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Full text of "Revue sémitique d'épigraphie et d'histoire ancienne"

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REVUE SÉMITIQUE 



D'ÉPIGRAPHIE ET D'HISTOIRE ANCIENNE 



Paris. — Imprimerie G. Maurin, 71, rue de Rennes. 




REVUE SÉMITIQUE 



DÉPIGRAPHIE ET D'HISTOIRK ANCIENNE 



RECUEIL TRIMESTRIEL 






9« Année. — 1001. 



PARIS 

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE 

dk l*école des langues orientales vivantes, etc. 
28, Rue Bonaparte, 28 

1901 









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-1 



REVUE SÉMITIQUE 



D^ÉPIORAPHIE ET D'HISTOIRE ANCIENNE 



RECHERCHES BIBLIQUES 



Influence da Code sacerdotal sur les prophètes. 

RÉSUMÉ DES RECHERCHES PRÉCÉDENTES 

Je suis arrivé au terme de mon enquête. Elle a été longue 
et pénible bien au delà de notre première estimation; longue 
parce que je me suis défendu de dédaigner la plus petite raison 
qui puisse être invoquée pour la théorie que je combats ou 
contre celle que je défends; pénible parce que ce n*esi pas 
sans éprouver des regrets cuisants et souvent renouvelés qu'on 
s*attaque à une doctrine triomphante dont les fondateurs et les 
propagateurs forment non seulement une phalange de savants 
éminents qu'on admire, mais encore un cercle exquis d'esprits 
sympathiques dont la longue amitié constitue l'acquisition la 
plus précieuse de ma vie. Cependant, si l'amour de la vérité 
sans fard et sans réticence m'oblige à m'inscrire contre un 
point de vue dont la fausseté me parait démontrée, je ne crois pas 
qu'on puisse trouver au milieu des vivacités les plus aiguës une 
seule expression qui soit entachée d'un caractère personnel . Cette 
méthode d'entière franchise vis-à-vis du système et profon- 
dément respectueuse pour ses auteurs nous guidera aussi dans 
le résumé substantiel dont nous croyons utile de faire suivre 
Texamen détaillé des diverses questions traitées jusqu'ici. Des 
notes concises seront consacrées à un certain nombre de re- 
marques qui n'ont pas été suffisamment relevées au cours des 

BtVOI StMlTlQDB i 



l REVUE SÉMITIQUE 

inveatigationB précédentes. Ce résumé suivra l'ordre chronolo- 
pquement ascendant des écrits analysés, dans les conditions 
déterminées au début de ces études (p. 183). 

I. — Emploi ^expressions particttliéres aux auteurs 
• sacerdotaux du Tétrateuque. 

Malacbias : nntt» (*. 1*; ^-t *". *5^; ung (il, 3; Ex., 
rax, U; L., IV, H ; ïlll, 16; xvl, 87; N., xix, 5); 

aiSîm D"nn "• 'n^na (". 5; N., xxv, M-i3); "jx nue 
in:on(". t3;N.,xvi, (5). 

Zacharie: iignjth Britt' (Xll, 3; L., xxi, 5); ^2^ (xll, 
IS-ii; Ex., XVI, 9; xxxvl, 16); ion- «s'abstenir de cer- 
tains aliments • (vu, 3; N., VI, S, 3, 5, 6, tï). 

Aggée: lyei. ■ cadavre » (II, 13; L., xxi, 1 ; xix, 28; 
H., VI, 6; XIX, l3);pB3soB(i«ii.; N,, V, 8; IX, 6, 7, 9). 

Isaïe II : îODi.ttn3 (XLIU, 3;G., X, 7); rno ^ICJN ('^''V' 
14; N.,xill, 3ï);niffN (un, 10;L., vu, 1-7). 

Ézéchiel : pipT (l, ti; G., 1, 6); onx nînD3 nvn («W . 
Î6;G., IÎ6-«7);[jja...nwp,T(<W.,S8;G.,xi, 1Î-16); 
T XW: ("". 5; Ex., VI, 8) ; pimi {ibid.; Ex., vi, 3); nni 
(XX, 83; L.,xxvi, 33); ni3y yy (XX, 88;!,., xxill, 40); 

oaitm mn -as (i", 37 ; l., xxvu, 32) ; oni» yix (xx, 

38; G., XXVI, 7 ;xxvill, 4; xxxvil, 1 ; Ex., vi, 4); t:»-ip |o 
iVianNbVl'j (""". 26; L., X, 10); -[SlDn 3113 l""'™!. 
14; Ex., XXV. 19-20); nBttO (•Ud.; Ex., xxx, 22-33); 
"[OTia ••• D'DH (iHd., 15 ; G., vi, 10: Bma pour 

Trra): y^tr -WH rm vb: W (""-vu, 9; g., i, 21); 

n'nWlixi.™, 10;G.,i,87-28);n-H(t..-nj (xlvh, 22; 
L., XVII, 15 pasaim); pKH nX VlMTn (xLVlI, 13; N., 
XXXIII, 54); nbnj3 bfîS (xi-vil, 14; N., xxxiv, 2). 

Jérémie : px ei':nn ("".2; N., xxxv, 33); QioBin nnx 
(x, 8; G., I, 14); la-yon (". 24; L„ xxvi, 22); avn (x, 
25; L., XXVI, 31 );, -in3D IDpn (xxxiii, 18;L.,ii, MO); 
■n-n KT ("'"'"• 8-16;L., XXV, 1 0) ; lOBr^i rSsN Ss (". 

3; L., XX, 14-16); rayirfrKOû (u, 7; I'-. 2S-30); inx 



RECHERCHES BTBUQUB8 3 

mrr» nna ('"^ i6; Ex., xxy, 21 ); tj^333 "^nwa ij^h <9; 

Ex., IV, 22-23); ipi^a •• Dtt^J (v, 24; L., xxvi, 4). 

Isaïel : ^^ -|Xtt^ nx nupb (x'» 1 1 ; Ex., xv, 17); jûBUf 
pnVD (xi, 4; L., XIX, 15); nDlD .. mn> (xix, 24; G., xn, 

25); b mtT jrmai (xix, 21 ; Ex., vi, 3); i^tn «'»;j (xxu, 1 

G., xxii, 10); onn3 (xxni, 1 ; G., x, 4); nOB (xxxi, 5 
Ex., XII, 12, 23, 27); «OD» «déclarer impur» (xxx, 22 
L., xni, 8 pa88im);^)Q'^{ibid.; xxxvii, 17, 19; N., xvii, 
3-4); ,-pt «rejeter, repousser» {ibid.; N,, xvii, 2); mSX 
(xxx, 22; xxviii, 8 ; xxix, 5) ; -m, c femme raenstruée » 
(Und.; L., xv, 33; xx, 18); d^D^ïH r\y2W IMi (^**»^m 26; 
^•> it 3); jn Bnpnn W> ^ ^^ ^^^* ^^ ^^ saintement préparé 
le sacrifice festival » {ibid., 29; Ex., xii, 13). 

Michée : ^^y ^ISÛ (rv, 8; Genèse, xxxv, 21). 

Osée: nXDn» « sacrifice de péché > (rv, 8; L., iv, 19 et 
ss.); ijfBj, c cadavre » (ix, 4; L., xxi, 1 passim); nN mtt^ 
D^nbx (^"» 4; G., xxxn, 29); ni3 (xn, 13; G., xxvi, 43), 

Âmos: rnVi^> «sacrifice de clôture de fête » (v, 21 ; L., 
xm, 36). 

II. — Emploi d'expressions lévitiques dans le Deutéronome . 

rïï^f « consentir » (lu, 1 8 ; N. , xxxii, 25) ; y^^n 12)} {ihid. ; 
N.,xxxii, 21, 27, 29, 30); DD'^apOl DDBD ûD'^Bf: [ibid,, 
19; N., xxxn, 26); 03^ ainjpD 'D ^nj^T («^^^ô N., 

xxxn, 1); N^nn DV3 ^mv i^iîsnn'» nxi (*"Wd., 21; n., 

xxvn, 19, 21); q^d -jb K^ïion (v"i, 15; N., xx, 10); 
D^fâBf ^vy înX (x» 3 ; Ex., xxxv, 7; xxxvn, 1) ; nnsn ^n 
parlant des Chananéens (xn, 29; L.yxvn, 10; xx, 3, 5, 6; 
XXVI, 22, 30; N., vi, 18); -praxb 1^31^3 "Itt^.^D 7mm 
(xui, 18; G., xxn, 16-18); îi{ûyi2^ = nn^ D'^riB^BI 1DV 
(xxH, 11; L., XIX, 19); nV"IV yJ3 (xxiv, 8; L., xui, 2 
poMtm); «iiv {}bià.; L.,xiv, 57). 



& REVUE SâHlTIQUE 

III. — Prescriptions et narrationa aacerdotaUs 
rappelées par les prophètes. 

Malachias : Emploi de bétes femelles à certaios sacrifices 
(i, I; L.,iii, 1,6;iv,38,33;v, 6); bénédiction des prêtres 
(il, S; N., IV, 32-27); supposition du devoir de témoigner 
(m, 5;L., T, i). 

Zacharie : Devoir pour les étrangers de célébrer la fête des 
tabernacles (xiv, 1G ; aggravation sur L., v, 1). 

IsaTell : Emploi du libanon et de la cannelle dans Tencens 
rituel (xLiit, S3-24; Ex., xxx, 33, 3i); Yatiwé jure de ne 
plus faire de déluge (lit, 9; G., viii, 11, 15); défense de 
voyager le jour du Sabbat (lviii, 13; Ex., xyi, 29). 

Ézéchiel : Profanation du Sabbat au désert (xx, 21 ;N., xt, 
32-37); extermination limitée à la génération sortie d'Egypte 
(xx, 22; N., XIV, 11-37); Yahwé fait serment au désert. de 
disperser Israël parmi les peuples (xx, 23 ; L., XXTI, 33); 
les premiers-nés sont éloignés du service du sanctuaire (xx, 
26; N., 111, 44-51); blasphèmes contre le nom de Yahwé 
(xx, 27; L., XXIV, 10-20); Les chérubins couvrent l'archie 
sainte de leurs ailes (xxviii, 13; Ex., xxv, 19-20). 

Jérémie : Payement de l'amende dite Asham par celui qui 
mange la chair sacrée (n, 3 ; L. , xx, 1 4-1 6} ; conservation des 
tables de l'Alliance (du Décalogue) dans l'arche sainte (m, 16; 
Ex., xxv, 21 passim); absence de sacrifices k la sortie d'Egypte 
(vu, â2 ; le Décalogue manque de prescriptions sacrificielles); 
sainteté particulière du Sabbat (xvii, 22; G.,ii, 3); prolonga- 
tion sévère de l'expiation des crimes des ancêtres par leurs des- 
cendants (xxiii, 18; L., XXVI, 39-40); la Minba est grillée 
avec l'encens sur le feu de l'autel (xxxni, 18; L., m, 1); 
proclamation solennelle de la liberté (xxxiv, 15, 17; L., 
xxv, 10). 

Isale 1" : Retour des carnassiers à la nourriture végétale 
primitive (xi, 7; G., i, 30); défense d'élever des Aahirim^ 



RBGHERGHBS BIBUQUES 5 

des Hammânîm (xvii, 5; xxvn, 9; Ex., xxxiv, 13; L., 
XXVI, 30). 

Micbée : Séjour de Jacob à Mîgdal-TÊder (iv, 8; G., xxxv, 
21 ) ; holocaustes de veaux d'un an (vi, 6 ; L., ix, 3). 

Osée : Le droit des prêtres officiants à toute la chair du sa- 
crifice de péché (iv, 4; L., iv, 19); mention de lois sacerdo- 
tales écrites (vii, 1 2) ; impureté des aliments préparés par une 
personne en deuil (ix, 4; N. , xix, 1 ipassim); Israël fils de Yahwé 
(xi, 1 ; Ex., IV, S2-83) ; Jacob saisit le pied de son frère au 
moment de naître (xii, 14; G., xxv, 26) ; Jacob lutte avec un 
ange (xu, 4 ; 6., xxxii, 35) ; l'ange vaincu demande pitié en 
pleurant (xii, 5; avance sur G., xxxii, 27); fuite de Jacob en 
Aramée (xn,13; G., xxvii, 43). 

Amos : Défense de joindre des gâteaux à pâte levée au sa- 
crifice de grâce (iv, 4 ; L., vu, 1 2-1 3 où il faut lire ^np^ j<b)î 
Élohtm détruit Sodome et Gomorrhe (iv, 11 ; G., xrx, 29); 
sacrifices de clôture (v, 21 ; xin, 36) ; trois catégories de sacri- 
fices : •OWt, Menaçât et Shelamtm (v, 22; L., i, 3; ii, 1 ; 
m, 1 ) ; absence de culte sacrificatoire durant le séjour au dé- 
sert (v, 25; L. n'en rapporte rien de cette époque). 



IV. -— Prescriptions et narrations deutéronomiques basées sur 

le document sacerdotal ou P. 



Haute taille des habitants de la Palestine, en dehors des 
'Anfiqlm proprement dits (i, 28 ; N. , xiii, 32) ; les petits enfants 
que leurs pères croient menacés d*êlre enlevés par les Ghana- 
néens prendront possession de la terre promise (i, 39; N., 
XIV, 31); rassemblée pleure pour la deuxième fois devant 
Yahwé (i, 45; N., xni, 39); bref résumé des négociations 
qui eurent lieu entre Moïse et les deux tribus et demie au sujet 
du territoire transjordanique (m, 1 8-20 ; N. , xxxii, 1 0-32) ; 
Moïse reçoit Tordre de monter sur le mont ""Abârîm pour y 
mourir et dénommer Josué son successeur (m, 2 1 -28; N. , xxvii, 
12-23, 20) ; destruction des adorateurs de Ba'al-Pe'or (iv, 3; 
N., xxv, 1-9) ; construction de l'arche en bois d'acacia pour 



6 REVUE SilUTIQUE 

déposer les tables de la loi (x, 1-5 ; Ex., xxv, SI); élection 
de la tribu de Lévi pour fonctionner (comme prêtres et lé- 
vites) au temple de Yahwé (x, 8-9 ; N., m 1 ; iv, 5, i 5, 65); 
à Datan et Abiram sont engloutis dans le sol (x, 8-9; N., xvi, 

1-35); permission de manger la chair non consacrée (xii, 






\ 13, S3-24; allégement de la loi L., xyii, 3-7); témoignages 

! (xvii, 6; développe N., xxxv, 30); addition de trois villes de 

|i refuge en deçà du Jourdain (xix, 1 «1 3 ; complète L., xxxv, 1 0- 

jp 3i) ; défense de semer les vignes de deux espèces hétérogènes 

(xxiiy 9; développement de la loi, L. , xix, 1 9) ; défense d'at- 
teler à la charrue un bœuf et un &ne ensemble (xxii, 1 ; déve- 
l^' loppement de la loi sur le croisement des bêtes, L., xix, 19) ; 

|rr. tresses commémoratives (xxii, 1 S ; en avance sur N. , xv, 28) ; 

; ; défense d'épouser sa belle-mère (xxvni, 1 ; suite de L. , xxvm, 

[^ 8); impureté de la pollution nocturne (xxm, 1 1 ; suite de L., 

XV, 16-17); intérêt des prêts (xin, 20; généralise L.,xxv, 
36) ; vœux prononcés par une femme (xxiii, 24 ; renforce 
N., XXX, 3) ; référence aux lois sacerdotales sur la lèpre (xxiv, 
8; L., xiii-xiv); salaire du journalier (xxiv, 14-15 ; spécifie 
L., XIX, 13); parties de la moisson abandonnées aux pauvres 
(xxiv, 19-22; complète L., xix, 9-10). 

J. Halévy. 



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Le Samérisme et l'Histoire babylonienne. 

(Suite.) 



14 lu mu»sar-ra-ba 

45 sù-ne-ib-ur-e-a 

16 an-en-lil gaMû-bi 

17 gal-lû kur-kur-ra- 

18 gir-bi he-en-bur-ri 

19 sa (= û) kul-bi 

20 he-en-til-li 



IX 

Sargami-sar-ali. 
sa duppa èua 

usazakuni 

ilu En-lil sarrusu 

sar matàti 

isidsu lisuha 
ù zérsu 
lilguta 

REMARQUES 



celui qui cette ta- 
blette 
endommagera, 
le dieu En-lil, son roi, 
roi des pays, 

sa base qu'il détruise 
et sa postérité 
qu'il anéantisse ! 



Noms communs: ce muHsar-ra-ba ]» (L 14); — cgaMû- 
bi j> (1., 16) ; — a kul » (= ce gul)-bi » (1. 19), 

J'ormes verbales : « ôù-ne-ib-ur-e-a "o (L 15) ; — a he-en- 
bur-ri » (l., 18) ; — « he-en-til-Ii » (1. 20). 



1 gu-de-a 

2 pa-te-si 

3 sir-pur-la-ki 

4 lu é-ninnû 

5 an-nin-gir-su-ka 

6 in-ru-a 



1 an*nin-har-8ag 

2 nin uru da-sar-a 

3 am-tur-tur-ne 

4 nin-a-ni 

5 gu-d$-a 

6 pa-te-si 

7 sir-pur-la-ki-ge 

8 ë uru gir-su-ki-ka« 

ni 

9 mu-na-ru 



X 

GuDEA. — Statue A. 

Cartouche. 

Nabû 

iâsak 

Lagas-ki 

sa bit-ninnû 

an ili nin-girsu 

ibani 

Colonne I. 

(ana) ili nin-harsag 

bélitù karibat àli 

um mari 

bôltiâu 

nabû 

issak 

Lagas-ki 

bit-al-Girsu attusa 

ibni 



Nabû, 

gouverneur de 

Lagas, 

qui le Bit-ninnû 

de Nin-Girsu» 

a construit 



(à) Nin-hursam, 

dame qui bénit la ville, 

mère des enfants, 

sa dame, 

Nabû, 

gouverneur de 

L^gas, 

let Bit-âl-Girsu, le 

sien, 
a construit; 



} 


REVUE SÉHITIQUB 






COLONNB II. 




1 dub-piaan aiag-ga- 


dup ptsan elli attusa 


le Dup-piaan sacré, le 


ni 




sien 


2 mu-na-glm 


«pus 


il a fait 


3 gis-dur-gar mah 


kus6& mabha sa bélù- 


le trône magnifique 


nam-nin-ka-nf 


tisa 


de sa majesté 


4 mu-na-gim 


«pus 


il a fait 


5 €-iaah-nl-a mu-na- 


(ina)bitmuhhisuuàé- 


dans la maison de aa 


ni-tur 


ribsu 


majesté il l'a intro- 
duit; 


6 kur-mà.gan-kl-ta 


istusad Magan-ki 
Colonne III. 


de la montagne de 
Magan, 


1 nl-kal iin-ta.dul- 


abné kal uâébilu 


du dolorite il a fait 


du 




apporter 


2 alan-na-ni-ku 


ana alanlâa 


pour SB statue 


3 mu-tu 


igzuz 


Il a fait sculpter 


1 nin-an-ki-a nam- 


(ana) belti musiroat 


(à) la dame qui fixe 


tar-rl-ne 


èim&tf sa àamé ù 


les sorts du cie> et 




irqiti 


de la terre, 


5 an-Ria-tu 


ill bélit ilitti 


Dame des naissances, 


6 am an-ri-ne-ge 


ummi il&nl 


mère des dieux. 


7 gu-dé-a 


sa nabi 

Colonne IV. 


. (de) Nabù 


1 la ë ru-a-ka 


bfln! sa biti 


le constructeur du 
temple, 


2 nam-ti-la-ni mu- 


balatsu irik 


sa vie prolonge ! » 


BUd 






3 mu-ku mu-aa-sa 


ana sumî iqbi 


en nom il a proclamé 


4 6 a-mu-na-ni-tur 


(ana) bit Sua useribsu 

Statue C. 
Colonne I. 


dans le temple ceci 
il a fait entrer. 


1 an-nin-gis-zid-da 


ilu nin.kitti 


Nin-Kitti 


3 an-gu-dC-a 


il nabù 


(est le) dieu de Nabù, 


3 pa-te-si 


issak 


gouverneur de 


4 sir-puMa-ki 


Lagas-ki 


Lagaà 


5 lu e-an-na 


sa bit samû 


qui le temple du ciol 


6 in-ru-a-kam 


ibanima 


a construit. 



LE SUMâRISMB ET L'HIOTOIRE BABYLONIENNE 



9 





Colonne II. 




i aQinnanna 


(ana) ili innanna 


(à) Innanna 


2 nin kur*kur-ra 


bôlit matàti 


dame des pays, 


3 nin-a-ni 


bôltisu 


sa dame, 


4 gu-dë-a 


nabù 


Nabù 


5 mu-gil-sa 


mu-gil-sa 


• 


6 pa-te-si 


issak 


gouverneur de 


7 sir-pur-la-ki 


Lagaski 


Lagas, 


8 lu ë-ninnù 


sa bit-ninnû 


qui le Bit-ninnû 


9 an nin-gir-su-ka 


sa nin-girsu 


de Nin-Girsu 


10 in-pu-a 


ibaai 


a construit. 


il ud-an-innanna-ge 


(ina) ùme sa ili innan- 


au jour où Innanna, 


12 igi-nam-ti-ka-ni 


na 
înà balati attuâa 


yeux de vie, siens, 


13 mu-igi-bar-ra-a 


inasi 


a levé. 


14 gu-dë-a 


nabù 


Nabù, 


15 pa-te-si 


isSak 

* 


gouverneur de 


16 sîr-pur-la-ki 


Lagas-ki 


Lagas, 


17 gis-tug (-pi) dagaU 


rapsu uzna basù 


d'oreilles vastes doué 


a-kam 






18 nitah nin-a-ni 


arad bôltisu 


serviteur de sa Dame 


19 ki-ag-a-an 


sa irâmusu 


qui Taime 


20 ga ù-sub-ba-ka 


ga sa-isdi 


le ga de la base, 


21 gis ba-har 


iç U9uri 


la marque de borne, 


22 ka-ai-ka 


sa Ka-al 


de Ka-al 


23 uru ba-mul 


uru namru (?) 
Colonne III. 


le uru brillant» 


1 im-bi ki-lah-lah- 


\\\s\x ina asri lahi 


son argile dans un lieu 


ga-a 




pur. 


2 im-mi-dib 


içbat 


il a pris; 


3 seg-bi 


libnatsu 


ses briques, 


4 ki-el-la 


(ana)asri elii 


dans un lieu pur, 


5 im-mi-du 


usziz 


il a placé. 


6 us-bi inu*azag 


isdusu ibbu 


ses fondations pures. 


7 bil-im-ta-lal 


usanbit 


il a fait resplendir: 


8 temen-bi 


temensu 


• 

son temen 


9 ni-ir-nun-ka 


sa ni-ir-nun 


du ni-ir-nuri 


10 su tag-ba-ni-dug 


lapâtu iqbi 


d'enlever (?) il a or- 
donné; 


1 1 ô ki-ag-ga-ni 


bit narâmisu 


le temple qu'il aime. 


12 ë-an-na sag gir-Bu- 


bit-samô lib girsu-ki 


le Bit-samê au milieu 


ki-ka 




de Girsu, 


13 mu-na-ni-ru 


ibniéu 


il l'a construit; 



10 


BWUB BtHITIQUS 




14 kur mà-gan-ki-ta 


iâtu èad màgan-ki 


de la montagne d« 
Màgan, 


15 nà-kal im-ta-dut- 


abné kal usôbilu 


d«s pierres ^ Il a 


du 




fait apporter, 


16 alan-na-ni-ku 


ana «almiiu 


pour sa statue, 


n mn-tu 


ihri 


il a sculpté : 


18 gu-de-a Itt ë-pu-a- 


sa Nabù banù blta 


1 de Nahû le cons- 


ka 


COLONMB IV. 


tructeur du temple 


1 nam-ti-la-Dl he- 


balatsu lirlk 


sa vie qu'il prolon- 


sud 




gel. 


2 mu-ku mii-na-sa 


ana dumi ibbi 


pour nom il a pro- 
clamé, 


3 fr-an-na-ka 


ina bit-âamâ 


dans Dit-^mé 


4 mu-na-ni-tur 


u^ribsu 


il l'a fait entrer. 


5 la ë-an-na-ta 


âa istu bit-iamè 


Celui qui de Bit-same 


6 ib-ta-ab-ud-du-ud- 


uâ4«&Su 


la fera sortir, 


du-a 






7 ib-zi-ri-a 


iz&râu 




8 mu-Bar-a-baâu-ne 


duppa iuata in&kaiiu 


cette tablette mutile* 


ib-ur-a 




ra, 


9 ilu innanna 


ilu Innanna 


Innanna, . 


10 nin-kur-kur-ra-ge 


bëlitmat&ti 


Dame des pays 


11 sag-ga ni-Sua-na 


riàiâu ikkas 


lui coupera (?) la tête, 


12 nam-he-ma-tar 


Bimata liâim 


le sort qu'elle tranche 
(= le fera mourir); 


13 gié-gu-za gub-ba- 


sa kuBBÎ émidiâu 


de son trône établi 


14 gir-bi 


iàdasu 


la base 


15 na-an-gi-ni 


laukia 


elle ne consolidera 
pas. 


16 kul-a-ni be-til 


E«rèu lilguta 


sa famille qu'elle 
anéantisse, 


17 bal-a-nlhetar 


palfiu Ijprus 

Statue E. 
Cartoucbfl. 


BOD gouvernement 
qu'elle retranche. 


1 gu-d6-a 


nabù 


Nabû 


2 pa-te-sl 


iÉsak 


gouverneur de 


3 Ôlr-pur-la-ki 


Lagai 


Lagai. 



LE SDlitfRISME ST l'HISTOIRE BABYLONIENNE 



11 





COLONNB I. 


1 


1 an 6a-u 


ilu Bau 


(à) Bau, 


2 sal-sag-ga 


ardat libbi 


Dame de cœur, 


3 tur-an-na 


màrat Anim 


fille d'Anu, 


4 nin-uru-azag-ga 


bôlit éri elli 


Damed*Eri-elli, 


5 nin-he-gàl 


bélit higal 


Dame de richesse, 


6 nin-gip-su-ki-a 


bôlit gir8u-ki musimat 


Dame de Girsu, fixant 


nam-tar-ri 


simti 


les sorts, 


7 nin*di-kud uru-na 


bélit zakut ôrisa 


Dame du jugement 


s 




de sa ville, 


8 nin sag-e ki-ag 


bôlit riâat rômi 


Dame, souveraine de 
la pitié. 


9 nin nin-u-gu-dô-a 


bôlit nin munnabti 


Dame de quiconque 
se réfugiai vers elle) 


10 nin-a-ni 


bôlitsu 


sa Dame, 


11 gu-dë-a 


nabû 


Nabû 


12 pa-te-si 


iSSak 


gouverneur de 


13 éir-pur-la-ki 


Lagas 


Lagas 


14 lu ë-ninnû 


Sa bit-ninnû 


qui, le Bit-ninnû 


15 an-nin*gir-8u-ka 


sa ili nin-girsu 


de Nin-Girsu 


16 ë-pa ë-ub-imin 


bôt-haUibitkiâsâtsibi 


le temple du « Scep- 






tre », le temple des 
sept régions 


17 mu-ru-a 


ibani 


a construit. 


18 ud an-ba-u 


ûm ilu Bau 


Le jour que Bau, 


19 nin-a-ni 


bôltiâu 


sa Dame, 


20 èag-azag-ga-ni ba- 


(ina) lib ellisa izakar 


dans son cœur pur l'a 


an-pad-da-a 


eu 

Colonne II. 


mentionné, 


1 nitah im-tug 


zikni na*idu 

1 


en serviteur • respec- 
tueux 


2 nin-a-na-kam 


sa béltiàu 


de sa Dame, 


3 nam-mah nin-a«na 


9Îrût béltisu 


La souveraineté de sa 
Dame 


4 mu-zu»zu 


usédi 


il a fait connaître; 


5 pi-lul-da 


uznà danni 


avec une forte intel- 
ligence, 


6 an bau 


ana ili bau 


à Bau, 


7 nin-a-na-ku 


béltiSu 


en sa Dame, 


S li-im-ma-si-tar 


ipqid ramaniâu 


il s'est confié ; 


9 nin ë-ninnû 


bélit bit ninnû 


(à) la Dame de Bit- 
ninnû 


10 ë ki-ag-ni 


bit narâmiâu 


le temple qu'elle aime, 


Il an-nin-girsu 


(sa) ili nin-girsu 


(et à) Nin-Girsu, 



REVUE SÉMITIQUE 



12 gal-lù a-ni 


iarriâu 


son roi, 


13 mu-aa-ni-a gfm 


ki ibani 


de môme il a oona- 
truit; 


14 udan-bau 


iUD ilu bau 


lejourque(&)Bau, 


15 tup an-na 


Diftrat anim 


fiile de Anu, 


15 Din uni azag-ga 


bâtit érj elli 


Dame de Eni-ellu, 


17 nin-a-ni 


bëltiâu 


aa Dame, 


18 esll-gid-gid 


bit aùqé-rêbé 


le Bit 8Ûqi>rdb6, 


19 8-kf-ag-ni 


bit narâmsu 


le temple qu'il aime. 


20 rau-na-ru-a 


ibani 


il a conatruit. 


31 uru mu-azag 


«re ella 


la ville pure 


n bll-ici-ma-to-Ial 


u&anbit 

Colonne 111. 


il a fait bnller; 


1 ga-giS-àub-ba-ka 


sa ga-gis-sub-ba 


du ga già-8ub-ba, 


2 gié-ba-har 


gis-ba-har 


la borne 


3 ka-al-ka 


àa ka-al 


du Ka-al 


4 gis-uru-ba-niul 


gis'uru namru 


le gi£-uru brillant. 


5 im-bi-ki-Iah-lah 


(itsu (inalasri lahi 


son argile (dans) un 
lieu pur 


6 im-mi-dib 


i«bat 


il a pris, 


7 èeg-bi ki-d-Ia 


libnatsu (ina) aâri elli 


ses briques (dans) un 
lieu pur 


8 im-ml-du 


ukin 


il a placé, 


9 Sog-giâ-Bub-ba ni- 


liblt iSdi ëpuâ 


(de) briques la baee il 


gar 




a fait, 


10 nia-ul-pa-ne-ud- 


nin ulfi unammir 


de toute sorte de 


du 




splendeur il a orné. 


11 ué-bi rau-azag 


iàduâu ellu 


sa fondation pure 


42 bil-im-ta-lal 


uàanbit 


il a rendu brillante; 


13 temen-bi 


temensu 


sa terrasse 


14 ni-irnun-ka 


sa ni-ir-nun 


de ni-ir-nun 


15 su-tag- ba-ni-dug 


... àuiqbi 


d'enlever il a or- 
donné ; 


IG an-ba-u nin-a-ni 


ilu bau beltiâu 


(à) Bau, sa Dame, 


17 nin uru-azag-pri 


bélit éTi elli 


Dame de Eru-ellu 


18 im-3i-a.an 


palhiâ 


respectueusement 


19 uru-azag-ga 


(ina) âri elli 

Colonne IV. 


dans Eru-ellu, 


1 ki-lah-lah-ga-a 


lina) asri ellt 


dans un lieu pur, 


2 e mu-na-ru 


bita ibni 


un temple il a cons- 
truit; 


3 gis-dur-gar mah 


kuasu fléru 


le trône superbe 



LE SUMÉHISMB ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 



13 



4 nam-nin-ka-ni 

5 mu-na-gim 

6 ki-di-kud*na 

7 mu-na-tum 

8 dup-pisan azag- 
ga-ni 

9 mu-na-gim 
iO ëmah-a-e 

!i mu-na-ni-tur 

12 dim (?) nin-an-da- 

gal-ki 

13 mu-na-gim 

14 ë-mah-na 

15 mu-na*ni-tum 



sa bélûtisa 

ibni 

asar zakuti attusa 

ukîn 

pisan ellu, attusa 

ibni 

(ina) biti mahhi rabi 

uséribsu 

dim nin Ui rapis-ki 

ibni 

(ina) bit-mah, attusa 

ukinsu 



de sa majesté 
il a construit; 
dans le lieu de son ju- 
gement 
il établit; 
le pisan pur, sien, 

il a construit, 

dans le temple « très 

sublime » 
il Ta fait entrer ; 
le pilier de la dame de 

« Ili-rapis » 
il a construit, 
dans le Bit-mah, sien 
il Ta placé. 



Colonne VIL 



22 ë an-ba-u 

23 ki-bi gi-a-da 

24 he-gàl-bi 



bit ili bau 

(ana) asrisu (ina) taâri 

hegaisu 



le temple de Bau 
en restaurant, 
ses biens 



Colonne VIII. 



1 pa-ud-du-ag-da 

2 gis-dur-gar sir- 

pur-la-ki-ka 

3 gir*bi gi-na*da 

4 gu-dè*a 

5 pa-te-si 

6 sir-pur-la-ki-ka 

7 pa ka-gi-na 

8 su-na gàl-la*da 

9 nam-ti-la-na 
10 ud-bi sud-a-da 

H AD-ra-ni 

12 an-nin-gis-zi*da 

13 an-ba-u 

14 ë-uru-azag-ga-na 

15 mu*na*da-tur-tur 



(ina) sûpéâu 
(sa) kussi Lagas 

isdusu (ina) kaâni 

Nabû 
issaku 
sa Lagas 
hatta pi kéni 

idusu ina ahâzi 
sa balatisu 
ùmé au ina ar&ki 

ilisu 

ilu nin-i9-kitti 

ilu bau 

bit er-elli attusun 

uaëribu 



en faisant briller, 
du trône de Lagas 

sa base en affermis- 
sant, 

Nabû, 

gouverneur, 

de Lagas, 

le sceptre de l'ordre 
véridique 

de sa main en prenant 

de sa vie 

les jours en prolon- 
geant, 

ses dieux 

Nin-kitti 

(et) Bau, 

(dans) le temple Er- 
elli, le leur, 

il a fait entrer. 






u 



RBVUB sémriQnE 



16 iag mu-ba-ka 


(ina) libbi éa satti si 


Au milieu de la môme 
année, 


17 kur mà-gan-ki-ta 


istu sad-màgan 


de la montagne de 
Magan, 


18 nà-kal im-to-dul- 


abni kal usôbilu 


des pierres kal il a 


du 




fait apporter, 


19 alan-na-ku 


anal^almiéu 


en sa statue, 


20 mu-tu 


ihrî 

Colonne IX. 


il a sculpté. 


1 nin-mu ba-zig-gi 


béitfya (hift) isl 


c Madame, sois gra- 
cieuse, 


2 nam-ti-ba 


balata qisi 


la vie donne. 


3 ud sag gab zal-zal 


ûmô qarni dahd&ti 


les jours des cornes 




nummiri 


d*abondano6 fais 
briller! » 


4 mu-ku mu-na-sa 


ana sumi ibbi 


pour (son) nom il a 
proclamé 


5 ë a-mu-na-ni-tur 


(ina) biti uséribâu 


(et dans) le temple il 




m 


Ta fait entrer. 


6 alan 


9almu 


La statue 


7 lûëan-ba-u 


è« bit ili bau 


de celui qui la maison 
de Bau 


8 mu-ru-a-kam 


ibani éû 


a construit, est celle- 


9 ki-gub-ba-bi 


manzazuâu 


Cl , 

(de) sa place, 


10 lu nu zi-zi 


maman aa usétiq 


que personne ne (la) 
retire, 


U di-ka-bi 


sattuksu 


(que) les offrandes à 
elle destinées 


12 lu la ba-ni-lal-e 


mamman la uâatbà 

Statue H. 
Colonne I. 


personne n'enlève. 


\ an-ba-u 


ili bau 


Bau 


2 sal-sag-ga 


ardat libbi 


Dame au bon cœui, 


3 tur an-na 


mârat anim 


fille d'Anu, 


4 nin uru-azag-ga 


nin éri elli 


Dame de la ville sa> 
crée, 


5 nin hô-gàl 


nin higalli 


Dame deâ richesses, 


6 tur an-azag-ga 


màrat sami elli 


fille du ciel pur, 


7 nin-a-ni 


beltisu 


sa Dame, 


8 gu-dô-a 


Nabû 


Nabû, 


9 pa-te-si 


iâàak 


gouverneur de 


10 ôip-pur-la-ki-ge 


Lagas 


Lagas, 



LE SUIIÉIUSME ET l'hISTOIRE BABYLONIENNE 



1S 





Colonne IL 




i ud-é-sil-gid*gid 


ùm bit-8Ûqi-rôbi 


le jour que Bit-sûqî- 
rôbi, 


2 ë-ki-ag-ni 


bit naràmiRu 


le temple qu*elle 
aime, 


3 é hô-ul uru-azdg- 


bit duhdi ulçi eri elli 


temple d'abondance 


ga 




et de joie, de la trille 


4 mu-na-ru-a 


ibani 


il allait construire, 


5 kur mà-gan-ki-ta 


istu sad Màgan-kf 


de la montagne de 
Magan, 


5 nfl kal im-ta-âol-da 


abni kal uâôbilu 


des pierres kal il a 
fait apporter, 


1 alaii-na-ni-ku 


ana «almisu 


pour sa statue, 


S mu-tu 


ihri 

Colonne III. 


il a sculpté; 


1 nin tur-ki-ag an- 


bélti màrtu ellitu sa 


c Dame, fille chérie 


azag-ga-ge 


ili samé ellûti 


du ciel pur, 


2 am an-ba-u 


ummu ilu bau 


mère, Bau, 


3 ô-8Îl-gid-gid-ta 


ina bit-sùqi-rébi 


dans le Bit-suqi-rébi, 


4 gu-dë-a 


(ana) nabù 


à Nabû, 


5 nam-ti mu-na-sum 


balata idin 


la vie donne ! » 


6 mu-ku mu-na-sa 


ana sumi ibbi 


comme nom il a ap- 






pelé. 


7 ë uru-azag-ga-ka 


(ina) bit-eri-elli 


(etdans)leBit-éri-elli 


8 mu-na-ni-tur 


usôribsu 

REMARQUES 


il Ta fait entrer. 



Noms propres : « gu-de-a»; — oc àir-pur-la-ki»; — « ë- 
ninnû »; — «c an-nin-gir-su »; — a an-nin-har-sag »; — 
« um-gir-su-ki » — « mà-gan«ki »; — a nin-an-ki-nam-târ 
ri-ne »; — « an-nin-tu »; — a an-nin-gis-zid-da »; — « an- 
gu-de-a Ti (C. I, 8); — <can-innannax»; — « ka-al d (G. 22); 
— « ni-ir-nan » (G. III, 9); — <r an-bau » (E. I, 1) ; — «an- 
m » (E. I, 3); — « ë-sil-gid-gid » (E. II, 18) ; — c nîn-an- 
dagal-ki » (E. III, <3) ; — « ë-pa ë-ub-imin » (E. I, 16). 

Noms communs : ce gu-de-a » (=: a nabû ») ; — a dup^pi- 
san 3» (A. Ily 1) ; — a nà-kal » (Â. III, 1) ; — a alan^na p 



16 



REVUE SEMITIQUE 



(A. III, 2) ; — . giS-tug-dagal-a » (C. I, (7) ; — . ira . (C. 
III, (); — « ga-ù-âub-b» » (C. H, 20) ■ — « êeg » (C. III, 
3) ; — « giS-gu-M-gub-ba . (C. IV, 13) ; — « bal . (C. III, 
n) ; — « di-ku a (E. I, 7) ; — « nin-u-gu-de-a > (E. I, 9);— 
< ga-gis-àub-ba > (E. III, I ) ; — c giâ-ba-har »' (E. III, 2) ; 

— « già-uru-ba-mul » (E. III, 4); — hoId-uIo = omim-ma» 
(E. III, 10); — . giè-dur-gar • (E. IV, 3); — . di-kud. 
(E. IV, 6). 

Formes verbales ; nmu-sud» (A.IV,2); — amu-tu» (C.III, 
)7);— « œu-azag» (E. Il, 21); — < mu-zu-zu » (E. II, 4); — 
«mu-Da-ruB (A. 1,4); — «mu-na-gim>(A. 11,4); — a mu-na< 
8a»(A. IV, 3); — a inu-oa-tum > (E, IV, 7); — «mu-na-siim» 
(Ib. III, 5); — «mu-oa-ni-ru» (C.III, 13); — amu-na^ni-tun 
(C. IV, 4); — « mu-na-Di-tum » (C. IV, 1 5); — o mu-na-da' 
tur-lur» (E. VIII, 15); — ■ a-mu-na-ni-tur ■ {A. I, 5); 

— . mii-rua » (E. I, 17); — « mu-na-rii-a»(E. Il, 13,20); 

— < mu>igi-bar-ra-a ■ (G. II, 13); — a im-mi-du » (C. III, 
S); — « im-mi-dlb » {C. III, 2); — c li-im-ma*ôi-tar » 
(E. II, 8); — . im-ta dal-du . (A. III, 1); — « bil-im- 
ta-lal » (C. m. 7); — € bil-im-ma-la-lal » (E. Il, 22); — 
« in-ru-a • (A. Cart. 6; C. H, 10); — « ba-raul n (C. II, 
23); — « (gi6)-ba-har . (C. III, 2); — «ba-zig-gi. (E. 
IX, 1); — « ba-an-pad-da-a » (E. I, 20); — t (lo-laj-ba-ni- 
lal-e > (E. IX, 12); — « (Su-lag)-ni-dag > (E. III, 1 5); — 
€ ib-ur-a > (C. IV, 8); — « ib-zi-ii-a « (C. II, 7); — . ib-la- 
ab-ud-da-ud-da-a. (C. IV, 6); — .ea-lib (E. IV, 16); — «he- 
lar » (C. IV, 1 7); — « nam-he-ma-lar • (C. IV, 1 2); — « na- 
an-gi-nii) (C. IV, 18); — «zal-zal » (E. IX, 3); — .(na)- 
zi-zi » (E. IX, 10); — « ra-a » (C. III, 18); — . pa-ud-du- 
ag-da> (E. VIII, 1); — « gi-na-da» (E. VIII, 3); — . (éu- 
na)-gal-la-da » (E. VIII, 8); — « (ud-bi)-sud-a.da » (E. VIII, 
10); — « (ti-bi;-gi-a-da » (C. VII, 23). 

XI 
Ub-ooh. 

1 an-en-lil ilu en-lil (à) En-lil, 

2 gat-lii kur-kur-ra âar matâti roi des pays. 

3 ur-an-gur ur ili gur Ur-gur, 

4 nitah lig-ga zikni dannu héros puissant, 



LE SimÉRISMB ET L'HISTOIHE BABYLONIENNE 17 

sap uri roi d*Ur, 

sar sumôri (û) akkadi 



5 gal-Iû uru-um-ki- 

ma 

6 gal-lû ki-en-gi-ki- 

urtu-ge 

7 ë-kur 

8 é-ki-ag-ga-ni 

9 mu-na-ru 



ekur 

bit narâmiàu 

ibni 

REMARQUES 



roi de Sumer et d'Ak- 

kad, 
Ekur, 

le temple qu*il aime, 
il a construit. 



Noms propres : « an-en-lil » (i ); — a ur-an-gur » (3) ; — 
« ura-um-ki-ma » (4); — « ki-en-gi-ki-ur-tu » (6). 

Noms communs : ce nitah » (4); — <c lig-ga ^ (4); — «c ê- 
kur » (7); — ce ki-ag » (8). 

Forme verbale : a mu-na-ru » (9). 

RÉSULTATS PRÉLIMINAIRES — DISPOSITIONS MATÉRIELLES 

DES VERSIONS PHONÉTIQUES 

En indiquant précédemment la méthode à suivre pour arri- 
ver à des résultats définitifs en ce qui concerne l'objet de Tin- 
vestigation qui nous occupe, j'ai signalé la nécessité inéluctable 
de joindre aux anciens documents unilingues dits <r. sumé- 
riens 2> une version babylonienne ordinaire, c'est-à-dire pho- 
nétiquement exprimée. Cette condition préalable est mainte- 
nant un fait accompli. Les lecteurs sont mis à même de com- 
parer à leur aise les formes de rédaction sur des textes d'une 
antiquité sans pareille. Pour conserver ce caractère précieux 
entre tous, j'ai arrêté les extraits au règne d'Ur-Gur, le plus 
ancien prince connu de la Babylonie unifiée sous la dénomi- 
nation de Kiengi-Burbur (=l]rtu) ou èumer et Âkkad. Il m'a 
paru inutile de descendre jusqu'au règne d'Hammurabi où les 
inscriptions à double version font leur apparition officielle et 
ne discontinuent plus jusqu'à la conquête perse. Or, le fait 
seul de la possibilité d'une version parallèle des textes ce paléo- 
sumériens jd en sémitique constitue déjà un résultat d'une 
portée fort remarquable. L'antiquité nous a légué un grand 
nombre de textes rédigés en plusieurs langues à la fois, mais 
pas un d'entre eux ne se présente en colonnes parallèles. 

UtVI lÉIlTiaot 2 



18 REVUE SÉMITIQUE 

Jamais l'idée n*est venue à Fauteur de rinscription de Rosette 
de disposer dans trois colonnes mises en regard Tune de Fautre 
les textes hiéroglyphique, démotique et grec qu'il avait à faire 
connaître au public. Les scribes achéménides eux-mêmes, pour 
lesquels Tusage des bilingues babyloniens n'était pas un 
secret, ont préfère écrire tout d'abord le texte perse en entier 
puis y joindre, également en entier, les versions susienne et 
babylonienne. Sur le rocher d'Hadjiabad on voit de même 
les versions de l'inscription principale mises côte à côte mais 
séparément. Un coup d'œil jeté sur les bilingues babyloniens 
fait aussitôt connaître la cause qui en empêchait l'introduction 
chez les autres peuples. Le texte de la seconde colonne baby- 
lonienne suit ligne par ligne celui de la première en exécutant 
des coupures de phrase identiques. Un tel précédé est 
absolument impraticable quand il s'agit de langues à construc- 
tion syntaxique différentes entre elles comme le sont les 
idiomes susmentionnés* Les langues modernes de l'Europe, 
quoique issues d'une même souche, peuvent illustrer cette 
vérité ; une version à la babylonienne d'une inscription fran- 
çaise en russe ou en allemand donnerait une phraséologie 
ridicule et serait à peine comprise. La version française litté- 
rale que nous avons mise à la troisième colonne de nos textes 
donne une idée suffisante d'un tel galimatias. Mais, ceci éta- 
bli, comment se fait-il qu'ils ont échappé à la difficulté qui 
partout ailleurs s'est opposée à l'introduction de versions bi- 
lingues parallèles? Dira-t-on qu'ils ont passé sans la sentir? 
Ce serait émettre une grosse absurdité, car dans le cas d'une 
telle inconscience la version sémitique devrait revêtir la forme 
incongrue et ridicule reflétant les tours de force exécutés par 
les traducteurs, or, cela n'est pas, car elles offrent précisé- 
ment le style le plus pur et classique de la littérature millénaire 
des Babyloniens. Bon gré, mal gré, on est obligé de recon- 
naître que si les deux colonnes parallèles offrent en fin de 
compte des constructions syntaxiques qui se superposent dans 
les grandes lignes, c'est qu'elles sont l'image d'une seule 
langue exprimée de deux façons mécaniques différentes, idéo- 
graphique et phonétique. 
Complétons ces réflexions sur quelques points notables.. 



LE SUMÉRISME ET l'hISTOIRE BABYLONIENNE 19 

Les versions à colonnes parallèles inaugurées pour les monu- 
ments publics ont été conservées dans des compositions d'un 
caractère didactique telles que les syllabaires, les tables des 
paradigmes grammaticaux et les travaux lexicographiques. 
Bans les recueils religieux ou magiques les versions prennent 
une position interlinéaire. Chaque proposition idéographique 
est suivie d'une rédaction phonétique correspondante et com- 
prenant la proposition entière. La connexion étroite des 
lignes parallèles se constate par ce fait que plusieurs idéo- 
grammes qui figurent dans la ligne supérieure sont souvent 
rappelés dans la ligne inférieure par le signe || = idem. Cette 
circonstance empêche d'assigner à cette version un caractère 
didactique et ce sentiment est renforcé par une disposition 
particulière à certaines formules des récits magiques, formules 
où la phrase phonétique est placée entre deux parties de la 
phrase idéographique. Cela semble indiquer que le prêtre - 
devin devait réciter ces versets dans les deux rédactions dont 
la phonétique devait probablement être répétée par le malade 
pénitent. Il va sans dire que les renvois de ligne à ligne d'une 
part, l'enveloppement de la phrase sémitique par l'autre ne 
serait pas possible si cette dernière représentait une langue 
différente. 

N'oublions pas ce dernier fait qui montre bien la fantaisie 
exubérante des historiens suméristes^ Dans tout le domaine de 
la littérature babylonienne le ce sumérien > a toujours la pré- 
séance sur la forme sémitique. S*il agissait d'une langue étran- 
gère parlée jadis par un peuple vaincu et en grande partie 
assimilé, les vainqueurs sémites n'auraient pas manqué de 
donner la place d'honneur à leur propre langue nationale. 
Ceux qui dépouillent toute une race de son droit à l'existence 
se soucieront fort peu d'accorder à sa langue les honneurs de 
la préséance surtout après qu'elle a disparu de l'usage. Au 
contraire la différence pour le système idéographique devient 
Baturelle dès qu*il incarne la première invention nationale ou 
plutAt la plus précieuse invention des divinités civilisatrices de 
la nation elle-même. A toutes les époques le système hiérogly- 
phique attribué au dieu Thot a eu la préséance dans les docu- 
ments égyptiens. En Babylonie de même la rédaction antiquis- 



20 REVUE SÉMITIQUE 

sime qu'on attribuait à Nabu conservait sa prééminence et se 
transmettait pieusement de génération en génération malgré 
les transformations intervenues dans les formes courantes des 
signes et le caractère aussi inutile que lourd et encombrant 
qu'il acquérait dans les derniers temps. La superstition popu- 
laire a ajouté à son prestige en lui attribuant une vertu nm-* 
gique à laquelle le système phonétique n'a jamais osé émettre 
la moindre prétention. La tradition savante de son côté a fait 
tout son possible pour sauver de l'oubli les formes les plus 
archaïques de Técriture cunéiforme au moyen de tables 
comparatives destinées aax scribes officiels de manière que 
les textes composés à plusieurs milliers d'années avant leur 
époque ne leur présentaient pas la plus petite difficulté de 
déchiffrement. 

LES ÉLÉMENTS PRÉTENDUS N0N*SÉM1TIQUES DU SUMERIEN 

— VOCABULAIRE ET GRAMMAIRE 

Abordons maintenant l'étude de l'essence même de ce que 
les esprits superficiels s'obstinent à appeler «langue sumé< 
rienne ». Transportons-nous aux derniers retranchements der- 
rière lesquels nos adversaires ont pris position désespérant de 
pouvoir en trouver une meilleure. Arrivés vers 5000 avant notre 
ère dans la Babylonie du Sud, les Sémites emploient le demi- 
milier suivant à se substituer politiquement aux popula- 
tions c sumériennes » du pays. Pendant ces opérations, ils dé- 
laissent leur langue nationale pour parler et écrire celle du 
peuple conquis et leurs dynastes se nationalisent au point de 
ne plus porter que des noms « sumériens t. LeroiEn-àag- 
ku8-an-na est le plus ancien spécimen du dynaste sémitique 
sumérisé. La langue qu'il emploie dans son inscription en 4500 
coïncide point par point avec celle parlée par les inventeurs 
du syllabaire qui ont dû vivre au moins 500 ans avant l'arri- 
vée des Sémites, c'est-à-dire en 5500 au bas mot. L'origine 
sémitique que j'ai démontrée plus haut pour presque toutes les 
expressions de l'inscription du roi susnommé n'ébranlera guère 
la foi de ces croyants robustes qui vous répondent impertur- 
bablement : C'est vrai, ces mots sont sémitiques, mais les Se * 



LE SUMÉRISME ET l'hISTOIRE BABYLONIENNE 



21 



mites les ont empruntés à leurs prédécesseurs ce sumériens ». 
Inutile de demander les preuves de ce dogme ; le dogme étant 
précisément ce qui ne permet pas de discussion. Heureuse- 
ment, en dehors de ce petit cercle hermétiquement fermé, il y 
a une élite déjeunes assyriologues qui aspirent vers la lumière 
et les connaissances raisonnées. Les aider à se faire une opi- 
nion exacte sur ce sujet est pour moi un devoir impérieux 
auquel ma conscience scientifique ne saurait se soustraire sans 
diminuer à mes propres yeux. 

Le sujet de notre investigation présente sdra donc de ré- 
pondre à la question suivante: Y a-t-il dans la littérature baby- 
lonienne des éléments non-sémitiques qui puissent ôtre attri- 
bués à rinfluence linguistique d'une race antérieure ? Si une 
telle influence a réellement existé, elle doit avoir imprimé son 
génie particulier dans les lectures des signes cunéiformes dont 
la création précéda de loin l'invasion sémitique en Babylonie. 
Elle doit ensuite se montrer, au moins dans une proportion 
remarquable, dans les constructions syntaxiques des textes 
faits sur les anciens modèles c sumériens ». Notre étude mon- 
trera ce quMI faut penser des uns et des autres. Pour les pho- 
nèmes syllabiques nous suivrons, sauf quelques omissions, 
Tordre du recueil Brunnow, mais sans aucun égard aux 
formes graphiques ; les règles de la syntaxe seront puisées 
dans nos textes. 



j 



LE VOCABULAIRE SUMÉRIEN 



a) Phonèmes mmosyllabiques . 



1. a = mû, € eau »; — ammu 
(O^i = awwu,« mer, flot » ; — idom. 

i. ab =- abu, « père, vieux, an- 
cien, dignitaire • (an) i — idem. 

T 

3. ab = appu, aptu, « creux, 
niche, grotte, maison prinitive • 

4. ag s banù, epe«tu, • enfan- 



ter, faire, construire » ; — voyez 
ag 3 etam. 

5. ag,agaf?u ("l) = azazu, «ôtre 

fort, violent »; — idoyn, 

6. a£r, aga = ummu, « mère »; 
— var. de am. 

7. ad = abu, c père », ummu, 
« mère », ahu, t frère » ; — adu 
llTi)f ■ alliance, compagnie ». 

8. al = allu, «chaîne »; — idem 



HITIQUX 

ih. bur = ps&aru, < résoudre, 
dissiper»; — purruru; t"^, t1S> 



37. gab(al=pataru,pilù, *cou- 
per, ouvrir»; — <— -» • couper, 
retrancher ■ (cf. 1133, • côté •, 
t_*:a., ■ mettre de côté, éloi- 
gner .1. 

38. gag = epesu, banù, ■ faire, 
travailler, construire»;— kakku, 
■ instrument pointu, sarcloir, 
pioche ■ (1031 ; — idem. 

29. gad = qatû (?), * coupure, 
morceau l?J •; — idem Ij-n, yopi 
etc.). 

30. gai = gallu, rabù, 1 grand. 

puissant, fort» ija.); — idem. 

31. gàl = asù. basù, (posséder, 
avoir, être ■ ; akalu, ■ contenir » 
(Vo> ^^^- "^^^y * substance, per- 
sonne »); — idem. 

32. gan = basù. « être 1; — 

33. gan = ginu, eqlu, (jardin, 
champs • {]a) ; — idem. 

31. gar=sakanu, .demeurer, 
faire ■ ; tu; — idem 

35. gaz = gazAzu, qatù, dàku, 
a couper, tuer ■ (toI ; — idem. 

38. ge.gia; v. gig. 

37. ge, gi = kènu, taàru, ■ fer- 
meté, existence dans un lieu, 
revenir, retourner ■ , ya; — idem. 

38. gCN, giâ, < bois, arbre», 
bois, HD'D '•— idem. 

39. gi;v. gô. 

40. gig = «almu. ■ obscur, 
sombre, noir ■; érébu, muàu, 
« soir, nuit » ; — giggu (cf. 
kukku), r. jjh ; — idem. 

41. gid = aràku, ■ être long >; 



LE BUMâRISHB ET L'HISTOmS BABYLONIENNE 



23 



— aram. xû* * couler, sa prolon- 
ger ». 

42 gil; V. kil. 

43. gim s kima, c comme »; — 
1D3* MfB* ^^* kama ; — idem. 

44. gin = mitu, « lieu établi, 
paye » ; — v. gi. 

45. gir s patru, < épée, poi- 
gnard v; — 11*1^^, c lame, flèche ». 

46. gir =r girru, c pied, mar- 
che, piéton, guerrier » ; garàru, 
a marcher » (cf. *^*i;|). 

47. gu = nabû| « parler » ; — 
V. gug. 

48. gub = kabtu, « lourd, 
abondant •; — kabatu, *n3* 

49. gug =r qibû, dabàbu, « par- 
ler »; — yn. 

50. gud = alpu, c bœuf » ; — 
rn, « chevreau » (cf. «^g héb., 
c taureau >, aram. a chevreau ». 

51. gui = abàtu, c détruire » ; 

— V. kul. 

52. gur =s taftru, t retourner »; 

— V. gar et gl. 



D 



53. da = dàddû» « enfant » ; — 
^, «mamelle ». 

54. dab; — v. dlb. 

55. dag, daq s rapadu, « éten- 
dre » ; — ppn , « amincir ». 

56. dah ; v. tih. 

57. dam, « conjoint, époux, 
épouse » ; — tôt* * ressembler ». 

58. dum, du sa mâru, «fils»; — 
même racine. 

59. dan =: dannu, « fort, puis- 
sant »; -^idem. 

60. dar = tarru, « oiseau ba- 
riolé, bariolé m, ^, « tourte- 
relle » ; — idem, 

61. di = esâu, « neuf » ; isatu, 
c feu ». 



62. dé s nabû, « parler, or- 
donner », tômu, « ordre » (nyta) ; 
na*butu, « fuite » ; «i^j, et passif 
de abàtu, «hm > *~ idem. 

63. di = dînu, dénu, «juge- 
ment », ]Vf ; — idem. 

64. dib=^ahàzu, çabatu, «pren- 
dre, acquérir, menu bétail, bre- 
bis » (cf. ropQ)« 

65. dig; v.' tik. 

66. dih = abnu, « pierre »; — 
v. tak. 

67. dil(i) =s zikaru, « mâle »; 
zakru, « haut, élevé » ; v. til. 

68. dim = dimmu, dimtu, « co- 
lonne, pilier » ; — idem. 

69. dir, dirig, «trouble, révolte 
(cf. tal.,p<)t}) « mêler, troubler ») ; 
— idem. 

70. du; V. tum. 

71. dub, du = duppu> « tablet- 
te » ; — idem. 

72. dug, du = tâbu, dumqu, 
« bon, propice » ; — idem. 

73. dul = katàmu, « couvrir, 
détruire » ; — v. til. 

74. dun = dunnU| « force, puis- 
sance, fort, puissant » ; — idem. 

75. dur =durù, • enceinte, mur 
d'enceinte », in^; — idem. 



E 



76. é = eku, iku, « canal » : — 
idem; v. ig. 

77. é := bitû, a maison, de- 
meure »; — ^Ki «demeurer», 
d*oùi||, file ». 

78. el = ellu, « pur » (^^n^ ; — 
idem. 

79. en, « puissant, efficace » ; 
v. en. 

80. en = enu, « seigneur, pos- 
sesseur » ; — idem. 

81. er,ir, «prendre, piller»;— ? 



I 

103. 1 = amàtu, I parole »; — 
V. inim. 

104. i = mù, ( eau >; îamu, — 
■ mer, fleuve ■; qi ; — idem ; 
V, a. 

i05, i=ilu,«élevor.; — Idem. 

106. i = aîù, « briller »; — v. 
i, 2. 

107. ib = ibbu, « viseëres, en- 
trailles (?] comme siège d'émo- 
tions » ; — idem. 

108. ib, ibbi = ? 

109. ig, ik, iq = ikka, iqqu, 
• serrure, barrière, porte •, -«5, 
D». BW; — idem. 

110. id = «du, < flot, nappe 
d'eau »; -^1, r. tm; — idem, 

111. id =iâu, èmuqu.d force*; 
— idem; -p, ■ main, force ». 

112. il, illu = (ka-ka-8i-ga), «pa- 
role parfaite, prière n ; v. el. 

113. il = ilu, «lever, enleven, 
•^ ; — idem. 

114. im(il = imtu, . souffle »; 
de là s&ru, ■ vent, orage, abat- 
tre »; irgitu, « sol, terre »; didu, 
duppu, a argile, tablette *; — 
idem. 

115. im = belùtu, a domina- 
tion »; — ? 

116. in=pillu, piltu, »?.; — î 

117. in, nasalisation de é, 
■ maison >, devant g. 

118. iii, is = issu, sidu, « élé- 
vation, montagne a; ident;HV3< 
na^ù. 

119. it<i) = itu (?), abarakku, 
> ministre »; — idem {?}. 

120. iz, iq = 1;u, «bois, arbre», 
n; — idem. 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BALYLOmENNE 25 



K 



121. ka = pu, appu, c bouche, 
face » (cf. «o) ; — ? 

122. kab = kabtu, « lourd, pe- 
sant, abondant » ; — idem; «pa. 

123. kad = kasaru, «lieri»^*TpV» 
laH;— idem. 

124. kam = dlqaru, • vase » — ? 

125. kan; v. gin. 

126. kar =: kâru, ■ quai, di- 
gue, plaine»; — idem; -^i^. 

127. kar = nîtu, « barrière, 
haie » ; — v. kir et kur. 

128. kas — kâsu, « vase, verre, 
boisson, vin de dattes ». 

129. kes ; v. kis. 

130. ki = asru, irçitu, « lieu, 
terre », & 15; — idem. 

131. kib =?«?»; — naD,« feuil- 

le, branche, cercle » (?) 

132. kid = kîtu, « sorte de vê- 
tement » ; — idem,. 

133. kil = kilu, « espace en- 
fermé, prison »,Mb3î — idem,. 

134. kim; v. gim. 

135. kin = sîpru, s envoi, mis- 
sion »; — ^^' TîB» * diriger ». 

136. kir — kîru, « intérieur »; 
'^idem; -fj^a, «récipient, bassin». 

137. kis = kissatu, « région, 
contrée » , ^^33 î — idem, 

138. ku = akàlu, a manger, se 
nourrir »; — ? 

139. ku = cllu, apur, brillant»: 
— ? 

140. ku=nadû, «placer, fixer»; 

-TD- 

141. ku = matqu, « doux »; — ? 

142. kum, qum = isatUi « feu », 
tp. « brûler »; — idem. 

143. kun, qun = zibbatu, zum- 
bu, « queue » ; — ,-uç? 



141. kur =?mâtu,« pays (bas)», 

âadu, «montagne»; — 52', «cer- 
cle, contrée » ; cf. y\^, « selle de 
chameau », ^S , « monter en 
forme de spirale ». 

145. kur =:nukurtu, «hostilité, 
hostile, étranger » ; — idem, 
après apocope de la syllabe 
initiale. 

146. kus = nâhu, « reposer, se 
coucher » ; akâsu (ikué), « mettre 

fîn^ détruire » (cf. munîh, « qui 

abat »)• 

147. kus = ? « champ »(?); — 
v. l'art, précédent. 

Q 

148. qa = ?, « mesure de capa- 
cité » ; — ag. 

L 

149. la = lalû, « ornement » ; 
— idem. 

150. la =. là, « non, ne » ; — 
idem,. 

151. lag = kirbannu, « don, 
cadeau » ; — lakû, « prendre, 
accepter » ; jxch' 

152. lad=?, «? ». 

153. lah = labû, « marcher, al- 
ler, se tenir debout (?) » ; — 
idem (?). 

154. lah = lahû, « faire des 
commissions, servir » ; — idem, 

155. lah= lahû, « briller, res- 
plendir » ; cf. nS» « frais, vert, 
humide »; — idem. 

156. lai, la = saqalu, «peser»; 
sapàku, « accumuler » ; malû, 
cr emplir, plein » ; alâlu, « sus- 
pendre » ; — idem. 

157. lam = ussubu, « pousser, 
croître, briller » ; — ulàmu, d'où 
mélamu, « splendeur ». 



KETC> SiMinQIIK 



lî = rfca. . t . — ? 
li =■ raqqù i* kU«lU, < 
trqnet (?;»; — ? 



lif = li u. danoD. ■ fort *; 

lid = Uttn. • Tache caa- 

lik = liku. iJeucechieD»; 

lil = lilu. * m. aorte de 
I • ; — i'Um '^yfy. < nuit n; 

ify 

lim ? 
li*? 



IBS. nus = aéîpa. ■ nu^cien, 
astrologue * ; — muso. «pUnMea- 

l!i3. mé = qâla. tTMx. psralei; 
— T. mu. 

iU. mè = BA'dûm: — mé, 

185. mén = açô, « coaroBoe, 
roseau » ; — ? 
ISC. mer; t. eer. 
1S7. m£r; t. mermter. 

mi^, signe do pluriel; 



luh. = ardu. < serviteur •; 



lul = dannu. t fort •; — 
lum = lamu. < briller > 



lu = libbu. . bélier . 
iilimu: — i'ifni 
li = unelu. « homme 
de mulu. < haLbiunt. mut- rhînre 3. 

lud = karpatu. • vase. 



189. mil = 7. . ? .- 

190. misa = mtrama. «<pioi que 
oe soit > ; — ii/em. 

Idl. mia; atfiie eonpoeé de 
deux crocheta: chîfbe ÎQ. 

19?. min. signe eompostf de 
deux clous perpendiculairM . 



t9\. mis: T. gis, 

ld>. mu = sumu. < Dooi, Bea* 
tioQ * : — amû. * meottOQuer, 
parler •: ien:T. mé. 

196. mu = zik^ru. ■ mâle •; — 
^g| est sjo. de ici- 

t9î. mu = (ioDistu. ■ femme ■ ; 

I9S. mu^ = mukku. < T>; — 
r",(fifl. 
199. mue = finaistu. ■ fem* 



mi = • \-ai$seau. uavire ■; 
mad = ni^tu. • pays ■ ; — 


?tK>. mud = damu. ■ aang, 
enf.tnt ■ : da'mu. ■ olMcuriM. 
tétiobres . ; — * 


mah =. mahhu. « grand, 
eur •; — iiifiii ; v, muh. 

mal =. >akinu. • demeu- 
ire > ; — syu, mah^ : Ufin, 

man = Ààrru. < roi >; — 


tiU muh = muhhu. ■ sommet 
de U l^te •; — i.U-n; na. • cei^ 
veau, criue », 

?0'e. mul > mulu. • babitaitt, 
h>>iuuio. femme •: — ||Sd ; ▼• 
mal. 


-Q, (investir de dijrniios». 
m^r ^ sak.\i;u. < demeu- 
re •:- «or-^ l?'. 


;0.1. nii!l = kakkihu.. étoile»; 
- «Sa. »>""- rt*- a». • serrer. 
abv-'Hiler •■ 




LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 



27 



204. mun = (âbtu , « bien , 
bonne action » ; — ? 

205. mur = kapru, « ? » — ?, 

206. mur = libittu, a brique »; 
— V. murgu. 

207. mus = mulù = «ir musi (?), 
« serpent nocturne »; — idem. 



N 



208. na =• nahû , rabàçu , a se 
reposer, s'accroupir »j — idem. 

209. na = élu, o haut, élevé, 
dresser » ; — v. nft. 

210. nâ =: abnu, a pierre, ta- 
blette, stèle»; — > narû, « tablet- 
te » ; idem. 

211. nab=nabbu, «ciel, Bel»; 

— nababu, « briller »; idem. 

212. nag = naqû, « verser un 
liquide (eau, sang, etc.), faire 
une libation, allaiter»; syn. saqù, 
« abreuver », satû, « boire ». 

213. nad =: irçitu, a terre » ; — 
ayn. nadû, a placer, fixer »; 
idem. 

214. nam = nammu (?), syn. 
simtu, « dignité, sort »; — idem, 

215. nar = nàru, nàrtu, «?»; 

— idem. 

216. né; v. ni. 

217. né ^ néru, « hostile, des- 
tructif », de là, « feu, flamme »; 

— nâru, « maltraiter, détruire »; 
tdem; cf. bil. 

218. né= émuqu, « force, mul- 
titude »; — V. nir. 

219. nôr = néru, a forte som- 
me (960) »; — tdem; cf. '^^ 

220. ni; v. nin. 

221. ni; v, nin 2. 

222. nig(ij; v. nigin. 

223. nih = ? 

2*24. uim, num :=. elù, saqù, 
« haut, élevé » ; — v. syn. enim ; 
idem. 



225. nin; T. mim. - ' '• 

226. nin = bel, béltu, « sei- 
gneur, dame » ; — v. nun. 

227. nir = bélu, étillu, àarru, 
« seigneur, homme libre, roi »; 
<lij, « domaine, domination »; — 
idem. 

228. nié = dannu, « fort, puis- 
sant »> — nisu, « élevé »; tdem. 

229. nit(a); v. nitah. 

230. nu = nûhu, « repos »î — 
idem; ^^J- 

231. nu = la, ul, a non, ne »; 
— syn. ànu, « il n'y a pas » ; ]^. 

232. nun = nùnu, « poisson, 
poisson divin, Yau, grand, sel-' 
gneur. etc. », ^«ij; — idem. 



233. pa =. pâsu, « feuille, tige 
de roseau » (?) — ; idem, 

234. pa; v. pag. 

235. pad=zakâru, tanù, «men- 
tionner, parler »; — padû (?) 

236. pan = qastu, « arc » (r. 
tf^Ji « être cambré, voûté, ar- 
qué » ; — 'apanu, cf. pi<, «roue». 

237. pap = abu, « père » ; prob. 
mot enfantin. 

238. par; v. bara. 

239. par; v. bar. 

240. pô = uznu, « oreille, in- 
telligence » ; — ? 

241. pôs = napâsu, a souffler, 
grandir » ; libbu, « cœur., en- 
fant » etc.; — ^15 ? 

242. pi; V. pil. 

243. pi; V. bi. 

244. pig = ? 

245. pil; V. bîl. 

246. pir; v. bir. 

247. pis = humçiru, « ? ». 

248. pu; v. bu. 

249. pu, bu = buru, « fosse, 



I 



38 



REVUE SÉMITIQUE 



iwii*8 » (ina. Tia) ; burtu, « hau- 
teur *, ji^ia) ; — idem. 

250. pursPurat, cEuphrate»; 
— idem. 



251. pa, ri, ru, = alàku, « aller, 
couler»; — arû, « flott; «^hv 

252. ra = rahâ«u, c Inonder •; 
— idem (?). 

253. rab(a) s rabbu, c espèce 
de démon (?) » ; — idem. 

254. rag = raqqutu, « mince, 
faible » (?); cf. raggu, « mal, 
mauvais ■ ; pp«^, ;q^. 

255. rad = ràtu (wil)* syn. 
situ (inv), t abreuvoir »; — idem. 

256. rah? 

257. ras ? 

258. ri ; v. ra. 

259. rib = dannu, t fort »; v. 
rab. 

260. (u-)rig, rik, riq = urqitu 
(urqitu); om — idem. 

261. rid=rittu, «une plante»; 
— idem, 

262. rim = rabû, « grandir, 
abonder »; — q^. 

263. rim, rin, ri = riminû, 
« miséricordieux » s « doué de 
viscères, de matrice (rîmu, cf. 
VBOnm) » ; — idem. 

264. ru; v. ra. 

265. ru ss banû, « construire, 
engendrer, enfanter »; — àru, 
idem; v. ir. 

266. ru = alàku, « aller, cou- 
ler 9 ; v, ra. 

267. ru,rum: v. postpositions. 

268. rug = ruqqu, « peau » 
'Wl» nii î — idem. 

269. rus = russu, russàtu, « un 
objet solide, fort »; — idem. 



270. sa-riksu, rakasu, c lien» 
lier»;—? 

271. su — nabù, « annoncer »; 

- * 

272. sas sanànu, «rivaliser»; 

— idem, 

273. sag = saqû, « crâne, som- 
met, tôte, hauteur » ; — idem. 

274. sah; v. sih. 

275. sal = salatu, € servante »; 

— idem. 

276. sam = sâmu, « estima- 
tion, valeur »; — idem; v. sam. 

277. sar = sa|aru, « écrire »; 
V. sar. 

278. si ; V. sig. 

279. sib = bèlu, ré'u, « sel- 
gneur, pasteur » ; — ésépu, « ma- 
gicien »; t|Oii; peut-être ^oNt 
« assembler les troupeaux ». 

280. sig= qarnu, « corne », et 
garânu, « former un tas, être 
abondant, emplir »; — ? 

281. sig =- maha^u, « frapper»; 
pasàhu, « abattre »; prob. meta* 
phore de « corne ». 

282. sig; v. sum, sim. 

283. siq, sig = urrû, €?»; — ? 

284. sil = èalatu, t briser »; — 
idem. 

285. sim; v. sim. 

286. sim; v. sum. 

287. sir; v. sar. 

288. sir; v. sir. 

289. sirs arâku, « être long »; 

* 

290. su, fl parler » (?); — ? 

291. su; V. Sun. 

292. su; V. sud. 

293. sub ; v. sub. 

294. sug = sukku, « marais • ; 
— idem. 



LE SUMÉRISME ET L*H1ST0IRE BABYLONIEimE 



%9 



295. 8ug = elitu, saqû, c hau- 
teur, sommet » ; — v. sag. 

296. sud sarûqu, c éloigné, loin- 
tain i; se rattache aussi à aràku, 
« se prolonger » ; — ? 

297. suh es nasâhu (issuh), 
« arracher, renverser, exter- 
ner, etc. »; — idem. 

298. sul; V. âul. 

299. 8um,sim =^ nadû, nadànu, 
c poser, donner »; — idem. 

300. 8un= sunu, c peau, corps »; 
— idem. 

301. sun, V. sun. 

302. àur rs sûru, t ? » ; — idem. 

303. sur; v. sur. 

304. sus = ? 



305. 91; V. çir. 

306. 9ir = fini, « serpent » ; — 
idem. 

307. 9u(m) ? 

308. 9un; v. zun. 



309. sa =s éa, « celui qui, ce 
qui, de » ; — idem ; nf . 

310. sa =■ lu, « qui, quoi que 
ce soit »; — V. l'art, précédent. 

311. sa; V. sah. 

312. âa; v. sag» 

313. sa; v. àad. 

314. sab=8abbu, «?»; — idem. 

315. àag =s libbu, « cœur, mi- 
lieu, désir, violence » ; — pf^f 

316. èad, sat =: ? 

317. sahy sih = sahù, « san- 
glier, porc t ; — idem, 

318. sal; v. sal. 

319. sam — âimtu, a évalua- 
tion, valeur, prix », Mt» ** 
idem. 



320. èam - sammu (?), « ? 9. 

321. sar = asaru, kasû, a lier, 
attacher » ; — idem. 

3S2. sar = saros, « grand nom- 
bre, abonder, pulluler, croître»; 

— idem. 

323. se = séum, c blé »; — 
idem; hét. nnv; éth. saâë. 

324. sék, sôq = zanÀnu, « faire 
abonder, rendre fertile, abon- 
dant » ; — V. sig. 

325. àér; v. sar. 

326. ses s ahu, c frère, pro* 
téger», et ahu, «étranger, mau- 
vais » ; — XffWHi VUIST* 

327. si s si, suatu, « elle, ce » ; 

— idem. 

328. si;v. zi. 

329. sib s asipu, isippu, c ma- 
gicien, augure, incantation, or- 
dre »; — idem; I|Qm; v. mé. 

330. àid = ?,«?»; — ? 

331. sid, sit = alaktu, c mar- 
che » ; — QW« 

332. sil = silû, « ? »; — idem. 

333. sim =s simmu (=urqu), 
«plante aromatique », qq; — 
idem. 

33t. sir =s nùru, « lumière », 
IfW; — idem. 

335. sis; v. ses. 

336. sis = nakiru, « ennemi »; 
V. ses. 

337. sitia) = ? 

338. su=zirqu, « outre, seau »; 

— ? 

339. su ^ idu, « main, part, 
puissance » ; — isû, « posséder »; 

340. su £= sihû, suhû, « abais- 
ser (?) »; — idem. 

341. sub =nadû, nadànu, «pla- 
cer, donner, vouer, consacrer »; 

342. sug, suk,. suq, suqum S& 



REVUE StelTIQUB 



im, t nourriture, ali- 

Bya, sunqu; — idem. 

\ig; V. sug. 

mi = ? 

il = idlu, ■ tiomma lî- 

-? 

im; V. sum. 

in = qablu, ■ rencontre, 

'; sanânu, « combattre «i 



« approcher • ; 



is = nukkuru, a hostile, 
Sf.iffBiy, — Bjn.aàuBtu, 
— idem. 

jN ^ susMU, ' sosse >, 
[81 ; — idem. 



i; V. da. 

ib = tappii, " compa- 
chiffre 2 a; — idem. 
\g = lapAtu, " toucher ■ ; 
• frapper " ; v. da^:. 
ih ^ sukallu, " sen-iteur, 
; syn.nilahu; idem; v. 

ik = ezibu, ■ quitter, 
uer »; — atàqu, etiqu, 
acer»; — l'dt'Jit. 
,l;v. dal,dil, til. 
,1 = uinu, n oreille, In- 

.1 = ikkutlu, • tristesse, 

m -uddu, B clarté, In- 
— ? 

mla); v. dam. 
>r =para'u, parAsu. ■ né- 
trancher » ; syn. tarAni, 

àjv. tis. 



3ti(J. té = 

— idem. 
367. té; V. temen. 
36*. tib; v. tig. 

31)9. tig, tik,tiq=kiàadu,<cou, 
bord, rive •; — ? 

310. til = gam&ru, « achever, 
exterminer «; — ? 

371. til = balalu, « vie •} — v. 
til 3. 

37ï>. til = élu, àaqù, • haut. 
élever .; — idem; "jn. ^• 

373. ttm, dim = tar; — t^mu, 
" ordre, parole » ; dJO: 'tfon- 

37t. tin, tin, din = balatu, 
1 vie, force » ; zikaru, ■ m&Ie > ; 
Aikaru, ■ viu »; danAnu, « #trc 
fort •; — idem. 

375. tir, ter = kistu, «terrain, 
sol, domaine •; — cf. ^nn, ■ bor- 

376. tu. du, tur = èrèbu, - en- 
trer » ; niar«u, • malade » ; alâdu. 

■ enfanter »;— syn. taAru.n ren- 
trer »; — idem. 

377. tu= subtu, ■ demeure >; 
gubatu, ■ vêtement •; — ? 

37S. tu ^ sAru. I veut ■; v. 
lub? 
379. tub; v. dub. 
3f<0. tub = maha$u, ■ frapper ■; 

V. dub, Tfln, tjanî 

^<SI. Iug=$ubalu.tvétement>; 

H82. tuh = pitû sa pi, » ouvrir 
la bouche i?) •; — 7 

383. tuk = ahâzu, isù, * saisie, 
posséder t ; — dakii, ■ faire uns 
levée en masse •; — idem. 

381. tum. du. aliiku >; _ adti, 

■ pas. fuis u. 

3S.'i. tum — hardatu, < ? ■. 
386. tum = élu, . haut, élevé »; 

— ? 

337. tur = Urba^u, c gîte, 
parc I ; — V. tu, du, tur et dur. 



LE SUMÉRISMB BT L^HISTOIRE BABYLONIENNE 



31 



388. tur, du s mâru, dumu, 
damu, « fils »; — idem. 

389. tur srçihni, « petit »; sih- 
ni,« pourtour »; v. tur 1. 

390. tus, dus s aâabu, « de- 
meurer »; — ? 



391. ta; v. da. 

392. tu ; V. tur. 

393. tu; V. tun. 

394. tun =. âiqlu, a unité de 
poids, siole »; — of. ijnOi * ohar- 
S^^ * > lUVW» < charge, poids » ; 
"^ Vn^ * percer, creuser». 

395. tur= apsu, c océan, abi- 
me » ; — ? 



u 



396. u =3 akàlu, « manger » ; 

— ? 

397. u=^ùmu, «jour, lumière»; 
V. ud. 

39d# u =^ héÏJiy a seigneur >; v. 
umun. 

399. ù = u, 4 et, aussi t ; — 
idem. 

400. ù = labiru, « vieux »; — ? 

401. ub =^ tupqu, « contrée^ 
région »; — ? 

402. ub îst ubbu, « ? »; — idem. 
403« ug; V. uk(u). 

404. ud 3 ûmu, urru» « jour, 
lumière »; syn. uddu; idem* 

405. uh=rùtu, ru'utu, « ? »; 

— ? 

406. uh ^ uplu, ■ ver, vermi- 
ne» insecte »; — ayn. uhu, |^? 

407. uk(u) = sarru, t roi »; — ? 

408. ul = uUu, c passé, éloi- 
gné »; — idem. 

409. um(u), dans um-me-ga, 
(oa da) = tarit u, c femme en- 



ceinte » ; — ummu, « mère »; 
idem, qh; v. am. 

410. un = bélu, bôltu, t sei- 
gneur, dame »; — v. umun. 

411. ur=aru, « pécher 9, — 
idem. 

412. ur =^ sùnu, udlu, t sein, 
corps, peau »; — syn. utu, 
« corps, nudité »; — idem ; «^ly, 

413. ur,gusur=gusuru,«pont, 
passerelle »; — idem; wa,^^*«9^» 

414. us,us=>zikru, zakru, «ser* 
viteur, haut, élevé »j (saqù); v.* 

IS. 

4i5. uz = enzu, « chèvre » ; — 
— idem. 

416. uz(u) s= sèru, a chair,' 
viande, enfant »; — T 



L 



417. za = abnu, « pierre »; — ? 

418. za; v. 9a, ci. 

419. zab=nabatu, « briller • 
(n33f) ; çâbu, «cohue, multitude », 

— idem,. 

420. zag =^ ittu, « côté »; — ? 

421 . zag ^ sangu, sangu, « prê- 
tre »? 

422. zah = nûru, « lumière » ; 

— rot» « clair ». 

423. zal = azal, barù« « voir »; 
namûru, « briller»;— Sl!?3r (mis.), 
« clair, limpide ». 

424. zi = napistu, « souffle, 
âme, personne »; — jnt, « s'agi- 
ter »? 

425. zib = simtu, i sort » ; — ? 

426. Zip, zig «= ziqqu • ? »; -^ 
iden\. 

427. zid = imnu, « droite »; 
kônu, « vérité »; ^ ? 

428. zid = kimu, « farine » 



(nop) 



. — ? 



32 REYUE SÉMITIQUE 

429. zil, «il, ail = ? t abonder »; zunnu, i pluie » ; — 

430. ziz s= kunasu, « ? ». idem. 

43i. zu = idû, fl savoir »; — ? 435. zur, sur = kalû, t empé- 

432. zub; v. sub. cher»; u^uru, « barrière, limite, 

433. zub = gamlu, c don » (?); borne»; — idem. 

-* Y. sub. 436. zur, zar, car = zarru « ? »; 

434. zun s ma'dutu, t multi- — idem,. 
tude, abondance > ; zanànu, 

Par rapport à leur origine, les 436 phonèmes précités qai 
constitaent l'ensemble des monosyllabes primitifs du pseudo- 
sumérien forment les divisions suivantes : 

1) Monosyllabes qui, sauf la voyelle finale et le t du genre 
féminin, conservent intact le mot babylonien qu* elles repré- 
sentent : 

ab, abbu ; ab (p), appu ; ag, agû; ad (at), atu ; al, allu ; an, 
Ânu, anu ; az, as, asû ; bad, bat, battu ; bal, balû ; bir, biru ; 
bir, pir, pir*u; bur, buru;gak, kak, kakku; gai, gallu; gan, 
gannu (ginu) ; gaz, gazzu (gazazu); gir, gtru ; gui, gulu ; gun, 
gunû; gur, guru; dab, tab, tâbu; dam, (am, tàmu; dan, 
dannu; dim, dimmu; dul, duUu; du^ dumu; dun, dûnu; dur, 
dûru: el, ellu; en, enu; er(i), eru; hab, hap, happu; hul, 
hulu; ig, ik, iku; ig, iq, iqqu; id, ed, edu; id, idu;il, ilu, 
êlû; im, imtu ; iz, i«i, i^u; kab, kablu; kar, karru; kaâ, kaâu; 
ki, klu, qlu; kib, kibbu, kippu; kid, kit, qitû; kil, kilu; kir, 
kiru; kis, ki§lu; kud, gud, quddu; kum, kumu; kur, kurru; 
lab, lahu; lai, lalu ; lam, lamu; lib, libbu; lig, li'u; lid, littu; 
lil, lilu; mad, matu; mah, mahhu; mal, malû; tne; mè; mil, 
milû; mim, mimmu; mu, mû; muh, muhhu;mui, mulu; mu§, 
muâû; nab, nabbu; nag, naqû; nam, namu; ncr, nêni; nin, 
ninu; nit(a)| nitahu; pad, padû; pap, pappu;pur, purruru; 
rab, rabbu; rid, ridu; rug, ruqqu; ru§, russu; sag, àaqû; 
sal, salatu; sil, silu; sum, sumu; çir, çiru; sa, sa; §ab, 
sabbu; sah, sahu; sam, sammu; sar, sarru; se, séu; sir, 
âiru; àub, §ûbu; âug, sûqu; sul, sulu; sur, surû; sus, suàâu; 
tab, tabbu; tig, dig, diku; tim, têrou; tin, din, dinnu; tun, 
tunu; u, u; ub, ubbu, uppu; ud, uddu; ul, uUu; um, ummu; 
uâ, uëu; zab, çab, gab'u; zah, sahu; zal, $allu; zi, zttu; zig, 
ziqqu; zun, zunnu ; 
En tout 107. 



LE SUUÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 33 

S) Syllabes qui négligent la consonne finale du mot modèle : 
a, ammu; bar(a),parakku; bî, bil; ga, gai ; ge, gig; gi, gin; 

gu, gud ; da, daddu ; di, din ; du, dumu ; du, dug ; e, i, ig; i, 

id; la, lai; lil, li; ma, mad; ma, mal; ni, nin; nit(a), nitah; 

pa, pad ; si, sig ; si, sim ; su, sun ; 9U, sum ; sa, §ah ; éa, sad ; 

§a, sag; si, àiq; tu, tug; tUf tun; u, ud; zi, zig, zi, zid. 
Somme : 30. 

3) Phonèmes qui naissent par la suppression de la syllabe 
initiale considérée comme adventice, ce qui arrive surtout 
aux voyelles : 

nim, num, Anim, Anum; guàur, ur (analysé guâ, <icbois» 
+ ur), musâar, âar (muâ, gusâ -f ar); igug, gug, gig; mulu, 
lu (mu, < mâle » + lu); êlamu, lam; erim, rim; ânu, nu; 
88ustu, âuà ; urqu, rig ; amû, mu, me ; aru, ru, ri ; adu, du, de, 
di; asaru, sar; ugar, gar (u, « champ, produit d + gar, 
€ nourriture j>); ukkulû (c nourriture, grain »), kul, gui 
(€ graine, semence i>); agu, gu, gi; uçurtu, 9ur; ikus, ku§ ; 
ikkur, kur ; gad, kad, qad ; ^jj{, ^3^, ^p^. 

Somme : 20. 

4) Phonèmes dus & l'élimination de la nasale médiate : 
duroqu, dug, du; sunqu, âug, sug. 

b) Phonèmes polysyllabiques. 

Ils sont de deux sortes. On distingue d'abord des valeurs 
appartenant à des signes qui entrent dans la composition d'un 
nouveau complexe, ou bien à des signes d'un aspect simple 
mais doués de plusieurs lectures. Dans cette classe se rangent 
la plupart, des noms de signes donnés par les syllabaires. 
Comme cette catégorie ne fournit aucun renseignement par- 
ticulier, nous l'écartons de la présente analyse. Notre attention 
doit s'arrêter par contre sur la seconde classe qui est formée de 
polysyllabes compacts, indivisibles et devant remonter à 
ridiome des inventeurs tout aussi bien que les phonèmes 
monosyllabiques dont nous venons de constater l'origine sémi- 
tique. Le choix suivant suffira, j'espère, à éclairer le lecteur. 

1. adama =adamatu, « sang foncé, pus »; — idem ; q«tii. 

2. akkil.ss akkilu, ikkulu, « affliction, deuil » ; — idevi ; S^n» « ^tre 
sombre • . 



REVUB SÉMITIQUE 

ine plante » ; — idem ; •)•)((, 'j'jy. 
«jeune animal, antilope nj — idem (l);ycH- 
nu. " Anum »; — idem; uy. 
udru?|, imâru, siaù, ■ dromadaire, àne, che- 
aitivement atnsu, de amasu, t marcher»; — 
lomme i ; litt. ' celle qui marche >. 
" démon de maladie »; — idem; dws- 
I, • un certain métier »; -r- idem; •^W- 
birbir = babbaru, birbiru, o jour, clarté i; — 

;u, balangu. a lamentation ■; — idem; j^. 
i, < issu dcE entrailles, du ventre, fîls, enfant <>; 



-apluhtu, « crainte »; — idemjnSs- 

I, " ? m; — idem; iJn. 

ru, gaggaru, • terre, sol, pays »; ^ idem ; "ip^. 

igir. 

i, 1 protecteur, dieu »; — idem ; ly^. 

dirigu, dirgu, « sombre »; — ïdeiit; g^ (tal.). 

Lu, • lourd, riche, abondant >; syn. duhdu, 

lem. 

'f'dmu, " cadavre »; — idem; aram. RCfiTl- 

, 1 plaine, campagne "; — idem ; y^y. 
Li. t pays haut, Élam •; — idi^m. 
ikkaru, n laboureur, cultivateur »; — idem; 

"I renverser, détruire "; — idem; mu, mn- 
u, « espèce de sauterelle ■>; — idem ; a^n- 
« prolecteur, dieu "; — idem; halâpu. "couvrir», 
(ils u; — idem; ^s*- 
= idiqlat, ■ le Tigre »; — idem; 'joiiT 
H mur, enceinte u; — idem; ij|. 
amii, kalama, i totalité, monde, univers *; -^ 

nu, kurunnu, • vin »; — idem. 

igu, n ? a; idem. 

, noble »; — idem. 

i9u, « sorte de démon, colosse "; — l'dem. 

lamu, ( majesté, splendeur <i; -^ idem ; ëlamu; 



LE SUMÉRISHE ET L*H[STOIRK BA.BYLONIENNE 35 

37. murub, muru, « organe féminin »; — idem; éribu, aiy« 

38. nanna = nannaru, « illuminateur, titre de Sin »; — idem ; ^«u. 

39. nigin = nikimtu, a assemblage, accumulation »; — idem.. 

40. pirig, piri = piriqqu, « ?»; — idem; yyt^ 

41. pisan = pisannu, «plante aquatique»; — idem, 

42. sahar = saharu, « poussière »; — idem,. 

43. sigisse =■ sagàsu» sigsu, « immoler, immolation »; — idem. 

44. silim = salâmu, salamu, « apaiser, décider »; — idem. 

45. sukkal= sukkallu, «jeune garçon, page, ministre »; — idem; 

46. «alam, çalmô = çalmu, « obscurité, image »; — idem; oSy. 

47. sanabi -= sanabu, sinbu, « deux tiers »; — idem,, 

48. sukum = kurmatu, a nourriture »; syn. sunqum (avec mim- 
mation); — idem; pjj). 

49. tidnu =: tidnu, tidanu, nom de la Syrie (r. edu, «fif , « ilôt » ?) ; 

— idem. 

50. tirtum, tirtim=- tirtu, « message, commandement »; — idem; 

51. ubara s kidinu, « ami, compagnon »; syn. *ubaru; — idem; 

Tin- 

52. umun = ummànnu, « gens, grenier »; — idem; "[qh- 

53. uras = ursànu, « fort, puissant »; — idem. 

54. usbar= isparu, « tisserand »; usparu, « métier de tissage »; 

— idem. 

55. utul =utullu, « parc de troupeaux, troupeau »; — idem. 

56. zabar = siparu, « cuivre, airain »; — idem. 

57. zikum= ziqqum, « flot, mer; — idem; p^^. 

58. zikara, zigara; — ? 

59. zikura = âamù, ciel, hauteurs »; syn. zakru; — idem; 13t. 

60. zimbir = sipar, sippar, « ville de Sippara »; — idem; *ii)d. 

Ce6 faits se passent de commentaire : 1 30 monosyllabes 
et 60 polysyllabes dont l'immense majorité forme le voca- 
balaire des inscriptions les plus archaïques qui font Tobjet 
de notre analyse, non seulement découlent de la langue baby- 
lonienne sémitique^ mais portent en même temps le caractère 
de phonèmes artificiels dénués de toute réalité linguistique et 
ne pouvant fonctionner que comme simples expressions de 
son ou comme valeurs idéographiques représentant, soit des 
termes qui leur ont servi de types, soit les idées, qui dans 
la conception des inventeurs étaient mises en rapport avec 
ces types fondamentaux. Les noms des lettres de Talphabet : 
a, béf eéj dé^ éf sffCj gé^ etc., sont également le résultat de 



36 HEYUB SÉMITIQUE 

modifications conventionnelles et ne font point partie de la 
langue. Dans les chiffres romains, la faculté idéographique se 
borne aux lettres Y, D, G^ figurant la première convention- 
nellement le nombre « cinq » , les deux autres comme abrégés 
respectifs de decem et de eentum, les nombres c dix d et 
<K cent jD. En babylonien ce procédé est largement généralisé, 

DERNIERS SUBTERFUGES SUMÊBISTES 

Uexamen que nous venons de consacrer aux phonèmes 
primitifs formant les lectures des signes du syllabaire baby- 
lonien, satisfait d'abord à un desideratum exprimé catégo-* 
riquement, quoique d'une manière exagérée, par M. Zimmern 
dans l'introduction de ses Babylanische Psalmen (Leipzig, 
1885). Tout en avouant la réalité des faits relevés par moi 
relativement à l'origine sémitique d'une foule d'idéogrammes 
et des rébus qui se rencontrent dans les textes prétendus 
sumériens, il s'arrête cependant à la pensée que le sumérien 
mixte suppose l'existence d'un sumérien pur aux époques 
antérieures. Reproduisons les derniers alinéas : 

c Ce sumérien mélangé de sémitismes a été comparé au 
latin des moines du moyen ftge. Notre tftche consiste à dé- 
gager du c sumérien de moine » assyrien, le sumérien c cicé- 
ronien », d'après des principes philologiques. Si, sans 
exclure les inscriptions royales paléo-babyloniennes, nous 
possédons des textes sumériens purs, c'est encore une chose 
indécise, mais une observation plus exacte sur la différence 
dans la pureté des textes à notre portée, sera en tout cas un 
des meilleurs moyens pour une pareille investigation. » 

Le doute qui est le commencement de la vraie critique, est 
venu à l'auteur deux ans après l'analyse que j'ai donnée de 
plusieurs textes archaïques dans mes Mélanges de critique 
et cPhistoire (Paris, 1883, p. 355-357), mais l'espoir qui 
perce dans cet exposé et qui lui fournit l'occasion de nous 
donner une petite leçon, & Guyard et à moi, s'est évanoui à 
à tout jamais : M. Z. écrit : 

C'est surtout, — ce qu'Halévy et Guyard laissent égale- 
ment inaperçu — de haute importance pour la question, de 



LE SUMCrISME et l'HISTOIRE BABYLONIENNE 37 

savoir OÙ se trouvent ces emplois abusifs des idéogrammes, etc. 
C'est autre chose, sMIs se trouvent déjà dans les textes 
anciens d*un Hammurabi, on bien dans les listes lexicogra- 
phiques relativement tardives ou dans les bilingues de àamas- 
ênm-uktn'qui portent le cachet du factice et dont la colonne 
gauche n'est indubitablement qu'une paraphrase artificielle 
et savante de là colonne assyrienne de droite dans le dialecte 
accadien de la langue non sémitique. La considération orga- 
nique en face de la mécanique conduira seule ici également 
au but, 1 

N'en déplaise à Tauteur^ le défaut négatif qu'il signale 
entre parenthèses est bien singulier. J'ai démontré le carac- 
tère artificiel des phonèmes c sumériens » par des exemples 
tirés des textes qui étaient alors à la disposition des assyrio- 
logues et dont plusieurs, entre autres les syllabaires, remontent 
à un âge très respectable où on connaissait encore la déri- 
vation exacte des formes; graphiques considérablement modi- 
fiées dans l'usage ordinaire. Je n'ai pu aller les chercher 
dans les inscriptions d'Hammurabi dont on ne possédait 
qu'un petit nombre de lignes mutilées. Guyard qui me sui- 
vait dans cette voie se trouvait dans les mêmes circonstances. 
Les découvertes ultérieures attestent que les prétendus < abus» 
se constatent dans tous les figes de la littérature babylonienne, 
voire qu'ils- sont au fond de tout système cunéiforme. Or, cet 
état de choses que j'ai déjà établi en 4 874 par des preuves 
inattaquables, H. Z. se garde bien d'en parler. Où bien croit- 
il réellement que les valeurs des signes primitifs ne contiennent 
aucun sémitisme? H eût fallu au moins avoir le courage de le 
dire. Au reste, le desideratum relevé par M. Zimmern a été 
comblé dans le compte rendu que j'ai fait de son ouvrage, en 
prouvant que les textes d'Hammurabi et même de Gu-de-a 
sont, eux aussi, enlisés dans le sumérien mixte ^ et aujourd'hui 
que nous avons les textes antérieurs nous pouvons demander 
plutôt où ce sumérien n'existe pas? 

Fait remarquable, l'examen du trésor lexicographique con- 
tenu dans le syllabaire cunéiforme n'a jamais été sérieusement 
abordé par les défenseurs du sumérisme. La tâche en a été 
cependant mise au point en 1 889 par le répertoire de M. Brun- 



RBTUE SÉMITIQUE 

qui classe d&ns deux divisions difTéreDtes les ralears 
émitiques el les valeurs sémitiques des signes. H. Lehman 
ombat l'antisumérisme trois ans après, s'occupe princi- 
lent de certaines lectures et se borne à assigner une 
e sumérienne à des syllabes peu nombreuses. M. Pioches 
ivelle cette tentative sur une série plus considérable de 
rs et a sur son prédécesseur l'avantage de la concision et 
clarté; donnons-lui la parole : 

sides those (les noms des signes) however a number of 
s, evidently borrowed, are common to both idioms, 
Assyrian andjnon Senaitic. Thuswe have«-^<Uaandekallu 
athouse, or palace >; dup tara txid it^sarru, «scribe >; 
and^a//u, c démon, devil >; nanUara and namtaru, 
e >; sa-bara and saparu, < net >; us-bar aod usparu, 
m >: gu%a and kussû, « ihrone >; mada and mâtu, 
d, country »; harran and karranu, a road >; tUtzu and 

cabyss >; ilnla&i\dahlu, < son >; (fu^ and di^u, 
et s; taga und saqu, ■ head, end > (ofa pièce ofgroUDd); 
and palû, « régnai year > ; Uumna and Ummassu, < co- 
\ t; batu^ar and passuru, ■ dish v; tak and saku, < ptg » ; 
a and adamatu, * gore. blood »; itaga (nûo^s) and 
K (nûaitu), ' prince, chief d; «m^ot and uboHu, * fin- 
; nun and nûdu, a lîsh »; vrudu and éru, < copper >; 
ar «i/ot, <■ army>; urugala, arali and aratlâ, ■ Hades >; 
( and sangû, « priest s (both frora sag, s head ■); aulAal 
iikkatu, € mesâ«>nger »; agarin and o^arûinii, ■ mo- 
>; b'^af and kisailu, < platforme >; v^itm^oi and 
mgatlu, « purless one, démon >: ^a and parakku, 
'ine ■; fi'/ùn and salimu or iulmu, ■ peace >; a/r, the 

(600); damgar and (nmAviru. «r agent >: iti^or and 
, < cnclosurt* >; giiiim and cdiinmii, hJh^ and utiubbii, 
nos ofcvil spiritt: >; ^^u and agu^ ■ inundation » with 

olhers. 

>nmo or my re&ders will probably bave recognized, in 
ist of similar words in ilie two idioms a few roots that 
ïmnion semitio proporty. ^AiiHu is course, the common 
hikaly 4 tenippl >; dup^^.uru if the Uebrew t'psar, osed 
emiaii and N^ihinu fur, « governor>; kussA is the well- 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONlEmiE 39 

known word for c throne i, in Heb. kissê and in Arabie 
kurH; nunu^ « fish »; silim^ éulmu and saltmuj a peace >, 
and others which are not so easy to identify on account of 
transformations tbey bave undergone, but whose dérivations 
bave been worked ont, and are known, may aiso be noted. 
Among tbese are harrànu^ « road»; from hararu^ c to make 
a furrow », ibila and ablu^ <c son ]> from abâlu, < to produce»; 
adama and adamatu, <c blood » or c gore » from the same 
root a Adam, Edom, etc.; illat or ellat, < army o, the Heb. 
heyil or hêl c army, fortification », whiist damgar and 
tamkaru c agent » are connected with the word makhuru^ 
« property ». 

c When two nationalities come together, or bave close commu- 
^nications witb each other, it is the usual thing for an interchange 
of words to take place, for It is certain that they will both 
possess expressions or meanings of synonymous words wan- 
ting toone or the other, and this being the care, they will be 
under the necessity of borrowing unless the needfui synonym 
can be coined easily. This, however, seldom happens, and 
they borrow, often (as in the case of our own language) when 
there is little or no need for it, for after a time words become 
common place, c worn out », so to say, and foreing words 
iake their place even though good words expressing the same 
ideas already exist. This is the true explanation of the fact 
that the Semitic and non-Semitic idioms of ancien t Mesopo* 
tamia bave so much in commun. » 

On le voit, M. Pinches en est encore à l'explication donnée 
par Lenormant dans son volume intitulé La langue primitive 
de la Chaldée. Elle se résume en ceci. Il y a en sumérien un 
petit nombre de mots (= a few roots) empruntés à l'idiome 
sémitique voisin, mais la masse en est d'origine allophyle. 
La liste de M. Pinches est toutefois plus. abondante, car elle 
contient une quantité de mots fort importants comme êkaly 
tipsar^ kussûj tamkaru^ lesquels n*ont été classés dans le 
lexique sémite qu'après que j'eus démontré la fausseté des éty- 
mologiès sumériennes respectives : ê-gaU «grande maison »; 
tup^aty c tablette, écrire, » ; ga-za, (( siège, pierre » ; dam 
goTf «maître, travail » etc. Quand on combat un adversaire, 



40 REVUE 8É1IITIQUB 

il est de la plus simple urbanité de dire clairement qu^on lui 
concède certains points qu'on trouve admissibles. Hais lais* 
sons ces vétilles. M. Pinches semble encore ignorer qu'en 
« sumérien > même chaque signe est à la fois phonème (les 
suméristes diront c un mot ») et idéogramme et cependant 
la polysémie effrayante de la plupart des caractères cunéi- 
formes y convie irrécusablement. Si je me souviens bien, ce 
fait a déjà été reconnu par Lenormant. M. Pinches ne semble 
même pas se douter que» dès le moment que les « Sumériens » 
avaient pris l'habitude de faire des emprunts à Tidiome sémi* 
tique, ces emprunts devaient comprendre indistinctement des 
mots monosyllabiques et des mots polysyllabiques ; comment 
se fait-il donc que, en dehors du seul nun, sa liste n'enregistre 
que des vocables de deux ou trois syllabes? A-t-il prudem*. 
ment supprimé les monosyllabes parce qu'ils gênaient son 
système, ou bien cette importante omission est-elle le résultat 
d'une inadvertance involontaire? Dans un cas comme dans 
l'autre, sa réponse s'arrête précisément là où elle devait nous 
éclairer le plus. 

Du reste, la plaidoirie suivante du même auteur met le 
comble à notre étonnement, L'affublement, cette fois inten- 
tionnel, sous la dénomination de c cryptography », de ce que 
j'appelle c idéographie » ou < allographie » , remontant au 
père du sumérien n'est que ridicule et ne vaut plus la peine 
de s'y arrêter un seul instant. Mais que dire des observations 
qu'il dirige contre les faiti^des colnciclences entre les phonèmes 
Qc sumériens > et leurs types démotiques-sémitiques dont j'ai 
signalé quelques exemples dans mon Aperçu grammatical 
de Vallographie aseyro-bidnf Ionienne. Les coïncidences en 
question se réfèrent aux idéogrammes gai ; bur^ pur ; i;« 
gis; el ; subj %ub\ nag; mah; gir; gir; tab; sal; kar; ab, 
abrégés réciproques de galluy jpurru, ifu, giséu, ellu^ %ubu^ 
naqUj mahhu^ giru, gi^ru^ tahuj salatu^ karu^ apu. A ce sujet 
M. Pinches me reproche d'avoir traité les noms des carac- 
tères des syllabaires comme s'ils étaient des mots réellement 
usités par les anciens scribes babyloniens (the names of the 
Syllabary giving the phonetic values, the cliaracters and their 
names (= S*), are taken and steated as if they were words 



LE SUMÉRISME BT l'HISTOIRE BABYLONIENNE 4i 

actually Qsed by the ancient Babylonian scribes). Ma réponse 
sera catégorique : 

1* Les sons elluy zutu, subUj naqu^ salatu^ karu, apu/ne 
figurent nulle part comme noms de lettres; les signes lus kar 
et ab portent notoirement l'un le nom de ganuj Tautre celui 
de SéUj 

Ib" Même en qualité de noms de lettres, ces phonèmes doi- 
vent être des roots réels dans l'idiome des inventeurs de récri- 
ture cunéiforme, tout aussi bien que les noms conventionnels 
des lettres de Talphabet phénicien : aleph^ c bœuf »; bétf 
« maison 9; gimeU < chameau », daletj « porte », etc. Et en 
effet, ces mots et cent autres de cette série constituent le voca- 
bulaire primitif du pseudo-sumérien et tout dépend de la 
question de savoir s'ils y sont originaux ou seulement tirés de 
types sémitiques propres à Pidiome babylonien. Or, malgré 
les rélicences de M. Pinches, c'est là un fait certain et in- 
contestable. En voici les détails : 

a) Bur^ pur, c dissoudre > , n'est pas un unknawn root as a 
verb in assyrian ; il vient au contraire de Tinfinitif purruru, 
c réduire en miettes », r. -pQ, d'où aussi l'hébreu -)Qn« 

< dissoudre une alliance, un vœu ». 

b) Gallu, c grand », zub, subj c fondre, couler »; kar{u), 
c champ 3>; ap{u) sont aussi des vocables sémitiques com- 
muns: as. gallu f gulu; héb. ^;;, monceau »; ar. v34^, 

< grand, honorable »; zâbu^ « le fleuve Zab »; mand. X3XT* 
ic fleuve j>; as. karu, <t champ, plaine i>; héb. -Q;as. aptu^ 
aram. KnStt*^^'^- n&K^ ^ épha, mesure de capacité ». 

c) MahhUy « suprême », aussi fréquent en assyrien que 
ral»trait régulier tnukhuy c cr&ne, sommet de la tête » , est 
le sémitique nb* ^ cerveau » (le contenu pour le contenant) ; 
le verbe mahâhu, signifie c retirer en haut le vase rempli au 
puits, puiser ». 

d) Le phonème gir^ ^^, signifie à la fois sepUj a pied », 
et kibsUf tallaktu, marche, expédition (Brûnnow, 91 85^ 9193, 
9193); l'affirmation contraiVe de M. P. repose sur un manque 
de mémoire. Quant à la lecture gir^ outre les gloses, elle est 
garantie par la forme prétendue dialectale me -ri qui peut se 
lire aussi ge^ri. 



42 RKYUB SÉMITIQUE 

^) En ce qui concerne rautre^tr» ('^^^^A « poignard, épée», 
son sémitisme est mis hors de doute par Tararoéen }rpji« 
c flèche > et son absence momentanée des textes connus ne 
prouve nullement que Je mot girû n'était pas en usage chez les 
Assyro-t>abyloniens (Pinches). Les types de dingir (digirû)^ 
hilib (hil^)^ (fis {qisu\ %uab (TOêobu)^ et d'une foule d'autres 
phonèmes tenus longtemps pour sumériens ont été trouvés 
plus tard dans les textes démoti.]ues. Nous n^accordons à 
aucun assyriologue le privilège de connaître tout le lexique 
assyrien. !!• Pinches croit cependant ^pnver son dire sur 
Textrait d'un syllabaire du British Muséum que nous repro- 
duisons CHa(wès : 



Gir ►!$> palnim. naglabn. Dae^rer. knife irazen. 

pariidii, magzazu^ to tlee, shearing. 

gallatinn^ nain^aru, séparation'?'» sword. 

padanu. urhu. path. road. 

harranu. efitnl ti, high-road. divi-^ion i? . 

aintuin, sak^Ki}tni i?«. ? ? 

jèunimudu, ahuru, to eut off ior sim., ? 

^ibbn, zu'iiikiint. girdle» scorpion. 

.4ra>-iS- iKifrutn lisixn sinni<îi . Dactreriin l he\v o m en's longue). 

Là-dessus M. Pinches fait la remarque suivante : 
c The writer of this very full Syllabbary, therefore, gives 
DO hint of the existence of an assyrian word ^tm meaning 
« dagger » or c sword » , nor does he seem to occur with 
any of the meaning that a hâve quoted above. » 

Malheureusement, M. Pinches commet ici i la fois une 
inexactitude et une grosse errt^ur. D*abord il est inexact de dire 
que ce syllabaire soit € \ery full ». On voit du premier coup 
«Tœil qu'il lui ounqiie les deux siirnîfi^aîions^arJ.?!!, « briller», 
et kirqu^ * ècktir »tqui onl été noues par Brunnow ^305, 306) ; 
et 00 admet avec une graiule vrv^:><\r.b!Ance qae ia décou- 
verte de nouveaux textes lunis hM\M'a d*Autres sicniiications 
icconnu^s. L*une dt>s grvv^ist^s errwîrs consiste a ch-Tcher dans 
ce syllabaire les s\nor\nKS d*uu >eu! mot. Au contraire» les 
vocables assyrieiis se coîujwsent ea gt":i:î\le fv.\rtie de roots 
asssez dinerents nu\iuou:io lingue au r.:o:ule n'e-vprimera par 
le même terme : jv^^gUAixl» r^s^Mr. fuir. tvrJie, réparation (?», 



LE SUB1ÉRI8ME ET l'hISTOIRE BABYLONIENNE 43 

épée (?), chemin y ceinture, scorpion. Ces significations mul- 
tiples attestent que gir n'est pas un mot réel mais seulement 
un phonème idéographique représentant un groupe d'idées 
analogues que la langue vraie exprime par des mots spéciaux.. 
D*autre part, le sens de c fuir » propre à gir remonte à la 
racine assyrienne ^^^ qui a précisément cette signification 
(Delitzschy H W B, p. 195); l'idée de c séparation ^ et de 
€ division » s'y range sans difficulté. Enfin, l'interprétation 
phT padânu^ € sentier )>, et urhu^ < chemin, route », vient 
d'une assimilation avec l'autre gir qui est l'idéogramme du 
pied(^^); le procédé est purement mécanique. 

/) Ma comparaison de nag et naqun, l'honneur d'une longue 
réfutation. Pudique à l'excès, M. Pinches se fâche et me 
reproche d'avoir ignoré et la longueur du u de naqu et le sens 
précis de ce mot : < For the purposer of his comparison, too, 
the ingénions anti-akkadist ignores the long û of naqû and the 
fact that, in Âssyrian, this purely semitic root does not mean 
to drink 1 but < to pour ont, as libation », and that the 
purely akkadian nag does not mean c to pour out », but 
« to drink ». Passons le ridicule de la première remarque et 
disons un mot de la seconde, puisque l'auteur y revient dans 
les deux pages suivantes. Condensons ce délayage. Le carac- 
tère nag ('-^=tiîI) ^ prononce aussi gu et immeli ; il est tra- 
duit par lâsUj « humer » , c'est-à-dire boire en petite quantité ; 
ridée de boire devait donc être rendue par gu et non par nag^ 
ce que prouve aussi le complément a attestant la présence 
d'une racine (root) se terminant par une voyelle. » Par mal- 
heur, le témoignage du complément n'exclut nullement fexis- 
tence de nag; ainsi mal et gir sont souvent complétés maUef 
gir-a^ indiquant tout au plus Télision des consonnes finales 
2etr ; dans notre cas na^-a pouvait se lire na-a^ sans préjuger 
l'existence de nag. Du reste, M. Pinches avoue lui-même, un 
peu tardivement, que nag fait partie du phonème composé 
Ornag^ c un vase à liquide y>, dont l'analyse, c eau-boire », 
ne fait pas l'ombre d'un doute. Son erreur fondamentale con- 
siste de nouveau à prendre ce phonème artificiel pour une 
racine. Dans le langage populaire c faire des libations » équi- 
vaut aussi à % boire avec excès » . 



BEVUE SÉMITIQUE 

nlÎD la syllabe el dont le rapport avec l'assyrien 
défie toute contestation. Que fait M. Pinchesde 
ënant? Il te passe sous silence et ne s'en préoc- 
t par trop habile. 

ses services rendus au déchiffrement des textes 
U. Pinches a acquis des titres à Pestime et k la 
e des assyriologues ; nous regrettons profondé- 
soit lancé dans les questions épineuses de phi- 
irée, où, faute d'études sémitiques Bérieuses, il 
lire rien qui vaille. 

s d'aborder le problème du prétendu dialecte 
sumérien ». Dans certains textes idéographiques 
s phonèmes autrement composés que dans les 
res. Les < clear-headed » assyriologues, comme 
. Pinches, y voient un dialecte et un dialecte 
du sumérien ancien. Pour moi, je les tiens pour 
ariantes orthographiques. M. F^nches, mécon- 
lument la portée des mots, renverse les rôles el 
ent sur mon compte les erreurs commises par 
irtage les vues. « Balévy's opinion », écrit-il, that 
différences are really due to variant writiags 
moment hold water. That m, n and b vould be 
riants for <r; iforn; jcfor é&add; rfor/and the 
. be changed, ail according to flxed ruies, is to the 
Lssyriologists incompréhensible. > Notonsd'abord 
lé prononcée audacieusement ou inconsciemment 
itations de consonnes et de voyelles s'opèrent géné- 
rés des règles fixes. Jamais les noms < sumériens » 
, E-an-na-du et Gu-de-a, pour ne citer que ces 
I, nedeviendron'. jamais eu ce néo-sumérien s Ala^- 
ï-mo-«uel yu'Se {»ê)-e, selon les Irnnsformations 
r M. Pinches. C'est précisément l'irrégularité et le 
es variantes ■ néo<5umériennes > qui oblige & n'y 
formes d'une nature graphique. Voici en quoi 
it. 

nombre de signes qui contiennent le son m ser- 
ïprimer le son ^. Ainsi : ma(?),mt, mu, fRaï, mar, 
, , se lisent aussi ga, gi, gu, gai, gar, ger, gen, etc. 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 45 

Cest un procédé d'écriture qui n'a rien de commun avec les 
permutations linguistiques. Le « néo-sumérien > substitue 
volontiers la série m à la série g usitée dans le suraérien 
ordinaire. Exemples •: sum. || '^ ^ a*ma{iyma{ï) et a- 
9a{iyga{l) = néo-sum. || ^j^j a'fna-'me; sum. '-^Kj^ galj 
néo-sum. ^ ^]<^| ma-a/; ^i(s), ^m(s); sum. ^, néo-sum. 
•^-^ mu ; sum. girza^ néo-sum. marza = as. par^u, « loi, 
commandement >; sum. >-^||| fl^tV, néO'Sum. ]>- ^ tT^^ir 
ou |>- >-[(^| ma-fi, « poignard >; dim-mer en face de 
dim-gir est du môme genre. Tout cela montre simplement 
qu'il existait une similitude organique entre m et g dans 
la prononciation babylonienne. Ce fait nous est connu 
par le curieux démonstratif agâj agâta, agaéuy etc., pour 
ammuj ammatUj ainsi que par la forme isakanga pour Ua- 
kanma^ <k il fera 9 ; m se confond encore plus souvent avec w 
et dans des cas sporadiques avec b; le fond de ces variantes 
est purement assyro-sémitique. 

Parmi les autres exemples produits par M. Pinches, le 

changement de 9 en d dans || ^•-n'^ ïf ^^*^ P*^"^ îî V ^^I 
agarra repose sur une fausse lecture, ^"-U^^ se lit ga ou gi, 
il y a donc a^ga-a en face de a-gar-ra^ c'est-à-dire la réduc- 
tion de gar en ga, analogue à celle de mal en ma. La forme 
mé'fir équivalente de musir porte le cachet sémitique par le 
son 9 quMI contient. Enfin toutes les autres variantes remontent 
à des mots babyloniens synonymes mais issus de racine dif- 
férentes : adar (r. -|*|j{, cf. adârUj a réservoir >, adûrUf 
€ enclos >) = agar, champ > (r. ^;ix, « enclore », ugaru) ; 
aba (de aptu, c creux », ipu, » matrice >) = aga, t derrière » 
(de ummUj a mère », [amiu, c servante!»). ; oi^, a afflic- 
tion » (? ittu ; r. -]2^^) = anêr (cf. ijy); dw, t aller, mar- 
cher » (r. adû^ y^y)=^im deefimtUy t route »); dw^, c bien, 
agrément » (de dumqu, r. damâqu) = ^tô, ^i/? (prob. de c^^v» 
« rayon de miel »); tn^ar , c enclos » (de ^jj^) et amar (de 
amarumj syn. de lipittumj d'où le phonème 2tptt). J'ajoute 
un exemple que M. Pinches a laissé en souffrance parce que 
si son procédé était exact il faudrait admettre que d se change 
en r ; le signe gir^ a poignard », se lit aussi ad, visiblement 
du sémitique -j-in» ^ ^^^^ ^^S^ »• Or, le syllabaire cité plus 



46 RBVUB SÉHITIQUS 

haut remplace ai par ar(u)y et la chance veat qae le verbe 
assyrien aru^ le sémitique r-|}(, « couper, retrancher >, soit 
rendu par le même idéogramme que le synonyme qofOfU^ 
gazâtu qui indique Tidée de c couper » dans le syUabaire 
produit par M. Pinches lui-même pour appuyer Tidée souve- 
rainement absurde de la conservation par des scribes sémites 
d'un dialecte étranger, lequel, comble de bizarrerie, serait né des 
centaines d*années i^Nnès sa disparition ! 

M. Radau, au moins, n*a pas poussé la candeur philologique 
à ce point-là : il a supprimé tout le chapitre néo-sumérien! 

Ul grammaire I>ES TBXTBS ARCHAlQOKS 

Nous arrivons Baîntenant à la partie la plus ardue de 
notre* tâche. Le vocabubire des textes archaïques est bien 
sémitique, nous Pavons montré parprfes de deux cents exemples, 
mais n*y a4-il pas dans les liaisons grammaticales un dernier 
reste d*un génie linguistique étranger? Maintes pages sorties 
de la plume d'écrivains turcs surabondent d'expressions 
anpruntés aux lexiques persan et arabe, en sorte que si oo 
n^avait pas le témoignage des marques de relations dans les 
noms ou dans les verbes, on aurait grand'pdne à distinguer le 
caractère ethnique des auteurs. Ne peut-on pas supposer de 
même que, malgré Taliandon de l'ancien lexique an profit du 
vocabulaire sémitique, la langue allophyle a néanmcnns sur- 
vécu dans la grammaire et dans la syntaxe qu^elle aurait 
gardées, au moins en partie, et imposées par infiltration latente 
à l'esprit des scril>es sémitiques? La plus sûre r^nse qu'on 
puisse donner à une question si délicate, c'est de réunir dans 
des catégories bien adéquates la totalité des exemples qui se 
présentent dans nos inscriptions et d'en étudier soigneuse» 
ment le rapport avec les catégories analogues du t>abylo- 
nien sémitique, 

llfDlOKS WiTKRMlXATIFS DBS HIOXKMES XOMCIAUX 



En sa qualité de mot factice le phon^me idéc^raphique se 
passe de la distinction pemianonte du genre coQventioDnel 



LE SUMÉRISME ET l'hISTÔIRE BABYLONIENNE 47 

qui affecte la désinence des mots sémitiques réels. Nin signifie 
c seigneur » et c dame > ; dam c époux » et ce épouse » , tur 
(= dumu « fils j» et c fille » . L'emploi du signe sal (abrégé 
de salatu^ c serve t> , pour désigner les femmes te trouve dans 
nos textes (Gudea, St. Ë, col. I, 2). Pour différencier le sexe 
féminin des animaux, cet indice se constate d'assez bonne 
heure dans d'autres textes, tandis que les individus mâles 
sont indiqués par le phonème ué^ abréviation de uéu^ a or- 
gane viril ». 

Le pluriel est rarement exprimé. On constate cependant 
l'existence de deux moyens de le figurer : 

4* En redoublant le phonème : an-an, « dieux y>; kur-kur, 
c pays » ; giâ-ur-ur (YI, col. III, 1 0), a les ennemis » ; bar-bar 
(VllI, col. II, SI), <c les temples >. Un curieux exemple de re- 
doublement du nom et de son adjectif est : nam-enim-enim- 
dir-dir (VI, n" 1, col. I, 3), c paroles de révolte ». 

2* Par le suffixe ne dont la forme pleine est e-ne : a-ne, 
c eaux »; an-ri-ne (X, St. A, col. III, 6), ce dieux » ; et 
avec le redoublement du substantif tur-tur-ne (X, St. Â, 
col. 1, 3), cenfantst; an-an-ru-ne(VI,n'1, col. 1,3), cdieux». 

Le premier procédé est purement idéographique ; le suf- 
fixe {eyne découle du suffixe pluriel babylonien ânL 

La juxtaposition de deux ou plusieurs phonèmes dans le 
sens de l'état construit des langues sémitiques se rencontre 
d'innombrables fois dans nos inscriptions; la plupart des 
noms des dieux et des temples montrent cette construction. Je 
laisse à M. Weissbach le soin de justifier sa fameuse assertion 
c Ein Status constructus existirt nicht (im Sumerischen) » . 
Les exemples suivants qui sont puisés aux textes les plus 
auciens suffiront à montrer l'insouciance lamentable de cer- 
tains suméristes. 

an-en-lil, c dieu seigneur des Ljls > (En-sag-kus-an-na, 1). 
gal-lû kur-kur-ra, « roi des pays jo (ibid., 2). 
En ki-en-gi, <c seigneur de Kengi > (ibid.y 3). 
dig-ga kiâ-ki, c le butin de Kis y> {ibid.j 4). 
an-nin-Gir-su, c dieu maître de Girsu » (Uru-ka-gi-na, 
n*1 col. 1,1). 



ÇffSK 

lieu seigneur des Uls s 

;œur > i&ûi., col. II, 9). 
40). 
Grande splendeur du ciel 

iHd., 5). 
Ed.. 8). 

:ai»(iWd.;col. IV,6-7). 
ii/a., 8). 

. La composition de l'état 
clusive des idiomes sémi- 
; saurait refléter le génie 

juitapositir de l'état cons- 
diquée séparément par les 
combinaison ka-ge. Pour 
L j'ai été obligé de relever 
inscriptions, sauf naturel- 
groupes. Cette opération 
lour en &zer le eens exact. 

I, 4-^1 = sjrru >» LiigBs. ■ roi 
l.l.~ =in«ûmisâ nio-girsu, 

= i)i-<' i;)>-ijh-ki. ' hoDunea 
1^1. 1. :<-i< = i~:-nku ^ I^gas. 
.-.■■ : .-V:r i::nr.i _o Eti-lil. 
1 - ;.K:: ;!!>:>;* Niii.i. -niPIl- 

.::.! , i.--;. ,,î.v-vi,efri.= 

■! 1. . ■ ^ ,.!■, •-, ■.'.:.^:. • pi-re 



Le stJMÉRisiifi ET l'histoire babylo>ienne 49 

10. pa-te-ai giè-uh-ki-ge (ibid., 14-15) = issakfu èa) Uh-ki, u roi de 
Uh». 

il. tur ki-ag en-an-na-tum-xna-ge {ibid,, col. III, 12-13) = mâru 
naràmlu sa) Bel-sami-ukin, « fils aimé de B. â. U. ». 

12. ao-en-lil-li an-nin-har-sag-ge nuna-sum {ibid,, col. IV, 34-36) 
=. sa Enlil Nin-harsag belûta iddinàu^ a de Enlil et N.-H la domi- 
nanon lui a donné ». 

13. an-nin-gir-8u-ge sa-sus-gal-ni {ibid,, col. VI, 21) = sa Nin- 
Girsu suàk^làu, c de N.-G. le suskal ». 

14. an-nin-har-sag-ga-ge gi-ka-na (ibid., n»2, recto, col. V, 2-3) 
= sa nin-bursag gi-ka-na, « de N.-H. le gi-ka-na ». 

iô. ud-baen-te-me-na-ge, etc. {ibid., verso, col. II, 8) ina umisusa 
entemena, o lorsque Entemena, etc. ». 

i6. an-nin-gir-su-ge ab-ta-gu-e (i6id., n* 3, 16) =sa aiia Nin-Girsu 
ittabbi, « qu'à N.-G. avait été promis ». 

17. ud an-en-lil gal-lù-kur-kur-ra-ge (VIII, col. I, 36-37) = inâ 
ùme (sa) Enlil sarmatâti, etc., a lorsque Enlil roi des pays, etc. ». 

18. igi kalam-ma-ge {ibid., 42) = mahar (= maharusa) kalamma, 
« devant le monde » . 

19. ki-an-ki-ge gu an-ku mu-ru-gi (ibid.y col. II-III, 46-2) - sa 
ki-ili riéa ana samô ukin, « de ki-ili le sommet jusqu'au ciel il a 
établi ». 

20. gal-lû kur-kur-ra-ge {ibid., 15) = sar matâti, « roi des pays ». 

21. zag-an-na-ge (ibid., 27) = ésrôti, a les sanctuaires (du ciel) ». 

22. pa-te-si sir-pur-la-ki-ge (X, col. I, 6-7) = issaku âa Lagas, 
« gouverneur de Lagaà ». 

23. am an-ri-ne-ge {ibid., col. III^ 6) = ùm (=ùmu sa) ilàni, « mère 
des dieux «. 

24. ud aninnanna-ge {ibid.y st. C, col. II, ll)=ùma sainnanna, c au 
Jour où In., etc. ». 

25. gal-lû ki-en-gi-ki bur-bur (= urlu)-kî-ge (XI, 6) = sar suméri 
(û) akkadi, « roi de Sumer et d'Âkkad ». 

Dans les groupes qui précèdent les phonèmes déterminants 
se placent après les déterminés, exactement comme dans Pétat 
construit réglementaire et dans la grande majorité des cas 
la postposition ge exprime noire préposition c de > ou c par i^ 
à laquelle répond la préposition babylonienne sa. Les inver- 
sions aux n*" 14 et 19 sont aussi très usitées en babylonien 
populaire. Plus instructif est l'emploi de ge pour déterminer 
le temps indiqué par ud (3, fi) ou ud-ba (15). Ici nous 
sommes obligés dédire c au jour où » (= oc lorsque >), tandis 
qu*en babylonien c'est toujuors éa qui reste en fonction ; la 
concordance idiomatique est donc remarquable. 

Ram fftviTiQf ■ 4 



REVUE SEMITIQUE 

l'origine de ge je ne puis émettre qu'une siraple con- 
B. Cette syllabe semble abrégée de kid, gid, charpente 
it kîtu qui désigne une étoffe ou un vêlement. La forme 
lera ainsi le génitif populaire arabe cbi^, < effet, 
e, bien, possession >. 
5 suffixe ka. 

;al ti-ra-as-ka-ni (II, n^ I, col. 1, 8} ^ ekallu sa tiras attusu, 

aple de Tiras, le sien ■>. 

id-da im~sag-ga-ka-i)i (pfj(d.,col. III, 8-'J)= bit Absalm-Bag- 

su, " le Bit Ab de Im-sag-ga, le sien ». 

g-?-la an-Din-gir-su-ka-ra [ibid , n" ..'. 23-21) = lib... malù 

îirsu, a issu... du cœur (?) do N.-G. », 

-te-si àir-la-pur-ki-ka-ra (?) {ibiil , IV, n" 1, col. I, G) =aua 

la Lagas, « pour patesi de Lagas (?) «. 

1-lù zal-si-ga-ka (,V n' I, col. I, \) = sarru k;i nainru malù, 

ein de splendeur ". 

-nir gié-gal-ki-ka (V, n" '2, col. III, 17) = surinnu sa gisgal, 

in de Gisgal ». 

i-pad-da an-nin-gir-9u + da+ka(i()iii.col. IV, 21-22) = 2ikir 

itti N.-G., n mentionné de nom par N.-G. (?) a. 
I gal-lù uh-ka ni-zig-ga-a (ibid.. col, IV, 2ri-26) = iiia satti sa 
(i izàqu, >< dans l'année où le roi dX'h il a attaqué >. 
enim-ma sig-ga an ain-gir-sii-ka(i&iV/., col. V, '.M-'23| = uial<i 
ia N. G., « plein de la parole deN. G. «. 
i-ta-sur-ra an-nin-gir-su ka fibid.. lol. VI-VII. 23-11 ^-ina 
sir sa N. U., « dans l'E.-ni. de N, G. », 
i-te-si sir-la-ki-pur-kam fibid., col. VIII, 6-7) = ièèaku su 
û, « est le gouverneur de Lagaâ ». 

i-dub-ba an-nin-gir-su-ka |V1, n» i, col. 11, li-12) ^ im- 
sa nin-girsu, « l'Im-dub-ba do N. G. ». 

ir an-niii-har-sag-ka [ibid., I-M ^ parakka sa nin-hareag. 
ictuairc de Nin-hurSam ». 

ir an-iiin-gir-siL-ka (ibid., ir.) - p.-irakku ^a niu-yirsu, " un 
ire deNin-Girsu ". 

an-nin.'i se aii-gir-su-ka Ubid., 19-'20) = se ninA »6 m niii- 
du blé (pour) Xiii.'i. du blé pourN. G. ». 

ki-sur-ni an-nir-irir-su-kii {ibiii., ai-li-.'i = iUii minjïarti sa , 
.u, n le ciiiiiil-bofiic de N.-G. «. 

ki-sur-ra an-niii-gir-su-ka-ka [iliid.. col. III, 2-3) = ika 
I sa N. G., n le canal-borne de N. G. ». 
,1) ,-^a-sig-ga a-sagaii-niii-gir-su-ka-ka (/[»*(/,, R-'J) = aua eérî 
a oqil Nin-Girsu, " sur la plaine sa-gig du champ de N. G. ". 
, id-lum-ma-^lr-ta-ka ^ibid., 20) = ina kisâdi sa id-Ium-nia- 
r la rive de Id-lum-ma-sir ». 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRB BABYLONIENJSE âl 

20. sanga innanna-ab-ki-kam {ibid., 29) = sa sanga Innanna-Âb- 
ki su, « qui fut prêtre de In.-Ab ». 

2!. gu gu g^r-su-ki-ka (ibid., col. IV, 7) = idi saGirsu-ki, « près 
de Girsu ». 

22. ë an gàl-dim-zu-ab-ka-ku {ibid., 31) = sa anabit ili rabi dim- 
apsi, « que pour le temple du grand pilier de l'Océan ». 

23. gis-tug-(pi-)sum-ma an en-ki-ka |t6id., col. V, 24-25) =-- nidin 
séni (uzni) sa Enki, a doué d'intelligence par Ënki ». 

24. ka-si-di an-nin-gir-su-ka-ta({6id.,7)s inapîisarisaNin-Girsu, 
«par Tordre équitable de N.-G. ». 

25. pa-te-si gai an-nin-gir-su-ka {ibid.y 28-29) = issaku rabù sa 
Nin-Girsu, « grand gouverneur de N. -G. ». 

26. nam-ti en-temena-ka-ku (ibid., col. VI, 3-4) = ana balaU sa 
En-temena, « pour la vie de En-temena ». 

27. e-ki-sur-ra an-nin-gir-su-ka-ka {ibid., 10-11) = ika maççarti sa 
Nin-Girsu, « le canal-borne de N.-G. ». 

28. sag uru-na-ka (t&td., 28) =-ina libbl alisu, « au milieu de la 
ville ». 

29. ë-gal érim-ki-ka-ni {ibid.j n* 2, col. III, 6)- ékal Erim attuAu, 
« le palais d'Erlm, le sien ». 

3). sanga an-nin-gir-su-ka-kam {ibid., u<* 3, 23) ^ (Dudu) sanga 
sa Nin-Girsu su, « (Dudu) fut prêtre de N.-G. ». 

31. sanga mah an-nin-gir+ka+su (Vil, n'I, '2-.\} - sangu mahhu 
sa Nin-Girsu, « grand prêtre de N.-G. ». 

32. ga-zi-kù>a an-nin-har-sag-ka {ibid., n» 2, 0-7) — baru sizbi 
balati sa Nin-Hursam, «c nourri de lait de vie par N.-H. ». 

33. pa-te-si §ir-la-ki-pur-ka {ibid.. n® 3, 4-5) = issaku sa La<:a>. 
« gouverneur de Lagas ». 

34. igl-zi-bar-ra an-gal-lû-kur-kur-ka (VIII, col. I, 13-14) — naplus 
îni (sa) sar-matati, « regardé d'yeux favorables par S. -M. ». 

35. sage-hi-a an-nina-gid-ha-du nin unug-ki-ga-ka (ibid.y 31-33) 
^ ardu laqtu sa Nin... Nin uruki, « esclave élevé par ... et N.-U. ». 

36. lu ë-ninnù an-nin-gir-su-ka in-ru-a (X, cart. 4-6) = sabit-ninnii 
te N.-G. ibani, t qui le B. N. de N.-G. a construit ». 

37. ô uru gir-su-ki-ka-iii iibid., col. I, 8) = bit (sai ina âi-girsu 
attusa « le Bit à la ville de Girsu, le sien ». 

38. gis-dur*gar mah nam-nin-ka-ni {ibid.y col. II, ^} =- kussà 
mahha sabélùtisa, « le trône magnifique de sa majesté ». 

39. gu-dë-a lu ë ru-a*ka nam-ti-la-ni mu-sud (ibid., coi. III, -IV, 
7-2) = (sa) Nabi bani sa biti balatsu irik, « de N. le constructeur du 
temple, sa vie prolonge ». 

40. lu ô-an-na în-ru-a-kam [ibid., st. G, col. I, 5-G) = sa bit Aiiim 
ibanima, <r qui le temple d'Anu a construit >. 

41. ga-gis-sub-ba-ka gis ba-bar (ibid., &t. £, col. III, 1-2) == ba ira 
gfs-sub-ba U4urti, <^4u... la borne ». 



52 HEVUE SélflTIQDE 

42. ka-al-ka gis-uru ba-mul (ibid.y 3-4) =^ sa ka*al gis-uru namru, 
a ^u,., le ... brillant ». 

43. temen-bi ni-ir-nun-ka(iMd., 13-14) = temensu sa ..., « sa terrasse 
de ... ». 

44. sag mu-ba-ka (tbtd., col. VIII, 16) = ina libbi sa satti si, « au 
milieu de cette .année ». 

45. é uru arag-ga-ka mu*na-ni-tur {ihid., st. H., col. III, 7-8) = ina 
Bit-ôri-elli useribsu, « dans le B. E. £. il Ta fait entrer ». 

Numériquennent plus fréquent dans nos inscriptions que ge^ 
rindice ka marque égalernent le génitif et peut être rendu par 
le babylonien sa. On trouve ainsi indifféremment souvent côte 
à côte c p«-te-si gir pur-la-ki ge » et € pa-te-si §ir*pur-la*ki-ka» 
répondant tous les deux à « igsaku sa Lagas ». Le sens tempo- 
raire constaté plus haut pour ge est également evpriéHé pnr ka^ 
comme le montre le membre de phrase : c mugal-lQuh-ka 
iii'Zig'g& & (8) »« c dans Tannée où leroid*Uh il a attaqués. 
Enlin, dans c gal-IO zal-si-ga-ka (5) », ka exprime Tidée 
personnelle de sa c qui » . Il sera cependant inexact de regarder 
les deux po-t|K)sitions comme entièrement équivalentes. Dans 
Tusage, s<*iuf la combinaison ge-ka dont nous parierons ci- 
dessous, la particule ^e demeureconstamment isolée et n^admet 
après elle ni les sulfixes pronominaux, ni les phonèmes ku^ 
ra^ da, ta qui marquent les relations de temps et de lieu; 
ka semble au contraire avoir précisément fa place adéquate 
dans la compagnie de ces diverses particules (l-i, 9-10, 22, 
24, 26, 29, 37-38); il possède même ^aptitude de se dédou- 
bler (17, 18,27, 30). Si nous avions une littérature phoné- 
tique de ces hautes époques, nous aurions certainement ren- 
contré les tours de phrase qui président à ces combinaisons, 
mais devant l'absence d'un pareil coitrôle notre inves- 
tigation ne peut y répandre quelque jour qu'au moyen 
de la philologie comparée des autres langues de la famille 
sémitique, surtout de Thébréo-phénicien, idiome qui, avec le 
babylonien, fait notoirement partie du groupe septentrional « 

Commençons par constater un fait historique. L'emploi de 
ka comme indice de ^^nitif et de prono^n relatif a presque 
complètement disparu de la littérature moins archaïque où ka 
rend les particules ana^ < à, pour » et «la, € en^ dans »« 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 53 

M. Br(tnnow(p. 32) n*en a relevé qu*nn petit nombre, p^rmi 
lesquels paa un seul exemple indiquant Pidée de relation, 
laquelle est réservée k la postpositioii ge. Y voir une innova- 
tion fabriquée aux époques ultérieures parait hautement 
invraisemblable et on est obligé de s'arrêter à Pidé^que le 
sens local de ka remonte à Torigine même du syllabaire. Sous 
cette perspective, la postposition en cause se compare aisé- 
ment aux prépositions hébrc^o-phéiûcierme ^ et 3 qui, tout en 
correspondant respectivement aux particules babyloniennes 
ana et ina^ servent en même »emps à paraphraser le génitif. 
La construction précitée a gal-IO sir-la-ki-pur-ka b est dune 
tout à fait parallèle à H*ib")1DTt3« ^ ^^ psaume de David », 
?TV3 D\n*?S« « ^^®" d® Sion s> (Psaumes, lxv, 2) et m^ by2 
ttronVîQ' • Ba^al-Uammon de Altiburos », qui signifient 
libéralement : a roi à, en Laga§ », c un psaume à David », 
c dieu à, enSiun », a Ba^aMIammon à, en Aliiburos ». Ajou- 
tons que cette circonlocution simple est dans les idiomes de 
la Syrie aussi restreinte qu'en littérature babylonienne ; on 
préfère la fortifier par l'adjonction du relatif ordinaire jy» 2^j(, 
3 ou ^ TbîfN- ^" verra tout à l'heure qu'une cojnbinaison ana- 
logue s'est aussi ftirmée en pseudo-sumérien. Dans les deux 
exemples qui offrent ka-ku (iij 26), ka n'a plus que le sens 
relatif. 

Ce point fixé, l'origine de ka ne présente plus aucune obs- 
curité : nous y avons simplemtmt une variante de la particule 
locative ku qui constitue le représentant ordinaire des pré|)o- 
sitions ana et ina (Br. 4>é9-i31) et à laquelle nous reviendrons 
à foccasion. En ce qui concerne la forme kam(\ I, 20, :{0, 
40), on la tient communément pour une construction de 
ka+am; le dernier phonème fait partie du groupe des pro- 
noms. 

Les numéros 17, 18, 27 présentent le redoublement ka ka 
et le n* 30 la vaiiante ka kam. CeA probablement une velléité 
méticuleu.se de marquer le double état cotistruit de ces phrase^. 
Aussi trouve t^on à côié de oc e ki-sur-/a an-nin gir su ka ka 
(17, 27) » la forme simple « e-ki-sur-ra an-nîn-gir*su- 
ka(i6)». 



[JE SÉHITIQUE 
S. 

ïaminons contiennent les exemples 



-ka-ge (V, n'I.ool. 1, 16-171 =kiïra sa 

I.-G. .. 

-gir-au-ka-ge Ubid., n" 2. col. I. 7-8J = 

ij la puissance est donnée parN.-G. ■. 

lag-ka-ge {ibid., cot. II, 2-3) — baru 

nourri du lait de la vie par N.'tl. •. 

na-ka-ga (il))V(., ^•h\ - zikir libbi sa 

3ur par lu. ■>. 

i-en-ki-ka-gc {ibid., 6-7) = nidin àûmi 

ligence est donnée par Enki >>. 

a-ge {ibid.. 8-1*) = naramu àa Ljp-Apsi, 

lan i>. 

re (ibiVf,, 10-HI = a))arakku âa Pa-sag, 



!rim-ka-ge {ibid.. (2-13) = il 

r-Krim » . 

îu-ka-ge (i7)i<l., col. IV-V. 28-1) = zikir 

onné de nom par N. G. ». 

-gir-su-ka-ge [ibid.. col. VI, 15-16) = 

iireu, cr vainqueur de la totalité du pays 

■ su-ka-ge {ibid., col. VU. 8-9) = nidin 
la main deN.-G. ». 

nin-gir-8U- ka-ge {ibid., 15-16) = nisu 
homme plein des paroles de N.-G. >>. 
ta-ge (VI, n- 1, col. I. 37-38)= issaku 

a-ge (VI. n* 1, li-~] - sangu sa Nin- 



oâes contiennent deux ou plu«eurB 
1 de l'autre et la combinaison ka-ge 
ts dépendances. Mais dans les n" 1, 
it recherchée et surtout inutile. Aussi 
lit « pa-te-si sir-pur-la-ki-ge », soit 
, sans aucune désinence. Dans tes 
combinaison n'est plus en usage. 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 55 

LES PRONOMS 

La langue sémitique des Babyloniens ainsi que toutes les 
autres langues du monde possède cinq sortes de pronoms 
bien déterminés et ne permettant aucune confusion. Le « su- 
mérien » fait seul exception à la règle générale ; il ne dis- 
tingue ordinairement pas même les sujets du discours et se 
contente d'exprimer toutes les catégories par des phonèmes 
qui indiquent vaguement l'idée démonstrative. J'ai effleuré 
ce sujet dans mon Aperçu grammatical de Vallographie 
assyro-babylonienney qui parut en 1884. Les progrès faits 
par Tassyriologie depuis cette date, .«^.urtout par suite de la 
découverte des inscriptions les plus archaïques» me permettent 
à la fois d'introduire dans ce chapitre des faits nouveaux et 
de modifier certaines explications qui dans Tétat de nos con- 
naissances actuelles, se montrent inutiles ou même partielle- 
ment inexactes. 

a) Pronoms personnels : 

Les pronoms personnels de la langue réelle sont représentés 
par un seul phonème qui est mény en abrégé mê. Il répond 
en même temps à anaA^u, « moi » (Br. 10358, lOiOl, 10430), 
à atta, € toi » (Br. 10360, lOlOi), etàae^i, « toi f . » (Br. 
10403). L'emploi de mê pour la première personne se cons- 
tate deux fois dans Tinscription V, n"* t, 1 où on lit : ë-an na- 
tum mê = Bit-àamê uktn anaku, t je suis Bit-àamé-ukin »; 
il est donc hors de doute que les autres équivalences existaient 
dé}h à cette époque, bien que les textes connus n'en fournissent 
pas d'exemples. Par sa substance conson nautique le phonème 
complet mên^ qu'il soit rendu par un seul signe ou par la 
forme analytique me-en^ rappelle à première vue déjà, le groupe 
pronominal interrogatit-indéfmi babylonien mannuy <i qui ? », 
minUy (K quoi ? » , manamma^ < qui que ce soit > , minamma 
ou munumma, « quoi que ce sôit t>^ groupe dont le résidu mê 
conserve intacte l'idée vague de l'ensemble. C'est le cas de 
l'hébreu no et ^jj où le 3 primitif ne reparaît même plus 
jamais. La confusion des personnes par le phonème sus-visé 



56 RBVUE SÉMITIQUE 

s'explique ainsi par son origine de pronom indéfini et rentre 
dans Tordre rationnel. 

Il me paraît utile de joindre ici le monosyllabe a qui rend 
aussi indifféremment les trois prénoms personnels : anaku 
(Br. H327), atta (Br. 11329). su, si (Br. 11361) et sa 
(11368). Sa forme complète est selon toutes les vraisem- 
blances, a-na, phonème qui figure les idées de minû^ c quoi ix 
(Br. 11434), mala, c quoi que ce soit » (Br. 11433), et 
amêlu, c un homme, un tel » () 1432). Dans nos inscriptions, 
il se trouve à Tétat isolé (VIII, col. 111,40), et répond au 
démonstratif éû ou éiUitu, a cela », circonstance qui nous 
permet de le ramener avec certitude au démotique annu, 
€ ça, ceci, cela ». Le procédé est analogue à celui qui a pro- 
duit le phonème men^ mi. Notre interprétation est finalement 
corroborée par un autre pronom de la troisième personne, 
e-^My correspondant à su (Br. 5866) et sâÂu^ (Br. 5865), 
€ lui, celui-là », et qui ne diffère de son type a-na, que par 
radoucissement léger et fréquent en babylonien des a en e. 
Cet e-ne doit être séparé de la post position homophone qui 
marque le pluriel et qui a sa source dans la désinence baby- 
lonienne A-ni dont nous nous sommes occupé plus haut. 

b) Pronoms suffixes de possession. 

Si en ce qui concerne le sujet de Taction, les inventeurs 
de ridéographisme babylonien se sont contentés d'une indi* 
cation très sommaire, ils ont montré un effort de distinction 
plus précise dans les suffixes possessifs où la fixation du mien 
et du tien est absolument indispensable. 

1) Suffixe de la première personne : mu, abrégé de mu-un 
ou muna et simple variante vocalique de men, mê^en, mê = 
anaku, a moi », et dérivé de munamma, minammù maitant- 
ma. Voir le paragraphe précédent. Ex.: ad (r^ ab)-mu= abua. 
abiya, <k mou père » . 

2) Suffixe de la seconde personne. Cette personne n^ayant 
pas de représentant à la forme isolée, les inventeurs sesontser- 
vis du suffixe babylonien réel >-f^ ka^ mais en le représentant 
conventionnellemsnt par la valeur %u^ que ce signe possède 
en effet (Br. 517). Ex.: ad (^^ ab)-zu =abuka, t ton père >. 



LK SUMÉRISME ET l'HISTOIRB BABYLONIENNE 57 

3) Suffixe de la troisième personne : ni^ abrégé de ene^ 
variante vocalique de a-na, c expliqué plus haut >. Ex.: an 
(=dingir) ra-ni = iluSu, c son dieu >• 

Comnae synonyme de ne, nt, na^ on constate dans nos textes 
le phonème bi onba II représente probablement une seconde 
lecture de ce signe (^^tlf). Son emploi exact peut être fixé à 
l'aide de tous les passages qui le contiennent. 



1. èsa-dug an-nabi ga-sag-a (II, n^ i, col. IV, 3), « temple 
d'offrande dont le sommet s*éléve haut ». 

2. lU-ba é [X muna-ru] {ibid.^ n« 3, col. III, 8), « à son embou- 
chure le Bit X U a construit ». 

3. an»nin& mas bi pad (III, n» 2, col. III, 6). « à Nina souverai- 
nement proclamée ». 

4. sag-âu-bi erin lahlah mu-na-ni-gub (IV, n» 1, col. INIII, 5, 6-1). 
« comme toit les cèdres brillants il les fit placer ». 

5 e-kur + ebi(t5td., 19), « ce canal ». 

6. na-ru-a bi {ibid.y 21), « cette stèle ». 

7. igi-ba kaâ-sig-ba ni-gar (i6td., 33), « devant elles du vin 
j*ai mis ». 

8. ur-^ag-ba ni-mi-gab (ibid., 34) « indemnes je les ai lâchées ». 

9. ud-da enim-ba su-ni-bal-e {ibid., 50), « au jour où cette parole 
il transgressera », 

10. sahar-dul-tag-bi mu-dub(t&tcl., n» 2, col. III, 21, 25), «la pous- 
sière des dul abandonnés par lui il a accumulé ». 

11. pa-te-si-bi (ibid.^ et col, IV, 14), a son patesi (le patesi de la 
ville) ». 

12. ud-ba (ibid., col. VI, 9), « en ce jour ». 

13. an-nin-gir-su an-uh(?)-bi (VI, n» 1, col.I, 5-6), « Nin-Girsuet 
le dieu de Uh (?) ». 

14. ku gan-bi ra {ibid., 11), a pour (être) remplacement de son 
territoire ». 

15. ki-ba na ne-ru {ibid., 12), n dans ce lieu une pierre (= stèle) 
il a construit ». 

16. na-ru-a-bl (ibid., 18), « cette stèle ». 

17. edin-na ki-ba ni-us-us {ibid., 31), <f (sur) le sol de cette place 
il 3 versé ». 

18. e-bi id-nun-ta... (i6td., col. II, i), « ce canal, du grand fleuve 
fil Ta fait sortir). 

19. e-ba na-ru-a e-me-sar-sar (ibid., col. II, 4-5), « près de ce 
canal une stèle il a gravée ». 

20. ki-bi ne-gi {ibid,, 8), <t il a remis à sa place ». 

21. bar4ô-bi (ibid . 57), « les épis (?) de ce blé », 



LE SUMÉRISMB ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 59 

r 

Au moyen de cette distinction les phrases composées de divers 
sujets en dépendance les uns avec les autres deviennent con- 
si'lérablement plus claires, malgré Tenchevétrement qui s*y 
produit souvent, spécialement à la suite des interversions syn- 
taxiques. 

A propos des suffixes en cause, Texcellent Amiaud a déjà 
établi cette distinction en 188i, aidé quil était par Texamen 
des textes de Lagas qu'il avait alors à sa disposition exclu- 
sive : 

< Tous ces suffixes étaient-ils absolument équivalents ? Et 
ceux qui ont parlé ou écrit, il y a des milliers d'années, la lan- 
gue des inscriptions deGudea, n*avaient-ils, pour choisir entre 
tant de formes, d'autres guides que leur t)on plaisir? Cela 
n*est guère admissible. Entre na et m, d*une part, ba, bi^ bu, 
de l'autre le choix était sans doute réglé par des lois d'har- 
monie. M.Hommel a mis récemment ce point en lumière. Mais 
quand devait-on employer plutôt la forme en b que la forme 
en n, ou réciproquement? Il n'y a plus ici certainement une 
question de phonétique, de rencontre de consonnes, car nous 
voyons les mêmes mots recevoir tantôt le suffixe ni, tantôt le 
suffixe bi. H y a une question de syntaxe. Il me semble ré- 
sulter presque sûrement des inscriptions de Tell-loh que les 
suffixes lia, m, 8*y rapportent toujours à des personnes ou à 
des dieux, ba, bi à des choses. C'est là même ce que l'anglais 
marque par his, her d'un côté, par its de l'autre. » 

Mais des scrupules surgissent dans l'esprit du sagace cher- 
cheur : Texpérience montre que dans les textes « sumériens » 
ordinaires les infractions à cette règle pullullent à chaque 
page. Une remarque ingénieuse y apporte le soulagement in- 
dispensable : 

« Je reconnais qu'à s'en fier aux textes bilingues des 
WAI, l'opinion que je viens d'émettre ne saurait être un 
instant soutenue. Le suffixe H s'y applique souventes fois aux 
êtres animés aussi bien qu'aux chosns. Mais qui soutiendra que 
ces textes puissent lutter d'autorité avec ceux de Tell-loh? 
Nous ne les possédons que sous la forme de copies assyriennes, 
plus ou moins savantes et fidèles, séparées des originaux par 
on nombre plus ou moins grand d'intermédiaires. De l'ftge 



hkviiv sémitique 
nous ne savons rien de précis. Peut-être quelques* 
DDienl-ils à une haute antiquité; d'autres peut-être 
)mposés à des époques relalivenip^t récentes par des 
.«syriens ou babyloniens qui ne posséUuent plus le 
que comme une langue morte, comme on possédait 
,u moyen âge. Cette dernière hypotiiè'^e parait se 
our une partie au moins d'un hymne biliogrie, où se 
n d'Assur-ban-abil, Pour précieux que soient ces 
point de vue iexicographique et même, si l'on veut, 
le vue grammatical, on ne sajrait donc hésiter, dans 
lion de formes ou de syntaxe, à leur préférer les 
ins unilingues de très anciens rois de Chaldée. C'est 
iot à celles-ci que j'emprunterai les exemples néces- 
a justification de ma théorie (Z R F [, 1 884, p. 245- 

avoir cit^ des exemples tirés des inscriptions les plus 
es où cet emploi se constate souvent, le même assy- 
poursuil : 

en finirais pas, si je citais tous les exemples. Mais ce 
iratl le plus décisif, c'est que seul le suffixe bi servait, 
osition avec les adjectifs, à former des adverbes, 
'un autre, en effet, le suffixe pronominal des choses 
^rendre la valeur purement abstraite qu'il y a dans 
malion {ikidftn, p. til). > 
rvation fonda mentale éiaitd'^s plus emcles, maïs le 
esdémoiislralifs est encore plus compliqué qu on ne 
. à cette époque. Quant k l'emploi de bi comme dési- 
verbiate cotnparable ;i i,« ^ .iu assyrien, je l'ai d'ji 
I) \8'k et le plus petit effort de logique sur ce fait 
éviter au sagace auteur ta nécessité de consacrer le con- 
tumérien dt moine qui a con<:idérablement aggravé 
lOn des sumérol ligues. 

iante ba doit natun'lli'ment êlre regarJée comme une 
nstruile sur 1* mod-'-l.* de na dont il pirlagf le sens 
liinion aNa-NÎHiirt ou inasuiVi. Aiosi : ka-ba^î). igi- 
i-ba{li). ki-lu (l-"»!. edl!i-ii.i ki-ba (17). e-ba(19), 
respect! vemmil : ana p!, € près de l'embouchure ■, 
^u. « dans ce lii-u ><, ana m.-thri^-un, a devant elles » ; 



LE SUMÉRISME ET l'hISTOIRE BABYLONIENNE 61 

inaiimsû, € en ce jour > ; ana, ina aSriedinsû, « sur le sol 
de ce lieu »; ana ikî su, < sur ce canal >. Dans mu-sar-ra ba 
le type dénootique reste encore ana muéari âUf mais ana y est 
réduit au rôle de complément direct comme cela arrive sou- 
vent en babylonien. Cf. le rôle de ^ comme indice d'accusatif 
en araméen. 

Notons une distinction fréquente et des plus curieuses : 
ki-bi (20) répond à (ana) a§riâu, < à sa place », ki-ba (15) 
à ana aèri éû, c à, vers ce lieu t>; ba est contracté de bi-a. 
Le ph >[iëme a est expliqué plus haut. 

3* Indice adverbial dans : ma§-bi = aèaridis (3), < souve- 
rainement, puissamment », sag-âu-bi = kubsiâ (4), ce en 
coiffure, couverture, toit », ur-sag-ba = qardis (8), a en 
force, en vigueur, indemne ». Ce dernier exemple peut aussi 
équivaloir à ina qardûti, 

4"* Conjonction reliant ensemble deux sujets différents (n** X 
et Xi). Nous y reviendrons en traitant les phonèmes i'epré- 
sentant les noms de nombre. 

LES POSTPOSITIONS 

Parmi les particules de relations dépourvues du caractère 
pronominal au premier aspect, on trouve dans nos textes les 
postposiUons va, &tt, ta, da, dont les deux premières représen- 
tent la préposition babylonienne ana^ rarement ina ; les deux 
autres répondent respectivement à ina, iétu^ c de, dans», et 
ittiy « en, avec, contre » . Leur emploi exact résultera des 
exeniples suivants : 

a) Exemples de ra : 

1. an-nin gir-8u gud an-en-lil-ra (II, n* i, col. I, 1-2) t à Nin- 
Oirsu, héros d*En-Iil ». 

2. an-dun-sag-ga-na-ra {ibid., col. II, 9), « à son dieu Dun-sag » 
(= Dun-libbl, « force de cœur »). 

3. an-gàl-alim-ma-ra (ibid, col. III, 2)< à Gàl-Âlim ». 
4.,an-nin-gir-8u-ra(i6id , col. V, 4) • à Nin-Girsu ». 

5 an-nin gir-8U*ka-ra {ibid , n»2, col. I, 24 « de >?) Niti-Girsu ». 

6. aa-nin-gir-8U'ra(t6td., 32), « à, pour Nin Girsu ». 

7. lu gis-uh-ki-ra (V, n» 1^ 5), c aux hommes de Gis»Uh-(ki) ». 

8. è*an-Da-tum-ra (ibid., 9) • à Bit-âamé-ukin ». 

9. gal-IùTinu an-en-ki«ra {ibid, y 4243), « à mon roi, àEn-k) ». 



! HBVUE SÉMITIQUE 

10. mu u-ruin-ma-ru {ibid., col V, 12), « pour un nom d« puis- 
nce (royale) *. 

11. ku-gan-bi-ra (VI, n* 1, col. 1, 11), n au génie de oe terri- 
ire* ". 

12. an<gal-lùErim-ki-ra (ibid.. n° 2, col. III. 5) « à âar>Erim t. 

13. an-en-fcl gal-lQ urudug-ki-ra tibid., col. IV, 5-7) 'à En-ki, roi 
Sridu 1. 

14. an-nin-gir-su 6-ninnû-ra (ibid., n-> 3. 19-20), . à Nin-Girsu de 
l Ninnû n. 

15. an-nin-gir-su ô-ninnù-ru (VII, n" 3, 1-21, « à Nin-Girsu do Bit 
nnù >. 

16. Iti mah an i^ dingir)Ti-ne-ra <V1H. col. 1, 34-35). ■ au i,'rand 
«rakku des dieux ». 

PoNrts à noter : Dans onze exemples, la postposition ra se 
pporte à deg personnages divins (1 , 2, 3, 4, 5, 6, 9, it, 
l, 11, 13); dus quatre, à des personnages royaux (8, 10, 
, 16); dans un, uu habitants d'une ville (7). — Résultat 
inéral : ra, ainsi que sa variante ru (10), ne s'applique qu'à 
B êtres animés ou conajdérés comme tels. 
b) Exemples de ku. 

1. ë-ne-bi-kur-kur-ra-ku Hl.n" I, col. H, 4), «à en Uit-mèlam<ni- 
itàti ». 

i. nam-ti-la-ni-ku [ibid., col. V, 2), o pour sa via*. 
). ud-ul-la ku(i6id., 3), " durant de longs jours >. 
\. da-ur-da-gal-la-ku (V. n* I, 1&), •> pour de longues époques •- 
'i uh-ki-ku [ibid., n" 3. col. V. 6), « à, près de Uh •>. 
î, nam-enim-enim ma dir-dir-kii |VI, n" i, col. I, 16|, n selon les 
rolcEi cxcesaivus «. 

L edin sir-la-pur-ki ku ni-du {ibid., 16|, " à, vers la campagne dv 
^asil alla -. 

1. gu-edin-na-ku tibid.. col. II, 2). < à, vers gu-editi ». 
). edin gis-uh-ki-ku nuku (0 iibid., 9-10), n le territoire de Gis-uh 
n'a pas ravagé ». 

10. har-ku ni-kù (ibid , -'3), « en dette |?) il a. impose ». 
M. gié-ur-ur-kue-da-lallj6t(^., col. III 10). <• les troupe^i ennemies 
1 attaqué » . 

12. (u-ku ni-ni-si^ {ibid., 14). « suus le joug il l'a renversé ». 

13. sag gis-uh-ki-ku {ibid., 17). « au milieu de Gis-uh ■. 

14. gu-id-idigna-ku gâl-lu {idib., col. IV, 0), s situé sur le boid 
Tigre ., 

I . Je vois maintenant dans ku (= rabâsu\ la désignation du génie local, 
ra6($u:.ftu-a est notoirement un attribut de Marduk, Moins probable 
parait la transcription k\ih^r-ài+r&=kufia'r-ra'ài'=muialHé harriti, 
ommeaiAgp.(et)^a^p (intangibles) >.. - . 



LE SUMÉRISME ET l'IIISTOIRB BABYLONIENNE 63 

15, bar-e ba-dug i-li-ku lu hé-ku gi-gi-a {ibid., 16-19), '■ par un 
ordre donné à Ili dont il a fait un homme heureux v. 

ftf. id-nun-ku {ibid., col. V, 10), « jusqu'au grand fleuve ». 

17. nam-ti en-temena^ka-ku {ibid., col. VI, 3-4), « pour la vie do 
En-temena ». 

18. à (= id) zid-ku (tbid., 44), « à la main droite ». 

19. nam-ti gal-lû-ni en-an-na-tum+ku-fma (Vil, n» 3, 9-11), 
« pour la vie de son roi Bel-samô-Ukin ». 

20. a-ab-ba igi-nim-ma-ku (VIII. col. II, 8-9), «jusqu'à la mer supé- 
rieure ». 

21. utu sùku (ibid., 13), « jusqu'au coucher du soleil ». 

22. iâib nam-nun-ku {ibid., 24), « au grand pontificat ». 

23. gud-gim sag-an-na-ku mu-ru-gur iibid.y 31-32), « comme un 
taureau jusqu'au sommet du ciel il a élevé ». 

24. gu an-ku {ibid,, col. III, 1), « le sommet jusqu'au ciel ». 

25. alan-na-ni-ku mu-tu (X, st. A, col. III, 16-17^. «c pour sa statue 
il a fait sculpter ». 

26. an ba-u nin-a-ku (tbid., st. Ë, col. II, G-7), i à Bau sa dame ». 

27. mu-ku mu-na-sa {ibid., col. IX, 4), « pour être son nom (de 
la statue) il a proclamé ». 

Points à noter : Dans ces vingt-sept passages, la postposi- 
tion ku est mise en rapport avec des objets très divers, tant 
matériels qu'abstraits : villes et régions (K, 7, 8, 9, 13, 
U, 16, 18, «0, 21 , â3, 2i), espaces de temps (2, 3, 4, 17, 
19), monuments (1 , 25, 27), faits religieux ou politiques (10, 
11,18, 15, 22, 26); aucun d'eux ne représente un être animé. 
— Résultat net : l'emploi de celte particule est limité à des 
objets inanimés. 

La distinction établie entre ra et /ru rappelle celle qui diffé- 
rencie les suffixes pronominaux ni (ne) et bi {bà). C'est le fruit 
d'un même esprit. 

Mes explications relatives à ces deux phonèmes de direction 
doivent être maintenues : ra est la forme apocopée de âra^ issu 
du verbe aâru^ c se diriger, marcher », au sens factitif 
c diriger, envoyer » ; ku est le suffixe de formation assyrienne 
qui figure dans uddakku^ mar^akuj zazaku^ et dans plusieurs 
noms de cara'^tëres. Sa nuance locale résulte du pronom anaku 
et du comparatif ki ; étymologiquement, il remonte à p^. 

J. Halévy. 

(A êuipre.) 



ECTES ÉTHIOPIENS DU GOURÀGBÊ 
Notes grammaticales. 



Particules et Mots invariables. 

> servant de prépositions sont & peu près les 
oiharique; h — > ne m'a point paru employé; 
par •t' — > qui est d*ua usage peut-être plus 
donc : 

tbât, dans ta maison. 

;(iita yraber, il demeure avec lui. 

ibét dan naro, t^ sont à la maison. 

irait : niL^ >, tiCA- > fX:£-A, flOi^ > a-itf • 

LDt est remploi de < ya > (V) dans le sens de 

L tchana, il vint à la maison. 

ik'urft, pour le mulet. 

.'an yedj, voici de l'eau pour les mains. 

iharique, la particule II sert à former d<: nom- 
: < bafer », au dessus; < bat'ona >, forte- 

i >, ptjfliquement. 
> signifie ■ près > . On dira : 

li tch&na, il vint près de moi. 
^ut& i torà, il s'assit près de lui. 

le semble pas usitée dans les autres idiomes 

irticules employées comme conjonctions, nous 
lëmes rapprochements avec l'amharique, quoi- 
de régularité. Nous trouvons -t et Remployés 
K et >, subissant l'inOuence du son voyelle qui 



LES DIALECTES ÉTHIOPIENS DU GOURAGHft 65 

< afar ta samày » oti c afar na samfty», le ciel et la terre^ 
mais on dira : 

ce a^a teya > ou c axa neya x), toi et moi. 

Quant à Tenclytique amharique — 9** i signifiant c et », 
je n'oserais affirmer son existence dans les dialectes du Gou- 
ràghè, bien que des Tcha^a aient traduit : 

Donnez-moi du papier ^ de V encre et une^plume^ par 
waraqatem qarabatem deberwam namê. 

Je n'oserais affirmer qu'il ne s'agisse encore ici d'une de 
ces labiales parasites que les Gour&ghès affectionnent. 

 noter Teroploi de + — i là où les autres idiomes éthio- 
piens emploient la particule — fl'. Je trouve : 

zengà ta;(âra, si cela était. 

obra tibara, s'il mangeait de la nourriture. 

En général cependant les idiomes gourâghês se ressentent 
de leur caractère de patois lorsqu'il s* agit de l'emploi de par- 
ticules; c'est-à-dire que l'arbitraire y règne en maître. 

Comme élément de comparaison avec les autres idiomes 
éthiopiens, voici une liste des mots invariables (prépositions, 
adverbes, conjonctions et interjections) les plus usités en 
tchahâ. 

Ift, avant; ifté, devant; yantchiê, yantchâ, derrière; bant* 
cW lé, ensuite; bat'arâm, autrefois; bemensâ. ifté, avant tout; 
a^wâm, aussi f encore; ewatam, baqanâ, à droite; bagherâ, 
i gauche; baze/t ici; x^à, x^^chi, là; êyté, rà? têtié, d'rà; 
tejoiir, zwerem, alentour; araqwê, loin; qarié, beqwerbi, 
près; bat sât antchà, depuis une heure ; wat'ani, assez ; ghêf, 
hautj en haut; befwor, au-dessus; benne anghyâ, avant 
tout; bezanghyâ, tantôt; teramâ, Ai^r ; nagâ, demain; zaderâ, 
cette antUe-ci; akwà, aujour£huiy maintenant; ad gamn& 
ahad qara, un^ /bî^ ; engwad qara, une autre fois; qaràrà, 
ce matin^ de bon matin; messarâ, Van passé. 

Kari kar, peu ; neq kar, beaucoup, très ; yrq kari kar, davan- 
(a^^;aflatar, astéro, vite ; beza, beaucoup ; yrq beza, davantage; 
ï^xv/fixl^ excepté; mer a^er gamà, combien de fois'! atenkar, 



REVUE SÉMITIQUE 

;timati, ensemble; atcher, certainement; bift iflé, 
abord; a^etera, peu à peu; nemeden, volonliers't 
lin, par force; hay^h kîir, bien; kari kari, peu à peu. 
nt'cha, yaiiqyâ, donc; bazantchâ, zengSi yantchâ, 
'est pourquoi; zangherana, banghyâ, enanqara, enfin ; 
^,}usqu^à la maison; x^y^â, cn/î«; ano^, or; yaz- 
jourcela; yazghelâ />">&, ainsi. 
aïe\; hoy, ohl; cnkus, chutï altentioal; aghyâ, oq, 
y, «on! ; nol'en, vitel; yô, hélaal 

VII. — Notes de Syntaxe. 

onlexture des phrases dans les dialectes gourâghâs 
I celle de l'amhariqueetdu tegreiiâ; elle a cependant 
:tère plus primitif. Ainsi, pour dire : a c'est un gour- 
I est bon >, on dira simplement : c gourmand, bon >, 

a lui gourmand, lui bon >. 
3in, wo^è, — ou — t'afwain x^tâ., woj^e x^tâ, 

vrai qu'on pourrait dire : 

l'arwâm, wo^ê enta, il est gourmand, bon. 

ne en amharique, chaque, chacun, se rend par une 
m du mot, ain^^i : 

mt basâaml, veut dire chaque semaine, 

!iâ ât ât beiT alcha, je te donnerai un thaler par mois. 

\G en amliarique, on ajoute souvent au verbe les suf- 
inominaux pour donner plus de précision à la phrase : 

huijar âb^âiiu, donne de la viande aux domestiques. 

le en amliarique également, l'accord se fait parfois 
»ei sonne ou la chose principale. On dira par exemple : 

wojè xar^am, tes yeux sont bons (litt. les yeux bons 
:t. amii. : 'if.tOtl » Mft*"7 » VU ". Comment sont 

(litU et tes yeux commentes-tu?). 

i' a zengâ — ou — zenkâ » s'emploie avec le même 
l'aiiih. i^C t. On dira par exemple : 



LES DIALECTES ÉTHIOPIEI^S DU 60URA6HÊ 67 

Mer zengâ? — Qu'est-ce que cela veut dire ? (litU quelle 
chose? quelle affaire?). 

Je n*ai pu me rendre bien compte de leur façon de traduire 
€ comme »; je me contente de reproduire ce qui m*a été dit : 

iya u^tâ ten, je suis comme lui. 
iy& tenxf tu es comme moi. 
iya té nya, elle est comme moi. 
iya te n^u, vous êtes comme moi^ etc. 

Les démonstratifs suffisent à traduire notre c voici, voilà », 
cependant le mot existe ; ce yayâ > correspond à Tamh. Mlf >> 
mais on dira plus souvent : 

yâ tchezaw, voici des médicaments^ 

comme dans Tambarique des paysans. 

La conjonction a ou » est très souvent rendue par une ré- 
pétition du verbe : 

bàriq nya denja nya, est-elle vieille ou jeunet 

Gomme on le voit, la syntaxe des dialectes gourâghês 
est presque absolument identique à celle de Tambarique rus- 
tique, et il est certain que cette ressemblance ne peut que 
s'accentuer, si ces dialectes tombent à Télat de patois, ce qui 
est déjà le cas pour quelques-uns. 

VIII. — Textes tghaha. 

Le texte qui suit a été recueilli oralement de la bouche d'un 
Gourâgbê-Tch&hâ. II rapporte une tradition locale. 

Ya Guraghe gan batmuratâ Ganam Adyâm u. Ya 

Des Ok>urAghès le pays au milieu des Gallas des Âdyà est. Les 

Goraghê debo chema^u : Tchahâ, Ajâ, Akir, Gwomaro, 

Gouràghôs tribus leurs noms 4 Tchahâ, Aja, Akir, Gomaro, 

Ghiêtày Ynor, Hagar, Gurâm, Ennemorem V 

Ghiéta, Ynor, Magar, Gourâ, Ennemor. 
i. Cette nomenclature ne comprend que les tribus tchahâ. 



68 RKVUB SÉmriQUK 

Baderam ya Guraghê gan yraberopa sab 

Autrefois du Gouràghô le pays ceux qui habitaient les hommes 

« 

""Adiya bâna. Barik sab yebero : ya Guraghé 

«Adiya étaient. Les anciens hommes disent : Du Gouràghô 

sab baAbdurkadurSyaAhnfietGranê^gwapyâ wadyâ 

les hommes d' Abd-el<-Kader» de Amed Grâgne. le frère, les soldats 

tatchana. YaAbdurkadur wadyà iytchano, ennem 

vinrent. (Ceux) d* Abd-el-Kader*les soldats étant venus tous 

krestyâ gamyâ kataru. Ennem echtâ tebto. Y&t agà 

les chrétiens mâles tuèrent. Toutes les femmes prirent. Une partie 

mecht agapu'; yangwad ag& yabêtgarad 

épouses introduisirent; d'une autre partie servantes (esclaves) 

eepagum. Zà wadyâ. ta Harargbê tchanabom bana. Tobà 

firent. Ces soldats de Harar venus étaient. Musulmans 

banabu. Yazerenâ. Guraghê sam tazy& sab 

étaient. D'aujourd'hui les Gouràghés la race de ces hommes 

mecht tatchanabo. 

(et) femmes est venue (descendue). 

l^ARABOLE DE l'ËIOtANT PRODIGUE. 

J'ai choisi ce texte parce qu'il est un de ceux qui ont été 
traduits dans le plus grand nombre de langues. 

Ya mes x^^Y^^^^J^ ^^"^™* ^^^^ abâtam baram 

D'(un) homme deux enfants étaient. Lie petit à son père dit 

Abâna wâ. bwagâ mwaranà yssarekar namê. Bawagâ. 

mon père oh du bien ma part qui revient donne-moi. Le bien 

gheb gheb chadam ya u^tâ mworatâ awî. 

par moitié il partagea de lui la part il lui donna. 



1. Il s'agit, semble-t-ii, de l'Abd-cl-Kader qui a soa tombeau dans les 
environ immédiats de Harar, où il est vénéré sous le nom d'Aboul- 
kader. 

2. Ahmed Gragne, le conquérant musulman de l'Abyssinie. 

3. Amh. ^7f^iK7(h' 



LES DÎALSCTES ÉTHIOPIEIfS DU GOURAGHÊ 69 

Ba kari qara aiitchà kari erju ya^utâ yassarakara 

ËQ peu (de) jours après lepetitenfant à lui ce qui était revenu 

ennem kotamanam baraqwê gàn êmâ waram. Wagâ 

tout il réunit vers le. lointain paya chemin il alla. Le bien 

afteram ta^àd ematmë badaqyà baotfakar 

vite avec des prostituées ensemble en débauches en jeux 

ber&tcham. Radjafara gamo neq gâdjâ baze;^ 

il dissipa. Lorsqu'il eut fini ensemble une grande famine dans ce 

g&na jféram x^ti gwadenim bana. Janagam taxiênnam 

pays fut. Lui affamé il fut. Il alla, il se loua 

taz gàna tat sab gamo. Ze;^ sab yagassam 

avec de ce pays avec un homme ensemble. Cet homme vers un champ 

saddadhum nê& yêqya. 

renvoya les cochons pour garder. 

Mêzamêr&m bapa, yobra anx&ra y&r& 

Attristé il était de la nourriture n'était pas des cochons 

obra tybarâ neq sarié yuxtft x^*"^ yaoxta 

la nourriture s'il mangeait grand plaisir à lui était à lui 

yobra yb sab ena. Yaxinatâ 

de la nourriture qui donne un homme n'était pas. Dans son cœur 

tajafaram bi^na : mer-axer nu yabana yabêt 

se retournant il était : Combien sont oeux qui mangent de la maison 

denja ussa toxnwà ytraf. Netassa yabatana newar 

les serviteurs du pain pour eux il reste. Que je me lève vers mon père 

newar nebar : Abanam wê ba Samay biftaxê 

que j'aille, que je dise : Mon père ô vers le Ciel vers ta face 

buchê banoh ; erdjaxa yaxa, yaxam yabêl denja 

mauvais j'ai été; ton fils voici, de toi de la maison les serviteurs 

ematmê ixerchâ. 

ensemble je serai. 

Tarassam abata bêt tchanam. xutabaraqwë 

Il se leva de son père (vers) la maison il alla. Elle loin 



4r 



70 REVUE SÉMITIQUE 

taxâra. Abàta assâwi erdjeta yaji neq mêzatnazam* 

était. Son père le vit son fils lorsqu'il vit beaucoup il s'attrista. 

Not*am bangata wadaqnamsamahum. 

Il courut à son cou tombant il Tappela. 

Erdjeta baram : Abbànawê baSamfty biftaxa 

Son fils dit : Père ô, contre le ciel, contre ta face 

mutet mena êpa^u. Baxantchâ an^iêr ertcha^a 

mauvaise action j'ai fait. Désormais je ne puis être ton fils 

yebenim. Ab&ta ybêtdenjà bara : yabeterSi fwafyâ 

ils diront. Le père aux serviteurs dit : d'autrefois le vêtement 

a^deri. Yadjeta yat'iebekar amber&wi, tch*ama 

revôtez-le. A sa main passez-lui l'anneau. Sa chaussure 

b&gherata y&x^r. Wo^ê bor& at'ano erto; nebrà 

à ses pieds qu'elle soit. Un beau bœuf apportez tuez-le ; mangeons 

s&randam. Zex erdj rootabum bana, woxê x^^^^- 

réjouissons-nouB. Cet enfant mort était bien il est. 

Tafam bana; nakawim. 

Perdu il était, il est retrouvé. 

Ytclieno kanassum. 

A se réjouir ils commencèrent. 

C. MoNDON-ViDAILHET. 



NOTES ET MÉLANGES 



NOTES POUR L'HISTOIRE D'ETHIOPIE 

Le rogne de lyasa (I»*^), roi dËthiopie de 1682 à 1708 ^ 



lyasu succéda à son père Yohannes dont nous avons publié 
la chronique dans la Revue sémitique\ Son règne, qui dura 
vingt-quatre ans, se passa en guerres contre les Gai las, les 
Agaous et les Shangallas. Les discussions religieuses sur 
l'union ou l'onction du Christ continuent, entraînant après 
elles des persécutions. Jyasu meurt assassiné à l'instigation 
de la reine Malakotawit, qui voulait faire régner son fils Takia- 
Haymanot. 

C'est de cette époque que datent les premières relations 
diplonr)a tiques entre la France et l'Abyssinie. lyasu ayant été 
atteint d'une sorte de scorbut, son facteur au Caire s'adressa 
au consul' de France, M. Maillet, qui lui recommanda 
comme médecin un Français, Charles Poncet. Celui-ci partit 
pour l'Ethiopie le 10 juin 1698, arriva à Gondar le 21 juil- 
let 1699, et guérit le roi, ainsi qu'un de ses fils*. 

Notre chronique, tirée du ms. n° 141 de la Bibliothèque 
Nationale de Paris, est beaucoup plus courte que celle qui a 
été publiée par M. René Basset d'après le ms. n° 142, com- 
plété pour quelques passages par le ms n° 143*, et avec 



1. De i6S0 & 1704, d'après Bruce, Voyage aux sources du Nil, tra- 
duction Castéra, Londres, 1791, t. V, p. 293-368 et t. VI p. 5-70. — 
Les dates indiquées en regard du nom de lyasu sont celles de Gutsclimldt, 
données dans le Catalogue des > mss éthiopiens du British Muséum 
de Wright, Londres, 1877. 

2. Avril 1899, p. 166-177. 

3. Poncet a laissé une relation de [son voyage dans les Lettres èdi- 
fiantes et curieuses [écrites des ^Missions étrangères par quelques 
Missionnaires de la Compagnie de Jésus^ Paris, 1704. 

4. R. Basset, Étude sur l'histoire d'Ethiopie, }*aris, Imprimerie 
nationale, 1882. Extrait du Journal asiatique. Texte : de la p. 35 à la 
p. 63; traduction, p. 140 à 175 et notes 307 à 393. 



BEVUE SAhiTIQUE 

le paraît concorder celte qui a été cons 
i*. Il ne faut pas songer & donner ( 
nditions, mais nous noterons dans la ti 
I divergences entre les deux écrits, 

lil,rol.35v-: OMw • OA4- ■ 
aM'k" > Miw ' ngnci ■ a 

• ww ■ +hA • ypiçt ■ M 

flHKfol. 36)+ • 0,+ • li. t hl 

'■«.+ > ticn-tn • [«'>i»"ii ■ 

m-vri^ , nia, , Ahai.1 ■ M 1 JhC/M I 

M-W"»- ■ MH ■ MW ■ A<:fl ■ n/^«+ ■ •• 

1- • -h+X./!- • MUUt > %a ■ OiA- • Mh ■ a 
^A ■ MA'HAf-A • titiM-p^th • hU¥+ > ma 

• 7>A+ 1 rfri t MA > aiAr > •-<»>• I CA 
"t«"+ ■ M ■ rfil > ll<" ■ r-'h-f • litM" > 
•m . Tt* I AAO-AJ^A ■] • 

i; I •}».+ ■ «ll/'i: I Alf I ^oa > inju» I 

«nivo • <>»pn.i- ■ nfc ■ r*.+ ■ f.p • [m 
tfMC • hiii, > M* ■ »»w>t ■ ■n»M > r 
/-en- • «•■«/"i- ■] arf. . tf-/f . ui/i- i 
; ■ OR* ■ ê»A+ • fflfcflfc ■ ^'P^fl ■ «>« ■ * 
»"«■<; ■ Rt I iDh»~ii ■ *<; t f,tm < arac ■ 
■ <.A.«i • nuf I ainm» < lA > ,hi , rt:i • 

• h"» • f/i'WP- • mmir I >li I di)i»"jM<S1l • 



intt Rossin! Carlo, Dî un nuouo codice delta crontca eliopies 
cata fia R. Bas(et,*Roma, 1893. Estratto dai rend iconti délia 
ademiadei Lincei. Variâmes, p. 8 à 12. 
es pauages entre crocheta sont en marge. 



ÎTOTR.S POUR l'HISTOIBE D'ÉTHIOPIE 73. 

•ûi. » çTi- » M+ ' «WJIA « hio»- » œM^-af I a» 

^•fl+A » fl»A+ « jpf-iy « hn « A'flWil' » nh-a « a 

««•PO > nho» » A*7^ » *ifl.+ « fip i (D'ion » ^-fl 
à • +Jrt.'? » iM'A i oixiH « iiA- « uf • ^a » A 

*^ « ^KMr « PA » A^h » fl* » «flA-W « >:^ » 

[•T*+ » <»'X+ « ^It » mmfMe « KflA • '^Cff » 
«DhHjir » llfl»A^ «] fl»il<»»+ » a»A- » iDd-flF » AP 
A » tDVh » M++A » ai«T1<:h « HhAP • "V^At^ î 

K^tli • flOA » 4.A.»I » flK I RA.+ « 1P • [hao i 

SflïgA'VM^ '] fl»flA^:^^^ « «i»<: » «ïl^J^n » ho" » 

^ICh * AÂ9*(fi& < (DA^ * > tICA-f A > [at^ahMt • 

f^ilf ! mtaù « OOA « ùnàt- » Xf-C^A « fl»+*'>f « 
A-+ « A'TA « Mil « li-flA « h**»*» » «»fl»JÇ:A ï A 
•7|i • ijUh » Afl*V » Kfi^ • îiAh » *«**«• » h 
fl » A-flfh^ « Mviiï. « h•7l^ « dwolh » îi^uf « #i» 

éL « ^Jt"*: » T-Tf^ » nTjni- 1 h*» » ^d-n/' » at- 

JC^ I (fol. 37). En marge en haut de la page : 



i REVUE BtiWTIQUE 

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n-wv ■ <ii>°nA ■ {.Il I ;>Af-A I i»<Mf ■ n'><r)'» i 

JW» ■ IW^^•A 1 «•IN » mxff^c , +,A.li > h» 
> (aA'}« I aïKii. I ma-af ■ APA ■ oT>ik ■ [o-jv 
■ lit ■ 1»* ■. ««rue ■ -wsirA t nrirA. »] 

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NOTES POUR l'histoire D'ÉTfflOPIE 75 

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•P * 0j&llf7 • A^A I a»TlA * «DHîf • toHitnH a] 
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76 REVUE SÉMITIQUE 

•* » 0»ttiD-h.'P » ll«»^ • "to-fun » M* ^Tta^d, t 

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M» • A'}'!'/*' î loMir « A;M1+ • /*'A4i i «►*A 

*0A- î di^je-^ t A.* « af^r-af « d»<:Af' i ami 

^niifl.^ I diA+ • JPf-l I •flKA.-l: « A"»/" » K«» 

CA-f A î fl»A.* « o»\i^A « 1^C;k.A ï «DhiDr » hV% » 
«Ï^J. ï mh'Wi I Wji(fol. 39)'ï'tlf«^ • AfUirC » tôt 
X: > KA^ * <DK<r&7>A > <daII i U^ < 0jiX:r i «d 

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NOTES POUR l'histoire d'ÉTHIOPIE 77 

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tlA » Iffi-lf^ i attthàVi « «WJf I n.1- » 0n0-Xi: » 
\laoj I i*^aD t R-fl^: I -ttCfi i ©«"«"K « A-* i 

♦m'>+ « A^i««»l- » XJ^XATfl'A i 0i'n<: » n* « 
fHdt » AoBUiil* ' 0A1-*j&[i]1- i 0M » ^rv-n « 

f 

0fl70& • "J*»!»^ « MH » ^A « 4^A « A^T-/^ • 
IMAA ' 0X(fol. 40)ai i 0i*<P4>A > 9°AA>a- ■• AM 



78 REVUK SÉMITIQUE 

+ « Mf-TW » ÊBSV • atittâ » e I KoH^rS* • -W/l » 

A < h«» I JIM^ > Ah«lC i 0M * T-f * T%£lt > 
MA4tf* < a»t0<DL * MlttfU' > 0-MiK. i <»^ç a «h 
X+Jl • !!«•+ » <1«" • *flt I y^AA » <»>«li.^ t CM 

Aîf I «B^h I r*<h7A î «DAJiJf » fcll^ï » XMn. 

A I ^ifiif » nr>*Lc » dijifl» I of ï <pfc/»)M<: • * 

M^ • AT*JM. » ;»A ! fl»<WI » "W I -Mlh « «"V 

J. Perrughon. 

(A tuwre.) 



NOTES ET MÉLANGES 

Dans le premier fascicule de VEphemeris^ M. Lidzbarslci 
consacre un commentaire souvent très concluant à une série 
d'inscriptions nord-sémitiques publiées et étudiées déjà plus 
ou moins complètement par MM. Berger, Clermont-Ganneau 
et d^autres encore. Gomme certains points intéressants y de- 
meurent néanmoins sans solutions définitives, les remarques 
suivantes ne seront peut-être pas tout à fait dénuées d'actualité. 

I 

L* INSCRIPTION DËDIGATOIREDE CARTHÀGE 

Je transcris avec de légères modifications et compléments 
qui seront justifiés au cours de. cette note. 



l'inscription DÉDIGATOIRE DE GÂRTHAGE 79 

o]3a V» Sd 03 otnn opipo paSa nanSi mnvyS ranS i 
v]H 030 Hd Sn finn naSo hn Sk ovnpoa mt ji>onnm 2 
o]znpDn jfi hv vh oHyn Sm Sk ot^ipon oaîKoa oao Va Sti 3 

Sk [Syoni 
Kn nnS niovn i3n«? oa Sk ovtpov ^'^nn nSp wa» vk 4 

[o «np>J 

1 Dnphoiap ooôt; th n-raob ooijw ipi oan-m 5 

^]a po p nipSonap yy\ hpasiK p Kam odt^ ooûv^ » 6 

lay p PTK najn oSûaoïw p jn^Spa p vSiay p jn 7 

03]na an eût? p Syaity odhd ani ain mpSoiay j 8 

Spaan p oVân onaay vnnVpai oana an iV«;S 9 

L. 1 . D3 = héb. ^J33, t ainsi que > (Lidzb.) — Le groupe 
j3 est à compléter iq^^ = ^é^- OHa ou q2j, € en eux », et ne 

forme pas le verbe p = «jjij, a construire • (L.). Dans ce 

dernier cas il faudrait supposer une fracture trop considérable 
pour y placer les sujets du verbe. 

L. 2. La signification précise den^^-^p) est inconnue, celle 
de « sculptures > (L.) n'est que provisoire. 

L'énumération suivante offre quatre séries d'objets précé- 
dées quatre fois par le mot énigmatique ^«7. Le sens c avec » 
ou c maître, possesseur > (GI.-Gan.) ne s'adapte pas à ce pas- 
sage; la signification plus étymologique de oc endommagé y> 
(das Scbadhafte, L.) n'y va guère mieux et elle a le grave in- 
convénient de laisser incompréhensible la phrase si simple de 
Marseille, 15 

[030 o]3nah p> Sa iqx St om Kopo ht naî' vh nat Vaa 

Outre que la permission de sacrifier des animaux c endom* 
noagés > est peu vraisemblable, l'auteur aurait dû écrire plus 
naturellement Vl IBÎf DK ^T N3J3Û- 

Après réflexion je suis arrivé à la conviction que ^^ n'est 
autre chose qu'une particule correspondant à la préposition hé- 



80 REVUE SÉMITIQUE 

braïque ^^^ ou ^^^D» « à part, par dessus, conjointement ». 
Elle marque une concomitance secondaire, un surcroît dont il 
est possible de se dispenser^ et en cela elle se distingue des 
prépositions c outre > et « avec » qui n'excluent pas l'impor- 
tance égale des objets constituant Tenscmble. La phrase sus- 
njentionnée signifie donc : a Pour tout sacrifice qui est offert 
(nap)» à part le bétail ou à part les oiseaux, les prêtres n'au- 

ront pas (droit à un payement en) argent ». On doit compren- 
dre de même la phrase ocj^g '^T ÎPQDDn (C- ï- S.| I» <75, 
1), « cet abattoir conjointement aux enclumes » (Isale, xli, 7), 
c'est-à-dire les blocs sur lesquels on dépèce les bêtes tuées. 
Ce sens convient parfaitement à notre contexte. 

Je doute que le yinn robo ^^^^ • ^^ ouvrage d'or » (Gold- 
zeug) comme on l'admet jusqu'ici; l'expression serait trop 
courte et l'objet trop précieux pour faire partie d'une énuraé- 
ration secondaire. Il s'agit probableinent des travaux exigés 
par le percement du fossé (héb. yj^n» Dagiel, ix, 25) qui dé- 
limite l'aire des sanctuaires nouveaux. 

11 me parait également que le mot qjq, ici et dans la ligne 
suivante, désigne non pas des vases (Gefâsse), mais des sommes 
d'argent (cf. le passage précité de Marseille, 13) dépensées 
pour divers travaux. 

A la fm de cette ligne, on ne voit que la trace d'un ^ qui 
se complète en gf j^ ; la partie manquante formait visiblement 
parallélisme au moins avec le mot qjîxDIS ^^ '* phrase sui- 
vante (I. 3). Comme rien n'atteste la perte d'un très large mor- 
ceau du côté gauche, la restitution [Di32 itf]j< nedépassepas 
la limite d'une conjecture permise; il serait question des frais 
dépenses en sus pour donner satisfaction aux réclamations des 
constructeurs ou ma(;ons (033) ; la restitution p323 ^ cause de 
son sens ambigu me paraît moins probable. 

L. 3. Le membre de phrase '^^ Dlt^lpon DlTKOIi ^^^ ^^" 
termine qjq ^3 forme une vraie cruxinterpretum. On ne peut 
attribuer à Tautear la grosse erreur d'avoir écrit D3ÎXD3 
aa^ipon ^^^ "g" de Dli^nr)On Î?KD2» nonobstant QjnD 31 
bjn2 D^X ('> ' '^- ï-iJz-)- Même celte faute admise la compo- 
sition n'olfre aucun sens convenable. La chose ne va pas mieux si 



l'inscription dédigàtoire de GARTHAGE 81 

on voit dans QeflpDîl^'^ participe passif : a dans ces balances 
consacrées » (DtîTIpDn)' ^^^^^ Q"^9 comme le fait remarquer 
M. Lidzbarski, ^^^ QtEnpDH ^^^ ^^^ évidemment parallèle aux 
mêmes mots des lignes î et 4. Je suis porté à croire que le mot 
Q3TM33' loin de contenir le terme désignant la balance 
(D3tRb» héb. D>3î>tb)i présente en réalité le participe actif du 

• ■ 

verbe t^jij, au pluriel, Q^f^Q^ ^" hébreu |jfx signifie ainstru- 
menty outil >s les Q3f}(t3 seraient les ouvriers chargés dédis- 

tribuer et d'aménager les objets nécessaires à Tameublement 
intérieur des édifices. Quelle que soit d'ailleurs exactement la 
nature de ces intermédiaires payés, la forme d'état absolu 
D3f ^3 serait correcte et ^n DBnptDn constituerait le com- 
plément direct de ce participe actif. 

Le mot ubyin) ^^^^^ indubitablement de nby» ^ monter », 
mais le singulier doit être vocalisé }^y et non n^y> ^ ^^^^ 

cbe 9 (Stufe) dont le pluriel régulier serait p\^y ;. la défini- 
tion ^ uvnî)an |B Vy VH rappelle l'expression nj^x nTDSn 

obttTP ^3B by (^' ^^^^» xxni, 43) et fait supposer que les 
uhv phéniciens étaient de petits monticules dits c hauts 
lieux » ou bamot. 

Je suis tenté de conjecturer après i^f^ un mot comme 
bjWn =^é'^- nbyoni» ^ ^* '* montée à degrés ou marches », 
qui se rattache bien à ^yt t£f2<» ^ Qui mène », de la ligne 
suivante. 

L. 4. tin» * alignement rond » (cf. dititI» • colliers 
composés de bijoux >), probablement la partie supérieure du 
mur d'enceinte des sanctuaires. La division njpiiy D3 ^t ^^^ 
commandée par le parallélisme avec DttTlpDBf TlTin î DD ®s^ 
aussi isolé à la première ligne. A ponctuer THOWn l^lf ^ ^^ 

mur de la vigie de la montagne même ». ^j|-| répond à l'as- 
syrien igaru, « mur », et nTDttf ^ l'hébreu HQjffji ou rnoVfDf 
€ poste de garde » (Cl.-Gan.), néo-héb. HTDW» • *®"*® ^® 
gardien dans les vignobles ». — La montagne en question 
est suivant toutes les vraisemblances celle qui portait les nou- 
veaux édifices, c'est-à-dire celle qui est mentionnée sous le 



8S REVUS StiHrriQUE 

nom de Libfuion à la première ligne et qui formait un des fau- 
bourgs de Carthage. Ce point de vue nous facilitera la com- 
préhension des mots qui débutent la ligne 5. 

L. 5. On rapporte d'ordinaire nj-nWï 1J?1 Q3"nt* ^ l'énu- 
mératioQ précédente : c les objets grands et petits parmi eux » 
(« das Wichtige und Geringrtlgige an ihnen ») ; & mon sentiment 
cette expression nes'cmploiequepour les personnes(cf.Q-p^^{( 
D*t3b BîTTVï inbïff Jérémie, xiv, 3). Les personnes en 
cause sont très vraisemblablement les habitants du quartier 
susnommé qui ont tous, grands et petits, c'est-à-dire riches et 
pauvres, contribué aux dépenses des constructions des sanc- 
tuaires et de leurs environs. Pour obtenir une phrase complète 
il faut restituer à la un de la ligne & le mot indispensable 
Iff^pyy « ont confMicré », et peut-être encore e appartenant à 
Qj^-j}{. L'addition d'une phrase telle que « et ont été 
achevés tous ces travaux > (und es wurden ausgefilhrt aile dièse . 
Arbeiten) me parait impraticable. 

nr^D*? "® diffère guère du simple piTSî "^f- '^^'*' 
Dilffi'KnSOb ^^niltPiTQ- ï'* nécessité d'admettre une double 
date n'est pas bien évidente ; la répétition du litre Q^s^f a 
son analogie dans celle den^ (Esm., 1-2; Idal., i, I ; h, I). 

TRADUCTION 

t Aux Dames A^tart et Tint, à Libanon, des sanctuaires nouveaux, 

ainsi que tout ce qu'ils con[tiennent] 
Z Et les sculptures (?) de ces sanctuaires; et à part, les travaux du 

fossé; et à pari, toutes les dépeuses pour [les oonstruoteurs] ; 

3 Bt à part, toutes les dépenses pour ceux qui ont meublé ces 

sanctuaires; et à part, tes hauts lieux qui sont devant ces sanc- 
tuaires, {et l'escalier] 

4 qui mène sur l'enceinte do ces sanctuaires, ainsi que l'encloB de 

la vigie de cette montagne-là, [ont consacré] 

5 leurs grands et leurs petits (des habitants de Libanonj. Au mois 

de Hayar l?l des juges =Abdmelqart et [«^Abdla] 

6 i, juges, et Hana, fils d'Adoniba'al etle Uab '^Abdmelqart, fils de 

Magon, fil[s de Ba«alya-] 

7 ton, âls d'<Abdlaî, fils de Ba^alyaton, flls d'AsmunpiUes, et'Ab- 

dareâ, fils de Abd[ba'al}, 



BIBLIOGRAPHIE 83 

8 fils d'«AbdineIqart le Rab, et le grand prêtre 'Azrubacal, fils de 

àaphat, grand prêtre, fils de Ba«al- 

9 Sillêk, grand prêtre. L'architecte (était) «Akbarim, le niveleur (?), 

fils de Hanniba^^al. 

(A êuivre.) J. HALÉVY. 



BIBLIOGRAPHIE 

Histoire de V Algérie par ses monuments. 

Sous ce titre, M. Baschet, éditeur à Paris, rue de TAbbaye, vient 
de mettre en vente un ouvrage qui mérite d*être signalé tant pour 
sa conception que pour son exécution. Il contient environ 80 pages 
du format in4« et comprend, outre un avant-propos, di)i à la plume 
de M. CanoUe, chef de bureau au Gouvernement général de l'Algé- 
rie, qui a eu Tidée de cette publication, dix chapitres dont voici les 
titres : Aperçu géographique (M. Cat, professeur à l'École des let- 
tres d'Alger); Biographie dé M. Laferrière, dont le passage au 
Gouvernement général a eu des conséquences si heureuses pour 
n'otre colonie, avec portrait; V Algérie romaine (M. Oagnat, membre 
de rinstitut); les Villes mortes (M. Jean Lorrain); les Ruines de 
T^imgad (M. Albert Ballu, architecte du gouvernement); l'Algérie 
arabe (M. René Basset, correspondant de l'Institut, directeur de 
rÉcole des lettres d'Alger); VAlgérie turque (M. Delphin, directeur 
de la Medersa d'Alger); {a Conquête de l'Algérie (M. Cat); l'OccU' 
pation du Touat (M. A. Bernard, professeur à l'École des lettres 
d*Alger) et ^a Colonisation (M. Cazenave, sous chef de bureau au 
Gouvernement général de l'Algérie). 

Nous avons cité les noms des auteurs, parmi lesquels l'Ecole des 
lettres d* Alger est dignement représentée. On ne pouvait faire un 
meilleur choix pour les questions à traiter. Les articles sont bien 
écrits; en quelques pages sont condensés tous les renseignements 
utiles pour chaque sujet; mais cette concision n'entraîne pas la sé- 
cheresse du style; la lecture de l'ouvrage est à la fois attrayante et 
instructive, comme il convient à une publication de ce genre. Dans 
son article sur la colonisation, M. Cazenave fait ressortir les résultats 
acquis et montre les ressources du pays. La photographie a été 
mise à contribution pour l'illustration; elle nous fournit, soit dans 
le texte, soitsurdes planches à part, de belles vues des principales 
villes de l'Algérie, des reproductions des monuments les plus eu- 



84 REYUE SiMITIQUK 

rieux au point de vue historique (ruines, statues, inscriptions de 
diverses époques), des types d*indigènes» de constructions moder> 
nés, etc. Mentionnons une carte arabe du ciel et une carte de 
TÂlgérie. Ainsi comprise, l'Histoire de l'Algérie par ses monu- 
ments nous parait recommandable à tous ceux qu'intéresse notre 
colonie,, c'est-à-dire à tous les Français. J. Pbrruchon. 

Ministère de l'Instruction publique et des Beaux- Arts. — Déléga- 
tion en Perse. — Mémoires publiés sous la direction de M. J. de 
Morgan, délégué général. — Tome II, textes élamites sémitiques. 
Première série, accompagnée de 24 planches en héliogravure, par 
V. Scheil,0. P., professeur à l'École pratique des Hautes-Études. 
Paris, Ernest Leroux, éditeur, 1900. 

Rompant avec les anciens errements, la Commission des récentes 
fouilles de Suse s'est • empressée d'inaugurer la publication de la 
collection épigraphique qui en est résultée. Lie P. Schell, professeur 
d'assyriologie à l'École pratique des Hautes-Études, qui accompa- 
gnait M. Morgan dans cette campagne, vient de faire paraître le 
tome II de cette série, comprenant les textes élamites-sémitiques, 
c'est-à-dire composés par des gens d'origine sémitique et rédigés 
soit en style phonétique plus ou moins émaillé d'idéogrammes, soit 
presque entièrement en style idéographique qu'une partie des assyrio- 
logues appellent suméro-acoadien. Ce faux nom est avec raison soi- 
gneusement évité par le traducteur. Deux éléments ethniques se par* 
tageaient le pays ; la plaine était occupée par des Sémites étroitement 
apparentés aux Babyloniens ; la partie montagneuse avait au con- 
traire une population allophyle, ansanite ou amarde. Suse» la ca- 
pitale, à cause de sa proximité du Zagros, était habitée par les deux 
races. Les documents épigraphiques montrent qu'aux anciennes 
époques l'Ëlam formait une simple province de la Babylonie et était 
gouverné par des patésis au nom des rois babyloniens. Les Anza- 
nites parvinrent d'abord à obtenir l'hégémonie sur les Sémites du 
pays, ensuite, à soumettre de temps en temps la Babylonie elle- 
même à leur domination. Kutirnanhunté et Kuàurmabuk sont les 
plus renommés de ces envahisseurs, mais la prédominance politi- 
que de l'élément anzanite semble avoir persisté jusqu'à l'établisse- 
ment des Achéménides à Suse, bien que le sémitique y ait toujours 
été parlé et écrit. 11 ne peut être question d'une civilisation parti- 
culièrement anzanite : elle vient de Babylone. L'ancien roi de Kis, 
Manistu-irba, a érigé à Suse un obélisque avec une inscription de 
plus de 2000 lignes relatant un immense acte de vente de grands 
territoires acquis et payés par lui . Ce monument semble bien dé- 
passer en ancienneté l'ensemble des monuments de Telloh et de 
Niffer. En effet, Me(=Par$u}-Salim qui, d'après notre inscription» est 



BIBUOGHAPHIB 85 

le fîls de Manistu-irba, ne saurait être séparé de Me-Silim, roi de 
Kis, mentionné dans le cône d*£ntemena où il procède, comme su- 
zerain de âirpurla, à une délimitation de territoire entre cette der- 
nière ville et Già*ah. 71 est donc hautement vraisemblable que le 
Uru-ka-gi*na, fils de En-gil-sa, patesi de Sirpula, mentionné dans le 
texte de l'obélisque n*est autre que le fameux Uru-ka-gi-na qui 
figure en tête de la série des rois de Sirpurla. Uru-ka-gi-na aurait 
été d*abord le vassal de Manistu-irba et se serait rendu indépen- 
dant ensuite. Quelle que soit d'ailleurs la date précise de la royauté 
de Sirpurla, il est maintenant hors dedoute que les princes de Kis, 
ce foyer sémitique de la Babylonie du nord, avaient déjà vers 4500 
avant J.-C. exercé leur suprématie non seulement sur la Babylonie 
du sud, mais aussi sur le pays d'Élam dans sa totalité. La lutte 
entre Lu*gal-zag-gi-si et Kis, vers 4000, ne constitue donc pas un ef- 
fort momentané pour repousser une horde envahissante venue de 
loin, mais une tentative souvent renouvelée d'enlever une hégémo- 
nie établie depuis plusieurs siècles. Pour revenir à l'Elam, nous 
voyons à présent que Hammurabi et les rois kaâsites y ont aussi 
laissé des monuments 4ont là borne deMélisihuestle plus important. 
Les inscriptions des princes indigènes sont assez maigres et les 
fragments sémitiques des Achéménides tombent encore plus bas. 
Quelques-uns des petits textes archaïques compris dans le recueil 
sont précieux pour Thistoire de l'écriture cunéiforme. L'ouvrage 
est édité avec luxe et les planches qui accompagnent les textes 
en facilitent le contrôle. Certaines transcriptions seront modifiées 
ultérieurement, mais l'ensemble fera époque dans les études des Sé- 
mites de l'est. C'est une nouvelle province qui sort de l'oubli mille* 
naire et le savant auteur n'a nullement exagéré en écrivant au dé- 
but de son introduction : t Ici commence l'histoire du pays d'Élam. » 

Dr. 8. Bernfeld, Der Talmtid, Sein Wesen, seine Bedeutung 
und seine Geschichte. Berlin. Verlag von S. Calvary et Co. 1900. 
— Dr. N. J. Weinstein. Zur Genesis der Agada. Beitrag zur Ent- 
stehung- und Entwickelungs - Geschichte des Talmudischen 
Schriftthums. II. Theil. Die Alexandrinische Atjadn. Verlag von 
Vandenhœok et Ruprecht. Gôttingen 1901. 

Aucun recueil original n'a été si profondément fouillé dans les 
derniers temps que le recueil du Talmud. Ses moindres sentences 
de caractère halachique ou agadique ont été discutées et commen- 
tées dans un but agressif ou apologétique. L'écrit précité de 
M. Bernfeld ne se propose pas de fournir des dissertations savan- 
tes pour les spécialistes, mais une bonne exposition populaire pour 
le public éclairé. L'activité des Sôpherîm, point de départ du Tal- 
mud, a ses racines en partie, comme le dit le savant auteur, dans 



8< RBYUB SiMITIQUK 

l'époque biblique, et le vrai initiateur dans cette voie est à mon avis 
le prophète Ézéchiel, qui est à la fois agadiste, c*est-À*dire exégète 
homilétique et halaohiste, ou organisateur de réformes dans le 
culte rituel. Cette dernière tendance aboutissant à des aggrava- 
tions sensibles, produisit la contradiction de la classe sacerdotale 
des SadQoitesqui pensèrent devoir s'arrêter au point de vue du pro- 
phète à qui ils devaient leur prestige. Les Pharisiens, de leur côté, 
réclamèrent pour les nouveaux rites créés par les 8ophérim de leur 
parti Tautorité des lois traditionnelles, bien qu'elles ne fussent 
transmises que par la voie orale. En rattachant ces coutumes à Es* 
dras et à son école^ dite la grande Synagogue, les rabbins talmudi» 
ques, pour faire taire les protestations adverses, créèrent un système 
complet de règles éxégétiques au moyen desquelles ils pouvaient 
non seulement justifier les lois orales, mais aussi élargir ou rétré- 
cir, parfois même modifier radicalement les pratiques fondées sur 
les textes bibliques. La qualification des Sadducéens comme con- 
servateurs et des Pharisiens comme parti libéral est-elle exacte? 
Nous ne saurons l'affirmer en présence de la disparition de la litté- 
rature de cette secte. Il est cependant permis d'affirmer que le re- 
cueil talmudique est la résultante de cette longue lutte. Une par- 
tie des Halakhot même provient en dernier ressort d'un ancien re- 
cueil sadducéen. Quant aux sentences et aux homélies qui attirent 
souvent l'intérêt des lecteurs du Talmud, leur douceur relative a 
sa source dans la profonde résignation de la nation entière aux 
maux du présent se consolant avec l'idée qu'ils pouvaient être 
encore plus terribles. C'est un phénomène unique dans l'histoire 
du genre humain. Ceux qui, prenant M. Bernfeld pour guide, s'ini- 
tieront à la naissance et au développement de cette littérature extraor* 
dinaire à travers les longues époques de lutte contre les adversaires 
intérieurs et extérieurs jusqu'à nos jours, après avoir passé par des 
émotions diverses, mais en somme saines et réconfortantes, s'empres* 
seront de souscrire à la dernière remarque de l'auteur : a Le Talmud 
sera justement compris et apprécié quand on le considérera comme 
un produit de son temps et non point comme un témoin à charge ou 
à défense. » 

La contribution à la genèse de l'Agada de M. le Dr. Weinstein est 
une œuvre très érudite. Ce volume, qui est le deuxième de l'ouvrage 
entier, cherche à montrer que l'Agada alexandrine telle qu'elle avait 
été développée par les apocryphes rédigés en grec et dans les 
écrits de Philon d'Alexandrie a été favorablement accueillie par les 
Darsânim de Palestine. Pour les légendes historiques qui sont ve- 
nues se greffer sur les récits du Pentateuque, la source la plus 
abondante est rapocr3rphe connu sous le nom de Saptence ou Sagesse 
de Salomon que M.W. déclare plus ancien que les livres d'Hénoch, 
des Jubilés et de Philon. La conception de la sagesse purement spirt* 



BIBLIOORAPHIB 87 

tuelle et interne, telle qu'elle est présentée dans Papocryphe salomo- 
nien, se matérialise sutfcessivement dans les autres livres au point 
d*avoir une existence indépendante et même de se dédoubler d'une 
manière sensible. Le second chapitre étudie à fond la théorie philo- 
nienne du logos faisant son entrée dans les Agadoth orthodoxes 
du Talmud et des Midrâsîm. Une recherche très étendue et tout à 
fait nouvelle sur les hérétiques désignés par les talmudistes sous 
la dénomination de Mînîm (q^iiq) vient en troisième lieu ; le qua- 
trième et dernier chapitre décrit les mesures prises par te patriar- 
chat contre Tintroduction d'idées païennes, etc. Partout le savant 
auteur domine son sujet par une érudition étonnante dans les écrits 
philoniens et rabbiniques. Nous trouvons lumineuses et convain- 
cantes ses comparaisons en ce qui touche les doctrines théosophi* 
ques, mais je fais des réserves expresses sur la résurrection dlune 
fantaisie de Dozy relative aux Siméonites de l'Arabie et sur leur 
identification avec les Mînim du Talmud. L'histoire, la géographie 
et la philologie sont également lésées. La vallée du Çephat, près de 

Marésa (noTloS TtDÏSJi VdSoUi ^^ ^^ ^^^ ^^^ ^^^ ^^^ Kusim ou Éthiopiens 
d'après II Chroniques, xiv, 9, est confondue avec la ville de $e- 
phath près d'Arad dans le sud-est de la Judée; la lecture vraie est 
par surcroît celle des Septante (jv r^ 9«farti «ft^à ^o^v Mapnoa = 
♦Wm f j SirSXf l^Xl)^ * dans la vallée au nord de Marésa » . Par con- 
séquent la leçon massorétique ^^^ peut bien être plus exacte que 

celledert^M^^YUl A^op^^pAi'^^sS^P^^i^^^^^ ^^ Pesitta, et la mention 
de villes avoisinantes (01*17, ibidem, 43) convient plutôt à la plaine 
philistéenne qu'à l'Arabie Pétrée. La station arabe S7a*113i ^ont les 
habitants furent vaincus en même temps que ceux de y^n (^^^^ 
0^3lyO AQ li^u ^^ D^JlDy) ^^ trouvait visiblement dans le sud-est de 
la Judée, et peut strictement être identique avec le y;^ (lire ^^ ou 
vice versa) également voisin des q^j^q, mais il n'est pas permis de 
confondre ces Dfi3Tjo ou tf>l»3ra» ^^^ Mwa(oi des Septante, avec les 
tPTiQ du Talmud et encore moins d'y voir des Siméonites héréti- 
ques s'établissant simultanément au sud et au nord de l'Arabie. 
Macoraba est l'éthiopien mëkuerabj « sanctuaire», non nil rOD» 
« grande défaite » infligée aux indigènes par les fantastiques rô- 
deurs siméonites. A ]nD>p' c'est-à-dire Césarée de Galilée (il n'en 
existe pas d'autre en Palestine), les Juifs grecs avaient une synago- 
S^^ (MI10t33) ûù le ^^X9 ^^^^^ ^^ ^ ^^ manière hellénique (=• >^|| 
T|nOta^ ^^ comme les lecteurs n'exprimaient pas les gutturales, le mot 
XfirfjHi * notre Dieu >, ressemblait dans leur bouche à \s^^ SM' " Dieu 
n'existe pas »; c'est pour cela que R. Abahu leur lança l'injure 
de blasphémateurs (M^Sfnillt^Slin) « s^lors R. Simon ben Laqis, te- 
nant compte de leur bonne intention, l'arrêta en disant : « Dieu 
n*aime pas celui qui lance des accusations contre Israël » (naCH )>M 
Vll*^t9i Vy MvynsVn IDIRV yca nnt) » ^^ Mlnlm et de dualisme il ne 



88 REVUE SÉMITIQUE 

s'agit aucunement ici, mais de Juifs qui, ne sachant pas bien lire 
l'hébreu carré (xtlilVH) ^^ remplaçaient par une mauvaise transcrip- 
tion grecque, tandis qu ils auraient mieux fait de réciter le nUf 
dans n'importe quelle lanque connue pareuxl^Sn IpW Sd n3*ip^ nS 
VTP K1JW \VÛSh Sao HïT»» h Sota VII» 1) . Parmi les étymologies il y en 
a beaucoup d'inacceptables. li^tDQQ* peut-être pLiramp^; (-ov), « gar* 
dien secondaire », n'est pas une corruption de "It ^ oop = lartTstw; 
une forme verbale ne passe pas dans une langue étrangère pour y de- 
venir un nom propre; «nsyruniTsi^ni^^ «année intercalaire »=:Schalt- 
jahr (êfACoXcfiioî, cf. ^ly *)W niW7» " banlieue »), non a das gesohw&n- 
gerte Jahr ». Au lieu de continuer je me résume. Par Minim, les 
talmudistes comprennent très souvent les judéo-chrétiens (ils ado- 
rent la croix), parfois aussi les autres sectes hérétiques, gnostiques 
ou dualistes. Quant aux théories de Philon, elles n'ont jamais été 
repoussées par les agadistes aussi longtemps qu'on n'en tirait pas 
des conséquences matérialistes au détriment du monothéisme. 
L'ouvrage de M. le Dr. Weinstein nous donne sur la marche de 
cette pénétration du philonisme dans les écoles juives des rensei- 
gnements nombreux et fort documentés; acceptons-les avec recon- 
naissance et usons d'indulgence envers les spéculations parasites 
qui s'en détacheront facilement dans une seconde édition. 

Dr. Fritz Hommel, Die Insel der Seligen in Mythus und Sage der 
Vorzeit, Miinchen, 1901. — Le même, Aufs&tze und Abhand^ 
lungen. II, Miinchen, 1900. — Le même, Der Oestirndieîist der 
alten Araber, Mûnchen, 4901. — René Dussaud, HiMoire et relu 
gion défi iVo^aïrîs, Paris, 1900. 

Les brochures i et 3 de M. le professeur F. Hommel compren- 
nent des conférences : l'une est relative à l'île des bienheureux dans 
la mythologie ancienne et existe déjà dans le récit babylonien du 
déluge; une mappemonde sommaire représente la pgure de la 
terre d'après ces croyances antiques; l'autre insiste particulière- 
ment sur l'antiquité du culte des astres chez les Arabes en contradic- 
tion avec la thèse de M. Wellhausen qui en place l'origine, même 
chez les Hébreux, vers le viii* siècle préchrétien seulement. Le troi- 
sième écrit, beaucoup plus considérable, contient les études suivan- 
tes : i^* les antiquités sud-arabiques du musée aulique de Vienne, avec 
excursi07is sur leculte de la lune chez les Sémites occidentaux, surtout 
chez les Arabes; sur la couronne de plume et le pays de Punt, la déesse 
Ashera, le dieu Hadad et la mê/<o na cultuelle; l'ensemble accom- 
pagné d'un glossaire des textes viennois; 2^ de nouvelles considéra- 
tions sur l'inscription minéenne Hal. 535; avec l'excursion: le pays 
originaire des Sabéens et la reine de Saba (Aribi =- lareb; Miçru ^ 
Egypte; Muçran = Muçur — Midian); 3^ l'origine du Zodiaque. 



BIBUOORAPHIK 89 

Emettre des appréciations motivées sur tant de détails nous mène- 
rait trop loin; l'annonce suffit pour en indiquer tout l'intérêt. 

Le livre de M. Dussaud atteste un immense progrès dans Tétude 
des hérésies de Tislamisme. Grâce à de nouveaux documents du 
meilleur aloi, notamment du Kitâb al-Madjmow'j annexé en appen- 
dice, le savant auteur nous expose les doctrines des diverses sectes 
de la religion des Noi^alris, en haute Syrie. Les cérémonies deTini- 
tiation et des fêtes sont soigneusement décrites. A côté de la métem- 
psycose, on y remarque des influences chaldéo-perses. L*ouvrage est 
précédé par une bibliographie abondante et par des recherches re- 
latives à l'habitat, à Torigine et à l'histoire des Noçalris. Sur ces 
dernières questions le dernier mot n'est certainement pas dit, mais 
la période postérieure aux croisades est vivement éclairée par 
les informations très documentées de M. Dussaud. 

H. L. Btrack,- Hebràische Grammatik mit Uebungsbuch, Berlin, 
Verlag von Reuther et Reichard, 1899. — Paul Haupt, Babylonian 
Eléments in the Levitic Ritual (extrait du Journal of Biblical 
Literature), Baltimore, i900. 

La granunaire hébraïque de M. le professeur Strack vient d'at- 
teindre sa septième édition. Elle se distingue des éditions précé- 
dentes par une adaptation de plus en plus pratique, qui rend 
son usage très commode comme un manuel scolaire. Outre la 
perfection des règles et des exemples qui les éclaircissent, il faut 
approuver le parti pris par l'auteur de faire passer dans les détails 
^ammaticaux une bonne partie de la syntaxe. Ce procédé atténue 
considérablement la sécheresse de la matière sans charger beau- 
coup la mémoire de l'étudiant. L'annexe contenant les exercices 
de lecture et de traduction de l'hébreu en allemand et de l'allemand 
en hébreu mérite tout éloge. Je n'en excepte que les versions 
hébraïques de Matthieu, v, 1-12, et Jean, ii, 1-12, qui, non seulement 
sont déplacées dans ce milieu, mais présentent des formes très incor- 
rectes et un style bien décousue En ce qui concerne la transcription, 

*• rr'TI ^Tf ï^'est pas hébreu ; il faut nna D^WH '. 7- DOCinn "C forme 
pas paraiiélisme avec Jcsn^i '* >l f'E^ut QiDniOn* ~~ Ecrire ^k'^D^ au lieu 

àe urh H'^zfi — Remplacer SSaa par Sv ; DH>Mn PK n)-n par '^sn'ia 
offii^u*! oa ; niSn 3nw> dk par ywi Sm IDH . "O. dvid par iSs, d^Sd 

(on ne peut pas puiser dans un ^). — Après \Tf^ il manque ^"^ 13 mi^ 

•mO. — Lire qi» tnnHI au lieu de fmS Dninw v^mo . et niitn n» 

^IVMin an lieu de JY^nMn rWMI XlHt- ^^ reste, le texte parallèle de Luc 

nous montre bien que les mots JXÏISL et ninsS dans Matthieu sont des 
Additions tendancielles. 



90 RKYUB SÉMITIQUK 

je m*étonne de voir conserver la valeur du c/i dur allemand pour 
la lettre Hi laquelle répond réellement au ia doux (&) des Arabes. 
Cette prononciation est constante chez les juifs des pays musul- 
mans, qui expriment le »- ch (kh) dur par le ^ {k&ph raphé), et 
telle était aussi la prononciation du n chez les Phéniciens et les 
anciens Syriens. Il va sans dire que ces minuties n'enlèvent rien 
au caractère utile et hautement scientifique de Texcellente gram- 
maire scolaire qui nous occupe. 

Les recherches sur l'origine du rituel .lévitique des Hébreux ont 
un attrait particulier. Il est d'emblée assez probable que les rites 
des peuples voisins, Chananéens-Phéniciens» Âraméens, Moa- 
bites, etc., ainsi que ceux des peuples conquérants, Égyptiens et 
Assyro-Babyloniens, ont laissé quelques traces dans les pratiques 
religieuse^ du peuple juif, mais la démonstration en détail est 
encore dans le premier stage du tâtonnement, malgré les préten- 
tions contraires de quelques assyriologues distingués, dont M. Paul 
Haupt peut être considéré comme le cluef de file. La savante bro- 
chure où il résume les résultats de ses investigations sur ce sujet 
contient sept pages de texte et dix-neuf pages de notes reléguées 
à la fin. Ce rejet des notes vient évidemment du désir de rendre 
la lecture du texte plus commode pour le public non orientaliste 
et la disproportion anormale des notes en est la conséquence natu- 
relle, car l'auteur ayant devant lui un espace illimité y peut 
entasser à tort et à travers tout ce qui lui passe par l'idée et sort 
fatalement de son sujet. Le lecteur qui voudra connaître la raison 
des choses affirmées aura donc, pour être éclairé, à tourner cent 
vmgt fois les sept pages pour lire les cent vingt notes qui s'y 
rapportent, et encore à condition d'avoir une perception rapide 
et une mémoire de fer. Moi-même ne jouissant pas de ces 
avantages, j'ai été obligé de lire dix fois chaque page du texte et de 
la retourner douze cents fois pour bien comprendre les notes 
afférentes. Ma bonne volonté de faire miennes les idées de M. Haupt 
ne sera donc pas contestée, et cependant mes doutes n'ont pas 

voulu se dissiper. Précisons : L'hébreu ]a<)p, a sacrifice •, est appa- 
renté au babylonien kirbannu, « don, cadeau », mais n'en vient 
pas; le mot q^^, a devins » (Isaie, XLiv, 35, passim), est absolu- 
ment correct et ne saurait être changé en 01*^3 = bab. b&ri^ 

« voyants, haruspices » ; la comparaison du bab. tertu avec l'éthio- 
pien t&mhërt semble bien hasardée et le problématique «^mt peut 
difficilement être rapproché de ^;iq. Une singulière idée est celle 

qui trouve dans jyiy^ le sens de c malédiction s réponse défavo- 
rable », et dans Qi»n celui de « réponse favorable »; niiat ^ sHiance », 



BIBUOGRAPHIB 91 



désigne le repas pris en commun (jy\^ et ne vient pas du bab. birîtu, 

« divination ». L'usage de poser des pains sur la table placée devant 
la Divinité est commun à tous les cultes et le sens de « azyme », 
attribué au bab. mutqu^ n*est pas très sûr. Le sens précis deimittu 
reste douteux, mais entre l'hébreu nto^ ^ mouton i, tof, « don v, et 

Téthiopien iawe'a, c sacrifier », il n*y a certainement aucun rap- 
port. Rien à inférer de l'obligation de ne sacrifier que des bêtes 
sans faute, obligation commune à tous les cultes. La signification 
primitive de <çç, malgré l'autorité invoquée de Raâi, est bien non 

« frotter, effacer », mais < couvrir »; la n*i^3 de l'arche sainte est un 

couvercle et nullement un objet frotté. C'est aussi le cas de l'arche 
de Noé qui est couverte, c'est-à-dire enduite d'une épaisse couche 
de bitume (*)sp3 *)sn, Genèse, vi, 14), afin d'en boucher les moindres 
interstices; une simple friction avec cette essence n'aurait pas 
produit le môme effet. J'en passe d'autres, et d'aussi bonnes. 

La méthode apodiotique apparaît également dans les notes. 
Voici quelques observations. Bab. harabu, c bénir », n'est pas une 
métathèse de n^,ai<j[ui donne h&rihati =- ;o'^2y * bénédiction », et 

l'araméo-sabéen 3«)p, « sacrifier i, atteste le caractère radical 
du p. lequel n'est certainement pas dû par exception à la voyelle 
u de hurbannu. Je démontrerai ailleurs que la phrase ajoutée 
par les Septante au début du verset Genèse, xliv, 5, est un expé- 
dient insuffisant, qiqv V]^ n'est pas hébreu, nonobstant MlsSnn 
init- L'hébreu nD9 exprime la même idée que l'arabe ^r^, « écar- 
ter les jambes », non celle du bab. pussuhu, c apaiser la colère 
des dieux ». Parmi les < curions Semitic (?) loanwords », en éthio* 
pien, j'ai peine à reconnaître dans adyâm (pi. adyâmât)^ « con- 
trée *, et maimar, « ligne, verset », respectivement l'assyrien 
adnâti et muéaru, Â ces conjectures pénibles nous préférons la 
connexion supposée de ]rnn= turtanu, tartanu avec têrtu. Finis- 
sons par le « sumérien » : Eui^wpaxoc, le nom du septième roi anté- 
diluvien de Bérose, serait en'me'dur-an'ki. M. Haupt ne souffle 
mot sur le sens de ce nom vénérable; je suis obligé d'éclairer ce 
mystère. Il signifie « Seigneur de la parole du mur du ciel et de la 
terre. » Un dicton rabbinique affirme que « le mur a des oreilles » 
(Snm D)311l); Tarchéologie sumérienne, grâce à la sagacité de 
M. Haupt, nous apprend qu'aux époques primitives, non seulement 
les murs parlaient, mais que le septième roi dirigeait à son 
aise les paroles mystérieuses du mur cosmique! Les questions 
se pressent dans mon esprit, mais je m'aperçois que je suis déjà 
très loin des comparaisons rituelles dues à l'éditeur de la Bible 
polychrome. 



92 RBVUE SÉMITIQUI 

Salomon Rdinach, Quelques observations sur le tabou 
(extrait de V Anthropologie, T. XI). Paris, 1900. 

Les civilisations des peuples historiques présentent par leur 
côté éthique et cultuel une foule énorme de points obscurs qui ne 
peuvent être expliqués que par des influences ataviques. Mais tandis 
que les philologues se bornent à élucider les formes présentes par 
des formes analogues qui peuvent se constater dans les littératures 
des époques antérieures, les anthropologistes s'appliquent & résoudre 
ces problj^mes en remontant hardiment aux origines mêmes de 
no^re espèce. Qu'on ne se méprenne pas sur le sens de mes pa- 
roles. Quand je vois que les profils humains de Tancien art baby- 
lonien, examinés à loisir par les meilleurs anthropologistes con- 
temporains, sont attribués par les uns à des Touraniens pur sang, 
par les autres à des Aryens métissés de Bémites, et par d'autres 
encore à des Sémites plus ou moins croisés avec un élément 
ethnique inconnu, je me frappe au front et me demande si ce tohu- 
bohu d'opinions sur un point physique qui entre dans la spécia- 
lité fondamentale de ces savants, ne défend pas à ces derniers 
de se prononcer avec quelques chances de succès sur les qualités 
psychiques du primat humain. On objectera que cette réflexion, 
malgré le doute légitime qu'elle fait naître, est mitigée par la vrai- 
semblance que les nations sauvages restées aux plus bas échelons 
de la civilisation représentent précisément l'état atavique désiré. 
S'il en est ainsi, la solution de toutes les énigmes se trouve d'em- 
blée dans les mœurs de ces sauvages qu'il faut simplement 
connaître à fond et exploiter avec méthode et discernement. 
M. Salomon Reinach partage cette convictioUiet sa docte étude citée 
plus haut, cherche à préciser la signification du concept du terme 
rituel polynésien tabou, qui est, semble-t-il, destiné à entrer 
dans le langage philosophique et anthropologique du xx* siècle, 
bien entendu, sur la base du système évolutionniste du darwi- 
nisme. La définition exacte de tabou a pour but d'éviter à la fois 
qu'on n'en abuse et qu'on ne manque à l'employer là où il convient. 
Ce dernier cas est illustré par divers exemples puisés dans l'Ancien 
Testament. D'après notre auteur, tout objet frappé d'interdiction 
est tabou ou taboue, pourvu que cette interdiction soit, i* non mo- 
tivée, 2« sans répression extérieure, et 3^ sans que le péril qu'elle 
signale soit apparent. 

Jusqu'ici on n'aperçoit qu'un terme barbare paré de catégories 
aristotéliciennes. Nous aimerions mieux que la définition sortît du 
cerveau des Polynésiens eux-mêmes, afin de nous faire' connaître 
leur état d'àme. Faute de mieux acceptons le terme prédestiné et 
voyons comment on l'appliquera dans l'anthropologie future. 
L'étude que nous analysons fournit un avant-goût à cet égard et 



BIBLIOGRAPHIE 93 

concerne surtout les croyances bibliques. Je crains que le savant 
helléniste ne se soit avancé sur un terrain où la sagacité naturelle 
ne suffit pas à éviter les pièges et les fausses pistes. 

i) Première condition : « l'interdiction non motivée du contact 
corporel ou visuel, y inclus la défense éventuelle de le nommer. 
Exemple de la dernière nuance : La mort par lapidation encourue par 
un blasphémateur du nom de Jéhovah ouYahwé (nvt>)> racontée dans 
le Lévitique, xxiv, 16, et commençant par la phrase : < (L*homme) 
proféra en blasphémant le Nom sacré, (le mot « sacré » n'est pas 
dans le texte) ». Comme la vengeance a été exercée par une tierce 
partie (les juges, les témoins et le peuple sur Tordre même de Yahwé), 
cet exemple pèche contre la condition n<> 2 et prouve en même 
temps que Yahwé n'était pas conçu alors comme tabou. Ajoutons 
une rectification chronologique, La défense rabbinique de pro- 
noncer littéralement le nom de Yahwé, artificiellement appuyée 
sur le verset précité (cf. 16), ne date que du m* siècle après l'ère 
vulgaire. Antérieurement les juifs le prononçaient en parlant 
entre eux dans leurs dialectes sémitiques et on n'y substituait 
l'attribut »»^e<»WII <iu*en parlant grec, afin de soustraire ce nom 
sacré aux quolibets malsonnants des paîens^ La crainte d'évocation 
nocive, ou celle d'une sorte de contact d'un objet tabou n'y ont 
jamais joué le moindre rôle. Sainteté (?) tabou et sainteté morale 
forment deux concepts très divergents. 

2) Seconde condition : « L'énoncé du tabou ne comporte jamais 
l'intervention d'un tiers; la violation entraine la mort ou la ma^ 
ladie, etc., par l'effet même de l'attentat, comme la pile électrique 
qui foudroie l'imprudent qui la touche. Exemple, le chapitre 2 de 
la Genèse, dont le texte, très remanié, conserve néanmoins certains 
éléments caractéristiques qui portent les marques de la plus haute 
antiquité. L'Éternel place l*Homme dans le jardin d'Éden et com- 
mence par lui imposer un tabou alimentaire : « Tu ne mangeras 
point de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car au jour 
que tu en mangeras, tu mourras de mort. » Cette interdiction est 
un taôou parfaitement caractérisé, car TÉternel ne dit pas à 
Adam pourquoi il doit s'abstenir de ce fruit et ne lui dit pas non 
plus qu'i( le punira s'il en mange. Il énonce simplement le tabou 
avec sa conséquence : « Si tu en manges, tu mourras. » Évidem- 
ment, le fond de ce récit est antérieur à la conception d'un Dieu 
personnel et anthropomorphique ; à l'origine, il n'y a que l'homme 
en présence de l'arbre et du fruit tabou. » J'avoue ne rien com- 
prendre à la dernière conclusion. Si l'on fait abstraction d'un Dieu 
personnel (anthropomorphique ou non, n'importe), il n'y a plus 

1« Voyez Recherches bibliqueêy p. 65-70. 



9i RBYUE SÉMITIQUE 

interdiction du tout et la comparaison pèche par la condition n* i. 
Quant à l'antiquité extraordinaire que l'on accorde au fond de ce 
récit, nous avons deux bonnes raisons pour rester sur la réserve : 
la mention du figuier qui est un arbre palestinien et qui, par con- 
séquent, n'a pu figurer dans le cycle légendaire hébreu avant la 
eoiM|»éte du pays ; puis Tabsence de toute analogie avec ce récit 
dans towkw les autres mythologies des peuples sémitiques. Nous 
ne voyons g«ère comment le contraire peut être soutenu sans une 
forte dose de boDiie volonté. ' 

3) Troisième condition : «Le tabou ne doit pas présenter un péril 
apparent. Ce caractère est destiné à exclure du genre tabou les 
interdictions que, par suite de Tévidence du danger, on ne prend 
ordinairement la peine de formuler. » Tout le monde y souscrira, 
s'il s'agit d'adultes capables de réflexion. En ce qui conoerne les 
jeunes enfants, je suis obligé d'être d'un avis différent. L'auteur 
écrit : « Une mère n'a pas besoin de dire à son enfant : « Ne mets 
pas ta main dans le feu » ou « Ne reste pas la tête sous l'eau. » Le 
danger de se brûler ou de se noyer est, en effet, évident» et les 
animaux le comprennent comme les hommes. » En réalité, l'enfant 
ne se fait aucune idée du danger quelque évident qu'il soit : laissé 
à lui seul, il met gaiement la main dans le feu ou plonge étourdi* 
ment au fond de sa baignoire. C'est la mère qui l'avertit du péril 
en lui disant avec un geste significatif : Ne fais pas ça, mon enfant, 
tu te feras bobo! » Et quand le moutard est récalcitrant, il se fait 
réellement bobo, et cela lui impose la nécessité d'être une autrefois 
plus prudent. Les jeunes animaux sont dans le même cas et n'évi- 
tent le danger qu'après en avoir éprouvé l'effet partiel. 

Je ne suis pas au bout de mes hésitations. Dans la suite, l'auteur 
voulant montrer que l'idée du tabou bien comprise peut constituer 
un moyen important de critique biblique, commente comme il suit 
la mort subite d'Ouzzapour avoir touché l'Arche sainte (II Samuel, 
IV, 2-8). t Sous sa forme actuelle, cette histoire est odieuse et 
absurde; mais pour la dépouiller de ce fâcheux caractère, il suffit 
d'éliminer la notion relativement récente du Dieu vengeur. Ce 
n'est pas l'Eternel qui frappa l'innocent Ouzza; c'est Ouzza qui 
commet une imprudence analogue à celle d'un homme qui touche 
une pile électrique et meurt foudroyé. L'objet tabou doit, en effet, 
être assimilé à un réservoir de forces dangereuses, dont l'action 
funeste s'exerce au moindre contact; il ne peut être touché que 
par des hommes également tabous, c'est-à-dire pourvus d'uneforce 
opposée ou équivalente qui neutralise les effets de la première* » 
Dans ce cas, les guerriers philistins qui avaient très lestement enlevé 
l'arche dans la bataille d'Ëbenhaézer (I Samuel, iv, 11), doivent 
avoir été considérés par les Hébreux comme doués d'une force 
tabou suprême. Ce récit, comme tant d'autres dans toutes les lit- 



BDUGORAPHns 95 

tératures humaines, n'a d'odieux et d'absurde que lorsqu'on met 
de côté son caraotôre légendaire. L'explication est assez simple. 
La garde de Tarche avait été confiée & Ëlazar, fils d'Abinadab, 
après lui avoir fait accomplir des rites purificatoires (ibidem, vu, i); 
la punition d*Ouzza est la mise en scène de la loi lévitique mena- 
çant de mort tout profane, fût-il même fils de Qahat, qui ose 
seulement regarder le naos yahwéiste (Nombres, iv, 20), symbole 
populaire de l'inaccessibilité de Yahwé à l'œil humain (Exode, 
xxxin, 20). En un mot, la mort d'.Ouzza est une légende qui entend 
renforcer un principe religieux postérieur à la formation des écoles 
prophétiques en Israël et n'a rien à faire avec le tabou polynésien^ 

La thèse que j'examine atteint certainement le comble en rame- 
nant au (adou la totalité des prescriptions du Décalogue, bien 
entendu, au moyen de corrections arbitraires qui pourront, je le 
crains, bien étonner le lecteur sérieux de la Bible. 

La forme positive du commandement : « Honore tes parents afin 
que tu vives longtemps sur la terre que Yahwé ton Dieu te don- 
nera )», dérange un peu le système pantabouiste ; eh bien! on lui 
enlève d'abord le dernier membre de phrase et on le change 
ensuite en proposition négative : c N'insulte pas tes parents de 
peur de mourir (aussitôt) », donc (abou. Les motifs critiques quon 
invoque pour légitimer ce bouleversement portent tous à faux : la 
longévité dans le désert n'étant pas enviable, l'auteur préfère 
parler de la possession prochaine de la terre promise. D'autre part, 
la longévité est une récompense adéquate des enfants respectueux, 
parce qu'ils seront ansi mis en état de devenir parents à leur tour. 
Par contre, l'addition « et afin que tu sois honoré à ton tour» serait 
déplacée dans un cadre de commandements divins. 

L'auteur est plus à sou aise dans les prohibitions : « Défense de 
fabriquer des images, défense :de prononcer (!) le nom de Dieu, 
défense de travailler le jour tabou, c'est-à-dire le Sabbat, défense 
de tuer [le ctansman, évidemment], etc., qui sont des tabous. » Ce 
mignon « etc. » étant gros de conséquences, il ne sera pas inutile 
de faire remarquer que les tabous y compris sont : défense de 
commettre l'adultère^, défense de voler, défense de faire un faux 
témoignage, défense de convoiter les biens d'autrui (il s'agit évi- 
demment de la femme, des intérêts et des biens du clansman). 
Toute abstention est donc tabou, et moi qui me suis fait l'habitude 

1 . La mort subite des fils d'Aaron en entrant au sanctuaire avec du 
feu profane est racontée par les mots : c Et un feu sortit « de devant 
Yahwé ■ et les consuma » (Lévitique^ x, 2). Si l'auteur voulait réfuter l'in- 
terprétation des tabouisteSt il ne se serait pas mieux exprimé. 

2. Cette défense est gentiment tournée en : « Ne déflore pas la vierge 
du clan 1 ». 



REVUE SÉMITIQUE 



D'EPIGRAPHIE ET D'HISTOIRE ANCIENNE 



RECHERCHES BIBLIQUES 



Les chants nuptiaux des Cantiques. 

Le petit livre biblique, communément appelé « Cantique 
des Cantiques > et attribué par la tradition au roi Salomon, 
forme en réalité un recueil de chants populaires déclamés pen- 
dant la première semaine des noces en l'honneur des nouveaux 
mariés. Ces courtes poésies erotiques, dépourvues de toute liai- 
son et souvent très fragmentaires, nous sont parvenues dans un 
état critique par endroits peu satisfaisant. Les travaux modernes 
sur ce recueil en Allemagne et en Angleterre ont beaucoup 
fait pour en dissiper les obscurités. Il n'est que juste que la 
France participe elle aussi à cette œuvre de régénération des 
études bibliques. Par leurs sentiments exquis de la nature, leur 
naïveté admirable et la profondeur des affections qu'ils ex- 
priment, ces chants nuptiaux occupent une place éminente 
parmi les poèmes analogues des autres peuples. Le vif inté- 
rêt qui se rattache de nos jours aux produits du folklore ne 
manquera certainement pas à cette manifestation mondaine de 
rftme hébraïque que la routine séculaire a voilée à leurs yeux. 
Nous ne saurons jamais ni les noms ni le nombre des gais 
trouvères qui ont contribué audit recueil biblique ; il nous 
suffit de savoir que chez eux le nouveau marié, majestueuse- 
ment coiffé d'une couronne pendant la cérémonie, est un roi 
et que la fiancée, enguirlandée de fleurs champêtres, est une 
ravissante bergère à la fois tendre et coquette qui sait tem- 



w^z 



98 REVUE SÉMITIQUE 

pérer Tardeur passionnée de son berger par des refus pleins 
de promesses qui la rendent encore plus chère. Ce sont de 
petits drames intimes d'un lyrisme achevé, souvent compliqués 
de ringérence de personnages étrangers qui y prennent 
intérêt ou s'en montrent jaloux et auxquels se joignent parfois 
des frères soupçonneux à Tégard de leur sœur qui leur parait 
trop émancipée. Le désordredans lequel ces précieux restes de 
la vie populaire d'Israël sont encadrés dans le recueil biblique 
donne la sensation délicieuse de bouquets multicolores semé s 
par la nature au milieu des espaces ensoleillés. La traduction 
de l'ensemble sera suivie de quelques considérations géné- 
rales sur l'âge du recueil et sur la cause principale qui l'a 
mis au rang des écrits hagiographiques. 

I 

Une troupe de chanteuses se présente devant le nouveau 
marié, elles demandent d'être bien accueillies et introduites 
dans ses appartements afin d'y célébrer son mariage par des 
chants en buvant à sa santé. 

1. Le Cantique des cantiques de Salomon. 






2. Accueille-nous par de bons baisers. 
Car ton amour vaut plus que le vin. 






3. Tes huiles sentent bon, 

Ta renommée est pareille à l'huile du parfumeur ; 
C'est pourquoi les jeunes ûlles t'aiment. 






4. Entraîne-nous, nous te suivrons rapidement; 
Conduis-nous, û roi, dans tes appartements ; 
Tu seras l'objet de notre joie débordante ; 
Nous saluerons ton affection par le vin, 
Ton amour par des chants. 

1. Suscription. Attribution du recueil au roi Salomon 
queThistoire ancienne avait classé comme le poète le plusdis- 
tingué de soi\ époque. Cette attribution ne tient pas devant la 
forme matérielle des poèmes qui contiennent des mots perses. 



RECHERCHES BTBLtQUBS 9Ô 

D'autre part on peut admettre avec certitude que le scribe qui 
a mis le titre avait entreses mains la compilation entière et ne 
se rendait pas compte de sa composition de pièces différentes. 

2. Notre texte présente une incohérence choquante relative- 
ment aux pronoms personnels : >aDtih s'accorde bien avec xVQy 

mais non avec n^ii dont le suffixe indique la V personne. La cor- 
rection 1392^, c embrasse^moi d (Budde) , n'écarte cette diffi- 
culte qu'en corrigeant en mé.'ne temps *f«|^Q en «pg^procédé 

auquel on ne doit recourir que dans des cas extrêmes. Le pis 
est qu'en faisant de la jeune épouse l'objet du verbe, on est 
obligé de hisser à part le verset 4 où les quatre verbes 

mmj' nVj3» nntSVi ^^ pTI^DTJ ^^"^ ^^^ ^ '» première per- 
sonne du pluriel. En réalité la correction très légère de ^V)^ 

en ^^pQT» rend à la phrase toute la clarté désirable. Les in ter- 

••T • 

locutrices sont de jeunes chanteuses ambulantes qui font métier 
d'égayer les fêtes nuptiales par des chants lyriques dans les- 
quels elles exaltent les qualités physiques et sentimentales du 
nouveau couple. Elles abordent le jeune marié en lui exprimant 
le vœu d'être reçues par des baisers cordiaux aHn qu'elles 
puissent célébrer son mariage avec une gaieté sans ombre. La 
demande d'être embrassées est naturellement une insinuation 
flatteuse pour le jeune homme, c'est lui dire que toutes les 
jeunes filles le portent dans leur cœur. L'emploi de la troisième 
personne au début de l'allocution convient au caractère censé 
royal de Tauditeur (4); dans la suite elles font usage du pro- 
nom de la 3* personne ; cf. Genèse, xviii, 27-28 ; II Samuel, 
XIV, 17. 
La traduction dans les Septante du mot rr^y^ par oc fmaroi 

ffow=Vulg. uberatua repose sur la lecture rri^-îj acceptée par 

Aquila en accord avec l'opinion de Rabbi'^Âqiba, fondée à son 
tour sur Tabsence du ^ entre les deux t. G^tte prétention est 
rejetée avec raison par les autres docteurs, suivis par Luther. 

3. Le sens de Q^am TiDl^ ÎV^ * ^^^ méconnu par tous 
les anciens traducteurs et même par la majorité des modernes 



* " - - ^- * *'- 



100 REVUE SÉHITIQDE 

qui croient que n^^ est en état construit avec iri^'Off- En 
rattachant cette phrase au verset précédent les Septante ofTrent : 

K«l ôiTfiii pûpcdv trou ûiTÈc TixvTx ri àpûfucra, Comme s'il y 

avait taiDtCD "jj by n^JDIf rPli» d'après iv, \0 b; de même 
la Vulgate, qui omet la copule, consîrve Qi^i^ ; fragranlia 
tmgttentit optimù. Luther prend rpl'j pour n^ir6i renverse 
Tordre des hémistiches et aboutit h une platitude : Er kûue 
mich mit dem Kuss seines Mutides (denn deine LiêSe ist 
iiebiieher denn Wein) dais mann deine gute SaUfe rieche, 
« qu'il me donne un b&iserdesabouche afin qu'on sente ton bon 
onguent, car ton amour est plus agréable que le vin ». 
Il y a simplement une interversion poétique au lieu de 

rpnV-pîM^ u*y)iû ou nnb a^aiia ysoe; = nn »2ifâ y^offy 

a tes huiles répandent l'odeur la plus agréable u. pT^ri ^^^^ '^ 
tourment des interprètes. Le sens de a vidé n ou ■ répandu • 
(Sept. JxnvûSiv = effuaum) , inspiré par un rapprochement avec 
Jérémie, xLVUf, 1 1 , semble peu satisfaisant, car le parfum 
répandu s'évapore rapidement. Il vaut mieux lire p-)!)^, forme 

/u'oidepio. «épurer, raffiner »,d'où le nom oïpmjn, « pré- 
paratifs de toilette, onguents aromatiques ». 

Par ni&Sy* '^ chanteuses visent en premier lieu la jeune 
mariée, ensuite, par une politesse de poète, les autres jeunes 
llltes qui seraient toutes heureuses de gagner son affection. 

4. Même discordance entre les sufGxes des verbes i^tC^S 
et f^j^^i^ et les préfixes verbaux déjà mentionnés; l'harmo- 
nie se rétabUt en lisant U52/0 et U((^5n *" 'i^" de ^ijitfD 
et i^M^sn- L'arbitraire est porté àson comblepar les Septante : 
eîîb(vffav7((var. fu). Oict'au trou ci; iufiiiVfiûpavaov dpa(ioû(uv, a il t'a 
(var. « m'a >) entraîné. Derrière toi nous courrons, dans 
l'odeur de tes onguents s (comme au verset 2) ; Vuig. Trahe me I 
(d'après l'hébreu). Post te curremus m odorem unguentorum 
tuorum. La lecture indispensable ukOH ^ pour complément 
naturel la correction de i>-nn en ainn* D'un autre côté, le 
parallélisme de la construction, ainsi que le sens de la 
phrase exigent impérieusement de corriger l'inintelligible 



RECHERCHES BIBLIQUES 101 

11!inH D^TB^D ®^ T^nX D'^Wp* ^^ vin, m, et les chants 
sont les associés inséparables de la gaieté (Isale, V, 1 S ; xiy, 
9). Qi^nX ^^ ^^^ forme abstraite aussi régulière que q^«ii 
et D*a par lui-même aucun sous-entendu péjoratif. J'ignore 
absolument si cette correction à déjà été proposée par quel- 
que exégëte moderne. 



Il 



Une bergère rencontre des filles de Jérusalem qui la 
regardent sournoisement à cause de son vilain teint noir. La 
bergère déclare que ce phénomène est un accident passager 
causé par la sévérité de ses frères utérins qui Tout envoyée 
garderies vignes pendant les jours d'un soleil ardent. Ladété- 
rioration momentanée de son teint vient de là : au fond elle est 
belle et blanche. 

5. Je suis noire mais belle, ô filles de Jérusalem ! 
(Je* suis noire) comme les tentes de Kédar, 

(Je suis cependant aussi) blanche que les courtines de Salomon ! 

6. Ne croyez même pas que j'aie le teint brun ; 
C'est le soleil qui m*a brunie. 

Les fils de ma mère sont fâchés contre moi ; 
Ils m'ont faite gardienne de leurs vignes ; 
Moi qui n'ai jamais gardé la mienne! 

Le texte est bien conservé et ne nécessite aucune correction. 
Quelques explications suffiront. 

1. L'adjectif niKJ) < belle^ jolie >, comprend aussi la 
beauté de la peau, la blancheur ; cela résulte d*abord de Tan- 
tithèse avec n i VW f ^ ^^^^^ *« ensuite de la comparaison avec 
les courtines royales, ni^n^» visiblement des rideaux de lit. 

Les Qédar ou Gédréniens habitaient sous des tentes tissées 
de laine noire ; le verbe y^p signifie c devenir noir i. 

^' mmniîf» féminin de -jpinniy? diminutif de -nnBf- ^ 
bergère ne veut môme pas qu'on la prenne pour une brune. 



REGHEBGKBB BIBLIQUES 103 



m « 



10. Tes joues resplendissent de l'éclat des colliers, 
Ton cou resplendit de rangées de perles. 






il. Je te ferai faire (d'autres) colliers d'or, 
Avec des paillettes d'argent. 

La comparaison est claire : lui, nouveau marié, étant le roi 
du jour, représente dans son imagination Pharaon, le plus 
riche monarque du monde. Il a la passion de parer sa jeune 
femme comme Pharaon aime à parer la magnifique jument qui 
le porte aux jours de triomphe. La similitude avec la jument 
royale implique, au moins dans la pensée des poètes anciens, 
la conception de grftce et de beauté que nous mettons encore 
dans la comparaison avec la biche et la gazelle. La promesse 
de nouveaux bijoux princiers est exprimée par le pluriel majes- 
tueux niE^y> L*illusion est complète et la jeune femme se sent 
heureuse de savoir qu'elle est Tobjet de tant de soins délicats 
de la part de son époux . 



Monologue d'une nouvelle mariée. Son époux est attablé 
avec des amis qui cherchent à le divertir. Elle sait cependant 
qu'il pense à elle et elle lui en exprime sa reconnaissance par 
des comparaisons pleines de tendresse. 

42. Jusqu'au lieu où le roi est entouré de son cortège, 
Mon nard répand son parfum. 

13. Mon ami est pour moi le bouquet de myrrhe 
Qui séjourne entre mes seins. 

* « 

14. Mon ami est pour moi la grappe de cypre 
(Cueillie) dans les vignes d'Ên-Geddi. 

Pendant que l'époux reçoit et régale des amis, la jeune 
femme fait sa toilette et met sur sa poitrine un bouquet de 
myrrhe et une grappe de fleurs de cypre dont les plus belles 




in: 



RECHERCHES BIBUQUB8 105 

L'époxix. 

3. Comme la rose entre les épines, 

Telle est ma bien-aimée entre les (autres) jeunes filles. 

L'épouse, 

3. Comme le pommier entre les arbres delà forêt, 
Telestmonbien-aimé entre les (autres) jeunes gens ; 
Je m'arrête avec délices à son ombre 

Et (le goût de) son fruit est doux à mon palais. 

1 . Le lis et la rose figurent la couleur blanche et rose de la 

peau. Par rQWWf ^ ^^^ ^^ ^^ ^^^^ comprendre une sorte de 
coquelicot ; la rose moderne' ne semble pas avoir été connue 
en Palestine. 

2-3. Ces comparaisons expriment à la fois le côté heureux 
du choix mutuel et l'assurance de ne plus penser à d* autres 
affections. 

VIII 

Une jeune femme parle en rêvant. Elle se croit négligée 
par son époux et demande qu'on la mène dans la salle du 
banquet pour s'y réconforter par des gftteaux et des fruits afin 
de diminuer les souffrances causées par l'amour. Un instant 
après, elle redevient heureuse, car elle voit son époux lui pro- 
diguer des caresses. L'époux adjure les chanteuses de la 
laisser dormir jusqu'à ce qu'elle les invite à venir. 

L'épouse en rêvant. 

4. Conduisez-moi dans la salle du banquet. 

Et déployez au-dessus de moi la bannière de Tamour ! 

5. Restaurez-moi par des gâteaux ! 
Réconfortez-moi par des fruits ! 
Car je suis malade d'amour. 

* 

6. (Ah !) je sens sa main gauche sous ma tête, 
Et sa main droite qui m'enlace [ 

L'époux. 

7. Je vous adjure, ô filles de Jérusalem ! 

Par les biches et par les gazelles des champs, 
De ne point éveiller ni déranger la bien-aimée 
Jusqu'à ce qu'elle veuille (vous recevoir) ! 



106 RBVUE SiHITlQUE 

*■ p^nnoestpourpïn nnŒttn''3-abrégéennnB'D rra- 

Le paâsé i^mod ^ détruit la limpidité du premier hémistiche. 
Le sens exige impérieusement la ponctuation ijx^3n< forme 
parallèle à celle des verbes du verset suivant.- Cette raison 
oblige aussi àlire^^jpn(cf- Psaumes, xx, 6) au lieu devi^jjfiv 
Après ce verbe il est soufr-entendu le substantif ^j^. 

*• rfhn2 IX' faute acoustique de nV'T^xsi- — nannn 

doit être corrigé en nariNH- — Après yenny o" supplée 
facilement pp|(( ^2p^ ou quelque chose d'analogue. Il ne 
s'agit pas dt: l'éveil, qui est une action involontaire. 

IX 

Rendez-vous lyrique au printemps, raconté par la jeune fille. 
Le jeune homme accourt par monts et vallées, se met aux 
aguets devant les fenêtres de son amie et l'invite à faire une 
promenade à la campagne pour jouir des beautés de la nature 
Bt surtout pour pouvoir la contempler & son aise et l'entendre 
chanter dans un lieu retiré. Elleconsentet.arrivés à l'anfractuo- 
ïité d'un rocher, elle lui chante un couplet d'une chanson de 
vignerons. Puis, le jour baissant,ellerengage&retournerà son 
pâturage. Voyage et entretien sont du pur domaine de 
l'imaginiUion. 

La jeune fille. 

8. Écoute, mon ami vient d'arriver, 
En sautant sur les montagnes, 
Ed gambadant sur les collines. , 



9. Mon ami est psreil au cerf et au jeune chevreau i 
Le voilà qui se tient derrière nos murs, 
Dirigeant ses regards vers (mes) Tenëtres, 
Explorant les grillages. 



>0. Mon ami, s'adreasaot à moi, me dit : 
Léve-toi, ma belle amie et pars. 



HEGHERCHB8 BIBLIQUES 107 






ii . Car l'hiver est passé, 

La pluie a complètement disparu 

12. Les fleurs ont apparu dans la campagne, 
Le temps du gazouillement est venu 

Et la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos côdres. 

13. Les bourgeons du figuier s'épanouissent, 
Les vignes vertes exhalent une suave odeur. 
Lève-toi, ma belle amie et pars ! 

(Arrivés à une pente de la montagne.) 
Le jeune homme, . 

14. O ma colombe ! Dans ce creux de rocher, 
Dans cette cachette de la montée, 
Laisse-moi contempler ton visage 
Laisse-moi entendre ta voix; 

Car ta voix est douce 
Et ton visage est beau. 

La jeune fille chante. 

15. Attrapez-nous les renards! 

Les petits renards dévastent les vignes, 
Nos vignes verdoyantes. 

(A part,) 

16. Mon ami est à moi 
Et je suis à lui, 

Lui qui paît entre les roses. 

Le jour baissant, 

17 . Avant que la bise souffle, 

Et que les ombres s'étendent, 

Va- t'en, mon ami, pareil 

Au cerf et au jeune chevreau 

(Qui gambadent) sur les monts escarpés. 

9. isyb IX pour -)B];^i comme au verset 7. — U^HD» 
€ notre >, le mur de la maison où la jeune fille habite avec ses 
parents. — Dans nttbnn ÎD ^^ D'»D"inn ïû ^* préposition a le 
sens de c vers, dans la direction de » (Genèse, xiii, 1 1 ; Can- 
tique, IV, 8). — 12. Lire ijvixa *^ lieu de ijvixa. 

1 5. Le choix du couplet n'est pas fait par la jeune fille sans 
une pointe malicieuse qui contient en même temps un appel à la 
sagesse. Les petits renards, si célèbres par leurs ruses, sont 

i- via» * fuient » n'offre pas de sens conforme au phénomène naturel; 
lire TÇJI» « s'étendent », 



REVUE SÉMITIQUE 

ux pour la vigne verdoyante et il faut les en éloigner 
ut la conserver dans toute sa magnificence. Le jeune 
comprend que ses petites ruses d'amoureux échoueront 
a tentative d'obtenir une trop grande intimité. Il reste 
je et charmé de contempler les beautés physiques et 
de son aimable compagne jusqu'à la tombée du jour. 



d'un voyage nocturne à la recherche de son époux, 
par la jeune mariée. Dans son afTolement elle interroge 
IX gardes municipaux s'ils ont vu son ami sans même 
I son nom. Elle finit pourtant par le retrouver et par le 
chez ses parents. En se rendormant elle entend encore 
i priant les chanteuses de ne point déranger son 



,1. Sur mon lit, dans la nuit, 
tierché celui que mon Ame aime, 
i cherché, je ne l'ai pas trouvé. 

suis donc décidée & roe lever, 
-courir la ville, 
laces et les rues, 
chercher celui qu'aime mon Ame ; 
i cherché, je ne l'ai pas trouvé. 

té rencontrée par les gardiens 

arcourentia ville (de nuit) : 

iens,) avez-vousvu celui que mon àme aime? 

ne les ai-je quittés 

'ai rencontré celui que mon àme aime, 

i saisi, Je ne l'ai pas lâché, 

l'à eu que je l'aie amené dans la maison do ma mère. 

la demeure de celle qui m'a mise au monde. 

Le jeune marie. 
us adjure, 6 filles de Jérusalem ! 
i point éveiller ni déranger 
en-aimée. jusqu'à ce qu'elle veuille (vous recevoir). 



RECHERCHES BIBUQUES 109 

^ • nib'^Vs» pluriel pour le singulier nVbs î cf- Psaumes, 
cxxxiv, 1 ; cxxxvu, 1). 

3. Une mention des gardiens de nuit se trouve encore v. 7 ; 
cf. Psaumes, cxxvii, 1 ). 

4. La construction Uf ij^ — Jif fâyo3 est particulière à ce 
chant ; dans Tancien style on aurait >nNVDT — ^mSJ^ ISj; fN 
(cf. Gen., xxvii. 30). 

5. L'époux est ramené dans la maison de la belle-mère : 
pendant la semaine des noces la jeune mariée est soignée par 
sa mère. 

Le verset 6 forme groupe avec vi, 1 et viii, 6 ; voyez 
plus loin. 

XI 

Chant de noces. Le roi Salomon se marie. Sa chambre 
nuptiale est gardée par soixante guerriers armés prêts à 
repousser et à châtier tout indiscret. Pour recevoirJe lendemain 
les félicitations de son peuple, le monarque richissime s'est 
fait construire une fastueuse estrade pourvue de colonnes d'ar- 
gent et parquetée de dalles dorées. Le poète engage les jeunes 
filles de Sion à assister à cette solennité. 

7. Voici, le lit de Salomon 

Est entouré de soixante guerriers 
D'entre les guerriers d'Israël. 

8. Tous sont munis d'épées, 

Sont expérimentés dans l'art de la guerre ; 

Chacun a Tépée au côté, 

Afin d*écarter toute surprise pendant la nuit. 

« « 

9. Le roi Salomon s'est fait construire une estrade 
Avec le bois du Liban. 

10. Il a fait des colonnes d'argent 
(Et) un plancher d*or ; 
Les sièges sont couverts de pourpre ; 
L'intérieur est rangé avec amour 
Par les filles de Jérusalem. 



1 1 REVUE SÉMITIQUE 



• 
* « 



11. Sortez voir, 6 filles de Sion ! 
Le roi Salomon, 

Avec la couronne que sa mère lui a mise, 
Le jour de son mariage, 
Le jour de sa suprême joie. 

8. *^nD ^^ signifie pas seulement c crainte j», mais aussi 
c accident à craindre, surprise > (Psaumes» uii, 61 ; Job, m, 
25). 
' ^- |Vn&K« ^^^ unique auquel la tradition attribue le sens 

de < lit nuptial » soit en le faisant venir de i^q, c être 
fécond » (Taliniid), soit en l'assimilant au grecf opecov. LMnterpré> 
tation ne soutient pas Texamen, ce qui entraîne naturellement 
les tentatives d'étymologie précitées. Les appuis du lit qui est 
un meuble portatif sont des pieds (nûDn "hsii » ^^ • T^?«^ ^^ 
fcp«i, non des colonnes fixes. Puis le roi ne se montre pas en 
public concbé ou se tenant debout sur un lit ou sur un palan- 
quin. Il faut nécessairement corriger pnSX ^'^nj^^ (I^^^î^K 

XI, &5), une tribune ou estrade élevée ouverte de plusieurs 
cotés; le mot est tiré de TApadana des rois perses. 

Dans la fantaisie du poète le modeste bourgeois qui se marie 
devient le roiSalomon, lesgarçons d'honneur sont les soixante 
gardes de corps de ce potentat, la salle de réception une salle 
royale somptueusement construite et décorée. Ne porte-tril pas 
en ce jour une couronne préparée par sa mère? Il est le plus 
riche et le plus heureux des hommes. 



XII 



Le fiancé fait des compliments à la jeune fille sur sa beauté 
qu'il décrit avec ravissement, puis il consent à partir avant la 
tombée du jour. Ce morceau est visiblement la fin du poème m, 
8-n, où la jeune fille presse son ami de partir avant qu'il fasse 
nuit. La jeune fille avait déjà mis son voile et est toute prête à 
s'en aller. En partant le jeune homme lui fait un nouveau 
compliment et promet de la conduire un jour dans la région 



HBGRVRGHBS BIBLIQUES 111 

du Liban où elle jouira à son aise des sublimes et sauvages 
beautés de la nature. 

Ghap. IV, 1 a. Tu es beUci ma bien-aimée, 
Tu es beUe, tes yeux, yeux de colombe 
(Brillent) à travers ton voile 

« ♦ 
i b. Tes oheveux sont (fins) comme la laine de ces chèvres 
Qui descendent du mont Galaad. 

2. Tes dents sont pareilles à celles de ces chèvres superbes 
Qui remontent du lavage, 

Chèvres qui toutes portent des jumeaux 

Et ne perdent pas un seul petit. * 

* 

3. Tes lèvres ressemblent à des iils d'écarlate ; 
Tes paroles sont ravissantes ; 

Tes joues font resplendir leur coloris de grenade 
 travers ton voile. 






4. Ton cou est (élancé) comme la tour de David 

Qui est construite pour la destruction (de Tennemi) , 
Mille boucliers y sont suspendus, 
Toutes les armes des guerriers. 

5. Tes seins sont pareils à deux faons. 
Jumeaux de la biche, 

Qui paissent au milieu de roses. 

« 

6. Avant que la brise souffle 

Et que les ombres s'étendent, 

Je m'en irai vers le mont de la myrrhe. 

Vers la colline de Tencens. 

Le jeune homme en partani» 

7. Tu es toute belle, ma bien-aimée, 
Tu n*as aucun défaut. 

* « 
Avec moi, vers le Liban, ô (ma) fiancée ! 
Avec moi, vers le Liban tu viendras ; 
Tu auras une vue sur le pic de TAmana, 
Sur les pics du Senir et de l'Hermon, 
Sur les tanières des lions. 
Sur les retraites des tigres. 



112 RBVUE SÉMITIQUE 

On a souvent trouvé que ces comparaisons étaient d'une 
choquante incohérence ; c*est du pur dogmatisme. En réalité 
le poète se contente de donner un simple coup de palette et ne 
vise nullement à une assimilation tant F.oit peu réaliste. Il se 
borne à relever un seul attribut gracieux : la fine et longue laine 
des chèvres qui descendent de la montagne embaumée de 
Galaad (Gen.,xxxYii,85) symbolise la cheveluredelajeune fille, 
les petites brebis éclatantes de blancheur après le bain donnent 
rimage de ses petites dents blanches; ses lèvres lui rappellent 
le fil teint d*écarlate, ses joues le coloris de la grenade ; son 
cou la tour élancée de Tarsenal de David ; ses seins enfin sont 
comparés à de gracieux jumeaux de faons. La vie du berger 
fournit la presque totalité des images; en fait d^objets fabriqués 
par la main de l'homme, l'auteur de cette églogue n'est frappé que 
par les rubans d'écarlate qu'il a pu admirer sur la tunique de 
quelque riche propriétaire et surtout par la svelte tour de Sion 
qu'il distingue de loin. Chose remarquable, ce ^le cham- 
pêtre a le talent instinctif de rehausser les avantages de son 
héroïne par des détails qui appartiennent aux objets dont il fait 
la description. Les chèvres descendent du mont embaumé de 
Galaad = chevelure longue et embaumante, les brebis portent 
des jumeaux sans perdre un seul petit = dents bîai rangées 
et dont pas une n'est avariée ; la tour de David est richement 
pourvue d'armes de défense = buste délicat mais décourageant 
Tindiscret; les faons paissent au milieu des roses = incarnat 
de la poitrine. La repétition des mots € à travers ton voile » 
quand il s'agit de l'éclat des yeux et du rose des joues produit 
og&loment un puis^s^nt effet* 

I • HCS • ^^'^i*^ • ^ ^^* •-»^ • fermer, couvrir » — ythXf^ 
racire îtn*» < de^^œndre >; cf. Jla., • s'asseoir >. 

*• n^i^p% < de mf ne t.^V.le >, t;rê de 23{7f « grandeur, 
me^îr?, u...e > — r\2^îCrs!^ * •l'*^ portent des jumeaux •, 

Cevn* — ru^OC* -^ '*^ ^^ ^T^SîT' ^^'^ forajé de ^jf, « avor- 
ter, pç^rdre v: c:;:*,^ ï, 

l. r^V^o * vîcs:r*îca.cnde TeniH^nvi », ar, ,^jl^. 

S» La jc;jV\sw:,vVî ^ e>l pr;se :c; iaos le sens de « vers, 



RECHERCHES BIBUQUC8 113 

dans la direction de », comme ii, 6. — niDN ^st très proba- 
blement TAnti-Liban qui donne naissance au fleuve du même 
nom (II Rois, v, 12). — "ïTinû ^^ P®^* P^^ former parallé- 
lisme avec nWJ^DD î '^^^^ "^nriD» • ^^^ demeures, retraites » . 

XIII 

Chant de noces. En entrant dans la chambre nuptiale, le 
jeune homme adresse un ardent compliment à sa fiancée. La 
jeune fille répond avec une amabilité encourageante. Le lende- 
main matin l'époux fait une fine allusion à son bonheur et au 
succès du banquet de la veille. 

Lo fiancé. 

9. Tu me ravis, ma compagne, ma fiancée! 
Tu me ravis, par la vue d'un de tes yeux, 
Par la seule vue du collier qui entoure ton cou. 

iO. Que ton amour est beau, ma sœur, ma fiancée! 
Combien ton amour dépasse Tagrément du vin ! 
Combien le parfum de tes onguents dépasse tous les arômes ! 

I î . Tes lèvres distillent du sucre fondu, ô fiancée ! 
Ta langue nage dans du miel et du lait 
Et tes vêtements exhalent le parfum du Liban. 

VZ, Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée ! 

Une source fermée, une fontaine (d'eau vive) scellée. 

13. Le sol arrosé par toi devient un verger de grenades, 
De fruits exquis, de kôphers et de nards ; 

(Là poussent) le nard, le safran, la cannelle, le cinnamono, 
Avec tous les arbustes de l'encens, 

14. La myrrhe et l'aloès, 
Avec les plus fines épices. 

* m 

15. (Tu es) une source qui arrose les jardins, 
Un ruisseau d*eau vive qui coule du Liban. 

La, fiancée. 

16. Eveille- toi, vent du nord ! 
Arrive, vent du sud ! 
Souffle sur mon jardin, 

Pour que ses parfums se répandent I 

tLWtn itMITlQVt 8 



REVUE SÉMITIQUE 

mon ami vieiiitc dans ^on jardin, 
maiigcr là son aisel de ses iiieilieiir.ï fniiLs! 

l.'i-IHiii\ 3" Irnihniain. 
iv dans mon jardin, ma sa'ur, mn fiancie ' 
ucilli mil myrrhe, mon épice, 
v.iwji U- ravfiii a\oc mou niii-l. 
.limon vin," mon lail; 
aniarades cmt ibicni ninii^i- {.m banqnen. 

[•5, € enlever le cœur (^S), ravir, charmer >. 
I -, « onde, cours d'eau vive d ; cf. «i^j. Le jardin et 
(' = Iebeau corps de la fiancée) sont fernaés et 
;'csl-A-dire inacceî:^ib!es aux autres. 
V. I . ly-t — rni'*» ■ rayon' du miel » (I Samuel, xiv, 
a forme de l'impératif ip^fcl 1^32; ititroduiL absur- 
des témoins indiscrets dans l'oot relien tout intime de 
ire nuptiale. Il faut lire au pa^sé^nt/^'ilDE?; '1 s'agit 
. invités au banquet du soir et ([ui ont contiimé àman- 
boire après la retraite du jeune couple. 

\IV 

lit drame rêvé par une jeune épouse. En dormant 
voir son ami frappera la porte. It la prie de lui ouvrir 
se mettre à l'abri de la bruine nocturne. Elle hésite 
a nécessité de se lever et surtout de s'Iiabiller. Devant 
nces de l'ami elle (înil p,ir céd^T. mais en ouvrant la 
e s'aperioit qu'il n'est plus là. Elle le cherche dans 
l'appelle, mais en \ain. ^cris et sesallures suspectes 
'lît occasion aux gardiens de nuit de la niultraiteretdelui 
'on voile. Le K'iidemain matin. ne voyant toujours pas le 
marié, elle adjure les filles de Jérusalem qui sont 
i voir d? dire à son ami on cas qu'elles le rencontrent, 
^t malade depuis son absence. Sur la de mande des jeunes 
■ l'.iil de son ami une description tellement enthousiaste 
veillent l'acconipngner dans s«vs recherches. Mais, prise 
»ul do jalousie. ol!e refuse ce concours en préteitant que. 
Clin doute, son ami s'est rendu dans son jardin pour 



RKCHERCHES BIBLIQUES 115 

mener paître ses brebis; elle ne veut pas d'intermédiaire entre 
elle et son ami. 

2. Je dormais, mais mou cœur veillait; 
Voici mon ami qui frappe à la porte : 
Ouvre-moi, ma s (pur, 
Ma bieu-aimée, ma colombe, ma parfaite, 
Ma tête est mouillée de rosée. 
Mes boucles sont pleines de la bruine nocturne. 






3. (Je dis :) J'ai ôté ma robe, comment la remettrais-jc? 
Je me suis lavé les pieds, comment les salirais-je? 



« 



4. Mon ami tendit la main vers le treillis 

Et mes intestins furent remués de compassion 



» * 



5. Je me suis levée pour ouvrir à mou ami, 
Mes mains distillaient la myrrhe, 

Mes doigts laissaient d^s gouttes de myrrlie ambrée 
Sur le bouton du verrou. 

6. J ai ouvert à mon ami, 

Mais mon ami était parti à mon insu. 

J'ai senti l'âme me quitter par suite de son départ. 

Je l'aï cherché, je ne Tai pas trouvé ; 

Je l'ai appelé, il ne m'a pas répondu. 

7. J'ai été rencontrée par les gardiens 
Qui font des tournées dans la ville; 
lis m'ont frappée, ils m'ont blessée, 
Ils m'ont enlevé le voile que je portais, 
Ces gardiens des murs. 

Le lendemain . 

La jeune femme. 

8. Je vous adjure, ô filles de Jérusalem î 

Si vous rencontrez mon ami, que lui direz-vous? 
(Dites-lui) que je suis malade d'amour. 

Les filles de Jérusalem, 

9. Par quoi ton ami se distingue-t-il d'autres amis? 
O la plus belle des femmes I 

Par quoi ton ami se distingue-t-il d'autres amis, 
Pour que tu nous adjures ainsi ? 

La jeune femme. 

lu. Mon ami est blanc et vermeil, 

On le distingue par sa taille entre dix mille. 



Le Siimérisme et l'Histoire babylonienne. 

{Suite.) 



b) Exemples de ta. 

\. an-gim-nun-ta ud-du-a (II. n<» 3, col. II, 12), « dans la famille- 
suprême brillant ». 

2. ma-al kur-ta (III, n» 1, 10-17), de (ex) Maal-montagne ». 

3. crin lah-lah kur-ta mu-na-ta-dul-du (IV, n» 1, col. II, 2-3), «des 
cèdres brillants de (ex) la montagne il fit venir ». 

4. an-ta he-suè {V, n® 1, 29), « en haut (= hautement) qu'il exter- 
mine ». 

5. nam-pa+si+te sir-la-ki-pur-ta {ibid.y iv 2, col. VI, 2-3), « dans 
le gouvernement de Lagas » . 

6. id-8uhur?-ta (ibid., 19) « dans Id-suhur? ». 

7. an-ta-9ur-ra an-nin-gir-su-ka-ta (i6id., col. VI-VII, 23-1), « dans 
TElis-maçir de Nin-Girsu »: 

8. ka-gi-na-ni-ta (VI, n« 1, col. I, 4), « dans (= selon) sa parole 
véridique ». 

9. ka an-ka-di-na-ta(tbû^, 10), «selon Tordre de son dieu Ka-di ». 

10. ka si-di-ni-ta (ibid., 24), a selon son ordre équitable ». 

11. ka-an-en-lil-tal£6*d., 28), « selon l'ordre de Ën-lil ». 

12. e-bi id-nun-ta {ibid., col. II, 1), « et le canal du (a6) grand 
fleuve (jusqu'à x) ». 

13. gu id-lum-ma-9ir-ta-ka {ibid., col. III, 20), « sur la rive de 
Id-Ium-ma-$ir ». 

14. gir-su-ki-ta(i5id., 30), « de Girsu (àx) ». 

15. an-ta-sur-ra-ta {ibid., col. IV, 30), « dans l'Ëlis-maçir ». 

16. ka-si-dî an-en-lil-ta ibid., col. V, 6), « par l'ordre équitable 
de En-lil ». 

17. ka-si-di an-nin-gir-su-ka-ta {ibid., col. V, 7), « par l'ordre 
équitable de Nin-Girsu ». 

18. ka-si-di an-ninâ-ta {ibid.y 8), « par Tordre équitable de Nina ». 

19. e-bi id idigna-ta {ibid.y 9), ce canal, du Tigre ( à TEuphra- 
te, etc. M 

20. uru-ha-a-ki-ta (VII, 8), « de {ex) la ville d'Arua ». 

21. utu-ud-du-ta (VIII, n? 1, col. I, 46), « du lever du soleil t. 

22. a-ab-ba sig-ga-ta {ibid., col. II, 4-5), « de la mer inférieure ». 

23. kur m&-gan-ki-ta (X, st. A, col. III, 14), «de la montagne de 
Magan ». 

24. lûë-an-na-ta(ibid., col. IV( 6), «celui qui de Bit-samê (le fera 
sortir) », 

25. ô-9il-gid-gid-ta {ibid.y st. H, col. III, 3), « de (ex) Bit Rôbôti 
arkâti >. 



REVUE SÉHITIQUE 

• confirment le fait déjà signalé par moi dès le 
slpo^ition ta rend la préposiUoit réelle ina dans 
is de < dans, en, selon, par (le sémitique 3) > 
ex) » marquant un point de départ ou d'origine 
q). Dans le dernier cas ina équivant à istu, ultu. 
;cla particule sémitique éclate à tous les yeux. 
onème ta est assez obscur; on pense néanmoins 
{, < venir, entrer », qui a pu donner à la fois les 
:s tu et ta ; cf. ru et ra, ku et ka. 

c) Exemples de da. 

f, n" I, 471, " contre la parole u. 

-su+da+ka (i'iiV/., n"2, col. IV, i2i, «par Nin-Girsu». 

a-ge ki an-iui-ag-ga-da |i(-(i/-. col. V- VI,2C-i|,« par 

m-da(('ii((., Gi. par Bit-SamO-ukin. 

da iVI. Il" 1. col. I, 2J|, -avec ( = contre| Gis-uh ». 

li pa-te-si gi'4-uh-ki-ila tihiil., 3!l-4ll, <. avep Bel-id- 

rneur deGis-uh ». 

•bi (,'din-da \ibifl., col. 111,23-21). " leurs cadavres 

1 a abaiidonni^) *. 

ih-ga zfl-da(ttiid.,n«3, l.')|, » vase d'argent brillant ■. 

Vllt, col. I, 2G), B fila ensfcndrc ». 

|X. st. B, col. II, 5|, 1 aveu une forte intelligence ■>. 

i-da iihkl., col, VU, 23), o en restaurant «. 

.-ay-da(.7,((i., col. VIII, i|, « en faisant briller .. 

na-da {ibid., 3|, « sa base en consolidant ■>, 

1-la-da liliùl., H|, « de sa main en prenant ». 

-a-da [('■(Vf., lOj. n sfs Jours en prolongeant ». 

clairement de ces exemples que da représente 
>osition réelle ina, mais dans le sens d'un rapport 
jn de rencontre, d'entremise, de durée tempo- 
verses nuances de ce^ conceptions, ina peut être 
itU. L'idée de pénétration dans un intérieur lui 
lit défaut ; il marque encore moins le point de 
onceplions sont le propre de la. La participation 
équivaut souvent à la possession de cette qualité 
le représentant courant est gàl. 
is général, le phonème da rappelle l'idéogramme 



LE SUMÉRISME ET L^HISTOniE BABYLONIENNE 1 1 9 

fahy dahj c approcher » (de Jahû, dahû^ ^nD^ im) "» ^f- ^^ 
de nah. 

LE VERBE AU PASSÉ 

En assyro-babylonien le verbe au passé se distingue du nom 
par la préfixation des indices pronominaux : askun, taèkun, 
iékun. Extérieurement vu, Va de la première parait être une 
simple nuance de Vi qui marque la troisième personne. L'iden- 
tité de ces indices au qal atteint toute sa plénitude dans les 
verbes à racine faible, ainsi idt et êpus signifient à la fois < il a 
connu Dy c il a fait x) et ce j'ai connu i et a j'ai fait >. Cette con- 
fusion est en outre élevée au rang d'une règle immuable dans 
toutes les autres voix verbales, ainsi, les propositions « j'ai 
fait faire > et « il a fait faire » s'expriment l'une et l'autre 
par usakkifif usaskiriy sans distinction de la nature des personnes. 
Quant au t de la S* personne, il sert dans toutes les langues 
sémitiques à indiquer en même temps la S"" personne du fémi- 
nin. Devant ce phénomène que présente l'usage courant de 
leur langue maternelle, l'idée que l'indice de la 3* personne 
suftît à désigner les deux autres personne à dû pénétrer pro- 
fondément dans l'esprit des premiers scribes babyloniens et les 
amener à désigner dans le système idéographique toutes les 
trois personnes du verbe par le seul indice de la troisième. 
Et conome un tel indice est par sa nature même indéterminé, 
ils ont été très logiques à en prendre les modèles dans la série 
des pronoms indéfinis : mannuj c qui lo^mina ou munu^ c quoi », 
ainsi que nous le disions plus haut. Aussi, le préfixe mn à voyelles 
variées, souvent abrégé en m (m, i, a), est devenu l'indice 
caractéristique du verbe idéographique qui exprime une 
action ou un état. L'idée passive seule aexigé un indice différent 
comme on le verra plus loin. 

a) Préfixe mu-na. 

1. a inu-na-sub(I, 1», VllI, col. III, iO), « cela il a offert ». 
*J. mu-na-ru (II, a» 1, 7pa,s.sù/i), « il a construit ». 

3. ma-mu-na-gar (IV, n® 1, cul. III, ii), « ou don il a offert ». 

4. nam-mu-na-kud-du (V, n" 1, 10), un serment ils ont prêté ». 

Ô. ki-bi mu-na-gi \ibid., n' 'l, col. III, G im^a^iui), «il a rrstauré ». 



REVUE SéHITIQUE 

n {ibid., col. V. 17), i> il a creusé «. 

■sa (ibid., 19. X, col. IV, 3. X, St. E, col. IX, 4), < en 

nc(^ «. 

[ibid., col. VII, 5), « il a établi ». 

a (VI, n° 3, n, VII. 11. X, St. A, col. 2. 2.4; St. E. 

I il a fait » , 

ib [ibid.. il), ilapR^senté •>. 

im {ibid., col. IV, 7). o il a établi «. 

u-na-Mum {ibid.. St. II. col. 3. .''i), <• In vie donne! ». 

b) Préfixe abrégé^ mu. 

n"2, 38; III, n"I,7,9. 13.20.31; n«2, col.1,7; col. 
. S, \. 6; n" 3. 7, 10, 12. 14. Ifi, IH, 20, 32; III. n» 2; 

t+ni + ru=ë-ne-ni mu-ru tibtd., n" 3, col. Il, 131. 

I il a construit •>. 

, col. 11, 3; col. m. 2; col. V. 3, X; col. HI. 3, X; col. 

i., col. Vfll, 20). ■ il a taill.-, sculpté ". 

bid., 4), il a creusé, sculplé ». 

?| {ibid., col. V, t>t, » il a fait venir? ". 

/, 11" 2. col. III, 16. 32; col. iV, II, t il a accumulé. 

i-du |t6i<;., 19), I il a été serré ». 

'id., 13. 17), n il a endomma^'é, dévasté >. 

Id., ITij. ■ il a achevé, exterminé *. 

i6i'(., col. V, 7(, » il a éporgé. tué ». 

m liliiil.. Si, " il a anéanti, ruiné i. 

1 [il.i.l. col. II. 4), . il II fait connaîtra ., 

i/a- [U>id.. 21 ;col. III, 11) . lii ville (qui cslj pure ». 

u-ni-tug (VIII, col. II, 161. " à sa main il a accordé ». 

u-sal-la mu-da-nâ {idiV/., 17-IS|, oies pays en tran- 

l rester .. 

amu-da-ci(()i*(i. , 36-371, n d'eau de joie il a abreuvé». 

. L'infixé da des n" 15 et 16 sera expliqué dans 



ï.t« mu-{na) suivi tVun suffixe personnel. 

Tient direct du verbe transitif k la 3* personne est 
1 .iâ ou .iuatu, indice identique au suffixe possessif 
aersonne dont l'idéogramme est ni. Le système 
t de même, mais pour écarter ia confusion avec 



LE SUM^RISHE ET l'hISTOIRE BXLYLONI 

le sufHxe possessif on place nt immédiatement 
du sujet. A lieu de ni ou rencontre une fois la fo 
me=annu (6). 

1. sag-bi erin lah-lah mu-na-ni-gub (IV, n* 1, col. 
t comme toit les cèdres brillants il les a fait placer » 

2. àu-na mu-ni-gi (V. a- 2, col. IV, 5), « à aa main 11 1 

3. mu-ne-na-ni = mu-na-ni-no UhiH., ,-nï. V, 13), 
velé ». 

4. sag-kii mu-ni-pa-kab [ibid.. toi. Vil. 6), t en 
offerte ». 

5. ur-bi nà-a mu-na-ni-ni (VI, co!. V, 13; X, C, • 
en pierres il l'a construite >. 

6. inu-na-gar-e-ne (VIII, col. Il, 25|, • il Ta plané ». 

7. e-mah-ni a mu-na-ni-tur (X, A, col. III, 5), « d) 
très grand ceci il a fait entrer ■. 

8. ë a mu-na-DÎ-lur (ihid., col. IV, 3-'i), o dans I 
il a fait entrer ■. 

9. è-an-na ka mu-na-ni-tur(ififd..r, col. IV. 3-4^, ■ 
d'Anu il l'a fait entrer ». 

10. e-mah-na mu-na-ni-tum libt''.. E. col. IV, 14- 
temple très grand il l'a placé s. 

11. ë-uru-azag-ga-ka mii-na-ni-tur {ibid., H, col. I 
le Bit-Eri-Elli il l'a fait entrer». 

d) Préjixe n (na, ni, ne) isolé ou suivi des 
personnels m, n. 

1. iir-8ag-bani-mi-gab(V,n''l, 34), i indemnes jclea 
2.. ninda-gud ku an-kii [tbirl.. ^9), n un bœuf je lei 
nourriture d. 

3. enim-da gur-ra-da-an = enim-da an-gur-ra-d 
■ contre la parole il fera retourner v. 

4. ud a-ru ka-an-gàl (ibid., 49), "à l'avenir il réclai 

5. ud'da enim-b<i su-ni-bal-e {ibid., 5l)|, le jour q 
à sa parole ». 

6. mu gal-lû uh-ki-ka ni-zig-ga-a [ibid., n* 1'. c 
« dans l'année où le roi d'Ub il a attaqué. 

7. ki-an-na-8g-ga-da(ibi(l., col. VI, I), ■ quU'alme 

8. ki-ba na ne-ru (VI, n" 1, col. 1, 12), « dan^» sa ] 
il a érigé .. 

'J. oa-ru-a-bi ni-pad |tbi(/., 18-19), * cette stèle il a 
10. edin sir-Ia-pur-ki-ku ni-du (l'fitd., 20-21), ■ ver: 
de Lagas il est allé >. 



LE SUMÉaiSME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 123 

5. im-bi ki-lah-lah-ga-a im-mi-dib (X, St. C, col. III, i-2|, « son 
argile d'un lieu pur il a pris » . 

6. us-bi mu-azag bîl im-ta-lal {ibid., St. C, col. III, 6-7), « ses 
fondations il a purifié et il (les) a rerapli(es) de splendeur ». 

7. lu gis-uh-ki-ra e-na-sum (V, n» i, 6), t aux hommes de G.-U. 
je (l'jai préposé ». 

8. gir-bi si-e-na-di (VIII, col. Il, iO-ll(, •< leur marche il a rendu 
prospère ». 

9. sukum an innanna e-na-gid a-dug e-na-de {ibid., col. III, 10-15), 
« la nourriture d*Innanna il a offert; d'eau bonne il a asperj^é ». 

10. in ru-a (X, St. A., Cart. 6), « qui a construit ». 

H. lu Ô-an-na in-ru-a-kam (ibid.. St. C, col. I, 5-6), « celui qui a 
construit le temple d'Anu ». 

12. lu ë-ninnù an-nin-gir-su-ka in-ru-a (ibid.^ col. II, 8-10), t qui 
a construit le Bit N. de N.-G. ». 

13. e-gaz (VI, col. III, 18), « il a tué ». 
44. e-ag {ibid., col. V, 11), « il a fait ». 

15. kar-dar-ra a-e-du (VI, n* 1, col. III, 32-33), « en vainqueur 
il est venu ». 

Ainsi que je l'ai dit plus haut, les préfixes précités viennent 
des pronoms dénoonstratifs ammu et annu respectivement. 
L'abréviation finit par s'arrêter à la voyelle initiale, uniformé- 
ment réduite en e. Ces formes verbales sont caractéristiques 
des phrases secondaires ou incidentes et ne concluent jamais 
une proposition principale comme c'est le cas de mu-na. Quand 
le verbe est suivi d'une voyelle indice du participe, le préfixe 
in comporte toujours le sens relatif de (c celui qui d. 

f) Préfixe b (ba^ bi\ ab, ib). 
Exemples : 

1. gis-ba-tug (II, n« 3, col. II, 7), dont la prière ost exaucée ». 

2. sag-gi ba-pad-da-a (IV, n« 1, col. II, 1), « cœur sincère il fut 
appelé ». 

3. igi-baka.s-sigba-ni-garnol, 33), «devant elles du vinjel'ai mis»- 

4. kud-du ba-us (VI, n» 1, col. II, 24), « le tribut a été fixé ». 

5. 400gal-gur ba-tur {ibid., 26), « 400 grands gurs sont entrés ». 
0. ur-lum-ma ba-da-kar(ilî>/d., col. III, 15-10), « Urlumma vaincu ». 

7. bar-e ba-dug ili-ku {ibid., col. IV, 16-17), « par un ordre donné 
à Ili ». 

8. nigin kù-lah-gu zal-da an-nin-gir-su-ge ab-ta-gu-e {ibid.. 
Il*»* 3, 15-16), «i le vase d'argent brillant qui à N.-G. avait été promis ». 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIENNE 125 



g) Suffixe vocaliqtte, — Participe. 
Exemples : 

1. kar-ta-du-a (II, n^ i, col. II, 7), « dans le pays allant ». 

2. é'Sa-dug-an-na-bi ni ga-sa^-a {ibid., col. IV. 3), « maison d'of- 
frande dont le sommet s'élève haut ». 

3. lu é ninnîi ru-a (i5id., 8-9), « de Bit-N. le constructeur ». 

4. an-gim-nun-ta-ud-du-a {ibid., n® 3, col. II, i2), le dieu Glm 
s&ortant dans la domination ». 

5. id ninâ-ki-tum-a {ibid., col. III, 6), « le canal Nina consolide». 

6. lu he-ku gï-gï-a (VI, n» 4, col. IV, 18), « qu'il a rendu prospère 
(m. à m. homme à bien rendant •. 

7. nin-ne-ru dug-dug-gi (ibid.^ 23), « hostilement parlant ». 

8. pa-sum-ma (i6id., col. V, 22), « tenant le sceptre ». 

9. gistug(-pi)-summa (ibid., 24), « doué d'intelligence » (m. à m. 
« intelligence tenant, possédant »}. 

10. âag-pad-da (ibid., 26), « mentionné de cœur ». 

il. lii dug-an-ru-ne tub-ba (ibid,, 30), « qui revêt Tordre des 
dieux ». 

42. an-ta bal-e-da (ibid., col. VI, 10-16), tarrogamment ils tra- 
verseront ». 

13. gal-lù ki-an-na-ag-ga-ni (i6id.,n» II verso, col. 111,9, n«»3, 13), 
« le roi qui l'aime ». 

14. u-a an-innanna (VIII, col. I, 25), « pourvoyeur d'Innanna v. 

15. sag e-hi-a (ibid., 31), « esclave élevé ». 

46. ganam sig-gur-a-gim {ibid., col. II, 44), « comme un agneau 
tondu ». 

17. nin nin-a-gu-de-a (X, st. E, col. I, 9), « dame de quiconque se 
réfugie (vers elle) ». 

48. ë-an-ba-u ki-bi gi-a-da (ibid., col, VII, 22-23), « le temple de 
Bau en restaurant ». 

19. he-gal-bi pa-ud-du-ag-da (t7>ûZ., 24 -VIII, i), « abondamment 
en faisant briller ». 

20. gis-dur-gar-sir-pur-la-ki-ka gir-bi gi-na-da (i&td., 2-3), «du 
trône de Lagas sa base en consolidant ». 

21. !^u-na gàl-la-da (ibid., 8), a de sa main en prenant ». 

22. nam-ti-la-na ud-bi sud-a-a (ibid,, 10), « de sa vie ses jours en 
prolongeant ». 

La forme du participe hiératique coïncide avec ce qu'on 
appelle ce la forme de prolongation » dans les phonèmes nomi- 
naux. Elle consiste dans la répétition de la consonne finale 



ITIQUK 

:, soit par la simple justapo- 
m le groupe précédent se tcr- 
crite ou résultant de la lecture 
primitif d'indiquer la lecture 
st accompagné de particules 
oloDgée du phonème répond 
Unsi du (lur), < fîls >, mais 
1 reflet du procédé réglemen- 
(, X son fils >, mais ana {ina, 
je, sur, etc.) son Bis n. Dans 
est encore la finale vocalique 
:. ; ce procédé est de nouveau 
pe idéographique. Quand la 
réfïxes personnels, n'importa 
B présent des verbes babylo- 
emporaire. Voyez n° 2 et les 
[ans les articles précédents. 

[ga). — Subjonctif. 

'.!], ■• lafacu iiiiil bfiissf u. 
Iiautenient qu'il l'xtermiiic ». 

rt), •■ qu'il le conHoIiiic ». 
w jsoil un homme do (Ji^-L'li ... 

soit un liomint' iUr;ingt!r v. 
i9--.'(i), : que le dieu Bel le 

gà iHii't.. '.24-2.11, • de sa main 

it qu'il lève .. 

jî-gi uhid., -iS-TJ), • au milieu 

ntsu. 

I, 17-18), ma justilication qu'il 

(((»(('.. H)-2l), « qu'à ma vie de 

(i., '22-?3i, "le pays dans la 

I lia-mu-ru-dug tibid., 3i-261, 
multiplication qu'il ordonne*, 
da-gab iihid.. 2a-31|, «sur Iv 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIHE BABYLONIENNE 1S7 

ii. sib sag-gud>gàl da-er ho-me (ibid.y 35-36), a pasteur vaillant 
pour toujours que (je sois), moi ». 

15. gir-bi he-en-bur-ri (X, 16-18), « sa base qu*il broie n. 

16. sa kul-bi he-en-til-li {ibid., 19-20), « et sa postérité qu'il 
anéantisse ». 

n. nam-he-ma-tar (X, st. C, col. IV, 12), ■ le sort qu'elle tranche ». 

18. kul-a-ni he-til(t&id., 16), a ses descendants qu'elle extermine». 

19. bal-a-ni he-tar {ibid.y 17), « son gouvernement qu'elle re- 
tranche >. 

20. gal-na-ga-mu-zu =: gal-zu-na ga-mu(V, n^ 1, 31), a grand sage, 
certes, (est mon) nom ». 

L'idée du subjonctif est rendue en assyro-babylonien par la 
particule lu qui a primitivement un sens affirmatif,* comme 
l'hébreu ïj^ . Son représentant idéographique est I e signe ^:^, g an, 
han(n certitude»; cf.^tnadem, M3)etÂa, Ai, he, hu{d. lah = 

lag)f avec Tomission du n final. Lorsque, par des raisons gra- 
phiques encore assez obscures, la lecture ha ou ga est préférée, 
l'idéogramme ambigu est remplacé par ces caractères phoné- 
tiques, ce qui constitue d^ailleurs un procédé fréquent dans 
l'orthographe du système sacerdotal. Le sens de pure affirma- 
tion du modèle babylonien apparaît au n"" 20, et la coïncidence 
de he-me avec le babylonien lu anaku (1 4) fait éclater le génie 
sémitique de l'auteur. Gan vient immédiatement de Tadverbe 
phonétique et réel gana qui marque Tidée d'exhortation (De* 
lilzschHW.,p. 201). 

J. Halévy. 

\A suivre,) 



La fixation définitive de Talphabet safaitique 



Tout déchiffrement fait sur des copies rapidement tracées 
par un petit nombre de voyageurs est par cela même sujet à 
caution, au moins en partie. Cette vérité banale ne m*a pas 
échappé en 1877 lorsque j'ai publié dans le Journal asiatique 
mon Essai sur les inscriptions du Safâ. Le mot a essai » tra- 
duit avec une concision suffisante les doutes qui m^assaillaient 
devant des solutions qui s'obstinaient à refuser les éclaircisse- 
ments que j'en attendais. Mais j'avais beau me tourmenter, 
les copies à ma disposition ne semblaient pas permettre d'autres 
solutions sans m'a venturer sur la pente glissante des corrections 
à tout propos où l'équilibre est facilement perdu. Aux obser- 
vations qui me venaient de la part de plusieurs savants et amis, 
ainsi qu'à mes propres doutes qui grandissaient après l'achè- 
vement dudit c Essai > je répondais inexorablement : < Il faut 
attendre jusqu'à ce qu'un contingent de nouveaux textes ou de 
copies prises par d'autres voyageurs des anciens textes 
nous apportent les éclaircissements qui nous manquent encore. 
Ces moyens de faire quelques pas en avant viennent de nous 
être fournis par les excellentes planches annexées par MM . René 
Dausset et Frédéric Macler à leur très intéressant volume inti- 
tulé Voyage archéologique au Safâ et dans le Djebehêd-Druz 
qui a paru, il y a quelques jours, chez Ernest Leroux. Dans 
la première partie de cet ouvrage les savants voyageurs ont 
donné eux-mêmes la transcription complète des il 2 inscriptions 
qui figurent sur ces planches et y ont ajouté un bref commen- 
taire. Leur transcription suit en bloc, sauf quelques modifications 
maléiîelles, les lectures proposées dans mon Essai. Je me 
réjouis sincèrement de cette approbation si précieuse : mais le 
devoir scientifique commande de passer outre à la satisfaction 
personnelle. Le moment me paraît donc venu de compléter 
Tancienne tentative de déchiffrement en introduisant pour 
trois caractères du système safaïtique des valeurs différentes 
de celles que je leur ai assignées auparavant. Cette correction 
m'a été imposée par un examen très minutieux des inscriptions 



FIXATION DE L' ALPHABET SAFAÎTIQUE 129 

qid les conticDDent. En épigraphie il n*y a pas de petit progrès 
qui n'amène à sa suite quelque rayon de lumière sur des 
énigmes restées insolubles ou ne suggère des réflexions qui 
servent à rectifier des conceptions historiques que Ton croyait 
classées et définitives. Sur ce sujet comme sur tant d'autres du 
domaine scientifique, l'adage talmudique c Ne dédaigne rien d 
est un conseil à suivre. 

Les deux corrections certaines à introduire concernent les 
représentants safaltiques des lettres arabes ? , ^^ en carac- 
tères hébreux n , y. La troisième correction tendant & rempla- 
cer y = jû par le sin hébreu, ^ est moins évidente, mais 
assez certaine. Pour prévenir les erreurs à l'avenir, je réunirai • ] 

ci-après toutes les épigraphes dont ces lettres font partie. 

A. La lettre pi* 

Cette lettre consistant en un trait perpendiculaire se termi- 
nant par un petit cercle aiu deux bouts, avait été considérée 
comme un ^ irrégulièrement formé, malgré sa coïncidence 

complète avec la forme du n sabéen. L'attribution erronée se 
fondait principalement sur le nom ^jf^n (53) dont le }( montre 
deux boucles fermées. Les autres exemples ne donnaient pas 
la même certitude contre cette hypothèse comme les nouvelles 
copies qui sont maintenant à notre disposition. Il vasansdireque 
les autres lectures relatives à des lettres ambiguës seront aussi 
rectifiées à l'occasion. 

5 a (Hal., 35, Vog., 5) oTIDyb 

11 n'y a de certitude relative qu'en ce qui concerne le nom 
propre OTIDJ^» composé de qttoj;, « vie de Râm (?) > . — 
A la seconde ngne, le groupe ipUffp serait-il un nom géogra- 
phique et le'o précédent la préposition abrégée de jq ? Le 
restant est encore plus obscur. ^ * 

UVCIlÉaiTIQll 






130 REVUE SÉMITIQUE 

« Par Âlû, fila Madû, fils de SalAmt (?) > 

La copie de DM. offre n; peut-être faut-il corriger cette 
lettre en i. 

70. ^S^p p t3p^ (boustrophédon) 

c Par Q&m, fils de ... i» 

Le second nom est impossible, est*ce q^^i» de Uê ? 

^^' bNDT p n*?nb 

c Par Thalith, fils de Ram'el. » 

Le ^ du premier nom a l'air d*un ^ ; la lecture est cepen- 
dant inévitable. Pour nbn confère le nom géographique 
TVii'fyif et le nom de dignité b^^b^ - 

^*- nj P IDîOb 

c Par Baisû, fils de Nôth (?). » 

On retrouve ce grafûte au n* 292 où on peut lire p^ s= ar. 
ô^J, « lion >, héb. jj^i^. 

<22. b: p nj^n*» p •»byob 

c Par Ma'laî, fils de Yathl^at, fils de Nèl (?). » 
n^n^ correspond à l'arabe ïmJj ; ^3 suppose Jy ou Je . 

135. (Hal.,i82;Vog.,198.) 

lODH p lîp^ 
< Par Qath, fils Ijiatit. > 

np rappelle l'arabe s^* Au n"" 13t> on lit jj^n p \f^ ; 
c'est peut-être le frère de notre signataire, maison peut aussi 

admettre que le graveur a oublié d'achever le tracé du n- 



FIXATION DB l'alphabet SAFAÏTIQUB 131 

159. (au milieu). nDJ?» p hiifrh 

c Par Rathôl, fils de A*ma|^. » 

^ni P^w^ v^ï^îr ^® ^j «-ussi bien que de ^;j . 
167(Hal.,119; Vog., 133). 

A décomposer probablement en pn + bn»*^* i:;^*+J^; 

un quadrilittère QnVn SLdditionné du suffixe de dérivation t — - 
n'est pas non plus impossible. 

177. [?n>^ »3m -lajr p tdh p '>jrh 

(Par Rai, fils de Thafir, fils de «Abd-Rababt et Mulai[t)?J. > 



•^On^^ l'arabe yj; lariT®**"^' 'eoisbé de roni) • Roub- 
bite > joint à "n!^> * serviteur »? il pourrait bien représenter 
le diea de la peuplade des ?ecaSn»oi qui habitaient bien l'Arabie 
septentrionale. 

188. (Hal., 153 b; Vog., 166.) 

ON p bxrnb 

< Par Rathôl, fils de Umm. » 
Le premier nom s'est déjà présenté au n* 1 59. 

198. Shiw p nabb 

< ParKunth, fils de âaddêl. > 

f^ se compare avec probabilité à l'arabe ^, oc enve-* 
loppe faite avec des herbes aromatiques » . 

207. Dbnb 

c Par Thalam. » 



Q^n ^^^^ doute Farabe ^^ <c brèche» brisure 



132 REVUB SÉMITIQUE 

227. Pi yr^ p Toylj 

Le nouveau nom propre ^pi s'identifie avec certitude au 
nom divin sabéen X2Vjy^ qui produit le nom composé iCKl^n*^- 

837. mrôp-iub 

ce Par Nûr, fils de Kithrat. > 
rrrO = V^' • multitude >, de j^, € être nombreux ». 

241 b. narb liù^S 

c Par RababUy (fils de) Muthaba. » 



roriD P®^** ^^"^^ ®^®®^ '^^^'^ ^^ v^^ que de v^y ; cf. aussi 
le nabatéen n^n^D, « siège ». Au n"" 141 on lit rÙVD» ™**s 
même en admettant la lecture les deux noms propres pouvaient 
exister l'un à côté de l'autre. 

250. toVo p nno p mm^ 

nXfi de <^, € avoir une voix rauque ». nnO découle 
visiblement de ^-^^ ou 



292. Voyez 82. 

301. Kisi laan p biob 

c Par Suûl, fils de Thababu, (fils de) Rababat (?). » 

M 

VtD» ^f* *^* «J-^ ^^ ^'^ » • demander » ; pour yxiD cf. ar. 
. Il rappelle le nom non moins incertain ^^ du n"" 

241. 

312 a. pn v^tDp p rotors 

c Par Y. n., fils de Qamr, (? fils de) Haq (?). » 

nab"*' visiblement une faute du graveur pour «ijyi (Hal. 
(386); le reste est très douteux; peut-être faut-il séparer Qp, 

nom propre connu . 



FIXATION DE l'ALPHABET SAPAÏTIQUE 133 

Même personnage que celui des n" 82 et 292. ' 

315. priy p i^Dh 

< Par Sa'd, fils de Othmân. > 

Nous avons ici pour ia première fois le fameux j^^ com- 
pagooD et successeur de Mahomet. 

368. (Haï., 188; Vog., 198.) 

^bxn p 13 p noty p taion jn npb 

€ Par Qath, fils de Hatit, fils de Sammat, 
fils de Bû,fils de Waâgalî. > 

Le même personnage a posé son nom au n* 1 35 ; ici on a les 
noms de ses trois ascendants. Pour la lecture n^tS^ voyez plus 
loin ; le groupe ^^jb^t est distinctement tracé et ne peut être 
mis en doute. 

396. DT p ntWD by nysa nr P i^]^^ 

c Par ""Abd, fils de Ya^'d ; en mémoire de Masath , 

fils de Wam (?). > 

Si la lecture est correcte, pj^ vient d'une racine *,i^ ou 
; m se compare à ^') (Hal., 384; Vog., 408). 



A * 



403. abjr'by n^vô ••ipN p mj;b 

c Par'^Ârim, filsde Aqnai; en . . . de^'Alim. > 
^X>H élatif de ijfj . — n^>f doit probablement être lu ^y^^ ou 

404. -jD p nitr p xw p -PBfob 

« Par Muàir, fils de Nasa (ou Hâ),.fils de èalh, filsde Sak, fils 
de §abab, en mémoire de Asayu, (fils de) Ma^gian. Il a ac- 
compli son vœu (?). Paix ! ... » 



REVUE SÉMITIQUE 

ff, racine arabe «-t-^ ; — pjy = y^r" , * aurore > ou 
, < matin > ; pjyo dérive de j|yo (3i7 o), ar. -r*». Ce 
âge corrige la diviaoD des mots de Hal., 79 ( etfaitdis- 
itre ta mention de la ville de Tmx que j'avais cru reconnal- 
lans pj. — j<33 i^pj semble avoir le même sensque f^-y^ 
; les lettres très distinctes, suriout le ^ du second mot; 
ndant ta négligence du graveur est toujours admissible. — 
ui suit apr^ q^ est inintelligible. 

■ ■ • nbnn p '•aj p 

< Par Faur, ais de Ta'mu (?), flis de Gadarêl, 
iilsde Gabt, fils de KbuUimat ... 9 

KTU. 'a copie offre ijj<nj- — Oûhn = i*^, « gros 
>. 

B. — La lettre jf. 

i caractère se distingue du t( safaltique par la fermeture 
forme de petit cercle d'un des bouts de la tige ; il coTncide 
; \e y sabéen. La confusion antérieure avec la lettre ^ est 
aux mots mal gravés sur les originaux et aux copies trop 
maires que j'avais sous les yeux . 

. (Hal., 23; Vog.,34.) 

on p |DV [p] prf? 
ai supposé jadis que m,-) est le résultat d'une bourde du 
'eur qui voulait mettre thisn i ^^ P^"^ ^^issi voir dans le » 
iffize de dérivation ajouté à Qn- — ÎSy dérive de ^ ou 
J-". — on» ar. j-^, « chaud ». 

*• nyï p DTîE^ 

es deux premières lettres sont douteuses ; le second 00m 
espond à l'arabe <^'^, < haut >. 



nXATIOM DE l'alphabet 8AFAÏTIQUE 135 

71. BM-p 

Le ^ d'appartenance manque ici comme au graffite précé- 
dent. «— Qy^, ar. à«^ 9 c idole ». 

76. mt^K p c^ p Vdt p pBb p bvp p ibD-isn 

c Hafarmalu, fils de Qaçl, fils de Lafsan, fils de Raml| 
fils de Gaf (?), fils de Asrat. j> 

iVonSPI ^^^ composé de ^rjn (*^6 b) et de ^^q (Hal., 

370 6). — ^>fp, ar. J^, € ignoble, faible ». — fbsbi ^'^• 
fj^f « fort »• — Vdi> *r* J^3> * sable », contenu aussi 
dans le nom hébreu ^irpSoi. — ftj ^® w^ naais la lecture 

Sa » . . 

ej^ (de ^) est possible. — nitVX ®^'' ^" "^^"^ nouveau auquel 
nous reviendrons. 

w. b»TVT p nyjN p onp p ^bo |d 'jpb vVnV 

c Par Khaliç-Saqal, fils de Malt, fils de Qadam, 
filsdeAn'am, filadeRa^'ahél. » 

y'jn est certainement rarabo-hébreU(^;û^, y^n, a achever, 
retirer, sauver ». — ^jjjj est très douteux. Les autres noms 
sont connus. — A remarquer l'orthographe ^^nj^l- 

36. i3y p yoipb 

€ Par Qirmiç, fils de •Abd. » 
yo-ip rappelle Tarabe ^Z^^» c^ -^' U^^J^* ^ fosse, nid >. 

97*. ..bDapariD p bxfiDx p ic^r'? p 3ij p anb 

« Par Rab, fils de Garab (?j, fils de La^è (?), 
fils de Subbêl, fils de Makhié, fils de Nam ... » 

Les lectures douteuses abondent dans ce graffite. Gomme 
la lettre y à elle seule ne peut pas former un nom propre, je - 
pense que le groupe suivant, en apparence y?2U3 contient 
deox négligences, inclinaison insuffisante du troisième signe 
qui avec le trait précédent fait un j^, oubli de tracer les trois 
petites branches du ^ ; l'ensemble fait ^2<n!}V) ^ lumière d'El » . 



136 REVUE SÉMITIQUE 

119*. jj^pa rnnvb 

« Par Sabrât et Qas (?). » 



» * » 



max de^r*, « attendre, espérer 9; quant au mot suivant, 
on ignore si c'est un nom propre ou un verbe. 

« Par Sa*mat, (fils de) ^rid (?), fils de Fa*z. > 
-n5f de ^y^^ € avoir froid » ; le dernier nom est douteox. 

129 — yyn i^ïjns bwsn p jb-w p pv p bK^nV 

c Par Khalêl, fils de Saman, fils de Sarfan, fils de Hamél 

et Halulu, (fils de) Da'9 (?). > 

^xbn» HaL, 198; Vog., 214. — mjy vient probablement 
de la racine Qi{2f, ar. ^. — ruiv» to'^r^» * plomb ; une espèce 
de dattes, > rac- ^y^^ < changer » . — yj^ *i,ar. ^^ ou ^jf^^^, 
ce tas de sable » . 

133. HaK, 187; Vog„203. 

DpD p la^ yn^ p aw nyfe» p ^3B«^ 

<c Par Mu6n!, fils de Mus*iru,[fil8 de] Naçb, filsdeYata% 

[fils de] âalt, fils de Suqam. > 

lî^fc^» f^y * poilu, hirsute», de^, c cheveu, poil >. 
— 3W> 'r-***'f « stèle », de w--«», < ériger ». 



141 Hal. 175; Vog., 191. 

c Par Hatt, fils de Am, (fils de) Tom, (fils de) Subat, 
' (fils de) âaqiat, fils de Ya'a. » 

Q^n po'ir Dixn» • juroeau ». — rOV» *•■. Ity-o, «tas, 
monceau > . 



FIXATION DE L*ALPHABET SAFAlTIQUE 1*37 

149 a. ubDH p yOûh 

« Par Matai (?), fila de Aslam. ]> 

Le nom yno ^^^^ inadmiasible jusqu'à preuve du contraire, 
il faut supposer une faute du graveur pour ^pDi ^^^ connu 
(MaOfioioç). Voyez 336. 

154. yvnb 

« Par Haças. » 

yVTI' j^^^o^f ^ rareté des cheveux >• 

463. HaK, 130; Vog.,U4. 

T^D p^ioyo p b2 p ViédS 

c Par Ta^al, fils de Bal, (fils de) Ma^ff, (fils de) Kadar. » 
yO, ar. ^jo^ ou j^^, « suceur ». 

1 66. Dans le dernier graffite dont les lettres sont trop disper- 
sées pour les combiner en un sens quelconque, on distingue le 



fc * ^. / 



groupe -Tîfn» *^- r^^ ^^ 

480. bKtsnfi p bo r»vb 

Trois noms nouveaux ; ^^^ origine inconnue ; ^q de S^, 
m sonner ». — V^feTlB» • étendu par Dieu », cf. ^y ; la 

copie offre ^xftTTB» ^^^^ '^ ^^^^^ inférieur de la seconde lettre 
peut avoir été ajoulé inconsidérément par le graveur. 

183. Hal., 151; Vog., 164. 

PDr]3 p ^ob 

<K Par Sak, fils de Ben-l^abab. i» 
rQï^S» ■ fils du matin, ou de Faurore » ; cf. Thébreu 

Trrer]3- 
491 *. DnpnnvpVnob 

c Par Mahl, fils de i^abab, fils de Ham. > 
hnû} ^^- Jv? ^ repos, quiétude ». 



RBVUB SimTIQUE 

93. Hat., 189;Vog., 16S. 

t Par ëaddêl, fila de $abab. > 
IMIG? ^^ J^i < '^ f°>^ > <DII.). 
04. Hal., 1&0;Vog. 163. 

■ • • a ivûp p nyy p ton p p p Vbb 

« Par Hathal, fils de Qen, fils de Amr, fils de 'Asad, 
fils de Qat'fln, F. .. > 

flQ, ar. ^, < ressemblance >; «^p, de j<^, ■ courber, 
Ire ». 

il'* n2v p -iDb 

lljde'Âi; cf. Tig. 

!18c. (î)îWDpK:ï'? 

*i tE^lO ii 1X3 "6 ^"^ "^'^^ ^^ *r*l*e ; peut-être 

t-tl corriger jjf^j ou ^3; cf. nms *" n'937. 

!29. TDDpmDYD*? 

3YD "^ présente point de forme possible; avec une légère 

rection, on obtient 3^3 qui correspond à l'arabe ^. 

î3fi- Nb^ p ïon p bup*? 

c Par Na-él, fîls de Hana. fils de Sal&(?). i> 

B39. La lettre initiale du troisième mot n'a pas distincte- 
nt conservé le petit cercle supérieur; on hésite entre k^, 
1 et xbï- ^^^ dernière forme est l'arabe ,j-*. 

239 a. Deux lettres isolées i^y , mais on ignore si c'est un 
n propre ou bien le début d'un graFBte inachevé dont le 
n commençait par un ■^. 



«FIXATION DE l'alphabet SAFAlTlQUE 439 

Une raciae ^ oe semble pas être usitée en arabe; mais le 
même nom revient au n* 303 a. 

289. . . -«B p VxD lyo p V1D ^pa niar p 3kV 

• Par Ab, iils de 'Agagat, (Sis de) Faqî, (fils de Maud, 
fils de Sa*d, (fils de) Maïl, fils de F. . . > 

rùSS' ^^' iSy (304)* — ^pB> cf. iy^. y^j3 est l'arabe ^jv, 
c figue >. 

«97. |3*n{H ^«^ip Don DTiD bVn p DT p nttWD p lyob 

€ Par Sa'o, fils de Maâiàat, fils de Dam, 
fils de Halal « . . cinq ...» 

Les quatre derniers mots obscurs de ce graffite contiennent 

peut-être le nom de nombre oon> * ^^^4 » ; le y du dernier 
groupe se trouve dans un milieu presque illisible. 

30â a. ^xDi nop p D^b irâ p iDxab 

c Par Baasu, fils de Bathu, (fils de) La^am, 
fils de Ni-mat, (fils de ?) Wasêl (?). d 

iro figure aussi Hal., 168; Vog., 182. — ny^ même 
nom qu'au n* précédent. 

306. Vi p nSDNb 

a Par Âsfad, fils de RhaL > 

Le graveur a inconsidérément fermé les branches supérieures 
du t(, ce qui loi donne l'apparence d*un y. 

L'élément ny remonte à ^ ou à ^L-*. 



FIXATION DE l'alphabet SAFAÏTIQUE 1&1 

356. Tytyo p -|nj p -lyv'? 

• Par Ça'd, fils de Ga^ak, fils de Mas'ir(7)i > 

nnjl étonne comme un nom arabe'; il revient cependant au 
n'32< e. 

f 
1 

Le signataire est le petit-fils du personnage qui a gravé le 
n* précédent. 

371 ft.Hal.,189Ba;Vog.,205. 

njn p vpj^i p rasb 

<( Par Kannaty fils de Ga^'qaQ, fils de Haggat. » 

La lecture yp];j au lieu de rp^^que porte la copie est garan- 
tie par Vog., 805 où le point marquant le y n*est pas indiqué. 
Aan"" 3S7 le y est omis; au n* 328 il y a en même temps 
omission du y et inachèvement du y dont il n^apparatt que la 
tige ayant la forme d'un ^. — pjjn (non nsn) ^® -cr^. 

390. niï p MOb 

< Par Maht, fils de ^a^. > 
La boule du ^ est effacée, mais la lecture est certaine. 

393 a. ^y p iti^ iBj; navp p -[D p bwob 

c Par Sinêl, filsdeSak, filsdeBen-l^abab. 
Pardon à l^ur, fils de *Âlaà. > 

«1^ est aussi un nom madianite mentionné dans la Genèse. 
— * vrbp fisure dans Hal., 336 ; Vog. 353. 

399. y-io ^y Q^SiS »3jr \2 D^kV 

< Par An'am, fils de 'Abat; en mémoire de Maraç. > 

Tous ces noms sont connus. 



142 REVUE SÉMITIQUE 

403 . ^yjiQ ^v T^îfB ijpx p Ulûb 

« Par Murlm, fils de Aqnt ; ... sur Man^an. d 

-|^ doiUétre un verbe» mais la lettre finale n^est pas d'une 
lecture certaine. Le groupe >jf^ est tracé au-dessus des lettres 

406. iBj«i -|j;tînD-|3 p IX p HSÎtKb 

a Par Âçbaby fils de Ad, fils de Ben-Musir et Afal. » 

Au lieu de ^g^ il faut probablement lire *-|g)( comme au 
n*75. 

44 b. nsDT p 3Vp ttrtD npbn^ 

npon ^® <J*^» * ^^^^ insensé >. — ^ gf^o, cf. ^^, t gra- 
piller, glaner >. — 3>{p =1.^^^, c roseau >, ou w'La», < bou- 
cher j». — nfîDl ^^®"'' ^® s.>v* * ramper, se traîner, avoir 
une marche emblarrassée » . 



Rien que par la similitude extérieure des graffites du Safa 
avec récriture hymiarite, on était fixé sur l'appartenance de 
la langue qui s'y cachait à la famille arabe, à Texclusion des 
dialectes araraéens voisins. En m'occupant du déchiffrement, 
j'ai recherché avant tout à déterminer les lettres qui forment 
la caractéristique principale de cette famille, savoir les repré- 
sentants des lettres aspirées ou emphatiques ^ , ^, 3, i, &, jd, 

mais j'ai eu beau me creuser la tête, Texamen le plus minu- 
tieux ne m*a fait reconnaître que le seul f. J'ai acquis ensuite 

la conviction que 3, ^ et ^ n'y sont pas représentés ptar des 

signes spéciaux. Gomme, par des raisons expliquées plus 
haut, le ^ et même le ^ avaient été pris pour un aleph, il ne 
restait dans l'écriture safaltique que les trois sifflantes communes 
?» D,)£f et une sifflante emphatique, y. A ce point de vue lesafalti- 
que montrait à peu près l'état phonétique qui est propre à féthio- 



FIXATION DB l' ALPHABET SAFAÏTIQUE 143 

pien, avec cette différence toutefois que ce dernier idiome 
possède le son du j^dur. Dans ces circonstances, j*ai dû assi- 
gner la valeur de ^ à un caractère dont la tige est pourvue de 
nombreux zigzags souvent menus. Le nom très fréquent que je 
lisais nt^YD ^^ Q^ offrait une explication naturelle par la racine 
bébréo-arabe ^t^^t yuo, c élre petit Jeune d, constituait la base 
de cette attribution, étant sûr d* autre part qu*une lettre aussi 
essentiellement sémitique ne pouvait pas manquer à Tidiome 
de Safa. Aucun des noms propres qui contiennent cette lettre 
n*était incompatible avec cette valeur; la grande majorité se 
rattachait sans grand effort à des racines arabes. Cela doit 
naturellement changer depuis le fait avéré par les nombreux 
graCBtes échelonnés au paragraphe précédent que le y a son 
représentant particulier qui coïncide exactement avec la forme 
sabéenne. En procédant par voie d'élimination, on pourrait 

théoriquement lui assigner la valeur du 9ad pointé (jd, y), mais 
quand on passe à Tapplication, on ne tarde pas à en reconnaî- 
tre rimpossibilité. CSar un nom propre n]^VD n'offre rien de 

satisfaisant. Des groupes comme ^^y, PIVK» ishi ^^ peuvent 
pas élre admis sans protestation. Pour éviter ces formes mons- 
trueuses, il faut se résigner à regarder la lettre en cause 
comme une variante graphique du sin hébreu qui répond 
aussi au ^ arabe et aussitôt les quatre noms que nous venons 
de citer prennent des formes régulières et intelligibles: 
1]^iWD> bDiî^' plty» ûSte^* L'examen de tous les passages 
qui contiennent cette forme atténuée de la chuintante ne lais- 
sera aucun doute dans l'esprit des épigraphistes. 

Déjà cité à propos du ^ (?4). — q-ij;/ de ^jJL, d'où le sobri- 
quet Aj^^^j « le balafré >. 

c Par Haqir, fils de âatlet Naim. d 

TPH» ". /•. — >nt&, ^t « pluie d'hiver ». — qj^j, 
^li, € dormeur >. 




U4 RBVUE SEMITIQUE 

63. npb p njrfe6 

c Par Sa^'r, fils de Saqam. > 

Les lettres p indûment fermées ressemblent k un gros jf ; 
le Q est aussi mal venu. 

68. ^tn ^pù nj^tt» p pfc6 

« Par Sarç, fils de Mu^iru ... en mémoire de *Am. 

Que (Dieu) lui pardonne I » 

yiitf^ J^j^f hébreu et éthiopien yw, o'Cff, t pulluler » ; 
après le second nom, la lecture laisse à désirer. — Il manque 
visiblement un y après Q];s)t ainsi : Q]^ ^^, « en mémoire 
de •Am ». — ^^gjj; est probablement pour ^ -yjjj^, « que 
Dieu lui pardonne ! » 

a Par ë[û] (?), fils de Rasulu, (fils de) Rbat, d 

Un nom ^jf figure au n* 108. — ^^jj^ rappelle Tarabe J^., 
c messager, envoyé ». 

76 a. pfpn p îa'jfcf p rabnb 

c Par Halbaty fils de Sagib, fils de Rub^n. » 

La racine ^^^ n*existe pas en arabe; il faut probable-* 
ment lireajjy (w^) ou -jj^f (>*vi')- — pfPn s'attache à 
^^^j, héb. ym, c laver i. 

76 b^ fin de ligne. 

rrtfH p ft\b p 

oc Par ... fils de Laf, fils de Asrat. » 
miW» **• »r^'> dey;.!, f scier, denteler •. 



LA tlELIGlÔN BABYLONIENNE U7 

i9 nam?-$a-ati tu-ma-la?-ma ta-pat-tan 

20 ig?-da-inar sîn-ni qir-çap-pi 

21 ka ù-àar-pi«pu 

22. a. Addaru mi-nu-ù [û-kul-ta-ka] 

23. ba-qi-qa-tum ina nar(lul)-ti u 

24 sa ka-ra-? 

Col. II. 

i. i9?-ma-? 

2. ? ? an-na âa ki an?-na? 

3. u-sis-se-pu-âu-ma i-gi-su 

4. enuma na qaqqadu-(du) ? 

5. si-ip < ?-tu II ma 

6. ? ? ù ? ? 

7. enuma us m qa . . . . , 

8. eqlu ?..,.... ?-i? 

9. ii-ma 9i ha.mes sur-tum. . . 

(0. a-lu zi-. mi-na 

il. pi(wa) - rum ? ? 

12. sa 

13. ar 

14. a-lu zi 

15. su-un 

16. ba-qi 

17. la? 

18. a-Iu zi 

19. a-si 

20. a , 

21. teb 

il R 60 à lire : 

69 sud?^-maii-su 

70 na-a ib-si 

71 i na-a ib-si 



Col. III. 



70. sum-ma û. . . 

71. a-kil A.UR.I3R. 



1. Sur Toriginal on ne distingue pas nettement le signe, on peut lire 
si-ip-tu ou §i-ta-tu. 

2. Ra? 



m' 



U8 



REVUE SEMITIQUE 

Col. IV. 
II R 60. 



2 se-ma »— 

3 • T lim-na-tim-ma enu-ma. 

4. ar-su-ub idi nâri ^ — 

5. idi nàri élippu 

6. sarru* : NI.TUK.KI Ki laH-su iç »— 

7. Gl. mes a-na e-pi-si te 

8. ia-a-ti elippu gal-la-tu ri-dam-ma 

9. a-na ni.tuk.kj a-na ni-bir »— 

10. a-na Gu-si-e a-na Su-li 

il. a-na an lè-tar a-an-ni kit? 

12. a-na an Ni-ga-ra a-an-ni gi 

13. a-na sa-di'-i àa-bur-ru 

14. a-na Pa-si-ri a-na Pa-sa-a' 

15. a-na Is-bar a-naHi-li-ba* 

16. a-na Hi-li-ba-na a-na Ku-ma-al ? 

17. a-na Ti-li-ba-aç-ba-ti sa ku 

18. a-na Sa-anda-rip'-pia-na Se 

19. ù ba-si a-la 

20. is-tu TUK.sAK e- » — 

21. ina TUK.SAK pubri sa-ki-in-ma < 

22. be-el par-^i il t:^ 

23. be-el te?-ri-e-ti^ 

Col. V. 



5. ki-c^ E? 

6. ni-su pa-an-ba e-li-' 

7. a-na-ku na-pa-a-sa a-li-' 

8. ni-su kun-zu-ba e-li-* 

9. a-na-ku nu-uz-zu-za a-li-' 

10. ki-na-ku ki-i ma-bal-ti 

11. ri-da-a i-suki-i na-ab-bal-ti 

12. za-am-me-ra-ku ki-i a-ta-ni 

13. sar-ra-qu iq-qi-bu-u-a inim-mu-u a-ma-ru ul e-zib 

14. bu-bu-ta ra-ba-ku a-ka-la ta-ap-sa«ku 

15. ?us-tar-ra? a-pat-tan 

16. a-di bâb dis-pi û-ma-al-lu-u ul a-ta-al 

1. On peut hésiter entre sarru et le signe in. 

2. Sic ! 

3. Lap. 

4. Je n'ai pu lire cette ligne sur l'original. 



LA RELIGION BABYLONIENNE 149 

17. i-na ku-taP-e-ti i-na ar-ra-ka-a-ti 

18. i-na assâte sa ki-i ia-a-ti ul i-ba-as-si 

19. mi-na-a-ti dis-pi e-ri pa-ni ana? bu-çi mas-la-ku 

20. la-a-na ki-i rak ki se za ki ul am-ma-sal-ma 

21. ul-la-ma-a-ku bal-ta-ku-ma 

22. ki-ma 9i-ba mi-ri-i sab-ku 

23. ki-i âa-al-Iu-tù tu 

24. a-na paai-su u arkl-su is-sa-na 

25. NiN-man ta-mir-tu 

26. ina sum-mi-ia im-mir-ta 

27. û.MEs sa a-na 

28. ul-Ia-ma-a-ku 

29. sa a-na bît-ni a-na 

30. bi-bil-su ana 

31. ma-'-dis sus-ru 

32. pa-an bi 

33. VI e-ri 

34. ana idi ù 

35. rl-man 



Les deux colonnes qui renferment des noms de divinités et 
de localités où elles étaient adorées ne sont point transcrites 
ici ; notons seulement que la première ligne de la première 
colonne de gauche a été omise dans le volume de Rawlinson. 
On lit sur Toriginal 



A R 

1 ^V 

2 ;.V- âfî 

3 !'^H ma-ri-tum 

25. iJ[- TlfT^V» «*<^- 

30. an Qa-ad-nu sa Rab-bi ki 

31. an Qa-an-nu sa âlu Rim^.ki 
34. M^ t^^}/'/ tur-àu is-ku 

36 û sa I-id, etc. . . 

La ville de Ma-er ki, I. 21 = Mâr (près de Tel Ede), marqué 
sur la carte de Peters, Nippur, vol. I^ ville qui a joué un rôle 
dans rhistoire ancienne de Babylonie. 

1. Ku-ri-e-ti. 

2. Briinnowy n* 4815. Er-rim-ki. 



LA RELIGION BABYLONIENNE 151 

TRADUCTION 

Col. I 

i ta nourriture ? 

2 ledigmenu 

3 tu mangeras 

4. Mois de Tesrit quelle est ta nourriture ? 

5. Tikuku dans du karasu^ et le biknu du matqû 

6. tu mangeras pour ta nourriture 

7. Mois de Arabsamna quelle est ta nourriture ? 

8. le sungiru^dans le laptu' 

9. et le çippatu dans de la farine non trempée tu dois manger 

10. Mois de? quelle est ta nourriture? 
ii l'âne sauvage ? ? 

12 de rasnù dans du kisimmu^tu dois manger 

13. Mois de ? quelle est ta nourriture ? 

14 le uzqabù qui dans le ba$u? 

15 ?.?... du fleuve de Sippar 

16 tu dois manger 

17. Mois de ? quelle est ta nourriture? 

18 lenabbude Tânemàle 

19 vases tu rempliras ? tu mangeras 

20 ? la dent du peigne 

22. Mois de ? quelle est ta nourriture ? 

23. le baqiqatu dans du narti ' 
24 

OoL. IV (cf. II R 60). 

4. L'arsup au bord du fleuve 

5. Au bord du fleuve une barque 

6. Le roi ? de Tilmoun avec son sukkallu ? . . . 

7. Les roseaux pour faire 

8. moi, grande barque, conduis 

9. vers Tilmoun, vers le passage 

10. vers Qusie, vers èuli 

11. vers Istaranni 

12. vers Nigaranni 



1. Meiasner, ZA, 1891, p. 292. 

2. Plante des marais (cf. le syriaque). 

3. Meissner ZA. 1891 p. 295. 

4. Un breuvage quelconque, ZA, 1893, p. 198. 

5. Ce mot nar(lul)-tum se retrouve dans K 4020, omen concernant les 
organes humains. 



153 BEVUE SéWTlQIIK 

13. vers la montagne de Sapurni 

14. vers Pasir 

15. versisbar, vers Hilibana 

16. vers Hilibana, vers Kum 

i". vers TilibaBbati qui 

18. vers âandalappi (Saadaripp!) 

19. et 

^0. depuis le sommet 

21. au sommet de la multitude? il est placé 

22. le maître des décrets 

23. le maître des oracles 

Col. V (II R60). 

6. Il veut le ? ? 

7. Mol je veux ? 

8. Il veut la plénitude 

9. Moi je veux ? 

10. je suis stable comme un matialtu 

11 ? sont comme un nabbaltu 

12. .le soupire?' comme une ànesse 

13. Il ne reste plus rien de mes biens qu'on a volés 

14. J'ai très faim (et pourtant) ma nourriture ? 

16. Je moitiû? je veux manger ? 

10. je ne prendrai de repos que je n'aie couvert la porte de miel 

17. parmi leskutalleti et les arrakati 

18. parmi les femmes il n'en est pas une comme mol 

19. Je ressemble, quant au visage à dupieri, quant & la face & 

du pu;i (bu^i)^ 

20. je ne veux pas être comparée, quant à l'image à une 7 

21. je suis Irappée ? (mais) je vis quand mSme 

22. je demeure comme ??î 

23. comme la captivité ? 

24. devant moi et derrière moi il s'approche 

25. Nin^ar ? le présent? 

Sti, dans mes songes une brebis 

27. les plantes qui 

28. je suis trappée? 

2'J. qui vers notre maison vers 

30. son désir vers 

31. beaucoup? 

32. devant 



. Zamàru = prononcer une complainte, soupirer, chanter. 
. Traduction conjecturale. 




LA REU6I0N BABYLONIBimE 1 53 

K 9«87. 

TRADUCTION 

i je placerai ? et du kaluta 

2. du parfum, du badad et du moût 

3. alû terrible ? que veux-tu ? 

4. du sungir dans de la laptu 

5. du baqiqatu dans le kuzub tu ne ? pas 

6. je veux courir et bondir ? 

7. alû terrible ? que veux-tu ? 

8. la conjuration kalama ne jaillit pas de mes mains 

9. alû terrible c'est ainsi que je veux te conjurer ? 

10. je tiendrai le parim de la maison, je placerai un récipient 

11. je veux lier (ou offrir) le ? le buldubbu 

12. je veux enlever la peau de T&ne et la remplir de paille 

13. je veux lier du çippatu et le jeter dans du feu que j'aurais 

allumé 

14. le fils avec le pore, la maison et ses abords abandonne 

15. que le parim de cette maison au serpent et au scorpion ne soit 

pas laissé * 

16. alû terrible que veux-tu ? 

17 ne jaillit pas de mes mains. . . . 

18. (alû terrible) je veux t'enchaîner ainsi 

19. ..... . l'homme est allé. 

4 

Col. II. 

2. vous 

3. au cri 

4. le maqad^ 

5. si un lion 

6. un lion qui à la porte de 

7. pourquoi le lion 

8. si des jeunes moutons?' 

9. le mangeur de troupeaux 

10. sa tète 

11. ??. . 

42. avec les jeunes moutons 

13. si la servante de la maison ^ 



1. Il est très possible que fir soit ici un verbe à l*impératif et non un 
substantif. 

2. Bûcher? Cf. HauptiUeber einen Dialekt der sumerîschen Sprache, 
p. 541. 

3. Cf. l'arabe j^. 

4. Etc., etc. 



RBVDB SÉMITIQUE 



GOHlfEnTAIBE 



Il est évident qu'étant donné le petit nombre de documents 
'. ce genre, on doit s'abstenir de proposer des traductions 
)ur un grand nombre de passages dont le sens ne transparaît 
is. Je n'ai donné qu'un maigre essai de traduction, mon 
tention étant de revenir sur ces monuments, qui doivent filre 
assés dans un groupe ayant sa physionomie bien caracté- 
}ée Si j'ai en général laissé non traduits plu^eurs termes, 
I n'est point que je n'eusse pu proposer des significations 
l'pothétiques obtenues par la comparaison avec d'autres Un- 
ies, mais bien pour éviter de faire étalage de fausse science 
épargner de l'ennui à ceux qui me feront le plaisir de me 
-e. Comme l'on peut s'en rendre compte, c'est le démon alû 
li tient une place d'honneur dans la première partie de ces 
blettes, suit une complainte très obscure prononcée par une 
alade et un commentaire géographique motivé par les 
ïssages similaires. Pour digmenu, voir OA, page 66, I. 1 : 
Si une rivière a charrié de l'eau comme un d. noir, etc. *> 
Pour les mots àigmemi, ikuku, etc., voirDel.,U. W-L. 5: 
lusieursnoms de légumes cités dansK iSSiontétéétudiéspar 
e!S3ner(Z.A.,VI,289).L. 12. AS.A.AN^Weizen? (Zimmern) 
;ut-être = a«niï,voir Del. ,Z.A, XII, p. 41 0. L.M.:U%qabû, un 
^étai sans doute ; le sens de bagû n'est pas clair, on retrouve 
•, mot sur la stèle d'Asarhaddon, Sendjirli. L. 19. Tumala 
est pas sûr, le signe est «'u ou /a. L. 20. C'est au père Scheil 
le revient le mérite d'avoir expliqué qirgappi; l'assyrien pa- 
lU avoir possédé un autre terme qir^appu avec le sens de 
peigne s, d'où il s'ensuit que sinnu qirfuppu a été rendu 
%r « dent du peigne » dans ma traduction. — Plusieurs ca- 
tctères sont incertains dans la colonne qui suit. Elle ne nous 
[>prend rien; il est regreLtable que 1. i nous n'ayons aucun 
;nseigncmeiitsur leg: Si un homme la tête 



I. La traduction de mes Documents relatifs aux présages parallra 
>us peu. 



LA RSUGION BABYLONIENNE 15S 



Col. III. 

L. 13. Meissner a proposé cette traduction, que j'adopte 
avec réserve n'en ayant pas de meilleure à proposer. — L. 14. 
«t Je suis grande en faim > littéralement. L. 15. Bar et as 
désignent peut-être ici des parties du corps d'un animal ou 
des mesures. Ustarra iiii d*un verbe mX- L. 16. Pour cette 
phrase voyez Meissner, Supplément. L. 17. On peut lire aussi 
bien ku-ri-e-ti que ku*tal-e4i ; kutallu = ce qui est à côté, 
arku ce qui est en arrière ; mais ces deux mots signifient 
probablement toute autre chose ici. — L. 19. L'on peut 
transcrire mi-na-a-ti dis- pi e-ri pa-ni dis-pu ci maé-la-ku, 
mais rien n'est moins probable, surtout pour la seconde partie 
de cette proposition. — L. 21. Ul-la-ma-a-ku n'est peut-être 
autre chose que la première personne singulier ii| d'un verbe 
alâmu au permansif, quoique la forme plus régulière devrait 
être ullummâku. 

K 9287. 



Col. II, 1. G.Kalama doit avoir un sens analogue à lasama. 
L. 1 0. Pa-^rim se retrouve sur les cônes d'Uru-Kagina publiés 
parThureau-Dangin, les deux signes n'en font probablement 
qu'un, comme pour rabi^u. Au reste, nous trouvons ce signe 
parim écrit ainsi dans une tablette qui traite des démons, 
K 8859, et traduit là par rabi^u. — Le père Scheil a été fort bien 
inspiré en interprétant (cône d'Uru-Kagina G,case 35) « dans le 
territoire de Ningîrsu jusqu'à la mer il y eut repos, bien-être > . 
Pa-rim = rab&çu ; DI (silim = âalftmu). L. 1 1 . Huldubbû, lire 
ainsi plutôt que {lulduppû comme Zimmern transcrit dans son 
beau livre B.R.; le savant assyriologue ne traduit pas sadânu^ 
qui est ainsi que je l'ai dit P. S. B. A. = hématite. On retrouve 
ce nom de bois buldubbu (sic !) dans K 3054, où il suit 
iç.MA.NU. L. 18. Aslakutu; aàlaku a été traduit par Hommel 
€ ropemaker » et avec raison je crois; ici aslakutu désigne un 



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LÀ RBU6I0N BALYLONIENNE 



159 



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NOTES ET MÉLANGES 



NOTES POUR L'HISTOIRE D'ETHIOPIE 

L« règne de lypra (I«)> roi d'Ethiopie de 1682 i 1706. 

(Suite.) 



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MTti itamwi 11 



NOTES POU» L*HI8T0IRE d'ÉTHIOPIE 168 

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IfOTBS POUR l'histoire D'ETHIOPIE 165 

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MMtS. • <■>}>{■«. ■ olDVna^ ■ HPH > IIA > «iVC 

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ti>t • M»i > oo,f. < mim I nw i ii>*«w* » 



NOTES POUR b*RiSTomfi d'éthiopib 167 

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•r^iHif»- t nue a tfl^X+ • ttt ï f»* » HJf i hTI 

h^itiFA • !•♦ t hf%l/ ■] 

J. Pkrhughon. 



Quelques abus assyriologiques. 

Personne ne met en doute aujourd'hui le fait jsignalé par les 
premiers aesyriologued et par moi-môme^ que lea grandes 
lignes des récita bibliques relatifs à la création et au déluge 
sont dues à une source babylonienne. C'est une vérité historique 
dont il faut faut tenir compte malgré la répugnance éprouvée 
par les partisans de certains dogmes immuables. Malheureuse^ 
ment chaque fois qu'une vérité nouvelle se révèle, il se trouve 
toujours des esprits qui cherchent à en exagérer la portée et 
a la pousser sux extrêmes limites de Timagination. Choisissons 
nos exemples dans le cadre exclusif de Tassyriologie. A peine les 
premiers déchiffreurs ont-ils cru découvrir un élément exotique 
dans les textes cunéiformes qu'on s'est empressé de proclamer 
que toute la civilisation des Assyro-fiabyloniens : religion, 
iostitutions civiques, littérature, n'étaient qu'un emprunt fait 
a ee peuple non sémitique^ décoré du nom de t Sumériens» ou 
d*t Accadiens i». Quelque temps après, le monothéisme juif 



168 REVUE SÉMITIQUE 

et le nom de Yahwé même furent déclarés d'origine sumé- 
rienne. Enfin ce fut le tour des détails plus menus touchant les 
rites et les termes techniques religieux de la Bible : tous sont 
attribués à l'influence babylonienne ; rien dHmportant ne doit 
être laissé à l'initiative du génie hébreu. Il m'a fallu lutter pendant 
vingt ans pour repousser les fantaisies sumérisantes du domaine 
biblique ; maintenant que le monotUSisme sumérien et son 
chef, le grand /, sont morts et enterrés, et que le c sumérien » 
lui-même agonise sur son lit de douleur, le babylonisme, cette 
conception encore mal définie et pleine d'inconnu, tourne encore 
la tête de quelques assyrioiogues qui se flattent même d'élargir 
le champ de la critique biblique par des corrections basées 
sur des expressions babyloniennes. On ne sumérise plus, au 
moins d'une manière décidée, on se contente de babyloniser 
à tort et à travers ou de rééditer, sous une formeà peine changée, 
les élucubrations des prédécesseurs auxquels on n'attribue 
même pas une connaissance sérieuse &k assyriologie. Le plagiat 
systématique s'allie souvent avec le dédain professé pour les 
auteurs plagiés ! De tels abus ne peuvent pas faire leur chemin 
dans la foule des historiens non assyrioiogues sans fausser le 
jugement de ces derniers et partant la conception historique 
de la jeune génération qui ajoute toujours foi à ce qu'elle trouve 
méthodiquement enseigné dans les ouvrages écrits avec verve 
et élégance. Les lignes qui suivent ont pour but de signaler 
quelques-uns de ces abus dus en grande majorité à un désir 
immodéré de l'innovation à coups d'exotisme. Ge procédé peu 
accessible au contrôle de non-spécialistes est plus facile à pra- 
tiquer ; quant à nous, nous persistons à soutenir que la mani- 
festation littéraire des peuples anciens doit d'abord être expli- 
quée par le génie du peuple en cause et que le recours à 
l'étranger ne peut se recommander qu'au cas où le problème 
résiste à toute tentative de solution sur le terrain national ou 
lorsque le rapprochement annoncé éclate par son évidence 
tout en n'exigeant aucun remaniement violent dans les faits 
ou dans les mots à expliquer. Dans ces deux conditions, 
mais dans ces conditions seules, la méthode comparative de 
peuple à peuple devient un auxiliaire excellent ; en dehors 
d'elles, elle ne fait qu'augmenter les obscurités et que faire 



QUELQUES ABUS ASSYRI0L0GIQUB8 169 

accroître les erreurs historiques qui sont malheureusement 
trop inhérentes aux expositions les mieux documentées. 



1 



Deux passages bibliques contiennent le mot a^l3 ^^^ 1^ ^^^ 
de € devin, augure » (Isaïe, xuv, S5, et Jérémiei l, 36), et de 
ces passages le dernier fait clairement allusion aux devins 
cbaldéens; le premier peut aussi se rapporter aux devins de la 
même nationalité. La tentation d'y voir un terme technique 
emprunté aux Babyloniens pendant Texil se comprend parfaite- 
ment. Mais pour que la supposition fût appuyée par la réalité, 
on devait au moins constater qu'en babylonien baddu ou badû 
désigne également le devin. On n'a pas pu le faire par cette 
excellente raison que le vocable en question n'a aucune attache 
à l'art des augures. Alors on s'est rappelé que le verbe baby- 
lonien barû, € voir », donne le participe bârû, c voyant », qui 
désigne naturellement tout individu qui s'occupe de prédire 
Tavenir par les moyens ordinaires de la divination, interpré- 
tation des songes, inspection des entrailles des victimes, 
observations astrologiques, etc. Ces divers augures sont souvent 
noentionnés dans la Bible par des noms plus ou moins parti- 
culiers à chacune de ces spécialités. Lies participes j^^^ et jyff)^ 
qui sont les équivalents exacts de birû^ désignent aussi en 
hébreu ceux qui font le métier de prophètes et prédisent 
l'avenir par les moyens précités. Nous sommes ainsi en pré- 
sence des mêmes pratiques, pratiques à cette époque univer- 
selles, que chaque peuple sémitique exprimait par des roots 
tirés de son propre idiome. Eh bien, dira-t-on, puisque bârû 
a déjà deux remplaçants en hébreu, il serait bien étrange 
qu'il s'y retrouvât encore sous sa forme indigène. Vous n'y 
êtes pas, répondent les babylonomanes : il n'y a qu'à corriger 
D^ia en Q1T3 et qu'à admettre un singulier m^ qui se 

ramène directement au type babylonien bârû. Devant ces 
c instances of a higher critical mind », le pauvre hébralsant 
ose à peine objecter que ^13 ne P^nt désigner en hébreu que 



4T0 RETUK BÉUTIQUR 

c Mlui qui prend son premier repu, qui d 
les épaulM «t on vous répond aveo t» 
trompez, etlapreuvec' est que lemotfiina, 
croyez faire allusion au repas de confrat 
contractants, signifie certainement < const 
Après cela il Taut avoir un entfitement sigc 
convaincu. 
Le mot QifQ n'eet cependant pas déhu^ 

L, se, lel^;eptanlQ rendent oe mol par )_ , „ 

ftwrtîoi, c oracles, prédictions > (Vulgate, Peftitta, mieux ad 
divinut rvoiïp ^y). Isale, XLiv* «6, la phrasa Qi^a p,in« TfiD 
^^MV fi^DDPI ^*' rendue: iitttMiitu nifiiîti iyyxtTftftitti» 
Mil futyrifat àiri xttpdf«t (Vulg. d'aprts riiiibreu : irrita fucien» 
ngnaditinorum *t aritlos in furerm vertmu). Par tilleurB 
l'opérateur magique dit en hébreu ^^ et qu'on rend d'ordl* 
naire par c nécromancien > , est représenté dans la version 
grecque par iyyaerpifxviH, « ventriloque > , et dans le Targum 
par rf^^. Il s'ensuit que les Septante avaient devant eux la 
leçon t'Ta. *ÏP6 d" pTa araméen. Plus tard on a tout k fait 
écarté le sens mystique et on a tiré Q^t^ de {{^3* * inventer 
des mensonges, mentir » ; mais celte interprétation rationa- 
liste a oublié que dans ce cas il faudrait qi^ (pour Qi^nï; 
cf. Néhémie, vi, 8) ou dikIB; cf. le talmudiquo ^«iia. On 
est dono obligé de chercher autre chose. L'antithèse Q^SDpl 
bblîT' **' '' i*^"^ insensée tes magiciens», montre bien que eee 
mystificateurs s'attribuaient une sagesse peu commune. La 
même prétention au titre de sages était émise par lea qi^^; 
cela résulte de l'expression de Jérémie, l, 36, Qi")3rt ^m 2*^n 
1*?K^ * l'^P^ sévira contre les Beddttn, qui deviendront in- 
sensés». Au point de vue hébreu qh^ suppoee un sin- 
gulier «ta ou 1^5 (pi. o''^'i3< P"** D'ia)' ^ ™<*t •tj com- 
porte le double sens de a lin blanc » et de < tige, branche , 
rameau ». Au premier aspect la signiAcation de lin blanc 
convient asseï bien k caractériser les membres de la olane 
sacerdotale qui ehes toutes les nations se distinguaient par 
Murs véteuietits blues, tissus de lin (cf. Ex.. xxVin, 4S). On 



QUELQUES ABUS ASSYRIOLOOIQUES 471 

doit cependant y itnonoer par cette aon^idéralion que le cas 
échéant, le parallélisme de unh et anSDp deviendra d'une 
platitade d*autant plus insupportable que les Q^cOp "^^oies 
étaient vraisembl&blement eux aussi vêtus de blanc. Reste la 
seconde èlguirication qui implique une allusion ad procédé de 
reûdre des oracles au moyen d'un faisceau de rameaut d'après 
la récitation d'une prière mystique. L'emploi magique des 
rameaux était très répandu che2 les Perses {barezma) et chez 
les Juifs païens (Ézéchiel, vui, 17). Maintenant, le parallé* 
lisme susmentionné entre qi'*!^ et Q^tSDD ^'^^ P^^ seulement 
une construction de style, mais un fait de synonymie primor- 
diale, étant donné que le sens propre de tapp, témoin le 

miânaltique QQip, est cun menu morceau de bois». Les 

anciens Consultaient le sort au moyen de petits rameaux^ ou 
de petites plantes (cf. la locution : c tirer la courte paille >), 
soit de petites pierres, des cailloux ou de petits tai dé Sable ; 
de là les mots pour c sort » p^ et ^^ qui se ramènent à 

p^, c caillou », et J^, c pierre >. Il me paraît très vraisem- 
blable que les QitàDi^ apportés à Bala*am par les messagers 
de Balac, roi de Moab (Nombres, xxv, 7), étaient, dans le 
sentiment du narrateur, des rameaux consacrés et préparés 
d'après les meilleurs procédés magiques de Tépoque. En arabe 
le verbe ^ est presque synonyme de l'bébreu p^n* ^ diviser, 

partager, destiner, etc. » ; quant k son origine, ce sont les 
racines presque homophones ^î, c manger, paître >, DD3» 

^, ccouper», ^ipno, tcueillir des fruits, des fleurs», ^r^, 

fym^f « fertile, luxuriant » , qui nous reportent à la vie des 

plantes et aux végétaux. Ces considérations me semblent de 
nature à maintenir la leçon traditionnelle qi*^^ et à repousser 
le violent babylonisme introduit par les devins de la « higher 
critîcal Bchool > • 

I. or. OMê : IV, it : • Mon peuple consulte le morceau de bûiti qu'il 
liant dàliê la iliaiA % iSmWI ^^71 IfiV)- 



IlfVOGATlO!! AU 80LBIL CRÉATEUR 173 

Soleil resplendissant, ma*ra; Soleil créateur, c'est toi. 
Resplendissant, ma-ra, soleil Soleil créateur, c'est toi. 

resplendissant, ma-ra ; 
Chien vigoureux, héros, soleil Soleil créateur, c'est toi. 

resplendissant, ma-ra ; 
Taureau de i'E-ptr-ra,' res- Soleil créateur, c'est toi. 

plendissant, tna-ra; 
5 • .... fils de Nin*gal, res- Soleil créateur, c'est toi. 

plendissant, ma-ra; 
Soleil fils de Nin*gal, resplen- Soleil créateur, c'est toi . 

dissant, ma-ra ; 
Tu as créé les hommes de Soleil créateur, c'est toi. 

Sippar, resplendissant, 

ma*ra; 
Soleil, tu as créé les hommes Soleil créateur, c*est toi. 

na-nt\ resplendissant, 

ma-ra ; Soleil créateur, c'est toi. 

Père éclatant de na*nt, res- 
plendissant, ma-ra ; 
iO Chien vigoureux, tuas créé 8ag«na-9i(?)- ri, resplendissant, 

les hommes ma-ra ; 

Soleil créateur, c'est toi. 
FilsdeNin-gal; Ka. . . tu-ud-da 

Soleil (fils de) ? Ningal ; Lumièredu monde, si du monde 

ha-a, soleil créateur, c'est toi. 

pir-pir-ra ; force des juges 

les « tôtes noires • ku 

zi-àgla-a 

YERSO 

Soleil, créateur des hommes, su-igi-bi la-al, son (?) favori. 

premier-né de sa mère ; 
... au fils du roi ; ud biUku, créateur des hommes, 

resplendissant 
. . . ab-é, maître de l'ù-di-a , ud bil-ku, créateur des hommes, 

resplendissant 
Bè-ib de Sippar; ud bil-ku^ créateur des hommes, 

resplendissant 
sè-im de Larsam ; ud bil-ku, créateur des hommes, 

resplendissant 
ab gis-ud ; ud bil-ku« créateur des hommes, 

resplendissant 
97 a-ii ni. . • . 



474 IIVUS SÉMITIQUE 

L. 1 . £«- (ud^du) ^ ftûpû. 

Kul signifie zéru^ semence, mais aussi xftrù (parUGip6)i syno- 
nyme d^o^ii. (DeUi H, Wm 963 a). 

He-me-en. — He^ signe de l'oplatif devant un verbe, 
exprime aussi rafflrmatif comme en assyrieu. 

L. 3. Uihêfig. Dans un fragment analogue on lit : (iQ 
babbar urmg {d) babbar bir-saç (bir^^urifu), Qarraduou 
qardu est donc abrégé de kaibu qardu. 

L. 7, Vkuh Lq préfixe ù ae retrouve dans ùt-iu«ud«du dont 
le sens (alêdu, banû) est voisin de celui de làru. 

L. 16* Igi'laal répond à niéitini (ilumN.GAb); cf. Fr. 
Martin : Textes rel. ass. et bab.^ p. t, K 16* 

L. 17. Udbil ku. — Il est incertain s'il faut lire ud-bi( ku 
(ud*bil = ûmu, par ex. : Reissner : Sum-Bab, Qymneq, p* 32, 
1. 38/39) ou ; udbilku (bit-ku est un nom de divinité, trto 
fréquent dans Tonoma^ique de la seconde dynastie d'Our). 

L. 19. Si'ib^^ libittu (Br. 7492), plate-forme 9Ur laquelle 
s'éjèvç unç construction. 

L. Si. A^ii est sans doute à lire ér^ = bikltu, pleurs, lamen- 
tation. 

Gh. VmOLLEAUD. 
i. Tiré du verbe àru, « couler » (Réd.). 



BIBLIOGRAPHIE 

tion. Ban4 1- Die Somali Spraeh^, von L^o R«mieoH. I- Wi^a. 

Alfred HOlder, K. u. K. Hof- und Universitâts-Buchh»aâUf4 iMO. 

tt7 pages gr. in 4*. 

lien peu de pereonnea parmi noi leoleurs ont entendu parler 
de la mission envoyée en i898 par T Académie impériale de Vienne 
dans TArabie méridionale. Moi«mème je n'en ai qu'une eonnaissanea 
tv4s sommaire se résumant dans oe fait regrettable que par suite d^ 
dissensions intérieures Texpédition n'a pas atteint son but pria*» 
eipal, qui était, si je ne ms trompe, Texploration du Hadramaout. 
Bi voiei qu'à un moment oq j'y pensais le moins, M. L. Heinispb, 
membre de ladite Aeadémie et président de la QQmi|iia>ion des 
langues, a bien voulu me faire une surprise des plus agréablQR w 
m'envoyant Touvrage qité ci-dessus dont il est Tauteur et qui se 
rattaobe à ladite mission. Gn me plaçant au point de vue purement 
scientifique et en déplorant profondément les malentendus entre 
savants d*égale compétenoe et honnêteté, je m'empresse de saluer 
aveo une vive satisfaction cette primeur importante du grand 
reeueil en perspeotive. L'avis suivant dû 4 M. L. Reinisob me 
parait de nature à intéresser hautement le publio studieux : 

c Les résultats de l'expédition envoyée par l'Académie impériale 
des seienees (de novembre 1898 à mars 1899) dans l'Arabie q^éridio- 
Baie ^ft dans File de Soootra seront publiés en deux groupes, confor- 
mément à la décision de ladite Académie impériale. Pendant qua les 
résultats relatifs à l'histoire naturelle verront le jour dans les 
velunies particuliers des Mémoires de la section de mathématique 
et d'histoire naturelle, les parties linguistique et épigraphique parai-' 
Iront dans une publieation particulière dans le format des Mémoires 
sous la direction de la compiission des langues. Les volumes parais 
Iront suivant l'ordre de leur préparation peur l'impression. Le der^ 
nier vçlume contiendra l'historique de l'expédition ainsi qu*un 
résumé dep résultats scientifiques de l'expédition. « ^ 

8ur |e hasard, très heureux d'ailleurs, qui a fait que l'étude du 
siHBall, l'idiome notoirement africain, soit due à une entreprise ré^ 
sofvée à la eôte méridionale de l'Arabie, nous obtenons les reilseU 
gne^enls désirables dans la préface de l'ouvrage. Après le releur 
de 1 expédition à Vienne, celle-ci avait dans sa suite un âoeiaii 
«epimé Ibrahim Abdillah, de la famille Mak^il de la tribu de Habar* 
Awal. M. Relniseh Feeuçillit de sa bouche les textes contenus jusqu'à 
ta page 187. Les récits suivants ont été dictés par un autre Bomali, 
Yonsouf-AU, de la famille Samana de la tribu deHabar-Dja<:alo,mis 
à la disposition de l'auteur par M. le eomte B. Wici^enburg. Tous 
000 textes ont trouvé plape dans le présent recueil par deux raisons 
ezeellentes. Car d'un côté ils illustrent d'une manière bien pittOf 



176 RBVUE SÉMITIQUE 

resque, U vie, les mœurs, et les coutumes des Somalis; d'un autre 
eôté tout le monde sait combien ces sortes de teactes sont indis- 
pensables pour le dégagement exact de la construction grammaticale 
et de la sûreté lezicographique de toutes les langues que n'ont pas 
de littérature. 

Rien à dire particulièrement des textes bibliques (p. 1 à 73) con- 
tenant l'histoire de Joseph, la mission de Moise et la législation 
sinaitique, Thistoire de Samson, le livre de Rut, David et Urias, 
le prologue et l'épilogue du livre de Job, de courts extraits des 
Evangiles de Matthieu et de Marc. La traduction n*est pas littérale 
et prend souvent des tournures périphrastiques afin d'éviter les 
termes savants ou trop abstraits. Plus précieux pour la philologie 
sont les textes originaux (74-158). Quelques-uns des proverbes 
frisent un point d'honneur assez remarquable, t Celui qui ne se 
venge pas est un vaurien » ; « devant l'homme auquel tu es supérieur 
ne te lève pas de ton siège » ; « l'homme qui salue trop est ou un 
mendiant, ou un prêtre, ou bien un hypocrite». Un héros est un 
homme, un travailleur fait deux hommes, un avare est un demi- 
homme, un lâche n'a que le nom d'homme. Les prêtres et les 
femmes prétentieuses ne sont pas flattés : « Les prêtres sont des 
lâches (parce qu'ils ne vont pas à la guerre) > ; « la femme qui sait 
l'arabe est une courtisane y. L'indulgence pour les enfants est 
recommandée : c Aux enfants ne montre pas tes gencives ( = les 
dents, geste de colère). • L'exposé relatif à la jurisprudence, aux 
cérémonies du mariage et du divorce, aux divertissements, aux 
augures, aux rites funèbres, etc., feront les délices des folkloristes» 
Le fanatisme religieux ne fait naturellement pas défaut ; cela va 
de soi. Un proverbe dit : c Ne mange pas avec un homme qui ne 
ne prie pas ; ne t'assieds pas près de lui et ne le salue point. » Nos 
textes sont muets sur. ce que les Somalis pensent au sujet des 
chrétiens ; ils sont plus sincères en ce qui concerne les Israélites : 
« Les Somalis détestent les Juifs plus que les païens et quand ils 
voient des Juifs ils leur crachent à la figure ; et quand ils passent 
devant des tombeaux de Juifs, ils y jettent des pierres» (p. 125). Des 
historiettes plus ou moins enfantines ou spirituelles ainsi que des 
fables ont droit à l'originalité ; les deux dernières sont au contraire 
traduites de l'arabe hadramotite. Inutile de parler du soin scrupu- 
leux que le savant académicien a mis pour porter la transcription 
de ces textes à la dernière perfection possible, car la nature exacte 
des sons étrangers échappe facilement aux oreilles qui n'y sont pas 
habituées. Mais sur le chapitre de la phonologie kouschite,M.L.Rei- 
nisch n'a certainement pas son égal en Europe. Ses ouvrages, 
embrassant une dizaine de langues de l'Afrique de l'est, sont deve- 
nus classiques à l'heure qu'il est ; le même sort, il est facile de le 
prévoir, est réservé à ce recueil somali, qui sera reçu comme on 
livre de fonds par les africanistes de tous les pays. 



BIBLIOGRAPHIE 177 

Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. — Répertoire d'épi- 
gvBphie sémitique publié par la commission du Corpus inscrip- 
tianum semiticarum, sous la direction de Ch. Clermont-Ganneau, 
membre de l'Institut, avec le concours de J.-B. Chabot, auxiliaire 
de la Commission. Tome I. Première livraison. Paris, imprimerie 
nationale. Librairie Klincksieck, rue de Lille. ifDCCCC. 
La publication de ce Répertoire, mis à l'étude depuis quelques 
années par la Commission du Corpus Inscriptionum Semiticarum y 
vient d'ôtre heureusement inaugurée. Nous avons sous les yeux la 
première livraison qui a paru le 15 novembre dernier. La préface, 
écrite par M. de Vogué, nous apprend que le Commission a voulu 
créer ainsi un centre d'informations et d'études pour l'épigraphie 
sémitique. Elle a la conviction de faire une œuvre non seulement 
utile à ses propres travaux, mais utile à la science elle-même et 
aux savants qui la cultivent. Le programme qu'elle a adopté con- 
vient à la pensée qui vient d'être exposée ; il comporte : 

i* La publication, au fur et à mesure de leur découverte, des 
Inscriptions appartenant aux groupes de langues et aux époques 
auxquelles sont consacrées les diverses divisions et subdivisions du 
Corpus, Elle comprendra la transcription en caractères hébraïques 
des textes, leur traduction et un très bref commentaire. 

^ L^insertlon des observations dignes d'intérêt et des correc- 
tions justifiées auxquelles donneront lieu les publications faites 
dans le Répertoire et celles déjà faites dans les volumes du 
Corpus. 

3* Le dépouillement des recueils périodiques et des ouvrages 
contenant des travaux relatifs à l'épigraphie sémitique, à l'effet 
d'en extraire tous les documents et renseignements concourant 
au but proposé. 

Le Répertoire sera l'œuvre collective de la Commission ; néan- 
moins la Commission, se conformant à l'usage adopté par d'autres 
conunissions de l'Académie, a chargé l'un de ses membres d'en 
diriger plus spécialement la publication : son choix s'est porté sur 
11, Clermont-Ganneau, que la nature de*ses études, ses habitudes 
de travail et sa compétence bien connue désignaient pour cette 
tâche. Les membres de la Commission sont : MM. M. de Vogué, 
président, A. Barbier de Meynard, J. Oppert» G. Maspero, Oh. Cler- 
mont'Ganneau, Philippe Berger, Hart>^'ig Derenbourg. 

M. de Vogué termine en adressant un appel chaleureux et élo- 
quent à ses confrères de l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres et aux collaborateurs étrangers de bonne volonté : 

«Nous n'avons pas à rappeler ici l'importance des études épigra- 
pbiques ; elles ont de nos jours renouvelé l'histoire des premières 
civilisations; elles ont constitué les archives du monde antique 
«t ont joué, pour l'établissement de la vérité historique aux époques 
)es plus reculées, un rôle analogue à celui de la science diploma- 

AC«OI staiTioot * 1^ 



! 



178 REVUE SÉMITIQUE 

tique appliquée aux époques plus modernes. L'Académie des 
I Inscriptions et Belles-Lettres a rendu un service signalé à ces 

études par la création du Corpus Inscriptionum Sémiticarum. 
Nous osons dire que les sacrifices considérables qu'elle a consentis 
à cet effet n'ont pas été perdus. Ils ont permis d'apporter à rezéqu- 
tion de ce grand ouvrage le soin, la précision, le luxe même qui le 
placent au premier rang des publications orientales contemporaines. 
Nous devons à l'Académie de ne reculer devant aucun effort pour 
maintenir son œuvre à la hauteur où elle a été placée et conserver 
sous son patronage le centre de ces études auxquelles elle a d^à 
fourni le plus puissant des instruments. La création du présent 
Répertoire est un nouvel effort fait dans ce sens. Cette publication 
est, à nos yeux, le complément nécessaire de l'œuvre entreprise ; 
nous espérons qu'elle justifiera la confiance de l'Académie etrépon* 
dra à la généreuse persévérance de son concours libéral. Nous 
espérons aussi que ce nouveau recueil sera bien accueilli du public 
spécial auquel il s'adresse ; nous comptons sur la sympathie de 
tous ceux qui s'intéressent aux études orientales ; nous leur deman- 
dons de nous communiquer ou tout ou moins de nous signaler 
leurs propres travaux, dans l'intérêt de la science dont ils pour- 
suivent avec nous le progrès, dans l'intérêt de la vérité historique, 
objet unique de nos communes préoccupations. » 

Cette livraison contient 50 inscriptions dont 24 sont phéniciennes 
et 26 palmyréniennes ; les commentaires sont brefs et substantiels 
et ne fournissent matière qu'à fort peu d'observations : 1^ l. 2. 
ninV3r dSk DK II^iTM dSmSî l'identification d'isis avec Aetarté étant 
manifeste, on attend ninW dSmS! cf. t^agS niHWS* Si je ne 
me trompe, la trace de ce ^ semble encore exister sur la photo- 
graphie. — L. 3. Mon {^^' hwvom) est le nom de plusieurs docteurs 
talmudiques et n'a rien de commun avec le on biblique. — 13, l. 4. 
• a ^«o, plus souvent rtSFO » ; je ne connais pas un seul exemple de 

cette forme en phénicien ». — i7, 1. 2. ^ est un verbe très fréquent 
dans le Talmud dans le sens de c mettre de côté, laisser à part », 
surtout lorsqu'il s'agit de -mots ou d'objets qui appartiennent à une 
catégorie différente. Voyez d'ailleurs sur toute cette inscription plus 
haut p. 78-83.^18. Voir nos remarques p. 79. — 30. Les formes 

lT)T!rSl 13f*^MV' TPnr tr ainsi que le nom de femme l3^Qm W confir* 
ment définitivement Topinion émise depuis longtemps par moi 
(Revue des études juivest 1886, p. Iô7) que le désinence ^ des noms 
propres nabatéens n'a rien à voir avec la terminaison ou des noms 
arabes. — 32. L'image funéraire de la fille de ng^Klf mentionnée 
ici prouve absolument que, ainsi que je l'ai toujours soutenu, ce 
nom propre n'était pas exclusivement juif. •- 34. Hmm semble être 
le participe féminin de XTJ^i «décorer »» comparid>le à l'éthiopien 
ID£*A ) " louer », cette dernière idée s'ezprimant en assyrien comme 
en hébreu par un verbe qui signifie a faire briller» orner » (Vvi)- 



BIBUOORAPHIE 1 79 

Voyage archéologique au Safâ et dans le Djebel Ed-drûz, par René 
Dussaud et Frédéric Macler. Avec 1 itinéraire, 17 planches et 12 
figures. Paris, Ernest Leroux, éditeur» 28, rue Bonaparte, 1901 ; 
221 pp. in-8». 

Depuis mon déchiffrement des inscriptions du Çafâ en 1877, cette 
nouvelle épigraphie est restée stationnaire. Les voyageurs qui ont 
traversé le Safâ dans les derniers temps Tout entièrement négligée 
à la seule exception de M. von Oppenheim, lequel en a fait une riche 
moisson qui jusqu'à présent n'a pas encore été communiquée au 
public savant. Le récent voyage archéologique au Safâ par 
MM. R. Dussaud et F. Macler aura pour résultat de mettre fin à cette 
stagnation et de rappeler de nouveau Tattention des historiens 
sur les auteurs énigmatiques de ces curieux graffites. Numérique- 
ment le recueil de ces savants archéologues ajoute fort peu de 
spécimens inédits, 412 en face des 402 compris dans mon Essai sur 
les inscriptions du Safâ, mais l'avantage d'avoir de meilleures 
copiesid'un grand nombre de textes mal venus la première fois n'est 
déjà pas à dédaigner. Si l'on peut regretter que la recherche de 
trouvailles archéologiques, illusoire au Safà,ait empêché les jeunes 
voyageurs de séjourner plus longtemps dans l'oasis à l'effet de 
retrouver les graffites les plus importants copiés par MM. Wetz- 
steinetdeVoguéyil faut néanmoins les féliciter de la bonne besogne 
qu'ils ont faite pour ainsi dire au pas de course, et surtout de la 
diligence qu'ils ont mise à faire paraître leur recueil, accom- 
pagné de courtes notes. Ce travail comprend la première partie du 
volume; l'exploration du Djebel-ed-Drûz fait l'objet de la seconde 
partie qui comprend une moisson épigraphique grecque et 
nabatéenne assez importante pour améliorer les copies faites par 
les autres voyageurs ainsi qu'à rectifier certaines conclusions 
tirées de ces textes. D'un côté et de l'autre un progrès notable 
a été produit et les auteurs peuvent être contents de leur œuvre. 
Voici quelques remarques qui m'ont été inspirées par la lecture 
de l'intéressant volume. 

P. 14*15. Tout en adoptant mon opinion sur l'indépendance de 
l'alphabet safaltique à l'égard de l'alphabet himyarite, les auteurs 
volent dans les inscriptions du Safâ les débuts épigraphiques d'un 
peuple qui n'a pas encore eu le temps ou l'occasion d'ajouter à son 
écriture rarement usitée jusqu'alors les lettres supplémentaires 
comme le ghain» le dàd, etc., que possède l'alphabet arabe. Il me 
semble que les profondes transformations que montre l'immense 
majorité des lettres safaitiques quand on les compares aux types 
pliéploieni «rttçstent au contraire l'usage général et très ancien de 
V4^fii^te fêfmi les tribus de cette contrée. Il y a plus, les innom- 
b?»Mo8 griffâtes rupestres qui se rencontrent entre le bas Euphrate 
et te golfe d'Âqabu appartiennent à la même famille graphique. 



180 REVUE SÉMITIQUE 

Leurs auteurs, loin de former une classe privilégiée, sont de simples 
nomades, pasteurs et chasseurs privés de toute instruction citadine. 
La disposition en boustrophédon suppose même Texpérience 
générale des lecteurs et vient parfois d*un caprice momentané du 
graveur. Enfin l'insuffisance de l'écriture n'exèlut nullement la 
possession d'une vaste littérature ; l'écriture pehlevie représente 
notoirement cette anomalie apparente. D'après certains philologues 
distingués ce défaut affecterait même l'alphabet phénicien, tandis 
que le parler vivant aurait encore distingué les sons particuliers 
à l'arabe. — P. 17. Il régne une certaine confusion dans la manière 
dont on nous présente la distinction historique entre les Safaltes 
et les Nabatéens ; les uns seraient des Arabes émigrés d'un groupe 
très voisin des Thamoudites ou Lihyanites; les autres seraient 
des Arabes de la même région nord qui avaient adopté la langue 
et l'écriture araméennes. J'ai peine à m'y orienter. Comment 
admettre que deux écritures matériellement et phonétiquement 
aussi divergentes que le safaîtique et le lihyanite se soient pro- 
duites dans la même région et parmi le même peuple ? Puis, malgré 
la ténuité de nos informations, il est à peu près certain que l'ono* 
mastique lihyanite ne se superpose pas à celle du 8afà. Enfin, 
quelle chance de probabilité peut-on assigner à l'idée qu'une horde de 
nomades qui n'ayant jamais gravé des inscriptions dans leur contrée 
native se soit mise à en tracer par centaines après leur arrivée au 
Safà ? Ces signatures de noms propres auraient été, ce me semble, 
plus opportunes au moment du départ comme marque de regret 
à l'égard du sol natal qu'on ne verra plus. D'autre part la manière 
de considérer les Nabatéens comme des Arabes originaires de la même 
région et ayant adopté la langue et l'écriture araméennes se heurte 
à des difficultés insurmontables. Le mot araméen nous parait trop 
vague dans cette occurrence. On a oublié de nous dire à quel groupe 
d'Araméens ces emprunts ont été faits. Le dialecte nabatéen a une 
physionomie si particulière qu'il est absolument impossible de le 
faire venir de n'importe quel autre idiome araméen ambiant : récri- 
ture nabatéenne présente également un type particulier et un déve- 
loppement tout autre que les écritures voisines de la même époque. La 
sentence est donc à renverser : les Nabatéens sont des Araméens qui 
ont reçu dans le corps de leur nation d'importants contingents 
arabes, à qui ils ont emprunté beaucoup de noms propres et une 
certaine quantité d'expressions communes. Il faut finalement renon- 
cer à la pensée que le progrès des Nabatéens s'est effectué du nord 
au sud. C'est dans le profond sud du désert syrien qu'AssurbanIbal, 
vainqueur des Cédréniens et des autres Arabes, fait la rencontre 
de l'armée nabatéenne qu'il taille en pièces. C'est encore en mar- 
chant du sud au nord que les Nabatéens ont réussi à s'emparer de 
Pétra et à rejeter les Iduméens au sud de la Judée. Leur conquête 
de la Pérée et du Hauraa ne date que de la période postmaccha- 



BIBLIOORAPHIS 1 81 

béenne. En un mot, Safaites et Nabatéens forment deux groupes 
très différents dans leur origine ; l*un et l'autre ont gardé leur 
langue et leur écriture particulière jusqu'à leur disparition finale . 

Cependant les auteurs se croient en possession d'une preuve 
irréfragable. «Le n* 270, trouvé non loin deNemâra, se compose d'un 
petite texte safaittque qiqS ' ^^^^ P^^ qadam », à côté duquel sont 
gravés des caractères grecs Ianhaoc. On reconnaît le nom propre 
AirvitXec, forme grécisée du sémitique SlUn ^^ Skj^H* 0^» nous ren- 
controns fréquemment ce nom propre sous ces deux formes dans 
les graffites safaitiques. Mais il y a plus. Le trait devant knikoç ne 
saurait être pris pour un iota qui serait absolument incompréhen- 
sible. On ne peut l'expliquer que par le lamed auctoris dont les habi- 
tants du Safà font précéder leur nom dans les graffites. Il faut 
traduire : « par Anélos s. L'Arabe qui s'amusait à écrire son nom en 
grec le traitait comme un nom invariable et suppléait la désinence 
du cas qu*il ignorait par la préposition qui lui était familière. Ce 
graffite est une inscription bilingue d'un genre particulier. * 

Malheureusement l'argument pèche par trop d'ingéniosité : 
Ift<*iiXoc, ne répond pas à VllSn» Q^aîs à Sm:3V1* * ^^ exauce », développe- 
ment théophore de luyi (312) ou >j)yi (Hal. 386), qui est aussi un nom 
hébreu (I Chronique, v, 12), orthographié plus tard iio^, même iji. 
C'est un nom sémitique commun qui peut appartenir autant à un 
originaire de la Syrie qu'à un habitant de la province d'Arabie où les 
noms propres terminés en Sn ^® rencontrent assez souvent. En un 
mot, Il n'est nullement prouvé que le Sémite dont le nom tracé en grec 
setrottveà côté de l'inscription safaîtique était domicilié dans l'oasis. 
Il est même impossible de décider si les deux inscriptions sont de 
la même époque ou, au cas négatif, laquelle est plus ancienne que 
Tautre. Pour l'histoire il n'y a qu'un point sûr, c'est que les inscrip- 
tions du SafA qui ne dénoncent aucune influence chrétienne sont 
antérieures à la fin du iv* siècle. Après la conversion au christia- 
nisme, par suite de la prédominance des dialectes syriens dans la 
liturgie, le nabatéen et le safaîtique ont disparu de la scène du 
monde; le premier ne nous a laissé qu'un petit nombre de noms 
propres terminés en j dans les inscriptions arabes préislamiques et 
surtout dans le fameux j^^^ dont le ^ est déclaré superfétation inu- 
tile par les grammairiens qui en ignoraient l'orgine. Je réserve 
pour plus loin le problème soulevé au sujet de Ztu; Sa^xôitvoç; au reste, 
je crois avec les savants auteurs que les graffites du Safà ont été 
gravés dans un lieu de halte et spécialement en un point d'em- 
bfiscade. 

Il me paraît impraticable de suivre pas à pas les lectures nou- 
velles que proposent nos auteurs. Pour plusieurs d'entre elles le 
doute reste à sa place à cause de l'indistinction des formes. Quel- 
ques notes suffiront. — 1 b (p. 34). On ne saisit guère comment ^^ j^ 
« paître, ranger, rogner », a pu conduire au sens de « graver ». — 



18S REVUE SÉMITIQUE 

7 (p. 35) La courbure de la ligne valait*eUe la peine d'être relevée 
par le graveur? — 66 (p. 53-54). Le ^m^ du Sinal pourrait au beeoin 
répondre au *)||in hébreu, contracté de Sm^M» tandis que le ViK^ 
nabatéen aurait pour premier élément le verbe mui î ^*®*t une con- 
jecture de M.. Euting qui peut invoquer la différence d'orthographe 
du dernier nom. Le safaîtique possède également les deux noma 

Sk^h im+Sn) et Snn (S»-nK). Hal. 65. 167, 242 d (écrit Hnfi)-— 

143 (p. 74). On part en guerre à propos du nom uSiD • * D'après 
M. Halévy, « les noms propres safaitiques» contrairement à Tusage 
du nabatéen, ne se terminent pas par^ H suffit de jeter les yeux 
sur notre glossaire pour trouver cette terminaison rattachée à plu- 
sieurs noms propres. On trouve 311 à côté de ^311 ; of^f et jgiyf ; 
Dtl et yBjf)2 ; *nrD et TTVD » 1DIQ> etc. Ces terminaisons en waw sont 
certaines 9. J*ai eu la curiosité de parcourir ledit glossaire et j'y ai 
compté 7 noms trilitères affectés du *| désinentiel au milieu d'une 
masse d'environ 750 noms qui ne l'ont pas ; ce sont : \q^ et Qta ; 

"hon et Son ; in» ; tdSio ; ir6o ; rrro et rio ; yahv et g^y . Tout 

le monde sait que les noms hébreux analogues fi o fw » iSWt tV*X 
roTi Tltt' etc. ne sont pas empruntés aux Nabatéens, mais s*expli> 
quent par la chute d'un ] final ; en serait-il autrement pour le safaî- 
tique? il faut le prouver. Ma caractéristique des noms safaitiques est 
donc corroborée par le glossaire sur lequel on s*appuie. Et dès lors 
il devient oiseux de parler du flottement de cette écriture et plus 
encore d'émettre l'opinion fantaisiste que le dialecte nabatéen 
primitif devait être très voisin du safaîtique. — Sur les modifica- 
tions à introduire dans la transcription de trois lettres de l'alphabet 
safaîtique, voyez l'article qui y est consacré plus haut. 

L'exploration du Djebel ed^Drûx, qui constitue la seconde partie 
de l'ouvrage, apporte également une riche contribution à l'histoire 
de la contrée. — P. 137-144. La division géographique a beaucoup 
changé depuis l'antiquité. Il n'est pas exact d'affirmer que saint 
Jérôme s'est trompé en traduisant « Golan in terra Batanaea »; cette 
localisation est littéralement copiée de ]UDa iStl ^^ Deutéronome 
IV, 42, répété dans Josué, xxi, 27. Aux époques antiques, tout le 
territoire situé entre la Damascèneet le Galaad s'appelait en hébreu 
Rks/ùi qn^K dont sens probable est «lieu de pAturage, de trou- 
peaux » ; cf. l'assyrien Imsù, «possession en bétail». Le nom 
araméen de cette époque nous est inconnu. Les versions judéo- 
aramennes qui ne sont pas antérieures à l'époque romaine rendent 
îca V^^ Tano 3fafïKln; est-ce une altération de lona = A"^^^<u«i ou 

bien le nom d'une capitale momentanée, et spécialement de la ville 
de Mot ha ou Mot fia na, nous ne nous chargeons pas de le décider faute 
d'informations suffisantes. La forme grecque fait même suggérer la 
question de savoir si nous ne devons pas la ramener à un type sémi- 
tique commun '^0:1, « ventre, intérieur «. auquel cas le mot, malgré 



BIBLIOORAPHIB 1 83 

l'arabe !j;j^» n*aurait aucune atttache à Tanoien BAéàn. En tous cas 
les auteurs me semblent être dans le vrai en repoussant la forme 
EoMaia introduite par Waddington à côté de Zouucaia qui est bien le 
éaqqâ (\jiJL] moderne.— P. 147. n»8. NiM^^Oicf;) niMc[7v]»o(ç) ; lire simple- 
ment MoirXio(ç) = MoçXtoç — o^Ssn (prob. mSsD, Cl.-G.) RE8I, p. 28. — 
P. loi. ANAAH02 est p.-êt. une transposition de AN ANAOI =: );|jy ; le 
fae-similé ofâre lANAANOZ = M3n3^ " (^^ Dieu) nous procurera le repos » , 
ou plutôt t reposant {x\^ z=f^)». — P. 155. XiiiXoc est iSVD- — P« 168. 
Lire i^Sm* — P- ^"^^i ^ote 1. Les équations proposées : vgfY} *= iWTi 
MlOnr? ^^tm^MlMi^^^PO^^®^^ ^^ anachronisme paléographique: 
Au moment où les Hébreux reçurent de la bouche des indigènes la 
forme «tyit ^^^^ 7^ ^^^ ^^ peuvent pas avoir entendu prononcer 
MlVPTIt niais H^lVrW» ^^ dentalisation du t on araméen étant posté- 
rieure à l'époque perse ; aTTH ^^^ ^^^^ ^^ même cas : il faudrait 
ou aiTHl ou arrrti ; c*est dire que Vf est un mot signifiant a suffisance, 
quantité » ; cf.7, ii, tj, et non pas le relatif araméen de date récente. 

— P. 172. Intéressante restitution de Malichos IV comme dernier 
roi de Nabatène, vers 96-106. — P. 187. itroiM ®st le talmudique 
•1001 nWlM * bois de lit, couche », de là c sarcophage ».— m')OTtS 
^^^M i tlttt n f < ^ Dhu-âarà et à Sarit, dieux [bons?] », non « à Dhu- 
Sarà et le reste des dieux » ; le nom commun rf**)MV) * reste » se 
rattacha toujours à Tidée d'une quantité diminuée ; ici on aurait 
amSm WwWy * ^ Dhu-âarà et aux autres dieux ». — P. 211-214. Le 
culte de Mercure est souvent mentionné dans le Talmud ; les voya- 
geurs ramassaient sur leur route des pierres et les vouaient à Mer- 
cure iiyhtffych ]M P11T)> qu*ils honoraient comme le protecteur des 
routes. J'ai peine & croire que le Mercure de la bourgade (xttpu)) de 
Xa^M^ (aujourd'hui )Iam) ait le moindre lien avec le lQf\ ^n phéni- 
cien. — Le nom divin laat^a, dont Titos était le prêtre (Titoç ctpcuç 
lau^a) se rapproche curieusement du dieu Iicu^ qui fait partie de la 
théogonie de Philon de Byblos ; notre inscription aurait ainsi con- 
servé la trace de deux divinités phéniciennes. Du reste, le nom de 
Titos a été aussi porté par un docteur talmudique. 

Les index, les planches et les nombreuses figures intercalées 
dans le texte ajoutent à la valeur du volume splendidement édité. 

Ignazio Guidi, « Qènë » o inni abissini (extrait des Rendiconti délia 
Reale Accademia dei Lincei). Roma, 1901 ; in-8<^. — Le même, 
Vedàsg Miry&m^ VedOsë wagënai, texte éthiopien, 42 pp. in-18o. — 
Conti Rossini, Noteper UstoriSL letteraria abissina (extrait des 
Rendiconti délia Reale Accademia dei Lincei). Roma, 1900; 
79 pp. ln-8o. 

Les publications susmentionnées de M. Guidi nous font connaître 
plus intimement l'esprit de la liturgie abyssinienne. La première 
offre quelques spécimens de la classe spéciale des courtes hymnes» 
sorte de «nx^sp qui sont composées et chantées par le dabtarâ après 



184 RBVUE SÉMITIQUE 

avoir récité quelques versets de psaumes. Plusieurs de ces impro- 
visations sont vouées à Toubli ; les meilleures sont mises par écrit 
et données entre les mains des jeunes gens qui aspirent à devenir 
dabtaràs et à composer eux-mêmes des qenê analogues. Le savant 
éthiopisant énumère 10 espèces de qenê qui se distinguent par un 
nombre déterminé de versets. L^ordre des offices, de la psalmodie 
et des hymnes des divers jours qui sont en usage dans l'Eglise 
d'Abyssinie étant presque inconnu en Europe, le monde savant 
recevra avec satisfaction ces substantielles notices que Tauteurdoit 
au dabtarà Kfifla Giyorgis lorsqu'il séjournait à Rome. Chaque petit 
texte est accompagné d'une traduction italienne dont il est inutile 
de relever Texcellence. La seconde publication de petit format est 
destinée à servir de lecture aux élèves. Elle contient un extrait 
d'hymnes à la Vierge pour chaque jour de la semaine, puis un 
hymne plus long où la Vierge est invoquée sous l'épithète de • Mère 
d'Adonai ». 

Sous le titre modeste) de notes, M. C. Conti-Rossini nous donne 
un résumé plein de faits de la littérature éthiopienne depuis son 
début appréciable jusqu'au xvii* siècle, à partir duquel, grâce aux 
controverses entre les monophysitesetles jacobites, l'ancien gue«ex 
a cédé la place au dialecte populaire dit amharique ou amarigrut. 
Les archives d'Aksum dont parle la légende se sont perdues et on ne 
connaît de l'ancienne époque que les fameuses inscriptions d^Aksum 
et celle de Matarà. L'histoire littéraire d'Abyssinie s'ouvre avec le 
christianisme qui fut introduit dans le pays par des missionnaires 
gréco-syriens dont le plus célèbre est Frumentius A ses débuts 
l'Église abyssinienne s'est servie du texte grec des Septante ; cent 
ans plus tard des moines syriens, favorablement accueillis à la cour, 
traduisirent en éthiopien le texte grec de la recension syro-orientale 
qu'ils avaient apporté avec eux. Les premières traductions eurent 
pour objet les quatre Évangiles; le reste de l'Évangile ainsi que 
les livres de l'Ancien Testament y furent ajoutés plus tard. 
M. C. Rossini rejette avec raison les traditions indigènes sur ce 
sujet, traditions inventées à l'effet de soutenir la pureté du texte 
éthiopien. A la même époque appartiennent aussi les versions gucez 
de plusieurs apocryphes dont l'original n'existe plus, au moins dans 
son intégralité, comme le livre des Jubilés (JFCu/^/é), du Pasteur 
Hermàs, du livre d'Uénoch, l'Ascension dlsaîe, curieux mélange 
de légendes juives et chrétiennes, etc. D'autres apocryphes furent 
traduits dans la suite, le Siracide est probablement un des plus 
tardifs de cette période, vers 676. Avec le xiii* commence une 
nouvelle époque littéraire, lorsque la dynastie énigmatique des 
Zagîié fut remplacée par une prétendue dynastie salomonienne . 
Il y eut une floraison considérable de traductions d'ouvrages 
grecs et arabes d'ordre homilétique et ascétique, notamment les 
Vies des «aints. les martyrologes, etc.. parmi lesquels se distingnent 



BIBUOOBAPHIB 1 85 

pat leur valeur historique les ouvrages composés par le roi Zarëa 
Ya«èqob au zv* siècle et où on voit émerger pour la première fois 
Tacousationdu meurtre rituel lancé contre les juifs, probablement une 
importation européenne. Les meilleures productions de ce siècle et 
du suivant sont les Chroniques de certains rois, comme Ba«eda-Mâ- 
ry&m» Galawdéwos, Susenyos, etc. La guerre contre Gragne a trouvé 
un historien de l'œuvre de qui il ne 8*est malheureusement conservé 
qu*un maigre résumé. Comme on voit, les productions vraiment origi- 
nales sont d'une rareté fâcheuse ; l'avenir montrera si la littérature 
amharique, encore embryonnaire aujourd'hui, aura une destinée plus 
brillante. M. C. Rossini a considérablement rehaussé l'utilité pratique 
de son savant aperçu par une liste alphabétique de tous les 
ouvrages éthiopiens qui sont conservés dans les grandes biblio- 
thèques de l'Europe ; c'était jusqu'à présent un desideratum dont 
l'inconvénient était fortement senti par les orientalistes. 

Bibliothèque de VÉcole des Hautes-Études publiée sous les 
Auspices du Ministère de l'Instruction publique, Sciences philo- 
logiques et historiques. 130* fascicule ; Textes religieux assy- 
riens et babyloniens^ par François Martin. Paris. Librairie Emile 
Bouillon, éditeur, 1900, 143 pp. in-8«. 

Cralg a publié en 1895 un premier volume de textes religieux 
assyriens et babyloniens, puis un second volume en 1897. C'est de 
ce second volume que M. F. Martin a fait l'objet de sa thèse pour 
Tobtention du diplôme de la section d'histoire et de philologie de 
rÉcole des Hautes-Études. 8a transcription repose sur une revi- 
sion des textes au British Muséum ; la traduction et le commentaire 
constituent l'œuvre propre de l'auteur. L'ensemble contient les 
textes de xxi planches cunéiformes précédés d'une introduction 
de 21 pages et fournissant des considérations générales sur la 
nature des hymnes y compris et le caractère général de la religion 
assyro-babylonienne relativement au monothéisme hébraïque. L'in- 
troduction se termine par les remarques relatives è la oonstruction 
des hémistiches dans les morceaux poétiques. On voit que l'auteur 
a su tirer grandement profit de ces documents difficiles et souvent 
très mutilés; la sobriété des remarques est également à louer. 
A l'inverse de plusieurs assyriologues de fraîche date M. Martin 
se garde de se lancer dans des spéculation à perte de vue et sa tacite 
suppression du « sumérien » est de bon augure pour l'école fran- 
çaise d'assyriolog^e. Nous recommandons les remarques suivantes 
à l'attention du sympathique auteur. 

P. X. Rien de plus vrai que l'énumération de la tablette publiée par 
Pinehes qui rattache le nom de Marduk à d'autres divinités est sans 
importance théologique ; mais cela va de soi et la difficulté appa- 
rente a sa source dans la traduction inexacte de Téditeur. Dans 
cette tablette l'idéogramme de Marduk est simplement l'équivalent 



1K6 REVUE BÉmnQUB 

de bêlu, c seigneur, chef suprême »« ainsi : Ninip est le chef suprême 
des Alli (sorte de démons) ; Nergal est le chef suprême de la guerre 
(ia qabli) ; Zagaga (?) est le chef suprême de la bataille (&a têhati); 
Bel est le chef suprême de la souveraineté et de la domination (êa 
bêluti ù mitiukti) ; Nabium est le chef suprême des gains ( » protec- 
teur du commerce, éa nikasi) ; Sin est le chef suprême qui éclaire 
la nuit {munammir musi) ; éamaâ est le chef suprême des juge- 
ments équitables {éa hinâti); Ramman est le chef suprême de la 
pluie (ia zunni); des attributs propres à Marduk même il n'est pas ques- 
tion dans cette partie du texte.— P. xvii-zviii. II est regrettable que 
Tauteur n'ait profité de mes notes sur l'inscription H de Zindjirli 
où l'admission des Âmes des justes dans le cortège des grands dieux 
est formellement annoncée, et il y a longtemps que cette doctrine 
a été signalée par moi dans les textes assyriens (Mélanges de critique 
et d'histoire, 1883, p. 365-380). Que cette connaissance de Tau delà 
ait été insuffisante et qu'elle ait été mieux éclairée dans les époques 
suivantes, cela me parait bien contestable. J'ajoute que la croyance 
à la corrélation du péché et des afflictions temporelles est aussi 
vivace dans le christianisme que dans le judaïsme ; autrement les 
prières publiques aux temps de détresse ou auz*occasions solennelles 
n'auraient aucune raison d'être. Le logion relatif à l'aveugle de 
naissance est un excellent renseignement sur l'état d*àme de son 
auteur : pour être un enseignement il lui aurait fallu une portée 
morale. — P. xix-xx. L'auteur, très équitable pour la moralité 
assyro-babylonienne, semble plus sévère pour celle du Lévitique, 
comme si dans les deux cas les auteurs n'appartenaient pas à la 
classe sacerdotale. Le iv« chapitre du Lévitique n*a trait ni c sur- 
tout» ni «exclusivement» ké^es fautes rituelles; ce sujet est traité au 
chapitre v, mais il s'agit uniquement de fautes morales commises 
inconsciemment, les mômes que le psalmiste de l'exil appelle : c les 
fautes cachées»; les infractions cérémonielles n'existant plus durant 
la captivité, il ne peut s'agir que de la violation du Décalogue (Isaie, 
Lvn, i5-Lix. — P. 2. Ana nannar ilâniy « au Nannar (= Illuminateur) des 
dieux ( = Sin) », a. L d. « à la lumière des dieux ». — .Malikat, • reine, 
maîtresse », a. 1. d. < mère ». — Muaddat, « qui rend sage >, a. 1. d. 
«qui affermit». — Appu, c face, surface », a. 1. d.c sommet ». — P. 10. 
Çimitti c liens », a. l. d. « Joug ». — Apsansu, « son joug »,a.l. d. « ses 
liens». — Mudaku est une forme impossible, il faut probablement 
transcrire pa daku = padaku; la phrase signifie : c mes transgres- 
sions (meshiruti de «^no) j^ Q^. P^is pas]les avouer ( =. détailler) ». — 
P. 14. Çihrakuma ahtati, « je suis indigne (m. à m. c je suis petit » = 
héb. inaiap^ j*&> péché », a. 1. d. « quand j'était petit, j'ai péché ». — 

P. 20. Traduire mamtt par c imprécation, malédiction » (héb. nSll)» 

non par « incantation •.-^Silakki, « camp, champ de bataille », a. 1. d. 
« anéantissement (?!». — Kibima mamit murfi, etc., c parle et Timpré^ 



EmUDORAPHIK i 87 

cation (oau8e)de la maladie... [s'en ira] », a. 1. d. c prononce la conju- 
ration de la maladie, etc. • . -^ larhu, « bassin i , plutôt qu' c étangt . -^ 
P. 52. Ana, nûri atmama, • je parle (je m'adresse) à la lumière ir et 
ainsi de suite, a. 1. d. « par la lumière, je le jure, etc. ». — Ana 
matnit ilquninnima pitum-inniy a à Timprécation qui m*a saisi 
(si(qutmma)[jedi8] {ssatma sous-entendu) : délivre-moi ».— P. 55; 
Gomment tfumaqaiana peut-il signifier « ce dieu fidèle »?— P. 60. 
Kalitu^ c reins », héb. mS^. — P. 65. L'auteur a oublié de mettre 

deux fois le mot « sumérien » entre guillemets. — P. 69. La lecture 
ilhurra,ipays de derrière, de l'ouest «, pour la Syrie, est fondée sur 
Tétymologie du mot(*)nM) > ^^^ région céleste ne porte dans aucune 
langue le nom d'un pays limitrophe, encore moins d'un pays 
éloigné. — P.74.Rapsâ,«la terre vaste, étendue», a.l. d. cespace ». — 
P. 104. MartUy « fiel », non c foie ». — Je tiens à faire remarquer que 
bon nombre de ces corrections concernent des interprétations cou- 
rantes chez les assyriologues, et qu'elles ne sont pas particulières 
à l'auteur de ce travail en somme très estimable. 

Ariatoteles bei den Syrem vom v-viii. Jahrhundert Syrische 
Texte^ herausgegeben, ùbersetzt und untersuoht, von Dr. A. 
Baumstark. ËrsterBand. Syrisch-arabiache Biographiendes Ans- 
toteles, Syrische Commentare zur ElSArnra des Porphynos, 
bearbeitet von Dr. Anton Baumstark. Leipzig. DruokundVerlag 
Ton B. G. Teubner, 1900. Pp. 257 et 61; in*8». 

Ceux qui abordent sérieusement l'étude des œuvres marquantes 
de la philosophie arabe n'ont pas seulement à vaincre l'énorme 
difficulté résultant d'une foule de termes techniques peu dé* 
finis, ils sont encore forcés de se demander si les théories qui 
s'y trouvent exposées émanent directement ou indirectement de 
sources gre($ques. Pour l'histoire de la philosophie grecque et de 
sa propagation en Europe, la solution de cette question est d'une 
importance sans égale. Or, il est absolument prouvé aujourd'hui que 
les Syriens furent les plus anciens intermédiaires entre la science 
des Hellènes et le monde de l'Islamisme. Dans la majorité des cas 
sinon dans tous, les traductions arabes d'ouvrages grecs ont été 
laites sur des versions syriaques. Pour l'histoire du système d'Aris- 
tote en particulier la connaissance exacte de ces premières versions 
est tout & fait indispensable. Déjà en 1852 E. Renan avait reconnu 
dans les restes littéraires de l'aristotélicisme syriaque l'objet de 
tout ce problème historique. Son programme pour faire aboutir les 
études syriaques à ce résultat désirable qui est tracé de main de 
maître n'a malheureusement pas eu de suites pratiques. C'est ainsi 
que malgré les nombreuses éditions qui ont enrichi la littérature 
syriaque dans les dernières années, cette branche d'histoire litté- 
raire compte peu d'essais de grande envergure. L'ouvrage de Hoff- 
mann : De hermeneuticis apud Syros Aristotelis, Lipsiœ, 1869 



188 REVUE SÉMITIQUE 

(2« édition, 1873) harmonise seul, de la manière la plus heureuse, 
les recherches en détail avec une édition. modèle et traduction de 
nouveaux textes. M* le D** Baumstark suit en gros la même méthode. 
Après quelques hésitations il s'est décidé à réunir, non ce que 
quelque Syrien particulier ou quelque école syrienne déterminée 
a fait pour le domaine général de la philosophie aristotéli- 
cienne, mais ce que la totalité des travaux des anciens Syriens 
a fait pour telle ou telle partie du système en cause. De cette 
manière chaque volume forme un ensemble clos en soi ; Féclaircis- 
sement successif de ces problèmes intéressants procure chaque 
fois une satisfaction parfaite à Tesprit du lecteur qui n*aime pas les 
emboîtements calcul^ des dramaturges dans Thistolre littéraire. 
Il faut également louer le savant orientaliste d'avoir renoncé à cette 
tunique de Nessus de la version latine pseudo-cicéronienne que 
beaucoup d'éditeurs de ces sortes d'ouvrages traînent bénévolement 
devant le regard étonné du public studieux. Le temps des corpo- 
rations fermées est passé et le vrai progrès ne peut se réaliser qu'au 
moyen de la langue vivante. Je trouve la traduction allemande aussi 
claire que possible; j'ai cependant à redire sur un point et c'est là, 
je le sens, la petite chicane obligée de la part du recenseur. Je suis 
convaincu qu'avec une légère modification l'emploi de phrases 
grecques pour compléter les phrases allemandes, mélange qui donne 
à la traduction un aspect d'étrange bigarrure, aurait pu être 
évité. Les correspondances grecques auraient pu être placées en 
notes au bas des pages, en même temps que le mot à mot de cer- 
taines tournures obscures ou forcées du texte syriaque, dont les 
termes techniques auraient trouvé leur place entre parenthèses. La 
nationalisation de ces fortes et profondes acquisitions d'un génie 
étranger est le résultat d'un effort intellectuel qui mérite tout 
l'intérêt de l'historien. Mais, ainsi que je viens de le dire, c'est une 
petite chicane de pure forme. En ce qui concerne la disposition 
des sujets à traiter, il est évident que la priorité devait être accordée 
à la biographie du grand philosophe dont les ouvrages sont devenus 
la source la plus pure de la science chex les Orientaux. Ck>nformé-> 
ment à son plan, l'auteur aurait pu strictement s'en tenir aux 
données fournies exclusivement par la littérature syriaque, il a 
préféré englober aussi tout ce que les Arabes ont écrit sur ce sujet 
et on ne peut le trouver exorbitant en sachant que ces données 
arabes reposent elles-mêmes sur une base syriaque. Personne 
ne se plaindra d'une digression aussi instructive non seule- 
ment sur la vie vraiment historique du héros, mais aussi sur les 
légendes populaires qu'il a fait naître dans la moitié de l'Asie. Ces 
biographies syro-arabes comprennent les trois parties suivantes : 
1* Ptotemaios Chennos traitant la biographie,lete8tamentetla liste 
des ouvrages; ^ TAnonyme d'I^baq ibn Hunain; 3* l'Anonyme 
d'al-Rixi. Dans la seconde partie de son livre. M. Baumstark nous 



BIBLIOGRAPHIE 1 89 

présente les commentaires syriens sur l'Em^trpi de Porphyrios, 
comprenant: 1« le commentaire de Prôbà; 2o le commentaire de 
loannes Philoponos, comparé avec des fragments du Vatican, Sté- 
phanos d* Alexandrie dans les dialogues de Severus bar Sakkù, et le 
Liber definitionum de Bàzùd ; 3<* commentaire de TAnonymus Va- 
ticanus; le tout est accompagné des textes syriaques. Plénitude, 
exactitude et saine critique se combinent ici dans un degré émi- 
nent. L'histoire littéraire de Taristotélicisme en Orient possède 
maintenant une base solide sur laquelle elle verra bientôt«s*élever 
les autres parties de Tédifio^ si heureusement inauguré par 
M. Baumstark. 

Hs' Alphonse Chabot, Grammaire hébraïque é^ëmentatre, cinquième 
édition, revue, corrigée et augmentée. Fribourg en Brisgau, 1900. 
B. Herder, libraire-éditeur pontifical, 117 pp. in-8<». 

Depuis neuf ans que la Revue Sémitique ejctste j*ai eu le profond 
regret de ne pouvoir annoncer que les grammaires hébraïques 
publiées en Allemagne et quelles grammaires? chefs-d'œuvre de con- 
cision et de solidité scientifique qui, par une méthode d'une exposition 
aussi simple qu*habile, revêtent une forme pratique accessible 
même à des commençants peu disposés à des efforts de mémoire. 
Cette bonne fortune de pouvoir enregistrer enfin une œuvre simi- 
laire en France, je la dois à l'obligeance de Mv Alphonse 
Chabot, prélat de sa Sainteté, curé de Pithiviers, qui a bien voulu 
m'envoyer la Grammaire hébraïque élémentaire dont il est l'auteur. 
J'ai appris en môme temps avec un vrai soulagement que cette 
œuvre du savant prélat est arrivée à sa cinquième édition et vient de 
recevoir de notables améliorations. Cela prouve à ma grande satis- 
faction d'abord que le nombre de ceux qui désirent s'initier à la 
connaissance de la langue de l'Ancien Testament va en s'augmen- 
tant, ensuite que le besoin d'avoir des notions plus étendues de 
l'hébreu se fait de plus en plus jour dans les cerôles ecclésiastiques 
de notre pays; besoin qui, par une heureuse répercussion sur les 
hébraisants compétents et en première ligne, sur M*' Cha- 
bot lui-même, finira de doter la France de manuels scolaires qui 
soient au niveau des publications analogues qui voient le jour dans 
les autres pays. Nous fermons ce petit livre commode et instructif 
en félicitant le savant auteur de ses persévérants efforts pour l'édu- 
cation scientifique de la jeune génération française. 

Voici quelques indications que nous recommandons en vue de la 
6* édition. 

P. 19. La transcription de n» Vi p» Vi par J^, ^, q, s doit être géné- 
ralisée ; il faut donc écrire qame#, fêrê, hireq, iolem, jsoureq, pata^, 
iaiouphf etc., au lieu de kamets, tsêrê, chireq, cholem, sc/ioureg, 
l>atac/i, chatouph^ etc. ; le q correspond à f et le n au f simple; le^ 
est le w anglais; le v n'existe pas dans les langues sémitiques. — 



^90 RKVUK SÉMITIQUB 

La f^ final ne doit figurer dans la transcriptiou que lorsqu'il est 
pourvu du point qui lui décerne la valeur d'une consonne. *» P. 4$* 
Wn O'W '^'®®* P*® hébreu; corriger g^m, etc. — P. 46. Corriger 
^, 'âvên, en ]yf, *âwen.— Ecrire rrmn rpr\n au lieu de i«mt ilt^- — 
P. 47. Écrire nV-JjfÇ au lieu de jjtS;j r^feQ. — -Qrip ^, mieux Sm 
;uann. — p. 48. Le verbe xTYi ue peut avoir Dieu pour complément 
direct ; il faut donc écrire ^rtlsSo TOIV» WH au lieu de ypg^n WM- — 
P. 60. Un pronom ^k» • moi », n*a jamais existé dans les langues 
sémitiques. Dans InSçp 1^ ) seul indique la première personne ; 
le n est dû à Tanalog^e avec la forme de la 2« personne riVpP- — 
P. 99. La forme primitive de Farticle hébreu n'est pas Shi mais an ; 

cela a été prouvé par deux dialectes arabes dont j*ai déchiffré récri- 
ture. — P. 120. Corriger rùs en naD- 

Isidore Lévy, Sur quelques noms sémitiques de plantes en Grèce 
et en Egypte (extrait de la Revue archéologique). Paris. Ernest 
Leroux, éditeur. 4900. 

M. Isidore Lévy aime avec prédilection les petits problèmes gréoo* 
sémitiques. Le commerce de Rome et du monde hellénique abon- 
dait de produits qui venaient de l'Asie antérieure avec leurs noms 
natifs. Étudier ces noms dans les littératures classiques et égyp- 
tienne, leur restituer leur forme et les signaler s*il est possible dans 
la littérature de leur pays d'exportation, voilà Tobjet de la brochure 
susmentionnée, limitée cette fois à quelques noms de plantes, sans 
aucun doute comme simple spécimen d*études plus étendues. 
L'article consacré à la plante résineuse qui porte en grec le nom 
de «C^ov, oCXffiov ou éXMfVi est un modèle d'érudition et do solidité* 
Toutes les sources sont relevées et examinées aussi bien au point 
de vue botanique que philologique. Après avoir établi l'espèce et 
la provenance de divers m'Xmov qui se vendaient au marché de Rome» 
M. Lévy arrive à celui de Syrie et rappelle avec raison l'existence du 
StXiciov 5p6c au-dessus d'Antioche. Ainsi que je l'ai prouvé à diverses 
reprises, cette région de la Syrie septentrionale était restée un pays 
sémitique jusqu'à l'arrivée des Grecs. Tout indique donc que le nom 
àe cette montagiié remonte aux habitants primitifs du pays ; la 
désignation de territoires tirée do noms de plantes abonde dans 
Tonomastique géographique des Sémites. M. Lévy rapproche, je crois 
heureusement, «îXfftovdela plante nommée sallapanu dans les textes 
assyriens. Le même nom se retrouve dans la Cyrénaîque dès le 
VI* siècle avant l'ère vulgaire où il a donné lieu à l'expression pro- 
verbiale Barreu otX^iov. En ce qui concerne le nom de Sirpe que les 
auteurs romains donnent au silpion de la Cyrénaîque, j'incline à y 
reconnaître le mot néo-hébreu i^^, « résine aromatique », qui devait 

aussi exister «n phénicien. MoTu^cfi, « certains organes du silpioa », 
on une plante analogue, parait représenter le participe passif «mp, 

« sarclé, cultivé ». Les étymologies proposées par M. Lévy pour lès 



BIBLIOGRAPHIE 191 

plantes nommés MaairiTcv, liam et celle qui est mentionnée dans un 
passage du Voyage d'un Égyptien sous la forme de Asbouloulou, 
ré{K>ndant respectivement à m^iQfde j^gr, « résine, poix »), h2D>D 

• 

(aas. êiêanu) et ViSsjD» '^^î^^oloche », réclament encore plus de 

certitude. Enfin, sa correction du nom d'arbre lu lahlana en carac- 
tères hiéroglyphiques en da&rana = as. dapranu est des plus ingé- 
nieuses et restera dans la science. 

W. Muss-Ârnolt. The Urim and Thummim. A suggestion as to 
their original nature and signification (Extrait de l'American 
Journal of Semitic languages and literatures. Chicago, 1900. 

Dans la bibliographie du précédent fascicule de cette Revue, 
nous avons eu Toccasion de prémunir les jeunes assyriologues 
contre Texplication prématurée par des notions encore peu claires 
delà religion assyro-babylonienne des termes .techniques du rituel 
lévitique de la Bible. Plus haut j*ai môme consacré une étude 
particulière à ce sujet afin de faire réfléchir 1res esprits sérieux qui, 
adoptant les conjectures de certains assyriologues comme des 
vérités démontrées, sont souvent portés à en faire la base d'une 
science religieuse nouvelle. Le résultat auquel M.Muss-Arnolt arrive 
aa sujet des mystérieux Urim et Thummim est selon moi aussi 
peu admissible que celui de M. Paul Haupt, mais l'étude même du 
premier savant mérite une mention spéciale et des plus honorables 
pour Vérudition et la sagacité de l'auteur. C'est une monographie 
pleine de faits instructifs. Rien de plus curieux que cette masse 
d*opinions relatives à l'interprétation de ces deux mots hébreux et 
des passages qu'on suppose les contenir. La citation textuelle des 
textes cunéiformes qui font l'objet de la comparaison des concep- 
tions religieuses est également à louer^ car tous les assyriologues 
ne sont pas assez fortunés pour posséder dans leur bibliothèque la 
série complète des publications qui les contiennent. Mais l'appré- 
ciation détaillée doit être réservée pour l'étude commencée plus 
haut. Inutile de répéter ici ce que j'ai dit au sujet des mots ")V{|, 

n08> JVyiSi (DW) ^^an* qu'on veut faire venir du babylonien. Je ne 
crois pas non plus que le mot uwiifj (Isaie, XLVii, 13} doit être 
biffé par la seule raison qu'il fait défaut dans la version des Sep- 
tante ; enfin, la conjecture que l'expression iQrin (^^ Samuel, xx, {%) 
se rapporte à la consultation des Urim et Thummim (Haupt) manque 
de tout fondement. La situation est comme il suit : Joab voulant 
s'emparer du rebelle âeba<: pour le mettre à mort fait le siège de la 
ville d'Abèl où ce dernier s'était réfugié et se met en mesure d'en 
démolir le mur d'enceinte. Pour détourner le danger qui les me- 
nace, les habitants envoient une messagère auprès du général de 
l'armée assiégeante. La femme accomplit son mandat d'une ma- 
nière très spirituelle. Quand Joab eut promis de l'écouter, au lieu 
de faire un discours suppliant, elle juxtapose sans aucun lien 
grammatical deux adages populaires qui, dans l'occasion, devaient 
faire sur l'esprit du guerrier l'effet de deux devinettes ; puis elle 
en donne l'explication dans un ordre inverse, combinaison habile 



192 annic sémitiqub 

qui renforce encore le but vrai qu'elle veut atteindre et consistant 
à insinuer à son auditeur qu'il vient de commettre deux fautes 
graves en attaquant la ville sans sommation préalable^ et en met- 
tant en doute la fidélité dynastique de ses habitants. En figurant les 
problèmes du verset 18 par a et B et les solutions correspondantes 
du verset 19 par a et b on a le schème suivant : 

Proverbes Explication d*actualité 

A. ■ On parle d'abord ^ si on 1 1 &. « (Âbél dit : ) Je suis parmi 
veut dire (quelque chose) >. » W les plus paisibles des villes fidèles 

y d'Israël ». 

B. Quand on demande un con- I a. «Tu cherches àanéantir une 
seil aux gens d' Abél on les trouve II métropole d'Israël ! Pourquoi dé- 
toujours sincères '. » i Itruis-tu l'héritage de Yahwé ? » 

Ces durs reproches auraient certainement coûté la vie à un 
messager; venus de la part d'une femme, Joab» rentré en lui, com- 
prit la leçon et fit des excuses (versets 20-21). 

C. Livias, Oîi the Etymology ofthe terme ^Séfi^â (Extrait de l'Ame- 
rïcan Journal of Philology. Vol. XVI, n« 1). Baltimore. 
Dissertation intéressante sur l'origine du point -voyelle hé- 
braïque nommé communément mIZ/* L'auteur montre avec raison 

que la forme la plus ancienne était rcxW^ mais au lieu d'y voir une 
abréviation araméenne de jnV' = ^^- ^^f^^, « repos», c'est-à-dire 

« manque de voyelle », l'auteur le fait venir de n^i m*pf formation 

fautive de an^), « rester, s'arrêter ». Les raisons données sont insuffi- 
santes pour amener une décision tranchée. Le passage cité de 

Sarùq : niDs QTW^ ^£3 ]wSr\ nxnxS ?im vfsn itwsta rtwwn Sa 

\Vth2 \M^Ty\ signifie : a Toutes les consonnes (du texte biblique) 

doivent porter un dageè (point indiquant la prononciation dure ou 
redoublée) ou un mphè (trait indiquant la prononciation aspirée ou 
simple) pour la clarté de l'expression, selon leur prononciation 
réelle et la place qu'elles occupent dans les organes de la parole > 
(mot à mot : « selon leur mobilité dans la bouche et leur place dans 
la langue »). Les antithèses parallèles XSV\ ^^ n9*l d'une part, n^SH ^t 
aVIQ de l'autre se rapportent uniquement aux consonnes, s toutes 
les consonnes de l'alphabet (ni^nlMn Sd^» ^^ n'est pas question 
des voyelles. Si Tancien grammairien avait voulu y faire allusion il 
aurait écrit simplement : ]avriQ*1 DDSTXI >9d- La proposition ainsi 
formée serait d'ailleurs absolument fausse, car la qualité delà con- 
sonne ne dépend pas de la voyelle qui lui sert de motrice. 

J. Hal êvv. 
^- nfflMtia* ^^' 1 Hois, XVII, 13. 

2. Proverbe basé sur l'usage fréquent de la locution ^OmS 131* 

•• . 

3. TOm ]31î pour *p' cf* Exode, i, 12; après tOnn »^ ©st sous-eoteoda 
le complément direct OiTtUT- 

VÈditeuT-iiértLni : E. Lbroox. 

Pmrû. '— ImprimMie G. Mturin, 71, ru« d« Ktanc». 



E SÉMITIQUE 

ET D'HISTOIRE ANCIENNE 

ERCHES BIBLIQUES 
s nuptiaux des Cantiques. 

{Suite). 



î », équivaut à i^yt^, « mes cheveux » (10). 
à la fois la tunique portée par les hommes 
!S (Il Sam., xiii, 18). 
et, treillis » (Isaïe, xix, 9). — L'expres- 
]ue l'idée de pitié et de compassion > 

es, boutons n, de çq, « main, poing >, — 
l'arabe^, c ambre >. 
ler, se dérober » (cf. Jérémie, xxxi, 22). 
« quand il parlait > , ne convient guère dans 
se de lire tt3j»3, « quand il partit i. 
est ici une métaphore pour «rosée» qui 
îéleste. — nX^D synonyme de nxbo> 
lierres précieuses » (Exode, xxviii, 17). 
j sens de • parterre de fleurs », de ÎJ^J, 

le métal ou d'ivoire > forme l'unité nu- 
2^W, as. istennu, t un i. Par niyo, « in- 



I 



19i REVUE SÉMITIQUR 

testins > il faut entendre la partie du corps qui les contient, le 
ventre, le tronc ». Chap. vi, 2. Le verbe nwn^ semble 
exiger ici un coinplément direct suivant Tanalogie de t9pbb> 
D^JBHiy» J® suppose que q^jj^ est une altération de Q^nj 
« chevreaux p. On pourrait aussi rétablir n^3J3 mxi^i 
a pour contempler les vignes >, ce qui conviendrait encore 
mieux au sens du verset. 

XV 

Compliments d'un nouveau marié à sa jeune épouse. Ce chant 
nous est parvenu dans un état très fragmentaire. Nous n'en 
avons qu'un verset et demi du commencement et trois versets 
de la suite. Tout ce qui se trouve entre 2 a et 8 est un extrait 
de IV9 1 6-3, mis en ce lieu pour remplir le passage effacé du 
manuscrit. La fin du poème manque également. 

4. Toi, mon amie, tu es belle comme Tirça^ 
Tu es aussi jolie que Jérusalem^ 
Aussi imposante que le drapeau des guerriers. 






5. Détourne tes yeux de moi 
Car ils m*ont ébloui. . . 

(Tes cheveux sont (fins) comme la laine de ces chèvres 
Qui descendent du mont Galaad. 






6. Tes dents sont pareilles à celles de ces brebis 

Qui remontent du lavage, 

Brebis qui toutes portent des jumeaux 

Et ne perdent pas un seul petit. 

7. Tes joues font resplendir leur coloris de grenade 
A travers (ton) voile). 






8. Il y a (au sérail) soixante reines 
Et quatre-vingts concubines 

Et d'innombrables aimées 

9. (Pour moi) ne compte qu'une seule, c'est ma colombe, ma par- 

faite. 
Elle est fille unique de sa jnèro. 
Elle est choyée par celle qui l'a mise au monde ; 
Les jeunes filles qui la voient la félicitent, 
Les reines et les princesses l'admirent : 



REGIietlCHES BIBLIQUBS 195 






!D. Quelle est donc celle qui resplendit comme Taurore, 
Qui est belle comme la lune, 
Éclatante comme le soleil. 
Imposante comme le drapeau des guerriers ? 

4. Tir^a était te château royal de Tancien royaume d'Israël 
(I Rois, XIV, 1 7 ; Il Rois, xv, 1 4) ; Jérusalem est la belle 
capitale (Psaumes, xl, 3) de la Judée: En disant que la jeune 
femme est plus belle que ces capitales des deux royaumes ri- 
vaux, le jeune homme entend exprimer cette idée que la beauté 
de son amie vaut pour lui la possession de ces royaumes. Une 
idée analogue est exprimée aux versets 8 et 9. 

10. L'adjectif Qi}({, f. nO^X? de même que }i{-)ij ne se borne 
pas à la faculté a d'inspirer la terreur d qui épouvante, mais 
aussi celle qui impose la plus haute cousidération par la gran- 
deur et la majesté de sa forme et de ses mouvements. Les dra- 
peaux déployés en tète des divisions guerrières jouissent de ce 
respect intangible qui maintient l'ordre et la discipline des 
troupes. 

XVI 

Un fiancé raconte qu'il a assisté à une petite scène dans 
laquelle sa fiancée avait soulevé Tadmiration générale pen- 
dant la célébration d'une danse triomphale. L'héroïne portant 
le nom de Sulamîte est fictivement identifiée par le poète avec 
la belle Sunamite qu'on avait choisie pour tenir compagnie 
au roi David vers la fm de ses jours (I Rois, i, 4-4). La lé- 
gende populaire donne à cette jeune fille pour père un noble 
judéen du nom d"Ammi-Nadib (famille généreuse) rappelant 
le nom du célèbre Amminadab, père de l'ancien chef de la 
tribu de Judaau temps de l'Exode (Nombres, ii, 3). D'après 
la même légende le héros royal a été entièrement subjugué 
par la grande beauté de la jeune Sunamite. Il va sans dire 
que ce récit est une pure création poétique. En réalité le roi 
David et la belle Snlamite figurent le nouveau marié et sa 
jeune épouse. Ce texte contient quelques corruptions. 



196 REVUE SÉMITIQUE 

11 . Je me suis rendu au bois de noyer, 
Pour contempler la verdure de la vallée, 
Pour voir si la vigne était déjà en fleurs. 

Si les bourgeons des grenadiers s'étaient épanouis ; 

12. Involontairement mon âme m*a conduit 
Vers la demeure d'«Ammî-Nadîb. 

(Sulamite, entourée de la foule, rentre précipitamment chez elle.) 

Le chœur. 

Chap. VII, 1. Reviens, reviens, ô Sulamite ! 
Nous voulons te regarder encore ! 

La jeune fille. 

Que trouvez-vous à voir dans Sulamite 
Au milieu de la danse guerrière ? 

Le chœur. 

2. Que tes pieds sont beaux dans leur chaussure, 
O fille de Nadib ! 

Les articulations de tes hanches ressemblent à des bijoux. 
Faits par une main d'artiste. 

3. Les contours de ton bassin rappellent le bassin de la lune 
Dont le liquide (lumineux) ne diminue point ; 

Ton ventre, une gerbe de froment 
Entourée de roses ; 

4. Tes seins, deux faons, 
Jumeaux de la biche ; 

5. Ton cou une tour svelte en ivoire; 

Tes yeux rappellent les bassins limpides d'Hesbon, 
Sis près de la porte Bat-Rabbîm ; 
Ton nez a la finesse de la tourelle du Liban, >. 
Visible en face de Damas ; 

6. Ta tète brille sur toi comme le Carmel, 

Les nattes de ta chevelure ont l'éclat du pourpre; 
Un roi est prisonnier de tes délices. 

La foule. 

7. Que tu es belle, que tu es douce, 
Fille aimable de délicieuse lignée ! 

Cet épisode a été méconnu par tous les interprètes, y com- 
pris moi-même. La cause première de Terreur réside dans I a 
croyance deux fois millénaire que les éloges de la jeune femme 
sont prononcés par le nouveau marié. Parti de cette base on 
ne trouvait aucun lien raisonnable entre les versets 11 et 1 % ni 



RECHERCHES BIBLIQUES 197 

eotre celui-ci et le verset suivant et, en désespoir de cause, 
on était obligé d'admettre trois lacunes béantes ou ce qui est 
tout un, trois fragments séparés. L^obscurité et Tétrangeté de 
quelques expressions ont provoqué un grand nombre d'émen- 
dations qui ont fini par tout brouiller et ce qui pis est, par dis- 
traire l'attention du sens général du poème. Après divers 
essais de pénétrer cette énigme, ma curiosité a été attirée par 
les trois attributs insolites et cependant du même genre : 
3^^3-^Oy, 3i^3-n2 '®' D^J^JVna» lecture indispensable au 
lieu de Q^j^j^yna- ^^^ pareilles reprises à quelques lignes de 

distance garantissent d'abord l'unité du morceau en son 
intégralité. Puis, l'expression bizarre à première vue, D^^V33» 
m'a convaincu qu'il ne s'agit pas d'un tête -à-tête intimé entre 
fiancés ou époux, mais que les éloges ont été adressés à la jeune 
femme pendant qu'elle se tenait sur une scène ouverte au 
public. La mention du roi amoureux à la troisième personne 
a enfin confirmé la pensée que c'est le public lui-même qui 
prononce ces paroles admiratives. Après cela il était facile de 
reconnaître que le poème s'arrête au verset 7 et aussi d'en re- , 
constituer la répartition exacte entre les personnages qui y figu- 
rent. Le narrateur qui emploie la première personne dans les 
verbes (H -18) est naturellement l'heureux fiancé qui, attiré 
par l'espérance de rencontrer sa fiancée Sularaite, au lieu de 
86 rendre directement dans son jardin, fait un détour pour 
s'approcher de sa demeure. Arrivé près de là, il la trouve au 
milieu d'une foule gaie et en train de danser (2). La jeune 
fille qui s'aperçoit de sa présence, a hâte de se retirer et de 
rentrer chez elle, mais la foule insiste pour qu'elle retourne ; et 
quand, un peu confuse, elle demande pourquoi tous les yeux 
sont tournés vers elle, le chœur éclate en éloges et la foule les 
résume dans un refrain chaleureux . 

Cette interprétation, la seule qui résulte de la facture générale 
et des expressions littérales du poème, écarte à tout jamais 

Pétrange description que les commentateurs anciens et mo- 
dernes ont cru trouver dans le verset 3 ainsi que les remanie- 
ments nombreux entrepris sur le texte traditionnel par le désir 
immodéré d'innovation. 



498 RBVUB 8ÉM1TIQUC 

18. A partir de la première phrase inVT Xb> ^ J® ^^ ^^* 
pas 1) le verset ne présente aucun sens raisonnable. Les Sep- 
tante rendent mot à mot la construction hébraïque et n*ap- 
portent pas le moindre éclaircissement, Luther n'est guère plus 
intelligible dans sa version : c Mon ftme ne savait pas (nVT 
=inVT q^'il m'avait placée sur la voiture d'Amminadib » 
{Meine Seele wuêste es nicht dass et mich %um Wagen Afnmi" 
nadib gesetzt halte). Une tentative de modifîer la lecture mas- 
sorétique se cache dans la Yulgate : Nescivi ; anima mea con- 
turbabit me prapter quadrigas Aminadab^ phrase qui suppose 

'•JDDH/ (de QOB^) au lieu de 'ïjnDîL^ ^^ mDD"Q ^^ '*^" ^^ 
ni331û» mais elle n'amène aucune amélioration. Toute obs- 
curité disparaît quand on corrige ni3DlD ^" rs^2 1113» * ^^^ 

ftme m'a mis (conduit) dans le chemin (dans la direction) de 
la maison d'Amminadib d^ le père légendaire de Sulamite. 
Par Texpression i^nDtZ/» ^^ narrateur annonce qu'il avait le 
pressentiment qu'il rencontrerait la jeune fille. 

1 . L'appel "i^Vtf suppose que Sulamite avait pris la course pour 
s'en aller le plus vite possible et le pluriel, ntnSV Atteste que 
l'appel venait de la foule qui l'entourait. — nbnOD n'offre aucun 
sens ; lire : nbn&l« ' ^^ milieu des danses » ; on peut aussi 
ponctuer D^ano *u lieu de Qijnon î ^' s'agit visiblement de 
danses célébrées après une guerre victorieuse (I Samuel ,xyiii ,6) . 

S. D*i^V33, la chaussure dont il est question en ce lieu est 
une espèce de sandale qui laisse voir le pied. — ;3i^j est la 
forme abrégée de S'i^i^DV» transformation flattée de 3*13^07- 
Au lieu de ^pion» ^^ vaudrait mieux lire ij^^n» ^ '^ '^^"s> 
les cercles » (Exode, xxvii, 10). — D'xbn» • bijoux >, pi. de 
i^n (Prov. XXV, 12). 

3. La ponctuation -]-nt£^* est insoutenable ; une forme y^^^f est 

impossible. Les anciens y voyaient le mot x^^^, « nombril » 
(Ézéchiel, xvi, 14 ; Proverbes, m, 8) ; la lecture yinp ^^^ 

confirmée par Job, xi, 16. Par -j^g^, nom répondant à l'ad- 
jectif araméen Jjiniy, « fort, solide d, est désignée la partie 
du bas«ventre qui est attachée aux hanches, appelée bassin 
à cause de sa ressemblance à un petit bassin ou cratère 



RECHERCHES BIBUQUES 199 

(cf« ali. Becken)\ c'est le contour le plus étroit du corps, 
la ceinture. La comparaison du bassin du corps de la jeune 
fille au bassin de la lune, plein d'un liquide lumineux intaris- 
sable, est une image aussi gracieuse que chaste. L'allusion obs- 
cène que les commentateurs récents s'obstinent à y chercher, 
reste à la charge de leur propre imagination. -|p|Q = ^njj^ = 
ar.-aram. -^;-|2/ ne peut être autre chose que la lune. Ce corps 
céleste consistait, d'après la légende babylonienne que j'ai 
souvent et textuellement citée, en un bassin ou océan lumineux 
qui transportait la barque du soleil couché de l'occident k l'orient^ 
pour qu'il pût recommencer sa course diurne dans la direction 
inverse, j|q désigne le liquide que contient le récipient, sur- 
tout Teau que l'on mêle au vin pour l'adoucir et le clarifier ; 
ce dernier procédé se dit jriS^^Û ^^"^ ^^ langage talmudique. 

La comparaison du ventre à une gerbe de froment (la céréale 
la plus précieuse) fait allusion à la fmesse de la taille, l'attri- 
but € entouré de roses », tout en appartenant à la gerbe, 
marque néanmoins Tincarnat de la peau» 

5» L'image de la tour d'ivoire, ^j^n bnJO> caractérise l'é- 
lévation et la blancheur du cou (cf. iv, 4) ; celle des beaux 
réservoirs d'Hesbon peint la limpidité des orbites oculaires. 
— Il est douteux si Di2"T"n3 ^^^ '^ ^^^ ^'^^ quartier d'Hes- 
bon, ou bien l'équivalent du nom de n^H' appelée Aréopolis à 
répoque grecque, l'ancienne capitale des Moabites. — La proé- 
minence du nez rappelle au poète la tour fière et élégante du 
Liban qui était tournée du côté de Damas, ce charmant jardin 
de fleurs qui mérite encore de nos jours l'épithète de c Para- 
dis de l'Orient » . Le nez court ou plat faisait horreur à notre 
barde. 

C. Le parallélisme ^DlS^-rDJlXS nû'avait donné l'idée que 
par 'joiS *1 fallait entendre le mot écrit ordinairement ^^0^3, 
c cramoisi ». Dans II Chroniques, m, 1i, rojjiK et ^>D-)2 se 

trouvent coordonnés ensemble. Cependant la préposition ni^v^ 

€ sur toi », semble favoriser plutôt l'interprétation courante qui 
voit dans ^013 le mont Carmel, anciennement célèbre pour la 
richesse de sa végétation (lsaïe,xxxv,2); la comparaison vise 
la beauté et la fière attitude de la tête. 



1 



200 REVUE SÉMITIQUE 

n^T, et, const. nb^' * nœud, tresse >, se rattache au néo- 
hébreu et arabe ^^'^^, « nouer, laisser pendre » ; la pourpre, 
m;nX« est le symbole de l'éclat majestueux. 

Il faut également renoncer à Pidée émise par moi pendant 
quelque temps qu'il fallait sous-entendre le mot q^q après 
ÎDJSIXDi * '^ tresses de ia chevelure reluisent comme la (cou- 
verture de) pourpre du coursier du roi attaché aux abreuvoirs d . 
Tout changement de construction doit être écarté ; le texte est 
clair tel qu'il est. Le mot «y'^q commence une nouvelle phrase 

dans laquelle il faut lire n^ûma *^ '^^^ d® D^lûma* C*est le 
roi qui reste continuellement attaché aux abreuvoirs, image des 
délices inépuisables où son admiration se désaltère sans cesse. 
Un ordre d'idées analogue réside dans- la métaphore de la 
€ source fermée » {^yy^ ^j, iv, 12) ainsi que dans celle de la 
source et du puits aux eaux vives (iv, 1 5). 

7. Ce verset résume le panégyrique précédent et est visi- 
blement prononcé par la foule, bien entendu dans l'imagina- 
tion du poète. 

D'après l'exégèse courante, ce verset serait une réflexion 
abstraite sur l'amour et ferait partie du morceau suivant, mais 
une pareille tournure n'a aucune analogie dans nos poèmes. 



XVI 



Dernier rêve de la nouvelle mariée. La semaine des noces 
tire à sa fln. En songe elle se revoit jeune fille et conversant 
avec son jeune berger. Celui-ci lui a fait la proposition passion- 
née de la serrer étroitement contre son cœur. Elle comprend 
la portée de ses paroles brûlantes, mais elle a la force de 
tempérer son ardeur par la promesse qu'elle lui appartiendra 
an prochain retour du printemps. Elle veut que son hyménée 
coïncide avec la saison enchantée et ait pour scène les gazons 
fleuris des vignes en vue des bourgeons épanouis des grena- 
diers. Le berger cède au désir de sa fiancée. Dans l'intervalle 
elle offre à son ami des bouquets de Dudaim et divers fruits et 
exprime le regret de ne pouvoir lui témoigner son amitié ea 



RECHERCHES BIBLIQUES 804 

public et ramener plus tôt dans la maison de sa mère. Â ce 
moment la jeune femme s^éveille et se sent heureuse de se trouver 
à côté de son époux. Celui-ci, .voyant qu'elle se rendort, 
adjure les chanteuses de ne point déranger son sommeil. 
Quand les chanteuses obtiennent la parole, elles entonnent les 
éloges du jeune couple censé arrivé de la campagne où leur 
union s*est accomplie. Un dialogue où les deux époux se 
promettent un amour éternel termine cette belle poésie. On 
voit combien Tévénement banal du mariage a été idéalisé par 
le poète. Le droit marital est remplacé par une demande pas- 
sionnée qui attend une réponse favorable ; T hésitation instinc- 
tive de la jeune fille devant une intimité inusitée est repré* 
sentée comme une exigence de répit de sa part ; la chambre 
nuptiale enfin est transformée en une vigne fleurie et embau- 
mée par le souffle du printemps. Le dialogue final couronne 
dignement cette scène charmante : 

Le fiancé. 

8. Voici, ta stature ressemble au palmier, 

Et tes seins aux grappes (qui le couronnent). 

9. Que je voudrais gravir le palmier, 
En me tenant de ses branches, 

Pour que tes seins me délectent comme les grappes de la vigne, 
Ton haleine comme l'odeur suave des pommes, 

10. Et que tes paroles soient pour moi comme le bon vin 
Qui coule devant les camarades au milieu des chants. 
Vin capable de faire remuer les lèvres des dormants ! 

La fiancée. 

11. J'appartiens à mon ami et me charge de son désir. 
!2. Va, mon ami, partons pour la campagne. 

Passons la nuit au milieu des cyprès ; 
!3. Rendons-nous de bonne heure aux vignobles, 

Voyons si la vigne est en fleur. 

Si les grenadiers ont les bourgeons épanouis; 

Là, je t'accorderai mon amour. 
14. Les dudaîm exhalent déjà la bonne odeur, 

Près de nos portes il y a toutes sortes de fruits exquis, 

5e8 nouveaux et des mûrs. 

Mon ami, j'en ai gardé pour toi. 



S09 RSVUlfi SÉWTIQUK 

9. pQ^o, c branche >, as. êinsinu. — La comparaison 
tSSJn mbDîB'XS comporte l*idée d'agrément. — La leçon 
*lfiK n^l ^^^ acceptée par beaucoup d'exégëtes (Septante 

Q^rfiTi ptvoç 70V ; Luther deiner Nase Geruch) ; la Yulgate écrit 
esthétiquement odar oris lui = -|i|) n>l ; îl f^ut lire plutôt 
IW ni*l9 * ^^ souffle, ton haleine ». 

10. n^n* ^ ^^ palais :d = c ta bouche, ta parole » (Pro- 
verbes, VIII, 7). — L'attribut Q^iiyiob HIlV iblH ^'^^^^ 
aucun sens imaginable. LesSeptante rendent littéralement les 
mots hébreux : Uopeuofievoç r^ àiik^idnf (aov tiç eûSuryjra; la 
Yulgate écrit à coups de divination : dignum dilecto meo ad 
potandum (par réminiscence de Tararaéen >niWDb ^i* ^" ^^'^* 
blissant Qnilb ^^ '^^^ ^^ ^inV» '^ clarté ne laisse plus rien 
à désirer : t le bon vin qui coule agréablement pour les amis > , 
c'est-à-dire pour les camarades réunis au banquet des noces 
(y, 1). Inutile de discuter les traductions des Septante et de 
la Yulgate relatives aux trois derniers mots de ce verset. 

^^' inpliyn "hV^ ^ ^^ ^^^^ est sur moi », c'est-à-dire 
c je me charge de satisfaire à ses vœux », 8ept«*'Yulg. enjo- 
livant : ri im^po(fii avrov = conversio eJM (inaWn 0* 

12. Q^iB3» pi. de ^B^, c village ». Ils dormiront dans 
le village auquel ils arriveront le soir pour se reposer de leur 
marche. 

1 3. La consommation du mariage aura lieu le lendemain 
matin (nD^StC^j) ^ Toccasion d'une promenade dans le site par- 
fumé d'une vigne. La phrase qui suit est presque identique à 
VI, 11 i; les mots monn nnSJ Q^' y ^^"^ intercalés rappel- 
lent l'expression nn MHi TlûO D'^JBjn ("» <3)- — nn 
Septante et Yulgate pudiquement : rov; yM^Tovç iiov = ubera 
mea ; Luther de même : meine Briiste. 

14. Les dudaim( a mandragores »), par suite de leur res- 
semblance parfois remarquable à un petit couple uni ont été 
considérés comme une drogue aphrodisiaque et surtout comme 
un symbole de l'amour ; le nom nm (pour nn) vient de 
*m = •m, a aimer ». 



RECHERCHES BIRL1QUES %0'i 

XVII 

Suite du rêve fait par la nouvelle mariée. Se croyant, encore 
jeune fille, elle exprime le souhait que son fiancé fût son frère 
afin de pouvoir l'embrasser en vue de tout le monde sans être 
l'objet de la médisance. Pendant un instant de réveil, elle ex- 
prime sa joie de le sentir à ses côtés. En la voyant de nouveau 
plongée dans le sommeil, Tépousé adjure la troupe des chan- 
teuses de ne pas la déranger. Les derniers procédés sont déjà 
rois en œuvre dans ii, 6-7. . 

i . Plût à Dieu que tu fusses mon frère, 

Que tu fusses celui qui a sucé le lait de ma mère, 

Alors en te rencontrant dans la rue j'aurais pu t*embrasser 

Sans que personne eût trouvé à me faire des reproches ! 

2. Je t'aurais conduit et amené 

Dans la maison de ma mère qui m'apprend (les convenances), 

Je t'aurais- donné à boire du vin parfumé, 

De la boisson que j'ai préparée de mes grenades. 

A moitié réveillée. 

3. (Ah!) je sens sa main gauche au-dessous de ma tête, 
Pendant que sa droite m'onlace ! (Elle se rendort.) 

Le jeune époux. 

4. Je vous adjure, ô filles de Jérusalem ! 
De ne point éveiller ni déranger 

La bien-aimée jusqu'à ce qu'elle veuille (vous recevoir). 

Ghap. viii, < . DJ * souvent le sens restrictif de t malgré 
cela, néanmoins » ; cf. Genèse, xxix, 30 &. 

2, Avant ^^no^n ^^ sous-entendu le relatif iisfî^, t qui 
m'inslruit », il s*agit des convenances sociales qui ne permet- 
tent pas à une jeune fille d*être familière avec un jeune homme 
qui n'est pas son proche parent. — >31D1» mieux qijiot ou 

'•il»"!- 

XVIII 

Fin de Tidylle. Revenus de la campagne dûment mariés, la 
jeune femme est félicitée par la foule pour ses goûts cbampâlres» 



soi REVUE SéMITIQUC 

mais Thérolne, sérieuse, les écoute à peine. En s^adressant 
uniquement à son époux, elle Tadjure de ne plus penser à une 
autre femme et de ne jamais lui donner Toccasion de devenir 
jalouse. Son compagnon la rassure en lui affirmant la perpé- 
tuité de sa tendresse pour elle. Cette affirmation est assez tiède 
en comparaison des paroles chaleureuses de Tépouse; la 
poésie se ressent ici du choc des réalités de la vie familiale et 
baisse le ton. Le recueil devait primitivement se terminer en 
ce lieu. Ce qu^on lit après se compose de deux fragments tirés 
d'un recueil différent et de deux versets sans intérêt et sans 
réelle liaison. 

5. Quelle est celle qui revient de la campagne 
Accompagnée de son bien-aimé? 

C'est sous un pommier qu'on t'a éveillée (à la vie); 

C'est là que les douleurs qui t'annonçaient ont pris ta mère; 

C'est là qu'a été délivrée celle qui t'a mise au monde. 

L'épouse (se tournant vers son épovLx). 

6. Place-moi comme un sceau sur ton cœur, 
Comme un sceau sur ton bras ! 

Car l'amour est aussi inflexible que la mort, 
L'enthousiasme aussi inexorable que leâéol; 
Ses traits sont des traits de feu, 
Une flamme divine. 

L'époux, 

7. Les grandes eaux ne peuvent éteindre l'amour. 
Les fleuves ne sauraient le noyer; 

L'homme donnerait-il tous ses biens pour l'amour, 
Il serait repoussé avec mépris. 

5 . Par i3no, « désert > , on désigne non seulement les lieux 

arides, mais aussi les lieux peu cultivés et abandonnés au bétail 
comme pâturage; le verbe "|3T, « conduire (au pâturage) », 
esi surtout usité en araméen ; cf. n^*^, Michée, ii, 12. 

ripaino» participe hitpaJ'el féminin de pjj^ "^(J^j» * assis- 
ter, marcher ensemble ». 

Les formes verbales du reste de ce verset ont été méconnues 
par la tradition. Le texte massorétique signifie littéralement x 



RECHERCHES BIBLIQUES 205 

Je Tai réveillé (Tj^n^l^J?) sous le pommier ; là t*a enfanté avec 
douleur fenSan) ^ mère (tjôî;^); là. a enfanté avec douleur 
(celle qui) t'a enfanté (nrnV). ^'^^' ^^^^ '^ ^^^^® ^^ l'époux 

qui parle ainsi en rappelant à son Ris nouvellement marié le 
lieu de sa naissance et les souffrances qu'elle avait éprouvées 
à ce moment critique. Au besoin, une pareille allocution peut 
^'expliquer par les regrets qu'elle ressent de devoir se séparer 
désormais de son fils qui ira vivre ailleurs avec sa femme. Mais 
qui ne voit pas que ce sujet ne cadre guère dans le milîea où 
il se trouve? Puis, que vient faire ici le pommier et comment 
cette circonstance fortuite peut-elle rehausser le prestige del'é vé- 
nement? Cette lecture est également suivie par les Septante 
{v7:o iiralov èçnyupi ae ex£c àUvriaiv ttt i [j.riTinp (tov) h l'exception 
des trois derniers mots qu'ils ont lus nni'^^ ^nSan HDIS^ 

(êxec àibmoiv 9t ri rcxoGffa (re). La Vulgatc admet au contraire 
pour ^;an le sens de « endommager, détruire, corrompre », et 

traduit bizarrement : a Sub arbore malo suscitavi te : ibi cor- 
ruptaest mater tua, ibi violata est genitrix tua ». Il y a évi- 
demment une réminiscence antipathique de Jérémie, ii, 20 et 
III, 2. Luther accepte telle quelle la leçon massorélique et je 
D^ai sous la main aucun commentaire moderne pour savoir 
comment ils remédient aux erreurs manifestes de la tradition. 
La conviction que, par analogie à vi, 6, tout ce verset doit 
être mis dans la bouche d'admirateurs étrangers à titre d'éloges 
concernant la jeune femme, m'a conduit à corriger la lecture 
usitée de la manière suivante que je crois très probable. Je 
mets au féminin les verbes avec leurs compléments et je lis -|'^p| 

T T 

au lieu du second nbafl ^^ ®^ partie avec les Septante nni'^'» 
bien que 'ïïmS^ soit aussi possible. Je lis donc : ra^nn nnn 

(^^ innV) innV^ n^n nm -ijôx n^?n nm -^rnnir • 

« Sous le pommier elle t*a réveillée(à la vie); là ta mère a 
éprouvédes douleurs pour toi, là a souffert celle qui t'a enfantée.» 
&i d'autres termes : « Tu aimes la campagne et ses arbres, 
parce que ta mère t'y a mise au monde; bergère, fille de. ber- 
gère; l'amour de la campagne est pour toi un instinct inné. » 



t06 RSVim SÉMITIQUE 

7. nm^f *" propre, c dte^jalousio », désigne iet la pàaaioa 
suprême» Penthousiasme. 



XIX 



Premier fragment. Les frères émettent Tidée que leur sœur 
est encore trop jeune pour épouser Pami qu*elle semble avoir 
choisi. Ils sont en outre (Tavis de diminuer les frais pour son 
installation au cas où elle céderait à une tentative de séduction . 
La jeune fille par une réponse fière dissipe le soupçon et les 
rend favorables à ses vues. 

Les frères. 

8. Nous avons une petite sœur, 
Aux seins imperceptibles ; 

Que ferons-nous pour notre sœur, 

Le jour où on la demandera en mariage? 

9. Si elle est (= reste ferme comme) un mur, 
Nous y élèverons un pavillon d'argent ; 
8i elle est (volage comme) une porte 

Nous y attacherons une planchette de cèdre. 

La sctur. 

10. Je suis (ferme comme) un mur 

Et les seins me tiennent lieu de tourelles. 

* 

* m 

Alors j6 leur suis apparue 

Comme une garantie de la paix (familiale). 

^•9. px nb Dniî^l? '^ développeraeiit des seins marque 

rage de la nubilité. — n^ "13Tlt^> sous-entendu a^K^ nnnb- 
Les frères ont des doutes sur la conduite de leur sœur et ils 
l'avertissent quMIs lui feront des noces peu coûteuses au cas 
où elle ne s'amendera pas ; c'est le sens de l'image de la tour 
dorée en face de celle de la planche de cèdre. 

10. Lire Q^Tijiya au lieu de yiyj^j. — D^tftû^ participe 
actif féminin de KlfD» ^^ ^'^ Q^^ trouve, qui apporte » ; cf. 



r 



REGHBEGBBS BIBLIQUES 907 

nXVID mttD pN (^^ Sam., xyuiy 22), « il n'y a pas de nouvelle 
qui apporte (quelque chose d'inconnu), qui mérite d'être rap-> 
portée ». 

XX 

Second fragment. Salomon se fait des revenus avec sa vigne 
qu'il loue avantageusement à des fermiers ; le nouveau marie, 
roi d'un jour, entend soigner lui-même sa vigne (sa jeune 
femnne) et n'a cure ni des revenus royaux, ni du profit que 
les fermiers en retirent pour leur propre eompte. 

li. Salomon avait une vigne à Ba^al-Hamon ; 

Il remit la vigne à des fermiers, 

Chacun d'eux lui donna mille sicles pour les fruits (de son lot). 
1?. Ma vigne à moi est inaliénable; 

A toi, les mille sicles, 6 Salomon I 

Que eeuz qui gardent ses fruits gagnent deux eents sicles (de 
leur eôté) ! 

En se tournant vers la, jeune femme. 

13. Toi qui restes dans les jardins ! 

Les camarades te prêtent leur attention, 
Fais-nous entendre ta voix (= une chanson). 

La jeune femme, 

14. Sauve-toi, mon ami, et sois pareil 
Au cerf, au faon des biches, 

(Qui gambadent) sur les monts parfumés ! 

* * • ÎTOn bj^a» ^^^ d*une localité. 

1 3. t^y^ûtt/n ^^^ ^^9 ^^^^ ^ ^" ^®'^® T^P^ *^ participe 
D^a^VpD? d'autre part, le ^ du dernier mot empêche de le 
regarder eomrae le complément du second verbe ; on est donc 
amené à supposer que n^lp^ est dû à une faute du copiste qui 

devait écrire -j^ip -t^ dont les mots font partie Tun de la pre- 
mière phrase, Tautre de la seconde. Outre cela, le contexte 
exige de lire ijy^tSEfn ^^ ^^^^ ^^ ^JV^DB^n- 



208 REVUE SÉMITIQUE 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 

En faisant connaître exactement le sens particulier aux vingt 
chants ou fragments de chants réunis dans ie recueil des 
Cantiques^ nous nous sommes en môme temps imposé la tâche 
de répandre quelque lumière, autant qu'il nous est possible, sur 
divers problèmes que la nouvelle interprétation met en relief 
et qui intéressent à la fois l'histoire littéraire et la psychologie 
religieuse. Aussi longtemps que les Cantiques ont été admis 
comme un poème fait d'une seule pièce et d'origine salomo- 
nienne tout semblait clair, même la singularité de voir figurer 
parmi les hagiographes un livre d'une teneur si manifestement 
profane. Le nom de Salomon suffisait pour rendre compte de 
cette faveur exceptionnelle. N'a-t*on pas usé d'indulgence 
envers un autre livre du même monarque, l'Ecclésiaste, livre 
qui révoque souvent en doute les principes fondamentaux du 
judaïsme et encourage formellement la jeunesse à mener une 
vie de divertissements et de plaisirs ? A ce point de vue, les 
Cantiques avaient pour but de fournir une illustration de la vie 
luxueuse du harem royal, telle que l'a décrite le héros lui-même 
dans rËcclésiaste,.ii, 1-8, et attestée en outre par le livre des 
Rois, I, XI, 1-3; et dès le moment que TEcclésiaste avait été 
admis dans le canon biblique, il n'y avait plus de raison plausi- 
ble pour en exclure les Cantiques. Cette simplicité a fait place 
à une complication des plus embarrassantes dans lexégèse 
moderne qui abandonne d'un seul coup et l'unité du livre et 
son origine pré-exilique et à plus forte raison son attribution 
à Salomon. Les questions qui surgissent maintenant touchent h 
la fois au caractère et à la base de chaque pièce, au but de la 
compilation et à la raison qui l'a fait recevoir comme une œuvre 
salomonienne qui est le point de départ de son admission 
comme un hagiographe. 

Obligé de dire un mot sur ces problèmes divers je m'y résigne 
sans réticence, tout en sachant que le sujet est digne d'une 
étude plus complète. 



RECHERCHES BIBLIQUES 209 

LES PERSONNAGES DBS POÈMES 

Conforniément à leur caractère nuptial, le rôle principal 
est dévolu au jeune couple tantôt avant tantôt après leur mariage. 
Le second cas se reflète dans la majorité des chants par des 
expressions telles que pi^ y^-] HTDti {h ^h nnn ibXDtîf 
>B7î<-|^(ii, 6; vin, 3), ijjjf-i]; (i, 1T), par la mention du re- 
pas et des camarades invités (i, 12; ii, 4-5; v, \ ; vu, 13); 
par la libre fréquentation entre les jeunes gens (iv, 8 ; v, 2 ; viii, 
S); nnais en dépit des dénégations trop absolues, certaine scène 
se passe avant la consommation du mariage, parfois à un nota- 
ble intervalle. De ce genre sont : le dialogue entre la bergère 
et le berger dans i, 7-8 (= m), la promenade au printemps 
(n, 8-17 et iv, 1-8 = ixetxii), le panégyrique de la Sula- 
raile(vi, 11, VII, 7 =xvi). L'entretien intime, vu, 8-viîi, 2 
a aussi lieu avant l'accomplissement du mariage. Deux frag- 
ments enfin : i, 5-6; i, 7-8; vu, 8-10 (==ii, m, xv, xvi, 
XVII) placent la jeune fille dans une situation d'indépendance 
très remarquable. On peut y joindre Tallure dégagée de la 
troupe des chanteuses (i, 2-i ; ii, 7 ; m, 5 ; v, 8-9, 1 6 ; vi, 1 ; 
VIII, 4), dites c filles de Jérusalem » qui n'étaient certainement 
pas des femmes mariées. Tout cela annonce un état de société 
primesautier non encore racorni par les pruderies rabbiniques, 
ni assombri par le pessimisme de l'Ecclésiaste. L'amour de la 
nature, le culte de la beauté, le penchant pour le chant et la 
danse et les autres agréments de la vie font supposer en outre 
une période de paix et de sécurité nationale coïncidant à peu 
près avec celle qui a vu naître la série des psaumes de satis- 
faction et d'actions de grâce lxxxv, cxliv, cxlix. Comme le 
canon biblique y compris les Cantiques était déjà formé au 
temps de l'Ecclésiastique (200-280 avant J.-C), la compilation 
de nos poèmes doit remonter une cinquantaine d'années plus 
tôt, c'est-à-dire à 340 environ. A l'époque alexandrine, les 
mœurs juives avaient déjà pris Tair morose et sévère qui a 
frappé les Grecs. D'ailleurs avec la domination des Diadoques 
l'amour vénal et grossier s'était bientôt substitué aux aspira- 
tions chastes de nos héros. Pendant cette période troublée 



210 REVUE SÉMITIQUE 

les excursions d* agrément dans ie Galaad et le Liban n'auraient 
pu être conçues même en rêve. Par la couleur du langage, 
comme par l'emploi régulier du ^ relatif, nos chants rappel- 
lent le style des derniers psaumes qui ne sont certainement pas 
postérieurs à Néhémie. 

Au sujet des noms propres nous n'avons pas grand' chose 
à ajouter à ce que nous avons dit dans le commentaire. Le 
vrai héros de nos chants, le nouveau marié, reste nécessaire- 
ment anonyme ; cela découle de l'essence môme de cette poé- 
sie qui s'applique indifféremment à tout homme qui se marie. 
On le considère comme un roi, on l'identifie même à Salomon 
célébrant son mariage, mais c'est une pure métaphore et nulle 
part Salomon n'apparaît comme sujet réel des descriptions ni 
comme acteur dans ces petits drames romanesques. Dans les 
rares occasions où son nom est mentionné, les poètes parlent 
de lui à la 3* personne (i, 5 ; m, 7-1 1 ; vni, 1 1) ou le distin- 
guent formellement de leur héros (viii, 18). Cette mention 
n'a pour eux que le seul but de placer leurs fictions pendant 
le règne heureux de ce fastueux monarque. La Palestine 
jouissait alors d'une paix complète; la Pérée et la contrée du 
Liban avec Damas en faisaient partie et présentaient le même 
état de sécurité que la Judée. Dans ces conditions les habitants 
de la capitale pouvaient se donner le plaisir d'aller voir les fa- 
meux réservoirs d'Hesbon, de regarder paître les innombra- 
bles troupeaux du Galaad et d'admirer la beauté alpestre du 
Liban. La contemplation de la nature dans toutes ses variétés 
enchanteresses s'offrait surtout aux jeunes bergers devant 
lesquels les grasses prairies du nord s'ouvraient à perte de vue 
avec leurs fleurs embaumantes et leurs cèdres majestueux. Au 
commencement du printemps, ils gambadaient lestement à Ira- 
vers les montagnes pour venir inviter leur bergère à faire des 
excursions dans les vignes fleuries et les bois verdoyants. 
Toutes les descriptions sont adaptées à l'idéal qu'on se faisait 
de ce passé lointain. 

Par la même raison, les héroïnes de nos chants ne portent 
pas de noms propres; tout au plus les identifie-t-on à la belle 
Abisag, compagne de David, sous le sobriquet de Sulamite, 
imité de l'attribut Sunamite, qui désignait la première en qua- 



RECHERCHES BIBLIQUES 211 

lité de native de la ville de Sunêm. Elle n'est jamais appelée 
reine ; des reines il y en a six dizaines dans le sérail du grand 
roi ; sa qualité de bergère et sa beauté incomparable lui tiennent 
lieu de tous les titres du monde ; on peut flotter enlre plusieurs 
princesses, on ne peut aimer qu'une seule bergère. Celle-ci 
est d*ailleurs la fille unique de sa mère qui se charge de son 
éducation ; il n'y a qu'un cœur de mère qui puisse contribuer 
à perfectionner la fille charmante qu'elle a mise au monde ; 
cette aptitude manque totalement au père qui ne s'en préoccupe 
jamais. Aussi la bergère n'a-t-elle qu'un plaisir^ c'est d'intro- 
duire son fiancé auprès de sa bonne mère pour le régaler de 
fruits et de sorbets préparés par elle-même. Au sein de sa 
famille, la jeune fille rencontre de l'opposition chez ses frères, 
qui lui imposent des occupations qui nuisent à sa beauté, ou 
émettent sur son compte des soupçons blessants, mais elle sait 
s'en tirer à son honneur. Le jeune homme au contraire n'a à 
subir aucune vexation quelque légère qu'elle soit ; il est libre 
de ses mouvements et personne ne trouve rien à redire quand 
il invite sa fiancée à faire avec lui de longues promenades 
dans la campagne pendant une journée. La médisance serait 
du reste sans la moindre base, sa fiancée dans laquelle les so- 
lides qualités de la « femme forte ^e» d'Israël ont trouvé un épa- 
nouissement précoce est la meilleure sauvegarde contre un 
débordement éventuel de la passion. Son pouvoir sur lui est 
si absolu que, sur une parole d'elle, il défère la consommation 
du mariage jusqu'à Toccasion de leur excursion dans la cam- 
pagne durant la saison fleurie. C'est elle qui ordonne ; son 
bonheur à lui consiste dans l'obéissance sans condition. La 
grande liberté laissée aux jeunes filles de l'époque a trouvé 
son expression dans l'allure dégagée de la troupe des chanteu- 
ses qui n'étaient certainement pas des femmes mariées. Elles 
expriment le vœu d'être embrassées par le jeune homme, de 
composer des chansons erotiques sur sa personne, et s'offrent 
même de chercher avec la mariée son jeune époux disparu. 
Ces Caits sont racontés dans un ton de candeur et de sérénité 
qui dénote des mœurs simples et patriarcales* 

A coup sûr, ces tableaux sont des scènes imaginaires vues 
en rêve ou combinées par la fiction poétique, mais qui ne voit 



812 REVUE SÉMITIQUE 

pas que les événements rêvés ou les structures fantaisistes 
elles-mêmes doivent reposer sur un état de civilisation» de 
mœurs et de coutumes qui permettent de les concevoir? 
Prenons quelques exemples. Que les aventures nocturnes de 
Tépousée se heurtant aux agents municipaux ne se présenteraient 
pas à Tesprit d'un barde de nomades, c'est là l'évidence même. 
Mais beaucoup d'autres traits peignant les usages populaires 
comme le rôle des chanteuses dans les célébrations nuptiales, 
les parties de plaisir dans les montagnes et les vignes, la libre 
disposition accordée à la jeune fille de se choisir un mari selon 
ses inclinations, la fréquentation entre les fiancés avant leur 
mariage et par dessus tout le trait si caractéristique de la fa- 
culté donnée aux intéressés d'effectuer la consommation du 
mariage en dehors de la chambre nuptiale et pendant un voyage 
dans la campagne, tout cela forme un cadre pittoresque que 
les trouvères les mieux doués n'auraient pu imaginer si les coutu- 
mes populaires le tenaient pour illicite, ou seulement pour incon- 
venant. On peut admettre tout au plus que dans la pratique,* ces 
faits arrivaient rarement, que l'autorité paternelle ou religieuse 
contrecarrait énergiquement ces manifestations instinctives 
du romantisme, que les escapades champêtres ne rompaient 
que de temps à autre -le cordon prophylactique et bigot qui 
entourait invisiblement le couple amoureux complotant de 
terminer leurs < justes noces » d'une manière hautement esthé- 
tique ; tout cela non seulement rend impossible de nier l'exis- 
tence des faits eux-mêmes, mais oblige d'admettre au contraire 
que nos poètes expriment en réalité la pensée et le vœu de 
toute la jeunesse contemporaine qui avait de la vie une con* 
ception plus riante que celle des moralistes âgés. La vie cloî- 
trée et contrite est monotone et ennuyeuse, l'élan de la poésie tend 
vers la lumière et l'agrément; le poète aime à généraliser dans 
un tableau enchanteur les traits épars qui illuminent par-ci par- 
là l'aurore du jour où le jeune couple fait serment devant la 
grande nature de vivre désormais l'un pour l'autre. Il faut un 
pinceau délicat pour rassembler ces nuances fugitives, le plus 
grand artiste ne pourrait les créer de sa propre imagination. 
Heureusement, les incidents qui caractérisent nos cantiques 
ont été observés chez d'autres familles des peuples sémitiques 



' i 



RKCHERGHES BIBLIQUES 213 

et en particulier chez la famille arabe, la plus conservatrice de 
toutes. Les publications folkloristes des derniers temps sur les 
cérémonies du mariage chez les Arabes nous montrent des paral- 
lèles saillants qui rappellent plus d'une fois les scènes mignon- 
nes qui ont hanté l'imagination de nos bardes. Au lieu d'étaler 
une érudition facile je me contenterai de quelques extraits 
puisés dans un recueil de notes publié tout récemment par 
M. Gaudefroy-Demombynes sur les cérémonies du mariage 
chez Us indigènes de V Algérie (Maisonneuve, éditeur. Paris, 
1901), 

1 • La liberté de la jeune fille de disposer de sa main, c Cet 
usage disparu presque généralement en Orient subsiste en- 
core chez les tribus nomades. Chez les Bédouins des déserts 
de Syrie, la femme donne son avis beaucoup plus nettement 
que dans les villes et elle peut se rencontrer avant le mariage 
avec Thomme qui la recherche : l'amour joue un rôle très 
considérable dans la poésie, et pas seulement sous la forme 
de l'adultère » (Op. c. p. 16, note). 

2. L'épousé est le roi du jour. C'est un fait consigné par- 
tout dans la littérature talmudique et en usage courant chez 
les Israélites. H n'est pas moins usuel chez les Arabes. Dans 
les Djebalasdu Maroc, le sultan (= le jeune marié) a tout pou- 
voir sur ses garçons d'honneur, qui prennent le nom de vizirs 
(ouzara). Chez certaines tribus bédouines de Syrie, on met le 
jeune marié sur un trône comme un roi. On peut comparer 
à ces coutumes le chapitre m du Cantique des cantiques, et 
surtout le verset 1 1 : « Sortez, filles de Sion et regardez le roi 
Salomon , avec la couronne dont sa mère l'a couronné au jour 
de son mariage, et au jour de la joie de son cœur. » L'usage 
exitait déjà en Syrie aux premiers temps de l'Islam et scanda- 
lisait les Bédouins de pur sang : c'est ce qui résulte d'un récit 
duKitab el*Âghani, qu'il serait trop long et trop imprudent de 
traduire ici tout entier. Un Bédouin nommé Nahid, c rude 
comme une bête sauvage », allant à Alep passe dans un 
village et s'étonne du nombre des maisons et de la foule qui 
circule dans les rues. € Tandis que je restais là tout ébahi, un 
homme vint à moi et me fit entrer dans une vaste maison. 
Nous pénétrâmes dans une chambre dont le sol était couvert 



i 



314 RBVUE SÉMITIQUE 

de tapis et de divans : un jeune homme y était assis; ses che- 
veux pendaient en boucles jusqu'à terre, et les gens étaient 
rangés en deux fîtes devant lui. C'est là, dis-je en moi-même, 
Témir dont on nous a conté qu'il siège au-dessus de ses gens, 
assis en ligne devant lui. Et je dis en m'inclinant : c Salut, ô 
émir, que la miséricorde et les bénédictions de Dieu 
soient sur toi. » Cependant un homme me tira par la manche 
et me dit : Assieds-toi, il n'y a pas d'émir. — Qui est donc 
celui-ci, m'écriai-je ? — C'est un jeune rharié, me répondît- 
il. . . » (Op. c. p. 42, note.) 

3. Le vœu exprimé par les chanteuses d'être embrassées 
par le nouveau marié (i, 1), n'est probablement qu'une méta- 
phore pour la phrase prosaïque : <t puissions-nous être bien 
reçues ! ». La coutume arabe a cependant conservé une céré- 
monie analogue dont l'épousé est Tobjet de la part des femmes 
invitées : oc Âpres l'union des épousés la mariée reste assise 
dans la chambre nuptiale, tenant les yeux modestement bais- 
sés. Les femmes viennent alors lui rendre visite et baiser la 
main du mari, qui leur remet à chacune une pièce de mon- 
naie; on appelle cette cérémonie le baisement de la tête, bous^ 
sat er-râi, bien qu'il s'agisse en réalité d'un baisement de 
main. » {Ibid.y p. 63.) Ce désaccord entre le nom et la chose 
semble plutôt être dû au piétisme moderne ; primitivement, le 
baisement concernait la tête et la figure même du jeune homme. 

4. Notre poète fait garder le lit nuptial de Salomon par des 
guerriers armés d'épées afin de rendre impossible toute sur- 
prise fâcheuse pendant la nuit (in, 7-8). L'agada rabbinique 
dit clairement qu'il s'agit de l'attaque éventuelle des démons, 
mais elle présente la chose comme si les esprits malfaisants 
avaient l'intention d'enlever Salomon pendant son sommeil. 
On voit facilement qu'il y a là une tentative d'expliquer les 
contes populaires relatifs aux enlèvements de femmes par les 
démons issus de l'ancienne mythologie. Ce commentaire est 
illustré par la coutume arabe qui cherche à protéger la jeune 
fille aussi bien à son entrée dans la maison du mari que pendant 
la première nuit de noces. « Une heure et demie après le coucher 
du soleil, le père de la jeune fille l'installe dans sa litière et la 
confie à des amis invités à dessein, qui lui font cortège jusqu'à 



RECHERCHES BIBLIQUES 815 

la maison de son mari; si la route est large, ils se 'contentent 
d'entourer la mule et son précieux fardeau ; dans les rues 
étroites, ils prennent eux-mêmes la litière sur leurs épaules. 
Durant le trajet Tun d'eux tient à la main le sabre dont il a 
été parlé plus haut et il en dirige la pointe vers l'intérieur de 
la litière afin d*écarter les djinn. On pense en effet que ceux-ci, 
voyant la mariée si belle, sont pris de jalousie et de désir, et 
cherchent à la lui enlever pourjouir eux-mêmes de ses charmes : 
on en a vu jadis de nombreux exemples. Le sabre qui la pro- 
tège si bien durant son voyage à la maison de son mari, reste 
auprès d'elle dans la chambre nuptiale pendant sept jours et 
continue à la défendre contre les entreprises des djinn amou- 
reux. > (L. c. p. 37-38.) M. Gaudefroy-Demombynes revient 
plus loin sur la même croyance : a Les craintes superstitieuses 
assaillent alors les amis du marié et lui-même. Peut-être un 
ennemi lui a-t-il jeté le mauvais œil ; peut-être des sorts font- 
ils fait marbouthj noué, impuissant; peut-être aussi le djinn 
ravisseur de filles, khaththâfel 'arâïs guette-t-il dans l'ombre 
sa proie. Car ce sont là des faits bien connus; la grand'mère 
du marié, qui a soixante-dix ans, a vu, dans sa jeunesse, une 
femme enlevée ainsi par un djinn^ et elle a soigneusement 
prévenu son petit-fils. Un personnage important de Tlemcen 
m'a raconté qu'il y a sept ou huit ans un individu étranger 
avait réussi à s'introduire dans l'intimité d'un marchand de 
la ville et à épouser sa fille ; le lendemain de la nuit de noces, 
il avait disparu. C'était un djinn (1. c, p. 48-49, note 2). A 
Conslantine les mesures protectrices envers la mariée sont 
également à l'ordre du jour ». Les faqyrât sont venues se ran- 
ger devant la porte de la chambre nuptiale et leurs incanta- 
tions ont éloigné les sortilèges des djinn (I. c. p. 60). 

5. Enfin, le trait le plus frappant des versets vu, 12-13, 
annonçant la possibilité pour la jeune mariée d'exiger que la 
consommation du mariage ait lieu dans la campagne est encore 
en plein usage et même exagérée chez les nomades dans une 
contrée pleine de réminiscences bibliques. Ce fait a été déjà 
observé par le premier voyageur sérieux dans l'Arabie du nord. 
€ Burkhardt relate la coutume très particulière des Mézéiné du 
Sinaï. Après le simulacre d'enlèvement qui a été raconté plus 



216 REVUE SÉIOTIQUE 

haut, la jeune fille s'enfuit dans la montagne, où le jeune 
homme la cherche plusieurs jours et où elle est nourrie par ses 
jeunes amies. Le mariage est consommé dans la montagne et 
le lendemain la femme revient dans la tente de son père; puis 
elle s'enfuit de nouveau, et recommence ainsi jusqu'à ce qu'un 
état de grossesse très avancé Pamëne pour la première fois 
dans la tente de son mari. Chez les Djébaliés de la même ré- 
gion, tribu de formation récente, la femme habite trois jours 
la tente de son mari après la consommation, puis elle s'enfuit 
dans la montagne, où son mari va la chercher d (I. c, 
p. 35-36-, noté). Il est plausible de voir dans ces escapa- 
des nuptiales, si curieusement permises par la coutume des 
tribus susindiquées, l'intention d'attester de nouveau publique- 
ment que dans le premier cas la mariée a conservé sa condi- 
tion antérieure de femme libre ; dans le second cas, qu'elle a 
passé du rang d'esclave à celui d'épouse .légitime. La crainte 
des djinn a perdu toute raison d*être après les cérémonies 
prophylactiques pratiquées le soir des noces. 

Inutile de multiplier le nombre des parallèles par des détails 
plus menus qu'il me serait aisé de relever. Ceux que nous venons 
d'indiquer suffisent à confirmer la sentence émise ci-dessus : 
les poètes des Cantiques ont idéalisé les coutumes nuptiales 
de leur époque qui tombe, selon mon sentiment, vers la fin de la 
domination des Achéménides pendant laquelle la Palestine 
jouissait d'une autonomie assez étendue pour maintenir son 
goût naturel des joies de la vie de famille et des beautés de 
la nature champêtre. 

On doit seulement poser la question de savoir si ces poèmes 
ont été mis par écrit par les poètes eux-mêmes ou bien par quel- 
qu'un de leurs auditeurs? Cette seconde alternative semble 
mieux expliquer l'état fragmentaire et décousu dans lequel ils 
ont été réunis dans le recueil. Le compilateur primitif n'a 
eu aucun intérêt à y pratiquer des changements ; son goût de cu- 
rieux étant satisfait, il aurait diminué son plaisir en y faisant 
des coupures ou en y introduisant des interpolations. Combien 
de temps a duré l'état anonyme du recueil ? On ne le saura 
probablement jamais. Un beau jour cependant il fut pris pour une 
œuvre continue et attribué au roi Salomon. S'appuyant sur cette 



RECHERCHES BIBUQUES 317 

opinion qui avait su gagner les suffrages de quelques hommes 
instruits, un scribe expéditif mit en tête c Cantique des Can- 
tiques de Salomon i» et lui donna ainsi un prestige religieux 
qui lui manquait jusqu'alors. Dans quel but? Evidemment dans 
le but d*en faire un hagiographe à Tinstar des deux autres 
livres réputés salomoniens, les Proverbes et TEcclésiaste. Sa 
sincérité n'est pas en jeu, puisqu'il ne faisait que se conformer 
à une tradition courante, mais il avait trois autres excellentes 
raisons pour vouloir que le rouleau des Cantiques fût un 
recueil respecté . 

En premier lieu, la représentation du mariage sous les 
couleurs les plus agréables était pour ses contemporains et 
lui une manière très efficace d'encourager la jeunesse à 
acC'Omplir aussi tôt que possible le premier commandement de 
Dieu au couple humain : < Croissez et multipliez et remplissez la 
terre » (Genèse, i,38). La tradition juive insiste impérieusement 
sur la sainteté et l'inviolabilité de cette loi, base de la société hu- 
maine et condition sine qua non de l'existence d'Israël, ce 
seul propagateur du monothéisme dans le monde, que les graves 
épreuves attachées à sa destinée menacent continuellement de 
rayer de la liste des nations. Le jeune Israélite doit se marier 
à l'âge de 18 ans; quand il laisse passer sa SO' année sans 
entrer dans les liens matridfioniaux on le considère comme un 
délictueux. Le célibataire âgé ne peut d'ailleurs exercer au- 
cune fonction publique dans l'instruction ni dans l'office de la 
Synagogue. 

En second lieu, la forme innocente et naïve du recueil 
avait le grand avantage d'atténuer considérablement la sévère 
condamnation que les prophètes avaient prononcée sur la mo- 
ralité de Salomon après qu'il se fût affermi dans la possession 
du gouvernement. Il est dur pour un peuple de savoir que le 
sage le plus illustre de sa race dans l'antiquité a eu des mœurs 
absolument corrompues. Par la canonisation de ses poésies ero- 
tiques, d'allure innocente au fond, on lui ménageait des lueurs 
d'une vertu naturelle qui font paraître ses excès comme un 
débordement momentané de passions invincibles. Cette ten^ 
dance à excuser les méfaits des Davidides, à commencer par 
David lui-même, est arrivée au pinacle dans les deux sentences 



818 REVUE SÉMITIQUE 

talmudiques que voici : Celui qui dit : David a commis un péché 
(d*adultère avec Betbsabée, femme d'Urias) affirme une grave 
erreur », et ce Celui qui dit : Salomon a commis le péché d'ido- 
lâtrie (en construisant des temples aux divinités païennes) 
affirme une grave erreur » . Bethsabée devait appartenir à David 
par un décret éternel; quant à Salomon, il a seulement eu Tinten* 
tion d*élever ces constructions défendues, mais il n^a pas réa* 
lise son intention. » Cette manifestation générale d'indulgence 
envers les rois les plus célèbres de la dynastie qui, quoique dis- 
parue depuis des siècles, doit néanmoins briller d'un éclat in- 
comparable à répoque messianique, a également animé Tauteur 
de Tentêtede notre recueil. 

En troisième lieu, l'admission des Cantiques comme une œuvre 
inspirée avait l'avantage de faire mentir la proposition dange- 
reuse du livre des Proverbes, d'après laquelle les plaisirs défen- 
dus sont plus doux que les plaisirs légitimes : a les eaux volées 
sont douces, le pain mangé en secret est toujours agréable » 

(pyy annoanbl 1pnD'»D''313JD^D. Proverbes, ix, 17), Ce 
proverbe, mis dans la bouche de la fenune folle ou passion- 
née et désapprouvé par l'auteur, est quand même plein de 
séduction pour des gens peu scrupuleux. La littérature 
romantique la plus morale dans ses tendances fait incons- 
ciemment la propagande des vices qu'elle combat et principa- 
lement de l'adultère. Quoi de plus séducteur que la fine et vivante 
analyse que le passage des Proverbes, vu, 5-23, consacre aux 
agissementsde la femme infidèle? Le moraliste a beauinterca* 
1er dans chaque pause de son récit des observations sages et pru- 
dentes, le lecteur reste sous la fascination du plaisir que la luxure 
semble apte à procurer. Je le répète, il semblait nécessaire de 
réagir contra l'effet délétère de cette partie des Proverbes, 
en montrant que les unions légitimes donnent lieu à des jouissan- 
ces incomparablement plus intenses et plus agréables dès le mo- 
ment qu'un amour sincère et destiné à ne jamais faiblir relie les 
jeunes cœurs. Notre recueil, abondant en scènes charmantes 
se passant tantôt dans une pénombre attrayante, tantôt devant 
la nature printanière ou devant un public enthousiasmé et 
éclatant en mélodieux dithyrambes, parut être le meilleur 
antidote contre le poison mielleux des passions illégitimes. 



RECHERCHES BIBUQUES 819 

Quand notre recueil fut devenu hagiographique, on a pu sans 
grand*crainte le mettre entre les mains des étudiants en âge 
de se marier. Je dis c sans grand'crainte jd parce que si des poèmes 
comme nos Cantiques répugnent à toute application abusive, 
Texaltation de la beauté de la fiancée ou de l'épousée ne 
laissait toutefois pas dMnspirer quelque souci sur le sort des 
jeunes filles peu favorisées par la nature. Un autre barde se 
chargea d'y porter remède en composant une ode en l'honneur 
delà femme vaillante, proprette, soigneuse, ménagère, indus- 
trieuse, compatisssante pour les indigents, bonne mère de fa- 
mille. Cette ode annexée aux Proverbes, toujours comme une 
œuvre de Salomon, finit par ces paroles significatives à l'adresse 
de Thérolne : 

Beaucoup de femmes se sont vaillamment conduites» 

Mais toi, tu les dépasse^ toutes. 

Fausse est la grâce, vaine est laibeauté, 

Une femme qui craint Yahwé mérite seule des éloges. 

Rendez-lui les honneurs qu'elle a bien gagnés 

Et exaltez ses actes devant le grand public! (Prov., xxxi, 29-31). 

Notre recueil eut toutefois à subir une dernière épreuve. Â 
la naissance du christianisme, son prestige avait fortement 
baissé. L'Évangile le passe sous silence et les pharisiens sont 
bien près de le supprimer comme une œuvre licencieuse. 
Heureusement, le système allégorique de Philon avait déjà eu 
le temps de se propager en Palestine. H fut sauvé et définiti- 
vement sanctifié par le mysticisme sectaire. 

J. Halévy. 



I 



V 



La fixation déflnitÎYe de l'alphabet safaitique 

(Suite.) 



> < Par Habib, fils de S&ni et Nami% (fils de) Waalat, 

^ ' (fils de) Rafb. » 

];03 ^6 4*j ; on est tenté de corriger ^q^ = aj ou ^qj 

^- — nai. héb. nai- 
101 . -ity p p-i p d[v] p 10 p (?) -hi p nais'jb 

« Par Nasbat, fils de fiagar (?), fils de Mar, fils de 'Âm, 

fils de Raban, fils de Sarr. » 

D3t£^3» *— *ij. « fortune, biens ». — l'jj impossible; cor- 
riger -ijo,^, ou 133.^. ity.j^. 

1 09. • . 3 p 1DX3 p 33n p Nitrb 

< Par Sani, fils de Ilabib, fils de Ba'asu, fils de B. . . > 
Tous ces noms sont connus 

113c. 

bp D1K p na^r p w^^H 3n p bîoi p rhno p noNK*? 

< Par Â'sad, fils de Mublim, fils de Rab'êl, fils de Habb, 
[fils de] Àsyam, fils de °Abd, fils de Aus, [fils de] Qal. > 

"IDNN. forme élative de -jqx- — D"»îî^î<. rir^- — hp> J^. 

119*. (?)t:;p p n-iDîf''? 

praffite déjà cité à propos du ^. 

1 29. . . .js-iy p Dty p bxbnb 

Inscription déjà citée à cause du troisième nom. — Qgf se 
rapporte à ^. 



J 



FIXATION DE L* ALPHABET SAFAÏTIQUE 2î1 

131. Même pierre. TVifh 

^ Par Sarad d 
Lecture douteuse; de ^^, t s*enfuir, se réfugier ». 

13^. Même pierre. 

« Par Maqtar, fils de Si^aêl. > 

JttûpO ^^ probablement une faute pour -)^pD» de^tî. — 
bn^^y € compagnon (aj;,) d'Êl ». 

133. Hal., 187; Vog.,203. 

DpD p Dbiy j;n^ p 3V31 "lytî'o p ^312^0^ 

Déjà cité à propos de j;n^ . 

137. "^Bfp p noâ^jrpb 

€ Par Qa^'sammat, fils de Qaéal. > 

_ .ÀA9 et »-£*iî 
*j2fp est peut-être l'arabe J^. 

1 38. na^ p on p ba^p p nott^P p (•) =in^ 

« Par Ab(?), fils de Qa'saramat, fils de Qaàal, 
fils de Bas, fils de Yafakh. » 

PIS^ ^r- -<^? "°°^ nouveau. 

139. Hal., 180; Yog., 196. 

anx p bty:b 

bt£^3 de JjJ, € tirer, extraire, dérober ». — nnx» élàtif de 

144. .••pn:nt:;b 

« Par Sarbab, fils de . . . » 
fiyilfy l*arabe possède un mot ^^ avec kh dur. 



notyypï ®" arabe on a les quadrilittères v^. 



22S REVUK 8ÉHITIQUS 

<60. Hal., 125 ; Vog., U2; Wetz., pi. II, « *. 

c Par Daras, fils de Mumsi, fils de Ba'haru (?). » 

Le premier nom est qtj, q^I O" D3"I) cT^-^» « '"•c* »• - 
^te^DO = v.5^^ > « qui fait marcher » . — linya est obscur 

<61. Hal., 424; Vog., 438; Wetz., pi. II, 2 a. 

mjra p 'îs^d'? 

Père du précédent. 

164. ' ■ ■ ÎÛD }2 b^iffb 

« Par Sakl, fils de Mat. » 
ho^ est l'arabe JC*,, « forme ». 

1 66 o. . . . p V)3jj,l, 

Même personnage. 

168*. Hal., 126; Vog., 139. 

P p 3-|t2f^ 
« ParSarib, filsdeHann. » 

21^ de w^i^, « boire ». 

1 69 *. jîjn p np^ \2 upD p pn f a aits^'*? 

<( Par Sarib, fils de Hanan, fils de Saqam, 
fils de Ya*a, fi'ls de Khêlan. » 

Même personnage avec une généalogie développée. — n»' 
est un nom nouveau. 

no. Hal., 117; Vog., 131. 

ybvH p neoa p p s-iiyb 

« Par Sarib, fils de Ben-NakSat, fils de A'Ia?. » 
176. Même personnage que dans 168. 



FIXATION DE l'ALPHABET SAFAÏTIQUE 2Î3 

179 a. pD [|b3Sfe^îj 

« Par Sayab (?), fils de Saq[am?]. » 
Copie douteuse. 

179 J. . . .OB iifc^ p d^^ià 

« Par Aèlat, fils de Sarib(?). . . » 
Le second nom est très douteux. 

180. bxt^nspbDvvb 

oc Par Sayu, fils de Sal, fils de Fa^sêl. y> 
Déjë cité à propos de yt^. 

191c. ^yi^ p |tîfbx p îzrpy b jb 

« Par Gal*aqas, fils de Alsan, fils de La'^l. » 

Tout est douteux dans cette inscription. Le premier nom 
est peut-être {j^p^ {^J^) "p î 'es racines ^! et JaJ existent 
en arabe. 

194. Hal., 137;Vog.,151. 

c)i p ntyybjb 

nt^i^bi serait-il un dérivé nif^al de ;j^^3 = ^»r ? La copie 
de M. de Vogué omet le ^. — c\') est ausM un nom singulier; 
h correction c^q n'est que possible. 

205 a. VkD^V Î^ HD p ni'irj p ^DH [2 DpD p btî^b 

« Par Sali, .fila de Muqlm, fils de Haml, fils de i\asrat(?), 

fils de Katt, fils de 'Ârm'êl . » 

Ces noms sont connus; on hésite entre nittfj ®t nSlîfJ- 

210. nnîy p -iBib 

-^QT de y^; Qniî^ = *^, « agile, audacieux )). 

218. fefp--, p ^nb 

(( Par Haï, fils de Raqs(?). » 
Ji/pl probablement ^!. participe de ^^, ce orner, parer»* 



SSi REVUE SÉMITIQUE 

« Par Khalid, [fils] de Sani. > 
Noms connus. 

< Par Fali, fils de Sawwat, fils de Sa*d (?). > 
jyWlî/t dérivation douteuse. 

T5f3; à corriger -jp^ d'après le rVTQ ^^ "' 235. 
228. Hal.,292; Vog., 309. 

nsDS p fc'Dnb 

230. »jp3 îjniT ij^-|S5 D^D p tTljjb 

a Par Qabis, fils de Sa'm; pâturage et dattes fratches(?). » 

ttfnp» sr. t^iisvi, [/i»Jl; les substantifs arabes ^, J*^, et 
Lu forment la base de la traduction, d'ailleurs toute conjec- 
turale des trois derniers mots de ce graffite. 

231. ûbn« (•)tOTiB ayiK p hi<Th 

a Par Hann'êl, fils de An'^am et lias (?), (fils de) Ab^aj. » 

232. «^31 p jtinb 

« ParRasan, fils de Wan^él. » 
ften de ^j ; x^iT faute pour ^^jj^jv 

233. '^Yn tîfvbxji p p-h 

a Fait par Rasan, fils de Wan'êl, (fils de) Was, 

(fils de) Khadal. » 

Même personnage, bien que le nom du père puisse être lu 



FIXATION DE l' ALPHABET SAFAÏTIQUE 235 

344. nn p fjTD p v'^ p Dsyb 

a Par 'Abt, fils de Si', fils de Sa'n, fils de Hain. » 
«2f, cet élément se trouve datisle composé 'jjtytî/J "" ^^^- 

« Par Waddi, fils de Qas. » 
v^^ semble venir de Sj oa ^j, « dieu de Tamour ». 

a ParHanêl, fils de Nasa'êl. » 
L'élément yg/j correspond à l'arabe mjJ} ou i-iJ. 

« Par Asel, fils de Gazam, en mémoire de M. . . » 
E^X ®st à lui seul un nom d'homme n'* V. 257'(?). — a^j, ^^. 

273. Mal., 287; Vog., 304. 

abD« p ninx p t\s3 p inos p bn p noi p ^ab 

« Par Bani/fils de Asad, fils de Khal, fils de Âskhar^ 
fils de Bâîs, fils de Ahnat, fils de Aslam. )> 

1D1 peut-être j.^^; la correction ^qj{ est possible. — On 
hésite entre i2;K3 de j^y et tif^l» J^^. 

276. tyon p VT'' 

Graffite déjà cité à propos de la lettre ^. 

277. ..-Dp Î^TDnxb 

« Par Abmas, fils de K.. . » 
fcTSnN» iT*^'» ^^ décharné, doué de jambes grêles ». 
284. 

[jbn DbnDpn snix pno p pT:;x3 nb p obn bnsb 

« Par Badal, fils de Hais, fils de Lad et Asraq, fils de Maljran, 
(fils de) Arbab, (fils de) Têman, (fils de) ArUab, (fils de) 
Mublis, (fils de) Têm(an ?). » 

MYOI lâUTlODI 15 



226 REVUE SÉMITIQUE 

D^jn. cf. Hal., 309 *; Vog., 326 *. — ^^, Hal., 13i ; 
Vog., 148. — pl^yx ^^ l5/^'' ^ brillant, resplendissant ». — 
ÎTID ^® j^ ^^ rf^ 5 '^ copie ne permet pas de lire ou de cor- 
riger [jo]xnnD î P*^ conséquent, le nom suivant est ^niX = 
v.^^^! et non n2m- — D^HD» dérivé de D^n- ^^ fils de 
Mut^lis portait probablement le nom de son grand-përe. 

300. Hal., 285 ; Vog:, 302. 

<c Par Saddâd, fils de Ta% fils de Mumin (ou 'Auman). » 

•n;j^ = ^Ijjl, ou Jwj^, <k fort ». — j^£3 = c^ ou «.ji,. — 
jQ^Q= ^U, € fidèle j) ; mais la lecture m^^ est aussi possible. 

313. ja'^iy'»^ 

« Par Sait . » 

^'^^ =Ui;», « couteau /> ; ce jj^ est le radical et le ^ ne peut 
entraîner la substitution en ^^ comme c'est le cas du q. 

316. novN nsD p i);trD f[b ^jab 

a Par Banî, fils de Mus'^ir, fils de Safad, (fils de) A.smad. # 
La boucle du i n'est pas achevée. 

317 a. nao fD i^^o p JV»^ 

€ Par Ma^ag, fils de Mus^'ir, fils de Safad. » 

Un autre fils du précédent. 

317*. -m nsD p nj^uDb 

(( ParMus'ir, fils de Safad... » 
Père du précédent; le groupe -n^ est obscur. 

318. nao p 1^ tTD p Di?ix p mn V 

(( Par Harb, fils de An'ara, fils de Mus^ir, fils de Safad. » 
Petit-fils du précédent. 






FIXATION DE L*ALPHABET SAFAÏTIQUE 227 

€ Par An'am, fils de Mus'ir. » 
Père du précédent. 

c Par Gatiak, fils de Mu'^sir. > 
Frère du précédent. 

323, Au milieu des lettres effacées ou mal formées, on re- 
connaît la formule ^hb nbw N3ïr Nina -ny ^na dont 

robscurité reste aussi épaisse qu'auparavant. 

« Par Asara, fils de Yamsakêl. » 
atrx de ^1 ou de ^ ; le jjest très distinct, impossible de 

le prendre pour un pf. —Le premier élément de^j^DDû^ vient 
de -|oo qui se présente isolé comme nom d'homme. 

€ Par Sarq, fils de A*nan (?). » 

p^ = ô/^- — Où est tenté de corriger n^j^ en ^^^j^, 
nom connu. 

334. Ual.,373; Vog., 391. 

« ParSalaq, fils de lias, » 
La copie de M. de Vogiié est très distincte. 

337. Hal., 163; Vog., 177. 

p p T^N pb 
€ Par Ben-Asyar (Asyab?), fils de Kan. » 

Les deux lectures -)iurXi tr^tj et ^itt^Xt s_..xi.l, sont égale- 
ment possibles. 



228 REVUE SÉMITIQUE 

340. ^3D |3 npi^b 

c Par Saqad, filsdeSabaI.(?). > 
IV^j cf. ïjXi.. — ^2Dy ^* ^^P^^ ^'^'■^ pO'y peut-être 

no- 
343. iox p nyfc^b 

c Par Sa^'r, fils de Zaba* . d 
j{3l s'est rencontré Hal., Hi é ; Vog., 125. 

350. ^Vi{ p pD3B >3;B P |3Nb 

•I Par Aban, fils de Fa'i, et par Nasran, fils de Asl (?). d 

bâ/«= J^'? • ^^® ^^'^ ^® mesure », arara. x*?2^î< ^ '* 
lecture i^^x ^^ également possible. 

356. -\ytfo p -|m p lyyb 

« Par Sa'd, fils de Ga^ak, fils de Mus'^ir. » 
Fils du personnage n* 321 c. 

368. . . . rmf p DDn p npb 

Graffite déjà cité à propos du n- — nOB/» ^^ v.:--^, /^ ou 

369. Vnjj; p i£^ p trs'1 J3-IDB1 p nVn» p 

«... fils de Tablât, fils de Wafsar (?), fils de RaMs, 
fils de Zas (?), fils de 'An'êl. > 

tyX"! ou È'ïO. cf. n' 273. — Un, peut-être -|t ou Jt- 
376. Hal., 194; Vog., 210. 

iDj p nyo p.DDB p tt^nob 

« Par Mabis, fils de Fasam, fils de Sa'd, fils de Garaar. » 
Cette copie corrige la copie de M. de Vogué. — tîTIO = 
ou (jij*'. — DDÔ» '^^ute pour xiOp (^)- 



FIXATION DB L ALPHABET SAFAITIQUB 9 

377. Hal.,495;Vog., 21i. 

a Par Ktiablat, fils de Mus'ir .> 
Noms conDus ; la dernière lettre peut aussi être un ^, un 

OUUD V. 

379. Hal.,356;.Vog.,373. 

p [3 nn p -iyt?o p iïnS 

a Par Khaçib, fils de Mus'ir, fils de Thart, fils de Kaan . > 
Inscription citée i. propos du n- (Omise plus haut.) 

38». Dtrbx p prh 

c ParTêman, fils de Absam. » 
afc'aN élaùfde^. 

385. jjhE) no^D p aitf p iro p idd'? 

a Par Masak, HIs de Sa'n, fils de Sarb, 
fils de Kalamat et par Raglg. n 

'ni3^3=:i.ilb'', « parole ». — L\ lecture jjt parait pi 
vraisemblable que jjj^r. 

388. p p nntrb 

a Par Sarb, fils de Hann. s 
Personnage connu par 168 b, 176. 

393 b. inVoa K:tr p 33n p fï?Db 

t[ Par Sa*n, fils de Habtb, fils de Sani et par Salfau. a 
Hal., 328, offre n^D ^"^ 1 ^"'^^• 

394 o. ro p natf: p bon*? 

« Par Hamal, fils de Nasbat, fils de Kat, n 
Même inscription S05 a. 



230 REVUE SÉMITIQUE 

396. QT p ht^D '^j; dj;bb hj;^ p nnyb 

« Par *Abd, fils de YaM, en mémoire de Musitii, 

fils de (?)Wam(?;. » 

*iyi pour«T)yv de jU. — n^D de s^'jl. 

400. DDi; p Q^V*? 

€ Par Wasm, fils de 'Amas (?). » 
U^îf^ de >Juj, € piquer ». — bO^î ^f- Dtoj?- 

404. . . . p jyo vuTK by dj;db 

c ... En mémoire de Asiu de Ma^'g (ou n avec ») Gaian. » 

Déjà cité à propos de nDV ? '® ^o' î"* JJ^D ^^*"^' ^° dérivé 
de j^o? Peut-être faut-il séparer pj yc c avec ( *>) Gaîan > . 

Déjà citée à propos de nSYK- 

410a. ...n p ^nb 

a Par Has, fils de Kh . . . » 

Telle est en détail la série des inscriptions qui contiennent la 
lettre serpentine à laquelle il me paraît impossible d'assigner 
une valeur autre que celle du jj^ sin hébreu, malgré les cas 
nombreux où le j» arabe pourrait être placé sans la moindre 
difficulté. La riche variété des sifflantes arabes constitue même 
un sérieux élément d'incertitude pour la transcription d'un 
dialecte encore mal défini de ce groupe linguistique. Si l'écri- 
ture éthiopienne était encore à déchiffrer, on y chercherait 

tout d'abord les représentants des lettres arabo-sabéennes -] 

(^)ï y (>" ) ^*' n (ô,0 ^^ ^" n'aurait pas facilement concédé que 
ces sons n'y existent point. Nous sommes dans la même situa- 
tion en ce qui concerne le dialecte du Safa : nous hésitons 
à admettre sans preuves évidentes l'absence du ^ dans cet 



FIXATION DE L* ALPHABET SAFAÏTIQUE 231 

idiome si profondément arabe. Cependant, ainsi que je le dis 
plus haut, des combinaisons comme «^, .^^, ^jas^ il^, ne 

laissent pas d*étonner surtout dans un dialecte septentrional. 
A la difficulté lexicographique vient se joindre une difficullté 
paléographique des plus sérieuses. On ne conçoit pas comment 
le son du ^ dentalisé peut être rendu par une lettre qui 
dérive incontestablement du ^. Aussi longtemps qu'on croyait 
qu'elle exprimait le son du \;, on avait la ressource de la rap- 
procher de la forme archaïque. Pour le jo qui n'offre pas un 

son prévu dans l'alphabet phénicien, ce rapprochement n'est 
plus de mise. Par ces diverses raisons Thypothèse nouvelle qui 
identifie la lettre en discussion avec le '^ de récriture hébraïque 
semble avoir pour elle de très fortes probabilités, au moins 
jusqu*à plus ample information. Dans ceite supposition, la 
forme matérielle de ladite lettre présenterait non seulement une 
analogie complète avec les couples jy et ^ des Hébreux et ^ 

et ^ des Arabes, elle expliquerait encore un procédé propre 

à l'écriture sabéenne précisément au sujet des relations entre 
ces consonnes. Le sabéen possède notoirement deux sortes 
de«; l'un est exprimé par un caractère qui revient en éthio- 
pien et qui tire son origine du q phénicien; l'autre se compose 
de deux ^ placés dos à dos et réunis ensemble, ainsi ^= ^^ . 
Or, la lettre safaïlique que nous discutons a bien lair d'être 

composée de deux sin .^ placés l'un sur l'autre ^; de là 

Taspect bizarre d'une longue ligne perpendiculaire fortement on- 
dulée. La différence dans la juxtaposition des caractères identi* 
ques serait absolument insignifiante et le principal aurait été le 
fait assez remarquable que la réunion de deux ^ aurait fourni 
en Sabée comme au Safa un signe nouveau pour exprimer un 
s particulier. 

Malheureusement, la valeur {j;de la lettre ondulée qui nous 
occupe ne peut être soutenue qu'à la condition que la lettre qui 
ressemble au ^ sabéen soit réellement la chuintante sémitique 
commune. La certitude n'est peut-être pas aussi absolue qu'on 
le croit. Dans les alphabeîs tardifs, la forme anticjue peut de- 
venir méconnaissable; ainsi, par exemple, le àin néo-punique 



J 



1 



S38 REVUE SÉMITIQUE 

ne présente plus aucune analogie avec son modèle carthagi*- 
nois. Dans ce dernier cas, la lettre serpentine représenterait 
infailliblement la chuintante même, qui est une lettre fonda- 
mentale de l'alphabet. 

Il y a plus. Les recherches d'une nature très diverse aux- 
quelles je consacre mes efforts depuis longtemps m'ont fait per- 
dre de vue les remarques intéressantes que M. Carra de Vaux a 
publiées en 1 804, dans la Revue Sémitique (pp. 25 1 -258 et 362- 
374), sur les inscriptions lihyanites (?) rapportées par Huber et 
Doughly. Or, la première épigraphe qu'il examine est tracée 
près du dessin d'un cheval en colère, circonstance qui l'a dé- 
terminé à lire : c^^f^ p'j nDISH» * '^^ cheval de Ben Hatf > 

(p. 253). Or, ce déchiffrement certain offre deux fois, pour la 
lettre gj, une forme analogue à V oméga grec, fl, qui, mise de- 
bout, G , couvre souvent le signe que nous avons l'habitude de 
transcrire par ^. En appliquant cette valeur au signe safaïtî- 
que, les noms comme Jû'jij^, Joblt^X, nbptî^» bfi^p' ^^-^ ^^ 
transformeront en tj^jj, D^BN' nbpS» bsp» ^^^-t ^^^ ^^^ 
aussi usités ou, du moins, possibles en arabe classique. Par la 
même application, le signe safaïtique que je lis «i deviendra 
un -], tandis que celui auquel j'ai attribué la valeur jj devien- 
dra un ^. Il en résultera un double avantage : d'une part, un 
accord plus intime avec les formes sabéennes; d'autre part^ 

la disparition des suffixes trop hébraïques ^^, «jjjj^, in^nX» 

qui seront à lire -|*^, nON» nn^nX' ^^ ^^ fl"^ ^^^ beaucoup 
plus important, des noms propres terminés en ^ à la façon na- 

batéenne. Au lieu de i^N» 1DÏ1' HJ^D' ^^^-^ ^" aurait n3X» 
nonSi mVD' ^'^- l^'i^scription V. 184, gravée au-dessus 
d'un âne et qui m'est restée obscure à cause de la forme înNK» 
se lira très bien : jriNH "IID \2 DTnb» * ^ Hazm, fils de 
Sawar (?), appartient cet âne ». Ue même, D. 323, qui montre 
le dessin du même animal, donnerait jn^H dVdN p ^nob» 
« à Mattî, fils de Aslâm (?), appartient cet âne ». Mais il y a 
plus, M. Carra de Vaux a comparé beaucoup de passages dans 
lesquels le groupe '^oyn ^^^ tracé près d'un dessin représen- 
tant un chameau, et comme ce groupe alterne avec 



FIXATION DE l'alphabet SAFAÏTIQDE 

«jeune chamelle >, il a conclu que ^j^V équivalait 
« chameau ». Cette conclusion m'a paru alors évidc 
dans mon exemplaire de la Revue Sémitique, j'ai griftc 
crayon sur la lettre y un j cursif, pour indiquer que c 
à forme ovoïde pouvait être réellement un jj. En même tei 
noté un ^ sur le i du mot que l'auleur avait lu iTiH- ^' 
devaient amener une série de changements considérabi 
la transcription des mots safaîtiques. Depuis ce mon 
n'y ai plus pensé, et, chose curieuse, M. Carra de 1 
moi-même nous avons tntalement oublié la courte étu< 
j'ai faite des inscriptions arabiques dans la Revue des 
yuiW*, en1S92(p. 16-19},et où j'avais élabli la lecture > 
très T et n conformément à leurs modèles sabéens. J'y i 
signalé un signe de l'espèce 3 pour le son du y. Tout o 
bel et bien échappé jusqu'à ce moment, et ce ne sontq 
taines étrangetés, aperçues à une lecture attentive des de 
épreuves imprimées, qui m'ont rappelé que j'avais trai! 
les valeurs de quelques signes proto-arabes, car, autr 
je n'aurais pas conservé pour ces détails la transcrip 
1 877. De pareils accidents m'arrivent assez souvent dai 
autres études, où je me donne la peine d'expliquer ce qi 
depuis des années, expliqué avec des preuves à l'appu 
retourner à notre sujet, je me vois donc obligé de revei 
ces diverses questions de lecture, qui compléteront 
présente. Le sujet en vaut bien la peine. Déjà, la seu 
sence d'Arabes purs si près des tribus araméennef!, ou I 
moins profondément araoïaïsées, soulève de grosses difl 
au point de vue de l'ancienne distribution des éléments 
ques dans l'Arabie septentrionale. Puis, on serait bien : 
savoir en quoi l'idiome safaîte, dont l'écriture se rattach 
aucun doute très étroitement à celles des Lihyanites 
Proto-Arabes du désert, se distinguait de ceux de ces p 
tions; s'il contient les particularités grammaticales et 
graphiques qui caractérisent l'arabe classique du Qorfl 
questions offrent un haut intérêt et sont dignes d'attiré 
tention complète des sémitisants. J. IIalÉ 

[A suivre. } 



Le Sumérisme et THistoire babylonienne. 

{Suite et fin.) 



Le parallélisme postpositionnel entre le complément 

et le verbe. 

Pour donner plus de clarté au verbe hiératique, on reprend 
après les indices pronominaux la postposilion de Tobjelqui 
précède, ou du moins le synonyme de cette postposition, laquelle 
fait alors fonction d*un adverbe de lieu, de relation ou de direc- 
tion . Ce moyen extérieur m«ît en évidence l'unité delà phrase sans 
affecter en quoi que ce soit le verbe qui suit et qui demeure tou- 
jours dans son indécision primitive relativement à la manière 
dont l'action est exécutée. Le parallélisme en cause qui se constate 
dans les textes les plus archaïques présente le schéma suivant : 
i* ta-ta; 2° da-da; 3* ku-ku; 4"* ru-ru = ra'ra. Nous avons 
donné plus haut quelques passages où la forme ru remplace 
la vocalisation ordinairera. Dans le cas de parallélisme nos textes 
offrent constamment ru, probablement dans le but d'éviter la 
confusion avec le complément phonétique ra des syllabes 
nombreuses qui se terminent par r. Le dédoublement de la 
postposition est naturellement facultatif et dépend de l'appré- 
ciation momentanée du scribe qui peut en omettre l'un ou 
l'autre. On s'en rendra un compte exact par les extraits ci- 
dessous. 

a) Postposition adverbe ta. 
Exemples : 

i. kur-ta mu-na-ta-dul-du (IV, n** 1, col. H, 3) « delà montagne il 
a fait venir i>. 

2. lù-gis-uh-ki-ra e-na-sum nara-e-ua-ta-kud (V, n« 1, 5-7), • aux 
hommes do G.-U. j'ai rendu le serment que j'ai reçu ». 

3. nam-e-ta-kud-du (V, n» 1, 27, U\), t pour le serment qu'ils ont 
prOté ». 

4. e-bi id-nun-ta gu-edin-na-ku ib-ta-ni-ud-du (VI, n*> 1, coh 2, 
1-3), « ce canal, du grand fleuve à Gu-edin il l'a fait sortir ». 



LE SUlfÉRISME ET L^HISTÛIHE BABYLONIENNE 235 

5. nigin kû lah-ga zal-da an-nin-gir-su-ge ab-ta-gu-e mu-na-gim 
{ibid, n* III, 15-16), « le vase d*argent brillant qu'à N.-G. a été pro- 
mis, il a fait ». 

6. Uru-f-a-a-ki-ta mu-na-ta-dul-du (VII, n» 1, 8-9), « delà ville 
d'Arua j*ai fait venir (la stèle) •. 

7. kurta mu-na-ta-en-dul-du {ibid, n«2, col. II, 4), t de la mon- 
tagne il lui a fait venir b. 

8. kur mà-gan-ki-ta nà-kal im-ta-dul-du (X, st. A, col. II, 6, III, 
1 : st. C. col, m, 14-15 ; st. E, col. VIII, 16-17 ; st. H. col. II, 5-6), 
« de la montagne de Magan du dolorite il a fait venir ». 

9. lu ë-an-na-ta ib-ta-ab ud-du-ud-du-a (X, st. C, col. IV, 5-6jj 
« celui qui de Bit-Samô la (statue) fera sortir ». 

10. uru mu-azag bil im-ma-ta-lal (X, st. Ë, col. II, 21-22), « la 
ville pure il a fait briller ». 

11. us-bi mu-azag bil im-ta-lal {ibid., col. IIL 11-12), « sa fonda- 
tion pure il a fait briller ». 

Analyse littérale : 

1. Aur-ta, «, montagne-de », mu-na-ta, « il de (là), dul-du. 
« porter ». 

4. e^bi, t canal-ce » id-nurt-ta, « fleuve-grand-de », gu-edinna- 
kn, « à Gu-edin », i6-ia, « le de (là) », ni-ud-du », il sortir ». 

6. uru-f a-a-/i-fa, « ville Arua-de », mu-na-fa, « il-de (là), « dul-du 
« faire venir ». 

7. kur-ta, t montagne-de», mu-na-tad il-de (là) », en-dul-du, a il 
faire venir ». 

8. kur-mâ-gan-hi-ta, « pays-Magan-de », nâ-hal, o pierre kal », 
l'm-fa, I il de (là), dii2-du, a faire venir ». 

9. lû-ë-an'iia-ta, o celui qui Bit-Samô-de», ib-ta, « cela (la stèle) 
de (là) », ab-ud-du-ud-du-a, « il (neutre) sortir-sortant ». 

Les autres passages suppriment ta dans le premier membre 
de phrase; je le rétablis entre crochets. 

2. lù-gié'Uh'ki-ra, a homme-gis-uh-à », e-na-sum-nam-[ta], « il 
donner-8erment-[là] », e-na-ta-kud « il-là prêter ». 

3. nam-[ia], « serment-pour », e-ia-hud-du, « il-[pour]-prétent ». 

5. nigin kû-lah-ga zal-da an-nin-gir-su-gi^-lta], « vase-argent- 
brillant Nin-Girsu-[pourj », ab'ta-gu-e, « cela-pour (lui) promis», 
mu-na-gim^ • il faire ». 

10. uru-mu'azag-[ta]y « ville-pure-[dans] », bi/, « splendeur », im- 
ma-(a-/a^ « il-là-remplir ». 

H. us-bi mu-azag -[ta], « fondation-sa-pure-[dans] », bil « splen- 
deur, im-ta-laly « il-là-remplir ». 



236 REVUE sAmitique 

b) Eostposition adverbe da. 
Exemples : 

i. enim-da gur-pa-da-an-enim-da an-da-gur-ra (V, n« 1, 47), 
« contre la parole (donnée) fera retourner ». 

2. gis-uh-ki-da dam-ha-ra e-da-ag (VI, n» 1, col. i, 25-27), «j'ai 
livré bataille à (= contre) Gis-Uh ». 

3. en à (= id)-kal-li pa-te-si gis-uh-ki-da ki e-da-sur {ibid, 39-42), 
« avec Bel-Akalli, patesi, le terrain de G.-U., il a délimité ». 

4. bar-se-bi nu da sud-sud-da-dug (ibid,, col. II, 27), « les épis (?) 
de ce blé de ne pas disperser (il) a ordonné ». 

5. gis-ur-ur-ku e-da-lal (ibid., col. III, 10), « les troupes ennemies 
il a attaqué ». 

6. ur-lum-ma ba-da-kar sag-gis-uh-ki-ku e-gaz (t6td., 15-18), 
« Urlumma vaincu, au milieu de G.-U. il a tué ». 

7. edin-da e-da-kid-kid [ibid., 24), « dans (=. sur) la plaine il a fait 
rester ». 

8. gir-su-ki-ta gis-uh-ki-ku kar-dar-ra-a e-du {ibid.j 30-33), « de 
Girsu à Gis-uh victorieux il est venu ». 

9. id-zid-ku a-sag gan-tum-ne an-ta-bal-e-da= ... e-da-bal {ibid., 
col, VI. 15-16), c à la rive droite, le champ « jardin fertile » arro- 
gamment ils traverseront ». 

10. kur-kur u-sal-la mu-da-nft (VII, col. II, 17-18; cf. col. III, 22-23), 
« les pays en tranquillité il a fait rester ». 

11. kalam-e a hûl-la mu-da-e {ibid,, 19-20 ; cf. 35-39), « le monde 
d'eau de joie il a abreuvé ». 

12. sed mu-da-gi-gi (tbtd., 45), t d'une enceinte il a fait entourer». 

13. kalam-eki-sag-ga igi-ha-mu-da-gab (t6td., 29-31)» « sur le 
monde avec faveur qu'il lève les yeux ». 

14. nara-sag-ga mu-tar-ri-ku-a su-na mu-da-ni-ti-e-ne ( ibid,, 
32-34), a la bienveillance fixée par lui (aux habitants) par leurs mains 
(qu')il le fasse prendre ». 

15. an-ra-ni an-nin-gis-zi-da an-ba-u ë-uru-azag-ga-na mu-na-da 
tur-tur (X, st. E, col. VIII, 11-15), « ses dieux Nin-Kitti' (et) Bau 
dans le temple Ëru-ellu il a fait entrer » 

Analyse littérale : 

a) Parallélisme da-da. 

1. enim-da, « parole-contre », gur-ra-da-an, « retourner contre-iU. 

2. giS'Uh'ki-da, « Gis-uh-oontre », dam-/ia-ra, t bataille », e-da- 
ag « il-contre-faire » . 



LE SUMÉRISME ET l'hISTOIRE BALYLONIENNE S37 

3. en-â'kal-li pa-te-si gis^uh-ki-da, « Bel Âkalli, patesi-Gis-uh- 
aveo », Ai-e-da-sur, « lieu il-avec-limiter i. 

4. 6ar-se-6i, « épi-ce », nu-da-sud-sud, • non-là-disperser », [e]- 
da^duÇj « il-là-dire». 

7. edtn-da, « plaine-sur », e-da-kidy « il-là-dessus-lâisser ». 

15. an-ra-ni an-mn-gis-zt-da-an-6a-u e-uru-a2ag-gfa-na[-dal, 
« dieux^ces-Nin-G.Z.- dieu Bau maison-ville-pure-sa-[ver8] », mu- 
na-da-ttir-fur, « il-là-faire entrer ». 

b) Parallélisme ku-da. 

5. giè'UT'Ur-ku, t ennemis-sur », e-da-lal, « il sur-attaquer ». 

9. id'Zi'da-hu, « main-droite«sur », a-sagf-gan-(um-ne, « champ 
jardin-fertile », an-ta, « arrogamment », 6ai-e-da, « passer-il-sur ». 

c) Omission S une particule. 

6. ur-lum-ma ba-da-har, t Urlumma-il (neutre)-là-vaincu », èag- 
giS'Uh'ki-ku t « cœur-G.U.-dans », e-[da]-ga3, • il-là-tuer ». 

8. gir-su-ki-ta gis-uh-ki-ku, « de Girsu à Gis-Uh », Aa-dar- ï'a-a, 
« vaincu, fugitif (?) », e'[da]'du, « il-[là]-alla. 

iO. kur-hur u-saMa-[daJ, « pays-tranquillité-[en] », mu-da-nâ, 
« il-là-reposer ». 

il. lïaZam-e-a-/iaZ-ia-[da], « le monde-eau-joie-avec », mu-da-et 
« il-avec-arroser ». 

12. êeg-lda], « enceinte-avec », mu-da-gfi-gi, « il-avec-faire-en- 
tourer ». 

13. kalam-e^ki-sag-ga-lda], i monde-faveur-[avec] » , igî-/ia-mu- 
da-ya6, « œil-que-il-avec-lever ». 

14. nam-sagf-gamu-tar-ri-a-ftu, « bienveillance fixée-par », su-na, 
€ main-sa », mu-da-nf-tî-e-7ie, « il-par-le-prendre pi. ». 

Postpositions adverbes ku et ru. 
Exemples : 

1. ur-ha-lu-up-nî-gab-ku mu-na-ku-ki (=gin)-na (IV, n» 1, col. 
III, 2-3), a Ur-halup comme portier il a placé ». 

2. nam-ti-gal-lû en-an-n»-tum-ku + ma a mu + ku sub + na = 
nam-ti-gal-lû-en-an-na-tum-ma-ku u mu-na-ku-sub (VII, n»3, 9-12), 
« pour la vie de son roi Bel-samé-ukîm ceci il a présenté ». 

3. gu-id-lum-ma-9ir-ta-ka e-ku-kid (VI, n« 1, col. III, 20-21), « sur 
la rive de Id-lum-ma-çir-ta il a laissé ». 

4. kur-kur-ru-sag-e-ru-sig (V, n» 2, col. IV, 23-24), « (ce) pays il a 
dévasté ». - 




238 REVUE SÉMITIQUE 

5. Ëlam sag-e-ru-sig {ibid., col. VI, 7), c Elam il a dévasté t. 

6. kis-ki sag-e-ru-sig (i5td.,9), « sur Kis il a porté la désolation ». • 

7. uru-unu-ki-e gud-gim sag-an-ku mu-ru-gur (VIII, col. II, 31), 
c la ville d'Uruk comme un taureau jusqu'au sommet du ciel j'ai 
dressé ». 

8. gu-an-ku-mu-ru-gi {ibid., col. III, 1-2), « le sommet jusqu'au 
eiel il a établi ■• 

9. nam-lû-qal u-rîg-gim su-dagal ha-mu-ru-dug {ibid. y 24-26), «son 
armée comme l'herbe de multiplier qu'il ordonne ». 

10. zag*an-na-ge si-ha-mu-ru-di (ibid., 27-28), « les sanctuaires 
qu'il rende prospères ». 

Analyse littérale. 

a) Parallélisme ku-ku. 

1. ur-/ia-lu-Kp ni-gab-ku, « Urhalup portier-à », ynu-na-ku-gin- 
na, « il-à-plaçant ». 

2. nam-ti gal-lû en-an-na-tum-ma-ftM, « vie- roî-Bel-samé- 
ukin-à (= pour) » a mu-na-ku-sub. « ceci-il-à (= pour)-offrir ». 

b) Parallélisme ku^ru. 

7. urU'UnU'ki-e gud'gim'Sag-an-ku, « Uruk - taureau - comme 
soramet-ciel-à », 7nii-ru-^ur, « il-à-dresser ». 

8. gfu-an-àu, • sommet-ciel -à», mu-ru-gur. « il-à-dresser ». 

c) Parallélisme ru-ru. 

4. hnr-kur-rn, « pays*à », sag-e-rn-sig, « tôte-iUà-briser ». 

d) Suppression de la première particule, 

3. gu-id-lum-ma-sir-ta-ka-[ku], t rive-Id-lumma-çirta-sur *, e-feu- 
kid, « il-sur-laisser ». 

5. E/am-nt, « Elam-à », sag-e-ru-sig, a téte-il-à-briser ». 

6. /ii6'-fti-[ru], « Kis-à », e-ru-sig, « il-à-briser ». 

9. nam-lû-qal'rig'gim èu-dagal'[ru], c troupe - herbe - comme - 
multiplier-à », ha-mu-ru-dug, « que-il-à-ordonner ». 

10. 2ag-an-na-{/e-[rw]. « côté-ciel-de-[à] », si-ha-mu-ru-di = ha- 
ma-ru-si-di, « qu-il-à-prospérer ». 

e) Suppression de la seconde particule. 

{, an-nin-gir-su gud-an-en-lil-lal-ra ... mu-na*ru (II, n« i, col. !, 
I-7), « à N.-G. héros de Bel ... il a construit ». 



LE SUHÉRISME ET l'HLSTOIRE BABYLONIENNE 239 

2. ë-ne-bi kur-kur-kur-ra-/iu mu-na-ru (ibid., col, II, 4-5), c en 
Bit-mêlamsa-matâtu il a construit d. 

3. mâ-al kur-fa gu-gàl-gis mu-du (lai?), « de Maal, la montagne, 
toute sorte de bois il a fait venir ». 

Ces trois exemples offrent des spécimens de phrases qui 
suppriment les particules ta, da, ku, ru devant le verbe. C'est 
même la règle chaque fois que le complément indirect est 
séparé du verbe par un long complément direct ou une incise 
compliquée. La fréquence de ces sortes de constructions me 
dispense d'en donner un plus grand nombre d'exemples. 

Devant le témoignage irrécusable des exemples que nous 
fournissent les documents que nous venons d'étudier, dispa- 
raissent dans leur néant absolu les prétendus infixes verbaux 
qu'une philologie à tout faire a réussi à introduire en pseudo- 
sumérien. Des verbes à préfixes ka (ftu), da, ra (ru), ta n'ont 
jamais existé; ces particules, simples échos des poslpositions 
j)récédentes, ne se rattachent ni au phonème pronominal qui 
précède, ni au phonème verbal qui suit. Ce ne sont donc pas 
dea suffixes comme ils ont été qualifiés jusqu'ici par toute Técole 
assyriologique, y compris moi-même, mais des adverbes com- 
plétifs. Leur présence constitue une simple redondance, qui, 
quoique utile dans un sens à la clarté de la phrase, est loin d'être 
indispensable ou seulement nécessaire. Il va sans dire que les 
comparaisons de ces adverbes avec les infixes verbaux ouralo- 
altaïques homophones ne reposent sur aucune base sérieuse. 
Ce n'est que beaucoup plus tard que la juxtaposition da-ra ou 
ra-da entre dans l'usage du style hiératique ; nous y reviendrons 
à l'occasion. 

Nos textes ne fournissent pas de noms de nombres écrits 
phonétiquement^ 

Notre investigation sur la grammaire du système hiératique 
dans les textes les plus archaïques de la Babylonie est parve- 
nue à son terme. Le mystère des formes bizarres qui lui don- 
nent un aspect exotique a complètement disparu devant Tin- 
tclligence exacte de tous les éléments qui entrent dans leur 
composition. En parcourant les centaines de phrases de la ver- 
sion babylonienne de la seconde colonne, tout philologue im- 
partial reconnaîtra que dans les grandes lignes la construction 



2&0 REVUE SÉMITIQUE 

syntaxique est la même dans les deux colonnes. Une telle 
coïncidence prouve d'une manière indubitable que le système 
en cause doit son origine au génie sémitique local et à aucune 
autre source linguistique imaginable, fût-elle même une langue 
sœur très proche. 11 est en effet absolument impossible de 
suivre de près la construction babylonienne dans une traduc- 
tion hébraïque ou araméenne. A plus forte raison est-il inima- 
ginable que deux langues tout à fait différentes puissent cal- 
quer leurs phrases l'une sur l'autre. Comme Tindigénat de la 
syntaxe babylonienne est mis hors de doute par la présence 
inaltérée dans les textes sémitiques originaires du pays de 
Lulubiy de l'Assyrie, de la Susiane où il n'y a pas la moindre 
trace de c Sumériens » , même d'après ceux qui croient à leur 
existence préhistoriqueenBabyIonîe,onnepeut raisonnablement 
éviter la conclusion que le pseudo -sumérien, loin de présenter 
une langue, n'est qu'un système de rédaction particulier destiné 
tout d'abord à exprimer la langue babylono-sémitique, le seul 
idiome littéraire du pays. Cette conclusion ne saurait être infir- 
mée par les quelques cas exceptionnels dans lesquels l'ordre 
des mots dans la phrase ne coïncide pas dans les deux systèmes 
rédactionnels. Un système d'idéographisme conventionnel ne 
cherche même pas à imiter strictement la construction de la 
phrase vivante. Le système des chiffres romains offre les com- 
binaisons II, 111, IV, VI, IX, XL, c'est-à-dire « un -}- un » = 
« un -|- '^ïï + u*^ » rrr^ « moitts un + cinq > , oc cinq + un » , 
€ moins un + dix >, < moins dix + cinquante >, pour dire 
a deux », c trois », < quatre », c six », a neuf », 
€ quarante ». L'ordre des chiffres arabes est de même pure- 
ment conventionnel : on écrit 11 (= « dix + un »), 1 2 (= t dix 
+ deux »), 13 (= € dix -|- trois »), 70 {^^ a sept fois dix »), 
80 (= € huit fois dix »), 90 (== c neuf fois 10 ») et on pro- 
nonce : onze, douze, treize, soixante-dix, quatre-vingts, quatre- 
vingt-dix. Et cependant la nécessité de mieux adapter l'ordre 
des chiffres à celui des noms dénombre réels ne s'est jamais 
manifestée ni chez les Romains, ni chez les peuples modernes 
de TEurope. Cela est également vrai lorsque les chiffres sont 
représentés par les lettres de l'alphabet comme c'est le cas des 
Sémites, des Grecs : nulle part la disposition systématique 



LE SUMÉRISME ET L'HISTOIRB BABYLONIENNE 2&1 

des lettres^hiffres ne calque la numération vivante. J'ai depuis 
longtemps trouvé le motif de la déviation syntaxique qui a 
ch^ugéen po8tpositi(m8\espBLrlic\x\eska, ge;ku^ ra, ta, da, gim 
qui représentent les prépositions babyloniennes ana^ ina, iétu, 
ullUf itti^ kima. La position postpositive a pour but d'indiquer 
que les monosyllabes précités sont dépouillés de leur puissance 
ordinaire de mots pleins et descendus au rang de simples par- 
ticules de relation qui n'ont pas la valeur des autres racines. 
Par contre, les particules dont la racine et par conséquent la 
signification est claire, conservent fidèlement leur position 
prépositive comme les prépositions babyloniennes qu'ils sont 
destinés à exprimer. Deux de ces prépositions figurent datns les 
textes archaïques, ce sont kij ce avec », de kiu, c terre, lieu (ar. 
o ti) > et éag = libbu, c cœur, milieu » . Dans d'autres inscrip- 
tions, un peu plus récentes, on constate l'emploi des préposi- 
tions muh, ce sur », l'équivalent du babylonien muh de muhhuy 
c sommet de la tête », el en répondante adi, c jusqu'à », et 
d* autres encore. 

Il est compréhensible que ce déplacement des particules, 
aussi longtemps que sa raison d'être restait énigmatique, ait 
pu donner lieu à l'erreur que le oc sumérien » fait usage de 
postpositions à l'instar des langues ouralo-altaîques. Ce fait 
avait frappé les premiers déchiffreurs et leurs élèves l'ont 
ensuite accepté de confiance. Ils croyaient alors que la rédaction 
allographique était entièrement phonétique sans aucun mélange 
d'idéogrammes. Par suite de mes efforts, la conviction générale 
admet à présent qu'en sumérien même on ne peut plus décider du 
premier coup si tel ou tel caractère est un phonème ou un idéo- 
gramme. Mais une partie des assyriologues ont encore de la dif- 
ficulté à saisir qu'un phonème n'est pas pour cela seul un mot 
organique et réel. M. Radau dit: a Si nous avons des formes 
telles que hul^ mu^hul, ba-huU la première peut-être appelée 
ff idéographique » et primitive, mais la seconde et la troisième 
forme ne le peuvent pas. Ma et ba montrent simplement que 
hul doit-être tenu pour un verbe et non pour un adjectif. » 
Mais n'est-ce pas s'arrêter à la surface ? Car aucune de ces 
trois syllabes ne sont des mois vrais, mais des sons artificiels 

RITOI fttMlTlQOI 16 



248 REVUE SÉMITIQUE 

comme les noms des lettres de notre alphabet. Dès le moment 
que Ton concède que dans Téquation mu ou ba-hul ■=■ u-kalliq 
le phonème hul exprime l'idée de la racine halaqu, a détruire n , 
de quel droit refuse-t-on d'admettre que les phonèmes mu et 
ba puissent représenter l'indice personnel u? Il faut être consé- 
quent avec soi-même. Le même auteur demande encore : m Et 
comment devons-nous expliquer les a infixes > et les c post- 
fixes », la formation verbale et toutes les autres particularités 
de cet idéographisme? » Notre réponse sera catégorique : les 
ce infixes > n'existent point et les autres pariicularités sont 
suffisamment expliquées dans les paragraphes qui précèdent; 
et si quelque menu détail manque encore de clarté, on peut être 
assuré que la possession d'exemples plus nombreux finira par 
la rendre complète. Puis, est-c^ que les choses les plus près de 
nous ne présentent pas parfois des énigmes encore irrésolues? 
La somme de nos connaissances ne s'en ressentira guère. Mais 
quand M. Radau ajoute : c Gomment expliquer les tablettes et 
les syllabaires et les autres inscriptions qui se rencontrent dans 
ces deux c modes d'écrire? », je commence à craindre qu'il 
n'ait entendu qu'une seule cloche, naturellement celle des 
suméristes, nous l'engageons donc à entendre aussi l'autre, 
celle des antisuméristes, surtout les réponses que j'ai faites à 
MM. Lehmann et Weissbach dont il cite les écrits. En atten- 
dant, témoignons-lui notre sincère reconnaissance de nous avoir 
fourni l'occasion de placer la question sumérienne sur le vrai 
terrain de la discussion scientifique. L'époque héroïque des 
attaques personnelles est passée. Les assyriologues qui croient 
encore au sumérisme ont le devoir, en rompant le long silence 
observé jusqu'à cette heure, de justifier leur thèse, non par la 
réponse globale et interrogative a comment peut-on expliquer 
tel ou tel détail si on n'admet pas l'existence d'un élément allô- 
phyle », mais en descendant dans les détails expliqués plus 
haut pour en donner une explication meilleure et plus conforme 
au résultat de l'ethnographie et de la philologie modernes. 
Cette tâche incombe surtout comme une dette d'honneur arrivée 
à l'échéance, aux assyriologues qui ont contribué à la propa- 
gation du sumérisme et avant tous les autres à M. le professeur 
Friedrich Delitzsch, qui s'est temporairement enrôlé sous le 



LE SUMÉRISME ET l'HISTOIRE BABYLONIEr^E 243 

drapeau antisumérien. M. Delitzsch a motivé son adhésion dans 
le %o* paragraphe de sa grammaire assyrienne qui fit grande 
impression en Allemagne. En retournant à Tancienne ortho- 
doxie, il s'est contenté d'arracher ce paragraphe compro- 
mettant de sa grammaire et de faire de celle-ci une nouvelle 
édition amaigrie, mais il a omis de démolir un à un tous les 
arguments signalés en faveur de mon opinion et qui dépas- 
saient de beaucoup les limites dans les(^ueiles je m'enferme 
depuis 1880. Dans un cas pareil, le silence n'est plus d'or, 
mais de vil métal. J'adresse donc de nouveau en ce lieu aux 
suméristes pour lesquels mes sentiments amicaux n'ont jamais 
varié, un appel pressant qui, en rai3on de mon âge, sera pro- 
bablement le dernier. Hommes de science, remplissez votre 
devoir envers la science ! 

Senex vos adjurât amiifil 

J. Halévy. 



L'Épisode de la femme adultère. 



Cet épisode dramatique est rapporté dans l'évaïigile de 
' Jean, chapitre vin, versets 3-13, et ne se trouve pas dans les 
évangiles synoptiques. Voici dans quelles circonstances cette 
scène a été combinée d'après le récit de Tauteur. Le peuple, 
ayant souvent entendu et goûté les discours de Jésus, était divisé 
sur son sujet. Les uns le tenaient pour un prophète; les autres 
disaient qu*il était le Messie annoncé par les anciens prophètes 
et attendu avec impatience par les fidèles. La dernière opinion 
se heurta à Tobjection que le Messie selon les Écritures ne 
viendra pas de Galilée, mais de la race de David et de la petite 
ville de Bethléem son lieu d'origine (ibidem^ vu, 40-&3). Le 
dernier jour de la fête des Tabernacles {ibidem^ vii, 2), les 
pharisiens dépités de voir que personne ne voulait arrêter 
Jésus pour lui demander compte d'avoir profané le Sabbat 
(ibidem y vu, 2U23) poussèrent des injures contre la foule 
sympathique à leur adversaire en ajoutant qu'aucun des pha- 
risiens ou des sénateurs, c'est-à-dire des hommes versés dans 
les livres bibliques, ne peut croire en lui de quelque manière 
qu'on l'envisage. En cela, ils se sont matériellement trompés, 
car un d'entre eux, nommé Nicodème, était venu trouver Jésus 
la nuit pour s'initier à sa doctrine (t^tetem, m, 1-21). Nicodème 
fit remarquer à ses collègues que la loi ne permettait de 
condamner personne sans l'avoir auparavant entendu et 
sans s'être informé de ses actions, mais les pharisiens, non 
sans avoir conçu quelque soupçon à son égard, lui répondirent 
sèchement qu'il ne sort jamais de prophète de Galilée. Le 
lendemain matin, Jésus ayant recommencé à instruire le peu- 
ple amassé autour de lui dans l'enceinte du temple, les phari- 
siens cherchaient à lui faire dévoiler ses doctrines hérétiques 
d'une manière irrécusable {ibidem^vii^ 44-vin,2). Maintenant, 
je fais suivre textuellement le récit de l'apôtre, d'après la tra- 
duction de Sacy revue sur l'original grec : 

3 . Les scribes et les pharisiens lui amenèrent (âfojoi 9i) une femme 
qui avait été surprise en adultère et la faieant tenir debout au 
milieu (du peuplel, 



L'âpiSODE DE LA FEHHB ADULTÈRE 

4. Ils dirent à Jésus : Maitre, cette femme vient d'être surpi 

adultère; 

5. Or, Moïse nous a ordonné dans la lot de lapider de telles fi 

(= les adultères) ; donc qne dis-tu ? 

6. Ils disaient ceci en le teatant afin d'avoir de quoi l'ac 

Mais Jésus se baissant, écrivait avec son doigt sur la 
T. Comme donc ils continuaient à l'interroger, il se leva e 
dit: Que celui d'entre vous qui est sans péché lui j« 
premier la pierre. 

8. Puis, se baissant de nouveau, il continua à écrire sur la 

9. Mais ceux qui l'avaient entendu parler (de la sorte), conv^ 

par leur conscience, se retirèrent l'un après l'autre, le: 

lards sortant les premiers ; et ainsi Jésus demeura seu 

la femme qui était au milieu (de l'entourage). 
10. Alors, Jésus se relevant lui dit: Femme, ou sont tes accusa 

Personne ne t'a-t-il condamnée? 
tl. Elle lui dit : Non, Seigneur. Jésus lui répondit: Je 

condamnerai pas non plus. Va-t'en et à l'avenir ne 

plus. 
13. Jésus donc parlant de nouveau au peuple leur dit : Je s 

lomière du monde, etc. 

Voici quelques observations critiques. 

Verset 7. La particule « donc » (olv = V, autem) ms 
l'impatience des pharisiens à la vue du peu d'empressé 
que Jésus avait mis à leur donner son avis. 

Verset 9. Le membre de phrase « convaincus par leur ( 
cience n (xai ùitô t^; ■jMvtHitui i},tyyàfjityot) manque dai 
Vulgate qui écrit : a Audientes autem unus post unum 
bant. » On verra plus loin le motif de cette suppressior 
Je traduis iv [iiai^= in medio : a au milieu du peuple » 
< au milieu de la place s (Sacy), parce que le peuple est tou 
resté là après le départ des pharisiens accusateurs et 
femme accusée; cela résulte du verset 12, où Jésus con 
à prêcher à la foule qui l'entourait. 

Verset 12. Sacy a suppriméà tort la particule oùv=( 
ce récit se rattache étroitement au verset S dont il forn 
continuation. Le passage 1 -\ 1 n'est au premier aspect qi 
incidente qu'on pourrait enlever sans déranger en quoi q< 
soit l'allure de la narration. Il manque en elTet dans le c 
Sinaiticus. 



246 REVUE SÉMITIQUE 

SINGULARITÉS DE L'ÉPISODE 

L'incident de la femme adultère soulève plusieurs réflexioiis 
qui sont de véritables énigmes : 

1 . Comment se fait-il qu'un récit aussi caractéristique de la 
nouvelle doctrine ait été inconnu aux trois évangéllstes dits 
synoptiques? Et s'ils l'ont connu, pourquoi ne l'ont-ils pas in- 
corporé dans leurs recueils? Eux qui notent au cours de leur 
narration le plus petit geste, la parole la plus insignifiante du 
Maître, eux qui relèvent avec soin toutes les circonstances 
extérieures de lieu et de temps dans lesquelles les événements 
le concernant ont été effectués, peuvent-ils garder un silenc-e 
absolu sur une sentence si remarquable qui met dans la plus 
tangible évidence l'énorme différence qui distingue l'esprit de 
la nouvelle législation de celui de l'Ancien Testament? Objec- 
tera-l-on que malgré la tradition, les trois premiers évangélisles 
ont pu repousser une doctrine qui leur paraissait dangereuse 
ou simplement inopportune à être prêchée aux Juifs et aux Grecs 
en dehors de T Asie Mineure ? Outre que cette solution comporte 
une nouvelle énigme, on se demande encore pourquoi ils ne Pont 
pas adapté à la mentalité de la majeure partie de leurs lecteurs? 
Nous savons par expérience combien ces sortes de modifications 
coûtent peu à ces narrateurs. Le fameux sermon qu'on appel le 
a sermon sur la montagne > d'après Matthieu (v, 1 ) a été tenu 
dans une vallée selon Luc(vi, 17); la béatification des pauvres 
et de ceux qui souffrent de toute sorte de privations dans leur 
vie (Luc, VI, 20-22) est tournée par Matthieu (v, 3-6) à 
l'adresse des pauvres d'esprit et de ceux qui sont affamés et 
altérés de la justice. Les transformations vont même jusqu'à 
la contradiction absolue; ainsi, selon les uns, Jésus vînt au 
monde pour y apporter la guerre (Matthieu, x, 34; Luc, xn, 
49-51 ), selon l'es autres, il est le roi de la paix (Hébreux, xii, 
2-3). Je crois superflu d'allonger la série de ces variations 
plus ou moins substantielles. 

La question se résume par conséquent dans le dilemme 
suivant : Si l'épisode qui nous occupe est authentique les évan- 
gélistes synoptiques ont .sciemment et arbitrairement supprimé 



l'épisode de la fehme adultère 2li7 

le fait historique le plus considérable de l'action législative 
de Jésus ainsi que l'importante doctrine qu'elle inaugurait ; si 
au contraire, l'épisode est une pure légende d'adeptes Imagi- 
native, en rincorporant dans son récit et en propageant la 
doctrine qui en résulte, le discipie aimé de Jésus ne tiendrait 
même pas la promesse faite par ses autres compagnons de ne 
raconter que ce qu'ils ont vu de leurs propres yeux et entendu 
de leurs propres oreilles. 

Je viens d'exposer le problème préliminaire dans sa dernière 
acuité ; mais comment le résoudre? A mon avis l'événement en 
cause faisait partie d'un recueil contemporain qui se proposait 
de compléter les lacunes des évangiles les plus anciens et il a 
été interpolé dans le vu* chapitre du quatrième évangile au 
lieu qui s'y prêtait le mieux, soit par Jean, soit par le dernier 
compilateur du recueil définitif. L'idée de l'interpolation ex- 
plique d'abord les trois faits signalés plus haut,sa voir son carac- 
tère isolé et encombrant dans le passage où il se trouve, son 
absence dans les évangiles synoptiques et son élimination 
dans certains eodex canoniques. A cela s'ajoute une autre 
raison qui nous parait souveraine. Dans les autres récits dont 
les héroïnes sont des pécheresses, celies-ci font acte d'adora- 
tion ou de profonde confiance envers le Maître cl obtiennent 
de lui des éloges et même la rémission des péchés (Matthieu, 
IX, S2 ; XV, 28 ; xxvi, \ 3 ; Marc. v. 34 ; vu, 29 ; Luc, vu, 48 ; 
VIII, 48 ; Jean, xi, 5) ; la femme adultère ne montre aucune 
reconnaissance à Jésus de l'avoir sauvée d'une mort terrible 
et Jésus lui dit seulement de ne pécher plus sans seulement 
se préoccuper du péché d'adultère déjà, consommé. 1! domine 
ici évidemment un esprit tout différent de celui qu'on si- 
gnale dans les récits analogues de nos évangiles. L'investiga- 
tion suivante nous aidera à mieux préciser cet esprit particulier. 
Pour y mieux parvenir, il est indispensable de se rendre un 
compte exact de la teneur du récit. 

Quelques scribes pharisiens lui amènent insidieusement une 
femme surprise en adultère et que la loi condamne à mort par la 
lapidation. Qu'ont-its fait du complice qui doit subir le même 
sort? Ils ont dû cependant l'avoir eu entre les main», puisque 
autrement le cas de flagrant délit n'existerait point. Selon la 



Li 



2i8 RBVUB SÉMITIQUE 

doctrine pharisienne il faut des témoins oculaires pour accuser 
K, quelqu'un d'un crime qui peut entraîner le suprême supplice. 

Le complice a-t-il réussi à leur échapper, alors Jésus pour se 
débarrasser de leur obséquiosité n'avait qu'à dire : Amenez- 
moi le coupable pour voir que vous n'êtes pas victimes d'une 
illusion. Il y a plus, toute cette parade relative à l'introduction 
de la femme dans le temple en présence du Maître n'avançait 
^ guère la cause des adversaires ; ils auraient obtenu le même ré- 

sultat, voire un meilleur résultat, en posant carrément cette sim- 
ple question : <c Maître, la loi ordonne de lapider les adultères ; 
que dis-tu? > Ils auraient ainsi échappé à la honte d'entendre la 
flétrissure personnelle : a Que celui d'entre [vous qui est sans 
péché », etc., et à celle de devoir s'éclipser un à un à la vue 
d'un public qui les connaissait parfaitement. Enfin la consulta- 
tion de Jésus dans les dispositions du récit n'avait pas le sens 
commun ; c'était une affaire de jurisprudence qui incombait 
aux magistrats de haut rang ; elle échappait à la compétence 
d'un simple moraliste. 

À la parade inutilement étalée de la part des pharisiens in- 
sidieux correspond une parade également inutile de la part du 
prédicateur populaire. Jésus ayant entendu la question se 
baisse^ écrit avec son doigt sur la terre et ne dit rien; puis, 
cédant à l'insistance des inopportuns, il lance le mot acéré et 
se remet à écrire avec son doigt sur la terre en attendant le 
départ complet des hypocrites. A quoi ces inclinations et ces 
passes digitales sur la terre pouvaient-elles servir? On suppose 
communément que Jésus notait les noms des faux dévots et 
que ceux-ci en voyant que Jésus connaissait leurs noms pre- 
naient le parti de s'esquiver les uns après les autres. Il y a une 
petite difficulté, c'est que le sol de l'enceinte du temple était 
pavé ; avec le doigt on pouvait simuler récriture, mais non 
pas tracer des signes lisibles. A quoi bon, je ie répète, cette 
double simulation graphique ? 

Enfin, toutes les parties de l'entretien de Jésus avec la 
femme coupable sont loin de présenter une clarté suffisante. 
Après la phrase: c Femme, où sont tes accusateurs? > qui 
exprime évidemment l'idée que l'accusation tombe faute d'ac- 
cusateurs, que peut signifier la question de Jésus : a Per- 



V 



J 



l'épisode de la femme adultère 249 

sonne ne t'a-t-il condamnée ? » Sans accusation comment une 
condamnation est-elle imaginable? Enfin, au aNonb prononcé 
par la femme, Jésus réplique : a Ni moi non plus, je ne te 
condamnerai pas » ; le pourquoi de celte abstention se trouve- 
rait aisément si « moi > impliquait la proposition relative : 
a qui suis également chargé de péchés i>, mais une telle pensée 
n'a pu se présenter à Tesprit du tradition niste et par consé- 
quent la réplique ne dit pas grand*chose. Nous avons déjà fait 
remarquer plus haut la froideur glaciale de la dernière phrase : 
d Va-t'en et à l'avenir ne pèche plus ! > ; la culpabilité de la 
femme est donc admise et néanmoins Jésus la renvoie sans un 
root de blâme pour le passé et sans le moindre enseignement 
ou conseil salutaire pour éveiller en elle un sérieux repentir; 
c'est bien étonnant. On n'y reconnaît pas le Jésus moralisateur. 

APLANISSEMENT DES DIFFICULTÉS 

Âpres une mûre réflexion, je suis arrivé à penser que la 
dernière remarque du paragraphe précédent contient en effet 
la clé de toutes ces complications. Ce n'est pas le Jésus doctri- 
naire que nous avons dans cet épisode, mais le Jésus sage, 
ingénieux et piquant, qui sait se tirer d'embarras par un trait 
d'esprit subit et si adroitement lancé que les adversaires en sont 
étourdis et obligés de se dérober par une honteuse débandade. 
Ce second Jésus qui n'est pas forcément différent du premier, 
conformément à la maxime ce Soyez candides comme des co- 
lombes et rusés comme des serpents » qu'il recommande à 
sesdisciplesS se complaît souvent à embarrasser ses adversai- 
res dans les filets qu'ils avaient tendus pour lui. J'ai fourni 
plusieurs exemples de ce procédé dans l'étude que j'ai consa- 
crée aux livres de Tobie et d'Akhiakar (Revue Sémitique j\ 900, 
p. 61 et ss.); j'y reviendrai tantôt. En attendant il me paraît 
utile de signaler la frappante analogie que notre récit présente 
avec celui de l'histoire de Suzanne. Dans l'un comme dans 
l'autre il s'agit d'une femme accusée du crime d'adultère; la 
femme, qui allait être lapidée, est sauvée par l'intervention 

1. Matthieu, x, 16; cf. Actes, xxxiii, 6. 



1 



250 REVUE SÉMITIQUE 

d*ui;i juge improvisé qui réussit à confondre les vieillards qui 
combinent l'accusation. Ce sont là des ressemblances fonda- 
mentales qui en font suggérer d'autres qu'on aurait tort de 
négliger. Le profond mépris que Jésus témoigne aux accusa- 
teurs qu'il lie daigne même regarder en face que pour les 
frapper de son écrasante sentence donne, si je ne me trompe, 
à penser que Taccusation n'était qu'une machination combinée 
de connivence avec la femme dans le but malveillant de tirer 
de la bouche de Jésus une observation hostile à l'autorité de la 
loi ; au fond cette femme était aussi innocente que Suzanne du 
crime d'adultère qui lui a été imputé. Jésus devine la ruse et 
exécute magistralement les faux dévots précisément par la 
citation de la sentence légale sur laquelle ils avaient compté 
pour le faire trébucher. Le commentaire qu'il ajoute à cette 
sentence est tel que l'orthodoxie la plus pure n'aurait pu le 
récuser. Car d'après la doctrine pharisienne les adultères sont 
inaptes à servir comme témoins. On comprend maintenant le 
sens des mots : < Que celui d'entre vous qui est sans péché lui 
jette le premier la pierre, d Jésus n'a certainement pas eu l'inten- 
tion d'effacer du code pénal le crime d'adultère et de détruire la 
pureté de la famille. En s'exprimant de la sorte, il n'a fait qu'imi- 
ter le langage sévère des prophètes qui traitaient leurs contem- 
porains d'abjects adultères (Osée, va, i; Jérémie, ix, 1 ; Ézé- 
chiel, XVI, 4) et cette épithète a été aussi émise par lui-même 
(Matthieu, xii, 31):xvi, 4); ce n'est qu'un assaut de mauvaise 
humeur momentané qui ne tire pas à conséquence. Osée, iv, 1 4, 
offre le plus ancien modèle de cet argument : a Je ne condamnerai 
pas leurs filles qui se prostituent ni leurs brus qui commettent 
l'adultère puisque eux mêmes sacrifient avec les courtisanes 
et font des offrandes avec les prostituées publiques. > Ici 
de même, Jésus admet, comme chose indiscutable, la 
criminalité de l'adultère, mais tient à ce que les exécu- 
teurs de la peine ne soient pas eux-mêmes passibles du 
châtiment qu'ils font infliger aux autres; il est aux prises avec 
de faux zélateurs et il les cingle de son sarcasme mordant. 
Dans ce contexte, le membre de phrase : < convaincus par 
leur conscience > (verset 9), sous-entendu a d'avoir commis eux- 
mêmes l'adultère » soit matériellement, soit seulemont dans 



l'épisode de la FEBfME ADULTÈRE 251 

son cœur (Matthieu, v, passim), est indispensable et fait certai- 
nement partie intégrante de I édition originale. Plus tard, un 
scribe à tendances dogmatiques ayant cru voir dans c sans 
péché » (czvapatproXo^) le sens général de <l sans nul péché » , 
trouva la sentence trop attentatoire aux bonnes mœiu's et crut 
bien faire de supprimer Tincidente c convaincus par leur cons- 
cience » du verset 9 qui semblait présenter les pharisiens sous 
un jour très favorable et diamétralement opposé à Timputation 
continuelle d'hypocrisie; et la Vulgate a adopté ce sentiment. 
Tout comme dans le roman de Suzanne, la débandade com- 
mence par les vieillards qui ont sur leur conscience un fardeau 
des plus lourds, tandis que la femme, ne pouvant pas s'échap- 
per en catimini comme les hommes^ demeure clouée sur place 
tout étourdie des suites de sa supercherie. Pour Jésus, il lui 
reste seulement à s'informer si les juges officiels ne l'avaient pas 
condamnée à mort avant d'être amenée auprès de lui. Sur la 
réponse négative de la femme, il se contente de la renvoyer 
avec la seule recommandation de ne plus pécher à l'avenir, 
c'est-à-dire de ne plus donner un coup de main aux hypocrites 
pour tendre des pièges aux innocents : créature faible, coupable 
seulement d'une complicité dans une tentative de chantage, 
elle ne méritait pas de reproche spécial. L'incident n'a soulevé 
aucune contestation de la part des auditeurs pharisiens et 
Jésus a pu reprendre tranquillement le fil de son discours pour 
un instant interrompu. 

Il reste à expliquer le geste de l'écriture sur le pavé du 
temple. On admet communément que Jésus traçait les noms 
des témoins et que ceux-ci craignant d'être reconnus par le 
public favorable au Maître, s'esquivèrent prudemfnent. La 
vraisemblance ne parait guère appuyer une pareille hypo- 
thèse qui suppose en même temps Tomniscience du héros. J'ai 
déjà fait remarquer plus haut que le tracé exécuté avec un doigt 
sur les pierres du pavé ne devait pas être très lisible. Puis, 
cette crainte même n'avait aucune raison d'être, car si les pha- 
risiens ont fini par trouver des hommes pour arrêter Jésus à 
cause de certaines paroles censées hérétiques, c'est précisé- 
ment parce que leur personne et leur doctrine étaient considé- 
rées comme intangibles. On l'a bien vu au dénouement tragi- 



252 REVUE SÉmTIQUE 

# 

que du drame principal, où les disciples s'étaient sauvés dès le 
début pour ne pas être reconnus et où Pierre lui-même avait 
par trois fois renié celui qui Tavait destiné à être la pierre 
fonda mentale- de son Église. D'ailleurs, la liberté de l'enseigne- 
ment datait d'un temps immémorial en Israël et les sectes les 
plus opposées de l'époque qui nous occupe, pharisiens, sadu- 
céens, esséniens, boéthusiens, hérodiens, jouissaient du même 
droit et avaient \s faculté de prêcher ouvertement au public. 
Enfin, l'hypothèse en discussion doit son origine au texte de la 
Vulgate qui ne contient pas les mots originaux : c et convain- 
cus par leur conscience )>, qui motivent, on ne peut mieux, la 
fuite secrète des témoins. En effet dans la version latine : « Au- 
dientes autem unus post unum exibant », donne par elle seule 
plutôt Timpression que les témoins sont partis de leur bon gré 
comme pour mettre fin à l'ennui qu'ils avaient causé à Jésus, 
ce qui est cependant des plus inexacts quand on examine l'en- 
semble du récit. En un mot, l'idée de la crainte d'être nomi- 
nalement indiqués aux avanies de la foule n'a pu être conçue 
par les témoins et par conséquent le geste de l'écriture doit 
avoir une autre signification. 

J'ai déclaré à plusieurs reprises que l'occasion me manque 
absolument de compulser les commentaires pour m'informer si 
les exégètes modernes ont agité cette question et comment 
ils font résolue. Je suis donc seul responsable de la manière 
de voir que je présente aux lecteurs de la Reviie Sémitique. A 
mon sentiment, le geste d'écrire sur la terre les noms des intri- 
gants qui sont venus le tenter, se rattache intimement aux con- 
ceptions religieuses de toutes les époques du judaïsme. Les écrits 
de l'Ancien Testament mentionnent souvent que les hommes ver- 
tueux sont inscrits dans un livre commémoratif gardé dans le ciel 
auprès de Dieu. Gomme complément de Tinscription des justes au 
cielf inscription qui leur assure la vie étemelle (Exode, xxxu, 
32 ; Psaumes, lxix, 29; Malachias, m, i6), l'inscription des 
pécheurs sur la terre annonce à ceux-ci la destruction absolue et 
irrévocable. Ce côté menaçant de la croyance à la juste rému- 
ration des actions humaines est clairement envisagé dans Jéré- 
mie, XVII, 13, où on lit : c Espoir dlsraêl, ô Yahwé! tous 
ceux qui t'abandonnent seront confondus et ceux qui se dé- 



l'épisode de hk FEMME ADULTÈRE 353 

tournent de toi (TiniDI P^^"^ '^llDl) seront inscrits (.^^naO 

sur la terre, parce qu'ils ont abandonne la source d*eau 
vive, (toi) Yahwé. » L'exégèse juive reconnaît qu'il s'agit 
de la condamnation aux peines de l'enfer. C'est sans nul doute 
aussi le sentiment de la Vulgate : recedentes a te in terra 
scribentur; même la mauvaise leçon îjsnD^ P^^** 12n3^ ^^^ 

sert de base à/pa^>7ra)(rav, c que (Dieu et les anges) écrivent 
(les impies) sur la terre {M niç yriç) » suppose Tinterprétation 
sus-indiquée à laquelle conduit d'ailleurs la phrase suivante et 
dernière du verset. 

Dans le Nouveau Testament, Jésus atteste formellement la 
croyance relative à l'inscription des justes dans le livre céleste. 
Aux disciples qui exprimaient leur satisfaction d'avoir opéré 
des cures miraculeuses, il affirma d'abord la chute de Satan 
sur la terre, puis il ajouta : « Voici (non a Vous voyez que », 
Sacy), je vous ai donné le pouvoir de marcher sur (= « écra- 
ser » non Qi fouler aux pieds », Sacy) les serpents et les scor- 
pions et sur (èiri = super) toute la puissance de l'ennemi (= de 
Satan) et rien ne pourra vous nuire. Néanmoins, ne mettez 
point votre joie en ce que les esprits (impurs) vous sont soumis ; 
mais réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits dans 
lescieux (Luc, x, 18-20). Ceci constaté, n'y a-t-il pas lieu de 
penser que la conception complémentaire s'impose, savoir que les 
noms des méchants seront écrits sur la terre, symbole des enfers 
qu'elle renferme dans ses profondeurs, et qui seront leurs fu- 
tures demeures? Tout me fait donc croirç que Jésus a réelle- 
ment fait mine d'écrire les noms des faux témoins sur là terre 
afin de leur inspirer une crainte salutaire et de les forcer à 
réfléchir sur leur mauvaise action. II leur a donné cet avertis- 
sement tacite aus.sitôt qu'il a entendu leur question qui attes- 
tait leur duplicité, et il Ta répété après avoir lancé sa sentence 
spirituelle. Le succès fut complet : les hypocrites s'éclipsèrent 
furtivement sans regarder en arrière. 

Il ne serait peut-être pas inutile de résumer d'une manière 
précise l'ensemble du tableau. Cherchant un prétexte pour 
empêcher Jésus d'enseigner le peuple amassé dans la cour du 
temple, quelques uns parmi les pharisiens et les sciibesfanati- 



254 REVUE SÉMITIQUE 

ques s'entendent avec une femme de leur espèce pour prés^* 
ter insidieusement à Jésus un cas matériel d'adultère dont la 
femme serait coupable et eux-mêmes les témoins du flagrant 
délit. Ils espéraient que cette fois Jésus serait ou obligé d'attaquer 
la validité de leur témoignage corroborée par la coupable elle* 
même, soit de se prononcer contre la rigueur de la loi qui con- 
damne la femme adultère à être lapidée. Dans Tune comme dans 
l'autre de ces alternatives il commettrait une infraction formelle 
contre les prescriptions de la loi et ils seront autorisés à 
l'appréhender pour lui faire un procès d'hérésie. Le complot 
était bien combiné et ils se croyaient absolument sûrs du succès. 
Pour leur malheur, ils ne comptaient pas avec la perspicacité 
et l'intuition extraordinaires de leur adversaire. Quand la bande 
se présenta devant Jésus^ celui-ci était assis par terre entouré 
d'une foule sympathique à laquelle s'étaient mêlés un certain 
nombre de pharisiens qui, encore que très conservateurs par 
principe, n'avaient pour lui aucune haine particulière* Du pre- 
mier coup d'œil, le Maître se douta du tour lugubre qu'on 
voulait lui jouer et, par un éclair subit d'esprit, trouva le moyen 
de confondre les faux dévots sans provoquer du tumulte dans 
l'assemblée. A peine les entendit-il formuler le sujet de leur 
consultation qu'il se baissa et fit le geste d'écrire avec son 
doigt sur la terre. En ce faisant il leur montra en même temps 
le mépris qu'il avait envers des félons de leur calibre et le terri- 
ble châtiment qui leur était réservé selon le recueil sacré dont 
ils avaient Taudace de se constituer les défenseurs. Puis comme, 
quoique profondément blessés, ils feignaient de ne rien com- 
prendre afin d'échapper aux risées du peuple et insistaient pour 
obtenir une réponse immédiate et catégorique, il se redressa sur 
son siège et les ayant étourdis par la pointe spirituelle beaucoup 
plus claire : c Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette 
le premier la pierre », il reprit de nouveau son geste méprisant 
et menaçant à la fois, jusqu'à ce qu'ils se fussent tous clandesti- 
nement retirés. Les lâches partis, la femme fut renvoyée après 
qu'il eut été publiquement informé par elle que les juges offi- 
ciels n'avaient jamais été saisis de lui faire un procès d'adultère ; 
et la simple admonestation « et à Pavpiiir ne pèche plus » 
suffit à régler son compte. 



256 REVUE SÉMITIQUE 

Lorsque j'écrivis ces mots j'étais loin de me douter que je 
trouverais dans TÉvangile un exemple encore plus adéquat. 
C'est pourtant la cas avec Tépisode de la femme adultère qui, 
si l'on fait abstraction des éléments secondaires du tracé par 
terre et du mot adressé h, la femme se résume en ceci : 

Les pharisiens disent à Jésus : c Voici une femme adultère; 
la loi ordonne de la lapider, que dis-tu? t Ils se croient très ma- 
lins, mais Jésus les met en déroute en disant avec un calme 
parfait : c Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le 
premier la pierre ! > 

En voici la formule abstraite : 

« Éviter l'explication nette en posant une condition que les 
adversaires ne peuvent pas remplir. » 

L'identité foncière avec la formule n"* 3 d'Âkhiakar me parait 
incontestable. 

Nous sommes maintenant en mesure de résoudre la der- 
nière question, relative à l'originalité de ce récit dans la place 
où il se trouve actuellement dans l'évangile de Jean. Je pen- 
che volontiers vers l'affirmative et je m'appuie sur une raison 
qui me semble péremptoire. Dans son discours immédiatement 
repris, Jésus proclame ses propres qualités en disant: r Je suis 
la lumière du monde, celui qui me suit ne marche point dans 
les ténèbres; mais il aura la lumière de la vie » (v. 12). A quoi 
les pharisiens lui font cette réponse significative : ce Tu te rends 
témoignage à toi-même ; ton témoignage n'est pas véritable. > 
L'allusion à notre épisode ne saurait être méconnue. Ces lettrés 
qui ne trouvaient rien à redire quand il démasquait les faux té- 
moins de la scène précédente, lui font remarquer que le té- 
moignage qu'il se rend à lui-même ne possède pas un degré 
plus grand de vérité, où comme diraient les juristes, de vala- 
bilité. Le droit talmudique maintient rigoureusement le prin- 
cipe : « L'homme (= le témoin) ne peut pas prétendre à 
être cru dans le cas où il est personnellement intéressé » 
(iDVy by l^Hi DIS ps)- ^^ réplique de Jésus (14-18) porte 
le caractère franchement mystique qui est le trait particulier 
du quatrième évangile ; néanmoins les mots « moi, je ne juge 
personne » sont encore l'écho du procès que nous étudions, où 



l'épisode de la femme adultère S57 

Jésus s'est décidément refusé à faire fonction déjuge. Au point 
de vue de la critique littéraire, l'épisode de la femme adultère 
est tiré d'un recueil contenant les paraboles et logia sapien- 
tiaux de Jésus; les évangélistes les ont assaisonnés de remar- 
ques morales ou dogmatiques, mais le fond primitif s'en 
détache avec assez de certitude. 

J, Halévy. 



K 6292. 

Le fragment K 6392, signalé plus haut par M. Boissier (cf. 
p. 146, n. 1), et le passage K 4334, col. I, 1. 7-21 , ne diffè- 
rent que par de légères variantes et se complètent Tun l'autre; 
on a ainsi : 



[arah] apin-gab-a mi-nu-ù ù-[kul-ta-ka] 

[su]-un-gi-ri ina nar-ti-u 

[u] 9ip-pa-ta ina ù zid nu lah ta-pat-[tan] 

arah gan-gan-ud-du mi-nu-ù ù-kul-t[a-ka] 
5 ka-bu-ut ansu édin-na ina a-9[a an ir] 
ù in-nu-ri sa as-[a-an] 
ina ki-sim-mi ta-pat-[tan] 

arah ab-ba mi-nu ù ii-kul-ta-[ka] 
bi-na-at uz-qa-b[i-é] 
10 sa ina ba-çi su-n[u-lu] 
ù ra-bi-ik-ka [mu-si] 
ba nâr ud-kib-nun-ki ni-nun-n[a]* 

arah as-a-an mi-nu-ù ù[-kul-ta ka] 
sa pu-uh-ri su-uh-hu sa an[su zi-ka-ri] 

15 zi-é ur-ku zi-c 

tu-ma-la ma ta-[pat-tan] 
1111/ f/'^ ù-ul tag-da-mar 
ri-ka fù-sar-ri-pu] 



Ch. Virolleaud, 



1. La transcription des lignes 8-12 a été donnée par Bezold, p. 784. 

KtTOI StaiTIQOI 17 






ï 



NOTES ET MÉLANGES 



NOTES POUR L'HISTOIRE D'ETHIOPIE 

Le règne de lyasa (I"), roi d'Ethiopie de 1682 i 1708, 

(Suite.) 



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NOTES POUR l'histoire d'éthiopie 259 

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260 REVUE SéUTIQUE 

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NOTES POUR L'HISTOIRE d'ÉTHIOPIE 361 

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262 REVUE SÉMITIQUE 

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fl.1* I MM- « wA-A a 

J. Perruchon. 

(A suture.) 



SCEAU HÉBREU - SCAIUBOÏDE - TABELLA DEVOTIONIS 263 

NOTES ET MÉLANGES 

(Suite.) 



IV 

SCEAU HÉBREU EN FORME SCARABOÏDE 

(Lidz., Eph,, 1900, p. 11, nU.) 
V.nnoT II Dn»S 

Appartenant à Yoram, (fils de) Zemaryahu. 

Le père portant clairement un nom composé avec Yahwé, 
on peut admettre sans hésitation que le nom du fils q-|^ contient 
aussi le même nom divin : q-|S, orthographe défective de ^q^^ 

T T 

ou DiirP» ■ Yahwé est élevé >. — in^lDT = ^rmDÎ> * C'ob- 

T : T • î • 

jet de) mon chant est Yahwé y> est plus substantiel que le 
biblique ^-)j3ï où le nom du dieu national est apocope. La forme 

• • • 

pleine ^j^ comme second élément des noms propres hébreux 
me fait l'effet d'être plus ancienne que celle qui est réduite à 
fp, Cette dernière forme peut bien avoir été inaugurée après le 

T 

retour de la captivité. 

m 

SCARABOÏDE {ibîd., p. 12, o!" 8). 

M. Lidzbarski écrit : Ich weiss mit der Légende nichts an- 
zufangen. Die Zeichen sind von einer solchen Einfôrmigkei, 
dass man die Inschrift fur unecht halten môchte. D'après les 
fac-similés donnés dans le texte, je reconnais [rbT"n3T;^, 

€ appartenant à *Abd-Dag[on] ». C'est une copie faite sur une 
légende authentique. 

IV 

LA TABELLA DEYOTIONIS DE DUiMES 

La littérature des premiers travaux chez Lidzbarski (ibid., 
p. 26;. Je lis : 

i. Voir plus haut, p. 78-83. 



S64 REVUE SÉMITIQUE 

Kn ^D^ nD^o nSx nin rai i 

KD nS ï?k vk ho mi^ nioy n»Ki 3 

dHï nm 3K «1033 »iibp wchy 4 

»nS» fHy VK DiK Ss itk ok [n] 5 

nisyn iD^n [i;]03 t t)03n nn3 6 

Ce que je traduis: 

Dame des contrées, Allât, maîtresse de cette libation! 

Je fais fondre, moi, Meçalleh, Em-«Astort 

Et cAmarat et toutes les personnes à elle, car 

elle m'a opprimé au moyen de l'argent (voué au) père des 

esprits des ténè- 
bres, soit tout autre homme qui m'aurait opprimé 
par la maladie (?) résultant de cet argent, comme fond le plomb. 

L*auteur est un homme malade du nom de MeçallêU. Il croît 
qu'on lui a jeté un sort consistant en une somme d'argent vouée 
au chef des génies des ténèbres (du Séol). Ses soupçons tom- 
bent sqr deux femmes et sur la famille de Tune; il pense ce- 
pendant que le maléfice peut venir d'autres personnes. Pour 
contrecarrer ledit maléfice, il écrit cette formule sur une 
feuille de plomb, sous l'invocation de la déesse infernale Allai 
qu il prie de faire fondre comme le plomb, c'est-à- dire d'anéan- 
tir et d'exterminer, les auteurs de sa maladie, laquelle cessera 
ensuite d'elle-même. 

1 . j^^j^ j'y reconnais le pluriel pijn. « districts, contrées •. 

— pfcjjj Allât, déesse du èéol ; cette habitation des morts est 
plus vaste que celle des vivants et comprend des contrées in- 
nombrables. — robo» * reine, maîtresse ». — jjf pronom re- 
latif, rhébréo-assyrien ^, sa. — •nni = "nDJ» ^ libation ^. — 

j^-| = j^!^-j, pronom à la fois personnel et démonstratif. 

2. -[n«» à ponctuer rjnx = héb. riinx* ^^^^"^ ^^ '^nj. 
« fondre » . 

4- ybv P^^^ ybH' — L® H Q"* s^^^ '^ B ^^ semble appar- 
tenir au ;3 avec lequel il forme le nom ^jj (= ^^n)» « père. 



TABELLA DEVOTIONIS 265 

chef ». — nobv nm» ^ '^^ esprits ou génies des ténèbres » 
(Lidzb.); cf. ninb^ ibo (^^^' ^^"» ^*)- 

6. La lecture nnS ^^^ encore assez vraisemblable, nn» 
« maladie d ; cf. héb. fin (et. const. ^yn) et x^-îj, a malade ». 

T T - : T - 

—Si l'espace après a contenu une lettre ce ne peut être que le jjf 
relatif; q^ seul suffirait. — "[D^n» c'est-à-dire •!|Qî»n = héb. 

•?jP3D; cf. jn^ = héb. p^. — mayx = msyni l'adoucis- 
sement de l'article n en x est un fait de basse époque. 



LR POIDS EN HÉMATITE DE SYRIE 

La lecture est certaine (Lidzb., ibid., p. 13-14). La pierre 
porte la légende : c\V3 J^Dl» • "^ quart de Naçf ». Dans la 
Miàna nDV3 désigne le câprier et sa fleur. Le t^>f j emprunte 

peut-être son nom à une quantité détermint'^e de ce fruit ; d'au- 
tres produits comme les grains d'orge et les olives servaient 
au même usage. 

VI 

QUELQUES FORMULES PUNIQUES INSTRUCTIVES 

D'ordinaire les inscriptions votives rédigées en écriture 
néo-punique ne se distinguent que par leur orthographe irré- 
gulière. Celles que nous extrayons ci-après méritent une 
attention particulière à cause de certains renseignements qui 
ne sont pas à négliger. 

a) Costa 33 : 

113 vy naxiD pn 



L'épithëte pj{ après ^y^ est assez étrange. On ne peut 

guère y voir un nom de lieu. M. Lidzbarski se demande s'il 
ne faut pas entendre le fameux Adonis. Je suis tenté de croire 
plutôt que pji{ est une faute du graveur au lieu de ^^n qui se 



266 REVUE SÉMITIQUE 

présente dans Tinscription suivante, laquelle fait partie de la 
même série épigraphique. 

b) Costa 22 bis : 

xiynS xia-iSi 

■ 

• •••••• Il 

A mon sentiment le groupe -|*jj( ^y^ ^^^* ^^^^ P"^ P^"^ 
une combinaison d'état construit aussi bien que celle de ^y^ 
iDn» p3b VyS' IV bï^S ^'' '^^ autres formes analogues. Mais 
T1j< me semble être un surnom du ciel tiré de la formule no^f 
D"nx» ^^ '^s cieux puissants, magnifiques », connue par l'ins- 
cription d'Esmunazar. Par une raison similaire le surnom -p^x^ 
« (métal) fort », forme parallélisme avec ^fQ, « fer » (Isaïe, 
X, 34); le-Tij^ ^y^ serait donc identique au uiSfff bi^3 ^^ 
TûW bj^3 ^ue nous fournit l'épigraphie phénicienne et syrienne 

à l'époque gréco-romaine. 

Le point le plus important de notre formule dédicatoire est 
l'orthographe pleine pyn ^^ lieu du rùp habituel. A rencon- 
tre de la transcription Tanit consacrée par le Corpus inscrip- 
tianum semiticarum, j'ai montré en 1 883 que njn cachait le 
nom du figuier, ph. tip, héb. nJKn» ^^ Q^^ par conséquent 

la transcription doit-être Tint {Mélanges de critique et 
(Thistoire, etc., p. 427), et cette transcription est cons- 
tamment employée par moi depuis lors ; il m'est donc très 
agréable de voir ma déduction confirmée par un texte indigène 
car le i de pi^n '^^ saurait être autre chose que l'indication 
de la voyelle t attachée à la consonne précédente, j. 

c) Costa 6 : 

VH 113 py SyaS pvh 

113 OU vk ays o 
Le second nom de Magon, Qt^p, se trouve en hébreu au sin- 



QUELQUES FORMULES PUNIQUES INSTRUCTIVES 26? 

gulier comme nom iduméen, ^^p (Genèse, xxxvi, H) dont 
Tethnique •ïjjp (ibidem^ xv, 19; Nombres, xxxii,'12). 

La formule finale me paraît tout à fait correcte au point de 
vue du déchiffrement, malgré Tindistinction partielle des lettres 
{jfj{. Par contre, l'interprétation donnée jusquMci doit être mo- 
difiée. La phrase ne commence pas par Q13, mais par le verbe 
SDTUï ^t '®s quatre mots qui suivent en constituent le complé- 
meht indirect tandis que le verbe n^^ Q^î termine l'inscription 
a un sens général et redondant. Il ne faut donc pas traduire : 
Au jour de la grâce ... au jour où il Ta béni (Berger) = « Am 
Tage der Huld . . . am Tage dar er segnete » (Lidzbarski), 
mais littéralement : t Qu'il le bénisse en jours agréables qui 
sont dans les jours », c'est-à-dire : « Qu'il (le dieu) lui accorde 
les jours les plus heureux, d Pour la liaison de n-|2 avec la pré- 
position 2, comparez : ^3^ DH^QN nW "[12 Him (Genèse, 
XXIV, 1), « Yahwé bénit Abraham en tout » = c Yahwé ac- 
corda à Abraham (= combla A. de) toutes sortes de bienfaits. » 
Le relatif 3 jj^x marque le superlatif. En hébreu celte propo- 
sition serait D'^D'^aiz; (ou D^û^j^n) D^^mion n^D^ inDis ; 

le singulier q^ (= q^i) est mis i^ au lieu du pluriel qjj^ : 

€ Au Seigneur Ba*al-Hamon. Vœu fait par Bodmelqart, fils 
de Magon, parce qu'il a entendu sa voix. Qu'il le bénisse en 
jours agréables entre les jours ! Qu'il (le) bénisse ! > 

(?) Costa 105: 

ti3ï;»Dn viti ma vh 112 

Si la lecture '^tû^ip)^;^ est correcte, le ^ indiquerait la voca- 
lisation misfar, nom abstrait devenu nom commun ; cf. riD^DD» 
€ royaume >, puis « roi, prince » ; ce serait le chef des prévôts, 
OnOW* — L^ forme xrûD ^^ semble garantie par Téthiopien 
h1+, « vanité >. 



268 REVUE SÉMITIQUE 

VII 
INSCRIPTIONS NÉO-PUNIQUES DE MAKTAR 

Ces inscriptions sont au nombre de trois, une grande com- 
prenant 47 lignes et deux petites de 6 et de 4 lignes. Elles ont 
été publiées et interprétées pour la première fois par M. Phi- 
lippe Berger dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions 
et Belles-Lettres, tome XXXVI, 2* partie, Paris, 1899. M.Lidz- 
barski les a reprises d^ns Ephemeris, I, 1, p. 46-53, en y 
ajoutant un nouveau commentaire. Gomme la plupart des diffi- 
cultés sont loin d'être levées, il ne sera pas superflu de s*y 
attaquer de nouveau ; il y a toujours un certain intérêt à rétré- 
cir le domaine de Tinconnu. 

à) La grande inscription. Elle se divise en deux parties : 
Col. I et II traitent des objets consacrés; col. III-X donnent 
les noms de ceux qui ont fait cette consécration ; la col. III en 
sert d'introduction. J'omets les colonnes IV-X qui offrent seule- 
ment des noms propres appartenant dans la plus grande 
promiscuité aux trois idiomes dominant alors dans l'Afrique 
du nord, le punique, le numido-berbëre et le latin. Ainsi que 
M. Lidzbarski l'a bien observé, les noms latins ne sont portés 
que par les fils, tandis que les pères conservent encore leurs 
anciens noms nationaux. 

I 

noy hn nynv nino nvip nmù 2 

nonN yv^ Hoyh^ kS ji«n-rK moy 3 

iiD3 ODP xinK n^vh vrpn ahvh 4 

min Vya oo» ^tt nao^o ion ^So 5 

r\y2v ^nan» ^nanys oma:i hv 6 

II 

tap nhy khS • on Ton • • • 5id "700 7 
mnft< nyn - • • nonnNi rhn poya i-v 8 



INSCRIPTIONS NÉO-PUNIQUES DE MAKTAR 3169 

myan av • py St kd»S oriK pS^ kï^kt 9 

nn;i3D jn» \nMh^ pipi ynn «; 10 

nv2v pa -iSya aV "i«^k3 ^So il 

III 

nnaonn «onD^K 13 

Kxio kSpd aV Kip 14 

xnîyo • n rnoS 15 

Ligne 1. La consécration est faite par le clan indigène 
appelé ni?D* ^'^^ depuis longtemps interprété ce mot par 
n homme du clan indigène y>, en rapprochant l'hébreu niTK» 
<r aborigène y> {Mélanges d'épigraphie et de critique, 1 872) ; 
ridée d*une collectivité^ d'une association^ est confirmée par 
notre inscription qui cnumère plus loin les membres de cette 
association qui ont contribué aux fondations pieuses dont il est 
question dans notre texte. 

HTl'*? E^N détermine plus étroitement le mot précédent 
niTOnî *' ®s* d^"^ certain que le groupe ^ j/j^, qui répond à 
r hébreu ancien S^iJ^K et à l'hébreu moderne -^jjf = talm. 

^2f9 i^'cfit qu'une périphrase de l'état construit, ce qui entraîne 

la nécessité de regarder nn comme un nom de lieu. M. Cler- 
mont-Ganneau tient pour possible que lesportae mentionnées 
dans une inscription latine de Dugga soient identiques avec le 
jYH d^ notre inscription, dans lesquels il voit les curix afri- 
caines. Je suis tenté d'admettre cette ingénieuse identification 

en ponctuant n*-n> P'- ^^ 11 ^^ ^^ rnii cf. as. dûrUy « mur 

\ \ - \ 

d'enceinte ]> ; néo-héb. jtvI* a demeure », -|i^, € écurie, 
couvent ». 

La forme jjj^ pourrait strictement exprimer le pluriel et 
équivaloir à .^33 tout en se rapportant à niiD Q^' ^^^ ^^ ^^^ 

T 

collectif. C'est ainsi qu'il est employé aux lignes lî-1 3; cepen- 
dant à la ligne 3 l'emploi du singulier est assez probable. 



270 REVUE SÉMITIQUE 

Comment faut-il entendre nivn p^po'^ ^^ pense avec 
M. Lidzbarski que ces deux noms ne sont pas en relation d'état 
construit, mais une phrase telle que a qui a construit un sanc- 
tuaire, des cours » (welcher bauen lassen ein Heiiigthum, Hôfe) 
est par trop décousue. Je pense que nous avons ici pour la 
première fois T usage de donner un nom aux édifices du culte, 
usage constaté par moi depuis longtemps chez les peuples de 
r Arabie méridionale. Le nouveau sanctuaire construit par le 

mîD * ^^Ç" '® ^^^ ^® rnvn» ^ cour, enceinte j». 

Lignes. Le mot nanfiJ ^st difficile à comprendre. M. Lidz- 
barski, après avoir constaté Texactitude de la lecture, rappelle 
les abréviations ^ pour gfj^ et n pour pj^ dans les textes pu- 
niques plus jeunes et croit qu'ici q est égal à bi<« <{ ^ussi y>i 

dans QETîP rûllB ^' suppose d^2^ij5 nyn B» ^ ^"^^^ ^^ ^*" 

gasin pour les effets sacrés (auch ein Magasin fur die heiligen 
Gerâte) > . La chose ne me parait pas vraisemblable : ces sortes de 
magasins font ordinairement partie des constructions du temple 
et il n'est pas nécessaire de les mentionner à part. A mon senti- 
ment le n de nins f^^^ fonction d'une voyelle très brève 
correspondant au fîetvâ des Hébreux. Si Ton en fait abstraction, 
on obtient la forme ordinaire njB (^ ponctuer nja) qui cqui- 

vaut à la préposition hébraï(|ue ijg, ^2tb ®" ^JB bx» • ^^' 

. . . , . 

vant)). Dans l'inscription d'Esmunazar on lit : nVlîf Vstll 
Db^^ n3B Dioy** tt^N» * P^^^ chaque holocauste qui sera porté 
devant les dieux ;) (l. 13). Ce membre de phrase détermine 
l'emplacement du nouveau temple, qui a été élevé de sanctuai- 
res déjà existants. Pour le mot ptriD ^"^ ^^^"* après, M. Lidz- 
barski suppose dubitativement le sens de lieu des auspices 
(cine Auspicienstâtte ?), puis, il le met à la tête du groupe 
suivant. D'après ce que nous venons de constater ci-dessus, 
on serait porté à envisager pTIlD comme le nom propre et 
général des objets sacrés qui sont entendus par le pluriel 
a^np. Relativement au sens, on rapprocherait aisément le 
terme architectonique hébreu nîriD (î' ï^^is, vu, 5), qui sera- 

ble signifier c fenêtre ou lucarnes ». Peut-être convient-il 
mieux d'y voir le mot^triD» pl. de finD» • ^î^u» demeure •, 



INSCRIPTIONS NÉO-PUNIQUES DE MAKTAR 27i 

as. mahazu; néo-hébreu nîiriD» ^^ ^^ le rattacher définitive- 
ment au groupe suivant dont la relation est exprimée par la 
particule ^ joint au nom de la divinité nj^H- ^' Berger y a^ 
ingénieusement reconnu la déesse njn Q^'i' îi^ Tanit. Mais au 
lieu de transcrire nyn P^^^ ^^^ ^'^ supposant les abréviations 
consécutives Tant^ Ta^ il faut transcrire Titoii T^f en admet- 
tant l'occultation spontanée de la nasale quicscente, comme cela 
arrive pour ce mot même en syriaque. 

nD]7 Vn ^^^ naturellement une épithète de la déesse Tint^ 
Tit; '*5j^ ayant le sens abstrait de « divinité > peut s'appliquer 
aussi bien à lUie déesse qu'à un àiew. — A poy M. Lidzbarski 
assigne la valeur de « communauté, association » (Gemein- 
schaft) en le tenant pour un féminin de Qt; ; j'incline plutôt à 
le regarder comme une fausse orthographe au lieu de nDX = 
héb. nSNj * ^^^^ ^ (Nombres, xxv, 1 5) ; il va de soi qu'il 

s^agit ici tout particulièrement du clan même qui est appelé 
mTD ^^ début de l'inscription. 

Ligne 3. Nous tâtonnons dans l'obscurité au sujet des mots 
nXTIX niDy ^^^^^'^"^^"t reliés par l'état construit et dont le 
premier est au singulier et le second au pluriel. Toutefois, la 
traduction : a une ceinture d'édifices magnifiques » (eine Kronc 
von Prachbauten, Lidz.) me semble trop recherchée. Tout me 
donne à penser que ce groupe forme un attribut de la déesse sus- 
nommée. La vraie difficulté réside dans le second terme, nXIlN» 
lequel ne peut plus être égal à niTlï* comme c'est 1« cas dans 
l'hypothèse que nous repoussons. Après une longue méditation 
je m'arrête à la pensée que nous sommes en présence d'un traves- 
tissement orthographique du mot rmn? pluriel du nm de la 
première ligne et pourvu de l'article j^ détérioré en ^ dans la 
graphie néo-punique. Maintenant, si un dieu peut convenable- 
ment être appelé « couronne de ses adorateurs », non moins 
que « roi ou gloire de ses adorateurs t (cf. ^j<ni2r» "ibo ^^ 

bxntt^ rnKSn» etc.), cette figure n'est toutefois a sa place 
que dans le style poétique; elle détonne dans une modeste ins- 
cription votive. Force nous est donc de voir dans niDi^» "^" 
le substantif p-^i^y, a couronne ^, mais le participe actif fémi- 



S72 REVUE SÉMITIQUE 

ninmm = mtDy» * ^®"® fl^^ environne, protège » = 

: - 

• prolectrice » . On connaît l'expression ^iitûVn ÎIXT HJVS 

(Psaumes, y, 13), a tu environnes le juste de bienveillance 
cononoe de boucliers y>^ c'est-à-dire : a tu le protèges gracieu- 
sennent comme le bouclier protège le corps contre les coups de 
l'ennemi ». Tint était de même considérée comme la protec- 
trice de la corporation des jyy^. Cette interprétation dissipe 
l'obscurité du reste de cette ligne. 

Pour comprendre le sens réel du complément indirect j^^j 
noix 2W^ KDybl ^' ^^"* s'assurer tout d'abord des deux points 
syntaxiques suivants: le qualificatif 2}if^ se rapportant à deux 
sujets différents reliés par la copule, XÛ^bl xb» ^^^^ ^^^^ "" 
pluriel à l'état construit, par conséquence : ^gp, « habitants 

de la tçrre, du sol 2) ; 2' le suffixe de i(^ ne peut pas se rapporter 
h nj^n» n'importe que ce soit un dieu ou une déesse. A ces né- 
cessités grammaticales se joint une considération de fait, 
l'impossibilité d'imaginer que l'élévation du temple a été faite 
en même temps en l'honneur de la divinité et en l'honneur 
du peuple; c'est une incohérence logique qu'on ne doit impu- 
ter à l'auteur. En conséquence, la traduction « pour lui (elle) 
et pour son peuple qui demeure dans le pays j» (fur ihn (sie) 
und sein (ihr) Volk das sitzt im Lande, Lidz.) est totalement 
exclue. xS ^® P®"^ ^ référer qu'à niTD» c'est-à-dire à la 
corporation consacrante dont les membres appartiennent au 
clan noy (nox) ^^^ indigènes. Ces membres sont précisé- 
ment désignés par j<J3];, « sa gent, son peuple t. Pourcy 
au sens de a gens, peuplade », comparez ^^j jnj;, -^jj Qy, 
etc. Bien entendu, l'expression nDlX Dû*^ DJ> constitue la plus 
authentique explication de n"ltD ^^ "^^^ '^ sceau à mon inter- 
prétation . 

De ce (jui vient d'être établi, il suit immanquablement que 
NDybl vh signifie c pour lui et pour son peuple », c'est-à-dire, 
pour sa prospérité et pour la prospérité de ses nationaux abo- 
rigènes. 

Ligne i. On a quelque peine à se faire une idée juste du 
groupe 2fT^pn l^H* ^" jugeant par la seule apparence, on 



CfSCBlPTIOMS NÉO-PUNIQUES DE HAKTAR 273 

se demande comment le i peut indiquer la voyelle d de ^^pl 
La forme nominale itf-ipn (Das Heiligthum, Lidz.) est contre- 
dite par l'filat absolu ^^^ et les exemples gnpn V^sV (^- ^• 
30) et tr\OH T^Nb (^-o^^t 3^ ^^^ incapables de trancher la 
question. ETpnnbX ne peut signifier que «divinité sainte >; 
je crois qu'il faut penser simplement que les Phéniciens ne pro- 
nonçaient pas qàdâs comme les Hébreux, mais qëdos comme les 
Ethiopiens ^fÛi , qedâs ; c'est ce sewâ de la première lettre radi- 
cale que le scribe a machinalement exprimé par i comme il i'a 
indiqué par n dans nanS- " "^ fs"^ P^^ exiger des Numides 
mal sémitiaés une orthographe conséquente. Sous l'épithète 
« divinité sainte > les dédicateurs ont sans aucun doute 
entendu la déesse Tint, et le groupe ân^pn D^N^ ^0""^ '« 
complément indirect du verbe ^^ (1. 1 ) dont niyn lïlpO 
est le complément direct. Tout le contenu des lignes 3 et 3 est 
une longue incidente destinée à déterminer l'emplacement du 
sanctuaire et dans l'intérêt de qui il a été construit. L'allure de 
la proposition qui ne s'arrête qu'au troisième mot de la 6* ligne 
est du reste bien coulante et remarquablement agencée. 

Les trois mots suivants n'offrent en apparence aucun sens 
raisonnable. Ainsi que M. Lidzbarski le fait remarquer, l'in- 
terprétation de nnx DHS/b P*^ nriî* rvîf^' " POi^r '>n an ». 
ne cadre pas avec le contexte. Un autre ess&i d'explication n'est 
pas mentionné par le savant épigraphiste, ce qui fait présumer 
qu'il n'a pas encore été fait. Faisons donc le premier pas dans 
cette direction. Je tiens le mot nxtt''? P"""" verbe à. l'infinitif 
précédé du ^ marquant le but de l'action. On le devine aisé- 
ment, cet infinitif est l'hébreu nNtï^S) * P^"'' porter >, auquel 
il se superpose complètement. Le sujet du verbe est nécessai- 
rement la déesse unique de ce document, savoir nyn* 

Le dégagement d'un verbe implique ta présence nécessaire 
d'uo complément d'abord, ensuite, s'il y a lieu, d'un complé- 
ment indirect. Or, ce dernier complément existe distinctement 
dans le 3 du dernier mot de la ligne, '2^D2■ ^^^^ "î"^ s'*'*- '^ 
Buns exact du terme ^^q dont la troisième lettre est douteuse, 
il est at>solument certain qu'il s'y cache une idée de lieu : 
mm lUiiiaDB U 



REVUB SÉHITIQUR 

dans... >. Celte nécessité inéluctable me 

; le mot {int^ est un déguisement orthogra- 
classique n^j^, indice du complément direct 
ébreu, c'est le n qui exprime ici la voyelle 
on obtient la certitude que n^M n'était pas 
me l'affirmaient Schrôder et d'autres sémi- 
]rs une notion gagnée. D'autre part, le mot 
plus être pris pour □pgf = héb. aiDtt^i 
lis doit représenter la vocalisation DDtfi 
ectivement : < leurs noms > ; cf. Deutéro- 
sée, II, 1d, passim. On est maintenant en 
la phrase susdite : < pour placer leurs noms 
», ce qui se rattache on ne peut mieux au 
qui suit immédiatement k la ligne 5. Comme 
no "^ peut-être autre chose qu'une voyelle 
la racine jp ou 22D n'offre point de sens 
î contexte, il ne reste qu'à rétablir t\q, 
de réunion, société > (Genèse, ïlix, 6; 
L'emploi du ^ pour indiquer la voyelle au, 
3etl)ip{N.P. 7iet75). La combinaison de 
divin T^O'^D "lûn ■i'jd éclaire admirable- 
ie Job, XXIX. 4, tîjnx -"by mV» TtD3. 
;e de Dieu était sur ma tente (pour me pro- 
e le bu t des constructeurs se résumait dans le 
res que la déesse porte leurs noms auprès du 
I, entouré de son cortège céleste, afm qu'en 
, il les récompense largement de leurs bonnes 
!u près la même faveur que Yebawmelelc, 
lande à sa déesse protectrice Ba'alat-Gebal 
inscriptions assyriennes et babyloniennes 
iicux auprès de leurs congénères en faveur 
I particuliers est à l'ordre du jour et il me 
;iter des exemples. Autrement importante est 
ciale des noms des fidèles par une divinité 
divinité supérieure. Car la phr