
différences qui tiennent à la nature du substratum, le type de 



ETUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 7 

Au point de vue cécidologique, il est intéressant d'ob- 
server que le pourtour de la loge où est l'œuf n'est pas 
mortifié, et que le tissu en est plus dense que dans le 
reste de Técorce. Sa teinte plus pâle indique que la chlo- 
rophylle s'y est à peine développée. 

L'élevage, fait en plein air, aboutit à une vingtaine 
d'éclosions dans la première] quinzaine d'avril. Non 
seulement l'immersion des pontes n'est pas nécessaire, 
mais elle m'a paru défavorable à l'éclosion : le jeune se 
dégage moins bien, ou pas du tout, du chorion. La cha- 
leur et une atmosphère saturée d'humidité sont les 
meilleures conditions. Le processus d'éclosion est ana- 
logue à celui que j'ai décrit pour Lestes viridis. Cepen- 
dant je nai pas observé chez le jeune la faculté de 
sauter, bien que j'aie retenu des jeunes en dehors de 
l'eau avant qu'ils ne se soient délivrés de la membrane 
amniotique. Si, à la sortie du chorion, la chute ne se 
fait pas directement sur l'eau, le jeune paraît donc 
condamné à mourir. Au contraire, dès qu'il est à la sur- 
face de l'eau, il se dépouille facilement de l'amnios : ce 
dernier phénomène se passe comme pour L. viridis. 

L'élevage des larves se fait commodément avec les 
petits entomostracés qui abondent dans les bassins 
et les mares. 

Le premier imago, un cy, apparut le 16 mai ; quatre 
autres cf et une $ prirent leur vol successivement du 



ponte est le même sur tous ces végétaux, soit que l'on considère le 
faible diamètre des rameaux choisis, la disposition des entailles, 
le nombre d'œufs et le voisinage immédiat de l'eau. 

J'en dirai autant de pontes identiques recueillies au même lieu 
que les Salix et les Rubus, et tout près de ces végétaux, sur Poly- 
gonum hydropiper, L. 

C'est probablement encore L. barbara qui est l'auteur de pontes 
recueillies sur Verbena officinalis, sur les bords d'une mare, près 
le château des Ramillons. 

Cet insecte rechercherait donc les végétaux ligneux, ou les 
tiges herbacées consistantes annuelles, qui, après leur mort, 
restent en place, et s'imbibent facilement d'eau. 



8 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

25 au 29 juin : un refroidissement de la température fut 
la cause du long intervalle qui sépara ces deux appari- 
tions. C'est qu'en efïét le développement des œufs et des 
larves est très étroitement lié aux variations de tempé- 
rature. 

L, barbara se distingue facilement par la couleur 
jaune de la tête, par son stigma bicolore (exemplaires 
bien évolués), et surtout chez le cf, par les pointes fines 
et divergentes des appendices inférieurs : chez L. virens, 
Charp., ces mêmes pointes sont convergentes. 

14'. Lestes fusea, Lind. (Genre Sympycna, 

Charp.). — Pond, au début du printemps^ sur « Giyce- 

ria fLuitans, Bb. ». 

(Pontes recueillies le 10 mai 1908 dans une mare des bords de 
l'Allier, à Moulins.) 

Cet Agrionide est connu comme hivernant. Ses quar- 
tiers d'hiver sont probablement les bois où on le trouve 
voletant dès les premières journées ensoleillées de 
mars. 

Les feuilles de Glyceria fluitans étaient littéralement 
couvertes de ponctuations brunes disposées sérialement 
entre les nervures (i). A chaque ponctuation ou bles- 
sure faite par l'oviscapte, correspond un œuf qui est 
inséré dans l'épaisseur de la feuille, et par suite à peu 
près parallèlement à la surface du limbe. Parfois cepen- 
dant l'œuf inséré trop obliquement, fait légèrement 
saillie à la face inférieure. 

Mis en élevage à l'air libre, les œufs commencèrent 
à éclore vers le milieu de mai ; les éclosions se poursui- 
virent jusque dans les premiers jours de juin. 

L'apparition de Vimago eut lieu du 25 juillet jusqu'au 
milieu du mois d'août. 



(1) Les feuilles de Glyceria fluitans contenaient aussi des œufs 
à'Agrion elegans, dont il sera question au n" 17, et des œufs 
d'espèces d'insectes dont il ne s'agit point dans ce rapport. Je si- 
gnalerai seulement à titre de curiosité les séries d'œufs de Rana- 
tra linearis (Hémiptère). 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 9 

15*. Lestes nympha, de Sel. = forcipiila, Ramb. 

= spoiisa, Steph. — Pojid sur « Jiincus effusus, h. * 

vivant. 

(Pontes recueillies le 16 mars 1908 sur les joncs d'une mare des 
bois Moineaux, près Moulins) (1). 

Cette observation mérite une mention toute particu- 
lière. Avec le concours de mes élèves, j'examinai plu- 
sieurs centaines de tiges. Nous n'y rencontrâmes qu'ime 
seule entaille caractéristiijue de la ponte des Lestes. 
Cette blessure, munie de son petit clapet, était faite 
dans la région verte, vers le ynilieu de la tige, et avait 
permis l'introduction d'un œuf dans la moelle. 

Malgré les probabilités d'insuccès, je tentai l'élevage. 
L'éclosion de cet œuf précieux eut lieu le 18 mars, 
suivant un processus analogue à celui àe Lestes harbara. 
Je n'ai point observé que le jeune eut la faculté de 
sauter comme celui de L. viridis. Le surlendemain de 
l'éclosion la larve subissait une première mue. Avant 
cette mue la coloration était celle-ci : tête et thorax 
légèrement ambrés, yeux bruns foncés, intérieur de 
l'abdomen couleur lilas, le reste incolore. Après la mue, 
la transparence de l'abdomen alla en diminuant ; il prit 
un aspect jaune pâle annelé de gris ; les autres teintes 
s'accentuèrent. Il était d'ailleurs difficile de l'examiner 
de près, et même, à dater du 1''"' avril, il me fut le plus 
souvent impossible de la retrouver dans l'aquarium, 
tant elle se dissimulait accrochée aux racines. 

L'imago apparut le l'^"' juin : c'était Lestes nympha cf, 
de Sel. bien facile à distinguer de sponsa Hans., par les 
deux dents très inégales et distantes des appendices 
supérieurs, et par l'extrémité élargie et courbée des 
appendices inférieurs. 

La rapidité de cette évolutit)n laisse penser que ce 



(1) Je remercie tout spécialement l'un de mes élèves, M. Chal- 
min, qui voulut bien entrer assez avant dans l'eau pour y faire 
la cueillette des joncs à moitié immergés. 



10 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Lestes doit avoir deux générations par an. C'est à re- 
chercher (1). 

16°. Lestes vîrens, Charp. (Complément au n" 11), 
— Pond aussi sur les tiges desséchées de « Scirpus la- 
custris ». 

(Pontes recueillies à l'étang des Asniers, près la tuilerie des 
Combes, Yzeure, le 10 octobre 1907.) 

Ce Scirpus forme sur les bords de l'étang des Asniers 
des touffes nombreuses de tiges unes, jonci formes, dont 
la base, à l'époque de la cueillette, était plus ou moins 
baignée par l'eau. Les files d'entailles dues à l'oviscapte 
de L. virens y sont fort difficiles à découvrir. L'élevage 
me fournit plusieurs imagos àès les premiers jours de 
juillet 1908 ; l'apparition de cet insecte se poursuivit 
pendant le cours du mois. 

Les pontes récoltées le 7 août 1907 sur les Juncus ef- 
fusus du parc de Baleine (n" 11) fournirent des larves 
dès le commencement de mai 1908. Le processus d'éclo- 
sion est le même que pour les autres Lestes : l'eau 
de l'aquarium portait à sa surface les membranes am- 
niotiques. Je n'ai pu me rendre compte si le jeune, à la 
sortie de l'œuf, avait la faculté de sauter. 

17'. Agrion elegaos, Lind. (Genre Iscbnura, 
Charp. ^ — L'insecte, provenant de la génération qui 
évolue pendant Vautomne et l'hiver, pond au printemps 
sur a Glyceria fluitans, Br ». 

(Pontes recueillies le 10 mai 1908 dans une mare des bords de 
l'Allier, à Moulins.) 



(1) Une tige verte du même jonc cueillie dans la même mare le 
29 janvier, présentait à douze cent, du sommet une série d'en- 
tailles, longue de 30 mill. (7 entailles pour 5 mill.), dirigée suivant 
une génératrice. Tous les petits clapets d'épiderme brunis étaient 
légèrement saillants et donnaient à la tige un profil très finement 
denticulé. Tout le tissu végétal était mortifié suivant l'axe de la 
série. L'éclosion eut lieu le 9 février. Les larves, que je ne pus 
élever, étaient analogues à celle dont il est question dans le corps 
de l'article. C'était évidemment aussi une ponte de Lestes nympha, 
(de Sel.). 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 11 

Plusieurs exemplaires de cet Agrionide sont sortis de 
l'aquarium, où je conservais les feuilles de Glyceria 
fluitans, en même temps que Lestes fusca {n° 14). Agrion 
elegans a deux générations annuelles. La première, dite 
de printemps, est celle qui évolua dans mon aquarium : 
elle donne Vimago à la fin de juillet, A cette époque sont 
pondus, — je ne sais sur quelles plantes aquatiques, 
probablement encore sur Glyceria fluitans qui offre un 
substratum commode pendant toute l'année, — les œufs 
qui fournissent la deuxième génération. Ce sont les in- 
sectes de cette génération apparus au printemps, qui 
donnèrent les œufs que j'ai pu élever. 

A. elegans est facilement reconnaissable au lobe mé- 
dian, fortement saillant de son prothorax. 

Il n'est peut-être pas sans intérêt de signaler d'un 
côté l'égale durée d'évolution entre la larve de Lestes 
fusca et la larve de printemps d'A. elegans, et d'un 
autre côté la diff"érence que présente l'évolution de ces 
insectes à l'état d'itnagos, s'il est vraiment constaté 
sans appel que L. fusca ne s'accouple qu'après avoir 
hiverné. 

18*. Agrionide, sp. ? 

(Pontes recueillies sur parties vertes de « Juncus acutifiorus 
Ehr. » et « Juncus, groupe effusus » aux bords secs d'une mare à 
Font-Sainte-Huile de Bézenet, le 19 août 1907 ; — et « Juncus acu- 
tifiorus », aux bords desséchés de l'étang des Asniers, à Yzeure, 
le 10 octobre 1907.) 

Les pontes dont il est ici question abondaient sur 
J. acutifiorus ; elles se trouvaient en petit nombre sur 
les Juncus effusus voisins. C'est donc du premier jonc 
seulement que je parlerai. 

Sur la feuille cylindrique, sur la gaîne, sur la tige, 
toutes parties vivantes, on découvre, avec un peu d'at- 
tention, les files caractéristiques d'entailles faites par 
un oviscapte d'A^?'io?iide. Ces entailles forment, surtout 
vers la base du jonc, des lignes brunes, à cause du des- 
sèchement du clapet épidermique et delà mortification 



12 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

des tissus dans l'intervalle des deux blessures. Il y a 
parfois deux séries parallèles à blessures alternées. On 
compte environ neuf entailles par centimètre. Les séries 
s'élèvent inégalement haut ; j'en ai mesuré une plus re- 
marquable, qui s'étendait depuis le nœud foliaire jusqu'à 
neuf centimètres sur la tige. A chaque entaille corres- 
pond un œuf placé à peu près parallèlement à une géné- 
ratrice sous l'épiderme. 

Ce qui m'a le plus frappé dans cette observation, c'est 
la surabondance de parasitisme tant pour les pontes de 
Font-Sainte-Huile que pour celles de l'étang des As- 
niers, localités distantesd'une soixantaine de kilomètres. 
C'est qu'en effet pour tous les autres cas de pontes de 
Libellulides que j'ai étudiés dans nos régions je n'ai 
jamais rencontré de parasites. Voiià pourquoi j'ai cru 
devoir ne rapporter à aucun des auteurs, reconnus 
après élevage, les pontes dont il est ici question. Un 
élevage particulier est nécessaire. 

Le parasite est un Chalcidoïde, à couleur foncière 
vert doré, à pattes d'un flave pâle. Le seul exemplaire, 
complètement évolué, que j'aie vu, était en mauvais état. 
Les autres étaient des larves ou des nymphes. A en 
juger par la pluralité des chorions vides au milieu des- 
quels se trouvait la nymphe, la larve se nourrit du 
contenu de plusieurs œufs. Le passage d'un œuf à l'autre 
est d'ailleurs facile tant est faible le tissu végétal qui 
isole chaque œuf. 

Il est à remarquer enfin que les Jiincus infestés étaient 
distants de 1 à 2 mètres de l'eau de la mare. 

19'. Agrionide, sp. ? 

{Pontes recueillies sur « Ranunculus flammula » dans les fossés 
pleins d'eau du bois des Asniers, ou aux bords de l'étang des 
Asniers, à Yzeure, 10 octobre 1907.) 

Les rameaux de cette renoncule présentaient les séries 
d'entailles caractéristiques de la ponte des Agrionides, 
avec un œuf par entaille. Les œufs insérés dans la mince 
couche annulaire qui constitue tout le tissu végétal des 



ETUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 13 

rameaux creux, étaient à peu près tous en voie de des- 
siccation. De plus, à un certain nombre d"entail!es ne cor- 
respondaient point d'œufs. Enfin les bords des blessures 
étaient mortifiés et noirs et une réaction de la plante 
avait déterminé la production d'un mamelon durci, au 
sommet duquel se détachait la cicatrice noircie. Cette 
plante se prêterait-elle mal au développement des œufs 
de i'Agrionide ? Le fait que je signale indique la prédo- 
minance de la tension végétale sur celle de l'œuf. De 
plus, il ressort clairement, ici comme ailleurs, que la 
présence de l'œuf en évolution constante est nécessaire 
pour diminuer ou empêcher totalement la formation de 
liège cicatriciel. 

20% Libellula depressa, L. — Pond seule, sans ces- 
ser de voler, sur des brindilles ou feuilles flottantes ; les 
œufs s'y agglutinent dans une masse gélatineuse. 

(Observations faites à Montvicq, réservoir d'un jardin potager, 
7 juin 1908.) 

Cette libellule a effectué sa ponte, au cours de la jour- 
née d-'observation, à des intervalles de temps irréguliers. 
Après avoir déposé quelques œufs, à la façon des Ti- 
pules, sans arrêter son vol, sur des amas de feuilles et 
débris flottants, elle s'éloignait rapidement du réservoir 
vers les champs. A son retour, après un temps variable, 
avait lieu un très court accouplement avec un Libel- 
lula çf qui planait constamment au-dessus de l'eau, et 
la ponte recommençait en l'un des points déjà précé- 
demment choisis. Ainsi par juxtaposition d'œufs entou- 
rés de mucus, il se formait peu à peu une masse gélati- 
neuse plus ou moins volumineuse, bourrée de petits 
œufs subsphériques d'un brun jaunâtre, et pénétr-Je par 
les brindilles végétales 

L'éclosion de ces œufs commença à la mi-juin et se 
poursuivit pendant la fin du mois : le G juillet les éclo- 
sions n'étaient pas encore terminées. Je cessai mes ob- 
servations à cette date. 

[A suivre.) Abbé I'ierre, 



14 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



Mœurs du « Liosoraa pyrenaeum » Bris. 



Dans les Annales de la Société Linnéenne de Bordeaux 
(vol. LXII, 1908), M. M. Lambertye a fail paraître la note 
suivante qui me semble assez intéressante pour la repro- 
duire et la signaler à l'attention de ceux qui sont à même 
de poursuivre des recherches sur la Biologie des insectes. 

« Dans une note parue dans les procès-verbaux du 
18 mai 1892, notre collègue M. G. Eyquem parle de la 
capture du Liosoma pyrenxum Bris, à Bègles sur le La- 
thrsea clandeslina au bord de la Garonne près de la pro- 
priété de Tarlifume ; il le cite aussi de Floirac par M- 
Augereau. — M. J. Pérez dit l'avoir rencontré dans les 
fleurs de la même plante au bord du Rébédech (Proc.- 
verb. Soc. Lin. Bord., vol. LUI, p. XLIV.) Celte an- 
née, j'ai capturé ce curculionide (une vingtaine) à Ca- 
marsac, dans les écailles de la même plante et dans une 
prairie marécageuse. Près du Laihrœa se trouvait en 
abondance la Ficaria ranunculoïdes qui avait ses racines 
enchevêtrées avec celles de cette plante ; fait très surpre- 
nant c'est que, dans la même prairie, il y avait d'autres 
Laihrœa sans Ficaria autour et pas un seul Liosoma 
pyrenœum Bris. Ce curculionide vivrait-il dans les tiges 
de la Ficaire ? » 

Cette note éveilla en moi le souvenir d'une abondante 
récolte de cet insecte faite à Luchon dans les premiers 
jours de juillet (1886), capture que j'ai déjà signalée 
dans « le Frelon » en 1901 et que je suis bien aise de 
rapprocher de celle-ci. J'ai capturé en très grand nom- 
bre le Liosoma pijrenscum Bris, en allant au Mail de 
Criq (1824"°), sur le talus de terre éboulée du chemin 
sous bois qui aboutit au bas de la prairie de Herran, 
exactement à l'endroit où finit le tracé du lacet marqué 
d'un double trait sur la carte du Guide de Luchon (1885), 



MCEURS DU « LIOSOMA PYREN^UM » BPIS. 15 

édité par la maison Lafont (Luchon en poche). Sur 
cet éboulis de terre dénudée était un semis de Valériana 
pyrenaïca L, qui avait pris un superbe accroissement. Les 
feuilles de cette plante élevée étaient percées d'une foule 
de petits trous et attiraient mon attention. Je n'eus pas de 
peine à découvrir ce qui les rongeait ainsi au point de 
détruire certaines feuilles. Je secouais les plantes au- 
dessus de mon parapluie et je capturais près d'une cen- 
taine de ces insectes. J'en rencontrais encore quelques- 
uns sur d'autres plants de Valérianes, en contrebas, à 
gauche et en face sur le bord du même chemin. Je re- 
marquais seulement au pied de ces plantes quelques 
brins de mousse très clair-semés. J'eus l'idée de recher- 
cher parmi eux ce qui avait pu échapper à mon battage, 
mais, pressé par le temps, je ne m'attardais pas à aug- 
menter ma provision déjà suffisante. 

Voilà donc une plante très différente de la Lathrœa ou 
de la Ficaria, et j'ai constaté très nettement que ces in- 
sectes en grand nombre, mais à l'état adulte, s'en nour- 
rissaient avec avidité. 

J'ai observé un travail analogue sur les feuilles de 
Tussilago larfara, au printemps, sur les bords de la 
Sioule, à Bayet, dans un endroit ombragé appelé le talus 
des Tanières. Les larges feuilles de cette plante étaient 
rongées de la même façon par des Throscus clermes- 
toïdes L., qui y foisonnaient. Comme je n'ai jamais 
observé que cette fois-là ces insectes occupés à brouter, 
je suis content de signaler ce fait aux biologistes. 

Pour revenir aux mœurs du Liosoma, si nous ouvrons 
la Faune du Bassin de la Seine de M. Bedel {Rhynchopho- 
res, 1888, p. 275) où l'auteur a pris le soin de rapporter 
toutes les indications données par les auteurs, nous voyons 
que le L. dellexum Panz, est signalé par Kaltenbach, sur 
diverses Ranunculacées, telles que Anémone nemorosa 
et par Perris sur Ranunculus repens ; la larve vivant au 
collet de ces plantes. Le L. oblongulum Bohm. y est in- 
diqué des pays froids et montagneux dans les mousses. 



16 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

J'ai pris celte espèce en quelques exemplaires seulement 
en filochant d'ici et de là sur les Senecio cacaliaster, au 
Mont-Dore dans le bois ombragé du Capucin. 

J'ai déjà indiqué (/. c.} quelques exemplaires isolés de 
Liosoma Discontignyi Bris, pris en même temps que 
L. pyrensRum Bris. Charles Brisout. {Mat. Faun. {r. 
p. 190) indique ces deux espèces : la première comme 
très commune, la seconde comme pas rare sous les 
mousses des montagnes des environs de Bagnères de 
Bigorre. En général, ces insectes paraissent vivre sous 
les mousses dans les endroits frais, très ombragés. Or 
les endroits oîi poussent la Ficaria et la Lathrœa se font 
remarquer par une nature de terrain particulièrement 
humide et compacte ; toutefois l'observation de M. Lam- 
bcrlye n'en demeure pas moins intéressante. 

II. DU BUYSSON. 



MUSCINÉES NOUVELLES OU PEU COMMUNES 

DU DÉPARTEMENT DE L'ALLIER 



HÉPATIQUES 

Riccia nigrella DC. — Hépatique nouvelle pour le dé- 
partement. Caractérisée par ses frondes profondément 
sillonnées à la face dorsale, garnies le long des bords 
d'écaillés imbriquées d'un violet pourpre foncé. Sur la 
terre silico-argileuse, dans un pré récemment fauché, au 
Breuil ; juin 1908. 

Riccia sorocarpa Bisch. — Hépatique nouvelle pour le 
département. Diffère de Riccia rjlauca L. par ses frondes 
aussi épaisses que larges (en coupe transverse), sillon- 
nées en dessus, à bords relevés et saillants, par ses 
spores à crêtes et denticules saillantes. Sur la terre 
silico-argileuse, au Breuil ; novembre 1908; fertile. 



MUSCINÉES NOUVELLES DE l'aLLIER 17 

Aneura latifrons Lindb. — Hépatique nouvelle pour le 
département. Fronde plane à faces parallèles (en coupe 
transverse), ne comptant que 5 ou 6 assises de cellules. 
Lieu marécageux, au Breuil ; décembre d908; stérile. 

Anenra multifida Dum. — Sur l'argile très humide, au 
bord de l'étang Vernat, à Trevol ; stérile Dans un bois 
marécageux, au Breuil ; fertile. Automne 4908. 

Melzgeria conjugata Lindb. — D'après Lindberg, qui 
a démembré l'ancien groupe fiircata, Metzgeria conju- 
gata se distingue de M. furcata par ses frondes plus 
vigoureuses munies aux bords de cils souvent géminés 
et divergents et par la floraison qui est monoïque. Hé- 
patique assez répandue à Trevol, à La Lizolle et au 
Breuil ; paraît plus commune que M. furcata. 

Marsupella emarginata Dum. = Sarcoscyphus emargi- 
natus Spruce. — Sur la terre siliceuse, au Breuil ; dé- 
cembre 4908 ; stérile. 

Blepharostoma trichophyllum Dum. = Jungermannia 
trichophylla L. — Sur la terre, dans un bois. Le Breuil ; 
décembre 1908; stérile. 

MOUSSES 

Physcomitriella patens Br. eur. = Phascum patens 
Hedw. — Plante récoltée par M. Bertboumieu à Baru- 
thée, commune de Saint-Pourçain, sur la vase de la 
Bouble. Je l'ai trouvée en abondance à Trevol, sur la 
vase desséchée d'une boire de l'Allier ; octobre 1908 ; 
fertile. 

Leucobryum glaucum Hampe. — Abondamment fer- 
tile à La Lizolle, dans le bois de Girondet, Août 1908. 

Barbula sinuosa Lindb. =: Dicranella sinuosa Wils. — 
Sur un rocher siliceux, au Breuil ; janvier 1909 ; stérile. 

Barbula latifolia Br. eur. — Espèce très répandue à 
Trevol, sur les troncs d'arbres de la rive droite de l'Al- 
lier ; fertile çà et là. 

Zygodon viridissimus Brid.— Assez commun à Trevol 
et aux environs, sur les troncs d'arbres près des che- 

2 



18 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

mins, dans les haies et à la lisière de laforètdeMulnay ; 
stérile. 

Philonotis caespitosa Wils. — Dans un pré humide, aux 
Roussets, commune de Saint-Ennemond ; dans un fossé, 
à la Bosse, commune de La Lizolle ; dans un pré hu- 
mide, au bord d'une rigole, même commune. Stérile. 

Eurhynchium speciosum Schimp. — Sur l'humus et les 
brindilles pourries, dans un marécage, près du bourgde 
Trevol ; janvier 1909 ; assez abondant et fertile. 

Je tiens à remercier M. Brun, instituteur au Breuil, qui a récolté 
plusieurs des espèces mentionnées dans cette note, et MM. Douin, 
Corbière et Dismier, qui ont bien voulu m'aider dans mes détermi- 
nations. 

G. TOURRET. 



ri.éiiriioii sclentiflciixe du. Bourbonnais 



Réunion du 2^ novembre IQ08. 

— M. le D"" Villeneuve, à Rambouillet (Seine-ct-Oise), se- 
rait heureux de recevoir en communication des exemplaires 
de Tabanus appartenant aux espèces solstitialis, tropicus et 
iiigricornis. 

— ]M. H. DU BuYSSON a visité, cet été, le marais d'eau 
salée de Vauvernier, près Jenzat, et y a retrouvé le Glauv 
maritima, toujours aussi abondant. Sur les rochers voisins, 
il a capturé plusieurs exemplaires de Mantis religiosa. 

— M. Brun, instituteur au Breuil, signale la présence sur 
un mur, au Puy Vacher, près d'Ebreuil, à 420 mètres d'al- 
titude, de plusieurs plants d'Opuntia qui y végètent depuis 
plusieurs années et ne sont nullement endommagés par l'hi- 
ver. Ils fleurissent abondamment, mais les fruits n'arrivent 
pas à maturité. 

M. du Buysson a déjà signalé une colonie de cette plante 
au Mayct-d'Ecole {Rev. se, 1904, p. 125.) 

— Le Cactus opuntia, ou Figuier de Barbarie, originaire, 
dit-on, d'Amérique, s'est naturalisé çà et là dans le Midi 
de la France et occupe de vastes surfaces dans le Nord de 
l'Afrique, surtout en Tunisie. Il est rare dans le Centre de 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 19 

la France. Boreau l'a signalé près d'Angers et M. Fourgeaud, 
pharmacien à Tulle, écrit tout récemment à la Revue scien- 
tifique du Limousin (N° du 15 déc. 1908) qu'il vient d'en dé- 
couvrir une véritable petite forêt entre Uaumar et Laguenne, 
presque aux portes de Tulle. 

— Le Directeur de V Argus donne avis que Y Argus de la 
Presse, qu'un violent incendie avait détruit, il y a plus de 
six mois, est complètement réorganisé et réinstallé au Fau- 
bourg Montmartre, n° 12; V Argus des Revues, publication 
spéciale, n'a jamais interrompu sa publication, c|uant à V Ar- 
gus de VOfficiel et aux Archives de la Presse, l'un et l'autre 
fonctionnent comme par le passé. 

— M. BiGEARD, membre de la Société Mycologic^ue de 
France, continue ses travaux sur les champignons et annonce 
l'apparition prochaine d'une troisième édition de sa Flore 
des champignons considérablement augmentée et illustrée 
de nombreuses planches représentant 250 champignons. 



Réunion du jo décembre igo8. 

— Le Président de la Section française de l'Exposition 
Franco-Britannique annonce que la Revue, dont les trois der- 
niers volumes figuraient à l'Exposition, a obtenu ime mé- 
daille d'argent. 

— M. Ernest Olivier a été nommé membre honoraire de 
la Société Entomologique d'Egypte qui a été fondée au Caire, 
au mois d'août dernier. Cette Société a déjà publié deux 
Bulletins très intéressants. 

— M. Beauverd, conservateur de l'Herbier Boissier, à 
Chambésy près Genève, écrit que la publication du Bul- 
letin de V Herbier Boissier prendra fin avec le fascicule 12 
de 1908. C'est avec regret que l'on voit disparaître ce Bul- 
letin créé en 1893 et qui forme une série de seize gros vo- 
lumes contenant des travaux très importants dus aux bota- 
nistes les plus autorisés. La série complète se trouve à la 
Bibliothèque de la Revue. 

— M. Bruch, conservateur du Musée zoologique de La 
Plata, envoie un Catalogue manuscrit des Lampyrides de 
la République Argentine en priant M. Ernest Olivier de 
vouloir bien y faire des annotations 

— Le Président de la Société de vulgarisation des sciences 
naturelles des Devix-Sèvrcs, récemment fondée à Niort, de- 
mande à échanger ses publications avec la Revue. 

— La station préhistorique de Trevol. — Cette localité, 
aux portes de Moulins, porte un nom essentiellement celti- 



20 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

que, Tre, terre ; VOL, métairie ; de même que Treban, 
Trezelles, Tréteau, Trevesse, Tréfou, Treignat, Tretagne, 
dans l'Allier; Tresnay, dans la Nièvre, ce dernier formé des 
radicalex Tre et Nay, de aig, aiguë, eau, terre au bord de 
Veau, Le suffixe ethnique qui suit chacun de ces noms n'est 
qu'un qualificatif se rapportant à la situation géographique 
ou orographique, ou aussi aux différentes qualités de la 
terre et à ses productions. 

Trevol et ses environs étaient une station similaire à celles 
de Saint-Ennemond et de Gennetines. Dans ces localités, les 
galets de la Loire étaient importés, mis en provision dans 
des sortes de silos, puis débités à l'état frais au fur et à me- 
sure des besoins (i). Ces galets, qui sont tous de petites di- 
mensions, expliquent facilement l'exiguïté des silex ouvrés 
trouvés dans ces régions ; les grandes pièces qui y ont été 
trouvées proviennent de nuclei importés de Pressigny-le- 
Grand (Indre-et-Loire), dont l'aire de dispersion se recon- 
naît jusque vers Lapalisse. 

La grande diversité des éclats ou pièces façonnées pro- 
venant de Trevol, qui nous ont été communiqués par notre 
confrère AL Tourret, est un argument en faveur de l'impoï- 
tation des rognons ou galets de la Loire, qui sont sensible- 
ment variables comme composition et comme couleur. On y 
retrouve exactement la môme technologie qu'à Saint-Enne- 
mond, à Gennetines, à Pierrefitte, à Molinet, etc. 

M. Dechâtre, garde des bois communaux, a recueilli çà et 
là pendant ses tournées vingt-huit silex, tous différents comme 
couleur ou pâte ; ce sont des débris de fabrication : il y a 
des éclats de débitage, de petites lames, un fragment de cou- 
teau à trois enlevages, un joli grattoir arqué, arrondi, très 
habilement retouché et muni d'un manche ménagé dans le 
silex, puis une pointe de flèche amygdaloïde, du type solu- 
tréen, en silex translucide, taillée à petits éclats sur les deux 
faces. 

Nous connaissons plusieurs autres pièces provenant aussi 
des environs de Trevol. 

Une hache polie en serpentine a été trouvée par M. Ber- 
trand, en 1884, au domaine de Bélair. Demoux a fourni plu- 
sieurs silex taillés et polis (collection Bouchard). Nous possé- 
dons plusieurs flèches à ailerons recueillies près du bourg ; 
l'une d'elles porte deux encoches latérales destinées à la fixer 
à une gaeyse. Une autre est analogue à celle trouvée par 



(1) F. PÉROT. « Palaethnologie de l'arrondissement de Mo-jlins », 
Revue scientifique du Bourbonnais. Année 189i. 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 21 

M. Dcchrare, et enfin une autre est robuste, en silex brun 
des galets de la Loire. 

Jusque-là il n'avait été signalé, dans cette localité, que 
des pièces façonnées ; les éclats, les déchets de fabrication 
recueillis par M. Dechâtre accusent une population séden- 
taire et taillant ses silex sur place. 

Plus tard, les Celtes ont édifié le Château-Vert de Mul- 
nay (i), forteresse en terre entourée de profonds fossés et qui 
rappelle celle de Lucenay-la-Vallée. Le bourg de Trevol sem- 
ble lui-même établi sur un épaulement profondément creusé 
«t qui le rendait inaccessible d'un côté. La butte du Champ- 
Palais (champ clos, entouré de palissades), paraît être d'ori- 
gine romaine, à en juger par les débris de tuiles et de vases 
trisés qui sont à sa surface. Aux Belles-Fontaines se voient 
des matériaux antiques, ainsi qu'à Demoux, et c'est dans la 
forêt de Mulnay qu'a été trouvé par Dufour le magnifique 
anneau d'or, ciselé avec une entaille dont la facture rappelle 
la grande époque artistique de Néron (2). Le ^^loyen-Age aussi 
y a laissé de nombreuses traces. Trevol a donc été habité de- 
puis l'aurore des époques préhistoriques jusqu'à nos jours. 

Francis PÉROT. 



Réunion du 2y Janvier içoç. 

— La Société de vulgarisation des Sciences naturelles des 
Deux-Sèvres demande l'échange de ses publications avec la 
Revue. 

— ASSOCIATION' FRANÇAISE DU FROID. — Le premier Congrès 
international du Froid qui tint ses assises à Paris, du 5 au 
12 octobre dernier, constitue la plus importante manifesta- 
tion internationale qui ait été réunie dans notre pays depuis 
1900. A côté de cette organisation internationale appelée à 
réunir et rassembler les efforts du monde entier, sur l'initia- 
tive du Secrétaire général du Congrès, la plupart des Comi- 
tés nationaux étrangers se sont transformés en grandes socié- 
tés nationales : tel est le cas de l'Allemagne, de la Hollande, 
de la Russie, de la Belgique. La France, elle aussi, a réuni 
les différents éléments qui s'étaient fait représenter au Con- 
grès, et a constitué une Association nationale du Froid dont 



(1) Château renversé, versé, détruit. 

(2) F. Pérot. « Les antiquités trouvées dans la foret de Mulnay, 
avec la représentation de l'anneau », Annales Bourbonnaises, 
A" aKnée, 1890, p. 140-141. 



22 F.EVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

l'Assemblée nationale constitutive eut lieu le 28 décembre 
1908. Les statuts ont été adoptés ; le bureau et les membres 
du Conseil ont été nommés. Il a été décidé que des comités 
régionaux seraient organisés autant que possible dans chaque 
département et, à la suite de cette délibération, M. de Lo- 
verdo, secrétaire général, écrit à M. Ernest Olivier en le 
priant de s'occuper de l'organisation d'un comité dans le dé- 
partement de l'Allier. 

— M. Fr. PÉROT présente un poisson-chat {Amehirus nebu- 
losus) de petite taille provenant d'un étang des environs de 
Moulins. Ce poisson, d'origine américaine, est acclimaté en 
France depuis plusieurs années dans un grand nombre d'é- 
tangs. 

— L'AxiBiDEXTRlE. — Le Centre médical et pharmaceuti- 
que du i" janvier dernier, contenait la question suivante à 
résoudre: Pourquoi dans V éducation des enfants ncglige-t-on 
Vtcsage de la main gauche? 

Sans prétendre répondre à cette intéressante question, nous 
nous contenterons de dire que l'ambidextrie était naturelle 
à l'homme primitif, car parmi les nombreux instruments en 
silex des temps quaternaires, chelléens et acheuléens, il s'en 
trouve un bon nombre qui ont été taillés intentionnellement 
pour être manœuvres tant par la main gauche que par ]a 
droite. Ce cas a été plusieurs fois discuté et reconnu 
exact à l'Ecole d'Anthropologie, ou dans les traités ou re- 
vues préhistoriques; la conclusion en résultant, c'est que 
l'homme est né ambidextre. C'est donc par un eflfet de la 
civilisation que l'homme s'est habitué peu à peu, et aussi 
par un penchant naturel, à ne se servir exclusivement que de 
la même main. Pourquoi de la main droite plutôt que de la 
gauche? Pourquoi prenons-nous invariablement la droite sur 
une route ou dans une rue que nous suivons tandis que les 
Anglais prennent la gauche ? Pourquoi les Européens écri- 
vent-ils de gauche à droite, tandis que les Orientaux le font 
de droite à gauche ? Quand des gamins font des bonshom- 
mes sur les murs ou sur les portes, pourquoi les représentent- 
ils regardant à gauche ? C'est encore là, un sentiment géné- 
ral inné dans le naturel des enfants. 

Presque tous les empereurs romains du Haut comme du 
Bas-Empire ont leur profil à droite sur leurs médailles. Je 
coin a donc été gravé la tête regardant à gauche, il n'y a 
que très peu d'exceptions à cette règle. 

Pour produire un ouvrage quelconque, l'usage des deux 
mains est nécessaire, l'une pour maintenir l'objet, l'autre 
pour faire agir l'outil, on s'est donc habitué à prendre l'ou- 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 23 

til de la main droite et à maintenir l'objet avec la main 
gauche, si bien que cette dernière n'a plus que le rôle d'ac- 
cessoire. Il se rencontre encore quelques gauchers parmi les 
ouvriers du bâtiment ; le menuisier gaucher (nous en avons 
vu plusieurs), ne peut travailler que sur un établi ai hoc, 
dont la presse se trouve à droite, tandis que celle-ci est à 
gauche pour les droitiers. Par de rares exceptions, nous 
avons vu des ouvriers ambidextres, ils sont d'une utilité 
incontestable pour certains travaux. 

Un ancien juge au tribunal de Moulins fut amputé du 
bras droit à la suite d'un accident de chasse. Il se fit fabri- 
quer un fusil pour son bras gauche avec lequel il chassait 
sans difficulté, de même qu'il écrivait avec habileté de son 
unique main gauche. C'est donc une mauvaise et préjudicia- 
ble habitude que cette obstination que l'on met à se servir 
exclusivement de la main droite. Car notre conformation 
se prête merveilleusement à l'usage de nos deux mains pour 
tous les ouvrages et les exercices. 

Francis PÉROT. 



Réunion du 24. -février içoç. 

— La Société d'Histoire naturelle de Metz envoie plusieurs 
fascicules de ses publications, en sollicitant l'échange avec la 
Revue. 

— M. Durand, professeur honoraire à l'Ecole d'Agriculture 
de Montpellier, envoie une liste d'arbres qui se trouvent au 
parc de Baleine et dont il serait désireux d'avoir des fruits 
pour les joindre à ceux de la collection de l'Ecole de Mont- 
pellier. Sa demande sera communiquée à M. Hugues de Roc- 
quigny, qui se trouve actuellement au château de Baleine. 

— M. F. PÉROT annonce que le squelette humain du type 
de Néanderthal, récemment découvert à La Chapelle-aux- 
Saints (Corrèze), vient d'être acquis pour la somme de 1.500 
francs par le Muséum d'Histoire naturelle de Paris. C'est le 
seul squelette à peu près complet de cette époque qui soit 
possédé par la France. Il offre quelques différences avec ceux 
des races actuelles, notamment pour la forme du crâne, qui 
est dolicocéphale, à front étroit, bas et fuyant, d'un progna- 
tisme très accentué et n'a presque pas de menton. 

— Hibernation DES PAPILLONS. — Le 7 février dernier, ayant 
allumé du feu dans une pièce qui n'est que rarement chauffée 
en hiver, j'ai vu un papillon, Vanessa folychloros, sortir de 
derrière un meuble et venir voleter pendant plus d'une heure 
à la fenêtre. Les ailes défraîchies et décolorées de ce papil- 



24 REVUE SCIENTIFIQUE DU 130URPONNAIS 

Ion, montraient bien qu'il s'agissait d'un cas d'hibernation et 
non d'une éclosion prématurée. Depuis ce jour, l' insecte est 
resté complètement immobile dans un angle de l'embrasure 
de la fenêtre, où la température atteint facilement chaque 
nuit — 4 ou — 5 degrés. Dans les premiers jours du printemps 
dernier, j'avais eu l'occasion de capturer assez fréquemment 
des papillons ayant hiberné, principalement Rhoiocera Rhamni 
et Vanessa lo, mais je n'avais jamais remarqué Vanessa foly- 
chloros. L'hibernation est sans doute un fait général chez les 
Vanesses. 

BRUN. 



BIBLIOGRAPHIE 



Catalogue des plantes nommées par Alexis Jordan avoc un ré- 
sumé sur sa vie, ses voyagas, soa herbier, sas cultur33, sa biblio- 
thèque, ses travaux publiés ou inédits et une biographie résu- 
mée du jordanisme avec un portrait inédit, hors texte, d'A. Jordan, 
par Claudius Roux, président de la Société linnéenne de Lyon, et 
Antoine C(^lomb, conservateur de l'herbier Jordan depuis 1869. 
Un vol. gr. in-8", p. 82, av. pi. Lyon, 1908. 

Ce titre, qui est tout un sommaire, indique assez ce qu'est l'ou- 
vrage. « Alexis Jordan, disent les auteurs, est mort avant d'avoir 
achevé son œuvre colossale, dont il nous a paru très utile de dres- 
ser le bilan, afin de rendre service aux botanistes qui s'adonnent à 
l'étude théorique ou pratique du grand problème de l'espèce » Il 
n'est pas permis d'ignorer ce qu'est le jordanisme : le volume que 
nous mentionnons donne toutes les indications qui en permettent 
l'étude et le contrôle. 

Bibliographie méthodique des principaux manuscrits français 
relatifs aux sciences naturelles, par Cl. Roux, président de la 
Société linnéenne. Un vol. gr. in-S°, p. 112. (lixt. du Bull, de la 
Soc. d'Ajj-r.. se. et tttd. de Lyon, IQ08.) — Pour tous les travailleurs, la 
bibliographie, dont on ne peut se passer, est devenue une cause de 
recherches longues et souvent difficiles, et cependant on ne tient 
généralement compte que des documents imprimés et on néglige 
presque toujours de consulter et de consigner les œuvres manus- 
crites et inédites, parmi lesquelles se trouvent cependant une foule 
de travaux intéressants. M. Roux a voulu faire connaître ces mé- 
moires, la plupart ignorés, et grâce à des recherches patientes et 
persévérantes, il donne un catalogue de 1015 manuscrits se rappor- 
tant aux sciences naturelles, classés chronologiquement et par 
ordre de matières. 

Florule raisonnée du Brionnais, par MM. Ormezzano et Châ- 
teau. Un vol. gr. in -S", p 213, avec carte. iKxtr. du Bull, de la 
Soc. â'Hist. nat. d'Autun, 1908.) - Le Brionnais est la partie du 
département de Saône-et Loire comprenant les cantons de Semuret 



BIBLIOGRAPHIE 25 

de Marcigny et une partie de ceux de Chauffailles, de La Clayette, 
de Charolles et de Digoin. Les auteurs décrivent la topographie de 
la région, donnent le catalogue de toutes les plantes qui y ont été 
observées et terminent en indiquant les modifications qu'une foule 
d'influences apportent constamment à la flore d'un pays. Le Brion- 
nais n'est séparé que par la Loire du département de l'Allier et la 
végétation est identique sur beaucoup de points : aussi la Florule 
de MM. Ormezzano et Château est pour nous d'un grand intérêt. 

Recherches sur l'époque d'éclosion des Altises et sur la biolo- 
gie et les caractères de quelques « Thyamis » de la faune de 
j^rance, par H. du Buysson, in -8°, p. 39. — Les Thyamis sont de 
petits coléoptères phytophages qui comptent de nombreuses espèces 
se ressemblant beaucoup et d'une distinction difficile. M. H. du 
Buysson avait toute la compétence nécessaire pour en aborder 
l'étude, et il nous donne de ce genre une véritable monographie, 
dans laquelle il signale les caractères différentiels des espèces, en 
même temps que leur répartition, leur degré d'expansion et les 
plantes sur lesquelles elles vivent. La faune de France compte 75 re- 
présentants de ce genre qui pourront désormais être facilement 
reconnus, grâce aux caractères précis qu'en donne l'auteur du tra- 
vail que nous signalons. 

■Voyage zoologique en Kroumirie (Tunisie), par H. Gadeau 
DE Kerville, gr. in-8", 316 p. et 30 pi. Baillière, Paris, 1908. — 
Pendant les mois de mai et juin 1906, M. Gadeau de Kerville a 
«xécuté en Kroumirie un voyage ayant pour but des recherches 
d'histoire naturelle et il a rapporté des milliers de spécimens se rat- 
tachant aux diverses branches de la zoologie. M. Gadeau de Ker- 
ville, aussi savant que consciencieux, tient à la rigoureuse détermi- 
nation de ses récoltes : « En matière scientifique, dit-il, publier des 
travaux oi^i du commencement à la fin ne règne pas une parfaite 
exactitude, ce n'est pas seulement faire une œuvre inutile, c'est 
faire une oeuvre néfaste. » Aussi a-t-il voulu que toutes les espèces 
animales capturées passent sous les yeux des spécialistes les plus 
•compétents et soient nommées par eux. Le beau volume luxueuse- 
ment édité et splendidement illustré, qui contient les résultats de 
l'exploration, commence par le récit du voyage, puis donne l'énu- 
mération des espèces, avec des mémoires de Attems, Bolivar, R. 
Blanchard, Germain. M. Gadeau de Kerville a fait au printemps 
de 1908 un nouveau voyage zoologique en Syrie dont il annonce la 
publication prochaine du compte rendu. 

Les Diatome'es fossiles d'Auvergne [Troisième mémoire), par 
le frère Héribaud Joseph, gr. in-8°, 70 p., av. 2 pi. Paris, 1908. 
— Toujours infatigable, le frère Héribaud continue ses recherches 
sur ces petites algues et nous donne un troisième mémoire, accom- 
pagné de deux belles planches, où il étudie les dépôts du Cantal. 
Au début de ses travaux, en 1888, les diatomistes attribuaient à 
peine une centaine d'espèces à l'Auvergne. Dans ses précédents 
ouvrages, complétés par ce troisième mémoire, le frère Héribaud 
en fait connaître, pour la flore d'Auvergne, iioo espèces, parmi 
lesquelles 500 espèces ou variétés sont nouvelles pour la flore gêné- 



26 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

raie, décrites avec soin et figurées dans 14 planches artistement 
exécutées. Si on ajoute 62 espèces, trouvées dans les dépôts ter- 
tiaires de la Haute- Loire et de l'Ardèche, et qui n'ont pas encore 
été observées dans ceux d'Auvergne, on obtient 1 162 Diatomées 
bien distinctes pour la flore du Massif Central. Ces labeurs n'ont 
pas uniquement profité à la science pure, mais ils ont eu aussi un 
important résultat au point de vue pratique. Les vastes dépôts de 
Celles, d'Auxillac et de Faufouilhoux (Cantal» sont actuellement 
l'objet d'une active exploitation et rentrent dans un grand nombre 
d'applications, pour lesquelles les Diatomées fossiles du Cantal 
sont préférées avec raison, par les industriels français, au Kielsel- 
guhr allemand. Le frère Héribaud a donc servi à la fois et la 
science et la patrie. 

Annales de la station limnologique de Besse, Fasc. I". — 
Depuis plusieurs années, M. le D'' Bruyant, chargé d'organiser dans 
le Fuy-de Dôme un service départemental de pisciculture, a créé deux 
laboratoires d'élevage, l'un à Clermont. l'autre à Besse. A ce der- 
nier est adjoint un laboratoire scientifique de recherches, muni de 
toutes les annexes et de tout l'outillage nécessaires. Le but de cette 
organisation est l'élevage d'alevins pour peupler les cours d'eau 
et la recherche des meilleures méthodes de production, de réparti- 
tion et de protection des espèces. Un tel genre de recherches 
implique des études biologiques très précises dont le champ est 
immense et au fur et à mesure il importe d'enregistrer les décou- 
vertes pour pouvoir les compléter par la suite. C'est là le principal 
but des Annales dont le premier fascicule vient de paraître. Elles 
constitueront comme une encyclopédie où on trouvera, outre de 
nombreux mémoires originaux, l'analyse ou au moins la mention 
de tous les travaux intéressant la biologie de l'Auvergne. 

Catalogue analytique et raisonné des coléoptères de Saône-et- 
Loire et départements limitrophes (Extr. du Bull, de la Soc. 
d'Hist. nat. d'Atdiin, ign8\. La publication de ce catalogue qui 
avait été commencée par MM. F'auconnet et Viturat a été inter- 
rompue par le décès de AL Viturat. M. Maurice Pic a entrepris de 
le continuer et nul mieux que lui n'était apte à mener à bien un 
travail de ce genre. Dans la partie qui vient de paraître, AL Pic 
a utilisé les notes et les documents laissés par son ami et il n'a eu 
à y ajouter que des habitats et quelques détails de mœurs ; son 
œuvre propre commencera donc seulement à partir des Elatérides 
qui formeront un nouveau fascicule. Celui que nous mentionnons 
contient les Histérides, Dermestides, Byrrhides, Pectinicornes et 
Lamellicornes : cet ouvrage est mieux qu'un simple catalogue : des 
tableaux dichotomiques très bien faits permettent d'arriver facile- 
ment aux noms des genres et des espèces ; les habitats sont indi- 
qués avec précision de même qu'un grand nombre de localités non 
seulement en Saône et- Loire mais aussi dans les départements limi- 
trophes. Ajoutons que AL Pic a suivi une nomenclature rationnelle 
et n'a pas adopté ces dénominations bizarres qui, sous prétexte 
de fixer la synonymie, y ont introduit le désordre et la confusion. 

Ernest Olivier. 



METEOROLOGIE 



27 



JANVIER 1909 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

GOMMDNE DE GhEMILLY, PRÈS MOULINS (AlLIER) 
Altitude : 295 mètres. 





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N. 


Couvert. 






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Couvert. 






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787 




N.E. 


Couvert. 






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786 




N.E. 


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785 




N.E. 


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784 




N.E. 


Givre. 






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S.O. 


Couvert. 






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770 


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N. 


Couvert. 






10 




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775 




N. 


Couvert. 






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771 


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Couvert. 






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Couvert. 






15 




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6 


10 


765 




S.O. 


Couvert. 






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4 


4 


10 


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Giboulées. 






17 




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9 


783 


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Clair. 






18 




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780 




S.E. 


Clair. 






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8 


774 




N. 


Clair. 






20 




3 


2 


3 


776 




N. 


Couvert. 






21 


N.L. 


2 


— 3 





777 




N. 


Couvert. 






22 




— 2 


— 2 


— 1 


776 




N. 


Couvert. 






23 




- 2 


- 2 


— 1 


772 




N. 


Couvert. 






24 




1 


— 2 


4 


772 


5,2 n. 


S.E. 


Couvert. 






25 




- 2 


2 


2 


775 




N. 


Brouillards. 






26 




— 5 


— 6 





778 




N. 


Clair. 






27 




- 9 


— 9 





779 




N. 


Clair. 






28 


P.Q. 


- 9 


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2 


779 




N. 


Clair. 






29 




— 7 


— 9 


4 


779 




N. 


Clair. 






30 




— 6 


- 7 


5 


774 




S. 


Couvert. 






31 




— 3 


— 5 


5 


774 




N. 


Couvert. 





Le 9, à 8 heures du matin, la hauteur de la neige était de 15 centimètres. 



Les observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxirna, qui est notée à 6 heures du soir. 



28 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



FÉVRIER 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Mouuns (Alukr) 

Altitude : 295 mètres. 



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Brouillards le matin. 


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Nuageux 


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Nuageux. 


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Couvert. 


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Nuageux. 


IV 




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761 




N. 


Couvert. 


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771 




N. 


Couvert. 


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N. 


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N. 


Nuageux. 


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Couvert. 


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2.S 




- 1 


— 4 


6 


777 




N. 


Clair. 


'4 




— 5 


7 


— 1 


774 




N. 


Nuageux. 


?5 




— 7 


- 9 





774 




N. 


Couvert. 


26 




— 4 


— 4 


— 3 


772 




N. 


Neige. 


27 


P,(). 


— 3 


— 6 


3 


773 


4 n. 


N.E. 


Nuageux. 


28 




- 4 


- 5 


2 


769 




N.E. 


Couvert. 



Les observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
ma.Tiyna, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



HE\ UE SCIEiNTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Les tomes I (d888) et II ii889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome VII (1894) au prix de 
45 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant !(• francs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XXI, 
1888-1908] au prix de 250 francs. 

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et 1894. 

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VINGT-DEUXIEME ANNÉE 1909 



REVUE SCIENTIFIQDE 

DU BOURBONNAIS 

ET DU 

CENTRE DE LA FRANCE 



PUBI.IEF, SOUS LA DIHECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1909 

Deuxième Trimestre 

fitudes sur la ponte des Odonates (suite), par M. l'abbé Pierre. — 
Excursions botaniques à Sixt (Haute-Savoie), par MM. Laronde 
et Gàr.mer. — Mousses et Hépatiques nouvelles, par M. Tourret. 
— Compte rendu des réunions. — Bibliographie. — Météorologie. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

I.MPRIMERIK ETIENNE AUCLAIRE 
1 909 



En 1909, les Réunions scientifiques auront lieu auî 
dates suivantes : 29 janvier, — 26 février, — 31 mars 
— 28 avril, — 26 mai — 30 juin — 28 juillet — 
27 octobre — 24 novembre — 29 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise, i" partie, Mollusques aqua^ 
tiques, par M. Tabbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie. Mollusques ter 
restres, par M. l'abbé Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Rivièrk. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. Laronde. 

Flore carbonifère et permienne du Centre de la France 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicida de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Le Papillon Machaon, ^av Ni. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon-Lancy, pai 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, pai 
MM. Lassimonne et Laumy. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Olivier 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Hou-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Ouvier 

Sceau d'un comte de la Marche, par M. C). Bertrand. 

Les temps préhistoriques en Bourbonnais, par M. F. Pérot. 

Tableaux analytiques pour déterminer les coléoptères de Franû 
(Cryptocephalides), par M. des Gozis. 

Etudes sur la ponte des Odonates, par M. l'abbé Pierre. 

Prodrome d'une faune du Puy-de-Dôme, par M. Ciiarvilhat, 

La forêt de Fronçais [Allier), par M. Ernest Olivier. 



cr 
cr. 



Études sa? la ponte des Odonates 



Suite ') — 



II. — Analyse de travaux antérieurs et ex- 
traits de correspondance. 

Dans cette seconde partie, je me propose de résumer 
très succinctement les observations dont il m'aura été 
possible de retrouver les traces. D'une part, j'ai consulté 
et analysé les principaux mémoires originaux, tels que 
ceux de Réaumur, de Sieboîd, de Brandt. D'autre part, 
j'ai profité des travaux bibliographiques très impor- 
tants qu'ont été amenés à faire, dans un but plus gé- 
néral, des savants tels queHeymons, Silfvenius (Sittaia) 
et Tmnpel, et leurs ouvrages, dans lesquels une place se 
trouvait forcément réservée au mode de ponte des Odo- 
nates, me permettent de croire que l'analyse que j'entre- 
prends ne sera pas trop incomplète. Enfin, j'ai fait in- 
terroger les spécialistes Américains, Needham et Wil- 
liamson ; et je remercie tout spécialement notre savant 
collègue et spécialiste français, M. R. Martin, d'avoir 
bien voulu se charger de ce soin. 

Voici les sources par ordre de date et ce que j'y ai 
puisé : 

1743, Paris. — R. Réaumur : Mémoires pour ser- 
vir à Ihistoire des insectes, tome VI, 1 1" mém. 

Remarquons d'abord que Réaumur parle après avoir 
pris connaissance des travaux antérieurs de Homberg 
(1699) ; SvAMMERDAM, BibUci naturœ (1737); Leeuwex- 
HOEK, Ârcana naturœ détecta (1695). 

Ce que dit le grand naturaliste français nous renseigne 
donc sur l'état de la question à son époque : 

1° Les œufs des Libellules sont confiés à l'eau. 
OQ a L'eau est leur pays natal ; après en être sorties, 



— ' (1) Voir page 6. 



30 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

« elles s'en rapprochent pour lui confier leur œufs. » 
p. 388. 

2' Ce dépôt se fait yrohablement suivant deux modes 
principaux : les grosses Libellules (I-ibellula, Orthe- 
trum, etc.. actuels) jettent simplement leurs œu[s, en 
masses agglutinées, dans Veau ; les petites ( Agrionides 
actuels) doivent pondre leurs œufs un à un et les insérer 
dans quelque plante aquatique. 

L'habile observateur s'appuie sur les différences ana- 
tomiques des organes de la ponte entre les deux groupes 
de Libellules, les Agrionides portant un délicat ovis- 
capte très propre à entailler les végétaux, (pp. 434 et 435 ) 

Ces vues n'étaient qu'une ébauche imparfaite de la 
réalité. 

3° La ponte a lieu peu de temps après la féco7idation. 

« La femelle ne garde pas longtemps ses (Eufs dans 
« son corps après qu'ils y ont été fécondés. Vers midi 
« je renfermai dans un poudrier une de celles dont les 
« mâles sont rouges (It, que j'avais prise accouplée ; la 
« journée n'était pas finie quelle avait fait sa ponte dans 
« un lieu quelle n'eût pas choisi pour la faire si elle eût 
« été libre. Tous les œufs y étaient réunis dans une 

• masse dans une espèce de grappe ; tous sortent ainsi 
« de la mouche et collés les uns contre les autres. » 
(p. ^34.) 

4" Certaines pontes ont peut-cire lieu au printemps et 
fournissent les adultes ci iautomne. 

• Je ne sais pourtant si on n"a pas en automne des 
« demoiselles qui viennent d'œufs pondusau printemps : 

• les nymphes qui passent sous l'eau les mois les plus 
M favorables à l'accroissement doivent croître plus 

• promptement que les autres. » (p. 406). 

C'était là prévoir l'hibernation [Lestes fusca n° 14) ou 
la double génération annuelle [Agrion elegans, n" 17). 

(1) Il s'agit sans doute de Sympetrum depressiusculum, de 
Sel., dont j'ai relaté la ponte observée in natura, n" 4, ou d'une 
espèce voisine. 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 31 

1838 à 1841, DaiUzig. — C. Th. de Sieisold : 
Uebe^ die Fortpflanzuagsweise der Libelliilinen. [Ger- 
viars Zeitsch fur die Entooi. 11). 

L'illustre entomologiste n'a point négligé de consulter 
ses devanciers, tels que Rathke (1832) ; Burmeister 
(1832; ; S. Hensinger (^1828) ; Suckow ; Rœsel ; Svvam- 
merdam (1752) ; Réaumur (1742). 

Ses observations ont porté sur 21 espèces de Libellu- 
les, dont les pontes ont lieu à des époques variées. 

Comnne Réaumur, il distingue deux modes princi- 
paux de ponte d'après le simple examen anatomique 
del'armure génitale 9- D'un côté il groupe les yEsch- 
na, les ('alopteryxet \eaAgrion : de l'autre \es Libellula 
et les Diastatonima. 

Relativement au premier groupe, de Siebold décrit 
les traits communs de l'armure génitale 9 et conclut en 
ces termes : 

(( Evidemment tout cet appareil propre à la ponte in- 
« dique que ces insectes déposent leurs œufs avec pré- 
ce caution, et que peut être ils les insèrent, à la façon 
(( des Tenthrèdes, dans le parenchyme des plantes aqua- 
« tiques. Je serais d'autant plus porté à le croire, que 
(if j'ai très communément vu des ^schna Ç se poser, 
« après l'accouplement, tout près de la surface liquide, 
(( sur des joncs ou d'autres plantes aquatiques, enfoncer 
(( leur abdomen dans l'eau jusqu'au 1/3 de sa longueur 
(( et exécuter des mouvement lents de haut en bas sur 
(( la plante à laquelle elles étaient fixées. Cette attitude 
« que je n'ai jamais observée chez les cf ne saurait se 
« rapporter à un autre acte qu'à la ponte. » 

Il est dommage que de Siebold n'ait point examiné les 
joncs sur lesquels il avait vu yEscfina exécuter ces ma- 
nœuvres. Il y aurait en effet trouvé les œufs de linsecte, 
comme il le croyait. 

D'ailleurs, quelque temps plus tard, il fut assez heu- 
reux pour observer directement la ponte de Lestes spon- 
sa Hansem = Agrion forcipula, Charp. En 18U il dé- 



32 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

crivit les manœuvres intéressantes de cet insecte, dans 
un second mémoire intitulé : Ueber d. Eierlegen der 
Agrion forcipula. (Wiegmann's Arch f. Naturgeschs. 
VII, I Bd, p. 205.) 

Je n'ai pas lu ce mémoire, mais on en trouve un ré- 
sumé dans beaucoup d'auteurs. Je donne ce résumé ici 
d'après Tûmpel [ouvrage cité plus loin, p. 38) : 

Le couple cr' et 9 {Lestes sponsa Hans.) descend le 
long d'une tige de jonc ou de plante analogue. Les deux 
abdomens sont courbés, et forment chacun un arc dont 
le plan contient la tige végétale. Chemin faisant, la 9 
entaille la tige avec son oviscapte, découpe à chaque fois 
une écaille épidermique au dessous de laquelle elle in- 
sère un œuf et rabat le clapet épidermique avec la partie 
moyenne de l'instrument. Arrivé à la surface de l'eau, 
le couple s'immerge et continue sa manœuvre jusqu'au 
fond. Arrivé là, il remonte et s'envole. Au moment de 
plonger, et pour n'être pas mouillés par l'eau, ce qui 
empêcherait leur vol ultérieur, les deux insectes res- 
tent protégés par une grosse bulle d'air qui les enve- 
loppe. Si le couple rencontre sous l'eau un autre couple 
occupé à la même besogne, il passe tout simplement 
sur la face opposée de la tige (1), 

Relativement au 2' groupe, de Siebold consigne les 
faits suivants : 

1" Les Diastatomma et Libellula pondent très rapi- 
dement leurs œufs, un à un. Ces œufs s'entassent dans 
la dépression [nç^ole, Rinnc) post-vulvaire et tombent en 
masse dès que cette dépression ne peut plus les contenir. 

2° Les insectes veillent à ce que cette chute se fasse 
dans l'eau, le soin qu'ils y apportent variant dune espèce 



(l) En rapportant cette observation, Tûmpel ne cite pas le nom 
de l'observateur; mais il est évident qu'il s'agit de l'observation 
de Siebold. Tûmpel en efTet admet la synonymie Agrion forcipula, 
Charp. = Lestes sponsa Hans., et, après avoir décrit cet agrio- 
nide à la page 53, il renvoie le lecteur à la page 6 pour le mode de 
ponte. 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 33 

à l'autre. Ainsi : D. furcipata Charp. laisse négligem- 
ment tomber ses œufs çà et là dans l'eau ; L. ruhi- 
cunda, Mûll, voltige au-dessus des eaux et y laisse tom- 
ber ses œufs. 

L. depressa, L. et â-maculata, L. sont plus attenti- 
ves : elles planent au même endroit, tout près de la sur- 
face liquide, font basculer leur abdomen de haut en bas, 
confiant leurs œufs à l'eau à chaque contact produit par 
le mouvement de bascule. 

L. cancellata, Mûll. est même divertissante. Accom- 
pagnée du o^ pour cette opération, etde concert avec lui, 
elle exécute les mêmes mouvements de bascule que les 
espèces précédentes. Les œufs jaunâtres se trouvent en 
grand nombre parmi les plantes croissant dans l'eau, au 
point où s'est exécutée cette manœuvre bizarre. 

1869, Saînt-Pélersboupg. — A. Brandt, jun : 
Beitreege zur Entwick. der Libell. und Hemipt. {Mém. de 
l'Acad imp. des se. de Saint-Pétersbourg, VIP série, 
Tome XII î, no i.) 

L'illustre histologiste ne consacre que les pages 3 et 4 
de son mémoire à la ponte. Il rappelle, avec référence 
précise, l'observation de Siebold sur Agrion forcipula, 
Charp., et apporte sa contribution personnelle en rela- 
tant les modes de ponte de Calopterix virgo et Agrion 
puella. 

Ces libellules pondent dans le parenchyme des plantes 
aquatiques, telles que Nuphar luteuni. Il a trouvé leurs 
œufs dans les feuilles de cette plante, tantôt à la face 
supérieure, tantôt et plus souvent à la face inférieure : 
ce qui suppose une immersion au moins partielle de laÇ. 
Ces œufs sont disposés le plus souvent en séries li- 
néaires droites, parallèles, ou circulaires et concen- 
triques. 

Dans une expérience bien simple, consistant à placer 
sur l'eau d'une assiette une feuille de Nymphœa et Ca- 
lopterix virgo $ fécondée, il a obtenu jusqu'à trois cents 
œufs de cet insecte. 



34 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

1876, Paris. — M. Girard : Traité d'entomologie. 
Tome I!, p. 335. 

Relation de l'observation de SiebolJ sur A. forcipula. 

1889, Berlin. — W. Weltner : Laichformen von 
Insecten. [Sitzungs-Bcr. G es. Nat. Freunde.) 

(Et plus tard, Magdcbourg, 1895 : Blœtter Aqua- 
rien Terrarien Freunde, Bd, 6.) 

Ce naturaliste a étudié la ponte à'Epitheca himacu- 
lata. L'analyse que je fais ici est empruntée à l'ouvrage 
du D' Richard Heymons, que je cite plus bas : 

E. himaculata dépose ses œufs sous forme de frai 
volumineux, sorte de cordon gélatineux, pouvant at- 
teindre 32 cent, de longueur, sur 0.8 ou 1 cent, de lar- 
geur. Cn le rencontre parfois flottant librement dans 
l'eau, mais le plus souvent enroulé autour des plantes 
aquatiques. 

« Dans la substance gélatineuse, d'abord transparente 
« et ensuite plus trouble et blanchâtre, se trouvent plu- 
« sieurs centaines de petits œufs allongés de couleur 
« brun jaune. Cette couleur provient exclusivement du 
« chorion dur et très résistant, tandis que le contenu 
« (Dotter suhstanz) reste entièrement incolore. La lon- 
« gueur des œufs fraîchement pondus mesure ()"'"'75 et 
« leur largeur 0"""4. Presque tous les œufs sont ainsi 
« ordonnés que leur longueur est parallèle à l'axe longi- 
« tudinal du cordon. Ils se trouvent à des distances irré- 
« gulières les uns des autres, et sont placés surtout à la 
« périphérie de la masse gélatineuse, tandis que l'axe 
« reste libre. l's ne sont pas non plus directement en- 
« fouis dans la substance gélatineuse, mais inclus dans 
« de petites cavités capsulaires allongées, fcjrmées par 
« cette substance. Un examen attentif fait apercevoir 
« encore un filet particulier, tordu en forme de chalaze, 
« qui, partant de chaque œuf, se rattache à la paroi de 
« de la capsule pour se perdre dans la gélatine. » (pp. 4 
et5.) 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 35 

1896, Berlin. — D"^ Richard Heymons : Grundzûge 
der Entw^ckelung und des korperbaues von Odonaten 
und Ephemeriden. (Abliand. Akad.d. Wissenck.) 

Le savant embryologiste a pris comme matériaux 
d'études, chez les Udonates, les œufs à^E. bimaculata, 
Charp., L. â-maculata, L., Sympetrwn flaveolum, L., 
Agrio7i (piielta L. ?), 

Ce que j'ai relevé, concernant plus spécialement notre 
sujet, peut être ramené aux points suivants : 

1° Modes de ponte. — R. Heymons rappelle d'abord 
l'observation de Weltner, dont il vient d'être question. 

Puis il décrit pour Libellula 4 uiaculata un mode de 
ponte analogue à celui d'is. bimaculata. Cette Libellule 
dépose aussi ses œufs sous forme de frai assez volumi- 
neux. « J'ai eu à ma disposition, dit-il, un frai de L. 
« àmacidata, qui avait été péché dans un lac des envi- 
« rons de Berlin. Ce frai, à l'encontre de ce qui existe 
« pour celui d'Epitheca, ne formait point un cordon 
« isolé, mais s'élendait en forme d'enduit irrégulier sur 
« un amas de plantes aquatiques et d'algues. La gelée 
* commune ttait aussi d'une masse notabUment infé- 
« rieure à celle des œufs d'Epitheca ; elle ne constituait 
« qu'une couche mince enfermant ensemble les œufs ou 
« les reliant les uns aux autres Du reste, chez Li6ei/«ia, 
« comme chez Ëpitheca^ un noiribre considérable d'œufs 
« jaunâtres était distribué dans cette gf lée. Le diamètre 
« longitudinal des œufs jeunes mesurait 0""" 5. » (p 5.) 

L'auteur sic^nale ensuite un deuxième mode de ponte : 
Chez Sympetrum flaveolum il ne se fait aucune forma- 
tion de frai. La femelle laisse tomber successivement 
ses œufs dans leau, un à un ou plusieurs à la fois ; là 
ils se dispersent immédi tement et tombent au fond. 
(L'auteur fait remarquer en note qu'il n'a fait son obser- 
vation qu'avec des 9 de Sympetrum en captivité.) Chaque 
œuf possède aussi un exochorion, ou fine enveloppe 
membraneuse incolore superposée à l'endochorion. Le 
micropyie occupe le fond d'un fin canal qu'on voit dis- 



36 BEVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

tinctement dans un organe complémentaire qui prolonge 
le pôle de l'œuf. Cet organe (Microp3deaufsatz) est 
formé d'une substance incolore, hyaline, qui finit par se 
confondre avec celle de l'exochorion. (pp. 5 et 6.) 

« Les œufs sont en ovale arrondi et mesurent environ 
« O'^nijS de diamètre. L'endochorion, qui au début est 
« blanchâtre, prend, déjà quelques heures après la ponte, 
« une coloration brun foncé, de telle sorte qu'il en ré- 
« suite une difficulté très sensible pour l'examen du pro- 
« cessus de développement interne. » (pp. 5 et 6.) 

Enfin il indique, sans détails, un troisième mode de 
ponte : 

« Les Agrionides, comme les Calopter3^gides, insè- 
« rent leurs œufs dans le parenchyme des plantes à 
« l'aide d'un oviscapte » (p. 6.) 

2* Caractères spéciaux de l'embryon dans les cas où la 
ponte se fait sous forme de frai. 

L'embryon d'E. bimaculata sort de l'œuf, encore em- 
maillotté ; la peau qui l'enveloppe porte au sommet de 
la région cervicale un épaississement chitineux qui per- 
met à l'animal de traverser la masse gélatineuse où l'œuf 
est enfermé, (p. 24.) Cet organe chitineux se trouve 
aussi chez Libellula. 11 est à peine indiqué chez Sympe- 
trum. (pp. 24 et 25.) 

3* Homologies anatomiques et considérations fina- 
listes, (pp. 5, 6 et 7.) 

L'auteur regarde la masse gélatineuse de frai, dans les 
cas où elle existe, comme un fusionnement des exocho- 
rions de chaque oeuf, qui se seraient fortement dévelop- 
pés. Ces exochorions sont représentés chez les œufs de 
Sympetrum par la fine gaine gélatineuse hyalme qui est 
superposée au chorion proprement dit ou endochorion. 
Il n'y aurait qu'une différence de degré. 

Les filets, eu forme de chalaze, qu"on remarque dans 
le frai d'E. bimaculata, seraient comme les compléments 
des micropyles, et auraient facilité le chemitiement des 
spermatozoaires. 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 37 

La présence d'ejroc/zorzons, ou enveloppes gélatineuses 
superposées au chorion, et peu ou fortement dévelop- 
pées, paraît être la loi de la ponte chez les Odonates, 
quand les œufs sont immédiatement pondus dans l'eau. 
Un double but est ainsi atteint : d'abord l'œuf est mieux 
protégé contre les ennemis qu'il trouve dans l'eau ; en- 
suite, en beaucoup de cas, il est maintenu en place 
ferme. 

L'éminent professeur émet aussi l'avis, avec réserves 
cependant sur l'origine de ces formations exochorio- 
nales, que la masse gélatineuse observée chez les Odo- 
nates correspondrait au frai si curieux de certains Ephé- 
mérides (genre Cœnis], où les œufs sont munis de 
prolongements filiformes, formant par leur enchevêtre- 
ment une sorte de tissu, et s'enroulant autour des 
plantes aquatiques ou autres supports solides pour s'y 
fixer. 

1900, Jamks g. Needham : The fruiting of the blue 

Flag. {Iris versicolor, L.) {American Naiuralist, n" 401, 
p. 374-375, mai 1900.) 

Avant l'observation consignée dans cet important 
mémoire, on n'avait pas encore signalé, en Amérique, 
à'œufs eyidophytes d'Odonates. 

Les faits étudiés par Needham concernent Lestes un- 
cata, Kirb. et L. iinguiculata, Hag. Je les analyse 
d'après la traduction c^u'en a donnée A. Giard dans le 
travail cité plus bas. 

Les Lestes indiqués pondent dans les tiges d'Iris ver- 
sicolor, et surtout dans les feuilles de Sparganium. Ils 
perforent les tiges fructifères des Iris pour y insérer 
leurs œufs. Les pontes sont abondantes, et la partie at- 
taquée est toujours la partie émergée depuis le niveau de 
l'eau jusqu'au sommet du végétal. La face la plus éclai- 
rée paraît préférée par les Lestes. Le savant observateur 
a compté jusqu'à 250 perforations sur une longueur de 
1 pouce. Les graines ne mûrissent pas et même les tiges 
meurent. Cinq espèces de parasites et un hyperparasite 
ont été obtenus. 



38 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

1901, Eisenach.— D' R, Tûmpel : Die Geradfluger 
Mitteleuropas. 

Bien qu'il n indique pas minutieusement ses réfé- 
rences, il est facile de juger que le savant auteur a con- 
sulté d'abondants documents. Ce qu'il a synthétisé à 
propos de la ponte des Odonates le conduit aux conclu- 
sions suivantes : 

1° Il existe peu de travaux sûrs sur la ponte des Agrio- 
nides. Ces insectes insèrent leurs œufs dans les tiges des 
plantes aquatiques, si l'on s't n rapporte aux observa- 
tions déjà faites [L. spoiisa Hans. en particulier). Pour 
cette opération, les 9 s'immergent complètement ou 
partiellement. L'accouplement et la ponte de L. fusca 
n'ont lieu qu'après hivernage, en mars et avril. A. pu- 
milio, Charp. a deux générations par an. (pp. 6, 7, 
54, 57.) 

2° Les Anax, jEschna, Cordiderjastcr insèrent aussi 
leurs œufs dans les plantes aquatiques. 

« Immédiatement après l'accouplement, l'insecte 
« plonge l'abdomen dans l'eau, entaille la tige des plantes 
« et introduit un œuf par chaque ouverture. A ce jeu 
« d'immersion, la libellule devient souvent la proie des 
« poissons, qui la tirent sous l'eau et la dévorent jus- 
« qu'aux ailes. » (p. 6.) 

« On capture facilement les 9 plus rares de Cordule- 
« gaster annulatus Latr. au moment de la ponte, quand 
« elles ont solidement enfoncé dans les plantes leur long 
« oviscapte. » fp. hQ.^ 

'6° Les Libcllula, Cordulia, Goinphus, Eptheca. p n- 
dent immédiatement dans l'eau, soit des œufs libres, 
soit des œufs inclus dans une masse gélatineuse [L. 
4 maculata et E. '2maculata — observations deWeltner 
et de Heymons rapportées plus haut). La ponte a lieu 
avec ou sans accompagnement du o\ par un jeu de mou- 
vements de bascule au dessus des eaux. (Est citée en 
particulier L. cancellata.) Il y a alternance de pontes et 
d'accouplements, (p. 190.) 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 39 

1902, Moulins, et 1904, Paris. — Abbé Pierre : 
Sur la ponte d'un névroptère cecidozoon, Lestes viridis, 
Vander Lind. (Revue Scientifîqiie du Bourbonnais et du 
Centre de la France, t. XV, p. 181.) 

L'éclosion des œufs de Lestes viridis. [Annales de la 
Société entomol. de France, vo\. LXXIII, pp. 477-484, 

pi. IV.) 

Voici le résumé de ces deux mémoires : 

L. viridis insère ses œufs dans les rameaux des di- 
verses plantes ligneuses, qui surplombent les eaux des 
mares ou des étangs. Les régions végétales où se trou- 
vent les œufs sont renflées en forme de bourrelets de 
1mm 1/2 à 2mra de longueur sur 1/2 ou l^m de largeur. 
Deux bourrelets sont associés en chevrons et forment 
un angle d'à peu près 90% ouvert vers la base du rameau. 
Le sommet de l'angle présente une pellicule corticale 
plus ou moins arrondie formant clapet au-dessus de 
l'ouverture par laquelle de 1 à 4 œufs ont été insérés 
sous chaque bourrelet. Enfin, les chevrons, distants de 
2mm^ sont associés en série longitudinale, de telle façon 
qu'une même génératrice du rameau soit sensiblement 
bissectrice de tous les angles. 

L'éclosion du jeune se fait en deux temps : du chorion 
sort une larve emmaillotée dans une fine membrane ; 
cette larve a la faculté de sauter en se tendant et dé- 
tendant comme un ressort, et peut ainsi gagner l'eau, à 
la surface de laquelle elle sort de son fourreau. Désor- 
mais libre, elle évolue au sein des eaux. 

1903, iloiiliiis. — G. DE BocQuiGNY : Sur la ponte 
de Lestes viridis. {Revue iScient. du Bourb. et du Centre 
de la France, t XVI, pp. 189 et 190 ) 

Sous ce titre se trouvent réunies plusieurs observa- 
tions sur l'attitude et les manœuvres du couple pendant 
la ponte. Les déplacements des deux insectes sur le 
rameau où a lieu la ponte paraissent être dirigés par 
la 9. Il peut se rencontrer des aberrations d'instinct, 
comme par exemple des essais de ponte sur des fils de 
fer qui se trouvent mêlés aux branches de saule. 



49 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

1903, Paris. — D' A. Giard : La ponte des Libel- 
lules du genre Lestes. [La Feuille des Jeunes Natura- 
listes, 1" aoùtdOO.'i pp. 189-192.) 

Cet article de synthèse, provoqué par mes observa- 
tions sur la ponte de Lestes viridis, compare, au point 
de vue de l'adaptation réciproque des parasites et de 
leurs hôtes, L. uncata Kirb , iinguiculata Hag. (obser- 
vations de Needham), L. sponsa Hans. (citation de 
Tûmpel', L nympha , Selys (observation de Sie- 
bold) (1), et L. viridis, v. der Linden. 

1° D'une manière générale, les Lestes protègent mieux 
leurs œufs que ne le font les autres Libellules, dont la 
ponte a lieu immédiatement dans leau. Là, en effet, de 
nombreux ennemis dévorent ces œufs. 

2° En particulier, L. sponsa a un mode de ponle qui 
l'emporte sur celui des Lestes américains. Ceux-ci, en 
effet, occasionnent souvent la mort des tiges florifères 
de l'hôte auquel ils confient leurs œufs. De plus, en pon- 
dant dans la partie aérienne des tiges d'Iris, ils assurent 
moins leurs œufs contre la dessiccation, et contre les 
parasites hyménoptères, et ces œufs «doivent fréquem- 
ment périr avec leur substratum ». 

3° Mais L. viridis donne au problème de la ponte « une 
solution plus simple, plus complète et plus élégante » 

(1) Comme je l'ai dit à propos de l'analjfse de l'ouvrage de Tùm- 
pel, l'observation de Siebold sur A . forcipula, Charp., que A. Giard 
rapporte à L. nympha. Sel. (= A. forcipula, Ramb.), n'est pas dif- 
férente de celle dont Tùmpel parle pour L. sponsa, Hans. C'est une 
question de synonymie. Après l'article de la Feuille des Jeunes 
Naturalistes, j't^crivis à M. A. Giard, à ce sujet, et il me répondit 
(Paris, 30 nov. 1907) qu'en traduisant Tûmpel il avait eu << le même 
scrupule » que moi et qu'il « n'était pas éloigné de partager mon 
opinion «.Tûmpel d'ailleurs ne paraît pas avoir eu entre les mains 
le mémoire original de Siebold sur la ponte à'A. forcipula. Le 
mémoire mentionné dans son index bibliographique, Ueber die 
Fortpflanzungsweise der Libellulinen. que j'ai analysé, ne parle pas 
de cette ponte; de Siebold n'avait pas encore eu la bonne fortune 
de faire cette observation. Enfin la relation de Tûmpel concorde 
avec celle de Brandt qui donne expressément le nom de Siebold- 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 41 

en choisissant les jeunes rameaux des dicotylédonées. 
Dans ce cas, la plante réagit par des tissus de nouvelle 
formation. Ainsi elle se défend^ et en même temps les 
œufs trouvent un abri de grande sûreté. 

L'éminent professeur se demande ensuite si L. barhara 
et L.fusca ne pondraient point loin des étangs, laissant 
aux eaux de ruissellement le soin de conduire les larves, 
après éclosion, dans leur milieu d'évolution. 

1905, Philadelphie. — F. Ris : Oviposition in 

Cordulegaster. {Entom. News.Y, 16, pp. 113-114.) 

Cordulegaster hidentatus vole verticalement pour dé- 
poser ses œufs dans l'eau. 11 plonge la pointe de son 
abdomen «■ dans le dépôt calcaire fragmenté » des eaux 
très peu profondes (Intothe crumbicd limestone deposit.) 

1906 et 1907, Le Blanc. — R. Martin [in litt. 
16 janvier 1906). 

Le savant spécialiste m'écrivait : 

« J'ai vu JEsclina affinis pondre dans des flaques 
« d'eau ou de petits étangs, à la manière des Anax. J'ai 
« vu des 9 à' Anax qui me semblaient jeter leurs œufs 
« dans l'eau comme font la plupart des Libellulidcs ; 
« d'autres qui, appuyées sur des joncs flottants, sem- 
« blaient déposer leurs œufs sur ou dans ces joncs morts 
« et plus ou moins en morceaux flottants. » 

MM. Needham et Williamson, qui s'occupent beau- 
coup de l'élevage des larves d'Odonates aux Etats-Unis, 
ont répondu à M. Martin, qui les interrogeait à ce sujet, 
qu'ils n'avaient jamais observé la ponte d'aucune espèce 
de Lestes sur les rameaux d'arbres. 

[In litt. 10 août 1907). Mon correspondant a constaté 
combien vite va l'évolution et la croissance chez cer- 
taines espèces, en particulier L. viridis, pour lequel, 
« entre la sortie de l'œuf et l'éclosion de l'insecte parfait, 
« il se passe trois mois et demi » . 

L'élevage des Gomphiis, qu'il a aussi tenté, a toujours 
abouti à des larves qui, au bout d'un an, mouraient à 
la moitié de leur taille ; ce fait a porté l'observateur à 



42 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

conclure que l'évolution complète des Gomphus exigeait 
peut-être deux ans. 

<906, Ileisîngfors. — A. J. Siufvexius i'Sittala) : 
Ueber den Laich der Trichopteren. (Acta societ. pro 
fauna et flora Femiica, 28, n» 4 ) 

Cette étude générale sur la ponte des Trichoptères 
est richement documentée. Le savant auteur, avec le- 
quel je m'estime honoré d'être en relations, a essayé, 
au cours de son travail, une classification des modes de 
ponte chez les insectes aquatiques, qui à \'é[ai d'imagos 
ne vivent pas dans l'eau. C'est le cas des Libellules, et 
c'est à ce titre que notre sujet figure dans cet ouvrage. 
L'auteur fait suivre l'exposé de chaque mode de ponte 
de quelquesconsidérations finalistes. 11 parle après avoir 
consulté d66 mémoires spéciaux ou traités généraux : 
seize numéros de sa longue liste bibliographique lui ont 
plus particulièrement servi à établir sa classification 
des modes de ponte. A côté des ouvrages que j'ai moi- 
même déjà mentionnés, il convient d'y relever encore les 
traités généraux suivants : 

L. C. MiALL, The natural history of aquatic insects. 
(Londres, !" édition 1895 et 2' en 1908.) 

D. Shahp, Insects. (In Ilarmer, S T and Shipley, 
A. £., The (Cambridge Naturai Historij V, 5.) 

K. Lampert, Das Leben der Binnengevasser (Leipzig, 
1899). 

J. NeEDHAM, a. D. Me GlLLlVRAV, O. A. JoiIANNSEN, 

K. C. Davis, Aquatic insects in New-York state [Bull. 
New York state muséum, V, 68, p. 199-517, Albany, 
1903.) 

J. Needham, C. Betten. Aquatic insects in the Adi- 
rondacks. {Ihill. New-York state muséum, V, 47, Al- 
bany, 1901.) 

G.V. HuDsoN,New-ZealandNeuroptera (Londres, 1904). 

Voici en ce qui concerne les Odonates, l'anal^^se des 
conclusions auxquelles Silfvenius a été conduit par ses 
recherches : 



ÉTUDES SUR LA PONTE DES ODONATES 43 

1° La 9 s'immerge et fixe ses œufs {Agrioyiides, Anax 
junius]. L'immersion peut n'être que partielle, ou les 
œufs peuvent n'être fixés que sur les corps que l'eau ne 
recouvre point complètement , corps flottants par 
exemple, corps des rives, etc. {A^schnides, Libellu- 
lides, Calopterygides, Agrionides^ Cordulegaster biden- 
tatus.) 

Ce mode de ponte est dangereux pour la 9 qu'il expose 
à devenir la proie des poissons ; mais il assure les œufs 
contre les hyménoptères parasites, dont peu sont adap- 
tés à la vie aquatique (pp. 94 et 95). 

2" La 9 laisse tomber ses œufs dans l'eau sans les 
fixer, soit en volant, soit en plongeant l'extrémité abdo- 
minale dans l'eau. Les œufs vont, d'eux-mêmes, au fond 
de l'eau (Gomphines, Cordulines, LibeLlulines). 

Là encore, les poissons peuvent happer la 9 et la tirer 
dans leau pour la dévorer (p. 95). 

3° La 9 fixe ses œufs en dehors de l'eau, laissant aux 
larves futures le soin de gagner leur élément naturel. 
{Agrio7iides, L. viridis, dont la larve a la faculté de sau- 
ter pour gagner l'oau] 

Ce mode est dangereux pour les œufs c[ue la séche- 
resse ou les hj'ménoptères parasites peuvent détruire. 

L'auteur remarque que plus d'un odonate dépose ses 
œufs dans une masse de frai gélatineux, à la façon des 
Trichoptères (p. 79). De ce fait la 9 voit diminuer le dan- 
ger qu'elle court au moment de la ponte, parce que la 
production de ce frai gélatineux lui permet de faire tom- 
ber dans l'eau les œufs par groupe, et d'accomplir son 
action en moins de temps (p. 98). D'ailleurs (p. 93), il 
admet que la façon de pondre d'autres odonates, tels 
que les JEschnides, et les Agrionides, qui ne pondent 
pas plusieurs œufs à la fois, constitue une exception à 
la règle générale suivie par presque l'universalité des 
autres insectes aquatiques qui ne vivent pas dans l'eau 
à l'état d'imagos. Les œufs ont alors des enveloppes 
protectrices nulles ou peu développées et sont pour cela 
insérés dans les tissus végétaux ou autres milieux sûrs. 



44 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

1906, 1907, 1908, Londres. — F. W. et H. 

Campion : The Dragonflies of Epping Forest. « The Ento- 
mologist *.) 

A la fin de chacune des années 1906, 1907, 1908, les 
savants auteurs ont consigné dans ïEntomoLogist le 
résultat de leurs observations, qui comporte de nom- 
breux détails morphologiques et plusieurs faits relatifs 
au mode de ponte. Voici ces faits : 

Cordulia œnea Ç est vue pondant le 1" juillet 1906, 
sans le secours du o\ ni l'appui d'aucune plante aqua- 
tique. Elle paraît laisser tomber ses œufs dans l'eau, au 
hasard, en se soutenant de ses ailes. — Le 21 juin 1908, 
observation analogue. 

Anax imperator 9 est observée pondant le 1" juillet 
1906, dans un bras peu profond d'un large étang, sans 
le secours du cf. 

u^schna cyanea Ç , le 30 septembre 1906, est si appli- 
quée à la ponte qu'elle fait peu ou point attention à 
l'approche de l'observateur. Un tronc d'arbre abattu est 
étendu tout près d'un petit étang ; l'animal se déplace 
lentement sur ce tronc et insère son oviscapte dans les 
interstices de l'écorce et du bois. 

jEschna grandis 9 , le 9 août 1908, est capturée au 
moment où elle pond : tous les segments abdominaux, 
à partir du sixième inclusivement, sont humides par 
suite de limmersion dans l'eau. Le 6 septembre, fait 
analogue ; les segments 5-10 sont humides. 

Agrioii puella, a* et 9 , sont observés dans l'acte de 
ponte, le 1" juillet 1906. La 9 dépose ses œufs dans 
les rameaux flottants, sur lesquels elle est posée, tan- 
dis que le cf se tient en équilibre, par le jeu de ses ailes, 
dans une position presque verticale. 

Abbé J'iERRE. 



EXCURSIONS BOTANIQUES A SIXT 45 



S 



A SIXT (Haute-Savoie) 
1906-1907 



Les calcaires qui recouvrent le jurassique à partir du 
Buet, constituent essentiellement la vallée de Sixt(i). 

Le puissantmassif du Tenneverges (2.982 m.) la sépare 
du Trient. Il forme le Gavarnie des Alpes, bien connu 
des alpinistes sous le nom de Cirque du Fer à Cheval. 

Les lourds contreforts du Graneiron (2.771 m.), le gla- 
cier du Cheval Blanc (2.8il m.), le mont Buet (3.109 m.), 
la Pointe de Salles (2.494 m.\ les Pointes des Places 
(1.525 et 1.586 m.), la Tête de Porte (J.525 m.), les Avau- 
drues (2.672 m.), le Sambet (2.234 m.), le glacier de 
Foilly. le mont Ruan (3078 m ), l'enserrent d'une ceinture 
de rochers dénudés, d'éboulis, de pâturages alpestres, 
de forêts, à travers lesquels roulent de nombreux tor- 
rents. C'est en bruyantes cascades qu'ils se précipitent 
dans les Giffres du Fer à Cheval et de la vallée des 
Fonds. A l'Ouest de Sixt, les deux Giffres réunissent 
leurs eaux, et se fraj'^ent un passage étroit dans les 
sombres défilés des Tines, pour s'élancer dans la plaine 
où Samoëns étale ses rustiques chalets, groupés en par- 
tie autour de sa vieille église, aux pieds mêmes de la 
Jaysinia (2). 

Dans le fond de la vallée ondulent les blonds épis des 
céréales au milieu de riantes prairies. Les saules et les 
aulnes inclinent leurs feuillages sur les eaux froides où 
de rares pêcheurs poursuivent avec persévérance des 
truites plus rares encore. Noyers, pommiers, frênes, font 

(1) Sixt ; altitude 757 ; canton de Samoëas. 

(2) Les Jardins Alpins : La Jaysinia {Hev, Se. du Bourb. et du 
Centre de la Fr., 1906, p. 143). 

4 



46 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

place peu à peu, sur les versants, aux hêtres gigan- 
tesques et aux noirs sapins. Aussi la végétation myco- 
logique semble avoir trouvé, dans la vallée de Sixt, 
d'excellentes conditions de développement. A la fin de 
l'été nous avons pu en juger par les nombreuses espèces 
de champignons qui rompent heureusement de leurs 
teintes variées la monotonie des sous bois. 

A la liste des Phanérogames qui nous ont paru carac- 
tériser, à cette époque de l'année du moins, la vallée de 
Sixt, nous ajouterons la liste des champignons et des 
lichens avec leurs localités. 

PHAiXÉROGAMES 

Ranunculus 7nontaHns L. — Grasse-Chèvre ; Gers. 
R. alpestris L. — Col d'Anterne. 
Clematis vitalba L. — Dans la vallée. 
Thalictrum flavinn L. — Les Faix; Anglène. 
Anémone alpina L. — Gers; les Fonds; col d'Anterne. 
A. halleri Ail. — Salles; Anternes. 

Aconitum lycoctonum L. — Les Viviers ; les Curtets ; Passy. 
A. napelbis L. — Fer à cheval; les Tines. 
Actœa spicata L. — Les Tines ; le Rouget ; les Viviers. 
Berberis vulgaris L. — Commun partout. 
Arabis bellidifoUa Jacq. — .interne; Grasse-Chèvre. 
A. alpina L. — Gers ; col d'Anterne. 
Vesicaria utricidata Lamk. — Salvadon ; Fer à cheval. 
Thlaspi rotundifolium Gaud. — Salles; Anglène; les Fonds. 
T. arvense L. — Dans les cultures. 
Viola calcarata L. — Sembet ; Anteme ; Gers. 
F. cenisia L. — Col d'Anterne. 

Polygala alpina Perr. et Song. — Anteme, Servoz. 
PdDiassia pahtstris L. — Très répandu. Fleur anormale : 
cf. Re7'. Se. du Donrb et du Cent, de la Fr., 1907, p. 182. 
Silène acaulis L. — Col d'Anterne ; environs de Gers. 
S. nutans L. — Salvadon, Salvagny; Anglène. 
Gypsophila repens L. — Les Tines. 
Dianthus cœsins Sm. — Passy; le Rouget. 
D. deltoïdes L. — Passy ; les Fonds; Fer à Cheval. 
Sagina repens Burnat. — Les Viviers. 
Alsine Villarsii Mert. et Koch, — Gers; Salles. 



EXCURSIONS BOTANIQUES A SIXT 47 

Mœhringja muscosa L. — Les Tines. 
Géranium fratense L. — Les Tines. 
G. sylvaticum L. — Les Tines; Passy. 
Onoîiis refens L. — Passy. 
O. fruticulosa L. — Grasse-Chèvre; Gers. 
Anthyllis vulneraria L. — Salvagny ; Salvadon, etc. 
Trifolium baiium Schreb. — Col d'Anterne; Servez. 
T. TJialii VilL — Les Fonds; Grasse-Chèvre; Gers. 
Lotus corniculatus L. — Dans les prairies et les pâturages. 
L. uliginosus Schk. — Les Tines. 
Lathyrus ■pratensis L. — Salvadon. 

Astragalus aristatus L'Hérit. — Anterne, Salles, Gers. 
A. vesicarius L. — Salles, Gers. 
A. onobrychis L. — Les Faix; Echery; Nambride. 
S-pirœa aruncus L. ■ — Les Tines. 
S. ulmaria L. — Les Tines ; Passy. 

Dryas octof étala L. — Gers ; Anterne ; Sembet ; Salles. 
Geum re-ptans L. — Grasse-Chèvre ; Servoz. 
Potentilla nitida L. — Col d'Anterne; Gers. 
P. minima Hall. — Servoz ; col d'Anterne. 
Rubus idœus L. — Les Tines; Nambride; Fer à Cheval, etc. 
Alchemilla lio-p-peana Buser. — Col d'Anterne ; lac de Gers. 
A. alf'ina L. — Les Fonds ; Grasse-Chèvre ; Servoz ; Gers. 
A. subsericea Reuter. — Anterne; Gers; Passy. 
A. glaherriuia Schmidt. — Grasse-Chèvre. 
A. vulgœris L. — Salvadon; Salvigny ; Salles, etc. 
E-pilobiuni spicatum Lamk. — Assez répandu. 
E. ahinifoUîun Vill. — Col d'Anterne. 
E. rosmariiiiioliuvi Haenke. — Grasse-Chèvre. 
E. alpinum L. — Passy ; les Viviers ; le Bourget. 
Sedum montanum Song. et Perr. — Salles ; les Fonds. 
Semfervivum montanum L. — Salles; Anterne; Gers. 
Saxifraga -planifolia Lapeyr. — Anterne. 
S. stellaris L. — Le Rouget ; Salles ; Salvadon. 
S. rotundifolta L. — Les Fonds; Grasse-Chèvre; Gers. 
S. aizoïdes L. — Col d'Anterne. 

Astrantia major L. — Le Rouget ; les Fonds ; Passy. 
A. minor L. — Les Viviers; les Fonds; Fer à Cheval. 
Eryngium alpinum L, — Servoz ; Anterne. 
Peucedanum ostruthium Koch. — Grasse-Chèvre; les Fonds; 
Gers. 
Meum mutellina Goertn. — Anterne; Gers. 



48 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

MgofocLium foàagraria L. — Les Tines ; Passy; la Gouille. 

Chœro-phylluni aureum L. — Anterne. 

C. villarsii Koch. — Grasse-Chèvre ; Gers. 

C. cicittaria Vill. — Les Tines, etc. 

Viburnum o-pidus L, — Les Faix; Nambride; Passy. 

F. latitana L. — Les Viviers ; les Curtets ; le Rouget. 
Lonicera nigra L. — Salvagny; les Tines; le Bourget. 
Galium mollugo L. — Dans la vallée, 

G. erectum Huds. — Salles. 

G. rubrum L. — Grasse-Chèvre. 

Asferula longifolium W. et Kit. — Anterne. 

Valeriana exe e Isa Poir. — Les Fonds. 

V. officinalis L. — Les Tines ; Passy. 

V. montana L. — Anterne ; Gers. 

Adenostyles alpina Bluff, et Fingeruth. — Gers (cette plante 
atteint l'^so). 

Erigeron villarsii Bell. — Anterne; Servoz ; Gers. 

E. uniflorus L. — Gers ; Anterne. 

Aster alpinus L. — Sembet ; les Fonds; Fer à Cheval. 

Arnica montana L. — Col d'Anterne ; lac de Gers. 

Artemisia vnitellina Vill. — Grasse-Chèvre. 

Leucanthemum alpinum Lamk. — Salvadon; Anterne. 

L. cuneifolium Le Grand. — Salles ; Servoz. 

Achillea atrata L. — Grasse-Chèvre. 

A. macrophylla L. — Forêt de Gers (hauteur: i'"io!). 

Carlina acaiilis L. — Assez répandue. 

Cirsium oleraceum Scop. — Salvadon; Salvagny; Fer à 
Cheval. 

C. spinosissimum Scop. — Les Faix; les Curtets; les Fonds. 

Centaurea montana L. — Anterne ; Servoz. 

C. Duboisii Bor. — Dans la vallée. 

Lactuca miiralis Frescnuis. — Le Rouget ; les Tines. 

FrenantJies piirpurca L. — Les Tines; la Gouille; Passj^; 
Fer à Cheval, etc. 

Sonchus alpinus L. — Salles; Anglène. 

5. arvensis L. — Salvigny. 

Hieracium lanatum Vill. — Col d'Anterne. 

Campanula barbata L. — Les Fonds. 

C. speciosa Pourr. — Anterne et Gers. 

Campanula persicifolia L. — Salvadon. 

C. ranunculoides L. — Salvagny; Salvadon. 

C. rhomhoiialis L. — Gers; les Fonds; Nambride. 



EXCURSIONS BOTANIQUES A SIXT 49 

C. rotundifolia L. — Salles; le Rouget; Fer à Cheval. 

C. Itnifolia Lamk. — Les Tines; Passy. 

C. -pusilla Heenke. — Fer à Cheval; Salvadon ; Salvagny, 
etc. 

RhoioâencLron ferrugineum L. — Anterne ; Servez, etc. 

Cyclamen eurofœuin L. — Bonne station au Pont du Risse. 

Soldanella al-pina L. — Grasse-Chèvre. 

Vincetoxicum officinale Mœnch. — Assez commun. 

Gentiana lutea L. — Répandu partout. 

G. purfurea L. — Anterne ; Salles. 

G. camfestris L. — Gers ; Anterne. 

G. pneiinomantke L. — Assez commun. 

G. angustifolia Vill. — Crasse-Chèvre; Gers. 

G. fumila Jacq. — Salles ; Anterne. 

G. verna L. — Les Fonds. 

G. bavarica L. — Col d'Anterne ; Servez. 

Digitaiis lutea L. — Dans la vallée. 

Linaria al-pina L. — Les Fonds; Col d'Anterne. 

Veronica alfina L. — Le Rouget; les Fonds. 

F. urticœfolia L. — Les Tines ; Passy. 

Rhinanthus lanceolatus Kov. — Grasse-Chèvre. 

BriineUa alba Pall. — Les Viviers; Passy; Nambride, etc.. 

B. grandiflora Jacq. — Anglène ; le Crot ; Echerny. 

Stachys alpina L. — Les Viviers, etc.. 

Teucrium montanum L. — Assez commun. 

T. scorodonia L. — Salvadon, etc.. 

Riunex fatientia L. — Gers. 

Sali.x incana Schr. ■ — Les Fonds ; Anterne. 

Salix retusa L. — Gers ; Grasse-Chèvre ; Anterne. 

S. reticulata L. — Col d'Anterne. 

S. hastata L. — Anterne. 

S. glauca L. — Dans la vallée. 

S. furpurea L. — Dans la vallée. 

Paris qîtadrifoUa L. — Les Viviers; Passy; les Tines; Fer 
à Cheval. 

Folygonatwn verticillatnm Ail. — Le Rouget ; les Tines. 

Neottia nidus-avis Rich. — Les Tines. 

Orchis palustris Jacq. — Les Viviers; les Tines. 

Polypoditim dryopteris L. — Gers. 

P. phegopteris L. — Gers; Salles. 

Aspidium lonchitis S\v. — Gers. 

Polystichum spinulosum DC. — Salvigny; Gers. 



50 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOLBBONNAIS 

P. oreopteris DC. — Gers. 
P. filix-mas Roth. — Passy; les Tines. 
Aspleniu7n trichomanes L. — Les Tines; les Viviers; Passy, 
etc.. 

A. filix-femina Roth. — Le Bourget, etc.. 
Blcchniim spicant Roth. — Près le lac de Gers. 

CIIVMÏ>ïG\0\S 

Amanita cœsarea Scop. — Forêt de Salvagny. 

A. muscaria L. — Forêt de Gers, vers la cascade du Rouget. 

A. vaginata Bull. — Passy; Salvagny. 

Lepiota procera Scop. — Anglène ; vers Nambride. 

L. clypeolaria Bull. — Les Tines ; Passy ; les Viviers. 

L. seminiida Fr. — Les Tines. — Nous trouvâmes pour 
la première fois cette gracieuse petite Lépiote le 22 octobre 
1891, à Iseure près Moulins-Ailier (Les Hym. des Env. de 
Moulins par H. BOURDOT ; Rev. Se. du Bourb, et du Centre 
de la France 1894). Depuis nous l'avons trouvée à Chézery 
(Ain), dans la vallée de la Valserine en 1905 et dans le Valais 
(Suisse) à Evolène, en 1908; au mois d'août dans ces deux 
localités. Elle est signalée par Studer dans la vallée de Mor- 
guis (Suisse), au Nord-E^t de Sixt, en 1895 {^HtthcUnugcn dcr 
naturforschenden Gesellschaft in Bern. 1895). 

Tricholoma album Sch. — Gers. 

T. russula Bull. — Salvagny. 

Collybia dryophila Fr. — Les Tines; Samoëns. 

Laccaria laccata Scop. — Vers la Catitine du Fer à Cheval ; 
les Fonds. 

Clitocybe ncbularis Ratsch. — Passy; Salvadon. 

C. infundibuliformis Sch. — La Gouille; Gers; les Fonds. 

C. gymnopodia Bull. — Salvagny. 

Mycena metata Fr. — Le Crot. 

M. vulgaris Pers. — Passy ; les Curtets. 

M. citrinella Pers. — Passy. 

Hygrophorus conicus Scop. — Les Faix; Maison-Neuve. 

H. psittacinus Sch. — Echerny; Grasse-Chèvre; la Cantine, 
tine. 

Caniharelliis cibarius Fr. — Passy. 

Lactarius vellereus Fr. — Forêts de Salvadon, Salvagny, 
Gers, Fer à Cheval. 

L. controversus Fr. — Bois de Salvagny; les Fonds. 



EXCURSIONS BOTANIQUES A SIXT 51 

L. -piferatus Scop. — Dans les bois de Sixt. 

L. aurantiacus Fr. — Les Fonds. 

L. trivialis Fr. — Salvagny. 

L. deliciostis L. — Passy ; Salvadon. 

L. acris Boit. — Salvadon. 

L. -pallidus Pers. — Vers les chalets de Commune. 

L. decipiens Q. — Les Viviers. 

Russula aurata With. — Forêt de Salvadon. 

R. delica Fr. — Salvadon. 

R. intégra L. — Les Viviers ; Salvadon. 

R. rosea Sch. — Passy. 

R. lepida Fr. — Forêt de Salvagny. Bonne espèce comes- 
tible signalée dans la vallée de Champeix (Suisse) à l'Est 
de Sixt {Mittheiliingen der naturforschenden Gesellschaft in 
Bern. 1895, Studer), et trouvée à Evolène (Valais ) dans nos 
excursions d'août igo8. 

Russula nitida Pers. — Forêt de Salvigny. 

R. violacea Q. — Passy. 

R. cyanoxantha Sch. — Les Viviers ; Salvagny. 

R. Quelctii Fr. — Passy. 

Panus cochlearis Pers. — Forêt de Salvadon. 

P. violacé ojulvus Batsch. — Passy. 

Entolonia sericeiim Bull. — Les Faix; le Crot; Gers; An- 
terne à 2.000™. 

Espèce commune et polymorphe s'élevant de la plaine jus- 
qu'aux moraines des glaciers. Nous l'avons suivie de l'Allier 
250™ environ, au Lioran (Cantal), à Ferval, près de Saint- 
Jacques-des-Blats (Cantal), altitude 1.200 à 1.300'°; dans la 
vallée de la Valserine elle est commune à 600™ et elle ascen- 
sionne le Reculet jusqu'à 1.700™. Rencontrée en août 1908 
près des glaciers de Ferpècle 1.800™ et d'Arolla 2.000™, à 
Evolène ; dans le Val des dix, au pied du glacier de Seïlon 
2.700™ (Valais) ; nous la retrouvons au bas du Col de la Mei- 
na 2.500™ près du Pic d'Arzinal, à Evolène. Elle a été signa- 
lée à Zermatt par Boudier et Ed. Fischer. {Bulletin de la Soc. 
Bot. de Fr. session extraordinaire tenue en Suisse 1894, 
41 ; p. CCXXXVII). 

E. spectdum Fr. — Les Tines. 

E. phœocephalum Bull. — Passy la Cantine du Fer à 
Cheval. 

Clitopilus prunulus Scop. — Les Viviers ; les Tines ; Sal- 
vagny. 



52 BEVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Eccilia griseorubella Lasch. — Les Tines. 

E. ardosiaca Bull. — Les Viviers; les Tines. 

Cortinarius glaucopus Sch. — Salvagny. 

C. fur-purascens Fr. — Salvagny. 

C. largus Fr. — Salvadon. 

C. frasinns Sch. — Salvagny. 

C. elatior Pers. — Salvadon; Gers. 

C. varius Sch. — Salvagny. 

C. violaceus L. — Salvagny. 

Gomphidius glutinosus Sch. — Vers le Rouget ; Salles. 

Inocybe descissa Fr. — Bois de Salvadon ; les Fonds. 

/. rtjnosa Bull. — Salvadon; Passy; les Viviers. 

/. asterospora Q. — Salvadon ; Gers ; Salvagny. 

/. prœtervisa Q. — Salvadon. 

Hebeloma versipellis Fr. — Fer à Cheval ; le Rouget. 

H. criistulittifonnis Bull. — Les Fonds. 

Flammula sapinea Fr. — Salvadon, 4 septembre, sur bran- 
ches de sapins, espèce montagnarde, signalée par Studer dans 
le val Hérens à Evolène. (Cf. Mittheilungen der naturfors- 
chen Gesellschaft in Bern, i8q§, Studer). Nous l'cjvons trou- 
vée au mois d'août dernier à Evolène, dans la forêt, vers ie 
Pas de Lône. 

Calera tcnera Se. — Les Viviers; les Fonds; Grasse-Chè- 
vre. 

Tubaria furfuracea Pers. — Echerny; les Viviers; les 
Tines. 

Paxilltis lamellirugus Pers. — Le Rouget ; Salvadon. 

Stropharia semiglobata Batsch. — Lac de Gers ; Anterne; 
etc.. 

S. stercoraria Fr. — Passy; la Gouille; Anglène. 

Panœolus campayiidaius L. — Gers ; Passy ; Grasse-Chèvre. 

Coprinus micaceus Bull. — Anglène. 

C. ephemerus Bull. — Gers; Anterne. 

Lenzites abietma Bull. — Forêt de Salvadon. 

L. sœpiara Wulf. — Passy; Salvagny. 

Trametvs hexagonoides Q. — Forêt de Salvadon. 

Polyporus calceolus Bull. — Les Viviers. 

P. num7nularins Bull. — Passy. 

Boletus edulis Bull. — Passy; Salvadon; Gers. 

B. scaber Bull. — Passy; le Rouget. 

B. luridus Sch. — Salvadon ; Salvagny. 

B. erylhropus Pers. — Salvadon; Salvagny. 



EXCURSIONS BOTANIQUES A SIXT 53 

B. torosus Fr. — Passy; les Viviers. 

B. chrysenteron Bull. — Salvadon ; le Rouget. 

B. calofus Fr. — Salvadon; les Viviers; Salvagny. 

B. badins Fr. — Salvadon. 

B. bovinus Kr. — Les Viviers. 

Hydnuvt repandum L. — Salvagny; Fraissette. 
H. imbricatum L. — Le Rouget ; Salvagny. 
Clavaria flava Sch. — Salvagny. 

C. corniculata Sch. — Les Tines. 

C. canalicnlata Fr. — Les Curtets. 

C. falmata Pers. — Salvagny ; Passy. 

C. -pistillaris L. r— Salvagny. 

Geaster mammosus Fr. — Forêt de Salvadon, 4 septembre. 

Pezisa vesiculosa Bull. — Passy. 

P. hemisphœrica Hoff. — Passy. 

P. leforina Batsch. — Salvagny. 

LICHEÎVS 

Usnea barbata L. — Forêts de Salvadon, du Fer à Cheval, 
de Gers; de Salvagny, etc.. 

U. dasy-poga Ach. — Le* Fonds; Salles; le Rouget; Gers; 
etc.. 

Alectoria jubata L. — Le Rouget ; Gers ; les Fonds ; Salva- 
don ; Salvagny, etc.. 

Cladonia furcata Ach. — Passy. 

C. fyxidata Ach. — Les Tines ; les Viviers ; Gers. 

C. fimbriata Ach. — Les Tines; Salvagny; Gers. 

C. digitata Ach. — Le Faix. 

C. endiviœfolia Dicks. — Le Rouget ; Passy. 

Ramalina colicaris Hflfm. — Dans la vallée. 

Evernia prmiastri Ach. — Dans la vallée. 

E. fiirfuracea Ach. — Sapins des Forêts : Salvadon; Sal- 
vagny. 

Cetraria islandica L. — Gers ; Anterne ; Sembet ; Salles. 

C. cucullata. — Gers ; Anterne. 

C. axculeata Ach. — Gramciron ; Passy; Anterne. 

Platysma glaucmn L. — Sapins des forêts. 

Umbilicaria fustiilata Hffm. — Les Fonds; Anterne; Servoz 

Gyro-phora cylindrica Ach. — Rochers; Gers; Anterne ; 
Sembet. 

G. murina Ach. — Au-dessus du Rouget, vers Salles, 

Peltigefa camina Ach. — Les Viviers; les Faix; Nambride. 



54 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

P. rufescens Schœr. — Le Crot ; les Tines ; Echerny. 

Sticta scrobiculata DC. — Gers; les Tines; les Fonds, 

ParmcUa ferlata Ach. — Dans la vallée. 

P. saxatilis Ach. — Vallée; La Cantine du Fer à Cheval; 
forêts et rochers. 

P. fhysodes Ach. — Salvadon ; SalvEigny; les Fonds; Gers. 

P. coperata DC. — Vallée; rochers de Salles, 

P. olivacea L. — Sur rochers et écorces, un peu partout, 

Anaptychia ciliaris Ach. — Les Tines ; Passy. 

Physcia -pulverulenta Ach. — Arbres de la vallée. 

P. stellaris Ach. — Un peu partout dans la vallée. 

Xanthoria farictum Ach. — Tines; Anglene. 

Parmaria niuscorum Ach. — Les Tines. 

Squamaria gypsacea Nyl. — Rochers de Salles. 

■S", saxicola Nyl. — Rochers. 

Placoihim murorum DC. — Murs et rochers. 

Caloplaca vitellina Krb. — Salvagny; Gers; les Fonds ; 
Servoz. 

C. aurantiaca Kœrb. — Arbres de la vallée; rochers. 

C. ferruginca E. Fr. — Les Tines. 

Lecanara subfusca Ach. — Les Tines; Passy; Fer à Cheval. 

L. atra Ach. — Maison-Neuve; le Crot; Nambride. 

Urceolaria scruposa Ach. — Les Fonds ; les Tines. 

Pertusaria communis X. — Scmbet ; Passy ; Anterne ; Servoz. 

Lecidea immersa Kœrb. — Rochers: Salles; Gers; Anterne. 

L. alboatra Schœr. — Salvadon ; Gers ; Rouget. 

/.. pctrœa Flot. — Grameiron; Anterne. 

L. abietina Ach. — Vallée des Fonds. 

L. claocliroina. — Les Tines; Nambride. 

Bœomyces roseus Pers. — Salvadon; le Rouget; Gers. 

Grcasphis scripta Ach. — Les Tines. 

Arthonia ochracea Schœr. — Au-delà des chalets des Fonds. 

V errucaria muralis Ach. — Dans la plaine. 

V . nigrcscens Ach. — La Cantine. 

Coniocybe fiirfuracea Ach. — Racines pendantes: les Fonds. 

Collema melœmim Ach. — Rochers. 

C. nigrescens Ach. — Ecorces dans la vallée, 

C. pulposum Ach. — Passy, 

Ephebe pubescens E. Fr. — Vallée des Fonds. 

U. Gar.meu. — Am. Laronde. 



STATIONS NOUVEt.LES 55 

STATiOiXS \OUVELLES 

De quelques Mousses et Hépatiques peu répandues 



Anthoceros lœvis L. — Parties h\imides et herbeuses, 
dans un bois, La Lizoile. Dans un champ de trèfle, même 
commune. Eté-automne 1908 ; fertile. 

Marsupella Funckii Dum. = Sarcoscyphiis Funckii 
Nées. — Hépatique très répandue au Breuil, sur la terre 
siliceuse, dans les bois et sur les rochers siliceux ; 1908- 
1909. 

Lepidozia reptans Dum. ~ Souche en décomposition, 
dans une haie, La Lizoile ; 1907. Sur la terre, dans les 
bois, au Breuil ; 1909. 

Chiloscyphus pallescens Nées. — Sur la terre humide, 
au Breuil ; 1909. 

Campylopus fiexuosus Brid. — Sur Thumus, dans un 
bois de sapins, au Breuil ; 1909. 

flidymodon liiridus Hornsch. — Fertile à Laferté-Hau- 
terive, sur des pierres calcaires, près du pont suspendu ; 
février 1909. 

Heterocladinm heteropterum Br. eur. — Sur les ro- 
chers siliceux, à La Lizoile et au Breuil. La variété 
fallax Milde, au Breuil ; 1908. 

Brachythecium rivulare Br. eur. — Fertile, sur les 
pierres, dans un petit ruisseau. Bois de La Lizoile. Avril 
1909. 

Rhynchostegium megapolitanum Br. eur. — Abondant 
et fertile dans une vieille luzerne. Laferté-Hauterive ; 
février 1909. 

Plagiotheciura elegans Schimp. — Anfractuosités d'un 
rocher siliceux et sur la terre humide. Le Breuil ; prin- 
temps 1909. 

Hypuum stellatutn Schreb. — Type à Trevol, dans un 
pré marécageux ; 1908. ± forma gracilis Boulay, sur la 
terre humide, dans un bois, au Breuil ; 1909. 



56 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Hypnura fluitans L., groupe exannulatum Renauld, 
variété finnatum Boulay. — Pré marécageux, dans la 
forêt de Mulnay, Trevol ; 1908. Forma stenopliyiloides 
Lang., dans un fossé, parmi les Sphaignes, même loca- 
lité ; 1908. 

Hypnum aduncnm Hedw,, groupe typicum Ren., 
forma falcata Ren. — Marécage, près du bourg de 
Trevol ; 1909. 

Les échantillons provenant du Breuil ont été récoltés 
par M. Brun, instituteur. 

G. TOURRET. 



Réunion solentljftque du. Bour^bonnals 



Réunion du ji niars içoç. 

— M. Lacroix, professeur de minéralogie au Muséum d'His- 
toire naturelle de Paris, écrit qu'il iterminc actuellement !e 
volume de la Miticralogie de la France contenant la descrip- 
tion des Carbonates, Sulfates et Phosphetcs. Il désirerait 
être documenté sur les gisements de ces groupes existant dans 
le département de l'Allier et particulièrement sur les cris- 
taux de Chaux carbonatée de la région. 

— La Socictà Zoologique de Genève envoi» un exemplaire 
de ses statuts et demande l'échange de ses publications avec 
la Revue. 

— Capture intéressante. — En recherchant des pontes 
d'Homoptères sur les joncs des bords de l'Etang des Bois, à 
Champvallier près d'Yzeure, dans les derniers jours de fé- 
vrier, M. l'abbé Pierre a pris un individu d'un Altiside rare 
dans le département, Mniophila muscorum Hofîm. Ce petit 
insecte, tjès convexe, d'un bronze foncé brillant, n'aivait en- 
core été signalé dans le département que de Montluçon et 
de Fleuriel. {Faune de l'Allier, Colcopt. p. 352). 

— Passage de grues. — Le u mars, à i h. 50 du soir, M. 
F. Pérot a vu passer au-dessus de Moulins, une bande de 
grues composée de 108 individus poussant des cris stridents 
en volant à une vitesse modérée dans la direction exacte de 
l'Ouest à l'Est. Ces oiseaux pouvaient être à une hauteur de 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 57 

300 mètres environ et étaient disposés en un triangle très ré- 
gulier. Le 12 et le 14, d'autres vols moins importants et se 
dirigeant dans la même direction ont été encore signalés. 

Réunion du 2g avril içoç. 

M, Ernest Olivier, ajrivé la veille de Tunis, raconte suc- 
cinctement le voyage qu'il vient de faire dans le Sud de la 
Régence. Il a visité Gabès, Gafsa, Tozeur, Nefta, Metlaoui, 
Tamerzat, l'exploitation des phosphates, et il montre quel- 
ques-uns des objets et des animaux qu'il a rapportés. 

Réunion du 26 mai içoç. 

— Le cinquième Congrès de la Société -préhistorique de 
France se tiendra cette année à Beauvais, du lundi 26 au 
samedi 31 juillet: il promet d'être aussi brillant que ses devan- 
ciers. 

— M, Tourret a C2\pturé à Lalizolle plusieurs individus de 
la var. terrestris L. du Campagnol amphibie ou Rat d'eau 
{Arvicola amphibius L.) 'L'Arvicola terrestris s'est adapté à 
une vie beaucoup moins aquatique que VainpJiibius et ha- 
bite dans; des galeries souterraines à la façon des taupes. 

— M. Tourret signale aussi une Hépatique nouvelle 
pour le département, le Plcuroschisma trilohatum Dum. 
{Mastigobryum trilobatiiw Nées) trouvée par M. Brun en 
assez gralnde quantité au Breuil (Allier), dans un bois, sur 
un talus siliceux, parmi des mousses, au mois de février, à 
400 mètres environ d'altitude. Les échantillons récoltés ap- 
partiennent à la variété minus Nées, caractérisée par une 
tige courte, rigide et des feuilles plus aplanies que chez le 
type. Cette plante, re.re dans la zone sylvatique inférieure, 
est abondante dans les zones moyenne et supérieure. 

— I\I. Ernest Olivier a observé aux environs de Moulins, 
autour du 20 mai, un passage important de Colurnba œnas L. 
Ce pigeon ne passe pas dans notre région régulièrement tous 
les eus et on en voit rarement des bandes aussi nombreuses 
que cette année : son plumage est en entier d'un bleu cendré, 
sauf les pennes des ailes et de la queue qui sont terminées de 
noir. Il diffère du Ramier [Colurnba palumbus L.) par sa taille 
moindre et sa couleur bleue sans taches blanches sur les 
côtés du corps et les bords des ailes; il s'éloigne aussi du 
Biset {Colurnba livia. Briss.) par son croupion bleu au lieu 
d'être bls-nc et par ses ailes bleues sans bandes transversa- 
les noires. 

— Le Puy-de-Dome cristallisé. -- Le 15 mars dernier, vers 



REVUE SClExNTJFlQLE DU BOURBONNAIS 

4 heures 30' du soir, j'étais au sommet du coteau de Sainte- 
Catherine. Le thermomètre marquait — 1° et la hauteur ba- 
rométrique était de 746 millim. Le ciel était couvert de gros 
nuages au Nord et à l'Est ; mais ils ne s'étendaient pas au 
delà de la Côte Matras, Noyant et Tronget ; plus loin, l'at- 
mosphère était p^^rfaitement claire. A gauche, les forêts du 
Montoncel et de la Madeleine formaient des masses sombres 
parsemées çà et là dans les clairières et les sommets de 
blanches flaques de neige. Le Puy-de-Dôme, entièrement 
couvert de neige, resplendissait étincclant sous les rayons du 
soleil et produisait l'effet magique d'un gigantesque bloc de 
cristal. F. PÉROT, 



BIBLIOGRAPHIE 



Rkvision df.s Chrysidides de i/Egvpïe par R. du Buvsson, 
in-4° p. 99, 4 pi. col. — Ce nouveau travail de M. R. du 
Buysson est publié par la Société Entomologique d'Egypte 
et forme le premier fascicule des mémoires de cette société. 
Depuis plusieurs années, d'habiles et ardents entomologistes, 
notamment M. M. Pic, de Digoin, ont pris l'Egypte pour but 
de leurs explorations et ont beaucoup élargi le cercle de 
nos connaissances sur la faune de la vallée du Nil. M. du 
Buysson a recueilli et réuni tous ces documents et en a 
formé l'importante monographie que nous mentionnons. L'en- 
semble des espèces actuellement connues dans la vice-ro- 
yauté s'élève à 98 réparties dans douze genres. Ce chiffre 
est certainement un minimum, et il reste encore beaucoup 
à découvrir. On rencontre, en effet, en Algérie. 60 espèces de 
plus dont au moins la moitié doit se retrouver dans le bas- 
sin inférieur du Nil, et il est probable qu'on y rencontrera 
également quelqtics représentants de la faune équatorialc. 
L'ouvrage de M. du Buysson, illustré de quatre belles plan- 
ches figurant des types principaux et des détails de carac- 
tères, fixe nos connaissances actuelles et constitue un pré- 
cieux jalon pour des recherches futures. 

— Dans le Bulletin de la Socicié d'histoire naturelle d'Aii- 
tjtn, 21^ Bulletin, içoS, nous signalons, outre les ouvrages 
dont nous avens déjà rendu compte ; Prétendue disparition des oi- 
sea.ux, Florule du Brionnais, Catalogue des Coléoptères de 
Saône-et-Loire) une note de M. Pérot sur la Mâchoire entail- 
lée du Rhinocéros de Billy, avec une figure et un important 
travail de M. J. Ceniusat sur La source thermale de Néris- 
les-Bains, qui est l'historique complet à tous les points de 
vue de cette antique cité. 

Ernest Olivier. 



METEOROLOGIE 



59 



MABS 1909 

STATION MÉTÉOROLOCxIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 

Altitude : 295 mètres. 



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REMARQUES DIVERSIS 


— 5 


— 8 


2 


765 


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Clair. 


2 




— 3 


- 5 





756 




N.O. 


Couvert. 


3 




— 3 


— 6 


5 


755 




so. 


Giboulées. 


4 




- 1 


- 3 


7 


757 




s. 


Nuageux. 


5 




— 4 


— 6 


6 


764 




N. 


Nuageux 


6 


PL. 


1 


— 2 


10 


762 




S. 


Nuageux. 


7 




5 


2 


7 


758 


1 


s. 


Couvert. 


8 







— 1 


6 


762 




N. 


Nuageux. 


9 




2 


- 2 


10 


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10,2 n. 


S. 


NuHgeux. 


10 




4 


2 


11 


758 




E. 


Couvert. 


11 




2 


1 


10 


762 




S.E. 


Nuageux. 


12 




4 


2 


6 


767 


3,2 


S. 


Giboulées. 


15 







-- 1 


3 


768 


6,2 n. 


N. 


Couvert. 


14 


D.Q 


(1 


— 1 


5 


761 


2 n. 


N. 


Couvert. 


15 




- 1 


- 2 


5 


755 


2,2 n. 


O. 


Couvert. 


16 




— 1 


- 2 


5 


759 


3,2 n. 


O. 


Couvert. 


1- 




1 


— 2 


8 


765 


3,5 n. 


O. 


Nuageux. 


18 




2 


- 1 


J3 


762 




s.o. 


Couvert. 


19 




8 


4 


15 


760 




s. 


Nuageux. 


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10 


4 


9 


762 




s. 


Couvert. 


21 


N.L. 


5 


1 


15 


770 


7,2 


s. 


Couvert. 


22 




9 


5 


14 


769 




s. 


Couvert. 


23 




7 


6 


14 


765 


3.9 


s. 


Giboulées. 


Z4 




7 


7 


12 


774 


3,5 


N.O. 


Couvert. 


25 




9 


6 


17 


765 


2,6 


O. 


Couvert. 


2Ô 




4 


4 


11 


762 


4 


o. 


Couvert. 


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N. 


Nuageux. 


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10 


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Couvert. 


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Couvert. 



Les obs€rvatio7is sont faites à 8 heures du }natin, sauf pour la température 
maxiina, qui est notée à 6 heures du soir. 



60 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



AVRIL 1909 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

GOMMDNE DE GHEMILLY, PRÈS MoULINS (AlLIKR) 
Altitude : 295 mètres. 



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24 
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14 



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779 

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Nuageux. 




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N. 


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Nuageux. 




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Couvert. 




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Couvert. 


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s.o. 


Nuageux. 




s. 


Nuageux. 


1 


s.o. 


Giboulées. 



Les observations sont faites a S heures du matin, sauf pour la température 
maxime, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaike. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 

Les tomes [ (1888) et II (1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome VII (1894) au prix de 
15 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant lU trancs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XXI, 
1888-1908) au prix de 250 francs. 

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Trois volumes : Vertébrés, Coléoptères, Orthoptères, 
Hémiptères, 10 francs. 

Nous sommes acheteurs des tomes des années 1888, 188© 
et 1894. 

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Sculpture sur Bois et sur l'icrre. 
MOULINS, me François-Péron, n" 11 (Ancienne rue Notre-Dame.) 



VINGT-DEUXIÈME ANNÉE 1909 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 

ET DU 

CENTRE DE LA FRANCE 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION 

De M. Ernest OLIVIER 



1909 

Troisième Trimestre 

Le Congrès préhistorique de Beauvais. — Oreopsyche angustellat 
avec figure, par M. l'abbé Pierre. — Une lunette astronomique 
pour deux francs, par M. Brun. — Etude géologique sur Belle- 
naves, par M, Léon Rideau. — Les zoocécidies avec planche, par 
G. HouARD. — Compte rendu des réunions. — Nécrologie — ' Mé- 
téorologie. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1909 



En 1909, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier^ — 26 février, — 31 mars, 
— 28 avril, — 26 mai — 30 juin — 28 juillet — 
27 octobre — 24 novembre — 29 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise^ i^^ partie, Mo'lusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie. Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbc Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Rivièrk. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. La ronde. 

Flore carbonifère et permienne du Centre de la France^ 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicidcs de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Le Papillon Machaon, par M. de Rocquigny-Adanson. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon- Lancy , par 
M. G. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Olivier, 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson. 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux. 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Bou-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 

Sceau d'un comte de la Marche, par M. G. Bertrand. 

Les temps préhistoriques en Bourbonnais, par M. F. Pérot. 

Tableaux analytiques pour déterminer les coléoptères de France 
(Gryptocephalides), par M. des Gozis. 

Etudes sur la ponte des Odonates, par M. l'abbé Pierre. 

Prodrome d'une faune du Puy-de-Dôme, par M. Gharvilhat. 

La forci de Tronçais [Allier), par M. Ernest Olivier. 



LE CONGRÈS PRÉHISTORIQUE 

DE BEAUVAIS 

26-31 JUILLET 1909 



La ville de Béarnais avait été choisie pour être, cette 
année, le siège du cinquième congrès préhistorique de 
France. 

L'ouverture du congrès a eu lieu le 2G juillet, au théâ- 
tre, devant une nombreuse assistance, où on remarquait 
toutes les autorités locales et un grand nombre de délé- 
gués étrangers. 

Le soir même, un concert offert par la municipalité 
réunissait les congressistes dans le salon de l'hôtel de 
ville, où ils recevaient de la part du maire et du conseil 
municipal un accueil somptueux et cordial. 

Pour la première fois, une exposition générale préhis- 
torique avait été organisée et présentait une magnifique 
série d'objets palœolithiques et néolithiques qui fit l'ad'- 
miralion de tous les visiteurs. 

D'importantes communications furent faites à toutes 
les séances. Nous regrettons de n'avoir pu assister au 
congrès, mais grâce à M. le D'' Lamotte, de Beauvais, qui 
a bien voulu nous en envoyer un compte rendu succinct, 
nous pouvons donner un résumé des travaux qui ont 
donné lieu à des discussions ou à des observations de la 
pai't des membres présents. En notre nom personnel et 
au nom de nos lecteurs, nous le prions de vouloir bien 
agréer nos plus sincères remerciements. 

M. le C'^ Avenot de la Grancière étudie des vestiges d'industrie 
acheuléenne qu'il a trouvés dans le centre du Morbihan ; il y a là 
un point intéressant : l'acheuléen est une des époques primitives 
de la période de la pierre taillée ; or, jusqu'ici, les stations de cette 
période étaient rares en Bretagne, où dominent les vestiges de la 
pierre polie avec les menhirs, dolmens, cromlechs et autres méga- 
Uthes contemporains. 

5 



62 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

M. Thiot, de Beauvais passe en revue les diverses espèces de 
fossiles découvertes dans les stations préhistoriques de l'Oise : c'est 
le premier travail d'ensemble sur la faune paléolithique du dépar- 
tement. 

Voici la liste des espèces qui en font partie : 

1° Elephas meyidionalis^ alluvions de l'Oise ; 
2° — primigenius, alluvions de l'Oise et de l'Epte ; 
3° Rhinocéros tichorinus. alluvions de l'Oise et de l'Epte \ 
4" Ovibos moschatus, alluvions de l'Oise et de l'Epte ; 
5'' Bos primigenius ; 
6" Cervus megaceros ; 

7° Equus indéterminé) et Equns caballus ; 

8° Cervus tarandus, découvert par Alph. Milne- Edwards, dans 
les alluvions de l'Oise. 

M. Denoyelle résume le résultat des recherches qu'il poursuit 
depuis plusieurs années dans la grande ballastière de RochyCondé 
(35 hectares) qui fournit à elle seule tout le ballast de la compagnie 
des chemins de fer du Nord. 

La période paléolithique, le Magdalénien et le Solutréen excep- 
tés, y est largement représentée. 

Le néolithique existe également dans les couches les plus super- 
ficielles. 

L'auteur signale encore l'existence dans cette région d'enceintes 
limitées par un fossé, de dimensions fort variables, car elles ont de 
lo à 47 mètres de diamètre. Comme elles n'ont fourni aucun débris 
soit d'armes, soit de poterie, il est impossible de leur assigner une 
date. 

Le docteur Beaudon, président du congrès, croit ces enceintes, 
sinon modernes, du moins pas antérieures au Moyen-Age. 

M. Peabody, de Cambridge, résume les grandes lignes d'une 
exploration qu'il a faite à travers l'extrême ouest du I exas, oià il 
a trouvé des débris de silex taillés, des gravures sur rochers et une 
cachette où il n'y avait pas moins de i.ooo pointes de flèches en 
pierre d'un fini admirable ; l'importance du nombre de ces belles 
pièces, cachées au même endroit, fait supposer qu'on se trouve en 
face de quelque rite. 

M. 6. Romain, de Sainte-Adresse, fait une communication sur 
la station sous marine de la plage du Havre et les galets et éclats 
de silex travaillés par la mer sur le littoral de la Seine-Inférieure. 



CONGRÈS PRÉHISTORIQUE DE BEAUVAIS 63 

II démontre que cette station découverte par lui en 1S87, et située 
dans la plage du Havre sur le prolongement ouest du sol alluvion- 
naire, est bien en place ; elle est bordée par des argiles kime- 
ridgiennes et s'étend vers la mer sur une longueur de 600 à 
800 mètres. Il y a trouvé, empâtés dans de l'argile à briques, de 
nombreuses haches et différents outils de l'époque acheuiéenne, 
ainsi qu'un grand nombre d'ossements de cheval^ de bœuf, de cerf 
et d'Elephas prtmigenius, ce dernier représenté par une dent, une 
côte et un bassin presque complet. 

M. Romain présente en même temps un grand nombre d'outils 
de l'industrie sous-marine, ainsi que des galets façonnés par le mou- 
vement des vagues, et des éclats débités tout récemment par des 
heurts accidentels qui les ont détachés de blocs de silex exploités 
pour la construction d'un mur de soutènement sur le rivage au 
Cap de la Hève ; ces derniers démontrent la fabrication artificielle 
des pseudo outils répandus entre le Havre et Fécamp. 

Cette communication est le point de départ d'une discussion très 
intéressante, à laquelle prennent part de nombreux membres du 
congrès 

M. Rutot, de Bruxelles. — Les pseudo-instruments du Havre 
n'ont rien de commun avec les éolithes. Ces derniers ne sont pas 
aussi communs que le croit M. Romain. C'est à peine si on en 
trouve deux ou trois pour un mètre cube d'alluvions. 

M. Janel, de Beauvais. — Quand un rognon de silex se détache 
du haut d'une falaise de craie et tombe d'une hauteur de 20 à 
30 mètres sur les galets qui sont au pied de cette falaise et à décou- 
vert à marée basse, il se brise, et les fragments qui en résultent 
présentent parfois un bulbe de percussion et un petit plan de frappe. 
Le conchoïde de percussion, bien qu'ayant une très grande valeur, 
n'est pas absolument caractéristique de la taille intentionnelle. A 
propos du gisement sous-marin du Havre, M. Janet se demande 
comment un gisement que l'on dit être en place peut être aussi 
rapproché du pied de la falaise. 

M. Romain montre, avec une carte à l'appui, que la station 
paléolithique du Havre est bien sous-marine et ne se trouve 
à découvert qu'à la basse mer au moment des grandes marées 

M. Ad. de Mortillet. — La station sous-marine du Havre est 
bien en efîet en pleine mer, et bien en place. Elle est très limitée, 
contrairement à ce que croit M. Rutot. 

Le bulbe de percussion et le plan de frappe ont la plus grande 
importance. Ce sont eux qui ont les premiers permis de reconnaître 



64 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

la taille intentionnelle du silex. Cependant, ni l'un ni l'autre ne 
suffisent pour affirmer que la taille a été intentionnelle. On trouve 
au bord de la mer bien des éclats de silex avec conchoïde de per- 
cussion, et qui n'ont jamais été taillés. Quelle que soit la cause qui 
produit l'éclatement du silex, les fragments qui en résultent ont un 
faciès spécial qui varie avec la cause qui leur a donné naissance. 
Ainsi, les pseudo-instruments du Havre présentés par M. Romain 
ne ressemblent en rien aux pseudo-éolithes des malaxeurs de 
Mantes. 

M. Rutot. — Le bulbe de percussion n'a pas une valeur absolue. 
Tous les chocs capables de faire éclater un silex peuvent produire 
des éclats avec bulbe de percussion. 

Quant au gisement sous-marin du Havre, il est certainement en 
place. Il se trouvait primitivement dans une vallée, le long d'un 
fleuve au moment où un effondrement du sol a produit le percement 
du Pas-de-Calais. Ce phénomène géologique est relativement 
récent. Il est le dernier phénomène géologique important de 
l'époque quaternaire. Il ne remonte pas à plus de 12 à 14.000 ans. 
Après l'affaissement du sol, toutes les vallées venant aboutir à la 
mer ont été envahies par elles. Dans les plus basses marées on 
voit à découvert le sol de ces anciennes vallées avec les instruments 
préhistoriques qu'il contenait et qu'il renferme encore. 

M. Commont, d'Amiens, fait une série de communications, toutes 
relatives à la station de Saint-Acheul. 

A propos des éolithes, il montre que la pression exercée sur les 
silex qui sont tombés au fond des poches creusées dans la craie par 
la dissolution de ses éléments calcaires a déterminé l'éclatement de 
ces rognons et que les éclats peuvent simuler à s'y méprendre une 
taille intentionnelle. Parfois le rognon de silex se clive spontané- 
ment de telle façon qu'il prend l'apparence d'un nucleus. Dans les 
grandes lames produites spontanément par le clivage, si les arêtes 
viennent à se briser, on a l'illusion d'une retouche et M. Commont 
déclare qu'il y a des pièces très difficiles à distinguer des éolithes. 
Il conseille de se méfier beaucoup des pièces dont les retouchassent 
au voisinage d'une croûte, toujours très fragile. 

L'auteur cite encore quelques phénomènes géologiques qui ont 
produit des retouches. Il ne croit pas beaucoup au charriage par 
'es fleuves, mais il accorde une très grande importance à l'action 
des torrents temporaires qui ont creusé les petits vallons aujour- 
d'hui à sec. Il cite de nombreuses observations faites par lui dans 
la région d'Amiens qui sont des plus curieuses. 



CONGRÈS PRÉHISTORIQUE DE BEAUVAIS 65 

D'ans une seconde communication, M. Commont étudie les instru- 
ments des graviers de la haute terrasse de Saint-Acheul. Il est 
impossible de se rendre compte de l'importance de cette communi- 
cation sans avoir sous les yeux les coupes du terrain dessinées par 
M. Commont. L'industrie se compose de coups de poing primitifs, 
grattoirs grossiers, couteaux de formes dont il est difficile d'expli- 
quer l'utilisation. Il n'y a pas de faune pour dater cette couche. 

Cependant c'est VElephas antiquus qui domine et par conséquent 
c'est une faune chaude. 

M. de Mortillet. — M. Commont a débrouillé la question si 
compliquée de Saint-Acheul. Les premiers savants qui ont étudié 
ce gisement avaient bien vu qu'à Saint-Acheul il y avait des silex 
taillés de différentes époques, mais le temps avait manqué pour faire 
de cette station une étude complète. Ce sera l'œuvre de M. Com- 
mont. 

M. Rutot. — La moyenne terrasse de M. Commont ne correspond 
pas à la terrasse moyenne des géologues belges. La faune froide et 
la faune chaude n'ont pas la valeur absolue qu'on leur a attribué 
jusqu'ici. La faune chaude existait encore dans certaines régions 
de l'Europe tandis que d'autres avaient déjà une faune froide. 

M. de Mortillet combat l'opinion de M. Rutot. Pour lui, l'hippo- 
potame et le renne n'ont jamais pu vivre sous le même climat. 

M. Rutot — Il n'y a pas eu mélange des deux faunes, mais 
manque de synchronisme entre elles, et par suite les mêmes instru- 
ments se rencontrent dans des pays différents avec des faunes diffé- 
rentes. En résumé, les industries concordent, les faunes ne concor- 
dent pas ; mais partout il y a eu deux faunes. 

M. Commont. — Ce qui embrouille la question des faunes, c'est 
la difficulté de classer les restes des éléphants fossiles. On appelle 
primigenius un éléphant qui n'est pas le primigenins. 11 y a une 
4e espèce d'éléphants qui se place entre le primigeyiins et le meri- 
dionalis : c'est VE. intermedins. Dans la région du Nord, la diffé- 
rence entre les deux faunes est très nette. 

M. Henri Martin étudie une station néolithique trouvée à Jave- 
lines. Il considère cette station comme très ancienne et remontant 
tout au début de la pierre polie. Il propose de donner à cette 
industrie le nom de horizon de Javelines. 

Suit une petite discussion relative à la question suivante : les 
haches taillées sont-elles les mêmes que celles préparées pour le 
polissage? La plupart des membres du congrès qui prennent part 
à la discussion ne sont pas de cet avis. 



66 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

M. Hue résume une communication sur le crâne des chiens trouvés 
dans les palafittes de Clairveau et de Challain. Il montre que le 
Canis palustris de Rutymeyer n'a pas toujours les mêmes carac- 
tères et qu'il s'est p-oduit chez cette espèce des variations impor- 
tantes et que deux de ces variétés semblent avoir été l'objet d'une 
sélection raisonnée qui a conduit à la création de deux types diffé- 
rents. 

M. Futot dit quelques mots sur une découverte paléontologique 
faite dans le quaternaire du nord de la Belgique, et qui a donné 
de nombreux restes d'éléphants qu'il se propose d'étudier. 

Dans une seconde note, il signale l'existence d'ateliers Chelléens 
à la frontière du Guatemala. 

Les soirs, des conférences faites par des savants auto- 
risés réunissaient un grand nombre d'auditeurs, et les 
excursions aux localités préhistoriques des environs de 
Beauvais ont terminé ce cin{|ui6mc congrès, qui a été 
tout aussi brillant que ses devanciers et marquera une 
étape importante dans la science préhistorique française. 



UNE INVASION DE CHENILLES 

d' « Oreopsyche angustella » Herr. Sch. 



Lesjournaux du mois de mai dernier annonçaient en 
termes descriptifs d'une précision douteuse une appari- 
tion de chenilles dont les légions dévoraient les prai- 
ries de la Loire et du Puy-de-Dôme. Je me procu- 
rais immédiatement des exemplaires de cet insecte que 
d'aucuns disaient inconnu et appelaient chenille ailée ! 
Les uns me furent envoyés de Saint-Genest-Malifaux 
(Loire) et les autres de Laqueuille (Puy-de-Dôme), par 
les soins obligeants de M. labbé J. Vacheron et de 
M. J. Tara van t. 

Au cours du mois de juin, ces chenilles m'ont dcjnné 
plusieurs papillons c^, du groupe des Psychides, de 



UNE INVASION DE CHENILLES 



67 



l'espèce Oreopsyche angustella Herrich. S. Voici ce que 
m'écrivit à ce sujet le savant abbé J. de Joannis : 




Tiges de N'ardus stricta, avec chenilles et papillon 

d' Oreopsyche angustella. 

1 et 2, étuis de cliotiilles Q ; 3, étui de chenille d* ; 4, papillon rf. 

« Esper a cru reconnaître dans cette espèce le Bombyx 
« aira de Linné, et il la figurée sous le nom d'atra ; 



68 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

« mais il s'est trompé, La chose est désormais certaine ; 
« il y a deux espèces très distinctes : Oreopsyche atra L. 
« = hieracii Thunb. r= plinnifera Ochs , etc. ; et 
« d'autre part : Oreopsyclie angustella H, S. =r atra 
« Esper (nec L ) ^ stomoxcLla Boisd., etc. » 

Si cette dangereuse petite bête est l'effroi des cultiva- 
teurs, elle est aussi, comme on le voit, un casse-tête 
pour les savants, et sa synonymie est assez compli- 
quée. 

Il convient de donner ici quelques caractères, faciles 
à constater, qui permettront, non point de faire ce dis- 
cernement spécifique, mais de reconnaître la bestiole 
pour la détruire, dans le cas où il lui prendrait fantaisie 
de s'acclimater dans nos herbages. 

La chenille est noire, avec le bord antérieur des pre- 
miers anneaux jaunâtre. Elle vit dans un étui un peu 
ovoïdal, de 10 à 15 millimètres de long, de 3 à 5 milli- 
mètres de largeur, formé d'un tissu soyeux que recou- 
vrent à l'extérieur de menues brindilles, des fétus des- 
séchés appliqués dans le sens de la longueur et plus ou 
moins imbriqués. Elle grimpe sur les herbes, sn traînant 
son étui, d'où ne sortent jamais que les trois ou quatre 
premiers anneaux du corps. 

M. l'abbé Vacheron, qui a visité les prairies atteintes 
de Saint-Genest, m'écrit que « les bandes destructives 
de ces chenilles marchent par bataillons serrés et en 
ligne droite, à la suite de quelques éclaireurs, qui indi- 
quent la route et montent les premiers à l'assaut des 
grandes herbes, en laissant de côté celles qui ne leur 
plaisent pas ». Les prés de côtes et mal tenus de la 
région étaient les plus ravagés. A Laqueuille aussi, le 
fléau se trouve localisé dans les pacages où, après le 
passage des chenilles, il ne reste guère de vivant que 
les plantes basses telles que les pissenlits. Les insectes 
qui m'ont été envoj'-és de Laqueuille avec Iherbe nour- 
ricière, ont été pris sur Nardus stricta L. Dans la 
figure qui accompagne cette note, quelques tiges de 



UNE INVASION DE CHENILLES " 69 

cette graminée ont été dessinées par M. le prof. J. Tara- 
vant ; elles portent des étuis de grosseur différente. 

L'étui le plus petit contenait une chenille qui s'est 
transformée en papillon cr^ ailé, également représenté. Ce 
papillon qui ne mesure guère que 7 millimètres de lon- 
gueur, est revêtu de longs poils noirs duveteux ; ses 
antennes flabellées sont très ornementales ; mais ses 
ailes enfumées achèvent de donner à sa livrée un aspect 
funèbre. 

Les étuis plus gros contiennent des chenilles qui se 
transforment en papillons Ç, non ailés, vermiformes. 
Le papillon reste à l'intérieur de l'étui. Après la fécon- 
dation, il pond des œufs nombreux dans le fond même 
de l'étui, dans une bourre formée des poils dont l'extré- 
mité de son corps est garnie. Puis il meurt et ferme 
ainsi l'entrée de l'étui avec son corps desséché. Les 
œufs éclosent rapidement, et dès la première quinzaine 
de juillet, j'ouvrais un étui $ où je trouvais un grand 
nombre de petites chenilles qui se répandirent dans ma 
boîte d'élevage. J'ignore si normalement la sortie des 
bestioles a lieu à cette époque ; je suppose qu'elles pas- 
sent plutôt l'hiver dans l'étui où elles ont pris nais- 
sance, et se trouvent admirablement protégées. Ces 
petites chenilles., une fois en liberté, se construiront 
elles aussi chacune un étui, et recommenceront le cycle 
évolutif. 

Les moyens employés parles cultivateurs des régions 
infestées pour détruire cet insecte ont été le balayage, 
la récolte au râteau, le pétrole, l'envoi de poules sur les 
places attaquées. Mais il est à remarquer que l'ennemi 
est bien défendu. Heureusement il a ses adversaires na- 
turels et particulièrement un petit Chalcidoïde, que je 
n'ai pu encore déterminer. La chasse au papillon, avec les 
pièges utilisés dans les vignes contre les pyrales et les 
cochylis, donnerait sans doute de bons résultats. En 
tout cas, puisque les étuis servent d'abris aux généra- 
tions nouvelles, ij faut les brûler toutes les fois qu'il est 
possible de les récolter, alors même qu'on n'y verrait 
plus signe de vie. Abbé Piluke. 



70 BEVUE SCIENTIFIQUE DU'boURBONNAIS 



m imm \mm]\\m pdur deux FRia'cs 



Dans le Bulletin de la Société astronomique de France, 
octobre 1901, M. Jarson expliquait que l'on pouvait, pour 
quelques francs, construire une lunette astronomique, en 
employant comme objectif un simple verre de lorgnon ! 

Suivant les données de l'auteur, j'entrepris, non sans 
quelque scepticisme, de fabriquer de toutes pièces cette lu- 
nette. Les résultais obtenus m'ont d autant plus surpris 
qu'ils étaient inallcndus, et je crois utile d'expliquer en dé- 
tail la construction de cet instrument. Le prix d'une \éritable 
lunette aslroiiomi(|ue n'étant pas accessible à tout le mon- 
de, beaucoup daniis de la science seront heureux, en em- 
ployant ce réfracteur élémentaire, de pouvoir observer à 
peu de frais les phénomènes astronomiciues les plus in- 
téressants. 

I. Construction de la lunette. 

Obicclif. — L'objectif est un simple verre de besicles 
biconvexe et circulaire, de 35™™ de diamètre, du numéro 
le plus foible. Ce verre, qu'on peut se procurer chez tous 
les opticiens pour une somme bien modique (0 fr, 50 à 
1 fr.), a une longueur focale de 1™,50 à l'°,80. Un tel ob- 
jectif n'est pas achroinati(|ue, bien entendu, mais c'est 
précisément sa grande longueur focale qui compense 
Taberralion chromatique et cpii permet d'obtenir des ima- 
ges prali(|iiement nettes et sans irisation. 

Pour mettre l'objeclif en place, on peut se servir du 
couvercle en carton d'une petilc boîte cylindrique de 
■4 à 5 centim. de dianièlre. (Certaines boîtes de pharmacie 
conviennent parfaitement.) Avec un bon canif, on découpe 
dans ce couvercle un petit cercle de 32°"° de diamètre, que 
l'on évide légèrement pour y loger le verre. On maintient 
ce \erre en place au moyen de petites bandes de papier 
gommé que l'on colle tout autour, de manière à l'cmpri- 



LUNETTE ASTRONOMIQUE 71 

sonner en le fixant par les bords, tout en restreignant le 
moins possible son diamètre. 

Oculaires simples. — On emploie, comme oculaires, de 
petites lentilles biconvexes détachées de simples comple- 
fils. Pour obtenir des grossissements variés, on pourra en 
employer deux ou trois, d'une longueur focale variant de 
2 à G centimètres. Le grossissement d'une lunette est égal 
au quotient que l'on obtient en divisant la longueur focale 
de Tobjectif par celle de l'oculaire. Il s'ensuit qu'en em- 
ployant comme oculaire un comple-fils de 2 centimètres 
de foyer, on aura un grossissement de près d'une cen- 
taine de fois, et c'est bien là le maximum que l'on peut 
obtenir de cette lunette, ce qui est déjà considérable. On 
met en place les différents oculaires, comme on a fait 
pour Tobjcctif, en les fixant à l'extrémité d'un petit tube 
de carton, d'un étui de cartouche, etc., et en les collant so- 
lidement sur les bords avec de petites bandes de papier. 

Oculaire de Iluyrjens. — Avec les oculaires ainsi établis, 
on obtiendra un grossissement assez puissant, malheureu- 
sement les images manqueront toujours un peu de nclleté. 
Mais on peut améliorer notablement la vision, si, au lieu 
d'employer un oculaire formé d'une seule lentille, on se 
donne la peine de construire un oculaire de liuygens. 

Cette pièce se compose de deux lentilles biconvexes 
dont les distances focales sont entre elles comme 1 est à 
3. Ces lentilles sont séparées l'une de l'autre par un in- 
tervalle égal environ à la demi-somme de leurs distances 
focales. On pourra se servir, par exemple, de deux len- 
tilles ayant respectivement 2 et 6 centimètres de foyer et 
placées à 4 centimètres l'une de l'autre. 

Si l'on possède un microscope, on pourra en employer 
avec succès l'oculaire, qui est encore mieux construit que 
ceux que l'on peut faire soi-même ! 

Corps de la lunelle. — Le corps de la lunette se com- 
pose d'un tube long de 2 mètres à 2™, 60 et d'un diamètre 
égalant à peu près celui de l'objectif. On pourra le faire 
élablirenzincparun ferblantier. Mais on peut parfaitement 



72 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

le fabriquer soi-même avec de longs tubes de carton qu'il 
est assez facile de se procurer. Ces tubes doivent être so- 
lidement reliés par des bandes de papier enduit de colle ; 
on peut aussi les emboîter les uns dans les autres, A dé- 
faut de tubes de carton, on arrive au même résultat en 
employant du papier un peu fort que l'on roule de ma- 
nière à obtenir un long tuyau. 

L'essentiel est d'avoir un tube bien calibré. On noircit 
l'intérieur de ce tube en faisant brûler un peu d'essence 
de térébenthine et en y faisant pénétrer la fumée à l'aide 
d'un entonnoir en papier. 

Comme le corps de la lunolle est loin d'être très rigide, 
on le fixe sur une baguette en bois bien droite. L'objectif 
se placera facilement à la partie nnlérieure de la lunette, 
surtout si Ton a soin d'y adapter la boîte cylindrique 
préalablement défoncée, dont on a déjà utilisé le couver- 
cle. A l'extrémité opposée à celle de l'objectif, on place un 
tube porte-oculaire assez long qui pénètre à frottement 
doux dans le corps de la lunette et qui permet la mise au 
point. Une fois les verres en place, il faudra que l'objectif 
et l'oculaire soient aussi parallèles que possible. 

II. Construction du pied 

Le support est la partie la i)lus difficile à construire. 
Etant données les dimensions plulôt encombrantes de la 
lunette, son usage en sera très incommode si elle est pla- 
cée sur un pied instable ou d'un maniement difficile. Il 
faut que l'inslrument puisse se mouvoir dans le sens ver- 
tical — ce que l'on obtient facilement ; — mais il faut 
aussi qu'il j)uisse tourner régulièrement dans le sens ho- 
rizontal, pour suivre le cours des astres, qui, par suite 
du mouvement de la terre, ont vile fait de traverser le 
champ de la vision. Si l'on ne pouvait obtenir le mouve- 
ment horizontal, on serait obligé à chaque instant de dé- 
placer le pied de la lunette, ce qui rendrait les observa- 
tions difficiles et peu agréal^les. 

On doit d'abord fabriquer un solide trépied, d'environ 
l^joO de hauteur. Sur ce trépied, on place un axe vertical 



LUNETTE ASTRONOMIQUE 73 

en bois ou en fer qui portera la lunelle. On peut même 
ajuster sur le support de la lunette une ou deux tiges de 
bois faisant fonction de manettes, qui permettront de poin- 
ter l'instrument dans tous les sens, sans enlever l'œil de 
l'oculaire. 

La lunette ne sera pas fixée en son milieu sur l'axe du 
support, mais en un point beaucoup plus rapproché de 
l'oculaire ; sinon on serait obligé de prendre une position 
très incommode pour observer les astres au voisinage du 
zénith. On rétablit l'équilibre en fixant près de l'oculaire 
un contrepoids quelconque. 

La construction d'un bon support ne présente pas d'obs- 
tacles insurmontables et, avec un peu de patience et d'in- 
géniosité, on arrive à résoudre assez facilement toutes les 
petites difficultés que l'on rencontre. 

III. Principales observations à faire 
avec la lunette. 

Avant de parler des observations visuelles que l'on peut 
effectuer avec cette lunette, disons tout de suite qu'elle 
donne des résultats remarquables au point de vue de la 
photographie céleste. En se servant du verre de besicles 
comme téléobjectif, on prend de très belles photogra- 
phies de la lune et du soleil. Pour en obtenir d'aussi gran- 
des avec une lunette achromatique, il faut opérer avec un 
véritable instrument d'observatoire d'au moins 11 centi- 
mètres d'objectif. En effet, par suite d'une coïncidence 
curieuse, l'image focale de la lune et celle du soleil ont 
un diamètre à peu près égal au 1/100 de la distance focale 
de l'objectif. Avec un verre de lorgnon de 1™,80 de foyer, 
on peut donc obtenir une photographie lunaire ou solaire 
de près de 2 centimètres de diamètre, renfermant de nom- 
breux détails. 

Pour les observations visuelles, la lune offre le champ 
le plus facile et le plus remarquable. On peut utiliser un 
grossissement de 100 diamètres, surtout si on emploie un 
oculaire de Huygens. On voit les montagnes lunaires et, 



74 KEVUE SCIENTIFIQIE DU BOURBONNAIS 

leurs ombres gigantesques, les vastes cirques et les rai- 
nures les plus larges, notamment celles d'Ariadœus et 
d'Hyginus. Si l'on examine la lune surtout avant et pen- 
dant le premier quartier, on peut découvrir plus de quatre 
cents cratères qui offrent à l'œil le spectacle le plus pitto- 
resque. L'observation de la pleine lune offre beaucoup 
moins d'intérêt, parce que les détails sont no3'és dans une 
lumière trop vive. 

On voit facilement les taches solaires, et leur examen 
quelque peu attentif fait pendant plusieurs jours consé- 
cutifs montre avec évidence le mouvement de rotation du 
soleil. Pour cet examen, on fait noircir un verre à la 
lampe, et on en protège une fois pour toutes la mince 
couche de noir de fumée en collant par-dessus une lamelle 
de verre. Le verre fumé se place devant l'oculaire. 

Pour l'observation des planètes, il ne faut pas, en gé- 
néral, employer le grossissement maximum (excepté pour 
Saturne). Au moment des quadratures de Vénus, on voit 
ses phases de la grandeur apparente de celles de la lune. 
On doit, autant que possible, observer celle planète avant 
le coucher du soleil, ou après son lever, sinon son écla- 
tante lumière produira un halo qui ne sera pas sans nuire 
beaucoup à la netteté de l'image. 

Mars laisse apercevoir un discjue sensible. Quant à 
Jupiter, on dislingue parfaitement ses quatre principaux 
satellites dont la position change incessamment. On de- 
vine raplatisscinenl de la planète elle-même, mais il est 
bien difficile d'apercevoir ses bandes nuageuses. 

On peut très bien dislin^uer l'anneau de Saturne et 
même le plus gros de ses salelliles, 1'ilan, surtout si l'on 
obseive cette planète par une atmosphère bien calme (1). 

II est pos-ible, avec ce modeste insIrimuMil, d'observer 
un grand nombre d'éloiles doul)les. Malgré riiié\ilable ft 



(1) la terie, étant pa^hée pr»r le pl.in de l'anneau de Saturne le 
6 janvier 19o8. cet anneau est actuellement très peu ouvert. 11 ira 
en s'élargissant de plus en plus, jusqu'en l'année 1911, époque de 
son maximum d'ouverture. 



ÉTUDE GÉOLOGIQUE 75 

très légère irisation qui se produit autour des images stel- 
laires, on peut ncitcment dédoubler les couples les plus 
brillants jusqu'au rapprochement relativement serré de 5". 
Les ]3lus belles étoiles doubles que l'on pourra examiner 
sont les suivantes : 

a Capricorne, j5 Capricorne, p Capricorne, a Balance, 
e Lyre, o Lyre, K Lyre, G Orion,/ Baleine, o Cygne, 8 Orion, 
T Lion, V Dragon, S Céphée, o Petit Cheval, p Cygne 
<\> Dragon, u Cancer, ô Serpent, x Hercule, 61' Cygne, 
Capricorne. Mizar, « Chiens de Chasse, p Scorpion, 
V Scorpion, C Couronne, y Andromède, y Dauphin, y Bélier, 
Ca-tor, 7 Vierg-, 95 Hercule — « Hercule f4"7), t) Cas- 
siopée (5"7), 4i t Bouvier (4'"8), sont à la limite de la 
visibilité 

Enfin, on peut voir les principaux amas d'étoiles et quel- 
ques nébuleuses, notamment les amas d'Hercule et de 
Persée, et les nébuleuses d'Orion et d'Andromède. 

On voit qu'en dépit de son prix de revient bien modique 
(environ deux ou trois francs), la lunette que chacun 
peut construire entièrement de ses mains, permet de faire 
des observations d'un très réel intérêt. 

Brun. 



BELLENAVES 

(Allier) 



ÉTUDE GÉOLOGIQUE 



Le Bourbonnais forme l'extrémité Nord de cet îlot 
résistant de roches cristallines, gneiss, micaschistes et 
granités, qu'on appelle le Plateau Central. 

Les micaschistes sont très développés près de Mont- 
luçon, sur la rive gauche du Cher et entre la Sioule et 
la Bouble où ils sont la continuation de ceux du canton 
de Menât (Puy-de-Dôme). 



76 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Ils couvrent une grande partie du canton d'Ebreuil et 
forment le massif de la Bosse, aux pentes boisées, dont 
l'altitude est bien modeste si nous la comparons à celle 
du Montoncel (1.292"') dans les monts du Forez, à la 
limite du département de l'Allier ; il faudrait à la Bosse 
une surélévation de 500 mètres pour l'égaler. 

Au pied de la montagne de la Bosse, vers Echassières, 
se trouve un gros filon de quartz, de porphyre quartzi- 
fère, de granité porphyroïde et de pegmatite qui a été 
fortement altéré. En se décomposant, le feldspath, élé- 
ment constitutif du granité, a donné naissance à d'im- 
portants gisements de kaolin. 

A 1 époque tertiaire, une série de dépressions se sont 
produites au cœur du Plateau Central. Des bassins 
communiquant avec le bassin parisien se sont remplis 
d'eau. Le grand lac qui occupait la Limagne d'Auvergne, 
après avoir couvert dans le département de l'Allier le 
golfe d Ebreuil, se prolongeait à l'Ouest, tout le long des 
micaschistes, par Bellenaves, Chantelle, Cesset, Brans- 
sat, Souvigny, Saint-Menoux. De l'autre côté, le lac 
s'appuyait sur les terrains déjà émergés des collines de 
la rive droite de la Loire. C'est à ce lac que sont dus 
tous les dépôts de calc.iires essentiellement lacustres 
de la région, caractérisés surtout par la présence de 
coquillages d'eau douce ou de blocs de phryganes que 
l'on peut observer sur les coteaux de Bellenaves, Naves, 
Charroux, Sénat, Taxât, Ussel, Etroussat. 

Les dépressions lacustres se sont peu à peu comblées, 
il n'est resté que les vallées actuelles. Les eaux plu- 
viales et les cours d'eau ont érodé les roches schisteuses, 
entraîné dans la plaine des dépôts de sable et d'argile et 
le sol s'est ainsi constitué, peu modifié par l'activité vol- 
canique du Massif Central. 

Dans la commune de Bellenaves, adossée aux der- 
nières ramifications du Plateau Central, nous avons à 
considérer des terrains primitifs dont l'altitude varie de 
350 à 500 mètres et qui disparaissent à l'Est et au Sud 



ÉTUDE GÉOLOGIQUE 77 

SOUS des terrains sédimentaires dont l'altitude ne 
dépasse pas 350 mètres, mais n'est pas inférieure à 
300 mètres. 

a) Terrains primitifs. 

Les terrains primitifs sont formés de micaschistes et 
de gneiss. Les schistes micacés et les micaschistes for- 
ment une longue zone situés à l'Ouest du bourg, en 
partie boisée et continuant le massif de la Bosse. Ces 
roches forment un bourrelet dominant la région, près 
du bourg (Puy-de-Mamin). Le micaschiste est employé 
|.j comme pierre à bâtir. Le sol en est noirâtre, silico- 
argileux, avec des fragments de micaschiste ; le sous- 
sol est formé par des bancs de micaschite feuilleté. Cette 
roche disparaît sous une couche de terre végétale assez 
épaisse pour se montrer de nouveau au plateau de 
Boussat et du Bray. Le micaschiste domine aussi dans 
la forêt des Colettes ibois de Veauce, de Naves, de Rous 
sange, de l'Aumône, le bois Jaumal, le Boulard). Les 
gneiss supérieurs viennent s'intercaler entre les schistes 
micacés et les micaschistes pour former le sous sol des 
coteaux voisins de la Bouble, celui des hameaux de 
Balady, le Moulinet, Brène, les Nières et une partie de 
Fognat. 

Le hameau de Beauregard, situé au Nord du bourg, a 
un sol noirâtre, argilo-siliceux, assez meuble, sain, et 
le sous-sol à 40 centimètres est formé par des bancs 
feuilletés de micaschiste tendre. 

h) Terrains sédimentaires. 

Les terrains sédimentaires se sont déposés à la péri- 
phérie des terrains primitifs. 

Le groupe des marnes s'étend au Sud de la commune, 
sur le territoire des hameaux de Saint-Bonnet, Tison, 
Chenevières, les Bavins, la Chaume, les Chatards. C'est 
la marne du stampien supérieur qui n'est qu'un calcaire 
friable à Cypris et à Cliara destructa. Les fossiles sont 
surtout abondants au pied de la butte de Naves, au Sud 
des hameaux de Crouzat et de Saint-Bonnet. 

6 



78 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

A Marmont, le sol est brunâtre, argilo-calcaire, 
meuble, riche, et le sous-sol argilo-calcaire, marneux. 

Sur la bordure du terrain tertiaire entre Valignat, 
Veauce et Bellenaves, les calcaires aquitaniens littoraux 
assez fortement chargés de galets ont subi une décalci- 
fication superficielle qui les a transformés en argiles 
rouges à galets de quartz, où Ton trouve des fragments 
de calcaire à Hélix Ramondi encore intacts. Ces argiles 
sont exploitées sur place pour la fabrication des tuiles 
et des briques aux « Bru\"ères », à l'Ouest de Chene- 
vière, près le chemin de Bellenaves à Veauce^ et à Chas- 
sât, au Nord-Ouest de la Charrière. 

Les marnes du stampien comprennent encore une 
zone peu considérable, au Nord du bourg, près de la 
route conduisant à Chirat-lEglise. Le clos de Maubet 
en est presque entièrement formé : on y trouve des 
argiles bariolées, des grès calcariières, des calcaires et 
des marnes à Cyrena convexa. La tranchée dans 
laquelle a été établie la route laisse apercevoir un banc 
assez épais de ces marnes fossilifères. 

La zone du pliocène pourrait être limitée par une ligne 
suivant la route de Bellenaves à Chantelle-la- Vieille et 
la route de Bellenaves à S^-Bonnet-de-Rochefort. Cette 
zone est assez fertile et forme véritablement la plaine 
de Bellenaves. Les galets quartzeux constituant le sous- 
sol sont souvent agglutines entre eux par un ciment 
ferrugineux très dur, extrêmement difficile à percer, 
c'est le sous-sol du vignoble de Maugarat et d'une par- 
tie de celui de Fognat. On donne ici le nom de « mâche- 
fers » à ces poudingues qui empêchent les racines de 
pénétrer dans le sol et qui nuisent fréquemment à 
la végétation ^d). 

Le clos du Pesselant, au Nord-Ouest du bourg, est 
formé par un sol brunâtre argilo-silico calcaire, meuble, 



(1) Boulanger, Statistique géologique de l'Allier, 1844, — et H. 
Lecoq, Esquisses géologiques de l'Auvergne, Paris, 1866, tome II, 
p. 469. 



ÉTUDE GÉOLOGIQUE 79 

homogène, riche à 11 °/, de calcaire, et un sous-sol cal- 
caire très meuble. 

Au clos de la Fontborne, le sol est brun-noirâtre, ar- 
gilo-siliceux, caillouteux, sain ; le sous-sol est formé 
de beaucoup de cailloux agglomérés par une terre noi- 
râtre ou par des cailloux siliceux et une argile rouge 
jaunâtre reposant sur une couche d'argile calcaire. 

Le clos de Montchoisi est formé d'un sol rougeâtre 
silico-argileux, maigre ; le sous-sol est constitué par 
des cailloux siliceux agglomérés par une argile rouge. 

Signalons aussi quelques ilôts de pliocène près des 
Nières, de Roche, dans les bois de Roussange et dans 
les « J'uelles du Pérat » au-dessus du Bray. 

A l'époque quaternaire notre sol ne subit que de rares 
modifications ; mais par suite de pluies torrentielles, 
les vallées actuelles se creusèrent et leurs cours d'eau 
formèrent de nouveaux dépôts, ceux du pléistocène. 

Ce terrain n'existe dans la commune de Bellenaves 
que près du Bray. Le pléistocène est composé d'argile, 
de sable, de galets ; il se distingue des alluvions mo- 
dernes parce qu'il est à un niveau plus élevé et que ses 
galets renferment des roches de toute nature, granités 
ou gneiss. 

A la même époque, l'activité volcanique de la chaîne 
des Puys, en Auvergne, diminuait, et les eaux dépo- 
saient sur le fond de la plaine tertiaire de la Limagne 
« un manteau d'alluvions et de vases qui devait assurer 
à cette partie de la vallée de l'Allier une éternelle ferti- 
lité * (1). 

L'homme pouvait faire son apparition dans le Centre 
de la France. 

c) Hydrographie. 

Des cours d'eau, plus ou moins volumineux, prennent 
naissance dans quelques fontaines limpides de la forêt 

(1) Marcellin Boule, Le Puy-de-Dôme et Vichy. 



80 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

des Colettes, coulent de l'Ouest à l'Est et vont se jeter, 
après un parcours peu accidenté, dans la rivière de la 
Bouble. 

Le ruisseau des Fa3'^es, le plus important, met en 
mouvement le moulin de Roche, au fond d'une gorge 
pittoresque, et le moulin de Bordureau à quelques kilo- 
mètres en aval. Malheureusement, ce cor.rs d'eau, obligé 
d'alimenter le réservoir d'eau de la station du chemin 
de fer, ne peut y suffire ; de sorte que les moulins 
s'arrêtent faute d'eau dans les années sèches et restent 
complètement inactifs. 

La Bouble, cette petite rivière torrentueuse, vient du 
département du Puy de-Dôme où elle traverse le bassin 
houiller de Saint-Eloy ; à peine entrée dans l'Allier, elle 
passe sous le beau pont de Louroux-de-Bouble et limite 
les communes de Bellenaves et de Monestier. De là elle 
baigne le pied du promontoire escarpé de Chantelle et 
va se jeter dans la Sioule, à trois kilomètres au-dessus 
de SaintPourçqin. 

Pendant Ihiver, elle roule une grande quantité d'eau 
et suffit amplement aux besoins du pittoresque moulin 
de Bost, situé sur sa rive gauche. En été, l'eau devient 
plus rare et le meunier doit recourir à la vapeur s'il veut 
conserver sa clientèle. 

Les gorges de la Bouble sont du plus pittoresque effet ; 
nombre de paysages pourraient captiver l'attention du 
touriste, et le peintre ne regretterait point ses pas, s'il 
tentait parfois de remonter le cours de la Bouble de 
Chantelle la-Vieille à Banassat-leChâteau. 

Les coteaux calcaires de la Limagne bourbonnaise et 
les sites sauvages d'une Sioule encaissée par des rochers 
entre Chouvigny et Ebreuil ne méritent pas non plus 
l'indifférence qu'on leur témoigne généralement. 

Il n'existe point d'étangs dans la commune, sauf le 
réservoir de la prise d'eau pour la gare. 

Les ruisseaux, en été, ne sont alimentés que par les 
plmes, le débit des fontaines devenant très faible. 

Les orages occasionnent quelquefois de grands dégâts. 



ÉTUDE GÉOLOGIQUE 81 

En 1827, des pJuies diluviennes entraînèrent les terrains 
en pente, firent disparaître les bornes entre les pro- 
priétés, déracinèrent les arbres ; quelques habitations 
sur le penchant d'une colline furent même déplacées. 
Pour les journées du H et du 15 juin, les pertes occa- 
sionnées par le débordement des eaux étaient évaluées 
dans la seule commune de Bellenaves, à 76.781 fr. 31. 

Les riverains du ruisseau des Fayes avaient eu par- 
ticulièrement à souffrir : AUigier Louis, meunier à 
Roche, éprouva une perte de 14.145 francs : la chaussée 
du moulin avait été coupée, les maisons détériorées, le 
jardin raviné et 900 poissons de trois ans avaient dis- 
paru de l'étang. 

AUigier Gervais, meunier à Bordureau,est mentionné 
pour une perte de 21.065 francs : la chaussée du moulin 
avait été coupée et les murs de la maison s'étaient 
écroulés. 

Les pluies d'été se sont rarement présentées avec une 
violence aussi caractérisée. 

Pendant les mois les plus chauds, surtout en juin ou 
juillet, il y a de fréquents orages. Notre région se trouve 
située sur la trajectoire suivie par ces phénomènes qui, 
se formant dans le golfe de Gascogne, arrivent dans le 
département de l'Allier par l'Ouest ou le Sud et le cou- 
pent diagonalement pour aller de là en Allemagne. 

Après s'être heurtés au massif des Monts Dore ou au 
plateau de Milievaches, ces orages enfilent les vallées 
de la Dore, de la Sioule ou de la Double et viennent pro- 
duire leurs effets désastreux sur les cantons d'Ebreuil, 
de Gannat et de Saint-Pourçain. Leur violence est alors 
très atténuée et ils continuent leur marche au Nord- 
Ouest, vers la Saône et la Loire. 

Chaque orage ne reste pas isolé ; plusieurs orages 
peuvent éclater dans la même journée ou à quelques 
jours d'intervalle. La grêle se forme au sein des nuages 
orageux et tombe au début ou pendant l'orage, mais 
jamais après ; il grêle bien plus fréquemment pendant 
le jour que pendant la nuit. 



Sl2 ilEVtJE SClENtlPl^UE t)U ÈOURBOÎSTNAlè 

Les forêts exercent sur notre sol une influence protec- 
trice, et les vallées de la Sioule et de la Rouble dérivent 
les orages. La grêle cause beaucoup plus de ravages 
dans la commune de Chirat-TEglise qui se trouve dans 
la vallée de la Bouble. Il en est de même pour les com- 
munes qui sont situées dans la vallée de la Sioule, entre 
Ebreuil, Chantelie et Saint-Pourçain, Aussi les compa- 
gnies d'assurances contre la grêle exigent-elles une 
prime d'assurance plus élevée pour les localités qui sont 
situées dans ces parages. 

Léon BiDEAU. 



BIBLIOGRAPHIE 



Les Zoocécidies des plantes d^Eurofe et du bassin de 
la Méditerranée, -par C. HoUARD, 2 vol. in-octavo formant 
1.247 'P'^E,^^ ût/É'f i-Sàs figures dans le texte, 2 -planches hors 
texte et 4. portraits. — Paris, Hernian, iço8. 

Le mot cécidie désigne la déformation d'une plante 
vivante produite par sa réaction contre l'invasion d'un 
parasite ou encore toute formation de tissu nouveau pro- 
duite sur une plante vivante par un parasite. 

Ces déformations et excroissances étaient désignées au- 
trefois sous le nom de galles ; le professeur Fr. Thomas, 
trouvant que ce mot était pris dans un sens trop général 
le remplaça par celui de cecidium (xr,xtç, galle) qui a 
été universellement adopté. 

Si le parasite appartient au règne animal, il produit 
une zoocécidie ; les phytocécidies sont occasionnées par 
des végétaux, champignons ou algues. 

Ces curieuses déformations ont de tout temps attiré 
l'attention des naturalistes et ont été le sujet de leurs ob- 
servations. 

Les premiers, Malpighi (1G79) et Réaumur (1734) ont 
mentionné dans plusieurs chapitres du plus haut intérêt 
quelques-unes de ces galles et ont raconté l'histoire des 
insectes qui les produisent. Dans l'Encyclopédie métho- 



'"Qw^ 




XX11> Annie, IfOJ. 



BIBLIOGRAPHIE 83 

dique (1791 ) Olivier a décrit un grand nombre d'Hyménop- 
tères avec les galles dont ils proviennent ; mais ces auteurs 
ne s'occupaient que des excroissances les plus volumi- 
neuses et ne tenaient pas compte des déformations moin- 
dres qu'ils négligeaient ou ne remarquaient pas. 

Mais dans les dernières années du xix® siècle, les 
cécidies furent étudiées avec une extraordinaire activité 
par des savant éminents tels que Friedr. Thomas, G. 
Mayr, Lichtenstein, Schlechtendal, etc., et une branche 
nouvelle de la zoologie, la cécidologie, fut créée. 

L'apparition du Catalogue de ce dernier auteur relatif 
aux zoocécidies d'Allemagne (1890), puis du Catalogue 
systématique de Darboux et Houard, étendu à toute l'Eu- 
rope (1901), et simultanément du Synopsis de Kieffer 
(1901) provoquèrent des recherches si fructueuses que le 
nombre des zoocécidies est devenu considérable : à 
l'heure actuelle, on peut l'évaluer à 6.000 en chiffres 
ronds. 

Il devenait urgent de réunir dans un travail d'ensemble 
tout ce qui était connu sur ce groupe de l'histoire natu- 
relle, touchant à la fois à la zoologie et à la botanique, 
qui avait pris si vite une aussi grande importance. 

C'est ce qu'a réalisé M. Houard, avec le plus grand 
succès dans le livre que nous analysons et qui restera 
comme la pierre fondamentale et le manuel indispen- 
sable de cette science nouvelle. L'aire embrassée dans ce 
travail comprend la Flore d'Europe et du bassin méditer- 
ranéen, ainsi que la Transcaucasie, l'Asie Mineure, la 
Syrie, la vallée du Nil, le Nord dte l'Afrique, les îles 
Canaries et Madère dont la végétation rappelle celle du 
Maroc et de la péninsule Ibérique. 

Les zoocécidies que l'on rencontre accidentellement 
dans les jardins botaniques, les potagers ou les parcs 
sur des plantes appartenant à une flore autre que celle 
des régions signalées ci- dessus, ne sont pas passées sous 
silence. 

De même, l'auteur signale les galles qui, à sa connais- 
sance, ont été trouvées sur des végétaux fossiles. 



84 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Le groupement adopté est dans l'ordre naturel des 
familles végétales. 

Les descriptions sont suivies d'indications bibliogra- 
phiques détaillées permettant de se rapporter facilement 
aux écrits originaux les concernant. 

La répartition géographique est fndiquée, ce qui est 
très utile pour les zoocécidies peu répandues et pour 
celles qui n'ont été signalées qu'un petit nombre de fois, 
celles de l'Asie Mineure et du Nord de l'Afrique, par 
exemple. 

Les plantes connues jusqu'à ce jour comme présen- 
tant des galles se répartissent ainsi : 

Cryptogames, 68 espèces. 

Gymnospermes, 35. 

Monocotylédones, 173. 

Dicotylédones, 2.053. 

La famille des Salicinées, à elle seule, fournit plus de 
300 cécidies et on en compte plus de 800 réparties sur 
78 espèces ou variétés du genre Ouercus. 

Le tableau suivant montre que la grande majorité des 
animaux producteurs de galles se trouve parmi les insec- 
tes et les arachnides. 

Coléoptères, 113 espèces. 

Hyménoptères, 290. 

Diptères, 486. 

Lépidoptères, 59. 

Hémiptères, 233. 

Orthoptères, 1. 

Névroptères, 1. 

Acariens, 263. 

Les nombreuses figures intercalées dans le texte sont 
claires, nettes, d'une exécution parfaite. Dessinées, pour 
la plupart, d'après nature, elles constituent la collec- 
tion la plus considérable de dessins cécidologiques pu- 
bliés jusqu'à ce jour. 

Deux planches hors texte montrent, la première, des 
rameaux de Picea excelsa défoiincs par les cécidies pro- 
duites par Adelges slrobilobius et Adelges abietis, et 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 85 

l'autre deux échantillons de Mentha piperita l'un normal, 
l'autre déformé par Erlophes menihse. 

Un frontispice que nous reproduisons donne les por- 
traits d'Olivier et de Bosc, les premiers naturalistes qui 
ont étudié les galles, et ceux de von Schlechlendal et de 
Friedr. Thomas, auteurs de nombreux travaux sur les 
cécidies publiés dans des recueils scientifiques contem- 
porains allemands et autrichiens. 

Enfin ce magistral ouvrage de M. Houard est terminé 
par deux tables volumineuses relatives, l'une aux animaux 
producteurs de cécidies avec renvois aux numéros des 
galles qui les engendrent, et la seconde aux espèces végé- 
tales groupées selon l'ordre alphabétique des genres. 

Ernest Olivier. 



Réunion soieiitiilqLU.e du. Bourbonnais 



Réunion du jo /îiin içoç. 

— M. l'abbé Pierre a capturé sur un tronc de peuplier près 
de Toulon, un insecte buprestide assez rare, Melanophila de- 
costigma Fabr. M. Ernest Olivier l'avait déjà pris aux Ra- 
millons. 

— M. TOURRET envoie des rameaux d'aubépine {Cratœgus 
oxyacanthà) qui sont boursouflés et déformés d'une façon 
remarquable. M. l'abbé Pierre dit que cette déformation qui 
constitue une mycocécidie est due à l'action d'un petit cham- 
pignon du groupe des Urédinées, le Gymnos-porangiuvt cla- 
variœfoTme Jacq. qui, pour accomplir le cycle complet de son 
développemcn>t, doit s'installer sur deux hôtes différents. 
Pendant le printemps et l'été, il vit sur le pommier et l'aubé- 
pine où il forme de petites ponctuations, nommées cécidies, 
dues à l'éclatement qu'il provoque sur l'épiderme de la 
branche attaquée ; il fournit alors des quantités de spores 
qui se répandent sur le genévrier commun et donnent nais- 
sance à la forme d'hiver, qui produit des téleutospores et oc- 
casionne sur ce conifère des déformations pairfois considé- 
rables. 



86 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

— M. l'abbé PIERRE montre des chenilles û'Oreofsyche 
angustella Herr.-Sch. qui ont envahi en grand nombre au 
mois de mai dernier certaines prairies des départements de 
la Loire et du Puy-de-Dôme où elles ont causé quelques dom- 
mag-es aux graminées et alarmé les populations. M. l'abbé 
Pierre a obtenu l'éclosion du papillon et il donne au sujet 
de cet insecte une note qui paraîtra dans la Revue. 

— A propos d'un travail récent de M. le D'' Gillot, sur 
les graines et les fruits que l'on trouve dans les palafittes, 
M. F. Pérot rappelle qu'il a été trouvé un amas considérable 
de lentilles bien conservées, quoique carbonisées, dans le sou- 
terrain refuge situé dans le bois de Preulhat, à Mirabeau, 
communes de Molles (Allier), qui date de l'époque de la 
Gaule indépendante. 

Réunion du 28 juillet içoç 

— M. Brun indique la méthode de construction d'une lu- 
nette astronomique qui permet d'obtenir pour un prix mi- 
nime, un instrument suffisant pour voir les taches solaires et 
les paysages de la lune. Il envoie en même temps des photo- 
graphies de ces astres très nettes et d'un réel intérêt. 

— M. L. BiDEAU communique la Monogra-phie de la corn-' 
mune de Bellcnaves, travail cju'il vient de terminer et où il 
envisage cette commune sous tous les rapports: topographie, 
géologie, climat, faune, flore, ethnologie, archéologie, his- 
toire, a;griculture, industrie et commerce ; tout est passé eu 
revue et chaque partie est traitée à fond avec tous les détails 
qu'elle comporte et une foule de documents. Le plan de la 
ville de Bellenaves, une carte géographique de la commune 
et une autre géologique accompagnent cet ouvrage. On ne 
peut que souhaiter de voir chacune des communes du dépar- 
tement dotée d'une semblable monographie M. L. Bideau 
veut bien en détacher quelques pages relatives à la géologie, 
qui seront publiées dans la Revue. 

— M. Ernest Olivier a pris sur les berges de l'Allier 
près de Chemilly, un Orthoptère nouveau pour le départe- 
ment, Gryllus burdigalensis Latr. Ce Gryllon est très agile, 
il saute légèrement et à une grande distance, et grâce à 
sa couleur qui s'harmonise parfaitement avec celle des grè- 
ves arides sur lesquelles il vit, il échappe facilement à la 
vue et il est assez difficile de s'en emparer. Le Gryllus burdi- 
galensis est très commun dans tout le Midi ; il remonte jus- 
qu'en Touraine et en Bretagne. 

Un autre Orthoptère remarquable, la grande Forficule, 



REUNION SCIENTIFIQUE 87 

Lahidura ri-paria Pall. a été longtemps considéré comnae 
exclusivement méridional ; on le trouve, en effet, communé- 
ment en Algérie et en Tunisie, jusque dans les oasis ; il est 
fréquent sur tout le littoral méditerranéen et dans le M'di 
de la France, mais on le trouve aussi en nombre, aux bords 
de l'Allier et de la Loire sous les cailloux en contact près- 
qu'immédiat avec l'eau, et il vient d'être capturé en nombre 
en Angleterre, à Dorset, à Hauts, près de Bournemouth et 
de Liverpool. Cest donc un insecte largement cosmopolite, 
mais habitant exclusivement le littoral de la mer et le bord 
des cours d'eau. 

— M. L. BÉGUIN signale la capture à Tortezais, au com- 
mencement du mois de juin dernier, de plusieurs individus 
d'un longicorne assez rare VObrium brunneujtt. 

« Agonum gracilipes » Duft. — Pour ceux qui s'intéressent 
à la faune du Bourbonnais, j'indiquerai la capture d'une es- 
pèce rare que le hasard m'a fait prendre un soir, (29 juin 
1908), malheureusement en un seul exemplaire, sur mon 
bureau, alors que j'écrivais à la lumière d'une lampe. Je 
veux parler de VAgomun gracilipes Duft., remarquable par 
sa couleur bronzée et sa forme parallèle allongée. 

J'ai été vraiment surpris de cette capture faite au second 
étage, c'est-à-dire à une assez grande élévation au-dessus du 
sol, élévation qui ne gêne aucunement les Harpalus ou les 
Ophonus, mais je n'avais pas encore vu un Agonum y par- 
venir. J'ai cherché vainement à le reprendre dans les envi- 
rons. Je suppose qu'il sortait des massiifs du parc du Vernet 
et qu'on ne peut le rencontrer que par individus isolés comme 
Synuchus nivalis Panz. ou Batenus livens Gyll. On se sou- 
vient que j'ai pris de la même façon Hoplia hungarica Burm. 
que je n'ai jamais eu la chance de rencontrer depuis cette époque 
déjà bien reculée. Henri DU BUVSSON. 

— MM. BiGEARD et GuiLLEMIN annoncent l'apparition d'un 
nouvel ouvrage sur les cha'mpignons, contenant la descrip- 
tion de ceux de ces végétaux qui sont les plus utiles à con- 
naître et dont le nombre s'élève à plus de 1.600. 

— A signaler parmi les dernières publications reçues : 
Le livre de raison des Bodin de Verneuil, 1550-174Ç, par 

Francis Pérot, in-12 p. 35, Vannes. Lafolye frères, 1909. 

Sur les équations différentielles linéaires et les transcen- 
dantes tinifornies du second ordre, pai M. René Garnier 
(comptes rendus de l'Académie des sciences, mai-juillet 1909). 

V orgatiisation des insectes de la famille des Lampyrides 
avec figures, par Ern. Olivier (comm. au Congrès de l'Assoc. 
pour l'avanc. des sciences à Clermont-Ferrand en i( 



88 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Coyn-pte rendu de la quatrième session du congrès fréhis- 
torique de France à Chambéry, en içoS, in-oct. p. 955 avec 
nomb. fig. Paris, Schleicher frères, 1909. 

Premier congrès international du froid tejîu à Paris, du 5 
au 12 octobre IQ08, in-oct. 3 vol, avec de nombre ^.ses figures. 
Tome I, Comptes rendus du Congrès ; tomes II et III, Rap- 
ports et communications. Paris, au secrétariat de l'Associa- 
tion, 10, rue Denis-Poisson. 

Catalogue des Coléoptères de la chaîne des Vosges, par 
J. Bourgeois, fascicule VI : Brachyderini-Tychiini, in-oct. 
Colmar, 1908. , 

Notice biographique sur Albert Gaudry, membre de Vlns- 
titut, par le D'' X. Gillot, in-oct. p. 38 avec 2 portraits, Au- 
tun, 190g. 

Bulletin de la Société Botanique des Deux-Sèvres, 20^ an- 
née 1908-1909, p. 300 avec 10 portraits de botanistes. 



\ECROLOGIE 

Le docteur J. Bailleau, né à Pierrefitte-sur-Loire (Allier) en 
1830, y est décédé le 2 mars 1909. 

Il fut l'un des premiers qui s'occupa des recherches pré- 
historiques. L'exercice de sa profession lui donnant accès 
partout, il obtint des habitants de la vallée de la Loire, si 
fertile en instruments de toutes les époques, une grande quan- 
tité d'objets et d'outils de silex dont il réunit une nombreuse 
collection. Il découvrit le remarquable atelier paléolitique et 
néolithique de Tilly-Saligny et fit des fouilles fructueuses 
dans la grotte des Fées de Chûtelperron où il trouva, parmj 
beaucoup d'autres ossements, la superbe défense de mam- 
mouth qui figure au musée des antiquités nationales de Saint- 
Germain. 

Le docteur J. Bailleau laisse un fils qui a l'intention de con- 
server ses collections et nous faisons des vœux pour que cette 
importante série d'objets trouvés sur notre sol reste acquise 
définitivement à notre Bourbonnais. 

Le docteur Bailleau était chevalier de la Légion c"honneur. 
Il a publié : 

De rage de la pierre en Bourbonnais, in-8, p. 18, pi. 4. Mou- 
lins, 1867. 

La grotte des fées de Châtelperron, in-8, p. 19, pi. 3. 
Moulins, 1870. 

L'homme pendant la période quaternaire en Bourbonnais, 
in-8, p. 36, pi. 2. Moulins. 1872. 



METEOROLOGIE 



89 



MAI 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 

Altitude : 295 mètres. 



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TEMPÉRATURE 


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Nuageux. 


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16 


780 


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Nuageux. 


3 




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18 


781 




N. 


Nuageux. 


4 




10 


1 


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777 




N. 


Clair. 


5 


P.L. 


12 


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21 


772 




N. 


Clair. 


6 




13 


7 


20 


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Clair. 


7 




14 


8 


22 


772 




S. E. 


Clair. 


8 




14 


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24 


771 




E. 


Clair. 


9 




15 


10 


25 


769 




S. E. 


Nuageux. 


10 




14 


8 


25 


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N. 


Clair. 


11 


D.Q. 


12 


6 


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774 




N. 


Clair. 


12 




15 


6 


27 


774 




N. 


Clair. 


13 




15 


9 


24 


775 




N. 


Clair. 


14 




10 


3 


21 


774 




N. 


Clair. 


15 




11 


3 


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774 




S. 


Nuageux. 


16 




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25 


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S. 


Nuageux. 


17 




14 


19 


21 


769 


0.4 


N. 


Clair. 


18 




15 


6 


24 


778 




N. 


Clair. 


19 


N.L. 


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6 


27 


780 




N. 


Clair. 


20 




15 


7 


30 


779 




S.E. 


Clair. 


21 




19 


13 


33 


777 




N.E. 


Nuageux. Orage à 7 h. s. 


22 




21 


15 


32 


778 




N.E. 


Clair. 


23 




20 


15 


32 


780 


0,6 


N.E. 


Clair. 


24 




21 


15 


32 


782 




S. 


Nuageux. Or. à 11 h. m. 


25 




23 


16 


27 


774 


4 


S. 


Nuageux. 


26 


P.Q. 


12 


6 


20 


772 




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Nuageux. 


27 




12 


7 


20 


771 




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Couvert. 


28 




10 


9 


20 


771 




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Nuageux. 


29 




10 


6 


21 


778 




N. 


Clair. 


30 




15 


10 


25 


780 




N. 


Clair. 


31 




17 


10 


28 


777 




N. 


Clair. 



ht» oh%e.rvaiion% sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



90 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



JUIN 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commun E de Chemilly, près Moulins (Allier) 

Altitude : 295 mètres. 



75 


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TEMPÉRATURE 




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ÉTAT DU CIEL 


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N. 


Nuageux. 


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20 


16 


27 


770 




S. 


Nuageux. 


4 




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770 


5 


S. 


Nuageux. Orage à 4 h. s. 


5 




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768 


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Nuageux. 


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11 


22 


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Nuageux. 


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Nuageux. 


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26 


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N. 


Nuageux.Or.auN.,4h.s. 


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25 


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Nuageux. Orage à 1 h. s. 


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Nuageux. 


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775 




N. 


Nuageux. 


14 




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23 


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N. 


Nuageux. 


15 




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N. 


Nuageux. 


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3.5 


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22 


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N. 


Nuageux. 


19 




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11 


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782 




N. 


Nuageux. 


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26 


782 




S.E. 


Nuageux. 


21 




20 


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27 


772 




S.E. 


Nuageux. Grand vent. 


22 




12 


12 


20 


767 


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Nuageux. 


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Couvert. 


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0,6 


N.O. 


Nuageux. 


2S 




15 


10 


22 


775 




N.O. 


Nuageux. 


29 




13 


13 


16 


770 


3.5 


S.O. 


Giboulées. 


i" 




12 


10 


18 


772 


5,5 


N.O, 


Couvert. 



Lit observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



METEOROLOGIE 



91 



JUILLET 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

GOiMMDNE DE GHEMILLY, PRÈS MOULINS (AlLIKR) 
Altitude : 295 mètres. 



P.L 



D.Q 



N.L. 



■ Q. 



TEMPERATURE 



LE 


MINIM 


MAXIM. 


UATIN 






15 


10 


20 


13 


10 


19 


15 


11 


24 


18 


10 


25 


1« 


15 


25 


15 


14 


17 


13 


11 


19 


12 


11 


18 


12 


11 


21 


13 


11 


19 


11 


9 


17 


12 


10 


16 


16 


11 


17 


16 


12 


25 


17 


15 


23 


15 


13 


23 


16 


14 


23 


20 


15 


25 


20 


15 


29 


18 


14 


26 


18 


11 


29 


21 


14 


30 


20 


14 


30 ' 


16 


14 


27 


20 


11 


;-i3 


J4 


14 


21 


16 


10 


28 


16 


14 


25 


17 


12 


23 


18 


14 


28 


20 


16 


30 



772 

777 
778 
777 
777 
775 
768 
772 
777 
772 
769 



780 
779 
778 
780 
782 
780 
780 
778 
776 
776 
776 
770 
773 
777 
774 
779 
778 
779 



0,6 



1.5 
5 
16,5 

14,7 
1,6 

4,8 



2,6 



7,4 

1,2 
1,7 



N.O. 

N. 
N. 
O. 
O. 

s.o. 
o. 
o. 
o. 
o. 
o. 
o. 

N.O. 

N. 

N. 

N. 

O. 

O. 

E. 

N. 

N. 

O. 
N.O. 

N. 

E. 

S. 

E. 

O. 
N.O. 

O. 
N.O. 



ETAT DU CIEL 

REMARQUES DIVERSKS 



Nuageux. 

Couvert. 

Nuageux. 

Clair. 

Nuageux. 

Couvert. 

Giboulées, 

Giboulées. 

Nuageux. 

Couvert. 

Couvert. 

Couvert. 

Couvert. 

Nuageux. 

Couvert.Or.au S., à 4 h. s 

Nuageux. 

Couvert. 

Couvert. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Clair. 

Nuageux. Orage à 4 h', s. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Clair. 



Le» observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



92 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



AOUT 1909 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

COMMUNK DE GhEMILLY, PRÈS MoULINS (AlLIER) ^ 

Altitude : 295 mètres. 



\n 


■/) S 


TEMPÉRATURE 


i; * 


a 


^ i 




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3 3 r 




ETAT DU CIEL 


1 


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P.L. 


LE 
«ATl.N 


MI.NIM 


M A X 1 U . 


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778 


J O M 




RtMABQUES DIVERSF.S 


20 


13 


31 


N. 


Clair. 


2 




23 


18 


30 


773 




N. 


Clair. \ 


3 




14 


12 


13 


777 




N. 


Nuageux. j 


4 




15 


8 


23 


779 




N. 


Clair. 


D 




IC 


11 


28 


779 




N. 


Clair. ' 


6 




18 


12 


29 


775 




N.E. 


Clair. 


1 7 




20 


13 


33 


774 




N.E. 


Clair. 


' 8 


u.o. 


20 


17 


:^4 


774 




E. 


Clair. 


9 




22 


18 


32 


776 




S. 


Nuageux. Orage à 5 h. s 


h) 




20 


16 


23 


777 


11,9 


NE. 


Couvert. Orageà3h. soii 


11 




19 


15 


28 


779 


5,6 


N. 


Nuageux. i 


12 




20 


16 


31 


779 




N. 


Clair. 


IH 




21 


15 


32 


779 




N. 


Clair. 1 


14 




21 


16 


31 


780 




E. 


Clair. 


15 




92 


16 


33 


780 




E. 


Clair. 


16 


N.L. 


2i 


17 


29 


773 




S. 


Nuageux. Orage à 5 h. s. 


17 




19 


17 


27 


773 


3.7 


S. 


Nuageux. 


18 




16 


16 


24 


770 


3.1 


S. 


Nuageux. 


19 




16 


12 


25 


781 




N. 


Clair. 


2U 




15 


11 


27 


781 




N. 


Clair. 


21 




17 


12 


25 


773 




s.o. 


Nuageux. 


22 




13 


10 


22 


771 


1,1 


N.E. 


Nuageux. ^ 


■23 




10 


8 


24 


773 




NE. 


Clair. 


\lk 


H.y. 


16 


11 


29 


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S. 


Nuageux. 


25 




22 


16 


24 


774 




o. 


Nuageux. 


|26 




15 


11 


22 


775 


2.4 


o. 


Nuageux. 


127 




14 


13 


26 


776 




E. 


Couvert. 


:28 




13 


11 


26 


778 




N. 


Nuageux. 


29 




14 


11 


27 


776 




N. 


Clair. 


l3') 




16 


11 


26 


772 




S.O. 


Nuageux. 


31 


F.L, 


14 


11 


25 


771 




S.O. 


Nuageux. 

j 
— ^^ 1 



Lti observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxiina, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Les tomes I (1888) et II ,4889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome VII (1894) au prix de 
15 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant 10 trancs chacune. 

On peut encore fournir une série complète {tome I-XXI, 
1888-1908) au prix de 250 francs. 

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Nous sommes acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
et 1894. 

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MOULINS, rue François-Péron, a-' 11 (Ancienne rue Notra-Dame. ) 



i 



VINGT-DEUXIÈME ANNÉE 1909 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIKR 



1909 

Quatrième Trimestre 

Premier fascicule 

Pierres à bassins et méçalilhes de la montagne bourbonnaise, par 
M. A. Collet. Descriptions de Lampvrides nouveaux, par 

Ern, Olivier. — Compte rendu des réunions. — Météorologie. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranîrer 10 francs. 



M O U L I N S 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1 909 



En 1909, les Réunions scientifitiues auront lieu aux 
dates suivantes : 29 janvier^ — 26 février, — 31 mars^ 
— 28 avril, — 26 mai — 30 juin — 28 juillet — 
27 octobre — 24 novembre — 29 décrmbre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bonrbontiatie, i""^ partie, Mo'lusques aqua- 
tiques, par M. l'abbc Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2*= partie. Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbé Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. Riviï;ri:. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. Lakondr. 

Flore carbonifère et pei mienne du Centre de la Fiancer 
par M. Beuthoumieu. 

Les Cu'iicida de l'ambre y par M. F. Meunier. 

Le Papillon Machaon, par M. de f<ocQUtGNY-Ar)ANSON. 

Promenades botaniques aux environs de Bourbon- Lancy, par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central^ par 
MM. Lassimonne et Lauby. 

Les diptères pupipares de V Allier, par M. Ernest Oi-1vier. 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

Les ccstodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson^ 

Quelques anciennes thèriaques contre la peste, par M. Renoux^ 

Les blocs erratiques alpins, par M. Stanislas Meunier. 

Bou-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 

Sceau d'un comte de la Marche, par M. G. Bertrand. 

Les temps préhistoriques en Bourbonnais, par M. F. Pérot. 

Tableaux analytiques pour déterminer les coléoptères de France 
(Cryptocephalides), par M. des Gozis. 

Etudes sur la ponte des Odonates, par M. l'abbé Pierre. 

Prodrome duru faune du Puy-de-Dôme, par M. Charvilhat, 

La forêt de Tronçais [Allier), par M. Ernest Olivier. 



PIERRES A BASSmS Eî MÉGALITHES 

du Haut-Bourbonnais et des régions limitrophes L!B1^a/ 

des départements NEW v 

de la Loire et du Puy-de-Dôme BOTani 

GA.r<oeN, 

Les listes les plus récentes ne signalent qu'un très 
petit nombre de monuments préhistoriques dans les 
départements de la Loire et de l'Allier. Cependant, si 
nous en croyons certains archéologues, les régions 
montagneuses du Forez, du Bourbonnais et de l'Au- 
vergne, voisines du Montoncel, seraient extrêmement 
riches en mégalithes, et ne le céderaient en rien, à ce 
point de vue, aux localités classiques, à la Bretagne par 
exemple. 

M. l'abbé Bletterie, M. le docteur Bertrand, MM. G. 
Gagnier et L. Levistre ont annoncé l'existence, dans ces 
régions, de nombreux dolmens, menhirs, cromlechs, 
alignements de pierres plantées ; pierres branlantes ; 
pierres à bassins, cuvettes, écuelles, cupules, fauteuils 
ou sièges ; pierres à empreintes pédiformes (pieds nus 
ou chaussés de sandales, pieds droits ou gauches, isolés 
ou groupés à angle droit, les talons confondus), à em- 
preintes de mains ou de corps entiers, de sabots de che- 
val, de pieds d'animaux divers ; pierres sculptées pré- 
sentant des silhouettes d'animaux (lion, lionne, san- 
glier, cheval, chien, biche, lièvre, etc.) ou d'objets, 
(bateaux, casque avec ou sans cimier, etc.) ; pierres 
ornées ou gravées portant des dessins variés (charrues 
primitives, image d'un gîte de lièvre, etc.), des figures 
géométriques, des caractères hiéroglyphiques, où l'on a 
cru reconnaître des inscriptions celtiques ou phéni- 
ciennes ; de foyers sacrés avec rochers réflecteurs ; de 
sources et étangs sacrés ; de plusieurs monuments ou 
sanctuaires considérés comme uniques, sans similaires 
connus, et enfin de quelques collèges de druides, situés, 



94 REVUE SCIÈKTIFÏQUfî DU BOURBONNAIS 

l'un à l'Ermitage, près de Noirétable (Loire), un autre, à 
proximité des Rocs Vagnons ou des Combeaux, près 
de Ciiàteldon (Puy-de-Dôme), un troisième sur l'un des 
Rës de la partie nord du Haut-Bourbonnais (Allier). 

M. l'abbé Bletterie, ancien curé de Laprugne, a sur- 
tout étudié les monuments mégalithiques du canton du 
Mayet, du Montoncel et des environs du Ré de Sol. 
Dans un travail publié en 1892 (1), il décrit un grand 
nombre de pierres à bassins et mentionne les légendes 
qui s'y rapportent et les découvertes d'instruments en 
pierre ou en métal faites à proximité de ces mégalithes. 

Le docteur Bertrand a exploré les environs de 
Noirétable ; il a fait connaître les résultats de ses re- 
cherches dans une série de notes parues en 1897 et 1898. 
D'après cet archéologue, il n'existe peut-être pas dans 
l'Europe occidentale un pa^^s où les traces des temps 
préhistoriques soient aussi nombreuses. « A chaque pas 
on se heurte à un monument mégalithique : menhirs, 
pierres branlantes, rocs à bassin, etc., partout les ro- 
chers ont été polis, alïectant toutes les formes .. ■> Dans 
une autre publication, le même auteur écrit : « Si nous 
n'avons pas ces alignements grandioses de menhirs qui 
excitent l'admiration des touristes et des savants et dont 
la destination est encore inconnue, nous possédons, en 
revanche, un grand nombre de pierres branlantes et 
d'autels mégalithiques, des menhirs isoles de 3 à4 mètres 
de hauteur, des rochers à figures d'animaux, des em- 
preintes de pieds d hommes, d'enfants, de vaches, et de 
sabots de cheval, des gravures d'instruments en usage 
chez les Gaulois, des tables de constellations, des 
milliers de rochers à cuvettes, etc., sans parler des fon- 
taines, des étangs et des ruisseaux sacrés ». 

Le docteur Bertrand croit avoir constaté que les au- 
tels, les pierres branlantes et les échancrures des cu- 



(1) Rev. se. du Dourb. et du Centre de la Fr., 1892, p. 3. Tiré à 
part, in-oct. 24 pages, 1 pi. 



PIERRES A BASSINS ET MÉGALITHES 95 

vettes sont orientés S. S. O., dans la direction de la 
voie lactée et que leurs lignes de convergence abou- 
tissent à la forêt de l'Ermitage. Il en conclut que l'Ermi- 
tage a joué un grand rôle religieux chez nos ancêtres et 
que cette montagne a dû renfermer un collège druidique 
important. La situation de ce lieu consacré est aussi 
indiquée par les empreintes pédiformes placées sur les 
voies de communication, aux croisements des chemins. 
Toutefois ces empreintes ne donnent, en apparence, 
qu'une indication fausse ; leurs axes se prolongent à 
quelques kilomètres à l'Est ou à l'Ouest de l'Ermitage, 
et, cela, sans doute, pour égarer les non-initiés. Il exis- 
tait évidemment une règle permettant d'obtenir la con- 
cordance de toutes ces directions divergentes. Le doc- 
teur Bertrand a retrouvé cette règle et par suite la ma- 
nière d'utiliser ces empreintes ; les nouvelles lignes 
sont toutes dirigées vers le centre de la forêt de l'Ermi- 
tage. 

M. Louis Levistre cherche à établir l'origine phéni- 
cienne des monuments en pierre brute, qu'il nomme 
argolithes. 

Les Phéniciens remontant la vallée de la Loire ou 
celle de l'Allier, se sont fixés dans nos montagnes et y 
ont apporté leur culte et la pratique des sacrifices 
humains. Les champs de cairns sont leurs cimetières ; 
les dolmens et les menhirs sont leurs monuments funé- 
raires ; les rochers à bassins sont leurs autels à sacri- 
fices et à ablutions lustrales. 

L'auteur cite à l'appui de sa thèse certaines légendes 
bourbonnaises et les inscriptions phéniciennes gravées 
sur quelques rochers (monument de l'Assise ; tumulus 
en pierres sèches voisin de la Pierre Taillée ; Pierre du 
Bénitier, près de la Chabanne ; un rocher à la Roussille ; 
et surtout la pierre de Chargros, près de Châtel-Mon- 
tagne). M. Levistre a exposé sa théorie et donné la des- 
cription de nombreuses pierres à bassins et autres 
argolithes de la Madeleine, du Montoncel, du Ré de Sol 



96 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

et du Mayet-de-Montagne, dans un ouvrage publié à 
Moulins en d902 (1). 

M. Gabriel Gagnier a consacré aux mégalithes du 
Haut-Forez, du Haut-Bourbonnais et de l'Auvergne 
(environs du Ré de Sol;, une série d'articles parus dans 
le Tour du Monde, de 1897 à 1903, et complétés par des 
notes manuscrites déposées à la Bibliothèque de la ville 
de Roanne. Il décrit en un style poétique et coloré les 
sanctuaires de ces régions, presque toujours construits 
dans des sites pittoresques. Ces sanctuaires sont géné- 
ralement consacrés au dieu principal de la religion drui- 
dique, à Bélen, qui se dédouble en Bélen-Soleil (prin- 
cipe feu), et Bélisama-Lune (principe eau), aussi trouve- 
t-on sur ces autels, desfoj^ers sacrés et des bassins ou 
coupelles destinés à la célébration du culte de l'eau ou 
à recueillir le sang des victimes immolées à Bélisama. 

Nous avons visité un grand nombre de ces rochers ; 
la plupart ne paraissent nullement mériter l'appellation 
de mégalithes ou de monuments préhistoriques. 

Les prétendus dolmens et menhirs sont des affleure- 
ments rocheux ou des blocs entassés, toujours très nom- 
breux dans les régions granitic^ues ; ils ne présentent 
d'ailleurs aucune trace de taille et les critiques formulées 
en 1898 par Vincent Durand n'ont rien perdu de leur 
valeur : il ne semble pas que les inventeurs de ces mé- 
galithes aient suffisamment fait la preuve que les roches 
par eux qualifiées de menhirs et de dolmens sont véri- 
tablement des monuments érigés de main d'homme. Ils 
n'allèguent ni disposition manifestement intentionnelle, 
ni sépultures, ni traces de lindustrie primitive, outils 
d'os, de pierre ou de métal, poteries, etc., en corrélation 
avec elles. 

Le granité, roche éruptive essentiellement composée 
de feldspath (orthose ou microcline avec une certaine 



(1) Les monuments depierre brute de la région du Montoncel et les 
pierres jomûtres, in-8, 187 p. et 42 fig., Moulins, 19 2, Et. Auclaire. 
(Extr. de la Hev. se. du Bourb. et du Centre de la Fr. 1899-1902.) 



PIERRES A BASSINS ET MÉGALITHES 97 

proportion d'oligoclase), de quartz et de mica (biotite), 
est attaqué par les agents atmosphériques et se désa- 
grège plus ou moins rapidement ; la désagrégation est 
facilitée par la grande fusibilité du mica et par les nom- 
breuses fentes qui sillonnent les bancs rocheux. Les va- 
riétés à gros grains se résolvent facilement en arènes, 
sortes de sables grossiers, formés de grains de quartz 
(cet élément demeure intact au point de vue chimique et 
subit seulement une destruction mécanique), et de frag- 
ments feldspathiques en partie kaolinisés, c'est-à-dire 
transformés en argile par l'action prolongée du gaz car- 
bonique contenu dans l'atmosphère ou en dissolution 
dans les eaux de pluie. Le mica donne naissance à de 
l'oxyde de fer qui colore l'ensemble en jaune ou en rouge. 

Les masses granitiques sont fréquemment divisées en 
blocs prismatiques par des systèmes de fissures perpen- 
diculaires ou obliques. Les arêtes de ces prismes s'effri- 
tent progressivement par suite delà décomposition, les 
surfaces s'écaillent et les blocs présentent finalement la 
forme de grosses boules disséminées dans l'arène (les 
blocs granitiques arrondis sont très nombreux dans les 
carrières de gore du Mayet). L'entraînement de l'arène 
dans les dépressions du sol dégage les no3^aux de roche 
dure qui ont résisté à la décomposition. 

« C'est à ce processus très normal et non, comme on 
se l'imagine souvent, à quelque cataclysme, que sont dus 
les aspects étranges des régions granitiques, soit en 
Bretagne (massif du Huelgoat), soit dans les Vosges 
(champ du Feu>, soit dans le Massif central (Sidobre de 
Castres (1), le liarz ou le Riesengebirge. Toutes les fois 
qu'on peut observer une coupe naturelle sur les flancs 
d'un mamelon granitique recouvert d'arène, on y voit 
des blocs arrondis, résidus de la déco'mposition du gra- 



(l) Voir « le Sidobre t, par M. Raymond Nauzières. Annuaire 
du Club alpin, 1898, p. 285-331. — L'auteur décrit les principaux 
chaos, rochers branlants ou à profils d'animaux, etc., que l'on ren- 
contre dans cette région. 



98 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

nite. Dans les vallons-têtes de sources à fond plat, on 
observe souvent ces rochers encore à demi enfouis dans 
le sol. Les chaos les plus étranges, les blocs perchés 
qu'une poussée vigoureuse fait osciller ne sont que le 
résultat d'une évolution plus avancée, là où l'arène a été 
complètement enlevée par le ruissellement. Tous les 
granités ne sont pas également aptes à donner des chaos 
de rochers, mais les conditions pétrographiques les plus 
favorables n'ont pas été étudiées (1). * 

Presque tous nos mégalithes sont de nature grani- 
tique ; la roche la plus commune est un granité por- 
phj^roïde ou semi-porphjTo'ide, c'est-à-dire renfermant 
des cristaux de feldspath de grandes dimensions ; quel- 
ques-uns seulement sont formés de diverses variétés 
de granulites ou de porphyres microgranulitiques. 

Les blocs isolés ou groupés, à demi enfoncés dans le 
sol ou perchés sur d'autres blocs, les rochers tremblants, 
polis, sculptés, si nombreux dans les montagnes arverno- 
foréziennes et bourbonnaises, représentent des noyaux 
de granité plus durs et plus résistants que les parties 
voisines ; ces dernières se sont décomposées et désagré- 
gées, puislegore ou l'arène a été plus ou moins com- 
plètement entraîné par les eaux superficielles. 

Ces phénomènes ne sontpas particuliers à la région que 
nous étudions ; on les observe dans toutes les contrées 
qui possèdent la même constitution géologique ; ils don- 
nent à ces contrées un aspect spécial qu'on a appelé le 
« paysage granitique ». 

Nos rochers épars à la surface du sol sont considérés 
parfois comme des blocs erratiques ; cette hypothèse est 
peu vraisemblable. La plupart sont en place ou ont glissé 
sur les pentes, mais ils n'ont subi aucun charriage. 
L'altitude et l'étendue du massif montagneux permettent 
de supposer qu'au moment de la grande extension gla- 



(1) E. DE Martonne, Traité de géographie physique, p. 453. Paris, 
Colin. 



PIERRES A BASSINS ET MEGALITHES 99 

ciaire, le Haut Bourbonnais et le Haut-Forez étaient 
couverts de névés ou de glaciers ; cependant, les géolo- 
gues qui ont étudié ces régions n'ont pas rencontré de 
traces certaines de glaciation (moraines, etc.) (1). 

Nous n'insisterons pas sur les rochers branlants, gra- 
vés ou sculptés. Les archéologues sont aujourd'hui à 
peu près unanimes pour regarder les premiers «comme 
des jeux de la nature » et pour les rayer de la liste des 
monuments préhistoriques Les rochers gravés ou sculp- 
tés que nous avons visités ne rappellent en rien ceux qui 
ont été découverts dans le midi de la France, en Bre- 
tagne, etc. (2). Quelques roches oflfrent une vague res- 
semblance avec les animaux ou les objets dont elles 
portent le nom ; souvent même cette ressemblance ne se 
manifeste qu'à certaines heures du jour par une op- 
position convenable des ombres et des parties éclairées ; 
des roches semblables se rencontrent dans toutes les 
montagnes, Alpes, Pj^rénées, etc., et il nous est impos- 
sible de reconnaître, dans ces apparences, le résultat 
d'un travail intentionnel, 

La plupart des dessins, traits, caractères alphabé- 
tiques gravés que nous avons examinés nous ont paru 
résulter de l'élargissement de fissures préexistantes sous 
l'influence du ruissellement ; ici encore, nous ne pou- 



(1) Consulter ?ur les traces glaciaires, dans la Madeleine, les ob- 
servations de Gi uner et de Tardy, Bull. Soc. géologique de France, 
3« s., t. III, p. 514, 1872 1873 (réunion extraoï-dinaire à Roanne, du 
31 août au 6 septembre 187J . Toutefois, d'après le docteur F. Noé- 
las « un énorme glacier existait au Montoncel avec glaciers secon- 
daires sur ia ch^^ine de la Madeleine reconnaissables à leurs traces ; 
sur les hauts plateaux, ce sont les tourbières et les narses, sur les 
pentes, les roches porphyriques polies et arrondies... » Recherches 
géologiques au point de vue de l'honiyne primitif dans l'arrondis- 
sement de Roanne; l" mécnoire. Ann. de la Soc. d'agriculture, 
industrie, sciences, arts et belles-lettres du départ, de la Loire ; 
2' s., t. VI, p. 396 à 408, 1884 (terrains glaciaires, p. 404-406). 

(2) Comparer nos rochers gravés ou sculptés à ceux qui ont été 
reproduits dans le Musée préhistorique de G. et A. de Mortillet, ou 
dans le Manuel d'archéologie préhistorique, de M. J. Déchelette. 
Paris, Picard, 1908.) 



100 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

vons admettre comme certaine lintervention de l'hom- 
me(1). 

Les pierres à bassins, cuvettes, écuelles, coupelles, 
cupules, nous retiendront plus longtemps ; nos mon- 
tagnes en renferment un grand nombre et quelques unes 
sont très remarquables. 

Nous nous occuperons particulièrement ici des rochers 
à bassins (2), c'est-à-dire creusés de cavités circulaires 
ou elliptiques de 0'",20 à 1 mètre de diamètre, de profon- 
deur parfois moindre que leur diamètre, et pourvues le 
plus souvent d'un déversoir dirigé suivant la pente de 
la pierre. Ces cavités sont presque toutes à fond plat un 
peu déprimé au centre (la dépression centrale est dans 
certains cas assez régulière et profonde pour mériter le 
nom de coupelle ou de cupule) ; le diamètre des parties 
mo3'-ennes ou inférieures est presque toujours plus 
grand que celui de l'ouverture, la section de l'excava- 
tion est alors analogue à celle d'une marmite à panse 
renflée. 

L'eau des pluies y séjourne, l'humus et le sable 
finissent par les combler partiellement, aussi beaucoup 

(1) Ces fissures se poursuivent le plus souvent dans les deux sens 
au delà de la partie élargie ; aussi ces traits sont-ils loin de pré- 
senter la régularité et la netteté de ceux qui figurent les deux bras 
des croix placées sur quelques rochers et qui marquent les limites 
de propriétés ou de territoires (croix de bornage). Voir la Pierre 
croisée près de Saint-Nicolas-des-Biefs, plusieurs blocs aux envi- 
rons de la Roussille, etc. 

Les goulots, anses, boucles que l'on rencontre sur certaines 
pierres (rocs vagnons, pierre de la Halle et pierre du Bénitier, 
près de la Chabanne, etc.), ont sans doute la même origine ; ils ne 
sont pas taillés dans la roche vive, mais toujours placés sur le 
trajet d'une fissure ou d'un filonnet partiellement désagrégé. 

(2' Beaucoup d'auteurs emploient indifl'éremment les expressions 
de bassins, écuelles, cuvettes, cupules, etc., sans tenir compte de 
la forme et des dimensions de ces cavités. Cette fâcheuse pratique 
rend très dilïïcile les comparaisons à distance d'après la lecture 
des mémoires, et peut amener des confusions regrettables. On 
éviterait ces inconvénients en adoptant une nomenclature uni- 
forme. 

Voir par exemple la nomenclature adoptée par M. Levistre, {Les 
monuments de pierre brute, p. 80.) 



PIERRES A BASSINS ET MÉGALITHES 101 

d'entre elles sont envahies par des mousses, des herbes 
ou même par des arbustes. 

A côté des bassins typiques, réguliers, on en trouve 
d'autres de forme naviculaire ou même plus complexe 
résultant de la réunion de plusieurs bassins isolés mais 
voisins, dont les parois communes ont disparu. Les 
creux de grandes dimensions (cuviers, vaguons), sont 
encore plus irréguliers. 

Les cavités situées sur les bords des rochers aftectent 
souvent la forme de sièges ou mieux de fauteuils de 
bureau ; ce sont d'anciens bassins qui ont perdu une 
portion de parois par suite de l'élargissement progressif 
du déversoir. 

Les archéologues qui ont décrit nos monuments ad- 
mettent que les bassins ont été creusés de main 
d'hom.me. Les uns supposent que les tailleurs de pierre 
primitifs ont Utilisé dans ce but des instruments en 
silex ou en pierre polie, les autres regardent cette hy- 
pothèse comme invraisemblable et font intervenir des 
outils en fer. Nous n'avons relevé nulle part les traces 
de ces outils, toutefois l'action prolongée des agents 
atmosphériques a pu les faire disparaître. 

Les bassins bien caractérisés se rencontrent seule- 
ment sur les blocs et sur les affleurements d'une variété 
de granité porphj^roïde ousemi-porphyroïde trèsfeldspa- 
thique ; on observe sans doute de nombreuses excava- 
tions sur les autres roches de la région (1), mais leurs 
caractères sont très différents de ceux des bassins ty- 
piques du granité. On pourra comparer, par exemple, à 
ces derniers, les creux irréguliers des affleurements mi- 
crogranulitiques de l'Assise (Pierre du Jour, Pierre- 
Belle), ou les coupelles hémisphériques du rocher gra- 



(1) Granités à grains fins ou moyens, plus quartzeux, granités à 
deux micas, granulites, porphyresmicrogranulitiques, porphyresà 
quartz globulaire, orthophyres, tuls ou cinérites microgranuli- 
tiques ou orthophyriques, quartz fiionien, etc. 



102 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

nulitiqae appelé Pierre de Saint-Martin à Bussy- 
Albieux. 

Les rochers à bassins portent les traces d'une érosion 
intense ; les arêtes sont arrondies, les angles émous- 
sés, les surfaces aplanies (seuls quelques tilonnets 
quartzeux ou granulitiques, plus durs, demeurent en 
saillie) ; les fissures sont fréquemment agrandies et 
transformées en véritables rigoles ou canaux. Le sol, 
autour de ces roches, est formé ou recouvert d'un sable 
feldspathique de teinte claire, provenant de leur désa- 
grégation ; on rencontre ce même sable à l'intérieur de 
la plupart des excavations et il s'accumule au-dessous 
des déversoirs au pied des parois verticales ou inclinées 
des rochers. 

Si l'on considère le grand nombre de ces cavités fl), 
leurlocalisation sur legranite porphyroïde feldspathique, 
les marques de dégradation des rochers qui les portent, 
l'absence de traces d'outils et de taille intentionnelle, 
leur répartition le plus souvent irrégulière sur les masses 
rocheuses, on est conduit à admettre qu'ils résultent 
d'un phénomène naturel et représentent un mode de 
désagrégation plus fréquent chez cette variété de gra- 
nité que sur d'autres t^'pes pétrographiques. D'ailleurs 
à côté des bassins coTiplets, qui attirent immédiate- 
ment l'attention, on en voit d'autres présentant toutes 
les phases du creusement {2. 

(1) « Les pierres à bassins sont légion dans la montagne bour- 
bonnaise. H (Levistre, p. 53.) « Il existe autour de Noirétable, 
dans un rayon de 10 à 12 kilomètres.... plus de mille rochers à cu- 
vettes... » (docteur Bertrand, A F A S, 26» sess. Saint Etienne, 
1897, p. 1007.) Ce nombre prodigieux de mégalithes suppose une 
population très dense : or rien, jusqu'à ce jour, n'est venu confir- 
mer l'existence de centres importants dans nos montagnes. 

(2) La désagrégation des porphyres microgranuiitiques trans- 
lorme le plus souvent ces roches en une arène grossière dans 
laquelle le minéralogiste peut recueillir des grains de quartz bipy- 
ramidés et des cristaux simples ou groupésd'orthose, assez nets 
et parfois de grandes dimensions. Dans certaines circonstances 
ce sont au contraire les gros cristaux d'orthose qui sont décom- 
posés avant la pâte porphyrique ; l'entraînement de l'argile pro- 



PIERRES A BASSINS ET MÉGALITHES 103 

Ces excavations se sont creusées vraisemblablennent 
dans les parties les moins résistantes du granité (soit en 
raison de l'abondance du feldspath ou de la grosseur 
des éléments), et résultent à la fois des phénomènes 
chimiques de décomposition (^kaoiinisation du feldspath, 
oxydation et hydratation du mica) et de phénomènes 
mécaniques provoqués par la congélation de l'eau qui 
s'accumule dans les creux formés au début. On a 
observé que sur certains rochers, les bassins étaient plus 
nombreux sur les faces sud et sud ouest et que les dé- 
versoirs étaient orientés au midi ou au couchant ; ce fait 
s^explique sil'on remarque que ces expositions sont plus 
favorables que toute autre pour provoquer l'alternative 
des gelées et des dégels et faciliter, par suite, la désagré- 
gation. 

Les rochers à bassins si communs dans les montagnes 
forézo-bourbonnaises ont été signalés depuis longtemps 
dans d'autres régions granitiques. Nous citerons, par 
exemple, la pierre à écuelie voisine du pic de la Violette, 
près de Périgneux (arrondissement de Montbrison) dé- 
crite par Vincent Durand et Révérend du Mesnil (1;, la 
Pierre-Fitte de Decines, bloc erratique de granité signa- 
lée par A. Faisan (2). les pierres à bassins du Puy-de- 



duite par la décompositit n du feldspath fait apparaître sur la 
surface de la roche de nombreux vides prismatiques. Ces em- 
preintes de cristaux sont très fréquentes sur tous les affleurements 
microgranulitiques ; celles que l'on observe sur la Pierre du Jour 
ont été considérées comme « des pustules vitrifiées », soit qu'on 
ait fondu surplace de la silice, soit que ce rocher aj'ant été un 
autel solaire et une pierre à signaux, on y ait entretenu un feu 
assez ardent pour modifii;r ainsi la surface du granité U 

(1) R. DU Mesnil, « La pierre à écuelie du Pic de la Violette et 
Ix légende de Saint Martin », Revue du Lyonnais, 4^ s., t. IX, 
p. 439 447 ; t. X. p 37-48 ; 1880. 

(2; A. Falsan, « De la présence de quelques pierres à écuelles 
dans la région ynoyenne du Bassin du Rhône », Toulouse 1877, br. 
in 8e, 8 p. extr. des Matériaux, etc., juin 1878). 

Voir aussi Léopold Niepce, » Appel pour la recherche et l'étude 
des pierres à écuelles et àbasssins dans les environs de Lyon », Re- 
vue du Lyonnais, 4« s., ♦ . VI, p. 162-177 et 242-257 ; 1878. 



104 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Dôme (1), de la Haute-Loire, (2), du Morvan (3), de 
lAlsace (4) ; celles de la Creuse, de la Corrèze, de la 
Lozère, des Pyrénées, de la Savoie, de la Vendée, de la 
Bretagne, etc., étudiées par MM. de Cessac, Ph. Lalande, 
L. de Malafosse, Noulet, Piette, Schaudel, M. Baudoin, 
etc. (5). 

De l'ensemble des observations recueillies par les au- 
teurs précédents, on peut conclure quil existe des bas- 
sins et des cupules d'origine naturelle et d'autres creusés 
de main d'homme ; toutefois, à l'inverse des cupules, les 
bassins taillés sont rares, la distinction entre les deux 
types de bassins étant d'ailleurs, dans certains cas, très 
difficile à établir. 

La formation de ces excavations a été attribuée à des 
causes multiples : altération de la roche sous linfluence 

(1) Dr PoMMEROL, Bull. Soc. d'Anthr. de Paris, 2* s., IX, 765 ; 
X, i25; XI, 307-310,etc.; A. F. AS, 1886, ISSTet suiv. ; Bull. hist. et 
scientif.de l'Auvergne, 2' s. 1900, p. 258-268. - Victor Tixier, 
Pierres celtiques. —A. RoL'JON. Bull. Soc. d'Anthr., XI, p. 310-313. 
— AbbéGaivEL, Chronique du Livradois [pierres à bassins), Ambert, 
Giangier. 1852. 

(2) Aymard, « Note sur les Roches à bassins dans la Haute- 
Loire », Ann. Soc.dAgr. etc. du Puy, XU, 3'il-371 ; 1861 et suiv. 

(3) Hippolyte Marlot, Notice sur les pierres à bassins du Mur- 
van, Mémoires de la Commission des antiquités de la Côte-d'Or, 
t. IX, 1874-1877, p. 201-206 ; Les pierres à bassins d'Uchon et leurs 
légendes, br. in-8, 8 p. 1908. 

H. DE Chaignon « Pierres à cuvettes d'Uchon », Ann. Soc. des 
sciences naturelles d'Autun, \903, p. I'i7-lll. 

■V'oir aussi Jacquinot, « Les mégalithes de la Nièvre », Bull. 
Soc. d'Anthr. de Paris, 1886, p. 323-345. 

(4) Bleicher et Faudel, Matériaux pour une étude préhisto- 
rique de l'Alsace, 2e p., in-8, Colmar, 1880, p. 68-83. 

F. VouLOT, Les Vosges avant l'histoire, Mulhouse, 1872, in-4°. 

(5) Nous renverrons nos lecteurs aux publications suivantes : 
Matériaux pour l'histoire primitive de l'homme, t. VI, \'II, et 

suiv. ; 

Mémoires et Bulletin de la Soc. d'Anthropologie de Paris ; 

AFAS, comptes rendus des sessions annuelles ; 

Congrès archéologique de France. C.-B. des réunions annuelles ; 

Congres préhistorique de France, I, session de Périgueux 1905 ; 
II, Vannes, 1906 ; lîl, Autun, 1907 ; IV, Chambéry, 1908, Beauvais, 
1909, etc. ; 

Bulletins et Mémoires de nombreuses sociétés locales. 



ϻIEBRES A BASSINS ET MEGALITHES 105 

des agents atmosphériques ; disparition d'enclaves ou 
de nodules ; destruction de géodes ; action des eaux tor- 
rentielles, de la glace, des vagues de la mer. 

La première théorie est celle que nous avons admise 
pour expliquer l'origine des bassins que nous avons étu- 
diés ; la production de ces cavités étant favorisée par la 
propriété du granité de se déliter en écailles concen- 
triques. 

Le granité renferme souvent des fragments de roches 
étrangères, gneiss, micaschistes, schistes anciens, etc. ; 
la décomposition de ces enclaves, parfois moins résis- 
tantes que le granité lui-même, produit un vide qui 
pourra s'accroître ultérieurement. Le docteur Noulet (!) 
a observé à Aulus, dans l'Ariège, sur des blocs erra- 
tiques de granité, la présence de boules ou de demi- 
boules de nature amphibolique dont la couleur verte 
tranche avec la nuance de la roche qui les enveloppe. 
« Or, il arrive que ces noyaux amphiboliques, moins 
résistants que leur gangue, se désagrègent parfois et 
finissent par laisser ces bassins creux que l'on croirait, à 
cause de leur régularité, avoir été creusés de main 
d'homme ». 

Le granité des montagnes forézo-bourbonnaises ren- 
ferme de nombreuses enclaves, de nature gneissique 
dans le massif du Montoncel, constituées le plus sou- 
vent par des schistes anciens dans le massif de la Made- 
leine et des montagnes de la Côte, mais nous n'avons 
remarqué, jusqu'à ce jour, aucune corrélation entre la 
présence de ces enclaves et celle des bassins sur les 
mêmes rochers. Nous avons recueilli à la surface du sol, 
dans le voisinage du rocher de la Baronnie et aux envi- 
rons de Beauvoir, des blocs arrondis, très durs, d'une 
roche micacée et amphibolique ; ce sont des débris de 
filons plutôt que des enclaves. Le granité de Noirétable 



(1) Noulet, Bassins, ouvrage de La nature, (Matériaux pour l'hist. 
de l'homme, t. VII, p. 77 ; 1872.) 



1Ô6 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

renferme, sans doute, quelques filons de porphyrites 
amphiboliques et micacées analogues à ceux que Ton 
rencontre fréquemment dans les granités et les gneiss 
du Lyonnais. 

C'est par un processus analogue qu'on a expliqué la 
formation des cavités quon rencontre à la surface des 
lambeaux de grès qui surmontent certaines montagnes 
granitiques dans les Vosges Ces grès contiennent des 
cailloux de quartzite et des rognons de sanguine ; l'énu- 
cléation des cailloux ou la désagrégation des fragments 
de sanguine donne naissance à une alvéole qui s'agran- 
dit progressivement par l'action prolongée des agents 
atmosphériques. 

La destruction partielle de géodes sphériques ou 
ovoïdes ne saurait être retenue comme cause de produc- 
tion des bassins sur les rochers granitiques ; ces derniers 
sont parfois sillonnés de fissures d'une certaine lar- 
geur, mais on n'observe jamais dans la masse de la 
roche la présence de vides de forme arrondie. 

Nous ne nous arrêterons pas à l'examen des 
autres modes de formation des bassins : action des 
eaux torrentielles, des glaciers ou des vagues de la 
mer (1); selon toute vraisemblance, aucune de ces causes 
n'est intervenue dans le creusement des cavités de nos 
roches granitiques. 

Nous attribuons aux bassins une origine naturelle ; 



(1) Les géologues donnent le nom de marmites des géants aux 
cavités de iorme généralement cylindrique creusées dans les roches 
mêmes très dures qui forment les lits des torrents, des glaciers ou 
des plateformes d'érosion situées entre les niveaux de la haute et 
de la basse mer. Les vagues ou les eaux torrentielles coulant à 
l'air libre ou sous la glace (torrents sous-glaciaires) impriment 
un mouvement de rotaiion aux sables et aux cailloux engagés dans 
les creux du lit ; le frottement use peuà peu les parois de ces cavi- 
tés et les approfondit progressivement. Voir de Lapparent, Traité 
de géologie, ô' éd. 1906 ; t. l, p. 171, 242, 290. 

On peut observer des exemples de semblables cavités dans le lit 
de la Loire, on tamment près du château de la Roche et dans 
celui du Barbenans, à la cascade du Darot. 



t'IERRÈS A BASSINS ET MEGALITHES 107 

mais il ne faudrait pas en conclure que tous les rochers 
va bassins et autres mégalithes de la région n'ont aucun 
intérêt préhistorique. Plusieurs d'entre eux, en raison 
de leur aspect bizarre, ont dû attirer l'attention des ha- 
bitants établis dans leur voisinage et ont été peut-être 
utilisés pour le culte ou pour tout autre usage (1). C'est 
sans doute le cas des rochers qui portent un nom carac- 
téristique ou auxquels sont attachées d'anciennes tradi- 
tions, comme les Pierres de Saint-Martin (2) et les Pierres 
à légendes. Parmi ces dernières, nous mentionnerons le 
rocher de Courtine, près du Mayet-de-Montagne, la 
Pierre humide du Plan James, au pied du Ré de Sol, le 
rocher des Fourches, à la Roussille, au sommet duquel, 
chaque année, le 16 août, fête de saint Roch, le clergé de 
Chàteldon bénit les troupeaux rassemblés dans les 
champs voisins. 

Les rochers précédents ont été cités à titre d'exem- 
ples ; il est probable qu'une étude attentive de la ques- 
tion permettra d'accroître considérablement le groupe 
de nos pierres à légendes et des mégalithes naturels de- 
venus monuments préhistoriques par appropriation. 
Toutefois, il faudra éviter toute généralisation hâtive et 
examiner avec soin chaque cas particulier. 

En résumé, un petit nombre seulement des mégalithes 
décrits par les archéologues dont nous combattons les 
affirmations, présentent un certain intérêt préhisto- 
rique ; l'immense majorité « n'ofire que des accidents 
purement naturels, curieux à la vérité et dont la conser- 
vation (3) est désirable au point de vue pittoresque, mais 

(1) Un bel exemple de rocher naturel approprié par l'homme a 
été cité par Vincent Durand dès 1876, à Saint-Martin-des-Côtes, 
commune de Sairxt-Georges-en-Couzan. 

(2) Pierre de Saint-Marlin de Russ3'-AIbieux, celle dite d'Am- 
bierle, bien que située sur le territoire de Saint-Haon-le-Vieux,etc. 

(3) Les carriers ouvrent rarement, dans nos montagnes, des ex- 
ploitations importantes ; ils débitent les blocs qu'ils rencontrent à 
la surface du sol. De ce fait, beaucoup de rochers intéressants ont 
déjà disparu. 

Le docteur Bertrand s'est préoccupé, dès 1897, d'assurer la con- 



108 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONKAIS 

dans lesquels la science des antiquités nationales n'a 
rien à voir. 

On ne peut qu'applaudir aux efforts des personnes qui 
travaillent à accroître le patrimoine archéologique de 
nos anciennes provinces, mais il importe que les cher- 
cheurs ne fassent pas fausse route. Il y aurait des dan- 
gers de plus d'un genre à laisser s'établir l'opinion que 
tout amoncellement un peu singulier de rochers, toute 
cuvette, toute rainure dans le granité est l'œuvre des 
druides ou de leurs sectateurs. Sur une multitude de 
mégalithes, des légendes de seconde main se forme- 
raient qu'il serait très difficile, dans vingt ou trente ans, 
de distinguer des traditions véritablement anciennes, 
qui seules méritent d entrer en compte. 

Et comme tôt ou tard on reconnaîtrait le mal fondé de 
cette généralisation inconsidérée, les monuments au- 
thentiques risqueraient, à leur grand détriment, d'être 
enveloppés dans le même discrédit que les apocryphes. 
En sorte qu'après en avoir vu partout, on ne voudrait 
plus en voir nulle part. Le roman aurait tué l'histoire. » 
(Vincent Durand.) 



servation des mégalithes du canton de Noirétable. Sur son initia- 
tive, le Conseil général de la Loire, dans la session d'août de la 
même année, a émis un vœu tendant au classement de ces méga- 
lithes comme monuments préhistoriques. Dans la session d'août 
1898, la morne assemblée a voté une s> mme de 500 francs pour per- 
mettre à M. le Préfet de prendre les mesures de préservation les 
plus urgentes. Un délégué du Ministre de l'Instruction publique 
s'est transporté sur les lieux pour désigner les monuments à clas- 
ser ; nous ignorons si un rapport a été déposé à la suite de cette 
enquête. 

Des démarches analogues ont été faites en Bourbonnais parle 
docteur Gacon et le Conseil général d.; l'Allier. 

On peut obtenir le classement des rochers qui présentent un 
intérêt préhistorique, mais la conservation des autres « méga- 
lithes » nous parait plutôt intéresser les syndicats d'initiative et la 
Société pour la protection des paysages de France. 



PIERRES A BASSINS ET MEGALITHES 109 

BIBLIOGRAPHIE 

des mégalithes et pierres à bassins des montagnes 
Arverno-foréziennes et Bourbonnaises 



I. — Bertrand (conservateur du Musée de Moulins), Bull. Soc. 
d'Emulation du Bourbonnais, t. XI, p. 280-281 ; 1903. 

II. — Docteur Bertrand (de Noirétable), French and English 
Gazette, 1897. 

III. — Docteur Bertrand, <( Important collège de Druides 
dans la région de Noirétable », AFAS, p. 999-1017, C. R. de 
la 26^ session, St-Etienne, 1897. 

IV. — Docteur i>Er<TKAND, Procès-verbaux du Conseil général 
(départ, de la Loire), session ordinaire d'août 1897, p. 1363- 
1364. 

V. — Docteur Bertrand, Id., session ordinaire d'août 1898, p. 
1258-1267; discussion, p. 1267-1270. 

VI. — Abbé Bletterie (Julius Florus), Les monuments méga- 
lithiques et celtiques du Bourbonnais, br. in-8, 24 p., i pi.; 
Moulins, imp. E. Auclaire, 1892 (Extr. de la Revue sctentif. 
du Bourbonnais et du Centre de la France, janv.-févr. 1892). 

VII. — Vincent Durand, Note sur le culte de saint Martin d 
les lieux qui -portent son nom dans le départeynent de la 
Loire. Congrès scientifique de France, 42^ session tenue à 
Autun du 4 au 13 septembre 1876, t, II, p, 525-548. 

VIII. — Vincent DURAND, Les monuments mégalithiques. 
Journal de Montbrison et du départ, de la Loire, 67® année, 
3® s., n° 235, dimanche 11 septembre 1898 (article de trois 
colonnes et demie, non signé). 

IX — L. Levistke L^s )nonum?nts de pierre bnife de la région du 
Montoncel et les pierres j-nràtr-s, in S 187 p , avec nombreuses 
figures. Moulins, impr. Et. Auclaire, 1902. (Extr. de la Revue 
scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France, 1899- 
1902.) 

X. — Aubert DE LA Faige, Cinquième excursion de la Soc. d'E- 
mulation du Bourbonnais (25 juin 1903). Vallées de la Bes- 
bre et du Barbenans, Chàtel-Montagne et Montmorillon. Bull. 
d'Emulation du Bourbonnais, t. XI, 1903, p. 293-294, 

XI. — Gabriel Gagnier, Les monuments mégalithiques du Haut- 
Forez et leurs coupelles {Le Tour du vionde, nouv. série, 
3« année, livraison n° 36, 4 sept. 1897. A travers le vionde, 
p. 281-284.) 

XII. — Gabriel Gagnier, Monuments mégalithiques du Haut- 
Bourbonnais et d'Auvergne, coupelles et pierres à sacrifices 



dlO KEVUE SCIENTIFIQIE DU BOURBONNAIS 

{Tour du monde, nouv. série, 4^ année, livr. n° 9, 26 févr- 
1898. A travers le monde, p. 65-68.) 

XIII. — Gabriel G.'VGMER, Mégalithes d'Auvergne, tumtilus U 
sanctuaires.' {Tour dîi monde, nouv. série, 4« année, livr. n'' 
31, 30 juillet 1898. A travers le monde, p. 241-244.) 

XIV. — Gabriel Gagmer, Les mégalithes du Haut-Forez (Tour 
du monde, nouv. série, 7® année, livr. n° 26, 29 juin 1901. A 
travers le monde, p. 201-204.) 

XV. — Gabriel Gagnier, Mégalithes d' Auvergne; le plateau 
de la Roussille, Dolmens et menhirs, Myrrdhin et CJiwibliane. 
Sanctuaire lunaire et survivance du culte. Etang sacré {Tour 
du monde, nouv. série, 8^ année, livr. n° i, 4 janv. 1902. 4 
travers le monde, p. 1-4, plus i page non cotée.) 

XVI. — Gabriel OkC^X^Vi, Mégalithe s du Haut-Bourbonnais; de 
V Assise au Saint-Vincent. Autels et blocs sus-pendus {Tour 
du monde, nouv. série, 9® année, livr. n° 24, 15 juin 1903. A 
travers he monde, p. 185-188.) 

XVII. — Gabriel Gagnier, Mégalithes du Haut-Bourbonnais. 
Autel des bruyères. Inscription magique. Manuscrit daté du 
24 sept. 1903. Bibliothèque de la ville de Roanne. 

XVIII. — Fr. NOÉLAS, Légendes et traditions foréziennes, 
vol. in-8, Roanne, Durand, 1865. 

XIX. — Fr. NoÉLAS, Dictiontiaire géographique ancien et 
moderne du canton de St-Haon-le-Châtel. Un vol. in-8, S.- 
Etienne, 1871. (Extr, des Ann. de la Soc. d'Agr. etc. du dé- 
part, de la Loire). 

A. Collet, 
Docteur ès-sciences. 



LAMPYRIDES NOUVEAUX 

Décrits par Ernest OLIVIER 



Lncidota ornata nov. .'p, 

Oblonga, nigra ; anlennis dimidio corporis longiorihus, 
comprcssis, aiiiculis 3-7 inlus dilalalis, nigris, duobus ul- 
limis albls ; prolhorace brevi, semilunari, margine nigro 
crebre punclalo, disco minialo, lœvi ; scutello triangiilari, 
nigro ; ehjlris prolhorace lalioribus, oblongis, nigosis ; 
duobus ultimis ventris segmenlls albidis ; pedibus nigris. 

Long., 6 mill. 



LAMPYRIDES KOUVKAUX 111 

Pérou : Huallago (Coll. Pic ex Baer), Marcapala (la 
mienne.) 

Lucidota propinqiia nov. sp. 

Oblonga, nigra ; proihorace, tibiis anticis et Intermediis, 
coxisque ru(is ; capile inlra oculos rulo ; antennis n?gris, 
articulis 4-10 parum compressis ; prothorace brevi, semi- 
lunari, sulcalo, margine erecto, tenue pundato, disco lœviy 
angulà posticis acutis et relro productis ; scutello conico, 
apice truncalo ; elytris elongatis, oblongis, crebre puncta- 
tis, costulatis, pubescentibus, pijgidio trilobato ; S tribus 
ultimis ventris scgmentis lucidis, roseis, ultimo brevi, in 
medio poslico denlato ; 9 5° et 6° ventris segmentis plaga 
lucida ornatis, ultimo basi ruiescente, apice inciso. 

Long., 12 mill. 

Brésil : Petropolis (Ma Coll.). 

Cette espèce se place près de L. Leconlei Kirsch dont 
elle se i-econnaîlbien à la couleur noire de la poitrine et de 
l'écusson, aux angles du prothorax plus longs et saillants 
en arrière, etc.. Elle diffère de L. consors Ern. Oliv. par 
ses antennes non dentées, '-^implenieni comprimées, par les 
angles i^ostérieurs de son prothorax beaucoup plus accen- 
tués, par son appareil lumineux plus développé, etc. Sa 
taille beaucoup plus avantageuse et les articles de ses an- 
tennes seulement comprimés, sans dents, l'écartent aussi 
de L. thoracica G. -A. Oliv. 

Photinus flaveolus nov. sp 

Oblongus, omnino pallide (lavescens ; capile nigro ; 
antennis et palpis piceis ; antennis dimidio corporis 
sequalibus, articulis pau^um compressis ; prothorace subo- 
givali, marginato, dense pundato, plaga quadrata discoi- 
dali lœvi, sulcata, brunneo-rulescente ; scutello conico, 
apice truncato ; elytris ampliatis, elongatis, costulatis ; 
(S tribus ultimis ventris segmentis lucidis, utrinque im- 
pressùonnatis, ultimo brevi, in medio postico anguloso ; 
Ç ignota. 



112 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Long., 15 mill. 

Pérou : prov. de Huallaga (Coll. Pic ex Baer). 

Photinus perbrevis nov. sp. 

Ovalis, parum convexus, niger ; antennis proihorace viv 
longior'tbus ; proihorace hrevi, subtriangulari, laleribus 
arcuatis, sparsim sal prolunde punctalo, carinafo, angiiUs 
posticis obiusis, [lavido, macula discoidali brunnea, ulrin- 
que rosea ; scutello triangulari, nigro ; ehjtr'ts proihorace 
latioribus, oblongis, rugosis, obsolele coshilalls, nigris ; 
siibius niger, tribus ultimis venlralibus segmenlis lucidis, 
pedibus plceis. 

Long., 7 mill. 

Brésil : Yatahy (Coll. Pic, la mienne). 

Photinus risorius nov. sp. 

Elongalus, anguslus, parallelus, niger ; ore, anlennis '? 
pedibus piceis ; proihorace elongaio, aniice aiienuaio, 
margine crebre ei prolunde punciaio, basi! recie iruncato, 
angulis posticis reciis^ [lavo, macula discoidali quadraia 
auraniiaca Isevi et sulcata ; scuiello triangulari (lavo ; ehj- 
tris proihorace haud lalioribus, elongalis, anguslis, parai- 
lelis, pubescenlibus, rugosis, obsolele costulalis, nigris, 
tenuiler [lavo limbalis, coxis llavis, 6 Iribus ullimis vcn- 
tris segmenlis roseis luci'dis, 5" et 0° in medio postico 
emarginalis, uUimo pcrbrevi bisinualo ; 9 hjnola. 

Long., 10-12 mill. 

Brésil : Jatahy (Coll. Pic, la mienne). 

Photinus Latreillei irom, nov. 

En 1832, Lalreille a décrit, dans le second volume des 
Insectes du voyage d'Alex, de Ilumboldt (1), un Lampij- 
ris auquel il donnait le nom de scintillans, en le compi- 
rant aux L. hectica et pensylvanica qui font aujourd'hui 

(1) Les infectes dans Voyage de A. de Humbold.T. f[, 1832, p. 14, 
pi. XXXI, fig 4. 



LAMPYRIDES NOUVEAUX 113 

partie du groupe des Photurini. Gemminger et de Harold, 
dans le Catalogus Coleopterorum, l'ont classé dans le 
genre Photuris ; mais, à en juger par la description et le 
dessin qu'en donne Latreille, il en diffère considérablement 
et c'est dans une section des P/70/mus qu'il doit être placé. 
Le vocable scintillans ayant déjà été employé dès 1825 
par Say pour un Photinus des Etats-Unis (I), fait alors 
double emploi, et le nom donné par Latreille, n'ayant pas 
la priorité, doit être changé. Je le remplace par celui de 
Laireillei. Par conséquent, Photi!nus Latreillei Ern. Oliv. 
= Photinus scintillans Latr., nec Say. 

l'IIOTLKLM 

Quand j'ai public, en 1886 {2}, la révision du genre 
Photuris tel que le comprenait Lacordaire, je l'avais par- 
tagé en trois sections assez bien caractérisées par la con- 
formation des ongles des tarses. En raison du grand nom- 
bre d'espèces qui font actuellement partie de ce genre, je 
crois utile de le diviser et de donner des noms aux sec- 
tions primitivement établies. 

Le nom de Photuris qui figure dans le Catalogue Dejean 
et que Le Conte a adopté en 1851 pour les espèces des 
Etats-Unis, restera seulement réservé à celles qui for- 
maient ma deuxième section et qui ont, comme dit l'auteur 
américain ungues externi fissi, interni simplices. 

Pour les deux autres sections, je reprends les dénomina- 
tions de Motschulsky : Bicdlomjcha pour les espèces de 
la troisième section ayant les deux angles des tarses fen- 
dus, et Pyrogaster pour celles de la première section dont 
tous les ongles sont entiers ; le vocable Photuris, dans le- 
quel Motschulsky fait entrer des espèces ainsi confor- 
mées, doit être rejeté, Le Conte l'ayant employé antérieu- 
rement pour une autre section. 

L'ancien genre Photuris formera donc la tribu des P/10- 
turini ainsi composée : 

(1) Journ. Acad. Nat. Se. Philad., T. V, 1825, p. 163. 

i2) Ann. de la Soc. Entomologique de France 188G, p. 201, pi. III. 



114 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

PHOTURIIVI 

Ern Olivier Gen. Insec. (Wvtsman) Lc>mp. 1907, p. 57. 

Ongles externes et internes des tarses entiers dans les deux 
sexes. Pyyogastdr Motsch. 

PJwturis Ern. Oliv. Sect. 1. 
Ongles externes des tarses fendus dans les deux sexes, les 
internes entiers PJwturis Le C. 

Photuris Ern. Oliv. Sect. II 
Ongles externes et internes des tarses fendus chez le c/", en- 
tiers chez la Ç Bicellonycha Motsch. 

Photuris Ern. Oliv. Sect. lil 

Pyrogaster margipalKns nov. sp. 

Elongalus, subparallelus, pubcsccns, niger, ore tesia- 
ceo ; prolhorace elllplico, tenue punctato, nigro, testaceo 
limbato, angulis poslicis aculis et rétro productis ; scu- 
tello nigro ; elyiris nigris, subparallelis, rugosis, pubes- 
cenlibus, sutura tenuissime et margine latlus testaceo lirn- 
batis, apice autem immarginato ; pectore, abdomine et 
pedibus nigris ; coxis et lemorum basi testaceis ; venlrL's 
5° et 6° segmentis puncto roseo lucido ornalis, ultimo 
brevi, in medio aeulealo. 

Long., 10 mill. 

Brésil (Ma Coll.). 

Voi.^in de Ph. (ugax Ern. Oliv. ; différent par la colora- 
tion noire de la poitrine et du disque du prolhorax, par la 
bordure marginale testacée des élytrcs qui part dès leur 
base môme, ne laissant de noir que le sommet de l'angle 
apical, par la suture finement bordée de testacé sur les 
deux tiers, au moins, de sa longueur, etc... 

Un exemplaire a les jambes en entier d'un testacé obs- 
cur et les quatre premiers segments du ventre étroitement 
bordés postérieurement de cette même couleur. 

Photuris verticalis nov. sp. 

Elongata, angusta, parallela, v'éllosa, nigra ; capite rufo, 
verlice nigro, mandibulis piceis ; anlennis nigris, duobns 
primis arliculis rulis ; prolhorace brevi, antice rolundato, 



LAMPYRIDES NOUVEAUX 115 

crehre punctato, angulis parum prominulis, teslaceo, disco 
brunneo rulescente ; scutello triangulari, sordide tesla- 
ceo ; ehjlris clongalis, parallelis, villosis, punctulalis, gri- 
seis, margine et vitta mediana dilutioribus ; pectore ni'gro, 
trockantcribus. coxis et pedibio rulis, tarsis fusco annula- 
tis, externis unguiculis (issis ; abdomlne nigro, tribus ul- 
timis segmentis cereis, ultimo conico ; (S ignola. 

Long., il iniil. 

Brésil : Jatahy (Coll. Pic, la mienne). 

Espèce voisine de rliagonychioides Ern. Oliv. ; en dif- 
fère par la coloration de la tête, des jambes, du dessous 
du corps, etc.. 

Photuris uncta nov. sp. 

Elongala, angusta, parallela, pubescens, nilida, nigra ; 
antcnni^ plceis, articula primo rulescente ; capite,] roll.o- 
race, scutello, coxis et lemorum basi rufis ; protliorace 
subogivali, tenue punctato, angulis sat rctro productis ; 
elytris prothorace vix latioribus, elongatis, parallelis, ru- 
gosis, costulatis, obscuris, sutura, margine et humeris 
rulescenlibus ; pectore et abdomine nigris ; S quarto seg- 
mento in medio ru^o, tribus ultimis rulis, nitidis, ultimo 
perbrevi, in medio aculeato ; 9 5° et 6° venlris segmentis 
plaga nilida (lava en medio ornatis, ultimo [lavescente, 
triangulari, apice leviter inciso. 

Long., 12 mill. 

Brésil : Jatahy (Ma Coll.). 

Les élytrcs sont noirs, avec la suture et la marge ex- 
terne finement bordées de roussâtre jusqu'à l'angle apical 
dont le sommet reste noir. Bien différent de lepida Ern. 
Oliv. par la formée étroite, allongée, la bordure marginale 
des élytres beaucoup moins large, etc.. 



116 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



IlôunJon soloiillilqLU.© du. Bovirbonnafs 



Réunion du 27 octobre jçoq. 

— M. Llo\'D, de Cincinnati, qui s'occupe spécialement de 
l'étude des champignons, demande qu'on récolte à son inten- 
tion des Polyponis et espèces voisines. Les spécimens devront 
être bien séchés et pourvus d'une étiquette indiquant l'arbre 
sur lequel ils poussaient. En retour, M. Lloyd donnera le nom 
du Cryptogame et enverra les Notes 7nycologiqîies, publication 
qui contient des monographies et paraît à époques indétermi- 
nées. Adresser les envois à M. Lloyd, 63, rue de Buffon, Paris. 

— ]\L Durand, professeur honoraire à l'Ecole d'Agriculture 
de Montpellier, qui travaille à faire une collection de fruits 
pour l'Ecole, écrit pour demander ceux de quelques Conifères 
et Juglandcs américains qu'il n'a pas encore pu se procurer. 
M. Ernest Olivier espère les trouver soit au parc de Baleine, 
soit à celui des Ramillons et il sera heureux de satisfaire au 
désir de M. Durand. 

— ^L L. BiDE.AU envoie une liste des arbres remarquables 
par leur âge et leur dimension qui se trouvent dans la forêt 
des Colettes et les bois avoisinants. A cette liste sont jointes 
les photographies d'un cèdre et d'un tilleul de taille gigan- 
tesque, qui croissent dans la cour du château de Veauce et 
celles de plusieurs chênes et hêtres de la forêt des Colettes. 

■ — M. Ernest Olivier présente des exemplaires de Ruta gra- 
veolens, cueillis au mois d'août dernier, à Ainny-le Château, sur 
les glacis du remblai de la Sologne, où cette plante est 
solidement installée, et offre un grand nombre de plants très 
vigoureux. La flore de Borcau, ne l'indique dans notre région 
qu'à Vichy, sur le coteau des Célestins, et dans la Nièvre, à 
Sair.,'t-Parize-le-Châtel. La Ruta graveolens est disséminée 
çà et là, dans beaucoup de localités de l'Europe méridionale. 

— M. l'abbé Pierre a récolté aux environs de Montvicq, au 
mois de septembre, le Cyperus longiis L., cypéracée qui n'a- 
vait pas encore été signalée dans notre département et qui e^t 
répandue surtout dans la région méditerranéenne, et dans 
l'Ouest, jusqu'à l'embouchure de la Seine. Elle est très 
commune en Algérie, aux bords des eaux, et dans tous les en- 
droits marécageux. 

— M. l'abbé Pierre fait la rectification suivante à son arti- 



hÊUNlON SCIENTIFIQUE 117 

cle sur VOreo-psyche angustella paru dans le dernier numéro 
de la Revue, p. 66 : 

Dans l'article que j'ai publié à propos d'une invasion de che- 
nilles de ce Lépidoptère, j'ai donné les détails suivants : « Les étuis 
plus gros contiennent des chenilles qui se transforment en papil- 
lons $ , non ailés, vermifortnes. Le papillon reste à l'intérieur de 
l'étui. Après la fécondation, il pond des œufs nombreux dans le 
fond même de l'étui, dans une bourre formée des poils dont l'ex- 
trémité de son corps e^t garnie. Puis il meurt et ferme ainsi l'entrée 
de l'étui avec son corps desséché. Les œufs éclosent rapidement et 
dès la première quinzaine de juillet j'ouvrais un étui Ç où je trou- 
vais un grand nombre de petites chenilles qui se répandirent dans 
ma boîte d'élevage » 

A ce sujet, M. l'abbé J. de Joannis m'a fait observer qu'il avait 
constaté, çhç:z une grande espèce de Psychide, Pachytelia iinicolor, 
que les œufs arrivent à maturité dans le corps même de la mère ; 
la peau de celle ci se transforme en une simple membrane que les 
jeunes chenilles percent à leur naissance Le savant observateur et 
très obligeant collègue estime qu'il doit en être de même pour 
O. angustella. 

Je me fais un devoir de signaler cette remarque parce que ma 
rédaction aurait laissé croire qu'il y avait chez cette dernière 
psychide une ponte réelle, suivie de l'éclosion des œufs 11 suffira 
d'observer que je n'ai ouvert qu'un étui fécondé, et cela au moment 
où déjà les petites chenilles étaient libres, pour conclure que je n'ai 
rien à affirmer de positif sur l'émission des œufs : j'en ai parlé 
d'après la loi générale. 

— Sedum spurium m. B. — Cette petite plante originaire 
du Caucase, se trouve fort à sa convenance dans notre terrain 
silico-argileux et sous notre climat du Centre. Elle devient 
si envahissante au Vernet, qu'elle étouffe même les gazons et 
l'es luzernes sur d'assez grandes étendues et qu'elle y est fort 
difficile à détruire. Dans une vigne qui reçoit plusieurs façons 
par an, on la met régulièrement la racine en l'air, on la se- 
coue, on enlève ce qu'on peut au râteau et on n'a jamais pu la 
détruire complètement. Le moindre brin reprend racine et forme 
bientôt une nouvelle touffe. Pendant longtemps j'ai ignoré 
son nom, mais une occasion me fit rencontrer dernièrement 
M. H. de Boissieu, bien connu parmi Les botanistes. Je la lui 
soumis et il la détermina ainsi, ajoutant qu'elle était, en 
effet, souvent subspontanée et notamment aux environs de 
Montbéliard. Il me fit observer que la plante est assez mal 
nommée, car elle n'est pas un hybride. 

En latin, spurius se traduit par bâtard, illégitime, soit 
hybride : mais en Bourbonnais le mot bâtayd aune autre signi- 
fication : on l'entend plutôt comme synonyme de sauvage, et <! 
exprime une idée de dépréciation. 



118 RLVOE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

On dit : l'Oseille sauvage ou bâtarde [Rumex acetosa L.), 
le Thym bâtard {Thymus serpylhim L.), le Thé bâtard {M entlia 
viridis L.), etc. 

Peut-être que l'auteur a employé ce mot dans un sens vul 
gaire analogue ? Mais comme la plante a quelques rapports 
avec le Sedutn stellatum L., il l'a peut-être supposé un hy- 
bride ? Cependant je crois que dans ce dernier cas, il eût donné 
la préférence au mot hybride latinisé adjectivement. 

Dans la commune de Broût-Vernet, nous avons un petit 
villEge nommé Aubeterie qui porte aussi le nom de le Bâtard. 
D'oîi lui provient ce nom local ? J'ai entendu dire que -.e 
nom venait du mot bataria qui signifierait : monastère, cou- 
vent. Or, il y avait précisément un couvent dans cette localité 
et c'est peut-être de là que vient le nom primitf de Bâtard Pt 
ensuite celui d'Aubeterre. Mais, Bastard en vieux français 
signifie digue et le nom d'Aubeterre, aux bords immédiats de 
la Sioule, pourrait bien venir de là. 

H. DU BUYSSON. 

— Les orages du 13 octobue. — Le 13 octobre dernier, vers 
3 heures de l'après-midi, des nuées orageuses venant de l'Ouest 
s'élevaient de toute part. Un premier orege se dirigea sur 
Trevol et Saint-Ennemond, bientôt suivi d'un second ; puis 
un troisième se produisit vers Yzeure et Toulon. A 4 heures, 
le ciel était tout en feu, une pluie diluvienne inondait Mou- 
lins, le plateau de Chantalouette, de la Gaudronne et de 'a 
Baltière, où nous nous trouvions. Les compteurs qui distribuent 
l'électricité dans Moulins cessèrent de fonctionner : les fils 
de plomb qui établissent la communication de ces compteurs 
avec les câbles furent fondus partout, phénomène qui ne se 
produit que très rarement. Francis PÉROT. 

— M. TOURRET, instituteur à Laferté-Hauterivc, prépare une 
étude sur les Sphagnum du département de l'Allier. Il prie les 
botanistes qui possèdent des échantillons de ces plantes prove- 
nant de la région, de vouloir bien lui envoyer une petite part 
de chaque espèce, avec les indications de station, localité, date 
de récolte. 



METEOROLOGIE 



119 



SEPTEMBRE 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Giiemh.ly, prés Moulins (Alliicr) 
Altitude : 295 mètres. 



< -t 

a -j 



P.L 



D.Q. 



N.L 



P.Q. 



P.L. 



TEMPERATURE 



LE 


M! NUI 


MATIN 




12 


10 


12 


10 


11 


6 


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7 


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13 


11 


o 


16 


11 


12 


12 


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12 


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12 


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9 


7 


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11 


14 


12 


14 


9 


12 


9 


14 


9 


16 


12 


15 


12 


15 


11 


11 


6 


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7 


13 


11 


9 


8 


11 


8 


13 


11 



21 

18 
24 
23 
21 
2i 
16 
14 
16 
19 
20 
19 
17 
21 
26 
24 
20 
21 
29 
22 
24 
19 
22 
20 
21 
20 
18 
20 
19 
17 



772 
773 
777 
779 
773 
775 
772 
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770 
770 
771 
770 
770 
775 
776 
775 
775 
775 
776 
776 
772 
771 
775 
782 
780 
777 
777 
775 
771 
772 



3,5 



1,4 



2,2 

81,1 

57,2 

4,7 

3,4 



1,1 

0,4 
3,8 



9,S 



N.E. 

O. 

N. 

O. 

O. 

N. 

O. 
S.E. 
N.E 

S. 

s.o. 

NE. 
O. 

N. 

O. 
N.E. 

E. 
N.O. 
N.E. 
N.E. 
N.O. 

O. 
S.O. 

o. 
s.o. 

o. 

o. 

o. 
s.o. 

o. 



ETAT DU CIEL 

REMARQUES DIVERSl S 



Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Couvert. 

Couvert. 

Couvert. Or tout le jour, 

Nuageux. 

Couvert. 

Nuageux. 

Couvert. 

Nuageux. 

N'uageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux 

Nuageux. 

Nuageux. 

Couvert. Orageà3h.30s 

Couvert. 

Couvert. 

Nuageux. 

Clair. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Nuageux. 

Clair. 



Les observations sont faites à 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



120 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURDONNAIS 



OCTOBRE 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres. 



tf3 




TEMPÉRATURE 


'i 1 


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C/3 P 




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ÉTAT DU CIEL 


1 


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P.L 


LE 
MATIN 


MlNIAl 


MAXIM. 


:g8 


J o w 


> 2 


REMARQUES DIVERSKS 


11 


9 


15 


S. 


Couvert. 


2 




14 


10 


19 


771 


22,2 


o. 


Couvert. 


3 




17 


14 


•JC) 


778 


11,1 


s. 


Couvert. 


4 




19 


16 


2i 


777 


6 


o. 


Nuageux. 


5 




16 


13 


24 


770 




s o. 


Nuageux. 


6 


D.Q. 


14 


13 


17 


771 


e,8 


o. 


Couvert. 


7 




12 


9 


21 


775 




s.o. 


Nuageux. 


8 




13 


n 


20 


775 


4,5 


s.o. 


Couvert. 


9 




12 


11 


16 


781 


0,4 


o. 


Nuageux. 


10 




8 


4 


17 


779 




N. 


Clair 


11 




11 


4 


21 


775 




SE. 


Clair. 


12 




11 


y 


23 


774 




S.O. 


Nuageux. 


i:^ 




15 


11 


21 


775 




O. 


Couvert. Or. à 4 h. soir. 


14 


N.L. 


12 


12 


17 


775 


16,8 


S.O. 


Nuageux. 


15 




8 


5 


18 


779 




S.O. 


Nuageux. 


16 




10 


7 


18 


776 




s.o. 


Nuageux. 


17 




9 


5 


24 


771 




E. 


Clair. 


18 




13 


8 


2:^ 


769 




S. 


Nuageux. 


19 




12 


9 


24 


775 




o. 


Clair. 


20 




10 


8 


24 


777 




E. 


Clair. 


21 




14 


9 


21 


775 




O. 


Couvert. 


22 


P.Q. 


10 


5 


17 


783 


0,2 


N. 


Nuageux. 


23 




7 


2,5 


17 


780 




N.O. 


Clair. 


Ht 




12 


6 


18 


775 




N.O. 


Nuageux. 


25 




7 


5 


14 


776 




N.O. 


Couvert. 


26 




7 


6 


13 


768 


7,5 


E. 


Couvert. 


27 




12 


7 


18 


759 


0,3 


S.O. 


Couvert. 


28 


PL 


10 


9 


16 


761 


40,4 


O. 


Couvert. 


29 




11 


9 


14 


767 




O. 


Couvert. 


;-(•) 




9 


7 


12 


768 


0,9 


S.E. 


Couvert. 


31 




11 


8 


18 


768 


1,2 


K. 


Nuageux. 



Le8 observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxirna, qui est notée à 6 heures du soir. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE LA FRANCE 



Les tomes [ dSSS) et II (1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome VMI (1894) au prix de 
15 francs ; les amres années peuvent, êire acquises moyen- 
nant in Iran es chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XXI, 
1888-1908, au prix de 250 francs. 

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Nous sommes acheteurs des tomes des années 1888, 1889 
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VINGT-DEUXIÈME ANNÉE 1909 



REVUE SCIENTIFIQUE 

DU BOURBONNAIS 



ET DU 



CENTRE DE LA FRANCE 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION 



De M. Ernest OLIVIER 



1909 

Quatrième Trimestre 

Deuxième fascicule 

L,ampyrides nouveaux, par M, Ernest Olivier. — La mâchoire du 
rhinocéros de Billy, avec planche, par M. Ernest Olivier. — Notes 
lichénologiqiies, par M. Tocrret. — Compte rendu des réunions. — 
Nécrologie. — Bibliographie. — Météorologie. — Table des matières 
et couverture de l'année 1909. 



ABONNEMENT POUR UN AN : 

Pour la France 8 francs. 

Pour l'étranger 10 francs. 



MOULINS 

IMPRIMERIE ETIENNE AUCLAIRE 
1909 



En 1910, les Réunions scientifiques auront lieu aux 
dates suivantes : 26 janvier, — 23 février, — 30 mars^ 
— 27 avril, — 25 mai — 29 juin — 27 juillet — 
26 octobre — 30 novembre — 28 décembre. 

TRAVAUX 

Récemment parus dans la « Revue » 



Conchyliologie bourbonnaise, i*"*^ partie, Mollusques aqua- 
tiques, par M. l'abbé Dumas. 

Conchyliologie bourbonnaise, 2^ partie. Mollusques ter- 
restres, par M. Tabbc Dumas. 

Le crâne de Beaulon, par M. E. RivœrI'. 

Les Lichens des environs de Moulins, par M. Laronde. 

Flore carbonifère et permienne du Centre de la France^ 
par M. Berthoumieu. 

Les Culicidct de l'ambre, par M. F. Meunier. 

Le Papillon Machaon, par M. de Rocquigny-Adaxson. 

Promenades botaniques aux environs de Boiirbon-Lancy, par 
M. C. Basset. 

Catalogue des collections botaniques du massif central, par 
MM. Lassimgnne et Lauhy. 

Les diptères pupipares deV Allier, par M, Ernest Olivier, 

Les orthoptères de l'Auvergne, par M. Bruyant. 

I^s cestodes, leurs œufs et leurs larves, par M. H. du Buysson. 

Quelques anciennes thériaques contre la peste, par M. Renoux. 

Les blocs erratiques alpins , par M. Stanislas Meunier. 

Hou-Saada, souvenirs d'excursions, par M. Ernest Olivier. 

Sceau d'un comte de la Marche, par M. G. Bertrand. 

Les temps préhistoriques en Bourbonnais , par M. F. Pérot. 

Tableaux analytiques pour déterminer les coléoptères de France 
(Cryptocephalides), par M. des Gozis. 

Etudes sur la ponte des Odonates, par M. l'abbé Pierre. 

Prodrome d'une faune du Puy-de-Dôme, par M. Charvilhat, 

La forêt de Tronçais [Allier), par M. Ernest Olivier. 



LAMPYRIDES NOUVEAUX 

Décrits par Ernest OLIVIER horar 

NEW YO 

BOTANIC 

QARDS 

Calyptocephalus opimus 

Elongaius, niger ; cap'de parvo, teslaceo, lascia inter 
oculos nigra, palpis piceis ; anlennis nigris, 'longe billa- 
beliath ; prolhoracc acuminato, apice obtuso, angulis 
posticis redis, tesfaceo, crebre et prolunde punciato, ma- 
ciila magna discoidali nigra fere Isevi, longitudinaliter cos- 
iato ; sculelio triangulari, rugoso, nigro ; ehjtri's proiho- 
race latioribus, e'iongalis, subparallelis, pubescentibus, 
rugosis, teslaceis, [ascia lala mediana nigra ; pectore ni- 
gro ; abdomine supra valde lobalo ; venlris quatuor pri- 
mis segmentis teslaceis, quinlo infuscalo, ullimis nigris ; 
lemoribus anlicis intus teslaceis. 

Long., 19 mill. 

Pérou : Chanchamayo (Ma Coll.). 

Celte grande et belle espèce est facilement reconnais- 
sable à sa coloration. Les antennes noires et diffuses sont 
longuement biflabellées. La tète testacée est traversée en- 
tre les yeux par une étroite bande noire ; le prothorax ob- 
lusément et assez longuement acuminé est testacé avec 
une grande tache noire attenant au bord basilaire et an- 
guleusement prolongée en avant sans atteindre le sommet; 
l'écusson est noir ; les élylres sont testacés avec une 
large bande transversale noire un peu au delà du milieu 
de leur longueur ; l'abdomen noir en dessus est fortement 
lobé latéralement ; la poitriae est noire et le ventre tes- 
tacé avec les trois derniers segments noirs ; les pattes 
sont noires, sauf les hanches et les fémurs des deux pai- 
res antérieures testacés à leur côté interne. 

9 



122 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Psilocladus haemorrhoïdalis 

Oblongus, capile et elytris nigris ; ore piceo ; proiho- 
race rufo, brevi, aniice rotundato, rugose punciato, dtsco 
biluberculato, lœvi, angulis posticis acutis et rétro pro- 
ductis ; scutello tr'mngulari, nigro, aplce rulo ; elytris pro- 
thorace haud lalioribus, obîongis, rugosis, obsolète trl- 
costulatis, nigris, apice, sutura tenuissime et macula mi- 
nuta humerdli -ri//is ; subtus niger, macula pectorali, coxis^ 
(emorum apice et duobus penultimis venlris segmentis 
rulis. 

Long., 7 mill. 

Pérou (Ma Coll.). 

Je n'ai vu qu'un exemplaire de celte jolie espèce, qui 
se différencie bien de toutes les autres par sa taille et sa 
coloration. Le dernier article des antennes est un peu 
moins obscur que les autres et pourra être blanchâtre chez 
certains individus. 

Cladodes gloriosus 

Elongatus, oblongus, nirjer ; prothorace nigro, utrinque 
rufo late marginato ; scutello nigro ; elytris prothorace 
haud latioribus, dein ampliatis, rulis, duabus maculis 
magnis uigris ornalis, una scutellari, altéra apicali ; pif- 
gidio vcdde trilobalo, ultimo ventrali segmcnto in medio 
aculeato. 

Long., 19-21 mill. 

Bolivie (Ma Coll.). 

Cette remarquable espèce a été figurée dans le Gênera 
Insectorum (Lampgridœ), sous le nom de Lucidota glo- 
riosa. Je n'en avais pas donné la description. 

Lncidota macrescens 

Oblonga, nigra ; antcnnis pubescenlibus, arliculis 3-9^ 
compressis, inlus serralis, G° et 7° latioribus, nigris, duo- 
bus uUimis iiUjormibus albidis ; prothorace antice atte- 
nuato, disco nigro, utrinque roseo, marginibus llavis, basi 



I.AMPYRIDES NOUVEAUX 123 

sinualo annulis aculis cl relvo produclis ; elijli is ohlongis, 
rugosuli's, nigris ; lemorum exiremo aplce et tibiis pos- 
iicis inlus [lavidis. 

Long., 6 mill. 

Pérou : Marcapala (Ma Coll.). 

Antennes pubescenles, 9 premiers articles noirs, les 2 
premiers cylindriques, 3-9 comprimés, dentés au côté in- 
terne, 6 cl 7 plus élargis que les autres, 10-11 filiformes 
allongés, blancs. Prolhorax à marge latérale flave, à 
disque noir avec une tache rosée de chaque côté. Dessous 
tout noir, sauf l'exlrôme sommet des fémurs et la tranche 
interne des tibias poléricurs, jaunâtres. 

Bien différenciée des autres petites espèces ayant la 
même coloration générale par la couleur blanche des der- 
niers articles des antennes. 

Cratomorphus castaneus 

Ohlongo-ovalis, niger ; are piceo ; prolhorace anlice 
rolundato, marginalo, basi vix sinualo, angùlis posticis 
oblusis, tenue punclalo, longitudinaliler coslulalo, (lavo, 
macula quadrala dlscoidali nigra et duabus anllcis ininu- 
tis p'iagis vitreis ; scutcllo nigro basi et apice ^lavis ; eiy- 
iris prolhorace latloribus, amplialis, apicem versus atte~ 
nualis, ienuiter rugosis et obsolète costulalis, castaneis, 
sutura lenuissime (lava ; sublus niger, macula peclordli, 
coxls, lemorum basi et duobus penultimis ventris segmen- 
iis llavis, ultimo triangulariter producto, apice fisso ; pij- 
gidio trisinuato. â ignotus. 

Long., 29 mvtl. 

Brésil : Minas (Ma Coll.). 

Je ne connais pas le mâle de celte grande espèce, mais, à 
en juger par la femelle, elle doit rentrer dans la 1'"^ di- 
vision de ce genre {Bull. Soc. Ent. France, 1895, p. cxlvi). 

Photinus sauctus 

Elongatus, oblongus, piccus ; prolhorace anlice rolun- 
dato, angulis posticis parum produclis, albklo-llavo, ma- 
cula discoidaii quadrala brunnea, sparsim punctato, disco 



124 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOUHBONNAIS 

lœvi ; scutello triangulari rugose punclalo, llaiido ; ely- 
tris eîongalis, subparcillelis, pubescenlibus, rugosulis, bi- 
costulalis, nigris, sutura tcnuissinie et villa lala irans- 
versa, albido {lavis ; ventre piceo, tribus ullimis segmen- 
iis eburneis. 

Long., 10 m/7/. 

Saint-Thomas (Antilles), (Mus. de Dresde, Ma Coll.). 

Etroit, allongé, prothorax d'un blcnc jaunâtre presque 
régulièrement arrondi en avant, assez densément ponc- 
tué, ayant sur son disque une tache noire quadrangulaire, 
lisse ; écusson jaunâtre ; clytres nt-ii-s avec une large 
bande tranversale d'un blanc jaunâtre à bords légère- 
ment sinués ; cette bande part du quart basilaire et couvre 
jusqu'à la moitié de la longueur des élytres ; la suture 
est finement bordée de cette même couleur, les parties 
inférieures sont d'un brun de poix, les fémurs plus clairs. 
les trois derniers segments du ventre sont blancs. 

Diaphanes Moultoni 

Oblongo-ovdlis, pallide testaceus ; capitc, antcnnis, ti- 
biis el larsis piceis ; prolhorace 'lalo, rolundato, margine 
antico ercclo, angulis posticis rotundalis, crebre punc- 
tato, coslulato, pallide lealaceo, maculis duabus vitreis 
ob'longis ; sculello Iriangulari, leslaceo ; cUjtîi>, amplia- 
lis, oblongis, rugosis, bicoslulalis, [nscis, margine el su- 
tura tenuiter lestaceh ; pijgidio sinuato, 5° el G° venlris 
scgmenlis plaga lucida ornatis ; ultimo triangulai '. 

Long., 15 mill. 

lîornéo (Mus. de Sarawak, Ma Coll.). 

Ovale oblong d'un testacé pûle ; prothorax bien arro. li 
en avant à marge extérieure redressée, densément ponc- 
tué, chargé d'une petite côte Io;:gitudinalc, ayant parfois 
attenant à la base une tache quadrangulaire rembrunie ; 
les él}tres sont bruns avec la suture el la marge externe 
légèrement bordées de flave ; ils sont chargés de deux 
côtes longitudinales plus ou moii.s obsolètes. 

Cette espèce a la forme de plagialor Ern. Oliv. Elle en 



LAMPVRIDES NOUVEAUX 125 

diffère surtout par la bordure testacée des élylres beau- 
coup plus étroite et la couleur j aie du dessous du corps. 
Je me fais un plaisir de la dédier à M. Moulton, con- 
servateur du Afusée de Sarauak qui a bien voulu en en- 
richir ma collection. 

Diaphanes nltimus 

Ohlongus, teslaceus, capile piceo ; prolhorace antice 
roiundalo, lateribus redis, basi recte truncalo, angulis ob- 
tusis, longitudincûiler carinalo, teslaceo, disco valde con- 
lexo, in dimidio anlico crebre el prolunde puncfalo, pos- 
tice inluscalo, udinque rulescenle et Ixiius punclulalo, 
plagis vilreis oblongîs, minutis ; scuiello triangulari, tes- 
laceo ; elylris [uscis, teslaceo tenue marginatis, rugosis, 
tricoslatis ; pygidio transverso, subcjuadrato, postice levi- 
ter sinuato, lillimo icnlrali segmenta aplce inciso ; tarsis 
obs caris. 

Long., 10 mill. 

Erythrée (Ma Coll.). 

Prolhorax testacé, chargé d'une carène longitudinale, 
à disque très saillant, creusé dans sa moitié antérieure 
d'une ponctuation profonde et serrée, et offrant dans sa 
partie basilaire une plaque brune, presque lisse, accom- 
pagnée de chaque côté d'une tache d'un roux orangé ; ses 
côtés, d'abord droits, s'arrondissent régulièrement pour 
former le sommet ; le côté de la base est droit avec les 
angles obtus ; les élytrcs rugueux, chargés de 3 côtes bien 
saillantes et d'une 4°^^ rudimenlaire, sont bruns, finement 
bordés de testacé dans tout leur pourtour. 



126 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

La l^lâchoire du Rhinocéros de Billy 

(PL. II) 

A la séance de rAcadémie des sciences du 13 avril 
18G8, M. Milne Edwards présenlail de la pari de M. Laus- 
sedat, une note sur deux fragments d'une mâchoire fossile 
de Rhinocéros p'Ieuroceros Duv. trouvée à Billy, dans une 
carrière de calcaire de l'époque miocène, et les décrivait 
ainsi : Ces deux fragments, dont l'un appartient à la par- 
lie droite et l'autre à la partie gauche de la mâchoire 
portent des entailles profondes qui ne peuvent passer 
inaperçues même de l'observateur le moins exercé. Celles 
du côté gauche, surtout, présentent des caractères de la 
plus grande netteté. Situées à la partie inférieure de l'os, 
à l'opposé des dents, elles sont au nombre de quatre, 
sensiblement parallèles entre elles et inclinées de 40 degrés 
environ sur la direction de la longueur de la mâchoire. 
Leur largeur varie de 1 à 2 centimètres et la profondeur 
de la plus grande atteint G millimètres ; ces larges sillons 
sont lisses cl polis et leur section transversale offre une 
courbe régulière. 

M. Lausscdat envisageait trois facteurs qui auraient 
pu profluire ces entailles : l'intervention de l'homme, qui 
les aurait faites avoc un instrument tranchant sur l'os, S 
l'état frais, l'usure par le frottement longtemps continu 
d'un corps dur, la morsure d'un grand carnassier con- 
temporain du Rhinocéros. 

La première liypollièsc est écartée de suite, l'existence 
de l'homme au milieu de l'époque tertiaire n'ayant pas 
encore été sérieusement prouvée. 

Il est aussi difficile d'admettre la seconde explication 
consislrmt à considérer ces entailles comme ayant pu 
être faites à la longue, par des corps durs incessamment 
charriés dans une même direction et ayant usé, strié et 
poli les parties apparentes et juxtaposées des deux côtés 
de la mâchoire déjà enfouie : ce serait un phénomène gla- 



LA MACHOIRE DU RHINOCÉROS DE BJLT.Y 127 

ciairc dont aucune trace n'a été signalée juscju'ici dans la 
période miocène. 

Enfin, la dernière hypothèse de l'empreinte des dents 
d'un puissant carnassier ou de quelque autre animal de 
grande taille semble tout à fait dépourvue de fondement, 
la faune du terrain miocène inférieur, qui est bien connue 
des paléontologistes, ne renfermant, d'après M. Lartet, 
aucun animal capable de faire une pareille blessure. 

El M. LausscdaL terminait sans éraeUrc d'autre opinion. 

Depuis l'époque où celte communication a été faite à 
l'Académie, la mâchoire entaillée de Billy a été citée dans 
maints ouvrages de préhistoire et de paléontologie sans 
qu'aucune explication plausible de ses extraordinaires dé- 
formations ait pu être donnée. 

L'année dernière, dans le BuUel'ài de la Sociélé cVIÎis- 
ioire naturelle cVAutun, M. F. Pérot est revenu sur cette 
question, et après une assez longue discussion, il voit 
dans ces entailles, l'action d'une hache maniée avec ha- 
bileté, et conclut à l'intervention de l'homme. 

M. Xavier Auberl, dans la Revue préhistorique de 
l'Est, {4^ année, 190j, n° 2, p. 46), réfute cette opinion. 
Laissant de côté l'incertitude de l'existence de l'homme 
tertiaire, il ne lui paraît pas possible que ces entailles 
aient été faites par une hache : « Il aurait été nécessaire 
que cet instrument eût un tranchant presque rectiligne de 
plus de 0™,030 de large, oc qui n'est pas prouvé pour les 
outils qui auraient pu être en usage à cette époque. Les 
entailles ont un profil transversal arqué, prouvant que la 
lame coupante devait au moins avoir, à la sortie de cette 
incision, une inclinaison nulle, ce qui est impossible pour 
un outil à pierre, qui a une épaisseur assez forte. Les en- 
tailles sont séparées par deux arêtes vives qui ne pour- 
raient exister dans le cas d'un coup de hache, car il y 
aurait forcément arrachement sur un des côtés de Ta- 
rèle, ou froissement sur l'autre, par suite de la réaction 
ialérale d'une des faces de la hache forcément rugueuse, w 

Nous sommes, à cet égard, absolument de l'avis de AL 



128 ItEVLE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Aubert. En outre de la contemporanéilé improbable de 
riionime cl du lUiinocéros miocène, ces rainures bien 
régulières, à arêtes bien saillantes, à fond lisse, poli, par- 
faitement nivelé, ne peuvent avoir été produites par h 
choc d'une pierre, car, on admettra bien que, si homme il 
y eut, il n'en était pas encore à l'âge des silex finement 
polis et il ne pouvait employer que des outils embryon- 
naires, des éolithes, des pierres brutes ou grossièrement 
éclatées. 

L'attribution de ces incisions aux morsures d'un autre 
animal contemporain est l'hypothèse qui semble la plus 
vraisemblable et qui soulève le moins d'objections. Elle 
a été repoussée, il est vrai, par Laussedat ; mais ce der- 
nier n'avait évidemment songé qu'aux carnassiers dont 
l'action n'est pas admissible. 

La morsure, en effet, n'a pu être faite que par des 
dents incisives, et il fallait que ces dents fussent larges 
et solidement implantées dans une mâchoire robuste pour 
produire une blessure aussi franche. Ce n'est le cas pour 
aucun Carnassier : tous, même ceux de la plus fo-f-^, 
taille, ont des incisives courtes et étroites. Il n'y a que 
chez les Pachydermes ({ue l'on trouve un système den- 
taire capable de produire ce résultat, et beaucoup d'ani- 
maux de cet oidre, les Antkracotheriiim, les Hyolherium, 
les Palpeocherus, entr'aoïtres, vi\aient aux temps du mi:)- 
cènc inférieur, cl dans la même région que le Rhinocé- 
ros (1). 

On conserve au Musée départemental, à Moulins, une 
portion importante de la tète d'un Anthracothcri'um Cu- 
vieri \*:>\i\. avec toutes ses dents incisives, ses canines et 
une partie des molaires. Celle pièce importante, qui a 
<îlé décrite par A. Gaudry r2). a élc troince à S;iiiit-Me- 
noux, dans le calcaire miocène en même temps que quel- 



(1) Trouessart, Catalogus mammaliuni tam viventium quam 
fossilmn, p. 801-812. 

(2) Beo. se. du Bourb. et du Centre de la France, II, 1889, p. 43, 
pi. II. 



NOTES LFCHÉNOLOGIQUKS 129 

ques os des membres, un cubitus notamment, de Rhino- 
céros. 

Ces deux animaux ont donc pu: vivre à la même épo- 
que et les solides incisives de VAnihracotherium, d'une 
largeur de plus de deux centimètres, avaient les dimen- 
sions et la puissance nécessaires pour produire les rai- 
nures constatées sur les mâchoires du Rhinocéros, soil 
que les deux animaux aient lutté ensemble, de leur vivant, 
soit, ce qui est plus probable, que V Anihracotherium soit 
venu, après la mort du Rhinocéros, se repaître de so-i 
cadavre. 

La mâchoire historique de Billy a été découverte par 
M. Bertrand, conservateur du Musée départemental, et 
fait partie de la collection personnelle de ce savant paléon- 
tologiste. 

Nous rn donnons le dessin, en remerciant la Société 
d'Histoire naturelle d'Autun d'avoir bien voulu nous com- 
muniquer le cliché de la photographie qu'elle en a fait 

exécuter. 

Ernest Olivier. 



NOTES LICHÉNOLOGIQUES 



Les espèces eaxicoles du genre « Ramalina » 



Les lichens du genre Ramalina comprennent en 
France cinq espèces principales, dont trois croissent 
presque exclusivement sur les rochers. 

L'une de ces trois espèces, Ramalina scopulorum 
Dicks., ne se trouve que sur les rochers voisins du bord 
de la mer et, par suite, ne peut exister dans nos régions. 
Mais, les deux autres croissent en de nombreuses loca- 
lités de notre département : ce sont Ramalina polli' 
naria Ach. et R. pohjmorpha Ach. 

Ces espèces n'ont pas été signalées par M. Laronde 



130 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

dans les « Lichens des environs de Moulins » (1). Cela 
n'a rien de surprenant, car la région explorée par cet 
auteur est, de toutes les parties du Bourbonnais, celle 
qui renferme le moins de masses rocheuses, 

« Ramalina polltnaria » A.ch. — Cette espèce est ré- 
pandue sur tous les gros blocs siliceux, à des altitudes 
très variables. Elle existe en abondance depuis Saint- 
Prix 'ait. 300 m.) jusqu'au Roc du Charbonnier (Chàtel- 
montagne, ait. 1000 m ), mais jamais sur des écorçes où 
elle pousse parfois dans d'autres régions. Elle est égale- 
ment fréquente sur les rochers granitiques des bords 
de la Sioule (Barrage de Queuille, Chàteauneuf P.-de-D.). 
Contrairement à tous les autres lichens, le Ramalina 
jtoliinaria ne croît guère cjue dans les anfractuosités 
des rochers abrités de la pluie et du vent. 

Cette espèce présente dans nos limites deux formes 
différentes : la forme type et la variété kumilis Ach., de 
petite taille, à sorédies larges ; cette dernière est de 
beaucoup la plus fréquente. Nous avons récolté quel- 
ques échantillons de la forme type, couverts de nom- 
breuses apothécies,à Chàtelgu3'on (au Chalusset, 400m.). 
Cette espèce est l'un des lichens les plus rarement fer- 
tiles. 

Nous n'avons pas trouvé la variété Evernioides Nyl., 
caractérisée par son thalle très large à la base et sa sur- 
face réticulée. 

« Ramalina poly.morpiia » Ach. — D'après la plupart 
des flores (notamment celle de M. Boistel), ce lichen ne 
se trouve qu'au sommet des montagnes élevées. Mon- 
geot et Flagey (2) ne l'ont guère rencontré que dans 
quelques rares localités des Vosges (au sommet du 
Hohneck, 1.360 m.). Or, cette espèce est assez répandue 
dans nos régions où elle croît à des altitudes relative- 



(l) Rev. scient, du Bourb. et du Centre de la Fr. XII, XHI, 1899, 
191)0. 
(2j Flore des lichens de Franche-Comté. 



NOTES LICHÉNOLOGIQUES 131 

ment basses. Il en existe des pieds fertiles à Chàtel- 
guyon à partir de 400 m. seulement. Dans l'Allier, elle 
se trouve en abondance sur les sommets des rochers 
battus par la pluie, surtout vers 700 m. d'altitude. 
(A.rfeuilles : Le Genêtu, Le Verger, Dépalles. Le Breuil : 
Géranton. Chàtel montagne, etc.) 

Au Puy de Roc (Chàtelmontagne, 650 m.), le R. poly- 
morplia est abondamment fertile. Dans cette dernière 
localité, il présente une grande variété dans son mode 
de végétation. On y trouve surtout le Ramalina capi- 
tata Nyl. (sous-espèce du R polymorpha] caractérisé 
par les laciniures du thalla allongées et couvertes au 
sommet seulement de sorédies globuleuses. 

Sur quelques blocs de microgranulite, croît une forme 
de Ramalina très curieuse et que nous avions cru, tout 
d'abord, être une espèce nouvelle. M. le docteur Bouly 
de Lesdain, à qui nous en avons adressé des échantil- 
lons, a bien voulu les étudier et a reconnu qu'il s agis- 
sait d'une forme remarquable, qui n'avait jamais été 
observée jusc[u'ici et qu'il a dénommée * Ramalina capi- 
TATA, var. EMPLECTA Nyl., forma minor B. de Lesd. 
Cette plante, de petite taille (1 cm. au plus), a un thalle 
à laciniures très étroites (1/2 mm. à peine), peu divisées 
à la base, très divisées au sommet, à divisions étalées 
dans le sens horizontal, très courtes et couvertes au 
sommet de sorédies globuleuses, souvent agrégées 
et très petites (quelques dixièmes de millimètre). 

Ces quelques faits montrent combien est encore peu 
connue la dispersion géographique des lichens, même 
lorsqu'il s'agit des espèces supérieures. 

Brun, instituteur au Breuil. 



132 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



néunloii scientifique du Bour'bonnals 



Réunion du 2q déceynbre içoç. 

— M. Ern. Olivii:r montre le diplôme de la médaille d'ar- 
gent qui a été décernée à la Revue à l'exposition Franco-Bri- 
tannique de 1909 et qu'il vient de recevoir. 

— M. L. BiDEAU annonce que l'impression de sa Monogra- 
fhie de M commune de Bellenaves est presque terminée et 
l'ouvrage sera prochainement distribué aux souscripteurs. 

— M. Ernest Olivier a vu dans le parc des Ramillons une 
touffe de Gui sur un pêcher en plein vent. Cet arbre est à 
ajouter à la nombreuse liste de ceux déjà connus pour nourrir 
ce parasite. 

— La température du mois de décembre a été exceptionnel- 
lement élevée. Le 22 de ce mois, à 9 heures du soir, le ther- 
momètre marquait -h 15° et le lendemain, à 11 heures du 
matin, par un temps également chaud, ^L Ernest Olivier a 
observé un papillon, Rhodocera rhamni, voltigeant en pleine 
campagne. 

— M. DÉCHELETTE, conservateur du Musée de Roanne, au- 
teur du Manuel d'archéologie préhistorique, a fait, en com- 
pagnie de ^L Collet, à la fin du mois d'août dernier, une 
excursion dans la région du Montoncel ; il y a examiné un 
grand nombre de rochers creusés d'excavations plus ou moins 
régulières, et il écrit qu'après avoir lu l'intéressant article de 
M. Collet, sur les dégradations des roches granitiques, il en 
approuve complètement les conckisions et ne trouve rien à 
ajouter ni à retrancher aux appréciations de l'auteur. 

— M. Lassimonne signale une plante nouvelle pour le Bour- 
bonnais: Ptcrotheca sancta (ncmauscnsis Cass.) petite Compo- 
sée qu'il a trouvée en assez grande quantité dans un champ de 
luzerne, près du domaine de Larat, commune de Laferté-Haute- 
rive. Cette espèce méridionale a probablement été semée avec 
des graines de luzerne qui devaient provenir de Provence. 

— Pterotheca nemausensts Cass. {Hièracium sanctum L.) est 
une des nombreuses plantes qui persistent dans les pays qu'elles 
envahissent et dont elles viennent modifier la flore. Inconnue 
autrefois dans le département des Deux-Sèvres, cette Composée 
y est apparue, il y a environ trente ans, et c'est par myriades 
d'exemplaires qu'on la trouve aujourd'hui dans les terres sar- 
clées et toutes les cultures, surtout dans l'arrondissement de 



RÉUNION SCIENTIFIQUE 133 

Niort. Un feit qui confirme son installation définitive dans cette 
région, c'est l'immigration simultanée d'un de ses parasites, 
un papillon du groupe des Noctuelles, Cladocera oftabilis B, 
connu depuis longtemps en Provence, comme vivant à ses dé- 
pens et qui se trouve maintenant communément dans les Deux- 
Sèvres. 

M. Lassimonne vient de la découvrir dans notre départe- 
ment. Il est intéressant de suivre son évolution et de constater 
si elle se comportera comme dans l'Ouest en se propageant de 
plus en plus. 

Ernest Olivier. 

— M. Lassimonne, en vue d'un travail en préparation, de- 
mande qu'on lui signale les plantes cultivées qui se repro- 
duisent d'elles-mêmes dans les parcs et jardins. 

— Le mrnu des pies grièches. — Ayant eu en mains un nid 
de Pie-grièche {Lanius rufus Briss. très probablement), pris 
après le dépail des jeunes, j'eus la curiosité d'analyser les 
débris qui garnissaient le fond de ce nid, et voici ce que j'y 
ci trouvé : 

1° Insectes : la plus grande partie des débris se rappor- 
tent aux Carabides et à Carabiis auratus; les cinquante-huit 
fémurs retrouvés forment un minimum d'au moins dix Carahiis 
dévorés. Vingt-trois autres fémurs noirs appartiennent très 
probablement à une espèce du genre Feronia, autant qu'on 
en peut juger par un fragment élytral qui y était mélangé ; 
j'ai pu reconnaître encore des élytres et des tibias d'Hoplia 
cœrulea, deux têtes d'un Rhisoirogus, une tête diAfhodius, 
les mandibules, les hanches et les têtes de plusieurs Staphylins 
de grande taille, une tête d'un Diptère, les pinces d'une For- 
ficule. 

■2° Arachnides : Débris d'une araignée indéterminable. 

3° Mollusques : Fragments de coquille d'un Hélix. 

4° Mammifères : Quelques micnues parties des mandibules 
d'un petit rongeur. 

Comme on le voit, ce menu était varié et se composait d'ani- 
maux dont nous estimons les uns bienfaisants, les autres nui- 
sibles. La qualité de nocivité ou d'utilité chez l'oiseau paraît 
donc assez difficile à apprécier. 

Abbé Pierre. 

— L'Académie des sciences dans sa séance du 20 décembre, 
après avoir entendu le rapport élogieux, de M. le professeur 
Bouvier, a attribué à notre compatriote et collaborateur 
M. Robert du Buysson, le prix Savigny, d'une valeur de 
1.500 francs, pour ses nombreux et savants travaux sur les 



434 REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 

Chrysidides, notamment pour la Révision des Chrysidides 
d'Egypte, qui forment le premier fascicule des Mémoires de la 
Société Entomologique de l'Egypte. 

Dans la même séance, l'Académie a décerne le prix Delesse, 
d'une valeur de 1.400 francs, à M. Glangeaud, professeur à 
la Faculté des sciences de Clermont, pour ses importantes 
études sur les anciens volcans de l'Auvergne. 

La Réunion adresse toutes ses félicitations aux lauréats. 

— M. Francis PÉROT, déjà délégué pour l'Allier de la 
Commission des enceintes préhistoriques, avait été désigné 
par le Ministre de l'Instruction publique, sur la proposition 
de la Commission des monuments historiques, comme délégué 
cantonal de cette commission. Il fallait l'agrément du Préfet 
de l'Allier qui le refusa, bien que M. Pérot ait toute compé- 
tence voulue. 

Nous lisons à ce sujet dans le Btilt'ftiii de la Société -préhis- 
torique de France, 1909, p. 358: « C'est avec le plus grand regret 
que nous apprenons que notre délégué(M. Pérot), après avoir été 
proposé par la Commission des monuments historiques et 
désigné par le Ministre comme délégué cantonal, s'est vu re- 
fuser l'assentiment de la préfecture de l'Allier pour des motifs 
certainement étrangers à la science. Heureusement que ce n'est 
pas encore cela qui empêchera M. F. Pérot de poursuivre 
l'achèvement et, si possible, la publication de l'ouvrage monu- 
mental qu'il élabore sur la préhistoire du Bourbonnais dont 
le chapitre v, spécialement consacré aux mardellcs, enceintes, 
camps, buttes, tumuli, déjà terminé, donnera la description 
détaillée de 287 de ces monuments divers, avec l'indication de 
136 autres noms significatifs des lieux-dits, Chatelards, Mot- 
tes, etc. » 



AECROLOGIE 



Maurice PerROT des Gozis, né à Montluçon, le 12 novem- 
bre 1851, y est mort le 11 avril 1909. C'est dans cette ville 
que s'est écoulée presque toute sa vie : après ses études choz 
les Pères Maris^es, il fut reçu bachelier avec la mention très 
bien ; en 1870, il fit la campagne de l'Ouest avec les zouaves 
pontificaux, puis il passa ses examens de droit, fut reçu avocat, 
et se fit inscrire au barreau de sa ville natale. 

Travailleur de tous les instants, il s'adonna à l'Entomo- 
logie mais s'occupa concurremment de littérature, de génca- 



NÉCROLOGIE 135 

logie et de musique. Il réunit une collection importante de 
Coléoptères de France et écrivit une Faune de cet ordre d'in- 
sectes, oeuvre considérable, fruit de longues études et de 
patientes recherches. Les tableaux des Cryptocéphales cjuc 
nous avons publiés ici même l'année dernière peuvent don- 
ner une juste idée de l'importance et de la valeur de cet ou- 
vrage, dont toutes les autres parties sont malheureubement 
encore inédites. 

Comme historien local, des Gozis se fait remarquer par ra 
conscience scrupuleuse et sa sûreté d'information. Il employa 
à l'établissement des notices généalogiques de milliers de 
familles bourbonnaises la méthode et la précision du nativ 
raliste. 

Il était aussi un excellent musicien et il composa un opéra- 
comique en trois actes, le Voyage extraordinaire, qui fut joué 
en 1888 sur le théâtre des Pères Maristes. N'ayant pas laisse 
d'enfants, sa collection et sa bibliothèque furent vendues aux 
enchères (i), mais il avait eu soin de sauvegarder ses manus- 
crits. Il prit des dispositions léguant ses travaux entomolo- 
giques à M. L. Béguin, et ses archives historiques à M. l'abbé 
J. Clément, deux amis avec lesquels il avait de tout temps 
entretenu les meilleures relations et qui sont à même de tirer 
le meilleur parti des trésors d'érudition qui leur sont confiés. 
j\l. L. Béguin veut bien nous réserver la suite des Tableaux 
dichotomiques des Coléoptères dont nous continuerons la 
publication, heureux de faire bénéficier de cette bonne fortune 
les lecteurs de la Revue. 

Des Gozis était grsnd officier de l'ordre du Lion et du Soleil 
de Perse, et chevalier du Nicham Iftikar. Voici la liste de ses 
principaux ouvrages : 

Les Lebia de France {Feuille des jeunes naturalistes, 1873). 

Catalogue des Coléoptères de France et de la faune Gallo- 
rhénane, p. 108, 1875, INIontluçon, Crépin-Leblond. 

Etude sur le genre Philydrus {Feuille des jeunes naturalis- 
tes, 1880). 

Révision des Lathridiidse d'Europe, traduct. de l'Allemand de 
Edm. Reitter, révisée et augmentée, p. 178 {L'Abeille, 1881'). 

Mémoire sur les pores sétigères prothoraciques de la tribu 
des Carnivores, p. 16 {Mitth. der ScJiw. entom. Ces. Bd. 6 
Heft 6, 1882). 

Synopsis du genre Tropideres et description d'une espèce nou- 
velle, p. 7 {Feuille des jeunes naturalistes, 1882). 



(1) La vente de sa collection adjugée par familles produisit la 
somme de 2.3i8 francs. 



136 nEVUE SCIENTIFIQL'E DU BOUaBONNAIS 

Etude du genre Polydrosus, espèces françaises {Revue d'En- 
to}nologie, 1882). 

Notes et remarques pour le futur Catalogue des Coléoptères 
gallo-rhénans (Revue d'Entomologie, 1882 et 1883). 

Recherche de l'espèce typique de quelques anciens genres, rec- 
tifications synonymiques et notes diverses, in- 8, p. 36, 1886, 
Montluçon, Herbin. 

Notice sur Pierre Millière, p. 6 {Revue d' E'utomologie 1887). 

Les Phalacrides d'Europe, tableaux traduits et abrégés de 
l'Allemand, de K. Flach, p. 20 {Revue d'Entomologie 1889). 

Les Montluçonnais d'autrefois, de 1490 à 1497 {Annales Bour- 
bonnaises, 1891). 

Armoriai général du Berry, d'après le manuscrit de hi Biblio- 
thèque natio7iale, 2 vol. in-8 {Société des antiquaires du 
Centre, 1883-85). 

Armoriai général du Bourbonnais {ArcJiivcs historiques du 
Bourbonnais, 1890-91). 

Voyage extraordinaire, opéra-comique en trois actes, 1888. 

De nombreuses notes dans les Annales de la Société Entomo- 
logiquc sîiisse, le Bulletin de la Société Entomologique de 
Fra>ice et la Revue d' Entomologie, de 1873 à 1889. 



BIBLIOGRAPHIE 



Essai d'une description géologique de la Tunisie, par Ph. Tho- 
mas, 2 vol. in-S», ens. 782 pages, av. 1 10 fig. et 2 cartes. Paris, impr. 
Nat. 1909. — M. Philippe I homas est un des savants qui firent 
partie de la mission d'exploration de la Tusisie organisée par le 
ministère en 1S82. Chargé des études géologiques il entra en cam- 
pagne dès les premiers mois de l'année 1885 se dirigeant dans la 
région du Sud, laissant le Nord et le Centre à son collègue Rolland. 

Le résultat de ses explorations dépassa toutes les espérances. 
Outre les nombreuses et importantes découvertes d'ordre pure- 
ment scientifique, M.Thomas fit connaître les magnifiques gise- 
ments de phosphate de chaux qui s'étendent sur une longueur de 
plus de 80 kilomètres à l'Ouest de Gafsa et qui, affleurant le sol, 
ne demandaient aucuns frais d'exploitation. 

Aujourd'hui ces phosphates sont en pleine exploitation ; à 
Metlaoui, à Redeyef ont été créés des centres importants oià sont 
occupés des milliers d'ouvriers ; un chemin de fer a été construit 
reliant les carrières au port de Sfax et le gouvernement Tunisien 
y trouve le plus clair de ses revenus se chiffrant par millions. 

M. Thomas a publié le résultat de ses recherches paléontologiques 
dans un grand nombre de mémoires à l'Académie des sciences 
et à la Société Géologique de France. Il restait à faire paraître 



BIBLIOGRAPHIE 137 

la description physique et stratigraphique de la vaste région qu'il 
a parcourue en 1SS5 et 18S6 et c'est cette œuvre magistrale qu'il 
vient de terminer. La première partie comprend la description 
physique de la Régence et la deuxième la stratigraphie des terrains 
palcozoïques et mésozoïques. De nombreuses coupes et plans 
illustrent le travail qui est un ouvrage de haute valeur et d'une im- 
portance capitale pour l'histoire naturelle de la Tunisie. 

Devins et Sorciers dans le département de l'Allier, 1840-1909 ; 
Recettes magiques, par le chanoine J.-J. Moret. In-8", p 60. 
Moulins, Et. Auclaire. — En 1840, la préfecture de l'Allier fit 
faire une enquête sur la sorcellerie dans le département par les 
soins des curés auxquels elle demandait de répondre par écrit à la 
question suivante : Quelles sont dans votre paroisse les croyances 
aux devins et aux sorciers ? La plupart des curés envoyèrent leurs 
réponses qui furent réunies dans un carton et déposées aux archi- 
ves sansquel'on s'en occupâtaulrement. M. le chanoine Moret les 
a retrouvées et il en a entrepris la publication. Dans l'ouvrage que 
nous annonçons, il donne par ordre alphabétique de paroisses les 
réponses des curés dont les unes sont brèves, d'autres très expli- 
cites ; mais sauf quelques exceptions il en résulte que la croyance 
aux sorciers était répandue dans tout le département en l'année 
1840 Et depuis soixante dix ans, on n'a pas cessé d'y croire ; 
jamais les somnambules et les cartomanciennes n'ont eu autant de 
vogue que maintenant et les nombreuses escroqueries dont sont vic- 
times une foule de dupes ne diminuent pas leur clientèle ; les o^ou- 
gneurset les rebouteux continuent à guérir les foulures, les entorses, 
les fractures ; les sorts sont toujours jetés et les hommes adroits 
connaissent encore les prières qui guérissent les maladies du bé- 
tail. M. le chanoine Moret a entre les mains le livret manuscrit 
d'un rebouteux des environs de Moulins et il publie quelques- 
unes des recettes qui guérissent les maladies ou détournent les 
sorts. C'est un mélange de religion et de pratiques barroques, qui 
n'offrent aucune base sérieuse et aucune chance d'apporter au 
malade le moindre soulagement II est très difficile de causer 
au rebouteux et d'obtenir qu'il dise les prières dont il se sert 
et les moyens qu'il emploie ; quand il opère, il parle à voix basse 
et agit mystérieusement le plus souvent hors de la présence de 
témoins La brochure de M. Moret est importante en ce qu'elle fait 
connaître des mœurs et des usages généralement ignorés parce 
qu'ils ne sont pas produits ordinairement au grand jour. 



138 



REVUE SCIENTIFIQUE DU BOURBONNAIS 



NOVEMBRE 1909 
STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

COxMMUNE DE GhEMILLY, PRÈS MoULlNS (AlLIER) 
Altitude : 293 mètres. 



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6 


772 




N.O. 


Nuageux. 




21 




1 





7 


769 


0.3 


N. 


Couvert. 




22 


P.Q. 


1 





4 


767 




N. 


Couvert. 




i.':! 




— 2 


— 3 





775 




N. 


Couvert. 




24 




- 4 


— 5 


4 


783 




N. 


Couvert. 




25 




1 





3 


780 




N.O. 


Couvert. 




26 







- 2 


4 


776 




E. 


Nuageux. 




27 




— 2 


— 3 


5 


776 




N.E. 


Nuageux. 




28 


P.L 


3 


— 3 


10 


777 




E. 


Nuageux. 




29 




(; 


3 


12 


77.-! 




S.E. 


Nuageux. 




3') 




6 


4 


10 


765 




S. 


Couvert. 





Les ohscrval[on% sont faites à S heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



METEOROLOGIE 



139 



DECEMBRE 1909 

STATION MÉTÉOROLOGIQUE DES RAMILLONS 

Commune de Ghemilly, près Moulins (Allier) 
Altitude : 295 mètres. 





C/D 


a 
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TEMPÉRATURE 


(£. _2 


M 


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MAXIM. 


2 - 

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767 


1,5 


> 5 


REMARQUES DIVERSKS 




3 


10 


S. 


Couvert. 




2 




7 


4 


11 


763 


22.4 


O. 


Couvert. 




3 




11 


7 


12 


757 


6,2 


s.o. 


Couvert. 




4 


D.Q. 


5 


3 


10 


760 


5 


s.o. 


Couvert. 




5 




4 


3 


10 


758 


3,1 


s.o. 


Couvert. 




6 




4 


3 


9 


758 


5.2 


s.o. 


Couvert. 




7 




4 


2 


7 


761 


3,2 


s.o. 


Couvert. 




8 




1 


1 


5 


769 


3 


o. 


Couvert. 




9 




1 





4 


781 




N. 


Couvert. 




10 




— 1 


— 2 


1 


783 




N. 


Couvert. 




11 




— 2 


— 3 





776 




E. 


Couvert. 




12 


N.L. 


— 2 


— 4 


1 


767 




E. 


Nuageux. 




13 




— 4 


- 4 


5 


771 


1 N. 


N.E. 


Clair. 




14 




— 1 


— 2 


4 


773 




N.E. 


Clair. 




15 




— 3 


— 4 





773 




N. 


Brouillards. 




16 







— 3 


7 


774 




N.E. 


Nuageux. 




17 




3 





10 


767 




S. 


Couvert. 




18 




5 


3 


7 


760 


5 


o. 


Couvert. 




19 




3 


— I 


12 


760 




s. 


Couvert. 




20 


P.Q. 


3 


3 


3 


760 


6,2 


N. 


Couvert. 




21 




1 


1 


12 


765 


1,2 


N.E. 


Couvert. 




22 




12 


5 


15 


760 


1,5 


S. 


Couvert. 




23 




12 


12 


18 


761 


0,5 


S, 


Clair. 




24 




10 


10 


10 


762 


3,8 


S. 


Couvert. 




25 




5 


5 


5 


772 


9,5 


N. 


Couvert. 




26 


P.L. 


3 





7 


777 




S. 


Couvert. 




27 




7 


3 


12 


774 


11,5 


S. 


Couvert. 




28 




7 


4 


13 


775 


11,2 


S. 


Couvert. 




29 




7 


6 


7 


774 


0,4 


o. 


Couvert. 




30 




1 


- 1 


5 


781 




N. 


Nuageux. 




iïl 




— 2 


- 4 


6 


782 




N. 


Nuageux. 



Le» observations sont faites a 8 heures du matin, sauf pour la température 
maxima, qui est notée à 6 heures du soir. 



TABLE DES MATIERES 

de la vingt-deuxième année 

Pages 

BiDEAU (Louis). — Bellenaves, Etude géologique 75 

Brun. — Une lunette astronomique pour deux francs. ... 70 

— Les espèces saxicoles du genre Ramalina 129 

BuYSSON (H. DU). — Mœurs du Liosoma pyrenœum 14 

Collet (R.). ' — Pierres à bassins et mégalithes 93 

Lacroix. — Le tremblement de terre de Messine 3 

Lamotte (D"'). — Le Congrès préhistorique de Beauvais. , . 61 
Olivier (Ernest). — Lampyrides nouveaux 110, 121 

— La mâchoire du Rhinocéros de Hilly. . 126 
Pierre (Abbé). — Etudes sur la ponte des Odonates ... 6, 29 

— Une invasion de Chenilles [Oreopsychean- 

gustella) 66 

ToURRET. — Muscinées nouvelles ou peu communes 16 

— Stations nouvelles de quelques Mousses et Hé- 

patiques 55 

X... — Le docteur Bailleau 88 

— Perrot des Gozis 134 

Station météorologique des Ramillons. — Obsen^ations men- 
suelles: Janvier, 27 ; février. 28; mars. 59 ; avril, 60; mai, 89 ; 
juin, 90 ; juillet, 91 ; août, 92 ; septembre, 119 ; octobre, 120 ; 
novembre, 138 ; décembre, 139. 

Bibliographie. — Catalogue des plantes nommées, par A. Jor- 
dan, par Cl. Roux, 2i. — Bibliographie des manuscrits français 
relatifs aux sciences naturelles, par Cl. Poux, 2i. — Floruie 
raisonnéedu Brionnais, par Ormezzano et Château, 24. — Re- 
cherche sur l'époque d'éclosion des Altises et les caractères de 
quelques Thyamis de France, par H. du Buysson, 25. — Voyage 
zoologique en Kroumirie, par Gadeau de Kerville, 25. — Les 
diatomées fossiles d'Auvergne, par Héridaiid, 25. — Annales de 
la station limtiologique de Besse. 26. — Catalogue des Coléop- 
tères de Saône-et-Loire, par iM. Pic, 26. — Révision des Chry- 
sidides de l'Egypte, par R. du Buysson, 58. — Les zoocécidies des 

filantes d'Europe, par Houard, 82. — Devins et sorciers, dans 
e département de l'Allier, par le chanoine Moret, 137. — Essai 
d une description géologique de la Tunisie, par Philippe Tho- 
mas, 136. 

TABLE DES COMPTES RENDUS DES RÉUNIONS 

Cactus opuntia, 18. | Gryllus burdigalensis, 86. 

Station préhistorique de Tre- '• Labidura riparia, 86 
vol, 19. 



Ambidextrie, 22. 

Hibernation des papillons, 23, 

132. 
Mniophila muscorum, 56. 
Pleuroschisma trilobatum, 57. 
Columba œnas. 57. 
Le Puy-de-Dome cristallisé. 57. 
Gymnosporangium lavariœ- 

forme, 85. 



Agonum gracilipes, 87. 
Kuta graveolens, 116. 
Cyperus longus, 116. 
Sedum spurium, 117. 
Oreopsyche angustella, 117. 
Gui sur le pécher, 1.'Î2. 
Pterotheca sancta, 132. 
Menu d'une Pie-grièche, 133. 
PrixSavigny, 133. 
Prix Delesse, 134. 



La planche I doit être placée en regard de la page 82, 
la planche II en regard de La page 1Î3. 



Moulins. — Imprimerie Etienne Auclaire. 



REVUE SCIENTIFfQUE DU BOURBONNAIS 

ET DU CENTRE DE. LA FRANCE 



Les tomes I (1888) et II (1889) sont épuisés ; il ne reste 
que quelques exemplaires du tome VII (4894) au prix de 
15 francs ; les autres années peuvent être acquises moyen- 
nant 10 francs chacune. 

On peut encore fournir une série complète (tome I-XXI, 
1888-1908) au prix de 250 francs. 

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France parait par fascicules trimestriels avec des 
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France, lo francs pour l'étranger) doit être versé, avant 
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La correspondance concernant la rédaction et les 

Jernandes de renseignements doit être adressée à 

M. f'.înest Oi îA'iiiR, cours de la Préfecture, à Moulins. 

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a la Direction sont mentionnés et analysés. 

Les vingt-deux années parues sont en vente ; mais 
plusieurs sont épuisées et ne peuvent être vendues 
séparément ; il ne peut être fourni qu'un très petit 
nombre de collections complètes moyennant le prix 
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