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Full text of "Revue Zoologique par La Société Cuvierienne"

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REVUE 

ZOOLOGiaUE, 



PAR 



LA SOCIÉTÉ CUVIERIENNE, 



Année 18&6. 



PARIS. — IMPRIMERIE DE FAIN ET THÙI^OÎt , 
Rue Raciite , 28 , près ne l'Odéon. 



REVUE 



ZOOLOGIQUE, 

PAR 

LA SOCIÉTÉ CUVIERIENNE; 

ASSOCIATION UNIVERSELLE 

POUR 

L'AVANCEMENT DE LA ZOOLOGIE, DE L'ANATOMIE 
COMPARÉE ET DE LA PALEONTOLOGIE; 

Journal mensuel. 

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION 
DE M. F.-E. GUÉRIN-MÉNEVILLE. 



PARIS, 

AU BUREAU DE LA REVUE ZOOLOGIQUE , 

Rue des Beaux-Arts , 4. 

1816.. 



■kUMP^:^'^-^ 




iSJEUVlÉME ANNÉE. — JANVIER 1846 



I. TRAVAUX IIVEDITS. 

Notices et rectifications synonymiques, par M. Hartlaub. 

1. Pipra Laplacei, Eyd. et Gerv, Zool. de la Favor. 1836.— 
Ampelis fusca , Vieill. Nouv. Dict. VIII, p. 262. — lodopleura 
fusca, m. Mus. Lugdun. C'est par erreur que Lesson indique 
Ceylan comme étant la patrie de son /. pî'pra ( Euphone aurora , 
Sundev.); le genre est exclusivement américain. 

2. Cinclodes inorna lus , Less. Rev. zool. 1840. p. 267. — Upu- 
certhia nigrofumosa , d'Orb. F^afr. 1838. — Opetiorynchus lan- 
ceolatus , Gould , Zool. Beagle , birds , pi. 20. 

0. Erythrolanius rubricollis , Less. ib. 275. — Lamprotes ru- 
bricollis, Spix. — Tanagra bonariensis, auct. Spix , Av. Bras, 
lï, t. 56, fig. 1. 

4. Cinniricinclus melasoma, Less. ib. — Sylvia cambayensis, 
Lath. 

5. SynaUaxis Thelotii^ Less. Rev. 1840. — S. œgithaloides , 
Kittl. 1831. 

6. Ampelis Merremii , Less. Rev. 1839. — Phœnicircus nigri- 
collis, Swains. Classif. H, p. 254. — Ph. atrococcineus , Lafresn,. 
Rev. 1838. — Spix, Av. Bras. II, t. 5. 

7. Micropus leucopterus , Less. Rev. 1840. — Motacilla fuli- 
cata, L. — Thaumobia fulicata, Terd. Madr. Journ. 1839, p. 163. 

^.Garrulax Feliciœ , Less. Rev. m, 164. — Siva strigula, 
Hodgs. 1837. — Muscicapa variegata, Deless. 1839. 

9. Dendrochelidon velatus , Less. Écho du monde savant , 
1844, p. 1190. — Hirundo coronata, Tîckel , Journ. of the Asiat. 
soc. of Bengal, vol. II (1833). Cette espèce continentale, recon- 
nue comme nouvelle par M. Lesson , et le D. Klecho , de Java , 
ont été confondues par tous les ornithologistes de l'Inde , et tout 
récemment par Blyth , 1. c. xii , 942. L'excellente description de 
M. Lesson en établit la différence. 

10. ranellus ru fiv enter . Less. Echod. M. S., 1844, p. 207.— 
Erythrogonys cinctus, Gould, 1837. Birds of Austr. MI, pi. 17. 
L'oiseau décrit par M. Lesson n'est pas tout à fait adulte. Le vieux: 
oïâle a le dessus de la tête noir. 

Tome IX. Année 1846. i 



W 



2 REVUE zooLOGiQUE. {Jauvier i846.) 

1 1 . Gallirex Anais , Less. ib. — Corythaix porphyreolopha , 
Vig. Proceed. 1830.— C. Burchellii, Smith, South Afr. Quart. 
Journ.N. 5, p. 13 (1831).-- Id. Illustr. Afr. Zool. pi. 35.— Jard. 
Selb. Illustr. of Ornith. sec. ser. pi. A^. 

12. Platycercus cœlestis , Less. ib. p. III. — P. palliceps, Vig. 
Lear. Illustr. Parr. pi. 19. 

13. Pachyrhynchus simplex, Less. ib. p. 231. — P. albifrons, 
Swains. Menag. p. 289. — Lanius mitratus, Lichtenst. Doubl. 
p. 50. 

14. Passerina ornata , less. ib. — Fringilla pileata, Wied, 
Beitr. III. — Tachyphonus fringilloides , Swains. Monogr. — Ta- 
nagra cristatella , Spix. 

15. Pycnonotus humer aloides , Less. ib. 233 — Lalage orienta- 
lis (Gm.), Boje. — Saxicola orientalis, Vieill. Encycl. p. 487. 
Briss. Orn. descript. opt. — P. Miiller, Verhandel. Timor, p. 190. 

16. Pyrrhula leucomelas , Less. ib. 2341. — Spermophila luc- 
tuosa , Lafresn. Rev. 1843. p. 291 . 

17. Nettapus bicolor, Less. ib. 127. — N. albipennis, Gould , 
Birds of Austr. VI, 16. 

18. Malacorhynchus jodotis , Less. ib. — M. membranaceus , 
Lath!!— Anasfasciata, Shaw. Nat. Misceli. pi. 697. 

19. Conirostrum bicolor, Less. ib. 358. — C. sitticolor, fœm. 
Lafresn. Rev. 1840. 

20. Cinnicerthia cinnamomea ^ Less. ib. 358. — Limnornis 
unicolor, Lafresn. Rev. 1840, p. 1 05. 

21. JVeehongia alhiventer^ Less. Echo du m. s. 1845, p. 295. 
Donacola castaneothorax , Gould, Birds of Austr. VII , pi. 12. — 
Amadina castan. id. Syn. II , 1837. 

22. Saltator sordidus , Less. ib. — Tanagra jugularis , Licht. 
Doubl. — Saltator atricollis , Vieill. Enc. 

23. Estrelda erythroptera , Less. ib. — Pytelia phœnicoptera, 
Swains. West. Afr. I, p. 203, pi. 16. 

24. Conirostrum fuliginosum , Less. Echo ^ 1844.— Scytalo- 
pus fuscus , Gould, Proc. 1836. 

25. Euphone par dalotes., Less. ib. — E. œnea, Sundev. Kong. 
Vctensk. Acad. Handl. 1834, t. XI, fig. 4, p. 309. —Tanagra cha- 
lybaea , Mik. Del. Flor. et Faun. Brass. fasc. IV. 

26. Sericossypha somptuosa , Less. ib. — Lamproies albicris- 
tatus. Lafresn. Rev. 1843. 



TRAVAUX INI^DirS. 3 

27. Aglaja diva , Less. ib. p. 57. — A. Vassorii , LafV. Kev. 
1840, p. 4. 

28. Tachyphonus elegans , Less. ib. — T. Yictorini , Lafr. 
Kev. 1842. 

29. Dasyornis Abeillei^ Less. ib, 1 1G2. — Psophodescrepitans, 
Yig. Horsf. Linn. Tr. XV. 

30. PhyUanthus capucinus, Less. ib. 1 165. — Crateropus atri- 
pennis , Sw. West Afr. I , p. 278. 

'dl. Malaconotus affinis, Less, ib. 1164. — M. similis , Smitb .. 
Rep. of an Exped. p. 44.— Id. lllustr. of Afr. Zool. pi. 46. 

'è2. Fluvicola leucocephala , Less. ib. 277. — Acanthiza albi- 
frons , Vig. Horsf. Linii. Tr. XV.— Ephtbianuraalbifrons, Gould. 
— Cinura torquata , Brehin , Isis , 1844. 

33. Dromicus Lessonii , Less Ecke , 1844. — Oreophilus lo- 
tanirostris, Jard. Selb, lUustr. pi. 151. 

34. PHlinopus Emiliœ , Less. ib. 1845, p. 871. — Columba Du 
Petithouarsii , Neb. Rev. 1840, p. 289. — Ptilinopus leucocepha- 
lus, J. E. Gray, Birds in the Brit. Mus. III , p. 2. 

35. Turdampelis lanioides, Less. Echo du m. s, 1844, p. 156. 
Quant à ce genre nouveau j'ose affirmer qu'il est identique avec 
le genre Laniocera du même auteur, proposé dans là Revue 
zoologique , III, p. 354 , et que ces deux dénominations généri- 
-ques ne sont que des synonymes du genre Lipangus , Bqje 
(1828) ou Lathria , Swains (1831) : les espèces de ce genre sont 
\es suivantes ; 

1. L. plumbeus , Licht. Doubl. 53. — Ampelis cineracea , 
Vieill. — Lathria cinerea , Sw. 

2. L. simplex, hicht. 1. c 

3. L. fuscocinereus, Lafren. Rev. 1843, p. 29?, 

4. L. hypopyrrhus ^ \iei\\e Encycl. p. 762. — Muscicapa 
sibilatriœ, Wied, Beitr. III, p. 810, desc. opt. 

5. L. sanguinarius , Less. 1. c Espèce très-voisine de la 
précédente , peut-êîre le jeune. 

6. L. lanioides 1 Less. 1. c. 

J'ajoute la description d'un oiseau de notre collection , que je 
prends pour le L. hy popy r r hus ^yieiW , , mais qui en diffère d'une 
manière assez remarquable : L. hypopyrrhus , Vieill.? Supra ci- 
nereus, alis et caudainagis brunescentibus, rectricum scapis 
«upra nitide brunneis , sublus albis, apicibus dilute fulvis ; re- 



â| REVUE zooLoeiQUE. (Janvicr 1846.) 

migum tertiariarum apicibus tectricumque nonnuUarum macii- 
lis apicalibus fasciam alarem duplicem formantibus, Isete fulvis 
his nigro circumdatis; snbtus pallidius cinerascens, nonnihil 
olivascente lavatus , fasciculo plumarum pectoris latera ornan- 
tium alœque flexura lœte citrino-flavis ; subcaudalibiis plu- 
misque nonnullis epigastrii ventrisque medii ex aurantiaco- 
fulvis y macula nigra terminatis ; rostro fusco-nigricante, basi 
mandibulae pallidiore , pedibus brunnescentibus. Long. 8" 2'". 

Le prince de Neuwied nous dit qu'il a trouvé la couleur des 
plumes à côté de la poitrine, chez quelques individus, jaune ci- 
tron , chez d'autres d'un orangé brunâtre. 

^6. Caprimulgus pruinosus ^ Tschudi , Conspect. 1834, p. 8. 
— C. exilis, Less.' Rev, 1842, p. 175. — Echo du monde sav. 
1844, p. 925, descr. compl. 

37. Arremon frontalis ^ Tschudi, 1. c, p. 29. — Embernagra 
brunneinucha , Lafr. Rev. 1839, p. 97. 

dS. Dicœum Leclancheriiy Lafren. Rev. 1845, p. 94.— D. 
celebicum, Sal. Mûller, Verhand. Tim. p. 162. 

39. Hœmatornis chrysorhoides , Lafr. ib. p. 367. — Ixospseu- 
docaffer, Blyth , Ann. and Mag. XII, p. 100, XIV, p. 47. Strickl. 
ib. XIII, p. 37. — Muscicapa haemorhousa, Gmel. — Deux autres 
espèces très-voisines de la précédente habitent l'Inde 1 . H. Caf- 
fer^ auct. du nord de l'Inde et 2. H. pusillus , Blyth, .Tourn. 
Asiat. Soc. X, p. 481. Des environs de Calcutta. 

40. Trichophorus caniceps , Lafren. ib. — Ixos phœocephalus, 
m. Rev. zool. 1844, p. ^01. — Pycnonotus rufocaudatus , Eyton , 
Ann. andMag. XVI,p. 228. 

41. Picumnus cinnamomeus, Lafr. Rev. 1845, p. 7.— Pic. cin- 
namomeus, Lichtenst. Wagl Isis , 1829, p. 646. 

42. Picumnus pygmœus , Licht. Lafr. — Pic. ocellatus, Wagl. 
Isis, 1829, p. 646. descr. opt. 

43. Coracias natalensiSy Licht. Verzeich. sudafric Thiere, 
p. 16 (1842;.— C. caudata, L. éd. XII, I, p. 160.— Galgulus an- 
golensis, Briss. — Pucheran , Rev. 1845, p. 369. 

44. Ixos metallicus , Eyton, Ann. and Mag. XYI , 228. — 1. 
Atriceps,Temm. Pi. col. 147. -Blyth, Journ. Asiat. Soc. XI, 792. 

45. Brachypteryx nigro gularis , Eyton, 1. c — Timalia ery- 
thronotos, Blyth, 1. c. p. 783 (1842) .— T. nigricollis, Temm. 
pi. col. 594. » 



TRAlVAUX ir^ÉDITS. ^ 

4G. B. acutirostris , Eyton, Le — Timalia erythroptera , 
Blyth, 1. c. 794.— T. pyrrhophœa , m. Rev. 1844. p. 402. 

47. Malacopteron aureum, Eyton , 1. c. — Pycnonotus cyani- 
ventris, Blyth , 1. c. 792. à 

48. Philentoma castaneum, Eyton , 1. c, — Muscipeta plùmosa, 
Blyth, l.c. 791, fœm. 

49. Treron ienuirostre, Eyton, 1. c. — T. fulvicollis, Wagl. 
Syst. sp. 8. etc. 

50. Ficus rubiginosus , Eyton , 1. c. — Hemicircus rubigino- 
sus,.Swains. West. Afr. II, 150. Hartl. Rev. zool. 1844, p. 402. 



Note sur quelques portions du système veineux des Rœies [Raia 
bâtis. L. et jRaia clavata. L.) , par M. Ch. Robin. 

Tout le sang veineux des Raies et des Squales , avant de se 
jeter dans l'oreillette, traverse un conduit vasculaire connu 
sous le nom de sinus de la veine cave ou sinus de Cuvier, qui 
précède immédiatement l'oreillette. 

11 commence brusquement à la face ventrale du diaphragme. 
Dès son origine il a un centimètre de diamètre dans tous les 
sens , et se trouve appuyé en dehors contre l'articulation de l'os 
en ceinture avec le cartilage pharyngien. 

Il traverse aussitôt le diaphragme, se recourbe en bas, en 
avant et en dedans, et s'abouche dans la paroi supérieure de 
l'oreillette. L'orifice d'abouchement est commun aux deux sinus , 
et présente deux lèvres qui empêchent le reflux du sang par un 
mécanisme analogue à celui de la valvule iléo-cœcale. Les deux 
sinus forment en se réunissant un angle d'environ 45** ouvert en 
arrière. 

Ce sinus ne fait pas suite à la veine cave, mais reçoit le sang 
de tous les principaux troncs veineux du corps et le porte à l'o- 
reillette. 

Ces troncs sont au nombre de six ; ce sont : 1° la veine cave ; 
2" le sinus des veines sus-hépatiques; 3° la veine sous-périto- 
uéale; 4» la veine jugulaire antérieure; 5° la veine jugulaire 
postérieure; 6® le vaisseau latéral. 

Les orifices d'abouchement de ces trois derniers vaisseaux sont 
munis chacun d'une valvule mince, mais très-résistante, qui 



6 HFVUK ZOOLOGIQUE. (Janvier 1846.) 

permet Tentrée du sang dans le sinus de Ciivier^ mais Pempè* 
che de refluer dans les vaisseaux. 

Les trois premiers vaisseaux ne présentent pas de valvule à- 
leur orifice d'abouchement. 

Je donnerai ici quelq(ues détails relatifs à la veine eave et à 
son réservoir abdominal , et au sinus des veines sus-hépatiques ; 
les autres vaisseaux ont déjà été décrits dans le journal Vlnsti- 
ÏMf. (1845). 

La veine caudale des Raies se bifurque au moment où elle 
pénètre dans la cavité abdominale. Chaque branche de bifurca- 
tion remonte le long de la face postérieure du rein correspon- 
dant, et s'y distribue à la manière des artères par de nombreux 
rameaux. 

Les veines qui naissent des lobules des reins se réunissent en 
de petits troncs. Deux de ces troncs , nés des lobules les plus in- 
férieurs , remontent le long du bord interne de l'organe et se 
jettent dans l'arcade à convexité postérieure que forment les 
veines caves entre les'deux reins , immédiatement au devant de 
la colonne vertébrale. Chacune des deux veines caves qui font 
suite à cette arcade remonte le long du bord interne du rein 
près de sa face antérieure ; elles vont ainsi gagner le sinus de 
Cuvier. Dans ce trajet, elles sont accolées contre la colonne ver- 
tébrale , et en rapport en dehors avec les nombreux replis du 
canal déférent chez les mâles, avec l'oviducte chez les femelles. 
Dans leur trajet le long du bord interne des reins , elles re- 
çoivent, à l'angle droit, de nombreuses veines reinales peu vo- 
lumineuses. Ces veines occupent la face antérieure du rein, et 
passent derrière le canal déférent ou l'oviducte pour arriver à 
la veine cave. Nous avons vu au contraire que les branches de la 
veine caudale se distribuaient à la face postérieure du rein. 
Quelques-unes des branches de la veine caudale communiquent 
avec la veine cave, de sorte que l'injection poussée par la veine 
caudale pénètre dans la veine cave , et de là dans son réservoir 
abdominal. La veine caudale ne reçoit que le sang des muscles 
de la queue ; car les veines cutanées et celles des nageoires vont 
dans le vaisseau latéral ; celles des membres inférieurs et des 
appendices génitaux mâles vont en partie dans la veine sous- 
péritonéale , en partie dans le vaisseau latéral , par deux gros 
troncs veineux correspondant à chacune des deux veines précé- 



TRAVAUX INKDITS. 7 

dentés, et formées par la réunion de branches dont la disposition 
est très-compliquée. Elles feront le sujet d'une prochaine com- 
munication. 

Les veines que nous avons appelées veines caves avec Monro, 
ont dans tout leur trajet , le long de la colonne vertébrale , des 
parois distinctes , même au niveau du réservoir vineux ; seule- 
ment, dans ce point elles sont plus dilatées que dans le reste de 
leur trajet et ont une forme triangulaire , ainsi que Monro l'a 
déjà figuré. Là seulement se voient plusieurs trous qui les font 
communiquer avec ce réservoir. Mais un peu plus loin , au mo- 
ment où chacun de ces deux lobes du réservoir s'écarte un peu 
en dehors pour gagner le sinus des veines sus-hépatiques , les 
veines caves reprennent des parois plus épaisses qui ne sont plus 
perforées d'espace on espace. Près de leur abouchement dans le 
sinus de Cuvier, elles sont appliquées contre la partie supérieure 
et interne du sinus sus-hépatique correspondant, mais sans com- 
muniquer avec lui ; car il a aussi ses parois propres très-dis- 
tinctes. 

Le réservoir veineux de l'abdomen des Jtaies représente une 
vaste ampoule , communiquant avec des deux veines caves au 
moyen de trois ou quatre orifices de chaque c6té. Ce réservoir 
présente deux lobes dont chacun correspond à une des veines 
caves. Celui du côté droit est toujours plus volumineux et sa face 
antérieure est plus régulièrement arrondie que celui du côté 
gauche. Une cloison incomplète sépare ces deux lobes l'un de 
l'autre au devant de la colonne vertébrale , mais les large» 
trous dont elle est pourvue permettent une facile communication 
entre les deux parties du réservoir. Une artère assez volumi- 
neuse traverse le réservoir en suivant cette cloison et va se dis- 
tribuer à l'extrémité inférieure du testicule et à l'appendice cœ- 
cal. L'extrémité postérieure de chacun des lobes du réservoir 
forme un cul-de-sac plus ou moins régulièrement arrondi ; celle 
du lobe droit descend jusque sur les côtés de l'appendice cœcal; 
celle du lobe gauche ne descend pas tout à fait jusqu'au niveau 
de cet appendice. Chacun des lobes du réservoir se prolonge au- 
dessus de la partie correspondante du foie, en diminuant de vo- 
lume et en s'arrondissant. Chacun d'eux se termine un peu en 
arrière du sinus de Cuvier (à 3 centimètres environ), au niveau 
même de l'artère principale de l'aile. A ce niveau, cette extré- 



8 RKVUE zooLOGiQDE. [Janvier 1846.) 

mité terminale de chaque lobe du réservoii' se jette dans le si- 
nus des veines sus-hépatiques par un large orifice. Cette commu- 
nication a lieu à l'extrémité postérieure et supérieure du sinus 
sus-hépatique; je l'ai vue manquer chez la Raie blanche {Raia 
bâtis) la Roussette et VEmissole. 

D'après ce qui précède , nous voyons que le réservoir veineux 
ne se jette pas directement dans le sinus de Cuvier, mais com- 
munique seulement avec la veine cave par les perforations des 
parois de cette veine (1). 

Les ovaires ou les testicules font, sur le^ côtés du réservoir 
veineux , partie de ces parois ; de sorte que la partie interne ou 
base de ces organes est baignée par le sang du réservoir. 

Les veines sus-hépatiques se jettent dans une énorme dilata- 
tion ou sinus us-hépalique , situé entre la base du foie et le 
diaphragme. Ce sinus sus-hépatique présente deux lobes situés 
de chaque côté de l'œsophage et communiquant entre eux au 
devant de cet organe par une portion plus rétrécie. C'est entre 
cette portion rétrécie du sinus sus-hépatique et l'œsophage , 
que passe le conduit qui fait communiquer la cavité du péricarde 
et celle du péritoine. Ce conduit est adhérent à la face antérieure 
de l'œsophage et se bifurque avant de s'ouvrir dans l'abdomen. 
Ses parois sont très-minces' et s'affaissent dès qu'un liquide tend 
à passer du péritoine dans le péricarde. Chacun des lobes laté- 
raux du sinus sus-hépatique se jette dans le sinus de Cuvier 
par un orifice qui a à peine deux millimètres de diamètre. Il est 
situé immédiatement au-dessous de l'orifice de la veine cave. 
Aucun de ces deux orifices ne présente de valvules. Chacun des 
o'bes du sinus sus-hépatique reçoit en dehors un énorme tronc 
veineux venant du lobe correspondant du foie. Le lobe droit 
reçoit en outre, en bas et en dedans, une veine moins volumi- 
neuse qui vient du lobe moyen du foie. 



Description de plusieurs Animaux mollusques bivalves , soit 
nouveaux, soit incomplètement connus; pa M. C.-A. Récluz, 
pharmacien à Vaugirard (Seine). 
Tous les conchyliologues savent qu'on ne peut arriver à une 

(1) J'ai déjà parlé (Journal de l'Instilut . 184S ) de la disposition celluleuse et aréolalrt 
du réservoir veineux . dans la partie supérieure. 



• TRAVAUX INÉDITS. 9 

connaissance exacte et complète des mollusques et à une bonne 
classification de ces animaux , sans l'étude des caractères de ces 
derniers. Désirant concourir à ce double but, nous avons jugé 
convenable de publier la description de plusieurs d'entre eux. La 
connaissance des uns nous a paru incomplète et quelquefois fau- 
tive, comme on pourra en juger par ce que nous rapportons; 
celle des autres nous semble tout à fait nouvelle , du moins , 
nous n'avons pu recueillir , dans les auteurs , aucuns renseigne- 
ments propres à nous éclairer sur leurs caractères. 

N» 1. DONAX VARIEGATA (Nobis). 

Tellina varie gâta et Tellina vinacea, Gmelin, (1788) p. 3237 
et 3238. Tellina polita, Poli, Test., vol. 2 (1792), t. 21, f. 14, 
15. Donax complanata, Montagu , Test. ônï. (1803), t. 5, 
f. 4, etc. 

Animal allongé, comprimé, revêtu d'un manteau très-mince, 
transparent, délicat, ouvert dans les 5/6 de son contour infé- 
rieur et bordé d'un muscle marginal , d'un millimètre et demi 
de hauteur , épaissi , garni tout le long de cirrhes tentacuiaires, 
depuis le sommet antérieur de ses lobes jusque vers le milieu 
du côté postérieur où ils s'effacent promplement. Ces cirrhes 
s'allongent graduellement à mesure qu'ils se rapprochent de la 
cloison et diminuent de plus en plus au-delà de celle-ci. 

Cloison du manteau située à 1/6 du côté postérieur et formée 
par un faisceau de fibres musculaires, longitudinales, s'épanouis- 
sant en une sorte de palette oblongue horizontale, arrondie en 
avant, montrant par transparences les fibres très-fines et rayon- 
nantes qui décorent le muscle ré tracteur des autres mollus- 
ques, lorsque le muscle est mince. 

A cette cloison sont soudés deux tubes ou siphons très-courts, 
lisses , un peu charnus , opaques , libres et tronqués ; l'inférieur 
ou branchial , un peu plus gros , largement perforé, légèrement 
marqué de quelques angles sur sa moitié postérieure et muni 
à son orifice externe de huit crénelures arrondies , paraissant 
comme fendues chacune dans le centre ; le supérieur ou anal, 
aussi largement perforé, entouré d'un rebord calleux, sur le 
côté antérieur de la cloison , est pourvu à son orifice externe 
de 5 à 6 crénelures obsolètes. Ces tubes se logent dans 



10 REVUE zooLOGiQDE. {Janvier 1846.) 

leur contraction , entre les deux lobes postérieurs et libres du 
manteau. 

Bouche très-petite , punctiforme , bordée de quatre Palpes 
labiales triangulaires et allongées, plissées transversalement 
à leur étendue et crénelées sur leur marge antérieure , amin- 
cies et unies en arrière . 

Branchies très-inégales , disposées par paires sur les côtés du 
corps,soudées par leur extrémité postérieure, allongées, finement 
plissées en long et à bords simples : ^inférieure très-grande, la 
supérieure plus étroite et se rétrécissant graduellement en avan- 
çant sur le côté postérieur. 

jPied très-grand , comprimé, oblong-lancéolé , à bords tran- 
chants. Dans sa contraction il est atténué et pointu en avant , 
tronqué en arrière , convexe sur son centre inférieur et creusé 
sur sa marge antéro-supérieure. 

L'animal de cette Donace était uniformément d'un jaune très- 
pâle; aucune trace de rose violâtre ou livide ne se montrait sur 
le manteau ni ailleurs. Il n'est donc pas facile , au moyen des 
animaux conservés dans la liqueur alcoolique, de se rendre 
compte de la cause qui produit les couleurs qui décorent les 
valves. Le rayon jaune de celles-ci bordé de rose vineux , se 
trouvant immédiatement sous la cloison des siphons , il est pro- 
bable que sa couleur est due à cette portion du manteau. Mais 
on comprendra que nous ne pouvons émettre ici que des con- 
jectures. 

IN** 2. Pandora rostrata (Lamarck). 

Poli, Test. utr. Sicil. , p. 40, pi. 15, f. 7, a décrit et figuré l'a- 
nimal de la Pandora flexuosa^ Sowerby, qu'il nomme Hypogea 
gibba y msiis en lui donnant pour synonyme, avec raison, le nom 
de Tellina inœquivalvis , Linné. Sa description a été prise pour 
caractériser le genre Pandore par M. de Blainville. M. Rang a 
cru devoir ajouter à la caractéristique du savant zoologiste et 
nous ferons remarquer avec regret que les additions de ce dernier 
auteur ne sont pas exactes. 

En effet, M. Rang caractérise le genre Pandore ainsi qu'il 
suit : 

« Pandore. Animal ovale , comprimé, assez allongé, ayant le 
manteau en forme de fourreau , se terminant en arrière par deux 
tubes réunis à leur base seulement et assez courts , ouvert en 



TRAVADX liNEDlTS. 1 I 

avant pour le passage du pied , qui est grand , triangulaire , 
épais et renflé à son extrémité; branchies grandes, libres en 
arrière où les deux paires sont réunies, et se terminent en pointe 
dans le siphon; appendices labiaux assez grands, triangulaires 
et non striés (Rang, Manuel de Vhist. des Mollusques , etc. , 
p. 3*23). » 

Nous avons étudié plusieurs individus de la Pandora rostrata 
et nous les avons toujours vus plus étroits et presque aussi allon- 
gés que leur coquille; leur pied n'était pas triangulaire, épais 
ni renflé en avant , mais 3/4 rond , très-mince en arrière , en 
dessous et en avant , où il était plus dilaté en hauteur et sub- 
tronqué. Tous n'avaient qu'une seule branchie sur les côtés du 
corps et non une paire; enfin les quatres palpes labiales étaient 
finement striées. 

M. Philippi , En. moll. Sicil. , a rapporté la description 
de Poli , en la circonscrivant aux principaux organes extérieurs; 
mais il y à introduit , entre parenthèses , quelques observations 
dont une ne nous paraît pas fondée. C'est ainsi que, après 
Branchiœ , M. Philippi ajoute : {Inœquales , superior interiore 
duplo major, angustœ, falcatœ). On ne trouve, dans la descrip- 
tion de Poli, aucune indication de doubles Branchies, et nos ob- 
servations sont conformes à celles de ce célèbre zoologiste. Nous 
avons recherché à plusieurs reprises la branchie intérieure plus 
petite , mais en vain î Existerait-elle sur l'animal de la Pandora 
flexuosa , et alors aurait-elle échappé à la sagacité et aux savan- 
tes recherches du zoologiste napolitain? 

Voici la description que nous avons faite de l'animal de la 
Pandora rostrata, Lamk, recueillie dans la Manche et qui 
nous a été envoyée, pourvue de sa coquille, dans un flacon 
d'alcool , par M. Regnault, avocat àSaint-Servan. 

Animal très-délicat, allongé, étroit, enveloppé dans un man- 
teau très-mince , en forme de fourreau , ouvert seulement à sa 
partie antéro-inférieure pour le passage du pied. Cette ouverture 
a les bords des lobes teints de fauve pâle et ornés, en dedans, 
d'un cordon filiforme , placé à un millimètre environ au-dessus 
de la marge , laquelle est mince et entière. En arrière , 
le manteau se termine par deux tubes ou siphons très-courts , 
presque égaux , unis dans tout leur trajet , excepté à leur extré- 
mité qui est faiblement échancrce , d'un fauve très-pâle sur les 



i2 KEVUE zooLOGiQUE. [Janvier 1846.) 

adultes, d'un blanc-lacté sur les jeunes. Les orifices de ces tubes 
sont très-ouverts , entourés de papilles très-courtes , radiées , 
très-rapprochées et brunes • celles-ci souvent difficiles à voir. 

Une seule grande branchie, sur chaque côté du corps, très- 
allongée, falciforme (étant légèrement cintrée sur ?a marge 
supérieure) sillonnée profondément et transversalement à son 
étendue par des cannelures régulièrement distancées et leurs es- 
paces striés également dans le même sens. Les deux branchies 
soudées dans toute 1 étendue de leur marge supérieure et à leur 
extrémité postérieure qui est obtusément arrondie et prolongée 
dans le tube branchial , ont leur marge inférieure libre et très- 
finement crénelée. Sur plusieurs individus la soudure posté- 
rieure des deux branchies s'étend de deux millimètres sur la 
marge inférieure ; sur d'autres elle s'arrête à leur extrémité. 

Bouche très-petite, entourée de quatre palpes labiales trian- 
gulaires, très-aiguës à la base inférieure , dirigées obliquement 
en arrière, comme sur la figure 7 de l'ouvrage de Poli, substriées 
en travers, mais à bords entiers. Du moins , nous n'avons pu , 
par un fort grossissement, apercevoir de traces de crénelures 
sur l'un ni l'autre bords. 

Fied court, arrondi, très-mince, tranchant sur les côtés, 
dilaté en hauteur en ^ant où il paraît subtronqué , au moins 
.sur tous nos cinq individus , et faisant peu de saillie antérieure- 
ment. La démarcation de la partie inférieure de la supérieure- 
est indiquée par un léger sillon médian et transversal. 

(La suite au prochain numéro.) 



Espèces nouvelles de Membracides, par M. Léon Fairmaire. 
1^^ Décade. 

1. Lycoderes petasus. Fuscus, lœviter punctatus : prothorax 
triangularis, apice truncatus, posticespina armatus gracili. Ely- 
tra fusca, plaga média magna hyalina. — Bras. — Long. 0,006. 

2. Lycoderes Spinolœ. Fusco ferrugineus ; prothorax punc- 
tatus , reticulatus, supra caput rotundatus, utrinque in lobum 
trigonum expansus ; postice compressus ad scutellum emargi- 
natus. Elytra fusco-brunnea, macula lata triangulari hyalina, — 
Bras. — Long. 0,009. 

3.-Z. Burmeisteri . Nigro piceus : prothorax protensus, fur- 



ANALYSES d'oDVRAGES NOUVEAUX. 13 

catus, sed cornua conjuncta, basi vix separata : postice elongatus, 
gracilis, haud inflexus. Elytra brunnea, plaga triangulari hya- 
lina. — Bras. — Long. 0,006. 

4. L. unicolor. Praecedenti simillimus , fuscus : prothorax 
minus antice protensus , cornua breviora : pars posterior minus 
gracili sub angulo fere recto elongata. Elytra tota brunnea. — 
Bras. ~ Long. 0,008. 

5. Lycoderes gaffa. Flavo ferrugineus : prothorax elcvatus, 
cacumine bilobus, lobis erectis, vix divaricatis ; postice falcatus, 
compressus : elytra hyalina, basi apiceque late flavo-ferruginea. 
— Minas. — Long. 0,006. 

6. Hypsauchenia Guerinii, Fusca, punctata, farinosa, cor- 
nubus duobus armata ; cornu anticum ferè cylindricum,dentem 
internum ferens; secundum longius, clavatnm : — Mines. — 
Long. 0,008. 

7. Hypsauchenia clavaria. Rubiginosa ; prothorax bicor- 
nutus, cornu antico apice bidentato, cornu medio cruciformi, 
basi tuberculato, antico minore. — Bras. — Long. 0,008. 

8. ffyps. spatulaia. Fusca, cornu antico recurvo, intùs den- 
tato, cacumine spatulato : ad apicem prothoracis posticum fun - 
giformis, compressus appendix. — Mines. — Long. 0,006. 

9. Hyps. mirabilis. Brunnea , dense punctata : prothorax bi- 
cornutus, cornu antico recurvo, corpore multo longiore, inœ- 
qualiter compresso; cornu postico laminato, triangulari. — Bras, 
interiore. — Long. corp. 0,010. Long. corn. ant. 0,018. 

1 0. Scaphula semialra. Prothorax rotundatus , apice acutus, 
niger, nitidus ; caput nigrum : elytra nigra, nitida, apice hya- 
lina : pedibus anticis flavis, posticis nigris. — Coromandel. — 
Long. 0,006. 

2« Décade. 

1. Hoplophora gigantea. Nigra, nigro-pilosa ; carina média, 
margines latérales, utrinque duae linese rubrosanguineœ : infra 
humeros macula sanguinea. Elytra nigra, sanguineo nervata. — 
Bogota. — Long. 0,019. 

2. /[. vicina. Cinereo flavescens , punctata , non callosa : pro- 
thorax flavopilosus, punctatus, aliquot punctis nigris majoribus 
impressus : carina dorsalis et latera rosea. — Bogota. — Long. 
0,014. 

3. ff. cribrum. Flavopilosa : prothorax flavescens, densiter 



\% REVCE zooLOGiQDE. {J auvicr 1846.) 

et acqualiter puiictatus , lubro nigroque varius ; carina média 
nigra, apice postice rubro. — Colomb. — Long. 0,008. 

4. H. variegata. Prothorax flavescens, antice obscurior aut 
rubescens : dorsiini transversim fortiter nigro callosum ; carina 
média nitida, brunnea. Elytra parum hyalina, fusco-maculata. 

— Colomb. — Long. 0,0 11 . 

5. H. corrosa. Tota flava , imniaculata ; prothorax valde ca- 
rinatus, apice acutus, punctatus, venis elevatis rugosus, inter- 
ruptis, laevigatis. Elytra flavescentia. — Bogota. — Long. 0,008. 

6. H. cinerea. Prœcedenti affînis : tota cinerea : carina média 
parum elevata^ utrinque tricarinata : prothorax utrinque cornu 
piano, apice truncato, armatus. Elytra cinerea, apice dilutiora. 

— Mexico. — Long 0,010. 

7. H. punctum. Parva, pallide flava, punctata, carinata, ru- 
gosula , elytris ferè hyalinis , puncto nigro minuto ornatis. — 
Colombie. — Long. 0,006. 

8. H. <M6erct*/aia. Flavescens, glabrata, prothorace medio tu- 
berculato : linea média fusca ; utrinque duse lineae rubrae, ab- 
breviatae. — Californie. — Long. 

9. H. ornata. Prœcedenti simillima : prothorax virescens, 
cornu compresso, erecto, rotundato, apice rubro, armatus, hu- 
meris rubris. — Mexico. — Long. 0,010. 

dO. H. granadensis. Flavo-cinerea, fortiter punctata, pro- 
thorax obscuro maculatus, antice cornu compresso, falcato , ro- 
tundato armatus. — Colombie. — Long. 0,008. 



Note sur les migrations des Larves de la Sciarœ ThomŒy 
espèce de Diptère tipulaire, par M. Guérin Méneville. 

Un des faits les plus merveilleux de l'histoire naturelle des 
Insectes, c'est, sans contredit, l'histoire des migrations des larves 
d'un Diptère, commun dans toute l'Europe, la Tipula Thomœ de 
Fabricius, formant le type du genre Sciara de Maigen. Ces pe- 
tites larves apodes, à peine longues de cinq lignes, n'ayant pas 
plus d'un tiers de ligne de diamètre , sont d'un blanc vitreux 
et translucide, composées de 13 anneaux et d'une tête petite et 
noire. Elles ont été récemment étudiées par M. Berthold, qui a 
lu à leur sujet un mémoire très-intéressant, dans la séance du 
9 septembre 1845 de la Société des Sciences de Gœttingue. 



TR4VADX INÉDITS. 15 

Dans certaines années et pendant le mois de juillet, on ren- 
contre danslaNorwégeet le Hanovre, près des forêts, d'immenses 
traînées composées d'une innombrable quantité de ces petits 
vers agglomérés par une matière gluante qui leur sert de moyen 
d'union. Ces associations de larves se présentent comme un 
étrange animal ayant la forme d'un serpent, comme une corde 
animée longue de plusieurs pieds et épaisse d'un à deux pouces, 
consistant en un nombre considérable de petits animaux qui 
grimpent par milliers les uns sur les autres, qui se meuvent en- 
semble pour que toute la société marche continuellement en 
avant, en laissant sur les terrains mous une longue traînée, in- 
dice de son passage. On a trouvé ces vers tantôt en petites so- 
ciétés, tantôt en immenses rubans qui ont souvent jusqu'à 40 
pieds de longueur, la largeur de la main et l'épaisseur du pouce. 
Ces rubans ou colonnes ont quelquefois même, suivant Kiihn 
de Eisenach , à qui on l'a affirmé, jusqu'à 100 pieds de lon- 
gueur. Ces immenses agglomérations de larves, ressemblant 
à de gigantesques serpents, ou plutôt à de monstrueuses lima- 
ces, s'avancent avec la lenteur d'un escargot et dans une di- 
rection indéterminée. Elles se raccourcissent quelquefois, parce 
que beaucoup des vers qui les composent rentrent en terre ; si 
une de ces colonnes rencontre un obstacle, une pierre, par exem- 
ple, elle le franchit, le tourne, ou bien se divise sur sa longueur 
en deux bandes qui se réunissent bientôt, après avoir dépassé 
cet obstacle. Si on enlève une portion prise au milieu de la co- 
lonne, elle se trouve partagée en deux, mais elle se reforme 
promptement, parce que la partie postérieure rejoint bientôt celle 
qui précède. Enfin si on met la partie postérieure de ce ruban 
animé en contact avec l'antérieure, il forme un anneau qui roule 
sur lui-même pendant longtemps, quelquefois un jour entier 
avant qu'il se soit rompu et qu'il puisse continuer d'avancer. On 
ne rencontre jamais ces vers en troupes par le mauvais temps ; 
quand on touche ces paquets, ces cordons animés, on éprouve 
un sentiment de froid répulsif. 

Ce phénomène si curieux, si étonnant, de la réunion d'une 
quantité prodigieuse de petites larves apodes voyageant, avan- 
çant par un mouvement commun qui résulte du mouvement pro- 
pre de millions de petits vers, avait frappé depuis longtemps les 
observateurs du nord de l'Europe. En 1603, Gaspard Schwenck- 



H) REVDK zooLOGiouK, {Jauvier 1846.) 

feU {Theriotropheûm Silesiœ, p. 511, Leigniz 1603) le signalait 
en donnant à ces larves le nom (ï Ascarides militares, ou Heer- 
wurm. Il raconte même que les habitants de la Silésie considé- 
raient ce phénomène comme le précurseur d'une mauvaise ré- 
colte, si ces cordons de vers remontaient les montagnes, tandis 
que s'ils descendaient dans la vallée c'était un signe très-favo- 
rable. En 1715, Jonas Ramus (Norrigs Beschrivelse, p. 240, Cq- 
penh. 1 715) en parle encore et dit qu'en Norwège on jetait des 
vêtements et des ceintures sur le chemin de VOrme-Drag, et 
qu'on s'attendait à un bonheur certain, quand il franchissait cet 
obstacle, ou à quelque chose de sinistre quand il le tournait. En 
1754 Pontoppjdanus fHist. de la Norwège, Lond. 1754. t.I,p. 41); 
en 1774, 1781 et 1782 Kûhn de Eisenach (Naturforscher, vol. l, 
15 et 18) Oken, dans son Histoire Naturelle génévfi,le vol. 5, 
2« part. p. 740 Thon, dans son article Heerwurm de l'Encyclo- 
pédie de Ersch et Gruber, ont donné de nouveaux détails sur ces 
singulières associations de larves, et les derniers avaient montré 
qu'elles donnaient naissance à une mouche que Thon présumait 
avec raison appartenir au genre Sciara. 

Tout récemment ces mêmes animaux ont été observés par 
M. C. E. Rande, inspecteur royal des forêts de Hanovre à Bir- 
kenmoor, prés Hefeld ; il ena envoyé, le 21 juillet 1845, un bon 
nombre à M. Berthold à Gœttingue, qui a pu suivre leurs méta- 
morphoses et constater que ce sont bien les larves de la Sciara 
Thomœ, de Maigen(Dipt. d'Eur.) ou Tipula Thomœ de Fabri- 
cius. 

Ces larves, quand elles forment des agglomérations pour voya- 
ger, sont encore connues actuellement dans le pays sous le nom 
de Heerwurm qu'elles portaient il y a près de deux siècles et 
demi. Quoique la Tipulaire qui en provient soit commune dans 
toute l'Europe, M. Berthold pense qu'il est possible que sa larve 
ne se réunisse en société, ou plutôt que ces sociétés ne prennent 
un développement considérable, et ne se mettent en marche, 
que dans certaines années et par des causes particulières qui 
nous sont aussi inconnues que celles des émigrations des Lem- 
mings dans le Nord, des Écureuils et desOurs dans l'Amérique du 
nord, ou de certains insectes, Criquets, Libellules, Harpales, etc. 
Ces circonstances ne se présentant pas régulièrement, et ces émi- 
grations de peu de durée ou peu étendues, n'ayant lieu que dans 



TRAVAUX INÉDITS. 17 

des localités peut-être éloignées des villes, elles n'ont pu être 
observées que très-rarement par des hommes instruits ou par 
des naturalistes, ce qui explique pourquoi les mœurs si singu- 
lières de ces larves n'ont pas encore été étudiées suffisamment. 
Une chose que je ne chercherai pas à expliquer, est l'absence 
complète de la citation de ces observations si curieuses, dans les 
traités publiés jusqu'à présent sur les Diptères d'Europe. 

Je pense que M. Berthold aurait peut-être trouvé la raison des 
migrations de ces larves de Sciara, s'il avait pu examiner par lui- 
même les localités où elles ont été observées. Cet examen lui 
aurait peut-être démontré que ces larves, en grand nombre dans 
certains cantons, après avoir absorbé toutes les substances nu- 
tritives contenues dans le terrain, après l'avoir épuisé, étaient 
obligées d'en sortir pour aller chercher plus loin des endroits 
favorables à leur existence, ou peut-être seulement à leurs mé- 
tamorphoses. 

Quant à leurs réunions en rubans ou colonnes, composés de 
myriades d'individus, je crois qu'on peut les expliquer par le 
besoin que ces larves éprouvent de se protéger mutuellement 
contre la dessiccation, quand elles sont obligées de sortir de terre. 
Il est probable que si ces petits vers, nus et mous, restaient iso- 
lément exposés à l'air pendant l'été, ils périraient ou ne pour- 
raient pas aller bien loin sans rentrer en terre. Réunis en masses, 
humectés par la matière gluante qui sert à les agglomérer et 
qu'ils doivent sécréter à cet effet, ces vers peuvent s'éloigner sans 
danger des lieux où ils ont vécu. Du reste, la probabilité de 
l'explication que je hasarde ici est indiquée par Kûhn de Eise- 
nach (naturforscher), quand il dit que parfois ces colonnes se 
raccourcissent parce qu'une partie des vers entre dans la terre. 

Quoiqu'on sache bien, aujourd'hui, que les Jffeerwurm sont 
des larves de la Sciara Thomœ^ que ces larves ont la singulière 
faculté de se réunir en sociétés, de se coller ensemble par my- 
riades pour voyager ainsi comme de monstrueuses limaces lon- 
gues quelquefois de plus de 100 pieds, ce sujet intéressant est 
loin d'être épuisé, et demande encore toute l'attention des zoolo- 
gistes. Il serait du plus haut intérêt de suivre la marche de ces 
colonnes, de voir où elles vont, comment les larves se désagrè- 
gent pour rentrer en terre, d'observer jour par jour les endroits 
où elles se métamorphosent, pour voir si ces localités sont peu- 
Tome IX. Année 1846. 2 



18 REVDE zooLOGiQDE. [Jmivier 1846.) 

plées d'autant de Sciara Thomœ qu'on a vu de ces larves aupa- 
ravant, de tâcher de saisir le mode, l'époque et le lieu de leur 
ponte, pour savoir si, l'année suivante, ces lieux donneront 
naissance à des agglomérations et à des migrations de ces mêmes 
larves. Enfin il serait du plus haut intérêt de rechercher si ces 
innombrables vers sont nuisibles aux pays dans lesquels ils pul- 
lulent, et s'ils n'ont pas quelques ennemis qui limitent leur 
nombre et, peut-être, déterminent leurs migrations. 



II. AIVALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 

NoMENCLATOU zooLOGicus , continens nomina systematica gene- 
rum animalium tam viventium quam fossilium , etc. Auctore 
L. Agassiz. Fasc. VII et VIII ( Soloduri , 1845. Jentet Gass- 
man). 

L'ouvrage de M. Agassiz constitue bien certainement le plus 
grand service qu'un savant puisse rendre à ses confrères, et l'on 
ne saurait trop remercier son auteur, au nom de tous les zoo- 
logistes , pour avoir consacré son temps et ses veilles à en doter 
la science. Le service est d'autant plus grand qu'un pareil ou- 
vrage n'a rien d'attrayant à composer , que ce travail est , au 
contraire , aride , fastidieux et rebutant , et que sa publication 
ne peut produire assez pour indemniser des peines et des recher- 
ches qu'il coûte à celui qui le compose, car il ne peut être acheté 
que par des savants de profession , dont le nombre ne suffît qu'à 
peine pour couvrir les frais d'impression d'un pareil livre. 

Les deux fascicules que nous annonçons contiennent seule- 
ment des appendices aux diverses classes dont la nomenclature 
a paru dans les fascicules précédents. M. Agassiz annonce 
que malgré son prochain départ pour l'Amérique du Nord , les 
dernières livraisons du Nomenclator zoologîcus paraîtront sans 
délai. Je viens , dit-il , d'en remettre le manuscrit à MM. Jent et 
Gassman. La 9' livraison comprendra les Mollusques et la 
préface de l'ouvrage ; la 10" les Lépidoptères , les Diptères et 
les Aptères; la 11« les Coléoptères , et la 12^ le Registre alpha- 
hétique général^ où les 31 ,000 noms que renferment les registres 
particuliers sont réunis de manière à faire ressortir les doubles 
emplois , auxquels on a ajouté en note ceux du règne végétal. 



ANALYSES d'oUVRAGES NODVEADX. 19 

Nous tiendrons nos confrères au courant de la publication de 
ces dernières livraisons ; car, nous le répétons , c'est un livre de 
la plus grande utilité pour tous ceux qui publient des travaux 
sur la zoologie en général ou sur quelques-unes de ses classes 
en particulier. (G. M.) 

Geogkapby of Pensylvania, etc. Géographie de la Pensylvanie. 
Par C.B. Irego. Zoologie; par M. le professeur IIaldeman 
(petit in-8). 

L'ouvrage de M. Irego est destiné aux écoles, et ne donne 
qu'un court aperçu des richesses zoologiques de ce pays, comme 
on l'a fait en France dans un petit livre intitulé Patria. L'ar- 
ticle zoologie est traité par M. Haldeman, qui a montré, dans le 
petit cadre qui lui était imposé, une connaissance parfaite de son 
sujet. Il cite les animaux les plus intéressants de la Pensylvanie 
et termine par un petit tableau duquel il résulte que ce pays 
nourrit à peu près 10,000 espèces (500 vertébrés et 9,500 inver- 
tébrés). 



Arcana ExNTOMOLogica ; ou Illustrations de nouveaux, rares ou 
intéressants Insectes exotiques, par M. J. 0. Wesïwood. se- 
crétaire de la Société Entomologique de Londres, etc. (grand 
in-S" fig. Londres, liv. 1 à 24). 

Cette magnifique publication, dont nous avons déjà entretenu 
nos lecteurs plusieurs fois, se continue avec activité et contient 
toujours des matériaux précieux pour tous les entomologistes 
qui tiennent à rester au courant de cette belle partie de la zoo- 
logie. M. "Westwood, aussi habile dessinateur qu'entomologiste 
instruit, donne sur différents genres rares et remarquables, des 
détails consciencieusement observés et parfaitement dessinés qui 
donnent un grand prix scientifique à ses observations. 

Le second volume de cette belle collection vient d'être terminé 
avec la 24* livraison. Voici le tableau de ce que contiennent ces 
deux volumes : 

!•' V. (1841 à 1843). Coléoptères. ScaritidesdelaNouv.-Holl.,pl. 
21, 22, 23. — Goliathides et Cetonides de l'Est de l'Afr. pi. I, 29, 
30, 33, 34, 35, 36. -Goliathides et Cetonides d'Afrique, pi. 19, 42, 
43, 44, 45, 46. — Cetonides de Madagascar, pi. 32. — Cetonides 



*iO REVUE ZOOLOGIQUE, (JanvicT 1846.) 

de PAsie et de la Nouv.-Holl. pi. 28. — Helopides de la Nour.- 
Holl. pi. 12. — Longicornes des îles Philippines, pi. 15. — Hy- 
pocephalus, pi. 10. 

Hyménoptères, Tenthredines de la Nouv.-Holl. pi. 7. — Révi- 
sion des Dorylites, pi. 20. 

Orthoptères, Systella, N. G. de Locustides, pi. 4. Révision du 
G. Mastax, pi. 2G. N. G.Bactrophora et Opsomala, pi. 17. — Ré- 
vision du G. Deroplatys, pi. 9. — Toxodera tenuipes, pi. 41. 
Phasma gibbosa, pi. 8. 

Hémiptères hétéroptères. Revis, du G. Phyllomorpha, pi. 2. 

Hémiptères homoptères. Nouv. G. de Cicadide, pi. 24. — 
Nouv. esp. de Cigales, pi. 25. — Révision du G. Monophleba, 
pi. 6. 

Lépidoptères. Papillons asiatiques, pi. 3, 11, 16, 27, 31. — 
Papillons d'Afrique, pi. 37, 38, 39, 40, 47, 48. — Papillons du 
Mexique et d'Amérique, pi. 18. — Epicopeia, pi. 5. 

Diptères. Révision de la fam. des Mydatides, pi. 13, 44. 

2' vol. (1843 à 1845). Coléoptères. Monogr. de la fam. des 
Paussides, pi. 49, 50, 58, 68, 88. 89, 90, 91, 92, 93,94. — Go- 
liathides d'Afrique, pi. 67, 81 et 96. — Deux nouv. esp. d'Inca. 
pi. 73. — Monogr. du G. Chiroscelis, pi. 87. — Longicornes de 
la Nouvelle-Zélande, pi. 56. — Longicornes d'Afrique, pi. 64, 
69, 78,84,85,86. 

Hyménoptères. Mutillides de la Nouvelle-Hollande, pi. 53, 54. 

— Thynnidesde la Nouv.-Holl. pi. 74, 75, 76, 77, 82, 83.— 
Nouveaux genres de Sphegides, pi. 65. 

Orthoptères. Nouvelles mantides, pi. 62. — Nouvelles Locus- 
tides et Gryllides, pi. 63, 70. — Nouv. Phasmide, pi. 61. 

Homoptères. Cicada imperatoria, pi. 51. — Nouvelles cigales 
etfulgorides, pi. 57, 71. 

Lépidoptères. — Teinopalpus imperialis et Parryœ, pi. 59, 60. 

— Papilio de la Nouvelle-Hollande, pi. 52, 68. — Papilio de 
nnde,pl. 55, 66, 72, 79, 80. 



Sur quelques nouveaux insectes d'Afrique. Par M. le Rév. 
HoPE , avec des remarques sur la Goliath , par M. Savage 
(Extr. des Ann. et mag. d'hist. nat., août 1842). 

Dans cette petite Notice, M. Hope décrit, au moyen de phrases 



ANALYSES d'0UVR\GES NOUVEAUX. 91 

latines assez courtes , 3 Lucanus , 2 Gymnopleurus , 1 Helio- 
copris . 1 Diplognalha , 1 Cetonia , 3 Popilia , 1 Lepidiota et 
1 Euchlora. Il donne pour conclusion à ces espèces de nouveaux 
Lamellicornes, l'extrait d'une lettre qu'il a reçue dernièrement 
de M. Savage, du cap de Palmas , touchant les Goliaths. Pour 
le Goliathus cacicus , dit M. Savage , ces régions en sont rem- 
plies; et après une année de recherches , j'ai découvert la fleur 
et l'arbre dont il tire sa nourriture. C'est une plante de la syn- 
génésie, appartenant à la famille desCompositae, Corymbifères 
de Jussieu. Comme genre elle ne paraît pas décrite , quoique je 
ne l'aie pas examinée d'assez près, comme j'ai l'intention de le 
faire quand j'aurai plus de loisir. Aussitôt que j'en serai capable 
je le décrirai et je l'enverrai à la Société Linnéenne. Le Cacique 
n'habite pasd'autre arbre, comme je l'ai dit. Le Mecynorhinator- 
quata habite deux espèces d'arbre , dont l'un est un magnifique 
mimosa , un Goliath dans son espèce. Je n'ai pas encore obtenu 
sa fleur ; c'est en graine que je le possède actuellement. Le G. 
Druryi ne se trouve f^s dans la localité du cap Palmas. Il a 
été pris à Bussa, près Montserrado , et le spécimen que j'envoie 
actuellement est du cap Coast, J'ai vu dernièrement le G. 
Regius du professeur Klug , qui n'est ni plus ni moins que la 
femelle du Drurii. Je suis aussi certain de cela comme de ce 
que le G. Princeps de Hope est la femelle du Cacicus. La 
côte d'Or semblerait être la localité du Drurii, et le Grain- 
coast celle du Cacicus et du Torquatus. 

Comme on le voit par cette lettre très - intéressante , 
tous ces beaux Goliaths, qui ont été si rares jusqu'à présent , 
vont se répandre dans les collections , comme le Goliathus 
micans , qui a été si abondamment répandu depuis une 
dizaine d'années , comme les magnifiques genres Chyasogna- 
thus , Psalidognathus , Mormolyce , etc., etc. (G. M.) 



Monographie du genre Georissus de Latreille , par M. V. Mots- 
CH00LSK\ (extr. du Bulletin de la Soc. imp. des nat. de Mos- 
cou, t. XVI). 

Cette petite monographie, acompagnée de deux planches gra- 
vées, contient la description et la figure de onze espèces de c« 



22 KEVDE ZOOLOGIQUE. {Janvier 1846.) 

genre , dont on n'avait longtemps connu qu'une seule espèce, 
la Pimelia pygmœa de Fabricius. 

D'après sa manière de vivre auprès des eaux , dit l'auteur, ce 
genre pourrait sans doute être placé à côté des Elmis ou bien des 
Byrrhus ; mais d'après les caractères pris sur les parties de la bou- 
che et des pattes, il s'éloigne beaucoup des aquatiques et des 
clavicornes en général. Il me semble même plus convenable de 
le placer dans les hétéromères, comme Fabricius l'avait déjà fait, 
d'autant plus que nous y avons déjà les Eurychora, les Anato- 
tolica , les Blaps, etc., qui , sur la surface de leur corps , exha- 
lent une matière poudreuse et collante comme celle qui re- 
couvre les Géorisses. La croûte argileuse , de la couleur du ter- 
rain, qui recouvre en dessus le corps des Géorisses, et qu'ils 
trament avec eux , est toujours d'une forme analogue dans les 
mêmes , et prouve par conséquent qu'elle forme une partie in- 
dispensable de l'animal , et qu'elle se trouve collée sur le dos 
par une substance qui sort du corps même. Cette substance dé- 
robe l'insecte à la poursuite de ses ennemis , car, au moindre 
danger l'insecte se contracte et disparaît sur le terrain. C'est 
aussi la cause de la difficulté qu'on éprouve à trouver ces insec- 
tes. Toutes les espèces connues de ce genre sont d'une couleur 
plus ou moins noirâtre et habitent les bords argileux et sablon- 
neux des eaux douces. 

Après ces généralités, M. Motschoulsky passe à la description dé- 
taillée de ses espèces qui appartiennent toutes à l'Europe , mais 
surtout à la Géorgie , à la Sibérie et au Caucase , pays parcourus 
par l'auteur. (G. M.) 

Monographie des Coléoptères subpentamères de la famille des 
Phytophages ; par M. Th. Lacordaire. Tom. le^(Extr. des Mém. 
de l'Acad. Roy. des Se. de Liège, in-S» ; Bruxelles, Muquardt ; 
Paris , chez M. L. Buquet , Trésor, de la Soc. Ent. de France, 
rue Dauphine, 35 }. 

Ce nouvel ouvrage de M. Lacordaire est une preuve de zèle 
dont les Entomologistes lui sauront gré , car il faut un grand dé- 
Vouement et beaucoup de patience pour mettre à exécution le 
projet qu'il a formé de décrire toutes les espèces de l'immense 
groupe des Phytophages. Les Entomologistes de tous les pays -, 



ANALYSES d'oDVRAGES NOUVEAUX. 23 

voulant s'associer à l'œuvre utile que le professeur de Liège en- 
treprend , lui ont communiqué toutes les espèces de leurs col- 
lections , en sorte qu'on peut dire que son livr;^ est l'expression 
exacte de l'état actuel des principales collections de l'Europe 
pour ce qui concerne cette famille. 

Après avoir donné une liste des auteurs qu'il a consultés et 
qu'il cite, M. Lacordaire, dans les généralités qui servent d'in- 
troduction à son livre , examine le rôle que la famille des Phy- 
tophages joue dans la nature. Il décrit ensuite leurs parties ex- 
ternes et étudie les analogies de la famille, en cherchant dans ses 
caractères extérieurs les moyens de la distinguer des groupes voi- 
sins. Cette partie du travail nous a paru traitée avec beaucoup de 
sagesse et de logique, elle conduit à l'exposition rigoureuse des 
vrais caractères de la famille. Dans le quatrième chapitre, M. La- 
cordaire expose tout ce que l'on fait sur l'organisation interne du 
groupe dont il s'agit. Il a puisé ses renseignements dans les 
travaux de Ramdhor, Marcel de Serres, Léon Dufour , Newport, 
Kôlliker et Joly, qui ont donné des détails plus ou moins com- 
plets sur le canal intestinal de 1 6 espèces , sur le système ner- 
veux de deux , sur les organes génitaux d'une seule et sur le dé- 
veloppement embryonnaire de deux. Le cinquième chapitre est 
destiné à l'exposition des connaissances actuelles des Entomolo- 
gistes sur les premiers états des Phytophages. On n'a décrit, 
jusqu'ici, qu'une cinquantaine de larves de ce groupe nombreux, 
mais il existe deux tribus , les Sagrides et les Mégalopides , chez 
lesquelles on n'en a pas encore découvert une seule. M. Lacor- 
daire donne un tableau dans lequel il a tenu compte des prin- 
cipales particularités de leur structure et de leurs métamor- 
phoses , et qui se compose de cinq divisions bien tranchées. Du 
reste , partageant l'opinion de Linné , de Cuvier et des natura- 
listes les plus sérieux, opinion que nous avons défendue plu- 
sieurs fois dans cette Revue , il pense qu'il serait fâcheux que 
l'on fût disposé , à l'imitation de quelques Lépidoptérologistes , 
à donner aux caractères empruntés aux larves , un rang supé- 
rieur à ceux tirés des insectes parfaits. Dans le 6« chapitre 
M. Lacordaire donne une histoire de la classification de cette fa- 
mille en général et de sa division en groupes secondaires. Il 
discute la valeur des divers travaux qui ont été publiés sur ce 
sujet et arrive à l'exposition de l'arrangement qu'il adopte et qui 



24 REVDE zooLOGiyuE. {Janvier 1846.) 

est, en général, presque le même que celui de Latreille, Au lieu 
de deux groupes, les Eupodes et les Cycliques, que ce grand 
entomologiste a établis dans ces insectes, notre auteur en admet 
onze , qui ne sont pas tous égaux sous le rapport du nombre des 
espèces , mais dont la valeur zoologique , qui n'a rien de 
commun avec la valeur numérique, lui paraît assez bien 
fondée. 

M. Lacordaire divise la famille des Phytophages en deux 
groupes ou légions , celle des Apostasicérides , composée des 
espèces dont les antennes sont écartées à leur base , et celle 
Métopocérides , dont les espèces ont ces organes rapprochés 
au point d'insertion. Les Apostasicérides sont composés des tribus 
suivantes : Sagrides , Donacides , Criocérides , Mégalopides , 
Clythrides, Cryptocéphalides , Eumolpides, et Chrysomé- 
lides. Dans les Métopocérides viennent se ranger les Galérucides^ 
les Hispides et les Cassidides. 

Le premier volume de ce travail considérable , comprend les 
tribus des Sagrides , Donacides et Criocérides , dans lesquelles 
l'auteur admet 27 genres et 640 espèces. Les détails qu'il donne 
sur chacun de ces genres sont complets et suffisamment déve- 
loppés. La description de chaque espèce est précédée d'une 
courte diagnose en latin , vient ensuite une synonymie com- 
plète , une assez longue description et quelques renseigne- 
ments sur l'habitat et les métamorphoses des espèces. Ce volume 
est terminé par une bonne table alphabétique des genres et des 
espèces. 

Il est à désirer que M. Lacordaire puisse continuer la publi- 
cation de cet utile travail qui ne peut que rendre un grand 
service aux Entomologistes ; nous n'avons qu'un regret , c'est 
qu'il ne lui ait pas été possible de donner quelque planches 
au trait pour mieux faire saisir les caractères essentiels de ses 
genres. (G. M.) 



KuROPiEORUM microiepidopterorum index methodicus , sive Py- 
raies, Tortrices , Tineœ et Alucitœ hinnsdi^secundumnoyurïi 
naturalemque ordinem dispositae , nominibus genuinis resti- 
tuis , synonymise accuratè elucidata , locis indicatis , novisque 



ANALYSES u'otVRAGES NOUVEAUX, 25 

speciebus aut larvis brevi descriptis. Pars prima ; sistens Tor- 
trices , Phycidas, Crambidas, Tinearumque initium. Auctore 
A. GuENÉE (Extrait des Annales de la Société entomol. de 
France. — Paris, Roret_, rue Hautefeuille, 10. ) 

Ce catalogue , comme l'auteur le dit dans son avertissement, 
n^est que le prodrome d'un ouvrage de plus longue haleine qu'il 
prépare sur les Microlépidoptères. Il regarderait comme une té- 
mérité de le publier aujourd'hui , à cause de l'état imparfait de 
la science et du nombre prodigieux des espèces qui restent à 
découvrir sur tous les points de l'Europe. Ce qu'il faut obtenir 
avant tout , poursuit-il , c'est de s'entendre dans cette Babel 
qu'on nomme Microlépido-ptérologie et, si cet index peut 
amener quelque fixité dans les dénominations et faciliter l'étude 
des petites espèces aux Entomologistes qu'a rebutés jusqu'ici la 
confusion des langues, je croirai qu'il a atteint son but, malgré 
les nombreuses imperfections qui doivent s'y rencontrer. 

Au commencement de ce fascicule , M. Guénée présente 
la liste des auteurs qu'il a cités dans son travail. Nous 
voyons avec regret qu'il a omis de consulter plusieurs mémoires 
importants , tels que les commentaires de Charpentier sur le 
Wien-Verz, et les mémoires publiés par Zinken, dans le maga- 
sin d'entomologie de Germar. Cette omission est fort regrettable 
et montre qu'il est difficile à des entomologistes de province, qui 
ne veulent pas acheter tous les ouvrages entomologiques , de 
faire des travaux complets et finis, sur la partie systématique 
de la science. Nous avons toujours regardé comme une chose 
fâcheuse qu'un travail de ce genre ne soit pas appuyé sur les 
documents bibliographiques nécessaires, et nous pensons que 
les naturalistes privés de la possibilité de consulter tous les au- 
teurs qui ont traité un sujet, feraient mieux d'appliquer leur 
aptitude scientifique à observer avec soin quelques faits, à suivre 
les mœurs de quelques espèces , à faire des travaux semblables 
à ceux de Réaumur , travaux dont la science a un si grand be- 
soin et que peuvent seuls exécuter avec le soin convenable, 
des naturalistes qui n'habitent point Paris. 

Cette première partie du catalogue de M. Guénée comprend 
les deux grandes divisions des Torlrices et des Tineœ. Voici le 
tableau des tribus, des genres et des espèces qu'elles contiennent : 



26 RBVDK ZOOLOGIQUE. (Jauviev 1846.) 

Division VII. — Tortrices. 

Tribus. Genres. Espèces. 

1 Cymbidi i 4 

2 Tortricidi 10 110 

3 Penthinidi 3 18 

4 Spilonotidi 2 9 

6 Seiicoridi 10 46 

6 Sciophilidi 8 37 

7 Grapholitidi 21 205 

8 Pyraloidi 4 10 

9 Cochylidi 8 79 

10 Aphilidi 2 i 

Division VI II. — Tineœ. 

1 Epigraphidi. ...... 4 9 

2 Phycidi 23 131 

3 Crambidi 5 76 

4 Chilidi 3 8 

5 Ypsolophidi 4 17 

6 Plutellidi 3 10 

7 Hyponomeutidi 4 21 

Tîi^ 795 

On voit, par ces chiffres, combien ces groupes de petits lépi- 
doptères sont riches en espèces , seulement en Europe. Nous 
avons eu l'occasion d'examiner des collections de ce genre faites 
au Brésil , et nous pouvons avancer que le nombre des espèces 
nous a semblé encore plus considérable. Que serait-ce s'il 
fallait cataloguer toutes celles des autres contrées chaudes du 
monde ! 

Il faut espérer que M. Guénée , dans l'ouvrage sérieux qu'il 
prépare sur ces petits Lépidoptères , cherchera à nous faire con- 
naître d'une manière détaillée le rôle qu'ils jouent dans la na-, 
ture , en étudiant leurs mœurs ou en mentionnant avec soin 
tout ce que l'on sait sur ce sujet important. Ces petits êtres, 
sous leur état de Chenilles, sont un des agents les plus actifs de la 
nature pour activer le mouvement de la végétation , pour hâter 
la chute des feuilles des arbres , pour modifier tous les ans la 
matière. Ils sont aussi très-nuisibles à nos cultures , et leur his- 
toire naturelle, bien étudiée , pourrait offrir un grand intérêt, 
soit en nous aidant à trouver des moyens d'en préserver les 
végétaux que nous cultivons , soit en nous faisant au moins 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 27 

connaître les causes de certains phénomènes que l'on attribue 
avec une si grande facilité aux influences atmosphériques. 

(G. M.) 

Observations sur les différences sexuelles de quelques espèces 
du genre Phasia, par Camille Rondani. (Extrait des nouvelles 
annales des sciences naturelles de Bologne, t. viii.) 

L'auteur de ce mémoire ayant trouvé plusieurs couples de 
Phasia, pendant l'acte de la copulation, remarqua que les mâles 
de ces couples appartenaient bien à des espèces différentes ; car 
ils étaient trop dissemblables pour être considérés comme des 
variétés d'une même espèce; mais que les femelles se ressem- 
blaient toutes tellement entre elles , qu'il était impossible de les 
distinguer l'une de l'autre. Ces faits et les recherches auxquelles 
l'auteur s'est livré, lui ont fait établir les conclusions suivantes : 

I» Les espèces de Phasia qu'il a trouvées accouplées ont les 
deux sexes très-différents l'un de l'autre par la grandeur, la cou- 
leur, etc. 

2® Les femelles de ces espèces sont plus petites que les mâles. 

3° Les femelles de toutes ces espèces ne peuvent être distin- 
guées entre elles. 

4° La description de la Phasia analis de Fabricius convient à 
toutes les femelles. 

5» L'opinion de Robineau sur l'identité entre la Phasia analis 
et Crassipennis se trouve ainsi confirmée. 

6° Mais, contrairement à ce que pensait cet auteur, c'est le 
Ph. analis qui est la femelle, et la Crassipennis qui est le mâle 
de l'espèce. M. Rondani donne ensuite une nouvelle description 
en rapport avec les conclusions précédentes, des 3 espèces qu'il 
a trouvées, et dont une est nouvelle; il la nomme Phasia diffi- 
cilis. (C. R.) 

III. SOCIÉTÉS SAVANTES. 

▲GADÊMIE ROYALE DES SCIENCES DE PARIS. 

Séance du 5 janvier 1846. — M. Milne Edwards ^ au nom 
d'une commission composée de MM. Duméril , Yalenciennes , de 
Blainville et Milne Edwards , a été chargée de l'examen d'un 
Mémoire sur les Clavagelles, présenté par M. Deshayes , le 



28 REVUE zooLOGiQOE. (Jauvier 1846.) 

24 novembre dernier ; cette commission a pris connaissance 
de ce travail , mais elle a cru devoir ne pas en rendre compte à 
l'Académie, avant que d'avoir obtenu de l'auteur quelques éclair- 
cissements relatifs à sa manière d'envisager la constitution de 
l'œuf chez les mollusques, et à la disposition du sac vitellin 
à goulot, dont il a donné une description et des figures. 
M. Deshayes ne possédant pas les pièces anatomiques néces- 
saires , n'a pu satisfaire au désir de la commission , et ce natu- 
raliste a déclaré d'ailleurs que son travail étant actuellement 
imprimé et soumis à l'appréciation du public , il pense que la 
commission n'aura plus à s'en occuper. Vos commissaires , par- 
tageant sur ce point l'opinion de M. Deshayes, ont l'honneur de 
déposer sur le bureau de l'Académie le mémoire qu'elle a ren- 
voyé à leur examen. 

M. Deshayes présente un mémoire ayant pour titre : Examen 
anatomique du Gastrochène de la Méditerranée (Gastrochœna 
dubia). Il résulte des observations de M. Deshayes que le mol- 
lusque du Gastrochène a beaucoup plus de ressemblance avec 
celui de l'arrosoir qu'avec celui des clavagelles. Sa masse abdo- 
minale , très-saillante dans le manteau , porte en avant un très- 
petit pied , fendu à la base , et pourvu d'un byssus attaché à un 
crypte circulaire. Une des particularités les plus remarquables 
consiste en ce que les muscles rétracteurs du pied , au lieu de 
s'épanouir sur la surface extérieure de la masse abdominale , 
pour faire une enveloppe solide à tous les organes qu'elle con- 
tient, passent au milieu d'elle, se rendent directement à la co- 
quille, en laissant en dehors, et comme une sorte de hernie, 
l'ovaire presque tout entier. 

De tous les faits que M. Deshayes a découverts dans la struc- 
ture du gastrochène , celui qui l'a le plus étonné, et qui, en 
effet, était le plus inattendu, consiste en deux organes spéciaux, 
compris dans la paroi intérieure du manteau, et suivant en de- 
dans le contour du bâillement extérieur des valves. L'un de ce» 
organes , jaunâtre , étroit, part de la base des palpes externes, 
et occupe le tiers environ de la longueur du manteau. L'autre 
organe est en connexion avec celui-ci , et semble en être la 
continuation ; mais tous deux sont séparés par une ligne nette 
et profonde. Ce second organe est beaucoup plus gros que le 
premier; il est irrégulièrement boursouflé par une matière 



SOCllfTÉS SAVANTES. 2Ï> 

muqueuse très- abondante ; il descend, d'avant en arrière, 
jusqu'à l'entrée de la cavité des siphons, traverse le muscle 
rétracteur de ces organes, et son extrémité postérieure vient 
aboutir dans la partie la plus profonde de la cavité palléale , au- 
dessus du siphon anal , là où sont obligés de passer les œufs au 
moment de la ponte. 

M. Deshayes annonce qu'il fera voir, dans d^autres mémoires, 
qu'il existe, chez un très-grand nombre de mollusques acépha- 
les , un organe spécial placé dans la profondeur des crochets, et 
que cet organe à des connexions constantes avec les branchies. 
Dans le temps de la ponte , il est turgescent, rempli d'une matière 
blanche et muqueuse. Cet organe manque complètement au 
gastrochène , et il soupçonne qu'il a été déplacé dans l'animal 
dont il s'agit , et transporté dans une partie du manteau , où il 
ne se montre pas habituellement. On le devine , cet organe a 
pour fonction de fournir aux œufs , pendant leur incubation , la 
matière muqueuse nécessaire à leur dernier terme de dévelop- 
pement. Quoique M. Deshayes ait trouvé des œufs mûrs dans les 
ovaires , il n'en existait pas un seul dans les branchies ; ce qui 
lui fait soupçonner que l'incubation branchiale n'a pas lieu , et 
qu'elle est remplacée par un séjour plus ou moins long des œufs 
dans cette cavité profonde du manteau , où aboutissent les or- 
ganes de la mucosité. 

Quant aux organes antérieurs, M. Deshayes leur attribue une 
autre fonction , celle de sécréter la liqueur corrosive à l'aide de 
laquelle l'animal augmente sans cesse la cavité qu'il habite dans 
la pierre calcaire , de telle sorte que cette cavité est ainsi main- 
tenue dans de justes proportions avec son propre développe- 
ment. 

Cet intéressant Mémoire est renvoyé à l'examen de MM. Du- 
méril , de Blainville , Milne Edwards et Valenciennes. 

MM. Lœwig et Kœlliker adressent des Observations sur V exis- 
tence d'une substance ternaire identique avec la cellulose dans 
toute une classe d'animaux sans vertèbres , les Tuniciers. 

Ces naturalistes ont reconnu , comme l'avait déjà signalé 
M. Schmidt, que chez les Phallusia mamillaris, intestinalis et 
monachus , Cynthia papillata , Clavellina lepadiformis , Dia- 
zona violacea , Botryllus polycyclus^ Pyrosoma giganteum et 
Salpa maxima , une très-grande partie du corps est composée 



30 REVUE ZOOLOGIQUE. {Janvier 1846.) 

d'une substance insoluble dans une solution de potasse concen- 
trée , et que cette substance manque complètement d'azote. 

Ce travail est renvoyé à l'examen de MM. Dumas , Milne Ed- 
wards , Payen et Boussingault. 

M. Flourens présente , au nom de M, Straus Durkheim , un 
ouvrage ayant pour titre : Anatomie descriptive et comparative 
du Chat , type des mammifères en général et des carnassiers 
en particulier. Nous donnerons une idée de ce grand et bel ou- 
vrage dans un prochain nnméro. 

M. Gaspard écrit pour rappeler à l'Académie qu'il a parlé , 
en 1822, de la circulation du sang chez les Escargots, en signa- 
lant le fait de l'épanchement du sang dans la cavité où sont les 
viscères digestifs et génitaux. 

M. Milne - Edwards répond qu'il aurait certainement cité 
l'observation de M. Gaspard s'il se l'était rappelée , mais qu'elle 
avait entièrement échappé à son attention , que , du reste , le 
fait observé par M. Gaspard appartenait au même ordre que 
celui constaté depuis longtemps par Cuvier chez l'Aplysie. 

Séance du \d janvier. — M. Ripault écrit pour soumettre 
quelques Observations sur les fonctions du thymus , à l'occa- 
sion du rapport verbal fait par M. Flourens, sur un travail de 
M. Simon. 

M. Flourens A\i qu'il a lu avec attention le mémoire de M. Ri- 
pault , et qu'il trouve , en effet , un rapport général entre la ma- 
nière de voir de cet auteur et celle de M. Simon , attendu que 
toutes les deux s'accordent à supposer une certaine indépen- 
dance entre les fonctions des poumons et celles du thymus ; mais 
il ajoute que ces deux opinions diffèrent dans le détail , et qu'il 
faut tenir compte de ces différences , à cause de l'importance 
même de la question. 

Ainsi, selon M. Ripault , le rôle du thymus est particulière- 
ment mécanique ; il sert à modérer V extension du poumon , il 
forme une sorte de régulateur relativement à ce développement, 
et cette action a lieu pendant l'état fœtal, etc. 

Selon M. Simon , la fonction du thymus n'est autre chose 
qu'une séquestration organisatrice des matières nutritives ; la- 
quelle serait analogue à la formationde la graisse ; et cette fonc- 
tion répond , non à la vie fœtale, mais à la première période de 
l'enfance , époque où le thymus prend tout son développement 



MÉLANGES ET NODVELLES. 31 

M. Lereboullei écrit pour soumettre quelques observations 
sur le mode de formation de la bile , et sur le rôle que jouent 
les vésicules épithéliales dans cette sécrétion , dans celle du 
sperme, des œufs, etc. M. LerebouUet adresse cette lettre à 
l'occasion d'un travail de M. Gros , sur la sécrétion du lait. Oc- 
cupé en ce moment d'un travail sur les sécrétions , et désirant , 
avant tout, éviter le reproche de s'être approprié les idées d'au- 
trui , il vient rappeler qu'il a traité, d'une manière plus ou 
moins directe , ce sujet important , dans ses mémoires sur la 
Ligidie et sur les Cloportides. 

Séance du 26 Janvier. — M. Canat , de Châlons-sur-Saône , 
adresse une note ayant pour objet de démontrer que les huîtres 
trouvées à Belnay, près Tournus (Saône-et-Loire) , dans un ter- 
rain d'eau douce , et indiquées par quelques géologues comme 
fossiles marins de l'époque actuelle , sont tout simplement des 
restes de table enfouis sous les débris d'une ancienne habitation 
romaine. 

SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE DE PARIS. 

M. Blanchard lit des remarques sur l'Embryogénie des Diptè- 
res de la tribu des Ornithomyiens (Pupipares Latr.). Ces insectes 
ont été étudiés par Réaumur, De Géer et Léon Dufour, qui ont 
fait connaître leur anatomie et la singulière propriété qu'ont 
les femelles de pondre , au lieu d'oeufs , une seule nymphe à la 
fois. Jusqu'ici les entomologistes n'avaient pas trouvé l'occasion 
d'observer l'ovaire de ces mouches avant le moment où il est 
rempli par une pupe ou nymphe. L'auteur a été plus heureux, 
il a vu, chez une femelle des Leptotœna Cervi Fab., qu'à une 
certaine époque , l'ovaire contient de véritables larves , compa- 
rables à celles de certains diptères. 



IV. MELANGES ET NOUVELLES. 

M. Jourdain, gouverneur de notre établissement de Yanaon, 
sur la côte de Coromandel, nous a remis un magnifique exem- 
plaire , long de deux pieds , du Palœmon Carcinus des auteurs. 

M. Jourdain, qui habite cette colonie depuis 1832, n'avait jamais 
vu cette espèce et n'en avait jamais entendu parler dans le pays. 
C'est pendant le mois d'août 1844, à la suite des débordements du 



32 nKvoR ZOOLOGIQUE. {Janvier 1846.) 

Godavery et de mauvais temps, que le procureur du roi, dan» 
une promenade au delà du canal qui sépare notre possession du 
territoire anglais, rencontra un enfant qui tenait deux longues 
pattes de cet animal. Il acheta ces pattes si remarquables par 
leur forme et leurs proportions, les montra à M. Jourdain en lui 
disant qu'il n'avait jamais vu l'animal à qui elles appartenaient. 
M. Jourdain fit venir le chef des pêcheurs qui expédia un ba- 
.teau, et le soir même ils en avaient pris, à l'aide de leurs filets, 
40 ou 50 individus. Ces pêcheurs n'avaient jamais rencontré ces 
grands crustacés et pensaient qu'ils avaient été poussés sur ces 
côtes par les mauvais temps prolongés, mais qu'ils provenaient 
de quelques îles ou îlots situés fort loin. 

M. Jourdain a rapporté sept ou huit individus bien préparés 
de cette gigantesque crevette ; il en a déposé deux au musée de 
Paris, deux à celui de Bordeaux, un à celui de Rouen, et les au- 
tres ont été remis à quelques amis. 



La veuve du savant entomologiste russe Faldermann nous a 
envoyé les derniers exemplaires restants des 2« et 3« parties du 
grand ouvrage que son mari a publié sous le titre de Fauna En- 
tomologica transcaucasica , ouvrage extrait des nouveaux mé- 
moires de la société impériale des naturalistes de Moscou, et dont 
il n'a été tiré qu'un petit nombre pour l'auteur. 

Le prix de la 2« partie in-4° avec 12 planch., est de 22 fr. : le 
prix de la 3' partie 12 fr. Écrire franco, au Bureau de la Revue. 



On nous prie d'annoncer la vente de la collection de feu 
M. Viard. Elle se compose de Coléoptères, Hyménoptères, Hémi- 
ptères et Diptères , renfermés en ^ande partie dans des boîtes 
vitrées. Plus , vingt-neuf cahiers des annales de la Société Ento- 
mologique de France, depuis 1831 , jusqu'au second trimestre 
de 1839. 

S'adresser à madame veuve Viard , quai de la Mégisserie , 24. 



Nouveau membre admis dans la Société Cuvierienne. 
N* 301. M. le comte Yon der muhle , officier de cuirassiers , à 
Munich . 
Présenté par M. Sauceroite. 



:itf£UVlÈME ANNÉE. — FÉVRIER 1846 



Animé du désir de rendre la Revue zoologique de plus 
t;n plus utile à une science à laquelle e'ie a déjà rendu de 
nombreux services , nous voudrions lui donner plus d'éten 
due afin d'y faire entrer tous les matériaux qui nous sont 
offerts journellemeni, et que nous sommes obligés de re- 
fuser faute de place. Nous voudrions pouvoir aussi donner 
quelques planches destinées à rendre plus facile la déter- 
mination des objets dont il est question dans divers mé 
moires. Mais il nous est impossible d'augmenter nos dé- 
penses , à peine couvertes par les cotisations dos membres 
qui sont demeurés fidèles à la Société Cuvierienne^ et nous 
ne voudrions pas recourir à une augmentation du taux de 
la cotisation annuelle avant d'avoir consulté nos confrères. 

Nous avons donc accueilli avec reconnaissance les pro- 
positions que nous ont faites MM- Hardouin Michelin et 
Jules Bourcier, de joindre à la Revue zoologique quelques 
planches, dont ils veulent bien faire les frais dans l'intérêt 
de la science qu'ils cultivent avec zèle et désintéressement. 
Nous avons lieu d'espérer que ce généreux exemple trou- 
vera des imitateurs parmi les savants, et qu'il sera suivi 
par ceux qui auraient l'intention de nous seconder dans la 
mission que nous nous sommes imposée, laquelle consiste a 
porter à la connaissance de tous les zoologistes vraiment 
amis des progrès de la science, les découvertes qui sont 
faites journellement dans tous les pa^s La paléontologie 
s'enrichit chaque jour d^observations neuves et impor- 
tantes, qui ne peuvent être mises au jour parce que les 
moyens de publication sont trop restreints. Si les savants 
approuvent l'idée de MM. Michelin cl Bourcier, et s'ils 
veulent imiter le bon exemple qui leur est donné, la Revue 
2oologique leur sera ouverte et les moyens rapides de pu- 
Tome IX. Année 1846. 3 



54 REVUE zooLOGiQDE. {Févrief i846.) 

blication qu'elle offre seront mis à leur disposition avec em- 
pressement. 

Nous donnons, dans ce numéro, les deux planches offertes 
par M. Michelin, et qui accompagnent les deux intéres- 
santes notes qu'il publie sur les genres f^ioa et Metaporinus. 
Ces planches, dessinées, sur pierre, sont d'un prix très- 
modéré et suffisent pour aider à distinguer les espèces entre 
elles; elles ont été exécutées par M. Diekmann (rue Co- 
peau , n" 4) , artiste bien connu par les beaux dessins 
qu'il a exécutés pour les ouvrages de M. Agassiz. 



I. TRAVAUX IIVEDIÏS. 

Mélanges ornithologiques, par M. F. de Lafresnaye. (Suite.) 

Sur la Fidua axillaris du docteur Smith, et sur le genre Vidua 

en général. 

Le docteur Smith a décrit et figuré, dans la partie ornitholo- 
gique de sa Zoology of South Africa, une nouvelle espèce de 
veuve de Cafrerie, sdus le nom de Fidua axillaris. PI. 17. Mais 
comme il a ajouté à la citation de sa planche : mâle, et que d'ail- 
leurs l'individu unique qu'il s'était procuré, et d'après lequel il 
a fait sa description et sa figure , n'était pas , à ce qu'il paraît , 
dans son plumage complet , nous avons pensé que , possédant 
cet oiseau en parfait plumage, c'était rendre service à la science 
que de le décrire et même le figurer de nouveau. 

Le docteur Smith décrit ainsi sa Fidua axillaris , nom que 
nous traduisons par Feuve aux aisselles brunes : « Nigra; hume- 
» rorum partibus anterioribus aurantiis ; alarum tectricibus axil- 
» lisque flavo-brunneis ; mandibulâ superiore nigrâ , inferiore 
» albidâ ; pedibus rubro-brunneis. » 

Après avoir donné en anglais quelques développements à celte 
caractéristique, l'auteur ajoute dans la même langue : « Les rec- 
» trices sont inégales en longueur, se trouvant dans notre in- 
» dividu dans différents degrés de croissance, et devant, selon 
» les apparences, former une longue queue , dont le mâle de 
» cette espèce est probablement paré dans la saison d'été ; — 
» les tarses et les doigts robustes ; les ongles longs, pointus, lé- 



TRÎ^VAUX INÉDHS 3o 

rt gèrement courbés , avec celui du pouce plus développé, indi- 
» quent leur utilité et leur emploi pour soutenir l'oiseau sur les 
» tic;es des joncs et des roseaux , où il se tient habituellement. 
■0 — La femelle nous est inconnue; selon toute apparence, elle 
» est d'une couleur brunâtre et privée des épaulettes si vivement 
» colorées que l'on remarque chez le mâle. » 

L'individu que nous possédons, venant aussi de Cafrerie, et 
que nous reconnaissons comme identique avec l'axillaris de 
Smith, mais en plumage plus parfait, est également tout noir 
avec les plumes de la tête, du cou et de tout le dessous du corps 
soyeuses, veloutées, tassées et terminées presque carrément, 
comme cela se remarque chez la Feuve à épaulettes , du Cap^ 
avec laquelle il offre d'ailleurs beaucoup d'analogie; les moyennes 
couvertures supérieures de l'aile et les grandes à leur base, ainsi 
que toutes les inférieures de l'aile, sont d'un brun marron clair; 
les petites, sauf le pli de l'aile qui est brun, forment une grande 
tache oblongue parallèle au cubitus, de couleur rouge de feu; 
les plumes scapulaires, très-allongées et pointues, sont finement 
bordées, à leur base seulement, de brun grisâtre, et on apper- 
çoit à l'extrémité des grandes couvertures une bordure sem- 
blable, mais des plus étroites et à peine apparente. L'oiseau est 
dans tout le reste d'un noir prononcé. Là queue, d'un beau noir, 
est arrondie et courte, comme chez les bruants ou autres passe- 
reaux, et paraît néamoins être parvenue à toute sa longueur», ce 
dont je me suis assuré en soulevant les tectrices pour découvrir 
la base des tiges des rectrices; les tarses, les doigts et les ongles 
paraissent d'un noir prononcé et le bec bleuâtre de plomb. 

Malgré les petites différences de coloration existantes entre 
notre oiseau et celui du docteur Smith , et qui consistent prin- 
cipalement en ce que le sien est moins généralement noir, ses 
rémiges tertiaires et ses grandes couvertures étant très-visible- 
ment bordées de brunâtre , ce qui n'a pas lieu chez le nôtre , ses 
pattes et même ses ongles étant d'un brun rougeâtre foncé, tan- 
dis que ces parties sont d'un noir prononcé chez notre individu, 
nous n'hésitons pas à les regarder comme identiques; le nôtre, 
seulement d'après sa coloration plus noire uniforme, est incon- 
testablement plus adulte ; mais, contre les prévisions du docteur 
Smith, cette espèce, d'ailleurs si voisine de la veuve à épaulette» 
du Cap , en différerait essentiellement dans son plumage de 



.^6 REVDB zooLOGiyuE. {Févriev 18i6.) 

noces, d'après notre individu, par le non prolongement âe îth 
queue, et ce caractère la placerait alors, d'après la méthode, près 
du Jounoir, de VOrix, de Vlgnicolor, toutes espèces à courte 
queue se revêtant, comme elle, au printemps, d'un plumage ve- 
louté et tassé, et dont M. Lesson a fait son genre Oryx ou Pyro- 
melana (Bonap.), G. R Gray, p. 56, mauvaise dénomination 
toutefois, puisque le Jounoir et quelques autres qui en font 
partie sont jaunes et noirs et non rouges. 

Cette nouvelle espèce, intermédiaire aux vewtes et aux oryx, 
et qui semble le lien de ces deux petits groupes, qui devraient 
peut-être n'en former qu'un, nous a engagé à remonter à la 
source de ce genre veuve, et à indiquer quelques erreurs com- 
mises par plusieurs auteurs qui en ont parlé. 

Cuvier, en formant des veuves de Buffon un genre sous le nom 
de Vidua dans son règne animal , en définissait les espèces 
comme des oiseaux d'Afrique et des Indes à bec de linote, quel- 
quefois un peu plus renflé à sa base, remarquables en ce que 
quelques-unes des pennes ou des couvertures supérieures de 
leur queue étaient excessivement allongées dans les mâles. Vieil- 
lot, dansle N.Dicd'his. nat., article Fringille, section desFeuves, 
relève l'erreur de Cuvier, qui n'était qu'une répétition de celle 
de Buffon, et dit que chez ces oiseaux ce ne sont ni les couver- 
tures supérieures, ni une sorte de fausse queue qui ont ce déve- 
loppement remarquable, mais seulement les deux ou les quatre 
reetrices médianes, comme on peut le reconnaître chez les fleuves 
au collier d'or, à quatre brins, dominicaine et en feu, dont les 
reetrices restantes et fort courtes sont au nombre de dix lors- 
qu'il n'y en a que deux de prolongées, et de huit seulement lors- 
qu'il y en a quatre, cette queue étant toujours composée de 
douze pennes chez les veuves. 

Ici Vieillot commettait lui-même une erreur; car chez les es- 
pèces qu'il indique ci -dessus il n'y a effectivement que les deux 
ou les quatre pennes médianes de prolongées (caractère qu'il 
regarde comme particulier aux vraies veuves), leurs autres ree- 
trices formant une queue courte, coupée carrément ou simple- 
ment arrondie ; chez un certain nombre d'autres espèces au 
contraire , comme chez la Feuve à épaulettes de Levaillant, 
la Feuve chrysoptère (Vieillot), le Vellow shouldered oriole 
(Brown), dont il elle la description et la figure, et depuis Vieillot 



TRAVAUX INÉDITS. H7 

-cliez la fleuve parée de Lesson, chez îe Colins passer lorqualus 
de Kuppel , etc , ce ne sont pas les deux ou les quatre pennes 
médianes seulemeut qui sont prolongées , mais bien toutes les 
rectrices qui, par leur longueur et leur souplesse, forment alors 
une queue flottante et en panache, soit échancrée dans toute sa 
longueur, soit an contraire plus ou moins conique. 

Le docteur Smith, qui a exploré pendant plusieurs années l'A- 
frique méridionale, après la description de sa Fidua axillaris^ 
que nous nommerons Feuve aux aisselles brunes, dont il n'a 
pu recueillir que îe mâle en plumage incomplet, qu'il figure et 
qu'il a obtenu sur la côte sud-est , à sept ou huit cents milles du 
Cap, en Cafrerie. ajoute que « parmi les espèces assez nom- 
» breuses de veuves que fournit l'Afrique ou au moins qu'on 
» rapporte à ce genre , il est très-douteux que toutes doivent 
» continuer à en faire partie, que celles du Cap se rangent assez 
j> naturellement en deux sections indiquées par la nature de 
T» leur plumage et de leurs mœurs; les espèces de la première 
■D section ont leur plumage d'été , chez les mâles , soyeux et ve- 
» louté, ce qui n'existe pas chez celles de la seconde ; les pre- 
» mières se tiennent habituellement dans des lieux marécageux, 
» où elles trouvent leur nourriture et construisent leurs nids au 
» milieu des roseaux et des grands joncs ; celles de la seconde 
» section fréquentent surtout les lieux voisins de l'habitation de 
» l'homme, se rencontrent dans des localités arides, où l'on ne 
» voit que des broussailles clair-semées, et lorsqu'elles s'enlèvent 
» du sol où elles cherchent leur nourriture, elles se posent en 
» général sur les branches et les broussailles ; celles de la pre- 
» mière section ont en outre le bec plus fort à proportion et plus 
» allongé que celles de la seconde. » 

Puis il indique ces espèces comme ci-dessous : 



PREMIÈRE SECTION. 

1° Vidua longicauda, Cuv. 
2® Vidua lenocinia, Lesson. 
3° Vidua axillaris, Smith. 



SECONDE SECTION. 

1" Vidua legia, Cuv. 

2" Vidua serena, Cuv. 

S" Vidua superciliosa, Cuv. 



Non-seulement celte subdivision, basée sur des caractères tirés 
de la nature du plumage et de la différence des mœurs, nous pa- 
raît des plus naturelles et par conséquent des meilleures, mais 
elle peut encore servir à faire faire des rapprochements de plu- 
sieurs genres offrant ces mêmes caractères; ainsi, tandis que les 



38 REVUE zooLOGiQUK. (Février 1846.) 

veuves de la seconde division de Smith n'offrent chez les maîew 
en plumages de noces , ni les plumes veloutées et comnîe gau- 
frées, ni l'allongement de toutes les lectrices que l'on remarque 
chez ceux de la première , ni leurs habitudes marécageuses et 
leur nidification dans les roseaux, ni enfin leur bec assez robuste 
et en cône allongé, on retrouve chez d'autres oiseaux, africains 
comme elles, la réunion complète de tous ces caractères, sauf 
l'allongement de la queue; ces oiseaux cependant n'ont jamais 
été rangés avec elles ni même près d'elles. — Ce sont quelques 
espèces placées par Swainson dans son genre Ewplectes^ mais 
dont M. Lesson avait fait très-judicieusement son genre Oryx, 
prenant pour types le Loxia oryx, VIgnicolor et le Jounoir. 

En rapprochant les mâles en plumage de noces de ces espèces 
de ceux des veuves de la première section de Smith, on ne trouve 
chez les premiers d'autre différence que la non-prolongation de 
la queue; et lorsqu'à leurs caractères de similitude parfaite dans 
la forme du bec, des pattes, du plumage de noces, vient se 
joindre une entière conformité dans les habitudes marécageuses 
et la nidification dans les roseaux, on serait plus tenté d'en faire 
une subdivision des veuves , sous le nom de veuves à courte 
queue, qu'un genre particulier, et d'en séparer génériquement 
au contraire celles de la seconde division de Smith, dont les 
seuls rapports n'existent que dans une prolongation de la queue, 
prolongation qui n'est que partielle chez elles tandis qu'elle est 
générale chez les premières. 

M. Lesson , cofnme nous l'avons dit , frappé de ce plumage de 
noces velouté des Zoâ?^a oryx , ignicolor et jounoir , après en 
avoir formé son genre Oryx, le plaça immédiatement après le 
genre Veuve dans son traité. 

Swainson, dans sa classification of birds , reconnut les rap- 
ports naturels de tous ces oiseaux entre eux et avec les Tisse- 
rins , et leur donna le nom commun de Weavers , tisserands , 
laissant comme genre propre les tisserins, Ploceus (Guv.), et 
comme ses sous-genres , Vidua . Euplectes , ce dernier renfer- 
mant les Oryx de Lesson et quelques autres espèces ne présen- 
tant pas le même plumage de noces , et enfin Symplectes. Ce 
rapprochement de tous ces oiseaux tisseurs est des plus naturels, 
et nous sommes étonné que Swainson, qui déjà subdivisait dans 
sa classification les familles en sous-familles, n'ait pas créé celle 



THWAUX IlNKDirs. 3» 

des Ploceinœ pour ces quatre genres d'oiseaux tisseurs de nids 
formés uniquement de graminées entrelacées avec art, ayant 
tous leur entrée latéralement. Cette sous-famille, formée depuis, 
est adoptée dans le gênera de G, R, Gray ; mais nous y voyons 
avec surprise que ce savant , après y avoir rangé à côté du genre 
Ploceus et de quelques autres qui n'en sont que des démembre- 
ments , le genre Oryx sous le nom de Pyrotnelana ( Bonap. ) , 
rejette bien loin dans une autre sous-famille (celle des Cocco- 
thraustinœ ) , les genres Fidua et Colius-passer de Ruppel ( ce 
dernier ayant pour types les veuves à queue horizontale). 

Nous ajouterons qu'ayant reconnu , par suite de nos observa- 
tions sur ce groupe , que plusieurs espèces de veuves avaient 
reçu des noms différents de divers auteurs , nous allons indi- 
quer ces erreurs en rendant à chaque espèce son plus ancien 
nom comme c'est l'usage , ainsi : 

1° La veuve Chrysoptère , Fringilla Chrysoptera. V<"(Voy. 
nouv. Dict., vol. XII, p. 214; id., ois. chant., pi. 41), nommée 
encore Fidua chrysonotus Sw. West Afr., vol. YII, p. 178) du Sé- 
négal , n'est autre que le Loxia macroura, Gmel. Le Père noir à 
longue queue ou moineau du royaume de Juida (liuffon, pi. enl. 
183, f. 1 ; Cuv. , Règ. an., p 412), et doit prendre le nom de 
Fidua macroura Gmel. 

2^ Le Colius-passer torqualus de Ruppel Neue NVirbelthiere , 
p. 98, pi. 36, f. 2, d'A.byssinie , que ce savant présente comme 
nouveau en 1835, n'est autre que le Fringilla laticauda^ 
Lichtenst. ( Cat. des doub. du mus. de Berlin, p. 24 (e)), où il 
est décrit très-correctement comme de Nubie en 1823; — il 
doit donc prendre le nom de Fidua laticauda ( Lichtenst.). 

3*' Le Colius-passer flaviscapulatus Ruppel (Neue Wir bel., 
p. 98) , Fellow shouldered oriole Brown , Zool. illust. pi. 11, de 
Nubie et d'Abyssinie , est le Fringilla macrocerca Licht. catal. 
p. 24 (d) , et doit par conséquent prendre le premier nom latin 
de Fidua macrocerca Licht. Ce dernier auteur a eu le tort de 
lui donner pour synonyme le Loxia macroura de Gmelin ou 
Fidua macroura Nob,, autre espèce différant bien positivement 
de la Fidua macrocerca en ce qu'elle a le dos jaune, tandis 
que celle-ci l'a noir. 

Ces deux veuves, très -voisines par leur coloration noire à épau- 
lettes jaunes et quelques autres caractères de forme, ont été con 



40 REVUE zoOLOGigoE. [Février 1846.) 

fondues par les auteurs qui n'ont point fait attention à la cou- 
leur du dos; de plus, l'une est du Sénégal et de la côte ouest 
d'Afrique , tandis que l'autre est de Nubie et d'Abyssinie. 

Nous essayerons, dans le premier numéro, une monographie 
du genre Vidua tel que nous le comprenons. 

SuK l'oiseau décrit et figuré par BufTon sous le nom de Merle 
de la Chine , pi. enl. 604. — Turdus perspicillatus , Gmel. 

Lorsque M. Lesson forma son genre Garrulax dans le voyage 
aux Indes de Bellanger , sur l'oiseau de l'Inde connu sous le nom 
de Cornus leucolophus Latham, Pica leucolophus \A/agler^ 
Garrulax Bellangeri Lesson , il supposa que l'oiseau figuré 
dans les planches enluminées de Buffon, n'^ 604 , sous le nom de 
Merle de la Chine, et décrit par Gmelin et Temminck sous 
celui de Turdus perspicillatus , n'était peut-être qu'une figure 
défectueuse du Garrulax de Bellanger, ou peut-être une livrée 
de jeune âge de cet oiseau. 

M. G. R. Gray ayant adopté cette idée, cite dans son Gênera 
ofbirds, comme type du genre Garrulax de Lesson, le Turdus 
perspicillaius Gmel. , Merle de la Chine , Buff. pi. enl. 604 , et 
comme synonyme Garrulax Bellangeri Lesson. Ce dernier 
nom eut dû être cité et précédé de ses vrais synonymes Corims 
leucolophus Lath. , Pica leucolophus Wagler. 

Le Merle de la Chine, ip\. en]. GO^, Turdus perspieillatus Gmel., 
constitue positivement une autre espèce bien différente que 
nous po-^sédons et à laquelle la description du T. perspicillaius 
G m. et la figure du Merle delà Chine, pi. enl. 604, conviennent très- 
bien. Cette espèce, effectivement, loin d'avoir la tête, la huppe, 
le cou et la poitrine d'un beau blanc et le reste du plumage d'un 
brun-cannelle vif, a, chez l'individu que nous possédons comme 
sur la figure de Buffon et dans sa description , la tête qui n'est 
point du tout huppée, le cou et la poitrine d'un gris sombre, avec 
une bande frontale enveloppant les yeux et s'étendant jusqu'aux 
oreilles, d'un noir mat; le gris sombre du cou se fond insensi- 
blemeiit en dessus avec le brunâtre enfumé du dos et des ailes, 
et en dessous avec la teinte ocreuse pâle qui recouvre l'abdo- 
men et devient rousse sur les sous- caudales. La queue est d'un 
noir mat avec les deux rectriccs médianes dans tonte leur Ion- 



TRAVAUX INEDITS. 41 

gueur et la base externe des autres d'un brun enfumé, tous ca- 
ractères de décoloration parfaitement en rapport avec la figure 
et surtout la description du Merle de la Chine de BufTon , sauf la 
nuance des sous-caudales, jaune dans la figure, mais décrite 
comme rousse. Les pattes sont d'un brun livide et le bec couleur 
de corne. 

Le Garrulax perspicillatus que nous venons de décrire, quoi- 
que d'une coloration entièrement différente de celle du G. leu- 
colophuSy G. Bellangeri , offre néanmoins les plus grands rap- 
ports de forme et de proportions avec lui au premier abord. 
Cependant, outre l'absence de huppe, il en diffère par la forme 
de son bec, qui est plus fort, moins comprimé, moins fendu et 
plus arqué en dessus dans sa longueur, et ces différences no- 
tables sont bien suffisantes pour éloigner toute idée de rappro- 
chement spécifique entre ces deux oiseaux. Kotre G. perspicil- 
latus est long de 2Q centimètres étant monté. 

Nota. — Dépuis la rédaction de cet article et du précédent, 
dont une maladie assez grave que nous venons d'éprouver nous 
a fait retarder la publication, en parcourant la Revue zoologique, 
nous y avons vu, année 1840, p. 163, que M. Lesson, donnant 
une liste nominative des espèces qu'il admet dans son genre 
Garrulax^ y reconnaît la différence spécifique de son G. Bellan- 
geri et du Turdus perspicillatus, qu'il désigne sous le nom de 
G. sinensis Lesson, et qu'il les présente comme espèces distinctes. 
Notre article devenait donc par là moins utile, et nous avons été 
tenté d'en omettre la publication ; mais comme il fait connaître la 
synonymie erronée du genre Garrulax dans la List of gênera 
de G. R. Gray, que d'ailleurs nous y donnons une description 
exacte et détaillée du Turdus perspicillatus piise sur la nature, 
ces considérations nous paraissent d'une utilité suffisante pour 
en donner connaissance aux ornifholoaistes. 



Notes ornitbologiques, par M. F. de Lafresnaye. 

Dans le précédent numéro de la Revue, M. le docteur Hart- 
laub, d ns un article ayant pour litre Notices et rectifications 
synonymiques, cite quelques espèces nommées par nous et qui 
l'auraient déjà été auparavant. Deux motifs en ont été la cause : 



42 RKVUE ZOOLOGIQUE. [Février 1846.) 

1" la difficulté , je dirai presque l'impossibilité de pouvoir se pro- 
curer tous les journaux, feuilles et travaux partiels qui se pu- 
blient chaque jour à l'étranger, et qui sont infiniment plus 
nombreux en Allemagne et en Prusse qu'en France. Ainsi, en 
nommant Diceum Leclancherii (Revue 1845, p. 94) une espèce 
rapportée récemment des Célèbes par M. Léclancher, chirurgien 
de marine, et que nous ne trouvions décrite dans aucun des au- 
teurs et des voyages connus, nous ignorions entièrement que, 
dans un petit travail intitulé Verhand. Timor ^ par Salomon 
Muller, cet auteur l'eût déjà nommé Dicœum celebicum. 2» Un 
second motif nous a fait nommer de nouveau dans la Revue, ce 
qui serait bien moins excusable, une espèce déjà nommée l'année 
précédente dans la même Revue par le docteur Hartlaub ; ce 
motif est que ce savant place quelquefois des espèces dans des 
genres tout difïerents de ceux où nous croyons qu'elles doivent 
être rangées et où nous les plaçons nous-même , ce qui naturel- 
lement nous fait négliger d'en relire la description , ne pensant 
pas y retrouver notre espèce, de genre tout à fait différent. Ainsi, 
en décrivant dans la Revue de 1845, p. 367, un Crinon de 
l'inde sous le nom de Trichophorus caniceps, nous étions loin 
de penser que c'était le même oiseau que le savant docteur avait 
décrit dans la Revue (1844, p. 101), sous le nom d^Iœos [tri- 
chixos)phœocephalus. Les caractères génériques des genres TYi- 
chixos et Trichophorus sont tellement différents, qu'il faut que 
le docteur n'ait jamais vu une espèce du genre Trichixos de 
Lesson pour y avoir placé notre Trichophorus caniceps ; car le 
premier se distingue par des pattes robustes avec des tarses de 
longueur moyenne, mais forts, et des doigts longs et robustes ; par 
un bec comprimé, droit d'abord, n'étant courbé ou plutôt crochu 
qu'à son extrémité, dans le genre d'un bec de tyran ou de pie- 
grièche, et par un ensemble de formes bien plus analogue à celui 
des vraies Turdidées ou Lanidées , d'après son bec crochu, 
qu'avec les Ixodinœ. Le second, ou Trichophorus, est au con- 
traire remarquable par la brièveté et la petitesse de ses tarses et 
de ses doigts, par un bec arqué en dessus dans toute sa longeur 
et non crochu au bout, et enfin par les poils allongés que l'on 
aperçoit à l'extrémité des plumes de la nuque et du cou, ce qui 
ne se voit nullement sur le Trichixos pyrrhopyga , type du 
genre, et que nous possédons. Le docteur, dans la description 



TRAVAUX liNÉliirS. 43 

succincte de son Trichixos phœocephaîus , indique lui-même 
une partie des caractères génériques du genre Trichophorus par 
ces mots : a Setis nonnullis nuchalibus, satis elongatis, lenuis- 
» simis... et pedibus gracilibus. » Les Crinons de l'Inde ont en 
général, avec un plumage varié d'olivâtre, de jaune et de gris, 
les poils allongés de la nuque moins apparents que ceux des Cri- 
nons d'Afrique, dont un est figuré dans la pi. col. de Temminck, 
elnotre Trichophorus de l'Inde réunit ces caractères de plumage 
et de légers poils à la nuque. 

L'erreur de genre commise par le docteur Hartlaub a donc 
causé notre erreur de synonymie, et , tout en restituant au tri- 
chixos phœocephaîus (Hartlaub) sa vraie place générique , qui 
est dans les Crinons Trichophorus , nous n'hésitons pas à adop- 
ter son nom spécifique comme plus ancien que le nôtre, et notre 
Trichophorus caniceps deviendra Trichophorus (de l'Afr.) 
phœocephaîus (Hartl.) 

Dans la même notice, p. 3, nous retrouvons encore une sem- 
blable erreur de classification générique. Ainsi le docteur Hart- 
laub, dans sa liste des espèces du genre Lipangus, y décrit, sous 
le nom de Lipangus hypopyrrhus, Ampelis hypopyrrha V^t^ 
un oiseau qui , depuis longtemps , figure dans notre collection 
sous celui de Ptilochloris hypopyrrhus^ genre dont il réunit 
effectivement tous les caractères. Ces caractères consistent : 
1 *' en des tarses assez élevés avec des pieds syndactyles où le 
doigt externe est soudé au médian jusqu'à la base de la dernière 
phalange, comme chez les manakins et autres ; 2° en un bec 
qui , quoiqu'élargi à sa base , est plutôt comprimé qu'élargi 
dans toute sa longuenr ; 3' en une queue ou courte ou mé- 
diocre, etc. 

Chez les Lipangus ou Lathria, nous trouvons au contraire 
des tarses remarquablement courts avec des pieds non syndac- 
tyles , une queue visiblement longue et un bec en général élargi 
dans toute sa longueur et se rapprochant en cela de celui des Piau- 
haus et de certains Cotingas. 

Mais un trait bien frappant et qui n'aurait pas dû, ce nous 
semble, échapper à l'observation d'un ornithologiste tel que le 
savant docteur, c'est celui qui se remarque dans la coloration de 
cet oiseau, coloration qui fournit souvent, chez les oiseaux, des 
indices de rapprochements les plus naturels. Le docteur Hart- 



44 RKVUK zooLOGiQUK. {Février 1846.) 

ïaub effectivement, dans sa description, indique des taches d'un 
fauve clair cerclées de noir à l'extrémité des tectrices alaires, y 
formant une double bande et terminant encore les rémiges ter- 
tiaires et les rectrices. Cette particularité de coloration , assez 
rare vu la grandeur de ces taches couleur de rouille cerclées de 
noir, se retrouve absolument semblable chez l'espèce type, le 
Plilochloris arcuatus, et y forme de même, sur son aile verte, 
une double rangée de grandes taches oculées , ce qui nous fit , 
dès le premier abord , rapprocher et comparer ces deux oiseaux, 
avant d'avoir reconnu leurs rapports génériques de pieds syndac- 
tyles , de bec, queue, etc. 

Nous pensons donc que le Lipangus hypopyrrhus (Hartlaub) 
doit prendre rang dans le genre Plilochloris (Swainson) sous le 
nom de Plilochloris hypopyrrhus {A.mpelis hypopyrrha) Vof. 



Description de quelques espèces nouvelles d'oiseaux de l'Al- 
gérie , par M Alfred Malherbe (de l'île Maurice}. 

Pica mauritanica. — P. regione ophthalmicâ, infra etpostea 
oculos, cœrulea nigricante et plumis tota denudatâ ; gulâ, jn- 
gulo , pectore , ventre , collo , dorso , tergo , uropygio et caudse 
tectricibus superioribus nigerrimis ; capite nigro ad virescens 
vergente ; epygastrio inferiore scapularibusque pure niveo albis ; 
alarum tectricibus superioribus totis ac remigibus extus et apice 
aeneo-virescentibus , intus pure albis, nigro terminatis; secun- 
dariis cyaneo resplendentibus ; rectricibus omnibus subtus totis 
nigris , supra aeneo viridibus , ante apicem metallice purpurino- 
violaceo resplendentibus, intùs virescenti-nigricantibus ; rostro 
pedibusque nigris (Malh. 1843; Catal. des oiseaux observés en 
Algérie ; Bulletin de la Soc. d'hist. nat. de la Moselle). 

Cette nouvelle espèce de Pie que j'ai reçue de l'Algérie en 
1843, ressemble, au premier aspect, à notre pie commune d'Eu- 
rope (Buff. pi. enl. 488 ) ; mais elle en diffère par les caractères 
suivants : 1" au-dessous et en arrière de l'œil , la peau est entiè- 
rement nue et d'un bleu foncé. Cet espace nu s'étend jusqu'à 
18 millimètres en arrière de l'œil et à 6 ou 8 millimètres au- 
dessous ; 2° La bande blanche de l'abdomen qui , dans notre 
pie commune d'Furope , a 7 à 9 centimètres de hauteur et couvre 



TRAVAUX INÉDITS. 45 

Tépigastre ainsi que la moitié du ventre , n'a que 4 à G centimè- 
tres de hauteur chez la pie de Mauritanie , le blanc ne couvrant 
que le bas de l'ëpigastre et le haut du ventre ; 3° Le bec est un 
peu plus long ; les doigts beaucoup plus longs et plus forts dans 
l'espèce d'Algérie ; 4° Elle a plus de blanc aux scapulaires ; 
5° L'aile enfin paraît constamment plus courte. 

Cette pie est commune aux environs d'Oran, et les Arabes en 
apportent souvent au marché de cette ville. Elle paraît rare dans 
la province de Bone. 

Long, totale de plusieurs sujets adultes , 49c. 6m. et 47c. 

5 mill. 
Id. du bec depuis l'angle 4 cent. 

— de l'aile ployée . 6 c. et 6 c. 5 m. 

— de la queue 25 c, 3 mill. et 

27 c. 3 m. 

— du tarse 4 c. 3 m. 

Parus Ledouci. — P. pileo toto , nuchâ guttureque nigris ; 

coUo laterali, macula occipitis, pectore abdomineque toto flavis; 
dorso cinereo-olivaceo ( Malh. 1842 j Catal. des ois. obs. en 
Algérie ; Bulletin de la soc. d'hist. nat. de la Moselle ). 

La mésange Ledoux, que Ton a confondue avec le Parus 
ater, quoiqu'elle en diffère beaucoup tant par sa taille moindre 
que par le jaune qui colore ses parties inférieures et les côtés du 
cou, a le sommet de la tête et la nuque d'un noir à reflets oli- 
vâtres; gorge et devant du cou d'un noir profond ; une très- 
large bande d'un jaune serin sur la partie latérale du cou. Le 
noir du devant du cou ne rejoint pas celui de l'occiput comme 
cela a lieu dans le Parus ater. Un espace jaune existe sur le 
milieu de la nuque; parties supérieures d'un vert cendré oli- 
vâtre , plus clair sur le croupion ; deux bandes transversales 
blanches sur les ailes ; flancs gris-jaunâlre ; abdomen jaune 
serin; queue plus fourchue que dans le Parus ater ; iris brun 
foncé. 

Le sujet que j'ai reçu de la province de Bone est une femelle. 

Long, totale 11 cent. 

— du bec, depuis l'angle le. 

— de l'aile ployée 5 c. 9 mill. 

— de la queue '. . . . 4 c. 3 m. 

— du tarse 1 c. 5 m. 



46 REVUE zooLOGiQDE. {Février i846.) 

Je dois cette jolie espèce à l'obligeance de M. Ledoux, officier 
du génie dans la province de Bone , auquel je l'ai dédiée. Cet 
officier qui s'occupe d'histoire naturelle avec un grand zèle et 
avec succès , a pris , le 16 avril 1842 , cette mésange dans un nid 
profond de quinze centimètres, pratiqué en terre dans la forêt 
de Lédoug. 

Parus cœruleanus. — P. fronte, collo ad latera pure albis; 
vertice nigerrimo , caeruleo obscure lavato , et lineâ albâ parvis- 
simâ, circum marginatâ; mento, gulâ, nuchâ, vitta supra oculos 
ad nucham ductâ , colloque inferiore nigerrimis; pectore flavo ; 
epigastrio , ventre crissoque flavis-olivaceis , plumis ad basim 
nigricantibus ; dorso toto , tergo , uropygio , caudâ et alis caeru- 
leis; remigibus primariis intùs brunescentibus (Malh. 1842 ; Catal. 
des ois. obs. en Algérie, Bull, de la soc. d'hist. nat. de la Mo- 
selle ). 

La mésange à dos bleu a le front , les sourcils et les tempes 
d'un blanc pur ; sommet de la tête d'un noir profond à reflets 
bleuâtres , et entouré d'un cercle blanc très-étroit qui , partant 
du front, se réunit à l'occiput. Le menton et la gorge sont d'un 
noir profond qui forme un espace triangulaire et de chaque côté 
part une bande noire qui , se réunissant à la nuque , y forme 
un assez large espace noir glacé de bleuâtre. Toutes les parties 
supérieures sont d'un joli bleu cendré plus vif sur la queue et 
les rémiges secondaires ; les rémiges primaires sont brunes sur 
leur rebord interne , et leur rebord externe est bleu dans les 
deux tiers de la longueur, puis blanc vers l'extrémité; les 
grandes tectrices et les rémiges secondaires sont bordées de 
blanc à leur extrémité; la poitrine est d'un jaune assez vif, le 
reste des parties inférieures est d'un jaune plus pâle et olivâtre 
sur les flancs et les couvertures inférieures de la queue ; la base 
des plumes des parties inférieures étant d'un noir cendré , on 
aperçoit quelquefois une ligne noirâtre au milieu de l'abdo- 
men , ainsi que cela a lieu dans plusieurs espèces de mésanges ; 
bec et pieds noirâtres ; ongles d'un cendré brun. 

Cette mésange , que M. Ledoux m'a envoyée de la province 
de Bone, y paraît peu rare à l'automne à l'époque du passage ; 
elle a été confondue avec le Parus cœruleus dont elle se dis- 
tingue facilement toutefois, 1° par sa taille plus petite, de 10 à 
15 millim. ; 2^ Taile n'ayant que 6 cent., tandis qu'elle a 7 à 8 



TRWADX mÉDITS. 47 

millim. de plus chez le P. cœruleus ; 3° par le noir de sa tête et 
de son collier qui sont d'un joli bleu clair chez le Cœruleus ; 
4" enfin par le bleu cendré uniforme du dos et du croupion qui 
sont d'un vert olivâtre chez le Cœruleus. 



Note monographique sur le genre Dicée, par M. le D' Hartlaub, 
de Brème. 

1. D. hirundinaceum, Lath. — Sylvia hirundinacea et S. ru- 
bricoliis, Lath. — Pipra gularis , Lath. — Pipra Desmarestii, 
Leach. — Malurus hirundinaceus, Vieill. — Pardalotus gularis, 
Less. Compl. viii, 327. — Die. pardalotus, Cuv. — Die. atro- 
gaster, Less. — D. sanguineum, Swains. Classific. ii, p. 330, etc. 
Nouvelle- Hollande. 

2. £>. celebicum^ S. Mûller , Verhandel. Tim. p. 162. — D. Le- 
clancherii, Lafresn. Celebes. 

3. D, Maclotii, Temm. Timor. 

4. D. sanguinolentum, Temm. Java. 

5. D.papuense, Lath. — Le manicor, Buff. — D. rubriventer, 
Less. Nouv. Guinée. 

6. D pectorale, S. Mûller, 1. c. Nouvelle-Guinée. 

7. D. erythrothorax, Less. Bourou. 

8. D. cantillans, Lath. — D. croceoventre, Vig. Life ofSt. 
Rafïles, app. p. 673. Java, Sumatra, Malacca, China. 

9. D. erythronotos, Lath, — Certhia cruentata, L. — Dicaeum 
cruentatum , Horsf. — D. rubricapillum, Less. — Melliphaga 
erythron Ranzani, Elem. m, p. 49. Java, Malacca , China , 
Assam, etc. 

10. Z?. rubescens, Vieill. — Nectarinea rubro-cana, Temm. — 
Myzomela rubroc. Less. — Certhia erythropygia, Lath./» — Die, 
erythropygium, Steph. et Dûm. Java, Sumatra, Banda. 

11. D. rubrum^ (Gm.) Dûm. — D. atripes, Vieill. — D. scarla- 
tinum, Schintz, Vœg. t. 74. Patrie ?. 

12. D. chrysorhœum, Temm. Java. 

13. D. concolor, Terd. Madr. Journ. 1840, p. 227. — Necta- 
rinea minima, Tickell, Journ. As. Soc. of Beng. ii, p. 576(2). — • 
Die. Tickelliœ, Blyth. Ann. and Mag. of Nat. Hist. Nr. 76, p. 167. 

14. D. flavipes, Vieill.— Certhia grisea, Lath. — C. tœniata, 
Shaw. —Die. tœniatum, Steph. La Chine. 



48 REVUE zooLOGiQUE. {Février 1846.) 

15. D, Maugeiy Less. Timor. 

10. D. pygmœum^ Rittl. Mem. etc. de St-Pétersb. Sav. Etr. II, 
p. 9, t. 2. Luzon. 

17. D. cinereum, Kittl. Kupfert. Vœg. I, t. 8. — Drepanis ci- 
nerea, id. Mem. Sav. Etrang. Acad. St.-Pétersb., II, p. 4, t. 5. 
Ualan : îles Carolines. 

18. D (?) aterrimum, Less. Patrie? 

Le Dicœum niger, Less., oiseau de la famille des Miiscicapi- 
dëes, est à présent : VHylocharis niger, Sal. MûUer, Verhand. 
Tim., p. 162. 

Le Dicœum ignicapillum, Eyton, Proc. 1839, p. 105, n'est 
autre que le Pardolotus percussus, Temm. 

Le Dicœum rufescens, Vieill., est à présent Sylvietta crom- 
bec, Lafren. 

Le Dicœum borbonicum ^ Steph. (D. chloronothos, Vieill.) est 
un Zosterops. 

Le Dicœum conspicillatum, Kittl., est un Zosterops. 

Le Dicœum flavum, Kittl., est un Zosterops. {Sylvià palpe- 
brosa, Temm. — Sylvia flava, Meyen, Act. Leopold., XVI, suppl. 
p. 79.) 

Le Dicœum flavum, Horsf.. est un Zosterops. 

Le Dicœum saccharinum, Eyton, Proc. 1839, p. 105. Je ne 
sais pas ce que ce peut être. Une Certhia saccharina, Lath.^ 
n'existe pas, et le « Saccharine Creeper » du même auteur {Cin- 
nyris saccharina^ Steph.) appartient à un autre genre et provient 
de l'Afrique. C'est le sucrier figuier de Levaillant. 



Description de plusieurs Animaux Mollusques bivalves, soit 
nouveaux ou incomplètement connus. Par M. M.-C.-A. Récluz, 
pharmacien à Vaugirard (Seine). Suite. 

N» 3. Tellina crassa. (Pennant, Lamarck.) 
La connaissance de l'animal de cette telline nous donne l'oc- 
casion d'examiner si le genre Arcopagia de Leach doit être 
adopté ou rejeté, et si l'animal de la Tellina crassa n^a en réa- 
lité qu'une seule branchie. 

M. le capitaine Thomas Brown nous apprend dans ses Illustra- 
tions of the Conchology of Great Britain and Ireland{\%21) 
pi. 16, que Leach avait formé, dans ses manuscrits, un genre y^rca 



TRAVAUX lîMÉDirS. 49 

pagia avec la Tellina crassa de Pennant. M. Brown a adopté c« 
geure sans expliquer sur quels caraclcresson auteur l'avait fondé, 
et lui a associé ]es yimphidesma varie gâta, Lamck, et reticulata^ 
Sowerby, par la seule raison, sans doule, d'une même conforma- 
tion dans l'impression pallëale. Mais, comme la charnière de ces 
deux dernières espèces est pourvue d'une fossette ligamentaire, 
dont la coquille de Pennant est privée, il s'ensuit qu'elles doi- 
vent être rejetëes du genre de Leach , qui se trouve alors réduit 
à sa seule espèce typique. Ce genre n'est donc connu que par le 
nom et la figure que Brown en a publiés. 

Si nous recherchons dans les caractères de la coquille ceux qui 
ont dû déterminer Leach à isoler génériquement cette espèce des 
autres Tellines, nous ne voyons guère que des caractères que l'on 
peut considérer plutôt comme spécifiques que comme généri- 
ques. Ces caractères sont la forme générale ovale suborbiculaire, 
l'épaisseur des valves, l'effacement du pli caractéristique des 
valves, la figure particulière et remarquable de l'excavation du 
manteau , l'angle de ce sinus bien plus grand que sur les autres 
coquilles de Telline, les impressions des muscles adducteurs sub- 
similaires, et plus imprimées qu'à l'ordinaire. Mais, quant à la 
charnière, c'est celle de la généralité des Tellines à l'état complet. 

Ces caractères sont-ils suffisants pour éliminer la Tellina 
crassa du genre Telline ? 

Le genre Telline de Lamarck présente des modifications 
tellement variées dans les coquilles qui le constituent, qu'on 
peut le regarder comme l'un des plus remarquables sous ce 
rapport. 

Ainsi , la charnière qui , dans l'état le plus complet , se com- 
pose, sur chaque valve, de deux dents subapiciales, dont une 
fendue et l'autre simple, et de deux dents latérales, se trouve, 
par suite d'avortements naturels ou accidentels dans les dents 
«ardinales, réduite à une dent sur chacun des battants, tandis 
que l'autre en a deux , ou à une seule sur chaque valve, ou toutes 
les deux privées de ces dents. Ce dernier cas est fort rare et le 
résultat d'accidents. Parfois les deux dents sont simples sur cha- 
cune des valves. Les exemples de ces variations sont si fréquents, 
qu'il serait superflu d'en donner des preuves. — Les dents laté- 
rales manquent naturellement sur beaucoup d'espèces , et c'est 
«n raison de ce fait que les coquilles de cette catégorie ont et» 
Tome IX. Année I84G. 4 



50 FŒVUE ZOOLOGIQUE, [Février 1846.) 

classées dans d'autres genres. Témoins la Tellina fragilis de 
Linné, que Lamarck a classée dans deux genres différents, La 
variété océanique est sa Petricola ochroleuca^ et la variété mé- 
diterranéenne sa Psammothea tarentina. Telle est encore sa 
Psammohia cayanensis, qui n'est qu'une véritable Telline fort 
voisine de la précédente, etc. 

La position du ligament , tout à fait extérieure sur îa presque 
totalité desTellines, se montre, sur la Tellina edentula de Spen- 
gler, tellement enfoncée dans les nymphes, qu'il paraît peu à l'ex- 
térieur. Il est logé dans une excavation creusée dans l'épaisseur 
du bord cardinal , excavation ressemblant presque à celle de la 
fossette des Lavignons et des Syndosmyes , mais en différant en 
ce que sa cavité s'étend largement au dehors derrière les crochets. 
Cette singularité dans la position du ligament de cette espèce a 
porté Lamarck, qui en possédait un bel exemplaire, à la classer 
dans ses Lutraires (section des or bicul aires), à lasuitede sa Luira- 
ria Piperata, sous le nom de Lutraria tellinoides. M. Schu- 
macher, suivant à peu près cette indication, l'a conservée à la 
suite de ses Scrobicularia (Lavignons, Cuvier), dans une section 
inférieure, sous le titre de Scrobicularia Spengleri. 

Les impressions musculaires sont aussi sujettes à changer de 
figure selon les espèces. Ainsi, sur la plus grande partie des Tel- 
lines, ces impressions sont dissimilaires. L'antérieure oblongue 
(Tellina remies, tenuis, depressa, donacina, e/c.) ou ovale (Tell, 
fabula], ou presque linéaire (TelL zonaria), etc. La postérieure 
arrondie et prolongée en pointe droite au sommet (Tell, remies^ 
fabula), ou courbe (Tell, depressa), ou réniforme (T. tenuis)^ 
ou ovale arrondie (Tell, zonaria) ou arrondie (Tel donacina) ; 
enfin, sur la Tellina lingua felis et edentula, l'antérieure est ré- 
niforme et la postérieure longuement prolongée en bandelette 
falciforme. 

Vexcavation du manteau varie le plus souvent en raison de 
la forme des coquilles. Les espèces ovales et oblongues trans- 
versalement ont cette excavation ovale ou oblongue-trigone ; sur 
celles qui sont plus étroites et arrondies , cette excavation est 
trigone, et, sur quelques-unes, la Tellina remies, par exemple, 
ce triangle commence à s'élever vers le centre des valves, de 
telle sorte que l'angle du manteau est plus large que sur les es- 
pèces oblongues ou ovales. Enfin , sur d'autres espèces, plus ar- 



TRAVAUX INÉDITS. 51 

rondies, ce sinus se modifie tellement , qu'il atteint tout à fait 
la forme de celui de la Tellina crassa, témoin la Tellina scabi- 
/m/a et surtout là Tellina r adula Vh'iWppi, En. moll. Sicil, vol. I, 
pi. B, fig. 18 (Lucina r adula, mus. Berolin,). 

Le Tpli 'postérieur des Tellines, très-marqué sur les Tellina 
remies^ sulcata, ostracea^ scabinata, virgata, radiata, ros- 
irata, sulphurea^ foliacea, etc., etc., tend à s'effacer de plus en 
plus sur les Tellina tenuis, solidula , carnaria , balaustina, 
pisiformis, etc. 

D'où il suit que nous voyons, parées exemples, les caractères 
principaux du genre varier à tel point, que, si l'on ne reconnais- 
sait toujours l'un de ces caractères représentés sur les espèces 
sujettes à ces changements , il serait fort difficile de conserver la 
T. crassa dans le genre Telline. 

Il n'est donc pas nécessaire de maintenir ce senre Arcopagia 
par rapport aux coquilles. En est-il de même par rapport aux 
animaux ? 

Lorsque nous avons examiné cette question , dans notre ma- 
nuscrit sur les coquilles de la France, nous ne connaissions de l'a- 
nimal de la Tellina crassa que les documents suivants, recueillis 
sur un de ces mollusques desséché dans sa coquille : deux si- 
phons raccourcis, disjoints, non annelés ; un pied semblable à 
celui des Tellines ou lancéolé ; le manteau très-mince et fine- 
ment frangé dans son contour ; quelque chose ressemblant à des 
branchies très-larges , mais dont la fragilité nous avait empêché 
d'en reconnaître le nombre. Depuis, M. le rédacteur du feuille- 
ton scientifique du Constitutionnel nous a appris (voyez le Con- 
stitutionnel du 4 août 1845) le fait suivant, extrait d'un mémoire 
de M. Valenciennes , lu , à l'Institut de France, en juillet de la 
même année. 

« M. Valenciennes a montré à l'Académie des Sciences qu'il 
«xiste des mollusques qui ne possèdent qu'une seule branchie 
au lieu d'en avoir deux , caractère qu'on crovait appartenir à ce 
groupe, et qu'on regardait comme absolu. Cette découverte 
avait été faite sur des animaux venant de l'Inde ou d'Amérique. 
Parmi les espèces qui présentaient cette particularité (organique, 
une seule, appartenant à la Méditerranée, était de très-petite di- 
mension. Cette circonstance pouvait expliquer, jusqu'à un cer- 
tain point, pourquoi le fait important dont nous parlons avait 



52 REVUE zooLOGigoB. {Février 1846.) 

échappé jusqu'à ce jour aux observateurs (1). Aujourd'hui, M. Ya- 
lenciennes annonce avoir trouvé une disposition toute semblable 
dans une espèce, la Tellina crassa, qui habite les côtes de la 
Manche. » 

L'annonce de ce fait, relativement à la Tellina crassa, dont 
nous examinions à cette époque les caractères, piqua vivement 
notre curiosité. Nous présumions alors que, s'il venait à être con- 
firmé, il serait possible, en le joignant au caractère du grand rac- 
courcissement des siphons, à l'absence des anneaux sur ceux-ci, à 
la forme particulière de l'excavation du manteau et à l'absence du 
pli caractéristique des Tellines , que le genre Arcopagia pourrait 
avoir quelques chances de succès, principalement si, à ces carac- 
tères, venaient s'en ajouter d'autres dans l'organisation animale. 

Tel était, pour nous , le nœud de la question , lorsque une cir- 
constance heureuse vint nous aider à la résoudre. Ayant reçu de 
Saint-Malo, par les soins de M. Regnauld , la Tellina crassa de 
Pennant avec son mollusque dans un état parfait de conserva- 
tion , contenu dans un flacon rempli d'alcool , il nous a été pos- 
sible d'en étudier l'organisation extérieure et d'en donner une 
description détaillée, que voici : 

L'animal de la Tellina crassa est ovale transverse , arrondi 
sur les côtés , comprimé sur les deux faces et d'une couleur fauve 
très-pâle. 

Son manteau^ très-mince , ouvert dans les 2/3 de son contour 
antérieur, est bordé d'un muscle circulaire divisé en deux cor- 
dons par un sillon transversal et profond ; le cordon supérieur, 
très-lisse, est bordé au-dessus par des stries rayonnantes très- 
fines et très-rapprochées ; l'inférieur est sculpté de stries sem- 
blables à sa surface et garni au-dessous de cirrhes tentaculaires 
courts, oblongs et obtus. Ces cirrhes se continuent jusqu'à cinq 
millimètres au-dessus des muscles adducteurs , c'est-à-dire jus- 
qu'à la place où les deux bords du manteau viennent se rappro- 
cher et se souder en formant un angle aigu. Vers le tiers posté- 
rieur du manteau existe une cloison longitudinale formée d'un 
faisceau de fibres musculaires s'étendant obliquement en avant 
et s'épanouissant en un muscle rétracteur en forme de palette 

(1) Excepté à Poli qui, dans ses Testacea utr. Sicil., vol. I. p. 47, à la partie anat©- 
mlque du corps de l'animal de sa Tellina lactea, dit : Branchies tetragronce, amplit- 
timœ... unilobœ, etc., c'est-à-dire, uniques sur chaque côté du corps. 



TRAVAUX INÉDITS. 53 

oblongue, agréablement striée dans le sens de sa longueur. Ce 
muscle, qui est traduit sur le centre interne des valves, laisse entre 
lui et l'impression des bords du manteau un espace, nommé angle 
du manteau, qui n*est pas représenté sur la coquille aussi grand 
qu'on le voit dans le développement complet, car, dans ce cas , 
cet angle est plus ouvert et son côté postérieur niieux arrondi. 
Dans le repos du mollusque, les bords du manteau se contractant 
sur le centre , on conçoit alors que cet espace doit diminuer en 
hauteur. Cette cloison ainsi que les bords postérieurs et libres du 
manteau forment en. arrière une sorte de poche dans laquelle 
les siphons viennent se nicher dans leur retrait. 

Les siphons soudés avec cette cloison se sont présentés à nous 
inégaux et n'ayant guère plus de deux centimètres de longueur ; 
mais, comme ils étaient ridés concentriqucment, nous devons 
supposer qu'à l'état vivant ils doivent s'allonger un peu plus, sans 
cependant égaler ceux des autres Tellines, d'un diamètre égal à 
celui de la Tellina crassa. Tels que nous les avons examinés, ils 
ne portaient aucune trace d'anneaux concentriques. L'inférieur 
ou branchial , un peu plus long , subcylindrique , à orifice cré- 
nelé par des crénelures profondes et à dents arrondies; le supé- 
rieur ou anal , un peu plus court , conique et terminé en une 
petite pointe aiguë, manquait de crénelures à son extrémité. 
A leur origine, ces deux tubes, éloignés de quatre millimètres 
l'un de l'autre , mais se touchant dans leur contraction , ne pré- 
sentaient aucune trace de gaine, ni de crête garnie de cirrhes , 
comme sur beaucoup d'autres espèces de Tellines. 

Le pied est grand , transversal , oblong , épais , d'un fauve 
rosâtre assez foncé, subanguleux le long de son centre et à bords 
tranchants. 

En renversant au-dessus du dos les bords du manteau, on 
aperçoit une très-grande branchie, presque carrée, plissée obli- 
quement et irrégulièrement de haut en bas, striée dans le 
même sens, à marge inférieure unie et arrondie sur son tran- 
chant, longue de 21 millimètres et large d'autant. Cette bran- 
chie est si grande qu'elle masque tout le corps de Tanimal 
et une partie de son pied. Elle est soudée avec sa correspon- 
dante à leur partie postérieure et au-dessus de la partie infé- 
rieure du pied. C'est en effet la seule branchie qui se montre à 
rinttaut; mais, en relevant le manteau un peu plus haut.. ••*"- 



54 KKVUE zooLOGiguK. (Février 1846.) 

dessus de la racine du pied , on en voit une seconde , longitu- 
dinale, oblongue, dix fois environ plus courte que l'autre, semi- 
ovale, moins plissëe, embrassant la racine du pied par sa réunion 
postérieure avec celle qui lui correspond de l'autre côté du corps 
de l'animal, de sorte qu'on n'aperçoit sur le côté antérieur qu'un 
lobe très-court et ovale. C'est probablement en raison de la pe- 
titesse de cette seconde branchie, ou faute d'avoir poussé aussi 
loin qu'il l'aurait fallu cette exploration , qu'est due, sans doute, 
l'erreur dans laquelle est tombée M. Valenciennes, en annonçant 
que l'animal de la Tellina crassa de Pennant, n'a qu'une seule 
branchie. 

La position longitudinale de ces deux branchies ou leur, exten- 
sion au côté inférieur est contraire à celle des Telliues connues. 
Dans toutes celles-ci les branchies sont étendues transversale- 
ment et très-étroites; leur inégalité consiste dans un peu plus 
d'étroitesse de la branchie supérieure. Dans la Tellina crassa, 
la branchie supérieure estdix fois plus courte longitudinalement 
et transversalement que l'inférieure. Le développement énorme 
de celle-ci est sans doute la cause de l'étroitesse de l'autre. Pour 
déterminer si , dans les espèces privées du pli caractéristique, 
cette particularité qu'offrent les branchies de ia Tellina crassa, 
contrairement aux autres animaux connus des Tellines, peut ser- 
vir à les isoler du genre, il faudrait, ce nous semble, connaître 
les animaux de la série des Tellines arrondies et dont le pli est 
efl'acé. Jusque-là il y aurait témérité à se prononcer pour l'af- 
firmative. 

La bouche est très-petite (1 millimètre de diamètre), cylin- 
drique , entourée de quatre palpes labiales en triangle très- 
allongé, minces , striées en travers et finement crénelées sur leur 
bord antérieur. 

Cette description démontre : 1° Que l'animal de la Tellina 
crassa est pourvu de deux branchies sur chaque côté du corps , 
contrairement à ce qui avait été annoncé , et 2° que ses princi- 
paux caractères ne diffèrent pas de ceux des autres animaux de 
Tellines. En effet, nous voyons dans l'ouvrage de Poli le pied de 
ces animaux avoir constamment la forme lancéolée, le manteau 
fendu dans les deux tiers de son contour, et là séparé de sa par- 
tie postérieure par la cloison des siphons ; les lobes du manteau 
garnis de cirrhes tentaculaires ; les siphons inégaux entre eux ; 



TRAVAUX INÉDITS. 55 

les branchies disposées par paires à lobes inégaux et striées trans- 
versalement à leur étendue ; enfin, les palpes labiales en trian- 
gle allongé et striées en travers. 

Si l'animal de la Tellina crassa a ses siphons beaucoup plus 
courts que sur les autres animaux du même genre, outre que 
sur notre espèce ils étaient contractés par la liqueur, nous 
voyons aussi ces mêmes siphons proportionnellement moins 
étendus sur la Tellina exigua que sur les autres ïellines. Si sur 
notre animal le siphon anal est terminé en pointe et le branchial 
tronqué, au lieu d'être tous les deux tronqués, comme on le re- 
marque généralement sur ces animaux , le même fait se montre 
sur la Tellina planata de Poli. Si ces siphons sont ridés concen- 
triquement et non annelés , cette différence se fait observer éga- 
lement sur l'animal de la Tellina fragilis, Linné. S'ils man- 
quent à leur base de la crête de cirrhes tentaculaires dont ceux 
des Tellina planata, exilis, etc. sont pourvus , nous remarquons 
la même absence sur ceux des Tellina incarnata et fragilis. 

Les seules différences assez tranchées que nous apercevions 
sur la Tellina crassa se rapportent aux branchies, qui sont plus 
inégales entre elles et d'une autre forme que sur les autres es- 
pèces; l'inférieure, carrée, très-large, très-étendue par le bas et 
libre, au lieu d'être étroite, allongée transversalement et réunie 
postérieurement avec sa correspondante. La supérieure, longitu- 
dinalement ovale et si courte que, sur aucun autre animal de Tel- 
line, on n'en a trouvé jusqu'à présent de semblable. Ce caractère, 
quoique très-remarquable, ne nous paraît pas suffisant pour sé- 
parer cette espèce des autres Tellines, et, dans un prochain mé- 
moire, nous démontrerons que les branchies des animaux des 
Tellines diffèrent autant dans leur forme, etc., que l'on observe 
de variations dans les siphons de ces mêmes animaux. 

Il ressort de ces faits que, puisque chez les animaux des Tel- 
lines certains caractères varient selon les espèces, comme sur 
leur enveloppe testacée, il serait peu rationnel de s'en servir pour 
constituer des genres nouveaux. Le genre Arcopagia nous paraît 
donc tout à fait inutile. 

[La suite au numéro prochain). 



56 REVDK zooi.oGiyuK (Février 1846.) 

Description d'une nouvelle espèce de Coléoptère carnassier. Par 
M. Gaubil, officier au 3^ régiment d'infanterie légère. 

Stenolophus Chevrolatii. Gauh'û. Alatus,flavo testaceus, ocu- 
lis nigris, eapite, thoraceque rufo-testaceis Thorace quadrato , 
postice punctato, utrinque subfoveolato, angulis posticis rotun- 
datis ; elytris striatis , striis obsolete-punctatis , interstitio tertio 
puncto impresso : antennis piceis, articulis duobus primis fulvo 
testaceis. — Long. 4 mill., larg. 2 1/4 mill. 

D'un testacé clair assez luisant. Tête lisse, presque triangu- 
laire, peu convexe légèrement rétrécie à la base ; extrémité des 
mandibules, deuxième et base du troisième articles des palpes 
d'un brun obscur ; yeux noirs ; antennes d'un brun noirâtre, 
avec les deux> premiers articles d'un jaune testacé pâle. Corselet 
plus large que la tête, moins long que large, carré, légèrement 
arrondi sur les côtés et peu convexe ; la ligne médiane peu mar- 
quée ; de chaque côté de la base une impression oblongue ; toute 
la base couverte de points assez espacés, notablement plus forts 
et plus enfoncés sur les côtés ; le bord antérieur légèrement 
échancré ; les angles antérieurs un peu arrondis ; les côtés rebor- 
dés; les angles postérieurs arrondis; la base coupée presque car- 
rément. Elytresunpeu plus larges que le corselet, assez allon- 
gées, presque parallèles, très-peu convexes et légèrement sinuées 
à l'extrémité ; les stries bien marquées et ponctuées ; les inter- 
valles planes; un point assez distinct sur le troisième intervalle 
touchant la seconde strie ; des ailes sous les élytres. Dessous du 
corps, tête et corselet un peu plus foncés en couleur. 

Il se distingue de toutes les espèces du genre, par sa couleur 
constante d'un testacé clair, et du Stenolophus elegans^ duquel 
il se rapproche le plus, par l'absence de la tache des élytres, par 
la ponctuation des stries et de la base du corselet. 

Cette espèce habite les environs de Canet, près de Perpignan 
(Pyrénées-Orientales), où elle a été trouvée par M. Godard , 
capitaine d'habillement au 63» de ligne, de qui je l'ai reçue. 



:Notb sur différentes espèces du genre f^ioa (famille des Spon- 
giaires), par M. H. Michelin. 

Parmi les nombreux objets d'histoire naturelle , recueilli» 
par M. Polydore Roux , de Marseille, et vendus après sa mortj 



TRAVADX INEDITS. 57 

il stt trouva un grand nombre de coquilles bivalves appartenant 
à la Placuna placenta , Lmck. M. Boivin, amateur distingué de 
conchyliologie, en ayant acheté un lot assez considérable, me 
permit de choisir celles qui me présenteraient quelque intérêt 
par les escarres ou membranipores qui couvraient quelques val- 
ves; mais quelle ne fut ma surprise lorsque je reconnus que le 
test si mince et si transparent de quelques-unes d'entre elles con- 
tenait , dans leur faible épaisseur , les traces d'un corps orga- 
nisé , se dichotomisant en formant successivement de petits 
tubes et de petites utricules vides, ayant communiqué avec l'ex- 
térieur par des trous microscopiques assez espacés , et servant 
sans doute à Talimentation. Je remarquai , et ce fait n'a encore 
été contredit que deux fois , ainsi qu'il sera dit plus loin , que la 
valve supérieure avait seule été attaquée par cet animal parasite 
que je supposai un Zoophyte. 

Je n'avais encore pu obtenir aucun renseignement positif sur 
la famille dans laquelle je devais ranger ce genre, lorsque je 
reconnus que \8l Placuna sella, Lmck. était aussi attaquée dan» 
ses valves supérieures, mais par une autre espèce à forme polygo- 
nale irrégulière et à tubes très-courts et moins aigus. Elle diffé- 
rait encore de la première en ce qu'elle imprimait sur la partie 
vitrée et intérieure de la valve , de petits ombilics qui corres- 
pondaient aux trous extérieurs , tandis que l'animal vivant dans 
la Placuna placenta , ne laisse de trace qu'à la partie exté- 
rieure. 

Un seul individu de la Placuna sella m'a présenté à la valve 
inférieure un groupe de ces animaux , mais cette espèce d'ano- 
malie dans leurs habitudes ordinaires s'explique facilement. 
Les valves de cette espèce étant très- ondulées, quelques parties 
relevées ne s'étant pas trouvées posées sur le sol , les gemmes 
auront pu s'y établir comme sur les valves supérieures. 

Mon indécision durait encore relativement à la famille de 
l'être ayant habité ces loges successivement tubuleuses et vésicu- 
leuses , lorsque j'eus le bonheur, au congrès scientifique de Mi- 
lan, en 1844, de rencontrer M. le docteur Wardo , bien connu 
pour ses travaux sur les éponges perforantes , et de trouver en 
même temps, chez un marchand naturaliste, un exemplaire de la 
Placuna sella , attaqué par le corps en question. Je m'empressai 
de communiquer le fait à la section de zoologie , avec quelques 



ôS REVUE zooLOGiguK. {Févricr 1846.) 

observations; et M. le prince de Canino , président , chargea 
une commission composée du professeur Gêné , de Turin , et des 
docteurs Nardo, de Venise , et Ruppell, de Francfort sur-le-Mein, 
de prendre connaissance de cet animal parasite des Placunes , et 
d'exprimer son opinion à cet égard. 

Le 25 septembre , M. Nardo fît au nom de la commission un 
rapport que je vais extraire en partie en laissant parler le savant 
rapporteur (1) : 

« Les particularités signalées par M. Michelin consistent à voir 
» transparaître entre les deux faces d'une valve supérieure de 
» Placuna sella , une espèce d'arborescence à divisions dicho- 
» tomes, anastomosées entre elles , toujours articulées aux join- 
» tures, plus grosses aux tiges inférieures et décroissant vers les 
» extrémités qui souvent sont aiguës et fourchues. Dans la par- 
» tie interne et vitrée de la valve en discussion , on ne voit pas 
» de pores communiquant avec lesdites arborescences ; mais 
V dans la superficie extérieure , on observe de nombreux petits 
» trous disposés en séries et correspondant avec les articulations. 
» On ne distingue pas du reste autre chose que de petites cavités 
» produites par un animal parasite perforateur qui s'est intro- 
» duit dans la substance de la valve même; lequel, en raison 
» de la subtilité et de la dureté plus grande que lui présente la 
» superficie vitrée qui est en contact avec l'animal de la Pla- 
» cune, est contraint de s'étendre en lignes horizontales de ma- 
» nière à former les arborescences décrites. 

» On voit dans quelques points de la superficie des tentatives 
» de perforations qui ont été arrêtées par une nouvelle couche 
> de la matière vitrée, mais elles sont en petit nombre 

» En examinant les Placunes du musée civique de Milan, il a 
» été découvert un grand exemplaire, dont les deux valves sont 
» perforées. Sa vieillesse et la grandeur des trous, nous ont per- 
» mis de reconnaître une partie de l'animal dans ses cellules. 

» Cet être appartient à la classe des éponges, spécialement au 
» genre P^iody que le docteur Nardo a fait connaître dans une 
» des premières assemblées des savants Italiens (1) , par son mé- 
» moire sur les éponges perforantes publié dans les annales des 
» sciences du royaume Lombarde-Vénitien. Il entre , d'après 

(l; Piise, 7 octobre 1S39. et Revue zoologique de 18'tO, p. 27. 



TKAVAUX INÉDITS. 59 

» le système du rapporleur , dans le troisième ordre des éponge» 
» siliceuses, neuvième famille des Vioïdes, première sous-fa- 
» mille Yioïne, et cela par suite de la forme et disposition de» 
» «cicules, aiguës par une des extrémités et arrondies de l'autre, 
» composant la substance découverte dans quelques-unes des 
» concamérations donc a été ci-dessus parlé. Il est difficile de 
» décrire l'espèce , attendu qu'on ne Ta pas vue à l'état vivant ; 
» cependant, le docteur INardo assure qu'elle n'appartient à 
» aucune de celles connues jusqu'à présent et décrites par 
> lui. 

» C'est pourquoi , eu égard à sa manière de se propager, il 
» incline à la tenir comme nouvelle et la nommerait dendri- 
» tica y si l'on n'estimait plus opportun de l'intituler du nom de 
» Michelini. 

» Le rapporteur ajoute qu'il ne peut se dispenser de faire 
» connaître un fait important , c'est que ce ne sont pas seule- 
» ment les IMacunes qui sont attaquées par cette espèce d'épongé, 
» mais qu'il y a même des univalves ; et il cite à cet effet une 
» grande espèce de volute qui se trouve au musée civique. Dans 

• cette coquille, qui semble avoir été perforée par une éponge , 
» se trouvent des différences entre la Fioa Michelini et spécia- 
» lement dans son mode de propagation qui , bien que sériai et 
» dendritique , offre des cavités utriculaires et articulées , plus 
» petites et forées des deux côtés. 

» Le docteur Nardo a fait suivre le rapport dont extrait pré- 
» cède, d'éclaircissements relatifs au genre Vioaei a relevé quel- 
» ques inexactitudes des auteurs qui écrivirent après lui. Il dé- 
» montre que M. Johnson n'a pas même soupçonné que son Ha- 
» licondria celata, qui est une Vioa, est une éponge perforante. 

* Puis il a combattu l'opinion de M. Dujardin , qui croit que les 
» perforations des coquilles et des pierres , que lui, Nardo , dé- 
» montre être l'ouvrage d'une éponge , ont été d'abord occupées 
» par de petites espèces d'annélides, et que l'éponge soit simple- 
» ment habitante de tels trous. Il n'admet pas non plus qu'on 
» doive préférer le nom de Ciiona de Grant à celui de riQa 
» proposé par lui, parce que Grant , en fondant son genre , ne 
» le fit pas pour une éponge , mais pour un polype ayant 8 ten- 
» tacules, à qui seul appartiendrait le nom de Ciiona. 11 propose 
» en conséquence que la Spongia terebrans de Duvernoy , que 



60 RKVUB ÏOOLOGIQUE. {Févriev 1846.) 

» M. Dujardin regarde comme une Cliona , soit appelée Fioa 
» Dujardinii, si cependant elle diffère de celles décrites jusqu'à 
» présent. » 

Depuis la publication de ce rapport , contenu dans les Atti 
délia sesta riimione degli scienziati Italiani tenuta in Milano 
ne/ seffemôre 1844, et dont extrait précède, j'ai vu une valve delà 
Meleagrina margaritifera, Lmck , des cônes et des fuseaux per- 
forés par une espèce de Vioa voisine du /^. Michelini^ et je me 
suis procuré le moule extérieur d'une valve fossile de Trigonia 
Dœdalea , Parkinson , recueillie dans la craie chloritée de Bal- 
lon-sur-Sarthe , et contenant la trace non douteuse d'une espèce 
de Vioa, appartenant à la même série que les deux trouvées dans 
les Pîacunes. 

Cette présence, dans un terrain déjà ancien , d'une éponge 
perforante, pourra peut-être servir à ne pas rapporter toujours, 
à des mollusques lithophages , les perforations rencontrées dans 
diverses coquilles. 

Parmi les fossiles que nous possédons, nous avons remarqué 
dans des fragments de coquilles fossiles soit de la craie d'Or- 
glande (Manche), soit du terrain supracrétacé de Grignon (Seine- 
et-Oise), des traces évidentes d'espèces de Vioa, autres que celles 
décrites et figurées ci-après. 

Nous signalerons donc sous les caractéristiques suivantes les 
trois espèces de Vioa dont il vient d'être spécialement question. 

Vioa Nardina^ Michelin. — V. dendritica, dichotoma, ramo- 
siissima, utriculis et tubuhs composita ; utriculis vel rotundis, 
vel ellipticis, in seriebus eleganter dispositis, inter se junclis 
per tubulis exiguis interne rugosis; tubulis terminalibus , acu- 
tissimis , saepè furcatis. — PI. 1, fig. I. — a. Magnitudine na- 
turali ; b. pars aucta. 

Cette espèce, que nous dédions à M. D. Nardo, habite les val- 
ves supérieures de la Placuna placenta (Lamarck). 

V, Michelinij Nardo. — V. dendritica , dichotoma, divari- 
cata , utriculis et tubulis composita ; utriculis numerosis, vesi- 
culosis, subpolygonis, interne rugosis, vetulis maximis , juniori- 
bus parvulis , elongatis, deinde subrotundis , per minutissimis 
tubulis junctis et anastomosantibus. (PI. 1, fig. 2, a. magnitu- 
dine nalurali ; b. pars aucta.) 

Habite surtout les valve» supérieures de la Placuna sella, 



/fev icoo/ ;â4â 



Pli 




Jmp immi-ra tam 



\hr. 



TRAVAUX INEDITS. 61 

Lamarck, où elle forme des sortes de chapelets blancs sur un 
fond rouge brun. 

F. glomerata^ Michelin. — V. divaricata, dichotoma, utri- 
culis glomeratis composita; utriculis in seriebus dispositis, sub- 
contiguis vesiculosis, vetulis globosis, rotundatis, junioribus 
elongatis, subtubulosis. (PI. 1, fig. 3 magnitudine naturali.) 

Fossile de la craie chloritée et trouvée à Ballon-sur-Sarthc 
dans une valve de Trigonia dœdalea, Parkinson. 



Note sur le nouveau genre Metaporinus, Echinide de la famille 
des Clypeastroïdes d'Agassiz, par M. Hardouin Michelin. 

Dans une des séances du 16 août 1 844, de la réunion à Gham- 
béry de la société géologique de France , M. Agassiz fit une com- 
munication verbale sur un oursin fort singulier que je possédais. 
Il annonça que ce curieux fossile se distinguait de tous ses congé- 
nères par la prolongation d'une de ses parties en forme de rostre 
et par la forme non symétrique des ambulacres, et il proposa de 
lui donner le nom de Metaporinus Michelini. Je croyais alors 
que l'individu qui m'avait été donné provenait de la craie des 
environs de Périgueux , mais depuis, ayant eu occasion de visi- 
ter la belle et nombreuse collection de fossiles que M. Gustave 
Cotteau a réuni à Chatel-Censoir, près Avallon, je reconnus plu- 
sieurs échantillons analogues au mien qu'il avait trouvé dans 
les couches siliceuses du Forest-Marble de Druyes, arrondisse- 
ment d'Auxerre. Ainsi, ce Metaporinus, voisin des Dysasters 
d'Agassiz et surtout du D. Munsteri, Desor., vivait donc comme 
la plupart des espèces de ce dernier genre à l'époque du groupe 
oolithique. 

Gomme on ne connaît encore qu'imparfaitement le têt de cet 
echinide nous allons décrire le moule intérieur de l'espèce que 
M. Cotteau et moi nous possédons. 

M. altissimus, inflatus, elongatus, subcarinatus supernè an- 
ticè et posticè truncatus^ lateralitcr declivus ; parte anteriori 
rostriformi, majori quàm posteriori, subcanaliculatâ; basica- 
rinatâ; ore inframarginali ; ano elevato^ subovato. Ambula- 
cris simplicibus, ad peripheriam divergentibus, in vertice dis- 
junctis ^ tria in summo vertice y duo posticè convergentibus. 
;P1. 2,fig. 1,2,3.) 



ftâ REVDE zooLOGiQDE {Février 1846.) 

Lorsque le tét sera rencontré, la disposition et la forme des tu- 
bercules donneront lieu d'ajouter quelques caractères à la des- 
cription qui précède. 



U. ANALYSES i)»OUVRAGES IVOUVEAUX. 

Archives d'histoire naturelle {Archiv fur Naturgeschichte) , 
fondées par Wiegmann , rédigées par M. Erichson. 6« année, 
1844, vol. I. 

I. Remarques sur la Faune des Mollusques de Vltalie méri- 
dionale; parle docteur Philippi (p. 28). L'auteur établit des 
tableaux comparatifs pour la Faune d'Italie avec celles du Groen- 
land , de l'Angleterre, des îles Canaries , du Sénégal , de la mer 
Rouge, des îles Séchelles et Amirautés, des États-Unis, de 
Cuba , de la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande. 

II. Sur Vorgane de la voix et de Vouie dans les OrthoptèreSy 
par M. de Siebold, à Erlangue (p. 52). Dans toutes les espèces 
observées il n'y a que les mâles qui soient pourvus d'un ap- 
pareil destiné à produire des sons , provenant en général d'un 
froissement des jambes avec les ailes , ou avec l'abdomen. L'or- 
gane nommé par Latreille organe musical , ne paraît servir 
nullement à produire un son, mais on ne saurait douter 
que cet organe est plutôt celui de l'ouïe , puisque dans les Acri- 
diens il contient presque toutes les parties essentielles d'un or- 
gane acoustique. Dans les Locustines, l'auteur a trouvé un appareil 
tout à fait semblable aux genoux des extrémités antérieures. 
Dans les Grylloïdes, l'organe de l'ouïe paraît être placé au 
même endroit, tandis que dans les Gryllotalpa, les Blattines et 
Forficulines , l'auteur n'a pas trouvé de vestige d'un pareil 
organe. 

III. Synopsis generum et specierum familiœ Characinorum , 
auet. J. Muller et F. II. Troschel (p. 81). Les espèces sont les 
suivantes : Erythrinus unitœniatus , salvus , guavina , micro- 
cephalus ; Macrodon (n. g.) trahira, brasiliensis ; Anodus 
elongatus, latior, edentulus , cyprinoides, alburnus , amazo- 
num , tseniurus , eiliatus ; Pavu argenteus , nigricans , lineatus; 
Litharinus Geoffroyi, latusj Hemiodus unimaculatus; Piahuca 



.'ur. ZAv jâ4ô 



PI2 






Diekmnir, inh. 



Imp Imemer aPans 



k 




S^ ^; 



<2^^:^i^^^A^. 



Ti'ocli. Conversii. (^/I(u//r r/ W///.f). 



ANALYSES d'oUVRAGES NOUVEAUX. 63 

argentina; C hilodus punctatus ; Schizodon idsciatas; Leporinus 
novemfasciatus, nigrotaeniatus, maculatus,Friderici ;^iios<omu« 
Gronovii ; Ilydromjon Forskalii ; Distichodus nefasch ; Gaste- 
ropelecus sternida ; Alestes niloticus , Curse ; Tetragonopierus 
argenteus , bimaculatus , melanurus, fasciatus, scabripinnis, 
tacniatus , Abramis; Chalceus angulatus; Bryvon macrolepi- 
dotus , amazoïiicus , falcatus , opalinus , Schomburgkii ; Salmi- 
nM5 brevidens ; Exodon par&doxus ; Epicyrtus gibbosus ; Xi- 
phoramphiis falcatus, Odoë, falcirostris , hepsetus, argenteus, 
humeralis, pericoptes; Hy dr oly CUS scomheroides; Raphiodon 
vulpinus , gibbus ; Xiphostoma Cuvieri ; Pygocentrus piraya , 
nigricans, niger; Pygopristis denticulatus , fumarius ; Serra- 
salmo rhombeus, aureus; Catoprion Mento; Myletes macro- 
pomus , brachypomus, pavu , bidens , aureus, duriventris, 
rhomboidalis, rubripinnis , Schomburgkii, hysanchen, latus, as- 
terias ; Mylens setiger, oligacanthus. 

IV. Sur la classification des Annulés , avec description de 
plusieurs genres et espèces nouvelles ou peu connues ; par 
M. A. S. Orsted (99). — L'auteur les divise en !*• Maricolae, 
2° Tubicolse , 3<» Terri col ae. Les Maricoles sont divisées en deux 
sous-ordres : Chœtopoda et Achaeta. Les familles des Chaetopodes 
sont : 1° Amphinomaceœ , 2^ Aphroditaceae , 3» Euniceœ , 
4® Nereideae , 5° Arenicolae , 6* Ariciae. Dans les Aricies les 
genres et espèces suivantes sont caractérisées : Scoloplos Blainv. 
(armiger), Leucodorum Johnst. (ciliatum, cœcum, pi. 2f. 13-16), 
Spio Fabr. (seticornis et filicornis), Disoma Orst.(multiset08um 
pi. 2, f. 1-12) , Sphœrodorum Orst. (tlavum), Lirratulus Lam. 
(borealis), Dodecaceria Orst. (concharum) , Ophelia Sav. (ma- 
millata,pl. 3, f. 21-23), Ophelina Orst. (acuminata, pi. 3 , 
f. 2A-2Q) , Eumenia Orst. (crassa, pi. 3, f. 17-20). 

V. Notices d^Endozoologie ; par M. Creplin (p. 112]. — Des- 
cription d'une nouvelle espèce , Amphistomum scleroporum , 
trouvée dans la Chelonia mydas (pi. 3, fig. A). — Description 
d'espèces douteuses de Nématoïdés , trouvées dans le Brachypus 
tridactylus, Dipsus tetradactylus , Phacochœrus africanus, Ves- 
pertilio serotinus , Coluber Natrix , Pipa dorsigera, Raja Bâtis , 
Lepidopus Peronii, Sorex araneus. 

VF. Observations sur la Coryna squamaia; par Il..7?affcfte 
(p. 155, pi. 5, f. 1-6). 



C4 REVDE zooLOGiQDE. (Février 1846.) 

VII. Description d'un ver nouveau: Sipunculus [Phasco- 
losomà) scutatus ; par M. J. Mûller (p. 166 , pi. 5, fig. A-D). — 
DiflFérent du Phascolosoma granulatum Leuck, qui paraît être 
inden tique avec l'Ascosoma Blumenbachii Leuk,, Sipune verru- 
cosus Grube, Sip. tigrinus et flavus Risso, Sip. Bernhardus et 
Johnstoni Forb. et le Siponcle tuberculeux de Blainville. 

VIII. Sur le développement des Astérides ; par M. Sars 
(p. 169, pi. 6, f. 1-22). — Observations sur l'Échinaster sangui- 
neus et Asteracanthion Mûlleri Sars. 

IX. Description de nouvelles espèces d' Astérides; par 
MM. Mûller et Troschel (p. 178). — 1. Asteracanthion polyplax 
de Van-DiemenVLand. — 2. Echinaster Sarsii de Norvège 
(d'après les caractères rectifiés du genre Echinaster l'E. decanus 
devra être transporté au genre Solaster, et TE. solaris devra 
constituer un nouveau genre : Echinites). — Ophidiaster pullulus 
des îles Philippines. — Astropecten echinulatus de l'île Fohr. — 
Astropecten Mûlleri (Asterias aranciaca , 0. F. Mûll.). — Astro- 
pecten squamatus de l'île Fohr. — Ophiolepis Schayeri de Van- 
Diemen's-Land. — Ophiacantha groenlandica. — Ophiothrix para- 
sita de la Nouvelle-Hollande. — (Le genre Pectinura Forb,, 
1843, est identique avec Ophiarachna M. et T. — Ophiura textu- 
rata , albida et abyssicola Forb., ne sont que des différences 
d'âge de TOphiolepis ciliata. — Ophiomyxa lubrica Forb. — 
Ophiomyxa (Ophiura) pentagona Lam. — Le genre Ophiopsila 
Forb. paraît être bien fondé. — Le genre Amphiura Forb. — 
Ophiolepis M. et T. — Amphiura neglecta — Oph. squamata. — 
A. Chiajii. — 0. filiformis. — Goniaster albensis. Forb. — As- 
trogonium phrygianum M. et T. 

X. Observations sur le genre Serpula; par U.Philippi (p. 186, 
pi. 6, fig. A-T). — L'auteur croit que l'opercule fournit les seuls 
bons caractères pour diviser le genre Serpula de Lin. (qui em- 
brasse une quantité d'espèces de Vermetus) en bons genres. Il 
distingue d'abord deux groupes : les operculées et sans oper- 
cules. Dans le premier groupe la formation de l'opercule consti- 
tue les genres Serpula , Placostegus Ph., Vermilia Lam., Poma- 
toceros Ph.. Cymospira Sav., Eupomatus Ph., Spirorbis Lam., 
Galeolaria Lam. Le second groupe contient les genres Protula 
Risso (Spiramella Blainv.) et Prygmobranchus Ph. — Ensuite les 
«spèces suivantes sont caractérisées • Serpula echinata Gm , pal- 



ANAL\SKà d'ouvrages NOUVEADX- 67 

ïidaPh., triquetra L.? vermicularis L.? aspera Ph., subquadran- 
.^ula Ph.,venustaPh.; Placostegus crystallinus Scac, fimbiiatus 
Délie Ghiaje; Fermilia triquetra Lam., infundibulum Gmel., 
clavigera Ph., calyptrata Ph. multicristata Ph., elongata Ph,, 
quinquelineata Ph., polytreina Ph , emarginata Ph.; Poma/oce- 
ro5tricuspis Ph.; Fupomatus uncinatusPh., pertinatus Ph.; Spi- 
rorbis cornu arietis Ph.,; Prolula intestinuni Lam.; Prygmo- 
branchus protensus Gm., cinereus Forsk., intricatusL. 

XI. Remarque sur le Lumbricus variegatus àe MuWer et les 
espèces voisines d'Annélides; par M. E. Grube (p. 198, pi. 7). 
L'auteur croit reconnaître l'espèce de Miiller dans une espèce 
nommée Lumbriculus variegatus Gr. — Une autre espèce très- 
voisine est décrite sous le nom d'Enaxes filirostris Gr. — Ensuite 
il cherche à réfuter l'opinion de M. Hoffmeister qui croit trouver 
l'espèce de Millier dans son Saenuris variegata. 

XH. Bévue systématique de Vordre des Acarides; par 
M. Koch^ à Regensburg (p. 217). — Première famille : Ar- 
gasides; 1. Ornithodoros coriaceus, Savignyi ; 2. Argas re- 
flexus , miniatus , Fischeri , Hermanni , Persicus. — Seconde 
famille : Ixodides ; 3. Hyalomma dromedarii , grossum , 
Anatolicum, marginatum, impressum , truncatum, rufîpes, la- 
tum , Syriacum , excavatum , Hispanum , Lusitanicum , ^Egyp- 
tium , Forskalii , Fabricii , devium; 4. Ilœmalastor longxTos- 
tris; 5. Amblyotnma humerale, denticulatum , varium , mar- 
moreum, venustum , punctatum, triguttatum , hippopotami , 
Hebrœum , dissimile , irroratum , infestum , lestudinarium , 
adspersum , Cajennense , tenellum , mixtum , maculatum , ti- 
grinum, ovale, rubripes , ovatum, oblongoguttatum , infuma- 
tum , striatum , oblongum , confine , triste , rotundatum , Ame- 
ricanum, elephantinum , Indum, sanguisugum , Iguanae , li- 
neatum, aureolatum , histrio , annulipes, helvolum, decoratum, 
exornatum , fimbriatum , latum , rhinocerotis , sylvaticum , 
rhinocericus , hydrosauri ; 6. Ixodes Ricinus , Reduvius , 
thoracicus , obliquus , vespertilionis , flavipes , sciuri , fuscus , 
brunneus , luteus, flavidus, humanus , sexpunctatus, rufus . 
crenulatus , pilpsus , fuscipes , pygmaeus , sulcatus , pallipes 
lacertœ, Lipsiensis , holsatus , viperarum, plumbeus , lividus , 
Pari , frontalis , tristriatus , hexagonus , megathyreus , autum- 
nalis. — Troisième famille, Rhipistomides ; 7. Dermacentor 
Tome IX. Année 184f). 5 



68 REVDE zooLOGiQDE. [Févriev 1846.) 

electus , reticulatus, pardalinus , dentipes , albicollis , clathm- 
tus , ferrugineus , puncticollis, parabolicus, cruentus ; 8. Hœ- 
maphy salis rosea, cinnabarina , sanguinolenta , concinna ; 
9. Rhipicephalus Linnei, sanguineiis , Capensis , simus , rutilus 
Senegalensis , decoloratus , limbatus , siculus ; 10. Nhipistoma , 
Leachii , ellipticum. 

XIII. Description du Cercolabes Liebmanni ^ par M. J. F. 
Reinhardt (p. 240). — Cette espèce est le Hoitztlacuatzin d'Her- 
nandez. 

XIV. Mammalium conspectus quœ in republica Peruana re- 
periuntur; a Dr. J. J. de Tschudi{p. 244). — Énumération cri- 
tique de 1 1 9 espèces. 

XV. Description d^une variété singulière de la Rana tempo- 
raria ; par M. Schlotthauber p. 255). — L'auteur croit que ce 
peut être un bâtard de la Rana esculenta. 

XVI. Remarque sur la Faune de Norvège ; par M. Rathke^ 
(p. 257). — Les espèces du genre Hippolyle comparées avec 
celles publiées par Kroyer. — Heteronereis arctica Orst. — Ne- 
reis grandifolia R., Ophelia maminillata Z. — Ammotrypane œs- 
troidesR. — Octobothriutn digitatum R, — 0. palmatum Leuck. 

XVII. Avium conspectus , quœ in republica Peruana repe- 
riuntur ; àDr.J. i. 7'schudi {p. 2^^). — Énumération critique 
de 357 espèces , avec la description de plusieurs genres nou- 
veaux, proposés par M. Cabanis à Rerlin. 

XVIII. Description de plusieurs nouveaux genres d"" Articu- 
lés , trouvés dans la caverne des Mammouths à Kentuky ; par le 
docteur Th. Tellkampf{p. 318, pi. 8) — Adelops hirtus (Coléopt. 
Glavicorn., f. 1-6). — Phalangodes armata (Arachn. Opilionid., 
f. 7-10}. — Anthrobia monmouthia (Aran. Mygal.? f. 13-17. — 
Triura cavernicola, f. 18.) 

XIX. Sur la métamorphose du Strongylus armatus ; par 
M. Gurlt (p. 322, pi. 9, fig. U4). 

XX. Description d'une nouvelle espèce de Ptéropodes : Tiède- 
mannia creniptera ; par le docteur A. ZroAn (p. 324, pi. 9, 
fig. A). 

XXL Sur la qualité luisante de plusieurs animaux marins. 
parle docteur T. ff^ill (p. 328). — Observations sur l'Eucharis 
multicornis, Reroë rufescens, Pholas dactylus, Phàllusia intes^ 
tinalis et Chœtopterus pergamentaceus. 



ANALYSES d'oUVRÀGES NOUVKAUX. 6^ 

\Xn. Description du genre Staurosoma , parasite vivant 
ians les Actinies; par le docteur fFill (p. 337, pi. 10, f, 1-9). 

XXIII. Description du Dis toma /eroès; par le docteur ^î7f 
,p. 343, pi. 10, f. 10-13). 

XXIV. Remarques sur la Faune des Mollusques de V Italie 
méridionale ; par le docteur Philippi (Contin., p. 348). — L'au- 
teur compare les Mollusques vivant actuellement avec ceux des 
terrains tertiaires. 

XXV. Remarques sur VHirudo tessulata et marginata , 
O. F. MulL; par Fr. Millier (p. 370. pi. 10, f. 14). — L'auteur 
cherche à démontrer que les deux espèces ne peuvent appartenir 
qu'au genre Clepsine , dont il décrit les caractères essentiels. 

Le volume II contient îes rapports sur les progrès de l'his- 
toire naturelle des Mammifères , par M. A. fFagner k Munich 
(p. 133), des Oiseaux , par le même (p. 185); des Amphibies, 
par M. F. H. Troschel (p. 217), des Poissons, par le même 
(p. 226) ; des Insectes , Arachnides , Crustacés et Entomostra- 
cés , par M. Erichson (p. 249); des Mollusques , par M. Troschel 
{p. 347). Docteur L. Pfeifer 



Journal de malacozoologie, par Menke, année 1844. (ZeUschrift 

fiir malakozoologie.) 
I 

1 . Introduction pragmatique sur l'état et les besoins de la lit- 
térature malacozoologique , par M. Menke (p. 1). 

2. Notices sur l'ancienne histoire des mollusques, par 
M. Menke (P. 17, 65, 81, 145). 

3. Phrases diagnostiques de douze espèces nouvelles de mol- 
lusques, par le docteur Jonas, à Hambourg (p. 33). Ce sont : 
1. Oardium vertebratum de la Nouvelle-Hollande ; 2. Venus li- 
thoida du Chili ; 3. Venus bella des îles Moluques ; 4. Lutraria 
maxinia (Habitat?) ; 5. Lutraria rhynchaena de la Nouvelle-Hol- 
lande ; 6. Haliotis dextata (Habitat?) ; 7. Ampullaria malleata du 
Mexique; 8. Bulimus astrapoides de Venezuela (c'est le Bul. par- 
dalis de Férussac) ; 9. Bulimus superbus, et 10. Bul. bellulus de 
la même localité (ces deux espèces sont décrites et figurées par 
M. Nystdans le Bull, de l'Académie de Liège, t. I, sous les noms 
de B. Funckii etfulminans) ; 1 1. Bul. trigonostomus, et 12 B. eu* 
ryomphalus de la même localité. 



70 RKVUE zooLCGiQCK. [Février 1846 ) 

4. Notice sur les térébratules décollées, parle docteur Beyricfy 
(p. 37), D'après l'auteur, 9 espèces (parmi lesquelles il y en a 
une du golfe Saint-Tropez, en Provence, qui n'est pas encore 
décrite) forment un petit groupe bien caractéiisé. 

5. Descriptions de trois nouvelles espèces du genre Melania^ 
par le docteur Jonas (p. 49 : 1. M. Gruneri de Venezuela; 2. 
M. porcata de Manille, 3. M, cingulata (du Brésil ?). 

6. Description de deux nouvelles espèces du genre Haliotis, 
- par M. Menke (p. 37) : 1. H. Rœdingii de l'île Maurice ; 2. H. fici- 

formis du cap de Bonne-Espérance. 

7 . Suppléments Siu second volume de l'Enumeratïo molTusco- 
rum Siciliœ, par M. Philippi(p. 100). Après avoir reçu un con- 
sidérable envoi de Sicile, l'auteur ajoute plusieurs espèces qur 
auparavant lui étaient inconnues , et donne des rectifications 
de nomenclature fondées surtout sur la comparaison des mol- 
lusques des mers du Nord. 

8. Phrases diagnostiques de trois espèces nouvelles du genre 
Trochus, par le docteur Jonas (p. 1 13) : 1. Tr. mœstus (Habitat?) ; 
2. Tr. euryomphalus (sow-gen. 38, f. 6) ; 3. Tr. stenomphalus; 
(Habitat?) L'auteur ajoute des notices diagnostiques sur les dix 
espèces noires de Trochus qu*il connaît. 

9. Sur les mollusques de la mer Germanique, par M. Menke 
p. 129). Énumération et remarques critiques sur : 1. Octopus 

vulgaris; 2. Loligo vulgaris ; 3. Sepia offîcinalis ; 4. Doris stellata 
Gm. ; 5. Polycera cornuta, Cuv. ; 6- Tergipes coronatus, Orb. ; 
7. Tritonia arborescens, Cuv.; 8. MoYis papillosa (Lima papill. L.) 

10. Notices sur les genres Fistulana Lam. et Gastrochaena 
Spengl., parle docteur Jonas (p. 135). Description de la Gas- 
trochaena rostrata Spengl. (Chemn. X, 1680, 81.) 

11. Suite des mollusques de la mer Germanique (p. 148). 
9. iEolis pennataMke. (Doris Gm.) ; 10. Psiloceros (n. g.) clavi- 
ger Mke. (animal limaciforme ; tentacula frontalia quatuor, basi 
nuda ; rameuta labialia nulla; branchiœ dorsales simplices, série 
longitudinal! duplici digestae) ; 11. BuUa obtusa Mont. 

12. Notices sur les Natica maroccana Chemn. et iMarochiensis 
Lam. ; par M. Koch. (p. 151). L'auteur comprend sous le nom de 
Nat. maroccana Chemn., trois formes différentes: N. lurida 
Phil , N. unifasoiata Lam. et N. Chemnifzii Pfr. ; l'espèce de 



\N\LYSES d'OUVRAGKS NOUVEAUX- 71 

Lamarckest tout à fait difTérente, (M. Menke dit que c'est la vé- 
ritable INerita tilaucina de Linné). 

13. Descriptions de douze espèces nouvelles de coquilles, par 
M. Philippi (p. 161). I. Anatina elegans de Chine ; 2. Mactra cy- 
gnea de la mer Rouge ; 3. Tellina carnea de Chine ; 4. Cyrena ma- 
nillensis : 5. Cyrena Largillieiti de Chine; G. Cyrena nitens de 
Chine; 7. Unio Osbeckii de Chine ; 8. Bulla Cecillii de Chine ; 
■9. Bulimus Cantorii de Chine ; 10. Pupa Largilierti de l'île Bour- 
bon; 11. Turbo (Litorina) breviculus de Chine; 12. Turbinella(?) 
"Cecillii, de Chine. 

14. Descriptions de cinq espèces nouvelles de Trochoidés, par 
ïe docteur Jonas (p 167). 1 . Turbo magnificus du Pérou ; 2. Tro- 
chus aureus^Nouv.-Holl. ; 3. Tr. melaleucos (Pérou); 4. Tr, at- 
tenuatus (Habitat?) ; 5. Tr. signatus (Habitat?). 

15. Notice de M. Jonas, que le Trochus stenomphalus Jon. est 
la même espèce que le Tr. tridens Menke et le Tr. microstomus 
d'Orb. 

16. Remarques critiques sur plusieui-s groupes des Hélicées, 
par L. Pfeifler (p 177). 1. Comparaison des Hélix, râpa Mûll., 
H. Miilleri Pfn., Lamacrkiana Lea, Stolephora Val., Zeus Jonas 
«t Ovum Val. — 2. H. castanea Miill. paraît être identique avec 
Nanina Juliana Gray et probablement avec H. Belangeri Desh. 
€t Bombayana Grat. — 3. Bul ovoideus Brug. paraît différent du 
Bul. luzonicus Sow. — 4. Bul. guimaracensis Sow. = decoratus 
Fér. — 5. Bul. ventricosus Brug. == Chemn. IX, 1007. 8. = Bul. 
fulgetrum var. — 6. Bul. sylvanus Brod.= B. virgatus Jay. (B. 
porraceus Jay n'en est qu'une variété). — 7. Bul. eximius Reeve 
= Bul. fulguratus Jay. — S. Pupa candida Lam. == Bul. Fors- 
kalii Beck (=Pupa arata Recluz) — 9. Pupa unicarinata Lam.ï= 
Bul. canimarensis Pfr. — 10 Pupa clavulata Lam. = Pupa mo- 
diolina Fer. — 1 1. Le genre Elasmatina Petit est identique avec 
Tornatellina Beck (Pfr. symb. 11, p. 5). 

17. Phrases diagnostiques de plusieurs coquilles nouvelles ; 
par le docteur Jonas. (p. 185). 1. Choristodon (n g. des Litho- 
phages) typicum de l'île Saint-Thomas; 2. Corbula Ihecoida 
(Nouv.-Holl.); 3. Cyrena cuneala (Oiinoco). 

18. Phrases diagnostiques de plusieurs coquilles fossiles du 
Lias de l'Allemagne ; car le docteur Dunker (p. 186). Cardinia 
trigona, elongata, Mesodesma germarii, Venus Menkei, Donax 



72 REVUE zooLOGiyuK. {Février 18'^6.) | 

securiformis, Lima Hausmanni, Patella Schmidtii, subquadrata^ 
Ampullaria angulata, Neritina liasina 

19. Remarques critiques sur les Hélices, que Linné avait reçus 
de la côte septentrionale de l'Afrique ; par M. Menke (p. (88). Ce 
sont : H. striatula L,, Hel. algiraL , Hel. leucas L., Hel. pupa L. 
et Hel. barbara L. (mémoire commencé). 

2. Ouvrages annoncés et analysés. 

Index mollusc. Groenland, auct. Millier, 1842 (p. 11). 

Programme de l'école polytechnique de Carsel, 1843-44, sur 
le « Waderthon » et les fossiles qu'il contient; par le docteur 
bunker (p. 14). 

Hist. nat. des anim. sans vert. Deuxième édition, par Des- 
hayes, tome IX (p. 19). 

Voyages de l'Astrolabe. Mollusques (p. 38). 

Mollusc. Nov.-Holl. spec. auct. Menke (p. 62). Remarques et 
correction de quelques erreurs ; par l'auteur même. 

Atlas zoologique du voyage de Kotzebue ; par Eschscholtz et 
Rathke (p. 70). 

Antologia di scienze naturali publicata da Piria et A, Scacchi. 
Vol.I. 1841 (p. 76). 

Recueil de coquilles décrites par Lamarck, publié par M. B. 
Delessert (p. 83). 

Sowerby, gênera of ree. and fossil shells (p. 1 1 6-139). 

Les mollusques terrestres et fluviatiles de Silésie ; décrits par 
H. Scholtz. 1843 (p. 156). L'auteur décrit une nouvelle Hélice : 
H. Charpentieii. 

Voyages dans la régence d'Alger ; par M. M. Wagner. Tome III. 
Zoologie. 1841 (p. 172). D"- L. Pfeiffer. 



Figures et descriptions de coquilles nouvelles, etc.; par R. A. 
PniLiPPi ; vol. I, livr. 7. Cassel 1844 (V. Rev. zool., 1845, 
p. 153.) 

Planche I, Hélix (pi. 5, du genre). Ort. 1844.— 1. H. prasina 
Koch (f. 1 ), paraît être identique avec Caroc Dryope Brod. — 
2. H. Oreas Koch{ï. 2). Belle espèce semblable à la Calomorpha 
Jonas. — 3. H. crassula Phil. (f. 3). Petite espèce de Java, qui 
appartiendrait au groupe de TH. zonaiia, si le bord du péristome 



\TSAL\SES D'oUVRAGtS NOUVEAUX . 73 

-elait réfléchi. — 4. //. tortilubia Less. (f. 4), et 5. circumdata 
Fér. (f. 9.), figurés d'après de beaux exemplaires de la collecliou 
de M. Curning. — 6. //. gallinula Pfr. (f. 5.) de Luçon. — l.H. 
tximia Pfr. (f. 6.), de l'Amérique centrale. — 8. H. paradoxa 
Pfr. (f. 7.) de Luçon. — //. trigonosioma Pfr. (f. 8.) de Hon- 
duras — \Q. H. fodiens Pfr. (f. 10.) de Luçon. — W . ff. radula 
Pfr. (f. 11.) de Luçon. — 12. H, biangulata Pfr. (f. 12.) de 
Luçon, — 13. //. {Nanina) spectabilis Pfr. (f. 13.) de l'île Sa- 
mar. (Les numéros 6-13 ont été communiqués à l'auteur par 
M. Cuming, pour les décrit-e.) 

PI. n. Bulimus (pi. 2, du genre), Oct. 1844. — 1. B. marmo- 
ratus Dunker (f. 1 , 2) C'est le Bul. Valenciennesii Pfr. Symb. 
— 2. B. astrapoides Jonas (f. 3-4.) = Hel. pardalis Fér. — 
3. B. dardanus Friv. (f. 5). Espèce semblable au B. lineatus 
Kryn., etc. — 4. B. dealbatus Say (fig. (».), Figuré d'après des 
exemplaires originaux bien différents du Bul dealbatus Fér. — 
6. B. columella Phil. Cf. 7.), semblable au B. obeliscus Moritz. 
en miniature. — 6. B. curtus Koch (f. 8.) du Chili. 

PI. III. Melania (pi. 3 du genre). Oct. 1844.— '. M. decollata 
Lam, (f. 1.). Il paraît évident que M Chenu (Rec, pi. 30, f. 18) 
a donné une autre espèce pour le type de Lamarck, et M. Phi- 
lippi a figuré la même sous le nom de decollata (livr. pi, 2), en 
adoptant l'autorité de M. Chenu. Mais cette espèce est plutôt : 
2. M. erosa Less. voy. (Philippi). — 3. M. semicancellata v. d. 
Busch (f. 2.) de Java? — 4. M. anthracina v. d. Busch (f. 3.) 
de Java? — 5. M. intermedia. v. d. Busch (f. 4.) du lac Nicara- 
gua^ — . M. acuminata Bunker (f. 5.)— 7. M. harpula Dun- 
ker (f. 6). — 8. M. Hneata Troschel (f. 8.) du Gange. — 9. M. 
Kirilandiana Lea (f. 8.) de Cincinnati. — 10. M. milra Dunker 
(f. 9. — 1 1. M. setosa Swns. (f. 10 ) — 12. M. flammigera Dkr. 
(f. 11.) du Gange. — 13. M. canaliculaia Say (f. 12.) — 14. M. 
laqueataSay (f. 13, 14.) — 15. M. fiavida Dkr. (f. 15). 

PI. IV. Mactra (oct. 1844). — 1. M. solidissima Chemn. X, 
1656 (f. 2.) — 2. M. ponderosa Phil. (f. 1.) , voisine de la précé- 
dente. — 3. M. lateralis Say. (f. 3.) — 4. M. subtruncata Da 
Costa (f. 4). 

PI. V. Cytherea (pi. 2 du genre), oct. 1844. — 1. C. patagoni- 
ca Phil. (f. 1). —2. C. Adansoni Phil. (f. 2.) c'est le Dosin 
d'Adanson (pi. 16 , f. 15} bien différent de la C. concentrica, — 



74 REVCK zooLOGiouE. [Février 1846.) \ 

3. C. hepatica Lam. (f. 3) du cap de Bonne-Espérance. — 4. 
C. excisa Chemn, VII , 400, 401 , (f. 4) . — 5. C. Dunkeri Phil. 
{f. 5) de la mer Pacifique. — Ces 5 espèces appartiennent au 
sous-genre Arthémis . dont les autres espèces connues sont 6. C. 
concentrica Born. , 7. C. gie^antea Sow. , 8. C. exoleta C. , 9. G. 
cinctaPult, 10. C. lupinus Poli (Lnnaris Lam.), différente de la 
Gincta des Anglais, 11. C. contracta Phil. (Chemn. VII, 403); 
12. C. juvenilis G. (Chemn. VII, 405, 407). 13. C. dilatata Phiï. 
(Chemn. Vil, 406, 14. G. lucinalis Lam.; 15. . australisC, Quoy 
et Gaim., 16. C, scalaris Menke, moll. , nov, Holl.; 17-C. pro- 
strata L. 

PI. VI. Vénus (pi. 3 du genre) , nov. 1844. — t. F. calcarea 
Phil. (f. 1) de Cuba. —2. F. discrepans Sow. (f. 2) du Chili, 
voisine de la V. Dombeyi. — 3. F. ignohilis Phil. \î. 4) du Chili 
— ^. F. expallescens Phil. (f. 5) du Chili , semblable à la V. 
decussata. — 5. F. subrugosa Sow. (f. 6, 7) c'est aussi la Tri- 
quetra triradiata Anton. Verz , p. 10 (1839). — 6. F. lunularis 
Lam, (f 10). — 7. F.variabilis mus. Findob. (f. 8, 9). Cette 
espèce est sans doute identique avec la V. recens, Chemn., mais 
non pas avec la V. recens de M. Deshayes (Pfr.) , Figures de 
coq., etc., par Philippi; vol; l,liv. huitième et dernière. Casse!, 
1845. 

PI. I. Gylindrella; par C. Pfeiffer. Après quelques remarques 
historiques sur le genre, qui prouveront que pour tous ceux qui 
admettent des genres dans la famille des Hélices , le nom Cylin- 
drella est celui qui doit être conservé , et que ni les noms de 
Brachypus Guild, Siphonostoma Swains,ni ceux de Gh. Beck 
(sous-genres : Urocoptis, Cyclodontina, Brachypodella et Apoma) 
pourront réclamer le droit de priorité, l'auteur décrit 16 espèces, 
auxquelles le docteur Dunker en ajoute encore deux. Ce sont : 
1. C, gracilicollis Fér. (f. 6) figuré d'après un exemplaire au- 
thentique. — 2. C. elegans Pfr. (f. 12; de Cuba.— 3. C. varie- 
gata Pfr. (f. 1 1) de Cuba. — 4. C. subula Fér. (f. 17, copiée de 
Férussac).— 5. C. crispula Pfr. (f. 13) de Cuba.- 6. C. Later- 
fadn'(clausilia) Grat. (f. 18, copiée du mémoire de M. Grateloup). 

7. C. perplicaia Fér. (f. 14) d'après uu exemplaire de Cuba. — 

8. C. acus Pfr (f. 8) de Cuba. 9. L. collaris Fér. (f. 10)avecla 
variété : Anliperversa Fér. (f. 9), toutes deux d'après des exem- 
j)laires originaux. — 10. C. costata (Brachypus) Guild. décrite 



ANALYSES DODVRAGES NOUVEAUX. 75 

d'une manière insuffisante. M. Swainson l'a figurée deux fois: 
Malacology, p. 1G8 (copiée f. 16). — Celte espèce paraît être 
l'antiperversa minorFér.), et p. 333 (copiée f. 15), cette dernière 
est probablement l'espèce de Guilding, elle est voisine delà per- 
plicata. — 11. C. pilocerei Pfr. (f. 8) du Mexique. — 12. C. Chem- 
nitzianaPfr. (f. 7) de la Jamaïque. — 13. C. Humboldtiana Pfr. 
(f. 4.) de Cuba.— 14. C. rosea Pfr. (f. 3). — 15. C. cylindrus 
Pfr. (f. 2), c'est le Turbo cyl. de Chemn. , Pupa cyl. Lam. — 
16. C. brevis Pfr. (f. 1) de la Martinique. — 17. C. Gruneri 
Dunker (f. 20) de Haïti— 18. C. speciosa Dunk. (f. 19) du 
Mexique? L'auteur indique l'analogie présumée entre cette es- 
pèce et la Pupadecollata Nyst. 

J'ai reçu, il y a quelques jours, de la part de M. INyst la mémo 
coquille de la Colombie, sous le nom de P. decollata var. minor. 
Kn état frais elle est revêtue d'un épidémie corné. Je crois devoir 
en conclure que la Pupa decollata appartient, sans nul doute, au 
genre Gylindrelia, mais les différences sont trop prononcées 
pour admettre que la G. speciosa n'en soit qu'une variété (Pfr.) 

— Il existe encore plusieurs espèces appartenant à notre genre, 
énumérées dans mes Symbolœ, mais celles de M. de Férussac ne 
sont pas décrites, et celles de MM. d'Orbigny et Gould(de Cuba) 
le sont insuffisamment pour reconnaître leur identité avec les 
autres, ou leur valeur spécifique. 

PI II. Trochus(pl.5du genre),janv. 1845. — LT*. Japonicus 
Dunk, (f. 1) du Japon. — 2. T. Melanoloma (Alonodonta) 
Menke{r. 2) delà Nouvelle-Hollande. — 3. T.aterLess. (f 6) Tr. 
atropurpureus Menke. Chili. T. Temsii Dunk. (f. 3) de Loanda. 

— 5. T. bicanaliculatus Dunk. (f. 4) Hab.? — G. T, sauciatus 
^oc/i (f. 7) Hab.? 

PI. III. Murex fjanv. 1845).— 1. M. nigrita Phil. (f. 1) con- 
fondu jusqu'à présent avec le M. radix.— 2. M. hippocastaneum 
Phil. (f. 2) du Pérou. 

PI. IV. Psammobia(pl. 2 du genre) janv. 1845. — l. P. Kûsteri 
Ant. (f. l)Hab.?— 2. P. elongata Lam (f ?, 3) deux variétés.— 
3. P. radiala Dunk (f. 5) de Java et Amboina.— 4. P. flavicans 
Lam. (f. à^fî). — Sanguinolaria livida Lam., var. de la Nouvelle- 
Hollande. — h. P. serolina (Psamotœa) Lam. (f. 7). 

PI. V. Cylherea pi. 3 du genre) —1 . C. fusca Koch (f. 1) Hab.? 
semblable à la C. castanea Lam. — 2. C. rubiginosa Phil (f. 2), 



76 REVUE ZOOLOGIQUE. [Février 1846. ) 

M. fulminata Menke. C. modesta Phil. (f.3) des îles Philippines, 
appartenant au groupe des Vitrina tumens , etc. — A. C fulmi- 
nata Fal. 'Enc. méth. (f. 4) Hab. ? — 5. C. lutea Koch. (f. 5) 
Hab. ? — 6. C. planatella Lam. (f. 6) de l'île de Van Diemen. 
€hemn.VII,f. 6?— 7. C. trigonella Lam. (f. 7)des Antilles.— 8. 
6\ minuta Koch. (f. 8) Hab.^? 

PI. VI. Pecten (pi. 2 du genre) , déc. 1844. — 1. P. excavatus 
Anton. Verz (f. 1} de Chine. — 2. P. bifidus Menke,Mo\\. Nouv.- 
Holl. (f. 6). — 3. P. solaris Born? (f. 2) Amboina. — 4. P. Ma- 
drepor arum Petit (f. 4, 5) Java.— 5. P. vitreus [Pallium] Chemn. 
(f . 3) Ce n'est pas l'espèce figurée dans Sow. Ihes. sous le même 
nom. D. L. Pfeiffer. 



III. SOCIETES SAVANTES. 

ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE PARIS. 

Séance du 2 février 1846. — M. Milne-Edwards lit un rap- 
port favorab'e sur un travail de M. Lereboullet ayant pour titre: 
Monographie des Cloportides de V Alsace. Nous avons déjà parlé 
de ce travail dans notre numéro de février 1845, p. 74, et nous 
nous bornerons à reproduire les conclusions de ce rapport, for- 
mulées ainsi : « La commission a, par conséquent , l'honneur de 
proposer à l'Académie d'encourager M. Lereboullet dans ses re- 
cherches et d'engager ce zoologiste à poursuivre ses observations 
avec la persévérance dont il a donné des preuves dans le mémoire 
soumis à notre examen. » 

M. Natalis Guillot présente des Recherches sur Vappareil de 
la respiration des oiseaux. Ce travail est renvoyé à l'examen de 
MM. I. Geoffroy-Saint-Hilaire, Milne-Edwards et Valenciennes. 
A la fin de l'extrait qu'il a donné de son mémoire , l'auteur con- 
clut : 1" Que l'air qui traverse les poumons des oiseaux pénètre 
dans deux réservoirs distincts au ventre et à la poitrine ; 2^ que, 
maintenu par les enveloppes de ces réservoirs, cet air ne peut 
entrer que dans les os , mais qu'il n'entre ni dans le péritoine ni 
dans le tissu cellulaire; en un mot, qu'il ne saurait se répandre 
dans toutes les parties du corps pendant la durée de la vie de 
l'animal. 

M. Serres rappelle que M. le docteur Sappey a déposé, aumois 
d'octobre dernier, dans le musée d'anatomie comparée de la Fa- 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 77 

culte de Médecine, des pièces relatives à l'appareil respiratoire 
des oiseaux. M. Serres ajoute que cet anatomiste s'occupe, depuis 
quatre mois , de recherches actives sur cet important sujet, et 
qu'il est arrivé aux résultats qui suivent : 

1" Il n'y a point de plèvre chez les oiseaux ; 

2" Il existe dans tous les animaux de cette classe un double dia- 
phragme qui est l'agent essentiel de la respiration ; 

S» Les bronches, qui offrent dans les mammifères une distribu- 
tion centrifuge, sont périphériques chez les oiseaux et disposées 
sur deux séries divergentes, l'une constituée par quatre troncs 
qui couvrent de leurs ramifications la face inférieure du dia- 
phragme du poumon; l'autre, formée de sept troncs, qui se ra- 
mifient sur la face supérieure ou costale; 

4° Le poumon est composé de conduits d'égal diamètre , ana- 
stomosés entre eux et se dirigeant, sous des angles divers, des 
bronches diaphragmatiques aux bronches costales ; 

5° De chaque côté, l'organe respiratoire comnmnique par cinq 
orifices avec les cellules aériennes qui lui sont annexées ; 

6° Ces cellules, également au nombre de cinq de chaque côté, 
sont; 1° La cellule biclaviculaire, 2° la cellule prévertébrale,, 
3** la petite cellule diaphragmatique, 4" la grande cellule dia- 
phragmatique, 5° la cellule cloacale ; 

7® Ces cellules ont pour usage principal d'assurer l'équilibre 
de l'animal en abaissant son centre de gravité ; 

8" La plupart des os contiennent de l'air, qu'ils puisent dans 
l'appareil respiratoire; toutes les plumes renferment le même 
fluide, qu'elles tirent directement de l'atmosphère; dans ces 
deux ordres d'organes, la présence du fluide atmosphérique rem- 
plit le même usage ; celui d'accroître leur résistance sans aug- 
menter leur poids ; 

9° Au moment où l'oiseau dilate son thorax l'air se précipite 
dans le poumon, d'une part par la trachée, de l'autre par les 
orifices qui le font communiquer avec les cellules aériennes ; 

10" Pendant la dilatation du thorax, les diaphragmes se con- 
tractant, les bronches diaphragmatiques se dilatent, le poumon 
tout entier est attiré en bas et en dedans , et les bronches costales, 
par l'eff'et de cet abaissement, se dilatent à leur tour. 

M. Gaudichaud lit un Rapport sur les mémoires qui ont été 
présentés à f Académie des Sciences au sujet de la maladie des. 



78 REVUE zooLOGigrjE. [Février l«i6.) 

Pommes de terre. Après de savantes considérations de physiolo- 
gie végétale, le rapporteur donne une analyse de tous les mé- 
moires qui ont été soumis à son examen, et il termine par les 
conclusions suivantes : « La commission, tout en reconnais- 
sant l'importance de queiques-unes des observations qui lui ont 
été communiquées , croit devoir déclarer que, dans son opinion, 
ces observations sont insuffisantes pour permettre de se pronon- 
cer sur les causes qui ont déterminé la maladie des pommes de 
terre. 

» Cependant elle pense que les expériences contenues dans le 
mémoire de M. Stas , ainsi que les observations présentées par 
M. Guérin-Méneville, méritent l'approbation de l'Académie. 

» Que MM. Girardin etBidost, Bouchardat, Pouchet, Victor Pa- 
quet et Bedel ont droit à des remercîments pour leurs communi- 
cations intéressantes et empressées. 

M. Eugène Robert adresse un travail intitulé : Note sur un 
procédé destiné àmettre les Ormes et les Pommiers à l'abri des 
insectes qui leur sont le plus nuisibles Dans ce travail^ qui n'est 
que le résumé d'un plus grand mémoire , M. Robert montre que 
le mouvement de la sève descendante des arbres est interrompu 
par l'action des larves de trois espèces de Scolytus accompagnées 
du Cossus ligniperda pour les ormes ; par le Scolytus pruni et 
une larve de Callidium pour les pommiers à cidre, et par celle 
de VHylesinus crenatus i our le frêne. M. Robert est parvenu à 
purger ces arbres des larves de scoly tes , en enlevant une partie 
de la vieille écorce par bandes longitudinales et parallèles entre 
elles, en ayant soin de ne pas toucher au liber. Actuellement il 
enlève toute la vieille écorce morte, jusqu'à une assez grande 
hauteur. Cette décortication, en détruisant toutes les larves de 
scoly tes et même de cossus, a l'avantage de produire une aug- 
mentation notable dans la production du bois. Ce travail est 
renvoyé à l'examen de MM, Dutrochet et Ad. Brongniart. 

Séance du 16 février. — MM. Marcel de Serres et P. Gervais 
adressent de Montpellier des Observations sur les mammifères 
dont on a trouvé les restes fossiles dans le département de l Hé- 
rault. Ces fossiles appartiennent aux genres suivants : Ursus fe- 
lis, Mastodon, Rhinocéros, Tapirus, Lquus, Sus, Balœna , 
Physeter^ Delphinus et Melaxylherium. Ce travail est renvoyé 
à J'examen de MM. de Blainville et Is. Geoffroy Saint-Hilaire. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 79 

M. Deshayes adresse un Mémoire sur V organisation des ani- 
maux du genre Taret. Nos observations générales sur le Taret, 
tendent, dit M. Deshayes , à prouver que si cet animal rentre 
dans le plan d'organisation des mollusques que comprend la 
classe dans laquelle il est rangé , il présente des modification» 
importantes déterminées surtout par la forme excessivement al- 
longée de ses parties. Ce que l'on appelle chez ceux-là le man- 
teau est toujours renfermé dans la coquille, quelle que soit sa 
forme, et, dans le Taret, cette portion de l'enveloppe cutanée 
est excessivement courte et ne peut contenir qu'une trés-faible 
partie des viscères. 

Le trait le plus général de Porganisation de ces mollusques 
consiste dans l'allongement considérable de tous leurs organes, 
et leur déplacement dans un ordre régulier. Ils sont échelonnés 
les uns en arrière des autres et non pelotonnés ou rassemblés en 
une seule masse viscérale, comme dans tous les autres mollus- 
ques acéphales. 

Il semblerait, poursuit l'auteur, que nous devions conclure à 
la séparation du genre Taret de la famille dans laquelle nous 
l'avons rangé depuis longtemps. Tout en le conservant dans les 
mollusques dimyaires et en le laissant dans le voisinage des pho- 
lades^ il devrait constituer à lui seul une famille, et c'est pro- 
bablement à ce dernier arrangement que s'arrêteront les zoolo- 
gistes ; dès lors ce groupe réunit trois genres : Taret, Cloisonnaire 
et Térédine. 

Séance du 23 février. — M. Léon Dufour adresse un travail 
sur une colonie dHnsectes vivant dans l'ulcère de V Ormeau. 

A mesure que les végétaux languissent, périssent, se décom- 
posent, ils ne tardent pas à devenir le foyer, le berceau, non-seu- 
lement de plantes parasites de l'ordre des Cryptogames, mais 
d'une foule d'êtres animés destinés à s'approprier les éléments 
matériels de cette destruction , à s'en nourrir, à. les rendre à la 
vie par l'acte digestif et à en diminuer ainsi la quantité. 

En avril 1845, dit M. Léon Dufour, je trouvai sur le tronc d*nn 
des grands ormeaux d'une avenue deSaint-Sever, une vaste plaie 
ulcéreuse d'où suintait une humeur de consistance pulpeuse qui, 
macérant au loin l'écorce, avait fini par y former une longue 
trainéeroussâtre. En l'explorant avec une scrupuleuse attention, 
je la vis fourmiller de vers , ou, pour parler le langage de la 



80 REVUE zooLOGiQUE. (Février 1846.) 

science, de larves. C'était pour moi un véritable trésor, une mine 
riche d'avenir. Je recueillis la pulpe, pour ainsi dire vivante, de 
ce précieux ulcère et l'écorce macérée du voisinage. Cette inté- 
ressante ménagerie, où mon œil pratique avait déjà entrevu des 
habitants de ma connaissance et d'autres qui stimulaient vive- 
ment ma curiosité, fut transférée dans mon laboratoire et établie 
avec empressement dans des bocaux, des compotières, destinées 
à ces sortes d'éducation. Mais là ne se bornèrent pas les précau- 
tions exigées pour la prospérité de ces nouveaux hôtes, pour 
mener à une heureuse fin les évolutions, les miraculeuses méta- 
morphoses de leur triple existence ; il me fallait les inspecter 
souvent, leur donner opportunément de l'air, arroser ou plutôt 
stillicider leur marmelade nutritive ; étudier, saisir le terme de 
l'accroissement de ces larves, leur âge adulte, pour les soumettre 
alors à une analyse plus rigoureuse, à une soigneuse iconogra- 
phie. Aussitôt que j'en voyais qui cessaient de se nourrir, je de- 
vais les isoler, les séquestrer, afin d'assortir les larves à leurs 
chrysalides, et m'assurer ainsi de la légitimité des provenances, 
de l'identité des espèces. 

C'est par ces visites réitérées, ces soins assidus, la dissection 
consciencieuse des plus petits détails de structure , que je suis 
arrivé à constater, dans un tas de cette boue morbide qui couvri- 
rait la paume de la main, une petite république de onze espèces 
de larves appartenant, pour la plupart, à des genres dissem- 
blables, sans compter celles que leur exiguïté a dérobées à mes 
investigations, ou qui ont mal tourné dans cette éducation do- 
mestique où il n'est pas possible de prévoir, pour toutes, les 
conditions favorables à leur définitive transformation. J'ai même 
obtenu dans mes bocaux hermétiques, des insectes ailés dont les 
larves ne figuraient pas dans mon registre d'observations ou 
n'avaient pas été suffisamment étudiées. 

Voici les noms des espèces obtenues dans cette éducation : 
1. Nosodendron fasciculare, fab. ; 2. Rhyphus fenestralis, f. ; 
3. MycetoMapallipes,, Meig. ; 4. Scathopse m^ra,Meig. ; 5. Ce- 
ria conopsoides, L. ; 6. Syrphus nectareus, f. ; 7. Sargus eu- 
prarius^t.; 8. Spilogaster ; 9. Apodotomella impressifrons , 
Duf. ; 10. Drosophila paîlipes Duf. ; 11. Drosophila niveo- 
punctata, Duf. 

Dans un mémoire, dont celte note n'est que l'annonce, 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 81 

M. Léon Dufour décrira et figurera tous ces sujets ainsi que leurs 
larves et leurs nymphes. 

M. Sappey lit un mémoire ayant pour titre : Recherches sur 
V appareil respiratoire des oiseaux. A la fin de sa communica- 
tion, l'auteur donne les conclusions suivantes : 

« En résumé, tous les auteurs s'accordent à admettre qu'il 
existe une plèvre dans l'appareil respiratoire des oiseaux ; qu'il 
n'existe pas de diaphragme; qu'il y a deux espèces de cellules 
aériennes, les unes pleines et les autres vides; que ces cellules 
s'ouvrent non-seulement dans les os, mais encore dans le tissu 
cellulaire, dans les muscles et même dans les plumes. 

» J'ose affirmer : 1° qu'il n'y a point de plèvre dansles oiseaux ; 
2° que la membrane qui a été décrite sous ce nom est formée par 
les bronches inférieures du poumon ; S'' que toutes les ramifica- 
tions bronchiques sont périphériques et produisent, en s'ados- 
sant, une véritable enveloppe aérifère ; 4° que non-seulement 
le diaphragme existe dans les oiseaux, mais qu'il est l'agent es- 
sentiel de la dilatation pulmonaire; 5" que l'observation repousse 
soit l'existence des cellules pleines, soit la communication de 
l'appareil respiratoire avec les muscles, le tissu cellulaire et les 
plumes ; 6° que les réservoirs aérifères annexés au poumon sont 
au nombre de cinq de chaque côté; 1° que ces réservoirs, inu- 
tiles à la respiration, ont pour usage d'assurer l'équilibre de l'oi- 
seau pendant le vol, et de diminuer sa pesanteur spécifique; 
8" que l'air qu'ils contiennent se raréfie pendant l'inspiration, et 
se condense pendant l'aspiration ; 9° que la présence de l'air dans 
les os a pour effet d'augmenter leur diamètre et leur résistance 
sans accroître leur poids; lO" enfin, que ce même fluide pénètre 
directement dans les plumes par un orifice elliptique situé à leur 
face inférieure, et remplit dans ces organes le même usage que 
dans les leviers osseux. » 

Ce travail est renvoyé à l'examen de MM. Serres, J. Geoffroy 
Saint-Hilaireet Babinet. 



8â 



REVUE zooLOGiQDR. {Févvier 1846.) 



IV. MELANGES ET IVOUVELLES. 



M. de Lafresnayenous prie de faire connaître aux zoologistes, 
qu'ayant voulu acquérir la partie ornithologique des deux voya- 
ges, 1° de la f^énus, 2° de V Astrolabe et la Zélée ^ et que Tédi- 
teur n'ayant pas consenti à détacher cette partie du reste de la 
zoologie, il a été obligé de souscrire à la zoologie entière de ces 
deux ouvrages , mais que n'ayant besoin, pour ses travaux, que 
de la partie ornithologique, il oflfre de céder, en totalité ou par 
portions, toutes les autres, au prix coûtant , c'est-à-dire à 12 fr. 
la livraison de cinq planches in-folio avec le texte. Il a déjà paru 
du voyage : 



DE LA VENUS. 

PI. 


DE l'astrolabe ET LA ZÉ 


LÉE. 

pL 


Mammileres. 13 
Poissons. 1 
Reptiles. 3 
Mollusques et an. rayonnes. 26 


Mammifères. 

Poissons. 

Reptiles. 

Crustacés et insectes. 


26 
6 
8 

13 



M, de Lafresnaye ne désirerait céder les mammifères qu'en y 
joignant les poissons et les reptiles, qui sont bien peu nombreux. 
Il céderait volontiers séparément les mollusques, y compris les 
animaux rayonnes et les insectes. 

Sur les demandes qui lui seront faites , il adressera ces dif- 
férentes parties à 31. Guérin Méneville, au bureau de la 
Revue zoologique, qui voudra bien les livrer en recevant le 
montant. 

S'adresser à M. le baron de Lafresnaye, à Falaise (Calvados). 



Neuvième année. — mars i846. 



I. TRAVAUX INEDITS. 

(Ddurs i^'histoire naturelle des corps organisés , professé au 
Ck)Uége de France , par M. Duvernoy. 

Cette année M. Duvernoy s'est montré , comme toujours , le 
digne successeur de Cuvier. Il possède , comme ce grand maître, 
Un esprit juste , méthodique , sage et indépendant j il est ami du 
progrès raisonnable, qui procède lentement , et. par cela même, 
sûrement ; et il l'a montré en introduisant dans ses leçons plu- 
sieurs changements importants dans la méthode de son illustre 
ami ; changements motivés par une connaissance plus complète 
de l'organisation des êtres , due aux progrès journaliers de la 
science , et par les recherches directes auxquelles il se livre sans 
cesse avec une activité remarquable. 

On voit dominer continuellement, dans ce cours, l'amour bien 
entendu de l'avancement et du perfectionnement de la science, 
l'appréciation consciencieuse de ce que chacun a fait pour y con- 
courir, et la mise en œuvre de ces matériaux avec cette logique, 
cette sûreté de vues et cet esprit de méthode qui caractérisaient 
si éminemment le célèbre prédécesseur de M. Duvernoy dans 
cette chaire. 

Nous sommes heureux de pouvoir donner à nos confrères une 
idée des leçons de M. Duvernoy , en leur en offrant , pour ainsi 
dire, la substance, dans une série d'articles qui paraîtront 
successivement dans notre recueil. 

D'après le programme de ce cours pour le semestre d'hiver de 
1845-1846 , le professeur avait entrepris de faire une revue cri- 
tique des derniers progrès de la science des corps organisés ^ 
considérés principalement dans la connaissance des animaux. 

Le professeur a divisé cette revue en trois parties. 

La première concerne la zoologie systématique gu les classifi- 
cations ; 

La seconde l'anatomie et la physiologie ; 

Tome IX. Année 1846. 6 



S'2 REvut zooLooiyuE. [Mars 1846.) 

Et la troisième la zoologie générale ou philosophique. 

Dans la première partie, M. Duvernoy a fait un exposé à la foi* 
historique, critique et dogmatique des classifications du règne 
animal, adoptées dans les ouvrages les plus récents et les plu» 
généralement admis dans l'enseignement de la zoologie . 

Après avoir montré les différences qui existent entre la méthode 
naturelle et un système artificiel : après avoir établi les principe» 
qui doivent diriger dans Temploi de la méthode naturelle, prin- 
cipes sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir; après avoir 
rappelé la grande division des corps de la nature en êtres orga- 
nisés et en corps inorganiques ; et celle des êtres organisés en 
végétaux et en animaux; après avoir expliqué, en se plaçant a 
la hauteur de l'état actuel de la science, les rapports et les diffé- 
rences de ces principaux groupes ; le professeur a fait connaître 
le plan qu'il suivrait pour apprécier les progrès réels que les 
découvertes dans la connaissance de l'organisation et des fonc- 
tions ont fait faire à la méthode naturelle de classification des 
animaux. 

Sa marche lui était tracée par le premier essai de cette mé- 
thode appliquée à toute la zoologie^ dans Touvrage de G. Cuvier 
ayant pour titre : Le Règne animal distribué d'après son orga- 
nisation^ ouvrage dont la première édition date de 1817. 

Le Professeur a passé successivement en revue les Types ou les 
Embranchements, les Classes, et les premières divisions de cha- 
que classe adoptées dans cet ouvrage célèbre. 

Il est parti de l'état de la science , ainsi établie par Cuvier, 
pour faire une revue rétrospective de cette même science, telle 
que Linné l'avait constituée , il y a un siècle environ ; et pour 
montrer ensuite les phases qu'elle a subies depuis Linné jusqu'à 
cette même époque de 1817, et de 18l7 jusqu'à 1845. 

Les auteurs les plus célèbres ont adopté les grandes vues que 
Cuvier avait fait connaître en 1812, des quatre Types ou plans 
généraux d'organisation; les uns avec les mêmes dénominations, 
les autres avec une autre nomenclature. Mais il y a bien des dif- 
férences entre eux , pour la circonscription de ces Types et les 
caractères qu'ils leur ont assignés. 

Les progrès récents que la science a faits dans la connaissance 
des animaux des trois derniers embranchements , des articulés 
t)u Annelés^ des Mollusques et des Zoophytes, et même dans cell 



TRAVAUX INÉDITS. Si 

du premier Type , celui des Verléhrés , ont permis de nombreu- 
ses améliorations dans la circonscription et la connaissance des 
•caractères de ces quatre Types; dans le nombre, la circonscrip- 
tion et la précision des caractères des Classes qui les composent 
€t de leurs principales divisions; améliorations que M. Duvernoy 
a successivement introduites et fait connaître dans ses enseigne- 
ments, depuis 1828 jusqu'à 18 -îô et I84G. 

Nous croyons faire une chose utile en publiant ses classifica- 
tions telles qu'il lésa exposées dans ce cours, comme exprimant, 
d'après sa manière de voir, les derniers progrès de la Zoologie 
classique. 

Nous donnerons aujourd'hui le Type des Zoophyteê^ Je» Clas- 
ses dont il se compose et leurs principales divisions. 

Type ou Embranchement des Zoophytes ou des Animaux 
rayonnes. — Ce Type conserve , en général , dans la classifica- 
tion dont nous allons rendre compte , les limites et les caractères 
généraux que M. Cuvier lui avait reconnus dès 1812 , et qu'il a 
continué d'adopter dans les deux éditions du Règne animal de 
1817 et de 1829. Mais il n'avait pu en caractériser les classes, 
«insi qu'il l'exprime, avec autant de précision que celles des trois 
autres embranchements, par Vignorance où l'on est d'une par' 
tie de leur organisation. 

Les découvertes récentes de la science ont permis à M. Duver- 
noy de leur donner, du moins en partie , cette précision désirée 
et d'en reconnaître un plus grand nombre. 

L'embranchement des Zoophytes se distingue généralement 
par la forme ou par la composition rayonnée du corps de l'indi- 
vidu simple ; et par la forme phytoïde ou arborescente des agré- 
gations ou des individus multiples. La forme rayonnée peut ne 
se manifester que dans les organes de relation , ou dans ceux de 
génération en même temps , ou simultanément dans les organes 
de relation, de génération et d'alimentation. 

Tous les animaux de ce type sont acéphales ; ils n'ont du moins 
point de tête distincte du corps. Ceux qui sont fixés forment tou- 
jours des agrégations qui ont des organes de fixité plus ou moins 
prononcés. 

Chez ceux dont la forme ou la composition rayonnée est évi- 
dente , le système nerveux se compose d'un cordon circulaire 



si RtvuE zooLOGigue. {Mars 1846.) 

placé autour de l'œsophage et de filets qui s'en détachent ponr 
pénétrer dans l'axe de chaque rayon. 

Mais chez ceux qui ont le corps allongé, plat ou cylindrique^ 
et qui ne montrent plus de forme rayonnée, que dans l'arrange- 
ment de quelques appendices autour de la bouche, etc., le sys- 
tème nerveux ne se compose plus que d'un segment de ce cordon 
circulaire formé de deux ganglions , d'un nombre variable de 
petits filets qui en partent , et de deux filets principaux occu- 
pant les côtés du corps (les Helminthes). 

Leur alimentation peut se faire par un canal alimentaire avec 
une issue très-apparente; ou par un sac alimentaire sans issue , 
ou avec un ou plusieurs pores excréteurs. Elle peut encore se 
faire par plusieurs bouches absorbantes ( les Rhizostomes) j ou 
par de nombreux pores absorbants cutanés ( l'jÉ'Mdore , parmi 
les Méduses). 

Les modes de propagation sont de trois sortes : \^ Des germe» 
libres (œufs ou bulbiles) ; 2» Des germes adhérents ou des bour- 
geons ; S'* La propagation par divisions pontanée. 

Ceux dont l'organisation est la plus compliquée n'ont que le 
premier mode de propagation. 

La plupart des zoophytes se propagent à la fois par germe libre 
et par germe adhérent , et forment , dans ce dernier cas , des 
agrégations d'individus dont l'ensemble a une forme détermi- 
née , suivant les espèces. 

On trouve , dans ce type , des individus agrégés (les polypes 
sertulairiens) , qui ne servent qu'à la propagation et au dé- 
veloppement des germes , qui s'épanouissent au dehors comme 
des fleurs et sont caducs , comme elles , après la maturation des 
germes. 

Il y a des Zoophytes dont tous les organes, à peu près, sont exté- 
rieurs , plus ou moins multiples et disposés autour d'une tige 
commune, ou suspendus à une ves ie, ou rangés sur une plaque 
solide. 

Ces singuliers arrangements des organes de la génération , ou 
de tous les organes, les rapprochent beaucoup des plantes. 

Il est impossible de disposer en série continue, ou régulièrement 
décroissante, les différentes Classes dans lesquelles se divise cet 
Embranchement ; quoique elles difl'èrent singulièrement , entre 
elles, par le degré de complication de leur organisation. Les nu- 



TRàVAUX INÉDITS. 85 

suéros qui leur sont assignés, dans la méthode de M. Duvernoy, 
n^indiquent pas d'une manière précise leur degré d'organisation. 

Les Echinodermes , qui sont en tête , sont cependant les plus 
compliqués des Zoophytes, de même que les jénimalcules homo- 
gènes paraissent être les plus simples. 

Mais les Protopolypes, que M. Duvernoy a laissés près des Poly- 
pes , sont les Zoophytes dont les caractères de l'animalité sont les 
moins prononcés. 

Les classes de ce Type, dans la méthode de M. Duvernoy, sont 
les suivantes : 

I. Les Echinodermes; 
II. Les Acalèphes ; 
m. Les Exophyes ; 
IV. Les Polypes ; 
V. Les Protopolypes i 
VI. Les Helminthes; 
VII. Les Rotifères; 
VIII. Les Animalcules homogènes. 

Le Profer-seur s'est appliqué à donner, avec détails, les carac- 
tères de chacune de ces classes , telles qu'il les a circonscrites , 
avec ceux des ordres et même des familles dans lesquelles il 
les divise. * 

Les bornes de ce recueil ne nous permettent que d'indiquer 
les principaux changements qu'il a introduits dans la méthode 
du Règne animal de Guvier , relativement aux classes et aux 
sous-classes , aux ordres, et par-ci par-là aux familles. 

Classe I. Les Fcdinodermes. — Cette classe ne comprend plus 
les Siponcles, ni les Echiures , qui sont des animaux d'un autre 
Type, de celui des Articulés , ou mieux des Annelés, d'après la 
disposition de leur système nerveux. Elle ne peut plus se diviser 
en deux ordres seulement, les Echinodermes pédicellés , et les 
Echinodermes sans pieds ; les Sinaptes, qui sont cependant des 
Holothurides , étant privés de pieds. 

Cette classe se divise en quatre ordres : ï. les Holothurides i 
II. \es Echinides ; III. les Stellérides ; ïV. et les Crinoïdes. 

La forme ou la composition rayonnée est incontestable chez 
tous les animaux de cette classe, ainsi circonscrite. 

I.es rayons peuvent être séparés , comme chez les Stelléride^ 



86 REVUE ZOOLOGIQUE. {Mavs 1846.) 

€t les Crinoïdes^ ou soudes, comme chez les Ilolothurides et le» 
Echinides. 

Il y a une sorte de squelette intérieur complet, les SiellérideSj 
les Echinides ; ou plus dépendant de la peau , les Crinoïdes; il 
est intérieur , incomplet et rudimentaire dans les Ilolothurides. 

La composition rayonnée est évidente dans tous les système» 
d'organes de sensibilité, de mouvement, d'alimentation et de gé^ 
nération, chez les Stellérides. Elle manque chez les Crinoïdes , 
les Echinides et les Holothurides , dans une partie des organes 
d'alimentation, puisqu'on y trouve un canal alimentaire replié 
sur lui-même , ayant une entrée et une large issue. 

Leur système nerveux se compose d'un cordon entourant l'oe- 
sophage et d'autant de nerfs principaux qu'il y a de rayons , les- 
quels aboutissent à ce cordon circulaire. En général on peut con- 
sidérer les Echinodermes comme un composé d'autant d'ani 
maux pairs qu'ils ont de rayons (1). 

Classe IL Les Acalêphes, — Cette classe ne comprend plus 
que les acalêphes proprement dits deCuvier. Ses Acalêphes hy- 
drostatiques doivent former une classe à part, ainsi qu'il l'avait 
prévu. Les Acalêphes , dans la méthode de M. Duvernoy , sont 
des Animaux marins, libres, mous, gélatineux, très-contractiles , 
phosphorescents , urticants, de composition plutôt que de forme 
rayonnée, n'ayant jamais de cavité viscérale ni de vaisseaux, mais 
de simples canaux pour le fluide nourricier, qui partent d'une 
cavité digestive centrale ( chez les Méduses) ou axillaire ( chez 
les Béroïdes ) , pour rayonner vers la circonférence , dans le 
premier cas ; en communiquant avec ceux qui vont d'un pôle à 
l'autre , dans le dernier cas. 

Les uns , ceux du premier ordre , les Multirayonnés, se com- 
posent de cinq rayons au moins ; ce sont les familles des Béroï- 
des et des Médusiens. 

Ceux du deuxième ordre , les Birayonnés , n'ont que deux 
rayons , qui partent d'un axe où se trouve le canal alimentaire, 
îivec une entrée et un pore anal, sur les deux bords opposés de 
l'animal. Cet ordre comprend les genres Cesie , Callianire, Ja- 
nire. 



(1) Voir le jourual Vln$lilul de 18S7, p. SOS et 209, où M. Durernoy a déTeloppé cell» 



TRAVAUX IINÉlilTS. 87 

Classe lll. Lbs Exophyes [qui naît en dehors). — Lea organes 
d'alimentation, de génération, de nutrition, de natation et ceux 
de préhension des aliments et de toucher, quand ils existent, sont 
séparés et à l'extérieur pour la plus grande partie. (Ce sont les 
Acalèphes hydrostatiques de Cuvier.) 

Cette classe se compose de deux ordres. 

Le premier ordre, celui des Exophyes nonvésiculeux, se dis- 
tingue par une plaque simple ou double, cartilagineuse, formant 
l'axe solide du corps. Cet ordre ne se compose que de la famille 
des relellides. 

Le second ordre comprend les Exophyes vésiculenXt qui se 
divisent en deux familles , celles des Physalies et des Diphyes, 

Classe IV. Les Polypes. — Cette classe a la même circonscrip- 
tion que dans le Règne animaly à l'exception des Théthyes et des 
Eponges^ qui composent la classe suivante , celle des Protopo- 
lypes. 

Mais les trois ordres du Règne animal^ les Polypes charnus, 
les Polypes gélatineux et les Polypes à polypiers, sont rempla- 
cés par le même nombre d'ordres, avec d'autres dénominations, 
une autre circonscription et des caractères plus précis d'orga- 
nisation, de forme et de composition. 

1 . Ordre, Polypes cellulaires ou ascidiens. — Us compren- 
nent, entre autres, les Polypes à cellules de Cuvier. Chaque polype 
a pour tégument une cellule membraneuse cornée ou calcaire ; 
elle intercepte une cavité viscérale dans laquelle flotte le canal 
alimentaire. L'orifice buccal est entouré d'une couronne de ten- 
tacules ciliés, grêles, au nombre de douze à vingt-deux, retirés 
dans la cavité buccale, et que celle-ci porte à l'extérieur en se 
déroulant au dehors. 

Les œufs se développent dans le sac tégumentaire renfermant 
le canal alimentaire, ou dans des cellules particulières. 

Le Polypier est une agrégation régulière de ces cellules, 
dont la forme varie suivant les genres et les espèces. 

Ces polypes ont des rapports avec les Ascidies composées ; 
mais ils en ont bien davantage, suivant M. Duvernoy, avec les 
autres polypes , dont ils ne doivent pas être séparés. 

Cet ordre peut se diviser en deux sections et en plusieurs fa- 
milles que nous ne ferons qu'indiquer. 

Section I. — Un repli labial en forme de fer à cheval supports 



ÈH REVUE zooLOGiQOE. [Mavs 1846.) 

de nombreux tentacules. Fam. I. Bippocrépiens (Polypes à pa- 
naches des auteurs) fluviatiles. 

Section II. — L'orifice buccal est entouré d'une couronne cir- 
culaire de tentacules. Fam. I. CeKéporiens (marins), Fam. II. Es- 
chariens (marins). Fam. III. Frédericelliens (fluviatiles). 

n. Ordre. Polypes tubulaires (les Polypes gélatineux en par- 
tie, et la famille des Polypes à tuyaux de Cuvier).— Polypes li- 
bres ou fixés. L'animal est essentiellement composé d'une poche 
alimentaire , recouverte par les téguments auxquels elle est sou- 
dée ; elle est garnie extérieurement d'un nombre variable de 
tentacules rangés en cercle autour de l'orifice buccal ou dispersés 
à sa surface. 

Cette cavité alimentaire se continue dans un canal membra- 
neux aboutissant de tous les polypes , lorsqu'il y en a plusieurs^ 
de réunis, dans lequel se meut le fluide nourricier du polypier. 

Les parois du canal nutritif, comme celles de chaque polype, 
sont composées de deux membranes; l'externe répond aux tégu- 
ments, l'interne est une continuation de la poche digestive. La 
première, chez le polype à polypier, sécrète un fourreau de na- 
ture cornée et des cellules de même nature, qui renferment cha- 
cune un polype. Il y a , dans ce cas , des Polypes alimentaires 
qui n'ont d'autre fonction que leur propre alimentation et celle 
du polypier ; et des Polypes propagateurs , distincts par leur 
forme et le plus grand volume de leur cellule , dans lesquels 
les œufs se développent et peuvent éclore. 

Le polypier est composé ou agrégé; dans ce dernier cas, les 
polypes peuvent s'individualiser en se séparant. Le plus sou- 
vent il est compliqué et forme une réunion dont tous les indi- 
vidus ont une nutrition commune et une enveloppe protectrice 
continue. 

Section I. Polypes médusiens. Fam. \. Les Coryniens. 

Section IL Polypes hydriformes. Fam. L Les Hydtiens. 
Fam. IL Les S erlulairiens. 

in. Ordre. Les Polypes aclinoïdes(Ce sont les Polypes char- 
nus et les Polypes corticaux de M. Cuvier, à l'exception des Thé- 
thyes et des Eponges). — Les bras ou les tentacules sont creux et 
varient beaucoup pour le nombre et la forme, et leur arrange- 
ment en cercles multiples , ou en rayons , autour de l'orifice 
buccal. 



TRAVAUX I^KDITS. 89 

Une cavité intérieure entre les téguments et le sac ou le canal 
digestif, laquelle est divisée par des cloisons qui se prolongent au 
delà du sac ou canal alimentaire, dans la profondeur du corps, 
où elles ont alors un bord libre. C'est dans les parois de ces cloi- 
sons, ou dans les prolongements filamenteux qui s'en détachent, 
que se développent les ovules ou les spermatozoïdes. Le fluide 
respirable pénètre dans la cavité génératrice soit par la bouche, 
soit par les tentacules. {Les Polypes actinoïdes composés ont 
une peau commune qui peut être soutenue par une substance 
subcartilagineuse (les Alcyons), par un axe calcaire (les Ma- 
drépores ) , ou corné ( les Antipathes , les Gorgones), 

Les Actinoïdes composés sont fixés ou libres. 

Le Polypier fixé naît d'une larve à cils vibratiles,qui prend la 
forme d'un disque , s'attache à un corps sous-marin et devient 
cette peau commune génératrice des polypes et de l'axe solide du 
polypier. 

Les Actinoïdes simples sont libres (les Actinies). 

Cet ordre se compose de sept familles. 

Fam. l. ].es Actiniens. Fam. II. Les Tubiporiens. Fam. III, 
Les Madréporiens. Fam. IV. Les Coraux. Fam. V. Les Penna- 
tuliens. Fam. VI. Les Alcyonides. Fam. VII. Les Alcyons. 

Classe V. Les Protopolypes. — Naissent comme les Polypes 
actinoïdes (Corticaux de Cuvier), d'une larve mobile, à cils vi- 
bratiles, qui se fixe de même à un corps sous-marin ; forme d'a- 
bord un disque aplati, se divisant et se prolongeant en organes 
de fixité , et duquel s'élève un polypier sans polypes , composé 
d'une peau commune et d'une partie solide , de nature cornée , 
calcaire ou siliceuse; dont la forme générale extérieure varie selon 
les espèces; et dont la structure intérieure se compose de tubes 
ou de canaux communiquant les uns dans les autres , et à l'exté- 
rieur par des orifices exhalants et absorbants. 

Fam. I. Théthyes. Fam. II. Eponges. 

Classe VI. Les Helminthes. — Ce sont les Intestinaux de Cu- 
vier, à l'exception des Lernées, qui doivent être placées parmi les 
Crustacés. 

Cette classe se divise en trois sous-classes : les Cavitaires , les 
Parenchymateux, les Helminlhophytes. 

Les Helminthes sont loin d'être tous des vers intestinaux. Les 
uns vivent librement dans l'eau douce ou salée ; les autres sont 



(les parasites externes, semi-externes ou internes. Ils sont simple» 
ou composés. Ils se propagent, dans le premier cas, par œuf; et 
daus le second, par bourgeons ou par œuf. Leur système nerveux 
est un segment correspondant à celui de deux rayons de sys- 
tème nerveux de Rayonné. Leur système vasculaire , quand il 
est apparent, est une continuation des divisions du sac alimen- 
taire , ou bien il occupe une position superficielle et sous-cu- 
tanée. 

L — La sous classe des Cavitaires, dont les animaux ont une 
cavité viscérale et dont les sexes sont séparés , se divise en deux 
ordres : 

A. Celui des Enlérodèles^ qui ont un canal alimentaire: 

B. Et celui des Aneniérés^ qui manquent de canal alimentaire. 
L'ordre des Entérodèles se compose de trois familles : 4° les 

Ascaridiens ( les Nématoïdes de Rudolphi ) , tous intestinaux : 
2* les Linguatules, et '^° les Némertes, qui sont des vers externes . 

L'ordre des Anentérés ne comprend que la famille des Acan- 
thocéphalés, que M. Cuvier avait laissée parmi ses Parenchyma- 
teux. 

IL — La sous-classe des Parenchymaieux se compose aussi de 
vers externes. I . L'ordre des Planaries. 

De vers intestinaux et de parasites externes, 2. L'ordre des 
Trémaiodes. 

III. — La troisième sous-classe, celle des Helminthophytes , ne 
comprend que des vers parasites internes. Leur corps est plat, en 
forme de ruban , ou vésiculaire en partie. Ils se propagent par 
œuf ou par bourgeons, et peuvent être considérés, le plus sou- 
vent, comme une agrégation d'individus articulés en série, ou 
fixés à une vessie. 

Cette sous-classe se compose de deux ordres ; A les Cestoides^ 
et B les Fésiculaires. 

Chacun de ces deux ordres se divise en deux familles : 

I* Les Tœnioides. et 2° les Ligules, pour le premier ; 

1° Les Cestoides vésiculaires , 2" et les Hydatides propres, 
pour le second. 

Classe Yll. Les Rotifêres. — M. Duvernoy persiste à mainte- 
nir cette classe dans le Type des Rayonnes. 

La composition rayontiée se montre encore évidente dans les 
f)rganes à cils vibratilesqui entourent l'orifice buccal, et produi- 



TRAVAUX INÉDITS. 91 

tent, dans leurs mouvements rapides et réguliers, cette singu- 
lière illusion d'une roue qui tourne. 

Ces cils vibratiles , qui jouent un rôle si important chez un 
grand nombre d'animaux de l'embranchement des Rayonnes, 
lient les Rotifères avec les Jnimalcules homogènes , et plus 
parculièrement avec les Vorticelles. L'appareil rotateur de cer- 
tains Rotifères rappelle les bras ciliés des Polypes tubulaires ou 
cellulaires. 

On ne peut se dissimuler cependant que la classe des Rotifères 
ne montre quelques caractères des Articulés : tels sont les divi- 
sions en anneaux, ou même en plusieurs articulations rentrant 
les unes dans les autres, de l'appendice caudal de quelques-uns; 
mais , outre que cet appendice n'existe pas chez tous , le corps 
n'est jamais articulé , et le système nerveux n'a pas de cordon 
principal occupant l'axe du corps ; il ne se compose que de quel- 
ques ganglions œsophagiens formant une portion de collier, des- 
quels partent en rayonnant les nerfs qui vont aux muscles de 
l'appareil rotateur (1). 

Classb Vlll. Les Animalcules homogènes. — M. Cuvier avai(, 
déjà prévu que son ordre des Homogènes devrait faire une classe 
à part. C'est celle des Polygastres de M. Ehrenberg, ou des In- 
fkisoires , en dernier lieu , de M. Dujardin. 



Mélanges ornithologiques , par M. F. de Lafresnaye. 
Sur le Genre Campylorhynchus de Spix (1824), Picolaptes 

Lesson (1830). G. R. Gray, list of the Gen. of birds, p. 26. 
Dans la Revue 1845, p. 339, après avoir décrit trois nouvelles 
espèces du genre Campylorhynchus de Spix , Picolaptes ( Les- 
son), nous ajoutâmes que nous possédions encore un certain nom- 
bre d'individus de ce genre qui , quoique différents de coloration 
des Campylorhynchus scolopaceus (Licht) et zonatus (Lesson), 
offraient cependant avec ces deux espèces tant de rapports de 
forme et de proportions que nous n'osions les présenter comme 
espèces distinctes, ne sachant si leur différence de plumage ne te- 
nait pas à quelque livrée d'âge ou de sexe Depuis lors nous avons 
reconnu que, dans ce petit groupe américain , toutes les espèces 

(I) Les très-petits ganglions accessoires que vient de décrire M. Oskar Schmidt (Arcli. 
d'Erichsou. do 1846 , p. 62, pi. III), ne caractériseraient pas encore le plan de système 
nerveux d'un animal annelé. 



î^i^ REVUE ZOOLOGIQUE. [MaTs 1846.) 

sont tellement en rapport de formes et de proportions , que si 
l'on n'avait pas égard aux différences de coloration, de onze es- 
pèces à moi connues on pourrait à la rigueur n'en faire qu'une, 
variant seulement de livrée et un peu dans la longueur du bec. 
C'est donc après avoir comparé de nouveau et scrupuleusement 
ces individus , que nous avons reconnu , à n'en pouvoir douter, 
qu'ils constituaient trois ou au moins deux espèces nouvelles 
et distinctes des sept ou huit que nous connaissions déjà. En voi- 
ci la description. 
^ C. zonatoides, ^oh. — Gam. supra fuscus, pilei pi umis sor- 
dide grisescenlibus in medio tantum fuscis collo supero, dorso, 
aliscaudaquevittispallidis et fuscis transversè et alterné zonatis; 
Subtùs, gutture colloque antico sordide albis , hoc colore sensim 
leviterque supra pectus abdomen etsubcaudalis ochraceotincto, 
et ubique a mento ad subcaudales extremas maculis nigris ad gut- 
tur pectusque rotundis ad abdomen anumque vero transversis ; 
rostrum elongatum arcuatum , pallidecorneum, pedes pallidi. 

Ainsi que le Grimpic zone de Lcsson , cette espèce a toutes les 
plumes du dessus de la tête d'un gris rembruni , noirâtre dans 
leur milieu ; mais elle en diffère surtout par le dessus du cou, 
qui, ainsi que le dos, les ailes et la queue , est zone en travers de 
bandes alternativement grisâtres et noirâtres, tandis que le Grim- 
pic zone a cette première partie visiblement striée en long d'é- 
troites mèches de ces deux couleurs ; tout le dessus blanchâtre 
sur la gorge , et le devant du cou se teint insensiblement sur la 
poitrine d'une nuance fauve très -claire, un peu plus prononcée 
sur l'abdomen et les sous-caudales. Toutes ces parties sont cou- 
vertes de taches arrondies noires devenant transversales sur les 
flancs, les côtés de l'abdomen et les sous-caudales. Bec corné à 
mandibule inférieure pâle à sa base; long. tôt. 18 c. (monté). — 
Quoique très-voisine de coloration du Grimpic zone, nous avons 
déjà vu que cette espèce en différait en dessus par son cou zone 
en travers , et non strié en long de noir et de grisâtre ; par son 
bec un peu plus fort et surtout un peu plus arqué, et en dessous 
en ce qu'au lieu d'avoir tout le devant d'un blanc pur finement 
moucheté de noir jusqu'à l'abdomen , et cette dernière partie 
d'un roux assez vif presque sans taches ; le blanchâtre de son 
cou se teint insensiblement dès la poitrine d'un fauve très-pâle , 
\in peu plus vif sur l'abdomen, avec des taches noires bien plus 



TRAVAUX INÉDITS. 93 

grandes et bien plus rapprochées sur la poitrine , et continuant 
sur l'abdomen, où elles prennent une forme transversale. Quoique 
de proportions un peu plus fortes que le zone, les tarses sont plus 
courts chez notre zonoïde , qui , comme le premier, a une bande 
sourcilière grisâtre variée de traits noirs, mais qui n'a pas comme 
lui les bandes grises du croupion et du bas du dos fortement 
teintes de roussatre. 

^'2*' C. pallescens, Nob. — ('amp. pileo sordide grisescente-mu- 
rino unicolore , supraque toto pallide fuscis , et sordide albis 
zonis obtecto ; subtus sordide albo , collo infero, pectore , abdo- 
mine et subcaudalibus vittisirregularibus pallide fuscis variegatis; 
roslropedibusque pallidis. 

Cette espèce , très-voisine de proportions du Grimpic zone , en 
diffère néanmoins par une taille un peu plus forte et surtout par 
des ailes plus longues ; quant à la coloration, le dessus de sa tête 
est d'un gris souris , et toutes les bandes qui alternent avec \es 
blanches , au lieu d'être presque noires , sont d'une couleur ter- 
reuse ; le blanchâtre du dessous , au lieu d'être moucheté de ta- 
ches noires arrondies, comme chez la plupart des espèces, est au 
contraire traversé, depuis le cou jusqu'à l'anus, de bandes irrégu- 
lières d'un gris terreux plus pâles encore que celles du dessus du 
corps ; le devant du cou est blanc ainsi que la gorge , avec quel- 
ques taches gris pâle à peine prononcées; les sous-caudales sont 
traversées détaches grandes et en triangle transversal ; les pattes 
et le bec sont blanchâtres dans l'oiseau desséché. — Long. tôt. 18 
cent. l^S. Il nous a été vendu comme du Mexique, ce qui nous 
l'avait fait soupçonner d'abord le jeune du Grimpic zone. 

3<* C. unicolor, Nob. — Camp supra totus pallide umbrinus 
unicolor, vitta post oculari pallida , subtus sordide albescens 
deque unicolor, subcaudalibus tantummodo maculis parum con- 
spicuis umbrinis notatis. 

On voit d'après cette simple diagnose que, loin d'avoir, comme 
toutes les autres espèces , un plumage plus ou moins zone en des- 
sus , moucheté en dessous , celle-ci est au contraire remar- 
quable par une teinte grise terreuse unicolore en dessus , et en 
dessous par un blanc sali de jaunâtre également uniforme. Les 
sous-caudales seulement sont légèrement tachetées de brun ter- 
reux peu prononcé. Le bec et les pattes , de forte proportion , 
sont blanchâtres ; la mandibule supérieure est toutefois d'une 



94 HEVUE zooL(3GioDE. {Mavs 1846.) 

teinte légèrement cornée. — Long. tôt. 18 cent. 1/2 monté. Cette 
espèce vient de Guarayos , d"*©!! elle a été rapportée par M. A. 
d'Orbigny. Plus forte que le Grimpic zone, dans ses membre» 
surtout, c'est avec le Campyîorhynchus scolopaceus du Brésil 
de Spix qu'il offre le plus de rapports de taille, ce qui nous l'a- 
vait fait juger d'abord à tort , dans le Synops. avium Americœt 
une variété d'âge de cette espèce. 

Les espèces qui, à notre connaissance, doivent faire partie du 
genre Campyîorhynchus de Spix, Picolaptes Lesson, sont : 

I. C. Scolopaceus Spix, av.Br.pl. 79, n° \ .—Turdus scolopa- 
ceus Licht. doubl. du Mus. de Berlin, p. 39. — Picolaptes sco- 
lopaceus de Lafr. Mag. de Zoologie, 1833, pi. 46. 

^^2. C. zonatus Nob. — Picolaptes zonatus Less. Cent. zool. 
pi. 70. 

'^. C. brunneicapillus de Lafr. Mag. de Zoologie, 18S3, pL 43. 

^ C. rufinucha de Lafr. Rev. zool., 1845, p. 339. 

6. C. brevirostris de Lafr. Rev. zool,, 1845 , p. 339. 
'^%. C. megaloplerus de Lafr. Rev. zool. 1845, p. 339. 

^ 1 . C. guttatus Nob. (1). — Thriolhorus guttatus Gould Pro- 
ceedings, 1836, p. 39. 

8. C. cinnamomeus Nob. {2).— Picolaptes cinnamomeus Less. 
Rev. 1844, pi. 433. 

9. C zonatoides de Lafr. Hic supra dictus. 
'^10. 6?. pa//ïdM5 de Lafr. Supra dictus. 

II. C.unicoîor. de Lafr. Supra dictus. 



(1) 11 ne faut que lire la description du Tryothorus guttatus de Gould , pour reconnaî- 
tre qu'il doit faire partie du G. Campyîorhynchus de Spix. Cette espèce paraît même, 
d'après cette description, si voisine de notre Campyl. brunneicapillus, que nous aïoa» 
hésité un moment si nous ne la citerions pas comme synonyme; mais, quoique sa 
coloration supérieure paraisse semblable , celle de la queue , si marquante chez noir* 
Brunneicapillus à rectrices largement tachetées et terminées de blanc, ne l'est pas. — Ell« 
en diffère encore en ce qu'elle n'a pas le ventre roux comme la nôtre. 

(2) D'après la description de M. Lesson de son Picolaptes cinnamomeus , cette espèce 
serait, ainsi que notre Campyl. unicolor, de couleur uniforme , et non bariolée comma 
les nenf autres espèces. 



ANAI-YSKS U (HJVRAGKS NOUVKAUX. 95 



H. ANALYSES irOUVRAGES \OUVE\UX. 

Catalogo , etc. Catalogue et notices abrégées des oiseaux qui 
sont sédentaires et de passage dans la province et diocèse de 
Come; — par le professeur M. Monti. (Broch. in-12, 1845.) 

Le professeur Monti vient d'ajouter à la liste des nombreux 
ouvrages qui ont été publiés sur l'histoire naturelle de l'Italie, 
un catalogue raisonné des oiseaux observés dans la province de 
Come. Ce que déjà P. Proli et Ch. Porro avaient fait, l'un pour 
l'ichthyologie et l'autre pour la malacologie de cette partie de 
l'Italie, le professeur Monti l'a essayé pour l'ornithologie. 

Ce catalogue, dont la première publication remonte à tSio (1), 
renferme, si l'on fait abstraction des oiseaux domestiques que 
l'auleur y introduit, 125 espèces environ, ainsi réparties : 
23 oiseaux de proie, 236 passereaux, 8 gallinacés, 43 échas- 
siers et 35 palmipèdes. La méthode adoptée pour la distribution 
de ces espèces est celle qu'a suivie Savi dans son Ornithologia 
Toscana. Le professeur Monti lui a emprunté sa division en cinq 
ordres et sa nomenclature scientifique ; en outre, comme Savi, il 
a indiqué chaque espèce sous sa dénomination technique ita- 
lienne et généralement sous le nom ou les noms que le vulgaire 
lui donne dans les environs de Come. 

VOrnithologie de Come, que l'auteur, dans sa préface, ne 
considère lui-même que comme une simple ébauche, n'est point 
sans intérêt et n'offre pas l'aridité d'un catalogue purement no- 
minal. Des notices ordinairement assez détaillées accompagnent 
l'indication des espèces. Le professeur Monti nous apprend dans 
ces notices si les oiseaux qui en sont l'objet sont sédentaires dans 
la province de Come ; s'ils y sont de passage annuel, régulier 
ou accidentel ; s'ils y nichent, et dans quels lieux, enfin, quelle 
est l'époque de l'année où on les y trouve en plus grand nombre. 

Ce qu'on pourrait peut-être demander au catalogue en ques- 
tion c'est une liste un peu plus riche en espèces. Il est surprenant 
que la province de Come, avec son grand lac, ses Alpes, ses fer- 



(1) It a été insère, pendant les années 1843 et 18't'», dan.« le Manuele o almanacco délia 
provincia di Como. 



96 REVUE ZOOLOGiyUE. {Mafs 1846.) 

liles campagnes et son heureuse température, n'ait pas fourni aii 
professeur Monti un plus grand nombre d'oiseaux et surtout cer- 
taines espèces actuellement signalées à peu près dans tout lei 
reste de l'Italie et particulièrement dans des contrées voisines dé 
(]ome. 11 nous est difficile d'admettre que cette province ne pos- 
sède pas, comme les environs de Turin, de Milan, de Gênes, etc. ^ 
les Sylv. provincialis f conspicillata y passerina; la Phillo- 
pneuste Bonelli, et le Lanius meridionalis. Nous nous bornons 
à citer ces espèces, que nous proposerions presque de joindre à 
la liste de celles qui composent le catalogue dont nous venons 
de parler, tant nous avons la certitude que des recherches ulté- 
rieures amèneront le professeur Monti à les découvrir dans les 
limites de la province qu'il habite. 

Z. Gerbe. 



Ofversig af slagtet Erinaceus. Monographie du genre Erina- 
ceus. Par M. E. J. SDNDEVALL(in-8° extr. des Mém. de l'Acad. 
de Stockholm, 1841). 

Après une préface assez étendue, M. Sundevall donne la 
description et la synonymie de toutes les espèces du genre héris- 
son qu'il a pu voir dans les divers musées de l'Europe. Voici 
la liste de ces espèces : 

1. Erinaceus Europaus ; 2. E. frontalis^Smhh Afr.inter.); 
3. E.Concolor^ Martin (Trébizonde) ; 4. E. heterodactylus, 
SUndev. (Sennaar) ; 5. E . jE thiopicus , Ehremb. ( Dongola } ; 
6. E. auritus, Gmel. (Asia); 7. E.platyotis, Sundev. (Egypte); 
8. E. JEagyptus , GeofT. (Egypte infér.) ; 9. ^. hypomelas , 
Bi-andt. (Turcomanie) ; 10. E. coUaris , Gray. et Hardw. ( Indiae 
regionesj; 11.^. Grayi, Bennet. (Himalaya) ; 12. E. spatangus, 
Bennet. (Himalaya); 13. E. Dahuricus, Pallas, zoogr. 1, p. 139. 
M. Sundevall pense que c'est une espèce distincte. Enfin, il 
place à la suite de son travail, comme espèces très-douteuses, 
VE, Sibiricus, Seba, 1, 79, son E.inauris , et VE. Malacensis, 
Brisson. 

Les descriptions de M. Sundevall sont assez étendues, com- 
paratives et en latin ; son travail devra être consulté avec fruit 
par les mammalogistesi (G. M.) 



\NALVSES D'oOVRAGhS NODVK\UX. 9Y 

IRapport sur les Poissons fossiles , présenté à l'Associalion bri- 
tannique pour l'avancement des sciences, en 1842, par M. 
Agassiz in-8°, extr. de la Bibl. universelle de Genève, fé- 
vrier 1843). 

Le savant naturaliste a déjà publié cet intéressant travail dans 
ies rapports de l'Association britannique , et il a été reproduit 
dans le journal V Institut , mais les erreurs qui se sont glissées 
dans la traduction française en ayant altéré le sens dans des 
points importants , l'auteur a désiré que son manuscrit original 
fût livré à l'impression. 

Comme ce travail est déjà bien connu des zoologistes et des 
géologues , par ces trois publications , nous nous bornerons à le 
mentionner ici pour le signaler aux personnes qu'il pourrait 
intéresser. 



Revue des fossiles du gouvernement de Moscou, par M. G.. Fis- 
cher DE Waldheim. (Ext. du Bull, de la Soc. imp. des Nat. de 
Moscou , t. XVI.) 

Dans ce mémoire, le célèbre naturaliste à qui la science doit 
tant de beaux travaux, continue l'éiiumération des fossiles de la 
Russie. Ceux qui font l'objet de ce mémoire , appartiennent au 
terrain oolilique et forment 57 espèces réparties dans plusieurs 
genres. M. Fischer de Waldheim donne des observations intéres- 
santes, sous les points de vue zoologiqUe et géologique, sur plu- 
sieurs de ces espèces , et il décrit et figure avec soin celles qui 
lui ont paru nouvelles et qu'il nomme : Ammonites catenula- 
tus (pi. 3, f. 1), Am, mosquensis (pi. 3, f. 2) , Orbicula con- 
€entrica,Terebratulaoœyoptycha,{p\. 4, f. 10, 11), Ter. apty- 
eha (pi. 6, f. 7, 8, S) ., Pholadomia emarginata^ Pectunculus 
€legans{p\,S, f. 5), Nucula concentrica, Avicula semiradiata ^ 
Gryphœa lunata et Melania inœquata. Les figures qui accom- 
pagnent ce petit travail sont très-bien lithographiées, et pa- 
raissent très-exactes. (G. M.) 



Tome IX. Année 1846. 



SjS revue zoologiûue. (Mars 1846. ) 

BiBLlOTUÈQiJE CONCIIYLIOLOGIQUE, par M. ClIENU , tomC 4». T€f- 

tacea britannica, ou Histoire naturelle des coquilles marinesv 
fluviatiles et terrestres d'Angleterre, par Montagu. 

Pour donner une idée de cette nouvelle reproduction offerte 
aujourd'hui par M. Chenu au public savant , nous nous bornerons 
à transcrire l'avis placé en tête de ce volume : « L'histoire des 
Coquilles d'Angleterre , publiée par Montagu , est un ouvrage 
fort estimé. Il se compose de deux volumes in-4o, qui ont paru 
à Londres vers la fin de l'année 1 803 , et d'un supplément du 
même format, imprimé en 1808. Cet ouvrage est très-rare et 
ne se trouve pas dans le commerce; le supplément, surtout, 
ne se rencontre que dans quelques Bibliothèques spéciales et 
privilégiées. L'auteur décrit 470 espèces avec beaucoup de soin ; 
le système qu'il adopte généralement est celui de Linné ; cepen- 
dant , il s'en écarte parfois , notamment en classant dans le 
genre Turbo un bon nombre d'hélices Linnéennes , et en éta- 
blissant, pour les Serpules non adhérentes, un genre qu'il 
nomme Fermiculum, » 

Le volume de M, Chenu se compose de 364 pages et 14 plan- 
ches lithographiées. 



III. SOCIETES SAVANTES. 

ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE PARI*. 

Séance du 2 mars 1846. — M. Fogt présente un mémoire ayant 
pour titre : Recherches sur V Embryogénie des mollusques 
gastéropodes ; pretnier Mémoire : — Embryogénie de VAc- 
téon vert. Les conclusions de ce mémoire sont les suivantes : 

1 " L'œuf de l'Actéon seeoâipose, immédiatement après )a ponte, 
d'une membrane coquillière , contenant un fluide albumineux 
transparent dans lequel nage le globe vitellaire. Le vitellus est 
dépourvu d'une membrane vitellaire particulière ; dans son cen- 
tre se trouve un noyau vésiculaire , rempli d'un fluide transpa- 
rent. 

2° Le fractionnement du vitellus recommence immédiatement 
après la ponte ; il progresse par une série géométrique. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 99 

3*> Les sphères vitellaires résultant du fractionnement sont 
dépourvues d'enveloppes membraneuses particulières. Elles ont 
toutes un noyau transparent et central , semblable à celui qui se 
trouvait dans le vilellus tout entier. 

4*» La multiplication des noyaux transparents est la consé- 
quence et non pas la cause du fractionnement vitellaire. 

5° Le fractionnement présente, dans l'action, des particulari- 
tés remarquables. A partir du fractionnement en huit sphères, 
il se forme deux séries de sphères , les unes opaques et grenues, 
les autres transparentes. 

6° Les sphères opaques forment les parties centrales de l'em- 
bryon ; les sphères transparentes sont destinées aux organes pé- 
riphériques. 

7° Les sphères résultant du fractionnement s'entourent de 
membranes propres, à partir du fractionnement en vingt-quatre 
sphères ; les sphères deviennent alors de véritables cellules. 

8° La théorie de MM. Schleiden et Schwan n'est nullement ap- 
plicable à la formation des cellules qui composent les tissus de 
l'embryon des actéons. 

9° La multiplication des cellules par génération endogène 
n'existe pas dans l'embryon des actéons. On ne trouve jamais des 
jeunes cellules emboîtées dans une cellule-mère. 

1 0° Le vitellus tout entier se transforme en embryon ; tous les 
tissus embryonnaires sont formés par des cellules. 

11° L'embryon est constitué aussitôt que les cellules périph^i*» 
ques ont complètement englobé les cellules centrales. 

1 2° Les organes de l'embryon se forment dans l'ordre apparent . 
de succession suivant : les organes rotatoires et le pied ; les oto- 
lithes et les vésicules auditives ; la coquille ; le manteau et l'oper- 
cule ; le foie et l'intestin. 

13° Tout le développement embryonique se fait sans l'inter- 
vention d'un cœur et de vaisseaux. 

14° Tous les organes de l'embryon se forment par différentia- 
tion de la masse embryonnaire d'abord informe. 

15° Toutes les cavités, sans exception, se forment par écar-- 
tement de cellules embryonnaires, réunies d'abord en masses 
solides. 

16° 11 n'existe ni développement centrifuge, ni développement 
centripète ; la succession des phases embryoniques n'indique au- 



fCK) KKVUK ZOOLOGigUE. {MaTS 1816.) 

cune diiectiôil constante (1), ni dans la formation de Perisern-' 
ble , ni dans celle des organes en détail. 

1 7° Les Actéons parcourent une série de métamorphoses , par 
lesquelles ils passent de l'état de mollusque conchifère à celui de 
mollusque nu. Ils vivent pendant quelque temps sous forme 
d'une larve , fort différente de l'animal adulte. 

Séance du 9 mars. — M. Arago met sous les yeux de l'Acadé- 
mie une Histoire naturelle de VEtat de New- York ^ publiée 
par ordre de l'administration et adressée , conformément aux 
ordres du corps législatif, par le gouverneur secrétaire d'État. 
Cet ouvrage , dans lequel la partie botanique n'est pas encore 
publiée , se compose , pour le présent , de 10 volumes in-4*' avec 
de nombreuses planches coloriées. 

La publication d'un tel ouvrage, faite parle gouvernement 
national d'un pays du nouveau monde , est une leçon dont les 
gouvernements de Vancien monde devraient bien profiter, au 
lieu de dépenser des sommes énormes en publications de faunes 
et de flores des pays les plus éloignés. 

Séance du 16 mars, — M. Souleyel présente un Mémoire ayant 
pour titre : Anatomie des genres Glaucus , Phylliroé et Tergipe. 

Voici les principaux résultats de ce travail , exposés par l'au- 
teur : 

J'ai cherché à démontrer, dans un précédent Mémoire, que les 
Actéons , les Éolides , les Vénilies , etc. , ne différaient pas des 
autres mollusques par la dégradation de leur organisation, comme 
on l'avait prétendu, mais offraient tous les caractères anatomi- 
qiles des animaux de ce type. Les nouvelles observations que j'ai 
l'honneur d'adresser à l'Académie ont pour but de compléter les 
détails que j'ai déjà donnés, dans ce travail , sur les Glaucus et 
lesTergipes, et de faire connaître plus complètement aussi un 
autre mollusque ^ le Phylliroé, qui me pjraît offrir, avec les gen- 
res dont je viens de parler , une très-grande analogie. 

Quoiqu'un grand nombre de naturalistes aient décrit et figuré 
les glaucus , on n'avait que peu de renseignements encore sur 
l'organisation intérieure de ce mollusque. L'anatomie détaillée 
que des circonstances favorables m'ont permis d'en faire, démon- 
trera , j'espère, que la plupart des zoologistes l'avaient cepen-^ 

(I) Ceci est peu d'accord avec la proposition ci-dessus, n* 12 , qui détermine nelteiuent 
VtJrdre de ïbccession de la formation des orèanes de l'embryon. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. lOÏ 

dant classé d'une manière très-convenable en le plaçant à côté 
des éolides, et que c'est même avec peine, tant l'analogie est 
grande , qu'on pourra le séparer des espèces de ce dernier genre. 
Le Phylliroé a offert des difficultés plus grandes aux zoologistes 
classificateurs. Depuis Péron, qui l'a fait connaître , on l'a rap- 
porté successivement à des groupes très-différents, et l'incertitude 
la plus grande règne encore aujourd'hui sur les véritables affini- 
tés de ce mollusque. Cette incertitude s'explique assez facilement 
par l'absence, chez le phylliroé , des caractères qui ont servi de 
base à la plupart des systèmes de classification proposés pour 
l'embranchement des malacozoaires. Ainsi le phylliroé n'a ni le 
pied des gastéropodes, ni les expansions natatoires des ptéropo- 
des , ni les longs bras tentaculaires qui couronnent la tête des 
céphalopodes; et, quoique quelques malacologistes aient étéjus- 
i\u'k le placer à côté des biphores , parmi les acéphales , il n'a 
évidemment encore aucun des caractères propres aux animaux 
de cette classe. Les organes de la respiration , qui ont également 
été employés par la plupart des auteurs pour la distinction des 
ordres ou groupes secondaires, dans cette division du règne ani- 
mal , ont aussi une forme peu apparente dans ce singulier mol- 
lusque. Mais en examinant l'organisation intérieure du phylliroé, 
on découvre de grands rapports avec celle des gastéropodes nu- 
dibranches. Le système nerveux offre , surtout dans les parties 
centrales qui constituent l'anneau œsophagien, cette disposition 
qui est particulière aux doris, aux tri ton i es , aux éolides, etc. 
L'appareil générateur, si important pour les affinités de ces ani- 
maux, présente cette forme de l'hermaphrodisme qu'on ne ren- 
contre que dans les mollusques de cette famille. Les mêmes ana- 
logies se retrouvent dans l'appareil circulatoire et dans les organes 
digestifs; en effet , outre les détails de la bouche qui rappellent 
entièrement ceux des éolides, le tube intestinal donne naissance, 
comme chez celles-ci , à de longs cœcums dont les parois sont 
recouvertes de granulations très-fines et qui ont été considérées, 
depuis fort longtemps, comme les lobes du foie par M. de Blain- 
ville. D'après tous les traits de ressemblance que je viens de 
signaler , on n'hésiterait certainement pas à rapprocher le phyl- 
liroé des éolidiens, si les cœcums de l'intestin dont je viens de 
parler, au lieu de rester dans la cavité viscérale, se prolon- 
geaient dans des appendices extérieurs, comme chez les animauji^ 



102 REVDE zooLaGiQUE. {Murs i8i6.) 

de celle famille ; mais celle différence n'est pas même conslante, 
car on sail, par les observalions de MM. Van Beneden et Nordmais 
sur le développement des éolides et des tergipes^ que ces appen- 
dices exlérieurs n'apparaissent qu'assez tard dans ces mollus- 
ques qui ressemblent entièrement ainsi aux phylliroés , dans le» 
premiers temps de leur vie. Enfin , l'absence du pied ne me 
semble également pas une raison suffisante pour exclure le phyl- 
liroé du voisinage des éolidiens dans un système naturel , c'est-à- 
dire basé sur l'ensemble de l'organisation et non sur un seul 
caractère. Le pied subit, en effet » des modifications très-diverses 
dans les gastéropodes, d'après les mœurs et les habitudes de ces 
animaux, et chez quelques-uns, le glaucus par exemple , la dé- 
gradation de cet organe de la locomotion est portée si loin , que 
son existence a été , pendant longtemps , méconnue par les zoo- 
logistes. On conçoit, dès lors, que le pied puisse disparaître en- 
tièrement dans d'autres mollusques ayant des mœurs analogues. 
Comme le phylliroé , qui n'habite que les hautes mers, et chez 
lequel cette partie ne serait plus, par conséquent , d'aucun 
usage. 

Quant aux Tergipes, il résulte de l'étude complète que j'ai pu 
faire de ces mollusques, que la grande analogie qui les rappro- 
che encore des éolides extérieurement, se retrouve aussi dans les 
différentes parties de leur organisation intérieure. Les organes 
de la circulation et de la respiration , ceux de la digestion et de 
la génération , m'ont présenté en effet une disposition presque 
identique. 

Ces résultats me semblent concorder , sur plusieurs points im- 
portants, avec ceux que M. Nordman vient de faire connaître 
dans sa Monographie des tergipes. M. Nordman a vu, comme 
moi , un cœur conformé comme chez les éolides , des artères , 
des veines, c'est-à-dire un appareil circulatoire; les figures qu'il 
a données de l'appareil digestif ressemblent entièrement à celles 
que je mets sous les yeux de l'Académie. Sur d'autres points en- 
core relatifs aux organes de la génération , mes observations 
s'accordent avec celles de ce naturaliste ; or , si l'on veut bien se 
rappeler que les tergipes avaient clé décrits comme des mollus- 
ques chez lesquels on ne trouvait plus la moindre trace d'or- 
ganes circulatoires, dont le tube digestif, sans ouverture posté- 
rieure ou anale, se trouvait réduit à vme simple poche buccale 



SOCIÉTÉS SAVANTKS 103 

rappelant exactement ce qui se voit chez la plupart des médu- 
saireSy etc. ; en im mot , comme des mollusques parvenus à cet 
«tat de dégradation ou de simplification extrême qui constituait 
le phlébentérisme , on aura peut-être quelque peine à expliquer 
comment les observations de M. Nordman ont pu être considérées 
comme une confirmation de cette théorie. 

M. Nordman dit , à la vérité , en parlant du système vasculaire 
des tergipes, que les veines principales et les artères qui partent 
du cœur sont les seuls vaisseaux sanguins qui lui aient paru 
avoir des parois propres ; mais, outre que ces résultats s'éloi- 
gnent déjà beaucoup , même en n'envisageant que Tappareil 
circulatoire, de ceux qui avaient été annoncés par les partisans 
du phlébentérisme^ je crois que l'on peut encore, par les raisons 
suivantes, en contester l'exactitude. Comme je l'ai dit précédem- 
ment, l'organisation des tergipes offre les plus grands rapports 
avec celle des éolides : le cœur , les troncs artériels qui en par- 
tent, et les principales veines qui y aboutissent, m'ont présenté 
une disposition identique; or, dans les éolides, on peut s'assurer 
directement, par des injections, que le système artériel est aussi 
complet que dans les autres gastéropodes, et des doutes n'ont pas 
même été émis à ce sujet ; on peut s'assurer également ainsi de 
l'existence d'un système veineux général et d'un système veineux 
branchial dans ces mollusques. Mais ce moyen de démonstration 
ne peut être employé chez les tergipes , qui ont à peine une ou 
deux lignes de longueur , et l'on conçoit sans peine que le sys- 
tème vasculaire déjà peu apparent et difficile à reconnaître dans 
les troncs principaux , devienne moins apparent encore dans ses 
ramifications, puisse même échapper complètement, dans l'é- 
paisseur des organes, à l'observation microscopique. Doit-on 
pour cela nier l'existence de cette partie de l'appareil vasculaire? 
Je persiste à croire que des animaux , qui diffèrent à peine géné- 
riquement , et qui présentent une analogie presque complète 
dans tous les détails de leur organisation et même dans la dispo- 
sition du cœur et des gros vaisseaux, ne sauraient offrir, dans 
les autres parties du système vasculaire, des dissemblances aussi 
grandes. 

On a encore invoqué , à l'appui du phlébentérisme , les com- 
munications faites à l'Académie par MM. Pouchet, Van Beneden, 
Richard Owen ; mais les faits énoncés dans ces communications 



104 KEVUE zooroGiyoE. {Mars 1846.) 

ne me semblent infirmer ni directement , ni indirectement, le** 
propositions suivantes que j'ai soutenues : 

1° Que les actéons, les vénilies, les calliopées , les tergi- 
pes, etc. , etc. , avaient un cœur , des artères, des veines, en un 
mot, un appareil circulatoire et une circulation complète, con- 
trairement à ce qu'on avait avancé , que ces mollusques n'of- 
fraient plus aucune trace de cet appareil , et étaient des ani- 
maux à CIRCULATION NULLE. 

2° Que les éolides avaient un système veineux général , un 
système veineux branchial et une circulation complète , contrai- 
rement à ce qu'on avait avancé, que le sang, chez ces animaux , 
passait du système artériel dans la cavité abdominale et de là 
dans le ventricule du cœur , et que c'étaient par conséquent des 
mollusques à circulation très-imparfaite. 

3° Que les mollusques dits phléhentérés avaient un appareil 
respiratoire analogue à celui des autres mollusques, contraire- 
ment à cette autre assertion, que les phléhentérés étaient privés 
d'organes respiratoires proprement dits. 

4° Que dans ces mollusques , le tube intestinal n'était chargé 
que des fonctions digestives , contrairement à ce que l'on avait 
supposé ; que les fonctions de la circulation et de la respiration 
lui étaient également dévolues. 

5° Enfin, les observations de MM. Pouchet, Richard Owen,etc , 
relatives à des animaux différents, ne sauraient infirmer en au- 
cune manière les détails que j'ai donnés sur plusieurs autres 
points de l'organisation des phléhentérés, contrairement aux 
descriptions anatomiques qui avaient été données de ces mollus- 
ques. Je pourrais même citer ici, à ce sujet, les observations de 
plusieurs naturalistes qui s'accordent entièrement avec les 
miennes. 

Séance du 23 mars. — M. Bernard présente un Mémoire 
ayant pour titre : Des différences que présentent les phénomènes 
de la digestion et de la nutrition chez les animaux herbivores 
et carnivores. 

L'appareil digestif présente des particularités remarquables et 
connues de tout le monde , dans les animaux carnivores et her- 
bivores. M. Bernard a pensé qu'il était important d'examiner, 
giu point de vue physiologique , si ces différences anatomiques 
^apportaient , chez ces animaux, des modifications profondes. 



SOCIÉTÉS SAVA>iTh:S. iQ5f 

dans les phénomènes de la digestion et de la nutrition. Ce sont 
les résultats nouveaux auxquels l'a conduit ce genre de recher- 
ches qu'il soumet à l'Académie. 

Son travail est renvoyé à l'examen de MM. Roux , Magendie et 
Serres. 

M. Clastrier , de Marseille, adresse une note sur un moyen 
qu'il a imaginé pour la destruction du ver qui attaque les olives, 
moyen que , d'ailleurs , il ne fait pas connaître d'une manière 
suffisante pour que l'Académie le prenne en considération. 



SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 

Séance du i 4 janvier \S^6. — Il est donné lecture de plusieurs 
mémoires de M. Edouard Perris^ contenant de nombreux dé- 
tails sur les métamorphoses et surtout sur les larves des Tachy- 
porus cellaris , Tachinus humeralis, Megatoma serra, Anas- 
pis maculata, Tillus unifasciatus , Lygistopterus sanguineus^ 
Trichopteryx , Trichocera annulata et Scathopse punctata. 

Ce travail, dans lequel l'auteur se montre le digne émule de son 
savant maître, M. Léon Dufour, est accompagné de planches des- 
sinées avec soin, et il sera inséré dans les Annales de la Société 
pour 4846. 

— M. le marquis de Brème lit un mémoire de M. Ghiliani 
sur la station de quelques coléoptères dans les différentes régions 
du Piémont. Dans ce travail, l'auteur décrit un a.ssez grand nom- 
bre de nouvelles espèces de coléoptères , et il donne quelques 
détails pour servir à l'histoire d'espèces déjà connues. 

— M. Pierret^&it connaître des notices de M. Théophile Bruand 
sur trois espèces nouvelles de lépidoptères trouvées dans le Jura, 
et qui ont reçu de l'auteur les noms de Zygœna Falentini et 
cedri et de Coremia Pontisselaria. 

— M. Guérin-Méneville lit une note sur les migrations des 
larves de la Sciara Thomœ Fabr. , note insérée en entier dans 
le numéro de janvier 1846 de la Revue zoologique. 

M. le secrétaire lit une note de M. Bellier delà Chavignerie^ 
dans laquelle cet entomologiste donne de nombreux détails sur 
la manière de vivre de diverses chenilles et sur les lieux qu'elles 



106 UKVUE zooLOGiyuK. [Mavs iSiC.) 

habitent : il fait connaître les chenilles du Rhodocera rhamni 
et du Satyrus Dejanira , la première , qu'il a trouvée à Bondy, 
et la seconde dans la forêt de Sénart , et il s'étend surtout sur 
les mœurs de la chenille de la Meliiœa maturna , qu'il a ren- 
contrée sur le frêne dans la forêt de Bondy. 

A l'occasion de la Melitœa maturua, M. Pierret annonce que 
ce lépidoptère, longtemps regardé comme exclusivement propre 
à l'Allemagne , a été déjà plusieurs fois trouvé aux environs de 
Paris. 

— On annonce à la Société la mort de M. Duponchel, décédé 
à Paris le ÏO janvier dernier. Trois discours ont été prononcés 
sur sa tombe : 1° par M. Guérin-Méneville, au nom de la Société 
entomologique de France; 2° par M, Firlet, au nom de la So- 
ciété des Enfants du Nord ; et Z° par M. C, Duméril, au nom -de 
la famille. 

Séance du 2S janvier 1846. — Il est donné lecture d'une no- 
tice nécrologique sur Meigen par M. Macquart. Dans ce travail, 
les ouvrages entomologiques du célèbre diptérologiste sont ap- 
préciés comme ils devaient l'être par un homme aussi conscien- 
cieux que M. Macquart. 

— On communique plusieurs mémoires de M. le colonel Gou- 
reau : 1° sur l'histoire de Vllyponomeuta padella et celle de ses 
parasites (les Ichneumon padellœ et Encyrtus cyanocephaltis 
Goureau) ; 2° note sur le Merismus obscurus Blanchard ; 3° sur 
les insectes qui vivent dans les gousses du genêt épineux [Ulex 
europœus). Dans ce mémoire l'auteur s'occupe particulièrement 
des Grapholita succedana Dup., Dicroramphaulicana Guénée, 
Apion ulicis Goureau, Semiotus apionis Goureau ; 4° sur l'his- 
toire des Insectes gallicoles et celles de leurs parasites ; dans cette 
note M. Goureau s'occupe des Galles du Crépis biennis {Cynips 
crepidis, Decatoma obscura) ; des galles ou pommes du chêne 
{Cynips quercus terminalis, Callimoma cynipidis , decatoma 
obscura, semiotus prœstans? etc.); sur les galles en grain de 
raisin des feuilles du chêne {Cynips quercus baccarum, Calli- 
moma cynipidis , Seladorma lœtum ? Encyrtus flavipes ) ; sur 
les galles des nervures des feuilles de chêne [Cynips quercus 
petioW^. Callimoma cynipidis) , et sur les galles des chatons du 
phêne ( Cecydomia scutellata, Callimoma cynipidis). Ces mé- 



SOCIÉTÉS SWANTES. 107 

moires sont accompagnés de figures et seront publiés , en 184(j, 
dans les Jnnales de la Société. 

— M. L. Buquel présente une nouvelle espèce de grande 
taille du genre Mastigus. Cet insecte vient de Java. 

— M. AMcol adresse une note sur les Anihocharis belia et 
ausonia, qu'à l'exemple de M. Boisduval il considère comme ne 
devant former qu'une seule et même espèce. 

M. Daube^ se fondant sur les observations qu'il a été à même 
de faire , à Montpellier, sur ces deux papillons , pense , au con- 
traire, que les Anthocharis belia et ausonia sont deux espèces 
distinctes. 

— M. Bellier de la Chavignerie montre à là Société un Melo- 
lontha vulgarîs mâle chez lequel le corselet est entièrement 
double. 

— M. Guérin- M éneville dit qu'à. Constantinople on nourrit les 
chenilles de ver à soie avec de la laitue ; d'autres larves sont 
nourries, dans leurs premiers âges , avec de la laitue et ensuite 
avec du mûrier. Les cocons qui proviennent de ces chenilles 
sont très-beaux et d'une consistance solide. M. Robinet , qui a 
présenté ces cocons à la Société royale d'agriculture, va élever 
les chenilles dont il a reçu les œufs. Il a aussi des graines de la 
laitue dont on se sert pour la nourriture des chenilles. A Con- 
stantinople il règne, aune certaine époque, des vents qui nuisent 
beaucoup aux mûriers et aux vers à soie ; en donnant aux che- 
nilles de la laitue dans le commencement de leur éducation, on 
hâte leur accroissement , et elles sont déjà en cocons à l'époque 
où les vents commencent à se faire sentir. 

Séance du 1 1 février 1846. — 11 est donné lecture d'un nou- 
veau mémoire de M. le docteur Robineau Beavoidy sur les 
Myodaires des environs de Paris. Dans ce nouveau travail, l'au- 
teur passe en revue la tribu des Bombomydes, qu'il divise en six 
genres, ceux des Sturmia, Winihemia , Dorbinia , Carcelia, 
Baies et Buquetia, 

— M. Picrrel communique une lettre de M. Fridwajhki dans 
laquelle cet entomologiste manifeste une intention de publier 
bientôt de nouvelles espèces d'insectes qu'il a trouvées dans la 
Turquie d'Europe. M. Fridwajlski désirerait trouver des collabo- 
rateurs, principalement pour l'ordre des Coléoptères. 

— M. Reiche donne lecture d'une lettre de M. le marquis de 



108 REVUE zooLOGK>UK. [Murs 1846.) 

la Ferlé-Sénectère , qui soumet à la Société une question de 
synonymie générique. M. de la Ferté demande si l'on doit con- 
server aux Anthicites à corselet terminé antérieurement en poin- 
te ou capuchon, le nom de Monocerus sous lequel les désignent 
Megerle, Dejeanetla plupart des auteurs français, ou bien s'il faut 
leur appliquer la dénomination de Ceratoderus ., proposée der- 
nièrement par M. Emile Blanchard ; ou bien enfin si l'on ne doit 
pas plutôt leur donner le nom de Notoxus , nom créé antérieu- 
rement pour eux par Geoffroy, et dont Fabricius , M. Spinola et 
beaucoup d'autres entomologistes se sont servis depuis pour dési- 
gner un groupe de Clérites. — La Société a pensé que, d'après la 
loi de priorité , on devait laisser aux Anthicites à corselet en 
pointe le nom de Notoxus , et que ceux de Monocerus et de 
Certtloderus àeYQxeni être rejetés. 

— M. Pierret met sous les yeux de la Société deux Ichneu- 
mons sortis de deux chrysalides de Thaïs medesicaste^ et il dit 
que la température inaccoutumée de cette année s'est fait sentir 
dans ses éducations de chenilles, et que depuis quelques jours il 
obtient des papillons de Thaïs medesicaste , par exemple, qui 
ordinairement n'éclosaient que beaucoup plus tard. 

— M. Bonsin, garde forestier à Livry, donne quelques détails 
au sujet de la Zigœna achilleœ, dont il a trouvé deux mâles ac- 
couplés avec la même femelle. 

Il parle aussi de deux chrysalides du Bombyx everia qui se 
sont formées une seule et même coque. 

— M. Bonsin met sous les yeux de la Société un très-bel in- 
dividu femelle du Deilephila aleclo. Ce beau lépidoptère, qui 
jusqu'ici avait passé pour une espèce étrangère à l'Europe, pro- 
vient de Constantinople, où il a été pris l'été dernier. 

Séance du 2S février 1846. — Il est donné lecture d'une note 
de M. Blisson , accompagnée de figures contenant la description 
d'un appareil pour faire périr et pour conserver les insectes. 

— On fait connaître une note de 31. Th. Bruandsur làJVepho- 
pterix angustella, Zel 1er, lépidoptère qui n'avait pas encore été 
trouvé en France. M.Bruand décrit les métamorphoses de la iVe- 
phoplerix angustella, et il donne des détails de mœurs. Cette 
note est accompagnée de figures coloriées avec soin. 

— On communique des notes de M. Ficlor Signorei conte- 
nant la description de nouvelles espèces d'Hémiptères. 1° Des- 



SOCtéTÈS SAVANTES. 109 

cription d'un nouveau genre de Cieadienssous le nom de Cepha- 
loxys : espèces types , C. viridis et hemelytra de Java ; 2° des- 
criptions de deux nouvelles espèces du genre Cicada [C. qua- 
drituberculata et tuberosà), provenant de Java, et 3* description 
d'une espèce du genre Midis [M. remipes) trouvée au port Natal. 

— M. Pierret met sous les yeux de la Socie'té deux Ichneu- 
mons et une Pimpla qui lui ont été adressés par M. lîerton , de 
Troyes. Ces deux Ichneumons sont sortis de deux chrysalides 
de la Nonagria typhœ; la Pimpla est éclose d'une chrysalide 
du Cossus ligniperda, 

— M. Bellier de la Chavignerie montre à la Société un co- 
con du Lucanus capreolus qui a été trouvé aux environs de 
Chartres, à une profondeur considérable , entre les racines d'un 
frêne. Plusieurs cocons semblables ont été trouvés dans le même 
lieu, au cœur de l'hiver, et ce qu'il y a de remarquable, c'est 
qu'en les ouvrant on a trouvé dans leur intérieur les Lucanes à 
leur état parfait, et qu'il n'y avait aucun débris de leurs pupes. 

— M. Léon Fair maire donne quelques détails sur des Cynips 
qui ont causé des noix de galle sur des branches sèches de chêne, 
et il montre la branche de chêne attaquée par les Cynips. 

Séance du 11 mars 1846. — M. de Romand adresse la des- 
cription d'un insecte nouveau trouvé aux environs de Paris par 
M.Chevrolat, dans une fourmilière de Formica fusca^ et qui sert 
de type à un genre nouveau (Formî7a de Romand) dans les Hété- 
rogynes, section des Formicaires. Le seul individu de cette es- 
pèce, qui porte le nom de Formila Chevrolatii, est une femelle. 

— M. de Romand donne des détails sur le Clyius quadri- 
punctatus Fabricius : il rapporte qu'il a vu sortir d'un fauteuil 
d'acajou plaqué et confectionné depuis plus de vingt ans , un de 
ces insectes à l'état parfait. Comment le Clytus se trouvait-il 
dans le bois qui était placé en dessous de l'acajou, et depuis quelle 
époque y était-il? Si la larve se trouvait avant le placage, comme 
on doit le croire, elle aura donc vécu ainsi bien des années, ou 
bien faudrait-il croire qu'une femelle serait parvenue à déposer 
un œuf à travers les plis de l'étoffe qui couvre le fauteuil, vers 
l'extrémité qui avoisine le bois? Mais M. de Romand pense plu- 
tôt que la larve a éclos dans la pièce de bois employée depuis 
pour le meuble, qu'elle y a vécu un grand nombre d'années, et 
qu'après y avoir opéré sa transformation d'abord en nymphe, en- 



110 REVUB zooLOGiQUE. [Murs 1846,) 

suite en insecte parfait , ce dernier a fait tous ses efforts pour 
sortir de sa prison et regagner le sol et l'air nécessaires à son 
existence et à la continuité de son espèce. 

— M. Bellier de la Chavignerie montre à la Société un indi- 
vidu mâle du petit Paon de nuit, qui est éclos chez lui, et auquel 
il manque entièrement l'aile inférieure gauche. On ne voit au- 
cun rudiment de cette aile. L'aile supérieure gauche est légère- 
ment plus petite que la droite , et elle est d'une coloration un 
peu plus claire. Gomment expliquer cette monstruosité? Ne pour- 
rait-on pas supposer qu'un Ichneumon a attaqué la chenille et 
qu'il a détruit la partie de cette larve qui correspond à l'aile in- 
férieure gauche ? Du reste , ce n'est qu'avec beaucoup de doute 
qu'on peut avancer une telle idée, car l'on sait qu'en général 
une chenille meurt dès qu'elle est attaquée par un Ichneumon. 

— M. Guérin-Méneville dit que, pendant une chasse qu'il a 
faite dernièrement à Meudon avec quelques entomologistes, 
M. Cosnard a observé, au centre des têtes avortées et sèches de 
VArundo phragmites , des larves de diptères , et que ces larves 
ressemblent beaucoup à celles qui vivent dans les épis de blé. 
M. Guérin-Méneville élève de ces larves, et il dira plus tard à la 
Société quel diptère elles produisent , si toutefois elles peuvent 
éprouver toutes leurs métamorphoses. 

— M. Aube annonce que M. Schaum , de Stettin , vient de 
faire l'acquisition de la riche collection de Cétoines de M. Gory. 

Séance du 25 mars 1846. — M. ff. Lucas donne lecture d'un 
mémoire de M. Nicollet intitulé : Essai sur une classification 
des Insectes aptères de V ordre des Thysanoures. Dans ce tra- 
vail, l'auteur fait une revue critique des ouvrages publiés sur cet 
ordre si négligé jusqu'ici ; puis il donne les caractères des genres 
qu'il adopte , savoir : ceux des Machilis , Lepisma , Nicoletia, 
Campodea, Smynthurus, Dicyrtoma, Achorutes^ Podura, Or- 
chesella , Isotoma , Degeeria, Cyphoderus, Tomocerus y Anu- 
rophorus et Anoura ; et enfin il termine son mémoire par un 
tableau de la distribution géographique des espèces connues de 
l'ordre des Thysanoures. Ce travail est complété par deux plan- 
ches où l'on reconnaît tout le talent d'habile dessinateur de 
l'auteur. 

— M. Guérin-Méneville parle des dégâts produits dans les vi 
gnes, et principalement sur les feuilles de ce végétal, par VEu- 



MFXAÎNGKS ET ?fODVKI.LE». Ht 

molpus viliSy qui porte le nom vulgaire d^écrivain. Il ajoute que 
les œufs ou les larves de cet insecte séjournent pendant l'hiver 
dans la terre, an pied des vignes, et que quelques cultivateur» 
sont parvenus à se débarrasser de ce fléau en bêchant la terre au 
pied des vignes vers le mois de novembre. 

— Le 4« numéro des Annales pour 1845 est distribué dans cette 
séance , et l'on annonce la publication du premier numéro de 
1846 pour le mois de mai. E. Desmarest. 



IV. MELANGES ET NOUVELLES. 

M. le docteur Hartlaub nous adresse la réclamation suivante^ 
que nous nous empressons d'insérer. 

Monsieur, qu*il me soit permis de répondre aux notes ornithO' 
logiques de M. de Lafresnaye , publiées dans le dernier numéro 
de la Revue zoologique. L'ouvrage dans lequel le D' Sal. Mûller 
a décrit son Dicœum celebicum , n'est pas un petit travail , 
mais un grand et magnifique ouvrage, écrit en hollandais, dont 
voici le titre exact : Ferhandelingen over de natuurliyke Ges- 
chiedenis dernederlandsche overzeesche Bezittingen , etc. Lei- 
den, 1840-46. Fol. — Zoologie , par MM. Schlegel et Mûller. 
Quant à la secondé remarque de M. de Lafresnaye ç j'avoue vo- 
lontiers m'étre trompé, en plaçant le Trichophorus phœocepha- 
lus dans le genre Trichixos de M. Lesson. Après avoir lu la 
seconde description du T.pirrhopyga^ dans laquelle M. de La- 
fresnaye fait connaître pour la première fois les caractères de ce 
genre, il m'a paru évident que ce genre Trichixos n'était qu'un 
synonyme du genre Malacopteron de Eyton et du genre TVt- 
chostoma de Blyth [Journ. Asiat. Soc. of Beng., XI , p. 795). 
Feu Boje l'avait nommé Napothera. Je me reproche de n'avoir 
pas corrigé publiquement mon erreur moi-même. M. de Lafres- 
naye a donc le mérite d'avoir restitué à cet oiseau sa vraie place 
dans la série ornithologique. Je regrette de ne pouvoir partager 
son opinion à l'égard de mon Lipangus hypopyrrhus. Notre 
collection possède le L. plumbeus , Licht , espèce typique ; le 



112 HKVUE zooLor.iyuK. {Mars 1846.) 

L. hypopyrrhus , espèce moins typique , et le Ptilochloriê 
urcuaius (ou plutôt squamatus , car c'est la Muscicapa squa-^ 
mata du prince de Wied , publiée en 1830 ) , et après avoir exa- 
miné de nouveau et comparé ces trois espèces , je ne puis que 
continuer de placer ladite espèce dans le genre Lipangus. Mes 
raisons sont les suivantes : 1° Mon exemplaire duZ. hypopyr- 
rhus n'a pas les tarses assez élevés, mais bien courts, car ils n*ont 
que 8 mill. 1/2 de longueur ( 7 mill. 2/3 Pr. Wied). Le même 
exemplaire a les pieds syndactyles dans le même degré, comme 
chez le Ptil. arcuatus; c'est-à-dire, le doigt externe est soudé 
au médian jusqu'à la base de la dernière phalange. Le prince de 
Wied (Beitr. III, p. 806) dit de notre espèce, qu'il nomme Mus- 
cicapa sibilatrix : « Beine kurz und schwach , aussere Zehen 
mit den zwei Wurzelgliedern vereint. » M de Lafresnaye voit 
donc que je n'ai pas observé moi seul la petitesse des tarses et la 
syndactilité chez le L. hypopyrrhus. 

2" Le bec, il est vrai, n'est pas si élargi et si déprimé, comme 
chez leL.plumbeus; il est même un peu comprimé dans sa moi- 
tié apicale ; mais il diffère encore beaucoup du bec , générale- 
ment comprimé et crochu à |a pointe , du Ptil. arcuatus ; sa 
forme, pour ainsi dire , est intermédiaire entre cet deux espèces* 

3° La queue du même exemplaire n'est pas assez courte, 
comme chez le Ptilochloris arcuatus , mais visiblement lon^ 
gue, car elle n'a pas moins de 3 pouces 1/4 de longueur. 

La couleur principale de notre oiseau est le même gris de 
plomb qu'on trouve chez toutes les espèces du genre Lipangus, 
la ressemblance des taches alaires avec celles du Ptil. arcuatus 
semble indiquer un certain rapprochement naturel de ces deux 
genres. 

Le prince de Neuwied , qui a observé ces deux espèces de Li- 
pangus , ainsi que le Ptilochloris arcuatus en nature , forme 
pour ces trois oiseaux , qu'il place l'un près de l'autre , sa qua-^ 
trième division des Muscicapides du Brésil , sous l'inscription : 
Cotinga-artige Fliegenfanger. 

Je ne m'opposerais pas, si on le veut, à accepter pour le L. hy- 
popyrrhus , le genre Laniocera de Lesson, mais je ne le place- 
rais jamais dans le genre Ptilochloris. 



jgEUVlÈME ANNÉE. — AVRIL 1846. 



I. TRAVAUX IIVEDITS. 



Cours d'histoire naturelle des corps organisés, professé au 
collège de France, par M. Duvjknoy (suite. — Voir p. 81). 

Type ou embranchement des Mollusques. 

A répoque de la publication du /?é?^we animal, en 1816 et 
1817, les animaux de cet embranchement étaient beaucoup 
mieux connus dans les détails de leur organisation que les Zoo- 
phyteSj grâce aux travaux de Poli et surtout de Cuvier, Aussi 
les naturalistes classifîcateurs ont-ils généralement adopté ce 
groupe naturel, proposé par M. Cuvier, comme Classe, dès 
le mois de mai 1 795, puis comme l'un des quatre Types du règne 
animal , en 1812. 

C'est encore à l'auteur du Règne animal qu'on doit l'établis- 
sement successif des six classes de ce Type , celles des Céphalo- 
podes, des Ptéropodes , des Gastéropodes , des Acéphales , des 
Brachiopodes et des Cirrhopodes. 

Plusieurs changements à cette classification sont cependant 
devenus nécessaires , par suite d'une connaissance plus exacte , 
ou nouvelle, de quelques-uns des animaux qui font partie de 
cette grande division du règne animal. 

La première et la plus importante a été d'en extraire la classe 
des Cirrhopodes pour la placer dans le Type des Annelés, à côté 
des Crustacés ; non-seulement à cause de son système nerveux , 
découvert par M. Cuvier; mais encore par suite de ses métamor- 
phoses, que MM. Thompson, Burmeister, Eydoux et Souleyet 
nous ont dévoilées , et dans lesquelles ces animaux prennent , 
pendant quelque temps, beaucoup de caractères des Crustacés. 

Aprè^S cette suppression, l'embranchement des Mollusques se 
compose des cinq autres classes adoptées dans le Règne animal, 
lesquelles doivent en faire six dans l'état actuel de la science , 
par l'érection des Acéphales sans coquilles en une classe dis- 
tincte, avec la dénomination de Tuniciers f\xiei lui a donnée La- 
niarck. 

Tome IX. Année 184 G. 8 



114 REVDE zoOLOGiQUE. [Avril 1846.) 

Ce Type comprend, comme ceux des Zoophytes, des Articulés 
et des Vertébrés , des animaux qui ont au plus haut degré tous 
les caractères du plan d'organisation qui les distingue , et d'au- 
tres qui les montrent à un moindre degré, en se rapprochant des 
Zoophytes. 

C'est la considération trop exclusive des premiers, des Cépha- 
lopodes en particulier, qui montrent encore un rudiment de 
squelette intérieur, protégeant le cerveau et renfermant les or- 
ganes d'audition ; c'est encore la considération de leur système 
vasculaire sanguin et de leurs organes de respiration , qui avait 
déterminé M. Guvier à placer le type des Mollusques immédia- 
tement après celui des Yertébrés. Il ne se doutait guère qu'on 
se servirait du premier de ces caractères , en lui donnant trop 
de valeur, pour essayer de rompre la barrière qu'il avait établie 
entre ces deux Embranchements. 

Dans la méthode de classification adoptée par M. Duvernoy, le 
type des Mollusques descend d'un degré (1), et se trouve rangé 
entre les Articulés ou Annelés et les Zoophytes , avec lesquels 
les Mollusques inférieurs ont beaucoup plus de rapports, que les 
Mollusques supérieurs avec les Vertébrés. 

Ces mollusques inférieurs se propagent en effet non-seulement 
par germe libre (par œuf), mais encore par germe adhérent (par 
bourgeon). Ils s'agrègent, dans ce dernier cas , et perdent leur 
locomotilité. 

L'embranchement des Mollusques, dans l'état actuel de la 
science, se composerait de deux groupes principaux, renfermant 
chacun trois classes : 

Celui des Mollusques céphalés , comprenant : 

I. Les Céphalopodes ; 
IL Les Ptéropodes ; 

III. Les Gastéropodes. 

Et celui des Mollusques acéphales qui réunit : 

IV . Les ïestacés bivalves ou Lamellibranches ; 
V. Les Brachiopodes ; 

VI. Les Tuniciers. 

(1) Il y a longtemps que MM. de BlaiiiTille et Duméril avaient proposé de rapprocher 
les Articulés des Vertébrés, en nommant ceux-ci articulés intérieurs et les^premiers arti- 
culés extérieurs. C'est une expression que M. Uuvernoy a depuis longtemps aussi adoptée 
4an> ion enseignement. 



TRAVAUX INÉDITS. 115 

Ainsi limité , le Type des Mollusques a les caractères généraux 
suivants : 

Leur forme est souvent symétrique, surtout pour les organes 
du mouvement et des sens, mais elle peut être asymétrique 
(beaucoup de Tuniciers). — Les appendices du tronc , soit de la 
respiration (les Doris , etc.), soit du mouvement (les Céphalo- 
podes), peuvent avoir une disposition rayonnée. 

Les Céphalopodes seuls ont un rudiment de squelette inté- 
rieur, de nature cartilagineuse , qui protège le cerveau et ren- 
ferme les capsules auditives. 

Les autres Mollusques n'en montrent aucune trace. 

Seulement leur peau intérieure (ou leur estomac qui en fait 
partie) sécrète chez quelques-uns des plaques ou des crochets 
calcaires qui servent au mécanisme de la digestion. 

Leur peau extérieure est, chez un grand nombre, recouverte 
ou soutenue par un bouclier protecteur, également de nature 
calcaire (leur coquille) , qui peut en être enveloppé sans se pro- 
duire au dehors. 

On a donné le nom de manteau à cette peau extérieure, 
parce que, dans les bivalves entre autres, elle a une ampleur bien 
plus grande que cela ne serait nécessaire pour couvrir leurs 
viscères. 

Cette ampleur est souvent en raison de celle des organes de 
la respiration, que le manteau, ou la coquille qui en dépend, 
protège. 

Le système nerveux central se compose généralement de plu- 
sieurs ganglions formant, avec un ou plusieurs cordons de com- 
missures, un collier autour de l'œsophage. 

D'autres ganglions, symétriques ou asymétriques, peuvent te- 
nir à ce collier par des cordons nerveux particuliers et pro- 
duisent des filets qui se perdent dans les téguments , les 
muscles et les viscères. Les nerfs qui vont aux organes d'ali- 
mentation et des sécrétions sont toujours très-petits et très-diffi- 
ciles à apercevoir. 

Ce système nerveux central paraît réduit à un seul ganglion 
dans la dernière classe. Les organes des sens varient beaucoup 
dans ce type et dans la même classe. Les Mollusques inférieurs 
(les Tuniciers fixés et les Brachiopodes) ne paraissent avoir que 
le toucher. 



116 RKVUE zooLOGiQDE. {^vril 1846.) 

Les yeux n'existent que chez ceux qui ont la locomotilitë ; ils 
prennent une complication , une perfection d'organisation re- 
marquables chez les Céphalopodes. 

Ceux qui entourent le manteau de quelques Bivalves ont été 
récemment étudiés. 

On doit aussi aux derniers progrès de la science la découverte 
d'un organe présumé d'audition chez les Ptéropodes^ les Gasté- 
ropodes, les Hétéropodes, et chez quelques Bivalves. 

Relativement au séjour, M. Duvernoy a fait remarquer que 
l'immense majorité des deux Types inférieurs (des Zoophyies et 
des Mollusques) sont des animaux aquatiques. Une seule classe 
de Zoophytes, celle des Helminthes, comprend des animaux 
parasites. De même une seule classe de Mollusques, celle des 
Gastéropodes, se compose de quelques animaux qui respirent 
l'air en nature par une poche pulmonaire ; soit qu'ils vivent à 
terre, mais dans un air humide , seul propre à fournir à leurs té- 
guments et à leur sang la quantité d'eau nécessaire à leur exis- 
tence ; soit que vivant dans l'eau, ils viennent à sa surface renou- 
veler leur provision d'air. 

Les autres Mollusques ne quittent pas l'eau salée ou les eaux 
douces, et montrent des branchies distinctes, généralement 
d'une grande proportion ; rarement sont-elles réunies à la 
peau ou manteau (comme chez les Brachiopodes de Cuvier, ou 
les Palliobr anches y et dernièrement les Brachio branches de 
M. de Blainville). 

Le cœur des Mollusques, en général, estaortique. Il reçoit le 
liquide nourricier de l'organe de la respiration et le transmet 
dans toutes les parties du corps. 

Ce caractère manque, à la vérité, chez les Mollusques infé- 
rieurs [lesTumcievs), chez lesquels il paraîtrait que le fluide nour- 
ricier a plutôt un mouvement de va-et-vient, produit parles 
contractions alternatives du cœur dans deux sens opposés; de 
sorte que le sang a, dans le même vaisseau, successivement une 
direction centripète et centrifuge. 

Dans son trajet à travers les organes pour arriver aux bran- 
chies ou au poumon, le fluide nourricier peut rencontrer des 
lacunes, c'est-à-dire des interruptions dans les ramifications du 
système sanguin ; de plus les troncs principaux des veines peu- 



TRAVAUX INÉDITS. HT 

■vent être percés d'orifices qui communiquent avec les cavités- 
viscérales. 

11 n'y a au reste, relativement aux premières lacunes, de diflPé- 
rence avec les animaux vertébrés, que du plus au moins; chez 
tous, une partie du fluide nourricier doit s'épancher dans les 
interstices du tissu intime des organes pour la nutrition. 

Les Mollusques ont tous un canal alimentaire avec une entrée 
et une issue ; souvent des glandes salivaires considérables, tou- 
jours un foie, qui perd son individualité et devient de plus en 
plus un annexe du tube alimentaire (de Testomac en particulier), 
à mesure que Torganisation , et plus particulièrement le système 
sanguin, se simplifie davantage. 

On trouve, dans ce type , les principaux modes de propagation : 
la propagation par œuf fécondé ou la génération proprement 
dite; et la propagation par germe adhérent ou par bourgeons,* 
mais seulement chez les Tuniciers, où elle n'est pas exclusive. 

Nous renvoyons ensuite pour les différents modes de féconda- 
tion, sans accouplement ou avec accouplement; celui-ci par 
rapprochement, sans intromission, ou avec intromission simple, 
chez les Mollusques à sexes séparés ; avec intromission récipro- 
que chez les iMollusques hermaphrodites ; nous renvoyons, di- 
sons-nous, pour les détails de ces modes variés de fécondation 
aux Leçons d'anatomie comparéey t. VIII, p 462 etsuiv. (1). 

Relativement aux caractères distinctifs essentiels des classes 
du premier groupe, celui des Mollusques Céphalés, à la circon- 
scription de ces classes, ou à leurs premières divisions, nous 
n'avons que peu de chose à dire, pour servir de supplément au 
texte du Règne animal. 

MM. Dujardin et Ehrenberg ont montré que les animaux d'une 
partie des coquilles microscopiques , dites Foramicriféres par 
M. A. d'Orbigny, loin d'appartenir à la classe des Céphalopodes, 
ont l'organisation la plus simple possible, et qu'ils doivent être 
rangés , pour ceux du moins qui ont pu être étudiés par ces ob- 
servateurs micrographes , dans la classe des animalcules homo- 
gènes appartenant au dernier embranchement, à celui des Zoo- 
phytes. 

Les Céphalopodes^ dont les animaux sont connus, se divisent 

(1} Leçon* d'aaatomie comparée , t. VUI ; par G. Curier et G.-L. DuTernojr. Paris , 184S. 



118 RKVUE zouLOGiyut:. [Avril 18i6.) 

en deux ordres bien distincts : le premier est celui des C. Di- 
branchiaux , qui n'ont que deux branchies , comprend les 
PoulpeSy les Seiches, les Calmars ^ les Argonautes, dont les bras 
au nombre de huit ou dix, sont de puissants organes du mouve- 
ment, armés de ventouses ou de crochets. 

L'ordre second , celui des C. Tétrabranchiaux ou des C. à 
quatre branchies, a la tête entourée, au lieu de bras, d'un grand 
nombre de tentacules rétractiles. 

Cet ordre comprend, entre autres, les Nautiles. 

Tous les Céphalopodes fossiles que M. Cuvier a rangés dans 
cette classe, ne s'y trouvent réunis que par analogie, qui est de- 
venue au reste de plus en plus forte à mesure qu'on a mieux 
étudié les Ammonites, les Bélemnites, etc., qui font partie de 
ces fossiles. 

Quant au second groupe , celui des Mollusques Acéphales, 
M. Duvernoy, qui a beaucoup étudié les Acéphales testacés ou 
Lamellibranches , s'est convaincu que les principales divisions 
de cette classe doivent être basées sur la forme et les divisions 
du manteau, ainsi que M. Cuvier l'avait fait pour les familles de 
ce groupe principal. 

La circonstance d'avoir un seul muscle adducteur des valves 
(les Monomyaires) y ou deux muscles adducteurs (les Dimyaires), 
fournit un caractère facile à reconnaître, même dans les valves 
de la coquille, et qui est en rapport avec certains caractères du 
système nerveux et du manteau. 

Dans les Anomies , qui sont d'ailleurs si rapprochées des 
Huîtres, il y a proprement trois adducteurs. On dirait qu'ici 
le muscle unique des Huîtres et des Peignes a dû être séparé 
en plusieurs parties , par suite des divisions de la coquille. 

Le manteau est à la fois un organe de protection comme tégu- 
ment et de toucher plus ou moins parfait; c'est encore l'organe 
de sécrétion des valves de la coquille. Les muscles dont il est 
pourvu donnent à l'animal la faculté de le contracter fortement 
ou de le déployer. 

Il reçoit un grand nombre de nerfs pour les sensations dont 
il est le siège , ou pour l'action musculaire. 

Lorsqu'il est complètement partagé en deux lobes, il peut 
avoir son bord plus ou moins garni de tentacules ou de pédi- 
«ules oculaires, comme chez les Peignes et les Spondyles. 



TRAVAUX INÉDITS. 11^ 

Cette forme de manteau et cette organisation semblent devoir 
être les plus parfaites. 

Au contraire, lorsqu'il est fermé de toutes parts, sauf l'ouver- 
ture antérieure qui conduit Teau vers les branchies et les sub- 
stances alimentaires vers la bouche^^ comme dans les Panopées^ 
et qu'il est encore recouvert d'un épais e'piderme aux endroits 
où la coquille ne le protège pas , on ne peut douter qu'il n'y ait 
ici une dégradation réelle dans les fonctions sensitives. 

Les différents arrangements du manteau, qui ont servi à carac- 
tériser les familles des Acéphales bivalves, dans la méthode du 
Règne animal^ tiennent donc à un organe qui joue un rôle essen- 
tiel dans la vie des Mollusques, et à des modifications organiques 
qui doivent avoir une grande valeur aux yeux des naturalistes. 
Le système nerveux central des Acéphales testacés est tou- 
jours symétrique, pour la forme du moins, sinon pour le déve- 
loppement proportionnel de ses deux parties latérales. Il se com- 
pose au moins de deux ganglions principaux, généralement de 
quatre et le plus souvent de six, dont deux paires peuvent rester 
distinctes ou se confondre chacune intérieurement en un seul 
ganglion. 

Outre ces ganglions centraux, il peut s'en rencontrer d'acces- 
soires, en nombre très- variable, signalés depuis longtemps par 
M. Delle-Chiaje, dans l'angle de séparation d'un nerf en deux 
ou plusieurs filets. Les plus remarquables de ces ganglions ac- 
cessoires sont peut-être ceux que M. Duvernoy a découvert» 
contre les ganglions postérieurs de Vonguline , et qui forment 
pour ainsi dire l'origine des nerfs branchiaux. 

La plupart des Bivalves , outre le muscle ou les muscles ab- 
ducteurs de leurs valves , ont un pied charnu , se prolongeant 
des parois abdominales, qui fait encore de ces Acéphales , sous 
ce rapport , de véritables gastéropodes. 

Quelques-uns de ces Acéphales gastéropodes ont une partie 
de leur pied , de cet organe essentiel de locomotilité , tellement 
modifiée, qu'elle sert à les fixer aux rochers. Des faisceaux de 
fibres devenues tendineuses se séparent des deux bandes mus- 
culaires postérieures de ce pied , se revêtent , en passant dans 
une filière dermo-glanduleuse , d*un vernis de substance inatta- 
quable par l'eau , et forment les fils de byssus , organes de fixité 
de ces animaux. 



120 RKVUK ZOOLOGIQDE. {Awil 1846.) 

Une autre singularité de leur vie, c'est le séjour des œufs dans 
les branchies de beaucoup d'espèces , pour le développement de 
l'embryon, sous Tinfluence d'un milieu respirable, jusqu'à ré- 
clusion des petits. 

La nécessité de cette influence vitale d'un milieu respirable , 
pour la maturité des œufs , se montre encore dans l'apparition 
de ceux-ci dans le manteau , à une certaine époque de leur déve- 
loppement , chez les Acéphales à branchies filamenteuses (la 
moule de mer) qui ne seraient pas propres à devenir des organes 
d'incubation. 

Les branchies des Acéphales testacés ont chez la plupart un 
grand développement. 

Elles sont formées généralement par quatre replis de la peau 
de chaque côté , entre lesquels rampent les vaisseaux sanguins 
respirateurs. Ces replis sont réunis par paires de manière à for- 
mer, de chaque côté, deux feuillets branchiaux à deux lames. 

Les lames d'un même feuillet sont le plus souvent séparées 
par des cloisons qui interceptent des canaux aboutissant par au- 
tant d'ouvertures au bord dorsal de la branchie. 

Nous avons constaté , a dit le professeur, l'existence de fibres 
musculaires dans les piliers formant l'extrémité de ces cloisons , 
dans la partie libre et postérieure de la branchie où ces orifices 
s'ouvrent directement au dehors , et nous avons produit leur 
contraction et le resserrement des orifices par le galvanisme. 

Des filets extrêmement déliés du nerf branchial vont à ces 
cloisons. 

Les canaux qu'elles interceptent conduisent l'eau sur la face 
interne de chaque feuillet branchial ; ce sont évidemment des 
conduits aquifères respirateurs. 

Cette structure et cette disposition des lames branchiales n'est 
pas sans exception. 

Il n'y a qu'un feuillet branchial composé de deux lames , 
avec les mêmes cloisons et les mêmes orifices dans les Lucines , 
les Corbeilles , les Tellines , les Teliinides , les Pandores , les 
Tarets^ les Arrosoirs, 

Les Moules ont deux feuillets branchiaux à deux lames cha- 
cune ouverts du côté dorsal par une fente sans cloison. Les 
membranes qui réunissent les vaisseaux branchiaux en lames , 
sont d'une minceur extrême et se rompent facilement de manière 



TRAVAUX INÉDITS. i2l 

que ces vaisseaux ne forment plus en apparence que les fils 
d'une frange. C'est qu'ici il n'y a plus, comme à l'ordinaire, d'a- 
nastomoses latérales entre ces vaisseaux. 

Dans les branchies des Peignes, la partie vasculaire forme 
comme une frange compliquée suspendue à une sorte de liga- 
ment qui les réunit aux corps et qui renferme leurs principaux 
troncs vasculaires. 

Ces branchies filamenteuses et non lamelleuses ( celles des 
Peignes), ou qui sont lamelleuses, mais deviennent facilement 
filamenteuses par l'extrême ténuité de la membrane qui réunit 
les vaisseaux sanguins (celles des Moules), diffèrent essentielle- 
ment des branchies lamelleuses proprement dites , par l'exis- 
tence de rameaux vasculaires transversaux qui réunissent les 
branches vasculaires principales ; de sorte que les vaisseaux san- 
guins y forment un réseau à mailles déliées , qui ne permet- 
tent pas la séparation en filaments frangés de cet autre type 
de branchies. 

V. La classe des Acéphales Brachiopodes a été établie par 
M Cuvier, après qu'il eut fait Panatomie de la Lingule , qui en 
est le type. Celle des Térébraiules et des Orbicules , publiée 
par M. R. Owen, a confirmé les caractères assignés en premier 
lieu à cette classe (1). 

Deux bras musculeux , placés de chaque côté de la bouche , 
garnis de cils et contournés en spirale , remplacent ici les palpes 
en lame des Acéphales testacés. Au lieu des branchies lamel- 
leuses ou frangées des Mollusques de cette dernière classe , c'est 
le manteau qui est chargé de l'hématose. 

Les deux valves de la coquille sont mobilisées par plusieurs 
paires de muscles. Cette coquille est toujours fixée par un pédi- 
cule analogue à celui des Anatifes (les Lingules) , ou par un 
tube tendineux traversant le sommet d'une des valves (les Té- 
rébratules)^ etc. 

Le système nerveux se compose essentiellement de deux pe- 
tits ganglions analogues aux ganglions labiaux des Acéphales la- 
mellibranches. 

Un autre ganglion , situé près de la base des bras , paraît de- 
voir leur fournir des filets nerveux. 

(1) Annales des sciences naturelles , 2<^ série , t. lll , p. 52. 



122 RKVUE zooLOGiQUE. {Acril 1846.) 

Ce système nerveux , moins développé que celui des lamelli- 
branches , conduit , par sa dégradation, à celui des Tuniciers. 

VI. La classe des Tuniciers^ établie par Lamarck, était cepen- 
dant très-imparfaitement connue par ce célèbre naturaliste , et 
mal appréciée par lui , pour la place qu''elle doit occuper 
parmi les classes du règne animal (1). C'est celle de tout l'em- 
branchement des Mollusques qui était peut-être le plus suscep- 
tible de perfectionnement , soit pour la précision de ses carac- 
tères organiques , soit pour la distribution naturelle des princi- 
paux groupes dont elle se compose. 

Quelques-uns des animaux de cette classe se rapprochent des 
Zoophytes, ainsi que nous l'avons déjà dit, par la faculté de se 
propager , au moyen de bourgeons , et de former ainsi des 
agrégations régulières ou irrégulières. 

Leur système nerveux, qui semble réduit à un seul ganglion 
sans collier œsophagien , leur donne encore une ressemblance 
avec les Polypes cellulaires , avec lesquels on propose de les 
réunir, en transportant ceux-ci dans le type des Mollusques. 

Mais les tentacules des Polypes cellulaires , semblables à ceux 
des Polypes tubulaires , sont des caractères iïidicateurs d'un 
même plan d'organisation , qui ne permet pas de les séparer dans 
deux types. Ces tentacules ne sont pas d'ailleurs , d'une manière 
incontestable , des organes de respiration. On ne connaît ni 
cœur , ni véritable système vasculaire aux Polypes cellulaires ; 
tandis que les Tuniciers ont un cœur, des troncs vasculaires 
qui en partent , et des branchies considérables, reconnues telles 
par tous les zoologistes. 

Ces caractères différentiels si importants , n'ont pas permis à 
M. Duvernoy de réunir auxTuniciers^ et conséquemment au type 
des Mollusques , les Polypes cellulaires , malgré l'exemple de 
zoologistes d'une grande autorité , tels que MM. de Blainville et 
Milne-Edwards. 

Voici d'ailleurs le tableau des caractères et des divisions de 
cette classe , tels que le professeur les a donnés : 

Classe VI. Les Acéphales Tuniciers. — Les téguments en 
forme de sac , avec deux ouvertures , l'une d'ingestion , l'autre 

(1) Voir à ce sujet l'article Tumcter du Dictionnaire dei sciencei naturelle (t. LVI , 
p. 73) , par M. de Blainville. 



TRAVAUX INÉDITS. 123 

d'excrétion de Peau pour la respiration et des substances ali- 
mentaires qu'elle charrie. 

Le système nerveux ne serait composé , autant qu'on le con- 
naît, que d'un seul ganglion situé sur la ligne médiane dor- 
sale (dans la sous-classe des Trachéens) , ou entre les deux ou- 
vertures du manteau (dans la sous-classe des Thoraciques). 

Un canal alimentaire , un foie annexé à ce canal ; un cœur, 
des vaisseaux et des branchies. 

Les organes des deux sexes réunis dans le même individu. 

Cette classe se divise en deux sous-classes. 

Sous-classe 1". Les Ascidiens ou Thoraciques. — Branchies 
en sac , ayant un grand développement et occupant une grande 
partie du corps. Celui-ci n'est que le tronc des animaux supé- 
rieurs; il se divise en cavité thoracique et en cavité viscérale. 

Ordre /. Ascidiens propres. — Ce sont les Tuniciers thoraci- 
ques simples ou multiples, sans agrégation régulière, toujours 
fixés. 

Cet ordre se compose de deux familles : 

Famille I". Ascidies simples. 

Famille IL Ascidies multiples. — Se propageant par bour- 
geons. 

Ordre II. Les Ascidies régulièrement agrégées , dites im- 
proprement composées. — Ces Ascidies , bien connues seule- 
ment depuis les belles observations de MM. Lesueur, Desmarest 
et Savigny , forment toujours des agrégations régulières. 

Famille F«. Les unes sont fixées • ce sont les Botrylles, les 
Polyclines. 

Famille II. Les autres sont libres: ce sont les Pyrosomes, qui 
représentent dans cette classe les Pennatules de celle des Po- 
lypes. 

Sous-CLASSE II. Les Tuniciers trachéens (ainsi appelés à cause 
de leur organe de respiration qui ressemble à une trachée). — 
Leur corps est proprement une capsule natatrice dont les parois 
semi-cartilagineuses ont des bandes nmsculaires pour les con- 
tracter ; les ouvertures d'ingestion et d'excrétion opposées 
aux deux extrémités du corps i les viscères occupant un très- 
petit espace de l'enveloppe commune , dont la vaste cavité , re- 
cevant l'eau par une ouverture et la rejetant par l'autre, est 
traversée obliquement dans sa longueur par la bande bran- 



t2i RKVUE zooi.OGiQUK. (Awil 1846.) 

chiale ou trachéenne; le cœur en spirale. — Un ganglion dorsal 
médian , un tubercule oculaire rapproché de ce ganglion. — 
Génération vivipare d'individus agrégés. 
Famille unique : les Biphores. 



Mélanges ornithologiques , par M. F. De Lafresnaie. (Suite.) 
Sur les genres Aviceda (Swainson), Lophotes (Lesson) Lépi- 
degenys (Gould), et sur deux nouvelles espèces du genre 
Aviceda. 

Swainson forma le genre Aviceda en 1836 dans sa Class of 
birds, vol. 1«% sur une espèce de falconidée du Sénégal, remar- 
quable par un bec ayant deux dents de chaque côté à la mandi- 
bule supérieure, mais offrant, selon nous, beaucoup plus de rap- 
ports, quant à sa forme générale, avec celui des cymindis 
qu'avec celui des vrais faucons , ayant comme les premiers l'ou- 
verture des narines recouverte et en scissure étroite et oblique, 
les pattes faibles et courtes , et les tarses tellement courts qu'ils 
sont moins longs que le doigt du milieu , emplumés jusqu'à 
moitié de leur longueur, avec la partie nue restante couverte 
irrégulièrement d'écaillés à peu près hexagones, la plante des 
pieds singulièrement large et les trois doigts antérieurs séparés 
dès leur base. Swainson tout en reconnaissant , à la fin de sa 
caractéristique , que la forme générale de son oiseau est absolu- 
ment celle d'un Cymindis, ajoute : « excepté le bec qui est delà 
structure des vrais faucons. » Ici Swainson n'avait égard qu'à la 
double dent du bec, caractère bien faible selon nous pour l'as- 
similer à celui des faucons, puisqu'on retrouve une dent obtuse 
analogue chez le Cymindis cayennensis et qu'on la retrouve 
encore chez VIctinie plombée ; et , à coup sûr, ce caractère n'a 
jamais engagé les classificateurs à rapprocher ces deux oiseaux 
des vrais faucons. Nous trouvons beaucoup plus de rapports avec 
ceux-ci chez les falconidées bidentées d'Amérique, les faucons 
bidenté et Diodon des planches coloriées de Temminck, qui par 
leur bec court gros, élevé et très-arqué en dessous, par leurs 
narines découvertes et ovales , par leurs têtes grosses et arron- 
dies, leurs pattes de longueur et de force ordinaires et leur en- 
semble trapu, doivent réellement figurer près d'eux dans la sous- 



TRAVAUX INÉDITS. 125 

famille falconinée, tandis que les aviceda si voisins des Cymindis 
et , par conséquent , des Bondrées doivent former avec eux et 
quelques autres genres , une sous-Çamille particulière sous le 
nom de cymindinée ou milvinée. — Swainson trouvant dans 
son Aviceda du Sénégal de grands rapports de plumage avec le 
coucou d'Europe , le nomma aviceda cuculoïdes et le figura dans 
son ouvrage intitulé Birds of fVest Africa , vol. 2 , pi. 1 , il l'y 
décrit comme ayant les parties supérieures , y compris les ailes 
et la queue , d'un gris cendré très-foncé , presque noirâtre sur 
les ailes; le milieu du dos, cependant, et les scapulaires étant 
d'un brun sombre , et le gris étant plus clair sur la tête et la 
queue, et comme ayant le dessous depuis la gorge jusqu'à la 
poitrine inclusivement d'un gris pale qui là se change en un 
blanc couleur de crème, traversé par de larges bandes d'un 
brun noirâtre et dont il y a deux sur chaque plume. Ces bandes 
disparaissent sur les cuisses , l'abdomen et les sous-caudales qui 
sont d'un fauve vif ou ferrugineux et sans aucune tache. Les 
couvertures sous-alaires sont ferrugineuses et de nuance uni- 
forme , la queue est terminée par une très-large bande noire et 
on remarque sur la rectrice la plus latérale et à sa base seule- 
ment, quelques demi-bandes irrégulières. La cire et les pieds sont 
jaunes. Longueur totale environ 16 pouces anglais, queue 8 pou- 
ces , tarse 1 7^. Swainson ne parle point de huppe occipitale et 
n'en a point figuré dans son dessin qui du reste semble, ainsi que 
sa description , avoir été fait sur l'oiseau de la Nouvelle-Hollande 
que M. Gould a nommé Lepidogenys subcristatus ; tant ces deux 
oiseaux offrent de rapports de forme et de coloration , sauf l'ab- 
sence de la huppe chez V Aviceda cuculoïdes. 

En 1831 M. Lesson avait formé, dans son traité d'ornithologie, 
le genre Lophotes sur une espèce de falconidée de l'Inde à 
mandibule supérieure également armée de chaque côté de deux 
dents petites et pointues, et figurée par Temminck dans ses plan- 
ches coloriées , pi. 10, sous le nom de Faucon huppart : G.-R. 
Gray dans sa List of gen. of birds donne pour synonyme à cet 
oiseau le Buteo crislatus, buse-bondrée huppée de Vieillot ou 
buse Ptilorhynque, Tem. col. 44, nous ne savons trop pourquoi, 
car la description de Vieillot appartient évidemment à cette bon- 
drée huppée de l'Inde, bien connue et figurée par Temminck, et 
ne peut même être soupçonnée appartenir au faucon huppart 



126 REVUE ZOOLOGIQUE. {Avrtl 1846.) 

d'après sa taille que Vieillot indique comme plus forte que celle 
du balbusard , et d'après son plumage qui n'offre aucun rapport 
avec celui du faucon huppart. G.-R. Gray rejette ce nom géné- 
rique de Lophotes (Lesson) comme déjà employé en ichthyologie 
et lui substitue celui de Baza (Hodgson), formé en 1836, quoi- 
que Lophotes datât de 1831. Du reste, ce genre est remarquable, 
comme celui d'Aviceda, par un bec à deux petites dents pointues 
de chaque côté à la mandibule supérieure qui est prolongée et 
très-crochue , à mandibule inférieure courte , bec qui rappelle 
aussi bien plutôt, par son ensemble, celui du Cymindis ^ ou des 
Bondrées que celui des vrais faucons , car ainsi que chez ces pre- 
miers, les narines y sont ouvertes par une scissure étroite et 
oblique ; il est encore remarquable par des tarses courts , réti- 
culés à doigts très-courts scutellés , par des ongles comprimés 
très-faibles , par une huppe occipitale tombante , très-prolongée 
et une queue coupée très-carrément et même un peu échancrée , 
par des ailes fort longues , atteignant l'extrémité de la queue et 
dont Uîs rémiges sont étagées de la première à la troisième seu- 
lement qui est la plus longue. La coloration de cet oiseau est, 
du reste , fort remarquable ; il a la tête, le cou et tout le dessus 
d'un noir profond et assez luisant, avec une grande tache blan- 
che bordée de brun marron vers les deux tiers de l'aile, dont elle 
occupe presque la largeur. Le noir du cou est suivi d'une large 
bande blanche transversale qui couvre la poitrine et est suivie 
elle-même d'une nouvelle bande noire d'abord , puis marron 
foncé, ceignant le haut du ventre, son milieu est traversé de 
nouveau par une large bande d'un blanc roussâtre entremêlé de 
deux ou trois bandes étroites marron , alternant avec ce blanc 
roussâtre qui se prolonge plus bas sur les flancs où il est aussi 
traversé par des commencements de bandes marron. L'abdomen, 
les plumes des jambes et les sous-caudales sont d'un noir pro- 
fond. 

En 1 837 M. Gould décrivit dans les Proceedings de la même an- 
née, sous le nom de Lepidogenys subcristatus , un oiseau de la 
Nouvelle-Hollande, à mandibule supérieure également munie de 
deux petites dents de chaque côté, et offrant, du reste, dans toutes 
ses diverses parties et même dans sa coloration, de tels rapports 
avec VAviceda cuculoïdes de Swainson que sans sa huppe occi- 
pitale, qui manque chez l'aviceda cuculoïdes, on serait tenté de 



TRAVAUX INIÎDITS. 127 

croire que c'est le même oiseau d'après les descriptions comme 
d'après les figures de ces deux oiseaux. Cependant M, Gould, 
au lieu de rapporter son oiseau de la Nouvelle-Hollande à ce 
genre aviceda, en fit un Lepidogenys (G.-R. Gray), genre syno- 
nyme de Lophotes Lesson et que M. G.-R. Gray lui a substitué , 
ce dernier étant selon lui employé antérieurement en ichthyolo- 
gie. Nous conviendrons que ces deux genres Lepidogenys ou Lo- 
photes et aviceda offrent de grands rapports entre eux; néan- 
moins le premier diffère du second en ce que ses ailes sont plus 
longues, proportionnellement , atteignant l'extrémité de la 
queue quand elles sont ployées, chez l'aviceda elles ne vont que 
jusqu'à un pouce et demi de cette extrémité en ce que ses rémi- 
ges ne sont étagées que jusqu'à la troisième qui est la plus lon- 
gue, elles le sont jusqu'à la quatrième chez VAviceda en ce que sa 
queue est un peu échancrée et assez courte à proportion des ailes 
qui en atteignent l'extrémité , à peu près comme chez le hobe- 
reau commun; chez V Aviceda ^ au contraire, cette queue est 
très-développée , à peu près comme chez les buses , et dépasse 
notablement les ailes ployées. Le premier enfin offre, au premier 
abord, dans son ensemble quelque analogie avec un hobereau et 
le second avec une buse , sauf toutefois la longueur des tarses. 
Nous avons reconnu de plus, chez le Lepidogenys ou Aviceda 
subcristaius Gould , dont nous possédons deux individus des 
deux sexes, un caractère qui n'a encore été signalé ni par 
M. Gould, ni par aucun auteur, c'est que non-seulement la 
mandibule supérieure est armée de deux petites dents, mais 
l'inférieure en présente aussi trois séparées par autant d'échan- 
crures dont celle de l'extrémité donne encore à cette extrémité 
l'apparence d'une quatrième dent obtuse quand on la considère 
de profil. 

M. Gould décrivant son Lepidogenys subcristaius (Birds of 
Australia, part. 14, PI. l),dit : « Comme il n'existe point ou que 
> peu de différence dans le plumage des individus que j'ai exa- 
» minés, je présume que les sexes sont semblables de coloration, 
» ils ont le dessus et les côtés de la tête, ainsi que le haut du dos, 
» d'un gris brunâtre, l'occiput et les plumes allongées de la 
» huppe occipitale d'un noirâtre brun ; le dos et les scapulaires^ 
» bruns, les ailes d'un gris brunâtre sombre, uniforme en des- 
» sus, d'un gris argentin en dessous , le croupion et les sus-eau- 



128 REVUE ZOOLOGIQUE. [Avrll 1846.) 

» dales brun-chocolat, la queue d'un gris brunâtre en dessus, 
» plus claire en dessous , traversée à sa base par trois bandes 
B noires étroites, et terminée par un large ruban de même cou- 
» leur ; la gorge , la poitrine, partie des épaules et les sous cau- 
» dales d'un gris blanc teint de roussâtre; l'abdomen, les flancs 
» et les cuisses d'un blanc teint de fauve traversés par d'étroites 
» bandes d'un marron rougeâtre, le bec bleuâtre, les tarses 
» jaunâtres. » 

Nous possédons deux individus de cette espèce australienne 
dont l'un est conforme en tout à cette description et à la figure 
citée de M. Gould, tandis que l'autre en difi'ère d'une manière 
assez marquée pour nous faire présumer et même affirmer que 
M. Gould n'a eu connaissance , dans cette espèce , que d'un sexe , 
la femelle très-probablement, tandis que le mâle adulte que 
nous possédons offre des différences marquées dans sa colora- 
tion , telles que des nuances beaucoup plus pures et plus fon- 
cées et des bandes ventrales beaucoup plus larges; ainsi, le 
front , le dessus de la tête , l'occiput et le haut du dos sont d'un 
gris-ardoise plombé , les plumes occipitales tombantes sont pres- 
que noires à base blanche; le dos et les scapulaires sont d'un 
brun-chocolat foncé , tandis que les pennes primaires et secon- 
daires des ailes sont d'un beau gris-ardoise foncé très-pur ; la 
queue est en dessus du même gris-ardoise uniforme , seulement 
un peu plus clair, avec une bande noire terminale très-large , les 
rectrices latérales sont barrées à leur base seulement et ces 
barres irrégulières qui n'en atteignent pas les bords extérieurs, 
ne sont visibles en dessus que sur la première penne de chaque 
côté. Le dessous de l'oiseau n'offre pas moins de différence ; les 
sous-alaires , les sous-caurdales et les plumes qui recouvrent les 
jambes, au lieu d'être d'un roussâtre pâle, sont d'un roux vif ou 
ferrugineuses, le devant du cou et de la poitrine , au lieu d'être 
d'un gris sale teinté de roussâtre , sont d'un gris cendré pur, 
le reste du dessous, depuis la poitrine, est d'un blanc presque 
pur sur les côtés, n'étant lavé de roussâtre que sur la partie mé- 
diane de l'abdomen , tout ce dessous est traversé de larges ban- 
des d'un marron bordé de noir, à peu près d'égale largeur au 
blanc qui les sépare , tandis que chez les individus décrits et 
figurés par M. Gould, comme chez le second que nous possédons, 



TRAVAUX INÉDITS. 129 

c^s bandes sont d'un brun pâle et terne et moitié plus étroites 
que les blanches. 

Les deux individus que nous possédons, dont l'un entière- 
ment conforme à la description et à la figure de M. Gould , 
l'autre, tel que nous venons de le décrire, étant entièrement 
<le semblable dimension , nous eu augurons que le premier est 
jeune et le dernier adulte , et n'osons, par conséquent, avancer 
que ce soient là deux sexes. Quant à celui figuré par M. Gould , 
si ce n'est pas un jeune, nous croyons pouvoir affirmer ici que 
c'est une femelle dont nous venons de décrire exactement le mâle 
adulte. Ce couple nous a été vendu par M. Ed. Verreaux comme 
venant positivement de la Nouvelle-Hollande. 

Après avoir reconnu que l'oiseau de la Nouvelle-Hollande placé 
par M. Gould dans le genre Lop hôtes , Less., Lepidogenys , 
G -R. Gray, sous le nom de Lepidogenys snbcristatus , figurait 
plus naturellement dans le genre Aviceda de Swainson, dont 
il offre non-seulement tous les caractères de forme, mais aussi 
le plumage et l'entière distribution des couleurs, nous avons 
cru devoir indiquer les espèces, encore bien peu nombreuses, qui 
appartiennent à ce genre Aviceda encore fort rare , ce sont : 

1° Aviceda cuculmdes Swainson, Birds of Western Africa, 
vol. II, p. 104 et pi. 1. (Côtes occidentales d'Afrique.) 

2° Av. snbcristatus noh., Lepidogenys subcristatus Gou]d , 
Proceedings, 1837, p. 140, — id. Birds of Australia, part. 14, 
pi. 1, la femelle ou le Jeune. Le mâle adulte est décrit ci-dessus 
par nous pour la première fois. 

3« Av. Jleinwardii (nob.), Lophotes Reinwardii (Temminck 
et Muller, pi. 5, fig. 1 et 2) , dans leur ouvrage en commun avec 
Schlegel sur les productions en histoire naturelle des possessions 
néerlandaises dans l'Inde. 

D'après son entière conformité dans l'ensemble du plumage, 
et surtout dans la distribution des couleurs, avec les trois autres 
espèces d'Aviceda ici décrites, nous n'hésitons pas à regarder cet 
oiseau, dont nous devons la description à l'obligeance de 
M. 0. Desmurs, auteur de l'Iconographie ornithologique, comme 
un véritable Aviceda plutôt qu'un Lophotes. 

D'après la fig. 1 qui paraît représenter un mâle adulte , la ièie, 
la huppe, le cou, les épaules, la gorge et la poitrine sont d'un 
gris ardoisé clair; les scapulaires, le dos et les ailes d'un gris 
Tome IX. Année 1846. 9 



130 REVUE ZOOLOGIQUE. {Awil 1846.) 

foncé ; le ventre blanc est rayé transversalement d'une dizaine 
de bandes grises également espacées, alternant avec le blanc 
du fond ; les jambes et les couvertures inférieures de la queue 
sont rousses , la queue est en dessus d'un gris ardoisé et en 
dessous blanchâtre , traversée par une bande noire, chaque rec- 
trice étant terminée de blanc. 

La figure n° 2, qui représente probablement la femelle ou 
peut-être le jeune , a la tête et le derrière du cou gris clair , la 
gorge , la poitrine , les jambes et les bandes transversales du 
ventre d'un roux foncé sur fond blanc ; le dos , les épaules et 
les ailes de couleur brune ainsi que l'extrémité de la huppe; 
les rémiges secondaires sont bordées de noir à leur extrémité et 
la queue est grise barrée de noir. 

La bibliothèque du muséum ne possédant pas encore le texte 
explicatif de ces planches, M. Desmurs n'a pu faire sa descrip- 
tion que sur la planche, mais elle est bien suffisante pour faire 
reconnaître la grande analogie de coloration de cette espèce des 
Célèbes avec les trois autres espèces , et surtout avec celle de la 
Nouvelle-Hollande , dont elle diffère toutefois par les bandes 
ventrales grises, Textrémité des rectrices blanche, etc. Elle 
diffère également de notre Aviceda Ferreauxii par la couleur 
rousse des jambes et des sous-caudales qui sont d'un blanc par- 
fait chez le Verreauxii. — Il n'en est pas moins fort étonnant 
que ces quatre espèces provenant de quatre localités si éloignées, 
puisque la première est du Sénégal , la deuxième de la Nouvelle- 
Hollande, la troisième des Célèbes et la quatrième de Port-Natal, 
présentent entre elles autant de rapports de coloration. 

¥ Av. Ferreauxii de Lafr. — Av. subcristatus, supra totus 
nigro-ardesiacus , scapularibus et remigibus secundariis brun- 
neo-fusco tinctis , caudâ vittis tribus cinereis et quatuor nigris 
duplo latioribus, zonatâ; harum ulthnâ apicali latissima, 
albo terminata; crista occipitali pendente nigrâ, et sub hâc 
cristâ semi-torque rufo occulto ; sub tus ., gutâ, collo pectoreque 
plumbeo-griseis; ventre, abdomine , crisso et sub-caudalibus 
pure albis, hocalbedine, tibiis., crisso subcaudalibusque ex- 
ceptis , vittis satis fusco-nigris undique tecto ; sub-alaribus 
totis ferrugineis , vittis albis variegatis. 

L'Aviceda de Yerreaux qui offre les plus grands rapports avec 
l'Aviceda huppé de Gould , a tout le dessus d'un noir ardoisé 



TRAVAUX ml^lDITS. 131 

foncé , un pou plus clair sur le derrière du cou , teinté de brun 
noirâtre sur les scapulaires et les rémiges secondaires. Sa tête 
est ornée d'une courte huppe occcipitale tombante , longue de 
trois centimètres a peu près, et en la soulevant on aperçoit un 
demi-collier supérieur de plumes rousses , blanches à leur base 
comme toutes les autres plumes jusqu'aux deux tiers de leur 
longueur, puis légèrement terminées de noir; la gorge, le devant 
du cou et la poitrine sont d'un joli gris plombé ; tout le reste du 
dessous est d'un blanc pur, mais traversé par de larges bandes 
noirâtres bordées de noir et dont la largeur égale au moins celle 
des bandes blanches qui les séparent alternativement; les plu- 
mes qui recouvrent les jambes , le bas de l'abdomen et les sous- 
caudales sont d'un blanc sans tache ; les sous-caudales ont 
seulement leurs fines tiges noires; le dessous des ailes est 
bariolé de ferrugineux et de blanc sur toutes les sous-alaires , 
mais le dessous des rémiges primaires est d'un blanc pur 
jusqu'à moitié de leur longueur et le reste est gris clair, traversé 
de bandes noires ; le dessous des secondaires est d'un gris-perle 
uniforme très-pâle ; le bec est noir ainsi que les ongles et les 
pattes paraissent avoir été jaunes sur le vivant. — Les tarses, 
comme chçz VAviceda cuculoides et le subcristatus de Gould, 
sont d'une extrême brièveté , recouverts de plumes dans plus de 
leur moitié supérieure , et laissant voir sur leur partie nue res- 
tante des squamelles de forme irrégulière et en réseau; comme 
chez les autres espèces (TAviceda la plante est fort dilatée laté- 
ralement , et les squamelles sont d'une faible contexture. 

Les couleurs prononcées et pures , la largeur des bandes ab- 
dominales et leur teinte foncée nous font augurer que cet oisaau, 
ainsi que deux autres individus de même plumage et faisant 
partie du même envoi , dont l'un est au musée et l'autre dans 
la galerie , sont trois mâles adultes. 

La longueur totale de notre individu non monté est de 43 cent.; 
l'aile ployée, 31 à 32 cent, du tarse entier, 3 cent.; de la partie 
du tarse non couverte de plumes antérieurement, 1 cent. 5 mil.; 
de la queue, 19 cent. 

Cet oiseau a été recueilli sur la côte est d'Afrique, vers Port- 
Natal , ainsi que les deux autres individus entièrement sembla- 
bles, par M. Alexis Verreaux, et adressé par lui à M. Ed. Ver- 
reaux de qui nous le tenons. 



132 liKVUE ZOOLOGIQDK. {Awil 1846.) 

En donnant leur nom à cette nouvelle espèce d'un genre 
encore si rare et si peu connu , nous avons voulu rendre hom- 
mage au zèle et à la persévérance de ces trois frères naturalistes, 
qui depuis longtemps ont explore le midi de l'Afrique , et dont 
l'un, collecteur de cette espèce , explore encore aujourd'hui les 
côtes orientales de ce vaste continent , tandis que l'autre , qui 
poursuit depuis plusieurs années ses explorations dans la Nou- 
velle-Hollande, a déjà fait au Muséum de nombreux envois d'es- 
pèces australiennes. Les vrais amis de la science leur doivent un 
tribut de reconnaissance pour les nombreux objets d'histoire na- 
turelle dont ils ont enrichi , déjà depuis si longtemps , le musée 
de Paris et les cabinets particuliers dont le nôtre fait partie. 

M. Ed. Verreaux a encore reçu de son frère et de la côte orien- 
tale d'Afrique , mais d'une localité plus septentrionale , de 
Zanzibar, deux Aviceda entièrement différents de coloration de 
l'espèce de la côte de Natal et sans huppe; tous deux ont le 
même plumage, ils sont en dessus d'un brun couleur de buse 
avec les plumes bordées d'un roussâtre très-clair, les plumes 
occipitales ont des stries blanches, la queue brune est traversée 
de trois larges bandes plus foncées, dont les deux premières seu- 
lement sont séparées par une bande étroite blanche ; la poi- 
trine , les jambes et les sous- caudales sont d'un blanc pur; le 
ventre , l'abdomen et les flancs sont largement maillés de brun 
et de blanc. C'est le prince Masséna qui a fait l'acquisition de ces 
deux oiseaux remarquables, comme tous les Aviceda, par leur 
double dent de chaque côté du bec, mais n'ayant pas comme 
eux la huppe occipitale. Quoique venant de la même côte orien- 
tale d'Afrique, mais d'un point bien plus septentrional que notre 
Aviceda F erreauxii^V absence de huppe et la grande difî'érence 
de coloration nous auraient engagé à regarder et à indiquer 
comme d'espèces différentes ces deux oiseaux, si le blanc pur de 
leurs plumes tibiales, abdominales et sous-caudales particulier à 
V Aviceda Ferreaxixii sur les quatre espèces bien constatées au- 
jourd'hui, et le plumage varié et tacheté dont ils sont revêtus, ne 
nous eût fait soupçonner fortement que c'étaient deux jeunes de 
la même espèce plutôt que d'aucune des trois autres qui ont ces 
parties rousses. Nous n'avons pu encore observer nous-même et 
comparer ces deux oiseaux , dont M. Canivet a bien voulu nous 
transmettre la description, et nous ne pouvons, par conséquent, 



TRAVAUX INÉDITS. 133-' 

prononcer sur leur identité 6u non avec VAviceda Ferreauxii. 
Mais si plus tard ils étaient reconnus comme espèce dictincte et 
nouvelle , nous proposons de les désigner alors par le nom à' A' 
viceda Butéoïdes de Lafr. 

M. Swainson dans la description de son Aviceda cuculoï- 
des, M. Gould dans celle de son Lepidogenys subcristatus , ne 
donnent aucuns renseignements sur leurs mœurs dont ils 
avouent n'avoir aucune notion. Nous ignorons si MM. Tem- 
minck et Muller en fournissent dans le texte de leur espèce des 
Célèbes. Dans tous les cas , nous croyons pouvoir avancer que si 
dans les espèces de ce genre de falconidées, la dent unique mais 
forte et pointue des faucons, celle médiane et obtuse des autours 
etéperviers, de beaucoup d'aigles, etc., qui se nourrissent habi- 
tuellement de chair de mammifères, oiseaux, poissons et reptiles, 
se trouve ici remplacée par deux dents mais très- petites et 
faibles , il est plus que probable qu'elles sont destinées chez elles 
à d'autres fonctions qu'à celles de déchirer la chair et de briser 
les os. 

On ne peut douter, d'après le sentiment même du fondateur 
du genre Aviceda, M. Swainson, qu'il n'ait les plus grands rap- 
ports avec les Cymindis et surtout avec le cayennensis , remar- 
quable par une dent obtuse à la mandibule supérieure ; or, nous 
tenons de feu M. Natterer que les Cymindis vivent en grande 
partie de gros bulimes qu'ils saisissent sur les branches d'arbres, 
et à la coquille desquels ils font un trou pour en extraire l'ani- 
mal , tandis que les Hosiramus, démembrés des Cymindis, ne 
vivent que de Lymnées , qu'ils savent tirer de leur coquille sans 
la casser, au moyen de leur bec effilé et courbé en croc. On 
pourrait supposer par analogie que les Aviceda , les Lophotes^ 
peut-être même les Diodon sont cochléivores comme les Cymin- 
dis et les Rostrames. 

Nous faisons figurer les becs de VAviceda subcristatus nob. 
{Lepidogenys subcristatus Gould) et de VAviceda Verreauxii 
Lafresn. dans la planche 2 de ce recueil. (Cette planche paraîtra 
dans un autre numéro. ) 



134 REVDK zooLOGiyiJE. [Avril 184().) 

Observations sur les types peu connus du Musée de Paris , 
par M. le Docteur Pucheran. 

Premier article (G'» Dicœum). 

Dans le numéro de février 1846 de la Revue zoologique, M. le 
docteur Hartlaub, de Brème, a inséré une note monographique 
sur le genre Dicée, en y comprenant comme espèces le Dicœum 
Maugei et le Dicœum aterrimum de M. Lesson. Ce dernier type 
ne s'y trouve introduit que d'une manière dubitative, les parti- 
cularités de ptilose indiquées par M. Lesson , dans sa diagnose 
beaucoup trop courte, ayant sans doute fait penser à M. Hartlaub 
que la place de cette espèce se trouvait ailleurs. Aussitôt que 
nous avons eu connaissance de la note de M. Hartlaub, nous nous 
sommes empressés, dans le dessein d'être utiles aux ornitholo- 
gistes, en complétant les descriptions de M. Lesson, nous nous 
sommes empressés d'examiner de nouveau les deux oiseaux de 
la collection du Musée de Paris, qui ont servi à la distinction des 
deux espèces. Voici le résultat de cet examen. 

Le Dicœum Maugei est un oiseau de taille un peu inférieure 
au mâle du Dicœum rubescens,\ie'\\\. [Nectarinia rulro cana^ 
Tem.) Il est blanc sur la gorge et en dessous, mais coloré de gris 
sur la poitrine, au-dessus et en dedans du fouet de l'aile et sur 
les parties latérales de l'abdomen, du côté gauche. Evidemment, 
c'est un animal réparé, et ces diverses nuances de gris nous sem- 
blent indiquer que telle a dû être en grande partie sa couleur 
primitive, lorsqu'il était à l'état frais. Les joues sont rousses, le 
dessus de la tête brun roussâtre, mais très-affaibli : les pennes 
de l'aile sont plus noirâtres et bordées pour la plupart de roux 
très-clair sur leurs bords externes, de blanchâtre roux sur leurs 
bords internes. En dessous les pennes alaires sont vraiment 
noires, bordées de blanc en dedans. Ce qui reste des pennes de 
la queue présente la même coloration que les ailes. Le crowpion 
est rouge: le bec jaunâtre. 

Notre description s'accorde assez peu, sauf pour ce qui est re- 
latif aux joues et aux parties inférieures, avec celle donnée par 
M. Lesson (Traité d'ornithologie, p. 303), Évidemment, cet ob- 
servateur n'a jamais eu notre oiseau sous les yeux pour ce qui a 
trait à la coloration des parties supérieures, car il lui eût été im- 
y»ossible d'omettre dans sa diagnose le rouge du croupion. En 



TRAVAUX INÉDITS. 135^ 

revanche, nous trouvons à notre oiseau de tels rapports avec les 
caractères attribués par M. Temminck à la femelle (1) de son 
Neclarinia rubro cana, que nous n'hésitons pas à dire que le 
Dicceum Maugei n'est pas autre chose. La figure 3 de la 
planche i08 de M. Temminck représente bien notre oiseau, et 
nous retrouvons les nuances de coloration des ailes et de la 
queue du Dicœum Maugei sur les mêmes parties d'un mâle du 
Dicœum rubescens que nous avons sous les yeux. 

C'est ce qui nous porte à penser que, jusqu'à plus ample in- 
formé , le Dicœum Maugei (2) doit être rayé du catalogue des 
espèces. Si l'habitat de notre individu est authentique, ce dont 
rien ne nous porte à douter , le Dicœum rubescens se trouverait 
donc en outre à Timor, les ornithologistes n'ayant jusqu'ici 
indiqué que Java, Banda et Sumatra , comme étant ses lieux de 
provenance. 

Venons présentement au Dicœum aterrimum. M. Lesson le 
décrit en ces termes : Plumage en entier noir mat, brun sur 
les ailes et la queue. Cette description est exacte : mais sur 
l'abdomen et le thorax il se manifeste des reflets de couleur 
vert bouteille, lorsque la lumière frappe de côté sur ces parties. 
Ce n'est cependant point un Dicée et je suis porté à penser que c'est 
une espèce de Sucrier. Notre oiseau n'a malheureusement pas 
son bec entier , ce qui rend imparfaits les résultats de compa- 
raison. D'autre part, c'est le seul individu que possède la collec- 
tion du Musée de Paris, et il n'en existe pas d'exemplaire dans 
celle de M. le prince d'Essling. C'est de l'île Saint-Thomas, l'une 
des Antilles, qu'est venu celui dont il s'agit, et je tiens de 
mon collègue et ami, M. Florent Prévost , qui l'a procuré à 
notre cabinet , que le second individu dont il fut momenta- 
nément possesseur passa dans la collection de M. Laugier 
de Chartrouse, actuellement dispersée. C'est aux ornithologistes 
qui en connaîtront d'analogues à nous faire sa voir définitivement 
si le Dicœum aterrimum doit être considéré comme une simple 
variété du Certhia flaveola, ou comme une espèce : car, dans ce 
dernier type, la queue est plus allongée. 

(1) M. Temminck , dans son texte , doute si c'est une femelle ou an mâle dans la saison 
dos pluies. 

(1) On doit également donner comme synonyme à cette espèce le Souimanga rouge et 
gris (Lesson). que cet observateur met (p. 899 du Traité d'ornithologie) dans son genre 
Phylidonyris ; mais cette synonymie ue s'applique qu'au m&le. Quant au Dicœum rt*- 
briventris (Lcss.) , c'est bien l'individu de la flg. 2 de la pi. n" 107. enl. n" 107. 



136 RKvuE zooLOGiguE. {Avril 1846.) 

Quoi qu'il en soit, nous espérons incessamment donner sur les 
trois genres Attila, Bias et Certhionyx de M. Lesson, des ren- 
seignements assez étendus pour bien faire connaître leurs carac- 
tères. Nous nous bornerons pour le moment à annoncer que 
c'est à tort que|M. G. R. Gray (List of gen. of Birds, p. 46) a 
donné Attila comme synonyme de Tijuca,et Attilabrasiliensis 
comme la femelle de Tijuca nigra. Pour ce qui est du genre 
Bias, il a pour type le Platyrynchus musicus de Vieillot. C'est 
par des notices successives sur les espèces types peu connues du 
Musée de|Paris que nous ferons tous nos efforts pour être utiles 
aux ornithologistes qui, par des notes monographiques sur cer- 
tains genres, ^préparent les bases d'un travail d'ensemble sur les 
oiseaux. Aussi avons-nous vu avec grand plaisir paraître le tra- 
vail de M. Lichtenstein sur les animaux décrits par Forster, et 
nous faisons des vœux bien sincères pour que les ornithologistes 
anglais fassent, sur les oiseaux décrits par Latham et dont beau- 
coup sont encore si peu connus, un travail semblable à celui que 
nous devons au célèbre zoologiste de Berlin (1). 



Note sur les Diodoniens ; Par M. L. Brfsout de Barneville. 

Parmi les poissons singuliers qui peuplent les mers des pays 
chauds, on remarque ceux que Linné a réunis sous le nom gé- 
nérique de Diodons , et qui plus tard furent compris par 31. Cu- 
vier dans sa famille des Gymnodontes de l'ordre des Plecto- 
gnathes. La faculté, que la nature leur a donnée, de se gonfler 
comme des ballons, et les épines qui garnissent leur peau de 
toute part , ainsi qu'on le remarque chez les Porc-épics , les 
Hérissons et les Échidnés parmi les mammifères (2) , leur ont 
fait donner les noms vulgaires de boursouflus, d'orbes épineux, 
de poissons porc-épics , de hérissons de mer et de poissons ar- 
més. Il est certain que ces poissons ont été connus des anciens ; 
car ce qu'Élien , au livre XII , cap. XXV , de son traité De na- 

(1) Mm. Stricklandet Gray ont déjà commencé un semblable travail , anquel il ne man- 
que, pour être plus utile, que des descriptions plus étendues. Je dois avouer, au reste, 
n'en porter un tel jugement que d'après ce qui en a déjà paru dans le onzième volume des 
Annals of natural History. 

(2) Pour éviter toute erreur nous devons faire observer que les piquants, qui arment 
la peau des Diodons et celle des mammifères que nouj avons cités , ne sont pas du tout 
de la même nature. 



TRAVAUX INÉDITS. 137 

tura animalium^ dit du xo^ôxr^c,^ en latin Sagiliarius, s'applique 
parfaitement bien aux Diodons. 

Ce nom de Diodon (ôk , deux , et à5oh<; , dent), leur a été donné, 
parce que leur bouche est formée de deux mâchoires osseuses , 
indivises, nues en apparence, et qui simulent deux dents. La 
portion de chacune d'elles qui constitue en avant un bord géné- 
ralement plus ou moins saillant, tranchant chez les jeunes indi- 
vidus, mais qui tend à s'émousser et à se niveler par l'usure 
qu'opère l'action réciproque des deux mâchoires et des corps 
organisés à enveloppe dure, calcaire, dont ces poissons font leur 
nourriture habituelle , est formée par l'os même revêtu à sa sur- 
face d'un grand nombre de petites dents sondées avec lui , adhé- 
rentes à sa substance , et dont les plus anciennes , usées par le 
frottement , s'aperçoivent très-bien au côté interne de l'inter- 
niaxillaire en haut et du maxillaire en bas. Un intervalle, dont 
l'étendue s'accroît avec l'âge de l'animal , sépare la portion mar- 
ginale et antérieure , que nous venons de décrire , de la partie 
postérieure , qui est un disque osseux semblable à une grosse 
dent molaire composée. Cette espèce de palais osseux existant à 
l'une et à l'autre mâchoire forme un puissant instrument de 
mastication; il offre alternativement une suite de lames dentaires 
et de stries transversales réparties en deux séries longitudinales 
par une strie suivant cette dernière direction. Ces lames den- 
taires s'opposent à celles de la mâchoire correspondante , et 
s'usent par leur frottement mutuel et par celui qu'elles exercent 
sur les parties solides des animaux qui servent à la nourriture 
des Diodons ; elles sont soudées avec l'os même sur lequel elles 
reposent. Le développement et l'usure de ces lames dentaires a 
lieu d'avant en arrière ; à mesure que l'action masticatrice dé- 
truit celles qui occupent la partie antérieure et augmente par là 
l'intervalle qui est au devant du disque osseux , de nouvelles 
lames apparaissent en arrière , destinées à fournir de nouveaux 
instruments à une des fonctions les plus importantes de la vie. 
La bouche des Diodons , armée des deux mâchoires que nous 
venons de décrire, est entourée de lèvres charnues. 

Ces poissons vivent de crustacés, de testacés et de poly- 
piers. Leur chair passe pour contracter des qualités malfai- 
santes. 

Disons maintenant quelques mots de leurs organes de respira- 



138 REVUE zooLOGiQDE. [Avril 1846.) 

tion. Les Diodons ont de chaque côté trois branchies , une 
membrane branchiale pourvue de cinq rayons et des pièces oper- 
culaires; mais aucune de ces parties ne s'aperçoit à l'extérieur, 
parce qu'elles sont cachées sous la peau. On ne voit au dehors 
que l'ouverture des ouïes, qui est une fente verticale placée im- 
médiatement en avant de chaque pectorale. 

Un des points de l'organisation de ces poissons qui contribue 
le plus à leur imprimer une physionomie particulière est la na- 
ture de leurs téguments. En effet , tous les Diodons actuellement 
connus ont le corps couvert de piquants qui sont fixés dans 
l'épaisseur même de la peau par des prolongements horizontaux 
ou racines au nombre de deux ou de trois en général, suivant les 
espèces. Faisons ici une remarque sur la valeur que ces aiguil- 
lons semblent avoir dans l'exposition des caractères attribués à 
ces poissons. Bien que toutes les espèces découvertes jusqu'à 
présent soient épineuses, la théorie des analogues nous conduit 
à ne pas considérer la présence de ces piquants comme un ca- 
ractère essentiel des Diodons, et nous fait parfaitement conce- 
voir la possibilité de l'existence dans la nature d'espèces appar- 
tenant bien à ce groupe qui seraient, les unes en partie dépour- 
vues d'épines, les autres complètement lisses, comme on en 
connaît déjà parmi les Tétraodons. 

Comme nous l'avons indiqué plus haut, une des particularités 
les plus remarquables que présentent les Diodons est la faculté 
que la nature leur a accordée de se gonfler considérablement en 
avalant de l'air et en remplissant de ce fluide une énorme dila- 
tation de l'œsophage ou jabot très-mince et très-extensible. Cette 
portion du tube digestif occupe toute la longueur de Tabdomen 
en adhérant au péritoine , et par suite , au muscle qui revêt à 
l'intérieur la peau épineuse de ces poissons, susceptible elle- 
même d'une grande extension. Lorsqu'ils sont ainsi boursouflés 
de manière à prendre une forme sphérique , ils se renversent , 
leur ventre prend le dessus , et ils flottent au hasard à la surface 
de l'eau ; mais cet état de tuméfaction est pour eux un moyen de 
défense , parce que leur corps est de tous côtés hérissé d'épines ; 
lorsqu'ils veulent se replonger dans l'intérieur de la mer , ils vo- 
missent aussitôt l'air qui les boursouflait. 

Chez les marchands et dans les cabinets, on voit souvent de ces 
poissons desséchés, remplis de foin ou de filasse , et ressemblant 



TRAVAUX INÉDITS. i 39 

au fruit du marronnier. Dans leur état de non-tuméfaction, les 
Diodons ont une forme allongée ; leur corps et particulièrement 
la tête sont déprimés. 

Ces poissons ont une vessie natatoire à deux lobes. 

Ils manquent de nageoires ventrales, mais ils ont des pecto- 
rales ; leur dorsale et leur anale sont courtes et bien distinctes 
de la caudale. 

Il sera peut-être assez curieux de reproduire ici textuellement 
ce que le père du Tertre , dans son Histoire générale des Antilles 
habitées par les Français , publiée au XVIT siècle , a écrit sur la 
pêche du Diodon. « Lapesche de ce poisson , dit cet auteur, est 
un très-agréable passe-temps. On luy jette la ligne , au bout de 
laquelle est attaché un petit ameçon d'acier, couvert d'un mor- 
ceau de cancre de mer , duquel il s'approche aussi-tost ; mais 
voyant la ligne qui tient l'ameçon , il entre en défiance, et fait 
mille petites caracolles autour de luy : il le gouste quelquefois 
sans le serrer , puis le lasche tout à coup : il se frote contre cet 
ameçon et le frappe de sa queue , comme s'il n'en avoit aucune 
envie : et s'il voit que pendant cette cérémonie, ou plustot pen- 
dant cette singerie , la ligne ne branle point, il se jette brus- 
quement dessus , avalle l'ameçon et l'appas , et se met en estât 
de fuïr. Mais se sentant arresté par le pescheur qui tire la ligne 
à soy , il entre en une telle rage et furie , qu'il dresse et hérisse 
toutes ses armes, s'enfle de vent comme un ballon , et bouffe 
comme un poulet d'Inde qui fait la roue : il se darde en avant , 
à droite et à gauche, pour offenser ses ennemis de ses pointes, 
mais en vain ; car pendant , s'il faut ainsi dire , qu'il enrage de 
bon cœur , et crève de dépit, les spectateurs s'éventrent de rire. 
Enfin, voyant que toutes ses violences ne luy servent de rien , il 
employé la ruse . il baisse tout à fait ses pointes , soufile tout son 
vent dehors, et devient flasque comme un gand mouillé : en sorte 
qu'il semble qu'au lieu du poisson armé qui menaçoit tout le 
monde de ses pointes, on ay t pris un meschant chiffon mouillé. Ce- 
pendant, on le tire à terre, et alors connoissant que tout son arti- 
fice n« luy a de rien servy, que tout de bon , on a envie d'avoir sa 
peau, et que desia il touche le roch ou le gravier de la rive, il entre 
en de nouvelles boutades, fait le petit enragé, et se démené estrân- 
gcment. Se voyant à terre, il hérisse tellement ses pointes , qu'il 
est impossible de le prendre par aucune partie de son corps , si 



140 BEVUE zooLOGiQDE. [Avrïl 1846.) 

bien qu'on est contraint de le porter avec le bout de la ligne un 
peu loin du rivage , où il expire peu de temps après. » 

Jusqu'à présent les Diodons ont été considérés par les natura- 
listes comme formant un genre unique ; cependant si on exa- 
mine les narines de ces poissons , ainsi que M. Bibron Ta fait 
dernièrement , on remarque que les dispositions de ces organes, 
observés chez toutes les espèces actuellement connues , se rap- 
portent à deux types bien distincts , et doivent servir à constituer 
deux divisions génériques parmi ces Gymnodontes. Nous donne- 
rons , avec le savant naturaliste que nous venons de citer , le 
nom de Diodoniens au groupe d'un ordre plus élevé qui réunira 
ces deux genres. Le premier, auquel M. Bibron conserve la dé- 
nomination de Diodon, renferme à lui seul la presque totalité des 
espèces de Diodoniens découvertes aujourd'hui ; le second, que 
le même naturaliste nomme Ghilomyctère {yfiko<i , lèvre, et ixuxt:?iP, 
narine ) , ne comprend encore qu'une seule espèce. Voici quels 
sont les caractères qu'on peut assigner à chacun de ces deux 
genres , caractères déduits de l'observation des espèces que le 
muséum possède en ce moment. 

G. Diodon. (Lin.) Bibron. — Narines chacune en forme de tube 
clos au sommet et offrant latéralement deux ouvertures opposées. 

G. Chilomycterus. Bibron. (Coll. mus. Paris, et Monographie 
inédite des Diodoniens). Narines non closes au sommet , mais 
chacune ayant l'apparence de deux lèvres ou formée de deux ten- 
tacules réunis à la base. 

Le genre Diodon, tel que nous venons de le restreindre, peut se 
diviser en trois sections dont nous allons indiquer les carac- 
tères (1). 

La première renfermera les espèces dont les piquants toujours 
forts , généralement assez courts , ou médiocrement longs , ou 
même très-longs {D. jaculiferus)^ sont portés, la plupart au 
moins , sur trois racines divergentes ; un autre caractère de ces 
poissons, qui s'aperçoit d'une manière plus marquée sur la région 
supérieure du corps que sur toute autre , c'est que la plupart de 
leurs épines au moins restent toujours plus ou moins dressées et 
ne peuvent s'abaisser longitudinalement et se relever alterna- 

(1) C'est la di»i»ion de M. CuTier. 



TRAVAUX INÉDITS. 141 

tivement au gré du poisson (1). A cette première division se rap- 
portent plusieurs espèces parmi lesquelles nous citerons : 

Le Diodon Atinga. Lin. (Bib. loc. cit.), Diodon orbe Lacépède, 
Hist. nat. des Poiss., tome 1 , pi. 24 , fig. 3. M. Bibron a très-bien 
reconnu et démontré [loc. cit.) que cette espèce était le Gua- 
maiacu-Atinga de Margrave, et qu'elle devait conserver en 
propre le nom spécifique d' Atinga , que des naturalistes ont , 
par erreur, donné à une autre espèce , le D. hystrix. Les indi- 
vidus du D. Atinga que nous avons vus dans la collection du 
muséum venaient des mers du Brésil et de la Trinité. 

Le Diodon orbicularis Bloch. Icbthyol., pi. 127 , le même 
que le Diodon cœruleus Quoy et Gaym., Zool. du voyage de 
Freyc, p. 201 , pi. 65, fig. 5- Le muséum en possède des indi- 
vidus qui viennent de Tîle Guam, de Canton et de Macao. 

La seconde section réunit les espèces qui offrent des piquants 
toujours considérablement développés , plus ou moins longs , et 
fixés à la peau par deux racines latérales. Chez ces Diodons 
toutes les épines du corps sont mobiles , susceptibles de s'abaisser 
longitudinalement en arrière , et de se relever alternativement 
au gré du poisson de manière à le hérisser de tous côtés. Citons 
maintenant comme exemple de cette deuxième division : 

Le Diodon hystrix Lin., WiWoughhy^ Hist. pisc. tab. 1,5; 
Séba, Mus., tome III, tab. XXIII, fig. 1 , 2 et 4 ; Bloch, Ichthyol., 
pi. L2it et 126. Tout le dessus et les parties latérales du corps , 
ainsi que les nageoires , sont semés d'un grand nombre de pe- 
tites taches noires et arrondies. Les individus que nous en avons 
vus venaient de la mer Rouge , de celle des Indes, des Antilles 
et de Tongatabou dans l'Océanie. Nous avons mesuré un de ces 
Diodons gonflé qui avait environ soixante-dix centimètres de 
longueur et plus d'un mètre de circonférence. C'est à Bloch que 
revient le premier tort d'avoir transporté à cette espèce la déno- 
mination spécifique d'Atinga qui appartient, comme nous l'a- 
vons dit précédemment, aune de celles que nous avons rangées 
dan^la première section. De plus, nous avons reconnu positi- 
vement que le Diodon à épines trièdres de Cuvier, Diodon trie- 
dricus Cuv., Mém. mus., IV , p. 133, était le jeune du Diodon 
hystrix. 

(1) Une espèce remarquable de cette première section , qui fait le passage de celle-ci à 
la seconde, le D. jaculi^erus. Cut., a les très-longs piquants de ses Hancs à deux racine» 
latérales seulement et susceptibles de s'abaisser et de se redresser alternatiTement. 



142 rk.vuë zooi.cgk^uk. {Avril 1846 ) 

Mentionnons encore le Diodon Eydouxii^ Souleyet(Bib., /oc. 
cit.) remarquable par ses nageoires dorsale et anale subfalci- 
formes. 

Les piquants du seul Diodon que renferme encore la troi- 
sième section sont à deux racines latérales, tous susceptibles de 
s'abaisser complètement et de se redresser à la volonté du pois- 
son ; en outre , ces épines sont grêles , très-petites et très-nom- 
breuses. Cette espèce unique est le i?iodon asper, Cuvier, Mém. 
mus. Par la finesse de ses épines , il représente , parmi les Diodo- 
niens, un grand nombre de Tétraodoniens. 

L'individu que le muséum possède a environ soixante-dix-sept 
centimètres de longueur. 

Le Chilomycterus reticulatus , Bibron {loc. cit.) (!) constitue 
jusqu'à présent à lui seul le genre Chilomyctère ; mais cette es- 
pèce unique fait réellement partie d'une série parallèle à celle 
que forment les espèces du genre Diodon tel que nous l'avons 
restreint. Le Chilomyctère réticulé, comme les Diodons de la 
première section, dont il est l'analogue, le représentant dans sa 
série , a les piquants courts , forts et pourvus de trois racines di- 
vergentes; ces épines sont toujours plus ou moins dressées et ne 
peuvent s'abaisser complètement comme le font celles des Dio- 
dons de la seconde et de la troisième division. JNous savons que 
cette espèce habite la mer des Indes et celle des Moluques. Elle 
atteint plus de quatre-vingts centimètres de longueur. 

S'il nous était permis de comparer les Diodoniens aux Tétrao- 
doniens, nous trouverions dans cette étude de nouveaux exem- 
ples du parallélisme des séries zoologiques. Indiquons cependant 
ici qu'on observe , chez un grand nombre d'espèces de ce der- 
nier groupe , les mêmes dispositions de narines que nous avons 
déjà signalées à l'égard des Diodons et des Chilomyctères ; c'est- 
à-dire , chez leis uns , des narines closes supérieurement et per- 
cées de deux orifices opposés ; chez d'autres , des narines ayant 
chacune la forme de deux tentacules plus ou moins confondus 
à la base ; conformations qui indiquent évidemment que les es- 
pèces qui constituent le groupe des Diodoniens, considérés à un 
point de vue général , et seulement ici sous le rapport des or- 
ganes des sens dont nous venons de parler , sont les analogues 

il) Diodon reticulatus. Lin. Diodon ligrinus. Cuvier. M*m. Mus. tome IV, page 137, 
pi. 7; Willoughby, tab. I, n. 7. 



TRAVAUX INÉDITS. 143 

des différents degrés de la série des Tétraodoniens dont les na- 
rines sont établies sur les mêmes types , ou , ce qui est la même 
chose, nous pouvons dire que ces dernières espèces appartiennent 
à deux divisions génériques parallèles aux genres Diodon et Chi- 
lomyctère. 

Ajoutons, en terminant cet article, que tous les Tétraodoniens 
ne présentent pas la conformation de narines des deux genres 
précédents , et que nous avons observé , chez quelques-uns 
d'entre eux , deux autres modifications de ces organes que ne 
présentent aucun des Diodoniens. 



Note sur le groupe des Gobiésoces , par M. Brisout de Barne- 

VILLE. 

On sait que le groupe des Gobiésoces , rangé par M. Cuvier 
dans sa famille des Discoboles, se distingue de celui des Lépa- 
dogastères par l'existence sous le corps d'un seul grand disque 
fendu de chaque côté. Un caractère qui doit être commun à 
tous les Gobiésoces et que nous avons constaté chez le Gobiésoce 
testar, est la présence , à la face inférieure du corps et à l'origine 
de la queue, de deux orifices dont l'antérieur est l'anus et le 
postérieur regarde la fonction de reproduction. 

L'c«pèce de Gobiésoce la plus anciennement connue des na- 
turalistes {Gobiesox nudus , nob.) a d'abord été classée , par 
Linné (Mus. Ad. Fr. et Syst. nat.), sous le nom de Cyclopterus 
nudus , puis par Pallas sous celui de Cyclopterus dentex , dans 
le genre Cycloptère. En 1800 , Lacépède, dans le second volume 
de son Histoire naturelle des poissons, établit le genre Gobié- 
soce pour une espèce observée en Amérique par Plumier et dont 
la détermination offre de la difficulté , mais ce qui nous paraît 
hors de doute , c'est que ce Gobiésoce n'est pas du tout le même 
que celui qui a été décrit et figuré par Linné et Pallas. Au reste, 
le naturaliste français continue à ranger cette dernière espèce 
parnAles Cycloptères. Enfin, Bloch et Schneider (Syst. ichth.) 
confondent les Gobiésoces avec les Lépadogastères. Un nouvel 
examen des «spèces du genre Gobiésoce tel que l'admettent au- 
jourd'hui les auteurs, nous a conduit, non à les considérer 
comme appartenant à un genre unique, mais à les répartir dans 



144 REVUE ZOOLOGIQUE. (Awil 1846. ) 

trois divisions génériques distinctes. A l'exposition des carac- 
tères de ces trois genres nous avons joint de courtes descriptions 
de la plupart des espèces que renferme le Musée d'histoire na- 
turelle de Paris, en indiquant leur synonymie et de quels pays 
viennent les individus que nous avons examinés. 

1er G. Tomicodon. Nobis (de ro/untoç^ incisive, et ôcToiç, dent). 

— Car, A chacune des deux mâchoires des dents incisives et 
d'autres en forme de canines. 

t. T, chilensis. Nobis. — Au devant des deux mâchoires des 
dents semblables à des incisives, un peu inclinées seulement ou 
subverticales en haut , proclives en bas ; de chaque côté et en 
arrière une seule dent en forme de canine ou des dents en forme 
de canines d'inégale longueur, dont une postérieure aussi longue 
ou plus longue que les incisives; point d'autres dents derrière 
celles du pourtour des mâchoires. Tête oblongue ( plus longue 
que large). Opercule à bord postéro-inférieur arrondi ou terminé 
en pointe excessivement courte. Nageoires dorsale et anale 
courtes , subégales et exactement opposées. — D. 7. A. 6. — Pa- 
trie. Valparaiso (d'Orbigny). 

2. T. pœcilophthalmos . Nobis. (Gobiesox pœcilophthalmos , 
Jenyns. Voy. of Beagle, Fish , pag. 141, pi. 27, fig. 2. ) 

ir G. SiCYOGASTER. Nobis [<riKÙet^ veutouse , ycLs-aiip ^ ventre). 

— Car. Des incisives à la mâchoire inférieure seulement ; des 
dents en forme de canines aux deux mâchoires. 

1 . S. marmoratus. Nobis. — ( Gobiesox marmoratus. Jenyns. 
Voy. of Beagle , Fish., pag. 140 , pi. 27, fig. 1. ) — A la mâchoire 
supérieure plusieurs rangs de dents en forme de canines plus 
longues en avant ; à la mâchoire inférieure , en avant, des inci- 
sives proclives; latéralement en arrière, des dents semblables à 
des canines inégales plus courtes que les incisives. Tête environ 
aussi large que longue. Operculé terminé postérieurement en 
pointe assez longue , dure , piquante. Disque grand. Nageoires 
dorsale et anale exactement opposées , l'anale plus courte que 
la dorsale. — D, 12. A, 8 à 9. — Patrie. Martinique (Pléej; 
Chili (Gay). 

IIP G. Gobiesox {Lacépède} , nobis — Car. Point d'incisives 
ni à l'une ni à l'autre mâchoire ; des dents en forrce de canines 
aux deux. 

1. G. nudus , nobis. — Syn. Cyclopterv^ nudus. Linné. Mus. 



TRAVAUX I^léDITS. 145 

Ad. Fr., pi. XXVII , fig. 51, p. 57. — Cyclopterus midiis. Linné, 
Syst. nat., 10" édit., tom. I, p. 260, et 12'édit., tom. I, p. 414. 

— Cyclopterus dentex. Pallas. Spic. zool. VII, 1. — Le Denté, 
Haûy. Dict. ichthyol. Encyclop. méth., pag. {7S. — Cyclopterus 
nudus. Gmelin, Syst. nat. Lin , tom. l, pars III , pag. 1475. — 
Cyclopterus dentex, id., id., id. — Le Bouclier denté, Bonna- 
terre, Encyclop. méth. Poiss., pag. 28 , pi. 20, fig. 64. — Cy- 
4;loptère denté- Lacépède, Hist. des Poiss. , tom. II, pag. 64. — 
Lepadogaster nudus, Bloch et Schneid. Syst, ichth., pag. 2, 

— Lepadogaster dentex ,\d., id., id. — Lepadogaster dentex, 
Cuvier, Règn. anim.. Tiédit., tom. II , pag. 225, et 2' édit., t. H, 
pag. 345. Excl. synonym.,le Gobiésoce testar, Lac. — Gobiésoce 
têtard. Valenciennes, Règn. anim, de Cuv., nouv. édit., Poissons, 
pi. 108,fig. 1. 

Car. Au pourtour des deux mâchoires des dents semblables 
à des canines d'inégale longueur, celles qui occupent le devant 
de la mâchoire supérieure bien plus longues et plus fortes que 
toutes les autres ; derrière les dents qui bordent l'une et l'autre 
mâchoire, déplus petites , mais de même forme que les pre- 
mières et séparées en deux groupes sur la ligne médiane. Té(« 
«nviron aussi large que longue. Opercule prolongé à sa partie 
postéro-inférieure en pointe courte , dure , osseuse. Disque 
grand. Nageoires dorsale et anale presque exactement opposées, 
l'anale un peu plus courte seulement que la dorsale. — D, 8. A, 7 . 

— Patrie. Cap (Verreaux , Delalande ); côte de Malabar (Dus- 
sumier ). 

2. G. cephalus. Lacépède ? — Syn. Lepadogaster testar. Bloch 
et Schneid., Syst, ichth., pag. 4, pi. 1. — Gobiesox tudes. Ri- 
chardson. Voy. of Sulphur. Ichthyol., pag. 103, pi. 46, fig. 1,3 
et 3. (Bonnes). — Gobiésoce testar. Brisout , Écho du monde 
savant, 1846, 1er sem. , col. 470. Gobiesox cephalus ., loc. cit. 
col. 536. 

Car. Sur le pourtour des deux mâchoires on voit une série 
nombreuse de petites dents en forme de canines toutes égales ; 
les médianes de la mâchoire supérieure ne sont jamais ni plus 
longues ni plus fortes que les autres dents insérées de chaque 
côté ; derrière celles qui bordent la mâchoire supérieure s'en 
trouvent d'autres plus petites de même forme que les premières 
*»-t séparées sur la ligne moyenne en deux groupes allongés. Tête 
Tome I\. Année 1846. 10 



146 REVDE ZOOLOGIQUE. (Âwil 1846.) 

environ aussi large que longue. Opercule non prolongé posté- 
rieurement en pointe dure. Disque grand. Nageoires dorsale et 
anale exactement opposées, l'anale plus courte que la dorsale. 
— D, 7 à 1 1. A , 5 ou 6. — Patrie. Martinique ( Plée ). 

C'est peut-être le Gobiésoce testar de Lacépède , Hist. des 
Poiss., tom. II , pi. 19 , fig. 1 ; cependant sa figure nous laisse de 
l'incertitude quant à sa détermination exacte. Du reste cette 
espèce est parfaitement distincte de la précédente et a des carac- 
tères bien tranchés. 



Description de plusieurs Animaux Mollusques bivalves, soiÊ 
nouveaux ou incomplètement connus. Par M. M.-C.-A. Récluz. 
(Suite, voyez p. 48). 

N° 4. Tellinides TiMOiiiEiNSis fLamk). 

Quoique la Tellinidede Timor ait la plus grande ressemblance 
arec les Tellines , elle a été élevée au rang de genre par La- 
mark, dans son Histoire des animaux sans vertèbres , t. 5, 
p. 537, à cause seulement de son défaut de pli marginal flexueux. 

M. Sowerby, guidé sans doute par l'opinion de Lamarck , a 
admis le genre Tellinide (voyez Gênera of Shells , n^' 31) ; mais^ 
M. de Blainville, dans son Manuel de Malacologie et de Conchy- 
liologie , p. 450 , a le premier rejeté le genre Tellinide de La- 
marck pour en faire seulement une section des Tellines. 
MM. Rang et Deshayes confondent simplement la Tellinide avec 
les Tellines. Ce dernier conchyliologue a exprimé son opinion 
dans les termes suivants : « Si on examine ses caractères (de la 
Tellinide de Timor), on reconnaît qu'ils sont exactement sem- 
blables à ceux des Tellines, moins le pli postérieur irrégulier. 
Ce pli , constant dans un grand nombre de Tellines , diminue 
peu à peu, comme on le voit , dans les Tellina bimaculatay 
solidula, psammotella, et finit par disparaître dans les Tellina 
carnaria balaustina , que l'on pourrait tout aussi bien placer 
dans le genre Tellinide, que la coquille qui lui sert de type. 
Pour être conséquent , il faut ou supprimer le genre Tellinide , 
ce qui nous semble préférable, ou faire entrer dans ce genre 
des coquilles qui appartiennent, sans contestation, aux Telline*' 



TRAVAUX INÉDITS. 117 

{Hist. dts animaux sans vertèbres de Lamarck , ëd nouvelle, 
t. 6, p. 215, note) (1). » 

Avant de nous prononcer sur l'une ou l'autre de ces opinions, 
nous croyons indispensable de donner ici la description complète 
de la coquille, ensuite celle du mollusque qui en est le construc- 
teur. Les exemplaires sur lesquels nous avons fait ces descrip- 
tions ont été recueillis par MM. Gaudichaud et Souleyet, dans le 
détroit de Malacca , à Poulo-Pinang , en 1837, pendant leur 
voyage sur la Bonite. Ces savants naturalistes ayant bien voulu 
mettre plusieurs individus de cette espèce à notre disposition , 
il nous a été possible, par conséquent, d'en bien établir les ca- 
ractères. C'est donc pour nous un devoir, en même temps qu*un 
vrai plaisir, de témoigner à ces savants nos sincères remercî- 
ments. 

Le coquille de la Tellinide de Timor est ovale transverse ; son 
côté antérieur court et arrondi , le côté postérieur d'un sixième 
plus long (ce qui est généralement le contraire dans les Tel- 
lines) et obliquement tronqué sur son centre. Cette coquille 
d'un blanc pur, très-comprimée des deux côtés et bâillante anté- 
rieurement, a sa marge inférieure déprimée sur le tranchant du 
côté postérieur, mais sans aucune trace de pli flexueux. Sa sur- 
face est sculptée de trois sortes de stries , savoir : P celles d'ac- 
croissement, fines, irrégulières et généralement peu senties; 
l2o des stries obliques partant de la marge supéro-antérieure et 
se dirigeant vers la base du côté postérieur, mieux imprimées, 
plus espacées et formant avec les concentriques un treillis de 
losanges moins apparent que sur la valve droite de la Tellina 
fabula. Ces stries, qui se montrent sur l'une et l'autre valvé, 
n'occupent que le côté antérieur ; 3" d'autres stries presque ob- 
solètes et rapprochées rayonnent des crochets aux bords de la 
coquille. Les crochets sont très-petits et opposes. Ligament 
allongé , convexe , d'un fauve brun , tronqué en arrière et ter- 
miné en pointe près des crochets. La charnière se compose de 
deux dents subapiciales sur chaque valve, la postérieure sur la 
valve droite et Tantérieure sur la gauche bifides . et les autres 
impies, tantôt très-apparentes, tantôt presque effacées. C'est «e 
qui se voit sur presque toutes les Tellines. La valve droite est 
wïunie de deux dents latérales, l'antérieure bien apparente et 
'diAttencéedescardinatesde trois millimètres environ, et la posté- 



1*8 REVDE ziïOLOGiQVtt. {Awil t846.) 

rieure généralement très-obsolète est située sous l'extrémité posté- 
rieure du ligament , à onze millimètres à peu près des cardinales. 
La valve gauche paraît privée de ces dents latérales. Cette dispo- 
sition des dents latérales se retrouve sur beaucoup de Tellines 
^ransverses et à la même distance. Les impressions musculaires 
sont un peu différentes des autres Tellines ; l'antérieure grande , 
ovale, la postérieure oblongue, allongée et atténuée au sommet. 
Sur les Tellines l'impression antérieure est plus allongée que la 
postérieure; c'est le contraire sur la ïellinide. L'impression des 
bords du manteau est bien imprimée et à côté de la terminaison 
postérieure, existent deux autres petites impressions musculaires 
arrondies, que l'on retrouve également sur les autres Tellines. 
L'excavation palléale ( du muscle rétracteur des siphons) est 
oblongue-trigone et transversale. La marge interne des valves 
paraît usément striée en rayonnant. La consistance des valves 
est assez forte bien que translucide, et leur marge tranchante. 

Cette coquille a 34 millim. de hauteur, 50 millim. de largeur, 
n 1/2 de convexité. Le côté antérieur a 22 millim. d'étendue 
transversale et le côté postérieur 28. 

Animal ovale, transverse, plus arrondi en avant qu'en arrière, 
revêtu d'un manteau très-mince, transparent, papyracé, ouvert 
dans les 3/4 de sa circonférence antérieure, bordé d'un muscle 
circulaire, enferme de ruban, de 5 millim. de hauteur, et orné, 
en dedans, de deux cordons séparés par un sillon profond; au- 
dessus du cordon supérieur ce muscle est marqué de stries fines , 
serrées, longitudinales, et au dessous de l'inférieur le bord est 
garni de cirrhes tentaculaires très-courtes , les alternes un peu 
plus raccourcies, régulièrement distancées, mais plus étendues 
sur le côté antérieur que sur le côté postérieur. Ces cirrhes 
garnissent tout le contour des lobes du manteau jusqu'au point 
de leur jonction qui est au-dessus des muscles adducteurs. 

Les bords du manteau sont réunis à la distance de 12 millim. 
du bord postérieur et de 34 millim. environ du bord antérieur, 
par une cloison musculeuse, oblongue-lancéolée , aiguë dans le 
haut, et faiblement échancrée dans le bas. Cette cloison, longue 
de 14 millim. et large de 5 millim., est assez consistante quoique 
peu épaisse. A cette cloison sont soudés deus. siphons très-longs, 
inégaux et annelés : le branchial plus renflé et conique à la bas*^, 
«e continue, en «'atténuant promptement, en un cylindre delà 



TRAVAUX INÉDITS. H9 

grosseur d'une plume de pigeon, terminé par des crénelures 
arrondies. Variai^ égal dans toute son étendue, tantôt grêle 
mince, transparent et laissant voir des débris de matière fécale, 
tantôt du diamètre d'une plume de corbeau , assez consistant et 
opaque, montrant alors ses anneaux concentriques et son orifice 
toujours nettement tronqué. Quelquefois l'anal paraît plus court, 
c'est ce que nous avons vu sur le siphon grêle et transparent,, 
d'autres fois égal ou guère plus court que le branchial ou infé- 
rieur : dans les deux cas, l'anal est constamment d'un diamètre 
circulaire moindre. Le canal de ces siphons est assez grand re- 
lativement à leur grosseur. Ces deux tubes dans leur contraction 
se replient sur eux-mêmes soit en s ou en double ss , entre les- 
deux lobes postérieurs du manteau qui sont libres. Leur racine 
se trouve naturellement engagée dans une gaine qui en masque 
la base de 4 à 5 millim. L'orifice interne du tube branchial est 
grand, nu ou bordé par l'anneau fibulaire ; celui du tube anal 
est bordé par une gaîne qui le masque, mais qui est fendue à 
4 millim. au-dessus de cette ouverture, et les branches très- 
étroites de cette gaîne forment un canal qui se termine près de 
l'anus, dont l'ouverture est très-petite. 

A ces siphons sont également soudés les muscles rétracteurs 
(fibulaires. Poli) qui se prolongent horizontalement en avant 
de chaque côté en une lame étroite, assez allongée, faisant une 
saillie en relief et s'épanouissant en palette très-mince, de forme 
ovale-oblongue, arrondie en avant, sculptée de fibres longitu- 
dinales fines et régulièrement disposées. Ces muscles ainsi con- 
formés représentent assez bien la forme d'une spatule. 

Bouche très-petite , punctiforme , cylindrique , entourée de 
quatre palpes labiales dissimilaires, très-grandes : les anté- 
rieures triangulaires, longitudinales, striées régulièrement en 
longueur et crénelées antérieurement ; les deux postérieures 
placées horizontalement sont presque en forme de fer de 
flèche, c'est-à-dire que, étant triangulaires, comme dans les 
antérieures, elles ont en plus un lobe postéro-supérieur diver^ 
géant avec V inférieur. Ce lobe est soudé avec le bord antéro- 
supérieur de la branchie^ sur chaque face du corps de l'animal. 
La structure de ces palpes est la même que celle des antérieures,, 
autrement dit ornées de stries longitudinales légèrement ondu- 
leuses, à leur surface, et de crénelures à leur marge inférieure 



fSO REVUK zouLOGiyuE. {Avrii 184-6.) 

Si les palpes labiales sont destinées à rapprocher de la boucRr 
les matières propres à la nutrition, » quoi peuvent servir les 
deux postérieures de notre mollusque, puisque sur tous les in- 
dividus étudiés par nous , grands ou petits , nous les avons vues 
constamment réunies aux branchies? Nous avions d'abord pré- 
sumé que le lobe supéro-postérieur de ces palpes pouvait n'être 
qu'une branchie antérieure ; mais après examen nous nous 
sommes convaincu du contraire. C'est donc un fait fort remar- 
quable que ces palpes postérieures en fer de flèche et soudées^ 
avec les branchies, car nous n'avons aucune connaissance 
qu'elles aient été signalées soit sur les Tellines ni sur aucun 
autre genre de mollusques. 

Une seule branchie sur chaque côté du corps de la Tellinide. 
Ces branchies sont oblongues-lancéolées , longitudinales, obli- 
quant fortement en arrière , à surface unie et à bords simples. 
Ces branchies, qui sont très-charnues , relativement à celles de& 
autres mollusques , adhèrent à la peau du corps de l'animal par 
la ligne centrale et longitudinale de leur face interne, et l'une 
avec l'autre par leur extrémité inférieure. Leurs cotés sont tout 
à fait libres et amincis sur les bords. 

La forme, la structure, l'adhérence, et surtout le nombre de 
ces branchies ne cadre nullement avec ce que l'on connaît de» 
animaux de Tellines. Voilà donc un mollusque qui, comme le» 
Pandores et les Lucines ne possède qu'une seule branchie de 
chaque côté , et de plus cette branchie se trouve adhérer avec 1» 
palpe labiale postérieure f 

Pied oblong , transversal, lancéolé en avant, légèrement 
prolongé en talon en arrière , assez épais, comprimé transver-* 
salement des deux côtés sur le centre et tranchant à sa base. 

Maintenant que nous venons de décrire les caractères de la 
coquille et de l'animal type du genre Tellinide, nous pouvons 
juger la valeur de ce genre. 

Relativement à la dépouille testacée, nous ne voyons rien qui 
puisse la différencier de celles des Tellines, car elle en possède 
tes principaux caractères. L'absence du pli flexueux a été signalé 
sur plusieurs espèces de Tellines, et la forme particulière de 
l'impression musculaire antérieure, bien que s'éloignant par son 
étendue plus grande que la postérieure de ce que l'on voitordi- 
nftk-ement sur ces coquilles , ne peuvent être considérés que 



TRAVAOX INÉDITS. 151 

comme des caractères purement spécifiques. Le genre Tellinide 
rentre donc, quant aux coquilles, dans le genre Telline, selon 
le sentiment du savant zoologiste M. de Blainville. 

Quant à l'animal, nous sommes de la même opinion, malgré 
que certains caractères semblent l'éloigner de cette association. 
En effet, si la forme du pied, du manteau et des siphons, sont les 
organes principaux sur lesquels la science s'appuie pour la clas- 
sification des mollusques , nous voyons dans la Tellinide ces 
organes ne difierer en rien d'essentiel de ceux des Tellines. Le 
pied est lancéolé ; le manteau ouvert jusqu'à la cloison et garni 
de cirrhes tentaculaires dans tout son contour; la Tellinide a une 
cloison pareille à celle des Tellines sur laquelle adhèrent deux 
siphons très-allongés , inégaux et annelés ; enfin deux muscles 
fibulaires ayant la forme et l'organisation de ceux des Tellines. 
Il est vrai que l'animal de la Tellinide n'a que deux branchies 
au lieu de quatre , la base des siphons entourés d'une gaine et 
des palpes labiales dont les postérieures ont une forme, une 
position à demeure parl'adhérencequ'eilesont contractée avec la 
branchie ; enfin toutes les quatre ont une sculpture diffé- 
rente de celle des autres animaux de Tellines, car elles sont 
striées longitudinalement à leur étendue au lieu de l'être trans- 
versalement; mais nous pensons que ces caractères ne suffisent 
pas pour constituer un genre , à moins qu'on ne les retrouve 
sur les autres Tellines manquant du pli postérieur. Comme dans 
l'état actuel de la zoologie conchyliologique , nous manquons de 
documents propres à nous éclairer sur cette question comme sur 
le rôle que jouent les branchies dans l'économie des mollusques, 
de môme que les organes qu'on nomme palpes labiales, et que 
dès lors toutes conjectures formées sur leur nombre et leur po- 
sition seraient maintenant prématurées, nous pensons qu'en 
attendant il vaut mieux faire de la Tellinide une section des 
Tellines, à l'exemple de M. de Blainville, que de la conserver 
comme type d'un genre distinct. 



f52 RKVUE zooLOGigoE. [Atyril 1846.) 

II. A^ALYSES IVOUVRAGES NOUVEAUX. 

Sur un nouveau Céphalopode {Octopodoleuthis. Krohn). Par 
A. Krohn (Archives d'hist. nat., Berlin, 1845 , p. 47). 

Ce nouveau Mollusque a été trouvé à Messine. Sa forme le rap-^ 
proche des Calmars , mais il n'a que huit bras. Ce sont les long» 
bras (bras tentaculaires) des Céphal. décapodes qui lui man- 
quent. Il diffère des Loligopsis par sa forme plus resserrée , sa 
nageoire s'avançant très-loin vers l'extrémité antérieure du 
manteau et l'absence de braa tentaculaires. 

Sur l'animal vivant les bourses pigmentaires de la peau (Chro- 
matophores) sont tellement contractées , que la face supérieure 
du)^ corps est blanchâtre, demi-transparente, et paraît vague- 
ment tachetée, lorsqu'on l'examine de près. Ces taches s'élar- 
gissent après la mort et deviennent rougeâtres. Le rudiment 
corné de coquille de la face dorsale du manteau ressemble beau- 
coup à celui du Loligo vulgaris. 

Les bras sont de longueur inégale; l«is paires moyennes plus 
courtes que les latérales. Le bord interne des bras est muni de 
ventouses alternes, et placées sur deux séries, qui vont en s'a- 
moindrissant jusqu'à la pointe du bras. Cette dernière partie 
manque de ventouses , sa couleur est plus foncée après la mort 
que dans les autres régions, à cause d'un plus grand nombre de 
ehromatophores. 

Les ventouses ont une forme très-singulière. Ce sont des or- 
ganes cylindriques, ressemblant aux os des phalanges du doigt, 
dont la base plus large repose sur le bras , par l'intermé- 
diaire d'une tige mince et courte. L'extrémité libre est creuse ; 
elle cache un petit crochet corné ou griffe. La partie creuse de 
la ventouse , présente sur une de ses faces , une ouverture en 
forme de fente étroite qui s'avance presque jusqu'à la base de 
l'organe. Souvent on voit la pointe du crochet corné saillir hors 
de cette ouverture en forme de fente, laquelle est ordinaire- 
ment tournée en arrière et un peu en dehors. L'auleur ne donne 
pas de description plus détaillée de l'animal , parce qu'il renvois 
«ux figures du mémoire. Ca. K. 



ANALYSES d'oUVRAGKS NODVEADX. 133 

Sur le développement de l'appareil auditif des Mollusques. Par 
II. Frey. {Archives d* F richson , 1845; p. 217.) 

Ces recherches ont été faites sur les genres de Lymneus^ 
Hélix, Limax et Cyclas. 

L'auteur établit d'abord que chez les Mollusques la détermina- 
lion du moment de l'apparition des organes ne peut pas être 
fixée, par jours et semaines, comme chez les animaux à sang 
chaud. La température atmosphérique a une telle influence à 
cet égard, qu'un Mollusque, pendant les chaleurs de l'été, a 
besoin , pour se développer, d'un temps moitié plus court que 
celui qui lui est nécessaire pendant les mois encore peu chauds 
du printemps. Par conséquent, chez les Mollusques la division 
des périodes du développement ne devra pas être basée sur le 
nombre des jours qui se sont écoulés depuis la fécondation , mais 
sur ce que présentera de caractéristique l'apparition simultanée 
et coïncidante de plusieurs organes importants. 

A l'époque où cesse le mouvement de rotation de l'embryon 
des Mollusques , il s'applique et rampe contre la membrane 
externe de l'œuf. On voit en même temps que la forme est déjà 
à peu près celle de l'adulte. On distingue sans peine le pied , 
la partie céphalique et une grosse masse arrondie qui plus tard 
sera enveloppée par la coquille, et qui maintenant contient l'é- 
bauche du foie et le cœur dont les battements sont évidents. A 
cette époque aussi, dans la partie céphalique se voient les palpes 
comme deux éminences arrondies , et au-dessous sont les yeux 
très-gros et rendus évidents par leur pigment. La langue appa- 
raît subitement entre les deux yeux ; près de sa base un peu en 
dehors et en arrière se font remarquer les deux vésicules au- 
ditives. 

Les vésicules auditives , lors de leur apparition , présentent 
quelquefois un double contour ; quelquefois aussi , mais rare- 
ment, elles ne contiennent rien autre chose que leur liquide 
hyalin. (Diamètre, 1/60 — 1/56 de ligne de Paris.) Dans cette pre- 
mière période on ne découvre aucune trace de système nerveux, 
de sorte qu'il paraît que chez ces animaux l'œil et l'oreille se dé- 
veloppent avant les parties centrales du système nerveux. 

A part les cas exceptionnels cités plus haut, à cette époque la 
vésicule contient un petit corpuscule, oscillant rapidement. Ces 
mouvements cessent dès qu'on a rompu la vésicule , ou un peu 



154 RKVDE ZOOLOGIQUE. {Avril 1846.) 

après l'addition d'acide acétique. Quelquefois aussi il y a deux 
ou trois pierres auditives au lieu d'une. 

Plus tard le nombre des pierres augmente , et à mesure que le 
développement progresse il atteint bientôt le nombre de douze 
et au delà. 

Les remarques suivantes doivent être prises en considération ; 
ainsi : 

1» La multiplication des otolithes n'est pas régulièrement pro- 
portionnelle à l'accroissement du corps. 

2° On peut trouver tous les intermédiaires dans le nombre 
des pierres auditives jusqu'à vingt. Leur nombre peut être 
encore plus considérable, mais ne peut plus être déterminé 
exactement. 

3° Le nombre des pierres est souvent plus considérable d'un 
côté que de l'autre; la différence peut atteindre le nombre dix. 

4° Les otolithes ne sont pas tous de grosseur égale, leur dia- 
mètre varie entre 1/300 et 1/450 de ligne. Quelques-uns même 
n'ont que I/lOOO de ligne; ils présentent toujours les mouve- 
ments oscillatoires déjà indiqués , et semblent être les derniers 
formés, car on en trouve à toutes les époques de semblables à 
«ôté des plus gros. Ces derniers semblent quelquefois être com- 
posés de deux ou quatre plus petits, ou être sur le point de se 
partager en plus petits. Ces faits avaient déjà été vus par De 
Siebold. 

L'auteur conclut de ces faits que la formation des otolithes 
dépend d'une sub-cristallisation du liquide des vésicules au- 
ditives. 

Peu après l'éclosion de l'œuf, les vésicules ont atteint 1/40 de 
ligne, et contiennent au moins vingt otolithes. Leur nombre et 
le diamètre des vésicules augmentent ensuite régulièrement en 
même temps que l'animal s'accroît; jusqu'à l'état adulte, où l'on 
trouve de cent à deux cents otolithes, contenus dans une vésicule 
de 1/10 à 1/16 de ligne de diamètre. 

L'auteur a observé des faits analogues chez les Physa etPalu- 
dina^ et les Gastéropodes terrestres (Hélix et Limax). Chez les 
Bivalves il n'y a jamais qu'un otolithe (Cyclas cornea) également 
doué de mouvements oscillatoires. 

( Je n'ai trouvé aussi qu'un seul otolithe sur des embryons de 
Cyclas rivalis retirés des branchies d'un individu adulte , dont 



ANALYSES DODVKAGtS NOOVEAUX. 155 

les vésicules auditives ne contenaient également qu'une pierre au- 
ditive. Ces jeunes embryons avaient la coquille déjà complète- 
ment développée comme ceux de Cyclas cornea observés par 
Frey.) Ch. R. 



Sur un Fer intestinal vivant dans un Acalèphe. Par M. Sabs. 
(Archives d'hist. nat., Berlin y 1845). 

L'auteur de cette note fait remarquer qu'il est le premier qui, 
en 1837, a fait connaître l'existence d'un Helminthe dans un 
Acalèphe (Annales des se. natur. 1837). Plus tard un Ver pa- 
rasite, semblable à un Filaire, a été trouvé par M. Forbes 
dans un Cydipe (Archives d'Érichson, 2« vol. , p. 322). Cet 
animal fut ensuite figuré et décrit sous le nom de Tetrastoma 
Playfarii^ par Forbes et Goodsir (Arch. d'Érichson, 1842, 
t. 2®, p. 370) ; il se fixe aux parois de l'estomac du Cydipe au 
moyen de quatre ventouses. 

Le parasite qui fait le sujet de ce travail a été trouvé sur le 
Mnemia norvegica ( Sars). Il y en avait 10 ou 12 fixés à la pa- 
roi interne de l'estomac de cet Acalèphe, par une seule extré- 
mité du corps, et ils exécutaient quelques mouvements très-lents. 
Détachés de l'animal , ils rampaient par allongement et raccour- 
cissement successif de leur corps. Il résulte de ces mouvements 
que le corps paraît tantôt allongé en forme de ruban , ou bien 
raccourci et large en avant , ou au milieu , mais toujours pointu 
en arrière. 

La longueur de ce parasite est d'une ligne seulement. Le 
corps est mou , lisse, sans trace d'articulations , ni de plis transver- 
•aux , même quand il est contracté. 

L'extrémité antérieure du corps est circulaire , entourée de 4 
ventouses ovales, partagées en 2 espaces par une cloison transver- 
sale. Le bout antérieur du corps fait une saillie conique entre 
les 4 ventouses; au sommet de cette saillie existe une petite ou- 
verture circulaire ; peut-être est-ce la bouche ? A chaque mou- 
vement de reptation , ce cône saillant est alternativement rentré 
et poussé au dehors. 

L'auteur range cet Helminthe dans le genre Scolex de 0. F. Mill- 
ier, et le nomme Se. acalepharum (Sars) ; cependant il soup- 



156 REVUE ZOOLOGIQUE. {^vHl 1846.) 

çonne que c'est le même animal que Forbes et Goodsir ont ap- 
pelé Telrastoma Playfarii. (Ch. R.). 



III. SOCIETES SAVAIVTES. 



ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE PARIS. 

Séance du 6 avril 1846. — M, Payen lit un rapport favorable 
sur une communication de MM. Lœwig et Kœlliker, relative à 
Veœistence de la cellulose dans une classe d'animaux sans 
vertèbres. 

La commission est d'avis que l'existence de la cellulose chez 
les tuniciers a été mise hors de doute par les auteurs. Les com- 
missaires considèrent cette découverte comme un fait capital 
dans la science , dont profiteront les études ultérieures relatives 
à la physiologie comparée des deux règnes , et ils concluent à 
l'insertion du travail de MM. Lœwig et Kœlliker dans les Mé- 
moires des savants étrangers. 

Séance du 13 avril. — M. Milne Edwards lit un Rapport 
sur une note relative à la structure et aux mouvements des 
zoospermes du Triton , présentée par M. Pouchet. — La com- 
mission est d'avis que les observations de M. Pouchet sur l'or- 
gane vibratile des spermatozoïdes du Triton ont de l'intérêt , et 
elle propose à l'académie d'encourager ce zoologiste à poursuivre 
ses recherches sur la structure de ces corps. 

Séance du ^0 avril,— M. Duvernoy lit une note sur le sinus 
veineux génital des Lamproies et le réservoir analogue qui 
fait partie du système veineux abdominal des Sélaciens , en 
général , et plus particulièrement des Haies. 

Après avoir rappelé , avec la conscience et l'impartialité qu'on 
lui connaît, les travaux qui ont été publiés sur ce sujet, le sa- 
vant anatomiste expose le résultat des recherches qui lui sont 
propres , et il arrive à pouvoir conclure des observations an- 
ciennes et nouvelles rapportées dans sa note : 

1° Qu'il a désigné le premier ( t. VI des Leçong d'anatomie 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 157 

comparée, 7* édit. ) comme remplaçant la veine génitale, le 
grand sinus abdominal des Lamproies. 

2° Que les deux séries d'ouvertures , par lesquelles il commu- 
nique avec les deux veines caves postérieures et ses grandes di- 
mensions , ainsi que sa structure , si propre à modérer les eftets 
d'une grande dilatation , démontrent qu'il doit servir au reflux 
du sang de ces veines, lorsque le cours du fluide nourricier, à 
travers les branchies, est embarrassé et ralenti (Voir note 1, 
pag. 261 , t. VI , Leç. d'anat. comp. ). 

3° Que son existence est même une indication des embarras 
fréquents qui peuvent avoir lieu, en efiet, dans la circulation 
branchiale, durant les efî'orts de succion de ces animaux. 

4° Que le grand réservoir abdominal des Raies, découvert par 
Monro, et figuré dans son ouvrage sur Tanatomie et la physio- 
logie des Poissons , est également indiqué dans la seconde édition 
des Leçons d^anatomie comparée (t. VI , p. 259 ) ; ainsi que 
la dilatation des veines hépatiques, que M. Duvernoy compare, 
pour les eff"ets , à celles des mammifères et des oiseaux plon- 
geurs. 

5° Que ce grand réservoir sanguin des Raies est l'analogue du 
sinus génital des Lamproies; qu'il appartient de même , et plus 
exclusivement encore , au système veineux des organes de la 
génération ; qu'il y est dans les mêmes rapports avec les veines 
caves, et qu'il y remplit les mêmes fonctions , relativement au 
sang de ces veines qui doit pouvoir y refluer (1). 

6° Que cette organisation semble indiquer, entre autres, chez 
les Raies , comme chez les Lamproies, des embarras possibles 
dans la circulation branchiale , auxquels cette disposition par- 
ticulière vient remédier. 

7° Que le sinus formé par le confluent des veines hépatiques 
à leur sortie du foie, chez certains Sélaciens, ou la dilatation 
considérable de ces veines , restées distinctes , chez d'autres , 
sont peut-être ^des diff*érences à la fois sexuelles et spécifiques, 
signalées pour la? premièrejjfois dans cette note, dont il sera 
nécessaire de rechercher la constance et le degré de géné- 
ralité. 

(1) M. J. MûUer, qui a connu également ce réservoir sanguin , obserye qu'il pourrait 
bien remplacer en partie le grand réservoir lymphatique abdominal qui manque chei 
ces poissons, ainsi que le mésentère . et recevoir la lymphe des organes de la génération. 
Anatomie comparée des Myxxnoïdes. Système vasculairo. Berlin, 18*8. 



158 REVDE zooLOGiguE. [Avril 1846.) 

S° Que ce sinus des veines hépatiques , ou leur simple dilata- 
tion, justement comparée à celle que nous avons signalée, de- 
puis longtemps , chez les Mammifères et Oiseaux plongeurs , sont 
des dispositions organiques qui ont encore pour but de servir 
de diverticulum au sang des veines caves (1). 

9» Que la grande contractilité des parois du réservoir génital 
doit empêcher, dans l'état de vie, l'extension considérable qu'on 
peut leur donner après la mort , par Tinsufflation et l'injection 
de matières solidifiables. 

10"* Que cette contractilité tient à ce que ces parois sont com- 
posées essentiellement de la continuation des membranes 
propres et internes des veines, revêtues extérieurement par le 
péritoine. 

î 1° Que le sang veineux des glandes , ovigène ou spermogène, 
est verse dans ce réservoir par de petits troncs dont les radicules 
sont très-nombreuses, pénètrent de toutes parts le tissu de l'o- 
vaire ou de la glande spermogène (2). 

12* Que cette abondance de sang veineux dans les organes 
producteurs des ovules ou du sperme , au milieu de la substance 
albumino-graisseuse? qui sert de gangue, pour ainsi dire , aux 
«apsules génératrices des ovules ou des spermatozoïdes , semble 
indiquer que cette substance, chez les Raies, est nécessaire au 
développement des unes et des autres ; comme M. Duvernoy l'a 
démontré pour les appendices graisseux des glandes sper- 
raogènes ou ovigènes des reptiles amphibiens (1), et que les 
éléments de cette même substance sont fournis par le sang 
veineux (3). 

(1) Le sinus hépatique est le seul que Fobmann ait connu et figuré (Tabl. I, d. d. et 
Tabl. H. l. 1.) dans son ouvrage sur le système lymphatique de* vertébrés. Heidelberg 
et Leipsig, 1827. 

(S) Dans la communication faite à la Soc. philom. , le 28 mars dernier, M. Robin n'a 
plus vu de parois distinctes dans les dernières ramifications de ces veines, étudiées dans 
la glande ovigène de la Lamproie. Il a même générali&é cette observation à tout le sys- 
tème sanguin veineux ou artériel de ces poissons. (VInstitut , n° 640 , 8 avril 1846.) 

(2) Voir le Mém. de M. Duvernoy sur les organes génito-urinaires des reptiles (Compte* 
rendus, etô. , t. XIX, p. 892.) 

(3) Ce que j'ai entendu (dit IM. Duvernoy) dans la séance d'aujourd'hui , au sujet du 
mémoire de M. Goblet sur l'analyse chimique du Viiellus . et de la réclamation de M. Sacc, 
-que l'huile du Vitellus possède une faculté absorbante extraordinaire de l'oxygène et de 
l'azote, m'a fait penser que le fluide respirable qui semblerait pouvoir pénétrer, chez les 
^laciens, dans la cavité abdominale , pourrait bien avoir une action chimique impor- 
tante sur la substance nutritive des ovules ou des spermatozoïdes. II est remarquable que 
le sang du réservoir, quand il y en a , est toujours rosé, suivant les observations d« 
MM. Natalis Guiilot, Robin et les miennes. 



MÉLANGKS ET NODVELLKS. 159 

Séance du 27 avril. — M. Goudol adresse un travail ayant 
pour litre : Observations relatives à Vhistoîre des Mélipo- 
nites. 

Après avoir établi que les Méliponites appartiennent, dans le 
Nouveau-Monde, à la classe des insectes utiles à l'homme, comme 
les abeilles, dans l'Ancien, il dit que les diverses espèces de la 
Nouvelle-Grenade sont le sujet d'une industrie qui occupe un 
assez grand nombre d'habitants; ces hommes parcourent les fo- 
rêts et abattent les arbres dans lesquels ils savent qu'il existe des 
nids de ces insectes utiles. L'auteur ne veut pas entrer dans des 
détails sur les diverses espèces , il se borne à signaler quelques 
faits généraux qu'il a été à même d'observer et qui n'avaient 
pas encore été indiqués. 



IV. MÉLANGES ET NOUVELLES. 



M. le major Blanchard , en garnison à Misserghin , près d'O- 
ran , emploie ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle de l'Al- 
gérie. Il a bien voulu récolter pour nous des insectes de ce 
pays, parmi lesquels il s'en trouve de fort intéressants et même 
de nouveaux. Nous avons communiqué ces derniers à M. Lucas, 
pour qu'il les décrive dans le grand ouvrage sur l'Algérie publié 
par ordre du ministre de la guerre ; mais nous devons à cet of- 
ficier instruit des observations très-variées sur les diverses es- 
pèces , qu'il a étudiées sur le vivant et à notre prière. Voici quel- 
ques-unes des notes qu'il nous a adressées. 

Nous lui avions demandé de constater la nature de l'enduit 
coloré qui recouvre les gros Brachycères. Il nous répond : « La- 
matière terreuse dont ils sont enduits n'est pas un produit exhalé 
de leur corps , elle est la conséquence de leur habitat ; c'est de 
la terre qui s'attache aux diverses anfractuosités de leur corps. 

» Un autre insecte , la Tentyria bipunctata, a la faculté de se 
couvrir d'un enduit blanchâtre très-fugace , et qui ressemble 
tout à fait à cette fleur que l'on voit sur le raisin noir bien mûr. 



J60 REVDK ZOOLOGIQDE. [yivril 1846.) 

» Les Bostrychus , Capucinus et Lucluosus forment-ils bien 
deux espèces ? Cette question m'est suggérée par la rencontre 
que je fis à Bêziers d'un morceau de racine de mûrier, long 
et gros environ comme le bras , sur lequel j'avais trouvé un in- 
dividu de chacune de ces espèces. Gomme je présumais qu'il de- 
vait en contenir d'autres , je l'emportai pour l'examiner. En ef- 
fet, je vis des Bostryches sortir par des trous qui n'existaient pas 
la veille , et j'entendis le bruit que d'autres faisaient pour percer 
le bois et sortir à leur tour. Ce morceau de bois en contenait 30: 
sur ce nombre il y en avait 12 à élytres rouges, 10 à élytres noi- 
res, 4 à élytres rouges en sortant et qui sont devenues noires à 
l'air, 3 qui sont restés d'une couleur brune foncée, ni rouges 
ni noirs , et i auquel il reste seulement une bande longitudinale 
rouge sur l'élytre droite. » 

Outre ces observations, M. Blanchard nous a adressé la des- 
cription et la figure d'une espèce du genre Megacephaîa , trou- 
vée en juillet 1845 dans les Chott de l'Est, à l'entrée du désert 
des Angades , courant sur le sable près d'un lac salé. Cette trou- 
vaille est des plus remarquables, car l'espèce est ailée et res- 
semble beaucoup plus à la Megacephala Carolina qu'aux es- 
pèces de l'ancien continent , telles que les M. Euphratica, Se- 
negalensis ^ etc. Nous attendrons que M. Blanchard nous ait 
communiqué son individu pour publier la description de ce cu- 
rieux insecte. 

Cette même localité a donné aussi VAnthia sexmaculata de 
Fabricius, si commune dans le Maroc, à Tripoli , etc., mais quo 
l'on n'avait jamais reçue de cette partie de l'Afrique. 



— Notre confrère M. Buquet , trésorier de la Société entomo- 
logique de France , rue Dauphine,n. 35, nous prie d'annoncer 
qu'on l'a chargé de céder un exemplaire des OEuvres complètes 
de Buffon, en 5 vol. grand in-8^, figures coloriées, nouvelle édi- 
tion publiée par Pourrai, sous la direction de M. A, Richard. 
Prix réduit : 50 fr. au lieu de 75 fr. 



IJEUVIEMB ANNEE. — MAI 1846. 



I. TRAVAUX IIVEDITS. 



Sur la Fauvette Grignet de Levaillant, type du genre 
Parisoma de Swainson , par M. de Lafresnaye. 

Vaillant , dans la description de l'oiseau qu'il nomma Fau- 
vette Grignet , ois. d'Afr. , pi. 126 — 1,2, — Sylvia subcœ- 
rulea , Vot, N, Die. ,11 — 188, espèce qui, d'après ses mœurs 
et ses allures , sa réunion en petites bandes composées de la 
famille assez nombreuse , selon Levaillant , et d'après la forme 
de son bec et de ses pattes, pourrait être associée aux Mésanges , 
Levaillant , dis-je , dans cette description fort simple puisque cet 
oiseau est gris ardoise en dessus , plus pâle en dessous, avec des 
stries noires longitudinales sur le devant du cou et une tache 
d'un roux foncé sur l'anus et les sous-caudales, dit que la fe- 
melle comme le mâle a cette tache brune abdominale , et qu'elle 
n'en diffère que parce que, contre la règle ordinaire dans cette 
famille d'oiseaux, elle est d'un quart plus forte que lui. 

Nous possédons un individu de cette espèce en tout conforme 
à la description et à la figure de Levaillant , et un second qui lui 
est entièrement semblable quant au plumage supérieur , mais 
qui en diffère par sa coloration inférieure en ce que la gorge et 
le devant du cou ne sont marqués que de quelques stries légères 
gri.sâtres et non noires , et en ce que tout le bas-ventre et les 
sous-caudales sont d'un blanc pur et non d'un roux foncé. 
Gomme cet individu n'a rien dans son plumage qui annonce un 
jeune oiseau , qu'il a l'air au contraire très-adulte , nous se- 
rions tentés de croire que Levaillant , qui n'a fait que rencon- 
trer ces petites bandes d'oiseaux sur son passage depuis la 
rivière Gaus ou Goud (d*or) jusqu'au Brake nmer (rivière 
saumâlre ) , sans se trouver au moment de leur nidification , 
aura peut-être pris pour la femelle le vieux mâle père de la 
nichée , et pour le mâle , les jeunes de l'année, plus petits par 
conséquent que le vieux , et qu'il n'aura point eu connaissance 
Tome IX. Année 1846. 11 



162 REVDE ZOOLOGIQUE. (Mat 1846.) 

de la femelle qui serait alors, comme notre individu , privée de 
la tache ventrale brune. 

Nous ne hasardons toutefois cette conjecture que sur ce que 
Levaillant disant que ces petites bandes se composent comme 
chez nos mésanges à longue queue, du père, de la mère et de 
leur nichée de huit à douze individus , aura probablement tué 
plus de jeunes que de vieux, et si l'absence de la tache bruna 
était un caractère de jeune âge , il n'est pas douteux qu'il n'en 
eijt fait mention. Dans tous les cas , soit que notre individu soit 
femelle ou jeune , il ne peut appartenir, d'après tous ces autres 
caractères de forme et de coloration, qu'à l'espèce de la Fauvette 
Grignet de Levaillant. Gomme il présente un peu plus de gran- 
deur de bec que notre individu à tache brune, il serait possible 
encore que celui-ci fût un jeune, que tous les jeunes eussent 
comme lui cette tache brune abdominale , et que les femelles 
seules en fussent privées à leur première mue , ce qui expli- 
querait encore pourquoi Levaillant n'en a tué qu'avec la tache 
brune, le hasard n'ayant dirigé aucun de ses coups sur la mère 
de chaque nichée. 



Note rectificative sur quelques Oiseaux du Brésil , par S. A. 
M. Maxim., Prince de Neuwied. 

Nous recevons de notre collègue M. 0. Des Murs les notes sui^ 
vantes, que M. le prince de Neuwied l'a prié de nous donner à 
insérer : 

« L'ouvrage où j'ai donné mes descriptions paraissant être en- 
tièrement inconnu aux naturalistes français qui traitent des 
animaux du Brésil , je désirerais indiquer en peu de mots plu- 
sieurs de leurs énonciations qui seraient à rectifier : je citerai pour 
exemple et en confirmation de ce que j'avance, la grande Erpé- 
tologie de Duméril et Bibron, etc.; ainsi que plusieurs passages des 
écrits de M. Aie. d'Orbigny et de M. de la Fresnaye qui ont 
commis plusieurs erreurs quant à la spécification et à la manière 
de vivre de certains oiseaux américains. 

» Dans l'ornithologie de l'île de Cuba par de la Sagra , il est 
dit par M. A d'Orbigny que j'avais trouvé la Foulque commune 
( Fulicaatra, Lin.) au nord de l'Amérique. J'y ai bien trouvé 



TRWAÛX INÉDITS. ItRS 

wne Foulque , mais c'est une espèce fort différente de celle d'Eu- 
rope et qui est exactement figurée par Wilson. 

» M. A. d'Orbigny dit encore que le Laniagra le Souci-roux, 
Tanagra guyanensis^ Gmel.) se tient seulement dans les arbres 
élevés. Il faut que je fasse la remarque ici que cet oiseau se tient 
aussi dans les basses broussailles , dans les grands campos de 
l'intérieur du Brésil, où il n'y a pas d^arhres et où je Vai sou- 
vent trouvé. J'ai observé que c'était un oiseau sédentaire , qui 
sautillait sur les branches des buissons élevées de 4 à 5 pieds, à 
la manière des vrais Tangaras, et qui avait très-peu de voix. Je ne 
Tai jamais vu grimper à la manière des Mésanges : il me paraît 
doncqu'il ne serait pas convenablement placé dans cette famille. 

» Dans son bel ouvrage sur les oiseaux de l'Amérique, M. Al- 
cide d'Orbigny vient de nommer le Bentavi ou Bentaves (le 
Pytangua de Marcgrave) Tyrannus sulfuratus. Si l'on compare 
la description que Marcgrave donne de son Pytangua , il est aisé 
de voir qu'il veut parler du Bentaveo ou Bentavi des Brésiliens; 
car la voix de cet oiseau, d'ailleurs très-commun dans ce pays, 
est trop caractéristique et trop distincte pour être méconnue. 
C'est aussi cette voix que le nom de Bentavi doit exprimer, l'oi- 
seau faisant sonner très-souvent les syllabes ticiivi ou bintivi- 

» Le même Pytangua de Marcgrave a été nommé Lanius pi- 
tangua par Linnée et Gmelin ; de sorte que le Sulphuratus est 
un autre oiseau, et à ce qu'il me paraît le nei-nei d'Azara , qui 
de même est très-remarquable par sa voix, ainsi que d'Azara le 
fait observer justement ; cet oiseau faisant entendre souvent leis 
syUabes gnei-gnei très-d'istinciement. 

* Azara , comme je viens de le remarquer, a très-bien diffé- 
rencié ces deux oiseaux. Mais le Bentaveo est le Lanius pytanga 
de Linnée, et le Sulphuratus de cet auteur doit être le gnei- 
gnei d'Azara , que j'ai nommé dans mon ouvrage Scaphoryn- 
chus sulfuratus. 

» Le Campylorynchus scolapaceus de Spix, que j'avais nommé 
Opetiorynchus turdinus , me paraît avoir été mal placé dans le 
genre Picolaptes , car il n'a rien du Pic dans sa manière de 
vivre. Il a les manières en partie de la Grive et en partie des 
Anabates. 

» Dans la Revue zoologique (1839, p. 322) les pieds du Cygnut 
olor ont été décrits comme étant rouges : ils sont noirs. 



^64 REVDE zooLOGiQDE, (Mat 1846.) 

» M. de la Fresnaye se trompe quand il croit que les Colibris et 
les Oiseaux-mouches s'accrochent aux branches comme les Phi- 
lëdous et les Soûimangas. Ils ne font jamais cela ; mais on les 
▼oit perchés tout droits sur une petite branche, ou voltigeant 
autour des fleurs ; jamais ils ne prennent d'autres attitudes. 

9 Le même ornithologiste distingué paraît faire erreur , s'il 
croit que les Tangaras séjournent toujours à la cime des arbres. 
Ceux qui ont observé ces oiseaux dans leur patrie doivent avoir 
remarqué que la plupart de ces beaux oiseaux se tiennent au 
contraire aussi bien dans les broussailles que dans les arbres. 
Il y a plusieurs espèces de Tangaras que je n'ai observés que 
dans les buissons ; et souvent ils se perchaient sur la pointe du 
buisson. Ils ont la voix très-peu sonore et en général courte et 
insignifiante. L'on se tromperait d'ailleurs , si l'on voulait attri- 
buer tout à fait la même manière de vivre à tous les oiseaux qui 
ont les caractères des vrais Tangaras. Je n'ai jamais trouvé de 
variété parmi les Tangaras , comme M. de la Fresnaye paraît 
le croire (Rev. zool. 1841, p. 367). 

» Voilà quelques remarques de ma part qu'on voudra bien me 
pardonner; mais je pourrais faire encore bien des petites rectifi- 
cations semblables. Mes observations en ornithologie sont fon- 
dées sur la nature : car depuis ma jeunesse j'ai été observateur 
passionné et en même temps chasseur intrépide. Au Brésil , j'ai 
couru les champs et les bois; et si je n'ai pas observé plus long- 
temps , c'est une indisposition qui en a été la cause et qui m'a 
fait reprendre la route de la patrie après un an et huit mois de 
séjour dans cet incomparable pays. » 



Note rectificative d'un article inséré dans le Magasin de zoolo- 
gie de 1844 , 36® livraison , sur la classification du genre Cour- 
lan ou Courliri, Numenius guaranna (Briss., , par M. 0. 
Des Murs. 

Dans une notice ayant pour objet quelques considérations sur 
la classification du genre ornithologique Courlan , après avoir 
passé en revue les divers naturalistes qui se sont occupés de ce 
genre , nous nous étions exprimé en ces termes : 

« Wagler et le prince Maxim, de ISeuwied en ont fait leur 



TRAVAUX INÉDITS. 16^ 

» Notherodius guaranna, impliquant mal à propos, selon nous, 
» un point de ressemblance qui n'a jamais existé entre le Cour- 
» lan et les Tinamous. » 

Puis dans un autre passage , en résumant l'examen des divers 
systèmes suivis, nous avions ajouté : 

« Le quatrième enfin , soulevé par Wagler et suivi par M. le 
» prince Maxim, de Neuwied , consistant à le ranger entre les 
» Tinamous et les Hérons. » 

Depuis, en revoyant cet article écrit un peu à la hâte , nous 
avions reconnu l'erreur de cette double énonciation ; mais nous 
n'avions pas cru devoir en faire l'objet d'une insertion spéciale, 
attendant qu'une occasion se présentât. 

Cette occasion existant aujourd'hui , par suite d'une réclama- 
tion que M. le prince Maxim, de Neuwied nous a fait, depuis peu 
de temps , l'honneur de nous adresser , nous nous empressons 
d'abord de faire connaître les termes de cette réclamation ; en- 
suite nous expliquerons la cause et le point de départ de notre 
erreur. 

Voici ce que nous écrit M. le prince de Neuwied. Après avoir 
rappelé textuellement ces deux passages qu'il témoigne le désir 
de voir rectifier , cet éminent naturaliste ajoute : 

« Le nom de Notherodius a été donné par Wagler , il est 
» vrai ; mais jamais je n'ai trouvé de la ressemblance ou de la 
» parenté entre les Tinamous et le Courlan. 

» Si vous vouliez voir le Courlan dans mon ouvrage , vous le 
» trouveriez rangé (vol. iv , page 776 de mes Beitrage) comme 
» il est placé en France. Vous y liriez le passage suivant : a Illiger 
» et d'autres naturalistes avaient placé cet oiseau dans le genre 
■ Kâle {Ballus) ; mdiis il me paraît nécessaire de l'en séparer 
» génériquement , en lui laissant d'ailleurs sa place dans la fa- 
» mille des Râles [Rallides). > Et plus loin : « Cet oiseau se 
» trouve à Cayenne , au Brésil et au Paraguay. Je l'ai déjà ren- 
» contré au sud et aussi plus au nord, dans les grands marais 
» ouverts et dans les prairies inondées , aussi bien que sur les 
» bancs de sable et le bord des rivières , dans les grands bois du 
» Brésil oriental. Là, on le voit qui se promène gravement 
» comme le héron , attentif à chaque objet étranger , ce qui est 
» cause qu'il n'est pas toujours aisé à tuer. 

» Azara décrit cet oiseau, mais il se trompe quand il dit qu'ili 



166 REVUE zooLOGiQUE. {Mui 1846.) 

» n'entre pas dans l'eau ; car souvent je l'ai vu marcher dans les 
» prairies inondées ou savanes de toute la hauteur de ses jambes. 
» Azara dit encore que les plumes du cou de cet oiseau sont bor- 
» dées de blanc , au lieu que la tache blanche se trouve au milieu 
» de chaque plume. 

» Au Paraguay, on nomme cet oiseau Caraw. Les Portugais du 
» Brésil (dans les provinces que j'ai parcourues) le nomment 
» Garâo (Caron). 

» Telle est ma petite rectification , monsieur, si vous voulez 
» le permettre. Ayant trouvé beaucoup de petites erreurs sur 
» mes publications dans les ouvrages français , je serais charmé^ 
» monsieur , si vous vouliez seulement dire quelques mots sur 
» cette méprise , c'est-à-dire si vous vouliez dire que le Courlan 
» est placé dans mon livre dans la famille des Râles, avec les- 
» quels je lui trouve plus de parenté. » 

Telle est la teneur de la réclamation toute courtoise et élégam- 
ment rédigée que nous avons reçue de M. le prince de Neuwied 
et à laquelle nous nous empressons , selon notre habitude , de 
faire droit. 

Il en résulte que le système suivi par cet ornithologiste dis- 
tingué pour la classification du genre Courlan [Aramus. Vieil.) 
est celui proposé par Illiger et suivi par Spix , Lichtenstein et 
M. Alcide d'Orbigny, et que la dénomination adoptée par lui 
pour ce genre est celle créée par Wagler, c'est-à-dire iVof^^ero- 
dius. 

Ceci expliqué , il nous reste à donner la raison de notre er- 
reur. 

Il est de principe admis et reconnu en zoologie , surtout en 
ornithologie , que lorsqu'on veut créer un nom de genre , il faut 
autant que possible le composer de manière qu'il rappelle ceux 
des autres genres desquels il se rapproche le plus. 

Partant de là et ne songeant en nulle façon à décomposer 
grammaticalement le nom de Notherodius imposé par Wagler 
au Courlan, nous n'y avons vu , lorsque nous nous sommes oc- 
cupé de notre article sur cet oiseau , que les deux termes de 
comparaison d'un genre à un autre, c'est-à-dire un nom dont 
la première partie semblait nous rappeler celle du mot Nothu- 
ruSn, également appliqué par cet ornithologiste à l'une des cou- 
pes du genre Tinamou; et dans la seconde partie était celle 



TRAVAUX lîNÉDITâ. 167 

donnée aux Gérons. Nous en avons donc conclu àans plus de ré" 
flexion que, dans Tesprit de Wagler, sa dénomination nouvelle 
devait impliquer l'idée des rapports qu'il aurait supposé exister 
chez le Courlan entre le genre Nothurus, d'une part, et le genre 
Ardea , en grec èpuiSiof , d'une autre part ; idée que nous 
avons rendue commune à M. le prince de Neuwied, qui avait 
adopté le même nom générique que Wagler. 

En y pensant depuis, et en nous reportant à la composition des 
deux noms créés par ce dernier, de Nothurus et de Nothero- 
dius^ nous avons reconnu que nous nous étions trompé, et que 
nous lui avions imputé une classification qui n'a pas dû entrer 
dans son jugement, d'ordinaire si exact et si sain. 

Car le mot grec NdOoç, Spurius , employé par lui comme ra- 
cine de ces deux noms , ne veut rien dire autre chose sinon que 
bâtard : ainsi Nothurus , queue bâtarde ou incomplète ; No- 
therodiuSy héron bâtard ou faux héron, rien de plus. Nous 
sommes donc maintenant bien convaincu pour notre part qu'en 
prenant les mêmes éléments de composition pour ces deux noms 
génériques, Wagler a agi sans aucune préoccupation de rapports 
existant entre ces deux genres si éloignés l'un de l'autre ; il n'a 
eu qu'un but, celui de préciser dans chacun d'eux le caractère 
qui lui paraissait le plus saillant, abstraction faite de l'identité 
du terme dont il se servait. Seulement, nous avons eu le tort de 
nous arrêter à la similitude de formation des deux mots, au lieu 
de nous fixer sur le sens étymologique. 

Quoi qu'il en soit, de cette rectification provoquée par M. le 
prince de Neuwied, il ressortira une double démonstration: 
d'une part, la nécessité de remonter aux sources étymologiques 
des noms de genres avant de conclure de leur similitude de 
composition quelque rapport d'un genre à un autre, et par suite 
l'utilité du Nomenclator zoologicus de M. Agassiz; et, d'une 
autre part, l'inconvénient d'employer les mêmes racines pour la 
création de noms de genres complètement étrangers l'un à l'au- 
tre ; inconvénients dont le moindre est d'exposer ceux qui s'oc- 
cupent d'histoire naturelle à imputer à un auteur une idée qui 
n'a jamais été la sienne , alors surtout que celui-ci n'a pas pri« 
1« peine de donner son opinion sur la raison des rapporta d'un 
s,eme à un autre quant à la classification. 



16S RftVDE zouLOGfQDË. {Mai 1846.) 

Description d'un nouveau genre de coquilles bivalves nomme 
TuGONiA ; par C. A. Récluz, pharmacien à Vaugirard (Seine). 

Nous avons émis ailleurs l'opinion que la forme et la posi- 
tion des cuillerons , dans les coquilles bivalves, était un carac- 
tère générique de première valeur. Cette opinion , nous l'avions 
puisée dans les exemples pratiques des conchyliologues qui nous 
ont précédé. En effet , c'est sur ce principe que Bruguière a 
distingué les Corbules des autres genres de coquilles ; Lamarck , 
les Lutraires , les Anaiines , les Crassatelles , etc. ; Cuvier , les 
Lavignons; Schumacher, les Périplomes ; Leach, les Thra- 
cies; M. Sowerby, les Pholadomyes, les Anatinelles , les Cu- 
mingies; Turton , les Frvilies ; M. Deshayes, les Mésodesmes ; 
M. Couthouy, les Cochlodesmes. C'est après nous être convaincu 
que ce principe est d'une grande importance pour différencier 
nettement entre eux les genres de cette catégorie , qu'il permet 
d'établir des coupes génériques mieux circonscrites et des rap- 
ports plus convenables , que nous avons cherché à l'appliquer à 
des coquilles dont l'étude des cuillerons avait été négligée sous 
ce point de vue. De l'examen que nous en avons fait est résultée 
pour nous la certitude que les Poronies devaient être séparées 
des Kellia de Turton , et les Syndosmyes des Jmphidesmes de 
Lamarck ; que les Amphidesmes de Lamarck , déjà améliorées 
par M. Sowerby , mais non entièrement débarrassées des es- 
pèces étrangères , les Lavignons de Cuvier, les Lutraires de 
Lamarck, et les Ligules de Montagu , devaient être circonscrites 
d'après les caractères des espèces typiques , comme cela a été 
proposé pour les Anatines de Lamarck, par M. Deshayes. Au- 
jourd'hui nous venons encore faire l'application du même prin- 
cipe à des coquilles que l'on a confondues avec les Anatines ou 
avec les Myes. 

L'auteur du savant traité des coquillages du Sénégal a décrit, 
sous le nom de Tugon , une coquille à laquelle il croyait recon- 
naître quelque affmité avec les Pholades , et qu'il a classée, pour 
cette raison, dans ce genre, probablement parce qu'elle vit , 
comme sa Pholade Julan dans l'argile durcie , ou parce que ses 
valves sont rayonnées de costules comme cette dernière. Ce cé- 
lèbre naturaliste , dans ce temps où les méthodes de classification 
commençaient à naître , mil son /u/«n et son Tugon dans la sec- 



TRAVAUX INÉDITS. 169 

tionde ses Conques qu'il nomme Multivalves ; mais on ne conçoit 
guère cette détermination pour le Tugon , puisqu'il n'a en réa- 
lite' que deux valves. En consultant les tableaux placés en tête 
de ses descriptions , on voit qu'Adanson a connu l'animal du 
Tugon ; on y trouve que le mollusque de cette coquille a le 
manteau en forme de sac ouvert à ses deux extrémités opposées, 
deux trachées en forme de tuyaux réunis en un cône aussi long 
que le diamètre transversal de la coquille , et un pied assez 
petit pour ne faire aucune saillie au dehors des valves. 

A la page 263 de son ouvrage, Adanson donne la description 
suivante de son Tugon : 

« La coquille du Tugon est presque ronde , obtuse aux deux 
extrémités, peu épaisse, mais d'une assez grande solidité. Sa 
largeur est d'un pouce et quart (34 millimètres), et surpasse à 
peine d'un tiers sa longueur et sa profondeur (qui sont dès lors 
de 10 à 21 millimètres). 

» La surface externe de chaque battant est couverte de 
40 cannelures longitudinales, croisées par autant de cannelures 
ou rides transversales extrêmement fines qui y forment un ré- 
seau très-délicat. 

» Les sommets sont peu sensiblement recoubés en dedans. 
D La dent de la charnière est grosse , ronde , assez courte el 
creusée en cuilleron. 

» Sa couleur est blanche. 

» On la trouve abondamment auprès de l'embouchure du 
Niger (dans le limon un peu durci). » 

Chemnitz, qui connut ensuite un des premiers la coquille du 
Tugon , l'inscrivit dans le genre Mye de Linné , sous le nom 
de Mya analina. Par ce nom spécifique, le savant conchyliologue 
allemand semble lui reconnaître de l'affinité avec les coquilles 
qu'on a rangées plus tard dans le genre Anatine. Schroëter , 
Gmelin, Bruguière , Wood et Dillwyn suivirent le sentiment de 
Chemnitz ; mais Lamarck , dont on ne saurait mettre en doute 
la grande sagacité , s'en éloigna en classant le Tugon dans ses 
Anatines ; et , en cela, il nous semble avoir mieux compris le 
rapprochement opéré par Chemnitz que les auteurs qui ont 
écrit après lui , attendu que la coquille, par sa forme générale , 
et les cuillerons du Tugon ressemblent beaucoup plus à ceux des 
Ànalines qu'à la forme générale et aux cuillerons des Myes. 



170 REVUE zooLOGiQDE. (Mai 1846.) 

Mais , comme ses devanciers , Lamarck eut le tort de changer le 
nom spéciiîque de la coquille d'Adanson en lui donnant le nom 
^''Anaiina globulosa , d'autant plus qu'en 1815 , trois ans avant 
la publication de son grand ouvrage , Wood, General Concho- 
logy , avait baptisé du nom de Mya globosa une variété de la 
même espèce. 

Quoique Lamarck ait bien compris que le Tugon ne pouvait 
appartenir aux Myes , genre qu'il avait parfaitement bien limité 
dans ses véritables caractères , il se trompa en l'associant à ses 
premières espèces d'Anatines , dont les caractères sont bien dif- 
férents. En effet , si l'on retranche de ses Anatines les espèces 
que l'on sait appartenir aux ThracieSj Périplomeset Corhules, 
et qu'on limite le genre aux seules espèces minces , fragiles , vi- 
trées, rudes au toucher, à crochets fendus et à cuillerons sou- 
tenus par une lame falciforme disposée en arc-boutant , on 
concevra évidemment que le Tugon ne pouvait pas plus lui être 
associé que les autres espèces appartenant aux genres que nous 
venons de citer. Nous devons cependant faire observer, pour 
être juste envers Lamarck , qu'à son époque la Conchyliologie 
entrait dans les premiers pas d'une réforme reconnue aujour- 
d'hui parfaitement nécessaire , et qu'il n'était pas facile d'arriver 
tout à coup à un classement irréprochable. Aussi la place que 
Lamarck lui avait assgnée ne pouvait être définitive. C'est ce 
que sentirent M. de Basterot et M. Deshayes ; mais dominés 
peut-être par l'opinion des prédécesseurs de Lamarck, et n'at- 
tachant pas la même importance à la position et à la forme des 
cuillerons des bivalves que nous croyons utile et nécessaire de 
leur accorder dans l'intérêt de la classification de ces mollus- 
ques, ces savants rejetèrent le Tugon des Anatines pour le resti- 
tuer aux Myes. 

Le premier de ces auteurs, ayant découvert une espèce fossile 
voisine du Tugon dans les terrains tertiaires de la Gascogne , 
îa décrivit et figura , dans les mémoires de la Société d'histoire 
naturelle de Paris , t. II (1825) , p. 95, pi. 4 , f. 21 , sous le titre 
de Mya ornata. Le second , ayant à traiter, dans l'Encyclopédie 
méthodique, Vers, t. II (1832) , p. 592, n" 3, du Tugon d'Adan- 
son , classé par Bruguière dans le genre Mye de cet ouvrage , 
pi. 229 , f. 3, a , & , lui donna le nom de Mya Tugon. Ce clas- 
sement, M. Deshayes l'a toujours conservé. Ainsi en pariant, dans 



TRAVAUX INÉDITS. 171 

son ouvrage des Mollusques de la Morée, d'une espèce fossile de 
Tugon (remarquable par sa forme plus transverse, ses cuille- 
rons plus larges et l'épaisseur de ses valves) , il la considère 
comme l'analogue fossile du Tugon d'Adanson, et ajoute après 
l'habitat : a Si l'on examine la charnière, on reconnaît facile- 
ment qu'elle appartient aux Myes, et peut servir d'intermédiaire 
entre ce genre et les corbules. » Pareillement, dans les anno- 
tations que ce savant conchyliologue a ajoutées à la nouvelle 
édition de V Histoire des animaux sans vertèbres, de l'illustre 
professeur du Muséum, t. VI, p. 79 , n° 5, note 1 , non-seule- 
ment il conserve le Tugon dans le genre Mye, mais encore il 
établit des rapports qui, selon cet auteur, lient d'avantage l'es- 
pèce d'Adanson avec ce dernier. Voici ce qu« cette note ren- 
ferme : « Ce n'est point une Pholade, comme ce savant auteur 
(Adanson) le croyait, mais bien une véritable Mye intermédiaire, 
par la position oblique de ses cuillerons , entre ce genre et les 
Lutraires; » et, dans ses remarques sur le genre Mye de La- 
marck, même volume, p. 73, M. Deshayes cherchant à démon- 
trer les rapports que certains genres peuvent avoir avec les 
Myes , par l'appréciation des caractères de leurs coquilles, s'ex- 
prime ainsi : « Si l'on suppose que les cuillerons d'une Mye sont 
devenus flexibles, et qu'il a été possible de les amener à la posi- 
tion horizontale de perpendiculaire qu'ils étaient (la coquille 
étant placée à plat sur un plan horizontal) , on aura évidem- 
ment une charnière de Lutraire, mais en arrêtant le mouvement 
de torsion sous un angle de 45° environ , on aura la charnière de 
la Mya Tugon {Anatina globulosa, Lamarck) , qui est en effet 
intermédiaire entre les Myes et les Lutraires. » 

Avant d'établir, par la comparaison des caractères des Myes et 
des espèces de Tugonies , les différences que nous trouvons entre 
les deux genres , nous croyons devoir présenter ici quelques ré- 
flexions sur les observations précédentes de M. le D' Deshayes. 
Wous dirons d'abord que les Tugons ayant une coquille équi valve 
et des cuillerons semblables projetés en avant, ne peuvent servir 
d'intermédiaires entre les Myes et les Corbules. Nous dirons aussi 
que les cuillerons d'une Mye , ramenés à la position de ceux des 
Lutraires, ne montreraient nullement la charnière de ces der- 
nières, parce qu'il leur manquerait encore un des caractère» 
principaux des Lufraires, celui de la dent en V renversé. Ensuite, 



n2 REVDK zooLOGiQUE. {Mai 1846.) 

«i , comme le dit M. Deshayes , les genres Mye et Lutraire ne 
diffèrent entre eux que par la position relative des cuillerons , 
les Tugonies diffèrent aussi de ces deux genres par le même 
caractère et par la présence , la forme et la place qu'occupent 
leurs dents cardinales. Enfin si , comme cet auteur se plaît à le 
reconnaître, le Tugon est intermédiaire entre les Myes et les^ 
Lutraires , pourquoi dès lors conserver ces genres indépendants 
l'un de l'autre , puisqu'il existe , dit-on , un point de jonction 
entre eux , et cependant persister à vouloir réunir le Tugon 
aux Myes lorsque , comme les Lutraires , il en diffère par la 
position de ses cuillerons ? Il nous semble de la dernière évi- 
dence que les mêmes caractères opposés doivent déterminer les 
mêmes exclusions. 

Nous avons dit un peu plus haut par quels caractères les 
Tugonies diffèrent des véritables Anatines ; voyons en quoi elles- 
«e distinguent des Myes. 

Les Myes sont des coquilles transversalement oblongues ou 
ovales, suhéquilatéraies , équivalves , bâillantes aux deux 
extrémités latérales^ mais plus fortement en arrière qu'en 
avant , recouvertes d'un épiderme débordant de toutes parts le 
contour inférieur des valves et légèrement ridé en travers. Sous 
cet épiderme, Za surface extérieure des valves est striée irré- 
gulièrement et concentriquement sur toutes les espèces connues 
tant vivantes que fossiles. Quelques-unes ont le côté postérieur 
plus ou moins tronqué , et le bâillement qu'offre la coquille, à 
cette troncature , est ovalaire. Leurs crochets sont protubérants 
avec la pointe réfléchie en avant ; leur charnière, très-dissimi- 
laire , comme celles des corbules , avec lesquelles les Myes ont 
bien plus d'affinité , est formée sur la valve droite d'un cuille- 
ron ovale arrondi ou sultétragone ^ perpendiculairement en- 
foncé sous les crochets et avec les bords plus ou moins saillants, 
selon les espèces : sur quelques-unes, une protubérance ovalaire 
et transversale se montre au côté postérieur, tout près du cuille- 
ron. Sur la valve gauche , il y a une forte dent projetée en avant ^ 
horizontale par rapport aux crochets, irrégulièrement oh- 
ronde ou semi-oblongue , obliquant en arrière , comprimée en 
dessus , creusée d'une fossette exactement trigone pour recevoir 
le ligament. Cette fossette se trouve sSparée de la portion posté- 
rieure et plane de la dent par une ligne élevée, dentiforme. 



TRAVAUX INÉDITS. 173 

faisant corps avec elle , mais qui n'est que le bord du cuilleron 
saillant en relief. Cette saillie est tantôt très-apparente ( Mya 
arenaria) et tantôt obsolète {Mya truncata Lamk, ntMya ovalis 
Turton). Le ligament est double, l'un externe , marginal, corné, 
étendu sur le bord cardinal, en travers des crochets ; l'autre, 
plus robuste , repose dans les cuillerons. Impressions muscu- 
laires dissimilaires , l'antérieure arrondie , la postérieure falci- 
forme; toutes les deux placées face à face sur les côtés opposés 
des valves et prés de la ligne médiane. Impression palléale 
large et profonde^ avec Vangle palléal allongé et étroit. 

Les coquilles du Tugon et autres espèces congénériques sont 
subglobuleuses ou obovales, transverses, très-inéquilatérales ^ 
ayant le côté antérieur plus étendu , arrondi et parfaitement 
clos y et le côté postérieur trois fois environ plus court, toujours 
tronqué, largement bâillant avec Vouverture arrondie. Leur 
surface extérieure est sculptée de rayons longitudinaux en to- 
talité ou sur le côté postérieur seulement, souvent croisés par 
des lignes concentriques. Les crochets sont petits, inclinés en 
arrière, mais avec les extrémités opposées. La charnière est si- 
milaire et se compose , sur chaque valve , d'un petit cuilleron 
arrondi, concave, saillant obliquement en avant sur la valve 
droite et accompagné , au côté postérieur, ô''unepetite dent indé- 
pendante ducuilleron ; sur la valve gauche , d'un cuilleron sem- 
blable, mais obliquant vers le centre du quart postérieur de la 
valve, avec une petite dent à côté et postérieure. Ligament 
double : l'un externe, corné, adhérent à la marge cardinale, 
en travers des crochets , comme sur les Myes , l'autre cartilagi- 
neux inséré dans les cuillerons. Impression musculaire posté- 
rieure , petite orbiculaire , située immédiatement au-dessous de 
la dent de ce côté ; Vantérieure oblongue , horizontale et placée 
sous la marge supéro-antérieure et à peu de distance des cuit- 
lerons^^ mais beaucoup moins étendue que sur la figure 3 6 de 
l'Encyclopédie. Impression palléale simplement arquée et Varc 
qu'elle forme peu cintré. 

De ces descriptions comparatives résulte évidemment la preuve 
que les caractères différentiels sont plus nombreux et plus im- 
portants que les rapports des deux genres. 

En effet , outre que les Tugons sont d'un volume toujours 
moindre , d'une forme différente , que leurs valves sont autre- 



174 REVDE zooLOGiQDE. {Mai 1846.) 

ment sculptées et qu'elles sont toujours privées, tant dans la 
jeunesse que dans l'âge adulte , de l'épiderme qui revêt la co- 
quille des Myes, les Tugons en diffèrent principalement par les 
caractères suivants : leur côté postérieur est seul bâillant , et 
cette ouverture, toujours arrondie , a ses bords réfléchis; leur 
charnière est composée sur chaque valve d'un cuilleron tou- 
jours de même forme , autrement dit régulier, petit , arrondi , 
constamment saillant sur les deux valves, et accompagné d'une 
dent postérieure et libre qui manque aux Myes ; la forme et la 
position des impressions musculaires n'est plus la même; car 
au lieu d'être placées vis-à-vis des côtés opposés des valves, 
comme sur les Myes , elles sont situées un peu au-dessous de la 
marque cardinale. Enfin l'excavation palléale a une tout autre 
figure. 

Les rapports des Tugons avec les Myes consistent en ce que les 
coquilles présentent une ouverture plus ou moins grande au 
côté postérieur pour le passage d'un tube formé de deux siphons 
réunis ; que leurs valves sont retenues par un ligament externe 
de môme forme et dans la même position, que le ligament in- 
terne repose sur des cuillerons , et que les espèces des deux 
genres vivent enfoncées dans l'argile. Ces rapports, les Tugons 
les ont avec les Anatines , les Lutraires, les Thracies , etc. , etc. 
Ce sont donc ^esVapports de famille , mais non des affinités con- 
génériques. 

De l'examen comparatif auquel nous venons de soumettre le.s 
coquilles des Tugons et des Myes , il ressort que les caractères 
de première valeur, ceux sur lesquels les conchyliologues ont 
l'habitude de s'appuyer pour contituer les genres { la charnière 
et les impressions ) , n'ont sur le Tugon aucune ressemblance 
avec ceux des Myes , ni avec aucuns autres à cuillerons inté- 
rieurs; d'où il suit que les Tugonies doivent être isolés des 
genres avec lesquels on avait l'habitude des les confondre et 
servir ainsi de types à un genre nouveau. Ce genre , nous le 
caractériserons ainsi qu'il suit : 

Genre TuGONiE. Tugonia (Nohis). — Le T'tt^ow, Adanson. — 
Myœ specieSy Chemnitz , Schroëter, Gmelin, Brugnière , 
Dillvvyn , Wood, Basterot , Deshayes. — Anatinœ species^ 
Lamarck. 

jénimal ayant le manteau ouvert antérieurement pour le 



TRAVAUX INÉDITS. 175 

passage d'un pied très-petit; tube conique, aussi long que la 
coquille et formé de deux siphons réunis (Adanson). 

Coquille libre , bivalve , équivalve , globuleuse ou subovale , 
très-inëquilatérale , bâillant largement et seulement en arrière. 
Crochets petits , postérieurs. Charnière ayant sur chaque valve 
un cuilleron petit , arrondi , concave , saillant obliquement et 
différemment en avant, selon la valve , accompagné postérieu-- 
rement d'une petite dent cardinale indépendante du cuilleron. 
Ligament double : l'externe placé sur le bord cardinal , en travers 
des crochets; l'interne fixé dans les cuillerons. Impressions 
musculaires àissimWdL^res : l'antérieure ovale, placée sous le bord 
cardinal, tout près du cuilleron, et la postérieure plus petite, 
circulaire, sous la dent subapéciale. Impression palléale très- 
courte et simplement arquée , se continuant sans interruption 
sur le pourtour interne des valves. 

Animal fere ignotum, pallio antice parum aperto pro pede 
minimo ; siphonibus duodus in tubo conico. 

Testa libéra, bivalvis, œquivalvis , valdè inaequilateralis , 
globosa seu subovata , postice valde aperta cum marginibus re- 
flexiusculis. Apices p^rvi , postice reflexi. Cardo in utraque val- 
vula dente cochleariformi parvo , rotundato, concavo, oblique 
ac diversimode antice producto juxtà valvulam, cum denticula 
postico approximato. Ligamentum duplicatum : externum elon- 
gatum , corneum , marginale , apicibus transversum ; internum 
cochlearibus affîxum. Impressiones m.usculares inaequales : an- 
tica submargine cardinali , ovato-transversa , postica minori , 
orbiculari, sub denticulo ; excavatio pallii abbreviata, arcuata. 

Les Tugonies sont des coquilles vivant dans l'argile durcie, 
à l'embouchure des fleuves. Une seule espèce, le Type du genre, 
habite le Sénégal ; les autres sont fossiles. Toutes portent des 
stries rayonnantes sur la surface entière des valves ou seulement 
sur la partie postérieure de celles-ci. 

' Nons avions formé le projet de donner la diagnose de toutes 
les espèces connues ; mais comme plusieurs nous ont manqué 
par des circonstances indépendantes de notre volonté , cela n^'a 
pu se faire. Nous le regrettons d'autant plus , que ces dernière» 
n'ont été ni décrites ni figurées par les auteurs de leur découverte. 
Nous ne pourrons donc que les citer. 

1. Tugonia Tugon (Nobis). — Le Tugon , Adanson, Séné- 



Î76 REVDK zooLOGiQDE. {Mai 1846.) 

gai, Coq., p. 263, t. XVIX, f. 2. Mya anah'na , ChemniU , 
Conch., 6, p. 28, t. II, f. 13 à IB. Gmelin, p. 3221,0» 11. 
Schroëter , Fini,, p. 615, Mya y n° 4. — Mya , Brugnière ,En' 
cycl. méth. vers., t. 229, f. 3, a, b; Mya anatina, Wood , 
Gen. conch., p. 94. Dillvvyn, Descriptive catalogue , p. 44, 
n» 6. Anatina globulosa, Lamarck, Hist. an. s. vers., t. V, 
p. 464 , n" 5. Mya Tugon, Deshayes, Encycl. méth. vers., t. II, 
p. 592, n® 3. — Var. B Testa antice laevigata, postice radiatim 
striata. Mya globosa^VJood^Gen. conch. (1815), p. 95, t. XXIV, 
f. 4 à 6. Dillwyn, Descriptive catalogue, p. 44, ii° 7.) 

Hab. dans l'argile durcie de l'embouchure du Niger. 

Cette espèce est globuleuse et acquiert le volume d'une forte 
noix ; sa sculpture extérieure varie ; tantôt ses rayons longitudi- 
naux occupent la surface entière des valves et sont croisés par 
des stries concentriques formant réseau , comme on peut le voir 
sur la figure a de l'Encyclopédie ; tantôt ces stries sont obso- 
lètes ; enfin , les rayons ne se montrent que sur la moitié pos- 
térieure des valves. Tel est alors le cas de la var. B. M. "Wood , 
qui n'a connu que cette variété, a pensé qu'elle était suffi- 
samment distinguée de celle d'Adanson par son côté postérieur 
seulement strié , et par les bords de l'ouverture aigus et réflé- 
chis en dehors. Ce dernier caractère est commun à toutes les es- 
pèces. Lamarck cite le Tugon avec doute; nous nous sommes 
convaincu que son Anatina globulosa est la même espèce , mais 
de taille plus petite que la coquille d'Adanson (Cabinet de M. De- 
lessert , Petit de la Saussaie , Deshayes et le nôtre pour le jeune 
age)(l). 

2. Tugonia ornata (Nobis). — Mya ornata, Basterot, Des- 
cript. du bass. sud-ouest de la France, in Mem. Soc. hist. nat. 
Paris, t. II (1825), p. 95; t. IV, f. 25. —Hab. fossile des environs 
de Dax. 

Coquille obovale transverse, plus petite, plus mince, striée 
longitudinalement et subtreillisée au côté postérieur , lisse au 
côté antérieur ; cuillerons petits. Elle diffère de la précédente 
par sa forme , son volume , sa consistance , et par ses cuillerons 
proportionnellement plus petits (Cabinet de M. Boue et surtout 
celui de M. Deshayes). 

(1) Selon M. Petit de la Saussaie, M. Clone, officier de la marine royale, aurait décoo- 
wrt dans la mer Rouge une autre espèce de Tugonie , également sculptée de stri»» 
rayonnantes, mai» différente de celle d'Adanson. 



ANALYSES d'oUVRAGKS ISODVEADX. 177 

3. Tugonia incrassala (Nobis). — Mya Tiigon. Deshayes, 
Morëe, p. 88, n" Ifi. Sans description ni figure. — Hab. fossiic 
les terrains tertiaires de la Morée . 

Cette espèce est un peu plus transversale que la Tugonia 
ornata ; ses stries, plus fortes , occupent la surface des valves ; 
ses cuillerons sont grands et ses valves d'une épaisseur vraiment 
remarquable (Cabinet de M. Deshayes). 

Il existe une autre espèce fossille, arrondie , un peu difforme , 
probablement térébrante , mais <îue nous n'avons fait qu'en- 
trevoir; cependant elle nous a paru différer heau<;oup du Tu- 
gonia Tugon. Nous présumons qu'elle appartient au terrain ter- 
tiaire de Bordeaux (Cabinet de M. Deshayes). 



II. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 



Additions à la description du développement des Nudibranches, 
par M. Sars {Archives d'hist. nat.^ Berlin, 1845, p. 5). 

L'auteur a découvert le premier que les Nudihr anches ei\es 
Pomatohr anches éclosent recouverts d'une coquille extérieure 
enroulée. Que dans les premiers temps ils ne se servent pas du 
pied comme organe de mouvement (car, encore peu développé , 
il porte à son côté postérieur un opercule pour l'occlusion de 
la coquille quand l'animal s'y retire) ; mais il se sert de deux or- 
ganes en forme de nageoire, situés près de la bouche, et dont 
les bords sont munis de forts cils vibratils {Ann. des se. nat.., 
1837, et Arch. d'Frichson, 1837 et 1840). Ces observations ont 
été confirmées par Lovén (Stockholm, 1841), et par Van Bene- 
<ien (Vévelopp. des Aplysies, Ann. des se, nat., 1841). 

Lovén a démontré que les organes en forme de nageoire ne 
sont rien autre chose que le vélum de la bouche (le Foile. Cu- 
vier), qui plus tard disparaît plus ou moins suivant les genres et 
espèces. H reste encore à faire connaître la manière dont la 
coquille disparaît, et les métamorphoses , certainement très-re- 
^narquables, que les jeunes ont encore à traverser dans leur dé- 
veloppement ultérieur. 

Les jeunes des Tritonies Éolidies et autres Mollusques voisins 
Tome IX. Année 1846. 12 



178 iiEVUE zooLOGiQDE. {Mai 1846.) 

ont aussi une coquille extérieure dans les premiers temps de 
leur développement. 

On reconnaît chez les jeunes de Tritonia Ascanii récemment 
éclos, deux sortes d'organes vibratiles; les uns sont excessive- 
ment petits et occupent le bord du pied ; les autres sont plusieurs 
fois plus gros et occupent le bord des lèvres du vélum. Les 
premiers sont de simples cils vibratiles , les seconds sont au con- 
traire soumis à la volonté , et paraissent être mis en mouvement 
par des muscles couchés dans le bord épaissi du manteau. Sou- 
vent l'action du compresseur détache plusieurs de ces derniers 
organes , qui continuent cependant encore à se mouvoir, quoi- 
qu'isolés. On voit alors que chacun d'eux se fixe sur une base 
en forme de bouton , qui paraît être de nature musculaire. Sars 
les considère comme tout à fait analogues aux organes du mou- 
vement des Rotateurs, et propose de les appeler ;?oî75 vibratiles 
ou natatoires. 

La bouche est située à l'extrémité antérieure du corps , entre 
les deux lèvres du vélum ; elle est ovale , entourée d'un bourrelet 
annulaire. L'intérieur de la coquille est revêtu d'une membrane 
mince , transparente , c'est le manteau. Ce manteau est entouré 
par 4 ou 5 bandes très-fines et incolores , ressemblant à des con- 
duits. Elles sont placées à égale distance l'une de l'autre, s'élar- 
gissent un peu sur les côtés du dos ; ces dilatations contiennent 
quelques sphérules transparentes. Comme on ne voit aucune 
trace de globules en mouvement dans ces apparences de con- 
duits, l'auteur pense que ce sont vraisemblablement les rudiments 
des fibres musculaires du manteau. 

A l'exception du manteau , qui paraît homogène , toutes les 
parties molles sont formées de corpuscules sphériques. Entre le 
manteau et les viscères , on voit encore des cellules vitellines 
libres. Le foie a deux lobes situés sur les côtés de l'estomac. A 
l'intérieur de ce dernier, on voit souvent un mouvement rapide 
non interrompu de granules; ce. mouvement est probablement 
déterminé par des cils vibratiles de la face interne de l'estomac. 

L'intestin est très-mince , se détache de la face inférieure de 
l'estomac , décrit une courte circonvolution , se porte en avant 
rers le côté droit de la base du pied , où il se termine par un 
bourrelet arrondi , sur lequel on remarque l'ouverture anale. 
Près de l'anus se trouve un organe en forme de vésicule déjà 



ANALYSES n'oDVIlAGF.S NOUVEAUX. 1711 

observé par Lovén , qui appartient probablement à l'appareil de 
la reproduction. 

Sars et Lovén ont vainement cherché le cœur, et ils suppo 
sent qu'il est caché par le foie à cette époque de la vie , ainsi 
que les tentacules. Sur les jeunes de Doris muricata ^ au mo 
ment de l'éclosion , les yeux paraissent comme deux points noirs 
situés sur la nuque , colorés par un pigment d'un noir violet. 
Chez cet animal , on voit apparaître en même temps que les 
yeux (et avant leur apparition chez les Tritonia Ascanii et T. ar- 
borescens ) deux vésicules sphériques placées symétriquement 
de chaque côté du cou , au-dessous des organes de la mastica- 
tion, au-devant de la base du pied , enclavées dans la substance 
du corps. Chaque vésicule est claire comme de l'eau ; elle renferme 
un corps grisâtre, peu transparent , qui nage librement dànssa 
cavité. Ce sont les organes de l'audition. 

La vésicule extérieure , pleine d'un liquide hyalin , est le ves- 
tibule membraneux ; le corps sphérique , qui oscille incessam- 
ment dans cette vésicule sans toucher ses parois, est l'otolithe. 
Ces oscillations de Totolithe ne peuvent guère être expliquées si 
l'on n'admet pas des cils vibratiles à la face interne du vestibule. 
Une forte pression fait éclater l'otolithe en deux ou six fragments 
pyramidaux dont les sommets sont dirigés vers un même centre. 

Ces organes de l'audition ont été découverts par Pouchet sur 
les embryons de Lymnées. Le vestibule est ovale et renferme 
6 à 8 otolithes oscillant vivement. De Siebold les a indiqués chez 
beaucoup de Gastéropodes pulmonés et quelques Acéphales. 
Chez les Gastéropodes ils renferment toujours plusieurs oto- 
lithes. 

Sars a également trouvé ces organes à la même place et avec 
la même structure sur YAplysia liissoa et quelques autres Pec- 
tinibranches à l'état embryonnaire ou récemment éclos. A cet 
égard ils se rapprochent plus des Acéphales que des Gastéro- 
podes pulmonés. 

Un grand nombre de Gastéropodes présentent sous tous les rap- 
ports le même mode de développement que les Nudibranches et 
les Pomatobranches, à tel point qu'il est souvent très-difficile de 
distinguer les embryons et les jeunes récemment éclos de ces 
4erniers, de ceux des /?îs«oa , Margarita, Lacuna, etc.. 

Cb. R, 



180 RKVUK zooi-OGiyuE. {Mai 1846.) 

Sur le développement des Étoiles de mer. 
Par M. Saî{s { Jrchives d'Erichson, 1844, p. 169 



Chez les Étoiles de mer les sexes sont séparés. Les œufs se 
développent dans l'ovaire ; ils s'en détachent au printemps on 
ne sait comment ; ils tombent en plusieurs fois différentes 
dans la cavité du corps , et arrivent au dehors par l'ouverture 
de la face ventrale. On trouve dans la cavité embryonnaire de 
la mère des œufs et des petits à des degrés de développement 
très-différents. 

L'auteur donne le nom de cavité embryonnaire à une poche 
formée par une inflexion volontaire du disque et des bras, dans 
laquelle sont reçus les œufs à leur issue du corps. Us y restent 
environ onze jours , et pendant tout ce temps la mère ne peut 
prendre de nourriture ; aussi reste-t-elle presque immobile à la 
même place. 

Tout le vitellus est transformé en fœtus; celui-ci, lors de son 
éclosion , est sphérique , sans autres organes extérieurs que des 
cils vibratiles qui lui servent à nager. C'est là le premier de- 
gré de développement. 

Aubout de quelques jours, à la partie du corps qui est dirigée 
en avant pendant la natation, apparaît un premier mamelon 
suivi de la formation de quatre autres ; ces organes servent pour 
l'animal de moyen de fixation aux parois de la cavité embryon- 
naire. C'est vers le onzième jour qu'ils se forment. Le corps est alors 
aplati circulaire ; à la face vpntrale croissent les tentacules, sous 
forme de papilles rondes au nombre de dix, par séries de deux, 
rayonnant autour du centre. Le jeune peut encore nager au 
moyen des cils qui couvrent son corps, mais il ne quitte jamais 
la place où il s'est fixé une fois. L'animal est encore formé de 
deux moitiés semblables de chaque côté d'une ligne médiane fic- 
tive. Peu à peu cette forme bilatérale se métamorphose en forme 
radiaire , troisième et dernière période du développement des 
Astéries. Cette métamorphose est caractérisée par l'apparition 
de cinq bras courts et obtus à la circonférence du corps, lequel 
devient pentagonal. Les tentacules s'allongent en tubes cylin- 
driques, terminés par une ventouse qui sert à la reptation. On 
ob.serve, à l'extrémité des bras, l'organe qu'Erhenberg considère 



ANALYSKS n'oUVRACKS NOUVEAUX. 181 

comme un œil ; la bouche s"'aperroit au milieu de la face ven- 
trale; de nombreux aiguillons poussent sur la peau du corps et 
des bras. Los cils disparaissent, et aussi peu à peu les organes 
qui servaient à fixer Tanimal contre sa mère. Les mouvements 
natatoires ont cessé avec la disparition des cils, et maintenant 
les jeunes, devenus complètement radiaires, rampent çà et là , 
au moyen de leurs tentacules encore démesurément longs. 

Tout ce développement est complet au bout de six à sept semai- 
nes. Pourtant, chez VJsteracanihion Mulleri, les jeunes, complè- 
tement développés , restent encore assez longtemps dans la ca- 
vité embryonnaire , et sont promenés de cette manière j^ar la 
mère. Les jeunes de VJScMnaster sanguinolentus ont été trou- 
vés encore dans la cavité embryonnaire, ayant déjà la forme 
radiaire. et les organes de fixation n'étant pas encore disparus. 

Ainsi les Étoiles de mer éprouvent donc une véritable métamor- 
phose , puisqu'elles conservent la forme bilatérale dans les deux 
premiers stades du développement , et éclosent sans avoir ni 
bras, ni bouche, ni tentacules, organes qui apparaissent plus 
tard. Ils ont en outre des organes transitoires (organes de fixa- 
tion) qui ne restent que pendant le jeune âge , ce qui permet 
de les voir se former et disparaître. Us disparaissent quand 
ils sont devenus inutiles, par suite du développement des ten- 
tacules, qui permettent un nouveau mode de vie. 

A mesure que les organes de fixation diminuent, ils se rap- 
prochent l'un de l'autre et se portent en haut sur le côté de la 
face dorsale. Aussi Sars pense-t-il que l'organe des Astéries 
adultes, appelé plaque madréporique, n'est qu'un reste des or- 
ganes de fixation confondus en un seul. Il pense également , 
avec Millier et Troschel , qu'on peut comparer la plaque ma- 
dréporique à un vestige de la tête des Comalules et de la tige 
des Crinoïdes , d'autant plus que les fonctions des organes de 
fixation des larves d'Astéries sont analogues à celles de la tige 
des Crinoïdes, Cette interprétation de la plaque madréporique 
confirmerait aussi l'ingénieuse exposition du type bilatéral des 
Echinodermes donnée par Agassiz; car, outre que la position 
des organes de fixation dans l'espace interradial démontre que 
Taxe longitudinal des Etoiles de mer le traverse, la détermina- 
lion qu'Agassiz a donnée de l'avant et de l'arrière du corps se 
trouve confirmée, en ce qu'on doit sans doute considérer comme 



182 KLVUE zooLOGiyuK. {Mai t8V6.) 

partie postérieure du corps celle par laquelle la larve se fixe a 
sa mère. 

Il est vrai pourtant que , dans les premiers temps, cette larve 
dirige en avant cette extrémité pendant la natation ; à cause de 
cela, on pourrait bien la considérer comme extrémité antérieure, 
ainsi qu'il a été fait provisoirement ci-dessus. Mais l'analogie 
repousse cette supposition ; car les jeunes Ascidies composées , 
d'après M. M. Edwards, et les jeunes Méduses, d'après de Sars 
lui-même , dirigent justement en avant , durant la natation , 
î'extrémité qui plus tard est fixée. 

Néanmoins Sars pense qu'on doit être prudent en fait de gé- 
néralisation à cet égard, parce qu'il doit y avoir de grandes dif- 
férences dans le mode de développement des diverses espèce» 
d'Étoiles de mer. Ainsi, par exemple, V E chinaster sanguino- 
lentus s'éloigne considérablement de VAsteracanthion ruhens , 
car les ouvertures génitales du dernier se trouvent, d'après 
Mûller et Troschel, au côté dorsal; d'où il résulte que ses œufs 
tombent probablement à la mer et sont abandonnés à eux- 
mêmes. C'est pourquoi aussi on ne trouve jamais les jeunes. 
Une autre espèce du même genre , VAsteracanthion Mulleri 
(Sars), présente au contraire beaucoup d'analogie à cet égard 
avep VE chinaster sanguinolentus. Ch. R. 



Note sur un nouveau Ver. Sipunculus ( Phascolosoma) scu- 
tatus. J. Mûller; pgr J. Muller {Arch. d'hist. nat. , Ber- 
lin, 1844, p. ir,6. 

Ce Ver a été trouvé rfans une collection d'animaux marin» 
venus de Sicile. Il a un pouce de long quand la trompe est ren- 
trée dans le corps. L'endroit le plus large est celui d'où part la 
trompe , il a 2 lignes de diamètre ; il s'amincit peu à peu jus- 
qu'à son extrémité postérieure, qui n'a plus qu'une ligne de large 
et se termine brusquement. Sa peau est coriace ; de petites pa- 
pilles la rendent rude, et donnent à cet animal quelque analogie 
SLvecle Phascolosoma granulatum (Leuckart), \e Sipunculus ver- 
rucosus ( Grube), le S. Bernhardus ( Forbes), et le 5. Johnstoni 
i Fo-rbes ). Mais il s'en distingue par l'existence de deux bouclier.* 



ANALYSES d'oUVRAGES NOUVEAUX. 187 

coriaces , durs , nettement tranchés. Le premier des deux bou- 
cliers au niveau de l'attache de la trompe au corps; il est obli- 
quement dirigé en avant et de haut en bas. Son bord postérieur 
est le plus large. La face supérieure du bouclier est entaillée 
par des lignes dirigées d'arrière en avant. 

L'autre bouclier est situé à l'extrémité postérieure du corps 
qui est nettement tronqué dans le sens transversal. Ainsi ce 
bouclier est perpendiculaire à l'axe longitudinal du corps. Au 
centre du bouclier est un tubercule , d'où partent en rayonnant 
de petites saillies ou rayons divergents. Les boucliers sont consti- 
tués par un épaississement de la peau. 

Le Tégument de la trompe est rugueux comme celui du corps ; 
l'un et l'autre paraissent tachetés de brun , parce que le fond 
est plus clair et les petites papilles ou rugosités sont plus 
foncées. 

La face ventrale est blanchâtre , proche derrière l'origine de la 
trompe, et noirâtre au devant. 

L'ouverture anale est située à la face dorsale, derrière le bou- 
clier antérieur. 

Les deux tubes génitaux et le cordon en forme de vaisseau, 
ont les mêmes rapports avec l'intestin et les parois du corps, 
que chez le Sipunculus et le Phascolosoma granulatum. Les 
autres organes intérieurs sont tout à fait analogues à ceux des 
Phascolosoma et Sipunculus. D'après cela ce Ver doit être regar- 
dé comme une nouvelle espèce du genre Sipunculus et du sous- 
genre Phascolosoma; Sipunculus (Phascolosoma) scutatus. 

L'examen d'un grand nombre d'individus tant vivants que 
conservés dans l'alcool , porte le célèbre professeur de Berlin à 
considérer VAscosoma Blumenbachii , comme identique avec le 
Phascolosoma granulatum. De même aussi ]e Sipunculus verru- 
cosus ( Grube ) , le Siponcle tubercule (de Blainville. Dict. des se. 
nat.), les Sipunculus tigrinus etflavus de Risso ne sont aussi que 
des Phascolosoma granulatum. En outre, ces derniers ci-dessus 
sont identiques avec le Sipunculus Bernhardus ( Forbes) et le 
Sipunculus Johnstoni ^^Forbes). J. Mûller possède encore un 
Phascolosoma de Malacca, qu'il ne peut distinguer du Phasco- 
losoma granulatum. 11 considère aussi comme un Phascoloso- 
ma le Sipunculus echinorrynchus de Délie Chiaje, mais laisse 
encore douteuse la question de savoir, s'il doit être réuni au. 



fSî lŒvUK zooi-OGi(jOK. {Afaï 1816.) 

Fhascolosoma granulatum. Tous ces auteurs étaient arrivés a 
des résultats différent , parce qu'ils avaient étudié des animaux 
morts et modifiés par l'alcool. (Ch. Robin. ) 



m. SOCIETES SAVAIVTES. 



Académie royale des sciences de Paris. 

Séance publique du 11 mai 1846. — M. Flourens lit un rap- 
port sur le prix de physiologie expérimentale pour 1844. 

Le premier ouvrage pour lequel l'Académie accorde un prix 
est celui de M. Agassiz , intitulé ; Histoire des poissons fossi- 
les et des poissons d'eau douce de V Europe centrale. 11 serait 
inutile , dit M. Flourens , de donner ici une analyse détaillée de 
ces deux grands travaux , qui sont aujourd hui consultés et 
médités par tous les zoologistes. Chacun sait que celui des 
Poissons fossiles forme le complément des recherches de M. Cu- 
vier sur les espèces perdues des trois autres classes des animaux 
vertébrés, et qu'il a paru digne de venir après ces immortelles 
recherches : éloge qui n'en permet aucun autre. 

Le second ouvrage auquel l'Académie a décerné un prix est 
celui de M. Bischoff , intitulé : Histoire du déjoeloppement de 
l'œuf et du fœtus du chien. 

Enfin la commission a accordé une mention honorable aux 
observations par lesquelles M. RaciborsM a étendu à l'espèce 
humaine le résultat des belles recherches de M. Pouchet (cou- 
ronnées l'année dernière par l'Académie ) concernant l'évolu- 
tion spontanée des mammifères. 

La commission chargée de faire le rapport sur les prix de 
médecine et de chirurgie pour l'année 1 844 accorde les récom- 
penses suivantes : 

lo Une somme de 1,500 fr. à M. Amussat comme récompense 
pour ses expériences et ses observations sur les blessures des 
vaisseaux sanguins. 

2" 1,200 fr. à M. Bonnet pour ses recherches sur les maladies 
des articulations. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. iS5 

Et diverses sommes et mentions honorables ù MM. A. Bec- 
querel et Uodier , Réveillé-Parize, Morel-Lavallée , Donné et 
Clias. 

Séance du 18 mai. — M. Milne- Edwards lit un rapport sur 
un mémoire de M. lilaud relatif aux moyens de détruire les in- 
sectes qui attaquent l'olivier. 

Nous ne savons si ce mémoire est le même que celui du 
même auteur sur lequel nous avons fait un rapport à la Société 
royale et centrale d'agriculture (1844, p. 181). Cependant il 
nous semble que l'auteur a fait quelques changements au travail 
que nous avons examiné en 1844 , car il était question, dans le 
mémoire soumis à notre jugement, d'un plus grand nombre 
d'insectes, et l'auleur avait des idées bien différentes sur les 
uiœurs du Dacus oleœ. 

Dans le rapport de la commission académique , nous trou- 
vons plusieurs passages très-justes ; ainsi nous approuvons com- 
plètement l'opinion de la commission qui a dit : « L'homme ne 
» peut s'opposer efficacement à l'action désastreuse du froid, 
» mais ce serait trop douter de son intelligence et de son indus- 
» trie que de le croire impuissant à combattre les insectes , et 
» c'est bien à tort que nos cultivateurs se bornent d'ordinaire à 
» géniir sur le mal dont ils souflrent, sans en chercher le re- 
» mède. C'est en profitant des habitudes et de l'instinct de l'in- 
» secte dévastateur lui-même, et en tenant compte des circon- 
» stances locales dans lesquelles il se trouve , que l'on arrive le 
» plus sûrement à en limiter la multiplication , par conséquent 
» à en arrêter les ravages. Pour réunir les éléments nécessaires 
» à la solution de ces questions complexes, il faut pouvoir obser- 
» ver avec soin toutes les phases de la vie de l'ennemi dont on 
» cherche à se défaire, en étudier les mœurs et ne laisser échap- 
» per aucune des circonstances passagères dont la connaissance 
» pourrait conduire à la découverte d'un moyen efficace pour 
» en opérer la destruction. » 

Dans le rapport fait à l'Académie des sciences , il n'est ques- 
tion que; de deux espèces : la première serait un petit Lépido- 
ptère qui formerait une immense exception à toutes les lois de 
l'analogie , qui aurait trois générations dans une année , qui à 
t'haque génération aurait des habitudes et une organisation dilfé- 
reiitcs, elcjui, pourtant, ne formerait qu'une seule et même 



186 REvuK ZOOLOGIQUE. {Mai 1846.) 

espèce. Ainsi , suivant M. Blaud , la première génération se 
composerait d'individus dont les chenilles sont mineuses de 
feuilles y par conséquent de forme aplatie, à articulations ren- 
flées latéralement , auxquelles la nature a donné pour instinct 
invariable, fatal , de se construire , sur la feuille même où elles 
ont vécu, une petite tente formée de fils croisés, aplatie comme 
leur corps, et dans laquelle elles se métamorphosent en un petit 
papillon (1) , dont les classificateurs ont fait un groupe , ou, si 
l'on veut, un genre sous le nom é'^Elachista. 

Les œufs de cette petite espèce , pondus plus tard dans les 
paquets de boutons à fleurs des oliviers , donneraient naissance 
à des chenilles d'une autre forme , de mœurs toutes difi*érentes, 
qui auraient complètement oublié les pratiques employées par 
leurs parents pour miner l'intérieur des feuilles et pour se con- 
struire une petite tente aplatie sur ces mêmes feuilles. Ces che- 
nilles , vivant à l'aise entre les boutons de l'olivier , seraient 
devenues cylindriques , se préserveraient des agents extérieurs 
en enveloppant les sommités des rameaux d'un réseau de soie, 
à la manière des espèces du groupe des Hyponomeutes , se con- 
struiraient des cocons dans ce réseau , ou , suivant leur caprice , 
se laisseraient glisser à terre ponr se construire un cocon sous 
quelque feuille morte. 

Enfin , pour compléter ce miracle , cette grande exception 
à toutes les règles de la nature, cette espèce, non contente d'a- 
voir déjà changé deux fois de forme et de mœurs , donnerait des 
œufs dont le produit, ou la chenille, aurait une troisième manière 
de vivre. Ces chenilles cylindriques , ces insectes par conséquent 
inhabiles à se loger, comme leurs grands-pères, dans la faible 
épaisseur d'une feuille , incapables de se construire une tente 
soyeuse, comme leurs pères , auraient des habitudes toutes diffé- 
rentes, des organes destinés à percer le parenchyme des olives 
déjà assez grosses, à faciliter leur entrée dans le noyau de ces 
olives , à se nourrir de l'amande logée dans ce noyau plus dur 
que le fer. De plus, cette chenille différerait encore de ses pa- 
rents, et du tout au tout, car elle dédaignerait de se méta- 
morphoser comme eux, dans le lieu de son habitation, elle le 

{») Voir la Bgure d'une chenille d'JÇiac/ie«m«lansRaUeburg,rorst-Intecten,t. 2, pi. xvi, 
f. 4, ou bien celle que noas usons Aunnco, Aa VÉlachista coffeella ,ànns wn mémoire 
sur le café, publié par ordre du niinisire de la marine.— Paris , Huïard. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. iWt 

quitterait pour se laisser glisser à terre , pour se construire une 
jolie coque de dentelle sous quelque vieille feuille, contre quel- 
que anlractuosité du terrain, afin d'y passer Thiver. 

Telles sont les idées de M. Blaud sur les métamorphoses des 
habitudes et de l'organisation de ce qu'il considère comme une 
seule et même espèce. Elles reviennent au même que si l'on di- 
sait à un botaniste que de la graine de radis , plantée au prin- 
temps, donne des radis , que la graine provenant de ces radis 
plantée au milieu de l'année donne des navets , et que celle de 
ces navets plantée en automne, et provenant primitivement des 
radis, donnerait des choux. Si des exceptions aussi choquantes , 
si un pareil désordre sont admis en histoire naturelle, on pourra 
bientôt venir nous dire que les lièvres ne sont que des lapins 
développés en plaine , que des canards peuvent naître d'oeufs de 
poules couvés près d'un étang par une canne , que les larves de 
la mouche qui ronge le parenchyme des olives, vivent d'abord 
sur un aufre végétal (comme le disait M. Blaud dans son pre- 
mier mémoire soumis à notre examen); et l'on adopterait cette 
opinion, émise par un agriculteur du midi, qu'au printemps 
les larves de cette Mouche des olives {Dacus oleœ) se tiennent 
dans les jeunes plants du froment, de l'avoine et du seigle , et 
produisent au cœur de ces tiges un renflement qui les empêche 
de s'allonger et de donner leur épi (1). 

La seconde espèce d'insecte mentionnée dans le rapport sur le 
mémoire de M. Blaud , est cette mouche des olives, ce Dacus 
oleœ dont nous venons de parler. Il résulterait, des termes du 
rapport, que M. Blaud a considérablement modifié ses opinions 
sur les mœurs de cet insecte. En effet, en 1844 , M. Blaud pen- 
sait que cette mouche ( éclose à la fin de novembre à peu près ) 
allait déposer ses œufs sur un végétal autre que l'olivier, que 
ces œufs éclosaient au milieu du printemps suivant , et que les 
larves qui en provenaient se nourrissaient d'abord de ce végétal. 
Il établissait que ce n'était qu'à la seconde génération de cette 
mouche que les œufs étaient déposés sur les olives. Suivant cette 
manière de voir, tout allait pour le mieux; le cercle de la vie de 
cette espèce s'accomplissait sans trouble pour l'explication , pour 

(1) On sait par les observations de M. Herpin et par le mémoire que nous avons pu- 
blié à la suite de re travail , que ces larves appartiennent a un petit diptère voisin d«?. 
Uavus, mais appartenant au genre ChloropK. 



188 RKVUK ZOOLOC.IQUE. (Mal 1840.) 

l'hypothèse de M. Blaiid ; aussi fiU-il très-irrité quand un observa^ 
teur du département du Gard , M. Crespon, de Nîmes, vint faire 
connaître, dans les journaux de la localité, la véritable et 
prosaïque manière dont les germes du Dacu's olecB se conser- 
vaient pour Tannée suivante. M. Blaud , dans un article fort vif, 
inséré dans ces mêmes journaux, défendait son opinion et taxait 
les observations de M. Crespon d'inexactitude (1), Comment se 
fait-il que M. Blaud ait adopté ces inexactitudes , et que , dans le 
mémoire soumis à TAcadémie des sciences, il admette ce qu'il con- 
testait si vivement, puisqu'il estdit, dans le rapport, que M. Blaud 
a constaté que la plupart de ces larves, avant de subir leur 
première transformation^ sortent de Votive, se glissent jusqu'à 
terre , et pénètrent dans le sol à une profondeur de2 à A centi- 
mètres pour s'y changer en nymphes et y demeurer immobiles 
pendant toute la saison froide? Nous ne blâmons pas M. Blaud 
de s'être amendé, de partager, actuellement l'avis de son adver- 
saire, de M. Crespon qui a découvert le premier dans le Midi, 
la véritable manière dont les Oscinis attendent le moment de 
pondre dans les olives toutes formées; car il est toujours louable 
et honorable de rendre hommage à la vérité et d'abandonner 
les erreurs que l'on a soutenues; mais nous devons croire que 
c'est pour abréger que M. le rapporteur n'a pas cité le nom de 
M. Crespon; car il n'est pas probable que M. Blaud ait songé à 
s'attribuer la découverte de son adversaire, après l'avoir si vivç- 
ment combattue dans les journaux du Midi ; il doit avoir dit , 
quelque part dans son mémoire , qu'après avoir vérifié les 
assertions de M. Crespon, il les a trouvées exactes , ce qui lui a 
fait abandonner sa première opinion. 

Dans notre rapport à la Société royale et centrale d'agricul- 
ture, tout en exprimant nos doutes sur l'exactitude des observa- 
tions de M. Blaud, tout en désirant des figures plus détaillées, 
afin que les entomologistes fussent mis à même de bien distinguer 
les espèces , pour que cette distinction positive leur permît 
d'écarter la confusion qui existe encore dans l'histoire de ces 
insectes, et par conséquent dans la recherche des moyens de les 
attaquer, nous n'avions donné que des encouragements à l'au- 



(1) Nous avons donné la réponse do M. Crespon dans la Revue zoologique , août lavs, 
p. 3Î8. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 189 

leur, nous avions déclaré cependant que plusieurs de ses observa- 
lions laissaient encore à désirer ; nous n'approuvions pas entière- 
ment la partie entomologique du travail ; enfin nous avions pensé 
qu'on ne pouvait attendre plus d'un agriculteur qui n'était pas 
entomologiste , et qu'il était juste de lui tenir compte de ce qu'il 
lui avait été possible de faire et du zèle qu'il avait montré. 

D'après le rapport fait à l'Académie, il semble établi que 
M. Blaud n'a rien changé à la partie la plus essentielle de son 
travail (à l'histoire de cette chenille protée , qui vit tantôt dans 
les feuilles^ tantôt dans les fleurs^ tantôt dans les fruits et ne 
forme cependant qu'une seule espèce) , et que la seule amé- 
lioration que ce travail contienne consiste dans la découverte 
de M. Grespon , sur la manière dont les coques du Bacus 
oleœ se conservent en terre ; c'est probablement à cause 
de cette amélioration que le rapporteur donne pour con- 
clusion que les observations de M. Blaud , sur les mœurs des 
insectes nuisibles à Volivier, sont bien faites , et que les pro- 
cédés qu'il a imaginés pour arrêter les ravages qu'occaèion- 
nent la teigne de l'olivier et l'oscine de l'huile sont rationnels. 
M. Coste lit une Note sur la manière dont les Épinoches 
construisent leurs nids et soignent leurs œufs. 

Quoique l'on ait dit vaguement , depuis longtemps , que quel- 
ques poissons construisaient un nid pour recevoir leurs œufs , 
personne n'avait suivi complètement les manœuvres d'une de 
ces espèces, dites nidifiantes, telles que Gobies , Gourami et 
Épinoches , et l'on ne trouvait dans les auteurs que des assertions 
données d'après des on dit , provenant de personnes étrangères à 
l'histoire naturelle. M. Coste est , à notre connaissance , le pre- 
mier observateur savant qui ait été à même de suivre les prati- 
ques de ces petits poissons , et d'en constater les habitudes re- 
marquables d'une manière positive. 

Ce savant anatomiste , ayant disposé, dans l'une des cours du 
follége de France, plusieurs bassins afin d'étudier les métamor- 
phoses de divers animaux , a pu suivre, jour par jour, la vérita- 
ble nidification du petit poisson si commun dans nos rivières, de 
l'Epinoche. 11 a constaté que le maie construit, avec des maté- 
riaux qu'il va chercher au loin, un véritable nid, consistant 
dans une cavité circulaire , ouverte d'un seul côté , à parois con- 
solidés par des pressions qu'il exerce en appuyant son corps à 



190 REvuB zooLOGiguK. {Mai 1846.) 

diverses reprises sur tous les points de cet édifice. Il a vu ce mâle, 
après avoir terminé le nid, aller chercher des femelles , les y con- 
duire; celles-ci se sont introduites dans sa cavité , y ont pondu , 
sont sorties en pratiquant un trou devant elles , pour laisser au 
mâle la facilité de s'introduire immédiatement à la place occupée 
par elles , afin de féconder leur ponte. M. Coste a vu que le mâle 
constructeur du nid y attire successivement , et pendant plusieurs 
jours, ou la même femelle, ou toutes celles qui consentent à le 
suivre. Il a vu aussi que ce mâle consacre une fécondation spé- 
ciale à chaque ponte , et que son nid finit par devenir un riche 
magasin où les œufs de chaque ponte particulière sont agglomé- 
rés en masses distinctes et où toutes ces masses entassées forment 
un bl'oc énorme. 

Le mâle est encore obligé d'être le gardien vigilant de ces 
nids , car les femelles se réunissent pour les chercher afin de 
dévorer leurs propres pontes. Il fortifie même le nid en entassant 
en dessus des cailloux quelquefois égaux à la moitié du volume 
de son corps; il ne le quitte pas un instant , et chasse rudement 
les Épinoches qui tentent de s'en approcher. 

Lorsque par ses soins assidus et sa courageuse persévérance , 
il réussit à conserver son nid jusqu'aux approches de l'éclosion , 
on le voit redoubler de zèle , ôter des pierres pour le rendre plus 
perméable à l'eau, pratiquer de nouvelles ouvertures, les élargir, 
multiplier les courants , remuer les œufs , les amener tantôt à la 
surface , tantôt au fond , et leur fournir ainsi , en variant leur 
position , les conditions qui conviennent à cette période de leur 
développement. Enfin, quand les petits sont éclos, il continue 
encore à les garder dans son nid , et ne leur donne la liberté que 
lorsqu'ils sont devenus assez agiles pour suffire aux besoins de 
leur propre conservation, 

M. Ch. Robin adresse un premier mémoire intitulé : Recher- 
ches sur un appareil particulier qui se trouve sur les poissons 
du genre des Raies. 

M. Robin dit que les seuls poissons sur lesquels on ait , jusqu'à 
présent, décrit avec soin un appareil électrique, sont la Tor- 
pille, le Silure et le Gymnote. Cependant les Raies possèdent 
aussi un appareil électrique qui n'a encore été mentionné par 
,personne. La structure de cet organe est tellement analogue à 



MÉLANGES KT 1M0DVKLLK9. 191 

celle de l'appareil des autres poissons électriques, qu'on ne 
peut s'empêcher de le considérer comme doué des mêmes fonc- 
tions. Jusqu'à présent il a été impossible à M. Robin d'aller au 
bord de la mer pour le constater, il est bien à désirer qu'il 
puisse le faire. 

Nous reviendrons sur cet important travail qui a été renvoyé 
à l'examen d'une commission composée de MM. Milne-Edwards , 
Valenciennes et Rayer. 

M. Paul Gervais adresse un mémoire sur quelques Mammi- 
fères fossiles du département de Faucluse. Ces Fossiles pro- 
viennent de deux localités différentes : les uns ont été déterrés 
à Gargas, près Apt ; les autres, à Cucuron , dans la vallée de la 
Durance. La première localité est riche en Palœoiherium , 
Anoplotherium, etc. , et M. Gervais y a distingué deux dents 
molaires d'un carnassier du genre Pterodon , auquel il donna 
le nom de Pter. Requieni. La seconde localité fournit des os de 
Ruminants , de Sanglier et d*Hipparion ; l'auteur y a reconnu 
les dents d'un Carnivore du genre Hyène, et qu'il nommeHyœna 
hipparionum. 



IV. MÉLANGES ET NOUVELLES. 



i 



M. le D' Krohn nous prie d'insérer l'addition suivante à son 
mémoire sur un nouveau Céphalopode, analysé dans le pré- 
cédent numéro ( p. 152 }. 

Ayant appris qu'un extrait de mon mémoire avait été in- 
séré dans la Revue zoologique^ je m'empresse de communiquer 
à M. le rédacteur quelques observations et remarques impor- 
tantes au sujet du nouveau Céphalopode que j'ai eu occasion de 
revoir pendant un nouveau séjour à Messine. 

L'animal dont le port, ainsi que je l'avais annoncé précédem- 
ment , présente une analogie frappante avec les Calmars, doit , 
en effet, être rangé dans l'ordre des Décapodes, vu que les bras 



192 REVDE zooLOGiyuË. {Mai 1846.) 

pédoncules, dont je n'avais d'abord aperçu aucune trace, exis- 
tent cependant chez lui, les ayant trouvés chez un individu ap- 
partenant évidemment à la même espèce. L'absence de ces mem- 
bres chez la plupart des individus paraît être due à une cause 
quelconque qui les leur fait perdre. Ces faits une fois constatés, 
il m'a été facile de reconnaître , chez d'autres individus à huit 
bras, soit les cicatrices des deux bras manquants , soit des moi- 
gnons , il est vrai presque imperceptibles, qui en restaient en- 
core. Quant à la conformation de ces bras , ils sont plus courts 
que la paire supérieure et inférieure des bras sessiles. Leur 
extrémité, un peu renflée, est seulement garnie d'un petit nombre 
de ventouses bien développées. 

En résumant donc ce qui a été anoncé dans mon mémoire et 
ce que je viens d'ajouter, il est facile de rattacher notre espèce 
à l'un des types qui se font remarquer parmi les Décapodes. 
Elle devra indubitablement être rangée dans la famille des Ony- 
choteulhides. On sait que M. d'Orbigny a distingué les espèces 
de cette famille, dont tous les bras sont armés de griffes, et en a 
fait un genre particulier qu'il a nommé Enoploleuthis , avec 
lequel notre Céphalopode présente une grande analogie. Cepen- 
dant comme son corps est moins allongé, plus trapu, que ses 
nageoires sont si grandes qu'elles avancent au delà de la moitié 
du sac ou manteau, et qu'en outre ses bras pédoncules ont une 
tout autre conformation , je crois qu'il serait convenable d'en 
faire un genre à part, que je désignerai dorénavant sous le nom 
de f^erania , par lequel je remplace celui d'Octopodoteuthis , 
terme devenu impropre, que je lui avais précédemment assigné. 
L'espèce devra être nommée Verania sicula. 

Je renvoie, pour plus de détails, à une notice supplémentaire 
que je me propose de publier prochainement dans les Archives 
de Zoologie de M. Erichson. A. Krohn. 



KÏEUVIISMZ: ANNEE. — JUIN 1846 



I 



I. TRAVAUX i!VEi>rrs. 

^Documents relatifs à l'histoire du j^enre Brachypiérolle^ par 
M. le docteur PucHERAN. 

Dans les travaux de détermination dont nous nous sommes 
occupés l'an dernier, dans la collection du musée de Paris , nous 
avons principalement porté notre attention sur les espèces d'oi- 
seaux originaires de Madagascar. C'est dans le cours de ces re- 
cherches que nous avons trouvé l'espèce qui fait le sujet du pré- 
sent article; elle a été indiquée [tlutôt que décrite par M. de 
Lafresnaye , et nous croyons être utile aux ornithologistes en 
complétant les renseignements trop concis donnés par cet ha- 
bile observateur. 

Brachypteracias squammigera, Lafresn. (Rev. Zool. 1838, p. 
224.) — Grande tache d'un noir fuligineux commençant à un 
centimètre de la base du bec et finissant sur l'occiput. Cette tache 
est de forme presque triangulaire, à base occipitale, à sommet 
frontal. Les plumes qui la forment, lâches et extensibles, de 
façon à simuler une espèce de huppe , sont presque en entier 
noires dans le centre de la tache; elles présentent du roux sur 
les deux côtés de leur portion rachidienne, et cette teinte sépare 
le noir de la base d'avec celui du sommet. Sur les côtés, des dis- 
positions semblables sont reproduites, mais ici le roux occupe 
fréquemment l'un des côtés du rachis. C'est qu'entre le bord 
externe de la tache médiane céphalique et le bord supérieur de 
l'œil se trouve longitudinalement étendue une espèce de sourcil 
dont toutes les plumes, noires à leur base, offrent de petites 
bandes transversales de noir et de blanc roussâtre. Le blanc 
roussâtre forme le liséré le plus supérieur et dans la partie com- 
missuraledu sourcil droit et du sourcil gauche, en avant de l'œil, 
les zones rousses sont plus formées. 

Du dessous de l'œil part une bande noire qui se prolonge en 
arrière sur les côtés du cou, et entre celle de droite vt celle de 
gauche, se trouve un grand espace roux, étendu du côté droit au 
Tome IX. Année 1846. 13 



194 REVDE zooLOGiQUE. [Juin 1846.) 

côté gauche, en dedans du fouet de l'aile. Au-dessus de cette bande 
noire s'en trouve une seconde , plus rapprochée du sommet de 
la tête et séparée de la première par un trait formé de plume» 
présentant la même coloration que le sourcil supérieur de l'œil» 
A gauche , cette seconde bande est mieux déterminée qu'à droite : 
ici, en effet, les plumes qui la composent présentent, près de 
leur terminaison noire , les taches rousses dont nous avons parlé 
à propos de la petite huppe céphalique. Ces deux bandes longi- 
tudinales , au reste , sont unies par une zone transversale de 
plumes noires bordant supérieurement le grand espace roux du 
dessus du cou, dont il a déjà été question. 

Le dos , les couvertures supérieures du prolongement caudal 
sont vert foncé : quelques-unes des plumes présentent à leur 
extrémité, sur leur face externe, deux petites taches superpo- 
sées, l'inférieure noire , la supérieure blanche. Cette dernière 
est quelquefois séparée du vert foncé du reste de la plume par 
un petit liséré vert-de-gris. Les grandes couvertures de l'aile sont 
vertes, mais d'un vert plus clair : elles présentent , en presque 
totalité, sur leur bord inférieur, deux petites bandes superpo- 
sées, l'inférieure noire, la supérieure blanche. La bande est 
bordée , dans presque tout son contour , d'un liséré vert-de-gris. 
A-U-dessus de ce liséré, se voit, sur le rachis de la plume, une petite 
tache noire variable en étendue , et de forme ordinairement 
triangulaire. Les six premières pennes de l'aile sont noires en 
dessus, dans la majeure partie de leur étendue, mais brunes seu- 
lement à leurs extrémités : elles présentent une bordure de la 
même couleur sur leur tiers intérieur. A la réunion de leur tiers 
npérieur avec leur tiers moyen , elles présentent une tache 
blanche. Les pennes du reste de l'aile sont vert olive en dehors, 
brunes en dedans, noires à leur base et en dehors le long de leur 
tige. En dessous , l'aile est brune et présente transversalement 
une bande blanche. 

Le contour inférieur de la queue est semi-elliptique : les pen^ 
nés qui la composent devenant de plus en plus longues, à me- 
sure que l'on se rapproche des pennes médianes. La penne 
externe est, en dessus, de couleur bleue à son tiers supérieur et 
en dehors : en dedans , cette teinte devient plus verte et bordée 
de brun. A mesure qu'on se rapproche des pennes centrales, le 
bleu se retire de plus en plus vers le centre et est remplacé par 



TRAVAUX INÉDITS. 195 

àu vert. Vient ensuite sur toutes une tache rousse, à laquelle suc- 
cède une tache noire, bordée inférieurement par une tache bleu 
grisonnant, lisérée enfin elle-même de vert olive. Les deux pennes 
médianes sont dépourvues de la tache noire que portent les au- 
tres : la tache bleu grisonnant s'y trouve remplacée par une tache 
vert olive. En dessous , la tache de la base est brun clair : la 
tache rousse s'y trouve plus terne : la tache bleue est convertie 
en gris blanchâtre. Les pennes médianes en dessous, enfin, dif- 
fèrent encore par leur coloration des latérales : elles sont sim- 
plement roux terne. 

Les plumes du thorax et des côtés du cou forment de petites 
écailles portant dans leur centre une tache blanche entièrement 
cerclée de noir : ce noir est liséré de roux de rouille, bordé in- 
férieurement de brun. Les plumes de la gorge et du milieu du 
cou ont le blanc de leur centre immédiatement en contact avec 
le roux de rouille (liséré de noir) de] leur partie libre. Les hy- 
pocondres offrent des taches transversales roussâtres et noirâtres; 
le milieu de Tabdomen, l'entre-deux des jambes sont couleur 
de rouille. Les couvertures inférieures de la queue sont for- 
mées de plumes blanches finement lisérées inférieurement de 
brun. 

Les plumes de la tête et des parties inférieures sont très-dé- 
composées dans cette espèce : la mandibule supérieure est brune 
dans la majeure partie de son étendue ; l'inférieure blanchâtre 
à la base, noire plus en avant, blanchâtre à son extrême pointe, au 
^milieu , comme sur les côtés, etc. Les ongles sont jaune de corne , 
ainsi que les tarses : les doigts ont la même teinte , mais plus 
<4>rune, plus foncée. 

Les dimensions de cet individu sont les suivantes : 

Longueur totale depuis le bout du bec jusqu'à l'extrémité d« 
la queue O'^jSO 

— de la queue (mesurée en dessus) ,09 

— dubec (le long dubord libre de la 
mandibule supérieure). ,04 

— — (en suivant la courbure 
de la mandibule supérieure). ,03 

— de la portion libre de la man- 
dibule inférieure .0 ,02 3/4 



196 REVUE zooLOGiQCE {Juin 1846.) 

Longueur du tarse O^.Oô 1/2 

— du médius (sans l'ongle). ... ,02 1/2 

— du pouce (sans l'ongle) ,01 

Nous possédons un second individu, appartenant bien sûre- 
ment à la même espèce, et qui diffère, par les caractères suivants, 
de celui que nous venons de décrire : 

1» Par sa taille plus petite et par ses teintes plus claires dans le 
vert et le roux des parties supérieures. Les plumes zonées du 
sourcil sont plus blanches ; la tache noire du milieu de la tête est 
plus étroite et moins allongée, soit en avant, soit en arrière. Il 
arrive, dès lors, qu'en avant la liaison des deux sourcils, droit et 
gauche , s'opère dans un espace plus étendu de la région fron- 
tale, et qu'en arrière, la communication des deux lignes noires 
supérieures , naissant en arrière de l'œil , se trouve plus nette- 
ment limitée. 

2» Par la moindre étendue transversale du grand espace 
roux sous-occipital et le plus grand nombre des plumes intersca- 
pulaires portant des taches noires , blanches , vert-de-gris. 

3° Enfin par le grand nombre des taches parsemées sur les plu- 
mes des parties inférieures qui existent mieux définies et plus 
compactes. La teinte rouillée de ces mêmes parties est plus affai- 
blie et sur le thorax elle est vraiment insensible. Les tarses et les 
doigts sont moins foncés, plus jaunâtres. La mandibule supé- 
rieure ne présente pas, au même degré que chez l'autre individu, 
ses teintes cornées : l'inférieure, blanchâtre en dessous dans 
toute son étendue, est brune le long de la partie tranchante, tout 
en présentant quelques lignes de coloration cornée. Le bec est, 
en outre, plus court et son arête moins arrondie et plus sail- 
lante. 

En définitive , nous pensons que ce dernier individu nous pré- 
sente seulement une variété d'âge. 

Un très-jeune individu nous présente, d'avec les deux indivi- 
dus précédents, lescaractèresdifférentielssuivants : il est en entier 
roux , mais d'une teinte terne et foncée, sur la tête , l'espace in- 
teralaire et le cou. Dans tontes ces régions, les plumes sont d'un 
noir foncé à leur base ; sur le menton, au contraire, leurs racines 
sont blanches. Sur le dessus de l'œil et le front, elles offrent de» 
zones transverses de blanc roussâtre foncé et de brun, et en ar- 



TRAVAUX INÉDITS. 197 

riére et un peu au-dessous de Toeil, on aperçoit une petite tache 
noire. Dans la région thoracique, les parties latérales sont d*un roux 
moins foncé que sur la tête et le dessus du cou; il existe sur les 
plumes de la partie médiane des zones de blanc roussâtre et de 
brun. Sur les hypocondres, quelques-unes , mais en très-petite 
quantité, offrent ce dernier mode de coloration. Le reste est brun 
enfumé, teinté de roux. L'abdomen est blanc duveteux. La co- 
loration des pennes alaires ne nous présente rien de particulier : 
mais leurs couvertures offrent un vert plus foncé, plus de roux et 
plus de brun que chez nos deux individus plus adultes, et la ta- 
che de l'extrémité est composée de deux bandes, l'inférieure brun 
noir; la supérieure blanc roussâtre et cerclée en dessus de brun 
noir, aussi bien qu'en dessous. Le dos est brun olive foncé. Dans 
tout cet individu, les plumes sontébarbées et très-décomposées. 
La mandibule supérieure est brun foncé ; l'inférieure jaune de 
corne. 

Nous pensions d'abord que c'est à un âge intermédiaire , entre 
les deux que nous venons de décrire, que s'appliquait la diagnose 
de M. de Lafresnaye , exprimée dans les termes suivants: Tout le 
dessus de la tête jusqu'à la nuque, ses côtés et tout le dessous de 
Voiseau sont roussâtre clair, mais chaque plume est comme écail. 
lée par de petits croissants noirâtres : le haut du dos est d'un 
roux marron: le reste j ainsi que le manteau et la queue , est 
d'un vert olive teinté de roux ■ la queue est traversée par une 
bande noire vers les deux tiers de son extrémité qui est cou- 
leur bleu de ciel : le bec est brun et les pattes jaunâtres (Revue 
zoologique, 1838, p. 224 ). Sauf la coloration de la tête et une 
appréciation différente des teintes , la description de M. de La- 
fresnaye concorde ^ en eflet , avec les nôtres. Mais de nouveaux 
renseignements, que nous devons à cet habile zoologiste, nous 
permettent d'affirmer que l'individu qu'il a décrit ressemble à 
l'un de ceux dont nous venons d'esquisser les caractères (1). 

Présentement, si nous comparons le Br. Squammigera aux 

(1) Voici ces renseignements qui compléteront la description donnée en 1838 par M. de 
Lafresnaye : ils sont extraits d'une lettre écrite à M. Desmurs, en réponse a unç missive 
dans laquelle M. Desmurs, satisfaisant à l'un de nos désirs, loi avait demandé quelques 
notions relatives au ^enre brachyptérollo. 

« Cliez le Br. pittoides , le tarse est plus long de une à deux lignes que chez le Br lep- 
» tosomus ; et chez le premier, le pouce avec son ongle pst de moitié plus court que chez 
» le second, l'ongle également compris. Le Br. squammigera est intermédiaire aux deux : 
» il a de longues jambes , comme le Br. pittoides : mais son bec pins renflé le rapproche 
».da.fir. lej>to$omus. —La tête du Br, tquammigera ( manie d'ane bande médiane, d'an 



198 REVDË ZOOLOGIQUE. {Juin 1846.) 

deux espèces antérieurement décrites, nous trouvons les diffe^ 
reïices et les analogies suivantes : 

1° 11 est intermédiaire par sa taille entre le Brachypteracias 
leptosomuset \e Brachypteracias pittoides. Mais il s'éloigne de la 
première de ces espèces , pour se rapprocher de la seconde, non- 
seulement , comme l'a dit encore M. de Lafresnaye, par son tarse 
plus allongé, mais, en ontre, par la brièveté du pouce. 

2o La forme générale de son bec est celle du Br. leptosomus , 
mais il est moins fort, plus comprimé. Sous ce dernier point de 
vue , il ressemble plus au Br, pittoides, et semble le lien d'union 
de ces deux espèces. La forme et la structure de ses narines, moins 
couvertes, plus ouvertes par cela même, et plus ellipsoïdales, 
le rapproche en second lieu du dernier de ces types. Il s'en rap 
proche encore par le roux de l'espace dorsal interalaire , mais 
s'en éloigne par la coloration différente du dessus de la tête , de 
la queue, des parties inférieures, etc. 

3** Par la coloration des taches des couvertures alaires , il res- 
semble, au contraire, au Br. leptosomus , mais s'en éloigne par 
Ves plumes, à forme arrondie, des parties inférieures, coupées 
carrément dans le dernier. Le mode de coloration offre dans les 
deux, il est vrai, beaucoup d'analogie: mais la zone blanche ter- 
minale de la queue, si peu étendue chez le Br. leptosomus^ est 
remplacée par du bleu , occupant un plus large espace chez le 
Br. squammigera; le dessus de la tête, en outre, offre des con- 
ditions de ptilose totalement différentes, dans les deux espèces- 
que nous ccmparons. 

Les trois espèces que nous venons de comparer se ressemblent 
donc beaucoup réciproquement, en même temps que des diffé- 
rences qu'on aurait tort de dédaigner tracent entre elles des 
lignes de démarcation bien tranchées. Ceci devient même évi- 
dent par la comparaison des formes du bec : car nos individus 

» bean noir, étendue dn front à l'occiput) , les côtés du cou , la poitrine et les flancs sont 
» écaillés de noirâtre brun sur fond blanc teinté de roussàlre. Le haut du dos est fauve; 
B le dessus et les ailes olive , avec des écailles blanches bordées de noir à l'extrémité de 
» toutes les couvertures petites , moyennes et grandes. Croupion et queue olive : les rec- 
» trices latérales bleues à leur base . puis olivâtres . puis traversées , vers les deux tiers de^ 
» leur longueur, d'une bande roussâtre suivie d'une autre d'un noir profond. Toutes sont 
» terminées d'une bande bleue, blanchâtre à l'intérienr des reclrices, excepté les intermé- 
s diaires qui sont toutes de couleur olive, traversées seulement de la bande roussâtre. Lon- 
» gueur totale. 2S centimètres. » 

Qu'il nous soit permis, en terminant cette note . de remercier M. de Lafresnaye de sa 
Weoveillante communication , et de la courtoisie avec laquelle il veut bien nous permettre 
*« mettre à profit , pour nos travaux futurs , ses profondes connsissancos en ornitholosie.. 



TRAVAUX INÉDITS. 109 

d'une même espèce, comparés entre eux, offrent des modifications 
différentielles qui, à nos yeux, n'ont qu'une valeur individuelle. 
Un fait de même nature nous est offert par le genre Mésite (Hé- 
sites, Is. Geoff. St-H.). L'espèce, décrite tout récemment par 
M. Desmurs, celle qui l'a été plus anciennement par M» le profes- 
seur Geoffroy Saint-Hilairefîls, se ressemblent considérablement 
entr'elles par la coloration, et cependant des formes rostrales 
différentes les séparent nettement. 

Quant à ce qui concerne la place du genre Brachyptérolle 
dans le système, nous pensons que ce type générique est bien 
placé à côté des Rolliers. ^ous trouvons beaucoup de ressem- 
blance entre ces deux genres par la structure des doigts. Quoique 
chez les Rolliers les doigts soient moins allongés, il y a chez eux 
moindre allongement du doigt interne, comparé à l'externe; 
sous ce point de vue, nos Brachyptérolles leur ressemblent. Lo 
tarse, il est vrai, est moins allongé chez les Rolliers, mais dans 
les genres voisins (Kitta, Myophonus, Calodera) cet allongement 
reparaît quoique les deux doigts latéraux diffèrent moins en 
longueur. Il y a là un lien de transition, par l'intermédiaire de 
l'organe locomoteur, entre deux types d'ailleurs si séparés par la 
forme du bec. 

Pour ce qui est du pouce, généralement petit chez les Rolliers, 
l'un de nos Brachyptérolles (c'est le Br. collaris) le présente 
très-bien formé, presque aussi grand que chez le Kitla vires- 
cens ; chez le Brach.pittoides et le Br, squammigera, il est, au 
contraire, très-rudimen taire, tandis que le tarse devient plua 
allongé. Mais cet allongement du tarse est le seul point de res- 
semblance qu'ils nous semblent, pour le membre postérieur, 
offrir avec les Brèves. Chez les Brèves, en effet, le pouce est très- 
bien formé, muni d'un ongle, le plus fort de tous ceux de la 
patte; le médius est plus long que les deux doigts latéraux, et 
parmi ceux-ci, l'interne moins long que l'externe. Rien de sem- 
blable chez nos deux plus petites espèces de Brachyptérolle , les 
deux doigts latéraux s'y trouvent plus longs, par rapport au mé- 
dius. De plus, chez les Brèves, le doigt externe est réuni au 
médius jusqu'à la première articulation, l'interne en grande par- 
tie libre. Chez nos Brachyptérolles, je trouve le doigt interne, 
aussi bien que l'externe, très-peu réuni au médius. 

Dans la structure de l'aile, je trouve la quatrième penne la 



200 KEVUE Z(>oLO(uguE. {Juin \S\6.) 

plus longue, lu cinquième l'égalant presque, comme dans le genre 
Âitta : sous ce point de vue, par conséquent, notre type madé- 
casse s'éloigne des genres Coraciaset C'o/^am, pour se rapprocher 
des Brèves. 

Quoi qu'il en soit de ce mélange de caractères appartenant à 
divers genres, nous croyons devoir isoler du genre Brachypté- 
rolle le Brach. pittoides et le Brach. squammigera. L'allon- 
gement du tarse et la brièveté du pouce nous semblent légitimer 
cet isolement, et nous désignerons ce nouveau type générique 
sous le nom d^yitelomis. Les deux espèces ci-dessus indiquées 
deviendront AteL pittoides et j4tel. squammigerus. Peut-être 
même lorsque nous connaîtrons un plus grand nombre d'indivi- 
dus de ces deux types, sera-t-il nécessaire , à cause des diffé- 
rences dans la forme du bec, de séparer de nouveau ces deux 
espèces : mais momentanément nous croyons prudent de les 
isoler seulement du Brach. leptosomus. 



ScR le Lanion huppé, Lanio cristatus de Vieillot, et sur une 
nouvelle espèce du genre Lanion., par M. De Lafresnaye. 

\ieillot forma son genre Lanion (Lanio) en 1816 ou 1817, 
dans le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle , sur une espèce 
de Tangara décrite par certains auteurs sous le nom de Tanagra 
atricapiîla, et par Buffon sous celui de Tangara mordoré, 
enl. 809 , f. 2. — Il avait cru trouver dans la forme du bec de 
cet oiseau , armé vers les deux tiers de sa mandibule supérieure 
d'une sorte de dent obtuse , un caractère suffisant pour le retirer 
non-seulement du genre Tangara où il avait figuré jusqu'alors, 
mais même de sa famille des Péricalles répondant à la famille 
Tanagridœ actuelle , et le transporter dans celle des Collurions 
répondant à celle des Lanidœ actuelle. Nous n'avons jamais 
partagé l'opinion de Vieillot quant à ce second point , car nous 
avons trouvé tant de rapports entre ses Lanions et ses Tangaras 
tachyphones dont quelques-uns offrent même lindice de la 
dent obtuse au bec, que dès 1837, dans notre Synopsis av. 
Amer, a Dorl. et De Lafr. , etc. , nous fîmes, des Lanions de 
Vieillot , une .section des Tachyphones sous le nom de Tachy- 
phoni medio-dentati. Nous y avions encore été engagés parce 



TRAVAUX INÉDITS. 201 

que nous avions remarqué : i" que chez le Lanion mordoré 
comme chez les Tachyphones à fond du plumage noir comme 
lui , les jeunes présentaient un plumage uniformément fauve , 
livrée qtte jusqu'ici on avait attribuée à tort aux femelles ; 2° que 
les adultes de ces Tachyphones noirs, tels que le Nigerrimus , 
le Cristatus Gmel. , le Surinamensis Briss. , le Figorsii Swains^ 
le Luctuosus nob. , avaient, ainsi que les trois espèces de La- 
nions à nous connues , une tache blanche le long de la partie 
de l'aile qui borde les scapulaires. — En cela, du reste, M. G. 
R. Gray, dans sa List of gen. ofbirds, a émis une opinion con- 
forme à la nôtre , puisque tout en admettant le genre Lanio , il 
Pa placé dans la famille des Tangaras et non dans celle des 
Pies-griéches. 

Si le Lanion mordoré de Vieillot , de Cayenne et du Brésil , 
est un oiseau assez commun et bien connu, il n'en est pas de 
même desonZamon huppé, Lanio cristatus, sa seconde espèce, 
qui n'aura peut-être été reconnu par aucun ornithologiste. 
Vieillot le décrit comme étant noir, ayant une huppe rouge , les 
lorum et le capistrum jaunes , le milieu de la gorge roux, le pli 
de l'aile blanc en dessous, avec le reste du plumage, le bec et 
les pieds noirs. — Nous avons toujours trouvé dans cette des- 
cription tant d'analogie avec la coloration du Tangara ou Ta- 
chyphone bien connu sous le nom de Tangara houpette , Buff.. 
Tanagra cristata , Gmelin , que nous avons pensé que Vieillot 
avait bien pu , par inadvertence , décrire cet oiseau sous 
deux noms différents, comme il l'a fait pour son JRoilelet omni- 
color et quelques autres espèces de Azara. (]e qui nous l'a fait 
présumer, quoique la Houpette diffère de sa description par son 
croupion roux et par ses lorum noirs, c'est que, comme le Lanion 
mordoré, elle présente une dent obtuse à sa mandibule supé- 
rieure , caractère qui n'avait point été remarqué par les auteurs, 
excepté par le descripteur par excellence Brisson, et suffît pour 
prouver que c'est bien à tort qu'ont voulu l'assimiler comme 
variété à une autre espèce bien distincte et ne présentant pas 
ce caractère, Buffon, Gmelin, Vieillot lui-même et autres. 
Ainsi la pi. enl. 7, f. 2 représente seule la tTflîV Houpette, 
Tanagra cristata, Gmel., parfaitement décrite et figurée par 
Brisson , dix ans auparavant, Omit, suppl. , P. 65 et pi. 4 , f. 3 ; 
tandis que l'oiseau de la pi. enl. 301 , f. 2, que Buflbn et après 



202 REVUE zooLOGiQUE. (Juin 1846.) 

lui les auteurs précités ont regardé comme variété d'âge ou d» 
sexe de la Houpette , est une espèce distincte indiquée comme 
telle sous le nom de Tanagra Martialis par Temminck (Ma- 
nuel , Analyse LXX). Mais en cette occasion , Temmink a eu, 
comme les auteurs précités , le tort de ne pas consulter l'Orni- 
thologie de Brisson , car il y aurait trouvé son Tangara Mar- 
tialis^ ou prétendue variété de la Houpette^ parfaitement dé- 
crite et figurée (Omit, supplém. , P. 46, pi. 3 , f . 1), sous le 
nom de Merle de Surinam , Merula Surinamensis ; ou trompé 
peut-être par ce nom générique de Merle donné à tort par 
Brisson à cet oiseau , il n'aura pas cherché à reconnaître si sa 
description n'était point celle d'un Tangara^ faute qu'a com- 
mise d'abord Buffon qui , se contentant de copier exactement la 
description de Brisson, l'indique sous le nom de Merle de 
Surinam, et est imité en cela par Latham, Gmelin et Vieillot. 
— Cependant en lisant attentivement la description de ce pré- 
tendu Merle « gros comme une alouette , d'un noir luisant , avec 
» le dessus de la tête, les côtés de la poitrine, le croupion d'un 
» fauve jaunâtre , les couvertures alaires les plus proches du 
» corps et toutes les inférieures blanches, et la base des rémige» 
» roux pâle » et surtout en observant sa figure , Briss. , Suppl. , 
pi. 3, f. 1 , il est impossible de n'y pas reconnaître la prétendue 
variété du Tangara Houpette, le Tangara Martialis^ Temm. 

11 résulte de ces deux descriptions de Brisson, antérieures de 
dix ans à celles de Buffon , que le nom de Cristatiis du pre- 
mier auteur doit rester à l'espèce seule figurée par Buffon, pi. 
enl. 7, f. 2 ; tandis que celle de sa pi. enl. 30l , f. 2, également 
décrite et figurée par Brisson sous le nom de Merula Surina- 
mensis, ôo\t conserver son nom spécifique de Surinamensis et 
prendre celui de Tachyphonus Surinamensis ( Briss. ) au lieu 
de celui de T. Martialis ( Temm.) 

En observant la forme très-comprimée , allongée et grêle de 
ce dernier oiseau , on ne sera pas bien étonné que Brisson en 
ait fait un Merle, mais on le sera davantage qu'il ait été regardé 
«omme variété d'une espèce à bec plus court, plus épais et à 
dent obtuse vers son milieu. 

On peut conclure, ce me semble, de ces observations : î" que si 
ie Lanion huppé , Lanio cristatus de Vieillot , n'est pas le même 
oiseau que la Houpette de Buffon , Tangara nigra cristata de 



TRAVAUX INÉDITS. 203 

Brisson , Tachyphonus cristatus de Vieillot, c'est au moiDs une 
espèce tout à fait l'oisine ou une simple variété qui , dans son 
plumage noir, à huppe rouge , à front jaune , à aile blanche en 
dessous, à gosier roux , la rappelle entièrement, ainsi que ce 
groupe de Tachyphones noirs huppés dont elle fait partie , et 
établit un passage réel entre les Tachyphones de Vieillot et ses 
Lanions , ce qui place évidemment ceux-ci dans la famille des 
Tangaras bien plutôt que dans celle des Pies-grièches ; 2° que si 
on acquérait la certitude que le Tanagra cristata (Brisson, 
Gmelin , etc.) , ffoupette de Bufibn, enl. 7, f. 2 , fût une espèce 
distincte du Lanio cristatus de Vieillot , il n'en devrait pas moins, 
d'après la forme de son bec à dent médiane obtuse , figurer dans 
le genre Lanio , puisqu'il en offre le caractère , conserver son 
nom de Cristatus qui lui fut donné primitivement par Brisson^ 
et changer le Lanio cristatus de Vieillot en Lanio Fieillotii 
De Lafr. 

Les espèces peu nombreuses qui composent aujourd'hui le 
genre Lanio de Vieillot sont à notre connaissance ; 

1° Lanio atricapillus Vot, N. Dict. d'hist. nat. , vol. 17, 
p. 305. — Id. Vot, Gai., pi. 13. •— Le Tang ara mordoré , 
Buff., enl. 809, f. 2. — Tanagra atricapilla , Gmelin (de Cayen- 
ne et du Brésil). 

2° Lanio cristatus, Lanion huppé Vot, n. Dict., vol. 17, 
p. 305. — Tanagra cristata y Gmel. ; Tangara houpette, Buff., 
enl. 7, f . 2. Si, d'après nos prévisions, on reconnaît l'identité de 
la Houpette avec le Lanio cristatus du Brésil , rapporté par feu 
Lalande. 

3° Lanio versicolor, nob. Tachyphonus versicolor^ d'Orb. et 
de Lafr. Synop. avium Amer, p. 28. — Pyranga versicolor^ 
d'Orb. Voy. en Amer. Ois., p. 262 , pi. 19, f . 1 . — (Bolivie au 
pied des Andes, d'Orb.) (I). 

4* Lanio luctuosus , nob. Tachyphonus luctuosus , nob. , 

(1) Qnoiqne collaborateur de M. A. d'Orblgny dans la partie ornitbologtqoe de son 
Toyage en Amérique, nous sommes loin de partager son opinion quant à certaines es- 
pèces qu'il a cru devoir classer, au moment de la publication de leurs articles dans son 
Toyagc, dans d'autres genres que ceux où nous les avions placées de concert avec loi 
dans noire synopsis. Tels sont notre Tachyphone versicolor , notre Tachyphone en 
deuil (Synopsis av. amer., p. 28 et 29), que nous placions alors dans notre section des 
Tachyphones à bec dentelé ou Lanions de Vieillot et que M. d'Orbigny a placés dans le» 
Pyrangas, se fondant en cela sur la dent médiane de leur bec et sur leurs mœurs fo- 
vestières. 11 est évident cependant que les Lanions de Vieillot ont, dans la forme très- 
comprimée , allongée et crochue de l'extrémité de leur bec , dam leur coloration tant<U 



204 REVDE zooLOGiQDB (Juin 1846.) 

Synops. avium Amer., p. 29. — Pyranga en deuil, Pyrauga 
luctuosa d'Orbigny, Voy. en Amer. , p. 263 , pi. 20, f. 1 , 2. , de 
Bolivie d'Orb., de Colombie Parzudaki (1). 

5° Lanio cristatus, nob. Tangara Houpette , Buff. , enl. 7, 
f. 2. — Tanagra cristata , Gmel. Si toutefois on le recon- 
naissait comme espèce distincte du Lanio cristatus de Vieillot, 
dont il faudrait alors changer le nom de Cristatus en celui de 
Fieillotii, nob., celui-là étant plus anciennement donné au 
Tangara Houpette. 

6° Lanio Aurantius , nob. — L. capite , collo , alis caudâque 
totis atris; Dorso imo , uropygio, ventre, abdomine, et sub- 
caudalibus flavo-jonquillaceis ; pectore colloque imo supra rufo- 
aurantiis ; alae tectricibus majoribus dorso proximis basi albis , 
maculam niveam sed scapularibus nigris absconditam forman- 
tibus ; rostro magno , robustissimo, unco apicali elongato , et 
dente medio obtuso , valido , instructo , nigro ; pedibus fuscis. 
Habit, in Colombiâ. 

Cette nouvelle et belle espèce, voisine du Lanio versicolor , 
nob. , par le fond de sa coloration jaune jonquille , mais 
n'ayant pas comme lui toutes les couvertures alaires blanches et 
étant d'un quart plus fort , l'est également du Lanion mordoré^ 
Lanio alricapillus de Vieillot ; elle en diffère néanmoins : 1° par 
une taille évidemment plus grande , son bec et ses pattes étant 

oolre à tache alaire blanche comme chez notre Lanto luctuosus . tantôt noire va- 
riée de ronx ayec une huppe rouge comme chez notre Lanion houpette fLanIo cristatus;, 
tantd'analogieavec le Tachyphone leucoptère. Vot.; Tanagra nigerrima , Gmel.; avec 
notre Tachyphone de Surinam, Turdus Surina mensis , Brissou ; Tanagra martialis, 
Tem.; Variété de la houpette (à tort), Buff., enl. 301, f. 2, et avec le Tachyphonus 
coryphea, Lichl. d. du m. de Berlin, n"^ 342; Troupiale des bois noir et couronné , 
Azara ; Tachyphonus Vigorsii , Svvains. et si peu au contraire avec les Pyrangas a. bec 
plutôt élargi que comprimé, à plumage presque toujours rouge chez les mâles, jaune ou 
olive chez les femelles, jamais noir varié de blanc ou de huppe rouge ou jaune , que te 
rapprochement nous a paru tout à fait contre nature. 

(1) Quoique notre Lanio luctuosus ne présente à sa mandibule supérieure qu'un in- 
dice de dent plutôt qu'une dent véritable et prononcée comme chez les autres Laniona , 
la forme générale de sou bec , la petitesse et la brièveté de ses pattes , sa tache alaire 
blanche le rapprochent tellement d'eux qu'il doit figurer avec eux et comme espèce d» 
transition, ainsi que la houpette. des Tachyphones aux Lanions types . tels quo le Mor- 
doré, le Versicolor et le Doré. Nous observerons ici que les femelles du Lanio luctuo- 
sus, du Lanio versicolor éiant, la première vert olive en dessus, jaune en dessous avec 
la tête grise et la gorge blanchâtre, et la seconde vert teinté de roux en dessus, aurore 
verdâtre en dessous, avec le milieu du ventre jaune vif, les flancs et les sous-caudale» 
ronx, et notre Lanion doré mâle ayant encore au milieu de ses ailes et de sa queue 
noires quelques pennes de sa première livrée de couleur fauve, on peut raisonnablement 
en déduire que, chez la plupart des Tachyphones et des Lanions , la couleur fauve uni- 
forme est celle des jeunes et non lies femelles , et que celle des femelles est probable- 
ment, comme chez les deux précitées, verte en dessus, jaune en dessous, plus ou moin»^ 
(•intée d'olive et de roux, et variée de gris cl de blanc roussâtre. 



TRAVADX INÉDITS. 205 

presque d'un quart plus forts ; comme lui , elle a la tête et le cou 
en entier, les ailes et la queue noirs , mais d^un noir plus intense , 
ces parties étant d'un noir brun chez le Mordoré ; 2° tout le 
dessus et le dessous, depuis le cou, sont d'un beau jaune doré 
passant au jaune vif ou jonquille sur le croupion, les sus- 
caudales , le ventre , l'abdomen et les sous-caudales. C'est le 
contraire chez le Mordoré dont le jaune doré assez vif au-dessous 
du cou, en dessus, passe insensiblement au mordoré sur le 
dos et au brun mordoré sur le croupion et les sus-caudales ; il 
en est de même en dessous , où le même jaune vif du dessus du 
cou se retrouvant sur les côtés de la poitrine , devient plus foncé 
et se teint insensiblement de mordoré sur le bas de la poitrine 
et le haut du ventre , et de brun mordoré sur l'abdomen et 
les sous-caudales. — Sur le Lanio aurantius, enfin , les teintes 
deviennent insensiblement plus claires et plus vives en dessus 
comme en dessous depuis le bas du cou jusqu'aux pennes cau- 
dales ; c'est le contraire chez le Mordoré. Ajoutons que le brun 
mordoré qui , chez le Lanion mordoré , couvre le devant de la 
poitrine en forme de plastron , n'est remplacé chez notre Lanio 
aurantius que par une teinte légère de mordoré qui , en dessous 
comme en dessus , se fond bientôt dans la teinte jonquille qui 
la suit. 

Cent, 
(du Lanio aurantius nob. 17 1/2 
( du Lanion mordoré Vieillot 16 

MitK 
Long, du bec ( du Lanio aurantius. ... 2 3 
depuis son ouverture ( du Lanion mordoré. ... 2 

Le Lanio aurantius habite la Colombie. Nous n'en connaissons 
pas la femelle ni le jeune. L'individu d'après lequel nous avons 
fait notre description et que nous possédons , est un jeune oiseau 
passant de la livrée première à celle de l'adulte , ce qu'il est fa- 
cile de reconnaître à quelques-unes de ses rectrices et de ses 
rémiges fauves et non noires comme les autres , et à quelques 
plumes olivâtres clairsemées au milieu du noir de la tête et du 
jaune du milieu du dos. Ce qui indique qu'à sa première livrée 
cet oiseau a les ailes et la queue fauves avec la tête et le cou 
olive sombre , le dos d'un fauve olive ; le croupion et tout le 



206 RKVOE zooLOGiQDE. {Jum 1846.) 

dessous étant d'un jaune vif sans mélange , ne nous ont pas laissai 
de données sur la première coloration de ces parties. 



Sur quelques nouvelles espèces d'oiseaux de Colombie, par 
M. De Lafresnaye. 

1. Tachyphonus brevipesnoh. — Tach. Supraolivaceus,capite, 
collo et pectoris lateribus grisais, vertice et regione post- 
oculari olivaceis , loris etoculorum circuitu flavis ; subtus pallide 
ocraceus , hypochondriis olivascentibus , ano et subcaudalibus 
stramineis ; remigum basi subtus , tectricibusque inferis albis ; 
praeterea , pectore sub flexurâ aise fasciculo laxo plumarum sul- 
phureo-albido utrinque induto ; rostro gracili, elongato, valde 
compresso , nigro aut plumbeo , tomiis simplicibus ; tarsis 
digitisque brevissimis et minutissimis. Longit. 15 cent., tarsi 
15 millim. 

Cette espèce est en dessus d'un vert olive avec les rémiges 
noirâtres , mais bordées d'olive ; le dessus de la tête et du cou 
est d'un gris plombé qui devient plus clair sur les oreilles et les 
côtés de la poitrine ; le gris plombé de la tête se nuance d'olive 
sur le milieu du vertex et derrière les yeux, qui sont entourés 
d'une étroite bordure jaune, s'étendant aussi sur les lorum; 
tout le dessous est d'une teinte ocreuse pâle , plus claire sur la 
gorge et le devant du cou, passant à l'olive sur les flancs et au 
jaune mordoré sur les sous-caudales ; les rémiges sont, en dessous 
des ailes, blanches à leur base ainsi que leurs couvertures , et de 
plus , il y a de chaque côté de la poitrine , sous le pli de l'aile , 
un petit faisceau de plumes lâches de couleur blanche teintée de 
soufre. Le bec grêle, très-comprimé, allongé, noirâtre, semble 
avoir été d'un bleu couleur de plomb sur le vivant ; les tarses 
et les doigts , remarquablement courts, sont couleur de plomb. 
•Long. tôt. 15 cent, du tarse 15 millim. 

La brièveté des pattes , la compression du bec sembleraient 
rapprocher cet oiseau des Lanions , surtout des Lanio cristatus 
et luctuosus ; mais il ne présente aucun vestige de dent à la 
inandibule supérieure. Il pourrait donc servir de chaînon pour 
établir le passage des Tachyphones aux Lanions précédant les 
JLanio luctuosus et cristatus à dent peu prononcée , qui se- 



TRAVAUX INÉDITS. 207 

raient eux-mêmes suivis des Lanio atricapillus, versicoloVy 
auratuSy etc. , à dent très-prononcée. 

Nous possédons deux individus de cette espèce à couleur tonte 
semblable et dont l'analogie de coloration avec la femelle de 
notre Lanio luctuosus nous fait présumer qu'ils sont eux-mêmes 
femelles de quelque espèce à plumage noir peut-être, chez le 
mâle, comme chez le Z. ^mc/wosus.— Cette espèce sera toujours 
reconnaissable à la brièveté de ses tarses. 

2. Tyrannula rufipectus , nob. — Tyr. Supra viridi-olivacea 
pileo fusco-schistaceo, alisfuscis, tectricibus pallido rufo termi- 
natis, duas vittas obliquas formantibus, remigibus eodem colore 
marginatis, ultimâ dorso proximâ extus sordide albâ, caudâ 
elongatâ, fnscâ , parum rufo tinclâ, extus olivaceo-rufo mar- 
ginatâ; subtus gulâ, genis, collo antico et pectore olivascente- 
rufis; ventre, abdomine et subcaudalibus pallide flavis; rostro 
graeili longiconico, non depresso , basi valde ciliato. 

Cette petite espèce de Muscicapidée, remarquable par son bec 
grêle, longicône, non déprimé, muni à sa base de soies nom- 
breuses, par sa queue fort longue , ses tarses courts , offre bien 
au premier abord quelques rapports avec les Sétophages, mais 
ces derniers caractères nous semblent l'en éloigner et la placer 
dans les Tyrannula de Swainson , dont le groupe si nombreux 
en Amérique offre les modifications les plus variées dans la lon- 
gue série d'espèces dont il se compose. 

Cette petite espèce de forme assez anomale est en dessus d'un 
vert légèrement teinté d'olive , avec le dessus de la tête d'un gris 
de plomb obscur , les ailes noirâtres ont leurs tectrices terminées 
de roux pâle » ce qui forme deux bandes obliques sur l'aile ; les 
rémiges sont bordées à l'extérieur de la même couleur, et la ter- 
tiaire la plus près du dos a toutes ses barbes extérieures d'un 
blanc sale ; la queue est fort longue à proportion de l'oiseau ; 
elle est d'un noirâtre teint de roux obscur avec ses pennes laté- 
rales bordées d'olive roussâtre. La gorge , le devant du cou , les- 
joues et la poitrine sont d'un roux un peu olivâtre, le reste du 
dessous et les sous-caudales sont d'un jaune pâle ; le bec grêle , 
non élargi ni déprimé , est presque longicône et garni de soie» 
nombreuses à sa base. Long, totale 13 cent., de la queue 7 cent., 
3. Spermophila olivaceo-fiava , nob. Rev. 1843, p. 291. — 
Avis adulta. — Lorsque nous avons décrit sous ce nom, dans \m 



*208 REVUE ZOOLOGIQDE. {Juifi 1846.) 

Revue, 1843, p. 291 , un petit gros-bec de Colombie, nous ne 
possédions alors qu'un individu qui , depuis que nous en avons 
acquis un second , nous paraît devoir être considéré comme 
jeune ou comme femelle , car ce second individu , bien certaine- 
ment de la même espèce et de la même localité , diffère du pre- 
mier en ce qu'il a la tête et le cou entier d'un noir profond et 
non olive comme lui ; il a le reste des parties supérieures d'un 
olive foncé et des inférieures d'un jaune paille très-pâle , avec les 
flancs d'un olive noirâtre. Sa longueur totale est de 9 cent. ; il a 
tous les caractères d'un oiseau bien adulte. 

4. Dendrocolaptes albo-lineatus , nob. — Den. Capite collo- 
que brunneo-fuscis , maculis pallidis minutissimis notatis, bis 
collo supero vix conspicuis; alis ut rite rufescente-brunneis , 
caudâque intense cinnamomeâ , subtus sordide olivascens ; gut- 
ture pallidè rufescente-albido , unicolore, vitlâ nigrâ laterali 
utrinque marginato ; collo infero , pectore abdomineque maculis 
pallidis , angustissimis, linearibus , nigro marginatis , indutis; 
rostro tenui , mediocri, parum arcuato, supra corneo, infra 
pallido. Long, totale 16 cent. , alœ a fleœurâ 8 cent. 3/4, rostri 
a fronte 2 cent. 2 millim. , caudœ 7 cent. 1/2. 

Cette petite espèce est voisine de taille et de forme dû Den- 
drocolaptes tenuirostris Lichtenstein , Picolaptes guitata , 
Grimpic a gouttelettes Lesson, centurie, p. 93, pi. 32; — Pic. 
Spixii là. traité d'Ornithologie . p. 314 ; mais elle est un peu 
plus petite ; ses ailes sont plus longues et son bec plus court ; de 
plus, elle en diffère entièrement par ses taches pectorales fili- 
formes et bordées de noir. Sous ce dernier rapport, elle offre 
quelque analogie avec notre Dendr. lacrymiger^ Rev. ; mais 
outre qu'elle est beaucoup plus petite, ses taches sont en 
forme de stries filiformes et non de larmes arrondies vers le 
bas. — Elle vient de Colombie ou du Mexique. 

Nous avions cru reconnaître d'abord dans cet oiseau une des 
deux espèces mexicaines décrites par Swainson dans son Sy- 
nopsis ofthe birds of Mexico, p. 440, sous les noms de Xi- 
phorhynchus ïeucogasier et flavigaster, mais outre qu'elles 
sont d'un tiers plus fortes, elles en diffèrent totalement de 
coloration. 

Dans notre essai de Monographie, Revue, 1846, p. 94, du 
genre Campylorhynchus , Spix, G.-R. Gray, List of gênera ou 



TRAVAUX INÉDITS. 2(W 

Picoîaples^ Grimpie Lesson, nous avons omis, par inadvertence, 
'îe Picolaptes capistrata , Less. , Rev. 1842 , p. 1 74 , de Réaléjo, 
qui paraît offrir d'assez grands rapports de coloration avec la 
quatrième espèce de notre Monog. , notre Campylorhynchus 
rufinucha , mais qui s'en éloigne assez par certaines particula- 
rités de cette coloration elle-même , pour qu'on ne puisse les 
regarder comme identiques. C'est donc une douzième espèce à 
ajouter aux onze que nous avons citées dans notre Mono- 
graphie. 

Supplément à une note sur le groupe des Gabiésoces ; par M. I. . 
Brisout de Barnevili.e. — ( Ployez Revue zoologique, 1846 , 
pag. 143 et suiv.) 

Dans une note insérée dans la Revue Zoologîque , 1846, 
pag. 14.3 et suiv. , nous avons formé deux genres aux dépens de 
celui des Gobiésoces , tel qu'il est admis et caractérisé par les 
auteurs ; nous proposons aujourd'hui l'établissement d'un qua- 
trième genre pour le Gobiesox nudus. Yoici quels sont les ca- 
ractères de ce nouveau gesire. 

Genre ChorisocMsmua. Nains {x»tKroK , séparé , distinct , et 
'/j-'Tfxi/, , fente ). 

Car. — Point d'incisives ni à Vune ni à Vautre mâchoire ; 
des dents en forme de canines aux deuœ{\). Ces poissons ont 
deux larges ouvertures branchiales distinctes; la peau qui 
limite antérieurement les fentes des branchies^ ne forme sous 
la gorge qu'un simple repli et non une cavité profonde com- 
mune aux branchies placées de chaque côté du corps. 

I. Chorisochismus nudus. Nobis. (Gobiesox nudus. Brisout). 
Voyez, pour les caractères de l'espèce et sa synonymie , la Revue 
zoologique, 1846, pag. 144 et 145. 

Pour compléter la description du Chorisochismus nudus 
donnée à l'endroit cité, ajoutez : tête plus grosse que le reste 
du corps , déprimée ; bouche fendue horizontalement et garnie 
de lèvres charnues ; yeux écartés ; nageoire caudale arrondie , 
la dorsale et l'anale distinctes de la caudale (2). 

(1 Ce sont des dents de forme conoïdale ou subcylindrique. 

(J) Chaque narine située près de l'œil a deux ouvertures bien distinctes placées l'una 
devant l'autre ; ces orifices saillent un peu ou sont un peu tentacules et terminaux ; 1« 
bord postérieur de l'ouverture antérieure sa prolouf e au delà de celle-ci en un appeodlc* 
«tt lobe cutané. 

Tome IX. Année 1846. 14 



210 utwuK zooLOGigoK. {Juin 1846.) 

Nous devons maintenant présenter comparativement les carac- 
tères du genre Gobiesox , Lace'pède. 

Genre Gobiesoœ. Lace'pède. 

Car. — Point d'incisives ni à Vune ni à Vautre mâchoire ; 
des dents en forme de canines aux deux (1). Branchies com- 
muniquant au dehors par une ouverture commune qui consti- 
tue une seule et unique fente branchiale transversale très-éten- 
due occupant les côtés du corps en avant des pectorales et 
toute la largeur de la gorge au-dessus du disque antérieur. 

C'est une erreur de ma part d'avoir transporté au Choriso- 
chismus nudus la dénomination générique de Gobiesox , et 
d'avoir créé un nom de genre nouveau pour le Gobiésoce tes- 
tar (3) ; c'est cette dernière espèce qui doit conserver en propre 
le nom générique de Gobiésoce que Lacépède lui avait imposé 
anciennement. Je supprime donc le nom d*Homodon que j'ai 
proposé dans l'Écho du monde savant , 1 846 , i*^ sem., col. 1 045. 

1 . Gobiesox cephalus. Lacépède. 

Nous allons compléter et rectifier ici la synonymie de cette 
espèce. 

Syn. — Cephalus fluviatilis major, vulgo testar. Plumier, 
Dessins man. de la bibl . du Muséum. Gobiesox cephalus. Lacé- 
pède , Hist. Poiss., t. II, pi. 19, fig. 1, pag. 596. — Lepadogaster 
testar, Bloch etSchneid., Syst. ichth., pag. 4 , pi. 1. — Gobiésoce 
testar. Bosc, Nouv. dict. d'hist nat., pi. D. 32 , fig. 9. — Le testar. 
Bory de Saint-Vincent, Dict. class. d'Hist. nat. , t. IX, pag. 285. 
— Gobiesox tudes. Richardson , Voy. of sulphur. Ichthyol., 
page 103, pi. 46, fig. 1,2 et 3. — Gobiésoce testar. Brisout, 
Écho du monde savant , 1846 , 1«' sem. , col. 469. Gobiesox ce- 
phalus, id., loc. cit., col. 536. Homodon cephalus. Id., loc. cit., 
col. 1045. — Gobiesox cephalus. Brisout. Revue zoolog., 1846 , 
pag. 145. 

Dans une note insérée dans la Revue zoologique (année 
!846 , pag. 145), j'avais rapporté avec doute au Gobiésoce tes- 
tar , Gobiesox cephalus , Lacépède , les poissons du Muséum 
dont je donnais la description ; mais dernier ement , ayant eu l'a- 
vantage d'examiner les dessins mêmes de Plumier qui font partie 
de la bibliothèque du Muséum , et qui ont servi de modèles aux 

;(1) Gohietox eephalui , Lacépède. 



TRAVAUX IWÉUITS. 2H 

figures de poissons que Lucépède a données d'après cet auteur , 
j'ai acquis la certitude que Vespèce reprcsentce par Plumier 
avec la dcnominalion de Cephalus fluviatilis major, vulgo 
ieslar^ et que Lacépède a fait copier dans son Histoire des Pois- 
sons , t. II, pi. 19, fig. \ , en la nommant Gobiésoce testar ^ Go- 
biesox cephalus , était bien exactement la même que celle dont 
fai donné la description dans la Revue zoologique , 1846 , 
pag. 145. Par conséquent, les noms de Gobiesox cephalus^ La- 
cépède^ que j'avais assignés à cette espèce, sont bien ceux qui 
lui conviennent. Plumier a donné une figure du Gobiesox ce- 
phalus dans le volume de dessins intitulé Poissons , Oiseaux , 
Lézards , Serpents et Insectes , pi. 105 , volume qui se trouve à 
la bibliothèque du Muséum sous le n° 1322 ; il en donne trois au- 
tres'figures à la pi. 85 d'un autre volume de dessins intitulé Pois- 
êons d'Amérique dessinés par le père Plumier ^ et qui porte, à la 
même bibliothèque, le n» 1323. 

Voyez pour les caractères de l'espèce la Revue zoologique, 
1846, pag. 14G. Ajoutez pourtant aux caractères du. Gobiesox 
cephalus : tête déprimée plus large que le reste du corps ; yeux 
écartés ; bouche fendue horizontalement , garnie de lièvres; yeux 
plus petits que ceux du Chorisochismus nudus ; nageoire caudale 
arrondie , la dorsale et l'anale distincts de la caudale. Chaque 
narine , située près de l'œil , a deux orifices bien distincts et très- 
brièvement tentacules. 

, Pour compléter la caractéristique des genres Sicyoguster et 
T^micodon , il est nécessaire d'ajouter qu't/s n'ont au dehors , 
^Omme le genre Gobiesox, quune seule fente branchiale trans- 
^ersale très-étendue , qui occupe les côtés du corps en avant 
des pectorales et toute la largeur de la gorge au-dessus du 
disque antérieur (i). 

Le Sicyogaster marmoratus a la tête déprimée , plus large 
[ue le reste du corps, la bouche fendue horizonlatement , la 
Nageoire caudale arrondie , la dorsale et l'anale distinctes de la 
caudale. 

Le Tomicodon chilensis a la tête déprimée , Je museau court , 
les yeux écartés et latéraux , la bouche fendue horizontalement, 

{l) Cotte disposition remarqnable do l'appareil respiratoire cheï les Tomtcodon, St- 
c yogas ter , Gobiesox et Trachclochismus résulte de la réunion sous la gorge des deux 
f«ntei branchiales en uive seule très-étendue. 



212 REVUE zooLOGioliE. {Juiti 1846. ) 

la nageoire caudale arrondie, la dorsale et Panale distinctes de 
la caudale. Les deux orifices de chaque narine bien distincts 
saillent un peu à l'extérieur. 

Aucune des espèces actuellement connues des genres Tomieo- 
don , Sicyogaster , Gobiesoœ et Chorisochismus n'a les na- 
geoires dorsale et anale falciformes ou subfalciformes ; chez 
toutes ces espèces il n'y a jamais qu'une seule nageoire du dos 
et une seule nageoire de l'anus. 

On trouve des dents au fond de la bouche du Chorisochismus 
en haut et en bas. 

Note sur un nouveau genre de la famille des Discoboles ; par 
M. L. Brisout de Barneville. 

Genre. Trachelochismus. Nobis (t^six^xoç, cou, et ;tîy^», 
fente). 

Les poissons qui constituent ce genre nouveau oni, comme les 
Lépadogaster, à/fl^ar^ie inférieure du corps deux disques bien 
distincts ; comme eux aussi ils ont une seule nageoire dorsale , 
une anale également unique et une caudale ; leur corps est nu. 
Des dents qui garnissent leurs deux mâchoires, les unes sont en 
velours , les autres plus longues, de forme conique ou conoïdale, 
ressemblent à de petites canines. Ce qui distingue nettement les 
Trachelochismus des Lépadogaster , c'est que leurs organes de 
respiration , placés de chaque côté , communiquent au dehors 
par une ouverture commune qui constitue une seule et unique 
fente branchiale transversale très étendue , occupant les 
côtés du corps en avant des pectorales , et toute la largeur de 
la gorge au-dessus du disque antérieur. Le corps de ces 
poissons est comprimé en arrière et présente en avant une 
tête déprimée ; leur bouche est fendue horizontalement ; leur» 
yeux sont écartés. 

Trachelochismus pinnulatus. Nobis. 

Synonymie. — Gyclopterus pinnulatus. Forster, Forsteri it. ad 
mar. austr. terras, édit. Lichtenstein , pag. 301. — Lépadogaster 
pinnulatus. Schneider, Syst. ichth.,pag. 2. 

Caractères. — Museau court. Tentacules des narines courts 1), 

(1) Les tentacnles olfactifs s'ouvrent au sommet, mais le bord postérieur du tentacule 
antérieur se prolonge au delà de l'orince en un lobe ou une languette , ce qui donne à c» 
tentacule plus de longueur qu'au tentacule postérieur , et détermine pour lui une dispoil»- 
tlon unilabiée ou anilobée. 



TRAVAUX INÉDITS. St3 

Yeux de grandeur moyenne. Une petite éminence vésiculeuse 
située au milieu du bord postérieur du disque antérieur; ce 
disque à peu près oblong et moins grand que le disque posté- 
rieur ; disque postérieur grand , de la largeur du corps , de 
forme elliptique, subelliptique ou subcirculaire. Nageoires dorsale 
et anale bien développées, assez élevées , séparées de la caudale 
par un intervalle de peu d'étendue , la nageoire de Tanus seule- 
ment un peu plus courte que la dorsale. La nageoire caudale est 
arrondie , et on peut dire de la dorsale et de Panale du Tra- 
chelochismus pinnulatus qu'elles sont coupées carrément. -=- 
D. 8 à 9 ; A. 6 à 7. — Toutes les dents du pourtour de la mâ- 
choire supérieure sont à peu près semblables ou ne présentent 
que de légères différences dans leur force et leur longueur rela- 
tives ; les dents qui bordent en arrière la mâchoire inférieure 
sont à peu près semblables à celles qui la bordent en avant ou 
plus fortes. Toutes ces dents sont ou sensiblement droites ou 
présentent une incurvation plus ou moins prononcée. — Les 
individus de cette espèce , conservés dans l'esprit-de-vin , sont 
généralement bruns ou d'un brun rougeàtre , avec des lignes 
obliques jaunâtres en arrière des yeux , sur les opercules ; on 
aperçoit en outre sur le corps de petites taches jaunâtres. 
Patrie. Nouvelle-Zélande (de Belligny , Quoy et Gaymard). 



CovRS d'Histoire naturelle des corps organisés, professé au 
Collège de France , par M. Duvernoy. (Suite. — Voir pag. 81 
à 113). 

Type ou Embranchement des Articulés. 

Cet Embranchement , dans la Méthode de M. Duvernoy , a 
une circonscription peu différente de celle adoptée , en pre- 
mier lieu, par M. Cuvier. Ce dernier composait, dès 1812, 
le Type des Articulés de quatre classes, celles l» des Crus- 
tacés, 2** des Arachnides, 3° des Insectes, et 4® des Anne» 
lides. 

Les trois premières forment un groupe caractérisé, entre autres, 
par des pieds articulés ; ce sont les Condylopes de Latreille. 

La quatrième n'a pas de pieds , ou n'a que des soies quf- en 
tiennent lieu. 



2\i RKVOK ZOOLOGlQnP.. [Juifi 1846.) 

Nous avons déjà dit , en parlant des leçons de M. Duvernoy , 
sur l'Embranchement des Mollusques (1), que le professeur erf 
avait extrait la classe des Cirrhopodes , pour la réunir au type 
des Articulés. Un autre changement important, exigé par les 
progrès de la science , dans la connaissance de l'organisation , 
est l'érection de l'ordre des Myriapodes, laissé dans la classe des 
Insectes par Cuvier et Latreille , en une classe distincte. 

Dans la méthode de classification que nous faisons connaître , 
le Type des animaux articulés ou annelés se compose : 1° dos 
Insectes , 2° des Myriapodes , 3° des Arachnides , et 4° des Crus- 
tacés , formant une première grande division de ce Type , qui 
comprend les animaux articulés , à pieds articulés. En dehors 
de ce premier groupe , se trouvent deux classes isolées,, celles 
5° des Cirrhopodes, 6° et des Annélides; dont la première met 
en rapport le Type des Articulés avec celui des Mollusques ; et 
dont la seconde lie ce même Type avec la classe des Helmin- 
thes , de l'Embranchement des Zpophytes. 

Cette classification , qui n'est qu'une simple amélioration de 
celle de Cuvier, amélioration nécessitée par les progrès inces- 
sants de la science , n'ôte rien de l'importance que ce grand Na- 
turaliste avait attribuée au système nerveux et à l'influence de 
sa disposition générale sur la forme extérieure du corps. 

Tous les animaux de ce Type, ainsi circonscrit, présentent 
une grande uniformité, une harmonie parfaite, qu'on nous 
permette cette expression, dans la disposition générale de ce 
système. 

En effet, un animal articulé ou annelé est un animal 
symétrique , aussi bien qu'un animal vertébré. Son cordon 
principal des nerfs est de même dans la ligne médiane longitu- 
dinale du corps ; mais dans le Type des articulés , c'est dans la 
ligne médiane inférieure; cette position, qui a fait dire à la 
science spéculative , qu'un animal articulé est un animal ren- 
versé, marchant par sa face dorsale, était nécessitée par celle 
des organes du mouvement , de ceux du moins qui servent à 
la progression sur le sol, et par leur arrangement. 

Ce principal cordon du système nerveux d'un animal articulé, est 
d'ailleurs composé, plus ou moins évidemment, de deux cordons 
aumoins, rapprochés l'un de l'autre, et interrompus de distance en* 

(t) p iti. 



TKAVAUX INÉDITS. 215 

distance , par une double série de ganglions , bien distincts , ou 
tellement unis sur la ligne médiane, que chaque paire semble 
fondue en un seul ganglion. Leur éloignement ou leur rappro- 
chement est en rapport intime avec la forme ramassée ou al- 
longée du corps , avec le nombre et la disposition éloignée ou 
peu séparée des organes du mouvement; ce sont autant de cen- 
tres nerveux d'où rayonnent les nerfs qui vont à ces derniers 
organes, à la peau , etc. 

Le cerveau se compose de ganglions situés au-dessus de Pori- 
gine du canal alimentaire et liés à la première paire des gan- 
gliers inférieurs , par deux cordons qui descendent de chaque 
côté de Toesophage à la rencontre de ces derniers ganglion^. 

Des ganglions accessoires, qui tiennent par le moyen de filets 
déliés aux ganglions cwébraux , produisent des nerfs qui 
vont au canal alimentaire et forment un petit sympathique , 
comparable au sympathique des vertébrés. 

Les parties dures des animaux articulés , celles du moins qui 
composent les leviers de leurs membres, sont extérieures et dépen- 
dent du système dermoïde ; tandis que leurs muscles sont enfermés 
dans ces parties , comme dans autant d'étuis , qui ne peuvent 
exercer les uns sur les autres que des mouvements d'extension et 
de flexion dans un seul sens. De là la nécessité d'un plus grand 
nombre d'articulations, pour produire des mouvements aussi 
variés que ceux des animaux vertébrés. 

Tous les animaux articulés ont un canal alimentaire avec 
une entrée et une issue. Dans le premier groupe les sexes sont 
constamment séparés. 

M, Duvernoy a beaucoup insisté sur le principal caractère de 
ce Type, celui tiré de la disposition générale du système ner- 
veux. Ce caractère est de la plus haute importance. Une fois 
compris par M. Cuvier, il lui a donné l'aperçu si juste des 
quatre Embranchements du règne animal , et de la distribution 
des classes de ce Règne dans ces Embranchements. 

C'est cette importance qui l'a déterminé à réunir sa classe des 
vers à sang rouge ou des Annélides avec les Articulés, et à les 
séparer de la classe de ses vers Intestinaux , qu'il a laissée avec 
les Zoophytes. 

Il connaissait le système nerveux des ascarides, composé de 
deux nerfs principaux , se continuant sans interruption sans 



516 rtKvuE zooLOGiguK. {Juin 18i6.1 

renflements ganglionnaires, sur les côtés da corps, et nonr 
dans la ligne médiane. 11 avait découvert celui très-analogue 
des linguatules ; il avait pu voir facilement celui des douves, 
ayant la même disposition générale. 

C'est cette disposition générale du système nerveux , telle que 
M. Duvernoy l'a exposée de nouveau à l'occasion des Animaux 
articulés , qui l'a confirmé dans la justesse des vues de M . Cuvier, 
au sujet des Helminthes , et l'a déterminé à placer et à circon- 
scrire eette classe, comme nous l'avons dit dans notre premier 
article (Voir 89 et 90). 

Le retard que nous avons mis dans la publication de celui 
d'aujourd'hui, nous permet d'y comprendre l'extrait d'une note 
additionnelle, que nous avons reçue de M. Duvernoy , au sujet 
d'une communication faite par M. Blanchard à la Société philo- 
mathique , dans la séance du 9 mai dernier. 

D'après ce jeune anatomiste, le système nerveux de strongle 
géant ne se composerait pas d'un seul cordon médian inférieur, 
comme l'avait dit Otto ; mais des deux cordons semblables à 
ceux des ascarides , aboutissant en avant à deux ganglions réu- 
nis par un cordon de commissure supérieur et un inférieur , for- 
mant ainsi ^ autour de l'œsophage, un collier complet. 

Cette même disposition a été observée dans plusieurs espèces 
d'' ascarides et dans une espèce de filaire (1). 

Le ta nia du chien et celui du cheval auraient quatre nerfs 
fongitudinaux au lieu de deux, partant d'un même nombre de 
ganglions placés immédiatement au dessous des ventouses cé- 
phaliques et se divisant chacun en deux filets. Ne dirait->on pas 
Toir un système nerveux d'holothurie? 

Ces deux importantes découvertes, dont la dernière montre 
évidemment le système nerveux complet d'un animal rayonne, 
et l'autre un segment de ce système, confirment, suivant 
M. Duvernoy, les rapports des Helminthes avec les Zoophytes, et 
la nécessité de les séparer des Annélides et des Animaux arti- 
culés, comme l'avait fait M. Cuvier. 

Circonscrit, ainsi qu'il Fest dans la méthode de M. Duvernoy, 
le Type des Articulés est facile à définir et à comprendre dan» 
les généralités que nous avons indiquées. 

(t) Voir V Institut du 30 mai 18(6, p. 173. 



TRAVAUX IISÉDITS. .9lIi7 

On ne peut, au contraire, plus rien dire dégénérai , lorsqu^on 
y place les Helminthes et la classe des Turbellaria. 

Il nous reste encore à rendre compte de l'opinion de M. Du- 
vernoy sur cette dernière classe établie par Ehrenherg. Personne 
n'est plus que moi, a dit ce professeur, dans la partie historique 
de son cours, disposé à rendre justice au mérite éminent de 
M. Ehrjenberg, à reconnaître l'importance de ses belles décou- 
vertes sur l'organisation des Botifères, des Méduses, etc. Je les 
ai signalées dans mes leçons orales et imprimées (1), de manière 
à les faire apprécier par plusieurs auditeurs de mérite, qui ont 
appris à les connaître dans ces leçons, et dont ils ont préparé les 
esprits pour des découvertes analogues. 

Mais cette admiration ne va pas jusqu'à me faire adopter ni la 
dénomination nouvelle des Bryozoa ( animaux mousses ) , au 
lieu de celle généralement reçue de Polypes , etc. ; ni celle des 
Turbellaria (2). 

Cette classe, dans laquelle M. Ehrenberg réunit aux Planariés 
les Nais et les Gordius, comprend beaucoup de genres mal ca- 
ractérisés (3), ainsi que l'a démontré M. Oersted. 

M. de Siebold (4), après avoir fait l'éloge du travail cri- 
tique de M. Oersted, sur cette classe, l'a réduite aux Pla- 
nariés; ce n'était pas la peine de la conserver; c'était encore 
moins une raison pour la placer dans le Type supérieur des Arti- 
culés ou des Annelés. Le système nerveux des Némertes^ celui 
des Planaires y ayant les caractères principaux, dans sa disposi- 
tion générale, de celui plus anciennement connu des Ascarides 
des Linguatules et des Douves, M. Duvernoy a dû réunir ces 
animaux dans sa classe des Helminthes, ainsi que nous l'avons 
fait connaître dans notre premier article. 



Description de cinq espèces nouvelles de Coléoptères d'Espagne ; 
par le D' M.-P. Gkaells , professeur de Zoologie au Musée des 
sciences naturelles de Madrid. 
Elophorus frigidus. — Supra cupreo-œneus , subtus fuscus , 

(1) Voir , entre autres , le premier Fascicule de ces Leçons, 
i (S) SymbolcBi physicœ , Index l, 1831. Corallien thleref des rothen meeres. Berlin. 
183*. Àbh. der Acad. Wissenschaften zu Berlin , 1835. 

(3) Entwurf einer iystemathchen Eintheilung , etc., der Platltoûrmer , von A. S. 
Oertted . Copenhagen , 1844. 

(4) Lehrbucb der rergleirhenden Anatomie. V. Siebold und Stannius. Erste Abth : 
Kritei heft, p. ifil. 



218 REVDF, ZOOLOGIQUË. (Juifi 1846.) 

pedibus , palpis antennisque pallidis : capite thoraceque punc- 
tulato-granulosis : capite depresso medio linea Ysignato : thorace 
quinque sulcato , sulcis rubro-cupreis , flexuosis : medio recto 
dilatato, externis posterius puncto profundo impresso ; costulis 
vifidi-œneis , granulatis , granulis depressis , in medio puncta- 
tis : elytris fusco maculatis , striatopunctafis , striis 10 in singulo, 
suturali prope angulo scutellari bifurcato. — Long. 0.0055, 
lat. 0.0025. — Montagnes de Pen a-Lara , dans les eaux glaciales 
du lac de Los Pajaros. 

Cebrio Carrenii. — A ter, punctatus , viUosus, pilis nigHs , e 
foveolis punctorum nascentibus , in elytris brevissimis , decum- 
bentibus : elytris pallidis, apice margiçibusque nigris. — 
Long. 0.016, 5:lat. 0.006. Madrid. 

Aphodius carpetanus. — Niger , subnitidus , supra glaber , 
subtus punctulato-subhispidus : clypeo mustico , punctulato , 
marginato , angulis ciliato-penicillatis : prothorax transversus , 
tergo subconvexo , nitido , rare et laevissime punctato , angulis 
posticis rotundatis ; antice margine ferrugineo, lateribus margi- 
nato-ciliatis. Scutello apice laeviusculo , basi ruguloso-punctato. 
Elytris piceo-nigris , striatis, interstitiis tenuissime punctato- 
rugulosis. — Long. 0.015 , lat. 0.006. — Monts Carpetanos. 

Chasmatopierus hispidulus. — Ater, punctatissimus , hispi- 
dulus ; elytris testaceis, marginibus nigricantibus.— Long. 0.007, 
lat. 0.005. — Montagnes de Guadarrama. 

Eucnemis Feisthameli. — Pubescens , creberrime punctatus, 
rubroferrugineus, capite thoraceque obscurioribus , tenuissime 
granulatis : oculis nigris; tergo subquadrato, convexiusculo : 
elytris submarginatis , punctato substriatis , pilisque flavescen- 
tibus retrorsum decumbentibus tectis. — Long. 0.0076, lat. 0.002. 
— Catalogne. 



IHoTE sur deux Polypiers de la famille des Coraux, appartenant 
aux genres Solanderia et Pterogorgia; par MM. P. Duchas- 
SAING, de la Guadeloupe, et Hardouin Michelin. 

Les recherches de M. P. Duchassaing n'ont pas été infruc- 
tueuses depuis son retour à la Guadeloupe, et tout fait espérer 
«de bonnes et intéressantes récoltes, Dans le peu d'objetSHju'il » 



TRAVAUX IfSÉDIlS. 219 

déjà envoyés en France, on doit distinguer, en outre d'un trèfi- 
bel individu du Penlacrinus caput Medusœ^ Miller, maintenant 
en la possession de M. Michelin, 

1" Un joli polypier formant passage entre le genre Corallium 
et celui Melitœa. 11 est flabelliformc, et très-branchu , mais, au 
lieu d'avoir les tigçs pleines, dures, compactes, comme le pre- 
mier, elles sont spongieuses à l'intérieur, comme la parties des 
Mélitées qui se trouve entre les articulations dont, du reste, on 
ne trouve aucune trace. Les grands et petits rameaux sont peu 
flexibles, d'un brun pourpre, presque rondes, striées extérieure- 
ment et recouverts d'une croûte très-légère, quelquefois coton- 
neuse. Cette dernière partie provient sans doute du dessèchement 
des animaux. 

Ces différents caractères nous ont autorisés à en former un 
genre nouveau sous le nom de Solanderia, en l'honneur du doc- 
teur Solander, qui accompagna Cook dans ses voyages et auquel 
la science doit u» ouvrage sur les Polypiers. 

Nous allons donner les caractéristiques du genre et de l'espèce 
qui est unique jusqu'à présent. Sa taille est d'un décimètre. 

Solanderia gracilis. Duchassaing et Michelin. 

S. fixa^ sub/lexilis^ ramosissima , flabelliformis ; ramis, ra- 
mulisque subrotundis , irregularibus , striatis , spongiosis , 
fusco-purpuratis ; crustâ polypiferâ tomentosâ vel granu- 
losâ. 

Habite les mer§ de la Guadeloupe. 

2° Un très-bel exemplaire d'une Gorgone voisine de la G. an- 
ceps, Lmck, mais beaucoup plus grande. Comme elle, elle a les 
animaux disposés sur deux rangs opposés dans des pores 
tubuleux et rangés parallèlement; il en résulte que les 
rameaux sont très -plats et forment des espèces de lanières 
dichotômes et assez longues. De la base à l'extrémité , la hauteur 
serait de près d'un mètre si les branches ne se courbaient pas. 
La largeur commune des rameaux est de 10 à 12 millimètres, et 
la couleur de la croûte animale est d'un jaune paille un peu co- 
lorée en rouge vers les pores. Ces derniers ont 4 à 5 millimètres 
de profondeur reposant sur une très-petite branche cornée; ver» 
la base et dans les rameaux inférieurs la partie cornée devient 



220 REVUB ZOOLOGIQDE. (Juifi 1846.) 

forte, noirâtre et grossièrement striée. La croûte superficielle 
cesse alors de contenir des animaux. 

M. Ehrenberg (Die Corail, des Roth. Meeres.) ayant créé le 
genre Pterogorgia pour les Gorgones comprimées dont les po- 
lypes sont régulièrement disposés sur deux séries parallèles , 
nous pensons devoir donner à Pespèce en discussion, qui a été 
trouvée entre la Guadeloupe et Marie-Galahde, les noms et ca- 
ractéristiques ci-après, savoir : 

Pterogorgia Guadalupensis ^ Duchassing et Michelin. 

P. fixa , ramosa , dichotoma ; ramulis compreséis, latis^sim- 
plicibus, eœtremitatibus rotundatis ; poris parallelis, in séries 
latérales^ binas, regulatim dispositis; cortice rugosâ, flavâ; 
axi corneOy ad basim crasso, nigro, striato. 



II. ANALYSES D»OUVRAGES NOUVEAUX. 

Natural history of New York. — Histoire naturelle de l'État de- 
New- York. 1842 , etc. , in-4», avec planches. 

Nous avons annoncé dans la Revue zoologique (année 1841 , 
pag. 283) l'ouvrage de M. le docteur Gould , sur les animaux in- 
vertébrés du Massachussetts, excellent travail publié aux frais de 
cet état. 

Honneur, disions nous alors, à ceux qui ont conçu cette heu- 
reuse idée, et au savant qui a si bien secondé leurs vœux : nous 
ajoutions encore que , si les autres états de l'union suivaient cet 
exemple, ce peuple nouveau, à qui l'on a parfois reproché de 
sacrifier les droits de l'intelligence aux intérêts matériels, aurait 
donné un bel et bon exemple à la vieille Europe si fière de ses 
académies et de ses illustrations scientifiques. Cette réflexion nous 
était suggérée par le regret , que nous avons souvent ressenti , de 
voir faire, de ce côté-ci de l'Atlantique, des dépenses, souvent con- 
sidérables, pour découvrir et publier les productions des pays 
lointains, tandis que l'on ne fait aucun sacrifice pour nous don- 
ner une histoire des productions de notre sol et de nos mers. 

Ce regret nous l'éprouvons encore , et d'autant plus vivement 
que le vœu que nous exprimions semble avoir été entendu , aux 



ANALYSES d'oUVRAGES NOUVEAUX. t^i21 

États-Unis, et j'ajouterai parfaitement compris par des hommes 
judicieux qui nous donnent une seconde leçon , dont probable- 
ment nous nous garderons bien de profiter. 

Il ne s'agit plus seulement d'un travail consciencieux et très- 
bon , mais modeste dans sa forme , tel que pouvait le donner 
l'état de Massachussets , qui d'ailleurs entrait le premier dans 
cette voie. Aujourd'hui , c'est le riche et puissant état de New- 
York qui poursuit l'œuvre entreprise , en publiant à son tour 
un magnifique ouvrage sur les richesses de son territoire dans 
les trois règnes de la nature. C'est une cité florissante , représen- 
tée par des hommes éclairés, qui élève en l'honneur et au profit 
de la science un monument impérissable. L'administration supé- 
rieure de l'état de New- York trouvera la récompense de ses sacri- 
fices dans la gratitude des hommes studieux , et aussi , nous l'es- 
pérons, dans l'empressement que mettront les autres États de 
l'Union à la suivre dans la voie d'une noble et intelligente libé- 
ralité. 

Le beau travail que nous annonçons est divisé en cinq parties : 
Zoologie, Botanique^ Minéralogie^ Géologie et Paléontologie. 

C'est en Ï835 , sur la motion de M. Ch. P. Glinch, de New- 
York, et en 1836 sur le rapport de M. John A Dix , secrétaire de 
l'État , que fut décidée l'exécution de l'ouvrage dont M. le gou- 
verneur Will L. Mary arrêta le plan en répartissant le travail 
<;omme il suit : 

La partie Zoologique fut confiée à M. James E. De Kay ; 

La partie Botanique, à M. John Torrey ; 

La Minéralogie, à M. Lewis C. Beck; 

La Géologie , répartie à MM. W. Mother, Eb. Emmons, Lardner 
Vanuxen , 

Et la Paléontologie confiée à M. Conrad et à M. James Hall. 

L'ouvrage est précédé d'un travail dans lequel, sous le titre 
d' Introduction y M. William H. Seward , a donné une bonne 
histoire de l'état de New- York. 

Dix volumes de texte et de planches in-4° ont déjà paru depuis 
1842 , et tout annonce que cette belle publication sera terminée 
avant peu d'années. D'après la spécialité de la Revue Zoolo- 
gique , nous nous occuperons seulement des parties qui se rat- 
tachent à la Zoologie proprement dite. 

M. James E. De Kay a consacré un volume à l'histoire de» 



^222 HEVUE zooLOGiguE. {Juin 1846.) 

mammifères propres à Tétat de New- York : il a décrit 76 espèces, 
dont 15 ne se trouvent qu'à l'état fossile : ce travail est accompa- 
gné de 33 planches gravées (fig. noires), i o 

La seconde partie concerne l'ornithologie; les descriptions 
sont accompagnées de 1 40 planches qui représentent 300 espèces 
d'oiseaux coloriés avec soin. 

L'auteur a donné dans la troisième partie l'énumération des 
poissons, des reptiles et des amphibiens représentés dans 79 
planches avec figures en noir. 

La quatrième partie, qui comprendra sans doute l'Entomo- 
logie, n'a point encore paru. 

M. James E. De Kay a traité , dans la cinquième partie , de 
i'histoire des mollusques : il a décrit près de 700 espèces, les unes 
comme se trouvant réellement dans les limites de l'État de New- 
York ; les autres comme appartenant aux contrées limitrophes : 
53 planches coloriées accompagnent le texte. 

On comprendra qu'il serait trop long, dans . n premier article, 
d'examiner séparément et avec quelques détails chacune des 
branches de la Zoologie traitées par M. J. E. De Kay ; mais nous 
pouvons, dès à présent, rendre témoignage du soin conscien- 
cieux' qu'il a apporté dans ses publications ; il a su profiter avec 
discernement des travaux de ses devanciers, et des riches col- 
lections formées en Amérique , notamment de celle de M. John 
G. Jay, de New- York , dont on connaît le zèle ardent pour les 
progrès de la science. En un mot , nous pensons que l'auteur 
aura dignement accompli la tâche qui lui a été confiée. 

Nous sommes également convaincu que les hommes de talent, 
qui ont été appelés à traiter les autres branches de l'histoire na- 
turelle de l'état de New- York , auront rempli avec un égal suc 
ces leur honorable mission ; et , en payant un juste tribut d'élo- 
ges à la pensée qui a présidé à cet important travail, nous ne 
séparons pas ceux qui l'ont conçue de ceux qui l'ont mise à exé- 
cution. S. Petit, 



ANALYSES d'oUVRAGES INOD VEAUX. 223 

Sur le développement des Annélides, par M. Sars [Arch. (VE- 
richson , 1845 , p. 11, extrart). 

H y a peu de temps encore que tout ce qu'on savait sur le déve- 
loppement des Annélides se bornait à quelques observations sur 
l'embryogénie des Sangsues. On en concluait que le développe- 
ment des Annélides était très-simple , c'est-à-dire que tous ce» 
animaux sortaient de l'œuf avec la conformation qu'ils conser- 
vent toute leur vie ; mais on connaît maintenant plusieurs ex- 
ceptions à cet état de choses. Ainsi l'auteur de ce mémoire a 
constaté , sur la Polino'é cirrata (Fabr.), que les jeunes ont , au 
sortir de l'œuf, une forme qui s'éloigne beaucoup de celle de 
l'animal adulte , que la plupart de leurs organes antérieurs 
manquent , et que par conséquent ces Annélides éprouvent de 
vraies métamorphoses. 

Ces observations n'ont pas pu être poussées au delà du pre- 
mier stade de développement , etjquoique Loven en ait publié de 
plus complètes relatives à plusieurs Annélides , celles-ci ont en- 
core de l'intérêt parce qu'elles ont été faites sur une espèce bien 
déterminée , ce que Loven n'avait pu faire. 

Le Polynoë cirrata est commun sur les côtes de Norwége et 
se reproduit en février et mars. A cette époque , le corps de 
quelques individus, de bleu grisâtre ou gris blanchâtre , devient 
d'un rose pâle. CetJ« couleur provient de la masse des œufs qu'on 
aperçoit par transparence. Ceux-ci sont très-nombreux, rem- 
plissent la cavité générale du corps à l'exception du quart anté- 
rieur et les pieds. Ils adhèrent entre eux au moyen d'un mucus 
visqueux ; ils sont sphériques , le vitellus est opaque , d'un rose 
pâle, entouré d'un mince chorion. La vésicule de Purkinje est 
grosse ; l'auteur n'a pas vu de tache germinative. Après la ponte, 
on les trouve sur le dos de la mère, parmi les branchies ou les 
écailles dorsales. Les œufs ont paru sortir par une très-petite 
ouverture qui se trouve en haut des pieds , ce que Rathke a déjà 
vu sur la Nereis pulsatoria. Ils ont un vingtième de millimètre , 
leur couleur est rosée ; ils restent dans les branchies jusqu'à l'é- 
closion. 

Entre le chorion et le vitellus se trouve un peu d'albumine 
transparente qui permet de suivre les phénomènes du sillonne- 
ment. On peut voir dans chaque sphère vitelline une tache claire. 



224 REvuK zooLOGiguE. {Juin 1846.) 

arrondie , nettement limitée. Le vitellus devient ensuite muri- 
forme, finement granuleux , puis presque lisse. Plus tard les œufs 
deviennent ovales ; le fœtus est alors lisse et d'un blanc grisâtre. A 
cette époque les œufs, dégagés de la masse et portés sous le mi- 
croscope , éprouvent des mouvements de rotation saccadés et 
très-singuliers qui sont dus à un écheveau très-court de fines 
fibres muqueuses , qui , fixé à un des pôles de l'œuf se courbe 
et se tord lentement comme un ver et entraîne l'œuf çà 
etlà. 

Peu à peu le fœtus devient d'un vert glauque ; il est sans 
mouvement. Seulement on remarque déjà sur quelques-uns des 
cils très-courts , vibrant déjà , et rangés en cercle autour du fœ- 
tus, à égale distance des deux pôles de l'œuf. 

Une fois les œufs arrivés à maturité , la femelle porte sur son 
dos plusieurs milliers de jeunes qui sortent peu à peu du mucus, 
et nagent avec vivacité autour de l'animal adulte. Ils ont 1/20 
de millim., et sont apercevables à l'œil nu comme de petits points 
d'un gris verdâtre. 

Les jeunes récemment éclos diffèrent de la mère. Ils n'ont au- 
cune trace de membres ni d'appendices , à part le cercle de 
longs cils vibratiles ou poils ciliformes qui entourent le milieu du 
corps. La partie de l'animal qui se trouvé au devant des cils vi- 
bratiles est un peu plus étroite que celle qui est en arrière et 
porte deux yeux , situés près du cercle de cils. Ils sont assez gros , 
noirs, allongés transversalement. Le corps est ovoïde; la portion 
qui porte les yeux doit être considérée comme la tête , car l'ani- 
mal la dirige toujours en avant pendant sa locomotion. Les yeux 
sont un peu plus rapprochés l'un de l'autre sur la face dorsale 
que sur la face opposée ou ventrale. Là se fait remarquer la bou- 
che , sous forme d'une fente transversale dont les lèvres sont 
bordées de cils vibratils bien plus petits que ceux du cercle qui en- 
toure le corps. Immédiatement derrière la bouche, l'intestin s'é- 
largit considérablement , puis se rétrécit et se dirige vers l'ex- 
mité du corps , où probablement se trouve l'anus , qui n'est pas 
bien visible sur cette espèce , mais qui est évident sur les jeunes 
d'une autre Annélide dont l'auteur n'a pu déterminer l'espèce. 

Le corps est d'un vert clair sale , un peu transparent ; il est 
mou, et montre de temps à autre de faibles contractions , de 
même aussi que l'intestin. Quelques cils semblables à ceux du 



1^ 



4!NALYSRS D'oUVR4(iES NOUVEAUX. 2*25 

p'Ourtour de la bouche existent à l'extrémité la plus antérieure 
du corps. 

La natation se fait au moyen du cercle des cils du corps ; quel- 
quefois ils tournent autour de leur axe longitudinal ; ils se ras- 
semblent toujours du côté du vase qui reçoit lumière et évitent 
toujours les obstacles qu'ils rencontrent , ce qui montre que le 
sens de la vue est déjà développé. 

Le temps qui s'écoule depuis la ponte jusqu'à l'éclosion est 
d'environ deux semaines, 

Sars n'a pas pu pousser plus loin ses observations; mais 
celles de Loven montrent que c'est seulement plus tard que se 
développent les membres sur la portion du corps située derrière 
le cercle de cils vibratiles, lesquels disparaissent, car ce ne sont 
que des organes transitoires. 

Ainsi des organes disparaissent et d'autres nouveaux les rem- 
placent ; ce sont là de vraies métamorphoses auxquelles les An- 
nélides sont soumises ; ce qui les rapproche d'autres Articulés , 
les Myriapodes , qui, d'après Vaga et Newport , éclosent à un état 
de développement encore incomplet et n'ayant pas encore tous 
leurs membres. (Voir Ann. des sciences nat., 1845, un mémoire 
beaucoup plus complet et confirmant les observations précé- 
dentes , sur le développement des Annélides tubicoles, etc., par 
M. M. Edwards.) 

Sur le développement des jeunes chez une nouvelle Annélide et 
sur les différences extérieures entre les deux sexes ; par M. May. 

OErsted. {Arch. d'Erichson^ 1845, p, 20). 

Pendant que dans ces derniers temps nos connaissances sur le 
développement des œufs et les rapports des sexes chez presque 
tous les animaux inférieurs se sont singulièrement accrus , une 
grande obscurité règne encore sur les Annélides. Aussi , dit l'au- 
teur de cette note, me fut-il très-agréable de découvrir une An- 
nélide chez laquelle le développement des œufs pût être observé 
avec facilité , et qui outre cela montre cette particularité, que les 
mâles et les femelles sont faciles à distinguer par leurs caractères 
extérieurs. Cette espèce doit , comme tout porte à le croire , for- 
mer un genre particulier qu'il nomme Exogone. 

Characi. generic. Corpus filiforme ex articulis numerosis 
constans ; caput ex duobus articulis distinctis compositum ; 
Tome IX. Année 184t;. 15 



226 REVDE zooLOGiQDB. {Juifi 1846.) 

palpi indistincti ; tentacula tria clavata in medio capite affixa^ 
cirri tentaculares nulli ; oculi quatuor. Pinnae parvae papillifor- 
mes ; cirrus inferior et superior fermé œquales subclavati ; 
branchiœ nullae. Setarum falcatarum fasciculus unicus in fe- 
minis , in maris vero omnibus segmentis (anteriobus 8 exceptis) 
et setae capillares longissimae. Cirri caudales duo clavati. 

Os et proventriculis et tubus cibarius ut in génère SyllidiSf 
cui omnimo proximum est. Exogone ndidina. Flavescens sub- 
pellucida 4 1/2 longa , segmentis 30 ; capite conico , tentaculo 
medio paulo longiore quam duobus lateralibus caput longitu- 
dine subaequante, oculis brunneo-nigrescentibus , anterioribus 
multo majoribus quam posterioribus ; segmentis anterioribus 
duplo-latioribus quam longis, intermediis paulo longioribus 
quam latis ; setis capillaribus maris duplicem latitudinemcorporis 
longitudine superantibus, cirris paulo brevioribus quam pinnis. 

In fundo argilloso freti Lille Baeelt prope Striib. 

Différence des sexes. 

On doit admettre qu'en règle générale on ne trouve chez le» 
Annélides aucune autre différence entre les mâles et les fe- 
melles que celle des organes sexuels. 

Cependant cette espèce fait exception à la règle précédente , 
car les deux sexes peuvent être distingués l'un de l'autre au 
premier aspect. La femelle porte de chaque côté des anneaux 
un seul faisceau de courtes soies {seta falcatœ); le mâle, au con- 
traire, possède en outre , à tous les anneaux qu'on trouve pleins 
d'oeufs sur la femelle (c'est-à-dire depuis le neuvième jusqu'au 
dernier), un autre faisceau de très-longues soies ressemblant à des 
poils, ce qui au premier aspect lui donne beaucoup de ressem- 
blance avec plusieurs espèces de la famille des Nais. Quoique 
Fauteur n'ait jamais surpris ces animaux pendant l'accouple- 
ment , il les considère comme des individus de sexe différent et 
d'une seule espèce, parce qu'ils n'ont pas d'autre caractère dis- 
tintcif, et qu'il n'a jajiiais trouvé que des spermatozoïdes dans 
ceux qui sont pourvus de longues soies à partir du neuvième 
anneau et des œufs seulement dans les autres. 

Développement des jeunes. Il n'a pas pu être suivi dans l'œuf; 
mais après l'éclosion les petits conservent la forme de l'œuf, et 
on le» trouve fixés contre la face ventrale de la mère jusqu'au 



i 



ANALYSES D au VKAGES NOUVEAUX , 227 

rïwment où la plupart des organes extérieurs sont développés. 

Le jeune, au sortir de l'œuf, est ovale , d'un brun obscur; il 
s'allonge un peu , et le premier organe qui se montre est la 
'bouche , puis successivement trois appendices tentaculaires de la 
tête, sous forme de papilles. Au même temps la tête devient dis- 
tincte du reste du tronc. Deux jours après cette séparation appa- 
raissent deux yeux, et quatre anneaux commencent à se former 
sur le tronc. 

Au douzième jour après l'éclosion.on pouvait voir lesyeux ; la 
tête était séparée du tronc par un anneau cervical ; trois an- 
neaux du tronc sont bien évidents et portent un rudiment du 
cirre dorsal et des soies rudimentaires; un tube buccal mani- 
feste fait suite à la bouche. 

Au quatorzième jour, les jeunes quittent la mère. \ cette 
«poque ils ressemblent beaucoup à la mère,exoepté par la forme 
<Je la tête qui en diffère encore beaucoup. 



Structube and classification , etc. Structure et classification 
<Jes ZoopAyf es, par M. Dana, ^ologiste, attaéhé, pendant les 
années 1838 à 1842, à un voyage d'exploration commandé par 
M. Ch. Wilkes, in-4% figures. 

L'ouvrage dont nous donnons une courte analyse paraît être 
Tintroduction d'une description des Zoophytes recueillis pendant 
un long voyage et devant former un volume in-4° de 741 pages, 
auquel sera joint un atlas de 61 planches. Après avoir exposé avec 
détails et comme préliminaires les formes générales de la série 
d'animaux connus sous les noms de Zoophytes et Phytossoaires, 
l'auteur discute dans divers chapitres leurs structure, habitation, 
classification, description et analyse chimique 

Il établit que dans chaque tribu il y a reproduction soit comme 
ovipares, soit comme gemmipares, ou encore par sections ou bou- 
tures, et il forme deux grandes divisions qu'il nomme hydroïdes 
ou actinoïdes, selon que les animaux se rapprochent des genre* 
hydra ou actinia. Nous allons donner ses divisions et sous-divi- 
-sions sur lesquelles nous ferons ensuite quelques observations. 



228 REVUE ZOOLOGIQUE. [Jum 1846») 

Ordre I. Actinoïdes. 
Sous-ordre I. A.ctinaires. 
1" tribu, Astréacës. 
1" famille, Actinides. 
Genres, Aciinia, Anthea^ Adamsia^ Edwardsia, Ilyanthus^ 
Capnea, Actinecta , Epicystis , Actinodendrum , Luoernaria , 
Metridium, Actineria, Heterodaclyla, Epicladia. 
2^ famille, Astraeïdes. 
Genres, Euphyllia , Ctenophyllia, Mussa^ Manicina, Cau- 
lastrœa, Tridacophyllia, Astrœa, Meandrina , Monticularia, 
Phyllastrœa, Merulina, Echinopora. 

3« tribu, Garyophyllacés. 
1" famille, Cyathophyllides. 
Genres, Cyatophyllum, Calophyllum , Amplexus , Caninia, 
Arachnophyllum, Acervularia, Cystiophyllum, Clisiophyl" 
lum, Michelinia, Columnaria^ Sarcinula. 

2* famille, Gariophyllides. 
Genres, Ecmesus, Cyathina, Stephanophyllia, Turbinalia, 
Vesmophyllum, Culicia, Caryophyllia, Dendrophyllia, Ocu- 
itna, Anthophylluniy Stylina^ Astroitis. 

3' famille, Gemmiporides. 
Genres, Gemmipora, Astrœopora? 

4« famille, Zoanthides, 
Genres, Isaura, Zoantha, Palythoa. 

3* tribu,Madréporacës. 
l'« famille, Madréporides. 
Genres, Madrepora, Manopora, 

2' famille, Favositidés. 
Genres, Alveopora, Sideropora, Seriaiopora, PocilloporUr 
Stenopora, Constellaria, Favosites, Caienipora, Heliopora^ 
Heliolites, Millepora, 

Z" famille, Poritides. 
Genres, Poriia, Goniopora. 

4* tribu, Antipathacés. 

l" famille, Antipathides (1 . 

Sous-ORDRE II, Alcyonaires. 

l'« famille, Pennatulides. 

(1) L'autenr ne donne pas ]ei noms des genres de cette famille. 



ANALYSES d'oDVRAGES NOUVEAUX. 229 

Genres, Renilla^ Pennatula^ Feretillum^ Funiculina, Virgu- 
laria, Pavonaria , Umbellularia. 

2» famille, Alcyonides. 
(Jenres, Bhizoxenia, Anthelia, Xemia, Ammothea^ Sympo- 
dium^ Nephthya, Alcyonium, Spoggodia. 
3- famille, Cornularides. 
Genre, Cornularia. 

4« famille, Tubiporides. 
Genres, Aulopora, Telesto, Tubipora, Syringopora. 

5« famille. Gorgonides. 
Genres Coratlium, Hyalonema, Briareum, Gorgonia, Prim- 
noUy Behryce, Isis, Mopsea, Melitœa. 

Ordre II. Hydroïdes- 

r* famille, Hydridés. 
Genre Hydra. 

2' famille , Sertularides. 

Genres Antennularia ^ Plumularia, Sertularia, Thmaria^ 
Thoa , Pasythea. 

3^ famille , Gampanularides. 

Genres Zaomcdea, Campanularia.. 

4« famille , Tubularides. 

Genres jPenwana, Tubularia^ Syncorina, Corydendrium , 
Eudendrium , Coryna, Hydractinia. 

Cette classification est-elle le dernier mot du savant auteur? 
Nous ne le croyons pas , car son système étant en grande partie 
basé sur les Tentacules, il ne pourra placer les genres fossile» 
qu^un peu au hasard. 

Nous avons remarqué dans chaque famille un assez grand 
nombre de noms nouveaux donnés à des genres. Il eût été à dé- 
sirer qu'on en fît connaître les auteurs, et ensuite s'ils appar- 
tiennent à des animaux vivants ou fossiles. 

Nous ferons observer encore dans quelques familles des asso- 
ciations qui sont peut-être très-naturelles , quant aux animaux , 
mais ne le sont pas pour la partie solide , et des Polypiers fos- 
siles , on ne connaît que cela. Ainsi, par exemple , si les Méan- 
drines et les Monticulaires sont très-rapprochées , si , de plus , 
on y joint les Tridacophyllies , on ne doit pas , ce nous semble , 
y réunir les Astrées qui formeraient à elles seules une famille, 
qu*on pourrait diviser en plusieurs genres. 



230 REVUE zooi-OGiQDÊ. {Juin 18i6.) 

D'autre part , dans les Cyathophyllides , qui sont à peu prés 
réquivalent de nos Cyathophorées Icon. Zooph., pag. 179), 
Tauteur a compris les Acervulaires et les Sarcinules , qui nous 
semblent ne pas avoir les caractères assignés à celte famille , et 
notamment des cloisons transverses ouobliques. Les Acervulaires 
ont un axe central très-gros et cannelé , avec des lamelles se 
se prolongeant de l'étoile terminale à la base. Les Sarcinules 
n'ont pas d'axe, les lamelles partant de la circonférence et n'at- 
teignant pas le centre, sont très-fragiles , et elles se brisent d'au- 
d'autant plus facilement, qu'au lieu de ne former qu'une seule 
lame de bas en haut , elles se superposent les unes aux autres. 

Au milieu des anciens noms, nous regrettons de ne pas voir 
figurer les Strombodes et les Cyclolites , et surtout cette jolie 
famille des Tubuliporés , sur laquelle M. Milne Edwards a fait de 
si bonnes observations, et qui compte beaucoup de genres 
depuis les Chaetetes aux masses énormes jusqu'aux simples 
tubes des Aulopora ou Alecto , qui commencent avec les terrains 
paléozoïques et se prolongent jusqu'à nos jours. Nous arrête- 
rons ici nos critiques, car celles que nous avons faites et celles 
que nous pourrions peut-être encore ajouter , ne portent que 
sur des détails de classification et n'empêcbent pas de reconnaître 
que l'auteur a beaucoup vu , et qu'il a étudié en grand nombre 
des animaux vivants. L'importance de l'introduction nous fait 
donc vivementdésirer de connaître l'ouvrage qui doit suivre, ainsi 
que les figures annoncées. H. Michelin. 



Essai monographique et iconographique de la Tribu des Cossy- 
phides , par M. le marquis Dk Brème ; 2« partie , Cossyphes 
proprement dits. —Paris, 1846 , grand in-8°, fig. color. 

Nons avons fait connaître le plan que l'auteur a suivi pour la 
première partie de ce travail (Yoyez 1843, p. 47 i et nous avons 
donné de justes éloges à son zèle et au soin avec lequel il a exé- 
cuté cette prenrière partie. Nous annonçons aujourd'hui la ter- 
minaison de cet ouvrage, consistant dans l'histoire du genre 
Gossyphe. 

Comme nous l'avons montré dans notre premier article , 
M. De Brème divise cette tribu des Cossyphides en deux genres,^ 
«lubdi visés eux-mêmes en plusieurs sous-genres. Le genre Cossyr 



ANALYSES d'oUVR\GES NOUVEAUX. âSf 

phus forme deux de ces sous-genres, les JSndustomus et les 
vrais Cossyphus. 

Ces singuliers insectes , de forme si aplatie, avec les bords du 
corselet et des élytres dilatés en lames minces et demi-transpa- 
rentes, semblent être lucifuges, car on n'en a encore trouvé que 
des individus cachés dans les crevasses des terrains argileux et 
compactes, ou dans des mottes de terre. Plusieurs ne volent pas 
parce que leurs élytres sont soudées , et ceux qui ont des ailes ne 
doivent s'en servir que rarement ou seulement pendant la 
nuit. Leur démarche est extrêmement lente, et ils doivent se 
nourrir des petits cryptogames qui se développent dans les lieux 
qu'ils habitent. 

Les Cossyphes n'ont été rencontrés jusqu'ici qu'en Europe, en 
Afrique et en Asie ; ils semblent donc propres à l'ancien monde. 
Du reste, le nombre de leurs espèces ne s'est pasaussi rapidement 
accru que celui de beaucoup d'autres genres, car la collection 
de M. Dejean en contenait onze, et M. de Brème n'a pu porter ce 
nombre qu'à quinze. Nous sommes étonnés de cela, parce que 
chaque fois que l'on étudie monographiqnement un genre du 
catalogue de M. Dejean, on le double ou le triple, en y ajoutant 
les espèces des auteurs et celles des autres collections. 

De ces quinze espèces la première forme le genre Endusto» 
mus E. Senegalensis) ; les quatorze autres sont des Cossyphes 
proprement dits. Les descriptions et les figures données par 
M. de Brème sont parfaites et rendent actuellement facile la 
détermination d« ces espèces, si souvent très- voisines. 

G. M. 



III. SOCIETES SAVANTES. 

ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES DE PARIS. 

Séance du 15 juin 1846 — M. de Castelnau écrit de Lima 
qu'il a eu occasion de faire quelques observations sur les ani- 
maux domestiques pendant son voyage en Amérique. Il parle 
du Lama, de son croisement avec VAlyaca, et annonce qu'on 
vient d'obtenir son croisement avec la Figogne. Ce voya- 
geur parle aussi de la fécondité d'une mule; il annonce qu'il y 
« deux races de bœufs au Brésil , que le chien est répandu dans 
tout l'intérieur du continent américain, etc. 



232 RKvuK zooLOGiQCE. (Juin 1846.) 

Séance du '2^ juin. — M. Duméril présente la cinquième édt- 
ton de ses Eléments des sciences naturelles^ en deux volumes. 
M. Milne-Edwards lit un rapport sur des recherches de 
M. Vogt, relatives à l'embryologie des mollusques gastéro- 
podes. Comme nous avons donné les conclusions de l'auteur 
dans cette Revue (1846, p. 98\ nous ne reviendrons pas sur ce 
travail ; nous dirons seulement que le rapporteur n'a pas man- 
qué, comme on s'y attendait, de revenir encore sur la question 
du phlébentérisme afin de prendre la défense de M. de Quatre- 
fages. Comme M: Vogt a montré que le cœur ne se forme pas de 
suite dans les jeunes Actéons, M. Milne-Edwards, comme on s'y 
attendait encore, n'a pas manqué de dire que son protégé n'a- 
vait étudié que des individus très-jeunes et n'avait pu voir de 
cœur, tandis que M. Souleyet avait disséqué des adultes; en sorte 
qu'il semblerait que tout le monde a raison et qu'il ne faut plus 
parler de cela. 

M. Serres ne semble pas tout à fait de cet avis, et il ne par- 
tage pas les opinions émises par le rapporteur relativement à 
l'embryologie; aussi, tout en adoptant les conclusions favorables 
du rapport, il fait les remarques dont voici l'analyse. 

Puisque l'embryon de l'Actéon vert paraît privé de vaisseaux 
sanguins et de cœur , pendant une longue période de son déve- 
loppement, quoique cependant déjà pourvu de plusieurs autres 
organes, il n'est, sous ce point de vue, que la répétition de l'em- 
bryogénie du poulet : en effet, sur l'embryon primitif de cet ani- 
mal, jusqu'à la fin du premier jour il n'y a ni trace du système 
sanguin ni trace de cœur; et cependant il possède déjà une or- 
ganisation assez riche. 

Chez l'embryon du poulet à cette période, de même que chez 
celui de l'Actéon vert, l'absence du système sanguin indique 
donc : 1» un retard du développement dans les éléments du 
système sanguin ; 2° elle indique de plus une indépendance gé- 
nésique entre les parties déjà existantes. 

La découverte des trois lames qui entrent dans la composition 
du blastoderme a montré qu'il faut délaisser l'action géné- 
sique , que l'on attribuait aux systèmes organiques , tantôt au 
système nerveux, tantôt au système sanguin et, d'autre part, 
transporter cette action sur les lames qui entrent dans la 
composition même du blastoderme. 



SOCIÉTÉS SAVANIES. 233 

Chez le Poulet, jusqu'à la vingt-cinquième heure, et chez 
l'Actéon vert pendant plusieurs jours, l'action de la lame 
vasculaire ou moyenne du blastoderme est donc restée en re- 
tard pendant que les lames séreuses et muqueuses sont entrées 
en action. 

Ainsi donc l'action génésique , en embryogénie comparée, ne 
saurait être attribuée ni au système sanguin ni au système 
nerveux; mais de ce que le premier ne jouit pas d'une action gé- 
nésique, il ne s'ensuit pas que son influence soit nulle dans la 
série des développements. En effet, il est bien établi que, dans 
le cours de l'embryogénie, le volume des organes est propor- 
tionnel au volume des artères qui s'y rendent ; et le développe- 
ment de l'organe et sa disparition (pour les organes transitoires 
de l'embryon) sont exactement reproduits par le développement 
et la disparition de l'artère. Ainsi l'influence du système san- 
guin, quoique restreinte génésiquement, ne laisse pas que d'être 
encore très-importante. 

Au reste, poursuit M. Serres, à l'occasion du rapport sur l'em- 
bryogénie de l'Actéon vert, notre savant collègue ayant rappelé 
les mémoires de MM. Souleyet et de Quatrefages, j'attendrai que le 
rapport en soit fait à l'Académie pour reprendre cette question 
difficile, que je ne puis qu'effleurer dans cette improvisation. 

Nous prenons acte de ces paroles du savant anatomiste, car 
elles nous donnent l'espoir qu'enfin un jugement sera porté sur 
cette question du phléb enter isme. En effet, on croyait que la 
commission académique avait résolu de l'oublier, de garder le 
silence; les paroles de M. Serres lui font un devoir de s'expli- 
quer, dût-il en résulter quelque confusion pour un commissaire 
qui se serait trop hâté d'approuver les idées de M. de Quatre- 
fages et de prôner ses travaux. 

M. Milne-Edwards répond à peu près ainsi aux observations 
de M. Serres. 

On pensait il n'y a pas bien longtemps que le développement 
des organes s'effectuait sous l'influence du système sanguin, que 
ce système était le régulateur de tous les autres ; M. Serres lui- 
même vient de dire que le volume des organes du fœtus est pro 
portionnel au volume des artères qui les pénètrent. 

Cependant M. Milne-Edwards a fait voir qu'on ne peut consi- 
dérer, en embryogénie comparée, cette relation entre le dévelop- 



234 nF.vuE zooLooioDE. [Juin 1846.) 

pement d'un organe et le volume de son artère comme étant 
une loi génésique ; car chez les Annélides, presque tous les or- 
ganes se constituent et entrent en fonction avant que les artères 
ne soient visibles et chez beaucoup de Mollusques le cœur ne se 
forme que très-tard. Les observations de M. Vogt ont confirmé 
ces faits ; d'où on peut conclure : 

i'Que chez les Mollusques et les Annélides, et probablement 
toHS les invertébrés, ni le cœur, ni les artères, ni les veines, ne 
peuvent exercer sur l'organisme en voie de formation l'influence 
dominatrice dont il vient d'être question ; 

2° Que si la proposition de M. Serres touchant le rapport néces- 
saire entre le développement de l'artère et celui des autres or- 
ganes demeure applicable à l'embryon du Poulet et des autres 
YerAébrés, il en résultera que les lois génésiques qui règlent le 
développement de l'embryon ne sont pas les mêmes pour le 
rogne animal tout entier. C'est ce que confirment les observa- 
tions nouvelles de M. Vogt. 

M. Serres explique les différences embryogéniqnes de l'Actéon 
et du Poulet, par un arrêt de développement du feuillet vascu- 
laire du blastoderme ; mais les observations positives manquent 
à cet égard en ce qui concerne les Mollusques. Du reste, ce n'est 
pas de la cause de la formation tardive du cœur des Mollusques 
que s'est occupé M. le rapporteur, mais de ce fait lui même, fait 
qui reste acquis à la science. 



SOCIÉTÉ ENTOMOLOGfQUE DE FRANCE. 

Séance du 8 avril 1846. — M. ^. Lucas donne de nouveaux 
détails sur le Bombyx cecropia; il fait principalement con- 
naître la manière dont les femelles pondent leurs œufs , et il dit, 
qu'au contraire de ce qui a lieu chez le P^er à soie^ il a observé 
une femelle de Bombyx cecropia qui avait pondu ses œufs en 
une seule et assez grande masse, qu'elle tenait entre ses pattes 
de la troisième et de la quatrième paire. 

M. Pierret dit qu'en général , lorsque les Chrysalides sont 
ichneumonisées , VIchneumon sort de la Chrysalide à l'époque 
où celle-ci aurait dû se métamorphoser en papillon, ou même 
f>lus tôt, et il cite un fait tout contraire : il a vu dernièrement 



SOCIÉTÉS SAVANTKS. 895 

un Ichneumon sortir d'une chrysalide d'Epùetna chrysoce- 
phala^ qui aurait dii se transformer l'automne dernier. 

M. Guérin-Méneville parle d'une espèce de Me^acephala qui 
aurait été trouvé en Algérie par M. le major Blanchard (Voir U 
Revue zoologique ^ avril 1846, p. 160). 

Séance du 22 avril 1846. — M. Pierret parle de la précocité 
extrême qu'il a eu occasion d'observer cette année dans l'appa- 
rition de certains Lépidoptères , et il cite en particulier le Bom- 
byx tau , qui n'éclôt d'ordinaire aux environs de Paris que vers 
le 25 avril , et qu'il a trouvé , déjà défloré , le 8 du même mois. 

M. Bellier de la Chavignerie cite le fait d'un Aplecta herbida 
dont il a obtenu l'éclosion le 15 avril de cette année , tandis 
qu'habituellement ce Lépidoptère n'éclôt , dans nos climats , que 
vers le 16 mai. 

M. Becker indique au coQtraire quelques cas d'éclosion très- 
retardées de lépidoptères ; il parle du Bombyx lanestris , qui 
peut vivre plus de sept ans dans son cocon, avant de se métamor- 
phoser, et du Grand-paon qui y reste quelquefois plus de trois. 

M. Guérin-Méneville donne communication d'un rapport 
qu'il a présenté récemment à la Société royale et centrale d'Agri- 
culture de Paris, relativement aux récompenses à décerner aux 
personnes qui se sont occupées avec le plus de soin des insectes 
nuisibles à l'agriculture, et des moyens propres à détruire ces 
ineectes. Parmi les entomologistes ou agriculteurs qui ont ob- 
tenu, soit des prix, «oit des encouragements , M. Guérin-Méne- 
▼ille cite : MM. Eugène Robert, Chasseriau, Durant delà Sauvetat, 
Herpin, Vallot et Blisson. 

Après cette lecture plusieurs observations sont présentées par 
MM. de f^illiers et Pierret et seront imprimées dans le Bulletin 
de la Société Entomologique^ 2« trimestre de 1846. 

Séance du 13 mai 1846. — Il est donné lecture de plusieurs 
notices de M. Léon Vu four. 

1° Sur le Fulgora obliqua de Panzer ; qui est peu connue %a 
France, et que l'auteur décrit avec soin et rapporte au genre 
Tettigometra ; 

2" Sur le Brackyopa bicolor Meigen et le Subula citripe» 
Dufoiu-, que le célèbre entomologiste de Saint-Sever décrit et dit 
avoir rencontré dans l'ulcère de l'Orme, avec une fottle d'autreik 
larves d'insectes de divers ordres. 



*â36 REVUE ZOOLOGIQUE. {Juifi 1846.) 

M. H. Lucas donne quelques détails sur la manière dont les 
ïarves de Campsidia (saperda) populnea^ se comportent sur les 
branches des Populus tremula où elles vivent avant de se méta- 
morphoser en nymphe et en insecte parfait. 

M. Camille Boulard, de Bitche, adresse une note relative à 
une anomalie singulière que présente le tarse postérieur gauche 
d'une Melolontha vulgaris : le tibia de la jambe gauche pos- 
térieure se renfle à son extrémité où il présente deux surfaces 
articulaires ; du milieu de chacune part un tarse, l'un se divise 
«n deux, à partir du quatrième article, et l'autre est simple. 

M. Doue dit avoir trouvé dernièrement à Bondy le Cychrus 
elongalus. 

M Bellier de la Chavignerie annonce que M. Ronsin a ren- 
contré à Bondy, dans les derniers jours d'avril, une Phalénite 
qui n'avait pas encore été prise aussi près de Paris ; c'est la 
Speranza conspicuaria, 

M. Léon Fairmaire annonce qu'il a trouvé récemment le 
Langelandia anopthalma dans la forêt d'Orléans, dans une 
fourmilière Formica fuliginosa, qui était placée sur la souche 
pourrie d'un vieux chêne. 

M. E. Desmarest dit que le même coléoptère a été pris dans 
les mêmes circonstances à Bondy par M. Rouzet. 

M. Cordier fait remarquer que le Langelandia a été pris dans 
l'intérieur d'un bolet par l'un de nos collègues. 

Il est donné lecture d'une notice de M. Audinet Serville sur 
la vie et les travaux entomologiques de M. le comte Lepelletier 
de Saint-Fargeau : 

On lit plusieurs notices de M. Graells : 

1» Sur diverses variétés nouvelles ou peu connues de la Cicin- 
delà campe stris. 

2° Sur diverses espèces nouvelles de coléoptères découvertes 
€n Espagne et ayant reçu les noms de : Elophorus frigidus, 
Cebrio Carrenii, Aphodius carpetanus, Chasmatopterus hiS' 
pidulus et Eucnemis Feisthameli. (Ces esp. sont décrites dans 
cette Revue, p. 217.) 

M. Lucien Buquet donne communication de plusieurs mé- 
moires de M. Edouard Perris ; intitulés : 

1 " Observations complémentaires pour Phis'oiie du Melasit 



SOCII^TrîS SAVANTES. 237 

flabellicornis, dans lequel Fauteur complète ce qui a été dit à ce 
ce sujet par M. Guérin-Méneville : 

2° Observations sur les larves du Clytus arietis, de la Saperda 
punctata et de la Grammoptera ruficornis : l'histoire de ces 
Longicornes est donnée dans ce travail. 

3° Notes pour servira l'histoire des Cératopogon : M. Edouard 
Perris donne des détails nouveaux sur le Cératopogon lucorum 
Ifeigen et sur le Cératopogon geniculatus ; puis il décrit avec 
beaucoup de soin une espèce nouvelle, sous la dénomination de 
Cératopogon brunnipes. 

Séance du 27 mai 1846. — M. H. Lucas dit qu'il a rencontré 
dernièrement à Paris même, dans son grenier et en compagnie 
de Callidium variabile^ le Chrysobothris af^nis. qu'on ne ren- 
contre habituellement que dans le midi de la France. 

M. H. Lucas dit ensuite qu'il vient de trouver , au muséum 
d'histoire naturelle même et sous des pierres , la Lebia chlore- 
cephala. 

A cette occasion M. Pierret rapporte qu'il y a une dizaine 
d'années il a pris un grand nombre de ces coléoptères, dans des 
terrains arides qui se trouvaient à Boulogne, auprès du port de 
Sèvres. 

M. Eugène Desmarest fait passer sous les yeux de la Société 
un Melolontha hypocastani , qu'il a trouvé à Fontainebleau, 
et qui présente une anomalie singulière dans la forme des an- 
tennes. En effet ces antennes sont très-inégalement développées ; 
celle du côté droit l'est beaucoup, et est conformée comme celle 
des mâles ordinaires, tandis que l'antenne gauche est peu déve- 
loppée et ressemble beaucoup à celle des femelles. Cet arrêt de 
développement pourrait faire croire à un cas d'hermaphro- 
disme; mais M. Reiche a pu s'assurer, d'après l'inspection des 
organes génitaux internes, que cecoléoptère était bien un mâle. 

M. Pierret entretient la société d'une épidémie qui a régné 
cette année à Paris sur les chenilles du Char axes jasius. lî 
donne à ce sujet une note qui sera imprimée dans le Bulletin 
de la Société Entomologique de France. 

M. Bellier de la Chavignerie montre un Gymnopleurus fla- 
gellatus qu'il a trouvé, il y a quelques jours, au bois de Bou- 
logne. 

Séance du \Ojuin 1846. M. H. Zwca*- fait passer sous les y eax 



!238 RKYDK zooLOGiQUB. (Juin 1846.) 

de la société un Stenopterus mauritanicus vivant, nouvelle e»- 
pèce de coléoptère découverte par lui en Algérie, aux environs 
d'Oran , et qui vient d'éclore chez lui à Paris. 

M. Paerref annonce qu'il vient de retrouver en grande quan- 
tité, aux environs de Lardy, la Zygœna achillœa qu'il avait déjà 
rencontrée dans les bois de Raincy, et il dit qu'il l'a vue se re- 
poser souvent sur les fleurs du Lotus corniculatus. 

M. Pierret annonce également que la Lycœna hiflas se trouve 
communément à Lardy. 

M. Lucien Duquel fait passer sous les yeux de la société, le 
Prionus {Malaspis) pictus Perty, magnifique coléoptère qui n« 
se trouve que fort rarement au Brésil. Cet insecte a été décrit et 
figuré en Angleterre, et on ne l'avait pas encore vu en nature à 
Paris. 

M. Léon Fairmaire lit une liste de soixante-quatre coléop- 
tères fort rares aux environs de Paris et qui ont été trouvés par 
MM. Aube, Cordier, Fairmaire et Laboulbène , dans une chasse 
«ntomologique que ces messieurs ont faite à Fontainebleau les 
2 4i, 25, 26, 27 et 28 mai derniers. Cette liste sera insérée dans le 
Bulletin de la Société, 

l\ est donné lecture d'une note de M. Léon Dufowr sur la 
Rhingia femorata (Musca femorata^Panzer), espèce de diptère 
dont aucun entomologiste français n'a encore parlé, et cette no- 
tice est terminée par la description de cet insecte qui se trouve 
dans les environs de Saint-Sever. 

M. Guérin-Méneville lit une note, insérée dans la Hevue 
Zùologique (maix 1846, page 185 à 189), et contenant des obser- 
vations sur un rapport présenté dernièrement à l'institut rela- 
tivement à un mémoire de M. Blaud sur les insectes qui nuisent 
À ToHvier. E. Besmarest. 



IV. MELANGES ET IVOUVËLLËS. 

M. DE Lafresnàye nous prie d'insérer la réponse suivante à la 
réclamation de M. le docteur Hartlaub du dernier numéro de la 
ilevue. 

Nous sommes loin de vouloir prolonger avec M. le docteur 
9artlaub, dont nous savons apprécier les connaissances et les 



MÉLANGES BT NOUVELLES. 1tZ9 

traranx consciencieux en ornithologie, une sorte de débatscien- 
tifique sur le genre précis auquel doit appartenir, dans la classi- 
fication méthodique, VAmpelis hypopyrrha V»*, notre Ptilo- 
chlorhis hypopyrrhus , le Lipangus hypopyrrhus Hartlaub. 
Nous ferons seulement remarquer que, de cette diversité d'opi- 
nions qui s'est souvent élevée et se renouvellera encore souvent 
très-probablement entre divers auteurs, on peut conclure que 
l'oiseau qui en est le sujet est une espèce à caractères mixtes et 
de transition entre deux genres voisins; aussi regardons-nous 
VAmpelis hypopyrrha comme établissant le passage des Ptilo- 
ehlorhis aux Lipangus. Seulement il nous avait paru que les 
caractères qui le rattachaient aux premiers étaient beaucoup 
plus importants que ceux qu'il avait en commun avec les der- 
niers. Nous avions bien reconnu, comme le docteur Hartlaub, 
que cette espèce offrait dans sa queue plus allongée à proportion 
que chez le Ptilochloris arcuatus , et dans le fond de son plu- 
mage gris plombé comme chez les Lipangus, quelque différence 
avec le premier, et quelques rapports, au contraire, avec le se- 
cond de ces genres ; — encore n'est-ce, comme nous le disons, 
que dans le fond de son plumage seulement ; car les taches ocu- 
laires rousses cerclées de noir, formant deux bandes alaires, 
ces mêmes taches terminées d'une bande noire, dispersées sur 
le ventre, et la couleur vert jaunâtre de la poitrine, rappellent 
bien plus le plumage vert à bandes alaires oculées entièrement 
semblables et à ventre jaune écaillé de noir des Ptylochîorhis 
type, que celui des Lipangus qui, chez trois espèces que nous pos- 
sédons , est uniformément gris plombé varié seulement par 
des teintes roussâ très chez quelques individus. 

I>u reste, M. le docteur fait observer lui-même dans son exem- 
plaire de VAmpelis hypopyrrha le caractère, pour nous vraiment 
important et que nous avions reconnu dès 1838 dans le Lanius 
arcuatus (Geoff. St-Hilaire) , depuis Ptilochlorhis arcuatus et 
publié la même année dans le magasin de zoologie, planches 1 2- 
1 4; ce caractère est la syndactylité, que nous reconnaissions alors 
non-seulement chez ce Lanius arcuatus y mais aussi chez VAm- 
pelis carnifex, chez le Manikup Tpipra albifrons), \eTurdus pec- 
toralis Mat. le Bat ara agripenne F°^ Fourmilier à long hec^ 
Cnv. , et chez quelques autres passereaux qui n'avaient point 
encore été signalés comme le possédant. 



240 REVUE zooLOGiODE. {Juifi 1846.) 

Depuis Tapparition de ce mémoire en 1833, tous ces oiseaux 
sont devenus pour M. Swainson les types d^autant de genres tels 
que Ptiîochlorhis^ Phœnicircus. 

Cette syndactylité particulière à certaines espèces, placées jus- 
que-là dans différents genres qui ne la possédaient pas, a donc 
paru assez importante à M. Swainson et à divers auteurs pour les 
en retirer et les ériger eux-mêmes en genres nouveaux. Or, M. le 
docteur Hartlaub, dans sa réponse insérée dans le dernier nu- 
méro, dit, en parlant de son exemplaire du Lipangus hypopyr- 
rhus : « Le même exemplaire a les pieds syndactyles dans le 
» même degré, comme chez le Ptil. arcuatus , c'est-à dire le 
» doigt externe est soudé au médian jusqu'à la base de la der- 
» nière phalange. » 

Mais c'est positivement cette syndactylité que nous avons re- 
connue, comme le savant docteur, chez VAmpelis hypopyrrha , 
syndactylité particulière au genre Ptilochlorhis et qui ne se re- 
trouve nullement chez aucune espèce de Lipangus, qui nous l'a 
fait placer dans le premier genre bien plutôt que dans le second, 
jugeant ce caractère comme le font, je n'en doute pas, la plupart 
des ornithologistes, plus important de beaucoup que celui d'une 
queue plus ou moins longue, lorsqu'il faut surtout opter entre 
les deux, et comme suffisant pour rapprocher en un groupe par- 
ticulier les espèces d'une même famille ou sous-famille chez les- 
quelles il existe complètement. Nous n'en reconnaissons pas 
moins, comme M. le docteur Hartlaub,que son Lipangus hypo- 
pyrrhus , notre Ptilochlorhis hypopyrrhus, soit qu'on le place 
dans l'un ou l'autre de ces deux genres, est une de ces espèces à 
caractères mixtes si nombreuses dans chaque groupe de la na- 
ture , et qui forme le chaînon ou la transition entre ces deux 
genres voisins. 



ERRATA. 

Pag. 116, ligne 8 : Gastéropodes, les hétéropodes. Lisez 
Gastéropodes hétéropodes. 



NEUVIÈME ANXffét:. — JUZX.X.I:T X846 



i 



I. TRAVAUX INÉDITS. 

'ï)escription d'une nouvelle espèce d'oiseau de Madagascar, da 
genre Philépilte^ et de trois nouvelles espèces d'Abyssinie; par 
MM. 0. DES Murs et Florent Prévost. 

• Le genre Philépitte, si heureusement créé et si savamment éta- 
bli par notre illustre professeur M. Isid. Geoffroy-Saint-Hilairè, 
borné jusqu'à ce jour à une seule espèce typique, Pitta sericea 
(Geoffr.-Saint-Hil ), vient de s'enrichir d'une seconde espèce non 
moins remarquable (également de Madagascar) dont nous nous 
empressons de donner la dîagnose suivante, nous réservant d'en 
publier la figure dans une des prochaines livraisons de I'Icono- 
cRAPHiE Ornithologique, SOUS le nom de Ph. Geo ffroyi , au nom 
du savant fondateur du genre. 

Ph. superne viridi spîendidè olivaceo; sublus viridi- 
cinereo . albo leviter flavescenle adyuttur etpectus squammato, 
<id abdomen ac latera flammato; crisso flavo ; rostre nigro, 
pedibus plumbeis. 

Cette espèce, plus forte que la Philépitte veloutée, en diffère 
spécifiquement par les caractères de ptilose suivants. 

Elle est en dessus d'un beau vert olivâtre; les rectrices et les 
rémiges sont d'un vert olivâtre foncé, ces dernières lisérées de 
vert jaunâtre; en dessous elle est d'un vert grisâtre écaillé de 
blanc jaunâtre assez finement à la gorge, plus largement sur 
l'estomac, et flammé de la même couleur à l'abdomen et aux 
flancs; les couvertures inférieures de la queue sont d'un jaune 
serin. 

Longueur totale lâOmill. 

— du bec 19 

— du tarse 23 

— du doigt médian avec son ongle ?3 

— du pouce — 20 

Il va sans dire que les caractères génériques sont exactement 
semblables à ceux attribués au genre par le docte académicien, 
à l'exception toutefois de la nature veloutée des plumes, celle* 
Tome IX. Année 1846. Î6 



242 REVDE zooLOGiQUE. [Juillet 1846.) 

de notre Philëpitte ayant ses plumes mates, sans reflet, en nn moi 
à l'état ordinaire. 

Mais un caractère saillant chez la Ph, sertcea^ celui de la pré- 
sence d'une caroncule membraneuse, au-dessus de l'œil, manque 
complètement dans notre espèce, qui a le tour de l'œil entière- 
ment emplumé comme le reste de la tête. 

Or, l'absence de ce caractère, déclaré au surplus par M. Isid. 
Geoffroy-Saint-Hilaire (dans sa précieuse notice insérée au Ma- 
gasin de zoologie de 1839} être de valeur plutôt spécifique que 
générique t ne saurait en aucune manière infirmer en quoi que 
cç. soit le classement que nous faisons de cette espèce dans le 
gçnre Philepitta; elle vient, au contraire, réaliser les prévisions 
du, célèbre zoologiste, qui s'exprimait ainsi : « D'autres espèces 
» de Philépittes, les jeunes sujets, peut-être même les femelles 
» de l'espèce dès à présent connue, peuvent très-bien ne présen- 
» ter aucune trace de caroncule. » 

Nous ne savons rien des mœurs de cette espèce qui a été dé^ 
couverte par M. Goudot à Madagascar, et donnée par lui au Mu- 
éunji d'histoire naturelle de Paris qui en possède deux individus 
i?;jçactemçnt semblables. 



Oiseaux d'Abyssinie. 

BuBo DiLLONii. B. supra brunneo-nigrescenie ; fulvo-'al- 
hido tenuissime ocellato; regione ophthalmica et tectricibus 
alarum hrunneis , alho marmoratis ; subtus, gulâ et gutture 
niveis, collare nigro cinctis; peclore nigro ^ fulvo vermicu- 
lato^ remigibus reclricibusque brunneis fulvo fasciatis; abdo- 
^inebrunneo-nigrescente albo maculato ; lateribus pedibusque 
fulvis. 

H. in Abyssinia. — Long., 47 cent. 

Nous avons dédié cette espèce, que nous croyons nouvelle et 
qui fait partie des envois de Petit et de Quartin- Dillon, à la mé- 
moire de ce dernier, pour qu'il reste au moins trace de son pas- 
sage dans la science à laquelle il était tout dévoué. 

Le même sentiment nous a dirigé pour la dédicace des deux 
espèces suivantes, provenant de là même expédition. 

LoxiA [Euplectes) Petiti. L. fronte, capite , gutture, collo 
pectoreque ac crùso igneo colore rubescentibus : s cap ulo fulvo; 



ynvVMX rNEOITS. îA$ 

loro, gula et abdomine nigerrimis ; alis , remigibus rectrici- 
busque diluiioribus, fulvo iennissime limbatis; tectricibus 
caudœ superioribus non elongatis y neque setosis . 

Habit, in Abyssinia, ad ripas Tigrinas. — Long., 13 cent. 

A de grands rapports avec Euplectes rufo-velatus de Fraser, 
Procéd. zool., S. 1842, p. 142, mais en diffère par l'absence de 
«oir au front, par le fauve du manteau et par le roux de la ré- 
gion inférieure du dos. 

Merops Lefebvrii. m. fronte , supercilio et torque coUari 
indigotino splendide cœruleis ; capite, coUo posfico, dorso, 
aîis recfricibusque duabus intermediis lœte viridibus; remi- 
gibus secundariis rectricibusque ^-lateralibus fusco , a stipite^ 
nigroqiie , ad apicem semi-parti lis; his albo limbatis; infra, 
gula et gutturejunquillaceo flavis ; sfriga nigra àb oculis usque 
ad aures ducta , nota alba subterminata ; pectore rufo fuligi- 
noso; abdomine et crisso rufo-viridi flavescentibus ; rostro 
nigro^ pedibus sordide carneis ; oculis rubris. 

Habit, in Jbyssinia , provincia Chirensi. — Long., 20 cent. 

Cette belle espèce, que nous croyons nouvelle, est nommée sur 
le dessin et dans Talbum du docteur Petit, Guêpier à collier 
d'azur. 

Ce pourrait bien être le mâle adulte du M. I^afresnayi (Guér. 
Mén. Rev. zool. 1843, p. 522). Dans ce cas, le nom qui précède 
s'efTacerait devant la priorité de celui-ci. 



î)escriptioiv dune autre espèce nouvelle de Guêpier; par MW. O. 

DES îtlUKS et PUCHERAN. 

Merops nubicoioes. — Fronte ac capite viridi - olivaceo me- 
tallice splendentibus ; striga post-oculari nigra; suprà : brun^ 
neo rubrac^o ; remigibus secundariis rectricibusque cinereo 
marginati0y nigro ad apicem limbatis,- tectricibus alarum ma- 
jpribus viresceniibus ; infra: gula roseo lœlè carminata; pec- 
tore et abdomine flavo levissime rubescentibus ; uropygio crisso- 
que ex œrugine-viridi cœrulescentibus ; cauda subforcipata. 

Longit 34 cent. 

— rectrie. later 28 

— mediar 19 



244 RKVUK zooLOGiQUE, {JutUet 1846.) 

Habit. Port- Natal em. 

M. ISuMco proœimus, differt guîa rosacea, secundariis hre- 
vioribuSy rectricibus mediis longioribus, rostro crassiore. 



Cours d^bistoire naturelle des corps organisés , professé au 
Collège de France , par M. Duvernoy. 

(Suite )— Voy. p. 81, 113 et 213. 

Nous ajouterons aux généralités qui précèdent, sur le Type 
des articulés , l'indication des changements, en petit nombre , 
que M. Duvernoy a cru devoir introduire dans les caractères et 
la circonscription des Classes et de leurs premières divisions. Nous 
ferons connaître, en même temps, plusieurs circonstances or- 
ganiques, dont le professeur a parlé dans cette partie de son 
cours, parce qu'elles peuvent servir à distinguer l'un ou l'autre 
de ces groupes. 

I. La classe des Insectes ne comprend plus que les animaux 
articulés qui n'ont que six pieds à l'état parfait. 

II. Celle des Arachnides se compose de ceux qui en ont huit. 
L'importance de ce caractère tiré du nombre des pieds avait 

éié appréciée, depuis longtemps, par M. de Blainville, 

La forme générale du corps , dont la tête est ordinairement 
confondue avec le thorax; la modification des antennes en an- 
tennes-pinces , selon l'expression de Latreille , et d'autres carac- 
tères bien connus, l'avaient déterminé , ainsi que M, Cuvier , à 
réunir dans la même classe les Arachnides pulmonaires et les 
Arachnides trachéennes. 

La découverte de Dugès de plusieurs faisceaux de trachées, 
dans la Ségestrie perfide ^ existant simultanément avec des cap- 
sules dites pulmonaires , tout en montrant une combinaison sin- 
gulière de ces deux modes de respiration, est confîrmative de la 
réunion naturelle de tous les Articulés octopodes en une seule 
classe, quel que soit leur mode de respiration, pulmonaire, ira- 
t:héenne ou autre. 

C'est par ce même motif que M. Duvernoy place, dans cette 
même classe, la famille des Tardigrades, à la suite de celle de» 
Holétres{\). 

(t) Voir le mémoire de M. L. Doyère «ur cette famille. Paris . 18V> 



I 



THAVADX INÉDITS. 245 

L'organe mâled'accouplementestdoubleetcontenudansleder- 
nier article des palpes, chez les Aranéides fileuses, et n'a aucun 
rapport direct avec les glandes spermagènes(I) ; celles-ci ont au, 
contraire leurs canaux excréteurs aboutissant dans une fente qui 
se voit à la base de l'abdomen. Cette singulière organisation a^. 
fait présumer que l'appareil génital des palpes est arrangé pour 
prendre le sperme dans son issue abdominale et le transporter 
dans la vulve de la femelle. Ce mode de fécondation aurait de 
l'analogie avec celui décrit par M. Siebold dans le Cycîops cas- 
tor Ces organes d'accouplement ou plutôt fécondateurs de» 
Aranéides fileuses^ les distinguent de tous les autres animaux de 
cette classe. 

La famille des Scorpions parmi les Pédipaîpes , cette autre 
grande division des Arachnides pulmonaires , se distingue, 
les mâles par l'existence de deux verges situées sous la partie la 
plus reculée du thorax, dans chacune desquelles aboutit un ca- 
nal déférent; les femelles par la soudure, pour ainsi dire, de 
deux ovaires en un seul, lequel est composé de trois tu- 
bes longitudinaux et de plusieurs tubes transverses formant 
ensemble une double échelle. Il y a de plus, dans le Scorpion 
d'Afrique {Scorpio afer), de petites poches annexées à ces tu- 
bes, dans lesquelles les oeufs doivent passer, après la fécondation, 
pour le développement des petits. Ces poches sont des oviductes 
tncitôa/ewr^, appendices distincts des tubes ovariens. Dans d'autres 
genres (Androctonus et Biithus), il n'y a pas de poches d'incuba- 
tion séparées; celle-ci se fait dans les tubesovariens ou dans les 
oviductes, que M. Duvernoy a vus remplis de fœtus se dévelop- 
pant (?). 

Ces différences sont confirmatives d'une partie des coupes gé- 
nériques que MM. Hemprich et Ehrenberg ont établies dans la fa- 
mille des Scorpions. 

On ne connaît qu'une verge dans les Arachnides trachéennes 
comme dans les Insectes. 

III. Au sujet de la classe des Myriapodes, qui formait le pre- 
mier ordre de la classe des Insectes dans la méthode de Cuvier 
•t de Latreillen, le professeur a fait connaître les travaux récents 



(1) L«coDi d'anatomie comparée . par MM. Cuvier et Duveraor , t. VIU.p. 4i». 
(tj Voir ponrplui de détallRleiLpçoni d'anatomie comparée . t. Mil ,p. t41-94l. 



246 BEVOE zooi.OGK>uE. (fuUUt 1846.) 

de M. Newport (1) sur leur système nerveux et leur système vas- 
culaire , et ceux de M. Stein (2) sur leurs organes de génération. 
îl y a ajouté d'intéressants détails sur ceux du Juins maximus. 
qui n'avaient pas encore été décrits, et dont la structure est fort 
singulière chez les mâles (3). 

Les Juins, d'une part, et les Scolopendres , de l'autre, for- 
ment chacun le type d'une sous-classe, dont la première, celle 
des Chilognathes^ se rapproche des Crustacés par la duplicité et 
la po>ition en avant des organes d'accouplement mâles et feniel- 
les , et dont la dernière, celle des Chilopodes, a plus de rapport 
avec la classe des Insectes, par ses organes d'accouplement sim- 
ples et situés à l'extrémité postérieure du corps [4). 

Ceux du Juins maximus se composent de deux verges qui sor- 
tent entre le septième et le huitième anneau du corps et qui sont 
protégées, en avant, par une sorte de bouclier écailleux. 

Le huitième segment abdominal , qui est proprement le seg- 
ment génital, ne porte pas de pattes. Il paraît comme échancré 
pour faire place à cet appareil ; mais cette échancrure n'est 
qu'apparente. Il a seulement été tordu à cet effet, de manière 
que sa face horizontale est devenue verticale, dans cette partie. 

Les deux vulves de la femelle sont situées sur les côtés de la 
face abdominale, entre le deuxième et le troisième segment. 
Cette position si rapprochée des mâchoires a, selon toute appa- 
rence, nécessité chez les mâles l'existence de la plaque écailleuse 
située en avant des verges, afin de les préserrer des morsures de 
la femelle; c'est à cause de cet usage présumé que M. Duvernoy 
la désigne sous le nom de bouclier. 

IV. La classe des Crustacés^ dans la méthode de Cnvier et de 
Latreille, se compose de deux Sous-classes, celles des Malacos- 
Iracés et des Entomostracés. 

La première de ces deux grandes divisions comprend cinq or- 
dres : 1° les Décapodes; 2° les Siomapodes ] 3" les Amphipo- 
des , et 4° les Lœmodipodes. 

La deuxième ne se compose que de deux ordres, ceux, 5° des^, 
Branchiopodes j et G° des Pœcilopodes. 



(1) Txaps. philos, de 1843, 2' part. 
(«) Arehiïes lie J. Millier pour 1842. 

(3) Leçous d'anatuuiie comparée , t. Vill , p. 431-4?6 , elr 

(4) Voir pour les groupes de ce» deux sou8-cla»»e» la DUsertation de M. Gertals. 



TRAVAUX INÉDITS. 247 

M. Duvernoy a proposé deux changements importants dans 
cette classification. 

l» D'extraire les limules de la division des Eniomostracés et 
de l'ordre des Pœcilopodes , et d'en faire un ordre distinct sou» 
le nom de Xyphosures , déjà adopté par Latreille. Cet ordre 
devrait être placé à la fin de la première division , immédiate- 
ment après les Isopodes , comme le sixième ordre de cette pre- 
mière division. 

2° De placer dans la seconde grande division de cette classe, 
la famille des Lernéides , que MM. Cuvier et Latreille avaient 
laissée dans leur classe des Intestinaux ; ne les ayant connus 
qu'à l'âge adulte , lorsque leurs dernières métamorphoses ont 
eJfTacé , chez les femelles du moins, la plupart des caractères de 
leur organisation primitive. 

D'après les belles observations de M. Nordmann, faites au 
moment de leur sortie de l'œuf et durant la seconde époque de 
leur vie , on leur trouve les caractères généraux de la classe des 
Crustacés , et ceux plus particuliers de l'ordre des Pœcilopodes , 
auquel celte famille doit être réunie, immédiatement après celle 
des Syphonostomes, 

A l'occasion des branchies de cfette classé, iA. D. à cru pouvoir 
rappeler, dans ce cours sur l'histoire de la science et de ses der- 
niers progrès, ses propres découvertes sur les organes de respi- 
ration des Décapodes , des Isopodes et des Xyphosures , et les 
applications qu'il a essayé d'en faire à la classification naturelle 
des Crustacés. 

Dans un mémoire lu à l'Académie des sciences lé 17 septembre 
1838, ce professeur avait établi : 1° que les branchies des Li- 
mules se composent de larges feuillets membraneux d*une min- 
ceur extrême, groupés en autant de séries distinctes, au nombre 
de 150 à 160 , qu'il y a de branchies. 

2" Que chaque feuillet branchial est composé d'une double 
membrane, l'une extérieure ou dermoïde ; l'autre intérieure, for- 
mant une sorte de poche , à cavité très-divisée par des adhérences 
partielles et nombreuses de ses deux parois opposées. 11 en résulte 
une espèce de réseau formé de canaux s'anastomosant fréquem- 
ment entre eux. Ces canaux sont plus ou moins remplis , après 
là mort , de sang blanc , grumelé, semblable à celui que M. D. a 



HS REVUE zooLOGiQVE. iJuUtei 1S46.) 

trouvé en 1836 et 37, dans les sinus veineux et dans le cœur des ^ 
squilles. 

3" Que cette structure est semblable , pour l'essentiel , à celle 
des lames branchiales des Décapodes brachyures; seulement t« 
réseau des canaux, examiné plus particulièrement dans le Crabe 
tourteau , a paru plus serré et plus fin ( I ). 

Au mois de septembre et d'octobre 1839, M. D. , poursuivant 
ses recherches sur la structure intime des branchies des Crustacés-. 
et les continuant sur les Isopodes, avec son ancien aide , M. Lere- 
boullet , qui venait de lui succéder comme professeur de zoologie 
et d'anatomie comparée à la Faculté des sciences de Strasbourg, 
a constaté que les lames branchiales sous-abdominales de ces 
crustacés, sont des poches ou des lacunes, dont les parois ne se 
soudent pas , comme dans les Décapodes brachiures et les Xy,- 
phosures ^ pour intercepter des canaux. Le fluide nourricier s'y 
répand pour la respiration et s'y. meut par deux courants, l'un 
afierent, l'autre efferent, que ces observateurs sont parvenus à 
découvrir et à étudier dans l'état de vie , soit ensemble , soit 
séparément (1). 

Le 23 mars 1840, M. D., dans un mémoire lu à l'Académie des 
sciences, annonçait que, si la forme des branchies en tubes, qui 
caractérise plusieurs genres de Décapodes macroures, est très- 
diflerente des branchies en lames ou en feuilles; la structure 
essentielle des unes'et des autres est cependant toujours la même„ 
C'est une lacune, dans l'un et l'autre cas, cylindrique dans le 
premier, aplatie dans le second. 

Le tube ou filet branchial ne se compose pas, comme on l'a 
supposé, d'un ramuscule vasculaire sanguin, se continuant du 
vaisseau afférent; pas plus que d'une radicule, qui serait l'origine 
du vaisseau efferent. En un mot , il n'existe plus ici de réseau^ 
vasculaire respirateur (3). 

M. D. est parvenu a observer les deux courants des globules 
sanguins, et par eux du fluide nourricier dans les tubes ramifiés 
des branchies en panache de Vécrevisse de rivière. 

H) Comptes rendu* des séances de l'Académie des sciences , t. VH . 1888 . p. 608 et sutr. 

(1) Leurs premières observations communiquées a la Société d'histoire naturelle da 
Strasbourg le 57 nov. 1839 . ont été imprimées dans l'Institut , n" 312 . p. 449 et sui». Apre» 
)«s avoir multipliées pendant une année entière, eiîesont fait le sujet d'un nouveau mé-. 
moire lu à l'Académie des scien es dans les séances des 83 et 30 nov. iSio. 

'i) Compte! rendu* do l'Aradémle dei scienret , t X , tS'iO , p. 40! et ;9S 



TnATAUX INEDITS. 249 

Au mois d'août 1840 , il faisait connaître à cette même Acadé- 
mie (1) une forme toute particulière de branchies tubuleuses et 
rameuses, dont l'ensemble est contourné en un cylindre creux, efe 
dont la disposition générale doit singulièrement favoriser Thaerna- 
tose , par la multiplication des points de contact avec le fluide 
respiiable. 

Cette structure , dans une espèce réunie au genre Pénée , à 
cause de sa ressemblance extérieure avec les autres espèces de ce 
genre , a fait voir combien la forme des branchies peut varier 
dans des genres très-rapprochés; elle a convaincu M. D. contre 
l'opinion qu'il avait eue en 1 838 , qu'on ne pourrait pas se servir 
de ces caractères de formes, pour distinguer les groupes supé- 
rieurs de cette classe. Ils peuvent avoir cependant, si l'on y 
réunit encore ceux tirés du mécanisme de la respiration , une 
grande influence sur le séjour absolu dans l'eau, à telle ou telle 
profondeur, ou sur la possibilité de vivre plus ou moins hors de 
l'eau, mais dans un air humide (2). 

Ces réflexions ont conduit M. Duvernoy à rappeler enfin une 
singulière modification des branchies dans quelques genres de 
Cloportides. 

Latreille avait fait connaître à l'Institut, dès 1814, que les 
Cloportes ont, sur quatre des lames branchiales sous-abdomi- 
nales, une petite partie jaunâtre, percée d'un trou, quil com- 
pare aux poches resfiiralrices des araignées et des scorpions. 

Le même auteur écrivait , dans le Règne animal (édit. de 1 8 1 7), 
au sujet des A rmadilles: Les écailles branchiales et supérieures 
du dessous de la queue ont une rangée de petits trous , don- 
nant passage à iair. 

Dans le même ouvrage (édit. de 1829) il répète que, dans les 
Cloportides terrestres^ les premiers feuillets du dessous de la 
queue, offrent une rangée de petits trous, où l'air pénétre et se 
porte aux organes de respiration, qui y sont renfermés. 

M. Milne Bdwards , dans un article sur les organes respira- 
toires des Cloportes et des Tylos, communiqué à la société philo- 
matique , dans la séance du 27 avril 1829, s'exprime ainsi : 



(1) Comptes rendus , etc. , t. XI , p. 817 et sulv. 

(2) Mémoire sur la structure et le mécanisme des branchies dans les crualaeet 
décapodes. Comples rendus de TAcadémie de» Sciences, t X p, 4H» et soiT.; t V^t, 
p «08 et sui*. 



250 REVOE ZOOLOGIQDE. {JuUlct 1846.) 

A Chez les Cloportes et les Porcellions, les lames antérieures 
» des deux premières paires de fausses pattes , présentent sous 
» leur bord postérieur quelques trous irrréguliers , dont l'exis- 
» tence avait déjà été signalée par Latreille. M. Milne Edwards a 
» constaté que l'air nécessaire à la respiration de ces Crustacés 
» terrestres pénètre par ces ouvertures dans un organe arbores- 
» cent, logé dans l'intérieur de ces appendices. » 

MM. Duvernoy et Lereboullet, dans leur mémoire lu à l'Aca- 
démie des sciences le 30 novembre 1840, confirment, par de 
nouvelles observations, ce qu'ils avaient déjà dit dans leur pre- 
mier mémoire du 27 novembre 1829 (1) , que ces corps arbores- 
cents n'existent que dans les Porcellions et les Armadilles, et 
qu'ils manquent dans les genres Cloporte et Philoscie ^a'msi que 
dans la Ligidie des mousses^ Voilà donc un certain nombre de 
Cloportides terrestres, qui n'ont que des lames branchiales 
comme les autres Isopodes. 

Cette dernière circonstance fait naître une question physiolo- 
gique intéressante ; Comment ces organes de respiration aqua- 
tique peuvent-ils devenir des organes de respiration aérienne? 
A condition que l'animal vivra loin de l'action desséchante de 
la lumière et de la chaleur, dans les lieux obscurs, frais et 
humides. 

En soulevant les lames branchiales de plusieurs centaines de 
CloporieSy Armadilles el Porcellions ^ un peu plus que ces ani- 
maux ne le font pour respirer, MM. Duvernoy et Lereboullet ont 
constamment observé une cerlaine quantité d'eau, plus considé- 
rable chez les Cloportes^ s'échapper de dessous ces lames (2). 

La présence de l'eau sur leur membrane respiralrice les rend 
susceptibles de supporter l'action de l'air pour Thscmatose. 

Les corps blancs arborescents qui existent dans les branchies 
des armadilles et des porcellions, lesquels ont absolument les 
mêmes habitudes et vivent dans les mêmes localités que les clo- 
portes, ne font que modifier et ne changent pas fondamentalement 
la respiration de ces animaux. L'haematose a lieu, entre autres, 
comme à l'ordinaire, à travers la membrane supérieure ou abdo- 
minale de la lame branchiale, qui est en contact immédiat avec 



(1) Institut de 1839 , p. 449 et >u1t. 
(Ç) 16. .p. U8. 



TRAVAUX I>KD.TS. 251 

la lame d'eau aérée que retient cette lame; mais cet air humide 
pénétrant dans les canaux ramifiés du corps blanc arborescent 
opère, en outre, une respiration supplémentaire dans l'intérieur 
de cette lame. 

Ces organes arborescents qui existent chez leâ Porcellions et 
manquent chez les Cloportes^ genres d'ailleurs si rapprochés, 
ayant les mêmes mœurs, vivant ensemble dans les mêmes lieux, 
ne fournissent, au premier, qu'un moyen supplémentaire de res- 
piration semblable, qui varie même d'une espèce à l'autre ; puis- 
que MM. Duvernoy et Lereboullet en ont découvert qui ont à 
toutes leurs lames branchiales un de ces organes arborescents; 
ils sont loin, comme on l'a dit, de changer entièrement le mode 
de respiration de ces animaux. 

Il y a, dans cette combinaison, beaucoup moins de différence 
que dans l'existence simultanée des poches respiratrices, telles 
qu'on les observe chez les Arachnides pulmonaires, et des tra- 
chées, découvertes par Dugèsdaus la Ségeslrie perfide, ainsi que 
nous l'avons déjà annoncé. 

Dans l'étude d'un nouveau genre de Crustacé isopode , que 
M. Duvernoy a dédié, sous le nom de Képone, a. feu Desjardins, 
naturaliste de l'île de France, qui lui en avait remis les indivi- 
dus, ce professeur a découvert six paires de lames branchiales 
sous-caudalel, au lieu de cinq qui caractérisent généralement 
Tordre des Isopodes. Il en résulte qu'il faudra modifier, sous ce 
rapport, le caractère de cet ordre (1). 

M. Duvernoy a proposé de former une famille de ce genre et 
de la réunir à celles des Bopy riens et des Joniens, qui forment 
la section des Isopodes sédentaires, dans la méthode de M. Milne 
Edwards (2). 

Si les organes de respiration, étudiés dans la classe des Crus- 
tacés, fournissent à l'histoire naturelle classique des caractères 
de différents degrés, dont l'importance varie conséquemment 
beaucoup; l'élude des organes de la génération n'en montre pas 
de moins variables, de plus ou moins propres à caractériser ces 
groupes de divers degrés. 

M. Duvernoy en a cité un exemple remarquable qui distingue, 

(1) Sur un nouveau genre de l'ordre des Isopodes, Mémoire lu à l'AcadémU d«» 
sciences le is octobre 1840. 
rs) Histoire naturelle des crustacés, par M. Milae-Edwards, I. III. l«(0. 



25*2 hEvUB zooLOGiQCE. [Juillet 1846.) 

«vec plusieurs autres, les Décapodes brachyures^ des Décapodes 
macroures. Chez ceux-ci les verges rentrent dans elles-inêmes 
et dans le corps, et s'y trouvent constamment repliées, comme 
un doigt de gant, dans l'état de repos. Chez les premiers, elles 
restent constamment hors du corps, entre les appendices écail- 
leux qui servent à introduire chaque verge dans la vulve corres- 
pondante de la femelle. Aussi sont-elles recouvertes d'une sorte 
d'épiderme pileux qui les protège, au besoin, contre l'action des 
corps intérieurs (1). 



Note sur quelques espèces nouvelles d'insectes qui habitent les 
possessions françaises du nord de V Afrique; par M. H. 
Lucas. 

Thysanures. 

Machilis bimaculala , Luc — M. antennissetisque corpore bre- 
vioribus fla vescente fusco annulatis ; corpore omnino rufescente ; 
mesothorace duabus maculis oculiformibus cœruleis maculato ; 
pedibus pallide cinereo annulatis; oculis nigrescentibus. — L. 
10, l.2m\\\. 

Environs d'Alger; se plaît sous les pierres, où je l'ai rencon- 
tré , une seule fois, vers le milieu de janvier. 

Machilis acuminilhorax , Luc. — M. corpore setisque fusco fla- 
vescente tinctis;antennis, palpis, pedibusque flavescente rubigi- 
nosomaculatis; antennis corpore longioribus; thorace acuminato, 
antice bi-emarginato ; seiis terminalibus rubiginoso annulatis ; 
ocùlis nigrescentibus. — L. 10, 1.2 mill. 

Trouvé sous les pierres humides dans les premiers jours de 
janvier, aux environs d'Alger. 

Machilis thoracica , Luc. — M. corpore flavo fuscescente 
subtiliter maculato ; thorace dilatato, antennis, palpis pedibusque 
flavescentibus, immaculalis; setis terminalibus fusco annulatis. 
— L. 9, /. 2 mill. 

Habite les environs d'Oran, où je l'ai prise une seule fois, 
sous les pierres , dans les derniers jours de décembre. 

Machilis fastuosa , Luc. — M. capite, palpis, antennisque 
flavescente rubro tinctis, ultimis corpore brevioribus, fusco. 
annulatis ; corpore angustato, elongato, squamis vel flavis, vel, 

n) Leçoni d'aiistomie comparée , f. VIII , p. 4îK cl juiv. 



I 



TRAVAUX INEDITS. 263 

cyaneis vel violaceo metallicis ; abdomine fusco nigroque macu- 
lato; seta intermedia elongata , fusca, lateralibus brevibus,fla- 
vescentibus. — L. 7, /. 1 mill. 

Ce n'est qu'aux environs d'Oran , vers les derniers jours de 
février, que j'ai pris cette jolie espèce, dont les babitudes sont 
de se tenir dans les anfractuosités des grosses pierres. 

Machilis pallipes , Luc. — M. corpore pedibusque flavescen- 
tibus , antennis setisque flavescente fusco annulatis ; abdomine 
subacuminato , fusco maculato; oculis nigrescentibus. — L. 8, 
/. 1 mill. 1/2. 

Ce n'est qu'aux environs de Constantine , pendant le mois de 
mai , que je rencontrai cette espèce , qui se plaît sous les pierres, 
et qui n'est pas très -rare. 

Machilis cra^sicornis , Luc. — M. omnino flavescens ; anten- 
nis inflalis, fusco annulatis, corpore brevioribus ; raesothorace 
longiore duobus segmentis sequentibus ; abdomine segmentis 
inœqualissimis ; setis terminalibus fuscis , corpore brevioribus. 
•— L. 7, Z. 1 mill. 

Prise sous les pierres aux environs du fort l'Empereur, dans 
les premiers jours de janvier ; je n'ai rencontré qu'une seule fois 
cette curieuse espèce , remarquable par la forme de ses an- 
tennes; environs d'Alger. 

Machilis rupestris , Luc. — M. capite griseo cinereo, utrinque 
griseo bivittato; palpis griseo cinerescentibus , antennis griseo 
cinereis; corpore suprà griseo cinerescente , griseo fusco macu- 
lato . marginibusque griseo punctatis ; pedibus primis articulis 
fusco sordidis, duobus ultimis griseo cinerescentibus, fortiterque 
fusco annulatis; corpore infra fusco; setis brevissimis, fusco 
albo subnigrescentibus fortiterque fusco annulatis. — L. Il, 
/. 1 mill. 3/4. 

Elle est abondamment répandue sur tous les rochers qui envi- 
ronnent Constantine, où je l'ai toujours prise errante pendant 
la plus grande chaleur du jour ; mai, juin et juillet. 

Lepisma fuliginosa, Luc. — L. corpore fuliginoso, depresso, 
lateribus subparallelis ; antennis setisque fuscis, villosis, cor- 
pore brevioribus. — L. 9, l. 2 mill. 

Rencontré une seule fois sous les pierres, dans les premiers 
jours de février , aux environs d'Alger. 

Lepisma Nicoletiiy Luc — L. ochracea ; squamis roseo subvio- 



254 ttEVDE zooLOGiQUF. [JuUht 1846.) 

iaceo tinctis; antennis luteis, corpore longioribus, rubro annu* 
îatis; corpore, capite , lateribusque piloso rubescente ciliatis; 
pedibus palpisque flavescente cinereo tinctis , setis terminalibus 
circiter corpori œqualibus, rubro pilosis , ultimis verticillifor- 
mibus. — L. 1 1, /. 3 mill. 

Cette belle et remarquable espèce que je n'ai prise qu'une 
seule fois, en février, aux environs d'Oran, se tient sous les pierres 
dans des lieux secs et arides. 

Lepisma chlorosoma, Luc. — L. antennis capiteque fuscis; 
corpore viridi metallico nitido, basi segmentorum thoracisque 
alba ; abdomine albo maculato; palpis pedibusque luteis, ap- 
pendiculis lateralibus setisque rubris. — L. /i, l. 2 mill. 

C'est sous les écorces des oliviers que j'ai toujours rencontre 
cette jolie espèce, qui n'est pas très-rare ; environs d'Alger. 

Lepisma quadrilineata , Luc. — L. antennis setisque fasco 
flavescentibus, subtiliter higro annulatisj primis corpore longio- 
ribus ; corpore rubiginoso, subtiliter fiisco punctalo, supra longi- 
tudinaliter rubro quadrilineato; pedibus palpisque nigris, sub- 
flavescente annulatis. — L. I i, Z. 3 mill. 

Cette espèce qui habite les environs de Bone, et que j'ai prise 
vers les premiers jours de novembre, se tient sous les écorces des 
arbres. 

Lepisma Mauritanica^ Luc. — L. corpore capiteque cinereo 
flavescentibus subfusco tinctis; thorace fusco , punctatissimo ; 
abdomine supra quatuor lineis punctorum nigrorum longitu- 
dinaliter ornato; antennis pedibusque flavescentibus, setis ter- 
minalibus flavescentibus, fnscescen te annulatis griseofuscescen- 
teque pilosis. — L. 8, l. 2 mill. 

Rencontré soiis les pierres, vers le milieu de janvier, sur les 
bords de l'Ouad, aux environs d'Alger. 

Lepisma tnyrmccophila , Luc — L. flavo aurata, nitida; cor- 
pore brevi, antice rotundato, postice acuminato; antennis pedi- 
busque flavis, ultimis brevibus, validis; cauda triplici, brevis- 
sima. — L. 10, l. 3 mill. 

Cette espèce que j'ai prise pendant les mois de janvier et de 
février, habite les environs d'Alger, et c'est toujours dans des 
fourmilières que j'ai rencontré ce joli Lepisma qui n'est pas 
très-rare, 

Lepisma gyriniformis ^Lac. — L. corpore fusco œneo, antice 



TRAVAUX miSDITS. 255 

dilatato , gibboso . postice acuminato , depresso , segmentis ad 
basin dense cilialis ; antennis , palpis, pedibus caudaque pallide 
rubris. — L. 4, l. 2 mill. 

Environs d'Alger; pris une seule fois sous les pierres, vers le 
milieu de janvier. 

Smynthurus punctatus, Luc. — S. antennis çapiteque ru- 
bris; abdomine nigro, rubro maculato supraque punctalissimo, 
pedibus furcaque flavescentibus. — L. 1 1/2, l. 3/4 mill. 

Habite les environs d'Oran, où je l'ai prise sous les pierres, 
dans des lieux secs et arides , fin de janvier ; cette espèce qui est 
très-agile, n'est pas très- rare. 

Dicyrtoma alveolus^ Luc. — D. corpore çapiteque nigro vio- 
laceis, hoc fulvo maculato ; abdomine flavo tessellato ; antennis 
pedibusque flavescente nigro annulatis; cauda violacea. — 
L. 2 1/2, /. 1 mill. 

Cette jolie petite espèce dont je n'ai trouvé que deux individus, 
habite les environs de Philippeville, où je l'ai prise, à la fin de 
mars, sous les pierres. 

Dicyrtoma Cirtanus, Luc. — D. antennis octo-articulatis , 
primis quatuor articulis flavis, subsequentibus cinereis; capite 
rufo villoso; oculis nigris ; abdomine cinereo sparsim albo pi- 
loso; pedibus albescente flavis; cauda violacea. — L 1 1/4, 
l. 1/2 mill. 

Trouvé au nombre de quatre individus, en mai, aux environs 
de Constantine, sur les bords du Rummel. - 

Vycirtoma Oraniensis, Lin. — D. capite fusco violaceo; qua- 
tuor primis articulis antennarum, pedibus caudaque flavescen- 
tibus; abdomine fusco, immaculato; oculis nigris. — L. 1 1/4, 
^ 1/2 mill. 

Pris une seule fois, en janvier, sous les pierres , dans les envi- 
rons de Mers-el-Kebir. 

Orcheseîla Maurilanica, Lin.— 0. pilosa ; capite fusco variç- 
gato, viltis luteis in medio transversim ornato ; antennis saepius 
rubris, duobus primis articulis nigris, tertio brevi, albo ; thorace 
ferrugineo , fusco nigroque variegato. supra albo quadrima- 
culato ; abdomine fusco, antice albo fasciato, posticeque fulvo 
maculato ; pedibus furcaque albescenlibus. — L. 4, l. 3/4 de 
oaillim. 

Ce n'est qu'aux environs du cercle de La Galle, en mai, dans 



i^bê nKVDi: LOOLOGiQVE. [Juillet 1846.) 

3es bois du lac Tonga, que j'ai rencontré cette Orchéselle, qui s« 
plaît sous les feuilles humides. 

Orchesella luteola, Luc — 0. elongata, flava, pilosa ; capite 
immaculato, oculis magnis, nigris; thorace antice rotundato, 
lateribus subrectis, longitudinaliter ferrngineo bilineatis ; ab- 
domine oblongo, ferrugineo maculato; antennis, pedibus furca- 
que pallide luteis. — L. 3, l. I mill. 

Trouvé une seule fois en janvier, dans les ravins qui sont si- 
lués en Oran et Mers-el-Kebir. 

Achorutes afflnis , Luc — A. corpore capiteque cœruïeo- 
«inereis, sparsim albo pilosis; antennis sequali ter cinereis; pe- 
dibus pallidis. — L. 2, l. 1/2 mill. 

Celte espèce , qui n'est pas très-rare, habite les bois des envi- 
rons du cercle de La Galle, où je l'ai prise en mai, sous des pierres 
humides. 

11. ArVALYSES i)»OUVRAGES NOUVEAUX. 

Éléments des scienbes naturelles, par M. A. -M. Constant 
DuMÉRiL, 5' édition; Paris, 1846, 2 vol. in-12, avec pllan* 
ches. 

C'est un beau succès pour un ouvrage d'histoire naturelle , 
qu'une cinquième édition, et ce fait seul est un éloge suffisant 
pour un livre de ce genre. En effet , il faut que les éléments des 
sciences naturelles constituent un ouvrage réellement utile , 
pour qu'ils aient eu ainsi , depuis plus de quarante ans, autant 
de reproductions, ce qui suppose un grand débit. Du reste , en 
lisant l'ouvrage du savant professeur , du doyen des zoologistes 
français , l'étonnement cesse , car on y trouve la science exposée 
d'une manière si claire et si méthodique, que ses principes sem- 
blent choses faciles à apprendre, à retenir , et que les personnes 
les plus étrangères à celte étude , doivent tout d'abord s'y inté- 
resser. 

La première édition fut publiée sous le titre de Traité élé- 
mentaire de V Histoire naturelle, et composée d'après les bases 
indiquées par Napoléon lui-même pour l'enseignement dans les 
iycées nationaux. Depuis cette époque, la science a marché ra- 
pidement , et TautcHr , tout en contribuant pour une large pftrt 



\NAI,\SKS l)Ol]VH\GES NODVEADX. 257 

a SCS progrès, «'est maintenu au courant des découvertes suc- 
<:essives faites par ses contemporains. Dans les éditions suivan- 
tes il a toujours porté son livre au niveau de ces connaissances 
et dans celle-ci il a continué de suivre le même plan, en sorte 
qu'elle présente un tableau fidèle de l'état actuel des sciences 
naturelles. 

M. Duméril a persisté , pour l'ordre de l'exposition des prin- 
cipes des sciences naturelles , dans sa première méthode , qui 
consiste à procéder constamment du simple au composé dans 
l'étude des corps de la nature. Il commence par présenter des 
notions générales et succinctes sur les lois qui régissent la ma- 
tière et sur les principaux agents qui la modifient; puis il 
traite des corps inertes , qu'il faut d'abord connaître pour bien 
concevoir le mode d'existen.ce des corps organisés , végétaux et 
animés. Comme on le voit , le plan de cet ouvrage est complè- 
tement inverse de celui qui a été adopté récemment pour l'en- 
seignement dans les collèges royaux , mais on reconnaît, en con- 
sultant les tables méthodiques des matières, que le programme 
«dopté par l'université a été conçu sur le plan primitif de l'ou- 
vrage de M. Duméril. Si l'ordre a été renversé , c'est que l'on a 
été inspiré, dans le conseil royal, par les idées des auteurs d'un 
ouvrage moins didactique , le Cours élémentaire dPHisloire na- 
turelle , publié en 1841. Il est évident que la marche suivie par 
les auteurs de ce livre a servi de base à la décision du conseil 
de l'instruction publique, dont l'arrêté , en date du 14 septem- 
bre 1840, n'a précédé leur publication que de quelques moig 
seulement. 

On trouve éminemment dans les Eléments des sciences natu- 
relles , cet esprit d'ordre et de méthode analytique, principal 
cachet des nombreux et excellents travaux de M. Duméril. C'est 
k l'aide de cet ordre et de cette précision qu'il est parvenu à 
4iOordonner dans deux volumes le vaste ensemble des sciences 
naturelles. Il a eu soin de relever dans une table alphabétique 
très-étendue, tous les mots et tous les termes dont la définition 
a été donnée dans le cours de l'ouvrage , en sorte que ce voca- 
bulaire contient plus de 5,000 mots dont la signification a été 
fixée rigoureusement. En employant des caractères typographi- 
ques nets et serrés , il a pu , tout en augmentant considérable- 
ment son ouvrage, le faire tenir dans deux volumes d'un for- 
ronie IX. Année 18^6. 17 



258 RKVDH zooLOGiQUK. (JuHlet 1846.) 

mat plus petit que celui des éditions précédentes , et enfin il a 
ajouté un très-grand nombre de figures coordonnées dans 28 
planches gravées , qui représentent les principaux objets dont 
il est question dans l'ouvrage et facilitent singulièrement le tra- 
vail de l'étudiant. 

En résumé , nous pensons que la cinquième édition des Élé- 
ments des Sciences naturelles de M. Duméril , doit avoir une 
salutaire influence sur les progrès de Thistoire naturelle, en 
rendant son étude plus facile , et qu'elle ne peut qu'ajouter à la 
juste et belle réputation que s'est acquise dans le monde savant 
Tami des Cuvier , des Lacépède et de tant d'autres illustrations 
scientifiques de notre époque, et le savant qui fut nominative- 
ment chargé par Napoléon de rédiger ces éléments de la science 
qu'il enseignait déjà avec distinction il y a plus de quarante ans. 
(G. M,) 

Systematisches Ferzeichniz, etc , Catalogue systématique de 
tous les mammifères connus jusqu'à ce jour, ou synopsix 
mammalium, d'après le système de Cuvier, par le D"" Heinrich 

SCHINZ. 

(Soleure 1« partie, 1844 ; 2" partie, 1845.) 
Elle est déjà assez éloignée de nous l'époque à laquelle paru- 
rent le Traité de mammalogie de Desmarest, et plus tard le Sy- 
nopsis mammalium, de M. Fischer, et cependant le mouve- 
ment de nos connaissances , dans cette branche de la zoologie , 
n'a pas cessé de continuer. Chaque jour voit augmenter nos ri- 
chesses et le nombre des espèces nouvelles , en France , en An- 
gleterre et en Allemagne. La Russie, elle-même , qui depuis Pal- 
las n'avait pas eu de mammalogiste digne d'elle , commence , 
sous ce point de vue , à entrer dans une ère de progrès , grâce 
à l'initiative si active de MM. Brandt et Ern. de Baër. Le mo- 
ment n'est pas éloigné, enfin, où , par lés soins de MM. Bachman 
et Audubon, les États-Unis d'Amérique n'auront plus rien à en- 
vier aux autres parties du monde , sous le point de Vue de la 
connaissance des mammifères de la partie septentrionale du nou- 
veau contirient. 

C'est à la coordination de tous ces travaux épars que l'œuvre 
de M. Schintzest destinée. L'auteur a résumé en deux volumes 
toutes les notions relatives à la connaissance extérieure des mam~ 



\!NXLlrSES ï>Oll\RAGK$ NOUVEAUX. 



$5^ 



'mifères. De tous les genres et de toutes les espèces décrites par 
les mammalogistes tant anciens que modernes, aucune, que nous 
sachions , n'y a été omise. C'est un tableau exact et complet, et 
pouvant servir de guide à tous ceux de nos compatriotes qui 
sont peu familiarisés avec les travaux exotiques récents. Chaque 
«spèce est décrite dans une diagnose latine, qu'expliquent et par- 
fois complètent ensuite quelques courtes phrases allemandes. 
Malheureusement, l'auteur n'a pas eu le soin de joindre à ses des- 
criptions la diagnose différentielle qui nous semble devoir tou- 
jours les accompagner. C'est un reproche , au reste , que bien 
d'autres zoologistes méritent aussi, oubliant trop souvent de 
nous faire connaître par quels caractères l'espèce qu'ils décri- 
vent diffère de celles qui la suivent et de celles qui la précèdent. 

Quant à la classification suivie par l'auteur , il n'est aucun des 
lecteurs de la Revue qui ne devinera d'avance quelle est celle 
qui a été adoptée. Depuis les travaux des zoologistes français eh 
mammalogie, la tradition Linnéenne n'est-elle pas devenue tradi- 
tion française? Aussi, l'on classe présentement les animaux par 
ia méthode de Cuvier, comme an xviii' siècle on les classait pàt- 
la méthode de Linné. C'est aussi à la classification de Cuvier que 
s'est conformé M. Scfaintz , avec cette modification cependant , 
qu'il a fait des chéiroptères un ordre à part, tandis que poui* 
M. Cuvier, ce n'était qu'une famille de l'ordre des Carnivores. 
Conformément aux vues de l'illustre auteur du règne animal , 
M. Schintz a intercalé les Marsupiaux entre les Carnassiers am- 
phibies et les Rongeurs, et placé les Monotrèmes avec les Édentés : 
il en est de même des Bradypes. L'Aye-aye, enfin, se trouve à la 
tête des Rongeurs. Toutes ces localisations donnent par consé- 
quent lieu aux mêmes reproches et aux mêmes objections déjà 
faites à l'œuvre de Cuvier. 

M. Scbintz a été en général sobre de coupes génériques, et en 
cela nous l'en féliciterions , si cette sobriété ne nous semblait 
coupable de quelques inconvénients. C'est ainsi que dans les 
Carnassiers, nous aurions désiré le voir adopter les deux genres 
Gouépard et Cynhiène, dans les Primates , le genre Eriode. Lés 
formes générales des Felis jubata et Canis pictus nous semblent 
rendre impossible leur assimilation complète aux autres espèces 
de Felis et de Canis. Nous en dirons autant du genre Eriode , 
que les formes bien spécialisées de ses ongles el de ses narines 



460 REVBK XOOLOGH^>UK. {^JuUitt 184 G.) 

nous semblent suffisamment isoler des autres Cébiens. Dans, le* 
Ruminants, les observations récentes de MM. Rapp et Leukart , 
sur la composition de l'estomac chez le Moschus javanicus, nous 
semblent de même légitimer l'adoption du genre Tragulus. 
Nous aurions enfin désiré que dans cette famille des Antilopes, 
M. Schintz procédât d'une manière plus ferme à l'établissement 
des coupes génériques, en prenant pour bases principales les dif- 
férences offertes par les variations de sa forme générale. C'est 
là , selon nous , que résident les principes qui nous guideront 
plus tard dans les divisions de ce grand genre Antilope. V An- 
tilope addax nous semble la seule espèce pour laquelle l'exa- 
men d'un caractère unique ( ses sabots convexes sur leurs deux 
faces ) nous semble devoir donner lieu à la création du genre 
Tarandipède : V Antilope mytilopes , Ham. Smith {Antilope 
naso maculata^ Blainv.) , formera peut-être plus tard une se- 
conde espèce de ce genre. 

Quant aux noms adoptés par M. Schintz , la plupart ont été 
choisis avec beaucoup de soin et de goût. Ce n'est que rarement 
qu'il a dévié du principe en vertu duquel la préférence doit être 
accordée aux dénominations les plus anciennes. Peut-être, même, 
lorsqu'il a agi autrement, s'est-il laissé guider, comme l'a fait 
quelquefois son compatriote, M. Wagner, par une répugnance, 
difficile à expliquer, pour les noms barbares ou mal composés. 
C'est ainsi que se servant du mot Galago, de préférence à Oto- 
licnus , il substitue Lichanotus à Indris , Chrysothriœ à Sai- 
miris, Habrocebus à Avahi , Loncheres à Echimys , Halmatu- 
rus à Macropus , etc. Quoique nous n'approuvions pas ces 
substitutions , précisément en vertu du principe que nous avons 
énoncé plus haut , nous devons féliciter M. Schintz de n'avoir 
pas été chercher, dans la nuit des temps, les noms les plus vieux, 
et qui sont tombés en désuétude. L'auteur s'est bien gardé d'i- 
miter J. E Gray, allant déterrer dans Sparrman le nom spéci- 
que du Protéle, et dans le voyage de Buchanan au Mysore celui 
du Lepus nigricollis. Nous espérons que dans le travail qu'il 
prépare sur l'ornithologie, M. Schintz n'imitera pas non plus 
M. C R. Gray, employant des dénominations invétérées dont 
personne ne s'est servi depuis que leurs auteurs les ont imagi- 
nées, et ressuscitant des mots tels que Curiama, Tragopan (dans 
les Bucéridës}y Scops (dans les Échasxiers), RoUuhis , Orly- 



ANALYSES d'ouvrages NOUVEAUX. 261 

gometra^ Merula, etc. Nous ne voyons pas, nous ne pouvons 
pas apercevoir IMmpérieuse nécessité d'une telle résurrection qui 
ue sert, en vérité, qu'à enrichir de nouveaux noms , soit spéci- 
fiques , soit génériques , la science ornithologique qui déjà s'en 
trouve trop encombrée. C'est très-bien, sans doute, d'appliquer 
un principe; mais on doit faire en sorte, en l'appliquant, quC' 
les inconvénients qu'il présente ne l'emportent point sur les- 
avantages qu'il peut offrir. 

Des citations, dans le travail de M. Schintz, sont malheureu- 
sement faites avec beaucoup de négligence , et c'est vraiment 
dommage , car l'auteur n'avait là-dessus qu'à se conformer à 
l'exemple déjà donné à ce sujet par M. Fischer dans son Synop- 
sis mammalium. Ce n'est pas sans cause , au reste, que nous 
nous en plaignons ; car les omissions de noms d'auteurs que nous 
signalons portent le plus fréquemment sur des hommes de 
France , ici sur nos maîtres , là sur nos jeunes collègues. 
M. Schinlz donne bien les indications relatives aux journaux et 
recueils périodiques dans lesquels les travaux dont nous parlons 
ont été publiés , mais il nous permettra de lui faire observer que 
cela n'est point suffisant. Entre les mains des zoologistes qui 
débutent dans l'étude des mammifères , l'omission du nom du 
véritable auteur, l'indication seule du nom de l'écrivain qui di- 
rige la rédaction d'unjournal,ou bien seulement celle du voya- 
geur qui a colligé les individus décrits , peuvent inculquer des 
erreurs dans l'esprit du lecteur. 

Nous ajouterons qu'il se trouve dans le travail- de M. Scbintz 
quelques doubles emplois et quelques énonciations de synony- 
mies qui ne nous semblent pas du tout exactes. On nous par- 
donnera, nous l'espérons , de les signaler. 

1° Cercopithecus albo cinereus ( Desm. ) est donné ( I , p. 42 ) 
comme synonyme de Semn. obscurus (Martin;. Or, dans 
la partie mammalogique du voyage de Jacquemont, M. Geoffn y 
a prouvé qu'il n'en était rien. La dénomination spécifique des 
zoologistes anglais doit être adoptée de préférence à celle donnée 
par MM. Eydoux, Souleyetet Gervais; 

2° L'individu figuré dans le voyage de la Bonite, comme étant 
le Macacus aureus, appartient à une autre espèce. Les poils ne 
jiont pas ondulés comme le Macaque rouge doré ; 

3" Midaë pygmœuft Spix, n'est nullement le jeune de Jacehus 



'26'2 REVUE zooLOGiQUE. {jUiUet 1846.) 

penicillatus , comme M. Schintz (I, p. 91 ) le conjecture. INou* 
possédons des jeunes de ce dernier type, et ils ressemblent déjà 
à l'Ouistiti à pinceau. Leur tête est déjà toute noire, quoique!» 
aient è peine quelques pouces ; 

4* Cercopithecus Lalandii est bien une espèce. L'assertion de 
M. Lesson, qui fait des individus décrits par Desmoulins des jeu- 
nes du Vervet, est totalement erronée. M. Geoffroy a tout à fait 
éclairci ce point de synonymie dans l'article Cercopithèque du 
dictionnaire de M. d'Orbigny. Le jeune âge du Vervet n'est point 
encore connu ; 

5° Cercopithecus tephrops (Bonn.) (p. 47) est-il vraiment dif- 
férent du Malbrouck. M. Geoffroy, dans l'article déjà cité, se 
prononce pour la négative, et tout nous porte à penser que son 
opinion est l'expression delà vérité; 

()" La planche de M. Fr. Cuvier, citée sous Nyct. irivirgatus 
(I, p. 85), représente, non pas cette espèce , mais le Nyct. feli- 
nus, de Spix. M. Geoffroy, dans son mémoire récent sur les sin- 
ges américains , a, avec juste raison , constaté cette erreur , que 
M. Schintz , dans son supplément , n'a malheureusement qu'en 
partie redressée ; 

7° Cheirogaleus Milii ( Geoff. St.-Hil. ) n'est nullement un 
Microcebe, mais un vrai Cheirogale ; 

8° Genetta pardina ( H. Geoff. ) et Genetta Senegalensis 
(Fr. Cuv.) sont bien deux espèces et nullement deux variétés de 
Genetta vulgaris. Nous sommes encore dans le doute relative- 
ment à Genetta Afra (Fr. Cuv.) ; mais nous pensons que Ton doit 
en outre séparer encore de tous ces types Viverra tigrina , de 
Schréber,et Fiverra felina ^ deThunberg; 

9* Felis Brasiliensis, de M. Fr. Cuvier, se trouve t-il vraiment 
au Brésil? Le seul individu du musée de Paris sur lequel nous 
possédions, relativement à l'habitat, des renseignements dignes 
de foi, vient de l'état d'Arkansas , dans la Louisiane , et voilà 
pourquoi nous avons changé le nom de Felis Brasiliensis en ce- 
lui de Felis albescens. Nous sommes, du reste , portés à penser 
que c'est la même espèce que M. J.-E. Gray a décrite sous le 
nom de Leopardus griseus ; 

10° Felis elegans (Less. ) ne nous paraît pas différer de Felis 
macroura (de Wied) ; 

11° Felis Lybicus (Oiiy.), cité sous Felis caligata (l, p. 450), 



\MALYâË& U OUVRAGES NODVKAUX. 263 

test une espèce que M. Geoffroy a récemment très bien caractéri- 
sée dans la partie mammalogique du voyage de Jacquemont ; 

12° Olaria Lalandii [Otarie de Lalande, Fr. Cuv.) nous parait 
être la même espèce que Phoca Byronia ( Desm.). Nous avons 
appliqué avec succès au crâne adulte de celte espèce la descrip- 
tion donnée par M. de Blainville dans le Journal de physique 
(91, n** 2), et il n'est pas douteux pour nous que si les zoologistes 
de Londres appliquent la description de M. Cuvjer au crâne qui 
a servi à M. de Blainville, ils arrivent à un résultat analogue. Au 
reste, Otaria Lalandii ^ aussi bien qu'0^ Hauvillii , ne nous 
paraissent que des variétés d'âge à Olaria Peronii (Desm.}. Mal- 
heureusement nous ne possédons pas encore tous les intermé- 
diaires ; 

IS** C'est avec juste raison que dans le supplément à son pre- 
mier volume (II, p. 45) M. Schintz regarde Phoca lagura comme 
le jeune de Phoca Groenîandica. D'après lesrenseignementsque 
nousa fournis M. Geoffroy, c'est l'opinion de M. Willson, que nous 
n'hésitons pas à adopter. De son pelage de jeune âge , le Phoca 
lagura ne conserve que sa queue laineuse : par l'ensemble de 
sa coloration, il ressemble aux Phoques du Groenland un peu 
plus âgés; 

14° Sciurus Elphinstonii (Sykes, II, p. 38) ne nous paraît pas 
différer de Sciurus Indicus (Erxl.) ; 

15° Cervus Malaccensis (II, p. 387) nous semble la même es- 
pèce que Cervus Aristotelis. En outre , Cervus Bengalensis ne 
diffère pas de Cervus hippelaphus (Cuv.) ; 

16° La planche de M. Frédéric Cuvier, citée sous Cervus Mo- 
luccensis{\l. p. 388), se rapporte au Cervus Peronii; 

17° Cervus nemoralis (Sm. II, p. 548), donné en synonymie 
à Cervus Firginianus , nous semble devoir constituer une es- 
pèce; 

18=» Antilope Lalandii (Desm. II , p. 415 ) ne nous paraît pas 
autre chose que la femelle à"* Antilope redonca. M. Schintz rap- 
pelle en note cette opinion de M. le colonel Hamilton Smith qui 
nous paraît exacte ; 

19° Le Gaivei du Sénégal , figuré par M. Fr. Cuv. , et cité sous 
Antilope grimmia (II, p. 554), forme bien une espèce à laquelle 
M. Laurillard a imposé le nom d"* Antilope Friderici. 

Les descriptions de M. Schintz, dans l'usage partiel que nous 



261 REVUE zooLOGiyuK. {Juillet 1846.) 

en avons fait , nous ont , en général , paru exactes. Aussi ri'hésf-' 
lons-nous pas à avouer que, comme présentant un tableau com- 
plet de Fétat)|actuel de la mammalogie, son travail , malgré le* 
imperfections que nous avons signalées , sera vraiment utile au» 
zoologistes. PucHERAN, d.-m.-p. 



III. SOCIETES SAVANTES. 

Académie royale dcs sciences de Paris.. 

Séance du C^ juillet 1846. — M. Serres présente une noie sur 
un monstre hyperencephaîe , observé par M. le D' Belhomme. 

Le caractère fondamental de cette monstruosité consiste dan» 
la hernie des hémisphères cérébraux formant une tu^meur volu- 
mineuse au-dessus de la base du crâne. Cette tumeur est recou^- 
verte par la dure-mère, qui seule protège extérieurement ces hé- 
misphères, privés de la voûte osseuse qui les recouvre dans l'état 
normal . Dans la classification tératologique de MM. Geoflfroy-Saint- 
Hilaire père et fils, ce monstre apparti-ent à la classe des exen- 
eéphalienset à l'espèce des Hypereneéphales ; dans la Tératogénie 
de M. Serres , il se range dans la famille des Ectogéniens. 

Le travail de M. Belhomme est très-étendu et très-complet; il 
a fait l'anatomie du sujet après l'avoir injecté, ce qui lui a per- 
mis de constater un grand nombre de faits curieux. 

M. Lamarre Picquot adresse quelques détails sur la disposi- 
tion des organes génitaux d'un rongeur qui habite, dans les prai- 
ries du haut Mississipi , des galeries souterraines, et qui, autant 
qu'on en peut juger par les indications très -incomplètes que ren-- 
ferme la lettre, paraît être un Arctomys. 

M. Seguin adresse, pour être mis sous les yeux de l'Académie, 
un œuf de poule très-volumineux, qui contient à l'intérieur un 
second œuf de grosseur oi^dinaire et revêtu, aussi- bien que l'au- 
tre, de son enveloppe calcaire. 

Séance du \Z juillet. — M. Kolliker adresse une Note sur le 
développement des tissus organiques chez les Batraciens. Ce 
travail porte principalement sur le mode de formation des vais- 
seaux sanguins , des lymphatiques et des nerfs chez les Batra- 
ciens. D'après M. Kolliker, les capillaires sanguins se constH- 
kueraien.t par le développement des cellules étoilécs dont les- 



SUCll^TES SAVA:^rL5, 2<J5 

branches se rencoiitreruient , et dont la cavité , d^abord de di- 
mensions très-variables , se régulariserait peu à peu. Le cœur et 
les gros vaisseaux se constitueraient au contraire à l^aide d'une 
masse de cellules qui se creuserait au centre. 

M. Fallût adresse des observations sur les galles du verbat- 
cum pulverulentum, observations qui rendent raison des opi- 
nions différentes qui ont été émises relativement aux insectes 
qui déterminent la production de ces excroissances. M. Vallot re- 
marque que les galles de la plante ont tantôt le volume d'une 
noisette , et tantôt un volume beaucoup moindre ; les entomo- 
logistes qui ont observé ces dernières en ont vu sortir des Eulo- 
phes : ceux qui ont observé les premières y ont trouvé des Céci- 
domies. C'est toujours ce dernier insecte qui détermine la for- 
mation de l'excroissance ; mais la larve née de l'œuf qu'y a 
déposé la mère est souvent dévorée par les larves provenant 
d'œufs d'Eulophe qui y ont été introduits ultérieurement. Dan» 
ce cas , l'excroissance cesse de grossir , l'Eulophe meurt avant 
d'avoir atteint l'état adulte, et il ne sort de la galle, arrêtée dan» 
son développement , que des Cécidomyes. 

L'Académie accepte le dépôt d'un paquet cacheté adressé par 
M. Guérin-Méneville , et renfermant des observations relative» 
aux insectes nuisibles aux oliviers. 

Séance du 21 juillet. — M. Hardy adresse une note sur la cul- 
ture du nopal et l'éducation de la cochenille en Algérie. Suivant 
ce savant agriculteur, on peut considérer comme un fait certain 
la possibilité de cultiver en Algérie l'hémiptère qui vit en para- 
site sur cet opuntia. Cette exploitation a donné 961 kil. de co- 
chenille sèche et marchande par hectare, ce qui , en supposant 
la vente à 30 fr le kil., et défalquant les frais , donnerait un bé- 
néfice net de 9,776 fr. Cette éducation est beaucoup moins diffi- 
cile que celle des vers à soie. 

A cette occasion , M. Bory de Saint-Vincent dit qu'on avait 
cherché à introduire cette culture pendant le séjour de la com- 
mission scientifique en Algérie. On chargea de ce soin un chirur- 
gien militaire bien protégé ; on lui donna pour cela une assez 
forte somme et la croix; mais comme cet officier de santé était 
peu botaniste et peu entomologiste, il crut que les cochenilles du 
Mexique vivaient sur le figuier de Barbarie, et il ne put en élever 
une seule. Il ne se doutait pas de la différence qu'il y a entre c# 



266 riEVUK zoOLOGiODE. {Juillet 1846.) 

nopal et le Cactus cochenillefera. Après des essais infructueux , 
il de'clara dans un rapport officiel que l'on ne pourrait jawai* 
«lever la cochenille en Algérie. 



SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 

Séance du 21 juin 1846. — M. Pierret donne de nombreux 
détails sur l'habitat et les mœurs du Salyrus œdipus, qu'il vient 
de retrouver en grande quantité en Sologne, dans une propriété 
de M, Rippert, aux environs de Vernoux, près Beaugency. 
' — On communique une notice de M. Guénée sur quelques es- 
pèces de Tortrix de Linné, qui nous étaient connues sous d'au- 
tres noms et sur des variétés de la Padisca salandriana. L'auteur 
traite ce sujet avec le talent que l'on a pu apprécier dans son 
grand travail avec les Microlépidoptères. 

— Il est donné lecture d'une suite de mémoires de M. le co- 
lonel GoureaUy intitulés : Études entomologiques sur les InseC'- 
tes gallicoles. Les divers paragraphes de ce grand travail ont 
pour titres : 1° galles en grain de groseille des feuilles du chêne ; 
2® galles en baie des feuilles du chêne; 3* galles en artichaud 
des rameaux du chêne ; 4" petites galles en baie des feuilles du 
chêne; 5® galles en champignon des feuilles de chêne; 6° galles 
en champignon des feuilles du chêne; 7° galles à ombilic ; 8° gal- 
les vésiculeuses du saule marceau ; 9° galles produites par des 
diptères; 10° galles de la ronce; 11° galles ligneuses du saule 
marceau; 12" galles des feuilles du saule marceau, etc. L'auteur 
décrit un très-grand nombre d'insectes gallicoles, et surtout, à 
l'exemple de Réaumur , il donne de nombreuses observations 
relatives à leurs mœurs. ' 

— On lit deux notes de M, Léon Dufour ; 1° sur le Misocam- 
pus stigmatizans {Ichneumon stigmatizans Fahr.). Cet insecte , 
décrit par Fabricius dans son entomoiogia systematica , n'a- 
vait pas été revu depuis; aussi notre collègue croit-il, avec rai- 
son, rendre service à la science en en donnant une nouvelle des- 
cription, accompagnée de quelques détails sur ses mœurs ; 

2o Études pour servir à l'histoire du Nematus rihis. Notre con- 
frère complète l'histoire de cet insecte, qui avait été donnée il y 
a quelques années par M. Leduc de Versailles. 

Séance du S juillet 1846. — M. //, Lucas communique une 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 267 

note sur les ëclosions qu'il a obtenues du Bombyx {Saturnia) 
cecropia , provenant d'une éducation qu'il a faite l'année der- 
nière. Cette note sera insérée dans le Bulletin entomologique de 
la société , 3» trimestre de 1846. 

— M. jF. Mocquerys fait passer sous les yelix de la société un 
individu du Geotrupes silvaticus qui présente deux gibbosités 
remarquables sur les élytres. 

M. Deyrolles cite une difformité à peu près semblable, et qu'il 
a observée dans un Oryctes provenant de la Chine. 

M. L. Buquet indique également un autre cas de difformité ; 
c'est une Rutela dont le corselet est double. 

— M. Bellier.de la Chavignerie donne quelques observations 
sur l'habitat de VAhrostola asclepiadis ; il dit que cette espèce, 
qui avait été donné par Duponchel et par M. Boisduval comme 
exclusivement propre à la Suisse et aux Pyrénées, se trouve aussi 
aux environs de Paris; en ef!et, il l'a rencontrée l'année der- 
nière et cette année-ci en abondance au bois de Boulogne , et il 
vient tout récemment d'en découvrir la chenille dans la forêt de 
Saint-Germain. Notre collègue termine sa communication par 
quelques mots sur les chenilles des Ahrostola asclepiadis et 
urticœ, qu'il compare toutes deux. 

M. Pierret dit qu'Engramelle avait déjà rapporté que la 
Noctua asclepiadis se trouvait au bois de Boulogne, et il fait ob- 
server qu'il est intéressant que M. Bellier l'ait retrouvée com- 
munément dans la même localité. 

— M. Pierret communique le passage d'une lettre de M. Gras- 
lin, dans lequel notre confrère cherche à prouver que, contrai- 
rement à l'opinion émise plusieurs fois par M. Boisduval, les 
Anthocharis belia et ausonia forment bien deux espèces distinc- 
tes, et non pas une seule et même espèce. 

— M. Guérin-'Méneville présente à la société plusieurs com- 
munications : 

1° Sur une chenille de Noctua , qui fait de grands ravages à 
Fontenay-le-Comle (Vendée). Cette chenille était en si grand 
Bombre dans des plantations de haricots et de chanvre que 150 
journaux ou 50 hectares ainsi plantées ont été totalement rava- 
gés dans l'espace de quatre jours. Ces chenilles , dit M. Brisson, 
correspondant de M. Guérin-Méneville , ont commencé par ron- 
ger les racines des haricots et du chanvre ; ensuite elles sont sor- 



268 REVUE zooLOGiQntt. (Jîa//c( 1846.) 

ties de terre pour dévorer les tiges et les feuilles mourantes , et 
on les Toyait manger en plein jour ; 

2» Sur le Xyletinus serricomis, insecte qu'il a trouvé en abon- 
dance dans une céréale d'Abyssinie , que lui a remis M. Rochet 
d'Héricourt. Notre collègue donne la synonymie déjà assez em- 
brouillée de ce coléoptère , et il ajoute que les larves de Xyle- 
(mus, beaucoup plus grosses que les grains de la céréale d'Abys- 
sinie (le The ff des Abyssins ), ont fait des agglomérations de ces 
grains à peu près de la grosseur d'un petit pois , et ont rongé 
l'intérieur de cette masse. M. Guérin-Méneville montre plusieurs 
de ces petites boules , et une entre autres cassée d'un côté , et 
contenant encore un Xyletinus qui s'est métamorphosé dans son 
intérieur ; 

3" Sur des vers à soie provenant de Chine, communiqués de la 
part de M. Robinet; la coloration des chenilles de ces insectes 
est différente de celle des chenilles ordinaires du Bombyx 
mort ; 

4» Sur une branche de saule qui lui a été communiquée par 
M. Pierret ^ qui la tenait lui-même de M. Henry Doubleday , et 
qui, dans son intérieur, contenait une chenille de la Sesia bem- 
beciformis. 

Séance du 22 juillet 1846. — On communique des notes de 
Si. Boyer de Fonscolombe contenant : 1" quelques détails sur la 
Formica cursor , décrite dans le premier numéro des Annales 
pour 1846 ; et 2° des rectifications relatives à son travail sur l'an- 
cien genre Ichneumon. 

— M. L. Buquet communique un mémoire de M. Macquart^ 
intitulé : Nouvelles observations sur les diptères d'Europe de la 
tribu des Tachinaires (suite). Dans cet ouvrage l'auteur décrit les 
huit genres : Bhamphina, Meig; Bhynchosia, Macq; Chryso- 
soma, Macq ; Polidea^ Macq ; Plagia, Meig; Coria, Meig; Trixa, 
Meig, et iVemorcpa, Rob. Desv. : il s'étend surtout longuement sur 
ce dernier groupe qui compte un grand nombre d'espèces. De 
belles figures accompagnent ce travail. 

— M. H. Lucas lit une notice sur une nouvelle espèce d'épi- 
zoïque, appartenant au genre des Ilœmatopinus, et qui vit para- 
site sur l'Antilope des Indes, Jniilope cervicapra Pallas. Notre 
collègue possède un grand nombre d'individus de ce parasite „ 
qui lui ont été donnés par M. Rouzet, employé du Muséum d'his- 



SOCIÉTÉS SAVANTES. ^#9 

toire naturelle, et il donne pour caractères principaux de son 
espèce la phrase diagnostique suivante : 

ffœmatopinus cervicaprœ, Lucas, Long. 1 mill. ï/2, lat. I 1/2 
mill. Jf. capite ihoraceque fusco rufescentibus, subiililer nigro 
punctulatis, primo suprà longitudinaliter profundè impresso; 
antennis sat elongatis, crassis, fusco rufescenlibus rufes- 
centeque pUosis ; pedibus validis , fusco rufescenlibus nigro- 
que subiililer punciulalis, unguiculis elongatis, forliler lunu- 
latis ; abdomine elongalo , ovato, suprà infràque flavo sordido, 
in medio longiludinaliler cinereo crebréque conferlim nigro 
punclulato ; laleribus rufescents sparsim pilosis. 

— M. Boisduval annonce qu'il vient de recevoir pour la so- 
ciété des notes de M. Donzel , contenant la description de lépi- 
doptères nouveaux provenant d'Algérie : 1<> des noctuelles, et 
2* un polyomate. 

— M. Guérin-Méneville fait plusieurs communications : l«»sur 
une larve de Silpha opaca, qui dévore les feuilles de la betterave; 
fait d'autant plus remarquable , que jusqu'ici on n'avait pas en- 
core la certitude que toutes les Silphes ne fussent pas carnassiè- 
res; 2* sur la Cassida nebulosa, dont il décrit les métamorpho- 
ses , et qui vit également sur les betteraves ; Z" sur le Scolytus 
deslructor, relativement auquel il donne des détails enlomolo- 
giques importants ; et 4o sur VHylesinus varius, dont il fait con- 
naître le parasite. 

Notre confrère a trouvé aujourd'hui une occasion qu'il cher- 
chait depuis longtemps d'étudier les mœurs du Scolylus destruc^ 
tor. Dans le bois de Meudon , près de Bellevue , il a trouvé , en 
compagnie de M. E. Robert, une localité plantée d'ormes, dans 
laquelle on avait abattu cet hiver plusieurs de ces arbres, pour 
éclaircir le bois. Ces ormes, gisant à terre, étaient couverts de 
Scolytes et à'' Hylesinus ^ et M. Guérin-Méneville a pu observer 
ces insectes sous tous leurs états, ainsi que leur nombreux para- 
sites. Le fait le plus intéressant à ses yeux est l'observation qu'il 
a faite de la manière dont la femelle du Scolyte attaque les arbres 
encore sains, ou qui, du moins paraissent tels, et n'offrent dans 
l'aspect de leurs feuilles aucune différenre avec ceux qui ne 
.sont pas attaqués. A distance on ne distingue les arbres attaqués 
des sains que par la quantité des guêpes . bourdons, abeilles , 
mouches de toutes sortes, etc , qui sont posées sur leur 



ii7t^: HKVOE ZOOLOGIQUE. {JuUlet 1846.) 

tronc ; en approchant on reconnaît que ces insectes sont occu- 
pés à chercher des trous percés dans l'ëcorce, qu'ils y enfoncent 
leur trompe, et quelquefois toute leur tête, et sucent les sucs 
qui en suintent avec tant d'avidité qu'ils se laissent prendre sans 
chercher à s'échapper, tant leur attention est absorbée par ce' 
repas. A chaque point de l'écorce vive de ces arbres ainsi couverts 
de mouches , MM. Guérin-Méneville et Robert ont trouvé une 
femelle de Scolyte qui avait déjà pénétré de un ou deux centi- 
mètres dans l'écorce, en montant, avait pratiqué, de chaque côté 
de sa galerie, des cavités dans lesquelles elle avait déposé des œufs 
qu'elle avait soigneusement cachés en les recouvrant de détritus» 
de sciure de l'écorce dans laquelle elle était occupée à creuser. 
Ce trou, cette plaie faite dans une écorce vive, avait provoqué 
un suintement de sève que les guêpes et mouches venaient sucei* 
avec avidité. 

M. Guérin-Méneville a fait des études détaillées de ces arbres, 
assisté de M. Robert; il a monté à leur sommet avec une échelle, 
pour voir s'il ne parviendrait pas à saisir les deux sexes du Scolyté 
quand ils se nourrissent des jeunes pousses de l'arbre ou quand 
ils cherchent à s'accoupler ; M. Robert a enlevé plusieurs plaques 
d'écorce à ces arbres attaqués , afin qne M. Guérin-Méneville 
pût en faire des coupes, bien observer la ponte de la fe- 
melle, et faire l'anatomie des organes générateurs internes des 
deux sexes, ce qui lui a montré une disposition singulière des 
organes extérieurs qui doit entraîner un mode d'accouplement 
tout particulier. 

Il résulte de cette observation qu'il semblerait prouvé que lé 
Scolyte attaque les arbres sains pour déposer ses œufs, ou que, 
si les arbres sont déjà malades ou doivent le devenir, aucun 
signe de cette maladie ne se montre encore au dehors et sur les 
feuilles quand le Scolyte les envahit. Il en résulte aussi qu'il est 
dangereux de laisser pendant toute une saison des arbres abat- 
tus et couverts de Scolytes, dans le voisinage d'arbres sains, car 
il est évident que les insectes qui proviennent de ces arbres morts 
vont se jeter sur ceux du voisinage, que peut-être ils détermi- 
nent leur maladie, ou que du moins ils la hâtent et la dévelop- 
pent, en s'apercevant bien avant les forestiers de l'état de ma- 
ladie prochaine de ces arbres. 

Le petit Hylesimif dont M. Guérin-Méneville a observé \eà 



MÉLANGES ET NODVKLLKS. 271 

inétamorphoses et le parasite, semble ne s'attaquer qu'aux arbres 
morts ou mourants. Les galeries de ponte de la femelle, au lieu 
d'être parallèles aux fibres de l'arbre, ou longitudinales, coupent 
ces fibres à angle droit ou sont transversales. Elles sont toujours 
creusées dans l'épaisseur de l'écorce, sans arriver jusqu'au bois, 
du moins sur les troncs déjà un peu forts, où elles se trouvent 
mêlées à celles du Scolyte ; mais sur les branches secondaires, au 
sommet d'un tronc à peine de la grosseur du bras, on ne trouve 
plus que des galeries d'' Hylesinus qui arrivent jusqu'au bois. 

— M. Amyot donne des observations intéressantes sur l'or- 
ganisation et les mœurs de la Punaise des lits, et il annonce que 
cette communication sera insérée dans son ouvrage sur les Hé- 
miptères de France, travail que publie la Société depuis l'année 
dernière. E. D. 

IV. MÉLAIVGES ET NOUVELLES. 

Statue a Geoffroy Saint-Hilaire. 

La commune d'Étampes , ville natale de Geoffroy Saint-Hi- 
laire , a résolu de consacrer le souvenir de ce grand naturalisée 
en lui érigeant une statue. On ne peut qu'applaudir à cette heu- 
reuse idée des concitoyens du grand naturaliste dont la France 
s'honore. La commission qui s'est formée pour régler cette sous- 
cription, composée de membres de l'Institut, confrères de Geof- 
froy Saint-Hilaire , et des autorités municipales d'Étampes , ne 
se borne pas à appeler les compatriotes de Geoffroy à Thonneur 
de cette manifestation, elle admettra les souscriptions des admi- 
rateurs de ce grand homme, de quelques nations qu'ils soient. 

Les personnes qui désirent concourir à cette souscription doi- 
vent s'adresser à M. Régnier , secrétaire de la Faculté des scien- 
ces, à la Sorbonne, à Paris. 

Dans une des séances de la Société géologique de Londres du 
commencement de 1846, M. Owen a montré le crâne d'un irom- 
bat du continent Australien, qui diffère de celui de la terre de 
Van-Diemen par quelques caractères assez tranchés pour que 
l'on ne puisse les rapporter à la même espèce. Le Phascolomus 
wombatus anciennement connu ne se trouve que dans l'île de 
: Van-Oiemen et se distingue par son front plus étroit et par plu- 
sieurs différences dans la proportion des dents et la disposition 



27i2 nEVUK xooi.ogique. {Juillet 1846.) 

•de leur émail. L'espèce nouvelle paraît spéciale au continent de 
la Nouvelle-Hollande « et a reçu le nom de Phascolomus lati- 
frons. 

Peu de personnes possèdent le bel ouvrage de M. Thomas 
Horsfield ayant pour titre Zoological researches in Java^ etc.; 
car c'est un livre de luxe, plein de belles planches coloriées et 
dont le seul volume in-4®, paru jusqu'à présent, est du prix de 
200 fr. 

On nous prie d'annoncer la mise en vente de ce beau volume, 
qui renferme les Mammifères et les Oiseaux au prix de 120 fr., 
et on le diviserait volontiers en deux parties égales ( Mammifères 
41 pi. et 188 pages, et Oiseaux 32 pi.), si un acquéreur se pré- 
sentait pour les Mammifères, car les Oiseaux sont déjà retenus. 

C'est une occasion unique pour un zoologiste, car l'on sait que 
les libraires ne peuvent faire de ces sortes de marchés : de plus, 
le prix du livre est considérablement diminué et Ton offre les 
Mammifères pour 60 fr. au lieu de 100 qu'ils valent, d'après le 
prix de l'ouvrage entier. 

S'adresser (franco) au Directeur de la Revue Zoologique. 



ERRATA. 

Par une distraction inconcevable, M. Michelin a laissé passer, 
dans la copie d'un de ses articles du mois de juin, deuxrenvoi.s 
formant deux omissions qui sont trop importantes pour qu'il 
n'invite pas à faire les additions suivantes sUr ce numéro : 
- 1* Page 228, après la 2' famille, Aslrœïdes^ ajouter : 

3« famille, Fungides. 

Genres, Fungia, Cyclolites, Herpetolithus, Halomiira; Po- 
lyphyllia^ Zoopilus , Pavonia, Jgaricia, Psammocora. 

2* Page 230, ligne 14, au lieu de : Et les Cyclolites, ajouter ; 
Ainsi qu'une partie de ceux des Millépores et Polypiaires de 
11. de Blainville. 

Nouveaux membre admis dans la société Cuviérienne. 
N» 302. M. Drewsen , membre de la Société entomologique de 

France, etc., à Copenhague. 
N" 303. M. DK Ueume , capitaine d'artillerie , membre de diverses 
sociétés savantes, à Rruxelles, 

Présentés par M. Gnérin-Méneville. 



NEUVIÊMII AMMÉB. — AOÛY 1^46. 



I. TRAVAUX INÉDITS. 

Sur quelques oiseaux nouveaux de l'embouchure de rOrénoque ; 
par M. Fr. de LaPresnaye. 

Dans un article intitulé Coup cfœil sur Vomithologie de la 
Colombie, nousdisions,danslaRevuedel845,p. 118, que si l'im- 
mense chaîne des Cordilières avait suffi dans l'Amérique méri- 
dionale pour arrêter toute communication entre les espèces d'oi- 
seaux des côtes orientales et de l'intérieur et celles des côtes 
occidentales où l'on retrouvait bien la plupart des mêmes genres, 
mais représentés par des espèces différentes , il n'en était plus 
ainsi dans la partie nord pour les espèces colombiennes, qui, 
profitant apparemment de l'abaissement ou même de l'interrup- 
tion de quelques parties de la chaîne dans cette contrée, l'a- 
vaient franchie sans difficulté et s'étaient répandues sur le lit- 
toral de la mer des Antilles, dans les pays nommés la Nouvelle- 
Grenade , le Venezuela, la province de Cumanœ^ sans toutefois 
être descendues à l'est plus bas, vers les Guyanes, dont les es- 
pèces paraissaient au contraire tenir plutôt de celles particulières 
aux côtes orientales et à cette grande section que nous avons 
nommée la Brésilienne , soit qu'elles leur fussent identiques ou 
seulement analogues. 

Nos prévisions d'alors semblent commencer à se réaliser par 
la découverte récente de quelques espèces nouvelles recueillies 
dans le pays arrosé par les nombreuses bouches de TOrénoque 
et qui n'avaient point été trouvées jusqu'ici , ni à l'ouest ni au 
centre de la Colombie. 

il s'agit d'abord d'une espèce de Tangara ou Némosie très-voi- 
sine dxiTangara Rouge-cap de Cayenne et du Brésil, mais con- 
stituant bien évidemment une espèce distincte et nouvelle. 
C'est : 

La Némosia nigro-genis, Nem. supra tota genisque nigris, ca- 
pite supremo, gula tota pectoreque medio et longitudinaliier 
rubris ; subtus alba, tibiis posterius nigro maculalis ; rostro 
nigro,tenui, brevi, mandibula alba, apice nigra. 

Tome IX. Année 184G. 18 



274 REVDK ZOOLOGIQUE. (j4oût 1846.) 

Très- voisine de IsiNémosia gularis^ V»', Tangara Rouge-cap, 
Buff., enl. 155, f. 2, cette espèce en diffère néanmoins essentiel- 
lement par plusieurs caractères; 1° par sa coloration, ayant les 
lorums, le menton et les joues noirs, et non-seulement la gorge 
et le haut du cou rouges, mais ce rouge brillant formant une 
large bande descendant sur tout le devant du cou et se termi- 
nant en pointe sur le milieu de la poitrine , tandis que chez le 
Rouge-cap la gorge et le haut du cou seulement sont rouges , et 
la bande qui descend sur le reste du cou et la poitrine est d'un 
brun noir. 2° Le bec, dont la mandibule inférieure est blanche et 
non jaune à sa base, comme chez le Rouge-cap, est évidemment 
plus petit et surtout plus comprimé. 

Les plumes rouges luisantes lancéolées du dessus de la tête ont 
beaucoup de longueur sur le vertex et l'occiput où elles forment 
presque une petite huppe tombant sur la nuque ; celles du de- 
vant du cou et de la poitrine sont également allongées, lan- 
céolées et luisantes , caractères qui ne se remarquent pas sur les 
plumes brunes noirâtres du devant du cou du Rouge-cap. Cette 
espèce, du reste, a des dimensions moins fortes que celle-ci. Lon- 
gueur totale en peau non montée, 15 centimètres; elle vient de la 
partie de la Colombie arrosée par les bouches de l'Orénoque. 

ai dans la partie de la Colombie appelée Nouvelle-Grenade et 
même les pays adjacents , la famille des Tanagridées a fourni de 
nombreuses et nouvelles espèces dans les genres Tanagra , 
Aglaia et surtout Arrémon^ si restreint en espèces dans les 
Guyanes et le Brésil, il n'en est pas ainsi du genre Habia {Sal- 
tator), dont les espèces communes dans ces derniers pays, ainsi 
qu'au Paragny et vers le Nord dans les Antilles et le Mexique^ 
sont au contraire fort rares dans la Colombie occidentale et cen- 
trale. 

Le pays situé à l'embouchure de l'Orénoque vient encore de 
nous en fournir une nouvelle espèce que nous nommons 

Saltator Orenocensis, Sal. supra griseo-plumbeus , alis 
eàudaque nigris, remigihus primariis strictissime , secun- 
dariis et tertiariis late cinereo limbatis, tectricibus totis ejus- 
dem coloris ; rectricibus supra basi et extus griseo quasi vit- 
tatis infra grisesceniibus ; vitta lala superciliari, gutturecollo 
antico maculaque parva mandibulœ basi niveis ; genis, ca~ 
pitis,€olli,pectorisquelateribus atris; sublus pallide ochra- 



TRAVAUX INÉDITS. 875 

cens, hypochondriis et subcaudalibus ferrugineis; rostro nigro 
(lut vigro-plumbeo pedibusque fuscis. Longit., tôt. 17 cent. 

L'Ilabia de l'Orénoque, malgré ses grands rapports de colora- 
tion avec plusieurs espèces de ce groupe nombreux , s'en dis- 
tingue néanmoins facilement. Il est en dessus d'un gris cendré 
foncé, avec les ailes et la queue d'un noir sombre ; mais les pre- 
mières paraissent grises comme le dos , toute la partie visible de 
leurs couvertures et de leurs rémiges secondaires et tertiaires 
étant de cette couleur, les primaires seules n'en étant que fine- 
ment lisérées ; les rectrices sont également frangées de cette 
teinte à leur base, mais elle y forme comme des stries transverses 
séparées par d'autres de couleur noirâtre ; une large bande sour- 
cilière qui règne depuis la narine jusqu'à l'occiput, le milieu 
de la gorge, du devant du cou et le haut de la poitrine ainsi 
qu'une tache à l'angle de l'ouverture du bec sont blancs; les 
joues , les côtés de la tête , du cou et de la poitrine sont noirs ; 
ce noir qui encadre le blanc de la gorge et du cou se prolonge 
latéralement en s'ouvrant beaucoup pour encadrer aussi la poi- 
trine blanche dans toute sa largeur. Le reste du dessous du corps 
est d'un blanc teinté de roussâtre sur les parties médianes ; les 
côtés et les sous-caudales sont d'un roux ferrugineux. Il habite 
la partie orientale delà Bolivie, baignée par les bouches de l'Oré- 
noque. 

La même contrée a également fourni une espèce ou variété 
de la Coracine ignite. Pie à gorge ensanglantée, Azara, n" 56, 
Coracinascutata, Tem. col. 40, différant de l'espèce du Paraguay 
et du Brésil figurée par Temminck en ce qu'elle a tout le des- 
sous du corps, depuis la plaque rouge pectorale, de couleur brun 
marron uniforme. Les sous-caudales seules et une étroite bande 
au bas de la poitrine sont noires. Les proportions sont du reste 
les mêmes , mais la tranche supérieure du bec est moins arron 
die , plus coupante et plus comprimée vers l'extrémité. Noire 
individu paraît du reste entièrement adulte. 

Azara, qui a le premier décrit cet oiseau avec son exactitude 
ordinaire , sur deux individus tués au Paraguay, dit que la poi- 
trine et les petites couvertures inférieures des ailes sont tachées 
et pointillées de roussâtre, ce qu'il est facile de reconnaître cher 
tous les individus adultes du Brésil. Il ajoute que la femelle ne 
présentait d'autre dissemblance avec le mâle qu'une moindre 



276 RKVOE ZOOLOGIQDE. {^OÛt 1846.) 

quantité de ces taches rousses sur la poitrine et sur les courcr*- 
tures inférieures de Paile. Chez notre individu de TOrénoque, 
toutes ces couvertures sont, comme toutes les plumes du ventre, 
uniformément brun roux. 

Temminck décrivant cet oiseau dans ses pi., col. n*" 40, s'ex- 
prime différemment quant à ce caractère de coloration, car i! 
dit que chez l'adulte on voit sur la ligne moyenne du ventre une 
légère nuance rougeâtre mêlée avec le noir de cette partie, et ne 
dit rien des taches rousses sub-alaires; il ajoute seulement : « Les 
» jeunes sont couverts de plumes d'un noir mat (elles sont d'un 
» noir parfait chez l'adulte) ; les croissants veloutés des plumes 
» supérieures du cou que l'on remarque chez l'adulte n'existent 
» point chez les jeunes, et la plaque rouge est moins pure et 
» moins étendue chez eux ; les jeunes de Tannée sont partout 
» d'un noir terne ou brunâtre. » Il cite l'espèce comme du Bré- 
sil, où elle paraît, dit-il, très-commune : ce qui indique évidem- 
ment qu'il en avait vu un certain nombre d'individus de divers 
âges et probablement de différents sexes. 

Chez l'individu du Brésil que nous possédons, on retrouve au- 
dessous du brillant vermillon de la plaque pectorale et sur la 
partie médiane du ventre quelques grandes taches rousses à l'ex- 
trémité des plumes; on les retrouve également disséminées et 
peu nombreuses sur les couvertures inférieures de l'aile, con- 
formément aux descriptions d'Azara et de Temminck. 

Si nous n'osons prononcer sur l'identité ou la non-identité 
spécifique de notre individu de l'Orénoque avec ceux du Brésil 
et du Paraguay, nous sommes à peu près dans le même embarras 
quant à un troisième individu venant de la Nouvelle-Grenade, 

Si on n'avait égard qu'à la taille, on n'hésiterait pas à regarder 
cette espèce colombienne comme distincte et nouvelle par con- 
séquent , car elle est remarquablement plus petite que celle du 
Brésil ; ainsi, chez la première, le bec dans l'adulte a depuis les 
plumes frontales de 11 à 11 lignes 1/2 de longueur; il en a 14 
chez l'autre. Les pattes offrent encore plus de disproportion, et 
on peut dire sans la moindre exagération que chez l'espèce co- 
lombienne elles sont d'un bon tiers moins fortes dans toutes les 
parties que chez la brésilienne ; cependant il y a un tel rapport 
décoloration qu'on hésite à trancher la question. 

il n'est pas douteux cependant que ces petits individus ne con- 



TRAVAUX INÉDITS. 277 

ititueut une race particulière à la Colombie occidentale et éga- 
lement distincte de celle plus grande et à ventre roux de la 
Colombie orientale, comme aussi de celle du Brésil. Dans son 
ensemble elle offre la même différence proportionnelle, de taille 
que celle que nous avons indiquée pour le bec et les pattes, par- 
ties plus sûres et plus convenables pour établir une comparaison. 
Chez elle les taches brunes du ventre et des sous-alaires sont 
plus nombreuses que chez l'espèce brésilienne ; son bec, évidem- 
ment plus court , a la tranche supérieure moins arrondie , plus 
coupante et plus comprimée vers l'extrémité : caractères qui se 
trouvent en partie chez l'espèce brésilienne. La différence mar- 
quée dans les proportions comme aussi dans la forme du bec me 
la font fortement soupçonner espèce distincte, et je propose dans 
ce cas de lui donner le nom de Coracina Granadensis (Cor&cme 
de la Nouvelle-Grenade), et à l'autre, si elle est reconnue espèce 
distincte de la brésilienne, celui de Coracina Orenocensis (Co- 
racine de l'Orénoque) de Lafr. 



Sur une nouvelle espèce d'Euphone (Euphonia); par M. Fr. 
DE Lafresnaye. 

Euphonia cinerea. Fuph. tota grisea , supra colore pallide- 
thalassino micanSf remigibus fuscis , griseo-albo tenuissime 
limbatis; subtus dilutior, cinerascens, medio abdomine crissi- 
que lateribus pallide citrinis, crisso et subcaudalibus paîlide 
ochraceis; cauda brevissima; rostrum forte, altum^ supra 
subtusque incurvum^ maxilla prope apicem utrinque serrata, 
mandibula alta^ valde sursum recurva. 

Cette nouvelle espèce d'Euphone est tout à fait remarquable : 
1*» par sa couleur grise, glacée en dessus d'une nuance vert de 
mer pâle, avec les rémiges primaires noirâtres très-finement 
bordées de blanc grisâtre, le dessous cendré pâle, le milieu de 
l'abdomen et ses cotés d'un jaune citron pâle ; 2® par la forme de 
son bec élevé, arqué en dessus et en dessous comme un bec de 
pie-gi'ièche et armé près de son extrémité sur sa mandibule supé- 
rieure, de deux petites crénelures de chaque côté. Ce bec parait 
avoir été d'un bleu de plomb, et les pattes noires. Long, tôt., 
tO cent. 



278 RKVUE ZOOLOGIQDE. {JoÛt 1846.) 

En 1837, nous avions déjà signalé dans notre Synopsis avium 
Americ. d'Orbigny , etc. , page 30 , sous le nom d'Euphonia la- 
niirostris y Euphone k becdepie-grièche, un Euphorie de Bolivie 
à bec semblable , mais à coloration toute différente , bleu noir 
et jaune et se rapprochant beaucoup de l'Euphone téi té. Précé- 
demment et dès 1820, M. Natterer, ce savant naturaliste que l'on 
peut proclamer le plus habile ornithologiste de l'époque et dont 
tous les amis de cette science déplorent aujourd'hui la mort 
prématurée, avait nommé Tanagra Chalihœa , et figuré dans 
Mikan delectus florœ et faunœ BrasiliensiSy fasc. 4, un Euphone 
à bec encore semblable, de couleur vert de mer foncé en dessus 
et sur les côtés et le devant du cou, avec une bande frontale et 
tout le dessous depuis le cou d'un jaune citron. 

On pourrait, d'après la forme toute particulière du bec de ces 
trois espèces, les rapprocher pour en former une section dans le 
%txiTe Euphone sovLs lenom d^Euphones à bec de pie-grièche^ Eu» 
phoniaelaniirostres: dénomination qui conviendrait d'autant plus 
à notre Euphone cendré qu*avec le gros bec particulier aux 
trois espèces , il a de plus la mandibule supérieure bidentée. Il 
Tient de Golombie. 



NotB sur les espèces du genre Lepadogaster de Gouan. 
Par M. L. Brisoot de Barne ville. 

L'existence de deux disques sous le corps distingue nette- 
ment les genres Lepadogaster et Trachelochismus des quatre 
genres Tomicodony Sicyogaster, Gobiesoœ et Chorisochismus^ 
qui n'ont qu'un seul disque ventral fendu des deux côtés. Des 
dents garnissent les deux mâchoires des Lepadogaster ; les plu& 
longues, les plus fortes de ces dents situées , sur leur bord et de 
forme conique ou conoïdale , sont semblables à de petites canines 
souvent crochues; les plus petites sont en velours. Ces poissons- 
ont une seule nageoire dorsale, une anale également unique et 
une caudale. Leur corps est nu. Ils ont deux fentes branchiales 
hien distinctes , bien séparées, médiocres et placées latérale- 
ment en avant de l'une et de Vautre pectorale. Toutes les es- 
|)èces de Lepadogaster connues jusqu'à présent ont une nageoire 
caudale arrondie ; on peut dire de leur dorsale et de leur anale 



TRAVAUX INÉDITS. 279 

qu'elles sont coupées carrément. Leur corps est comprimé en 
arrière et présente en avant une tête déprimée ; leur bouche est 
fendue horizontalement j leurs yeux sont écartés. Nous allons 
décrire brièvement les espèces du genre Lepadogaster que le Mu- 
sée d'histoire naturelle renferme, en indiquant leur synonymie 
et de quels pays viennent les individus que nous avons exa- 
minés. Nous les diviserons en deux sections. 

Sbction I. — Nageoires dorsale et anale bien développées, 
assez élevées. 

1. Lepadogater Gouani. Lacépède. — Synonymie. Small 
suck fish. Borlase, Nat. hist. of Cornwall, pi. XXV, fig. xxviii et 
xxix. — Le Barbier ou Porte-Ecuelle. Gouan, Hist. Poiss., tab. 1 , 
fig. 6 et 7. — Jura Sucker. Penjiant, Brit. zool., tom. 111, p. 181, 
pi. XXV. — Le Porte-Écuelle. Bonnaterre, Encyclop. méth. 
Poiss., pi. 86, fig. 356. — Lépadogastère Gouan. Lacépède, Hist. 
Poiss., tom. I, pi. 23, fig. 3 et 4, et tom. II, p. 73. — Lepado- 
gaster ro stratus, Bloch et Schneid., Syst. ichth., p. \. — Cy- 
clopterus Cornubicus. Shaw, Gêner, zool., tom. V, p. 397.— Cy- 
clopterus ocellatus, Donovan, Nat. hist. of Brit. fishes, tom. IV, 
pi. 76. — Lepadogaster Gouanii. Risso, Ichth. de Nice, p. 72. 
Lepadogaster Balbis. Id. loc. cit. p. 73, pi. IV, fig. 9. — Lépa- 
do g aster Gouan., Bosc Nouv. dict. d'hist.nat., tom. XVII, p. 461, 
pi. E. 30, fig. 7. — Lepadogaster ciliatus. Risso, Journ. dePhys. 
tom. XCI, p. 248. — Jura Sucker. Couch, in Trans. societ. of 
Lond. tom. XIV, pag. 87. — Lépadogastère Gouan, H. Cloquet, 
Dict.scienc. nat., tom. XXVI, p, 4. Lépadogastère Balbis. Id. loc. 
cit. — Lepadogaster Gouani. Risso, Hist. nat. Europe mérid., 
tom. III, p. 271. Lepadogaster biciliatus. Id., loc. cit., p. ^72. 
Lepadogaster Balbis. Id. loc. cit. p. 274. —Le Gouanien. Bory 
de St- Vincent, Dict. class. d'hist, nat., tom. IX, p. 285. Lepado- 
gaster Balbisien. Id. loc. cit. — Lepadog. Gouan. Cuvier, Règne 
anim., l^'édit., tom. II, p. 225, et2° édit., tom.ll, p. 345.Lepad. 
Balbis, loc. cit. — Lepadogaster Gouan. Guérin, Icon. Règn. anim. 
Cuv., pi. GVIII, fig. 2 et 2 a. — Lepadogaster Cornubiensis. Jenyns, 
Man. of Brit. vertebrate anim., pag. 469, sp. 157. — Lepadogaster 
de Guan. Guicheiiot. Dict. pitt. d'hist. nat. , tom IV, pag. 382 , 
pi. 300, fig. l.— Lepidogaster Cornubiensis. Yarrel, Hist. of Brit. 
fishes, tom. II, pag. 264, fig. — Lepadogaster Gouani. Costa, 



280 RKVOE zooLOGiguE. [Aoûi 1846.) 

Fauna del regno di Napoli, Pesci. pag. 2, lab. XXIU, fig. 1-3. — 
Lepadogaster zebrinus. Lowe, Annals of nat. hist., tom. IV, 
pag. 419. — Lepadogaster biciliatus. Nordmann. Faune poli- 
tique, tom. III du voy. de Démidoff, Poissons, pag. 537, pi. XV, 
fig. 4,5 et 6. — Lepadogaster Gouan. Valenciennes, Règn. anim. 
Cav.,nouv. édit. Poissons, pi. GVIII, fig. 2. — Lepadogaster Weh- 
bianus. Valenciennes, Hist. des îles Canaries de Webb et Ber- 
thel. Ichth. , pag. 85 (1). — Le Bouclier pourpré. Bonnaterre. En- 
cyclop. méth. Poiss., pag. 29. 

Caractères. Museau tantôt et le plus ordinairement allongé, 
tantôt plus ou moins raccourci. Deux tentaeules à chaque na- 
rine, Vantérieur allongé, le postérieur court (2). Bisque anté- 
rieur sans éminence vésiculeuse à son bord postérieur, ce 
disque moins ample que le postérieur ; disque postérieur grande 
environ de la largeur du corps , de forme elliptique , subellip- 
tique, ou même subcirculaire , toujours large en avant. Dorsale 
et anale longuement unies à la caudale (adhérentes à celle-ci 
dans toute l'étendue correspondante à leur hauteur), la na- 
geoire de Vanus plus courte que celle du dos qui est toujours 
longue, D. 17 à 18 ; A. 9 ou 10 à 11. — Les dents qui garnissent 
en avant le bord de chacune des deux mâchoires sont générale- 
ment plus petites et moins fortes que celles qui sont situées de 
chaque côté en arrière. Au moins une partie des dents présente 
une incurvation plus ou moins marquée, et en général princi- 
palement celles qui sont placées sur les parties latérales des mâ- 
choires. — Les individus conservés dans l'esprit-de-vin nous ont 
ofifert la coloration suivante : sur le dessus et les côtés du corps, 
de petites taches rouges violacées ; sur la nuque, deux taches 
plus grandes, noirâtres ou violacées, ovales, obliques, précédées 
de lignes en chevron ayant la même couleur. — Yeux de gran- 
deur moyenne. — Le L, Cornubiensis et le Webbianus ne nous 
paraissent être que des variétés du L. Gouani. 

Patrie. Angleterre (Leach); Brest (d'Orbigny); Toulon (Kie- 
ner); Nice (Laurillard, Coste) ; Gênes (Savigny) ; Iviça (de La- 
roche); Sicile (Bibron); Crimée (Expéd. Démidoff); côtes de 

(1) M. Lesnenr a tronvé le L. Gonanl an Harre et à Falmonth. 

(«) Le teDtaci}i& antérieur a son orifice yers sa base et le bord antérieur de cette on- 
Terlure tantôt ne forme qa'une lèvre très-coarte, tantôt se prolonge en nn appendice pin» 
oa moins a]IoDg« et détermine pour ce tentacule une disposition manifesfemont bifabié» 
9U bilobé».. 



TRAVAUX INÉDITS. 281 

l'Algérie (Guichenot) ; Oran (Deshayes) ; îles Canaries (Webb. et 
Berthelot); de l'île Gorëe. 

2. Lepadogaster Candollii. Risso. — Synonymie. Lepado- 
gaster Candolii. Risso, Ichth. de Nice, pag. 7f>. Lepadogaster 
olivaceus. Id. , loc. cit. , pag. 75. — Lépadogastère Decandolle. 
H.CloquetjDict.scienc.nat,, tom. XXVI, pag. 4. — Lepadogaster 
Candollii. Bory de Saint- Vincent, Dict. class. d'hist. nat., tom. IX, 
pag. 285. — Lepadogaster Jussieui. Risso, Hist. nat. , Europ. 
mérid.,tom. 111, pag. 273. Lepadogaster olivaceus. Id. , loc, 
cit., pag. 274. Lepadogaster Decandollii. Id., loc. cit., p. 275. 

Caractères. Museau assez allongé. Narines très-brièvement 
tentaculées. Disque antérieur sans éminence vésiculeuse à son 
bord postérieur ; disque postérieur médiocre, de forme à peu 
prés subovale ou semi-ovalaire, plus étroit que le corps et plus 
ou moins rétréci en avant. Dorsale et anale séparées de la cau- 
dale par une profonde échancrure (1) , la nageoire de l'anus 
plus courte que celle du dos qui est longue. — D. 14 à 16 ; A. 8 
à 11. — Il y a généralement de chaque côté de la mâchoire su- 
périeure quelques dents qui sont plus fortes que celles qui bor- 
dent l'extrémité antérieure de celle-ci , parfois même quelques- 
unes de ces dernières ne diffèrent pas ou diffèrent peu des dents 
latérales ; à la mâchoire inférieure , les dents latérales sont gé- 
néralement plus longues et plus fortes que celles de l'extrémité 
antérieure ; du reste , toutes ces dents ressemblent à celles du 
Lep. Gouani. Les individus conservés dans l'esprit-de-vin ont le 
corps généralement rougeâtre avec les nageoires impaires bor- 
dées de rouge. — Yeux de grandeur moyenne. 

Patrie. Toulon (Guérin) , Corse (Peraudot, Kiener), Nice (Sa- 
vigny) , Palerme (G. Prévost) , Messine (Bibron), Smyrne (Blos- 
seville ) , des côtes de l'Algérie (G uichenot). 

3. Lepadogaster bimaculatus Fleming (2). (Flem. Brit. 
anim., p. 190, sp. 72). — Synonymie. Bimaculated Sucker. Pen- 
nant, Brit. zool. , tom. III, pi. XXV. Fig. copiée dans Bonna- 
naterre, Encycl. meth. Poiss., pi. 86, fig. 355. -Bimaculated Suc- 
ker. Montagu , in Trans. Lin. soc. Lond. , tom. Vil, p. 293. — Cy- 
clopterus bimaculatus. Donovan, Nat. hist. of Brit. fishes, 

(1) En réalité, la dorsale et Tanale s'unissent nn peu (dans une faible iteDdne] à la 
caudale au fond de la profonde échancrure dont nous parlons, 
(t) Je ne cite ici Fleming que sur l'autorité de Yarrell et de Jenyns. 



"282 KËVUE ZOOLOGIQOE. {/4oût ISÎÔ.) 

tom. IV , pi. LXXVIII. — Lepadogaster ocellatus. Risso , Ichth. de 
Nice,pag. 7 A.— Lepadogaster reticulatus. Id.loc.cit.,pag. 77.— 
Lepadogaster Mirheli. Risso , Journ. de Phys. , tom. XCI , 
pag. 249. — Lepadogaster Desfontanii. Risso , Hist. nat. , Europ. 
mérid. , tom. III, pag. 275, fig. 39 (mauvaise). Lepadogaster 
reticulatus. Id. loc cit. pag. 277. Lepadogaster Mirbelii. Id., 
loc. cit, — Lepadogaster bimaculatus. Jenyns,Man. of Brit. 
verteb. anim. , pag. A70.— Lepadogaster bimaculatus. Yarrell, 
Hist. of Brit. fishes, tom. 11, pag. 268, fig. Cyclopterus bimacu- 
latus. Cuvier,Règn. anim., U^ édit. , tom. II, pag. 226, et 
2'»e édit., tom. 11, pag. 345. 

Caractères. Museau court. Narines très-peu saillantes. Disque 
antérieur à peu près oblong , sans éminence vésiculeuse au mi- 
lieu de son bord postérieur; disque postérieur médiocre , plus 
étroit que le corps , de forme subovale ou semi-ovalaire, plus 
ou moins rétréci en avant. Nageoires dorsale et anale courtes, 
sensiblement égales, toujours complètement séparées de la 
caudale par un intervalle d'une certaine étendue. — D. 6 à 7 ; 
A. 4 à 5. — Les dents qui bordent en avant les mâchoires sont 
généralement à peu près aussi longues, ou plus longues, ou 
même un peu plus courtes et un peu moins fortes que celles in- 
sérées latéralement en arrière ; toutes ces dents sont ordinaire- 
ment droites ou un peu incurvées. — Les individus conservés 
dans l'esprit-de-vin ont le dessus du corps marqué de bandes 
rougeâ très qui , en s'anastomosant entre elles, circonscrivent 
<ies taches blanchâtres ; on voit en outre de chaque côté , derrière 
la pectorale , une tache d'un rouge violacé entourée d'une ligne 
«irculaire blanchâtre (tache ocellée). — Veux de grandeur 
moyenne. 

Patrie, Marseille (Roux); Nice (Savigny, Laurillard); Messine 
(Bibron) ; côtes de l'Algérie (Guichenot) ; Oran (Deshayes). 

Section II. — Nageoires dorsale et anale rudimentaires , 
excessivement basses. 

4. Lepadogaster piger. Nardo. — Lepadogaster piger. 
Nardo, in Isis, tome XX, pages 478 et 483. 

Caractères. Museau court , très-obtus. Narines à tentacules 
courts. Ces tentacules s'ouvrent au sommet, mais le tentacule 
antérieur se prolonge du côté postérieur de l'orifice en une lan- 



TRAVAUX INÉDITS, 283 

guette , ce qui donne à ce tentacule plus de longueur qu'au ten- 
tacule postérieur. Disque antérieur sant éminence vésiculeuse 
au milieu de son bord postérieur ; disque postérieur médiocre, 
subovale, un peu plus étroit que le corps ou à peine plus étroit 
que lui. Nageoires dorsale et anale réduites à un état rudi- 
mentaire et excessivement basses, courtes, égales , lune et Vau- 
tre unies à la caudale. Yeux petits, — Les petites dents du 
pourtour de chaque mâchoire sont tantôt à peu près égales, 
tantôt inégales. — Les individus conservés dans l'esprit-de-vin 
sont uniformément jaunâtres ou brunâtres. 

Patrie. Nice ( Laurillard , , Gènes (Savigny ), 

J'ai trouvé chez le Trachelochismus pinnulatus et les Lepa- 
dogaster Gouani et piger, en arrière de l'anus, un petit appen- 
dice charnu qui sert à l'acte de la génération. 

Note sur quelques nouvelles espèces d'insectes qui habitent les 
possessions françaises du nord de V Afrique ; par M. H. 
Lucas. 

Myriapodes. 

Polyxenus platycephalus^ Luc. — P. capite latissimo, flavo, 
testaceo, levigato, pilisflavis circumcincto , antennissat elonga- 
tis, glabris, testaceis; corpore flavo subargenteo, lateribus sub- 
fuscescente marginatis flavoque pilosis, singulis segmentis utrin- 
quenigro punctatis fuscoque pilosis, attamen ultimosegmento acu- 
minato, posticè quatuor pilorum fasciculis ornato, hisquenigris; 
corpore infrà pedibusque flavo testaceis. — L. 2 3/4, l. 3/4 demill. 

Rencontré à Kouba, aux environs d'Alger, vers la fin de février; 
celte espèce, qui est très-rare et que j'ai prise au pied des gran- 
des herbes, se plaît dans des lieux frais, ombragés et humides. 

Polyxenus rubromarginatus , Luc. — P. capite suprà ferrugi- 
neo rubescente, infrà flavo testaceo anticèque albo piloso ; anten- 
nis testaceis, ultimisarticulis fuscoferrugineorubescenti bus; cor- 
pore flavo testaceo , lateribus fortiter ferrugineo rubescente mar- 
ginatis, singulis segmentis utrinque albo piloso fasciculatis, suprà 
pilis albis spatuliformibus adspersis ; ultimo segmento truncato, 
posticè tribus pilorum fasciculis ornato, lateralibus quidem fuscig, 
médiane autem albo argenteo; corpore infrà flavo testaceo, pedi- 



284 REVUE zooLOGiguE. (^odM 846.) 

bus brevibus, flavo testaceis, penuUimo articulo rubescente ma- 
culato. 

Trouvé aux environs d'Oran pendant l'hiver; cette espèce dont 
la démarche est assez vive se plaît sous les pierres, et je l'ai quel- 
quefois rencontrée aussi dans les Cyclostoma Wolzianum. 

Glomeris sublimbata, Luc. — G. fusco viridi nitida, segmentis 
subtilissimè viridi flavescente marginatis ; capite anticè testaceo 
rufescente in medio utrinque quadri rufescente subimpresso ; 
antennis fusco viridibus , articulo primo ad basim testaceo ru- 
fescente, subsequentibus testaceo rufescente annulatis, ultimo 
attamen omnino testaceo rufescente ; corpore infrà testaceo, pe- 
dibus testaceo rufescentibus supràque fusco rufescentibus. — 
L. 18à20mill.,^ 9 1/2 à 10 mill. 

Il habite les environs d'Alger, de Bougie et de Philippeville, où 
je l'ai rencontré pendant les mois de mars et d'avril ; il se plaît 
sous les pierres humides et au pied des chênes-liéges qui se trou- 
vent entre Stora et Philippeville. 

Glomeris fuscomarmorata, Luc. — G. capite fusco rufescente, 
anticè testaceo in medioque testaceo quinque maculato ; anten- 
nis fusco subrufescentibus, primis articulis ultimoque testaceo 
subrufescente tinctis ; segmentis sat subtiliter flavescente mar- 
ginatis , flavo rufis, fortiter fusco marmoratis maculatisque ; cor- 
pore infrà testaceo, subvirescente tincto, pedibus omnino flavo- 
testaceis. — L. 13 1/2, l. 6 mill. 1/4. 

Rencontré, pendant l'hiver et le printemps, dans les environs 
d'Alger et de Philippeville ; cette espèce est assez rare et, comme 
le précédent, elle se plaît dans les lieux frais et humides. 

Glomeris flavomaculata , Luc. — G. capite fusco subrufes- 
cente , anticè testaceo in medioque transversim testaceo qua- 
drimaculato ; antennis fusco subrufescentibus , attamen primis 
articulis ultimoque testaceis ; segmentis fusco rufescentibus sub- 
tilissimè flavo-virescente marginatis, singulis segmentis utrinque 
bimaculatis, macula laterali flavo-virescente, macula dorsali fla- 
vescente, attamen ultimo segmento utrinque flavescente unima- 
culato; corpore infrà flavo-virescente, pedibus omnino flavo-tes- 
taceis. 
Var. A. corpore fusco , maculis dorsalibus minimis, rotun.- 
dalis. 



TRAVAUX INÉDITS. 285 

Var. B. corpore testaceo subferrugineo tincto, maculis latera- 
libus dorsal ibusque flavis. 

Var. C. corpore testaceo, maculis lateralibus dorsalibusque 
flavescentibus, his fusco circumcinctis. 

Var. D. corpore fusco, maculis lateralibus dorsalibusque con- 
fusis. 

Var. E. corpore omninô fusco, maculis vixdistinctis. — L. 15, 
/. 6 mill. 1/4. 

Cette espèce abondamment répandue, pendant l'hiver et le 
printemps, dans toute l'Algérie, se plaît soiis les pierres, dans les 
lieux frais , ombragés et humides ; je l'ai quelquefois aussi ren- 
contrée sous les troncs des chénes-liéges renversés dans les en- 
virons du cercle de La Galle. 

Polydesmus ruhromarginaius , Luc. — P. niger, lateribus 
«egmentorum rubris ; capite fortiter granario, fusco rubescente 
anticèque tantum rubescente ; quatuor primis articulis anten« 
narum subtilissimè granariis, fusco rubescentibus, subséquent! - 
bus rubescentibus fulvoque pilosis ; segmentis nigris , lateribus 
rubris, fortiter marginatis ac elevatis ; singulis segmentis grana- 
riis, anticè posticeque tuberculatis ; ultimo angusto , ad basim 
acuminato rotundatoque valvis analibus fusco rubescentibus for- 
tilerque sat granariis ; corpore infrà fusco rubescente , lateribus 
transversim sat fortiter rugosis ; pedibus brevibus, exilibus, gla- 
bris, fuscorubescente tinctis. — L. 21, i. 2 mill. 3/4. 

Cette espèce est assez rare et a été rencontrée, en janvier et en 
mai, dans les environs d'Oran et de Tlemsen ; je n'en ai trouvé 
que deux individus. 

lulus lapidariuSf Luc. — l. capite fusco nitido subvirescente 
tincto , anticè rufescente subtiliter marginato ; antennis brevi- 
bus, fuscis, ultimis articulis testaceo pilosis, tertium segmentum 
corporis vix attingentibus ; corpore fusco nitido subrufescente 
tincto, lateribus subflavescentibus, primo segmento lœvigato an- 
ticè flavescente marginato, subsequentibus laxè subtiliterque 
striatis , utrinque fusco maculatis ; ultimo segmento subtilissimè 
striato, breviter unguiculato ; pedibus brevibus, testaceo subru- 
fescentibus, ultimo articulo fusco anticèque tantùm testaceo ; 
«egmentis-52. — L. S6, /. 3 mill. \/2. 

Se plaît particulièrement sous les pierres placées sur le sable ; 
«ette espèce, qui habite Test et l'ouest de l'Algérie et que j'ai 



280 KKVUE ZOOLOGIQDE. {^OÛi 1846.) 

trouvée pendant l'hiver et une grande partie du printemps, n'est 
pas très-rare. 

lulus affinis, Luc. — I. capite laevigato , fusconigricante ni- 
tido; antennisbrevibus^ exilibus, tertiumsegmentum corporis vix 
attingentibus; segmentis-50, fusconigricante nitidis, primo anticè 
posticèque subtiliter flavescentemarginato , subsequentibusutrin- 
que subrubescente maculatis, in medio nigris, subtiliter irregu- 
lariterque striatis, segmento ultimo sat fortiter unguiculato in- 
flexoque ; pedibus brevibus, rubris vel rubescentibus. — L. 28 à 
30, L 2 l/2à3mill. 

Cette espèce, qui ressemble beaucoup au /, sabulosus, est bien 
moins commune que la précédente ; elle habite seulement l'est 
de l'Algérie et se plaît sous les pierres humides, où je l'ai ren- 
contrée pendant l'hiver et le printemps, dans les environs d'Alger, 
de Philippeville, de Constantine, de Bône et du cercle de La 
Calle. 

lultis fusco-unUineatus j Luc. — L corpore striato. supràcine- 
reo subflavescente tincto , fusco longitudinaliter unilineato , mar- 
ginibuscaeruleis; capite cinereoviridi, antennisfuscis, ultimis ar- 
ticulis testaceo pilosis ; primo segmento duobusque ultimis 
caeruleis, Isevigatis, ultimo posticè fortiter unguiculato, flavosub- 
rufescenteque tincto ; pedibus brevibus , fuscis , primo articulo 
unguiculisque flavo subrufescente tinctis. — L. 30 à 36, l. A k 
5 mill. 

Très-commune dans toute l'Algérie pendant une grande par- 
tie de l'année; cette espèce, comme les précédentes , aime les 
lieux frais, humides et ombragés, et c'est ordinairement sous les 
pierres et au pied des chênes-liéges que je l'ai toujours trouvée. 

lulus distinctus f Luc. — I. Angustus; capite laevigato, fusco 
subrufescente, in medio transversim fusco vittato ; antennis tes- 
taceo rufescentibus, primum segmentum corporis vix superanti- 
bus ; segmento primo fusco, subtilissimè punctato, anticè subtes- 
taceo marginato, subsequentibus fuscis, posticè testaceo rufes- 
centibus in medioque lineâ nigrâ longitudinali ornatis, striatis, 
striis sat profunde impressis; duobus ultimis segmentis nigris, 
posticè flavo testaceo subtiliter marginatis, ultimo segmento vix 
ungiuculato; pedibus brevibus, testaceo subrufescentibus. — L. 
22,?. 2 mill. 1/4. 

C'est l'espèce la plus abondamment répandue dans toute l'Ai- 



TRAVAUX 1 INÉDITS. 287 

gérie , mais seulement dans l'est; elle se plait sous les pierres , 
sous les chênes-liéges renversés; je l'ai quelquefois surprise aussr 
sous les détritus de végétaux rejetés sur les bords des lacs et de» 
rivières. Les environs d'Alger , mais plus particulièrement ceux 
de Philippeville, de Bône, de Constantine et du cercle de La 
Calle, nourrissent ce lulus que l'on rencontre ordinairement 
pendant toute l'année. 

lulus corticalis , Luc. — L flavo subrufescente tinctus ; ca- 
pite flavo testaceo vel fusco rufescente , lœvigato ; oculis fuscis , 
longitudinaliter dispositis ; antennis albo subtestaceis , exilibus, 
elongatis, ultimis articulis obconicis; segmentis laevigatis, mar- 
ginibus longitudinaliter striatis; pedibus exilibus, flavo rufes- 
centibus, testaceo pilosis. — L. 12, l. 3/4 de mill. 

Renconfré, vers le milieu d'avril, sous les écorces des arbre» 
aux environs de Philippeville ; cette espèce est assez rare, je n'en 
ai trouvé que quelques individus. 

Blaniulus fuscopunctatus , Luc. — B. capite fusco subrufes- 
cente, subtilissimè granario , anticè sat profundè emarginato; 
antennis exilibus, testaceis, testaceo sparsimque pilosis; corpore 
fuscorufo, segmentis-49 , striatis lateribusque fusco utrinquer 
punctatis, valvis analibus testaceo pilosis, pedibus flavo testaceis, 
exilibus, albicante pilosis. — L. 20, l. 1 mill. 

Je n'ai rencontré que deux individus de cette espèce, que j'ai 
pris vers le milieu de novembre, sous les pierres, dans les ruines 
d'Hippône. 

Scolopendra Oraniensis, Luc — wS. corpore suprà nigro aeneo, 
utrinque bisulcato, infrà viridi in raedio vittâ longitudinali flava 
virescente ornato , profundè bisulcato ; capite laxè punctato, 
mandibulis validis, rubris , subpunctulatis, palpisque virescen- 
tibus ; antennis basi viridibus, in medio virescentibus anticèque 
rubro subfuscescente tinctis ; pedibus virescentibus, fusco rubes- 
cente unguiculatis, ultimo pari fusco virescente, primo articulo^ 
intùs infràque sat fortiter spinoso. — L. 55 à 60 , /. 3 mill. 1/2. 

Je n'ai rencontré que rarement cette espèce, que j'ai prise pen- 
dant l'hiver sous les pierres humides, dans les ravins du Djebel- 
Sauton , ainsi que dans ceux situés entre Oran et Mers-el- 
Kebir. 

Cryptops Numidicus^ Luc. — C. fusco rufescens ; capite lae- 
▼ijçato, mandibulis validis, latis; antennis brevibus, 12 articula— 



'288 KEVOE zooLOGiguE. (Août 1846.) 

tis , flavo subrufescentibus , primis articulis rufescente pilosis ; 
segmentissuprà depressis, quadrilineatis, infrà subtilissimè punc- 
tulatis, tantùm bisulcatis; uno sulco transversim posito; pedibus 
exilibus, flavo rufescentibus, flavo testaceo pilosis fuscoque un- 
guiculatis. — L. 30 à 32, l.2k2 mill. 1/4 

Ce Cryptops est assez rare ; je n'en ai trouvé que quelques in- 
dividus, que j'ai pris en hiver, sous les pierres, dans les environs 
du cercle de La Galle; les environs d'Alger, ainsi que ceux d'O- 
ran, nourrissent aussi cette espèce. 

Geophilus rubrovittatus y Luc. — G. capite fusco ferrugineo, 
anticè triangalariter subimpresso ; mandibulis validis , flavo fer- 
rugineis, maxillis palpisque flavescentibus ; antennis brevibus , 
ferrugineo subrufescentibus testaceoque pilosis ; corpore suprà 
fusco ferrugineo, posticè livido subtincto segmentis biimpressis, 
ultimis subtiliterpunctulatis; corpore infrà ferrugineo longitudi- 
naliter vittâ rubrosanguineâ ornato, segmentis in medio depres- 
sione rotundatâ impressis : pedibus flavo ferrugineis, fuscorufes- 
cente unguiculatis. — L. 1 1 centim. 1/2, l. 3 mill. 3/4. 

CeGéophileest très-commun pendant toute l'année, dans l'est 
et l'ouest de nos possessions du nord de l'Afrique. 

Geophilus microcephalus, Luc. — G. flavo subrufescente tinc- 
tus ; capite minimo, fusco ferrugineo, lœvigato ; antennis sat 
elongatis , exilibus , flavo subrufescente tinctis ; corpore anticè 
angustissimo, in medio lato posticèque subangustato ; segmentis 
suprà subtilissimè granariis, prominentiâ longitudinali instructis, 
infrà longitudinaliter trisulcato ; pedibus brevibus , exilibus, flavo 
testaceis, pari ultimo satfortiter crasso. — L. 11 cent., l. 2 milli- 
mètres 3/4. 

Il est assez abondamment répandu dans l'est et l'ouest de l'Ai - 
gérie, pendant l'hiver et une assez grande partie du printemps ; 
il se plaît sous les pierres, sous les écorces des arbres, dans des 
lieux très-humides. Les environs d'Oran , d'Alger , mais surtout 
ceux de Philippeville et du cercle de La Galle, sont les lieux où 
j'ai trouvé le plus communément cette espèce. 

ArthronomalusmandihulariSy Luc. -A. capite flavo ferrugineo 
nitido, depresso, longiore quàmlatiore, angusto fortiterque spar- 
sim punctato ; mandibulis validis, elongatis , flavo subferrugineis, 
punctulatis, unguiculismagnis, lunulatis nigroquenitidis; maxil- 
lis flavo subrufescente tinctis, palpisque testaceis; antennis 



TRAVAUX INÉDITS. 289 

maxime elongatis, flavo rufescentibus, articulis anticis ferrugineo 
annulatis ; corpore flavo subrufescente, primis segmentisattamen 
flavo subferrugineis, subtiliter punctulatis, biimpressis posticè- 
que transversim unisulcatis , infrà tri-impresso ; pedibus flavo 
testaceis, fusco rufescente unguiculatis. — L. 32 à 35, L 2 mil- 
limètres 3/4. 

Cet Arthronomalus , pendant tout l'hiver et le printemps , est 
très-abondamment répandu dans Test et l'ouest de l'Algérie, par- 
ticulièrement aux environs d'Alger, dePhilippeville, deConstan- 
tine, de Bône et du cercle de La Calle ; il habite aussi les environs 
d'Oran. C'est ordinairement sous les pierres très-humides que 
l'on trouve cette jolie espèce. 



Observations sur les mœurs et Tanatomie des Scolytes des or- 
mes, et plus spécialement du Scolytus destructor (extraites 
d'une monographie du genre Scolyte encore inédite). Lues à 
l'Académie royale des sciences dans sa séance du 10 août 1846, 
par M. F. E. Guérin-Méneville. 

Les utiles recherches auxquelles M. E. Robert s'est livré depuis 
quelques années pour guérir les oi'mes de nos promenades et de 
nos grandes routes des attaques des Scolytes, qui en font périr 
un si grand nombre tous les ans, ont appelé notre attention sur 
ce genre de coléoptères, qui joue un rôle si considérable et si 
fâcheux dans ces circonstances. En étudiant les procédés de des- 
truction de ces insectes, si heureusement mis en pratique par le 
naturaliste que nous venons de nommer, nous avons été conduit 
à l'étude de l'histoire naturelle du genre entier des Scolytes, ce 
qui nous a mis dans la nécessité d'en préparer la monographie 
dont la présente notice est extraite. 

Nous avons dû commencer par nous enquérir de ce que l'on 
sait sur ces insectes, et nous avons compulsé tous les auteurs qui 
en ont traité, pour reconnaître que leur histoire était encore 
bien peu avancée, bien vague, remplie de confusions d'espèces 
et très difiîcile à débrouiller. 

Avant les observations de MM. Ratzeburg et E. Robert, on ne 
Tome IX. Année 1846. 19 



290 REVOE ZOOLOGIQUE. {Août 1846.) 

distinguait pas bien les espèces propres à diverses essences dTar- 
bres, on ne connaissait pas leur manière de vivre, ou ce que l'on 
en disait était erroné ou seulement déduit par le raisonnement, 
par l'analogie, sur l'examen des ravages de l'insecte et des traces 
que portaient les arbres après leur mort. Les traces de leurs ga- 
leries sous les écorces avaient montré que les femelles de l'es- 
pèce la plus nuisible aux ormes , se creusaient des galeries lon- 
gitudinales, dirigées en haut; que ces femelles pondaient environ 
60 à 100 œufs qu'elles plaçaient de chaque côté de ces galeries, 
et que ces œufs donnaient naissance à autant de larves qui se 
creusaient chacune une galerie transversale, ou à peu près trans- 
versale, s'élargissant à mesure que les larves prenaient de l'ac- 
croissement, et au bout de laquelle elles se métamorphosaient 
en nymphes et ensuite en insectes parfaits, qui sortaient de leur 
berceau en perçant l'épaisseur de l'écorce. 

Comme on avait vu que certains Xylophages qui vivent sur les 
arbres résineux, après être sortis de leur écorces, allaient ron- 
ger les jeunes pousses de ces arbres, on en avait conclu, sans 
l'avoir jamais vu, que les Scolytes agissaient de même, et l'on 
en concluait encore que le rapprochement des sexes se faisait 
également au sommet des arbres, parmi les jeunes pousses et les 
feuilles. 

Enfin, comme on a toujours observé que les insectes Xylo- 
phages ne se montrent en abondance que sur des végétaux en 
voie de décomposition, afin de hâter celle-ci et pour que leurs- 
débris n'encombrent pas inutilement le sol, on avait dit que ces 
insectes ne pouvaient envahir que des arbres malades, qu'ils 
n'attaquaient jamais des arbres sains, et quelques esprits enne- 
mis du progrès avaient pensé qu'il était bien inutile de chercher 
à guérir les arbres sur lesquels on voyait les Scolytes pulluler, 
parce que ces arbres étaient déjà condamnés par la nature, et 
que la présence des Scolytes n'était que la conséquence de leur 
état maladif. 

On verra, par les observations qui vont suivre, que ces asser- 
tions sont dénuées de fondement, et que ce que l'on croyait sa- 
voir sur les mœurs des Scolytes était bien éloigné de la vérité. 
Peut-être reconnaîtra-t-on, comme nous, que l'étude détaillée 
de ces insectes, d'autant plus puissants qu'ils sont plus petits et 
qu'ils échappent plus facilement à notre action, peut seule con- 



TRAVADX INÉDITS. 291 

dnîre à la découverte de moyens certains de combattre leur in- 
fluence sur les végétaux que nous sommes intéressés à multi- 
plier. On verra encore, en suivant le récit de nos observations de 
zoologie, que c'est à tort que certaines personnes prétendent 
qu'on ne doit rien faire pour préserver nos végétaux des mala- 
dies produites par les attaques des insectes, parce que, disent- 
elles, ces maladies ont toutes pour cause Vétat de Vatmosphère, 
A les en croire, l'atmosphère aurait fort à faire, car elle servi- 
rait à expliquer tous les phénomènes et toutes les maladies. Cha- 
cun, sans peine et sans travail, trouverait de suite l'explication 
des faits les plus divers, en disant, à l'exemple du rédacteur d'un 
journal très-progressif, que cela a pour cause Vétat de Vat- 
mosphère (1). 

Désirant connaître positivement la manière dont les Scolytes 
se reproduisent, puisque c'est sur leurs habitudes qu'est basée la 
méthode de destruction de ces insectes pratiquée par M. Robert , 
nous cherchions depuis longtemps une occasion d'observer ces 
insectes autrement que dans le cabinet, quand elle s'est offerte 
à nous dans les circonstances les plus favorables. 

Ayant remarqué, pendant une course faite le 22 juillet der- 
nier, en compagnie de M. Robert, quatre ou cinq ormes abattus 
dans le bois qui avoisine Bellevue, près d'une route, nous avions 
reconnu que ces arbres, à peine deux fois plus gros que la cuisse 
à leur base, étaient couverts d'une quantité innombrable de 
Scolytes {Scolytus destructor^ 01.). Ces insectes se trouvaient 

(1) Ce ne peat £tre sérlensement que le spirituel et savant rédacteur du feuilleton scien- 
tifique du National, à l'occasion de la note que nous avons en l'honneur de lire à l'Aca- 
demie, lundi dernier (3 août), sur un moyen de doubler nos récoltes d'huile d'olive, a 
émis des opinions rétrogrades qui doivent être bien étonnées de se trouver dans un Jour- 
nal du progrès, ami des idées avancées. En effet, si ces doctrines sont celles 'qui prési- 
dent actuellement à la rédaction de ce feuilleton, les savants qui ont trouvé le moyen 
d'obtenir trois fols pins de sucre de la canne que n'en obtenaient nos pères, et d'en tirer 
si abondamment de la betterave; les hommes de bien qui, malgré des dégoûts de tous 
genres, ont introduit en France la culture de la pomme de terre, et tant d'autres amélio- 
rations qui ont apporté le bien-être chez le peuple, on tendent à lui donner une nourri- 
ture plus abondante et de meilleure qualité, des habits plus chauds et plus fins, etc., se- 
raient tombés dans des ex4xgérations ridicules. Il semblerait, à l'entendre, que, puisque 
nos pères se nourrissaient et s'habillaient sans le secours de la science, nous pouvons 
également nous nourrir (de glands) et nous habiller (avec la peau des moutons) sans elle, 
et l'on arriverait à cette conclusion, qu'il ne faut rien perfectionner. 

Qu'il y a loin de ces idées du National à celles-ci, que l'on trouve dans le feuilleton 
sclentinque de la Quotidienne (20 avril 1845) : « La vérité abstraite est un des nobles ob- 
jets de l'étude de l'homme : sa recherche est un devoir constant pour ceux qui ont les 
qualités requises pour réussir, quand bien même ses conséquences Immédiates ne présen- 
teraient aucune valeur apparente, et qu'on ne pourrait clairement en déflnir les avan- 
tages La vérité scientifique est Inévitablement l'une des sources de tout ce qoi est 

bien : ses partisans seront toujours utiles à rbumanité. » 



292 REVUE Z00L0GIQT7E. {y4oût 1846.) 

sous leurs écorces à l'état de larves arrivées à tout leur accrois- 
sement, à l'état de chrysalides, et beaucoup étaient déjà transfor- 
més en insectes parfaits, que l'on voyait courir rapidement sur 
ces arbres abattus et s'envoler dès qu'on en approchait. 

Il y avait sur ces arbres deux autres espèces de Scolytes plus 
petites {Scolytus multistriatus et Scolytus pygmœus), placées 
sur des points différents du tronc, et *des millions di'Hylesinus 
varius^ Fab. , Xylophages encore plus petits, dont les galeries , 
disposées d'une autre manière que celles des Scolytes, produi- 
saient d'innombrables sculptures jusqu'à leur sommet. Outre ces 
nombreux Xylophages, qui s'étaient multipliés là depuis un an, 
on voyait voltiger près de ces arbres morts, quelques individus 
d'un petit Ichneumonide, que nous avions pris l'année dernière 
à Montpellier, sur des ormes morts par suite des attaques des 
Scolytes, et que nous savions être les parasites de ces Coléop- 
tères, et plusieurs Chalcidites très-petits, que nous hésitions à 
regarder comme leurs auxiliaires ou leurs ennemis, et que nous 
avons reconnu, depuis, être des parasites de VHylesinns varius. 

En examinant les ormes sains et vigoureux qui forment cette 
portion du bois , nous fûmes frappés en reconnaissant sur deux 
d'entre eux un phénomène que nous avions également observé 
l'année dernière, et à pareille époque, à Montpellier, et il attira 
dès lors toute notre attention. Ces deux arbres, qui ne différaient 
nullement par leur aspect extérieur des autres ormes qui les 
entourent, dont le feuillage était aussi abondant, également d'un 
beau vert foncé, qui ne semblaient pas plus malades que les au- 
tres, avaient leur tronc couvert d'un essaim de Bourdons, de 
Guêpes, d'Abeilles, de huit ou dix espèces différentes de Mou- 
ches, et tous ces insectes étaient placés par petits groupes, le 
plus souvent en cercle, ayant tous la tête tournée vers un point 
commun. Quand on s'approchait de ces groupes d'insectes divers, 
ils ne s'envolaient pas ; les Hyménoptères ne cherchaient pas à 
s'enfuir, ne faisaient aucune tentative pour nous piquer, se lais- 
saient prendre avec les pinces dont nous étions armés, plutôt que 
de s'éloigner des points où ils étaient posés. En approchant, 
nous vîmes, comme à Montpellier, que tous ces insectes étaient 
à sucer la sève qui suintait de petits trous pratiqués à l'écorce 
de ces arbres; ces sucs, peut-être un peu fermentes, semblaient 
«les avoir enivrés, tant ces insectes étaient absorbés par cette oc- 



TRAVAUX INÉDITS. 293 

cupation et tant ils étaient lourds à prendre leur vol quand nous 
voulions les chasser pour voir l'endroit où ils étaient posés. En 
mettant quelques-uns de ces points à découvert, nous ne tar- 
dâmes pas à reconnaître qu'ils étaient occupés par l'orifice de 
trous pratiqués dans l'écorce par des femelles de Scolytes qui se 
disposaient à pondre ; ces blessures avaient déterminé un suin- 
tement de matière gommeuse et un peu sucrée, et c'est ce qui 
attirait nos Hyménoptères et nos Mouches. 

En pratiquant quelques coupes dans ces endroits, nous pûmes 
reconnaître , dans presque tous ces trous , des galeries de ponte 
de Scolytes, commencées depuis peu, contenant déjà, de chaque 
côté, quelques œufs blancs soigneusement cachés dans de petites 
cavités latérales et recouverts de sciure de bois, et nous trouvâ- 
mes dans ces galeries, à peiné longues encore de 12 à 20 milli- 
mètres , une femelle de Scolyte. 

Ayant ouvert plusieurs de ces femelles, que nous avions em- 
portées à Paris, ainsi que des individus plus petits éclos che« 
nous et provenant des portions décorce prise sur les arbres morts, 
nous avons pu reconnaître le caractère extérieur qui distingue les 
sexes du Scolytus destructor. Après une dissection pénible et 
minutieuse , après avoir dégagé les organes internes de ce lacis 
inextricable de trachées qui les entoure comme s'ils étaient em- 
barrassés dans un paquet de ficelle bien emmêlé , nous avons 
reconnu que les mâles, ceux qui sont les plus petits, offrent ua 
appareil générateur interne composé de deux énormes testicules 
globuleux et boursouflés , de quatre vésicules séminales et d'ua 
conduit éjaculateur aboutissant à la verge, qui est droite, sim- 
ple, dépourvue d'armures copulatrices ou de ces crochets, de 
ces pinces dont est pourvu l'appareil maie externe de la plupart 
des insectes Coléoptères dont on a étudié ces organes. Cette verge 
est située entre deux plaques cornées, dont l'une, inférieure et 
externe, de forme arquée, est bordée en arrière d'une frange de 
cils roides, jaunes, dont les externes sont les plus allongés. C'est 
cette pièce et sa frange qui indiquent le sexe à l'extérieur; car 
cette même partie, chez la femelle, est dépourvue de cette frange 
de cils si caractéristiques. 

Les organes internes de la femelle se composent de quatre 
ovaires un peu renflés à l'extrémité, réunis par paires et aboutis- 
sant à un canal commun qui va s'ouvrir près de l'anus et dont 



294 nEvuE zooLOciQDE. (Août 1846.) 

rorifice est bordé d'une petite pièce cornée qui ne l'entoure pa&' 
tout à fait. On remarque à Textrémifé de ce canal commun, de cet 
oviducte, la poche dans laquelle on croit que le fluide fécondant 
du mâle est versé, et devant laquelle les œufs doivent passer pour 
recevoir son influence, et deux autres petites poches ou cœcum 
destinées à quelques sécrétions îubrifiantes ou autres. Il n'y a ai^ 
cane pièce externe propre à saisir le mâle et à le retenir, aucune 
pince, aucun oviducte externe en forme de tuyau de lunette , 
comme on le remarque chez une foule d'insectes, et la plaque 
cornée supérieure , analogue à celle que nous avons décrite chez 
le mâle, est simplement arrondie sans aucune trace des cils roides 
que nous avons observés chez celui-ci. 

Un apparei] générateur externe si singulier y chez les deux 
sexes, si différent de celui qui a été observé chez un grand nom- 
bre d'insectes, nous avait fait penser que le mode de rappro- 
c%«m«M des sexes devait différer notablement de celui des es- 
pèces pourvues de pinces copuîatrices, d'appareils de préhension, 
et nous avait fait désirer, plus que jamais, de pénétrer les mys- 
tères dé îa gén^ation de ces insectes si intéressants sous plus 
d'un point de vue. Nous résolûmes donc, malgré les occupation» 
dont nous sommes chargés pour soutenir nos diverses publica- 
tiôns purement scientifiques, de faire encore le sacrifice de notre 
temps dans cette circonstance. Le i*^' août , nous nous ren- 
dmies pour Sa troisième fois, et de bonne heure, à Bellevue, en 
|»riant M. Bbbert de nous acccnoipagner ,, afin de continuer no& 
recherches sur ces insestes et de lâcher de surprendre leur ac- 
€onpl»n«Qt ; chose que nous avions tentée en vain en montant 
sur ces arbres à î'aide d'une longue échelle, et en restant long- 
temps ainsi en observation, aveeiane patience digne d'^un meilleur 
succès. 

A. notre grande siurprke, et, stous devons Fa vouer, à notre plus 
grande sati^aétiefu, ned» troarâmes qu'au !ieu de deux arbres- 
sains attaqués par les Seolytes, il y en avait sept, et qu'ainsi, de- 
puis neuf jours à peine, cinq autres arbres avaient été envahis 
par ces însœct^ destructeurs,, cinq arbres bien portants, vigou- 
arenx, nuUesnent atteints de maladie. Il était facile de reconnaî- 
tre ces arinres, même à distance, à la quantité de Bourdons, 
€ii%)esy Âbd!Ies et Mouches qui couvraient leur trône et se dis- 
: les otifices des galeries des Scolytes femelles.^ Nous eè'-- 



TRAVAUX INÉDITS. 295 

scrvâmes, cette fois, en ouvrant un grand nombre de ces galeries, 
que plusieurs d'entre elles avaient été abandonnées par les fe- 
melles de Scolytes avant d'avoir atteint une longueur de 8 à 
10 millimètres, et nous remarquâmes constamment que ces ga- 
leries étaient pleines de sucs séveux, et attiraient le plus les in- 
sectes qui recherchent ces sucs. Après avoir constaté ce fait un 
grand nombre de fois, après avoir vu que les galeries dans les- 
quelles les femelles faisaient leur ponte suintaient beaucoup 
moins, étaient creusées dans une portion moins vive de Técorce, 
plus loin de l'aubier, nous reconnûmes que les trous abandon- 
nés par les femelles de Scolytes avaient été creusés par elles trop 
profondément. Leur instinct leur avait appris qu'elles étaient 
allées trop avant dans le vif de cette écorce, et que leurs œufs se- 
raient bientôt noyés dans la masse de sève qui s'en épancherait; 
et dès lors elles avaient dû reconnaître qu'elles s'étaient trompées 
€t recommencer leur travail sur un autre point, avec plus de 
prudence, en tenant leur galerie dans la portion de l'écorce qui 
n'est ni tout à fait morte ni trop vivante, dans une portion ana- 
logue, pour son état de vitalité, à l'écorce d'un arbre malade. 

Cette observation directe nous intéresse d'autant plus, qu'elle 
confirme une opinion que nous avons émise dans une note lue 
à la Société royale et centrale d'agriculture (en 1845), en ré- 
ponse à des remarques de notre savant confrère M. Dutrochet , 
sur un rapport de M. Michaux relatif aux procédés de M. Robert. 
Dans ces remarques , le savant académicien affirmait , en résumé, 
que les Scolytes n'attaquent les ormes que lorsque leur vitalié 
est affaiblie. Dès cette époque, nous imprimions dans le même re- 
cueil, à la suite du travail de M. Dutrochet, que, tout en admettant 
cette opinion en général, nous pensions que les Scolytes pouvaient 
attaquer aussi les arbres sains, et qu'il leur suffisait pour cela de 
creuser leurs galeries dans la partie moyenne de l'écorce , dans 
les couches dont la végétation commence à s'affaiblir, et qui se 
trouvent tout à fait dans la condition que ces insectes recherchent 
pour déposer leurs œufs. 

En faisant ces observations, toujours en présence de M. Ro- 
bert , nous avions vu, sur les arbres que nous visitions depuis 
plusieurs heures, des Scolytes de petite taille courant sur leur 
écorce avec une grande rapidité et dans tous les sens. A l'aide du 
caractère extérieur signalé plus haut , nous reconnaissions que 



296 REVDK ZOOLOGIQUE. {Août 1846.) 

c^'étaient des mâles, car ils avaient au dernier segment de l'abdo- 
men cette bordure de cils roides qui caractérisent extérieurement 
ce sexe. Nous étions occupé à suivre des yeux l'un de ces mâles 
qui courait ainsi avec anxiété, quand M. Robert, qui en observait 
un de son côté sur un autre arbre, nous appela vivement, disant 
qu'il venait de le voir entrer dans un trou de ponte. Étant restés 
immobiles et à l'ardeur du soleil, pour surprendre les manœuvres 
de cet insecte, nous ne tardâmes pas à le voir reparaître à l'en- 
trée du trou, et nous vîmes bientôt l'extrémité du corps d'un 
autre individu , de la femelle, qu'il était allé chercher au fond 
de sa galerie. Cette femelle, sollicitée par le mâle, qui ne cessait 
de la caresser avec ses pattes antérieures et avec sa tête , s'était 
décidée à présenter l'extrémité de son abdomen au bord du trou 
qu'elle avait perq^; et alors nous vîmes le mâle se retourner 
brusquement, appliquer l'extrémité de son abdomen contre celui 
de la femelle, maintenue par les parois de sa galerie, et être saisi 
d'un tremblement ou frémissement universel. Après cet acte, qui 
n'avait duré qu'une ou deux secondes, la femelle disparut dans 
son trou, le mâle se retourna promptement et la suivit; nous les 
■vîmes bientôt reparaître , et dès que l'extrémité de l'abdomen 
de la femelle se fut montrée à l'entrée du trou, le mâle se re- 
tourna brusquement, comme la première fois, approcha à recu- 
lons son abdomen de celui de la femelle, et fut saisi du même 
tremblement. 

Nous avons pu assister à six de ces approches du même cou- 
ple, et, pour le dire en passant, il est certain que le pénis du 
mâle ne reste pas engagé dans l'organe femelle , comme on dit 
que cela a lieu chez d'autres espèces. Cet accouplement, que 
nous avions cherché en vain à surprendre en montant sur les 
arbres, avait lieu dans des circonstances toutes particulières et 
tout autres, comme l'anatomie nous l'avait fait prévoir; il était 
brusque, à la manière de celui des oiseaux ; les deux sexes n'a- 
vaient pas besoin de rester plusieurs heures ensemble, comme 
cela a lieu chez beaucoup d'autres insectes dont le mâle et la 
femelle restent l'un sur l'autre, qu'il faut séparer violemment, 
parce que les organes extérieurs sont accrochés et saisis par de» 
pinces cornées très-compliquées. 

Au moment où le mâle se disposait à s'envoler, nous Pavons^ 
saisi et mis dans un tube. Nous avons également pris la femelk 



TRAVAUX INÉDITS. 297 

et enlevé la portion d'écorce où elle avait commencé sa galerie. 

Il résulte de ces observations un fait bien intéressant et qu'il 
serait bon de constater encore : c'est que des arbres abattus et 
laissés près de sujets sains, peuvent rendre ceux-ci malades ; c'est 
que des Scolytes peuvent attaquer des arbres sains et très-vi- 
goureux et être ainsi la cause première de leur mort. Ce fait 
montre que M. Robert a. eu raison de recommander de ne pas 
laisser des arbres abattus et couverts de Scolytes dans le voisi- 
nage des promenades plantées d'ormes ; enfin, il peut conduire 
à trouver des moyens de préserver ces arbres des premières at- 
taques des femelles qui cherchent à pondre, au moyen d'enduits, 
de chaulages, etc., qui couvriraient et saliraient leur écorce et en 
repousseraient les femelles. 

Nous ne nous occuperons pas, dans cette communication, de 
. l'histoire des parasites des trois espèces de Scolytes qui attaquent 
nos ormes et de VHylesinus varius, que l'on trouve dans l'é- 
corce des arbres dont la maladie est très-avancée. Nous devons 
dire cependant qu'il résulte des observations que nous avons 
faites à ce sujet, que le Scolyte le plus dangereux et le plus gros, 
le Scolytus destructor^ Oliv., est attaqué par un Ichneumonide, 
le Bracon initiator de Fabricus, dont la larve est introduite 
dans les galeries creusées par les larves des Scolytes, dévore 
celles-ci et se construit, dans la cellule qu'elle s'était préparée 
pour se métamorphoser, une coque oblongue dans laquelle elle 
subit ses transformations. Ce Bracon, d'une forme svelte et élé- 
gante, éclot en même temps ou même un peu avant les Scolytes 
et sort par un petit trou qu'il pratique dans l'écorce à l'aide de 
ses mandibules. On le voit voltiger près des arbres attaqués par 
ceux-ci, et il doit saisir le moment favorable pour déposer dans 
les galeries de ponte des femelles , les œufs nombreux contenus 
dans ses ovaires, afin que les larves qui en naîtront aillent se lo- 
ger dans les parties graisseuses des larves de Scolytes, les ronger 
sans faire mourir celles-ci, jusqu'à ce qu'elles aient terminé 
leur œuvre de destruction. Sur des écorces dans lesquelles on 
Toit distinctement les traces laissées par une ponte de Scolyte, 

P^ on compte de soixante à cent galeries latérales de larves. Nous 
avons constaté que plus de la moitié de ces galeries, dans les 
arbres abattus à Meudon, étaient occupées à leur extrémité par 
une coque de Bracon. On retrouve encore là cette admirable pré- 



298 REVOB ZOOLOGIQDE. {Joût 1846.) 

voyance de la nature, qui n'a pas voulu permettre que la race 
des Scolytes puisse se multiplier outre mesure. 

Le Scolytus multistriatus a pour parasite un joli Chalcidite 
dont nous avons trouvé la nymphe dans les galeries creusées par 
cette petite espèce; enfin, un autre Chalcidite plus petit, et ap- 
partenant à une autre espèce, détruit plus de la moitié des larves 
de VHylesinus varius. 



II. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 

Traité élémentaire de Paléontologie , ou histoire naturelle 
des animaux fossiles considérés dans leurs rapports zoologiques 
et géologiques, par F.-J. Pictet, professeur de l'Académie de 
<ïenève, t. 2 à 4, 1845, 1846. 

Dans un article qui a paru au mois d'octobre 1844, p. 370, 
nous avons présenté à nos lecteurs, en annonçant le premier 
volume de cet excellent ouvrage, le plan que son savant auteur 
a adopté, ce qui nous dispense d'y revenir ici. 

Dans l'article auquel nous renvoyons , nous avions annoncé 
l'ouvrage en trois volumes, mais l'abondance des matériaux en 
a exigé quatre. 

Ainsi, le t. 2 comprend les reptiles, les poissons et le commen- 
cement des mollusques (les Céphalopodes et les Ptéropodes). 

Le t. 3 est occupé par le reste des mollusques et par le com- 
mencement des articulés (les Cirrhopodes et les Annélides). 

Enfin , le t. 4 termine l'ouvrage en traitant des Crustacés, 
Arachnides , Insectes , Myriapodes , Zoophytes , Infusoires , et 
«n offrant un chapitre très-important sur les applications de 
la paléontologie à la classification d$s terrains. 

Nous n'avons pas besoin de dire que tout cela est traité avec la 
supériorité de talent et avec le soin consciencieux qui distinguent 
tous les travaux de notre savant confrère, et que tout ce que l'on 
sait sur la paléontologie, jusqu'à ce jour , se trouve dans cet 
utile traité qui devra servir de guide aux zoologistes et aux géo- 
logues dans tous leurs travaux. 

G. M, 



ANALYSES d'oOVRAGES NOUVEAUX. 299 

Sur les nummulites, lettre à M. le professeur Alcide d'Orbigny 
(de Paris), savant européen ; par M. le docteur F. -H. Scorte- 
GAGNA de Lonigo , membre de plusieurs sociétés savantes. — 
Padoue, 1846. 

Tel est le titre d'une petite brochure de huit pages in-8° que 
M. Scortegagna nous a adressée en nous priant d'en publier une 
analyse. Dans cette notice , le savant italien commence par 
donner sa correspondance avec M. A. d'Orbigny au sujet des 
Nummulines , et il termine par des observations qui résument 
toute sa discussion et consistent dans les déductions suivantes : 

1' Que M. A. d'Orbigny a exposé qu'il y a analogie entre les 
Nummulines et les Nummulites des auteurs , puisqu'il les a 
comprises dans la synonymie (Voy. A. d'Orbigny , les Forami- 
nifères de Vile de Cuba, 1839), mais qu'il ne l'a pas prouvé, 
ayant manqué de présenter au public le modèle de ses Nummu- 
lites , comme il Tavait fait à l'égard des Foraminifères ; 

7° Qu'il ne peut constater , dans le système de Lamarck , à 
quelle classe d'animaux peut avoir appartenu l'animal des 
Nummulites fossiles, puisqu'il a confessé n'avoir jamais vu 
l'animal des Nummulites vivantes, c'est-à-dire des coquilles 
de Nummulines des Indes ou de l'île de Cuba ; 

3® Que la synonymie entre les Nummulines, qu'il a rangées 
parmi les Foraminifères sans montrer l'existence de ce prétendu 
trou , fut admise par tous les zoologistes , comme il l'a annoncé 
à M. Scortegagna dans sa lettre du 30 juillet ; mais ce ne fut 
que sur sa parole et seulement sur son affirmation qu'ils se 
rangèrent de son côté, tandis que Bruguière, MM. Deshayes , 
Dujardin et autres naturalistes en ont douté , et particulièrement 
de l'analogie des Nummulines avec les Nummulites ; 

40 Que quand même on lui accorderait que dans les jeunes 
Nummulines , il y a un trou terminal et un siphon spiral ou- 
Tert , cela ne pourrait avoir lieu dans les Nummulites de 
grande taille ni dans les microscopiques , puisque de tels ca- 
ractères ne furent jamais reconnus par aucun naturaliste. A l'ap- 
pui de quoi , poursuit M. Scortegagna , j'ai distribué à MM. le» 
zoologistes de la section (de zoologie, au congrès de Milan de 
l'année 1844) qui les reçurent avec empressement, plusieurs 
individus des Nummulites papyracées Nob. ( Nummulites ony- 



300 REVUE ZOOLOCIQDE. {j4oût 1846.) 

'Comorphus Catull. ) , dans lesquelles ne se trouvant ni trou, ni 
siphon , ni aucune autre ressemblance avec les Ammonites , on 
ne peut les rapporter au genre des Céphalopodes , tandis que 
M. Milne-Edwards voudrait nous faire croire qu'on trouve des 
Nummulines vivantes dans nos mers, et que ces animaux pa- 
raissent se rapprocher davantage des polypes , mais sans les 
avoir vus ni explorés, ce qui fait croire que la chose est toujours 
douteuse. 

5* Enfin, M. Scortegagna pense qu'il lui sera permis d'avan- 
cer son hypothèse à ce sujet , si M. A. d'Orbigny ne montre pas 
l'analogie dont il est question. 

Telles sont les observations principales contenues dans le tra- 
vail de M. Scortegagna ; les zoologistes qui s'occupent des mol- 
lusques vivants et fossiles et de l'étude des zoophytes peuvent 
seuls juger cette question. G. M. 



III. SOCIETES SAVANTES. 

Académie royale des sciences de Paris. 

Séance du 3 août 1846. — M. Guérin-Méneville lit une note^ 
sur un procédé propre à détruire les vers (Larves du Dacus 
oleae) qui rongent le parenchyme des olives et sont cause de la 
perte des récoltes d'*huile. 

On sait depuis longtemps que l'huile produite par des olives 
véreuses est en très-petite quantité, épaisse , grasse, infecte, im- 
propre à la consommation et à peine susceptible d'être employée 
à la fabrication du savon. Souvent même , les olives fortement 
attaquées ne donnent qu'une marmelade huileuse , noirâtre et 
nauséabonde , qui n'est susceptible d'aucun emploi ; aussi lors- 
que les propriétaires reconnaissent que leurs Olives ne donne- 
ront que ce triste résultat, ils renoncent à leur récolte, dont le 
produit ne suffirait pas pour compenser les dépenses qu'ils doi- 
vent d'abord faire pour abattre et ramasser les Olives et pour les 
faire broyer au moulin. 

Les agriculteurs de l'Italie et des départements méridionaux 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 3(W 

de la France ont cherché des moyens de débarrasser leurs oli'- 
viers d'un insecte aussi nuisible; des prix considérables ont été 
offerts à ceux qui arriveraient à détruire un fléau qui sévit régu- 
lièrement tous les trois ans, et souvent même tous les deux ans, 
sur la plus importante récolte de ces contrées, mais on n'a pro- 
cédé jusqu'ici que par tâtonnements , sans être guidé par des 
observations scientifiques et certaines sur l'insecte qu'il s'agit 
d'attaquer, et l'on n'est arrivé à aucun résultat. 

M. Guérin-Méneville, qui se livre depuis longtemps à l'étude 
des mœurs et de l'organisation des nombreux animaux nuisibles 
aux végétaux utiles, et qui a écrit un mémoire étendu sur les 
insectes de l'olivier, pense que l'histoire de la Mouche en ques- 
tion est actuellement assez avancée pour que l'on puisse tirer de 
sa connaissance des indications positives pour guider les agri- 
culteurs dans la recherche de moyens propres à la détruire. On 
sait depuis peu, que les laves du Dacus olece, ces vers dont les 
agriculteurs se plaignent tant, après avoir rongé tout ou presque 
tout le parenchyme des olives, quittent ces fruits, s'enfoncent en 
terre et y restent engourdies (à l'état de chrysalides ou pupes) 
jusqu'au milieu de l'été suivant, jusqu'au moment où les olives 
sont assez formées pour que les Mouches qui proviennent de ces 
chrysalides et sortent alors de terre, puissent déposer un œuf sur 
chaque jeune olive. 

On voit de suite qu'on détruirait toute la génération de ces in- 
sectes et qu'on préserverait ainsi la récolte des années suivantes, 
si on abattait et broyait les olives quelques jours avant leur ma- 
turité, à une époque où les vers qu'elles contiennent n'ont pas 
encore pris tout leur accroissement et ne sont ipas prêts à quit- 
ter le fruit pour s'enfoncer en terre afin d'y passer l'hiver pour 
infester la récolte suivante. 

Il est évident qu'en récoltant ces olives avant leur maturité , 
on n'obtiendrait qu'une petite quantité d'huile , mais ce résultat 
serait toujours préférable à la boue infecte que donnent les olives 
mûres et complètement rongées par les vers, et les récoltes des 
années suivantes récompenseraient le propriétaire de son faible 
sacrifice. Il est évident aussi qu'il faudrait que ce procédé si 
simple (qui est déjà venu empyriquement , peut-être, à l'esprit 
de quelques autres , mais sans être appuyé par des observations 
«cientifiques) fût employé simultanément dans toute une contrée. 



3C>^ REVDE ZOOLOGIQOE. {AoÛt 1846.) 

et que le gouvernement ou les communes , le regardant comme 
d'utilité publique, en surveillassent sévèrement l'exécution ; car 
l'on conçoit que si quelques-uns des propriétaires s'en abstenaient, 
les Mouches écloses dans leurs champs se répandraient dans 
ceux des cultivateurs intelligents qui auraient employé ce 
moyen. 

M. Guérin-Méneville termine en disant que l'étude scientifique 
des métamorphoses de cette Mouche (qu'il ne faut pas confondre 
avec le petit Papillon dont il a été question, il y a peu de temps, 
à l'Académie, à l'occasion d'un travail de M. Blaud) est encore si 
peu avancée , qu'il ne peut qu'indiquer ce moyen d'une ma- 
nière générale. Il pense avec raison que pour régler son exécu- 
tion, de nouvelles recherches sont nécessaires. Ainsi il faudrait 
connaître positivement l'époque où la Mouche éclot, s'accouple 
et pond sur les olives les 2 ou 300 œufs que porte chaque femelle. 
Il croit que cette époque doit être variable suivant les conditions 
météorologiques de chaque année , suivant l'exposition des ter- 
rains, etc. ; mais qu'il est possible de fixer ses limites extrêmes. 
Il serait encore nécessaire de connaître la durée minimum et 
maximum de la vie de ces larves dans les olives , afin de déter- 
miner le moment où il serait nécessaire d'abattre ces fruits, pen- 
dant qu'ils contiennent encore le ver. Enfin, il croit qu'il serait 
nécessaire que des experts fussent chargés d'examiner les arbres 
pour juger de l'état plus ou moins avancé des vers, et que leur 
rapport devrait servir de base aux ordonnances des autorités 
chargées de fixer l'époque de l'abattage simultané des olives at- 
taquées, dans toute une contrée. 

Séance du 10 août. — M. Valenciennes lit une note inti- 
tulée : Nouvelles recherches sur les poissons de la famille des 
Clupées. 

Dans ce travail, l'auteur a eu pour but de consigner les prin- 
cipales observations qu'il a faites sur la famille des Clupées, 
dont il donnera bientôt l'histoire dans la continuation de la 
grande ichthyologie de Cuvier. 

M. Agassiz lit un résumé d'un travail d'ensemble sur l'orga- 
nisation, la classification et le développement progressif des 
Echinodermes dans la série des terrains. \ 

Ce résumé, qui occupe vingt pages des comptes-rendus de 
l'Académie des sciences, n'est pas susceptible d'être analysé, car 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 303 

il deviendrait insignifiant ; il montre que le grand travail de 
M. Agassiz est digne des autres ouvrages que la science doit à ce 
savant laborieux et zélé, et fait vivement désirer que cet ouvrage 
puisse être promptement publié. 

M. Guérin-Méneville lit un mémoire ayant pour titre : Obser- 
vations sur les mœurs el Vanalomie des Scolytes des Ormes, et 
plus spécialement du Scolytus destructor. 

Voir ce travail qui est reproduit en entier ci-dessus, page 289. 

Séance du 17 août. — M. Duméril lit un rapport sur un 
mémoire de M. Goste, relatif aux mœurs de l'Epinoche. Dans 
cette analyse le savant professeur donne son approbation aux 
observations si intéressantes de M. Coste. Comme nous avions 
donné, dans cette revue, une idée suffisante de ce travail, nous 
nous bornons aujourd'hui à signaler le rapport approbatif du 
savant académicien. 



Ouvrages n anaiyêer. 



Crania jEgyptiaca , or Observations on egyptian ethnography, 

derived from anatomy, history and the monuments. By S. G. 

Mortun, în-4o figure. Philadelphia, 1844. 
Observations sur les Diceras, par Alph. Favre. In-4'' figure. 

Genève, 1843. 
Die sûdafrikanischen crustaceen eine zusammenstellung aller 

bekannten malacostraca , etc. Von Ferd. Krauss, In-4* 

figures. Stuttgart, 1843. 
Lucubrazioni sulla flora e fauna delV Etna e sopra l'origine 

délie spelonche nelle lave di questo volcano , etc. Por Roberto 

.Savfl. In-8M«ilano, 1844. 
Recherches sur Tanatomie, la physiologie et l'embryogénie des 

bryozoaires qui habitent la côte d'Ostende, par P. Y. f^an 

Benedon. In-4° figures. Bruxelles, 1845. 
Coleoptera diebus XV-XXVII decembris anni MDGCGXXXIX ad 

Rio Janeiro lecta. A. R. F. Sahlberg. In- 4"». St-Pétersbourg, 

1844. 



304 REVUE ZOOLOGIQUE. {Août 1846.] 



IV. MELANGES ET NOUVELLES. 



Avis essentiel. — J'ai l'honneur de prévenir mes confrères 
de la Société Cuvierienne que les numéros de septembre 
et d'octobre de la Revue zoologique ne paraîtront qu'avec 
celui de novembre. 

Ce retard est nécessité par un voyage que je vais faire 
dans le midi de la France pour remplir une mission dont 
la Société royale et centrale d'agriculture m'a chargé. Cette 
Compagnie, qui se préoccupe vivement des besoins de l'a- 
griculture de toutes les parties de la France, ayant reçu des 
plaintes de divers points du Midi au sujet des récoltes d'huile 
d'olive, gravement compromises par les insectes, et snrtout 
par les larves de la petite mouche décrite sous le nom de 
Dacus Oleœ, m'a confié l'honorable mission d'aller étudier 
cet insecte, afin de donner une histoire de ses métamor- 
phoses et de préparer ainsi la voie aux agriculteurs qui 
cherchent les moyens d'en délivrer nos cultures. 

Gdérin-Menevillb. 



DTEUVIÈME ANNÉE. — SEPTEltfBIlE 1846 



I. TRAVAUX INEDITS. 



Description de quinze espèces nouvelles de Trochilidées, fai- 
sant partie des colleclions rapportées par M. Ad. De Lattre, 
dont les précédentes excursions ont déjà enrichi plusieurs 
branches de l'histoire naturelle , et provenant de l'intérieur 
du Pérou , des républiques de VÉquateur , de la Nouvelle- 
Grenade et AeVisthme de Panama ; par MM. Ad. De Lattre 
et J .Bourcier. 

1 . Trochilus Chimborazo. — Mâle adulte : bec noir , 
courbé en alêne , narines emplumées , tête et tour du cou bleu 
éclatant; sur la gorge une plaque transversale vert brillant, 
bordée inférieurement de noir, poitrail et abdomen couverts de 
plumes soyeuses blanc de neige, une bande noire sur la ligne 
médiane du ventre s'élargit triangulairement jusqu'à la région 
anale ; cet orifice garni de duvet blanc à base noire ; flancs gris 
brun, sous-caudales allongées, gris cendré ; dos, scapulaire, cou- 
vertures caudales , vert terne grisâtre ; queue allongée de dix 
rectrices égales, les latérales , gris cendré, blanches à leur base, 
seulement barbulées à l'intérieur ; les suivantes blanches, légè- 
rement grises à leur extrémité , les médiaires entièrement vert 
foncé ; ailes falcitbrmes , gris ardoise ; tarses emplumés ; pattes 
noires, robustes. — Long, du bec, 21 mill.; ailes, 75mill.; queue, 
hO mill. 

Patrie; le Chimborazo (Equateur). Cet oiseau, le seul connu, 
fait partie de la collection de M. Edward VVilson. 

2. T. fVilsoni. — Mâle adulte : bec noir , droit, à mandibule 
inférieure brune ; plumes de la tête , cou , dos , couvertures 
alaires et caudales supérieures brun rougeâtre , à reflets verts 
sur le croupion; gorge noire, plaque sur le devant du cou for- 
mée de plumes écaillées d'un beau violet, bandes blanches 
transversales sur les côtés du cou. Toute la partie inférieure du 
corps biane et légèrement bronzée ; région anale garnie dé 
duvet blanc , couvertures caudales inférieures bronzées et fran- 

Tome IX. Année i846. 20 



306 REVUE zooLOGiQUE. {Septembre i846.) 

gées de roux ; pattes noires , ailes presque droites, à plumes lar- 
ges violacées ; queue de dix rectrices larges, de couleur bronzée 
et plus dorée que le reste du corps. — Long, du bec, 37 mill.; 
ailes, 74 mill.; rectrices externes, 45 ; mcd-iaires, 40 mill. 

Patrie, Juntas, près Saint-Bonaventure (Nouvelle-Grenade). 

Dédié à M. Thomas Wilson, docteur , l'un des amateurs dis- 
tingués en ornithologie, à Philadelphie. 

3. T. Masquera. — Mâle adulte : bec noir, droit, aigu, de 
moyenne longueur ; plumes de la tête vert luisant , celles de la 
gorge à base blanche, extrémité verte, passant à l'or rouge bril- 
lant sur tout le pourtour du cou ; dos , couvertures des ailes et 
de la queue vert luisant , à reflets plus dorés sur les couvertures 
caudales ; thorax et abdomen vert doré à base noire , région 
anale garnie de duvet gris, sous-caudales gris noir terminé de 
vert foncé; queue très-bifurquée , composée de dix rectrices 
étagées dans leur longueur, vert foncé luisant, les latérales pas- 
sant au noir bronzé ; page inférieure des rectrcies vert noir 
bronzé ; ailes noir violacé et légèrement recourbées ; jambes 
et tarses garnis de long duvet blanc d'argent , pieds noirs. — 
Long, du bec, 20 mill.; ailes, 70 mill.; rectrices latérales, 56 mill.; 
médiaires, 30 mill. 

Femelle : Elle ne diffère du mâle que par un plumage moins 
éclatant, une queue plus noire, moins fourchue et moins 
longue. 

Patrie : Pasto (Nouvelle-Grenade). 

Dédié au général Mosquera, président de la république de la 
Nouvelle-Grenade, grand protecteur des sciences et de l'histoire 
naturelle. 

4. T. Derbyi. — Mâle adulte : bec noir, droit, aigu: tête, 
scapulaire et dos à plumes soyeuses vert doré brillant, couver- 
tures caudales or rouge , les six plus longues vertes à reflets 
étincelants ; tout le dessous du corps écaillé de vert doré écla- 
tant , région anale garnie de duvet noir, sous- caudales vert 
étincelant ; ailes légèrement courbées, noires, à reflets violacés ; 
queue triangulaire, dix rectrices, noires sur les deux faces; les 
latérales, sans barbules aux deux tiers de leur tige, se terminent 
en forme de tranchet ; les suivantes, quoique barbulées de cha- 
que côté, conservent la même forme ; les médiane* plus lon- 
gues , plus larges , à barbules égales et arrontJies. Toutes les 



TRAVAUX INÉDITS. 307 

plumes de cet oiseau sont à base noire ; jambes et tarses garnis 
de duvet noir velouté, pattes noires. — Long, du bec, 20 mill.; 
ailes, 55 mill.; rectrices latérales , 35 milL; médiaires, 32mill. 

Femelle : Semblable au maie , avec moins d'éclat dans les 
couleurs, les plumes vertes de la gorge à base blanche, le 
duvet des jambes et tarses gris blanc , ailes plus courtes. — 
Long, du bec, 21 mill.; ailes , 52 mill.; queue, 30 mill. 

Patrie : Volcan du Puracé, près de Popayan. 

Dédié à lord Derby , de Knov^sley prés Liverpool , possédant 
Tune des plus belles collections connues en ornithologie, le plus 
y.élé et le plus généreux protecteur envers les hommes qui s^oc- 
cupent des sciences naturelles, 

5. T. Grayi. — Mâle adulte : bec fort, droit, élargi à sa base, 
blanc rosé (rouge de corail à son état de vie) et noir à l'extré- 
mité ; plumes de la tête, joues et gosier bleu violet brillant ; 
nuque, dos, couvertures alaires et croupion vert doré brillant ; 
les couvertures caudales noir bronzé ; gorge et abdomen écail- 
lés de vert émeraude éclatant, tache pleurale blanche; région 
anale à duvet luisant; ailes peu courbées, noires, à reflets gros- 
bleu ; queue légèrement bifurquée, à dix rectrices noir bleu, ar- 
rondies à leur extrémité ; tarses peu emplumés, pattes noires. — 
Long, du bec , 24 mill.; ailes, 60 mill.; rectrices latérales, 
38 mill.; médiaires, 32 mill. 

Femelle : bec brun dans sa partie supérieure, mandibule in- 
férieure comme celle du mâle; tête, dos, couvertures alaires et 
«audales vert doré, plus clair que chez le mâle ; gorge et thorax 
couverts de plumes gris clair , écaillées de vert brillant; flancs 
vert grisâtre un peu doré, abdomen blanc gris, région anale 
garnie de duvet blanc à base noire, sous-caudales gris fran- 
gées de blanc, ailes moins longues que chez le mâle; queue 
noir d'acier, les latérales terminées de gris , les médiaires vert 
bronzé en dessus, pattes noires. — Long, du bec, 20 mill.; 
ailes, 55 mill ,; latérales, 34 mill.; médiaires, 30 mill. 

Patrie : environs de Popayan (Nouvelle-Grenade). 

Dédié à M. J. E. Gray, directeur de la section de zoologie du 
Muséum britannique, l'une des notabilités scientifiques de l'his- 
toire naturelle en Angleterre. 

6. r. Lutetiœ. — Mâle adulte : bec noir, droit, long, em- 
plumé à sa base ; front orné de plumes écaillées vert étincelant ; 



308 RBVOE zooLOGiQUK. {Septefnbre 1846.) 

vertex noir velouté , nuque , scapulaires et dos vert foncé lui- 
sant ; couvertures caudales vert bronzé ; tout le dessous du 
corps vert foncé éclatant , hausse-col brillant, écaillé , bleu-de- 
roi sur la gorge; ailes presque droites, brunes à reflets violets, 
plaque nankin vif sur la partie supérieure , sous-caudales gris 
vert; queue légèrement bifurquée de dix rectrices larges , ar- 
rondies, noir bronzé; tarses dénudés, pattes blanchâtres.— 
Long, du bec, 35 mill.; ailes, 75 mill.; rectrices latérales, 
44 mill.; médiaires, 35 mill. 

Femelle : bec comme celui du mâle, même frontal ; tête, sca- 
pulaire, dos et couvertures caudales vert foncé luisant; gorge 
nankin vif; thorax, flancs et abdomen vert brillant, frangé de 
roux; région anale à duvet gris, sous-caudales vert frangé 
de roux; ailes plus courtes que celles du mâle, ornées des 
mêmes épaulettes nankin vif; queue noir bronzé, moins 
foncée et moins longue. — Long, du bec, 37 mill.; ailes, 70 mill.; 
rectrices latérales, 42 mill.; médiaires, 35 mill. 

Patrie : volcan du Puracé , près de Popayan. Cet oiseau a 
beaucoup d'analogie avec les ïrochilus helianthea et Bona- 
parte! . 

Dédié au comte de Paris, dont l'illustre père encourageait de 
sa haute protection le développement des sciences naturelles. 

7. T. Edward. — Mâle adulte : bec presque droit, un peu élargi 
à sa base, mandibule supérieure noire, inférieure blanchâtre; 
tête et cou vert frais brillant; dos, scapulaires et couvertures 
caudales rouge doré à reflets violets; gorge et thorax vert frais 
brillant, abdomen à plumes soyeuses blanc de neige, légèrement 
maculé de vert sur les flancs ; région anale garnie de duvet 
blanc, sous-caudales roux frangé de blanc, ailes presque 
droites, brun violacé ; queue à dix rectrices égales, arron- 
dies, bronze rouge à reflets violacés ; tarses dénudés , pattes 
noires. — Long, du bec, 20 mill.; ailes, 52 mill.; queue, 
33 mill. 

Femelle : semblable au mâle. 

Patrie : isthme de Panama. 

Dédié à M. Edward Wilson , château de Lydslip , près Tenby 
(Angleterre) ; ornithologiste très-distingué, ayant l'une des t-ol- 
lections les plus complètes en Trochilidées. 

8. T. fFiUiami. — Mà\e adulte: bec noir, court, droit; 



TRAVAUX IIHÉDITS. 300 

toutes les plumes de la partie supérieure vert foncé luisant , à 
base gris noir; celles de la gorge , devant du cou à base rousse, 
écaillée, vert olive brillant; abdomen couvert de plumes 
soyeuses à base fauve lavé de vert luisant, sous-caudales vert 
frangé de roux ; ailes falciformes brun violacé ; queue de 
<iix rectrices égales, larges et arrondies^ noir vert à reflets violets 
et acier bruni violacé à la page inférieure ; tarses dénudés , 
pattes noires. — Long, du bec, 17 mill.; ailes, 60 mill.; queue, 
40 mill. 

Femelle : la gorge et le devant du cou, privés des plumes 
écaillées du mâle, sont roux , lavé de vert luisant; le reste 
en tout semblable. 

Patrie : les environs de Popayan, près des volcans. 

Dédié à M. William Wilson de Paris, amateur distingué, dont 
la modestie rehausse le grand mérite. 

9. T. Herrani, — Mâle adulte : bec noir, court et droit ; tête 
rayée du bec à l'occiput par une bande soyeuse , rouge (san- 
guine); côtés de la tête, nuque,, scapulaire et dos vert foncé doré; 
couverture caudale mordoré brillant; une ligne de plumes à 
base rousse, écaillée, passant du vert au jaune d'or brillant, se 
prolonge du bec au devant du cou ; côtés du cou, poitrail, fl^ançs 
et abdomen gris fauve maculé de vert ; région anale à duvet gris 
noir, soUs-caudales duveteuses blanc roux; ailes falciformes 
brun violacé; queue large, arrondie, les rectrices latérales 
noir bleu à leur base et blanches à leur dernier tiers ; les mé- 
diaires noires à reflets violets ; tarses dénudés, pattes noires. — 
Long, du bec , 17 mill.; ailes , 63 mill.; rectrices latérales, 43; 
médiaires, 50 mill. 

Femelle : à l'exception de la parure du devant du cou qui se 
trouve garni de plumes rousses , mouchetées de vert luisant , le 
reste en tout semblable au mâle. 

Patrie : Pasto (Nouvelle-Grenade). 

Dédié au général Herran , ancien président de la république 
de la Nouvelle-Grenade; homme d'un rare dévouement et ami 
des Européens qui peuvent répandre dans son pays les con- 
naissances utiles et le développement des sciences naturelles. 

10. T. Saûl. — Mâle adulte : bec noir, arqué, très-effilé ; tête, 
scapulaire , dos , couverture caudale vert luisant doré; partie 
inférieure blanc roux pailleté de vert brillant , disparaissant 



310 RKVUE zooLOGic^DE. {Septembre iS\6.) 

sur l'abdomen ; région anale noir gris, sous -caudales blanc roux 
et maculées de vert luisant; ailes falciformes brun violacé, 
la première rémige étroite ; queue à dix rectrices , acuminées, 
blanches et noires à leur extrémité, les médiaires entièrement 
vert brillant ; tarses dénudés , pattes blanchâtres. — Long, du 
bec, 30 mill.; ailes, 65 mill.; queue, 44 mill. 

Femelle : elle diffère du mâle par de petites paillettes vert 
foncé sur un fond plus roux. 

Patrie: Equateur, environs de Quito. 

Dédié à mademoiselle Saiil , conchyliologiste des plus distin- 
guées de Londres. 

11. 'jT. Cuvierii. — Mâle adulte : bec fort, presque droit, légère- 
ment élargi à sa base, mandibule supérieure noire, l'inférieure 
blanche et noire à son extrémité ; toute la partie supérieure vert 
luisant, légèrement doré ; partie inférieure roux, lavé de vert 
luisant , diminuant d'intensité vers la région abdominale ; ré- 
gion anale garnie de long duvet blanc , à base noire, sous- 
caudales gris bordé de blanc ; ailes peu courbées , brun 
violacé ; tiges des premières rémiges très-dilatées ; queue lé- 
gèrement arrondie, a dix rectrices, noir bleu à leur base, termi- 
nées de blanc intérieurement, les médiaires vertes en dessus j 
tarses dénudés, pattes noires. — Long, du bec, 25 mill.; ailes, 
70 mill.; queue, 45 mill. 

Femelle : semblable au mâle , moins la dilatation des ba- 
guettes alaires. 

Patrie : isthme de Panama et ïeleman, Amérique centrale, 
A la mémoire de Guvier. 

12. T. Fannyi. — Mâle adulte : bec noir, droit, légèrement 
élargi à sa ba^e ; front et vertex vert brillant ; occiput et nuque 
noir bronzé j scapulaires bleu violet brillant ; dos noir vert, cou- 
vertures caudales vert foncé luisant; gorge, devant du cou et 
poitrine vert luisant; flancs et abdomen bleu violacé, région 
anale garnie de duvet gris, couvertures sous-caudales blanches 
et bleues à leur centre; ailes noir violacé, presque droites ; 
queue très-bifurquée noir bleu ; tarses emplumés, pattes noires. 
— Longueur du bec, 24 mill.; ailes, 55 mill.; rectrices latérales, 
50 mill.; médiaires, 25 mill. 

Femelle : bec noir, droit, moins fort que celui du mâle ; front 
gris, nuque, scapulaires, dos et couvertures caudales vert lui- 



TRAVAUX INÉDITS. 311 

saut; gorge, devant du cou et poitrine gris cendré clair, flancs 
et abdomen gris foncé, maculé de vert luisant; région anale 
garnie de duvet blanc à base noire ; couvertures sous-caudales 
entièrement blanches; queue légèrement bifurquée , les rec- 
trices latérales grises à leur base, noires au centre et blanches à 
l'extrémité, les médiaires à reflets verts. — Long, du bec, 
20 mill.; ailes, 50 mil!.; rectrices externes, 32 mill.; médiaires, 
25 mill. 

Patrie : sur les bords de la rivière de Dagua , près Saint- 
Bonaventure ( IVouvelle-Grenade}. 

Dédié à madame Fanny , épouse de M. Edward Wilson, que 
nous avons cité. 

J3. T. Saucerrotlei. — Màle adulte ; bec noir, droit, à 
mandibule inférieure blanchâtre , noire à son extrémité; tète, 
cou, scapulaire et dos à plumes soyeuses vert brillant avec re- 
flets dorés ; couvertures caudales noir bronzé ; partie inférieure 
du corps couverte de plumes écaillées vert émeraude brillant à 
base noire ; région anale garnie de duvet blanc à base noire, 
sous-caudales gris- bronze frangé de blanc; ailes falciformes noir 
bleu ; queue légèrement bifurquée noir bleu. — Long, du bec, 
20 mill.; ailes, 48 mill.; rectrices externes, 30 mill.; médiaires, 
25 mill. 

Patrie : Caly ( Nouvelle-Grenade). 

Dédié à M. Saucerotte , docteur et ornithologiste distingué de 
Lunéville. 

14. T. Labrador. — Annales de la Société royale d'Agri- 
culture, Histoire naturelle et Arts utiles de Lyorf, 1838. — Des- 
cription du mâle adulte , par Jules Bourcier. 

Femelle adulte : bec noir, grêle, légèrement arqué; tête, 
scapulaires, dos et couvertures caudales, vert terne grisâtre ; 
gorge blanc gris ; poitrail et côtés du cou roux , le reste du 
corps plus clair; région anale garnie de duvet blanc à base 
noire, sous-caudales roux clair ; ailes grises; queue arrondie à . 
dix rectrices fauves à leur base , noires au centre et blanches à 
leur extrémité , les médiaires glacées de vert ; tarses dénudés, 
pattes noires. — Longueur du bec, 20 mill.; ailes, 40 mi!l.; 
queue, 26 mill. 

Patrie : le Pérou , environs de Lima. 

15. T. Mucoa, — Màle adulte : bec noir, droit, court et aigu; 



^12 REVUE zooLOGigoE. (Septembre 1846.) 

yne plaque en losange, formée de plumes vertes éclatantes, part 
du bec à l'occiput ; côtés de la tête, cou, scapulaire , dos et cou- 
vertures caudales vert foncé , à plumes soyeuses et luisantes ; 
sur la gorge une petite plaque bleue écaillée; côtés du cou et 
partie inférieure du corps à plumes soyeuses vert luisant, moin» 
foncé que la partie supérieure ; région anale garnie de duvel 
noir hérissé de blanc ; sous-caudales vert luisant ; ailes^ presque 
droites, noir violacé ; queue très-allongée à dix rectrices étagées, 
noir velouté à leur base et vert émeraude scintillant à leur der- 
nier tiers, entièrement noir bleu à la page inférieure ; tarses dé^ 
nudés, pattes noires. — Long, du bec , 18 mill.; ailes, 65 mill. 
rectrices externes , 130 mill.; suivantes 65 mill., 45-35, et les 
niédiaires, 25 mill. 

Femelle : bec semblable à celui du mâle ; partie supérieure 
du corps vert doré luisant; gorge et devant du cou blanc pail- 
leté de bronze, poitrine et abdomen nankin, sous-caudales rons^ 
ses; queue bifurquée à dix rectrices bleu d'acier à la base, ter- 
minée de blanc ; les médiaires entièrement vertes. — Long, des 
ailes, 60 mill.; rectrices externes, 40 mill.; médiaires, 27 mill. 

Patrie : Mocoa , ancienne capitale des Indiens , les environ» 
inondés pendant cinq à six mois de l'année, et située sur la limite 
des peuplades Huitotos et Mesalles (anthropophages) est rare- 
ment visitée des Européens, 



Description de nouvelles espèces de Trochilidéea, 
par M. BouKCiER. 

Trochilus Addœ. — Cette jolie espèce d'oiseau, qui nous 
vient de la Bolivie , a le bec noir, droit, terminé en pointe aiguë, 
de 16 millimètres de longueur, les plumes de la tête , du cou, 
du dos , des couvertures alaires et caudales, sont du même vert 
foncé et luisantes ; gorge, devant du cou et du poitrail garnis 
de plumes écaillées de vert brillant et blanches à leur base; 
lianes et abdomen du même vert luisant que le dos. Couverture» 
« audales inférieures rousses , et vertes au centre de chaque 
plume. Ailes presque droites, à rémiges étroites, grises violacées, 
de 45 milliuiètres de longueur ; pattes blanches ; tarses , jaiiibe» 



I 



TRAVAUX INÉDITS. 3t3 

garnis d'un long duvet roux très-vif. Queue composée de dix 
rectrices ; les médiaires , de 17 millimètres de longueur , sont 
vertes; les suivantes, de 24 millimètres, grises, étroites et acu- 
uiinées; les externes, de 55 millimètres, sont terminées par un 
large développement de barbules arrondies en forme de palettes, 
noir velouté, comme celles de l'oiseau-mouche à raquettes et de 
l'empennée, avec lesquels l'Adda a beaucoup de ressemblance. 

Dédiée à madame Adda, épouse de M. Wilson, qui vient d'ac- 
quérir l'une de nos plus belles collections ornithologiques. 

Trochilus Turnerii. — Cette espèce, qui habite la Bolivie, a 
été rapportée par M. Alcide d'Orbigny. Le peu d'éclat et la mo- 
deste parure de cet oiseau l'ont toujours fait prendre à tort pour 
une femelle ou un jeune âge. Bec de taille moyenne , droit , 
large à sa base, mandibule supérieure noire , inférieure blanche 
et noire à son extrémité, sa longueur de 36 millimètres; dessus 
de la tête, cou, dos, couvertures alaires et caudales vert grisâtre 
luisant ; parties inférieures blanches, à l'exception des parties 
pectorales et des flancs qui sont maculés de vert grisâtre ; ailes 
presque droites de couleur cendrée, de 60 millimètres de lon- 
gueur ; pattes noires, tarses légèrement emplumés , région anale 
garnie de duvet blanc, couvertures caudales inférieures blan- 
ches. Queue de dix rectrices égales, de 46 millimètres de lon- 
gueur, blanches à la base des barbules intérieures, grises, ver- 
dâtres , frangées de blanc , les médiaires vertes et plus larges 
que les autres. 

Dédiée à M. Turner, naturaliste anglais. 

Trochilus Lumachellus. — Revue zoologique 1838, p. 315. 
Lesson , description du jeune âge. — Adulte : bec noir, droit, 
légèrement élargi à sa base, tête recouverte d'une calotte noire 
veloutée ; cou, dos, couvertures alaires et caudales vert luisant, 
base du bec entourée de vert brillant se prolongeant sur la 
gorge en forme de hausse-col , terminé en pointe par des plumes 
allongées améthiste, rubis et topaze , les côtés entourés de plumes 
noires veloutées, une bande blanche transversale sur les côtés 
du cou ; corps d'un vert luisant semblable au dos , région anale 
garnie de duvet blanc, couvertures sous-caudales vert doré; 
ailes droites, gris violacé , pattes noires, tarses emplumés, queue 
légèrement bifurquée,de dix rectrices larges, éclatantes par leurs 
belles couleurs topaze doré. 



SI* REVDE zooLOGiyuE. {Septembre 1846.) 

Longueur du bec 31 millim., corps 44 millim., ailes 60 millim., 
rectrices internes 34 millim., externes 37 millim. Patrie : Bahia 
(Brésil). 

La femelle est semblable au maie, à l'exception de la calotte 
et des côtés du cou, noirs veloutés, qui chez elle sont du même 
vert que le corps, les pennes de la queue sont moins écla- 
tantes. 



Description de vingt espèces d' Oiseaux-Mouches t par M. Juk* 

BOURCIEK. 

Tel est le titre d'un travail que cet ornithologiste va insérer 
dans les Annales de la Société royale d'agriculture, histoire 
naturelle et arts utiles de Lyon. Il fait connaître ces vingt 
espèces par des descriptions étendues que nous ne reproduirons 
pas ici. Mais comme M. Bourcier a bien voulu faire don à la Revue 
Zoologique de deux gravures représentant les deux première» 
espèces, nous donnerons la description abrégée de ces deux 
oiseaux , nous bornant à présenter les noms et l'habitat des 
autres. 

On se rappelle que nous avons annoncé, au commencement 
du numéro de février de cette année, que MM. Hardouin Mi- 
chelin et Jules Bourcier nous avaient proposé de faire les frais 
de quelques planches, et que nous espérions que ce généreux 
exemple serait suivi par d'autres savants. Nous avons déjà fait 
paraître deux planches données par M. Michelin, aujourd'hui nou;^ 
publions les deux planches ci-jointes, que la Revue zoologique 
doit à notre collègue M. Bourcier. Il donne ainsi une nouvelle 
preuve du zèle qui l'anime pour l'avancement de la zoologie, 
et nous croyons qu'il est de notre devoir de l'en remercier ici 
au nom de ses confrères de la société Cuvierienne. 

I. T. Conversii. (PI. 3). — Mâle. Bec droit , court , d'un noir 
brun, grêle, rétréci de la base jusque près de l'extrémité, subdé- 
primé à sa naissance, comprimé vers les trois quarts de sa lon- 
gueur; tête ronde, revêtue jusqu'au vertex de plumes subécail- 
leuseSjd'un vert semi-brillant à certain jour; couvertures alaires 
et dos d'un vert plus clair, luisant; la dernière partie séparée de la 
région lombaire par une bande transversale blanche ; couver- 



TRAVAUX IINÉDITS. 315 

ture cnudale revêtue ù ]u base et à rextréaiité de plumes ana- 
logues à celles du dos, mais cuivreuses entre ces deux extré- 
mités; ailes d'un brun violet, un peu plus longuement 
prolongées que la moitié des rectrices externes; queue à huit 
rectrices, à cotes blanches ou blanchâtres, à barbules étroites, 
graduellement rétrécies, pâles près de la côte, ensuite obscuré- 
ment d'un bleu vert, vues à certain jour, brunes à certain autre, 
plus courtes des externes aux submédiaires, linéaires à l'extré- 
mité et sur une longueur graduellement plus grande des sub- 
médiaires aux externes; les médiaires rétrécies de la base à 
l'extrémité, un peu moins longues que la moitié des externes; 
gorge et cou subécailleux, mi-brillants , épigastre d'un vert 
bleu ; ventre d'un vert un peu moins jaune que le dos; pieds 
noirs, tarses presque nus, page inférieure de la queue d'un bleu 
vert d'eau claire, à côtes des rectrices d'une blancheur lactée. 
— Patrie : Bogota. — Long, totale, 0,102; bec, 0,014; ailes, 
0,045; rectrices les plus longues (externes), 0,054; rectrices 
les plus courtes (médiaires), 0,023. 

Cette belle espèce a été découverte par M. Convers, naturaliste 
français, plein de zèle, établi à Bogota; nous la lui avons 
dédiée. 

2. Trochilus Ficioriœ. (PI. 4).— Mâle. Bec court, presque droit 
ou peu sensiblement arqué , d'un noir brun , subcylindrique jusque 
près de l'extrémité où il est rétréci en pointe; tète d'un vert oli- 
vâtre foncé ; nuque, dos et couvertures alaires d'un vert olivâtre 
moins foncé et légèrement métalliques, passant sur la couverture 
caudale au brun violâtre ; ailes d'un brun fauve, presque aussi 
longuement prolongées que les rectrices intermédiaires; queue à 
dix rectrices étroites, très-inégales, étagées ; les externes, sub- 
parallèles, trois fois environ aussi longues que l'oiseau, brunes 
, avec la moitié antérieure de leur côté externe d'un blanc rous- 
sâtre ; les autres brunes, à reflet légèrement violâtre , avec 
l'extrémité d'un vert bronzé ; dessous du corps paré d'un plastron 
formé de plumes écailleuses d'un vert brun luisant , rétréci 
d'avant en arrière; côtés de la poitrine et ventre revêtus de plumes 
soyeuses ou mi-soyeuses d'un vert olivâtre, un peu plus clair que 
celui du dos, et comme celui-ci légèrement métallique; pieds 
d'un brun noir; couverture sous-caudale d'un fauve blanc, page 
inférieure de la queue analogue ù la supérieure , mais offrant 



316 REVUE zooi.oGfQDE. {Septembre 1846.) 

les rectrices d'un brun violet, avec les côtes subexternes et sur- 
tout des externes, blanches dans leur première moitié. — Patrie : 
Nouvelle-Grenade. — Long, totale , 0,204 ; bec ,• 0,017 ; ailes, 
0,108 ; rectrices les plus longues (externes), 0,150; rectrices 
les plus courtes (mëdiaires), 0,025. 

Nous avons dédié cette espèce à M™* Victoire Mulsant. 

3. T. Eliciœ. — Patrie inconnue, 

4. T, Aureliœ. — Hab. Bogota. 

5. T. Rosne. — Hab. Caracas. 

6. T. Emiliœ. — Hab. Bogota. 

7. T. Sophiœ. — Hab. Bogota. 

8. T. Mariœ» — Hab. Venezuela. 

9. T. D'Orbignyi. — Patrie inconnue. 

10. T. riridipallens. — Hab. Coban (Guatimala). 
\\. T. jRubinoides. — Hab. Nouvelle-Grenade. 

12. T. Sabinœ. — Hab. Nouvelle-Grenade. 

13. T. Franciœ. — Hab. Bogota. 
1 4. T. Gayi. — Patrie inconnue. 

15. T. Candidus. — Hab. Coban. 

16. T. jF/ore^ïï. — Hab. La Jamaïque. 

17. T. Corralirostris. — Hab. Esquintla (Guatimala). 

18. T. Antoniœ. — Hab. Cayenne. 

19. T, Aglaiœ. — Patrie inconnue. 

20. T. Alexandri. — Hab. Sierra-Madre (Mexique). 



Description d'une nouvelle espèce de Campylorhynque de la 
Bolivie; par M. Fr, de Lafresnaye. 

Campylorhynchus unicoloroïdes. — Campyl. pileo, colloque 
supero rufescente-griseis sive murinis unicoloribus, sed plumis 
totis basi et intus in medio nigris, vittâ superciliari pallidâ, in- 
fràque illam aliâ post-oculari fuscescente , pilei concolore ; 
dorso et uropygio pallide fuscescentibus vix pallidiore varie- 
gatis ; alis caudâque ejusdem coloris ; remigibus secundariis 
rectricibusque maculis triangularibus rufescente-pallidis extus 
marginatis. 

Sublùs sordide albescens, hypochondriis et subalaribus maculi» 



TRAVADX INÉDITS. 3l7 

aliquot fuscis notatis, subcaudalibus vero distincte fusco macu- 
latis. — Longit. tota 18 cent. 1/2 in exuviâ ave. 

Au premier abord , nous avons cru reconnaître dans cet 
oiseau de Bolivie notre Campylorhynchus unicolor, Rev. zool., 
1846, p. 93, d'après la couleur uniformément blanc sale de 
toutes les parties inférieures et celle d'un gris souris des supé- 
rieures; mais après une comparaison plus approfondie, nous 
avons reconnu qu'il en différait sous plusieurs points : 1° par la 
teinte du dessus de la tête et du cou plus uniformément rous- 
sàtre, quoique à l'intérieur toutes les plumes soient noires sur 
la ligne médiane , ce qui n'a pas lieu chez l'Unicolor ; 2° par 
des indications de zones ou bandes sur la queue et sur les ré- 
miges secondaires ; 3° par une taille plus faible. 



Essai d'une monographie du genre Diglossa, Wagler, G.-B. 
Gray, Gen. of birds, p. 23, par M. Fr. de Lafresnaye. 

1. Diglossa Baritula Wagler, Isis, 1831, Hartlaub, Rev. 
zool. 1842 , p. 56. — Uncirostrum Brelayi de Lafr., Rev. zool. 
1839, p. 100. — Agrilorhinus SittaceuSy Bonap. (Mexico). 

2. D. carbonaria Nob. — Serrirostrum carbonarium Dorb. 
et de Lafr. Synops. av. amer., 2« part. p. 25, et voy. en Amer. ^ 
pi. 58, f. 1. (Rep. Boliviana.) 

3. D. Sittoïdes Nob. — Serrirostrum Siiioïdes Dorb. et 
de Lafr. Synop. av.amer., 2" part. p. 25, et voy. en Amer. pi. 58, 
f. 2. (Rep. Boliviana.) 

4. D. Lafresnayii Boiss. — Uncirostr. Lafresnayii, Bois- 
saun. Rev. zool. janvier 1840, p. 4. — Agrilorhinus humeralis 
Fraser, Proceed. 1840, 25 février (Bogota). 

5. D. Bonaparlei Fraser. ^Agrilorhinus Bonapartei Fraser, 
Proceed. 1840, p. 22 (Bogota). 

6. D. Per Sonata Fraser, Proceed» 1840 , 25 février, p. 23. — 
Uncirostrnm Cyaneum Boisson, Rev. zool. 1840, avril, p. 102 
(Bogota). 

7. D. albilatera, Lafres.,Rev. zool. 1843, p. 99 (Colombie). 
— a Femina supra brunneo-olivacea, subtns olivaceo rufa, colore 
» rufo, supra collum, pcctus auresque nitentiore. » 



3f8 RKVCE zoo[.OGionE. [Septembre 1846.) 

8. D. similis, Nob. spec. nova. — D. supra tota ardesiaco- 
çrrisea, hoc colore fronte, loris, penisque multo nitentiore. Sub- 
tus tota pallide rufa unicolor, hoc colore colli lateribus sub 
aures et post cas parum ascendente. Longit. tota 10 cent. (Bo- 
gota). 

L'analogie de coloration est tellement frappante entre cette 
espèce et notre Digl. Sittoïdes , qu'au premier abord on serait 
tenté de n'en faire qu'une espèce ; mais en la comparant atten- 
tivement , on reconnaît d'abord que le D. similis a des dimen- 
sions beaucoup moins fortes, n'ayant que 10 cent, de long, tôt., 
tandis que Je Sittoïdes en a 12. De plus, le gris de la partie su- 
périeure prend une teinte très-foncée sur le front, les lorum et 
les joues du premier; il est d'une nuance claire et semblable à 
celle du dos sur ces mêmes parties chez le second. Le roux clair 
du dessous est d'une teinte entièrement uniforme chez notre 
nouvelle espèce, tandis qu'il s'éclaircit et devient presque blan- 
châtre sur la gorge du Sittoïdes ; chez le premier enfin les dents 
de la mandibule supérieure sont distinctement au nombre de 
quatre, elles paraissent moins nombreuses chez le dernier; 
celui-ci enfin est de la Bolivie, celui-là est de Bogota. 

9. Diglossa mystacalis , Nob. D. tota atra , ano rufo , vitta 
lata et praelonga mystaceiformi ab oris angulo utrinque ad pectus 
descendente pallide rufa, humeralique macula grisea. Habit, in 
Bolivia. 

Cette nouvelle espèce est une des plus grandes et dont le bec 
a le plus de développement. — Gomme l'espèce nommée 
D. Lafresnayii , elle est toute noire avec une tache humérale 
grise, mais elle a de plus l'anus roux comme le Diglossa car- 
bonaria, et se distingue de toutes deux par ses deux longues 
bandes rousses latérales en forme de moustaches ; elle vient de 
Bolivie. 

10. Diglossa brunneiventris , 0. Desmurs. — D. capite, collo, 
dorso supremo, alis caudâque nigris, humeris, dorsoimo, uro- 
pygio, alae tectricibus inferis, ventris et abdominis lateribus cine- 
reo-griseis, vittâ laterali utrinque gutturis mystacaeformi, pectore 
abdomineque mediis, caudœque tectricibus inferis cinnamomeis. 
Habit, in Peruviâ. 

H est facile de reconnaître que si cette espèce est voisine de 



TRAVAUX INÉDITS. . 319 

la précédente par ses bandes rousses en Airiiie de moustaches ; 
elle en diffère totalement par son croupion, ses épaules, les 
côtés de toute la partie inférieure gris cendré dont le milieu est 
de couleur cannelle. 

M. Gray, dans sa list of Gênera^ ne cite que six espèces deDi- 
glossa ; nous en indiquons onze ici ; il est vrai qu'il regarde 
comme nen faisant qu'une, deux espèces de M. Fraser, quoique 
ce dernier les ait indiquées comme distinctes. Nous ne pouvons 
donner notre avis en cela ne les ayant pas vues. 

Quant à l'espèce nommé Personata par M. Fraser et Cyanea 
par nous, nous l'avions indiquée sous le premier nom, le croyant 
plus ancien d'un mois que le nôtre et renonçant promptement 
dans cette supposition a notre dénomination. M. Gray n'aura 
probablement pas eu connaissance de cette légère différence de 
date et il préfère notre nom indiquant la coloration bleue parti- 
culière à cette espèce. 

n. Diglossa aterrima, nob. — D. tota aterrima unicolor ; 
habit, in Nova Granada , Pasto. • 

Cette espèce , entièrement noire sans aucun mélange d'autre 
couleur, est la seule sur ces onze espèce qui présente cette par- 
ticularité ; le bec et les pattes sont de la même couleur. Quoi- 
qu'elle habite à ce degré d'élévation qu'on appelle les terres 
froides en Amérique , l'espèce que nous avons nommé Albi- 
latera ne se trouve que dans une région encore plus élevée que 
celle-ci. 

M. Boissonneau a décrit sous le nom de Uncirostrum Dor- 
bignyi, Rev. zool. 1840, et M. Fraser sous celui àeAgrilorhinus 
olivaceus^ Proceed. 1840, p. 22, des individus d'un brun olivâtre 
en dessus, avec les couvertures et les tertiaires bordées d'une 
nuance pâle, et d'un jaunâtre mêlé de blanchâtre en dessous. — 
Nous sommes très-portés à croire que ces individus, dont nous 
possédons trois pareils, ne sont que des jeunes des différentes 
espèces précitées. 

Dans sa List of gênera of birds , G.-R. Gray a placé le genre 
Diglossa dans la famille Certhidœ et la sous-^diniWe Anabatinœ, 
Depuis longtemps cependant nous avons observé et publié, tant 
dans notre Synops. av. americ. A. Dorbignyet de Lafresn., etc., 
que dans un article sur ce genre, Rev. zool. 1839, p. 100, que 
ces oiseaux étant munis 



320 RKvuR zooLor.iQDR. (Septembre 1846.) 

Monde, d'une langue bifide et filamenteuse, de pattes en tout 
conformes aux leurs et étant comme eux, d'après les observations 
de M. d'Orbigny, dans l'usage de se suspendre aux ramuscules 
pour extraire les insectes du pollen des fleurs , il nous paraissait 
indispensable de les classer près d'eux comme de vrais Gui tguits, 
et formantune section de Guitguits à bec en croc. — Nous sommes 
donc étonnés que M. G.-R. Gray, s'il a lu nos différents articles 
sur ce sujet, ait persisté à placer ce genre dans les Anabatinœ 
plutôt que dans les Cerebidœ. 



Quelques nouvelles espèces d'oiseaux de la Jamaïque , par 
M. Fréd. de Lafresnaye. 

1. Tachyphonus riifo-gularis. Tac. totus ardesiaco-cœruleus, 
loris et ambitu rostri nigris, gutture et collo antico toto vivide 
rufis , rostrum valde compressum , elongato-acutum , nigrum ; 
pedes validi, fusci. Habitat in insulâ Jamaïcensi. 

Cette jolie petite espèce de Tanagridée est une de celles dont 
les caractères mixtes rendent la classification difficile. D'après 
sa coloration gris bleuâtre, la brièveté de sa queue, elle semble 
se rapprocher de la Nemosia pileata, Némosie à coiffe, noire de 
Vieillot ; mais d'après la forme de ses ailes, de ses pattes et de ses 
rectrices , elle s'éloigne de ce genre et nous semble placée plus 
convenablement dans les Tachyphones , mais toutefois comme 
espèce de transition de ce genre aux Némosies; elle est partout 
d'un joli gris azuré avec les lorum et le pourtour du bec noirs, 
le gosier et le devant du cou d'un roux vif. Long, totale non 
montée 13 cent. 

2. Pachyrhynchus aterrimus. — Vdichy. totus ater,cristatus; 
pilei, cristae, dursique superi plumis nitentibus ; sublus fusconi- 
ger , gutturis et colli antici plumis aliquot cinereo tenuissime 
fimbriatis, flexurâ alae al ho et griseo variegatâ; rémige ala3 se- 
cunda brevi, dimidiam partem sequeatis tantum attingente,aIbo 
tenuissime marginatâ , plumis scapularibus inlùs niveis. 

Cette nouvelle espèce de Pachyrhynque est tout à fait voisine, 
par sa forme, sa coloration et la troncature de sa seconde rémige, 
de l'espèce noire à cou rose, bien connue et désignée par M. Les- 
son sous le nom de petit Piauhau , Qiierula minor, et par 



TRAVAUX INÉDITS. 3^1 

Swainson , sous celui de P. pectoralis , Classif., part. 3, n" ?5 , 
mais elle en diffère par sa coloration noire uniforme et par sa 
huppe large et fournie. Long, totale, 19 cent. 1/2. 

3. Piaya cinnamomewentris. — P. supra, dorso , alis uropy- 
gio et supracaudalibus viridi-olivascente relucentibus, capité et 
«ucha schistaceo-griseis; cauda nigrâ, parum cyaneo-micante, 
albo terminatâ; subtus, gula tota et collo antico sordide albes- 
centibus, collo laterali , genis et pectore griseis , ventre loto et 
abdomine, tibiis, alarum caudœque tectricibus inferis intense 
ferrugineo-cinnamomeis, rectricuin apicibùs late albidis ; ros- 
(rum altum, valde arcuatuni, nigrum, mandibulâ inféra plum- 
beo-cyaneà, pedes nigri. Longit. tota ave non confectâ, 52 cent ; 
caudae, 29 cent. ; rostri ab oris angulo, 5 ; tarsi 4. 

Cette belle espèce de Piaye , que nous ci-oyons inédite, est re- 
marquable par ses nuances supérieures assez sombres, mais à 
reflets vert-olive luisants, par celle de sa tête gris foncé en 
dessus , et surtout par la teinte cannelle foncée qui colore tout le 
dessous de son corps depuis la poitrine jusqu'à la queue. 

4. Pionus vinaceicollis. — Pion, supra intense viridis, ver- 
tice, oculorum ambitu, genisque cœruleis, caudae tectricibus, 
rectricumque apicibùs vivide viridi-flavis; capitis collique superi 
plumis totis nigro stricte marginatis , remigibus primariis intus 
aterrimîs, extus cœruleis . flexurâ alœ intus pallide viridi-fla- 
vescente, rectricum prima extus cœruleâ, intus purpureo-san- 
$:uineâ, secundâ basi extus et intus purpureâ, sequentibus, qua- 
tuor mediis exceptis, viridibus, intus purpureis. 

Subtus viridis, gutture, collo antico et laterali vinaceis, plumis 
totis limbo viridi postea nigro notatis; subcaudalibus caudâque 
subtus viridi flavis, hâc bi.si purpureâ; roslrum albidum basi 
luteum, pedes fusci. Longit. tota 27 cent. ; caudae 10 cent. 

5. Columbigallina versicolor, nob. — Col. pileo cinereo, a 
fronte ad verticem obscuriore , fuscescente , a vertîce ad nu- 
cham pulveri-colore, collo supra et subtus pulchre amethistino- 
violaceo , aeneo resplendente , pectore ventreque griseis cum 
violaceo nitore; dorso supremo , minoribus mediisque alae tec- 
tricibus rufis, sed pulchre cyaneo-violaceo micantibus ; dorso 
imo , uropygio caudae alarumque tectricibus majoribus intense 
viridibus, cyaneo-violaceo resplendentibus ; rectricibus ejnsdem 

Tome IX. Année 1846. 21 



322 REWRzooLOGiQiSR. (Septembre 1846.) 

coloris absque nitore violaceo, gutture medio duabusque lati» 
rittis, mystacœforraibus pallide rufis. 

Remigibus, alarum pagina inféra, hypochondriis abdomine, 
tibiis et subcaudalibus rufo-brunneis, harum basi et margine, 
rectricum scapis, earumque barbulis internis apice nigris; ros- 
trum ungulique nigri , oculorum circuitu nudo pedibusque 
rubris. 

La Ck)lombigalIine versdcolor a le dessus de la tête cendré, plus 
obscurci presque noirâtre sur le front jusqu'au vertex, et pre- 
nant une teinte de gris poussière du vertex à la nuque ; le cou 
en dessus et en dessous et sur les côtés est d'une belle teinte mé- 
tallique violette améthiste , à reflets bronzés: la poitrine et 1« 
ventre sont gris, mais offrent à certain jour les mêmes reflets 
violets. 

Le haut du dos, les petites et moyennes couvertures des ailes 
sont d'un roux vif, mais à reflets d'un beau bleu foncé violet ; le 
bas du dos , le croupion ainsi que les grandes couvertures des 
ailes et de la queue sont d'un vert foncé à reflets bleu violet; 
les rectrices sont de la même teinte, mais sans reflets violets; le 
milieu de la gorge et deux larges bandes latérales en forme de 
moustaches sont d'un roux pâle. 

Les rémiges, tout le dessous de l'aile, les flancs, l'abdomen, 
les jambes et les couvertures inférieures de la queue sont d'un 
roux brun ; les tiges des rectrices et leurs barbes internes vers 
leur extrémité sont noires ainsi que la base et les bords des plus 
grandes sous-caudales ; le bec et les ongles sont noirs, la peau 
nue du tour des yeux et les pattes rouges. 

La longueur totale de la peau non montée est de 29 cent., 
celle du tarse, 3 cent. 1/2; du doigt du milieu sans l'ongle, 
3 cent. ; le bec depuis l'ouverture a 2 cent. 4/5, et l'aile depuis 
le pli, 16 cent. 



Remarques sur les Aigles d'Europe , par M. Constantin 
Tyzenhauz. 

M. le docteur Schlegel , dans l'avant-propos de son excellent 
ouvrage, Revue critique des oiseaux d'Europe ^ invite les natu- 
ralistes à lui faire part des observations qui auraient pu lui 



TRAVAUX INÉDITS. 323 

«chapper ou qui laissent encore des doutes quant à leur réalité. 
Trente-cinq ans de recherches suivies sur les oiseaux des con* 
trées que j'habite ( Lithuanie) m'autorisent en quelque sorte à 
énoncer mon opinion sur ce sujet. 

1. Aquila imperialis. Cette espèce d'Aigle est une des plus 
rares dans nos contrées , et je n'ai qu'un exemple unique de 
nidification à citer. Il est difficile de concevoir comment les na* 
turalistes ont pu placer parmi les synonymes de l'Aigle impérial 
le Falco Mogilnik de Gmelin , rapace ignoble qui ne se rabat 
que sur les Mulots et les petits oiseaux, dont la longueur totale 
n'excède pas celle de l'Aigle criard , avec lequel il semble avoir 
le plus de rapport. Bechstein et Meyer l'ont, avec plus de proba- 
bilité, cité dans les synonymes du Falco nœvius. Pallas le re- 
garde comme espèce douteuse. 

2. Aquila fulva. Je ne connais qu'une seule espèce d'Aigle 
royal ; il est assez commun en Lithuanie où il niche, mais n'hi- 
verne pas. Les individus mâles les plus âgés ne dépassent guère 
en longueur 2 <pieds 5 à 6 pouces; leur enverjure est de 
G pieds 1/2, la queue de 12 à 13 pouces. Les plus fortes fe- 
melles ont à peine 3 pieds de longueur, jamais au delà de cette 
mesure 

3. Aquila nœvia. Le plus commun de tous, arrive au mois 
de mars, au temps de la fonte des neiges , niche et, très-souvent, 
passe l'hiver chez nous ; tous les jeunes émigrent vers la fin 
d'octobre. Leur première livrée est d'un brun chocolat très- 
foncé , presque noir, sans aucune tache. Ceux d'un an ont une 
grande tache rousse sur l'occiput, et sont marqués de roux 
presque sur toutes les plumes du corps en gouttelettes plus 
ou moins longues ; les grandes couvertures alaires sont terminées 
par une tache ovoïde d'un gris blanchâtre, les couvertures infé- 
rieures de la queue d'un roux jaunâtre clair, immaculées {Falco 
fnaculatus Cm.). Les individus gardés en captivité conservent 
cette livrée jusqu'à leur cinquième année, jusqu'à cet âge leurs 
yeux sont noirs ou bruns. Plus tard, les taches commencent à 
s'effacer consécutivement , l'iris prend une teinte jaunâtre ; les 
doigts, de jaunes qu'ils étaient, deviennent blanchâtres ou livi- 
des (F. Mogilnik Gm.)? Les très-vieux mâles sont d'un brun 
foncé,couleurd'ombre uniforme, plusclaire sur la téteetlanuque: 
les pennes alaires du second ordre , les grandes couvertures des 



52l REVDE ZOOLOGIQUE. (Septembre i846.) 

ailes et les rectrices terminées de gris roussatre ; les couverture* 
inférieures de la queue brunes, striées et marquées longitu- 
dinalement de blanc jaunâtre; iris jaune, les barres transver- 
sales sur les pennes des ailes et de la queue entièrement effa- 
cées. Les très-vieilles femelles sont d'un brun fauve, la teinte 
générale est moins égale que dans le plumage des mâles; toutes 
les plumes du dessus de la tête et les petites couvertures alaires^ 
bordées de gris jaunâtre, offrent dans l'ensemble un aspect 
marbré [Aquila pomarina Brehm.). Longueur totale des mâles 
2? — 23 1/2 pouces, enverjure 4 pieds 4' — 6 . Longueur des 
femelles 23— 25 pouces, enverjure 4 pieds 8' et au delà. La fe- 
melle de l'Aigle criard couve ses œufs avec tant de ténacité 
qu'elle se laisse prendre à la main plutôt que de les quitter; on 
m'en a apporté à plusieurs reprises de vivantes , avec leur nid , 
capturées de cette façon. Les naturalistes suédois ne font pas 
mention de cet Aigle dans leur faune, de même que du F.hra- 
chydactylus . Tous les deux semblent être plus communs à l'o- 
rient qu'à l'occident de l'Europe. C'est Daudin qui, le premier, a 
reconnu le F. nœvius pour la femelle du F. maculatus. 

4. Aquila pennata. IS'ayant aucune donnée certaine de l'ap- 
parition de cet Aigle dans nos provinces, ce n"est qu'en doutant 
tjue je suppose qu'on l'ait aperçu en Ukraine et en Podolie. 

5. Aquila hrachydactyla. Quant à l'Aigle Jean le blanc, il a 
été bien gratuitement séparé de ses congénères , dont il est 
beaucoup plus proche que des Autours et des Busards. Un 
bec un peu plus court et des tarses plus allongés lui ont 
valu le nom générique de Circaëtos; mais il est Aigle par la 
coupe des ailes, par le vol et par les mœurs; comme lui, il 
plane dans les airs à une grande hauteur, en jetant de temps en 
temps un cri ou plutôt un sifflement aigu; comme lui , il con- 
struit son aire sur les arbt-es de haute futaie , jamais à terre ; il 
ne chasse pas aux petits animaux : les Coqs de bruyère, les Per- 
drix, les Lièvres et la volaille des basses-cours sont sa proie favo- 
rite. Si parfois on a trouvé des reptiles dans son estomac , ce 
n'est sans doule que dans des cas de disette ; je n'ai jamais été à 
même de constater ce fait, auquel il doit pourtant son nom alle- 
mand ôeNattem-adler. Sur plusieurs individus vivants ou ré- 
cemment tués, j'ai observé que la couleur des pieds , chez les 
adultes , était toujours d'.un jaune blanchâtre et d'une teinte 



TRAVAUX INKDITS. 323 

^vide chez les jeunes; or le Rapace décrit par Pallas, Accijyiler 
hypoleucos, n'en différerait alors que par les appendices pen- 
nicilliformesqui terminent les plumes cervicales, et que le doc- 
teur Schleget suppose avec raison être les restes du duvet qui 
n'est usé quHmparfailement.Je serais même convaincu de l'iden- 
tité de ces deux espèces, si un observateur tel que Pallas n'eût 
passé sous silence les orbites duveteuxet les doigts courts qui 
caractérisent si bien le Jean le blanc. 

6, Aquila ossifraga. Je n'ose pas nier positivement l'existence 
de l'Orfraie, dont je crois avoir possédé deux individus vivants 
qui n'ont vécu que trois ans en captivité ; ils différaient alors 
des jeunes Albicilla du même âge , par une taille plus forte et 
plus épaisse , par des yeux plus grands et plus ouverts; leurs 
pennes alaires du second ordre étaient noirâtres, tachées et sau- 
poudrées de blanc, beaucoup plus de blanc sur le dos et le 
croupion; les ailes de 2 pouces 1/2 plus longues. JN'ayant jamais 
vu d'adulte, je ne saurais l'avouer pour espèce distincte. 

7. Aquila albicilla. On trouve cet Aigle dans toutes nos 
forêts, dans le voisinage des grands lacs et des rivières. Les 
vieux sont stationnaires , les jeunes émigrent. Sur une grande- 
quantité de ces Aigles pêcheurs tués en hiver , je n'en ai pas 
obtenu un seul en livrée du jeune âge; les moins avancés me 
paraissaient âgés de 8 à 10 ans au plus. La remarque de Pallas, 
Zoogr., tom. I^ page 346, que l' Or/rcwe est très-rare dans les 
localités où abonde le Pygargue en hiver, viendrait à l'appui 
de mon observation, s'il était difinitivement prouvé que les deux 
espèces n'en font qu'une. 

Voici les transitions consécutives de livrée jusqu'à l'âge 
adulte , observées sur une femelle Pygargue , que j'ai gardée 
durant 24 ans en captivité. 

Première année. Tout le ptilose noir vers la moitié termi- 
nale des plumes , blanc près du corps ; les plumes dorsales, les 
scapulaires et les couvertures alaires terminées de brun foncé ; 
bec et cire d'un noir bleuâtre ; queue noire, saupoudrée de 
blanc sur les barbes intérieures des rectrices. 

Deuxième année. Ptilose brun roussâtre , les bouts de toutes 
les plumes noirs. 

Troisième année. Du blanc par taches sur les pennes de la 
-queue. 



326 REVUE ZOOLOGIQUE. {Septembre 1846.) 

Quatrième année. Tête et eou gris brun uniforme, beauconp 
de blanc parmi les plumes du dos et des parties inférieures; 
Ja cire du bec devient jaunâtre; llris , de noir qu'il était, 
passe au brun ; les deux rectrices médianes blanches avec les 
bouts noirs. 

Cinquième année. Le bec jaunit. 

Sixième année. Le bec totalement jaune , tout le ptilose brun , 
sans taches, plus foncé sur les parties inférieures, beaucoup de 
blanc sur la queue. 

Septième année. Les plumes de la tête et du cou prennent 
une teinte plus pâle , iris couleur noisette, queue blanche, avec 
un peu de brun sur les rectrices externes. 

Huitième année. Aucun changement. 

Neuvième année. Toutes les rectrices blanc pur, une partie 
des couvertures caudales blanches avec les bouts noirs. 

Dixième année. Les couvertures supérieures de la queue en- 
tièrement blanches , excepté celles du milieu à pointes brunes.. 
Depuis cette époque jusqu'à lage de 23 ans, les nuances ont été 
presque imperceptibles, mais vers la fin le ptilose devint gris 
brun uniforme , beaucoup plus clair sur la tête , et comme 
marbré sur les ailes ; la queue et ses couvertures d'un blanc 
parfait, iris brun jaunâtre , toujours d'un beau jaune chez les 
adultes en liberté. 

Je ferai observer que les oiseaux captifs semblent éprouver les 
changements de livrée à des termes plus reculés que ceux qui 
jouissent de leur liberté; car leur plumage n'étant point exposé 
à l'action de l'air et de la lumière et n'éprouvant point le frot- 
tement continuel occasionné par le mouvement du vol , est par 
conséquent moins usé , plus rembruni et plus égal dans le* 
teintes générales. La lumière agirait-elle aussi sur la coloration 
de l'iris ? 

Je ne fais poin t mention du F.Halia'étos que l'on rencontre très^ 
souvent partout où les lacs et les étangs poissonneux abondent, 
moins encore des autres espèces d'Aigles qui ont été aperçues sur 
Tes confins de l'Europe, tels que le F, vocifer, F. leucocephalu9 
et l'Aigle décrit par Pallas, Jq. leucorypha. 



TRAVAUX INÉDITS. 327 

€0URS D'ftlSTOlRE NATURELLE DES COKFS ORGANISÉS, profcssé aU 

collège de France , par M. Duvernoy. (Suite. — Voir p. 81 , 
113, 213 et 244.) 

V. La classe des Cirrhopodes a, par l'existence d'un manteau 
et d'une sorte de coquille, beaucoup de rapports avec les Mol- 
lusques acéphales ; cette analogie se remarque plus particulière- 
ment dans la famille des Anatifes^ dont la coquille, très-diffé- 
rente de celle des Balanes^ ressemble davantage à celle des 
Mollusques que nous venons de nommer. 

Cependant le système nerveux des Cirrhopodes est celui de 
tout animal articulé. C'est cette circonstance, et celle des pre- 
mières formes que prennent ces animaux avant leur dernière 
métamorphose, qui a pu justifier leur place nouvelle parmi les 
animaux articulés, malgré les motifs qui avaientdécidcM. Cuvier 
en faveur de leur classement dans le type des Mollusques, 

Cette classe est un nouvel exemple de la nécessité d'étudier 
les animaux à toutes les époques de leur vie, pour bien connaître 
leurs véritables rapports naturels ; rapports que le système ner- 
veux indiquait encore , mais que d'autres caractères , tels que 
l'existence du manteau et de la coquille et l'absence d'une tête 
distincte, pouvaient faire méconnaître. 

Il faut d'ailleurs reconnaître que les Cirrhopodes forment une 
transition du type des Mollusques à celui des Articulés^ et que 
leur organisation définie, suite de leur dernière métamorphose, 
indique une dégradation plutôt qu'une perfection. Cette dégra- 
dation se manifeste, entre autres circonstances, par la perte de 
la locomotilité. 

On peut déduire de l'étude de ces singuliers êtres , aux diffé- 
rentes époques de leur vie, plusieurs propositions importantes : 

I® Celle que les animaux ne se perfectionnent pas toujours 
dans leurs métamorphoses successives , mais qu'ils perdent quel- 
quefois les caractères organiques et les facultés qui distinguent 
un des degrés supérieurs de l'animalité; leurs métamorphoses, 
en un mot, sont rétrogrades au lieu d'être progressives ; 

2° Celle, en second lieu , que les caractères les plus absolus 
d'un type , à une époque de la vie , peuvent être mélangés, à 
l'époque suivante, avec ceux d'un type inférieur au premier; 

3** Celle enfin que les téguments et leurs dépendances sont 



3-28 REVDK zooLOGiyoE. {Septembre iSl6,) 

les parties les plus susceptibles de différences remaiquabfe». 

Quoique certains Entomostracës (les Daphnies) montrent déjà 
une apparence de coquille, celle ôes u4 nalifes en a bien plus le» 
caractères, etle pédicule auquel elle tient présente la plusgrande 
analogie avec celui des Lingules. 

Cependant cette coquille à valves multiples, dont le nombre 
peut d'ailleurs varier beaucoup, n'existe pas dans tous les genres. 
Par une singulière anomalie, elle est remplacée dans le genre 
Olion par une enveloppe coriace. 

Les Balanes , dont l'animal ressemble pour les traits princi- 
paux à celui de&^natifes, s'éloignent encore plus par leur co- 
quille (ou leur test?) de celle de ces derniers animaux, que la 
coquille bivalve de la Moule comestible ne diffère de la coquille 
contournée en spirale du Colimaçon. 

Ces deux familles devraient former deux ordres distincts dan» 
la classe des Cirrhopodes ou des Cirripèdes. 

Le premier serait l'ordre des Cirrhopodes cauligèreSr dont la 
coquille est raiiltivaWe, pédiculée, et dont l'ovaire est dans le 
pédicule. L'ordre second se composerait des Cirrhopodes oper- 
culés dont la coquille (ou le test?) est uni valve avec un opercule 
mobile. 

\l. La classe âesAnnélides comprend des animaux articulés^ 
ou mieux annelés , ayant avec plusieurs Helminthes quelque» 
ressemblances de forme, qui avaient déterminé Linné à réunir 
les uns et les autres dans une section de sa classe des Vers. 

Des Naturalistes d'une grande autorité sont revenus, jusqu'à un 
certain point, à cette manière de voir ôe Linné , et semblent 
avoir abandonné, en cela, le progrès que Cuvieret Lamarck, à 
son imitation, avaient fait faire à la science, en séparant le» 
Annélides des Helminthes, pour en faire deux classes différentes, 
M. Cuvier, après avoir distingué , dès 1802, les f^ers à sang 
rouge des autres vers de Linné, et plus particulièrement des 
Intestinaux, distribuait ces deux classes, en 1 812, dans ses deux 
types des Articulés et des Zoophytes. 

La dénomination d'Annélides donnée par Lamarck aux Ver» 
à sang rouge de ^Mvier, dénomination que ce dernier s'empressa 
d'adopter, fut un simple changement dans la nomenclature de 
la classe, qui a été justifié, dans ces dernières années, par la dé- 
couverte d'Annélides à sang vert, et par l'obsef vairon que, cheir 



TR4VACX nÉUlTS. 329 

quelques antres, le sang perd toute coloration ou à peu près, et 
devient blanc ou jaunâtre. 

La disposition générale du système nerveux des Ânnélides est 
celle de tout animal articulé. Plusieurs circonstances importante» 
et caractéristiques sont à observer dans cette disposition ; 

1» La situation des deux ganglions cérébraux au-dessus de 
l'œsophage formant, autour de ce canal, un collier complet avec 
les filets de commissure qui descendent de chaque côté à la 
rencontre de la première paire de ganglions de la série abdo- 
minale ; 

2* Le rapprochement sur la ligne médiane abdominale du 
double cordon principal des nerfs et de la double série de gan- 
glions qu'il réunit. Ce rapprochement, cette concentration du 
système nerveux a toujours été considérée comme une perfection 
organique, produisant une concentration correspondante dans 
la puissance nerveuse. 

Ces considérations ont donné lieu au professeur de faire plu- 
sieurs observations importantes sur l'organisation du système 
nerveux en général et sur les proportions de ses différentes 
parties ; observations qui ont sans doute leur application princi- 
pale à l'histoire naturelle physiologique, mais dont l'utilité pour 
l'histoire naturelle classique ne peut être mise en doute. 

1" La première est relative à la composition des nerfs. 

Dès le commencement de ce siècle, Jieil y reconnaissait deux 
parties essentielles, le névrilème qui en forme l'enveloppe, et la 
partie médullaire qui paraît en être la partie active. On sait que 
Bogros^ ayant réussi par des injections au mercure à chasser 
cette dernière partie, en avait conclu, bien à tort, que les nerfs 
sont des canaux vides. 

M. Duvernoy croit pouvoir établir, par des observations mul- 
tipliées sur les animaux sans vertèbres de toutes les classes, que 
la partie médullaire devient de plus en plus fluide, à mesure que 
l'on descend aux classes inférieures. Voilà pourquoi leurs nerfs 
dans plusieurs cas, ont été pris pour des vaisseaux. 

On concevra, d'après cette idée de leur structure comparée, 
que leurs filets élémentaires pourraient s'anastomoser comme 
des vaisseaux, quoique la plupart des micrographes prétendent 
le contraire, et que, dans ce cas, la partie active des uns, com- 
muniquerait avec la partie active des autres. 



330 REVUE ZOOLOGIQUE. {Septembre 1846.) 

3° La seconde observation concerne la grosseur proportionnelle, 
toujours très-considérable, des nerfs qui vont aux organes du 
mouvement, comparée au petit diamètre de ceux qui se rendent 
aux organes d'alimentation, de sécrétion et de génération. 

Cette grosseur relative des nerfs moteurs , ou excito-moteurs, 
montre combien les animaux dépensent de puissance nerveuse 
pour leurs actions. 

Les ganglions plus volumineux qu'ils traversent, et dans les- 
quels plusieurs filets élémentaires pourraient bien prendre leur 
origine, suivant de récentes observations, confirment cette vue 
physiologique. 

Si l'on ajoute à cette considération celle de la grande propor- 
tion des nerfs des sens spéciaux , surtout de celui de la vue , 
dans certaines classes, on en conclura que Tinfluence nerveuse 
est dans une grande proportion , pour l'exercice de la vie ani- 
male. 

Ces réflexions pourront servir à démontrer , avec plusieurs 
autres preuves , la prééminence du système nerveux et des ca- 
ractères qu'il présente dans sa disposition générale, pour établir 
une classification naturelle. 

Après cette digression, le professeur a repris ses considé- 
rations historiques et critiques sur la classe des Annélides. 

Il nous reste encore , a-t-il dit, à discuter si ^ comme nous 
l'avons proposé (voir p. 214) , cette classe doit rester isolée dans 
le type des Articulés? Ou si l'on doit en faire un sous-embran- 
chement du type des Annelés, sous le nom de Fers, en y compre- 
nant la nouvelle classe des Turbellariés , démembrée des Hel- 
minthes , et le reste de ceux-ci, de manière à embarrasser ce 
Type des Articulés? Ce type , si bien défini par Cuvier, ne serait 
plus, après cette réunion d'animaux singulièrement dégradés 
dans la plupart des systèmes de leur organisation, qu'un groupe 
indéfinissable. Les Helminthes, dans l'acception que nous don- 
nons à ce mot , ont un système nerveux de rayonné, soit com- 
plètement {\es Ifelminthophytes , v. p. 216), soit en segment 
(les Cavitaires et les Parenchymateux) (1). 



(1) M. Duvernoy n'a pas changé cette dénomination de Cnvier , quoique M. de Quatre- 
tAges au reconnu dans les Planaires une cavité riscèrale (Annales des sciences natu- 
relles, n» de septembre 1843, p. 183.) 



TRAVAUX INÉDITS. 331 

Le système nerveux des Planariés et des Némertes, que 
M. de Quatrefages a fait connaître (1 ), est analogue à celui des 
Douves et des Livgualules, 

11 diffère essentiellement de celui des animaux articulés, par 
Tabsence du double cordon principal et de la double série de 
ganglions de la ligne médiane abdominale. II n'est plus centra- 
lisé que dans le collier œsophagien, le plus souvent incomplet 
et composé de deux ganglions avec une seule commissure. 

Si vous joignez à ces grandes différences entre la disposition 
du système nerveux des Annélides et celui des Helminthes , la 
considération de la forme , qui est annelée chez les premiers, et 
cependant symétrique; qui manque souvent de symétrie, ou 
qui n'est point annelée chez les Helminthes , ou qui présente 
chez ceux qui sont articulés, une multiplication plutôt qu'une 
complication organique ; vous serez convaincu avec moi , a dit 
M. D. , des rapports naturels qui unissent, d'un côté, les jénné- 
lides au Type des Animaux articulés^ et de l'autre les /Te/- 
mm^Aes, y compris les Némertes et les Planaires, avec l'embran- 
chement inférieur des Zoophytes. 

Il est remarquable que les anatomisles qui ont approfondi, 
dans ces derniers temps, l'organisation de ces deux dernières 
familles, encore si peu connues de Cuvier , conviennent, en ce 
moment, qu'ils doivent être rapprochés des Trémadotes, ainsi 
que l'avait fait, avec quelques données, le génie de Cuvier, 

Les Annélides, nous le répétons avec empressement , forment 
la liaison , par les Helminthes, entre le type des Articulés et 
celui des Zoophytes. 

Cette liaison est surtout établie depuis la description du 
système nerveux du genre Malacobdelle , que M. de Blainville 
avait nommé et classé dans la famille des Flirudinées ; tandis 
que M. Cuvier présumait qu'il devait être réuni à la famille des 
Planaires. 

Ce système (2) se composerait de deux ganglions cérébroïdes 
très-écartés et communiquant par un seul filet de commissure, 
situé au-dessus de l'œsophage. Il en naît, entre autres, deux 

(1) Voir les 12< et 14« livraisons des Zoophytes dans l'édition illustrée du Règne animtl 
de Cuvier et le n'^ des Annales déjà cité. 

(î) Voir le n" de décembre 1845 des Anualcs de$ science» naturelles, p 364 9t PI. XVIII. 
ou le trouve le mémoire de M. Blanchard a ce sujet. 



332 REVDË zoOLOGiQUB. (Septembre 1846.) 

longs cordons qui suivent les deux côtés de l'animal et sont séjia- 
l'es de presque toute sa largeur. (]e.s cordons ont de petits gan- 
glions par intervalles, plus rapprochés près de la ventouse qui est 
à l'extrémité postérieure; il sort de chacun de ces ganglions de 
très-petits filets, qui vont se perdre dans le tissu cellulo-mus- 
culeux qui se remarque sur les côtés des téguments de cet 
animal parasite des Bivalves. 

On voit encore ici la nécessité d'animer une masse muscu- 
leuse par un appareil nerveux développé en proportion de 
cette masse. 

Nul doute que ce système nerveux , à cordons écartés , sans 
collier complet , n'oblige de rapprocher le genre Malacobdelle 
des Douves, des Planaires^ etc. ; mais nul doute aussi que la 
série des ganglions observés dans chaque cordon ne montre , 
plus évidemment que dans tout autre Helminthe^ la transition 
entre cette classe et celle des Annélides. 

C'est un nouvel exemple, il faut le reconnaître, que nos 
classifications , que les limites précises que nous donnons aux 
groupes qui les composent , ne sont pas aussi absolues , aussi 
rationnelles que nous nous flattions de les avoir trouvées^ 

Toutes les combinaisons organiques possibles, c'est-à-dire 
compatibles avec la vie, semblent avoir été réalisées par le 
Créateur ; et , dans ces combinaisons possibles , il y en a qui 
servent d'intermédiaires, que nous pourrions appeler combi- 
naisons de transition , entre des groupes plus tranchés, qui ont 
frappé au premier coup d'œil les naturalistes classificateurs, et 
dont ils se sont peut-être trop empressés de poser des limites 
comme absolues. 

Les trois ordres de la classe des Annélides , tels que Cuvier 
les a établis dans son Règne animal , peuvent être conservés , 
avec quelques changements cependant , dans les Familles et les 
Genres , dus aux progrès que MM. Audouin et Milne-Edwards , 
Grube, de Quatrefages, Dujardin et plusieurs autres savants ont 
fait faire à cette partie de la zoologie classique. 

M. Duvernoya rappelé, à cette occasion, qu'il avait proposé dès 
1838 (0 de diviser la famille des Ifirudinées en deux sections , 
ayant des mœurs trè^ -différentes : les Hirudinées suceuses ou 

(1) Leçons d'anal, comp., t V, p. 335 à 342 ; Paris 1837, 



ANALYSES d'odvragks nodvkaux. 333 

tvs Sangsues propres , et les I/irudinées voraces , qui se nour- 
rissent de Vers, etc. 

Les Huridinées de la première section ont un énorme esto- 
mac, avec plusieurs appendices considérables et un intestin de 
très-petite capacité. 

Les Hirudinées delà seconde section ont un canal alimentaire 
qui va directement et sans détour de la bouche à l'anus , sans 
varier beaucoup dans son diamètre. 

On en distingue cependant les difTérentes parties , analogues 
à celles des animaux supérieurs , par les mêmes diflerences de 
structure qui ont été décrites chez ces derniers : ce sont l'œso- 
phage et le rectum , tubes de transmission des matières alimen- 
taires ( l'œsophage) et des fèces (le rectum); Testomac , pre- 
mière poche digestive ; le duodénum, avec les valvules conni- 
ventes , seconde poche digestive; l'intestin grêle. 

S'il y a encore des appendices à l'estomac dans quelques cas 
de ce second type, leur peu de capacité montre que ce ne sont 
plus que des organes de sécrétion des sucs digestifs. 

Ces considérations feront de nouveau comprendre, au besoin, 
que les caractères extérieurs ne suffisent pas pour saisir les rap- 
ports naturels des animaux. Ici l'on serait réduit au diamètre 
de l'orifice anal, à peine visible dans les Hirudinées suceuses, 
très-apparent dans les Hirudinées voraces, dont les aliments 
laissent des résidus plus abondants (1). 



II. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 

Note sur le Phrynosoma Harlani , Wiegm., par le docteur 
Patrick NElLL(Ann. ant. mag. of. nat. hist. fév. 1846). 

Le docteur Neill a conservé un bel individu vivant de ce sin- 
gulier reptile dans sa serre chaude pendant quatre mois. Il 
mangeait des mouches quand on pouvait lui en procurer de 
vivantes ; mais il paraissait rusé et défiant, car si l'on mettait à 
sa portée une mouche mutilée , elle disparaissait avant cinq 



(1) Voir encore , poar l'histoire de ce type des Articulés et le» dUTérentes acceptions que 
les natarallstes classincateurs ont données à ces mois à' Animaux articulés, le Diction- 
naire universel d'hitloire naturelle, par M. ChHrles d'Orbigny , t. Il , p. 1*2. 



334 RivnE zoo[()(.iguK. [Septembre 18iG.) 

minutes, quoiqu'on ne le vît jamais s'en emparer et la manger, 
quelque soin que l'on mît à l'épier. Il grimpait sur les parois 
verticales et polies de la boîte dans laquelle on le tenait , et 
pouvait adhérer au mur. Il peut sauter un peu comme le cra- 
paud , mais lourdement et à une distance à peine deux fois de 
la largeur de son corps. 



Catalogo metodico dei Pesci Europei , di Carlo L. Principe. 
Bonaparte. — iNapoli, 1846. — in-4°. 

Ce nouveau travail du savant zoologiste a qui la science doit 
tant d'excellents ouvrages, est en tous points digne de son au- 
teur. C'est un ouvrage de longue haleine , fruit d'études sérieu- 
ses et résumant des recherches immenses. 

Dans une première partie intitulée specchio générale del 
systema ittiologico , et comprenant seulement 9 pages , le 
savant Prince présente un tableau complet de sa classification 
générale des poissons. Il les divise en 5 sous-classes, 9 sections 
comprenant 20 ordres, 80 familles et 1 64 sous-familles , 60 de 
ces familles et 114 sous-familles appartiennent à l'Europe. 

Dans la seconde partie , intitulée Index Europœorum pis- 
ciiiMy toutes ces divisions sont reproduites, et l'on trouve l'in- 
dication des genres et des espèces avec leur synonymie. C'est 
surtout en étudiant cette synonymie que l'on reconnaît toute 
l'étendue et toute la difficulté du pénible travail auquel le Prince 
s'est livré avec un zèle et un talent remarquables : aussi celte 
seconde partie occupe-t-elle 87 pages. 

Il résulte de cet utile travail, que l'on connaît actuellement en 
Europe 853 espèces de poissons, réparties dans 276 genres. Plu- 
sieurs de ces genres et quelques sous-familles ont été créés par 
M. le Prince Bonaparte. Voici du reste le tableau sommaire que 
l'on trouve à la fin de ce Catalogue. 

Piscium Europœorum gênera , , 876 

Italica * 327. — Britannica 130. — .Scandinavica 120. 
Italica nec Britannica 124. — Briiannica nec Italica !7 
Italica simul et Britan. 108. — Britan. simal et Ital. 10? 
"227' 130 ' 

Piscium Europseornm species (dubiae? quoad patriam Tel speciem 60) 8S9 

Aquœ dulces (excl. fluviat. et lacustres. > îlO 

Marinx (ex quibus (luniina adsrendunt) 643 

83a 



ANALYSES D OUVRAGES NOUVEAUX. 335 

Mediterranel 388 

Mediterranei simul et Oceani (118) 118 

Oceanl(860) Ut 

Pisces EuroptBi geographlce distincti. 
IlalicI (aqun dulcis 68) 809. — Britannici (aquae dulcis U). — t80 

Scandinavici (aqiiae dulcis 50) SSO. 
Italici nec Britannici 409 — Britannici iiec Italici — 160 

Italicl simul et Britannici 100 — Britannici flmnl et Italici — lOO 



Comme on le voit par ce résumé , le catalogue du Prince 
Bonaparte sera très-utile aux naturalistes et devra figurer dans 
la bibliothèque de tous ceux qui tiennent à être au courant de 
la science. (G. M.) 



Thoracoceras (antea Melia) genre de la famille des Orthocera- 
tites,parM. G. Fischer de Waldheim (in-S» extr. du Bull, 
soc. imp. desnat. de Moscou , T. XVII, 184^). 

Après avoir présenté une histoire complète du genre Thora- 
coceras et avoir bien exposé ses caractères , M. Fischer passe 
en revue les douze espèces qu'il connaît de ce genre et en donne 
de bonnes descriptions suivies de leur synonymie. Nous 
ne le suivrons pas dans ce travail , auquel nous renvoyons nos 
lecteurs, mais nous allons donner les diagnoses des espèces nou- 
velles. 

\. Thoracoceras vestitum. — T. Vagina profunde longitudi- 
naliter sulcata ; testa cylindrioo-conica subsulcata, versus api- 
cem articulata , articulis distantibus ; siphone tenui late- 
rali. — Hab. le calcaire carbonifère de Rarowa , gouv. de 
Kalouga. 

4. Th. affine. — T. Yagina tenui simplici ; testa cylindrica, 
articulata, articulis obliquis, prope siphonem oblique truncatis ; 
siphone cylindrico , marginali , laminis transversis a lanimis 
rectis receptis. — H. les sables de la Moskwa. 

6. Th. acuminatum. — T. Vagina tenuissima; testa cylin- 
drico-conica , acuminata , apice subdepressa , inaequaliter arti- 
culata , articulis basi latioribus , apice angustioribus , utrinque 
valde restrictis , medio intumidis , distantibus ; siphone mar- 



33G iiF.vDK zooLOGiQDK. {Septembre 1846.) 

i^inali, cylindrico. — H. le cale, carbonifère de Serpoukhof ^ 
gouv. de Moscou. 

8. Th. attenuatum. — T. Vagina simpHci , testa cylindrico- 
oonica , lente decrescenti, elongata , articulata , articulis nu- 
merosis, angustis, distantibus, externe longitudinaliter sulcatis : 
siphone marginal! simplici , apice denudato. — H. Rarowa. 

Toutes ces descriptions sont suivies de développements très- 
savants et qui montrent combien M. Fischer de Waldheim est au 
courant de la science. Deux planches très-bien lithographiées 
offrent de bonnes figures des Thoracoceras vestitum , affine^ 
attenuatum, distans et maryinatum. (G. M.) 



Prémices entomologiques , par J. Putzeis , membre de la société 
entomologique de Stettin, in 8°, Liège , mai 1845 (extr. des 
mém. de la soc. roy. des sciences de Liège, t. 2, p. 353-416). 

Sous ce titre modeste, le mémoire que nous annonçons révèle 
un entomologiste instruit et plein de zèle, qui ne peut que faire 
honneur à cette branche si difficile de la zoologie. 

Le fascicule que nous avons sous les yeux est divisé en deux 
parties. La première est intitulée : Note monographique sur le 
genre Pasimachus et sur un nouveau genre voisin ; et la se- 
conde a pour titre : Description de 62 espèces nouvelles de 
Coléoptères appartenant aux familles des Cicindélètes et des 
Carabiques , avec l'indication des caractères de cinq genres 
nouveaux. 

Dans son travail monographique sur le genre Pasimachus, 
M. Putzeis a donné une histoire du genre très-bien établie et par 
ordre chronologique. Il apprécie d une manière nette la valeur 
des caractères de ce genre; il montre en quoi il se distingue des 
autres groupes voisins et surtout des Scarites, et il arrive à l'éta- 
blissement d'un genre nouveau, démembré des Pasimachus, et 
auquel il donne le nom de Molobrus, nom déjà employé par 
Latreille pour désigner un genre de Diptères. 

Dans les Pasimachus, M. Putzeis admet cinq espèces qui sont 
les P. depressus F., suhsulcatus Say, meœicanus Gray, margi- 
natûs F. sublœvis Pal. Bauv. (plus deux espèces Pa5. obtusus et 



APfALYSKS d'ouvrages NODVEAnX. 337 

virens^ mentionnées dans le catalogue de Sturm et provenantde 
rAinérique boréale et du Mexique.) 

Dans le genre Molobrus , M. Putzeis place trois espȏces, les 
M. purpuralus, splendidus et rotundipennisy ce dernier publié 
par M. Chevrolat, dans ses coléoptères du Mexique, sous le nom 
de Pasymachus rotundipennis. 

La description de 62 espèces de Garabiques vient ensuite. Il y 
a 5 Cicindéla, 2 Casnonia^ 1 Agra^ 3 Calleida, 1 cylindrono- 
TUM, l Miscelus, 2Dromms, 1 Cryptobatis, 2 Lia, 22 Lebia, 
2 Coptodera, 1 Helluo, 2 Brachinus, 1 (}eta, 1 Calosoma, 
1 Panagœus, 1 Coptia, 1 Euchroa, 1 Marsyas, 1 Sieropus, 
1 CoRAx, 1 Amblygnathus , 1 Lachnophorus , 2 Trechus et 
4 Bembidium. Les genres Cylindronotum , Geta, Marsyas et 
Corax, sont établis par M. Putteis et très-bien caractérisés; les 
espèces sont décrites avec grand soin, par une phrase diagnostique 
suivie de détails suffisants. Nous avons remarqué avec plaisir que 
M. Putzeis a suivi la marche que nous avons introduite dans 
notre species des articulés, en indiquant toujours le nombre 
d'individus qu'il a vus dans chaque espèce. C'est une habitude 
que devraient prendre tous les entomologistes sérieux, car ori. 
sait que l'établissement d'une espèce est bien lïiieux assuré quand 
son auteur a pu en voir un grand nombre d'exemplaires. Il con- 
naît mieux ses tendances à varier ou son invariabilité, les limites 
de sa taille, etc., tandis que lorsqu'on a eu un seul individu, oii 
court le risque de décrire une variété, une exception. 

Le mémoire de M Putzeis est un bon début, il promet à l'en- 
tomologie un travailleur consciencieux et utile à ses progrès. 

G. M. 



Broscosoma Carabidum genus novum Descr. atque fig. illustr. 
J. Putzeis. Bruxelles, octobre 1846, in-8°. 

vSous le nom de Broscosoma Baldense ,V&\XtevLr décrit un genre 
de Carabique, voisin des Cascelius et des Miscodera. Il diffère 
du premier de ces genres par sa languette avancée au milieu et 
par son labre moins profondément échancré, et du second par 
des antennes plus courtes, par les articles des tarses antérieurs 
du mâle brièvement en cœur, par sa tête bien plus étroite en 
Tome IX. Année 1846. 22 



"338 HEvuB zoOLOGiQUE. (Septembre 18i6.) 

dessus et aussi par le manque d'ailes. M. le professeur Lœw a 
trouvé cette espèce intéressante dans les montagnes du Tyrol. 

(Che\r.) 



SuRle»habitudesdes Paussides, par le capitaine W.-J.-E. Boyes. 
(Ann, andMag. of nat. hist., février 1846, vol. XVII.) 

Les observations de M. le capitaine Boyes viennent à l'appui de 
l'opinion professée par M. Burmeister, dans un mémoire qu'il a 
publié dans notre Magasin de zoologie, en établissant que ces 
insectes curieux sont pentamères et doivent être rangés dans la 
famille des carabiques. M. Boyes fait remarquer, en outre, que 
la faculté de crépiter, qu'ils partagent avec plusieurs carabiques, 
motive encore leur classement dans ce groupe naturel. 

M. Boyes a remarqué que les Paussides ont un vol facile et que 
leurs ailes sont grandes relativement à leur taille. Lorsqu'ils se 
posent leurs élytres se referment avec une telle spontanéité qu'il 
semble que l'animal n'a fait que tomber. Leur marche , au con- 
traire, est lente ; ils dirigent alors leurs singulières antennes en 
avant en les agitant quelquefois d'un mouvement vibratoire ver- 
tical. La liqueur qu'ils répandent en crépitant comme ]es Bra- 
chines , est très-acre et d'une odeur forte. Le Paussus Fichteli^ 
dit M. Boyes, laissa sur mes doigts une tache foncée ayant l'odeur 
de l'acide nitrique. J'ai répété l'expérience plusieurs fois dans la 
journée, et toujours quand je pressais l'insecte, il faisait en- 
tendre une détonnation , et une vapeur chaude , accompagnée 
du même liquide corrosif, s'échappait de son abdomen. Alors je 
tuai l'insecte en le mettant dans l'eau bouillante, je vis son ab- 
domen se gonfler comme une vessie , comme cela a lieu pour 
tous lesBrachines et genres voisins quand on les traite de même. 

M. Boyes dit que plusieurs espèces de Paussides sont pour- 
vues, à l'extrémité postérieure des élytres , vers leur bord exté- 
rieur, d'un petit follicule papillaire abritant un appendice allongé 
de la même consistance , qui est attaché au bord supérieur et 
externe de l'abdomen, qu'on peut soulever et étendre avec la 
pointe d'une épingle , mais qui se contracte rapidement ensuite. 
En observant ces appendices à l'aide de la loupe, on voit qu'ils 
émettent un liquide laiteux, jaunâtre, à odeur acide, qui couvre 



ANALYSES D OUVRAGKS NODVKAUX. 330 

Wienlôt toute la partie inférieure des élytres et prend une appa- 
rence granulée. 

Ces nouvelles observations, faites sur la nature vivante par 
un voyageur instruit , confirment celles que M. Verraux a faites 
sur les espèces qu'il a découvertes au cap de Bonne-Espérance. 

( G. M. ). 



Notice sur le Crypiorhynchus Lapathi et ses ravages dans leà 
bois d'Aulnes, par le profes^ur Schwagrich (Arch. d'Erich- 
son, 1845). 

En Allemagne on n'avait remarqué que raremehit, sur les 
Aulnes, \^ Sesia sphégiformis , et elle faisait très-peu de mal 
à ces arbres; mais en 1843 et 1844, M. Cotta signala une 
larve, longue de 3/4 de pouce, qui paraissait produire un cô- 
liéoptère à trompe et attaquait les Aulnes. En 1844, M. Schwag- 
rich a pu observer cette larve en Saxe , et il a constaté qu'elle 
dévaste les jeunes Aulnes dont la tige a 3 ou 4 ponces. C'est au 
pied de l'arbre , à sa sortie de terre, que les larves commencent 
à le percer, d'abord horizontalement dans l'écorce, puis obli- 
quement dans l'aubier, et enfin verticalement darts le bois. Les 
Jeunes arbres ainsi attaqués meurent ou sont brisés par le vent, 
à l'endroit ainsi miné. Ces larves sont blanches avec la téta 
brune et l'on en trouve de dix à vingt dans le centre d'une 
même tige. Quatorze jours suffirent à la métamorphose d'une de 
ces larves qui, lorsqu'elle approche de ce moment, se retourne 
dans sa galerie, de manière à ce que sa tète soit tournée vers 
l'ouverture. L'insecte parfait reste dans sa galerie si on ne l'in- 
quiète pas. M. Schwagrich ne sait pas s'il passe l'hiver ainsi , 
conmie le font beaucoup de Lépidoptères, d'Hémérobes, etc. 

L'observation de M. Schwagrich est intéressante et complète 
ce que M. Ratzeburg a dit de ce Curculio lapathi dans le pre- 
mier volume de son bel ouvrage sur les insectes nuisibles aux 
forets. G. M. 



3'40 REVUE zooLOGiQDE. {Septembre 1846.) 

SiiR la vapeur aqueuse qui s'échappe des ruches d'Abeilles ; par 
M. Newport. 

Dans une communication faite le 3 mars 1846, à la société 
Linnéenne de Londres, M. Newport s'est occupé d'un point de 
l'histoire des Abeilles, qui paraît avoir été négligé par les natu- 
ralistes. Il a voulu apprécier la quantité de vapeur chassée d'une 
ruche par les Abeilles pendant leur action ventilatoire, et con- 
naître l'origine du dépôt de matière noirâtre qu'on observe sur 
le piédestal des ruches. Il avait d'abord cru que cette matière 
n'était que du pollen que les Abeilles laissaient échapper en se 
posant, ou quelque autre substance rejetée par elles, mais l'ob- 
servation lui a démontré que cette opinion était erronée. En 
l'absence de preuves directes , M. Newport émet l'hypothèse que 
cette matière est due à la même cause qui noircit les rayons de 
cire dans l'intérieur des ruches, et qur'elle est le résultat de la 
combinaison avec la cire , d'une partie de l'acide carbonique pro- 
duit par la respiration des Abeilles j, combinaison favorisée par 
la température très-élevée de la ruche. Il faudrait une analyse 
chimique pour s'assurer si la matière noire, à l'entrée des ru- 
ches , est due à la même cause , en comparant la quantité de car- 
bone contenue dans les anciens et les nouveaux rayons. L'auteur 
confirme par ses observations celles d'Hubert sur la ventilatioii 
que les Abeilles opèrent pour chasser l'air vicié de la ruche, en 
établissant une sorte de courant d'air. En recueillant à sa sortie 
l'air chassé de la ruche et en condensant sa vapeur , M. Newport 
a trouve un drachme et demi de liquide , au commencement de 
septembre , pendant onze heures de la nuit , quand la tempéra- 
ture était de 60° fahr.; la vapeur, mesuré à 4 pouces de distance 
de la sortie de la ruche, donnait 69° Fahr. Dans une autre occa- 
sion, l'air extérieur étant de 61°, la vapeur était à 72° 5, tandis 
que le thermomètre placé dans le sommet même de la ruche, ne 
s'éleva pas pendant plusieurs jours au-dessus de 69° Fahr. Le ré- 
sultat de ces observations semble montrer que la température de 
l'air chassé et la quantité de vapeur qu'il contient étaient en 
proportion de l'activité et de la quantité de respiration des 
Abeilles. 



ANALYSES d'oUVRAGBS NOUVEAUX. 3it/ 

Observations sur le genre de Polypiers Cœloplychium de 
Goldfuss , par M. G. Fischer de Waldheim (in-S" ext. du 
bullet. de la soc. imp. des natural.de Moscou, T. XVII, 
1844). 

Le travail du célèbre zoologiste Russe a pour but de fixer \ea „ 
localités de ce fossile , du moins dans la Russie ; d'ajouter quel- 
ques notions sur le genre lui-même et de déterminer quelques 
espèces nouvelles. 

Suivant les observations de M. Yazikoff , ces fossiles sont pro- 
pres au second étage de la formation crayeuse du gouverne- - 
ment de Simbirsk. Le type du genre Cœlopiychium est bien 
exprimé dans le G. lohatum de Goldfuss ; voici les espèces nou- 
velles ajoutées à ce genre par M. Fischer de Waldheim. 

1. C. Iruncatum. — C. pileo circulari, stipite incognito; 
lobis planis verruciferis truncatis ; poris alterius lateris , poly- 
piferis, rotundis. — Graie chloritée de Vazikovo, gouvernement 
de Simbirsk. 

2. C. Munsteri. — C. pileo rotundo, convexo intumido, sti- 
pite obtuso forti ; lobis elongatis , acuminatis ; poris polypiferis 
minimis. — Localité du précédent. 

3. C. Goldfussii, — C. pileo rotundo incrassato , lobis quasi 
duplicatis , superioribus rotundatis, incompletis (confusis) , 
inferioribus radiatis ; stipilis-vestigio ; poris polypifqris minimis, 
quibusdam majoribus seriatis. — Dans la marne crayeuse de 
Chilovka , gouvernement de Simbirsk. 

4. Yasikovii. — C. pileo subovato, piano, petiolato ; margine 
lobato, lobis oblique descendentibu3 et radiatinj cum stipite 
sese conjungentibus. — Même localité que le précédent. 

5. Scyphia Eichwaldi. — S. Obconica , fibris tenuissimis 
reticulalis , poris raris , seriatim positis ; basi quadrilobata. — 
Dans la craie chloritée de YazikOvo. 

Chacune de ces Diagnoses est suivie de développements et de 
comparaisons suffisants pour aider à déterminer ces espèces 
avec certitude, et les cinq espèces sont représentées dans trois 
planches lithographiées. (G. M.) 



342 REVUE zooLOGiQOE. {Septembre 1846.) 

III. SOCIÉTÉS SAVAIVTES. 

ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE PARIS. 

Séance du 7 septembre 1846. — M. Blandet lit un mémoire 
intitulé : Du rétablissement de la voix sur les cadavres humains. 
Ce travail est renvoyé à l'examen de MM. Magendie, Babinet et 
Bespretz. 

M. Natalis Guillot lit un Mémoire sur la structure du foie 
des animaux vertébrés. Ce travail est renvoyé à l'examen de 
MM. Flourens. Rayer, Milne-Edwards et Valenciennes. 

M. Joly présente des Recherches zoologiques, anatomiques 
et physiologiques sur les OEstrides en général, et particulière- 
ment sur les Œstres qui attaquent l'homme, le cheval, le bœuf 
et le mouton. 

Cet important mémoire est divisé en trois parties distinctes : 

Dans la première l'auteur fait l'historique des travaux dont la 
tribu des OEstrides a été l'objet, et il cherche quelle est l'espèce 
dont il est question dans les auteurs de l'antiquité ; 

Dans la seconde partie, il trace l'histoire zoologique, anato- 
mique et physiologique de ces insectes , et s'occupe surtout des 
espèces qui vivent dans l'estoipac ou les intestins du cheval 
(OEstrus equi, OE. hœmorrhoidalis) , dans les sinus frontaux 
des moutons (Cephalemyia avis) et sous la peau du bœuf 
(hypoderma bovis) ; enfin il examine la question de savoir si 
l'homme lui-même est quelquefois attaqué par les OEstrides, et 
si, dans le cas de l'affirmative, on doit admettre l'existence d'un 
OEstrus hominis, comme espèce bien distincte; 

Dans la troisième partie enfin, M. Joly présente un essai mo- 
nographique et descriptif des espèces d'OEstrides jusqu'à présent 
connues. 

Ce mémoire est accompagné de huit planches lithographiées 
par l'auteur lui-même. 

Renvoyé à l'examen de MM. Flourens , I. Geoffroy-St-Ililairç 
^t Milne-Edwards. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. Zï^ 

Association Britannique pour ravancement des sciences, 
XYP session tenue à Southainpton en septembre 1846. 

Plusieurs mémoires importants ont été lus dans cette session, 
et nous avions le désir d'en donner une analyse détaillée; mais 
le défaut d'espace nous en empêche. Nous nous bornerons donc 
à les indiquer à nos lecteurs qui pourront toujours , s'ils en ont 
besoin , les chercher dans les recueils anglais. Ils seront du moins 
avertis de l'existence de ces travaux et ne courront pas le risque 
de trçiiter les mêmes sujets et d'ignorer ce qui a été fait avant 
eux. 

M. /. Jlogg a présenté le Synopsis d'une classification des 
Oiseaux indigènes à V Angleterre. 

M. BlackwallT^résenie une Liste des noms des Oiseaux pério- 
diques et dates de leur apparition et disparition à Llanrust 
dans le North-Wales. 

M. King lit des observations sur quelques espèces nouvelles 
d'animaux observées sur les côtes du Norlhumberland. 

M. Forbes fait ressortir l'importance des recherches de ce 
genre dans leurs rapports avec la géologie. Les animaux trouvé» 
par M. King sont au nombre de ceux qu'on rencontre dans les 
formations pliocènes du terrain tertiaire. 

M. le président montre un Blaps mortissaga enfoui dans un 
béton où il doit avoir été depuis au moins 16 ans; il était cepen- 
dant encore vivant quand on le lui a apporté, et il a vécu encore 
six semaines. 

M. Spence dit que la durée ordinaire de la vie de cet insecte 
est de deux à trois ans, et qu'une existence aussi prolongée est 
une chose tout à fait remarquable. 

M. Patterson dit que la larve de ce Blaps n'a pas une vie aussi 
dure, et que celles que l'on conserve ne tardent pas à mourir. 

M. JR. Owen lit un mémoire intitulé : Sur les homologies des 
os appelés collectivement temporaux en anatomie humaine, 

MM. Jlder et Ilankock présentent des observations Sur quel- 
ques espèces nouvelles et rares de Mollusques des côtes d'Angle- 
terre. 

La première espèce est un petit mollusque appartenant à 
l'ordre des Inférohr anches. Cet animal ressemble beaucoup à 



344 RF.vDE zooLOGiQUK. (Septembre 1816.) 

ceux présentés par M. De Quatrefages sous les noms génériques 
de Peîta et Chalide , et placés par lui dans les formes inférieures 
de son nouvel ordre des Phlébentérés. Ce mollusque a la plus, 
grande analogie avec le Limaponiia nigra de M. Johnston; 
mais, qu'il soit ou non identique avec cet animal , les auteurs 
sont parfaitement convaincus que ses caractères ont été tout à 
fait mal interprétés par M. De Quatrefages. Les autres mollus- 
ques nus trouvés par MIVI. Aider et Hankock , sont une nouvelle 
espèce d^Fumenis , VEolis JPrummondi, VEolis alba et le 
Goniodoris castanea. 

M. Allmann donne sa pleine et entière adhésion aux observa- 
tions faites par les auteurs du précédant travail sur les preuves 
imparfaites sur lesquelles M. De Quatrefages leur paraît avoir 
établi son orcjre des Phlébentérés. 

M. Forces lit un grand travail sur les Méduses "pulmona grades 
des mers Britanniques. Après avoir révisé à plusieurs reprises 
le nombre établi des Méduses britanniques, il a reconnu de 
nombreuses formes spécifiques et plusieurs génériques nouvelles 
et d'un grand intérêt, et il se hasarde à publier un aperçu des 
éléments qui sont en sa possession et qu'il a recueillis de concert, 
avec M. Andrew. 



SOCIÉTÉ ENTOMOI^OGIQUE DE FRARCE. 

Séance du 12 août 1846. — M. Chevrotât donne des détails 
sur une chasse entomologique qu'il vient de faire à Fontainebleau 
en compagnie de M. Cosnard , et il parle principalement des 
larves des OEgosoma seabricorne , Isorhipis Lepaigei^ Dicerea 
fagi, Teredus nitidus et Astinomus œditis, 

— Le même membre fait savoir que VElaphrus spîendidus^ 
qui n'avait encore été. trouvé qu'au Kamtchatka et en Ecosse, 
vient d'être pris dans les Pyrénées par M. Gaubil, capitaine au 
il' léger. 

— M. Savais montre , d'après M. Mocquerys , deux cas de 
monstruosité : l'une, semblable à celle présentée dans l'une des 
dernières séances de la société, consiste en deux gibbosités qu'on 
remarque sur les élytres d'un Geotrupes syîvaticus , et l'autre 
est relative à un Car abus cyaneus, qui, au côté gauche, présente. 
qudtie pattes au lieu de trois.. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 345 

— Le même entomologiste dit qu'il vient de trouver en Ecosse 
le Notiophilus quadripunctatiis, insecte qui avait été pris pré- 
cédemment aux environs de Paris, par M. Frontin. 

— M. L. Buquet fait passer sous les yeux de la société de ma- 
gnifiques espèces nouvelles de coléoptères : ce sont les Larinui 
bombycinus (d'Algérie), Celonia {Anochilia) perforata et Nyc- 
teropus pretiosus (de Madagascar), et Metopochilusmaculicollis 
(du Brésil). 

— M. Guérin-Méneville lit une note sur les métamorphosea 
des Donacia. Il donne une idée du peu que Ton savait sur cç 
sujet en citant ce qu'en dit brièvement Linné, et tout récemment 
notre collègue M. Lacordaire; puis il donne de nouveaux détails 
et il montre qu'une larve de Donacie est immergée dans la tige 
du Sparganium ramosum. — Nous n'entrerons pas dans plus 
de détails sur cette communication, ni sur celle présentée sur le 
même sujet par M. Guérin-Méneville, dans la séance du 26 août, 
renvoyant nos lecteurs au bulletin de la société entomologique, 
3' trimestre de 1 846. 

— M. Guérin-Méneville lit un mémoire qu'il a présenté ré- 
cemment à l'Académie des sciences sur les mœurs et l'anatomiç 
des Scolytes des Ormes et principalement du Scolytus destruc- 
tor. — Ce travail a. été inséré dans l'un des derniers numéros 
de la Jievue zoologique (1846, p. 289). 

— Le même membre donne connaissance d'un mémoire qu'il 
a lu à l'Académie des sciences sur les Insectes nuisibles à 
Volivier, particulièrement le Dacus oleœ , et sur les moyens 
propres à détruire ces insectes. (Voir la Revue zoologique y 
1846, n« 8.) 

Séance du 26 août 1846. — M. H. Lucas présente des obser- 
vations intéressantes sur des pontes de vers à soie, et il dit quç 
sur une quarantaine de vers à soie qu'il a élevés au printemps 
et à l'été de cette année, il a obtenu une trentaine d'individus 
qui ont pondu des œufs en grand nombre ; qu'il pensait que là 
devait s'arrêter cette éducation, mais que cependant il vit des 
œufs éclore et les chenilles grossir. A quoi attribuer cette pré- 
cocité? Est-ce à la température chaude de cette année? M. H. 
Lucas ne le sait, mais il a pensé que ce fait devait être consigné 
cjians les archives de la science. 

— M. le docteur Ilobineau-Desvoidy lit une notice intkulée : 



346 REVOE zooLOGiQDË. {Septembre 1846.) 

Coup (l'œil rétrospectif sur quelques points de V Entomologie 
moderne. Dans ce travail, qui sera publié dans le 3*^ numéro des 
Annales pour 1 846, l'auteur défend les mémoires nombreux qu'il 
a publiés depuis plus de vingt ans sur les Diptères, et il cherche 
à démontrer que plusieurs des entomologistes qui l'ont suivi 
dans la science n'ont fait que changer les noms des divisions 
qu'il avait créées et se les sont ensuite attribuées. 

— Le même membre lit de nouvelles suites à ces mémoires 
sur les Myodaires des environs de Paris , et comprenant les 
genres de !a famille des Bombomydes , tribu des Herellies et 
des Brachymérées. 

— M. Rohineau-Desvoidy fait connaître une note sur la vie 
d'une Muscine et d'une Délie dans le vinaigre de Colchique. Il 
paraîtrait , d'après l'auteur , que ces Myodaires sont nées et 
ont vécu dans le vinaigre fabriqué avec les bulbes de Col- 
chique {Colchicum autumnalis) , et à ce sujet d'assez nombreux 
détails de mœur.« sont donnés à la société. 

— M. If. Lucas lit une note contenant la description d'une 
nouvelle espèce à''Hœmatopinus trouvée sur un chien de la 
Louisiane. Cette espèce est ainsi caractérisée par l'auteur : 

Hœmatapinus bicolor Lucas, Long. 2 Lat. J/2 millim. — 
Capite, antennis, thorace, pedibus supra infraque flavo sub- 
ferrugineo y abdomine albicante cinereo, flavo aurantiaco 
sparsim piloso. 

— M. Pierret annonce que son père vient de retrouver dans 
les Pyrénées la Zygœna Contaminei , qui n'y avait pas été prise 
depuis longtemps, et il dit que ce lépidoptère se trouve presque 
toujours posé sur les fleurs des scabieuses ou sur de petites 
graminées, aux environs des touffes de VEryngium Bomgati, 
plante sur laquelle la chenille de la Zygœna Contaminei semble 
vivre exclusivement. 

— M. Pierret met sous les yeux de la société un Carabe re- 
marquable par l'irrégularité monstrueuse de ses deux élytres. 
L'élytre droite, beaucoup plus allongée que la gauche, présente 
tous les caractères des Carabus cancellatus ; l'élytre gauche, au 
contraire, beaucoup plus courte et arrondie vers l'extrémité pos- 
térieure , rapproche visiblement ce Carabus du Punctato-au- 
ratus. Cet insecte, tout à fait anomal et peut-être hybride, a été 
pris par M. Pierret, père de notre collègue^ le 17 juillet de cette 



SOCIÉTÉS SAVAINTKS. 347 

année, en Aragon, au bord des petits lacs situés entre la crête 
des Pyrénées et les bains de Penticosa. M. Pierret donne ensuite 
des observations sur les Carabus cancellatus, catenulatus , hor- 
tensis^ splendevs^ trouvés par son père dans les Pyrénées. 

Séance dud septembre 184(j. — A loccasion du procès-verbal 
de la dernière séance, M.Boisduval parle du Carabe de M. Pier- 
cet; il dit que dans cet insecte il n'y a pas d'hybridisme, ainsi 
qu'on pourrait le croire au premier aspect, mais simplement 
monstruosité; l'une des élytres s'est développée naturellement, 
tandis que l'autre, gênée dans son développement, a été légère- 
ment déformée. 

M. Jieiche (séance d!w23 septembre 1846) pense que ce Carabe 
doit être rapporté au Carabus cancellatus Illiger ; il ne diffère 
du type que par son corselet plus large, moins rugueux, et 
l'impression transversale postérieure beaucoup moins marquée; 
l'échancrure postérieure de l'élytre est plus marquée. La mon- 
struosité de l'élytre gauche, dont les cotes paires sont presque 
entières, et qui présente par conséquent cinq côtes élevées sur 
son disque; l'apparence de cette élytre rappelle un peu celle du 
Carabus punclato-auratus dont l'élytre n'a néanmoins que 
trois côtes élevées. 

— M. Pierret annonce que le Sphinx convolvuH, espèce 
ordinairement rare aux environs de Paris , vient de s'y trouver 
cette année-ci en grande abondance, 

— Le même membre dit que le Deilephila celerio , qui est 
originaire d'Afrique et que l'on trouve cependant quelquefois 
dans les parties septentrionales de la France, a été pris cette 
année à Bellevue, près Paris. 

— M. le docteur Boisduval dépose sur le bureau un mémoire 
de M. Donzel, contenant la description de Lépidoptères nou- 
veaux, auxquels il applique les noms de : jigrotis hastifera 
(de Digne), Or //losm amîcfa (d'Hyères) , Caradrina luciniosa 
(de Marseille) , et Zeritis zahra (d'Algérie). 

Séance du 23 septembre 1846. — M. //. Lucas communique 
un cocon de Saturnia pyri, remarquable par sa forme tout à 
fait anormale ; ce cocon, gêné dans sa formation, est oblong 
comme les autres, mais bien avant sa partie antérieure, il offre 
un coude très-prononcé, de manière à former, à peu près dans, 
son milieu, un triangle assez sensible. 



318 REVDE zooLOGKjUE. {Septembre 1846.) 

— M. Bellier de la Chavignerie présente une belle espèce 
d'Aianëide qu'il vient de trouver dans la Forêt-Noire. M. ZT. Lucas 
dit que cet aptère est VArgyope {Epeira) fasciata Walckenaer, 
espèce que Ton rencontre quelquefois à Fontainebleau , mais 
qu'on trouve assez ordinairement dans l'ouest et le midi de la 
France. 

— H est donné lecture d'une notice de M. le Marquis de la 
Ferté Sénectère , intitulée : Description de quelques Carabes 
nouveaux de l Espagne et du Portugal. L'auteur fait connaître 
avec soin quatre espèces nouvelles de ce genre déjà si nombreux, 
en espèces européennes, et il leur donne les noms de Carabus, 
guadarramus, Ghilianii, brevis et Egesippii. 

Séance du 14 octobre 1846. — M. Pierret appelle l'attention' 
de la société sur l'influence que la nature des sols dans les mon- 
tagnes exerce en général sur les lépidoptères, et en particulier 
sur les espèces du genre Erebia. 11 a été à même de constater 
dernièrement ce fait en Auvergne, en étudiant les collections 
de MM. Bayle etLecoq , et il a vu que toutes les espèces (TErebia 
prises sur le sommet des pics qui dominent la Limagne, ont les 
ailes beaucoup plus rembrunies que les mêmes espèces qui ha^ 
bitent les Alpes ou les Pyrénées. 

— Le même membre annonce que le Sphinx celerio a été 
pris en grand nombre,, cette année, dans plusieurs jardins de 
Clermont-Ferrand, par MM. Eynard et Lecoq. 

— M. L. Buquet met sous les yeux de la société un Carabus 
splendens dont les antennes, à partir du quatrième article, sont 
renflées d'une manière extraordinaire ; indépendamment de 
cette monstruosité, ce Carabe se distingue encore par la couleur 
de ses élytres, qui est d'un rouge métallique très-ardent. Ce 
coléoptère a été pris par M. Pierret père, dans les Pyrénées espa- 
gnoles, au-dessus des bains de Penticosa. 

— Le même membre fait suivre cette communication de celle 
d'un Calosoma indagaior, dont les cuisses sont de moitié moins 
longues que chez les individus à l'état normal , et dont les 
jambes antérieures sont contournées d'une façon tout à fait sin- 
gulière. 

— M. Doué signale un fait de longévité remarquable dans 
une petite Cassida qu'il a reçue vivante dans une caisse dç 



SOCIÉTIÎS SAVANTES. 34^ 

raisin venant de Montauban (Tarn-et-Garonne , et qui vit encore 
en ce moment. 

— Le même membre présente à la société une boîte contenant 
une centaine de coléoptères rapportés tout récemment de l'Aus- 
tralie et de la Nouvelle-Zélande, par l'un de ses neveux M. Théo- 
dore Boulay. 

Séance du 28 octobre 1846. — M. Bellier de la Chavignerie 
fait passer sous les yeux de la société une Anthocharis belemia 
mâle d'une grande fraîcheur, et qui a été trouvée, il y a peu de 
temps, aux environs de Morlaix, dans la Basse-Bretagne, par 
M. le comte de Guernisac. Ce fait est d'autant plus curieux que 
jusqu'ici V Anthocharis belemia n'avait été trouvée que dans 
les parties méridionales de l'Europe et plus communément aussi 
sur les côtes de l'Afrique. 

— Le même entomologiste dit que le Sphinx convolvuli , qui 
s'est montré cette année en si grande abondance aux environs 
de Paris , n'a pas été moins commun en Bretagne, pays où ce 
lépidoptère ne se trouve pas habituellement. 

— M. Dupont montre un cas de difformité chez un coléoptère : 
c'est un Scarabceus dont le corselet est tout à fait perforé. 

— M. Doué montre plusieurs chenilles provenant de la Nou- 
velle-Zélande, qui ont été enterrées et qui ont éprouvé une sorte 
de végétation toute particulière. En effet, une excroissance 
végétale, longue de plusieurs pouces, se remarque à leur partie 
antérieure. 

— 11 est doiiné lecture de deux mémoires de M. Léon Dufour 
ayant pour titres : 

lo Dissertation sur le Nematus de Geeri , dans laquelle 
l'auteur passe en revue les métamorphoses et la synonymie dé 
cet insecte ; 

2° Et un mot sur la Sigara minuta : dans ce travail M. Léon 
Dufour décrit de nouveau cet hémiptère qui était encore assez 
mal connu en France. 

— On lit un travail de M. Boyer de Fonscolombe , ayant pour 
titre : Suite du catalogue des Ichneumonides des environs 
d'Aix, dans lequel l'auteur passe en revue un grand nombre 
d'insectes de cette famille, en décrivant avec soin les espèces 
qu'il regarde comme nouvelles. 



350 RKVUK zooLOGiQUE. (Septembre 1846.) 

Séance du II novembre 1846. — Il est donné lecture d'une 
note de M. Pilate, offrant quelques détails sur les coléoptères 
qu'il a recueillis dans la province de Yucatan. L'auteur ne 
donnant que la liste des genres et la simple indication du nombre 
des espèces qui s'y rapportent, ce travail ne pourra pas être d'une 
grande utilité pour les naturalistes qui s'occupent de la géogra- 
phie entomologique. 

— On lit une note de M. Paris relative au cri que fait entendre 
le Sphinx atropos; d'après ce naturaliste, ce cri est dû à une 
mucosité que l'insecte aspire et foule alternativement à l'aide 
de ses palpes dans sa spirotrompe, comme le flux et reflux d'un 
liquide dans une pompe aspirante et foulante. 

— M. Jeckel annonce à la société qu'il ne s'occupera plus dé- 
sormais que des insectes coléoptères de la famille des Curculio- 
nites , et il dit qu'il s'est procuré la belle collection de Curcu- 
lionites de M. Dupont. 

— M. Bellier de la Chavignerie montre à la société une 
variété plus petite et surtout d'une couleur plus pâle de la 
Plusia gamma, et il dit que cet insecte provient de chenilles 
qu'il a élevées et qu'il avait trouvées aux environs de Paris. 

— On donne lecture d'une notice sur la vie et les travaux de 
M. Duponchel , par M. C. Duméril. — ('e travail , destiné aux 
Annales, avait été demandé parla société à M. C. Duméril. 

— M. le colonel Goureau donne lecture de nouveaux mé- 
moires faisant suite à des notes qu'il a déjà, depuis longtemps, 
adressées à la société. Ces travaux ont pour titres : 

1° Suites d'observations sur les Insectes gallicoles. 
2° Notice sur les Insectes qui mangent les feuilles des plantes 
(Suite). E. Desmarest. 



IV. MÉLAIVGES ET NOUVELLES. 

CORKECTIONS et additions à différentes notes insérées dans la Revue 
zoologique pour 1846 par M. L. Brisout de Barneville. 

Pag. 145, ligne 8. Ajoutez à la synonymie du Chorisochismus 
nudus : le Cycloptère double épine. Lacépède , Hist. des 
Poiss., tom. II, pag. 61. 



MÉL4NGES ET NOUVKLLKS. 351 

Pag. 212, ligne 34, Ajoutez à la synonymie du Trachelochismus 
pinnulatus: Cyclopterus lilioreus. Forster, Forsteri it. ad 
mar. austr. terras, édit. Lichtenstein , pag. 114; et Bloch et 
Schneid. syst. ichth., pag 199, 6. 

Pag. 278, ligne 34. Au lieu de en avant de Vune et de Vautre 
pectorale, lisez en avant des pectorales. 

Pag. 279, ligne 16. Ajoutez à la synonymie du Lepadogaater 
Gouani : le Cycloptère spatule. Lacëpède , Hist. des Poiss. , 
tom. H, pag. 68. — L. Balbis. Costa, Fn. Nap., tom. II, fig. 4. 
— LeZ. ciliatus. llisso, Journ.de Phys., tom, LXXXXl, pag. 248, 
le même que le Z. biciliatus. Risst. Eur. mer., t. Ilï, pag. 272. 
et que le L. Balbis. Costa, Fn. Nap., tab. XXII, fig. 1-3, est-il 
une espèce distincte du L. Gouani ou une simple variété de 
cette espèce ? c'est ce que je ne puis encore décider. 

Pag. 281 et 282. Ajoutez à la synonymie du Lepadogaster bima- 
culatus : Cycloptère bimaculé, Lacépède , Hist. des Poiss., 
tom. Il, pag. 67. — Cyclopterus bimaculatus. Bloch et 
Schneider, Syst. ichth., pag. 199. — Lepadogaster lineatus. 
Guichenot, Exploration scientifique de l'Algérie, Poissons, 
pi. 6, fig. 3. Lepadogaster maculatus, là., loc ,cit. pi. 6, 
fig. 4. Lepadogaster punctatus. Id., loc. cit. pi. 6, fig. 5. Ces 
trois poissons de M. Guichenot ne me paraissent être que des 
variétés du Lepadogaster bimaculatus. 

Pag. 282, ligne 35. Ajoutez à la synonymie du Lepadogaster 
piger : Gouania piger. Bonaparte, Calalcgo met. dei pesci 
Europei, pag. 64. 



Ouvrages weçus et t/wi seyant anaiysés 
incessaê»t§»teni. 



British Libellulinœ or Dragon Aies. Illustrated in a séries of 
lithograph Drawings, with a brief description of theinsects, 
times of appearence , etc. By W. F. Evans, ln-8'' fig. London, 
1845. 
''.atalogue des insectes coléoptères des environs de Metz , par 
MM. Fournel et Géhin. In-8°. Metz, 1846. 



35'2 RKvuK zooLOGiQDE. {Septembre ISie.") 

Noiizie intorno agli inseJti dannosi. 1. Le Locuste o Cavalette, 
par M. Villa. Milan, 1845 (Extr. dallo-spettatore industriale\ 

A catalogue Lucanoid Coleoptera^ in the collection of the ReV. 
P. \V. Hope. In 8». London, 1845. 

Degli Insetti Carnivori adoperati a distruggere le specie dan- 
nose all'agriculture. In-8°. Milan, 1845 (Estratta dallo Spet- 
tatore). 

Die gattuvgen der Deutschen Kafer-Fauna, etc., von Ludwig 
Redtenbacher. ln-8° figures. Vienne, 1845. 

Monographie des divines et genres voisins, par M. J. Putzeys. 
In 8". Liège, 1846. 

Description of some new species of shells. By J. H. Eedfield. 
In-8« fig. New-York, 1846 (Extr. des Ann. lyc. nat. histor.). 

Meporl on the british nudibranchiate mollusca, by J, Aider and 
A. Hanlioch. In-8°. London, 1845 (from the report of the bri- 
tish association for the advencementof science for 1844). 



Ottvmges qwi ne nous sont pas encore ptUf- 
venus et cfottf nous ne connaissons que te 
titre. 

Notice préliminaire sur le système silurien et les Trilobites dé 

Bohême, par Joachim Barrande. — Grand in-8''. Leipzig, 

1846. 
Untersichungen uber Trilobiteny von Docteur Ernst Beyrich. — 

In-4% pi. Berlin, 1846. 

Bibliotheca historico-naturalis. Index librorum historiam 
naturalem spectantium àb anno MDCC ad MDGCCXLV , in Ger- 
mania, Scandinavia, Anglia, Gallia, Belgia, Italiaatque Hispania 
impressorum. Edidit Guilielmus Engelmann. — Pars prima con- 
tinens historiam naturalem in universum, anatomiam et physio- 
logiam comparatam, zoologiam , palaeontologiam. Cnm indice 
scriptorum et rerum. — Lipsiœ 1846, sumptibus G. Engelmann 
et Paris. Fred. Klincsieck , rue de Lille,-! 1. — 1 vol. in-S". 



IffEUVlÉME ANNÉE. — OCTOBRE 1846. 



L TRAVAUX INEDITS 



Cours d'histoire naturelle des corps organisés , professé au 

Collège de France par M. Duvernoy. 

(Suite.) — V. p. 81, 113, 213, 244, et 327. 

IV.— Type des Vertébrés. 

Ce groupe avait été parfaitement caractérisé, et limité, dès 
1797, par G. Cuvier, dans son Tableau élémentaire de 
l'histoire naturelle des animaux , sous la dénomination d'ani- 
maux à sang rouge, MM. Cuvier et Duméril la traduisirent, 
trois années plus tard , par celle d'animaux vertébrés (1) , et 
Lamarck' par l'expression d'animaux à vertèbres (2) , qui con- 
duisaient, l'une et l'autre , à l'idée de la prééminence du sys- 
tème nerveux, dont la colonne vertébrale enveloppe et protège 
le cordon principal. 

Je ne puis m'empêcher^ a dit M. Duvernoy, de rappeler cet 
ensemble de caractères ou de ressemblances , si bien saisis par 
le jeune Naturaliste de vingt-huit ans, que la science actuelle, telle 
qu'elle est exposée dans les ouvrages les plus récents, n'a pu 
que les répéter, avec très-peu de modifications. 

« Les animaux , disait Cuvier, il y a un demi-siècle , dont le 
w sang est rouge comme celui de l'homme, lui ressemblent 
T» tellement par toutes leurs parties , qu'ils ne paraissent 
» d'abord être que des dégradations d'une forme commune. 
» Ainsi ils ont tous une tête osseuse , contenant le cerveau et 
» les principaux organes des sens , placée à une extrémité 
B d'une colonne vertébrale qui contient le faisceau commun 
» des nerfs, et dont l'autre extrémité se prolonge en un coccyx 

» ou queue plus ou moins considérable iNos bras se re- 

» trouvent dans les jambes de devant des quadrupèdes mam- 

(1) Tableau général des classes des animaux «nneié au t. I des Leçons d'anatomit 
comparée. Paris, au viu (1800"). 

(•2) Discours d'ouverture prononcé la 21 floréal an tih, imprimé en lète du Syttème des 
•animaux sans vertèbres, l'arls, 1801. 

Tome 1\. Année 184<;. 23 



35i KKVOK znoLoGiynK {Octobre 1846.) 

» mifères , dans les ailes des oiseaux et jusque dans les na- 
» geoires jtectorales des poissons ; comme nos pieds sont 
» leprésentcs par leurs nageoires ventrales. » 

...Us ont des artères et des veines dans lesquelles le sang est 
dirigé par un cœur musculaire, a Leur cerveau, leurs organes 
» des sens , ont les mêmes parties esse >tiel les Us ont un canal 
» alimentaire ^ un foie ^ un pancréas , une ra/e, des reins ; 
» en un mot il est difficile de déterminer si la masse des ressem- 
» blances ne surpasse pas celle des différences. » (P. 84 et 85). 

Et plus loin p. 86): «La suile des animaux (de ce groupe) ne 
» présente que des modifications diverses d^un plan unique^ 
» dont les bas.es principales ne sont point altérées. » 

Le type des Vertébrés, dont les limites étaient bien déterminées 
par l'ensemble des caractères qui viennent d'être énoncés, réu- 
nissait les quatres classes des Mammifères , des Oiseaux , des 
Reptiles et des Poissons; mais il faut l'avouer. Ids ressemblances 
allaient singulièrement en diminuant dans la dernière famille 
des Poissons cartilagineux, celle des Cyclostomes, ainsi que 
l'avait démontré M. Duméril (1). 

Une étude plus détaillée du squelette, et surtout de la colonne 
vertébrale, n'y montrait plus de véritables vertèbres ; au con- 
traire , le caractère le plus général que Guvier avait d'abord 
assigné à ce groupe supérieur du règne animal, celui d'avoir 
le sang rouge, s'y manifestait plus constant que celui d'avoir 
des vertèbres. Les Lamproies du moins, qui font partie de cet 
ordre, ont un sang abondant et très-rouge. 

Mais un animal qui a d'ailleurs de grands rapports avec les 
poissons du même ordre , connu imparfaitement de Palla's, qui 
l'avait pris pour une Limace de mer (2), n'a pas même le sang 
rouge et présente encore moins de traces de vertèbres. C'est un 
très petit poisson qui a été trouvé "Successivement, depuis douze 
ans , dans les rivages sablonneux de la mer des Deux-Siciles , 
de la Baltique, des côtes d'Angleterre et du Brésil. Désigné 
en 1834 sous le nom de Branchiostoma lubricum , par 
M. Costa, de Naples, et classé parmi les Poissons cyclostomes , 
il a reçu deux années plus tard (en 1836j le nom d^Amphioxus , 



fl) Dissertation sur les poissons qui se rapprochent le plus des animaux sans yertèbref. 
Paris, 1812. 
(2) Llmax lanceolatus. P. Specllegla zool., Fesc. I. 



TRAVXnX INÉDITS. 355 

qu\i proposé de lui donner M. Yarrell, qui Tavait recueilli sur 
les côtes d'Angleterre. 

Cet animal singulier a été le sujet des recherches anatoiniques 
de M. Ketzius, en 1839; de MM. Rathke (1), Goodsir (2), J. Muller 
et Retzius (3) , en 1841; de M. Kœlliker (4), en 1843 ; et, en 
dernier lieu , de M. de Quatrefages (5) , en 1844. 

La colonne vertébrale et le crâne sont remplacés par uti 
cordon fibro-celluleux, qui répond à ce qu'on a appelé 
chorda dorsalis chez les fœtus des animaux vertébrés, organe 
transitoire qui précède le développement dés vertèbres, durant 
les premières périodes de la vie fœtale, et se montre seulement 
à notre cinquième période, chez les poissons (6) 

Ce cordon se distingue ici par sa structure, composée d'une 
gaîne fibreuse et d'un contenu tout particulier qui se laisse faci- 
lement séparer en folioles fibreuses, arrangées transversalement 
et serrées les unes vers les autres (7). Ces folioles fibreuses, que 
M. J. MûUer désigne ainsi et ne nomme pas rondelles , seraient 
des cellules comprimées (8), 

Un autre caractère particulier de cette corde dorsale , c'est 
d'avancer jusqu'à l'extrémité du museau , bien au delà de la 
moelle épinière, et du cerveau qui termine celle-ci en avant. 

La moelle épinière règne tout le long de la ligne médiane dor- 
sale, au-dessus de la corde dorsale, et se trouve dans les mêmes 
rapports de connexion, que la moelle épinière des autres Ver- 
tébrés avec le corps des vertèbres. 

Elle est enveloppée d'une gaîne fibreuse qui tient lieu à la 
fois -d'arcs vertébraux et de dure-mère. Cette gaîne a fuit mé- 



(1) Remarques sur l'organisation de VAtnphioxtu lanceolatut. Poisson de l'ordre des 
Cyclostomes . pnr H. Rathlce. Kœnigsberg, 1H41. 

(2) Transaction$ de la Société royale d'EdlmboorR, t. XV. 

(3) Sur l'organisation et les pliénomènes vitaux du Brancbiostoma lobrlcom . Costa , 
Mémoire lu a l'Académie des sciences de Berlin, les décembre 18'fl, par H. J. Muller, et 
Imprimé daus le volume des mémoires d« cette Académie , aveu cinq planches. Berlin , 
184Î. 

(4) Sur l'orpane de l'odorat de l'Amphioxus , par le docteur Kœlliker. Arcliives de J. Mill- 
ier pour 18V3 , p. 82 et suiv. 

(5) Mémoire sur le système nerveux et sur l'hlstQlogle du Branchiostome ou Amphioxu», 
par M. de Quatrefages. Annales des sciences naturelles, octobre 1845, avec dix planches. 

(6) Voir le mémoire de M. Duvernoy pour servir à la connaissance «lu développement 
de la Pœcilio, Comptes rendus des séances de l'Académie des tcieuces des 15 et ti avril 

18U. 

(7) J. Millier , mémoire cité. 

(8) M. de Quatrefages, mémoire cité . p, 236. 



356 REVUE zooLOGiQUE. (Octobrc 1846.) 

connaître la forme un peu renflée de la moelle aux endroits 
d'où partent les nerfs spinaux (ï). 

Le cerveau, que M. Rathke avait méconnu, ne se distinguerait, 
suivant MM. J. Millier , Retzius et Kœlliker , du reste de la 
moelle épinière , par aucun renflement, ni étranglement ; mais 
seulement par la paire de nerfs qui va aux yeux (2) et par celle 
très-considérable, qui vient après et qui a montré quelque analo- 
gie avec les nerfs trijumeaux (3). 

Suivant des recherches postérieures (4) , cette extrémité 
du système nerveux central , dégagée de son enveloppe fibreuse, 
la dure-mère, montrerait une forme ovale , un peu renflée au 
milieu et séparée du reste par une légère dépression circulaire. 

Il en sortirait non-seulement une paire de nerfs qui se rend aux 
yeux ; ce serait , comme toujours, la seconde , si l'on parvient à 
découvrir le nerf de la cupule olfactive (5) , qui est un peu en 
avant. 

Puis l'analogue du trifacial, et trois autres paires qui se distri- 
buent de même à la tête , et qui , à la rigueur, pourraient être 
considérées comme provenant d'un tronc unique (6). 

Le squelette de ce poisson inférieur, outre la corde dorsale , 
qui représente le corps des vertèbres, dans l'état transitoire de 
la vie fœtale , se compose : 

1° D'un anneau cartilagineux à pièces multiples, qui borde 
l'orifice buccal, et de filets qui en partent et forment la partie 
solide des cirrhes qui garnissent cet orifice ; 

2" De nombreuses baguettes fibro-cartilagineuses qui descen- 
dent obliquement en avant ou en arrière . pour garnir les pa- 
rois de la cavité branchiale ; 

3° Des lames fibreuses qui forment les intersections des grands 
muscles latéraux. 

Le système vascul aire sanguin est remarquable par les con- 
tractions régulières que manifestent, pendant la vie , les prin- 
cipaux vaisseaux qui tiennent lieu de cœurs. 

La veine cave se contracte régulièrement comme un cœur ; 

(DM. Flourens a signalé, depuis longtemps, dei renOements beaucoup plog prononcé» 
dans let Tortues de mer, 

(2) M. Kœlliker, M. C, p. 3i». 

(3) J. Mùlier et Retzius , mémoire cité , p. 6. 

(4) De M. de Qoatrefages . mémoire cité , PI. XI. 

(5; Uécouverte par M. Kœlliker, mémoire cité , p. 3S. 
(6) Voir le mémoire cité de M de Qiiatrofajreâ , PI. XI. 



TRAVADX INÉDITS. 357 

«lie aboutit dans un vaisseau central , qui règne tout le long de • 
la ligne médiane inférieure de la cavité branchiale, et fournit, à 
mesure qu'elle s'avance, les branches vasculaires qui portent le 
sang aux branchies. Chacune de ces branches montre, à son ori- 
gine, un bulbile qui se contracte aussi comme un cœur. 

C'est le gros bulbe de l'artère branchiale des autres poissons , 
multiplié en un grand nombre de plus petits , qui appartiennent 
exactement au même système. Ici , loin d'y avoir fusion , il y 
a division des instruments et du travail. 

Le même tronc artériel fournit deux cœurs contractiles qui 
contribuent, avec les veines branchiales , à former l'aorte ; il est 
donc à la fois branchial et aortique comme chez les Reptiles 
amphi biens ; enfin , il y a une veine porte contractile, située le 
long de la face supérieure du cœcum hépatique, à l'opposé de la 
veine cave. 

On a tiré de cette organisation du système sanguin et des phé- 
nomènes qu'elle a présentés , ainsi que de quelques autres 
circonstances d'organisation du /?rancAîa5fowie , la conclusion 
que cet animal est à peine un Vertébré ; qu'il se rapproche des 
Vers et particulèrement des Ânnélides, et qu'il devraitformer à 
lui seul une classe particulière. 

Cependant MM. Costa, Yarrell et Rathke l'avaient déterminé 
comme un poisson Cyclostome. M. J. Mûller, en commençant 
le dernier paragraphe de son mémoire , qui a pour titre : Obser- 
vations générales sur la nature du Branehiostome et sa place 
dans le système , s'exprime ainsi : « Le Branchiostome est évi- 
» demment un Vertébré et un Poisson. » Après avoir rappelé 
et comparé les principaux traits de son organisation , il termine 
par cette conclusion : « C'est avec les Cyclostomes (1 > que le 
» Branchiostome a le pi us de rapports ; sans que l'on puisse dire 
» exactement que c'est un Cyclostome. Il s'en éloigne par des 
» différences plus grandes que celles qui séparent les Poissons 
> des Amphibies nus. » 

Nous voici arrivés, a dit M. D. , sur le terrain de la dis- 
cussion et des jugements plus ou moins fondés sur les vrais 
principes de la science. Sans condamner aucun des rapporta 
que nous venons d'exposer, on nous permettra peut-être d'avoir 

(1) Les M yxinoïdès ne forment que la sccoadc famille de l'ordre dei Cycloetomei. daa» 
i« clasfllflcatiou de J. MûUcr. 



358 REVUE ZOOLOGIQUE. (Octobve 1846.) 

aussi notre opinion et de la soutenir avec indépendance , dans 
l'intérêt unique de la vérité. 

Dès le moment où Ton comparera le Branchiostome aux dif- 
férentes périodes du développement des Poissons (1), on 
n'aura pas de peine à saisir ses rapports intimes, multipliés 
avec les animaux de cette classe. C'est un nouvel exemple de 
la nécessité , que nous avons plusieurs fois signalée , dans ce 
cours et dans les précédents, si Ton veut comprendre les rap- 
ports naturels des animaux, de ne pas toujours comparer les 
organisations définies, entre elles ; mais d'avoir encore les plus 
grands égards aux organisations se développant. Chez le Bran- 
chiostome , comme chez les Cyclostomes, la colonne verté- 
brale est restée dans son premier état de développement. 

Le principal cordon des nerfs se trouve immédiatement au- 
dessus, dans la ligne médiane dorsale, comme cela a lieu ex- 
clusivement chez tout animal vertébré. 

Les nerfs spéciaux qui en partent symétriquement, de chaque 
eôté, pénètrent régulièrement dans les intervalles et des intersec- 
tions tendineuses des grands muscles latéraux, seul indice des 
divisions vertébrales, comme dans les fœtus ; ces nerfs spinaux 
décèlent avec ce cordon principal, la disposition générale carac- 
téristique du système nerveux de tout animal de ce type. 

Enfin , le renflement léger et le rétrécissement , quelque peu 
sensible qu'il soit , observé dans la portion antérieure de ce 
cordon ,qui répond au cerveau et qui fournit les paires de nerfs 
céphaliques , complète cette ressemblance dans ses grandes 
généralités, et montre ici, comme partout , la prééminence 
du système nerveux, pour caractériser les types. 

Il y a de plus , dans l'organisation de ce système , un rapport 
particulier avec les autres vertébrés : c'est le canal qui règne, 
chez le Branchiostome , dans toute la longueur de l'axe de la 
moelle épinière. Ce canal caractérisant tous les Poissons à l'état 
adulte , ne pourrait être considéré comme un arrêt de dévelop- 
pement particulier au Branchiostome , mais propre à toute la 
classe, comme aux vertébrés supérieurs. 

Quant aux singularités du système sanguin , la plus remar- 

(1) Voir les observations déjà citées pour servir à la connaissance du développement 
de la Poécilte de Surinam , etc. Annales des sciences naturelles, mai et )uin 1844, entre 
aatnslapagesss, §XVI. 



TUAVAUX INÉDITS. 359 

quable sans doute, est l'absence de globules réguliers et de co- 
loration dans le sang; caractères qui diminueraient l'importance 
que G. Cuvier, il y a un demi-siècle, attribuait au liquide nour- 
ricier ; et qui montreraient, une fois de plus la prééminence du 
système nerveux. 

Relativement aux cœurs multiples , ou aux bulbiles contrac- 
tiles des artères branchiales et aux contractions régulières ob- 
servées dans les principaux troncs vasculaires, qui les ont fait 
considérer comme autant de cœurs par MM. Mûller et Ketzius , 
nous rappellerons que plusieurs poissons ont montré séparé- 
ment une organisation analogue , quoique le phénomène des 
contractions de ces parties n'ait pu être observé. Tels sont : 1" 
les bulbes musculeux que j'ai fait connaître dans les artères 
axillaires de la Chimère de la Méditerranée ( I). 

2' La veine mésentérique, à parois musculeuses, qui règne tout 
le long du bord libre de la valvule intestinale semi-circulaire, 
enroulée sur elle-même, chez certains Squales : valvule que 
Perrault avait déjà signalée ; mais dans laquelle j'ai découvert , 
a dit M. D. cette sorte de cœur pour le système de la veine- 
porte (2). 

3° Enfin, le cœur veineux caudal de l'Anguille, que M. Mar- 

(1) Séance de TAcadémie des sciences du 9S septembre 1837. et Juillet 1832 des Annales 
des sciences naturelles , numéro qui a paru tardivement. Malheureusement la principalo 
figure, qui avait été dessinée par M. KûfT, alurs mon aide particulier, na pas été «ravéu 
dans la planche de ce mémoire, ce qui a donné lieu à M. Valentin d'en publier une ana- 
logue. Note communiquée par M. D. 

(t) Voir le mémoire Sur quelques particularités du système sanguin abdominal et 
du canal alimentaire de plusieurs poissons cartilagineux, lu à l'Académie des scien- 
ces dans sa séance du 11 octobre 1833, et imprimé. Annales des sciences naturelles, S'^ série, 
t. III, p. 371. et PI. X et XI. 

M. de Quatrefages a bien voulu , à cette époque , réduire pour la gravure , le dessin ori- 
ginal, que J'avais fait, de grandeur naturelle, de cette singulière organisation, d'après 
l'espèce de Squale que j'avais eu l'occasion de disséquer , en 1830, avec M. Valenciennes, 
«t dont ce dernier a fait, si Je ne me trompe, le genre T/ioiassor/itnMS. Tous les détails en 
ont été vérifiés , au moment où je Ils cette découverte , par MM. Georges et Frédéric Cu- 
Tier. Geoffroy-Saint-HIlalre, Serres et Rapp de Tiibingen et Valenciennes. 

Lorsqu'on a dit que j'avais pris des libres musculaires intestinales pour celles apparte- 
nant aux parois de la veine, on a montré qu'on n'avait pas lu les détails circonstanciés 
de ma descrlption.Cette veine esldans le bord libre d'un vaste repli valvulairo de deux feuillets 
de la muqueuse Intestinale, appliqués l'un contre l'autre et nullement doublés, dans cette 
partie, de libres musculaires. Les parois de la veine, que j'ai signalées comme musculeuses, 
Tont singulièrement on s'épaississant d'arrière en avant, jusqu'à l'instant ou elle sort de 
l'Intestin, et où elle n'a plus que la structure ordinaire. Les faisceaux musi-uleui les plus 
extérieurs sont dirigés un peu obliquement, de manière a contracter a la fois cotte veine 
dans le sens de sa longueur et de son diamètre. J'espère que M. J. Mûller ne me saura pas 
mauvais gré de chercher à me défendre d'un jugement défavorable de sa part; un juge- 
ment comme le sien ayant toujours un grand retentissement. (Voir son important ou- 
vrage sur les Myxinoïdes , troisième suite. Système vasculaire, p *i Berlin, 18Vi ) Note 
communiquée par H. D. 



360 REVUE zooLOGiouK. {Octobre 1846^.) 

shall-Hall a fait connaître le premier, et qui existe encore dans 
les Murœnophis, appartient à cette catégorie des cœurs acees^ 
soires (1). 

On ne trouvera pas hors de propos cette longue digression et 
ces détails anatomiques (2) , lorsqu'on réfléchira que , si la con- 
naissance approfondie de l'organisation du Branchiostome , que 
nous devons à des observateurs exercés , qui ont les titres les 
plus fondés à notre confiance, recule les limites du type des 
Vertébrés , elle ne les détruit pas. 

La disposition générale du système nerveux , nous le répé- 
tons , les rudiments du squelette , leurs rapports avec le sys- 
tème musculaire , sont encore là pour les préciser. 

Considéré comme le Poisson le plus inférieur, dont le déve- 
loppement des organes de génération arrive à son terme normal, 
bien avant celui de la plupart des autres systèmes organiques , 
qui semble arrêté dans son cours, par cette maturité pour la 
génération relativement précoce, le Branchiostome nous paraît 
devoir constituer une famille particulière de cet ordre des 
Cyclostomes, qui suivrait celle des Myxinoïdes, ou former tout 
au plus un Ordre à part , qui serait le dernier de la classe des 
Poissons et de rembranchement des Vertébrés. 



Essai d'une monographie du genre Todirostre de Lesson (Traité 
d omit }, par M. Fr. De Lafresnaye. 

1 . Todirostrum cinereum Less. Todus cinereus , Todier 
cendré, Briss. Aves, supplém., p. 134 (1760).— LeTictic ou To- 
dier de l'Amérique Méridionale. Buff. enl. 585-3. — Todus 
cinereus, Desm., pi. 2. (du Brésil , de la Trinité.) 

2. T. maculalum Less. Todus maculaius , Desm. pi. 4. Platy- 

(t) Les premières descriptions positives de ces cœurs ont dû fixer l'attention des ana- 
tomistes et conduire à des découvertes analogues. Ainsi John Davy a retrouvé dans ia 
Torpille ceux que j'avais découverts dans la Chimère arctique, dès 1809, sur un exemplaire 
rapporté de Nice a Paris par mes amis Peron et Lesueur. 

(2) M. D.... toujours empressé de faire connaître à ses auditeurs du Collège de France 
les derniers et principaux progrès de la science de l'organisation, avait déjà exposé , dé* 
le mais de décembre 1842 , et peu de temps après la publication des Monographies de 
HK. Rathko et J. Mûller, les détails connus alors de cotte organisation anormale, dan» 
une leçon particulière a laquelle assistait un des autours qui ont avancé depuis tors nos con- 
ufilssauces sur ce sujet remarquable. En même temps il a mis sous les yeux do ses audi- 
teurs un exemplaire de ce poissun singulier, qu'il devait à l'amilio do M. Costa. 



TRAVAOX INÉDITS. 36! 

rynchos maculatus V"»,N. Dict., vol. 27, p. 19. (Guyane, 
Cayenne.) 

3. T' /lavifrons nob., Moucherolle à front jaune, Cuv. Mus. 
de Paris. — Supra viridi-olivaceum , Pileo ardesiaco , loris 
flavis maculam utrinque flavam ante-ocularem formantibus ; 
remigibus , rectricibusque obscure nigris , olivaceo marginatis; 
tectricibus alae minoribus et majoribus , remigibusque tertiariis 
prœterea flavo-albicante limbatis. — Subtùs totum flavuin hy- 
pochondriis parum olivascentibus. — Affînis Tod» cinereo , 
differt caudà haud nigrâ albo terminala , loris flavis , etc. 
( Brésil, j 

Cette espèce qui n*est pas rare au Brésil , est remarquable 
par le gris ardoisé du dessus de sa tète , devenant presque noir 
sur le front où il sépare deux taches antéoculaires qui sont, 
ainsi que tout le dessous et les bordures des tectrices et des ré- 
miges, d'un jaune serin ; le dessus est vert olive. Long, totale 
monté 9 cent. 3/4. 

4. T. plumbeiceps nob. , Tod. à tête couleur de plomb. — Le 
Tachuris à tête couleur de plomb azara n" 169, V**^, N. Dict., 
v. 32, p. 355. — Gobemouche gorgeret , Muscicapa gularis Nat- 
terer, Tem. col. 167, 1. — Tod. gularenoh.^ Synops. av. amer., 
pL 46. (Brésil , Bolivie.) 

5. T. margaritaceiventer nob., Synops. av. amer., p. 46, 
Voy. en amer. d'Orbigny, pi. 33, f. 3, 4. — Le Tachuris brun à 
ventre gris de perle azara , n° 177, Y»», N. Dict. , v, 32, p. 354. 
(Bolivie, Paraguay.) 

Cette espèce a déjà le bec plus étroit , moins obtus et moins 
déprimé que les trois précédentes. Elle est en-dessus , d'un 
olive sombre relevé par les bordures jaunâtres des rémiges ter- 
tiaires et du pli de l'aile. La tête et le cou sont d'un gris de sou- 
ris ; la gorge et le devant du cou sont d'un blanc lustré , se dé- 
gradant en gris de souris varié de blanc sur la poitrine et le 
ventre , le bas de l'abdomen est d'un blanc jaunâtre ; bec, 
tarses et doigts rougeâtres. Long, totale 10 cent. 3/4. 

6. T. ecaudatum nob., Syn. av. am., p. 47. — D'Orbigny, 
Voy. en am, pi. 33, f. 1, 2. (Habit, in Boliviâ.) 

Cette petite espèce est remarquable , non-seulement par sa 
très-petite dimension , mais surtout par l'extrême brièveté de sa 
queue qui n'a qu'un centimètre, la longueur totale de l'oiseau 



362 REVDE ZOOLOGIQUE. [Octobve 1846.) 

étant de sept. Elle est en-dessus d'un olive jaunâtre , avec le 
dessus de la tête cendré , le dessous blanc avec la poitrine et 
les flancs verdatres, les pattes très-grêles, blanchâtres ainsi 
que les ongles. (De Yuracarès Bolivie.) 

10. T, furcatum, nob. — Tod. suprà olivaceum , capite toto 
sordide brunneo ; alae fusco-nigrae , primariis olivaceo, secun- 
dariisrufo, tertiariis flavo-albescente extùs marginatis ; cauda 
olivacea , ante apicem album late nigro vittata, basi angusta , 
apice dilatata et furcata , uti in nonnullis dicruris extùs divari- 
cata et elongata ; subtùs cinereum gutture pallide brunneo, ju- 
gulo medioque abdomine albis; rostrum pedesque paliidi. (Hab. 
in Brasilia). 

Cette espèce à bec déprimé, et se rapprochant assez de la forme 
typique , est surtout remarquable par la forme étroite de sa 
queue jusqu'aux deux tiers de sa longueur, et là, se dilatant 
de chaque côté comme celle de certains drogos, d'après la 
forme déjelée en dehors , et l'allongement des barbes exté- 
rieures de la dernière rectrice latérale , plus longiie que les au- 
tres et formant, par conséquent , une queue échancrée à son 
extrémité ; elle est en dessus de couleur olive , avec les rémiges 
secondaires bordées de brun et les tertiaires de brun jaunâtre; 
la queue est traversée à son extrémité par une large bande 
noire terminée de blanc. — La tête est d'un brun sombre, la 
gorge de couleur semblable mêlée de quelques stries blanches, 
le dessous de couleur grise , avec une tache étoilée blanche de 
neige au bas du cou et le milieu de l'abdomen blanc sali. Le bec 
est brun pâle en dessus, blanc en dessous , les pieds sont pâles. 
(Du Brésil) long. tôt. 10 cent. 

11. T. palpebrosum , nob. — Tod. suprà olivaceum oculo- 
rum circuitu albescente , caudâ alisque ut rite fusco-nigris , 
rectricibus remigibus primariis angustissime secundariis magis 
conspicue olivaceo-flavo extùs marginatis, tertiariis pogonio 
toto externo , favescente-albis , vittas duas albas longitudinales 
dorsi formantibus ; subtùs flavum gutture et collo antico striis 
griseis et flavo-albescentibus variegatis ; pectore et hypochon- 
driis olivaceis ano pallide flavescente. Rostrum modice elonga- 
tum, apice acuminatum iiiaxillâ corneâ mandibulâ albâ; tarsi 
elongati graciles digi lis brevibus uti in congenericibus. 

Cette espèce , de couleur olivâtre comme toutes les autres , 



TRAVAUX INÉDITS. 363 

mais un peu plus forte est remarquable par un cercle étroit de 
petites plumes ciliaires blanches autour de ses yeux comme chez 
les Zosterops et par les bordures externes de ses rémiges ter- 
tiaires , d'un blanc jaunâtre , plus larges et plus apparentes que 
chez les autres espèces et formant de chaque côté du dos une 
bande longitudinale de cette couleur. Long. tôt. 10 cent. 1/2 
(Colombie?) 

7. T, granadense Hartlaub, Rev. zool. 1843, p. 289. (N"«- 
Grenade). Muscicapa Diops , Tem. col. 144, f. 1? 

Nous trouvons de tels rapports entre cette espèce et le Mus- 
cicapa Diops, Tem. col. 144, f. l.que nous soupçonnons fort 
leur identité. 

8. T, spicifefum nob. — Tod. suprà obscure olivaceum, cris- 
tatum, cristâ plumis verticis elongatis angustis posterius incum- 
bentibus formata ; his plumis obscure fuscis, olivascente circum- 
dalis ; alœ nigrîc, plumis totis obscuro-olivaceo marginatis; 
tertiariis extùs et flexurjî alte olivascente-flavis ; sublùs albes- 
cens , gutture , coUo antico pectoreque striis fuscis variegatis ; 
ventre medio albo , abdomine pallide flavescente , hypochon- 
driis olivaceis ; rostro minus elongato , acutiùs et minus depresso 
quam in congeneribus. (Hab. in-Brasiliâ.) 

Cette espèce est tout à fait remarquable par un bec légère- 
ment courbé dans sa longueur, assez étroit, et très-pointu , par 
une huppe de plumes noirâtres , étroites , allongées, 'pointues , 
partant du vertex et se dirigeant en arrière. Le dessus est d'un 
olivâtre sombre , relevé seulement par les bordures des tertiaires 
et le pli de l'aile jaunâtres, — Le dessous est un mélange de 
stries blanches et noirâtres sur la gorge, le cou et la poitrine 
avec le milieu de l'abdomen blanc et les flancs olives mêlés de 
jaunâtre; la queue est assez allongée et les pattes grêles et très- 
débiles. Long. tôt. 10 cent. 

9. F. squamœcrista nob. — Tod. suprà olivaceum, capi te fusco 
brunneo, verticis et nuchae plumis latiusculis, elongatis, apice 
late rotundatis, rufo marginatis, squamœformibus ; alae fusco- 
nigrœ , tectricibus remigibusque ut rite flavo-olivascente lim- 
batis ; subtùs albescens, collo pectoreque griseo striatis, abdo- 
mine hypochondriisque paucissimè flavo tinctis. (rostrum) 
depressum , elongatotriangulare , nigro fuscum , apice brunnes- 
cente. (Habit, ad Bogotam.) 



364 REVUE ZOOLOGIQUE. {Octobrc 1846.) 

Cette jolie espèce est encore remarquable par une forte huppe, 
mais toute différente de celle de l'espèce précédente, car, au lieu 
d'être formée de quelques plumes étroites et pointues , elle l'est 
au contraire de plumes touffues , arrondies et élargies à l'extré- 
mité. Le front jusqu'au vertex et les côtés de la tête sont d'un 
gris souris. Au vertex , les plumes commencent à s'allonger, 
à prendre une teinte noire à leur base , avec une bordure rousse 
et, jusqu'à la nuque , elles ,deviennent de plus en plus longues , 
élargies et arrondies à leur extrémité, dont la bordure rousse 
devient aussi plus large et de couleur plus vive — Le dessus 
de l'oiseau est comme chez presque tous ses congénères , oli- 
vâtre relevé par les bordures des tectrices et des rémiges ter- 
tiaires jaunâtres ; le dessous est comme chez l'espèce précé- 
dente , mais la queue est plus courte d'un tiers, le bec plus 
déprimé, plus large, moins aigu et se rapprochant davantage 
de la forme typique. Long. tôt. 9 cent. (Bogota.) 

12. T. auriculare nob. Plat, auricularis P. , à oreilles 
noires, V»', N. Dict., v. 27, p. 16. — Todus megacephalus Sw. 
nat. libr. X Flycatchers, pi. 19. — Quoique cette espèce, dont 
M. Lesson avait fait son genre Gobevermisseau, Yermivora, dans 
son traité p. 38G, paraisse s'éloigner des espèces types par son 
bec beaucoup moins long et non linguiforme , cependant l'en- 
tière conformité qu'elle présente dans l'ensemble du plumage , 
dans la forme grêle de ses tarses, la brièveté de ses doigts, nous 
décident à la placer dans ce genre , attachant beaucoup plus 
d'importance à ce double caractère qu'à celui du bec dont la 
forme très-allongée et linguiforme, chez quelques espèces types, 
se modifie insensiblement chez la plupart des autres, en deve- 
nant plus courte et plus pointue jusqu'à celle-ci. 

Nous avons reconnu avec satisfaction que notre savant collè- 
gue , le docteur Hartlaub, avait en cela notre même manière 
de voir d'après la forme de bec de l'espèce qu'il a nommée 
Todirostrum granadense. 

Le T, à oreilles noires est remarquable par une forme plus 
courte que les autres, quoique sa tête à plumes ébouriffées 
paraisse au contraire plus forte à proportion que chez la plu- 
part d'entre eux. Il est surtout remarquable par les plumes 
qui recouvrent ses oreilles très-développées , d'un blanc roussâ- 
tre , terminées postérieurement par une large bande en crois- 



TRAVAUX INÉDITS. 365 

sant noire. 11 est olivâtre en dessus avec la nuque £»ris-ar- 
(loise, les cotés du cou gris clair, les ailes marquées comme 
d'ordinaire , le dessous d'un jaune vif, avec la gorge, le devant 
du cou blancs marqués de stries noires ^ le bec est noir en tri- 
angle allongé et déprimé , les pattes sont rougeâtres. Long. tôt. 
8 cent. 

13. T. Diops nob., Muscicapa Diops Tem. col. 144, f. I, du 
lîrésil. Nota Cette espèce, que nous ne connaissons que par la 
figure de Temminck , ne nous paraît différer du Tod. grana- 
dense (Hartlaub) que par un peu plus de taille , un bec un peu 
moins effilé et la mandibule inférieure blanche. 



Sur le Jîamphocelus Icleronotus du prince Bonaparte; par 
M. Fr. DE Lafresnaye. 

Le prince Bonaparte décrivant dans les Proceedings, 1837, 
p. 121, etdanslaBevue zoologique, 1838, p. 8, son Bamphocelus 
icteronotus, d'après un seul individu qu'il avait vu dans la col- 
lection du Muséum de Paris, l'indiquait par la courte diagnose 
suivante : « J{. nigerrimus , dorsopostico, uropygioque flavis- 
simis. » 

Quoique cette courte description parût alors suffisante pour le 
faire distinguer de toutes les autres espèces plus ou moins variées 
de rouge et de noir, la Colombie ou la Bolivie ayant fourni , 
dans ces derniers temps, des individus plus ou moins variés de 
jaune, nous avons cru devoir étendre davantage cette description 
pour mettre nos lecteurs à même de reconnaître ou de rejeter 
leur identité spécifique avec le Ji. icteronotuSy y ayant même 
ajouté quelques détails qui ne sont pas sans importance. Nou 
définirons donc le Ramp. ideronotus de la manière sui- 
vante : 

1° /?. totus sericeo-ater, dorsopostico, uropygio et suprà 
caudaiibus citrino-flavis ; rostrum nigro-plumbeum, promole 
rectiusjongius, et magis cylindricum, culmine magis rotun- 
datOy basi infera minus lato, maœilla mandibula altiore, hac 
ad oculos parum protensa nec dilatata; pedes fortes nigro- 
plumbei.Longit.tota,M cent. M'i; maxillœ a fronte, M millim.. 



3C6 REVUE zooi.or.iguE. (Octobre 1846.) 

mandibulœ abasi lateriali,\9 milliin.; altiludo maxillœ post 
nares, 5 millim.; mandibulœ ad basim, 4 millim. 

La forme du bec de cette espèce, si diOerente chez l'adulte de 
celle de toutes les autres espèces du genre, mérite une attention 
particulière. Il est effectivement plus allongé, plus droit, à carène 
supérieure plus arrondie, moins tranchante, à base moins élar- 
gie^ à mandibule supérieure offrant plus de longueur depuis les 
plumes frontales, à mandibule inférieure en offrant moins au 
contraire et étant très peu prolongée vers la région oculaire et 
très-peu dilalée en cette partie dans le sens de la hauteur d'où il 
résulte qu'au Heu d'être plus élevée dans ce sens que la supé- 
rieure, elle est au contraire moins haute d'un cinquième. 

Ce caractère de forme rostrale particulière à cette espèce, ca- 
ractère qui offre presque une anomalie dans le genre RamyhO' 
céle, nous a paru suffisant pour considérer comme simples va- 
riétés d'âge ou de sexe deuxindividusqui, malgré leur différence 
de coloration, nous ont présenté une forme de bec toute sem- 
blable. En voici la description : 

2° Bamphocelus icteronotuSy Bonap., Proceed., 1837, p. 121 ; 
Rev. zooL, 1838, p. 8, — fœmina aut junior? 

Ji. suprà fascus, olivaceo tinctus^ teciricibus alœ^ remigibus 
tertiariis dor.sique plumis supremis olivaceo marginatis; dori<o 
posticOy uropygio, tectricibus caudœ superis, subtùsque lotus 
citrino-flavis ; hoc colore pectoreintensiore, alœ tectricibus in- 
feris remigibusque subtùs basi albis; alispro mole brevioribus. 
Longit. tota^ 15 cent.;alœaflexuraS cent. Habit, in Colombia 
aut in Boliviâ ? 

Cet oiseau est en dessus d'un brun olivâtre, avec les plumes 
du haut du dos, les tectrices alaires et les rémiges secondaires et 
tertiaires frangées de vert olive ; le bas du dos, le croupion et 
les sus-caudales, ainsi que tout le dessous du corps, sont d'un 
jaune citron très-vif sur les parties supérieures et la poitrine, un 
peu plus faible sur le reste ; il est surtout remarquable par son 
bec entièrement conforme à celui de VIcteronotus; la mandi- 
bule inférieure n'a à sa base que 4 millimètres de hauteur ; la 
supérieure en a plus de 5. Cette conformité de bec avec celui du 
Ramphocelus icteronotas, Bonap. Proceedîngs, 1837, p. 121, la 
coloration semblable du bas du dos et du croupion, quelque 
différente que soit d'ailleurs celle de tout le reste du plumage, 



TRAVAUX INÉDITS. 367 

d'ua noir de velours ehez VIcteronotus, brun olivâtre en dessus, 
jaune citron en dessous ehez notre oiseau, nous font fortement 
présumer , uialîjn; la brièveté de ses ades, qne notre oiseau est 
la femelle de VIcteronolus et peut-être jeune femelle vu cette 
brièveté d'ailes. 

'6° Bamphocelusicteronolus Bonap.,Proceedings,1837, p. 121 
(junior avis?) 

Cette même conformité de bec de VIcleronotus avec un second 
individu différant entièrement de coloration avec lui et avec 
celui que nous venons de décrire, nous porte néanmoins à le 
considérer comme un jeune de la même espèce. Cet individu, 
venant de la même localité que celui que nous venons de dé- 
crire, est en dessus d'un noirâtre sombre avec le bas du dos, le 
croupion et les sus-caudales d'un orangé rougeatre; les plumes 
qui recouvrent les oreilles, les côtés du cou et la gorge, sont en- 
tremêlées de gris olivâtre et de noirâtre, comme tigrées de ces 
deux couleurs peu tranchantes; — le devant du cou et tout le 
dessous sont d'un jaune-omelette un peu terne; 1^ poitrine est du 
même rouge orangé que le croupion. Le bec, qui paraît avoir 
été d'un bleu plombé, quoique entièrement conforme à celui de 
VIcteronotus adulte, est néanmoins d'une proportion un peu 
moindre, ce qui, joint aux teintes mélangées et peu tranchantes 
du plumage , nous fait fortement présumer qu'il est le jeune de 
cette espèce. Long, totale, 1 7 cent., comme VIcteronotus adulte. 

Il vient, comme le précédent, de la Bolivie ou de la Colombie. 

Nous devons ajouter à ces trois descriptions que chez VIctero- 
notus adulte, les plumes jaunes du dos sont blanches à leur 
base, tandis que chez l'individu que nous regardons comme sa 
femelle elles sont presque noires, et grises chez celui que nous 
regardons comme le jeune. 

Les différentes espèces composant aujourd'hui le genre Ham- 
phocéle (RamphopiSj Vot. 1816), sont à notre connaissance. 

1° H. brasilia^ L. U. coccineus, Vot Gai. pi. 79, Buff. enl. 
127, f. 1 (Brésil). 

2« /?. Jacapa^ L. Gmel. BuiT. enl. 128 (Guyane). 

3° R. nigro-gularis Spix, pi. 47. — R. ignescens, Less. Cent, 
zool., pi. 24 (Mexique). 

4° /?. atrosericeus d'Orb. et de Lafr. Synops. av. amer, et 
Voy. en Amer. Ois., pi. 24, f. 1 . 



368 RKVDE zooLOGiQUK. [Octobve 1846.) 

5" R. dimidiatus de Lafr. Mag. de zool., cl. 2, pi. 81 (Mexico, 
Carthagène). 

6° /?. Passerinii lîonap.. Anthologie, n» 130, octobre 1831. — 
R. flammigerus, William, Jardin, illustr. of zool., pi. 131 (île de 
Cuba). 

7° /?. Lucianide Lafr. Mag. de zool. 1839, Ois., pi. 2 (Cartha- 
gène, Colombie). 

8°/?. icteronotus^ Bonap., Proceedings, 1837, p. 121; — Rev. 
zool., 1838, p. 8 (Mexique). 

9° Jî. af finis. Lésion, Rev. zool., 1840, p. 1 (Mexico); espèce 
voisine mais distincte, selon M. Lesson, de nos R. dimidiatus et 
Luciani. 

10'» R. melanogaster (Swainson Two centenaries and a quarter 
of birds etc. in Animais in ménageries, part. 3, p. 359 (Mexico). 

Swainson le l'ëcrit comme étant en dessus d'un noir brunâtre 
avec le croupion, les sus-caudales et le corps en dessous d'un 
rouge éclatant, la tête, la gorge et la poitrine d'un marron rou- 
geâtre, les plumes des jambes et du milieu du ventre noires. 
Long, tôt., 7 pouces 1/2 anglais. 

1 1° R. atro-coccineus {Swa'ins. Brasil birds, pi. 20). Swainson, 
dans la description de l'espèce précédente, son R. melanogaster, 
ajoutant que le marron rougeâtre qui couvre la tête, la gorge et 
la poitrine sont de la même teinte que ces mêmes parties chez 
son R. atro-coccineus, et aucune des neuf espèces citées plus 
haut n'offrant cette coloration sur ces parties, nous avons pensé 
que ce R. atro-coccineus, malgré ses autres rapports de colora- 
tion avec quelques espèces connues, pouvait néanmoins être con- 
sidéré comme espèce distincte, ce que néanmoins nous ne pou- 
vons garantir, ne l'ayant point vu en nature. 

Postscriptum. 

L'absence de M. Guérin Méneville pendant trois mois ayant 
retardé l'apparition de l'article ci-dessus, qui était déjà imprimé, 
nous avons cru devoir, avant sa publication, y ajouter les détails 
suivants. L'arrivée récente de M. de Lattre, naturaliste voyageur, 
zélé et bien connu, a fourni à l'ornithologie de nouvelles espèces 
et de nouvelles observations ; les premières m'ont été confiées 
pour les décrire par l'acquéreur de toute la collection, M. Wilson, 
et les secondes m'ont été communiquées obligeamment par M. de 



TRAVAUX INKDITb. 369 

Lattre. 11 en résulte, quant au genre Rainphocèle dont nous nous 
occupons ici, que M. de Lattre a rapporté un certain nombre de 
Tespèce noir de velours à dos serin ou soufré , quelques autres 
n'en différant que par la couleur de leur dos jaune orange , et 
quelques autres n'en différant encore que par cette même partie 
d'un rouge éblouissant. 

M. de Lattre qui les a trouvées, dans la même contrée, mais à 
des zones de hauteur différentes près des Andes de la Nouvelle- 
Grenade, les regarde néanmoins comme de la même espèce, et 
les Indiens aussi, qui les désignent toutes trois par le même nom. 
M. de Lattre a reconnu avec certitude la femelle de l'espèce à 
dos rouge qui est en dessus d'un noirâtre olive, en dessous 
d'un orangé terne avec la poitrine et le croupion d'un rouge 
orai^, 

Quant aux deux autres espèces ou variétés à dos serin et à 
dos orangé, il n'en a rapporté que des individus mâles adultes 
en apparence , ayant le reste du plumage d'un noir de velours 
intense. Il a observé que ces trois espèces, quoique ayant besoin 
d'une température élevée et du voisinage des eaux , ne se ren- 
contrent cependant jamais ensemble, mais à des zones d'élévation 
différentes ; ainsi Tespèce à dos serin, qui paraît la plus frileuse, 
habite les vallées les plus basses et les plus chaudes en pays dé- 
couvert et marécageux; celle à dos orange, une terre chaude 
boisée et humide, à 40 lieues environ de marche de la première 
en s'élevant insensiblement ; celle à dos rouge de feu, une loca- 
lité découverte, marécageuse et un peu plus tempérée , mais où 
cependant pousse encore le bananier ce qui constitue la zone 
nommée terre chaude, celle où il cesse de végéter, mais où 
vient encore l'oranger s'appelant tempérée, et celle où ce der- 
nier cesse de végéter étant désignée dans le pays sous le nom 
de terres froides. 

Cette famille est généralement buissonnière et n'entre dans 
les grands bois que pour y chercher l'ombrage pendant la grande 
chaleurdu jour. Elle se tient habituellement sur les buissons près 
des eaux. 

On voit, par les observations ci-dessus de M. de Lattre, que nos 

prévisions sur l'identité spécifique de ces individus à coloration 

dorsale si différente, n'étaient pas sans fondement ; il reste main- 

^nant à reconnaître si cette différence provient elle-même de 

Tome IX. Année 1846. 24 



370 REVUE ZOOLOGIQUE. (Octobve 1846.) 

celle d'élévation et de chaleur par conséquent qui existe dans 
rhabitat de ces trois espèces. S'il en était ainsi pour cette espèce 
dont le type serait probablement la variété à dos rouge qui au- 
rait insensiblement pâli en descendant au fond des vallées brû- 
lantes des Andes, il est probable que de semblables modifications 
se retrouveraient chez d'autres espèces habitantes des mêmes 
contrées. 

Maintenant le Ramphocèle de Passerini (Bonap.) noir, à dos 
rouge, n'est-il point la variété à dos rouge de son^. icteronotus, 
et tous deux ne seraient-ils point deux des trois variétés que nous 
venons de signaler? Dans ce cas ces trois variétés devraient pren- 
dre le nom le plus ancien de J{, Passerinii désignant la variété 
à dos rouge ? 



II. AIVALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 

Archives d'histoire naturelle , (Archiv. fiir Naturgeschichte), 
fondées par Wiegmann, rédigées par M. Erichson. Il^ année, 
1845, vol. 1. 

I. Sur un ver intestinal, vivant dans un Acalèphe ; par 
M. Sars. — Voyez Revue zool. 1846, p. 155. 

II. Additions à la description du développement des Nudi- 
branches; par M. Sars. — Voyez Rev. zool. 1846, p. 177. 

III. Sur le développement des Annélides, par M. Sars (P. 
11, pi. 1, f. 12, 21). — L'auteur a observé depuis 1840 le déve- 
loppement de la Polynoë cirrata, et il a trouvé , qu'elle est 
sujette à plusieurs métamorphoses , dont cependant il n'a pu 
observer que la première époque, 

IV. Sur le développement des œufs dans une Annélide , et 
sur les différences extérieures des deux sexes , par M. Oersted 
(P. 20, pi. 2). — L'auteur a fait ses observations sur une Anné- 
lide qu'il a découverte récemment et chez laquelle le dévelop- 
pement des œufs peut être observé avec facilité , parce que les 
mâles et femelles se distinguent fort bien par des caractères ex- 
térieurs. Il a admis un nouveau genre pour cette espèce , qu'il 
caractérise sous le nom d'Exogone naidina. 

Y. Sur le genre Euaxes , par M. Menge à Danzig (P. 24, 



ANALYSES D OUVRAGES NODVEADX. 371 

pi. 3). — L'auteur donne des détails sur la manière de vivre de 
VFuaxes fUirostris brune, et décrit une seconde espèce du 
même iienre: Euaxes obtusirostris. 

Vï. Notices sur l'anatomie des Mollusques , par le docteur 
Parsch (P. 34, pi. 4, 5). — L*auteur croit que c'est l'appareil 
sexuel qui offre les caractères les plus tranchants pour consti- 
tuer de bons genres et espèces. 11 décrit les organes génitaux des 
Hélix aspersa , austriaca , incarnata , umbrosa , strigella , eri- 
cetorum , striata , fruticum, verticillus, celiaria, Clausilia ven- 
tricosa , Bulimus radiatus, Arion hortensis, Physa fontinalis. 

VII. Sur un nouveau genre de Céphalopode, Octopodoteuthis , 
par M. Krohn (p. 47, pi. 5 , fig. A , F). — Voyez Rev. zool, 
1846, p. 152 et 191. ^ 

Vin. Phrases diagnostiques de quelques coquilles nouvelles, 
par M. Philippi (p. 50). — Lutraria tennis. Du détroit de 
Magellan. 2. Cyamium. Nouveau genre voisin des Erycina et 
Kellia. Espèce : C. anlarcticum. De Patagonie. 3. Keltia bullata 
etc. 4. Kellia miliaris du détroit de Magellan. 5. Saxicava 
antarctica, Chiloë. 6. Saxicava concholrypa. Dans le test de 
l'Haliotis Iris. 7. Entodesma. Nouveau genre, voisin de la Saxi- 
cava, espèce E. chilensis. 8. Petricola chiloensis. 9. Donax 
securiformis. Nouv. Séelande? 10. Diplodonta inconspicua. 
Chiloë. H. Cytherea amœna. Océan Pacifique. 12. Cyth. li- 
vida. Océan Pacif. I3. f^enus expallescens. Chili. 14. Venus 
agrestis. Détroit de Magellan. 15. Cardita elongata. Océan 
Pacif. 16. Cardium distortum t Iles des Amis. 17. Arca La- 
marckii. Chine. (A. scapha Lam. b. ?) 19. Pectunculus cono- 
ninus. Océan Pacif. 20. Pectunc. miliaris. Détroit de Magellan. 
21, Lima pygmœa. Même localité. 22. Pecten australis. Iles 
Chonos. 23. Pecten natans. Détroit de Magellan. 24. Terehra- 
tula eximia. Détroit de Magellan. 25. Terebratula lupinus, 
lies Chonos. 26. Tereb. rhombea. Détr. de Mag. 27. Chiton ar- 
gyroslictus. Même loc. 28. Patella hyalina. Même loc. 29. Pa- 
tella cymbium et 30 P. vitrea. Même loc. 31 . Fissurella nigra. 
Chili. 32. Fiss. australis. Détr. de Mag. 33. Fiss. alba. Même 
loc. 34. Calyvtrœa decipiens, et 35. C. coslellata. Même loc. 
36. Ilelix (Nanina) Pfeifferi.^ Chine. Voisine de l'H. cmnamomea 
Val. 37. liulimus bimttatus. Pérou. (Le nom est changé par 
l'auteur plus tard à cause du Bul. bivitt. Conch. HL). 38. Au- 



372 REvnB ZOOLOGIQUE. {Octobre i846.) 

riculatriticea. Chine? 59. Limnœus sandwicensis . Oahu. 40. 
Neritina aspera. Chine? 41. Nerritina cirrata. Chine? 42^ 
Neritina hicanalis. Taïti. 43. Rissoa bidentata. Iles des Amis. 
44. JSatica atrocyanea. Détroit de Magellan. 45. Nat. patago- 
nica. Même loc. 46. Nat. acuta et 47. IVat. impervia. Même 
loc. 48. Scalaria magellanica. 49. Trochus nudus. 50. Tro~ 
c/iMS (Margarita ?) lineatus. Même localité. 51. Monodonta lac- 
tea. Iles des Amis. 52. Cerithium pullum. Détroit de Mag. 53. 
Cer» exiguum et 54. C, diminutivum. Iles des Amis. 55. Fusus 
cancellinus et 56. F. decolor. Détroit de Mag. 57. Turbinella 
spinosa. Chine. 58. Buccinum patagonicum et 59 £. tœnio- 
latum. Détr. de Mag. 60. Balanus acutissimus. Iles Chonos. 
61. Balanus sulcirostris et 62. Chthamalus chilensis. Chili et 
détr. de Mag. 63. Chthamalus glabratus. Chili. 64. Chthama- 
lus australis. Détroit de Magellan. 

\X. Sur les singes sans queue , vivant sur les îles Sunda, 
par le Doct. Sal. Mûller (p. 72.) Description des mœurs du Pi- 
thecus Satyrus (à Bornéo et Sumatra), de l'Hylobates syndactylus 
(Sumatra), H. leuciscus (Java) , H. concolor (Bornéo) et H. va- 
riegatus (Sumatra). 

X. Sur la structure et les limites des Ganoïdes et sur le sys- 
tème naturel des poissons , par J. Muller à Berlin (p. 91). 

XI. Remarques sur plusieurs espèces décrites (p. 50), par 
M. Philippi (p. i42.) Arca Lamarckii paraît être la vraie A. 
scapha de Chemnitz. — Pectunculus concinnus est le P. gigan- 
teus Reeve de Californie. — Fissurella Australis est , selon 
M. Cuming, la Fiss. fulvescens Sow. — Ensuite l'auteur dé- 
crit quatre nouvelles espèces de Fissurella , solida et concinna 
du Chili , elongata et adspersa , dont la patrie est inconnue. 

XII. Phrases diagnostiques de plusieurs nouvelles espèces de 
Rongeurs et Chiroptères, par M. j4. Wagner (p. 145). — MC' 
somys (nov. gen.) ecaudatus Natt. Isothrix (nov. gen.) bistriata^ 
pachyura et Pagurus Natt. du Brésil. Loncheres grandis N. 
Dactylomys amblyonix^. Hesperomys leucodacty lus "Si, ^ con- 
color "Wagn., leucogaster IS., etiurus N., pygmœus N., bra- 
chyurus fS., fuliginosus N., caniventris Wagn. du Brésil et 
maniculatus Wagn. de Labrador. Sciurus gilvigularis N. Bré- 
sil. Fespertilio splendidus Wagn. Ile Saint-Thomas. Rhinolo- 
phus gigas Wagn, HenguelaJ Mus limbatus W. Sennaar. Mus. 



ANALYSES d'oOVRAGES NODVKAUX. 373 

fusairostris W. Sennaar. Myoœus orobinus W. Sennaar, 
Myoxus myosurus W. Syrie (Rotschy). 

XIII. jReptilium conspectiis quac in republica Peruana repe- 
riuntur et pleraque observata vel collecta sunt in itinere a Dr. 
J, /. de Tschudi (p. 150). Espèces nouvelles : Steironotus are- 
narius , Scelotrema (nov. gen.) formosum et crassicaudatum ^ 
Steirolepis xanthostigma , tigris^ thoracica et quadri- 
vittata. Liolaenms modestus y elegans. Urocentron Palluma. 
Ctenoblepharis (nov. gen.) adspersa. Viplodactylus lepido- 
pygus. Discodactylus phacophorus. Cnemidophorus hetero- 
lepis. Euspondylus (n. g.) maculatus. Proctoporus (n. g.) 
pachyurus. Trachylepù punctata. Copeoglossum (n. g.) cinc- 
tum. Typhlops iesselatum. Sphenocephalus melanogenys. 
Liophis tœniurus. Lygophis elegans. Lycodon semifasciatus. 
Siphlophis Fitzingeri. Echidnaocellata. Lachesis picta.Rana 
juninensis. Cystignathus sylvestris. Colodaciylus (n. g.) cœni- 
lescens. Leiuperus viridis. Bufo Poeppigii, trifolium et mo- 
litor. Trachycara (n. g.) fusca. Anaxyris (n. g.) melan- 
cholicus. 

XIV. Remarques zoologiques et an&loimqaea surles Alciopes, 
par M. A. Krohn (p. 171). Voyez Revue zool. 1845, p. 418. 

XV. Remarques sur plusieurs genres de coquilles , dont le» 
animaux sont peu connus; par M. Philippi (p. 185, pi. 7). — 
L'auteur décrit l'animal de la Gastrochœna Polianar, Petricola 
lithophaga, Venerupis perforans, Erycina Renieri , Nucula sul- 
cata et emarginata (Arca pella L.?) Arcadiluvii. 

XVI. Anatomie de l'Ampullaria urceus et sur le genre Lanis- 
tesMontf. , par F, H, Troschel (p. 197, pi. 8). Voyez Revue 
zool. 1845, n» 10, p. 385. 

XVII. Sur le développement de l'appareil auditif des Mol- 
lusques, par M. H, Frey (p. 217). Voyez Revue zool. 1846, 
p. 153. 

XVIII. Registre des animaux , dans lesquels on a trouvé des 
Entozoa , par M. Gurlt (p. 223). Le nombre des animaux énu- 
mérés , appartenant à toutes les classes , s'élève à 972. 

XIX. Sur le Cryptorhynchus Lapathi , par M. Schwagrichen, 
à Leipsig (p. 337, pi. 10). 

XX. Description de plusieurs nouveaux Échinodermes et re- 
marques critiques sur quelques espèces peu connues, par 



S74 RÉVDE zooLOGiQDE. {Octohre 1846.) 

M.Philippi (p. 344, pi. 11.) — 1. Spatangus {'Tnpy\us) exea- 
vatus Phil. 2. Sp. (Trip.) cavernosus PMI. 3. Sp, (Trip. aus- 
tralis Phil. 4. Sp. (Brissus) pulvinatus Ph. 5. Sp. (Brissus) 
placenta Ph. 6. Sp. purpureus (Echiims) L. 7. Spat. (Micraster) 
canaliferus. 8. Cidaris affinis Ph. de Naples. 9. Cidaris pa- 
pillata Flem. 10. Cidaris hystrix Lam. 11. Cidaris imperialis 
Lam. 12. Cidaris (Diadema) tenuispina Ph. 13. Cid. (Diad.) 
longispina Ph. 14. Cid. (Diad.) Antillarum Ph. 15. Echino- 
cyamuspusillus. 

XXÏ. Remarques synonymiques sur le Conspectus avium 
(Arch. 1844, I, p. 262), par M. J. /. de Tschudi (p. 360). 

XXII. Sur ranimai de l'Argonaa^a Argo, par Jeannette Power, 
traduit des Atti dell'Aead. gioen., par M. Creplin (p. 369). 

Le volume II contient les rapports sur les progrès de l'his- 
toire naturelle des Mammifères , par A. Wagner (p. 1) ; des Oi- 
seaux , par le même (p. 44); des Insectes , Arachnides , Crustacés 
et Entomostracés , par M. Erichson ; des Amphibies (p. 182) et 
des Poissons (p. 188), par M. Troschel ; des Vers , Zoophytes et 
Protozoaires , par M. de Siebold (p. 202) ; des Mollusques ,^ par 
M. Troschel (p. 297). Doct. L. Pfeifïer. 



Journal de Malacozooîogie (Zeitscbrift fur Malacozoologie), 
rédigé par Menke. Année 1845. 

1. Réponse de M. Deshayes à la critique du IX« volume 
de Lamarck par Menke ; avec des notes justificatives de M, Menke 
(p. 1). 

2. Suite du mémoire sur les Hélices de Linné , par Menke (p. 
14,25). 

3. Protoeardia, nouveau genre de Coquilles fossiles, par le 
docteur E. Beyrich (p. 17.) L'auteur y réunit les Cardium hil- 
lanum Sow., striatulum Sow., truncatum Sow., concinnum L, 
V. B. etgermanicum (truncatum Goldf.). 

4. Cyclas Creplini, Dunker. Nouvelle espèce, découvert^ à 
Cassel. 

5. Remarques critiques et synonymiques par L. Pfeiffer (p. 
21). Hélix Janus Ch. (Balesteriana Laa), Juliana Gray (rosacea 
S0W.); Hel. fragilis sow. Le nom doit être changé à cause de 



ANALYSES d'OCVRAGES NOUVEAUX. 375 

l'Hel. fragilis Pfr. de Cuba. Je croyais d'abord la reconnaître 
dans l'Hélix cromyodes Pfr., mais depuis , l'ayant vue en An- 
gleterre , je l'ai nommée Ilel. leytensis. Uel. globulus et 
rosacea Mûll ; Bul. in versus , perversus , vitrinus , interrup- 
tus et sultanus ne paraissent être qu'une seule espèce ; Bul. Fa- 
vannii Lam. (B. cinctus Jay) ; Pupa arata Recl. est le Bul. For- 
skalii Beck (Pepa candida Lam.) ; Pupa Juhennei Recl. est le 
Bul. labiosus Mûll. ; Pisidium acutum Pfr. est le P. Henslowia- 
num Jenyns ; Hélix corrugata Pfr. symb. 1, p. 41, n'est pas la 
corrugata Gmel., figurée par Chemnitz, qui paraît être plutôt 
l'Hel. rugosa de Lamarck. L'espèce de Cuba doit reprendre le 
nom d'Hélix gilva Fer, 

6. Origine des noms de l'Hélix Gargantua et Bulimus Panta- 
grueliniis , par Menke (p. 31). 

7. Suite des Mollusques de la Mer Germanique, par Menke, 
(p. 33). — Auricula tenella M., Limnœus balticus, L. fuscus» 
Paludina stagnalis M., Rissoa interrupta M., exigua, pedicularis 
M. — Suite (p. 49) : Litorina litorea , rudis , obtusata. 

8. Lettre de M. Deshayes , en réponse aux remarques de 
M. Jonas sur le genre Gastrochœna , (p. 44). — Réponse de 
M. Jonas(p. 182). 

9. Nécrologie du comte G. de Munster (p. 47). 

10. Remarques sur les Hélices, décrites par Lea dans les 
Obs. I, p. 163, par L. Pfeiffer (p. 61). Hélix muscarum = H. 
globulosa Fér. ; H. purpuragula = H. alanda Fér. ; H. ovum 
reguli , très-belle espèce, que j'ai reçue depuis de l'île de Cuba ; 
H. monodonta Lea de Haïti ; H. cyclostomopsis = argillacea 
Fér. ; H. mamilla = strobilus var. Fér. ; diaphana «= bistrialis 
Beck ; Himalana Lea. Je l'avais crue variété de la levipes, mais 
elle en diffère ; H. vesica = multistriata Desh. ; H. cincta Lea ; 
pourra conserver son nom , si en vérité la cincta Mûll. est la 
grisea de Linné; H. Woodiana = similaris Fer. ; H. globula Lea 
a= touranensis Seul. 

11. Nouvelles coquilles de M. Jonas (p. 65) ; Cytherea 
erythrœa , Vénus entobapta , Trochus tentoriiformis. 

12. Revue des Hélices lamellées, par M. Pfeiffer (p. 81). 
1. Hélix Cookiana. 2, Epistylium et 3 sont trois bonnes espèces. 
4. H. macrodonMke (duclosiana Fér.). 5. Gularis Say. 6. in- 
terna Say. 7. Margarita Pfr. de la Jamaïque. 8. Rafmesquea* 



376 REVOE zooLOGiçuE. (Octobve 1846.) 

Fér. ? Inconnue. 9. Lineata Say. 10. Multidentata Gould. U, 
Lichostoma Pfr. 12. Bilamellata Pfr. d'Opara. 13. Eolina Duclos. 
14. Proserpina Pfr. (Proserpina nitida Gould. mss.) de la Ja- 
maïque. 15. LamellosaFér. 16. Contorta Fér. 17. Oparica Anton. 
18. Sexlamellata Pfr. des îles Gambier. — H. Rivolii Desh. ; 
achatina Gray mss. ; polladonta Orb. ; sculpturata Gray mss. 
(Les espèces de M. Gray sont décrites, et dans une note une autre 
espèce de Damarha , nommée Dorcasia Âlexandri , par M, Gray 
dans le Musée Britt.). 

13. Remarques critiques sur plusieurs espèces de Trochus et 
sur le [genre Axinus, par M. Philip pi (p. 87). — M. Deshayes 
est en erreur sur le Trochus umbilicaris de Linné. L'espèce 
nommée par M. Deshayes, d'après Schrœter , Tr. umbilicaris , 
est le T. excavatus Lam. — Le genre Ptychina Phiî. est le genre 
Axinus de Sowerby. 

14. Sur les différences spécifiques entre l'Hélix nemoralis et 
hortensis , par M. J. de Voith (p. 92). 

15. Observations s^ la Faune des Mollusques de Silésie , par 
M. Siholtz (p. 97). M. Menke remarque que l'Hel. Charpen- 
tieri Siholtz est la Faustina Ziegl. Rossm. 

16. Revue critique des espèces vivantes du genre Valvata, par 
M. Menke (p. 115). 1. V. mucronata Mke. (Je crois que c'est le 
Cyclost. lucidum de Lowe. 2. V. contorta Mke. (Nerita contorta 
Mûll., Cyclost. simile Drap., etc.). 3. V. piscinalis Fér. 4. V. 
tricarinata Say. 5, V. depressa C. Pfr. 6. V. spirorbis Drap. 7. 
V. cristata Mûll. 8. Y. minuta Drap. 9. V. cancellata Mke, du 
mont Sinaï. 10- V. genuina Ziegl. 11. V. raCicina Mke de 
Hongrie. 

17. Hélix trachelodes Mke (p. 131). C'est tout au plus une 
variété édentée de l'Hélix paupercula Lowe. 

\S. Phrases diagnostiques de plusieurs coquilles nouvelles, 
par M. Philippi (p. 147). 1. Dolium ampullaceum. Oc. pacif. 
2. Dolium marginatum. Oc. pacif. 3. Dolium crenulatum. Oc. 
des Antilles. 4. Delphinula ducalis. Hab. 7 5. Turbo venustus. 
Hab. ? 6. Turbo.... 7. Haliotis nodosa. Hab. ? 8. Haliotis fulgens. 
9. Haliotis sulcosa. Nouv.-Holl. 10. Tellina Gruneri. Antilles. 
ll.Tellina coarctata. Chine. 12. Tellina lacunosa Chemn. 13. 
Tellina tumida Brocchi. 

i9. Nouvelles espèces d'Hélices, par L. Pfeiffer (p. 1&2)^ 



ANALYSES D*ODV RAGES NOUVEAUX. 377 

1. Hélix Buffoniana. Mexique. 2. H. Levis. 3. H. supertexta Pfr. 
Cuba. 4. H. deflexa. Cuba. 5. H. Kusteri. Taïti. 6. H. Sinclairi. 
Van-Diemensland. 7. H. areolata Sow. Californie. 8. H. Stuar- 
tiae Sow. Celebes. 9. H. mercatoria Gray. Chine. 10. H. Halde- 
maniana Ad. 11. H. tenerrima Ad. 12. H. Nemoraloides Ad. 
Jamaïques 13. H. Goudotiana Fér. 14. Bulimus Illheocola Moric. 
15. B. Swainsoni. 16. B. crenulatus. 17. B. abyssinicus Rupp. 
18. B. Bilairii Gray. 19. B. socotorensis P. 20. Achat, ceylanica. 
21. A. Griffithii Ad. 22. Achat. Philippi Ad. 23. Claus. Cumin- 
giana Pfr. 

20. Nouvelles espèces de Mollusques , du voyage du docteur 
Tams à Loanda et Benguela , par M. Dunker (p. 163). l.Acha- 
tina Pfeifferi. 2. Achat, semisculpta Pfr. var. 3. Bulimus Fe- 
russaci. 4. Planorbis Benguelensis. 5. Physa scalaris. 6. Melania 
Tamsii. 7. Litorina globosa. 8. Litor. arenica Nutt. 9. Litor. cin- 
gulifera. 10. Lit. pulchella. 11. Artemis Isocardia. 12. Artemis 
Orbignyi. 

21. iVoureZie* espèces de Coquilles, par M. Jonas (p. 168). 
1. Haliotis kamtschatkana. 2. Ampullaria marginata. 3. Pedi- 
pes octanfracta. 4. Purpura bimaculata. 6. Arca linter. Oc. ind, 

22. JRemarques'fiUT la Lucina edentula, par M. Philippi (p. 
179), — L'auteur croit que l'espèce des Indes Occidentales, 
qu'on a prise généralement pour la Vénus edentula L. , ne l'est 
pas , mais que ce nom convient plutôt à une coquille probable- 
ment originaire de l'Inde Orientale, qu'il caractérise , en don- 
iMint le nom de L. chrysostoma à l'autre. — La Lucina fragilis 
Phil. de la Sicile, qui pourrait bien être la Tellina lactea de 
Linné , est encore très-voisine de ces deux espèces. 

23. Notices conchyliologiques de M. Jonas (p. 181). L'auteur 
pense que le Murex lancea Gmel., n'est pas un Fusus, mais une 
Turbinella. — Puis l'auteur affirme que L. Pfeiffer s'est 
trompé enjoignant le Bul. astrapoides Jon. au pardalis Fér. ; 
cependant tous ceux qui ont vu les exemplaires originaux sont 
d'accord que le Bul. astrapoides, Bul. venezùelensis Nyst. elle 
Bul. marmoratus Dkr. ne sont que des variétés du B. Pardalis. 

(Pfeiffer. ) 



378 REVDE zooLOGiQDE. [Octohre 1846.) 

III. SOCIÉTÉS SAVANTES. 

Académie royale des sciences de Paris. 

Séance du 5 octobre 184G. — M. Diivernoy lit un mémoire 5t*r 
une tête d' hippopotame en squelette , rapportée du royaume 
de Choa par M. Rochet d'Héricourt. 

Sur l'invitation de M. Duvernoy qui Pavait engagé à se pro- 
curer un fœtus d'Hippopotame, M. Rochet d'Héricourt s'est livré 
a la chasse si dangereuse de cet animal monstrueux ; mais il n'a 
pu tuer de femelle pleine et s'est borné à rapporter la tête d'un 
individu adulte. M. Duvernoy s'est livré à l'examen zoologique 
de cette tête, il l'a comparée à celles de deux squelettes complets 
du Sénégal et d'un squelette du Cap, et il est arrivé à des résultats 
positifs que nous allons mentionner ci-dessous ; mais disons 
d'abord que M. Duvernoy, dans des considérations historiques, 
passe en revue, avec l'érudition qu'on lui connaît , tous les tra- 
vaux qui ont été publiés sur ce sujet, les commente et les ap- 
précie avec sa justice et son impartialité accoutumées. Dans la 
partie descriptive les crânes des espèces du Cap, du Sénégal et 
de l'Abyssinie, sont comparés avec soin; les différences qui les 
distinguent sont mises en lumière, ce qui conduit M. Duvernoy 
à présenter le résumé suivant de ses observations : 

A. Relativement aux dents , nous avons trouvé des diffé- 
rences : fi 

1° Dans la plus grande longueur du bord alvéolaire ren- 
fermant la série continue des six molaires principales dans 
l'hippopotame d'Abyssinie , comparé à celui du Cap ; 

2° A la mâchoire supérieure , la troisième molaire de rem- 
placement est plus forte et plus compliquée dans l'hippopotame 
d'Abyssinie et dans celui du Sén^égal que dans celui du Cap; la 
deuxième molaire de remplacement , à la même mâchoire , est 
encore plus forte que la troisième : la première seule a une forme 
conique à base large ; 

3° Dans l'hippopotame du Cap, la première et la deuxième 
molaires correspondantes sont coniques et un peu comprimées 
latéralement , à peu près comme des fausses molaires de carnas- 
siers, d'hyènes en particulier ; 



SOCIÉTÉS SAVANTES. • 37# 

4° Les canines nous ont paru plus fortes et leurs cannelures 
plus prononcées dans l'hippopotame d'Abyssinie ; 

B. Relativement aux différences que nous avons énoncées dans 
la forme de la tête nous rappellerons : 

S° Qu'elle est un peu plus longue, proportionnellement à sa 
largeur, dans l'Hippopotame du Cap que dans ceux du Sénégal et 
d'Abyssinie ; 

6° Que la direction des arcades zygomatiques est plus oblique 
dans l'hippopotame du Sénégal et dans celui d'Abyssinie que 
dans celui du Cap; 

7® Que les cavités orbitaires sont à peu près rondes ou même 
ovales , et ayant , dans ce cas , leur grand diamètre vertical dans 
l'hippopotame d'Abyssinie et dans celui du Sénégal , tandis qu'il 
est horizontal dans l'hippopotame du Cap ; 

8° Ënfîn nous indiquerons la moindre épaisseur de la mâ- 
choire inférieure de ce dernier , qui le rapproche davantage 
de la grande espèce fossile , ansi que nous l'avons déjà ex- 
primé. 

L'ensemble de ces caractères différentiels permet de con- 
clure : 

1** Que l'hippopotame du Cap appartient à une espèce par- 
ticulière ; 

2" Que l'hippopotame du Sénégal et celui d'Abyssinie forment 
une autre espèce. 

Il aura suffi d'indiquer aux zoologistes ces différences dans 
le squelette de la tête, que nous regardons comme spécifiques, 
pour les engager à multiplier les observations qui pourront con- 
duire à confirmer l'existence des deux espèces que nous croyons 
evoir leur signaler. 

Nous leur proposons de désigner l'espèce du Séne'gal ou> 
d'Abyssinie (la même , sans doute , observée par Zéreughi dans- 
le ]Nil égyptien, au commencement du XYIIP siècle) sous le 
nom de : 

1" Hippopotamus typus^ comme la plus anciennement con- 
nue; celle du Cap serait : 

2° V Hippopotamus aiistralis. La. troisième espèce vivante, 
originaire de la rivière Saint^Paul, a été désignée par M. Morto» 
ous le nom de : 

3" Hippopotamus minor. 



380 HEVDE zoOLOGiQDE. (Octohre 1846.) 

M. I. Geoffroy-Saint-Hilaire lit ensuite des Remarques sur 
les caractères différentiels des mammifères du sud et du 
nord de l'Afrique , faites à l'occasion du mémoire de M. Du- 
vernoy. 

La question que vient de traiter M. Duvernoy, dit M. I. Geof- 
froy-Saint- Hilaire, et dans laquelle il propose, avec plus de net- 
teté , une solution déjà indiquée par M. Desmoulins, rentre, 
comme cas particulier, dans une question générale qui a été 
de ma part le sujet de quelques recherches restées jusqu'à ce 
jour inédites. 

Ce n'est pas seulement à Pégard de l'hippopotame que l'on 
s'est demandé : les individus du nord de l'Afrique et du Sénégal 
sont-ils spécifiquement différents de ceux du Cap? Et ce n'est pas 
non plus à l'égard de ce mammifère que les uns ont répondu af- 
firmativement et d'autres négativement, tandis que d'autres en- 
core restaient dans le doute. 

La même question a été posée à l'égard de la Girafe du sud et 
de la Girafe du nord de l'Afrique , et encore ici les auteurs n'ont 
pu tomber d'accord : les uns ont admis deux espèces, les autres 
ont persisté à n'en admettre qu'une seule. 

De semblables questions ont été posées encore à l'égard du Zo- 
rille, du Caracal, de diverses Antilopes, etc. ; et tantôt les zoolo- 
gistes les ont laissées irrésolues, tantôt ils les ont résolues diver- 
sement, sans pouvoir tomber d'accord entre eux. 

Il est évident qu'il y a ici une grave difficulté relative, non à 
telle espèce en particulier, mais d'un ordre très-général. Elle 
s'étend à la presque totalité des types (nous évitons de nous servir 
ici du mot espèces) que l'on retrouve à la fois, d'une part , au Cap 
de Bonne-Espérance ; de l'autre au Sénégal , ou dans le nord de 
l'Afrique, ou à la fois dans ces deux contrées fort semblables l'une 
à l'autre par leur création zoologique. 

Le résultat des comparaisons que j'ai faites entre les animaux 
des régions extrêmes du continent africain , est le suivant : les 
mêmes types, à peu d'exceptions près, se retrouvent dans l'une 
et dans l'autre, mais modifiés très-notablement; disons plus, mo- 
difiés de telle sorte , que les différences observées sont générale- 
ment à la fois inférieures en valeur à celles par lesquelles le» 
zoologistes caractérisent ordinairement les espèces^ et supérieures 
à celles qu'ils sont habitués à rencontrer dans les variétés. 



SOCIÉTÉS SAVANTBS. 381 

Voilà le fait ; comment rinterprêter ? Nous ne saurions le faire 
d'une manière certaine et riçjoureuse dans l'état présent de la 
science ; mais la question peut être éclairée par le rapproche- 
ment du résultat de la comparaison des animaux africains avec 
d'autres résultats plus ou moins analogues. 

Le savant académicien se livre à quelques raisonnements au 
sujet des idées ci-dessus et présente quelques exemples pris dans 
les mammifères américains et dans ceux de divers autres pays. Il 
pense que des variétés, des passages , viendront relier certaines 
espèces quand tous les mammifères de certains points seront mieux 
connus, et il termine ainsi : 

J'ai à peine besoin d'ajouter qu'il n'y a rien , dans ces considé- 
rations, qui s'adresse en particulier au mémoire de M.Duvernoy. 
Quelques vues qu'on adopte sur la nature et la valeur des rap- 
ports différentiels des êtres , il faut avant tout les constater par 
l'observation , et déterminer avec précision quels types sont pro- 
pres à telle ou telle contrée. Si ces types sont autant de véritables 
espèces^ et se sont transmis jusqu'à nous depuis l'origine des choses, 
ou si ce sont de simples variétés, dont la constitution, comme le 
soupçonnait déjà Pascal, a été déterminée par les circonstances 
permanentes qui les entourent ; c'est une question d'un ordre 
supérieur, et quelle que doive être sa solution , il est clair qu'au 
nombre de ses éléments essentiels , se place la détermination 
.exacte des formes propres à chaque contrée, A cet égard , les 
partisans de la doctrine de la variabilité des êtres ont donc les 
mêmes besoins que ceux de l'hypothèse de la fixité des types : 
seulement, telles espèces que ceux-ci croiront pouvoir admettre 
comme rigoureusement et définitivement établies, ne seront con- 
sidérées par les premiers que comme des groupements provisoires 
sur la valeur desquels l'avenir pourra seul prononcer. 

M, Léon Dufour adresse V Histoire des métamorphoses de la 
Gassida maculata. 

Le savant correspondant s'exprime ainsi : Ailleurs que dans la 
savante enceinte, le sujet pour lequel je viens solliciter deux mi- 
nutes d'attention serait taxé de futilité et condamné peut-être par 
un dédaigneux cui bono, à une fin de non-recevoir : tel ne sera 
pas votre accueil. 

Si l'on disait à quelqu'un étranger aux merveilles de l'ento- 
mologie , qu'un animal , au lieu de se débarrasser de ses excré- 



382 REVUE zooLOGiQDE. {Octobre 1846.) 

ments , les dispose en un buisson mobile sur un pivot , 
pour en former, tantôt une ombrelle à son corps sans le tou- 
cher , tantôt un panache , une sorte d'ornement qu'il traîne à 
sa suite, il croirait que c'est là du roman, ou au moins une 
étrange exagération. C^est cependant une vérité matérielle que 
va démontrer la larve de la Gasside tachée; c'est une vérité dès 
longtemps proclamée , mais avec des différences notables de 
formes , par De Géer pour sa Casside tigrée , habitant un Che^ 
nopodium; par Réaumur pour la Casside verte, qui vit sur les 
feuilles de l'artichaut ; par Geoffroy et le célèbre Lyonet , qui 
ont imparfaitement décrit et figuré la même Casside que moi ; 
par Latreille, qui nous a transmis de curieux détails sur la larve 
d'une Casside de Saint-Domingue. Je ne prétends donc pas en- 
richir la sience d'une découverte , je veux seulement servir ses 
exigences actuelles en lui offrant une révision d'un fait mal com- 
pris et fort mal représenté. 

Après ces préliminaires, M. Léon Dufour passe à l'exposé de 
ses recherches sur ces larves, qu'il a trouvées sur VYnula dys- 
senterica ; il les décrit avec soin; montre, dans ce style animé et 
pittoresque , qu'il sait si bien employer pour retracer les obser- 
vations les plus fines, les plus minutieuses et les plus exactes, 
comment les formes et la structure de ces larves sont admirable- 
ment adaptées parla nature à leurs habitudes et à leurs besoins. 
On assiste avec lui à toutes les phases de la vie de l'insecte , à 
l'exécution des divers actes de cette existence protégée par des 
moyens si singuliers; et enfin on arrive à l'époque ou la Cas- 
sida maciUata , dont une variété a été nommée Cassida mur- 
rœa, apparaît dans son état parfait pour reproduire son espèce. 

M' le ministre de V agriculture et du commerce transmet 
une note adressée à l'administration par M. le docteur Alphonse 
Santon , concernant les dangers que peut présenter, pour la 
sûreté publique, l'introduction des Serpents venimeux. Le mi- 
nistre , avant d'examiner quelles suites pourraient être données 
.à la proposition de faire prohiber l'importation de ces dange- 
reux reptiles , demande à l'Académie des sciences de lui faire 
connaître son avis sur la question de savoir si les Serpents à 
sonnettes sont les seuls reptiles venimeux auxquels la prohibition 
devrait être appliquée. Cette lettre est renvoyée à l'examen de 
HM, Duméril , Geoffroy St-Hilaire etValenciennes. 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 383 

M.Mandl adresse une note sur des mouvement* observés dans 
certains filets du système nerveux chez les Sangsues. 

Cet analomiste ayant séparé, sur une Sangsue vivante, un mor- 
ceau de la chaîne ganglionnaire composé de deux ou trois gan- 
glions, et l'ayant placé sous un grossissement de 50 à 60 fois, il 
a aperçu très -distinctement des contractions vitales, soit dans 
les nerfs qui partent latéralement de chaque ganglion, soit dans 
la portion terminale du cordon de connexion. Ces mouvements 
rappellent complètement les contractions des fibres musculaires. 
La vivacité de ces mouvements est très-variable selon les indivi- 
dus , et même sur quelques Sangsues l'observateur n'a pu con- 
stater ces contractions des nerfs. 

M. Geoffroy Sl-Hilaire dit qu'il a constaté par lui-même le fait 
annoncé par M. Mandl. 

AI, Serres a été également témoin de l'expérience de M. Mandl 
et en a suivi le résultat avec tout l'intérêt qui lui paraît devoirs'y 
rattacher. 

M. Flourens rappelle à cette occasion un fait qu'il a publié 
dans ces recherches expérimentales sur les propriétés et les 
fonctions du système nerveux (2^ éd. , p. 271). 

« Il y a un phénomène qui m'a souvent frappé dans le cours 
de mes expériences sur les nerfs. 

» Quand on rapproche les deux bouts divisés d'un nerf 
( pneumo-gastrique , sciatique ou autre) , on aperçoit, au mo- 
ment même du contact , un petit mouvement d'attraction ou de 
réjection d'un bout à l'autre. On dirait que ces deux bouts cher- 
chent à se presser et à se pénétrer réciproquement. 

» Ce phénomène mérite d'être suivi; il serait le premier exem- 
ple d'un mouvement réel et actif du tissu nerveux. » 

M. Serres ajoute qu'il a publié il y a vingt ans , sur la con- 
tractilité des nerfs ciliaires, des expériences dont les résultats 
sont consignés dans son Anatomie comparée du cerveau^ etc. , 
t. II, p. 650 à 653(1826). 

Séance du 26 octobre 1840. — M. Pappenheim adresse de 
nouvelles recherches concernant le mode de terminaison des 
nerfs dans les corpuscules de Pacini. 

M. Fallot adresse une note concernant l'examen qu'il a 
fait de deux Insectes adressés du Mexique par M. Mathieu De 
Fossey; insectes qui , d'après les renseignements fournis par 



384 RKVDE zooLOGiQDE. [Octobve 1846.) 

ce voyageur, sont ceux dont les œufs , déposés sur des plantes 
aquatiques, sont recueillis par les Indiens habitants des bords 
des lacs , pour servir de condiment à certains mets. Ces In- 
sectes ont été reconnus, par M. Vallot , pour deux espèces de 
Notonectes. 



IV. MELANGES ET NOUVELLES. 

Sur le genre Gallirallus, par F. de la Fresnaye. 

Lorsque nous formâmes ce genre curieux, dans la Magasin 
de Zoologie, 1842, Oiseaux pi. 24, d'après un individu 
du Musée de Caen que nous nommâmes alors Gallirallus 
brachypterus , nous ignorions entièrement la patrie de cet 
oiseau. Nous sommes heureux de pouvoir annoncer posi- 
vement aujourd'hui qu'il est originaire de la INouvelle-Zé- 
lande, d'où le Muséum Ta reçu; les deux individus qui lui 
sont parvenus par l'expédition du Khin , diffèrent du nôtre 
par une coloration mêlée de noir et de fauve par bandes , tandis 
que notre espèce était presque toute noire, n'ayant que très-peu 
de fauve. Néanmoins nous soupçonnons fortement, d'après l'a- 
nalogie si entière dans la forme toute anomale de ces oiseaux , 
qu'ils appartiennent à la même espèce, dont les deux du Muséum 
seraient peut-être le jeune et la femelle ; et le nôtre, ancienne- 
ment publié , l'adulte. 



Nouveaux membres admis dans la société Cuviérienne. 
N" 304. M. W.-G. Hewitson , Esq. à Londres. 
Présenté par M. Doubleday. 

N*» 305. M. le docteur W.-G. Sodoffsky, à Riga. 
Présenté par M. le comte de Tyzenhaus, 

N° 306. M. Ferdinand Luciani , membre de diverses sociétés sa- 
vantes, etc., etc., à Castel nuovo di val di Ceccino. 
Présenté par M. Guérin-Méneville. 



STEUVISME AffXffEB. — NOVEMBRE 1846. 



I. TRAVAUX IIVEDITS. 

Cours d'histoire naturelle des icorps organisés, professé au 
Collège de France, par M. Duvernoy. 
(Suite.) — Voy. p. 81, 113, 213, 244, 327 et 353. 

Après avoir précisé les limites inférieures de Tembranchement 
des vertébrés, M. D. a remis la discussion des limites supérieures 
de ce même type, lorsqu'il exposerait celles de la classe des 
Mammifères. 

Il a entrepris de discuter auparavant, avec le même esprit de 
libre examen et de critique indépendante, si les limites de cha- 
cune des classes, dans lesquelles on divise ce type, sont également 
bien déterminées ; et d'abord si le nombre de ces classes doit 
être porté à cinq ? 

On sait qu'un Naturaliste d'une grande autorité a proposé de 
faire quatre classes de celle des Reptiles, en considérant non- 
seulement les espèces vivantes, mais encore les espèces fos- 
siles (1). 

Ce sont les classes : 1° des Ptérodactyles (qui viendraient im- 
médiatement après les Oiseaux; 2° des Reptiles ; 3" des Ichthyo^ 
saures; et 4° des AmphiMens. 

Deux de ces classes ne comprennent que des espèces dé- 
truites. Restent pour les espèces vivantes, les Reptiles et les 
AmpMhiens. Cette séparation en deux, de la classe des Reptiles, 
telle qu'elle est établie dans le Règne animal, a été adoptée par 
la Commission de l'Académie des sciences, qui a proposé pour 
question d'anatomie,la description des organes de la reproduc- 
tion des deux sexes , dans les cinq classes des animaux Fer- 
iébrés. 

Sans doute la division des Reptiles en quatre ordres, proposée en 
1805 par M. Al. Brongniart et adoptée par M. Cuvier dans le Règne 
animal^ n'exprimait pas sullisamuient les différences importantes 

(1) Voir l'article Animal, par M. de BlainTille. Dictionnatr0 de$ Scien«*$ naturelleê^ 
t. I, Suppl. Pari*, 1840. 

Tome IX. Année 184 G. 25 



386 HEvuK zooLyouKGF. [Novembre 18i6.) 

qui séparent celui des Batraciens des trois autres ordres. Âuss^ 
M. D. avait-il pris le parti, depuis bien des années, dans ses cours, 
et plus tard dans ses publications , d'ériger Tordre des Batra- 
ciens en une sous-classe, sous le nom de /îeptiles Amphibies, 
et de réunir les trois autres ordres en une autre sous-classe, avec 
la dénomination de Reptiles propres. 

La respiration, dans la première sous-classe, se fait constam- 
ment par des branchies, durant la première ou la seconde époque 
de la vie, et se prolonge ainsi, chez quelques-uns, à toutes les 
autres époques , simultanément avec la respiration par les pou- 
mons , qui est cependant ici presque toujours secondaire. 

Dans la sous-classe des Reptiles propres., la respiration est ex- 
clusivement pulmonaire et jamais branchiale, aux quatre derT 
nières époques de la vie. Nous verrons plus bas, qu'elle est en- 
core aérienne, par l'intermédiaire d'une allantoïde,à la première 
époque, celle du développement dans l'œuf. 

Le professeur divise la sous-classe des Amphibies en trois 
ordres : 

1° Celui des Ophidio- Batraciens (les Pseudo-ophidiens 
de M. de Blainville) qui se compose de la famille des Cœcilies ; 
2" celui des Batraciens anoures, Duméril ; a» et l'ordre des Ba- 
traciens urodèles , Dum. 

La sous-classe dés Reptiles propres se compose , ainsi que l'a 
déjà exprimé M. D., des Ophidiens., des Sauriens., et des Chélo- 
niens. 

Chacune de ces deux sous-classes a, dans son développement, 
ou du moins dans celui des membranes de l'œuf, des caractères 
propres, qui rapprochent celle des Amphibies, de la classe des 
Poissons et les Reptiles propres de la classe des Oiseaux. 

Dès 1814, M. Dutrochet découvrait que l'œuf des Batraciens , 
dans son développement, n'avait ni amnios, ni allantoïde. 
L'année suivante , M. Cuvier(l) étendait cette observation à la 
classe des Poissons ; cette découverte importante est entrée 
nécessairement, depuis cette époque, dans les caractères dis- 
tinctifs des Batraciens et des Reptiles propres, dont les derniers 
sont pourvus d'un amnios et d'une allantoïde comme les oiseaux 
et les mammifères. 

C*est cette considération de caractères passagers et non per- 

(1) Mémoire» du Muiéum d'hi$toire naturelle , t. S, p. 95. 



TRAVAUX I!NÉDITS. "387 

manents, ne tenant pas à l'organisation définie, mais aux enve- 
loppes de l'organisation se développant, et à son mode de res- 
piration durant la première époque de la vie, qui a été, dans ces 
derniers temps, le principal motif de l'érection de l'ordre des 
Batraciens en une classe distincte, et des trois autres ordres de 
Reptiles en une autre classe. 

Je pense, a dit M. D., qu'il est nécessaire de joindre à ce ca- 
ractère de l'absence ou de la présence de l'allantoïde, chez les 
fœtus des amphibies pour le premier cas, et des Jieptiles 
propres pour le second ; ceux que je viens d'exposer pour dis- 
tinguer mes deux sous-classes, ils tiennent également à la fonc- 
tion de la respiration. Je crois les avoir employés , le premier, 
après avoir rejeté le caractère des métamorphoses, qui n'ont 
pas Heu chez les Pérennibr anches^ comme chez les autres Uro- 
déles^ bien moins encore que chez les Batraciens anoures. 

Ces deux sous-classes avaient, dans ma méthode, la même 
circonscription que ces deux classes. Je ne refuse pas d'adopter 
celles-ci et d'élever ainsi d'un degré , mon ancienne division 
des Reptiles. 

Mais je ne puis dissimuler, dès ce moment, la liaison intime 
que les Ophidio- Batraciens établissent entre l'une et l'autre 
classes ; ainsi que je l'exposerai , avec quelques détails, après 
avoir essayé de préciser les limites qui séparent les Amphibies 
de Poissons. 

Les uns et les autres sont des Vertébrés à sang froid, et ce ca- 
ractère commun que partagent les Reptiles, donne à ces trois 
classes une nature qui les distingue des deux classes de Vertébrés 
à sang chaud. Elle tient au mode de circulation et de respiration, 
c'est-à-dire à la quantité de sang qui passe, dans un temps donné, 
à travers les organes de la respiration, ou à la nature du fluide 
respiré, l'air pur ou l'air combiné à l'eau. 

Relativement à la quantité de sang qui passe par les organes de 
la respiration, à travers les réseaux capillaires de ces organes, 
il y a une différence essentielle entre les Poissons et les Am- 
phibies, 

Chez les Poissons tout le sang qui revient au cœur, de toutes 
les parties du corps, par les veines caves, est porté dans les ré- 
seaux sanguins respirateurs des branchies, et ne peut être verse 
dans l'aorte ou dans ses racines, qu'après avoir respiré. 



3H8 RKVDK zooLOGiQDK. {Novembrc 1846.) 

Chez les Amphibies^ au contraire, qu'ils aient des bran- 
chies ou qu'ils en manquent, une partie du sang qui part di« 
cœur, peut arriver en quantité variable, selon les groupes prin- 
cipaux de cette classe, dans l'artère du corps, sans avoir tra versée 
dans les branchies ou les poumons, les réseaux respirateurs. 

Il paraît même que chez les Pérennibranches , dont les bran- 
chies sont extérieures, et pi us ou moins extensi blés ou contractiles, 
au contraire de celles des Poissons ; le sang peut s'y porter en 
plus grande quantité, ou en moindre quantité, suivant qu'elles 
se déploient ou se resserrent ; et que , dans ce dernier cas, l'arc 
aortique , qui va directement du tronc branchio-pulmonaire à 
l'aorte, et qui fournit en passant l'artère pulmonaire, doit servir 
de diverticulum à la portion du sang qui ne peut traverser les 
branchies dans leur état de contraction. 

C'est du moins ainsi que l'on peut expliquer la belle couleur 
de vermillon que prenaient les branchies de deux profee^, ob- 
servées par M.Duvernoy, à l'instant même où l'on renouvelait 
l'eau du vase où l'on conservait ces animaux; tandis qu'elles pâ- 
lissaient et paraissaient se contracter dans l'eau non renouvelée. 
Dans ce dernier cas, l'arc aortique, qui est aussi pulmonaire, doil 
diriger plus de sang vers le poumon. 

Il y a donc, chez ces animaux, une sorte de balancement entre 
la circulation branchiale et la circulation pulmonaire. 

Chez les larves des autres Batraciens^ qui respirent par des 
branchies, on trouve, à l'origine des artères branchiales, des es- 
pèces de canaux artériels, qui détournent une partie du sang de 
son cours vers les branchies, et le versent immédiatement dans 
l'aorte ou ses racines, sans qu'il ait pu respirer. 

Ces différences importantes dans la respiration et la circula- 
lion des Amphibies, même les plus aquatiques, et celles des 
Poissons , distinguent nettement les deux classes. 

Les Amphibies, ainsi que leu^ nom l'indique, sont organisés 
pour vivre dans les deux milieux respirables, l'air et l'eau. 

Le caractère de la classe des Poissons est d'être essentiellement 
aquatique. L'oxygénation de leur sang doit se faire par l'inter- 
médiaire de l'eau. Aussi toute leur nature et toute leur organisa- 
tion , ont des rapports admirables avec ce milieu dans lequel ils 
doivent sentir, se mouvoir, se nourrir et se propager. 

Si y par exception , quelques Poissons peuvent vivre assez 



I 



TRAVAUX INÉDITS. 389 

longtemps hors de Teau, cela tient à des circonstances organiques, 
variables selon les familles , qui maintiennent humectée la mu- 
queuse de leurs branchies. Telle est l'ouverture étroite de la 
cavité branchiale des Chironectes^ de V Anguille de rivière ; tels 
sont les feuillets nombreux non respirateurs, placés à la partie 
supérieure de cette même cavité branchiale, qui retiennent l'eau 
dans leurs intervalles, dans la famille des Pharyngiens laby- 
rinthiformes, d'où elle peut couler sur les branchies et les main- 
tenir humectées. ^ 

La lame non vasculaire qui longe la partie supérieure des 
arcs branchiaux de Yhélérobranche y et remplace, ainsi que 
M. D. l'a observé le premier (I) , les lames branchiales qui man- 
quent à cette partie , pourrait bien servir aussi à retenir l'eau 
dans la cavité branchiale, pour les instants où ce poisson du Nil 
se trouverait à sec. 

On sait d'ailleurs que Vhétérobranche a des organes de respi- 
ration supplémentaires de forme arborescente, dont les troncs 
sont situés à la partie supérieure des troisième et quatrième 
arceaux des branchies, et qu'on en doit la première connai.<sance 
à M. E. Geoffroy Saint-Hilaire. 

C'est en partie comme moyen mécanique, que l'eau agit sur les 
lamelles branchiales pour les maintenir séparées (2) , et faciliter 
l'action chimique de l'air combiné à Teau, et plus particulière- 
ment de l'oxygène de cet air, sur les réseaux vasculaires de ces 
lamelles ; c'est encore pour empêcher l'action desséchante de 
l'air pur, qui rendrait bientôt ces réseaux vasculaires respirateurs 
imperméables au sang. 

Mais la proportion de l'air respirable combiné à l'eau, ou de 
l'eau combinée à l'air respirable , peut varier beaucoup, sans que 
les conditions de respiration, pour des branchies, que nous venons 
d'énoncer, soient détruites. 

Il en résulte qu'un animal appartenant à une classe essen- 
tiellement aquatique, telle que celle des Poissons, telle que celle 
des (7ru5faces, peut vivre quelque temps dans l'air avec certaines 
modifications de son appareil branchial ; que des branchies , en 



(1) Leçons d'anatomie comparée, ««édlt., I. VII, p. 187 ei 188. 

(9) Voir le mémoire intéressaat de M. Flooreos , lu à l'Académie dei sciences, le 
!•» aTrli 1880. ayant pour titre : Expériences sur le mécanisme de la respiration des 
Poissons , etc. Annales des science» naturelles , t. XX. 



390 REVUE zooLOGiQDE. {Novcmbre 18Î6.") 

un mot, de poisson ou de crustacé, peuvent respirer dans l'air ; 
tandis que les poumons sont exclusivement des organes de res- 
piration aérienne, impropres à respirer dans l'eau et à recevoir 
immédiatement, dans leur caviié, le liquide respirable; l'animal 
en est constamment asphyxié 

Aucun poisson ne paraît avoir de véritables sacs aériens pul- 
monaires, qui ne seraient propres qu'à l'oxygénation du sang par 
l'air pur, sans mélange d'eau, comme de véritables poumons. 

Ce que l'on a dit des sacs aériens du Silurus fossilis^ Bloch , 
dépendances de la cavité branchiale , ne nous paraît pas con- 
cluant, pas plus que ce que l'on sait du Cuchia (Amphipnotts 
cuchia J. Mûller). 

Nous aurons peut-être l'occasion de discuter la valeur et les 
conséquences de ces organisations exceptionnelles, après avoir 
traité de celle du Lépidosiren et du Frotoptère. 

Pour ce qui est des vessies aériennes celluleuses, que l'on a 
souvent comparées à un poumon de reptile, en citant, en premier 
lieu, celle du Fimélode chat, espèce de la famille àQsSiluroïdes^ 
dont M. D. avait publié la description et les figures, déjà en 
1805 (I) ; il est bien reconnu qu'elles n'en ont que l'apparence 
plus ou moins éloignée. Aucune vessie aérienne, celluleuse ou 
non celluleuse , qui communique avec l'œsophage ou l'estomac 
par un canal particulier, et dont l'air qu'elle renferme peut se 
renouveler par cette voie , ne reçoit du sang veineux pour le 
convertir, par l'hématose , en sang artériel j aucune ne remplit 
les fonctions de poumon (2). 

Nous ajouterons qu'en passant sous silence , pour le moment, 
les caractères organiques et fonctionnels, pour n'envisager que la 
composition organique générale ; il y aurait même des cas où la 
vessie natatoire ne pourrait être considérée comme un poumon 
dont la fonction aurait été changée, et qu'il serait plus rationnel 
de prendre pour des poumons transformés les cavités branchiales 
anlractueuses, telles que celles du Silurus fossilis^ etc. On sait 
d'ailleurs que beaucoup de poissons sont privés de vessie nata- 



(1) Dans la première édition des Leçons d'anatomie comparée , t. V, PI. LUI, Qg. t 
et 3. 

(2) On caractérise d'allleors les vessies aériennes à cavité divisée , d'une manière bien 
iacomplète , en se bornant à exprimer qu'elles sont celluleuses : ce n'est rien dire, quand 
on ne fait pas connaître la nature des parois masculenses on membraneuses , etc., qoi 
torment cei divisions. Voir Leçons d'anatomie comparée , t. VIII, p. 7î8et71& 



TRAVAUX INÉDITS. 391 

toire , et qu^ils n^en montrent aucune trace, pas même dans leur 
développement. 

La vessie natatoire n'entre donc pas nécessairement dans le 
plan de composition des vertébrés, comme organe de respiration 
aérienne chez les uns, comme vessie natatoire chez les autres, 
comme caisse d'audition chez d'autres (1), ou bien enfin à l'état 
rudimen taire, ne servant plus à aucune fonction, mais décelant 
ce plan général de composition uniforme. 

Après cette courte digression sur la composition organique des 
vertébrés, considérée indépendamment des fonctions; après 
l'exposition détaillée des caractères essentiels et dominateurs, 
pris dans la circulation et la respiration , qui distinguent les 
Amphibies, des Poissons; après l'appréciation des analogies dans 
les organes de relation, qu'un séjour plus ou moins aquatique a 
dû nécessiter entre les animaux de ces deux classes ; M. D. s'est 
trouvé à même d'exposer et de discuter, sous ces divers rapports, 
l'organisation d'une famille anormale, connue depuis peu de 
temps ; organisation mixte en apparence, entre les deux classes 
en question, qui a singulièrement embarrassé les naturalistes 
classificateurs. 

La connaissance de cette nouvelle famille, soulevant une 
question fondamentale , une question de principes dans l'appli- 
cation de la méthode naturelle, celle qui considère l'ensemble 
des rapports organiques et cherche à apprécier leurs divers de- 
grés d'importance , c'est-à-dire leur influence sur la nature des 
animaux, le professeur a cru devoir s'y arrêter pendant une 
leçon tout entière. 

Deux individus de cette famille appartenant à une même 
espèce ont été découverts par M. Natter er, l'un dans un marais 
près de l'embouchure du fleuve des Amazones, et l'autre sur les 
bords du fleuve Madéira, également dans l'Amérique méridio- 
nale (2). 

Une seconde espèce , ayant même des caractères génériques 
qui doivent la distinguer de la précédente , a été envoyée en 
1837, des bords de la Gambie, et conséquemment des régions 



(1) Celle des Loches. Leçons d'anatomie comparée, I. VIII, p. 718. 

(8) Voir \&i Annales du Muséum, de Vienne, partie zoologiqoe , cahlera I et II. 
:|». 167 et PI. X. oii l'on trouve une première description de celte espèce tons le nom d« 
Leptdotiren paradoxa. 



392 REVUE zoaLOGiQUE. {Novemhre t84^.) 

tropicales et de la côte occidentale d'Afrique, par M. le chevalier 
C. B. Weir, à M. R. Owen, à Londres (i). 

Enfin une troisième espèce , rapprochée génériquement de la 
précédente, vit dans la côte opposée du même continent, près de 
Quellimane ou Quilimané , à l'embouchure principale du fleuve 
Zambèze, où M. P'eters l'a observée (2). 

De ces trois espèces d'une même famille, l'une le Lépidosiren 
paradoxa, si bien nommée par M. Fitzinger, a été classée parixà 
les Reptiles , par ce savant et par M. INatterer, de même que par 
M. Bischoff, qui en a étudié le premier toute l'organisation (3). 

MM. Milne Edwards et Bibron ont tiré la même conclusion de 
l'étude d'un individu de la même espèce, qui fait partie des col- 
lections du muséum d'histoire naturelle de Paris (4). 

M. Hyrtl, au contraire, qui a disséqué l'an dernier des indivi- 
dus plus complets de cette espèce , la range parmi les Pois- 
sons (5). 

M. R. Owen, MM. Peters et Jean Mûller sont du même avis que 
M. Hyrtl, au sujet des deux espèces d'Afrique qu'ils ont obser- 
vées. 

Afin de se rendre compte, a dit M. Duvernoy, de deux maniè- 
res de voir opposées, entre des anatomistes aussi distingués, sur 
les affinités classiques de ces singuliers animaux, il faut étudier 
leur organisation dans tous ses détails ; et , en se rappelant les 
nombreux rapports qui lient les derniers des Amphibies à la 
classe des Poissons , ne pas oublier les caractères essentiels que 
nous avons déduits , pour les en distinguer, du mode de leur cir- 
culation et de leur respiration. 

Malheureusement nous ne pourrons faire cette étude qu'indi- 
rectement, au moyen des détails descriptifs que ces snvants ont 
publiés, auxquels d'ailleurs nous avons toute confiance. 

1"^ Organes de circulation et de respiration du Lépidosiren 
Natterer, et du Frotopterus Owen (6). 

(1) Transactions de la société Linnéenne de Londres, t. WIU, et Annales des scien- 
ces naturelles , t. XI. Paris, 1839. 

M. Owen a?ait d'abord appelé cette espèce Protopterus anguillaris, nom générique el 
spécinque sous Tesquels M. p. la désigne; pensant plus tard qu'elle pourrait être réunie' 
au genre Lépidosiren , M. Oven en a fait son espèce annectens. 

(2) Archives de J. Mûller pour 1845 . p. 1, et PI. I , Il , III. 

(3) Lépidosiren paradoxa anotomisch untersucht. Leipsig , 1840, in-4°, avec 7 pï. ,. 
Traduit des Annales des sciences naturelles , t. XI , 1840. 

(4) Annales des sciences naturelles , deuxième série , t. XI , p. 159 à 162. 

(6) Lepidosiréne paradoxa. Monographie , Prag. , 1845 , \n-k'>, avec cinq i>l»nche9. 
(6) Voir la PI. , et sou explication à la fln de cet article. 



TRAVADX INÉDITS. 399 

L'oreillette du cœur a une cloison incomplète qui la sépare im- 
parfaitement en deux cavités très-inégales, la droite , beaucoup 
plus grande , qui reçoit le sang veineux du corps , et la gauche, 
dans laquelle s'ouvre la veine pulmonaire. Ces deux cavités com- 
muniquent dans le ventricule par une seule embouchure, dans 
laquelle se place et que ferme incomplètement un corps ovale 
fibro-cartilagineux, attaché en arrière à un rudiment de cloison 
de la paroi du ventricule , eten^vantà des filets que lui envoie 
la cloison de l'oreillette. Il en résulte qu'il s'avance ou recule 
alternativement dans l'orifice auriculo-vçntriculaire, avec la 
systole et le relâchement du ventricule. 

Celui ci n'a qu'un seul tronc artériel , qui forme un bulbe lé- 
gèrement courbé en spirale , et dont la cavité est divisée , comme 
dans la Sirène, etc., par deux replis longitudinaux opposés, 
aussi contournés en spirale. 

Une valvule musculaire, placée entre l'orifice auriculo-ven- 
triculaire et l'embouchure de l'artère , paraît devoir se replier 
vers l'une ou l'autre ouverture dans les contractions alternative» 
de l'oreillette et du ventricule. 

Ce cœur, pour la cloison de l'oreillette (1), pour l'embouchure 
de la veine pulmonaire dans la cavité gauche , pour la double 
valvule spirale , rudiment d'une séparation en deux du tronc 
artériel , est essentiellement un cœur d'Amphibie. 

Les caractères de cette classe sont au moins aussi prononces 
dans l'arrangement , la distribution et le diamètre proportionnel 
des principaux vaisseaux du Lepidosiren. 

Des trois branches artérielles dans lesquelles se divise, de cha- 
que côté, le tronc bulbeux qui sort du cœur, les deux antérieure» 
sont essentiellement aortiques, et se réunissent sous la base du 
crâne pour former les deux racines de l'aorte. Tout le sang 
qui les traverse , sauf une petite artère que fournit la pre- 
mière à la hanchie accessoire, va nourrir les divers organes, 
sans passer par ceux de la respiration. 

Le troisième arc seul est à la fois branchio -pulmonaire , mai» 
sans que son petit rameau branchial et son artère pulmonaire , 



(1) L'oreillette du M enobranchus lateralis manque de cloison, ainsi que l'a conarmé 
M. D. par ses propres observations. Il a vu dans cette cavité . qui n'a qu'un grand orince 
veineux , une masse musculaire mobile tenant à la paroi de l'oreillette par un ligament 
membraneux, introduite comme un bouchon dans l'embouchure des veines. 



394 REVDE zûOLOGif^oE. {Novembre 1846.) 

beaucoup plus considérable , lui prennent tout le sang qu'il 
renferme ; il passe encore en grande partie, par une courte ana- 
stomose , dans la racine correspondante de l'aorte. 

Il n'y a certainement, dans cette circulation , aucun des carac- 
tères essentiels de celle des Poissons, dont le sang qui vient du 
cœur n'arrive dans l'aorte , nous le répétons, qu'après avoir tra- 
versé le réseau respirateur des branchies ; dont toutes les veines 
branchiales produisent immédiatement des artères qui portent 
dans toutes les parties du corps un sang oxygéné et nutritif; 
dont aucune des veines qui retournent au cœur ne lui apporte 
un sang qui vient de respirer. 

La respiration du Lepidosîren est surtout pulmonaire ou aé- 
rienne. Nous venons de dire que l'artère pulmonaire excède très- 
sensiblement, en diamètre, les petites artères branchiales. 

Le poumon est une double poche qui occupe toute la longueur 
de la cavité thoraco-abdominale, et qui s'ouvre à la paroi infé- 
rieure de l'œsophage, par une fente longitudinale de deux milli- 
mètres, percée un peu à droite de la ligne médiane dans une 
plaque cartilagineuse qui garnit la paroi interne de ce canal , et 
entourée d'un sphincter du côté de la courte trachée qui aboutit 
à cette fente. 

Cette poche pulmonaire, d'abord unique, puis divisée intérieu- 
rement par une simple cloison , se sépare complètement en deux 
poches dans son dernier quart. Leurs parois, très-celluleuses en 
avant, le deviennent beaucoup moins en arrière. Il y a, pour 
chaque poumon, deux artères pulmonaires, l'une supérieure et 
l'autre inférieure , qui fournissent aussi de petites intercostales» 
La seule veine pulmonaire qui rassemble le sang des deux sacs 
est dans la paroi inférieure du poumon droit; elle se rend, 
comme nous l'avons déjà dit, dans la cavité gauche de l'oreillette. 

L'appareil branchial, par son petit volume, dans son ensemble 
et dans ses parties encore en fonction, donne l'idée d'un organe 
transitoire qui a perdu, avec l'âge, de son étendue et de son 
importance , et qui ne remplit plus qu'un faible rôle dans la vie 
de l'animal. 

Des cinq arcs branchiaux composés de filets cartilagineux qui 
constituent la charpente de cet appareil , et qui séparent ou li- 
mitent les quatre fentes branchiales, le premier et le cinquième 
ne portent pas de lamelles branchiales. Ces lamelles , en forme 



TRAVAUX INÉDITS. 395 

de lancette, extrêmement petites , sont réunies par groupes 
formant des houppes , comme dans les branchies internes des 
têtards. 

Dans la branchie accessoire, où elles sont plus développées, et 
qui semble répondre à la branchie externe du Prolopterus. il y 
a neuf de ces houppes dont chaque lamelle a de une à deux li- 
gnes de long(l). 

Il est remarquable que cet appareil si petit, si rudimentaire, 
tel que l'a vu M. Hyrtl , dans un animal de deux pieds cinq pou- 
ces de long, était encore plus rudimentaire.dans celui de M. Bi- 
schofT, qui avait sept pouces six lignes de plus. Nous reviendrons 
sur cette diminution successive avec l'âge, qui a lieu, selon toute 
apparence, chez ces animaux, dans leurs organes de respiration 
aquatique , et semble constituer une véritable métamorphose de 
ces organes. 

Nous avons indiqué les petites artères qui y portent le sang; 
celui qui a respiré revient au cœur par les veines jugulaires. 

Si nous comparons, à présent, ces caractères si importants 
qui distinguent les organes de la circulation et de la respiration 
du Lepidosiren paradoxa, avec ceux décrits par M. Owen^ 
dans son Prolopterus , et par M. Peters dans une espèce du 
même genre , sinon identique ; nous trouverons des ressem- 
blances qui caractérisent les animaux d'une même famille ; et 
des différences qui semblent indiquer que le Prolopterus mon- 
tre une organisation caractérisant davantage une larve d'am- 
phibie. Cependant, M. Peters, qui a observé cet animal dans 
les lieux qu'il habite, dit qu'il passe la saison sèche dans une 
espèce de terrier garni de feuilles. 

Dans le Prolopterus^ les poumons sont aussi deux sacs , plus 
séparés à l'extérieur, dont les cellules sont de même plus pro- 
fondes , plus divisées, plus vasculaires en avant qu'en arrière. 

L'appareil branchial a six arcs cartilagineux au lieu de cinq^- 
■éparés par cinq fentes au lieu de quatre. Les lamelles respira- 
toires forment une simple rangée le long du premier et du 
sixième arc , et une double rangée sur le quatrième et le cin- 
quième. Le deuxième et le troisième en manquent. 

Trois lamelles plus développées attachées au bord de l'ouver- 

(1) M. BischofT a fait représenter le réseau rnscuUirc quf s'étale sur la surface de cec" 
, )«m«ll«s , PI. VIII . fig. s da mémoire cité. 



396 RKVUE zooLOGigoE. {Novembre 1846.) 

ture de la cavité branchiale au-dessus de la nageoire pectorale 
se composent de villosités nombreuses , dispose'es sur deux 
rangs à la surface de ces lamelles , comme les barbes d'une 
plume (1). 

Le cœur a son oreillette très-incomplétement divisée en deux 
loges , suivant M. Peters , Tune recevant le sang du poumon 
(la gauche) , et l'autre le sang des veines du corps ( la droite). 
Le singulier piston fibro-cartilagineux observé dans le cœur du 
Lepidosiren^qu'i s'introduit dans l'orifice auriculo-ventriculaire, 
existe aussi dans le Frotopterus. 

Les artères branchiales, qui portent le sang aux lamelles des 
trois derniers arcs et aux lamelles externes s'y consomment en- 
tièrement. 

L'arc artériel le plus avancé qui sort du bulbe ne donne 
qu'une petite partie de son sang aux lamelles du premier ar- 
ceau; le second ne fournit qu'une petite artère à la branchie ex- 
terne. L'un et l'autre se réunissent à la racine de l'aorte, qui se 
compose encore du tronc commun des trois veines branchiales 
principales et qui fournit une artère pulmonaire considérable. 

Ici le sang qui a respiré dans les branchies ne retourne pas 
immédiatement au cœur par les veines, comme dans le Lepido- 
siren ; tous les vaisseaux qui le reprennent sont artériels. 

Ces différences sont au moins assez importantes pour séparer 
genériquement , comme l'avait fait en premier lieu M. Owen, 
l'animal qu'il a observé, de celui nommé par M. Natterer. Mais l'un 
et l'autre genre se distinguent éminemment de la classe des Pois- 
sons, par les caractères tirés des organes de la circulation et de la 
double respiration pulmonaire et branchiale, c'est-à-dire qui 
peut s'exécuter, dans les deux milieux respirables, l'air et l'eau. 

Ces caractères dominateurs dans le type entier des vertébrés , 
semblent décider la question en faveur du classement de ces 
animaux parmi les amphibies , sans qu'on puisse se dissimuler 
les rapports qui les lient à la classe des Poissons. 

Disons d'abord que toute la classe des Amphibies, par sa res- 
piration et son habitation exclusivement aquatique , durant, au 
moins, une ou deux des premières époques de la vie, doit avoir 
nécessairement, par cette conformité importante dans son mode 

(1) Voir la PI. III , ng. 8 et 6< du mémoire cité. 



TRAVAUX IINÉDITS. 397 

d'existence , des rapports organiques manifestes avec celle des 
Poissons. Chez les uns et les autres, les organes de relations , 
c'est-à-dire ceux du mouvement et des sensations, sont ar- 
rangés pour celte habitation , transitoire à la vérité chez les 
premiers, permanente chez les derniers. 

Il nous reste à chercher la nature et la valeur de ces rap- 
ports chez les Amphibies, dont nous étudions l'organisme, en 
apparence exceptionnel , en prenant successivement ceux aux- 
quels les Naturalistes que nous avons cités se sont arrêtés plus 
particulièrement. 

2° De la forme et des téguments. 

Le corps anguilliforme , arrondi et allongé , aplati latérale- 
ment dans sa partie caudale, qui se retrouve dans les larves 
d^ Amphibies , et qui se voit encore dans le Menopoma , VAm- 
phiuma , et chez tous les Pérennibr anches , n'est pas un carac- 
tère exclusif de la classe des Poissons. Cette forme est même 
bien marquée chez les Ophidiens essentiellement aquatiques 
( la Pélamide bicolore , etc.). 

Les écailles singulières dont le corps du Lepidosiren et du 
Protopterus est couvert, n'ont aucun type semblable, il nous le 
semble du moins, dans la classe des Poissons. Chaque écaille est 
un bouclier composé d'un grand nombre (50 à 150) de petits 
boucliers microscopiques, séparés par des intervalles, qui dis- 
paraissent peut-être avec l'âge. 

Les CœcilieSj que l'on range parmi les Amphibies, ont des 
écailles dont la structure ressemble bien davantage à celle 
des Poissons (1). 

Un caractère plus frappant est celui des séries de pores mu- 
queux qui se voyent. comme chez les Poissons , dans deux lignes 
latérales du corps et à la tête , et dont ces derniers rappellent 
ceux de la Chimère. 

Mais les Cœcilies ont offert une organisation, sinon semblable, 
du moins qui a quelque analogie (2). 

3. Du Squelette en général» 

Le développement inégal de ses différentes parties, dont les 
unes sont restées membraneuses, ou cartilagineuses, et les autres 

(1) Voir la PI. XXXVr ter. , Qg. 5 et 6, publiée sur cet^nimaux , par M. DuTernoy, dans 
la grande édition du Régne animal de Cuvier. 
(t) Ibid. , «g 1 f. 



398 REVUE zooLOGiQUE. {Novemhre 1846^) 

sont osseuses, est sans doute une circonstance remarquable, 
mais nullement caractéristique d'une classe et de celle des Pois- 
sons en particulier. 

Les vertèbres , pour la partie seulement qui répond à leur 
corps, sont encore à l'état embryonnaire de corde dorsale ; c'est 
un fourreau un peu cartilagineux ou fibreux, suivant l'âge, con- 
tenant un cylindre creux celiulo-gélatineux , qui s'étend de la 
tête à l'extrémité de la queue. 

Mais les deux séries de petites côtes implantées sur les côtés 
de ce fourreau, dans la région dorsale; les arceaux supérieurs 
des vertèbres , formant le canal médullaire des régions dorsale 
et caudale, ou les arceaux inférieurs interceptant le canal vas- 
culaire de la région caudale, sont osseux. 

Les apopbyses épineuses supportent deux os surépineux ar- 
ticulés bout à bout. C'est entre ceux-ci, et de chaque côté de leur 
extrémité libre, que s'attachent une double série de filets carti- 
lagineux, réunis par paires, non articulés, ni ramifiés, servant de 
rayons à la nageoire verticale qui entoure la queue. 

Sans doute il y a, dans l'existence de ces rayons et des os sur- 
épineux, des caractères de la classe des Poissons. Mais si l'on se 
rappelle que chez les poissons osseux il n'existe pas de surépi- 
neux, mais des interépineux, on trouvera que cette différence 
indique déjà un autre plan , qui se manifeste encore dans les 
Tayons non articulés , ni ramifiés de la nageoire. 

L'articulation fixe de la tête avec l'extrémité de la corde dor- 
sale par un prolongement du basilaire , ne peut être envisagée 
comme un caractère classique. 

Les os delà tête , comme les vertèbres, sont uniquement car- 
tilagineux , ou revêtus extérieurement d'une lame osseuse. 

Si la composition de cette tête rappelle en partie , dans l'un 
et l'autre genre, celle de la tête des poissons; elle présente aussi 
des caractères qui la distinguent de tout autre animal vertébré ; 
tels sont les frontaux antérieurs qui se détachent du crâne dans 
la plus grande partie de leur longueur et lui forment une seconde 
voûte , en se portant en arrière , où ils finissent en pointe. 

Des cartilages labiaux, qui se voient à l'une et l'autre mâchoire, 
paraissent analogues à ceux des sélaciens. Deux autres petites 
pièces, attachées au-dessus l'une de l'autre par des ligaments, 
la supérieure au temporal articulaire , l'inférieure à la branche 



TRAVAUX INÉDITS. 399 

hyoïde et à la mâchoire inférieure, ont été considérées sjénérale 
ment comme des rudiments de pièces operculaires. 

Mais les branchies internes avaient besoin de leviers et de 
muscles pour le mécanisme de leur respiration, et conséquem- 
ment pour agrandir l'ouverture de la cavité branchiale , ou pour 
la fermer. Cette nécessité explique la présence de ces pièces et 
de leurs muscles. 

4. Des extrémités paires. 

Les extrémités paires diflerent sensiblement d'un genre à 
l'autre et s'éloignent smgulièrement , dans leur composition, 
de celle des Poissons , mais encore davantage de celles des Am- 
phibies. 

Dans le Lepidosiren paradoxa^ les membres thoraciques ont 
pour toutes les pièces de l'épaule , deux cartilages claviculaires, 
qui se joignent en avant et s'écartent en arrière, pour supporter 
par cette extrémité le reste du membre, qui consiste en un car- 
tilage effilé en alêne,- d'environ quatre à cinq centimètres de long. 

Dans le Protopterus de M. Peters, les cartilages claviculaires 
tiennent au crâne par un scapulaire ; et le filet cartilagineux ^ 
principale pièce de la partie libre et extérieure du membre, se 
compose d'une série de petites pièces articulées bout à bout ; elles 
supportent en avant une étroite nageoire, soutenue par une 
double série de rayons, dont la seconde est analogue à ceux de 
la nageoire caudale. 

Le bassin est un cartilage impair de forme allongée qui se ter- 
mine en pointe en avant , et qui a sur les côtés de ses deux extré- 
mités des apophyses dont la dernière supporte le membre de ce 
côté ; c'est un filet libre, semblable à celui du membre antérieur, 
nu dans le Lepidosiren^ et portant une nageoire dans le Pro- 
topterus. 

5. De Vencéphale , des nerfs et des organes des sens. 

Rien d'absolument caractéristique n'existe, à notre avis, 
dans Torigine et la distribution des nerfs et dans la composition 
de l'encéphale, qui puisse déterminer à séparer le Lepidosiren o\x 
le Protopterus des Amphibies^ et à les réunir aux Poissons. 
Au contraire, l'encéphale rappelle celui du ménohr anche» 

L'œil a quatre muscles droits, son crjstallin est globuleux. H 
n'a ni iris, ni corps ciliaire , ni glande choroïdale; la capsule 



400 UEVDE zooLOGiQUK. {Novembre 1846.) 

olfactive très-singulière a sous la lèvre supérieure un premier 
orifice et très en arrière un second , qui donne à ces organes le 
caractère perméable des narines d'amphibies ou d'autres ver- 
tébrés qui respirent Tair en nature. 

Mais l'organe de l'ouïe composé d'une capsule cartilagineuse 
sans fenêtre ovale, renfermant trois canaux demi-circulaires et 
deux sacs membraneux vestibulaires remplis de concrétions, dont 
l'un rudimentaire, rappelle celui des Poissons et plus particuliè- 
rement des Cyclostômes. 

6. Des muscles. 

Si nous pouvions entrer dans les détails des muscles du corps, 
des membres, du mécanisme de la mastication, de la déglutition 
et de la respiration, nous indiquerions bien des analogies avec 
ceux que nous avons décrits avec M. Cuvier , il y a bien des an- 
nées , dans l'Axolotl ( l ). 

7. Des organes d'alimentation. 

Ce qu'ils offrent de plus singulier, ce sont les dents compo- 
sées d'apophyses tranchantes des os palato-maxillaires etmandi- 
bulaires , imitant des incisives , disposées irrégulièrement et 
recouvertes d'une couche mince d'émail. Elles ont beaucoup de 
rapport avec celles des Chimères , et elles rappellent , pour 
leur composition de substance purement osseuse recouverte d'é- 
mail , les dents formées par les apophyses épineuses inférieures 
des vertèbres cervicales du serpent dont on a fait le genre Ra- 
chiodon. 

Il n'y a donc rien dans cette composition qui caractérise ex- 
clusivement la classe des Poissons. 

La valvule spirale de l'intestin serait plus favorable à ce rapport; 
aucun Reptile ou Amphibie n'en ayant montré une semblable. 

On a cru à tort que la rate manquait; elle est attachée sous 
le péritoine en arrière de l'estomac et se prolonge sur le com- 
mencement de l'intestin. 

Mais on n'a trouvé ni glandes salivaires ni pancréas. 

8. Des organes génito-ur inaires. 
Ils sont semblables , dans presque tous leurs détails , à ceux 

(1) Recherches anatomiques sur les Reptiles douteux; par M. CuYler, Paris, 1807, p. 38 
et 34. 



TRAVAUX INRDITS. 401 

-âes Salamandres ou d^autres Amphibies , et ils ne pourraient 
t'Xre comparés aux mêmes organes chez les Poissons, excepté à 
-ceux des Sélaciens. 

Ceux des femelles sont les mieux connus. Ce sont deux 
ovaires composés d'une enveloppe péritonéale et d'une mem- 
brane nutritive formant un sac allongé divisé en comparti- 
ments, où l'on observe des ovules dan» différents degrés de dé- 
veloppement ; et deux oviductes ayant chacun un orifice 
péritonéal séparé , évasé en entonnoir. Ces canaux forment 
ensuite de nombreux replis , montrant des parois plus 
glanduleuses vers le milieu de leur longueur; ils se terminent 
dans le vestibule par un orifice unique percé entre ceux des 
deux uretères. 

Chez les mâles , il y a au bord externe et postérieur du testi- 
cule , un canal déférent replié. On ne dit pas où il aboutit , ni 
la structure de la glande spermagène qui devra être étudiée 
avec soin. 

I es reins étroits , allongés , multilobes , reçoivent une grande 
partie de lear sang d'une veine-porte rénale considérable. 

La vessie urinaire a des parois très-minces ; son orifice dans 
le vestibule est de quelques millimètres en arrière de celui du 
rectum. Cet orifice est séparé de même des uretères, ainsi que 
cela a lieu généralement chez les Reptiles et les Amphibies , où 
les parois de cette vessie sont très-vasculaires et ont offert à M. I>. 
des vaisseaux sanguins nombreux, injectés d'un sang vermeil (1); 
voilà pourquoi il l'a considérée , ainsi que M. Owen , comme 
une allantoïde permanente. 

Sa position au-dessus du rectum , et son orifice en arrière de 
celui du gros boyau, ont été envisagés comme un caractère in- 
contestable de la classe des Poissons ; mais l'existence d'un ves- 
tibule génito-excrémentitiel diminue beaucoup ici la valeur de ce 
caractère, appartenant au plan de composition organique de la 
, plupart des animaux de cette classe. 

Une circonstance, absolument insolite, dans le type des ver- 
tébrés , est la position as;y métrique, un peu à gauche ou à droite 
de la ligne médiane , suivant les individus , de l'orifice externe 
du vestibule génito-excrémentitiel. 

fl) Voir le Mémoire de M. DuTcrnoy, «ur les organes génlto-urînalreg dei Reptilet, 1« 
a l'Académie des Sciences, en juillet et septembre t8;4. 

Tome I\. Année 184G. 2ii 



402 KEVDK zooLOGiQOK {Novemhre 1846.) 

Deux canaux péritonéaux , ayant un seul orifice dans îe 
cloaque, qui existeraient suivant M. Owen, dans son Proto- 
pterus, dont M. Peters ne fait pas mention dans le sien , et qui 
manqueraient dans le Lepidosiren , doivent encore être ajoutés 
aux caractères distinctifs de ces deux genres. 

A en juger par toutes ces différences, que nous avons succes- 
sivement indiquées, dans les branchies plus développées, dans 
l'existence des branchies externes , dans la disposition et les pro- 
portions des vaisseaux qui vont aux branchies , dans les nageoires 
ajoutées aux membres pairs , le Proiopterus , avec ses plus 
grandes écailles, se rapprocherait plus encore des Poissons que 
le Lepidosiren. 

Cependant l'existence simultanée d'un double organe de res- 
piration pour l'air et pour l'eau , la structure particulière des 
branchies, leur peu d'importance , qui diminue encore avec 
l'âge ; le mode de circulation du sang dans ces deux sortes d'or- 
ganes, ne nous permettent pas de considérer ces animaux comme 
. des Poissons. Ce sont pour nous des Amphibies , qui se rappro- 
chent des Poissons , encore plus que les autres Amphibies , par 
la composition singulière de leurs extrémités paires, surtout 
de celles du Protopterus, et de leur nageoire verticale ; par les 
lignes poreuses et les canaux muqueux de leurs téguments ; 
par l'absence d'une fenêtre ovale dans le labyrinthe de leur 
oreille et la présence de deux sacs remplis de concrétions ; par 
les deux petits cartilages operculaires pour le mécanisme de la 
respiration. Mais il ne faut pas perdre de vue que, chez ces ani- 
maux , la respiration par les branchies a beaucoup moins d'im- 
portance relative que celle des poumons, au contraire de ce qui 
a lieu chez les Amphibies pérennibranches. 

Telle a été la conclusion de M. D. Si l'on compare, a-t-il 
ajouté, le genre Protopterus au genre Lepidosiren , et l'individu 
plus petit , de ce dernier genre, étudié par M. Hyrtl, aux individus 
plus grands de la même espèce, disséqués par M. Bischoff ; on 
trouvera que ces animaux pourraient bien être sujets à une 
lente métamorphose, à la suite de laquelle les organes de la res- 
piration branchiale disparaîtraient entièrement , comme cela 
arrive à VAmphiuma et au Menopoma. 

Ce seraient donc des larves destinées à vivre dans des eaux 
peu profondes, où elles viendraient à la surface respirer l'air. 



TRAVAUX INKDITS. 403 

et chez lesquels le développement précoce des organes de la 
génération aurait lieu , avant qu'elles arrivassent au dernier 
terme des métamorphoses de leurs organes de respiration et 
du développement de leurs os, si jamais elles y arrivent? 

En rappelant le principe des caractères dominateurs et subor- 
donnés, pour juger de la valeur de l'ensemble des rapports 
d'organisation que les animaux peuvent avoir entre eux, le pro- 
fesseur, a insisté de nouveau sur l'importance que M. Cuvier 
avait reconnue dans ceux tirés de la respiration et de la circula- 
tion , pour caractériser les classes des Vertébrés. 

Les Cétacés , parmi les Mammifères, sont un exemple frap- 
pant des modifications , non-seulement extérieures, mais pro- 
fondes, qui ont lieu dans l'organisme d'une classe, pour adapter 
l'existence d'un groupe de cette classe à un milieu pour lequel 
la grande majorité de la classe n'est pas organisée. 

Le Cétacé respire encore l'air par des poumons de Mammifère, 
et cependant il ne peut sortir de l'eau et s'échouer, sans périr. 

Il a reçu dans sa forme , dans son squelette conséquemment 
et dans ses muscles, dans ses extrémités, dans ses téguments, 
dans sa nageoire dorsale surtout, dans sa nageoire caudale, 
dans ses organes des sens , des modifications qui le rapprochent 
des Poissons, dont il doit partager le séjour, sans y respirer de 
la même manière. 

Appliquez ces idées aux Amphibies et particulièreinent à la 
famille dont nous avons analysé longuement les rapports , et 
vous jugerez que nos conclusions sont conformes aux principes 
de la méthode naturelle , qui prescrit non-seulement d'exa- 
miner l'ensemble de ces rapports; mais encore d'apprécier leur 
valeur relative , pour reconnaître les groupes naturels des ani- 
maux et leur divers degrés , qui constituent les cadres de cette 
méthode. 

KXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE. 

Fig. \ . Tête du Lepidosiren paradoxa^ vue en dessous et 
de côté. 

a. Commencement de l'œsophage. 

b . Extrémité antérieure du bulbe. 

c. c. Tronc commun des deux premiers arcs branchio- 
aortiques. 



404 REVDii 7A)OM)GigoF,. [Novembrc 1846.) 

L^ premier arc donne une artère sublinguale, puis l'artérc 
de la branchie accessoire {e). 11 se réunit en (/) au second arc 
pour former la racine de Taorte de son côté. 

Le troisième arc [d. d.) donne de sa partie supérieure une 
branche [x) qni se bifurque pour fournir les artères des bran- 
chies attachées aux bords des troisième et quatrième fentes bran- 
chiales ; cet arc envoie ensuite un court canal artériel (m) à la 
racine de l'aorte et se termine comme artère pulmonaire {n). 
(g) Aorte, [h) Artère céliaque. (^). Sortie de la troisième paire 
de nerfs à travers le cartilage qui répond au temporal articulaire 
(os carré), (l) Sortie du nerf vague ou pneumogastrique, (o) Nerf 
latéral, {t) Nerf qui tient lieu de sympathique, (w) Nerf qui va au 
muscle droit inférieur. 

Fig. IL Figure schématique de la circulation branchiale dans 
le Protopterus de Quillimané. 

L Premier arc branchio-aortique. 

I'. Sa première branche qui se sous-divise en artère sous-maxil- 
laire 1% et en artère branchiale P. 

1* Continuation du premier arc aortique. Cet arc fournit la 
carotide postérieure 1*. c. c. Rameaux externes ; c' rameaux 
internes de cette artère. 

IL Deuxième arc branchio-aortique. 

II' Artère pour la branchie externe. 

III. Artère branchiale de la première des trois branchies 
postérieures ; elle fournit une artère III' à la branchie ex- 
terne. 

IV. Artère branchiale pour les deux dernières branchies. 
IV' Artère de la dernière branchie. 

IV" Artère de la branchie externe. 

A. Veine branchiale de la première branchie , qui devient 
là carotide antérieure ; A' rameau interne ; A' rameau ex- 
terne, 

B. C. D. Veines branchiales des trois dernières branchie». 
B' et C. Veines des branchies externes. 

E. Racine de l'aorte. 

F. Artère pulmonaire. 

G. Aorte descendante. 



litmie zoaJ jâ4(). 




\ 



/}/!/; Zemeraerû Para 



Y\i. 1 . Circulation du Lepidosireii 
FiÇa.DuProtoplerus. 



TRAVACX INÉDITS. 405 

Db LA FAMILLE DES LiTQOPHAGES de Lamarck et des genres qui 
la composent ; par C.-A Recluz , pharmacien à Vaugirard. 

Obligé par la nature de nos occupations sur les mollusques 
des côtes de France , de revoir toutes les espèces de nos mers 
et les genres auxquels on lésa rapportées , nous avons reconnu 
dans cet examen : 1* que les genres de cette famille devaient 
subir un autre classement que celui proposé par Lamarck ; 
!2« que des changements devaient être opérés dans la constitu- 
tion de quelques-uns d'entre eux ; 3« et enfin qu'un genre ayant 
appartenu autrefois à cette même famille , et qui d'abord par- 
faitement caractérisé par son auteur, méconnu peu .de temps 
après sa découverte, puis ensuite mieux apprécié sur d'autres 
espèces avait été reconstitué , mais injustement , sous un nou- 
veau nom , par un autre conchyliologue. 

Après avoir décrit l'histoire de cette famille , nous nous som- 
mes occupé de la question soulevée depuis longtemps sur le 
moyen employé par ces mollusques pour perforer la pierre ; 
ensuite nous avons donné le tableau des espèces connues des 
genres dont il a été question dans ce mémoire. 

Avant que Linné saisit le timon de l'histoire naturelle et 
portât dans cette science le flambeau de son génie , quelques 
auteurs tels que Lister et Gualtieri avaient fait figurer des 
coquilles perforantes appartenant à la famille des lithophages 
de Lamarck , telles sont r 

1° La Saxicava rugosaLk. — Lister, An. angl., p. 172, t. 4, 
f. 21. Pholas nos ter. 

2® La Saxicava arclica Phil. — Lister, Concb. syn., t. 426. 
Chama Pholas. 

30 La Venerupis divaricata Nob. — (Yen. divar. chem.) — 
Lister, Augusta conch., t. 310, f. 146. 

40 La Venerupis Irus Lk. —Gualt, Index test., t. 95, f. A. 

Linné, Olivi , Retz, Chemnitz , Lamarck , Fleuriau de Bel- 
levue , Montagu et Brocchi , décrivirent ensuite des coquilles 
faisant partie de cette famille. Tous ces auteurs , à l'exception 
de Linné et des deux savants français, rapportèrent au genre 
Vénus de Linné les espèces qu'ils connurent. C'est ce que 
témoignent les noms de f^enus cancellata Olivi {F'en, Irus 
I^mk.;); renus lithophaga Retz {Fenerupis lithophaga 



406 REvuK zooLOGiQDF. {Novemhre 1846.) 

Phil.) , Fenus divaricata et Fenus lapicida , Chemnitz , Fe- 
nug saxatilis Fleuriau (Tenus perforans Montagu) , Fenus 
rupestriSy Brocchi , etc., donnés par ces conchyliologues à ces 
coquilles perforantes. 

Linné , dans le classement de son Donaœ Irus , trompé par 
la forme générale de cette coquille et par les deux dents de la 
charnière de l'individu quMl avait sous les yeux, l'admit dan» 
les Donaces. Il est probable que si le célèbre auteur eût eu 
aussi de ces coquilles à 3 dents sur une valve , la variation de la 
charnière l'eût porté à admettre cette espèce dans un autre 
genre. C'est d'autant plus probable qu'Olivi , l'un des sectateurs 
de son système, a transporté cette coquille dans les Vénus. 
Parmi les espèces de cette famille , Linné connut quelques indi- 
vidus d'une Saxicave , d'un volume et d'une forme variables, 
qu'il divisa en deux espèces réparties ensuite dans deux genre» 
différents. L'adulte est la Mya arctica qui manquait du carac- 
tère essentiel des Myes [dente solido crasso^ patulo , vacuo) 
puisqu'il avait reconnu que la charnière était sans dents : cardo 
vix ullus ; le jeune est son Solen minutus , qui ne diffère , d'a- 
près la description de Linné lui même , que par son volume (1), 
Cette Saxicave retrouvée par Oth. Fabricius et Muller en 
Europe , par Say et M. Gould , dans l'Amérique du Nord , est 
sujette à prendre beaucoup de formes différentes. C'est la Saxi" 
eava distorta de ces deux derniers auteurs donl il paraît qu'on 
a fait depuis plusieurs espèces de genres différents en Europe. 

A Lamarck et Fleurion de Bellevue , qui se sont le plus occu- 
pés des coquilles perforantes, commencent la réforme introduite 
dans ces coquilles. 

Dès le principe de sa méthode de classification, Lamarck ayani 
à classer des coquillçs perforantes privées de pièces accessoires, 
forma pour elles un genre nouveau dans son Système des an. s. 
vertèbres publié en 1801. Ce genre, qu'il nomma Petricole^ avait 
pour caractères : Petricole. Coquille transverse , inéquilatérale , 
un peu bâillante aux deux bouts , ayant deux impressions mus- 
culaires. Deux dents cardinales sur une valve et une dent car- 
dmale bifide sur l'autre. Ligament extérieur , 1. c, p. 121. 

(1) Selon Sprengel (Natorhistorle-selskabett skrlrter, Kiobeoh ,|1790. S-S. B. 8°) , le So- 
len minulut, Linné et Mya orctica Lloné ne diiïàreni psi l'un de l'autre (Schumacber, 
DMti,!». lis) 



TKAVADX INÉDITS. 407 

A ce genre Lamarck rapporte 1*> la Fenus lithophagaàe Retz, 
acta acad. Taurin, vol. 3, p. 1 l,et la nomme Petricolasulcata; 
2° la Fenus lapicida Chemnitz , Conch. 10. p. 356, t. 171, 
fig. 1664-1665, qu'il désigne par le nom de Petricola costata ; 
et 30 son type Petricola striata , que cet auteur rapproche , 
mais avec doute , du Donax Irus de Linné. 

Ce genre pétricole, ainsi constitué , méritait d*être adopté, en 
lui faisant subir, toutefois, quelques corrections dans les espèces 
introduites par Lamarck. En effet , des quatre citées par cet au- 
teur, une seule lui était parfaitement connue , c'est sa Petricola 
striata , qui lui avait servi à décrire le genre; quant aux 
autres, il les avait empruntées aux figures publiées par les au- 
teurs. Cette association devint, par la suite , la cause d'une 
méprise , bien que M. Fleuriau eût signalé à Lamarck et eût 
mentionné dans son mémoire , que la coquille de Retz ne 
cadrait pas avec la caractéristique du genre publié dans le Sys- 
tème des animaux sans vertèbres, 

M. Fleuriau de Bellevue s'occupa, en 1802, d'un travail 
remarquable dans lequel il attira l'attention sur les coquilles 
lithophages. Son mémoire, inséré dans le Journal de phy^%ique 
de Lamelherie de germinal an x (1802), p. 345, a pour titre : 
Mémoire sur quelques nouveaux genres de Mollusques et de 
Fers lithophages , et sur la faculté qu'ont ces animaux de 
percer les pierres. Dans ce mémoire, qui est trop peu connu , 
M. Fleuriau établit trois nouveaux genres de coquilles de mol- 
lusques ayant pour base l'absence , le nombre ou la forme des 
dents de la charnière ; ces genres portent le nom de RupeUaire, 
Saxicave et Rupicole. Quiconque a eu connaissance de cet 
écrit et a pu juger la valeur de ces genres, a dû être surpris 
du peu d'attention qu'on leur a prêté. En effet , si les Saxicaves 
ont paru mériter une distinctk)n particulière , elles ont été assez 
peu appréciées pour qu'on ait établi plus tard trois autres 
genres avec d'autres espèces congénériques. Son genre Rupel- 
iaire , reconnu bientôt après variable dans le nombre des dents 
de sa charnière, aurait pu être adopté en lui faisant subir une 
légère modification exprimant ce caractère. Celui des Rupicoles^ 
qu'il avait parfaitement caractérisé par la nature delà dent très- 
remarquable, et décrit selon les règles de la science, bien 
avant que I^each imposât le nom de Thracie à des espèces 



408 RKVUK zooLociFQUK. [Novemhre 1846.) 

exactement du même genre , comme nous avons pu nous en 
assurer par l'examen du type du savant de la Rochelle, remis 
par lui à Lamarck et conservé dans le cabinet de ce professeur, 
reposait sur un caractère tranché et propre à attirer Pattention 
des conchiliologues de l'époque. N'est-il pas regrettable qu'on 
ait assez méconnu , surtout en France , les droits de M. Fleu- 
riau pour substituer à sa découverte un autre nom générique , 
d'autant plus que celui de Thracie imposé par Leach à des ca 
quilles que Montagu confondait improprement avec ses Li- 
gules , n'était appuyé d'aucune description et devait par consé- 
quent rentrer dans la catégorie de ces noms de collection que 
les savants de tous les pays rejettent , à juste titre , de la 
nomenclature des siences naturelles ? Cuvier fut le seul , comme 
nous le verrons dans le cours de cette histoire , qui sentit assez: 
la valeur de ce genre pour le mentionner dans son Règne 
animal ; mais comme son ouvrage, au moin» pour les mollus- 
ques, n'avait la forme que d'une histoire rapide de ces animaux, 
et ne contenait aucune description d'espèce , il fut moins con- 
sulté que les traités où elles se trouvent longuement reproduites, 
et l'écrit de Cuvier devint l'unique protestation en faveur du 
genre institué par M. Fleuriau ! IN'est-il pas à craindre que si 
l'on s'habitu* à méconnaître les droits justement acquis , on ne 
finisse par oublier les travaux de chacun, et que bientôt la con- 
fusion envahissant le sanctuaire de la science , celle-ci ne 
retombe dans le chaos d'où tant d'efforts et de persévérance 
l'ont fait sortir ! Pour nous, partisan des droits acquis par des 
titres incontestables, nous nous efforcerons, dans nos écrits, 
de réhabiliter les découvertes de nos devanciers ; et afin de ne 
point négliger cette cause, nous commençons par rejeter le 
nom de Thracie, comme postérieur et surabondant , pour lui 
restituer celui de Rupicole injustement relégué dans l'oubli. 

M. Fleuriau a donné de ses genres , la description suivante : 
lo RuPELLAiRK (Bupellaria), Coquille transverse inéquilaté- 
rale, bâillante; extrémité antérieure comprimée et postérieure 
bombée. Deux dents cardinales crochues sur chaque valve , une 
simple et Vautre bifide , alternant. Ligament extérieur . Veux 
impressions musculaires. 

M. Fleuriau prend pour type sa Rupellaire striée [Petricola 
ruperèlla Lamark) et ajoute la f^enus lithnphaga de Retz qm 



TRAVADX INÉDITS. 409 

appartient aussi à ce genre , en faisant remarquer que cette 
coquille était inconnue à Lamarck lorsqu'il la citait comme ap- 
partenant à son genre Pétricole. C'est la Petricola La Jonkairii^ 
de Payraudeau, ainsi que nous nous en sommes assuré. 

2o RupicoLE. (Rupicola) . Coquille transverse, inéquilatérale y 
un peu bâillante aux deux extrémités. Charn\ère sans dents 
ni callosités , ayant une fossette semi-lunaire en saillie inté- 
rieure sur chaque valve , accompagnant le ligament cardinal. 

La Rupicole concentrique est le type de ce genre ; c'est 
l'espèce que Lamarck nomme Anatina Rupicola , dans sou 
Histoire des animaux sans vertèbres, et qu'il a placée après son 
Anatina Myalis qui appartient aussi aux Rupicoles. 

3° « Saxigave [Saxicava). Coquille transverse, inéquilatérale, 
bâillante, sans dents , ni callosité, ni fossette. Ligament ex- 
térieur. » 

Ce genre a pour type la Saxicave ridée de l'auteur, qui de- 
puis, reçut à tort le nom de Saxicava gallicana Lamarck. 

Dans son mémoire , M. Fleuriau nous semble avoir reconnu 
les rapports qui lient les Saxicaves avec les genres de la famille 
des Tubicolés de Lamark lorsqu'il dit : Les valves un peu con- 
tournées et dépourvues de dents, ressemblent aux petites valves 
de Fistulanes. îious devons signaler aussi que, dans ce même 
mémoire, M. Fleuriau a fait connaître un des premiers une 
autre coquille perforante qu'il a reconnue de suite appartenir 
au genre Vénus. Cette espèce, qu'il a nommée Feny,s saxa- 
tilis, a été aussi méconnue que son genre Rupicole et décrite 
un peu plus tard par Montagu sous le nom spécifique de Fenus 
perforans , nom que Lamarek a reçu sur l'autorité de Leach 
tout en caractérisant l'espèce sur les types mêmes de M. Fleuriau î 
Cette coquille n'est pas une Vénérupe, quoique perforante f 
c'est une espèce du genre Vénus tant par les caractères de s» 
charnière , de ses impressions , de son fades, que par ceux de 
son animal conformes aux Vénus de la section du genre dont 
M. Sowerby a fait ses Pullastra. 

Maintenant que nous venons d'énumérer les caractères des- 
genres institués par M. Fleuriau, ne doit-on pas s'étonner qu'on 
ne les ait pas tous appréciés à leur juste valeur, puisqu'il ne 
fallait pour cela qu'en examiner seulement les espèces? 

En outre de ces genres , le savant conchyliologue de La 



410 REVOB zooLOGignE. [Novembre 1846.) 

Rochelle traite dans son mémoire du moyen qu'emploient le» 
mollusques lithophages pour s'introduire dans la pierre. Après 
avoir combattu Topinion émise par Réaumur et adoptée par 
Lafaille , autre naturaliste de la Rochelle, qui , n'ayant aperçu 
de jeunes Pholades que dans la glaise , pensaient que celle-ci 
se transformait en pierre pendant l'accroissement de ces coquil- 
les ; il attaque ensuite cette autre opinion qui consiste à admettre 
que les coquilles perforantes trouent la pierre par un mouve- 
ment de rotation imprimé à leurs valves. Enfin Sï. Fleuriau 
pense , non sans quelque probabilité , que ces mollusques em- 
ploient à cet effet un dissolvant , qu'il croit être un acide 
tel que l'acide phosphoreux , sans toutefois le démontrer , mais 
en s'appuyant sur la propriété phosphorique que manifestent 
quelques animaux de coquilles perforantes. Avant de revenir 
sur cette question nous allons continuer l'histoire de ces mol- 
lusques. 

Faujasde Saint-Fonds publia, dans les Annales du Muséum, 
t. 1 1 (1808), p. 390 , un mémoire sur un nouveau genre de co- 
quilles bivalves nommé Clotho. Il proposa ce genre pour une 
petite coquille perforante qu'il avait trouvée dans une pierre 
calcaire du département de la Drôme , à la suite d'une fouille , 
avec une espèce de Cardite fossile , dans laquelle le type de son 
genre Clotho était logé. Ce savant ajoute , que l'ayant montrée à 
Lamarck , ce célèbre professeur y reconnut des caractères pro- 
pres à constituer un nouveau genre. Fort de cette opinion , 
Faujas en publia les caractères suivants : 

«Clotbo, Testa bivalvis, inœquivalvis, subaequilateralis , 
striata ; Dens unicus^ bifidus , recurvatus , testae oppositae in- 
sertus ; impressiones musculares duo latérales ; ligamentum 
internum. » 

A en juger par cette description, on doit aisément concevoir 
que ce genre paraît différer suffisamment des Pélricoles de 
Lamarck, par son ligament interne et l'unique dent de chaque 
valve; aussi fut-il accepté comme indépendant de celles-ci et 
d'autres genres connus , par MM. de Blainville, Rang et M. de 
Basterot. Mais ce dernier géologue en fit selon nous une appli- 
cation malheureuse en y rapportant une espèce d'onguline 
fossile des terrains tertiaires du Bordelais , ce que nous avon» 
pu juger au moyen d'un individu identique de cette localité. 



TRAVAUX INÉDITS. 411 

Cette onguliue est polymorphe , également pourvue de deux 
dents à la charnière , dont une bifide ; mais le caractère le plu» 
distinctif, c'est que Vimpression de son manteau est simple. 
Fanjas a publié de son espèce de bonnes figures, pi. 17, f. 4-6, » 
l'appui de son mémoire , figures que les auteurs cités n'ont 
sans doute consultées qu'imparfaitement, mais dont l'étude a 
été probablement la cause que Lamarck n'a pas adopté ce genre. 
Après les avoir examinées nous avons acquis la conviction que 
le type du genre Clotho n'était autre chose qu'une espèce d'un 
genre connu. Si le peintre et le graveur ont reproduit fidèle- 
ment la nature , Faujas n'a pas déterminé exactement les carac- 
tères de la coquille qui, pour nous, est une espèce du genre 
Rupellaire de M. Fleuriau de Bellevue. C'est ce que dénotent 
la forme générale , les impressions et surtout les caractères et le 
nombre des dents de la charnière. En voici la description ; Le 
type du genre Clotho , d'après les figures du mémoire de 
Faujas, est une coquille ovale , transverse, inéquilatérale (le 
côté postérieur étant d'un tiers environ plus étendu que le 
côté antérieur) et paraissant équivalve. La charnière se compose 
de deux dents sur la valve droite (la seule vue en dedans) , 
Vùntérieure simple , la postérieure sillonnée en long et pro- 
fondément bifide. Il en est sans doute de même sur l'autre 
valve avec une transposition des dents. Les impressions muscu- 
laires sont ovales arrondies. L'impression palléale profonde , 
oblongue et un peu sinueuse supérieurement , avec Vangle du 
manteau profond , étroit et aigu. Le ligament est allongé des 
crochets au côté postérieur , enfoncé dans les nymphes , mais 
saillant à Vexlérieur. 

Lamark dans son Extrait du cours (1812), p. 1 08, forma une 
famille des coquilles perforantes , sans pièces accessoires , sous 
le nom de Lithophages , avec les genres Saxicave , Rijipicole , 
Pétricole et Rupe|laire. Il la caractérisa ainsi : « Famille des 
Lithophages. Coquilles térébrantes , sans pièces accessoires , 
équivalves, ayant deux impressions musculaires séparées , laté- 
rales, et im ligament extérieur. Animal pourvu d'un pied épais, 
souvent subcylindrique. » C'est ce qui résulte desdivisions dicho- 
tomiques de sa classification générale des mollusques acéphales. 
Lamarck a peut être été déterminé à la formation de cette fa- 
mille , par les observations et les faits intéressants contenus dan» 



412 REVDE zooLOGiQDK. {NoveîTibre 1846.) 

le mémoire de M. de Fleuriau et qu'il a appre'ciés d'une ma- 
nière toute particulière. 'A. cette époque de la conchyliologie , 
alors que les animaux de ces genres étaient inconnus et que les 
caractères de leur test étaient les seuls sur lesquels on pouvait 
asseoir les genres et les grouper en famille , il n'était pas éton- 
nant que l'on pût croire à des rapports assez grands lorsque , à 
des mœurs semblables, venaient se joindre des caractères tels 
qu'une coquille à peu près de même forme et d'un volume 
approchant , inéquilatérale , bâillante aux deux extrémités , un 
ligament extérieur , et une sorte de gradation dans le nom- 
bre des dents de la charnière ; mais lorsque la connaissance des 
animaux de quelques-uns de ces genres vint éclairer l'opinion 
des savants, ce groupe laissa des doutes dans l'esprit des classi- 
ficateurs. 

Cinq ans après, Guvier publia une classification générale des 
mollusques, fondée comme celle d'Adanson sur les caractères 
des animaux et des coquilles. Dans cette distribution méthodi- 
que des genres , ce savant naturaliste répartit ceux des mollus- 
ques connus d'après les rapports zoologiques qu'il lui fut 
possible de saisir, et, il faut l'avouer, il fut assez heureux dans 
ses conjectures sur les genres de coquilles dont il ne put voir 
les animaux, soit que ses grandes familles favorisassent sa clas- 
sification, soit qu'il pénétrât mieux les rapports des genres entre 
eux. 

Sa méthode tient de celle d'Adanson, de Poli, de Linné et 
Lamarck. C'est une sorte de transition entre les systèmes de clas- 
sification des deux derniers auteurs. Les grandes divisions zoo- 
logiques sont faites d'après les principes d'Adanson et de Poli 
et les familles représentent à peu près les grands genres 
Linnéens. Cependant ses divisions de premier ordre sont modi* 
fiées selon les connaissances acquises , depuis la mort de Linné, 
par les travaux de Muller, de Poli et ceux de Cuvier lui-même 
sur les animaux mollusques. Lamarck, dans sa méthode de clas- 
sification avait proposé ses genres comme des groupes distincts 
et indépendants les uns des autres ; Cuvier suivit un autre plan 
plusenrapport avec les principes du système conchyliologique de 
Linné , qui formait des grandes sections dans ses genres. 
Ainsi , en admettant ceux de ces derniers nouvellement établis, 
il les classe de telle sorte qu'il rattache à un genre bien cir- 



TRAVAUX INÉDITS. 413 

conscrit d'autres groupes de moindre importance qu'il qualifie 
de sous-genres. C'est, comme Ton voit, des sortes de tribus plu- 
tôt que des genres proprement dits dont les sections secondaires 
représentaient des divisions d'un autre ordre. Voici Texposé du 
classement que Cuvier fit subir aux genres de la famille proposée 
par Lamarck. 

Cuvier classe un genre qu'il nomme Pétricole dans sa famille 
des Cardiacés, entre les Vénus et des Corbules , à la suite des 
Gapses de Bruguière , dont il fait un sous-genre des Vénus , 
comme de ses Pétricoles. Il caractérise ensuite ce genre de la 
manière suivante : 

€ Pétricole [Petricolà). Les Pétricoles , qui ont de chaque 
côté deux ou trois dents à la charnière , bien distinctes , dont 
une fourchue. Leur forme est plus ou moins en cœur ; mais 
comme elles habitent l'intérieur des pierres , elles y deviennent 
quelquefois irrégulières. D'après l'inspection des bords du 
manteau , leurs tubes doivent être grands. » 

Cuvier rapporte à ce genre la f^enus lapicida de Chemnitz , 
Conch. 10, pi. 172 f, 1664, et les Jîupellaires deFleuriau; puis 
il ajoute avec doute : — Donax Irus ? Chemnitz 6, pi. 24, f. 270 
(Cuv. Règne anim. t. 2, p. 485). 

Nous ferons remarquer ici que le genre Pétricole de Cuvier n'a 
plus la même valeur que celui de Lamark ; car les Pétricoles du 
syst. des anim, s. vertèbres n ont que deux dents sur une valve et 
uneseule sur l'autre ; et cette disposition de la charnière, qui est 
constante dans ce genre , correspond exactement avec l'organi- 
sation particulière du mollusque de ces coquilles. Mais Cuvier 
n'en jugea pas ainsi : croyant ces coquilles sujettes à des chan- 
gements dans le nombre des dents, et attribuant peut être à leur 
charnière trois dents sur chaque valve dans l'état d'intégrité on 
de perfection de celle-ci , il ne fit pas mention du caractère 
des espèces appartenant au genre de Lamarck tout en lui em- 
pruntant le même nom. Par ce fait , Cuvier a porté la confusion 
dans la nomenclature, ce qu'il aurait pu éviter en substituant le 
nom de Rupellaire à celui de Pétricole. Nous verrons par la 
suite que les Pétricoles de Cuvier ne sont autre chose que les 
Vénérupes de Lamarck unies aux Rupellaires de Fleuriau , et 
qu'ainsi transformé le genre de Cuvier mérite d'être adopté 
sous ce dernier nom , après en avoir retiré les véritables Vénus, 



414 RKVDE zooi.oGiyuK. [Novcmbre 1846.) 

Cuvier n'ayant peut-être pas connu en nature les Saxicares 
de M. Fleuriau établit malheureusement pour celles dont il 
observa l'animal un genre nouveau, celui des Byssomies , et 
conserva indépendant celui du naturaliste de La Rochelle et les 
Hiatelles de Daudin. Voici ce qu'il dit de ces genres : 

« C'est dans le voisinage desPanopes (Panopées Lamarck) que 
doivent venir, sans doute , les Saxicaves de M, Fleuriau de 
Hellevue ; petites coquilles creusant l'intérieur des pierres » 
(Guv., l. c, p. 489 en note). 

Après le genre Anatine et avant les Glycimères , cet auteur 
ajoute en note , l. c.^ p. 489 : « Je pense que les Bupicoles de 
M. Fleuriau doivent être voisines de ce sous-genre. Elles vivent 
dans l'intérieur des pierres, comme les Pétricoles , les Pho- 
lades. » D'après cela , c'était à titre de sous-genre des Anatines 
que Cuvier conservait et envisageait les Rupicoles. 

Après les Gastrochènes, l. c, p. 490 , il parle ainsi des Bysso- 
mies. ■ Les Byssomies sont des coquilles oblongues et sans dent 
marquée ; ont l'ouverture pour le pied à peu près dans le 
milieu de leurs bords et vis-à-vis des sommets. Ils pénètrent 
aussi dans les pierres , les coraux. — On en a un très-nom- 
breux (sans doute volumineux) dans la mer du Nord , qui est 
pourvu d'un byssus. — Mytilus pholadis, MuWer^Zool. dan. 
t. 87, *f. 1,2,3, ou Mya bussifera Oth. Fabricius, Fcttin. Groenl.9 

Ensuite viennent les Hiatelles de Daudin. « Les Hiatelles ont 
la coquille bâillante pour le passage du pied vers le milieu de 
«es bords , comme les précédents, mais leur dent de la charnière 
est un peu plus marquée. Leur coquille a souvent en arrière 
des rangs d'épines saillantes. — Elles se tiennent dans le sable, 
les zoophites , etc. La mer du Nord en possède une Soten mi- 
nutus Linné, Chemnitz, 6, t. 6, f. 51, 52 ou Mya arctica Oth. 
Fabr. Fauna groenlandica , qui paraît la même que l'Hiatelle 
à une fente Bosc, coq., t. 3, p. 21, n° t , l'Hiatelle à deux fentes, 
id., n° 2, Cuv., /. c, p. 491). 

C'est dans la famille des Enfermés que Cuvier réunit les 
Saxicaves et Rupicoles de Fleuriau , les Hiatelles de Daudin et 
son genre Byssomie , et c'est avec raison , parce qu'en suivant 
les principes de la classification des mollusques acéphales adoptés 
par le célèbre zoologiste , c'était là la véritable place que 
devaient occuper ces mollusques. D'où il résulte selon nous que 



TR4VADX INÉDITS. 415 

Cuvier avait mieux jugé des rapports entre ces animaux que 
Lamarkne l'avait fait précédemment , car nous verrons qu'il y 
a entre ceux-ci et les Gastrochènes une grande affinité , tandis 
qu'elle est nulle entre ces genres lesPétricoles et les Vénérupes. 
Mais il y a néanmoins cette remarque à faire que les Byssomies 
de Cuvier et les Uiatelles de Daudin ne diffèrent que spécifi- 
quement des Saxicaves de M. Fleuriau , et en cela le célèbre 
zoologiste a eu tort de ne pas les réunir ou du moins de décrire 
ces genres à la suite les uns des autres. S'il en eut agi ainsi , 
personne n aurait pu sérieusement l'en blâmer, par le motif que 
si leur charnière différait à peine , l'animal de quelques-uns 
lui étant inconnu, la réserve , dans ce cas, eût paru louable, 

Lamarck , dans le tome 5" de son grand ouvrage , V histoire 
naturelle des animaux sans vertèbres, seuible n'avoir pas 
voulu profiter des travaux de ses devanciers, comme Cuvier 
l'avait fait à l'égard des indications de famille entrevues par 
M. Fleuriau pour ses Saxicaves, mais il n en explique pas le 
motif ; Lamarck maintint donc les rapports qu'il avait précédem- 
ment établis dans l'exposilion de la famille des Lithophages. 
Cependant il ne considérait pas cette famille comme naturelle , 
attendu qu'il dit, p. 4tiU de cet ouvrage , dans les généralités sur 
sa division des Couchifères tenuipèdes, que « cette division com- 
prend quatre coupes distinctes , dont une seule (les Lithophages) 
paraît plus artiticielle que les autres , sans néanmoins cesser 
d'être utile , etc. » et p. 499 dans les généralités sur la 
famille des Lithophages , il ajoute « que les habitudes de ces 
animaux étant analogue» à celles de la plupart des Pholadaires, 
ils lui avaient paru devoir s'en rapprocher au moins sous ce 
rapport, mais que depuis il les en a écartées. » Cela se conçoit, 
puisqu'il y réunit des genres appartenant par leurs mollusques 
et leurs coquilles à trois autres familles distinctes et que la na- 
ture différente de leur charnière devait l'embarrasser. 

Dans le premier essai de la composition de cette famille, il y 
avait introduit tous les genres de Lithophages connus, mais 
privés de pièces accessoires. Il s'avisa depuis , en n'y compre- 
nant plus que les Saxicaves , les Pétricoles et un genre nouveau, 
celui des f^énérupeSy qu'il avait formé avec des coquilles pour- 
vues de trois dents sur une valve et de deux dents sur l'autre. Il 
ne tint aucmi compte de l'observation de M. Fleuriau sur l'ad- 



416 RKVUK zooLOGiyoE. {Novembre 1846.) 

jonction inutile qu'il avait faite autrefois des coquilles à deux 
dents sur chaque valve au nombre des espèces citées dans son 
genre Pétricole de son système des animaux sans vertèbres et 
confondit , avec celle-ci , les Rupellaires de M. Fleuriau. Il est 
possible qu'il ait pensé que chez ses Pétricoles une des dents 
avortât , dans certaines circonstances , par l'effet de la manière 
de vivre de ces coquilles , et que dans l'état de perfection elles 
devaient en posséder deux sur chacune d'elles. Si, à cette époque 
Lamarck avait joui de toute la plénitude de sa vue, il aurait pu 
s'assurer que ses Pétricoles avaient dans leurs faciès et les dents 
de ia charnière un cachet qui leur était propre. Il aurait pu 
également remarquer que les Rupellaires ne se distinguaient 
de ses Fénérupes que par l'absence de la troisième dent d'une 
des valves ; car la conformation des dents et des deux sortes 
d'impressions étaient la même. Cette fusion entrevue et opérée 
par Cuvier méritait d'être acceptée , en substituant au nom de 
Pétricole mal appliqué par ce zoologiste , celui de Rupellaire 
précédemment proposé par M. Fleuriau. On a peut-être pu s'as- 
surer par l'examen de quelques nouvelles Pétricoles de Lamarck 
que parfois elles ont une troisième dent sur une valve ; ce qu'ff 
y a de certain , c'est que nous avons vu cette troisième dent dans 
quelques individus de ses Petricolla lamellosa, Pholadiformis, 
et de la Daclylus , Sowerby ^ etc. , tandis que quelques Véné- 
rupes de Lamarck n'en ont quelquefois que deux sur chacune 
d'elles. Ex. : P^en. Irus. Nous avons vu, de plus , que les ani- 
maux des Rupellaires et des Vénérupes ont les mêmes carac- 
tères zoologiques , comme nous le ferons connaître. Ceci étant 
compris , il devient hors de doute que la nouvelle association 
opérée par M. Lamarck, entre son genre et celui de M. Fleuriau, 
était une faute réelle. Il y a des savants naturalistes qui admet- 
tent l'utilité d'un changement de nom , toutes les fois qu'un 
genre mal constitué a été réformé sur d'autres caractères 
plus convenables ; cela peut être appliqué au genre f^éné- 
rupe de Lamarck qui se compose des espèces de Pétricoles 
de Cuvier pourvues de trois dents et par conséquent désasso- 
ciées de celles à deux dents. Ce nom de Fénérupe paraît lui 
avoir été suggéré par celui que Brocchi avait donné à la F'enus 
rupestris ; mais , dans ce genre, Lamarck nous semble s'être 
exagéré le caractère tiré des habitudes de ces animaux , car il y 



TRAVAUX INÉDITS. 417 

«onfond à tort une espèce , dont il a fait le type de son genre , 
■et que M. Fleuriau avait parfaitement distinguée et reconnue 
appartenir aux Vénus. En effet , outre que la F'enus saxatilis à 
trois dents pectinées sur les deux valves , comme les Fenus 
pullastra, decussata^ Jîhomboïdes, Pennant {Fen. Virginea 
Maton, Lamarck , mais non Linné dont Tespèce a reçu à tort de 
Born et Lamarck le nom de Fenus callypiga), etc., l'animal de 
cette Fenus saxatilis {Fenus perforans Mont ) ne diffère que 
spécifiquement de celui des autres Vénus que nous venons d*énu- 
mérer. En voici la description : Fenus saxatilis {Fenerupis 
perforans Lamarck). « Animal ovale, assez bombé; manteau 
ouvert dans les 3/4 de son contour, uni et épaissi sur les bords , 
terminé postérieurement par deux tubes aussi longs que la 
coquille , séparés seulement à environ 6 millimètres de leur 
«xtrémité : le tube anal plus court que le branchial , et un peu 
recourbé en arrière ; tous deux frangés à leur orifice. Feuillets 
branchiaux inégaux ; bouche moyenne garnie d'appendices 
labiaux petits et triangulaires ; pied droit , linguiforme et très 
extensible. — Cet animal rampe parfaitement et se fixe dans 
les anfractuosités et les fentes des rochers au moyen d'un 
byssus filé par son pied. (Bouch. Chantereau , Cat. molL Bou- 
lonnais, p. 17.) 

La présence d'un byssus ne peut être une objection , attendu 
que s'il est inutile aux espèces arénicoles, il devient d'un grand 
secours à celles qui rampent sur les rochers pour s'introduire 
dans leurs fissures et s'y maintenir contre les mouvements de 
la mer. Nous voyons que , selon les habitudes , la nature a ré- 
parti ce moyen à quelques saxicaves et en a privé d'autres. On 
a remarqué de semblables distinctions entre les arches qui 
vivent dans le sable et celles qui se suspendent dans les trous 
des roches sous-marines, etc. La facullé de vivre dans ces 
deux circonstances ne nous paraît pas un motif suffisant pour 
éliminer une espèce d'un genre , lorsque d'ailleurs les princi- 
paux caractères zoologiques et conchyliologiques se ressemblent. 

La somme des animaux de Vénus connue et qui est en petit 
nombre présente les bords des lobes du manteau pourvus de 
tentacules , mais celui de la Fenus saxatilis paraît en être 
privée ce caractère doit-il suffire pour rejeter cette espèce du 
genre Vénus ? 11 faudrait d'abord connaître les animaux sinon 
Tome IX. Année 184 G. 27 



4-18 BRVDE zot)LOGiouE. {Novcmbre 1846.) 

de toutes les espèces, au moins d'un grand nombre, pour s'as- 
surer que la présence de ces tentacules est constante ; or nou» 
manquons de documents suffisants , et lors même qu'il serait 
prouvé que toutes les Vénus ont ce caractère , ce ne serait pas 
encore pour nous un motif d'exclusion , parce que ceux que 
nous connaissons de ces animaux sont conformes au caractère 
du genre , ainsi que leur coquille, La façon de vivre doit 
probablement lui rendre inutile la présence de ces tentacules 
dont lobjet peut être accommodé pour le choix du lieu propre 
à la station. Mais si ce caractère devait prévaloir et que le 
séjour dans telle ou telle nature de terrain fût une condition 
déterminante , alors cette espèce admise dans les Vénérupes 
occasionnerait une modification dans la caractéristique du 
genre qui lui enlèverait cette concision et cette clarté qu'on est 
accoutumé d'y trouver. Il faudrait , dans le premier cas, insérer 
dans la phrase des Vénérupes : charnière ayant deux dents ou 
trois dents sur chaque valve , ou deux sur l'une et trois sur 
l'autre ; ajouter ensuite : coquilles parfaitement closes ou un 
peu bâillantes à une des extrémités , perforantes ou non , byssi- 
fères ou non , etc. Il nous semble qu'en présence de ce que 
nous venons d'exposer , la question peut être résolue avanta- 
geusement en conservant cette coquille dans les Vénus, à la 
suite des Pullastra. Elle a d'ailleurs tous les caractères de cette 
section et c'est aussi la place que nous lui réservons (1). Il 
convient donc d'extraire des Vénérupes, non-seulement la 
yenerupis perforans, mais encore la Fenerupis nucleus qui , 
après un examen attentif et comparatif, se rapproche beaucoup 
des jeunes mdividus de la Fenus pullastra de Lamarck. Elle en 
a presque tous les caractères. La Venus saicaftVtS vit non-seu- 
lement dans les trous des rochers , mais encore dans l'argile ou 
la vase durcie ; le long séjour qu'elle y fait et le volume qu'elle 
y acquiert , a pu faire croire à Lamarck , qui en possédait dan» 
ces deux états , que cette coquille par sa coloration gris sale ou 
jaune grisâtre , devait différer beaucoup du petit et unique 



(X) Mats nous pouvons citer tel , à l'appât de notre opinion, an moins une espèce non 
perforante dont les bords du manteau sont également simples ou ex«>mpts de clrrbes ten- 
taculaires : c'est la Venus Paphia LInn. {Ven. fasciala Donov.), Q«e M. Pliilippi nous a 
fait connaître en ces termes : Animal Siphonea duos brèves, apice cirratos basi (intra 
lestam), coalitos mihi exhibitœ , marge pallii simplex ; pe$ magnut lingutt formù ; 
iranehia extrema parva att. • Philippi fauoa U. Sicill», vol. S, p. tk. 



TRAVAUX INÉDITS. 419 

individu de sa Fénérupe noyau dont la coloration est asse» 
élégante (1). 

Dans cet ouvrage on voit avec peine que Lamarck n^aitpas in- 
troduit dans ses Litlhophages l'Ma/e//e de Dandin, plutôt que 
de la reléguer dans la famille des Cardiacés , dont elle n'a pas 
les caractères, et en même temps dans le genre Solen, à l'exem- 
ple de Linné, avec lequel elle n'a pas plus de rapports. Nous 
pouvons , à l'appui de ceci , citer un passage des observations 
zoologiques du Catalogue des mollusques du Boulonnais, par 
M. Bouchard-Chantereau, qui confirme pleinement ce que nous 
disons. Ce savant , à l'article Hiatelle arctique dit : c L'animal 
(de cette espèce) est en tout semblable à celui de la Saxicave 
ridée, > et aux pages 15 et 16 du même catalogue, après la des- 
cription de la Saxicave ridée, M. Bouchard ajoute : « Il faut que 
notre célèbre Lamarck n'ait point connu l'animal de la Saxicave 
pour l'avoir tant éloigné des Gastrochènes avec lesquels il a la 
plus grande analogie , et surtout de l'en avoir séparé par des 
genres dont les animaux ont une organisation si différente. » 
Lamarck a rejeté de cette famille le genre Rupicole de M. Fleu- 
riau , pour en introduire le type dans son genre Anatine , qui 
peut passer pour l'un des moins homogènes. S'il a eu raison de 
faire ce changement et de le rapprocher de son Anatinamyalis^ 
dont la fragilité et la rudesse du test a pu lui faire croire que 
ces deux espèces n'étaient que des Anatines modifiées par leur 
manière de vivre, les différences que leur charnière offrait avec 
celle de ce genre, nonobstant le peu de bâillement des valves, 
leurs crochets entiers et l'absence de toute lame interne, aurait 
dû le déterminer à isoler ces deux espèces de ses Anatines et lui 
faire accepter, à l'exemple de Cuvier, le genre Kupicole. S'il eût 
agi de la sorte, Leach n'aurait pas proposé le nom de Thracie 
pour classer VAnatina myalis de Lamarck; quoi qu'il en soit, 
l'antériorité du nom proposé par le savant français devra pré- 
valoir auprès de ceux qui tiennent à conserver aux auteurs le 
fruit de leur labeur, lorsqu'il est fondé sur des titres aussi justes 
'que solidement établis. 



(l)TortoD , qui a observé la Venerupi$ perforant dans toas les âges, parle d'an Jeno* 
ladhidu de celte espèce correspondant aux caractères de la Vén. noyan de Lamarck. 
«t comme Lamarck tenait ce petit individu de M. Fleuriaa'qul ne l'avait point sépare da sa 
Vtnu» taxatilis, il s'ensuit que Flonrian «i Turton pourraient avoir raison. 



420 HKVDE zoor.OGiyuE. (!Vovembre 1846.) 

En 18(9, Férussac proposa, dans sa classification des molîns- 
ques, une antre composition de la famille des Lithophaî^es, dans 
laquelle on voit réunis les Pétricoles et Vénérupes de Lamarck, 
avec les Corbules du même auteur et les Glotho de Faujas. 
Férussac n'ayant pas fait connaître les caractères des genres qu'il 
associait entre eux, il faut croire qu'il acceptait ceux institués 
par Lamarck et Faujas. S'il a parfaitement bien compris que le 
Clotho avait des rapports avec les Vénérupes par le rapproche- 
ment qu'il en a fait , on doit s'étonner qu'il ait trouvé une affi- 
nité semblable entre les corbules dont le ligament est placé tout 
à fait à l'intérieur et la charnière si différente de celle des autres 
lithophages. Tout en reprochant à cet auteur une association 
aussi hétérogène, on doit cependant lui savoir gré d'avoir com- 
pris, à l'exemple de Cuvier, que les Hiatelles et les Saxicaves 
(auxquelles il réunissait comme Lamarck les Byssomies de 
Cuvier) devaient être isolées des Lithophages et autres familles, 
pour les réunir dans le voisinage des Gastrochènés et des Pho- 
lades. Ces quatre genres constituent sa famille des Pholadaires, 
qu'il classe entre les Solénacéset les Tubicolés. 

Parmi les auteurs de classification générale des mollusques, 
qui ont rejeté la famille des Lithophages de Lamarck, on compte 
MM. de Blainville, Rang, Latreille et Gray. 

M. de Blainville, Manuel de malacologie et de conchyliologie. 
1825, a réparti les genres de cette famille dans deux autres, 
savoir: 1* Les Fénérupes (comprenant les Pétricoles et les 
Rupellaires) et le Clotho, dans sa troisième section de sa famille 
des Conchacés, entre les Vénus et les Corbules, et les a séparés 
par son genre Coralliophage ; 2" les Saxicaves dont il fait quatre 
genres, Saxicave , Byssomie, Rhomboïde ei ffiatelley dans sa 
deuxième section des Pyloridés, entre la Glycimère et les Gas- 
trochènés, Clavagelle et Arrosoir. 

Les Vénérupes de M. de Blainville ne sont pas celles de 
Lamarck; elles sont formées des Vénérupes et Pétricoles de 
Lamarck, et des Rupellaires de M. Fleuriau, classées en trois sec- 
tions d'après le nombre des dents de leur charnière. Nous ver- 
rons bientôt que les Pétricoles y sont de trop. Ce genre Pétricole 
a vraiment du malheur; méconnu d'abord par son propre auteur, 
son nom est donné ensuite à un autre genre composé d'espèces 
qui n'ont avec les siennes aucune affinité, et enfin confondu avec 



TRAVAUX INÉDITS. 42t 

l«s Yënérupes dont il n^est distingué qu^à titre de section. Ainsi 
la fusion que Cuvier n'avait pas osé faire se trouve exécutée par 
M. de Blainville. Dans cette classification les genres Clotho , 
Byssoniie et Hiatelle, sont reproduits sans discussion. Cet auteur, 
en donnant les caractères et la figure d'un genre nouveau qu'il 
propose sous le titre de Rhomboïde , ne s'est pas aperçu qu'il ne 
différait de la Byssoiniede Cuvier que sous le rapport spécifique. 
En comparant les caractères de l'animal des Byssomies et des 
Rhomboïdes, que M. de Blainville a fait figurer, on s'aperçoit à 
l'instant qu'ils appartiennent au même genre, et lorsqu'on sait 
que les animaux de ces coquilles ont les siphons très-extensibles, 
et que leur byssus peut s'allonger, se raccourcir et même dispa- 
raître au besoin, selon Othon FabriciusetM. Gould,etc., on n'é- 
prouve aucun doute sur la fusion des quatre genres énumérés 
par M. de Blainville. C'est, au reste, ce qui est reconnu aujour- 
d'hui par de bons observateurs. Enfin, contrairement aux ana- 
logies, M. de Blainville confond les Rupicoles avec les Ostéo- 
delphes dont elles sont si différentes. (L. l, p. 660.) 

Latreille, dans la même année ( 1 8?5) , proposa une antre clas- 
sification des mollusques lithophages, dans trois familles diffé- 
rentes. Sa famille des Fénérides comprend les Cylhérées, les 
Vénus et les Yénérupes, ce qui nous paraît répondre aux affinités; 
mais, par contre, sa famille desTellinides réunit les Pétricoles et 
Saxicaves avec les Corbules, Astartés, Donaces, Tellines, Psam- 
mobies et Sanguinolaires. Si cet auteur eût purgé les Pétricoles 
de Lamarck des Rupellaires de M. Fleuriau, et qu'il eût placé 
les Saxicaves dans le voisinage des Hiatelles, cette distribution 
des Lithophages de Lamarck n'eût pas été sans mérite, d'autant 
plus que Latreille avait classé les Hiatelles dans la famille des 
Solenidesen compagnie des Gastrochènes,Glyci mères, Panopées, 
Solens, etc. 

Rang (Manuel de l'histoire natur. des mollusques et de leurs 
coquilles, 1829} adopte, à peu de chose près, le classement admis 
par M. de Blainville. Ainsi, il admet les Yénérupes à la suite des 
Vénus, mais il les fait suivre des Pétricoles de Lamarck, que 
M. de Blainville avait confondues avec les premières. Lorsqu'on 
a lu les descriptions des animaux des deux genres insérées par 
Rang dans son ouvrage, on est tenté de blâmer cet auteur sur ce 
qu'il n'a pas adopté l'opinion de M. de Blainville et avec d'autant 



422 REVDB zooLOGiQDE. {Novembrc 1846.) 

plus de raison que dans les caractères de ces deux descriptions 
on ne trouve rien qui les différencie, sauf quelques distinctions 
purement spécifiques. On pourrait donc lui reprocher d'avoir 
accordé trop d'attention à la charnière des deux genres dont la 
rariation semblerait, dans ce cas, avoir subi une dégradation 
dans le nombre de ses dents par suite des habitudes de leurs ani- 
maux. Le fait est que Rang a pris pour type de ses Pétricoles 
l'animal d'une Rupellaire, et c'est ce qui explique pourquoi les 
deux descriptions de cet auteur se ressemblent. Il résulte donc 
de cette explication qu'on ne doit attacher, aux deux caractéris- 
tiques de Kang, que l'intérêt qu'elles comportent; c'est-à-dire 
que pour tous ceux qui connaissent l'animal d'une véritable 
Pétricole, le genre décrit par Rang, sous le nom de Lamarck, ne 
doit représenter qu'une section des Vénérupes basée sur un 
nombre de dents pair sur chaque valve. Comme M. de Blain- 
ville, il conserve le genre Clotho indépendant des Yénérupes, et 
le place entre le Coralliophage de cet auteur , qui se rapproche 
des Cardites , et l'Onguline qui, manquant de siphons, ne peut 
être maintenue dans une famille dont la présence des siphons 
devient un caractère essentiel. — On remarque dans la famille 
des Pyloridés qu'il a fait les Bupicoles de M. Fleuriau syno- 
nymes des Périplomes de Schumacher. Ceci s'explique en se 
rappelant que Rang ayant vu et décrit l'animal de la Jiupicola 
{ThraciA) phaseolina{Amphidesma phaseolina Lamk), il l'a 
rapportée au genre Périplome ; mais ce qu'il y a de certain, c'est 
que cet animal et sa coquille appartiennent au genre Rupicole 
de M. Fleuriau, transformé en genre Thracie par Leach, depuis 
que M. de Blainville a malheureusement accepté ce nom. Noua 
retrouvons encore ici, dans cette même famille, les genres Bysso- 
mie , Rhomboïde et Hiatelle , décrits séparément à la suite des 
Saxicaves, et mis en rapport, d'un côté avec les Panopées et de 
l'autre avec les Arrosoirs qui commencent la famille des Tubi- 
colés de cet auteur (1). 



(i; C'est vers cette époque que M. Conrad , dans le Journal de l'Académie des scien- 
ce» naturelles de Philadelphie, t. 7 (1837) , fil connaître un genre de Coq. perforante» 
qu'il nomma Saxidomus (*j et qui ne diffère pas des véritables Vénus perforantes. 
Ce genre , par rapport aux coquilles, nous paraît faire la transition des Vénérupes aux 
Vénus ; car , de même que les Rupellaires (ou Vénérupes à deux dents sur chaque valre), 

(*) Saxidomus l\ultalli, Conrad , Journal of the acad. of nat. sciences , Philadelpbla , 
fol. 7, (1837) , p. «49. Hab. Upper Caliiforaia (Jay.), volume qui a para avant 1839. 



TRAVAUX INÉDITS. 42S 

H. Gray, dans son Tableau des mollusques conservés dans le 
cabinet du musée de Londres (1840) , et qui renferme sa der- 
nière classification de ces animaux, distribue aussi les trois genres 
de Lamarck dans trois familles différentes. Il comprend les 
Saxicaves dans une famille particulière avec les Hiatelles, et la 
met entre sa famille des Galéommides et des Chamides , ce qui 
éloigne ces genres des Gastrochènes par toute la série des Solé- 
nides , Anatinides , Myides, Corbulides et Pandorides. Ce zoolo- 
giste place ensuite les Vénérupes dans sa famille des Vénérides 
et les Pétricoles dans ses Tellines, à côté du Clotho, qu'il con- 
serve comme genre distinct, de la Mysie, espèce d'Arthémis, 
d'un côté, et des Cumingies, Ligules (Syndosmyes, Recluz), 
Tellines, etc. , de l'autre, il nous suffira de cette exposition de 
genres dont les analogies sont si différentes pour ne pas nous 
étendre davantage. 

Si tous ces auteurs, depuis Lamarck, ont rejeté en tout ou en 
partie la famille des Lithophages, parce qu'à l'exemple de ce 
«éièbre naturaliste , ils l'ont trouvée plus artificielle que natu- 
relle, il s'est rencontré un de ses élèves qui, loin de partager 
leur opinion , s'est efforcé de réhabiliter celle de Lamarck. 

M. Deshayes, dans ses annotations à la nouvelle édition du 
grand ouvrage de Lamarck, Bist, nat. des An.^ sans vertèbres, t. 6 
(1835), p. 156noteet 150, rejette les rapprochements proposés par 



se lient aux Vénérupes par des espèces sur lesquelles, outre les autres caractères iden- 
tiques , on rencontre assez souvent une troisième dent sur une valre; de même il y a , 
surtout en Amérique , des Vénérupes dont les deux valves sont pourvues de trois dents sur 
chacune , c'est le cas des coquilles comprises dans le genre Saxidomus de Conrad. Reste 
maintenant à savoirs! les espèces de ce genre ont un animal conformé comme celui des 
Vénérupes; si , par exemple , leurs siphons sont pourvus a leurs orifices de papilles alter- 
nant avec des fibres plumeuses. comme Muntagu I a décrit pour sa Donax Irus {Venerupit 
Irus Lamk), ainsi qu il suit :» L'animal qui tiabite cette coquille a deux tubes fçréles, trans- 
parents, blancs , Uchès de blanc opaque ; ces derniers sont moins lon;:s que la coquille 
et joints ensemble près de l'extrémité où ils divergent et deviennent de couleur d œillet. 
Les orifices sont ciliés de fibres plumeuses de la même couleur et dans quelques-uns les 
points (papilles) et les franges sont de la même couleur que le reste des tubes (Mont. Test, 
crit. suppl., p. 573). M. Gould l'a fait connaître pour la Pelricola pholadiformis (Vene- 
rupis phaladiformis Nobis). L'animal de celte espèce, selon les observations du Rév. 
J. L. Russell , a deux tubes dont l'orifice du branchial est orné d'un cercle de cirrhes plu- 
meux consistant en quatre grands et quatre pellls, et sur l'anal le nième nombre de points 
(papilles) obtus sous les créuelures frangées qui entourent rorifice de l'autre tube (Gould , 
luvest. of Massacliussts (l»41 , p 60;; ce qui a été confirmé par M. Philippi pour la Pe- 
tricola lithaphaja aroun {Venus lichophaga Reli. — Venerupis iiihuphaga Nobisj 
dont cet auteur donne la description suivante : Animal à manteau terme postérieurement 
et terminé par deux siphons soudés jusques un peu au delà de leur milieu . ayant leur ori- 
fice brun et cilié par de courtes papilles et de filaments pennés plus longs sur l'autre 
côté ; ouvert antérieurement pour le passage d'un pied petit CTlindriqne, portant à ta bat* 
aobyssoi (Phll. entim. Moll. flcil., toI. 1, p. 81). 



424 KKVDE zooLOGiguK. [Novembre 1846.) 

Cuvier, Blainville, Rang et autres naturalistes, à savoir les Saxî- 
caves près des Gastrochènes et les Vénérupes dans le voisinage' 
des Venus. Ce savant conchyliologue paraît avoir été déterminé 
à la conservation de la famille des Lithophages de Lamarck par 
cette considération qu'il trouve les animaux des trois genres 
Saxicave, Pétricole etVénérupe, liés par des rapports zoologiques 
consistant dans l'ouverture du manteau de ces animaux, qui 
s'étend graduellement du premier au dernier de ces genres et 
dans le développement progressif à peu près analogue de leur 
pied. M. Deshayes dit avoir vu une série de ces animaux, et c'est 
de leur étude qu'il s'est fait une opinion conforme à celle de 
Lamarck; nous doutons cependant qu'il ait eu à sa disposition 
l'animal d'une véritable Pétricole, dont les caractères sont ceux 
des Tellines, et nous avons la conviction que ce savant ne ferait 
aucune difficulté, en co