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ROMANIA 



ÇOMANIA 

RECUEIL TRIMESTRIEL 

CONSACRÉ A l'étude 
DES LANGUES ET DES LITTÉRATURES ROMANES 

PUBLIÉ PAR 

Paul MEYER n Gaston PARIS 



Pur rencnbrer des ancessun 
Les <tiz et les faiz et les murs. 

WACt. 



2* ANNËE — i88j 




PARIS 

F. VIEWEG, LIBRAIRE-EDITEUR 
67, RUE DE RICHELIEU 



UBR/\Ry OF THF 
LELAND STAMFORO uh. Ui^IVERSITY, 

CL. Lf.(a5'qi 

NOV 5 \%o 



'■»lr^. 



LE ROMAN 

DE LA GESTE DE MONGLANE. 



J'ai montrtdans ufl article de VH»iûirf/iH^raJrf(iif U France (t. XXVIII, 
p. 13^) que le podme de Calien, sans doute do commencement du 
XIV" «ècle ou de la fin du xjir, nous était arrivé dans une double réac- 
tion en prose, dont chacune Hi son tour est repriîscntée par des lexies 
indépendants. L'une de ces rédactions, ({uî ne comprend que Caiien, est 
conservée dans le ms. de la B. N. fr. [470 d'une part, et de l'autre dans 
les éditions imprimées du Galtcn. L'autre est insérée dans une compibtion 
dont nous avons également une forme manuscrite et une forme impri- 
mée, I^ forme manuscrite est celle du ms. de l'Arsenal mt, la forme 
imprimée celle des diverses éditions de Cumn de Montgiave. Laissant de 
c&lé pour le moment la question spéciale de Catien, je vais d'abord reve- 
nir sur te rapport de ces deui dernières formes entre elles, puis indiquer 
leur source commune. 

M. Léon Gautier, qui a le mérite d'avoir le premier signalé à Patten- 
Iton le ms. de l'Arsenal et de l'avoir rapproché du Cuerin de Moniglave 
imprimé, n'a pas présenté exaciement le rapport de ces deux textes^ 
quSiQd il a donné le premier conune le type, le modèle du second. J'en 
ai fait la remarque dans l'article cité : « Le texte manuscrit est beau- 
coup plus profondément remanié que l'imprimé Le compilateur 

a considérablement abrégé, surtout dans la partie qui raconte la bataille 

de Roncevaux 1) s'en faut donc que le manuscrit de l'Arsenal nous 

offre, comme le dît l'auteur des f.popées françaises, le « type » des 
rédactions imprimées i il s'en faut plus encore que ces rédaaions dérivent 
du manuscrit de l'Arsenal. » M. Gautier, dans la nouvelle édition de 
son t. m (devenu t. IVi, n'a pas cru devoir tenir compte de ces obser- 
vations, pourtant appuyées de preuves. II persiste A présenter comme il 
l'avait fait le rapport des deux rédactions. H. 28, apf^ avoir parlé des 

AlOMiJ, XII > 



2 G. PARIS 

éditions de Guerin de Monîglave >, il ajoute : « On peut regarder la pre- 
mière partie du ms. j } s i de l'Arsenal comnie le type de ces versions 
imprimées. Nous aurons lieu^ plus d'une fois, de mettre ce fait en 
lumière. » P. 127 : « Suivant nous, ces versions imprimées ont été 
rédigées sur le texte du manuscrit de l'Arsenal, n P. 17; : « Quant au 
texte en prose de Girart de Vienne qui se trouve dans tous les Caerin de 
MontglavCf il est... calqué... sur ta version du manuscrit de l'Arsenal ; 
c'est ce que mettent suffisamment en lumière les citations que nous ^- 
sons plus loin et auxquelles nous renvoyons nos lecteurs. » P. 192 : 

« Ce précieux manuscrit [de l'Arsenal] nous offre la plus ancienne 

verdon en prose de notre Roman. Il peut être considéré comme le type 
de tous les incunables qui ont pour titre : Gaerin de Montglave. » P. 20} : 

K Le manuscrit de l'Arsenal peut être considéré comme le type de 

tous les incunables qui ont pour titre Gaerin de Montglave. > A cette 
assertion si souvent répétée sont données comme preuves (p. 179- 
1 80) les citations de deux passages correspondants de Girart de Vienne 
d'après le ms. de l'Arsenal et le Guerin de Montgkve imprimé. Or il suffit 
de jeter les yeux sur ces deux passages pour voir que la thèse de 
M. Gautier est insoutenable, que la version imprimée, beaucoup plus 
longue et visiblement plus fidèle que la version manuscrite, ne saurait 
en dériver, et que le rapport des deux textes est bien celui que j'ai 
indiqué, c'est-à-dire qu'ils ont une source commune', dont la version 
imprimée est en général beaucoup plus voiûne que la version manus- 
crite, œuvre d'un rédacteur qui s'est donné avec son original les plus 
grandes et les moins heureuses libertés. 

Cet original commun, on peut le restituer jusqu'à un certain point par 
la comparaison des deux rédactions qui nous en restent. A en croire 
M. Gautier, p. 27, le manuscrit de l'Arsenal contiendrait : 1" Garin de 
Moatg^ne (en abrégé) ; — 2° Hernaut de Beauknde; — j° Renier de 
Gennes; — 4" Girart de Viane; — j" le Voyage à Jérusalem; — è'Galien; 
— 7° Aimeri de Narboiuie ; — 8<» la Reine Sibille. Ces deux derniers 
romans ne sont pas dans le Gaerin de Monigtave imprimé, et n'étaient pas 



i. Il s'exprime â ce sujet, M et ailleurs, avec peu de clarté. ■ Le seul roman 
m prose de la geste de Guillaume qui ait reçu au XVI* siècle les honneurs de 
l'impression, dit-il, est Garin de Mongianc. » Et après avoir cité les éditions de 
Caerin de Monîglave^ it ajoute : ( Le Gaerin de Monglave nous offre un titre 
faux. Il se rapporte en réalité aux romans i'Hernaat de Beauiande^ de Renier 
de Gennes et de Girart de Vienne, accompagnés de Galien et d'un résumé de la 
chronique de Turpin. 1 Donc ce sont ces romans qui ont reçu les honneurs de 
l'impression, et non Garin dt Moaglane. 

2. J'ai dit (p. 21;) que cette source commune était déji une rédaction en 
prose. Je ne me rappelle plus quelles raisons j'ai eues pour penser ainsi ; nuis 
cet intermédiaire me semble auiourd'huî très peu probable. 



LE ROMAN oe u Gesie de Montant " { 

non ptus, comme nous allons le voir, dans l'original : laissons-les donc 
de cAté. Le Cutr'm de Mont^lave imprimé conlienl, d'jipr^s M. Gautier 
(p. 1 371 ' '" Htrnaut de Beauhndt; — 2" Renitr dt Géants; — î' Cirart 
dà Viane; — 4" Vayagt à Jérusalem fir«^ abrégé] ; — (* Chroai^vt du 
faux Tarpin ; — 6° Gaiien ; — 7" fin de U Chronique dt Turpin. Ainsi ce 
texie, qui proviendrai» du ms. de l'Arsenal, n'en différerait pas moins de 
celui-ci, d'abord en ce qu'il serait privé au début du Gmn dt Monglant 
abrégé, ensuite en ce qu'il intercalerait avant et après Calien deux mor- 
ceaux empruntés à la Clironiifuc de Tarpin. La première différence est 
illusoire; M. Gautier lui-même, donnant (p. 127) une nouvelle table des 
éléments du ms. de l'Arsenal, n'y fait plus (ci avec raison) figurer le 
« Garin de MontgUne en abrégé «, et la dresse ainsi : 1" Htmaut de 
Btaulandi ; — 2" Renitr de Gtnnts ; ■— î' Cirart dt Viant ; — 4° Galita; 
t'— ' j* Atmeri dt Narbonne; — 6* la Reine SibiUe.] On a six numéros au 
lieu de huit, parce que l'auteur a cette fois, et à bon droit, compté 
comme un seul le Voyage à Jirusaitn et Culien ; seulement il aurait dû 
en faire auunt en donnant h table du Gwria de Momglave imprimé. Ce$ 
deux textes coïncident donc pour les quatre romans de Hernaai de lieaa- 
laade, Renier de Genrus^ Giran de Vienne et Calien; mais, d'après 
M. Gautier, l'imprimé aurait en outre, avant et après Calien, inséré deux 
morceaux de U ChTcniqiu àe Tarptn'. C'est là une erreur manifeste ; 
les passages en question font partie imégranle du CalUa, comme 
l'indique suffisamment la comparaison avec les deux rédactions isolées 
de ce roman, et ces passages, consacrés i l'expédition d'Kspagne, ne 
proviennent nullement du faux Turpin», mais représentent, comme 
je l'ai indiqué ailleurs (Hom. XI, 484), une version particulière de 
l'histoire de Roncevaux. Donc, en résumé, le ms. de l'Arsenal et le 
Cornu de Montglate imprimé contiennent également les quatre romans 
suivants : 1" Hemaud de Beaaiande et Uilon de PouitUi\ — i° Renier Je 
Gennes; — ?<> Girard de Vienne ; — 4" Calien. 

Telle serait du moins la composition des deux rédactions en prose, et 
conséquemoent de leur source commune, si l'on croyait devoir mainte- 
nir b division introduite par M. Léon Gautier; mais je ne sais si elle ce 
demande pas i être quelque peu modifiée. Le récit des aventures de 



1. Au t. III, p. ^37. M. Gautier dit plus vaguement, nuis non plus exacte- 
nent : < A h lin ijki Ouftm dt Mw^îaat încunabirs «t un autre rêcil abrégé 
de la défaite de Roncevaux, r^dl emprunlé k da snorcrs tiline». 1 

2. Ailleurs |t, tll, p. J7)|, partaot du récit de Roncrvaux dans Calien^ 
M. Gautier dit ; t Ce récit est emprunté au faux Turpin ci aux Remanienents, 
aux RQiunaej, plutôt qu'i la Chanson de Roland. » 

). Cette partie de U compilation est en effet coniacrée aux aventures des 
deux frères, et non pas sculetneol d'Hernaud ; voy. les rubriques dans Gautier, 
1. IV, p. 20J: J17. 



4 G. PARIS 

Hemaud et Milon d'une part, de Renier de l'autre, n'autorise pas sans 
doute  jdmenre l'existence antérieure de deux poèmes isolés dont elles 
auraient fait le sujet. Il est impossible en effet de séparer ce double 
récit de celui des aventures de Girard. Hcmaud, Milon, Renier, Girard 
sont les quatre fils du vieux Garin de Mongbne; le poème de Girard 
de Vienne, de Bertrand de Bar-sur-Aube, raconte cumtncniils quittèrent 
le château de leur père pour aller chercher fortune, et, ne parlant que 
très brièvement des trois autres frères, dont il rapporte cependant l'éta- 
blissement à Bcaulande, en Rouille et à Gennes, s'attache à suivre la 
destinée de Girard. Le poème de Bertrand parait avoir éié renouvelé, 
vers ta fin du xiii* siècle, par un rimeur qui a trouvé un moyen tout 
naturel de l'allonger, suivant le go&t de son temps, en racontant plus au 
long comment les trois frères de Girard étaient arrivés â la possession 
de leurs cités : mais leurs aventures ont toujours pour point de départ 
la scène du début, qui se passe au chÂteau de Mongbne, et les trois 
récits secondaires sont ainsi rivés de telle façon au récit principal qu'ils 
n'ont guère pu exister séparément ■. La compilation conservée, sous 
une double forme, dans le ms. de l'Arsenal et dans le Gaerin de Moai- 
glavt imprimé se réduii donc en dernière analyse à deux éléments : un 
Girard de Vienne renouvelé et amplifié * et un Galien. 

Ces deux éléments ont été assez naturellement rapprochés. Les quatre 
fils de Garin de Monglane sont les héros des premiers récits. Dans la 
guerre de Girard contre Charlemagne apparaît Olivier, le fils de Renier, 
et sa sœur Aude, qui deviennent l'un le compagnon, l'autre la fiancée 
de Rolland ; dans Galien, qui fait suite, nait et grandit le fils d'Olivier, 
qui plus tard retrouve expirant, à Ronccvaux, son père Olivier, Rolland 
et Turpin, les assiste à leurs derniers moments et les venge sur les 
païens ; le tout Tmii par le supplice du traître Ganelon, auteur du désastre 
de Roncevaux. Tous les é{nsodes de la compilation étant rattachés aux 
aventures des fils, pelits-Als et arrière-petits-fils de Garin de Monglane, 
Je nom de Cette dt Montant me parait lui convenir. L'auteur de la rédac- 
tion contenue dans le ms. de rArsenal l'a continuée ) en joignant à ces 
romans celui à'Aimtri de Narbonnet fils d'Hertuud. et celui de SibiU, qui 
a pour dénouement le mariage de Blandiefleur, fille d'Aimeri de Nar- 
bonne, avec Louis, fils de Charlemagne. Ainsi se termine la première 



I. M. Gautier, qui a analysé Htmàud dt Btgulandt {ti Milon dt Pmlte\ et 
RmtT dt Ctnnd comme deux poèmes distincts, a éprouvé de i'einban'as i leur 
donner un dïbut. 

a. Ce 6'irjrJ diffère d'aillevri cotitidcraMcioent de celai de Bertrand ; il y 
aurait lieu de les comparer ci de signakr In divergences. 

j. &n outre cet auteur est seul i donner la seconde partie de Càlitn, qui 
manque dans k Cutrin JiMont^latt inprÎBié. 



LE ROMAN DE LA Cette de Moaglane 5 

pvlje de la Geste de Mongtane, qui se passe sous Charles ; la seconde 
partie, dont Cuillaume d'Orange, Hls d'Aimeri, est le héros principAt, 
est plus vaste encore, et les événements qui y sont racontés sont placés, 
au moins dans la plupart des réductions, sous Le règne de Louis. Elle 
forcne le sujet de la grande compilation italienne des Natboncû. 

Revenons à notre Gtste de Monghne. composée des deux éléments 
indiqués ci-dessus. Dans l'article cité de VHtsioiit littéraire, je disais, 
après avoir parlé d'un manuscrit qui figura en i86t, sous le n° jj, àla 
vente Savile J Londres : « Il est visible qu'il faut reconnaître U le 
modèle de ta compilation que nous ont conservée le manuscrit de l'Arse* 
nal et le Guerin de Montglave imprimé. Espérons que le ms. Savile, 
dont nous ne connaissons p.is le possesseur actuel, sortira quelque jour 
de la retraite où il a été replongé après sa courte apparition publique. » 

Le ms. Sanle est retrouvé ; P. Meyer, qui l'avait déjà décrit sommaj- 
remeni en 1861, l'a revu à Cheltcnham dans la bibliothèque laissée par 
Sir Thomas Phîllîpps, et ce qu'il m'en a communiqué, bien que très 
court, suffit i prouver que je ne m'étais pas trompé cl que ce ms. con- 
tient U même compilation que le ms. de l'Arsenal et le Cturin de Mont- 
^ve imprimé, mais en vers, c'est-à-dire dans sa forme première. 

Le ros. Savile î( porte à Chcltenham le n* 26091 ; c'est un petit 
manuscrit (hauteur 0,28^ ', largeur 0,172) du xv* siècle; l'êcrtiurc c^ 
csï française. Les deux premiers feuillets sont enlevés; le 7* cahier [ce 
sont des cahiers de 8 feuillesl manque. Le ms. se compose de 1 }} feuil- 
lets ; la page, qui n'est pas divisée en colonnes, compte 47 vers, ce qui 
nous donne 13,690 vers' : si nous y joignons les 4 pages qui manquent 
en tète et les 16 pages du 7* cahier, nous ajouterons à ce chiffre 940 vers, 
ce qui porterait le total de ceux du poème complet k i ;,6jo ; mais nous 
verrons tout & l'heure qu'il y a sans doute une lacune à la lin>. Voici les 
prenûers vers conservés dans le manuscrit de Chcltenham : 

En Si chambre [en] ila dont pluj tost ijue le pas, 

Et b prinl a plourer, qu'elle eust le cuer si las 

Qu'elle oe'dcist mot pour la cité d'Arras. 

« Ha<a| ! * dist elle, « Guenn, desver tu me feras, 

Quant de mes quatre filz ainsi m'«longncras I » 

Mail une chatnbcnere qui cust nom Fauconnas 

Lui a dît : ( Douice âame, ne vous courrouciez pas : 



1. Dans sa première note |Bi*/. P'.c. Cit. i, 11, J79), priic forcêmenl 1res i 
la hlte, P. Meycr, par unf méprise quelconqoe, avait évalué le nombre de vers 
i )8,)oo. L« cniffK réel rassure un peu. 

1. On a réuni sous U mfme reliure un tout autre mintiscrit, contenant on 
fragment des Chtoniqaes de Saint-Denu, qui va du t. V, p. iij, au t. VI, 
p. 47 1 , de l'édition P. Paris. 



6 G. PARIS 

Le duc fait moult tresbien, foy que doy saint Lyas, 
Qui vos quatre beaulx filz met aiusi en haras. 
Ma dame, advisez vous : et que vault ung beau chats, 
Pour ce[l] di(t), qui ne prent les souris et les raz ? ■ 

Si comme Mabilecte plouroit moult tendrement, 
Atant es les enfîans qui moult furent dolent. 
Quant leur mère les vit, si leur dist doucement : 
( Enffans, pour Dieu merci le père omnipotent, 
De cy ne vous partez ainsi ne autrement ; 
Lessiez au duc Guerin passer son mautalent. > 

Voici le passage correspondant à ces vers dans le Gaerin de Montglave 
imprimé (éd. de Nicolas Chrestien, sans date, faeil, II, comparée à 
celle d'Alain Lotrian, s. d., f. II). On verra avec quelle fidélité le pro- 
sateur a suivi son modèle : il ne manque en réalité dans la prose que 
les hémistiches de pur remplissage que les poètes du xiv" siècle pro- 
diguent, pour la rime, de la façon la plus insipide, en sorte que la 
forme prosaïque est, à vrai dire, meilleure que la forme poétique ori- 
ginale. 

Et quant Mabilete ouyt ainsy parler son seigneur, elles'en alla en sa chambre 
et se prini a plourer si tendrement qu'elle estoit toute couverte de larmes, et 
avoit le cueur si serré qu'elle ne pouoit dire un tout seul mot ; et quant elle 
peut parler elle dis! : i Ha I Guenn, tu me feras mourir; car aujourdhuy tu 
me tollis toute ma joye et mon soûlas quant tu m'eslongnes de mes quatre 
enfans. > Mais une de ses damoyselles luy dit : ■ Ma doulce dame, ne vous 
desconfortez pas, car par ta foy que )e vous doy monsieur fait bien. Ma dame, 
advisez vous : el que vault un chat en une maison qui ne fait que menger et ne 
prent ne ratz ne souris i II ne vault rien et n'est que encombrement de maison ; 
par quoy, ma dame, il me semble que vous devez plus regarder a l'honneur et 
proffit de voz enfans que tout ainsi a vostre plaisance. > 

Comment la ftmmt de Guerin estant dolente du département de ses enfans pria 
aasditz enfans qa'ih ne bougeassent et bien ferait leur pais devers leur père. 

Ainsi que Mabilete plouroit si tendrement, les enfanz sont entrez moult 
dolens en la chambre de leur mère. Et quand elle les vit elle leur dist moult 
doucement : « Mes enfans, je vous prie que vous ne partez point d'ici ; et lais- 
sez passer le malulent de votre père, t 

Si maintenant nous cherchons ce passage dans le ms. de l'Arsenal, 
nous l'y chercherons en vain. Tout le début du roman est violemment 
abrégé ; la querelle du vieux Garin avec ses fils, la douleur de leur mère 
à l'annonce de leur départ sont à peine indiquées. Voici tout ce qui res- 
semble en quelque façon à la scène dont on vient de lire un fragment 
(Ars. HSi,f*4r^) = 



LE ROMAK DE LA GiSU de Monglaat 
Si devu savoir que i Ij depjulie y euU ploryé mainte lirmcs et maint rtgret 
y fu piieuitmeni réclamez de la partie de ia noble dame en espectal, qgi maler- 
ndlement rcgardoit ses enfans, lesqudii avoient les ceurs si endurcis que il n'y 
aroil cellui qui de son cuer eust rendue une Urtne de pleur. 

On voit que la rédaction imprimée provient directement du poème, « 
ne s;iur.iii avoir son « type » oo son a modèle n dans la rédaction 
manuscrite. 

Void maintenant les derniers vers du ms. de Cheltenham (f* ■ 3 J v") : 

Quant Thierry ti a veti que Ganelcn se rent, 

S'espée lui tollJi tost et apperlement ; 

Ne loi laîtse couMel ne armes ensement, 

El lui lya les piedz a son commaadcmeal, 

Et les mains lui lya ausi bien Icrmement, 

Et ainsi l'amena a Laoo droictemeut. 

Et le rendi au roy enmy son parlement ; 

Et quant le roy le vit si a dit haulument : 

■ Tbierry 0, ce dist le roy, « servi m'as loyaumenl. 

Or tosi, 1 ce diït le roy, * bides moy jugement 

De la mort Ganelon que voyez cteremenl. 1 

Adonc rnos]lre barons lost et legiercnicnt 

Parlèrent l'nn a l'autre clcremcnl en oyani : 

Li ung veult qu'il soit ars sanz faire largement, 

Li autre vealt c'on pende lost et legierement, 

Et si ont dit a Cannes : « Mourir te fault vraîeneni. ■ 

Quant Ganelon l'ony, mercy leur jva) priant 

C'on (n». Non) lui hastafst) sa raori sanz nul ddaiement. 

Ganelon (u jugé de mourir laidement ; 

Car a quatre cbevaulx (u atachez vraienent 

Et en quatre chartiers le mist on a présent 

Par le trait des chevauU c'on chaca vistenent ; 

En quatre citez lu pendus villainemenl. 

Mais courouciez en furent ses amis et parent, 

Et (orerent Jh«us a qui le monde apent 

Qa(e)' eocor (en) feront le roy couroucié et dolent. 

Le roy vinl a Paris après ce jugement ; 

Les barons s'en feront devers leur lenenent : 

Cbarlrs donna congi^ a trcttoulc sa gent ; 

En long temps ne fist puis aucun hosteiement [ms. hastinement). 

Seigneurs, ouy avei bien et ver(i]tableinent 

Les (au de RainchevauU et le commencement, 

La venue Roulant e d'Olivier le genl. 

Temps est que je deline ce livre a prêtent : 

Tous ceutx qui l'ont ouy gart Oîeu {ms. huî) d'encombrement 

El les TBeille sauver lassus ou lirmament ! 



Q G. PARIS 

Si fault de Rainchevaulx tout le definement. 

Paradis nous doinst Dieux qui fist le firmament 1 Amen. 

Cette fin, comparée au Ciurin de Monglavt imprimé, soulève plusieurs 
questions difficiles. Le Guerin de Monîglave, pour l'histoire de la guerre 
d'Espagne, ne s'en est pas tenu au récit de Catien; il y a mêlé, et en 
^ande partie substitué, non pas la chronique de Turpin, qu'il n'a nulle- 
ment connue, mais le récit des renouvellements du Rolland. Le poème 
de la Geste de Monglane en faisait-il autant ? abandonnait-il le Catien (que 
nous connaissons par tes deux rédactions en prose mentionnées au début 
de cet article] pour se rattacher à Roncevaux? Je ne puis le décider en 
l'absence du ms. de Cheltenham, car le ms. de l'Arsenal ne peut ici, 
autant qu'il me semble après un examen rapide^ nous servir à rien. Il ne 
raconte pas la trahison de Caneton, renvoyant au « livre sur ce composé 
au long (f* 205 v°], » et il ne dit même absolument rien du supplice du 
traître , dont il mentionne seulement l'arrestation (f* 3 1 s V) ' . Quoi 
qu'il en soit, à la fin du récit, le Cuerin de Montglave imprimé paraît 
suivre tout aussi fidèlement qu'au début le poème conservé à Chelten- 
ham, sauf une circonstance importante, qui va être signalée. Voici cette 
lin dans l'édition de Nicolas Chrestien {/mil. xcin v» dans les deux 
éditions consultées) : 

Quand Thierry vit que Cannes se rendoit, il luy osia son espee et ne luy 
laissa cousteau ne armeure et luy lia les piedz et les mains et le mena a Laon. 
Et quand le roy le vit, il dist : < Thierry, tu m'as jervy loyaulment. Or lost, 
seigneun, » dist le roy, ■ jugez le moy ; vous voyez bien comment il en va. > 

Ce morceau répond parfaitement aux premiers vers de la 6n du 
poème ^ mais au lieu des vers (à partir du douzième) qui rapportent la 
délibération des barons et la prière de Caneton pour qu'on hÂte son sup- 
plice, nous trouvons dans la prose une protestation de Ganelon contre 
l'accusation de trahison, puis le combat de Pinabel contre Tiem. Ce 

I . Voici tout ce qui concerne la fin de l'histoire d'Espagne dans le ms. de 
l'Arsenal. Je cite ce passage assez intéressant i plusieurs égards, et qui montre 
avec quelle liberté ce compilateur traitait son texte et jusqu'à quel point il 
l'abrégeait : 1 II trouva Galien et Galien lui, qui le hasta de poursievir les 

Eiyens qui tous ou la plus grant part furent occis en cellui jour par l'ayde de 
leu QUI ses miracles y monstra en telle manière que le soulail qui estoit comme 
fort aoaissiés fist tenir trois heures en estât. Et adonc s'en retourna l'ost de 
France, et ta ploura chascun son parent et son amy comme l'istoire le recorde 
ou livre sur ce fait et composé. Cnarlemaine conquist Saragoce depuis et des- 
confist Baiigant le roy d'Auffrique et son nepveu Lansallie et Mauprin de Tur- 

3uie ; cellui fut prins en bataille par Catien et sauvé de mort moiennant ce qu'il 
evint chrestien et délivra Montsusain et Guinande la belle au damoisel Galien 
qui depuis l'espousa, comme l'istoire pourra par aventure cy après racompter 
en panant des fais de Galien le noble damoisel. Mais a présent se taist l'istoire 
de lui et parle de Aymery de Beaulande [f* zaa v*). > 



LE ROUKH DE u» Cette de Mùngkne 9 

n'e$t qa'ipfH ce combat, où Pinabel est vaincu, que Hmprini^ rejoint 
le potaK \ mais il ne coniiem ni la délibération des barons sur le genre 
du supplice, ni b demande de Ganelon d'éire mis à mort sans délai. 
Faut-il regarder le ms. de CheUenham et le Cuern de Montiituve comme 
tronqués l'un et l'autre, bien qtie dilléremment ? It est difficile de le 
décider ; ie ferai cependant remarquer que le combat de Tierri ei de 
Pinabel se retrouve dans le Cilien isolé, et que la délibération des barons 
fait aussi partie des renouvellements de Roncevaux. — Le dcmter chapitre 
du Cuerin de Montgtan nous montre une fois de plus l'étroite fidélité de 
ente rédaction au récit et même à la Iciuc du poème qu'elle suit. 

CboukoI Cênna /at tsuiU a ^lUHii ihiraulx a fat mnu dtmmM a etâi. 

GinDes fut |ug^ i noanr de vilaine mort, car il fut attelli » quatre chevanlx, 

et an trait dn chevauljc qui furent ctiascez fut incomincnt detnembré en quatre 

quartiers, et fut pgrlé «n quatre citez, un quartier en chacune cité, et y furent 

peadus ; mats ses amys jurereol que eooores fereirot Hz en France grant guerre 

ri eonuy *, Puîi s'en >inl le roy a Paris et donna congé a ses barorit d'aller 

[cbaKUB chet luy, si fut long umps saus avoir guerre en France. Or, seigneurs, 

' Wis a»tt ouy les faits de Ronccvaulï et le commencemeni de la venue de Roland 

et Olincr et la mort d'eulx. Si est temps qu« je fine. Si prie 3 Dieu que ceuU 

^■j ont lea et ouy et qui lyront et orront qu'il les vueille mettre en sa gloire 

. de paradis. Amtn, 

^ maintenam nous comparons à cette double version le récit de la 
[fio de Ganelon dans les deux rédactions en prose du CalUn isolé, nous 
' vua trouvons en présence d'un troisième texte. Tandis que dans 
Caerùi Je Montglave <^ea Tierri lui-même, qualifié de simple écuycr, 
et non nommé iusque-b, qui trouve Caneton, chassé par la faim du 
bois oii il s'était câcbé, le prend, le lie et l'amène à Charlemagne, 
dans Galien c'est un chevalier appelé dans le ms. 1 470 Guichard (ou 
Girard) de Digeon, dans l'imprimé Gautier de Dijon, qui surprend Gane- 
lon au moment où, sous l'apparence d'un bûcheron, il va se cacher chez 
oa villageois, et le présente au duc d'Anjou Tierri, qui le conduit à 
Charlemagne. Voici le passage dans les deux rédactions en prose de 
Giliia , Ml verra qu'elles se suivent de fort près, bien qu'étant sans 
. doute indépendantes l'une de l'autre, et il serait facile en les rapprochant 
I de nsiituer la rime des laisses du poème sur lequel elles sont faites 
> a même, en miaini endroit, des vers tout entiers. 



Lon traiit son espee et en cuida 
frapper Ganses ; mais iJ se ravisa de 



Lws s'en fient 1 luy l'espce traicte: 
■ Or ça, dist le cbcvalîer, foy que je 



t. L'imprimé ajoute ici : • Mais nonobstant cm choses (ut Pinabcl pernJu. 1 
la a anu l'air d'une intercalalion maladroite et porterait i douter que le 



Cela 

posage relatif i Pinabd ait appartenu au poème. 



10 



G. PARIS 



Charlemaigoe qui le vouloit faire mou- 
rir, si ne lui meffist ; mais l'amena au 
duc d'Anjou. Et quant le duc le vit si 
en loua nostre seigneur, si (e fist 
prendre et bien fort lyer et puis se 
misdrent a chemin et s'en retournèrent 
ven Laon. 



Or est prins le traistre a son ma- 
leur, si Taroenent le plus hastivement 
qu'ilz peuent a Laon, si trouvèrent 
l'empereur en son palays et lui pré- 
sentèrent Cannes, dont il fut moult 
joieux et n'en eust pas voulu tenir 
tout l'or d'orient. Lors mande incon- 
tinant tous ses barons pour le juger, 
si vinrent maintenant a son mande- 
ment. Et quant Charles les vit, si dist 
tout haultemeot : « Seigneurs, je vous 
prie que vous me jugez Cannes, car je 
ne vous demande autre chose. > Lors 
les barons jugent incontinant Cannes 
[a] mourir. Et quant Cannes se vit 
juger, si se prent moult tort a sous- 
pirer et dist au roy : i Sire empereur, 
vous m'accusez a tort... » 



doy a saint Simon, tresmal estes ar- 
rivé. Maintenant vous trenchasse la 
teste se ne feust Charlemaigne qui 
veult encore vous veoir, qui mourir 
vous fera a sa voulenti. > Adonc le 
print et le lia et le mena au duc d'An- 
jou, lequel quant il le vit loua Dieu et 
la vierge Marie. Incontinent le duc le 
fist enferrer, et puis le mena erram- 
ment a Laon, ou le roy Charlemaigne 
estoitV 

Quant le traystrc fiit pris le duc 
d'Anjou l'amena estroictement a Laon 
et le présenta au roy en son maistre 
palais. C^ant le roy le vit, n'en eust 
pas voulu tenir tout le trésor do 
monde. Tantost manda ses barons 
pour en foire le jugement. Quant ilz 
sceurent ce, ilz vindrent de grant 
couraige, et quant ilz furent venus le 
roy leur dist : * Barons, autre chose 
ne vous demande fors que incontinent 
me jugez Cannes, i Et les barons res- 
pondirent que voulentiers. Lors le 
jugèrent a mourir a torment. Et quant 
Cannes l'entendit, du cueur va sou- 
pirer et dist au roy : • Sire empereur, 
vrayement vous me faictes tort... » 



Comme dans le Guerin de Montgkve, s'intercale ici, dans le Co/ien, 
rtustoire du combat judiciaire de Tierri contre Pinabel ; ce n'est qu'après 
la défaite de celui-d que la sentence de Canelon est exécutée. Void la 
fin des deux rédactions de Galien : 



Lors fist venir Cannes qui estoît en 
cbartre et fut jugiè a estre tiré a 
quatre chevaulx. Si fut mené Canoës 
as prez sainct Martin et fut despoillé 
tout aud en sa chemise, et fut atellé a 
quatre gros chevaux et a chascun che- 
val avoict ung varlet pour le chasser, 
si font tellement tirer les chevaux 
qu'ilz desmembrerent Cannes et en 
firent .V. pièces, chascun cheval en 



Adonc manda Cannes quérir, qui 
estoit en la chartre, lequel fut amenées 
prés de Saint Martin hon la ville de 
Laon, et ta escria Chartes devant 
toute sa lignée qu'on lui amenast 
quatre chevaux, et que la serait des- 
membré tout par quartiers. Alors fut 
amené le traitre devant la baronnie et 
fut despoillé sur l'herbe tout nud en 
sa chemise, et la fut getté sur le champ 



I . Ici se termine dans l'imprimé le chap. LXXIX ; le chap. LXXX et der- 
nier est précédé de ce titre : Comment Pinabtl ntpta Je Ganelon dtmtaida U 
bataiUt pmr ton omit tt comment il fat vâinca tt Gantlon liri a quatre chnaulx. 



LE ROMAN DE LA CtsU de Nongïttne 



eut braz ou janbe, et le corps denoura 
tout nud «nny le champ; puti lui 
coDpi Ten le coul et au bout d'une 
lance fut mis le chief et nont^ an plus 
haalt de U tour de Laon.el en quatre 
autret citez fut pendu le demourant 
des autres membres, et le corps fut 
art tout încontinant ; el Pinabe! fut 
pendu. Et ainsi fut cxerchitè letraiilre 
Gann«s, dont s«s amis et parens furent 
moult courroussR. et dient l'un a 
l'antre que s'ilz vivoient long temps 
qn'ib feroient Charlemaîgne marry et 
dolUnt de ce que ainsi avoît fait mou- 
rir honteusemefit leur parent. Le roy 
Ctiarletnaîgnc manda le duc d'Anjou 
« luf donna la lerre de Cannes tout 
quictement. Icy fine le romani et l'ys- 
toire du noble preux et vaillant Galien 
le restorè' ; si prie a Difu que ceoir 
qai l'orronl puissent avoir apH'S leur 
dcffinemeni le roùunie de puradis- 



tl 

pour estre tiré a <)&atre chevaux. 
Atant vint le bourreau qui amena 
quattre fors destriers, lesqueU il atella 
a quatre cordes, puis a chascun tnem- 
bre fut attcdë un cheval, deux aux 
.ij. bras et deux aux deux piedz, et 
chascun ung varlel monté dessus pour 
les chasser. Quant Cannes fut attaché, 
le bourreau et ses trois varlctz chas- 
sèrent les chevaulx par tel elTorcemetit 
qu'ilz le démembrèrent et en fitcnt 
cinq pièces, chascun destrier emporta 
ou bras ou jambe, et le corps demoura 
emmjf le pr* ; puis le roy luy fist 
trencher la teste et au bout d'une 
lance fut 6chce baultement au plus 
hault de la tour de Laon. Aux quatre 
meilleur» cyiet que le roy eujt lut 
pendu le demourant, et puis fist ardre 
et brullcr le corps et geiter la cendre 
au vent. Son nepveu Pinabel fut lay- 
demenl pendu a quatre fourches au 
lieu ou fut Uicle ta bataille, Ainsi 
mourut Cannes et Pinabel, dont ses 
pareits et imis en furent moult cour- 
roucez el jurent Dieu que une fois 
que viendra feront pendre Charle- 
maigne, En après quant le champ fut 
liné le roy manda Tierry duc d'Anjou 
et luy donna franchenefit et qutlie- 
ment toutes les terres et seigneuries 
que Cannes tenott. El tous ses parens 
et amys s'en allèrent en leurs pays 
tous ma! contens du roy Charte- 
tnaigne. Icy fineray l'htstoire du noble 
romntantdeCalien rcthori*.,. A l'hon- 
neur du miséricordieux Jésus qui vit 
el regnclassus en gloire avccqucs tous 
ses benoistz anges, en luy rendant 
grjces et touenges comme a nosire 
souverain seigneur, et consequcoiment 
a toute la court celesttdle du royiume 
de paradis, Arnsn. 



I, J'ai exphquê dans l'article de VHhloi't littimirt cité plus haut (t*. iî6f le 
sens de cette épKhète, mal jl propos appliquée à noue Calien, dont elle désigne 
Iteitimeneiit le Als. On sait que dans l'imprimé un rédacteur, qui ne savait 
plus ce que rctlori voulait dire, a prétendu que son héros était ainsi nommé 



12 G. PARIS 

Ce récit, comme ii est focite de le voir, n'est pas absolument sem- 
blable à celui du Guerin de Montgiave et du ms. de Cheltenham ; j'ai déjà 
fiait remarquer la différence du rôle joué par Tierri dans les deux rédac- 
tions ; d'autres différences seraient aisées à signaler. Il semble résulter 
de là que le compilateur de la Geste de Monglane ne s'est pas borné, 
comme on pouvait le croire, à insérer dans son oeuvre le Galien en vers 
qui a été dirimi dans le ms. B. N. fr. 1470 et dans le Galien imprimé ; 
qu'il a au contraire modifié assez librement son texte, ou peut-être qu'il 
suivait, non ce poème de Galien mis deux fois en prose au xv< siècle, 
mais une rédaction de GalUn différente et peut-être plus ancienne. La 
question pourra se résoudre par ta comparaison du poème de Chelten- 
ham avec les deux textes du Galien ; mais en ce qui concerne l'épisode 
du supplice de Ganelon, elle présente une complication particulière. Il 
n'est pas certain en effet que cet épisode, qui termine aujourd'hui le 
Catien, en ait ^it originairement partie. Il semble que l'auteur du poème 
avait oublié de raconter le supplice de Ganelon^ et que cette lacune a 
été comblée postérieurement. Ce récit se trouve en effet, tant dans le 
ms. fr. [470 que dans l'imprimé, après la vraie fin du roman. Cette fin 
est ainsi conçue dans le manuscrit [f* 227 r^) : 

Si defGna Galien Guimaulde sa femme [/. Gnimaulde la femme Galien] pre- 
mièrement que Galien, et après deffina Galien ; lesquelz furent plains et regrec- 
tez des grans et des petiz. Si prierons Dieu pour euU que pour sa bénigne 
grâce leur vueille pardonner leurs faultes et leurs pecchez et leur vueille donner 
lieu en paradis ou ilz puissent régner pardurablement. 

Après cette fin sont ajoutés ces quelques mots pour préparer l'épisode 
de Ganelon, qui commence après : 

Si ne parlerons plus d'enix, mais parlerons de Charlemaigne, lequel mourut 
depuis. 

Le texte imprimé n'est pas pareil, mais il est semblable. Le GaUen 
proprement dit s'y termine ainsi (éd. sans date de la veuve Jehan Trep- 
perel et de Jehan Jehannot, ch. lxxviii) : 

Si bien servit notre seigneur qu'en la fin acquist son amour et sa grâce. 



parce qu'il restaura la chevalerie. Cette explication erronée paraîtrait admissible 
si ratûuri avait jamais eu le sens de « qui restaure >, comme l'a pensé tout 
récemment M. A. Scheter. A propos de ce vers du Rteret GuiUaumt de Jehan 
de la Mote qu'il vient de publier : C'ato'U... Salomon li irais rutoris (v. 1442), 
le savant Miteur remarque : f Rtstori, participe passif 1 sens actif, restaura- 
teur *. Mais le poète a voulu dire : « C était eiactement un nouveau Salomon, 
on Salomon reaivitus >, et il a pris resiori dans le sens qu'il a toujours. 
M. Tobler a donc bien fait de ne pas comprendre rulori dans la liste de parti- 
cipes passés i sens actif qu'il a dressée dans la ZâUckri/t. 



LK ROUAN OE t-A Ctstt Je MûngîoM ly 

taqiielle nous vneille donner Je père et l« lùlz et le benoist uiact esperit. Si ne 
trouve point îcy l'an de son deffinement ; par quoy je n'y en metz rient pour 
cause. 

L'épisode qui remplit les deux ctiapitres suivants est introduit par 
ces mots : 

[Si] voui diny de Chirlemaigne commeai il fist mourir le traislre Ganelon 
qù trahit les pers de France a Ronccvaulx. 

Comme il résulte avec vraiseisbUnce de La comparaison des deux 
textes en prose du Gaïitn qu'ils n'ont pas été faits indépendamment l'un 
de l'autre sur le texte en vers, mais qu'ils dérivent d'une mise en prose 
plus ancienne \ il est aisé de supposer que c'est l'auteur de cette pre- 
mière mise en prose (perdue) qut a ajouté, après la fin du roman pro- 
prement dit, l'histoire du chitiment de Ganelon, oubliée par l'auteur de 
ce roman, mais certainement réclamée par le sentiment du lecteur. 
Mais cène hisioire manquait naturellement dans le manuscrit de Calitn 
qui a servi au compilateur de la Cesîe de Monglant, et celui-ci aura 
de son côté ajouté l'épisode du châtiment de Ganelon. Cependant 
il faut remarquer que le récit du Galien et celui du Gatrin de Montglaye, 
bien que différents, comme on l'a vu, par certains détails, ont entre 
eux une étroite affinité et se ressemblent beaucoup plus qu'ils ne res- 
semblent à aucune des autres versions de cet épisode, en sorte qu'ils 
doivent avoir une source commune. Il y a encore à résoudre là bien des 
questions, dont il me suffit d'avoir posé quelques-unes ; elles peuvent 
paraître dépourvues d'imérêi ; mais elles en prennent un réel quand on 
considère que ces dernières dérivations de notre épopée, si on en remonte 
attentivement et patiemment le courant, nous ramènent parfois à des 
sources particulières et fon reculées, dont la connaissance ne peut être 
indifférente à qui veut apprécier la richesse de notre vidlle poésie natio- 
nale, en explorer les origjnes et en comprendre la formation. 

Gaston Paris. 



I. Vo/. Hitt. tut. XXVIII, aa;. 



DIT SUR LES VILAINS 

PAR MATAZONE DE CALiGNANO. 



Ce petit poème, auquel s'applique assez bien la dénomination française 
de « dit », est copié sur le dernier feuillet du nis. C 218 inf. de l'Ambroi- 
sienne, à Milan, qui contient la version latine du Pseudo-Callisthènes 
connue sous le nom d'Historia de Prdliis. Comme il n'est point indiqué dans 
le catalogue manuscrit (et destiné à rester i jamais manuscrit) de cette 
précieuse bibliothèque, il n'a pas, du moins à ma connaissance, attiré 
jusqu'ici l'attention des philologues. L'ayant rencontré par hasard, il y a 
deux ans, au cours de mes recherches sur la légende d'Alexandre le 
Grand, il m'a paru mériter d'être tiré de l'oubli. Il est en effet intéres- 
sant à plusieurs égards. D'abord il fournit un nom nouveau à l'histoire 
littéraire de l'Italie septentrionale. Matazonb — c'est ainsi que l'auteur 
se nomme à deux reprises — ne Bgure, autant qu'il m'a été possible de 
le vérifier, dans aucune des histoires littéraires de l'Italie. Puis, ce versi- 
ficateur jusqu'ici inconnu, et qui n'a jamais dû jouir d'une grande renom- 
mée, ne s'est pas contenté de nous dire son nom : il a eu l'attention de 
nous faire connaître son lieu de naissance : « Ecoutez «, dit-il (w. 5-7), 
« cette raison que fit Hatazone^ natif de Calignano'. » Calignano est un 
village de la province de Pavie et du mandement de Belgiojoso>. Il ne 
nous resterait rien à désirer s'il avait poussé la prévoyance jusqu'à dater 
son œuvre. Il ne l'a pas fait malheureusement, et nous sommes réduits, 
quant à la date, aux conjectures qui peuvent se fonder tant sur l'époque 
de la copie que sur les caractères de la langue. La copie parah être 



1. Il y a dsRs le ms. Callgaita, mais il ne se trouve pas de lien ainsi 
oommé en Italie. 

2. A une dizaine de kilomètres i l'est de Pavie. — '' T > '^^ CalignagOy 
fraction de la commune de Marcigaano, an nord-ooest de Pavie. 



DIT SUR LB$ VILAINS IJ 

d'tme nuin de U seconde moitié du xtv siècle, et je ne crois pas que 

les cxraatm linguistiques permettent de reporter à un temps beaucoup 

pitts ancien la composition du poème. Quoi qu'il en soîi, les documents 

des dialectes de la Hauie-Ilalief et particulièrement de l.i région de 

Pavie, sont rares pour cette époque, et les vers de Maïa^one, si 

médiocres qu'ils soient, ne manqueront pas dlméresser les philologues. 

Le fonds aussi a de la valeur. Les poésies de Bonvesin da Riva, de 

Pietro da Barsegapé, de Ciacomino de Vérone, sont des textes de 

bngue d'une grande valeur, mais en général ' les sujets traités par ces 

auteurs sont des lieux-communs de la littérature du moyen àf^c. Au 

contraire, te sujet traité par Matazone offre, du moins pour l'Italie, une 

certaine nouveauté, et n'est pas dépourvu de quelque intérêt historique. 

Maiaxone étah probablement un de ces jongleurs qui s'attachaient ou 

cherchaient à s'attacher à la cour des seigneurs dans l'espoir d'y trouver 

me vie plus fadle et plus assurée que celle de ces chanteurs des rues 

ilont l'Italie du nord était encombrée, à ce point qu'à Bologne, en 

1 28K, U municipalité devait prendre des mesures pour en débarrasser les 

I places publii^uçs. Sa pièce n'est qu'une grossière flatterie i l'adresse des 

I «gneun, auxquels U se plaît à attribuer une origine totalement différente 

[de cdle des vilains. La nouveauté de la conception réside prédsémem dans 

'Torigine bizarre qu'il attribue â deux des trois grandes classes en lesquelles 

au moyen âge ou divisait l*humanilé^. J'ai lu beaucoup d'invectives contre 

les vilains, mais je n'aî pas souvenir d'avoir rencontré nulle pari une 

recette analogue à celle que notre auteur raconte aux vers 8) et suivants. 

Le poème se termine par ce qu'on pourrait appeler « le calendrier du 

vilain ». C'est le ubleau des corvées auxquelles, mois par mois, le 

aeur av^i droit de soumettre son serf. Encore que la description 

[des divers dr<Mts du seigneur soit visiblement empreinte d'exagération, 

le partie du poème de Matazone est un document à consulter pour 

Phtstoire des paysans dans le nord de l'Iulie >. Comme la pièce est d'ail- 



I. A part deux ou trois petits poèmes de Bonvesin. 
3. Sot cette division, voy Ronania^ IV, )()l. 

I. A ce propos il n'est ôi% inalUe de mentionner qu'en Italie, surtout dans 

i^Je nord, lei nurcblnds de liorci popolaîret qai (talent leur marchJndiK le long 

'es nars ou sons les portes ont encore dans lear fonds un placard (prit : 

Cesl.) intitulé Alfiifto dit litlano, qui contient en viogt-trois couplets de 

"'^ ftn toute une série ij'iniures à l'adresse de rinlortuné vilain. La uisposï- 

alpIubHique d« couplets, les idées exprimées dans la p)é« sont dri 

prcoTCS certaines d'aflciennelé, bien que le pUcard lut-mème, ou du moins 

rcieaptairc aoe j'en possède, suit tout récent. U a élé imprimé i Codogno, 

-^-- de Milan. En voîd lé texte. 



prormcei 



A. trattar col villan pien di nuilizia, 
Ketlorica ito val, nemmcn Giustizta. 



l6 P. MEYER 

leurs d'une intelligence peu hà\c, tant à cause de l'évidente corruption 
du texte qu'en raison de la difficulté du dialecte ■ , je crois utile d'en 

Bontà non régna in lui, ne cortesia, 

Ha sol malizia, inganni e villania. 
Cattivo, farbo senza legge e fede. 

E stolto t ben chi a sue parole crede. 
Da Cacco derivô questa nazione, 

Atta solo a rubare al ruo (sic) padrone. 
A proverbio comun e molto antico 

Che un villan non fu mai un buon amico. 
Fategli pur del ben quanto voleté, 

Cne ingrato sempre voi lo troverete. 
Ooffo si ; ma come i'Orso k destro, 

Che per giuocar dî man egli è maestro. 
Haver di lui pietade è un gran errore, 

Pietâ giammai si deve a un traditore. 
In verità non vi fu mai Villano 

Che non avesse la rapjna in mano. 
La roba del VilUn convien che vada, 

Perché se ne vien per la mala strada. 
Mille promesse al dl, loi ti fari, 

Ha poi niente mai ti attenderi. 
Non ti fidar perciô di sue parole 

Che risponder d'ognor latti ci vuole. 
Oh che empiéta I aver da far con gente, 

Che altra ragion che del baston non sente. 
Povero, tristo, pien d'acerbe voglie, 

Per un quattrino venderia la moglie. 
Quando a bisogno di un poco di grano, 

Va del Padrone col capello in mano. 
Riparato che ha poi il suo bisogno, 

Lo sperarne mercè affè ch'è un sogno. 
Si lasci perô star questa canaglia, 

Che non ebbe giammai cosa che vaglïa. 
Tutti i Villan sono rozzi e mal creati, 

E devono aspramente essere trattatt. 
TTneilo ognor quando tu vuoi che punga, 

Pungao ognor quando tu vuoi che t'unga. 
Xoronte gran filosoto già disse, 

Che i Villan solamente aman le risse. 
Zojoto che le virtù vollo infamare, 

Fu aual Villan dal Re fatto impiccare. 
Cosl anarebbe fatto a taie razza 

Che l'uomo, il monde e la ragion strapazxa. 
Non dico del buon Villan, ma di quel rio 

Che l'uom offende, la natura e Dio. 
Le dernier couplet, qui semble faire amende pour le reste, est imprima en 

Ïltts g!ros caractère sur toute la largeur du placard, les couplets précédents 
tant a deux colonnes. — Les idées exprimées dans cette pièce sont du moyen 
ige : la rédaction semble être de la renaissance. Ce n'est pas avant cette époque 
qu'un rimeur populaire aurait imaginé de faire descendre les vilains de Cacus 
(quatrième couplet) ou de citer Xoronte « grand philosophe ■ qui représente, je 
suppose, Xénophon. 

I . Il ne s'agit, biçi entendu, que d'une difficulté relative : il est bien probable 
qne plusieurs des passages qui m'embarrassent paraîtront très clairs aux philo- 



DIT SUR LES VILAINS I7 

donnn ici une sorte de traduction approxinuiive dans laquelle je ne 
craindrai pas de signaler les passages que je n'entends pas. 

A fOK, seigneurs ei chevalien, j'adresse volomien ce conte, ainsi qu'à toute 
bonne gcirt communément. Ecoutez celte raison ' que fil Matazonk, natif de 
Calîgnano. Il naquit d'un vilain^, mais ce ne foi pas de son gré, car il ne 
voulut [ijmais] avoir compagnie avec les vibîns, mais au contraire [il voulut 
avoir compagnie] avec les courtois de qui il apprît courtoisie, par bonne éduca* 
lion*. Mais ce fut contre nature: connaissance le veut, nature s'en afflige 
(tS). Mais je ne me uis pas ; j'ai i. dire quelle est la coutume du vilain, telle 
que je la connais 1?) Saîi-tu ce que fait le vilain envers son bon sctgrieur? 
rdui-ci ne saurait lui donner tant qu'il |Ie vilain! ne lut enlève autant. Puis il s'en 
va se lamentant et disant i son seigneur 4i8| : ■ Monseigneur, tu me fais tort, (-1 

• cela je le supporte. Ton pire et ton aïeul n'ont point été si durs pour moi. 

< Lui du moins ne me faisait point de mal ; Dieu ait ton Ame ! Et loi qui m'en 

< fais, ta en as grand pfchi. J'ai bonne espérance de sortir de ton fief: je me 

• procurerai un seigneur qui me traitera plus honorablement* (40).* 

Une vilaine était a»ise i terre, qui peignait de l'étonpe ou de la laine. Le sei- 
gneur passait par U, et elle, laissant son ouvrage, lève les mains au ctcl, disant 
à hante vois : • MoRseignrur, precidt vengeance de celui qui va li*. ■ Mais i 

Dieu ne le plaise qu'aucun gentilhomme ait " ni mauvaise renommée, s'il 

n'était frnppé de la lance en eslour ou en bataille. De oelle-li ne m'en chaille? 
Mais le seigneur se met i ordonner et i parler avec fureur : < Prenez ce vilain ; 
■ liez-lui les mains (60) ; mettez-le en prison, car il ne connaît ni lot ni bon 

• Dsage, ce vilain Kargneux ; et faites qu'il te rende' pour faire un passage, de 
« sorte que quiconque voudra suivre la route lui passe sur le corps ; car la loi 
« impériale déclare <jue le vilain et le ficf doivent 6tre entièrement i moi comme 
« à tout bon seigneur qui se lient honorablement (74). » Mais le vilain se 



logves qui sont plus versés que moi dans la connaissance des dialectes de la 
Haitte-Iialie. 

1. Dans le sens de l'ancien fran^aî^ et du provençal : récit, exposé. 

2. Le texte ajoute : t El d'un viUm Eut ne 1. Dorénavant je ne noterai point 
ces panicolarités qui n'ont aucune importance. 

}. yuiiitara, comme en a. fr. o nourreturc * et en ancien anglais nurlun. 
L'opposition entre nMurc et aouncluic est au moyen Sge l'objet de fréquentes 
allusions. Ainsi, A la fin du roman d'Alexandre (éd. Michelani, p. J49J : 
Fols est qui d'esprivier cui de faire laucon. 
Ne de ronci deïlner, ne de levrîcr gaignon. 
Nature et ooreture mainent moût grant tençon, 
Mais au lotg va nature, ce conte la li(on. 
Cf. aussi les textes cité» par Kemble. Saiomoa enJ SoWrn, p. î8, note. 
4. On s'attendrait k une réponse au seigneur. V a-1-il une lacune } 
(. Ce qui suit me paraît se lier mal i ce qui précède, ïoit que je ne com- 
prenne pss, soit qu'il y ait quelque trouble dans le texte. L^ sens est peut-être 
qu'il ne convient pas i un gentilhomme de prendre vengeance des torts qu'un 
vilain peut avoir envers une vilaine. 
Ë. Je n'entends pas du tout te v. ja. 

7. Si OB pouvait traduire « s'élenoe » [1 terre] le sens du reste de la phrase 
serail plus assuré. 

RomaiiJa, XII 2 



|8 p. MBYER 

regimbe: ilett mds vergogne. Car il aurait honte s'il se ponrpensait, s'il mîtes 
mémoire l'histoire de sa oativité' (8i). Je Yeux qu'il m'écoute. Li-bas, dant 
une maison, était un âne. Il fit entendre par derrière un bruit aussi reten- 
tissant que le tonnerre. De ce mauvais vent naquit le vilain puant. Lorsqu'il 
eut été oint de , baigné de ', le vent et la tempête vinrent i grand fra- 
cas ; la pluie et l'eau suivirent aussitât (94). Ce fut annoncement de la tù qu'O 
devait mener. Il est établi qu'il doit avoir pour nourriture du pain de méteS 
avec du seigle cru, des haricots, de l'ail, des fives bouillies, de la pltje * 
froide et de la rave crue (101). D'une grosse étoffe^ écrue, parce qu'il naqoh nu, 
il doit avoir braies et chemise faites d'une étrange guise. Il doit se ceindre d'uM 

corde^ j par derrière, un la bêche et la pelle pour rompre la terre, la 

fourche sur l'épaule pour nettoyer l'étable (11 a). Mais le vilain de mauvaise fw 
ne croit pas ces paroles. Je veux qu'il sache qu'elles sont pure vériti. En eâet 
on ne voit jamais un Ine aller seul par la voie sans qu'il y ait après lui un 
vilain ou deux. Et le vilain le réconforte, lui parie, — car ils sont parents et 
issus d'une même gent, — [lui disant] : < Va, mon frère, tu es tout mon bien, 
( va tout droit par la route et prends le chemin ferré 1 (i38). 

Tandis que Mataxonb contait cette raison en présence de chevaliers qnî 
l'entendaient avec plaisir, là était un vilain orgueilleux et grondeur qui se mît 
i parler avec éclat en présence de son seigneur (t]6) : t Et vous, chevaliers 
fl si bien vêtus, d'ob êtes-vous nés t Je voudrais savoir de quel droit vons 
d avez tous les honneurs que vous souhaitez (?), et soûlas et déport i droit oui 
c tort. > Et le chevalier répondit : ( Je t'en dirai volontiers ce que j'en sab, 
c et ce que j'en ai vu 1 1 48) . L'autre jour, à ta fraîche rosée, au mois de mai, alors 
( que le temps est gai, je me levai par un matin, j'entrai en un jardin (t 54). Je 
« regardai par le jardin : sous un vert pin il y avait une fontenelle ; l'embouchure 
c en était d'or fin". Je m'assis Iâ,et y demeurai quelque temps, regardant par le 

< verger (161). Sous un vert pommier il y avait deux fleurs de diverse couleur, 
• l'une blanche, l'autre vermeille ; c'était la rose et le lis. Alors, la rose et le lis 

< se rapprochèrent, je ne sais comment ; ils eurent un entretien secret, et, lors- 
f qu'ils se séparèrent, je vis sortir d'eux un chevalier orné de magnifiques 
« atours (174). Il était revêtu d'une soie fraîche et colorée, il tenait «1 main 
■ une robe, qu'il se laça sur le dos. II avait i la main une banderolle (?), snr 



1. Je traduis selon la correction proposée ii la note sur les vers 77-81. 

2. Je vois bien de quelles matières il est ici question, mais je n en suis pas 
moins embarrassé par guay et cattlagi. 

j. Voir la note du v. 102. 

4. Je suppose que canenazo (v. 104) est identique au toscan cagiuzzo, qui est 
employé par Franco Sacchetti (nouv. xcii, le passage est dans la Cnisca) pour 
désigner une certaine couleur d'étolTe, probablement une couleur sombre : cf. 
les mi cûgttdzzi de Dante, M. xxxii, 70. 

5. Soeajont (v. 107I corde ou peut-être courroie, voy. Diez, Et. WSrt. I, 
sùga. C est peut-être l'ancien français saion (pour sotons] : 

De saions et de cordes lor lièrent les bras. 

[Aye d'Avignon, v, 3246.) 

6. Voilà une description dont l'équivalent te trouve en bien des poèmes du 
moyen Age. 



f 



» 



orr SUR LES vilains 19 

I II dos un nanteaa, tonrri de vair tris briltanl et éclatanL 11 était ceint d'nne 
« MBture i)ui itaîl de ... *. Il ^ii éiroiEcment chaussa de brunette fcarlile, 
tAavait ur ta tfte une couronne de (ifur d« ... (1861. Sous lui il s un des- 
« U\tr, snr le poing un ipervier ; il conduit des chiens braques et un l^ter 

• a latnc. Alort naquirent srpt pucelln de bonite mine : Joie el Allégresse, 
I Praocsse et largesse, Beauté et Hanlie&sc^ vinrent le servir \i$&]. Elle' &e 

< teJit dennl lui jOyeuse el chantant, et s'ètant agenouillée el l'ayant salué ; 
I Soii k bien venu, sots reçu i grande joie. Tu es on chevalier: nous savons 
tctqo'il te bat. Un vilain est né : nous voulons qu'il le soit donné; tu seras 
ipilni bien servi et plus encore redouté liro). Il mènera les bœufs; lu auras 
( dt lu fe que tn voudras. Pour chaque mois de l'année tu lui imposeras on 

■ tu. Au mois de Noël, prends-lui le bon porc; laisse-lui les (218I el 

• htnt4ti les saucisses, mais ne les lui laisse pas toutes, car elles sont bonnes 
( iftlir parce qu'elles cuisent vite. Quant aux bons jambons gm, garde-toi 

• delà lut laisser {22^). Au mois de janvier, tais-le in.ircher, si besoin l'est, 
I ^tlod bien raine il ferait le récalcitrant (218), Au mois de février, comme 

• cotcanuTal, prends-lui chaque jour un chapon : c'est bien raison (Jja). 
(^BÙdenars, fais-le aller sans chaussures, et lais-loi tailler la vigne, 

■ fougue toeo aies la vendange |3jâ}. Au mois d'avril, il te faut prendre 
« biécsse. Que chaque matin il t'apporte la jonchée * (j^o)- Rn mai, prends 

■ dupcjovr par l'herbage i ce vilain sauvage un mouton tondu depuis peu ; ne te 

• mdc point de la laine tant qu'elle n'est pas teinte en écarl3te(i4!St. En juin, 
( ■ letps des centes >, prends chaque semaine i ce mercenaire Ique niale honte 

< fccsoïfe !i une journée de corvée. Puis fais chercher dans la ferme si lu as du 

■ ktTÎuigre. Alors, si tu lui en donnes, tu seras quitte (1(4). En juillet et 
enioAt, jusqu'i ce qu'il soît reposé |?], fais-le coucher i la belle étoile, û 
*pW)leque cela puisse lui paraître |i(S). Au mois de septembre, pour lut 

< tendre les membres, fais-lui Uire la vendange, et puis travailler au pres- 
' Mv, et laisse-lui le nirc pour qu'il en fasse de la piquette: mais fais-lui bim 
> baltr {le raisin), pour qu'il ne se puisse enivrer " ( j66). Au mois d'octobre, 
edepnir qu'il se remette, fais-lui piocher la vigne et arracher les raves ; 
■fûie-lui b racine avec de la pAi^ (h 1271). Au mois de novembre, pour 

< fK se puisse te nuire le froid qu'il doit faire, ne le tiissc pas reposer, 

• ts»oie-le as bois, et fais qu'il fasse de fréquents voyages, le portant (le 

• Uûl sur l'épaule. Ainsi le veut raison. Et quand il vient au feu, fais-le 

• partir. C'est en le faisant ainsi travailler \i) qu'on corrige le miuvais vilain. » 

I. Il ]r a ici (r. 184) uo mot que je n'ai pu lire qu'en partie. Voir i.i note du 



Inte. 



1. Ces personnages allégoriques sont au nombre de stx ; louledoîs l'auteur a 
aoKOcé sept puccflev. Il y 3 pcut-éirc une lacune apiis le v. 198. 
|. Laq^nelle des pucclle^î' 
4. La )onchic dont on garnissait le pavement des salles. 

i. Ou t dans la cerisaie ■ } 
. Arec b piquette qu'il tirera du marc 



20 



P. MBYER 



Nativitas rasticorum et qualiter debent tractari. 



A voy, segnor e cavaler, 
Si lo conto volonter, 
E a tuta bona zente 
Tuta comunamente. 
Inienditi questa raxone 
La quai fe Matazone, 
E fo da Caligano, 
E naque d'un vilano 
E d'un vilano fo nato, 
Ma no per lo so grato, 
Pero che in vilania 
No vose aver conpagnia, 
Se no da gli cortexi 
Da chi borna împrexi 
Per bona nutrilura ; 
Ma fo contra natura : 
Cognosenza lo vole, 
Natura si s'en dole. 
Pero no taxo miga, 
Anz e mester che diga 
Costume di vilan 
Che me va per le man. 
Se tu che fa lo vilan 
Al so signor chi e plan P 
El no gie daria mai tanto 
Ch'el no toge aliretanto ; 
Po s'en va lamentando 
E al so segnor digando : 
« Meser, tu me fe torto, 
tt Et eio me lo conporto. 
« To padre ni to avo 
« No m'era chosi pravo, 
« Ne mal luy me faxia ; 



[2 



t6 



20 



28 



P 



« Benedeto da Deîo sia 1 

K E tu chi me lo faj 

if Cran pecato n'ay. }6 

« E ben spera[n]za in Ddo 

« Che insiro del to feo : 

« Si achataro un segnore 

« Chi me fara piu honore. » 40 

Zo sedeva una vîlana 

Chi petenava stopa lana, 

El segnor per li pasava. 

Et ela l'ovra lasava ; 44 

AI cel leva le mane, 

Con bocha dîxe plane : 

« Meser, vendeta fay 

« De colu che va lay. » 48 

Ma uncha De no faza 

Che tal cosa ie plaza, 

Che nesun zentil homo 

Habia ni si ni como, 52 

Ni mala nominanza 

S'el no fose féru di lanza 

In stormo on in batalia. 

De quela no m'en calia ! 56 

Ma lo segnor comandava 

E con furor parlava : 

« Piate quelo vilano, 

u Ugalege le mano, 60 

« Metitel in presone ! 

« Ch'el no ci sa rasone (col. 2) 

« Ni leze ni bon uso, 

« Quelo vila ranpognoso ; 64 

« E fati ch'elo se renda 

« Per far una tresenda, 



64 La rime n'est pas exacte, mais le texte original portait sans doute ranpo' 
gnaso-, forme qui a de fréquents analogues chez Bonvesin. 

66 Tresenda, je suis loin d'être assuré du sens de ce mot qui est la clé de 
toute la phrase. Je l'ai interprété d'après Du Cange : ( thansenda, via... sed 
proprte via strictior, passage ». Mais ce sens est bien incertain, et il est difficile 
de ne pas songer à iregeaaa, mot dont l'oricine est inconnue (trccenta proposé 
par Diez n'est aucunement probable), qui, dans tous les exemples cités par la 



^ 



n 



WT 

« Che su pcr su li vada 
• Cbi vol pasar U $irada ; 
I Che quesio vol la teze 
t Dcl imperador dire, 

• die lo \-ilan e lo feo 

• bt taee iuio roeo 

i E d'ogm bon segnore 
< Chi w mântcn a honore, n 
Ml lo viUn pur se rampogna 
Pcrcil'el no se vergogne, 
Ok {"d M vergognase 
Ebenie perpensase, 
E nae rn roemorû 
Ccmo fa l'jtiom 
Deioinateviin, 
Vc^o cbe mi inienda. 
Laiu», in uno hosiero, 
Si en un somero : 
De dre B fe un sono 
Si gDEtde como un tono. 
Dct^tidnalvaxio venio 
Noce cl vîlan puzolenlo. 
Uoioch'el fo de guay, 
Bigiudo de cxiela^, 
U 'ento e la corin a 
Li zonze a gran ruina, 
U fijau e l'aguamento 



I 



SUR LES VlUmS 31 

La zonse de prcsenio : 
68 Zo fo per provedere 

Quen vîia e! dcvcva avère. 56 

Ora e stabiliio 

Che deza aver per victo 
73 Lo pan de la misiura 

Con la 7.igola cruda, 100 

Faxoy, ayo e alésa fava, 

Pamza frcda e CTuda rava. 
76 D'un canenazo crudo, 

Pcro che naquc nudo, ro4 

Abia braga c camixa 

Fata a la strania guixa, 
80 Cento d'un sogayonç, 

De dre un ranchayone, 108 

Lo badale e la vanga 

Pcr che la lera franga, 
84 La folcha sula spala 

Per remondar la siala. 1 \2 

El nlan mala fede 

Queste parole no crede, 
88 Ma e voyo cbe sapia 

Ch'ele son lute verita , 116 

Che nesun asino che sia 

May no va solo per la via, 
92 Che un vilan on doy 

No ge vada da poy ; 1 20 



Onu, paraît ugnificr une troupe d'etprib ou de fantânes , une sorte de t mesnk 
Htlteqiia >, et qui loutefots parait aroir éié employa dans le sens plus vague 
étmat élran|;e (vof. par es. F. Sacchetti, dov. et, éd. Ci^gli, I, i^d). 
^70 Les rimes sont en disiccord ; c'est probablemrnl <iue qui est iautif. 
77-tfi La phrue semble iBadievée \ p.-4. y a-l-il lieu de corriger Ckt tl u 
». ji bai... 

81-j Njttnta et tntatda ne notent pat et le seos se suit mal, ce qui permet 
éeso'ppoier une lacutie. If ejt cependanl singulier que la même irrégularité te 
rtpraêotc toutes les fuis qu'il v a i la nme un mol en lâ (!at. -tatera) ; ainsi 

^, cf. 167, QuM a le sens de fiu/. On a d'autres exemples de celte lorme qu'on 
dérive dn lai. ^tum et qu'on rattache d'autre pari au ptov. fum^, ^uiaha ; voy. 
E. Moiud, dans la Rnttu di Ftloltgii romanzâ. II, 54. 

loi J'ai lu pam:ii cl de mtee an v. aja. Mais cette lecture, quoique con- 
lente au ms.. ne donne pis de sens. le pense qu'il faut supprimer troJa et lire 
^aijii, le toscan penucu, vorle de bouillie. On lit dans le Closuno Monftrrino 
de M. G. Ferraro iFerrara, 18811 : • Pjnista. lorta d'olio e farina de ceci, 
fannata ■. Au v. 371, tlest vrai, ce mot nme avec rama, et qui semble exclure 
ftmiâ ; mais rcnza oe doane pas de sens, et de plus le vers ob il se irtMire est 
Hop court. P.*^ Uut-il lire à cet endroit r<i^i:j ou rdi.-d jracine). 




23 



P. MEYER 



E valo confbrtando 

E sego rasonando, 

Pero che son parenti (col. j) 

E nati d'una zente : 1 24 

u Anna, lo fratelo mio, 

a Che tu sie lo ben meo. 

« Va drito per la strada, 

K E piei la ferata. » 128 

Alora Matazone 

Contava sta raxone 

Devant! a cavaleri 

Che l'imende volunteri, 1 }2 

U era un vilano 

Orgolioxo e grifano ; 

Denanzi al so segnore 

Favela con ramore : 1 jô 

« E voy, de que nassi^e, 

(c Cavaler, con tal veste ? 

« E voreve savere 

« Per que dovîte avère 140 

« Cotanta dignita 

« Como un domanda, 

« Solazo e diporto 

u A drito e a torto. » 144 

El cavaler respondeva : 

« Dirotelo voluntera 

K Zo che io ne sayo 

« E che veduio n'ayo. 14S 

<t L'altrer, una fiada, 

« A la frescha roxada, 

« Zo e del mese de mayo, 

« Quando el tempo e gayo, 1 52 

a Una matin me levay, 

« In un zardin întray. 

« Guarda per lo zardin: 

K Soto un verde pin 1 

« Li era una fontanela, 

« D'or fin e la caneta. 

« Li sopra m'asetay ; 

a Alquanto me demoray, 160 

« Guarda per io verzero : 



« Soto un verde pomero 

« Li era doue fiore 

« De diverso colore, 164 

« L'unablanchael'altrovenneglio; 

« Zo e la roxa e lo zilio. 

a No so per quen raxon 

« La rosa con et zilion 1 68 

« Alora s'aprosimo, 

« Emsema se conseyo, 

« E a lo departire 

« Si ne vite insire 1 72 

« Un cavaler adomo 

« D'un motto bel contomo. 

t( Vestito era de seta 

« Frescha e colorita ; 1 76 

« In man una guamaza, 

« In doso se la laza ; 

a [n man un penelo, 

« In doso un mantelo, 1 80 

« Fodrato era de vayri 

u Molto lucenti e clan ; 

u Zento d'una zentura 

V Che era de g... cura, 184 
« Calcato molto streto 

« D'un scarlatin bruneto; 

« In capo una galanda 

« De flor de verde landa ; 1 88 

« Soto a un destrer, 

a In pugno un sparaver, 

V E brachi in cadena 

■ E livrer démena. 193 

(c Alora si fo nate 

« Sete polzele ordenate : 

« Zoya e Alegreza, 

« Prodez' e Largeza 1 96 

« Beleza e Ardire 

a Si lo ven per servire ; 

« Estavage devant! 

u Con zoya e con canti, 200 

<c Ë si s'inùnogio 

a E poy lo saluto : 



184 Bien que j'aie lu cura, i la 6r du vers, il me semble qu'on ne peut 
supposer autre chose que grana piua, kermès, couleur rouge. 



^^^^^^^ DrT 


SUft LES VILAINS 


a^^^B 


^^B • Tu sy k) ben venuto 




« Te stia mente ardire : 


^H 


^^M * E con gran zoya recevuto. 


204 


a Onna matinata 


^H 


^^M u Tu e un cavaler 




« T'aduga la zonchata. 


H 


^^M « Sapiemo ch« t'a mester. 




« Kn ma[r]zo, per l'erbalicho. 


^^H 


^^m « Un vilan e nato^ 




« A quel vilan selvaticho 


^H 


^^M M Volemo ch'el te sia dato ; 


208 


f[ Onna di un castrato 


^H 


^^M Tu ne saray ben serviio 




« Toge, poch'etosorato; 


H 


^^M ■ E auy plu lemuio. 




u Non curar de soa lana, (col. 2) ^^ 


^^M u El menara li boy ; 




<i Poy che no e tenta in grana 


^^1 


^^M « N'avra zo que tu voy : 


212 


« Lo zugno, el ceresaro, 


^H 


^^M a D'nnna inese de l'ano 




M To^ a lo mercenaro 


348 ^H 


^^1 a Tu ge ponere lo bano. 




« D'onna seiemann una opra, 


^H 


^^B « Del mese Oe Natale 




« Che mala onia lo copra I 


^H 


^^P a Toge to bon mazale, 


116 


a Po fa «rchare in corte 


^H 


^^H o Las^e li sanguanati 




V Se lu gc aceto forte, 


a52 ■ 


^^^ « Che li aii (J) docati, 




« Alora, s'tu g'en day, 


^H 


^^B a E lasege te sazise, 




V Nulo pecaio n'ay. 


^H 


^^M < Ma no ge le lasa tute, 


2iO 


« Lo Iulio e l'avosio, 


^H 


^^H « Ch'ele son bone arosto. 




« Fin che aura reposio. 


2}6 ■ 


^^H u Per ch'ele se tosan losto. 




1 Falo zazere al ayero, 




^^H « U bon persuti grasi 




« Ben che inoya ge para. 


^H 


^^H « Guarda che no ge lasi. 


214 


« Del mese de setcnbre, 


^^1 


^^1 « Del mese de zenaro 




« Per ftirlo ben destendre, 


360 ^H 


^^H « Falo caminare, 




« Falo vendemiarc, 


^H 


^^H « Se lu n'ay besogna. 




(c E po et un torculare; 


^H 


^^M < A. ben ch'el se rampogna. 


228 


« E lasage le scraze 


^1 


^^M « Dd mese de febraio^ 




a Per che poscha ne faz« ; 


364 ■ 


^^H « Po cfa'e da carnevaio, 




a Ma fale ben calcare 




^^H « Onna dl un capon 




« Ch'el no se posa ebriare. 


^H 


^^M « Toge, ch'el e raxon. 


iji 


a Del mese d'oiovre. 


^H 


^^H « Del mese de marzo 




u Per ch'el no se recovre, 


^M 


^^H « Falo anddr descalzo 




■ Fa che la vigna cave 


^H 


^^H a E fato podar la v[i]gna, 




« E ch'el strepa le rave ; 


^H 


^^H « Tu n'azi la vendemia. 


2î6 


u Lasege ta ranu, 


^H 


^^H « Del mese d'avrile 




<f Da ver, con la pamza. 


272 ^1 


^^H 209-10 II fiai supposer que 


dans 


le texte original les deux participes qui ^^| 


^^H terntitent c« vers eurent en iir^ 


1. Cela 


est conforme à l'usaBC des dialectes du ^^M 


^^H nord de l'Italte, voy. Mu»jfia, 


MonattuiiH anutki, dans les coniptet-rendi 


js de ^^H 


^^H l'Académie de Vienne, XLVI, > 


16.— 


219-10 Encore deux vers qui ne riment ^^1 


^^H pas. — 119 Larime dftnande fe^aro. - 


— 2(1 Je pense que » est pour le toscan ^H 


^^H CI bat. — ]^7<S 11 faudriiti u 


rime quelque choie comme atia-puna. — 162 Je ^^H 


^^H ne vois pas de uns i aa ; corr. ni ,* au v. 3 ] j le ms. porte agna oEk Jl faut > 


'Rt'- ^M 


^^H — lâj Je n'entends pat ferait 


. 11 faudrait un mot ti^nifianl t marc, ris 


idu • ^H 


^^H p.-é, itraxe? cf. l'it. stradan. 


— J71 


-I Voir la note du v. 102. 


1 



34 f- MEÏER 

Q Del roese de novenbre, 

« Pcr ch'el no te posa ofender 

El fredo che de fare, 

(1 Nol Usa reposare : 276 

a Mandelo pcr [la] legna, 

a E fa chc speso vegna 

« E ch'el le porta in spala. 



" Per che la raxûn no fala ; 380 
« E quando el ven al focho 
« Falo niudar [loj tocho. 
u E con questa aga 
« El mal vilan se castiga. » 284 
Deo gratias, amen. 



Quelques mots maintenant sur ta langue el sur la versification du 
poème de Matazonc. Le terrain sur lequel je m'aventure pour la pre- 
mière fois ne [n'étant pas très familier, je me bornerai à un petit nombre 
d'observations. Si on compare notre texte aux potmes milanais de Bon- 
vesin da Riva, dont M. Mussafia a dirent la langue avec sa précision et 
$a critique accoutumées dans un mémoire spécial ', ou encore aux poé- 
sies véronaises que le mi^me savant a publiées sous le litre de Mona~ 
menti anticlii di dialttii italiani ^, on ne manquera pas de constater de 
part et d'autre de réelles analogies. Ainsi dans tout le nord de l'Italie, et 
même jusqu'à Bologne, Le gérondif csl cm ando on and pour toutes les 
conjugaisons), et ici nous avons au v.28 digandopour le lat. dicendo. 
Dans le nord de l'Italie encore la désinence uro, u, se substitue souvent 
i la désinence étymologique ito* ; et nous avons vu qu'au v. 209 la 
rime oblige à lire servuto, là où le ms. porte servtto. On pourrait sigrtaler 
encore d'autres points de ressemblances, et il n'est guère douteux que 
le nombre en serait plus considérable si le texte nous était parvenu sous 
la forme même que lui a donnée MJl^zone. Mais tout en faisant la part 
des altérations de la copie, altérations dont il est possible de se rendre 
compte jusqu'à un certain point par l'examen des rimes et de la mesure 
des vers, il n'en reste pas moins évident que la langue de Maïazone 
diffère assez sensiblement de celle des poètes milanais, véronais ou 
vénitiens. Chez ceux-ci par exemple, la chute du 1 entre deux voyelles 
est fréquente : teao, gtao, pour beaio, grata. En d'autres cas ce / est 
affaibli en dh. Or Maïazone conserve le ( comme en toscan \ndto, graio, 
ptcato^ etc.]. Si le copiste avait rétabli le t, il ne l'eCtt sans doute pas 
fait d'une fa^on constante. Je ne trouve pas dans notre poème la muta- 
tion d7 en r qui est si fréquente chez Bonvesin i. Malaxone ne parait 



j8o SappHmer ta pour la mesure. — a8) aga ne donne ni sens ni rime ; 
corr. fêJigaf 

1 . Comptes-rendus de l'AcadéiDie de Vienne, ann^ t868. 

2. Ibid:, 1864. 

) . Mussafia. Monaminti, p. 1 26. 
4. Ibid. 

t , 

induire! 



[. Il T a bien, vv. aa^-jo, la rimtgtnaro (ms. gataie)-cdmnah,à'ob on pourrait 
uirela forme atmaaro, nais lepottnc se conteaie parftHs de simples assonaoccs. 



p 



DIT SUR LES VILAINS }$ 

pttoon plus fure usage de la contraction dro, dra pour de h, de la. En 
IMK, la langue de MaUzoae. i]ue je laisse à de plus compétents le 
HO d'étudier en détail, me paraît moins s'éloigner du toscan que le 
.inhuis. 

Pusonsmaimenam à l'examen de la versification, qui nous fournira 

^H^DCi nations de plus sur la tangue. Si nombreux que soient les vers 

■ripdifrs, on peut, je crois, tenir pour certain que le poème a été 

toaipDtien vers de six syllabes comptées à la française, c'est -Â-dire en 

B^S^gnot la voyelle atone qui peut se trouver après la dernière syllabe 

Knique du vers. Examinons en délai) les loo premiers vers. Tout 

d'ilwd nous trouvons 70 vers qui sont réellement de six pieds ; ce sont 

Ioms4. 6-8. 10, II, lî, i4-:i, 14. 26-7, 29-îî. ÎS. 38, 45-îî, 

if-6, 18, 60-î, 66-70, 72-3, 76-9, 81-7, 89, 91-ï, 97-100. — Puis 

u len trop longs qui deviennent réguliers aussitôt qu'on supprime 

ORùtts finales atones qui ordinairement ne subsistent pas dans les 

i^taa du nord de Hialie. Ce sont les vers 2, 9, ;4, 40, {7, $9, 

^' 7' » 74f 90- " est permis de lire |je mets entre () les lettres sup- 

pr»io) V. 2 S\l{p) co/ifo volonur ; y. t) E d'un ritaii{o] ' ; v. 2j fat'o); 

r. î4 BuuAaio) ; v. 40 Chim\e} ; v. $7 Ma lio\ ; w. <,<) el 64 cfut{(p) ; 

V. 6[ th'ehi(e)\ v. 71 l'un des deux articles peut s'apostropher; v. 74 

Oà^, ; T. 90 Bagnad[0], ou plutôt Rj^nai. Entre ces élisions il en est 

qd sont lé^imes même en toscan {rilan, mal, etc.) ; quant aux autres, 

dks sont régulières dans les dialectes de la Haute-Italie. C'est par 

mte simple opération que M. Mussafia a remis sur leurs pieds un 

grand nombre des vers du Dit des mois, de Oonvesin *. Nous trouvons 

encore, dans les cent premiers vers de Maïazone, seize vers trop longs 

oonme les précédents, mais qui ne se laissent pas rétablir par le même 

procédé. Ce sont les ven 1, j, j, 12» 15,28, î7i Î9. 4»-4. Hj 88, 

96, auxquels on peut appliquer des remèdes variables. Ainsi it est 

probable qu'aui vers j, 18, j7, la conjonction e s'éUde ; de même au 

V. 44, bien qu'il y ait ei. Au v. 43 on peut supprimer slopa 0; au v. 88 

il but probablement corriger puzolenlo en puzliuto ou pazUnl. Enfin il 

y a deux vers trop courts ijô et 8o| qu'il est tris facile d'allonger. 

Les rimes sont en général Ton exactes. On peut cependant considérer 
comme de simples assonances mUtara-cruda 99-tOD, respondeva-volun- 
Uf* t^^-6, fehrarù- [ms. febraio)- camcvdo 229-30, avrik-ardire l'^-j-Z. 
Il n'est pas impossible du reste que dans tel ou tel de ces cas le texte 
soit corrompu. Certaines rimes, telles que vilano, au singulier, et maao 



H 



I. Ou vi/it(nDl: il jr a, an t. 64, ni* devant une consonne, au v. 71 vitan 
demi ne voyelle. 
I. R«nunù, II, ii)'4. 



26 P- MKYER 

au pluriel, 59-éo, agmmenUt-pTuento 91-4, zauro-cam'uurt 225-6, amt 
évidemment en contradiction avec la grammaire» mais à on supprime 
les finales atones, comme on a vu qu'il y avait lieu de le taire en maint 
cas dans le corps du vers, la rime et la grammaire seront paiement 
satisfaites. Aux vers 12 {-6 le même mot forme la rime. Est-ce une 
faute i n'est-ce pas plutât une négligence de l'auteur i 

Des observations qui précèdent il résulte assez clairement, ce me 
semble, que la versification de notre petit poème est beaucoup moins 
incorreae en réalité qu'en apparence. Il est visible que le copiste était 
enclin à employer, même au détriment de la mesure ou de la rime, les 
formes de la langue linéraire. 

A la suite de la pièce de Matazone, le ms. de Milan contient une copie 
du Testamentum asini, qui diffère sensiblement, surtout vers la fin, de 
celle que Lambecius a publiée d'après un ms. de Vienne dans ses 
Commentarii de BMotheca Vindobonensi (1669, il, 984) comme aussi de 
celle que Feifalik a éditée dans les Comptes-rendus de l'Académie de 
Vienne, classe de philosophie et d'histoire, XXXVI (1S61), pp. i72-j>. 
Cette circonstance me décide à bire imprimer ici le texte de Milan * : 

Ttitamcatum domm asini. 



I Rusticus, dum asinum 
Suum vidit morituniin, 
Flevit ejus obitum. 



Oe I Oe ! morieris, asïne! 



Il « Si te scirissem, astne, 
< Moriturum frigore, }0e.., 

c Te induissem siadone. 1 



m Exclamavit rusticha 
Voce salis querula, 
Obstante viciii[i]a. 



Oe.., 



1 . La rédaction pabliée par Feifalik est très écourtée. Elle ne contient pas le 
testament de l'Ane, mais seulement la plainte du vilain qui est plus développée 
que dans les deux autres textes. Elle se termine par un couplet dont l'applica- 
tion est toute spécule : 

O vos, cuncti Barari, 

Sumite caudam asini j 

Cum ea suspendemini. 
Le reb^in est dans Lambecius : loi h! dans Feifalik : Ofe ! Oft ! Oft ! moriais 
{morierit ^ asellt, vellim pro te mori. 

2. Je corrige quelques fautes d'orthographe ; coupl. V, il y a posis; coupl. VI, 
Mos ; coupl. X, Peian, solatoribat (pour stllatoribiu)^ Osa ; coupl. XJ, vixera^ 
vullorièiu ; coupl. XII, l'tgatis; coupl. Xlli, ve/ct. 



28 p. MEYER 

Cette facétie a, dans les littératures du moyen Âge, plusieurs analogues 
qu'il serait curieux d'étudier, afin de déterminer ce qui est imité plus ou 
moins directement de la pièce latine, et ce qui est simplement inspiré 
par la même idée. Car l'idée même d'un animal qui fait son testament 
n'est pas tellement originale qu'elle n'ait pu se présenter à l'esprit de 
plus d'un parmi nos anciens auteurs, et la donnée étant admise, certains 
traits comiques, certaines parodies devaient en sortir presque forcément. 
Ce n'est point ici le lieu d'entamer une nouvelle dissertation ; je me 
bornerai à signaler, à titre de rapprochement, le Testament de la mule 
Barbeau, du poète Henri Baude ■ , qui nous montre la même facétie 
encore en vogue à la fin du xv* siècle. 

Paul Meyer, 



I. J. Quicherat, Bibliotk. de i'EcoU dts chwrltSj a» série, V, 99. 



ESSAI DE PHONÉTIQUE 



ET DE 



PHONOLOGIE DE LA LANGUE PORTUGAISE 

D'APRÈS LE DIALECTE ACTUEL DE LISBONNE. 



TABLEAU DES VOYELLES. 



Voyelles orales. 


Voyelles nasales. 


à 


— 


i q à 


— S — 


i — 6 


? — 5 


i f a 


f — a 


10 il) 


— — 



L'accent drconflexe * sert à désigner en portugais les voyelles fer- 
mées, c'est-à-dire pour i, 6 les sons des lettres françaises é, à. L'accent 
aigu ' marque les voyelles ouvertes ; je le remplace toutefois par le 
grave \ l'aigu m'étant nécessaire pour indiquer la voyelle tonique du 
mot, ce qui d'ailleurs se trouve d'accord avec l'orthographe ponugaise, 
où le signe ' fait double emploi. Le - tU exprime la nasalité, et, dans 
l'orthographe actuelle, il n'est employé que sur les lettres â, Ô, lors- 
qu'elles font partie de diphtongues nasales. Son emploi sur toutes les 
voyelles est ici parfaitement arbitraire ; il en est de même des différents 
signes diacritiques dont j'affecte les consonnes, ainsi que du petit cercle 
souscrit dont je fais usage pour désigner les voyelles neutres ^ et f ou j. 
Les noutions suivantes sont également conventionnelles : q p repré- 
sentant un u (pu français) très bref et presque étouffé, tantôt écrit par u. 



JO R. GONÇALVES VIANNA 

lantôt par o, dans l'orthographe usuelle ; j ; désignant l'atténuation en î 
brévlssime de e ou i; & 6 pour la semi-voyelte labiale, f « pour la semî- 
voyelle palatale, lorsque ces lettres atones se trouvent devant une autre 
voyelle, ou font partie d'une diphtongue comme subjonctives réduites. 
L'orthographe portugaise ne connaît point ces signes, que j'emploie ici 
seulement pour me faire mieux comprendre. Pour plus de clarté, je 
vais mettre sous les yeux du leaeur deux tableaux, l'un des voyelles 
portugaises et l'autre des voyelles françaises, au moyen d'exemples. 

Voyelles françaises. Voyelles portugaises. 

— Sd 



çà 



si da sa 



ces — « setd sotte — 

thé — — ceux sceau si sou 

si — chapelain tu tout si — se — ta 

diea zouave cear soar 

TABLEAUX COMPARÉS DE5 VOYELLES DU CASTILLAN, DE L'ITALIEN, DU 
CATALAN ET DU PORTUGAIS. 

Castillan. Italien. Catalan. Portugais. 

— là ha Si 



— — — 


i 


— /h) 


vosti — /o 


si 


da 


s6 


fe — yo 


—. 


— — 


— mateix 


— 


— 


— 


• — ~ — 


se 


— voto 


net — bot 


si 


— 


sou 



si — tù si — m 51* — tu si se tu 

On peut considérer comme presque identiques les voyelles franç^ùses 
et portugaises de la même ligne dans les deux premiers tableaux ; seule- 
ment la différence de quantité prosodique n'est pas appréciable en por- 
tugais, exception faite de la longueur des voyelles provenant d'une 
crase, et de leur brièveté dans les syllabes atones. 

Dans la prononciation de Lisbonne, ainsi que dans celle de tout le 
sud du royaume, les voyelles nasales sont fermées : ainsi il n'y a point 



ESSAt DE PHONÉTIQUE PORTUGAISE Jl" 

de vo3rell« nasales qui répondent aux voyelles orales i, à, e. ei la voyelle 
nasale correspondante à \'à de 5^ ne se trouve que dans la crase : brève 
par exemple dans la phrase vt-a ariiiar = je l'ai vue marcher, prononcée 
fi âdiir; longue dans vta-a ttnÂtir ^= je l'avais vue marcher, prononcée 
W âdJâr, 

La nasnlîté de ces voyelles à I>isl>onne, ainsi que dans tout le sud du 
royaume, est de premier degré, c'est-â-dire qu'elle n'est pas accompa- 
gnée de gunuralisation, comme dans les voyelles nasales françaises '. 

RBMARqUBS SUR LA PRONONCIATION DES VÛYBLISS. 

Quoique ta simple inspection des tableaux que j'ai dressa eût peut- 
être suffi à une appréciation assez correcte de ces sons, je dirai cepen- 
dant quelques roots sur la prononciation de mes voyelles portugaises. 

à est plus ouvert que l'd castillan et il n'est pas légèrement palatalisé 
comme Va français, lequel, comparé à Va italien, tient un peu du son 
d'un e très ouvert. L'^ portugais devant / est un peu labialisé, c'est-ft* 
dire il tient de Vo ouvert, presque autant que Vo bref anglais de body. 

ç est une voyelle neutre bien plus ouverte que IV du français me, te, 
le; moins ouverte cependant que Vu bref anglais de hud : il est tout à 
kàl semblable â Va atone de l'anglais ahoui, he gave me a baok. 

^ est un e aussi ouvert que l'<e danois, è aptm de l'italien dans pitde, 
gelo, c'est-à-dire plus ouvert que IV français, j allemand ; un peu moins 
cependant que l'd bref anglais de bad, lequel ne se retrouve que dans 
quelques dialectes ponugais', dans l'Algarve ou Beira-baixa, par 
exemple. 

l est IV fermé français, sans aucune distinction de quantîti*. cepen- 
dant; il se trouve plus pris de î que l'f unique des Castillans K Dans le 
système de Bell, adopté par M. Sweet dans ses deux remarquables 
ouvrages» A Ktstor)' of Eni^lish sounds » et « Handbookof phonetics », 
'e fermé est appelé mid-ffonUnaTTOw-vmtl : Ve castillan est donc la 
(oiv-fronl-namw-vowel, selon la terminologie du mime auteur. L'a alle- 
mand de Vâter se rapproche beaucoup de Vt castillan, ou plutât ces 



V. E. Sievers, C'BnÀzùge dtr LaatphysiologH. Leipzrg, 1876, S. 47 et 48, 
et loh. Storn, Engtiik Fit(}logi. Kristiania, 1879, p. 34 et 2}. 

2. J'ippdlc I dijtecle • toute diAèrence de prononciation 00 autre, par 
rapport a une smic langue. 

}. Assurimem M. Sturm n'est pas dans le vrai tnrsau'il écrit iRtm^remt sar 
U toathiiat des itrnuiiti dt Straitoarg, Romjfiia, vol. lll^ ailU, qai, s il veut 
désigner par l'aigu ' le son de \'i fermé français. Il n'y a que les Aragonais qui 
prottoDccnt Vt caslillau comme un i fermé, ou i peu pris. 



P R. CONÇALVBS VIAKNA 

deux voyelles sont tout â fait identiques en ce qui concerne leur 
timbre. H 

f est un r muet, coïïimc on l'appelle généralement, bien plus étouffé, 
bien plus fermé, cependant, que l'e franç-'iis de me, le. Que l'on essaye 
de prononcer le mot rejeter sans trop appuyer sur la seconde syllabe, 
mais sans dénaturer non plus le son du ;, c'est-à-dire sans le remplacer 
par ch : on pourra par Ve de cette syllabe -je- se faire une idée du son 
de r^ muet en portugais, lorsqu'il se trouve en conjonction avec des 
consonnes sonores. Entre deux consonnes sourdes différentes, cet eai ^ 
le plus souvent nul. Que l'on ne dise point qu'il l'est également ailleurs ; H 
aucun Portugais ne confondra jamais ces deux mois trJt et iprds, et la 
seule différence entre eux, du moins dans la prononciation de la presque 
totalité des Portugais du continent, est précisément le son de cet c muet 
entre le r et le /* du second mot ' ; et cependant te son de cet e est bien 
différent de celui de IV français de me le, etc. La pJace que nous lui 
avons assignée dans la pyramide des voyelles nous parait être [urfaite- fl 
ment exacte. Dans le mot anglais said la syllabe est close par la con- 
sonne sonore ii, tandis que dans les mots ponugais séde, siÂe il y a deux 
syllabes distinctes sè-df, tt-df. Le son de cette voyelle est celui qui 

[. On ne siuraît nier que cet e »l louvcnt nul, surtout devant r, et quelque- 
fois aorès : ainsi le mot merfcir se prononce le plus souvent m/re^r, maïs dans 
pfrftir, on prononce les dcu» et. Je prononce le subîtanlif commun ptr/irii i= 
I poirier » comme pfrJtr^^ et le nom propre Pcreira comme prdtra. 

Du latin /i'*M;.irii/ni, on a (ait itrernro, qu'on a dt prononcer /ftfTiint ; on a 
iniroduil / entre le v ec te r, parce que Ee groupe vr itait très rare en portugais; 
aujourd'hui on continue d'écrire /(v^mYo, mais on ptonor\ct ffvrJri]. Cei ( ne 
reprbente plus la prononciation et it est conire l'étymoloeie ; il est lontefois le 
licne muet d'une ancienne itaritbhnkti. îi en ni de même du mol ffvfrj. de 
fioTam, prononcé Hvr^. En général, le { devant r et uni- autre voyelle est seule- 
ment prononcé dans les futurs et les conditionnels d«s verl^ei de l<i seconde 
con}Uffiison (en -ti\ ; par exemple : //rw, vctmj, «n^, ifJpni, efJiria. pfrttf- 
rti, mfttcfria ^:= aifieçrui), p^ftiçra de p^tclt (p'ron. percera, f.'dtc/t\. Cette 
voyelle se prononce également lorsqu'elle est pr^cedfe de i ou ;. Avec les pala- 
tales X, /', itA, Ik clic se prononce i, excepta lorsau'elle est suivie tle r, l ; donc 
gfràl, et non pjs /irn/. Autrefois on prononçait l'io! ; if^l est populaire. 

Il faut ajouter que l'existence de ce îcùâ rend possiole îa prononciation de 
certains groupes de consonnes, que l'on évile dans d'autres diilectei. Ainsi le 
mot absensi te prononce ôtpfrvdr, c'est-à-dire qu'il a quatre syllabes, tout à ^it 
comme oiçiirt/r, tandis que l'on dît en français opttrrcr, en anf^Uis ot:cr¥r, et 
en italien 'otitrvare. Toutes les fois que deux consonnes appartenant A des genres 
ditlérents (sourde et sonore, ou sonore et sourde) se trouvent en contact, l'in- 
sertion, la svarabhjkti de cet r, permet 9ux Portugais de ne pat en altérer le 
ton et d'éviter des assimilatiuns qui, autrement, seraient la conséquence de ces 
rencontres. On sait que le même phéoomène a lieu dans les laneun sémitiques, 
ob l'on trouve souvent des groupes (ormes par des consonnes di; genres Qidé- 
rents, surtout par une sourde précédée aune sonore : un ifûâ intercalaire 
sépare ces consonnes incompatibles. 



I 




Atuds de phonologie portugaise jj 

accompagne les fricatives douces, lorsqu'on s'efforce de les prononcer 
sans une autre voyelle ; ce son les précède lorsqu'elles sont initbles: 
c'est li un hh sur lequel M. Lepsius avait in^isié dans son Standard 
Alphabet, et que M. Brucic parait avoir méconnu '. 

i a le son de l'i italien ou français, sans aucune distinction de quan- 
tité, lorsqu'il csi accentué. Atone, devant une continue palawlc, il se 
prononce ridait, c'est-Â-dirc plus bref et plus éiou^é : nous marquons 
cet t avec le signe ^ (i). L'i atone devant ou après une voyelle, comme 
subjonctive de diphtongue, est encore plus bref; nous le désignons par 
î ,• il est parfaitement analogue à l'^ de l'anglais hoy, pby, my (toî, pW. 
mal). Dans ces trois cas l'i atone se confond avec IV atone en un son 
unique, qui est celui d'un i chuctioté (whisptrtd). Entre deux voyelles 
on peut considérer l'î comme l'équivalent de la semi-voyellc palatale ; 
mats il a bien moins le caractère d'une consonne que le y fran^is ou 
castillan : ainsi le mot mayor est bien différent du portugais maior; il 
n'y a de commun entre eux que les consonnes Initiale et finale. Le moi 
ponugais a deux syllabes, m^ï-àr, dont la dernière est ta ionique. La 
division phonétique du mot castillan au contraire est ma-\ér. 

à est l'o italien de « vuoio, a « loda, <> > avrô, » sans aucune 
distinction de quamilé. lorsqu'il est tonique ; cette voyelle est donc 
plus ouverte que \'o français de vote. robe. Dans le sud de la France 
on entend souvent cette voyelle dans des mots où l'on prononce géné- 
ralement fermé ailleurs, par ex, dans chose, autre, chaude, etc. 

ô. Ce son est peut-èire un peu moins ouvert que i^ français de trône, 
apôtre, beau, beaucoup plus fermé cependant que l'o castillan de no, jo, 
todo, etc., lequel se rapproche de aw anglais, bien plus fermé lui-même 
que l'o bref de body, whaf. La voyelle portugaise ô, lorsqu'elle est 
ionique, est plutôt longue que brève, et on y peut constater une pro- 



I Ou moms ce son ne fait point partie de ion tableau des voyelles iCruaJ- 
tàge 4tr Physioiogu u. Sjitcmattk d. Sp^dchluatt, Wien, 1876, S. l4-))t. 
Vojr. cependant S. isj. 

I. On a depoii longlempt conslatè l'existence d'une dasse spéciale de voyelles 
entre J et i-i en anctais ; elles se Irouvtnl dans tes trou mois i><ià, bitd, bedy. 
Cette dernière voyelle, entre â et à, doit peut^trc son origine i l'infliience 
progressive de n-. Ce son se serait étendu dans l;i suite it tous les oi- brefs qui 
5e Sûnt p« devenu! o [buJi. Les Américains ont un ouvert différent de l'o de 
tfti», c'esi-i-dire atcm ouvert. Cet se trouve ordînairemeDi dans des mois 
ob la prononcialion anglaise a des 00 longs {d& ou ë&^ ou des uu brefs (de tud), 
cammF dam hofu, nont. Un Américain me dit, il y a bien longtemps, que les 
mots lun et ion n'avaient pas li nij^me prononciation : il proitonçaît ton comme 
le français ionm. Sur ce su|Ct, on peut coniultcr Marsh, StuAent'i Er.eltih tan- 
gua g( ; WhiinGf, in Orifniii aiù /ir^bùiic Stiulia, md. Séries, « The Ele- 
neots of English pronunciation ■, oli ce son est représenté par 6, et Siorm, 



Romaiiie,XII 




}4 ^ GOHÇALVES VfANNA 

traction labiale plus prononcée qu'en français. Dans le dialecte de Lis- 
bonne, ainsi que dans loui le sud du royaume, on ne fait aucune distinc- 
tion entre à et ou \h diphtongue ôà des dialectes du nord). 

9t t- Cette voyelle a le son de ou français réduit, c'est-à-dire très 
bref et comme étouffé. Elle se trouve en ponugais à la fin des syllabes 
atones. Lorsque, précédé d'une consonne, ce son termine un mot, on 
l'écrit par o, et il est en général le signe grammatical du genre masculin, 
comme IV est le signe du féminin ; les articles a, ^, k le, la » ont res- 
pectivement celle prononciation. Tout o ou u atone se prononce géné- 
ralement If. Comme exercice, nous présentons quatre mots distincts, 
qu'une oreille étrangère confondra aisément, mais que tout Portugais 
reconnaîtra comme parfaitement dilTérents et suffisamment caraaérisés 
dans la prononciation : mora ^ il demeure, màrç, je demeure, mûre, 
qu'il demeure, màr (contraction de m<i\àr), majeur. L'atonie et l'obs- 
curcissement de la voyelle finale réduite rend ces mots identiques pour 
une oreille peu exercée. 

Lorsque o, a atones se trouvent devant une voyelle, ou font partie 
d'une diphtongue comme subjonctives, ils sont encore plus brefs et plus 
imperceptibles : nous les désignons par ù, ô. Dans ce cas il* répondent 
au w anglais des motsin'd^, no»inaû)^kRow^B6à), à peu prés l'ou fran- 
çais de zouavi. 

u accentué a le son de l'a italien, ou français, sans aucune distinction 
de quantité. 

Toute voyelle orale suivie dans la même syllabe de / (gutturo-lingual) 
devient gutturalisée. Ces voyelles sont, sous ce rapport, identiques aux 
voyelles polonaises en conjonction avec L La consonne / dans ce cas 
s'atténue, elle est à peine perceptible, de sorte que, entre les mots alio 
et auto, par exemple, la différence de prononciation est presque insai- 
sissable. C'est là ce qui explique que des mots latins tels que saltum» 
altarium sont devenus souio, ouieiro, tout à fait comme s'ils étaient 



I 

I 
I 



op. cit. p. j], 41, iS], i99, ji}, oll Ellis est cité; M. Storm repritente 
celle vovelle pîir â et l'identifir avec le du fran^jif hommt, ce qui le net 
d'accord avec mon Américain ; le mot ton n'est cependant pas cité. 

L.'a de ^i se retrouve dialeclalement ea portugais, dam rAlf;arve, ob, dans 
des localités oui sont encore 1 difrininer, le pluriel du mot pi est p.rt (a ss a 
anglais de boa,. V. Jo3o de Oeus, Oiccionano prosotfito da Imgaa partagatui, 
passim. 

ÛB trouve dialectalement d'autres vojrellei en portugais - i Madère, par ex., 
\'i des syllabes ouvertes accenméei a le tan de l'j polonais, et l'u et \'t de ces 
syllabe* se rapprochent respectivement tte l'u suédois et de \'à roumain, ( de 
Diex Dans le cnnltnent mèiae. l'i devant I cutturalis^ est prononcé bien sou- 
vent cansic le 7 polonais, U des Russes (1 j de Lcpsius, i| de Uia), par ex. 
dans barrit, Jami, que fc prononce avec un i ouvert. 



I 



ÉTUDE DE PHOnOLOClH PORTUGAISE JJ 

sa utum, autarium. Il semble qu'une telle prononciation de I a eibié 
en français A une cenaine époque, ce que prouveraient les pluriels en 
aux {àùs) des mots en a!, et des formes telles que heau \biû] de bel, foa 
ijàù) de/o/. Le changement de / en ù est d'ailleurs fréquent dans plu- 
sieurs langues de la même famille comparées entre elles, par exemple le 
hollandais good à cdté de l'allemand .^oU. Il en est de / final en portu- 
gais comme de r en anglais : la voyelle qui précède ces consonnes en 
est modifiée en un certain sens, à cette difTérence près que les voyelles 
portugaises devant / ne sont que gutturalisées; leur timbre ne change 
que très peu '. Pour en connaître la difiérence il serait bon de faire pro- 
noncer devant soi par un Portugais les mots suivants : ato, alto, auto, 
siua, cilla; cipa, fUpa; mirro^ bilro; sala, sàUa;sottto, tôlto; muta, 
maUa ; mal, mtl, harril, sol, s\^. 

i (an, amp, amb) est la vovelle ij nasalisée. De toutes les nasales 
françaises, celle qiti lui ressemble te plus c'est an. On écrit ce son de 
plusieurs manières. 

i {a, emp, emb\ est un i fermé nasalisé ; il n'est donc pas identique à 
ia français. 

j' [ia, im, imp, imb^ en, emp, etob] est uni nasalisé, voyelle qui n'existe 
pas en français. 

Ô [on, om, omp, omb) est un ô fermé nasalisé, différent de on français. 

S (ua. om, uaip, lunbj est u (ou français! nasalisé, lequel n'existe pas 
en français. 

Je répète que la nasalîté en portugais est bien différente de la nasali- 
sation des voyelles françaises : d'abord parce qu'elle n'est point accom- 
pagnée de gutturalbation, et puis parce que le limbre de la voyelle ne 
change pas. Kn effet, il n'y a point en français de voyelles orales dont 
le timbre soit parfaitement égal à celui de ces voyelles nasales . an, in, 
on ; à peine si l'on reconnaM la voyelle œ \(u] dans la nasale un, tandis 
qu'en portugais les nasales à, t, T, ô, û ne diffèrent que par leur nasa- 
lité de» voyelles orales i, /, i, 6 a'. 



1. M. ]. Storm {op. cit. i3 et 44) trouve en anglais un I gutturalisé, (|ui 
serait parfaitement identique d / Dorlugais apr^ me voyelle. Il me semble que 
ce / ne se trouve en anglais que lorsqu il fortne une s>1labe iitiièpendante, pré- 
cédé de e, comme d^nt itcbU, lampie, principU. Ailleurs l'rnteDdi I cingival et 
rien de plut ; du moins son influence sur la voyeile précédente est nulle, ce qui 
ne perinet pas de lui attribuer une puinancc modincativc sembbblc i celle de 
-r. M. Storm donne à ce i le nom de haly^uuutali, îom-giitturil, et le retrouve 
ea allemand aussi bien que dans les langues slavonnes. 

1. M- Jules Cornu, le savant et aimable pfoftsseur de philologie romane 
i l'université de Prjgue, que j'ai eu l'avantage de connaître personnellement 
ï Lisbonne en iSSt, et qui, â une connaissance approfondie de la langue 



î6 



R. CONÇALVeS VUHHA 

DIPHTONGUES. 
Subjonctive l. 



Nasales. 



Sï lavec un ^ nasaltséj 



et 



al 



portuRiise, éclairée par ane méthode rigoureuse et sûre, joint une eiccllenle 
prononciation, une ddicat»te d'ofcille qui le m«l en état d'apprécier et de 
reproduire lei moindres nuanses de k phonétique portugaise, i coup sûr l'une 
de» plJ^ diliiciîcs i m^ftriscr, ce phonMicicn habile a néanmoins une tendance i 
gutturaliier les nasales portugjtses, loul i (ait comme Ait]!, le nord du pays. 
M. Cornu ne confond point lei nasales portugaises avec les nasales l.'inçaises, 
il sait très bien les prononcer; et cependant la force de l'habitude le porte 
({uelquefois i reproduire let nasales française», surtout un, lorsqu'il parle le 
portugais. 

J'ai remarqué que les Portugait acquièrent aisément la prononciation de U 
nasale française en, les femmes surtout. J'ai enseigné le (rancart à deax enfants, 
frérc et soeur : la petite proauncc très bien la syllabe ai, son frère ne !e fait 
jamais ; tout les deux confondent ordinairemenl nn, jn et in en un seul son, 
C|ui est pour Prédénc le 3 portueiis, et pour sa sœur en français. Les Portu- 
gais n'imitent qu'à grand'peine la tjrllabe in, qu'ils remplacent par fn ou pjr 
fin. Moi-m&ine j'ai quelque difËculté h reproduire un, itue je remplace, Igrsque 
je n'y fais pas attEntion, par à portugais ; lorsque la voyelle un n'est pat finale, 
par en. dans humbh, la oifficutté disparaît pour moi. 

J'ai consulté sur les nasales polonaises M. Adolphe PawinskL, professeur 
d'histoire i l'université de Varsovie, l'un des membres du congrès anthropolo- 
gique réuni i Lisbonne en 1881. Je l'ai prié à plusieurs rqiriscs de les 
prononcer devant moi. Pour mon oreille, fi sonne toujours cuRimc un ouvert 
natalité sans gulturaltsation, et par conséquent il n est pas le dn français ; f 
me fil l'impression tantiït de J, unlAl de ^, nasalisés. 

Dans le dialecte du Minho il y a les voyelles nasales suivantes : à (i) c, / 
[l^!)i {j] 1,^,6 {1,6) û; e. [es diphtongues S& \ài.\, âl{àh, iî[it\, ht [6t). 

Eeut-éire aussi r'iï \l&). Les Portugais, lorsqu'ils prononcent le tatin, donnent à 
terminaison -m la valeur de cette dernière diphtongue n;.sile, par ei. dans 



la terminaison 'tm la valeur de cette dernière diphtongue n^isile, p, 
rem, fidem, (ju'ib prononcent riù,jiJiù, avec un ; Icrroé; et ils prêtent au 
groupe eu m, par ex. dan» deum, la valeur de tù. avec un e ouvert. Cette 
répugnance i prononcer dci voyelles nasales dans des syllabes découTtrtes les 
porlt i prunoncer la terminaison latine am comme •io [Hlii, par exemple nom, 
miujm, prononcés nia, mù:iù. Il parait que cette répugnance â prononcer des 
nasales simples i la Iïb des mots était autrefois plus grande, car aujourd'hui 
tes nasales à. 1 , 6, û sont assez communes comme finales, par ex. dans lan, 
sim, somy atu"! ; ces nasales ont dû ^tre prononcées pdis comme des diph- 
tongues : 3f, 1!, 6à, fià. [V. Duarte Nunes de LeSo, Orthogrjphu da lingim 
poHttgjuu.) La prononciation l&i est encore asseï commune it Lisbonne, et la 
plupart des féminins en -63, formés des masculins en -So, avaient autrefds sans 
doute un oasat. Aujourd'hui, les noms eu -Jo ont leur féminin tantôt en ^ôa^ 
tantdl en -diM, tantAt en â, comme Uâo^ Icéa^ tJlaitâo^ vilenfoaa, attanio^ 



I 



âTUDB DE PHONOLOGIE PORTUOAISS 



n 



Subfoncttve ù. 



M — — 
M - - 



â& [avec un ^ nasalisé) 



Des diphtongues nasales â\f Ô\, ââ s^écrivent êe tm ta ..., Se, Ôa 
am; h diphtongue orale ^tï s'iîcrii ordinairement eî, sunout lorsqu'elle 
est la tonique du mm. Je ferai suivre ce tableau d'un autre, oâ, par des 
exemples, on pourra connaître l'orthographe commune de toutes ces 
diphtongues ; j'y ajouterai quelques remarques sur leur prononciation. 

EXEMPLES DES DIPHTONGUES. 

Subjonctive î. 

Orales. Prépositives. 

nais, pats à 

rétf ms rots, heroko i ^ è 

— — soif — — i 
~~ — sua.fitûdo — — — 

Nasales. Prépositives. 

— mâe, bem, htns — à (neuirej 

— — p5ts — — S [fermé) 
— — mai(io) ce seul mot — — Ù 

Subjonctive &. 

Oain. Prépositives. 

uau, MtCM à 

au, Tto — ^ 



ua 



rm 



alhman, qoe l'on écrit aussi <ilimi âlimSa. Un So, devenu 6à, chance \'à en 
b (d| lorsque cette voyelle perd l'accent - du substantjl coraiio on fonne le 
verbe [y prtt. jnd.) ducoroiùa [iiikntqs6^\ aont l'infinilif eM discoroioar {diskii' 
r^Ùâf (jue l'on protronce au&si diHarsùar). 

Les D.iutcs d( < Entre Douro e Minho ■ lonl presque partout gullDralisées 
cooime en Irançais. 




|8 «• GOMÇAIVES VIAKKA 

Nasales. Préposiiivei. 

— mSô, lam — 



Les diphtongues àï, àù se prononcent comme en allemand ai, aa • la 
diphtongue fù, à peu près comme \'o» dial«cta! anglais de cow (kecw*), 
ou ta de l'italien neiiiro. Euro; seulement en italien l'u n'est pas réduit • 
il ne diffère que très peu de l'anglais oy, oi ; 61, ut, éà répondent à ooi^ 
on, ttu du hollandais. La diphtongue ïû est formée par la voyelle i 
ouvert 'à peu près i de l'anglais bid] et u réduit. 

Nos diphtongues nasales ne se retrouvent peui-iire que dans les 
langues aryennes de l'Inde '. Quoique la diphtongue âo [dû] soit consi- 
dérée comme très difficile à imiter, comme un vrai thibboUth enfin, j'ai 
remarqué qu'en général presque tous les étrangers ont plus de peine 
encore à reproduire U diphtongue âe \ât). Il faut ne pas oublier que pour M 

' I . V. Beames, A Comfnralin Grammar of ifu MaJcrn Arjjn iaagiugtt qf 
InJu, V. Il, p. l^^, et Ste«iiîO(i, Tht Prmtiplti oj Muialhu Grammar, p. g, 
et aussi Grammutua Ja /ia ;iij Coniani composta pela PaJrt Tkomaz EtUv3o 
Nova Goa, 18(7, p. 168; C. de Vaiconcdlos ^breu, Pnncipios Eltmenlam 
Jj lingita S^ictknla, Lîsboa, 1879, p. 9. Le lavanl professeur de sanskrit à 
rScole supérieure des ietires (Cano tuptrior it Uttras) de Lisbonne, que mus 
venons de citer, enseigne la prononciation i6 pour t'<i surmonté de l'ancw* 
souara nécessaire, c'est-à-dire devant ddc consonne frica:ive, comme dans 
kàta, prononciation (}ui lui a été Iranimise par Mart. Haug, el qui, d'après cet 
illostre orienuli&te qui habita longtemps l'Inde, y serait U plus commune 

J'ai Clément remirqué U prononciation •til pour 3w chex des Kabiiants 
de Goa qui coniuissenl le marâtht. Le protesseur V'asconcellos Abreu m'a 
auui communiqué ta prononciation hâà pour l'alleinand hiibrn, dans le Wur- 
temberg. 

M. Adolphe Pawinski, qui a appris i Lisbonne la prononciation de t'iTo por- 
tugais, le représente dans son ouvrage récent Pcflugalia par no, combinaiMiB 
de lettres qut en imite le son aussi fidéIcmeRl que l'orthograplie polonaise le 
permet. 

Les Anffiiis peuvent s'en faire une idée par le groupe oang, et Stevenson 
|op. cil.) le représente par anw, qui répond Ji peu prb i 3». La diphtongue 
if, tm pourrait Hre représentée par Jj, et dt par Sy, en supposant le y aSeclé 
du virSma, 

L'onhographe ai/t pour des mots tels que mtin, tain, sj'uit, indique en fran- 
çais une ancienne diphtongue oasale analogue i l'Sr portugais. Peut-être l'j 
était-il =: •), comme dans le nord du Portugal. Son îdenliFicalir^n avec m a dû 
être postérieure. Le groupe atit a peut-être encore, dans quelques dialectes 
(rançais la valeur d'une diphtnague ; je ne saurais dire cependjnl sous quelles 
conditions ni dans quels dialectes. J'ai vu, il n'y a jMs longtemps, dans un 
journal, la pronoocuttoo de certains mots tels que fia, moins, indiquée /4iit, 
aunins, attribuée i un personaage de roman. 




ÉTUDE DE PHONOLOCIS PORTUGAISE 39 

toutes ces diphtongues la nasalisation embrasse les deux éléments, ta 
subjonctive aussi bien que la prépositive, et que toutefois celle-ci doit 
être, autant que possible, réduite, atténuée. La vraie transcription de 
ces sons devrait donc Être ^lî, <ià, ôl, en surmontani chaque paire de 
voyelles d'un signe de nasalilé qui les embrasserait toutes les deux. 

Dans te sud du ro/dume (Alemtejo et Algarve), aussi bien que dans le 
Brésil, em est diUérent de àe, y étant prononcé êi, ce qui est cenaine- 
inent sa valeur primitive, exprimée par l'ancienne orthographe et. A Lis- 
bonne, ainsi qu'à Coimbre, cette diphtongue il a tout à fait disparu. 

SYLLABES. 

Par le tableau ci-contre, on pourra se faire une idée de la constitu- 
tion, soit de la syllabe, soit du mot en portugais. Nous ajouterons que 
la syllabe doit être formée par : 

a) Une voyelle orale ou nasale : à, i, à, ô, etc. 

>) Une diphtongue orale ou nasale : à\. Ai, etc., 53, ii, etc. 

c) Une voyelle orale suivie de -l gulturalîjé : ai, rf, etc. ; «m de -r 
umple : ar, (r, etc. 

d) Une voyelle orale ou nasale suivie de ta palatale réduite twxTde : al 
rf, bquclle devient icrnort devant une consonne sonore. 

e) Une diphtongue orale ou nasale, suivie de la palatale réduite i 
sourde, ou sonore devant une consonne sonore. 

/) Une explosive quelconque suivie de l'une des formations précé- 
dentes ; gj, ^à, gai, gar, ^ai, gài, gâl, gàU, giîl. 

^) Une explosive quelconque, DU la fricative/ (rarement f) suivie de 
r simple et des formations a] b) c] d\ e): gra, pra, fra, crdi, drai, 
frau^ etc. 

hy Une explosive quelconque, ou la fricative /^ suivie de / lingual (non 
giitturalisé) et des formations a) b) e) d)i\ : cia, pla,fia, dai ; jamais 
dl, vl, cependant. 

i) Une nasale quelconque, une ancipite |/ gutiuralisé excepté, lequel 
ne peut jamais être initiall, ou une fricative (la fricative réduite i fait 
exception) et les forinaiions a) t) c] d\ t) : ma, sal, fa, m, ra, tai^ etc. 

/) Une explosive ou une fricative [la réduite î exceptée) suivie de ! ou 
de D et des formations a) b) c) d, tj : pU, pâa, t'ui, iHa, s'ia, qua 
(k&û) etc. 

La syllabe constituée par une explosive ou la fricative / suivie de i 
liquide et d'une voyelle quelconque, c'est-à-dire des groupes tels que 
pl, tl, fi. cl, etc., n'esi pas foncièrement portugaise, pas plus qu'elle 
n'est italienne. En eiïet, dans le passage des mots latins aux mois portu- 
gais, ta liquide l s'est changée en r après une explosive douce, et est 



03 




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s3-[ejniino 



42 R. GONÇALVES VlANNA 

devenue, précédée d'une sourde, la consonne composée ch (tl\, qui se 
maintient dans les dialectes du nord, et s'est simplifiée en î, par ta chute 
de la prépositive t, dans tout le pays au sud du Mondego, et même 
dans presque tout le littoral au nord du Mondego, jusqu'à Vianna : les 
groupes latins tels que gl, hl sont devenus gr, br ; tandis que pi, cl, fi se 
sont changés en ck {tl, i]. Ce changement de i en r après une consonne 
sonore est vraiment l^un des caractères du portugais. Il y a aussi des 
exemples de ce changement après une consonne sourde, mais ils sont 
bien plus rares ; craro^ cravo de clarum, clauum, prea de plenam i 
c6té de cheia, pranto de plantum à côté de chanto qui s'est perdu, et 
praniar (plantare) qui a vieilli, prazcT de ptacere, etc. Ch me semble 
être en tout cas le traitement le plus ancien de ces groupes , tandis que 
pi, cl, fi, etc., sont tout à fait littéraires. Cependant, quelques-uns de 
ces mots, de formation savante et artificielle, sont devenus populaires 
et ont banni les formes anciennes : craro en est un exemple, il a été 
partout remplacé par claro ; fràl a de même disparu devant /tfr. 

CONSTITUTION DES MOTS. 

Des syllabes, soumises aux conditions que nous venons de citer, sont 
formés les mots selon tes règles suivantes, que nous pouvons constater. 
Lettres initiales : 

a) Toutes les voyelles orales des deux c6tés de la pyramide, à, i, i, 
i, à, dy u, lorequ'elies sont accentuées. 

b) Toutes les voyelles nasales accentuées, S, ê, t, ô, Ù. 

c) Les voyelles atones a, /, j, d, q, rarement à. 

d) Les voyelles nasales à, f, ô, û, lorsqu'elles sont atones. 

e) Toutes les diphtongues orales, à l'exception de è\. 

/) Toutes les consonnes (r simple, nh, Ih, l gutturalisé, et les pala- 
tales réduites exceptées) suivies de voyelle ou de diphtongue accentuées. 

g) Les consonnes précédentes suivies de voyelle ou de diphtongue 
orale atone, ou de voyelle orale ou nasale atone. 

Les consonnes Ih nh sont très rares comme initiales de mots. Lk n'oc- 
cupe cette place qu'au datif du pronom personnel de la }« personne 
lh{ Ihei (prononcé tç dans les environs de Lisbonne et à Tnis-os-Montes) 
ou dans des mots empruntés à l'espagnol, comme Ihano [tlano] à cêté 
de châo; nh ne figure comme initiale que dans des mots appartenant au 
dialecte brésilien; le seul mot portugais est, peut-être, l'ancien n/tn/efe de 
neophyto. 

La consonne d fricatif ne commence jamais un mot après un repos. 



tlVVt DK PHONOLOGIE PORTUGAISE 4; 

Lettres finales : 

Seulement les consonnes suivantes : 

a) l^ réduite palatale i sourd, qui devient sonore devant la consonne 
sonore initiale du mot suivant, et prend te son de z lingual devant une 
voyelle, comme en français. 

b) L gutturalJsé, qui devient lingual devant la voyelle du mot suivant. 

c) R simple. 

i\ N dans quelques mots latins ou grecs adoptés sans accommodement 
orthographique. 

Les voyelles suivantes accentuées : 

<) Orales à, è^ (rarement) i, i, à, (rarement) ô, et u. 

Nasales : 

/) â, i, ô, a. 

Les diphtongues suivantes accentuées : 

g] Orales : aî,^î, {rarememi H, ai, (rarement) àt, al au iû M, iù 
{seulement à la i' personne du singulier du prétérit parfait de l'indicatif, 
ex. vîù). 

b) Nasales : âl, âù, {rarement] ôl. 

î| Les voyelles atones j, (, q, et rarement j. 

j) La diphtongue orale ^il, suivie de i palatal réduit. 

k) Les diphtongues nasales âl et iû. 

Lorsque le mot lînit par i (gutturalisé^ ou r (simple), ces consonnes ne 
peuvent éirc précédées que des voyelles claires â, i, i, i, à, ô, u, si 
celte dernière syllabe est accentuée, ou de à, i, ), à si elle est atone. 

Jamais une voyelle neutre if, f, ou réduite i, q, une voyelle nasale ou 
une diphtongue ne peuvent se trouver à la fin d'un mot, suivies de 
/ ou r. 

En résumé nous pouvons dire qu'un mot ponant l'accent sur la 
dernière syllabe ne peut se terminer que : 1 " par une voyelle orale claire 
suivie ou non de (, r ou i palatal ; 2' par une des voyelles nasales â, i, 
â, û ou les diphtongues, suites ou non de s palatal ; que lorsqu'un mot 
n'a pas i'ac«nt sur U dernière syllabe, il ne peut se terminer que : 
I" par une voyelle neutre ou réduite, les diphtongues aî, âl ou iû, sui- 
vies ou non de s palatal ; 2= par / ou r précédés de à, è, à, rarement i. 

Nous ajouterons encore que dans le corps d'un mot jamais une voyelle 
neutre ou réduite ne peut se trouver devant l gulluralisé; jamais une 
diphtongue nasale ne peut commencer un mot ou former la syllabe 
m^iale d'un mot primitif. 

Toute syllabe atone finale de mot latin ou grec terminé par n exige <!, 
i, i ou ô comme voyelle, jamais à, i, j, ou y. 

A la fin d'un mot latin c ou atones se prononcent è, à, lorsque ces 



44 "■ CONÇALVES VlftNNA 

mots n'ont pas subi d'accommodation orthograpbiqae, par «x. rétro, 
ipso facto, laaximt, pron. rétrà, Ipsàfdklà, ntdksîmi. 

On trouvera souvent des mois portugais qui dérogent i quelques-unes 
des règles que nous venons de constater. De tels mots, formés contre 
les analogies de la langue populaire, se rencontrent surtout dans les livres 
modernes : ce sont des mois savants empruntés au latin, au grec, des 
noms bibliques, des vocables étrangers, qui ont été introduits après que 
la langue eut été formée. Il faut, cependant, se rappeler que le plus 
souvent ces anomalies ne sont tien moins que réelles. C'est l'orthographe 
qui déguise la prononciation ; elle perpétue le souvenir d'un son disparu 
ou transformé, en conservant le symbole qui le représentait- Il en est 
ainsi de presque toutes les langues néo-latines, l'italien et l'espagnol 
«ccptés, lesquels ont une orthographe plus conforme à U pronon- 
ciation, et parmi les langues germaniques l'anglais en est un exemple 
frappant. Nous ne citerons que peu de mots. Da latin actum l'ancien 
portugais avait formé auto : U gutturale c s'était vocaiisée en ù après 
une voyelle gutturale'. Le portugais moderne a repris le mot sous 
la forme apparente de acio, réelle de dtij, le c étant tout à fait nul 
dans ce mot, ainsi que presque partout devant f et ç. Autre exemple : 
le btin di rectum a donné direho; le c s'est vocalisé en î après une 
voyelle palatale. Le portugais artificiel a pris le latin directorem, 
directionem, sous les formes apparentes de director^ direcçào, réelles 
de dirètôr dircçàù ; le c est tombé, et par compensation, la distinction de 
quantité n'étant pas reconnue comme un élément de la langue, la voyelle 
e a gardé le son ouvert, elle n'est pas devenue neutre ; autrement cet e 
se serait changé en f. Autre exemple : on écrit le plus souvent edaie^ 
«£iiUi/,de aetatem, aequalem, et toujours tlogio^ maison prononce 
idJid^, ighdl, Uqjiq, car IV atone initial est toujours prononcé i, lors 
mime qu'il est nasal (l'I . 

Nous ferons encore remarquer qu'une voyelle atone qui n'est pas 
neutre, c'est-à-dire un t, un j, un o qui gardent la prononciation de à, 
i {f), û [à] dans une syllabe ouverte, indiquent dans la plupart des cas 
la disparition d'une consonne, d'une voyelle, ou d'une syllabe entière. 
Ainsi le mot pàiéiro ipidàîrii) est une contraction de paadiîro (castillan 
panadaa) ; cavtira [kàvA'ir}] une contraction de uaveira (castillan calivera 
decalvaria, avec un a îmercalaire) ; cr«/or(Arirf3r)estune contraction 
decruiior.decreditorem) aqtttcer \çkhtr) est pour a^UK^rcalescere. 



I . Il me semble que le mol ft'tto ne vient pas immédiate mcoi de fmum. maïs 
bien de 'ftctam ; li royelle a se serait donc palatalisie avant la vocali&atioD du 
c m î. On trouve ftcto pour fiite dins VUt do tffantt Josâphat, CaJ. 166 de la 
bibliothèque du monastère d'Alcobaca, dépoté i la Torrt do Tomba (Archives 
nationales), p. t. 



ÉTUDE DE THONOLOGIB PORTUGAISE 4J 

Le verbe assez moderne opiar se prononce àptdr ; le verbe plus ancien 
adopiiir se prononce igdôUr et non pas çdoptâr ou ^d^tâ^. Le />, de même 
que le c, est générdlement nul devant f ; il rend ouvertes, cependant» les 
voyejles a, e, o, qui le précèdent, et qui sans celte consonne seraient 
devenues j, f, y, en perdant l'accent. 

REUAtiqUES SUR LA PRONONCIATION DES CONSONNES. 

Pour ne pas iniroduîrc dans cet essai des innovations de nomencla- 
ture qui y seraient déplacées, parce qu'elles me forceraient à une discus- 
sion que je ne pourrais aborder sans trop m'éloigner de mon but, j'ai 
adopté la terminologie généralement connue, remplaçant seulement la 
dénomination de àentaUs par celle de tiriiiiiaUs. J'appelle linguales toutes 
les consonnes qui sont produites par un contact ou un rapprochement 
formé par le bout de la langue ei un autre organe. Je me suis écarté de 
l'usage commun sculemcni sur ce point : en effet, appeler r une dentale 
est un contresens manifeste, un r dental étant impossible. 

Les quatre groupes dans lesquels j'ai distribué toutes les consonnes 
portugaises comprennent douze articulations ditférentes, produites par 
des organes distinas, ou par des parties diverses du même organe. J'ai 
divisé ces douze articulations en irci/e lignes, parce que je sépare des 
arlkulaiions palatales les consonnes fricatives réduites, sourde et sonore, 
qui jouent un rAle tout particulier, et qui sont soumises  des lois spé- 
ciales, dans le dialecte portugais dont j'entreprends de faire connaître la 
phonologie. 

La première ligne de noire tableau des consonnes contient les deux 
explosives gutturales, douce e1 dure (sonore et sourde}, françaises [g* et 
i:' de E. Brùckei ^ et c devant a o ou, r ou /. Elles ne peuvent se trou- 
ver que devant les voyelles gutturales à, è, rf, u, et leurs subordonnées 
neutres ^ , f, ou une consonne. Devant ç on les écrit par ^u, qu, comme 
en français. 

Devant les voyelles palatales è, i, i, (, elles se changent en gu, ^u de 
la seconde ligne, qui se prononcent un peu plus avant, contre le palais : 
ce sont g' et h> de Brùcke '. 



J. Gtmdiàgi itr Phitiohiite a. SysUmJlik d. SprachiaaU, p. 60-Gi. Pcut- 
ftre iuit-c« la le son um teitres latines c, g devant des voyelles palatales. Ab 
siècle dernier, de Wailly avait dtjâ fait observer que f, g n'avaient pai la mtme 
prononaation que qu, ^u, tju'il diuii avoir un son moins fort. < Principes géai- 
raitx « piMiculitts de U Unguc française, ■ Par;s, 1786, p. jS; et î9î. 
Coflime 00 uit, dans un grand nombre d'idiomes les guliurales k ei ^ se pala- 
Ulisetit en if, ^1, r), <ii, etc. devant des voyelles pabiaies, et en français, pro- 
vençal, portugais et castillan elles ont avancé jusqu'i j C»), i, i. 



46 n. CONÇALVES MANNA 

M n'y a point en portugais de fricatives gutturales, pas plus que la 
nasale ng des langues germaniques. 

La nasale de la ;' ligne, nli, ut la palatale représentée en castillan 
par lî cl en fran^^iis par gn. Elle ne p€ut se trouver que comme médîale 
dans un mot portugais. C'est iâ un son simple, et non pas une diph- 
tongue rii, comme U plupart des phonéticiens allemands ou anglais le 
soutiennent. 

Les palatales de la 4" ligne sont un peu dïlTérenies des palatales fran- 
çaises correspondantes. 

D'abord, l'ancipite Ui a depuis longtemps disparu du langage com- 
mun en français ; clic y a été remplacée par un I consonne moins 
fricaiif que le / allemand. 

Le Ih portugais est tout à fait semblable au // castillan et catalan, et il 
n'est pas redoublé comme le gli toscan 1= llh ou !lh!). Il est à peu prés 
identique au / polonais en conjonction avec des voyelles palatales, i! russe, 
à cette ditTérence prés que la palatale slave est produite par une plus 
large surface de comact entre la langue et la partie antérieure du palais, 
ce qui a pour conséquence une plus large tissure bbiale, et un rétrécis- 
sement latéral plus fon des deux côtés de la langue contre les parois de 
la bouche par où le souffle s'échappe, de sorte que les lèvres se trouvent 
écartées l'une de l'autre dans toute leur longueur. C'est là du moins la 
différence de formation qui résulte de mon observation personnelle. 

Les fricatives ; et x (ch) sont tout à fait identiques aux fricatives 
anglaises de sluU, viiion. Les palatales françaises ) et ch sont pronon- 
cées un peu plus en avant contre les gencives, et l'organe aaif est 
posiiivemeni le bout de la langue ; en outre, pour prononcer le ch et te 
/en français, on arrondit les lèvres presqu'autant que pour le uh alle- 
mand. Les palatales portugaises ;, x sont tout à fait indépendantes de 
cette lablalisation ■, et l'organe actif est un point de la surface supérieure 
de U langue, plus ou moins rapproché de son extrémité, selon que la 
voyelle précédente ou suivante est palatale ou gutturale. Le ch français, 
et sunout le sck allemand, sont pour nous des sons étrangers. 

Les réduites s sourde et sonore ne sont que x et / atténués. Presque 
tous les étrangers ont une grande difficulté k les prononcer, surtout à la 



I 

I 
I 



I. Voy. Storm, op. eit., p. 37. J'aurais quelque ehosei ajouter} ce aae 
M. Slorrn dit â propos d'un r sup'-tdentil: des basoues : « doïl être le s an 
Cattillain et des Portugais du nord, le i de Trit oi-Montes, diffèrent de r ^ 5 
airéolaire djns ce dialçcie : pj^o s'y prononce p<^iu, lundis que dans pisio, le 
groupe if a une prononciation différente, qui restemble, si elle n'eu pas iden- 
tique, 1 ( du cjiuriin pjso . peut-être le son portugiit lient-il un peu plus du 
son du (k français que te s cajtillaa, l'oavcrlare par où le souffle s'échappe 
étaat plutôt circulaire. 



1 



ÉTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE 47 

fin d'un mol. Il faut remarquer que s palatal réduit se prononce tûard 
lorsque, à la 6n d'un mot, il est suivi d'un repos quel qu^il soit; qu'il se 
prononce égalemcni sourd devant une consonne sourde; qu'il devient 
sonore devant louie consonne sonore, Ji quelque classe qu'elle appar- 
tienne, c'est-A-dire devant les fricatives et les explosives douces, ainsi 
que lorsqu'il est suivi d'une nasale ou de /. 

A ta ttn d'un mot, devant La voyelle initiale du mot suivant, i palatal 
devient lingual = z, tout à fait comme en français, formant l'initiale 
d'une syllabe avec la voyelle du mot suivant, parce que les palatales 
réduites ne peuvent pas se trouver devant des voyelles ; ainsi os arcot 
se prononce q zdrkqi. 

Devant r, x et / le i réduit est nul, ou bien r, x, ; sont redoublés. 

Pour apprendre à reproduire les fricatives palatales réduites du dia- 
leae commun, il ne faut pas consulter les tiabitanis du Minho ou de 
Tris-os- Montes, qui les prononcent d'une manière différente. Dans ces 
dialectes elles sont analogues au s castillan, lequel est formé dans un 
canal qui est le résultat du rapprochement de la surface inférieure de la 
langue et des gencives des dents supérieures. Cette prononciation est 
déugnée par l'épithète xabancas, chez les habitants de Lisbonne, pour 
lesquels le mot santo, par tx., prononcé par un habitant du nord, sonne 
comme X(îli|. 

Vi de /«û, jEdr, n'est que l'î atone, réduit parce qu'il se trouve 
devant une autre voyelle. Il est analogue à ['/ de Dim, mien, et lient 
plus de la voyelle que de la consonne, tandis que y de l'anglais yo\xng et 
du castillan yanqat se trouve plus prés de la consonne ; pour produire ce 
dernier son, le rapprochement des organes facteurs est bien plus grand 
que pour l'i portugais. Le Portugais croira toujours que faia est un mot 
de deux syllabes, qui doit se diviser fai-a ; Vi forme une diphtongue 
arec le premier a, la syllabe suivante est formée par le second a; le 
portugais faia contient donc une diphtonti:ue décroissante < suivie d'une 
voyelle: le mot espagnol haya a pour éléments une voyelle suivie d'une 
diphtongue croissante, quand même on n'y regarderait pas le y comme 
une vraie consonne. 

Les consonnes de la 6* ligne sont prononcées plus en arrière contre le 
palais. Elles se trouvent seulement en conjoncrion avec les voyelles pala- 
tales, if i, I, j. Elles ne sont pas tout à fait identiques i. i ei z polonais, 
car l'aplatissement de la langue n'y est pas aussi considérable, l'étendue 



). V. Romania, 111, }3}. J'accepte la dfsignatian proposée à Kl endroit 

E*l. L. Havet ponr distinguer Ici dcui; sortes de diphtongues a!, ta, que 
u proposait d'écrire di, b, en alfectant la voyelle atone de la marque de 



40 «■ conçalves yiAitVK 

de b fisiure étant â came de ceb moindre que pour les palatales slares. 
La fricative sonore de cette ligne est le plus sojvem représenufe par g 
niivi de l'une des voyelles e, i. 

Les fricatives réduites s sourd et sonore deviennent plus palatallséu 
loriqu'ellei se trouvent en conjonction avec des voyelles paUtales. 

L'ancipitc centrale vibrante rr [r] est le r initial oo rr double 
langue.% néo-btines. le français excepté. Elle est prononcée un peu plus 
en arrière que r simple, et est généralement linguale. On trouvera indi- 
viductlemeni des r vibrantes uvulaires, même parmi des gens qui pro- 
noncent r simple comme une linguale. En général, les Français et les 
Allemands, ceux-là même qui ne gfaatytnt point, ont l'habitude de gut- 
lur^liser le rr lingual, ce qui n'a jamais lieu chez les Portugais, les 
lispn^nols ou tel Italiens. En italien, r simple après une consonne est 
souvent prononcé double ; en espagnol et en portugais ce r liquide est 
loujoum simple. 

Quelquefois je prononce le r initial comme une fricatÏTe sonore, une 
espèce de n [non pas r: comme le ri polonais). J'ai rarement trouvé 
celle paniculariié dans la prononciation d'autres individus portugais. 
Ce r fricalif sonore est cependant assez fréquent dans la prononciation 
des Brésiliens, et remplace cliez eux le r vibrant \ je ne saurais dire, 
luulefots, jusqu'à quel point cette prononciation est individuelle ou dia- 
IwUle ; |c l'ai surtout remarquée chez des naturels de Femambucoet 
de SAo Paulo. 

R de Cxifa. C'est le r médial ou final, il ne se trouve jamais comme 
initiale du moi , pu mime lorsque ce mot est précédé d'un autre terminé 
|ur une voyelle atone. C'est 11 une différence qui sépare l'italien du por- 
lut^aii el de l'espagnol. Un Italien prononcera le r de ro5J Tout à fait 
comme un Hipagnol ou un Portugais ; lorsque, cependant, ce mot est 
prétéile d'une voyelle atone, celle de l'article par exemple, l'Ualien dira 
U KUttf l'Kipagnol U rroM, le Portugais n rrosa; les lois de la portion 
(alble ou forte des consonnes en italien n'étant pas connues dans la 
^^ Péninsule hispanique, si ce n'est peut-iire en Catalogne. 
^H II faut l'abitcnir de toute gutiuralisation dans ta prononciation de r 

^^ simple, lequel est bien plus prfs de d que le r germanique ou trançais. 
I La neuvième ligne ne contient qu'une consonne, le /gutiuralisé, lequel, 

I parmi toutes les langues néo-latines, est propre au portugais. Tandis 

I que le bout de la langue s'appuie contre les gencives, ou plutftt contre 

I les alvéoles dei dents incisives supérieures, le dos s'en élève vers le 

I point ({uttural. l.a seule ditTéretice entre le / ponugais après une voyelle 

■ et le / polonais consiste, ce me semble, en ce que pour celui-ci le bout 

■ de b langue se trouve en contact positivement avec les dents, ce qui 
I détermine une moindre flexion de cet organe ] d'où il résulte que la gut- 



j^ 





£TUDE de PHOl'OLOCIE PORTUGAISE 49 

turiliutton est plus perceptible à t'oreille. Outre cela, le / des langues 
slaves peut précéder une voyelle gutturale aussi bien que b suivre ; 
le / gunuralisé du portugais, au coniraire, ne peut que suivre la voyelle, 
qu'elle soii d'ailleurs gutturale ou non ; il La gutturalise en même temps, 
et de cette particularité provient une série de voyelles qui ne se 
trouvent que devant i dans la même syllabe. Il n'y a généralement que 
la voyelle a qui soit affectée par la prononciation de l, lorsque cette 
consonne est médtale, comme dans malU. salla {màt-a, tdi-a). Bien des 
personnes, cependant, gutturalisent toutes les voyelles devant / dans le 
corps du mot, parce qu'elles gutturalisent aussi le / médîal entre deux 
voyelles. On pourrait à la rigueur considérer le / guituralîsé réduit 
comme la subjonaive de diphtonj^ues analogues aux diphtongues 
anglaises are. eu, ire, on, are, oor, et en dresser le tableau suivant, qui 
viendrait s'ajouter aux quatre tabLeaujc que nous avons donnés des 
diphtongues portugaises, comme contenant des éléments spéciaux de 
cette langue. 



nPHTONGUES ORALES AVANT POtJR SUBJONCTIVE f RÉDUIT. 

Exemples. 



et — 61 
H —6f (rares) 
n — ai 



mal 

mel — sot 

feUro — tàUa 

mil — sol 



La voyelle i devant / dans la même syllabe est plutôt ouverte, presque 
autant que l'i bref anglais de ii!l, biJ ; elle est en outre gutturale comme 
tomes tes prépositives de ces diphtongues. 

De même que pour les diphtongues anglaises ii subjonctive ff et les 
nasales francises, le / a une valeur double lorsqu'il se trouve â la fin 
d'un mot suivi d'un autre mot qui commence par une voyelle : il sert à 
former la subjonctive de la diphtongue, et il se lie en outre à la voyelle 
initiale pour former une autre syllabe ; il a donc la valeur de deux //, 
dont le premier est gutiuralisé et réduit, et le second lingual et piéniso- 
nant. Ainsi soi amargo se prononce tài l^mdrgii, tout comme en anglais 
part angtl = p'iàf réîndj/J et en français mon ami = mon nami. 

Il y a des Portugais qui ne prononcent dans ces cas que le seul / de 
liaison, ne gardant du / gutturalisé que son influence sur la voyelle qui 
le précède : ils disent donc i>i Untargo, prononciation analogue A 
celle de l'anglais hc run'k^t au lieu de Aj( runk^l (lier uncle}. 

La 10' ligne contient l'ordre des linguales sous- dent aies, lesquelles 
sont prononcées, surtout les explosives f d, bien plus près des dents 

RaaMia, XII A 




i 



JO R. GONÇALVBS VIANHA 

incisives que les sons analogues en français, beaucoup plus que t et d 
anglais, lesquels sont, comme on sait, des consonnes sous-^acuminales, 
qui deviennent de vraies cacuminales devant r. Lorsque la consonne </ se 
trouve entre deux voyelles, elle est le plus souvent fricative, c'est-à-dire 
qu'elle se prononce comme le d danûs après une vojelle longue. C'est Ut 
ma pronondation du d entre voyelles, même d'un mot à l'autre, lorsque 
je C^ l'éUsion de l'e muet, il 7 a cependant des personnes qui ne sifflent 
cette consonne que lorsqu'elle se trouve en contact avec une fricative 
sonore, comme dans l'exemple que nous en avons donné, ou dans cet 
autre : < a casa de Deus », prononcé ^ kdz^ 3< 8^ûi, ou plutàt ^ kdz^ 
mùi, IV neutre de Ut préposition de y étant le plus souvent tout  
foitnul. 

La oHisonne n, lorsqu'elle ne se trouve pas devant une voyelle dans 
le même mot, ne sert qu'à rendre nasale ta voyelle qui la précède. Ainsi 
non seulement on prononce caato, comme a l'on écrivait kâtii^ mais 
encore les deux mots lait azaî, par exemple, se prononcent là fxûi, sans 
friire aucune liaison entre la nasale d et la voyelle initiale du mot sui- 
vant. Il en est de même de la nasale labîade m : on écrit rojnto et coin a 
casa, et l'on prononce rôbit, ko ^ kdz^. Cette nasalité d'une voydle 
devant une autre voydle se retrouve dans le corps d'un mot dans les 
dialectes de Minho et Oouro : on y prononce bâù au lieu de bô (boni), 
ûf au Ueu de orna. A Lisborme on entend souvoit bôf au lieu de bdf, 
comme je l'ai dît plus haut. Cette pronondation était autrefois générale : 
on disait kwnS^ [commua] pour le féminin de l'adjectif conumun, lequel 
est à présent uniforme à c6té des subsuntife communa => commaie^ 
commua {= sentine, lieux d'aisance). On disait aussi lùa, et Garreta 
voulu rétablir ûi à la place de uma, féminin de am, devant un mot dont 
l'initiale serait m. 

Son exemple n'a pas été suivi. Aujourd'hui, la suppresaon de n entre 
deux voyelles, dans des mots où autrefois il nasalisait la voyelle toniqoe, 
est un Ùit accompli dans te dialecte usuel, et toute autre prononciation 
sentirait le provtndalisme. Il me semble que t'andenne orthographe ia 
pour S ou an indiquait aussi une diphtongue qui a depuis longtemps 
disparu. 

Les consonnes des deux dernières lignes n'offrent rien de particulier. 
Elles sont tout à fait semblables aux sons exprimés par ces lettres en 
français, pourvu que pour ta nasale m on observe la règle que nous 
venons de mentionner à l'égard de n. La semi-voyelle 11 de quanétf 
de soar répond à ou français de zoiuve, u de iquateur. 

Pour l'orthographe des voyelles nasales, nous ferons remarquer que 
le til - ne se place que sur a, lorsqu'ils font partie d'une diphtongue 
naute, do, At, ùt (Jû, iï, ùl) ; quelques-uns le mettent aussi sur Va 




frrUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE Jl 

des finales â, que d'autres écrivent an, et aussi âa, selon l'ancienne 
façon de représenter ces terminaisons. Toutes les autres nasales s'écri- 
vent par m à la fin des mots et devant b p, et par n panout ailleurs, 
par ex. campo, sont, atum, santo, sons, atans, prononcés kâpq, sô, ^û, 
sâtif, îôî, ^ûî. La diphtongue àl s'écrii em à la (m d'un mot, et eiu 
lorsqu'elle est suivie de l's qui sen à former les pluriels, comme on 
vient de voir pour les roots sons, aims ; il en est de même de tout m 
désignant la nasalité : il se change en n devant \'s des pluriels ou de la 
a* personne des verbes. 

Le pluriel du mol mât et les pluriels en âil de mots qui se terminent 
au singulier par âo s'écrivent toujours par âe$. J 'ai déjà fait obsener que 
dans les provinces de l'Alemtejo et de l'Algarve àe et em se prononcent 
différemment, le premier étant égal à âl, et le second à êî, avec un e 
fermé. Cette différence coïncide partout avec la prononciatioii Éî i la 
place de al, atiribuée i la diphtongue ei. 

Lorsque la diphtongue âû (So] est atone, on l'écrit communément par 
am dans les verbes et dans quelques noms asse:: rares qui ont cette 
diphtongue comme finale atone , tels que « Estevam , Christovam, 
or[Aam, » prononcés iitivàù, kriitôvâà, àrfâù ; ce dernier mot reprend 
l'orthographe ordinaire de ta diphtongue au pluriel, àrpkâùs, car la 
lettre m ne saurait frtre suivie de s. 

Il faut se rappeler que am, tm ne sont pas des diphtongues dans le 
corps des mois devant p, b; elles n'y sont qu'une simple variation 
orthoj^raphique de m, ea, et la voyelle qui les précède se prononce 
comme une nasale simple, d, è [i, lorsque em est initialj. Il y a des per- 
sonnes qui écrivent le mot tào (aussi) par am, et je suis de ce nombre ; 
le mot tamhim [également, de mémej s'écrit toujours par m, et on le 
prononce tamâi tâbàî, tantôt tâùhâl; la dernière syllabe, cependant, en 
est toujours la tonique. Carret voulait que l'on distinguât uirrthem {t3hdî\ 
^ de même, de tam tvm [tàà bàlj (également bien, aussi bien que), 
et son opinion fut un temps respeaée sur la scène; elle ne l'est plus. 

On ne trouve des consonnes réellement doubles dans aucun root por- 
tugMs ; on les rencontre seulement d'un mot à l'autre, et c'est ordinai- 
rement la suppression de l'f des monosyElabes dt, me, tt, etc., qui y 
donne lieu ; on vient de voir un exemple de ce redoublement dans la 
phrase ■ a casa de Oeus ». 

La consonne n ne saurait être non plus regardée comme te redoubte- 
laent de r, car les points oîi les deux consonnes sont produites ne sont 
pas identiques : leur sthâna est différent. 

On ne doit donc pas dire qu'il y ait des assimilations lotaits de con- 
sonnes en portugais : mais il y a plutôt des absorptiom. Le mot acto 
est prononcé lirij et non pas atto comme en italien ; le c tombe devant 



{2 R. CONÇALVES VrANNA 

le I, il ne devient pas t. C'esi i une absorption sembUble qu'est due 
simplificaiion de ri en î, dans les dialectes du sud, pour le groupe ch. 
Dans des mots tels que dinctor, acçâo (dirHàr, àiâu), il y a d'abord la 
chute du c, puis la compensation de cette consonne dans les voyelles <i, 
e, qui restent^, è au lieu de devenir ..i, ç, sons qui autrement seraient 
le résultat de leur atonie. 

On cornait certainement des assimilations partielles, par exemple dans 
la prononciation de i palatal comme : devant une consonne sonore ; 
mais on ne saurait trouver des assimilations totales, je le répète, que 
d'un mot à l'autre. 

Nous terminerons cette revue des consonnes portugaises par quelijues 
observations sur la prononciation de ;, i, ç, z ; x, ch ; b et i*. 

Dans presque tout le domaine de la langue portugaise, i et p, J et z, 
X et ch sont identiques deux à deux, ei répondent à peu près aux lettres 
françaises i, z, ch. Dans la province de Trâs-os-Montes et dans quelques 
endroits du Minho, (es habitants des villages et des hameaux gardent 
encore l'ancienne prononciation qui distingue 5 de f , i de z, x de ch, 
distinction tout il fait perdue, du moins dans le dialecte moderne, depuis 
le fleuve Douro jusqu'à l'cxlrémité méridionale du royaume, aussi bien 
que dans les colonies et dans le Brésil. Je ne saurais dire jusqu'à quel 
point celte ditïércnce se maintient dans toute la province de Trâs-os- 
Montes. A nragança et dans ses environs, tout près de la frontière espa- 
gnole, f et ^ (doux) sont la sourde et la sonore d'un ordre spécial ; ces 
deux consonnes, comme toutes les fricatives, sont produites par le pas- 
sage du souffle ou de la voix à travers un canal formé par le rapproche- 
ment de deux organes ; la surface inférieure de l'extrémité de la langue 
et les gencives derrière les dents incisives supérieures. La sourde est 
pour ainsi dire tout i fait semblable à s castillan, et on les retrouve 
toutes les deux en Catalogne et dans quelques dialectes italiens <. J'ap- 
pellerai ces consonnes sous-cjcaminules. I.3 fricative s de cet ordre se 
prononce sourde au commencement des syllabes, à la fin d'un mot, 



I. Troiive-t-oD en Aoyercneces deux sons, î et i.' C'est aux phonélicieiu 
français de le décider. M. fuies Cornu, dans un article, excellent sous tous les 
rapports, sur 1c dialecte grubin. public dan^ la Romania (vol. IV), nousdiiquc 
5 et : ne s'y irotivenC que dins 1» composas fi, J.', ti <]ue partout ailleurs ils 
se prononcent X «Mrancaisl et;. J'avais des doutes lu-dessus, et l'avouerai 
qu ils ne se sont pas entièrement diuipèt. Je croirais plutAt que j et i y sont 
noire paire de fricattves suus-cacoiniiialcs. J'ai consulté personncllemmt M. Jules 
Cornu, il n'est p«s de irvn jvis ; je le prierais cepcntUnt de faire de nouvelles 
épreuves, car il connaît mainienani ces deux sons, dont j'ai eu occasion de lui 
expliquer le n>écanlsnie dans le portugais dialectal, 

Pour tes dialectes itiliens, |'ji remarqué que l'actrice Pezzana et l'adeur 
Rossi prononçaient la sourde comme t cotnnune, mais que leur 1 douce (de 
t9ia\ était toujours sous-cacuminale. 



1 
I 

à 



éTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE {; 

devant un repos quelconque, devant une consonne sourde et entre deux 
voyelles, quand elle est redoublée (écrite, non pas prononcée, deux 
fois). Module cnire deux voyelles, ainsi que devant une consonne 
sonore, elle se prononce douce. 

Les consonnes ( et 2 ont le son de î et 5 français, seulement ils soni 
produits plus en arrière par le dos de la langue, non pas avec son extré- 
mité; toutefois : à la fin d'un mot se prononce i [f,, de sone que les 
mo\s dez, fdtz, s'y prononcent dèç^ f^Uç, et non pas </<i, /(/Jî comme 
dans les dialeaes du sud, ei presque panoui ailleurs. 

A cause de cette distinction entre i et f , i ei :, les mots/wwo etpafo, 
COUT « coztr ne sont point des homophones ; on les prononce respec- 
tivement pds% (un pas) et piçt; (un palais^, k^Hr (coudre) et kiitir (cuire, 
bouitlirl . 

C'est aussi à cause de celle distinction que l'orthographe ~lSy -tus de 
la terminaison des adjectifs dérivés de noms propres dp nations, suivie 
par Aleiandre Hcrculano et autrefois presque générale, est préférable  
l'orthographe -fi, -tza, adoptée par la plupart des écrivains modernes, 
car, à Tris-os- Montes, des mots tels que portugais, frands, se pro- 
noncent toujours <r partaguts,frâiti n, au pluriel n punus^lif.i,frâci{fS, 
ei non pas pana^nfi, frSct), pariugaêili, frâcézii, comme ailleurs. 

Dans b province de Beira-Alta, il semble que l'on ne prononce s, i 
sous-cacuminales que lorsqu'elles sont finales de mots ou se trouvent 
devant des consonnes, par ex. ^ohs, esliada, pron. /ï<îrfi, çitrada. 

Dans presque tout le nord x est une fricative analogue à sfi anglais ; 
ch r^nd au ch de cette langue et de l'espagnol, c'est-à-dire à une 
consonne composée, il 

Dans tout le sud et dans la partie moyenne du royaume, b cl v sont 
parfaitement disiincts : h est l'explosive bi-labiaîe douce, v la fricative 
labio-der.iaie également douce et plus ou moins bourdonnée. Dans la 
région la plus septentrionale du royaume, on confond i* et )■ en un seul 
son : lorsqu'ils se trouvent dans la position fone, c'est-à-dire après un 
repos ou une consonne, ils sont tous les deux explosifs ^ b ; dans la 
position faible (entre deux voyellw) ils deviennent fricatifc. et alors ils 
ont tous les deux la valeur du v simple entre voyelles du dialecte romain, 
analogue au w dialectal allemand, c'est-à-dire ils ont le son de la frica- 
tive bi-labiale douce, tout i fait comme dans une grande partie des 
dialectes espagnols. 

A Porto, et probablement dans toute la région environnante, on fait 
un échange entre les sons de ces deux consonnes, phénomène analogue 
à la permutation du f et du r à Londres : t a le son du r, et »* a le son 
du b. On dit par exemple, et le plus souvent les gens peu instruits 
l'écrivent, binho rom, au lieu de vinhù btm. A Trfs-es- Montes, le son * 




S4 ^^^ R- COWÇALVES VIAHNA 

prédomine pour ces deux consonnes. On sait que presque partout en 
Espagne ft et v se trouvent confondus. La prononciation du b comme 
fricative bt-Iabiale douce, dans la position faible, et surtout sous tln- 
fluence médiate ou immédiate d'autres fricatives, n'est pas d'ailleurs rare, 
même à Lisbonne^ ce qui met ce son d'accord avec rasïibitation du d 
dont j'ai parlé plus haut'. 

Le catalogue des sons d'une langue ou de ses dialectes, qui, quoique 
méconnus ou déguisé-s par l'imperfection de l'orthographe ou l'unifor- 
mité littéraire, n'en existent pas moins, serait curieux il dresser. J'ai 
tâché d'en relever quelques-uns, et je serais plus long si je ne craignais 
pas de trop m'éloigncr de mon sujet. J'ai constaté, par exemple, une 
autre nasale, moins palatale que le nh, ei qui ne se trouve que devant 
une voyelle à la suite de la diphtongue ai, dans la prononciation de Bra- 
gança; par exemple, la phrase cm altos monies s'y prononce ci nii/Zy/ 
mvlfs, et cette sorte de ginie, ou phonème nasal d'union qui évite Ihia- 
lus, n'est autre chose que le n< de E. Qrùcke, le ng allemand de stta- 
gel, c'est-à-dire le ng germanique en conjonction avec des palatales », 



I 



PHONOLOGIE DES VOYELLES. 



On doit établir deux divisions spéciales pour les voyelles portugaises. 
a) Voyelles ouvertes à i à 

Voyelles fermées A i ô 

Voyelles indifférentes f i, i u, f 



b) Voyelles pleines 
Voyelles réduites 






1*8 voyelles pleines se trouvent dans les syllabes accentuées; les 
voyelles des syllabes atones, au contraire, sont réduites toutes les fois 



1. V. dans Potil'msmo.A' tnao ftSSi), rr«> i ff 2, mes articles sar la pho- 
nétique du dialecte de l'Anaalousie, i propos d'un travail inalogue de M. Scha- 
dunit (2(iurAr. /. Rom. Pbit. Vt, ob je traite la question de r, 2, i ti t en 
portugais. ■ 

2. On doit s'être jiperçu que je n'ai rien dît de l'explosive pharyn^enne qui ■ 
est i'injtiile des mots allemands «ui, en apparence, commencent p,ir une voyelle, ■ 
iHs que ander, Art etc., et que I on reprejente ordinairement par l'aposlrôphe. 

Elle n'existe pas en portugais , les vofellcs qui se trourenl en contact, comme 
on verra plus loin, larmeni des cra&es ou des diphtongues, ou bien on évite 
l'hiatus par la setnî-vocadution. On pourrait i peirw constater i'exittencc de 
cette consonne^ que j'indiquerai par ), entre le mol irtu et te mol suivant, 
commencé par 1 atone, par ex. trut nrmJos [U&tt frira) pour le disliuguer de 
très irmios (trois Iréres), ou dans des cas analogues. 




êTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE ^5 

qu'elles ne sont ni nasales, ni suivies de / guituralisâ, ni proljgées par une 
consonne anormale fermant la syllabe, que cette consonne soit d'ailleurs 
prononcée ou nulle. Les syllabes terminées par i, ainsi que les syllabes 
médiales ou initiales commençant par une consonne et terminées par 
r, sont traitées comme des syllabes ouvertes, c'esi-à-^ire que la voyelle 
qui précède ces deux consonnes i et r devient réduite, tout 1 fait comme 
d elle terminait la syllabe. 

Les seules diphtongues atones soumises à la réduction sont à't, çî 
[écrites ni, et) devant des voyelles. 

La voyelle réduite i ne se trouve que devant ou après une consonne 
palatale, dans une syllabe atone. L'î et l'û jouent le râle de subjonctives 
dans les diphtongues, comme nous avons déjà vu. 

Les voyelles î [i) 4 [a) s'écrivent uniût par i, u, tantôt par e, 0. Seu- 
lement U i ne peut s'écrire e que devant une autre voyelle, comme sub- 
jonctive de diphtongue, ou en conjcncîlon avec des palatales ((), et cela 
parce que la voyelle e atone a une prononciation différente, celle de f, 
toutes tes fois que, hors des circonstances que nous venons de constater, 
elle appartient i une syllabe atone ouverte ou terminée parr. La voyelle 
réduite t{ ;ûj, au contraire, répond aux trois voyelles pleines è, 6, u;i\ 
serait donc indifférent pour la prononciation de l'écrire par ou par u. 
Quelques exemples éclairciront ce point. 

Des mois primitife gohy béto, mula 

on forme les diminutifs goiinha, bolinho, muUnha, 

qui se prononcent SfH'^'^^i bqlinhif, mqUnk,^; 

tandis que de préla, firro 

on forme les diminutifs prpinho, ffrrlnho; 

et du mot ftlt'f on forme filtinka^ sans 

atténuation de la voyelle devenue atone par le déplacement de l'accent 
que les terminaisons -inho, -inha exigent. 

Le son de l'J fermé coïncide avec celui de l'^i mutre, seulement 
celui-d est plus faible, surtout après l'accent ; ces deux voyelles â, j sont 
entièrement identiques en ce qui concerne leur timbre. Les rapports 
entre d et 4 ne sont pas analogues à ceux dt è ni,àetà*. 



I. Le son de fi pour a ne dépend point de l'origine de cette voyelle, mais 
bien de la place qu'elle occup<r par rippori i l'jcceni et itix %ati% conligiit. Ed 
principe t cl fermés proviennent de e, ô ou de i, à latins. L'ti, au contraire, 
se prononce a par I influence de la conwnne nasale tuiranle, lorsqu'il est 
loniqoe, ou bien c'est l'absence de l'accent qui l'assourdit : son origine n'y est 
pour rien. 

Quelques mots sur ce son en proTencal. 

Le Dontttu ProviiKialii (éd. de i8^3 par M. Gtiessard, la seule que je pos- 
sMe et que (c puisse consulter pour le Riomcnl}, dins la partie qui traite des 
Rimas, outre des t et des Itrgt (ouverts! el estnùs (termes), nous donne 



j6 R- GONÇALVES VIANNA 

On peut établir cène r^Ie générale que lorsqu'une syllabe est ou 
est devenue atone, sa voyelle orale devient réduite dans les conditions 
exprimées par te tableau »ùvant : 



'C 






à, d> 
è,i 



8 

c 
e 

S 

c 
o 



&-1 



e 

3 



8 

a 
a 
■a 

a 



r 

8 

■a 



«j > 
•a V 



— ^ a j (ordinairement forme crase en à) 

— ; { î que l'on écrit par e, et que nous représente- 

rons par ç, i = i, I 

— i,f'i l que l'on écrit par i 



aussi des a largs et atrtUs. Qud son avait donc Va tstràt ? Si nous voulons 
suivre l'analogie de c et de o, nous avons devant noos trois hypothèses, c'est-i- 
dire trois sons plus fermés que il .' Va anglais de bad^ qui se retrouve dans 
quelques dialectes italiens et dialectalement ansù en portugais; Va anglais de 
wad, whut, soit un a palaUlisi ou labialisi; et enfin l'u l>ref anglais de bad 
dans la série moyenne ou neutre (v. la pyramide des voyelles et la note 6), ou 
quelque chose d'analogue. Dans le Donalas Provincialis (p. 45), les a eftrtks 
se trouvent réunis en deux sections, et dans tous les mots cités, âbias 
excepté, on voit que n a été supprimé, si l'on compare tons ces mots aux mots 
latins correspondants. Dans les aialectes portugais parlés dans la région com- 
prise entre le Mondego et l'extrémité méridionale du royaume. Va accentué 
devant une consonne nasale est fermé, c'est-i-dire il a un son neutre on pea 
moins ouvert que l'u anglais de bad, par ex. dans muaddno, vocable que nous 
retrouvons dans le Donalas sous la forme mandas^ subordonné i la morique a 
esireit. Cette terminaison -js se prononçait-elle ^ f Précisément, un grand 
nombre de ces < et des fermés ou ouverts cités dans le Donjtni coînadent 
avec le son de ces voyelles dans les mots portugais correspondants, lorsane 
celleS'Ci n'ont pas subi VinHuence de sons contigus ; c'est \i une raison de plus 
en faveur de notre hypoth^e : ii estreit du Donatas :=a portugais de cama, 
canna, mank.i. V. Mila y Fontanals, De los Trobad.^ra tn Êspaha, p. 460, n. 8; 
et aussi sur la prononciation de = n et c ou j = ^, lorsque ces voyelles 
sont atones, dans quelques dialectes catalans, anciens aussi bien que modernes, 
ib., p. 461-464 et les n. 10, 1 1 et ta. Je suis cependant bien loin de me con- 
former pleinement 1 la doctrine de la note 8 citée, et encore moins i la termino- 
logie adoptée par te savant romaniste. Qu'est-ce, en effet, qu'une voyelle ean- 
cosa, lurij, iimpu, et una articuladon pronancijJa (on nw 6 maios tuavidai? 
Il serait assez difficile d'attribuer â cette ragutJad d'épithétes un sens précis. 

1. J'appelle « continues * toutes les consonnes qui ne sont point formées 
par le contact partait de deux organes, c'est-i-dire tontes les fricatives, les 
ancipites / et r, les nasales et les semi -voyelles. 



ÉTUDE DE PHOMOLOOCE PORTUGAISE ^ 

^yô — lï H ù que l'on écrit par o, et que nous représente- 
rons par 0, 6 = ^, !i 

u — If ij à que l'on écrit par u. 

«) Dans U notation que j'ai adoptée, à désignera dorénavant l'a neutre 
accentué, ou ^i fermé ; â. Va neutre atone, ç Va neutre sans aucun rap- 
port à l'accentuation ; je le répète cependant, le timbre en est partout le 
même ; et si nous voulions établir une échelle de l'acuité de ces trois 
a, nous dirions que ^ accentué (J) est celui qu'on entend le mieux; 
puis vient ^ prétonique, puis enlîn ^ posttonique qui est le plus bref et le 
plus obscur de tous. 

bi Les voyelles e et ( atones devant une continue palatale ou une 
voyelle sont identiques; il en est de même lorsqu'ellesforment ta subjonc- 
tive d'une diphtongue. Devant une autre consonne quelconque, t se 
prononce f, et l'i est plénisonant, et à b fin des mots (très rare) il 
s'atténue en i. Dans une suite de syllabes atones dont la voyelle sera 
toujours (, le dernier i seulement garde le son qui lui est propre; ceux 
des syllabes qui le prêchent se prononcent ç : ainsi les mots minlstro, 
miliiar se prononcent m^nHirç, mr/iitir. Toute autre prononciation senti- 
rait le pédantisme. Cet obscurcissement de l'i est très ancien : l'an- 
cienne orthographe le démontre. Nous avons donc deux lois : ^ devient 
i, ( devient f. 

Du concours de ces deux lois, il résulte que le mot vicejir seprononce 
VçcijÀT. ei ie mol privilegiado communément preyçHj^ddç. 

Il y a sans doute des exceptions à cette rigle du changement de t en 
{ : les ( des terminaisons du conditionnel des verbes, -ir-ia, -ir-ias etc. 
ne sont pas soumis à cette atténuation : on prononce viria, dîrUiria 
(dpiiJiH^ ou d(Vfdir!i)\ c'est là un fait qui démontre l'existence indé- 
pendante du suffise -ia dans cette forme, d'un usage d'ailleurs asser. 
restreint, puisqu'elle est presque toujours, dans le style ordinaire, rem- 
placée par l'imparfait de l'indicatif, son emploi dans le langage commun 
étant presque borné & exprimer le prétérit d'un mode dubitatif, dont le 
présent est formé par le futur simple en -r-fi. lequel, à son tour, est 
rarement employé dans le sens du futur. 

Nous avons déjà vu que les syllabes formées par des voyelles nasales 
ou guituralisées (devant / gutiuraiisé^ ne se modifient pas lorsqu'elles 
deviennent atones : rétuL — Ttadii, fdit^ — fiUâr ont à la première syllabe 
des voyelles identiques. Il en est de même pour les terminaisons en -r, 
dont la voyelle atone est toujours ouverte, àr, èr ; cette voyelle ne 
devient réduite que lorsque le mol a'accroit d'une syllabe, par exemple : 
Cesàr, au pluriel Céijrp; ojdJvir, au pluriel c.iddvçr^i. Ces mots, 
cependant, ne sont pas populaires, surtout au pluriel. 

Les voyelles ^, f» ù offrent quelques particularités : { ne saurait être 



S8 R. GONÇALVES VIANNA 

l'initiale d'aucun mot, comme nous l'avons vu dans la constitution de la 
syllabe : lorsqu'un mot commence par e (ou fte) atone, cet « se prononce 
i devant une continue palatale, i devant toute autre consonne ; elogio, 
esposo se prononcent liiijiii, iipôzti. Il en est de même de la voyelle 
nasale m em, qui se prononce t au lieu de ê au commencement d'un 
mot, et dans le langage ordinaire la préposition em {âi) sonne également 
comme i; la phrase enirei em tua casa se prononce donc ïtrâl ï tûç kâi^ 
ou bien Itràl Si tàç kdzç, jamais itràî... etc., du moins dans le dialeae 
commun. 

Les voyelles a et o, lorsqu'elles sont initiales d'un mot dans une syl- 
labe fermée, gardent généralement le son ouvert ; on prononce donc 
hortelâo, hospedar, armario et aspirante comme ôrtf/âû, àspeddr, àrmdnu^ 
àspiràie. On entend souvent li^tic^l^û^ç (horticulturaj^^m^iTlarma- 
zem) et surtout çspirdr; cette prononciation, cependant, n'est pas celle 
du peuple^ quoique assez commune parmi les gens instruits, qui se sont 
hit une prononciation à eux j le peuple continue de dire U ànngzâî (um 
armazem), ù àrtflâù (um hortelâo), q mèspfd^ri^ (uma bospedaria). 

Lorsque la voyelle { se trouve dans le corps d'un mot, suivie de r ou 
précédée de cette consonne dans la même syllabe, elle est tellement 
obscure qu'une oreille exercée peut seule distinguer la place qu'elle 
occupe par rapport à r. De là une foule de fautes d'orthographe. 
Des gens instruits même s'y trompent souvent. En effet, les deux 
vocables predicçào (prfdiçiù) et perdiçâo (perdiçâS) sont très difficiles à 
distinguer. On voit communément dans les journaux et même dans des 
livres ptrttnçào au lieu de pretensâo, le mot pertencer (appartenir} servant 
à égarer ceux qui n'en connaissent pas l'origine. Cette confusion, due à 
la prononciation obscure de Ve de la première syllabe (f), est sans doute 
très uncienne, ce dont fait preuve le mot pergantar, qui a d& être pro- 
noncé /Tf^unfJr, car autrement le premier c du latin percunctare ne 
serait point devenu g. L'orthographe pergantar a été certainement refaite 
sur te lutin, car te peuple, par exemple celui des environs de Lisbonne, 
prononce ce mot avec un e ouvert à la première syllabe, priguntdr, ce 
qui \v rapproche du castillan preguntar. 

Il y (t une prononciation de e atone devant l'r de la syllabe suivante 
(r*« «MHinwne parmi te peuple, c'est-à-dire celle de ^. Ainsi on entend 
liMHVwH jiiN^tMfJnti RU ticu de iimfricd/Tp, jijrdt au lieu de jçrdt (gérai). 

^uvtqufh^lN Huui on prononce à tort Ve atone comme q lorsqu'il est 
Wi v'viijwutliwi (tvec des labiales, par ex. piirmplr = « permittir. » J'ai 
vu, il uW « tMH lontïlemps, une enseigne de cabaret qui portait hubidas 
Aix littu dç MtJtii. V des boissons». Le mot« prometter» {prqmftir) est 
wu\v)U ^tJvMtMK'v* purm^tir, C'esl là sans doute l'origine de por [pqr] •= 
- t>tU V 4U Ihm \)« p^r du latin per. 



ÉTUOe DB PK0KOL0C1S PORTUGAISE f^ 

Les deux propositions pfr et par se trouvent confondues dès les pre- 
miers monuments de la langue, et per a presque disparu du langage 
actuel, jiprës y avoir laissé les composés peh, pdos, ptta, pelas Iperlû, 
etc.), écrits à tort avec un seul /, ci prononcés tantôt pclii, pti), etc., 
tantfti pHn, pèlf, etc. La distinction que Duane Nimes de LeSo voûtait 
établir me semble pluiftt ingénieuse que vraie ' ; elle aurait cependant 
en sa faveur le fait cité plus haut de pijnniiir aa lieu de />rijmff^r. Selon 
sa théorie, per serait le latin pe r et répondrait par conséquent au français 
par, tandis que le latin prose retrouverait dansfior. qui aurait pour cor- 
respondant en français pour dans le sens de à la place de, eti javeai de. 
Pour exprimer le but on emploie en portugais la préposition para = per 
ad>, qui se dislingue de ;i en ce que cette dernière répond pluiât à 
JBStftt'àt et suppose l'idée de retour. On dira, p^r exemple, vou a 



I. Voj. Frid. Diez, Grammatik d. Romamichtn Sprachen Th. Il, S. 484 ; 
Th. III S. I2Î-179- 

M. Jules Cornu, dans un article ré»nt {Romania, t. X), sous le litre de 
■ Influence d» labiales sur la voyellts aiguës atonet >, nous prdenle une tulle 
de mois porlugaîi où l'e est drvenu h, a (v> sous l'influence progressive ou 
r^greuive li'une consonne labiale. Le savant roinanisic nouï dit : • Le portu- 

(;ais surtoot fournît un nombre fort considérable d'exemples, et 11 langue popu- 
airr doit en posséder bien d'autres. • Certainement, elle en possMe. A la loogue 
liste dressée par M. Cornu, j'ajouterai : dtrmbjr i côté de Jenlbir^ forera ï 
cdié de jrtisarsi qui est rare dans le dialecte populaire. sapuHsr au lieu de 
stpultar. iittjr pour ip'jr, p^niet pour penhal, etc. Dans cette liste nous 
voyotB iabtia, que nous avions cité clans le texte avant de lire l'article intires- 
S3Dt dont nous nout occupons maînlenant. Le peuple c>^nfond souvent f^rragiru 
arec fertagim. Au lieu de imeiuiSQ, <]ili n'est plus usité, je mettrais rçztsiiSo^ 
qui est assez commun. Le mot esmniiuli) pour eitaniiiih, dans le sent d'offense, 
tort, est uès répandu i Lisbonne: fcciipuiJo au lieu de baupaçda, aralono au 
lieu à'bralortQ sont aussi très fréquents. Ce sont des cas de dissiruttatîon. 
M. Cornu ne cite pas inc6mm^éo lu lieu de mômmfâa qu'il doit avoir entendu 
très souvent, même parmi des gens d'une certaine instruction. Ce dernier chan- 
gement de la voyelle posttonique me semble être dû i un effort feit pour 
éviter la réduction du mol, ijui serait aisément devenu indrido {\ntvmmf4o, 
'mcem'io] sans la dissimilation. Son explication de nhiin au lieu de vctame me 
semble être loul 1 bit satisfaisante. C'est li un cas semblable i, celui de mflav 
vonr militar, que nous avons memionné dans le texte. Nous nous occuperons 
bicitâl des teiiuriiuables articles de M. Cornu sur le portugais. 

3. La préposition para (p^rf) a tliéoriquemcnt l'accent sur la première syl- 
labe oonne en castillan. Cependant la prononciation usuelle met l'accent sur la 
seconde syllabe ; la première devient atone et 1'^ est changé en f ou il disparaît 
toat i fait. Cette prononcialiun pfrçi. perf, ou plutôt pr^ est sans doute très 
ancienne, comme I ancienne orthographe '/k'''' ^ prouve. Nous citerons OamtJto 
de Gocs, Chroaiu del là dom Emanatl : 

do dinheiro que se tomou dos orphlos péri (= para a) mesma gucrra, 

(P". u. cap. II. 

que pr/i {=: para a| paga destas dividas del Rei seu pai, cl pera bas 

ias) snas se apartassem.. .. (to., ib., ib.). 

(ib. P'«. la. c. 

EipaAa, p. 46;, sur la prèp. ptr, 



pera quai uato (îb. P'*. }*, cap. LKXII). 

V. Milâ j PoDtanals, Dt loi TroMûrts en 



6o R. COKÇaLVES VIAWNA 

Cintra t votto koje mesme, « je vais à Cintra, et j'en reviendrai aujour- 
d'hui même » ; mais on dira vm para Cintra, si l'on a L'tntt:ntion d'y 
rester ; vou a. casa, « je vais chez moi et je reviendrai » ; vou para Mta, 
« je vais chez moi et j'y reste <■ . Le portugais est la seule langue, que je 
sache, qui fasse une telle distinction de rapports par le seul emploi de 
prépositions différentes. 

INFLUENCE DES SONS CONTIGUS SUR LES VOYELLES. 

Noos avons à examiner les cas suivants : 
t" Influence des voyelles sur les voyelles; 
2" Influence des consonnes sur les voyelles. 

Le premier de ces points se subdivise naturellement; on a donc les 
influences de : 

A. Voyelles accentuées sur les voyelles atones qui les suivem ; 

B. Voyelles accentuées sur les voyelles atones qui les précèdent; 

C. Voyelles atones sur des voyelles atones. 

Ces rencontres de voyelles peuvent se retrouver dans le corps du 
mot \a\ ou [b] d'un mot à l'autre. 



I Aa. — TRAJTKMENT DES VOYELLES ATONES APRfiS DES VOYELLES 
ACCENTUEES DANS LE CORPS DU MOT. 

+ ^ ^ àl^, que l'on écrit aia. Ex. attraia |pr. ftriî^] , de 

t à\, que l'on écriî ae. Ex. saet |pr. sàiï\ ; es, e sont les 

terminaisons de la 2" et î" personne du présent. 
31 àî, que l'on écrit ai. Ex. judaica (pr. jiidMkç), 

1 iîjî, que l'on écrit aem. Ex. sacm [pr. sàïâî). 

I àû, que l'on écrit au ou ao. Ex. mau, mao (pr. niài]. 

\ à\ âW, AI, que l'on écrit em, im. Ex. teem (pr. tSl'àl ou 

tâ'i\. 



pron. ptr tpfT\. Ces prépositions, comme toutes 1» autres, sont i la rigueur 
éloaa en catalan, comme elles le sort en portugais. L'auteur a parfaitement 
raison sur ce point. 

On peut auiti constater la prononciation populaire par = para, i Lisbonne 
et dans ses enviions, chez les ijtoioa. Ces populations ont en général un dialecte 
Ifèï archaïque, et leur prononculion ne I tst pas moini. On y remarque fî au 
lieu de f-I, /au lieu de fi, atone, comme é^as mf pi! = mfîi pài \mtii pa(],tic.\ 
CéUot pour Carias, vigairo pour vigjrio, Uiiurt pour Iromi. hizvtra pour haa- 
nra, haruia et tinvia. J'ai aussi constaté la cacographie Carroiet (Kàiiittus] 
pour Cartûs dans un document contemporain. 



■ 


1 


âTUDB DE PHONOLOGIE PORTUGAISE ^^^^^^^^^H 


^M 


? 


ilf, que l'un écrit ea. Ex. idta ;pr. idllq). ^H 


^^P 


f 


i\, que l'on écrit ri. Ex. anneis (pr. ^^I;, pi. de annit\. ^H 


r^ i 


Pt 


^ij, que l'on éctit eu ou ^. Ex. maniio^ un {pr. mÂièiî, ^H 


^H. 


■if 


^H 


^m 


â 


âi^, que l'on écrit ta,aa, ia. Ex. turopea(pT. eùri^î^). ^^M 


^m 


4 


àïu, que l'on écrii eia, ia. F.x. rtceioy recio (pr. fçiiiq). ^H 


^H 


l 


lit, que l'on écrit ci. Ex. prolhtico (pr. prfjftlÙjji. ^H 


^H 


t 


<tî, âc;-, que l'on écrit <{t. Ex. rodât (pr. Tiidài, nidiCif), ^H 


H 


à 


lu, que l'on écrii eu. Ex. judeti (pr. /'jJ't'). ^^^H 


^1 


M 


tài^ que l'on écrit ^tm. Ex. dltm (pr. <^^iîî). ^^^H 


^^B 


i 


^, que l'on écrit ia. Ex. Maria (pr. M^ri^]. ^^^H 


^H 


t 


T, if, crase, le seul cas d'allongement. Ex. jU if^ifîf}- ^^^H 


^H 


p 


lift que l'on écrit io. Ex. no (pr. r/jj]. ^^^H 


^H 


t 


lu, que l'on écrit iu ()< pers. prêt, des verbes de ta ^^M 
conj. en -ir'i. Ex. nu (pr. riû), différent de rio. ^^Ê 


^H 


i 


dq, très rare, A l'origine, o + ;i a donné à. Ex. ntcf ^H 
(anciennement mco) pr. mi du tat. molam. ^H 


^K ' 


î 


f}I, que l'on écrit oe. Ex. fou [pr. sais, pi. de loO fteroe ^H 
(pr. iràf). ^H 


H ^ 


I 


ôl, que l'on écrit ci. Ex. heroko Ipr. irâlA^), ^^| 


^^^^ 


aï 


ojâi, écrit otm. On intercale t pour éviter l'hialus. Ex. ^^^| 
dotm (pr. d(h*â[). ^^^^| 


^^'d 


? 


6^, écrit éj. Ex. (/<}j (pr. dAf^. ^^^H 


^1 


e 


di, écrit 6e. Ex. fd; (pr. ijj). ^^^^| 


^1 


/ 


dt, écrit 01. Ex. aixo (pr. ^irif). Cette diphtongue s'écrit ^^| 
ou = i3. ^^^^1 


H 


p 


tïif, écrit ^0. Ex. dôo jpr. liiï^). ^^^H 


^K 


» 


4, écrit ou. Ex. (iou (pr. d£). Dans le nord, cette diph- ^^| 
longue se prononce àû. Il est généralement indif- ^H 
férem, surtout devant r, de prononcer et d'écrire ^H 
ou ou oi (4 ou &î\. ^^1 


^K 


it 


i}âî ou diiît, écrit otm. Ex. perdoem ipr. pfrdàâî ou ^H 


^B 


ai 


ôr'il, écrit ^cm. On intercale l Ex. pôe/n (pr. ^ôî'âîj. ^H 


^H 


« 


âç, écrit lu. Ex. rua ipr. nJ|;'i. ^^^H 


^^P 


f 


lïl, écrit ae. Ex. dzs» (pr. ^zùU, pi. dedzaJ). ^^^H 


^^ 


* 

1 


ul, écrit uj. Ex. fui (pr. fùt\. ^^^H 


■ 


p 


S, l'i^. écrit HP (crase). Ex. «iftt/'uo (pr. </(irriJtf ou d'istrÔ]. ^^Ê 


L " 


dl 


ùiîf écrit aem. Ex. suem (pr. «iâlj. On n'évite pas ^H 
t'hiatus. ^H 


^B 


■ ces 1 


tableaux nous voyons que les seuls cas d'allongement en por- ^H 


^H lugais 


sont 

■ 


dus â des crases, à la rencontre de deux voyelles semblables, ^H 




É2 R. GONÇALVES VIANNA 

c'est-i-dire contiguës dans lit même série, ou classe. Nous avons des 
M, des tia, des (V longs, mais non pas des H, des èi, des m ou des M, 
parce que de tels sons ne sauraient concourir et se rencontrer dans des 
mots portugais. Nous y voyons encore que l'f neutre ne 5>eu! se trouver 
qu'entre deux consonnes, ailleurs il se dénature en {; que généra- 
lement une voyelle atone {Va ezcepiéi forme diphtongue avec la voyelle 
tonique qui la précède, et que Ton a le plus souvent recours à ta secnî- 
voyelle t pour éviter l'hiatus, lorsque les deux voyelles ne sauraient 
former diphtongue ou crase. Ils nous montrent aussi que deux voyelles 
peuvent se rencontrer sans former de diphtongue, lors mSme que 
la réduite est (j. Toutefois, ce phénomène n'a lieu, pour ainsi dire, 
que d'un mot à l'autre, comme nous le verrons dans le tableau suivant, 
car c'est l'union de l'objeciif du pronom de ta j* personne avec le verbe 
dont il est le complément qui, le plus souvent, donne lieu à ces ren- 
contres. 

Nous allons étudier la rencontre d'une voyelle accentuée finale avec 
ta voyelle du mot suivant ; le concours de ces deux voyelles donne Heu, 
en général, à àes phénomènes semblables à ceux que nous venons de 
voir. 

I Ab. Traitement des voyelles atones après des voyelles 

ACCEXTUêES, d'un MOT A L'AUTRE. 

Nous ne citerons que les cas fréquents; les autres se règlent sur i a a. 
Nous citerons quelques exceptions remarquables. 
à + ^ = 



i 



a, crase, le seul cas d'allongement en ponugais. Ex. 
dJ-a (pr. dâ]. 

àa différent de àû. On l'écrit d-c. Ex. dà-o (pr. dàa). 

àlg, écrit ae-a. Ex. dae-a [pr. dàîa). 

àîa, écrit ae-o. Ex. dae^o (pr. dàUt). 

âù^, écrit 3o-a. Ex. dSo-a (pr. dàùa). 

iûrt^, écrit do-nd, qui est préférable. Ex.dSo-na [dâùnç]. 

àùa, écrit do-o. Ex. dâo-o (jpr. diùu). 

Sùna, écrit âo-w, préférable, dào-no (pr. dSinu). 

Aî^, écrit tm~ii. Ex. um-a Ipr. (àï^i). 

31/1^1. écrit em-na, préférable Um-na (pr. Ml/i^). 

jlu, écrit em-o. Ex. tim-o 'pr. ti\a]. 
— — â\nn, écrit tm-no, préférable tem-no (pr. raf/iu). 

Pour éviter l'hiatus, on intercale n à cause de la diphtongue nasale 
précédente. Lorsqu'on n'évite pas l'hiatus par l'insertion de n, les sub- 
jonctives des (Uphtongucs nasales 40, tm deviennent des semi-voyellcj 
nasalisées. 



à 
à\ 
à\ 
ii 

Sa 
ât 
sî 



ÉTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAtSE 

l + i = i^. On n'invite point l'hiaius. Ex. di-i (pr. dig). 

l II ia, différem de èh. Ex. dè-o (pr. dla). 

tit a iùa, différent de éû et de iti. Ex. dea-o ipr. diîiu). 

N. B. Il faut savoir distinguer ces trois expressions, que nul Portu- 
gais ne confondra : Dtut = Dieu, dè'Q$ = donnez-les, dtiH>s = il les 

a doonés, pron. Oiùi, diai, dimi. 

Al + ^ = €a-a. £x. dta-a (pr. dih^). 

i q la. Ex. vi-a (pr. vi^'). 

i u /u, différent de iû et de /^. Ex. vi-ô fpr. vîiîuK 

N. B. Il faut distinguer vi-i>, mu et vi\t-o, je l'ai vu, il a vu, il l'a vu ; 

on les prononce via, riii, riûii : aucun Ponugais ne les confondra. 

(î + u = da, écrit oa-o. Ex. wu-o [pr. >^tj). Un hatbitanl du nord 
fera une différence entre vto \v6u], je vole, vou-o 
(i^ui, je le vais, et fou (}-àa), je vais. Le concours 
de àùay quoique rare dans te dialecte commun, peut 
se trouver, par exemple, dans perSo-o, prononcé 
Pfrdàùu, riù-o, je le ronge, prononcé rôùu, ou plutôt 
ràfi. 

ù^ a Ùif ou içf écrit ao-a. Ex. destruo-ç (pr. dittrùù^f ou 

diittùq). 

ùa u ùùu ou ûu, écrit uo'O. Ex. destrao-o (pr. (fjjfriiik ou 

Il faut remarquer que la semi-voyelle û dans de telles combinaisons 
se rapproche beaucoup du w bi-Iabial de quelques dialectes allemands, 
ei que les mots destnio-o, lorsqu'ils ne soiment point diUrûa, se pro- 
noncent plutôt diUrùwu que diîirùùa. 

I sa. Voyelles atones devant des voyelles accentuées, dans Le 

C0RI>S DU MOT, ou D'UN MOT A L'AOTM. 



Ces groupes de voyelles, appelés diphtongues croissantes, ne sont pas 
considérés comme de vraies diphtongues en portugais. Les tableaux sui- 
vants montrent les modificaiions que subissent les voyelles atones dans 
ces groupes. 

f + d ^^ ^il, iJ ou a, qui est ma pronondalion habituelle. Dans le 
nord on intercale i, pour éviter l'iûaïus ou la crase-, 
cet i serait ridicule A Lisbonne. Ex. a arma |pron. 
^Jrm^, àArm^, drnif, dans le nord ijïârm^. Il en est 
de même de 1'^ devant les diphtongues il, iù. 
f i fi. Ex. a era (pr. jièr/t. 

f i fl. Ex. a Emma [pr. çiinf). 



64 R- GONÇALVBS VIANNA 

f l çl. Ex. a ida (pr. ^d^). 

ç à ^à. Ex. a hora (pr. fàff), 

f à aà. Ex. A olha (pr. ^<9%). 

^ û ^ij. Ex. a unha (pr. ^linAa). 

jf ai, + au, se règle sur la prononciation dt^ + à. 

ff 4 = jji, on allonge l'A. Ex. a ama (pr. Mm^'). 

ç â ffâ, àà, on allonge à fermé, ou on les sépare. Ex. a ama 

(pr. g àtf ou ààta, qui est nia prononciation ordi- 
naire). 

^ fli ààl, on allonge la prépositive. Ex. a eira (pr. ââlr^). 

ff 4- diphtongue qui ne commence point par a se sépare dans la pro- 
nonciation. Ex. a oiça, pr. g ôtç^, c'est-à-dire on a un hiatus. 



}+ une voyelle orale ou nasale, ou une diphtongue, deviennent / 



dans le corps du mot ; d'un mot à l'autre seulement f ! sont pos- 
sibles et ils se changent également en /, sans varier cependant 
d'orthographe. Ex. /air, fiar^ e hoje etc., pr. ttdr. ftâr^ tôji. 

à ) 

}+ une voyelle orale ou nasale, ou une diphtongue, 
y, écrit \ 

à, écrit u, ou | 

deviennent ù dans te corps du mot ; d'un mot à l'autre seulement 

p et û sont possibles et ils deviennent également û. Ex. soar, 

suar, moer, o ouro, o komem, prononcés sùdr, miier, âôrq, ûdmât. 

Il faut distinguer qaando {kàâdp) de coando (kuàdp). 

Les seules diphtongues atones qui se modifient devant des voyelles 

toniques sont : àt, qui se change en ^i, écrit ai. Ex. caiar (pr. k^tdr) ; 

il', écrit ei, qui se change en f, écrit e, ou ei. Ex. recear, ou receiar 

(pr. rçcidr). 

Ces deux verbes font au présent de l'indicatif, par exemple, caio, 

receio prononcés kàitt, rççAi^, parce que tes diphtongues ai, ei deviennent 

toniques. Toutes les autres diphtongues sont inaltérables, qu'elles soient 

accentuées ou non. U en est de même de ai, ei devant des consonnes, 

dans les dialectes du sud du Mondego. On y prononce donc pàfràr, pàl- 

nél, pïiîQTii (ë := a). 

c. Rencontre de voyelles atones avec des voyelles atones. 

a) Devant la syllabe tonique : 
^ + {i = à, â. Zx. a armaçâo (pr. àrm^çdo). 




STUDE DE PHONOLOGIE PORTUCAlSV. (Sf 

a + f» + J = ?'i ?(• Eï. a egieja (pr. ? (grJ/^), 

— — — haeîiiha (pr. b0\lhà). 

q -\- à = j^. Ex. a oraçâo (pr. (jdrjifjiî). 
f â ç6. Kx. a liormct (pr. ^dnlvil). 

f t) ^4{. Ex. imhadu (pr. ti^nhâdS). 

N. B. (I préposition + o article Tait do (pr. qq, àù, populaire à. Ex. 
<K> rei, pr. di{ ràt ou rij^j. 
^ + ^ ^ al. Ex. d airositUdt (S'inizidddf). 
^ in Sii. Ex. a aadacia \3ùddet^). 

4 à •! (j ouvert nasal bref). Ex. a Antonîa (,iiâni4\. 

à â àd (a ouvert nasal lon^). Ex. d Antoma [àâtoaîa). 

q (écrit u ou 0} devant une voyelle quelconque = u. Ex. Antoau 

(qâfdRÎlf j . 

I, i, i devant un« voyelle quelconque = i ou i ou I. Ex. e acato [i^lkdl^)y 

deouro [dl irif). 
q jjf) + a = B. Ex. o aahâro {Unkàrii]. 
H-^ H [0} u (populaire à}. Ex. todo did [ttdaila^ tidèdî^). 

h] Après U syllabe tonique : 
ç + ^ = à. Ex. dava-a (pr. dâvà). 
9 o(t|) jq^ ^a ou à. Ex. diva-o (pr. dàvai^y ddv6). 

N. B. La prononciation à est toujours permise dans la conversation ; 
a-o se prononce toutefois ,14 ou ^u dans le style oratoire, ainsi que sur 
la scène, ou dans une lecture soignée. 

On trouvera rarement d'autres rencontres de voyelles après l'accent, 
exception faite de celles qui forment des diphtongues, et dont b plus 
commune est jî (éaite »), qui sert à former le pluriel des noms en -vt( 
{'•r-ttes, '-v-ta, -v-tii), ainsi que de rares noms en -1/ atone, comme 
faceît {/Jf^îï"! de fdcii; car l'hialus dû à U rencontre de l'accusatif du 
pronom de b troisième personne, est le plus souvent é^'ité par l'inser- 
tion de -n- lorsque la dé^nence du verbe est une diphtongue nasale, 
que celle-ci soit d'ailleurs accentuée ou atone ; et ceb malgré la confu- 
sion qui résulte de l'identité de cette forme d'accusatif avec l'objectif du 
pronom de la première personne du pluriel. Ainsi, « ils les achètent, " 
o qu'ils les achètent » se traduisent par compram-os, comprtm-os, et par 
l'insertion de -ji-, ces deux formes deviennent compram-noi, comprem-not 
Ikàprâùnqi, kàprâïnqî), tout à lait comme eompram-nos =a « ils nous 
achètent, » comprem-not —. « qu'ils nous achètent, >» le trait d'union 
après le n n'étant pas usité. 

En ce qui concerne les rencontres de voyelles atones après l'accent, 
il faut encore remarquer que 0, u se prononçant tous les deux il, et que 
t, i ayant de même une valeur égale, celle de «', il est tout à fait indiffé- 
rent pour la prononciation d'écrire Ungfia ou lingua, ghrtd ou ^^rid : 
kwmima, XII t 



66 R. CONÇALVES VIANNA 

autrefois on préférait o, e pour désigner à, l après une consonne ; 
aujourd'hui on a égard à l'étymologie ou à l'analogie et on écrit lingua, 
tgua, agua, gloria , mais on se sert de \'o pour les mots màgoa, nédoa, à 
cause des verbes magôa, ennodôa, quoique l'étymologie semble exiger 
un u (macula, notula). L'onhographe o pour û est encore plus com- 
mune que celle à't pour î : on trouvera des personnes qui écrivent 
agoa, egoa, mais qui ne s'aviseraient point de préférer «ai, en 
écrivant glorea comme marmorea, quoique ces deux mots forment une 
rime parfaite. 

Je dirai quelques mots sur un changement de voyelle dans les verbes 
de la i" conjugaison, lequel est dû tout simplement à une fausse 
analogie. 

' Nous avons vu que e atone devant une voyelle se prononce f, et que 
l'on préférait anciennement l'orthographe e. Dans le tableau lAa nous 
avons vu également que, lorsque cet e reçoit t'accent et se trouve 
dans le corps d'un mot, on intercale t pour éviter l'hiatus, c'est-à-dire, 
e se change en eî (â'i) ; par exemple, le verbe recear (jfcîdf) devient 
receio (reçâlii). D'un autre côté, il y a une foule de verbes où le sufBxe -ar 
de l'infinitif est précédé de la voyelle i (l). Us sont pour la plupart déri- 
vés de substantif et ils appartiennent à l'élément littéraire de la langue, 
non pas au vocabulaire primitif et populaire, quoique un grand nombre 
d'entre eux soient devenus d'un usage général dans le dialecte popu- 
laire : tels sont odiar, negociar, etc. Cependant, le mot populaire pour 
odiar, == haïr, est encore aujourd'hui aborrecer. Lorsque la dernière 
voyelle de la base, c'est-à-dire l'i, reçoit l'accent, cet i se change en ei 
(dî), et on dit : odeio, negoceio [àdâlq, negiisâîit). Il y a ici deux fautes. 
D'abord, c'est le verbe qui dérive du nom et non pas le nom qui dérive 
du verbe, comme c'est le cas pour ceux en -ear ; puis .on a confondu les 
deux voyelles e i, qui, quoique identiques dans une syllabe ouverte 
atone, ont une valeur différente lorsqu'elles reçoivent l'accent. 

Cette confusion regrettable se trouve surtout dans les verbes en -ci-ar, 
et elle tend à disparaître dans tous ceux qui ne sont pas devenus popu- 
laires : on dit aujourd'hui evidencia, providenda, et l'on ne dira plus 
gloreia au lieu de gloria dans le verbe gloriar, dérivé de glària. Selon 
l'ancienne orthographe du mot historia (estorea) on pouvait dire estoreia, 
qui serait blâmable aujourd'hui à la place de la seule forme correcte 
historia ' . 



I. il Die semble que l'orthographe estorea (on trouve aussi estork) a été tout 
simplement un expédient pour éviter ta prononciation îstorja (l'jlorin) lorsqu'on 
n'avait pas encore introduit la lettre /. M. J. Corna n'est pas de mon avis et 
suppose une prononciation différente pour \'e. Dans les < Chronicas Brèves de 



ÉTUDE DB PHOyOLOCrE PORTUGAISE 6? 

'Nom venons de voir que dans la rencontre de voyelles d'un mol à 
failre on observe en générai les mêmes régies que lorsque cette ren- 
oxitR a lieu dans le corps du mot. l'ajouterai seutemeni un tableau 
lèfui de CCS rencontres entre d, e et d'autres voyelles préioniques : 

f f = i. Ex. d ayetaa = àv^. 
À a, un i long. Ex. a armjçào = SrmaçàÙ. 
t i,aaà long. Ex. d aveian = âvjiii. 
J la, c'est-à-dire un 3 plus long. Ex. d armaçào = aârmaçJù. 
f t^, oa j par élision de f. Ex. forte abrigo = fàrtî^brigij = 

à M, ou à par élision de e. Ex. pobrt anista = pibrîàrilîtj = 

pàbrâriiitJ, prononcé aussi pihrsriiiu}. 
i U, ou è par élision de f. Ex. grande tpocha = grâdtéptiCf, 

plus rarement = gtâdip^k^. 
i U, ou / par élision de e. Ex. triste ermo = triMirmn, pins 

rarement = triiUrmu. 
i T, ou t par élision de f. Ex. dtM cvîtar ^ dlvltitdr, plus 

usuel = dèvirttdr. 
I (, ou i par l'élision de f. Ex. dtw atabeltwr = Jèruiiib^^ir, 

ou dhiii^biUcèr. 
i M, ou d par l'élision de f. Ex. dtvt opur^ dtvlôptdr, plus 

usuel = diràptdr. 
i là, ou i par élision de f. Ex. grande honor — gràdîôrrôr' := 

grâdirrCr. 
i iq, ou q par élision de (•. Ex. grande unhtiro = grâd'tU' 

ahâtrif, plus usuel = grâdanhàlrif. 
Si îif, ou simplement u, non pas û. Ex. tfn'f o homem = dh\- 

iièmii, plus usuel = dèvaàmàl. 

Ces élisions de IV muet sont assez capricieuses. 

Lorsque la vovellc initiale du mot suivant est accentuée, la pronon- 
datîon la plus commune rejene l'élbion , et IV devient î, suivant la règle. 
Ainsi l'expression /loie/iordj, «neuf heures >, doit se prononcer nôyrdr^; 
nMr^i serait un provincialisme. 

LV lïeutre des monosyllabes me, se, tt, Wc, que et celui de la prépo- 
riSoo de s'élident le plus souvent, et ce dernierprîncipalement lorsque le 
moi suivant n'est pas le sujet d'une proposition infiniiive i ainsi on dira 



Sme*» Crut de Coinibra » (Pof(URafi« Moimnunta Hiitorita, Scripiora^ v. I, 
(. i, ' ■ Txpis Academtcis M DCCC LVI, passlml, on trouve (a forme 

£> . qui lemblï indiquer une prononaatîon Itîriff ou bien Iflr/tt ou 

l/iru, IJU1 iOM iDoiniprotvibJes, 1 moins qu« l'on ne suppose un déplaccmmt 
4c racoon, qui d'ajllinirs n'est pas rare dans des noms communs dnenut 
propres. 



6S R. GONÇALVES VIANKA 

a casa ttdles (f kdzç dêlis), mais la phrase : no caso de elles nâo irem se 
prononcera nq kdzif dî illz nâ& Irâï, = a s'ils ne vont pas. » Cepen- 
dant, bien des écrivains ne font pas cette distinction ; ils écrivent dans 
les deux cas d'elles ou délies. Je fais cette distinction spontanément, 
même en parlant rapidement. 

Il serait assez minutieux et assez difficile de constater les différentes 
circonstances où l'e des monosyllabes, et surtout celui de la prépo- 
sition de et du pronom-conjonction ijue, lequel se prononce / devant une 
consonne, s'élide devant la voyelle du mot suivant : on entendra sou- 
vent d'ouio, dl oaro, dî àiro, jamais d'oiro, du moins à Lisbonne, où la 
diphtongue ô'i pour oa (ô") est d'ailleurs presque générale, surtout devant 
r. On ne dira pas non plus : portju'eu, poriju'eUe, sem qu'outro, do qa*anr- 
tes, para tja'homens, dix qa'ha, mais bien parque eu, parque elle (pqrkliù, 
pqrkiilO; sem que outra (sâl kiôtru), do que antes (dq kiâtis), para que 
bomtns (p^ra ou prç kîàmàîs), dix que ha (dis kîd). On peut dire qu'à 
Lisbonne on fait seulement l'élision de Ve de que devant une voyelle 
palatale atone d'elle-même, ou devenue atone par le mouvement de 
l'accent oratoire. Ainsi on dira : £ parque islo i bom, i parque este i 
bom [è piirkUstii è bô, è piirhiistè bâ), mais on prononcera i pqrkiîtî 
âmàî i bô (é porque este komem i bam), parce que l'emphase frappe le 
substantif komem, et non pas l'adjectif este qui le précède, et qui fait, 
pour ainsi dire, un seul mot avec lui. Il est évident que ces voyelles 
devenues atones par le déplacement de l'accent oratoire ne deviennent 
pas pour cela réduites, d'autant plus qu'elles ne sont pas proprement 
atones, mais seulement moins accentuées que celle du mot smvant qui 
porte l'accent oratoire : l'accent principal devient secondaire, voilà 
tout (voyez plus loin Accentuation). 

Influence des consonnes sur les voyelles accentuées qui les 
précèdent. 

Cette influence est le résultat : I, d'une consonne nasale; M, d'une 
consonne palatale. 

/. Influence régressive d'une consonne nasale. 

Nous avons déjà vu que les voyelles nasales à ê ô sont toutes fermées 
dans le sud du royaume. Les voyelles i à toniques devant une con- 
sonne nasale sont également fermées, lorsque la voyelle de la syllabe 
suivante n'est pas e : ainsi on prononce mono, pina, pinna (poena et 
penna) ; mais famé, homem, se prononcent fàmç, àmâî < , parce que la 
voyelle de la syllabe suivante est e. 

I. La proQonciatioD de i, b sous l'influence de la terminaison <m indique 



ÉTUDE DE PHONOtOCie PORTUGAISE 

Il en est de même des mots italiens en -ont, -om employés en portu- 
gais, (elâ que tromboae, Manzoni, qui ont un à ouvert, malgré l'o fermé 
qu'ils om dans la langue Italienne ' . La voyelle o est fermée devant nh, 
quelle que soit d'ailleurs la voyelle finale, pourvu que l'o soit accentué : 
ex. t^rgôaha, tnyjrgônho, tnv^Tgànhi, eavirgvnhdr. 

Sur la voyelle e devant nh, voyez plus loin « Influence régressive des 
consonnes palatales sur i et sur f ». 

La voyelle a devant n se prononce toujours fermée â (A, f ) -, ex. 
canna, mdno, damne, prononcés hin.i, màni{. ddnç. 

Devant la nasale nh. Va est toujours fermé, exception faite du verbe 
ganhar et de ses dérivés, car cet a radical reste loujours ouvert, qu'il 
soil accentué ou atone, gànho, gànhii. Cf. Va long du fran^is gagner. 

Devant la nasale m, Va est partout fermé, à la seule exception de la 
terminaison -Jtnos àt ta i" personne du pluriel du prétérit parfeit de 
l'indicatif des verbes de la i^ conjugaison (en -*ir). L'a de cette termi- 
naison se prononce ouvert à Lisbonne et Colmbre, et on fait une 
différence entre cette désinence et celle de la [<* personne du pluriel du 
présent de l'indicatif des verbes en -ar, ainsi que de celle du subjonctif 
des verbes en -ir et en -k. Dans le Mtnho, dans Tnîs-os-Montcs, dans 
l'Alemiejo, on ne fait pas cette distinction, et les i"* personnes du plu- 
riel des deux temps, présent et parfait, se confondent dans la i " conju- 
gaison, de même qu'à Lisbonne et Coimbre celles de ces temps dans les 
deux conjugaisons en -tr et en -ir. 

Il serait difficile d'assigner une origine certaine à cette disiinaion, 
qui d'ailleurs doit être très ancienne. 

Nous avons, par conséquent, des différences dialectales dans ces 
formes de la i" conjugaison. 



Verbes en ^ar. 


indicatif. 




Présent. Parfait, 


Nord du royaume 


^in^mtvs i}màtttpi 


Sud du royaume 


çmâmvs faiâmffi 


Centre du royaume 


fmâmpi ^màmvi 


Latin 


amSmus amàuiraus. 


Ordinairement on 


distingue dans l'écriture amimos de jmâmot. 



clairement que U valeur inctcnne île cell« diphtongue, écrite tt, était it et non 
DKàî. Cette pronancijtion s'nt maîntenur, cosirec je l'ai dit plus haut, dans 
rAIemtfjo, l'Algarve. jin^l tgu'au Bréiil, et même dam I» environs de Lisbonne, 
chez les S-thios, nui parlent un dîilecle très archaïque. 

I- L'influence de Ij voycltc finale sur la voyelle accenlufe des mots paroxy- 
toniqUM, de même que celle de la consoane suivante, domine telletacnl la 
langue, que les Portugaii ont une dt^culté extrême a Sien prononcer les 



70 R. conçalves vianna 

Verbes en -ir et en -Ir. Indicatif. 

Présent. Parfait. 

Nord du royaume d^bemçs, onblmQs dfbêmpî, oùblmpî 

Sud et centre dçvèmçi, ouvlmçi dfiimçî, ouyimpi 

Latin debëmus, audirous debuimus, audivTmus 

Subjonctif. 
Présent. 
Nord du royaume debàmoi, oùçàmoi 
Sud et centre dpiâmçs, ouçâmçs 

Latin debeâmus, audîâmus. 

On voit que la seule différence dialectale de quelque importance pour 
le sens se limite à la V conjugaison. Il se peut, cependant, que jadis on 
ait distingué dans ce dialecte le présent du parfait (i" pers. pi.) dans 
les deux conjugaisons en -êr et en -ir. 

Influence régressive des consonnes palatales sur i et sur/. 

A Lisbonne surtout, IV fermé tonique devant les palatales nh, Ih, j et 
X se prononce <1. Je désignerai cette espèce de palataiisatïon de ^ par 
deux points sur l'ë. Ainsi on dit t'énhp, gbélkç, y'èJQ, fécho, au lieu de 
tênkff, abêlka, yêjç, fêchp. L'e fermé devant une palatale ne se trouve de 
nos jours que là où les diphtongues ei, em se prononcent ^i, iî au Lieu 
de âî, ai, qui est leur valeur à Lisbonne. Cet ë devant les fricatives /' et 
X peut prendre un î subjonctif et il devient alors eî (= âî], par exemple 
dans seja, reixa, que l'on prononce sâjç ou sàijç, râx^ ou râîxa. (Voy. O 
Dialecto Mirandez, par M. Leite de Vasconcellos. Porto, 1882, p. 17.) 

L'e ouvert ne change pas de prononciation et l'on dit yilho, gèthâ, 
non pas v'élho, gélha. 

Il me semble qu'à l'origine cet obscurcissement de Vt fut produit par 
t'épenthèse de î, introduit sans doute pour faciliter la prononciation de 
la palatale. Cet 1 épenthétique devint donc la subjonctive d'une diph- 
tongue eî; et lorsque cette diphtongue, par dissimilation de ses deux 
éléments, vint à se prononcer ài, comme partout ailleurs, des mots tels 
que yçrmilhQ, egrêj^ se changèrent en vjrméîiAp, igriîj^, et par la chute 
de Vt en yçrmïlhç, igrïj^, qui est leur prononciation actuelle à Lisbonne. 



voyelles e et de l'italien ; leurs habitudes de prononciation les forcent à r^ler 
le son de ces voyelles sur les consonnes suivantes ou sur les voyelles finales : 
un Portugais dira toujours pi/no, pUna, au lieu de piino, piina, illtno au lieu 
de ilUno, dro, màrto au lieu de bro, mbrto, miîtiro au lieu de mistiro, issa au 
lieu de issa, pidno au lieu de piano, timpo au lieu de iimpo, dôn^ au lieu de 
dànna. 



£tUDE De PHONOLOGIE PORTUGAISE 7I 

Deisnt/i X, comme nous avons dit, plusieurs personnes gardent encore 
i'[. (Voy. sur le m£me phénomène en catalan Mîli y Kontanals, De lus 
Travadoret en Espafia, p. 463, n, 9.) 

Nous ne dissimulerons pas qu'une autre explication pour les mots 
saxo, eixo est aussi possible. Seixa (pr. iJJyi de saxum serait d'abord 
pour *w«o, 'saixo, par vocalisation du k de 'sakso; puis ai serait devenu 
et par assimilation, rapprochement des deux éli^ments de la diphtongue. 
Cependant, dans une note précédente, nous avons exprimé noire répu- 
gnance à accepter dans la généralité la diphtongue ci comme venant de 
âc-, et quoique la palatale suivante rende la vocalisation en l'moins invrai- 
semblable, l'explication que nous venons de proposer nous parait encore 
plus plausible. Dans cette hypothèse, jf/xo viendrait de saxum à travers 
les formes 'saiu, saia, satia ^ siUu, siî'iu. Comparez les roots haixo 
[bàiif] de bassum et cabu (ka'ii^t) de capsam, que l'on prononce aussi 
bdin, c4lç. Cette dernière prononciation est encore assez commune à 
Lisbonne, et baxo, uxa étaient autrefois tout à fait analogues aux formes 
de l'anden castillan baxo, caxa [bdlo^ kâla\ devenus plus lard bajo, caja 
(bti/o, kàxi*\t par une gulturalisation de la fricative palatale dure, peut- 
^re unique, et assez difficile à expliquer ■. Nous avons donc deux 



i. L« Andalous ont conservé les anciennes fricalivo douces lorsiju'cDcs 
sont méiiialfs, et se trouvent entre deux voycllei, lEs prononcent le / médiat 
comme y (du grec iDOdeme) et non pat comme y. U:tns un mot tel que htjo 
fandalous ^a^Oy castillan bJjfi t ae bassum nous pourrions supposer les 
torinet suivantes rntermèdiiiires : btuo, bax», ba!o, ba'oy baye, bitfo ; ctja {Ht^a) 
decilia i travers eiU, nîa, Uy'd, cc-jj, ctja. Une foule de mots se sont arrêtés 
i / on t' <r psiatal) : Uyi, Aojrti, etc. Ainsi nous dirions que \ latin »t devenu 
X i trtvtrs t'.y, le chingemcnl oe 1 en y' Mu grec moderne xh, ■\i^<^) étant 
phyiiologiquemenl très naiarel e1 assez commun. Diez avait déli démontré que 
reitiïtence de i en castillan n'est pas ancienne, et qu'elle n'est pas due i l'in- 
lloence arabe ; en effet, les fricalives post^ro Gutturales 'Aj, xa se trouvent 
ferrésentéts en castillan par /ordinairement, tandis que y. répond le plus souvent 
i 1 ou giT) arabes. Le mot iBadaioz *, prononcé par les Castillans cnoilernes 
baJa-ffA, se trouve sous la lonoe linâalhoait, dans les anciens monuments por- 
tjigaii, et est prononcé i présent chez nous bfifiM. Cette dernière prononcia- 
tion est due sans doute i l'influence Je l'orthograplie espagnole. 

Pedro de AlcalÂ, que je cilc de mémoire, représente le ya par une modifica- 
tion de k et le regarde comme un ton diliiulc; il représente le Un par x. 
Aujourd'hui le/ castillati ne ditiére que très peu du X'^ ■ ■' est senlcment un peu 
noms gratujl, le ^a arabe se prononçant, comme un sait, à peu prés xr, avec 
un r guttural. On a proposé che?, nouî one autre Ihéûrie : la prononciation 
flutturale du / castillan sciait due à l'influence allemande Cette théorie est 
insoulcnjble. D'abiifii le ch allemand n'est pas le / castillan ; puis le tft alle- 
mand se modilîe sous l'influence des voyelles palat-iles (1rs dialectes suisses 
peut-être truis exceptés), ce qui n'est pas le cas pour le / castillan ; puis le 
cA allemand, comme le c hébreu, ne se trouve qu'apréi des voyelles, tandis 
que le 1 castillan est, à peu près, toujours initial de syllabe i enfin, et c'est la 
ration la plus forte, il n'y a pas d'exemple d'une telle importation de sons 
étrangers ptu dans une langue aussi différente que l'allemand de l'espagnol. La 



73 R. GONÇAI.VES VlANHA 

formes dialectales dans le temps ou dans l'espace : l'une comptable à 
l'ancien castillan caxa, l'autre au catalan cabut, provençal caissa, vrai- 
semblablement prononcée ka'iia. 

L'a fermé (c'est-à-dire Va neutre accentué) n'est dû en portugais, 
comme nous venons de voir, qu'à l'influence régressive d'une nasale 
sur l'a, ou d'une palatale, y compris l'î, sur l'i fermé i car les mots 
p^r^i, c^d^i sont toujours subordonnés â l'accent du mot suivant, le 
premier étant encore presque toujours prononcé fn;. comme il l'a été 
à»ns le passé, ainsi que le prouve l'ancienne orthographe pera \j>çr^). 

Une autre influence régressive de la palaiale fricative (sonore ou 
sourde] atténuée ou plénisoname, est celle qui est produite suri'^ neutre, 
lequel devient j en conjonaion avec ces palatales ; ex. fiisiaria, dtsdiza^ 
chegar, lioje, prononcés jîfor'j, d'izdiiir, iigir, ôz't : nous en avons 
parlé plus haut. 

Le s (palatale atténuée sourde ou sonore], de méone que x et /, ont 
dans ce cas une prononciation plus palatale, c'est-à^ire qu'ils sont pro- 
noncés avec une panie de la surface de la langue plus prés de sa partie 
moyenne, et sur la limite du pal:iis et des gencives ; tandis que s (réduit^, 
X eiy en conjonaion avec a, ^» à, 6, a, voyelles gutturales, sont formés 
un peu plus en avant sur les gencives par la partie antérieure de ta sur- 
face supérieure de la langue, tout près de son extrémité. Si nous mar- 
quons par un trait cette pulatalisatîon, nous avons les combinaisons 
stùvantes, où i, i, i", c" désignent les palatales réduites : xà, xu, ù, xà, 
xa, jà, /j) je, jà, ja, ai. .is, àl, &i, as, àz, <}z, of, 6:, ai, union d'une 
consonne palatale avec une voyelle gutturale d'un côté; et de l'autre, 
x'è,x't, x'i (x{ oa xi), j'ij'i, j'i, àh', ^ix', àij'-, ^\j'. H, es, jj (fj, 
is) a, èi, i:, (i [fSf U), ii, union d'une voyelle palatale ou de la neutre 
f avec une consonne palatale modifiée, 

On voit bien que ces palatalisations ne sont pas tout à fait analogues 



puUoralisilîon de l'ancienne palatale, qui semble (tre contcmporairc de l'as- 
sourdivtrcnfnl dn anclcunn fricatives sonores, doîl ^(rc due i dct CJusn phy- 
sJobeiques, ou biffi rtle se trotivati dini des oijitectet ei peu i peu elle a rein- 

Elsce la païaulisation dans fa langue commune. La première de ces orieincs est 
1 plus vraisemblable, et je viens de présenter une hypothèse de pTu$ pour 
tâcher de l'expliijuer. 

Les (jutlurales arabes 'ha, yd, et aussi lu se trouvent rcpréïenlées en porta- 
gais par f, comme en espagnol ; cette dernière lingue 3 autsi h i ctii de /, ce 
qui n arnve lamaîs en ponugais, si ce n'est dans des mots qui ne oous sont pas 
parvetius directement Je l'arabe, comme ûhohol, Si>h,ua ; ce dernier se retrouve 
sout la forme Sjfârj, nom d'une localité. Lei formes Mj/omây MàfamtJe, par 
enemple, ont été modcrnecnent et i tort remplacées par Mahomii, et ch« 
quelf]U(-ï écrivait» qui » piquent d'une plus grande exactitude par Moliammtd : 
celte exactitude, toutelois, n'cil qu'apparente, car les anciennes (ormes étaient 
bien plus prêi de U prononciation arabe. Il en est de même pour Sakam. 



ÉTUDE DE PHONOLOGIS PORTUGAISE 7} 

ft la palatalisaiion des langues slaves, car dans celles-ci, ce soni les lin- 
guales qui deviennent sous-palaules devajit les voyelles palatales, s se 
changeant en /, et z en r. 

Influbnce médiate ou immédiate des voyelles atones finales e a 

{fit 'itfï ^UR t-ES VOYELLES ACCEHTUËÏS DE LA'SYLLABE PRÉCÉDENTS: 
RSrRACTION. 

On connali les phénomènes appelés Bttcliung et Umiaut dans les 
langues germaniques, et dont on trouve encore des vestiges remar- 
quables dans le haut-allemand moderne, en danois, en suédois, et sur- 
tout en islandais. Ces phénomènes se réduisent à deux : 

I" La voyelle palalale de la syllabe atone finale palatalise la voyelle 
gutturale de la syllabe accentuée précédente; ainsi a,o, u deviennent â, 
ff, ù : c'est la pénphonit, le Umlaui des Allemands. 

2' Une voyelle sombre, u, o, de la syllabe finale altère la tonique pré- 
cédente en un certain sens ; ainsi en islandais, où l'on retrouve d'ailleurs 
la périphonie très développée, ii devient v par l'influence régressive de 
u ou de à; lardis que o devient a par la réfraction de l'd final atone. 
Cette influence est, comme on voit, toujours régressive et n'a donc rien 
de commun, si ce n'est dans quelques-uns de ses résultats, avec Vhomo- 
phoaie ou paraiUlisme des voyelles dans les langues ouralo-altaiques ou 
ougro^nnoises ; dans cette famille de langues, c'est la voyelle tonique 
qui palatalise ou gutturalise les voyelles atones des syllabes suivantes, 
et non pas la voyelle tonique qui subît l'influence des voyelles atones 
finales. En hongrois, par exemple, 

on dit : bab, fïvc, h.ibok, fèves, au pluriel ; 

szék, chaise, székek, chaises ; 
mais âst, chaudron, ùslôk. chaudrons. 

La voyelle du suffixe se règle sur la voyelle du radical. 

Des deux cas de réfraction ou influence régressive de la voyelle atone 
que nous venons de citer, le portugais ne connaît que celui d'unevoyelle 
obscure rendant obscur, c'est-à-dire fermé, !e <; ou le o de la syllabe 
tonique précédente. l.a réfraction palatale lui est inconnue ' . 

Les lois de la réfraction en portugais n'ont pas été étudiées, que 



I. On poQmit i li rigueur comidirer comme nn cas de réfrsction palatale 
l'épenthète de t, populaire dans le mot yu^^xi, gaiitzf ^ miti, sntiQ^at i celle 
de ù datii le mot àùgéf pour ^gud, phénomène bien fréquent dans le ECnd, 
par ei. airU, haar£i, répondant au sanskrit iitt fâiyai, sarra. Elle serait en 
tout cal auez rare. J'ai au»i entendu dire i une dame, dans te nord du pays, 
Wji pour ISif {longei, et i des enfaiiu li&bùa pour Uiùa. 

HoMMia, XII f * 



74 "- COHÇALVES VtANNA 

je sache, dans toutes leurs tmporuntes inanifesiaitons. Je ne ferai que 
In citer, me réservant de chercha' à les expliquer plus complètement 
dans une autre étude. Elles sont d'autant plus remarquables que, dans 
un dialecte du moins, celui de Bragança, elles ne sont pas, à ce qu'il 
semble, observées : ce seul fait nous autoriserait h supposer deux dia- 
lectes, bien différents, de l'ancien portugais ; l'un dans le midi, où la 
réfraaion aurait lieu, un autre au nord, où ce phénomène ne se serait 
pas manifesté ; car il doit être antérieur  la domination arabe, et a sans 
doute son origine dans la prononciation du latin populaire dans cette 
partie de la péninsule. Ainsi le mot ôyo avec un o fermé s'expliquerait 
par le latin ouum, c'est-à-dire par l'influence de la voyelle sombre a de 
la terminaison -um ; et le pluriel àvùs avec un o ouvert, par le pluriel 
oua, dont la terminaison est un a, voyelle claire. La réfraction voca- 
lique se serait peu à peu répandue dans le nord, et l'absence de celte 
distinction dans quelques lieux, qui sont encore à déterminer, serait [s 
preuve d'une distinction dialectale antérieure à l'invasion arabe. 

Ce qui est hors de doute, c'est que ce phénomène constitue l'un des 
caractères les plus frappants du portugais, comparé aux autres idiomes 
néo-latins. Nous ne trouvons rien de semblable en castillan, en français, 
en italien, etc., et ce n'est que dans le roumain, où la voyelle o du 
masculin devient oa au féminin, que quelque chose d'analogue pour- 
rait être signalé. 

RCfKACTION dans LKS verbes de la 3* ET os LA J« CONJUGAISON 

(en -ir ET EN -ir). 

Verbes de la a* conjugaison en -ir el -tclr. 

La voyelle finale ; rend ouvert un e ou un o de la syllabe tombât pré- 
cédente, lorsque ces voyelles ne sont point nasales ■. 
Ex. D^vtr — div^, devis {dèviï) 
Cpmir^càme, cornes [kàmit) 
Rôir (rûir)—T6t (nSÎ), rots friti). 
N. B. On voit par le dernier exemple que l'e atone devient T parte 
quil est immédiatement précédé d'une voyelle : c'est donc par analogie 



I, Da« le nord, la naulité n'empêche point la rifraction (v. Birbo» Leîo, 
Coiifio et Etttidoi t Jocameatt*$ a \eyot ia Rcforiim i/j ottogrj^i tm itntUo 
sAnito, p. ^19, Lisboa, iStSi. J'ai eu l'occasion de m'en assurer : i Porto les 
nasales tonique* lubisient l'innuence de U rclnction, Tout comme \ti vojrelles 
orales du dialecte commua. Ainsi le verbe rtniitr s'y conjugue : r^dir (n =^ f 
nasalisé], rOU^ rtiJa ; le Ter be r<»nptr : niHpir, fûHpn, rinpa, el loalcs ces 
vojretles nasales sont gulluralisées. 



ÉTUDE M PHONOLoOre PORTUGAISE 75 

que l'on écrit la diphtongue ôf par ot, parce que la désinence du présent 
de l'indicatif à b 3* et à U )* personne du singulier, dans les verbes en 
•r/ et en -tr, est •<, -«i et non pas -i, -is. Les formes dcva = dèrii, cornes 
= kômit^ montrent l'influence régresuve exercée par la palatale i sur Vf 
qui b prêche : nous avons vu plus haut que t devient j en conjonction 
avec one consonne palatale '. 

Les voTcUcs fbiales 0, a rendent fermées les voyelles e, de la syllabe 
tonique précédente, quand elles sont muettes à l'infinitif. 
Ex. Dçvtr — dho, ihq 

Cçmir — càmç, o>m^ 

Rilr — rip, rô^. 

Noos venons de voir que l final n'empfiche point la réfraction; il en 
ai de même de la terminaison m formant U subjonaive d'une dipb* 
tongoe natale, avec i't ou /précédent (iû, j[i : 

El. dertm, rom^m, roem [dhÔtt kdmâi, ràîSÏ] 
dtvam, comam, raam (Jfv3ù, kimâù, rààù]. 

Noos voyons donc que dans les verbes de la 2' conjugaison régulière 
a -/r, la voyelle radicale a un des trois sons, lorsqu'elle est e ou 
oral: 

* I • atone = / — dner, prononcé dfvir 
i — descer, prononcé diislr 

}* tonique, terminaison /, Sï ; \dne, devem, dtsct, dtutm 
prononcée ouverte jdiff , dèvàl, disse-, dèstJÎ 

}• id. term. ij, ^. àù ; W(Wi, deva, dn»m, dfsço 

prononcée fermée Uivii,dlvii, dèySti, àistq 

I" nime = n — Mfïirr, prononcé tyni^r 
il — rotr, prononcé ri3(r 
2* tonique, terminaison ;, Ai; tCMit, comm, pr. kbmf, kàmXi 
prononcée ouverte 'nw, ro«n, pr. rdî, r6\à\ 

\como^ coma, comam, prononcés 
\k6mti, kbm^, kômSù 
\ — fido, TÔOf roam, prononcés r6ij, 
rûâù. 



|"id., term, if, j, àâ ; 
prononcée fermée 

prosoDcée fermée 






Les terminaisons claires sont r t, «, em (f, l, l; U, W ; àT). 
Les terminjBSons sombres sont : o;ju;a; am(^q; ^; q; ââ). 



1. Qttr piUtalJUlion nt propre aux dialectes de l'EUremadurj, Alemiejo 
et Alnne. AiUean on proaoflor dtvfs, limfs, parce que le i n'y ni poiat 
palatal, ■nti pbtAt Miu-cjuuniiu/. 



76 R. CONÇM,VES VIANKA 

Les verbes dont la voyelle radicale est d n'om que deux modifications 
de cette voyelle, qui y dépendent de Paccent, Va tonique n'étant point 
soumis à la loi de réfraction, Ex. bâtir, hàto, bâte. 

Les verbes dont la voyelle radicale est r, u, une nasale, ou une diph- 
tongue, ne subissent aucune modification de cène radicale. Les voyelles 
i, e, u, 0, et les diphtongues ài^ fî, devant d'autres voyelles, se pro- 
noncent /, ^^ ^l, t, lorsqu'elles sont atones, comme nous avons vu plus 
haut, et constituent par là autant d'exceptions dans ces verbes, pour 
suivre seulement la règle générale des voyelles atones ou accentuées. 
Les verbes dont la voyelle radicale atone est ouverte à l'ia&nitif 
n'éprouvent aucun changement. Ex. : 

Ettjuecer, csjfueco, «^wfd, a^ueee 
pr. iikisir, Uktsii, likis^t, lîkèsf 

Arr^tcer, arrefeçot arnfeça, arrefea 
pr. aTT^fhtr, ijrr0ui, ^irr^/à^i, .}Trffise. 

Je présenterai au lecteur la conjugaison du présent de l'indicatif dans 
tous ces cas. 
La voyelle radicale n'éprouve aucun changement : 
Verbe yender {vidti) = vendre. 
vendOf venitt, venit, vendemos^ vendeis, wndem 
vidq, vid'iî, vid^, vêd/mqU, védii, védàî. 
Verbe ramper (rSpi'r) = rompre, déchirer. 
rompo, rompes, rompe, rompemos, rompeis, rompem 
rSpq, rôpii, rôpf, rôphnni, rôpàii, rôpàl. 
La voyelle radicale devient neutre en devenant atone : 
Verbe baier {b^ir) = battre, frapper. 
bato, buta, baU, batemos, bateis, balem 
bàtif, bàt'ii, bàtft b4ti^^^i, bf/ti'ii, bdtâî. 
\it radicale, en devenant la tonique, s'attire par l'effet de' 



Reedur {rpfbh} = recev<Hr. 
reeebo^ rutbes, recebe, recebenos, recebeis, ruebm 
rfs^h^, FfsèbU, rfsibf, r^fblmtii, rftfbâU, rfsibâl. 

Corner (kumir) = manger. 
Como, cûmu, corne, comemot, eomeis, cornent 
Mmif, kàaiisy Jtwnf, kumimiti, kqmà'U, kàmàî. 

Ro£r (rûir) = ronger. 
roo, roes, roe, roewos, roeis, toem 
riq, ràli, rùi, rùêmifi, rqAU. ràtâl. 



ÉTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE 77" 

MtxtT [m'iUr] = remuer. [L't fermé devient é = à.} 
mtxo, mextt, mexe, mnemos, mextn, mextm 
mJiij, mfi'is, mèil, miiêmtii, miiàU, meUh 
La voyelle radicale ouvene ne change point : 

Aijaecer i^kisir] = réchauffer. 
a^tufo, a^tttces, atfaeu, atfueccmos, aijuacis, aquectm 
fi^it|, fkisii, i^kisç, <}kiti'mni, çkità'U, ^isâî. 
Eiemple d'un verbe en -tch qui subit tes changements dus  l'ac- 
cottOftion et à la rélraciion : 

Paruer \p^Tfttr] = paraître, sembler. 

partço, parws, parece, partcentot, pareceit, partuia 
P^ritif, p^rlfii, pqris^, piirestmus, pjfjadîî, pjrisâi. 

Les verbes irréguliers de la conjugaison en -er, ainsi que les verbes 
noaosjllabes (également irréguliers) ne subissent pas en général l'effet 
delà réfraction: leur voyelle radicale est soumise à d'autres altérations, 
_« bien De change pas. Ainsi par exemple : 

Sti^er (r^i'/r) » savoir. 
su, ubes, sabe, tabemos, sabeit, tabm 
sâi, sàbU, tàhe, sjbiiJH{Sy SdbâU, sàbàl. 

Ver {yir) = vmr. 
Vijo^ vis, vi, vimos, reda^ vitm 
vifit, vis, vl, yimifi, vWiî, vi'àl. 

Ter (i/r'i = tenir, avoir. 
teaho, uns, lem, lemoi, undes, leem, Um 
tânJin, tâli, tâî, timni, lidfi^ riiJl, \iàt). 

Ser [sir) = être. 
soa, et, é, somos, sois, sào 
li, èi, é, sômifi, sais, sâù. 

RÉFRACTIOW DAWS LES VERBES £N -i>. 



La réfraction dans tes verbes irréguliers de la ;" conjugaison en -ir, 
dont la voyelle radicale est a ou o, i ou e, est toujours exprimée par 
l'Orthographe, et elle s'étend aux verbes dont la voyelle radicale e est 
nasale ; mais elle n'est pas générale, comme pour ceux en -ir. 

Verbe fagir (Jqjir) - fuir. 
fajo, foget, fcge. fagims, fagis^ fojtm 

fm.Mt, foiu fqjimqî, ftûii, /âjàl 



R, COHÇALVBS VIANNA 

Verbe divtrtit [divertir} = amuser. 
divirto, divtries, diverie, divenimos, divertis, diverUm 
dfvlrtù, divertis, divirtf, dfVfrtiaiiji, deyçrtli, divértâl 
ou bien 

diyirîti, — — diytrtlmtiî, div^iî — 
_ Verbe vtstir (ristir) = véiir, habiller. 

yiao, vtstes, veste^ yestimot, yestit, vettm 
yliliif vèil'ii, yèite, y/jf/mijj, viitis, viitSi. 

La seule difficulté que préseniem les verbes à voyelle radicale y ou (, 
c'est de savoir si l'on doir écrire cette radicale par u ou o, par i ou «, 
lorsqu'elle est atone : l'éiymologie est généralement consuliée ; on écrit 
donc cusir, dormir, dapir, frigir, les voyelles radicales de ces verbes 
étant Hi {. Ils font au présent de l'indicatif : 
Cuspo, cospts, cospe, cuspimos, 
kàipif kiiiplmqSf 

dorme, dormtmos, 
dàrmf, dqrmtmuî, 

frege, frigimosy 
friju frijlmtii, 



kaspq, 
Darmo, 
dârmq, 

Frijo, 

Diipo, 
dUptf, 



kàspU, 
dormes, 
dàrm'ii, 
frega, 

dapet, 
diipis. 



coipu, Cûspem 
kiiipii, koipâî 

dormis, âormtm 
durmii, dàrmàl 

frigis, fregem 
fnjU, fréiàï 



despe, dtspimot, despis, desptm 
dèipe, dtipimni, diipis, dHpà't. 

Il y a encore une diiîérence entre la réfraction à la i* conjugaison et la 
réfraction à la ï* conjugaison. Dans la 2' conjugaison en ~ir elle csi de 
règle dans les cas cités. Dans les verbes en -iV elle n'est pas si commune : 
un grand nombre de verbes échappent à ce changement de voyelle radi- 
cale. Nous citerons, par exemple, lazir, roçiV, eniupir, permitiir^ tic. 
Dans plusieurs de ces verbes la réfraction n'est pas de longue date. 
Ainsi nous trouvons dans les Lusiades [canto lit, est. 105! acude à l'im- 
pératif, landis que l'on dirait aujourd'hui accède dans le dialecte commun. 
11 y a donc deux conjugaisons différentes des verbes en -ir, dont l'une a 
sa voyelle radicale soumise i la réfraction, et l'autre a cette vojelle 
inaltérable par rapport à la voyelle lînale atone. 

La réfraction dans les verbes en -ir, je le répète, embrasse ceui dont 
la voyelle radicale est e nasal (^). 

Verbe mentir (mitlr') ^ mentir. 
Minto, mentes, mente, mentimos, mtniis, mentent 
milu, m/f(i, n?/ff, mftimtii, mltls, mltàl 

Comme on voit par cet exemple, U voyelle radicale ne change qu'à la 
condition d'être accentuée, et U vojelle nasale devant les terminaisons 



ÉTUDE Dï PHONOLOOIR PORTUGAISE 79 

daires {, ji, àî reste fermée, du moins dans le dtaleae commun : / 
devieni é au lieu de monter jusqu'à i, les voyelles nasales étant toutes 
fiemées. L'effet est d'ailleurs analogue, car il y a auunt de diiTérence 
entre ^ et < qu'il y en a entre i et i. 

Réfraction dans les noms. 

Les adjectifs en -oso ont au singulier masculin ô fermé ; cet o devient 
ouvert au pluriel, ainsi qu'au féminin des deux nombres. 

J'y vois un cas de réfraction, c'est-à-dire d'influence de la voyelle 
finale atone sur la voyelle de la syllabe tonique, qui doit avoir sa source 
dans le latin vulgaire. Ainsi fprm&sQ de formOsum; muis f^rmàsoi de 
formosos, /i:îrmijiii,/i>rmdî^ii de formosam, formosas, l'u final seul 
y jouant le rdle de voyelle obscure. 

Que je sache, il n'y a pas d'autre exemple de cette flexion interne 
dans les diftérems dialectes néo-laUns. si ce n'est dans le roumain, où 
elle se borne au iémlnin Jrumôs, frumtfssif iiumoàsa, frumoàit. Dans tous 
les autres dialectes romans, Vo garde toujours le même son dans ce 
suffixe. Le toscan et le catalan ont un o fermé dans les quatre formes 
-010, -osi, -osa, -o« ; -as, -oios, -osa, -osas ; le français a tux, tust, 
tous, avec œ également fermé. Le castillan nous présente panout o, 
lequel dans ce dialecte est un son entre à et 6, dont le timbre ne change 
jamais, quelle que soit la place qu'il occupe dans le mot par rapport A 
l'accent. 

Les participes contractés, généralement employés comme des adjectifs 
ou des substantifs, et dont la syllabe tonique est fermée et a pour 
voyelle o, suivent la règle des adjectifs en -ôw, -iîm. Ei. : 
lùrïo; tÔTtoif tàrta, lànas 
mono; màrtos; màrta, màrtat 
pàfto ; pàsios, pàsta, postas 
um p^slo ; uns pàstos, uma posta, amas postas. 

Il 7 a un certain nombre de substantifs paroxytons dont la syllabe 
tonique a un o fermé au singulier, ci un o ouvert au pluriel. M. Epipha- 
nie Dias, dans sa Crammairt portugaise ', nous donne une liste de tous 
ces substantifs, lesquels sont les suivants : 

AbrolhOf almofo, cachopa, caroço^ ehoco, chùro, composta, cortwo, corno, 
atrpo, coivo, despojo, destroço, tscolho, esforço, esposo, estono, fogo, Jùrno, 
fora, fosso, imposio, fogo, mro/o, oiho^ otso, ow, peuoço, poça, porco, 
posio, priposto, TtjoTço, renovo, rogo, son, touorrc, tupposto, tijolo, tojo, 
tordo, loinOf trtmoço, troco, troço. 



I. Grammncd Portagvtiû, u edtçlo. Porto e Bngi, t8;8, p. 21 



80 R. CONÇaLVES VIAKKA 

tl ajoute au bas de la page, dans une note, qu'il ne faut pas faire ce 
changement dans les mois adorno, bolso, estojo, fotho, ^bo, mèlko ; 
mais il ne nous en dit pas la raison. Le mot adorruis, cependant, est 
généralemem prononc(! avec un o ouvert au pluriel. J'ai ausù entendu 
prononcer gristof Ipl. de gôsto) à des Algarviens. 

Nous avons supprimé dans celte liste le mot avô, parce qu'il est oxy- 
ton, Ce mot fait au pluriel avàs [avvi) pour les deux genres, au féminin 
singulier iiv^ \iir6\. A Braganija, on dit ayà au masculin et avôa au fémi- 
nin. Il y a des personnes qui distinguent avos = aïeux de avôs = grands- 
pères. 

Si de la liste donnée par M. Ep. Dias on élimine les dérivés composto^ 
imposto, preposio^ supposto (de posio) et môme ce dernier, parce qu'il est 
un participe, ainsi que les composés ou dérivés abrolho, esfarço, reforço, 
Tcmvo, nous avons devant nous une quarantaine de vocables, plus ou 
moins primitifs, qui sont soumis à cette loi dans le dialecte commun. 

Nous l'avons àè]% dit : il nous semble que l'origine de ce singulier 
changement se trouve dans les noms latins neutres, qui avaient -tun au 
nngolier et -<i au pluriel ; c'est donc un cas de réfraction qui s'est 
étendu à d'autres mots par une busse nnalo^e. On a formé tremdços de 
trttnôço comme on avait formé fàgos de fôgo, côrvos de cùrvo, par une 
fausse analogie avec le mol ovos (oiu) de ôvo ou u m ; ou plut6t le thème 
a un ouvert, qui devient fermé au singulier par l'influence de Vu de la 
terminaison, car dans les mois latins cités l'o a dû avoir un son ouvert, 
comme le prouve l'italien /iJrid, côrpo, pàrio, côrno, etc. 

Il faut remarquer que le mot tspàsc fait au pluriel ispèsos, mais que 
le féminin a un o fermé dans les deux nombres : etpàsa, «/hJj.;ï. En 
italien ce mot est également une exception à la régie des terminaisons 
-ôso, -osa, car l'o y est toujours ouvert (spho, spdsa) lorsqu'il est 
accentué. 

Quelques adjeclils paroxytons, dont la voyelle accentuée est un o dans 
une syllabe ouvene, suivent U règle des adjectifs en -àso^ -àta, par ex. 
nùvo; noios, này.i, nàvas. D'autres gardent l'o fermé partout; ex. tàdo ; 
tàdot, lôda, làdat. Dans ce dernier mot Vo est régulièrement fermé, 
parce qu'il répond â o long en latin ; dans nèvo il est fermé au masculin 
singulier pr l'influence de la voyelle finale; dans les autres formes il 
garde le son ouvert parce qu'il répond à o bref en latin : c'est donc 
l'inverse des adjectils en -iso, dans lesquels le changement de voyelle 
s'opiirc au pluriel masculin et au féminin des deux genres, puisque Vo 
est long dans ces formes en latin. Les résultats sont cependant iden- 
tiques. 

Les noms paroxytons dont la voyelle accentuée est t gardent généra- 
lement le son étymologique de IV, c'cst-i-dire i pour i, t ei i de syl- 



ÉTUDB DE PHOVOLOCIR PORTUCAISE 8l 

Ube fermée en laitn, è pour f et e de syllabe fermée ; ex. grigo, grigfl ; 
titto, stcta; Udo, Itàa ; azêJo, azida, etc.; béllo bilta; cèrto, dna; 
fin, flra; vilAo, vilha, etc., parmi les adjectifs; ctra, segrido (â c6i£ 
du mot savant secrtto), dido, dlla^frista, etc., parmi ]cs substantifs. 

On trouve cependant mèda de mëtatn ', mido de mStum castillan 
mitiio, régulièrement;; ffjîo, cè^a de caecum, caecani,de même qu'en 
iulien cîeco et en castillan ciego, est régulier, puisque ï'ae en latin vul- 
gaire était iraité comme e bref. 

En général, dans les mots proparoxytons il y a une tendance à pro- 
noncer ouvert l'e ou Vo de la syllabe accentuée, comme en italien, ce 
qui peut être comparé à la règle des voyelles brèves a e i o des propa- 
roz)tons en anglais. 

La voyelle t dans les noms n'est donc pas soumise i l'influence 
de la voyelle finale, comme il arrive pour o. On pcui cependant citer les 
pronoms démonstratifs isti, lue et le pronom personnel iUe, lesquels, 
quoiqu'ils ne changent pas au pluriel masculin, font au féminin esta, Isia^ 
nia, a^uctla dans le dialecte commun. Il est évident que c'esi là encore 
un phénomène de réfraction, puisqu'ils sont dérivés des nominatifs isie, 
ista, ipse, ipsa, ille, illa, au pluriel isti, istae, ipsi, ipsae, illi, 
il lac, et non pas des accusatifs istum, îstam, îstos, Jstas, etc. ■. 

Verbes de la première coniucaison (en -ar). 

Dans les verbes de la conjugaison en -jr, on constate un changement 
de U voyelle radicale accentuée, s on les compare aux substantifs de 
forme identique, changement qui n'est pas aussi évidemment dA à la 
réfraction. 

Toutes les fois que l'f ou l'o deviennent toniques, ils sont ouverts, 
tandis que dans les substantifs ou adjectifs à radicaux idenTtques, ces 
voyelles sont fermées. Kllcs gardent le son ouvert quelle que soîi d'aik 
leurs la voyelle fin.^1e de la forme verbale, pourvu qu'elles soient accen- 
tuées, orales, et qu'elles ne se irouvcnt pas devant une consonne nasale. 

Ce changement de son dans la dernière voyelle radicale est analogue, 
comme fonction, aux difTérentes voyelles des mots anglais bUed, blood^ 
sing, song, grecs W-fw, Xi-fc^, à l'allongement de l'e dans la forme vef- 



1. H. Omîllo Casiello Branco écrit mfJj^ ce qai indique une pronoDCiation 
différente et ré^uli^re 1/ = ti dans le nord 

2. Dans le Mitiho, !'« deî pronoms démorutratif» et pcrsonndi reste itrmé 
au féminin, cunime en lUlien ; on du donc : ■ Elle, èlla, este, Hla, bse, éssj, 
elles, èlhs, estes, estas, tacs, éssas. » Un de mes amis, né i Cabecelrat de 
Batto, et qui habite Lisbonne depuis trente ans, trahit son origine par ce seul 
provincialiioie, peut-être. 

HvmaaU, XII g 



8l H. CONÇALVES VIANHA 

haUt firme comparée à l'adjeclif /îrme, ou au déplacement de l'accem 
dans les vers dissyllabes anglais d'origine romane, leis que lo deùri, to 
présent, comparés aux noms ii<'strt, présent. Ce déplacement de l'accent 
dans les verbes est aussi de rjgic en portugais et en castillan; beaucoup 
plus dans le portugais, car tandis qu'en italien on dit la jibbtua, egli 
jÂbirrica, on prononce en portugais, aussi bien qu'en castillan, a fàbrtca^ 
eilefahica, avec un déplacement de l'accent i undis que le castillan dit 
et principiQ, yo piinciplo, on dit en portugais o principio, eu ptinàplo. 

Je donnerai quelques exemples de ces changements de voyelles. 

A c6té de l'adjecrif skco, siccot, sicca, siccas \latin siccunt, etc.] il y 
a le verbe sfccdr, dessécher, qui se conjugue de la manière suivante : 



uccais. 



uuam 

sèkdù. 



siteo, seuas, seeca, seccamoi, 
silcji, î?itji, tik^y sfkàmiii. 

De ce verbe on forme le nom d'action skca. 

A cfrté du subsuntif rôh =: rouleau, cylindre, on a les verbes rçlar^ 
ttiTolar, qui se conjuguent : 

rblo^ rèlas, rbia, rolàmos^ iplais, làiam 
enrolo, enrèlas, enrôla, enTtflâmos, tnrçlMs, enrùlam. 
A côté du verbe inc^rrar = enfermer, qui se conjugue ; 
enciiTQ, encirruSf tncèrraj enUrràmos, enc^rrris, tncénam. 



on a le substantif encirto, dont la voyelle tonique e est fermée. 

A côté des substantifs drco = cercle, âège, et clrca = cimetière 
d'église, et de la préposition à clrca de — h l'égard de, on trouve le 
verbe c^rcâr = entourer, assiéger, qui se conjugue : 

cèrco, ctreas, cires, Cfreâmos, cçrcJtt, elrcam. 

Du substantif ;}i}r^(}, pdriost on forme le verbe ip&rtdr, dont le présent 
(i"sing.) est itpàrlo. 

A c6té du verbe g^ldr, dont le présent li'« sing.) est gih, on a le 
substantif g//o = glace, avec un e fermé, quoique \'e du substantif latin 
soit bref, ei par conséquent celui de l'italien gch soit ouvert (00). 

Il en est de m^me de cira subst,, encira verbe; fàro^ afàro; f6no, 
forro; i6no, entorto. Ce dernier mot est un exemple frappant de tous ces 
changements de voyelles : 

Adjectif rfrfo, lôrfM, tèria, tôrtas; 

Verbe dérivé enlànOy tntirtas, enlorta, inf. entgridr, i" conj. 

Verbe primitif tôrço, tirets, torce, inf. tçrc/r, :• conj. 

Subst. dérivés r^tèrta, fprfdrj, tprminio, adj. tQrmentôso, verbes ^ 
mtaldr, tçrîi{Tdr; subst. composé t^eicilh. 

On peut signaler quelques exceptions à ces lois de l'altération 
voyelles e o dans les verbes de ta conjugaison en -nr. 



ÉTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE 8; 

a) Lorsque l'e ou Vo soni nasalisés, ils gardent, comme partout, le son 
fermé : 

asstiUo, aetenUSf asteaia, auentimos, assenlais, asstiitam 
Mltii, asltaîy aslta, asitâmtis, asitiils, asHâà 
conlo, contas, conta, contàmot, contais, contam 
kâlo, kôui, kÔia, kôtâmifi, kôtàli, kôtâû, 
lesquels ne se distinguent point des substantifs atsento, cûnio, conta. 

V) Lorsque les voyelîcs e o sont immédiatement suivies d'une con- 
sonne nasale, elles deviennem également fermées en recevant l'accent 
ionique : 

rèmo, rimas, rima, T^màmos, r^mâiSf rimarn 
à c&té du substantif abrimot= aviron. 

Mais on fait la distinction lorsque la nasale ne suit pas imroédtaie- 
mem les voyelles e o : 

(drao, tdrnat, Idma, torndmos, tçrnàis, tànrnm 
i côté de t^mo, tornot = un lour, des toars ; r^ômo = retour; emtôrno 
= autour. 

Le verbe tçmdr — prendre, a un o ouvert dans toutes les formes oi^ 
cet est accentué : 

tbmo, îhmas, thma, tçmâmos, lomJis, îimam. 

c) Lorsque la syllabe douteuse contient une diphtonguCi à ou oa = 
il, 6: 

feiro, ftiras, feira, feiramos, tarais, fâram 
fihif, fàîr^, fiîrf, }/uâmai, f^lrdU, fàlrâù 
i c6té du primitif feira (fiîrç] = foire ; 

roubo, Toubas, rouha, roubamos, roub^j rouham 
rùb^f Ttbai, rôb^, rôbâ'mi{s, rcîM'i, rà'tâà 

à côté de toubo (rùhti) = vol. rapt. A Lisbonne le peuple prononce 
rèbdr, tàbâmos, etc., avec un o ouvert atone, 

Lorsque la dernière syllabe radicale contient la voyelle suivie de f 
gutluralisé, cet est ouvert dans les formes du verbe où il est accentué» 
fermé lorsqu'il est atone, mais il n'est iamais muet, comme nous avotta 
vu plus haut. Ainsi à c6ié de l'adjectif tùlto, sôltos, il y a le verbe sdlldr, 
qui se conjugue au présent de l'indicatif : 

sèlto, tdltaSf sèlta, tàtti'moSf t^ttOs, sôltam 

Le peuple de Lisbonne, cependant, prononce \'o ouvert dans toutes 
les formes de ce verbe et d'autres analogues, comme vôliJr, nièliàr,ttc. 

d] Lorsque la dernière voyelle radicale appartient à une syllabe 
découverte, c'esl-à-dirc lorsqu'elle est suivie immédiatement de la 



84 R- GONÇALVES VUïJSa 

voydie de la nexion, elle garde le son fermé, quand elle est la tonique : 

mi^igàç, "i-^gàtiS, triiigô^, m.igôâmot, rritigôàU, magô'jm 
à cftié du ïubstamif màgâii. 

c\ Lorsque la voyelle douteuse est e suivi d'une consonne palaialc, 
cet € se prononce | lorsqu'il esi atone, et toujours à, que nous marquons 
par c, lorsqu'il est accentué. Ex. ficho, /çcAdr, fccha ; grtnha, d^sgri^nhâr, 
disgrcnlia ; i'^/s/ir, bjfeja, b^fcjo ; esptlho, ^spiUidr, tsptlha. Quelquefois 
devant Ih \'e reste ouvert quand il est accentué, comme dans gilhdy 
grclba, eng^lkdr, gr^lkdr. 

Il y a un mode assez connu de dérivation dans les langues ronanes, 
au moyen duquel on forme des substantifs dérivés de verbes, par le 
retranchement de ta terminaison de l'infinitif, laquelle est remplacée en 
portugais par ^i pour désigner l'action, et par p pour désigner le pro- 
duit ou le résultat, quelquefois aussi l'instrumem. Dans ces substantif, 
l'accent recule sur la pénultième. 

Lorsque cette pénultième est formée par les voyelles e ou 0, et que 
ces voyelles ne sont pas suivies immédiatement d'une nasale (et IV 
aussi d'une palatale], ou qu'elles ne sont pas elles-mêmes des nasales ou 
des prépositives de diphtongues, à, ou, on prononce è, dy lorsque le 
substantif est féminin, formé par la terminaison |j, et désigne l'action, et 
t, à, lorsqu'il est masculin, formé par b terminaison v, et sert i indi- 
quer le résultat, le produit ou l'instrument, quelle que soit d'ailleurs 
la prononciation de ces voyelles dans le mot primitif d'où dérive le 
verbe. 

Nous donnerons quelques exemples - 

Du substantif lîi'i}, pluriel ilroj, on forme le verbe d^sèvar, d^sàr^, 
d'oà le substantif d'aaion a dfîàva. Ce verbe a un d ouvert exceptionnel 
partout, lors même qu'il est atone. Il en est de même du verbe emmô' 
iA<fr, dérivé de môiho = faisceau. 

Du substantif ràda — roue, on forme le verbe r^^dr roda^ d'où le 
substantif masculin rédv ^= râteau, cylindre 1 voyez plus loin). 

Du substantif c^™ =- cire, on forme le verbe cnc^ràr, tnccia, d*où le 
subsuntif d'action a encira. 

Ou substantif tfrrj - terre, on forme le verbe entfrrir^ tnûrxa^ d'où 
le subsuntif masculin i} tnttrro. 

Nous avons bien des substantif terminés par ii avec des e ou des 
toniques fermés : mais ce sont des mots primitifs, et ta qualité de la 
voyelle dépend de son origine. Les substantifs tira, gotu, par exempte, 
ont leur voyelle ionique fermée, parce qu'ils dérivent des mots latins 
ccra, guita, u et i des syllabes fermées, et ?, 8 répondant à ^, (5 en 
porti^is, comme en italien. La seule différence entre ces deux langues 
consiste en ce que l'italien garde partout la qualité de ses c ou accen- 



ÉTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE 85 

tués, tandis que le ponugais ne la conserve qu'à la condition de ne pas 
troubler les an;i[ogies et les lois qu'il s'esi créées. 

Je présenterai une suite de mots primitif suivis de leurs dérivés, oîi 
ces lots et ces analogies pourront être pleinement analysées. 

Aà\. gôrdo, garda, verbe uigordâr, enghtdo, engàrda, substantif d'ac- 
tion .» atgèrda. 

Subsi. gùaa, verbe isgolidr, esgôtto, esgàlta, subst. d'action a esgàtta, 
Eubsi. de produit, instrument, o esgôuo (on écrit le plus souvent ces 
mots avec un seul t). 

Subst. môlho = jus, sauce, verbe mçUidr — mouiller, môlho, itiàtha^ 
subst. d'action a màUia. 

Adj. revôito, reviltjy verbe rtvoltdr, rtvolto, revllta, subst. d'action a 
rerbita. 

Subst. dàbro, verbe dpbrdr, dèbro, J^bw, subst. d'action a dôhra. Ce 
subst. désigne aussi le produit. 

Verbe rogiiT, règo, ràga, subst, râgo. pi. ràgos. 

Subst. jàgo, verbe jitgdr, jdgo, jàgfl.. 

Subst j&tTO = doublure, verbe f:>rrdr, fdrro, firra. 

Adject. fôrro — libre, affranchi, verbe f^râr, fàrroy forre, subst. a 
dajèrra = la revanche, de dtijçndr. 

Verbe co/ijo/ar^ eonsàto, eonsàla, subit, o consàlo. 

Adj. farte, subst. fàrça, verbe conhriàr, conf&rio^ confàrta, subst. 
confôrto. 

Subst. fôVia, verbe afoUiàr, esfolho, tsjèlha, subst. etfÔHu, subst. 
aiH folho — un volant de robe. 

SahsX.fôgo, pi. fègos, verbe nfogâr, rffàgp, rçfogj. 

Subst. fèrro, verbe /«rnir, firro, firra, sobst. d'action ffrrûy subst. 
afirro = attachement opiniâtre. 

Adj. cèrto, Urta, verbe dc0dr, acirta, acèrtu, subst. acirto = réussite, 
bon sens. 

Subst. ctvo, verbe cfér, cho, cèva, subst. civa = engraissement. 

Verbe pfgar, pigo, pèga, subst. ptgj, subst. apigo — attachement. 

Subst. r^^o -= sillon, verbe rfçJr = arroser, rîgo^ riga, subst. riga. 

Ad), sica, stcca, verbe ifccdr, slceo, sicea, subst. sicca, la sécheresse, 
le manque d'eau de pluies. 

Verbe esperdr = espérer, attendre, espiro, apira, subst. «p^ra = 
attente; verbe djsfspirdi = désespérer, desupiro, destspèra^ subst. 
deitsplro = désespoir. 

Verbe grlar, gih, gtla, subst. gélo, rtgfh. 

Subst. grih, verbe grdJr, grilû, griïa. 

Il faut remarquer que ce sont seulement les substantifs dérivés de 
verbes qui sont soumis à ces flexions internes. De l'adj. azido, azida = 



86 R- CONÇALVSS VIAKKA 

adde, acre, on forme le mhiiimii aMat = oscille, et le verbe audir^ 
aièdo, azèda, dont on pourrait former un lubstaniif d'action, en rempla- 
çant -tir par -a, et qui serait azida, et non pas aiéda. On trouve un 
substantif dzi.:) (pour azidla), acidité d'estomac, qui répond au castillan 
acedU, \'e cependant serait atone, s'il n'avait pas disparu avec le d 
(dxfiiia ; azcia ; azia] . 

Il y a dans les langues romanes un autre procédé de dérivation nomi- 
nale, qui a reçu un grand développement en portugais, et dont la vita- 
itté ne s'y est pas encore éteinte. Ce procédé consiste dans le change- 
ment de lerminaison de certains substantifs, désignant le plus souvent 
un objet matériel. 

En changeant la terminaison, on change aussi le genre; si le subs- 
tantif primitif se termine par .1 et est par conséquent féminin, le dérivé 
deviendra masculin par le changement de cet a en 0. QueLquefoit c'est 
le primitif qui est terminé en o, et le dérivé remplace c«t o par n et 
devient féminin. Ordinairement le vocable formé par ce mode de déri- 
vation désigne un objet qui a une grande ressemblance ou quelque rap- 
port évident de signification avec celui qui est désigné par le substantif 
primitif. On peut même dire qu'il y a un certain symbolisme dans ce 
procédé de dérivation nominale : lorsque le primitif est féminin, le 
dérivé mascuhn exprime communément un amoindrissement, une atté- 
nuation de forme ou de volume ; un dérivé féminin désignera, au con- 
traire, l'expansion, l'élargissement. 

Or dans ces mots, qui sont toujours des paroxytons, la voyelle accen- 
tuée peut être e oa 0. Lorsque la voyelle accentuée d'un primitif mascu- 
lin est é ou 6, ces voyelles deviennent i ou à dans le dérivé féminin. 
Quand le substantif est féminin, et se termine par conséquent en a, les 
voyelles ^, è de la pénultième tonique se changent en é, à dans le 
dérivé masculin. 

On peut constater les particularités suivantes : 

a) Les pénultièmes nasales, ou qui se trouvent devant des consonnes 
nasales, et Ve devant les palatales, ainsi qtte les prépositives des diph- 
tongues â, ou, ne changent pas. 

b) Les voyelles i, à de primitifs féminins se maintiennent, comme de 
raison, dans ces dérivés masculins. 

c) Lorsque d'un nom masculin désignant un animal quelconque 00 
forme le féminin par ce procédé de dérivation, la règle est ordinairement 
celle des adjectifs en -éso, -dros, -dsas : i devient à, l reste Inaltérable. 
On trouve cependant bien des exceptions à cette dernière régie : à c6té 
de pùrco^ pdrcos, pôrca, on a rôh, ràlos, rôla, tibo, iôhos, I6ba. Il ne 
serait pas difficile d'expliquer la différence : lôbo, par exempte, venant 
de tûpum, rd y est primitif et non pas dû à l'intluence de la voyelle 
finale. 



I 
I 

I 
I 




^^^^^ ÉTUDE DE PHONOLOCIS PORTUGAISE 87 


1 


^^B Je ferai suivre ces observations 


de quelques exemples, choisis parmi 




^^H les nombreux cas qui se trouvent 


dans la langue, de celte espèce de 




^^H dérivation, laquelle, comme nous 1 


'avons dit, a encore assez de vitalité 




^^H pour proijuire chaque jour de nouveaux d'érivés. 




^^^^^ Substantifs a voyelles invariables. 




^^^^H Primitifs masculins. 


Dérivés féminins. 




^^V Machado, cognée ; 


machada, hache. 




^^H ÇofatOy soulier; 


(apala, boite de paysanne ; console 
pour soutenir une poutre, 




^^M BUoy bec, pointe ; 


bica, tuyau de fontaine. 




^^^ Kio, fleuve, rtvi^e; 


ria, embouchure d'une rivière, bras 
de mer. 




^^H La^am, lézard ; 


tagartitf chenille. 




^^M Rjio, souris 


rata, rat. 




^^H Carneiro, mouton, bélier; 


eaneira, peau de mouton tannée. 




^^H Baèno, veau 


btzirra, génisse. 




^^M YiUlh, bouvillon; 


vitèlia, génisse. 




^^M Bicho, ver; béte; chat ; 


bicha, sangsue; couleuvre; chatte. 




^^M Primitifs féminins. 


Dérivés masculins. 




^^M Tita, mamelle; 


têto, mamelon, 




^H Cabiça, téie ; 


cabiço, monticule. 




^^M Bida, noce 


Mcfo, repas donné aux pauvres à 
Toccasion d'une solennité. 




^^M Cèiha, corbeille ; 


ctsto, panier. 




^^H CoTtiça, écorce, liège ; 


coniço, ruche d'abeilles. 




^^B Câfcd, écorce, pelure, coquille ; 


casco, crÂne; sabot. 




^^M Cûoàtia, lampe; 


candeiQ, phariilon. 




^^1 Vtiny veine 


veio> Blon; raie. 




^^H Casaca, frac 


casato^ surtout, paletot. 




^^B Caldtira, chaudière ; 


Cixidtiro, chaudron. 




^^^^H Substantifs a voyelle variable. 




^^^^^ E^miti^ masculins. 


Dérivés féminins. 




^^M éro, pi. èvos, œuf ; 


dKd, ceah de poissons. 




^^m Ptço, puits 


pàça. mare d'eau. 




^^B uch6po (dialectal), garçon ; 


c-achbpa .dialectal), fille. 




^^B siSigro, beau-père; 


sdgra, belle-mère. 




^^B CapfUo, capuchon ; 


capitla, couronne de fleurs. 




^^B SùldOy solidum, paie. 


silda, solidam, soudure. 





88 



R. GOKÇALVKS V1ANN& 



Primitifs réminins. 
Ràda, roue, tourj 
Oarèîta. bord; 
Canciita, herse ; 
Maçaràca, épi de mais; 

Carècha, carabe; 
Canilla, tibia ; bobine ; 



Dérivés masculins. 
TÔdo, râteau ; cylindre. 
ourillo, lisière d'une étoffe. 
canccUo, porte grillée. 
maçarôco, pain , gâteau cru ; boude 

de cheveux laineux. 
carôcho (adj.), noir (familier). 
canillo, os long. 



Accentuation. 



L'accemuatlon des mou portugais à l'état de radicaux est ordinaire- 
ment la m(me que celle de toutes les langues néo-laiincs, le françiis 
moderne excepté. 

Chaque mot a un accent tonique, qui frappe ordinairement l'avant- 
demière syllabe, lorsque la dernière se termine par une voyelle orale 
seule ou suivie de s, et retombe sur la dernière lorsque celle-ci est ter- 
minée par une consonne autre que s \i, r, zi, par une diphtongue ou 
par une voyelle nasale. Les mots qui dérogent à ces lois générales sont 
relativement peu nombreux. 

Toutes les autres syllabes du mot, lorsqu'elles sont ouvertes ou fer- 
mées par j, ou terminées en r avant l'accent, ont leurs voyelles réduites, 
si ces voyelles sont a, e, o, a, qui se prononcent f, f (j), tf. L'atténua- 
lion des voyelles est plus grande après l'accem. 

La différence d'acuité entre la voyelle tonique d'un mot et ses voyelles 
atones est plus considérable en portugais qu'elle n'csien italien ou en cas- 
lilUn, beaucoup plus qu'en français, presque autant qu'en anglais, ce 
qui est dû sans doute à la réduction qu'éprouvent les voyelles atones. 

L'accent de l'avam-dcrniôre syllabe domine la langue : pour arriver 
à ce résultat, les mots se sont raccourcis comme en français, et en géné- 
ral c'est lavant-dernière syllabe qui a été sacrifiée dan* les vocables 
latins daciyliques, ex. combro de cumùlum, linde de limïtem; bien 
souvent aussi la dernière, ex. caco de calcûlum (cast. cacho], mar- 
gem ianden et encore aujourd'hui marge), de margïnem. 

Cette panicubriié donne lieu dans le langage actuel à bien des dou- 
blets avec ou sans changement de signification, comme c'est le cas en 
français ; pour les mots cités nous avons les formes suivantes ; cûmuh, 
limite isous l'influence du français, car le castillan a iimiu), cdktûo. De 
telles formes ne diffèrent des formes françaises que par la permanence 
de l'accentuation latine, dont la tradition ne s'est jamais perdue en Por- 
tugal et en Casulle, comme il arriva pour la France et les pays de langue 
d'oc. En français c'est l'accentuation de la dernière syllabe qui a pré- 



ÉTUDE DE PHONOLOGIE PORTUGAISE Hg 

valu, Cl les mots d'origine populaire y sont communétneni plus courts 
que dans les autres idiomes n^o-)3iins. L'iulien possède et a toujours 
possédé un plus grand nombre de roots proparovyions, accentuation 
pour Laquelle on peut dire que cette langue, de même que l'anglais moderne, 
a une prédïlcciion, comme des mots tels que cristUnésimo, fataàiima^ 
etc., avec un / intercalaire, te démontrent. 

L'accentuation du portugais, de même que celle du castillan et de 
la langue d'oc, est donc conforme à celle de la grande majorité des 
idiomes connus- 

Lorsque l'aram-dernière syllabe est ouverte et que la dernière est 
une voyelle, l'accent recule ordinairement sur l'antépénultième. Cela ne 
contrarie nullement la régie générale, puisque ces voyelles e t, o u 
deviennent respectivement i, û, c'est-à-dire des semi -voyelle s, en quelque 
sone des consonnes; les mots agua, gtoria peuvent donc être regardés 
comme des dissyllabes, a-^ùa, gh-rla. L'ancien portugais changeait cette 
sone de mots en de parais dissyllabes, car il disait daga^ grôïra ; il ne 
saurait souffrir des proparoxytons, pas même ceux dont la dernière syl- 
labe serait simplemcni une voyelle. Cette mélailièse est bien connue par 
le grec littéral el l'ancien français. 

La flexion seule dans les verbes était et est encore exceptée. 

Hors de la flexion verbale, les proparoxytons appartiennent presque 
tous â la tangue savante, quoiqu'un grand nombre d'entre eux soient 
depuis longtemps passés dans la langue populaire. Du latin rigïdum la 
langue populaire a formé rijo en supprimant la dernière syllabe ; la 
langue savante a repris le mot latin sous U forme rigido, tout à fait 
comme en français loide et rigiJt; la seule différence entre le portugais 
TÎgiÂo et le français rtgiJe est due à ce que la tradition de l'acceniuatioR 
latine s'est perdue en France. 

Aucun mot par lui-même ne peut avoir trois syllabes atones après U 
syllabe accentuée, pas même dans la flexion verbale, comme il arrive en 
italien. Les seuls exemples d'une telle accentuation en portugais ne se 
trouvent que par suite de l'inclinaison des cas obliques des pronoms per- 
sonnels, lesquels se placent toujours après le verbe dans les propositions 
principales affirmatives. Ces pronoms sont : m{, U, se, Ih^, nçi, ypi, p, .jj, 
f, ,}i, lorsqu'ils viennent s'ajouter à des formes verbales paroxytoniques 
ou proparoiyloniques ; ex. coniavam-se-lhey davamos-t'o, prononcées 
kôntdvàùsilhi, dJiamtisiij. Quatre syllabes atones après la tonique ne 
sauraient se trouver dans aucune de ces combinaisons phraséologiques en 
ponugais. Elles sont possibles en castillan et en italien : ex. dJbamos- 
telo, poniituiornivelo. 

Il faut encore avoir égard à ce que les cas obliques des pronoms per- 
sonnels 0, Ike, me, etc. , sont tout à fait atones. Jamais un accent secon- 
daire ne vient les faire ressonir dans la phrase. 



90 R. COKÇALVKS VIAKMA 

Lorsqu'on veut ajouter l'emphase à un de ces pronoms régimes, on 
emploie le prépositionnel, toujours accentué \mim, H, si, elle, elUs, cUa, 
tUas, nés, vas], précédé de ïa préposition a à l'accusatif personnel et lu 
daiif, ou d'une préposition quelconque quand on veut exprimer une 
autre relation. Les formes absolues des cas, nous le répétons, sont par- 
fpiiement aïones ; tandis qu'en oisiillan ces cas des pronoms ont un 
accent secondaire, lequel dans certains dialectes se change en accent 
principal ', ou du moins allonge la voyelle qu'il frappe. Comparez entre 
elles les phrases suivantes castillanes et portugaises : deiîalé, declally 
deciaU, portugais dîzi,} Mf ; dÂbatelà, dàhaselà. dàb^telô, ponugais JJc^K'p. 

[| en est de mime pour le rythme des proparoxytons. Dans ces 
vocables, les deux dernières syllabes sont tout h fait aïones ; en castillan, 
au contraire, la dernière syllabe peut avoir un accent secondaire : cast. 
tûtauià, port, tûmiih*. 

En castillan on allonge souvent la dernière syllabe atone d'un mot, 
lorsqu'on parle cmphaiiquemeni, ce qui n'a lieu en portugais que bien 
rarement, par exemple dans les prt^ôtt de fruits, légumes, poisson, 
etc., qui se font dans les rues et qui sont il demi chantés : castillan cdsa 
ou Msâ, portugais casa. 

Les syllabes qui précédent la tonique sont toujours aïones, â moins 
que le mot ne soit d'une longueur extrême. Le mot portugais contribui- 
çào n'a qu'un accent, sur la syllabe -çAo qui le termine ; en anglais le 
mot correspondant a deux accents, dont le dernier est le principal, cdn- 
tribûtion. C'est là une particularité qui dénonce immédiatement un 
Anglais qui parle le portugais : il dira toujours càntrtbaiçâo"*. Ledé^ut 
contraire dénoncera le Portugais lorsqu'il s'exprime en anglais. La 
manière dont un Anglais prononce nos longs mots est en etïet assez 
caraaérislique : le vocable briiKixdtira = badinage, par exemple, se 
change en deux mots consécutifs, hr!m = toile écrue, cad^îra = chaise. 

Il n'y a en portugais que quatre cas de mots à deux accents : 

1° Les mots composés : trdg/S-mâlho, pôrta-machddo , ^luébra-nôta, 
qaàtToeinun. Plusieurs mots composés n'ont cependant qu'un accent : 
qbrAihos, m^ss^pd/s, torcicôlh. 

2* Les adverbes formés d'adjectifs au moyen de la terminaison -mt/ue : 
ricamittit, cJndidamfatt, ticatiainte, tritteminie, fetizmiau, ghriàtuninU*. 



I. V. Crjmâiuii Jt là Itngaa câtttUàna f^r iâ Atademia EspaMa. Madrid, 
p. 500-joi. 

1, ItiJ., p- }0I. 

j. Lorsque, pir la longueur du mot ou la difficulté de prononcer pluslcors 
voyelln »toat$ àt suite, on pUc« l'accent secondaire sur quelque i]rlI.iSc préto- 
ni^ue. le plus souvent sa place est difl^èrente de l'anglais ; ex. portugais «uuli- 
(«/(di), ingUis cénititiition, prçJiipei'çâi^ — pridispoiition, etc. 

4. Les grafflinatriens espagnols regardent l'xceflt de l'adjeciif coinnie le 



ÊTUOG DE PHONOLOGIE PORTUGAISE 9t 

N. B. La lerminaison -mente est un mot indépendant dans la locution 
adverbiale Je boa minic = volontiers, gern. 

t* Les diminulifs et les augmentatifs formés au moyen de l'inlixe x 
placé entre le radical et la terminaison diminutive ou auj^mcntative : 
prigùiinho, midhénînha, hémemzarrao". Ceux qui n'intercalent pas le r 
n'ont, au contraire, qu'un seul accent qui frappe le suffixe, et les syl- 
labes prôtoniques suivent la règle d'atténuation des mots primitifc, c'est- 
à-dire leurs voyelles deviennent réduites; ex. pr^guinho, mulhjrinha, 
tnaihpôna, pçrtào, rfgriaha. 

Cet accent secondaire frappe toujours, comme nous venons de voir, la 
syllabe du radical qui était afTeciée de l'accent plein à l'état de primitif, 
et la voyelle de cette syllabe garde le son qu'elle avait au primitif. Cette 
règle des deux accents est tout à fait opposée à l'acceniuation des 
langues germaniques, puisque dans celles-ci l'accent principal se main- 
tient ordinairement sur le mot radical, exception faite de quelques suf- 
fixes romans en anglais. 

Nous avons déjà vu que, dans le nord, les diminutifs ont toujours 
deux accents : on dit ràsinha, bbmnha, qui seraient ridicules dans le 
dialecte commun, oi) il faut prononcer Tt\i\nhix, btiiinha, en suivant la 
régie des syllabes atones. On dira cependant ràsdzinka, bûttaitnha, à 
cause de l'infixé t. 

Aucun mot 1 deux accents ne saurait avoir l'accent principal le pre- 
mier; celui-ci est toujours le dernier. Ainsi, si l'on veut faire ressortir la 
première syllabe des verbes sarprehender et appiàieader, ce qui n'a lieu 
que par emphase, on prononcera iùrpriêU/r î àprildfr, non pas sârprii- 
dir i dpritdér, et l'tt initial gardera le son j. 

Le quatrième cas de double accentuation se trouve dans les biluis et les 
conditionnels avec des pronoms régimes infixés, c'est-à-dire placés entre 
l'infinitif et le présent ou l'imparfait du verbe iiavtr, formation bien con- 
nue dans les langues romanes. 

L'accent secondaire frappe la terminaison de l'infinitif; ex. contd-lo- 
kio", au lieu de contarâo-o = ils le raconteront, recommendd-lo-ïa (pr. 
r^iimiddlil^) au lieu de recommendaria-c = je le recommanderais. 

Exception faite de la loi qui détermine que l'accent radical dans les 
vtrhci ne peut dépasser ta dernière syllabe de ce radical, la flexion res- 
pecte en général la quantité de la pénultième latine : c'est-à-dire que les 
suffixes flexîfs restent atones lorsqu'ils sont brefs en latin, et reçoivent 



principal danï les adverbes en -minu. Selon leur théorie. l'adverbe pùtUta- 
latittt se prononce fùhhceménti. Mon omlle cependant me ail que c'est li tout 
simplement uae théorie : l'accentuation réelle est en espagnol, comme en portu- 
gais, pûbliijméfile . 



92 R. CONÇAI.VES VUKNA 

l'accent lorsqu'ils y sont longs. Il n'y a que deux exceptions, \'\mt 
générale, l'aulre populaire, résultant de l'analof^ie. 

A h première et à la seconde personne du pluriel de riroparfait, 
l'accent, au lieu d'afTecter le suffixe personnel, se conserve, comme en 
castillan, sur le radical, malgré la longueur de la pénultième latine. Ex. : 
amdvj, amdvamot, amuis 

amâbam, amabâmus, amabstis 

dma, deviamot, àevitis 

debsbam, debebâmus, debebsiis 

Par analogie, comme nous venons de dire, le peuple reporte, en géné- 
ral, l'accent sur le radical au présent du subjonctif également, i la pre- 
mière et à la seconde personne du pluriel dans les conjugaisons en -er ei 
en -ir. Ex. : 

diva, dlvamos, au lieu de dtvÀmos 

fùja, fi'ijamos, — fujAmos. 

Ce serait là une faute grave dans k langage cultivé, inadmissible 
même dans la conversation; elle est cependant assez commune, aussi 
bien en Espagne que dans le Portugal, et n'est à vrai dire qu'une 
extension de l'analogie qui a irrémissible ment déplacé l'accent A l'impar- 
fait de l'indicatif dans les deux langues de la péninsule, déplacement 
qui s'étend aux verbes irréguliers, comme éramos, vinhamos, lamos^ 1^4- 
moi, trtis, vïnhtis, '\eis, viei$, etc. 

Ce vulgarisme est devenu la règle dans le dialecte mirandais (voy. 
l'intéressant opuscule récemment publié par M. Leite de Vasconcellos, 
Dialtctû Mirandez, Porto, 1881, p- ii-ij, cl n. l;^. Aux obser%'ation$ 
qui terminent la monographie du jeune et habile folkloriste, j'ajouterai 
qu'un autre dialecte, que j'appellerai le "bragançais > [brafijneiii cons- 
titue la transition entre le dialecte général du nord du pays et le 
mirandais. l'y ai fait allusion plusieurs fois dans cet essai, et avant 
peu je m'en occuperai avec toute l'étendue que mérite cefiilUr especial, 
dont la phonétique si caractéristique s'écarte beaucoup de celle de la 
langue générale. 

Les mots dont la pénultième syllabe est fermée ou naturellement 
longue (fermée par une diphtongue ou une voyelle nasale) ne sauraient 
être des proparoxyions. Des vocables tels que le grec IJnéral iJiiXjSîoç, 
^>.2:v3, n:«£j^ï,ou l'italien O'iranto irarei, l'anglais fUrj^^r, scavtnger, 
l'allemand dntiehmen, àfbiittn ou le russe ùU{ai /polonais ullia) seraient 
impossibles en portugais. Les seuls cas de pénultième atone longue, 
précédée de la tonique, se trouvent dans les verbes suivis des pronoms 
régimes, par ex. dàvAm-i'o, comprûvamos't'o, fizer<tm-n-o ou fiieram-o, 
que l'on peut comparer à l'exception déjà citée de mots bisdruccioli, dont 
le second de ces vocables est aussi un exemple. 



ÉTUDE DE PH0N0I.OCIE POUTUCaISB 9) 

On trouve asses rarement des mou dérivés ayant trois accents, tels 
que misericorJiosissimam/nlt (miifrikurd'tnilîim^mf't^) : ce dernier en 
est toujours le principal. 

Dam une combinaison phraséologique de deux ou plusieurs mots, 
c'est ordinairement le dernier qui porte l'accent principal; ck. diste nâvo 
fmo ({ue te dôu, apprenderâs o saffkuate para tnttndérti a ^ufifdp" de qtu 
u trdiia. 

On voit par cet exempte qu'il peut y avoir en portugais une suite 
dy atones, et que l'usage français de supprimer tes uns et d'accentuer 
les autres . ordinairement les impairs, n'est pas observé. Les phrases 
suivantes ont en français et en portugais un autre mouvement, une 
accentuation différente : dé <f ^lU jç lé dis — dif ifuf u digo, df tf tf 
HC^ir. Dans cette dernière, on dira tout au plus Jf ij t(' ff<btr. La 
})iriode que nous avons citée plus haut se prononcera : «i^iff aàvi{ livrij 
kf i{ dô ', jptfdtjH ij j/i/i-JÎr ' 'tç pjr^ îtidê 'r^xq kisiâù " dt kf s Iràî^ . 

Vf des cas obliques des pronoms personnels et du réflexil « est sou- 
vent tout à feit supprimé, surtout devant la voyelle ou la consonne du 
même genre que celle du pronom sourde ou sonore) qui est l'initiale du 
verbe auquel ces pronoms appartiennent logiquement ; on vient de voir 
un eiemple dans « de que it tracia «. 

L'accentuation des mots primitifs se règle sur la quantité de la pénul- 
tième du mot latin correspondant, et il faut la voir dans les dictionnaires'. 
Ordinairement on ne marque l'accent que sur les vocables qui pourraient 
se confondre avec d'autres vocables dont l'orthographe est identique, 
mais dont la prononciation est ditTérente. On marque encore l'accent sur 
tout moi bnÉssani par i, f, ^, o, d u.dans une syllabe ouverte ou fermée 
par t, lors même que de tels mots sont des monosyllabes, par ex, c'uà, 
pé, si, ti, ta, avô^ av&t cajû. L'i et l'u accentués, quelle que soJI la pbce 



I. Oa peut aussi consulter sur cette matiîre, comme sur bien tt'suires sujets 
te rapportant i U langue portugaise uiuelle, et avec uae grande utilité, la 
Noardit MitlioJt poar apprtndrt /j langm pertugûiie, eùtnpctii i'aprls Ut prin- 
ciptsdt F. Akn, par F. de LencastK. Leipzig, di« F. A. Brocihaus, iSSj, 
^livraisons. 

M. dcLencastre a fait preuve d'uncgrandesagacitiet d'unesprit sén«ox dans 
U rédaction de son petit traité; pour la mise en œuvre, il t'est surtout réglé 
sur la Cfimmâùt complllt dt U Ishpiu ûagUiu, par Charles Crarser, Leipzig, 
Brockbaus, 1878. Conme dans celle-ci, la prononciation des fflou eU presque 
partoil indiquée aa mojen de signes purement conwentionDCls. g^ncralcmetit 
d'une graode clarté, le souhaite et | espère, cependant, qoe dans une auUe 
édition de son excellente Mtth dt^ l'auieiir adopte une notation plus conforme 
Ml principes de la transcription scienlificjue : son ouvrage n'en acquerra qu'une 
plus granae utilité; plusieurs observations impoitanies, tn etiet, courent le 
risque de n'être pas assez bieo comprises, ï cause de la noialioa contradiclotre 
dont M, Grafser lui 3 donné l'exemple. 



94 ■*• CONÇALVES VIANNA 

qu'ils occupem dans le mot, sont rarement marqués de l'accent, lequel, 
selon l'usage le plus gérerai, eii en tous cas l'aigu '. parce qu'il n'y a 
qu'une seule espèce d'i et d'u. L'i surtout n'est presque jamais accentué. 

Les mots terminés en i, qui sont toujours des oxjnons, ne sont pas 
marqués de l'accent, quelle que soii la voycEle qui précède le z. Ex. 
rapaz, marquez, nartz, anoz, aUaçui, prononcés ri^jpdi, markii, n^rii, 
çrràst Àlcaçùi. Le plus souvent e et o devant ce z ont le son fermé l, ô. 

Les mots terminés en et, ol sont presque tous des oxytons, et les 
voyelles e, o sont ouvenes (i, 6) dans ces vocables. 

Les mots en dr ont toujours l'accent sur cène syllabe qui se prononce 
avec fermé (laiin -ôrcm), à l'exception peut-être unique des mois 
car {latin cor — cordis) employé dans la phrase di car =^ par cœur, 
mor (contraction de maièr], ma'tôr el piàr. 

Il n'y a que de très rares mots latins en -or, employés en portugais 
sans accommodation, qui gardent l'accent sur la pénultième ; ils ont par 
conséquent l'o de la dernière syllabe ouvert ; et. sàrir (écrit »ror), 
sœur, rcli^euse. 

Les mots en ol ont, à peu d'exceptions près, toujours l'accent sur la 
dernière syllabe, et l'o y est toujours ouvert, par ex. ^rr/M/, c^r^càt, 
l'ancien /rô/ (du latin florem, par le changement de la liquide / en r et 
par dissimilation du r final en /, non pas, comme les éiymologisies por- 
tugais le prétendaient, par métathèse ') ; la forme fiôf a prévalu ; elle 
doit être, cependant, d'origine savante : l'ancienne forme est/r3/. 

Les pluriels des mots en -ol, al, u/ sont formés au moyen des diph- 
tongues oa. aes, aes Ipr. èîi, â'is, u'\i\ par la chute de / médial, et c'est 
pour cela que l'd a le son ouvea, et qu'on en écrit la subjonctive par e 
au lieu de f . Ainsi nous avons roes de ràl, le nom de famille Frets, plu- 
riel de l'ancien /roi = fiùr, qui a donné lui-mime le nom de famille 
Flirts. 

Les adjectifs terminés en vd sont cependant des paroxytons, et l'e, 
également ouvert au singulier, devient cU au pluriel («i = tts = eUs). 
Ex. ^màvil. trmlvA, au pluriel amàvtU, trmhtîs. Lorsque la terminaison 
el est, au contraire, accentuée, la diphtongue ei du pluriel est ouvene. 
Ex. painU, dccèl, au pluriel paîniis, dçeiis. 

Presque tous les adjectifs et tous les substantifs en j7 sont des oxy- 
tons ; ex. iuhiil [sqùï], fijnil, au pluriel subtis, funls. Les adjectifs faal, 
utH, tiif/icil, inconsuùl et quelques auues encore sont des paroxytons; au 
pluriel -U Se change donc en t'ti (tU = iUi),fncm, uttis, di^ctis, incon- 
iujWï, prononcés /(Jf(iï, ûti'ii, dffiçiU, ïkôtâttU ; le peuple prononce 



1. La preuve, c'est que le mol (roi se iroavc en pro&e dans les anciens 
écrivains, et dans le ven hors de U rime. 



tlTUDE DE PHONOLOOIE PORTUGAISE Q{ 

fdcM, ùUl^ defisH pv une fausse analogie avec les adjectib en -avel, 
-irit. Les pluriels de ces adjectif deviennent alors fâciis, ûtèis, d{f- 
fieiis. 

le* substantifs en -/r, Ik peu d'exceptions près et encore celles-ci 
d'origine savante, ont l'accent sur la dernière syllabe ; ex. mullUr (le 
luia vulgaire disait muliêrem). Le mot charàcter {sot au pluriel charac- 
tta. On ne marque pas ordinairement l'acccm, pas même lorsqu'il 
frippe ravanl-demiôre syllabe de ces mots. 

Les mots en -Jr (des infinitiis de verbes de la 2' conjugaison) ont tou- 
ioun l'accent sur cette syllabe, lors mftme qu'ils sont dérivés de verbes 
en -ère latins ; ex. fjzir, d'utr, coxir. En effet, la conjugaison en -ère 
n'a laissé aucun vestige dans le portugais ou le castillan \ à peine si l'on 
peut supposer qu'à l'ori^pne le verbe potr \ponér, actuellement par) ait eu 
l'accent sur la syllabe poy puisque la contraction àç o -\- Ir tonique en A 
D'à peut-^re pas d'exemple dans la langue. Les verbes de la ;* conju- 
gaison latine se sont r(ïpartis entre la conjugaison en -ir [cTe\ et celle 
en -ir, bien souvent d'une manière différente dans tes deux langues ; 
ex. cadére, port, cilr, casùll. caer; dicere, port, dizer, castill. deeir^ 
00 dans deux périodes de la même langue. Plusieurs de ces verbes stij- 
vseot andennement une conjugaison différente et qui s'accorde souvent 
avec celle choisie par le castillan'. Il semble que le verbe catr est 
encore aujourd'hui cuir k Goa ; du moins je l'ai entendu prononcer 
uni i des gens de Goa, dont le portugais a depuis longtemps rem- 
placé leur tangue naturelle, le concani. 

Je terminerai cet essai en faisant remarquer que la prononciation clas- 
tt)ue du latin dans nos écoles cnirc pour beaucoup dans la valeur que 
l'on donne aux voyelles dans les mots que l'on emprunte chaque '^our A 
Cette langue. Le latin est prononcé chez nous à peu près comme le por- 
tagû ; nous pouvons cependant signaler les exceptions suivantes. 



i. V, Milfl. y Fûntanab, Los Troradwtt tu EspaSa, p. ^i6; Hici, op. tit. 
pus. , et surtout F. Adolpho Coelho, Titoria Ja Conjitgasio tm Lttim t Pottu- 
fui, Lisboa, 1871, p. C^-(>(>. Le choix arbitraire de fane det deux con|ugii- 
lOBS latines -Cre ou -Ire pour les verbes dérivés des verbes latins en -ère me 
leaiMe tire parfiilement eipliijué, du moin^ en espagnol cl en poiiugait, par !« 
perte absotoe de ctxxt coniu^aison. Il est i dêtirer que le sav,int roinnnisie por- 
tigats fasse «ne seconde Milion de son remarquable ouvragF, et qu'il y étudie 
h ^oestion int^msinie du râle des voyelles dans ta conjugaiîon portugaise. 
Cette qucstiua otfrc des prubitmes intéressants et asseï difficiles j rèsouilre. En 
Toici un. Tous les verbes réguliers ont le futur du subjonctif égal â l'infinitit, 
d l'imparfait de oc mode est en apparence formé en iempla;2Qt te i de 
rinBtitif par fM. Exemptes : 

jmJr, futur sub. a/ntîr, prêt. subj. ataisst 
tdh, (tii/r, eeéitsc 

partir, partir, pariiut. 

Mail presque tous les verbes dits îrrégaliers, y comprti U grande majorité 



96 R. GONÇALVE& VIANNK 

Les voyelles e, ont toujours le son ouvert lorsqu'elles sont ioniques 



df 



S 



X 



Infinitif. 


Parfait sing. 


Parfait pi. 


ifvtr 


itfri 


dptm^t 


[jr 


r 


eûzimof 
piimos 


ttttitr 


Iraau 


trouiimos 


diiir 


JiSic 


dtiùrnof 


navir 


piidc 


nouvimos 


hôavt 


Cablr 


(iutt 


loubimot 


Pôr 


pa: 


puiimot 


Ur 


(ive 


tiv'emos 


IV 


vint 


nimot 


tf 


fui 


fâmai 


Ut 


>■ 


finies 


tir 


w 


vittlQl 


f!ar 


Jei 


dtmos 



verbes monoîyllabcï, se comportent bien auUttncnt. Dans ces verbes, 
quelle que soit d 'pilleur} leur cbn|ug3i»n, le futur du sub{Qictii nt presque 
toujours différent de l'inliliilil, et il est lomf, quelques verbes, surtout mono- 
syllabes, excepta, par le tutfixe -ir avec un c ouvert; et le priièritdu subjofic- 
lil est iùTmi par le iuffixt -sst ptictàt de la même voyelle cu'a le tulor 
de ce mode, c'est-à-dire [c plus souvent i. En outre \'t de la termmaisor de la 
1" pcrKinne pi. du prétfrit de l'indicatif en ouvert, tandis que dans la seconde 
conjoaaison rcgulicre >1 est fermé. Pour le lutur et le prétérit du subjonctif, la 
vovclle radicale est générakmenl la mime que ccHc de la i'* personne du sia* 
gcilierdu prétérit de Tindicatif. Exemples : 

Seconde conjugaison régulière. 

" ' ' ' Prêter, sobj. Futur subj. 
de^iif dpli 

q\ùzitu amzit 

fi:lssc fizir 

tiotutiu tiMtir 

àhiiiif àitiit 

ouviiii Koat^ 

coubtssc foahif 

paiiise patir 

tniiU tirtr 

viiiSi viir 

faut tir 

fâtti f6r 

iUil iÏT 

Comme on voit, ces verbes appartiennent généralement i la conjugaison en 
■iTtX ils ont tous la I" p. pi. du narf, ind. en -imfli, le prétérit subj. es -iut 
et le futur de ce mode en -h, tandis que les verbes de la j* conj. régulière 
ont un l fermé dans toutes ces formes. Quelle est donc la cause de ce cHange- 
meni? Il eïit évident que l'origroe de ce sullîxe -tiîi eiigeratt un t fermé, et 
Cependant dans le verbe w'r, o{i nous le trouvons indéprndani, Wji;;, H a un < 
ouvert. Dans I» confugai&onis régulières le suffixe se trouve réduit i -i». ei la 
voyelle qui le précède est toujours celle de l'infinitif du verbe, iimn-iu, àitt-at, 
fuet-iic : dans les verbes irréguiiers que nous venons d'examiner, cependant, le 
suffixe paraît Hk -tut, i l'cxceplion des foimts JâiSt et nsu, ob U vovclle est 
disparue. On peut en dire auunl des suffixes •imot et -if du prêt. ino. et du 
lutuT subj. 

Dans un petit traité de la lanfpic portugaise iCùmptnJio Je Littiratarà Satio- 
nal — i — i4 Imgua pcrta^iuia], publié Tannée dernière i Porto, et qui est 
d'ailleurs un livre bien lait, l'auteur, M. F. Adolpho Coelho, consacre une 
petite note, i peine, aux voyelles portugaises dans des mots identiques en 
ce qui concerne l'orthographe, mais dont la voyelt'^ tonique a diRéretites valeurs. 
Ce sujet méritait sans doute, de la pari du savant rumaniste, quelque chose 
de plus détaillé, et surtout de plus précis. 11 est vraiment dommage que l'éminent 
professeur n'ait pas cru nécessaire de donner i U phcinétique une place plus 
importante dans son récent ouvrage, si remarquable sur plusieurs points, et qui 
sera lon^lenips consulté avec un avantage réel. 

Décidemenl, il y a fncore beaucoup i étudier en ce qui regarde les voyelles 
des langues néo latines, et le portugais est certainement l'un des dialectes les 
plus inslructifssous ce rapport, comme sous bien d'autres Cet essai n'a d'autre 
Dut que d'éveiller la curiosité des romanistes et d'appeler leur attention sur 
l'intéressante phonologie de cet idiome, encore si incomplètement étudiée jus- 

3uM ce jour, malgré les pfécieun travauï de Di«, de F. Adolpho Coelho et 
'autres romanistes. 




ÉTUDE DB PHONOLOGIE PORTUGAISE 97 

et qu'elles ne uni pas suivies d'une nasale fermant l^i syllabe ou suivie 
eOe-mtoe de a, o, u. C'est à cause de cène prononciation convention- 
DeUe du latin que des mots icis que ttU. forma ont la voyelle tonique 
ouverte en porlugiis, tandis que dans les mots populaires /f /a, forma 
jtBMtle]. I'< et l'o sont fermés comme dans l'italien i^a, forma. C'est 
aitsti cène prononciation conventionnelle qui, vraisemblablement, a fait 
donner la priltrence au son ouvert de ces voyelles dans les proparoxy- 
tons, tels que ripiica, hittèrtco, etc. £ et o ont de même le son ouvert à 
U 6n des mms, et l'on prononce donc en latin parce, fera. Ce dernier 
B»t se trouve représenté en portugais par deux vocables, fôm ex/ôro 
og (orum. 

Cette prononciation ouverte de \'e et de t'o final n'est employée en 
ponugaîs que dans les mots qui n'ont pas subi d'accommodaiîon onhogra- 
pkique, par exemple /raiieà-/tfu«(jno, anglè-lutû, mintmf, rèirô. 

Les voyelles ; ei o ont encore le son ouvert devant l'accent dans les 
syllabes fermées par quelque consonne que ce soit, excepté j, et ces 
consonnes sont loueurs prononcées; ainsi on dit en latin actôrera, 

feclîdnem. séptem. nôctûrnucn. quoiqu'on prononce en portu- 
it6% if/tâà, tti{, Offtûrav (aussi nàlùrap)- 

Les î M les u ne sont jamais réduits, lors même qu'ils appartiennent 
1 des déunences ; entre le moi latin se r vu s et le mot portugais slrvçi, 
hdiffe'ence consiste en ce que l'u de servus est plénisonani. L'accu- 
suif pluriel latin se prononce térv&î. 

Li voyelle a suh les analogies du portugais. 

La consonne t se prononce i à la 6n des mots : le mot fiât se pro- 
nonce donc /i^«i. Devant i et une autre voyelle, il se prononce c comme 
en français; on le change toutefois en c lorsque le mot btin est employé 
en portugau. 

On ne fait aucune différence entre une consonne double et une con- 
sonne «mple ; les seules exceptions sont r ci rr, s et m, car le rr esl 
vibrant, et le i médial devient sonore comme en français. 

J'indiquerai la prononciation que l'on donne à quelques combinaisons 
de lettres en latin ; ae — t; oe— e; aï — àî; ei — dî; uT — ni,- au 
~ âù ; tu — Ai ; eu — iù; y — î ; aro — âù ; em — /û; eum — 
tê;\m — T; um — C; an — in; en — in; in — in ; on — an ; 

UD — Ut. 

Les consonnes se prononcent généralement comme en portugais ; x 
cependant a la valeur de ks après l'accent, et celle de iz devant la syllabe 
locemuée ; â U fin des mots il sonne ki, qui devient itfz devant la voyelle 
initiale du mot suivant. Qa ga se prononcent kâ, gà devant toutes les 
voyelles, excepté u; devant celte dernière la subjonctive u est nulle. 
La consonne i snMe d'un repos ou d'une consonne sourde a la valeur 
xu 7 




çS R. CONÇALVES VUNHA 

de ï; devant une consonne sonore elle devient c, ei devani une vojrclle 
I, mime d'un mot à l'autre : elle suit donc entièrement l'analogie de la 
prononciation ponugaisc. On ne fait aucune distinction entre les Iongu« 
et les brèves, si ce n'est dans la pn^nultiCmc syllabe des polysyllabes 
pour déterminer la place de l'accent. 

La prononciation du grec dans l&s écoles se règle sur celle du latin, 
avec tes exceptions suivantes : y. ei ^ devant des voyelles palatales se 
prononcent comme cju et gfi avec un u muet en portugais, c'est-à-dire 
comme ch el gh en italien •,'^=zs;-/—k;fi—t; >f = f; z toujours 
comme f ; t devant une voyelle — s ; devant une consonne ou un repos 
s= j, i; ç suit l'analogie de s ponugats final ; p = r; p, ^p = rr ; e, 
X = ^ ; s, u = d ; i> =r u français ou u portugais ; comme subjonalve 
de diphtongue = 4 ; c-j — 6a; et, t,i = âï ; ot, ut -^ ôî devant une 
voyelle. = ôî devant une consonne ; ii et v [^ n'indiquent ta nasalisation 
de la voyelle qui les précède que lorsqu'ils sont suivis d'une consonne ; 
a, t suivent l'analogie de l'd el de Vi ponugais ; les esprits n'ont aucune 
valeur. L'accentuaUo» se régie sur la quantité de la pénultième ; on ne 
tientaucun compte des accents.— Il (aut cependant remarqucrquc cette pro- 
nonciation du grec littéral subit des altérations selon l'opinion de chacun, 
et l'on peut même constater une réaction salutaire contre toutes ces 
absurdités; celle du latin est peut-être irrémissibiemem ti}iée, ta con- 
naissance de cette langue étant incomparablement plus générale que 
celle du grec. La prononciation des noms propres grecs employés en 
portugais, ainsi que celle des motsscientifiquc&empruntésàcetle langue, 
se conforme i l'analogie des noms latins selon la prononciation conven- 
tionnelle des écoles, qui résulte de la transcription latine des mots grecs. 
On peut toutefois signaler l'accentuation de certains mots en -ia comme 
étanttdue à une manière difTérenie de lire te grec ; on prononce par 
exemple philosophie (siXû7Sf(a) et non pas phihsépkh ; on dit acaiemia 
fdxa2i}pL[a) et non pas acadimia comme le font les Espagnols ou les 
Italiens. 

Pour les noms hébreux on met en général l'accent sur la dernière 
syllabe lorsqu'ils se terminent par des consonnes ou des diphtongues et 
sur la pénultième lorsqu'ils se terminent par une voyelle. (Voy. passim le 
Nom<ndatort à la suite de l'ouvrage du pro^eur Conn^ieri Pcdroso, 
Compeidio de Hiuoria Onirertal, Porto, sans date.) 

Nous le répétons, la prononciation des mots d'origine savante dépend 
beaucoup de la prononciation artificielle du latin ; elle s'écarte donc sur 
plusieurs points de l'analogie dea mots d'origine populaire. 

A. R. GOKÇALVES VlANNA. 



MÉLANGES. 



LES ORIGINES DE LA FAUCONNERIE. 

H. Baist vient de publier dans la Zânchrifi fur deulschet AlUrtham 
(XXVII. so-6j) un anide aussi rempli de science que d'idées sur les 
«igin« de b fauconnerie. Il réfute d'abord l'opinion de M. de Hebn, 
ffâ attribue aux Celtes l'invention de la chasse i l'oiseau, et il la revert- 
<fiqoe, comme Jacob Crimm. pour les Germains. César ni Tacite n'en 
&ant moi, die serait postérieure au i" sitïcic et aurait été introduite 
liant l'empire romain par les Barbares qui, A dater du ur^ s., entrèrent 
en s grand nombre dans les armées et qui importèrent, i la même 
ipoque. le mot hur^us. La plus ancienne mention de cette chasse se 
trouve dans Firmicus Matemus \vers joc). qui donne aussi pour ta 
première fois le mot fako. Ce mot a jusqu'à présent opposé la plus 
lérieuse objection â l'opinion soutenue par M. Baist ; car comment 
croire, si les Germains ont inventé la chasse au faucon, qu'ils aient pris 
te nom de son principal instrument [h'atk\ aux Romains ? Mais M. Baist 
l'en lire en refusant i falco toute parenté avec faU, et en le rattachant 
ifjlttn, le V. norv. falki, anc. h. ail. Jaiaho, étant v celui qui tombe, 
qui se laisse tomber, « ce qui répond parfaitement à la façon dont le 
bacon »e comporte avec sa proie. Je doute que les germanistes acceptent 
un pareil procédé de dérivation, dont il faudrait citer d'autres exemples, 
et il est très invraisemblable que le mot falco (que je trouve aussi 
dans ta version latine du Pentateuque de Lyon, publié par M. Robert) 
ne soit pas identique aufaUo donné par divers grammairiens et gtossa- 
leurs comme signifiant « qui a les pouces ou les doigts de pied recour- 
bés; » M. Baist allègue que le faucon a plutftt les ongles moins recourbés 
qoe l'autour, mais cela est de peu d'importance : un nom général ou 
vague a pu plus lard se spécialiser. Il me paraît donc toujours probable 
que les Germains ont pris des Romains de l'empire la chasse k l'oiseau, 




lOO MâUKC£& 

qu'ils ont d'ailleurs biemAt cultivée avec une véritable passion, très 
naturelle dans leur genre de vie, ce qui explique que d'autres termes 
de fauconnerie leur appsriiennem. De ce que tsptrv'uT, par exemple, est 
allemand, il n'en faut rien conclure pour falco, qui apparaît bien plus 
anciennement. L'éiymologie du mut italien hgoro, ft. itarrtf ail. laoda^ 
me paraU encore fort incertaine ; mais le ituni pourrait bien être un 
perfeciionncraent postérieur. M. Baist établit d'ailleurs que gerfaut est 
non pas hierofalco ni gjro falco, mais le norois gcirfalk; que 
smeriglio, tsmtriUon n'ont rien à faire avec mak (quant à les tirer de 
l'ail. scfimerU, nom d'un petit poisson, il faut y regarder à deux fois), 
et que le nom du sacre vient de l'arabe. Il considère l'ail. Habuht comme 
ne provenant pas du celtique fieboc, et )\ peut bien avoir raJson ^quoi- 
qu'il reste à résoudre à ce propos des questions difficiles,:. Mais tl ne dit 
rien du nom roman qui répond à celui-là. Pour moi, je ne puis me 
convaincre qu'jWour ei ses congénères viennem uniquement d'accep- 
tor (influencé par aucepior), et je penche à croire qu'AsIurou ses 
dérivés Asturco, Asturius sont pour quelque chose dans le mot (cf. 
Rom. Vlll, 609-10). N'a-i-on pas là la révélation de l'origine de t'au- 
lourserie ■ ? Je ne crois guère non plus à laniarius comme étymologje 
de lanUr : le fr. serait iagnier, laniare n'est pas roman, et le latin ne 
forme pas de dérivés de ce genre. G. P. 

II. 

FRAGMENT DE RECETTES MEDICALES EN LANGUE D'OC». 

[Fol. I r'.)[i] ... serpoh, puliegreali, origan >, mîUuel^, de cascuna 



i. Pour qu'au 111* siècle une espîce d'oiseaux de proie s'appelit astor (dans 
k mime pasis^c ic Firmicus Maternuj où est nomoté le/tf/tfl, il fallait <)u'on 
les iti venir d'Aslurie. donc qu'ils fussent domestiquas et uiiliifs. 

2. Ce fragment, dont l'écmiire est du XIV' siècle, a été trouvé dans les 
«rdes d'un manuscrit de la bibliothèque de Nimes, n' 1)729. Ce ros., qui «t 
au XIII" siècle, contient la Sammu Je cesibui de Rnimon de Penafort. Le frag- 
ment est ^crit sur un feuillel double en parchemin, qui pourrait être considéré 
comme le centre d'un cahier s'il était démontré que atcl-H est un mol de la 
langue d'oc. Le verso du feuillet 1 se teroiine en effet pu m et le recto du 
(eutllct I commence par tljt. Il est plus probable que ces deux syllabes appar- 
tiennent i des muu différenls. cl que dm est la fi^n du mot mtUlat. Le verso 
da feuillet 1 est collé contre le plat de la reliure en bois. Décoller ce feuillet, 
qui est en auei; mauvais eut, serait une opération délicate, mais qui foarDirail 
la ooaiinualion du texte. Le fragment que nous publions occupe donc trois 
pages. II y a 16 lignes dans la première, aj dans la seconde et autant dans la 
Iroivième, en tout 76 lignes. Les dimensions des feuillets sont i peu pr^ celles 
de nus volumes in-i3, avec moins de hauteur. 

}. Serpolet, nrp;llum^ Ubiét- 

4. Pouliot, mtniha paUsiont^ labiée. 

[. Orisaïuàm ntjeare, Uoiée. 

î. Acmtlta millfptium, synantbérée. 



k 



FRAGMEKT DE RECETTES MÉDICALES TOI 

de ku plantages*, agremoni^', salviat, penthafilon 4. pilosela t, conso- 
lidi* mager e menrc. hcrba drparalizi 7, ceniri galli\ pinpinciao, calcn- 
iJbU '■*, barba Aron", memastre", sijîel sancia Maria'), scrofularian, 
enpaiori 't, fenol '*, arthemiza '?. dipian ■*, pionia's, violaria»", cdra»' 
imenca, mttfud, cauls rochu", lenaseï »«, herbade Roben'-t, lormcn- 
ulb M, nepia »*, onigas »?, de las cimas de la carbc roch >», ana '» M.î» 
.j.) Tog*' major, M. ij Sian irincadas loias al monier.epueys colai.ela 
coladora sw^ue a l'umbra ; e can comensara esser espes. fay ne Iroces '» ; 
e<ioan ne voiras uzar, dessol ne .j. am vî blanc, e dona ne a beure al 
{Mcùn de mati e de vespre. 



I. PbhUia, piantago, pUuUKin^. 

3, Afrimmtta rapaloria. rosacée, 
}. SXuge, tattu offitiMûlii, labiée. 

4, Oti(\-itv\\it, fn'tfntilh npians roïie^. 

5, Hiimcium pitoulla, tynanthéree. 

h. CoiiKwdc, symph^tam offianaU, atripIJcée. 

2- Pnmuij rtfu, pnmuLcée. 

è. Petit mu^urt, aipeioU cJorata, rubiac^e i (ruilles lancéolées lertnlnfcs 
fit one petite p«inip, de xj.Tpqv, potnie, et de ^dJ/ioft, plante ainsi ilili* 
Bie : • Oal^iûti, hert^j est mulcit mioitnitque floribus luldi et odoratis : esl 
( wtoB species Aspergulx. Cennanice vocatur RaariUcn. « Celte d^5nition ett 
licé« d'un tuité dr phirmacie (lu XV[< iJKle, Jonl le titre manque. C'e« un 
peut tn-S* de xxvj-^^j p. Il y est question des écrits de D. Jscobus Syivius, 
tx^ai PatiiitnsiifQUi en est pCDt-£tre l'auleur A la fin du volume on lit : 
Ugiam. ticaJe^i TitcohUat Piginus, Ce livre rare appartient à M. Charles 
UoUrd. bibliophile i Nîmes. 

9. Pimprenelle, ianguitorb4 o/^cîitaUt, rosacée. 

10. SoDci, (aUnâula offiunaiis, synanihèrie. 

II. Bittorte, pù(yeoium Httorta, polygon6c. 
la. Menthe poivrée, mmha pipwiu, labiée. 

IJ. Sceau de Nûtre-Dinie, lamat cominuau, dioscorée. 
14. Stro'alanii nrjosâ, scrofalarife. 

11. Eupat^num cama^narr}, tynjnthér^. 

16. Fenooil, maham fœn'iialam , ntnbcUifèrc. 

17. Amotte, artcmitiii rM/^jf», synanttiérée. 

18. Oictame, <)/i\rjnujn dittûmnuî, bbiée. 

19. PÎToiDC, pomnia officumlis, renooculacèc. 
lu. Giroflée violier, ihttruiitbai tbt'ui, crucij^. 

31, CUckone lierre terrestre, Clukoma ktdtrauam, labiée. 

it. Cbouz rougn, crucifère. 

J). Taïuisie, tcruetUm vat^art, syiunlhér^ 

J4, Gennium llottrtijnam , géraniacée. (Cette ktfbe i Rahrt figure dans te dtl 
ta pros« de i'F.rknt <iii( lubînai a publié d»ttt ses notes sur Rutebeul (i* éd., 
IH. 181», rt a imgaliéreireiit embarrassé l'éditeur. — Réd.J 

aj. TermfiitilU uttta. rosacée. 

36. Herbe ass cfiats. ntptta caterui, labiée. 

31. Orties, iinirc oreni, nriicée. 

39. Soinmités de chanvre rouge, tannahii tmficâ, cannabioèe. 

39. De t^i, par parltei égales. 

)0. Mampvium. une poifioée. Le manipnlut venait des médecins arabes, 
CMHK le pagtlltt}^ l'amcii et autres po>dt. 
{t. Canner, rtiha timiorum, robiacée. 
)]. Trodn»quct, rondelles ov morceaux de pite inédicameateuse séchèe. 





102 MÊLANCCS 

(2] Emplaust a tota nafra, et a irayre ferre, o fust, o tola autra quai 
que te vuelas. 

1^. ' Itlargi' d'aur, .j. lîtira; galbano) -f-* .j. ; armoTiiac i, -f ijîoli- 
ban^, mirra~, enccs, vcrdet^t opuponac9, aristologia longa '■■« ani 
•7- .].; bedelli ", se atroba am ta mirra que es moi ctar, -^ .ij.; 
cera nova, ;- .viij.; oli mot andc de olivas ", .ij. Duras. Fay ne enguen. 

[}] Emplaust a tota nafra de tôt lo con. 

4. pegua naval ■) . rezina blanca, ana .j. liura ; trebentina >«, liura r m; 
cera blanca .j. quan'*; galbano, -;- .j.; mirra pura, -r ** ; aristo- 
logia redontJa '7, -, '" .iij. ; coral rog '9, masiec ", ana -f- .j. Cassa al 
mortier aquelas que fau a quassar, e fay l*enpl.iust am vi blanc (i^^ en lo 
cal seran cuechjs aquesias erbas; i^. betonica*^ berbena^*, consolida 
majer e menre, centaura't, pilozela, ypericon»*, ana M. .).; herba ser- 
pentaria >>, los caps sobeyras de !a carbe, ana M. .j. Lava las «t après 
sian conquassadjs et aian remobi en vi blanc per }. iom natural, e bola 
tant l'aygua que se g.iste la moniansa det vi Pufys cola o e met i de 
lach de femna que noyrisca mascte, f quart. K rcmena bc entre las mas 
aqucst enguen am oli de rozas agreslas »' bedegarias, que tant se val. 



1 . Reupta ou rttipt. 

2. Protoxyde de plomb demi -vitreux. La lîlKargc d'or est celle dont U cou- 
leur it rapproche de l'or. 

J. Galoanum, fçomtne- résine tirée du katon gulbanam ou du ftraU gelba- 
mftra. 
4. Ce signe désigne Voncc, douii^ine partie de la livre : anctam amm. 
j. Sel immoniac, ou chlorhydrate d'jmmoniique. 

6. Du bas-lilin oiiftafiam, résine nommée auui encens. 

7. Gomme-r^ine du bahamedatdroa myrka, lérébJnthacée. 

8. Vert-dc-gris. 

9. Kéïine de l'opopanax pjstinjta. 

10. Arislolock'ia lottga, ariitolochiie. 
ti. Btdfllium, résine du Levant et des Indes orienisles. 
la. Les rormuleî preicriveut loujourï l'tiuile pure el vieille. 
IJ. Poix navale £u coudron. 
il. T^rÉbenlhinc, ruine liquide provenant des conifères et des tirèben- 

thacks. 

1 J. Ce signe (dans le ms. une i longue arec barre oblique) iquivaut ï ttmii : 
demi-lirre, muia lia/n en provençal. 

16. C^rt de livre ou troi^ onces. 

17. AntlolDihia rotunda, arittolochîée. 

18. Ce signe indique la iiachmt, synonyme du grM, ou huitième partie de 
l'once. 

19. Corail rouge. 

20. Voir page (, note a. 

11. Bitoine, kaontea offidrtalis, labiée. 
11. Verveine, rtrb^n.i offiimhs, verbénacée. 
2). Cttttaarej ctauarium, synanthérée. 
24. Millepertuis, hypiricxun ptrforatam, hvpeftciaèe. 
:j. Serpentarre, jfam ieacaïualus, aroidec. 
a«. Fleurs de l'égUntier. 



FMGVENT DE RECETTES MftOtCALES Ic) 

[4] ExDplaosi cicatriuiiu, encarnaileu. si^llatiu. n. oliban ben gum- 
Boc, tant can voiras entro j. liura .j. quan. E met en drap de II, et 
aqoi ù liai et pauut sobre l'ola, en la cal sia l'aygua formen cauda, c 
non toque l'argua. E quan sera ben mol, pren oti de lumbnx ' e psla 
ziD lat mai am lo dig oli. Si vols far que w per nalra, pasia am 
oU de rotas agrestas, que se apela bcdegari. 

[{] Autre emplaust que comunamcn uze. 

*. Trebentina tavada en très ayguas très bes, .j. quart; de enccs 
giiBBOt be luzen e triât, -;- f ; de pois * de lumbrix, ; ,j. ; cera blanca 
TBrgei|iK sufisca. Pueyscola o, e canscracolai meiahom ... polveras. 
so es a saber del mastec > e dels lumbrix, malexan, so es a dire remenan 
entre Im mas u (fol. 2 r») clal encems. 

[61 Emplaust a traire os cranei, que vol dire de la testa quan es trin- 
ot, ses lezio. M. oU mot andc, cera citrina *, aoa -f .j-; U ordura del 
brusc de Us abelas ! , ana • -;- .j. cl f . Apres, nf. euforbi?, 7- '^*; lach 
dethinal*, autraoïen apelada la chuscla, -r -ij-; aristolochia redonda, 
-f .\. et f'. E fay lo en manîeyra de cerot t. 

[7] Emplaust ..... dîsicaiiu et am ayso engcnraiiu c^m. tt. pegua 
naval, colofonia ''', ana ('liura; rezina, .j. iiura; galbano, serapiu ", 
innonbc, opoponac, scordio^', lapdan '1, ana -^ .j.^ oliban, aloes'*, 
«rra, sarcocot m, ana r *'; trebentina, .j. quart; oli de rozas, -r .iïj.; 
cera que abesic. C fay t'emplaust. 

[S] Unguen desicaiiu et airaaiu. n'. cen de boc '^, f* liura ; cera, -J- 
Jij. ; oli mini, f liura ; pegua naval, colofonia, résina, ana ^ liura ; 
mirra, aloes, ana -^ f ; gallarum baUustiarum '7^ que vol dire los botos 



I. Hnile de lonbrici. Dans quelquM panie<i du Piémont on emploie encore, 
coatre la rbtuoatisaies et la KÎaliqDC, de l'huile qui a servi 1 tain: frire des 
vers de terre. 

J. Poudre de lombrks. 

{. Mastic, rétine du ttniirJkttf Uatatus ou pitUtia Unthtm. 

4. Qre jJuiK. 

{. Fumver d'slieiDes. 

6. Ama ne pem se comprendre qu'après deniou plusieurs espèces ou drosues 
phxnnacetiiKiDM Or il a*»i queiljon ici que du luinter de mclK..4n4i csl donc 
probableineiii une erreur da copiste. 

;. Euphorbe. 

B Tnnymale, aiphorHê taprustit, etiphorbiacée. 

9. Cèrat. 

to. Colophane, résidu de U distillation de la lérébcnthine. 

II. Ucutarde, tmi^it lugra, cmcifére. 

IJ. Gcnnandrce, tiacrium uotàmm, labiée. 

I}, Bardane. ùtttmm hppa, synambérée. 

14. Résine dfs aloès, liliacées. 

II. Sarcocolle {colle-chair), rèstoe qui hitc la réunion des plaies. 

16. Sai^ de booc. 

17. Pour trf/jutlûruin, de bdhitiùun, fleur du groiadier. 



104 MÉLANGES 

en flor de las milgranas < , sanc de drago ', ana -^ .j. ; la razis de yreos i , 
que vol dire espazela que esta sus las paretz fresca, ^ liura; la pois de 
cornu servi ust 4, -f Jj.-, trebentina, .). quart. Sia fach unguen. 

[9] Bevenda contra scrofolas, gitatoyras per las vias de la urina. <}. 
scrofularia, philipendula f , ana 4 .j.; trefuel *, -~ -ij.; pimpinela, -7- .j.; 
primule veris, que auuamen se numma herba de sant Peyre?, pilozella, 
ana -7- ^; cantari[da] 

Ed. BONDURAMD. 

III. 

AMANTIN, AMENTIN. — AMENTER? 

Amantin : n Mot obscur, dit avec Scheler M. F. Codefroy, dési- 
gnant une sorte de toupie. » 

De la tourpie aux amantins 
M'esbâtoie soirs et matins. 

(Froissart, l'Esp. amoureuse, 241, Scheler.) 

L'amantin, ou plutôt Vamenùn, n'est pas la toupie, mais la corde dont 
on l'enroule pour la lancer et lui imprimer ce mouvement de rotation 
qui la fait vhndir, comme on dit encore aujourd'hui dans la Haute- 
Normandie. Ce mot se rattache évidemment au latin amentura, cour- 
roie qui servait chez les anciens à lancer les javelots et autres traits 
semblables : 

Intendunt acres arcus amentaqae torquent. (Virgile.) 
Amanîer, atnenter, si toutefois ce verbe existe, a la même origine que 
amantin : 

Vous qui par les forests plaisamment ombragées 

Faites d'un trait d'arc que votre main décoche 

Culbuter le sanglier si de vous il approche, 
Et des voix de vos chiens, vivement ameniez, 
Fuir d'effroy les chevreuils et cer& de tous costez. 

(Cl. Gauchet, la Chasse da cerf, p. lyj, en note ; Bibl. elz.) 

« J'ai déjà rencontré ce mot, dit Blanchemain, éditeur de Gauchet, et 
j'ai mis ameutez, croyant à une erreur typographique. Peut-être vient-il 



1 . Grenades, fruit du punica granaium, myrtacée. 

2. Sang-dragon, résine du cafamas draco, palmier. 
J. Sisymbriam officinaU, crucifère. 

4. Poudre de corne de cerf brûlée. 
S- Spiraa filioendula, rosacée. 

6. Trèfle, tri/olium pratense, papilionacée. 

7, C'est encore Vherba paralysis. 




TBNTATIVAS KTIMOLOCICAS |OJ 

faim atnentare, qui signifie lier avec une courrme ou bncer avec 
(ne. > 

Il en certain que h leçon amtnttz parait pr^érablc dans le passage 
que nous dtons ; en tout cas elle se rend autorisée par le vieux mot 
matin. Mais un seul exemple n'est pas toujours probant'. 

A. Delboulls. 



IV. 




TENTATIVAS ETIMOLOCICAS. 



AGUANTAR. 



I 



Con la misma fonna aparece en los dcmAs dialectos peninsulares ; en 
portugués se dice lambJén agaenur. Es de origen germànico, y el con- 
npto fundamental que enuana es el de « permanecer, mantenerse, per- 
wverar, » seniidos que ofrece en varias de sus modittcaciones la raiz 
MB. iDiefenbacb, Ooih. Wb. i, 160, i6j. 166; Pou, WiVb. U, n, 139; 
Sdade, AUdtaitcnes wb. %. v. vonA Por lo que hacc i la forma, cor- 
responde agadaîar con mâs exacthud al danés venu, sueco fànta, 
«aguardar. » 

AMACAR. 

Al iratar de investigar el ori^cn de este oscuro vocablo se présenta 
desde luégo la dificuliad de saber si ha de buscarse et camino paniendo 
dcl sentido puramenle maierîal de « movimienio û golpe con que se 
amenaia », 6 si m»s bien ha de leniurse ventura rastreando por el con- 
cepto de ti intenci(in 6 voluntad de cjecuiar algiln acto >■. Por el primer 
bdo no hallamos salida, pueseldmdgdrpor«esconder» iverbo de sentido 
material) que ofrecen cl provenzai y dem^s dialectos peninsulares afines. 
M se d^a enlazar f;icitmenie con noesiro verbo ni en cuanio al sentido 
ni en aumo â b consirucdon. Por el segundo se me ofrece esta conje- 
Rira : ta inienci<Sn de ejecuiar prâximamente algûn acto, asf como lam- 
bién la proxinidad con que ba de veriticarse algdn succso n feni^mcno, 
puede expresarse con un lérmino que signi^ue que se liene la posibi- 
Ijdad â la voluntad de ejecuiarlo. Se dice que uns teja » putde caerse » 
aundo hay motivos para temer que asi suceda ; « quitre llover > (en 
tnglés it wilt rain, il hoks as if meant te lain ; Head, Shalt and Will, 
p. 6a) se dice cuando la apariencia del deto anunda una lluvia prdxima. 



I. [Le lit. ammtuin et le verbe amenlare exiiieot dam l'eip. amanto. 
■ ooarroie •, amtjnjr, « tancer avec une courroie >, ce qui rend plus vraiscm- 
bbUc leur existence en français. — G. P.] 




tù6 MéLUNOES 

Ahora bien, s! suponemos que amagar es el germ^ico magan, que 
envuelve aquellos dos sentidos, tcndremos que <■ amaga llover u es lo 
mismo que «puede6ifaureliovezn,vamagabjriucQiT\eie^[mi»ei % qutrîan 
acomelerme. » Voy S ensayar ordenar las construcciones del verbo caste- 
llano tomando porbase este concepto. 

a. Constniyeie con un infinùivo que dénota cl acio que se va à ejecu- 
tar priiximamente : « Los enemigos amaguban bombear y eafionear la 
A pUza. n Qujmana, Cartas à Lord Hoiiand^ 9, • 1^ arenida amagaba 
t inundar sin rcmcdio la escena espanola. » Id. htroà. d b poesla eas- 
Itlhnj en el sigio XVUI, j. « Se habfan extendido [las tropas] hasta 
(I Martzanares y amagaban aproximarse h las gar^antas de Sierra 
u Morena. .) Toreno, Wwf. lib. 6. 

A este infiniiivo suele anieponerse à, sin duda por analogfa con tirai, 
mirar, aspirar, con los cuales dénota cl blanco ù objeto à que se enca- 
m'ma la imenddn : « El enemigo amagaba à atacar los puntos de Sierra 
Morena. 1» Jovellanos, Def. de la Junta Ceniral^ 2, 2. 

b. En lugnr del infiniiivo tiene cabida un nombre : n Los antiguos 
v para piniar la imprudcnda y condictân de la muier, pintaban una belli- 
K sima doncella pisando un gallardo mancebo y dando la mano n un 
« horrendo salvaje, que con un ûudoso bastdn amagaba un golpe .1 sus 
a hermosos ojos. » Pkara Justina, 2. 3. t. 

Este acusstivo puede callarse, lo mismo que cuando se dice U Jiô, U 
tiré, U aunà, U pegô : ■ Como vicse atravesar un pucrco jabali por 
(f delante de ellos, amagaaàa [el golpe] al puerco, lirtS el venablo i Foco 
« su hermano y le mat6, » Graciàn, Moriltt dt Platarco, fol. 8j, en el 
Ùia. de aaiondades. 

Es singular la siguienle construocidn de Quevedo, en la cual no se 
que analogja pudo seguir : 

AfUnos contrahacla, 
Ahitos disimalaba. 
De milagras amagah» 
A las horas dd comcr. 

{Mata s , Ittr. sttt. 10.) 

(. Omitese cl acusativo, pero se colige por el contexio : « Amag^ 

■ [berir] pero no hiere. » ^ Ama^a [salir] y no sale. •> « En los dfas de 
« feria damos licencia que en las liendas, Plateria, calle Mayor, el ver- 

■ dadefo caballero de la Tcnaza amagat, y no dé. • Quevcdo, Carias 
dti C&h, dt ta Tinaza. En este pasaje podrfa haber alusidn al juego de 
muchacbos llamado amagar y no dar. 

d. Usado en absoluio se toma en especial por « hacer ademânpara dar 
6 araenaur ». El objeto que se emplea para hacer el adem^n ô demostra- 
don va acompaiiado de can. Esta construcdén guarda analogia con dar. 



I 



TiNTATIVAS ETIMOLOCICfcS 107 

ittrur, tirar fun golpei coa an pato. a ToHo lo que podia sisar y hurtar, 
«inta en médias blancas, y cuando te tnandaban recar y le daban blan- 
■ ce, romo ël carecia de vista, no habfa el que se ta daba amagado 
acoBtlb, cuando yo la lenia lanzadacnlaboca.y lamediaaparejada. » 
Karudo dt Mendoza, Lazarilto Je Tomei, i. 

Arnagis coD la vida y dai la muerte. 

(Id. Eltgta I Si no puede razoo i.) 

Pues s6lo es justo que aderte 
Cuaado iim<f ^d con favores 
Y ejecula coa desdenei. 

tCaldcr&n, La vida tt ttufio^ a.) 

Cirgado i veces de aplomadas oubes 
Amuga cl cîelo cor tormenU oscura. 

(Poster Diaz, La lana.) 

t. Stn complemento alguno, se particulariza mus el sentido y signlfica 
*tmaazar con sdeman de herir v. » Hasta que llegue este tiempo, cl 
tiefior se détient y espéra, y entre tanto algunas vcces amaga, y en 
«Qegindo aquel tiempo, hiere y asuela. >■ Rivadeneira, Trat. de ta 
triuUàin, i. i]. 

Que ei el niedo en el vulgo, letnejinte 
Al riiido qoe eo tj aube se levaola, 
Qoe, sifl herir, con amagir espania. 

(Valbuena, BtrnarJv, 14. ï 

Ed aXi forma se usa meuforicamente iratândose de ciertas cnferme- 
ibdei y accidentes : « Ni en su vida conoci6 otro mal, sino una espede 
« de aUerecIa que le anugfiba de cuando en cuando. u Moratin, Ei tî de 
£u BtHai, t , 4. 

/. Varios escritores modemos, como Quintana y Martlnez de la Rosa, 
enptean este verbo como sinénimo de amcnazar, y lo construyen con 
KQsadvo de persona ; lo cual, hasta donde se me alcanza, no se hizo en 
edades anieriores de la len^ua. 

En njraa, pues, la forma, el significado y la construcdàn de amag/ir 
no repugnan la etimologfa propuesta : el germànico ma^n, * poder, 
qoeier, n con la a proitética que aparecc en otras voces de igual ori- 
gen. como apiardat, aguantar, agualttr, Sàlo una dilicultad queda, que 
00 di&imularé, y es la que ofrece la historia de la palabra : la construc- 
dân coa iniinitivo, que habrfa de ser ta m^s antigua, es, à juzgar por 
loi ejeraplos citados, la màs modema ; aunque es ciefio que la construc- 
66n con un nombre de acciiSn aparece ya en el sigio xvii |en la Pkara 
Jaaiaa). Fero como este vcrbo no es de los que mis à menudo ocurren 
en noesiros escritores (de Cervantes, por ciemplo, puede asegurarse que 



I08 MELANGES 

no lo us6 en [as obras qoe de él tenemos), no liay fundamento suficien- 
temenie solido para dccidir el punto. Pasajes ameriores at sigto xvi no 
tenf^o anoiados sino los sigui'Cmts ; « Todo omne qui sacaret cutello 
<t auezino uel filio de uezino, uel amjgaret cum illo, pectei .îj. m*, a 
Futros 4e Madrid, ano I302 (Mem, Acad. HUt. VIII). 

No se como lo visics, 
Que en lugar de ver cegastes, 
Porque d cllos jmâgAstts 
Y é. voî en lleno heriïles. 
(Montoro en el Cane. Je Racna, pâg. ixxvj, Madrid.) 

ARROJAR. 

Indica Diez \E. W., t. y.) como origen posîble de arro/ar una forma 
nur semejante al francés ruer, del latin ruere, la cual, mediante la 
interpolaciôn de la / para evitar el hiato, dan'a ru/jr, y de ahi rojar^ 
arrojar. Contra esta ctimologfa, dada ya à su modo por Covarrubias, se 
ûfrece la djficultad de que arrojar no aparece como voz usual en casie- 
llano sino del sigio xvi aci; y sîendo tan comiin desde esa época, séria 
menesier que, si se hubiese formado dentro del casieltano niismo, aquel 
rudr figurara hacienda sus veces en el période que precediô i su apari- 
ctdn. Pero eslo no se verifica. Es, pues, de creerse, en consecuencîa de 
lo dicho, que arro/jr ha venido de otra pane en su forma actual. Pero, 
de d<5nde i Segiin loda probabilidad del catalan : aqul arruxar, arruixar 
reuni6 amîguamente las significsciones de « rociar ■ y c arrojar » ; 
Cl arrojado i> se dice anuxat, arruixat y anojai; ^ rociada, » como de 
balas, es ruxada, ruixada, de ruxar, ruixar, •> radar • (me remiio at 
diccionario de Esie^'â, Belvitges y JugLâ y Font y al de Labemia]. &] 
valenciano arruimr es <• rociar, regar, arrojar » \ aragonés ruj^>r, rajiar^ 
o rociar ». En casietlano mismo rocur vale ■- arrojar esparciendo n, y 
de una manera seme|an(e (pues se loma rtg/Hr por rociar^ dice el vuigo 
bogotano rtgar pUia, tl calalh h regà (at jinele). En resumen, arrojar 
séria la forma catalana de roci'dr, y ambos se reducirian en dltimo tér- 
ninoâ roscidus. 

ATRIL. 

Sugiere Diez (£. W. s. v) que atrit puedc provenir de Aim7 ^^ lecto- 
rile, fr. am. Uirin, babiendo desaparecido la l inicial por la corapanta 
del arficulo : el hirU, el atrif. Confinna esia conjetura el siguieme 
pasaje del invcnlario de la iglesia de S. Fétiz, aiio 1310 : •• Item gros- 
sum cotlectarium ad latrilt m coro deputatum. » iEsp. Sagr. XLV, 2^6.) 
A los ejemplos anâlogos ciiados por Oiei {Gramm. I, i8q, irad, franc.) 
hay que aiiadir, para mayor comprobaciAn de la ciimologfa de atril, los 
siguienies : ania, lamta ; ambrai, lambral ; et bogoiano vulgar amedor = 



TSNTATIVAS ETIMOLOCrCAS 109 

iamtdor, imh = Itiaho [usado lambién aniiguamenie en Espafia : Cane. 
à Sjtaa, pp. 691, 692} ; y el cubana anttjada — Linujueta. 

LÔBRBCO. 

El seiior W. Kœrsier [Zeitîehiift fiir romanische PhUohgU lit, 562) 
apooe Us diAcultades que ofre la etimologfa comunmente recibida. de 
Covamibias acd, tôbrego ^ lugabris, y hace présente la compléta 
cgaformidad que en punto de fonéticâ existe entre tàbrtgo y lubricus; 
M obstante, encuentra el tropiezo, grande por cierto, de hallar un esla- 
bdn que enlace lot significados u oscuro n y « resbaloso ». Qui^ podria 
acepurse esta explicaciôn ; làbrtjio hubo de aplicarse & lugarcs aànndc 
os D^ d sol ni estin bien Tentitados, y por lo mismo la humedad los 
poM reibalosos ; de suene que primeramenie se diria de las cuevas, 
tavernu y lugares semejames, cotno se ve en estos ejeniplos : 

Hac« su hi)biuct6n y vida extrana 
En DU oculta y Mriga morada, 
Que jamis^ al«gre sol U bjini. 

[Erctlla, Arauteju, 3\.) 
El eerrado catlillo quedà abîerlo, 
De la gcnte servil desamparado ; 
Y de un lâkrt^o làlano rncubierto, 
Cirœl de nn grave pueblo .iprisionado, 
Hactendo libre la moftal cadena, 
Cicn aimas de una tcz sacti de pcna. 

(Valliuena, Btrnarda, {.) 

De sui cimas elernas 

Bajari denodado 
De b tîcrra à Us tibrtg«s caversas, 

(D. Jatifr de Bvrgos, Et porvtnk.) 

De aqul se aplicarla en gênerai i lugares adonde no entra el sol à 
que por oiro moiivo se hallan sin luz. « El en la casa do mudaren [I03 
giri&ltes', deben gutsar que^ quando quisieren, que sea muy lôbrtga. » 
D. Juan Manuel, LibTO de la caza, 9. <■ Débenle poner en una casa 
U^tga et fr^a. » Id., ib. 1 r . 

Era ta casa lihtgd e Ea nochc cscura. 

[Altx. 1102.) 
Dif I non lemes las etcuras 
Gnttas tt bocas de avcrno? 
Non terreiçes el infierno 
E sus tùhrtgat fonduras ? 

{Manjués de Santillana, Bm <ontra fortana., 148.) 

He dtado adrede e&tos efemplos aniiguos porque tienden i probar 
qoe la apitcacidn mis antigua del vocablo fui i lugares cerrados, lo cual 



I 10 MÉLANGES 

se conforma con la conjetura expuesta ■. Su empleo en otn» caxoi séria 
una nueva generalizadàn. 

Esta etimoiogfa serfa luminosa para &jar la dilierenda smonfinica entre 
■ oscuro » y ■ lâbrego », pues este agregarta al concepto de &lta de 
luz el de humedad. « Entramos en casa, la cual tenfa la entrada oscura 
a y lôbnga, de tal manera que parecia que ponia temor i los que en 
« ella entraban. » Mendoza, Laiarillo de Tormes, }. « Siete anos esturo 
« debajo de tierra con pacienda de cadiver, ensayândose de difunto en 
« sepoltura estudiada, componiéndose de muerto en la color y fiereza 
« inculta, con la humidad y lobregua. » Quevedo, PTovUaida de Dios. 

Finalniente, que lubricus se usd en la baja latînidad por làbregft b 
hidera sospechar este pasaje de S. Valerio (agio vii), si lo crespo y 
redundante de su estilo no se opuaera i cualquiera deducddn séria : 
« Post h<ec autem erit cœlum novum, et terra nova, praefiilgens splen- 
« didior septies argento : et lux splendiflui atque immenu candoris 
« radians claritate perpétua, absque aliquo noctivago fuscante labrio) 
« permanebit in xternum. » Esp. sagr. XVI, jyé. Tratândose aquf de 
contrastar la luz y las tinieblas, y aplicàndose i lubricum los epftetos 
« noctivagus » y • fuscans >, no se podrfa tomar aquél por « resba- 
ladero ». 

LUBRICAN. 

SegOn el Dicdonario vulgar de la Academia Espanola, significa esta 
voz el « crepiJsculo de la manana » ; y efectivamente con tal valor 
aparece en el lugar de Fernando de HeiT«-a con que se compnieba el 
vocabto en el DUcionario de autoridades : « De suerte que el Labncàn, 6 
la primera luz de la manana, no se comprehende en aqnella apeladân 
matemâtica del dia. a No obstante, àgnifica también el « crepdsculo de 
la noche, * como se ve en estos pasajes : 

CentelU soy, si d hbriciit parece ; 
Uama, cuaodo se vea las tuces bdlas, 

Y el blaoco rostro k Délia se colora. 
Fu^o soy cuando cl orbe se adormece ; 

Incendio al asconder de las estrellas, 

Y ceniza al Yolver de uoeva aurora. 

(Hemn, Rinui, lib. D, son. i6j.) 
Este, cnando ta anrora se rela, 
Su corazèn ta ligrimas baftaba ; 



1. En d pasaje siguicDte oarece la aplicaciÔQ de lôhcgo, particnlaridad dd 
antor, como el Aant obscari de Virgilio : i La bandera es como la Tacha en la 
sala, que alsmbra à todos ; é si se mata por algnna ocasion, todos qnedaa 
l^tgos i sin TÏsta. > Diez de Garaes, Criau* de D. Ptdro NAo, p. 107. 



TENTlTIVAS BTIMOLOCICJLS 

Y cuando el sol en el ccnït ardla, 
Ea amorou petia le abrasaba, 

Y cu^indo cl fabricàn ïe detpedia, 
El aima de cristeza le cirrcaba ; 

Y al cubnr de pavor h tioche el cido, 
Casto le daba y noble detconiuelo. 

(Hojeda, Cf»nd</a, lib. XI.) 

Ahora bien ; el Diccionario vulgar irae también : <t Emrelubricdn : el 
« crepilsculo vespertino 6 que précède à la noche ; » y el Comenclador 
Griego explica asi el vocablo. colocàndole en su colecciùn de refranes â 
modo de locuci^Sn proverbial : « Entre lubrUdn : Quiere decir entre tobo 
y pcrro, cuando i la mafiana y al anochecer no conocemos si es uno 6 
(010. n Esto nos conduce à una exprcstàn comiln en otros dialectos 
romances : port, tntre o cào e o lobo; prov. entre ea e hp, que, scgtin 
Mistral, es hoy entre uut et loup; fr. entre chien a loup; en todos éstos 
se usa pra denoiar cl crepûsculo, ya maïuiîno, ya vespertino. En cas* 
lellano hubo, pues, de s.usiamivarse la expresïdn entre lobo y can, lo 
mismo que en (rances se dice l'entre chien et loup; y como en aquella 
Icngua los compuektos copulativos dan h idea de entre, segiln se nota 
en agridukt, tubicdn, verdme^ro, se dijo slmplemeiite lubican, y acaso 
como reliquia de la influencia del tntrt quedi la r en lubricdn, si no « 
mis bien una excrccencia casual como en bretânica, brùjuid, ac. 

La eipltcacitSn que, en cuanio al sentîdo, da el Comendador Griego 
es la (nisma que adopta Liitré, y es indudablenieme la que à cualquiera 
K le ocurre. No obstanie, Brinkmann en su obra Die Metaphern ■ U 
desecba, y acude para el esclarecîmiento de la locuciôn cuestionada, i 
la coniraposici6n naiural entre eL pcrro y el lobo^ el guardi^n y el ene- 
migD de las ovejas. y supone que el modismo alude à que perro y tobo 
sedividen cl dia; cl uno domina durante la luz y el otro durante la 
oscuridad, y ambos vienen à tomarse como représentantes de sus res- 
pectivos dominios ; conforme à lo cual entre ckUn el ioap es lo mismo 



I. Es de sentirse oue en esta obra intcresantisrina^ caya lerminaclAn aguar- 
damoi con amii, se rtay^n dnlî/^Jo algunas inexaclttitda û olvidos en lo que 
te re&cre al caitcllano. De menioria apuntamos aqiai dos : i* Mcncîonando la 
locaci6n hahfi lût de San Quinlui, no it le ocurre al autor que le alude 4 la 
fonosa balalla de San Quintîn (lo de Agosto i}^?)' 2* Oa de la expresi^n 
tomulgar â alga!}0 (on raedai Jt molino uaa expitcaclô'n absurda : la mctâtora 
se toma de que, sieado de igual figura las hostias con que se comulga y las 
Tuedas de molino, al decir uno : A tii no me lomalgan con nii4i>i Je molwo, es 
como SI se explicate a'i : Tan imposible et que » me haga créer (en lenguaje 
familiar, irager) U tlescoinuiijl mentira que se ne dicc, como lo séria hacerme 
paiar tS tragar una Itostia tan grande como una rueda de molino, dada por via 
de comuntôn |6 bien : una rutda de molino dada por via de coinuiii6n). En on 
sentido an&logo se uia la eipresi6n ■ se las traga como ruedas de molino. > 



f I 2 MÉLANGES 

que entre la lut y las tinieblas. Por ingeiuosa que aparezca esta ezpUca* 
ci6n, no puede roenos de cali6carse de en extremo improbable. 

Es de notarse que de tos vocabularios de los dialeaos hispanos solo 
el gallego registra la voz liéricdn. 

Ruiino José Cuervo. 

V. 

ENCORE LE JUIF ERRANT EN ITALIE. 

Allé notizie ^à date nella Romania (X, 2 1 2) intomo alla conoscenza 
che fîno dal sec. xiii si aveva in Italia délia le^enda del Giadeo errante, 
ora altra è da aggiungeme, tolta da una poesia testé pubblicau dal sig. 
Tommaso Casinl nel Propugnatore (XV, 2, )}7). La poesia si trova in 
un codice datato del 1274 e descrive rapidamente un viaggio fotto, 
voluto fare, in parecchi paesi, specialmente di Oriente. Il Giudeo errante 
vi è chiaramente desîgnato, salvo che, invece di famé un percussore o 
beffeggiatore di Cristo, si parla di lui corne di pietoso consotatore ; il 
che rende meno giustificata la pena a cui venne condannato. Si direbbe 
dunque che l'autore anonimo di questi versi avesse soltanto una confiisa 
cognizione délia leggenda. Ad ogni modo ecco i versi che ad essa si rife- 
riscono : 

lo me ne vo in terra d'Egitto, 

E v6i cercar Saracinia 

E tucta terra Pagania, 

E arabici et 'braici et tedeschi, 

E 'I Soldano e '1 Saladino, 

E '1 Vellio e tutto so dimino, 

E terra Vinençiun et Belleem 

E Montuliveto e Gerusalem, 

E I' Amirallio e 'I Massamuto : 

E 11' uom per kuî Cristo è atenduto 

D'atlora în qua ke fue pilliato 

E ne la croce închiavellato 

Da li giudei k' el giano frustando, 

Com a ladrone battendo e dando : 

Allora quell' uomo li puose mente 

E si li disse pietosamente : 

a Va tosto ke non ti deano si spesso. » 

E Christo si rivuolse ad esso, 

SI li disse : « lo anderôe, 

Et tu m* aspetta k' io tomerde. » 

A. d'Ancona, 



U, LÉGCNDC OU SAUT ROLLAND 



VI. 



LA LEGENDE DU SAUT ROLUND. 






J'tt parlé (Rum. XI, 407) des tradiiions relatives à Rolland qui se 
anient conservées dans son ancien coniié, et notammciii du Saut Roi- 
lad, nom donné i un rocher près de Fougères. M. Lucien Decombe, 
directeur du musée archiu logique de Rennes, a bien voulu me commu- 
tâqver cette belle légende, telle qu'il l'a rectidllie lui-rnéme ' . 

Su te bord de li Caaticlie, i 011 endroit oit ce ruisseau sépare les cumiRuncs 
de Liîtrè et de Dompicrre-du-Chemin, on voit, sur le lerrîioire de celle dcr- 
vère conmDiK, an inoime rocher qui domiirc le râvin. Vis-i-vis, sur l« terri- 
Uire de Luitré. est on autre anus de roches. La dislance qui les sépare l'un de 
l'iMrt fitut être d'eaviroo 80 i 100 m^ret. C'est le Saut Rçllaad. Ce nom lui 
ml de ce qu'un chevalier dn pays, nommé Rolland, revenant de la guerre, 
(Mbl franchir trois lois le précipice avant de rentrer dans ion château. La 
pi«niièrc fois il éperoma son cheval en s'écriant : ■ Pour Dieu ! j et le cheval 
meigait bdienent la rive opposée. Kolland revînt sur sfs pas et cria ; • Pour 
1* ainte Vierge ' ■ et le cheval franchit une seconde foit l'espace. Enfin Rolland 
mlat tenter l'èprenve pour la troisiJïnic: fois : f Pour ma dame I r s'icria-t-il, 
aie cbevat, gfissant sur le bord du roc escarpé, tomba lourdement au fond dn 
irnn, entraînant avec loi son cavalier, qui ne revit ni son château ni sj dame. 
Celle-ci fut inconsolable ; elle vint demeurer d.ins les rochers qui avaient été 
ttaotn de U fin lemble de son ruiicé. F.lie y eU toujours, maî^ invitibl': ; on 
ne TOtt qu ses larmes qui coulent continuellement sur le flanc d'une roche qu'on 
a^ipette t U pierre dégouttante, ■ et qui, i la fin du monde, doit Tomber au 
M dn ravin de la Cantache. (^ant i la pierre d'ob le cheval de Rglland 
iTfiinca pour la troisième fois, elle a conservé l'empreinte d'un fer i cheval. 



< . U. Decorabe a eu l'obligeance de joindre i sa lettre l'indication de Dom- 
breax passages rektîb tant i l'otigine bretonne de Rolland qu'à la légende qu'on 
vient de lire. N'ayant pas actuelIcnieRl le loisir d'utiliser ces matériaux, je crois 
iteiO(T le» communiquer i nos lecteurs, qui pourront en tirer profit. 

Ogée, Didiomam Jt Bietagnt^ annote par Martcville et Varin, 1. 1, p. 5 jj, 
eol. I, V Lnitré ; — BallUia et Mimciret Jt ta Swili .mhMogi^iii d Ulc-tt- 
ViUint, t. n, p. 47-48 ; — Danjon, StMitUqat des momiminU ceiliquet dt f'jr- 
».W,-«f/nw»f /( Foaeiitt (M. Danjon cite dans cet article ; Abbé Bûcheron, 
M' ml, ibjô-jt; Ducrestdc Villenetive, jlytrrutfiW i/i Fou?>rfj, iSjS, 

p, r. Cl Maupilie, A'ofia InttO'îqiu jur t'jtiondistimfnt Ji Fougirts, 

f, ^■)■•^^ ex n ajoute : « Des traditions analogues existent ailleurs sous le non 
du néme pertonnaçe » ; voj. Mim. Jr la Soaili da Anlnjaairef Je France, 
t. XIV, p- !•)) ; — ib,, p. 3ï9*40 : Maupillë, Sotti hisloritjut tt atckiologutae 
tt ht ^Mo-tus dis dtax Ciintons de Fwiglrts ; — Ad. Orain, Ctogruphit ptUo- 
nifw i'îllt-it'Ydam 0. 114, v* Domputrt-da-Ciumin. — Vo);ez aussi le livre 
tout récent de M. Sébillol, Qtrganttti dans Us tndihons populairn, p. 1 1 f-i ty. 

lomMia, XII 8 




t r4 MÉLANGES 

Il est visible que ce rédt n'a originairement rien à faire avec Rolland : 
on en trouve de semblables, en France et hors de France, rattachés à 
d'autres noms que le sien. Mais le fait même d'avoir substitué Rolland 
au héros, sans doute anonyme, de cette ancienne histoire, montre que 
le comte de la Marche de Bretagne n'était pas oublié dans son pays. 

Il est possible, ajouterai-je, de trouver dans la Chanson de Rolland une 
autre trace d'origine bretonne. Le vassal de Rolland, Gualtier du Hum 
(voy. Rom. XI, 408), se faisant reconnaître de lui, lui dit (v. 2047) : 

Ço est Guattiers qui conquist Maelgut^ 

Maelgat peut fort bien être un de ces noms bretons composés avec 
matl-maglo dont j'ai eu occasion récemment d'examiner quelques-uns 
{Rom. X, 489). Ce vers nous montrerait alors Gualtier, Vhomme de Rol- 
land, en lutte avec un chef breton (c'était sans doute le sujet d'un épisode 
d'un poème perdu), et confirmerait l'hypothèse que la Chanson de Rol- 
land, au moins dans certaines parties, conserve encore le souvenir de 
la fonction de son héros comme comte de la Marche de Bretag^ie '. 

G. P. 

VII. 

NOUVELLES VERSIONS DE LA CHANSON DE RENAUD. 

Nous avons imprimé ici (p. 97 ss.) les versions de la chanson de 
Renaud contenues dans le recueil Rathery de la Bibliothèque nationale. 
L'une d'elles [t. Il, fol. 28;) nous avait échappé; M. Longnon, qui 
l'avait transcrite de son côté, a bien voulu nous la communiquer. C'est la 
première de celles que nous donnons ci-dessous. — La seconde, qui est 
incomplète du début, nous a été envoyée par M. Sébillot. — Nous 
devons les n"* 1)1 et IV à l'obligeance de M. Brissaud, agrégé de droit 
à la Faculté de Montpellier : il a recueilli lui-rnême le n" IIl ; le n" IV 
lui a été envoyé par un ami ; bien qu'entendus dans la même commune, 
ces deux textes sont assez différents. — Enfin M. Eugène Rolland a bien 
voulu nous communiquer la très intéressante traduction d'une chanson 
en bas-breton, dont il ne possède pas te texte original, et que nous 
donnons en dernier lieu. 

G. P. 



t. Il est fort probable que a seul conservé ici la forme première du Don. 
V donne Malltga^ T MataguZj E C MaUguz, L Marlagaz, P Malarsut ; tes tra- 
ductions allemande, néerlandaise et Scandinave omettent ce nom. 

2. li faut reconnaître cependant que nous pourrions avoir ici un nom germa- 
nique, composé avec Madai-, Madel-,donl le d serait tombé. On trouve Madet- 
gudis comme nom de femme dans le Polyptyque d'Irminon (voy. FOrstemann). 



NOUVEU.es versions de la chanson DB RENAUD 



"S 



Cm la djiM du boii dtt Vaux 
Qui vient avec ses grands cFicvaux. 
Dans Rennes quand ils sont entrés, 
Touï Ici pavés en ont tremblé, [tcnt 
Les nuisons Ircmblent quand ils trot- 
Du poids de tout l'argent qu'ils portent 
Pour délivrer l« fils atné 
Qui est i Rennes emprisonné. 
N'en ont point core assex porté : 
Le 6U a élé condamné ), 

■ R^joiiissei-vous. mon Jïis Louis, 

Votre femme a eu un beau iils. 

~- Ni pour ma femme, ni pour mon 

Je ne saurais me réjouir ; [fiis 

Homme <fui se voil prés de mourir 

De rien ne peut se diventr ; 

Il voit la chandelle lUumée 

Le suaire pour l'ensevelir. 

Au la chandelle veillei-moi, 

Au la lanterne veillez-moi ; 

Enterres- moi secrètcfiKDt, 

Si que ma femme n'en ait vent. * 

Quand ce fut a huil |ours passés 

A la messe voulut aller. 

Le rouge elle a voulu porter. 



Le noir on lui a présenté. 
» Hélai, ma mère, qu'y a-t-il 
Que nos garçons pleurent ainsi ? 

— Ils ont perdu de vos chevanx 
Dcmi-douxarne des plus beaui. > 
« Hélas, ma mère, qu'j- a-t-il 
Que nos Allés elV pleurent aussi? 

— Ell's ont perdu de vos linceolx 
Demi 'douzaine des plus neufs. * 
Dans la ville quand sont entrés, 
Entendent les cloches sonner : 

* HéJas I ma mère, qu'y a-t-il 
Que les cloches sonnent ainsi ? 

— C'est le sire duc et ses gens 
Qo) font leur entrée i prèsenl. 

— Ni ponr le duc ni pour ses gens 
Nos cloches ne sonneraient unt. » 
Dans le cintetiére est entrée : 

« A qm ce frais tombeau illec? 

— Je ne puis [plus] vous le celer, 
Vot' mari y est enterré. > 

* Ma iille, vous ivei: un beau fi]s : 
Demeureï va pour le nourrir. 

— Mon fils aura de bons parents, 
Qui le nourriront Icndreroenl. » 

(Envoi de M. Roulin.] 



11. 



I Ma m^re, ma mérc, qu'est-ce que 
Qu'on entend sonner celte nuit ? [ceci 

— Ma fille, ma iilie, c'est le fils 
Du roi qui revient au pays. • 

• Ma tnére, ma mère, qu'est-ce que 
(^'oo entend cogner cette nuit? |c<d 

— Ma fille, ma fille, c'est les maçons 
Qui raccommodent notre maison. ■ 

• Ma mère, ma mère, qu'est-ce que 

Iceci 
Que nos valets pleurent tant ce matin? 

— Ma fille, ma &lle, en entrant dans 

[le champ, 



On a trouvé le beau cheval blanc 
[égorgé dans le sang. » 

« Ma mère, ma mère, qu'est-ce que 

[ceci 

Que nos cuisinières pleurent tant ce 

[malin? 

— Ma fiCle, ma fille, en échaudant 
Elles ont cassé un plat d'ai^ent. 

— Pourquoi pleurer pour un plat 

[d'argent? 
Nous avons de l'or et des louis 
Four acheter un autre plat d'argent.i 

B Ma mire,mimire, qu'est-ce que ceci 



I. VariMU : Le fils alnè est demeuré. 



1 1 6 méunCes 

Que l'habit noir m'est un présent ce Elle a poussé de si hauts cris 



[matin ? 

— Ma fille, ma fille, en cet instant 
L'habit noir vous est avenant. 

f Ma mère, ma mère, qu'est-ce que ceci 
Qu'on me meneau tombeau ce matin? 

— Ma filte, ma fille, )e n'peuz plus le 

[cacher, 
C'est ton mari qu'est mort et enterré. > 



Que le ciel s'en ouvrit : 
Elle vit une grande lumière 
Et s'en fut trouver son mari. 

■ Ma femme, ma femme, retire-toi : 
Ta bouche sent le souci, 
Et la mienne le pourri. 
Nous avons des enfants : 
Elève-les bien chrétiennement. > 



(Dinan.) 



m. 



Quand Renaud de la guerre vint, 
Son ventre il porte à la main. 
Sa mère qui était sous l'ormeau. 
Voit venir de loin son fils Renaud : 
( Pauvre Renaud, mon très cher fils, 
Ta femme a enfanté un beau fils. 

— Ma mère, allez-vous-en devant, 
Préparez-moi un beau lit blanc : 
Que dedans ce lit ne manque rien, 
Que mon épouse n'en saclie rien I i 
Quand vint l'heure de minuit, 
Pauvre Renaud rendit l'esprit. 

c ma mère, à ma mie. 
Qu'est-ce que j'entends crier ici ? 

— Fille, c'est un de nos chevaux 
Qui vient de mourir y a pas longtemps. 

— De nos chevaux me soucie bien, 
Mais que Renaud se porte bien. > 
Quand on vint pour le clouer : 

I Oh ! j'entends le marteau frapper ! 
Oh I dites, ma mère, ma mie, 
Qu'est-ce que j'entends frapper ici ? 

— Fille, ce sont les charpentiers 



Qui raccommodent le château. 

— Du château m'en soude bien, 
Mais que Renaud se porte bien. ■ 
Quand on vint pour l'enterrer : 

■ Oh I j'entends le prêtre chanter 1 
Oh I dites-moi, ma mère, ma mie, 
Qu'est-ce que j'entoids chanter id } 

— Fiile, ce sont les processions 
Qm font le tour de la maison. 

— Des processions m'en soucie bien. 
Mais que Renaud se porte bien. > 
Un beau dimanche matin : 

Oh I dites, ma mère, ma mie, 
Quel habit prendrai-je aujourd'hui ? 

— Prenez le blanc, prenez le gris, 
Le noir vous sera plus joli. > 
Quand i la messe étant arrivée : 

f Oh ! dites, ma mère, ma mie. 
Qu'est cette tombe que void? 

— Fille, ne peux plus le teni : 
C'est la tombe de ton mari. 

— Terre sainte, ouvre-toi 1 
Avec Renaud je m'en vas. ■ 



(Cambes, canton de Leyches, Lot-et-Garonne'.) 



IV. 



Quand Renom de l'armée vient. 
Il porte son ventre à la main. 
t Ma mère, allez-vous-en dedans 
Me préparer un lit tout blanc : 
Un lit qui ne manque de rien, 



Et que ma femme n'en sache rien. > 
f Hola ! ma mère, hola 1 ma mie, 
Qu'est-ce que j'entends sonner ici? 
— Ma fille, ce sont nos processions 
Qui font le tour de nos maisons. 



I . La personne sous la dictée de laquelle j'ai écrit ced m'a dit : i Toute la 
chanson n'est pas là; il jr a des vers dont je ne me souviens plus (M.Brissand). ■ 



NOUVELLES VERSIONS DE 

— De C(1a je ne m'en soucie point, 
Puisque Rmom se porte bien. ■ 

■ Hola ! ma mère, hola \ ma. mie, 
Qu'est-ce que j'entends frapper Ici? 

— Ma fille, a sont nos mjçoins 
Qui rebâtissent nos nuisons. 

— De cela )e ne m'en soucie point, 
Puisque Renom se porte bien. » 

« Hoia ! ma mtn, hola ! ma mie, 
Quel hibtl prendrai-je aujourd'hui î 

— Ma fille, prends le blanc, le gris; 
L< noir serait le ptus joli. 

— De cela |e ne m'en soucie point. 
Puisque Renom se porte bien. » 

« Voili la femme d'un grand seigneur 



LA CHANSON DE REKAUD Ity 

Qu'on a enterré l'autre jour. ■ 
f Hola t ma mère, hola ! ma mie, 
Qu'est-ce que me dit ce petit fils ? 

— Ma fille, ce sont des coquins 
Qui veulent te donner du chafirin. 

— Oc cela je ne m'en soucie point, 
Puisque Renom se porte bien. > 

• Hota I ina mère, tiola ! tna mie, 
Qui est>ce qu'ils ont enterré id? 

— Ha fille, je ne puis le cacher, 
Renom est mon et enterré. 

— OcicI et terre, ouvrer-vous ! 
Je veuK voir mon cher épouï, » 
Le ciel et la terre sont ouverts : 

< Femme, viens-t'en dedans le cicll ■ 

(Ctnbes.) 



TRADUCTION D'UNE CHANSON BRETONNE'. 

Monsieur le comte et ion épouit te sont mariés bien jeunemeni. Elle avait 
doiize ans et lui quatorze- 

Elle aocQDche. t Maintenant, puisque lu as un enfant, pour te rcmdlrc, que 
veux-tu manger? Veux-tu un gibier? * 

Monsieur le comte prend son fusil et va i la chasse ; il rencontre une biche 
qui lui dit ; « Bonjour, monsieur le comte : il y a longtemps que je désire vous 
parler ; vous allei vous marier avec moi, ou sans cela vous mourrez. » 

Le conte refuse. < Alors vous allez mourir. ■ Il revient chez lui. Ld il dit 
i sa servante : ■ Je vous demande si mon lit est fait. — Votre lit est fait comme 
d'habilttde pour vous, que vous soyez malade ou bien portant. • 

Il meurt. — Après cela la jeune mère vit tout le monde pleurer. • Oh I ma 
mhn, pourquoi pleure la cuisinière' — Le meilleur couvert d'argent on nous 
1'» volé. — Dites-lui de ne pa» pleurer, nous en achéleroos un autre. » 

■ Pourquoi, ma mère, le valet pleure-t-îl f — Le meilleur cheval que nous 
avions vient de mourir. — Dites-lui de ne pas pleurer, nous en achèterons un 
autre. » 

Elle va i l'église, t Quelle robe mettrai-je? — La mode est de porter le 
notr maintenant, > lui dit sa mère, 

Quand elle arriva au cimetière, elle demanda : ■ Qui vient donc d'être 
enterré lii — Ma fille, je ne puis vous le cacher, c'est votre maii qui est 
enterré. » 

(Environs de Lorient.) 



I. Cette traduction est littérale, mais un peu abrégée. 



COMPTES-RENDUS. 



Die lokalen Verschiedanhelten der latelniaohen E^rache, m^ 

besonderer Bcrûcksichtigung des sirilcanischen Lateins, voa D' Karl Sittl. 
Erlangea, Deichert, 1882, in-8°, iv-162 pages. 

Le livre de M. Sittl se divise en trois parties. La première (p. 1-43) est 
iatitulie : t Les diversités locales de la langue latine en Italie, 1 et cooceme les 
rapports du latin avec les anciennes langues nationales (sauf le celtique) qu'il 
supplanta en Italie; la troisième et la plus considérable (p. 77-1 )i) a pour 
titre : f Le latin africain *. La première échappe à notre compétence et ne 
présente guère de faits qui touchent ta philologie romane ; la troisième concerne 
surtout des questions de style, intéressantes pour le latiniste, mais qui n'ont pas 
d'importance linguistique. La seconde (p. 44-76) est consacrée â t la langue 
latine dans les provinces 1 et semble répondre â un vceu que j'exprimais récem- 
ment iRom, XI, 601). Je dis : semble répondre, car d'une part on ne peut 
traiter suHîsamment un pareil sujet en trente-trois pages, et l'auteur lui-mtoe 
o'en a pas la prétention ; d'autre part il y a dans cette courte esquisse bien 
des points contestables et bien des confusions. L'auteur ne manque ni de 
lecture ni d'esprit, et il réunit beaucoup de faits sous une forme très concise; 
mais son travail ne porte pas assez les marques de la réflexion. Il débute par 
une profession de foi théorique ; d'après lui, l'unité du latin vulgaire dans les 
diiférentes provinces est inadmissible ' : i On a le droit de demander si la 
langue latine se parlait de même sur la càte lusitanienne et â l'embouchure du 
E>anube. Certainement aussi peu qu'aujourd'hui, s Eh bien 1 alors, il n'y a 
qu'à dire qu'on parlait portugais et roumain au III* siècle. Voili une assertion 
bien téméraire. « La langue latine, ajoute l'auteur, n'a sûrement pas été fen- 
due d'un coup d'épée en langues romanes, grâce à l'intervention des Germains, 
comme semble le vouloir la légende courante des romanistes. ■ Vraiment 1 
Nous ne pensions pas, pauvres romanistes que nous sommes, être imbus d'une 
c légende > aussi merveilleuse, et nous croyions n'avoir pas attendu M. Sittl 
pour supposer que les différences des langues romanes se sont développées pea 
à peu de germes existant anciennement. Il est fâcheux de se servir ainsi des 



I. [I dte i ce propos (p. 4s) l'histoire n bien connue do ethnographe n d'un jeune 
Ecossais, qui, tievé dtputs sa naistance au milieu d'Anglais purs, maltraitait cependant 
l'anglais comme un Écossais qui n'aurait jamais quitté son pa^. Je serais très cnrieui 
de coonatire les garants de ce Tait, absolument cratraire à ce que chacun peut observer 
tous let jours. 



SrTTt, Die hkaUn VenchitÂenhehtn éer ktmhchtn Sprache 119 

mots sans les définJr. Qu'est-ce que le « Utin » ? qu'est-ce <)ve • les langves 
rominei ■ ? Ce ne sont que des lermet commod», dont il ne faut pas Hn 
dupe. Le français csl le latin vulgaire de la Gaule (fori mébuR* d'autres éW- 
nents), et btrc commerinT l'un ou finir l'autre en 841 serait une pure absur- 
dité. Venir, par conséquent, nous citer des fonnes de l'époque carolingienM 
comme une révètalion sur l'origioe laiiae du français, c'est ne rien dire. Ce 
4)u'on entend, quand Ofl dit que les monuments du latin vulgaire fournisK&t 
\:ii peu d'éliments 1 l'étude Jes diversités locales, c'est que, si on prend cod- 
vcntionneilcnient une certaine date (par cuemplc U fin du V" siècle), on trouve 
bien, dans les monuioenu antérieurs, un assex grand nombre de faits gramnU' 
ticaax étrangers au latin classique et communs aux diverses largues romaaes, 
mais on n'en trouve presque pas qui, étrangers au latin classique et aux autres 
langues romanes, soient propres il'uncd'cntre elles. Comment cela s'explique-t-il ? 
Je n'essaierai pas de le rechercher ici. Le tait est incontesta bie, et ni la polé- 
mique de M, S. contre M. Scliuchardt (auquel il doit, comme nous tous, i peu 
pris tout ce qu'il sait du sujet), ni les efforts auiquels il s'est livré pour 
détruire ce fait ne l'empêchent d'être là. Ce n'est pas Jl dire qu'il soit inutile 
de rechercher d.ini l'usage familier du latin (car c'eit U ce qu'il faut réellemeul 
entendre par latin vulgaire] des traces de diversité locale, et M. S. a peut-ttre 
réussi à en découvrir quelques-unes ; mais on peut dire en général que celles 
qu'on s'attendrait X y trouver ne s'y rencontrent pas el que celles qu'on y relève 
ne se retrouvent pas dans les langues romanes correspondantes. Prenons pour 
exemple la curieuse inscription dalmate du VI* siècle que M. S. publie (p. 48) 
après MM. Detle(sen, Zangemeister et Schuchardt Jet dont il améliore d'ailleurs 
le texte et l'interprétation) : on n'a certainement pas beaucoup de textes aussi 
anciens et aussi peu classiques; qu'y a-t-il cependant de local dans les faits 
qu'elle présente? M. S. n'y rclîrc, pour la phonétique, que > la faveur accor- 
dée i U voyelle sourde ' : dtifontio, immoadiitimt, etc. », comme si ces formes 
se se trouvaient pas partout 1 L'étude du vocabulaire fournirait sans doute des 
résultats plus précis que celle de !a phonétique ; quant \ la syntaxe, sauf ce qui 
concerne les prépositions, il n'y a presque rien à tirer de nos monuments. Maïs 
CB tout cas il me semble que pour extraire de ces monuments les parcelles 
d'instruction qu'ils contiennent, une autre méthode serait préférable i cefle de 
l'auteur. Au lieu de partir de chaque province pour examiner ce que peuvent 
«voir de spécial les texies qui lui appartiennent, il vaudrait mieux partir de 
chaque phénomène phonétique, flcxionnel. etc., pour rechercher dans quelle 
province et i quelle date il apparaît dans les textes. On répartirait ensuite par 
provinces les résultats oblenus. On serait amsi plus clair, et on risquerait moins 
de laisaer échapper des faits dignes d'intérêt -. — Malgré ces objections, et bieo 
d'autres qu'on pourrait faire', le travail de M- S. ne mérite pas seulement des 



I. Cei 0. dan les exemples diés, remplaçant b, la qoaitlicnien ax bitane. 

a H. s remarque (p. 67) qae = *u ne se feecontre (sii ra Aftiqut; mais il ne dit 
rien Aa lulrrs provinces, où U répartition de d s n n'nl çit idenlique. L-a conitau- 
tion ir et fiii lit difficile, pti<e qu'il («ut toigmuKinerit diitinj^u^r deux o ^ «u .' l'an- 
cieii, qoi ta on □ (rrmé [U'àù]^ t\ te nouveau, qui nt un a ouvm ida*). CC q«c dil 1 
ce nite> M. Schnchardt n'eti pài exempt d'obtcuniè, 

1. Par exemple commeot pariant pnic-i! prouver (p. 74} que la Haaie-lIaUc te rap- 



1 20 COMPTES-RENDUS 

critiques ; il contient quelques bonnes observations, et je ne puis que me joindre 
à l'auteur dans le v<£u qu'il forme en terminant pour que ces études soient 
reprises et poursuivies par d'autres. G. P. 

Fratucœslscbe StndleD, herausgegeben von G. ICoertino und E. Koscb- 
wiTZ. Heilbronn, Henninger, in-8°. T. I, t88i, 468 p. 

En même temps qu'ils publient la Zeitschrift fur ntufraniasischc Spracht and 
Litteratur, MM. Kœrtîng et Koschwitz ont pris la direction d'une collection de 
travaux relatifs 1 la tangue et à la littérature de ta France ancienne et moderne. 
Les tomes 1, II et III en sont déjà terminés; le t. IV est en cours de publica- 
tion. Nous attendrons pour parler de ce dernier et de chacun de ceux qui sui- 
vront leur complet achèvement. Le t. II, tout entier consacré à une biographie 
de Molière par M. Maehrenholtz', dépasse notre cadre. Nous rendrons compte 
dans le premier et le troisième volume, comme dans les suivants, des travaux qui 
nous intéressent, en donnant simplement le titre de ceux qui sont relatifs à une 
époque plus moderne que celle où nous nous renfermons. Il est inutile de signa- 
ler i nos lecteurs l'activité dont cette collection nous offre une nouvelle preuve 
chez nos voisins, et qui contraste si vivement avec la torpeur ob languissent 
chez nous les études relatives à notre propre littérature, notamment â notre 
littérature moderne. 

TOMB PREMIEH. 

1. W. List, Elades syntaxiques sar Voiture (p. 1-40}. 

2. P. Grcebedinkel , la Versification dans Desportes et Malherbe (p. 4i-]27). 
j. R. Grosse, le Style de Creslien de Troies (p. 1 27-260). Ce travail, qui a, 

comme te remarque l'auteur, le mérite de (a nouveauté, manque trop de rues 
générales, de comparaison et de conclusion. On y trouve d'ailleurs, outre un 
assez grand nombre d'erreurs d'interprétation*, une masse de fautes d'impres- 
sion ' qui en rendent la lecture désagréable. Malgré ces défauts, il peut rendre 

iroche de l'Italie a i l'ipcx^ue chrétienne », en regard du îr. pèlerin ? le chaDgemeni d's 
I. â) dans les syllabes radicales [1. toniques) en est-il propre i l'iulien et au françaii 
jb.) } le changement d'u en â, en français, date du vi' siècle [p. 60), parce qu'on trouve 
alors augustuaintniis ; mais le caractère mainienu ne prouve pas la fixité du son, etc. 

1, MolUre'i Leben unit Werke ¥om Standpunkt der ktntigen Forsckang, von R. Hzh- 
renholti. 1881, in-S", 400 p. 

2. En voici quelques-unes prises tout i fait au hasard. P. 119, Ivain est afSigé de 
voir Laudine égraiigner son visage dans sa douleur iDe ce qu'elt plore me duel. Ne de 
rien n'ai si grant destrect Corne ae son ris qu'été blece] ; M. Gr. slmapne que ce sont. 
par métaphore, t les larmes qui blessent.» — P. 144, Dell poist l'on oiseler, Tant tttoit 
de grant joie plainne : i cela symbolise le mouvement qu'on fait pour embrasser. • Nul- 
lement : c'est une métaphore commune au xii* siècle, et poussée ici à son dernier degré, 
que de dire qu'on est prêt à voler, qu'on vole de joie ; cela va si loin dans le cas pré- 
sent qu'on pourrait se servir de la dame en question comme d'un oiseau de vol. — 
P. 171, Li perons est d'unf esmeraude Perciee aasi corn une boz. M, Gr. comprend l>ax 
comme t botte »; il signifie t bouteille ». — p. i}i, // s'entredonent si granz ats 
C^'ansdeus les escus de lor cos Percent ; l'auteur voit \i la répétition du raème moi i U 
nme, tandis que cos au second vers est le plur. de col. 

). On ne peut reprocher bien sévèrement i l'auteur d'avoir reprodiùt les fautei dei 
éditions qu'il suit ; cependant il montre, en ne les remarquant pas, qu'il est oeu familier 
avec l'andenne langue. Ainsi, p. iji, Et je cuic bien que lonc le jor Ne sera vous. Uses 
lonc sejor Neferii mus. 



G. KcEATiNG u. E. KoscHWiTz, Franzasîsche StuttUti 121 

des services :t mérîie d'tlre signalé coœme une premi^e pierre pour l'étude 
du style poétique au nnoyen ige. 

4. M, Hinnappcl, la Poétique d'Ahiit Chrtter ip. 361-^14». Ce travail, qui 
ressemble au précédenl par Je sujcl, est moins intéressant pour le fond, el en 
général asseï faible'. 

5. G. Marx, Sur l'oidri dts inofj daiu Jointille (p. }ii-î6o)- H faudrait, 
pour bien apprécier un travail de ce genre, l'avoir fait de son cAté; celui de 
M. Marx, qui le rattache i ceux de Oîct, Mjctzner, Le Coultre, Krûger el 
Morf, parait exécuté avec soin. 

6. H. Solimann, l'Infiniti/ ara la prip. i datai l'dncUn frtin(ais jusqu'à la fin 
du Xll< siècle \p. ;6i-4}oj. Ce travail considérable atlrstechez l'auleur beau- 
coup de soin el d'inlelligence. Les explicatîoni qu'il donne sont assez souvent 
contestables (par exemple ce qu'il dit lur wa avec Ir gérundiTl, mais loujouri 
réfléchies, et il a réuni une masse de laits et d'observations qui apportent une 
préeieuie contribution i l'histoire de li syntaxe. 

7. Heine, U Kiàét dtCoinalU (p. 4)0-468). 

tomb troisièue>. 

I . J. Schoppe, Sar U mhrt et l'aisonana dt la Chanson Je gestt * Amis rt 
Amilts * ()9 p.l. — Il y a dans ce mémoire de bonnes inteniioitset du travail, 
mais trop d'inexpérirnces et dNnadvertanccs (le ms. de la B. N. (r 860 est 
appelé Ip. 1 1 ms. de Munich, et attribué (p. aa) à la seconde moitié du XIV* %. 
au lieu de ta première moitié du XEIl'i. Ainsi les formes comme miUra sont 
dites {p. 4I créées par le poêle contre la phonétique pour iairc son vers ; l'iti 
de la i^* personne du lutur assone en i |ce que ne bit pas Vai ordinaire), parce 
qu'on a voulu distinguer cette personne de la 1" personne en -aii (!) du condi* 
tionnel [p. 15) i dans tspiutt nosoti (part, passé du verbe rtoçoitr), no f ou est 
nausiata |p. jo) ; on peut par correction introduire re^fuierri à la j* pers. sg. 
du prés, de l'ind. pour rtjaUri (p. }o) ; pour rétablir une assonance en tt.c 
(p. jo} il tant corriger iv. (-91 } ant fait tn pat fois pttmUn (îl suffit de restituer 
fcHu) ; d'tfmeist formule dont M. Sch. a reconnu l'inexactitude, est corrij^ par 
lui en darrunois ou dt u mois, qui donnent une syllabe de trop (lisez Ja mou], 
etc. Dans les remarques générales il y a quelques bonnes choses (ainsi ce qui 
est dit sur les diphlonguei nasales, voy. Rom. XI, 6oj). mais l'ensemble est 
assez confus. Une recherche de ce genre doit être précédée d'une élude sur les 
conditions de l'assonance qui manque ict lies remarques incidentes de la p. aa 
sont vagues et insuffisantes}, et pour Amis cette étude, non plus que celle des 
assonances ia pomi de vue phonétique, ne pouvait, comme on l'a montré tl y 
a longtemps, se séparer de celle de Sourdism dt bïain. Un travail ultérieur sur 
ces deux chansons, — qui viennent de reparaître en nouvelle édition par les 
soins de M, iC. Hofmann, — trouvera cependant dans la dissertation de M. Sch. 
des indications utiles et plus d'une remarque judicieuse. 



I f 187 CI )oi, l'4m«uT £iii patler 1 *Um Chanitr d'un <i coniempaiaia * i !■! 
■wcnmé " Cuilttiune Champion b. undb qu'il s'a^l de Guillaume de Lorrit, le ■ dum- 
0Dn " d'Amour dans le Ronuii dt U Rott. 

i. A partir du 1 lli, chacun des némairei qsà paraUiut dio* le* Fram Siadttn a 
UBC pagination séparée tt m vend I part. 



122 COMPTES-RENDUS 

2. E, Gcerlich, Lts dialuttt au lud-^fimt dt la lançât Xdil {Poitou, Aunis, 
S<iinlorge und Angoumoisi 0}; p ). — Ce travail tout i fait rxceneni eu une 
contribution des plut importantes ï h drilfctolof;ir fnn;3it«. On ne p«tit que 
louer b mÉlhode, l'exactitude, le dépouillement complet des textes, l'inldli- 
gencc et le jogetnent qu'y matilre l'auteur. On peut seulement regretter que 
dini une coivclusion générale il n'ait pis mis en relief les points sailUnts de son 
suict. L'introduction aurait dû aussi restreindre et aîténoer quelque peu m 
qu'il y a de trop absolu dans k litre, et provenir l'idée que les dialeclci étu- 
diés forment un tout compact cl netletneni délimité fpeut-ëtre, â en juger par 
quelques mots de la première page, l'auteur n'a-t-il pas sur ce point des idées 
bien précises). Les raisons allépées p. ; pour prouver que l'un des mss. du 
Turpin saintongeais est copié sur l'autre ne sont nullement démonstratives (cf. 
Rom. VI, 617). Ce qai est dit p. 1 j j sur 1 = ^ *■ / ne me paraît pai trop 
judicieux : i tonique a partout donné i>, et i n'est qu'une rédaction postérieure; 
je ferai la même critique des rem;trques relatives i uo de â. L'opinion émis«| 
[p. 61} sur la forme iur, qui devrait son existence â rinfluaice de iuj, est pUu- 
sible, sans qu'il soit interdit pour cela d'attribuer i notre sot français l'origine 
que j'ai indiquée [Rom., X, ji). J'aurai, quand je conlifluerai l'étude de 1*9 
fermé en français, quelques objections â faire i ce qui est dit à ce sujet 
(p. 60 »,). 

}. ScMicIcunt, i'Oritt dtt mots èaat * Aucassia a PTuoUu • <4{ p.). — Le 
texte est lieureutement choisi, et l'étude, qui se rattache aux travaux antérieurs 
sur le même sujet, rendra des services, 

+. KUpperich, Divcloppmcnt hittori^ue du rapporU iyntûdiqui du proposi' 
tioHs conditioantUa m -.tnàin français (65 p ). — Ce chapitre de l'ancieniie] 
syntaxe française avait été peu étudié jusqu'ici : l'auteur parait avoir bîeo 
recueilli et bien classé les faits, de l'origine au XVI* siècle, dans un nombre 
respectable de textes 

) . MùJler, Us atsontncts data Cirart de Rossitloo, d'apris tous la mit. âcca- 
sibUs (68 p.), — P. Meycr ayant trait* ce sujet dans un travail qui paraîtra 
prochainement, je m'abstiens de parler jd de la dissertation de M. Mùller. 

6. Behrens, Sabstilaticn iaorgâiùqat des sons dam le divdopptmtiit formet dit 
thimt ttrtal tn /raafdit (891 p.). — Ce mémoire n'est p» seulement le plus 
remarquable de ceux qui ont été publiés dant les Franmiiube StuditJi; c'est un 
des meilleurs et des pfus imporunts travaux qui aient paru en ces derniers 
temp^ dans Ir domiinc de la philologie française. On sait depuis longtemps qae 
les termes de la conjugaison IraRçaite, i l'origine presque purement étymolo- 
gique, ont été, dés les plus anciens temps, remaniées en divers sens sous l'in- 
fluence de l'analogie ; c'est M. 6. qui a le premier étudié sous tous ses aspects 
et suivi dans toutes ses variétés ce fait capiul de l'histoire de notre langue. Une 
lecture considérable, une diitposiiion gênérilement excellente, une pénétration 
et une critique peu communes (ont de ce travail, qui, sous une (orme très 
concise, contient une masse de faits et d'explications, un véritable modèle du 
genre. Un tnda alphabétique de tous les verbes en facilite beaucoup l'usage. H 
y aurait bien ci et li quelques raisonoemeois i discuter; mab l'ensemble est 
digne de tout éloge. 



L. GuiBERT, Le livn de raison d'Etienne Betioia u) 

7. Vceicktr, L'ordrt dti mois dam Ut plat encitni monumtaU dt ta laagat 

franfaiit (^6 p.). — Les rfsultats obienus par l'auieur pourront fitre (ruclueox 

pour r«tode des origines de notre syntaxe; mais il faudra pour cela élirgir 

(jnelque peu le point de vue auquel il s'est pUc^. 

On voit par cette courte analyse combien les Ftamcuuekt Sludien méritent 
di trouTCr chtt nom des lecteurs et des imiuteurs. 

G. P. 

Loais CoiBBRT. Le Uvre d« raison d'Ëtieun» Beoolst, i<}iâ. LiiDDges, 
Duoourlieui, i98i. In-8*, 98 pages et un fac-sintil'è lithographique. 

M. Litiré disait il y a quelques années, en tCte d'un livre paradoxal iEugtnc 
Noël, Mimoirit d'un imbieiU krili pai tui-mlme, Paris, 1879) : • Depuis qu'une 

■ meilleure philosophie m'a enseigné à estimer grandement 1a tradition et h con- 

■ Servation, j'ai bien des fois rcfjretté que, durant le moyen Jf;e, des familles 
t botiTReoises n'aient pas songé A former de modestes registres ob seraient con- 

■ signés les principaux incidents de la vie domestique et qu'on se transmettrait 
f tant que la famille durerait. Combien curieux seraient ceux de ces registres qui 

• auraient atteint noire époque, quelque succinctes qu'en fussent les notices I Que 
t de notions et d'eop'ériences perdues qui auraient été sauvées par un peu de soin 

• et d'esprit de suite I 1 (p. xxji. Lorsque M. Littré, qui pourtant savait tant de 
cboses, a écrit ces lignes, il avait certainement perdu de vue ces Livres de 
ra.isoa qui nous sont parvenus en nombre assez considérable, et dont plusieurs 
ont été mis au jour dans ces dernières années, A la vérité, ils sont pour la plu- 
part postérieurs au XV* siècle, mais quelques-uns sont de celle époque, et 
d'ailleurs la vie de famille n'a pas subi, du XV' au XVI» siècle, ces modifica- 
tions rapides que nous con^atons dans l'histoire politique. Le livre de raison 
dont nous allons dire quelques mots est certainement l'un des plus anciens que 
Ton connaisse. Il a été écrit, an fur i mesure des événements relatés, de 1416 
i 1414. par un honnête el riche bourgeois de Limoges, Etienne Benoit, ou, 
comme il s'appelle Iui<iDème, Kune tfnneie. Quelques paragraphes appartenant 
aux dernières années sont de la main de son fils, Guillaume Benoit. Le ois., 
ifui est un cahier de parchemin in-4* de trente-cinq feuillets, appartient i on 
particulier qui l'a libéralement communiqué â l'éditeur en vue de la présente 
publication. Il ne faut point chercher dans ces annales d'un caractère très spé- 
cial le reHet des événentents contemporains. L'auteiir^ bien qu'il ait été mêlé 
aux alTaires publiques lil fut consul en 14181, se borne strictement i enregistrer 
les événements qui se sont passés dans sa famille, tels que mariages, naissances, 
décis, achats de biens, prêts d'argent, procè;. Mais, bien que renfermés dans 
d'étroites limites, ces renseignements qu'il nous donne ont, i uuse de leur 
extrême précision, un intérêt réel Les questions d'argent le préoccupent par 
dessus tout. Il nous donne exactement le chiffre de b dot de chacune des trois 
femmes qu'il épousa succfssivemeni ; il fait de même pour la dot de ses brui. 
Il a soin en chaque cas de dire qu'il a de* conventions intervenues un acte en 
bonne forme dans son/n-fùr*, c'esl-i-dire dans son cofTre-fort. Deux laits entre 



I. L'éditeur explique ce mot, p |t : il aiiraii pu renvoyer i tHi CMgt, jWtrita. 



134 COMPTEÎ-RENCiUS 

autres se dégagcnide ces annales privées, fiiu<]ui du reste sont bien conniii d'ail- 
leurs : d'une part l'extrême lècondili du marîagei et d'autre part l'eicessive 
moTlalilé des enfants. Etienne Benoit a, de ses deux premicrrcs femmes, qua- 
torze enfants, mais neuf meurent avant d'aivoir atteint leur sixième année. Son 
ËIs Guillaume a de la première femme douze enfants; il en perd huit avant 
icar deuxième année. Le livre d'Etienne Benoit sembfe avoir éxi précédé, dans 
U m(ine familte, de livres Analogues qui se sont perdus. A tout le moins faut-il 
admettre qu'Etienne Benoit avait des archive» de famille, dont il a inséré dans 
son journal d'as&cz curieux extraits. Tout au début il Iranscrjt uiic série de 
conseils dus à un de ses ancfttres, appelé comme lui Etienne Bcroii, et qui 
avaient été religieusement conservés en écrit dans sa famille. Ces conseils 
témoignent d'un esprit pratique et élroit'. Puis vient, intercalée d'une façon 
fort inattendue, la pièce du troubadour Poiquel de Romans sur le mépris du 
monde iQutun k nrc im aptisatii. Le leiteen «t naturellement fort corrompu, 
mais cela importe assez peu, car nous ne manquons pas d'autres copies de la 
même chanson. Ce qui est notable, c'est l>? fait même de la transcription de 
celte pièce, i titre d'enseignement moral, dans un ms. du XV* siècle qui, à 
vrai dire, n'a rien de Ijttèiaire. On sait d'ailleurs combien il est rare de ren- 
contrer des poésies de troubadours en dehors des chansonniers qui leur sont 
spécialement consacrés, Mai& on pouvait déjJi supposer que la pièce de Foiquel 
de Romans était devenue populaire, car elle se rencontre, entre un grand 
nombre de poésies très variées, dans le ms. donné récemment par M. Didot i 
la bibliothèque nationale et qui contient l'unique copie qui nous soît parvenue 
de Daunl a Baon '. De plus, on en peut lire le premier couplet, copié isolé- 
ment, sur ['un des feuillets de garde d'un ms. français, Bibl. nat., fr. 79;. Elle 
était donc restée dans la mémoire Je beaucoup de gens qui probablement s'in- 
tércssaienl fort peu i la poésie drs troubadours en général. 

Envisagé au point de vue purement philologique, ce livre de raison n'offre 
pas un bien vif intérêt. Les faits linguistiques qu'on y peut relever sont connus 
par des textes du ntéme temps ou m!me plus anciens. Notons en passant te 
passage i's & r dans plurors (pp. jS, 69, 71). On y pourra toutefois recueillir 
quelques mois qui n'ont pas cours dans les documents Ijttéraires, tels que pjpo, 
rajmj, ■ grand-père, grand'mère » (pp. ^9, 74, 76). L'éditeur, M. L. Giii- 
berl, n'est certes point un philologue : l'étonnemenl que lui cause la présence 
d'une s i la fin de deux substantifs employés au cas sujet (pp. } f et £0 montre 
assez qu*il n'a aucune notion de la déclinaison romane. Ci et U des mots sont 
mal coupés \<t!l'à$ tt cm dt ioi, p. j)l. Mais en somme, on doit lui rendre cette 
justice qu'il a apporté i ta traduction et i l'annotation du curieux texte dont 
nous lui devons la connaissance tout le soin désirable. Les notes sur les per- 
sonnes et sur tes Eieux mentionnés dans les annales de Benoit sont de nature 1 
satisfaire les plus exigeants, et dénotent une connaissance approfondie de l'hii- 
toire et de la topographie locales. P. M. 



I. On y reinaïqucia (p )i) 1c conui) de ne pai prendre une femme « ab cou macre 
quar loi enfms pn rcdoMni, n et que l'éditeur iraduîc par o qui ait le cou mince, car les 
enfants s'en r«»*n«iïi n, iradiicitcm oui parait fort éloignée de!» pensée de l'auteur. 

1. voy. l'édliloD de ce poème | Société des anciens itxio Nantais, 1 3So], p. Ixxxix. 



RoMDAHL, Ctoisaire du patois da Val de Sain 



I8i 



Glossaire du patois da Tal d« SaJr» iManehel, suivi de remarques 

granir^aticjlet pjr Ate\ RuvnAni., <3oct(!ur (D philosophie. Linkœping, iSSi, 
in-12, p. Si. |kn vente chez ChsmpioD, i Paris.) 

Oa siit cambjen il est difficile de pénétrer toutes les délicatesses d'une lingue, 
encore qu'rile soit Hjcée par l'uuige et par les règles, miis combien doit-il Titre 
davantage, surtout pour un étranger, d'arriver i [a pleine connaissance d'un 
patois, pour lequel souvent tout est à apprendre et i découvrir ! C'était le cas 
pour le patois du Val de Salre, si curieux sjns doute, mais resté jusqu'à ces 
derniers temps encore li inconnu ; \] faut donc féliciter doublement M. Aie) 
Romdabl d'avoir essayé, malgré ce qu'une pareille entreprise pouvait avoir 
d'ardu, de nous le révéler, avant qu'il disparaisse. Otrc qu'il a complètement 
réiusi dans sa tJche serait Aller trop loin ; je ne crois pas que M. R. soit 
resté assez longtemps en Normandie pour avoir pu saisir toutes les nuances 
d'un de nos patois tes plus singuliers; une autre cause d'erreur, c'est qu'il a 
publié son travail plusieurs années après son voyage en France, c'est-â-dire I 
vne époque où il devait forcément avoir un peu oublié les sons qu'il voulait 
faire connaître; enBn il s'est servi pour les représenter de signes qui n'avaient 
pas encore età inventée i l'époque de son séjour chcx nous; on comprend dès 
lors qu'il lui ait été i peu pris impossible de les figurer tou|Ours avec fidélité, 
et l'on doit s'attendre qu'il se soit trompe ptus d'une fois et qu'il ait allnbué 
au patois du Val de Saire des sons qui lui sont étrangers. Par exemple, il 
parle d'un I mouillé médiat, de l'eilstence duquel je doute beaucoup; il croit 
qu'il y a i 11 fois dans ce patois un r supradcntal et un r uvutaire ; l'r qu'il 
qualifie de supradental est uvulaire et l'r qui serait uvulaire d'après le tableau 
qu'il a dressé des consonnes' a tout simplement disparu ou a été, dans le sud 
du Val de Saire, remplacé par un yoJ. Un point sur lequel M. R, s'est 
Clément trompé, c'est su sujet de la valeur des diverses voyelln et en parti- 
culier de» e et des d |ru) ; je ne croit pas qu'aucune de ces voyelles soit vérita- 
blenxnt lenaée dans le patois du nord-est du Cotcntin ; ce qui caractérise métne 
ce patois, c'est que les sons de ces voyelles y sont démesurément ouverts, et 
pourtant M. R. admet qu'elles sont brèves parfois. Il n'y a pas moiiiv lien 
d'être surpris qu'il n'attribue qu'une seule valeur aux nasales et qu'il écrive par 
exemple ;' t'ton (nous lenonsl avec on bref comme dans on pronom indéfini, 
tandis qu'il faat écrire /' t'aôa avec un long. Ces restrictions faites, il faut 
rrconnaitre que M. R. a eu te grand mérite d'avoir essayé de représenter 
scientifiquement les sons du patou dont il nous donne le dictionnaire, et s'il n'a 
pas toujours été heureux dans le choix des signes qu'il emploie, son glossaire 
n'en est pas moins une tentative digne d'éloges pour appliquer i l'étude d'un 
de nos idiomes populaires les procédas de la linguistique moderne. Quelques 



I . tl eit difficile de dire lu jiiMe quelle cet b valeur de cet r, que H. A. R. dôme 
comme uvoUîre p. il, daiu un tableau des cotuonnes, et dont 11 diip. i) qu'il i ne *e 
irouvc p» m (rjn^ait, « qa'îl le produit par la vibratton ie li toette, h 



(36 COMPTES- RENDUS 

mots matnienani sur ce glossaire, ainsi que sur l'inlroduclion qui le prjoède et 
les reniar<^ues grammatical» qui le suivant. 

Le mieux smi doule est d^ passer rapidement sur l'inlroduclion ; elle est 
**tdemmeitl par trop insuffisante, et on n'y trouve que quelques fatls généraux 
connus de toui le monde et qu'il (liait asseï inutile de rappeler, Qu4nl au 
glossaire, )'at dit ce qui en fait le mirite, \e dois aussi en signaler les délauls. 
Tout d'abord on se demande pourquoi M. R. écrit avec une simple explosive 
finale tous les mots 4 terminaison féminine; qui peut à première vue deviner 
que havit doit se prononcer hantu ' En procédant ainsi. M, R. a obéi â 
une croyance trop généralement répandue chez les étrangers, j savoir que nous 
ne Taisons point entendre \'t muet de nos polysyllabes. Ceci est relativement 
peu de chose, il est vrai ; ce qui est plus grave, c'est que M. R., avant de 
commencer son dictionnaire, n'ait point cherché i trouver les lois phonétiques 
du patois du Val de Saire ; l'il l'avait fait, il aurait vu sans peine que ô + i y 
a donné oé ou lê (r représentant un ( mi-muetl, que tSIai s'y est atténué en /, 
etc.; aussi après avoir donné cxactcmetii jf^Aui [c5rio],lfAufj(£) [c5xa], ÎE aurait 
hésité â écrire tchakf [côqticrej pour tchuire ou anirt fnâeere] el non nii^rr; il 
n'aurait pas non plus pensé, après avoir donné it^'nic [ad noclel, que les formes 
du Besîin gnea (noctei el mlgneti [media-nocte) pouvaient *tre celles du 
patois du Val de Saire. De même, s'il avait fait attention que èani représente 
'banelloct est le diminutif de bane (bennaj, il aurait écrit ce mot comme je 
vient de le faire el non banÛ. 

Ces fautes sont d'autant moins explicables qu'il suHisail pour les éviter d'avoir 
réfléchi quelque peu aux lois qui régissent la phonétique du paots du Val de 
Saire; M. Et. en a commis d'autres, et de nombreuses malheureusement, 
qu'il faut attribuer i une autre cause dont j'ai déjj parlé, je veux dire au long 
iniervaUe de temps qui s'est écoulé entre son séjour en Normandie et la publi- 
cation de son livre. Celles-là étaient sans doute presque fatales et inévitables, 
puisqu'elles sont le fait de l'oubli et peut-ître aussi de notes mal prises ; en 
voici quelques-unes. P. ij, aboulô,\iitz aiouôlo ; abrt, aha, I. âbrtj âbro ; 
s'ttcomii, I. iamii; p. 16, angelfi, I, anguU ; p. 18, K. R. dit qu'on appelle 
iMâ (I. hai\ dans le Val de Saire une espèce de voiture que j'ai appelée hjitt 
avec M. E. du Méril ; cela prouve tout simplement qu'il n'a pas compris ma 
définiltoi) des mois bjiti et Ijnl ; le ianl est un tombereau, la hune une voiture 
fixe et beaucoup plus grande. P. ao, bcmoa^ô^ I. biriovzo ; bcvvtu^ l. btuveù ; 
p. 31 (^) bvndtkha, i. [a) ton tcku; p, 34, wnfon, I. can'ion. P. a^, M. R. 
ne donne que la forme française chaîne de [catena] ; dam le sens de ■ chaîne 
d'une étoffe », on dit caïnt. P. 26, uhtu^ 1. Uli<û; ch'va, I, /'va ; ekîmné, I. 
chim'tti; chic ibiralte) n'existe pas, il y a li sans doute une foute de transcrip- 
tion. P. 29, crittUTi, \. mtuart; p. jo, dlinS, I. éinno. P. J2, JupJan, il faut 
p'iun, lia est l'article que par inadvertance M. R. a prit pour la première 
sfUibe du subsunlif. Dr'nit ne peut se prononcer, il ^ut probablement à^riût. 
P. jj, ichtiii, \. iUhuii; p. n, iguiU^ I. égale; ^. js, w/aur, 1. JArtaor. 
P. )£, ifoaSrJre signifie non « éclaircîr >, mais « soulever *; ittti, t, ii't. 
P. î7,/d(u, I. /j/âW iM. R. écrit ce mol sans e, tandis qu'il en met un â 
c/br, pourquoi?). P. î8,/iiiô est le pluriel d« firé ; il faut donc^iiii; Htty I. 



RoMOAHL, Clouaire du patms da Vat de Saire 1 27 

fltl; Jî/ù, \.ftltu, Ja-panl^ I. fS-pani. P. jj, joaic, /ourqui, etc., I. fouorc, 
jomr^ai, etc. P. 40, galoa, I, ji>i)/ffii; gaiùt, I. gtUmt ; gni, I. fni. P. 41, 
grtAgoié, I. griagali, qui n'est pat patois ; guingrt, I. jUMgn<:. P. 41. /laifu ae 
(igniic pas omelctie, mais poêle; haiihU eit plus que douteux; A«(i« signHîe 
surloui vaurien, P. 4}, iiii4f, I. iW^. P. 4}, /itliiV ne signifie pas seul, mais 
abandonné ; tvdS, c'est téler, sucer ta langue (en pariint d'un entant). P. 46, 
margùitJttt, t. fnar^ouJ)'if : ntiii'/iii, I. mjchâÇt]; m<3rkki (inaréchall est bien 
douteux. P. 47, martuihu signifie couvert de meurtrissures ; malta^ I. mûuttù; 
mitbangitUy I. mihaitgait ; mirhin, I. mil'ckin. P. 48, mognan imoyent est évi- 
demment une fausse iranscriplion. P. 49, mouiiVû (I. mciuuv) ne signifie pis i 
lui seul cochon, il but ajouter un autre mot comme dt tit (soie) ; le moiaon or 
sert pas â éaaser les pc-mraes, maïs i presser le marc : nann, I. amt ; ce mot 
d'aillears ne signifie pas traître, mais lourdaud. Le pi. de navf [napetto] est 
otfWfit, nan^Bid^ (1, naviâ\ serait le pi. de '^nevti et non de navi'c/. P. ji, 
^Jûfl, on dit pa'itcn i Saint-Pierre. P. JJ, /wu (peur), I. poû. P. ^4, pwire, 
I. potirt; pmiri (poireau). I. pouirilt). P. Ji, ^bWw, I. fuiUm. P. ^6, rfit/W, 
I. râtUit. P. j8. rèAdj* ne signifie vomissemnit que dans ta locution piquer un 
renard; rat, I. reûjî); roûoji, 1. rou?/;. P. 6j, tmionin, I. riwfouiVt. P. 6), /n'i/i 
signifie glie. P. 6(, vid3, I. rt(e); vu, I. vil, etc. Il y aorah bien des transcrip- 
tioiu inexactes aussi i relever dans la parabole de l'Enlant prodigue ci dans les 
quelqoes proverbes qui terminent le volume de M. R. ; je me torncrai 1 
corriger deux ou trois inadvertances ; elles suffiront pour montrer combien il 
fout consulter son livre avec défiance. P. 79. I. i£, i l'itoa, 1. il fi tfoa; id., 
I. 28, tét, I. tit'. P. 8û, I. I, pirJa, I. p/rdai ; id-, I. 7, fV«i, I, son. P. Si, 
I. 2, (00/, I. touSt' ; id I. 8 et 10, bû, I. bà, etc. 

Aprte le glossaire viennent ijt. 66-jy) des « Remarques grammaticales p ; ai 
M. R. n'y a pas montré moins d'inexpérience que dans son dictionnaire 
pour la transcription des sors, ^ j'en donnerai un exemple frappant : la ter- 
minaison de i'imparlaii des dtlTfrents verbes est pour lui un é krmt long, tandis 
i|ue celle du condiiionnel est t ouvert et long, comme si ces terminaisons 
n'ftaîent pas identiques, — on y trouve atmi des fait) curieux ; la r^le de U 
formation du féminin des adicctifs ctt tngcaieuse ; on remarquera également 
l'idenlificatton de la )' personne du pluriel du passé défini â la seconde, dont 
elle ne diffère que par la quantité de la voyelle finale : /' frachim, ta trackit', 
i ujchit'. Il en est de mtmc dans le patois de la Hague, oll ce (ait est commun 
d'ailleurs j toutes les conjugaisons'- Une autre forme intéressante que j'ai 
signalée et essayé d'expliquer dans les Mlmoiies dt U SotUtl dt lingaitti^ae 
{V, p. 6o| est la terminaison c i l'infinitif du verbe de la i"* conjugaison; 
M. R., qui ne savait pas qu'on La rencontrait aussi dans le patois d'Audrr- 
vitle et de S^int Germain -du-Vaux (Hagiie|, l'a même regardée comme un 
• uraclére dtstinctif * du patois du Val de Saîrc ; cela n'est pas complètement 



I. M. R. dil qoe cet - ^icnlartiéi »oni commun« 1 Wm le» rerbes f»iMei » 
nUei verbes m é,- du f^loii ; |c crains bien qu il n'y ait \i dcc îiieucticude; pourquoi 
a'aillcun n'iroir pst <ionni un ifiit pluiicl du fiat défini d'un vfrbe fort f Pau k 
patois de U Kigse, 1; plunel ou paue àitai de r<ni(r;«, par <xtmB\t, est j' natUtOH. 
VA rtitJUt, î nnàitt, loul comme celui d'un reibc de la i" conjugaison. 



t)0 PÉRIODIQUES 

Décembre 1882. — P. 261-80. Mir, Comparaisons populaires, etc. Lettres 
N-P. — P. 293. Variétés. Boucherie, A M. H. Gaidoz. Variantes et rectifi- 
cations â une prose latine que M. Boucherie avait publiée comme inédite dans le 
t. VU de la Rcue (187;) et qui avait déjà été plusieurs fois éditée. — P. 397. 
Boucherie et Castels, A dolor et à glaive. Contre l'explication de morire a gkiado 
donnée par G. Paris à propos de la publication du poème en sonnets II Fiore 
{Remania, X, 460). [M. B. veut que morire a gkiado signiËe < moarir de 
misère », et il cite deux textes français (M. Castets en ajoute deux autres) où 
mourir a glaive, a doalear et a glaive semble être pris métaphoriquement et signi- 
Ger simplement f avec une douleur violente. » Je ne les discuterai pas (dans celui 
de Caajrey, tout au moins, mourir a glcsve signifie très littéralement a mourir 
par le glaive 1) : nous avons là en effet des métaphores dont le sens se dégage 
du contexte ; tl n'en est pas de même dans le poème italien. C'est ain» qu'en 
français moderne nous disons très bien : ■ Les mots que vous me dites me 
percent le cœur > ; mais si en parlant d'un homme mis à mort nous disons : < On 
lui percale cœur, 1 cela ne pourra être pris qu'au sens littéral. Mais d'ailleurs 
en italien le sens métaphorique n'existe pas. M. Castets a trouvé dans un dic- 
tionnaire du XVI* siècle morire a ghiido expliqué par « morire a stento ». 
L'auteur de ce dictionnaire ne connaissait plus le sens de cette locution, dont 
il dit lui-même qu'elle ne s'emploie plus. Il renvoie à un unique passage, qui est 
dans la Journ. VMI, nouv. 9 du Dicamiron : Che voi siate morto a ghiado. Si 
M. C. s'était reporté au texte de Boccace, il aurait vu que rien n'autorise l'ex- 
plication de son lexicographe, qui l'avait puisée dans le commentaire de Fr. 
Alunno sur Boccace, imprimé quelques années auparavant. — G. P.] — 
P. joo. Boucherie, Boéce, vers 75,81, 184. M, B. dit qu'aux vers 75 et 81 on 
doit lire Domine pdter au Heu de Domne patir ; il a raison, mais l'observation 
n'est pas neuve 1 . Au v. 1 84 : Ella smttessma Un las claas de Paradis, le copiste 
a écrit las en interligne, et comme le vers est trop long, divers éditeurs, et moi 
le premier, si je ne me trompe, ont supprimé ce mot. Mais je dots convenir 
que cette correction ne m'a jamais pleinement satisfait. Je ne crois pas, comme 
M. B., que las ne soit nullement nécessaire au sens. L'emploi de l'article est 
ici tout â fait conforme à l'usage général des langues romanes. En tout 
cas, si las est véritablement une addition du copiste, il faut croire, comme \t 
l'ai dit il y a dix ans [Rom. I, 232), que le copiste, n'ayant guère le senti- 
ment de la mesure, aura ajouté cet article * comme plus conforme i l'usage 
roman. » Quant à l'explication de M. B., que le copiste t'aurait placi là en 
façon de glose pour indiquer que daus est féminin, elle n'a aucune espèce de 
vraisemblance. — ■ P. }oi'4. A. B. Osier •= c écarter, éloigner > (mais non 
a faire obstacle n, ce qui seul expliquerait qu'il vint d'obstare). — Coatn 
(exempl. du xiv* s.) — Dictcn auxerrois du siii* s. M. B. donne, d'après une 
communication de M. R. Kœhler, une partie des deux textes édités pour la 
première fois par Th. Wright dans tes Rdiquia antiijaa, et que j'ai réimprimés 
ci-dessus, p. {74-5, après révision sur les mss. — Bibliographie. G. Raynaud, 
Recueil de motets fiançais (A. B.). 

I. Elle a été faite par M. Bœhmer, Romaniscke Sludkn, III (1878), M'- 



pëRIOOIQpSS I J I 

T. IX. Janvier iS8j. — P. i-i], Chabineau, Sur ^arl^uei manusciili pto- 
ftrdKt oa /garis. M. Ch. n'est pas moins embarrassé que moi ' de uvoir 
~4r^ii'at devenu le ins. d« trocb^doars que cite i diverses reprises Fr. Rcdi 
ituioa Bêtm m Totiana. Selon M. Ch. (p. 3]), et contra ircmeni à l'opintOB 
gte^nlmeot adoptée, l'original perdu du Riccjrdi 181^ serait di).lincldu ms. du 
comte de Sault dont parle Jean de Nostre-Oame.— Bibliographie. Stenf^el, ^u- 
gtlHnu. 4tAdni/iui;gM; Volm<eller,Ofri»Mn,'Rossmann, FTantanschis ox ; Fsr- 
Mer, Aiot it Htrebil (A. B). — Périodiques, HemomtfXi" 43-j- EH. Boucherie 
■amlienl contre vents et marée la théorie qu'il avait déji émise au sujet de la 
vcrstficalioR Ac Raimon d'Avignon : ■ césure obligatoire, enjambanle ou non, 
la hniticme pied ; facultative, mais très fréquente, au quatrième pied. 1 Au 
lieu d'accepter les faits tels qu'ils sont et de chercher une formule qui exprime 
Ir moins mal poisibir le rapport dans lequel ils sont les uns aux autres — ce 
■fie je ne suis proposé modestement de faire — M. B. a inventé une sorte de 
\& de Procnsle sur lequel il couche les vers de Raiinon d'Avignon pour rogner 
tost ce (|Bi dépasse, et cherche ensuite à nous persuader que les malheureux 
■ttSés gagent beaucoup i subir cette opération. M B. veut i toute force que 
la césure principale swt à la buitiépe syllabe ; treize vers ont U huitième syl- 
labe atone ; donc c'est la Iiute du scribe, et il faut corriger la leçon do minui- 
crit dans ces treize vers. Je me borne ï indiquer le procédé, en en laissant Ta 
rapoosabilité à l'auteur. D'ailleurs M. B. n'est p^i eiigeant pour cette césure 
de b huitième tyliabe dont il fait le pivot du vers de Raîmon d'Avignon. Ëlant 
llMaéct vert : 

Sel os torcen suau e tetnorosamen, 
*eiB cm mot penserons qu'il faut y reconnaître soîl la coupe 4 + S, soît la 
CMpe 6 + 6. M. B. y reconnaît sans difficulté la coupe 8 + 4, et trouve 
^ta syllabe u, parce qu'elle a un accent ternaire dans le mot ttmaroiiimtn, 
eoanitoe une césure parfaitenent admissible. — Il y a d'ailleurs des remarques 
mérfssantei dans le long comple-rendu que M. B. me consacre ; je ne puis y 
répondre aussi longoemenl ici, et je me rallie i ce que M. B. dit luî-méfRe, i 
propoi d'une question subsidiaire : • Rétcfront ta question jusqu'au jour ob 
M. A. Th. aura publié en ion entier la chirurgie versifiée de Raicnon d'Avi- 
gnon. ■ ^ A. T } — |M. B. ne veut pas reconnaître que sa discussion contre 
mot, i propos d'une partie de mon étude sur \'à que j'ai annoncé réserver pour 
pbs lard, était prématnrée et poruit en l'air : libre i lui. Il persiste â soutenir 
4|ue Gamier de Pont-Sainte-Maxence ne mélange pas les imparfaits en -ùbat 
M en -c>at, et ne voit dans mon assertion contraire 1 qu'un tnalenlendu sur 
ieqaej il suffit d'appeler de nouveau l'altenlion. • J'avais engagé M. it. à relire 
la Vm at jjinJ Thomiit ; il assure qu'il l'a fait. Alors comment n'y a-t-il pas 
miarqné les strophes dans lesquelles figurent des ;" pers. en -a^l mêlées à des 
I"* pers. en -tb^t (41 tambaltit demandeil gatrputat ctialengcil, p. 47 roveit 
rtMwr tumptrrat mcrke/t chastieit, p. u6 meneil dinri\gmit colpetl mur'af 
faudrut, p. IJ9 maodeit iiuruil avriit tmturta itmtiadrt'il, p. 1 ]6 poàl btvât 
Mmflfil. nerleit, p. 140 titnt o^rat roveit roha\} La présence dans ces strophes 



1)2 PtMODIQDES 

da mois drtU ip. 4ir, /rat (p. ij6i, icir {p. 1401. qn k soiC ps ds 
bits et Rc peorcnt riaer qa'ea d, atwm ijoe b lagae de Cvaier 
-MI i oi et «M nncrse'. — G. P.] — H. B. est bieai tiâ^ de caifisKr Ib 
desx Ugirclâ qae fc loi » sigBsIécs, Aon. XI, 4^9 et 440, 2 prapn de amift- 
gUs et d'eifrîdsre. Q le Ua eo ezpQqaaBi toagw e* pv ^oefle sale de 
■éy r aet JLiiii ameaè à proposa' i M. Kotdnritz urne eomcàom que ceiD-d 
anitdqlBÎtefCtiawrt q^'ea échvaat fi/ri^e, ea pvlMt de Ti aOeandde 
a mat, ce, ce ({ne ■'ajoate pas H. B-, em nsvoraat i Fait. afnÔMt de Db 
Caage <iian. VU, iiii, ao«s anoas ea ne le btia cifrigidsre. Tastcda 
est eatffUé de rcmoesatioBS et d'obiectioas doit ie ne pas tcv sksi 
coapte. Outre qne H. B. s'éoUe trop EacikBent des iiahcs dus to^ a eles 
Ib gBs bien élevés snent se raHenir, il Isi arrÎTe trop sovfeat de maà eem- 
pnodre les <pestioas sbt ks«|adtes il dsserte i perte de ne texo^ile rétjaa- 
logie Hafmri on de Eaire des obfecbaas qni véritablenMst le soot plas e* np- 
pixt me f état adod de b pfudofaigie nMune. 

P. H. 

n. — R(UusiscHK FoKSCHU^iGES, I, 2. — P. 14}. P— «™- Frtmzi~ 
sâtÂa oi (aoos amas rends ooHpte dn tirage i part dans ootre denier caUer). 
— P- ■79> KoËL, Us Ugeadti i'Aigar. Le ns. Egerioa qni cootieiit ks légeades 
piesscs d'Adgar on WîlUne est bien coaa (TOf. Meyer, RtauU^ II, )4{ ; Ram. 
Vn, {4;, etc.). H. R. doaK de ces légendes, nniqBenent aa point de tbc de 
la bagne, nne éinde très soîgaeaae et très bien bile ; il coadot qne rantenr 
a^to-oomand a dA écrire entre iiéa rt ityo Ices dates soot précisées par des 
aDnsioQS hstoriqaes]. Ce traraO ne ménterait que des éloges si Fanlau' 
n'avait pas Cidtt bizarre de démoatier i grand renfort d'argnoieats que le (ki- 
gtirt qni se trooTe copié i b snite des légendes d'Adgar n'est pas de loi, et de 
traiter cette qoesttoo sans dire an mot des antres mss., poortant assez connns, 
de ce poème ; il va jusqu'à attribuer (p. 184) i P < antenr ■ dn Grigpht Vt 
pour ù dans ntr, érdir, et i supposer (p. 183} qa'un € poète > postérienrl 
Adgar a en l'idée d'écrite le Grégoire après avoir lu l'ouvrage d'Adgar qnî est 
dédié i an certain Grégoire ! — P. 2)7. Settegast, Etjmotogits nmaïus. Prov. 
(db : serait i habeo comme fr. rai/, [nuil,] i voleo poor volo ; «userait nne 
forme sans / [cf. fr. diul i côté de deail] ; cette explication est ingénieuse, mus 
le b fait difficulté. — Andart : M. S. est porté, comme moi [Rom. IX, 174-1}}), 
i voir dans addere, devenn addare, la forme latine d'tuidtre; seolement il 
explique autrement le développement dn sens : addere était parfois presqne 
synonyme d'admovere, et il a pu passer au sens neutre. Mais j'ai déji remar- 
qué {Rom. VIII, 398) que tout composé avec ad est inadmissible pour un verbe 
qui signifie avant tout « s'éloigner a (bien entendu addere, dans le sens qne je 
lui donne, dérivé d'addere gradum, n'est pas sujet i cette objection). — 
Barone : le lat. baro peut sufBre comme étymologie du mot roman, si on sait 
bien les évolutions (possibles) du sens. — Bricoa : signifierait i l'origine ■ vaga- 
bond, sans patrie », et répondrait i l'anc. saxon wrekkio; comme phonétique 

1, Voy. d'aifleun Loreni. Udiir dit Spracht Camitr's, p. 6. 



PéBIODlQtlKS 19^ 

c'est très peu satisfaisant ; comme seni, huon ligniTie ■ (ou ■> (voy, Rom. IX, 
626), cl on ne voil pas comment on arrive de c vagabond > i 1 fou > ; le pas- 
sage à'Aial oh bris aurait le lens admii par M. S. ta trop isole pour rien 
prouver. — Disw, de desidium pour dcsidia: peu rraisemblable; lefr. Jistttt 
serait desidîetta! — CaUa, gakrà.eic.dagr. YsvXtiv, ace. der^^ïk, < seau, 
Taie ( j cf. sur ce mot Hom. IX, 486. — CiVrr; anc. tr., gtni fr. ; M. S. con- 
teste sans raiun l'ét^mologie genui el veut la rempUcer par diem+s. — Cm- 
imrt ; viendrait de vilare. ce qui n'a aucune vraisemblance; notons que le 
fr. i«{rf<r, qui embarrasse M. S., est pris à l'italien ; i'anc. fr. disait régulière- 
ment gaur {= ail. vitan), — Tomarti^. : de mu t uare (?).— Trompar, trempa: 
étymologie très ingénieuse el qui nie paraît Ion vraisemblable. TriunipCh)are 
est devenu irumpare comme quieto «t devenu quelo ; cf. d'ailleurs angl. 
tntmf, ail. Truaipf. Ce verbe, uiilè d'ailleurs comme terme de musique (voy. Du 
Cange). a pris te sens de <• faire emendre un ïonioyeux, bruyant ■, d'où le subît. 
trompa^ trompe {et tt. tromlia) : quant à tromper au sens du h. tuoi., je M te 
rattacherais pai direclemenl i iriumphare, mais |e m'en tiendrais piuldt à 
l'explication de Litirè (cf. aussi un sens particulier de l'il. irombart). — l'enft; 
M. S. oppose i verba [voy. Rom. X, }0l) le piini- virvcr dit par Diez, et 
propose verbera; ce piém. aurait besoin d'être vérifié : t] n'est pas dxns 
Ponia : Sant Albino donne : « Vtr v;r (en deux mots), voce di nessuoo sigoi- 
linto, che usasi lalvolu per esprimerc un subiUneo capriccio, grillo, ghiri- 
bizn> >, ce qui laisse l'existence d'un mot vtrvtr dans un assez grand vague) ; 
d'ailleurs M. S. se livre sur l'emploi du mot en anc, fr. i une élude intéres- 
UMC. — P. 3{6. Annsch, Dts parluuUritii lexicolegi^ati dt U Uitniti du 
ptHtnda Wgifippt, traducteur de Josèphe. — P. j23. Fo-rster, L'italien 
dunque tt ton origtnt. M. F. rejette tune i cause de raSaiblissement sans 
exemple de t initial tn d. et propose d n i q u e pour d e n i q u e, alléguant que 
(tonique, usité pourd onec, est souvent, dans les mss., remplacé par de nique, 
et que l'inverse a pu avoir lieu. M, F. dit que ■ partout > on admet machiu- 
lement [giJanitnlos) le changement de t initial en d dans tune = dunqm; il a 
oublié M. Cornu, qui Va repoussé il y a longtemps dans la Romamâ (VII, ^É^), 
et a proposé nunc en place de tune. Juiqu'i nouvel ordre, je croîs prudent 
de continuer i faire pour ce mot ce que je la» depuis longtemps comme M. K. : 
« Je ne suis contenté jusqu'i présent, dit-il, quand on venait i parler de iJun^ut, 
àoru,AtA\rt que l'étymologie de ce mot n'était pas trouvée. • — P. {26. Hof- 
mann. Encore tos; nouveaux exemples ivoy. Root. XI, 448) de l'usage ancien 
de couper les cheveux aux jeunes garçons i un certain Age. 

C. P. 



in. — Anciliv Fùn l'A* SrcntiM dbr NRtiMBi Spiuckb», LXVI. — 
P. 409-4ti. Reinsch, Cclhtiem dts manitscriit di Parts tt dt Dttsdt Je /"Art 
d'aimer de Jjc^ues d'Amitm pièUl par E. Karting .- M. R. ignore que ce travail 
a été fait par Brakelmann, non seulement d'après le ms. de la B. N. fr. 3{)4t, 
mais encore d'après un troisième ms. (B. N. fr. 1J478), il y a qainw ans, 
dans le t. [X du Jahrhick lûr rom. uad iKgl. Literatur. 

LXVll. — P. s 1-73. 16^-196. Krttsiwr, Extr*tlt de (Arbre des Batailles 



1^4 PÉRIODIQUES 

A'Honorè Bonity donnés, non uns l^utes, d'après un im. de Francfort, el pré- 
cédés de renseignement biographiques et biblio^aphiqu» trH incomplets. — 
P. 7J-9S, 2)|-3Ê8. Reitisch, Points dt Gûutitr de Coiacy. 1. La Naissanct de 
fa vUrge Marie. |]. Ui Naissana a l'Enfanu 4e Jésus, tll. La IJ^ende de iù déni 
dti'tnfantUm- M. R. prouve, contr»irement i M. Crcrber, que ces petits 
poèmes cl d'autres encore sont de Gautier de Coitici, et donne quelques ren- 
seignements bibliographiques utiles ip^r exemple sur la légende de Panuel et 
d'Anne, dont il impriine li version intcrpolËe dins la Canceptioa de Wace dans 
le ms. Brti. Mus. AJdit. i j6o& décrit Ram. VI, i ss.) ; le leilc de ses éditions 
laisse mai lieu reusemenl, comme d'habitude, be;iucoup i délirer : on voit qu'il a 
beau imprimer de l'ancien français, il le possède encore bien imparfaitement ; il 
donne aiiuî 1, 48, m'dprnre pour mcspinre, t^\ dt ee merci pour Jt re mur ^i, 
389 Si cuii tnicuvcuji pour si cautnfO'mcitit (et il explique crKovftu» par • dési- 
reuse d'amour »), 700 trahir a pour trahira ; U, laç bien fait ecroire pour kim 
fatt a eroiif, 471 Dieas pour dieus, 481 envirrm pour ttnorrai, 6ij ^u' i7 pour 
Hiù, $70 Qu/le pour Qu'tiis, 981 vtut pour vfvt, 9S; moiat pour moi ne ice qui 
donne un îemblant de sens fort buricîcjue;, i-oiS Quf plamt pour Qii'ji pamne ; 
l\U 119 et J49 Qui pour Qu'a, etc. Le plus curieux, c'est que M. R. a essayé 
de restaurer les formes qu'a dû, suivant lui, avoir l'original cl que les copistes 
ont altérées; il est inutile de discuter ces restitutions ; on ne peut que l'engager 
1 s'en abstenir dans ses publications futures. — P. 197-11 3, Hirth, Mots 
tmprmtii ou tkinois. Comme ces mots le retrouvent dans les diverses langues 
européennes, l'élude de M. H. a aussi de l'inlérÈi pour nous. Il étudie succes- 
sivement les mots jnjm/jrin, ceuii, jonque, Uel., mate., tùndaem, cash, taptifue, 
pagode, bambou, me (cet article esl peu exact/, ihf, galgam ic'est le ganitgat 
du moyen igt), badiane, satin, kaolin, plttiai, cascan et tangue (en réalité dépla- 
cés ici), giuietiR. nankin, typhon. Tout n'est pas assuré dans ces recherches, 
mais elles méritent d'être lues , et éclaircissent plusieurs points obscurs 
(quelques mois manquent, comme ailaitle, sorgko). — P. 169-J18. Tendering. 
Fho'iétiijue et mQfphohgit de la Vie de sainte Catherine en poitenn. Ce travail 
est utile el parait fait avec soin ; mais on ne peut le cofltr6lcr, le texte auquel 
il s'applique étant inédit et devant être publié par M. Fœrster, qui l'a sans 
doute communiqué à l'auteur, bien que celui-ci ne juge pat à propos de dire 
un mot â ses lecleurs du poème dont il étudie la langue cl de la manière 
dont ils pourront s'en procurer la connaissance. G. P. 



IV. — L ITEIl*Tt;RDI.AtT FÛB OKBH.lItTîïCHB tisn ROUANIfïCUE PaïUH.fKîlE, 

— 10, Octobre. Col. )88. Eysicnhardt, RamiHhmd Romaaiseh{S\ll\ : défavo- 
rable). — C, J90, Hcndrych, Die ans der lattimuhen Wanet » fae * eniitande- 
ntn ftaRiaiisthtn Wetster (Morf : sans valeur). — C. jja. Craevell, Die 
Châractrriflik Jet Potantn im Rolandtlîcdi (Oitmann : observations asseï inté- 
ressantes). — C. J96. Levy, U troabadoar Pmlet de ManeiUt iStengel). — 
C. J97. Romanisehe Slvdita, 17 : Cirart dt RûsstUto (Bartsch). — C. 398. 
Doiy, Reeherehci sur FEspagne fBaist : ne dit rien du chapitre sur Turpin). 

( I. Novembre. C. 439. Thomas, Noiaelles recherihes sur /'Entrée de SpAgite 
(Slengel). — C. 4)l. Spohn, Uebtr dea Conjunkii* im Mljraazasischen (Folh : 



Uas valeur). — C. ^t^. Mûhiefpld, Oie Bildang dtt Nonwo actiOQÎS un Ftan- 
zasisthtn «Willenberg : nlimable). — C. 4^4. Roeth, i'tbir den AiufjH dtt 
iattncealtn d im Normannuden (SrttegaïtI. — C. 43 j. Ciampolini, Un poma 
tmco dtlla prmj mctà del tm^unento {Caspary : il s'agit de IVii'ui iikTOla 
do Trissio). 

t ] . Otcembre. C. 461. Jord, Essai sar U paîott normand du Bttm (Suchier : 
les obs«rval»ns du critique, conifsabifs mais curieuiM, sotii as«z en AtVon 
du sujel du livre). — C. 466, Pans, Phonit^ui franimu : o fttmi (Neumann ; 
crilique M^s inléressanle, et dont il faudra tenir compte, de l'article paru icî^ 
X. 36-6ÏI, — C. 470. Haase, Uther dm Cthrauth da Cofijuncthi ba Jo(ii*tiU 
(WiUenb«rg : exoellenl). — C. 471. Engel, Cnthichte dtr ftmiatischm LJU- 
r<aia (Sachs). — C. 47;. Sachse, Utber dat Ltbtrt and du Ludtr dit Trùuha- 
doiàfi Wifhtim iv/i Poitm (Bartsch : prolixe et sans nouveauté). — C. 474, 
Avolio, întroduîioni atto ttadio M dijiitio SicUinno ;Caspary|. 

V. — Aii5u*iFiE-6t;i.i.KTiH UB LA Siici^fi OB l'Hirtoiiib UB PnATtCl. 
T. XIX, (882. — P. 144-264. Paul Meyer, Richard Caur it Lion et Philippe- 
AagUite t» 1 199, d'aptiî l'hiitoiri Je CuiUjumc te MatUhd. Ce trivail, qui a 
d'abord i\h coramuniqtit sous une (ortne un peu ditlfrente â l'aiiembl^c géné- 
rale de la Société de l'Hiiloire de France, en mai i88j, contient (e texte des 
ven 11)11 â 1 1 726 du poème récemment découvert Ji Cheltenham. Ce morceau 
est certainement l'un d» p)us curieux de l'ouvrage. Il nous initie aux détails 
de négociations sur lesquels les hisloriens connus jusqu'i ce jour n'ont dûoné 
<)BC des rtnsetgnemenis fnri sommaires. Il ne se ^ecomm3nd^ pas moins par 
Mhjbilrlé arec laquelle les personnages sont mis en sc^ne, et par la vérité des 
portraits que l'auieur a su tracer de Richard Cœur de Lion, de Philippe- 
Auguste et du cardinal Pierre de Capoue qui négociait au nom du n» de 
France». 

V!, — BlDLIOTHÉQUK HE L'ÉCOLK DES CHABTEe, XLIl (1881). — P. l2Ït- 

ij6, 3(7-373. Valois, EtuÂi sur le rylkmt du ballts fonùfieetti ; travail très 
remarquable, important surtout pour la diplomatique, mais qui intéresse aussi 
l'histoire littéraire et b grammaire du lalin du mo^en i%f, le curjiri, dont 
Thurot a le premier fait conratirc la théorie d'après des auteurs do XII' et du 
XIII* siècle, esl montré ici mis en pratique d^ns U chancellerie romaine. 
L'élude de M. Valois fournira nolairiTnent plus d'un utile point de repère il U 
rtronologie. — P. (Oj-ljo. Thomas, la fifiimles dt Notre-Damt de Chartres, 
leite latin inédit; c'est l'original du poéne de Jdian Le Marchant; les cha- 
pitres qui ne se relrotiTent pas dans te lalîn sont empruntés i, Gautier de 
Coinci, comme l'a reconnu iî y a longtemps M, Tobler («oy. Rom, III, i jOi. — 
Comptcs-renJtis. Aubertin, Histoire dt la Sangae et de h titUraturt fraimite ju 



I. Qiielqun faniet tl'im^vmjîDa doivent être conigèo- V. liJ4Si lues dans le texte 
It ta haute geni n n aoK jei Hdtttt teut. —V. ii)f6 Ib. fuiu. — mil h», cur, 
— 11490, (o;r, leçon du ms., doH être corricé lot. — ii|ia nppr. la viifBle. — 
11714 mettre une virgule 1 la 6n <hi im. 



1^6 fgRiooi<iues 

mopa igt iRaynaud, p. 4a;) i Petit de Jullevilk, Us Mystiret (RayDaud, 
p. 464); Robert, Pfntauu(hi Versio anti^uissima (D'Arboîs cfe Jubainvilie, 
p. 216I ; SarradiD, Easlatln Dachatnps (Faucon, p. 67) ; Vatois, Dt ûrte scn- 
bendi cpistohs (Tardif, p. 6jt. 

— T. XLIll (1881). — P. îli-r8. Castan, Un manuanl de h bibliothi^jut 
dt Charlis V raiouvi à Btsançon; ce ms. contient divers traités moraux, entre 
autres la ComoUtion di phUoîophu traduite par Jean de Meun. — P. 474- 
497. A. Morcl-Falio, Rapport tur uni rntmn archlohgîgac li MajOUfut; ren- 
ferme qoel<]ucs intéressants renseignements sur des manuscrits. — P. it-î-jç;. 
Mariy-Laveaux, François CufssufJ ; notice biographique d'autant plus pré- 
cieuse qu'elle a été rédigée par un des mit les plus btimes de Cucssard. — 
Comptes-rendus. Apfcdtedt, Lolkmgistlicr PialStr (Thomas, p. 680) ; Favre, 
Glossaire français dt Datante (Robert, p. >;o} ; Nordenskjirld, Le livre dt Marco 
Polo (Delisle, p. 216). 

Vil. — Et, FoLK-LoBB AsDAtL-z, organo de la Sociedad de este nombre, 
i88a-8t '. — Ce journal est l'organe de la Société qui s'est fondée sous ce 
titre à Sêville i la fin de 18S1 > et qui a pour secrétaire-général M. Maclia.dû 
y AlvjreiF \Dtmophilo\, déjà bien connu par ses travjuic ût folk-hrt. Le* douze 
numÉros (mars t88j-févrjcr i88jt qui forment b première année conliennent 
de tris précieux matériaux et aussi des études inlêressantcs. Il est naturellement 
impossible d'cnumérer lous ces articles, généralement de peu d'étendue, cdaés 
nous recommandons vivement le jounial i tous ceux de nos lecteurs qui s'inté- 
ressent 4UX cuntes populaires, aux chansons, aux superstitions, aux usages, etc. 
M. Schucliardl a envoyé ;p. 3(9-1661 un curieux article sur les rapports entre 
leï tophs andalouses et les schaadirttjpkt tyroliens (pourquoi des vers frtoulans, 
qui reproduisent txacUmcni le septénaire lalin (voy. Rom. IX, 189, 191), 
auraient-ils subi une influence germanique ?), et il rapproche même des patnil- 
lion gallon. A chaque numéro du Folk-Lorc nndala: sont jointes, avec une 
bibliographie, des Soucias oh on trouve d« renseignements util«- 

Vin. ^ ZsiTMiiBiFT riJR ccfTEnncicinHiDE Cthnasib», t88i. — P. 123- 
$36. Mussafia, lathnngisehcr Psalia, hgg von ApfeUtedt. Après avoir regretté 
que M Apfeîitcdt eût choisi pour l'Miter un texte dont la publication était 
annoncée par un autre savant {cf. Rom. X, 461), le critique fait de celte 
édition et du commentaire philologique un éloge mérité, présente quelques 
observations que tout leclcttr devra loindre i son exemplaire, et termine par 
quelques paroles de regret, partagé par tous ceux qui ont connu Aptelsledt, 
sur la mon prématurée de ce jeune philologue qui promettait tant et qui avait 
iléjà tant donné. 



I. On peut l'ibonner à Paris chet Maitonnenve ; le prit de l'abonnement pour 
l'étmger est (fc n fr. par an 

1. Cette Société it rontid^re commr une brinch« d'âne Mriété nationale, Et Folk-lcn 
itpahol. qui n'exiitc tntorc i^u ' idéale m tni Elle a nomnié àtm ditléreiili payt etraiigfn 
des raembTct honorairu dont voici U liiie : MM. Thonu. le comie ittiucnamp, Comme 
fÀiuUUrrt), — Coelbo. Conrifilicri-PrdrotD, Briuj, Carvalho Monldro \Portagat), — 
Pam, comte de Puymji^ic, Coiquîn, KolUnd, S^tùIIoi [Fratict), — Piiré, de Gubéina- 
t'tt, d'AiKona, Salomonc-Maiino, Compatetti lltalit], ~ Kahter [AUtma^iu], - Schu- 
chaidt lAutneht). 



PÉRIODIQUES I )7 

DC. — Aacmv fur slaviscre Philoloqie. T. VI [1882). — P. a-ji. 
Weiselofsky, La pUrre alatyr dans Ut Ugeitdes locales de la Palestine et dans 
U Ugeade du graal ; recfaerclies très savantes et rapprochements tout i fait 
neoÉt. — P. Î9Î-4M, ï48-(99. Wesselofsky, Notrvelles conlribations à l'kit- 
tÙTC dt la légende saiomonienne ; dans ces précieuses études, où l'auteur de 
SilomoR et Kitorras revient à un thème qu'il a déjà abordé avec tant de succès, 
OD trouve les renseignements les plus intéressants non seulement sur la légende 
de la femme de Salomon, dont nous avons plus d'une fois entretenu nos lec- 
teurs, mais snr plusieurs sujets plus ou moin.« voisins, par exemple l'histoire de 
fEmperar orgacilleux (M. W. en rapproche celle du roi Girbert, et fait i ce 
propos sur cette histoire, celle du ■ roi Ange n et celle de Ftoovant des 
remarques fort intéressantes), celle de la mère de Salomon (oh il joue le râle 
du philosophe Secundus), etc. Les savants occidentaux sauront gré à M. W. 
d'avoir mis en allemand ce travail d'abord publié en russe, et trouveront lar^- 
nent 1 s'y instruire. 

X. — RBvtiE CRTTiQtTE, octobrc •décembre. — Art. 100, Collection de 
tontes et chansons populaires, publiée par Leroux, t. I-V (G. P.). — aoj. Diez, 
Lebai and Werkt der Troubadours, éd. Bartsch (P. M.). — Variitis (p. 4Sî) : 
Bibliographie créole, note supplémentaire {H. Gaidoz). 

XI. — L1TERARI8GBBS Cbhtralblatt , octobre-décembre. — N* 41. 
Meyer, Die Ceschichtt der Kreuzkolzes vor Ckristo ; Der Ludus de Antichristo and 
iba du latànischen Rkylhmen. — 42. Stengrl, La cancan de saint Alexis, etc. 
— 48. Baischan, Zur romanischen DiaUkiologie, I ; Carigiet, Ratoromanischen 
Wanerbuck. — 50. Bartoli, Crestomazia delta poesia ilaliana. — ji. Schwds- 
thal. Essai sur la valeur phonétique de l'alphabet latin. 

XU. — Deutsche LriBRATORZEiTUNa, octobre-décembre. — N"'4i. Eys- 
senhardt, Ramisch and Romanisch (Grœber : justement sévère). — 41. Fœrster, 
Ljoner-Ysopet (Tobler). — 44. Gsriich, Die sûdwesllichcn Dialekte der langue 
d'oïl (Ulrich). — 47. Graf, Roma ncl medio evo, I (Schrœder). — 49. Scheffer- 
Boichorst, Aus Danle's Verbannung (Tobler). — jo. Luchaire, Recueil de textes 
de l'ancien dialecte gascon. — 51. Diez, Lcben and Werke der Troubadours, 
éd. Bartsch (Stengel). — Ji. Fœrster, Aiol et Mirabel (Koschwitz). 



CHRONIQUE. 



M. Arsène Darmesteter, ayant été nommé titulaire du cours de langue et 
littérature française du moyen âge i la Faculté des lettres, a abandonné la 
place qu'il occupait i l'Ëcole pratique des hautes études. M. Gilliéron a été 
nommé répétitear i cette Ëcole, ob il s'occupera surtout de l'étude des patois 
vivants de la France, rattachée d'ailleurs à celle des variations dialectales de 
rancien français. 

— M. Alfred Morel-Fatio a été prié par M. Paul Meycr, alors malade, 
de le suppléer, pendant le semestre d'hiver 1882-8J, dans sa chaire de langues 
et linératnres du midi de l'Europe, au Collège de France. Il a pris ponr 
sujet d'une de ses leçons le roman picaresque en Espagne, et dAns l'autre il a 
expliqué des textes catalans. M. Meyer reprend son cours avec le second 
seswstTC. 

— M. le D* Em3 Lery s'est ■ habilité > pour la philologie romane i l'uiî- 
versité de Priborg en Brisgau. 

— Le concours phîtologiqae et littéraire de la Sociài des langats romana 
aura lien 1 Montpellier le 1 j mai prochain. La Société a constitué un < bureau 
d'honneur > dont les présidents sont MM. Mistral et Paris, les vice-présidents 
MM. Mili y Fontaaais, Monaci, de Bomier, Darmesteter. La Société a lien 
d'espérer <)ue U majorité au moins des membres du bureau pourra prradre 
part au concours et aux fîtes qui l'accompagneront. 

— La SocitU Ja Aiuitus Tata franfats a mis sous presse les Œuvra pot- 
liyK; it Philippe Jt Btjummmr (publiées par M. Suchier) et le roman de 
CuHUmuh Jt Doit (publié par M. Servois). 

— M. Van Haroel a mis sous presse, pour paraître dans la Bibliothéqoe 
de l'Ëcole pratique des hautes études, son édition, d'après de tris nombreux 
manuscrits, des onivres du Reclus de Morliens fie Roman de Charitl et le 

— M. Constant s'occupe d'une Cknsiomêtkie dt l'ancien français que doit 
publier U maison \'ieweg, i Paris. 

— M. Bartsch prépare pour l'éditeur Maisonneuve. i Paris, un recueil de 
trxtts en ancien français, accompagné d'une grammaire et d'un glossaire. 

— N^tuj avons rfçu le programme d'une « Revue internationale pour la 
wtfwcf des lanf^es en général • {Inltrnattonale Ziitschrijt fur allgemtine Sprach' 
»(AN^v,.4^tt dirigée par M. F. Techmer, doceitt i l'université de Leipzig. Le 



CKRONtQtlE I )9 

Mit DOBt lenbk BU peu anbttîeux et k programme bien vitl(. Noos ne 
■BMi p» penoadéf qu'il y sit iias ce progumene aucane braache d'étude 1 
lifMBt ait bit défaut [usqD'îci un organe «affisant. La rédaci'ion de celte 
ismfle rcroe semble devoir étrr très cosmopolite. L'Allemagoe, l'Atigieterre, 
riuiie 1 iont représentées par leurs plus Sluttrrs linguistes, U France pu 
UU Adan, L. de Rouiy et J. Vrason. 

— M. le comte de Bournioat nous prie (et nous le bisons volontiers) de dire 
1 Ml lecteers qu'en publtmt ta cnriesse légende reciieillie par M. Camo^ sur 
• Cudekni et Boonnont {Rom. XI, 4 1 1) « nous n'avons ntlUcmcnl voulu nous 
moàtr 1 raccusatioa de trahison portée par Napoléon et d'autres contre te 
(Mnl de Bounnont et accueillie par b crédulité pabli<]ue. 

— Je docmrrai dans va prochain aunéro de la Rçmanu ua supplément i mon 
Ùaii tm ki muauaiti iu twun i'Alaanâît. On y troui-era, oolamment, la 
docriptioa du ns. de Rone {Rem. XI, ; j 1), qui a une importance que ne laissait 
pai loupccatter b notice de M. A. Kcller, ei de nouveaux détails sur le ms. de 
Venise. QjuM >■ mt. do baron de Lassberg (Rom. XI, }j]», d est décrit* dan» 
If atalogae de* mn. de la t>ibliolhéque princiére de Donauescliingeii (par 
M. Banck, Tubingne, i86i, gr. in-8*i sous le n* 168. Il ne conlient que tes 
Tm im ^êea et le Rettor da péûn. — P. M. 

— J'ai dit a-dessBs. p. 14, qoe le petit poème de Matazone, n'étant pis 
iidiqié dans le catalogtx de t'Ambroisienne, n'avait pas, i ma connaiisance, 
^ré juu)u'ict l'atlentiOD des phiJologtin. C'était une s^upposition inexacte, 
lion articie éuit imprimé lorsque j'ai appris que M. Biannu, jeune Roomaia 
qui suri a Pans divers cours de philologie romane, avait, l'an dernier, décou* 
TCndeson cAti cet opuscule, et en avait pris copte. M. Biannu s'intéresse, 
OKne moi, ï l'hisldre de b légende d'Alexandre, et c'est au cours de 
ndietbes sur les mss. de i'Hatoria Jt prahit qu'il a rencontré le poème de 
Matsme. — P. M. 

— De» nou de réponse il mn ami le prof. Baissac. sur le point en litige 
i propos de l'étymologie de la négation créole napn. Je la dérive de t n'a pat » 
fat le son est JdeMiqae, le prof- Batssac de 1 itr .. pai ■, et pour justifier 
le Aaflgcmcnl de ( en n, d cite SiKOuyé de secouer, ça de v et una de m a. 

CetlroB exemples ne sont pas probants, c Le créole latouyi ne vient pas 
éexioaii, mais bien do patois normand jnfOKr, encore aujourd'hui existant, 
fOi at rjBcxn fraoçau tathitr, tirer brusquement, secouer, de 'sac c;i re. avec 
b proBonciatiofl picarde et normande, d'où sainte, suçait, saccade, secousse'. 
Cl g'eit pai, en effet, dans b bagne littéraire, mais dans le Ungage populaire 
du prcaien colons (Normands et Bretons) qu'il faut aller chercher l'étymotoRie 
et bien des mMs créoles. Par ex. : baher pour bjUjtr est te mot même nor- 
«ud, etc. 

^ fil vient Uni simplement de (é. 



. Connw im tan tev k* MM. naat la même prowrnaoce. .uu^mt 

.iow. f«« nrU pMlob JLné au Baun p. .61. ^.^r^StoS^- 
InkacoRaicu tMiTtsauytr, mai» je <« »« "«« P*» >"«•" ** * 




140 CKRONtque 

j* Quant i cim que l'on prOROnce â peu près ûna, il «cent bien de tu a dini 

* il y «n a ■ ; mais le créok ayant été (orné par l'oreille^ t a ici le sdd de t. 
Aucun de ces trois exemple ne prouve donc (]ue e Trançjiis puisse donner é 

crfole. E muel donne i dans l'immense majorilè des cai : dimijin, ctm\n, (imut, 
dilo, etc., cl très rarement ou, comme dans (ouvjl, zoanoa, de cheval, genoo. 

• Nupa » dérivant de * nt ... pas » serait une anomalie, <)ue |c crois unique, 
du diangemeni de < e» it. JVd/u de n'a pas ne présente ïucunc dLtlîcullé phoné- 
tique, et a de plus l'avantage de n'avoir pas besoin d'une seconde supposition : 
la réunion eu un seul de deux mois ordinairement séparés dans le discours. 

Quant i nèqat, napli, donnés comme venant de nt ... que : il lu ^it qat par- 
ler, de /fc ... plui : je nt le ferai plat, pour prouver que le créole a pu réunir 
en un seul deui mots souvent séparés, ils viennent régulièremenl de a'ttt qat, 
n'a plus, réunie comme dans les phrases: i\ a'ut que vétérinaire, ri n'u pliu 
de feu. 

En résuiB^, la iransforoiation des sons français cti sons créoles est le plus 
souvent régulière : t fait 1, et par conséquent nt ... pus, itt ... plas auraient 
donné aip-M, nipli, et non ntpa, njpU. Lu négations aapj, aanea, ai^iu, napli., 
viennent régulièreniejit de n'a pas^ n'a iiin, a'ttt 91", N'a plat. — A. B08. 

— Livres adressés i la Rom<mié : 
La Lapidairtsfrançm du mojcn ige, tentes des XII', XUI'el XIV* siècles, réunis, 
classés et publiés, accoinp3f<nés de préfaces, de Ubies et d'un glossaire, 
par Léopold pAKRiF.it, ancien élève de l'Ecole des chartes et de l'École des 
hautes études, avec une notice préliminaire par Gaston Paris. Paris, 
Vieweg, in-8*, xj-J^J p- i cinquante-deuxième fascicule de la Bibliotki^ut 
it t'Ècolt prcûqat dti haaUi Hucies). 
Dt U pan dt la Champiignt dans la formation tt U dhtloppinHnt ât U langue et 
Jt la liilératurt tranfaisc (discours prononcé à la distribution des prÎK du 
collège de Châlons-sur-Marne le ; aofit 1882), pjir M. Pqvlxiv. CbSkuis, 
impr. Le Roy, in-S", 16 pages. — L'imeniion était bonne; mais dans 
quelle ignorance sont encore nos professeurs de province! M. P. croit i 
l'épilaphe de Plodoard publiée par Mabitlon, aux vers de Doeie de Troyet 
fabriqués par M. de Survrlle ; il raconte que < sur les murs de son chiteau 
de Provins, le comte Thibaut Faisait peindre en itUm d'or sur thamp d'aiar 
ses gracieuses chansons, pour les porter A la connaissance de ses bien-aimis 
sujets, ■ etc. Le sujet est â reprendre pour un Champenois mieux informé. 
Imtntairt dit maniufntt italiins de là BibHoibiqut nationale qui ne figurent pai 
dans le catalogue de Marsand. pir Gaston R^ytiauh. Parii, Picard et 
Champion, in-8', r^o p. (extrait du Cibn.^i huteriqae). — Ce travail est 
utile et parait fait avec beaucoup de soin. Il aurait gagné i être accotnpa- 
gné d'un index méthodique et de celte concordance des numéros anciens 
avec les nouveaux que l'auteur dit avoir dressée. 
Stanislao Phatu. Vaa novillina popcUn rnoafttriuj, raccolla e illtistrata con 
note comparative e preceduta da una prefaztone sull* importania délia 
novellrstica popolarc coniparata. Como, Ostinelli. in-8», 67 p. — i-i Ug- 
gtttda dtl taoro di Ramptiniie nelle varie redationi itatiane e straniere, saig- 
gio critico di Stanislao Pb^to. Como, Franchi, iii-8*, lif-il p. ~ Ces 



CHBONIQUE 141 

traraui, conme ceux <\»'i dtji publiés le nitmc auteur, socl pleins d'èrudi- 
tjos cl earichiuent b rtiylhographie de beaucoup de renieignemenls précieux. 
Ukr du Hmdithnjun dtt Ckitnton di Horn ... von Rudolf Brcdk, in-8% (i p. 
(dissert. de Marbourgl, — Coinirencemeni d'un travail qui sera compléU 
daiu les ^igj^ und Abkaadhiif^cn de M. Stengcl. 
Vaii^t popalara porta^iuziis, por Z. Co>fiiuLii^Hi-pBUH080, X. homim 

ias uu itataéurat. XI. dtabo. Pofto, typogr. Elteviriaiu, 16 et 19 p. 

DgCatgttan: Jir Partiopii Ptaettriti in adiver VerbalconiUuctioo \m Altlran- 

toeûidin bis zom Anfang des XIII Jahrhunderts ... von lohinnes Biess 

t£sseilJtion de Girllingrn}, 70 p. — Travail consciencieux, mais qui n'est 

pas acmpt d'erreurs. 

Zm ttButMchift Didliiîoiogte. Heit I. Vtbti dai jûdiich-spanischŒ DuUlt a\s 

Beilrag xor Aufdellung der Atuiprache îm Altspaniichen, von M. Balscuam. 

BeJorar, FleiKhmann, jo p. — Ecrit singulier, où il y a quelques renseî- 

gomcnU utiles i recoeiHir, mais où l'ordre et la clartf font compi^ement 

ditiul. L'auteur écrit sur la ptionéti{;ue sans avoir â sa disposition les res- 

SDortes typographiques les plus élémeiiUiret, et des fautes d'impression en 

mabre incalculable viennent rendre en outre son ouvrage presque illisible. 

Oir Verhj/ltxioa m der Oxf. Ht. ici Cirùrl de Rosillon, von Ceorg Hestschku. 

Halk. Karras, jS p. 
AdiDe CoEK. Di aaa Uggendi rt!aliva alla nâtcita t MU povenlà di Coaantiiw 
Hégno. RoDia. Fofiani, gr. m-S", 191 p, — Il s'agit dans cet important 
trsrailde b légende qu'a étudiée ici M. Wessdofsky \Rom., VI, 17} ss.}i 
i propos du Dit de l'empuetu- Constant, mais qui, d'après le savant italien, 
■'a pat de rapport avec ce poime et les récits semblables. Une venion latine 
de CElte légnde a été récemnent trouvée et publiée par M. Heydenrcich ; 
H. Coei en aviéliorc le leile d'après un ms. de Rome ; mais l'objet princi- 
pal 4e MM travail est le dassemeni et la critique des différentes versions de 
b légende, et la recherche des éléments dont elle se compose. Il fait preure 
dMs cette élude d'une érudition très riche et très précise, d'un jugemeol 
excelleDi et d'une remarquable intelligence. Ses conclusions sont loufours 
pUujibles, souvent assurées, et n'ont pu en bien des cas être obtenues que 
frlcr i uoc pénétration peu commune. Il et ï souhaiter que M. C. écrive 
llli-ntne cette Hntoirt foèûqitt de ComUnùa dont il invite luotlesienicnl un 
cooipéient i se charger : il n'aura pas à chercher loin pour le 
trovfer. 
Vtioeno CiiBsctKi. Dut stuJi riguarJaiUi oprre minvn dd Boccac<io. U Canlaie 
S Fitrt t &atuifiore tJ il Fiioeoh. La Lutta deW Amorou Vitiont. Padova, 
.CrtKtat, in-S", 61 p — Nous reparlerons prochainement en détail de ces 
'dnx ialértssantej études. 
OwUriss ia Larf- iwrf Flixiont-Analyse dtr ntuftaniasiscken Scfirifispracht. von 

CK LittonsK. OppHn, Maaske, ir-S*, vij-109 p. — Assez peu satisfaisant. 
Ligpdtt tt titat popalairu du pays bas^ae, par M. CEnouAKO. IV. Pau, Pri- 
tut, bi-8*, 200 p. (extrait du BalUlm Je h Soittii des tcitiKts, httres et 
m\t il Pau). — Avec cette livraison se termine un ouvrage des plus iinpor- 
UnUpoorla littérature comparée, dont on doit être fort reconnaissant â 




■ 41 CHRONIQUE 

l'iuteur. News y signalons tes curieux récits relaliTs k Arrolan (■= Rollaml), 
ûb A'ttiCitM conlet cir géants se mjleni it des «mprunts f^iu jut pommes 
Irançaîs. L.» Basques n'ont gardé aucun souvenir propre, cela va tans 
dire, At l'avfntare do i { aoûl 778, el considèrent Arrolan comne ayant 
combattu les Mahw (^ Mores), Le n* 56, 04 les Basques sont au con- 
Iraire rcprÉscntés comme défendant contre lui leurs nionugnes, et oEi ils ont 
pour chd un Oxona l= Loup) qui vient tout droit du Lupus de la charte 
d'Alaon, est ceruincmeni de Ubrication Crudité et toute moderne. 

Dit Lthrt vam fraoïaittcken Virb auf GrandUge der histarischen Grammatik, 
von D* Hermann Brhviiuik, Professor an der Unirersit^cl Mûnchen. Mûn- 
chen, Oldenbourg, 1S83, In-S*, viijijâ p. — L'auteur se propose de renou- 
veler et de vivifier l'enseignement du français moderne en lui donnant pour 
base riiisioire de la langue. Cet écrit, qui nous paraît bien répondre i son 
but, Kl consacré au verbe; il est précédé de remarques et de discussions 
sur la méthode suivie en Allemagne pour l'enseignement des langues 
vivantes. 

Pr. BsnOHAKN. Ultrt mr ta ptiambit (priamHc). Kolosxvar, in-l8, 8 p. — 
M. Bcrgmann avait proposé jadis d'appeler en français priamite la rorme 
poétique qu'on nomme en allemand Pndmti ; sur robservation que Priàmel 
vient de praeÂmbula et que priamile viole l'accent el n'est pas formé i 
la française, il préfère aujourd'hui priamble. 

Gtsang tii\ Heiaritk IV. j. \o%^. Uebir L^hynnthdarittflungen. Von Wilhelm 
Meyer, ausSpeyer. Munich, Siraub, in-S", .47 p. [extrait des Com^irs-rcArfiu 
Jt \'AiatUm\i. [8Si, 1. II). — La seconde de ces éludes est fort curieuse, 
et jette du jour sur plusieurs particularités mal expliquées jusqu'à présent 
par les paléographes, les liiiéraleurs et surtout les archéologues. 

Lu Juix plus niKitnt trailii franiùis d'algotnuit tt di gioatitru, publiés par 
M. Charles Hkhay. Rome (Paris, Leroux], in-4*, 14 p. (extrait da BaUtt- 
tino di slcria diUe stUnie mattmctkhi t fiticht). — Reproduction diploma- 
tique de deoï courts trjilés contenus dans un ras. de Sirnle-Geneviévc 
qu'on croyait perdu et qui remonte i la fin du X1I!« siècle. Intéressant 
pour l'emploi de termes techniques et aussi par une longue énumération de 
monnaies avec leur valeur. 

£tn Nanuabuih :a dtn alifrjaiatisehtn Eptn^ Teil I (von) Fritz Suftcrt, 

in-8*, 4^ p. Idissen. de Grcikwald). — Ce n'est ici que l'introduction d'un 
livre qui doit bientôt paraître ; nous en reparleront. L'idée est bonne, mais 
l'auteur aurait besoin de plus de préparation. Dans une digression sur le 
PtTuval, il soutient avec raison que la partie composée par Gcrberl n'est 
pas one interpolation, mais une fin indépendante de celte de Maoessier, qui 
commentait au même endroit, et qu'un copiste, en en supprimant le dénoue- 
oient, a intercalée avant celle de Manessier : mais il prétend k tort que 
Chrétien a composé au-deU du vers 10601 de l'édition Polvin. Nous aurons 
bientôt occasion de traiter ces questions ici. 

Thi Pkiloiogy cf IhcfrtKb langiugi, by A. L. Mbimned. Tbîrd édition. Paris 
et Londres, Huhetle, in-ia, 161 p. — M. Meissner a perfectionné seosi- 
blonent, dans cette troisième édition, l'ouvrage qu'il avait publié pour la 



I 



CHROHtqUB t43 

première fois il y a quitu« ans (roy. Rtra* ttit., i$68, t. II, art. a)6 ; 

I pourquoi pïniMr l-îl i tirer ptooc de l'angl. ;iro»7). Il a abandonné sa 

Malmcoiitrro» ihioTK wr (es formes Ae fa conjugaison française modifiât 

(Taprts l'acceit (vojr. Rom. Il, 143), et tie reproche plus aui philologues 

(ri&çaîs kur ignorance ; nuis ïl a passé d'un extrême à l'autre en parlani 

Ip. w$i de < la découTerte de M. Gaston Paris, que la diphtongaison :■ 

;|ica dan les syllabes qui ont l'accent en latin, mais qu'il n'y a pas de 

tdi|Atoagaison quand l'accenl est déplace >. C'est une découverte qui avait 

été iiiie iTant qse l'auteur cité vint au monde. En somme, oulgré bien des 

oanstîOflS, des locxacliludei et des erreurs, le manuel de M. Meîssner don- 

MS écolwrs anglais une connaitsanoe de la philologie française supé- 

l'iienre i cdie qu'en ont les écaliers de France. L'afpatitx contient, dans 

jtttle troisiioie édition, on certain nombre de morceaux d'ancien français, 

h^ a'aecoapagne aicun commentaire, et qui, mal beurcu sèment, n'ont pas 

toujours été pnnit aux meilleures sources. Ainsi l'extrait de 11 Panion 

de Clenmnt-rerrand reproduit les fautes des éditions antérieures au teste 

KVu sur le mt- qu'a publié la Romainâ, II. 299 et suiv. ; k morceau du 

tBomaa de Hou est emprunté à ta piemiere édition de la C lires tomathie 

[de Bartsch, etc. De pins les fautes d'impression abondent dans tous ces 

lestes. 

AtMmu/, Bruchstilck etnes Lanielet romans des Heinrichs von dem Tûriin, 
oetist einer Abhandlung ùber die Sage vom Trinirhorn und Mantct und die 
Qodle der Krooe herausgegeben von Otto WAtiHk-m:». Brcsiau, Kœbner, 
ta-8*, Tit-i;6 p. — Nous parlerons ailleurs de cet ouvrage, qut soulève 
des questions intéressantes pour l'histoire de Lancelot : disons seule- 
■ent qve c'est un travail aussi intelligent que consciencieui, et que te 
dupilre consacré i la légende du oianteiu mal taillé et de la coupe encbao- 
tée est ce qn'on 1 écrit li-dessus de plus complet. 
L Rtgta Gmlltumt, comte de Hainaut. Poème inédit du XIV* siècle, par 
Ubtn de le Mole, publié, d'après le manutcril unique de lord Ashbumham, 
pu Ang. ScHRLCR. Lotivain, Leferer, in-8°, xvj-aio p. (publication de 
TAcêiime ttjûli lit Iklgi^ut). — Jehan de le Mole composa en 1 j}^ ses 
Rtguti sur U Bort du < faon Cuillaume *, comte de Hainaut, mort en 
U7. ton Ofuvfe n'a été conservée que dans un manuscrit; M. Sch. l'a 
■bliéc d'après use copie de miss L. Toulmin Smith. L'éditeur est sévère 
rautair qo'il édite, et il n'a pas tort; mais il remarque avec raison 
1 ouvrage ancien, s'il n'a pas de valeur historique ou lîllérjire, en a 
toajoin une llnguitlique. et il le prouve par les intéressantes noies dont il 
accompagné le texte, et qui sont dignes, quoi qu'il en dise, de l'aiiention 
phflôlogurs aussi bien que des lecteurs ordinaires. Un glossaire présente 
ordre ^phabétïque les faib les plus importants qui y sont abordas. 
I. Sch., s'il ne négligeait systématiquement toutes les rcchercbes qui sont 
Tordre purtneat littéraire, aurait pu faire ressortir l'intérêt que présentent 
. allusions i de» récits romaoesques dont le poè:nc est paricm*. Ajoutons 
que J. de le Mote est loin d'être aussi inconnu que le suppose son éditeur. 
C'etI l'auteur du Parfait da Pém, sur lequd voy. Frocheur, dans le Nnti- 




■ 44 CHRONIQUE 

ger des se. Aùtorifiui de Belgitiae, 1S47, p. 412, et Hugues Capa [hà. Lj 
GraDge}, p. xviij. 

dialuto mirandez. Contribuiçlo para o estudo da dialectologîa romanicai do 
dominio glottologico hispano-tusiuno por J. Leitb de Vasconcellos. 
Porto, Clavel, in-8*, jç p. — Etude du dialecte des «ivirODs de BAîranda- 
do-Douro, dans Traz-os-Mootes ; ce dialecte, d'après l'auteur, tient le 
milieu entre le galicien-portugais et le léonais-asturien. 

Pois'ui iniJites de Jean Moniot, trouvère parisien du XIII* siècle, publiées par 
Gaston Raynaud. Paris, in-8", 3j p. (extrait du Balletin de la Sociiti de 
rhistoiredt Paris). — Des neuf chansons de Jehan Moniot de Paris, H. R. 
imprime les cinq qui ne sont pas dans les Romances et Pastourella de 
Bartsch. Il montre en outre que ce poète s'appelait bien Jehan et est l'au- 
teur du Dit de Fortune^ publié par Jobinal, que revendique aussi Moniot 
d'Arras. Le texte est très bien établi ; i plusieurs reprises seulement il faut 
m'i an lieu de mi. 

Nouvtlte mtthode pratiijae et facile pour apprendre la langue portugaise^ composée 
d'après les principes de F. Ahn, par F. os Lencabtre. Leipzig, Brock- 
haus, in-i8, j vol. de vj-87, iv-iê^ et 68 p. — Voyez ci-dessus l'appré- 
ciation de cet ouvrage par M. Vianna. 

Un poema sconosciato degti altimi anni del secolo XIV {Fimerodia di Jacopo dd 
Pecora), analizzato ed illustrato da Rodoifo Renteb. Bologna, Fan, 
101 p. (extrait du Propagnatori). — Analyse détaillée d'un poème en trente 
chants jusqu'ici absolument inconnu; M. R. doit plus tard s'occuper de 
l'auteur et apprécier l'ouvrage. 

Du caractire et de l'extension da patois normand. Étude de phonétique et d'ethno- 
graphie suivie d'une carte, par Chartes Joret. Paris, Viewc^, in-8*, zxxij- 
ji I p. — Nous reviendrons en détail sur cet important ouvrage. 

Franzasische Personennamen aus Guimans Urkundenbach von Arras von Egon 

FnErBËHo, in-S", 41 p- (dissert, de Halle). — Monographie qui peut être 
utile, mais qui contient bien des méprises. 

Die ortkographtscken Reformversucke der franzasischen Pkonetiker des .XIX. Jêhr~ 

hunderts. Teil 1 (von) Hugo Nibmer, in-8", 34 p. (dissert, de Greifs- 

wald). — Commencement d'un travail qui doit prochainement paraître en 
entier. 

Beitrage zur Ceschichte der Entwickelung der mittelalterlichen Bûluie, von Julins 
ScBrcBTT, in-8*, 48 p. (extrait de VArchir de Herrig, dont nous reparlerons 
à propos de ce recueil). 

Die rilterliche Gesellsckafl in den Dicbtungen des Crestien de Troies... (von) 
Wilhelm Hbidsiek (dissert, de Greibwald), in-8", 40 p. 



Le propriétaire-gérant : F. VIEWEG. 



Imprimerie Daupeley-Couvemeur, i Nopnt-le-Rotrou. 



LA VIE 

DE 

SAINT GREGOIRE LE GRAND 

TRADUITE DU LATIN PAR 
FRERE ANGIER, RELIGIEUX DE SAINTE-FRIDESWIDE. 



L'ouvrage qui voit ici le jour pour la première fois a une importance 
^le pour l'histoire littéraire et pour la linguistique. II appartient à cette 
fcnnchc de notre vieille littérature 'qui s'est développée en Angleterre i 
b niite de !a conquête normande, et nous fournit un témoignage vrH 
préds sur l'éiat de la langue et de la versification à une époque et en 
ulieu détenninés. Bn elTei, par un bonheur singulier, nous savons où. 
qmnd et par qui il a été composé. 
I Le iDs. d'où cette vie de saint Grégoire le Grand est tirée est un livre 
en parchemin de 174 feuillets, ayant à peu près le formai d un petit in-4*' 
(0,190 >ur 0,149). ^^^ pages sont a deux colonnes réglées pour 
16 lignes. [I appartient à la Bibliothèque nationale, où il porte le 
ar* 2476Û du fonds français. Avant la fusion des divers fonds de la Dtblio- 
ibèque, U portail le n' 1 jSi parmi les manuscrits provenant de i'an- 
denne bibliothèque de Sorbonnc. J'ignore à quelle époque il était entré 
dans ce dernier établissement. Je ne l'ai pas trouvé mentionné dans le 
cttalogue des livres de )a Sorbonnc qui fut rédigé en 1 n^ et que 
K. Dditle a publié dans le t. Ili de son grand ouvrage sur le Cabiatt 
da mâiaturiti '. Il contient U traduction en vers français du Dialogut de 
saint Grégoire (fl. 2-i(i)», suivie de la traduction de ta Vie de saint 
Grégoire ci-après publiée (tf. i;;-i74'). Le traducteur de ces deux 
ommges s'est fait connaître à la fin de chacun d'eux, en ces termes : 



r. Cet ancim catalogue n'indique qu'un très priit nombre de mss. français, 
quatre m toui, C^bimt 4ts muniiscnli, 1)1, 107. 

1. En tèlc de la irsdoction du Oi^io^ut, il y a (fol. i) le texte latin e( ta 
vidgction PU quatrains ilc ren dècat^llabiques du Vtni Çrtetor, et une Orj^o 
ti Ttiatfjum, en quntrams de tntoie mesure, qui sera publia ci-après, 

J. Le rerto du toi. 1 ^ 1 tt le fol. t^z sont restés blanci. 



KomÊHit^Ili 



10 



14é P. MEYER 

1° Fol. I j I , à la suite du Dialogiu : 

Explicit opus manuum meanim quod complevi ego frater A. subdiaconns, 
Sancte Frideswide servientium minimus, anno verbi incarnat! .m". cc°. xij",, 
mense .xj"., ebdomada .iiija. ferta .vja. in vigilia sancti Andrée apostoti <, 
anno conversionis mee .vij*, generalis interdicti per Angliam anno [.v.]*, ad 
laudem et honorem Domini nostri Jhesu Christi, qui cum Pâtre et Spiritu 
Sancto vivit et régnât Deus, per inSnita secula seculonim. Amen. 

2° Fol. 174 et dernier, à la suite de la Vie de saint Grégoire : 

Istud complevi conversionis mee anno ix<>, sacerdocii .ij**, in vigilia aposto- 
lorum Philippi et Jacobi. 

Le « frater A. » de la première de ces deux notes a donné son nom 
en entier à la fin de sa traduction du Dialogue : 

Si voeil nis requerre e preier 

Toz celz qui lire ou escouter 

La deingneront, por Dé amor, 

Q'is preient por lu translater, 

Ço est li vieil pecchierre Anoub, /. i j 1 1 

De set anz joevre ^, onqors clolstrier, 

Qe Deus ensemble od els l'ameint 

A la grant joie ou sont li seint. Ans». 

Il était religieux à Sainte-Frideswide, et c'est là qu'il termina, le 
29 novembre 1212, la traduction du Dialogue, et un peu moins de deux 
ans plus tard, le jo avril 12 14, celle de la Vie de saint Grégoire. L'in- 
tervalle est clairement marqué par les mots « anno conversionis mee 
vij° » d'une part, et « anno ix" » d'autre part. Nous apprenons aussi 
par la seconde note qu'Angier avait reçu la prêtrise aussitôt après avoir 
achevé la traduction du Dialogue. 

Sainte Frideswide, dont notre auteur se déclare le serviteur très 
humble, Sancte Frideswide servientium minimus, était l'ancienne patronne 
d'Oxford. Il y eut en son honneur, entre l'isis et la Cherwell, un prieuré 
de chanoines de l'ordre de saint Augustin, qui, fondé en 1 12*1 , fut sup- 
primé en 1 524, et fit place à un collège dont l'église, l'ancienne église 
de Sainte-Frideswide, devint en i $42 « l'église cathédrale du Christ et 
de la bienheureuse vierge Marie » *. C'est maintenant la cathédrale 
d'Oxford, et le collège qui y est attenant est le collège de Christ Church. 



1. Il laudrait, si je ne me trompe, feria v, car en iai2 le 29 novembre, 
veille de la Saint-André, était un jeudi et non un vendredi. 

2. Ces mots, depuis generalis, sont en marge; le dernier, que je restitue 
entre]], a été enlevé par le couteau du relieur. 

}. Jeune de sept ans ; il faisait dater sa t vie nouvelle ■ de son entrée an 
couvent. 
4. Voy. Moitasticon artgUcanum, nouv. éd., II, IJ4 et suiv. 



I 



LA VIF DE S. CRËCOIRE PAR PR^RE ANCIER t47 

U carlalaire de t'jncien prieuré de Saînie-Krideswide existe encore. 
Uappanienl à la bibliothèque de Christ Cburch. Je l'ai feuilleté, il y a 
quelques années, dans l'espoir d'y trouver quelque meniion de frère 
Angier, mais mes recherches om été vaines. Nous devons nous conien- 
ler de uvoïr de ce modeste religieux le peu qu'il a voulu nous apprendre 
dans le* quelques lignes rapportées plus haut. Le nom même d'Angîer 
l'en pas commun ni en Angleterre ni sur le continent. Je trouve un 
Pttrat Ananas (ou Angerif), prieur d'Archiac, dans les Rotali litUrjrum 
fauttiam, I. iti. à l'année 1114, et un Artgtrui, en uoi, dans les 
ftofu/i ChanATum in tani Londinensi asservaiu p. 94 '. 

Frère Angier est, si je ne me trompe, resté jusqu'à ce jour entière- 
ncni inconnu. Ni VHistoirt littfraire tic h France, ni Th. Wright, en sa 
Biographies Bfitanaica litteraria, ni aucun autre auteur, que je sache, 
n'a jamais prononcé son nom ni fait mention de ses écrits. Je crois 
aroir le premier signalé sa personne et son œuvre en éditant, dans mon 
fUtaâl J'ancûfu textes^, 340 vers de la traduction du Dulogat. Angier 
est un de ces laborieux versificateurs, comme la liiiéraiure normande 
en compte tant, à qui un pieux motif, bien plut6t que l'instinct poé- 
tique, a nus b plume à la main. Il a voulu, lui aussi, travailler 1 la con- 
verùm du monde. Répétant, dans la préface qu'il a placée en tête de 
sa traduaion du DialogM, rétemelle plainte des prédicateurs, Il se 
lameiAe de ce que parmi ses contemporains un trop grand nombre, pré- 
lérani les vaines joies du aéclc au trésor céleste, prennent la paille et 
laisseni le grain. Comme d'autres pieux écrivains du même temps >, il 
s'aHDge de voir que le public préfère le mensonge ei la fable à la vérité : 



Plus est but iccst jor oî 
CI qui enseingne vanité, 
Ueacoa^ e f)bl< e falseté, 
Qb ci) qui enuigne le voir. 
Moralité, ten e uvoir; 
Car vanité est escoulie 
E terité eit rri>oitée. 
La bbles d'Arlur de Bretaignc 



E les chancons de Chaclemaignc 
Plus sont chcries c meîns viles 
Que ne soient les évangiles. 
Plus cit eicouti li jugliere 
Qe ne soit saint Po) ou saint Pierre, 
E plus est hui cesl jor li fol 
Oîz qe saint Pierre ou saint Pol. 
iFol. 9 t.) 




Les mteors ecclésiastiques, qui s'efforçaient de faire échec aux roman- 
ders profanes sur le terrain de la littérature vulgaire, avaient souvent 
plas de bonne volonté que de ulenL Aussi craignaiem-ils, non sans 
qudqoe raiwn, les railleries. Frère Angier n'était pas sans appréhension 



I. Il djsi^ae probablement à l'ongine une personne originaire de l'Anjou ; 
»o)f. BanUler, Oiu Eaghh Svfiuina, lii?), p. iji. 
3. Partie fnaçiise, n' 3j. 
)■ Vo]-. par exemple le prologue du Bestiaire de Gerraise, Rmnnu, I, 416. 



148 P- MEYER 

à cet égard. H prévoit qu'on trouvera ît reprendre dans son œuvre, et 
d'avânce il se défend contre les attaques de ceux qu'il appelle les 
K envieux », — de nos jours il eût dit les « critiques », — leur oppo- 
sant, selon Tusagc, un inaltérable déd^iin : 



Mais tant des envious bien sa! 
Qu'a jour poucir mil irie querront. 
Ja Deu le poucir ne br dont 
Qe il ine puessent deslorber. 
Le bien dclraire c dépraver 
Lour otMÎ : çoest louf mestier, 
Mais ja miei ne me poet vengier 
Oc soi II i-nvious fclon 
(^e soi tuer de son baston <. 



Envious soi meisme ronge 
Premièrement, e puis voooge' 
Sour autnii tote sa malice. 
Or lace donques son of5cc, 
Car s'il deiist crever ou fendre, 
Ja par lui ne Utral emprendre 
Ço que Deusm'a mis en courage. 
Quel q'oem m'en tienge.ou fol ou sage. 
(Pol. to bi.i 



Ce n'est pas qu'il se fasse illusion sur son propre mérite : il sut bien, 
nous dit-il, qu'il n'a pas tout le savoir qui serait nécessaire pour une 
telle entreprise ; mais il compte sur l'aide de celui qui fit parler l'ànesse 
de Balaam. Aussi est-il plein de confiance : 

Por tant ne pris pas une fie 

Se li (el envious t'occie. 

Car sachez bien, n'en doutez pas, 

Ço qe Oeu dil par satnt Lucai 

En l'evingile i\ quer me touche ; 

« Jo, ( fait se il, < te donraî bouche 

• E sen al quel lî aversaire 

• Ne ponont ja coniredii faire \ > 

(Fol. 10 c.) 

Angierne saurait prétendre à un rang élevé parmi les poètes de son 
temps. Il n'a aucune verve ; il manque de cette élégance facile qu'on ne 
peut méconnaître chez Wacc et chez quelques autres. Il est bien loin d'avoir 
la vivacité d'esprit et la profondeur de sentiment qui caractérisent l'au- 
teur du poème sur Guiltaume le Maréchal. C'est un versificateur prolixe. 
Il se plaît à répéicr deux fois la même pensée sur des rimes différentes. 
On en a un exemple plus haut dans te passage où ÎI constate douloureu- 
sement que saint Pierre et saint Paul sont écoulés avec moins de bveur 
que le premier jon^jleur venu. On en trouvera maini autre exemple dans 
la traduction de la Vie de saint Grégoire dont le texte suit. 

Cette Vie de saint Grégoire est traduite, comme celle qui a été publiée 



I. Cf le Lvie du Chnalia Jt la Toar UnJrj, éd. IHonlaiglon, p. }j : • Et 
« si y ot qui dirent... qu'elle s'ettoil balue par son baston mesmes. ■ 

a. Je n'entends djs ce mot. 

}. ■ Ego enifli aabo vobii ot et sapientiam cui non potemnt resistcie et coa* 
• tradicere omnes adveriarii vestri. > Luc, XXI, 1 }. 



U VIB DE S. GRÉGOmB PAR FRÈRE AKGIER 149 

dtule t. Vlll de la RomunLi par M. de Moniaiglon, sur la Vie Liiine 
composée au u* si^le par Jean le Diacre. Selon l'usage des romanciers 
(surtout des romanciers qui écrivaient en versl , notre traducteur a con- 
ddérabtemeni élagué la teneur de l'original latin. C'est du reste ce qu'a 
feii d'une manière encore plus marquée le traducteur du xiv siècle que 
nous a fart connaître M. de Moniaigton. Les vies de saints versifiées 
étaient destinées à t'édiftcation des bonnes gens, non à l'instruciion des 
clercs, qui pouvaient lire les on|;;in3ux laiins. Aussi ne s'étonncra-t-on 
pas que le religieux de Sainte- Krideswide ail omis dans sa traduction les 
parties qui seraient pour l'historien les plus intéressa nies, notamment 
les informations que le diacre Jean nous n données sur l'administration 
do pape Grégoire. Je n'insiste pas sur ce point : la concordance que j'ai 
éublie dans les notes, entre la Vie française et l'original, permettra au 
lecteur dr se rendre compte de l'étendue des omissions. Mats le traducteur 
s'est bien gardé de supprimer aucun des récits merveilleux ou simplement 
édifiants. A ce propos je dois noter qu'il a dû avoir sous les yeux un texte 
plus ample, au moins en un point, que celui qu'ont édité Mabillun dans 
»<$ Aaa Saa<torum Ordinit S. Btnedicû (I, 598 ss.), les Bollandisies, au 
1 2 Man, et les Bénédictins dans leur édition de saint Grégoire. En effet, 
l'anecdote relative à lliernitte qui ne se trouvait pas assez récompensé 
par la promesse d'une place voisine de celle de Grégoire dans le paradis, 
manque dans le texte publié de Jean le Diacre'. Elle se trouvait au con- 
inire dans le texte de cette même vie qu'a abrégé Jacques de Varaggio, 
l'auteur de la Légende dorée, et dans celui qu'avait sous les yeux le 
traducteur du xivt siècle '. 

L'intérêt de l'œuvre d'Angier consiste en ce qu'étant parfaitement 
datée de temps et de lieu elle fournit â l'étude de la littérature anglo- 
normande et â celle du français d'ouire-Manclic un jalon on ne peut plus 
prédeox. Il s'en but de beaucoup que les textes anglo-normands 
connus et utilisés jusqu'à ce jour se présentent dans des conditions 
xaxà favorables. L'autorité de l'œuvre d'Angier s'accroît encore si on 
admet que le m$. a été exécuté par Angjer lui-même. Il me parait impos- 
able d'émettre k cet égard une opinion parfaitement assurée. Je 
conôdére tootefoîs comme probable que nous avons dans le ms. de 
Sorbonne l'autographe même du religieux d'Oxford. Ces mots de la 
première des deux notes citées plus haut Expliat opas manuiim mearum^ 
désignent clairement l'œuvre matérielle du copiste. Angier, après avoir 
composé le brouillon, la minute, de sa traduction du Duîo^ae, en fit une 



1. G-apris, w. i7i^M8£é. Voir aussi, pour un emprunt i la vie rédigée 
p*r Pini V Dijcre, b no<« sur k v. 1 1)6. 

2, Voy. ReffMflM, Vlll, p. ijo, col. 2. 



IJO p. NEÏER 

copie mise au nei qui! signa et dam dans la note précitée, en 1212. 
Dix-huit mois plus tard, il ajouta à son ms. trois cahiers de parchemin, 
contenant la Vie de Grégoire le Grand, qu'il data d'une façon sommaire, 
mais cependant claire et précise pour quiconque se réfère à la noie finale 
de la traduction du Didogae. Mon liypothése est que nous avons la mise 
au nel exécutée par Angier lui-même. A ceux qui penseraient au con- 
traire que le ms. de Sorbonne est simplement une copie de cette mise 
au nei, je soumettrais les considérations suivantes. O'abord il n'y a pas, 
que je sache, d'argument paléographique à invoquer contre l'attribution 
du ms. aux années 1212 et 1214. L'écriture est de la première moitié 
du X111*' siècle : la science paléographique ne permet pas de préciser 
davantage. On en jugera d'ailleurs par le fac-similé joint à la présente 
publication. Je note en passant que le ms. présente un caraaère d'an- 
cienneté dont un fac-sîmiié en noir ne conserve pas la trace. C'est 
qu'aux ff. 1 1 5 à 1 4 { les initiales peintes sont alternativement v«rtes et 
rouges. Ailleurs elles sont bleues et rouges. On sait que. passé les pre- 
mières années du xnr siècle, on ne trouve guère de capitales vertes 
dans les mss. Ensuite, si le ms. de Sorbonne était la copie de l'auto- 
graphe d'Angier, il est à croire que les deux ouvrages se suivraient sans 
intervalle. Or c'est ce qui n'a pas lieu. Le Oialogae se termine sur le 
recto du fol. 151, qui est l'avant-dernier feuillet d'un cahier. Le verso 
de ce feuillet et le feuillet suivant sont laissés en blanc, et ta Vie de saint 
Grégoire commence sur un nouveau cahier au fol. 1 }{. Evidemment 11 
Copte du Dialogue, datée de 1211, formait un ms. complet en soi, lors- 
qu'on y joignit, en 1214. les cahiers contenant la Vie de samt Grégoire. 
Ce n'est pas tout - on peut établir qu'il y a eu entre la copie des deux 
ouvrages un certain intervalle de temps, circonstance évidemment hvo- 
rable i l'opinion selon laquelle nous posséderions l'autographe d'Angier. 
Les deux ouvrages sont évidemment d'une même main, que je siti^wse 
toujours avoir été celle d'Angier, mais certains détails diffèrent du pre- 
mier ouvrage au second. Ainsi dans le Diaiogue il y a presque partout 
sur certaines lettres des accents rouges ' ; il n'y a dans la Vie de Gré- 
goire que des accents noirs. Par-dessus tout, ce qui me confirme dans 
l'opinion que j'essaie de rendre vrabcmbîable, c'est l'extrême correc- 
tion du texte, correction d'autant plus remarquable qu'elle est moins 
fréquente dans les mss. français exécutés en Grande-Bretagne. Les 
fautes très rares et très légères qu'on y peut remarquer sont de ceUes 
que tout auteur peut faire en se recopiant. 



I . Ce ODi n'empêche pas qu'il f en ail aussi de noirs. Les uns et les autres 
sont très bien venus sur le (ac-iîmilé ci-j«tnt ; seulement il n'est pu facile de 
distinguer les rouges des noirs. Ces dermcfs sont plus fortement marqués. 




^^^^ LA VIE OB S. CRËCOIRE PAR FRÈRE ANCIER Iff 

^P Lorsque j'eus trouvé le ms. de Sorbonne, au cours de recherdies 
B CDonencées 11 y a bien des années sur les anciennes versions Trançaises 
ait Vies des Sainis, je fus teliemeni frappé de son importance que je 
^_ formai le projet d'en donner une édition complète. U'auircs occupations 
^m n'ayant empêché d'y donner suite, je résolus de publier du moins, à 
^V thre âe spédtnen, le plus court des deux ouvT3f;cs renfermés dans te ms. , 
^ eidès iSSo la Vie de saint Grégoire fut annoncée parmi nos prochaines 
poblicaiions sur la couverture de la Romania. le viens remplir présente- 
■ent cet engagement déjà ancien. A la suite du texte je présenterai le 
plus brièvement que je pourrai les observations grammaticales que le 
lojei compone. Actuellement, pour terminer cette courte introduction, 
je crois devoir rendre compte de la façon dont j'ai traduit les signes 
d'abréviation employés dans le ms. L'interprétation de ces ïignes ne 
présente que peu de difficultés. Com ta souvent abrégé, mais il est 
Ccrii en toutes lettres aux vers ;, 44, 90, 117, 149, ijs, 19}, r9S, 
etc., « loujoars avec va- Faut-il lire umhtant ou unbtant quand le ms. 
porte ilbllt v. 18 ? Je lis simblanl, et de même dans les cas analogues, 
parce qu^il f a tnstmbUmtnt v. ij, compareuonv. 2%, acompari v. ai, 
tMtptreoaii v. 60, atomplii v. 97, &.C. '. J'écris nom, quand ce moi est 
abrégé, parce que le ms. porte nom en toutes lettres aux vers 94, ij4, 
etc., axis MfH (cas sujet} v. 98, à cause de nont, en toutes lettres, 
T. 6{{. Dom (de onde] est arnsi écrit aux vers 417, 647, 649, 721 , 
916 ; don seulement au v. j j6. J'écris jtrom au v, 2 1 j a cause dViom 
V. ^07, faiom v. 910, etc. Qai est souvent abrégé, mais il y a plus 
souvent encore fui en toutes lettres, vv. 1 1, 41, 42, j6, 68, 87, 91^ 
100, etc. De même i^utU rô?, 171. Mais je n'ai pas rencontré qiu* : 
qpandce mot n'est pas abrégé il est toujours écrit ^f, vv. ij, }7, {9, 
«4*9''9i)98, i07i nj, etc.îdeœftme^'w. 46, 47,7j, 107,109, 
116, 126, etc., fujriff vv. 128-9. iftianq w. 42, 108, 112, etc. 
OofDrj est écrit en toutes lettres aux vers 188, 421, etc., de même 
M^ m V. ;6i. Il y a doute pour l'abréviation de qyui, ce mot étant 
snsî écrit aux vers $4, 21;, J46, 416, 46;, et qti aux vv. 299, 
joo, J42. En cas d'abréviation, j'écris qati. La notation 9 au lieu de qa 
se rencontre d'une fa^on plus ou moins suivie en divers mss. français. 
le dterai par exemple la partie ancienne du ms. de Raoal dt Cambrai 
(fr. 149}) et l'un des mss. du roman d'Alexandre [fr. ajji? ij. 

1. II ]r a tnftut v. I), tnpTitt. J99, mais ce sont des mots coniposis ; d'ail- 
levfs ofl lit im^it as V. 1712- 

3. Ptr f« 199, i^S, est l'équiralent de Por ^uâ. 
j. Vof. Romama, XI, 260. 




n* 



V. NETER 



F. iSîd. 
liuipit proemium fratris A. in vitam 
h€aU Grefiorn, Joctoris magni'. 

Descrite avons, la Dé merci, 
E lianslatée ainsi com si 
Enirinemem la veire ystoire 
Del Dialoge seini Grégoire, 4 
Autres! com ele est descrite 
De lui mcisme en ordre e diie ; 
M»is veiremcnt, si com jo quît. 
Trop par 5««it U fruit petit 8 
D'icest noisirc tant granl labor, 
Si fetssons tel desenor 
A celui qui por nos enprist 
Einsi irés granl oevre c parfist, 1 3 
Qe par folie ou par paresce, 
Par négligence ou par destresce, 
Trespassissons com scan e muz 
Sa vie e ses seinies vertuz ; 16 
Car vcircmenl, si com jo crei, 
Si chasqun, senglement par sei, 
D'icels dom faite est mention 
El dit dialogal sarmon 
Fust a Grégoire acompar^, 
Lui trovreil al plus haut degré 
K soi de lotng en bas gisant ; 
Nis loz li petit e li grani 
S'od lui fussent ensemblement 
Mis en balance unaiement. 
Plus n*avroieni vers lui foison 
N'en semblant, n'en compareison. 
N'en charité, n'en patience, 29 
N'en mours, n'en venuz, n'en 
[science, 
Qe les esteitles al soleil. 
E por ço, seingnors, uimès vdl, 



30 



34 



Si vos moi deingnez escouter ) ) 
Quei qe seîi, un pot translater 
Des vertuz de sa scîntc vie ; b 
Car sachez ne vos pramet mie j6 
Qe totes les veilgc avant traire, 
Q^iço ne porreit nus ocm faire 
Sanz ço qe Deu ne l'espirast 
De sa grâce e endocirinast, 40 
Qui totes les qenoîsl a dreit, 
Com cil qui quanq'est set e veit ; 
Mais une partie en trerrai 
£n ordre si com les trovraî 44 
El livre de sa vie escrites. 
Deu donsi q'es puessent estre dites 
&nsi q'a lui tourgem a gloire 
E a l'enour de seint Grégoire 48 
E a noslre commun profit ! 
Amen, ço donsl seint Esperit! 
Amen. 

ExpUeii prohgas. Incipit vîta beau 
Crtgoni pape doctaris aàmu. 

De nobUUate generis el de motibas 
adoleiCCnîU ejas ^ . Cap, l. 

Romeins ereii de grant parage, 
D'art philc&ophes, seint e sage, ji 
Grégoire, fiz danz Gordien 
De Rome noble ciieien, 
E de la seinte Silvia 
Qui en son ventre lu pona. {6 
L'iglise de Rome gardot 
Fape apostoile, com Dé plot, 
Trezcanzcntiers, sis meis,diz jours, 
En tens de ireis cmpcreours : 60 
Fouqes, Tyberes c Morice, 
Dom chasqun fiii de grant justice. 



i 



1. Rrantors. L'indiaaioa marginaU, en partie rogitit, perte Inctp. prologus 
tn ... bejti Grtg. pape doctoris magnï. 

2. RimsiijirE. hiiicaUan mar^înjit : De génère et monbui aJolescenlie... 

}i Ml. Quel les — Éi < Temporibus Tiberii ^fauricii et Ptiocjc Augusto- 
nim. ■ I, I. 




Q. Ht^ttqc rcpCOTïfe-luVtr-- 
Q, uâ4{ftic^{i3rdDnc U ot^ 



tjS^tfP «- ntttv û»" no offtmirc' 

t ni«uîmgrtc ^n-«m«tr: 
«5i^^ t feitc rei tt- quAT f uç ^cnr.-' 
' «"D t»t£? UHiCi* «fiift cvtf im;^.^ 

[SÎJJ^CL cncpidqç n'mftïT «ffe«ï*"-*' 

J;iJ^2J^«j *triM^.con"ûoiî î<eiiirUltttr- Q- c foc «pKr nr^iJtt'&ïnJf.' 
" *'~'^^^5 tt«r*»i rccotvaUicr.' A- norproeSncf-Ioanieûn-iC^, . 

^ -uiyTOiWTï offrtr con •^ûatT ï> ctvclTtcf-nM' Ctn?rTcqiu5.'' 

*'V**^ f > «£^b<m^p«trp«rol>Unon.r f «ttropniNHfiiofoi&itCMpiie^ 

ç olTfSrteFaltfrnrcremu..- i, «p^iitSj' nodrc borcffi»: 
» itt.ejiu'tiiii&ôTi-Ticft-Kec»- 5 <«c Uilîof f«f p«a ^«wCx^ 

fc»# i x ^ ii -g «arproetwç.pur^cn^Jmt; i/^f -ir rntic u«rti&wrtr uoCM- 
o»ï*ow<<n'tac»u«^'poBr5r lV^i^ 





**4ifce- b * lW .^ [ij . ^ 4 ^'^>«*L««. 



^NqUior ^utc|J f«aa Gïtj 






Ariiidlr{fer«ar«ft«A<s^ 



^ «9 ^UiJ tttl^ -prott ctUkura.'^ *t. O bcwf ci»Ccmbt«^«lf ïammr^ 



c O cft-tc vtcsf'^eo^i 



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rou ÏBwr U-ftintx. 



S e<t qui tçtrf^;nr.'àUgftç 

^itCr ri^ mrStac- cft- Ati^àvr 

1 tre Ufi^ Ctttr rt^ emwje-^ 

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La vie DE s. CRëCOlRE PAR PRÈflB ANGIBR 



D< sénateurs ert engendré 

Trestût sis nobles parenté, 64 

Tant noble quant religîous, 

A [>eu e al secle arnorous. 

Car li quart papes, danz Feiïs, c 

Qui tant par ereii de grant pris, 68 

Sainz oem sor totes riens e salves, 

A cesiui Grégoire ert besaives, 

E b virge beneûrée 

TaniUa, de Deu tant amée 72 

Q*en trespassant d'iceste vie 

El ciel oU la mélodie 

Des angles e Jhesu Crisl vit, 

â corn el Dbtogc est dit, 76 

Sa acte ereii. soer a son père. 

DStal parage eoourez ère 

Grégoire li beneùré, 

Haif tnolt plus de la grâce Dé, 80 

Car îceste double nobte«ce 

Avan^t en maire hautcsce, 

En sens, en oevres, en vertuz. 

Tant qc sis noms est reqenur. 84 

Par toi lu mont e seJnt clamez ; 

[>on3 Grégoire est a dreit nomez, 

Qui entent l'inierprcieison 

Par dreite devination, 88 

Car en grec dit «■ Grégoire » iiant 

Com en latin c li plus veillant », 

Qm tant s'avance e s'appareiUe 

Qe por soi e por autres veille ; 92 

E veirement, al men avis, 

Ooc nom plus proprement asls 

Ne fut qe cisi ereit en lui, 

Car onc nus oem melz de ccstui 96 

En totes guises n'acompUt 

Ço qe cist nons, Grégoire, dit. 

Ço poet voier apertement 

En ta doctrine qui renient, 100 

Coa por les autres laborot 

Quant por soi mosote veillot, 



Car ço q'as antres enseîngna d 
En soi meisme demoustra. 304 
Por ilant dî, desquant sa vie 
Moustrot sa doctrine acomplie 
Tant q'en ses ocvrcs pot provcr 
Quanq'as autres vol enseigner, iq8 
t^'asez veilla por soi meisme; 
D'autre part, quant tant ert sein- 

[ti&me 
Q'as autres enseingner poueit 
Quanq'en oevre mouîircr volcit, 
Qe ne veillot pas seulement 1 1 j 
Por soi meisme senglcmeni, 
Ainceis fut por toz ceus veillanz 
Q'en Deu furent par lui creanz. 1 1 6 

Or oz com despendit son tens : 
En enfance ert maûr de sens, 
Jocve en de corporal aage, 
En sens morigerat e sage ; 1 20 
Les saives, les religious 
Oir esivre en desirous, 
E por tant a ceus s'aerdeit 
Les quels plus saives espereil, 1 24 
Si ert nis tant pleins de la Dé grâce, 
Ou q'il onc hisi, en quelqe place, 
Q'il pot entendre c retenir 
(l^anqe des saives pot o'ir; iiS 
Quanqe des saives pot aprendre, 
Tôt pot retenir e entendre 
Erraument, sanz offension 
De doute ne de question ; t ji 
E por ço quant a âge vint 
Tant par saivemem sol contint 
Q'en tôt iu mont, de lonc en lé, 
Ne pot sis per estre irové 1 jô 
N'en sens, ne en vertuz, n'en mours, 
Car tant devint saives docteurs 
Qe quanq'en enfance apris ot 



M4 

En vives ocvres demostrot ; 
Quanq'einz de bien ot retenu 
Desquant a âge ereit venu, 
Trestot despendïi largement 
Od grani usure en loie gent. 144 
Od grant usure di por tant 
Qe, qui son sens vah despendant, 
Qujni plus despent plus i gjaingne, 
Car melz sci ço qc plus enseingne; 
E veirementj si com jo quit, 149 
One nul vivant ne despendit 
Plus beau son terrien avcir 
Com fist Grégoire son saveir; 152 
Car tant ert douz e amiable. 
Saive en sa doctrine e resnable 
Com s'en Deu meisme abitast 
Qui parmi sa bouclie parlast. 1 }6 
E veiremeni ço n'est pas doute 
A nuli qui de foi eii goûte 
Qe quanqe par lui est escrit 
Ne seit fait par sont Esperit. 1 60 
Ço poet saveir qui en prent cure 
Qui garde en sa seinte escriture, 
Car tant est pleine de douçor, 
De sens, de divine savor 164 

Qe riens al monde ne set al 
Fors lu règne cclestial. 

Ot dtiidciio et migrasme ijas ad 
dausirum, et ijuod patrimoniam 
suam tatis ampiam în usus ex- 
ptndeùt paaperum. II. 

Uîmès orrez quclc en s'eniente. 
Tantost q'i! parvint a juvente 168 
E s'enfance ert totc passée. 
Tant q'il fut ja mis en l'entrée, 
Tôt dreit enz en la fourchcure b 
De la lettre e de la figure 172 
Laquele en sen d'umein aage 
Trova Pitagoras li sage, 
Errant lu désire raim choisit 



p. MEYEK 

40 E lu senesire déguerpit, 17a 



Car lu secle prisi a fuir; 
Si mist el ciel tôt son désir. 
Lu scdc od 107 dcii?. chamaus 
Qui tant sont decevan?. e faus 180 
Guerpit de trestot son poeir ; 
Si se prist a l'cnlrin, al veir; 
Al règne Deu del ciel en tiaui 
Qui toztenïcreiste jant faut, 184 
Son quer afichot fermetneni, 
E ço fist tant discrètement 
Qe toi eust il fcrm porpos 
Neporquant onqors soi tint clos 
Bien longemeni en atendam, 189 
(^onc n'en fist chiere ne semblant 
<^'il fust ne mué ne changîé, 
Ne de moine estre encoragié; 193 
Car veiremeni, si com \o qu)t> 
Moine esire en seculer abit 
E Deu servir privéemeni __ 

Mielz esperot qe autrement. 196 
Por tant son porpos respeïta 
Com cil qui melz faire espéra, 
Por que q'en habit seculer 
Peûst acomplîr son penser. 200 
Mais a ço q'einst porloingnot 
[ço qe sis quers desîrot, 
Es vos la seculere cure 
Socaeisire tant a desmesure, 204 
De jor en jor diversement, 
Sor lui e tant espessement, 
Q^estorTrc ne pot a nul foer c 
Q*il n'i fusi retenu de quer 208 
Tôt a enwr ou volentiers, 
Quelq'il lu fust. ou vils ou chien, 
Por q'i feist longe dcmere, 
A tant q'un jor mourii sis père, 2 1 2 
Com loz ferom quant Oeu voudra, 
Qui vifs e mon: en sa mein a. 
E danz Grégoire ilors reçut 
Entrincraenl quanq'aferut 216 



LA VIS DE 5. 

k TenUge, com dreh eîr. 



" APeriu 

Terres, afiemenz, aveir. 
Or. argent, pierres prctioses. 
Rotnages, pecunes coiiouses, 220 
Rentes, noble»ces, granz baillJes, 
E mdmes autres seingnories 
I Doto lonc sereit li acontcr, 

^p Qui totes les vousist numbrer. 234 
^^ Maisqoeiq'oncdcinumbreenseitdii 
Li serf Dé lors, quant î^o vit 
Q^il en pot bire son plaisir. 
^_ Taniosl ne soi pot plus tenir 228 
^1 (^ Qc niostrast tôt en apcrt 
^^ Ço q'en son cjucr tant longes en 
CoDcelé devant icele houre, 
Car erraument e sanz derooure 2 j 2 
De l'aveir qui lu fut remis 
Fonda des abbeîes sis 
^B Eaz en la terre de Seiile -, 2 1 ^ 
^V Pues fisi la setme enz en la vile 
Oe Rome, en l'enour seim André, 
Dca apostre befwOré, 
Enz en son propre palremoine 
Ou S/à vcstii l'abit de moine, 340 
E del secle eschapa toi nu 
Oa ainz ftit enviz retenu. 
Mais avant q'il soi rendesisi, 
Tant donot e tant en i mist 
Oel soen es ainz dites iglises, 
E Ireres e rentes astses. 
Qe toz pofcnt soufiisaument 
Deo servir enourécmeni. 
Tôt einsi quanq'ot despendii, 
E pus s'aime od son cors rendit 
Emrinement cl Deu scrvise 
En cek devant dite îglise, 2 { 2 
La quele 01 faite en la cité 
De Rome el nom de seim André, 
En la propre posession, 
Sogget a danz Hilarion a {6 

Qui fut sis abes premerain. 




GREGOIRE PAR PRËRE ANGIER 

E pues a danz Maximïain 
Qui amdui furent esprovez, 
Religious, seinz e sencz. 260 

A ces deus ert obeîssanz, 
Od plusors autres Deu servanz, 
Grei;oire en ordre, en patience, 
Deciple plein de sapience, 264 
Com cil qui n'ot autre désir 
Fors qu'a Deu soûl peùst servir. 
Mais veirement pues en après, 
Quant Deu votq'CList maire fis, 268 
Ja scii iço q'amast melz csire 
Deciple obéissant qe mestre, 
Maistre estre pas ne refusa, 
Ainceis, quant Deu lui apcla, 271 
Par lu commun assentemeni 
De toz ses frères, umblemem 
De tor aimes reçut la cure 
Od conscience seine e pure; 276 
Si ert par commune cslection 
Abes sacrez de sa meison. 



De ahttine/uia tjai, et quod ab an- 
geio ùï specit ttûufragi ttmpUtUf 
jatiit. lU. {/. Mia.l 

Quant Grégoire ère abes sacrez, 
Si ainz celé bore fut celez 2S0 
N'en mours, n'en vie, n'en vertuz, 
Dès donc fut en apen qenuz, 
Car tant prjst a sa cEiar danter, 



4 
^44 



248 



Par veiller c par jcOncr, 284 

Par estudc c par oreisons. 

Par termes, par afflictions, 

E par divers autres labors, 

Sanz cesser de nuz e de jors, 388 

Eimi com ta desus est dit 

Al Diatoge avant descrii, 

Ql^il chait par vive desiresce 

El mal qui les viaitles blesce, 392 

Celui qui ta grezesche gent 

Sincopin cleime proprement, 



39>-4 ■ NsBi cum qnodain temporc inciuonein vitalium, quam Crxci 
9vr*»iir{t dicusi, piterelur... • 




^ T^O P. MEYRR ^^^1 


^B Ço est li mal des trencheisons 


Tarn fort e legicr sei sentit ^^ 


^M Qui met la gent en paimeisons 396 


Qe s'il vousiït sanz nul respit jjâ 


^M De fciblesce et de vanité ; 


Jeûtier jesq'a t'endcmein, 


^M De cesiui fut li ami Dé, 


Tant sci sentit vigrous e sein, 


^1 Qei par grant abstinence dure, 


Bien lu pot faire sanz nul gref 


H Qei par iravalz de desmesure, joo 


Del mal del ventre ne del chief. 


H Tant par aicînl e acoru, 


Si q'il soi merveilta de sei ^41 


H Qc, s'estre hore ne fust peu 


Comment ço pot estre e par qei 


^K Plus sovent qe li autre frère, 


Q^il ne mangot com il seul faire. 


^Ê Tant maz e velns e Teibles ère 104 


Ne voeil d'i^o plus avant traire, 


^1 Qe non soûl pas ne pasmercit, 


Car il meïsme ascz reconte 145 


^P Aincds nature en lui Tnudreit ; 


A quei cele aventure amonte 


H Q'a force mourir l'esleùst, 


Enz cl lierz livre renomé 


^Ê Si plus sovent peu ne fust joS 


Del Dialoge tramlalé, ]48 


^m S'en fut molt entrepris e maz. 


La ou par sa raison escleire c 


^M Atanl es vos lu seint sabaz 


Les verluz del dit Eleutheîre. 


H Des seintes paskes sorvenir; 


Ço poct asez chasqun voier, 


H Dom molt se! prist a démentir ; 1 2 


Por q'il voilge tant travailtier )p 


^1 Por q'il vûieii nls tes enfanz b 


Q'iloec en dreii lu deinge querre. 


^Ê Meismcmcnt ce) jor jcùnanz, 


Mais iceste avant dite guerre 


^1 E a lui coveneit manjer j 1 j 


La quelf encontre sei enprist. 


^B Esirc houre, ou par force pasmcr; 


Ja scii grant ennui lu felst, î^ô 


^M S'en fust, sachez, molt esmeû. 


One por ço ne fut plus oisdif, 


^1 Tristes, dolenz e irascu. 


Ainceis ert tant plus ententîf 


H Quant apela danz Eleuthere 


Nut e jord'orer ede lire, 


H Qui ja d'Ispoliie abes ère, 320 


Ou d'esiudier, ou d'escrire, }6o 


^^ Mais donc moine ert de sa mdson. 


Si q'onqes ne cessa nulc hore. 


^M Icist Eleutherc par nom 


Qei feroic plus de dcmorc 


^M Un mort jadis resuscita. 


De reconter com pues vesqit, 


^1 E por itam tu amena ^3.4 


Com nosire Sire lu rendit 164 


^M A cele houre, ovec sei, Grégoire 


Por son servise sa merûe? 


H Privéement en l'oratoire j 




H Si l'en requist, por Dé amor. 


Grégoire en cele igtise ainz dite 


H (^'orast por lui Deu, q'icet jor p8 


Lonc tens tôt aresié ttianeit 


^Ê Veaus non trespasser lu donast 


Ou de cru leum lu pesseit }68 


H Q^od les enfanz lu jeunast; 


La seinte Sllvia sa mère. 


^M Mais ne demourn fors brefmem 


Quant un jor en guise d'un frère 


H Pues q'is orent ensemblement }}2 


Lui trovot un angle escrivant 


^M Amdui, tant com lor plot, oré, 


Qui bien resemblot par semblant 


^1 (^ani Gregoires 11 ami Dé 


Uns oem qui fust de mer jeté, }7} 


^^^H jao 1 Pênes Spoittum. 1 I, 8 — jj8 Mi. qicel — $48 C/. Dial. in,xxxiu. ■ 
^^^H J7o-8i 1 Obi nitnc, d« more quxdain scnbratem, angélus Dei reperiens, 1 
^^^H « nisercri sîbi (iebililcr lub habitu ciufrigi postuUbat. • 1, x. H 



LA VIE DE S. GRÉGOIRE PAR FRÈRE ANCIEH 



iî7 



Oc pehl de mort eschspé, 
La iKf de qui fust peiillée, 
P«r tempeste de mer brisée. {7*^ 
On itel lu appareissch 
U ou par costume escrivdt. 
Si lu requis! por Dé amor 
<^t>M merci de sa dolor, }8o 
Pitouiement, od %'oi7. plorabk. 
Grégoire qî fui merciable, 
DoDLz. francs, pitous e deboneire 
Taniost sanz demorer, en cire, {84 
Sis deners uesi de s'aumosnere, d 
Si tu donot od franche chiere; 
E cil Hors grâces rendant 
Panii de lui liez e ioant. )S8 
Maâ ne deniora fors brierment, 
Quant eis le vos loi freschement 
Un autre jor a lui venir. 
Si se perneit a deoientir ^93 

£ se pleinst qe poi 01 reçu 
Eaoooue iço q'oi moli perdu ; 
£ GregcMre errjument regiers 
Lu donot sis de ses derùers 196 
Doucement e de quer verai, 
E li pehlljé sans délai 
Merciz rendant s'en vait joious. 
Mats el lierz jor este le vous 400 
Toi de novel par devant lui 
Pleingnant e ploram a ennui, 
Com s'il eùst tôt oblié 
Qoanq'il lu 01 aîncès doné, 404 
E dîn : « Por amor Dé, beau sire, 
f Qui en son règne lu vos mire 

■ E por ta salu de vostre emme 
c Qe Deu la défende de blemme 

« E de danuge e de pecchié, 409 
« Aies inerc) del perillië, 
« De ma mesaise, e de ma perte 
< (^i tant par est dure e aperte 4 1 1 

■ Aiez, por seime chariié, 

■ Compassion e picié ; 

« Si me lai consolation 41 { 



« Oe quei qe seit de vostre don, 
« Oom mis doels seit asouagien. » 
Grégoire aiant s'est esbrusciez, 
Com oem de charité espris, 419 
Douz, merciable c francs e pis, 
E dist a son chamberlenc lors : 
[/. lia 
■ Va tost e sis dcncrs onqors 
V Lui aporte, si tu les as. 4a} 

— Sire, ■' fisl s'il, « jo nés ai pas, 
« Si Deu me saut, n'orne argent 

H Tani dom negun confonemeni 
« Lu peiisse a cesle hore faire. ■ 
LoR fui Grégoire en grani arvaire 
Desquani soi vit en ici destreit, 
Car d'une part pilous ereït 4)0 
E d'autre triste e angotssous 
Del povre qui vit soufreiious, 4}! 
E de sa destresce demeine. 
Neporquant a la 6n aceine 
Regiers son chamberlenc a soi, 
Si lu dist ; " Va tost, par la foi, 
« Si cerclie par irestot laienz 4)7 
c Hu^es, alraaires, veslimenz, 
« Si riens par aventure i truisses 
« Dom lureconfonerpeûsses, 440 
> Q^il ne s'en aut triste e plorant.» 
Atant respondit li servant : 
< Sire, sachez qc dès pièce a 
« Enquis ai tresiot quanq'i a, 444 
o Mais veirement dencr ne maille 
« N'i trocfs ne nule rien qui vaille 
« N'en robe, n*en veisselement, 
u Estre l'escuéle d'argent 448 
u La quele a vostre maladie 
« De legun sovent replenie 
« Vos iramei vosire bone mère. 

— Donc, 1- dist Grégoire, od belc 

Lhere, 452 
ti Va donqes tost, e si l'aporte 
K Al povre qui se destfonforic, 
« t^is eit, seveaus, de uni solaz.» 



410 Enmargt (hus — 4]$ Ms, V huges. 



if8 P. 

Ço q'il ot dit fui fait viaz 4j6 
Einsi com il l'ot commandé, j^ 
E cil qui en povre quïdé 
La reçut, s'acuîllii sa voie 
Grâces rendant od moli grant joie. 
Mais jo quit quant repeirira ^61 
De chef, rens maes ne li querraf 
Ainceis lu voudra, sanz mentir, 
Quanq'ainz lu a donné merir. 464 
A quei vos lendroie lonc tens ? 
Mais tant par eroit en toz sens 
Grégoire espirez de vcrtuz. 
De miracles seinz reqenuz 468 
Enprès la visiution 
De l'angle dom faz mention, 
Qe tut cil qui od lui vtvoJent 
Tôt aurrilani lu rçdoutoicnt 471 
Com s'il fu&t per a seint André 
Qui de s'iglise ert avoué. 

Qaoé mis Angiorum patrïs, pro 
ipsis ad fidcm converimdis pro- 
ftctus, itd in iîmere prtptditus, 
Romain rtvcrsLt lit. lUt. 

En icel tens vindrent a Rome,47'{ 

Com onqorors font par costome. 
Gens marcheanz od diven mers ; 
S'amenoieni prisons e sers, 
Entre autres merz plusorsa vendre, 
Quant un jor estes vos descendre 
Grégoire, lu Jii Deu servant, 481 
Par celé feirc en trespjssanl, 
E si tresvit, com a Ocu plot 
Qui a cet' horc l'amenoi, 484 
Ne sa quanz joevnes jovenceaus 
De cors gens, acesmez c beaus, 
D'oneste vult, de douz viaire, 
Od chevelure crespe e vaire, 488 
Venaus, entre autres merz ptusors. 
Si di&i as marcheanz : 11 Sein- 
tgnors, c 



urfZh 

K Dites me veîr, ne! me celez, 

V Icil serf dom sont amenez, 492 
0. De quel liu e de quel pais ? 

— Sire, par Deu lu pocstis, 
u Qui nos i donst bone gaaingne, 
« Is$ontderU]edeHreiaingne;496 
« E sachez teles chères om 
f Tut cil qui de la terre sont. » 
Ço rcspondent li marchcani. 
« E sont Êcde gent créant, » $00 
Dist seint Greg., « e crestïens, 
i< Ou is sont onqorors païens ? 

— Crestiens, » font s'il, « sire, 
[is non, fot 

a Aînz creient onqore en Mahon. 
« Ne seivcnt q'esi crestienté. 

V Mois beaussontedegram bonté; 
« Ço vos osom ben afermer ^07 
« Q'en toi lu mont ne fust lor per, 
» S'is fussent fors de paienisme 
a E créassent en Deu Tauiisme 
a E en Jhesu qui est li sîre. n 
A cest mot de parfont sospire j 1 2 
Grcg., e dit : « Ha las! ha las! 

V Qe li aversier Saihanas 

V Rengnc entre « bêle gent ! 
« Molt par est grant doe! veîre- 

[ment ji6 
« Qe nostre Sire n'en preni core 
u De gem de si bêle figure. » 
Lors regiers les commence en- 
[querre : 

V La gent a hil sli « d'icele 
[terre j2o 

o Quel nom ont, comment sont 
[clamez? 

— Rngleis » font s'il « sont 
[apelez, 

a Par icest nom sont reqenuz 

V Tanicom li mont s'est estenduz. > 
A unt respont li Deus amis : J2$ 



I 



^ 487 c Valtn renustos * I, xxi — ^04 ■ Sed pagaois tencotur Uqueil irre- 
tïti > I, xjci. 



LA VIE DE S. GRÉCOrRE FAR FRÈRE ANGIER 

« Ben dtj si Deu me saut, asis à E d'iço lu mist a raison ; 



¥ 



P 



« Itcl nom en iule face. 

r Por que Deus î meist sa grâce : 

■ Angles semblent , volt d'angles 

lom, s 29 

■ Por tant Engleis ben nomezsont; 
c Ben fuiraient angelJens 

I Pot q'is fussent bons crcsiicns. 

■ Uolt avendreit .inglcs por veir 
lEngleis a compaingnons avdr. 

• E quel nom ont lî païsanz { ; f 

• Doneissuzsomiambeausenfanzî 

— Nomez sont ■ font s'il « Oeiri. 
•~ Ben sont nomez, a Dé l'jifi, > 
Rspoai li ami Dé, Grégoire ; 

V Car, par la Dé grâce, a granl 
[gloire Î40 
« De l'ire Dé seront atireit ; 
t Por tant est cisi nons asez dr«it, 
«t Car Ddri voelt itam dire 
« Q^ectreit seront de la Dé ire. 

• E cornent est nomé li rois 

c Qui règne sor les diz Englois } 

— Clamez est » font s'il «< Aellé. 
— E cest f est bons, si me gsrt \)i , >t 
ftespom Grégoire qui s'en jue; J49 
« Por poi q'îl n'a nom allelue. 

u Ben dett locr son crcatour 
ff Cent qui si cleime son seignour, 
« Car Aellé dit Deu loer. » j ] 3 
Toi dnsi se prist a joer 
Gregûrc od les diz marchean7 
Por les venauz engleis enfanz ; j {6 
E sachez ben veraîement 
Qe moh fut en grant pensement 
Coiament a Deu les gaaingnast, 
Ja seit ço q'einsi s'enveisast ; $6û 
E ço lot erraument mostra, 
Cv tamost a la pape ala /. 1 )7 
Qm donqes fut Beneit par nom, 



si lu prist nis a deproier, 
Por Dé, q'il deingnasi envoier 
Des prcechors en Engleierre 
Engleis a la D6 fei conquerre. ^68 
Si Âsi asez plus qe n'ei dit. 
Car erraument, desquant il vit 
(je nul des clers alcr n'i vol, 
Hardiemcni, com oem devoi 572 
Poroffrit sa propre persone, 
E dist : M Beau père, car me donc 
« Congié de (aire iccsi message, n 
Li papes en discret e sage, (76 
Car ja seii qe la laie gent 
E trestoi li clerz ensement 
Heclamassent loz en contraire, ^79 
Disanz qe nel dut sanz eus faire, 
Neporquant, par qei li serf Dé 
Tant volentrifs e de bon gré 
Al message aler désira, 
Lu congié tamost li dona ; ^84 
Si requist Deu d'entente pure 
<^a lui donasi bone aventure. 
Lors quant Greg. ot lu congié, 
Taniost se mist, joious e lié, f88 
Vers Engleierre en/, el chemin. 
Mais veirement, a la parfrn 
Quant li Komein iço savoient, 
Estrangements'encorruçoient, {9a 
Qe de la vile ert esmeu 
Sanz lor conseil e lor seu ; 
E por (;o, par conseil commun 
Trestoz vindrent ensemble en un, 
Saveir com lu peussent faire 597 
Si q'is lu felssent retraire b 

Del chemin q'il aveii enpris. 
Tant qe de ireis parz ont asis 600 
Lu chemin par ont trespasioi 
Li papes qui lui envoioi 
De vers Seim Pierre a sa meison . 



jj\-6 « Itfrum ergo inlerrogivit quod nomen habciet ipsa proviiKÎa? Mer- 
cator rcspondit : Provinciales îllî Dciri vocanUtr. * I, xxi — sil * ^'^^^ 
Tocatar. > I. xu. 



(6o p. MKYEft 

Si l'om mis einsj a raison : 604 
u OfTendu as » font s'il « seînt 
[Pitre, 
1 Rome desiruiie e mise ariere, 
(c £ sor ço Greg. 3S forstreît 
a Qui soûl nostre solaz creit. 608 
« Saches molt en sûmes iriez. » 
A cesl mot mole s'est esmaiez 
Li papes qui fui simples om. 
Poour ensemble e marrisson 612 
L'ont tant sospris cstrangcmem 
Qe, sanz conseil, soudéemeni. 
Ses messages fist envoier, 
Crejjoire arieres rapeler 616 

Viaz sanz negune demeure. 
E neporquant, avant cele huure, 
Ben SOI loïc ïccle aventure 
Grégoire en conscience pure, ûzo 
Car a ses compainz la diseit 
Tôt einsi com ele avendreit. 
Ore orrez comment iço fui. 
Errez en ja pues q'il sVsmul 624 
De Rome trets bones jomées ; 
S'avini einsi par reposées 
(^'en une pleine crt descendu 
E si compainz oveqes lu, 61$ 
Qui ja d'errer lassez eroient ; 
Mais tant com toz se reposoient, 
E Grégoire al repos se tint 
Qui plus lu plot e melz avint, ù}2 
Car en un livre q'il teneit 
Une seinte lésion liseîi, c 

Quant es vos une sautcrole 
Qui souvent fait tenir a foie 60 
La gem par ces chemins passante; 
Car en saillant chante c rechanie 
Une rocrvciltouse chanson 
Par quei souvent feit lu bricon 640 
En mi son chemin arester 



E entendre a son vein chanter, 
Oom li Romein, latine genl, 
La ciciment asez proprement, 644 
Car, scgon que sa nature esment, 
Lctujtam proprement la cleiment 
Dom cist nom locusu dit tant 
Com s'il detst al trespassant : 648 
« Dom viens ? ou vais ? avant n'ir- 
« Enten tcï ça, ci resteras, [ras. 
V Dom viens ? ou vais ? enten lei ça; 
« N'irras avant, ci aresia. » 6^2 
Eslors, desquant la vit Grégoire, 
Erraument lu vint en mémoire 
Ço qe singnefie s» nons ; 
Car lors disi a ses competngnons : 
« Seingnors, » fist s'il « errons 
[por Dé; 6^7 
« Trop sûmes um^s reposé. 
« la serons reusez ariers, 
« Ou seit enviz ou volcntîcrs : 660 
« Si plus losi ne movons d'ici 
K Plusloing n'irons, ço vos a&. 
a Ja plus loing d'ici n'en irons 
a Si plus lost d'ici ne movons. » 
N'ot dit fors itani soulement, 665 
Quant eis venir soudéemem 
Messages de p^rt l'aposioille 
Portanz lettres priemes en boille 
Ovec comandement esprés 669 
QJis retournassent a eslès d 

A Rome ariers, meisme l'oure, 
Viaz, sanz negune demeure ; 671 
N'en alassem plein pié plus loing, 
Car moit ereit grant li besoing 
Por q*is furent contremandez. 
A tant ariers sont retornez, 676 
Enviz, escommeui en ire ; 
Mais ne porent pas contredire 
Al precept apostolïal : 



64y-j] ti j à dant te UxU an dt tei lidscuki atlimboun fur h dtacrt U.vt 
u pttU A attritotr A Crigoin : « Tubc fertur ihlat : iùàisu. inqtiît, dici 
• potest, quisi loto s\a. » I, xxjv. 




LA VIE DE S. GRÉGOIRE PAR FRÈRE AKCTER 



l()l 



1^ 1)11 lor temblast, bien ou mal, 
ObbetSence covim faire 681 

Il KÎi qe lor fusl a contraire. 

^QnJ leviu stpumiu orJinatus Ro- 

Bisof dt piste iagainarîa, que de 

ttrptatium moriicino et Tibtris 

\im4ationt aticia tst, iomverit. 

V. 

Einii revint li ami Dé, 

Canstreint, ircstot citre son gré, 

A b cure de sa maison. 68^ 

^ fat oete expédition 

Ben longes pues mise en resptt ; 

Ma ïdrcmenl li pape aînz dit 

Ne lu lofrit pas sejorner, 689 

Carpof ço (j'il lu vit monter 

hk mm. e en saptence. 

Tôt ) force e a «olence 692 

Dt ï'ibbeie lui treist fora ; 

Sît'ordenoi erraamem lors 

SOae deiacre chardenai, 

Si kl ain nis en son estai 6g6 

SMeak oJ sei son office. 

Grégoire n'en pas fol ne nice, 
Cir Ion quant deacre ert sacré 
Tint aersseii en humilité, 700 
En tcns, en mours, en didpline, 
Ea science, en seinie doctrine, 
<^ *eirement vis vos sereii /. 1 <,"& 
Qe pcf non soulemeni ereit 704 
Aian^ en bêles colours 
O^'i, car de vie e de moufs 
Les reseroblot parfitement, 
Tam par ereii enirinement 708 
Norigeraz, discrez e saives. 
Ea icet tcns sorvindrent glaives 



Tant dur», tant moruus, tant gre- 

[jous, 
Par loie Romanic cstrous 7 1 1 
Qe nts en Rome la cité 
De la gent une infinité 
Mourirent de ta pestilence. 
Unaicmeni, d'une sentence, 716 
Ferit a mort li mais mortaus 
Ornes c bcstcs c oisaus, [sure, 
Sanz fin, sanz nombre, sanz me- 
Tant crt la pestilence dure. 720 
Si vos dirrei dom elc avïm. 
Pues qe Grégoire s'en revint 
De l'eire ainz dit, tost en après, 
Tant par sorondot a grani fès 724 
Li fluves qui l'en cleime Teivre 
Q'as Romcins tant donol a beivre, 
Nis par en som les murs de Rome, 
Qe en meison ne remist ome 73S 
Ne besle ne nule rcn vive 
Par dedenz une grosse livc. 
Les hautes tours veîssez neier 
E les vielles cneisons noer; 7)2 
Nis as ecctesiaus gernters 
Periisuieni plusors milliers 
Mues del plus beau forment del 
[monde, 
Qui se germot llolant sus l'onde. 
D'autre pan en icel dcluve, 717 
Par les chanaux de l'einz dit fiuve 
Descendit en la mer Hotant b 

Undragonssanz mesure grani, 740 
OJ serpenz sanznombrc et sanz fin. 
Qui, quant del fluvc Tjbcrin 
Enz en la mer entrez croient, 
De la sausc tant en bevoient 744 
Q'en bref tcns furent estranglez 



(A\ • Redire tanHn ad proprti compnlsm est monasterii curam. • I, xxiv. 
— 704-I7 I ... ut m ccdruasticiF hierarctiix ministcrio vîderetur divtnii angelis 

• BûB SOlQffl nitorc Kabitui, vfruin c\nm danl^tc morum probabtliuin mioctâin- 

• MOdo ocurauiri. * I, Ktv. — 710 I, xxxiv. — 7H'i * ■■' ^^ '1"^ (Tiberts) 
nda ... ecdeuislica quoque horrea vîokntcr sabvertcftt, în quibus nonnulla 
■odionim tritici millia periere> 1 I, xxxiv. — 7^7 ], xxxiv. 



MHbMia, xu 



1 1 



iSi 



p. MEYER 



E moTZ a terre retenez, 
Si qe lors quant la morlekîne 
De la venimouse vermine 748 
Prisi a corrumprc e a pourrir, 
Esles vos la geni a mourir 
Par \m corrupiion de l'eir 
Qui ne laissoi mescine aveir 752 
N'as riches ne as poesiis 
Non plus q'as plus povres mendts, 
Ainceis ereit tant générale 
La pestilence e tant mortale 756 
Qe, quelq'is fussent, fous ou sages, 
As geniiaires e as nages 
Soudement les prist a ferîr; 
Sis fist sans demourer mourir. 760 
F.n cel lens nis furent vcues 
La sus amont, parmi ces nues. 
Com fussent soietes ardantes 
Corporaument jus descendantes^ 
Qui. soudemem e sanz resorl, 765 
La gent feroieni a la mort. 
Un avant autre scngicment 
Mouroient tant espessement 768 
Q'cm n'est soz ciel peûst de voir 
Lu nombre des occis saveir; 
Mais itant vos di sanz douiance 
Q'iço fut aperie venjance 772 
De noz pecchez tant crerainaus 
Qui tant par sûmes veins e faus, 



Car, si com li prophète dit 
Ezechiel en son escrii, 
Ou des angles fait meniion 
Qui firent la granl occison , 
Q^'al seiniuaire commcnçoîent 
E primer les cicrs occioîcnt^ 
De ça refui lot tnsement, 
Car tresiot au commencement 



c 
776 



780 



Ruot mort lu pape Pelage, 

E pues desreiot tant a rage 784 

El poeple la mourine ainz dite 

Q^a peine en remist nus oem quite 

En tote la cité Romeine 

Qui ne ferist ta dite peine, 788 

Car les maisons tant despoilla 

Q^omme ne femme n'i laissa, 

E nis entrinement les rues 

Kn plusors leus fist loies nues, 791 

Désertes, sans abiteour. 

QualiUr In tummam pontifictm inri- 
îtu elutus til. VI. 

Mais por ço q'en cHe dolour 
Seinte iglise qui ert vedvée 
De son père e desconseillée 
Pas ne poi estre longemeni 
Sanz pastural govemement, 
Li sénateur e lï clet^in, 
Ovec tôt lu poeple romein, 
Concordaument en un vendent, 
E Grégoire a pape eslisoient 
Com celui qui fut de seinté 
E de veriuz sanz per prové. 
Mais veirement moh s'escusot 
R raison apcrte mousirot 
Q'il n'ert pas digne a tel enor 
Ne fort a si très grant labor. 
Si com icil qui molt cremeit 
Lu monde qui despit aveit 
Qe derechef lu sorireisist, 
Por qei de lui s'eniremeist. 
Par fause pompe ou gloire veine. 
Mais por noient i metleit pdne. 
Car tant com plus s'en escondit 



7^3-46 •_ SkuU est veiligio clad» iaguioaria, qux Romanim urbem adeo 
« vehemrati pettikniia laniavit, ul ctiini corporaii visu tigittx culitus venîrc 
« et sin^los quoique p«rcuiere vidcrcniur. * I, xxsYt]. — 776 < Juxia lilud 
« qnod m Eiechiele proptielj legitor : A saoctuirio meo incipite • (Ez. IX, il\ 
I, xixfij. — 79a 1, axxiiE. 



I 



796 



800 



804 



808 



d 
8ia 



I 

I 

1 
I 



LA VIE DE S. GRÉGOIRE PAR TRËRE AHCIER l6j 

Plus i irova dur coniredil. 8i6 E pues erram, sanz destourbier. 



Por ço, desquani savçjt de veir 
Q|x nui fuer ne pot eschiveir 
Iço que U generauié 
Communaumem ot esgardé, Sio 
A la parfin tant en consireini 
{^ tor pramisi, ja seii qe feinc, 
Q*» lor «gart asseniireh ; 
Ma» veiremem i(;o feseil 814 
Por tant ql! vot, si il peiist, 
Desiomcr sei, comment qe fust, 
QII n'enprem tant grant office ; 
Car a l'empereour Morice 8x8 
Lti qui fiz des seint fonz leva 
Endementre un mes enveia 
Pomnt unes lettres privées 
De ion laiel ensaicliics 8 {2 

Des qocles taie en la lenor : 
« A son seingnor l'empereor 
a Morice, Grégoire sala. 

■ Jo toi prî por l'amor Jhesu 8)6 
c Qe por nuli suggestion 

» N'asîcnges a l'eûeciion 

» Qu Eue est en moi des Romeins. 

■ Vauges en Deu.sauvement seins. 

QBod Uttttt tjus ad imperalortm di- 
recte, rtj àermano, itrbit preftcto, 
àotrttpte tint, ttde confirmalione 
dettioatt. VU. 

Tm ensi loj quidot guenchir 84 1 
Cregoire det iém assenlir, 
Qunt li prefeci de la cilé 
Qq fui par nom Gennein clamé 
S'cD apert^ut, com a Oeu plot, i.\S9 
Tant que lu message enterçol ; 846 
Si iist s«s letres pesceler, 



Remandot a l'empereour 849 

Par ses lettres, com a seingnour, 
De Grégoire lu debonaJre 
En ordre lot icel afaire, 8j2 

Com 102 li grant e U menu 
A pape l'orent esleii 
Unaiement, sanz contredit, 
Si que li grant e li petit 856 

Communaumcms'i acordotent, 
E nis trcsio?. lu deproieient 
Q'il confermast l'eslectîon. 
Deus, eshaucié seit tis seint nom 
v D'iceste tant douce novele 86 1 
« Qui tant m'est desirouse e bêle!» 
Dist l'emperere quant l'oit, 
Car veiremenl molt s'esjoit 864 
Q'il pot celui tant eshaucer 
Lu quel desirot enorer. 
Si comanda lors sanz demoure 
Q'il fust sacrez meîsmc l'oure.868 
Car bien sol saur, negun' essoine 
Q'a ccl office ereît idoine. 
Delquerert dingneedelcorsmonde 
Por govemer trestot lu monde. 
Sa charité, sa fei non feinte 87J 
Rnsemem od sa vie seinte 
Tôt, sanz lui, porent par raison 
Confermer celé esleciîon. 876 

De sermone ejas ad populum et de 
unalione pestis inguinarie. VtJl. 

En itel guise en li serf Dé 
Par l'emperere confermé, 
Mais veirement n'ert pas tant dis h 
Choumant ne perreçous n'oisdis ; 
Car eniretant com atendoient 88 1 



ti7*>e • Al ttbi decrelum Kcncralitalis evadere ncqtiivit, consensumm se 
• tawlegi altquando simabvii » I, xi. — S;8 * ... neutiquam asseitsum populîs 

■ prvberei ut se htijus honoris glona subiimaret. » I, si. — 846 « ... ept 

■ nntnini aalicipavit. * Ib'td. — 8S0 On parrecotis; U prtn^e tjlUtt ett 
iaili p€T aif p htrti, mais perreçous m toaiti Itltrit aa v. 1 3 jo. 



164 P- METER 

Li Romein qui molt desîroienl « Ainz Irenche par force e porfetit 



L'asscnlcmenl de l'emperere, 
E h pestilence rcgiere 884 

tu poep!« occist e deguastot. 
Cregwrc, li serf Deu dev<«, 
Trestoz les fescit assembler 
E si lot prist a sarmoner 888 
Qe por ta dite pestilence 
Felssenl quciqc pénitence, 
Senglement chasqun endreit set ; 
E dist : « Chicrs frères, créiez 
[mei : 892 
« Crans est li besoing vciremtnl 
« Qe veaus non lu flclau présent 
u Batuz e tormenie?. criengons 
u Lu quel redouter deujsons 8ç>â 
« Ainceis q'il par fust avenu ; 
« Seit veaus non redoutez sentu 
u Qui non sentu despit ereit ; 
" Veaus non espro%-écremu seit 900 
« Li maus qui tant creist a dolor 
M De mal en pis de jor en jor. 
« Seingnors, por la Dé passion, 
I' Car fcimes satisfaction ; 904 
w Li doels nos face repentir, 
« Oolor face dolor sentir, 
u Angoisse angoisse, mort la mort, 
Il Einsi que par lu Dé confort, 908 
i( E ceste monale sentence 
M Façom veraie pénitence, 
u Denosquersladuresceenfreingne 
« Tarn qe nos amender dcsireingne 
t Veausnonlapeinejasofferte, <)t^ 
a Car veirement toi est aperte 
H La prophétie de l'espée c 

" Dom ta cliaiiive aime est nafrée, 
« Ço est la Dé ire manifeste 917 
u Qui por nule arme ne s'areste. 



« Quanq'elc encontre entrînement. 
t' S'est ja tant parfont descendue 
■' (^ jesq'a l'alnie est parvenue, 
a Voiez mon, si ço n'est toi veir : 
« Rien vive n'ipoeiremaneir, 924 
« To£ sont de l'tre Deu feniz 
« Soudéemcnt morz cstenduz, 
tt Li haut, li bas, li fous, li saîve. 
<c Tant par est communal lï glaive 
M E U mon tant par soubîtaine 929 
fl (Vavtsonc poei sentir la paine 
<i Neguns ocm ainz ço q'il fimsse. 
« Chasqun sei moert ainz qu'il tan- 
[guisse, 9îJ 
« Tant par est forte la dolor 
If Q^ainz vient la mort qe li tangor. 
« Trestoz veions avant morir 
« Q^is puesscnî lor pecchez gehtr. 
tt La subiteine pestilence 957 

K Nul ne leist faire pénitence, 
« Car loz se moerent desconfès. 
« Pensom donqes, seingnors, aàii 
« Por la veire amor de Jhesu 941 
u E por nosire veire salu 
■ Quel parra cil al jugement 
n Devant lu juge omnipotent 944 
u Qui nis non a tant de leisir 
K Q^is soi petisse repentir i 
« Com jugera Deus en sa face 
« Celui a qui nis tant d'espace 948 
« Ne vot en cest sede doner 
u Q^is pcust ses pecchez plorer f 
u Prengez garde de voz veiuns ; d 
u Nes'envompassoulalorfins9jJ 
u Par deus, par treis, par cînc, par 
« Ainz s'en vait trestot ti pais [sis, 
N Environ nos entrînement 



S81-900 I Oponct, (ratres carisiini, ut Aagclla Dei qcx metuere Tcntnra 
• deboiniiis. laliem prxscntû et experts timcamus, ■ 1, xl]. — 9i4-iJ « Pef> 
c venit gladius usqoe ad anicniBi, etc. 1 I, xlj, Crltt aMm Ji Jttii. IV, ao 
M( inicritt dans h ma'f,t — 919-H ' N*c lan^uor iBOrtetn prxvenît, led tan- 
« guofit moras, ul cemrtit, mors ipsa pnecvrnt. » I, al)» 



^^^^^ tA VIS DE S. CRéCOirtE PAR rftÈRE aNCIER IÔJ ^^H 


^H v A id fruts e tant nettement 9^6 


a F. cil ses meins qui ben labore. ^Ê 


^H « (^otne ne femme n'i remeint. 


a Faimcsdonchastivepenance, 99J ^^H 


^H « Ln joevres od les vîe!z esleint, 


« Car veircment bon e espérance ^^^| 


^H a Nîs ainceîs les fiz qe les pères 


« Nos donc contre la timour ^^^| 


^1 ■ E les filles ainz qe les mères 960 


« Cil qui la mon de! peccheour 996 ^M 


^H « tj pestilence périlleuse 


« Pas ne coveite ne désire : ^^^M 


^H • De l'ire Dé onible, hisdouse. 


il Ço est Jhesu Crist nostrc sire ^^^| 


^H « Les Rieisons sont vottics guerpies 


t( Qui par son prophète einsi crie : ^| 


^K « Qui ia furent tant replenies, 964 


« Melz voeil qe li pecchere eitvîe, ^M 


^H « Nis les rues longes e tées 


<i Fait s'il^eq'il se convertisse 1001 ^M 


^V « Dcsenes sont e despoillées j 


V A mol, q'il mer^e ou q'il pcrissc. ^^H 


^1 • Ui»e e autre poet oem passer 


« Por ço désespérer ne deil ^^H 


^1 Saitzomeesanzfemmeencontrer; 


« Nus oem, ja tant mespris nen cit, ^| 


^H • Tant se desreie a desmesure 969 


« Car Jonas dit !i seini prophète : ^M 


^^Ê * Cistmoftausglaivesquttantdure. 


c Les vtelz pecctiez de Nenîvete ^M 


^H « E por ço, mes douz chïers seïn- 


a Tersirent ireisjors de pénitence. ^M 


^B [gnors, 


<.<■ Nis li lerres de la semence 1008 ^M 


^^1 ■ Puions a pénitence, a ptors, 972 


v De mort enz en la croiz pendu ^^H 


^V ir Veaus non tant com nos est leû 


tf Al COSlé lu frz Dé Jhesu, ^^^| 


^H •> Plorer onqorors non fera. 


u Por q'en la mort ert repentis, ^^^| 


^H • CiT vdrement cil sevraient 97 { 


u Ravi fu iesq'en paradis. loi 2 ^| 


^^^^« Qui U soubiie mort sousprent. 


V Levons donqes seguremem ^^^M 


^^^0r De no£ pccchiez nos cnsovienge, 


i' Noz quers a Oeu dévotement ^^^| 


^^Ê ■ Negun besoing ne nos detienge 


« Knsement com si eussons ^| 


^H « Qe ne façons confession 


tt Ja receu quanqe querons, 101 ti ^M 


^H « Od digne satisfaction 980 


« Car si nos leissons noz pecchiez, ^M 


^H < Tant qe de lermes seit lavé 


a Sachiez lî juge en tost tlecchiez. H 


^H » Quanq'avons fait encontre Dé. 


(( Ja plus tosi merci ne querras ^M 


^H • Fttmescomlipropheteenseingne: 


<( Qelunelatmisseschauipas, 1020 ^M 


^H ■ Ensemble foz, nul n'i remeingne, 


■( Quetqe pecchiere qe tu soies. ^Ê 


^H ■ Levfflis a Deu noz quers, nos 


« Fors qe soûl de tant te porvoies H 


^H [meins, 98$ 


K Qe soies vernis repentant. b H 


^H « Tant com nos sûmes vifs e seins ; 


» Q^alons nos donqes couardant ^M 


^H < Çoestq'odbonesoreisons /. 160 


« Com pooumus désespérez? loi} ^M 


^H • Bones oevres a Deu rendons. 988 


« Trop par sûmes fous asotez ^M 


^H H Car quer c meins a Deu lever 


« Quant .il besoing qui nos vêlons ^M 


^H B Est od bonc oevre lui proier. 


R E a la peine qe sentons loiS ^M 


^H * Cil son quer lieve qui ben ore 


c Oeu qui soûl est nostre refui ^M 


^H 97>~4 * U"" quisque ergo nostrom ad ficnitfntix jjinenta confugiai, dura ^| 


^^M • ttn anle pcrcusiionem vacit. ■ 1, xlj. 


— <)&i-s t Et, S)cut propheta admonct. ^H 


^H 1 IneniBC corda nottra cum manibus ti Deum. ■ I, xl\. — looo*; • ... qui ^m 


^H ■ per prophetam clamât r Noio mon«nn peccatoris sti ut convrrtalur cl ^1 
^H • nrat * jEi. XXXII, ii|. I,ilj. — 1007 * triduani pœniteniia ^bsterjit. j liùl, ^M 



|66 P- MEYBK 

« Ne vencons veaus non par ennui ; 
« Par ennui di, quant al preier: 
K jj;pnqeDeupussonsenn,uier,io^2 
u Car sovem co q'cnnuier seU 
(1 A omme Deus en gré reqell ; 
« Tani par est pius misericors 
u Q'ilvelt qedeluiscii estors toî6 
u Par preiere e par orcisons 
V Ço qe pas deservi n'avons ; 
•1 Par preiere apaîé veit estre 
« Por q*a nos ne se puesse irestre, 
« Segon ço q'avons dcsïrvi. 1041 
K Dont dit H psalmiste Davi 
« De la pan Deu al pecclieor : 
« Requer moi, fait se il, al jor 1044 
11 Quant avras tribulation 
M D'angoisse e de temptation : 
(1 Si l'en ostrai del mal qu'avras 
(1 E tu mei magnifieras. 1048 

i< Par tant savons ben sanz essoine 
u Deus a sei meisme est tesmoine 
i( (^il nos deare espamier 
a Dèsq'itenseingneluiproier; 1052 
i< Et por iço, mi cher douz frère, 
i( Jesq'a l'iglise 3 la Dé mère, 
Nosire Dame seinte Marie, 
<' Vendrons demain a letanie io{6 
u Tresioz ensemble unai[e]meni 
« En oreisons dévotement, 
« Taniostcoml'aubeertescrevée.c 
« Negunsoemd'icestejomée 1060 
K Par mon conseil ne se destienge ; 
u Li jocvncs e li veî?. i vienge, 
« Li clerc, li lai, lî ordenez; 
« Trestoz i soient apresiez 10^4 
u Riches, pûvres, granz e peliz i 
« Nuls ne seit osez ne hardiz 
a (^entende a besoingne foraine, 
« Car la letanie septaine, 1068 
« Si com ja l'orrez destincier 



« Trcstoz, si Dé plaist, célébrer 
n Ensemble al jor demein vendrons 
« Ë nos mesfaiz loz amendrons. 
« Qe si com toz sûmes mesprîs 
1 Tôt ainsi scions entemis 
u Toz ensemble as amendes faire, 
K Car sachez donc voudra rciraire 
« Deus la porposée sentence 1077 
« Quant voirra nostre pénitence. 
« iÀ cierz en la première liste 
V Istront versseintJotunBaptîste^. 

I E pues li lai qui masles sont 1 ù8t^ 
« Del moiisiier seint Marcel tstronii 
« Li moine e li religious 
.1 Devers les mariirs pretious 1084 
« Seini Pol e seint lohan s'en vJen- 

[gent ; 
41 Pues, ordenéement se tiengent 
« Les noneins en procession 
« Vcrsseim Cosmeeseini Damion, 
« E pues les dames mariées toH^ 
u Devers seint Estevre ordenécs 

II VJengeni. sis stguem ben e bel 
<■ LesvedvesdeversseintViel; 1092 
u Pues al derrain vengent avant 
« La povre gem e lî enfant 
« De l'iglise seime Cécile. rf 
« Nus n'i remeinge en ceste vile 
« Qui pusse sor ses piez ester 1097 
« N'i vienge ses pecchicz ptorer; 
« Car sachez bien verai[e]mem, 
« Tant vos pramcc segurement 
w Qe donqes voudra nostre Sire 
« Sanz nule doute atemprer sa ire 
« Quant verais repenlanz serons. » 
Jesqe ça dura li sermons, 1 104 
Mais pues, quant tôt fu asemblé 
Al liu e a) jor assigné 
Li poeple de divers aage, 
Tant par se desreiot a rage 1 1 08 



10^1 Ea marei : ■ Invoca me ia die tribulalionis et eripiam te et hoaorî- 
t ficabiî ine » ^t. XLIX, t\\. 1, xlj, — 1079 En itutrgt : * 0< teplifonnt 
lilitiia 1 Gregorio ntstiiau. ■ — 1 104 I, xliij. 



tk VIE DE S. CRéCOIItE PAR PKÈRE ANCIER 



La devant dite pestilence 
Pir la Deu dreilurale sentence, 
Qe morz a terre soudemeni, 
Oraitz tresioz dévotement. 1112 
C&eirent en une soûle houre 
Quatre vinz nombrez sanz de- 
Q^ansoQC fut aperceii [moure, 
Con loudement furent fera. 1116 
Mais reirement onc por rtant 
Ne K cessa II Oeu servant, 
Ainz les sommonst a plus orer, 
Car la maiirc de plorer 1 1 20 

En. <p dist, tant plus acreûe 
Quant entre t^nz fut avenue. 
A quei feroie plus lonc lour i 
Mais tant fist qe dôs icel jour 1 134 
De la mortalité ainz dite 
Escous ereni par sa mérite. 
Loez en seil Û rois de gloire 
Qui, par son serf dévot Grégoire, 
Corn velt, as peccheors soccoure I 
Hais mqorors ne sot a l'oure 
Coaem^t de ses lettres pris/. 161 
Car veirement tôt cerz e fis 1 1 ^a 
Ettre espereit qc l'empcrierc 
Eôst oie sa proiere, 
Hais quant s'aperçut al derraîn 
Qe ti ainz dit prefca Germein 
Son messsgier 01 cntercé 1 1 [7 
E qe lis cspdr fut quassé, 

QBod konorent papatas ivhUTJagttns^ 
std pQSt triduum inducio columne 
falgM inrttaut, jM/u ût eonu- 
tratas.X. 

Erraument, sanz plus de sojor, 
Aincets qe de l'empereor 1 140 
Vensist as Romeins li respons, 
Ptivécfflcot en upisons 



Fors de la vile s'en bJngnoi 
Com cil qui en apert n'osot, 1 144 
Car li Ronieîn qui ço cremoicnt 
Trestotes les portes fermotent ; 
Si mcitoient ris garde as rues, 
As entrées e as eissues, 1 14S 

De totes parz, por lui gueiter 
Qe ne s'en peùst eschaper. 
Dora li serf Dé, quant iço vit, 
Erraument muot son abit : 1 1 j2 
Si se perncit a dcsguiser 
Ai meU q'tl pot, por sei celer ; 
Sa robe od un povre chanja, 
E pues itel engin trova 1 1 {6 

Qe fors lu mist uns peissonier 
Prevéement en un panier. 
Pues se reponst as tapïnages 
Des bruilz, des landes, des bos- 
lca(;es. 1160 
Parmi les desenes guastines 
Quereit les croûtes souzierrines, 
Les chesnes e les fous cavez 116) 
E les autres lius plus celez b 

Ou por les Romcins soi musçot 
Al melz q'il omqcs sot c pot, 
Com cit qui fuit gloire veine. 
Mais por noient i metleii peine, 
Car en vein sei fereit cuter 1 169 
Nuls oem qui Deu vcIt eshaucer: 
Quant plus s'umelie e reponi, 
Tant plus enoure e levé amont 
Deu nostrc arc son servant. 1 17Î 
Oie?, por quei. Li Rometn quant 
Savoient q'il s'en en fui, 
Toi erraument l'ont porsegui 1 176 
Nut e jor angoissousement, 
Quant al terz jor soudéement 
Virent une coulompne ardante 
Del ciel a ta terre ateignanie, 1 1 8a 
Qui desus son chtef soi pendit. 



llioC«rr. dreiloral. — iijo I. xliv. C'en ici fii< devrai preitdn plate td 
nirtfiii fui, rtatitt e^it /< ». 1 1 j8, mUnempX U itni — 1 1 ^6-8 C<tU pir~ 
hiMljriti la piist it id vie it Qigoiu psr PmI DUcn, l i j. 



168 P. 

Lî poeple celé part tendit 
Ou la clarté les amena, 
E li serf Deu qui soi cuia 1 184 
Ne se pot donqes maes défendre, 
Car errauraeni lu tirent prendre : 
Si lu irestrent a ia cité 
Trestoi estre sa volenié, 1 188 
Jcsq'a l'iglise de seint Piere, 
E lors iloec, si com drciz icre. 
Lu firent sacrer apostoille, 1191 
Qui de toz pecchiez nos asoille ; 
Ço nos donst Deu par sa merci ! 
Amen diez, ço vos en pri. Amen. 

Explsçit iib. I. Incipil Ub. It. 

Quùii staùm post constcraiiontm 
primas omnium se in episîolis 
sait stivum itrroruin Ou nomina- 
veut, et qiiûd hertsts desîruens 
rtaam fidtm prcJicavirit. Cap. I. 

SeingTiors, einsi com vos ai dît c 
Fut li serf Dé Greg. eslil, 1 196 
Mais onc plus tost ne fut sacrez 
Quant erraumeni s'est demousirez, 
Car l'orijuil de ses ancesors, 1 199 
(*ar sens, par venuz e par mours, 
Od metnie auire maie coustoroe 
Qui devant lui seit estre a Rome, 
Tanlost abaiit e esquassa. 
Si qe de primes refusa 1304 

Lu titre de Johan lu noble 
Evesqe de Cosicntîno&lc, 
Qui donc, al fuerde ses ancesires, 
Soi nontot principal des preslres, 
E s'en i fist dcfcnsion 1 J09 

Par nom d'escuinunation 
Qe nuls ne fust maes tant hardi 



MEYER 

Qe soi feist nomer einsi 1213 
Por digneié ne por haulesce 
Ne por negune autre noblesce, 
Mais qe trestoz generaument 
Soi contensissent umblement 1216 
En mours, en oevres, en abiz, 
E mesmement en lour escriz 
Gardassent en humilité 
Lour haurescee lourdigneté. 1220 
Dom. por ço qe ço fusi tenu 
Einsi com is l'ot porveû 
Enirincmcni, sanz violence, 
Erraument après ta sentence 1224 
Lu premier essample dona, 
Car u serf as sers Deu « soi noma 
Pues en trestotes ses cpistres, 
Tôt premeraÏEis as chefs des titres, 
Tant qe pues toz sis successour 
En ço lu fesoicni honour, 
£ en moiz autres documenz, d 
Si com en simples vestinienz,i2î2 
En umble onesie contenance. 
£ tant vos dî bien, sanz douiance, 
Tant par ert donqes sanz feintise 
Amez de tote seinie iglise, i2}6 
Q^onqorors retient par coustome 
Maismemenl la cité de Rome 
Seinement tote sa doctrine 
Tant salvemeni e unt enlrine 1240 
Com si ço fust fé d'critage. 
Car sachez ben tant par ert sage, 
Desquanl fut enz el trône mis 
F. al plus haut degré asîs [244 
De seinie iglise universale, 
En la bretesche principale 
Com cschaugueite auctorizé, 
Tant de venuz enluminé, [ 24S 
Q^crrani mouslrot q'il n'ert pas nice 



Ilot Vers trop long. Coir. quassa ? — 1239-41 < cunctisque suis successio- 
ribut clocumeiitum suje humiliUlii, Um in hoc quant in mcdiocribus pcuitificati- 
bus indomenlùs, qiiod videlicet hactenus in ïancta Ronnana ccclesia cunscrvalur, 
tieceditarium rcliquit. * 11, j. — \^jf}-^ • m s^ccuta sanctx universalît cccle- 
ïix. » I, ij. — 114^ Q^errant, corrigi ; iJ y avr.i J'ahrj Errant. 



^ Û VIE DE S. CRfCOlRK PAR FRÈRE AKCIEB ïfi^ ^| 


^B Ne perre^us en ton ofTice, 


E pues vertuz edifiast, 1 2S0 H 


^H CjT tantost prist a sarmoner, 


Tresiotes les maies asises ^^^| 


^H A toz \i dreite fei rnoostrer, iijz 


Qui eroieni ja as églises ^^^| 


^H Abjtre tes mahomert», 


Par lot lu mond enracinées, ^^^| 


^1 E&quuser (oies herisîes ; 


Coustomes malemeni levées 1284 ^M 


^M Toz les poinz de nostre créance, 


Contre la doctrine anciens ^^^| 


^M Par seine apene demoustrance^ 


De la fei apostoliene, ^^^| 


^M Ensetngnoi a tresiote gent; 12^7 


Esracer prisi e esgrapir, ^| 


^H Sis preechot haut e derment 


E bones encontre establir. 1 288 ^M 


^H Corn evangelien bedcl 


Pues commençot a redrescier ^^H 


^H Qui b meisirie e le cembel 1160 


Quant q'en igUse erei: mestier, ^^^| 


^M Enponot de loz les pastors 


Com de chanz e de chanteors, ^^^| 


^H Q^onc fussent ainz n'aprts ses jors. 


De ministres, de sen'iiors, 1292 ^M 


^H Sanz les apostres principaus 12a} 


E nis des lais privez servanz ^^^H 


^H As que!s nul seint n'est paregaus. 


Qui l'apostoile erent sivanz, ^^^H 


^H Car sor tresioz les seinz del moni 


Del louîer por lu pallion ^| 


^H Uetstres e princes sanz per sont, 


D'evesqal consécration, 1296 ^M 


^M Si com cil les quels Deu mclsme 


Des fertres coverz de daumaires, H 


■ [/- 162 


De besoingnes mendres e maires ^M 


^B En sa persone demeinisme, 1 368 


Com de non receveir les lais h ^M 


^H Vôrs ocm de la virge Marie, 


A clergal oHice a eslais, 1 ;oo ^M 


^H Espàiaument en ceste vie 


E meinte autre bone coustome ^^^M 


^H Sa ictnte docuine enselngna, 


De primes es!ab1it a Rome. ^^^| 


^H C«n ceus les quels sor toz ama. 


E pues trestotes les iglises ^M 




(^i sont parmi lu mond asises 1 J04 ^M 


^H QuÊtt fitia eradicant et vînuits sisp- 


Par lu commun agencement ^M 


^H pUniant, consaeiadînes eccUste, 


De loz clers, ordcnée gent, ^^^| 


^H ffOBf àacteaus obstminiur, ordi- 


Ordenéemeni redressa, ^^^H 


^H urmr €t àpostûticd aactontate 


E Tadrescement conferma 1 )o8 ^H 


^1 nafitmaaù. tl. 


Par privilège auctorisé ^^^M 




D'apostoiliau digneté, ^^^H 


^H ton quant Greg. ot rapelée 


Si q'onqors rclienl sa doctrine ^H 


^H iM foi des apostres fund^ie, 


Trestotlimondtantparentrine i{i2 H 


^H Tantost com âl qui entendit 


Q^un soûl point trespasser n'en ose, ^M 


^H Iço qe li prophète dit 137Û 


Car tant par tient a seinte chose ^^^M 


^H (^ sor lu poeple erclt posez 


Quanqe de Grégoire est venu ^^^| 


^H E principal posior clamez, 


Com a det ciel fusi descendu. 1 ; 1 6 ^M 


^H Par tant qe vices esraçan 


■ 


^H t39i-ijoo • videlicet lie ministris cantoribus, de laitis ponttlici lamitianler ^M 
^^ *4hjcrcti1iMi», de contegendo dalmaticiî aposiolico lereiro, de pastillaiico ^| 


1 pro pallio »el consécration- ponuriciim, 


et de non admitleodis pauim laïc» ad ^M 


^H tcclesuatKi furii olâcium... 1 II, v. 


m 



^^^^^I^^^^^^^^^^^^^P. «EYKR ^^ ^^^H 




S'en fut Grégoire a desmesu/e H 


^H^ D£ piTtgrino ati mtnsam ytmcnu et 


Esbahiz d'icclc aventure, 1 J52 H 


^^^K r^/iMi; non t/tv^nro. ///. 


Quant après, meisme la nui, H 




En avison lui apparut H 


^H Tant par ert pide e aumosniers 


Li hï Dé, nosire sauveor, H 


^H Grégoire, U Dé amis chiers, 


Qui lidiseitpargramdouçor: i}5(î H 


^H Francs, deboncires, libcraus, rîi9 


« Grégoire, n ftst s'il <i rois chiers H 


^H Larges, despendani, hospitaus, 


[druz, ■ 


^H Qe, sanz chaitis e sanz prisons 


M Sovent as mes membres peùz, ^Ê 


^H De tant diverses re^'ons, 


u Mais ier receus veirement H 


^H £ mcimcmeni de Romanie, 


« Meimeismesdemeinemcnt. i)6o ■ 


^H As quelz ii sosteneit la vie, i ]24 


H 


^H Toz les jors, ou q'il onqes fu$t, 


Dt angelo castode itto tfoomUm in H 


^H Acoustoméemeni pcûst 


specie naufiagi occulio, nunc aa- H 


^H A sa table demeineraent 


Uin in jorma ptrtgnni reretaio, H 


^H Quant q'o«m trovast d'esirange 


dt qao sapra ia urcto capitalo. H 


^M [gem. t]2S 


^Ê 


^H Tantq'un jor, entre autres plusors, 


^Ê 


^H Uns oem semblant de bones mors 


Un autre lens avini regiers ^^^M 


^1 Vint pié poudrous. com pèlerin, 


Qe Greg. li sers Deu chiers, ^^^| 


^H A qui Grégoire en tant enclin i ) p 


C^i tant ert plein de chanté, 


^H Qe por lu plus ne por lu meins c 


Son aumosncr ot commandé, 1)64 


^1 Ne vot sofrir q'a pïez n'a meîns 


Segon coslome, q'enviast d 


^H Lui ser\'ist por negune peine 


Pèlerins ou q'is les trovast, 


^H Autre omme qe »on cors demeine , 


Douzze par nombre a son mangier. 


^H Car amblement, par grant frui- 


E cil qui en ert costomier 1 )68 


■ [chise. i);7 


Sanz demourer» tôt erraument. 


^H TanI se meteit en son servise. 


Acomplil son commandement. 


^H Qe nis ja les bacins leneit 


Mais, quant furent a table asis, 


^H Dom t'aeve doner lui voleit 1 140 


Grégoire H Dé cliiers amis 1 J72 


^H Doucement, a ses meins laver. 


Vers les pèlerins regarda 


^1 Mnis 3 ço q'il la vot verser, 


Segon coslome e sis nombra : 


^H Li pèlerins qui il servit 


S'en dut ben proef aveir grant honte 


^H Tant soudemeni s'envanoit i J44 


Li aumosner de son acontc, 1 176 


^H Par entre eus loz. emmi la pbce. 


Car prèsdcldouïisniccn nombrant 


^H Q'onc n'i parut sente ne Trace 


Lu treszisme i irova soiani, 


^H De lui, quel si ço fust fantôme, 


Don s'esbahit estrangement 


^H N'onc pues ne pot csirc par orne 


E por çû lors, lot erraument, 1 )8o 


^H En negun sen apcrccû 1 149 


L'aumosner list a sei mander, 


^M Quele part s'en fust devenu. 


E si lu prist a demander 


^^^^P 1)17 11, xxi) — 1)31-4 « ... nt, ucepttt Kîi quoitamper diversas regiones | 


^^^^^ 1 quam Roma; quoque LanffobardoruR 


1 perhdix gUdios higuntes, ccde&usiica ■ 


^^M ■ stipe mitericorditcr nutrieb^t .. • II, 


■ 




n 



LA VIE DR S. CR£C0I 

CoRimem fust e par quele emprise 
Laienz, contre sa commandise, 
Li pèlerin iretiime entré. i î8ï 
LÎ aumosnier en e&garé ; 
D'i^o dom l'ot mis a raison 
Ne lot respondre oil ne non; i }88 
Mas, ja seit q'il fust esbahiz, 
N'en pas del tôt irop esiordiz, 
Car tel pèlerins regarda 
C derechief les renombra, i {92 
Si bI trora qe soulement 
Oouzze par nombre escharsemcnt, 
E por ço segur respondit -. 

■ Sirt, * âsi s'il « si Dé m'ait, 

« Qouit les pèlerins enviai, 1 197 
« Douzze par drert nombre i nont- 

Ibrai, 

■ fTonc, q« je sache, tant ne quant 

• NcireqiassaideioncomanT,i40o 

■ Car ooqorors, loz. saus e seins, 

[/■ i6î 
i \meh sanz plus e sanz 
[meins ; 

■ E si d'iço ne moi voe)z creire, 

■ Fsi les nombrer laniost en eïre, 

■ Car tôt en sui segurs e fis : 140) 

* N'i trocs plus q'a la primor tis-i^ 
Crcgoire entent qe cil lu dit 

Toi la veir, si com l'entendit i 1408 
Si s'esbabil lors plus q'ainceis, 
E por ço regiers en reqeîs 
Lci pèlerins privéement 
Nombroie renombrot soveni, 1413 
Mais toz tens, après lu douzîsme 
En Qombrani trava lu ires/isme. 
S'en hil. uchez, forment pensis. 
Si en Taumosnier trop entrepris 
(^ ton nombre trovoienirin, 1417 
E oeporquani del pèlerin 
Toi segurs e tôt cerz ereit 
Qe pai ne lu cbalangereii 1 430 



RE PAR TRtHK ANCIER I7I 

Sis sire a ton en nulc guise. 
Grant garde cndemenirc en a prise 
Li serf Dé qei ço peust estre, 
Quant soudcmcm garda sor désire, 
Si tresvit q'uns des enviez 142^ 
Joste sei plus proef acoudez 
Soveni en diverse manière 
Muot coloure chanjot chiere, 1428 
Car ors semblot lot viel clienu, 
Ors juvencel e non barbu. 
Ors fut pales, ors rovelenz, 
Ors bruns, ors blons, ors ^s, 
[orsgenz, i4}a 
Com si! fust apene £imome ; 
S'en fut pensis^ ço 'n est U some, 
Grégoire, com ja vos disoie; 14} j 
Mais plus lonc conte a qeî feroie i 
Après mangier congié pernoicnt b 
Li pèlerin, si s'en toraoient. 
Grâces rendant joious c liez ; 
E li papes s'est aprocbiez 1440 
Vers celui qui lot soûl vdeit 
Com a celui qui sei soieit 
A l'oure plus a sei proechein ; 
Si lu seisit lors par la meïn 1444 
E l'amenot privéement 
Ovoec soi treslot senglemeni 
Kn chambre, e pues lu conjuroi 
Al mielz e al plus beau q'il pot, 
El non de Deu, q'iL lui delst 1449 
Quel nom eusi e q'il queist. 
E cil lors respondit itant : 
1 A quei » fist s'il « vais enquerant 
« Mon nom qui est dit merveil- 
[louï? i4f} 
R Mais itant saches a esirous : 
<i Jo sui li periUié de mer 
« Qui ja te venoie tempter 1456 
a Eni en la celle ou escrivoies, 
■ Quant douzze deniers me donoiei 
" Ovoec l'escuêle d'argent 



i41t<j ■ Et cttf interrogai de nomtoe meo, ^od eit nJrabile? • II, xxiij. 



lyi P. 

« Laquele t'envoiot sovent 1 460 
« La scinte Siivia ta mcrc 
te Od la vùnilc polmentere, 
«c Laquele usas por t'enferlé. 
a E tant saches ben de vcirté 1 464 
« Qe dfrs icele oure t'cslut 
u Deus a pastor si corn lu plut, 
« E cspous de s'iglise seîme 1467 
B Por laquele aciiettée c rcinie 
n Son precious sanc espandtt, 
« Car por iço qe ton quer vit 
V Franc, aumosner, dou/., debo- 
[ciaire, 1471 
M Por tant vot qe fusses vicaire 
« Del glorious apostre Piere, c 
u Les qui vertuz en ta mainiere 
« Bien as jcsq'a cest jor segui, 
u Corn successorbonescheri, 147IJ 
« Car icil quanq'oetn U offrit 
K As tnesaistcK por Dcu partit 
« De toies par?, e proef e loing, 
€( Segon qe chasqun ot besoing, 
« E tu rastaînot ensement.» 1481 
Grégoire a tant respont : « Com- 
[meni ? 
« Di, va I se Deu te gart, par qei 
« Savoies tu qe Deus de mei 1484 
« Vol Uin cspous de seinte iglisc 
— Saches, » fist s'il « lot sanz 
[feintise, 
« Jo qui ci vois sis angles suï 1487 
« Présentement trammJs de lui 
« Por cnquerre tôt ton porpos. » 
A cesl mot se tint trestol clos 
l>i serf Dcu tremblant de poour, 
Com cil qui onc mis a nul jour 
N'ot angle apcrtement veu. i4Ç)î 
Donc dist l'angle :« Di, va! q'asiu? 
« N'aies poour, ne t'esnuier, 
« Car onqors te pues melr. paîcr : 
a Soies toi cerz, segurs e fis [ 497 



tIEYBR 

V Jesq'a tei sut de Deu trammïs 
Il qc dis ors soie tis gardeins 

Il Tant com seras mes vifs e seii«, 
o Com cil qai entre tei e lui 1 joi 

V Entrcccssor message suï, 

u A tei noméement livrez 150J 
« Qui a ma garde es comandez , 
<c E saches quanqe mis querras 
u DeDeuparmeisanzfailleavras.» 
Tant dist, e lors s'cnvanoït, 
E Grégoire erraument cheit 1 joS 
Jus a la terre en oreson, d 

Orant od grant dévotion , 
Si dist : « Deu père glorious, 
u Puissanz, misericordious, 1 j 1 2 
>' Si por un mien tant petit don 
« Moi vols rendre itel guerredon 
a Q^a pape e pastor moi choisis 
u Sor t'iglise, quele reJnsis i;i6 
« De ton sanc preiious se'mtisme, 
« Nis estr' i^o, Deus père autisme, 
« Por rael garder angle envoias, 
« Sor lot qo qei plus me donras 
u Si d^s ors mes loi mon poieir 
« A despendre iccst grant aveïr, 

V S^n tes seinz commanderaenz, 

V Entrinementen povres genz? 1 j 24 
u si lu mcins vols tant ben raerir 
e Lu plus qui pourra deservir ? « 

Quad post renUiionan aagdicam 
tantum futril iargior de temporali 
commodo qadntum certîor àt rtà- 
piendo preiaio sempherno. V. 

Tôt einsi ti serf Di orol, 1 527 
E, sache?:, dès donc coRunen^ot 
Tant plus large estrc c aumosner 
Quant plus fut cerl de son Iciier ; 
Tant large en des bons temporaus 
Quant plus cen des celesiiaus. 



14C] ■ cum infusil legnminibus. ■ tHd. — 1 }J 1-3 Cf. la ritbnqat ftu' rtpro- 
Jait Us ptimiat moti Ja cH. XXIV, 



U VtE DE 5. CRÉCQIRE PAR FRÈRE ANGtER I7} 



Avers, pecunes, pensions, i^j; 
Cens, renies, patrimoines, dons, 
Nts les juels d'or e d'argeni, 
Trestoi donot enlrinement [jjô 
A Ttw, a povres e a riches. 
Corn cil qui n'ert n'avers ne chiches, 
Segon qe chasqun oi besolng 
De toles parz e proef e loing, i ^40 
A clers, a lays, a abbeyes, /. 164 
As hospilaus aumosneries, 
As solitaires reclusoires, 
As désertées ermitoîres, i J44 

As paumcrs e as pèlerins. 
As vcdvcs c as orfcîins, 
As prisons e as exilliez, 
As malades, as mesaisiez. 1 {48 
A toz ert pcrcs soccorabte 
Toi autrcsi por vcir, sanz fable, 
Com si iresioz fussent sis fiz 
Joevresevelz, granz c peiiz; 1 iji 
Car liant sachez veirement, 
S'il sout eûst tôt senglement 
Engendrez trestoz cels del monde, 
S'estre peiisi, a ta roonde, 1 1 s^ 
Chamaument, de son sanc demeine, 
Ne peust il pas maire peine 
Mettre as cors n'as aimes garder. 
Ne plus n'en Deu n'ei secle amer. 
S'aumosnc .1 quatre termes l'an, 
Scgon ristre Celasian 1 j6; 

De qui seguit la seinte vie, 
Départir seut par cstablie. i (64 
Al jor de Pasqe en la première. 
L'autre a la fcste de seint Piere, 
La tierce al jor de seint André 
Qui de s'iglise ert avoué ; 1 {68 
La quarte fisi en remembrance 
Del jor de sa propre neïssance. 
Icesies quatre par costomc 



Tient onqors la cité de Rome 1 171 
Emrînemem sanz contredît, 
Einsi com is les estabtit. 
Nts estre i^o refeseii al : 
Tresioz les anz, al jor pascal, 1176 
Par matin, a l'aube escrevée, b 
Soier se seut enz en l'entrée 
D'une chapclc enz en la vile 
Qui ja Itst li papes Vigile 1 }8o 
Ou is metsmes habitot 
Quant en la vile sorjoraot. 
Ilocqes cre acosiomier 
Lu poeple en nom de pets beisier 
E ses aumosnes départir, 1 jSf 
Si cora ors lu porrcz oîr : 
As riches donoi riches dons. 
As rois, as princes, as barons, 1 {88 
Les bons chevaus, destriers de pris, 
Les samiz e les porpres bis. 
Les riches pierres précieuses, 
Od les espèces delitousesi 1592 
Pues redonot as ordenez, 
As enoinz evesqes sacrez 
F. als deacres cardenaus 
Les beubelez e les juaus 1 596 
D'or e d'argent, com francs be- 
[ningnes, 
Segon qe jasquns ereit dignes. 
Nis as chcvaters e as contes 
Donot sanz nombre e sanz acontes 
Les anels d'or e les besanz ; 1 ùo i 
As esquiers e as servanz, 
A chasqun segon sa valour, 
Donot robe nove a cel jour 1 604 
E plusors autres dons onestes. 
Mais veirement as autres fesies, 
Si com a la nativité 
De seint Picre e de seint André 
E a sa neissance demeine, 1609 



1^87-1616 II y a iimpUmtnt dsM h ttxtt : t ... cunctis «piKopîl, presby- 

■ tcris, Diaconibui aliitque axiocnatîcis [difiniiairii'i nrtoi erogabat. Njulîtio 

■ vero apostotorum \v. 1607) vel suo, oiisios solidos oÂrrens, pcregrina nïhil- 
I ominiis vettimenu donabat. 1 II, xxv. 



174 l'- 

As aliens, a gent loingtcine, 
Dutiot quanci'oTic mester ereit 
A chasqun qui a lui vencit ; 1612 
As viscontes, as chevaliers, c 

As vavassours, as soudeiers, 
Donoi les robes aceesmées 
Ovecmeintesamres soudées. 1616 
Dom ne me pleist plus avant traire, 
Car trop en i avrcit a faire 
Trestoi !i micdre romançour 
Qui seit cl mond uy en cest jour. 
Si totes les vousisi descrire. i6ai 
E por itant n'en voeil pius dire, 
Fors qe sanz ço generaument, 
A trestoie La povre gent t624 

As chefs de loz les meis donot 
Quant q'en l'an li rcnoveîot : 
Lu vin, lu froment, les bacons, 
Lu Lard, lu legun, les peissotis, 
Lu burrc, l'oile, lu fromage, 1629 
Corn oem séné, discret c sage, 
En tens par ordre, proef e loing, 
Segon qe chasquns oi besoing. 
En vendenges donoi lu vin, i6jî 
Les bacons a la seini Martin 
Leûn en juing. fruit en setembre, 
Robes, fouailles en décembre, i6j6 
Lu lan en fevrer, l'oile en marz. 
Environ sei de totes parz 
Donot a loz a grant foison 
Chasqunc rien en sa saison ; 1640 
Mais les fromages e les bures 
E lu leit donot loies hures, 
En yver si corn en esté, 
Largement, sanz escharseté, 1644 
Atrcstozceusqil voustreni prendre. 
Mais veirement a la gent tendre. 



HBYER 

Si corn as prefectz e as maires, 
Donot pimenz e Idtoiaires 1648 
F. autres dons plus precious. d 
Si corn is ereni delitious, 
A chasqun segon sa mesure 
Corn cil qui de t07 en prist carc, 
Qe jurer pucssés sanz fdnlise 165 ) 
Qjen son tens n'creît seinle iglise, 
Fors qucic est grange communale 
A povres, a riches égale, iûsôm 
Don chasqun prent çoqu'a mesiîw 
Franchement, sanz negun dangier. 
D'autre pan plus feseit asez 
Gregoires, li Deu enourcz, 1660 
Car loz les anz seut par costome 
Doner en la cité de Rome 
A ireis mite povres noneins, 
Par drcit nombre, ainceis plus qel 
[meins, 1664 
Quinze livres de pur or fin, 
Por dras faiz de laine e de lin, 
Por coiltes e por coveriors, 
Nis por lor soudées des jors 1668 
Lor rcdonoT tôt ensement 
Tôt dreit vint livres meins de cent 
A sostenir lu Deu service. 
Dom a une dame patrice, 1672 
Par nom clamée Tbeotisie, 
Rescrit Grégoire en une epîstre. 
Disant qe lor vie en tant pure 
E lor abstinence tant dure 1676 
Qe ne fussent lor oreisons 
Od lor seintes dévotions, 
Trestot ceneinement setissent 
Q'as LongebarE pas n'arestussent 
Tote la gent de Romanie, 1681 
Qe ne fust desiruite e home. 



i6(0-6i < Pigmenta vero attaque delîcatiora commercia priraoribus honora- 
( bilitcr oUcTcbjt, ita ut nihil .iltad quam communia quantim borrra commu- 
« nis pularelur eccirsia, > II, xxv\. — r6&8>7i * eisque pro quotidianrs stipen- 
I diis odoginta tibras annualiler conferchat. ■ I, xvîj. — 167^2 « si ipsx ac 
c essent, nullui noslruni Jam per tôt annos in loco hoc subsisicrt iDter Lang^ 
f barduruin gladiot potuisset. * II, xvij. 



La V\r. DE s. GRÉCOIKC PAR fRt.HT. ANCItR 



Plus onqorors fist H seinz om, 
Car par tote la région, 1 684 

As viles, 3s chasieîs, as bours, /. 1 6^ 
As marchiez e as quarr^fours 
Fist amener les poulmenz quîz 
Par veiturers bons establiz 1 688 
Qui les livrèrent as soufreitous. 
Mais as enfers, as vergondous, 
Qui por honte nel porenl querre, 
Trammetire senh ou peis ou ccrre 
Pleine une escuéle d'argent 1691 
De sa table demeinetnent, 
D'us en us, ainceis q'il manjast, 
Si qe nul jor ne irespassasi 1696 
Nuli q'eust en Deu créance 
Qc de sa seinic porveance 
Ne l'en donasi par chariié, 
Largement, sanz escharseté, 1700 
Segon que sis besoinz fusi maire, 
Por q'a Deu lu peûsi allraire. 

De pAUptre qnem faniii tsmpùreoc- 
cisum inieuit, pro quo supra mo- 
àum ir'tstdbaiur. VI. 



F. vciremcm ase?. moustro! 
Q'en charité trestoz amot, 
Car un |or en irespas errant 
Un po\Tc mort trovot gisant 
Qui fut de robbeours occis -, 
Mais quant lu vit li Deus acnis 
Mort quidot qe fusl de famine, 
De mesaise, non de mourine ; 
E por ço lors tant triste ercît, 



1704 



1707 



'7i 

Tant plorut e tel doel feseit lyii 
Qe veirement si de ses meins 
L'eùst occis ne fut pas meins 
Marriz ne mournc n'argoissous, 
Cor lani par ot lu quer pidous 1716 
E tant mat e confus se tint 
Qe pues ben longes se destint 
Nis de la messe célébrer, b 

Com cil qui n'osot aprismer 17x0 
A l'autier, tant soi tint nondingne. 
Mais orc orras un apert signe 
Par quei qenoisiras la vertu 
Dora veriuous ereit qenu. 1724 

De quodam keremiu cui nickil prêter 
anam ùitara possiJettùCrtgorias, 
cum tota gloiia mandana quam 
vsdtbaUir habere^ dtyino jadim 
preiam etî. VU. 

Uns solitaires eremites, 
Quant a Deu de scintes mentes. 
Qui onqes terrien aveir 
Negunnevoial monde aveir, 1728 
Enz e! désert ou il maneit 
Soûle une soue chate aveit, 
La quele il soûl soûle nourrit, 
Por q'il l'amot e la blandit 1712 
Trop, poet cet estre, a desmesure. 
Cist tote s'eniente e sa cure 
Misi a requerre nostre Sire 
Q^il lu deingnast moustrer ou dire 
Quel loiier espérer deiisi 1717 
Quant d'icest sccle passé fust 



1687-8 a cocu stipendia per eanstitulos veredarios emittebat. * II, 
xviij. — ïToyiA II, nxix. — 1714 fut ; d'atorj (ust, itont d a itl granit. 
— I7îi-r866 Voici^ d'aprU J. de Varaggio, U UxU et u riùl, qm ne « 
troitn pjs dam ta Vu de GrlgOiTi rUigU par U diûcri Jain : Eo tenipore fuit 
quidam, heremîta, vîr ma^ne vIrtuUs, qui omnîa propter Deum renouerai, 
tt nihil prêter nnam callam po»idebal, quim blandi«ns crcbro, quasi eoha- 
bitalriccm m suis gremiîs refoïebat. Oravit igilur ad Ocura ut îîbi cnlmitit 
dignaretur cum quo future remunerationis mantioaem sperare dcbuisset, qui 
tllius amore nil tu divitiJs hujus secnli possideret. Quadam igitur nocte 
sibi revelatur quod cam Gre^orio, Romano ponliSce, maiHionem sibi sperare 
deberet. At ille fortiier ingetniscens, parum sibi voiontariam paup<rtatcm pro- 



176 P. 

Por ses Ubors en l'autre vie, 

Car U présente a%-eit guerpie 1 740 

Eninnement por soue amour, 

Corn iresioi lu monde od sâ flour, 

Avers, pecunes Icmporaus, 

Nis toz ses délices ehamaus, 1744 

Ses désirs e ses volentez 

Por soue amor ot obliez ; 

Si se fuT mis en cet désert 

Ou il 01 roeini ahan sofen, 1748 

Faim, seif e freit, lempiations, 

Enfenez, tribulations 

£ autres mesabes asez, c 

Dom negun nombre n'est nombrez. 

E porço preot Deu soveni 17 jî 

Q^il lu feist demaustrement 

Par quei de vcir pcûst savcir 

Quel Rucrrcdon deùsi avcir, i7i6 

Tant qu'une nut en avîson 

Oït Deu sa peticion, 

E si lu disi apencipeni : 17^9 

« Saches, > fist s'il '< segurement 

« Qe la mérite ent en ma gloire 

« Avras ovcc mon serf Grégoire 

« Qui de Rome est papes sacrez. » 

Lors s'est ci! molt desconforicz 

Qui quidot estre deceû?,. 176^ 

Ses mérites e ses vertuz, 

Ses jeûnes, ses oreisons, 

Ses lermes, ses afflictions 1768 

E sa volontaire poverte 

Od trestote s'auire desserte 

Prisi od Grégoire a comparer. 

Mesurer, asmer e peser, 1772 

Com cil qui ireslote sa vie 



MORR 

Ne prcisot une bêle fie 
For q'a celui fust alouez 
Qui tant 01 de ses volunicz. 1776 
L'or e l'argent e les juaus, 
Les autres aveirs tcmporaus, 
Oom quidot Greg. estre a aise 
Acomparoi à sa mesaise ; 1 780 
Si s'en pleinst de nut e de jor 
Si com icil qui sanz retor 
Toi en travers perdre cremeii 
Quanqe por Deu soufert aveil ; 
Quant eis en avîson regjere 
Par devant lui nosire Salviere 
Qui lui a dit en chastîant : d 

a Oi ] va, a fist s'il, < qe vais con* 
;tant 17SS 
« Tes peines e tes enfertez, 
u Tes iabors dont tant es grevez 
(i E tes mesaises infinités 1791 
" Enconuc les seintes mérites 
« De Grégoire qui tant m'est chier? 
« Car plus es orguittous e fier 
1 Soûl de ta chate senglemcnt 
i< Q'il n'est de quant q'al monde 
[apent. 1796 
« Tu ton cbai eimes e nourris, 
« Bailles e beises c polis 
u Com celui qui par grant déport 
u Te fait, soveaus, qelqe confbn, 
i< Pues q'es lassez de tes Iabors. 
« Mais Greg.. mi cher servitors, 
» Ne soi conforte negune hore 
ce Fors soûl quant plus por mej la- 
[bore, 1804 
•> Com cil qui riens al ne désire 



ftiKM pulabat, si cum eo remunerationein reciperet qui tamis mundialibut divi- 
ttis «bundiret. Cum ergo Gregorii divitiiï sue piupertatj di« noctDqu« tuspi- 
ramlo conf^rrM, alia nocte audivît Dominum sibi dîccntem : ■ Cum divitem 

< non poss^sio divltisnim %e<i cuDÎdo bcial, judes paup«rlat«ni tuam Gregcni 
• divitiis comparare, qui magis illam catiam quatn habes quoiidie palpando 

< diii^ere comprolijins, qu^ni ille tintas divituï, quit non amando led conteoi- 
■ nertdo, cuncti^quc libtralîtfr largvendo, disperiil? > llaque solitarius Deo 
gralias retultt, et qui merituin suum decrevis» putaverat si Grrgorto confcrrc- 
tur, orare upit ut cum eo maruionem quandoquc percipcre mereretur. — 177J 
Ml. Porqa ata un uatril tur U q. 



^^^^^^^^^^^ U* VIE DE S. CH^COIRE f'AR FHÈRE AWCIER 177 ^^M 


^^H u Mes por m'amor &ofrtr manire. 


« Ovec celui qui tunl t'est chier. ^H 


^^M « Tu, poet cel estrc, es coveitous 


Desormès toi pri e requïer ^^Ê 


^^H « De çû dom Te senz sofrejîous. 


« Qe ço me donges deservir, ^H 


^^H tt Si te démentes Ë Jesheitcs 1S09 


K Car veirement, sanz riens men- ^H 


^^H « Por ço qe n'as quanqe coveites. 


[tir, 1 848 ^M 


^^H « Car por îço qe riens n'en as 


tt Bien l'as monré, n'en sui pas ^H 


^^B « Sovent àh : » Dcu ! qe ferai, 


[dingnes. ^H 


^H l8[2 


<c Maisbiensatqelantesbem'ngnes ^H 


^^H « Comment cest jor irespfisseraî 


« E veirs qe ja ne mei donras, ^H 


^^H V Qui nul sosienemeni nen ai P n 


te Si tei plaist, meins que pramis ^H 


^^H « Mais icil, lot l'aveir deL monde, 


[ra'asj 1852 ^H 


^^H « Quant plus li acretst e abonde, 


« Tant es justes, venais e pis ^H 


^^H « Tant l'ad plus vîl e en despit. 


« Ja meins n'Gvreîqe m'as pramis.B ^^M 


^^H « Meins l'etme e meins en 2 deltt. 


Einsi orot li eremite ^H 


^^H c E ço demousire apertcment, 


Qui tant en de scinte mente; iS;6 ^H 


^^H « Car s'il l'amast veraiement 1810 


£ sachez^ d6s lors en avant ^H 


^^1 <> Tant largement pas nel donast, 


Alot sa vie en amendant [b ^^Ê 


^^H « N cimi pas ne l'csparpeillast 


De mours, de venur., d'abstinence, ^H 


^^^^_^ « Tu riches es en ta desiresce, 


D'umilité, de pacicnce iSâo ^H 


^^B )û6 


E de quanq' afiert a prodome ; ^H 


^^^^^ « Mais cil est povre en sa riche&ce, 


Car veirement, ço est la somme, ^H 


^^H « Car a tei est ta destrcsce aise, 


Tant com melz valeir espereit ^^M 


^^H « A lui sa richesce est mesaise. 


De celui dom sordeire ereit, 1864 ^^M 


^^1 « Tu es fiers en adversité, 1817 


Tant se penot d'estre meitbr. ^H 


^^H « Cil est umblc en prospérité; 


De celui dom fut sourdeor. ^H 


^^H m Tu en puverte es orguilous, 


^H 


^^H n Cit en richcsce umble e pitous. 


De coMmione gtniis Angioinm per ^H 


^^B « Por tant ne doiz cstre esmaiez, 


beatam Crej^riam in fide rettato- ^H 


^^H H Ainceis deiz molt estre apaicz 


runt. Via. ^^M 


^^H or Quant en mon règne avr^s paroi 


^H 


^^H u Od celui qui melz valt qe toi. » 


Uimès vos dierrei des Engleis, ^H 


^^H Li eremiie atant s'esveilie, jSjj 


As quels Deus dont victoire e peisl ^H 


^^H De ^ q'oit molt se merveille. 


Com par Grégoire c ses verluz 1 869 ^H 


^^H La vérité ot e entent, 


A la Deu fei sont convertuz. ^H 


^^H E por ço lors granz grâces rent 


Ja fut li tierz an trespassé ^^Ê 


^^H A celui qui de toz est sire, 1 839 


Pues q'apostoiUe ereit sacré 187a ^H 


^^H Qui si com lu plaist lessoens mire, 


Gregoires li Deu servitour; ^H 


^^H E dit : <' Beau sire Deus Jhesu, 


S'icrt entrez cl quait an mcini jour, ^H 


^^H V Louez, aoure^ soies tu. 


Quant des Engteis soi porpensot, ^H 


^^H « Grâces te renc, grez e mercîz, 


Les quels lonc lens en porpos 01 ^H 


^^m u Qui voelz qejosoie acuilliz 1844 


A la Deu grâce convertir. ^H 


^^^^K 1867 U, xjuiij. 


1 


^^^^^H 


^1 




^~^^^^ 





^H Lors fist par devant sel venir 


A ses chiers filz en charité} ^^^| 


^H Augustin od ne sai quanz moines 


Messages, frères, compelgnon, 


^H Qui a cel oes erent idoines, 1880 


Saluz, santé, beneiçon. 1920 


^H Religious de seinte vie. 


Sachez, mi ami, mi fiz chier. 


^H Endoctrinez, Je s*abb«1e, 


Mielz vaut negunbiencommender 


^H Enseniblement ovoeqes soi. 


Q^après commencement retraire, 


^H Sis commandot qe la Dé foi 188^ 


Carcommencerenonparfeire 1934 


^H Ponasscni jesq'en Ëngteterre, 


Fait home vein e non creable. 


^H E, s'il puessent ta gent conquerre 


En lotes oevre4 desestable ; 


^H Par seinte prédication, 


E sachez qui desestable est 


^H Erraument Au)^usiin par nom 1888 


Sor totes rens a Deu desplest, 1 918 


^H A evesqe ordener feissent 


Car escrii csi qe meu^ vaudrcit et 


^H E ses commandemenz siguissent 


Q'om fust ou tôt chaut ou toi freit ; 


^H Corn de celui qui fui lor père. 


Car cil qui Deus tiède trovra 


^H A ces! mot se sont mis en ère 1 893 


Fors de sa bouche lu vomira. 1953 


^1 Vers Ergleierre a grant eapleit; c 


E por ço voi lou, mi cher fiz, 


^1 Mais moh erent en grant deheic 


Ne soiez tant espoouriz 


^H C^is ne savoient lu langage 


Qe por negune couardise 


^H D'icclc gcni rude e sauvage 1S96 


Entrelessiez tant seinte enprisc. 


^H A laquele envolez croient, 


Ne vos augez pas retreianr. 1917 


^M Car por iço se rcpentoient 


Por les bnges des mesparlanz 


^H Del chemin q'is orent enpris. 


Ne por labor qe vos sofrez, 


^H Si erent en tet desespeir mis 1900 


Car ben vos erlgucrredonez. 1 940 


^H Qls voustrent miez lomer ariere 


Vers la gloire del gucrrcdon 


^H A Rome q'en celc manière 


N'est nui travail si peiit non. 


^H Lor vie mettre en aventure ipoj 


Cardez donqes, mis chers amîs. 


^H Entre la gent qui tant en dure, 


Lu bien q'avcz por D6 enpris 


^1 Contraire, enrevre e mescreante, 


Qe de trcstot vosirc poeir 194$ 


^H E meimement non entendante 


Vos esfordez de t'acheveir, 


^H Nis un soûl mot de lor sarmon. 


Car veircmcni, tôt sanz retour. 


^H Dom lors, par iceste raison, 1908 


Perdu sera vostre labour 1948 


^1 Lor pastor Augustin tranmistrent 


S'il ne seil de meuz acompli. 


^H A Rome ariers, e si requistrent 


En sor ço vos conmanc e pri 


^H La papee! nom de Jhesu Crist 


Qe loz soiez obedient 


^H Qe del chemin les asousist, 1913 


A Augustin vostre abbé présent 


^H K lor deignast congi>É doner 


Qui pastor vos est assingné, (9{j 


^H Q'a meison puesseni retomer. 


Car, sachez bien de vérité, 


^H Mais li serf Dé tôt erraument 191; 


Si voulez sa doctrine entendre, 


^H Lor rescrist icest mandement : 


Ne pourrez pas granmcnt mes- 


^H « Grégoire evesqe, serf des sers Dé, 


[prendre, 1956 


^^1 >9Ji'> AUiuiim i AiH>c. III, 16, malt U n'f d rien di itl Jans fùrigtnai hua ^Ê 


^H dt la VU. — I9J) Uuz AugStin, iomnu M r. 2164. ^Ê 



^ LA VIE DE S. CR^GOIRE PAR FRÈRE ANGIER 1^9 ^^| 


^^V Ainceis a grant prou vos tourra 


E si n'i demoureient pas 1997 ^^Ê 


^^H Si faciez quanq'is vos dirra. 


For icns atcndrc haut ne bas, ^^Ê 


^^H La grâce Dé iresioz vos gart 


Car erraumcni i ont irovée ^H 


^^H Qui me dont ensemble od vos part 


Une nef preste aparaillée 3000 ^H 


^^H Del touierde vosirc iabour, 1961 


Qui dut vers Engleicrre atcir. /> ^H 


^^H Car od vos laborcr m'atour. » 


Beaus en li lens e pur li eir, ^H 


^^H Od cesies lettres crc paie 


Prosprcs li vcnz, soef portanz, ^H 


^^H Augustin, si s'est repeirié, 1964 


Li maringners prouz e vailhnz. ^H 


^^H Sesconpeingnons réconforta./, j ùy 


La mer ereit peîsible e bcle, 200$ ^^Ê 


^^H Erraumenl quant il les Irova, 


La nef forte, enirine, novelc, ^H 


^^M De t'apostotial message, 


E si n'j ot plus qe tarzier, ^H 


^^H E pues tantost enz cl veage 196S 


Car toi en presi quanq'ot mestier. ^H 


^^H Ensemble ovec eus se metelt 


Entrent La nef, deprient Dé 2009 ^H 


^^H Vers Engleterre a grant espleit, 


Q'ii Les conduie a sauvelé, ^H 


^^H Passent les monz e les valées, 


Lèvent la veile al mast amont, ^H 


^^H Meintes ennulouses jornées, 1072 


Lameracuillent, si s'en vont. 3012 ^H 


^^H Divers (leveSj diverses terres, 


Sis a poncz tant ben li vent ^H 


^^M Par citez de diverses guerres 


Q^arivez sont brève ourc en Kent; ^^M 


^^M Ou sovent fussent retenuz, 197) 


Ço est d'Engleterre un conté ^H 


^^M Por q'is ne fussent meuz conduz; 


Q^einsi est de la gcni nomé, 3oi6 ^^| 


^^M Mais par toz Icus vait a segur 


Vcn orient, proef de la mer^ ^^M 


^^H Qui condut a de bon seingnur; 


Pleniers de porz por ariver. ^H 


^^M Noméement qui Deus conduis 


Eislors quant arivez eroiem, ^H 


^^H Segur vait en vent c en pluie : 1 9S0 


Erraumeni plus ne demouroient, ^H 


^^B Ne doute orez ne maie gent, 


Ainz vindrent al roi Adelben ao2i ^H 


^^H Car par toz leus vait sauvemcnt. 


Qui d'icel pais sires en, ^^Ê 


^^H E por itani sauvez croient 1 9S1 


E si lu disirent lor messages, ^^M 


^^M En toz les leus ou is passoicni. 


Com genz senez. discrez e sages, ^H 


^^M Corn cil as quels Deus en guiour, 


De par l'apostoile de Romme, 202 { ^H 


^^M Compaînz c duitre e sauveour, 


Demostfant la cause e la somme ^H 


^^H Par la mérite de Grégoire 


Brefment por q'il erent venuz : ^H 


^^H Qui lesKngtcisotcn mémoire 198$ 


Li rois quant les ot entenduz 2028 ^H 


^^M Nut e jor en ses oreisons, 


Erraument, sanz plus demeurer, ^H 


^^M En lermes, en afflictions. 


Lu congié lor a fait doner ^H 


^^H As quels sauver furent messages. 


De proecher parmi sa terre, 1031 ^H 


^^H Ne direi plus de lor passages, 1 993 


La geni a la Deu fei conquerrez ^^M 


^^H Fors qe passée ont Lombardie, 


Toz ceus qui Deu creire vousissent ^H 


^^H Borgoingne e France e Normendie; 


Par toz les lius ou is ventssem ^H 


^^H Si sont venuz jesq'a La mer 


Segurement toz receùssent, lojj ^H 


^^H Tôt sauvemcnt, sanz encombrer, 


Homes e femmes, qui qli fussent. ^H 


^^H t977-8] Maximti qui ne se iroiaviit j 


gjj itaiu It ItiM. — 1997 demoureient, ^H 


^^^^ fit; corr. demourerenl. — loi 1 la, ms. 


^M 



.l90 T>. VEYER 

B en som ^o plus lor feseii, c 

Car lot quanq'onc mestier ereit 
A trcsiol lor soslenement 
Lor fist livrer benignement 2040 
En la cUé de Canterbire 
Dom il ereii princes e sire, 
Meisons, afiementz e rentes. 
Dom lors, sanz plus Longes atentes, 
Augustin li Ocu ami chier 304^ 
Lu nom Deu prisi a proechler, 
Portant devant sei hautement 
Une croÎTi pctiie d'argent, 2048 
Très parmi la dite cité, 
Tant qe, par la grâce de D* 
E par la prédication 20 j 1 

Dom Augustin lor fist sarmon, 
Plusors a Deu se convertoient 
Si corn ceus qui csprts eroient 
De lor vie innocente, emrine 
De la celesiiau doctrine, 3oj6 
Qui tant ert douce c saluable, 
Si qe tors ve'issiez sanz fable 
La gent venir com aconienz ao(ç> 
A presse, par raillers, par cenz, 
Qui pristrcnt a Maufé neier. 
Si sei fesotent bapioin* 
El nom de scinte Trinité ; 
Dom Augustins ti ami Dé, 2064 
Toi erraument quant îço vît, 
Arcre en France revertit, 
Si com li papes commanda 
Quant cel message lu chjirga, 306S 
Q'evesqe se feïst sacrer 
Por q'il peûst tant esplciter 
Qe les Englcis pcust conquerre. 
Lors vint al bon evesqe Euihcre 
Qui la cit Arelas gardot ; d 

Cil a evesqe lui saaot 
Par lu commant de l'aposloille. 



Dom, quant enoînt ht del seînt 
[oille, 2076 
Erraument s'en revint ariere 
Lu chemin par ont venuz iere 
En Engleterre l'avant dite. 
S'ad taniost a U pape cscritesoSo 
Des Engleis la conversion 
Ensemble ovec sa sacreison ; 
Nis od lot iço lu requtst 
Qe de ses clers lui iramisist 2084 
Saives, idoines, covenables 
Qui lu pussent esire adjuables 
En mours, en vie, en sapience 
A seminer la Deu semence, 2088 
Car molt en i ot a sîer, 
E poi qui puessenl laborer : 
MoU en i ot des blez meuors 
Vers ço q'il i ot poi siors. 2092 
Crani joie en 01 estningemeni 
Li papes d'iccst mandement, 
E por ço lors, dis q'il l'oît, 
Erraument de sesclerscfaoîsit 2096 
Trestoi les miedrcs proechors, 
De senSj de science e de mors, 
Q'il seust enlor set enquerre ; 
Sis enveiot en Engleterre, 2100 
Desquels erent li principaus, 
Estrur en Deu, fers e lei.ius, 
Justus, Mclides e Rufins 
E li bons preechor Paulins 2104 
Qui archevesqc ert pues sacré 
n' Everwich la noble cité. 
Iccs quatre od autres plusors 
Tramist Augustin a soccors 2108 
La fei as Engleis enseingnier,/. 1 68 
E si lu fist nis envoier 
Eccle^iaus aoumemenz, 
Livres, reliqes, veslimenz 21 12 
Ovec meintes autres afaires 



3064*79 * Quïpropler Aoguïtinus Arelat venir, et secundum Cregoriï jusiio- 
■ nem, ab .'t^iherio episcopus con&cilutus, in Britanniam remearit. * II, xxktj. 
— )oH9-oi ■ eo quud inc»ein quiciem multam habcret, operarios lateni piu- 
« COS. » II) xiivî. — ïlo(-6 AJdiim da Uaiatttar. 



^^^^ U VIE DE S. GRÉGOIRE PAR FRÈBE AHCIKR |8l ^| 


Qui a lui furent nécessaires. 


E se feissem tabernacles, ^H 


Croce, anel, mitre, paillon ; 


Pavillons, tentes, habitacles 3i)3 ^H 


E &i lu commandoi par nom 1 1 lû 


De foilleies c de ramiers, ^^M 


Qe douze evesqes dcsouz sei 


Tôt par environ les mosiiers ^H 


En Kern, enz en s'arceveîqei. 


Des seinz manirs D^ prccious, ^^Ê 


Bons clers idoines ordenast. 


Si q'od convives religious 3 1 56 ^H 


En som ^o matidot q'ii sacrait 


Les seintes festes célébrassent, ^H 


Un arcevesqc a Everwic, ii3i 


Q'ensemblcod Deu ses seinz paas- ^^Ê 


E ensement un autre eslit 


Einsi %-ot q'eE fust establi ; [sent, ^^M 


Qui fust arcevesqe sacré 


E sachez bien irc&toi de fi 3160 ^H 


Meisi a Londres la cité, il 34 


Qe nosire Sire al men espeir ^H 


Si q'is eussent par cosiome 


Ben s'acordot a son vouteir, ^H 


Lu pallion del se de Rome, 


Car tant donot grâce as sarmons ^H 


E qe cil dui tant solemem 


D'Augsùn e de ses compaingnons ^^M 


Par desoz sel toi ensement iii8 


Qe quanq'is de bouche disoient ^^M 


Oo2e esliz sufTragans sacrassent 


D'apenes veriuz confermoient, ^H 


Qui scinic iglisc od eus gardassent. 


Si q'en poi de tens iiani firent ^H 


Pues commandot q'après La tin 


Qe toz a Deu se convertirent] 16S ^H 


j^H [>el bon arcevesqe Augustin 2 1 ji 


Li baron, )i conte e li rois, ^H 


^^M Kntr'cus fust principaus nomé 


Tant qe diz mite des Engjois ^H 


^^ft Icil qui fusi en ordre ainz né. 


RI premier .in c plus asez ^H 


^^M Un' autre ren vot que îeissent : 


Furent en Deu régénérez. 3172 ^H 


^^1 Lts temples pas ne destruistssent 


Dom, por ço qe la converson ^^Ê 


^^1 Ou oem seul sacrer as mahons. 


Des Engleis dom ioï. mention ^^M 


^^M Ainceis fussent muez les nons; 


En faite par ceslui Grégoire, ^^Ê 


^^H Mahûmerie église faite, 


Bien est raison qe la mémoire 1 176 ^H 


^^H Seimetiée d'aeve benaite ; 1 1 40 


Des venuz qui de lui sont dites, ^H 


^^P E por iço q'Engleis souloient 


Par irestote Engleterre escrites, ^H 


^^H Quant as maufcz secrefioieni 


Uimés vos seit denoniiée. ^H 


^^H Occire buefs a desmesure, 


^H 


^^M Ne vouleit pas q'icele cure il 44 


D« partictûa Dominici corporis in ^H 


^^B Fust en travers entrelesstle, b 


caméra cruentatam mtttata. IX, ^H 


^^H Ainceis vot q'einsi fust muée 


^H 


^^M Q)u festes des dediemenz 


Une matrone renomée c 3180 ^H 


^^M S'asemblasscm totes les gcnz 3 14S 


Manante en la cité de Rome ^H 


^^H E as hautes soUemnitez, 


Un jor vcneit, segoa costome ; ^H 


^^H Si corn ainz furent acostomez, 


Si offrit ses oblations ^H 


^^H 3ll6>)o • Milit ci et palltum, jubent 


ut sub Dielropoli sna Caotiac doodecin ^H 


^^H ( episcopos ordJRjret, ad Landomam et Eburacani siôgulos cpitcopss nitterct, ^^M 


^^^M • (}uî sub i£ dviude[:im aihiloirlnut cpitcopos consKraptcs, palliuiii sb apos- ^^| 


^^H t tolica sede pcrcipercDl * II, iitvij 
^^H « Afifilornin génie idoloruni Una non de 
^^H ■ in Easilicas dcdîcaret. ■ II, i»vij. - 


— iiji-^'' * Pmepit quoque ut in ^H 


■sliucrel, sed sanclificatis jquts respersa ^^H 


-31(8 Adililion 4a uadûCUur — 1 1 w* ^H 


^^H 79 Imài librtmtnt de ta fin du th. xiiviii -- 2t8o II, slj. ^^M 



^^^H 182 MEVER ^^^1 


^^^V A la pape as estations 2 1 84 


Com oem compunct e esbahi, 2214 ^M 


^V Ou il U ntess« cetebrot, 


D'cinsi très forte mescreance ^Ê 


^H Mais a ço qe doner II vot 


Dom oit la regehissance, ^^^Ê 


^^L^ Lu sacrement après la messe, 


Taniost par grani dévotion ^^^| 


^^^K Cez taoz dut a ta pcccheresse : 


S« mist a terre en oreison 2228 ^M 


^^^V « Cist seint veir cors de Crisl 


Od trestoi lu poeple présent. ^^^Ê 


^H [Jhesu 3189 


E si [te demoura fors brefment, ^^^| 


^H « Garge t'aime en veire salu, 


Quant sus de terre se dresça, ^^^B 


^H « E toi dont vie pardurable. u 


Lu pein qe sus l'auier posa 23j2 ^^H 


^H A cest mot lors, corn non creable. 


Trovot mué en char sanglante. ^^^| 


^H Icele se prist a son-ire; itç); 


Lors a la femme mescreante, ^^^| 


^H E H papes sanz rens li dire, 


Veiam lu poeple, la mosirot. ^^^| 


^H Erraument quant la vît riante 


Si fist tant q'il la ramenot 22}6 ^^H 


^H Pensot q'ele ercti mescreante, 2 1 96 


A la grâce de dreite fei. ^^^Ê 


^H E si reiraist tamost sa mein 


S'en fiji toi li poeple, ço crei, ^^^| 


^H De sa bouche od Lu scint veir p«n ; 


En sa créance confermé, ^^H 


^H Sil remist sus i'auier ariere, 


E Deus en ses venux loué. 3340 ^^H 


^H Pues vers II se virot regiere, 3300 


Pues se mist H Deu ami chiers ^^^| 


^1 E li dist : « Di, fote provée^ 


A terre en oreison revers ^^^| 


^H u Dont te vint icele risée ? 


Ensemble od trestote la geni ; J^^H 


^H u Porqci reisis tant folement 220^ 


S'orercnt tant dévotement 3344 ^^H 


^H n Quant t'ofîri lu setni sacrement ? 


Qe la chamale créature ^^^Ê 


^H ■ Di meî tu vdr. ne roc mentir. » 


Revint ariere a sa luture : ^^^| 


^1 De home se prist enrougir 


Si hit de chief en pein muée ^^^B 


^H La matrone a cesie parole 


La char e dingnement usée. 3348 ^M 


^H E si se tut com nïce e foie 3308 


H 


^H Ben longes sanz negun mot dire ; 


De hrandeo, id est paano altaris, H 


^H Neporoec. a la fin, par ire, 


inciso tt sanguine emtittato. X. ^M 


^H Com mescreante res pondit : 33 1 1 


^M 


^H « Jo m'en ris a bon dreJt, ço quit, 


Autre miracle merveillable /. 169 ^^H 


^M V Car une rien qe ne crci pas 


Qui a cest est asez semblable ^^H 


^1 « Certemeni por veir affermas, 


Refeiseit par un autre tens; ^^^Ê 


^K^ « Disant qe cil demelne peins 


Si vos dirrei bien en quel sens. ^^^| 


^^^H « Qe )0 hs de mes propres meins d 


Une ne sai quele haute gent, 2353 ^^H 


^^^V « Ercit li veir cors de Jhesu 3217 


Manantc devers occident, ^^^Ê 


^H^ « Qui por nos fut en croiz pendu. 


Par ses messages l'en requist ^^^| 


^H « Por cest dit m'en ns a bon dreit, 


Qe reliqcs lor tramisist 2256 ^^^| 


^H « Car quels ocm d'iço vos crereit 


Des preiious martirs de Rome. ^^^B 


^H « Suri ço q'il ne fust enclianté 


E cil lantosi, segon cosiome ^^^| 


^^^ « Oti dd tôt fol e asotlé ? » 


Sus l'autier prent une touaille. ^^^H 


^^^P TuM dht, e li Oeu cher ami, 


S'en irenchc forsd'une cisaille 2260 H 


t""''-""""'"""""'""' d 




. . J 



U VIE OE S. Glt£COIItB PAR FRKRE ANCIER 



Ne sai quames bdes cJnceiies ; 
Sis mtst en boisies peùleites. 

Pues sis ad ben cnsadées 
E as diz messagers livrées 2264 
Qui erraumeni, od digne enour, 
Grâces rendant al Crealour. 
Vers lor terres les aporioient, 
Quant el chemin se porpensoieni 
E disoiem par entre seî : 2269 
« Nos aponons ne savons qd : 
« Trop semés partis folen>eni 
« Quant ne savons certdnement 
« Qi:el seiniuarc od nos portons. 
■ Car feimes ben : si pesceons 
tt Les boistes qui nos sont baillées, 
H Cartostscroniraparaillées, 2276 
u Por savetr s'il i a dcden/. 
t( Ou char, ou sanc, ou osseinent 
« De confesser ne de manir. » 
A tant, par commun aseniîr, 2280 
Totes lor boistes pesceicrent ; 
Mais de lot ço q'is esperereni 
N'i ont irovj qe vausisi maille, 
Fors les pièces de la touaille 2284 
Les queles H papes i mist. b 

« Par les reliqes qe Deu fisl ! » 
Fesoient lors li messagers, 2287 
« En^ngnez sûmes en travers. 
« One mes gent ne fut si traie. 
<> Beau lire Deus, U vosire aie ! 
9 A noz seingnorsqei respondrons 
<i Quant en noz terres revendrons ? 
V A bon dieit por fols nos len- 
[dront 32 9 î 
cr Desquant la vérité savront, 
« Car por lanterne la vessie 
(' Lor aportons : n'i ad qil nie. 



.8, 

« Qe ferons ? soyons l'dnsi ? 2297 
* Ne place a Deu I car vif boni 
u Serions a trestoz jors mis - 
« Ainceis revenirons adès ajoo 
« SanzdemourerversRomeariere; 
« Si savrons par quele manière 
< E par qui sûmes si gaU>e2. > 
A cest mot s'en sont retomez 2 {04 
Lu chemin par ont Is venoieni ; 
Tôt erraument si s'en pldngnoiem 
Par ordre a toz les canlenaus ; 
Si dislrem qe molt pr ert faits 
Li papes, veins e ypocriics, 2(09 
Quant viles cinces por reliqes 
De viclz dras lor ot ^t doner; 
N'erent pas enfanz por gaber 2112 
Lor scingnors qui la les tranmis- 
[treni, 
Ainceis crem trestoz, ço distrent, 
Riches, mananz e poestis. 
Pailles, samiz e porpres bis 2ji6 
En orent asez plus, sanz gas, 
Qe loz ii Bomein de viez dras. 
E por ço pas. si tu pleùst, 
Li papes gaber nesdeust 2j2o 
Car seûst il de vérité, e 

Si ço ne lor fust amendé 
One feupe n'en plus cher vendue. 
Trestote en fut la court esmue 2 ) 24 
De la grant noise qe fesoient 
Li messager qui se pleingnoient, 
Tant qe nîs lî Dé ami chicr 
Grégoire, amont jesq'a rauiier2)28 
Ou donqes ta messe chantot. 
La noise e la pleinte escoutot, 
Ensemblemeni od les manaces; 
C por ço lors, après les grâces, 



a]9J*6 11 va uaj Jiri ^b'U a'j a pas Ira» dant U tixU dt tctU Ituutioa 
provimalt^ éont nom m»u iti U plut diuien excmpU cùmu : tf. Lt Rw* dt 
lUnti, Le Livre des prov., I, 307. Lt traiudmr t'a Jlûil dhi itm 4ani U 
prohgac dt sa uaJunion du Diclofiuf : Molt par est donc fol irichcour | Qui 
vent le pis por le meillour, | Car moH est plein de tricherie | Qu> pof lanterne 
vent vessie {fol. 9 c). 



^H 184 MCrCR ^^^^^H 


^H Quant iu mitta est fut dit, 2 j j I 


A une VOIE Toz escrioient, ^^H 


^H ErniumenI, sans plus de respit, 


Com ci! qui esbahiz croient, ^^^| 


^H Les cincettes devani nomées 


u Beau père Deus, hauttsme sire ^^H 


^H Ad par en som l'aaiier posées ; 


u La qui vertu tant par est mire, ^M 


^H Si sei tnist jus en oreison 2)}7 


K Qui tant es pides e puissanz, ^M 


^H A terre par dévotion 


« De nous chaiiti^, las, repenlanz, ^M 


^H Ovec tôt lu poeple prescm. 


u En eies, s'il te pleisi, merd. » H 


^H Deu deproiant omnipotent i^o 


Lors quant qo vil li Dé ami, 2 )8o H 


^H Qe signe apert dcingnast monstrer 


Hegiers od eus se mist a terre : ^Ê 


^H Doni al poeple peust prover 


Si prisirent ioz Dé a requerre, H 


^H Qe ço q'ot envoie de Rome, 


Q'onqes d'ourer ne se cessèrent H 


^1 Segon l'anciene costomc i}44 


Tant qe trestoles closes erem 2 184 H 


^H Des seinz q'e'msi lu soient hirc, 


Les plaies e li sancs estancbïez ; H 


^H Dut reliqe esire e seintuaîre. 


Dom toz en Deu, joious e liez, ^Ê 


^H £ si com reliqe encré. 


A nostre Sire omnipotent H 


^H Pues, quant orent asez ouré, 1J48 


Craces rendoient dévotement,: )S8 H 


^H Sus de la lene sei dresçot 


E a Grégoire son serf chier. H 


^H E Les messages apeloi 


Si pristreni Ion li messagier ^Ê 


^H Qui n'orent pas cntrine fei ; 


Del pape les cinces nomées, 2)91 H 


^H Sis fist ester plus proef de id 2 ) ; 2 


En boisies, si com ainz, fermées, H 


^H Ou 107. porenl apert voier 


Sis portoient liez e joiani /. 170 H 


^H Les dnccs par en som l'altier, 


A lor terres grâces rendanc H 


^^Ê Pues fist com li papes Leîon 23)5 


A Deu de ses seintes vertuz ; H 


^^^M Qui tant par crt de gram renon : 


Ë lors, quant ^rent revenus, i;(>6 H 


^^^V Erraumcm prisi un couielet d 


Taniosi a lor seingnors comoieni ^^H 


^V Trenchant, a pointe, petitet, 


Des reliqes q'is aportoient ^^^^ 


^H S'en poinsi les cinces soveni menu : 


Trestotc la dite aventure. ^^^B 


^1 Dom lors i fisi Deus sa vertu, 2 j6o 


• E cil errant, od digne cure, 2400 ^^H 


^H Car parmi tôles les pointures. 


Deu merciant lu creaior. ^^^H 


^1 Si com de vives créatures, 


Les reçurent a grant enor, ^^^| 


^1 En issit fors li sancs vermeils. 


Sis misirent en leu seint e dingne. V 


^H V Deus! tant est haut tis seinz 


Un autre apert merveillous signe H 


^1 Iconseilz ! » i}64 


Vos pues reconter de Grégoire ^M 


^H Fesolenl lors 11 messagiers 


Qui ben deit mis esire en mémoire. H 


^H Qui ainceis tant par ereni fiers. 


H 


^H Qui dont &rent plus poourous 


Oe magis propier cjbaUam pontifias ^^H 


^H Quant ainz erem plus o:^uil1om. 


miraculoîe txcetatis. XI. ^^^M 


^H E plus confus e plus matez 2^6^ 


^^H 


^H Quant Jurent ainz plus sorquidet. 


Uns riches oem romein ereit ^M 


^H Ensemble od trestoie la geni 


Li quels sa femme despiscit 240S H 


^H Qui vit cel miracle présent, 2^72 


A tort e a grant desraison. H 


^^^^B 3407 * QuidiD) prxteru divitum Romanoruni.,. • II, sliij. ^^^H 



LA VIE DE S. OftÉGOtRE 

Si fut por iceste acheison 

Par nom dd pape escumungié, 

Vers qui tant par erdt irié 241 2 

Q^e por poi ne dut aragier, 

Car ne se pot de lut vengjer , 

Tant en de grani auctorité, 

Pai. si corn il voi^a son gré, 2416 

Neporocc tôt son poeir list 

Q'en quelle guise l'occeist, 

Ou par force ou par traison, 

Par an ou par subduction. 1410 

MÙ desquani par force ne pot, 

De trahison se porpensot; 

Si quereit adjue et soccors 

A ne sai quels enchanieors, 2414 

(Je par doner qe par pramettre, 

TaM q'îs se durent entremettre 

A Creg«re tolir U vte, h 

Par engin d'art de sorcerie, 3428 

Tant soutifinent, en trahison, 

Q^Dem n'eûst de lui sospeçon. 

Li jorcere ercnt tenebrous, 

Deïa premesse coveitous, 34Î3 

Cv qui sereit tant alumez 

he fuft de pecune assorbez 

Por qeî q*û l'esperast aveir ? 24Î $ 

Par scQs, pr art ou par saveîr, 

Qofd qe fiisi, a dreit ou a tort, 

La pape lui rendreient mon; 

Ço lu pramislrent veirement, 

Ê o disaient nis comment : 2440 

• S'a cheval s'en veit quciqc part 

■ Tam lu ferons d'engin e d'art, 

• Por qei qe lu cheval veions. 

■ Ja sdi iço qe ne peussons 2444 
« A son cors faire negun mal, 
« Q'espin maligne en son cheval 



TAR FRÈHE ANGIER iBf 

« Enlrira par enchantement, 
u Sil crucira tant cruaument 2448 
« Q'ensemble amdui trubucheront, 
u Si qe les cous lor briseront, n 
Molt par ereit d'icest covant 
Li dit avoilire lez e joiant, 3412 
Quant un jor U voie agueîtot 
Par ont li papes passer voî, 
Segon coustome, en oreisons 
Sarmoner as estatîons ; 34^6 

Si fist ses sorccors ester 
Joste la voie ou dm passer 
En un haut ku tant eminent 
Qf bcn porent apcrtcmcnt 1460 
Lu papeod son cheval choisir. 
Ors porrez ja merveille o'ir. 
Pas avant autre bêlement c 

Errot tl papes simplement, 2464 
Quant vint endrelt les sorceours ; 
Mais une, <^q quid, teons ne ours, 
Ne tor?, ne tigre ne lepan 
N'autre beste de maie part 3468 
Plus cruaument ne desrcia 
Qe li cheval q'il chevaucha; 
Car lors en diverse manière 
Saillit avant e pues ariere 2472 
Corn jugleres qui se debrisc ; 
Pues erraumcni en autre guise 
Soi virot trestot environ 
Plus vislemeni qe champion 3476 
Qui souz l'escu semosleenchamp. 
Si arbrot nis des piez d'avant 
Corn chievre quant rampist porierre, 
Q'a poi ne reversot arierrc, 2480 
Od ço se prist tant a escourc 
Hisdousement e sanz demeure, 
Qe negun frein ne! pot tenir. 



1416 Itfgm eoaslniire pas avtc ne se pot da v. 3^14 : 1 AuctoritaKm lanti 
( poMiiut evacuare non prxvjl«ni... • — J4;j Lt mt. a plalôt covettous, 
mmi cf. 1807. — 3447 Entrira, îic ,- cf. autritant 471, rcptirira 461 . — 24^1 

■ Hjc iBcoius iodeK potliciutione Ijrtatus. ► — ï466-9a // ^ a limpimtnt 

■ itti II Inte Ccinque magi ,.. mapum pontificcm cognovjiscnl, immisto 

■ dcmonc, tan fortiter ejos equum vciari (ccerunt, ut ounquaci a sessore sive 
* aitratoriiiui teneri poss« puUrelur. > 



^^^1 MEYER ^^1 


^^H Si l'oissez ni$ tant henir 24S4 


Ne tor vot lor vcùe rendre, [an. 


^^^H Qe ben puessez jurer sanz fable 


Por tant, ço poet oem ben enten- 


^^H (^en son vcmre ot lu vif deable ; 


Qe maes la maie an ne leûsscnt 


^^^^ Car veirement, s'en lui ne fust. 


Par quei lu poeple deceusscnt. 


^^^H T.int desreier pas ne peùsi. 2488 


Ainceis les leissol assorbe?.. 3 {29 


^^^Ê Ne quidcss«z, ^ en est h sotnme. 


Mais veirement tant en discrez 


^^H Qe jamis fust dantez par omme, 


Qe pas ne vot q'is sofrisissent 


^^H Ne qe cil qui sus lui se sist 


Mesaise dom is perississent, 2$ )t 


^^^B Ja vil de lui s'en partesist, 2492 


Ainceis lesttsl jesc^'al mourir 


^^H Non eus! il fait veirement 


De scinte iglise sostemr. 


^^H Si nostre Sire omnipotent 




^^H Ne l'eùst de la mort gardé. 


De anima imperatoris Trajani a peait 


^^H Mais onc por ço li ami Dé 3496 


infernaïibuj tiberata. XIL 


^^H N'estriu ne saele ne guerpît, 




^^H Ainceis lors, par seint Esperit, 


Reconter soelent de seint Grégoire 


^^H S'en avertit de l'enemi 3495) 


[/- 171 


^^^1 Dont sis chevaus ereit saisi ; d 


Li dit Engicis un' altrc istoire 35 j6 


^^^M si se seingna de sa raein désire. 


Qui ne fait pas 3 trespasser. 


^^H Of$ pocz oir venu de prestre : 


Un jûr, ço dicnt, al passer 


^^^1 Onc plus toi ne se fut seingné 


Del noble marcheïl Trajan 


^^^1 Qe sis cheval n'ereil sané 3(04 


Qi emperiere ereit roman, 3{4o 


^^H Plus simples qc ne seil aingnels. 


En trespassant soudéecneni. 


^^H Si ert nis li miracles tant bels 


Se remembroi d'un jugement 


^^H Q^od lu seint singne de la croiz 


Lu quel U dit Trajan feseîL 


^^H As sorccors tolit tes oiU, j (oS 


Si vos derrei com ço fui fait. 2544 


^^H Autresi corn d'une laricre 


Icist Trajans empereiour 


^^H Lor fust percée la lumière. 


En ost s'en esmeu un jour 


^^^1 Si commandot erraument lors 


Sour ne sai quele gent conquerre. 


^^H Q^oem les enjetiast vilment fors 


Quant es vos, très parmi la guerre, 


^^H Del leu ou is erent cute£. 3 p { 


Encontre lui, enz el chemin, 2)49 


^^^H Einsi fut par les assorbez 


Une vedve de povre lin 


^^H Tote aperte la traïson, 


Vcneii plorante, eschevelée. 


^^H Car tantost en confession 3 } 16 


Com femme de doel forsenée.3}f> 


^^H La vérité reqenoissoient, 


E si se picirat tôt en plorant : 


^^^1 Regehissanz com is croient 


« Mis fiz, tist s'ele, est, lei régnant, 


^^^P Par cel avoiltre deceuz. 2^19 


if A grant dolor ocds a tort, 


^^^F Pues furent nis tant convertuz 


« Mais por iço qe de la mort i{ 56 


^^K Q^is prisirent deable a neier, 


it Ne me poez faire recovrer 


^^^1 Si se fesoient baptoier 


■ Fai la soveaus par dreit venger.» 


^^H El non de seinte Trinité. 


Donc respondit li emperiere : 


^^^1 Mais veiremeni onc li serf Dé 3 j 24 


« Soefre tei.afists'il, «fille chiere, 


^^H a^oa Con-. Oir p. v.? — a{]} Corr. Conter? — 3i;9< Per fornm Traini » 1 


^^1 44- 


^^^ 



LA VIE DE S. CRéCOI 

iTau ift \o soie revcnuz 2;6i 

• De Ytxn ou ers sui csmeûz. 
» t saches >a ne revendrai 

t Pl« losi qe ne le vengeraiif64 

■ A Ion UJcnt e a ton gré, 

• Pot qe jo vif soie e séné. » 
Dmc £n La vedve ; « Ors Deus t 

[vaille ! 
I Si tu le moerz en la bataille 2 {68 

• Qu Be fera drcit après toi i 

— Ici • fist s'il I' qui après moi 

I Prediein empereour sera. b 

— Iço * 6&t s*ele « qe le vaudra 
c S'antre qc ici me fait lu dreit 
«Eu coroDC en lani receit > 

« (^xle meriic avras d'iianl ? 

— Ne quid >■ fist s'il " qe tant n« 

[quant, 2^76 
« S.*hà avieat, de prou en oie. » 
Ropoodit la vedve : « Ors Deu 

[l'oie! 2Î78 

■ Ne te vaut donqes asez miez 
« Tant com tu es seins e beiiiez 
K Qe d'icesi grief justice faces, 

« S'en aies les grez e les grâces, 
« Q'a sdent ta mérite perges 

■ £ les loîiers autrui reserges ? ■> 
Li CBperere s'avertit z^Bs 
Qe veirs esi ço qe lui a dit. 

S'en 01 el quer compunction 
De ses plours e de sa raison, 2 $SS 
Taciqe lors, sanz plusdedemourc, 
De {neté, meUmc l'oure, 
De son cheval se mil a terre, 
E ai fescil umost enqerrc 2 {92 
Dd dit nurdre la veire esirace, 
Si «l'âne del liu ne de la place 
Ne se mut por negun bcsotng, 
Ne sus ne jus ne proef ne loing. 
S'oi rendu lu dreît jugement 2)97 
Pm cei roeîsffle ouiréement. 



RE PAR, FRÈRE ANGIER I 87 

Icest fait adonc remembroi 
Quant par tu marcheil passot 2600 
Cregoires li chier ami Dé; 
S'en en compunct de pieié 
Del prince qui tant en pitous 
Juste e misericordious 2604 

Qe damnez fust com mescreani. 
E por ço lors crraument, quant 
Jesq'a seînt Piere en parvenu, c 
Tarn se perneit por la salu 2608 
Del dit prince tant dcbonaire 
Fors del quer chaudes lermes traire 
Q'après, en la seconde nut, 
En avison lu apparut 2612 

Un an/^lcs qui li dist de fi 
Q^is ert de son désir oï 
Meismemcnt por lu roi Traien, 
Par si qe por ncRun paicn 2616 
Ne proiasi en sa vie maes. 
Mais tant vos di tôt a espraes, 
Ja seii i]e les venuz-ainz dites 
Tant soient teûes e escrilcs 2C20 
Com celés qui sont veires provées, 
Par lot lu mont auctorizées, 
Qe nul n'en pusse eslre doutant, 
Neporoec li Komcin auquant 2624 
D 'icest miracle escrii derrain 
Mescreant sont, ja seit q'en vain, 
Soûl por iiant nomécment 
Qe ja li seint verai[e]ment, 2628 
Qui tant en saive e sein doctor, 
Por lu paien empereior 
Deu ne deproiereit, ço dient; 
E (jo provent e tesmonient 26} 2 
Par tant qe is mcismc dit 
El Dialoge avant descrit, 
Enz el quan livre tranlaté. 
Ou est apcricmcnt trové aôjô 
Q^il provc e mousire par raison 
Qe par melsme l'achaison 
Ne voudront pas li seint oreraôîç 



i£]i Ctrttsmtn ranoi tu bd$ de U pége. 



h 



|R8 p. HEYER 

Quant Deus vendra lu mond juger 
Por ceus qui donc damnez seront, 
Par quele cil qui ores sont 
Justes e bons en ceste vie d 

Por les defunz en félonie 3644 
Qui en pecchii monal se mocreni 
Deu ne depnent ne rcquereni, 
Car home ont de Deu rens proicr 
Q'il lor pucsse par dreii voîer. ^648 
Por tant n'esi pas grant mal, çfi 
S'auquns cesle vcrlu desdit. [quit, 
Mats vcircnicni, qui la mescreït 
Une raison entendre deit : 26^1 
tSe lisons pas qe il orast 
Einsi qe negun mot sonast, 
Ainceis plorut tant seulement 
Por luimoltangoissousement, 26(6 
Sanz faire de parler semblant, 
Q'onc ne mut lèvre tant ne quant, 
Quel li prophètes Moysis 26^9 
A qui Deu dis» : « Va, car te taes ! 
« Qe deit q'einsi cries sor mei ? a 
Si ne dist il ne ço ne quei. 
Par tant resemble q'auiresl 
Poeit seint Grégoire estre 0I 26Û4 
De son désir sanz mot soner. 
Car veircment tant par voit der 
Cil qui les quers cerche e les reins. 
Q'a son serf lu plus e le meins 
Sovem otrie e donc e mire, 2669 
Ço q'is com oem chamal désire, 
E neporquant ne l'ose pas 
Mettre a raison ne haut ne bas. 
Dom li psalmiste einsi nos dit : 
« Deu lu désir delpovre oit. 3674 
u iço, » fait il o Deus, ot l'oreille 
« Qe li quer del povre appareille. » 
D'autre part asez miez poons 2677 
Résoudre icestes questions : 
Ne trovons pas escrii en livre f. 1 71 



Qe Trajans fust ensi délivre 2680 
D'infern qe s'aime ^sl en gloire 
Far i'oreison de seint Grégoire, 
Car ço screii. tôt sanz arvaire, 
A Fevangile apert coniraîre, 2684 
Ou est apertemeni escrii : 
(I Oem qui n'est del seint Esperit 
« E de bapiesme régénéré 
u Ja n'enterra el règne Dé ; w 2688 
Ainceis lisons qe simplement 
Délivre ert d'infernal tormenl, 
Des peines seulement sentir. 
Car iço mostre, sanz raeniir, 2691 
Icist serf Dé dom nos parlons 
Es diz dialogaua sarmons, 
Enz eL quan livre avant nomé, 
Ou est aperlemeni trové 2696 
Q^alme poct esirc en infcrn close, 
E neporquant si se repose; 
Car en tal liu eslrc porra 
Ou negun mal ne sentira. 2700 
Dom il dit del feu infernal 
Qe seingles est e desegal : 
Sengles en tant qe toz compreni 
Qui damnez sont par jugement. 
Divers e desegal en tant 2705 
Qe toz pecchors n'est pas ardant 
Unaiement, d'une manière, 
Ainz i sont li damné pechicre 2708 
Par lu Deu juste jugement 
Qui sa desserte a chesqun te»!, 
Diversement ars e penez 
E en divers lius alouez, 2712 

Segon lor diverses mérites. 
Por tant dl qe des peines quites 
Bien poueit estre icîst Traien ; b 
Mais q'en ciel onc estrast païen 
Ne vos poelnusoem affermer 2717 
Sanz ço q'il ne voille passer 
Entrineroent la dreiie fei. 



3642-6 « Quï nunc elïam causa est ut non orcnt sancti homines pro homi- 
• nibus iofidefibut impiitque defunctit. > II, zliv. — 167^-6 « Desideria conlit 
■ eorum audivil anris lui > |Ps. XIX, 17). Il, xliv. 



LA VIE DE S. GRÉGOIRE PAR FRÈRE ANCIER 

Hui mes d'icest plus ne diret, 2720 
Car de la fin de seînt Grégoire 
Vos recontrei la vcire ysioire. 



189 



Dt transita beati Crtsorii tt dt se- 
puitara rt Je ^itaphio rjus. XIH, 

Tant en pénible e curious, 
Pcnsis, veîUanz. esiudious 2724 
I De garder la dié Romaine 
I Ensemble od sa salu dematne, 
Od tût lu mond dom en clamé 
Pajtor e pere e avoué, 1718 

Qe del penser qe del labor 
Cheit en tant forie langor 
Qe lu prophète Ezecfaiel, 
Lu que! e&pondre emprist tant bel, 
Ne poeit pas del tôt parfaire. 37Î t 
Ainz l'esïui son porpos rctraire. 
D'autre pari nis tant ert grevez 
O'enemis e d'aversitex, 27^6 

Sor toi b corporau feiblesce, 
Q'a force c par vive destresce 
Tresiot l'esiude emrelessa 
E ses durs jors pleînsi e plora, 
Com cil qui n'ot autre désir 2741 
Fou qe dcl cors pcûst transir, 
Car ne qoist al ne jor ne nul, 
Tarn q'a la lin, quant a Dé plut 
Qe sa proiere Tust oïe 1741 

Transit en pardurable vie 
L'an de son sacre quatorzisme 
Quan ide en man, entrant di disme, 



Régnant Fouqei l'empereour c 
El second an de son enour. 
Si fut sis seînt cors enterrez, 
Tost après q'il ert deviez, 27S2 
Enz en l'iglise de Seint Plere, 
Al forein porcheîr qui ère 
Devant lu viel sacralre asis 
Ou piusors cors scinz furent mis, 
Meismement li papes Lcons 27}? 
Qui tant ert bons ders e seinz ons, 
Simach e dani> Gelastus 
E li simples Simplicius 3760 

Qui toz furent papes sacrez. 
Od cts fut Grégoire enterrez 
Dignement od molt grant enor. 
S'ol sis epitaphes la flor 2764 
De trestotes les escritures 
Escrites sus les sépultures. 
Car tais esi del latin li titre, 
Ço poet entendre asez li litre, 2768 
Qui desus la tombe est esait 
Com la sivante lettre dit : 

jiijr/pt, lerm, tao corpus dt nrpon tamp- 

Rtddtrt qvodwUaj, vivificanU Un), [fum, 
Spiiiiu! ettra pitit. Un aU fura no«hl< 

Qit/ii viK dturiuj non mag'n ipsa viaett. 
Peatificit tumati hoc tlauJuala/ manbra 
[itpaUn, 

(^i innumerti sempir vnat utiqat biais. 
Siuritm dapibai tuptrarit, frigon volt, 

AU]ue animas motitii U^ilab hoiiitacni. 
Implebalqut actu qatc^juiA urmone àoetM, 

S( dedit extmplum mùttca vaia to^atns, 
AdChriiian wittas Angloj pitlaU magistra, 

Aiqmcns fiiâ agmim gtnti noM. 



37Ï4-4I i ... verum etiam hoitilibus incunionibus muliiique corporis debi- 
t Eûtîbfls aggravatus. a sladio »posuioni« oinnino demi^ret, et ad àta îilos 

■ M perreniste dcDeret, atque disiulutionem mi corfioris tôt» conaiibus Aagî- 
t Ur«, 1 IV, Ixïij. — 2748 Ea margi : ■ Quarlo idui et die x» (nn. * — 
17)1-70 • Hojni pTKterea venerabile corpus m cxtrctna poriicu basiticx beali 
» Pcin apoMoli, ante leereUrmm tutic anliquisiiniuin quo ifiddiccl I^o, Sim- 

■ pliciits, Geluiui aique Svmm^clius apustollcx sedii episcopi. cum nonnullis 
* aliu tufliuUlî. iuiî nacUaas cpitaphiîs pracdicanlur, sepultum tali litulo deco- 
1 ralur. 1 IV, Ixviij. 

I. C»rr. nocebuBl. 



Hic lubor, hot studlam, htc llbi cart; ht< 
[flatter ûgitas 

Vt Domino offtrrts plarima kcra grtgù; 
Hissai De! ccniul fâctiis UUrc iriamphîj.A 

tiâm mtrititm optram jam lint/iiii Unu. 

De combuaiont quoTiimdam Uhrùram 
tjut. Dt transita tl ieshmonio Pé- 
tri Dlacoai^ tt dt jummii /i!>ri?- 
Tum invenfoTum et ejuorumdam 
perdiionm. XilU. 

Cisi epitafe en som la piere 
Escrii crcii ou sis cors iere, 2772 
Fourmez 2 lettre d'or bumie. 
Ë sachez tote Romanie 
S'en aperçut lost en après 
Quels en li doîorous décès 2776 
Oel patron q'ele aveit perdu, 
Car tantost quant lî fut tolu 377S 
Ne detnoura fors moll brefmeni 
Quant, l'an meisme, soudemeni 
Sorvini einsi irés grant famine 
Qe la geni roeloit a mourJne 
Sanz nombre, a si très grarit dolour 
Qe del retraire en ai hisdour. 2784 
Mais onqes veirement por uni. 
Tant par en la malice gram, 
Nel recjenoisirent H envious, 
Ainçais disirent tôt [a] escrous 
Qe Gregoires ereii boulicrcs. 2789 
Del commun trésor deslruîeres, 
Por q'oem dut quanq'il fist dcsfaire; 
E por ço lors li aversaire, 3792 
Quant a son cors ne porcni nuire, 
Ses oevres pristrent a destruire. 
S'oreni |a molz de ses escriz 
Ars e destruiz e parhouniz, 2796 
Quant li ainz dit diacre Piere 
Qui tant familier tu iere, 



Keyer 

Od qui lu Dialoge ainz dit 
En desputant mtst en escrit, 3800 
Arestut a toi son poeir, /. 17J 
E si lor dist ilam por veir 
Q^'is s'entremistrent de naient. 
Car seûssem is veirement 2804 
Qe ja por ardeîr ses escriz 
Meins ne sereit sis noms cheriz, 
Ne sa famc plus abatue, 
Ne sa mémoire metns tenue ; 2808 
Car tant par croient semez. 
En essemplaires récitez 
Parmi lu munde, loing e près, 
Qe par nule aventure m^ 2812 
Ne seroient parabatuz, 
Tant par ereni panor qenuz. 
D'autre part od ço lor diseit 
Qe veirement moli par sereit 2816 
Icele lor très grant envie 
Tenue a grant forsenerie, 
Car grant sacrilège fesoient 
Qui tanz e tels escriz ardolent. 
Les quels cil fist noméement 2821 
Sor lu qui chief personaument 
Savent vît seim Espirt ditant 
En semblancc d'un coulon blanc 
Qui lui espirot e nioustra 282 f 
Quanq'il escrit e enseigna. 
13'icest tesmoine en esmeû 
Li poeple, quant l'oi entendu, 
En um qe les diz envious 2829 
Contredistreni tôt a estrous 
A contenz, as espées traire, 
Meimeraentpor le dit libraire 2812 
Qui mis fui a destruction ; 
Dom lors par cesic occa^on 
Danz Pierre li diacre ainz dit 
Trestot lor contenz départit 28^6 
E disi : s Scingnors, mi frère ctiler, b 



2778 IV, Ixix ~~ 1786-7 < invidonim tamen feritas miniine recognovit. ■ 
3817-907 Tout ccû lit Irli \Uvehp}^i. ii y a uelimint dum U UXU : • Cum- 
t que dudum dcvotum poputum biaconus urneret occasione lemporît cum 
I iaridis resuttarc, in hoc omnium scntentian dicitur provocaste, tit, si qnod 



LA VIE DE S. CRÉCOIRE PAR FRÈRE ANCIER 

« De vosm contenz n'est mestier, <• Qe jo meisme a mon poeîr 



191 



• Carsachei:bienverai[e]menu8}çi 

• Peest suî a proveir erraumenl 
< Sanz délai e sanz nul respit 

• t^uanqe j'ai de Grégoire dit. 
€ Sour seintes reliqes jurrai 

■ De nu mein destre, e si mettrai 

• Ma vie en gage, par eiosi 3845 
« Qe Deu« eii de m'aime merci, 

« Qe ctst apMioiles Grégoire 
« Deît estre de seinte mémoire, 
M E entre les seinzanumbrez 2849 
( Com cil qui dignes est provez 
L' De [a celestre compaingnie 
« Oà qui il ja règne en la vie 
« Qui mes ne finira nul jor 28 ^ 

■ As dets od nostre Creator; 

■ E si jurrai nis ensement 

« Por &es CKriz demeinemcni 28 (6 
« Qls deivent estre autorisez 

• Par tôt lu mont de lonc en Ic7. 

« Com cels qui som seinz e prfiz 

• Endiiez del seint Esperiz 2860 
« Perîonaumem, mes oilz vcanz ; 

• S'en ert iiels li covenanz, 

• Eo som ço, lu quel vos ferai, 

• Qe s'en cele oure, quant avraî 

« Lu serrement paracompli, 286} 

• Avieat par aventure einsi 

• Qe io me moere enz en la place, 
« E vos tantost sanz plus d'espace 

• Cesserez des libres ardeir : 2869 

■ Si cr efT cz ço q'ai dit por veir, 

■ E B jo soie vifs trové 

■ A^iH lu sacrement juré, 287a 
e iBst vos pramet leiaument c 
' Sor meisme lu sacrement 



n Vos aidrai des livres ardeir. 
« S'en serai principal autor, 3877 
« Sanz mai engein e sanzpoor, 
Des ardeir de ma propre main. 
« Mais vciremeni tôt sui certain 
« E segur si com de la mort iSSt 
(^il ne me fera ja lu tort 
K Q'en la confession vcraie 
« De son nom a sei ne m'atraie. » 
A ceste sentence assentoient 288^ 
Trestoz cil qui presenz eroient : 
Jovres e viez, peiiz e granz, 
E cil tantost, trestoz oanz, z888 
Jurot sanz maie an e sanz gui]« 
Sor lu seint tcxst de l'Evangile 
Trestoi le sacrement ainz dit. 
Si com jo lu vos ai descrit, 2892 
A haute voiz apenement ; 
Mais iiant vos dî veircment 
(^apert miracle î ert mosiré, 
Qar onc plus losi ne l'ot juré 2896 
Quant veianz toz l'espirt rendit. 
Si q'onc de la mort ne sentit 
Peine n'angoisse ne dolor ; 
Dom lors parut veir confessor 
E veir tesmoine de veirté, 2901 
E si fui laniûst enterré 
Enz en meisme icele place. 
S'en i pert onqorors la trace 2904 
De son sépulcre ou il jura, 
Proef de la basse ou il poia 
Les degrcz al serment jurer. 2907 
Por cest lesmoinc confermer 
Seut om dépeindre par costome d 
Panoie la dté de Rome 
Un colum seini Espiri notant 



• éMtntl jarejoraqdo conGrmans iDori contînuo meniisiel, ij>si a libronim exut- 
i tiioe d«is!cr«it: ti vero lestimooiî sui stipcnies extilisstt, ipse quoque 
< oovboiloribus idirus diret. Itjqu«, cum Evangetiis m ambonem Yenerjbilii 

• lema Petnis ascendens, mox ut Gregoriinx sanclitati tuiimonmm prxbuil, 

• âler vcfba verc cofiFessionis spinlum efllavii, et a dulore mortiï utraneui 
4 bUa pyr^ btsjD), sicut hjcienus ccrnitur, confessor veritads meruit sepdiri. • 
IV. bis. — 3908 IV, Ux. 



193 P- M 

Par desus Grégoire e3crivâmfa9i2 

Por ço qe li seint Esperit 

Lu espirot quanq'il escrii. 

Sachez por iiani fut perie 

Des livres la maire partie, 1916 

Car par l'arson furent perduz 

Q'om ne scil q'is sont dcvcnur., 

Neporquant la sominc en avons 

En un cscrit ou nos trovqns 2920 

Q'il meisme escrisla lohan 

Son so7.deacre Ravennan, 

Car en icel livre est trové 

Q;'un sis deciple endoctriné, 2924 

Qui apetez en Claudion, 

Les proverbes de Salemon, 

Le Cantiea Canticorum, 

Les prophètes e lu Regum, 292S 

Les epistres canoniaus 

Par ordre les set principaus, 

Par son sen ot mis en escrit 

Si corn il de lui les oit, 29)2 

Mais veirement après l'arson 

S'is fussent recevrez ou non 

Ne seil om pas cerleinemenl; 

Mais ceus qi sont présentement 

Enseinte jglise plus usez, 2936 

Par lot lu mond auciorizez, 

Nomez sont en son evescat : 

Li DiaLoge e li Moral, 2940 



ETER 

L'Ezechiel, les Ometies, 

Li Pastorals, es quelz noz vies 

Si corn en mireors mirons. 

Si scinemem les entendons. 1944 

Autres escriz refisî asez /. 1 74 

Qui onc pues ne furent trovcz, 

Car par l'arson furent perduz 

Ainceis qe ceus fussent seùz. 2948 

Seingnors, ici finist la vie 
Qui ja nen en el ciel finie 
Del pape glorious Grégoire. 
Or preions Deu qe a la gloire 
Ou il ensemble od lui habile 295] 
Nos donst venir par sa mérite. 
Amen. Exp{icit. 

!stud complevi convtrsionis mte anno 
JX'\ sacerdocii .if'., in vigjAia 
apastolomm PhUippi el Jatobi. 

Sanctus aatiitti Cregoriui vir pcrfedns 
iit otnnibui in turbis crit monathiD iif^t 
CDBciu vencrandui. licce ueodoc mignas. 
Qu[ in dicbua. 

D«iu, qui mme bmuli iiiî Cregorii 
eieme b^aiitudititi premta fantulUii, cen- 
cede prD[vitius m. qai petCKomn aostro- 
nto pQodcre premimur, cjn ipwd te prc- 
dW jdjuveraiir 



Nous allons maintenant grouper les faits linguistiques qui se dégagent 
delà Vie de saint Grégoire. Nous sommes en présence d'un texte que 
nous pouvons considérer comme absolument pur. Alors même qu'on 
hésiterait à voir dans le ms. unique dont nous avons fait usage l'œuvre 
autographe de frère An^er, on devrait reconnaître que ce ms.. 



291 1 -2 // n'ut pat sûr eat U \rtd\tatiiT *it tempûs : • Quarom l'ciposilionum) 
a ipsc summam Joanni tuodiacono Ravtnnr, mpontali suu, lignificare videtur.» 
iV, ht. — 29a8-jo ■ ... de iibrii quoij^ue Regum et de Heptateucho... » IM. 
— 19Î9-44 ■ Quorum {liVoruml mcrnonam qutdam in epUcopali ejuj perslrin* 
t gens ail : Job, Eiechiel, Evangetia rt Pastoralem exposuit, n multa alia. ■ 
JtiJ. ^ J948 Jt at tatf comnuni If iraJuctnir a ïçmprit. Lt itxtt porlt : ■ Ut 
« stibaudiai quse iam învrnîri aoo possuDl, quoniim rêvera anie suceenta sunt 
« quaiD edilB. > IM. 




lA Vie DE 8. CRÉCOIRE PAR FRÉRI AHCIÏR 19) 

exëcuTJ dans l'abbaye mime i laquelle appanenjit Angier \ et, selon 
toute apparence, du temps de l'auteur, offre, quant à h conformité du 
texte avec l'original, tome espèce de garanties. Nous n'aurons donc pas 
à établir tout d'abord, comme on est ordinairement obligé de le faire, 
une (lifiiinction entre la langue du copiste et celle de l'auteur. 

Dans le précis qui suit, je ne liens compte que des faits par lesquels 
la langue de notre texte dijïère du français de France. 

PHONÉTIQUE 

i. a + nasale devient ai, comme en français, dans premerain 2(7, raim 
I7Ï, wutifji'nc 939. Plus ordinairement il devient « : àmts 1797, cltiait, 
cUimtnl 294, 5j3,644-6,<((/nfi/i 5^7, mi'ia, meins 212,989, ç)çi,rcmtin, 
romeins 5^1,645, «m [%3t\us\ seins, seine 272, îî8, 986; subiicine 9^7, 
rein, veins \o^, 642, BmWn 1 7 î . ~ Précédé d'un i latin ou roman, il devient 
comme en français (.- cileten ^4, cuittens 501, \o\. Gordien ^wgardeins 
en rime avec s fini (sanus) t^oo n'eist pas une exception. Traianus 
est traité de deux façons. Une fois, la forme latine étant conservée 
sauf la finale, nous avons Traiaa, ou Trajan, 2^ {9, ce qui entraîne à la 
rime correspondante roman au lieu de romain ou romcitt. L'autre fois la 
forme adoptée est Trjtcn 2615. en rime avec paitn. Maximianus 
devient Maximiain 2jS pour rimer avec premeratn. — Il n'y a pas 
d'exemple d'aun pour a + nas. eicons. 

2. a-\-i latin ou roman subsiste : ai (habeoj ^t^^yfaimes ifacimusj 
98}, ainz 242, mesaiu (?) 411, vait (vadit) )99. Plus souvent il 
devient ei : beiseï (bas! as) 1798, /ejin;i(facimu 3)904. dffrm (attrac- 
lus) J41, tautii i44,/omraï 607, /«h (laxai)9}8, « (habeo) 469, 
arrti i8^ liirrn 721, Wf l'.habeat) i {8, looo^ escUire ('exclariat) 
J49, teint, seinte, seintes 4, 16. )0, 52, ?(, einz 141. Au v. 1004 ttt 
(habeat) rime avec drtit. Au v, 2002 la rime tir (aer) avec l'inf, de la 
première conjugaison aleir n'est peut-ilrc (lu'approximative, car iî est 
diffidie d'admettre un son unique pour ces deux fmales. /I1 ou ei te 
réduit i i dans let (sapit) [48. Magis est rendu ordinairement par 
nuis, mats on trouve aussi maes 462, 1 i8)j 121 1, et la réduction i mit 



I. Le ms. iwi encore i Saiote-Fridrswide â b fin du XIII* siècle ou au 
commencement du XIV', Ce <]iii le prouve, c'«t une prière écrite vers cette 
(poilue sur un blanc du fol. 8 : • Indulgendam nobis, Domine, beats Krides- 
• wida virgo imploret, (}ue libi grala «raper extilîl, el tnerilo castitatis et lue 
I prufeiiione viriutîs, per Chriilum. * Il est évident que cette prière ne peol 
atoir iti écrite oii'i Sainte-Frideswide. 



RoKMÎa, XU 



II 



194 P- WSTER 

1500, i{05, uimis, timis, ;3, 167, 6\i, onc mis 1492. Au v. 261b 
mats rime avec espraes |exprès) c.-à-d. en i. Cf. cuve |aqua) 1140, 
2140, eitats (tacej 2 00, en rime avec Moysès'. 

j. (T, a précédé d'un son mouillé, arium. — Je groupe ici tous les cas 
cil se produit en français le son ié'. On sait que dans tout l'ouest de la 
France et sur le sol de la Grande-Bretagne, ié se réduit plus ou moins i 
é>. ici nous avons l'une et l'autre forme. Je range les exemptes en 
colonnes parallèles : 



arUre, ariers 606, bien 147^, 
1901, 1910, ciel ijS, ^r, jitn 

1794. '827, '■"• rîî9, ùr<(erat) 
I tpo, 2078, liifiiez î88, iS8,mien 
(tneum) ifij, Piere 60^, 1189, 
rien i î 1 î . 

oisoaagié 417, cHangié 191, 
chitri, chitîct, 110, }86, \\siy 
tongié J7i, sH, 587, encoragii 
[92, tsjottitz 194a, mangier I4}7, 
ntitr 78], pccthié, pecchitz 409, 
977, 1098, |wn7/[V 410, sachiez 
ioj8, travaiUier ]52. 

-4H^Hr p. 146, dumof^ier IJI?! 
I ï86, JwriKr 514, cAfw/iVrj 161 î, 
chistrier p. 146, d^nieri Î96, ger- 
mtrs 7 ï j , /(gj>f î î s , mi(/iw* 7 J4, 
yolealiers 309. 



flrtrc20S6,iM (26,518,991-2, 
fcir/ 74(, f« [eratl 279, tnal 
1126, /^re M72, Ut (Ictns) 
2451, melz (melius) 96, 269, Atffl 
(meuml 9),rf/tj 1928, j^ isedem) 
2126. sicie 68, 949. 

britée i^6, chef 462, cAfr, dters 
105}, 194J1 cAfrvj 497, ishauctr 
864, mixnier^\s,ptethezT)i, 950, 
pfri//« î75, prengn 951, m£A« 
ÎI7, 44Î, 497, 107Û, wi//ff 284. 



aimointr, aumotnere 185, 1 364, 
1 576, citeyjUrs 1 599, dener, deners 
4,12, 44J,/mfr 1617, secata 194, 
199, j«u/ftt 20J, mftiren 1988. 



L'association des rijnes é &. ii d'origine (écrit e) est peu fréquente. 
Citons : prover-enstignir 107-8, manjer-pasmer îij-fi, aeier-noer 7ji-a, 
«/iducfT-e/iorer 865-6. Itts-dupoilUti 965-^, Uvtr-proter 989-90, empe- 
ritte-pToitrt iiîî-4, tnUTci-qtiascè 1 1 jy-S, etc. La proportion des rimes 
régulières d'^ avec é et à'ii avec (V est beaucoup plus considérable. 



4. ?, r deviennent a\ oi, parfois J : 

ftffmjblbere) 726,cr«« (crë- 
dere) i40),e(r (hxresj 2i7,<i>£ 
(iter) 584, 72), tsteiiies )i, fti 



foi 1(8, 4î6, 1274, roi. toU 
Hî, 2021,2169, m* J4îî,24s8. 



1. Od peut encore citer /jr/c (sella) 3497, panr prouver tfï'at équivaut i l. 

2. Oa (j; il y a sur ce point des doutes. 
). Oi i. 



LA Vit Dt S. CRtiCOIRE PAR FRÈRE ANCltR 

IÏJ3, 1870, /«■« 48». «'/ <749, 
rate 2011, rtir, veîrt i, 14, 182, 
116. (ï), i90. 
ifati, éfti î4, 22î, 299, îoo, 

M 1048, Sti t8, 240, |I2, }2}, 

jjS, ta 650. 

Ensftit î22, n». 3'74. ««* 
t9, 1625, treis 624. 



<95 



mw îî, 1044, jor 2î, 92, t02, 
104, 109, IÎ4» 228, 24Î, î4'. 
toi 8j6, 2191. 

Envois )4j, 2170. 



InfiniiJb en ère : 



ardàr 28of, 1869, 2879, o''^'' 
M»»ÏM. »Î7S. ii2J,/i«iri8i, 
i^2i, recmir i z^, rtmaneir ^24, 
unir 1^2, 161, )97, M/ftV i86j, 
iwirir 2162. 



Imparfaits et conditionnels ' 



tadtit \2i,areiadrtit )}], 622, 
trât 599, chalangmii 1420, fmi- 
aif 700, distit 621, 13)6, liûfif/if 
2440. treà âo8, 674, 870, esptreit 
114, iiîî, /e«ïf S87, lUcil 6h, 
nu«i; {67, in;»ir8i4, i))8, ^- 
ml j68, porreit j8, /wu»l ni, 
wiàràent 24; 8^ ut'fir 817, »wf S, 
42}f ioifenu/ 1324, leneà 6^1 
'ÎÎ9. ï''o*'«' 21» w"' 1441, »'«inï 
21S2, voltit 112, 1)40. 




aporioUnt 2267, attndo'tent 881, 
iiproiVnf 27, bevûUnt 744, coafer- 
moienl 2166, eonvertoitnt 20J2, 
coraçoient j 92 , ii»/ro if ni 882, ijtioie 
14JÎ, t/iioiMf 2165, 2269, ^rûJMl 
629, 74î, 1282, «roi'l 466, «cri- 
vojVi 1457* /eroiV i4;6, feioicnt 
i2{o, pasîûient 1984, pirnoient 
I4J7, porpemoient 216S, «/>f/i- 
foifn/ 1898, reposoUnt ôjo, Mvoifj 
1484, Mcoie/it J91, II7J, 1895, 
tornoUnt 1438, k^noif I4s6. 



Autres temps : 



mi 17, 22tj, ifcjz (dêbes) 
iSp, ^Vfnr 38)7, m (video), 
Mil (videt) 42, seit (sîat) 34, 
860, 1066. 



ij^iz (d£bes] i8ji,xdj> 1499, 
1844, spta iD2t, 1497, 1842, 
soient 1064, porvoies 1023. 



a se réduit à i : ams 1 j j;, 174J, en (iter] 1892, pour rimer avec 
ffff, Mf (siat) 16}. 



I . Les deuY littn |UrallAlet c]ui soivnt rnrrerment quelques verbes de la pre- 
■4n coQJugaisoa, qui n'oat l'imparfait en eif, àtnt, oUat que par analogie. 
Voir d-sprèt$ 18. 



|(>6 T>. MEYCR 

Je n'oserais pns affimicr absolumeni que les deux notations ci et oi 
représentent toujours ici un m£cnc son. Les deux notations ne sont pas 
employées tout À fait au hasard. Dans un cas au moins, lorsque la diph- 
tongue est suivie dV, l'écrivain préfère évidemmeni et '. Dans les autres 
cas, bien qu'il y ait un peu d'hésilalion (mfi et moi, engleis et cngloit), 
|e pense que la prononciation de l'auieur était mieux représentée par ti 
que par oi. Mm le son de ta diphtongue devait dès tors tendre 3t se 
simplifier. Toutefois le son simple que nous avons dans aven et dans tet 
éiait-il un e fermé (/) ou un e ouvert {i\ ? L'analogie du provençal est 
cenainemeni en laveur d't fermé, et dans cette hypothèse on s'expli- 
querait fort bien la rime ver (vèrumi avec eschiveir, infinitif de la pre- 
mière conjugaison, 817-8, et celle de pfiîr avec acheveir, r94>-6. La 
terminaison de l'infinitif aurait été modifiée dans sa graphie, non dans 
sa prononciation, pour s'accorder avec ve'ir, poieir^ prononcés vér, poUr, 
bien qu'écrits avec la diphtongue, selon la graphie iradiiionnelle. — Voier 
(vidêrcl est constant et se trouve en rime avec traraitlitr }\i,alîitr 
2Î5Î. De même soier (sedêre) IÎ78. Pour ces deux mots Uya lieu 
d'admettre l'interversion à'e-os en oi-e*. 

j.?T + i roman donne à : ainceit rij, 272, BtntU tôj, drtit, 
dreite, dreiz 41, 86, 88, J42, 1190, roi«( ji. Se réduit i i dans 
aincii 404. AînçaiSf 2788., est exceptionnel. 

6. â en syllabe ouverte subsiste dans nove 1604, mais devient ordi- 
nairement of. Je classe ici les mots comme fluvius, juvenis, suus, 
où Vu tonique a été assimilé anciennement à â : baefs 214^, doets 417, 
foer 20-J, ilote 1 190, /oéc/im 48},/«iJr« gi8,y«« 119, motn, moereni 
9JÏ, 939, Mtn Î7Î, 419, 572, 78Û, 9}i, OM lôpusi 1880, oevre, 
oefrts ti,Bi, 107, 112, 140, /joc^/t 785, i loj, poet jjii 9)0, fnw/ 
IÎ7J, 1426, 1479, ioen, sotai 245, 1840, soer 77, iroef$, trots 1402, 
1406, vml ('v6leo^ 344, 1000, 1Û22, voeli 1401, 1844, twlt 145. 
— Oe se ré<luit à e dans em (hfimo] 769, (teyts 197 J, m^rg« (m&riat) 
1001, st!t is6let) ton> iiOi, ^tii io)9> 

L« diphtongue h; se produit dans furr 818, 1107, <}uer icôr] 185, 
208, 871, 989, 99t. Elle s'observe plus painicuUérement dans les 
mots où à est suivi d'un i posttonique, soit en latin, soit seulement en 
roman : mues [môdios; ya^pius (posi, devenu 'pocs) 236, 258, 
267, /•a««(*poscat devenu *pocsat) lo^o, putstent 4&, 936, 2oçk>. 
En ce cas le français a ui (tuais, puis, puisse) qui a primiiivemeni dû itre 

I. Il y 3 dtmoauitnt au v. 1(^7, Diaii c'est le résultat d'une ÉaadrM'taice, 
car le sens exise dtmoartrtnt. 
1. Voy. Tooler, Zattihr.f. mgl. Spimkf.^ nouv. série, III, 417. 



* 



LA VIE DE S. CRéCOIFtB PAR FRËRB AKGII-lt 

ui OU ati. — Ut se réduit A n dans passe 1097, pusseni J084, jue (jôcat) 
149, où l'usage eût difficilement admis ta graphie/uft. ^/ur; 7^8 |en rime 
iTec Jelttu), 741, suppose une forme aniérieure flatre qui s'est d'autre 
pan réduit ii fiera, comme on l'a vu à La fin de l'alinéa précédent. 

7. 9 et C aboutissent i un son unique qui est rendu à peu prés indiiTé- 
reaunem par c et par oa. Il est i remarquer toutefois que ou a décidé- 
ment ta préférence dans les finales en osus : 

anor Î27, anassoTs 1 199, due- amour 1741, coiouTs 70^, crea- 



Mor 10, douçoT 16 j, lahor, labors 
0, J87, mort (mOres) iiîo,;i/u- 
ton 262, iS^^ preeehors ^67, sa- 
m 164, stùjgnors 12, 490. 

jorjors 288, îaS, ;i9, Î91. 

4'>0t ^ ï ï II ""O^' I09< ^} > ^9> 
^r II, loi, 10:34, 'H, rof« î7, 
4t. 69, 134, wff (vulium) J19, 
nwîj. î6, 8ï, Î90. 
dtmore 162, hore 280, ]6i. 

frtiious 219. 



four 7j I , dociours ; j8, tmptrtours 
60, ^nour 48, /our 1742, moun 
29, tî7, 281, 701, 706, ^Doiir 
612, 1491, prwc/ipur 996, Kfifl/ourj 
6), iiinour 995. 

double Si, dotiz 1 1 ujoi"'^ jours, 
i9, 1124, 1492, joue(sûa) 17ÎO, 
1741, ;ou/ îos, 608, 9îJ, ïoiir: 
ij, fo«r I I2Î, tourgent 47, row 
400. 

dtmûure aji, 617, 867, Aoure, 
oitrr 2T[, ^25, 618, 868. 

dmorouj 66, angoitsoui 4JI, 
coilouses 220, destTous, désireuse 
132, 862, merveilhitse 6^9, pi/oui 
)8j, 4}0, ^i/oujfmfAf ;8i poorout 
1025, î8i, prêtions 1084, 1^17, 
religious 6{, 121, jou/rmoiu 4)2, 
wgrouî 538. 

L'emploi de u pour iî latins, si fréquent dans la plupart des textes anglo- 
normands, est ici fort rare : ra/r (vultum) 4S7, colum 1911, sûmes 
(su mus) 609, 774, 986, 2288, corrumpre-j^%munde 281 1, numbra 22 i, 
mail on a aussi nombre 770, t jCt-j. Au v. 1 ) 1 o l'écrivain avait d'abord 
^mdtvoiiiui, mais il a corrigé l'uen &. Je crois que liui-fs ttiOras) 1642 
a l'a français, et a été ainsi altéré pour rimer avec f'ures ibûtyrutn]. — 
Stma (sùmusl 2271 est excepUonnei, comme aussi deat (duos) 9)1. 

8. L'fl de consuetudinem ne reste pas a, comme sur le continent 

(an sud comme au nord), mais devant nasalisé, de sorte que coustome 
rioM avec Romt 1201, i)oi, 22^8, 2)44, qui lui-même rime avecome 
727. Cf. l'anglais (ustom. 

9. Avant la tonique je ne vois que peu de faits dignes d'être notés. 
Un i semi-Toyelle se développe soit spontanément, soit par analogie i 




198 p. HCTER 

des mou tels que preUr preure, etc., Abu emperàoar X(4)i mÊftmm 
26)0, Uiott (Leonem) 2)}(, crtuz ['credatis] 892» nûit(ndebai) 

1441. Kioflj (vide moi) 9^5, 1027, poitir 1 J2i, qui wnieM en par 
français empertor, Uoa créez, yeoit, reons, pooir. Piû il arrive que o 
devient <m, et nous avons toiant .sedenteni; 137S, soiat (sedebat) 

1442, voiiit {II. *oii' ivetarei 2648. — Remarquons le ^muf/t 
à'e amettmique i dans proechier 2046, proedm 20; i , prtxchon 2097, 

MV£dlU 1880, 2} $8. 

10 Certaines intertoniques, qui, pour des causes variables, se vaàa- 
tiennent régulièrement en français, tombent assez ordinairemeiit en 
angto-nonnand. Nous pouvons citer ici f/irriA, tntrine rSi, \\ti,tntn- 
atment }, 216, 2{i, vigrous ))8, les futurs ou conditionnels <xtnaidron$ 
1072, ottrai 1047, monmi 272a, ttûndi 44, uoneh 22, poor tmetin, 
rigturous, amenderons, etc. 

11. Les consonnes se component à peu prte comme en français de 
France. Ainsi, pour ne citer qu'un fait, le c initial ou deuxième consonne 
d'un groupe devient cA, comme cela a lieu en France entre 4f et 49° jo* 
environ ; changii 191, chanté :9, chouan tS, 62, dont jas^tua ({98 
est une variante graphique, frencheisons 295. — Ce que j'ai observé de 
plus paniculier, c'est la tendance A conserver les doubles consonnes : 
SQUoart 1129, loccon 2108, soccorable 1 H9> soccreUtre 204, achtttée 
1468, oiotU 2223, attfaire 1702, attreil ^i, cmettUs 2261. /mr<. 
/rt/r<J [72, 849. flKHr* IJJ9, iii<(l«fSi4, nrtteiiKfl/ 9^6, /»«rtrt(« 2262, 
ri/^lez 746, (ii>^<ie sm* >^^>> ^^^ 3io}, ohbeditau 6âi, rofr^osn 
lyoT , dppareilU 91, 2676, apparat 2612, so^ef 2 {6. 

Flexion. 

1 2. La flexion offre quelques faits intéressants. Comme dans la plupart 
des textes anglo-normands, la déclinaison est mal observée. Beaucoup 
de noms — ceux en particulier qui désignent des personnes — gardent 
la forme du suiet, lorsqu'ils sont employés comme régimes ; aîtisi com- 
pMnr 62t, danz îj. ^19, Deas ^2^, \-jot, emperae %-}t, SSj, main 
82, 168. Les mêmes noms, lorsqu'ils appartiennent à la déclinaison 
imparisyllabique, peuvent garder au pluriel la forme du sujet singulier : 
il sorcere 2477, Us mitdra [rég.] 2097. Toutefois, ta tendance générale 
est, comme ailleurs, de substituer la forme du régime à celle du sujet. 
Les rimes constatent un grand nombre de manquements i la déclinaison ; 
voy. 8, SI, 79» 90. "6, iî6, î82. 458, S76, 588, j9î, et on en 
rencontre à tout instant dans le corps du vers. 

I . Ponr les fatnrs et coadittosnels \t même bit s'observe parfais en français 
du cootincnt. Voy. Fwnter, Dt Vtaiu ta dtuu d'amai, p. 6}. 



I 



LA VIE DE S. CKtCOIRi: TAK FRÈRE ANCIER ^^ 

(j. Les adfccttfo, pronoms, participes, qui n'ont en laiin qu'une 
famé onique pour 1m deux genres, reçoivent tr^s souvent ici une ter- 
BBason spéciale pour le féminin : ijaeie 167, ifuetes 3^1, jjj, S^j, 
lrftt497» i«fc 83 j, c/(jr»M/c JJ4Î, générale j ^ i, , moriaU y^ù, umtnaU 
M^f,yfoTît 9ÎÎ, 2006. ardaau 763, 1 179, ateignante 1 180, Amtndantu 
764» AMUMflU 29(4, nescrtanU 2196, 32T4)/'^"^'"'â}7,p/oj'ajitt 3t)i. 

14. L'emploi de la forme atone du pronom personne! régime est assez, 
rue j en voici cependant deux exemples dans le même vers : Fait s'il e 
^'iltt (oofertisse 1001 ; mais en général c'est la forme emphatique qui 
«t employée dans les cas où le français préférerait la forme atone : 
TaoJ par saivemciU toi conlint i}4. Jo toi pu ti>0, cf. 328, 240, 24}, 

nu nS- 

I {. Angier fait usage d'une forme de pronom personnel de la troi- 
sième personne que je n'ai pas rencontrée ailleurs : au lieu J'i/ sing. ou 
pliir., il écrit de temps en temps « : (fis tit 4SS, qUs toi pcûsst 946, 
4*0 p<uH 950. com is l'ût ponea 1222, pues cj'it orent îî2, is sont 496, 
UnoA joi, «*« fussent 509, por qUs fussent (52, por ^'is furent 575, si 
^is lu fassent jgS, q'is retournassent 670. q'is puessent 9)6. fl y a aussi 
ime forme féminine et, pour elts : Dea donst q'es paessini 46. F.st-ce une 
itinne venant d'ip», ipsi, ipsaf On trouve ctse jipsa) dans un vers de 
Philippe de Thaon ' . Ou est-ce ù/<.' Cf. iscampan, dans Cormond, v. 274. 

16. L'anîcle masc. sing. sujet est ii; la forme du régime, qui est en 
néme temps pronom, est non seulement /r, mais aussi lu, }6, 85, i;;, 
166, 17S-6-7, 179. Cette forme enclitique, dérivée de illuni, n'est 
pas A confondre avec lu, variante du pronom personnel régime /ui, qui 
est aussi d'un emploi fréquent dans noire texte, i\\, }24^ ^77, ;8(>, 
196, 404, 427, en rime au v. 628 '. Il m'a semblé remarquer que la de 
lllum était moins employé dans le Dialogue que dans la vie de saint 
Griigicnre. 

17. Remarquons l'emploi ^équent de la forme périphrastique ia quel, 
__'queU, Us quels, as quels, ctc.y 124, ijî, îj], îH' 866, 896, 1267, 

1272, au lieu du pronom relatif qui, que, cui. L'emploi delà forme 
oblique ati n'est pas inconnue à Angier, mais il l'écrit qui comme au cas 
rajet, voir 29Î, pj, 412, 725, 810, 829. 



fl'est pu 




I. P*r tut la ehâru/iy Comput. éd. Mal), vv. 14;) et 2469. 
j. Dan» des exemples comme ta ptssut }68, si fa rt^ual }79, 
UcAt de sarotr si la représente le ou lai 




2O0 P. MBYER 

i8. Pour les verbes, je me bornerai i relever un pelh nombre de faits. 

Dans les verbes de b première conjugaison, les imparfaits de l'indi- 
catif font régulièrement en ot leur iroisiime personne du singulier : 
gardot î7, aviWfot Sa, Uborot lot, veUloi loi, iiî, mousiroi 106, 
dtmoUTCt [40, <ificho\ i8j, esperot 196, parbîti^ml 201, deûrot 202, 
danoi 244. Mais l'auteur admet aussi, quoique rarement, la forme en 
eil : espemt [14 (en rime avec atrddi), ttj), i86j (rime avec frei'i), 
par analogie avec le type en ébat. Pour la deuxième personne du sing. 
et la troisième du pfuriel du même imparfait, on ne trouve que la forme 
en. 01, ou, rarement, en tl : rtdouioient 492 (rime avec vimtnt'), amt' 
noitnt 478. teposoitni 6)0 (rime avec troienu, dtsiroitnt 882 (rime avec 
atendoient}, femoitnt 1146 (rime avec cremoi(nt\ lormient 14^8 irime 
avec perno/wr] , donoits 14^7 (rime avec escrivoies), passoUnt 1984 (rime 
avec ^ro/Vnri, confermoieni 1166 (rime avec disoitni], porpensount'Ofor- 
tount 2267-8. — Notons en passant qu'ici, comme dans beaucoup 
d'autres écrits composés en Angleterre, l'imparfait est souvent employé 
au sens du prétérit défmî. 

19. Je agnalerai encore le prétérit mourïi 213, moarirtat 715, et 
plorut lù^si ce dernier n'est pas propre à notre auteur, car pturi et 
piururent on\ été employés par Chardry \ Citons enfm une riche collec- 
tion de 8ub). prés, en -ge; altr : augez 19)7, Mirg« 840; di«/irirq 
assengts %'i& \ dttgntr : dtingt î5j ; doaer : donget \Z^t, garder : gfirg 
2190 \ perdre : perges 2^8) ; prendre : prengez 951 ; rtmaneU: remtiagf' 
1 096 ; reserver : reserges 2 ^84 ; te/iir ; Uingenl 1 086, deiUage 978, det- 
tienge 1061 ; tourner : laurgent 47 ; venir : vienge 1062, 109S ; ensovienge 
rfj-j^ viengent io8j, yengtnt 1091 ; roakir : veilge (1" pers.) 57, voitgie 
(î'pera.) îj» »■ 

30. Le verbe estri a deux formes d'imparfait. La première, qui appar- 
tient i la langue commune, est la forme correspondante à cram. Elle 
présente, comme on sait, deux variantes à la troisième personne du sin- 
gulier, trt et ère. Ert a un e ouvert, puisqu'il rime avec apert 329, Adel- 
lert 20:1, et ne se diphtongue pas. C'est pourquoi j'écris Si eri, en 
supposant que Vi est apostrophé [S'erij aux vers 135, 377, i.4i6,et 
non S'iert. Il en est autrement d'fre qui se rencontre aussi sous la forme 



i. CharJrys JosaptuT, Set Dormani vnJ Petit plel... hgg. voa J. ifocA, 
Heilbroan, 1S79, p. kI. 

a. La (orme rtmt^n^nt^ au sub|., m trouve en rime au ¥. 984. 

). Le morceau publié dans mon Retaal J'attatiu uxus^ tf i], (ournîl quel- 
ques autres exemples : auge )o8, aptiags 209, etc. 




LA VIE DE S. GRÉGOIRE P*fl FRÈRE ANCIER JOl 

vrr, rinant d'une pan avec ptrt 78, frtre ^04. Eltaihcre }iq, et d'autre 
part avec Pivt 1190, 2798. La seconde forme est, pour la troisième 
pmonne du singulier, trtii (,\, 68, 77. 9i. 608, 674, 870, 1177, 
1290, ou aoit 466 ; pour la irotsiéme personne du pluriel ctoteM 639. 
74;, laSi. Je n'ai pas souvenir d'avoir rencontré cette forme ailleurs 
qw dwE Angier. File a été, selon les apparences, créée d'après l'ana- 
logie des imparfaits latins en -èbam. Si le type suivi éiaii celui des 
imparfaiu en -abam, on devrait trouver de temps en temps la forme 
trot, ce qui n'a pas lieu. En provençal il a existé un imparfait formé 
analogiquement sur le type -abam, c'est erava, qui se rencontre d:ins 
quelques textes du xiit* skcle ■. 



I 



» 



Versificatioh. 

3t. La versification d'Angier ne présente aucun caractère particulier. 
C'est, avec une correction un peu moindre, celle de tous les poètes de 
b France continentale qui vivaient au même temps. Les irrégularités 
qu'an pem relever dans les vers de notre auiL^ur sont de deux sortes, 
selon qu'elles concernent la rime ou la mesure. Parlons d'abord des 
rimes. Il est certain qu'Angier prend avec les finales de ses vers des 
LTiertéi qu'on ne se serait pas permises en France à ta même époque. 
Nous avons vu qu'il n'hésite pas à donner aux mtmcs mots deux termi- 
naisons différentes, selon les exigences de la rime, par ex. tte ei iere 
au S précédent. Mais il 7 a bien d'autres rimes que l'on peut qualifier 
de forcées. Dtmoje, qui a régulièrement un fermé et rime souvent 
avec hûte ou bouie (hSra}, deviem demere au v. 311, pour rimer 
avec ptTt. AU (faabeam) ou eie (voy. g 2,1 est changé en oie, as77) 
pour rimer avec oit d'audiat. Je doute beaucoup que le participe 
convtnoî, 1870, a^Jo, ait une autre raison d'être que la rime avec 
rmur, dtctiii. De même la forme htnaite, 2140, pour b/netiu ou bentite 
en accommodée i la rime faite. Ce ne sont pas là des fautes contre 
b rime : ce sont bien plutAt des foutes contre la langue auxquelles la 
rime a donné lieu. De telles fautes ne paraîtront pas surprenantes si on 
considère que pour les écrivains anglo-normands le français devenait de 
pins en plus une langue apprise par voie littéraire, et qu'il était par 
suite de plus en plus difficile de connaître en toutes ses panicularités. La 
langue transportée sur le $0! anglais par les conquérants normands 
subissait sur bien des points un développement particulier. L'analogie 
engendrait sans cesse des formes nouvelles que le français de France ne 
connaissait pas. A ces formes, les écrivains nés en Angleteire en ajou- 



. Voy. Chabgtaeju, Ctcmtiuire limoume, p. ajo, a. 1, et p. 17}. 




Jfi. 



203 P. METER 

laient d'autres qu'ils poisaicnt dans la lecture des livres venus de France. 
De là résultaient des variétés et des inconséquences qui affectent en des 
proponions diverses la lanj^ue de chaque écrivain, et qui s'opposent i ce 
qu'on puisse traiter l'anglo -normand comme un dialecte régulier. 

Une vingtaine de vers pèchent contre la mesure. C'est une bien faible 
proportion, eu égard à l'étendue du poème. Nous allons voir que cette 
proportion peut être considérablement réduite. Voici des vers trop longs : 

Qai les livrèrent as soufreitous, 1689. 
Grégoire evesqe, serf des sers Dé. 1917. 
Fors de u bouche lu vomira, (çja. 
Si cocD aioz fureut jcottomez. Jijo. 
Si q'od convives rcligious, 2 1 \C. 
S'en (Kiinst les ciuces sovent menu. 3J(9. 
Lrs plaies e It sincs estanchiez. 1)84. 
Grâces rendoient dévotement. ]j88. 
Lîdil avoiltre lez e joiant. i^^i. 
Reconter soelenl de seint Grégoire. ^iJi- 
Tant soient leCiei ê cscrites. 2620. 
Com celés qui sont veires prorées. 1611. 
E de baptesBie r^eneré. 2687. 
Nel reqenoistrern !i envious', 1787. 

Certains de ces vers se laissent ramener  la juste mesure par divers 
expédients. Au v. 1689 on peut corriger QuU Urrereat; au v. 21 {o on 
n'a qu'à supprimer Si, comme dit au v. 24^2. 11 est facile de remplacer 
RtconUr par le simple Conter au v. 2}{j. Mais les autres ne se laissent 
pas corriger si facilement. Mon opinion est que tous ces vers scmt cor- 
rects ; que l'auieur, par une licence qui n'a rien d'excessif de la part 
d'un écrivain anglais, ne prononçait pat les c positoniques de Imertnt, 
ews4]tte, boache, furtm, cinces, plaies, rendoient, etc. Dans beaucoup de 
mss. anglo-normands, et par exemple dans celui du poème de Guillaume 
le Maréchal, qui a dû être exéctné en Angleterre vers le milieu du 
xiir siècle, les finales en -eint, -oini, pour -eUnt, •cient, som fré- 
quentes. Ici nous avons au v. 1258 clément au lieu de cUrement. Ce qui 
est digne de remarque, c'est que l'auteur ne se permet cette licence que 
dans la seconde moitié de son poème- 
Quelques autres incorreaions n>e paraissent élre dues à l'inattention 
du cofûsie. Elles sont si peu nombreuses et si peu graves qu'on n'en 
saurait tirer argument contre l'opinion d'après laquelle le copiste ne 
serait pas ditléreni de Tauteur. Le v. 10} 1 , Q^il nos désire tiparmct, est 
trop court, car il n'est pas probable que Ve fmal de dtsire compte dans 
ta mesure. Corrigeons Q^f] 1/ ou Q'il nos désire [a] tsfarmtr. Pour le 



I. E.nm<u est sttremefit de trois syllabes, voy. v. 1819. 



U VIE DE S. GRÉGOIRE PAR KRÈKE ANCIER JOÎ 

T. I30}, Taatost ahjiit e es^aassaj j'ai â6\à proposa une correction en 
note. Dans le t. 1952, A Augasnn vostre ahbé présent on peui ou retran- 
àttr A, oa corriger Ausiin, cf. v. 3164. Au v, 22îo, £ si ne demoura 
fort brtfauni^ on peut supprimer Es ou si. De temps en temps IV, devenu 
muet, de anaiemint, nraiemtnt, a été oublié (vv. 10)7, 2628) : je l'ai 
rétabli entre [ ]. Dans des vers comme Ço esl la Di ire maniftae 917, 
Ne tjiiideisez ço en eit la somme ^489, il faut lire Ço'sl, ço'n; cf. v, 1414. 
En résumé, U versification d'Anj^^eresi remarquablement correcte, eu 
égard au lieu et au temps où il composait. 

VOCABUUIRE. 



L*œovre d'Angier offrira A nos futurs lexicographes une moisson qui 
n'est pas à dédaigner. Comme dans tous les ouvrages traduits ou imités 
du latin, on 7 trouvera beaucoup de mots de création savante. Ces 
no», que tes auteurs de glossaires négligent trop souvent^sont bons à 
recodllir. L'histoire de la partie scientifique de notre vocabulaire esl 
encore i faire, et ne pourra être entreprise tant qu'on ne saura pas quand 
et. auuni que possible, par qui, a été introduit chaque terme emprunté 
iD latin par voie littéraire. Voici une liste, bien incomplète, des mots 
de ce genre qu'offre noire Vie de saint Grégoire. Je me borne à relever 
ceui. qui n'ont pas persisté dans l'usage, ou dont il n'y a pas d'exemples 
auui aociens dans Litlré. 



aaaoriiiit 1611, âolofizis 18^7, aat- 
t»mi 1347, 1309. 

aimaU 1827. 

(0Rf jjiHMi 414. 

lûmpaKt 1234, 2É01. 

nnttsoa 117;. 

t9ama ii{6, jutenideconviviuin. 

ittimtv loâ^. 

Anurùfl S8. 

itstta ^76, 709, 3014. Littré donne 
coBoe du XII* s. ua ex. tiré de 
l'jtic. trid. (les Serinons de uînt 
Berurd. Mais c'est un texte du 
■nlîen di XIII* siècle seulement. 
tftttauM 1S6- 

nmiiKnt 1419- 

mSrKusor 1J02. 
if>iê/t 2771. 



txftàition 686. 

gtturauti 819. 

ia^mli 714. 

tafinilts 179t. 

ialcrprtuison S7. Littré n'a qu'înrrr- 

prdatioa. 
li^rûin i8;a, au sens de collection de 

livres. 
mantfau 917. 
morigtrdt ijo, 709. 
pal'imoific «39, 1 534. 
p^Cnu, adj. 1673. 
peluiiattrc 1463. 
rade iSjG. 
icminer 2088. 
soubitt 976. 
luIrJactioii 2420. 
rniversatt M^\. 
voiontairt 1769. 



304 



p. HETER 



Voici mainienani un court ^ossaïre où je ne lelève que les mois ou 
les formes les plus notables. 



ftc^smes 486, aceesméea 161 f, 
parés. 

ikcoru joi , le sens paraît ttrt 
* Ir^ippè, abattu, • ce qui convienl 
mal au panic. d'atone ; p.-è. Tau- 
ipur a-t-il corfondu ireQucmi. 

aeve 1)40, 2140, eau. 

aflemeai iiS, 104). Le seni ordi- 
naire de ce mot aX ■ sflreti, garan- 
tie. ■ Ici il s'agil d'une nature de 
bieas, probablement d'une sorte de 
renlw. 

aliéna 1610, étrangers. 

aloues 177^, 3711, placi, adloca- 
lus, adiocaii. 

arbrer, arbrot 3478, se cabrer 
« tnurbfir, erigereduos pedes et in 
duobus sustenlart • , Dunat pro* 
veaçal ; voy. RominUf VU, 467. 

areslft )77. Je ne sais ce que veut 
di.'e ce mot. Le sens ordinaire du 
fnoçais êrttur, tes deux teiis du 
prov. ifttar \Lt». rom. Il, 1 18; V, 
Sai ne conviennent point ici. 

arvaire 428, 168], bésHatioa, ar- 
bitrium. 

a8ineri77ï,esliiner,appr4cieT;»oy. 
esmer. 

a.-i<il8es 1181, uxes, imposttions. 

avisos 178J, riiion, 

avlsooo 9^0, 1 1 1 1, ou a via odc ; 
je réunis les trots mots en un, i 
l'eKoiple du ms.; i grand' peine. 
M. Oodefroy cite trois exemples , 
du Xlll" siècle, à.'av\soniuj, srisoa- 
fUf;. Les exemples plus andens 
qu'a réusis G. Paris i propos du 
V. i>tc de S. Alexis (p. 194I lui 
ont échappé. 

avoUtr« 14^3, 3519, terne iaJH- 
rieui ayant le sens gèoéral de païen, 
infidèle. 

bedel 13^9, bedeau, of&cier subal- 
lemc de justice. Ce mot ac doit 



pas être conloadu avec Mil, torlc 
de soudoyer. 

boubelea 1 (96, bîjour, p.-è. pièces 
plus ou moins ornées de jrB d'os- 
seleU, si ce mol est le Ditme que 
bibelot que Cotgrare rend par 
• hucklebones ». 

biogoer, s'en blgnot 1(4), s'es- 
quiva. On trouve dans la Vie de 
saint Auban (éd. AtLioson, v. ssa) 
s'en est bùtnt:. dans la Vie des Sel 
Dormans, de Chardry, v, jai, s'en 
hnnùiit, au même sens. 

blemme 408, bUme. 

bollle 66S, torme qui parait créée 
en vue de la rime, bulle. 

bouUerea J789, trompeur. 

bricon 640, homme léger, écerveU. 

ceinb«l 1260, tournoi, mêlée, d par 
extension le prix du tournoi. 

cerre 1 692. pois chiches ; Du Cange- 
Hcnschel VII, Codcfroy, CEiw:. 

cbonmant 8S0, chinant, pares- 
seux. 

olnc«s ajio, clncett«s aifit, 
3JJJ, rognurcsd'étoïe; voy. G. Pa- 
ris, S. AUxii, p 185. 

col1t«a 1667, couettes. 

coltoosM. pocnaoB aïo, mot i 
mot, argent pressant, promptemenl 
exigible, dettes criardes. 

oreape 488. dont les cheveux (rîsenl. 

cruclr ou crocier, crucira 1448, 
briser. 

cvter 1169, onta 1184, ctit«a 
1 1 1 ; , cacher. 

daamalres 1297, dalmatiques. Co- 
dcfroy, dalmufe, 

debrlBler, réfl. 247 j, le disloquer» 
en parlant d'un faiseur de tours. 

demeUtUme 116S, propre, per 
sonnel. 



^ LA Vit De 5. GRâGOme par FRÈHE ANClBfl ïoï ^1 


^H démentir }9J, » sent de demea- 


Cambridge, t'atrucur traduit tx- ^| 


^^L ter, se Unenter. 


pirgiKl. ^1 


^^^UaM^aJ 3703, 270{, inégal. 


escfaarscment i}94, strictement. ^| 


^^^^^''■■B'^A')^ i?!^'?! itisuble, in- 


Dirr., IV.!!-/, I, ecARHO. ^| 


^^f coftsUnl. Manque an dictionnaire 


eschBr«etâ i^t^' 1700, mesquine' ^| 


^H de M. Godefroy. 


^^^H 


^H deslroase 863, disirable. 


eacheri 1476, choisi. ^^^H 


^B desqaant 10^, 142,4:9, î70- 6(î. 


escommefiz 677, excité. ^^^H 


^H 817, dès que, auisitdlque, lônque; 


escoure, rcfl. 1481, se secojer, se ^| 


^H P--^-i au V- >o;, puisque; non pas 


démener; part, escons, li)6, se- ^| 


^^L^ ( depuis quand ■ comme dans les 


^1 


^^^^ft deat ex. cités par M. Codcfroy. 


esgraplr 1287, couper, émondcr? ^| 


^^^mûtanier 764, 1469, 2488. réfl. 


oslals, eslAs, a- 670, 1 }oo, eo ^^^H 


^V 969, 1 108, 3488, s'emporter, se 


^^H 


^H déchaîner. 


eslors, voy. elslora. ^^^H 


^H daltre 1986, conducteur. 


esmer, esmenc ^{, voy. asmer. ^H 






^H tfrv 7a), it6i, er« 1893, royage 


mettre en pièces. ^| 


^H l'Iert; ea- {84, I404, sur-le- 


e«tai 696, siège, poste. ^| 


^^L^^ champ, aussitôt. 


e»t«s vos 480, 7^0, «ste le von ^^^| 


^^H«to f^, 178), 


^^^H 


^^^Bilalara 3019, eslorB é{j, ll-des- 


estevoir, eateOst 307, il fallut. ^^^H 


^^F sus, dans ce moment même; cf. 


estortre 207, part, estorn lojÉ, ^| 


^H fpi/o/fdAntlepoèmedeBoèceiV. i). 


échapper. ^| 


^H MUDc 407, âme. 


entre ;o2, 316, 448, 684, 1188, en H 


^1 en explétif 33), 744, ifji, 309J, 


dehors de. ^| 


^H 1499. p.-É. 94i In'an), 1614. 


entrons 713, subitement; la locu- ^| 


^H endemeatre 8{0, 1433, pendant 


tion usuelle, tant en fr. qu'en prov., ^| 


^H ce t«nps-U- 


est 11 tiUaat, qu'on trouve ici ^^^H 


^H «arevr« 190;, cndcrci, obstiné; cf. 


V. 14)4.. 3788, 38)0. ^^H 


^H Chardry, P^df pJ^i, ij}6, 1400, 


^^^H 


^H Cir. rff ft«ujf., ms. d'Oxford , 


fantôme, féminin, 14}}. ^^^H 


^H V- (719' ^ I^" Cange-Henschel, 


fé 1Î41, fief. ^^^H 


^H Vil, nniBras. 


fertrea 1197, chlsses. ^H 


^H «nlerder S46, 1 1}7, saisir, conlis- 


fenpe ajaj, haillon, friperie. Cf. ^| 


^H foer, intercepter. Du Cange, ss- 


Romança, IV, }6j. Du Cange, fre- ^M 


^H TEXTIAKi:. 


i>AT£ TKSTRs, RUhars h biaui^ v. ^| 


^H «otrer, coostrait sans préposition , 


1907, dtftlipprit:. ^H 


^H 3009. 


fle 1774, figue. H 


^H «nvle* i43{, invités. 


flecchlea 1018, fléchi. Tout les ^M 


^H erraumeat ]}i, 161, t70, 6]4, 


cKfinples connus se rattachent A ^M 


^^^H 694, anssit&t, sur-le-champ. Cf. 


pcchit. ^1 


^^^^B Chn^litr 4s dais tipits, note sur l« 


foinoDj avoir — ver» 27. Se main- ^| 


^^^^ 204. 


tenir sur un pied d'égatilé à l'égard ^^^| 


^^M etbmselfir , n'est esbrascies 


de quelqu'un, lui 6lre comparable. ^^H 


^^1 418, X rérettler, se ranimer, cf. 


Voy. la note de Diez sur le v. 3Û ^H 


^H iVshviKb dans Ov Cange, sous 


de Boécc, dans les Ailromaniscki ^^H 


^H «.icni&utm. Dans k Psautier d« 


Sfrachdtnkmate, ^^^^| 



^V^ 20G 1 


«fTER H 


^H foualUes \6}C, lonede prinine ou 


monrioeyS;, 1710, :782, naladie H 


^H de cravate en laine, Toc aie. 


mortelle, mortalité. H 


^H rtnls 9j6, subst. formé sur fraiuitr; 


fl 


^H bnsemenl. 


nages 7J8, feues. H 


^H 


ne explétif, après sans ço qe, ]9, B 


^H raal^e 49{, gain, profil. 


H 


^H glalvo 710, 918, 970J calamité, épi- 


□eporoeo 2110. 2417, 2634, nbn- ^ 


^^B 


moins ; cl. G. Paris, S. Alnit^ J 


^H gaenchir 84], réfl., se détourner. 


■ 


^H 


"^24, î6i, 696, 7IÎ, 7n, 7*it H 


^H hero 4(2, figure, mine. 


mène. ^1 


^H hisdour 178^, horreur. 


^1 


^H hage 4)8, huche. 


oisdis, olwUf {^7, 880, oisil. H 


^H 


onqore }33, onqors 188, 432, H 


^H terre 3479, lierre. 


f04, i;ti, 1496, encore. H 


^H ilort 2 1 ), ]87, alors. 


onqorors 476, (oa, 974, 1130, ■ 


^^^^ lstr« 1 ^61, état, manière d'ttre; cf. 


i2]7, 1401, i68j, nuuntauDt en- H 


^^^B segoat lor Istre, Et. de Fou- 


core, alors encore. H 


^^^^^ gères, Livre dts mamlrn^ XCV. 


H 


^^^^1 C'est probablement une forme pa- 


Paroi 18};, parité, positioo égale i ■ 


^^^^^1 rallèlc d'extre, qui est fréquent 


une autre. H 


^^^^p dans le nnîme sens. 


pénible 373J, qui prend de la petite. 1 


^^^^ 


Vof. Littréi rhiiloriquedece mot. ^Ê 


^H Ja seit qe 812, bien que. 


peacoler 847, 1274, 1281, briser. H 


^H joevnas 48$, 1061. Joovres 9^8, 


pide 1317, 2277, qui a de la pitié. H 


^^^_^ 1062, ts'ii, Joeve ii9,Jovres 


plus [0}i, mèraesent. ^^^Ê 


^^^^H 3837, jeune. 


poœtls 474, 7j), puissant. 4^1 


^^^^ 


porobels 3754, porche. ^^^B 


^H legun 410, 1618, leDm jCtf, lefln 


por qe 101 1^ 1040, por po qe 1 


^H "^Mi légURie. 


690, 1231, pour ce que; 1040, 17]] H 


^H litre 3768, lecteur. 


de façon que ; 2037 pour quoi ; H 


^H IWe (rime avec vive) 7}o, lietie. 


2$66 pourvu que. H 


^H 


por qnei 199 (ms. por qae|, 812, H 


^H marchefl i^;9, 1600, marchi. 


143s. 244Ï. pour peu qii« ; i8i, ■ 


^H BUkOr 1 18, mevora 1091 (p.-è. par 


parce que. H 


^H interversion des voyelles^ pour 


poolmena qnle 1687, soupes, po- ^M 


^H moQrs?), mAr. 


tages. Cf. Raynouard, Ux. rom. IV, H 


^H mers 477, mers 479, 489, mar- 


■ 


^^P chandises. 


prlentes 668, part, passé Hm. de H 


^H mlro j 840, forme de siibj. de merlr 


prelndre, empreintes. H 


^H emplo)-ée pour l'indicatif. 


prospres 200], propice. H 


^H moo 91), particule af&roialive. Voy. 


H 


^H Dter, Eijm. Warl. Ile. 


Qel ... qel ..., 199, ïoo, qe... qe H 


^H mortekine 747, cadarre. 


(forme atone) 142J, tant... tant..., H 


^H mosler, réil. 3477., prendre la forme 


au sens de L'anglais what...wha..,^ ^| 


^^^K de, se presser contre un obja ; cf. 


a — 14J6, 14(3, pourquoi. ^Ê 


^^^^a c se moula en armes, ■ Du Caoge, 


Qtul i{47, qnele 16^}, semblabfe ^^H 


^^^^1 


^^^H 



^^^^^ LA VI« W s. CRËCOIKE PAR rUÈRE AXCIER ^Ôy^^^J 


^H qila 1687, cuits. 


subj prés. slcDOBt 1091, Sllb). ^^^1 




imp. aigolssant 1 890, part. prés. ^H 


^B R&mien ii^;. brincbag»^ voy. 


«ivauUE 1I94, part, passé «egnl ^^k 


^H Du Cinge, RAiiKtitru 1. 


147J. ponefEoi 1 176, suivre. ^| 


^H nunplr. ramplst J479, se dresser, 


soccrelstre 204, succrescere. ^| 


^1 w leoir tuf les pieds de derrière, 


Bom, en — 717, ijjô, 1)54, sur, H 


^H ta parlant d'un quadrapide. 


au*dessus de; en aom ço 20J7, ^| 


■ r«cl«rs )9^4J^ i<9) >)^>. i-^io. 


2110, ]86},parlÂ-dcuus,cii outre, ^| 


^H restera 884, 1100. Dans les psau- 


comme en sor po 19^0. ^| 


^H tiers d'Oxford et de Cambridge, le 


sordelre 1864, sonrdeor 1866, ^| 


^H simple glerea traduit ergo ou 


intérieur, de moindre valeur. ^^k 


^^^K iljqae. L'origineen seraitigjtur, 


Borobder 714. déborder, couvrir de ^^k 


^^^H Klon M. Cornu, Romania, X, ^99 ; 


SL-s F^iux, en parlant d'un ilcuvc. ^| 


^^^H on a fait obsenrer que cette étytno- 


soQbltoiae 929, ■obttalae 9)7, ^| 


^^^^F logie suppose l'accentuation igîlur 


subite. ^1 


^H i7tttuhr. f. rojtr. PhiL VI, 478). 


aoadèement É14, 666, 93C, aoti- ^| 


^^1 On pourrait répondre que le g dis- 


dément 719. nu, i;44, 1414^ ■ 


^^1 paratsusl de très bonoe heure, 


subitement. Cf. Tobler, Mnihâluri' ^M 


^H igitor, fgelar a dû se rMtiire à 


gtn a. ûltft. Handstht'ijlat, p. 268, ^| 


^H iitnr, ietvr, oh les deux voyelles 


flOn'BlIEHT. ^^È 


^^1 coas^lives ont formé diphtongue. 


•oveans, voy. seveans. ^^^| 


^H Ici le sens est plutfii celui d'ite- 


^^^Ê 


^H rum. de noureau. De mime, Pan- 


Taplaaces 1IJ9, cachettes. ^^^| 


^B ner, Lapidaires, p. 1 (], v. 24Sâ. 


tapisona, en — 1 141. en cachette. ^^^| 


^H MllaaB 6^9, repoussa Cf. Raïaii- 


Terdre, prêt, termtrent 1007, es-. ^| 


^H Rjj, n, >))-4. 


suyer, purifier. ^^^^H 


^1 roTcIens 14]!, rougeâtre. 


traire, prêt, tretst 69 j, très- ^^^H 




crent 1 187, tirer. ^^^H 


^P uc" "«i iTli i>43, opposé i/oui 


travers, en — 178J, 1I4{, 1288, ^^H 


H 


enliéremenl, d'un bout i l'autre ^^^| 


^1 falT* 69, m, 114, 1)8-9, ijS, 


ythrmghoai). ^^^H 


^H 1 14, 709, sage, ou ptutAt savant. 


trobuchler, trabncheront 3449, ^^^| 


^H laoac 744, eau salée. 


s'abattre. Diee, Djtri. Wan. 1, 91 ^^^H 


^H uat«rale ù^. uuterelle. 


nrco, n'a que les formes trabacar ^^^H 


^^ U 1 ; a6, siège ^piscopal. 


(provençal) t\.lubuzhitT. ^^^H 


L «el, d« — J41. peut i la rigueur 


^^^H 


^K t'eipliquer par « de soi *, mais 


Unaiement 16, 716, Sjj, lojy, ^^^H 


^H tcable avoir plotAt le leiu du prov. 


2707, d'une iaçon une. ^^^H 


^H it st, ccnsifqucninent , aiusilfil 


^^^1 


■ aprts. 


Teaos non ^39, Sçjf. 898, 900, \^ ^^^| 


^K^wvMoa 4$), soveaaa 188, 1780, 


9'Ji 97J( ^^\°i i'" moins. ^H 


^^f Ui^' 3" moins; Duz, Etjm. Watt, 


vedvée 791, devenue veuve. ^^^H 


^H U t TtAlTS. 


vlaiUes 19a, les organes essentiels ^^^H 


^H ilors 1093, scieurs de blé; voy. 


la ^^^H 


■ Liltré. 


viaa 4}6, 617, 671, promplement. ^^^H 


^H dvre 12a, iad. prêt, oefolt if6j, 


Diez, Etjm. Watt. U t. ^^H 



208 p. MKYER 

Le bc-sini9< joint i la présente publicalion reproduit In deoz iern'itttt 
pages de Ij vertion du Dtthgiu avec U date, transcrite ci-detsss p. 14e, de 
cette partie du iiis. Cette date est ècrKe ta TcrmilloD. H a (i^ txtcmti H y m 
HtKlquts annca pour l'École dn chartes, et psb'ié dans le premier tascicoledu 
Attiui/ Jt fttc-simiUs de celle ^le iParis, Picard, 1880). Noos avons va pins 
haut, p. 1 {o, que dans ta vers'on du Dniogat ]e\ mot* satA poumis d'accents, 
les UQS noirs, les autres rouges. Les murs paraissent avoir été écrits par l'écri- 
vain, en mime temps que le texte, avec l'intention de marqner i< les toniqses, 
2' les I. Mais bien souvent ils font défaut dans Ton et l'autre cas. L'additkn 
d'accents rouges parait avoir il^ le résultat d'une révision qui ne s'est pas 
étendue i U vie de saint Grégoire- Le réviseur paraîl du teste avoir dépassé la 
mesure et mis des accents là o& il n'en fallait pas, Pour aider le lecteur 1 dis- 
tinguer les accents noirs des rouges, dans le présent (ac-sinilé, — les premiers 
ressortant en général beaucoup plus nettement que les seconds, — je doatierai 
ici quelques indications précîies sur l« premiers cl les derniers vers reproduiu : 
il la première colonne, ont des accents noirs ; v. 1, pisrdont, loz, fiur ,- v. 3. 
Dtiu, faa ; v. j, na/i (l'i), don; v. 4, âlncàs (le premier T) ; 1. (, dut. Ont 
des accents rouges : v. 1, a, lot; v. a, car, rtctii (deux), nai; v. j, miii {Vu), 
ogtriun Ideux) ; v. 4, âinctu (le second 1), maatalial. paît: v. \, ^lur. t, raa- 
eant, € ; V. 6 ei 7, tous les accenu sont rouges. Voici maintenant pour les 
quatre derniers vers. Accents noirs : v. 1, tous ceux du premier vers: v. a, 
joare (l'âf, etotslner (les deox, le second a élé repassé au rouge) ; v. ;, Dtas 
(i'et ; T. 4, loie (le second i], idat. Rouges : v. 3, un.-, j9on (Pi), oofors; 
V. ), Dtut (l'u ou l'fl, tttstmHt, th, amt'tnt \\'m) ; v. 4, M, /'où (le premier i), 
ou, ronl. 

Je ne puis entreprendre ici une étude sur l 'accentuation du ms. d'Angier. 
Cette étude, en effet, devrait porter bien plutôt sur la traduction du btaiogue, 
dont je ne m'occupe pas présentement, que sur la vie de saînl Grégoire. Je me 
borne à rappeler qu'un système beaucoup plus régulier d'accentuation a été 
observé dans le Psautier d'OxFord', dans l'ancienne traduction de Marbode 
tBibl. nat. fr. 14470)', et dans li traduction limousine des chapitres Xltl â 
XVII de saint leaa 3. 

Paul Heyer. 



I. Voy. Brachct, Rty\u c/irifiu, i8;o, II, au. 

1. Voy. Panoier, Lu hpUairtt franimt [Bihl. Je l'Eeolc des Hautes ÊtuJa, 
tasc. 1,11), p. 29. 

î- Vojr. Bartsch, Chrtst. pror., 4* éd., p. 9, eC mon !U<a<U d'aocUns ttxUs, 
p. ja. 




DES AVOCAS 
DE LA JUMENT AU DEABLE 



DE LUQUE LA MAUDITE 



TaOS DITS TIRES D'UN NOUVEAU MANUSCRET DE FABLEAUX. 



• 



Parmi Ws nombreux manuscrits franç^'s de la collecrion Hamilton, 
aqoise derniêremem par le gouvernement prussien et déposée aujour- 
i'inii au cabinet des estampes du musée de Berlin, il en est un. un ms. 
de faUeaux, (]ui a été à peine sif^nalé dans les anicles rebtifs à la vente 
Hamiiïon, « qui «pendant mérite toute notre aiientJon : les fableatix en 
rfei, outre qu'ils ne nous sont parvenus que dans un petit nombre de 
miaincrits, constituent la partie la plus vivante et une des plus iméres- 
snies de la littérature du moyen âge. Grâce à l'obligeance de M . Eugène 
Wolier, de Berlin, nous avons pu obtenir une description de ce ms. et 
ta copie des pièces inédites qu'il contient. M. Ad. Tobler, que nous ne 
saurions trop remercier, a bien voulu re\-otr sur le ms. l'épreuve des 
mtes que nous publions plus loin. 

Le ms. en question porte le n" 4^9 janC- in) ^^ '^ collection Hamil- 
ton i il a été écrit sur parchemin dans la seconde moitié du xiii" siècle ' 
et mesure H'^"" sur 21^. Le ros. comptait primitivemeni 91 feuillets, 
mais il n'en a plus aujourd'hui que 64^ les feuillets à 82 manquant. 
Chaque feuillet comprend 4 colonnes, 2 au recto. 2 au verso, chacune 
de fo vers. Le ms. n'a ni rubriques ni miniatures ; les lettres initiales 
même doivent être suppléées. La reliure, en velours rouge, porte au dos 
ce titre: w Fabliaux et Poésies des xii-xin siècles. » Ce ms., avant 
iPentrer dans la collection Hamilton, a sans doute appartenu, dans les 



I. Vue des pièc« publiées plus loin, le a" II, fjit illusion i des événements 
de i]]9. doat ie poeie a p«uuMre emprunté les (lémcnls historiques à Albé- 
ric de Trois-Footaincs. 



KemaMia, Xli 



M 



IIO C. RAYNAUD 

taupe JBcâeas, i on chanome de Langres, un certain Estienne Jac<^j, 
liasi k Dooi se Ut au ver» du feuillet 88, et â une époque plus moderne 
as tHb6<^)faife sir Francis Douce, qui a placé en léte une assez longue 
notice, qualiSée par lui-même de •< tolerably accurate account. » 

Les pitees contenues dans ce ms. sont au nombre de 40 \ ce sont 
poor ta plupart des fableaux déjà publiés; quelques-unes cependant 
étaient jusqu'ici inconnues et inédites. Nous imprimons plus loin trois de 
ces pièces qui ne sont pas des fableaux proprement dits ; les autres, au 
no^ire de huit, trouveront leur place dans l'édition que nous donnons 
en collaboration avec M. A. de Moniaiglon >. Nous joignons 1 ces trots 
pièces des notices et un glossaire. 

Noos croyons utile aussi de les faire précéder d« la taUe détaillée du 
ms. auquel elles sont empruntées. Nous donnons donc ci-dessous la liste 
des 40 pièces du nu. Hamilton ; nous restituons leur titre aux fableaux 
défi connus, nous en attribuons un À ceux qui sont inédits, et dont nous 
donnons alors une coone analyse. Quant aux pièces déjà imprimées, 
nous renvoyons à noire R€ciieii pour le détail des éditions précédentes ; 
nous ne citons Barbazan, Méon, etc., que lorsque nous n'avons pas 
encore publié les fableaui en question. 

I. — Fol. 1J-2J. [Le dit des avocai ef des notaires], pièce publiée plus 
loin sous le nM ; voyez ci-après b nodce et le texte. 

II. — Fol. id-^d. [Du Vdain qui conquis! paradis par plati], fableau 
publié dans notre Rttuetl, III, 209-314^ voyez tes notes à la fin du 
volume. 

Ul. — Fol. îJ-4C. [U> riche quens d'estrange terre 

Aloii par le pais pour querre... 
\fiii] Plus hardi barat et plus bd 

Pisi ceste : \t U doing(e') l'and. 
Nouvelle version du fableau Des Jll. dames qui trouvèrent Panel, publié 
dans notre Reateil, I, 16S-177; voyer les notes. II, 198-299. Il s'agit 
toujours de trois dames, qui, ayant trouvé un anneau, s'engagent à l'at- 
tribuer à celle d'entre elles qui aura fait te meilleur tour à son mari. Les 
redis des trois aventures diffèrent dans les deux versons, tott dans 
l'ordre suivi par les narratrices, soit par le fonds même de l'histoire ; ces 
deux versions ne semblent pas non plus se rapprocher d'une troisième 
rédaction fournie par un ms. de Genève» et où nous voyons intervenir 



I . Rrcut/ gif-irâl tt tomphl dts Ubiùax 4(i Xllh tt XIV* siiclei^ imprimés eu 
iiUiU, fëiltti itu nota tt icriàiiies idpùs la rnanascnls, j>ar A. de HonUt- 
ghio M Uattoo Rayuud, 4 vol. in-S», i87i-i&iti {U (in<iaitm soai pttut^ ta 
mtut J uunt), 

I. Eua^ne RitUr, S>Akt Ha m. 17^ hîs dt la Mlhtlàiiu dt Gtnhn^ dans k 
AUMj4 4i U StiiM du <tmm ttxtu Jraaiùt, année 1S77, p. S9. 



TROtS DITS i I I 

mtabbntc qui n'existe pas ailleurs. Nous publierons la version du nu. 
Kmilion dans le tome VI du Recsuit générai dts fabliaux; celte version a 
pOBiiaeur Haisll, irouvère déjà connu. 

IV. — Fol. 4C')C. [Du Hrestrt qui ot mère a forct],hh\t3U publié dans 
notre Rtcaàlt V, 14)-! jo ; voyez les noies i la fin du volume. 

V — Fol. jc-TC. [Ik sire Hjin el Je liante Anieiue], fableau de Hugues 
Pt^ucELE, publié dans notre Rtcueil, I, 97-1 1 1 ; voyez les notes, 11, 
I90.Î91. 

VI.— Fol. 7<f-iorf. [Le chevjUer qui faisoif parler tes cas ej Ui eons], 
Uksu de Carin, publié parBarbazan, III, S^-i 13, par Méon,III, 409- 
4!'', n abrégé par Legrand d'Aussy. La fin semble ici un peu dîtTéreme 
daienede Méon. 

Vil. — Fol. lod-i là, [De C^jmbert et des .n. clers], fableau de Jean 
DE BovES, publié dans noire HtciuH, I, 218-244; voyez les notes, 11, 

^W-]0^. Une autre version de ce conte se trouve plus loin sous le 
Vin.— Fol. ti^-i]c. [Du vilain Mire], fableau publié dans notre 
!**««/, m, ii9"'69; voyez les notes à la l'm du volume. 
IX, — Fol. I îc-i s<t- l'il est bien droiz que je retraie, 
L Puis que nus hom ne m'en délaie... 

F (fia) Mes que du presire fust vengié; 

Or est de H bien estrangié. 
Ceâbleau du Prestre latnt n'éuïi jusqu'ici connu que par son titre, cité 
Ja» CoantbtTi ^Recueil, V, 1601, autre pièce du même auteur, Cautiek ] 
c'est une version allongée du Presire eruci^, publié dans notre Rtciuîl, 
K i94-i97 ; voy. les notes, 11, 298-299. Dans cette nouvelle rédaction, 
V ressemble de près i celle de conteurs italiens, un prêtre est forcé, 
pDw éviter la vengeance d'un mari jaloux ei complice de sa femme, de 
tt jeter dans un bain de teinture. Le mari feint de prendre le prêtre 
iiosi teint pour un Cbiist de bois, qu'il s'apprête à chaputscr de la belle 
bçoo. Le prêtre n'a qoe le temps de fuir. Nous publierons ce fableau 
dût le loflw VI du Retued g,éMral des fabliaux. 

X. — Fol. i^rf-rSi, [De Piramuj et de Tisbé], imitation d'Ovide, 
pûb&ée par Méon, IV, {i6-n4- 

Xi. — Fol. i&/-i9^. [Da VaUet aax .xii. famés], fableau publié dans 
notre Ratxeil, lit, 18^191 \ voyez les notes à la fin du volume. La fin 
iirs ce ros. semble un peu différente du texte publié. 

XII. — Fol. \<^'izb, [Du Bcachier iJMf>i;riir], Eableau publié dans 
aoire Rtciteil, III, 227-246 ; voyez les notes à la fin du volume. 

XIII. — Fol. iih-i()C. [Du Segreiain moine', fableau publié dans notre 
Kttatit, V, 2 1 i-242 ; voyez les notes à la fin du volume. 

XIV. — Fol. iCtc-ija [De celle qui se fist foutre sur la fosse son mari]. 




Jll 0. RAYNAUD 

^liédans notre Rtatâl, IH, i)8-i33 ; voyez les notes à ia finda 
volume. 

XV. — Fol. 17 fl-iSrt. [Du Petchtor de Pont seur Saint], hbleta palXii 
dans notre Rtcutit, MI, 68-7; ; vojrcz les noies à la fin du volume. 

XVI. — Fol. îSa-îic. [Da Vilain àc Bailtiut], fableau de Jeah db 
BovES, publié dans noire ReauH^ IV, 2i3-ai6; voyelles notes à U tin 
du volume. 

XVII. — Fol. 3ÏW-acM. [Du Couniteas tt de t'Envieus], fableau de 
Jean de Boves, publié dans notre Recueil, V, 210-214; voyei les notes 
à la fm du volume. 

XVIli. — Fol. 2^-iod. [Du Chevalier a la robe vermeille], fableau 
publié dans notre Rf£urt/, III, î 5-45 ; voyez les notes à la fin du volume. 
— On tii dans la notice de nr Francis Douce : a A separaie Ms. of il 
with a beautifut miniature apud F. D. > 

XiX. — Fol. ioit-i id. [De la Jument au deabie]^ pièce publiée plus 
loin sous le no 11 ; voyei ci-après la notice et !e texte. 

XX. — Fol. îid-îî6. [Oh Vilain j ta eouille noire], faWeau publié par 
Barbozan, II], 118-114; Méon, III, 440-444. Ce fobleau sera publié 
dans le tome VI du Recaeii général des fakiawx. 

XXI. — Fol- ) JC-î4(i. \De la Borgoise d'OilUns\, première version de 
ce tableau publiée dans noire Recueil, I, 1 i8-i3) ; voyez les notes, II, 
291-393. 

XXII. — Fol. }4d-}jt. [V]03 qui fableaus volez oîr 

Peine meier. a retenir... 
(Jïrti Ce est In fin de cesie fable : 
Trop fu ceste famé deable. 
Ce Tableau, qu'on pourrait intituler De h dame ijui conchia U chevatîtr, 
rapporte l'aventure d'une dame, qui, froissée par son amant, s'en venge 
en lui faisant craindre d'être surpris par son mari. Cette pièce sera 
publiée dans le tome VI du Recueil général des fabliaux. On peut en rap- 
procher le conte des Deas Changeors (Recueil, I, 24(-aî4J. 

XXIII. — Fol. Î5t-î7c. [De pleine Bomse de sens], &bleau de )eah 
tE Galois, publié dans noue Recueil, 111, 88-103 ; voyez les notes â la 
fm du volume. 

XXIV. — Fol. }7c-4ib. [U Chastelaine dt Vergi], roman d'aventure, 
publié par Méon, IV, 396-126. 

XXV. — Fol. 4i^-4;j. [De la maie Dame], febleau publié par Méon, 
IV, ;6)-}36, et qui sera Imprimé dans le i. VI du Recueil. 

XXVI. — Fol. 4)it-4{C. [De la Ûamoiselle qai ne pooît oir parler de 
fotttre], fableau publié (iins notre Hecatîl, III, 8t-8j ; voyez les notes i 

la fin du volume. 

XXVII. — Fol. 4îc*48d. [O'Auberét, la vieille ma^iaerelle], tableau 




TROIS DITS 3 I 3 

publié dans noire Recneil, V, i-ii ; voyez les noies â la fin du volume. 

XXVIII. — Kol. 48^-4911. [De Gautrron et de Nanon], fablcau publié 
diQiDoire Htcueil, III, 49- jo; vo^e?. les noies â la fin du volume. 

XXIX. — Foi. 49J-joa. [0]r escouiez sanz fere estrif. 
H se fu ja .1. fol chcitif... 

ifi") Qï'" "**s '"^ **'"' dc>*ier : 
Je ne vos sai mieus definer. 
Ce bbltiu en l'histoire d'un Vtlaw ijui donne tcn amc au diable en échange 
dE 11 richesse et des plaisirs qu'elle procure. Avant de le laisser mourir, 
le diable prend l'engagement de prévenir plusieurs fois le vilain, qui 
l'tflorccra alors de mieux se conduire. Mai& l'amour de l'argent est le 
plBiwt', le vilain meurt impénitent et le diable emporte son Ame. Cetie 
ï^ce, qui semble être d'un certain Richart Bomer, sera publiée dans le 

^t•« VI du Recutii ginèmi des fabliaux. 
XXX. — Fol. joa-jof [n]e trois presires, voire de quaue 
■ Nos dit Hai&iaus por vos esbatre... 

F \fiii) Sovemes foiz avient a coun 

Que tiens ne pèche qui encourt. 
LeûUeau Des Alit. prtsuts est, comme le n" 111, l'œuvre de Haisbi,, 
■jvi nous donne ici une nouvelle vcr^on du conte que nous retrouvons 
<b« les Troit boç\it de Durano (^Recueil, I, ij-2î). Une femme est 
We de trois prêtres-, le mari jaloux les lue. Embarrassé par les 
f^vrei, il charge un ribaud de les faire disparaître successivement, 
nUlabanl croire qu'il ne s'apt que d'un cadavre, qui retourne ainsi 
jv deux fois à sa prcmi^c place. Sa besogne terminée, le ribaud voit 
*n'r i lui, vivant cène fois, un quatrième prêtre ; le ribaud croit encore 
'iwaflairc au même prêtre, revenu à la vie ; il le prend et, en voulant 
te ifcer, »e précipite avec lui dans une carrière. C'est ainsi, nous dit le 
potie, qu'on est souvent puni des fautes qu'on n'a pas commises. Ce 
ttfaii sera publié dans le t. VI du Recueil générul des falliaax. 

JtXXI. — Fol. ioc-jid. [Lt Mtunief tS lei deus cUrsi, fableau publié 
dbttMire Htcutil, V, 8j-94i voyez les notes à h fin du volume. C'est 
Me autre version que celle qu'offre plus haut le n" VII. 

XXXII. — Fol. i3ii-jîa- [iutfue U maudite], pièce de Bourdet, 
ateur jusqu'ici inconnu, publiée plus loin sous le n" 1 1 1 i vo^ez ci-aprês 
Il notice et te lexte. 
XXXItl. — FoL 5i<ij }c. [Jjadis avint du chapeldn 

Qui ne fu ne fous ne vilein... 
ifin] Ex fere soupes d'auîre pcin : 
Si fu servi le chapelein. 
Ut jeune clerc fait croire à ce Prestrt voU de son oie que durant son 



214 f^- R*yî'*vD 

absence son souper a été mangé par le Christ de son crucifix. Ce fableau 
sera publié dans le tome VI du Ruutil finirai des fabliaux. 

XXXIV. — Fol. sjc. rU]n prestres amoit une dame 
Qui d'un chevalier estoii famé... 

[fin] Par ce vos veut Haisiaus momrer 
Qu'il se fet bon de toi garder. 
Cette petite historiette, œuvre nouvelle de Haisbl, peut s'appeler le 
Prestre a le bélier. Un bélier, se croyant provoqué par un prêtre qui 
hochait la tète, se précipite sur lui et le tue ; il " fet bon de tôt se gar- 
der, » ajoute le trouvère, qui semble n'avoir raconté ce fait que pour 
amener ce proverbe. 

XXXV. — Fol. sîc-séd. [Us Proverbes aa W/jin], publiés par Leroux, 
de Lincy, Le livre des Proverbes franfais. II, ^76-184. La pièce est 
incomplète dans noire manuscrit ; il y a une lacune après te vers : 

En ne prise pas home. 

XXXVI. — Fol. Sia-B^a. [De Narciius], récit imité d'Ovide, publié 
par Méon, IV, 14Î-17S. La pièce est Ici incomplète au commencement j 
elle débute par le vers j 1 9 de l'édiiion Méon : 

L'cve li chiei aval la face. 

XXXVII. — Fui. 8iii-86d. [De la Vielle truande], fableau publié dans 
notre Rtcaeii, V, 171-178 ; voyez les notes i la fin du volume. 

XXXVIII. — Foi. %6a-SS(. [De Baràt et de Haimet ou des Trois Lar- 
ronï], fableau de Jean de Boves publié dans notre Recueil, IV, çî-r 1 1 ; 
voyez les noies à la fin du volume. 

XXXIX. — Fol. 88C-88J. [U]n prestre maneit en Chanein. 
S'amoit la famé a .1. vilein... 

\Jin] Chascun d'eus acheta moût cbier 
Cil son déduit, cil son mengier. 
La femme d'un vilain est aimée d'un prêtre ; le vilain creuse une fosse 
où tombent successivement un loup, le prêtre en question et la servante 
envoyée â sa recherche par la dame ; le vilain alors, donnant à chacun 
son ioier, tue le loup et chasse le prêtre et la servante. Ce fableau très 
court du Prestre et du Loup sera publié dans le tome VI du Recueil giné~ 
rai da fabliaux. 

XL. — Fol. SSd-gid. [Florence et Blanchttîor], roman publié par 
Méoo,IV, ïH-î6s. 

I. 



Le dit des Avocas. 
Cette première pièce est la seule qui dans le ms. porte un litre, écrit 



TROIS DITS ÏI5 

<h rwte i une époqiw Fostéricure à celle où a iié copié (e ms. : <- le 
dit dc5 avocas et des noiaîres. " C'est une violente satire contre l» rapa- 
àé des gem de robe, ancêtres de Paihelîn. On y remarquera que !c 
potle, contrairemem à l'usage de ses confrères, y prend le parti des 
Tîtains. Ce qo'lt fiit dire à leurs ennemis de la chartre qui les condamne 
i peiner sans rcl&che y. ; t9) semble se référer à quelque pièce facé- 
ùuse dans le genre du u calendrier au vilain » qui forme la seconde 
partie du Dit de Matazone pubW récemment par Paul Meyer dans la 
Amukû (I. XI), p. xo-24). 



P 



[D]e beaos nos conter et de dire 
Ne le doit nui hoixii etcondire; 
Eoceit i doit tnelre s entente, 
El mponrqtianl ne fié ne rente 
N'a p» chascun pour estre obeos. { 
Tiex serort de irover voiseui 
Se de K)Q vitre ne joignait ; 
Ne troveroit qui l'enieignast 
A trovrr belet entreiures : 
Se il avoii bien ses droitures, 10 

MoaT savTOÎt fere de beaus contes 
Povr dire devaol rois et contes. 
N'est pas pour chose que me vanl, 
Mes vas orrez bien ci avant 
Dont |e vei dire et de quel cas : 15 
Conier rot veil des avocas, 
Do procureus et des notaires 
Et de ceus ijEii ne pnveni ggeres 
Noie gent i'et» oieimes ooo. 
(Jni avocas les biui a non, ao 

Koot les apela bien par foi, 
Car il oc portent noli foi 
En pies que chat a fr^s fromage. 
Ta avroîe meint tesmoignage, 
S'on m'en voleit courre a la loeiit. j^ 
tan senont .1. home a demein, 
El 1) entre dedcni tour marches, 
Assi bien le vendroit de mâches 
Courre tus et escervekr ; 
Kon ne le puct mies aïolcr p 

Que de fere Kinondre a court, 
CJr sachiez, hom le tient si court, 
Qunt il ]\t\ TÎeal isii tentlant 
Qne cbascun li fel entendant, 
tll] leur a u leson dite, 



Qn'il (r]en feront aler lot quile. 

Einii asoteni nieint prodome 

Et funt pledier ,1 Reins, a Rome, 

Et par loles les evesquies 

Font aler lettres et copies, 40 

Semonses et peticions, 

Causions et posicions. 

Il ne se sevent pourpenser 

Comment il puisent liesbourser 

L'argent des bourses et des malcs. 4J 

Sachiez, nieintes pirrollei maies 

Content li clerc et font escrîre ; 

Mes (il n'ont pas talent de rire 

Cui il convient l'argent paier. 

Se chascun avoil monnoier. {O 

Qni li (orjast monnoic nueve 

Et donjsl chascun qui li rueve 

Argent pour sa besoigne 1ère, 

S'avroit il certes trop a fere, 

Qui les vodroit servir a gré. j^ 

Ne sai s'il m'en saront mal gré, 

De ce que je pirroil sour sus : 

Il m'ont fel peines et travaus, 

Pour ce m'en sui ge entremis, 

CiT g'i ai de mon argent mis, 60 

Dont j'ai le cucr enllé et gros. 

Je ne vcil mie dire en gros 

M.1 rcson ne toi mon afcre, 

Mes se nus » jiitlours a fere, 

Si voist errant en sa besoîgne, éj 

Ne le lest mie pour vergoigne, 

Et je diri ja lot a irel 

A cens qui tunt pr^ de mt tret 

Comni<*nl il euvrent, li traître, 

Ja n'tert l'achesoo si petite 




2 là G. RAYNAUD 

Dont il ne facent .i. grant plet 

Soit de parole ou de dit leL, 

Soit d'eschaance ou d'eritage, 

Soit de desfere mariage, 

Od soit de note tresalie, yj 

Soit de tenchon oa de merlée 

Ou soit d'nne buffe donner. 

Taotost convient abandoner 

Sa boarse chascnn qui i plede ; 

Hon les doit miez haïr de feide 80 

C'on ne fet autres mauleiteurs, 

Ribaos, bouliers ne haseteurs ; 

Ne sunt si aspre ne si aigre. 

Ja tant ne verront la gent megre 

A la court venir por pledier 8} 

Qu'il ne facent errant vidier 

Lour bourse et raler desconfit ; 

Et cil n'i aront ja profit 

Fors anui et duel et pesance ; 

II funt chier tens 3 meinte pance, 90 

11 ont meint povre home afami : 

Bien doivent estre disfamé, 

S'nns hons n'avoit c'un seul denier 

Ou dcus, ne le porroit noier 

Qu'il ne li tacent lors saillir ; 95 

Moût les sevent bien asaillir : 

« Cha, I funt il, f desliis vo[s) bourse; 

Ne fêles pas chiere rebourse ; 

Fêtes errant et sani rebrois ! 

— Sire, foi que doi sainte crois, too 
J'ai ore moût petit d'argent : 
Par foi, nos somes povre gent ; 
Sire, tenez .xii. deniers. 

— De ces irai ge as poisoniers, • 
Feit li mestres, * a mon disner I 10 j 
Certes or se doit hon pener 
De vo(S) besoigne et mètre poine ! 
Entrez soit en nale semeine, > 
Feit il, ( qui ja les prendera, 
Ne qui jamès s'en mellera, * 1 10 
Fet cil, t de vois) besoigne fere I 

— Sainte Marie debonere î 
Con vos par estes anoious ! 

— Moût fêtes ore le pitous, * 
Fet cil qui le prent a hoquet ; 1 1 { 
• Gardez as pans de vo(s) roquet 



Se vos troverez nule chose. > 

Et cil qui desdire ne l'ose 

Li montre tantost sa chemise : 119 

f Sire, > fet il, t par seint Denise, 

Je n'ai plus denier ne maaille, 

Et si ne sai comment m'en aille 

Qu'encor sut ge a desjuner ; 

Traveillier m'ont fet et pener 

Ces gens a tort et sans reson ; 1 a } 

Je ne lessai en ma meson 

Pein ne argent, par saint Thomas, 

Dont je sut moût dolent et mas. 

Sire, l'ai .m. enfans petîs; 

Chascun est povres et cheitis. 1 jo 

Sire, por Dieu ne vos poist mie : 

Je ne lor lessai de pein mîe, 

Par les sains c'on proie merci. 

Si m'en laist Diex aler de ci 

Que je n'aie le col rompu ; 1 j j 

Et si me sunt tôt derompu 

Mi soûler, enpirgne et semele. 

— Vos me servez de la favele, » 
Fait ii avocat, * beaus amis ; 
Vos m'aviez si bien promis 140 
A paier et fere mon gré ; 
Bien voi que n'en avrai ja gré 
De chose que face pour vos ; 
Gardés moi en ces girons tos 
Tant que g'eûsse .zz. tornois, 14} 
Ou, par les seins de Vienois, 
Je lairé vo(s) besoigne ester. 
Moût covient ore despDter 
A vos ; ausi est ce a chascun 
Qui céans vienent de quemun : 1 jo 
Quant hon a leur besoigne fête, 
N'i a celi qui ne se guete 
Et ne face moût le destroit ; 
Moût tienent lor argent estroit ' k. 
En rigoz et en gaheaus ; 1 { j 
Tiex I .11. ou .III. noisiaus 
Qui raout par fet le meschevé. 
Meinte foiz l'avon esprové, 
C'est la costume a tote gent. 
Fêtes, ateigniez cel argent .160 
Dont vos avez .11. neuz ou trois. 

— Sire, foi que doi sainte crois, 



9J cuns sens — 106 or le — lag je ai 



i/S 



180 



TROIS 

b t'ù ^8t denier ne monnoie- 
Cb^Mt *ot dont que )« te note? 
. N«i(t|, par saint Lcu de Orcazi i6j 
' ~~- Vm ne gabei, par saint Loreiw ; 
*ÏVdp me ien« bien por (oubert- 
""— Biioi doui we, psrsiint Lamhert, 
*^>rgn4n'en poez plus avoir. 1&9 
^Cjba me voj ? — Atnz voî di voir. 
"~~ CwaiBeat I si estes si pris pris f 
*^*f (bi, or m'awT bien aprts 
^^jCfedoi une autre f<>i2 fere. 
•^Vlei : «« n'avcj plut que fcre 
^^eut, le v(H im. voisl uote; 
^Téi. par sainte Bride d'Escoce, 
ï»ie foi que je doi tote cent, 
^ vos teveoez sanz argent 
Et nn moi ne vos apotez. 
Vos sera «ont mal avoiez. t 
Eiitti unt povre geni tané 
Qui a la court lunt ajourné : 
U ans demande argent des sains, 
Foi que le doi Dieu et tous uins, 
I Et ti antre de son libelle. i8f 

£tiis) par la coun merlle merlle 
St debateni, crient et breent. 
Fi In povres gens moul t'esmotent 
Qot les chieres en ont reboitrses ; 
SoHiU netent U mein i\ bourses 190 
Poir Tarfcnt sachier et ateindre. 
U ntre oc te veulent feindre, 
Dtuusqui se siéent amont : 
Ropr^i aval et amont 
Ceu qoi leur vienent a offrende ; 
h A. note de jour demande 
ît II aitre noie d'atente. 
Mnitefl a cfaasctin bone rente 
Qti lie cei ncrir. «e îunt mètre, 
Cir il tt fual Rieinl denier nesde, 
Li tiWiKins et 1) aatre, 
^' M siéent l'un dclcz l'autre. 
itToi rêvent au leelleur : 
^mil> c'est une grant doleur, 



19s 



159 



I W vos dirwt n»ol 4 mot. 
I deneitient grant halimol 
A « fhanrei enweller ; 
uJftai Iti wvem bien chier saler, 
gf «re et vendre au seel (erc ; 
< i fint crier et brere 



loj 



l'I 



130 



DITS 217 

La povrc genl a rachater. 

Moul doit hom les pleiz redouter 

Qui n'a denier a grant foison : 

Nuî n'i puel trover acheson 

As nmair» n'as avocas 

Qui plus sont cngrts que li chat 

Ne soit fameilleus de let boi»re. 

Metote pafroile funl acroire 

Li avocas.li procureur; 

Sovcnl mclerrl a grani erreur 

La gent de pledier et en peine; 

Il Tunt bien une carantcine 

.II. jours durer, votre aies plus, 

Qu'il sevcnl bien qu'il .iront plus 

D'argent quant plus dure li plis. Il( 

Cis usages est trop mauves. 

Car il funt grant pccbié mortel : 

Miex lour vemtroit prendre a l'autel 

Nostre dame sainte Marie; 

Car il i vient meinte esmarrie, ijo 

Mcinte povre personc mate 

Qui n'avroit meslicr de barate 

Ne de li fere iravcillier. 

Certes muut me puis merveillier 

Comment il osent si pris prendre i;} 

Un povrc liome qui n'a i^ue tendre 

Ne que prendre ne que saquitr; 

Moût tosl li oui fel esloquier 

Sa jornée dont il doit vivre. 

Il en sunt meinte foiz louz yvre, 

Li avocat et li notaire; 

Meinte espicc qui soct flere 

En usent et tncint gingenbraz. 

Dont il ont mojt petit les bras 

Traveillieï ne d'ovrer lassez. 

Je n'avroie jamès assez 

Rien lor vie dite en apert ; 

Je vos di chascuns s'ame pcrt 

El ch:ice a granI destrucion 

Tout par la bonc livraison 

Qy'il veulent chascun jor avoir. 

Cil qui cuident le plus savoir. 

C'est cil qui plus se dampne a l'ame, 

Car il funt plorer meinte lermc 

[Al meint preudome cl meinte famé. 

"Ti» labeure sa terre et semc 2j6 

Dont il recevront les deniers, 

Et tunt encontre parchooien 



140 



^4Ï 



aSO 



^^^^JiS 


B. RAYKAUO 


■ 


^H Por assez petit dr scrvise ; 




El 11 me raquita mon gage 


ioi ■ 


^^Ê Tiu est d'avoir maïunt tl riche 


lâo 


Que j'avoie pour mon «stage 




^H Qu'il ont lost mis a povreté, 




Lessii sire Auberi mon oste. 


^Ê 


^^M S'auqu» tie (<rt inur volcnté; 




Met compains. qut 1^ rnoï encosie ^| 


^H C^uJinl il l'ont enir'eus Koilli, 




Soeii, en avoît tel leece 


^1 


^^1 Mctnl denier en ont recoillt, 




De la dolour, de la tristeoe 


jio H 


^^1 Des bonet gens por qui il pledeni 


;. 


Ou li vilein fu enbatuzl 




^^Ê Sachiez bieo de tin «fu'il i ardent i66 


Miex fui vengiez que se batnz 


^^^B 


^^Ê Qu'il en prennent bien lor salaire 


> 


Eûst esté jusqn'au cbier. 


^^^1 


^H la ne sera de si mal aire 




Einsi les doit bon chastîer 


^^^H 


^H Qu'il ne le ricent airier. 




Et mètre a point, la vilenailk. 


IM H 


^^1 Oj- me convient il reperîer 


176 


Voire par Deu, se je baaille 




^^1 A autre chose dont il servent. 




Et il me regardent sans dire : 


^^^B 


^H Par Dieu qui me fist, il desenrent 




t Dici vos saul et beneie, sire ! : 


^^^^H 


^H Moût soTent c'on leur feist honte. 




Maint en ai pris a acheson 


n^^l 


^H Se vos voleit que ge vos conte 




Que je en la plus fort seson 


JiO ■ 


^H Plus avant de leur bone vie, 


Ï7Î 


Les ai ge fet a Reins aler, 




^H S'aiez de l'escouter envie. 




Les mons el les vaus avaler 


^Ê 


^^1 Et je vos dirai meint mot bon. 




Par mt pluie, par mi orage : 


^^^H 


^^M Quant il lunt au feu de charbon 




Ce sembloienl bome sauvage 


^^^H 


^^B Asis par grant folivet^ 




Quant il venoieni il croiil 


jjfj^^B 


^H Et il ont a lour rolenl^ 


180 


— Je n'avroic jamès conté 




^H Assez et beQ et mendié, 




Ce que j'ai braci et osrdi, » 


^^^1 


^^M Dont suTil duremmt Icdttigri 




Fcit !i autres ; • m^ or rae di 


^^^H 


^H Li prodome laboreûs 




Quant fet il meillor esvdllicr 


H 


^H Des jvûcaz. des procureurs. 




Le vilein por li traveiJIier, 


no 1 


^H Pet )i .1. : ( L'aulrtijefr] je dbnoie 


Ne quant puet il ptus peine avoii 


■ 


^H En .1. lieu vers Aîllï sour Naie ; 


ii6 


— Par foi, je t'en dirai le voir : 


^^^M 


^H La fui ge trop bien abcvrcz. 




Entre Noël et Chandelier 


^^^H 


^^M Tant que je f\i\ touz enyvrez. 




La plus fort semeine etpier 


^^H 


^^M Dont commençai meintes parrolles 




Doit hon por le vilein taoerj 


î»^^J 


^H A dire qui esioient folles ; 


290 


Dont le doit hoo fere ajomcr 


^^^H 


^^^^ Mes osles qui en ot engeigne 




La ou quide unz nul resorl 


^^^1 


^^^^^^B 




Qu'il doie fere le plus ort. "^1 
— Mestre, lavez vos ou c'est ore ? ^M 


^^^^ A bouttr hors de i3 meson. 




^^K Moût fui liez quant foi acheson 




— C'est en Borgoigne, par sctnt Joire, ^| 


^^Ê De lui fere ennui et contrere, 


î9i 


Ou 11 chemin suni enfundré; 


J4> ■ 


^H Car je li fis ifi hueseaus trere 




La doit on le vilcio gorré 


m 


^H A Seint Julien a Pans, 




Envoler pot le chemin bstre. 


^m 


^^Ê Dont il devint tous esbahïs. 




Certes hom doit le vilein natre 


^M 


^H Quant il s'oî la envoier, 




Fere tout le pis que hom puet. 


Hi^B 


^H 11 n'ol talent de lui joier, 


;oo 


— Vos dites voir, il li estuet 


■ 


^H Einz fist semblant de pone quite. 




Qu'il ail assez peine et tormente 


■ 


^^1 En(«is que li clamaiic quite 




Ce li a Di« doné de rente 


■ 


^H De ce qu'il m'avoit ledengié. 




En cest siècle, et si en ont charlre ; ^| 


^^1 Ot il mon escol alegij. 




L'en doit les ors vilcins bien batre, 


■ no ■ 


^^^H 3&6 souz 


■ 


^^ 


J 



TROIS 

— Tfa loi, matn ms« le noifnl! 
Que tel u ijuei geot ci nos oient ? > 
Fff II antres, t ta diz pechié. 

— Non (aiz, car il snni eniechié 

De loie vilinie et plein ; j i j 

Il suBt trop de auuvit pelein. 

Et fde»b et aboutit. 

Quni li nieins est aisitz, 

Nnl ne le porroit apaief 

Ne a nul i>itit kre ivoter. )€o 

Mes que ce foxt biea de ion tort. 

Trop sunt feletiis et entort 

Et de pute coroie cetnt. 

Diei loar envoit tout le porcheint 

.L oui c'en apfle la cengle! )6{ 

Trop fct bien (]ui les vileins cengk 

D'nn buton quant it li Ritsfet : 

Ne Kroit ce mic bien Hf *... 



EMTS 319 

Funt la penduaifle mavese, 
Qui avroient mainte mal«e, 370 

Se n'esloieni îi laboreur 
Qui les incintiencnt a rnneur 
El gaaigtient cf don! il vivent. 
Ëinïi K moquent et estrîvent 
De ceus qu'il ont nut et grevi; j?) 
Dont De stinl il lanon prové? 
OJI certes, encore pire. 
Je ne vos vcil ore plus dire 
De cest bbliaufx} des avocas 
Qui pledent de meint mavès cas. jSo 
Or m'en tcrai, que j'ai reson. 
niex doint as boncs gens foison 
De bien, et i|)l lour dolnt contraire, 
S'il ne funt ce qu'il doivent Tere. 
Ex pliai. 



II. 



[Dt U Jumtnî aa deable.} 

La pièce à laquelle nous attribuons le litre qui précède est des plus 
iniéressantes â tous les points de vue ; elle se rapporte  une croyance 
tris répandue au moyen âge, i savoir que la prtsiretie (c'est le nom 
qu'on donnait alors à la concubine du prÊtrc), en punition de son indi- 
gnité ' , éiaii après sa mort changée en jument noire et chevauchée par 
k diable. Notre récit nous transporte en Normandie; la nuit est sombre; 
c'est l'hiver, il fait froid. Monté sur sa jument noire, le diable, sous le 
aotnde Maquerel, se hâte : il veut arriver au plus tôt en Champagne au 
jwM Winier >, où il trouvera une nouvelle âme de prêtresse à ravir. 

ait la jument marche depuis longtemps ; elle se déferre et ne peut plus 
aller. Maquerel ftappc alors it la porte d'un forgeron, qui, avec l'aide de 
la fiemiDe, ferre à nouveau la béte. Obligé de dire qui il est et quelle 



Ï^S Luiiiu aprU te ras. 

I. Sur cette rndi);iiit£ de la prtstrttit, voy. l'article de G. Paris sur Wilhaon 
de WadingtoB, Hai. Iilt., t. XXVIII p. 191. Notre récit (v. lôo-iTjldit que 
h présence de la pnstmst à l'église u\\ perdre aux fidèles le bénéfice de leur 
«eue. La «*rtie idée le retrouve dans Wadmniton el dm* un passage des Latin 
Stohtt publiées par Tb. Wright |p. É7I. 

i. Moot Imer, Moïmer, au]ourd'hui Mocit-Ajrmé ; les comtes de Champagne 
rCDRstraisiral en laio un ehileau sur cette éminence (Pertz, Monum. Cirman. 
'"trift , t. XXIll, p. 891}. 



230 G. RaYNAUD 

est celle iumeni, Maquerel décrit le triste sort qui attend les prêtresses, 
qui ne peuvent y échapper que par une pénitence des plus longues 
ei des plus pénibles. 

Ce récit esi, au moins dans sa première partie, b reproduction d'une 
histoire publiée par Thomas Wright dans ses Laùn Smrits. La morale 
seule semble avoir été ajoutée par le poète français, qui d'autre part 
doit avoir recueilli ce conte assez altéré dans les traditions orales. Voici 
le texte latin : 

De Sacerootis tornicaiua. 

Contlgil in Angtid (;uod dx-mon in specie homtnis, sedcns sup«r jumentum, 
venit nocte ad domum cujuidam labri, excitons rum ut lumenlum suum ierraret; 
et cum cbvos in pedrm ferirel, exclainavit animal illud, dicens : t Leniler 3ge, 
fili, quia multum me grav». * Qiio jtupeficlo et dicpntc : < Quis et ta? • 
rcspondit : < Ego sum mater tua, qua:, quia (ucram saceidotis fotniaria, facta 
som darmonis vtctura. • Quo dicto dispiruit cum unùte suo. Mento enim fuit 
dxmonis junicntum, ijuod ad niodum vixii iumentorum. ■ (Th. Wright, Litin 
Sloria, p. J7.) 

En dehors du côté fantastique qu'offre ce récit, il présente aussi un 
élément histonque qui n'est pas h dédaigner. Le poète, à propos du 
mont Wimer, qui semble avoir été au moyen âge un lieu tout spécial 
pour les légendes' et les hérésies*, raconte te fameux autodafé de 
Cathares fait en 1 3 î 9 ' . Le trouvère n'oublie rien, ni la présence du comte 
de Champagne, Thibaut le Chansonnier, et de plusieurs autres graiuls 
seigneurs, ni l'intervention du moine dominicain, Roben, le grand inqui- 
siteur, qui. ancien hérétique lui-même 4. brûlait ' avec la rage de l'apos- 
tat ce qu'il avait adoré autrefois, ni le nombre des victimes, 1 80 environ. 



C. 



1. Atbéric de Trois-Kontainrs (Petti, Monam Germ Script., t. XXIH, 
. 713-71;} fait tneniiun de plusieurs chansons de gnte uù il est quesUoo du 
lont Aymé- 

2. ùîi le X* siècle nous voyons app.irattre des Cathares «1 Champagne 
iSchmidt, tiiil. il docU. J( /ii iidr thi Cathaui oit Alti^^eoii, l. t, p. }}, es 
noiej; Leulard était de Vertus, et florissait vers l'an 1000. Voy. aussi uo leitc 
cité dans Perti, l, VII, p. 226, qui prouve reiiMente en 1041-1048 de 
Cathares dans le diocèse de Chllons, cl un passage publié par Martcnc, Ampliss. 
tûittttiû, l. l, col, 776-777, qui représente le mont Aymé comme un foyer de 
catharisine en 1144. 

j. Voy. Albéric de Trois-Fonlaincs dans P«U, Mon. Gtm. Scri^., t. XXIII, 
P- 944-94t- 



4. Voy, Perti, loc. cit., p, ojô, 

y M. Julien Havei a préciie l'époque i Fiffuelle la peine du feu a fié difini- 
lîvement appliquée aux hérélitiuM iUthl. de 1 Ec. du chmis, t. XLI, p. i9i- 
606I. Le texte d'Albéric de Trois- Fontaines qu'il cite lui fournit on de ses 
arguments. 



TROIS DITS 221 

Ce récit diffère fort peu ' du lexte d'Albéric de Trois-Fontaines, ei il 
concorde parfaiiement aussi avec certains passages de Philippe Mouskei> 
et d'Etienne de Bourbon f, qui avait assisté en personne â cette terrible 
exécution. Le seul fait que le trouvère laisse de cdlé est ce bmeux 
combat de chiens, qui, accourus de tous cdtés, s'entredévorèrent 
entre eux. 

Mais s'il oublie ce détail, le poète en ajoute un autre qui a son prix 
pour nous ; il nous parle en effet d'une iniaigmce de \o ans, accordée 
par Roben aux assistants nombreux de cette exécution ; c'est là une 
circonstance que nous ne trouvons nulle part ailleurs. 



(l]t avinl ja en Normendie, 

Por ce est reson que je vos die, 

Une aventure mervcilleow. 

Var nuit oscure et ténébreuse 

Chevauchoit ,r. de ceus d'enter, j 

Mis sa jument n'avoil nul fer, 

Einz esloil lotc dciferréc, 

QuVI n'ol pas eité enserrie, 

Einz iert venue cck nuit 

.Xxx. leues, cui qu'il jnuit, lo 

El encor csloil loinx de |0r 

Et de repos et de sejor ; 

Si clochoit doulerouicment, 

Ht cil deius iDOut ficretiient 

Feroii jument des espetrons, i } 

Et sachiez quepab n'esperrons 

Que il la Yostsi depoTler, 

Qu'il se volcit fere porter 

Cde nuit |iisi)u'a Moïmcr 

Qui jadis fu Montaigne tmer, lo 

Or i est fermej! .î, chasteaiis 

A merveilles et (ors et braus, 

Desus celé iuutc monteigne 

Qui est le conte de Champargne ; 

Monz Moîmer a droit se nomme, aj 



Du nom Imer, c'en est la somc, 

Uns bougres que seins Auguslins 

Chaçi par «oir et par mitins 

De la terre de L-ombardie 

Por sa très grant papelardic; jo 

En cel mont dst cil sa meson, 

Si orrez par quele resoa, 

Et une \oi%t ou it boutoit. 

Et moût grant entente inetoit 

A enseignier iluec sa loi. )) 

Si mena sa gent a bHloi 

Tant que par lut et par ses ars 

Furent puis .ix" , bougres ars. 

Le merqueJi de Penlecouite 

Souz Moïmer iluec de|ausle, 40 

Volant getit qui îcrcni venu 

De meînt pais, et aplrû 

Por avoir ie tr^ grant pardon 

DoDt frère Robert leur iist don i 

Si sachiez que il tn dona 41 

.Xxx. anz a cluscun et bonna 

Por votr la très grant jusliie 

De! bougrcï an dedenz la lice 

Qui eslOLt (eie de piliz 

Novel, qu'il n'i îcrt enpalii, ^o 



1. Alhtric DSTle d'un Fortunat aui, chassé d'Afrique par saint Augustin, vint 
s'ttabijr en Cnampagnc cl fil son aisciple d'un chef de brigands, Wimer, établi 
sur la montagne qui porta depuis son nom. Dans le texte français, il n'est pas 
fait mention de Fortunat; c'est Winier qui aurait été chassé de LomhrJtt par 
saint Augustin. 

2. Ëd. Ketifenberg, t. II, p. 66^-666. 

}. AiutiioUt hitlori^aa d Etienne de Bourbon, éd. Lecoy de la Marche, 
p. l49-"io. JJi rt4'i- 

18 Quel — ig boimer — 48 cite 



^B 22i C. RaYWaUEï ^^^^^^ 


■ 


^M En l'en de l'iacaraicion 




Sa famé apele, si tt dh 




^M OrcRt leur gract dampnacion 




Qu'ele se Itet sans coatredri, 


^^1 


^B .M- cl .ce. et .xvxrï., 




Les (ers aport en mi la me, 


^^^1 


^H N'i 31 metpris vaillant .i. nef. 




Et sour le pavement les rue; 


100 ■ 


^1 rOlr rcperrt a ma matere 


ii 


Si four alume a la laslerae 


■ 


^M Qu'avoie commenciè a dire. 




Pour le fort tens qui si iveme : 


1 


^1 La Tot ater li anemis, 




• Sire, » fet cil, « que vos but il? | 


^H Qui de ton erre lert entremis, 




— .lui. piez a ferrer, « fel cil. 




^K Pour la prestressc de Vertus 




— Levez .1. pié. » le fevre dit ; 


101 


^1 Qui estoil ja sus les («sluz 


6o 


Et cil SI fet tanz contredit. 




^M De la couche mise a la terre 




Si II (erre et les .nt. après ; 




^1 Pour tnorir, et cil l'aloit querre : 




Cil les lieve qui en est pr^, 




^B Porter l'en voleit en enfer 




Etctl qui est bons niare^chaus 




^H En chartre cl en Item de fer; 




Si It a dit : t Sire vassaus, 


110 


^1 Mis tant ot sa jutnent erré 


6S 


Je vodroie bien par scint non 




^M Que li pif li suai desferré. 




Que je seûte vosire non. 




^M Si connut bien li anemis, 




Qui chevauchiez lele jument 




^H Qui n'cstoit mie ses amis, 




Qui est plus noire c'arrcmcnl ; 




^H Qu'il la convcnoil a Fcfrer 




Ele reietnble moul bien bcite 


'li 


^1 Por plut tegiereineiit .iler^ 


7° 


Qui n'est mie torjors a feste. 




^H TitA qu'il s'en vint a une vile 




— Sire, je ai non Maquwel, 


^^ 


^M Que l'en apeloit Longuevile; 




Si ai moût noir le haterel; 


^^^1 


^K La meson tnieve, que il quiert, 




Si t'en dirai bien la verte, 


^^^B 


^M Au fevre ; il boute et hurte «t Âert, 


Que je sui sovent en nerté. 


110 ■ 


^H Et li fevres touz eifreez 


7i 


En dolor, en mil et en peine 


m 


^B Li disi que cil ait mal dahez 




Sor ceste jument que je meine, 


^^Ê 


H Qui a lelc cure a ti en vient 




Qui l'anic convient travciltier, 


^^^Ê 


^M Se a fcre ne li covienl. 




Et jor et nuit m'estuet veillier 


^^H 


^1 ■ Fevre, > fet il, * ne te coroce, 




Por li fcre peine et tormenle, 


in ■ 


^M Qu'en bat soii-cnt celi qui grouce; 


8o 


Qu'ek (orftit en sa jovente, 




^M Aes p^, si virn gaagnier 




Quant au siècle fu mariée : 


H 


^M .Xx. sous, ja ne faudra denier. • 




Si fu ttieu.i sa desTinèe 


^^^Ê 


^M Qnanl il ot parler de sonz vint. 




Qu'el aama comme musarde 


^^^M 


^H Inelement a l'uis en vint, 




Le proverre qui l'ot en garde, 


M^^^ 


^M C'en se met en grant aventure 


8( 


Qui bien li deûtl enseignicr 


H 


^M Por gaagnicr sovent et dure. 




Le feu d'enfer a eslotgnier, 


■ 


^B L'uis enlTOrri ineilement 




Et il li enseigna la voie 


■ 


^m El vit moul noir le tirmamenl 




Par quoi ele est orendroil moie : 


1 


^M Que lune nulc ne luisoit, 




Nos amon mîcus a cherauchler 


■H ■ 


^K Si que celui pou avtsoit 


90 


Prcslresscs et plus <\et) avon chier | 


^1 Qu'il entrevit el grant et noir 




Que destner a roi ne a conte. 




^1 Et esrrouii toi le manoir; 




Por ferc leur aseï ic honte. 




^B Si s'en revcl en sa meson : 




— A I Maqueret, » fet la tivresse 




^M Poor a grant, si a resoR, 




« Porroit merci avoir prestrcsse 


140 


^M Que deable totc créature 


91 


Por nule rien qu'en peoit fere? 




^^^^ Entûur qui vet herice el hure. 




— Oil, ï'el le voleit retrere 




^^^K 68 Que — 101 a. aia 1. 






J 


^^^^^^^^^^^^te 




_^^^ 


1 



^^^ 


TROIS DITS 


m ^W 


^H Dt wn ptchii Irt «t rilein 




Saclin (le voir, lu les perdroies, 


^^H 


^H EtttaTnscr x chjpelein, 




Que jes toli .1. usurier 


i8t ^M 


^H Et n feitt u cbaacvierc, 


I4i 


Qui a Senliz morui l'autrier. 


^^^M 


^H Sintdirii eo quel oiaiiere: 




Et Deu n'a cure de ici don : 


^^^^ 


^H (^rie neïmes pjr ses mctns 




Il ameroit miex .1. chardon 


^^^M 


^H Lj tibourast cl totr et mcînt, 




Qui ofl^rt II fuit de droiture 


^^^H 


^H Siqe'itilre ne t'enUcnKitt 




Que pleine tour de Ici grdurc , 


190 ^^^B 


^H DtMienen qu'd ra fc^, 


liO 


Que Dtex dist con cil qui ne ment : ^| 


^H AnHfioDaii M lj coillist 




* Je sui Deu qui eim jugement, 


^^^M 


^H ElsoUtt, M M boslist 




« Que ne vdt mîe que l'en m'osfre ^^^| 


^H Lt fixant d l'arroil lili 




f Riens de rapine dis plein cosfr< 


^^^H 


^H Et jbduI tôt ion filé. 




Et Ovide dit et devine 


•91 ^^M 


^H Peu m le'ui (ete chemise 


■i! 


Que chose qui vient d« rapine 


^^^H 


^H OiiDte «le oerre Tost mise : 




Ne doit mie bon chief tenir, 


^^^H 


^1 42^01 la loile en scroil ovréc 




Eini doit a nient revenir. 


^^^1 


^^1 Et pir ses mcins tole curie, 




De CCS deniers adiale Icr 


^^H 


^H ha h vesiist crunt merci. 




El tei espérons cest iver, 


300 ^^^H 


^H BiUU la coupe et «a et ci ; 


i6q 


Couteaus jgtiz et alemeles 


^^^1 


^V Pus n'i alisl plus coardam, 




J\ cipirdre snnt et ccrveles, 


^^^1 


r D K Uochast ru four ardanl 




Con doit convertir en tel art 


^^^1 


^_ Par ftpnetT le [vil) pcchii 




Chose qui vient de maie part. • 


^^H 


^B Dont un cors avroit entechié. 




Home soit prestresse et s'ucyre 


20f ^^M 


^^ Se par conseil de sn'nte iglise, 


.6i 


Qui se desnue et se descuevre 


^^^M 


Faoit itntt si *tmi mise 




Por fere prestre en li pechier : 


^^^M 


Han de nos taeias j uuv«lé 




Ne se puet plus vilment lechier. 


^^^^ 


DcTjBt le roi de maeslê ; 




C'est asemblée d'anemi, 


^^^^ 


El a dient agcune gent 




Mavèse avant, mavèse en mi : 


310 ^^^H 


Que il seroil et bel et gent 


170 


Conchife est et si conchie 


^^^1 


(^ la pmtresse ftist atiie 




Celi a qui ele se lie. 


^^^1 


DErrter les autres en l'igiise, 




Et met en enfer cors et ame. 


^^^H 


Car l'aatrt gem fxrdent la meste 




Or aut, et praigne, (oie famé, 


^^H 


Qsant deranl eut ett la prêtresse 


! 


Le guerredon et la monnoie 


^'s ^^M 


Tant est vis et desordenée 


'7i 


Qu'cle désert quant el foloie : 


^^^H 


Qn'ele devroit esire menée 




P*r h folour, par la luxure 


^^^H 


Fttmni de chief en chicf la vile, 




En enfer avra sepolture 


^^^H 


Qae la autres (âmes avile. 




S'au siècle n'en (et peaitance; 


^^^M 


^—^ Fe»re, fcvre. > dut Maquereau», 




liant vos di ge sans doutance; 


330 ^^^1 


^H • }e se sui mie trichereius : 


180 


Bien se gart qu'en enfer ne chie. 


^^^H 


^"^ Je u te veil mie trichicr; 




Car ele seroit chevjuchie 1 


^^^H 


1 -Xi. son* arrai: s'un seul dcBier 




£x;>/icit. 


^^^H 


^K Pov l'anow de Dieu en donoieî. 






^1 


^^^'»u» ^^^1 



"4 



G. RaYKàUD 



II). 

[Luifae la maudite] 
IparBouRDET). 

I.a pièce suivamc, dont l'auieur, Bourdet, était jusqu'ici inconnu, se 
rapporte à la fameuse légende de ta MaisnU HcUeqain. t>tte légende, 
qui apparaît dans de nombreux textes ' du nio)'en ftge, parmi lesqads îl 
faui citer de préférence un passage d'Orderic Vital >, semble avoir été 
particuliàremenc répandue en Normandie : notre texte en fournit une 
preuve de plus. La scène se passe en effet dam le pays normand ; Luque, 
la sorcière maudite, est tombée malade à Rouen, et se sentant mourir 
elle appelle le diable, c'est-à-dire Hcllequin, pour qu'il vienne la prendre 
et l'épouser. Hellequin se livre avec toute sa maisnie à la joie U plus 
folle : le vent souffle, les arbres sont déracinés, les clochers sont abanus, 
les moulins retournés, toute ta nature s'associe aux riançailles de Luque 
et de Hellequin. Les diables emportent l'àme de Luque en enfer. Le 
mari humain de Luque, Boutecarete, meurt bientôt après elle, en léguant 
ses meubles à l'archevêque de Rouen. — Il y a sans doute ici le souve- 
nir d'une violente tempête qui causa de grands désastres dans le pays 
de Caux et â Rouen, et qui coïncida avec la mort d'une femme de cette 
ville, réputée sorcière, et àt son mari. Feut-fitre pourrait-on retrouver 
la date de cet ouragan. Malheureusemeni le poêle, s'il nous a laissé son 
nom, ne nous a pas donné celui de l'archevêque à qui Bouteareie légua 
son mobilier. 



Puis <]ue Roen (u establie 
Ne fu feie tel deablîe, 
Si comme m'esl contée et dite, 
Copme fut Luque la inaudite. 
Quinte nuit 4evjnt la seint Pierre 
Que l'en apcie ivcr souz pierre, 
l.uque [ta] maudite acouchj 
tt unt que la mort l'apioctia, 
Et ne poeil santé avoir : 
A Helequin le fist savoir, 



Mande li que il li sovieigne 
De li et que qaerre la vietf;ne, 
Qu'eie veut esire s'espouste ; 
El ne donroit une bûuife 
En son mari Boutecareste ; 
Fraie li (juc il s'entrcmete 
De fcre U plus desguis^ 
Keste c'onques lust devisi{e], 
Que par le mont en soîl parlé 



'9 



10 Par mons, par vaus, parloac, par li. 



1. P. Paris, la manascnti frantcit Je ta hiblwfhi^uc àa Roi, t. 1, p. )32- 
)a( ; Leroux de Lincy, U lim du UgeaJis, introduction, p. 148- 1}0 et 140- 
)4\; Cachet, Glojjaiu, p, lii-l^j: elc, etc. —J'ai entrepris sur cette légende 
un travail spécial, que je compte produinement publier. 

2. Éd. Le Prévost, l. III, p. J07-Î77. 

i Quite ~ 



^^^ 


■ 

TROIS 


DITS 


22Ï ^H 


Quot Helle^uin i c« oî. 




Jouïte .1. hamel lés Ivetot 


^^H 


Moui dnrf emjeot t'en eijol ; 




Troverent .t. molin a vent 


^^^1 


1 Lors es apele la nesoîe, 




Que Helequin et son covenl 


^^^1 


rorloisfinenl l'a aresnie 




PZn naves siti iine roelle 


^^^1 


El dit qu'il » veut marier. 


'S 


Font fere la tome boelk. 


^^H 


' En celé oa pi» se puel fier : 




Par la forest du Tret rcvinJrent 




C«sl dame Luqu« ta maiidiie. 




Ou jolivement se contindrenl, 


^^^1 


1 Si totl cûB la pjrollf ot àiK, 




Car il firent en .1. moment 


^^^1 


Si a chJSCUD \xtTi par s'amc 




Toi le plus tort lûrnoiement 


^^^1 


Que ce est 1] plut ugc dame 


30 


Qui jamèt Miit ne onqnet (usi. 


^H 


Qoi Mit d'rluec si qu'a Vitcrbe: 




Leur lances «stoient de fuit, 




El moMle n'a u iravêM erbe 




De tel fusl con il le troverent : 


^^^H 


Que ele par cuer nequenoise; 




MoiiC bien leur force i esproveretiT, ^^^^ 


' El en hu trere nittnte angoîse 




Chascun .1. arbre CRbracha 


^^^H 


A Elu If poitevin, 


JS 


En lieu d'eîcu et l'esracha. 


^^1 


1 Et II fbt boivre en lieu de vin 




hon tirent leur lomoiement 


^^^1 


L'ftbe qu'a non crampepoo[î]l. 




Mes pas ne sai dire cominent, 


^^H 


Lon met entr'eui .i. grant too(i) 




Que pas avecques eus ne fui. 


^^^1 


Pour loer ta a Hdlcquin. 




Mes iî .1. d'eus SI s'en fui, 


^^^1 


Il ne fitl pas comme quoquin, 


40 


Et tes autres torjors aprb 


s» ^H 


Mes comtDC prcuz et comme sagei 


> 


Qui le suircnt de si près 


^^^H 


D'enfer a pris .iii". mewges 




Torjors de muete et de randone, 


^^^H 


Poor envoer en lîeu drvcrs ; 




Si qu'en la forest de Brotonne 


^^^H 


j Mè» eîni que »oiï patsé iver» 




Le chacerent tor|ocz bAt.int. 


^^^1 


^H Lor a dit qa'i l'espousera, 


4S 


Lors s'arcsta celui estant ; 


^^H 


^V La grexgnor joie Jor fera, 




S) lor livra a touz estai, 


^^^1 


CvD «tic gent si granl ne virent. 




Lan veîs^iez granl balestal. 


^^^H 


Par tM le monde s'espiBdtrent : 




Il lie l'eûsent jamès pris 


^^^1 


TroliMi icevs qse il trwerent 




S'il ne l'eûienl si sorpris, 


^^^1 


Firtat qn'atec eus amenèrent 


\t> 


Mes tant d'arbres firent chaer 


^^1 


Qw uvoient de l'in^rotnanre. 




Enwr li qu'il ne pot vecr 


^^^1 


Asftierent fesant la daiic« 




Con il peùst eschaper d'eus. 


^^^H 


' Defant Hellpqiita en eoder 




Lors li torna au cu<:r grant deus, 


^^^H 


Qai iMiert i. bailon de fer, 




Car il set bien qu'il jert veincus. 


^^^1 


^^ Dont il s'aloit esbanoiant; 


iî 


Ad roi a rendu ses escus, 


100 ^^^1 


^B Lan lor a dit lot en oiant : 




A scint Hcmoul sous Caudebec; 


^^^H 


^^ « ScigDorv, monta, alon, alon 1 




La firent il croître le Bec 


^^^H 


Or Tcrra Cauz que nos valon, > 




Et d'ilucc abatent la tour 


^^H 


Lan s'en issoit tuit cil d'enfer : 




Si c'onqoes puis n'en fu retour. 


^^^H 


Par m te pmui d'Amifer 


60 


En cel bois chascun endroit soi 


10) ^^H 


Soai dl d'enfer entré en Canz 




Prist 3 chascun d'eus si grant so 


^^^^1 


ti Oit firetil meûit grant encauz ; 




Que de noirorent les vis leins. 


^^^H 


Par Ncvillc potnirent lor cour, 




lluec fusent de sei nlelnis, 


^^^1 


^—^ Q***'' "■ abolirent la tour 




S'il n'eùsenl Seine irovée. 


^^^H 


^B Etwtresi a Ivetot. 


6i 


Dant Heliequin et sa mesnËe 


110 ^^^1 


^V a6 En ceus — 6} Ivetot doii 


itrt U 


' JautiJ tt tnh peur an dts noms tn 


-lût ^^B 


F à fttJfmHti dans tdlt rigion. 






^^^^H 


^^m kamaMU, XII 




J 


^H 


^A 




J 


^^1 



220 G. RAYKAUD 

Vm troverent de Seint-Yon, 

S'en borent, qn'i k»- sembla boa. 

De ce furent il bien cbaanz 

Qne saoz le gré as marchaans 

Qai les YÎns orent achetés 1 1 { 

Firent des nns lear volentés. 

Da pein de rire soupes firent 

Que es bateans entor eus Tirent. 

Mes lî .1. d'eus estoit malade : 

Si li sembla te pein trop £ide 120 

Por ce qu'il estoit dessalé. 

Lors est chascnn tantost aie 

Qnerre du sel du pins demone 

(^'il troverent en une baigne, 

De qaoi trestot le pein salèrent. i2j 

D'iluec a Roen s'en alerent, 

Et très torion entr^etant 

Et cens desus desouz tornant 

Les nés au sel et au harenc, 

Si con il erent renc a renc; 1 jo 

Ce fu trop bel enchantement. 

Les tonnians de vin ensement 

Firent aler du premier quei, 

Je ne sai pour quoi ne a qoei, 

An pié de seinte Cateline: i}} 

Ce Âi sanz volenté devine. 

Melnt pleur, meintcri et meint domage 

Firent iluec par lor grant rage 

En mas et en nés et en très. 

Lors sunt dedanz Roen entrés 140 

Ou meinte bêle cheminée 

Fu par eus celé nuit minée 

Et cornez de mesons .11. mile. 

Tant tracèrent par mi la vile 

Qne il troverent dame Luque 14$ 

Qui or [en] enfer s'espeluque, 

Et si trestost con la troverent. 

Entre leur braz l'ame levèrent ; 

Pour itanl comme Luque iertfame, 

La portèrent a Nostre Dame : 1 ;o 

Mes l'ns devers la Masoleine 

Truevent fermé ; a voJz hauteine 

Dist Hellequin : t Tu comperras, 

Arcevesque, si le verras 



Qui ceste paie fermée as ! ■ 1 j j 

Lors dist : € Atkolke portas ! > 

Et si tost con il ot ce dit. 

Ce fa fet sanz nul cootredil 

Ne de barre ne de toroil; 

Ausi con fnst toronl boroni 160 

Firent bures, torooz brisier : 

Ce ta d'enfer le mestre huisier. 

Hors isirent par la Terrine 

Qui estoit devers la cuisine 

L'aroeresqne ; sus .1. piler 16} 

Pristrent .c. quarreaas por piler 

L'arceresqae, mes n'i ert pas : 

Dieus le gari a cd trespas, 

Mes il destmitrent ses mesons : 

Oï avez les achesons. 1 70 

D'ilaec en enfer s'en alerent 

Dont onqoes pois ne retoraerent 

Ne ja mes ne retomeront, 

Mes trop greignor joie feront 

Que onques nule gent ne firent lyj 

Crestien, giené ne cardieo, 
Que tant comme Des sera Deo, 
Dur[e]ra lor feste et lor joie, 
Et ne croi pas que parler oie 180 
D'eus par nule peine qn'i mete, 
Se ce n'est par Boutecareite 
Qui fu mandé, si i comt : 
Tant fu hasté que il momt 
Sanz prendre a son prestre coogii : 
Asez avoit au soir mengé ; i8£ 

Saol momt et pleine dois ; 
Mes d'autre part fist que cortois, 
Et pour ce que a l'arcevesque 
Fu fez par Luque la travesque 190 
[De} destniire li ses mesons, 
Ne fist pas comme mavès bons, 
Mes con preudons riches et nobles : 
A l'arcevesque tôt ses mobles 
A lessié dont iert en sesine. 19} 

Ici BouRDET sa rime fine. 
Explicit. 



m seint iohan — iji A lus — 181 que gi m. — 19^ dont il iert 



^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^TrÔi! 


DITS «7 


1 


^^^^^^HH^^^ 




^^Ê aboutis, l, } ;7i entitét. 


chandelier, 1, îj?, /ti Chandtiear, 




^^M acouchier, IIE, 7, s'aliter. 


chaneviere, II, 14), iinceai de 




^^M AiLLi SEUii Noie, I, 286, /li7/^- 


chanvre. 




^^B tur-Noye [PicarJit]. 


comei de maison, IlI, 143, coin. 




^^Ê ANTipen. Itl, 60, le cep ttAntifer, 


crampepooil, III, p, herbe toxi^fue. 




^^H à VtxUimlti du pays de Caax. 






^^M aplavoir, 11, 42, accourir en (mit. 


Drnise (s.), I, 120, saint Denis. 




^^P aroier, II, 1 J3, faire rouir. 


(fesguLsé, ni, 17, étrange. 




^^M arremenl, 11, 1 14, encre. 


dois. Itl, 1%-j, panse (m. à m. con- 




^^1 AUBERi, 1, ]07, nom d'homme. 


duii. iuyaa) {?|. 




^H AUCUSTIK (5.), Il, 27. 






^H 


Eue le Poitevin, ill, ;}. 




^^M batestal, m, 92, tumulte. 


encauz, itl, 62, pûursiùte. 




^^^ Bec |le}f [Il> 102^ rmseaudeCau- 


engeigne, I, 291, coUre. 




^^M 


eniort. 1 , j62, déraitonnabtes , 




^^M belloi. II. }6, tort, détordre. 


faussés. 




^^M bonner, II. 46, fixer, déterminer. 


enireture, I, 9, lustoire, conte (?). 




^^1 BoROOiGNf, 1, 340, Bourfflgne. 


EscocE, 1, 176, Irlande, 




^^P BouRDCT, III, 196, nom d'uA /rou- 


esloquier, 1, 2î8, dilapider. 




^^H 


espeluquier (s"), 111, 146, s'éplu- 




^^H bous^e, III, 14, borne dt vache. 


cher. 




^^M BouTECARCTË, 111, !{, 182, mari 






^^P de Lu^ue. 


favele (servir de la), I, 1 jS, trom- 




^H Bkide(S<)[i'E$coce,I, fjdfSainte 


per en paroles. 




^^M Brigide d'Irlande. 


favresse, II, ( jç, femme du forge- 




^H Brotonne (la forêt de), 111, 88, 


ron. 




^^H pris de Caadebtc. 


felenés, 1, 357, }6ï, de lutare fé- 
lonne. 




^^M cardieu, [II, 177, Chatdéen. 


foubert, 1, 167, dupe, niait. 




^^B Cateliks (pré Saime% ill, ij^. 






^^M lieu sur la Seine près Je Roiua. 


gaïieaus, 1, 1 5$, cachettes (?). 




^^M Caudebec. III, 101 (en Norroan- 


gingenbraz, I, 24}, gingmine. 




^H 


gorré, 1, uKO- 




^^M Cauz, m, ;S, 6t, pays de Caax. 






^^M cengle, i, {6{, lona (maiadiè). 


baigne, 111, i24(P). 




^^1 Cerenz, I, i6{, Cireaca [NoT' 


halimot, 1, 206, embarras, empret- 




^^H mandie] . 


semeni (?1. 




^^P Champaicne, II, 24, Champagne. 


haseteur, 1, 82, joutur dt dis. 




1^ ^ 







228 



G. RAYNAUD 



haterel, II, iiS, derrière du cou. 
Helequin, HELLEqyiN, III^ 10, 

21, Î9. ïî. 68, 110, isî- 
Hernoul (Seint-) sous Caudebec, 
III, loi, Saini-Arnoult, pris de 
Caudebec. 
hoquet (prendre a), I, i\^t pren- 
dre à l'hameçon^ au crochet (?). 
hurer, U, 96, faire dresser les che- 
veux sur la tite. 

Imer, II, 26, nom d'un hérésiarque. 
Imer (montaigne), II, 20, voy. 

MOÎMER. 

ingremance, III, ji, nécromancie. 

iver souz pierre, III, 6 ; voy. sur 
cette locution /'Ann. de la Soc. 
de l'hist. de France pour l'année 
iZs2.p. î6. 

IvEToT, III, 65, 66, Yvetot {Nor- 
mandie). 

JoiRE (saint), 1, 540, saintCeorges. 
Julien (seent) de Paris, I, 297. 

loer, m, i% fiancer. 

Lambert (S.), I, 168. 

Leu jS.), I, 165, saint Loup. 

LoMBARDiE, II, 29, Italie. 

LoNGUEVELE, II, 72, vHU de Nor- 
mandie. 

LoRENZ [S.], I, 166, saint Laurent. 

Luc^E la maudite, IH, 4, 7, 27, 
145, 14g, 190, nom d'une sor- 
cUre. 

Maqukrel, 11, 117' 1Î9, 179, 
nom pris par U diable. 

Marie (S"), I, 112, 229. 

Masoleine, III, ip, La Made- 
leine. 

merlle merlle, I, 186, pile-mile. 

meschevé, I, 157, malheureux. 



MoÏMER, II, 19, 2J, 4o,JVo/il Aj- 
mé, près de Vertus (Champagne] . 

naie, I, i6s, non {avec un verbe à 
la Impers, sous-entendu'). 

natre, I, 144, naïf, complet. 

naves, III, 69, bateaux. 

nerté, II, 120, noirceur. 

neuz, I, i 61, noeuds faits pour gar- 
der l'argent. 

Neville, III, 6}, Neuville, près de 
Dieppe. 

noisel, I, 1 jô, petit nœud; v. neuz. 

Norhendie, II, [, Normandie. 

note, I, 17s, 196, 197, compte; 
note tresaiée, I, 7$, compte non 
payé. 

Ovide, II, 19$. 

Paris, I, 297. 

pelein, I, }j6, m. à m. pelage, 

fourrure ; naturel. 
penduaille, 1, J69, gent pendable. 
Pierre (la seint), III, ijiie de la 

chaire de saint Pierre { 1 8 janvier) . 
porcheint, I, 364, ceinture. 

rebourse (avoir la chiere), 1 , 98, 
189, être bouleversé. 

rebrois, 1, 99, résistance, opposi- 
tion. 

Reins, I, j8, J2], Reims, 

rigot, I, ijj, bourse-ceinture, cf. 
Romania, VIII, 100-101. 

Robert (frère), II, 44, inquisiteur 
au XIII' siècle. 

RoEN, m, 1, 126, 140, Rouen. 

Rome, I, ^8. 

roquet, I, 116, sorte de blouse. 

sains, I, 183, signatures. 
Seine (la), III, 109. 



Senliz, II, 186, Sanlis. 



TROIS DITS 229 

Tret (la forêt du), MI, 71. 



techier, II, 208, souiller. 

tooil, III, }8, bruit, tumulte. 

tomeboelle (la), III, yo, la cul- 
bute. 

toroil, III, 159, 160, verrou. 

toroul boroul, Itl, 160, s. d., tohu 
bohu {Littré n'a pas d'exemple 
ancien) . 

travesque, lil, 190, contrariété, 
désagrément. 



Vertus, II, 59, ville de Champagne. 
verrine, III, 16^, fenêtre. 
ViENois, 1, 146. 
ViTERBE, III, ji, ville d'Italie. 
voiseus, I, 6, habile, avisé. 

YON (Seint-), III, m, Saint-Yon 
(Seines-Marne); cf. Œuvres de 
Henri d'Andeli, p. p. Héron, 
p. 24, V. 26 et la note. 

Gaston Raynaud. 



MÉLANGES 

DE LITTÉRATURE CATALANE 



II. Le livredes trois choses. 

Ce petit recueil de proverbes, de sentences et de plaisanteries parfois 
un peu grasses a été transcrit sur les feuillets 209 à 314 du manuscrit 
n° }77 de la bibliothèque de Carpentras, auquel j'ai déjà pris le conte 
rimé de L'amant, la femme et U confesseur '. Le titre qui lui a été donné, 
Libre de très ou Livre des trois choses, fait allusion k la formule invariable, 
trois choses sont ou trois choses font, par laquelle débute chacun de ses 
articles. Cette formule, est-il besoin de le dire i n'a pas été inventée par 
l'auteur du Libre : déjà le chapitre xxx des Proverbes de Salomon a plu- 
sieurs versets commençant par un tria sunt, et, sans parler des fameuses 
triades galloises, il n'est pas un recueil de proverbes, ancien ou 
moderne, qui ne contienne plus ou moins d'exemples de cette tour- 
nure >. Les rechercher tous serait un travail fort long, que je ne puis 
entreprendre en ce moment ; mais je voudrais au moins faire con- 
naître les triades qui se trouvent dans un ouvrage catalan du xiv* s., 
en grande partie inédit ; il s'agit du recueil intitulé Proverbis e dits de 
philosofsi, traduit de l'arabe par un juif de Barcelone, Jafuda, fils d'As- 
truc, à la demande du roi Jacme II d'Aragon 4. En voici le relevé : 



1 . Romania, t. X, p. 497 et suiv. 

2. Voir les exemples reunis par M^"* Ida de Dûringsfeld et le baron de 
Reinsberg-Dûrin^sfeld dans leurs Sprichwarttr dcr girmanischin u. romanischta 
Spracben. Leipzig, 1S73, t. I, p. ij; et suiv. 

}. Quelques chapitres de celte compilation ont été publiés par les éditeurs de 
la Colacion de doc. inid. del archive de Aragon (voir t. XIII, p. 16; à 183), 

3ui n'ont pas su à quel ouvrage ils avaient affaire; leur texte d'ailleurs est 
éplorablement incorrect. Je prépare une édition complète de cet important 
recueil d'après les trois manuscrits actuellement connus. 
4. Et non pas Jacme W, comme l'ont cm Helfferich, Raymund Lall u. dit 



HfUK6ES DE LITTERATURE CATALANE, Il 

Ea .iij. COKS Hc pot bon far, ço es rrey, mar e tsnpi. 

Rey dea haner .îtj. cosct : castigar «juell qui erra e retre guardo a quel 
vatrex e œr vertader. 

R«y àea eser menibrat de .iij. cotes : la primera que ell ei .j. c ha poder 
sobre noltt, e la segona que aqitells ca qui dl ha poder son TraRCi e so obli- 
gats, e la tercera que s* senyoria deo durar teffl|» sabut quet deu etplegar. 

Très <mt% m son vergonya a çdl qui les b« : atercar saber, c malaltia de 
cors e parents pobres. 

Très coscs sod perilUses de fer : beure tuiech per asuig e aur per mar 
per guanyar c descobrir son secret a fembra. 

CoRieiler no es bo smo i M], cotes : que ait vmIs Ids frts e saber e 
conexcnca ea l'ordonamefit e que ail soa esguart e son pensament en la 6 del 
temps . 

Ab. .iij. coses nos uîa (auia?| d franch : son pare, son hoste e sa bastida. 

La [booa] vida es en -ûj. cotes : atnpia casa e moHs seniidors e auînent dooa. 

AuQJ vida es en .itj. coses : mal vehi e foll fill e nuler ab auots costURies. 

Très coses no han conseil : batalla ab enuega e malcBlia ab ualesa c pobresa 
mescJada ab parea. 

Très son cscusals si an auols costumes : malalt e qui ue de caml e qui 
dejuna. 

Très nols meynsprea qui a seyn : rrey e uui e amich; per ço com qui 
mcynsprej rrcy pertse del segle, e qui metiysprea saui afolU sa IJg, e qui 
roeynsptea amich alTolla enseoyament e si ualor. 

Fïer viaige ion M\. afaynt : cl primer pensar, el segon apparellar, cl terç et 
moure, c et pensar es lo maior. 

Toi hom qui aîa .iij. coses no âges dupte si sera bon : si loa ion vehi e son 
amich c sos parenlf. 

Ce mime recueil contient aussi plusieurs sentences où le nombre trois 
est remplacé par deux ou quatre. Par exemple : 

Dos homens nuis troba hom : qui do mo!t ni qui deman pcch. 

Quatre coscs son legcs c son en quatre pus teges : auiricia en richs e ira 
en sauis e (al^ia en luttes e leig perlar en fembrei. 

C^uatre nos sadollcn de quatre : hull de vascr c orelia de hoir e terra de 
pluia e fembra de hom. 

Quatre coses ocien lot bom qui les vsa ; amar fcmbres e ca;a e joch e vî. 

Ducs coses nobles no conex hom tra que tes pert : s.ilut e jouent. 

Quatre cotes ne ban obs quatre : paratge bon nodriment, goîtg seguretat, 
piroitescfi amor, seny proua. 

Quatre coses rio son poch per poch que sjen : deuta e foch e malnolen^a ( 
iDaleutia. 



AaUttge in Mtalmîsthtn Lilaotur, p. ii, et KnasI, MiUhàlmigtn éui itm 
F.iittTiel, Tùbingen, iSy^j p. (i6 et i,bj\. Dans ton prologue, Jafudâ donae 
su roi Jicme le titre de roi ae Sicile, ce qui tranche ta question. 



1J2 H. HOBEL-PATrO 

Quatre nos podcn sadoUar : foch de len/a e inar àtygoa e mort de aaines e 
cobeu de hiuer'. 

Il exisic d'ailleurs des collecuons uniqueraeni composées de semences 
ou de proverbes ainsi formulés. Je n'ai pas trouvé de Livre dis trois choses 
qui fasse pendant au recueil du manuscrit de Carpentras; mais nous 
avons en français un Livre drs qUiUrt cliout, autrement nommé Lt qua- 
ternaire Siiint-Tlwmâi, qui a été souvent imprimé, dès les premières 
années du xvi' siècle au moins ' . Les Italiens om aussi un Livre des <}witre 
choses, semblable à notre collection française, mais pas plus que Duples- 
sis je n'ai réussi à découvrir un exemplaire de l'opuscuie du Bolonais 
Orazio Riminaido, dont je ne connais qu'une traduction castillane, insé- 
rée dans plusieurs éditions du CaiitUo espanol de Lucas Gracian Dan- 
tisco. Dans l'édition de Madrid 1^99 que j'ai sous les yeux, cet ouvrage 
est ainsi annoncé : " Uestierro de ignorancia. Nuevamemc compuesto y 
sacado a luz en lengua italiana por Horacio Riminaldo Boloiies. Y 
agora tradurido de lengua italiana en casiellana i. > Les articles de ce 
recueil sont rangés par ordre alphabétique du mot le plus essentiel, dus 
lequel se concentre l'idée de chaque semence. Par exemple, c'est sous 
la rubrique casa qu'est placé le proverbe suivant : * Quatro co&as echan 
al bombre de casa : el mucho humo, la goiera, el mucho hedor y las 
riiias de la muger. » Entre le quaternaire français et le quaternaire 
iialien, tel que nous le connaissons sous sa forme espagnole, il y a plus 
de rapports que n'en a admis Ouplessis, mais je ne m'arrêterai pas à les 
meure en évidence, car ni l'un ni l'autre recueil ne contient rien qui 
puisse être utilement rapproché de la collection catalane. 

Tous les articles de ce Livre des trois choses n'ont pas été puisés dans 
la tradition orale, tous n'ont pas un caranére popubîre ; même parmi 
les triades assonancées, il en est qui ont été rédigées à dessein pour 



I. Dans une autre compilation catalane du XV' siècle, la Doctnna moral 
d'Ea Pachs iBibl. nil., ms. eto. ^^i, je relève encore ces deux iCDlences : 
• E son très cases que no an <!urad;i : nom bjUilador, caunl sillador, hodre 
de bon vi » ((oL 2^) ; — * Sînch cotes son que rompcn U justida : anor, 
hoy, preu, lemor, pregarîes » ifol. ji v). 

1- voir G. Duplesiiî, Bitliogiaphic parimiohgi^at , Paris, 1847, în-8', 
0* 3}7. La Bibiioihècjue luilîonjle possède Lt QuiUmairt uitut Thoma. Auttri- 
mtnl dut Lct ija^itu dioia S. Tkoma, pet. in-8«, s. I. n. d.^ gothiqne. Ce recaetl 
cammence par : < Quatre choses sont nécessaires a soy bien gouverner en ce 
monde : penser la tcmpi passe, disposer au temps prêtent, pourueoir au temps 
aducnir, et déclarer U choie donbleuse i, et finii par : • Quatre choses sont 
qu'on ne peut jamais recouurer : la pierre gettée, U virginité, la parolk dite et 
le tet^ perdu. ■ 

j. Dans le titre général du livre on lit : < y de nuevo vj anadido el des- 
lierro de ta ignorancia, que es, Qtuitaiiiiirio de auisos conuenientes î etie nue^ 
tro Galateo. > 



MÉLANGES DE LITTÉRATURE CATAWNB, Il ÏJÎ 

pttwrlacolleciion. Beaucoup de ces belles semences et constatations 
msnwivcs n'ont d'autre source que l'imagination du joyeux compère 
cauluoii maiorquin du xiv ou du xv* siècle, qui a eu le ton de ne pas 
ic mner. 

L'toitare du manuscrit de Carpentras m'est maintenant assez fami- 
li(n pour qu'il me soit permis de garantir l'csaciitude de ma transcrip- 
lÙB. Uiii â j'ai la conviction d'avoir bien lu, je dois humblement 
<Hfaserqgc je n'ai pas tout compris. Les mots, trop nombreux, dont 
Je KU m'échappe, sont indiqués dans les notes avec un point d'interro- 
piÎM. La syntaxe aussi laisse parfois à désirer ; le compilateur, cela se 
ifwlja'ftat pas ni grammairien. 

A. Morel-Fatio. 

LO LIBRE DE TRES. 

.»9a] t. Libre de très, qui val a ires mais : a tolre set, a curar 
wicb.tticetisich. 

*. E val encara a très coses : a mcmcics inftar, a cul bufar e aconpa- 
"JH sur. 

I' Encira val : a colcra baxar, la boca badar, ta tasa besar. 

4- Exara val : a mais oblidar, alegra siar, de iuem no suar. 

(. Encara val : riquea mantcnir, pobrea soferir, mal i be retenir. 

6, Encara val : a dones honrar, cauallers aconpanyar e sabates 

iOlRfflt. 

7. Très coses laluan horo : para, fill e sant spîrit. 

ÎL Très coses danpnen hom : fer pecai, aquell continuar e de aqucU 
M pecedir. 

9- Très coses conseruen jouent : engenrat de jouent, casi viure e 
*l^Beni viure. 

'0. Très coses fam [sic] hom tost veyll : engenrat de veyll, nexitneni 
'eIku noua, paor de mon. 

M. Très coses fan hom rricti : cura en ajustar, dïtigencia en con- 
*tn»rt de gardar se de mat. 

{io^h\ 13. Tre* coses fan hom pobrc : poca cura, no auer masura e 
*ab cooipanya. 

11. Très coses fan hom alegra ; salut, rriquea e plasent conpanya. 

14. Très coses fan bon alegra : be menjar, be heure, be dormir. 

If.Tres coses fan hom alegra : honor inflada, mala mulier soierrada 
■licUsenjenta sots flassada. 



1. U ripclitioa du mol tisicit ta naturellement fautirc. 

*. aamgitr esi poar acmyar on peut-être acanzar. — sthalis = Sâbaurs. 

lyfijtuda. De pretniire miin -.jraifaia. 



2)4 A. MOREL-FATIO 

i6. Très coses idsi l'om trist : ventre buyt e cul sduyt e auer mala 
nuyt. 

17. Très coses fan Tom trist : porga pendra, lo cul no la pot conpen* 
dra e gran strabant pendre. 

18. Très coses fan hom gras : molt menjar, molt dormir, la caramella 
no massa febrir. 

19. Très coses fan hom tost gras : bufar en foc, gardar abeyles e 
maleueiar en rabost. 

30. Très coses honren hom : rriquea, linatge e bell vestit. 

21. Très coses desonren hom : mal [209 c] parlar, squinsat anar e 
vent detras gitar. 

22. Très coses enganen l'om joue : pluge manuda, vi dolset e lagre- 
mes de putana. 

2 ; . Très coses fan hom saui : molt viure, molt le^r e molt sercar 
del mon. 

24. Très coses fan hom pech : de son loch no axir, ne res le^, ne 
sermons hoyr. 

2 j . Très coses son de que nagun pot be axir : mocar candela, jutjar 
dau e torcar cul d'infant poch. 

26. Très coses giten hom de casa : fum, pluge e mala fembra. 

27. Très coses engenren hom : .j. longuet e dos radons. 

28. Très coses desbn l'om : plet, bando e joch. 

29. Très coses desfan l'om : mala fembra, boca lemînera e lenga mal 
parlera. 

}o. Très coses fan mal papa : los [209 d] clergues scorxar, los beni- 
fets a SOS parents dar e fer part entre los rreyes que an guerra. 

j I . Très coses fan bon papa : que sia grados, misericordios e en 
guerra reyal no sia parcial. 

j2. Très coses &n bon cardenal : humiltat, leyaltat, de dmonia 
mundat. 

j } . Très coses fan bon bisbe : que sia bon e mansuech e bon defene- 
dor de la sgleya e tenga bons officiais. 

)4. Très coses fan mal bisbe : que sia demanador de pecunia e poc 
misericordios e aïs patits rigoros. 

16. idayt? 

17. strabant. Le ms. a strabant ou strabattr, ttr^alar ; le signe abréviatif est 
à la fois sur le second a et le t. Labemla a un verbe cscrabatar, qu'il traduit 
par ( desbaratar », 

18. caramella, sorte de chalumeau. Ici « membre viril 1. — fibrir = fabrir, 
t polir >, 

19. maleaeiarf — rabost {rtpositus) a office ■; en aragonais repotti, 

26. Ce proverbe est bien connu ; nous l'avons en français : ■ Fumée, frfuie 
et femme sans raison chassent l'homme de sa maison. > 



• 



MÉLANGES DE LITTÉRATURE CaTALAKE, Il i)J 

} { . Très coses fan bon abat : esser deuoi e fassa la régla seniar e lo 
Temporal be administrar. 

)û. Très coses fan mal abat : del spiritual no curar, lo temporal mal 
administrar e la regia no seruar. 

)7, Très coses fan bo rrey : justicia, mtsericordia e bon consej'll. 

;8. [2iOii] Très coses fin bon rrey : al son poble no sia j-nuasible e 
souin oge missa e tcnga la «iï terra pacifica. 

39. Très coses fan bon rrey : tenir bona companyia, no despena mes 
que no guanya c fer se lembra en pla e en muntanya. 

40. Très coses fan mal rrey : guerra sercar, forques d'argent fermar 
e 50 que es bc fei desfer. 

41. Très coses fan bona rregina : humil si mosirar, la honor del rrey 
guardar e per tos perseguits injusiament soplicar. 

42. Très coses fan bona regina : deuoUment missa scoltar, auaricia 
no amar e ses donseyics no lexar apartar. 

4;. Très coses ^n mala regina : auaricia amar, per los perseguits 
injusiament no soplicar e a missa a tart anar. 

44. [210^] Très coses fan bon chivaler : be armât, be armât e be 
encaualcat. 

4j. Très coses fan mal caualler : sa fe trencar, sos homens mal trac* 
tar e aquells no defensar. 

46. Très coses fan bon derga : fogir al temporal. lenJr aprop lo 
missal e no tocar al cuxal. 

47. Très coses fan mal clerga : lo offici de Deu lexar, entendra en 
mercadcria e les paroquianes bfocar. 

45. Très coses fan mal rreli^ios : esser desobcdieni, anar per vîlasouen 
e fermar dos radons en vna siaca. 

49. Très coses fan bon religios : que sia obedient c scient e aja color 
de capo. 

so. Très coses fan bon aduocat : benignameni hoyr, e lo dret [ïtofj 
be mantenir e gran paga no quérir. 

{1. Très coses fan mal aduocat : dues parts aduocar^ los dreis no 
gardar e gran salari demanar. 

)2. Très coses fan mal scriua : scriure blcia, dobla salari quérir e 
los contractes en cedules tenir. 



141. bona. Mi. mj/j. 
44. La répétition de bi ermat est uni doute faotivï. 
^6. ton. Mi. mai barré. — cuml • braguette 1 ? 
48, Cf. n» 3-. 
49. cdpo, ( chltrè ». Aiut eûlùt dt ca^ est le contraire it fctmar dot radons 
ta luu staca. 



ÏJÔ A. MOREL-FATIO 

; ;. Très coses fan bon scriua : veritat scriure, esser deliura e satari 
trempât pendra. 

J4. Très coses fan bon mercader : veritat dir, sa promesa tenir, a 
son companyo no faylir. 

j 5 . Très coses ^n mal mercader : son companyo enganar, sa mercft- 
deria falsar e peraquella desperjurar. 

j6. Très coses fan bon manastral : en son offîci sJa leyal e seure 
[210 d] en son bancal e que sia libéral. 

J7. Très coses fan mal menestral : auoi obra fer, no tenir aprop son 
mester e fer sa renouer. 

j8. Très coses fan bon alberch : lo senyorajustar, ia dona conseruar, 
son tafurell no prestar. 

59. Très coses faa bona vinya : be cauar, be podar, ben magencar. 

60. Très coses fan bon on : cauar fort, stront mort e bon plaotar 
de coll. 

61. Très coses fan bon capita de mar : quel sou que prometra pach 
liberalment e so que près aura en batalla partesque egualment, e no sia 
superbios a la gent. 

62. Très coses fan mal capita [21 1 d] : no pagar lo sou que promes 
ha, tolra als galiots so que près auran e sercar guerra nouela. 

6}. Très coses fan bon mariner : esser leuger e bon vU auer e mohs 
mars saber. 

64. Très coses hn mal mariner : Deu renegar, no saber nauagar e 
fexuch star. 

65. Très coses fon bon offîcial : que no sia corrumput e fessa justicia 
al gran e menut e d'alcauots no fassa scut. 

66. Très coses fan mal officiai : justicia vendra, qui mal no mer per 
diners pendra e jaure ab stranya fembra. 

67. Très coses fan bon jutge : lo dret de les parts a pie oyr, los pro- 
cesses examinât e en pronunciar demanar conseyll. 

68. [3 i 1 b] Très coses fan mal jutge : te dret de les parts a pie 
hoyr (sic). 

69. Très coses fan bon saig : tenir aprop son officiai, en tes reladons 
esser leyal, sia ardit a pendra bom mal. 



J3 trempât = temorat t modéré ». 
Ij. fir ta renouer! 

j8. Ufurell «t peut-être pour ta/iirer, • joueur ». Mais que signifie son tafimll 
no prestar? 



(9, magencar, t sarcler t. 
60. 



slront. Est-ce le français itron f 
68. Le scribe a répété ici le commencemeat de l'article précédent et a oublié 
de donner le vrai texte. 




MÉLANGES DE LITTÉRATURE CATALANS, Il ÎJ? 

70. Très coses fan mal saig : faEsa relacio fer e l'om que (Jeu dtar 
diu que nol tta irobat, e to criminos Iia lexat. 

71. Très cos« fan bel pa ; xexn «ndeyal, ma angelica! e fom rreyal. 

72. Très coses fan Idg pa : cugula e mêla c llaquera pacera. 
7j. Très coses fan bon lum : oli, meixa e crezol. 

74. Très cosM apaguen lum : voler e poder e saber. 

7j. [me] Ires coses fan bcyla dona : beylacaraelocorsebell vesiit. 

76. Très coses fan dona graciosa : bel! parlar e bells ulls e bells pJU. 

77. Très coses fan dona plasent : humilïut, netedat e ben scruicial. 

78. Très coses fan dona deuola : poch parlar e Deu pregar e souen 
dejunar. 

79. Très coses fan dona sancta : castadar, bcnignidat c caritat. 

80. Très coses fan dona lege : nas ton, vils torts e bocha toria. 

8 1 . Très coses fan dona desplasent : color de albudeca assaunada e 
sechs pics e anques streies. 

82. [2n d] Très coses fan dona sutze : camisa trapada, deUas cun- 
cagada e piiar al lit banyada. 

8;. Très coses fan dona laminera ; star prop lepola flaqoera e comara 
camisscra e menjar en carrera. 

84. Très coses fan fembra plorar : gab'na perduda e cantcr irencat e 
pich descarauat. 

Sj. Très coses fan dona d'orden axir : cam crua e nuyt scura e obe- 
diencîa faxuga. 

86. Très coses fan dona viuda marit pendra : son forât tapar e mal 
parlar cessar e son dot conseruar. 

87. Très aygues son perdudcs : aquelles que hom met en lo >i e 
aquella qui serueix a batiar jueu veyll e aquelLa del jua] hanj qui 
serucix a dona veyla. 

S?i. Très plcrs son en aquest mon : betire en tauema, iaure en bor^ 
délie cagar en prai. 

89. Très pters son : menjar carn, jaure ab cam e caualcar cam. 



71. xtxj taniicyjl, n \t plus beau (romenl ». 

71. cueaU, t ivraie i. — mth^ — jlaqaita, < boulangère t. * May ipare- 
jaoo es a ofiçio de \» pinadcn > las pcndcnçijs de Cupido, e i qualôuier ora 
de la nochc » ofmcen denundanles \ y siempre oy dezir en Casiilla que la 
rezini que de noche ha de abrir la pcierla ha de ser parlera o panadera, que, 
por raznn de sui olîfios, han de tener el aldatu muy presta y no perezosa. > 
Oviedo, Qainfjagtttiii^ t. I, p. rSj. — ^ctraf 

81. <ilbud(Cii, * sorte de tnelon rnsipide * — atutuHaéa ■= aiuhonjdâ. 

84. p'uh diutrûuatf — Sgr la (emine qui a perdu la poule, voir te charmanl 
passage du Corbacka de l'archiprjtre de Talavera : • Iten si una Ksllina 
pterdeti vaa de casa en casa coniurbando loda la uezindad. Do mi galtin.i la 
nbia? * etc. Edil. de LogroAo, 1 ^29, fol. 18, et dans Lemcke, Hénâbvth dtr 
Sfiniilkm iMUrittur, 1. I, p. 109. 



90. Très plers son 
en caliu. 

91. Très plers son : 

92. Très bens son ; 
9Î. Très mais son ; 



A. MOREL-FATIO 

sol jjure d'estiuj â'iu«m fer niu e bons capons 



miga àons, mig lansol e niig foch. 

amat e preat e lamur. 

vaica, pobrM e dMgrai de loia rcs. 
94. Très cnueges son : sciencia, loquencia e poienm 
9ï. Très cnueges son : be caniar. be baylar e trempât star. 

96. [2t2 ^] Très dolors son : mais d'ulls, dolor de dénis e pussa en 
la orella. 

97. Ires dolors son : squinencia e pestîlencia e donsela al cap del dit. 

98. Très dolors son : morenes e mais de pare e colica passîo. 

99. Très dolors son : ciatica, mal de rroyons c dolor de cor. 

too. Très mais ro son pîanis : flux de venire, cadam e mal de cap. 

loi . Très mais son de dones qui no son plant(e)s : înfaniar, dolor de 
mametes e mal de mata. 

102. Très miserias son en lo mon de que algun no ha enu^e : orp, 
contret e desfet. Dïu Sent Gregori : sola miseria frelura de enuege. 

10). Très coses fan hom dormir: molt menj-ir, molt beure, molt 
Tetlar. 

1 04. Très coses fan dormir [212 c] : dir oradons, febrir e no res dir. 

loj. Très coses torlen dormir : paor, dolor e fam. 

106. Très roses h l'aza cnsemps : bramar, siular e peiqar. 

107. Très coses fj la oreneyla ensemps : vola, caga, menja. 

108. Très coses fa la fembra : plora, riu e fiUa. 

109. Très coses ia la fembra ensemps : porta carrech e va e mené 
les anques. 

1 10. Très coses fan les dones corn se dcscalsen : liren la calu, mos- 
trcn les mameles e baden lo cul. 

111. Très grans coses son en lo mon : fë de christians, colre festes a 
jueus e justicîa de moros. 

1 12. Très coses desfan la terra : ladres que hom non gosa ponir e 
mogobels e maies anyades. 



97. tlfinsth, t panaris i 

98. mortna, « némorrhoides i. — maïs de part t 
100. ladcrn, • catirrhe ». 
104. fibtir. « avoir la Aèvre » } 
III. On (it ceci djns une lettre de Nicolas Ci'eynaert, écrite 1 Fez, k 

13 avril iH< ' * Didici adaeium, auod non noverat adigiosos Erasnus : 
Oftt ^dunl chriiùam IttiganJo^ /uJau tenvmis feilinam, mann ttldroadii 
nupt-it iSitoltii Ctinardi Epistotantm librt duo. Hanoviae. 1606, p. 89). 

ti2. mogoMI^ « l'rnterès que't cobra pera pag>r us lletras de cambi. <• 
Labeniii. 



KÉLANCES DE LITTÉRATURE CATAUNE, Il ÎJQ 

II). [}iï J] Trn paors son : caurc de banch e auer cranch e cagiir 

UKfa. 

114. Très gbys son: lamps, trons e diables. 

11). Très maneres hi a de vent dctras : pet, bufa, bïula. 

116. Très matières hi a de homens : home e homene e macany. 

1 17. Très maneres hi a de fembres : fembra barbuda, memetuda e 
coloQuda. 

118. Très aameles son : mamela, mameleta, mameUssa albudcqueya 
CTtnosa. 

119. Très coses an los hooiens que no an les fembres : pus grossa 
w, pels en la barba e al cul. 

110. Très coses an les dones que no an los homens : pus mirades, 
|n culades e pus foradades. 

m. Très coses fan bon sermo : hom scient e bel) parlar e no massa 
natr. 

111. Très coses fan bel conuit [21 jd] : bêla casa, bones viandes e 
^adonnistrades. 

11). Très coses fan beyia festa : nûssa sollempna, bon menjar e puys 
^■nar. 

ii+,Tres coses son de que qualque hora hom se penet : pendre 
noyller, pendra sancia orde e cntrar en religio. 

i]f. Très maies sabors son : oli de basses e cam de spatla e sagi de 
«iBys. 

126. Très coses son de que hom se deu gardar : de vent de forai, de 
wcfa reconstliai e de cam .11. vegades cuyia. 

• 37. Très coses son qui fan hom molt viure : menjar poch, tenir se 
Ckll « star alegra . 

118. Très coses fan bon scny : be scoltar, poch parlar c benignament 
nspondra. 

129. Très rrues son anques : de frare 1 2 1 ; />] menor, ventre de dona 
min panera e cuxcs d'infant poch. 

1 )o. Tres coses fan be star marit e muyller : que sien leyals la .1. a 
l'akre e qoe la dona sîa obedieni al marit e quel tcnga net. 

I p . Très coses fa>] mal marii e muyiler : vna pessa prop del cul 
tfA h ci^ e lo reboiegar que eila fa e esser mal curosa, perque dîu 
Sent ËnselcD que la dona fa desfa la casa. 

116. komtne. Lire bontainf — matanj^ Les deux demiices lettres du mot 
ne lonl p4i itm. 
1(7. cetaauJtf 

I |B. ntjoir/jijd albeit^vtfa vtnom, ■ tJl^^sc en forme de melon veînè >. 
la^. 9lidt hastu, t huile aoî reste au fond du réiervoîr t, 
129. rriui = anagd, « rides ». 
1; I . cogal. Lire cogut. — rckwgeri 




140 ^^^^^~ A. MOREL-FATIO 

I j2. Très coses fa ta dona pcr cnganar lo marit : m lî plasentera 
pensant voleniera e te lo net, per so que no crega res d'eyia. 

n;. Très coscs fa joch t Deu renegiir, betis consumar e los arnica 
oblidar. 

I )4. Très pudors son sobirones : pet de col, rrol de rraua e de co 
mon. 

t j I . Très pacions soferrcn les dones d'orde : veen e no tenen, oen e 
no toquen, senten e no palpen. 

I }6. [3 1 î Très coses son per seruar en lo stiu ; bc bcure, be raen- 
jar e poch calcar. 

I }7. Trcs rancors tnaluolenses son en aquest mon, que, pus son 
comensades, lart son oblidades : deserarement, gelosia e reptament de 
tracto. 

I }8. Très maneras hi a de raptar : bo, cominal e auot. 

1 19. Très maneras hi a de fe qui son poc presades : fe de camicer, 
de vsurer c de bordeler. 

140. Très bens aporta dejuni : merit enuert Oeu, castedat e sanc- 
ledat. 

141. Très pecais son de gola e perdrn dejuni : diu hom « sopem be 
que dema dejunarem e dinem nos be que al vespre no soparem » ; len- 
dema : « dinem nos be que ir dejunam ». 

1 4: . Trcs manerea hi a de v-i ; fresch [2 1 ) </] e fi c fort. 
14). Très maneres hi a de auol vin : florii, farreny e fusieny. 

144. Très coses fan bon temps : salui e molts diners e bon sol. 

145. Très coses fan mal lemps : maialtia e pobrea e grant pedrenya. 
J4Û. Très coses fan diners : fan tort, fan dret e fan furgar cony stret. 
147. Très coses son en que tiom nos pot fiar : en cul d'infam patit e 

en sere d'iuern e en falsa fembra. 



len- 



ijS. h). Lire hcf — eeminal est une etpression de droit fiodal et signifie 
■ en prdcncc de témoins 1. 

ijg. Le mMier d« boucher, je ne sais trop pourquoi, était fort peu estimé 
en Espagne au moyen 3ge. Un historien citalan du XV' siècle rapporte que, 
lorsque Te comlc Bord acpda i son secours U chrétienté pour reprendre U 
«ille de Barcelone aux Sarruins, il octroya un privîlègr spécial i tous ceux 
qui viendraient le servir avec armes et cheval, « soUment non foswn carnutn, 
ne tauerners, ne hoïtalers ... per îo quc de gent tan bwa eom son faïautrt t 
aitres axi coin dis ao scn podiers spcrar fcyts honrals » iBemat Boades, liktt 
itit Jrjlî d'atmtt ài C<itàtunyi, éJ. Aguilâ. p. i&s)- 

t^i- fiûfit, * moisi ». — /t»'"nj, 1 éur t? ^ fasftay, • qui a on goût de 
bois t. , 

141. peJttn)a , ptohjiblttatnt « mat d'estomac t. Ptdrtnj ii^Tunt t eslomac i. 

146. furgar : cf. anc. (r. furgitr (Sainle-Halaye). 

147. (m ^ »ra, « soirée ». 




M^LAKGES DE LITTËHATUR£ CATALANE, Il I4I 

148. Très maneras hi a d'uyils : humils e gardadors en la cara ab 
perla, e no aja macula en lo nègre dels vylls. 

149. Très maneras hi a de vylls qui moïtren falcia: de hom att gardar 
e baix gardar, cant parlaras ab eyll, e fa Icngajar loi vylls corn parla. 

Ijo. Très coses fan bon mestre [11411] dVscolans ; lo mestre conti- 
nuar, les letres be formar, en baira mancra scriiar. 

1 j I . Très coses fan ina1[s] meslres d'escolans ; ta lisso a tart passar, 
bons nodrimems no ensenyar e la squena scorxar. 

ip. Très grans defaytiments son : molt prcsar c poc vaier, moli 
cuydar e poch sabcr. molt despendra e poch auer. 

[5}. Très enpagahiments son peremptoris : examinar la primera 
missa e to primer sermo. 

1 54. Très enpegahimenis son dilatons : la primera muyller pendra, 
la primera junu fer e de cosa sécréta e vergonyosa csser reptat publica* 
meni. 

If j. Très bones salscs son : salsa de pagOj satsa blanqua e salsa 
camalina. 

I )â. Très mats brous son : brou de porc mesclat ab pels de ca, brou 
de coyma salada ab vedriol e brou [214 b] de vres ab rreyna de pi. 

i;7. Très suchs son de que viuen aquells qui an desfici : such de 
bnich, such de suro e such de sponge. 

Ij8. Très coses son bones e foren de gran preu si no s'en trobassen 
sino en tes Indies : ays, cols e moho. 

1 jg. Très menysprcus son ; bcnificiats per canonges, pagers per chî- 
vaters e menestraîs per ciuiadans. 

160. Très condicions son de persones qui poden dir faisîes a lur 
guisa : gran senyor denani sos vassals e vcyls denani jouens e qui parla 
de luny terra. 

161. Très condicions son de persones qui de rriquea tomats a pobrea 
se fan : metges horats alquimiayres. 

163. Très besties son : qui diu v arri n 3 la besiia qui caualca e te 

sperons, e qui diu " sta * e te les rregnes, e qui li siula com vol beure. 

36^. [2i4cl Très coses sont fort nicies : coylons de berber qui bay- 



148. garJodori en fa cara ab pirlaf Ptrh signifie • laie •. 

t{\. camaUna : voy. b récrite de celte sauce dans la noie du nouvel fditeur 
dv glossaire de Siinte-Palayei l'art. Camtlmti et. amsi Godefroy, Camliiif 1. 

I ^6, coymj * — cm ab mjna de pi .' 

1 17. bruih^ t bruyère ■. 

1(8. aji — ilit. 

>i9- F^g"*! P'tir. ie pega, • paysan *. 

16^. birbtr = btirbtt ; — Utofct, »t. mod. tiiiiont, t ciseaux 1. Sur l'ex- 
pression « danser au son des ciseaux >, cf. le Likrt it coiutlh de Jaume Roig, 



242 A. MORBL-FATIO 

len ab so de tasores, e mameles de porgadora, e ferrer qae tan clepege 
que petege. 

164. Très coses poden fer al lit que non cal hom leuar : Deu pregar 
e ahorar be assimateix e gratar lo cul. 

165. Très grans dolors son en cort rreyal ducal : enueje de honor, 
de offîcis e de rrichs comportaments. 

166. Très perills corren aquells qui son de cort : amor perdre del 
senyor, esser ponit per fols acusador, de gran ofici tomar en menor. 

167. Très vils offids son : budayter qui fa cordes d'esturments, merda 
cauer e fer paper. 

168. Très coses son menyspresades en lo mon : baleadeauol fembra, 
fforsa de bastaix e conseyll de hom pobre. 

169. Très pets feu Salamo : lo primer [2i4d\ en barba de aquell 
quis desfa per maridar sa (îyla, lo segon de les nines qui prenen marits 
veylls, lo ters de aquells qui an fiylls legitims e fan hereues lurs 
muyiers. 

170. Très defayliments ha sabater con pren muyler : al cul la besa, 
puden li les dents e lo cul tostemps per lo cuyr que tira ab les dents. 

171. Molt mes très son, mas per très m'en stich, que pus non die : 
perque prenets so qui bo sera, e l'als lexats arrera ma. 

Deo gracias. 



éd. de Barcelone 1 j6i, t. xiv v*. col. 2 : « O si t'afaytes Ser bon barber, A 
ton plaer, Gantant cançons, Ballant al sons De Us tisorts, Tots joms dos ores, 
Prou guanyaras ». 

167. caaer. Pour caaarl 




PHONOLOGIE SYNTACTIQUE 



DU 



CANCIONEIRO GERAI. 



Pour des raisons trop connues et sur lesquelles il serait inutile de 
wfisaÂK, les renconires de voyelles som répandues à profusion en por- 
s. Elles sont une grave difficulté pour tous ceux qui apprennent 
: de Camoens. et, Il y a une dizaine d'années, lorsque je me mis 
'Snela tusiades, j'étais embarrassé ^ tout moment par la mesure des 
'Vi et je ne trouvais nulle part des renseignements suffisants sur les 
BudiécatMns auxquelles sont soumises les voyelles qui viennent & se 

ADfOurdliui, gr&ce aux deux étés que j'ai passés à Lisbonne et aux 
rtdicrclies que j'ai faites en lisant les oeuvres de C^tmoens avec mon 
tKOtnltant ami, M. Severiano Augusto da Fonseca Monieiro, qui ne 
t'en jamais lassé de répondre â mes incessantes questions, il m'est pos- 
ait d'apporter quelques lumières dans un sujet jadis si obscur pour 
■si «t d'établir quelques lois de phonologie syntactique ou phraséolo- 

le commence par le Canmneiro gtrat (éd. de Stuttgart, iS4iS-i8{3, 
|»l. b^, qui contient les derniers reflets des écoles poétiques du moyen 
%. afin que je puisse poursuivre ces recherches d'autant plus aisément 
^ les chansonniers antérieurs dont nous possédons des éditions diplo- 
■itiqucs et dans les poètes de la renaissance jusqu'à ceux de l'école 
rattanique. On s'étonnera sans doute que je n'aie pas compris dans ces 
**itsles ccuvres de Oil Vicente, mais k grand comique Je la renais- 
liiu ponugaise diffère en trop de points des poètes du Cartcioaeiro 
^ala mérite un travail spécial. 

< Li remarquable Estii dt phonlù^ut tt di pionohgii de la Ungat portu- 
CiK faatii tt dultctt •xtuil dt Liitonnt, que A.-R. Concalves Vianiu vient de 
P^w uns I) Romufia, prMe i ces recherches le meilleur commfntaîre que 

5w (misse désirer. Je regrette pour tnoi et pour ceux de mes collègues t|u« 
KitvRaii iotéfesse qu'il n'ait nas oira plus tât. 



244 J- CORNU 

En combinant les voyelles toniques avec les voyelles toniques, 1 
voyelles toniques avec les voyelles atones, les atones avec les toniqu 
et les atones avec les atones, nous obtenons les cent formules suivant 
dont la plupart se rencontrent dans le Cancioneiro gérai et feront Tob 
de cette étude : 

1 II III IV 

à + i j + a i + i a + a 

i + é à + e a + é a + e 

i + l â + i a+f a+i 

â + â à + o a + ô a + o 

i + ù à + u a + ù a+u 

é + é é + e e + é e + e 



6 + 


à 


é 


+ 


a 


e 


+ 


d 


e 


+ a 


é + 


( 


é 


+ 


i 


e 


+ 


l 


e 


+ i 


é + 


6 


é 


+ 





e 


+ 


6 


e 


+ 


6 + 


d 


é 


+ 


U 


e 


+ 


û 


e 


+ u 


i + 


( 




+ 


i 




+ 


l 




+ i 


i + 


à 




+ 


a 




+ 


i 




+ a 


( + 


é 




+ 


e 




+ 


é 




+ e 


i + 


6 




+ 







+ 


6 




+ 


f + 


û 




+ 


u 




+ 


ù 




+ u 


6 + 


6 


d 


+ 








+ 


6 





+ 


à + 


â 


6 


+ 


a 





+ 


i 





+ a 


6 + 


é 


6 


+ 


e 





+ 


é 





+ c 


6 + 


f 


6 


+ 


i 





+ 


l 





+ i 


6 + 


û 


6 


+ 


u 





+ 


d 





+ u 


û + 


d 


â 


+ 


u 


u 


+ 


û 


Q 


+ u 


ù + 


â 


d 


+ 


» 


u 


+ 


à 


U 


+ u 


d + 


é 


û 


+ 


e 


u 


+ 


é 


u 


+ e 


d + 


i 


d 


+ 


i 


u 


+ 


( 


u 


+ i 


ù + 


6 


ù 


+ 





u 


+ 


6 


u 


+ 



Si nous aioutons à ces combinaisons celles des voyelles avec les dipi 
tongues, celles des diphtongues avec les voyelles et celles des dipI 
longues avec les diphtongues, nous aurons encore un très grand nombi 
d'autres formules; mais plus les voyelles s'accumulent, moins elh 



rHOKOLOGiE SYNTACTKit'E DU Cancioneiro gérai 241 

oSrcDtd'intJréi, parce que les contractions ei les élisions deviennent de 
pineii plus difficiles. 

Vûm retranchons de ces recherches les rencontres des voyelles 
ttaiqMS avec tes voyelles ioniques, parce qu'elles ne se contractent 
juDiii ; car tous les passages oîi l'on pourrait Jtre tenté d'y voir une 
csMncùn offrem ou bien la formule voyelle tonique + voyelle 
amiiy M bien la combinaison inverse. 

Pour la conuDodiié du lecteur, nous traitons à pan de quelques mono* 
iT<Iibetqiij autrement auraient été dispersés mal  propos en différents 
endroits. 

VOYELLES ET VOYELLES. 
I.d + I. 

l^hùius est assez ftéquent : mas sofrer me dâ ] a pagua I jilS. ij, 
■jVi'estaa | a liberdade II 140. S, e tyrar vos hi ] a vida MI 2S9. 2, 
U> ri I arrubda I {04. 33, vos esîaa t aparelhado II 399, 33, se 
^ I aquatquer pessoa 11 474. 12, correm quH | as novas, correm III 
'*'- 18, poderey câ | acudyr Ili (iî- îo> Poy* <iue \i ] aveys de dar 
"I )6i. 1^, e as naos jâ | acabadas II î6i. n. Mais plus fréquente 
"tmesi b contraction des deux a, laquelle donne un a long et clair : 
'^J'V^ senhorade Sousall 14. I, Triste vida serà^^a nossa II 175. 11, 
Dtfi^as armas 00 marido II 197. 2), serà^.a pena que padeccra II 
tSi-Siinil vezes pcrderi,_a vida Iltôi j. 9, Talcuydar med.1,^legria 
t;i{. 7, Dirâ,_^quela que se chama JI :4. 3;, e bem se poderi.^3- 

àtt II 1 10. 33, tnas bem sey que ser^ assy II .441. ^4, Pois qucm 

iivi,^^aqui rremedeo III 20. 18, outras piores À^^aquy III 665. 38, 
tan BDO e meyo i^^agora III S. 30, que conta darâ^^a deos d'rla II 
167. j, qu'esi4^_^ par d'uûa rribeyra II ^60. 10, qu'esid^^me vos 
cRjueçdo I ];8. 3), qu'era \i.^ morte comtgo 1 14. 32, tendo )â^jas 
Tîdis perdidas II 175. 19, vay dépens jalyvando I 18, 9, quamasvcMs 
iiKJâ^_^bey II 5;9. n* <^^y quJquela palha II 482. iS, viessem 
Caa^judor II }$;• 21, nunqua li,^aproveyta nada II 40J. h* j^cabou 
Il 173. 13. jissy I 13. 9, Il 288. i, lEI 280. 4, i^^agora ou jigora, 
dans de nombreux passages, ti,_agora I 164. 7, atâquy III 34$. 12, 

li^ I 130. 1, 131. 15, 122. 16, Il J96. 37. 



Le bbtus est rare 
}(8. 9, comochegua 



da I aima II }?. 24, nunca ter a | aima boa III 
aa orelha II Jî^- 8, que çuja | ambas as maâos 



Î46 J- CORNU 

II {41. 23, E nam diguo^agora | al III 112. 1 i,ci>m nada, h» muyios 
dias II 47J. s, où U pause justifie le hiatus. On rencontre d'ordinaire 
la contraction ; l'orthographe néglige souvent la voyelle atone : atma 
= a aima, arma = a arjna I to^. 26, arte = a aite I )oû. 11, nagoa 
I 4;o. ;, narbor II 378. 10, hQa_alma I q8. 8, hû aima I ^j. y, 
Jiûa_avc l 286. 6, dûa_arie Ml jp. 1, dû arte III H4- ï. J&o. 24, 
minha_ama il ;85, 1 r, minh aima (souvent), sua_arca II 33}. 1 ;, su 
arte II {97. 22, voss aima (souvent], vosane I 17). 4, voss ave III 
Î2I. I, css arte !I ( j», 7, desiane (souvent», per outrartc III 4)0. 1 1, 
ioda_ane II {24. 16, tod arte II 64. 7, 488. 2, tod aima H 279. 6, 
loda_ave III 497. 20, toda quanta^ aagoa^^qui vem III 494. 21, de 
bo arvore bom fruyto III 626. ;, dona^^Ana II 428. 9, don* Ana III 
109. }, quarent anos III 160. S, sesent anos III {;}• > 4, seient anos 

III 89, i,noventano$ III Ji<). ij, vlndos de Btscaya^^^héitanto II )6i. 
26, começa_alma (= a aima] de sayr 11 îio. ri, e tinha„aas (alas) 
com que voava 111 499. 1 j. ïospirar me leva^^â cova 1 14. 7, E toma- 
da_aa fee Espanha II î6i. 8, Eu que^^era moça_aa panida II î86. 8, 
rroguo Alvaro (= a Alvaroi d'Abreu III 178. 17, e poys a_ambo8 
cometo I 74. 9, trouxer^antes hCa murça III 124. }, Nunca^al vy se 
nam sesudos III 151. 12, cadano venha paryda I 2(1. 25, ca^ de ter 
porvos perdido II ^84. 8. 



j. fl + a. 



Le hiatus ne se rencontre que dans peu d'exemples : da | antigua 
cama^^amada 11 j;7. 9, sendo minha | a paixam II 128. is. esta | 
ardente feysca 1 449. 1 1, cm mym toda | a tristeza III 64. 8, coro- 
nysla | abastante II 70. tt, verdadeyra | amizade I {94. 14, tenh« 
tanta [ afeyçam II 114. 6, Tem estranha \ andadura II 480. 9, ela 
mcsma | as desfaz HI 507. 9, venha çerta | a coniya 11 ijo. ji, 
Avorreçe^^ | arraynha II ;2{. 6, que m'estorva | apayxamll 128. 8, 
todas leva | a d'Abreu III }. 2}, namme salva | a rrezam III 64. ;, ae 
Ihelembra ) algum bem III 440, s, anda | adarga^^cmbra'Çada I i{4. 
jo, foyporela | apodado III ^72. 20, folgarya | apanarmel 2;2. 7, Tarn 
asinha | acnbadas î 299. 3{, nam foy nunca | apodada III 146. 20, se 
faz agoa | a seu salvo I 143. 37, vossa vyda | a perdela III 185. 3), 
me loma | a | o meu mesire I 184. 1 j , obrigua | a vos servir III 41 . 
14, que deos dysse | a { Adam I ^04. sS, sua vida | apos eUs II 540. 
;4, que se fai contra { amor I 8t. i j. 

Deux a atones se coniracla'cnt facilement et donnaient alors comme 
aujourd'hui un a clair et bref que Joam de Barros écrit i ; a^^irmada III 
12&. 3i,altezalll ijj.ii, A^^badessa 111 3oo. ;, a^agulha III 138. 




rHONOLOCiE SYHTACTiQUE DU CiincioïKin gtrnt J47 

4, Da„abadia I 466. 2}, na_area M 566- î^, na_aguda espada cayr 
Il 416. t8, nalidveyra Tll 277. li, mJnha vogada I 2jo. 18, tu annada 
Il )b2. 39, vo$sa._amizade II ;j;. zi, voss aiteza III 12a. 3j, {)). 
ij, U4- î. esla^amargura I gq. la, esta_alcgria 111 aj. j, loda_a 
noyie I 11 1. 29, facha_^acendida il 40}. ), sera caus algûa I 112. 19, 
cous algGa 11 i]8. 2, gross annada II ^61. 20, pouca,^alegTia III 2j. 
2Q. manday a^^ssentar no feyto I jj. 27, iumna,_^mosir ele co dcdo 
I 78. 2f, como vos ncm naprendemos |= a apr.) I {06. n, quemn 
uty emcamynhou li 167. ^, por levé perda^^ sscnty II 401. 21, 
conta ^as e dylas dOa arte lli 580. 24; venha^a prova sera tardar I 
71. 27, çerra^_^ scrpeme os ouvydos II Î24. 7, Pinia_as batalhas 
campa«s II ï7a. 29. me nam tnijjua^alguum confono I 7). 22, Jorge 
da Sjlveira_acusï) 1 ;2. 7, A terra estratiha^_^cheguey 11 410. }i, 
avya,^a^rtado t 408. 18, tinha^avida II 424. 5, que se pos£a^_aquy 
julguar m 5î^. 18, que se leyxa_assy caUr I 78. 28, praM__a deos 
I 349. 9, Il J97. 10, que se nam torna CasieU III 128. 22, a__Agosto 

jri 128. ij, 482. 17, este proçesso a Arelhano III (îj. 6, aqaela 

(:=a aq.) çidade II 38;. 9, disse a_3quele que bradava III 622. 4, 
a^aquesia tal vossa dama 11 484. 8, parafa cova I 4}. 16, para çea I 
t J7> >}i guanhala pera.^ perder I i2j. 7, para 1= para al irazer 111 
1 17. 14, per agora 1 270. 24, para_3quy II léj. lo, per aly II J79. 
io,comra^_^ Jeyill 2j7, 2î, amortecomatrisiural! 265. i4,coma_> 
grande vaydade II 4^7. }2, eu nam sey mais ca_adorar II] 44, 17, 
que eu sam mais obrîguado || a vos ver qua_a me salvar III }{6. 24, 

c'a vida qu'ee dcscontenie II de tudo se descontenta 11 jo?. 22, ca a 

que kz pecar Adam 1 4. 21, Calguums sam \i contteçidos I 146. 27, 
cassy fazya filho I 149. :j, casy compra o sesudo I 1^2. 1, caquy bi 
a pascoela t 17}. 8. Mais quand l'a est omis, il pourrait aussi y avoir la 
conjonction qut. 

4. 4 4- e. 

Hiatus : perdy toda a ) esperan^a 111 S94- 6. m^a | esperança III 
48. 22, ma I estrea III 506. 39, maa [ empresa lli 227. 15, muyiostui 
I em cada casa I 197. 26, durarâ | em quanto >iva II joi . 11, poys 
esiaa | em vossa mam II p7. i), e que jaa ] entam fodias II 27. 19. 
Diphtongue syniactique, rare : mesire liie sseraa^^escusado III 269. 
28. quem jaa^esperança non tem II 412. 9. que ji^cnlam nam faé 
cuydado I 68. 21, U^eslam lit 2Û4. 2j, 285.8. 

Hiatus : da | era, a | erva, nesta | era III 290. 11, bija | eguoa 
nuça panda III 97. 18, bûa | hé que me gabeys II 44^. 38, uînta | hé 



^ I. CORMU 

pôuco ganhar I jo. ^i, A maa ventura | hé minha II ^12. 9, A moU | 
hé vagarosa 111 36^ 24, esta | hé boa man«ira 111 279. 39, 384. 9, 
Esta I hé sua tençam III 7). 6, da j era mal lavada II 186. I3, qa« 
quem tama cousa | erra II 419. 16, nom veja | e&sa molher III jj. 2j, 
se ponha | este ditado III 178. 2{, era | este mail logrado 11 14. 3. 
qu'a [ essa Santa Cruzada I 106. 26, a | essj lua senhora II 16. 8, a | 
esta triste coytada 111 {09. [4, a 1 esta terra cheguou III ni- M* ' I 
eta III 30. 31, a | ele daa claridade M 446. 10, Para | estas tudo rrima 
III 172. 18, por quem lum tem para | eU III 182. 3f, Contra elle I 
77. 7, contra | ela III j^i. 17. 

Honnis entre l'article et le substantif où le hiatus est régulier, il est 
bien plus ordinaire de rencontrer la comraiction de ces deux voyelles : 
ioda_csta génie H 584. 24, toda_esta ssomana III j?). 33 etc., a 

hûa_hé saber vestyr I 145. j, minha vida hé acabada 11 J76. 2, esta 

rep-a^bé verdadeyra III 619. 25, esta_hé a que mays mal faz III 17. 
2j, Nam s'entcnda __esie perder II i6g. 2[, e seia_esleagouro v3o 11 
406. 23, o que me «usa„esie dano III 578. 18, Tomay ora^_,ç$te 
conselho 11 163. ), a_esse Pero de Lixboa III îS6. 31, queré a^_,estas 
rresponder I 279. i j, l)a_ csie rrey tam cxcclenie III 467. 3. 

La voyelle qui résulte de cette contraction est un e ouvert ', 
comme le montrent une bonne partie des passages suivants : tod esta 
crueia II 1Û8. 21, todesia corte II] iii. 4, tode esta culpa III 
633. 3, Tode esu voss obra feede III 651. 38. em lodela junta II 
4Î4- Ml ^ss^s panes l $2, 16, heessas ylhas I 1^7. 11, Dae poys bfm 
eese d'yrlanda I itSj. 39, eessa terra d'acheguar II 412. ^4, disse 
loguo eessas oras III 2^3. 9, logu csias oras III 3)6. 9, logoessora nos 
ssacou III 36{. 28, toguD hesâra proiestey III 601. 4, nem vejo heessa 
coyiada || porque deva de morrer III 633. 9, heessa dou mays que fazer 
111 662. 10. heeste tal. sabeis que dïgoM I3), }}, que irouxe seys 
eesta terra I 366. ^,fiin eesta vyda II 19). 32, eesia terra antigua- 
menie veyo II 367. n, eesta parte aparecia II J79. 4, aquy eesta 
parte estavam II 179. 7, se vierdes eesta nossa II 432. ij, sempre 
vem ter eeste fym II 440. 12, Vym alegre eesta terra II î3J. 26, eu 
cheguey eesta cidadc II (29. \, se v)t eestes trovadores II 587. 17, 
prazer destes eestas damas III, 102. 4, que nome Ihe tendes dado || 
eeste vosso guabynardo Ht to^. 1, cûa copra eeste rryfam III 179. i(, 
antes sey muy beon conlar H estas damas minhas dores III 309. ), Eu 
cuidey d'yr em batel||com fidalguos esta fesia III 309. 37, Eu eest* 
omem tiam Ihe vy III iid. ], eesiasoras III 3)5. 18, eeste Jorge d'OIÏ- 



I. tt marque au xvt* sîMe un c ouvert. Eaa, <sii et ctit avaient alors un 
< femé. 



PHOHOLOCtB SYNTACTiqiiE DU Caocmeho gerat 149 

*tptll37;. I j, eest' OUveyra JII 2S4. 2, vindeloguoeesta bani^eyra 

'II tK. 7, eesia vyda m ^98, 18, adeyeestemalpmente III 40S. 26. 

«Mmeu trisic cuydado III jôo. 9, se foy ccle o rreposieyro m 347. 

I), « gâtâmes qu'eele vaSo III ^74. 2}, vos manda pereesta yda III 

9f.ia.que se perdesse parccb lit 10. 21, e eu syniome pareela III 

)0(- 10. Il esl vraisemblable que cette coniraclion avait lieu dans 

btaucoap d'autres cas, mais l'orthographe la marque rarement. Des pas- 

ngestels que les suivants sont rares : vos vedc que couse estec Itl 166. 

ifi amosireela mats amor II 4Û9. 14, Je l'entam em ssy abranda 1 8. 

18. Talcativojeele jaz II ;i6. 8, hua çidade || comeesia que feytaesiaa 

II 40]. 32. Quoique la graphie u (est) revienne souvent dans le 

CvKtmeiro gérai, ]t pense que nous devons reconnaître la même con- 

mction dans les passages suivants : o cuydar cousee sabïda I 10. 14, 

acottsceque muyt'alarda I 14^. i;,que cousee algum saber II j}'' 

31, uiba que cousee prtsJo 11 $4}. {.que cousee esta^^^legria III 3$. 

î, que cousee dcsgravyzar ' III <j6â. 6, csiee a graça que Ihe ^ea II 

t3{> 1), Kstee a que me ^ mal III (S. 6, qu'estee manha dos amorcs 

111 74. ij, qu'estee verdade iil 194. ij, mas este ssuraa das dores III 

i^M. 11. pois por vos elee perdida II i ig. 19, acabadee minha vida 11 

t?!- 9. Faryee (i^ Farya héi M J71. 4, a vossa barbée rrapada III 

109' ),agaoree o seu prazer III 196. }, ayndeepor mal de quem II 

<îi. 14. Quelquefois l'orthographe pourrait faire croire & l'élision de 

Pjiwe, mais les exemples ci-dessus prouvent d'une manière évidente 

i}De ceux-ci présentent également la contraction de a ai : e poys and 

Ole nirozum II 179. ], t bb era jaa çafada Ili ;97. 6, eu par esta 

lkrecaç3o 1 î. 11, par este vos csqucçer I 473. 8, naiuraes par este 

OMono II 120. 17, paresta cousa janelas tll 169. 7, meus dias par esta 

peu III 381. 31 , e chegando se par des I 102. a, e oulhastes b«m par 

eie I 478. 10, porque par ela ter cura III )6. 3), loniam ss'aguora par 

(h 111 j8o. I), C'alegays contr esu parte J 12. il, mas sayb este que 

wcae I î9. îo, hé rrezam que s'escrev esta^envençam tll ij8. 4, 

tpià est' encarecerlll 47. 6. , 

6. tt + e. 



Hiatus : da | ermyda I 269. 28, da | envençam III i}8. 30, da t 
Opota I 160. 1}. tu I esperança I 9S. 11, ^27. 6, a l esquivan^a I 
102. Il, da I eitrada lit jj^. 9i l'art, s'est changé en i dans : e 
poysteni e | esperança I 66. 18; minha 1 esperança I {{9' i<^> ^ mtnha 
! RTtençam III 396- 1;. nossa j esperança I 33;. }, 48S. 1, esu vossa 



aso i: CORNU 

I envençam III i}7. i}, desia [ esperança II jjs- \i> pci'co toda I 
esperança II 196. 1 1, muyu | eslopa d'esirigua I 481. 6, mu^ | em- 
veja II 297. 20, cuja | cspada se chama I 162. 1 , corn perdida | espe- 
rança i J02. S, a iristeza | encuberu I 126. ij, cousa | errada 1 4}!. 
2t. sento vêla I enguanada I 249. 17, noyte escuralescondco I 193. jo, 
cada dia l cspcray I 4 $4. 17, nam scja I cscassa i 1 16. 1 1 , Isto seja | eo- 
lendido 11 484. 28, neile nam aja ] emcnda ! 3{6. 10, ou dîzer nva | el 
rnj II 288. 2{, que se possa | escrever II 1 19. 7, vos passa | emtris- 
Ij^r 111 418. ]2, e soes fora [ escudeyro III {90. 34. que nunca | 
estaa em paz II { }6. 2, nunca | errey III 619. 26, vou me de dia | em 
dia 1 2}2. 12, nem guarida | em qu'esift I ô. 29. metyda { em inilos de 
guerra il 124. 12, nam me fica | em poder Kl ^09. 14, que nunca { em 
ouïrai oras III 3J7. 29, a ■ el rrey muytas merçès I 202. 8, lema deos 
e a I el rrey I 216. 2, a i el rrey, nosso scnhor II 186. 20, a ] el rrey 
a nam lerou 111 391. ;o, pera | esqueçeni-oslll 389. 17, para | estar lli 
626. 8. La contraction des deux voyelles n'est pas moins friquenie que le 
hiaius. Tamûi elles semblent produire la diphtongue de et tantôt donner 
ee : da.^erdjde I 218. 11, da^emperatriz I }6-;. 7, a_espada II 
417. 10, a_esperança 111 450. 6, polla,_^esperança II 41 {. 28, hûa,_^ 
espada II 4}2. 6, hûa^_,esper3nça 1 66. 16. II J12. 1, minha^_,espe- 
rança I 28. 20, tua.,^pada II 416. 14, nossa^entreçessora i }8;. 16, 
lûda^esperança lli Î89. j, algûa„ esperança H 45). 1$, outrA_em- 
vençam m 148. 12, chama_ençendida I Î4. 11, Sama_egreja 1 41. 

34,cousa empossivel 11 ijô. 16, cm pouca^stima il p8. 12, lerra 

.^esiranha 11 }6i. 5» verdadeyra_estorea II Î73. 27, roontanha_es- 
cura il 404. 19, naguda. espada cayr II 4t6. 18, minba^esperança 
,_,enganhosa III I4. 17, cousa_e$iranha III i6i. 18, largua,^espora 
III 3ÎS- 'i- negra^^enirada iil 480. 1, boa_csirca III (24. 2(, isto 
nam no sayba_el Rey I îi. 26, vyva^,el rrey il 48;. p, rreyiia.^el 
rrey dom Manuel III 46^. 8, soube logo que era^^d rrey lII 618. 17, 
que me podia esqueçer I 414. 16, feyta^esiaa II 402. 32,quemrrepy- 
ca_esta cm saJvo I 367. 26, e depoys da casa__.estar III6}8. 27, days 
pedrada_em vosso^escudo I 41. 2, ;68. 6, andojd derrua^_^eni rrua 
lU 20î. 14, D'espeiança __em esperança Kl S4r. 1, que falava^^em 
nossas vidas I 287. 27, dà parcas a_el rrey de Kez III 24r. 8, ou a 
pedyrey a_el rrey III 197. 2, Faley très vezes a^el rrey III 474. 17, 
Mandey a_Esparia tambcmll 582, ;, mas porqu'am d'yrpara^^el rrey 
III 273. 22, para.cncho'cs esse tanho III 282. 16, ando pera_en- 
ssandeçer 111 j66. j, para^.enlrar em nova vyda III 6î8. 1 1 , para_ 
eslardes maïs esperto III ^91. jo, para_esperar III 636. 6. 

La contraction et[e) étudiée plus haut se rencontre dans les passages 
stùvams : com que pesam eesperança li 469. 21, neespcdida l 3{8. 



PHONOLOGIE SYNTACTIQUB DU Candonàro gtr&\ 2^1 

9, ncscararouça m«tydo M 2;. 14, Neeslalaiem daCuerrt^ra lit m. j, 
que dam um longue esperança II 46t- 7. per vos arte longue e cuna ( 
17). 4, dé me ci lynte e papcll 11 187. 10, vos hcjouira que sabees I 
167. )é, que estouiros fax vir febre II ^04. ji, pelo quai lodos e«l rrey 
m 49}. j, a mào eescrevelo I 1 ;6. 12, nunca falo eescudc)'ro III 66}. 
8, père cscapula Ml too. 15. Ce serait une inconséquence d'admcnre 
l'élision dans : nû erdade I 2{7. 14, minhesperança m {4;. 4, que me 
nom mal' est esquyva II J2S. 17, De quant esperança eu linha III {44. 
io, falss esperança \\ 21 j. 8, Falar hé cous cscusada II Ï07. 24, que 
me nam se) escusado 11 306. iS, tînh emprestado II )49. aj, que er 
escusado criar III 237. 10, A mula vinh espantada III i^i. ir, nunca 
seri csqucçido IH jiô. 18, de cas em casa pcdyr III 640, 17, par 
enguanar 1 ]}■ '8, par escapar III 44. 28, per estimar III [81. 1, par 
esiaEar III 647. 14, Nos freixos ind estaraa II {60. 4, c'alnd estaa por 
naçer III ;i. 17. 

7. ** + <■ 
A cousa qu'eslaa | incerta III J44. 8. 

8. a + /. 

Hiatus : a ) ysca, a | yra, na | ylha, nSa ) ilba III ^79. 7, tua | 
yda II 41 j. 17, nesta | yda I 4j6. 2, Il )4f. 34, tll 92. 4, nQa rouy 
pequena | ylha II 121. 17, que nam custa | Uto nada II 482. 4, Nunca 
I ysto confessey :i] }6}. tt, ont | mo nam me fa?. Ili ^20. 21, poys 
justtça l hy nam haa III 169. 21, s'estava | hy Joam Foguaça III 109. 
7, s'eu nam fora pera | isso 1 17^. 19, para [ isso III 580. 9, Fera t 
ysto mosirareys III 97. 29. pera | îsto poder ser III 401. 4, para | ysio 
de vos crer III 6u8. 2 1 . p?ra ] irdes a caçar I i6j. j. Il est très rare 
que a et ï forment une seule syllabe : e sua_yra s'esiendeo II 5jj. 
to, andando na mata_Yda 11 j}7. ij, nam vo« presta._hyra Lorvaro 

m 200. 7- 

9. fl + i. 

Hiatus : a \ îgreja, a | ydade, na { idade etc., da minha ) hydade 11 
{(]{. 19, minha | irm3a lU 9^. 11, nem da sua ] imbiguada III $04. 1, 
A I ouïra ssua ] ygoal 111 578. 2, vossa | igreja I 267. 14, csu | ymiga 
provada I 497. 9, de pouca | ydade JI 497. 18, III ârg. 6, dona | llena 
J ÎÎ7- '9* Î48. 2| Î49- '?! "^ona | Ynes III 617. %, Ana, l irman ver- 
dadeyra 11 416. }, era toda cousa { igoal M 1 [4. 28, a coytada | yno- 
^le III )86. 10, de minha vida j imiguos III 498. 2j, poder pera | 
jmsynar 1 J40. 17. 

Excepté entre Tanicte et le substantif où il y a presque toujours hiatus , a 



252 i- CORNU 

forme assez souvent avec i une dipliiongue syniactique : ant'as jai 
da.ifante III )74. lo, Lembrame que tita^yrmSa II 566. 26, que sem 
sua_mlercess5o 11 îî'- '. iHWsa^inqueryçam I 7j. j. pera nossa^ 
inlerçessora 1 1 an- 2?) vossa __ynfynda fcrmosura I 401. 11, ne«a_ 
ydade 11 Î74. 14. E por «ta_inquyriçam III s)î. 6, tanta^ypocresta 

III 240. i{, Chatnam a vos suma^ydade il 128. ], loda imeira I 

417. 27, III 276- I, T3nta_ynfinda descriçam I 404. j, Sacabuia_ 
irm9o de Jaques III 641. 20, que seja^goal em toriaento I }{9. ],. 
pesqua„jfanies com sedeta II iSi. 11. 

10. d+o. 

Entre (f et il y a presque toujours hiatus ; v j | feyto jà con- 
cniso I 12. $, bond' estas | pelourinho I 220. 10, que nam dard | os 
seus panos II 187. 18, poys perdy jaa | ocomerll 4)5. 22, quempode- 
rey \i | olhar U 168. 7, caa | diz raînba ten^So III 44. 8, nam farey 
cà I D que devo III 494. 2j, Como quer U | dereyto I 4. 1 ^. E se 
taa I Ds convidarem III t$8. 1, là | quoal I 72. 9, da cabeça aU t os 
pees II 24. 32. [I esi tris rare que .1 et forment une diphtongue »yn- 
lactique : scmprc^,hyrn^^o nome diante II Î72. 6, cmmendaraa.___^ 
que quyser II {24. 9, quem seraa^_,o que nam quysesse lli 184. 9. 
Ui s'est contracté avec l'article en Ion dans : busqué loo contcnta- 
mento III 41 }. 2, car il n'esi pas permis de regarder ioo comme équi- 
valent de Id, celte forme ne se rencontrant pas dans le Canciontiro gérai 
Une autre contraction toute pareille est celle de atÀ cl de l'article : e 
do eu atoos artelhos I 480. 7, desd'o rrey atoo pyam II 47}. 4, do wt. 
pee ai6 cotar m 229. iS. 

n. a + â. 

Hiatus : A I ora MI j6. >{, pola | ora III 626. 7, na | ora I i2{. 
\6, da 1 onrra I 48J. 5, nessa | ora II 1 16. 2}, esta ] ora II 167. 16, 
III 402. ], 419. 8, aquesta | ora II 18. 2(, nesla | obra I 287. 6, 
esta 1 honrra I ^98. 14, desta | orta III 492. 24, esta | orfSa UI jjo. 
20, 22, aquela | ora III ^09. 6, outra ] ora I 277. 27, toda | ora UI j. 
ai, todo I ora t loj. lô avec assimilation de l'atone, hûa | ora 111 
{84. 3, 612. 39, atgCa I ora d'um dia III 544. 4, em bo | ora I xj^. 
2, cada I ora (tr^ f^uent}, nunca | ora minha dor | de vos me pode 
apartar III {91. 36, na brava | ondall {61. 2 j, faça 1 ondasda rribeira 
Il ï94' 9f "^ i*^* I '^^^^ 1^"^ '^'"i '22. ?{, na mesa | onde comemos 
I 441. 37, para | onde nomno sscy I 461. f, vejo vir a ] olho a morte 
H 164. 9, parece c'a oiho cre<;em III 49^ 12, ho mana, | ho prima 
minha II 14. }4, où la pause iusiifie la conservation de U voyelle atone. 



PHONOLOGIE SYSTArTiQUE DU Cjiitiontiro gérai iu 

Ûnid'autres cas en partie tout pareiLs, on trouve l'assimilation de l'atone 
lbtonii]ae et la contraction des deux voyelles en à, ce que l'orthographe 
Knur^ue pjs toujours : d'onde bat' 3.._,ondn quebrada M ;lS;. j, voss 
obnllI6;i. iS^est orfSa (Il JH- >9> ne^ora I isouventi, logo^essora 
ini6[. 3S, 6oi. <|, naquela^.OTallI }86. 23, naquelora M 2}). i, i}8. 
17, 561. II. hùa^^/>ra II 210. 12, III n^- '6. hûo ora I) 46$. 26, 
4^6. 7, d'ordinaire huû ora ou hûora, dans un grand nombre de pas- 
agst, algSu ora ou algû ora, tris souvent, nenhù ora III 1. 1 1 , 6. 9, 
6m. i, ouïra _oraIJI 269. 1 i,ouiro _oralI 418. 4,ouirora (souvent); 
1>^ ora est devenu successivement : bdo ora, boora^ bora : na boa _ ora 
CBobon dia I 267. ij, triste u boora vos hy " II ;8â. lo, embooni 
llf. Il, 1 10. 4, jio. 20, etc., embora U 444. ;, 562. ij, etc., cada 
raonlil 8. t, 10. 31, cadora (rare) Il ^07. 20, III 2. 1, {9 c. \; 
JM*:jora vedes III 507. 54, j semble avoir perdu son accent; cf. 
Jûartryeys algù ora II (, jS, cuydando no que jovy (= ji ouvi| vos 
Il 172. 17. La même assimilation et contraction a lieu dans les vers 
»nnu : quem achar damo escuro 1 149. 19, que cansso omem 
^^war II 467. 8, e fie omemenguanado II 182. 8, Rebolo qu'and 00 
w^ejUI 6j2. 8, nuDca oolho [= a olho) vos vera II 441. 7, deyx'oo- 
^i=iboï2$ 'a bom tempo"' buum boni dytado I 99. 2}, par omem 
ntfctrovar III 21S. 10, passages qui indiquent coiome ceux-ci doivent 
fculus : day me là ligua poricyro I 464. 10, d/i irJsteza^o cora- 
ç» Il 263. ta, de nobreza^_,oos que os irazem II ly^. :?, nom dès 
■«pena^^o sentido II 40Î. 22, estar ela^^oo cavalguar H 480. 26, 
c<faygoarda,^oo pousaddro lll 249. 10, daa gram pena_oos cora- 
Ç*«IIIj8s. I}, que me chega__.ocoraçam 1 ij. 9, em qu'eslava_oo 
xAejTO II 424. 16, Day ora^oo dcmo ta! manha II! lôi. 1. 

12. 11 + 0. 



: rta | oferla I 269. (4, minha | openiam I i66. 20, 282. 
<8,[niiiha | orelha I ^67. 19, tanta { onestidade I 2;6. ï, nympha | 
"Orrada II j{8. 26, lynda, | onesta fegura I 7. j, c'assy ^zia | filho I 
H'i-ih c'asy compra ; sesudo l i{2. r.ordena | duque II 284. 4, 
'>*Kiofna I guanhado M 474. 4, quantas arma | diabo II jiy. 
)2,Af]nina I o gram monarqua III 129. 1 ^ , que nam lembra | rryram 
" Mt. 22. Era I cantar, senhor, |j mais forte do quecuideyill 90. j, 
''ttbça fundamento lll 307. 1 {, Poys se prova | o que dygo II 1 12. 
■Upagiia I oque devc II {}8. j:, olha I que te dirio II {6). 17, 
9>lera I que fedia III 249. 8, S'a Senhora | julgara 1 |. 24. Le 
CutuMiuo Sfrat offre encore de nombreux passages où j et para ne 
'■■nitem pas diphtongue avec l'anicle : a | portai da ermyda I 269. 



3t4 '- CORNU 

28, me toma a | meit mesire I }84. 1 j» A | lerapo que rrcpousam 
Il 237. t6, A l senhor duque II 28{. 17, D'Abiil a j os onze dias I 
178. 6, A t os nobr» sem dynhejros I 19;. ji* ^ | os présentes 
espanta 234. ib, que fani | a | oquelem J 144. 14, que chegue | a | 
que sento II $91. 14, que days a [ os que prendeys II {46. 35, avoou 
pcra I cham III 200. 30, Fera } os arcs corrutos I 180. 1 {, Pera | os 
descsperados II 34. 14, Fera | os maies II 420. 1 ; ca | que a nos 
matou I 7- 28, ca | guabar l 160, 19, ca | o mal que m'adoeçe I 
{39. 3, coma I o fogo que lyro I 86. ^ 1, mas poys ventura | ordena III 
{79. 34. poys vos era ] ordenado III $19. 31. Plus souvent d et 
donnent une diphtongue syntactique : a minha^opynyam II iii, j, 
tua^^ordenança II 3$2. 24. sua^^opcnyam I) 143. 36, III )0{. 17, 
vos$a_opcniam II 419. 14, 4)8. 27, de$ta,^openÎ3m III {6). 30, hOa 
,^ovclha II 290. 38, hûa^ordenaçam il 49^. i, outra_openyam I 76- 
lî, em estrcyta_obnguaçam I jg, ji, e vos senhora^obriguada I 
J78. 10, chacnar pena^o sospirar I 48. 3). que perd'a rrou^o a»- 

sayro I 1S7. 1 j. que demosira ^0 mal que lem I pt. t }, que Iho sin- 

ta__o coraçam II 114. 7, e pois s'acaba_o prazcr 11 lio. 7, mas 
quando me torna_o vcnio II Î96. 7, que me pree$ta„o saber meu ? 

II 4^8. 3, nam vos lembra _o mal passado III }ji~ 30, Fica mundo 

desiroydo III 417. i, era_o ar tudo cuberto II 328. 26, este era_o 
filbo meîlo III 104. 1;, nom tinha_o coraçâo quedo II }8o. 8, quer 
seja.o sol escondido II ^94. 21, que Ihenam faleça^o ar III 3J9. 24, 
e que aguora^o mar te digua M 40 j. 36, deyxe fora_o cora^m II 
5}^. 10, nunca_o joguo se guanhoa II 47). 10, cada hûa^o que 
deseja III 657. 13, que sua dama_o sayba^o çerto I 98. 3a, de ven- 
tura_o achareys II 16}. 1, porque de guisa_o tratara III 38{. 34, de 
tal maneyra,^^ achey 11 420. 9, vendo que nada_os condena III 191, 
I7j Faça d'ela_o que quiser III jji. 18, nestâ tristesa^os busquey 

III (68. î, scndo mona^^o fezpor ley III ôij. 30, fiça_oqueme vyr 
fazer II 474. 9, ou s'aconteça^o que temo II 199. 16, que me quey- 
ra_o que Ihe quero II 40J. jo, e agora_o faz jazer II j66. 8, ayn- 
da_o as d'amarguar III 276. 36, nunca,_o louvaes I }8j. 7, nunca,^ 
eu tal vy II 3j. 10, Nunca^^ leyxo d'abraçar II, jgS. 29. nunca_ot 
lays vya ninguem III {63. 36. Le datif de l'artkle \ao\ compte ordi* 
nairemeni pour une syllabe, psra et l'article ou le pronom font deux 

syllabes : pera_o quai vos dou poder I 4. 7, pera o mays arra- 

piardcs I 36. 27, pera_o eu déterminai I 71. îo, e vida pera^os 
sofTrer II 4^1. 9, pera_os mâles que quysesles lll 7}. 36, e vay 
comra^o padre sanio II jj**- 23, conira^o qu' esie ssenhor diz 
lll 297. it, contra^^bo imiguo II 398. 34, coma_o meu e tam 
inteyro lll 224. 1, e ser tudo coma^o vosso lll (91. i3, vo»a 



I 



1 



I 

I 

i 



PHOKOLOCIE iYKTACTIQtlK DU CiWCiontirO gtrat 2JJ 

(roDMurïoolhar I îîg. a, qoero, senhora^^ordcnar m no- •?. se 
foottdï^ofereçer tlt ^90. 8, hora,_,olhay ess' apodar Ml 6^4. 4, 
mmaj doçe pera_olhar III 226. [o. mais ces combinaisons éiaiem 
pEOi-tee sascepiibles d'une auire prononciation, car souvent il y a assi- 
ailttion de Va A l'o avec contraction en un o ouvert, qui est au xvi* siècle 
MMnm iiian)ué par 00 : qu'aveys por vido enguano Ml 426. 15, 
poeque m cumproo desejo I lit. 1 j , tragoo cabo I 1 46. 5 . sejoo par 
fx^afccbar 1 1 {6. 13, queyro sua senhoria l i6j. }{, scjoo galante 
TpoteaK I z^x. 24, vejoo eu antes d'um anno I 2^. 4, dyguoo Alvaro 
ifeBriu 1 277. 8, que nuum amingo poder I) e noutra conssentyr II 
109. {, diveroo de ser tambem II {66. i { , cada hum dygoo que quyser 
III î7. 9, sejoo moor que Ihe façays III 98. 19, Dyguoo conde de Ten- 
dUalll 14;. 2g, poys d'y se ganhoo folguar III 188. t6, lenhoo laa 
<|Kso tever III ^19. 6, sejoo tormento mays mansso III 415. 6, que 
uoof omens per força III 577. iv, que nam synto coraçam III {77. 
M. vejo que fez esta dama Ml 6t6. 8. mas nunquo vy sem começo 11 
^i SI, que the descobre horelha U 290, 2f , Dcu vos deos mayor 
ubea que nunca deu oorador ni 15;. 4. Le datif de 1 article et du 
pnnoiD est souvent 00 (<?) ', et parao est devenu pjroo on para, surtout 
^ des combinaisons fréquentes dans le discours; Garcia de Resende 
faite et 01; 00 cuydado, 00 partyr, 00 marido, coraçam, pa^o. 
!• dos», 00s olhos, 00s domingos. 00s Mouros, Ho diabo dou taes 
fisBiii 481. 1 î, Dou 00 decmo vossos fcytos IH 32 î- 2^, Day m'oo 
fJttnoque me levé II 478. 14, homenos nam sentirey M 1.6, ^29. 5, 
lokmguo do rrio II 28). 18, 00 pee d'um casieb herguido II {70. 29, 
T^nipresSes os culpados, os <;eguos das crarydade II 252. 17 et [8, 
aa'yrey 04 pes del rrey MI 2^7. 24, hos coelhos e ve^idos III 649. 
^qne 00 que nam sey começo II 10. 1 ], ho que quer minha vontade 
1)206. 4, oûs que fostes no matar III 281. 22, darem mootes 00$ de 
fcnlll Î04. 21, peroo cuydado I 47. 12, peroo paçosc mutar I 147. 
9iperooauio do gynete I 1(4. 10, tornando peroo casai ! 2î8- 26, 
Wo hé Mouros de Crada paroo modo que levamos II ^oo. jo, paroo 
l*prda guaryda I 277. 10, peroo qu'aves de sofrer 1 ^19. 20, paro 
•oïder II i^i. 26, paros deserios fugya M 20). ti, peros dessa ley 
Itpiro pidindo 11 28^. 18, guavyâes paro invemo H 299. 18, poro 



*■ Cf. FeniaA d'Oliveira, Cramriûticâ di Uagua^tm poitugeca 1 1 { ;<J), p. 1 00 
• "édition d'Oporto : • ... os artigos na nosu lingua diversificaô on variaô a 
•Wï «le sua voz en generot : numéros e ciîos. Em genetot como .o- e. 4. e 
'Uneroc como .os. e. as. e etn casos como .0. .do. .00. .0. .a da. .aa. a : 
-•. ioi. .ooï. ,ot : .as. .das. .aas. .aï. • — P. loi : ■ mas no lerceiro caso a 
f" noi c os latinos chamamos .dativo. acabaO os masculinos i. 0. grade e os 
«niaoi em. a. grande. * — Mais il écrit Ini-mtme presque loujours ao et ws. 



2(6 "^^^^^ i. COBKU 

qu'ave}-s de saber [l 5J0. 18, com'eu fuy paros $of&er M $)i. 6, hé 
nada paro que vemos III 4$. zi, ncm tcnho olhos p^ro ver Ht 6t. I9, 
para sabcr m 72. 14, etc., contraocuy-dar I 4^ 24, coniroo cuydado 
I 71. 8, 77. 4, comroo MSpirar 1 79. 24, controo triste castelâo I 2^5. 
19, coniroos deoses tam ousado II 4J4. 23, contro triste sospjrar 1 1 1 . 
35, coiuro cuydado I 18. ij, 2). 5, os Crisi3os coniros Judeus 1 
440. 22, lipre contro ténor EU Sj. l, que fordes controo que sygo 1 
ti. 17, no que dJz controo que digo II iij. 27. Apris le compa- 
ratif, les anciens textes se servent de ijua, ca {quam), dont il y a un 
certain nombre d'exemples dans le Canâcnetrc gérai et qui, cotnbiné 
avec Tarticlc ou le pronom, fait /juoo ou coo (^iw, co) : Nam quero 
mayor vinganca coo chacnar : minha molher I 2} 1 . 2, qu'ee milbor 
meu coo vosso I 2^8. 10, nem omem mais aviltadoljcou c'algûas vezes 
mente I {97. }8, nem omem mais esforçado coo vençedor da vonlade I 
398. 8^ vos farey juras tartas, que vos byeis mais basiardo coo vosso 
sayo de martas il 27. 8, tardaria mais quoo meu II 494. i2,hiseucon- 
selho milhorll quoo que t'estoutros darâo II 565. 20, que sem duvida 
foy mayor quoo qu'ecn Tanger elevey Ht 89. 8, tem mais mangas coo 
Ssanpayo III 216. 8, mais bravo coo d'um tyam tll 299. 4, que mays 
val hum desengano ... quoos enganos de prazer 111 ) 14. 18. Dans les 
vers : muyto moor co galarim I 44. }, e cada dya avorre^a |I a vyda 
mays quo morrer 1 179. 27, mais teal co mesmo Mouro III 399. {, 
outro mal mayor quo seu 111 460. 4, il est difficile de savoir s'il y a 
tfoa ou qae. Trois ou quatre fois on trouve la graphie ou que i'ai rencon- 
trée au lieu de ao dans des textes plus anciens ; hyr ou fundo il )38. 2 1 , 
anles vam ou guabrim III ;42. t6, parou c'aves b de ter III 412. 1 j, 
da banda qu'ee controu sul II ^67. 9, mas lam pouco m'aproveiia J| 
catalo comou dizer Ml 424. 21, cité sous -j- 0. 

!}.(* + a. 

Hi (art.j I umana jenle II 347, 9, que me dà ( hum homen reylô" 
II] 22c;». 22, Antre vos hd | hOa dama 111 {48. 8. 

14. a + à. 

E de quem per ella | husa II f J4. 22, que desia manha ( usa 1 II 
268. 16, cada I huum, cada [ huûa, qui revient souvent, offre loujours 
le hiatus, excepté dans un exemple isolé : cada_hum dygoo que quy- 
ser 111 57. 9, mais ce vers peut et doit, comme je crois, être mesuré 
autrement. Voir Proparoxytont. 

Hiatus : ereys divina i umana I 247. ij, que hé. senhon, | bnm 



PHONOLOGIE SYNTACTiQur. DU Cancmùro gérai ryj 

Ijnl II. {, se calça | buum pce I i {7. 3], do ^uc leva { buum lenor 
I116. 17, me lembra | hûa que fiz III 631. 1;, a | huum cabo I ijâ. 
L Ha» CCS hiatus sont exceptionnels ; il y a contraction et diphtongue 
t}i(Mi)()ue dans : da^charia III 141. 1;, aa vida_humanal 1! 
\S\. 1. Nunca.^usey cm meu latente I 451. 21 ; hum s'unit dans de 
noBbreDses combinaisons au mot précédent : nûa mula_ûas esporas 
1111^7. 2S, desejeys ncla_ hûa dama III ^91. 20, c por tocha_hum 
^tj^am m 644. 9, que nam (enha ._hûo ora boa II 466. 7, cada 
Kt liiiÇa_hum pedido Ml 341. 20, Aquy anda^hutn capelào \X\ 
sSf 1, caro custa_hum desenguano IJl J42. 2, e que seja^hum 
poooovdho III 661. ij, a_hûa triste noytc escura I 24;. ij, direm 
ioi)Oia_hûa mîo III 2S5. 10, as pernas pera_hûa dama 11! 266. 36, 

jiiefejf pera_hum luguar III ^44. 6, qu'a de fora huns coniadores 

IIJ24. 6, nonca^hQ ora corn' arroz III 241. 4. 

HiilUï ; hé I escosâdo i 440. 7, hé \ el rrey emportunado II] 583. 
7.^Aain ponho pce l em châo II iS^. 32, hé | em fazer bom valado 
'118.4. Une fois nous rencontrons [3 contraaion des deux voyelles ; 
dciidalgo téscudeiro III 411. 8. 

17. e^ é. 

HiitDi : grande | erro nam 1er fé Ili 149. 7, Mas a morte { hé 
fet^ida i J7Û. 19, A vontade | hé conirayra 1 48^. G, se vcrdade | hé 
ùtBOTi m 612. 12, trisie I hé meu coracam 11 175. 12, mays forte] 
houar tll iSj. 7, mas este | hé d'ambos nosso II 170. 10, Este i hé 
■tapareçer III 68. }, Esse | hé meu crusado III 488. 17, que nam 
fib* I esta jenle III 157. [8, porquc sempre I estes tays I 152. 3i, 
Pffc'as bestas seic | eram II jjô. i. Esse | homemdonde | îié III 489. 
i.Doade [ hé ta! carantonha III 508. ;2, que tam lonje | es présente I 
lit- {. Dans d'autres combinaisons pareilles à cettes-ci, les deux 
*«jîlles ne forment qu'une syllabe : cstc_hé m.iis mao rrapaz Ili 
tSo. 6, se «rdade^^hé que nest' ano 11 ^73. ij, pays dclcyte _hé 
^««r I 41- 6, sempre_hé I 282. 2^, quem vos trouxe_cs(a qucsiam 
' î?. 28, nam me maie_e$ta iristura II 174. 25, sobre _esie feyto I 
}i 16. Souvent b Yoyelle alone est supprimée : est'erro 11 $90. 3, 
tB'te muy alto II 348. 11, est'ee dom Vasquo da Gama II ^72. 8, 
Œ'ee mal vcrdadeyro Ml 4Î8. 17, ncm sscy ond'ecmorador III 48g. 
îi. tsse ventû ond'cra entam ? M 187. 14, farlh'es cVm espanio tome 
' 19- ï8, eu nam scy ond'ele vive III 489. 18, enlr'essa jenle II 5$i. 
iT,aQtr'eles III {58. 1 1, sobr'esta perrya nossa I 1 1 . 8, sobr* este caso 
''}■ ij.sobr'etia I i^o. ji, etc. 



'2j8 J. CORNU 

i8. e + e. 

Le hiatus est rare : o prinçepe ] excelente I 46J. lo, D'outra pute 
I esperança II 68. 2, depois que nele | entrey I 440. 5, como pode l 
esperar II iij. 8, eu podesse 1 esqueçervos II 126. 2s,quem vos vysie 
I estroydas II ;[o. 21, namno pode ] encobrir III 610. [7, logo triste i 
em vos verl ^48. i o, nem verdade | em terçeyra II 1 19. 19, golpe | em 
vida perdida III 417. 26, se nam naçesie | em Fez III 253. 2, Açende 

I em framas vyvas III )82. 2, onde | em brasas ardemos I 87. 2{, 
sempre | em cousas mundanas H 540. 20, sempre l em quanto vyver 
III 401. {■}, que soomente | em vos ver I 224. ij, madré | e filha I 
248. j. D'ordinaire les deux e ne forment qu'une syllabe : este^_,*s- 
crito I 167. 17, deste^engano in 578. 19, grande^error I 81. 14, 
grande^_^estremo I 182. 19, grande^^enxerto III 630. 16, noyte^^ 
escura III 498. jo, poys nunca tyve^^esperança I 119. i, nam 
sofre^^estalagem I IÎ7. jo, per antigua posse^^^estar I 41. ij, 
honde,_,esté seguramente I 219. 22, sempre^^estaa no coraçam I 100. 
29, hé erege^_^em nossa fee 1 J2. 4, falc^em vos nam desfazendo I 
226. 21. Souvent aussi il y a élision : est' encareçer III 47. 16, 
dest' embaraço III 270. 4, grand' enguano III $41. ;, verdescuro I 62. 
25, II 289. 1 1, hé meu mal trist* encuberto I 122. 28, pod'estarl 129. 
29, dae com el' em outra feyra 1 )o. 2, pod' em bem e mal estar I 66. 
25, sobr* esperança perdida I 67. ij, sempr* em çima I 15;. 30, srâi- 
pr' em vinha I 256. 7, sempr' em vos, meu bem, cuidando 1 IS7- ^^i 
)â desd' entam II 67. 22. 

19. é + a. 

Hiatus : hé I a pena I 122. 24, vossa mercè | as comprenda I 64. 
■ 9^ que vos hé | aparelhado 1 88. 5, hé | a eletam estranho III 564. 2), 
se I agora piadosa I 94. ; , vé { agora I 48. 2 [ , e d'aqui tee [ a Batalha 
III 99. [I. A c6té du hiatus il y a plusieurs exemples dans lesquels/ 
et a se contractent en ee, mais l'orthographe ne marque pas toujours 
cette contraction, qui a lieu aussi dans le corps des mots : Tristee 
minha (^ é a minha] pela vossa II 175. i }, estee a graça que Ihe fyca 
If J15. 2), porquee azedo como fel II 162. 22, vossa mercé héatalhada 

II ^87. 2, mais ces deux passages ne sont pas assurés, voir Propa- 
roxytons et Pronoms possessifs ; quai héquela cousa que nunca se vyo 
II 156. }, Pera queequy rresponder III jjj. 14, peraqueequy procé- 
der III {5;. 16, em todas té derradeira I 23;. 6, servidor tee derra- 
deyra III 70. 9 [cf. tud'ee vcnto aa derradeira III 283. 21), té vynda de 
Jesu Cristo II 169. 10, estar sem elle atee fym II 40}. ij, m'3o de 



PHOHOtociE SYffTACTiQLiF. OU Cancioneko gtrai 259 

wiiuyT liée lyin III );û. t, tee minha ^ II ji?. }o, }H- i>,atee 
aorte iKfanun || esta triste companliya tl j)i. 11, meus dias ... seram 
Kopreliïiymados até mone III pï. 25, ntinca lee morte foy frio III 
617. n, aiee somana acabada III 170. {, atees quynas devynaea tl 
119. 1}. aieequy III 198. 8, jy}. î, 408. 4, etc., atéquy II 408. jj, 
fTO, i, III 60. 3t, etc., tcequy I 2ji. 19, téquy 111 i8{. 13, 5^9. 1, 
ifecgon t 466. 33, III 46. 3, 406. 4, atégora I 486. ■{, II 60. j, 
»7-7ietc., deniSo leegora III 407. 12. 

Kbits : este ] ano II 489. 14, III 6jo. t6, sam scie I STinos 
psxlol }48. I, Mas ond' ele | anda mansso I 8. 16, verdade | n de 
'imu I j6. 10, OQ quem pode { ail nour I 76. 3ç>, Ja vos nam faie^ 
jillll 100. 17, Nunca pude [ al fazer III 4)1- }• honde | hi vil con- 
dijut II f;fi. 10, onde | hâ ynlyndo sa! lit j 14. 16. Dans d'autres 
P*ttigef en partie pareils à ceux-ci, nous rencontrons l'éllsion : Lop' Al- 
V'iru [Je Mûura III 174. 19, dest'anoli ){{. 12, daquesi' ano III 
"6- 14, seeie^anos hà que deiydo II 408. iï. averaa dezanov' anos 
" iS;. r, vînt* 3no5 III 296. 7, navyo pend* i banda I 114. 6, 
on^adieta) fennosura tl 167. 28, sempr' aarde i )72, 2}. 



31. f + a. 

9JMBS : dessc | aleeo I 16). 3i, grande \ atcgria J 299. 11, III 
loi. 33, grande ) alquemisia I ;97. 8, grande | afeyçam H 11 1. 26, 
firndel agudeza II ^42. 8. grande | arroido III 16^. l6, grande|apa- 
ivlboiti 218. 9, nossa firme | afeyçam II 1 ^1. 9. seu lopeie | atoucado 
' 'il- 19. porque olhe i a padeyra I 16c. 2j, que se deve | ha mesura 
'39S. Il, e vede | a vaydade III 4^6. 7, donde | a terra tomada 11 
|ii-é, negua sempre | a verdnde I 3 18. 9, tende | a bem emcrespada 
IN Mo. 10, sempre | a iragua na maolll 117- 17, e por elle I allegado 
I |ï. 2f, e d'ele I avorreçido II iji. 12, d'emro nele | acharas l 82. 
ItAcmpode I amor sem arte II m. 39, onde soube | açcnar It }8. 
'IJW disse : I avey, Senhor III 618. 39, senbora, disse | assy I 476. 
^ij Monde t achsrâo folguança II 67. i}, Ando sempre 1 acupado III 
J?» doïe.^*anle | açenemos III 10. 1, por elle | a maravilha I 

34, por dar mate | a Castilha I 1^5. i ^ , morte t a huum servidor I 
)Ï7 II, dais toque | a Çepiam H 6;. 1, oolhe \ a que Ih eu dysser III 
14- 1, J9, II, como compre { ha don7.e[a I 143. 32, cm que cre^ ( * 
"Kvde m ^7). 6, qua andar antre | a jenie ) 3 19. I3, qu'antre | as de 
«yi estima 11 576. 17, Tras bedem antre I arçam II jjo. j.tnaysvivo 
"bfelatefra II (2. j, sobre | as da Gama en fundo II )72. 2, veni 



200 i- CORNU 

sobre | amor verdade I 66. lo. Beaucoup plus souvent les deux 
voyelles ne forment qu'une syllabe, et il y avait probablement, dans la 
plupart des cas, élision de la première voyelle atone : grande_acata- 

menio I 95. 17, grande._^myguo III îs4. 7, grande alegria III 470. 

22, grande^^fronta III 47r. 1 j, triste_amador I 6. j, 57. 11, sete^ 
avisamentos I 47Î. 4, o duque^_^Alberto I 274. jj, mestre_Antonyo 
in jjS- 2î, do I ifante^^^Anrrique III 465. 24, poys vay da verdade^^ 
avesso I 77. {, nesa parte^_,algûa grosa I 8j. ;o, a vime^_^ gualinha I 
I j6. 2 1 , a treze,_,a çevada I 1 J7. 4, que pague^^^^ custas em dobro I 
79. 25, vûssa sola crye,^a terra I 269. 24, onde_a pena rauy crecyda 
I Î17. 19, onde,_^s oras I îjô. 22, e dura sempre^a trestura I 400. 
II, sobre_a terra I 1 57. 1, ca sse vos ele_apertasse I 8. 25, ouve_, 

aquisto por emmenda I 124. 8, ponde açiprestes e palmas I 269. ), 

quem tyvese^alguum lugar I 85. 6, antremete alguum favor I 98. 10, 
e porem sede^_^avysado 1 17. 4, esta se deve,^adorar I 489. 1 5, onde,^ 
amor nam se desmande 1)8]. 20, que digays que deyte„alonge I 41. 
ji, ande sempre_.alvoroçado 1 ijj. 16, Vyseu jâtarde_acodyo I 141. 
17, d'oje^^vante III 292. n, d'oje_a mays III 29. 1, 585. 14, de 
monte a monte III 270. 19, 645. 21, de verde^_^ verde III 64s- i?- 
L'a est devenu e dans : ee todos dereyto guarda I jo. 24, a creçer 
hévorreçer III 412. 7. Voir e. 

Fréquemment aussi Ve est supprimé : ess' apodar III 6j4. 4, 
est' arreyo III 21}. 20, est' avyso III j 26. 11, dest' amiguo III 547. 24, 
gramd' aparato I 170. it.ogrand* amor III 518. 11, 619. 16, von- 
îad' alhea III jio. 10, Anrriqu' Almeida III 1 jo. 20, soub' a verdade 
(i™ pers.) I 121. 8, que nam consent' amor III 577. 25, cab' aquy 1 
27. I ;, nos vingu' a nos I 256. 12, os vejo sempr' acordados I 18. 22, 
antr' as damas III i;j. 20, antr' as molheres mais dîna I 24J. i}, 
entr' as cativas Troiâas M jjj. j), contente sobr' agravado I 78. }o, 
fim d'Abril III 260. 1 1, d'ahy I 470. i s, d'aquy III s 10. 20, d'aguora 
III }. I, desd'a ora que vos vy I J62. ij, desd'aquy III 4;9. 20, 
desd'agora m 2. 20, 6. 1 1^ 6$8. 2 j, doj'avame II 25. 2$. Voir De. 

22. é + i. 
Fee I inteira II 172. 5, III 280. 1 1, hé | igoal do sospirar I 10. 10, 
hé j incuberto I 89. 19, coraee ynçerto II 169. 29. 

2}. e + i. 

Hiatus : nam pode | hyr bem a mym II 62. 18^ nem pode, [ tiinda 

que queira I 460. 22. Êlîsion ; nam sacude_ysso pelejo I 67. 26, 

mas bem sey domd' isto vem I 44. 1 j , Hond' is II ;96. 2 j, sobr' isso 

m 15J. 2}, 201. 6, sobr' Isto I 253. 16, fycays d'y honrrado III 

Î24. Î2. 



PHONOLOGIE SYNTACTiQUE OU Cancione'iTO gérai 261 

24- ' + '- 
Hiatus : Hé guerra grande | inteyra III 27. 9. Élision : est' in- 
TemoIIjjô. 5 , ond' yrey aqui nem fora II 167. 27, ond'yraa quem 
dempane II 167. }o, estes omëes donde^^yram III 618. 1 j. 

25. é^o. 

Hiatus : mas a dor hé | cuydado [45. 8, quanto hé | qu'eu 
lifiya III 141. 16, quem v£ | desemparo I 462. 20, vè | tempo II 
19s- ^^ deos Ihe d£ | parayso II 450. 9, III 162. 25, nem vossa 
BKnii [ oqueyra I 69. 18, vossa merçé | emmende II i j[. 2, querè 
1 Tos tall I I î9. jo, este,^aviso querè | : rreçeo !II 4 1 î . 11, &zé 
I0IU47). 26, 49 j. 4, trazé I III 494. }, da cabeça atee | os pees 
I Hi- % da pousada tee | o paço III ô6i . 8. Dans un cas unique, i 
(ttt) fwine avec l'article une diphtongue syntactique : Estee^^o cabo 
tobovores III 21. 22, mais on doit peut-être mesurer ce vers autre- 
Wtt, Toir Proparoxytoas. 

26. e + 6. 

Hiatm : esse | horaem III 488. 22, 489. 8. 16, este | omem III 
490- 10, deste | orto terreal III 465 . 2, Em esta présente | obra I 1 56. 
I7i cdisse : l ho mal esquivo II 20. jo, muyto tarde | 00 seraHo II 
fij. 2, floreçe | oje este dia II jôj. i j, onde | ontem foy mostrada III 
^f- 12. Ailleurs la voyelle atone est supprimée : est' oomem (est' 
"Wm)!! 183. 26, III 228. î, 24^ 2, 490. 10, em fort' oral 21. 6, 25. 
ï9i II 288. ij, m s- 29, 267. 2, Anrrique^^Oraem III 642. 16, 
ot'ontem II J41. 17, d'oje II 440. 10, d'ojavante II 25. 25, desd'oje 
BiJ) II }5J. 16, III {2. 1, antr' ovos d'ema III 241. 11. 

27. e + o. 

Hiatus : hum muy grande | ortelam III 491. 20, byssete | ano I 
>7o- i.piadade | os humanos I 220. 2, favoreçe ] ho rroim II ; jj. 24, 
^qoe I o mays por dizer III 266. 2, Bem disse | ssabedor III 5 14. ; ;, 
'Bln I os metaes III 531. 17, vem sobre [ consentyr I 77. 30, mas 
"Ne I rreçear III 188. 6, vysto sobre | dereyto 1 96. 14, onde | ho 
■ïyw servir II 465. 22, donde | bem esperey III j6o. 14, tenha 
*Oapn os milhores I 1 ;2. 20, mays santo que [ d'um Mouro III 299. 
M; le pronom ne se contracte pas avec le verbe : Deve [ primey- 
'UKnte I 219. 19, julgue | quem bem sente il 71. 8, que m'ou- 
*7^ I que diguo II 1 30. i j, pague j o em sua vida II i } ï . 11, que 
"Msabe 1 oquediz II 538. 14, Sabe | odissiraular II 556. 27. pode | 
cnnatençam III 20. i7,evede | que seraa IM 170. 10, e pode 1 o 



2é2 J. CORNU 

de verdade demandar dona Maria 111 286. 15,0 melhor donde | o soit 
I 300. [4, sempre | fuyill 406. [2, foy mo prinçepe | olhar III 617..^ 
12, vos prouve | honrrar M 251. ji, que deos pode | ordenar III 4;{„ 
22. Dans d'autres cas les deux voyelles ne forment qu'une syllabe, quC 
était probablement une diphtongue syntactîque : deste^^ofïiçio III 
164. 9, grande_,onor I gj. 8, e pos eIe_o esmayar 1 n. 3, diz por 
ele^_^o graçioso 1 27. 17, se | hé este^^o escrivam I 218. 16, que os 

mate^^ sospirar 1 28. 10, em que arde coraçam I 34. 2j, toda 

sente_o escrivam [ 37. 13, entristeçe^^o namorado I 47. 34, çese_o 
mal que nos feria I 6^. 14, ou se quando bate.^^ dente I 143. 36, 
vos escreve ssy por nam I 217. 16, a mym goarde^^ Salvador 
m 154. 20, se me descobre_o mor dano III 542. 1, rae faleçe^o 
coraçam m 600. 13, fica sempre^o matador I $$. 18, vysse_o que 

determinava I 33. 4, nam enxugue os qu'aly vam I 220. 30, ora vede 

,^0 qu'aa de ser NI 168. 8, nome diz II 369. 37 (cf. plus haut le 
traitement du pronom 0), tod esta corte^^obrigastes l\\ 121. 4, 
sempre^ordena I 312. 21. Cependant les quelques exemples qui offrent 
l'élision semblent ébranler cette manière de voir ; ce sont : d'est' Oli- 
veyra III 277. 21, trist' dia que vos vy II 169. 33, que proçed' 
sospirar I 19. 23, antr' os soutos 1 2^0. 8, antr'os outras servidores I 
449. 14, antr' os honrrados honrrado II 517. 2. 

28. é+u. 

Hé I hum cabo de paizam I 6. 4, hé | huum mal 1 8j. 13. 

29. e + û. 

Vede^u s'este caso mete 1 207. 24, sooment' um II 178. i j. 

30. e + a. 

D'ûa pobre | huum coelho I 181. 28, ouve | huum tam grande mal 
I 81. 13, ouve I hum tam grande.^error I 81. 14, que descobre_ 
huum sospirar I 67. 2, quem tyvese^^huum sospirar 1 8;. 8. 

î I , f + i, 

Perdy | infyndo desquansso I 401 . 24, poys quem hé de ssy | imiguo 
III SS4- 18. — 32. i+l. — i^i + i. 

34- ' + a. 

Mas vy I a rrezam sogeyta I [ 32. 14, ouvy | a quem vem da cova 
I 80. 9, aquy | acudo 1 12. 12, faz m'assy | adoeçer I 28. 21. Le 
vers : Se queyxa de ty agravada II ;j8. 28, semble présenter une 
diphtongue syntactîque. Comme elle est tout à fait insolite, je crois qu'il 
est plus prudent de mesurer le vers autrement. Voir Proparoxytons. 



PHONOLOGIE STSTACTiquE DU Cunàonàro gerat i6\ 

Aujourd'hui la conjonction se devient si devant les voyelles. Le Can- 
cioneiro géra! nous donne quelques rares exemples de cette modificaiion, 
qui est la même que celle que nous avons dans ni et if en français : 
e ssy I h^ quem vos asome I 19. jy, mas sy | hi quern crer se peja I 
4t. 21, Mais il est probable qu'il y en a bien d'autres que l'imperfection 
de l'orthographe ne nous permet pas de distinguer. 

36. i + fl. 
Que casy.^ nam conhecy I îio. î4. 

Î7- ' + «■ 
Hiatus : alegar por ssy | emvyara I 33. )o, Por sy | e polo par- 
çeyro I 144. }, assy j en comprimcnto I loj. }o, muytos vy | «smore- 
çidos I 18. t8, de quem perdy { esperança 1 36. 31. Ve de la formule 
ES -|- caas. semble s'filrc fondu assez ftéquemmcnt avec l'i, ce qui est 
indiqué par t'onhographe dans quelques passages : Eu fyquey de my 
esqueçido I };9. 11, por myim^ e&iroido II J49. 2 1 , Ally vi star a Pry- 
leo 1 {07. 8, na çidade c'aquy^estaa 11 41 j. 19, 00s gualantes c'aqui 
stam III )7a. 11, Ateequy e&tev' emçerrado )1I )7)- 1> ^uy siar juyz 
no fora III 478. }3, ante quantos aly_,estam 11 {23. {, assy_espero 
de notar II 130. î, a terra sempr' assy^estaa II 4J6. 12, qu'assy slays 
desmazalada III joj. 1 1, assy_estou 111 J42. \ i . Cî. partis =: par- 
ties partides. — ^8. i + i. — J9. i + e. — 40. / -f o : Ouvy | que 
djguo 1 i{8. ijfby I ver m 168. if, perdî | III )95. 17, 617. 31. 
— 41. i + (J. — 42. i-i-o. — 4î. / + u. — 44. i+ (i. — 4S i + B. 

46. à-}- 0. 

E nam soo | jà 'ganbado 11 7. 6, Porque soo | que padeço III 

61Î. 2i. 

47. + d. 

Hiatus ■ I otho, I omem^ | odio, no | ombro, no | odre, no ) 
orto, vosD I ollio I 1)9, }j,Todo ] homem qu'é escasso 111 j28. i{, 
Embo I ora le eu vy III 2^6. 17, beocos de velho | orquo III 610. 33, 
pesame ter feyto | omem I 211. 7, Es um feyto | o rreve* I 65. j, 
Feyio I 00 trajo da terra 11 $39. 10, a Canhago 1 onde Dido II 400. 
21, îcnho i olhos com que vcjo M 498. 28, rrespondo | 00 preguntado 
111 429. I 2, e dizendo : | ho mesquinho i 476. 1 , como | homem muy 
yncreeo 1 24^ 1, como | omem namorado III $52. 8, Quando | homem 
lem prazer III ^9}. 24, Quando | oje adormeçy I 406. t4. Il y a cod- 
iraction de et li dans : a todo^^^homem que sospyra I 4}. 21, vida 
que iodo_omem toma 11 296. 26, outr omem II {79. 18, III 488. I3, 



264 I. cousu 

Pedr Omem 111 340. 2?, oyt oras II aBj. ît , esti çerto^oo despcdir 

III [87. 4, e dar d'olho_ooi dcrredor IIl 66î. 10, e tu cuydaIû^.o 

rrevcs in i^C. 26, lanto olha pela sobrînha lli ïîçj. 18, ncm icnho 

olhos paro ver lit 61. 19, como_orpem que prometera II 2î2. 28, 
com-omcm c'artda pasmado III 219. 6. Eu com' omem icu amyguo III 
252. j, nuando_oiaein sospyra_e chora I 48. 29, logu oje deprende- 
ria l 449. 7, LogojedeU farjra III 121. 26. 

48. 0+0. 

Hiatus : | othar II {9}. 13, vosso | obrar III )8{. 2, cmjo infindo 
jonor I 375. 30, no mundo [ onyversal 11 {14. ;2, ousado | ordenador 
Il ; 1 7. 4, todo { o vy vo comempre 1 j 1 ). 15, que lodo | al que vejo 

I 41 j. 3;, de tudo I o que farey II iji. 6, hé alheo | u fengtr 11 isS. 
4, Hé lanio | mal que ssenio Ht 400. 19, serîi primeyro [ meu III 4, 
22, Em que salvo | cuydado 1 100. 16, Tamo ssynio | ho contrayro 

II 1)9- j, leendo | ho marido çeguo 11 n^- 4i """ °^*l^ I ^ V^^ seraa 
I 46J. 18, dcsicnhû 1 os dobradoi 111 459. 32, vysto | o que apareçe 

I 83. 1 1, qu'eu primeyro | nam veja I 16. 38, tantas vezcs [ olhey 

III 486. 38, que nam posso ] obriguar II 140. 19, tercys de&so 1 
colcham m 6î9. 2j, ca segundo ] os synaes I 242. 21, çedo | 
faram por mym I!6j,7,çedo | odescobriram II i97. î.enumloguo | 
sosptro I 11. 4, Eu sam loguo | primeyro III 70. 24, COmo j 
devyno rey I î^j. 21, que vive como | ho Icyguo I ^\H. î8, ou falay 
como [ obrays III ]84. 22, quando | que me guyou I 407. 38, foge 
me, quando ] ssyguo III {77. ;. Mais ces hiatus, quoique nombreux, 
sont exceptionnels. Nous rencontrons bien plus souvent la contraction. 

II est probable qu'on prononçait les deux comme la diphtongue ou, cf. 
lodou dia pour todo dia, FeniSo d'Oliveira, Ctamrîniiua de linguagem 
porUigaezit (ijj6), seconde édition, Porto, 1871, p. 42, et mas lam 
pouco m'aproveita calalo comou dizer III 424. 31. Cependant cette 
graphie est tout a fait isolée. Ordinairement on trouve les deux voyelles, 
bien plus rarement 0. L'article conserve presque toujours son individua- 
lité, de manière que : no^^Oriente I 4J 1. 17 et rreneguo do^^offiçyal II 
h8. I, présentent une contraction isolée; ailleurs, comme je viens de 
le dire, elle est fréquente : todo^o seniido, todo._^o mundo, todo^^o 
mail, todo_o dya, lodo^o ail, ludo^o ail, iodo^_^ de Casiïlha, todo 
mundo, todo anno, lodo dia, lodo bem, todo mar, ludo al, lodo al, 
pagarey todo^o que monta I } j . 16, seja teu iodo_o que vestes 1 399. 
)8, nouiro.offiço III 6j2. ^o. e Juppiicr rico^honrrado I 394. 31, 
pareçeys honrrado^odreyro III 649. 32, quero_offercçer I 71. 2a, 
onde te vejo_ordenar 11 404. 21. tanto^olhar e rremirar III 328. aj, 
eyxo,,^ nu) I 26, 19, icnto^o pesar I )39. 21, lenho^o desengano 



i-RONOUociB SYHTACTiQUE DU Caitciontin gerat j6f 

I iî8. la, ponho^o swlo 111 loj. 28. vcjo^o paço III in. 16, 
jpaJindo^o mal co betii I 341, îi. dcsiroyndo^_,o mays leall i 497. 1, 
(Tcnduvossos morrcr II ^46. p, visio^o proçesso l 77. 1, provo 
(«provDO; pela chançeleia I }o. 21, e provo_,o por Sabman 1 144. 
J}, opero^^snaquele dis I 46^. ;, e quero^o que mee conirayro lit 
16.4, Tcio^_,os todos rremexer III 211. 17, se vossa mercé o_olhar I 
ni- 24, lari mujto __o meu dereyto I î j. 24, e por isso^^o namorado 
1 17- lî. Kgundo^^^o derao_hé ssotil III 276. 27, ca segundo _o eo 
oijtadan7, î, segundo^,^o que se pareçe il ^67. 17, toma logo.^ 
■Jprineyro I 29. 26, morreo loguo_o capiiao lii 1 17. 24, logo^^o 
■CDiD II III. 21, por vir como_o passado l 128. a, teylo comoo do 
ipOio I 146. 4. como vençydo II 1(2. 20, como inoçentc M 347. 10, 
o»o,os grosa Viia Criste I ^9. 24, se preguntas como^.o sey II 567. 
H- 9K6ngy quando_.o araor II J49. i, quando_o viracn defraldar II 
'»• },qundi>_o creio III J77. 6. — 49. li + a. 

$0. •{- d. 



I 



ïbm : I ail, o I acno, | ar, do | anno, polo j ano, no | ano, 
poblalvo, sobelo | ancho I 142. ly, vosso | aho procurar I (j. 5, 
"M I Alvaro de Moura I 178, 7, vosso | aho naçimenio Ml 47^. 20, 
iUito| ttajrna bla e rryr III 6j{. 18, meo | ano I 20a. S, Muyio | 
ïb»! 27i. 18, Diuyio I aa minha vomade III 84. 2, 405. 19, no cuy- 
d>i)9|bi cuydjr I 29. 10, mas por çeno | h:i mester I 142. 7. por 
Etna I ham I j8o. 1, ysso | i de ser de mym I 449. 20, A culpa que 
lào I haa II 425. 16, que tudo | hi em Casiela III 212. 26, que 
âdo I hà d'acabar III J94. 14, Muyio | hâ jâ que leyxey llj 1}Z. 
i, e vhro j anda queymado I 98. 28, çego | ando I 41). 2{, lam 
fva de sjM 1 ando I ^ 1 j. 8, poys vos esta unio | ata I 18. xy, 
qoea myni bem pouco | ama III 508. 32, nunca vejo 1 ail I 29. j, 
nam Ibe diguo j al II J74. 7, nam quero | al UI 409. 14, mando 
I lima ao parayso 111 177. 7, e passando | agoa tor\-a 1 160. 7, e 
fuanto I aa saudade H 1 28. 4, que rrespondo | h& pregonta II { t8. 16, 
peçô I is verijeyras III 177. 33, Roguo | â virgem Maria III 364. 6, 
qaen I amea ter meu mal lll 319. ti, nam ho | hïi nem podc ser It 
116. {}« I haa scmpre de fazer III 68. 17. ncmno ] i hy nos amores 
U1 192. 2, falalo-bi I r )8. ^4, (alo-am 1 ;7. $, velo-am I ^9. 28, ser- 
ve» logoo I aa tençâo II 594. 9. como | anda Vasco Paiba III laj, 25, 
QKmdo I al quero cuydar II {9$. 2^. Plus rarement il y a diphtongue 
lyntactique : que bdre baiéndo^aa porta I 270. 2, todos quairo_am 
deifizerl 88. ]i, e deos d'Amor vos tamo_ama I icj. ij.ocapelo 
.ande no | ombro f 146. }, de quanlos no mundo^am sido 1 404. 4, 





36& J. CORNU 

detno_aia d'eta doo I ^Zi. ii, ysto_h^ de ser il i {{. j, por ^sso 
^hâ de trabalhar II 392. jo, que p«:ado_hi dum soo dia II 4}^. \, 
sey que comprido_hd de ser II 44 j. û, !oguo_hâ de ser descubeno H 
420. ai. M faut probablement rjnger ici Ee vers : porque cedoo à de 
dejxar 1 129. 1 j, s'il est bien conservé. L'élision proprement dite ne se 
trouve que rarement : esse voss' amo III }oS. 19, quatr' anos II 2^0. 
ai, cinq' anos 11 247. 28, cent' anos III jaS. 18, o que foy yss' 3a de 
ser II 4s6. 39, quant' il por coniriçam II] 5 17. 18, toujours comme on 
voit dans des combinaisons journalières. 

ji.o + a. 

Hiatus : | aviso, o { amor, do | amar, do | artelbo, do | arreo, no 
I arçam, polo ( artelho etc., vosso | allvoroçar I 49. 20, E po)-s vosso 
I amor hé III 378, 17, hum vosso | arayguo III 6î8. [ j, este feyto | 
aponiado J 9;. 2S, soes huum bruto { animal 1 210, 14, nem maïs 
Çerio I Antecristo 1 jg6. 15. e sseu craro | alamentolll 295. 17, e por 
hum sonho | avydo 111 j8j. 18, ^syco | aicuvyieyro III 649, ji, meu 
senhor Vasco I AbuHlI }a}. j, vida unio { anojada I 499. ji^esser 
niuylo I apodada 111 390. 16, e nam ssoys muyto { aguda III 6^8. f, 
eu vos quyto | a emmenda I jo. 5, e pûys.vejo | a crue«i 11 $7. ), 
conheçemdo | a verdade 1 282. 10, Keçeando | a trestura i ; 19. 11, 
vendo ( a cruz espantosa l {8}. 3;, emcunam muyto | as vidas lll 
;93. 2}, descalçey loguo I as bragas 1 477. 26, condano | a I 100. i}, 
deyxo | a I 464: 1 }, sento | a I joa. 1 etc., vendo [ a III )6. 17 etc., 
que logo I a treiadasse I loj. i), Logo [ a crucitiquemos 1 496. 17, a 
I afinna meu desejo I 41;. aa, ja foy isto | alegado I s8- 8, como 
quem preyto | apaga 1 64. 21, quem macho | alquança I t;9> J>do 
panido I aceytar I 219. 10, quanto [ aveys de fazer I 366. 1;, foy 
forçado | acabar II in- 16, no inferno | ardcras ill iR^, 7, para vos 
isio I avonda [11 {91. jj etc., quemays vosquero | amando I )48. 29, 
Eu vos posso I afimtar I 477. 28, nem me qucro | ajjr^ivar 11 ^07. }), 
namnos quero [ acoyuiar III 269. 16, Tudo ve)o | acabado II 1 }2. j i, 
Tambem ando | acupado IM }as- }, correndo [ ApoLo l 170. }, foyse 
logo [ asseniar I (fy ai, mêle logo \ anirelinha I nS. 8, huum soo nam 
meto [ aquy ]| ji 1. 39, vos aconssclho | aguora III 18t. ij, lorno [ a 
mandat I 8a. 2, pregunto [ a vos, senhora l 2^. 17, nam m'airevo | a 
guabar III 20. r), tam feyto | a ssa voniade III 1 1 j. 9, e que tenho | a 
meude III 60). 9 etc., $0 | a terra (Toujours avec hiatus). Dans d'autres 
passages tout pareils, il y a diphtongue syntacùque, mais des contractions 
telles que les suivantes sont exceptionnelles : sem o^alegado provar 1 

40. 21, e dous o^açaqual I i}7- "< < emnapascoa do asobr II 291. 

2), ma$ ho amor grande sem par 11 j^û. içlcf.bo | amor grande sem 



PH0N0L0G1R STNTACTiQUE DU Cancïonàto gtral 267 

par II ji7. 8), do direyto nera iio_avesso IM 271. 20, do_avarento 
lyberatlli $27. 35 (d« Cil Vic«nte qui contracte aulrement que Us portes 
du Canmnttio gtrat). Ki!« soni plus communes avec pdo : polo^^ale- 
gado,_eprovadoli6. 17,97.4. ajudayme polo_amor II loj. tî,vosso_ 
apeiiiarl to.ii,vo5so^^visamcmoI ^}.\2, 1 { i . i ) , vosso,_^mygo (sou- 
venii, vosso_arTeyo 11199. 26, vosso^amor III 309. 12, 177. 1, outro 
^^^^ariior U 402. 16, ludo^^quylo que quyser II 12). 24, todo^^viso 
Il J34. f, este ncgro^apelar 1 7]. 21, cuydados de fogo^ardente 1 
89. 37, perro,_^rreneguado III 59?. 7^ qualro^_^vangelistas 111 (Jt- 
3, cinquo-enta^e oylo._,a era I 178. 7, VaïCû^_>rna!ho 11 478. i, 
Vasco^Abul III 649. 6, muyto,_^zul III m. 17, Postes U muyto^ 
aramaa III 144. 18, vejo,^ morte ja comyguo I 122. 20, perco,^ 
vida por querervos 1 124. j, pcçiï_a morte que me deys i j4y. Jo, 
mas olhando_a calydade 1 20. 2, sobyndo^^a caiçada I 1J7. 7, etc., 
como^abocaUasa oorelhal 242. 6,coino_^a voniadequeria II 199. a8, 
etc., que moyra scgundo,^ ley I 482. tj, que segundo^a barba vem 
II 437. 17, quando^a sua copra leram II 20. 6, quando^ _a chuva que 
cfauvia II 408. 31, tendes quando_avis mester I 144. 17, e temdo_a 

entre meus braços II }{2. }o est une diphtongue isolée, soponalo a 

vyda canssa lE S. 1 j, felo^assy minha fyrmeza 11 }6. 15, guarday de 
fa2elo_azuLlI 4)). 18, Istonam mo_aguardeçaaes III 2}. 17, {49. 25, 
ou ssoltemno.^arrepclâo MI 284. 8, de mo^_a$iy desconheçer lil ^90. 
ji, s« inû_algueni nam desdisesse III ^59. 10, namno_aveys vos de 
sofrer III 64t. 8, como_asque soem nas obradas II }9i. I9,dequem 

mono.aves fitlio I 13. 1, nysio soc com vosco acabo 1 ij. i,eiii 

que todo povo_atenla III 6^1. 18, acho^alguem que me conforte I 
J2). }2, vejo andar com desfavores I 27. 20, nam me po&&o_arrepen- 
der 1 i}2. 2, vos quero_avysar 1 149. 2j, quero_acabar III }6). lé» 
Ja nam posso agardeçer III 274. 6. d« quem me po$so_agrarar iU 
610, 1, tenho_avido III 91. 1 1 , nam rreçebo^aqui tal prova I 27. a s, 
Hacho_aquî mays alegado I 99. 21, digo_agora I 87. ii, 8ento_ 
agora I 916. 4, mays çedo_anoytece IJi 562. 2r, que logo_averas 
dereyto I 81. 26, logo^avyva 1 84. 2}, moyra logo_aienazado I toi. 
j, con)o__aquele que sentindol ]2i. 11, como_arirmo_.edigo_.ïgora 
] 87. 3 î, darcDi cabo_a minba vida 1 27. 1 j, rrosto^a rrosio III 267. 
26, pouco_a pouco III (41. 2, lomo,^ viver 1 24. 14, dama, rreco- 
mendo„a vos 1 64. 1 8, e perdoo^^ qucm me mata l 122. ? j , começe 
loguo^a rroncar I 2 5 [ . 1 1, e tomologuo_a cuidar III ^66. ^o. 

Comme on le voit, les diphtongues syniactiques sont déjà très nom- 
breuses, plus nombreuses que les hiatus. L'élision de l'o est en revanche 
assts rare et ne se trouve que dans des combinaisons de fréquent usage : 
noss'amor 111 107. 11, voss'amtgo, qui revient dans plusieurs passages, 



268 J. CORNU 

vos' al^uar 1 19. 20, toss* agravo I 70. 26^ voss* arreo III 107. iz. 
Vase* Abul III jji. }4> 5M- "■ £■" ^^^ ^"t' acycate III 25;. 19^ 
nam n'aves vos d'enganar I 10. 8, ora ]A tudyst' acabe H 171. jj, 
poac' aprove)ia irezâo III 411. 11, nam ssend'asobrastanimasIIl299. 
7, perdend' àlegria II 326. 17, vivend' acaboull 193. ji, poss' alymiar 
III 4). I j, mand' a Lù^xu I 156. 16, quant' a | isso 111 524. 14, roays 
çed' acabar II 19}. jo, quand' apertays 1 iij. 12^ que fyque com' 
asorobrado I 20. \, corn' aguora que es de dias II 27. 2;. 

$2. ô + e. 

De pro I e contra no feyto I 74. 1 j . 

U-o + i. 

Le hiatus est très fréquent : todo | esse que nam crer 1 282. 14, 
porque tam fermoso | es III 25J. 10, dar seu a cujo | hee 1 52. i, 
isto craro | hé de ver 1 72. 2^, tudo | hé nada das nadas I 11;. 2^, 
vento I hé ysto que falo 1 i8j. ij, Mono | hé bem d'Espanha I 221. 
26, etc., etc., por servo | eras avido II $59. 1 5, vy meu mal camanbo 
I era III 568. 17, entam logo | hé parado II ji j. 16, como | hé (sou- 
vent), quando ] eram meus cuydados II 227. 22, alego | esta cantiga I 
7j. 19, eu entendu | estas chamas 111 1 J7. 2, Assy passo ] esta vida III 
}6i. 9, sendo | ella muy fermosa 1 j8i. 7, disse loguo cessas oras III 
2(2. 9, como I elles a farâo II 405. 15. Souvent et ^forment une 
diphtongue syntactique ; mais ce traitement est plus rare que le premier, 
quoique dans certains cas îl soit ordinaire : todo^_^este mal I 453. 6, 
todo^^este prantear II 17. i, todo^_^este caminho II 128. 27, por 
todo^^esto sara contente II 71. 9, day demo^este cuydado 1 
S 1 . 4, î 19. 7, dygo que vysto^^este feyio I 77. 14, primeyro.^elIe a 
de fazer I 46$. 2], logo^_,essora 111 265. 28, 601. 4, mas veo 
çedo.^este mal II 525. 21, como^^^esta que noraeey II 16. ij, ca 
bem craro^é de saber I lo. 22, perigoso^é naveguar 1 [14. 2, 
meu juramento^é quebrado I 449. 4, seu marido^é marinheyro 11 
180. I7j tempo^__^hé mudado II 362. 8, tempo^_^é de | a nomear JII 
Î94. 14, meu descansso^é sospirar III î4J. 20, etc., escusado^_^era 
debaie I j. 22, e poys isto^^era sabydo II 580. j, segundo_Jié 
a fama II 391. is.como^sll 382. 54, dizendo como^^ereys sua II 
[9. n. Notons la graphie /o^u : que logu^^é descmxergado 1 {4. 22, 
meu rrosto logu_ee rregado II jjj. 32. L'élision ne se rencontre que 
dans des combinaisons d'un usage très fréquent : Tod' este tempo II 
Î2j. 1 î, e tod' este mao rrepayro III 100. r j, vos mand' este que nam 
cura 1 162. 2[, vos mand' esse que proveys II H7- S. com' esu minha 
Il 429. 17, Nam ssey tal caso corn' esse 111 128. 4, quand' estes dous 



PHONOLOGIE STNTACTIQUE DU CanCtOnetTO gtTût 369 

ioiiigi Hm 1 f ] . 26, mas ist' <« p^ra descrer [| 1.9, ysv' ee que mais 
tnpeçellt ji?. 22, tud' ee para my hum veo II 4}9. 22, lud' eevento 
ai liemdeyra III 28;. 31, meu mal e vosso tod' é meu III f 1 1. 12, 
ma' et, dans plusieurs passages ; mais ce dernier exemple n'est pas 
iisuré, car com' te est peui-iire pour coma i. Voir sous a-k- é. 

H- « + «. 

Hialus : | engenho I 187. 1 } , o { estremo de meu mal I 349. 26, 
«i diETtolII 4{i. 4, do I esforçado caroj I 274. t6, docstudc III 6{i. 
4r no I evangelho I 242. 1 r , pregunio polo | erdeyro II } {4. 6, que 
flwvojso I entender H iji. 26, Nam pcr modo | fracubeno I 27a. 
If^vyofero | Escorpiam I 295. 29, ho manifesio 1 engano i )28. 20, 
SIX descansso | enganoso II 12]. 6, hé trabalha escusado III 41). j, 
utordenovo | esTylo III {2f. 20, bedem velho | enprestado III $89, 
!• dou DM» derao | emiregado I 61. 2S, e dos muyto \ csfor^'ados II 
M7- 9, estou rauyto | enleado II 517. 17, Muyio | embora vos seja 1 
167. u, Este bem nom mo | escondam II ij i. 6, nam no | cspero III 
'*• 'il ïiî- i. 417- Î4. a quanto | entender pude l 61. 22, o mays 
connayro I escolho 11 107, i6> porque bem craro | esiaa 11 4^9. 28, 
P>n ludo 1 emmendar II 496. 2, | engenho 1 espenay l 287. i{, 
^a peço 1 cmpreslado H {04. 21, Esiando ] estouiro dya I 81. y» 
F^nam tenho [ esperança III {09. 29, que calando { encobria I }2Z. 
^> <]« nam posso | esqueçervos II 126. 19, que nam posso | escusar III 
4<M. io, hu me mando | enierrar 111 17Ô. 20, da me limbo ] em que 
^1 6). 28, que anda todo | em fogol S4. 2$, que desmayo | em 
ï'idaBdo I 9. I j, conssyro 1 em lal vivcnda I 179. 7, ardendo | cm 
^T^chamas I ;o7. 28, mciydo | em gram cuydado I 46, 19, e feyto 
I ea qoatro partes I 221. i.roetyTOS dentro | em casa I 477. 7, vcr- 
<bdecono | enguami III 369. 2. Bien plus souvent il y a diphtongue 
■IManique : o_esiado da terra 1 i)6. 16, poysvivendovy o^^eslremo 
^i. 18, e dyz o^^estalajadeyro III 222. 1 1 ; mais : He pecar no Spy- 
no Santa III 48. 1, est tout à fait exceptionnel j ca en so_esthbo per- 
*>iotiij. ^'' *o!so,_^«ado 1 327. a, 229. 5, 4^8. 2, vosso^ 
osaio II 4(4. 2^, vosso,_,el3mento III 6^9. 21, vos» esqucçcr III 
"i(. (2, este negro,^cncantaracnio 1 lo;. 2, falso^^enganador I jj8. 
il.a^Ue cuydado;_^squivo I ôj. jo, allo^estado 1 47J. 22, todo^ 
'VtBo II 11). 7, as cjnquo^^csirelas sanguinhas II }6i. 9, no lyndo 
vtljk) Rromano III j ;^. 9, pareçeisme sanio.^entruydo III 647. 17, 
••"•d'Amor mujio^spanudo I 81. 17, e ir-vos-eys mujto^_,emboora 
1' ii6. I), a qucrerdes o^esfolar III 200, 2, negar roo_,escusâraa 
ni (64, 4, mas temno^em mym desejo III 4SI- i, cos de seu con- 
•riho^estando l î2. 21, primeyro^_,esta provado I 72. 1, aqueslo 



270 J. CORNU 

todo_escrevy I 79. ij, niuyto,^errastes I 4^^. i, todo^_espero de 
meter 111 joj. 6, invoco^_^eI rrey dom Denis I 460. j, tenho,^^espe- 
rança perdida ni Î09. [7, naspalhas m'acho^_,erapolgadoI 415. 6, que 
me nam quero^_,espantar III 282. 14, veio_estar ]i tam provado I ji. 
28, que nam posso^^^estar aqui III 487. jo, e em campo^^el rrey ven- 
çia m 62}. 29, levo gosto^_^ein padeçer 1 24. 1,0 cuydado^^em que 
me vejo I 370. 14, que me quedo^_^em sa posada I 59. 14, e o tomo 
,_,em liberdade I 100. 17, dyto.^em cyma I 146. j2, e posto^^em 
segredo I J04. -j, Ho quai logo^^em comprimento 1 jj. 10, dentro_em 
meu coraçam sento I joj. 8^ segundo estaveys pintada II 4)6. 2, assj 
como_estâ provado I 77. 18, como^_^stays ? Ihe preguntey III 91. 7, 
como^engeytam os senhores II 577. 1, como.^em vida namorada 1 
ÎÎ9. 34, como^^em outra parte diguo H 400. 10, cando^^estaa sobre- 

cachondo I 142. 20, quando em gram cuydar estava I 34. 16, de 

quando em quando II 56;. 13. L'élision est rare et n'a lieu que 

dans des combinaisons fréquemment usitées : vos* escrito II 47. 2, 
ssant' esprito III 487. 7, 11, em compryd' esqueçlmento II 133. 10, 
Per' Estaço II 506. 1 jj Foy muyt* era maa naçer II 286. 26, que 
muyt' eera maate sseja m 109. 14, [ii. 3 , que muyt' embora vos seja 
III 109. ;, que muyt' emboora tesseja III 1 10. 4, poysmortem'îst'escu- 
sava II 171. 27, que me nam poss' enganar II 133. 18, querend' esque- 
çervos II 1 ^4. 7, quant'em tua carta ly II 552. 27^ tud* em casteelosde 
vento III 361. 4, jur'em deu (avec un archaïsme de déclinaison à noter] 
III 483. 12, 484. I, 48;. 18, caland' e sof&endo II 1 J3. 22, com' es- 
trangeyro II 286. 25, com'escapey II 552. 22, corn' em quatorze de 
sete 1 66. 32, ou cand' estaa forioso I 143. 6, de quand' en quando I 
1 59. 6, assy moyro mans' e manso I 1 30. 18. 

Si-à + i. 
Guavyâes paro | invemo II 299. 18^ 00 | irma3o II 488. 21. 

56. + /. 

Hiatus : tudo | ysto II 407. 4, III ijô. 13, 299. 1. 11 etc., deixo | 
isto por lembrar l 122. 9, Dyguo | isto III 594. 4, e Dédale | ir vo- 
ando I 307. ;, onde tudo | hya ter II 457. 26, e quando | hymos no 
fyo II ; 30. 12, pero poys o | hy nam hi I 461 . 3, do grande fogo | hy 
tenso I 86. 29, rauyto perte | hy de fronte II r2i. 16. Dans d'autres 
passages tout pareils, il y a diphtongue syntactique : peroo tudo^^^o 
leyxado I jâ- M. todo_ysto ve bem I 138. 4, pera quem fiiço^'sto 
tudo II 428. 23, Mas quando_isto vou saber II 532. 9, que vos vqo 
^yr açoutando I 270. 7, tudo temo quanto^y b^ 11 382. 29,610 
quanto^_^y ouver solya III 113. 27, pera tudo^yaarrezSo 111405. 2, 



PHONOLOCiï SYMTAmqiiE DU CancionetTO gérai 271 

tan mndo^bj ootro cobro I 79. 23. Il y a, mais très rarement, éli- 
ûmkVo: ora ji tud' tsi' acabe II 17t. ï}^ corn' ysto III 260. 22, 
CM'jsll476. i^segund' ys aparelhada III 101. 9. 



Ï7. o+t. 

Hiatus :o | ynfemOtO | irmâo, ho | iinigo,do | infanie, no | invemo, 
noilbl eic, senhorvosso | yrmâolll 291. ^.dobtado Togo | tnmcnso 
136. j&, todo feo | interese l 187. 17, socs huum démo | infernal I 
ïii.i,«jue faz do scrvo I isenlo 111 ^27. a j , es perdido 1 in ct«no I 
fij- M. U'o forme avec Vi une diphtongue syniactique dans : vosso_ 
iniûo, qui revient souvcm, 7osso_intaresse III 118. 6,trumfo_inteyro 
1 117. 1 î, caminho^infernall H 1 92. 9, iam3nho_iiniguo de mym II 
pt. 10, fraco_inmiguo H Î90. 16, Abra^a leu duro^irmiio II 40Î. 
îû.Pareçeys guansso_ypoteme III ôjï. 8, Dou moo démo todo_ 
iBBrolIl 221. 20, gram palheyro iodo_ymeyro III &27. 18, nam nos 
vdctodo_immigua I 298. 28, Qu3ndo_igreia se vos dava 1 168. 1. 
LVotiupprimé dans les combinaisons suivantes : sant' isprito III jié. 
'•ttint'Ileno III 492. 28, que pa^o tod' inteiro III 22{. 18. 

f8. d + u. 

Ho I Bsora conheçida 11 j 1 1 . 21. 

i9. 0+ û, 

Hécerto t hila por hûa 1 94. 14, Tyrando | hfla que syguo II 472. 
'IiCivos mando ) hum d'enpreyu IIl 9^. 2j, no paço 1 u vos trau- 
^1 1^9. 16, No segundo : | u for posta I 474. i. 

60. + u. 

HiiOM : nem | humano ssaber lll 499. } 1 , huum corpo ] humano 
" J|o. 24, de gram feltro | huum sombre)To I 154. 1 1 , me veyo | 
■■■pam descjo II î 1. 4, se vp-o | huum dia II 1 jj. 20, Eu vos 
^"lào \ hûa nova III on- 9* cremno como | hum Sam Marcos t {7. 
'7. Tarn alvo coma | huum gy?. I 27 j. 32, como | hQ:i besta fera I 4p. 
i&- Dus d'autres passages en partie fort semblables i ceux-ci, u et u ne 
■"neiit qu'une lyilabe, et celte syllabe était vraisemblablement une 
''ftBoogoe : se fores hum pouco_humano 11 409. }o, poys sabeys de 
1ld(p_iujrlll 76. t8, trazelatodo^^hum ver.'io m 126. 26, ho pescoço 
^kno) boom framat 1 146. 20, que valba tudo^huum vymcm III 200. 
".mtpre com vasco_hum gozinho I 370. 1, vejo^hQa grande fer- 
'■Q I 84. 19, acho^huum caso muy profundo I 367. 2{, mays quero 
Jitia dur segura III J40. 16, veo_huum homem que gemya I 81. 9 



272 J. CORNU 

etc., cbamou logo^^hum secretareo I jî. 5, ccHoo hua facba^açen- 

dida II 403. 2. 

61. ù + u. 
Seres tu | huum vetho rrelho II 27. 26. — 62. a + à. — 6j. a + a, 

64. ù + a. 
Bem eras tu | avîsado 11 ;8o. 5, Pois tu | aviasde ser II 411. }i, 
Manda me tu [ atentar II 415. 16. — 65. u + d. — 66. 11 + a. 

67. û+e. 
Qu'estas tu | entr'essa jente II j 5 ' - ^7, quer aqui, quer u_estiver I 
62. 8. — 68. u + é. — 69. U 4- e. 

70. û + i. 
Tu I invocaste III 501. 6. — 71. a + /. — 72. 11 + i. 

7î- ù + o. 
Tu [ sentiste II 172. jo. — 74. u + (i. — 75. u + 0. 

RÉSUMÉ. 

I. Dans les formules de la seconde série [d + a etc.), il y a presque 
toujours hiatus. Les exceptions à cette règle ne sont nombreuses que 
dans tes combinaisons d + a et é + a. 

II. Le hiatus est permis dans toutes les formules de la troisième série 
{a + d, etc.}. 

Il y a contraction dans les formules a + d [d], a + é (té), a + â (00), 
+ â. 

Les formules a + l, + à,o + é, + l produisent des diphtongues 
syntactiques. 

L'élision est fréquente dans les formules e + i^ e + à, e + i, e+ à, 
e + ù, tandis qu'elle est rare dans les formules + d, 0+ i, + i, et 
ne se trouve que dans des combinaisons syntaaîques souvent répétées. 

III. Les règles qu'on peut tirer de la quatrième série sont à peu près 
les mêmes que celles de la troisième. 

Le hiatus est permis partout. 

Il y a contraction dans les formules a + a [d\,a + e («), a + o (00), 
e + e, e + a [ee), + (pu). 

Il y a diphtongue syntactique dans les formules a + e {?], a + i, 
a + 0, a + u, e + 0, e -i- a, + a, + e, + i, + a. 

L'élision se rencontre dans les formules e + e, e + a^ e + i, e+ 0, 
o + fl, o+e, o + j'. 

). FernSo d'Oliveira, Crammalka de linguagim portagueza, cap. xxv (p. ji 
de la seconde Mition) : 1 Quando hQa dîçad acaba cm vogat e outra diçaâ logo 



PHONOLOGIE sYNTACTKiyF. DU Caticionùn g/traî 27; 



VOYELLES ET DIPHTONGUES. 

No« avons ^-u dans le chapitre précédem que la langue du Canâo' 

«ire^irj/ n'ivile point l'accumulation des voyelles sans contraction ni 

i*Bim,de sont que nous y rencontrons des vers tds que les suivants : 

llucBii I ora I I eu vy II 449. 19, Trazem per grandes baixezas || 

|*V>i ' a I o seu moynho 11 469. jz, ou | 00 | asnoda | yrantelll 209. 

fl% Tambem tenho bom rrespeytoll a | I eu malnam tratarEIl 219. 2. 

Entre les voyeiies toniques et les diphtongues, le hiatus csl presque de 

'^gie; aus<i laisserons-nous hors de cette étude des combinaisons telles 

9"t les suivantes : 

^ + M : maa \ auçam III 490. 18, meu viver seraa | ausente I 
î^I-îo; 

' + « ; e jaa I eu vejo d'aquy III 664. j j ; 
^ + M : maa | ou boa III 44Ï. 9, nunca i^ 1 ouvy dizer II ^41, 21. 
Mais quand la voyelle est atone, nous rencontrons on assez grand 
"«ïrnbre de passages où elle se lie avec la diphtongue et d'autres où elle 

76. a ■¥ au. 

K^lnda I ao gato i 1 jq. 9, cf. sse daa punhada | ho gato I 14^ 2;, 
^'^«lOrraqua | ao padre II i 241, j2, Mas praza | ao rrcy devino I 

* * îi, nom era | ao começar II 42^. 1 j. Contraction : nam levara 

^K ^^ pinyso I 94. 9r Luzia_ao longe e ao peno II )9i. 14. 



77. a + a«. 



,^_^*^(b ?os!a I andiençia I 478. 28, capa | augoadeyra I 1 (4- ' î- Con- 
^^ciioB ; vossa aussenda III 477. jj. 

78. a + ey. 

Vxxm : essa I ey sempre de ter II 34. 2, Triste vida j ey de 1er 
■' 4;î. 3j. Contraction : donzela __excelente I 408. 10, Enve(a_ey 
' Vf}, lî, Nesta vyda_ey d'acabar II ^98. 10, poys que nela_ey 
'* aobar II 174. r?» que de vos nunqu ey de ver 11 jj. 21. 

^JjBtl lanbë em vogil se safl ambas dehij m«iiio gfnero mtsturansc ambas e 
**** tta vogal : e as vczes grUe de seu gcncfo de q eJIas crjO como r descre- 
î*^ : por d« tKits» : ntivaui por t%\iVi assl : c coinos tatinos por cotno os 
^■m : e se saO de diverses gcneros a prJmtiM prtndesse c a segflila m 4 

^féf nestar;ise Sbas : e comeste por como rstc, Ainda por? ^ as vaes ficaO 
^ attirât ma]ronn«tc se saO dîvcrsas como acaba è a vo»;al ; < conur^a a 

"pu. ■ 



274 '■ CORNU 

79. a + eu. 

Rrespondy, senhora, | eu I 477. 14, ora | eu nam tenho culpa III 

52 [. 21. Contraction : vos sem pena, eu com tonnento I 31 5. 18. 

Quand le pronom suit le verbe, le hiatus est bien plus rare que b cod- 
traction : querya | eu II 6)2. 4, dera | eu III 387. 8, veja | eu II $64. 
I, esuv eu III J93. 6, trazy eu III 4. 2, descanssari eu II 464. 9, 
soportareu II 170. 14, for eu II 5J2. 14, sayb eu I 250. sj, veieol 
2JÎ. j2. 2S4. 14. 27, iJS. î, etc. 

80. a + ou. 

Hiatus : A [ outra II 128. 26, III J78. i. da ] outra vida III 288. 6, 
mas a toda | outra jente I 48. 1 , A toda | outra rrazam I 4 1 4. 15^ nen- 
hûa I outra donzela II J74. 8. que tenha | outrem cuydado II 4S1. 29, 
onde faça I outra vyda III 512. 2, repricarey a | outras I j2. iS.oHna 
I outros desastrados II 218. 7, a ] Ourem III 289. 5, a | ousadas III 
}44. 18, para | ouvyr II 476. 22, III 626. 4, quanta hma { ouço f eu 
III 47}. 4, que vos tolha [ ousadia 16. }o, comenda | ouabadya 1 267. 
15, perdyda | ou ganhada II 56. j, da pena | ou do prazer III 49. 6, 
ssobre pera | ou maçâa III jo;. 21, a quem pertença | ou tem I 62. 4, 
etc. A c6té de ces hiatus, fréquents comme on voit, Il y a de nombreux 
passages où Va se contracte avec ou : e per aquel outra parte II J79. 12, 
toda_outra gente peleje II 393. 10, qu'em iamanha_oupiniara III 19. 

I), nam foy pequena ousadya III 112. 19, mas li fyca_outra mas 

fyna I 98. 7, nam achava outra pousada I 476. 26, que se âgua_ 

outra mudança II 424. 14, Nam s'espera^outro rremedio III 12. 1» 
seria^^^outra vez perdyda III 185. 5, compr outro de teu dinheiro III 
395- 10, se m'isto tomara_outr ora III 541. j, Nem Ihe dav outra 
rrezam III 605. 33, mas aynda^^outro mais bravo I 70. 23, hynd' ou- 
tro dia III 248. 17, poys nunc outras am de ser II 4. j, e tambem 
contra^^outras duas III 272. [ j, pera^^utro lugar II 4J2. 22, que seu 
dono trag oufano I 14$. 24, nem tem a quem seja„ousado II 10. 21, 
me seja_outorguada II 249. 16, Que nom tomara^ousadia II 391. 9, 
Ninguem non tenha_ousadia II 437. 27, e leva_ousadia 11454. 18, 

mas isto, senhora,_ouvy II 163. 7, Eu hûora ouvy na firesta 111 209. 

6, se mula_,ouverdes mester III 263. eo, que quanlo mor rrenda «u- 

veram III 435. 25, mas ss'agora_,ouvesse lama III 508. 2j, que nunca 
_ouvestes rremolho I 242. 19, ca da crasta_ou do | estudo I 396. 

22, sem coroa ou semonia I 398. 30^ d'ilharga_ou de costa I joj. 

23, se nom for em prata_ou | ouro II 374. 2, mintia boa — ou maa 

Ventura III 381. 9, desaventura ou mudança III $42. 16, hé na 

taverna_ouna praça III 651. 22, pouco Ihe prestâra_ou nada H 4J0. 



PHONOLOGIE SYNTACTIQUE OU CcUlâoniirO glTHl i?} 

ti- Dans les vers : naro cavalg^râs em p6tro. Nem ta mother gab«s 
«^outro I 199. ao, pouvons-nous conclure de b rime à la prononcia- 
tion? A ct>\é de a \ oauidas cité plus haut, qui ne se rencontre qu'une 
Ws, nous trouvons a \ osadas II ^jS. 1 j, III 89. 12, îoi. 1 1, et *i_o- 
loiti (voir Moraes Silva s. v. dosjiiis) : e nesias trovas a_o sadas |[ 
Poden ser muy bem culpadas H as varandas d'Almeyr^ro H 440. 1 } , que 
^ por cle a_osadasllque nam gaste seu dinheyro III 266. 9, et 
*oià OËsadas : tacu carregado d'amores II que ousadas I 1 78. i f , ela cho- 
nvaiioQsadas assaz de bem |{ por vosso mal H 19. 8, e hija d'cbs 
wuadas II qu'ee d'isso mereçedor! III $77. 9. Cf. oaihar, fréquent dans 
t* Cmxoneiro gérai. 

181. e +M>. 
MiBha sorte j ao contrairo II jûi. j^pyd'aorreyçetestrial II jh- }o. 
82. e 4- du. 
Otilc^ausemc 11 J7i, 12. 
8î.* + «. 
Rite I Heytor II )9i. Hi «*** I T por mays perdido III ^8. a. 

184. e + ea. 
Onde I eu embalde vy II f $2< ^î* Voir Eu. 
8{. e+ ou. 
Hialus : sey que | ouve t outra ora I 277. 37, nara precure | outra 
Çï'Qrw] }^o. 6, naçe | oulro moor desejo 11 jij. 8, nam s'esperc | 
"^Uïrobem MI 12. 8, d'^tor soomente | ouvyr li 177. 7, dcveys d[e] 
*Hilhar princyro lll 261 . 1 j, voir De; se por mone ( ou proveza J 279. 
1), scanda longe | ou peno 1 272. 17. L'tflision aussi est fréquente et 

W indiquée dans quelques passages par l'onhographe : este. outono II 

'30. 17, desi' outono III 21 j. r?, deniro na corte_ouiross}' I 79. 12, 
Vttiyïs' outro, nam por gabo I i j. 2, que tom' omrem por prazer II 

kii7- 6, bûa dor sobr' outra dor I 1 10. 16, em vos fale^ ousadamcntc 
'114. 2, per milagre_ou caso tal I îoj. 22, que nam s'acabe^ou 
■"iQhe ri 160. 2, tarde^ou çcdo I ^67. 1 j, tard' ou çedo lll 666. j, 
Wâ' ou Dtinca III S92. i j , estootro ne doit point Htc rangi* ici, c'est, 
tMIne atoturo et atjattoutro, un ancien composé que les éditeurs ont tort 
■^'teire en deux mots. 

86. + ao. 
tënn : Item qnamo 1 ao correo I lor. {, do corpo < ao coraç3o II 
Ip. ]}. ros nam fa\o \ ao présente lll ;72. 2. Porque logo | ao sentir 
fi 4tQ. 8, E toguo I ao enireguar III 532. 6, poys que logo ] ao pescar 



J-j6 t. CORNU 

[Il ij!. 9. Une fois et ao ne font qu'une syllabe, d'Ulises, e rrogo„ 
aos fados M {p. 5, mais ce vers doit peut-être se mesurer d'une autre 
manière. 

87. + au. 

Toda 1 auTo de guerreyro II 119. 33, e meu bem tûdo | aussenle III 
]oo. 21 ; com' ausenie 111 ]2i. 14. 

88. + «. 

Falo-ey I yj. 34, tanio | cy de mereçer II 462. 9, medo ] ey II îçt. 
28, m jj8. î, tudo I ey tle soffrcr III îjï. 17, Uto | ey de padeçer 
]]| jâ6. 10, poys como | ey d'esperar 11 1 19. i J, nam sey quand' ey 
de morrcr I 461. j2. 

89. + eu. 

Hiatus. La terminaison de la première personne de l'indicaiif présent 
et celle du gérondif restem devant le pronom : diguo | eu dans un grand 
nombre de passages, tenho | eu l 339. 19, joo. 26, etc , sendo | eu 
cacyreyro 11! 410. 19, vos vivendo, | eu morrendo, vos folgando, | eu 
penando I }i j. 17 et 18. est justifié par l'antithèse; que sem !ho | eu 
roereçer I 378. 27, mesmo | eu me desconheço III Î79. 22, çerto \ eu 
naçy maa ora III, 484. iî çerto | eu bem folguarya II! (tg. aj, como 
1 eu descanssaria I ^y}. 6, como { eu por vos qucria II {4. j;, como 
I eu Irarey vestidas ? II 389. jj, de quando | eu nam vevîa 111 416. 
I {. Il y a éltsion dans : Quant' eu gosto de vos ver II )8o. 18, cant' eu 
devinhar nam posso 1!I 79. i, em quant' eu por tantos modos II îSî- 
8, com' eu, dans plusieurs passages : toujours comme on voit dans des 
combinaisons qui reviennent souvent. 

90. 4- 01. 
E nam parando | oytavo I eoi. 19. 

91. 4- ou. 

Hiatus ; | ouiro, o { ouro, o \ ouvir, hum polo ] outro faUr III 
218. 16, do I ouro, I ousar, no | outono I jo. }, do j ourienie I igj. 
7, no I ûuleyro 1 296. 1, coraçam que 1 ouve I ^8. lï, e o ] ouvc 
bem servydo I 70. 1 9, nam no | ouso de diz^r 1 t)i. 2, nam no | ouso 
desejar II 1)9. 18, todo { outro padeçer TU ]j6, 34, e no campo I 
outro ta! I 1^9. 11, Fez o tempo ', ouïra volta I 196. 3$, Tomo \ 
outra concrusam I 97. 37, D'ouiro tenho [ outro mal II 498. 9, porque 
partydo ] ouvestes III 509. 33, Qyanto | oLuJves nam creras I 599. 8, 
Dyzendo : | ouve senhor l 81. u, antes quero | ouvyr III jiç. 8, 
Quando { ouvy tal mistura III 88. 1, se sse vio morto | ou vivo I {4. 
I }, quem for vetho | ou doenle I 28;. 2 1 , de barro { ou de madeyra III 



PHONOLOGIE SYNTACTiQUE DU Cancioneifo gérai 377 

14e. 14. Excepté entre l'article et le substantif, le pronom et le verbe, 
oâ le hiatus est presque de règle, on trouve un assez grand nombre de 
combinaisons où l'o se contracte avec la diphtongue : hâ o,_outro viver 
I por desaventura I 50J. 14, nam no_ouvyreramais saâo II 162. 21, 
comquetod'outro faz fim III 450. ijjdetodo verbo^ouçyoso I ^85. 
i],mai porserdes moucho_oufâo III 6jo. J4, Huum tempo^outro 
fembrari II 171, ij, a emprestalo_ outra vez III 538. jj, querendo,_ 
oatn nomear I 414. 27, eu tenh outro mor cuydado II }2j. 14, que 
«Ml ienho_ outra moor jura II 599. j, nom tenhc^outro gualardSo II 
426. ]},t]ue nam poss outro comprar II 4S9. 7, e log outra no | ilhal 
' 'iî- 36, nera que posso_ouvyr dizer 1! 8. 22, Grande bem faz tudo 
wousar II 1 16. 3, ysto_ousarey de dizer II 462. 16, co ele segundo 

_ouvy III j8o. î, tara corteses como oufanos I 299. 6, conio ou- 

Tistes da barguilha III 145. 10, Quand ouve os Alpes de todo passado I 
ï8i. 24, quando_ouverom de leyxar II 497. 2, se nam quando^ouvy, 
KnhorlII 90, 27, Mas hum de nos cinco_ou seis I 142. ij, sempre 
poucD^u nada dura I joo.9,sem dinheyro_ou boa prendall 17S. 20, 
•pw a torto._ou a direyto II 599. i j, meu jaezfermoso_oufeoIII 108. 
'2, este desvayro^^ou mudança III ^27. 14, que desejo^ou que rreçeo 
m }6o. i6,frasco^^ou lanterna IIl 6;o. 8, como posso,_,ou como faço 
" i8j. 12, que cabo^_^spero.^u que fim II j2i. 7, vos qu'achastes 
dentro^ou fora II 288. 12. 

DIPHTONGUES ET VOYELLES. 

Des nombreuses rencontres de diphtongues et de voyelles que l'on 
•"•nve dans le Cancioneiro gérai, telles que ai + a,ai + e, ai + 1, ai + 0, 
" + a, ei + e, ei + i, eu + a, ea + f, eu + i, eu +0, oi + a, oi + e, 
"■ f a, ou + e, ou + 1, ou + 0, ou + u, ui + a, ui + e, ui + i, il n'y en 
> qw quelques-unes qui offrent quelque intérêt, et que nous étudierons, 
^d'ordinaire elles comptent toutes pour deux syllabes. Ce sont : 

92. ae + a. 
He cae I a pena de mSo I 26. 22^ que cae_,a pena a quem sospira 
U9-11. 

9Î. eu+a. 
Hea I agravo 1 }j. 2[, meu | amigo I 12}. 34, eu | a [ ey por casy 
ixla III 219. 2 i mais le vers : que deu a Nuno de Sampaio I 202. 20, 
Ptniétre mesuré d'une autre manière. Voir Proparoxytons. 

94. eu + e. 
Seu I entender 1 8}. î2, seu | estado I 95. 6; ha sseu^estado tri- 
Imai&l 111 467. 4. 



:. ;-ini';. :fu inferno ; meu^irmào I 

..: 'i-^iç^z :; :v 23. 

„--i - ; ; : mandou^a mym seu secre- 



i ::ïi.-^ 1= '. :o. 10. pareçeys grou es- 



, .-- i estou j offereçido III Î45. 22, 

. ;:, e levou^^ho a por em monte II 

;.. .,^ ; -i'.jio III :oo. 2^. que guabou^o 

. - ;;r. -■'. :njs caparazam hé tal III :i4. 

■ ■; . > ^i~. 34, se^_,hé assv ou con- 



., . L> ;■■ riPHTONCUES. 

:L-:-.:r:;'.eni. moins les contractions sont 
.^ ij:--* ?r.;re deux diphtongues : acabay | 
^ .. '4- 19, amor me deu | ousadia I 
S. ^:: veniura sou | eu besta 111 208. 
^ .•■..',' : ;~4. 2, ou hum ou | ouiro for- 
...u:."'-"w *■"- perdeo III 62J. 5, se disestes 



> ..:>.-:> i'T VOYELLES. 

;> j^i^ci r.i se combinent point avec les 
i.L ».'.> ■î'*A>nlrons d'assez nombreux pas- 
.iM.i:\ l'ï*." '■» voyelle suivante une seule 



.,.ui. .-■•t •■■• -î"^ njm_il hy igoal molher 

'V, 

..... ( 

■i^, :. que me fez nam^_^aver por 



PHONOLOGIE SYNTACTIQUE DU CanchnéiTO gerol 2-j^ 

mal m Î74. 12, e poys mester me nam,_,aveys III j jo. 8, se nam_a 

%, tninba senhora 111 J78. 1 }, huum prazer tanv^graduaclo 1 loj. 4, 

n/a vos todos tamados (= tam amadosj In. 26, de que falam_^as 

fofcçyas 1 246. î, lodosforam^^^pousentados ni 51Î. 15. 

102. âo + i. 

Nam^é boa nem ma ventura II 12s. 16. 

1 î . âo + e. 

Ca em mym nam^estaa poder I 484. 9, a vida nam_estaa segura II 
J2 S - 1 î , bûa morte tam vydente (:= tam evydente) III 1 97. j, que me 
^zeram^esqueçer 1 }o8. 26. 

104. ào + ê. 

f*ois em fee limpa_e nam_em guerra II 7. 26, que trovavara.^em 
Portugal I 268. 4, sse posseram em myl perigos III j 1 7. i . 

loj. âo + o. 
Seràos lembram_os que ja vy II 171. 18. 

106. ë + e. 

Nein esperança II ij. î6, estar qui com' em_Ëlmeyrym III Î04. 
'5, sen^^Enone que rreçebeo M 560. 25, sen^-'Enone que choraraa II 
S^. 52, de mao homem_e boom cristao 111 277. 28. 

107. ë+ë. 

Quai outra nom vîmes nem livres (= nem em livres) se nota II 279. 2. 

108. i + a. 

Ca nam myngoa nem^_acreçenta 1 }7. 19, nem aproveyta ser calada 
' 162. 14, nem_ajaes d'isse mede I S05. 8, n Avyçena nem Rrasys 
'îl 248. 19, Estava bem.^venturado II 555. j, que sam companhôes 
*Bi Abraico II 292. 29, para s'omem^ajudar d'ela H 597. 21, as que 
Pwiein^aproveitar II 569. 8, escolhem^a mays periguosa III 1 y 14, 
fsrrequerem^atalydade m 164. 14, que valesem_a minhas dores U 

)°4- 11^ porque se vem.^a encalmar III 2$9. 22. 

1 09. è + î. 
Porvos homem^nlitular III lôj. 4. 

110. i + 0. 

Ncni_o grae Père de Lebam III 1^9. i j, nem_e gram pelouro de 
pezlll47î. 9, cagua-aly hemem„o dinheyro II 482. 8, fazer homem 
^oque nam ousa III }]. 20. 



aSo j. CORNU 

\n. ê + u. 
Ninguem foy em^umanidade I 246. 14. 

112. ë + ù. 

Tem^ûas agoas de donzela III îdj. 9, sem^ûa pouca d'oniildade 
III 64. 12, Tambem me ievem^uni alqueyre III 177. 21. 

113. e + ao. 
Nem_,ao penssamento Ihe vem III 270. i. 

114. 5 + 0. 

E com^o rreçeo perdido III j8j. 17, mais on pourrait lire co (=:p> 
0), descobrirom„os elementos III 465. 5. 

115. ô + a. 

Com_amarelo_e emcarnado III 267. j, com,^ espéra e corn a cruz 

II jj8. [9, mais on pourrait lire a espéra, quoique la contraction de 

l'article avec le substantif sott rare, que com.^^ vida que me days III 
Î79- 7- 

1 16. ô + à. 

Va dom_Anmque presumyr III 288. 1 , que dom Anrrique dé penhor 
m 289. 2 1 . 

117. ô + i. 
Com,_essa pança muy atento III 645. jo. 

118. ô + û. 

Ca de jugar commua fâcha I 27}. 16, porque nam dam com hiia 
sela III 242. 1 1, vou com^hum homem nesta | hyda III 508. 17, mais 
l'orthographe est peut-être inexacte, car on pourrait lire caam, cuùa ■. 

I. Dans le Jorat, i Vlllars-Mendraz (Suisse romande), nous avons des con- 
tractions toutes pareilles i celles-ci : 

J + a : Lâ_atsirJ d'ecaurt 'ils onl acheva de battre (le grain)', jJ^nnwJ 
•ilssont arrivés', îi_j/iimiï,y5_jrjr^ 'ils vont traire', vS^avô /u wW^/m 'ils vont 
en tus le village'. i'J_.i l'oli 'ils vont à la cuisine', vJ^a lafajri'-'ih vont i la 

foire', tJ^A ffiJ i^lJ, ils sont i ma convenance', la savâ oJif'M'ilsle savaient 

aussi', Uipi^iivA 'ils lancent en bas', pdsià adl ^ils passent toujours', parti 

^4 hyt 'ils portent i boire*. 

4 + ï ; rJ^tcjurt *ils vont battre fie grain)', sâ^ttariu 'ils sont ivres'. 

i+ ^ .■yi_i'irt/jJ 'ils feignent', va éséblya 'ils vont ensemble', v^_( Ui 
'ils mènent paître le bétail', alavS^iièbfju 'ils allaient ensemble'. 

i ^0 : ts^ ori Jirt 'ils ont entendu dire'. 

J 4- ^ -■ U^ tstvi 'ils ont un cheval', vidri^S yodzu 'ils viendront une fois', 

U .Àr^tt prju bi 'ils ont encore assez de bien', mtnd^ô bau 'ils mènent un 

taureau', tramd^ikàrj prm a lyùid 'ils trouvent encore assez i glaner'. 

i + 4) : ri^iiy/riyt 'ils vont aux fraises', o/dvj "J f"yf- 



PHOKOLOCIE SYNTACTiQUE DU ConcmetTo gcrul 



38 1 



APPENDICE. 
£U; VE, TE, SE, LHE; 0, A; JA; COM, CO; DE; E; SE; QUE. 

BU. 

fin ne forme presque jamais une syllabe avec l'o du prôseni de l'indj- 
cuif. Lespofttes du Conciontko gcral prononcent : diguo \ eu, tenho | 
ta, tico I eu. Les seules exceptions sont : s^ybam laa que digu_eu 
JïWlt iS, 8, e diguo^.eu II i8f. i, de Mendoça me chamo ^^eu III 
4û6. i6; ainsi trois cas sur une cinquantaine oîi il y a hiaius. 

A Imparfait, au conditionnel, au plus- que- parfait et au présent du 
'■l'ioociif, il y a tantôt hiatus, lantô» élision ou contraction de Va avec 
Kpronom, ce qui est le plus ordinaire : querya { eu III 6j2. 4, dera | 
wi" Î87. 8, veja I eu II 564. c ; estav eu I!l î9j. 6, trazy eu III 4. 
>• pody eu (II 408. 20, descanssari eu II 464. 9. sery eu Hl }. 10, 
P^ftwi^eu III 272. 4, soportar eu II 170. 14, Nani for eu milhor 
wȍiilo II J53. 14, m'ouvcr eu III 6. 18, Bem vos poder eu matar III 
6i}- ij; assy aja^eu boa fym I 177. 1, sayb eu I 250. n, 354. ji, 
Afijoereja^eu etn Beia III 84. 1, vej eu 1 z;)- ï't^U* M* '7i 
'It- {, Il )68. 1 }, mal viv eu It 20. \s, MI 4. 4. 

Aa pirfait de l'indîcailf avec accent sur le radical, au présent du sub- 
imnifde la première conjugaison et au plusK^ue-parrait du subjonctif, 
"Ow rencontrons une fois le hiatus, une autre fois l'éltsion : trouxe | eu 
'"î6o, 6, fosse I eu !II (. 2. Oxala me %-isse | eu IlI 279. 24. Nam 
li'^ajique guasie | eu 111 477, },dyss eu I 476. 8, Maspaaseuantes 
ïiiptioll 384. 14, que me viesse^eu a ty HI 487. 27. 

Apffcï le gérondif il y a hiatus ou élision : sendo 1 eu cacyreyro III 
l'o- 19, iramortal, jendo_eu mortal II 42J. 13. Dans vos vivendo, | 
''RKirrendo. |] vos folgando. j eu penando I }i ). 17 et 18, le hiatus 
*«iu«ifié par l'ami ihéie. 



f --M : fd au fi, *d au bù 'ils vont au bois', alavS^^au bù. 

I ii ' ■ "^*" '— '" '"""* ^"""^ b.^ttu", adz' é__eti 'nous avons mis de Ij 
'"*«', jjTi bê^ecaare 'ris savent bien battre', si^icaurt 'sans battre', 

I '+ /.■ ti^ftti 'sans entrer', ni ai traavi isfbha 'nous nous trouvons 

'•Sttki,'. - - ' 

'+ t : La té^aiwii 'le temps arrive', ai!-£^atse\.i 'nous avons achevé', mt 
!S~^' '■' ■"* souvient toujours', nà ni if_iilfohijJ 'nous nous ïDmmes bais- 
"» -wMr/ lé araj fâ 'manger sans avoir faim', hé^apray 'bien élevé'. 

^ -i-à : ailay /Mi_5 ni 'nous lui ferons un nid", Ji_ônamtiô 'dans une 

f+tj : nàz-tndti^aj z-âpt 'dous irons aux Iramboitcs'. 
l-i-a : héi-aadti^m ta 'nous irons au bois'. 
à+a: bi^a dirt 'bon i dire'. 



a 82 I. CORKU 

Avec d'autres mots nous trouvons la même incertitude, mais le plus 
souvent il y a hiatus : ircspondy, senhora, | eu 1 477. 14, ora | eu nam 
icnho culpa III J2i. 21, vos scm pena,_eu com tormento I ;ij. 18; 
Triste | eu seguy mar I 489. 1 , que sempre \ eu certo ssam II 1 j 1 . 
I ; que sem Iho | eu mere^cr I ^78. 37, mesmo | eu me desconheço III 
}79. 33, como I eu por vos queria U {4. ;;, como | eu irarey vesti- 
das? Il }S9. }3, de quando | eu nam vevia III 416. il.^ertû 1 eu naçy 
maa ora lll 484. i;, Çeno | eu bem folguarya III ^19. Z}; eneste 
caso^eu vos diguo II 493. 8,e porysso_eu qucro ler IH 4;. 12, por 
vos mesmo _cu ousarya lll 270. 8, com' eu I 11. 20, 2j. 3, 69. a^, 
etc. Eu ne se contracte jamais avec la voyelle suivante. 

HE, TK, SE, LKB. 

Me, le, se et ihe ne conservent que rarcmem la voyelle. 
Me : Nom me | es tu coraçam I 470. 2}, ver uos me | hé ji poder 11 
$81 . j, de ly, senhor, me | hé dito lll 487. 1 }, me | era mais rrecreçer 

I }0}. 3{, com que me | ey d'ajudar II fit. j, hyr me | ey III 48$. 

1 0, que tam alto me [ esienda I } 1 . 1 1, me { emvya huum tratadû I 
274. 7, contra myra m,;cl esforçava I ji 1. 26, ïosssomc | entnste-;ey« 

II I {7. 17, s'algOora me | escuyta tll 6o{. ;, me | ando sempre guar- 
datido I 41 J. lOj A que cuidays que me | ama 11 476. 7, tu s<S me | ii 
deabraçarll ^56. 24, me | hà vossa senhoria de despachar Illôji.zj, 
me I acho t.im ynorame III 496. ^4, ca sem vos me | avisardes I 160. 

1 1, me I amosiresa medyda I 169. i, anles me | avoireçës I 452. ij, 
desio todome | aqueyxo I 4^4. it, querer vos me | atormenta II i}8. 
}, me f assentem, hé forçado II 179. S, loguo me l aconsselhey II )6i. 
ij.quemc | acolhaysnamàoMI 51 j. 12, namcuydcysquc me | aqucyio 

III 400. I4t Eporvossome [ avi III 476. i, ArreTamnam me|aba&ta 
Iir )j8. j, me j aprouvelll 65a. j{, vossa merci me ] obriga I 7}. 17, 
me I oiïere^ lll 4}}. }}, nam me j ouvem nem me val lll joo. 17, 
me I ouvera de perder lll J2j. 2{, se me | eu namenganey 11 470. 11, 
Nem porque me [ eu deytava 11 04. }\, mas se me ] eu nam engano 
III 119. 36, ja que me | eu nam aqueyxo III 419. 1 1 ; Poys me | esta 
confesaaes II 114. 1 }. Matame | a ssaudatle lli 410. 1 }, Pareçeysme | 
almofreixe III 628. i, dandome I onrra na morte lll 177. 16, se me | 
hum podcssc aver lll 272. 3, desscjarmc [outra cousa II ii{. 2a, 
lyrarme | que mays quero II 1^4, 10, porque vedes me | aquy III 
J09. 4, e poys me | assy cotiheço III ji6. 2(.Trazme | assy enganado 
III ;77. 17, faune | a isso ousado I 7f . 9, quem me | a mym pregun- 
lasse III 19. 17, e eu perdyme ' a mym III }47. 1 $, achej-me \ em soo 
cuydar I 64. 1 2, verme | em sua prisam II 1 $0. 27, queyxo-me, | en 
quanto dyguo III 402. 1, matame^ | ho tu esquiva I 499. 27. 



PHONOLOGIE STHTACTiQUE OU CanctoTuiro gtral aSj 

Tfîpodwa quem le | erra I 117. 3i,neinte | ey de leyxar yr III 
486, il, porque | eu nam te | cmpeço II j6<). 2g, se te j as tu casia- 
naiell ){i. 19, Letnbrete que le t aviso I 474. 14, Loguo | te acorda- 
ri>ill406. 17, Emboorate | eu vy tll 3 {6. 17. 

St: se t engana I 7. 22, II (75. 6, nam se | esguardam favores I 
ij. 16, ■• no filho se | esmahe i 390. 1 1 , item velho que se | enmende 
I j^. ij, se l entende II 1 ji. î, se | emmenda II jï?- 20, se | es- 
)ndelll]ç>8. 2, a cadea se | enUcgue 111 ;}}. 18; se | hà por ben- 
çanlMç. 6, se | acKa I i(8. 20, 27?. 14, 529. 14. !■' iS°- '6> 
49|. 18 (sans doute par dissimilation), dobrarsse- ] am nossas dores III 
(11. i),etesse | ama e desama 111 66;. 20, ele cae, ele se | aati;a III 
(6{. II, se { acabou a perfia I 27). 2j, tant gram chaîna se | nlçava I 
}o8. 19, mînha dor se | acreçenta I {29. 4, a oiolher que se ] atreve I 
496' 11, se I alongua mynha vida II iji. 21, e desque sse | apartou 
111 (01. jo, por se I yr I 2j. 10, por meu mal se | hyr dobrando I 
It7- 11. se I tnctyne I 2. 17, se | yrà 1 62. 19, sse | inora II) f 19. 16, 
Klordeoa I 88. 7, Il 1 {7. 16, t )8. ;o, se | outorga ! 105. 9, levan- 
l'in se| u moedas t 186. 9, Poys se | oje dam boonsannos 11 4â{. 
U, mas por rryrse | e zombar III 269. 6. 

Uf.eniam Ihe | hé ouiorguado III }0. 14, Ihe | era praçeyro II 
4!î- 27, dyribe- | ey : mao nainorado I 11. 2?, peraJhe | enchcr a 
jyoïa III fto. 7, corao quem tanto no caso Ihe 1 hya II 28^ 12. que 
k { ocDpou a motte 1 460. 1 1 , perdèlhe | medo I foj. 27, tyrem 
4*|oarrendar III 284. b, vj-Ihe | rrosto^^e feiçâo 424. 20. 

(^i<|ue ces hiatus soient assez nombreux, il arrive bien plus souvent 
9* iw, If , u et Ihe perdent la voyelle, qui est presque toujours omise par 
''«tbographede l'époque : que vida m'ee ja morrcr 1 28. 2",, calar m'ey 
1 }■■ 17. confessarm'és 1 68. 6, m'espanio I 22. 24, m'escuso I 41. 
'Ij m'afadigo I 2S. î, m'acabo I 28. i j, pelo que m'ys alegando I (9. 
'*. poder m'y» queyxar delà l i ï 1 . 5 , donde monc sse m'ordena l 9. 
'•(«By como m'cle apcrta I 8. 26, diz m'a mym meu coraçaro I 8. 
**i [lorqoe ma îsto nam calo I 8. 21, de m'ora vivo tomar I 49. j, 
'■"■pies où il vaudrait peut-être mieux omettre l'apostrophe, car au 
""* tl au xiv siècle on disait mk acabo qui a aussi bien pu devenir 
■'««toque ttndimha, vtndma, et cooimha, coima ; e terra t'as de lornar 
['ij- 18; 8'esguarda I 16. 16, s'esmoreça I 20. 18, s'enganami j^. 17, 
*fWenda I ji. 10, s'amanssa I 6. 4, s'apagam I 6. 7. ss'avyva I 16. 1, 
''wfaia 1 9. 18, s'ofereçe I 8}, 12, ca poys s'a verdade ve I 20. 10, 
^e ï'jsio decrarar I 6 1 . i , etc.; ferlh *s c'um cspanto tome I 1 9. 28, 
"iblh'i de cusiar I 129. 16, Ih'alarga t 140. 19, o gasto Ih'amarga 
' 'fo. 20, ({ue aly Ih'acudam lodas I 142. 8; Querey dar Ih'algum 



1*4. J. CORNU 

:;ccrs] : ::9. 9; Façolh esta concrusam 1 100. 36, buscaes Ih'outra 
icr aC3=ia : zi. î4, etc. 

la iic-çtiocs leUes que : deni-me_a raym hum estormento I 79. 
: :. àz-ce l^ja uudade I 109. 7, sont rares. 

o> A (lo, la). 

Lis rrrroms et j conservent leur individualité : nam ho | hâ nem 
?.-ô; ier ;; n6. ;j, o I haa sempre de fazer III 68. 17, nera no ] â hy 
II.-S x=crts in î92. 2, julgue | quem bem sente II 7 1 . 8, pague | 
-n îuj v:Ja II lîj. 11, e vede [ que seraa III 170. 10, vende | a, me 
r,su_a vyda III 56. 17, sento vêla | enganada 1 249. 17. Mais quand 
e rc^com s'appuie sur un autre mot, il peut y avoir diphtongue syntac- 
îv;^^ ; e querello„aprefyar I 59. 12, e desy fazê o_andar I i jô. 7, se 
,- icî^e mays em irovar III 271. 4 imais il faut peut-être lire colhe), 
."s: =j!nino_aguardeçays III 549. ij, namno_aveys vos de sofrer III 
.-4:. S, sse mo^^alguem nam desdisesse III ;)9. 10, ou ssoltemno.^^ 
rrepelSo III 284. 8, poys fazelo_hé acabar III i8j. 2^, mais ce vers 
peut être mesuré autrement, porque nara no^^encantoey III 27. i6, 
negar mo^^escusaraa III 564. 4. 

Quand le pronom se place entre l'înfînilif et l'auxiliaire aver, il n'y a 
jamais diphtongue syntactique entre lui et celui-ci : falo-ey, falo-âs, 
Jilo-aa, acholo-ês\ velo-eys, velo-am, darto-am, tela-ey, crela-â, vela- 
;mos, cantala-emos, vela-eys; dylo-hya, hylo-hya cometer III 48Î. ji, 
iaiu-hva por perdida II 109. ij, verma-yas escrever II 416. ij, tor- 
Mia-liyj jlevantar III 28. 24. Voir pour la mesure du vers s. Propa- 

.. .fonoiD * se contracte plus difficilement que l'article avec la pré- 

w.u«:ii . ;u'«(D me forçou a | ser II 1 5 1 . 4, a | eu mal nam tratar 

. .: - ^<r ^^i J I que tem I 144. [4, a | que menas pareçe I 

. N * ^«. A umanydade I 227. 4, que chegue a | que sento 

. . oio V »«■ Ji ' que deço III j 1 8. 19, a [ os qu errey per- 

^ .^«^ ■ ' ï». \ I os que se vay mostrando I 224. 21, quedays 

- , .« ..(iMv<7> .40. 2 J, a I os que vossos nam sam lil )46. m. 



> v.^»v« -:■ n , jà I era casy de dia I 406. j, ji 
.-^ 4>& ^.queji I ele rrezaria III 504. j, que 



H.'-« «N-wat on pourrait ttre tenti de l'admettre. 



PHONOLOCrK SYNTACTiQiJE DU Cancio/ttiro gérai 28$ 

jilejsecipre de ter IIl jgj. s, c por d'ouircm \â \ csposo l 2^4. 28, 
Namtenha ji { «perança III ;47. {,jâ | estoudesesperadolll j)^. 18, 
jilouu ofTereçdo III 341. 22, e que jaa [ enuim iodias II 27. 19, 
mo'fi I ouvy dizer, etc. 

A c6lé de ces hiatus qui sont presque de règle, il y a quelques pas- 
nsn oCiyi, qui a un ii ouvert, subit les mêmes niodiiicatians que si Va 
ftnatone : iacabou, )é destroyda II 173. 11, que nam lenbo jaa— cssa 
nniia m loç. 1 , Jel' enlam cm ssy abranda 18. 18, Tal catïvo jeete 
iull j36. B, Nam mo ja^eys por vosso mays IIl j3. 10, Je estrl mal 
fetmninado lU 404- 24, jora vedes III 507. 54, cf. embora ; cuydando 
» que jovy (= ]& ouvi) vos II 173. 17, jouveryets algûora il }. j. 
Dnivoyelles ioniques ne pouvant se contracter, il me semble néces- 
ttire d'admettre certains cas où jd perdait l'accent. 

cou, CD. 

En théorie, comdoit conserver la nasale devant tes consonnes, à l'ex- 
«pliflB de s, / et r, et il en est effeaivement ainsi. Que l'on ne trouve 
^'unieul passage tel que le suivant : val co vos esta rrazam III 24J. 
'• ctii n'a rien d'étonnant ; car il est natuie! que les formules corn 4- s, 
*■+/, ûwn + f, n'aient pu se maintenir au milieu des autres beaucoup 
jift BOnbrroses : eom + c, corn -*■ g, corn + r. com + d, coin + p, 
"* + i. Devant les mois commeniçani par une voyelle, la nasale 
w^'i disparaître, et elle disparaît en effet : co_arie I 297. i), 
^laqtiisio I 40Ô. 1), co I esse, co | esse teu deos II 412. 21, co | 
** tïiso II 4J0. la, co I este dans une foule de passages, co \ 
WOTemoJ d'agora I 114. r, co | estas cousas laes I ijo. (, e co^ 
'ilei a minha vyda IIl 402. 14 si le vers est bien conservé, cf. 
^ta] essa pança muy atento IIl 64^. ;o, co | de, co ] espada 00 pes- 
^1 161. 16, co I isio n 1)1, 13, }84. 9, co I homeens saâos II 
V>7. I4, por quebrar co | outro_a voz II 389. 11; co et uù-a se con- 
''iQtin et donnent iuum cam, cuûa cûa : cum soo 11 jSo. 1, cuuns 
pottoi dos nosios escaramuçar il aS^ [4, cuûa vontade contente I 
'SO- ij, que quem }az cûa de vos I {o$- ^i-^ ■^"^ pedra me tirastes II 
^l i]'. En cons^uence, l'orthographe moderne qui met une apos- 



'•Ço est, a ma conniisiance, mu employé par les écrivains du XVh siicle, 
^ <) but escepter les poét«. bairos ne s en sert pas. Uaoi Fernio Lopez de 
^^■heda, Historié do Jcicob/untnta e CiuiaaiiTa Ja India ptiùi Pùrtaf^uiiej, 
y*g mm a paru i Coimbre de i)ji à itëi et que reproduit fidËlemvnt la 
Jwle édition publiée à Lisbonne en iSj;, j'ai remarqué que tô * w place 
***M les deux articles, devant les substaniifs, les ad|eclil's et les pronoms, 
■«B devant au, tttt ei lU, où il cît tris rire. Dans te cas il écrit presque 
|ii>p«rf : lotU, cùtslts, (oisiOf conta gaeira, csiurt itnkons, cffi;itf, en unissant 
Afrîpoiition avec le pronom. 



286 1. CORNU 

trophe entre c et l'article indéfini n'est pas fondée. Ui prépaation : 
dû donner avec l'article eomno comm, forme» qui se rencontreot 
d«s textes du xiM" siècle. Mais peu il peu o tx a viennent s'unir i la 
position et donnent com o coq, d'oii cùo co ' , tx cô a, d'où fo | J, ' 
il n'y a plus de voyelle nasale : coo braham I i {4. 39, e mais coo : 
me doendo II 171. 2, seuls passages qui présentent U grapUe 
co I amer, co ] agouro, co dedo, co sal, co conde. co inedo, coj 
etc., cos servîdores, cos mays, cos olhos, cos dinbeyros, cos ca« 
etc., co I a serva, co j a vida, co { a dor, co | a (ençâo, co J as 
co I as armas, touiours avec hiatus entre la préposition et l'artide, 
excepté dans le vers facile à corriger : a ssua lingoa coa vossa III 17}. 
2 ; co que sente I ^9, 9, eco que laa Ihe farâo II 4j8. 6, co que da 
Mina trouxcram (I jo6. ji, Ealamos cos que por dao j| pooem a saya 
ao rreves II 398. ;;, cos que matays 11 SAl- ' )- 

Com, qui d'abord n'avait sa place que devant les consonnes, 3 fini 
par être mis aussi devant les voyelles : com armas II jô?. 21, com 
agoa fria 11 {89. 6, com agoa rrosada It )99. ly, com al III ^78. 
32, com afironu I 20$. 6, com amargura I \i\. 19, com ajuda I {70. 
25« com amor II jqS. 3, com arer II 449. 16, com.^mare1o^e « 
encanuuio III 267. ; (cf. VoyeUa natales et myella), com este medo I 
>o2. 37, com este dedo I )o;. 8, e com este apariamento II aoi. j, 
com este mal U ]i. ){, etc., com estas donzelas tays II 481. 24, com 
esta mezinha tal 11 j28. 9, com ele II 379. 19, 392. io, ÏÇ19. }, 
etc., com «1 rey I 3{7. ;2, com Eva II 49]. 19, com esforço I 
296. 20, com espcrança de morte I jûj. !(, com ençenço II 195. 14, 
com enveja II 441. 3, com espeJho II 482. )i, com Elena II 5^7. 21, 
com Erudyce vy Orfco I jog. 14 (voir Proparox\tons) . com isto I 262. 
27< ÏÎ7* i> II }'• 9< ><^- M' etc., com isso II {91, S, com omens 1 
444. io« com ondas M 4J4. 27; com hûa I 4j6. i}, com hum odre I 
481. ). com hûa fala II 14. S, com hûa freyra III }74. 30; mais les 
vers : ca de jugar com hOa fâcha I 17). 16, porque nam dam com bûa 
sela m 242. 1 1 , vou com bum bomem nesta | hyda III so&. 1 7, doivent 
probablement élre corrigés (voir cependant VoytIUs nasalts tl voytitfs) ; 
que hé com ouïra casado I 3}9. 19, com outras muyus provezas H 
J2 j. 20, com outro desvio II 4J4. 2;, que viveo com oulro homem II 

535. la. 

Devant l'ariicle. U forme com est exceptionnelle, car il n'y a que dix 
passades sur cent i peu près ofi nous h rencontrons : com bem de 
mcu ymyguo 11 {28. 8, com rremo II (62. 19, com roenos que 



!■ FernSo d'Olivtira, Cràmmatica it lùigMgtm partiifiacsa, p. 102 de l'édi* 
lion d'Opono, cite co pour cô 0, sans s'en stnir lui>mêiRe. 



PHONOLOGIE SYHTACTiQyE DU Cancionmo gtral 287 

podéreys III jgo. 20, com ocolarlll (28. 1, dans: e com rreçeo per- 
dido III 38^. 17, il faut rétablir ]a forme co; com os câts II j6o. 2, cotn 
os Affricanos II 247. %2, coin os de pouca ydade II 497. 18, com os 
pus todos descaiços II 4{4. 2}, com a pobrezj pelejo 1 199. 16, ■ 
serva com a senhora l 241. 22, com a moonc I 243. 8. com a serra I 
241. t4j com a espéra e com acruz II j^S. 19, com a mSo II 4ï2. 4, 
fycar com as mSos vazias II 296. 6, com as barras II 370, 10, com as 
cousas ri 479. 7, com as ervas II $69. 1 }, iunias com as que U_esum 
ni 264. 2). 

DE. 

De perd sa voyelle : d'arte, d'amores, d'ainigo, anie d'agosio, 
d'aquesta guisa, d'aquisto, d'andar, d'aquy, d'aly, d'agora, d'esse mes, 
d'esté cuydado, d'elle, d'enganar, d'estar. d'enlro, d'isso, disto, d'y, 
d'omem, d'olhos, d'olhado, doje mays, d'onde, d'hum coraçam, d'hôa 
flor, d'u, d'o)-tenia, d'outras fruytas, etc., etc. Les «ccpiions à cette 
règle sont bien rares : vida de | esiremo ia] I ;o; . 21, fervura d'e] agoa 
viva I 84, ao si la correction esi bonne, como de | acossamento I 369. 
], e a livre de ] aFronia II 489. 18, e Toy filho de ] alguem III 489. 24, 
vierâû de | Ingraterra II )7o. 24, grorea de ] hy s'alcança I 66. 21, 
de I homem que vejo coxo II 480. 24, de | olhar vos me senly I ;j8. 
6. Devant /luii-j, dt consene sa voyette dans quelques passages : de | 
hûa conformidade 1 ïo, j, de | huum asno^a Icnha I 1 )8. 1, hé groria 
de I hutitn momenio I \\%. 17, Hé [= aa] custa de | huum senbor I 
441. 1 1, que ja passa de | huum ano I 4};. 2;, de | hum sonho que 
sonhey I 476. ), ^ly de { hûa monal pena 11 )2. 8 ; senhora de ] eu 
qaerer I 478. jo, com rrico paleo de l ouro t 106. 20, Fez de | ouro, 
prala c sscda III 268. 6, nem rrey de | outrem mandado I J96. 1 {, 
graçioso de { ouvir I 9{. 27, deveys de | oulhar primeyro III 261. if. 
Mais il est des cas où de garde toujours ou presque toujours sa voyelle, 
par exemple devant le participe passé et l'infiniiif, q^mztxA la prépo- 
sition est précédée de dttpois : E despoys de acabado I loj. i, e 
despoys de | emendidas I 388. tf, despois de | offereçer II jjj. 2]. 
Il en est de même aussi quand dt est suivi du pronom 0, a, ou d'un 
autre accusatif suivi de l'infinitif : sem ousar de | fazer II 109. 12, 
maneyra de | perder II 120. 2, nam ouse de | o lomar II 120. 10, 
nem leyxar de | os fazer 11 109. 2, de | a servir nam entende I 2î6. 
24, goarde sse de | a dîzer II 178. 2, nem ousam de ! a deyxar II 
497. ij, nam euro de | as julgar I 102. i;, nam m'espanto de | as 
ver I 280. 2î, OLve deos rreçeo de | ela padeçer iil jo. 2î, de 1 
lam fermosG ver 11 39 1. 2j. Sur une cinquantaine de passages, il n'y en 
a que trois ou quatre qui ne confirment pas cette règle : mas que de 



288 J. COItNU 

^.a ver s'alcança U\ ii. 3, nam cureys de_a cometer III 600. 26, 
porque «spcra de__as levar III 271. 34, d'csperar d'aquislo «r Ili 
609. 17 '. 

Cf. Joam de Barras, GrammaïUa da Ungaa portagnem (r {40)^ édition 
de 1785. p. 190 : tt £ pequeno tem oulros dous ofiçios : sçrve pcr sy 
sô de conjunçS em vàz, per semelhante exemplo. Tu e eu £ os amigos 
da pâiria louvamos a néssa lingiifigeni. E quando sçrve em composiçl 
das Jiçûes dizemos : Ant6nio It. » Ainsi, au xvi* siècle, t avait le son 
fermé. 

£■ ne forme pas une diphtongue syniactîque avec une voyelle tonique : 
ve I e comprende 1 198. 5, minha fee | e saudade III ja}. 9, sem por- 
que I e sem rrazam II! jô), 18, daa \ e toma I 2ji. 7, c^ | e laa II] 
494. ] I, de pro I e contra no feyto 1 74. i j. La seule e.xcepiion est : 
tomaraa e (ara fiel lil 466. ; 1 , dans une pièce qui n'est pas iris régu- 
lière. Suivant un t atone, t ne se lie pas loujours avec lui : Manrrique ] 
e quantos saro I 41. 19, Nome { e grandes façanhas 1 235. 37, d'ele |e 
de Joam Tomee 1 374. i], que de noyie | e de dia I ;6o. lo, III ^8^ 
J3, a ponte | e mays Çamora I 458. 18, se a morte | e a vida I 499. 
] 1, vivo livre ) e vençido 11 ijt. 9, teve parte | e quynhom III 465. j, 
no I Rome { e na ydade III {78. 2, a mym goarde { e defeijda I 2S7, 
17, que m'esfoie 1 e me mate I 41 j. 28, do que disse | e direy II 4j6. 
îo. Plus souvent Ve atone se contracte avec la conjonction : por dar 
mortc_e nunca vida I 2. 27, pcr custume^^c per boom uso I 41. 14, 
daquele segr e da vida I ôj. jj, porieu grande nome„e fama I 94. i, 
omem livr e alvo I 102. 22, firme_e forte I loj. 26, noyte_c dia I 
toû. i, Î7I. 10, îSj. 10, sete_e meo I 137. 17, este tallme vençe_ 
e lega I ûj. îj, sofre^ecala I 78, 17, etc. 

Entre -j et < il y a tantôt hiatus : mays Longa | e pessoyr I 57. 6, per 
hua [ e outra parle I 96. 17, antr'a vespora { he noa 1 149. 10, sua | e 
vingança minha l 2j$. a, tristeza | e saudade I) 6]. ;3> Da barba j e 
do cabelo II t )o, jo, acabada | e perdyda 11 i\\. 38, Pobreza | e cas- 
titade III 640. 1 1, de muta | e de cavaLo 111 â6}. 21 ; que vos adora | 
e crée I 275. 34, como quem canta ] e chora II joo. j, o rrcy guaba | 
edesprezalJI ij8. 2;. Tam6t aussi la conjonction fait avec -fi une diph- 
tongue syntaclique : por minha senhora,_^e filha I a;. 12, porerti gro- 
rea_e nam vitorea I 44. 29, enmenda^e corregymcnto I 79. 18, por 
lembrança^^e por avysso I 94. 6. hé palavra sania_e dyna I 98. 6, 



\. L'usage moderne csi d'accord ta ce point anec celui du XVI* îîWe, 
mme le montre Gonçalves V'ianna, Enûi àt pkonitigae a dt phenehgU dt iê 



comme 

hagttt poitugaiu, p. 67-8. 



PHONOLOGIE SYNTACTiQUE OU Caticioneirû gital 389 

lïiinha vida __e Dieu viver I i2i. }2, da | era d'oyTema_etres I 79. 8, 
corn a espera^e com a cruz II )j8. 19, que quarema^eojlossam 111 
490. 1^, mande m'a e rresponderey IM ^70. aj ; e la veia.__e dcter- 
myrte I 1. 20, Aar os chama^ Iha gram medo I ^4. 6, e$pcrava_e 

mercçya II ao. 4, pjpa_e çca I 14J. 14, as$y(l. t)) euviva eprazer 

vcja 111 170. 1. 

Emre -o et ; il y a hiatus : com cuydado | e por fama 1 }t>. 4, sobre- 
çerto 1 e nam çerto I 6}. 14, conforto | e alegria 1 347. 8, veador bn- 
guo I e belo 1 27 j. 11, iry)o | e bem forte 1 274. 11, bem desposio ] e 
valenîe I 276. 16, fennoso | e deleyxado I 377. i}, doçe tormento 1 1 
mal I ;7i. 2, manco | e magro M 47. 1 \, muy fermoso | e muy bem II 
70. 32, poto lempo I e sazam II 514. 24, emvejoso | e sandeu II ;;7. 
26, todo sseu braço | e ncmbro III 216. 8, vinho | e pâo III 41 1. 14, 
çercado | e combaiido III 428. f , compro com vosco | e vendo II 468. 
21, e avelo | e buscalo II 287. 39; m'abraço | e lyo I 314. 4, Amo | e 
praz me servir I i^d. 20, que vyvo | e nam sey como I \(t\. 19, îsto 
quero { c nam al II 12}. 2^ moyro | e padeço II 140. 20, creo | e 
tenlio por fee H ^84. t , como | e quando I 199. 1 j. Souvent aussi -o 

et e forment une diphtongue syntaciique : queyio c pam I 3î. 2^, 

ieysto_e grosa 1 J4. 7, aselado_e bem coseyto I 74. 13, bem 

teudo^^e decrarado I 82. 8^ tam perdido e sem conforto I 134. 22, 

branco^e vermelho I 14^ 27» pouco_e pouco 1 169. 14, paso_e 
paso I )68. 19. este feyto_e maa au^am III 490. 18, bum criizado 
_,e meo III )}2.7;em cuidafldo_e maginando I 18. ii,diguo_c 
sento I 64. 6, com* eu synto_e todos vedes M 1 68. 1 9. 

Entre « et la voyelle suivante tonique oj atone, i) y a ordinairement 
hiatus ', de sone que les contraatons que voici sont exceptionnelles : 

e este caso mays convem III ^îj. 26 (G. V.), e ella nom ouse bol- 

lyr t 2J1. II, e__ele nam cure de vos I 3jû. 9, e _.ella desfechou 
aguora I 268. 2{, qu'eram lantos e_ele soo 11 18. 9, nam chorasse e 
,_,ela cliorava II 19. 7, e^_^eU morre por Alonsso II 129. 10, e,^e!as 
haro mays que dizer II 483. 16, e,^cla ri-sse do ducado 111 287. 21, 
e^eta nam o negari III {21. 10, e^ele trala mais comuda III )48. 
1 }, Syseyro dos cotos elos (==9 e clos) III 6)o. 2S, e__ hé mays conhe- 
çda 11 I j6. 4; e pocre»a I igS. 52, e dulterios I 189. 14 (cf. edulte- 
rynas 1 190. 4), tantos bocados e^^engulhos I 198. lo, e^^empcrador 
d'Aicmanha 111 bi\. jj, ouvir c^escuytar l 21s. 1 6, por servir e_ 



I. Une fois ou deux noiu rencontrons > au lieu de t, ce qui indiquerait <{ue 
Il forme pooderae qui a dC naître d'abord devant les voyelles remonte au moins 
au XVI' siècle : j <lai stm mnji omr II 17. 19. Mab dans le vers ; j «jîMj 
Je Ijutnc I 396. 12, il faut lire prubjblement kjp. 

JtMuatit, Xll |Q 




290 J- CORNU 

envdhcçcr \l 294. 17, e_estand' um dia assentada II $6). 1, e zoaim 
e^escarneçar III 147. 10, e_estavam pera hyr os pee» III 298. 2}; t 
era mea mal nam pod estar II 1 1 1 . 22 , e_eni na pascoa do asoËn- Il 
291. 2$, e em comprar sam acupados II 5t t. 28, e em tays primore 
sobqa II j2{. 2, e^^ein mais esquiva pris3o II 544. 15, eau cadda » 
tornoa II J54. 8, e^^emlugar demematar III 5J4. 14, e^^em tambeii 
aprefiados I 40. lo, e^^s cusus I 74, 9, e^^ s^unda 1 409. 14, e^^ 
fennosa rrainha Elena II 5 58. ;, e^_^a8 velas todas aiçadas II 563. 17 
c^^^ outras todas defundo II {76. 20, e^_^a senhora Bobadilha III 14) 
29, e_a prlmcyra (1. primtr) noiie passar III 161 . î, e_a rrazam o Un 
perderlll 428. 8; e^ pode saberl (oj. [2,e^_^s fez tenter II SS4. 7 

verdadeyra fee e_aroor I j jg. 26, senhor e_aniîgo II 468. «, E Apok 

qu'est aneachou II 569. i7,e_acharêsl 15. 10, yj. j , e^asentem tudi 
nofeytol 71. 28, e_alegua 1 77. 13, servir e^_^mar II J74. 11, pen 
servir e_adorar II jSj. 6, e^^rreçeo qu'a de ser III 32. 14, eavèiiH 
por voss' amiguo III 99. ;j,çedocaçee,^^ndecaniinhoni 268. is,e^ 
anendou cbançelaria III 277. 26, desaltar c^^tndar contente III 647. 4. 
Dans: a | creçer hevorreçer III 412. 7, et dans : e etodosdereyU 
guarda I*}o. 34, il y a une singulière assimilation qui indique commem 
on proncmçait; — e^^ quem tem dereyto torto 1 46. j, e^^^ mym tristt 
de cuydado I ^70. 22, tardarà e^_^ teu pcsar II 415. 18, e.^ vos, 
soibor, e | a mym II 450. 10, e^^ nossa terra tarobem II $67. 4, E 
aquemna pn* milhor cobra II J71. 11, e^^ quemna traz na cabeça 
m 122. 6, a Tynocos e^_^ Noronhas III 207. 18, e..^ vos e | a nos 
dareys 111 621. 19 i eapos elles os trançados II jij. n, e_aqui vttt 
sohooiydadol 17. 7. «wagora I ij?. 14,11 î2î. 4, 124.9, 564. 6, 
e^^jBsyl72. 26,79. 1,11 lîi. 8, tîî-4. ÏS4- '9. S6o- H. '" M^- 
19, sî8. 21 ; a molher d'Eitor e^_^yrraaas II 551. jt, e^o modo di 
blta I I }S. }2, e„hos înorantes mostraes I 287. ;, e^^ ventos poi 
n'estrovar II h?- 10, vose_o macho comereys III 99. 12, e^_o outre 
sospiraraa 111 îs6. 16, e^o profeta Jeremyas III 5^2. 28, e_o que « 
per ele mostra I 77. 1 j, e^os que tall sabem seguir II 287. 34, e^^c 
que minha vyda^assela II t86. 24, e^o que deu III 514- ^8. 

E se contracte avec ea dans plusieurs passages ; voir I 362. 20, 41 j. 
ïi, 47Ï- H. " "7- '7. !" ï8. 17. 100. 19, ^42. 5, 42J. ti, 
jii. 2. S forme avec outra une triphtongue dans : e^_,ootra talvoa 
aconieça il 490- ^o; "ais quelque nombreux que soient ces passages, 
ils oitnnl tous des contractions exceptionnelles. 

SB. 

Cf. CMC. gtral II 575. 5-9 ' « Mas porque nam com rrezam B meu 



PHONOLOGIE SVNTACTIQUK 01! Camoneho gcrat 291 

]rnn3o culpa me d£. |] nam Ihe diguo al se nam ; |) que darey outro 
jubam fl :< qu«m vos achar hum stt '. » 

Iji conjonction te, qui avait pjr conséqueni un t fermé pour les poètes 
du Cancioniiro gérai, garde ou perd sa voyelle selon te besoin du vers ; 
se I estes compelidores I j. 7. se ] hé vosso I 9. 7, se | h* rrijo e brm 
forte I :74. \2, c se | em vossa companha 1 4^. 9, ou se | anda d'an* 
dadura II 179. 16, s« { andâ lonje [ ou pcrto I 372. 17, nem se { hâhj' 
]à verdade II ;4i, p, se | a morte e a vida 1 499. 11, sse | alguutn 
bem esperey I ^2%. 17, e sse | isto me negays Ili {2;. 18, se I os que 
iam ja fînados 18. 1 , se | o dama dava I ; < . ), se | oJharem I 349. 28, 
se [ eu tempo tyvesse I j6. aa, se | eu ouve mal fatado I 499. }, se | 
ouirem quys fazcr I 101. 17. se ] ouvyr I 147. 3. La forme usitée 
aujourd'hui devam les voyelles ne se rencontre qu'une fois ou deux : 
essy I hâ quem vos ssome I 19. I7,massy | hJquemcr«'se peja I 41. 
21. cf. i= r. L'élision de l'e est également très fréquente : s'eles minha 
dor tiveram I 47. 16, s'ele runca cobyçasse I 58. 26, s'ee de mote 
carnadura I 14^ 20, s'ee verdade 1 161. 14, s'ee bem ou mal despen- 
dida III ôoj. 6, nam ssabemos ss'ee de frio III 664. 12, s'escmvim lem 
1 ^7. 16, s'aa hy cousa mays sobida I 9. 4, s'a senhora o julgara I }. 
24, s'a Ventura m'ajudasse I 1 îi. 19, S'achardes quem bem descame I 
9. 21, s'aquy acudo I 11. iz, e s'atgtia mays sse der I ^7. 12, s'assy 
bé I j7. }, ss'arranhs coma lagano 1 14). j. s'ysto lembra I 44. 18, 
s'o cuydado me lomasse I ^. } 1 . Quelquefots se ne perd pas la voyelle, 
quoiqu'il ne fasse qu'une syllabe avec ta voyelle suivante : se.^o sospyro 
nam acude I 99. 14, $e,^o que se qua passa I tjô. 9. Peul-étrey 
avait-il diphtongue syntaaique. 

QUB. 

Qw, pronom relatif et interrogatif et conjonction, peut, ainsi que 
ses composés, conserver ou perdre \'e devant toutes les voyelles, tant 
toniques que atones : A pena que | hé mais fera 16. 2), Lembrate, 
que I es de terra 1 117. 17, vy que | estava çercado I 46. 16, Ho que 
enveja vos ey l 257. 6, que I emvençôes que fareys 1 266. îî. que | 
esircmo lomarey lll }2}. 1 }, nem oulro mayor praser || que | espre- 
memar amyguo I }96. 27, hija soo rrezam que | ata I ji. 3, que ) al 
tem. se nam sospyro ? I 84. 36, que desque | amoret sygoo I 10. 26. 
que I a dama dezia I f8. 241 a mesler que { a provb I 11. t> mais 
triste que j a trisieza III 611. ij, mays vennelha que | a brasa I 477. 



I. Cf. avec ce snbsualif tiré d'une 'conionction le proverbe vaudois : ti n'tn 
S ti t 6 ma, Ô mtt'aj 3 ttnô dl _Sn4 bvtothi. 



3tC J- CM15C 

^ ««r-cr- iOK > yaoï^panbk J icfù. 2, namduvideysjjque [ istotngo 

T«- tr H*.^ ?». WManrmg» adhor que | hyr passear m 605. 14, 

weaas «c fwsn» :: a#fc. p ; mas aquelles que | os davam I 2 j. 4, 

^'■MtE 4 ^sofouo: maaSt l 62. 1 2, Meu viver menos |R^zado || que | 

iM*9Mcîk:max'C »^. ;S;eque | u tançaveys ntSo I 161. j, que say- 

4ntt-{Ne iuiir>feMS l i$. 6, que | eu nam sam taniletradol ji. 12, 

âtc;. «L OiatuB : e sahèi qu'ee tal quebramo I 23. 26, vyda qu'ec 

wr >{ue mont l $7. 7, ante qu'ele me destrua I 168. 5, porque_esco- 

Jtestet cttydado I 4. 24, das vertudes qu'em vos cabem I 4j. 27 ; c 

bcm sey qae_al nom querds I 122. j, goay d'alma qu'i de pagarl 

t». 2j, olhaqu'as de ser julgado I 138. 1^ c'aquy tendes roe^do I 

29. )o, pfvc'as jentes vam e vem I 220. 20, porc'afinno | e diréy li 

236. 19, de quem amo mays qu'a myro I 48;. 22, mays desayrado 

c'ayroso II 160. 8; qu'fay nam hà em que cuydar I 70. 30, dizenws 

qtw sen qu'yso I 94. 8, ante qu'yso que dizeys I 167. 3 1 , em c'omem 

possa dizer I ;o. 1 }, ou ave c'oo sol ssecura III 32 {. i6,C'ondesobeia 

irezSo bleçe entendimento III 47. j, c'o dereyio noia daa I 7}. 7, 

desc'o feyto passa jaa I 176. j, rouyto moor c'o galarim I 44. }, peri- 

^uas mais que^^o paço I ;98. 1 3, e vy c'um deles dezya I 407. i, 

que^^uûa rry de dom Martinho I 467. 1 1 , porqu'usa de feyt yc e yr o I 

270. 12, e morte qu'ey de passar I [ 19. 16, porqu'ey medo de vyrer I 

iji. ), o qu'eu nam posso cuydar I ;}. $, mas na oni qu'eu morrer I 

13). 16, finjo c'outrem mes ordena I 40}. [2, e pareçe me c'ouvy I 

406. J, mas sey que outras vodas ci I 46J. 3o, sobre campo c'aura 

banba II {62. 20. Hais le calembour de Joam de Barros (Grammatiu 

<U lingOÂ portttgfiesa, p. 168) ne serait, à ce que je crois, plus possible 

aujourd'hui dans le langage de Lisbonne : « Cacophaton quçr dizo* mio 

som, e ç viço que a orelha recçbe mal : e comçtese quando do fim de 

hiU paU\Ta e de prinçipîo d'outra se îâz algûa fealdade, ou sinifica 

ji^gSHi torpeza : como, colhoCs tam manlios tçm aquelta Içbre : por que 

oltw^ tunmanhos tem aquella Içbre. » 

tl me semble qu'au commencement du xvi* siècle l'élisîon de \'e des 
mono^IUbes me, It, se, Ihe, de, se, ^ae, était encore plus fréquente et 
non oKNBs capricieuse qu'aujourd'hui. Selon Joam de Barros, CTamnutica 
04 lingim portvgaesa, p. 164 de l'édition de 1785, il était permis dédire: 
"k Souv^ doulbir Is cousas desse hdmê » et r se ouvçr de oulhir ta 

Ct>UM>> d« ««S« h()in^. » 



OTSORR DES MOTS DANS LE Conctoneifo gttal 



m 



MESURE DES MOTS 

DANS LE 

CANCIONEIRO GERAL. 



Us observations sur U mesure des mots réunies en ordre alphabé- 
li9Kdau les pages qui suivent auraient pu entrer en panie d:tns la 
'HewotûciE SYNTACTiQUE du CaicionuTo gérai. Car plusieurs d'entre 
^tniiem de pbtoomines qui ne sont explicables que par certaines 
MibiDalsons syniactiques, comme on peut le voir aux articles aspra, 
^,J9t, Jojm et Jim, ara, par, primir, pronoms possessifs, proparo- 
"TOW, itg/tm. 

On voudra bien ise pardonner d'avoir rassemblé sous proparoxytons 
•l'Mlra mots que des proparoxytons proprement dits, parce que les 
"fï dt*j présentent tous la mime panicularité, que deux syllabes atones 
ytalew une syllabe tonique Aujourd'hui, en revoyant les épreuves, 
4H^uel mois après l'achèvement de ce travail, je suis lemé d'augmen- 
'^ te nombre de ces vocables. Dona, suivi d'un nom propre, compte 
("u ^ute friquemmeni aussi pour une unité métrique. Dans ce cas il 
"udrjii modifier les articles Guyoniar, Joana e! stnhor. La mesure des 
'^tsen portugais demande des éclaircissements. Je les attends de mes 
«»tde Portugal et les prie en même temps de bien vouloir corriger les 
'tcvs qui ont pu se glisser et dans la Phonologie syntaetique ei dans ces 
■ttim remarques. 

^fott avec chute de Va devant un autre adverbe accentué : Aguor(a|jâ 
*4Bn e^ra I 4J2. 1 ), e se agor(a) là k donzela || que queyra saltar 
i»tiir404. 14. 

>Sut ou agaia compte pour trois et pour deux syllabes : Vy hùa 
"jnj-a rrompenie I {oi. 9, Ague-a çelestrial (I 06. 9, Hû» «gué-» 
'tBontsa 11 ijo. 1 9 ; ou agyas venham do i^eo I i6j. 2{. 

àhia compte pour trois syllabes. Les passages où II semble n'en avoir 
?Kdeux et qu'il serait Tacite de corriger en écrivant tnda peuvent et 



394 '- CORNU 

doivem, i ce que je croîs, élre lus autrement. Le vers : nam acabas, 
aynda beov 1 291. 39, aurait dQ être cité plus haut» Phonohpt synUe- 
tiijue, ICI. do + d;et quant aux trois autres : ajuda que me prome- 
tUo II i(i. î, a esta dor llque farcy c'aynda me dura ? li (69. 16, a 
vyd ayndame leix;ïra lil {42. 27, voir à ï'arùcle Proparoxyioat, où nous 
avons réuni des vers tout pareils. 
alrarà est une fois de deux syllabes : day m alvari d'apou^eniado I 

28î. 7. 

amcjxta : vossas amcyxeas crcçydas l[| 190. j. 

arvor : em hûa arvor scr irepado IlI 498. 28. 

aaioridiîde compte une fois pour quatre syllabes : hé tam chea d'auio- 
ridade Ml 14c. {o. 

boa, qui est de deux syllabes, n'en a qu'une dans : bradando com boa 
vontade I 478. 19. Boa monosyllabe s'est contracté en bo dans : a bo 
fee sse me soliava 111 178. }, a bo fee bemno lograstes 111 491. 4, Abo 
fee bem vos meieys III {06. }i. 

Sr/diy: de deux syllabes : que nam i hy igoal molher||a scnhor(a) 
dona Briaiyz III 18. 1 ^ , cf. le vers ; por todos Briti/- Pcreyra III 242. 6. 

Briùlanjo : que estes deemos dos Briolanjos II t89. 8. 

Brilo, Barreto condenarim I 82. ^o, Brito, Barreto concordantes I 
roi. 2a. Comment mesurer ces deux vers qu'il n'est pas aisé de corriger? 

cae compte exceptionnellement pour deux syllabes dans le vers pro- 
verbial : e quem mal ca-e, mal jaz II ;oi. <) ; caem de deux syllabes : 
Nysto ca-em os leirados I 191. 20 ^ em que caein e sam cahidoc I 
i6j. 4, est un passage incertain, voir Voyelles naalts. 

caparazam de quatre et de trois syllabes : caparazam, cabeçadas III 
213. 6, que guabou o caparar.am 111 114. 10, mas o caparazam hé lai 
III 214. ];, à moins que ces deux derniers vers ne doivent être mesurés 
autrement. Voir VoytlUs lunaUi et Diphtongues tt voyelles. 

Carybydet = Carybttit : nem Carybydes nem Çylla I 598. i r '. 

Caitvtll compte pour deux syllabes : com hydade de Casevell I 469. 
30, ante vos nunca casevel) que fazer lall casamenio I 469. 30 et 21, 
bom senhor de Casevel) que tantas vezes cansevcU I 470. 6 et 7. 

(iUitria!, rarement de trois syllabes : Nosesscaquesçelcstriaes II jéS 
19, ao nosso deos çelesirial III 46^. 36. 

Çt'Ume : myl ^eumes, myl rrebates 1 104. i j. 

çiacoenia compte toujours pour quatre syllabes : çinquo-enta_.c 
oyto_a era I 178. 7, sobre çinquo-ema II 380. jo, que ^inco-enta 
sse monta III 164. 34, sobre cârregas çinquo-enla III 303. 171 E que 



I. Cf. Conçalves Vianna, t'iMi d( pkoiUu^M tt dt phomtegit ée !» langue 
ponugAxsty p. ]i, note. 



MESURE DES MOTS DANS Lt Cunciontiro gcral 2t|J 

pffcayî cynca-tma III ^i\, 13, por çynquo'cnta cnuado» 111 ija. 4, 
fjQCO-enta de cavalo m {79. ji. 

(rnuTN^ : e as çirnionias utar II 41 }. 24. 

mAp compte pour ircns syllabes. 

(o^atto : socorre-vos ho coemro I 150. 14. 

C*Jiital>ra : Co-bymbra d'esta s'amarra I 141 . 1 }. 

ComiACTiON. La chute des consonnes ^, (, n et <i a mis souirent en 
OMtici deux ou plusieurs voyelles qui ne peuvent conserver leur indivi- 
dnliié que lorsqu'elles diffèrent sensiblemem entre elles. Les conirac- 
bni «ni dé}â aciwvées dans le Cancivneiro gérai, dont la Unguc en ce 
pdini K distingue peu du portugais moderne. Il reste il est vrai d'assez 
n«abmu exonples de graphies anciennes où les voyelles sont écrites 
dm fois, mais aa, a, 00 peuvent aussi marquer le son ouvert. Comme 
nm ivoDS l'intention de traiter ailleurs avec détail d« la rencontre des 
•KjéK dans le corps des mots, nous ne donnerons que des exentples ; 

us'ialas) tl {71. 12, III 497. ;û, 499. 1 ;, braados, maa (mala), 
pudir; vaa (vadat^, vamos; monaes, maos, saam (sana, adj.), etc.^ 
Midi (sagitiatai, beesta (balisia], beesteiro, peego ipelagusî ; 
^odj i'cadltai, esqueeçer esqueçer ('excadiscere); 1er (légère) 
''OîgiO. w, sede tsedete;, ver. ve(videîi. (vey, id. III 17, u], 
Ttit.crer crem (creduni), icr temos tem, vcm (veniuril ; empee- 
pï iupediscere) tneezinha, geeral, geeraçam. Dans la conjugaison 
*a IrouTons laniài les Rraphies modernes -fis = -eJes et -et ^ -ede^ 
tnrttuissi -us, -et, et -et, -e, que nous écrirons avec le circonflexe : 
IBOw. gemees, dizees, vivees, devees; sabec, avee; curées, cho- 
!»,«.; querés, fazés, rrcçebés, metês, avésj sabés, etc.; darês, 
(Bpnrès, ftchalot-is, «c; queré. rreccbê, rregé, sabé, etc.; dés, 
)àti, julgués, falés, etc.; lido = liido leido, cri = crii crei, crido = 
o*lontido; dor Jdolorem), soo [solus-a'i, moor mor = maor, muus 
'*i\*tf. Les mots qui peuvent encore pri^cmer le hiatus sont du 
We traités ici même; voir cm caetn, attirât desiruy, doy doem, /lui, 
■•okTrt, rrw'ni, tay saem, saadadt, soy soan, soydade et autres. 

m-iitorf : organysta, coniratenor 1 i6â. ij, mais ce vers doit 
pMNfre avoir sa place parmi ceux dont nous parlons plus loin. Voir 

«ncjffl compte dans les passages suivants pour deux syllabes : e 
^*iue leu coraçam I 8 1 . j j , seu coraçam lomou tençam 1 90. i , e 
rajWBdemeu coraçam I 3 57. i-j, o coraçam do rrcy na maâo II 117. 
^n'atrwessam coraçam III ÔZ2. 17. 



''tu, que Din voidraît tirer de ansa. vient du pluriel jj ou. devenu 
"», Jwc tne métilhéK ob tin Rlisscmcnt qui n>»t p«s rare en poriugab. 



196 J. CORNU 

coneo, ordinairement de trois syllabes, n'en a que deux dans : se tall 
correo for achado I 101. i^. 

craezas compte une fois pour deux syllabes : irabalhos, fadiguas, 
cruezas I {18. 4. 

i/«rii^ : se destrue no que deseja I iji. ij; dettru-y imp., 2* p. du 
sing. : destru-y tiossos pccados 11 252. jg. 

Di-oguo I îya. ij, 111 240. 14, 260. 10, 485. tj; mais le môme 
nom est de deux syllabes dans le vers : Porque Dioguo da Sylveîra III 
240. 9, et probablement aussi dans : Deogo de Melo, lasso I 277. 2). 

dov d'une syllabe : doyte de minha paîxâo II 40J. iS; dotm d'une 
syllabe ; que doem mais^ue desenguanos il 4^9. 21 . 

dms d'une syllabe dans un seul passage : lem duas peças de valor III 
266. 24. 

enpeeçer, toujours de trois syllabes, ciir : cm que possa ( eropeeçer II 
1 24. 26. avec hiatus, est un vers correct seton la métrique du Cancio~ 
neiro gérai. Empeeçcr de quatre syllabes serait contraire à l'usage de 
l'époque. 

esptçiat, une fois de trois syllabes : Vos soys soo em cspeçial H jij. 

I j. Voir cependant s. VortIUs nasates. 

tsperania compte dans quelques passages pour trois syllabes : Espe- 
rança dos pecadores I 246, ( , 248. i î, quero mays que ter perdida || 
esperança sobre perdido I };o. z;, o cabodeBoa Fsperança III 466. ). 

esprmentar : que j esprementar amyguo I {96. 27, tudo j^ espri- 
mentey H ri2. ^a, mas em v3o o | espremento II 46;. 22, 2 quai vos 
espermentastes III J2i. 34, nestas cousas s'espermenta III }2). i^. 

espritû : cncomenda seu csperyio I 167. 16, queseguasiameuesprito 

II 46. 1 5, per esprito divinal U\ 465. 18. 
esprittui : danos becns csprituaes 11 252. 21. 

ts<^uectr compte toujours pour trois syllabes ; le vers : Mem Rroiz 
m'esque^a î 218. 29, se corrige aisénieni en lisant me \ aqueçia. 

tstrtlidade : pola gram estrelidade I 29;. S. 

femea de trois syllabes ; se sam feme-a. se maclio I (06. 24, e soys 
feme-a | ou macbo III 77. 24, e ficay feme-a _ ou macho III 78. 1 5; de 
deux syllabes dans un seul passage : c femea pcra Nogueyra III 76. 20, 
a moins que le vers ne doive être mesuré autrement. Voir Proparoxytons. 

for : a for de mouro foçem III 108. 16. 

fragfla compte pour trois syllabes dans le vers : na frago-a do cun- 
hado II 390. 6. 

jenetosya : Vossa gram jenelosya II 264. 9. Cf. ^tnilogia blâmé par 
Fr. Luis do Monte Carmelo. 

geomttria, gfmctria : e mesirc de geometria III ôjî. ji, que foy 
alla gemeiria III 246. 14. 







MESURE DBS MOTS DANS LE Camoneîro gérai 
ftTfHiMQfû : e mourisczs gyomançias ) i8j. j. 
Gitjiti'uTK syllabe ; Pereyra, Mcfwscs, Cuyar 1 83. 21 '. 
Ci^wuf compte UTit6i pour irois et uniAt pour deux syllabes : Este 

■v bé Cuyomar i 4S9. \2, Das ires grandes Guyomarcs 11 137. 17, 

nhddou Guyomar il {76. 8, Em Anrriquez Guyomar 111 J73. 1 ; 

Cuibirn'j dona Cuyomar 11 if. 1 ;, Guabou vos dona Guyomar II 30. 

i9<iforadona Guyomar If J74. aj, ser macho para Guyomar 111 76. 

■9. O9 Kniior(al dona Guyomar IK 164. 10, dona Guyomar de Meneses 

I!' ît6- ï6- On prononçaii Gywnar, comme l'indique la graphie Cyoma- 

iHilUî^i. 9. 
■It de l'imparfah « du conditionnel compte pour deux syllabes. Les 

'B1 où celle terminaison parait Cire monosyllabe : me fazy» de seus 

Sn^dos I )ii, lOj do com que soya folguar I 414. ■&, mas como 

po'lTeu 1er bem III 408. 30, doivent être mesurés d'une autre façon. 

Vor Proparoxytons. 
** (-ta) et -io (-«•) ne font généralement qu'une syllabe ; cependant 

^73 d« exceptions : 

f^>^o ; com seus çirios nas mlos III 177. 13. 

/^"-a : e com furia derrama IM 650. 16. 

S^ffri-a : aquesias groryas vilas I 2}i. 6, A groria | hé perdida III 
^^' 19, e de gloria compridos III 466. 3j. 

W'oiorj-a ; memoria nam hztys I 380. 17. 
"f«idrj-i> : neçessario na^ydo I 213.9. 
"'Soçt^ ■ nem dous negoçeos ter I îgj. j^. 
"^fory-o: Notem notoryamenie I 112. 4. 
^ff^i-a : offiçio. nem comenda II 295. 37. 
^fatori^p : num oratorio meu II 409. 10. 
^^ûii-o : Ouvidio DOS servia II 4}?. 7. 
pTïfit-o .- d'aver premyos mundanos I 3 j i . 1 j . 
t'^pt^-t-a : vem do propyo amar I 76. îi, e propeo lej-xasse I 
î; 14, dj propea forma II 350. 38, a sua propia terra 11 196. 18. 
•^"O'M : que viioria buscays II 196. jî, jâ vyiorea nam hee III 
*7«- »7. 

^Uulm compte une fois pour trois syllabes : Eu fuy rrey em leni- 

"•^ "4i7-9- 
•''■*». Jo-am, Joam, Jam. Ces quatre formes se rencontrent dans 

* C«iiaaii«ro, La première qui rcvieni plusieurs fois dans Camocns 

* ** trouve que dans un seul passage : com Joanc de Barbcdo t i s 1 
^ 'iHni, écrit ausà Joham ou Johaâo, s'emploie presque toujours 

"• A noies qu'il ne faille lire Preyra ; cf. ConçaUes VianM, Estai dt phoiU- 
"f"l it pkMotogit 4e ta taitgat portvgêW, p. }], note t. 



2^i """ i. CORNU 

quand il n'est suivi d'aucun autre noin propre : So-ata III 206,466. 
2. Dom Jo-am est constant, voir 1 ]. i}, 6a. 1, lo^. 19, et autres 
passages nombreux. De même : mestre Jo-am III 2^0. 1, Sam 
Jo-ham 111 <,»s- il, Cram sam Jo-am Barbadouro III 646. 5. Mail 
il est rare de rencontrer des exemples tels que les suivants : Com 
myçer Jo-ara do Vique I 278. [9, Jo-am de Melo copeno I 278, aj, 
lo-am Rroiz del Padram I jSi. 22, e Jo-ham P\z de Bragança lil 
5 {2. 3], com Jo-am Rroîz de Saa 111 J76. 12. Devant un autre nom 
propre ou quand ii est suivi d'un complément prépositionnel, il compte 
pour une syllabe 1 Joam Gomc7. c dom Jo-am I ;. t}, Joam Gomez l 
;8. I, 83. 11, Joam Corner Lymam I 27}. 11, Joam Rrodriguez dd 
Padram 1 41. 18, Joham Barbato I 477. 23, Johatn Mourato l[ 4}. i, 
Joam Correa II 178T14, Joam Lopez de Sequeyra II 18}. 21, Joam 
Rroiz de Saa II 429. 12, S'esiava { hy Joam Foguaça 111 109. 7, Joam 
Pair. III 209. 23, Joam MonizIM 2^9. ), Joam André III 249. 20, Joam 
Falcam 111 17}. S.deiefe de Joam Tomee^ 274. ij, Joam de Meiu I 
}6. 14, 40. 17, 41. 17, et autres vers, da touca de Joam de Saldanha 

II i86- 10 (voir PropjroxvfoRf}, Joamdo Basto 1 374. 1, Joam deFajîa 
H 480. 1^, Joam de Silvnra III 46. 11, Joam da Nova III ;8f. 30, Joam 
de Betas III 488. 1, 489. 1. Mais dom Joam III 161. {, est tout 
à fait exceptionnel ; il peut se comparer avec dom, qui est tiré de 
combinaisons syntactiques telles que : dom CdHos. dom Joam. Soti- 
vent aussi dans les mêmes cas Joam s'est contracté en Jam^ écrit 
une fois Jjom : Jam Gill I 309. 1 1, Myçer Jam Freyre Bcriade I 276. 
24, Jam Falcam I 461. 2{, Jam Garces II! io3. 18, Jam Cornez lU 
201. 8, Jam Caldeyra III 20}. 28, 2^9. 1 1, Jam Ixpec Sequeira III 
340. 39, JamCoirim III {6], 4, Jam Grande III 492. {, Jan Espcradeos 

III f )2. 24; Jam de Rraboreda I 210. 1, Jam de Melo II 3). 15, Jaa 
d'Omelas 11 jjo. 1 ;, Jam da Silva III 2 [7. 1 1, 228. ij. — lam I 209. 
1 , quoique explicable, est tout à fait anormal. 

Joanj compte tantôt pour uois, tantôt pour deux syllabes : Dona Jo- 
aoa me disse III 114. 2). da senhor(a) dona Jo-ana 111 ;7;. ;4. 406. 
2} (cf. senbora). Dona Jo-ana de Ssousa III 78. 8, Jo-ana do Taço 
m 36). it, a Jo-ana de Faria III ;S6. 3 ; dona Joana de Vîlhaita II 
177. 4, dona Joana de Mendoça III J77. 2b, dona Joana Hanudl 111 
(78. 8; mais : sua menos dona Joana M 411. 3, est insolite. 

jau, ordinairement de deux syllabes, voir II 418. ;, 427, 2f, {13. 
20, etc.^ n'en a qu'une dans les deux vers suivants : o precurador co 
juji : dtz Ul H7> ^S' 1res juyzes estar jul^do 1 ^07. 2. 

Liaaor de tr<ûs et deux syllabes : Mazcarenhas Ly-anor II 14. i|, 
Dona Li-anor Pereyra II 19. 16, dona Ly-anor, erddra III 466. 14; 
Doua Lyanor Mazcarenhas 11 18. 27. 



Narçiso, Martçias moirérào 
E Manuel sobrepo)ante Ml 



«KSURE DES MOTS DANS LB CunciOtltiTO gtfal 299 

it/igû!(a de quatre syllabes : très voilas de lïngo-jça || oa soon'ça H oo 
pescoço por cadea I 9{. i8. 

Luyi compte d'ordinaire pour deux syllabes : l.u-u de Santa Maria 
I 460. 9, que se tliama Lu-js d'Arca III 129, 17, Lu-ys Freire III 177. 
jj, etc. Une fois il est monosyllabe ; Luys da SyUeyra III 68. 9. 

mti^'od de trois et de deux syllabes : s'eslas mago-ai sentisseys III 
417. 10^ toda_a magoa ^ca^ ,a mym II 56. 17, quantas magoas 
qu'ataUUra III HI- 7-- "t^goas rime avec ti^ojt U )(>6. i}, 4}}. 4. 

magoar est toujours de trois syUabes- 

Maafiat est une fois de deux syllabes 
I 7. 10. 

Manuel est une fois de deux syllabes 
466. 17. 

ma-osynha : e com novas ma-osynhas III Î71. 21, 

Mares — Mars : Mares em guerras armado I 394. 12. Même forme, 
111 p. 2Î4- 

motsteyro, rarement de quatre syllabes : ermidas e ino-esieyros I 
189. 7, do paço nucn nio-esieyro III jyô. 28, gualanie de mo-«s- 
teyro [)I 626. ) ; presque loufours de trois syllabes : ho moesteyro 
de I.orvam 111 196. 14, quando me vy no moesteyro III iii- 18, li 
cheguardes ho moesteyro III 6J4. 6, etc. 

mcnsseor compte pour trois syllabes : Parcçyas monsse-or II 2 j. 11, 
A vos diguo, monsse-or III i6{. i], de prazer, mons&e-or 111 226. 
ij, e monsse-or das esporas lU z$6. 10. Une fois il compte pour deux 
syllabes : Monsseor, que andou em CasieU lit 17], 7. 

or = ora i* ora là vos avinde jaa 1 2 ^9. 1 ^ cf. e se ^or(a) U à don- 
zela il que queyra saltar janela I 464. 14. 

origiaal : irelado sem orryginal t 281. 22; mais um fait peut-être 
une syllabe avec l'o suivant. 

oioluto : se nam d'ossoluio poder I 24J. to, cf. obsoluto I ii)- 4- 

paniguado : s'este vosso paniguado I )$6. 10. 

Patrecvlh iPatroctus) : que Pairocollo veslira II }77. 15. 

peytoral: Que cabeçadas, peytoral III 211. 1, cf. mas vosso peyto- 
rsl III 21a. ]. 

perta : de perlas toda borUda 1 397. 3 1 , levar nos a perla do prin- 
Çepe Affonso II 247. zi. 

pe-uga : pe-UH3s brancas mays iraga I 2^4- ^î- 

piadatii, exceptionnellement de trois syllabes : ey de vos, senhor, pia- 
dade I 44. 7. 

py~attram : Leyxar py-as(ram I tiç. 3$. 

pyor a ordinairement deux syllabes : py-or ja feyto bé 11 ;;. 16. 
em sseraâo rauyto pin^r III 6)8, 16. Dans deux passages il compte 



pour une seule syllabe : fasey o pyor e mylhor II jj. t6, fait o pior 

<jue souberdcs III 407. jo. " "^ 

poderaa : de mycn se poderaa dizer ! 481. 17^ emfadalo poder^ sser 

III 269. 31. 

podfroto : poderoso rrey segundo Ul 466. 1. 

po-tr, poT, poem : na presenie vos po-er I i$4. 4, nam vos val 
brades po-er 1 277. 9, mas eu ey de pospo-er II 1 1 . 14, notar caro- 
nista», po-er em estorea II ajo. 1; ft côié de p(wr, on trouve p6r 
tiré du futur et du conditionnel : e guarday de a par mays III m. 20, 
vos foy pôr em tant attura NI ) 16. 14, Dans les vers suivants, la rime 
exige pordss et desporda : Ca despoys que juntos (ordes, Il sem contra 
vos sser ninguetn, f|poder6s tyrar et poerdes || e nam fazer, mas des- 
poerdes n do dercyto a quem lem ! 26. 8-12 ; poem (ponunt) d'une 
syllabe II 469. jo, (09, 28, III jja. 14, joS. 2. Fernao d'Oliveira, 
Grammatica df linnojgem pormgiitSit\i s \6), p. 114 de l'édition d'Oporlo, 
fait sur « verbe la remarque suivante ■ «■ este verbo. ponho. po5s. fan 
seu infinitivo è. or. dizédo. por. oqual todavia ja fez poer e ainda assi 
ouvimos 3 aighûs velhos. ■ Joam de Barros cite dans sa Grammaire 
[p. 1641 poemos pour pomos, 

poêla : de Platam tju'ee : homem poeia II 4t;. }}. 

pryguo : tm meu querer desle pryguo II 140. 9, que perîguo por 
melboria III 19. iç>. 

prigasa : c cada vt?. que em pdeja II prigosa ouvcres de ser II 192. 10, 
escolhem a mays periguosa III 1 j. 14. Cf. prîgo et pùgoto blâmés par 
Madureyra et par Fr. Luis do Monte Cannelo. 

pfmtr » primtyra : a primeyra cousa que foge I î 1 2. t , e_a \ai- 
meyra noite passar III 161 ;, sont des vers faux qu'il est facile de cor- 
riger en lisant pnmtr, 

pryol est une fois d'une syllabe : comendador, pr)ol. abade I 267 17. 

Pronoms rossESSirs, Tua et sua ont toujours deux syllabes, mais 
les poètes du Cancianeiro gérai ont encore la faculté de se servir des 
formes atones ma, la, ta : ma sentiora II 47S. 17 ; ta samydade I 
2;o. 23, las gravas I 287. 22, ta duçura 1 390. 38, la ^ma I joo. ta, 
la piadade II 361. a, ta morte II 261. 20 ; les vers : No primeyro de 
tua dama I 472. 1 ;, Por tua grey e na tua leyu morrerâs III 378. 4, 
se corrigent facilement en lisant fj ; — sa mercé, sa dor, sa pena, sa 
cara, sa par., sa calydade, sas fovscas, sa coropanha, sa madré, sa morte 
etc.; dans les vers : que pousa nas suas pousadas III 266. 8, a ssuas 
merçès ss'emcomenda III 41 1. 1 ;, sua devisa e sseu synat III 46$. 10, 
com sua morte escuureis III 621. 16, ser sua morte tam sentidalll 
63J, 10, lire sa ou tas. 

Nosso et l'Oiio, nosta ei votsd, quoique de deux syllabes, comptent 



MKSURE DES UOTS DANS LE CdnCÎùneilO gtral ^01 

comme proctiiiques pour une unilé métrique dans les passages sui- 
vanu : Acord el rrey nosso senhor III 289. 19, vosso sysD tornay a vos 
Il 48), 34, senbor : sseja por vosso bem UI 161. 22 -, que nos» sobeja 
trûtura ] i&y i$,dezya de nossa ventura I 1S6. 14, a raintia nossa 
senhoM 111 ^75. î, porque vossa merci nam chora I 85. 18, se vossa 
mercê olhar r 1^8. 27, e vossas mer^s veram çedo Ul fiaj. 24, 
calyvo de vossa belezj [ }n. 9, confessara vossa rrczam III 1 j, iB, e 
toda vossa descriçam III 141 _ 20. 

pROP^tROxvTONS. Lcs mots dactyliques comptent ordinairement pour 
trois syllabes : 

atcmo : Mémo, que asseniado II 560. 19. 

Alraro : lainbem Alvaro da Cunha 11 177. 9. 

apotioto : mas apostolos Ihe chamo I 19). i. 

arvore : lodalli^s arvores maas II 40J. 19. 

atpero : Polas muy asperas vias 1 î2i. 19. 

barbaiQ : barbaras presss da terra II 178. ). 

camara : Nom vy camaras piniadas II 22S. }}. 

heugo-a : heiegua de mil) maneîras II 161 . 18, hetego, magro, coy- 
tado 11 291, 19. 

[agrirtia : lagrimas de devaç^o 11 ;9$. 1 5. 

tamp.idû : Pazera lampados, torvôes II 189. 10. 

ospedi : ospede, que m'avorreçe II 2J4. 20, ospede nella seris II 

4M. îî. 

pampilo : qu'ec de pampilos çercada II jSg. 24. 

pessego : por pessegos, por melâo I 2^. 22. 

prinçepe : rrey e prinçepe lambera I 46^. 26. 

lytoio : Em tyiolo de valya II 16t. 14. 

ultemo : no | uUemo desta vyda II 261. 22. 

Il en est de même des terminaisons dactyliques : 

caronyca : d'oulra caronyca nova III ( j i . ri. 

domesûcQ-a : nosias domesticas aves li 2}2. 21. 

ffaadissimo-a : em grandissima quenlura II 2jt. {. 

Ugitima-a : por legitimo marido II $64. 10. 

Mais dans un certain nombre de vers trop longs en apparence, le dac- 
tyle équivaut à deux syllabes ou deux unités métriques '. Ils sont trop 
nombreux pour que nous puissions penser à les corriger. Ces mots, qui 
paraissent mesurés à la latine, sont : 



). '< Dans ces vocables (les proparoxftonsi In deuK dernières sylbtn sont 
tout i fait alonci ; tn castillan, au contraire, la dceni^re syllabe peut avoir un 
accent secondaire : cail. timutà, port, tâmiflf. >> dû A.-R. GoDcalves Vîanna 
avec une admirable tagacitf {Est/ti de pkoatti^tu tt de photiol»gie Jf U langue 
porïagjiu, p. 90I. 



ÎOi 



J. CORNU 



abrayto ; bulras abraycas soxys I 190. }i. 

aUmo : Dum alemo sou acordada i! 560. 9. 

Alvaro : Alvaro Lopcz de sab«r III 24 1 . 16 ; probablement ausà ; Oa 
Alvaro, ^rmâo amiguo lit 4S1. 6. 

Aharet ; Branc Alvarez com suas mâos II! 345. 34. 

aposiûlo : Aposiolo sante5cado I 18). 17, Apostolo santo primerro I 
jSj. 34. 

arrore .- agoar arvores ou varrcr III 640. }2. 

aspero : sam tam asperas cm cuydar II {)). ti. 

camara : da sua catnara do ouro i 96. 12. que na cainara sse acntjo 
III 347. 22. 

carrega : sobre carregas çi'nquo-cnta III 302. 37. 

cintre (lat.) : quya in cïnere rreverteres I 127. jj. 

coyado : ala a très covados de sseda III 398. i. 

dutida : que ïem duvida foy mayor III S9. 7. 

epistûla : as epistolas de Catam IM 490. 34. 

Ereala : Erco!cs, César corredores III 46;. 19. 

Eradyce : com Rrudyce vy Orfeo I 309. 14. 

Estunhyga : prova-se per ly que fales, || Esiunhyga, de teus gemidos 
] 72. 8. ' 

Jpotito : Ipolito. Fedra, Sem«a ( îio. 34. 

lagryma : as lagrymas, que se dobr^kram II 308. i}. 

merito : os meriios lodos pesando 1 29^. 27. 

priaçept : o prinçepe da vozaria M 6{. 2], do prinçepe nosso scfihor 
III p. i49-r6o. 

purpura : De purpura çelestrial II ;&9. 9. 

Satire : e gram companha passava II de Satiros que me buscava II 
(68. 14. 

Troylos : a Troylos ou a Eytor I 37 j. 18. 

Ajoutons il ces proparoxyions ceux fbnnés par un verbe et un pronom * : 

Prova-se. poys do sospirar I (i. 3. chamando-mc de cajo sou III 4. 
1 1, devemolo bem de louvar 111 40. 1 j. Tornala-hya alevantar III 28. 
24, D'auires vers, en assez grand nombre pour que nous ne les tenions 
pas pour fautifs, doivent évidemment ttre mesurés d'ap^^s le même prin- 
cipe : cuidando de rremedearnie J 42. 9, nos tempos da nioor cara* 
munha i {j. 11, Açerqua do que compre sser I ût. 11, com todo o 
agravo que scnio I 79. 16, nam sera homem que rremonte I 96. îi, 
sam primeyros e mays inteyros I 97. 8, das rrefey^s que Ihe dyrey, 
Il dosotfaos e fyna mostrança I lo). 2 et 1, que roilhor grorea, que 
vylorca I lo^. i ), Rcçebimentos farcys finos I 106. 17, eu porque mym 



MESURE DES MOTS DANS LE Caneîontiro gmu JOJ 

me miiaria I t )2. 6, que Jeu a Nuno de Sam Paio I 303. 20, do vir- 
ginal vemre de vos I 24^. 2, elhe lolhSram pane jaa I 272. 2}, me 
fazp de seus gemidos I ;ii. ro, nnmorado dos n-imorsiios I ;iQ. 4, 
Assy me levando ventura I J2). ij, por mays çeJo me nam matarll $5. 
8, ho vençedor como vençido II 1 {3. 20, porquee azedo como fel II 
i$2. 20, da touca de Joam de Saldanha 11 i86. 10, l'ogyanios de 
povorados II 214. 9, que da cabeça fazem pees II ^24. 27, Arreneguo 
de ry, Mafoma II j]4. t, rraieguo do offiçyal li j;S. 1, e dally 
sempre me guiou I! {t{. 1, se queua de ly agravada II jfS. 28, cf. 
cependant M t6j. 11^ que pera s' Ellcna cobrar II j6). 6, E tuî- 
lando o arrepeley II 568. 26, E lodalas ervas sabidas II {69. 7> que 
pera saber e poder 11 596. 17. de ser perdydo polo seu IIl 6. 10, Tor- 
mento que alormenta assy 111 17. 16, O que se na vida mayspreza.ll 
que sena voniade mayj traz III 17. 2î <ï 24, Esteeo cabodo« louvores 
III 2t. 2 3, nam volo quereri ninguem III }o. 20, cada hum dygoo que 
quyjer ME {7. 9, de chaparla de latam III 100. ;, qu'aivoroçolhaferfazer 
Itl 114. 10, juro corpo de deos, dom Crade ill 166. n, he dos gozos 
e comedra III 200. 4, Mas vemdeSa coma Judeu III 207. j, mas capa- 
razam bé lai ill 214. 2j, de myl e qutnhenlos e dez III 25). 12, que 
eu me fyo no que sabês MI 26 {. 1, nam ssey oque s&e U â de passar 
m 271. ij ^vers corrompu probablement!, de Ssantiago que d'Oliveyra 
lir 378. î, pera que queTcm mereçer IM 4^4- '5i P^" folguar de Ihe 
correr III 462. î, Tolomeu, Prinyo mescjcyro III 46?. 27, c que por 
ela se soprique III 46; . 2j, vestido como faz mester III 640. }, najgùas 
bochechas do sul III 643. ]3. Notons encore le vers : foraa rredeas e 
tâlegos, qui a pour assonance embargos, II! 202. 36. 

Cette particubriié des vers ponugais a dé^i été, ce me semble, remar- 
quée par Joam de Barros, qui, dans un passage inléressam à un autre 
égard, 4'exprime U-dessus de la manière siùvante ip. 77 de la Grammj- 
tiea da Hngiu ponugiusa, édition de 1785) : « Espico de lempo, porq 
huas sam curas e outras ifigas, como nesta djçâ. Bàrbora, q a primeira 
% longa, e as duas sa brèves. Porq lato ifpo se gdsta na primeira. como 
nas duas seguintes, & scmelhan^a dus musicos, os qu4es tanio se detê 
no ponto desta primeira figura bar. como nas duas derrad^ras, bo, ra. 
E os Laiinos e Gn^gos, sente melhor o tèpo das syllabas, por causa do 
vçrso, do q ô ni5s sintimos nas trovas : por^ casi m^ûs espéra a nôtu 
orelha consoanle, q a c-îtldadc, dado i^ a tcm. 

O terçeiro açidente da Syllaba, ç canto alto ou baixo ; por^ como os 
musicos alevaniii e abaixâ a voz cantando, assî nostemos a mesma ordé, 
como nesta diç3, iè, moj, que na primeira syllaba alevantamos, e na 
segunda abaixumos. E dàdo q cm algùa mandra nos podçramos esten- 
der cd rçgras pera a cantidade e a^ento das nôssas syllabas : leixamos 



}04 '- CORNU 

de 6 fazer, por4 pera se bon exëplificar as suas rçgras ouvçra de wf 
eni triSvas, ^ tem medida de pees, e cantidade de syllabu. E porq o 
tempo cm ^ se as irovas faziâ e os hom^s nâ perdiam sua autoridade 
por isso ç degr.id.ido dcsics nôssos reynos : hcari esta malaria pen 
quando o uso à requerer. » 

pur\dddt : nom m'a lerdes em puridade II 439. jo. 

qutrtr compte parfois pour une syllabe : d'am querer que me quw 
maiar I {j. 1, por se mcnos querer mosirar I 78. 29, U puseres teu 
bem querer 1 474. 16, aa de querer e nam querer 11 {34. 11, a qoe- 
rerdcs esfolar NI 300, 2, Qucremos vos desenguanar III a88. 3). 

rrainha esi de trois syllabes : rra-ynha de rreys senhores I 34S. 10. 
Cependant il y a des passages assez nombreux qui semblent prouver que 
ce mol pouvait compter pour deux syllabes : rrainha de todotos anjos I 
346. 7, rrainha de (odos c minha I 147. 4, corn a rrainha minha madré 

I 4(}. 9, e da rrainha muiio amada 1 4^4. 9, vos vinheys de cas da 
rrainha 1 476. 8, a rrainha nossa senhora II) f7f . } ; mais plusieurs de 
ces vers peuvent être mesurés d'une autre manière, voir Proparoxyioas 
et Pronoms possessifs. 

rrt-aei n'est pas encore contracté en rfiîs : em buscar très myl 
rre^ays II 489. 1 r, mais de seys çentos rre-aes M tog. 13. Mais Femâo 
d'Oliveira, Crjnnnalica de hnaojgtm pçrlufiutsa, p. 109, connaU ta forme 
wis et la rejette comme fautive : « os Inomes) acabados em .1. mudad 
essa leira .1. 4^. i. e acreç^tad. s. q he proprio do plural como. cabc- 
çal. . cabeçays. . real. . reais. assi quâdo he susianiivo como ajctivo. 
E na& digamos dous recis : très réels. » 

ireaitza : e rresgyardcy sa rrealeza I 453. 4. 

rrtdid est de trois syllabes : Val rredea d'uvas 1 1 }8. ; , braa rre«deas 
e Utegos IM 202. 26. 

rroim de deux et d'une syllabe : d'esté vinbo qu'ee rro-ym II 29}. 
■6, que usa de rro-ins manhas II ))j. j6, a lenha em rro-im mato 

II S)9. 6; que rroîns desembarg adores 1 J96. }8, 
rrv-yndade : far Ih ya gram rrayndade H ^49. 3j. 

Rroiz de deux syllabes : Joam Rro-iz del Padram I (83. 33,com Joam 
Rro-iz deSaalH ^76. 12. 

Kromâo (Komanus) : onde os Rromâos nom chegarào II j {9. 8, os 
Rromiios, desque vençeram II (14. 7, com que Rromano Colurones 
(1. Rromiioj II \û%. 24. 

Rray d'une syllabe : de Rruy Gomez da Chamusca 1 276. 24, Rniy 
de Ssousa I 276. 10, 478. ^ , III 14J. 29, 2}9. 6, Rruy Lobo, Jorge de 
Ssousa II )oi. 18. 

say : nom say fora da pousada M 4Jj. 11, bé pedra que say da maio 
U 4t j. 14 ; sam de deux et d'une syllabe : sa>cm mill do coraçam I 



MESURE DES woTS DANS LB Caticmtito gerd ÎOÎ 

J I ■ }, qoe Esa2-eni culpas diversas l 197. 2 { , que sa-hecn do coraçam ; 
Gr«sas um ssam d'antre nos \\\ ii^. 7. 

uihit M ordinairenient de quatre syiiabes : Mas agora sa-udade 
lui. Ji, corn tant grande sa-udadc I 20^ 10, chorey mortal sa-u- 
didc III 4{6. 16, etc. ; deux fois nous le trouvons de trots syllabes : 
e «m saudade padeça I 3^1. 3, a saudadeque medayslil n- 37- 
«am = ttgando, avec suppression de la syllabe finale, souvent pro- 
^K par u place devant le substantif : que Ibe faliam segum foma 
^' i^. 17, segum tse ssoa IM ^86. 2% segum m'esfor^a 111 644. 10, 
''ftçeis-me, segiun maço lll 644. ^1. 

unhor. forme féminine bien connue des anciens chansonniers, doit iuc 
Ffolnblement mis au lieu de icnhata dans les passages suivants ; sentiora, 
P" (ujo rrespejio I 247. 19, vos fazem senhora de mym I 484. 33, e 
»» wnbora poderosa I 48^ . 1 { (comp. cependant plus liaui poJîeyaa et 
Mrjnuii). qu'a minha ssenhora falo III 334. <, (mais on pourrait Lire 
*'aiiEcu de minha), senhora, d'Oa gram verdade III 411. 2, senhora, 
fW^ioeu senhor lil 41). 17, a senhora dona Maria 111 40. f\,àaK~ 
"""a dona Maria III 68. 23, 309. 7, Da senhora dona Cuyomarlll 174. 
'^ Oa senhora dona Joana III )7). 4, 40&. 3j. 
"^vdidoiie : hé neguar semsualydade III 449. 19. 
•"Of : e 8« ouvjT ; nom se-or I 147. j. 

^iiveyra, Silveyra, Silveyra I 81. 25» comment corriger? Lire peul- 
^- Silrer, Silveyra, SiKeyra. 

**> (ïo/rt, d'une syllabe II 401. 8 ; sctm d'une et de deux syllabes : 

'*dQï sso-em de goardar Ut 275. lû, como soem as desejadas 1 ïoi, 

'*• Les anciens romances comptaient w pour deux syllabes, comme 

* "ïionire le vers : « os que me soê guardare, » cité par Joam de Barros, 

'^'*titaatica da lingm portugatta, édition de 178J. p. lôj. 

'^^ydadf de quatre syllabes : so-ydade nam leyxa II 17É. i}, 

'^^ vos hâ so-ydade 111 300. 1 j , etc.; une fois de trois syllabes : e 

^ydades quemosfaz III j3j. 1. 

■•tâl'JiJW est de trois syllabes dans les deux vers ; Nom vy aves muy 
'^y^iosas II 229. 7, a maao viuva e suydosa II 176. 29. 

"^ttijere : Para Tanjere, senhor li~i8o 6, que vy Tanjere tirar II 
'*S.i9'. 

■*wo<i de uois et de deux syllabes : como_em tavo-ano mar II! (47. 
^> Dou-vos lavoas conçcnadas lll 100. 28, 
'«or d'une syllabe ; assy se segue seu teor I 96. i o. 



Pr, 



^1 . Cf. Auuçns cité par Fern3o d'Oliveira, Gramnulita 4c Itjtgoagrm parla- 
j^^ff' p. €0 : f attoftr por castdlo quai ter» a penultinia grande ainda 4 



Ih^ 



Kit 



20 



I 



:^ --^^de III ÎÎ4. 8, cf. piadade. 

■ -ETivïnte ni 653. 10. 
•ttK.js >nToso 11 jôo. 27. 

.^li ;yljces : e vîveras vida folgada I J99. ; 



Jules Cornu. 



LA CLAIRE FONTAINE, 

CHANSON POPULAIRE FRANÇAISE. 



EXAMEN CRITIQUE DBS DIVERSES VERSIONS. 



Plosieurs auteurs de recueils de chansons populaires ont donné le nom 
de Claire Fontaine à la ronde dont nous allons nous occuper. J'adopte 
cette dénomination, quoiqu'on puisse lui reprocher de ne pas s'appliquer 
i tootes les versions, et en outre de ne reposer que sur un détail du 
Téch, un décor dans le tableau, décor commun à bien d'autres chansons. 

Notre ronde est d'une facture fort simple : elle se compose de vers de 
1 2 syllabes ou de 1 î , si l'on veut, le premier hémistiche se terminant 
régulièrement par une syllabe muette; ces vers assonent tous en e 
famé. Parmi les chansons du xV siècle publiées par M. G. Paris, j'en 
troave plusieurs dont la facture est identique. Je citerai particulièrement 
la chanson LXXXI, qui a avec la nôtre un autre trait commun : à partir 
du second, chaque couplet a pour premier vers le second vers du cou- 
[rfet précédem ; c'est ainsi que se chante généralement la nôtre. 

Au jardrin de mon père il y croîst un rosier : 
Trois jeunes demoiselles sy s'i vont umbraiger. 
[refrain ) 

Trois jeunes 

Trois jeunes gentilzhommes sy les vont regarder, etc. 

Voici sous forme de résumé les traits communs à toutes les versions 
que )'ai pu consulter, abstraction faite de divergences tout à fait insi- 
gnifiantes ; j'y ajoute entre parenthèses les divergences importantes de 
versions plus pu moins isolées et j'en élimine tout ce' qui, en dehors 
de ce récit (au commencement et à la fin de la chanson), n'est pas con- 
firmé d'un commun accord par toutes les versions. 



]08 J. GILLIËRON 

( ) Une personne (jeune homme ou jeucie fille, selon les versions) 

se batji(ne Ise lave les ni.^ms, les pieds; dans i'e^u d'une fontaine (d'une 
rïvière. de la Seine). Elle s'essuie à ia feuille (sous les feuilles'i du chêne 
(d'un chêne). Sur la plus haute branche un rossignol chante. <i Chame. » 
lui dit-elle, « toi qui as le cœur gai. Moi je ne l'ai pas gai, car mon 
amant (ma maiiressef m'a quitté Is'en est allé, avec moi s'est brouillé, 
s'est fâché, ne veut plus m'aimer, etc.), pour un bouton (bouquet, etc.) 
de rose que je lui ai refusé (qu'un autre lui a donné, que trop i6t j'ai 
donné — dans deux ou trois versions, non remplacé;. Je voudrais que 
la rose fût encore au rosier ei que mon ami Pierre .ma maîtresse) fût 
encore k m'aimer (etc., etc.). » 

Le récit qui est ia base de toutes ces versions, récit fon rapide, fort 
concis, n'a été compris par aucun des chanteurs que nous connaissons, 
et toutes les altérations importantes qu'a subies la chanson dans le cours 
de ses pérégrinations i. travers tous les pays français sont dues à celle 
circonstance '. 

Ils ont cru comprendre qu'il s'agissait d'une querelle d'amoureux, 
causée par le refus d'une fleur irefus qui pouvait être fait aussi bien par 
un jeune homme que par une jeune fille), que la personne qui parle au 
rossignol regrettait son refus, regrettait que l'objet de la querelle, ce 
bouton de rose, ce bouquet^ fût jamais tombé entre ses mains, vou- 
lait « que la rose tôt encore au rosier, que le rosier même fût encore 
à planter, » etc., etc. On verra plus loin toutes les conséquences de 
cette imerprétaiion. 

La chanson n'est pas d'une simplicité aussi banale, et je n'aurai pas 
de peine à en persuader ceux qui connaissent les allures de la chanson 
populaire. 

Ces vers : Pour un bouton de rose ^ae jt lui refusai et Je voudrais tfut la 
TOit fût encore au rosier, ne peuvent sortir que de la bouche d'une jeune 
fille, d'une femme, dont Pierre pouvait dire avec un poète anonyme : 

J'ay advisé ung rosier 
Dont la rose est fleurie, 
Et en esté comme en yver 
Elle est tome espanye. 

Cette jeune fille dit au rossignol que son amant l'a quittée pour an 
bouton de rose qu'elle lui a refusé, qu'elle voudrait que la rose fût 
encore au rosier et que son ami Pierre fût encore à l'aimer. Notre inter- 
prétation nous cause un embarras : elle a refusé à Pierre un bouton de 



I . Nous le répétons : noire résumé eu loin de contenir toutes les variatites, 
le déuccord le manilctlanl surtout dans Ii dernière partie deli chanson, partie 
qai n'eu pu résumée. 




m CUIRE FONTAINE JOQ 

, et cependant elle avoue que ta rose n'est plus au rosier. Est-ce, 

rue le disent deux versions qui paraissent entendre ce passage, qu'elle 

tût trop lot donné, et qu'alors par pudeur elle l'ail refusé à Pierre? 

m ! La chanson n'ayant plus été comprise, une bonne partie des 

ions omeiieni un premier vers qui, parce qu'il n'est pas commun à 

es les versions, ne &gure pas dans notre résumé. Ce vers n'avait 

i sa raison d'être pour nos chanteurs ; à nous, il nous donne la clef 

mystère : 

En revenant de noces 

Il s'agit donc id non plus d une jeune fitle, mais d'une jeune femme, 

une mal-manie. L'amante a refusé Â Pierre un bouton de rose, et Pierre 

quittée à cause de cela. Fille est mariée maintenant, contre son gré 

;-iue, en lom cas à un homme qu'elle n'aime pas autant que Pierre, 

en revenant de noces elle regrette que la rose ne soit plus au rosier 

Ktr h donner  Pierre, à qui elle ne la refuserait plus '. 

Vffid b liste des versions telles que je les désigne dans ce petit 
ivail: 

— Cag/toa, Champjieury, Reaurepaire, dadion , Tarbé, Payinaigre, 

«jXK, Bujtaud i^plusieurs verrons), Haupt, Couibci, versions emprun- 

ux recueils de chansons bien connus qui portent ces noms d'auteur. 



>-^ privots l'objeclion qui lae sera faite: comment se [Wut>il que la mariée 
JJ troiTt uule le jour de ses noces, qu'elle siiit fatiguée d'une lonêue marche ? 
^Ic objtction, que je me suis faite i moimètnc et qui m'a etè faite par 
M. Gutoa Pans, vient éb<raDler dans sa bjisc l'cchabudage que j'ai labortctise- 
■"i a«. En cÔct. le vers ; 

F.n rcTenanl de noces j'éliiis bien fatiguée 
*Jpp^acrait plus natuirtlement k une amie de noces, k une amie de la mariée 
1"i hurlée dlc-mimc. Mail alors commeol expliquer les regrets que cette 
■*op{iiM : 

Je voudrais que la rose (fit encore au rosier, etc , 
^^ ni sont ce qu'il y a de plus authentique d.ini la chanson? De deux 
'^Irw : DU notre chanson est dans ce cas pleine de sous-entendus (sous- 
^^h\ qui ne paraissent peu en accord avec le caraclcre it la chanson popu- 
'« (finçiise et, si je ne me Iruirpe. qui enlèvent de sa valeur i la nôtre), ou 
I"* ai tronquée et de tomes les versions cjue nous avons aucune n'a conservé 
J'fftak |ce qui me paraît bien peu probable, car pouvons-nous admettre que 
'"t trrjjon qui proeniait une suite d'idées neiles el claires les chanteurs en 
•* pfoduit d'aussi énigmatjques, et que pas in(mc l'ombre de la bonne ac se 
"■w djiu ctllc que nous avons ?t. 

^ situation de noire mariée paraît peu naturelle, je ne le dissimule pas. 
'Y' Boi chanteurs elle est tellement exceptionnelle qu'elle leur faii mécon- 
J'^''* le caractère, le ictt mitât du personnage. Sans vouloir passer en revwe 
|^ji>o4 use séparation aussi immédiite après la noce peut avoir eu lieu, je 
**«4Mrtef que l'auteur de la chanson peut aroir eu en mémoire un cas 
9^, m cas qui le touchait peut-i!tre de près, qui lui faisait conceroir d'une 
*'Mi iKrioQsclIe son sujet : il n'y a rien ]i qui sorte du cadre de la chanson 




^tO ->■ CILLIËKOK 

— Mamier : dans l'ouvrage Lettrti sur rAméri^iiu; c'est nne version 
du Canada. 

— Moniimr, Canadienne : au Moniteur, année iSjj. 

— Legrand : A la Romania, i. X, p. îSç). 

— Romania : Romania^ t. Vt[, p. 8i. 

— Les suivantes font partie du recueil manuscrit légué à la Blblto- 
ibèque nationale par la commission chargée de la publication des chan- 
sons populaires de la France (voir Romania, t. XI, p. 97). Je les désigne 
par le nom de l'endroit ou de la contrée oii elles ont été recueillies : U 
RotfutU, Berry, Càies-^u-Nord, Cambiésis, Champa^ne-Arde/tnes, Bagfiu 
{Nord], Sanctrrois, La Riott, Hretaffu, Civet (Champagne), Vendée, Yve- 
»f. Sans indication, de Gourgues. 

— M, E, Rolland, ayant appris que je m'occupais d'un examen ai- 
tique des versions de la Claire Foniaîae. a rerois pour moi i M. Gaston 
Paris la version Loricnt recueillie par lui-même dans les environs de 
Loriem, ainsi que la copie d'une autre qui a paru dans un livre portant 
la date de 1 704 et dont je n'avais p^is connaissance ; la vcnion htonitev 
se trouve en être la reproduction exacte. Je prie ici M. Rolland de m'a- 
cuscr d'avoir tant attendu pour le remercier des matériaux qu'il s'était 
empressé de me communiquer. Ce petit examen critique était commencé 
il y a plus d'un an ; des occupations plus pressantes m'ont empêché d')' 
travailler d'une manière suivie. 

— C'est également à K. Gaston Paris que je dois la connaissance des 
versions Warhy'l^aiihn (Soramei et Oatst, Centre, que lui ont communi- 
quées, la première M. Camoy, les deux autres M. Hanotaux '. Je prie 
ces messieurs de croire que j'ai été très sensible i l'intérêt qulb ont 
bien voulu montrer pour ce petit travail. 

— Suiste, Seine-et-Oise, Cayeax sont des versions recueillies par noi. 
Je n'ai point retrouvé notre ronde dans les recueils des ivi^et ivii* s. 

que j'ai eu l'occasion de consulter. 



I 



I 



1. En revenant de D<»ce8 J'AUlIs bien fktigaé''. 
Cette lecoo est appuyée par Castrts (Bien las, bien faliguél, Raïuud t f^ 



1. M. Hanotaux a entendu chanter U venîon Ctntn â Cinnes (Alpes-Mari- 
times), mais il croit se rappeler que le chanteur ta tenait d'une personne origi- 
naire du centre de la France. I.a version Otmt lui a ctc chantre à Paris par 
une personne qui l'avait apprise i Nantes 00 i Angers. 

3, Je remplace ^ar une apostrophe \'t (^minin ne se prononçant point. Il règne 
une grande confusios dans nos textes : des collectionneurs rétablissent fatiguit, 
nposii, etc.. i cause du vers ; Et ijat mon ami Piint fût tntoft à m'ttmtr; 
d'autres, malgré la présence de ce dernier vers, ont gardé fatigaf, repcst, ctc. 
• Mm amant n'a ijitiui, ■> dit M. de Laugardiëre [Btnj\, < indique que c'est 



p 



La CtAIRE FONTAINE ]ll 

^n> ^tihf-Bùlha, Saitt mJ., Cira lEn revenant d'U noce), Saitit, 
tum, Setae-a-Oiu \ .. Que j'étais bien faligu(«), Ltgroad, Ckampfltury, 
BtiM^Ttrii, Lj RwhtUt (En m'en venant des noces), Vendit, JiCour^uti, 
^^, Bagm (En revenant des noces Et2nt bien (alignée), Ctijaix (... (on 
D*pt). Ces neuf derniïra ont : da nottt ponr Jt itfta. 

Ifûui avons vu plus haut que ce premier vers, nécessaire pour coth- 
pradre le récit, avait pcrdj sa raison d*éire aux yeux de nos chanteurs, 
fn ne fe rendaient plus compte de l'idée contenue dans les derniers 
'n de la chanson. Son existence était fortement menacée. Nous le 
^^jvitt, pour ainsi dire, disparaître peu à peu. Il a perdu sa signification 

(tau ; 

U RiûU : En revenant de fite J'étais bien fatigué'. 

Celle substiiuiion de fiu à nocts devait paraître bien innocente ao 

f^leuf . Dans le Velay [Romania] on chante : [^ revenant de Nantes, 

'^s bien fatigué; dans le Santerroit .* .... Je m'trauvai fatigué. A 

''»*tof a y a deux versions en présence l'une de l'autre : En re^-enam de 

''OQte, et : En venant de Pontoise. La leçon roaie est un nouvel afbt- 

^'«semeni deffk. Ces levons : de Saules, dt PoaioUt ne se sont pas 

produites indépendamment l'une de l'autre, cela va sans dire. Je serais 

Porié à croire que Nantes est l'intermédiaire entre noces, fite ou rouia 

** fantoiif, car Nantes est une ville favorisée de la muse populaire, et 

P'^sicurs chansons commencent par ces mots : En revenant de Nantes, 

ou d'autres analogues. Une fois l'une de ces versions adoptée, elle 

P«rttwrtuii une foule de variations géographiques, et qui sait à combien 

^^ prétentions locales elle aura donné satisfaction ? 

Ce pfemier vers a disparu complètement dans les trois versions du 
^~**iaKia (Cagflon, Harmier, Canadienne), Cjmbrésis, Ardennts, BedUlC' 
'^••''«i Ampin, CàUs-da-Sord, Bretagne, Puymaîgre, Moniteur, llaupt. 

^a version Ce/are est one parodie appropriée â une petite fille reve- 
.'**»»» de l'école: 

En revenant de classe, J'étais fort fatigué'. 
_*^«IW petite fille, comme la mariée, se baigne dans l'eau de la fon- 
^^***<, s'essuie de la feuille d'un chêne et adresse la parole au rossignol, 
qoesuit : 

• itmwie qui parte, et poarunl fes participes pasîés se trou«cnt au mascuRn. • 

f-^~ ^Wmon Castra a : Bun las, ifitn fiU^sU. pnis plus loin C'ftt mon uni PUrre 

j^* *»« mo; s'tit btoiutU. Cette confusion, nous I avopi vu, orovient de ce que 

ti ^m : Pour ua boatoa 4â rote Qnf jt tvî ttjiuai, etc , o'etait plus compris, 

ç,**l*tre l'iliswn de Vt a-t-elJe contribué aussi ï faire croire aux chjinteurs que 

^3>n homme qui te plaint, et non une femme. Si les recueils ttaiemt faits 

■J^ le soin désirable, nous ponnions peut-être constater le fait que, laodii que 

*|^^fcK»ei cfaaakflt : El ^lu nwa ami Pttrrt Jùt tatûtt à m'dûiur, les honmes 

^'**iDt . £l fiw mon amie J6t tiuort à m'dinur. 





JTJ I. GIILTÈRON 

Chante, rossignol, chanic, Si tu as le cœur gai, 
Car moi, je ne l'ai guère ; Ma mattressc m'a grondé' 
Pour un temps de mon verbe Que j'avais oublié. 
La parodie ne va pas plus loin, sans doute parce que le vers suivant 
doimaJt immanquablement une syllabe de trop : 

Je voudrais que te verbe Fût encore à réciter. 
Le dernier devait être probablement : 

Que ma bonne maîtresse Ne m'eût jamais grondé*. 
Une autre version. Bujeaad i, commence ainsi ; En tâiant dans raa 
poche mon couicft m'a copé. C'est une espèce de travestissement de notre 
chanson. Celle version ayant le même nombre de vers que Bajtauâ i à 4, 
recueillies dans la même contrée, il est pcrmb de voir dans En lâiaia 
dans ma poche, le premier hémistiche, un souvenir de En nrertani de 
NOCES, et de croire que l'original de Bujeaad s était le vers que nous 
avons adopté. 

S. Au bord d'Anne font&lne Je me suis reposé'. 
;. Et Veaa était si claire Qaeje m'y siûs ifaigrif. 

Leçon appuyée par : Buchn, Bu/uad t à 4, TurM, Romania, La Roektlli, 
Saatirreis, Werby~Biiilloit, Cttilrt, Oiitst, Sans inJ., Ui hioU, Gntl lAuprb), 
Vtndlt |Je me suis arrêté), Yyttoi, Saint {Sur le bord d'une (. Je ne 
reposai), Ugrjitd. ChjmpJJian (Je m'y suïïl, Birry (Aiiprts d'une font.), A 
Gf'urgaa (Au pied d'un« f., tins doute pour Auprii d'uoe], Snnttt-Oitt 
(Sur le bord d'une rivière...). 

Toutes les versions qui n'ont pas le pirmier vers devaient presque 
nécessairement laisser tomber dans le second l'hémistiche Je me sais 
reposée qui répondait à J'ttait bien fjiigiue. Pour rétablir le vers, elles 
associent le premier hémistiche du second vers au second du troisième 
vers en relevant du premier hémistiche du troisième vers Tépithète 
ctairt'. Mais, la contraaïon en un seul hémistiche des deux premiers 
des vers 2 et ) excluait toute proposition commen^ni par ^ ur ; ^lu y> 
tn')' fuif /'iii^nf n'allait plus, et pour ma part j'avoue que j'aurais été 
bien embarrassé pour trouver un hémistiche qui conservât l'idée. La 
jeune femme ne se baigne plus dans la Claire Fontaine : elle s'y lave les 
mains ; — Les mains me suis hvé. 

Le tableau suivant montrera plus clairement comment, selon moi, 
l'altération s'est produite : 



LA CUIRE FONTAINE Jf^ 

Texie adopta. Texte altéré. 

1. En revenant de noces 

J'étab bien fatigu(!e. 

2. Au bord d'une fontaine i. A la cUïrc fontaine 
Je me suis reposée, 

J. L'eau en était si cljtre 

Que je m'y suis baignée. Les mains me suis lavé. 

^fià ces versions : 

A U claire fonuine Les mains me suis lavé. 

{Biaurtp., Ampirt, Bretagne, Haapi.\ 
A b claire eau de fontaine Les mains me sub lavé. 

[CàUS-dil-NOTÀ.\ 

A la claire fontaine Mes mains j'allai laver. 

(Cambrésis.') 
A la claire fontaine Mes mains y ai lavées. 

(PujfBtfligre.) 
Sur le bord de la Seine Me suis Uvé les pieds. 

(Woflùiur.) 

, Version suivante n'a pas omis le premier vers, mais elle contracte 

^^*'*'*iicrs hémistiches des vers 2 et ? de la même façon que le ttxti 

r^t donne la le^on ; 
I En revenant de noces J'étais bien fatigué, 

A la claire fontaine Les mains me suis lavé. [Berguet.) 
^* analogue dans cette autre : 
Prés la claire fontaine Je me suis reposé, 
A la claire fontaine Les mains me suis lavé. (Cattrej.') 
~*^ versions tjjriem et Legrind ont toutes deui Ses premiers vere : 
En revenant de noces J'étais bien latiguée, 
Au bord d'une fontaine Je me suis reposée, 
tj^ le premier hémistiche du ]* vers changeant |La fontaine était 
'"*'; , nous avons : 

La fontaine était claire Mes mains je me suis lavé \Legriuid\. 

La fontaine était claire Les mains je m'suis lavé iLorùni). 

" faut croire que ce vers : L'eau en était ù claire Que je m'y sais 

^J^Wf était d'une élégance peu propre A rester dans la mémoire d'une 

^''Ote partie des chanteurs : ib Pavaiem oublié et le refont comme ils 

Peuvent. 

Vojfoi» maintenant coramcni s'en sont tirées les autres versions qui, 
'Omme Btatirepaire, Ampère, Bretagne. Hjapt, Càlet-Ju-Sord, CambrèsiSf 
ftjnuigrt, Monittar, omettent le premier vers, les versions du Cdnadi 



)t4 i. cilliEron 

et celle des Ardennes. Ellics ont conservé les 2 vers II et III, mais renu- 
placeni Je me suit reposée, qui répondaii â J'étais bten fatiffUe, par : 
M'en allant promener ; en ouire^ comme les autres versions ironquées, 
elles ont : A la claire fontaine. 

A la claire fonuine M'en allant promener 

3'ai trouvé l'eau si claire Que je m'en suis lavée. 

lArdennet.) 

Cette correction est bien préférable aux autres ; mais elle est encore 
plus élégante dans les trois versions canadiennes : 

A la cl^re fontaine M'en allant promener 

J'ai trouvé l'eau si bcile C^e je m'y suis baigné. 

{Marmier, Gagmn, Canadienne.) 

5i belle au lieu de ti cime, parce que dain se trouvait plus haut. Ces 
leçons qui ne sauraient être considérées comme originales, puisque le 
premier vers leur manque et que l'altération subie provient de sa chute, 
sont presque trop bonnes pour que je les croie vraiment populaires. 

Nous avons vu jusqu'à présent l'altération : Ut mains me suis lavé (ou 
les pieds) marcher constamment de pair avec la modification du premier 
hémistiche. Une seule version, du reste fort mauvaise, &it exception^ et 
est évidemment due à un chanteur qui connaissait la bonne versÎM à 
cfité du texte altéré. 

En revenant de Nantes Je m' trouvai fatigué; 

Au bord d'une fontaine Je me suis reposé, 

Et l'eau était si claire Qu'tes pieds me suis lavé. 

QiAncmois.') 
Une version patoise ou semi-paioisc recueillie par Bujeaud (;1 dit 
En tà[am dans ma poche Mon couteà m'a copé. 
La blessure est profonde Faut o médeciner : 
A la cllairc fontaine M'en andgi la laver. 

Est-ce un travestissement voulu, dfi à une influence savante ? Ce n'est 
pas sur, car le reste de la chanson est identique à nos versions, ie ne 
suis pas éloigné de croire que, de bonne foi, un chanteur poitevin, ou 
autre, ail cru nécessaiire de motiver par une coupure le lavage des mains 
ou des pieds. Celte version repose sûrement sur le texte : les mains (ou 
Us pieds] mt suit lavé. On peut préciser davariiage : si l'on attribue 
quelque valeur à la circonstance que ce travestissement a le même 
nombre de vers que la version adoptée, elle repose sur le texte : 
En revenant de noces '. . 



A la claire fontaine Les . . . tne suis lavé. 



LA CUIRK FONTAINE }t{ 

La version de Caytux ne se rattache à aucun groupe; elle est inepte 
dans tout son commencement : 

A la première montagne Je me suis reposé. 

Plus loin c'est aussi à la premiirt branche que le rossignol a chanté. 
Le chanteur que i'ai entendu 1 Cayeux ne sait pas ce que c'est qu'une 
fontaine, même dans le sens actuel du mot, pour la bonne raison qu'il 
n'y en a point dans la contrée. Il remplace fanUinc par montagne ; mon- 
tagnt est pour lui la traduction du mot cotu, désignant une petite été- 
vation de terrain. C'est à la première coiit qu'il se repose. Cette substi- 
tution a naturellement amené de grands changements dans la chanson. 



3. Et l'eau était al claire Obb je m'y suis balgo*'. 

Leçon donnée par Yïttoi, Champtharj. La RachtiU, WathySatllmi, Ctntrt, 
Baehon (El l'onde), de Geitrgtus (Et l'eau était si fraîche), SaïKarois lEl ..., 
voir vtra i). 

Leçon tout aussi bonne : L'eau en était li claire Que ... {RùmâJUâ, Sànt-a- 
Olu, BufcauJ \'^, Berry). 

Ouest, Civet : L'eau y était si claire que je m'y suis baigné. — Sans inJ. 

et La Rioie : que je m y suis lavé. Voir d'autres versions au vers i. 

En Vendit, après ; 

En revenant de noces J'étais bien fatigué, 
Au bord d'une fontaine Je me suis arrêté, 
on chante une version analogue à celle de Bujeaud i^) : 

En (àtant dans m^ poche Mon couteau m'a blessé. 
Mais l'eau était si claire Les mains me suis lavé. 
Il est évident que pour certiins chanteurs il paraissait nécessaire de 
donner la raison (!) pour laquelle le jeune homme s'était lavé les mains. 
Tandis que ces vers, dans la version Bujeaud \ , remplacent les deux 
premiers, ici ils leur sont juxtaposés- Je crois que Bujeaud \ est anté- 
rieur, vu que En liUml 4ans ma poche me parait remplacer : F.n revenant 
dt noces et que par conséquent la version de Vendée a adopté k c6ié de 
la version ordinaire celle du Poitou. 

Notre vers manque dans Tarbé : il n'y est question ni de bain ni de 
feuille de chêne (vers suivant). A Çayeux, après : 

A la première momaf^e Je me suis reposé, 
vers qui nécessairement supprimait le nôtre, puisqu'il n'y était plus 
question de fontaine, on chante : 

Oesur un pied de chêne Je me suis endormi. 
Cette version cayolaise remonte dans son premier hémistiche i . 
Auprès d'une fanutine (auprès ... au pied ... dcsurun pied). 



;|6 t. GILLIËRON 

(Même sottise dans d^ Gourgaa : Au pied d'une fontaine). Quant à ce 
chifif, i) est amené par le vers suivant, que l'on a connu à Cajeux : A 
la featlle du chêne je me sais essuyie, mais qui devait être également 
supprimé, puisqu'il n'était pas question de bain, ni de lavage, puisqu'il 
n'éuit plus question de fontaine ni d'eau quelconque. Sur un pied de 
chêne le héros ... s'endon de fatigue. Sans se soucier de Tassonance, 
la version dit : 

Je me suis endormi. 

Il ne dort pas longtemps, car st6i après il parle au rossignol. Telles 
sont les conséquences de la malheureuse omission du mot fontaine, qui 
n'était pas compris il Cayeux. 

Noire vers et le suivant ont été omis par Suistt : celte version les 
remplace par un seul vers détesuble : 

Au bout de cette fontaine Y avait un oranger 
(«iif boal remonte sans doute à ju bord), réminiscence d'une autre chan- 
son, qui ti'avMi rien à faire 3Stc la CUite Fontaine. 

4. A la fenllle d'an (du) chêne Je me bdI* osaoyée. 

Leçon de Hinhon, RoiMnïi, Bujtaud i à 4, Smi inJ., La Rloit^ de Caarpus, 
Vtiuiit^ >'m(r/, CtntH (De U ...|, ChampHtvry (... du cbéne je m'y lait 
essuyé), Stine-ti-Oise (àa chénei La Rociulli (du chtne). EJIe est en outre appuyée 
par 1» v«rtiont suiv^alct qui, dans le vers précèdent, avaient : la mai/ii (ou 
Its pitài) mi latj larlet. 

A la feuille du chêne J'aibi les essuyer {Cambiésit} ... tne les suis eisuyées 
(BeaanpaÎTt, Haapt\ ... Je les ait essuyées (Côus-iiu'flord) ... Je les ai essayées 
{Brtljgiu] ... d'un chêne me les suis essuyées {Cittra, Ampir/, Bergaet, 
Lt^rand} ... de chêne je les ai cisuyées [Paymaigte) ... de chèoc \e to» In 
es»yer iLefitnit, et par la version Baiiaud j : A b feuille d'un chêne J'allai 
l'essuyer (.la bletsurei (A la feillc d'in chlgnc Alht cssueri. 

La jeune fille s'essuie i une feuille de chêne ! L'idée est bizarre. Rien 
dans toutes les versions que nous connaissons ne vient nous aider à 
conjecturer un sens qui puisse nous satisfaire mieux que ce versénigma- 
tiquc. Les versions qu'il nous reste à examiner l'om interprété comme 
nous. Elles ne font que te préciser encore davantage si possible : 
D'une feuille de chêne Me les suis essuyées iJtfoniiesr). 
Avec une feuille de chêne Me les suis essuyés (les pieds) 

[SaactiiQis). 

Avec la feuille d'un chêne je me suis essuyé (Cr^rf), ... m'y suis... 
\Ottat\ , ou encore : 

J 'ai pris des fenities de chêne, C'était pour m'essuyer (fl^rry). 
Un chanteur des Ardennes s'est mis en grands frais d'imagination 



LA CLAtRE FONTAINE ^ij 

F«ur rauurer ce vers qui l'étonnait. ]1 a dû être heureux de sa irou- 
niUe! 

A la plus large feuille Je me suis essuyé \Aràenna\. 
Les trois versions canadiennes ditlèrem les unes des autres. Nous 
ivoDsd^jà remarqué qu'elles montrent une certaine supériorité dans ta 
conception du sens et, dans le style, un rudiment d'esprit de critique 
(pi mmque aux versions européennes et qui ferait croire qu'elles ont 
tué biles sur plusieurs versions. 

Sous les feuilles d'un chêne Je me suis essuyée 

(^Canadienne). 
Ceci n'a plus iten d'étonnant. Mais si c'était le vers original, pourquoi 
naulres chanteurs auraient'ils été chercher si loin un autre vers : A la 

f^'iftt qui est si singulier pour nous et qui paraissait également an- 

plier i plusieurs d'entre eux r II faudrait supposer que toutes nos ver- 
luni remontent .1 une faute commise de très bonne heure, faute qui 
QViBttiit à transformer une expression parfaitement claire en une 
^fresiion obscure, ou tout au moins présentant un sens singulier, et 
1* seule la Canadienne ait conservé b bonne leçon. 

C'est éwderamcm l'inverse qui a eu lieu, choquée par : A ia ftaiile Ja 
<*intjt me suis essayée, elle a cherché un vers qui fût plus clair «i a 
^f uî mieux que ses venions soeurs du Canada, que voici : 

Sous les feuilles d'un chêne Je me suis fait sécher fCagnon). 
• J« me suis faii sécher » est bien mauvais, je ne raisonnerai pas sur 
***•* authenticité ; mais pourquoi ce changement, car c'est une modifi- 
^wt qui a été recherchée ? Pourquoi le chanteur rejette-t-il Je me sais 

^ri original disait que c'était à la feuille du chêne que la }eune fille 
.*^uie. Cela lui parait étrange. Dans ce cas il pou%-ait corriger ce vers 
*"*'Plemeni comme le chanteur de la Cctnaiieme : 

Sous les feuilles d'un chêne Je me suis essuyée, 
^Uel laisse à l'auditeur le soin de se figurer avec quoi ; mais il repousse 
^*** correction, parce que s'il maintient is mt suis essuyée il se considère 
"^'Orne obligé â dire avec quoi la jeune fille s'essuie, ce qu'il savait être 
' dans son teite original qu'il comprenait, mais ne pouvait admettre 
^^ *on étrangeté, et Jt me suis fait sécher vient fort heureusement couper 
^n & ses scrupules. Ce procédé est des plus naturels, quoique l'ana- 
T** le Éaîsc parahre compliqué. 

1-a version Marinier, h troisième des versions canadiennes, a éprouvé 
"** tctupules semblables, mais s'en tire à meilleur marché : 
Et c'est au pied d'un chêne Que je m'suïs reposé. 
'^ y avait une façon plus commode encore de se tirer d'embarras : 
cttan de retrancher purement et simplement le vers, ce qui pouvait se 



^t8 J. ClLLliROK 

faire sans prtjudicf dan» le» versions où le couplet ne se compose que 
d'un vers. C'est ce qu'a fait Wartoy-Baitton. 

Ce vers manque pour des raisons indiquées plus haut dans les ver- 
sions Cayeitx, Tarbe, Suisie. oii il n'esl pas question de bain. 



6. Sur la plus bante branche RoBslgnol a cbanCé, 

Plusieurs versions porteni : Le rossignol chdni,}k , mais une telle rime est i 
peu prés inadmissible ; elle a été introduite parce qu'on a élé choqué de l'emploi 
de Roisignol sans article, fréquent cependant dans les chansons populaires. La 
leçon que nous adoptons est dans Hujeautl i et Célcs-Ju-Nord ; l.'fi.isugaût a 
chanii dans Champ.-ArJ.x on i Le rotsignot chantait dans les j vtrsions tana- 
dUnnes, Berry, Sancerrcis, 8taarcpatr(, Bachon, Chdmpfiùtrj (Un rossignol), 
War!oy'BaiUon, Oiuiî, Centre, Puymeigie, Stint~tt-Oist, Hsiipt, Bretagne, Vendit, 
Suiiu ; Le rossignol chanta dans Bujecad t-4 et Tailri. Au lieu de : Sur la 
plus... 00 i : A la plus... (Roinanij, Catlrcs, Amphe, La RochfUe, Cambihis, 
Btrgaa, Sans jWic, La Réolc, dt Gourgutit Vvetot, Loritnt, LigTiiaJ\ ; Sur une 
haute... {Tarbi} ; Sur la plus haute des branches {Gtyet); A la première branche 
[Caytux); Caché dans te feuillage {ChampfUury\. La version Moniteui, d'accord 
avec celle de 1704, donne te vers ainsi : 

J'ar entendu la voix Du rossignol chanter. 

6. Cbantc, rossignol, dianto. Toi qui as le cour ipd. 

Leçon de : Gigiton. Canadienne, Ramank, de Goiirguet, Marmiei, Càttt-dw 
Nord, La fiiole, Le^und, WarioyBaillon, Brtts^ne^ Vtndh, Buchon (si gai), 
La Ro<littli (si gaiii Moailear itant gai), Cjilrti (Puisque l'as le cœur gai), 
Ampitt et Yvao\ (Puisque tu as ...), Buietiai 1 t) 4 iSi t'as le cœur ï chanter), 
BuiMud V, Berij, Centtt. Ooest [Si tu as le cœur gai], Cambréiti (Tu as bel 
i chanter), Paymaigre |Tu as beanz i chanîerj, Sniu mJ. (Tu ai le cœur 
bien gai). 

Chatiie, beau rossignol, toi qui as le cœur g^ {Betiurepaiie, Cayeax, 
Hau.pl) ... tant gai [Cliampfîeary], ... Si tu as le cœur gai (Sancerrois^, 
... Toi qui as le cœur joyeux [Givel], ... Puisque tu as le c<£ur ffà 
[Seinc-et-Oijt, Loritnt] sont des versions fautives. Le premier hémistiche 
de tous les vers de notre chanson doit avoir 7 syllabes, c'est-à-dire se 
terminer par une syllabe mucite. Chante, ètju roisignd, est la seule 
infraaion à cette rigte que j'aie remarqué dans les versions de notre 
ronde. Les trois chanteurs que j'ai entendus [Caytax, Saisie, Sàae-it- 
Oise\ donnent à rossignol une syllabe féminine (rossi^notle) ; c'est ce 
que doivent faire tous les chanteurs de cette version. Les trois suivantes 
se rattachent à la même version : 

Chante, 6 rossignol, Toi qui as le CŒur si gai (Settsé). 
Chantez, vous rossignol, Qui avez le cœur gai {Ardâmes). 



LA CLAIRE PONTAINK |I9 

Les deux chanteurs om mat entendu : Chante beau... 
Bttgats : Chante, toi, rossignol, Toi qui as le cceur gai. 
Tixrbi : Le rossignol qui chante A donc le cœur bkn gai. 
Je profère g/ii â tant nai, si gai [Toi qai as l'cœar... ou Ta as le...), 
parce que Toi qai as U caar gai convient mieux au vers suivant. 

7. Le mien n'est pas de mfime, Hon amant m'a 1&Ibi4*. 

8. Pour an bouton de rose Que Je lui refasal (Yvetol). 

... que je lui ai refusé [Btaurtpain, Puymaigrt, Haupl). Pour moi |e ne l'ai 
guire-Mon imiat n'a laisiée ... que je lui aï refusé l^ Roehiilc, Btrry). Pour 
moi je ne l'ai gum ... quitté ... j'Iui ai refusé {Ouest). Pour moi je ne l'ai 
guère Mon ami m'a quittée Pour on bouquet de ro«s... {Romdnia) Et moi 
que mon amant vient de nie délaisser ... ai réfuté [Aràtnna) Moi j'ai? ^ Mon 
aniaiitH ... (Cajrcux)'. 

Nous avons parlé plus haut de ces vers, qui ont bit te désespoir des 
chanteurs, et dont l'interprétation dans le sens que nous avons indiqué 
donne ft la chanson une valeur littéraire qu'elle n'aurait point SJins cela. 
A partir de ces vers, on peut dire que tout accord cesse entre les diffé- 
rentes versions : les unes ont un texte analogue au nôtre, soit que les 
chanteurs l'aient compris, soit qu'ils ne l'aient pas compris et n'aient 
pas cherché ù le rendre compréhensible ; deux seulement onl saisi le 
sens, mais, soit que le langage imagé : Pour un boulon de rose qae je /m 
refusai leur semblât trop obscur ou avoir fait son temps, soit quils vou- 
lussent (aire preuve de leur sagacité, ils t'analysent brutalement; 
d'autres chanteurs enfin ont pris les mots contenus dans ce vers A la 
lettre : pour eux il s'agît vraiment d'une fleur, d'un bouquet refusé. 

Nous allons passer rapidement en revue les versions qu'il nous reste 
à faire connaître. Les trois suivantes donnent un teste analogue à celui 
que nous adoptons, sauf que la personne qui parle est un homme. 

Le mien il ne l'est guère, Ma mie m'a quitté 
Pour un bouton de rose Que je lui aï refusé [La RioU). 
Moi ce n'est pas de même, Ma maîtresse m'a quitté 
Pour un bouquet de rose Que j'Iui ai refusé (Siinctrroîf). 
Pour moi je ne l'ai guère, Ma maltresse m'a quitta 
Pour un bouton de rose Que je lui refusa (Bojeattd i i {]. 



I . Les poinlt d'interrof;atiDn ne sont point rares dans les chantons que j'ai 
recueillies en France et eo Suisse. Je suis étonné que la plupart des auteurs de 
recueils Imprimes aient loa|ours eu xflàitt i des personnes 9UI possédaient une 
eitcetleiJle mémoire. 



}20 J. CILUËRON 

La version Givei contracte nos deux vers en un seul : 
Pour un bouton de rose Mon amant m'a quitté. 
Dans ce rapide récit : 
Chanie, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai, 
Le mien n'est pas de même, Mon amant m'a laissé 
Pour un bouton de rose Que je lui refusai, 
certains chanteurs croient constater une réticence, un manque de con- 
cordance : il leur fallait le pendant de toi qai as U caur gai. ils ajoutent : 
car il est ajpigé à : U mitn n'tsi pas de mlmt. Cette adjonction est si 
naturelle qu'il n'est pas mfme nécessaire de supposer qu'elle soit duc à 
une réflexion quelconque. A cette place elle se présentait si facilement i 
l'esprit, cette phrase qui se retrouve dans une foule d'autres chansons, 
qu'une mémoire défaillante devait s'en emparer ; elle se présentait si 
facilement à l'esprit, que, si cette leçon avait éiél 'originale, il est plus que 
probable qu'aucun chanteur n'aurait pensé à la remplacer par Mon amant 
m'a laissé. Mais. Mon amant m'a laissé étant nécessaire au sens, il s'agi»* 
sait de trouver un nouvel hémistiche. Voyons comment les chanteurs 
s'en tirent : 

Le mien n'est pas de même, Il est bien affligé 
Pour un bouton de rose Que je lui ai refusé (Sans iW.). 
Refusé Â qui ^ à son cœur ? 
La version di Gaurgaes s'en tire presque aussi mal : 
Le mieti n'est point de même, Qu'il est bien affligé, 
Pour un bouton de rose Mon amant m'a quitté, 
Pour un bouton de rose Que je tui refusai. 
Elle n'invente que ce malheureux : Qu'il es! bien affligé. 
Les versions suivantes, qui dénotent un peu plus de travail de la pan 
des chanteurs, ne sont qu'un peu moins détestables : 
Le mien n'est pas de même, Il est bien affligé, 
C'est de mon ami Pierre Qui ne veut plus m'almer 
Pour un bouton de rose Que je lui ai refusé {C6tts-da-Nord). 
... fort affligé Pour mon ami ... {Bretagne) ... Car il est affligé C'est 
pour ... {Lorienl'\ ... Car il est afiligé A cause de mon ami Pierre Qui n'a 
plus voulu m'aimer Pour ... [Stîne-et-Oise] ... Car îl est affligé C'est 
mon ami Pierre qui avec moi s'est brouillé Pour ... que je lui refusai 
(Buchoa). 

La version Suisse n'a pas même l'assonance : 
Pour moi n'est plus de joie, J'ai le cœur bien triste 
Pour un bouton de rose Que je lut ai refusé 
C'est mon ami Picire Qui m'a abandonné. 
Les versions canadiennes sont en complet désarroi. Les raccommtK 



LA CLAIRE FOKTAINE )3I 

dages sont absurdes. Kll« ont recours à des chevilles qui n'ont aucun 
sens à la place où elles se trouvent. 

Tu as le cœur à rire, Moi je l'ai à pleurer ; 
J'ai perdu ma maîtresse, Commeni m'en cotisoler? 
Pour uTie blanche rose Que je lui refusai \Canad'temé\. 
Tu as le cœur à rire, Moi je l'ai à pleurer ; 
J'ai perdu ma maitrc&se Sans l'avoir mérité 
Pour un bou()uel de roses Que ie lui refus» \Gagmn\. 
Tu as le cœur à rire, Moi je l'ait à pleurer \ 
J'ai perdu ma maîtresse Sans pouvoir la trouver 
Pour un bouquet de rose Que je lui refusai (MdrniiVr). 
L'amant, pour un bouquet de roses qu'il lui a refusé, a perdu sa maî- 
tresse sans pouvoir la trouver ! 

Ce premier vers Tu as le cœur à rire, moi je tait à pUurer se retrouve 
dans beaucoup d'autres ctiansons. Les versions canadiennes ne sont du 
rette pas les seules à les avoir ici. 

Tu as le cceur à rire, Moi je l'ai à pleurer 
Pour ma jolie itiaitresse Qui ne veut plus m'aimer 
Pour un bouton de rose Que je lui refusai {Vendit). 
Tu as le cœur en joie, El le mien est à pleurer : 
J'y pleure de ma maîtresse Qui va se marier 
Pour un bouton de rose Que j'iui ai refusé [Cambrésts). 
Tu as le cœur en joie, Moi je l'ai en regret 
De ma belle multresse Qui va se marier 
Pour un bouton de rose Que je lui ai refusa (^Pay maigre). 
Nos dernières versions se rapprochent beaucoup plus du texte adopté, 
que nous appelons sans crainte texte primitif. Trois de ces versions n'ont 
pas admis l'idjonciion : il est bien affligé, ce qui ramenait le nombre de 
versa deux, nombre primitif, mais les chanteurs n'ont pas compris le 
[sens du vers : Four un bouton de rose que je lui refusai. 
Je ne suis pas de même, Ma maîtresse m'a chassé 
Pour un bouquet de rose Que je lui dérobai (Tarbé). 
Le mien n'est pas de môme, Ma maîtresse m'a quitté 
Pour un bouton de rose Qu'un autre lui a donné. 

{Tjrbé-ArdeniKS.) 
Le mien n'est pas de même, Mon amam m'a quitté 
Pour un bouton de rose Qu'un autre m'a donné (LegranJ). 
Version Bfr^ats : 

Le mien n'est ps de même. Il est bien affligé : 
Pour un boulon de rose Mon ami s'est fftché. 
Quoique supérieures it celles qui précédent, ces quatre versions sont 
évidemment des remaniements. 

Roaumia, Ml 11 



}33 ;. ctluCroh 

Enfin, nous avons encore i parler d'un« version fon imponante poor 
ce passage, celle de Cfump/Uary, EUe montre que l'atiicDr a interprété 
A peu prés comme nous les vers dont il est question : 

Je ne suis pas de même, Je suis bien alTHgée 

Pour un bouton de rose Que trop t6t j'ai donné, 
puis elle continue correctement : 

Je voudrais que la rose Fût encore au rosier 

El que mon ami Pierre F6t encore à n'aimer. 
Une seule chose m'(Stonnc, c'est que cette mime version qui dénote 
de la part de son chanteur un esprit critique contienne le premier ven 

En revenant de noces J'étais bien fatiguée. 
Si le chanteur connaissait ce vers, il aurait pu reconnaître qu'il modi- 
fiait un peu la situation. On peut admettre qu'il n'a pas compris la 
«leur de ce premier vers, valfur que, je l'avoue, je n'ai reconnue 
qu'apris bien des tltonnemenis, ou bien qu'il n'a pas connu le vers du 
tout (c'est-à-dire que la version telle quelle ne représente pas dans 
toutes ses parties celle qu'il chantait), ou bien que le collectionneur a 
usé d'un procédé fort préjudiciable aux tra%-aux critiques, qu'il a fondu 
deux ou plusieurs versions en une seule ■, ou bien que le vers est de 
M, Champlleury, lequel aurait compris que le bouton de rose avait éfé 
donné à !',imani, qui alors avait abandonné la belle. 

La version Warloy-BjUhn nous donne également l'hémistiche 

. Que trop tôt i*ai donné, 

mais dans les vers suivants elle montre un mélange de versions to»^ 
gires à celle que représentent ces deux vers : 

Car moi je ne l'ai guère. Mon amant m'a quitté 

Pour un bouton de rose Que trop tôt j'ai donné. 



t. ^ doh l'anuer, les recueils tir.pricitès ne n'tnspireol. povr ^t pl*P*'^ 
sbance. Lorsi]u'uR collectionnenT entend pliSMVS «cnâsM 
i'uM cKjiasoii, il importe qu'il îndiaue soignnsetnent tontes tèsTiriaMa;, ^11 
M H coMcBtt pu it choutT eotrt I» kconi qu'il » rmeiilies « c(Se ^m M 



ig'iw né<Uocrc cosi 



ptttU la plus belle. U piss éMrgi<]ue. t qu'il se ^arde >bsb de ioatfre ses ver- 

I cas, iJ Uil œavfe de eritiata 
rùuK tout i bit mcomplMi ; au lieu èe travailler i ta leile «■ de : 



«bas m vM mlc Daas ces dcus cas, il Uil ouvre de critiaw lar des 



k tc\tc niMféu^ i agà cobiik si la cfajosoii qu'il rtcseSk Haà la piCfiiM 
«tctuiin' Ar ma donuiat d'stvdn ; il nous pnve de aalfviwi MÎ 0*1 pf^ 
lire un »itr<t dont d« prut se rendre coopte qw celii Mi Nt* k tfanÉ 
«ntMve dMMttf. QmMimi ' 
oèdè dtlnMitiaa, «80 c'est 
wi pirtiMrt «i ils dfMol tfocr 

d iilrrui i n localiièi. Je ae «eu poim n ciase leur boosc foi, )wame 
tart te«l aat» qae ceki de fwmr des Ml«riaiu inépn xha bia « b 
de relever de«x «cniess de ^«Hoe imm leataK 



etoii les collect)oaneun airowM aroir Bid de ce ff- 
c'est k cas le plas rate. Je suis ptriaadi ^*Ai as «■! 
tfocr (stends ti cbasioa de divcnes penwHS, ^m 



Il m'ai imré 

pcaqMnaand 

wtftAraMwnM. 



a'euitat anpMsaeBi îdatîqM». 




9. Je voudrais que Iti rose Fût encore >n rosier* 
10. Et que mon ami Pierre Pût encore k m'almer. 

C'est, selon nous, la seule le^on admissible, ainsi que je L'ai exposé 
plus haut. Elle n'est donnée que par six versions : Brtlagnt, Bergats^ 
C6us-d\i-NQTd (Que mon ami), Casirts, Ampcrt^ Ltffanil. Je ne compte 

pas dans ce nombre la version Loricnt qui a i soit encore à planter. 

El Soit parce quelle remonte é%idemffleni à un texte portant El 

f uf /( rosier mime fût encore à planur. 

Notre leçon est appuyée en outre par Vendu, Bajeand, Champ.-Ard.f 
où c'est un homme qui se pLiint. 

Plût au ciel que la rose Fût encore au rosier 
Et que ma belle maîtresse Fût encore i m'aimer [Vendit]. 
Je voudrais que la rose Fût encore au rosier 
Que ma belle maîtresse Fût encore à m'aimer 'hajtna^. 
Je voudrais que ta rose Soit encore à cueillir 
Ou que la jeune 611e Soit encore â aimer {Champ.-Ard.), 
et par Chainpdmrv ivoir plus loin'. 
Nous avons déjà parlé de l'origine du vers : 

Et que le rosier même Fût encore à planter. 
Ce vers a-i-il été trouvé pour remplacer : 

Et que mon ami Pierre Fût encore à m'aimer, 
vers fortement ébranlé par les interprétations données à ceux qui le pré- 
cèdent, et s'est-il ensuite faufilé dans les versions comenani ce dernier î 
C'est ce que nous ne saurions déterminer; généralement il exclut : Gf 
^ae mon ami ... ; cependant dans quelques versions les deux se irouveni 
l'un à cAté de l'autre. 

I ) Versions où se retrouve le vers : Et tfoe moa ami Pian fia tatore à 

m'aimer. 



Je voudrais que la rose 
F.t que le rosier même 
Et que mon ami Pierre 



Filt encore au rosier 
Fût encore à planter 
Fût encore à m'aimer. 
\Buchon, )'veto(, Oti«r, Seint-tt-Oist.) 
Ces trois versions permettent l'adjonaion d'un seul vers, parce que 
le couplet se compose de la répétition du vers final du couplet précédent 
et d'un vers nouveau. Dans les irais suivantes ce n'est pas le cas : il 
allait un second vers pour adopter El tjue le rosier mime... 

Je voudrais que... Fût encore... Et que... Fût encore... Et que l« 
planteur m*me Ne fût pas encore né lit que mon ami... Fût... (Btaare- 
pdirt, variante Paj maigre). La version Setae-tt-Otst exigeait également 



)34 '■ CILUtRON 

un second vers : ne l'ayanl pas à sa disposition^ elle répèle : Et ^ut 
rosier mime... 

Je voudrais que b rose Soit encore au rosier 

El que le rosier même Soit encore â pUinier 

Et que le rosier même Soit encore 1 planter 

El que mon ami Pierre Ne m'eût jamais quitté. 
La version Haupt, dont je ne connais pds 1^ musique, était sans doute 
dans ]e même cai : c'est la même que Btaurtpàiret variartu Paymaigrt. 
Celle de Warhy-Baîllon, dont le couplet ne se compose que de de 
hémistiches répétés et séparés par un refrain, permettait l'adjonc 
d'un nombre indéfini de vers. Voici ce qu'elle donne : 

Je voudrais que la rose Kût encore au rosier. 

El que le rosier même Pût encore à planier, 

Et que la icrre même Fût encore â piocher, 

Et que la pioche môme Fût encore à forger. 

Et que mon amant Pierre Fût encore  m'aimer. 
L'équivalent de : El que mon ami Pierre fût encore à m'aimer. se 
retrouve dans Cambrésis : 

le voudrais que ta rose Fût encore au rosier. 

Ou bien que le rosier S'rait encore à planter, 

Ou bien que la fiileite S'rait encore ili m'aimer. 
... Soit... Je voudrais q'ie rosier Soit encore... Et que la jeune &Ilc 
Soit encore... (Puymaigre)... Fût... Et moi et ma maîtresse Dans les 
mêmes amitiés Et que le rosier même Fût à la mer jeté ,Cagnon\. On 
remarquera que dans celte dernière Et moi ei ma mattrtnt dans les mima 
amiiUs se trouve immédiatement après Je voudrais ifue ta tùse l'iit tncort 
au rosier, c'est-à-dire à la place où se trouvait : Et ^ue mon ami Pierre 
Fût encore à m'aimer. 

2)Veraons où ne se retrouve plus le vers : Et ^ue mon ami ni son 

équivalent. 

■t) Même nombre de vers. 

Je voudrais que la rose Fût encore au rosier 
Et que te rosier même A la mer fût ieté [Canadienae). 
... Fût à la mer jeté ÇMarmier)... Soit... Soiz encore à planter 
(Cayeux)... EU' fût sur le... Fût encore à planter iSancmoù).-. Que le 
rosier que j'aime Fût encore à planter (Sans uiJic.)... Fût encore i 
planter \Ld Rochelle].., Fût encore i coupa Et que le rosier même 
Fût encore â planta {Bujeaitd i) Au dbbte fut la rose... Que le rosier 
même Fût encore à planter (de Coargaes). Dans la version Civet, le 
transcripieur a oublia le premier vers; après Poar un boulon de rose 




^1 Autres adjonctions sur le même thème. 

Je voudrais que la rose Kût encore au rosier 
El que le rosier même Fût encore à planter 
Et que la terre entière Fût encore i créer iTarb^. 
Je... Fût... Et... FQt... Je voudrais que la terre Fût encore ù piocher 
Et que la pioche même Fût encore à forger \Ramania\ Je... Sùi... Ri... 
Sût... Et que même la terre Sût encore à besser Et que la besse même 
Sût encore â forger Que le forgeron même Sût aussitc à forger \Beny\?> 
El que le rosier même Fût encore à planicr Ainsi que le panerre Encore 
à cultiver Que le jardinier même N'y fût jamais cmri ^Bajejad i), 

î) Versions isolées. 

Parmi les versions qui ne se rattachent pas aux précédentes, il y en 
a une qui mérite tout particulièrement l'atientiotï. C'est la plus vénérable 
par son A^e. Elle a paru dans un livre publié en 1704 ■ ci est repro- 
duiie dans le Moniteur. Malgré son ancienneté, c'est une des versions les 
plus éloignées du texte original tel que nous l'avons reconstruit. La 
voici à partir de notre 7' vers : 

Tu as le cœur tant gai, El moi je l'ai navré : 
C'est de mon ami Pierre Qui s*en est en allé. 
Je ne lui ai fait chose Qui ait pu le fôcher, 
Hors un bouquet de rose Que je lui refusai. 
Au milieu de la rose Mon coeur est enchaîné : 
N'y a serrurier en France Qui puisse le déchaîner 
Sinon mon ami Pierre Qui en a pris U clef. 
Ce n'est pas l'élégance de style qui lui manque 'cependant tu at U 
caur ïojii gdi ne peut aller, il nous faut une syllabe féminine de plus ; 
N'y d serruritr en France n'est guère possible) ; mais que signifient les 
cinq derniers vers: Mon ami Pierre a pris la clef de mon cœur qui est 
enchaîné au milieu d'une rose que je lui aï refusée ? Cela est décidément 
amphigourique ; peut-être fauteur a-t-il compris â moitié l'allégorie de 
la rose, ci a-i-il voulu exprimer que tout en la refusant l'héroinc 3 
donné son cœur à Pierre, qui en est maintenant le maître, le regarde 
celle version Ballard comme un remaniement fait pat un auteur fort 
au-dessus des remanieurs que nous avons vus â l'œuvre jusqu'à présent, 
quoiqu'il paraisse n'avoir compris son original qu'à moitié. Il ne ^udraït 



]. Chrittophe Baltard, BniiMîts oa ^tûlt aus tendra; Paris, t. Il, 170^., 
p. Î84. 



^30 ). CILUËROM 

du reste pas lui aiiribuer comme siennes les idées cûnienues dans son 
remaniement : ce sont des données courantes dans la chanson populaire. 
S'il en est de cette version ainsi que je le pense, elle nous montre que 
depuis fort longtemps notre chanson n'était plus gu^e comprise et par 
conséquent était sujette à des altérations profondes. Si nos rer&ions con- 
temporaines n'ont conservé aucun trait qui se rattache à celle de 1704 
c'est ou que cette dernière fut un fait isolé qui n'a peui-itre vécu que 
lia vie de son auteur, ou que des centaines de versions qui parcourent 
les pays français on n'a encore publié aucune de celles qui en sont tes 
dépositaires. Ballard n'accompagne son texte d'aucune note, d'aucun 
renseignement sur la provenance de la chanson ; le fait que son livre 
contient surtout des chansons d'origine savante, que les chansons vrai- 
ment populaires y sont seulement en petit nombre, peut bien faire sup- 
poser que sa CUire Fontaine n'est pas une transcription fïdile d'un texte 
recueilli parmi le peuple. 
Les deux versions suivantes ne méritent point de commentaire : 
Je voudrais que la rose Fût encore au rosier 
Et que mon ami Pierre Fût encore â m'aimer, 
Que le roi qui l'appelle Fût mort et enterré ; 
Car bientôt par la reine U serat appelé : 
Dans sa chambre de marbre On le fera monter 
Et dans son beau lit d'ore ' Elle me frat oublier, 
Puis on le fera pendre Pour l'avoir trop aimé. 

{Champjteary.] 
Fût encore au rosier 
Fussent à marier; 
Qui fût faite i mon gré. 
Il n'y faut plus penser. 

(La RéoU.] 
A La RMe on chante également après le premier vers : 
El que le rosier même Fût encore à planter. 



Je voudrais que la rose 
Et que toutes les filles 
Je m'en choisirais une 
(^ant à ma mie Jeanne 



Notre ronde a un refrain. Dans la plupart des versions il se compose 
ai Irak la..., àtgai gai..., de don daine..., etc., etc ; nous ne nous 
occuperons point de celles-là. la critique n'a rien à j voir. Celui de la 
version de Goargues peut être cité comme curiosité : H la dca t^jacia, il 
U dca gracia ya ya ; de même Bujtaud ) : En revenant de noces — 
Bavofi$ nous tn rt//o«f — J'étais bien fatigué —Faut iwire et prttulrt 
hdtiM — J'éuis bien fatigué — Faut boire et t'en aller. 



LA CLAIRE FONTAINE Jjy 

Les trois versions du Canada ont le même refrain ; comme on ne le 
retrouve pas dans les versions européennes, il est permis de croire qu'il 
est d'origine canadienne. Pour original, il ne l'est pu : il est banal et 
pourrait s'appliquer A cent autres chansons. 

Il y a longtemps que te l'aime Jamais ^e ne l'oublierai 

(Canadienne). 
... que je t'aime ... t'oublierai \Marntier}, Lui y a ... t'aime ... l'oublie- 
rai {Gagnon). J'aime mieux les versions suivantes : 

Et vous m'avez la Ion la la Vous m'avez laissée \i 

ÇU RochdW). 
Vous m'avez eh ! Ion Ion la Vous m'avez laissa U 

(Befgim]. 
(On m'avait la la la la On m'avait laissé iJt : Sans iad.) 

Vous m'avez tant aimé El vous m'avez délaissé [PuymaigT^t 
Bujeaud 4 jcf. Bujeaud j| En revenant de noces — Vôui m'jvex ton 
vous m'avez Ion lan la — J'étais bien fatigué — Vous m'avez laissé là. 
[| est possible que les suivantes soient originales. 
Oui j'iaiiends (i'ii) Celui que j'aime (bis) Oui j'Iaitcnds (his) Celui que 
j'aime depuis longtemps {Civ£t\. 

Ah ! l'iattends l'attends Celui que i'atme {bit] Ah I j'iaitends j'iattcnds 
L'attcndrai-je encor longtemps {Ouest) ? 

Ab 1 je l'attends Uer) Celui que j'aime Que mon cœur aime Ah ! je 
l'attends [ter]. Ah ! l'attcndraî-jc encore longtemps (Bitchon] ? 

Ah! j'attends (1er] Celle que j'aime Que mon cœur aime Ah ! j'attends 
[ur) Celte que mon coeur aime tant (Cherbourg, entendu d'un jeune 
homme qui n'avait retenu de la chanson que le refrain). 

Un seul refrain me satisfait complètement. C'est celui de Ballard 
{Monilettr'f : 

Q;ue ne m'a-t-on donné Celui que j'ai tant aîmé ' P 
J'ai plus d'une raison pour le croire original : c'est celui qui de tous 
précise le plus le cis dont il est question dans la ronde, ce serait déjà 
une raison qui parlerait jusqu'à un certain point en sa faveur. A celte-là 
vient s'en ajouter un autre, c'est que ce refrain n'est pas en rapport 
avec te récit de h version qui le renferme iMoniuar), ce qui prouve 
qu'il n'est pas du rcmanicur Ballard et qu'il s'est pour ainsi dire imposé 
à lui. En effet, tandis que les autres refrains : Vous m'avez bissée /i, 
J'attends celui que j'aime depuis longlemfs. pourraient servir à toute com- 
plainte d'une amante ou d'un amant délaissé, celuî-U nous dit : Pour- 
quoi ne m'a'i^n pas donné celui que j'ai tant atmi ? et ces mots résument 



I . Il va sans dire que le rririin n'a pis nécessairement la aiéme facture que 
les vers du récit. 



3J8 I. CaLICBOH 

le r^cit de la chanson telle que nous l'avons reconstituée, et telle qu'a 
cun chanteur ne la comprenait, pas môme celui que représente la ver- 
sion Ballard, celui qui chantait : Qac ru m'a-t-m donni Celui ^ue j'ai 
tant aimé ? 

(On a donné à la jeune fille un mari qu'elle n'aime pas, ou du 
moins pas autant que Pierre. | En revenant de noces elle se repose 
aupr^ d'une fontaine, s'y baigne, s'essuie à la feuille du chine. Sur la 
plus haute branche le rossignol chantait. Elle adresse sa plainte au ros- 
signol : « Mon amant m*a quitté Pour un bouton de rose Que je lui 
refusai. Je voudrais que la rose Fût encore au rosier Et que mon ami 
Pierre Fta encore à m'aimer... » (car je ne lui refuserais plus te bouton 
de rose), et comme refrain : 

<^e ne m'a-t-on donné Celui que j'ai tant aimé^ 

Voici la chanson telle que je la reconstitue : 

Ea revenant de noces J'étais bien fatigué' ; 

Au bord d'ui» fontaine Je me suis rcfMsé', 

Et l'uti étiiit si cUire Que je m'y suis baigoé', 

A la (cui^le du cMne Je me son esiuyi'. 

Sur la plus haute branche Rourgnol a chanté. 

Chinte, rouignol, chante, Toi qui as le cœur gai ! 

Le mien n'est pas de même ; Mon anant m'a qnitté' 

Pour ui bouton de rose Que je lui refusai. 

Je voudrais que la rose Fût encore au rosier, 

Et (jue mon ami Pierre Fût cncorr i m'aîmef. 

Le refrain vient s'ajouter soit après le second vers, puis ensuiie après 
chaque vers, soit après chaque paire de vers, selon que la ronde se 
chante : 

En revenant de noces l'étais bien fatigué'. 

Au bord d'une fontaine Je me suis reposé'. 

Au bord d'une 

Et l'eau était si claire Que je m*y suis baigné', 
ou qu'au lieu de répéter le vers, on commence par le second et ainsi de 
suite. 




La version publiée en 1704 par Baliard. version qui s'écarte beaucoup 
de l'original tel que nous l'avons adopté, est le plus ancien texte que je 
connaisse de la Cfjir* Fontamt, C'est à ce titre, et aussi parce que le 
Moniteur (c'est sous ce nom qu'elle figure dans notre examen) en a 
modernisé l'orthographe, que je la reproduis ici in extento. 

Sur te bord de b Seine, Me suis lavé les pieds. 

D'une feuille de chesne Me les suis essuyez ; 




U CLAIRE PONTAIWE 

n« m'a-t-oti donné i 



339 



Celui qu« j'ai unt aimé ii 



refrain 



I 



O'une feuille, etc. 

J'aj entendu la vmx D'un Ro&signol chamer. 

Chante, Rossignol, chante, Tu as le cceur tant gay. 

Tu as le cœur tant gay, Et moi je l'ay navré. 

C'est de mon amy Pierre Qui s'en est en allé. 

Je ne tay ay bit chose Qui aii pu le fâcher 

Hors un bouquet de Rose, Que je luy refusay, 

Au milieu de la Rose. Mon cœur est enchaîné. 

N'y a Serrurier en France Qui puis' le déchaîner, 

Sinon mon amy Pierre, Qui en a pris la clef. 
***rist(^he Baluru, BrunetUt oa petits airs ttnàrts, t II, 1 704, p. 284.) 

. ^- S. — Déjà avant qu'il ait paru, VExamca critique âts diverses ver- 

"*"• de ii CMu Fonlaine n'est plus l'expression exacte de ce que je 

pw>se 4 ce sujet. La confiance que m'insprrjii l'inierpréiaiion A laquelle 

•* "*>e suit arréié. après en avoir examiné d'autres, qui aujourd'hui me 

^^'■«aseiil tout aussi plausibles quoique pas plus satisfaisantes, est conii- 

V^^'*"*"t ébranlée- L'insuccèî de mes recherches est peut-être impu- 

,, '* â leur insuffisance, mais je suis plutôt porté à croire qu'il faut 

'^baer à une autre cause, d'ordre supérieur, cause dont je devenais 

.,- plus en plus conscient i mesure que j'avançais dans mon travail, à 

Pujisance de la critique en général en matière de textes transmis 

Client, de ces textes qui. vrais jouets de la fantaisie populaire, sont 

^ *tarajDent remaniables et renouvelables, et qui ne permettent d'établir 

^**ne base d'opération critique. 

"^. Hanoiaux. qui s'intéresse vivement à ce genre de travaux et qui 
j^,*^ait prié de lui remettre la première épreuve de Claire Fontaine, 
**^rit ce qui suit : 

** Je ne vous cacherai pas que je ne suis pas d'accord avec vous sur 
^ «ens générai. Vous voyez dans la femme dont il s'agit une itut-mariée. 
pb«ervei: que vous êtes le seul i comprendre ainsi et que parmi tous 
'^» rcmanicurs qui ont essayé de mettre de la lopque dans cette chan- 
^^ *On, il n'en est pas un seul qui ait par un seul mot manifesté qu'il 
^B ^«Smettait une hypothèse analogue à la vàtre. Au contraire, c'est ce 



u 



3]0 J. «ikUtRON 

« vers gênant : En rtvtnaii de nocts, etc. , qu'ils ont tous écarté ; ce qui 
D prouve bien que dans leur esprit ce n'est pas l'idée de noca qui était 
a l'idée fondamentale. 

<i Pour moi, il s'agit seulement d'une jeune fille que son amant a 
cr quittée. Elle a été A la noce, elle a vu sa compagne heureuse^ tout est 
« gai autour d'elle, la fontaine était claire^ le rossignol chantait dans les 
u arbres ; alors la tristesse lui est venue au cœur. Elle regrette d'avoir 
u refusé ce bouton de rose [qui, pour moi, est prît id au figuré^ et 
« d'avoir éloigné son ami Pierre. " 

C'est la première interprétation que j"ai examinée. 

1 Mais^ me direz-vous, comment expliquer alors ce vers : Jt voadrdû 
ir {fue la rose....' J'avoue que je suis etr.barrassé. Ou bien il répond â 
b quelque incident qui nous échappe, ou bien il veut dire que depuis le 
« dépan de l'amant la jeune fille s'est donnée à un autre. Mais c'est tou- 
<i jours le premier qu'elle aime. 

V Tout cela n'est pas très plausible (— le siùs aussi de cet avts — ). 

u Aussi je serais assez porté A admettre une autre explication de U con- 

■■ tradiction. Ne serait-il pas possible que ce vers : U voudrais que la 

V rose.. . fût une interpolation et n'appanlnt en rien â U chanson ? { — Ce 

v vers manque dans la plus ancienne version^ celle de Ballard, celle qui 

a contient le refrain : Que ne m'a-i-on donné celui ^atj'jt tant aimii —] 

a Je ne suis pas éloigné de penser qu'il y aurait li une autre chanwn 

« luut indépendante qui se serait, grâce à ce mot rofe. employé dans le 

D vers précédent, introduite de vive force dans la chanson de Ciaire 

n Fontaine. Cette chanson parasite serait une chanson par énuméraiion 

n comme il en existe tant et comme vous en connaissez certainement : 

a Je voudrais que la rose Fût encore au rosier 

« Et que le rosier même Fût encore à planter 

• Et que la terre même Fût encore à piocher, etc. 

" La chanson parasite que je suppose introduite dans Ciairc Fontmac 

• par le mot de boulon de wie me parait avoir tout i lajt ce caractère. 
u Par U elle se distingue de la chanson même, qui est une simple 
ft rêverie. 

u Voili mon hypothèse. Elle se confirmerait si l'on trouvait le texte 
B indépendant de la chanson de la Rote. Il faudrait alors rencontrer un 

• ou deux couplets de début qui nous manquent, o 

Je comprends parfaitement qu'une chanson par énumération ait pu se 
souder i « Je voudrais que la rose fût encore au rosier. • Ce vers 
l'amcnaii naturellement : 

Je voudrais que la rose Fût encore au rosier 

Et que le rosier même 



LA CLAIRE FONTAINE J^f 

Et qne la terre 

Et que la pioche 

Mail je ne crois pas qu'il y ait pu y avoir soudure après : 

PcHir on bouton de rose Que je lui refusai. 
Si l'hypothèse de M. Hanotaux était vraie, toutes les versions (sauf 
celle de Ballard, qui tfaite le thème d'une façon originale) auraient subi 
Hnterpolation, et certaines d'entre elles n'auraient cependant gardé de 
li duauon par énuméTation que le vers : Je voudrais que la rose fàt encore 
a TùBtr, qui ne présente aucune énumération. 

J. GlLLlÉRON '. 



■■[Lcseflorts ingénieux de M. Giiliéron ne réussiront sans doute pas à per- 
njder ta lecteurs, puisqu'ils ne suffisent plus à le persuader lui-même; mais 

aaaul 
tiWl 

àtràta un fil sAr pour y pénétrer de nouveau. L'article de M. Cilliéron est 
^ôeu par mille aitails, et je ne puis trop engager notamment les collecteurs 
ttdtuts populaires i méditer les avis qu'il leur donne. — Pour la chanson 
■be dont il s'agit, il j aurait encore bien des observations à présenter ; mais 
■xaplassage d'attendre de nouveaux matériaux, qui ne manqueront certain 
MM {uu de se produire. L'hypothèse de M. Hanotaux est séduisante, mais 
IÇKcrois pas qae la fin de ta chanson fbt originairement une simple énuméra- 
^ic^estun souhait de détruire, d'abord un passé importun, puis soi-rnSme, 
*)'t utare) dans la douleur. Le vers El qut mon ami Pierre fût encore à m'aimer 
'tttKnËt fuc /( roiier mime fût encore à planter sont deux suites différentes 
^(Wnlictoires données au vers Je voudrais que la rose fût encore au rosier ; 
'^ ipputiennent i des époques diverses, comme le montre le sens oppose 
™*Ml^Mror£ à... Quant aux suites données à la deuxième de ces versions 
^^u ancienne i mon avis) dans quelques variantes, ce sont de pures 
"Wiei de gens qui ne pouvaient se résigner à finir si tftl une aussi jolie 




MÉLANGES. 



LUI ET LEI. 
1. 

Voici tes différentes étymolo^es qui ont été données jusqu'ici de la 
forme pronominale masculine lai, commune, on le sait, au français, au 
provençal, à l'italien et au roumain. 

i" Léger, lat. illius' ; 

2° La combinaison de Tacc. illura et de l'adverbe hic : iUulm- 
h)ic- 

3° La combinaison du datif illi et du datif huic : ill(i-h)uic) ; 

4" Un datif illuic formé analogiquement d'aprèsle nom i t lie, comme 
huic de hic^; 

•f" L'adverbe illucemployé pronominalement! ; 

6" L'adverbe ill une employé pronominalement*. 

Contre toutes ces étymologies, M. Paul Meyer a très justement 
demandé la question préalable en rappelant « que lui (illui sous la forme 
complète) est un cas oblique [gén. ou dat.] de ille, dont les exemples, 
qui remontent à l'antiquité, ont été maintes fois relevés 7. » Mais com- 
ment expliquer itlui? 



1 . Cette étymologie est déjà dans le Dictionnaire de Ménage. Dïez la men- 
tionne en première ligne {Gramm.^ trad. franc., Il, 74I, mais reconnaît que des 
raisons de phonétique empêchent de l'accepter; M. Schuchardt s'est appliqué 
avec beaucoup d'ardeur à réfuter ces objections (Zeitschrift fur vgl. Sprackst., 
XXII, 165). 

2. Delius, dans le Jakrb. fur rom. and tngl. Ultrat., IX, 98 ; et. Dicz, uH 
supra. 

}. Diez, abi supra. 

4. Cette explication est donnée par Diez concurremment avec la précédente. 

j. Chabaneau, Revaedts laneaes romanes, III, 347. 

6. Clédat, ibid., )• série, Vn, 49; cf. Romania, XI, i6j. 

7. Remania, XI, léj. 



Lui ET kl J 1 { 

M. Tobler avaii déji vu le point faible de toutes les étymologies pTO- 
pnin iusqu'kt. Dire avec M. Schuchardt que ie tatin populaire a 
mflfffi illui au lieu du génitif i II i us, c'est esquiver la dilTiculté et non 
bréioiidrc, puisque entre illius et illui il y a des barrières phoné- 
liquK infranchissables. Supposer une forme illuic dont on n'a aucun 
oonple n'est qu'un expédient : d'une part it n'est guère permis de 
pcntfiqae le pronom kic, qui a disparu dans toutes les tangues romanes, 
^ par conséquent ne devait pas être populaire, ait exercé une influence 
ipielanKiue ; d'autre part, en admettant le datif illaîc, comment expli- 
^erlicbute du c dans les textes bas-latins, qui tous nous offrent //fui 
w lu, pirfois tuf ! Frappé de ces objections, M . Tobler a été amené A 
fwserque illui était une création analogique du latin populaire ayant 
**n point de départ dans le datif nji du pronom relatif el ititerrogaiif ' . 
L'explication de M, Tobler me paraît supérieure à toutes celles qu'on 
■ données avant lui ; je l'adopterais volontiers ... si je n'en avais â pro- 
PWfr unenouvdle, 

"Je fait au génitif illius : Sa même forme de génitif en Tus se 

'^^uvc en latin darts les pronoms ou ad|ectifs ipse, iste, unus, ullus, 

nul] us, lolus, totus,alius, ut«r, alter, neuter. Francis Meu- 

^ a expliqué la formation de ces génitifs *, et son explication parait 

"ITd'hui admise dans le domaine de la philologie latine i. Le génitif 

'""''al de ille est illi : à ce génidf primitif, formé comme domini de 

l'on i nus. est venu s'adjoindre le génitif ius du pronom is. Illius 

"** donc qu'une forme contractée de i lli + ius. 

*-« qd s'est passé au génitif a dû se passer au datif, au moins dans la 
*KUe populaire. Le datif classique illi paraît n'être qu'un locatif 
*"P'<ijé abusivement; le véritable datif masculin de ille est illo, 
'*''^*pondant à l'accusatif il lum et au génitif illi. Illo s'est combiné 
1^ le datif ei, comme illi avec le génitif ius : de là illo + ei = 
^ «i = î 1 1 i, de même que illi + ius == illiius^ illius. 
/V^'^V au passage de tiloi à illui, il s'est effectué conformément aux 
^e la phonétique historique du latin, comme celui de quoi us et 



^"^ ii cuiut et cui, et de hoîas et hoic h huius et huic. 
Xj s a obtenu droit de cité dans la langue littéraire ; illui au con- 



III 1 



tni.', 



^^ ^. par une de ces anomalies dont le linguiste ne s'étonne plus» n'a 
^^^ que dans la bouche du peuple, jusqu'au jour ofi le tatin populaire a 
t^pk lanté le latin classique : ce jour-l i 1 1 i u s a disparu , illui seul est 
^* dans les langues romanes. 



* - ZAukf, fùrrom. Pkihtogu, III, iî9;cf. Romanîa, VIII, 46). 

*- Km. ieta Sot. dt ling. 4c Pani. t, 14 et s. 

. *- Voyci me note de M. Louis Ha/et i sa Ifiduclion 6tii Oielinaifon Utine 
* Bûcheler. p. m. 



NÉLANOeS 



11. 



La forme pronominale féminine correspondame i lui est en italien 
/;i*. en roumain « laflfaiblissemem de ta], en provençal Ui et lui, Itit ei 
lieit, en ancien français 'lUÎ, forme primitive qui, dans le dialecte de 
l'Ile-de-France, s'est contractée régulièrement en li, dans les autres 
dialectes en Ui, lié ou li. 

Diez tire l'italien Ui du datif féminin illae au lieu de illi, avec cette 
remarque : « \'i ajouté sen à conserver la longue, comme dans noi, yoi, 
de nos. vos'. » Cette explication du maître ne saurait être admise 
aujourd'hui : l'i de not et voi est un i analogique qui s'est peu A peu 
développé sous l'influence des pluriels en i; quant i l'i de Ui. il est 
inexplicable avec la base illae, M . Tobler suppose i 1 1 a e c ; mais la 
vocalisation du t* en i' est contraire aux lois de la phon<i5tique italienne. 
1 1 1 a ec conviendrait à la rigueur â l'explication des fonnes françaises 
et des formes provençales sans s : mais par cela même qu'il ne peut 
expliquer ni l'italien ni le routnuin, il est insuffisant. Pour le prov, Uis, 
itcis, Diei propose i 1 1 a e -J- i p s u m. M. Tobler dit tris bien que cette 
forme ne peut iire séparée des autres, mais, quand il propose ill aecc, 
nous ne pouvons nous rallier à son opinion : i 1 1 a e c c traité conformé- 
ment d la phonétique provençale n'aurait pu donner que Uti, Ueti (cf. 
patz de pacem, ivc de vicem, vott de vocem, etc.). 

La véritable explication de Ui est iniimemem liée à celle de fui que 
nous avons donnée plus haut. A côté de i 1 1 u i. le latin populaire avait 
la forme féminine correspondante illei', et cette forme s'explique de 
même. Elle est le résultat de la combinaison de illae, datif féminin 
primitif, avec ei:iil.icei=^illaei = illei. 

Les formes provençales avec une i s'expliquent par le géniiîf. Illius 
n'est i l'origine que masculin; le féminin estillaeius =: Jlteius => 
[il)Uis. 

Il va sans dire que toutes les autres formes pronominales des langaes 
romanes en m et en ei ont la même explication i. 

Am. Thomas. 



i. Cramm., Il, 74, 

2. Voy« P. Meyer, dans Ramsnia, XI, i6j. 

;. O qui rend la tuppoitlion tn blîn populaire de illo + ci et illae + el 
plus que vraisemblable, c'est que ce dâiit redoublé exnte pour is et qui: 
M. Fr. Meunier a rfunî de nombreux exemples de tki cl de qaoui pour û cl 
quoi iloi. ijuif.i. C^ant au génitif féminin illaeiut^ ce n'est pa^ une simple 
supposition : dans une inscription de Ladlk \As)e-MéncDre|, on ht ipseius (= 
î/t;itn'uj la même inscription portant sut pour iu«), génitif féminin de ipse 
{Cerf. tnic. Ut., III, 287). 




II. 



BELET. 



r 



Ce mot se trouve deux fois dsns le Roman de Roa : 

Richard enveia par u lerre 
Cheval} e dra» e kU:* qucre, 
E vdiuelc d'or c de argent. 

[Roo, }■ partie, i4ro, Andresen.) 
DuDC priit II reis le duc, sil baisa e {oi, 
Ses Mis, ses deduiz, ses aveirs it oflri. 

(Ibid., i^pirtie, i66«, id.) 

Diez (Et. \Vb. II c beii), Littré et M. Andresen lisent ou corrigent 
btle! et voient dans le mot beU le primitif de heletu. M. tiodefroy, qui ne 
donne que le premier exemple, en extrait le sing. beUt, et l'explique par 
« fourrure, peau de belette ; ■> La Curne, qui cite seulement le second, 
y reconnaît également le pluriel de heUi, et donne à ce raoi le sens de 
V joyau, o Cette dernière inierpréuiion parait la plus vraisemblable. Il 
e$l naturel ()ue le duc Richard, qui marie sa tille à GeofTroi, comte de 
Bretagne, otTre plut6t à la jeune liancée des bijoux que des peaux de 
belette, ce qui n'est point rare maintenant et ce qui l'^iait encore moins 
à cène époque. Maïs c'est dans le second exemple surtout que belrt ne 
peut guère signifier autre chose que « joyau. » Le roi Henri d'Alle- 
magne offre des préscnis d'amiiié au duc (luilbumc : est-il raisonnable 
d'admettre qu'il aille lui offrir des fourrures de belette i Ce ne sont pas 
l des cadeaux de prince A prince. 

BtUt est évidemment un diminutif de bel, et tmbtltUT^ u enjoliver^ n 
employé par Wace \Briit, 100411, en est un dérivé qui vient A l'appui 
du sens donné par La Curne. 

Au XVI* siècle, un poète qui, comme Wace, était normand, Vauquelin 
de La Fresnayc, se sert du mol bdtt avec la signification bien claire de 
joyau, de joujou, d'objet anistement façonné : 

C'est puur{|Uoi l'enfaricon Je sa nature en hast« 

Prendra plus tost qu'un pain un oiselel de paste, 

Et quand on luy présente un pourtrait, un trltt 

En argent imprimé, l'argent lu/ semble laid 

Qui n'est que simple masse : il aime une metlange 

Qui ta chose sujette à l'artifice range. {An fah., s;. Genlf.) 

Vauquelin ne fait ici que traduire en poite un passage de Pluurque, 



I . C'est la lecoA des nss. A et D ; B a htUtt, C nUt. 




lia HBLaSGES 

tiré des Sympoùaquts. Je le donne plus textuellement en prose, afÎD qu'on 
soit bien fixé sur le st^ns de hlei : « Si quelqu'un place devant l'enfant 
et lui montre uci morceau d'argent non façonné, tandis qu'une autre per* 
sonne lui offrira un petit animal ou un gobelet faiti en argent, il prendra 
de préférence l'objet où il verra l'art et l'intelligence unis â la matière, t» 
Belit esc resté dans te patois haut-normand sous ta forme bilot. Une 
mère veut-elle faire taire son enfant qui pleure ou qui crie, elle ne manque 
jamais de lui dire : k Tais-toi, min petiot, t'éras (lu auras) un btlol. » 
Mot magique, au large sens, qui fait passer devant les yeux de l'enfant, 
soudainement cnlmé^ toutes sortes de choses merveilleuses, toute la bou- 
tique d'un lapidaire, je m'en souviens encore. 

A. Delboulle. 



III. 

LES MANUSCRITS DU CONNÉTABLE DE LESDlGUlERES. 

Le connétable de Lesdiguières, mon en 1626, possédait un certain 
nombre de manuscrits, qui, après diverses vicissitudes, furent vendus î 
Toulouse en 1716 ei achetés en bloc par L'abbaye de Marmoulier. De là 
ils passèrent, lors de la Révolution, à la bibliothèque de la ville de Tours, 
En i6îî. un catalogue très sommaire en avait été rédigé. Ce catalogue 
nous a été conservé dans un des recueils de Peiresc, à Carpentras >. Il a 
été publié par M. J. Roman, en 1S77, dans le Cabinet historique, 1* série, 
1. I, Docamfnts, pp. 49-5). M, Roman, ay;jnt reconnu que plusieurs des , 
mss. de I.esdiguières se retrouvaient à la biblioihèque de Tours, a établi, 
dans un second article (ouvrage cité pp. il 0-2), la concordance des 
numéros du catalogue de 1 6 ; ; avec ceux du Cata!ogu€ des manuicriti Je id 
iMbliothiijiu dt Tourï publié en 187^ par M. Dotange'. Nous allons repro- 
duire ici, d'après le Cabinft bistariijae, la liste de tôij en y joignant 
cette concordance : 

I. Un vieux livre manuscripl, vers allemands, de E'an 141S. 



I . M. H. Omoni, de la Bibliothèque nationale, a bien voulu me signaler une 
autre copie de celle liite. dans le ms. 17917 du fonds latin, Bibl. nat. (ancien- 
nemeiti oouhier B ^jf, qui est un recueil li'an^.■lct>î cjiiloguçï copiés i 11 tuile 
les uiiî d« autres, d'aprèi les oapicn de Peiresc. Celte copie, ayant pour 
oridnal la p\tcf même iju'a publiée M. Roman, ne pçut îcrvir qu'i contrôler 
l'édition du dVifitt hulon^Lu. 

î. M. Chibaneau s'mI occupa des manuscrits du cornétabic de Lcsdiguières 
daiH se% rrcherdies « sur quelques manuscriti provençaux perdus ou égarés • 
[RtVttt dit langiui foinantt, mai i88î, i» série. VII, 2\ \-2\. Mais il n'a pas 
connu la publication de M. Roman, et n'a extrait du catalogue conseri'è dans le 
fonds Peiresc que cinq articles. 



LES MANUSCRITS DU CONNÉTABLE DE LESDICUIÈRES })7 

j. Aultre livre minuscript en vers françoys ; le Songe du 
pderin jge de la vie huiDaine, de l'an i ooo, bien escript. . Tours, n* 9^0. 
). Grand livre manuicript de la vénerie, uns date. 
4. Le decretalus* en fran^cys, manuscript sans date. 
\. iji Légende dorée en françoyt, msnuscrîpt sans dite. 

6. Un roman Deoclcsiin et Samarinde^. 

7. V'teui livre mt. delà destruction de Traye, en ft^n^oys. . . Tours,n*9i}. 

8. Légende de Nottre Dame, en provençal et italien. 

9. Les Prophéties de Merlin, vieux manuscript. 

10. Autre livre manuscript ; Songe du pèlerinage de la vie 
humaine. 

1 1, Miracles de Notre Dame, en vieux vers fran^oys Tours, n* 948. 

II. Un vieux roman : Tnttiin. 

i). Un bréviaire. 

14. Un vieux mitiel manuscrit. 

1}. Un jnanuscrit des chevaliers d'Artus. 

16. Contemplation de la vie et miracles de J.-C. en vieux pro- 
vençal. 

17. Le roman d'Alhis ei Proietilas,efl vieux vers françoys . . Toun, n> 940, 
,18. Le roman de Barlaam etiosaphat, en vieux vers françoys. Tours, a' 949. 

19. Ctiansoos provençales vieilles. 
'10. Combats du corps et de l'ime, en vieux vers tramçoys. 
31. Un vieux missel manuscript 

31. La vie de jaini Honoré, en vers provcaçiui Tours, n* 945. 

3). Un vieux roman : Ogier le danois. ....... Tours, n*9j8. 

14. L'Image du monde Tours, n' 946. 

Jl- Le roman de Cuion de Bourgogne Tours, n' 9J7. 

26. Livre de lautcunneric. 
J7. Vieux livre de rccctlcs de médecine 
aS. Un manuscript en lettres lort anciennes sur le Nouveau 
Testament. 

Voilà donc 9 mss, retrouvés sur 28, L'une de «s idcntifi cations, tou- 
tefois, n'est pas exacte : celle du Sair.t Honorai poné sous le n" ai. Mais, 
avant de rectifier ce détail, cherchons ce que som devenus les autres mss. 
Le récent mémoire de M. Oelisle sur les pertes subies en ce siècle par la 
bibliothèque de Tour$> va nous l'apprendre. Dans Ce mémoire, te savant 
directeur de la Bibliothèque nationale a réusïi à reconstituer à l'aide 



1. Dans U copie de Bouhier il y a L<f Jardafa, ce qui est probablement 
aussi la leçon du ms. de ('arpentras. 

2. S^mjimJt n'a pas de icns : J'AmarinJi, leçon de Bouhier, n'est viaisem- 
bUblemeat qu'une correction peu heureuse. H (aul pcut-^lte corriger iâ 
ttiareitti. En ce cas le ms. aurait contenu les Sept Sjga Je /tont. 

1. HoUtc lur /ri mjnu»nfi liitparas dt ta bttliotbiijin dt Toiai ftndént la fu- 
in moàii Ju XIX' siitU, in-4', t88t, 200 pages «extrait ietlMttsdtxUaits 
litt maimund, t. XXXl, i"* partie). 



RtmMit, XSi 



22 



))8 weuHces 

d'anciens inventaires souvent très peu explicites (celui des mss. Lesdt- 
guièfes est du nombre| l'état des collcciions de manuscrits que possédait 
la bibiiothiïque de Tours au commencement de ce siècle. I( a consuié 
de nombreux déficits résultant de spoliations successives. Entre ces spo- 
liations les plus récentes sont celtes dont Libri fut le coupable autew. 
Elles ont été accomplies en 1842 ou peu après. On sait que Libri %-endit 
en 1847 au comte d'Ashburnham la plus grande partie de la collection 
de manuscrits qu'il avait formée en peu d'années, soit par des acquisi- 
llons légitimes, soii par des procédés plus économiques mais moins hon- 
nêtes. S^aidant du catalogue très sommaire, souvent même inexact, que 
Libri avait rédigé et que le comte d'Ashbumham a fait imprimer ' , mettant 
à profit les notices publiées i diverses époques sur quelques-uns des mss. 
qui consittucni actuellement le fonds Libn Ashbumham Place, M. Delisle 
est parvenue identifier vingt-trois articles du catalogue Ubri avec autant 
de volumes qui ont disparu de la biblioihèque de Tours entre 1843 et 
1847». Si rigoureuses ont été les déductions de notre éminem paléo- 
graphe, que l'examen des mss. eux-mêmes, entrepris il Londres au mois 
de mars dernier par M. Deliste, assisté de deux anciens élèves de l'Ecole 
des chartes), a confirmé tous les résuhats consignés dans le mëmotre 
qui dès lors était imprimé et mis en pages. Les modiftcalîons suggérées 
par cet examen n'ont porté que sur des détails sans importance*. 

Entre les vingt-trois mss. de Tours que Libri a fait passer en An^e- 
terre, il en est six qui, d'après les recherches de M. Delisle, peuvent *tre 
identifiés avec autant d'articles du catalogue Lesdiguîèrcs. Je les indique 
dans l'ordre de ce catalogue : 

Iiesdigolères, 4 = Libri lOl, ainsi décrit Aim le catalogue Ubri î 
( TrMi Jt droit. Manuscrit sur vélin, en provençal, à longues lignes, 10-4*, 
• du XIV* siècle. Ce volume précieux se compose de 184 feuillets*. 1 



1 . Cetaloj^ue 0/ the mawKfipts (il Ashtu'nh^m phtt. Part Ihe firsl, comprî- 
sing a collection formtJ by Professor Libri. Londoo. prinlcd ty Charles Francis 
Hodgson. ln'4'' pasmè B — HH3. Ce cttilogue contient tgi; articles Jont 
quelques-uns u>nt 1res volumineux, par ex. le n' 1871 qui se compose de cin- 
quante portefeuilles remplit de pikcs variées et géRcralement volèei. 

2. Voy. le teltvé de en mss. dans le mémoire précité, p. igj. 
j. M. J. Havel et t'auieur du présent article. 

A. Cet modificatiûnt, Irh peu nonibreusci, sont indiquées i la lin du méffloife 
{AaJiim!, pp. 194-100) parmi un (;rand nombre de preuves nouvellesi l'appui 
des identifi cal ions proposées anlérieuren^nt à l'examen d« manuKrilt, 

{. L'identité de ce ms. avec l'article 4 de Lesdiguières t Le dccretalits en 
franco)!, manuscript sans date • n'c^t pas évidente, mais ce qui est évidrnl c'est 
que le ms. Libri toi vient de Lcsdiguiéres, car il a la marque propru dont il 
sera question plus loin, et il est certain qu'il y avait i Tours, au comment ment 
de ce siècle, un ms. de droit composé de 164 I!. et venant de Marmoutiers, 
Yoy la Notice de M. Delisle, art. LXII et les additions. 



• 



LES MANUSCRITS OU CONNÉTABLE DE LESDICUIÈRES ^^Ç) 

tiemdiguièTeB, 16 = Ubrl 109 : < Contemplafimt >U taiitt Bonavtn- 

■ turc. Ml. sur pjpicr et lur vHin, en provençal, i longues lignn, in-fol., du 

■ XiV ïiÈclc. » 

I,e(Mligiii«r«s, 19 — Ubrl 111 : ( Cluasons. Ms. sur papier, en pro- 

• ven(al\ à deux colonnes, in-fol., du XIV* s. Partni les pièces conletiues éaai 

• ce volume se trouve un roman intitulé : Sloria del dmjt Frondiae t ii Briscna 
« os st tontiint quatre litres d'tmon ai ûtguru c<iiuoni in Ftaatti ^. * 

Leadignléres, S2 = Ubrl 106 : « Vu it idtnf //o/i^rjr. Ms. sar papier 
en vers proserçjui, in-fol., du X1V« siècle^. • 
Lesdlguiftres, 26 ~ Libri 109 : • RomM des oîuavx, par Dandat* de 

■ Prada^. Ms. sur pap. de coton, en vers provençaux, i longues lignes, in-4", 
c du XIII" siËcle. A U fin de ce précieux volume il y a un petit traité de fau- 

• conncfie du XV* siècle, en français*. ■ 

I.eBdliruiér«8, 38 = Libri 110 : ■ LiNourtau Ttttimait.mtla vit^fQ* 

• {f]})ht de Jiitii-Chnu. Manuscrit sur papier, en provençal, â longues lijçneï, 

■ in-lotio, du XIV' siècle. Ce recueil très important parait se rattacher i t'hjs- 
f toire des Albigtois''. * 

Mais il s'en faut que la liste des mss. de Lesdiguières que nous a 
conservée Pciresc soit complète. Il existe, tant i la bibliothèi^uc de Tours 
que dans la colLeciion Libri, un certain nombre de mss. qui ne figurent 
pas sur cette liste, et qui pounant viennent inconiestablemem de Lesdî- 
guières. De ce nombre est le précieux volume qui contient le Mystère 
d'Adam i. M. Luzarche publiant en i R54 ce mystère déclare que le ms. 
a^ il se trouve fut acheté en 1716 de la famille de tesdiguières par les 
Bénédictins de Marmoutier, et s'exprime dans une note {Adam, p. ii}) 
ainsi qu'il suit : « La Bibliothèque de Tours possède le Cdtalogut des 



I. Erreur de Libn. Le mi. est caUlan d'un bout i r,iutre. J'ai copie de ce 
qu'il contient de plus important. J'ajoute en passant que ce ms. est celui que 
j ai signalé dans le BaiUun 4t ta Sonill ats nnutni ttxui , année 1S80, 
comme ayant appartenu i Fr. Redi. Mais depuis j'ai acquis la conviction que 
la Li{;naturc Framtico Rtdi, placée au dernier feuillel, est fausi^e. Elle a été 
apposée par Libri, qui était coutumîer de ce genre de falsification, pour dépis- 
ter les rcclierchcs. 

1. Sic dans Libri mais il y a des faute* de lecture. 

j. On a vu plus haut que'M, Ri?m3n idenliBait le ms. ai de Lesdisuiém 
avec le ms. conservé actuellement 1 Toun sous le tfi 94;. C'est aussi t'iaenlifi- 
cition que propote M. Chahaneau, Kaui Ja Uitfuu ttmantt, y téne, VU 
Ii88ï), p. îii. Mais M. Delisie a montré (art LXXIV de sa Netuc) qu'il y a 
eu i Tours deux mss, de Saint Honor.xt, tous deuï provenant de Marmoutier. 
L'un portait dans la bibliothèque de ce monastère le n« 191 — c'est le ms. ^^i 
de Tours, — l'autre poriatit le n' 164. C'est ce dernier qui vient de Lesdiguieres 
et qui a été volé par Libri. 

4. Sic Libri ' 

}. M. Chabanean a lu malhnire&senent i Livre de Fantomtric 1 11 o& 
M. Roman avait bien lu « Livre de (auUonncru . t Cette fausse lecture l'a 
entraîné I des conjecitiret qui naturellement ne peuvent pJus subsister. 

6. ^on. 

7. D&critdans la R" -r M. DeJisIe, II, 91-}. 



t^Q UËUNCES 

u livra ^a*on a aeheptis de lu bibïiotltèqae de M, Lisâiguierres, Vannie 
« 1716. Dans cette aride nomenclature, qui fait peu d'honneur an 
« moine de Marmoutier qui l'a rédigée, on désigne sous les titres suî- 
« vanis les irds plus importants manuscriis français que U célèbre 
- abbaye nous a transmis : 

n N' 38;. Htstoire de chtvaUrit, in-8' (notre très célèbre O^ 
« de Danemarche) ■. 

* N" 241. Histme dîi temps, în-8* (noire précieux Huon de Bor- 
•c deaux, en vers] *. 

!■ N'= 2Ï7. Prières en vers^ in-8*' (le beau recueil de drames lilur- 
« giqucs c! de légendes que nous allons faire connaUrej >. >< 
De ces trois mss. un seul, celui d'Ogier, se retrouve indubitablement 
sur le catalogue Lesdiguièresque nousa conservé Feîresc in» a^i. Aussi, 
M. Luzarchc, affirniani qu'ils proviennent tous trois de Lesdiguiéres, se 
fonde-t-il non pas sur cette liste qu'il ne connaissait pas, mais sur le '• caïa- 
« logue des livres qu'on a acheptés de la bibliothèque de M. Lesdiguîerres 
«l'année 1716. C'est ce catalogue qu'il faudrait avoir pour compléter 
la liste d imparfaite de Peiresc. Malheureusement, ce catalogue, que 
M. Luzarche doit avoir eu sous les yeux en 18(4, n'a pu être retrouvé : 
M. Delisle le constate p. 6, n. ). de son mémoire. 

En attendant qu'il reparaisse â la lumière, nous avons un moyen 
assez sûr de distinguer les mss. Lesdiguières. L'examen des mss. qui 
viennent indubitablement de cette collection a permis de constater 
l'existence sur la plupan d'entre eux d'une marque de provenance tracée 
sur le premier ou sur le dernier feuillet vers la fin du xvr siéde, 
et qui semble pouvoir se lire propria *. Or cette marque se trouve sur 
le ms. actuellement Libri 1 1 z, du xii< siècle, qui contient la vie de saûit 
Brandan, celle de saint Alexis el divers autres ouvragest. Ce ms. vient 
incontestablement de Marmoutier. M. Delisle a pu affirmer', grftce à la 



I. Actaellemenl n° 9jS de la Bibliothèque de Tours. 
3. N* 9}6 de la mirât bibliothèque. 
j. N* 937 de la même biblîotbèc|ue. 

4- Cette marque ne se trouve pa» sur le ms. Libri 1 1 1 (Lesdiguières 19I. Maïs 
ce ms. ne parait pu nous être parvenu dans son intégrité. D'autre part je ne 

Cuis assurer que 11 mart^ue en question te soit trouvée originaire me ni sur tous 
!t mss. de ia collection Lesdiguières. Cette colleclioti tut sans doute rormée par 
des accessions successives, et la marque vropria peut appartenir i un fonds par- 
ticulier acquis par la famille du eonnftiDlc. Quoi qu'il en soit, il résulte d uiw 
vérification que M. Ch. de Cfandmaison, archiviste d'Indrc'et-Loire, a bien 
voulu (aire pour m», que les mss. 9)7, 9^8, 940, 946, 948, 949, 9^0, 9{) 
de Tours portent cette marque. Oa a vu ci-dessus (p. j}7i que tous ces mss. 
figurent lur le catalogue Lesdiguières. 



5. Voy. C. Paris, Vit Jt saint Alcxii, PVJ-A- 

6. Natici, p. 198, addition i l'article LXXII) 



LES MANUSCRITS DU CONNÉTAeLE DE LESDICUIËRES f4I 

marque propria, qu'il avaii antérieurement appartenu à Lesdiguiires. 
Et cependant IL parait bien difficile de l'identifier avec aucun des articles 
dont se compose l'inventaire rapponé plus haut. 

La difficulté n'est pas moindre pour le ms. Libri 1 07 : « Vies des Saints. 
Ms. sur vélin, en provençal, à longues lipics. ln-4" du xiv< siècle » ' ; à 
moins qu'on veuille y reconnaître le n» 5 de Lesdiguïères 1. Légende 
dorée en françoys ><, ou !c n" S « Légende de Notre-Dame en provençal 
ei italien. » Ce qui rend toute idemificaiion incertaine, c'est que ce ms. 
a perdu ses cinq premiers feuilleis, peut-*ire par le fait de Libri. Il y a 
clîet une ancienne pagination qui eu grattée presque partout, comme 
c'est le cas pour beaucoup de mss. qui ont eu le malheur de passer par 
les mains de Libri. Mais quelques num>éros ont échappé au ^attage, 
ainsi 14 qui correspond au fol. 9 actuel. Le début faisant défaut, on 
ne doit pas s'étonner que la marque /iro/^rtJ ail aussi disparu, 

Il y avait à Marmouticr, sous la cote 266, un ms. ainsi décrit dans un 
catalogue du xyiir siècle ciié par M. Delisle(p. 181, col. 1) : « Roman cii 
« langue provençale, dont on ne peut dire le titre : il commence cepen- 
« dant par le saim nom de Dieu, ce qui pourrait faire croire qu'il y est 
n parlé de dévotion, il est du xiv' siècle. » Il faut assurément l'identifier 
avec le ms. Libri 10; qui commence ainsi : Aa nom AcDimvatlh comtas- 
lar Que my Uy dire ti acahar... Ce ms. contient (ff, j j et suivants) la vie 
desaintTrophime, Libri le décrit ainsi : « loî- vU de saint Trophimt {ùc] et 
autres pièces. Ms. sur papier, en vers provençaux, i longues lignes, in-4", 
du XV' siècle. ■» Ce doit être encore un ms. Lesdiguières, bien que je ne 
le retrouve pas sur l'inveniaire et que je n'y aie pas relevé la marque 
propria. 

Si les trois mss. Libri que nous venons d'examiner ne peuvent être 
reconnus sur l'informe inventaire des mss. Lesdiguières que nous a con- 
servé PcircsCf il en est tout autrement du ms. Libri lo^. ainsi décrit 
dans le catalogue imprimé par Les soins de tord Ashburniiain : « Manus- 
«> crit sur papier, en provençal, à longues lignes, en deux volumes in-4'>, 
" du XIV" siècle. Cesdcux précieux volumes contiennent un grand nombre 
« de pièces en prose et en vers, toutes en provençal. Ils paraissent auto- 
• graphes. On y trouve en vers le roman du Chapon, la vie de sainte 
«• Marguerite, la Passion de Jésus-Clirist, etc, etc. \ un traité de bota- 
« nique en prose, etc. ; avec un grand nombre de notes diverses, dont 
« quelques-unes portent pour date les années 1 J47, nj;, i)f4ei 1 {^f. 



I. J'en ai publié un extrait dans mon Raattl TaatUiiîUxut, n' )) de la partie 
provençale. On lit i li fin cflle frauduleute mention : « Ule librrest convenius 
S. Dominict de Mantua, « preuve surabondante que le ms. a été volé par Libri 

aiitruD qu'en Italie, 



342 MSUHOES 

« Probablement c'est là un recud! écrit par quelque troubadour et méde- 
B dn du XIV' siècle. Plusieurs notes commencent ainsi : u Remenbran- 
« sacie' que yeu Peyrc de Serras ou de Ferras, etc. • Ce Pierre de 
« Serras csi-ce l'auteur des écrits contenus dans ce recueil» ? » — Bien 
que j'aie eu ce mi. plusieurs fois entre les mains depuis oaobre i86f, 
alors que le feu comte d'Ashburnham voulut tnen m'admeitre pour la 
première fois à consulier les inestimables trésors de sa bibliothèque, ce 
n'est qu'en juin dernier que j'y ai remarqué la marque propriai. A cette 
date, le mémoire de M. DeUsle était tiré, c'est pourquoi il n'y est pas 
fait mention du ms. IJbri lO}. Aauetlement je n'hésite pas à identifier ce 
ms. avec l'article 17 de l'inventaire Lesdiguières, ainsi con^a : u Vieui 
livre de recettes de médecine. •» 

Pour résumer tout ce qui précède, je vais donner un tableau compa- 
ratif des n'^' de l'inventaire Lesdiguières avec les n" correspondanu de 
la bibliothèque de Tours et du fonds Libri : 

Lesd. î = Tours 950 Lesd. 22 - Libri 106 



— 4 = Libri 1 1 

— 7^ Tours 9n 

— I ( s= Toun 948 

— 1 6 >= Libri 1 09 

— '7 = Tours 940 

— 18 = Tours 949 

— 19 = Libri 1 1 1 

Manuscrits Libri provenant de Lesdiguières, mais qui ne se laissent 
pas reconnaître dans l'invemaire conservé par Peiresc : 
Libri 103, 107, I lï. 

P. M. 



aj - Tours 938 
J4 ~ Tours 946 
as — Tours 937 
26 = Libri 108 
ï; — Libri 105 
3S s Libri 110 



NO NORMAND ET ON FRANÇAIS. 

Dans un anicle récemment inséré dans les Mémoiret de la Société 4i 
Hagfiutiquede Paris (t. V,jt. 149-1541, M. Joret conteste l'étymologie 
que j'ai proposée {Rom. X, 4021 pour le mot qui signihe on en patois nor< 
mand, et qui, suivant les localités, se prononce no, non, non, et devant 
une voyelle nor, noui, nofiz, cette dernière forme extrêmement rare. Pour 
lui répondre il me but préciser davantage et compléter ce que j'ai déji 
dit. Je tâcherai d'être coun ci surtout catégoriquc- 



I. Je copie liltéraleinent Libri. 

1. Je répondrai i celle question dans un prochain mémoire. On verra que ce 
ms. îMiresse non pis teutctneni l'histoire de h littiraturc provençale, mis taw 
ceiJe du vÛlage désomais célèbre de Maillane. 

}. Elle ut par exception placée au i" feuilkl du second volnne. 



No NORMAND ET On FRANÇAIS ^4} 

Les preuves historiques nous manquant, nous en sommes réduits aux 
hypothèses. L'hypothèse ici devra satisfaire i deux conditions : i' expli- 
quer toutes les formes du maC; 2" s'accorder avec son emploi gramma- 
tical. 

M. Havct et M. Joret proposent le pronom nos, fr. août. L'hypothise 
satisfait à une des condîiioits. On fait aisément sortir de nos noz, nour, 
no, mu, et même noai et non. 

Mais elle ne satisfait pas à la secoade condition. No, sous quelque 
forme qu'il se présente, de même que le franç^s on, l'anglais onc et l'alle- 
mand mAsi. ne s'emploie jamais que comme sujet d'un verbe à la troisième 
personne du singulier. J'ai demandé qu'on me cttAt une phrase, une locu- 
tion, où l'une des formes de no se trouve associée à un verbe, â un adjec- 
ïîf, I quelque chose enfin qui rappelle la première personne du pluriel, 
comme indice que nos a passé par là. J'attends toujours '. 

J'ai dit, dans mon précédent article, qu'aucune forme tirée de nos latin 
ne s'emploie comme sujet dans le patois moderne du nord du département 
de la Manche. M. Joret me cite : < C'est /loui •>, — en baguais : « Ch'est 
nouti. a Mais qui ne sait que dans ces constructions le pronom est au 
régime, comme le montrent les formes françaises : Cal moi, e^ist toi? 

Encore un mot : bien que ce soit en dehors de la question qui nous 
occupe, M, Jorct m'accuse deux fois d'ignorance .'i propos du langage de 
la Hague. Le reproche est au moins singulier. Le patois de la Kagueest 
ma langue maternelle ; je n'en ai ni parlé ni entendu parler d'autre jus- 
qu'à Tàge de douze à treize ans ; jusqu'à cette époque, je n'ai connu te 
français que par les livres. Je puis lui gai^ntir qu'à la Hague le pronom 
de la première personne se décline ainsi au pluriel : 

Avant le verbe : nominatif /f. datif et accusatif notu. Après le verbe : 
aoaet, uniformément : 

I ada dùant ; i nous ème ; ch'cft à noués ; ch'est ttoait. 

JanuitSj dans le pays que j'ai habité, on n'a dit : 
Je i* done; je mi èmc, 
et encore moins, quoi qu'en dise M. loret : 
Je von done ; je vonz ène. 
Un haguais n'arriverait même pas à prononcer cette dernière forme sans 
faire la grimace. 

No, noz ne s'emploient jamais avant le verbe ni comme sujet ni comme 
régime. Ko, foi s'emploient, mais seulement comme sujets ; 



I. M, Jorel me cite un vers du poirae sur Thomas Hélie • oi Hague lan- 
caee * du \iu' siècle : Nout dtvcnt istrt cancus. O vers évideminept n'a rien 
a vnTt ici : le sujet et !« veibe sont i la première personne du pluriel, et rien 
n'indique dans l'un m l'autre àt ces moti une tendance i pisser i U iroisième 
personne du singulier. 



^44 MÉLANGES 

Vo dttfï, m inm ; ro nou djlct, *o nous im»iz. 

Ces panicularités nous ont éloignas de no, nor, pronom mdé6ni ; rere- 
nons-y. 

L'hypothèse de M. Havet étant écartée comme ne satisfaisant qu'i 
l'une de$ conditions du problème, examinons si celle que î'aî proposée ; 
Pon, l'hom = no, satisfait aux deux. 

Pour b condition grammaticale, il n'y a pas de difficulté. JVo, nou, non, 
avec ou uns s ou :. s'emploie dans les mêmes conditions que on, l'on en 
ft^ançais modeme, en. fen en vieux français. 

Quant à la phonétique, il y a trois élémenu dans no2 ; étudions-les sépa- 
réroeni : n, p. z. Le z final ne peut (aire question. Cette lettre s'emploie 
à chaque instant en normand pour éviter un hiatus : 

J'ai z eu ; il a z ta ; ooz a 2 eu ; il on i eu, etc.i. 

M. Jorei demande comment on de l'on a pu devenir ou f 
C'est une régie de ta phonétique haguaise qu'à accentué, et même 
non accemué, du latin et du français, correspond généralement ou : 
nomen, noii/i; homines. houme ; to(n)sare, tousse; rosa. roiui} 
nodus, nou ; gloriosus, ghrious ; columba, cuulombe, etc., etc. 
La négation non devient même naa dans certains cas : 
Jouaé i piott nouià pair 00 non). 

Le patois haguais ajoute souvent des nasales, mais il en supprime au&s 
Il dit : éfanl au lieu d'enfant i s'ivoUr et non i'/moirr , loto et non làton, etc. 

Les trois formes no, noa, non, peuvent donc avoir toutes trois la même 
origine. 

Quant au changement de Ion [l'on, l'hom) en non, il s'explique facile- 
ment par l'assimilation de 1'/ initiale à \'n finale ». 



1 . [Celte explication est très admissible : notons cependant qu'il ne serait pu 
impossible que l'i de nos f&i un reste de celle de ont, l'oni, forme usitée au 
XIll" siiclc. — G. P-l 

2. \Ct qui met hors de doute l'explication de M. Fleury. d'ailleurs si pro- 
bable pjf elle-mênie, cVït le rjpprochemenl de ntn '.n'tn) pour Un iCtni, qce 
M. Jorcî indique lut-méme ;p. 1 ;2, n. 1), mais sant y attacher l'imponance 

![u'il mérite. Il est impossible de contester que itin, au sens de on. soit pour 
ta. Cette forme se trouve pour h première (ois, i ma connaissance, dam la 
Chrom^iii du rouennais P. Cochon léd. Vallet de ViriviHe, p. j8il ; Et dt fan 
n'ia at tamit ifoi ce pmtt avoir (jit Dam le M<rjcU Je sauit nicoUt, pièce du 
XV* siècle réimprimée en 186S pour le libraire Baillteu, je la trouve deux loit : 
// at lempi fuc tua It st^ure (p. 661. C'est raison ^ut nen u Caiwic Ip. 78). 
Deux chansons du x\i*si^le.alées dans la ComiJn •i<i Chansons, la prcsenteitt 
encore : N'allt: plus sans far rtnuitl, Car nen vous tspte \Aiu. Th. Fr., t. IX, 

&. I jo) i BtHt. nt rott$ maiisstz foiia Quand ntn roas fait h rtraance (p. 17^). 
n ne peut évidemment s^arer nen de nan, pas plus que hn de lont/tm dewi 
Dans le Bas-Maine, d'aprH M. de Montesson, on du également n'on pour l'on 
el n'en pour l'en, — G. P.] 



No NORMAND ET Otl FRANÇAIS }4{ 

Il réxolte de U que l'on a parfaîtemem pu devenir n'en, non, nou et ao. 
C. q. r d. 

M JorM aime les digressions. Je l'ai déjà suivi dans une à propos de la 
iléclinaison du pronom de la première penonnc. Je le suivTal aussi volon- 
I tien dans une autre qu'il rattache â no, bien qu'elle ne s'y rapporte que 

lîtsindirectemcni, 
|i Od dit ordinairement : 

B No z en est conlent 

■ Hait on dit aussi, quoique rarement : 
^Ê Non'n est content*. 

H On pourrait dire qu'ici ce n'est pas no qu'on a employé, mais non, 
M ^ta une forme tout aussi légiuine, et que l'e de en est élidé, comme i 

■ tianï ; « Pieiï qu'ainchyn 'n en est » 

Wais ce n'est pas apris no seulement que cette double nn apparaît. On 
^ également : 

ITu n'n as metili. Tu en as menti. 
Vo n'n avaf/ menii. Vous en avez menti- 
I n'n ont menti. 11^ en unt menti. 
H. iorci a publié lui-même \Romania, V, p. ^74* une chanson nor- 
■■■ntle dans bquelle se trouve ce mfime détail : 
tn'n ont tn^nti par l?ur goule. 

|^*ul«i>ent il a eu ton de pbcer entre fr ci ont (ou on) une apostrophe 
^ Uât croire à ion i une négation. La dernière n est évidemment celle 
**« «1 restée après l'élision de l'e. 
C«tte duplication de IVi se produit quand, dans U conjugaison, le mot 
'" *e trouve placé entre le pronom sujet et un verbe commentant par une 
^'yelle quelconque ei non pas devant f muet seulement, comme le pré- 
'fTïcl M. Jorct en me reprenant, oubliant qu'il a lui-même fourni un 
"^^ïïiple qui te dément dans la chanson précitée. Il est probable qu'il faut 
^■" ici le même genre d'aiirsction qui fait dire aux Parisiens : Je U'ai va 
"^ lieu de : Je i'ai ru. Peut-être y a-t-il aussi un fait d'imiuiion. Avec la 
"*Sat»n, les deux rui sont obligatoires, et il est possible qu'à cette 
™^*"ase ; Jt n'en ai pat mmlt, et par abréviation : Je n'n ai pas mtnû, on 
^P*- ^é enualné i répondre : Ta n'n as menti. 

^i^i qu'il en soît. ce doublement de \'n en Normandie, de f à Paris est 
1^ ^T i fait étranger A l'origine de no = on. 
H J. Fleury. 

* . J'ii mal lonsait cette phraïr dins mon précédent article de la Komania, 
^ M réublii id selon sa prononciation. 



MO 



UÉlJtNGCS 



LE PRONOM PERSONNEL NEUTRE DANS LE FOREZ, 
LE LYOKSAIS ET LA BRESSE. 

Dans un article plein d« remarques inléressanles sur ^uet^uts pronoms 
prontiçaux (^Romania, 1S7J, p. }}8), M. Chabaneau dit ip. ;4i. noie }) 
que le pronom neutre 0, ou, wu est presque exclusivement employé 
comme atiribui ou régime direct, et qu'on ne le rencontre comme sujet, 
à l'exemple de l'o! poitevin, que dans des textes récents de la Basse- 
Auvergne, Il faut ajouter à la Basse-Auvergne le Forez, le Roannais, 
et, en panie du moins, le Lyonnais. Ce même pronom, sous une autre 
forme, se retrouve en Bresse a en Franche-Cojnïé. 

1. 

Les habitants du Forez ei du Roannais emploient toujours ou et Mfc 
comme sujet. Dans ces deux pays, ou, vou ' (ou se rencontre sur 
après le verbe, dans les locutions interrogatives] est le pronom per 
nel neutre sujet; il remplace le il neutre français', et souvent ancd 
notre pronom démonstratif neutre a, dont l'équivalent dans ces pauûs, 
(OU, et, ne s'emploie guère que devant le pronom relatif ^ on dît : 

L'u») creyeîl tt ifue diiit 

Quo boècnou [Paiùii foriïun de Gras, p. 347). 

'> L'oiieau crut c< ^at lui disait ce bohème. • 

Mais, dans la célèbre chanson du « Grand Valet » on a : 

N'avons ben de boun pan blinc 

De pin oioullct 
Voa at pa madama noutra fenaa 
Et soun valet. ilMem, p. t\-j.\ 
■ Nous avons bien du bon pain blanc, du pain mollet, 
Crif pour ntadime notre fccnme ft Sûit vatel. 1 

Le pronom personnel ou plutAt impcrsonneh neutre se distingue bjen 
nettement du pronom masculin singulier, qui, dans le Forez, est a\d, ol 



ûfâl dt 
ici one 



1. On fit parToii tenté de lire . oui, roal, devant l'adrcrbe J {*oa Fj 
mtitkurts, Llnossifr dans Onofno, Paleis lyonnêù, p. 97 1. Mais 17 est 
lettre euphonique, qui fait corps avec l'adverbe y. On n« la retrouve pas après 
ton devtnt \a autres tnoU commençant par des voyelles. 

2. Sur l'origine de ce il neutre, voyez l'article de M. Horniag (Rom, StuJun, 
IV, I39>. 



LE PROKOM PERSONNEL NEUTRE |47 

^kH les vovelles (Unossier écrit auli, et aa, o devant l«s consonnes '. 
Void dts exemples pris dans les différents paiois du Forez et du Koan- 



aoi 



SAINT-ETIENNE >. 



Pnaom ausittlia. 

■^* wUntpreieDio... 

(ChapeioD, Rtfu/tf, p. 107. — Ono- 

'Ho, p. 61.) 
^ ^a fol sur son corps lou sîgitou de 
[sa crfuey 
iChaptIoB, TtUam. p. 177, — Onofrio, 

' ï8 ) 
Unie «/■ ey îen cret. 
(Chapelon, Huit, IX, p. 99. — Ono- 

trio. 1^1.) 
■ OCi il SI sans berceau. » 
(£« o'Ik pas plus gros que lou pung... 
Poaortaal iziiil ouït proarA sotin in- 
Inoucenci. 
(LiiKHiîer, dans Cru, p. 1^8,] 
■'a' cMoble qu'«/ a grandzît 
E' pat asDuÙa la vielieisa 
'^ briBin jusqu'à la fio : 
"»e b jote et lou bon via I 
^^■t*m.^ Philippon, t8(j, p. 17. — 

C>«>ofr»o, p. 187.) 
' ** ««blie nu'ii a grandi, etc. ■ 



Pronom neuirt. 

Que sier toa de se trazeyrie ? 
l'ou n'c (jue charchie de veyie. 
(Balla fotèiUn , commencement du 
XVII- siècle, a. Onofrio, Patois 

i_l(Q/I(IJÙ, p. 60.) 

t Que sert>i7 de le tourmenter f Ct 
n'est que chercher du îouci, » 
Peu que vou nous faut loui siore la 
[mesma crency. 
(Chapelon, — du XVII* s. — Thlsf, 
p, aa;.— Cf. Onofrio, I. c. p. Ii8.| 
« Puisqu'il nous faut tous suivre la 
mfinc croyance. 1 
Ne voudrit ou pas mio poru lour 
(chandaley. 
(Chapelon, Rt^aitt, p. 114. —Ono- 
frio, p. lï-) 

* Ne vaudrail-i7 pas mieux porter 
leur chandelier i 1 
Si toa est pas toi. 

iLinossier, 18}], dans Gras, p. 2]$.) 
Quand ivu passe pas d'houra 
Sens que l'apprehenaoun me sebrouTe 
jlou coura. 
[Chans. de Philippon, 18^), p. 70.^ 
Onofrio, 10 T.) 

« Quand 1/ ne passe pas d'iieure 
sans que la craiuie n'ébranle le cœur. * 



SAINT-CHAMOND. 
A^ it risque le pi, s'vlend teu de ton Ion 



B^ * ' Le pronom matmlin » louvent U forme m (au lieu de naît quand ri n'est 
^^^ prolOfiiquc, quand il suit le verbe el prend l'accent tonique : 
■ Tout votrna saug, moun Dio, fulfira-t-ui ^ « 
^Phdtppoa, ChMieant, etc. Saint- Etienne, iSjJt p. 26. Cf. Oaofrio, Paloii 
Ijoiman, p. 69,) 
I Djizit-Ji » =4isait-it [Unossier, dans Gras, t. c. p. J}'^). 
' f 3- Dins la charte de Saînl-Bonnel-le-Chiteau I'i6]|. publiée dans \'Hitt<nrt 
*• Fora de La Mure, Aam «lie de Bernard et dans P. Meyer, Ruatil d'inettnt 
^^, Ij 17) SI., on ne trouve que le pronom neutre régime e. 
}■ Ci. cmIcssdus le patois de Rive-ae-Gter. 



]48 MÉLANGES 

Par malheur dans la blaoge, ont ou gnia de sabouollie. 

(Savel, Mariage de Jun, p. ^i. — Onofrio, p. 69.) 
Trad. : 1 // se heurte le pied, s'étend tout de son long 

f Par malheur dans la boue, où il y a du barbotage. ■ 

MONTBRISON. 

Aal ot prou l'echina longî. Voa est par rapport au jour 

(Gras, p. 2JÎ.) (Gras, p. 314.) 

PATOrS DE LA PLAINE. 

Aa sot tant ben cribli l'avena Les trois derniers couplets de la 

{U grand Valtt, Gras, p. ij?.] chanson du Grand Valet (Gras, p. 2)7) 
Au ne tombeit pas i l'abada se terminent par : 

(Gras, p. 247.) Vou est pa madama noutra fcnna 
f // ne tomba pas k l'abandon. » Et soun valet. 

Dans la m£me chanson, on a : 
Voa faudrot ben creitre soun gageou. 
t // faudra bien augmenter son gage. > 

Pour le Roannais, Gras (p. 26 j de son Patois forizien) donne la 
chanson des Reproches à Catherine, qui lui a été communiquée par M. le 
D' Noëlas, de Saint-Haon-le-Châtel. On y trouve deux fois le pronom 
neutre ou : 

Qu'on sayé sadze ou qu'on badine 
Avè tei ou est sou pour sou. 

Et plus loin : 

Quand z'aime ine créature 

Ah I bourgne, ou est par tout de bon. 

J'ai eu l'occasion d'entendre parler le patois de Saint-Haon-le-Châtel. 
Le pronom personnel masculin de la 3* personne y est : el (é devant les 
consonnes). On ne trouve jamais le pronom él à la place de oa; on dit 
toujours : « ou pl6 » [ii pleut^ , jamais : « ^ pl6 » ; « oa fft » (i/ faut) , 
jamais : « HA ». Quand le mot qui suit ou commence par une voyelle, 
on met généralement un z euphonique devant la voyelle. 

Dans un texte de patois lyonnais, une chanson de Revérony, qui 
paraît avoir été composée quelque temps après le 9 thermidor, on trouve 
le pronom masculin 0/ et le pronom neutre voa : 

/'ait inventa de battiau a soupapa. Kouere tant ension panney et defondu 

(Onofrio, r78.) De faire solamont tou signou de sa 

f // avait inventé des bateaux i [cronci. 

soupape. • (Onofrio, i}8.) 

f // était permis et défendu de faire 
seulement le signe de sa croyance. > 




LS PRONOM PEHSOHNKL NEUTRE }49 

Le patois de Riv«-de-Gier ( Var-d«-Gi) , entre le Lyonnais ei le Forei, 
iwutett lunoui connu par I« nombreuses publications patoiscs de Cuil- 
bone RoquUIe ^1854-18591. Le pronom neutre y a la forme (oc 
Afant les voyelles) ; le pronom masculin est ai {a devant les con- 

UDMl) : 



faut qu'a nein Ëgnese, vtl pro 

rcancorno. 

lOijfoiirt, i8s8,p. 10. — Onofrio, 9a.( 

* Il faui qu'on en Kniuc, c'est 

iuezbivuàé. » 

Ow est par vos gatd que j'euajro 

[d'écrire. 

(BaHon d'esisi, dam Grss, p. 361.1 

■ C'est pour vous amuter que j'es- 

Mye d'écrire, t 

Sff vos plaît = i'il vous pUit. 

{hid. p. 16t.} 



Esin à po compto ivr cou lonj; per- 
tsonoafo... 
Poirra ipi'j l'y promete ao bout de 
[quoque )Ours 
in decoritioti qo'al apindie toujojn. 
iU itftt» «Mfiip, p. 11. — Ono- 

fr», J6.) 

• Eo£b (/ peut compter sur ce long 
pcnOBu^e... pourvu qu'il lui pro- 
■«lle ta bout de quelques jours une 
JJcinban qo'W guette toujours. <> 

Aprbic verbe le pronom masculin 

Om tSI 1'^ donc, eou giand btigueur. 
•« Otaiaiiatt^ p. jo. — Oiiofrio, 
IM 

I^pfonom yoa s'emploie aussi dans le Forez avec la valeur de noire 
PWiom indéfini on : 

Voa veit tous lou jour prcUes ou capucins 
Confessa de fiornu mai de quaranta cinq. 

(Chapelon, La Mafrj, p. joi. — Onofrïô, J07,) 
* Os rayait tous les jours prêtres ou capucins confesser de fiévreux plus de 
W«||t^dBq. . 

VoB gagne pas son pon, 
Foct épuise sa lontasa. 

]Rtmou it Hjrvacni, p. 6. — Onofrio, jii.t 

^iia tous les patois locaux que nous venons d'énumérerj le pronom 
'f^tre régime est », que l'on trouve écrit : zo, z'au et r'«u (dans 
^^«aer, qui a aussi au\ : 

Lou major que courit par lo tout bien eigua. 
(ChapdcKi, de Saint-Êlknne. Entrit wf,. p. i}6. — Onofrio, p. 177.) 
• Le major qui courait pour U tout bien arranger. 1 
Veqvia ce que n'oo sao; si z'aa voulez pas creire 
Dprai coumma ma grand, pouèdes «a z'alll veire. 

(Linossier de Sainl-Ëtieone, dans Gras, p. jj^.j 
Faudrêt que :'^u saubeiuin. 

(Patois de Montbriwn, dans Gras, p. ijf.) 
( Il faudrait que je U susse. » 
Et san ben .-'da demandJ au marchi. 

(Idem.iftii., p, 3Î4.) 



J50 MËUNCES 

Le botusu z'au volJt bta. 

(Patois b« Bo«n, en Fom, dans Gras, p. 240.) 

Qu'ompiidiionT touz aotrou d« ;o voslè ega. 
(Poitne Ijoniuis sur le 9 thermidor. -^ Unofno, p. 177.] 
D Qui empêchaient les autres de It vouloir arranger. » 

IJ. 

Dans une partie du Lyonnais et du Dauphiné, dans !a Bresse et line 
panic de la Franche-Coniié, le pronom personnel neutre est aujourd'hui 
i {ey ou y, ou quelquefois iz, devant une voydie*. 

Pour le Lyonnais', nous pouvons faire remonter à la fm du xtii* sticfe 
l'histoire de ce pronom. Dans les œuvres de Marguerite d'Oîngi, publiées 
par M. Philipon (Lyon, Scheuring, 18771, on trouve constamment: 
« oy li futsenblanz » 'pages 4}, 61, 8), 87, 89, etc.i, « oy no ha pu 
moul de lens que... » ip. 4j'i , etc. Dans le dernier chapitre de la Vu di 
Biauix d'Ornacieia et dans une des Uines de Marguerite, oy est rem- 
placé presque partout par ay ou hay, forme que l'on trouve accidentel- 
lement ailleurs. Le pronom masculin est it et aussi et. Le pronom 
neutre régime est ou lio : « Deus non ho voucît sofrir » Ip. 69). 

Un peu plus t^rd, au milieu du xiv' siècle, nous avons les syndicats 
(procds-verbaux d'élections] publiés par M. Guigue à la suite du carlu- 
laire municipal de Lyon (Lyon, Aug. Brun, 1876). 

Dans le syndicat de i t ^z, on Ut : 

Leur enjoignant que il vigaant toi los «cndros et tos aln» jourt <)ue tj 
lour semblera bon. 

Et plus bas, dans le même document : 

Item Yolunt et ordenent li diz pucblos et mestros des mestiers que li dix 

conseillori etliiant una bonna persona por visitar soveat ks portes, murs ..... 
quant ay sera covignablo. 

Il fout aussi voir le pronom neutre dans la phrase suivante, qui se 
trouve dans les deux syndicats de 1 } p et de 1 } j f : 

Se l'on ['et tort a acon pavrc cilicin ..... qne li dit coBscllioitr lo puyssant 
(ère liegre cl mtan jus dépens commoni duchi que ai seyt adresua cio qai 
tocherit lo Ftt cotnmon. 

Le même pronom se retrouve dans un autre texte lyonnais du xiv* s., 
récemmcni publié par M. Georges Guigue, le livre de raison d'un bour- 
geois de Lyon (Lyon-Rtviu, octobre 1883) : 

L'an de Notront Segnur M. Illc et XXtIl, lo vendrot d'avan la testa senti 
Kaldio). que 01 fst fesU san Ctémenl... 

A cette époque et dans ce texte, le pronom masculin singulier de la 
î* personne est (/ .■ 

£/ dcfalit CB h quareima après. 




LE PRONOM PERSONNEl. HEUTRE ÎJ! 

La («dM plus récents du patois lyonnais ont aussi le pronom neutre, 
toil tf» «, ou ey devant une voyelle : 

EjtX jssi querquaveU 
Dep«hon-nou, ey» tôt un. 

{/Chivauhtt di Fdni, i (66. — Onofrio, 9^-1 
• Col asset babillé. Dèptehons-nous, c'est la mime chose. ■ 
Si es io bjily hoil tout i une tevuidiri. 

iLa littnaria baytndin, i6y8. — Onofrio, p. 48.) 
t S'il foai donner 8 sous à une lavandière. 1 
Et >et d'excelJenI vin nouviiu. 
Mjm m rers kailu^aa, i(>8), 3" jgLrnée, p. 10. — Onofrio, a.) 

Dw ces textes, le pronom masculin est il, y : 
Lo MTon de quay j scret savonna. 

{Li Birn-irJi bayaniin, p. 17. — Onofrio, ji}.) 

l« documents du Dauphiné et de la Bresse nous offrent le mime 
F^nom neutre, distinct des (ormes masculines (u/ pour le Dauphiné, lï 
par 11 Bresse) : 

OAUPHlNfi. 
S>4tns|»oii fcnterd lîztna quoque £ me bu relotirna du coutil de mi 



(fflouchi 
Uindt enraya, ou, defour d« sa 

(couchi. 
(^Hirt it U ftje, p. 10. — Ono- 

•S, )e K»ir, (/entmd bourdonner 
W Hudie, il saute, enragé, ou, 
'•nieu couche. ■ 



r** fc eo qiV se bechovc 
""idreïon bonnet. 
'"^ if usant d« U Duc, p. Ji- — 
Ow'r», joî.» 

' îiat de fois qu'J se baissait, it 
^Uhoir son bonnet . » 
'eN Dieu fit l'offl' a l'an premi, 
'"bnidant tOQ cnrti. 

l'W., p. 108. —Onofrio, [4(0 



[crotta. 
[Pailar. de Janin, prol. — Oaofno, 

4-1 Î-) 

( Il me faut retourner du côté de 

ma groiie. > 

Car r gnil pat una que ploore. 

(/^ vidilt tayaitdi'cre^ p. 6j. — Ono- 
frio, ^Oî.l 
« Car 1/ n'y en a p^s utLe qai 

pleure. > 

BRESSE '. 



A Nofé, san narçando 

Et (au s'abado. 

[Noëli breuaai, p. u. — Onofrio, 3.) 

« A Noël, sans marchander, 1/ faut 
se livrer i la joie. « 
£ nos y [au (0 corî. 
(NoH de Bourg, dam Mignard, IJiome 

iaarpiigitoa, p. loo.) 



^> Dans les pièces bressanes citées par Moonier ( Vocjbahtrc de U Ungat da 
T^Ami les MitMga lia Us hngats, Paris, 18) 1), le pronom masculin esi 1 
**>■ Ib Gonsonnes, f devant les voyelles, le pronom neutre est le plus sou- 
^h devant tst (p. 146, 148, 149) Maii, dans une chanson des collines de la 
'***, on trouTC : m" o( ran ice n'est rien), et gaand i l'uoi (quand il faut). 



ÏJ2 MÉLANGES 

On trouve encore le pronom neutre é (te pronom masculin étant il) 
dans l'arrondissement de Poligny (Jura), oii l'on dit : é pUù (il pleut). 
Devant tes voyelles on met ez, ou y, probablement dérivé de ey. Aprts 
le verbe on dit «on: pleat-ô [pleut -il ?]. Le pronom neutre régime est 
aussi ô. Mon information ne s'étend pas au-delà de cette partie du Jura. 
Toutefois, je sais par un de mes collègues à la Faculté de Lyon, 
M. Regnaud, que, à Gray (H«ite-Sa6nej , te pronom masculin et te pro- 
nom neutre sont identiques [f/|. A Vesoul, les deux pronoms semÛent 
être distincts ; dans la parabole de l'Enfant prodigue en patois de Vesoul 
(Mélanges sur tes tangues, Paris, i Sj i ), je lis : « Per èprée qu'èl eu tôt 
dissipa... Ei fau qu'l m'ieuve » (p. 479). 

De tous les patois qui ont le pronom neutre, i, celui qui m'est le mieux 
connu est le patois des deux cantons de Coligny et de Saint-Amour, sur 
la limite des départements de l'Ain et du Jura. Dans ce patois le pronom 
masculin de la }' personne est : i devant les consonnes, '/ devant les 
voyelles. Le pronom neutre est : 

avant le verbe : i devant les consonnes, après le verbe : eu, 

iy (presque iy) devant les voyelles. 

On dit : é pleà [it pleut) ; éy arevt que... (il arrive que...) ; pleùi eu 
ipkut-il?). 

Le patois de Coligny n'emploie le pronom démonstratif neutre che 
que devant le relatif. Partout ailleurs on se sert de é : i fi ye (ce fat 
hier) ; é 'r iquye (c'est ici) ; cai 't eu ? (qui est-« ?). 

é s'emploie aussi comme régime : on é di (on le dît) ; on ey évite (on 
/'invente) . 

C'est sans doute ce pronom, avec sa valeur de régime, qu'il faut voir 
dans la phrase suivante du syndicat lyonnais de t ; ; 2 : 

... et que li diz ... jurant sur sant évangile que il cfarant bien et leialment. 

Il faut probablement lire : « é farant, » c'est-à-dire : qu'ils te feront. 
Le Dauphiné parait avoir aussi une forme spéciale pour le pronom 
neutre après le verbe : 

Eito comme celey 
Que me faut engrounie ? 
{Paslor. dt Janin, act. 1, se. r. — Onofrio, rSa.) 
t Est-K comme cela qu'il faut m'igratigner ? 1 

Nous avons vu que le pronom neutre, dans ce même texte, est i 
devant le verbe. Les pièces dauphinoises publiées par Champollion 
(^Nouvelles recherches sur les patois, Paris, 1 809) offrent quelques exemples 
de après le verbe être. Mais dans ces pièces, partout ailleurs le pronom 
personnel neutre est h ou ta. Voici les exemples de o : 
Qu'èlo que lor bien (p. 104) 




LE PRONOM PBRSC 
Qu'eitt» que faron 
Nôtres yvrognasse (p. 1 27). 
Dans un des Textes de Champotlion, ''appartenant au patois de Cre- 
nobl«, on rencontre tu comme pronom neutre régime : 
Faut qu'on m'» pardonney» [p. 109). 
Quelle origine fauit-il assigner au pronom i f La première cipHcation 
qui se présente à l'esprit, si l'on considère uniquement la forme actuelle 
du patois de Coligny, consiste à y voir le latin illad, devenu ti, puis é 
ou eh, suivant que le pronom est protonique ou accentué. Un y eupho- 
nique se serait introduit entre è et les mots cooimençani par une voyelle, 
postérieurement  la chute de 1'^. Mais celte explication offre des diffi- 
cultés : pourquoi IV serait-elle tombée dans el prolonlque, tandis qu'elle 
s'est maintenue dans \if 

C'est vraisemblablement à hoc que é doit être rattadié. Dans le patois 
de Coligny on a ûlà (cela', qui offre une transformation analogue du 
I pronom hoc. D'autre part, dans Marguerite d'Oingt, à côté de oy neutre, 

V duquel dérive le i lyonnais du xvii' siècle, on trouve « avoy » (^ avec). 

I Le tableau ci-joint résumera les observations contenues dans cet 



^ 


Pronom ptrsùfinil ntutri 


Pronom 




Précédant 
Devant 


Sujet 
le verbe 

Devant 


Suivant le 
verbe 


Régime 


ptnonntl 

masculin 
singuiitr 

SUftt 


w 


consonnes 


voyelles 






^^ 


Charte d« Sainl-Botinet 












(Xni« ïi*cle) 











el 

aul^ sa 
aul, OM 


Patott de S*-Ëtienne 


roB 


voa 


ou 


^aa, au 


Montbrison, pi. du Fom 


vou 


wu 


iott) 


i'ea 


tut, ta 


Chans. lyonn. du 9 therm. 


vou 


vou 


(OU) 


10 


0/, 


Roannaii : S.-Haon-U- 












ChJtel 


ou 


ou, oat 0(1 


h 


H,fl 




1. J'ai souligné dans le tableau lei noms des pays sur lesquels j'ai des rensei- 
enements directs, — Depuis que cet article est écrit, je me suis enquis de la 
torme aciuellr du proRom neutre dans un annà nombre des communes de la 
rfgion lyonnaise. Je me propose de donner btent&t le résultai de ces nouvelles 
recherches Je dirai Kulemcnt ici que dans le canton du Bois-d'Oingt le pronom 
personnel neutre est aujourd'hui y. 

I. De la (orme du pronom masculin i Samt-Haon, il but rapprocher ta 
3« forme ds ce ntèm« pronom i Saînt-Elienne et i Rive-dc-Cicr : «i, i après 
le verbe. 

komma,Xll 11 



3Ï4 

Saiflt-Chamond 
Rive-de-Gier 

Dauphinë 

Lyonnais du XIII' et du 
XIV» siècle 

Lyounais du XVI* et du 
XVII- siècle 

Bresse 

Coiigny (Ain) et Saint- 
Amour (Jura) 

PoUgny (Jura) 

Vesoul 



MÉLANGES 



ou 



lo,la 

e 


(ou) 
ov 


(OH) 

(0) 




eu 


oy.ty 


oj.ay 




ho,o,i\f) 


et, es 

tt, (, ë 


m', y 






i 

i 


iz,j 


eu 
Ô 


i,h 


ei 









al, a 
ul, u 

r; 

'/,'■ 

il 
il 



L. Clêdat. 



VI. 



PHONETIQUE MENTONAISE. 
X. Voyelles toniqnea. 

La comparaison avec le latin qui sera exposée ici parait justifier les 
généralisations suivantes. L'a latin reste généralement intact sans être 
modifié ni par la quantité ni par l'entrave. L'e ne se modifie pat 
selon sa quantité, mais bien ptutàt selon qu'il est entravé ou non. 
Devant une consonne devenue finale, pourvu que cette consonne ne smt 
pas à, il se comporte comme à l'entrave. En somme \'e latin donne en 
mentonais trois sons : e fermé (;) devant une consonne simple qui n'est 
pas devenue finale ; e moyen, correspondant à e latin entravé ; e ouvert 
devant n final. L'i, l'o et Tu, libres ou entravés, se développent selon 
leur quantité; IT, comme partout, est assimilé à l'e, et \'â à l'a. L'œ 
et \'£ sont assimilés à \'e. L'entrave se produisant dans le dialecte a 
l'effet de celle du latin. Les voyelles nasales font dé&ut. La syllabe 
tonique est la même qu'en latin, avec les exceptions ordinaires en roman ; 
l'accent aigu servira à l'indiquer en cas de besoin. Les formes d'origine 
analogique sont écartées. Les formes du latin vulgaire, ou hypothétiques, 
sont désignées par l'astérisque. 

Les voyelles du dialecte sont : 



PHONftTMjyE WENTOMAISE JJ^ 

ilts nm les D** i(j chat), j (o beau), 7 (a poule), g (û lune), i r 
0*0. 14 (< dé) ', I î C* musetîe), 16 (? père), de M. Ascoli ; voir VAt- 
àiw gfoUoiogico, I, XLiii. 

Quni à la notation des consonnes, c et ^ sont gutturaux; zesi« 
vngf, iet z sont les chuintantes douces, la sourde et la sonore ; c et 
^«■1 les chuintâmes dures ; le / est 1'* consonne et sert à pataialiser la 
wnioraie précédente ; n est n palatal ou mouillé ; ri est n guttural ; les 
lutres consonnes ont les valeurs françaises. 

A. 

Ld latin reste a, avec rares exceptions, que la voyelle soit longue ou 
^e, libre ou entravée : cacarum. pi. m. et f. car^, u sal, icam 
i(i\>,^. scan,', ta quale, pa/a palea, £d/, C>i]n balneum, sarviti 
tilvia, uad, iana, mafi manum, pi. ma, la^sanum, pi. m. et f. tant, 
fdpinem, muntana^cumandu, enfant, canfu canto, caat quantum, 
/■■, iMz nasum, mascj^ masculucn, pjM pastum, gj^d cavea, 
«fcabet, fava faba, rabia, raba râpa, capan, hg lacum, paga, sac 
^iitf,fal facïum, miraj miraculum, ertgrat, gm, pi. gâte. 

1 d(, devant les chuintantes douces [l, z) et parfois devant un g dia- 
Imlaédial : tcaizi quasi, baiz basïum, baiia bassa, gTaiîa,féï 
'iKctn, /rjiiç, lailu laxo, caiia cap sa. aiga aqua, maigre; pi a cet 
ic^fiiièe, mais aussi apiezt,, ainsi que cerasea donne uriezai. 

]i: rtr dç vallem de, mais seulement devant la préposition, erga 
''fi)< nid a rb r e m, encraiu i n c a s t r o. 

4-*ARlU M, -ARIA donne -i(, -iVrti, avec de rares exceptions parmi 
■'ï^ois d'origine populaire : furnigm^ formicularium,/urnr(, gra- 
%fvatit, fntfi^ fructuarium, wrwrj salaria, jîgHW, Mu<i«m 
^''diria, ^(«ra; maisyjri vari^*, aria are a. 

E (Œ, JE). 
y f bon devient généralement t quand il est libre, qu'il soit en 



'-jr<cit uo peu moiu ferma que l'i français, 
j'- Oa a'a pas cru devoir mettre le type iiiin dms les cas où ce Ijrpe petit 
""mroBvf i preroiiic vue sans erreur possible. 

i jl« eu rtûnii dai» ce paragraphe ne jont pjï identitjues. Je les cïplique- 
"T^^'Ufjicun suivante : peur les représenUnts de quasi et de basium il y 
-""^on de II postonique; pour lazo (licioWt capta le c et le ;> tuîvi 

' Wni devenus i {cf. le prov. «* d'ipse); il en est de même pour fascem et 
■•itete, qui ont passé par les formes inlermWiaires facsera nacscre; 
*«* correiDond i 'acqua lanc. tr. aiguei plutAt au') a^ue tanc. fr. itc\. Pour 
■^'"«s, les diflértntet formes romanes obligent d admettre un type 'cerc lia. 
1^ plicet dont je ne saurais expliquer la double forme, l'une pour le simple, 
'«ft KniT le comfHSsi, nuit il y a pioîwblemenl U un fait d'analogie. — P. M.] 

4- CI. foat celle «ccplion l'eiplicalion de M. G. Paris, Romanu, IX, j j 1 , 



Jj6 MÉLANGES 

latin long ou bref; t long : me me, fç, ve, vero, dve,, tr{, re 
regem, sera, candera, mera mêla, malum, pe,na poena, âvçna, 
peza p e n s (je pèse], mais peze pensa (poids, pi.) et meze menses, 
frema foemina, remç remos, s^ba caepa, «eu sébum, /ç^theca, 
îe^da taeda, cr^u credo; bref: afe fel, me mel, p( pedem, 
^em gelum, l^va, lebre. leporem, negu, prega, sege sequere, 
rumedi remedium; il faut excepter : erâti erant, peira petra; 
— devenu final, mais entravé en latin : d/iç anel lum, caste, castel— 
lu m, fl/îe agnellum; — ie heri et mestie ministerium ont 
l'I attiré et devenu tonique ; cf. n" 4. 

6. e, qu'il soit en latin long ou bref, quand il se trouve devantiine con- 
sonne devenue finale, ou à l'entrave latine ou romane, ou quand il esC 
proparoxyton; long : >>£/ vélum, rem remum, ciet quie tum, ierge 
clericum, sert certum, fém. serîa, pthsa je pense, pez pensum, me^ 
m e n s e m, vende v e n d e r e, lent, drec d i r e c t u m, lec t e c t u m, peX 
peditum, petç ; bref: sera serra, tera terra, enfern infernum^ 
perdf perdcre, (Jii^frf de-ope rtu m, rastet^ rastellos, castetç 
castellos, fen^u teneo, venaà veniunt, tsca, ntbia nebula^ 
re/if regnum, nesa neptia.prez pretium, ielara' tiedera. 

7. e devant À devenu final; long: s^ren, cçrëri venenum, yça/i, 
fë^ foenum ; bref : rën rem, mên meum,ySn veni, tën t ene. 

8. ié, par l'influence d'un son mouillé ou palatal : mieje melius» 
riiéu régit, lie^a, àiez d e c e m, liée 1 e c 1 0, piec pectorem, 
despiec, pienc pectinem, entriég, mieé médium, pie^f pédius, 
p e j u s, viej, sierva, vieslu ; mais sie s e x. 

9. éi, cf. n°* 2 et 22 : creisç crescere, pareii^, gieiza ecclesia, 
seira cerea* cera. 

ro. i; long : pais pagensem, razim racemum; dans l'hiatus z 
diu deum, mia. 

11.0: croia, crëta. 

1 2. u : sàpia s ë p i a, à cause de la labiale. 

[ j. d : daraire. der etro. 

I. 

14. / long reste i généralement, qu'il soit libre ou entravé : mira^ pia 
pilât, fi filum, spina, yi vinos, izura insula, aariva oliva, 
via, viva, vipera, aiU illic, raiz radicem, castig pi. castige, digu 
dico, niu nidum, Jîni, finia, fij, fijd, pi. fije, mile.. Unie, viAa, vise, 
Jîf fi xum, fric, die d'ictum, pi. diU., vist, visi vi sio. 

1, Lelura, et au § 38 pibura sont proparoxytons. 




PHONETIQUE MBS'TONAISC ]J7 

T] Derientf devint 4 médûl : UAia tinte a pi. UAt^, meàga miga; 
/mfrigT<lum avait probablement une forme Milgaire frigidum. 

i6. Devient f devant n devenu final : Un linum, viA,f^A finera, 
tii,cni. 

17. Deneni H dans : lùbj s i b ! t u m, à cause de la labiale. 

16. i bref reste i i ttiiatus biin ou dialectal : piu pij, pt. masc. et 
fl*-fit,iinuria,/jmia familia, pl./d/Hi>, marum mirabili a. 

■■i- (.comme IV, voy. n' j : mtau mi no, /n<nu minus, neu nivem, 
ftibcTcre, peart; pi père m, pega pica'picea, tnç cicerem, 
"pt.tSv^a, vedti viduu m. H<;t blita' bliium, </( d igiium. 

•0. *, comme au rT' 6 : eàsem i n s i m u 1, fem, ferm, serca, virga, vent, 
"wi^timiltat *, mej mi Mu m, ^f; cil ium, pi. tejç, cabej ca pil- 
la n, dûfij axiila, stTtnc strinctum*, lehia sine, Un^a, eni^ 
iniHi, ttscii episcopum, eavenre capistrum, sep cippum, 
^solicutum, dbeja apicula pi. abejr, stc. iUtt strictum, 
*Kapl. jfr(f<, nja vigi li4. marei'i raalignu m, $tn signum, pi. 
"'i.iarai, langfsa, éittltM, i'i« situla, ntt nitîdum neta, mett, 
^"tttii dominicum, vedud vîdua. 

ii-ï.cf. n* 7 ;iîn sitem. 

>i /i, cf. n" 9 : peii p i s c e m, 

O. 

*) •long devient 0, traité comme bref, voy. n» 29, dans les mots 

JW( Ovants en -ori, -oni, -oti : gloria, oiatori, putnmoni, où 

•lioB; mais aussi 

'4- tirf, «Ion l'analogie normale d'o bref, voy, a" 14 : tigâeiia c ï c 0- 
■ir 

'î 0, rrprfeemant normal de l'a latin ; ara hora, steiuire lon- 
'*riae;ai,nu honorem, ;ïa, curana, /<b le on es, raiu raiiones, 
9"ri»an,pufljp|.pum<, r«< roborem, staba scopa, rui, caa coda', 
^JvAM^ (fuyj dolia pi. dajt, curea collocai, atcuiUtprunt, cuniàt, 
"•Ncopula. 

^- à : aura hac hora. câzu consuo. 

^7. t devant à final : !iah 1 e on e m, parmafi p u I m n e m, raéan 
"l'onem. 

^' ' -• pibara po p u I a ; c'est probablemem un cas de dissimilation. 
"*••*« trouve déjà en ancien provençal. 
^9- bref devient : wrj volai, Jcorj schola. Jron^ tonal, &o 

^^9t, 0Ai< hominem, aou novum, piou plovere% pio^ti, 
'"•w. pi, prore, opéra, prope, rot/a rota. mcmotia,îloria,cTou corvum, 
""loldu m, gros, grosa, qui ne sont pour la plupart que des mots mal 
"«inilés. 



^ 



)j8 MÉUNCES 

]o. u: sfuira foria* Aux de vratre, euç cordem, im/u( mal- 
leol um, s. et pi., liasu^, pa^ p otet'. 

jr.û rciiçcorium, ancùi hanc bodie. ^ûi posiea. 

)2. a devant à final : ban b o n u m, Ma, traà tonnerre. 

)], t : ntura rosala *, atcara noctala* (n oc tua.) 

34. ud, qui généralement se modifie en tié devant les guttarales ou 
sous l'influence d'une palatale; ad : suare sororein, fuarj foras, 
miuM mola pi. maart morere *, vatntara variola, suaaa, baaaa, 
cmzi coquere ; de mime dans le suffixe roman oi : /ii^drtMf (lacom), 
aigruat (acrem^, fr. griotte, beiaat \})e\um\,tabasaca \'bassum). cuarba 
corbeiWe, cuarp pi. caarpe, stmnç to rquere, /?iu)r^f porrigere, 
cuardjf Ttguardu, maartf puaru, muât mollem, caal collem, caarca 
colloco, (UiiTp colpum*. rapuandUt puant, saan somnuni, lutt 
ossem*, cuasU; — ué : ûtri olium, lûeg locum pi. liège, ^uega 
jocat, siierbu, iùerbu cooperlo, sgatrca cortica*, ùtrdi, fatj 
foliu m pi. f'uije, eaeju cotligo, ûej ocu lum, triiej, cûtsa coxa, 
vec ûet* oc 10*, niiK, pi. nw:<. 

^. U : vieja v o I eo *. p'iKa p o t ïo ' p os s u m. 

U. 

j6. u long devient li, avec de rares exceptions : /«, mezura, segura^ 
du durum, mari maturum, miira mu la, pl. mare, ana,tùna, pK /uff<, 
Cumànj, pâma pl uma, fum, pîi plus, fiiz ftiseau, pl. fiin:, periaz, rSgftf, 
erû c r u d u m, segû s e c u t u m, vert'à, en^uria^ purga, sangiii s i n g u M 
lum, giist, pl. gjûstii, ^ust, frati, \àg sucum*, agnja acucula, 
menûsk, ipûsa p u l e a '. 

f-j. ?, devant ft final: î^ anum, caraft qualemque onum, 
4â;^ln jéjunum, cumeh commune m. 

î8. u bref devient u, avec de rares exceptions, comme l'o long, cf. 
n" 2$ : (fo duo, juj, gnra gula pl. gurr, cuni cuneum, ^ae j u or- 
netii, sufra suffero, iufj suffium', pl. iafiç, àabj duplum, 
/u^ lup um pl. tube, subrç super, cabré eu preu m. crazj buca, ^ag 
jugum, curç currrere, îurç, furm, ars, gur>; gurgitem, anc. 
fr. goart, furca, surd, pus puisum, pi. puie, dus à m Icem, une unc-J 
tum, fund, suma, ras, angaia, tuta subter, rut ruplum, g^ni^ 
genuculum*. pl. genujf, ptiij, conduc, pun p u gnum, duzt duo- 
decim, ;iuj put eum. 

jç. ir, cf. n"î6 : ïiii sum, diibi à ah \ a m^fûria, b'ûj^ bu Mil. 

40. ? devant h final : iM s u um, aA t u u m ; lan, taft sont procli- 
tiques. 

41 . ua, indiquant S en latin vulgaire : mara, nuaz n ucem, cf. tmH 
xfi }4t nuf roium' rue tum, ^iwtlgu ttum. 



LA LÉGENDE ûoChàtelain dt Coua daks ÎTikdë 



M9 



AU. 

4). au reste 4ti,ginéra1cmcni, qu'il soit d'origine latine ou dialeaale: 
daura, cam^ eau le m, ndazi;j, piioza, caaza pi. cauze, Ouuba, aaca, 
paac pi. fiuct, aaxa a u d e o, ^au^ ga u d i u m, îauda, ciau c I a v em, 
taura laborat, taura tabula, sauma sa g m a, faut, caud caltdum, 
auf al tu m. 

44. : oru aurum cf., daura, n''4}, lodura alaudula,/c> fagum. 

45. XI : a aot, ctu cauda mais aussi coda *, voy. n' 3j. 

I.-B. Andrews. 



VII. 



LA LÉGENDE DU CHATELAIN DE COUCt DANS L'INDE. 

Dans un anicle imprimé d'abord ici [VIII, î4î-7îl ^ inséré ensuite 
dans VHistoire Uttèrairc de ta France (XXV'III, M^-îÇo), j'ai ras- 
semblé et comparé les diverses formes de la légende dans laquelle un 
mari offensé faii, par vengeance, manger à sa femme le cœur de celui 
qu'elle aimaîi. Diverses vraîsembbnces m'avaient induit â croire cette 
légende d'ori^ne celtique, et je n'en av^s pas, en tout cas, trouvé de 
trace en Orient. Une publicaiion récente change complètement la ques- 
tion, et nous montre dans l'Inde un récit qui, bien qu'avec quelques dif> 
férences, est très semblable aux plus anciens récils occidentaux, et pré- 
sente même avec certains d'enue eux des ressemblances extraordinaires. 

Le rév. C. Swynnerlon 3 publié dans le n' de mai du Folk-Lore Jour- 
nal* quelques légendes recueillies de la bouche des villageois du Pendjab 
et relatives â un ancien héros nation.il, le roi Rasalou. L'une de ces 
légendes se rappone à son mariage. Kasalou a pour femme Koklan, la 
fille d'un roi qu'il avait vaincu au jeu d'échecs ; comme elle venait de 
nsiirc. son père, averti par ses devins qu'elle lui portait malheur, allait 
la faire périr j mais Rasalou l'avait sauvée, emmenée chez lui, élevée et 
épousée. Pendant qull est i la chasse, KokJan reçoit les visites d'un prince 
voisin, Raja Hodi. le laisse de c6té les circonstances étranges et fantas- 
tiques de leurs amours. Averti de la trahison, Rasalou rencontre son 
rival, le tue d'un coup de flèche cl lui coupe la lêie. ■■ Aujourd'hui, se 
dit-il. je ne rapporte pas. comme d'ordinaire, de venaison i ma femme; 
cependant elle en mangera, et de si délicate qu'elle n'a jamais goâié de 



I The Fdk'Lort Journal en l'organe dr la Folk-Lort S<xnh, fo»d« it Londres 
il y a six ans. On peut s'abonner chei M. Eîliot Stock, 6ï, Patemoster Row. 



)60 M EL A KG KS 

paretik. « DépouîlUm <j« ses riches vêtements le corps décapité, il lui 
coupe un morceau de chair et l'etnpone. il ùïi Jk sa femme diverses 
questions auxquelles clic répond tant bien que mal. 

Le roi, rcfrénani ta colère « sa douleur, s'écria : • Assa! All«2, rdne, occu- 
p«-vons de l3 venaison que j'ai mise i cuire, et pitmiez-moi du pain. • Et S 
s'assit, Inste et sombre. Quand la reine parut avec le pUt fumant et In p«ini, 
le roi lui dit : x Allons I mangeoDS ensemble une Tois encore. » Avec la Icgèrrtè 
d'une (emme, oub!i*nt se» lorti, elle accepli son ipparcnte bonté, el reprit tou- 
rage ; mats les hommes sont différents, ils ruminenl leurs pensèeis et gardent leurs 
soupçons. Le roi mit quelque peu de pain â ses livres, et dit : « Mon pain me 
semble aujourd'hui (ade- • Mais la reine dit : t Quelle viande ra'avez>vous donc 
apportée aujourd'hui, cher co;ur? Jamais venaison n'a ité aussi délicate et aiusi 
douce au goCt. > Le roi répliqua : 

* Vivant, il était votre plaisir ; 

Mort, vous avez mangé sa chair. 

Comme un tour {?1 soit la vie de celle 

Qui met ses espérances dans un lotre (que son mari) ! » 
La malheureuse reine lj)ssa tomber te morceau de sa boacbe et se dit i ellc- 
mGme : « Ah 1 je suis trahie I je suis trahie I i! sait tout. Tout est Ani. > Et, 
avec uo ton d'orgueil et de bravade, elle répondit i son mari ; 

« Si |e me lève, vous me lourmenlCE, 

Si je ni'jBsieds, vous m'injuriez ; 

Avec celui au sii;et duquel vous m'insoltez. 

Avec lui sera ma mon * . ■ 
En disant cela elle se leva, s'élança vers le rempart (qui entourait le jardin 06 
ils étaient) et se précipita en bas ; mais avant que son corps ebt atleini les 
rochers, son souffle l'avait abandonnée, et la belle, la perfide reine Koklan élan 
morte*. 

Si nous comparons cène histoire aux versions occidentales du mtme 
récit, nous trouvons dès r.ibord une différence notable. Celles-ci prennent 



1 . M. Swynnerton a donné de ces deux quatrains le texte original et une tra- 
duction lillérâle, plus une imitation en vers anj^lais que je laisse de cAté. 

2. Le récit indi!>n ne s'arrête pat là ; il a une suite d'un tout autre caractère. 
Rasalou, voulant cacher celte aventure, va de grand matra jeter i la rivière les 
corps des deux amants. Il se cache pour n'être pas vu d'un blanchisseur et de 
u femme, qui sont venus avant te jour X la rivière avec un paouet de linge, et 
il entend une histoire nue le mari raconte à sa femme. Cette nistotre, que le 
miri dit lui être arrivée avec une première femme qu'il a cwe, est U même que 
la 6' du livre II] du PantfhjtjnUù, sur laquelle, outre Benfey, il faut voir les 
rapprochements de M. Cosquin, Rom. VIII, 604. Seuieraeni elle se lerraine 
autrement ; le mari trompé, qui emporte sur son dos, dans «ne natte, l'amant 
qu'il a surpris, arrive chez un homine dcnl b femme a aussi un amant, que le 

firemier mari fait découvrir au second. Celui-ci veut tuer l'amant, maïs l'autre 
ut arrête le bras. « Regarde, lui dis-je, en ouvrant U natte et reUchant non 
prisonnier, en voiU uo autre. Ta destinée n'est pas différente de la mienne, ni 
de celle des autres hommes. Ne tue donc personne, mais faisons bonne mine i 



LA LéCENDE DU Châtelain de Coud daks l'inde )€i 

loules parti contre le mari et envisagent l^histoîre du point de vue des 
amams. tandis que la légende indienne, consacrée à la gloire de Rasalou. 
flétrit les amants et approuve la vengeance du mari. Je ne crois pas 
cependant que la forme indousiani soit en cela la plus ancienne : le conte, 
en entrant dans la légende de Rasalou, aura sans doute modifié son 
esprit. Ce qui me le fait supposer, c'est que Rasalou périt ensuite sous 
les coups du frère de Hodi, et cela semble être l'expiation de sa bar- 
barie, et rappelle la guerre faiie, d'après certaines versions de la biogra- 
phie de Ouilhem de Cabcstaing. à Raimon de Casiel-Rosiillon par le roi 
d'Aragon, pour le punir de sa cruauté'. 

Quoi qu'il en soit, le conte indien se rapproche d'une manière frap- 
pante de la version provençale de notre récit. Dans l'un comme dans 
l'autre le mari tue l'amani et lui coupe la tétc> ; dan? l'un comme dans 
Pautre ta femme, après avoir appris la vérité, se jette d'un endroit élevé 
(balcon, fenêtre, rempart) et meurt. Le bref résumé que nous possédons 
du lai de Guiron ne nous apprend pu comment il se lerminait ; mais on 
y voit aussi que le mari tuait l'amant (il en est de même dans Les histoires 
du Brennber^^er. d'Ignaurc-l.inaure, et, avec changement de sexe, delà 
marquise d'Astorga) : il est possible qu'il eût le même dénouement que 
les récits provençaux et indiens'. 

Ce rapprochement permet de reconstituer un peu autrement que je ne 
l'ai fait la généalogie des diverses formes du récit. Dans la plus ancienne, 
le mari, averti de son déshonneur (les moyens varient), rencontre son 
rival et Le tue. Il lui coupe la tête (indousiani, provençal, allemand, espa- 
gnol), et lui arrache Le cœur (toutes les versions occidentales^). Il le fait 
cuire et le sert à manger A sa femme comme de la venaison lindoustani, 
Boccace}. Après quoi ii demande à sa femme comment elle trouve ce 
qu'elle a mangé, et, quand elle lui dit qu'elle L'a trouvé exquis, ii lui 
révèle ce que c'est et lui montre la tête de son amant (rédactions proven- 



inauvais jeu. Car puisque Raja Rasalou, tout grand et puissant qu'il est, a dans 
son palïu le mCme sort que nous et le supporte patiemment^ qui sommes-nous 
pour nom plaindre r • Rasalou faîi du bonhomme son ami et son eonseitler. 
Ainsi se reirouve dans l'Inde la philosophie de hi-ondt (c(. Rajna, / t'onU 4tli' 
Ar'\Ma, p, )86i. 

1. Hni. //«., XXVni, 377; Rw». VIII, j6j. D« uaces de cette Go se 
retrouvent d'ailleurs dsns Boccace et dans le aatmt du CkJt-.lain dt Coaà. 

2. La version provençale la plut courle ni Boccace ne mentionnent ce lait; 
mais il devait figurer dans leur source commune ; on le retrouve dans l'histoire 
du Brennbergcf et dans celle de la marquise d'Astor», 

{. Cependant les dernieti vert : £ la dolar ii U Jjmi ont Kant la mort d< mn 
ami lofit ne favorisent pas beaucoup cette hypothèse. 

4. Le lai dV^jndurf ajoute • le daerrain membre aval ;», ijo^, • et ce trait» 
bien pu (aire partie du récit primitif. Il est mlïnie possible que dans ce réctl il 
nes'agtt p» d'abord du coeur, qui aurait été plus tard tubttilué J> l'autre 
organe. 




Dans le conte indien, lUubon coape i son enoemi un morceaD 
chair ei non le cœur : c'est visibJenteni une altération '. Au terrible r^ias, 
Rasj^ou, préoccupé de sj vengeance, ne nunge pas. Oe même Guglielno 
Ro&siglioM : < ^i, per lo malificio da lui commesso nd penstero impe- 
diio, poco mmffà. » Sa femme, au contraire, comme Koklan, a bon 
apprit. — Dans b version indoustani, c'est la femme qui déclare sponta- 
nément qu'elle trouve délicieux le mets qu'elle vient de manger; il en est 
de même dans le CMtelaîn de Coud. Dans les versions provençales, le 
mari l'interroge. Cette différence est peu imponame. Mais l'accord des 
textes dans ce que dit la femme est remarquable. On a vu plus haut les 
paroles de Koklan. La femme de Cuglieimo Rossiglione dit : « In buona 
fé, dla iquesia vivanda) m'é pîaciuta molto. » La femme de Raimon de 
Castel-Rossillon' : i< Moût es cstada bona vïanda c saborida.» I.e poème 
français porte : « Et lîsamble bien c'onquesmès nemanga si savoureos mes. » 
— LA-dessus le mari lui dit qu'il est naturel qu'elle trouve bon ce qu'elle 
.1 tant aimé, l.cs paroles de Rasalou se retrouvent lexiuelîementailleur». 
Doccace ; o \o il vî credo, ne me ne maraviglio. se mono v'é pîaduto 



1. Voyez la note précédente sur ce t^u'on peut croire avoir été la rersion 
primitive. Il ne ser>tt pu itnpoaibk que le narrateur anglais ail ici modifii 
volonljîrcraent ie récit au'il n recueilli. 

1. J'eniçndi ici par la U biographie la plus étendue. Lcj rapporta dç celle 
biographie avec la veriîon indieiitie prouvent que, contrairement i l'opinion de 
M, B»chnidt, la vcrtion la plus courte it'eit pas la plut ancienne, ou du moins 
que lis additions qui y ont été laiiei ont été puisées dans le romaB provençal 
pfrdu qui «n est la source comme il est cette de Boccace. 



LA LÊCSKDE DU ChâUtata de Couci dans l'indb )6) 

Qb che vh'o pii) che altra cosa vi pîacque. * Le poème français : « N'aies 
neneille l'elle csï bonne... (^e vous en ce mes cy mcngastes Le cuer 
qu'elmont le mieus atnastes... Vous l'amastes en son vivant, w — Pour 
corroborer cène assertion, k mari devait montrer la t*tc de l'amant ; le 
ABU iodien omet ce trait, mais il l'avait préparé en disant que te mari 
>nit coupé celte t(tc ; il manque aussi dans Boccuce, mais 11 se retrouve 
^h tnographie provençale, et, comme je l'ai indiqué plus Itjui, dans 
'liitûirs de la marquise d'Astorga. — Les paroles de la femme, à cette 
'^bk révélation, sont affaiblies dans le quatrain indoustani ; elles rap- 
P^ttn cependant celles de plusieurs autres textes. Boccace : « Ma unque 
'Qio KMi piaccîa chesopra a cosi nobil vivanda. . . mai alira vivanda vada! •> 
*Ognphie provençale : m Seigner, ben m'aveiz dat si bon maniarqueja 
■"1 non manjarai d'autre. » Poème français : « Je vous affy certainement 
^'li nul jour mes ne mengeray, N'auire morsel ne meiieray Deseure à 
S^til viande. » — Ayant ainsi parlé, la femme de Rasalou s'ébnce du 
''■'ut des remparts; celle de Gu(jlielmo Rossiijiione, lerjla in pti, ^r uru 
J«ccfrti, la ^aaU Jiaro a U'i era, iadutro sema alira dHibtraziont si latcid 
*^^Te. Telle est ta forme première, maiencomreujemeni altérée dans U 
"ï^gtapbie provençale, où la femme semble ne se jeter de la fenêtre (ou 
''* balcon) que par peur de son mari qui s'avance sur elle l'épée à la main. 
<^jrt £iu[-il conclure du rapprochemem de la légende indienne et des 
"^^^ lï européens .' A ta rigueur, on pourrait croire que le conte occidental 
' ^Té transporté dans l'Inde à une époque plus ou moins ancienne ; maïs 
niïverse est bien plus vraisemblabJc. l-a légende indienne a conservé 
«fs traits visiblement primitifs qui se retrouvent tantôt dans l'une, 
'^'ïtiidans l'autre des versions européennes, mais qui ne sont réunis dans 
^LicvK. Il faudrait donc que ce fût leur source commune qui eût passé 
****»! le Pendjab et y eût été insérée dans le cycle de Rasalou. Celte 
K>urcf devait exister au xi* siècle, puisque le lai tle Guiron, cité comme 
ancien par Thomas vers 1 170. et qui en est une dérivation, remontait ccr- 
**<neïufnt à la première moitié du xii°. Perdue en Europe, comment, â 
*^te époque, la rédaction en question aurait-elle été apportée au delà de 
H ittialaya * Il esi bien plus probable que le conte du cœur mangé a suivi 
K^andé route de tant d'autres contes, qu'il a pénétré d'abord en Perse, 
P«»s dans l'empire byzantin, et de là en Europe. Ce n'est pas, tant s'en 
^'^'i le seul exemple de récits celtiques qui, par les mêmes intermédiaires, 
^'''oiîienl 1 la même origine. 

G. P. 

(4^ ■ Cf. ignaait - A Dia fiunt lotit an nu K'tfri ja ronij tr itiinj(froimf St 
g^r' 'C" " P'^""* "'i' n'amyienl. De mfnK dans le meisiergeung du Brennbcr- 
pX^* ■edinoDcment de la mort par inantiioD, <jue l'avais |Ugè pntnitîf, se doit 
* <ue coniidér* corarne tel d après le rapprochement du conte indien. 



^la«-i 



t 




COMPTES-RENDUS. 



Friedrich Dleat* KleLnere Arbelt«niinâ Recenslonen beraujg<-g^D 
von Kerounn tiK£ïii&.v>. Mûiicben uai Leipzig, Oldenbourg, iSSj, ir-8*, 
ïvj-îia p. 

Tous Its romanistes, cl surtout ceux qui ont eu rKonneur de connaître et 
d'CDieodro Diez, uuront gré i M. BreymJtin de la peine qu'il a prise pour 
composer ce volume. Cl i rechercha dans différenis recueils scienli&ques tes 
articles du mahre qui y sont fpan, et doni b plupart sont des comptes-rendus. 
A partir de i8j9, Diez n'a plus ^crit que dans le Jahrbach fur romanischt aad 
tJtglisclic Litirjlur, auquel il a donnË six articles, qje tout le monde peut facile- 
ment y trouver; naij dans les quarante-deux annics prccWentes il avait publié 
dans les Huiitlbtrgtr Jehrbàchcr dcr Liltratur, la J<naiscke AUgtmânt Uuratai- 
nituag, iet Jûhibûchrr fur niisinschaflliche Kritik, la Zàlschrift fur tituuchu 
AUtrtham, la ZtilKhn/i fur dit Wisicnickcfi dtr Spratht, dix-huit arlides qu'il 
était beaucoup plus difficile de lire et tnémf de connaître, surtout hors d'Aile- 
tnagne. M. Breymann a réimprimé ces vingt-quatre articles, dont quelques-uns 
ont jusqu'à (joinze pages. Il y a joint un petit écrit btin, le discours que Diez 
pronoR{.i en i8] i en prenant possession de sa chaire <de philologie germaniquel 
de Bonn : Aatî^uisûnia Ctimjtticac potitûs *<ttigia, deux poiiies, un Ckttar 
^(iifuf (l)ctuneode k Schiller, et la traduction en vers du Ctrtûirt et dcl^rtf. 
M Breymarin a apporté dans son pieux travail !e soin le plus digne d'dogcs ; i] 
s'est abstenu, avec toute raison, d'un commentaire inutile aux lecteurs i qui sa 
publication est destinée ; maii il a revu toutes les citations et a, quand il y 
avait lieu, conpliié ou corrigé les icdicatiom de Diez. Il a tefiRiné le voliroe 
par DB tableau des cours faits par le maître et par une bonne uble. 

On ne peut pas s'attendre à trouver dans ce Ime rien de bien nouveau. 
Diez a naturellement lait entrer dans ses grands ouvrages les ntnarques impor- 
tantes qu'il avait eu l'occasion de présenter dans ses comptes-rendus. Cepcn- 
dantf connir plusieurs articles concernent non la philolope, nuis l'histoire 
lilléfaire, notamment de l'Espaigne el de l'Italie, sur laquelle il n'a pas écrit 
K ffvjiiio, od jr trouvera bien des obsetvattoss et des vues intéressantes. Ai 
point de vue de la gramnaîre. Il Unt suloit signaler la oirtnsc petite étnde 
sur quelques formes redoublées dans tel bafvet tonues, i teqwikB ■ renvoyé 
4>n te Ctimmthà. buis safts l'imérer tovt esitirCk On wnira de b tecturc de 
<M opuacutei avec bm estime tt im syaipitltte plut tftaAtt poir l'ntnr, 
dont th BOUS aideit i coaprtwlrT te Mntof p«*rti ianti&<iM. Ih boa por- 
trait de Dtei, d'apeés H«e plioio^raplWv te kmi bwn t«l ^'i était sau tes 
nu de ï«ui qui l'Mt txmk. 



Thurnevsen, DéU Verbam Itre 



î6î 



Du Terbam Atre tind die franueslscho Conjuration. Ein Brnch- 
ilùck aus der EntwicLiungsgrschtchte der fi^tiiicsiKhen Flevion. — Zur 
Erla&gniig d«r Licentii docendi bel dcr Uttivnsitxt Jena eingereidit van 
£. R. Thuiinkv»l.\, Dr. phil. Halle, Karru, iSSj. 

OsBS cet oposculc d'une quaranutnc de pages. M. Thurncyten étudie les formes 

^ verte llrt en Mcicn français et l'inlîucncc de ce verbe sur la conjugaison Iran- 

CAîsc. L'ouvrage proprement dit est précédé d'une introduction assez étendue 

Contenant des considérations générales sur le rôle de l'analogie. Parmi plusieurs 

'^'HArquei lustes et ingénieuses, on en peut relever une i laquelle tout le monde 

"^ sosscrira pas : on a été pousse, dit l'auieur.à créer des formes analogiijties, 

P'i'ce qu'on «vail oublié Ij forme normale. Cela, à la rigueur, peut être vrai 

**">s certains cas, pour des mots d'un usage peu fréquent; nuis comment 

«mettre, par cïcmpic, que l'imparfait ère, appartenant au verbe le plus usité de 

** latine, et employé tous les jours bien des fois par tout bomme pailant français, 

**' pa sortir de la mémoire? Ou si par hasard la mémoire est en défaut au pre- 

****«r iniunl, n'e»t-il pas plus simple de l'interroger, de réfléchir pour retrouver 

'' ^orme perdue, que d'emprunter k un autre verbe sa terminaison, de l'adapter ta 

'*'*nie coBlefio dans les autres formes du met qu'on a sur les lèvres, et de créer ainsi 

^^ inpjrfail nouveau? Non, ce n'est pss l'oubli, c'est le besoio d'unité qui a Fait 

'^*t#e les formations analogiques. Pour nous en tenir à la conjugaison seule, on 

^it. %'jt combien de types ditlérenls se con)uguaient les verbes au moyen âge ; la 

^"^élé des (ormes était trop grande, la mémoire en était encoinbrée ; on sentit 

*^ bcuin de simplifier, el l'analogie opin un grand travail d'unification. De 

P'us il r^gac à un peuple d'employer plusieurs procédés pour exprimer un 

"^tiie rapport. Je suppose, par eseniplc, qu'un écrivain ou un poète se soit 

'^'^i dans un long récit de plusieurs imparfaits en •eit ; avait-il besoin de l'impar- 

^>t de istrt, la forme crr te frappait par sa singularité, il hésitait â s'en servir; 

** temtnaison •tit flottait, pour ainsi dire, dans son esprit, et il était tout natu- 

'cllment amené à donner aussi â Itre un imparfait ayant cette terminaison. 

**ns pouvoir rica affirmer de certain, c'est lâ, semble-t-il, l'explication la plus 

ï^riifcible. 

' Oaos son premier chapitre, M. Thurneysen essaye fie rendre compte des 

^(Ulies de quelques formes du verbe ilre. Il pense que la première personne 

^ a pris un i par analogie avec ai, première personne d'ji-i]i'. On ne voit 

luire quelle autre explication on en pourrait donner. Le lalin vulgaire avait 

do reste transformé la première personne de quelques-uns des verbes 1rs plus 

cillés. Aiosi Ji suppose un type laiïn *afa, car habeo, *abjo, quoi qu'en dise 

l'uueur, ne peut donner que 'jge, comme rubeo donne roanc Quant i \'s 

iJMt^ plus tard i cette même personne tai, l'auteur ne sait trop comment 

Taptiquer. Petit-tire serait-il parvenu A tin résultat plus précis en étudiant 

iTcc soin Jt quelle époque et dans quels testes elle apparaît pour la première 

fais, et i quels autres verbes que Un elle s'ajoute i la première personne. Il 

npproche de sait les preraièrei personnes priais, Iruit, tait el puis, dont 1'; est 

aussi isexpliquée, mais qui pourtant peuvent avoir servi de patrons i mis. 11 étudie 

Kissi les formes provençales tau, ratif, rRjti, esuut, ijuoique cette question ne 



^66 COMPTE&- RENDUS 

rentre pat directement dans son sujet. Ses hypothèsu sont tris IngJaieiises, 
nuis il lerait trop long de les discuter ici. Relerons encore une de \n doib- 
breuses remarques: sût, la troisiitne personne du subjosctif, supposerai! l'eiis- 
lence en latin vulgaire de sil, qui se serait conservé por i e6té de siam, sïai, 
parce que c'était ta persotinela plus usitée du temps. Que si t ait existé en latin 
vulgaire, c'est fort possible ; mais il est difficile d'en voir une preuve dans le 
■ in damna sa i d« Serments de Strasbourg. En effet, cette phrase est purement 
latme, et elle a sans doute M écrite par un clerc assez inslruii pour contuîlre 
la conjugaison classique du verbe ttu. 

Quant au futur serai, M. Thurneysen croit qu*3 faut le dirirer de esiere 
habeo. 'scrabeo, plutôt que de ledere habeo. Il expose clairement les 
raisons qui appuient son explication, mais la question a été déjà trop discutée 
pour qu'il loit bcilc d'apporter des arguments nouveaux dans le débat, et les 
drus opinions paraissent devoir garder définitivement leon partisans parmi les 
philologues. 

L'auteur consacre son deuxième et dernier chapitre i montrer quelles fonnes 
verbales ont été créées par analogie sur le modèle des formes correspondantes 
du verbe /tu Cette deaxîïme partie de son travail renferme aussi des idées 
nouvelles et beaucoup de rapprodicments heureua. Ainsi, pour expliquer la 
fortune prodigieuse de la terminaison -ans à la première personne do pluriel, 
qui n'est étymologique que dans le seul verbe /Irt, et que tous 1rs aolres ont 
adoptée', l'auteur suppose que ceux qui donnèrent l'exemple furent ceux qai, 
comme ftre, avaient une terminaison analogue i la troisième personne du plii- 
rid, ainsi istoni et les futurs cfii^niironi, amironl, etc. Oii M. Thnrneyseo bous 
parait avoir été moins heoreux, c'est dans son explication des imparfaits dn 
subjonctif. Prenons un exemple : d'après lui, dormisu, dormisus, iSorraiit, Jof' 
mnium, Jormitiitz, dermiutnt, ne peuvent pas dériver d« dormissem, dor- 
misses, dormisset, dormissemus, dormissetis, dormissent, car 
ces formes n'e.fpliqucnt pas Vt final des deux premières personnes du singatier, 
et aux deux premières personnes du pluriel la terminaison if«s, it: suppose 
un tj-pe latin en •lamat. -ialii. Toutes les difficultés seraient levées, dit'll, si 
l'on adoptait pour le latin vulgaire le type dormîssiam, dormissias, 
dormtssil, dormîssiam us, dormissiatis, dormisiiapt, formé 
du plusHjue-parfait du subioaclif auquel on aurait ajouté comme terminaison 
le subjonctif présent du verbe itri. On peut objecter i cette hypothèse que 
l'Imparfait Jormiisc, ilormititi, darmUt. àornittuut, dermatu:, dormintHl, 
n'est pas si irr^lier que veut bien le dire M. Thumeyscj). La troisième 
personne du singulier est tout i fait normale ; les deux premières personnes 
du pluriel ont emprunté, comme tant d'autres, la terminaison itns, ttz aux 
verbes qui l'avaienl conformément d t'étymologie, comme dmtnt de debea- 
mus; la deuiiiéme personne du singulier et la troisième du pluriel ont pris 
un t euphonique pour Ualiler U prononciation de toutes les consonnes, la 
deuxième du singulier peut-être aussi pour se distinguer de ta même personne 
du parfait ; icimu ; il ne reste plus que la première pcrsontie, où réellement 



THURNtYSiN, Dos Verbum ttre ^67 

Vt 6iul oSrc quelques dilScultis ; mais on peut croirt qu'on ï'j i mis par 

aailogie avec la deuxième personne < . Quant aux formes avec 1 de la première 

conjagaison, telles que amaiiu. elles sont plutôt dialectales. Dans la ri^le on 

trwK tnuist, que imassiam n'eiplique pas. On peut faire la même remarque 

pour fuitte, qae l'auteur iériw de fu issiam ; U forme normale est lasst. IHais 

1'ob|ection la plus grarc qu'on puisse adresser â cette hypothèse, c'est qu'elle 

nttieat pas compte de l'accent. Siam. en effet, a l'accent surl'i, et dormissîam 

itnti donuer Jotmisiiu. Or on ne rencontre aucune trace de celte forme, et 

pOBrdÊrirer dormistt de dormissîam, il faudrait admettre que l'accent s'est 

<i!ftH< ft s'est port^ sur l'anlipénullièmc. Mais cet 1 en hiatus, accentué, est 

Ptw i i i ce qui donne i siam sj forme propre et m phfsîonomie particulière ; 

^Hoieal que siam perd cet accent, on ne voit plus pourquoi on le sobsti- 

lunit 1 la terminaison -se m du plus-que-parfait du subjonctif. 

Uai des remarques judicieuses de l'auteur est que ad, troisième personne du 
■^wctif d'dwr, a perdu de bonne heure son (, sans Joute sous l'inHuence de 
*ô. Ce mène uH a déterminé probablement aussi la chute de \'t j la troiùène 
PCHlHC da singulier dans les imparfaits de l'indicatif, tels que anit, plus 
"'MaMnent ûvtut, et dans les condilioiitiels. 

Nou M pouvons relever ici tontes les idées de cet opuscule qui mériteat 

°Çlft retenues. Nou^ nous suntmes plus étendu sur celles qui suscitaient des 

^*KctiOM que sur celles, bien plus nombreuses, auxquelles on peut donner son 

■••Wioient. Nous renvoyons le lecteur i l'ouvrage lui-mémef M. Suebier en a 

""•oé dans te LiUutmbhti un compte-rendu par trop sévère. Il reproche wr- 

^^ i l'auteur de manquer de préciiion. Sans doute les expressions vagues de: 

* Hd peu piu^ t^t, d'a»ez bonne heure, dans quelques textes, > viennent trop 

***>€» sous u plume ; ouiï les idées neuves et les rapprochements ingénieni 

'"•Opeateni amplement ce lé({er défaut. Plusieurs de ses hypothèses sont har- 

'^* e1 il faut lui savoir gré de son imagination ; si quelques-unes manquent 

•"^P de preuves pour qu'on puisse i«s admettre, beaucoup d'autres méritent 

^^ sérieuse attention. Avec un peu de patience et de soin, tout le monde est 

"P^We de dresser un relevé ou d'établir un catalogue. Ce genre de travail a 

'^ méiite, mais les idées originales ont bien aussi leur prix, et c'est 1 «Iles 

*** U Ibèse de M. Thumeysen doit sa valeur. 

A. T. 

^UIoriR BritoDum attribuée i Nennius et l'Hlstorla Brltaaaloa 

■*vwtCeoffroi de Monmouth. par Arthur iik La Hohdehif.. Paris, Cham- 
t>wn. M. DCCC. LXXXIII. in-S', cif-ija p. 

Téritatbies Prophéties de BCerlla. Examen des poèmes bretons 
^tuibués i ce barde, par Arthur i»e La DoanEniE. Parb, Champion. 
Kï DCCC. LXXXIII. ln-8\ 80 p. 

^oui avons ici trois disserutions fort intéressantes, qui touchent toutes trois 
■"étude des origines de l'épopée bretonne. Je lesexamiaerai l'une après l'autre, 
Bt tenant surtout au point de vue littéraire. 



«•a Mut. vil, Cl], 



}68 COMPTCS-REKOUS 

La disserUition sur l'Hutoria Bntontan attribua i N«omu est ub norceui 
de critiqua solide, judicieuse et péaàranle. L'autcLr suit, tl est vni, ta trace 
de Schctlt * et adopte à peo prés totiles sn ccucluiions ; mais, outre qu'il y 
a un réel mérite 1 répandre des résultats trop peu connus en France et en 
Angleterre, M. de La Borderie 3 fait du sujet qu'il traite une élade toute per- 
sonnellr, et il a en maint endroit ajouté des argumenu i ceui du uvanl alle- 
inand, conleslc avec bonheur que! qu es-une» de sa opinions, tail des recherches 
tupplémenlatres, précisé certains détails restés indécis, et prisenté des poml» 
de vue nouveauit. 

Il commence par montrer que \'HiitDru, dans l'édition ta plus développée, se 
compoM de huit morceaui distincts : i. Prohgat mafor, j. Protogus mi'nof, 
j. Capitula, 4. Câlcuti, j. Hitlorta Briloitunt proprement dite, €. Ctncatogiai 
regum Satanuin cam aliit caUalit, 7. Cniiatd Brittmniae, S. Mirdbilia Britamiât. 
Les n** 5 et 7 sont les leuli qui se trouvent dans tous les manuscrits, et doivent 
ttre regardas comme compounl seuls l'oeuvK primitive de l'antear (on pnl 
même douter |p. 17) du n° 7, Civitata, qui n'est pas i la mécnc place dans les 
diverses classes de manuscriu et <|ui parait tire un dMuDient, d'ailleurs ancien, 
incorporé à VHiitoru). En outre, une vie abrégée de saint Patrice est intercalée 
dans \'Hislorit m^me. Les n^' 1 et i, qui font seuls mention du prétendu Nennisi, 
ne sont, l'un que dans un seul manuscrit, l'autre que dans six, qui forment la troi- 
sième des trois classes dans lesquelles M. de La B. répartit les trente manuurib 
connus et décrits jusqu'ici. Le n" ;. ubie des chapitres faite après coup, n'est 
aussi que dans un mt. de Cambridge. Le n* 4, Catcali, est dans tous In mst. 
moins un, mais il n'en est pas moins l'œuvre de copistes succcssib. qui l'ont 
diversement remanié, [.e n" 6 n'est que dans les dix-s^t manuscrits qaî com- 
posent Il première classe. J'ai parlé du n* 7, Cirilalts. Le n* & manque dans les 
deux meilleurs manuscrits de la deuxième datse, et se dénonce comme de 
rédaction postérieure. 

C'est donc uniquement dans le n" {, VH'awrû proprement dilc^ qu'il hvt 
cbercher le* élèraenis de b date du livre. M. de La B. le livre sur ce point k 
une discussion extrêmement ingénieuse et savante, mais qui, je dois l'jvouer, oe 
m'a pat pleinement convaincu. L'auteur dit : A primo anno fii« Saxùius tciu- 
rant in Bntanmam ttSi/at ad annam qajrtom Minini ngis tuppaUmof anm 
CCCC. XXIX. Or il résulte de la critique irréfutable de M. de La B. lui-néme 
que l'auteur place la première venue des Saxoiu en 449' ; il écrivait donc en 
878. M. de La B. repousse cette date, parce qu'il iroave dans le Bni y Tjwj- 
toison que le roi Mcrvin, mort, d'après les AnnaUt Cambridc, en 844, commença 
& régner en 818, et il fixe par conséquent U date du livre 1 8j2. Il veut que par 
la première arrivée des Saxons en Bretagne l'auteur entende, non le débarquement 
de Hetigist et Hona, qu'il place certainement en 449, nuis une incursion quel- 
conque antérieure, qui aurait eo lieu en )9J. Il est très vrai que les Saxons zTaienl 



I. Dt ectlaidjticat Britaitum Stoforuffl^iM hUiatiat foelibui . Berlin, taji 

I , Schcrll, qui date comme M. de U B. VHiitohd de 8)1, admet qu'elle met cei é*^ 

nuneni m )9;, mau M. <Je Li B. l'a vînorieuiemeot rélutf. Cette date de 44^ en d'aih 

Icun donnée par diverses autres Murces. 



La Bouderie, VHistoùa Britonam 369 

fliu4'nefois loqui^é ti Bretagne avmt 449; mars l'aoleur de VMisioria, qm 
ncDolt tonte cette hiïloîre avec une tendance patriotique que M. de Lu B. a fort 
bn anctériste, o'admet précisément pas ces iticunions aniérieures ; il veui que 
IdttfBCitilaeaCcTmaniaexpulMeinexilioinquibuïeraiit Hon et Hengisli aient 
ttt la prrffliéres barques saxonnes qui aient Louctié U Bretagne, elon ne peut, 
Bulnbife one violeace inadmissible, douter que ce ne sôit cet événement, 
flKépar lui en 449, qu'il a pris pour le point de dépan de son calcul. Mais le 
tviNnia? M. de La B. nous indique Ihi-m^me (p. ii) qu'an autre roi Mervin 
Bdnrlen 90J ; rien ne nous empêche de croire qu'il avait commetici 1 régner 
((^74 eu 87}, et par ccns^uent que la quatrième année desoa règne tombait 
at*S, — M. de La B, 1, il e>l vrai, une autre raison pour rejeter celle date, 
t'ta ^ les CjIcuIu qui contiennent des dates de uanscriptions successives, 
Ml ts fournissent une de 8]i. une de 8j2, et ttnc de 8(7 ou Sjg ; maïs il 
tCHrt d& eAcellenu commentaires de M- de La B. Iiii-mîtne que toutes ces 
^ hien antérKares aux manuscrits o(t elles se trouvent, ont été gravement 
'^Bta rt n« sauraient avoir de vraie valeur. Qui sait d'ailleurs si les CakuU, 
^■pncn réalité i l'Htstoria, ne sont pas un murceau à part, qui a pu (ire 
OSpoiéanlcticurcnient, mais dont U soudure avec VHulOfij ne saurait rien 
F"'"' pour celle-ci? C'est dans l'Hntoria seule, comme l'a très bien dit le 
^■■M crttique, qu'il faut chercher des éléments de datation. 

S> DB adopte la date de 878 comme celle ob l'ouvrage a été écrit, on est 
pHt^l te demander si one autre question, celle de l'auteur, ne doit pas aussi 
i* pwr aulremeDt. Trois auteurs sont désignés par divers témoignages : Gil- 
^NtBniut cl Marc. Nciiniuj est i écarter de prime aljord ; I jltnbution i 
C*» (qo) n'apparaît qu'au XII' siècle en Anglcterrei fsi absurde. Mais en 
'^■''Utmtme de ta désignation de Marc? Elle se trouve dans le ms. du Vatî- 
^> k piss ancien de tous ceux qui nous sont parvenus ', le meilleur aussi '■ 
^■K porte en titre : Incipit htorïâ Bniotium^ diu ab anathattU Mtireo, <;iu- 
^^ff^i ipiuopo. Or un miracle opéré par saint Germain en Bretagne, et 
*"«é dus l'Hiiiom iJritûtmm, te retrouve dans les NtiamU stniù Gamant 
•Heric, qui écrivait entre 87} et 871, et Heiric dit l'avoir connu ptr sâne- 
Itm latm ttetaim, ijoiJim gtiuit rptttopum, ^ui, nnHoiu quidan Btiio, tjucutiu 
'^ ■* Hthtiua, fHitt tmgi ponlijiciilh unaiutts extrotia, ultromem sibt ptttgrU 
"""•■«Jûiif , JM traduclui M Fiantùim, piimmi^ai rigis Ctuoli \Cahi] mani' 
r*'^ ^umt, tpiid bttilotum MtdjrJ; a SchaUiam iocrohmm anechottlkaiu 
■"Witttw; il aiottlc. après avoir raconté le miracle : tiau tU apud Brttan- 
^ttboiuts hntiiiconîimri prgtJiilas mtki tpitcepus juritiaranJi uiUrpçsttionc 
''***«'*. Si VHiiuma a été écrite par Marc en 878, on comprend que le récit 



ijLf* n a éé imprimé par Cuiin en 1819. >v de Li B. n'a pai m qu'une aulre 
S?***' éiédoroée 1 Pome, eu 1871, dans le wlume îniituté ; A^ftnaà ad opaa 
Z** *tflo Utio. L'édJteur a cm mrttre au jour non leuitmem on manustrii inédit, 

j ]• wnge iflcontiu iuiqti'l lui- 
__''<W te lyae de la dninfmc flasK de M. de U B.. qui, teloo moi, devrait être la 
^T*'*- Cox \ cette duse qa'Mptnieni le seul mi. qui ne contienne pas 1: n' 4 ; 
^^ * Bt ot du ïii* ». u mi, du Vatican ne coniicBl que les n' 



^*» SS. Jnt. VII, tâa, ïgj. 
iMHto, XII 



4. f tt 7. 

»4 



JT© COMPTKS-flEKaUS 

qu'il aviit bit à Hnrtc qudques années plus lût M coificxle pas absolitooit 
ivec celui qui se irouvc dans VHistoné. D'auire part, ua Breton élevé en 
Irlande Krait assn njturellemtnt l'auteur d'an livre qui loèle au sujet principal 
des rnseigDcments inattendus sur l'Irlande ci vn« *k de saint Patrice. Eniia il 
semble que VHiiloiia ail été écrite tuf le continent : )c plus ancien nunnscnt 
provient de Saint-Gcrmain-dcs-Pris, et personoe ne U connaît en Angleterre 
jusqu'au XII' siècle'. Aussi aï-je cm pendant longtemps que Marc, évtqae 
breton devenu, sous Charles le Chauve, moine â Saml-MKlard de Soiuons', 
était rêclkmcnt l'auteur de VHislotia Biitonam. L'oioissioo de son nom daoi 
tous I» ma. autres que celui du Vatican (omission qui a donné Itea ^us tard 
aux attributions rncBSongircs 1 Nennius et 1 Gildai) ne peut surprendre ancoa 
de ceux qui connaissent les habitudes des copistes du moyes ige. — Mais a j 
regardant de plus près, l'identité absolue des mois tiasdim gentis tpit(op«ai' 
dans le titre du ris. du Vatican et le passage de Heiric m'a paru prouver que 
l'atlribulion i Marc provenait de quelque moine qui, ayant remarqué la ressem- 
blance du récit en question iam les Mlratul« S. Gtrmam et dans VHistoru, ta a 
conclu que cette cieraiére était l'ouvre du Marc mentionné par Heine. D'ailloin 
la différence des deux textes, pour ce miracle, ne s« borne pas aux détails ; 
dans le récit de Marc, saint Germain expulse simplement un roi qui lui a refuté 
l'hospitalité et met en sa pUce un porcher qui l'a bien reçu, tandis que dans 
VHîiioria son hâte est un serviteur du roi, non on porcher, et U fait tomber nr 
la ville et le cliltcau de ce roi * le leu du ciel, qui lc!i réduit en cendres- Un ite 
comprendrait pas que le tnéme homme eût raconté deux fois h même chose» 
dilTéremmcnt. L'Hutona IStitùnum reste donc, j'en sub d'accord avec M. de 
La b., une œuvre anonyme. 

La critique i laquelle M. de La B. soumet ensuite l'ourra^te en lui-même est 
de tout point excellente ; mais elle rentre plut dans le domaine de l'histoire que 
dans celai de l'histoire littéraire. On lui saura gré notamment d'avoir fait UW- 
chcr du doigt l'usage, at»urde d'ailleurs, que l'auteur de l'Hittoric a fait des 
chroniques d'Eusébc et des deux Pro^per pour écrire son incohéreite hbloire 
de b domitution romaine en Bretagne, et on acceptera saas doute ta fine et 
.probable explication qu'il donne de U table, destinée i devenir si céléi>re, de U 
colonisation de l'Armortqoe par les Bretons partis avec Maxime, table qui est 
sortie tout entière du cerveau de noire auteur, développant à sa manière nne 
phrase de Gildas qui ne veut rien dire de pareil. La discussion sur les quatre 
systèmes présentés par r/fi;rori,t relativement i l'orif^rnc des Bretons est aussi 
très ingénieuse et très convaincante. — En résamé^ l'histoire et l'histoire litté- 
raire trouveront largement i profit» dans le mémoire du savant antiquaire^. 



I. Il laut cependant nsicr que les deux pi» anciens mst. de la première claue, ^ 
sont du XI' s., ont ètè écnuen An|;!eitrrc, canune le rnooire l'adioKikia dci ^énèitogia 
saxonnes. Noioni xuuî la vertton irljndJiie du n* t. mibUè* oit Toild i OuUm eo 1648. 

t. Un Uarcut epinopus tccUetna mmtiann^ pir CkVdiard a l'innée S84 comme i'<tMl 
établi i Saint-iUll ,«07 la préface Ar IVJiijot) Mai) n'est sans doute pai 1« oiénic- 

). Comparn auui anathontua Ma daitt H«itic et aMûchonUl àun le mi. du Viikan. 

4. Ouite M dutctè, ce roi, dus ÏHiiMiê, eu coupable de lots plu que dracodiesDei 
et de leur implacable application. 

1- Je rejette en noie quelques nemwt obierritloai P. ), qu'est-ce que le Sn* «r 



1j( BoRDBHie, VHistoria Britonam ^yt 

la Kconde dùseftation de M. de La B, n'i que vingt pages, mais die sou- 

)t*t des que^iioos trit inportaotci. II a découverl un texie qui tublirait l'cxu- 

tCDce, cniK i'Hiapria Bntoaam et G»ufn'\ de Monmoutti, d'un intermédiaire, 

CAapoK an X* li^kr, qui auraîl porté le nom d'/Vutoru bnUnii'uù et aurait 

àt|lcoaietiu l'essenliel de VHiiioria ngam Britanniac. Voici les faits. Le Père 

Albed le Grand, dans ms Vits dei tainti de Brclagne^ pxT\e d'une vie de saint 

CmônH, • escrite en l;«au tl^le Utiti par Guillaume, preslre et chapellain 

fil HBosiiier d'Eudon, evesque de Léon, auquel il la dédia l'an 1019, qui 
cstotl le IV de son pontificat. i> Celte vie est perdue, mais M. de La B. a 
liM*é, dans un recueil de notes prises au XV<^ siècle (peut-ïtre par Pierre Le 
6ud>, les ITMS preoiicrs chapitres d'une Legenda laadi Conto^n, précédés de 
ttHeiidicace : Domiiw ti pattt m Chutto Eudom tfiiiofn fralnbus^jui çum to m 
Onititmao coagttinlàui Ciùlteimus, eôrara pretbiur, in Domino uluum, anno 
à attmâtioat Domiai )t aeno Juimo, ^ u est XXIIIM epiuopatiu lui, domine 
*fÎKtf». Le texte de celte légende a d'ailleurs été utilisé en ij9^ par l'auteur 
ithCkroatqut dt Sdint-tiinuc ri plus lard par Pierre Le Baud. Ur Hle débute 
vtu : Ufimut m Ystoru Britanmca ^uad, mm Biulm tt Coriatiu, etc. Elle 
Qcntt 11 conquête de la petite Bretagne par Conan Meriadec, puis parle de 
Vtrtigmi, et d'Artur, « l« grand roi des Bretons, ■ qui remporta beaucoup de 
Wfiirts I in E^tannicis et Gallicis partîbus. > Corïneus, Conan Meriadec, les 
■Iftto d'Arthur en Gaule ne se trouvent pa^ dans YHtitofta Bnloimam du 
H'ufde, mais apparaissent dans VHutaria ngam de Gaufrei- M. de La B. 
•^ qu'ilt étaient déjà mentionnés danî un livre composé en Grande-Bretagne 
ul' li^Ie et transporté en Arnionque avant 1019. Ce serait M un résultait 
i»!* Wif (]ue considérable; on aurait ainsi la source de Gaufrei. Mais de 
PKa 0b|ectioQs surgissent aussildl. Si ce livre a existé et s'est répandu jus- 
V'tt Amtrique, comment aucun historien anglais ne l'a-i-il connu ? Guillaume 
^tMltoesbory déclare positivement en \\2% qu'il n*a trouvé pour l'histoire 
"ilMt de nie d'autres sources que Bède cl Gildas ; un n'en connaît aucune 
**n. tuf le pseudo-Nconius utilisé par Guillaume Ini-ntme et Henri de Huti- 
'■{'b*. juiqu'i l'apparitton du livre de Gaufrei (1 1 }&{, et quand celui-d a 
f''*. les récits qu'il contient sur les victoires d'Arthur en Gaule sont pour tout 
KBotie use révélation, que Henn de Kuniingdon et autres acceptent avec 
"^ de confiante que de surprise, que Guillaume de Neuburgli et autres 
'^dlaiavec mépris. D'ailleurs Gaufrei, se larguant de la possession du livre 
**(> ^Bf lii a apporté son ami Gautier, déclare que les historient anglais. 



î*j*rf fa t* stède dont r.aufr de Honmouiti serait rjimplîAcateur f il l'aeil peut-Are 
*'"^IMï int,x»nua qui fait l'obiei da mimoirt suivant, mais t1 aurait ullu le dire. 
* H. VHiitoria éniMséiC non la empeteera romjim «jui ont • régn* en Brttagne, » 
^mi an j K»I reniu. — P. 76, VHutùna ne <)u*li6e pj» ADtiur de n roi, n mail 
'"'^■t de àax b^Uonm. — P 71, pir un lingnlitr Uptui, M. de tj B. fait aécLircr, 
j^%««l rwîrtorû, i l'rnfiBl oimifillrui qui compiiiîi it\tia Cuonigrrn • qu'il 
^WWte MtiKn. <• L'f^tji :<rii> ne connaît ni Merlin ; IVnfatt que plus urd Ciufrei de 
7 ~**W l» a ^pi^le M'ittat K nonuse id Anbtotiui, Dint wn m^moiie sur Merlin, 
^vltM» nai, M. de l^ U. dit cocure vx Nennius appelle ce peiionnafc Mtriin 
?^T- 1).'. Ce double ooo). Uatim AutbtMÎiu. ne ic piéscnu que dans la Pn- 
Fi^ *gfai de Cai&à, que noui prenons Ici nir le faai, auolant son Mtrtiiua 1 
^w^: ^ '^'^^ ' ^'"* ^ ^^ ^' i^" ^^f" 'V*^it apri* ti Pnphaiâ), il dit 



{7^ COMPTKS-KENDUS 

n'ayant pas les doonnenls qu>e lui possède, ne peuvent rien dire des raâ bK-' 
tOBi dont il sait huI rbisioire : comment cHj. i'expli()Derait-il s'il i«aH exîsii 
une Hiitoria trUannUa que tout !e monde pouvait consulter? Je crois qu'il y a 
dans te raKonnement ie M. de La B. un point faible, et qu'en le signabnt on 
arrive Ji dissiper le f.inlôme de ce livre irajginaire. Albert le Grand ne nous dit 
pas setileinpnt qoe ta Vie de saint Gou^znou, compoiée en 1019 par Cuilliume, 
était * en beau stjrle latin •; il ajoute qu'elle était > divisée en neuf kçoRS, 
ensemble avec le reste de l'office de sa fesie, es vers latins ou, pour mieux dire, 
rhythmes du temps, la quantili n'estant pas observée. * Or le texte utilisé par 
la Chroniijut Je S,unl-B'uuc et copié en partie dans le recwcil découvert par 
M. de La B. n'est nullement en vers rhythmiqucs; il est en prose, et a'esi donc 
pas celui qu'avait connu Albert le Grand, lequel taisait d'ailleurs partie de 
l'olfice du saint, ce qui ne convient pas i ce texte d'allure tout hîstoriqQe. 
L'aulciir du recueil de notes a simplemetil copié la dédicace de TtEUvrc poé- 
tique de Guillaume, perdue pour nous, et, i la suite, le début d'une Vie de saint 
Gouêznou qui n'est pas de Guillaume, et dont nous ne savons p>as la date. Dès 
lors il (flut reconnaître tout simplement dans VHistoru bril.mtiîcd mcntiooflée 
par l'auteur de celle Vie le livre de Gaufrei de Monmouth, ir^ ordinatrement 
désigné sous ce nom, et conclure que cet auteur a écrit postérieurement 1 la ■ 
diSution de ce livre. M, de La fi, fait remarquer, il est vrai, que sur « les " 
causes ci les circonstances de la conquête de Conan Mériadec ■ il diffère sensi- 
blement du récit de Gaufrei, et c'est pirlaîtement vrai ; c'est que sur ce point 
l'bagiographe armoricain puisait dans des légendes loales. lont «n alléiguam 
l'autorité de l'Hinorm briurnii-a, qui ne lui fournissait que le nom de CMian 
Mérudec. Ainsi disparaît l'intermédiaire supposé entre VHittona Hntoaam cl 
VHUtofiû rtgum Briunniae*. 

Je SUIS au contraire tout i lait de l'avis de M. de La Borderie sur la secdade 
question qu'il traite, celle de l;i provenance galloise, et non bretonne, des 
fables de Caufrei. Celui-ci prétend a trois reprises avoir trouvé l'histoire des 
rois bretons dans un livre écrit Brttannuo irritant, ijue lui avait laît connaître 
son ami Gautier, archidiacre d'Oxford ^. Il ment ceruincment, car 00 a prouvé* 
qu'il reproduisait lexluellemem des phrases latines d'ccnvains antérieurs, et que 
par conséquent il ne traduisait pas du gallois. Il se contredit d'ailleurs : il 
prétend i un endroit (XII, io| qu'il a simplement traduit le livre gallois tii 
(aùnum urmonim Uantjait cnrdvi), et à un autre |XI, it il dit qu'il écrit tant 
d'après ce livre que d'après les récits de Gautier [at Gdafti^uj MonemtOtaiù m 
Bràatimco pratjûto ttrmone inrtnH tt e QuaUtn OxtntfofJiiui audirit). La vériti 



I 



I 11 ne t'en mit pas que Caulrci ait a Inventé it toutes pièces les irati quaru de sou 
«ttvie, lupporirion bien dore i admenre >. utiirbnent il a beaucoup, — et très pau- 
vtcmciH, — invtnit : mii» Il t'«t appujrè, en Uiucoup de points, tur de* ttfendca gil- 
loUci, sur d« cames populaires qu'il a aibittiifccn<rni ratuchés 1 dn doom de rois 
(par ex. l'hisloirr de l.cir. celle de Blidud. ai.], tt c'nt et qui fjîi l'ialérA de son 
ouvrage pour rhmoire tiii^taîTe. Voyu d'aillcufi c«- qui oi dit plui toin 

j, lil. dr La D. .9 eu noc dutranion en diuni qu' < on l'app«tle «uni Watter de 
Mapei. Il C'i«tilirr Map n'a rien 1 Fiitr avec ce Gauiirr d'Oxford, qui vivait ub doni-iiècle 
avMii lui, ce qoî n'einpfcht pat qu'on In ail joovtm confondus. 

}. Vojr. Zarnclie M Ten Srink, dans le jàMuàt fit ivnantfrAe irJid ngUithe Littr4- 
tur, t. V, p. J49 »., et I. IX, p. 163 D. 



1 

4 




La BORDERiE, VHistoria Brilonam ^yî 

m, a BOD iens, daas cflle dernière phrase. C'est avec VHisloria Bntonum d'une 
pirt (I tel rédti At son ami Gaaiicr', ainsi que tes propres sûuvenirs de coitlei 
pDoli d'aoïrv pan, que Caufrei a composa son roman. Quant au fameux livre 
gAlU, ii a enisté : les fermes de bcaticoup des noms propret de i'Historij 
nfim, lornes souvect plus archaïques que ccHm de Ncnnius, et que Caufrei 
■'ifviBwDler, montrenl qu'il a eu sous les yeux des documents fort anciens; 
H^oi lit consiitaient, et s'ils eonienaieni aulrc chose que des listes de noms 
pofm, c'est ce qu'il ^udrait étudier de pr». Mais pourquoi, en parlant de 
ttlne, Gaufrei dit-il que Gautier le lui 3 <i apparia de Bretagne [(x Bnlannu 
tifttiti^ t On a comprit jusqu'i présent que Britanma désignait ici b Petite* 
BmagiK, M on est parti àt H pour cliercber en Armorique l'origine de touips 
la tibiriartliurieanes. M. de La B. mottlre parfaitement que Brituama employé 
«bI. dtns Giufrcî, signifie loueurs la Grande-Bretagne, et que pour désigner 
riMRilditot) Armoricu, ArmotUMum liUas, ou Uîitvii, ou BnUnitia mimr 
«Wiffit. Qne d'ailleurs les contemporams aien*. compris ici Oritannia comme 
G^id^Bre1agne et \t braanmtui urmo comm? du ftalloit, c'est ce qui ressort 
'n pnnge de Geoftrei Gaîmar, 06, p;tTlaiii de ÏHiilon^ f'giim, dédiée i 
Robm de Olocesier, il dit : Roitrz, li cotât ài ClottesUt^ Fut Udiuhtu iule 
fOU Si^nK Us hmj du Waltu Qu'il awitnt da Btititm rtis. Mais alors que 
*»l dire (jaaircî de Monmouth en nous racontant que son ami Gautier lui a 
i^psné ce livre tx Bnunnu f M. de La b. suppose que Britannia désîj^ne ici, 
Wtorie l'Ile, mais • la partie de l'tlc où se conservait la tangue bretonne. ■ 
1ù il budrait trouver un Kempte dt cet usage, soil dans Gaufrei, soit oilleurs^, 
n^ta ce que ne lait pas le savant critique. Reprenant son raisonnement 
^^y noas dirons : 1 Puisque, dm» tout le reste de l'œuvre, le nom ieBittan- 
.«drt sans déterminalif, est constamment employé pour désigner l'Ite de 
t, on n'a point le droit de lui donner ici an autre sens, i moins d'une 
^'ttntt érideaie et certaine, qui n'evisie pas. > 

L'o^Iication du problème est, i mon sens, bien plus simple. Toute la difTi- 
'"'1^ repcM sur ce point : pnijque Gaufrei était en Grande-Breugne, commeot 
P*^t-on Ifli apporter tin livre de Grande-BretJigne i> Mais il y a pétition de 
^''l'f'P*. Rien ne nous prouve que Caufrei fût en Grande-Bretagne quand il 
^^*it son livre, et il y a même des vraisemblances pour qu'il tftt en Normandie. 



mJ" Ce tïautieT, surnommé CaUniut, est un personnage atsci mysiérienx. Henri de 

Jll^gjllon [Dt Contieiptu JJunJi, g 4, iA Arnold, p. 101J l'dppfUc « superlative 

Z^^^icai. B On lai anribue (vojr. l'uiiclf de Txnnet; uns continuition de VHiitotia 

g^^^ de Ganlrei pendant quarame ani. qui ne t'est pu tettouvéc. II figuie en 1119 

1^7 *ob ami Ganffiiût Artvr (c< Muaom nr fui dont: pai donné à Caulm pour ion Ha- 

tij^l <1*M In chane* de fowttdofi àt l'abbaye d'Oieney prb d'<'<irord (vôyei Dngdate, 

Ri^*-*r''(M. VI, Ji I ; fc tire ce renseiftnemcnt d'une noie de m Kred, Madden. sani tîiie 

m£*I«, extraitt de quelque rccotil' cû^ani i b prêrcndue itaduciion qu'il aurait faite en 

C^Zr* ^ tHumU ngun, après l'avoir traduite une première lois loîi do gailais soii du 

o^tJ^ it France, on n'a Ii qu'une str^e d'inventions ci de fiLiiSca lient. Le finU Tysyiyo 

j^^J^iir i Btaniatd tu une traduction de Ganfrci. avec qoclqun chint;enieQes anei 

pÉl^'J^wanu, dont on ignore la date, et qui suffit i prouver que VHiitcrtj rtffiio n^i 

^ *>'44iiile dit callob. 
j^Q^l^'^ tilé moi-mérae (AM«. I, i6i un pauage où BrUM»ia désigne, Jn vu* *■, l'AT^ 
A^Ai'^*' ïcetOBoe, par opponlion i la Komania ; matt on ne liouve rie* de ptrtil Ca 



)74 COMPTIS-MHDUS 

Le premier oflvrage de Gaufrci, fondé éTidemniem sur t'HiUorU Brkoimm, n'est 
pu VHutori* Kgttni, c'est b PnpkiÛA Utrltm, qui fut d'abord publiée i part, 
pttii tard insérée dans VHiitarn ngim. Telle qu'elle est dans ce livrr, cette 
prophétie est intellîftible juiqu'en ii]6, c'eit-i>dire qu'dlr a été composée 
i celte date; mats sue première rédacitoa s'arrêtait avant 1 1 {(. En efiei. Ordenc 
Vital, qui écrivait son livre XII à Saînt-Evroul en 1 1 )6 ou 1 1 jy, cîte avec la 
plus grande admiration celte propbéue, saas donner la phrase suivante, qui !'»• 
rait assurément plus frappé que tout le resie* : V«t tiii. Niustna , f uia urttruat 
Uonis i I U t^tttulitar. itittcaatii^at mtmhrii a pétrio loh thwnmAttar .' Or celle 
phrase a trait i la mort de Henri I" ï Rouen, en ii );,elis(mimbanmemenL 
Ainii la preRitére rédaction de la PropkttU était connue en Normandie i peu 
prés aussitôt que faite et semUe n'avoir été connue que li. Il en est i peu prés 
de même de l'Hîstaria. On sait qu'en 1 1 J9 Henri de Huotingdon, passant i l'alh 
baye du Bec pour aller à Rome, trouvait en la possession de R<^rt de Tongm 
'e livre de Gaulrei, dont il n'avait jamais entendu parler, bien qu'il y soit nommé, 
et en était si Irippé qu'il en composai! îromcdialement un extrait*. l^'Htttaim 
nguitiy commencée avant ii)( H'auieur dit qu'il s'était interrompu de l'écrire 
pour publier la Ptophaia MtrUitii, lut publiée une première fois en 1 1 ]6 ou 1 1 ;7 
et dédiée en commun i Robert de Glocester et i Etienne de Blws, qui élatcat 
alors amis, et qui dés it;8 étaieni ennemis morteb; aussi le nom d'Etienne 
ditparuUil plus tard de la dédicace, et il ne s'est conservé que dans un seul 
nunscrit, cdLi de Bernée Si Gaufrct était en Normandie', on comprend très 
bien qu'il prétende que le livre gallois qu'il dit traduire lui a clé apporté* de 
Grande-Bretagne par Gautier d'Oifotd, et ainsi disparaît toute dilticuttè sur ce 
passage. 

Un mot encore sur les sources de Gaufra. Il avait 1res probablement tronvA 
dais quelque cloître de Normandie un exemplaire de VHisionj Bntùium, cl, 
croyant cet ouvrage inconnu en Angieterrc, il s'était mis i l'exploiter, eo s'ai- 
daoi de divers auteurs latins, pour en tirer sa grandiose mystification 11 re^ut 
sans doute, pendant qu'il y travaillail, la visite de son ami Gautier d'Oiford, 
qui lui apporta quelque document gallois, et tous deui arrangèrent en comimin 
l'imposture qui devait avoir tant de succès : il (ut convenu que Gautier aurait 
apporté i Gautrci une bi^lutre complète des rois bretons, qui coalenaii toutes 
les bellei chûtes que celui-ci allait apprendre au monde. On a vu qoe Caufrti 
n'avait mâme pas su soutenir ce meosooge saiu se contredire. Tool ce qui, 



I . EU parlant de ce IfMlu dt MtrUêo, il dU : Cufiu ^aam porta» in nint gatit 
inltUai ; plara rm, ni f^ior, «■ mvtttn sni gaiulio aptriatltii tihut itutiiuri. Nan- 
rcllcineDi W bon Ordcrk tnwvih movalieux l'accord de la prophétie avec les é\-tBfmeMi 
jusqu'i M» Kfflp*. puifqu'eBa reaanl d'évc fabrtqnte tout frdoiemnt. 

a. Le (lit tft d'autant phu lurpienant qoe Henri avait tait ion Hirtoriit ÀMglcnm 
pour wa Mque Aletaodre de Lincoln, aequd m dédiée la Pmphtti*. 

}. Madden, ht dt. 

4. Il devait y avoir des relations, ayant été, û l'on 01 croit ia renieigaeroaitt nDcù 
qui piuabKfit accepuMt* (Owtn, CamMaa Bi^rapki, n 14)], aumt i Cmiuiune 
ClitOa, fib de Robcn Courte- Hcu>e. Après la mon dr Caillanme, en iitS, il ériil cepea* 
dint retourné en Anatetrire, puuqu'il élan, fommc os vitra dt (ê voir. I Ciford en 1 119. 

f. L'cnirtnion Ainxil, dont il te icn, ne peut détigner au*un voyage par mer, et 
écane i elle leult l^n^cnieaM cipUcaiion de M. de La SoiderK. 



» 



• 



LA BORDEAIE, L'Historia Briiûnum ]7j 

tel UB t\tt, n'ett pji liri de l'//riioria Bntomiin lou d'autres ouvrages lalins) 
TtfiM,uuf ce qui pouvait se trouver dsns ledocumem en queMÎon, surl'inven- 
lin oa sur des contes populaires gallo:;, recueillrj par Gautier et par !ui, 
Cet 1 11 critique 1 s'elTorcn de discerner ce qui doii élrc altribuc i l'one ou 
irillredeces provenances. 

U traisiène ménwire de M. de La B. nout iransparie sur un terrain oà, pour 
Ktidn raitont, je ne pais le suivre. On iri?uve dans divers manuscrits gallois, 
JM les plus anciens paraiisenl remonter i h fm du XII' siècle, des suvres de 
kudttijv sont censrs avoir v^cu ^u VI', nolamnienl de Taliesin^ Aneurin, Uy- 
■vt^Hn et Myrddin. On sait que depuis la première publicaiion de ces «uvres 
twdîKiuioii s'est Ottvene-sur leur aulhenlicîlj. Quand on a lu tout ce qui a 
«é écrit U-dessus, notamment ^sans parler de la VinJuation de Sharon Turner, 
^t'otole sans se lasser, et (|ui ne prouve rien) les dissertations de Stepheni et 
it)t SUoc, on est i peu près aussi avancé qu'avant, sauf sur un point : l'un 
'rtrwifcf ced, l'antre cela, mais tout le monde eii d'accord aujourd'hui pour 
ncnutre que, s'il jr a dans cet îmmenie (atras quelque chose d'authentique, 
■i * a ue masse inorme d'interpolations el de falsifications. Je suis très porté, 
pw ou pari, i croire qu'il n'y a rien d'authentique du tout, maïs on ne 
pMrn le décider que quand on aura appliqué i ces productions buarres l'ins- 
InMotde la critique philologique. Elles sont écrites lies plus anciennes) dans 
Il t^pte di XII* siècle, el ce n'est pas, comme on veut bien le dire, une 
Mplt qwsiioD d'orthographe : la mesure des mots et l'homophonie des syllabes 
^nawBy sont ce qu'elles étaient alors. Or du Vl» au Xll* siccle, si je ne me 
l'Vp^le gallois avait subi de tels changements que des vers composés à U 
fMitrt époque ne devaient plus avoir i h seconde, ti on rempla(iii les formes 
Wnies par les nouveiles, ai mesure nt rime. Le vocabulaire fournirait sans 
tout faatres moyens de coiilr£<te. Tant que tous n'auront pas été appliqués 
ftf M main habite et impartiale, on ne pourra iaire aucun usage de cet amas 
* naxt, desquelles il est d'ailleurs diFTicile de tirer soit un renseignement 
'^'''îfM, soit un plaisir poétique. 

^- de La B- n'est pu aussi sévère. Il croit pouvoir démêler, dans les huit 

1*^ attribuées i Myrddin, ce qui est authentique et ce qui ne l'est pas. Je ne 

KMirni pas dans celle discussion, oii il montre d'ailleurs, comme d'habitude, 

"•■Wtp de science et de méthode. Quelques remarques seulement. Pourquoi 

''WÏIe-l-JI le barde-prophète du VI« siècle Mcrh/t' Ce nom est de l'invention 

^ '^tfrei de Monmouth, qui sans doute a reculé devant le Ntrâinas qu'il aurait 

"^M latinisant le nom gallois, mais qui trouvait assurément dans U tndi- 

J* *nc (orme avec i/, puisqu'il prétend que Caermerdin (Carmarthen. ancien 

*>JMBm| doit son nom i Merlm. — M. de La B. appelle touionrs 11 Vitd 

*''ùien vers Vu 4t Mtrim U Caiidonkn, et dit (p. aSj qu'elle a été écrite 

* *'"' U fin du X\\' siècle ; i mais ce poème est sans aucun doute de Gaufrei de 

■***BO»th el a été par conséquent écrit avant 1 1 ^4. Quant au surnom de CaU- 

^^ (oh piulAl Cdiéwmi ou Siirtum donné ï Merlin, il ne 6gure pas dans 

Il P*hM; il «1 de l'invention de Ciraud de Barri l/n'n. Kam^t. Il, S), qui, 

"*Ppé de r»Mchronisme qu'avait commis Gaulrei. a essayé, il U façon des gens 



376 COMPTES-RENDUS 

du moyCD âge', de tout concilier ea suppounl deux Merlin; oun la Fus Mtt' 
liai dit npressftnent (jae son hfros cuit le loèioe qui avaK i>dîs parié i 
Wortigem. — Le Malgo m Britonam de Fordun (p. )() ne panîl venir tOBti 
simplement de Gaulrei, et ne peut donc servir 1 établir r«][istence d'un second' 
Ma^lgoun. ~ La voyelle « nVst pas t une lorte d'article que les Gallois meneni 
devant les noms communs et les noinv propres, comme j'ibnit i esprit), 
j-uol lécole), Y-Styffan iSUUn ou Edeime), * mais la voyelle d'appui préposée 
à l'i impure, et je ne demande si ystotan ne veut pas tout siaplcment dire 
« écolier. ■ 

G. P. 



Sir Gaw&jrae and the grMo Knlflit, a eomparison with ihe fretich 
Ptrceval, preceded by in investigation of Ihe author's olher works and fo?l(H- 
wed by a choira cterizaiiufi ol Gawain in english poems. Inaugural Disserta- 
tion for obtaining the degree of docur of philosophy, présentée before ihe 
philosophical i-'aculty of Ine Univcrsity of itOrich by Mjnlia<I*iiEV Tmoks^. 
^Arich, Fiisch, i^i}. in-g', i&{ p. 

L'opuscule dont on vient de lire le titre est en lai-nSnie un petit évéoenent 
dins l'histoire liitérairc. C'est ia première fob qu'une fcniirc obtient, avec ui*f 
dîssertilion en règle, »u moins dans le domaine de nos études, le titre de doc- 
leur en piiilc-sophic dans une université germanique. 11 (aut noter ici ce qu'il y 
a de curieux dans le fait d'une dissertation prèttnlce en anglais, i une univer- 
silé suisse, par une Américaine, sur un sujet qui touche i la fois la littéralttre 
de l'Angleterre et celle de b France au moyen Sge. Hâtons-nous de dire que la 
faculté de philosophie de Zurich, pour accorder le titre de docteur i Miss 
Manha Carey Thomas, n'a eu besoin ni d'indulgence ni de galanterte. Sa dii- 
serlalion est très bien laite, allestc beaucoup de lecture, montre pirtoul un 
esprit judicieux, et est certainement au moins égale â la plupart des travaui du 
même genre Nous en parlons ici d'abord pour faire connaître 1 nos lecteurs le 
fait en iui-mCme. ensuite parce qu'une partie au moins de l'étude de miss Tho- 
mas rentre dans le cadre de notre journal. 

On sait que le poème anjjlait sur Caaya:a tt h Val Ckevalirr est le ruyau de 
la poésie narrative anglaise du moyen Age. L'auteur en est inconnu, nuis parait 
avoir composé trois autres poèmes, ceux-tJt des ouvrages de morale et de piété. 
Dans la première partie de son travail, miss Th., discutant cl souvent reclifiant 
les opinions de Madden, Morris, Traulmann, Ten BHnk, etc., montre que 
l'auleur de ces trois poèmes est bien le même que celui de Caiti'jtii, cl, quant 
AUX dates relatives et .ibsolues des quatre ouvrages, conclut ainsi (p. })) : * le 
placerais la Ptc/^ avant Gaumm; CflaMia vers 1371-77; la Piirrt/ vert i]78-8o; 
et la Patuau après la Partit. » Ces conclusions, appuyées sur l'examen 
attentif des idées, de la langue ei de ta versification dans les divers poèmes, 
paraissent 1res bien fondéci. 

La seconde partie nous intéresse de plut près. Elle a pour »jtt la compa- 



I. De mèBe, pour cond&er VH'tstori* Briionem avec Canfrei, il dit : MirtiMtt, fof tt 
Am¥ntiat 4kai ut, ^aia HaornlaU futrat 




I 



* 



Carby Thomas, Sir GawayK and the green Katgfii 777 

XiietM te Qmram iv» une partk do Ptrrtval français. Sir Fted. MaddcR avait 
i^ tus l'ofiiDion ^m le potme anglais ^lait imité d'un ^isode da Puccval, 
'm k Uros m inaçais eil Carados et non Couvain. Le sujet de cet Épiiode 
oibn ttrangc : un inconnu vint i la cour d'Arthur, et invite un chevalier â 
kôcetptrla tête arec sa propre èp^, i cûndilioa qu'au boal d'un an S se la 
biaen tooper par lui ; Carados accepte, tranche la télc de l'inconnu, qui la 
««aw iranquillefoent. la remet «ir ses épaules, et s'en va; il revient au bout 
fHiB, etCarados, héroiqueinent Kdile Ji u promesse, s'agenouille pour en 
■^ TeitoitioB ; malgré tuutcs les prières du roi et de la cour, l'inconnu 
'l've de renoocer i son droit ; il lève le bras, mais, au lieu de laisser retomber 
'■vie cal de Carados le tranchant de sa lourde ipée, il ne lui donne qu'un 
Kger coop de plat, et, le pretunl d part, lui apprend qu'il est un enchanteur et 
•• «ni père (cetle aventure a plus tard des suites dont il n'y a pas â parler 
•"- — Les différences avec le récit du VV/t Cktvilur sont importantes : ici 
'^*HOiiu le préteote armé d'une hache et non d'une êpée; il fait jurer i Gau> 
*"B>ooepa( de l'attendre dans un an, mais de venir le retrouver ï * la Cha- 
ule nrte • ; il lève deui fois sa hache sans la laisser retomber ei la troisième 
''^ fait i Cauvain une blesiure légère ; enfin il n'est nullement le père de Cau- 
*"ti. nais agit sous l'inspiration de Morgain la f^, la soeur d'Arthur, qui 
*^l causer dn souci i Gnenièvre (te dernier trait scicblc empfuatè au Uaatot 
"* prose». 

M ne ne parait pas démontré, en présence de ces divergences, que l'auteur 

"*Klu ait puiïè dans le Ptiectil (l'épisode de Carados fait partie de la ptc- 

"''^rtdei sgites ajoutées i l'ouvre inachevée de Chrétien), En effet l'histoire en 

'***n»n at un lieu commun dei romans bretons. On ia rencontre déjà, i ce 

J^Cs'apprend mon am H. d'Arbois de Jubainville, dans l'épopée irlandaise, et 

'^4)1 tts poèmes français de la Table-Ronde j'en connais cinq versions ditfé- 

^•WB . celle du Pa<f*al. celle du Grun Kai^ht, celle du Ptrceral en prose 

?^ « rapproche Miss Thomas, et deux qu'elle n'a pas connues, l'une, sans intérêt 

~3 ailleurs, dans le poème inédit de Haahat [toi. de Chantiilî, t* 117 a-b), 

^*1ilre dan» la MaU ww /tan de Faien de Maisièrei |v. iOj-6}i 't. Dans 

^*Mttut cl dans la Mult, comme dans le Cmn Kaight, le héros de l'aventure 

^^* Gauvain. Il est donc au moins .lussi probable d'admettre que le poète 

r^*^|lais a travaillé sur un poème français épisodique, qui raconiaîl cette 

. *aloire de Gauvain. Ce qui donne beaucoup de vraisemblance Jt celte con- 

'^^xlare, c'est que divers U'aiis. comme l'indique Miss Th., qui se trouvent 

'**^Bis dans le poème anglais, sont les un; dans le Pttuvaiy les autres dans le 

'^^trcruil en prose ; ainsi la hache est l'arme du chevalier étranger dans la prose 

^ t dans l'anglais ; dans l'un et dans l'autre le héros, au lieu d'attendre i la cour 

^ 'Arthur le retour de l'étranger, va chercher celui>ci chez lui ; dans l'un et 

^au l'autre, au oocueot o& la hache va lui trancher la ttte, il ne peut retenir 



1. De U en épûode a puié. avec le poème entier, dans ta Croiu de Henri da TiirKa 
V^. Moo^-ijiSO. — Nfiioni 1 ce propos qu'il ta inexact de dire, cooime le Ut 
^ Wimatxli [Dtr MMUi, p. 116, n. j). <iue la Maie tatu fnm %e retrouve ua wt 
«II. 11171 H-. <iu léMtdoi nterUndaii. L'aventure qil y ex rKOMée n'eu Iktre qoe 
*=tl)e de TyoUt (tom. VIII. 40 ; d. Jlom. X, «»)- 




;7S COHPTES-ReNDUS 

un mouvement d'ipprihemkin que son rnncmi lui reproche ' Let deux conte 
sont d'ailleurs tellemeni JilTitrnis qu'il est peu probable qnc. comne le croréot 
Sir Vtcd. M.iddfn el miss Thoinaï, l'auleur du Gieat Knight lésait • combinés » 
ffnsetnole , il j eu sans doute lout l« yeux un poime [rançais qo'U a luivi. O 
potaie donnait seul U tneilletiK Forme du conte : il est absurde en effex que 
rétrjngcr propose, Comme il le (ait dans le Pirinat m v«fs, dans Haiibaat^, 
tians la MaU ssiu fnm >, de se laisser couper la ttie i coaditioo de la couper 
ensuite i son eiiculeur. Dans le Cmn Knîgkl, au contraire, il propose soile- 
menl * a ttrok for an other, t ce qui parait acceptable : Gauvain lui appli^e 
de toule sa force un coup sot la nuque, et Fait tomber sa l£le par terre ; mais 
alors, à la stupeur de tout, il la ramasse, et s'en va cit rappelant i Gauvaia 
qu'il doit au bout d'un an venir recevoir le même coup. Le Ptrtmil ea nri 
suivait un récit pareil, el en a uns doute conservé les termes en disant : Lt 
dan tst ioiii rcçoivtt. Pcr une auirt lolit prtnJn ' ; mais il ajoute maladroite- 
ment : s'il II iiitns ttuiaUtr Qui U Ustt mt paîit trtnthur A an seat Uf 4t etstt 
tipic. Et u rtpttlj Jt la colit Aprit santr il rtnani, etc. 

Le Creea Knight mde à l'histoire du coup donné et reçu une autre aventara. 
Tout près du but de son redoutable voyage, Gauvain est hébergé dans un chl- 
teau dont l'hâte lui fait l'offre suivante : il ira i la chasse et Gauvain resten 
auprès de la dame du cMleau ; le soir, ils échargeronl les produits de leur 
journée, La dame t'diorce de séduire Gauvaîn ; mais elle échooe coropléleniefil, 
«le mari, en rentrant, donne sa chasse sans rien recevoir en échange. On rvcooi- 
nieace le lendemain, et le soir Gauvain rend loyalement A l'époux quelques h*i- 
screqu'il a re^us Mais le troisième jour, il manque â son engagement ; non qu'il 
ait entamé l'honneur de son hâte, mais il a consenti i accepter de la dame une 
Ceinture qui préserve des blessures et de la mort, et, loin de la remettre le 
soir au gain, il ne lui dit mot de ce prisent. Or le mari n'est antre que le 
Verl Chevalier lui-même, et c'est pour cela que, lorsqu'il semble vouloir déca- 
piter Gauvain, il lève 1 deux reprises son épée sans le toucher, nab hii 
fait, b troisième bis, une légère blessure, 

On n'avait pas indiqué jusqu'i présent de source pour ce second élémenl du 
poème anglais. Miss Thomas le croit tiré d'an épisode du même Pumai, de 
l'aventure de Gauvain avec la sœur de Guigambresil dans la partie due 1 Chré- 
tien. Le rapport se borne Ik ceci : dans les deux cas l'ennemi de Gauvain, que 
celui-ci ne reconnaît pas, te btstc J la société d'une femme (de sa Femrae dans 



I. AU teste, Jans le Pmeral en pnue, toute Ilibioire est modifiée : ce n'est plvt celui 
qui a eu la tète coupét, c'en ton Irére qui preoid u rcvaache nii LaacclM. 

i. Le conte cii très altère djni ce roman, où il s'apt d'un vilain armé d'une bacte : 
quant) il vtni relever la tête trancha pu cauvain, «lui-ci le relient par ses tiaMo, et 
BtBti il rote mort. 

t. Dans le Fttenal en proie, comme il vient d'être dit, le perjoanaoe (hxii Uncctoi 
coupe la léte et celui qui fait mine de la couper 1 Lincelot toni deu frères et non «a 
uni et même homme il en résulte que tout diflère : le ;ru parti que l'éirai^er propote 
i Lancclût est de le lucr ou d'être tue pir lui , l.jncc)oi priUre ruturelkmeiil la pre<- 
miére iDenutive, mais ttle entraîne la promeise de rerenir dans un an s'eipoicr au 
mfrne ion, 

4- Ceti la variante du ms. de MontpcUiei (cl de» inti 8. N. fi. 1419 et 'ifT?) : 
l'autre rajnillc {B. K. fr