(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Biodiversity Heritage Library | Children's Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Rome au siècle d'Auguste ; ou voyage d'un Gaulois à Rome : à l'époque du règne d'Auguste et pendant une partie du règne de Tibère ; précédé d'une description de Rome aux époques d'Auguste et de Tibère"

Jf 



ROME 

AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 



« l'ay seulement faict icy un amas de fleurs 
eslrangieres, n'y ayant fourny du mien que 
le fîlet à les lier. » 

Montaigne, Essais, liv. III, c. 12 



Cl 



AU SIECLE D'AUGUSTE 



VOYAGE D'UN GAULOIS A ROME 

A L'ÉPOaUE DU RÈGNE D'AUGUSTE 

ET PENDANT UNE PARTIE DU RÈGNE DE TIBÈRE, 

■précédé 
D'UNE DESCRIPTION DE ROME 

aox époiiiies d'Anjnste et de Tibère, 

PAR CH. DEZOBRY. 



revue, augmeutée 

ET ORNÉE D'UN GRAND FLAN ET DE VUES DE ROME ANTIQUE. 

TOME I. 




PARIS. 

DEZOBRY, E. MAGDELEINE ET C'^ LIBR.-ÉDITEURS, 

1, RIIR DES MAÇONS-SORBONNE, 1. 



I8i.(j 




BIBLIOTHECA J 



y ^ j"^ F(é 



rt 

V. 



Imprimerie Dccessois, 55, qnai des Angaslin». 



. ?^HTO: 



TABLE 

DES MATIÈRES ET DES Ï>LANCHES 



DU TOME PREMIER. 



Avertissement sur cette nouvelle édition Vff 

Prolégomènes XI 

— Avant-Propos XIII 

— Desciiption de Rome sous Auguste et soas Tibère t 

— Table alphabétique de la Description de Rome 197 

Introduction au voyage a Rome 2 (H 

Lettre I. Le Voyage. — Les Gaules. — L'Italie 209 

— II. Arrivée à Rome. — Aspect de la ville. — L'Hospitalité. -^ 

L'Empereur. — La maison Palatine îl4 

— III. Le Forum Romain 226 

— IV. Constitution de la Société romaine. — Formes du Gouver- 

nement Sl37 

— V. Le Champ de-Mars 247* 

— VI. Du pouvoir de l'Empereur. — Les Consuls et les Tribuns du 

peuple 254 

— VII. Rome et la ville. — LePomœrium 2fll 

— VIII. Des Comices en général, et des diverses sortes de Comices. 266 

— IX. Comment sont logés les riches, ou la Maison de Mamurra . 274 

— X. Les Cliems 289 

— XI. De Id numération du temps. — Ka'.endrier romain . . . 297 

— XII. Les Bains 322 

— XIII. Les Repas 332 

— XIV. Les Tavernes 3 46 

— XV. Les Tondeurs 358 

— XVI. Mon Emménagement. — Les maisons à loyer. — Une mai- 

son de la voie Suburane 363 

— XVII. Du droit de cité Romaine 371 

— XVIII. Les Promenades de la ville 379 

— XIX. Les Censeurs. — La Revue du Sénat, des Chevaliers, et du 

Peuple 390 

— XX. La Police de Rome ., 405 



VI TABLL DKS MAIIKI'.KS lii DKS ll.ANCUKS. 

LelUu XXI. Du GouvernemeiU ilo riliilii.- 4 15 

— XXII. Les Maquignons et les Esclaves 42H 

— XXIII. Des Affranchissements et des Affranchis 442 

— XXIV. Les Voleurs 453 

— XXV. Ma seconde visite au Capitolc 461 

Notes et Explications supplémentaires .•... 479 

Eocplication raisonnée des planches du tome 1 503 



LISTE ET CLASSEMENT DES PLANCHES. 

Pian de Rome antique aux époques d'Auguste et de Tibère, par M. Léveil. — 

A la fin du volume. 
Site et Murs de Rome (Plan). — En regard de la page 215. 
Intérieur d'une Basilique, par M. Hittorff. — En regard de la page 227. 
Le Forum Romain, par M. Léveil. — En regard de la page 215. 
Le Champ-de-Mars, par le même. — En regard de la page 247. 
La Maison de Mamurra (Plan). — En regard de la page 275. 
Un Atrium corinthien, par M. Viollet-Leduc. — En regard de la page 276. 
Le Portique d'Octavie, par M. Duban. — En regard de la page 380. 
L'Intermont elle Temple de Jupiter-Gapitolin, par M. Léveil. — En regard de 

la page 466. 
L'Intérieur du Temple de Jupiter-Gapitolin, par le même. — En regard de la 

page 470. 



AVIS AU RELIEUR. — Une ligne tirée tantôt en haut tantôt en bas de la gravure indique de 
quel côté doit être pris l'onglet, atin que le volume étant ouvert, la gouttière tournée vers le lec- 
teur, toutes les planches se présentent toujours dans le même sens. 



AVERTISSEMENT 

SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION. 



Après dix années de nouvelles études, j'oft're au public un ou- 
vrage qui ne lui est pas tout à fait inconnu. L'extrême bienveillance 
avec laquelle il l'a d'abord accueilli ne fut pour moi qu'un encoura- 
gement à mieux faire; je me suis remis à l'œuvre presque immédia- 
tement, et cette édition nouvelle est plus qu'une révision, c'est, en 
grande partie, une refonte de mon livre. On y trouvera beaucoup 
de changements, des additions quelquefois assez considérables : j'ai 
revu, corrigé toutes les Lettres avec un soin extrême, et souvent je 
les ai récrites soit en partie, soit en totalité, tantôt sur un plan 
nouveau, tantôt d'après des matériaux plus récents ou plus nom- 
breux. J'en ai changé aussi un peu la classification générale pour la 
rendre plus rigoureuse et plus méthodique , suivre, autant que 
possible, l'ordre exact des temps, et surtout n'aller jamais dans mes 
tableaux que du connu à l'inconnu. 

Enfin j'ai comblé quelques lacunes importantes par la compo- 
sition de cinq Lettres nouvelles intitulées : Tihur. L' Empereur 
Auguste et le poëte Horace; — Home pinacothèque; — La nou- 
velle Maison Palatine; — Les Statues; — et Le temple de Junon- 
Moneta. 

Il manquait à mon voyage, pour le rendre plus intéressant et plus 
clair, une partie pittoresque. En effet, il est, dans les narrations de 
ce genre, des choses qui ne peuvent être bien comprises sans le se- 
cours du crayon, et dont les seules descriptions écrites, même les 
plus détaillées, ne donnent jamais qu'une idée confuse. Un Plan 
topographique est donc indispensable pour expliquer les diverses 
parties d'une ville comme Rome, pour y suivre un voyageur; des 
Vues pittoresques pour en faire connaître les quartiers principaux 
et les monuments. Je me suis décidé à donner ce double complé- 
ment à mes récits. D'habiles artistes, qui tous ont longtemps sé- 
journé à Rome, et qui par leurs études spéciales, leur talent, le goùl 



viii AVEUTISSKMENT 

et la connaissance de l'antiquité, l'amour de l'art qui les distingue, 
pouvaient le mieux me comprendre, ont bien voulu me prêter leur 
concours. Ils l'ont fait avec un empressement et une bonne grâce 
dont je ne saurais trop les remercier. 

Le Plan de Rome a été dessiné avec la sévérité que réclame l'his- 
toire. L' Avant-propos placé après cet Avertissement dira la marche 
que nous avons adoptée pour atteindre ce but, ou du moins pour le 
poursuivre. 

Les Vues de Rome et de ses monuments sont étudiées avec le 
même soin que le Plan, et restaurées dans le môme esprit de vérité 
et de fidélité historiques. Si quelques esprits légers n'y voulaient voir 
que de jolis tableaux spirituellement composés et dessinés élégam- 
ment, les hommes de savoir et de science y reconnaîtront de véri- 
tables restaurations, y retrouveront les principales parties de Rome 
ancienne dans toute la splendeur révélée par les ruines, et, à leur dé- 
faut, par les historiens ou les poêles, et qu'eux-mêmes, écrivains ou 
artistes, ont dû souvent rêver. 

Mon tribut particulier dans cette double restauration a été une 
Description de Rome aux époques d'Auguste et de Tibère, longue 
étude historique que Ton trouvera à la suite de cet Avertissement 
sous le titre de Prolégomènes, parce que ce sont en effet les prolégo- 
mènes nécessaires de mon Voyage. Le lecteur verra peut-être dans 
cette Description, qui m'a coulé plusieurs années de travail, un 
témoignage du soin scrupuleux que j'ai constamment apporté dans 
mes autres recherches. 

Je répéterai ici ce que je disais dans l'Avertissement de ma pre- 
mière édition : l'époque de mon voyage me paraît l'une des plus 
intéressantes de l'histoire Romaine; celle société encore tout émue 
des bouleversements qui l'ont tourmentée, et dans laquelle on ren- 
contre à chaque pas des partisans et des combattants de l'ancienne 
république face à face avec les fondateiu's du nouvel ordre de 
choses, prêle à des contrastes intéressants, et fournit l'occasion 
toute naturelle de peindre l'ancien gouvernement, et de faire res- 
sortir les avantages et les inconvénients de l'empire ou principat. 
Placé comme sur les confins de l'un et de l'autre, on a le passé, le 
présent, et jusqu'à un certain point l'avenir sous les yeux. Plus 
tard, on perdait les débris vivants de l'ancienne république; plus 
tôt, on n'avait pas la nouvelle ; en outre, une foule de détails de 
mœurs, de luxe public ou privé, fruit des loisirs de la paix, ou du 



SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION. ix 

besoin d'amuser un peuple à peu près banni du Forum, de l'occu- 
per, de lui plaire, demeuraient interdits, sous peine d'anachronismes 
presque perpétuels. 

J'ai pris, disais-je dans le même Avertissement, la forme épisto- 
laire comme se prêtant mieux à l'actualité, étant susceptible, par 
conséquent, de communiquer plus d'intérêt et de chaleur aux récits; 
j'ajouterai encore : parce qu'elle comporte tous les tons, admet tous 
les genres de récits, et supporte mieux les détails. 

En me décidant à écrire un voyage plutôt qu'un livre d'archéolo- 
gie toute pure, en cherchant à parer un peu la science pour faire 
revivre une époque avec plus de vérité, je n'ai pas voulu faire du ro- 
man, non pas que je méprise cette forme, mais parce qu'elle ne me 
paraissait pas à sa place ici. Celle que j'ai choisie devait être unique- 
ment, ainsi que l'annonce mon épigraphe, comme un filet à lier 
les fleurs estrangieres que j'avois amassées; aussi, excepté le narra- 
teur imaginaire et semi-historique qui écrit mes Lettres, je me suis 
interdit toute création d'autres personnages. 

Il est encore un point sur lequel, avant de finir, il faut que je ré- 
clame l'indulgence : j'ai pris quelquefois la liberté de ramener cer- 
tains mots à leur signification antique, de mettre en œuvre quelques 
locutions qui, bien que traduites, pourraient encore passer pour 
des latinismes ; mon but a été de reconstruire à neuf avec les ruines 
et la poussière de l'antique monument, suivant la vive expression 
d'un célèbre critique'. Si le lecteur ne m'approuvait pas complète- 
ment, j'espère du moins qu'il me pardonnera ces courts écarts 
d'archéologue; à l'exemple de l'historien latin, en écrivant des 
choses antiques, mon esprit involontairement a pris la couleur an- 
tique^. Ces espèces d'abstractions paraîtront peut-êlre plus excu- 
sables quand oh saura que j'ai commencé mon livre en 1819, et 
qu'après m'en être occupé constanmient jusqu'à ce jour, je me 
trouve y avoir consumé déjà plus de la moitié de la vie que j'ai 
vécu. 

Paris, le 23 mai 1846. 

• ViLLEMAiN, Tableau de la Littérature au XVlle siècle, 18^ leçon. = 2 Et miiii ve- 
tuslas res scribenli, nescio quo paclo anliquus fil animus. Tit.-Liv. XLUI, 13. 



PROLEGOMENES. 



DESCRIPTION 

DE ROME ANTIQUE 

iCX ÉPOQUES D'ACGUSTE ET DE TIBÈRE, 

ou 

EXPLICATION MÉTHODIQUE, 

Actompapée de Botes jastificatoes, 

Dq PLAN DES PRINCIPALES RÉGIONS DE CETTE VILLE 
dressé et dessiné 

PAR J.-A. LÉVEIL, 

Architecte, ancien pensionnaire de l'Académie de France 
à Rome. 



AVANT-PROPOS. 



Je yais rendre compte, en peu de lignes, du Iravail que l'on trou- 
vera ci-après ; mais qu'il me soit permis d'abord de commencer par 
un petit conseil préliminaire ; si le lecteur connaît Rome ancienne, 
ma Description lui sera peu utile; s'il ne la connaît pas, et qu'il man- 
que, soit de temps, soit de volonté pour faire une courte élude, qu'il 
passe ces Prolégomènes, qu'il les considère comme un répertoire à 
consulter lorsqu'il voudra s'éclairer tantôt sur un point topographique, 
tantôt sur une description de monument en lisant mon livre ou tout 
autre ouvrage qui traite de Rome ancienne. 

La matière est cependant belle, riche, intéressante ; je l'ai traitée 
comme si j'avais été interrogé par des artistes qui, plus habiles que 
moi, pourraient faire revivre par le pinceau la vieille Rome, morte au- 
jourd'hui dans les lieux qui virent sa splendeur, mais étalant une autre 
cité au milieu d'une partie de ses ruines, comme pour protester contre 
les coups du temps, et conserver son nom de ville éternelle. Jusqu'à 
présent on s'est borné à représenter les débris de cette antique métro- 
pole ; pourquoi ne pas essayer enfin de la ressusciter, de nous la mon- 
trer dans toute sa splendeur? c'est une entreprise qui me paraît plus 
séduisanteque jamais lorsque je considère les restaurations pittoresques 
dont quelques architectes distingués ont bien voulu enrichir le livre 
dans lequel j'ai essayé de faire revivre la société Romaine. Le peintre 
qui prendrait une aussi belle tâche, y trouverait un double avantage : 
d'abord d'éviter une route battue depuis des siècles, où tout a été ex- 
ploré, et souvent très-bien ; ensuite de rencontrer la matière d'une série 
de tableaux qu'on pourrait certes appeler historiques, et qui formeraient 
comme un panorama multiple, joignant le charme et l'intérêt des 
souvenirs à l'attrait toujours si puissant de la nouveauté. 

Mais je m'écarte du sujet que je dois traiter ici, j'y reviens et je l'a- 
borde. 

Le Plan de Rome que je vais expliquer et justifier a été fait pour les 
époques d'Auguste et de Tibère, Il comprend tout ce que la ville avait 



Mv AYANl-PKOPOS. 

alors de plus important et de plus historique sous le rapport des monu- 
ments et de la topographie. Les parties laissées en dehors du cadre sont 
presque vides, ou n'ont que quelques grands édifices d'une époque pos- 
térieure à celle de notre restauration. On sait qu'Auguste avait par- 
tagé Rome en XIV régions ; huit comprenaient véritablement la ville : 
c'étaient les VI% VII% V1II% 1X% X% XI% XI1I« et XH*. Notre Plan 
les donne en entier, avec quelques parties seulement des P*, IP, IIP, 
VP et XIP régions. 

Cette restauration, bien que n'embrassant pas la surface entière de 
Rome, peut suffire néanmoins pour suivre tous les récits, en général, 
des écrivains de l'histoire Romaine, soit Latins, soit Grecs ; elle a de 
plus l'avantage de nous placer dans des limites où, pour les points ca- 
pitaux, il y avait le moins à donner aux conjectures. 

Cependant pour suppléer à ce qu'elle pourrait avoir quelquefois d'in- 
complet topographiquement , nous l'avons fait suivre d'un petit plan 
général du Site et des Murs de Rome, où l'on trouvera l'enceinte com- 
plète de la ville, ses murs, ses portes, ses montagnes, et la circonscrip- 
tion de ses XIV régions. 

^ Nous nous sommes efforcés de donner à notre grand Plan un carac- 
tère historique, et antique ; historique, en reproduisant avec fidélité 
les monuments et la topographie d'après des études comparées faites 
sur les lieux et dans les auteurs de l'antiquité profane ou sacrée; anti- 
que, en adoptant pour système de dessin celui du célèbre Plan de Rome 
ancienne, gravé sur marbre, dont les précieux fragments ornent le 
grand escalier du musée Capitolin. On sait que les monuments publics 
et les maisons particulières sont représentés sur ce Plan, auquel nous 
avons fait de fréquents emprunts, avec les détails de leur distribution 
intérieure. C'est l'enfance de l'art topogi'aphique, et peut-être aussi sa 
perfection, puisque c'est la manière qui peint le mieux. 

Quant à l'esprit général qui nous a guidés, le voici : Nous avons 
voulu faire vrai avant tout, restaurer en historiens, sans nous préoccu- 
per outre mesure d'arranger de belles lignes, d'usurper en quelque 
sorte les fonctions de voyers, et de faire ce qu'en termes d'école on ap- 
pelle du plan. La disposition la plus conforme aux témoignages ou aux 
simples indications de l'histoire a toujours été choisie de préférence à 
celle qu'auraient pu donner quelquefois les principes du beau idéal en 
architecture. Cette dernière manière a bien ses séductions, mais elle 
nous eût jetés dans une fausse route, où plus d'un habile artiste s'est 
égaré sur les pas de Piranpsi. 



AVANT- PROPOS, XV 

Cependant notre Plan n'est pas une simple reproduction des choses 
connues depuis longtemps ; il en contient beaucoup d'autres dont on 
n'avait pas encore retrouvé ou tenté la restauration : aucun plan ne 
donne, par exemple, les Jardins de Pompée, ni ceux de César, ni ceux 
de Lucius et de Ca:ius, auxquels nous restituons leur deuxième nom de 
Bois des Césars, faussement appliqué ailleurs; le tracé delà région 
Transtibérine, en généi'al, nous appartient complètement. Nous récla- 
mons le même privilège de primauté pour une partie du Champ-de- 
Mars, pour le Champ d' Agrippa, pour de notables portions du Forum 
Romain et du Forum de César, pour le Forum d'Auguste, pour Vile Ti- 
bérine. Ces importants fragments de notre ensemble, ainsi qu'une foule 
de détails nouveaux répandus partout, témoigneront des recherches qui 
ont été faites pour rendre notre restauration aussi complète que pos- 
sible, sans néanmoins sortir des limites du vraisemblable historique. 

La Description qui accompagne le Plan est tout à la fois l'inventaire 
et la justification raisonnée de ce qu'il contient, La marche en est des 
plus simples : je dis la position absolue et relative de chaque monu- 
ment; sa forme, ses proportions, les détails d'ornementation inhérents 
à son plan, et souvent à son élévation, chaque fois que cela m'a été 
possible ; à quelle époque et par qui il fut fondé, dédié, ou restauré. 
Ensuite, afin de mettre le lecteur à même de contrôler mes assertions, 
je rapporte textuellement les passages d'auteurs, soit anciens, soit mo- 
dernes, sur lesquels je m'appuie. Toutes les fois que nous avons fait 
un emprunt au Plan de marbre, ou que nous nous sommes inspirés de 
quelque témoignage de numismatique, une réduction fidèle du fragment 
emprunté, ou une copie de la médaille, a été donnée dans le texte de 
l'explication. 

Nous avons également étudié et mis à profit tous les travaux de quel- 
que valeur qui ont été publiés sur Rome, depuis le moyen âge jusqu'à, 
nos jours. Les antiquaires, les archéologues, les artistes contemporains, 
étrangers ou nationaux, et parmi ces derniers, les architectes pen- 
sionnaires anciens ou actuels de notre Académie de France à Rome, 
trouveront ici quelques-unes de leurs recherches mêlées, mais non 
confondues, avec les nôtres; car nous nous sommes fait un plaisir, en 
même temps qu'un devoir, d'indiquer exactement ce qui appartient à 
chacun dans cette espèce de vaste mosaïque. Des antiquaires et des ar- 
tistes qui ont travaillé sur la même matière que nous ont négligé, ou 
peut-être oublié de prendre le même soin, de sorte qu'en insérant dans 
leurs essais de restaurations des travatjx souvent fort remarquables (\c 



XVI AYANT-PROPOS. 

leurs devanciers, ils se sont exposés à se les faire quelquefois attribuer 
h eux-mciT!es. 

Je ne me suis pas dissimuld, en composant ces Prolégomènes, qu'ils 
seront peut-être d'un faihie intérêt pour beaucoup des lecteurs de mon 
"Voyage supposé. J'aurais dû m'arrêter devant une aussi puissante con- 
sidératiou , je ne l'ai point fait, d'abord parce que je pense comme 
Gaïus qu'un ouvrage n'est acbevé qu'autant qu'il est composé de toutes 
ses parties*, ensuite parce que j'ai songé aux gens de lettres et aux ar- 
tistes, adeptes de la confrérie romaine, suivant l'heureuse expression de 
M. Charles Didier, littérateur et voyageur qui a bien vu et bien senti 
ce qu'il a raconté de la vieille terre d'Italie. « Les voyageurs, dit-il 
« dans la préface de son intéressant ouvrage intitulé Campagne de 
« Rome^, les voyageurs qui ont habité, qui ont compris Rome for- 
<( ment entre eux une espèce de confrérie qui a ses mots consacrés 
« et ses signes de ralliement. Se rencontrent-ils quelque part, ils se 
(( reconnaissent aux premières paroles, ils s'entendent, ils s'aiment 
« presque ; on dirait de vieux amis, et pourtant ils ne se sont jamais 
« vus. Mais leurs souvenirs les unissent, cl quel lien plus puissant que 
« celui des souvenirs? Je confesse que le présent ouvrage [Campagne 
« de Rome] a été publié en vue principalement des adeptes de la con- 
« frérie romaine à laquelle je me fais gloire d'appartenir. Je les re- 
(( connais pour mes seuls juges compétents; que j'obtienne leur suf- 
« frage, leur sympathie, le jugement des profanes m'est au fond assez 
(( indifférent. » 

M. Charles Didier a rendu ma pensée avant moi, à propos d'une 
œuvre assez différente de la mienne ; je n'ai donc pas cru pouvoir 
mieux faire que de lui emprunter son expression. Bien que dans mes 
idées tout lecteur un peu sérieux cesse d'être un profane, néanmoins 
j'offre ces Prolégomènes principalement aux gens de lettres et aux ar- 
tistes, membres de la confrérie romaine ; je les leur dédie, et je les 
mets sous leur protection. 



^ Farturus legum vetustarum interpretationem, necessario prius ab Urbis initiis re- 
repetendiim exislimavi : non quia velira verbosos commentarios facere, sed quod ia 
omnibus rébus animadverlo id pcrfeclam esse, quod ex omnibus suis partibus con- 
staret. Gaius, in Digesl. I, lit. 2, leg. 1. 

* Un vol. in-8, deuxième édition, Paris, 1844. 



DESCRIPTION DE ROME 

. SOIS AIGISTE ET SOIS TIBÈRE. 



OBSERVATION ESSENTIELLE. Los numéros en chiffres aralt^s on tôle de chaqne article 
renvoient à notre Plan de Rome antique, sur lequel ils sont repétés, de sorte que, soit qu'on 
veuille recourir des explications au Plan, ou du Plan aux explications, il sera toujours facile 
de trouver le point cherché dans l'un ou l'autre ouvrage. 

Toutes les fois que je cite quelque quartier ou monument de Rome moderne, pour tixer ou 
pour désigner la position d'un quartier ou d'un monument ancien, je me sers tout à la fois du 
grand Plan de Rome de Noili, en 52 feuilles in-f", dont l'exactitude est hien connue ; et du Plan, 
non moins exact, sur une feuille grand-colomliier, dressé par M. Letarouilly, en 184il. Le pre- 
mier, puhlié en 1748, contient queliincs édifices qui n'existent plus aujourd'hui ; le second repro- 
duit tons les édilices érigés, et toutes les découvertes faites depuis Nolli. 



REGIOiX I.— -PORTE CAPENE. 



La porto Capèno, ouverte dans le mur d'enceinte de la ville, don- 
nait son nom à cette l'égion, Tune des moins grandes et des moins im- 
portantes de Rome, et dont notre Plan ne montre que le commence- 
ment. Elle se trouvait en dehors des murs, qui la séparaient au N. 
de la II'' région, et à TO. de la XP. Au S. sa limite était la voie 
Appia, qui passait entre elle et la XIP région. 

1. Voie Appia et porte Capène. La voie Appia commençait à la porte Ca- 
pène. Elle avait 14 à 15 pieds de large, était pavée, et fut construile par 
Appius Claudius, censeur l'an de Rome 442. — La porte Capène se trouvait 
vers l'extrémité orientale de la vallée qui sépare le mont Aventin du mont 
Cœlius. 

I. Et censura clara eo anno Âppii Claudii et C. Pbutii fuit : memorix lamen feiicio- 
ris ad posteros nomen Appii, quod viam munivit, et aquam in Urbem duxit, eaque 
unus perfecit. [An. 442.] TiT.-Liv. IX, 29. 

II. NMam Appiam a porta Capena usque ad urbem Capuam muniendam curavlt 
[Appius Claudius Ca?cus]. Front. Aquwd. 5. 

III. Iiiitium est principium ; sed aliâs que quid inripial, ut vix Appix porta Capena. 
Fest. V, inilium. 

IV. Eo tempore Appius Claudius censor aquam Claudiam induxit, el viam Appiam 
siravit. Eijtrop. Il, 9. 

V. KxT« oî X'JMT'^ tZ^ y.'S ivMToZ ■/.'Kffli'i.Tr,: ^-r.my-i oC'j'j ri TÙiio-* fif-Oî 'liO'jii -.Ttfî'Ai 

1. 1 



2 DESCRIPTION DE ROME 

xu.ré<!Tpu'7sv ànb Pw.wïjs f-éxpi Ka:ri/;;, ovroî to'j oiy.irriiJ.'jxoi crz'J'twv 7T>£(dvwv â yj- 
Mu-i. Diou. SicuL. XX, p. 77:1 1. 

VI. APl'IVS CLAVDIVS 

C. F. C.BCVS 

CENSOU COS. BIS DICT. INTERIIEX III. P. R. MT). CVR. II. 

0. TR. MIL. III. COM 

l'LVnA OI'l'IDA IJE SAMMTIBVS CEPIT 

SARINUUVM ET TVSCOUVM EXERCI 

TVM FVDIT PACEM FIERI CVM PYRRUO 

REGE l'KOllIBVlT IN CENSVRA VIAM 

APPIAM STRAVIT ET AQVAM IN 

VRBE.M ADDVXIT .-EDEM BELLOX.E 

FECIT. 

Coni, Elrusc. l. Il, p. 257.— Chuter, p. 389.— Orelli, Inscript. lat. n" 539. 

VII. Icunoyraphie. Itai poclil uvaii/zi rlie d' essa fvia Appia] restano si riceva clip 
aveva Ira i tredici e quinilici pit'di ; di (rcdifl piedi liovasi quel residuo lulloia 
margiiialo ai di là de! Sepolcro di (À'cilia Melelia. A. Fea e A.ngkli.m, Monunienli pià 
■insi(/ni (lel l.azin, I, via Apjiia, p. 1. 

Vlil. l'orlc Caphic. — (Juindi si giunge ail* angolo dcl Celio, dove questo rivolge, e 
lascia uiia vaile, clie lo si'paia dall' Aveiitino, sopra il quale torreggia la rliirsa di 
S. Dulbina [Nolli , 11" lOCO; Lelarouiily, rioii. XII, 59]. Sotlo 1' angolo di esso, 
nella villa Maltoi i^Nolli, n" 9-4'i ; Lelarouiily, rion. X, 58J, e nella pianura, fu la porla 
Capeiia. Xiiiijy, Le mure di Roma, c. IV, p. 181. 

2. Temple de l'Honneur et de la Vertu. — Devant : Acteldela Fortune 
CONSERVATRICE. Lo Icmplc était à droite de la voie, avant d'arriver à la porte 
Capèiie. Il fut voué par Marcellus, l'an -330, pendant une t^uerre contre les 
Ligures, et dédié par son lils l'an o47. C'étaient deux temples en un, et l'en- 
seinble i'aisait un éditice périptère. — VAulcl de la Fortune conserealrice s'é- 
levait sur le vestibule du temple. Il fut érigé en l'honneur d'Auguste, l'an 741 , 
par ordre du sénat. 

I. Maroellum aliaî alque aliœ objectaî animo religioncs tenebanl: in quibus, quod 
quuni bello gallico ad Clastidium tcdom Ilonori et Virluli vovisset, dediralio ejus a jioii- 
lifiribus impediebatur ; quod negabanl unam Pcllam duobus recle di-dicari, quia si de 
ca'Io lacla, aut prodigii aliquid in ea factum esset, difficilis proruralio forci ; quod ulri 
Deo rc's divina fioret, sriri non possct; neque enim duobus, nisi cerlis, Dois rite uiia 
tioslia fieri : ila addila Virlulis a'des approperato opère; neque tatnen ab ipso œdes 
ea' dedicalœ sunt. (An. 344.] Tit.-Liv. XXVH, 23. 

II. Cum Maroellus quinlum consulalum gérons lemplum Honori et Virluli, Claslidio 
prius, deinde Syrarusis potilus, nuncupalis votis debilum consecrare vellol, a collegio 
pontificum impedilus esl, negante unam cellam duobus Diis recto dirari. Fulurum cnint, 
si quid ])rodigii in ea accidisset, ne dignoscerclur ulri rem divinam fieri oporlerel : ncr 
duobus nisi cerlis Uiis una sacrificari solere. Ea ponlificuni admonilione cfTcciuin 
est, ul Marcellus, separalis aedibus, Honoris ac Virlulis simulacra slalucrel. V. Max. 
I, 1, 8. 

III. LTTstTK vaiv âz Twv 2t/.£>.£/ôJv \-jio'jpm.> Ù7.oSoij.riij.ij>3-j -jt:' a.jTO\j'\ù^r,i /.xi ii,c--Y,; 
AuOiipôiGci.i, fiov}~i/jiî-JOi, y.y.i xcoÀi/^îl; utz'o tcôv itpiorj, oùy. «ÇwJvt&jv évl vkôj ojo Stol; 
TZipiiyizOv.i, -&:>£v r,p^xT) —po(70i>ioo'>p.-Vj £T£,iov. Plut, ilarcell. 28, édil. Reiske^. — 
Ceci se passa sous le cinquième consulat de Marcellus (Plut. Ibid. 27), l'an 547. 

IV. U/iôv èîrtv A'^sTvj,- iv P&j,<//; ■zijj.'lt'j.viov, o OJïpTOUTt? aJToi xx^otiiiv, àX/' è'p'z kuX 
jj.itù-noWo'ji ypà-Joui'iop-jB'v^ in:à Ma/szîXXsu tsû 2uy!axaÙ55Cs é^ôvtoj. Plu.". De fort. 
Rom. p. 277, édil. IteiskeS. 

V. Vides Virlulis tcmplum, vides Honoris a M. Marcello renovatum ; quod mullis 

* Deinde inaxiiiiam vix partem, qiia3 Appiœ nomen ab ipso refort, a P.oma Capuani iisque 
prr stadiorum mille amplius intcrvallum, dure lapide constravit. = - Ouum aedis ex prasda 
Sicilieusi localas, quaiii Ilunori et Virtuti voverat, impediretur a pontificibus dediealio, quod 
ncgarent unam ceilain duobus Diis recle dedicari ; ita cœpit addere alleram. ^^ Templum 
Virlulis est Pionia.',sed sero couditum mullis ab Urbisiaitioaunis, a Marcello qui Syracusascepit, 



RÉGION I.— PORTE CAPÈNE. 3 

anie annis eral bello Ligustico a (J. Maximo dcdicalum. Cic. de Nal. Denr. II, 23 

VI. Erat enim illa [sph;era] venuslior el nobilior in vulgus, quam al) eodcm Aiclii- 
mede fartam posuerat in lemplo Virlutis Marccllus idem. Cic. de Repub. I, 14. 

VII. .VAçm Virtulis eo anno ^547' ad porlam Capenam M. Marccllus dcdiravjt, sep- 
limo ducimo anno poslquam a paire ejus primo consulalu vola in Galiia ad (^laslidium 
fucral. Tiï.-Liv. WIX, 11. 

VIII. Nec lamen a Cossullo solum de his rébus scripla sunl desideranda, scd eliam a 
C. Mulio, qui magna seienlia conlisus œdes Honoris et Virtulis Marcellianœ eclla;, ro- 
lumnarumque el epislyliorum symmetrias legitimis arlis iuslilulis perfecit. Vitruv. Vil, 
prœf. 

IX. Cicéron fait allusion à ces temples dans le passage suivant : — Quum venissem 
ad porlam Capenam, gradus lemplorum ab infima plèbe compleli eranl. Cic. ad Allie. 
1, Ep. 1. 

X Bene ac sapienler majores noslri, ul sunt alia œtalis illius, redes Honori alque 
Virluli gemellas junctim locarunl commenli quod in te vidimus ibi esse prœmia honoris, 
ubi sunl mérita virtulis. Sïmmach. Epist. I, 20. 

XI. Iconographie. Periplcros aulem eril, quae habebit in Ironie et poslico senas co- 
lumnas, in laleribus cum anguiaribus undenas, ila ut sint hœ columnœ collocatiB, ul 
inlercolumnii latiludinis inlervallum sil a parietibus circum ad extremos ordines co- 
lumnarum, habetque ambulalionem circa ceilam a'dis, quemadmodum est in porlicu 
Melelii, Jovis Slaloris Hermodi , et Marcelli Honoris et Virtulis, sine poslico a Mulio 
(aria. V'itruv. III, 1. 

XII. Il existe, en dehors de l'ancienne porte Capène, un temple de forme quadrangu- 
laire, mais avec une seule cella, qu'il a plu à Piranesi d'appeler le temple de l'Honneur 
et de la Vertu. Il n'apporte aucune preuve à l'appui de son opinion, et l'ancien nom do 
temple de Dacchus et des Muses, donné à cet édifice par d'autres antiquaires, est tout 
aussi vraisemblable. 

XIII. Autel de la Fortune conservatrice. — P. Svlpicio, C. V^algio consvlibvs [an. 

741] ARAM FORTVN.E SEKVATRICIS IN VESTIBVLO .CDIS HONORIS ET VIRTVTIS AD MEMORIAM 

REDiTvs MEi IN YRBEM SENATVS coNSACBAViT. L.\I'. ANCYK. col. 2, édit. de M. E. Egger, 
dans VExamen critique des historiens anciens de la vie et du règne d'Auguste. 

3. Tombeau de la race Marcella, et statues. Auprès du temple de l'Hon- 
neur el de la Vertu. 

I. Idem [Marccllus" , cum statuas sibi, ac palri, itemque avo poneret in monumentis 
avi sui ad Honoris el Virlutis oîdem, subscripsit, III. Marcelli novies coss. ascon. in 
Piso. p. 163. 

4. Tombeaux divers, sur les côtés de la voie Appia. 

I. Princeps Horalius ibal, Icrgemina spolia pra? se gerens; cui soror virgo, quœ de- 

sponsa uni ex Curialiis fuerat, obvia ante porlam Capenam fuit Stricto ilaque gla- 

dio [Horalius],... Iransfigit puellam Horati;e sepulcrum , quo loco corruerat icla, 

construclum est saxo quadrato. Tit.-Liv. I, 2G. 

II. Uomae extra porlam Capenam in Scipionum monumento très slaluae sunt: qua- 
rum duae P. et L. Scipionum esse, terlia poeuc Ennii. ïiT.-Liv. XXXVIII, 56. 

m. Prior Africanus Q. Ennii slaluam sepulcro suo imponi jussii: ciarumque illud no- 
men , inimo vero spolium ex terlia orbis parte raplum, in cinere supremo cum poelaj 
lilulo legi. Plin. YII, 30. 

IV. Superior Africanus Ennii poelae elTigiem in monumenlis Corneliœ gentis collocari 
voluit, quod ingenio ejus opéra sua iilustrata jiidicarel. V. Max. VIII, 14. 1. 

V. An tu egressus porta Capena, quum Calalini , Scipionum, Serviliorum , Melello- 
rura scpulcra vides, miseros pulasillos? Cic. Tuscul. I, 7. 



DESCRIPTION m ROMF.. 



REGION H. — MONT COELIUS. 



La région du Cœlius était peu importante à notre époque. Ce que 
nous en donnons ici ne forme pas le tiers de son étendue totale, dette 
partie confine au N. à la lll'' et à la IV*' région, est bornée à TE. et 
au S. par les murs de la ville et une rue qui descend jusqu'à la voie 
Triomphale, au pied du mont Palatin, et à TO. par la voie Triom- 
))liale. 

li. Temple de la Félicité. A rextri''r»ilc oriontale du uiont Cœlius. Il avait 
été bâti vers l'an fiOG par Luculliis. On voyait devant les Muses de Thespies et 
nne Vénus, célèbres statues tle Praxilèles. 

I. C'est par conjecture que nous plaçons ce temple ici, el sur une indication asspi 
vague d'un fragment du plan de marbre rapporte ci-dessous, n» 6 , g 11. Dans 
l'angle inférieur de gauche, on voit l'indication d'un area de temple asse?. vaste. 

Il (>ur denique tam sero tiuic Felicilalij tantœ Deœ posl tôt Itomanos principes Lu- 
cullus consliluil? S. Arc. de Civil. Dei, IV, 23. — Lucullus fui consul l'an 66C. 

III. Ita(|ue ille L. Mummius, quuni iliespiadas, quœ ad icdem Felicitatis sunt, cete- 
raque profana ex illo oppido [Tliespia] signa tolleret, etc. Cic. in Verr. IV, 2. 

IV. j'raxiteles cpioque marmore felicior... fuit ex aère pulclierrima opéra : ... signa 
qua' anle Felicitatis a'dem fuere, Venerenique, quae cum ipsa lede incendio cremata est, 
Claudii principatu. Plin. XXXIV, 8. 

V. Sila; fuete et Tliespiades ad œdem Felicitatis, quarum unam adamavit cqucs Ro- 
manus Junius Pisciculus, ut tradil Varro. Plin. XXXVI, 5. 

(î. ^Iansions des Albains. Vers le milieu du Co-lius. On nommait propre- 
ment mansion une station, un lieu d'étape pour les troupes romaines en voyage. 
Quand les Albains furent transportés à Rome, le mont Cœlius leur fut as- 
signé pour demeure. Les citoyens qui formaient l'armée occupèrent sans doute 
ce quartier, auquel Us donnèrent leur nom. 

I. Mansiones Albana-. P. Vict.— Sext. Rit. de Reg. urb. Romœ. II. 

II. Nella parle superiorc degli orli attenenli al monastero di S. Gregorio [\olli, n" 95i ; 
Leiarouiliy, rion. X, 52] vi limangono trace di un longo muro di costruzione re- 
licolata , che va ad uniisi con altri resli di mura siluaie sotto la villa già dei Mattei 
verso r Aventino, i quali essendo di egual costruzione fanno credcre che abbiano 
appartenuto ad una stcssa fabbrica. La disposi/.ione che tali resti presentano, si trova 

confronlare in certo modo con cio 
che si vede scolpito in un fram- 
mento délia arnica pianta Capilo- 
lina rappresenlante un grande fab- 
bricaio con un cortile nel mezzo 
circondato da porlici. (Jueslo fab- 
ii\bricato, poslo in taie situazione, 
3. sembra potersi stabilire essere 
stato addetto agli ailogiamenti 
degli Albani, che si trovano re- 
gistrali qui\i dai regionari. Cam- 
^•A , RoMa anlica, reg. II, p. 46. 
III. Iconographie. .-Vdoptant les 
conjectures de M. Canina, nous 
donnons ici le fragment du plan do marbre qui a servi de type à notre res- 
tauration. Ce fragment se trouve aus-ii dans r.i'llon 'îrnnnf/raphia releris R:>m(P, 
l.ib. IXl. 




UEGIO.N 11.— MOM ÇŒIJLS. 5 

7. CcRiKS viFiixKs, Cluies NOtiVELLKS. Les Vieilles se Uoiivaicnl vers Panj^lo 
S. E. (Ui Palatin, et les Nouvelles à la suite, le long di; la voie Tiidinpliali!. 
C'étaient des lieux où le peuple se réunissait à certains jours pour faire ries 
sacriliees et prendre part à des festins publics. L'établissement de ces Curie;; 
renionlail au temps de Homnbis et de Talius. 

I. Cuiiie fluoruni gencrum, iiam cl ubi curaient saccrdotes res divinas, ul Curiic ve- 
leres, etc. Varr. L. L. g 15.5. 

H. 'S.-jjzBjô-^ t£ zcTii iipî'j'jVJ ai ppc/.Tp,ut ft, tk, v.~'3y.spi<j9sl<;cti ujro'ii Oj-h.^ , xyx 
5;/V£i5Ttô)vT5 /.y.ri rà,- hr^zy.i cTtI tv^j ff.ç/L-f.i^y.rn ésTt'it; • kariu.TÔpfj-j yy.p rp /.'j-izf.ijy.- 
a/xi-jo-^ k/.y.oTfi fjiv.zpa.' /.aX tj'j aJTW za^ojctcoro zii, Siz~tfi £v r^îj c//v)vt/.'^ïj npjTy.yzhu, 
éîTt'a X5iv/i Twv p^KT/îtôiv 'ù'joiji'y. âî Toii hriv-of.ioii tiJ oTCsp txï; f^pv-pcti, k.oupîv.t, /.-jx 
[léypii riiMyj oiirw /.s^/oîivtk!. D. IIalic. II, 251. 

III. Inde cerlis spaliis inlerjecti lapides, per ima monlis Palalini ad Arain Consi , 
mox ad Cuiias velcres, tum ad Sacclluni Larium Konimque romanum. Tac. Ann. Xll, 24 . 

IV. ILv v-r}i;yt- -.- ^a(- /^o'jpl'j.i; H poi Tpxnz'Ç'Xi ëOszo Kuptria. "i.iyoïj.v/r,, a.î xai s!,- 
rà'Ji xpô-^oj ■/.û.'Txi. D. Halic. II, 50^. 

V. Novae CuriiC proximœ compilum Fabricium a-dificatiE sunl, quod parum amplai 
cianl velercs a lîomulo factœ, ubi is populum et sacra in partis triginta distribuerai , 
ul in iis sacra cuiarcnl. Fest. v. novœ. 

8. HoRUEiM ou ^Iagasin public. Au bas du Cœlius, sur le bord de la voie 
Triomphale. C'était un lieu où les citoyens venaient mettre en dépôt l'argent cl 
les objets précieux qu'ils ne croyaient pas en sûreté chez eux. 

I. Localor horrei proposilum liabuit se aurum, argenlum, margarilam non reci- 
pcre tuo periculo : deinde cum scirel lias res inferri, passus est. Deinde eum fuluruni 
tibi obligatum di\i, ac si proposilum fuit remissum videlur. Labeox, in Digest. XIX, 
Ul. 2, /eg. 60, §; 6. 

II. EfTraclurœ fiunl plerumque in insulis, in borreisque ubi homines preliosissimam 
partem forlunarum suaruni reponunl : cum vel celia effringitur, vel armaiium, vcl 
arca : et custodes plerumque puniunlur. El divus Anioninus Erjcio claro rcscripsil: 
ail enim, posse eum hnrreis ejfraclis quœslionem hahcre de servis cuslodibus. I'al- 
Ll's, in Dir.EST. I, Ul. 15, le'g. 3, ,§ 2. 

III. Horrea in omnibus regioiiibus publica fecil [Alex. Sevcrus , ad qux conferrenl 
bonaii, qui privatas cuslodias non habcrenl. Lamprid. Alex. Sever. 39. — L'horreutn 
que nous indiquons ici n'esl qu'une simple conjecture. 

9. Temple de la déesse Carna. Érigé par le premier Brutus sur le mont 
Co'lius. Carna, déesse peu connue, présidait aux parties vitales de l'homme, 
telles que le foie et le cœur. 

I. Nonnulli putaverunt Junium mcnsem a Junio Bruto, qui prinius Romte consul 
faclus esl, nominatum, quod boc mense, id est kalendis .luuiis, pulso Tarquinio, sa- 
crum Carnœ Dca- in Cœlio monte voti reus feceril. Haiic Deam ^i^alibus liunianis prœ- 
essc credunt. Ab ea denique pelilur, ul jecinora el corda, (}u;eque sunt inlriusecus vis- 
cera, salva conservet. El quia cordis benelicio, cujus dissinuilalione Brulus liabebalui , 
idoneus cmendalioni publie! slalus exslitil, banc Ueam, quie \ilalibns pricesl , icmplo 
sacravit. Cui pulle fabaria el larido sacrilicalur, quod bis maxime rébus vires corporis 
roborenlur. Macrob. Saturn. I, 12. 

10. Dellbrim et temple de Minerve captive. — Sur la gaiche : maison 
DE Mamirra. Un dclabrum était ou un temple, ou une place devant un 
temple. On ne sait rien de précis ni sur l'origine, ni sur l'époque de la (on • 
dation de ce petit temple de Minerve. Nous conjecturons, d'après Ovide, qu'il 

• Curi.-c ciiiin mm saceiilolil)Us sncrilicia sibi atlribiita f;i<ii b.iiit , it iin<> cpulilMnliiî 
diubus fostis in curiali tlomo j cœiiaruliim enim siiiyulis Ciuiispral oxsnuclmii; cl pr.i'ii'i- id 
cousecrata erat (juic.lain (ul apud Graecos PrylHnca) domus coiiimuiiiA omnihiis (airiis: ips.i- 
qtie cœnacula Cuiix vocahaniur , el ad liauc iisque ;elatem ita appcllaiitur. = - In oninibii> 
Ùuv'ih Junoni Qiiiritiœ niensas dicavit, quaj ad banc iisquc œlateni cxstanl. 



6 DESCRIPTrON DE ROME. 

lui bâli vers l'époque do la prise de Falisque, l'an de Rome 3G1, Il existait 
encore du tomps d'Ovide, et se trouvait sur la pente du mont Ctelius, du 
côU'. do la vallée Tdliernnla, o'ost-à-diro au nord de la ninnlagno. 

I. Di'lubra voro icmpla esse, liic alilor oslendil Tullius, aliter rum dicil tcmplis 
at(|ue (Irlubris : cl suiil (|ui (cmpla esse dicanl sitigulorum Iliis attributorum lororum , 
dclubra niullarum a'dium sub urio terlo a diluvio pluviic inunitarum. Alii delubra di- 
runt ea leinpla in qiiibus sunl labra rorporum al)luendorum , morluorum, ut DodoniRi 
Jovii», aut Apollinis Delpiiiri, in quorum delubris lebctes Iripodcsque visuntur. AscoN. 
tw Divinal., p. 17. 

II. Dclubiuni dicitur quod uno tecto plura romploctitur numina , quia uno lerto 
diluitui- : ut Capitolium in quo est Mincrva, .lupiter, .luno. Alii, ut Cincius, delubrum 
esse ioruni aille templum, ubi aciua currit a diluerido. Serv. m JEneid. Il, v. 2ii. — 
Delubrum autem diclum propler larum in quo manus abluuntur... In secundo libro de 
singulis speciebus delubri juxta Varronem relatum est , in quibus est speries delubri 
talis, ut prœler œdem arca sit adsumpla Deiim rausa, id est spalia relinquanlur juxta 
aras ministerii causa, ad sacrificia pora^^enda. luii). IV, v. .")8. — Macuob. Salurn. III, 
4. — Il paraît qu'on prenait le mot de/w6r«w tantôt dans le sens de temple, \a parliepour 
le tout (voy. le g suiv.),lantôtdans le sens rigoureux d'arca. (Yoy. noi49, § XII.) 

m. Cœlius ex alto (jua mons descendit in œquum : 

Hic ubi non plana est, sed prope plana via est: 
l'arva licel videas Captx delubra Hliiieryne. 

Ov. Fnst. III, V. 835-837. 

IV. Iluic [Cœlio] junclfe Carina;, cl inlcr eas quem locum Ceriolensem appcllalum 
apparet, quod prim.T regionis (juartum sacrarium scriptum sic est: 

Ceriolensis, quarliccps cirea Minervium qua e 
Cœlio monte iler in Tabernola est. 

Varr. L. L. V, § 47. 

V. Maison de Mamurra. On n'en voit ici que le vestibule. — Primum liomac pa- 
riâtes crusta marmoris operuisse toiius domus suic in Cœlio monte Cornélius .\epos Ira- 
didit Mamurram Formiis natum, equitem Romanum , pr<Efeclum fabrum C. Cœsaris in 
Galiia... Adjecit idem Nepos, eum primum lotis œdibus nullam nisi e marmore colum- 
nam babuisse, omnes solidas e carystio aut lunensi. Plin. XXXVI, 6. 

11. Macellum magnum. Devant les Mansions des Albains [n" G]. 

1. Les restes qu'on voit sur la place devant l'église de S. Jean et S. Paul iXolli, 
n» 958 ; Letarouilly, rion. X, 55] font probablement partie de l'ancien Macellum 
maynum, grand marché de viande et de poisson, qui était dans le quartier de Cœlius : 
une tradition vulgaire en a conservé lesouvenir en l'appelant Pescaria veccMa. Nibbv, 
llinéraire de Rome, t. I, p. 129. 

12. Castra peuegrina. Logements vers la partie orientale du mont Co'lius. 
Peut-être était-ce le quartier des soldats Germains qui formaient la garde 
particulière des empereurs. 

I. Castra peregrina. Sext. Ri;f. — P. Vict. de Reg. urb. Romœ, II. 

II. Les inscriptions suivantes, trouvées dans les environs de l'église S. M. in Dom- 
nica délia Navicella [Noili, n» 942 ; Letarouilly, rion. X, 57], sur le Cœlius, ont fail 
conjecturer, avec beaucoup de vraisemblance, que là étaient les Castra peregrina. 

cocceivs 

patrvinvs 

princ 

PEREGRl 
NORVM, 

Nardini , Rama anlicn, lib. IIl, c. 7. 

GENIO SANCTO 
CASTRORVM 

PEREGRINORVM, Ctc. NiDCV, in ÎS'ardini , loc. cil. 

III. Compulsus ad ullimos melus iCiionodomarius) ultro se dédit Et diebus pos- 

lea paucis duclus ad comilatum imperaloris, missusquc exinde Uomam, in Caslris pere- 
grinis, quaî in monte sunl Cœlio, morbo veterniconsumptusesl. Amm.Marcell. XVI, 12 



RÉGION m. — ISIS ET SERAPIS. 



REGION III.— ISIS ET SERAPIS. 



Nous ne (luinioiis qiip. roxircmilc occidentale de cette région, située 
h l'E. de la IV", dont elle est séparée au S. 0. par le vicus Cyprins, et 
au S. par Textrémilé orientale de la ro?e Sacrée et par Subure. Elle 
est presque entièrement vide de monuments de notre époque, bien 
qu'assez étendue. 

13. Subure. Voie et quartier faisant suite h la voie Sacrée, et situés sur le 
pencliant du mont Esquilion. 

I. Caput Subur.T. Sext. Uuf. de Reg. urb. Rnmœ, 111. 
H. Subura. 1'. Vict. Ibid. 

III. In Suburan;p ri'sionis parte piinccps osl Ctrlius mons. Vai\r. L. L. V, g 46. 

IV. Eidemrcgioni atlribula Subura, quoil sub muro lerrco Carinarum : in ca est Ar- 
gcorum saoellum scxluni. Subura Junius scribit ab co, quod fueril sub antiqua Urbe : 
quoi teslinionium potesl esse, quod subesl ei loco qui Terreus murus vocatur. Vark. 
L. L. V, gi8. 

V. Alla Suburrani vinccnda est semita clivi. Mart. V, 25. 

VI. Altum vinccrc Iramilem Suburriv. ID. X, 18. 

Vil. Sur la situation de la voie Suburane au bout de la voie Sacrée, voyez plus bas 
no 24, g XIV. 

VIII. La [)osition du quartier de Subure a clé fort controversée parmi les anti- 
quaires el les arrliéolo!,'ues, parce que la plupart ont voulu aller cliercher ce quartii-r 
du côté de la Subura moderne, c'est-à-dire entre les monts (Juirinal el Viniinal [Nidli, 
n" IM ; Lelarouilly, rion. I, 58]; mais ils se trompent, car cela rcjeterait la Subure 
antique bien loin de la 111*^ région, à laquelle elle appartenait bien certainement. Nar- 
dini a discuté toutes les opinions à cet égard. Voy. Rotna antica, lib. 111, c. (5. 

14. Bûchers Gaulois. Quartier ou place situé dans la vallée entre le mont Es- 
quilin el le mont Cu'lius, à |)eu près à la naissance de la voie Sacrée. Lors(iiie 
les Gaulois prirent Rome et assiégèrent le Capitole , ils brûlèrent leurs moits 
en monceaux dans cet endroit, et depuis, le nom de Busta gallica, Bûchers 
ijdiilnis, lui demeura. 

I. l'igritia singulossepelienili, promiscue acervatos cumulos liominum urebanl Tialli], 
l'.ustorum inde (lallicorum nomine insignem locum fecere. TiT.-Liv. V, 48 [an. St}.")). 

II. lllo ipso die, média in Urbe, qua nunc Dusta gallica sunt, el poslero die citra tia- 
bios cecidii Galiorum legiones [Camillus]. Tit.-Liv. XXII, 14. 

m. Locus ad Busla gn/lira, quod l'.oma rccuperala Galiorum ossa, qui possederunt 
Urbem, ibi coacervata ac consepta. Vakr. L. L. V, § l.")7. 

IV. Inter liortos nunc S. Maria? Novic, Colosseuni , et Ksquilias fuerunl olim Husla 
gallica, qui locus liodie ab imperilo \ulgo dicilur corruplo vocabulo l'orlus (lallus, ex- 
stat rei lestimonium Turris et cèdes S. .Mari;p et S. Andreae in l'ortu Ciallo. Krudiliores 
aulem Busla Gallica appellant, ita dicta quod illic Galli Senoncs sepniti dicunlur. I'cl- 
virs, de Urb. antiquilaltbus, lib. V, p. 558.— .S. Maria Nora est l'église qu'on appelle 
aujourd'hui 5. Francesca Rnmana [Xolli, n" 72; Lelarouilly, rion. I, 84|, et ([ui se 
trouve en avant du temple de Venus et Rome, prés de la Basilique de Constantin.; 

llî. Marché aux fruits. En haut de la voie Sacrée, près de Subure. 
1. Hujusce, inquam, pomaria summa Sacra via, ubi poma veoeunt, contra aurcam 
imaginem. Varr. B. R. I, 2.j 



8 DtSClUPTION DE HUME. 

II. Adrcriil in rnlallio nislira doua punr. 
Hure suliiii'baiia poloris til>i (lircii- rnissa , 

llla vel in Saria siiil lim cmla \ia. 

Ov. Arl. am. II, v. -iGi-ieG. 

III. Apres une énumcration de fruits et de volailles, le poiUe dil: 

Id tota mihi nascitur Suburra. 

Maht. Vil, SI. 

IV. HcTC igltur, média quae sunt mihi nala Suburra 

Miltimus aulumni ccrea poma niei. 

Mart. X, 9'«. 

16. PoRTiQiE DE LiviE. Bâti par AngiislP, sur rniiplaccinoiil (l'une inyisoii 
magnilique (|ue lui léj^iia Védius Pollion, l'an 7:59, el qu'il roiivcih.a. Au- 
guste coustruisil ce porliquc au nom de ses iils ad()|)lifs Lucius el Caïus, (.-l le 
dédia ran7()->. Il s'élevailsur le nioiil Es(|uiliii, dans les environs de Sid)ure, 
el se raccordait avec le lenij)le de la Concorde marlUilc, siliu- néanmoins sur la 
IV* Région. Ces deux monuments étaient fort beaux. On remarquait dans le 
Portique un cep de vigne extraordinaire, qui l'emplissait de son ombrage. 

I. Porlicus Li\ia. 
Castra Misenatium. 

Subura. I*. Vict. de Reg. urb. Hom(P, III. 

II. Toiciûroi ou-i or, -zii h ll£.j//iwv wv, Iiù.vj-:i\'jv>' i//5t> tî tto/'/îï; TTî/Xi, /k'c teT» 
Aûyîùsr&i t5Û tî /.>/j|Cou sjj^viv jj.if,oi, xat rb l\a.\)'j'ù.jnov, vb ;jw/tîîv -à //.eralù rÔi ts 

aASJTii, on'j>i ;j-i)^ï-j <ri-r,p.'j(su->o-j ï> t-^ tto/îi éx(l, zaT«Ça),t.iv, — s: îsTwsv &Jx'ooJ//vjîaT5, /.vl 
oj TÔ o-joyarb -zoli llojiéwvos, «>),« to ta; Atojtz, i-i/iia.'p-:. DioN. LIV, 25', cdit. Kei- 
mar. Voy. aussi n" 27, § I, II. 

III. t}'J«<lam etiam opéra sub nomine aliène, nepolum scilicet el uxoris sororisquu 
fecil : ut Porticum ISasiiicamque Lucii et Caii : item Porticus Liviae. Suet. Aug. 29. 

IV. H T£ CToif. y) Soj'iu. /.yJOJli.vrr, 'Jy^ooirr/lr, t£ ci Ti^ir^J ~'jI) Tî TaiSii /.M to'j Knu/.i^j 
l'jyj Ky.ay.f.OiJ, y.vX ziri /'xBuiy'jiOr,. Dion. \1V, 27 *. 

V. L'na vitis llomee, in Livie-p portiribus subdiales inambulaliones umbrosis purgulis 
opacal, eadcni duodenis musli amphoris ferunda. Plin. XIV, 1. 

17. Autel de la Foktune mauvaise et maudite. Sur le mont Esqullin , el 
probablement érigé par le roi Servius. 

I. Araque vêtus slai in Palatio Febris ; et altéra Esquiliis, Malae Forlunac Dclestata:- 
que. Cic. de Legib. Il, 11. 

II. Ara [dicata est] Mala; Korlunse Esquiliis. Plin. II, 7. 

m. IlK^i rjs tï;v Mîi/T/wjav zxXîivyê'vviv /.f,r,-jr,j £T( napOi-JOU zù/ri^ iîf/iv èarfj Îj 
\Sr,'7A'jij.u.ii km-JTpv^ou.vjri;. Pliit. De fort. Rom., p. 279-'. — A'6y,5/j//ati est un mol 
inintelligible, el auquel il faut subslilucr li's/vXivsv, Esquilles, quoique, lopographique- 
nienl, cela ne fasse pas encore un Irès-bon sens. 



' Vcdius Pollio, qui liiin mortuus, multa inultis legnvit ; Auyiislo autcm ma(;nani li«redi- 
latis partein, et Pausilyputn villam iiiter Neapolis el l'iitrolos jacc/ilem, jussilquc ni is po- 
pulo aliqtio<l .splendiduin opus faceret. Ejas operis causa facieiidi , vorbo, re autcm , ne qiiod 
Vcdii in UiIjc cxstaret monumcntuiii, xcles Polliouis fun<litus cverlit Ainjuslus ; Porticus ilii 
ciriumilucla, non l'(illioMi<:, scd Liviae nomen inscrip^it (an. 73;)]. =- l'orliciis Li 'isp, in lio- 
lioreni (;. et L. (>;p.-,aris sedificata, tum [an. ydS] dedicala fiiil. =^ Ad fontcm qui .Mu»cO!.u; 
Uiciiur, Vir(;iniï udliuc rortniix fanuni est, in blsquiliis vers^iutis. 



ULGIO.N IV — VUIL: SACKLi:. 



REGION IV. — VOIE SACREE. 



La IV^ région, ruiic des plus petites de Rome, a pour bornes au 
N. E. le vicus Sceleratus; à TO. la voie Neuve; au S. le tnont Palatin, 
à partir du Vulcanal [n" 18], et en suivant le vicus Curiarum, sur le 
penchant de la montagne, |)uis descendant le long du vestibule de la 
maison de Scaurus [n" 3!57] ; enfin à TE. la 111^ région, commençant 
au Marché aux fruits [n" 15] et au Portique de Livie [n" 10] . 

18. VCLCANAL ou ArEA DE VVLCAIX. LoTOS ET CVPRKS EXTRAORDINAIRES. 

Colonne de Lvdus. — Statue d'Horatus Coclès. En haut du Forum, sur le 
bord delà voie Neuve, entre la voie Sacrée et l'angle N. 0. du mont Palatin, 
on trouvait le Vulcanal, appelé aussi Area de Vidcain, petite place sur laquelle 
on remarquait un Lotos et un Cyprès aussi vieux que Rome, et très-forts. Elle 
était décorée d'un petit temple rond dédié à la Concorde, mais qui ayant son 
entrée sur la voie Neuve, appartenait à la YIIl'^ région [Voy. n° 126]. On y 
voyait aussi une colonne surmontée de la Statue de Ludius, et la Statue pé- 
destre d'Horatius Coclès. 

I. Volcanal. Sext. Rit. de Reg. urb. Romœ, IV. 

II. .\rpa Viilcani cuni Vulcanali, ubi lolus a Itomulo sala, in qua aica sanguine per 
biduum plull. P. Vici. de He;/. urb. Romm, IV. 

m. In Aiea Vulcani t-l Conrordit-e sanguinem pluil. Tix.-Liv. XL, 19. 

IV. Altéra lotos in Vulcanali, quod Komulus consliluit px Victoria de dccumis , 
wquaeva Urbi inteiligitiir... Uadices cjus per Slaliones municipiorum pénétrant. Kuil 
fum ea Cupressus ioqualis ;.circa suprema Neroiiis principis prolapsa atque neglecla. 
Plin. XVI, 44. —Ce lotos est probablement le Diospyros lotus qui rroîl de lui-même 
dans l'Italie méridionale et septentrionale. Voy. Brocchi, Suolo di Roma, p. 34. 

V. k'/o^yi/:) ^/.'jToOi >ry.7;7Ty;7s:vT5, v^ za't vOv ert yp'Jty.ViOi V 'j><jm'Jl oix-ù.ol/of y.x'i zxi 

«75/55,-. D. Halic. II, 50'. 

VI. E'fvjîiav i-'i TTii r},yof,m 'j~v.ioyo)fi'y\)jxivfi;i i/. 7ro).).v5; £Tt vliktîj ximsx'^ ^X^V T^cv- 

è7riTî/5îv... D. Halic. VI, 67 ^. 

VII. n^oÛTaj. . . y.xziSxfj; y.-z aOrôiv si,- t/;v àyî^càv /.où tT/oIv ïj/xs'/sav '/xy.TT i:x-j y-.'d^Oy.i 
y.a.Tnù.ciSày.î.'Oi zb HpatTTîtîv, é'vO'jt. ov sOoi xjto'iï i////î'7î5'.Çî(v, è/.i'Ao-jv y.'-v sii ixxÀ/j5tzv 
T5V on'j.0.1. D. Halic. VII, 7. * 

VIII. Colonne de Ludius. Statua est Ludi [ou Ludii] ejus, qui quondam fulmine ictus 
n Circo, sepullus est in Janiculo ; cnjus ossa poslea ex prodigiis oraculorumquc re- 

sponsis senatus decreto inira frbem relata in Volcanali, quod est supra Comitiuni, 
obruta sunt, superque ea coiumna, cum ipsius effigie, posila est. Fest. v. Slalua. 

IX. Lupercal virginis. 
G TcTcostasis. 

Coiumna cum statua .M. Ludii. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, VIII. 
— P. Victor a été trompé par le voisinage des lieux ; la désignation de Fcstus est 
plus positive. 

X. Statue d'Horatius Coclh. Grata erga tantam virlutem civitas fuit: statua in Co- 
mitio posila [Coclitij. Ïii.-Liv. Il, 10. 

' Forum constitncrunt fUomulu-> n T,iiiu>], quo ad hanc usque diem Romani iituntiir. Ft 
liio liabtbaiit concilia in Vnicani tcinplu, (inod |iaruni snpr.t Forum cniinct, de rébus ad reni- 
pnlilieam peniuenlibus a(;cnte.s. = - Anic solis orlum et siiinmo nianc in Forum, oniiiis (jcnc- 
ris lurba referUnn , prodierunt. Kt (juum in Vnicani a'deni veuisscnl fconsulesj, ubi roocioiics 
liabere solel).int, etc. = ^ Puulus.... runi illis in Forum descendit, etanleclaram luccm 
oecupata Vulcani iedc, ubi coucjones liabcri solcbaiit, plebeni ad concioiiem vocavit. 



10 DESCRIPTION DE ROME. 

XI. Fuit et lleimodoii Eplicsii in Comilio >Uiliia; Alia rausa, alia auctorilas 

IM. lloralii Coclilis statua", (|u;n durai liodioqui', (|iiuin lioslcs a ponte Sublicio solus ar- 
ruissel. l'i.iN. XXXIV, 5. 

XII. Ltxiva j^a//.7,v «vott/ov à oô/JOç ïi-yi^vj v.jtov, t^î v.yof.v.i èj T'7i /.[iy-liT'ji. 
l). Hamc. V, 2.5 i. 

Mil. Statua quoque ei [Corlili] in Vulcanali posita. A. VicT. de Vir. illutt. 11. 

XIV. Uf,bio'- ~oi/-oii, d/.o-Ja. yr).'i/:7,.i é'7T/,7av aJTôi Èv tô> i•.p''^> ■z'i'j Hf'V.hzoj. l'Ll'T. 
Poblic. 16*. 

XV. Statua Uoma> in Comilio posita Horatii Coclitis rorlissimi viri de rœlo taclaest... 
Constilit caiti slaluain, pioinde ul venc rationcs posl romporta; monebanl, in lorum 
(MJiium subdurcndatn, al(|uc ita in Area Volfani sublimiori ioco stalueiidam : caque ri'S 
bene et prospère reipul)liea! eessit A. 0,1,1.. IV, .'>. 

— Tite-Live (§ X) et Pline [% XI] parlent du lieu où fut d'abord plaeée la statue ; 
Aulu-Gellc indique sa piaee déliniiive. 

19. Temple des Pénates. Dans le «iiiarlicr de Yôlia, an bas du mont Pala- 
tin, sur le bord do la voie Sacrée. 11 était au fond d'un atrhim dont les abords 
se trouvaient ondjragés par des oliviers. On ignore à (luoUe époque et par qui 
il fut fondé ; on sait seulement qu'il existait encore du temps d'Auguste qui 
l'avait réédilié. 

I. Mdkh Devm Pen.\tivm in Velia... feci. LAPTS ANCYR. col. U et 6. 

II. /Kdes Ueorum l'enalium in Velia de eœlo lacla est. Tit.-Liv. XLV, 16. 

III. Varro de vila populi Uouiani lib. 1, Tullum llostilium in Velis, ubi nunc est 
,Tdes Deum Penatium [habitasse]. Non. Marcei.l. v. Sccundum. 

IV. TuUus liostilius in Velia, ubi postea Ueum Penatium a'des facla est,. . . obiit. 
SonN. 2. 

V. Nsws èvt'ciii/.-/i ^cixvvTa.1 rfji âr/opv.i ov -apoiM, xktk tv;v IttI Kcr.piva; y£poiiau\t è~i- 
ZO/J.OV ôcov, iiTZspOy^YJ czîTîtvô? icpop.s-jo; oj //.$•/«;• 'i.iys-a.i <?£ xarà Tr,y è-.iyùpiO'j y/WT- 
Tav, YTTï^atV.!, TÔ y/jipio-j. D. Halic. I, 68 3. — P. Victor nomme un temple des Vieux 
Pénales dans la Ville région ; cependant l'indication de Denys d'Ilalicarnasse ne per- 
met pas de placer ce temple ailleurs qu'où nous l'avon^s mis, parce que c'est ià réel- 
lement le chemin pour aller du I'"orum aux Carénés. Le quartier (le Vélia, où il se 
trouvait, touchait à celui de Germains, et ce dernier se trouvait auprès du Figuier 
Ittiminal, situé auprès d>i fnmilium et vers l'angle N. 0. dûment Palatin. Yoy. ci- 
dessous, n" 201, § l.\. la situation de Germalum et de Velia. 

\l. Knatam inter juncturas lapidum anle domum suam palmam, in compluvjum 
Deonini Penatium translulit [Augustus. Slet. Awj. 92. — Le compluvium était le mi- 
lieu, la cour d'un atrium. 

20. Temple de Voliplv. Au bas du mont Palatin, du côté de la porte Ro- 
mana [n" 199J. Ce temple était petit; on ignore l'époque de sa fondation cl 
le nom de son Ibndateur. On y lionorait Angerona, déesse du silence, dont le 
culte avait pour objet le silence du nom mystérieux de Rome. 

I. Intra muros video portas dici. In Palatio .Mucionis a mugitu, quod ea pecus in 
bucila circum anti(|uuni oppidum exigebant. Alteram Romanulam ab Uoma diclam , 
quiB liabet gradus in Xova via ad Volupiaî saeellum. Varr. L. L. V, §164. — In nova 
via ne s'accorde pas loul-à-fait avec la position de la porte Romanula ou Homana ; 
nnva via est une correction de Sealiger. (In lisait auparavant in navalia qui fournis- 
sait un sens encore plus mauvais, sous le point de vue lopographique. 

II. Non alienum videlur inserere hoc Ioco exemplum religionis anliqua", ob hoc 
maxime silentium [nominis Roma»] instiluta" : namque diva Angerona , cui sacrilicatur 
ad diem XII cal. .lanuarii, ore obligato obsignaloque simulacrum liabct. Plin. UI, 5. 

III. Duodecimo vero ferin' sunt diva; Angeronia;, cui pontifices in sacello \olupi;c 
sacrum faciunl. Macrod. Salurn. I, 10. 

* Popuius SPiieam rjus [Coclilis] stntunm armatnm erexit, in maxime conspiciio Fori loro. 
= - Ad Ikcc statuam .Tneam ci [Coclili] in a'de Vulc:ini posiicrunt. =^ llomse templuiii 
monsiriitur non procul a Foro, in co vige compendio quod fert ad Carinas, supra modum ohs- 
curum nec maynam structura ; et vcrnacula geniis linjjua locus is mb o/ivi'j vocalur. 



RÉGION IV.— VOIE SACRÉE. U 

2 1 . IIoRREA cnARTARiA. — Av CENTRE : AUTEL n'ORiiONE. Eiilrc Ic bas (lu mont 
Palatin et la voie Sacrée. 

1. Les llorrea chartaria étaient des magasins il papyrus, malii^re qui faisait l'objet 
d'un grand commerce; il se vendait publiquement. Cela nous a déterminés à donner 
la forme d'un forum à ces magasins, dont, au reste, aucun anliiiuaire ne s'est occupe. 

M. Horrca chartaria, vel testaria. P. Vict. de Reg. urb. linmœ, IV. 

III. llorrea testaria. Sext. IUf, Ibid. 

— Testaria vient sans doute de ce qu'on polissait le papier avec une coquille, Icsla. 

IV. Horrea chartaria. JS'otil. imjterii. 

V. Autel d'Orbone. Febris autem faiium in Palalio, et Orbonai ad œdem Larum,.... 
consecralam videmus. Cir.. de Dtvinat. III, 2."). 

VI. Publiée Febris fanum in Palatio diratum est, Orbonœ ad œdem Larium. Plin. 
H, 7. 

— Voyez le numéro suivant pour le temple des Lares. 

22. Area de la Victoire. — Au centre : Temple bes Lares. — Tavernes de 
RoiQUETiÈREs. L'Area de la Victoire était en haut de la voie Sacrée. Au uiènie 
endroit se trouvait le temple des Lares, bâti ou restauré par Auguste, l'an 74 'J. 

î. LARIBVS PVBLICIS SACRVM 

IMP. CESAR DIVI F. AVGVSTV3 

PONTIFEX MAXIMVS 

TRIBVNIC. POTESTAT. XVIII 

EX STIPE QVAM POPVLVS El 

CONTVLIT K. JANVAR. APSENTI 

C. CALVISIO SABINO 

L. PASSIENO RVF. COS. 

GP.UTER, p. 106, qui y met cette note : Reperlum in via Sacra. — ORELLI, Inscrijil. 
lat. n. 1668. — Le consulat ci-dessus répond à l'an 749. 

H. iÏDEs Larvm in svmma. sacra via... feci. lapis ANCVR. Col. 4 et 6. 

III. Ancus Martius in summa Sacra via [habitavilj, ubi eedes Larium est. Solin. 2. 

IV. Tacite donnant le tracé du Pomœrium de Romulus, dit : A Foro lîoario, ubi 
cPreum tauri simulacrum adspicirnus,... sulci designandi oppidi cœptus, ui magnani 
Herculis aram amplecteretur. Inde cerlis spatiis interjecti lapides, per ima monlis 
Palalini ad aram Consi, mox ad Curias veteres, tum ad Sacellum Larium, Forum(|uc 
Romanum. Tac. Ann. XII, 24. — L'aulel de f'nnsus était dans le Cirque Maxime, e( 
les furies vielles s'élevaient dans la vallée qui séparait le mont Cœlius du mont Pa- 
latin [Voy. plus haut n^ 7] ; l'itinéraire indiqué par Tacite est parfaitement clair, et 
justifie la position que nous avons assignée au temple des Lares. 

V. Taverne de bouquetières. 

Lucifero subeunte Lares delubra tulerunt, 
Hîc ubi fit docta multa corona manu. 

Ov. Fasl. VI, V. 790-791. 

25. Temple et Bois de Strenia. A rextrémité de la voie Sacive, au pied 
du mont Cœlius. Ce temple était très-ancien, et durait encore dans les der- 
niers temps de l'Empire. 

I. Sacellum Deae Strcnuœ. P. Vict. de lîeg. urb. Romw, IV. 

II. Sacellum Slrenuee. 

Horrea testaria. Sext. Rif. Jbid. 

III. Sur la position du temple de Strenia au bout de la voie Sacrée, Voy. ci-des- 
sous, n" 24, g II et VII. 

IV. Strenarum usus adolevit auclorilate Talii régis, qui verbcnas felicis arboris ex 
Luco Slreniœ anni novi auspices primus accepit. Svmmach, \, Ep. 28. 

V. TOTA. SACRA. VIA 

EX.iDIBVS...VSQVE.AD.CARI\AS.ET.SACELLVM.STRENI.E 

M AGIT A . CONSTERN ATIONE . VICINOR VM . 

MURATORI, Nov. thesaur. inscripl. t. II, p. G 10. 



12 DLSCUIl'TION Dl-: KOML. 

24. VoiK Saciikk ).t Taviiines. La voie Sacrée coninieii<;ail dans celle ré- 
gion à l'angle N. K. (lu l'aialin. Kllc montait, par une ponte assez roide jnsfuie 
devant le temple de Tellus |n"2"JJ. De cet endroit, cpii était son point cnlmi- 
iiant, et que pour celle cause on appelait suiiima Sdcrii l'ia, elle dcsccndiiil à 
travers la I\ '' rt'gion par inie pente rapide cpii Unissait ;i l'Arc de Kaitiiis 
[n° 127] et à la roir Nntvc. Là idle entrait dans le Forum, dont elle suivait la 
lisière septentrionale, sur un plan à peu près de niveau, et venait se terminer 
vis-à-vis du templ<' delà ("oncorde fn" 83J, au Clivus Capilolin. La voie Sacrée 
date de Romuhis et de Tatins. On la nonnnail ainsi parce que ce fut sur son 
emplacement que les deux rois jurèrent alliance, après la réconciliation (|ni 
suivit l'enlèvement des Sal)ines. 11 est plus que vraisend)Iai)lc qu'on ne la pava 
qu'il une épo(pn> hien postérieure à ces deux rois. Son pavé, conq»osé de, 
grands p(»lyi,'ones irréi^nliers de lave basalticpie , avait un ])eu moins de 20 
pieds romains d(! lari^e. Du point le plus haut de la voie au point le jjIus bas, 
il y avait une pente de 56 pieds environ, à '296 millimètres le pied. 

I. Via Sacra. P. Vict. de Re;/. urh. Romœ, IV. 

II. Huic [Cœlio] juncla* Caiina; et inler eas quem hoc locum Ccrolicnscm appclla- 

luin apparet Cerolensis a Carinarum junctu diclus Carinac, postea Cciolia, quod 

hinc oiitur caput Sarrœ via- ab Slrcniae sacello, quae peilinet in Airem, qua sacra 
quotquot mensibus feruntur in Arcein, el per quam augures ex Arce profccli soient 
inaugurare. Hujus Sarrœ vicB pars sola volgo nota, quœ est a Foro eunti priniore ciivo. 
Varr. L. L. y g 47. 

m. Equideni si quando, ul fil, jaelor in turba, non illum aceuso qui est in summa 
Sacra via, quum ego ad Fabiuni forniccm impellor, sed cum qui in me ipsum incur- 
rit atque incidil. Cic. pm l'/anc. 7. 

IV Si libi ni! dederil. Sacra roganda via est. 

Cum niulla absluleris : ut non tamen omnia donet, 
(Juod numquani rcddas, conimodel usque roga. 

Ov. Àmor. I, 8, v. 100-102. 

V lloncines majore poêla plectro 
Ctesarem, quandoque Iraliel féroces 
Per Sacrum ciivum, merila decorus 

Fronde Sirambros. Hou. IV, Od. 2. v. 33-36. 

VI. liilaclus aut Drilannus ut dcsceiideret 

Sacra calenalus via. Hor. Epod. 7. v. 7-8. 

VII. Sacram viam, quidam appelialam esse exislimanl, quod in ea fœdus irlum sit 
inler Uomulum ac Talium ; quidam, quod eo itinere ulanlur sacerdoles idulium sacro- 
rum conficiendorum causa. Itaque ne eatenus quidem.ut vulgus oi)inatur. Sacra appel- 
landa est a Hegia ad domum Hegis sacrificuii, sed eliani a Uegis domo ad Sacelium 
StreniiP, et rursus a Regia usque in Arcem. Fest. v. Sacram. — Dans ce passage, 
Kegia désigne la Basilique Almilia, située presque au pied du mont Capilolin .Voy. 
n» 151], et qu'à cause de sa magnificence toute royale, on appelait quelquefois Heijia 
Panli. Voy. ci-dessous n" 151, Basilique JEmilia, § VI. 

VIII. Diclalor Cœsar lotum Forum inlexil Iveiisj, \iamque Sacram ab doino sua ad 
Ciivum usque Capilolinuni. Plin. XIX, 1. — César habitait alors Reyia, en haut de la 
voie Sacrée, parce qu'il était grand-pontife. Voy. ci-dessous, n" 129, § V. 

IX. Cum Sacra via descenderem Cic. ad AUic. IV, 3. 

X. Caïus Scipio Nasica, qui optimus a senatu appellatus est : cui etiam publiée 
domus in Sacra via data est, quo facilius consuli possel. Digest. I, lit. 2, leg. 2,,§ 57. 

XI. Seminudus in Forum Iraclus est [Viteliius]... per totum vite Sacrae spatium. 
SiiET. Vilell. 17. 

XII. O'/.raîL/ïs; zaTï'Satvî o ta r^^ Up&i câoXi /jlstx ttuxvsû Trâvu ii'/.riOo'Ji, /.xi oix y_ii- 
fj.'j.ppoui li T/,v à.yopy.-J i.'/TT-j&iv, disarc jUtkv otà /xs'swv twv ci^vîstwtwv, zat cîîit/'.î'jv aj- 
■zoiii- ôii o; v.v.-i-'irX=.' ii to tô)v iws/ijjîwv iipb;> iia.pril.dî. Al'l'IAN. De liclt. civ. 
1, p. 655, édit. Tolliusi. 

• Oftavius per Sacr:im vi.iin derurrit cum globo conferlissimo, et torrenlis more in l'oruin 
irrumpens, prolrusis ol)viis per mcdios vadens disjecil niutliliidincm, pcrlerritisque advers,»- 
liis pcliil ,T(lcm C:\s!o;niii. 



RÉGION IV. — VOIE SACRKE. I" 

XIII. Aùm; t; yip Cià T/j,- U/sSj b^iZ ii zr,j y.yopy.-^ I'j-îtJi-^. Dion, LIV, 19 •. 

XIV. i(s< TtTaïj ^s/.tuSpi'xt; dùni irzTTorjp'jy.iu; '/v>ou.i-Jr,i, h vwvjsa, c?î?(à,- ts/iij A/îit 
^vîTXf, zsà T/;v//£v o'j(iù:j à.TZO/.i'pv.; Tt, sttI tïjv Priyztvu.-Jxu}^ciUfÂ.évr,v y.Ojj.i^n,/M ràv .3i)'/àv 

^/)^ ■/.u-vAi.-jrîi âty.iJv.yoj-:M-. Plut. Quœst. Rom. p. 1542 . 

XV. Ot /ukv ÔT),i7at i^m.psOhT-i iç rx ny^c/.yix t^j cd^îu zat t/;,- v.yopv.;, lr,;yûpou-j '/. 
rwv îTïvoj-'iv, zat T5V iv7Li;^ovT5( t/yripo-j-j. Appian. De Bell. civ. V, p. 1129'. 

XVI. ri/î'jJTîv £/. Ila/XT(5y TrayîaÀy.Çàiv tôv A£vr).5v, -^yc o^ti Tr,^ npy.i ôaîû, zat t/Jj 

O.yopy-i ys<!/)i Aîî/^wv o"î Tr,-J y.yopxv. yA yz-JOiJ-i-JO^ ~p'oi T'7> ori'7(JMTr,pi'j), 

TraoîcT&jzî -iv As'vt^îv -(,> oviy.iy, xcil ~p^i-7u^-v i->ùsl>. Pli't. fie. 22 *. 

XVII. Tutti gli antiquarj, che hanno sciitto prima de) Nardiiii, quanti mai ho polulo 
linlraceiarne, coininciando da Bernardo Ruccellai *, che sciisse ne! fine del secolo XV, 
dal rilaloVoitenano, poi venendo a C.amucri, Fabiicio, Lurio Fauno, Lucio Mauro fino 
ad P. Ponati poco prima del Nardini, tutti mettono che la via Sacra passava negli 
(»rti di S. Francesca romana [Nolli. n» 72; Leiaiouilly, lion. I, 84], verso il tenipio 
délia Pace [Nolli, n» 74; Letarouilly, rion. I, 82; ; e il Marliaiii *î ne da per prova la 
selciata, quale ancora si vedeva al suo tempo, intorno al 1.^40. Di falti questa selciala 
si i^ Irovala ncgli ultimi scavi sul più alto dclla vetia altuale, che corris[)onderebbc 
(|uasi alla somma Sacra via antica; ed 6 tuttora visibile. G. Fea, Prodomo di nunve 
osservazioni e scoperle faite nelle antichild di Roma da varj anni addielro, p. 21, 
22. Roma, in-80, 1816. 

XVIII. Ora è cosa évidente, convenuta in oggi fra lopografi eruditi che la via .Sacra 
délia Rocca, in cui Varrone e Feslo ne pongono il termine, discedendo pel Clivo Ca- 
pitolino, e passando solto l'Arco di Seltimio Severo, avanti Satito Adriano [Xolli, 
no 94 ; Letarouilly, rion. I, 73] (che chiesa posta in via Sacra si dice da Anastasio 

Léo. m, § xcij) continuasse dritta sino al tempio di Faustina [Nolli, n" 81 ; Leta- 
rouilly, rion. I, 80] : avanti ti gradi del quale si rinvennerogli avanzi délia via Sacra 
negli ultimi scavi, ed ivi Irapassando sotte l'Arco Fabiaiio, proseguisse avanti de' 
SS. Cosma e Damiano [Nolli, n"7(;8; Letarouilly, rion. 1,81], (aitra chiesa dallo 
stesso Anastasio detta in via Sacra [Félix IV, g ii]) ; d' onde poi torcendo a destra e 
salendo pel clivo sagro fiiio ail' Arco di Tito [Nolli, n^ 73 ; Letarouilly, rion. I, 85] 
posto nella summa Sacra via, trovava ivi la porta Mugonia. Piale, délia Basilica 

Giulia, etc. Visserlaziouc,' p. 6. in-4'*, Roma, 1833. 

XIX. Anastasio nella vila di Felice IV, che fu falto Papa nel 526 : Hic fecit basili- 
cam sanctorum Cosma et Damiani in urbe Roma, in loco qui appellalur via Sacra 
juxta tcmplum Romnii. Nibdv, foro Romano c. Il, p. 186, note 1. 

XX. l'n texte du XVK' siècle indique la direction de la voie Sacrée sans la nommer 
positivement : — « Laonde Marco Guazzo descrivcndo l'entrata dell' imperadore 
[Carlo V] nella cilla di Roma seguila il di 3 aprili 1536, narra che a uscciido per 
l'Arco di Tito, per una strada a filo tirata per mezzo di Foro romano antico, passo 
air Arco di Seltimio Severo [Nolli, n» 96 ; Letarouilly, rion. I, 70]. F. Casimip.o, Me- 
mnrie istorice delta chiesa e covento di S. Maria in aracœli di Roma, c. XVI, p. 441. 

XXI. Iconographie. Plusieurs parties de la voie Sacrée existent encore devant l'Arc 
de Seplinie Sévère, devant la basilique de Constantin (appelée ci-devant temple de la 
Paix), sous r.Vrc de Titus et au-delà. Au bas de la Colonne de Phocas, on voit une 
partie intacte de la voie que nous avonsappelée le (.'anal [voy. plus bas, rfi 140], avec 
son pavé ; elle a 7 mètres 65 centimètres entre ses marges, lesquelles sont formées 
chacune par un parpaing de 65 centimètres, qui servait de trottoir, ce qui fait 9 mètres 
au plus, pour la largeur totale de la voie. Cette mesure, qui est celle des voies ro- 
maines en général, devait être aussi celle de la voie Sacrée. M. Léveil a relevé la 
pente de celte dernière voie depuis «wmma Sacra viaioù est maintenant l'.Vrc de Titus), 
jusqu'à l'Arc de Sept. Sévère, et il a trouvé un produit de 16 nièlres 39 cenlinièlreSi 

* Lupus via Sacra iii Forum irruerat. = - Cur idihus decembribus exliibitis equestribus 
liidis, dextcr equus victor Jlarli sacer imniolabatnr, et caudam aliquis amputatam fert ad lo- 
ciini , cui l'.e{;ia nonic-n, aramquo crucutat de capite alii a Sacra via, alii a Subiirra desoeiidcn- 
Ips dcpugnanl ? = ^ iMililos divisi ab mroipie via» [Sacr.ej Forique latero per aii;;iporlu.s irrue- 
bant steniuntfs obvins.='* Primuiii ex l'alatio Lcntuluni aceepit [(acero], <)Ui.-m Sacra via me- 

dioquc Foro dcdiixit Ut medio Foro ad CarcerL-m accessit, tradidit Lentuliiin carnitici 

iiccandum. = 5 Bernard Oricullarius, de urbe Roma, apnd Tar(ii). Uer. Italie. Sui/it. t. If, col. 
S55. = '^ Uritii linnite topnijvajihiti, lil). III, C. ?.6. 



U DESCRIPTION DE ROME. 

2i>. Temple de Tellus et Carènes. Le temple do Telliis, vou('' l'an 484, par 
Seinpronius, s'élevait sur nue jjlace eiilourée (rédilices eu forme de carènes, 
d'où le quartier prenait son nom. Ce »|uarlif'r se li'ouvait au bas du uiont Cœlius, 
le l(ni{^f (le la voie Sacrée. Ouaiit au temple il était assez spacieux pour (ju'on 
y |)ût réunir le sénat. 

I. Doniili crgo Piccnlos, cl rapul Renlis Asrulum, Sempronio (\acp, qui, lremenl<.' 
iiilcr piiflium ranipo, 'If Huit m Deani promissn a-de plaravit. Flor. I, 19. 

II. Scnalus cnini, popiilus(iue lîomaiius, non oontcnlus capilali fSp. Cassium] sup- 
piicio afiiccic, inlcicinplo rlomum supi'rjerit, ut l'enalium quoque strago punirelur. 
In solo aulcm iedcm iciluris fccit. V. Max. VI, 3. 1. 

III. Sp. Cassii donius ob camdcm causam cvcrsa; atquc in codem loco eedes poslla 
Telluiis. (;ii;. prn Domo, :t8. 

IV. Diruias publiée «"des [Sp. Cassii], ea est area anle Tclluris œdem. Tit.-Liv. II, 
41 [an. 268]. 

V. MîTà riv Çcivarov roli Kai^tou ;^ t' ol/.ia z«Tï5z«pv7, zstl /J-iypt toî/Ô'j «vsïrsct à ri- 
TTOi ajT'ôb cïOfyioç, eÇw toû v-ù tv;; l'-^j, ôv b^répoii yj Tri),(s xarîî/ïûasï ypivoii iv nipil 
Ttvl aûr/;>, xaT« Tyjv è.m Ky.ph(/.; pî'^auoav boôv. D. Halic. YIII, 79*. 

VI. YiyJOlJ.i'JWJ c?î ToiiTOjv o'txyyîauy.a vu/xoç «VcyfyvcJTXîTO XvTwvioi./ t/;v ^o\i\'f,-i 'juy/.'j.- 

v/oj. AiM'iAN. t/e iie//. cit). II, p. 824*. — Celte maison d'Aiiloine était celle qui avait 
appartenu à Pompée. Voy. ri-dessous, n<* 26. 

VII. Tcmplum Veneris 

Templum Telluiis. Sext. Rit., de Iteg vrb. Tlnmcp, IV. 
— Ce temple de Vénus est celui qui était miloycn avec le temple de Hume, bâti 
par Adrien [Noili, n" 71 ; Lelarouilly, rion. I, 86]. 

VI II. Templum Veneris. 
Templum Faustinae, 
ïemplum Telluris. 

Via Sacra. 1'. Vict. de lieg. urh. Romœ, IV. 

IX. Telluris templum. 

Area carlaria. Notit. imperii. 

X. Carènes. Iluic [Ca-lio] conjunrla? Carinœ, et inter eas quem locum Ceriolenscm 
appellatum apparet, quod primœ regionis quarlum sarrarium scriptum sic est : Ce- 
riolensis, quarliceps circa Minervium qua e Cœlio monte iler, in Tahernola etl. 
Cerioleiisis a Carinaruin junrlu diclus Carinœ, poslea Cernlia, quod liinc oritur 
caput SacriE via>, ab Streniae sacello, qu;c pertinel in Arcein, qua sacra quotquot 
mensibus ferunlur in Arceni, et per quam augures ex Arce profecti soient inaugurare. 
Varron. L. L. V, § 47. 

XI. Meta sudans. 
Carinœ caput. 

Domus Pompeii. Sext. Rcf., de Reg. urb. Romœ, IV. 

XII. Meta sudans. 
Carinœ. 

Domus Pompeii. P. Vict. Ibid. 

XIII. Fulvius Flaccus porta Capcna cum exercitu Romam ingressus, média urbe 
per Carinas, Esquilias coiileiulit : inde egressus, inter Esquilinam Collinamque por- 
tam posuil castra. Tir.-Liv. XXVI, 10. 

XIV. Uomanoque Foro et lautis mugire Carinis. 

ViRG. , JEneid. VIII, v. 361. 
Carinœ sunt œdificia facta in Carinarum modum, quœ erant circa templum Tel- 
luris. Lautas autem dixil aut prœter elegantiam œditiciorum, aut propter ,\uguslum 
qui nalus in lautis Carinis. Alii dicunt Carinas montera nominalum, quod ager subur- 
banus ante portas Cariis erat. Serv. , in JEneid. loc. cit. 

XV. Nous plaçons les Carènes au pied du mont Esquilin, bien que Nardini les 



* Post Cassii mortem et redes solo oequate, et ad liane iisque diem earutn area vacua sub 
dio relicta est extra Telluris aïdem, quam postea populiis Romanus in quadam ej us parte ex- 
sh'iixit, in via quœ ad Carinas fert. = * Ante luoeiu edicto ejus [Anionii], senatus in xdcm 
Telluris convocatus est, propinquam domo iptiius. 



RÉGION IV. — VOIE SACRÉE. 15 

mollii vers le Forum de César; nous nous fondons sur les paroles de Varron : huir 
Cwlin conjunclœ Carinœ [g X] et sur le passage de Ïile-Live '§ Mil] dû il esl dit 
que Fulvius arriva par la porte Capùne et monta à l'Ksquilin par les Carènes. 

2C. Maison de PoMPiit, puis d'Antoine et de Tibcre. Pompée, à l'époquo de 
son troisième consulat, l'an 701 , se lit bâtir une belle maison dans le (juarlier 
des Carèties, auprès du temple de Tellus. Après la mort de Pompée, César 
ayant fait vendre les biens de tous ceux qui avaient péri dans les guerres ci- 
viles, Antoine acheta cette maison, qui, dans la suite, appartint à Tibère, sans 
perdre néanmoins son nom primitif. Le vestibule était décoré de rostres et de 
li'upliées. 

I. Sur la situation de celte maison en tète du quartier des Carènes. Voy. ci-dessus 
nO 25, § XI, XII. 

II. Leneus Pompeii magni libertus,... schola se sustentavit , docuitque in Carinis 
ad Telluris aidem, in qua regione Pompeianorum domus fueral. Suet., de illusl. 
(jrammat. 1.5. 

III. Uomam reversus [Tibcrius], deduclo in forum filio Druso, stalim e Carinis ac 
l'ompeiana domo, Esquilias in liorlos ma'cenalianos Iransmigravil. Siet. Tib. 1.5. 

IV. Quum in navi Ctesarem et .Vntonium cœna exciperet, dixit Sext. Pompcius'' : 
in Carinis suis se cœnam dare ; referens hoc dictum ad loci nomen in quo palerna 
domus ab Antonio possidebatur. Patercul. II, 77. 

zr,ï Paiy.a.io)-j tt&Àîcoî oûzo) xcùoii u.Bvoi èarfJ. DioN. XLVIII, 381. 

VI. ll/ssi-^v oî T-^ zo£v>j y.'^y.ooo^icf rb J«à t/;v oi/.ixv oj y.ixpo-^ y-'t-<iOi, ^y oixec, ïlOfi.TCr,iov 
T5J Mv/aiiOU yîv5y.îv>jv. Plut. Ânto. 21 2. 

VII. KaiVsi n3,i/7ï»iÏ5j ajTÔ, ^^ypi -où rpizou Opiû./j.?^u fj^irpioii koù à-jclûi &iz/;jsv 
Cisrspo'J os Pùifj.xioi.i Tiôzo or, zb xot.Vo-^ xat TniiiSirjZOv i-juTà; OéxTpo-j, S>-Tc-p sbi/xtôv 
ri, ■K'j.ptzt/.ZYiJu.'zo \a.;j.7zpo-:éf^y.-^ ixsh-fji oIxL'jlj, «■'Sizifdo-.'O-J ok xxi zoi.jzr,j- ô't-zs z'o-j ■/■- 
■jô/j.ivo'J ô'î7;riT/]V aJryjs yszv. nî'A-y/tjv, shù.Oiyzx Oxj/jc/.^zi-.' av.' TZu-jOy.-JS'^Oy.i, t.o'j TIî'/- 
-riloi Uùyjo^ àod-v;i. Plut. Pomp. iO'^. — Donat a démontré qu'il faut entendre que 
Pompée se Gt bâtir cette maison dans les Carènes et non auprès de son théâtre. Voy. 
Nardim, Roma anlica, lib. VI, c. 3, t. III. p. 40, édit. Nibby. 

VIII. Hv oSjZo'j oi'jpj'Avi... X'A p.id'j'ji-j XvTojvioj, xat Kocpivi-î, t/jv \lo iJ.-r,ioj ïxîjcj- 
pii/lj.-:ioi ol/i'jLJ ■/.v.ï ij.iz 01x00 oij.w, 6>i ixv.jrij ojx oj-:'j.-j. Plut. Cw%. 51 '*. 

IX. Extat silva ejus memorabilis, quie picla esl in domo rosirala Cn. Pompeii, 
quœ ipsius et palris ejus et proavi fuil; quam Philippi temporibus vesler fiscus inva- 
sil. Capitol. Gord. tr. 2. 

X. Sur la vente des biens de Pompée, et leur acquisition par .\ntoine voy. Cic. 
Philipp. M, 26. Malgré l'acquisition d'Antoine, la maison conserva le nom de 
maison de Pompée; Cicéron reprochant à Antoine d'habiter cette maison, lui 
dil : Al tu illa in veslibulo rostra an spolia quum adspexisti , domum tuam te 
introire putas"? Philipp. Il, 28.— Du temps des Gordiens, vers l'an 1000 de Rome, 
la maison de Pompée conservait encore le nom de son maître primitif. J. Capitolin 
dit de Gordien l'aîné : Ipse consul dilissinms ac potenlissimus, Komae Pompeianam 
diimum possidens, etc. Capitol. Gord. ir. 1. 

27. Temple de la Concorde maritale. Il tenait au Portique de Livie [IIl*^ 
rég. n" 16], et en faisait pour ainsi dire partie. Nous pensons que ce temple 



1 Carinx loci nomen est Roma;, quo in loco Pompeius ma^'nus œdes habuerat, quas lum 
temporis [an. 715] Anionius possidebat. = ^ Accessit ad comniunem illius inFainiam non 
médiocre odiuni ex ea, io (|ua liabitabat [.\ntonius] domo, quœ fuorat Mayni l>ompei.= 
^ . . . (Juiiiu usque ad tertiuoi triumphum Ponqjcius modicam et civilem doiiium lialicret. 
Post populo Uomano eximium illud et celebratum exstruxit, et juxta velutappeudiceni aeditîca- 
vit donmni piiore splendidiorem, sed ne liane quidem invidiosain, ut ille, cpii domiims ejus 
post Pompeiiim fuit, eam iuyressusobstupesceret, et quaereret ubiuaui Pompeius magnus coe- 
nasset. ^ * Vitio ei [CœsariJ dabatur... ebrietas Antonii, et Coruificius, sector Pompei, domum 
ejus muians, qua&i non satis ainplam. 



-10 DESCniPTlON DR ROME. 

lut construit par Auguste, en mr-nie temps qjie le Portique de Livie; cepen- 
dant Ovide f:iit lionneiir de cette édification à Livie : c'est probaldement une 
II:itterie du pofUe. 

1. Li- rcgionaiic Si'xt. Rufus énonce le temple de la Concorde dans la 111* 
région : 

Porlirus Liviac, 
Templum Coiirordiœ. 
Mais c'est une erreur CNidcnte produite par la jonction complète des deux édifices, 
car lui-même nomme ensuite le temple de la Concorde dans la IV* région, el dit : 
Templum Concordi;e in porliou LiviiC. 

Il 'le quoque magnifira, Concordia, dedicata sede 

Livia, quam caro prsestitit illa viro. 
Disee lamen, Ncniens aelas, ubi Li>ia nunc est 
Porticus, immensae leela fuisse domus. 
Ov. Fasl. VI, V. 657-6i0. 

28. Vices Cypbius. Conduisait aux Carènes et se rencontrait avec le vicus 
Srchraltts. 

I. Vicus Cyprius a Cypro, quod ibi Sabini cives additi consederuni, qui a bono 
omine id appellarunt ; nam cyprum Sabine bonum. Prope hune Virus Sci leralus, die- 
iiis a Tullia Tar(iuini Superbi uxore, quod ibi, quom jaceret paler occisus, supra euni 
rarpenlum mulio ut inigeret jussit. Varr. L. L. V, g 159. — Voy. plus bas n" 35, g I. 

29. AlTEL DE JUNON. AlTEL DE JaNCS-ClRACE. SoLlVEAU DE LA SOEUB. LeS 

autels avaient été érigés vers l'an 8G de Rome pour y pratiquer les sacrifices 
expiatoires du meurtre comiuis par Horace, le \ainqueur des Curiaces, sur sa 
sœur. Ils étaient situés dans une rue débouchant des Carènes dans le Vicus 
Cypriits. Une poutre scellée au dessus, en travers delà rue, formait un joug 
nommé le Solloeau de la sœur, sous lequel on avait fait passer le meurtrier. 
Ces Atilels et ce Soliveau, toujours entretenus et réparés, existaient encore 
du temps d'Auguste. 

I. Sororium Tigillum. 

Colossus allus pedes en senis, etc. 

Meta sudans. 

Carina*. P. VicT. , rfe lieg. uib. Bom(e, IV. 

II. Sororium Tigillum. 
.Mcla sudans. 
Carinae eaput. 

Domus Poiupeii. Sext. Rit. Ibid. 

III. Is [Uoratiusl quibusdam piarularibus sacrificiis faelis, qua* deinde genli llo- 
laliiE tradita sunt, transmisse per viam tigilio, capite adoperlo, velut sub juguni misit 
juvenem. Id liodie quoque publiée semper refei tum manct : Sororium tigillum voranl. 
TiT.-Llv. I, 26. [An. 86.1 

IV. Denis d'Halicarnasse, après avoir raconté l'aventure d'Horace, dit du lieu où se 
fit l'expiation : Ett( o" iv tw Trïvojrôi tw jiî'yuvrt y.r.b Kactvy;ç xktw z'A; ir:l riv kJTT/inv 

TîTaTat oji\ Tst, «vTt//Jy ù'ùrîi.wi r'jiy/>ii hf,f';j.ooij.i.io-J, o yhzzui toi; ^;(5Îi;tv i/Ttè/i /«- 

çy'/yoc5; ro'j àvo'cô, a-./r.y.zl'iv tjT?,~6lîi é'rt çîii).âTT£(, Ôjsîatj ■/■cciLif:iij--J(i-j jTzb Vo>;j.'X'.wj 
/aV Exaorov èHuiriJ. D. Halic. IJI, 22 i ' 

V. Sororium Tigillum appellalur hac de causa.... [Aventure d'Horare]. Provocavit 
ad populum, eujus judicio viclor, duo tigilla tertio superjecto, qua- pater ejus f-onsti- 
lucrat, velul sub jugum missus subit, consecralisque ibi Aris Junoni sororise et Jano 

* Est aulcm in angiporto, quod furt i Carinisdeorsiim eos qui ;ul Cypriiiiii au(;iporUiin cunt, 
ubi arae tune ciecl;e slani, et li(;iiiim supra cas tr;insversum iiilixuui diioLus p;iric'lil)us inler 
Ro adversis, quod c:ipiti exeunliuin inimineret, et sei moue roinano Tigillum iuiorium vncatiir. 
In iioc igilur loco calamitaiis illiu^ viri iiionumcntiiin in LtIjc servalui', quod annivcrsariis 
surihciis populus iotr.anu< iionoiat. 



RÉGION IV.— VOIE SACRIFIE. 



17 



Turialio, liberatus omni noxia sceleiis esl, auguriis adijroliaiilibus ; ex ijuo Soioiiuiii 
id Tigillum esl appellalum. Fkst. v. Sororium. 

30. Forum Cipedinis ou Macelu:m. Marclu'' aux coiuesllhles et aux Iriiils, 
situé vers lo haut de la voie Sacrée. Une partie était décorée avec des |)oili(iucs 
eu eolounade. Ou ii;iiore quand et par (|ui il fut éiabli; on sait seulement (pTil 
existait déjà du temps de Jules-César. 

I. Inicr Suciam \\iim cl Marcllum t-diluiii, Coniela a coineis, qui abscissa; loco re- 
liqucrunl nonicn. Varr. L. L. V, § 132. 

II. Ad Corncla Foiuin Cupedinis a Cupedio; quod mulli Forum Cupedinis a cupidi- 
lale. Hier omnia posteaquam conlraola in ununi~1ocum , quu; ad victum perlinebanl , 
el sedifiralus locus, appellalum Macelium. IniD., § 14G-147. 

III. Cupes el rupedia aniiqui laulioies cibos numiuabaïU. Inde Macelium Forum Cu- 
pedinis appellabant. Fest. V. Cupes. 

IV. Macelium locus Uomœ ubi viclualia dislrahenles ficquenlabant. Acp.on. in Ilor. 
Il, S. 5, V. 228. 

V. Diim ha>c loquimur, intoroa loci ad Macelium ubi advenimus, 
Concununl la?ti mi obviam ciipedinaiii omnes, 

Celarii, lanii, coqui, farlores, piscatores, aucupes, etc. 

Terent. Euuuch. II, 5, v. 24-26. 

Yl. In vernaculis... lam asper, ul servi illumsui 
non Marrinum dicercnl, sed Maceilinuin, ((uod Ma- 
celli specie domusejus ciucnlarelui' sanguine ver- 
nulaium. J. Cai'ITol. Macrin. 13. 

VII. AïK Ti y.çî'^-dùdv. Mà./.ùJ.v. /y.\ ij.v./.silx; 

y.'j't.oxtni ; iy. ai "zw' yjyr.ij'y.t'jf^ kjtîj or.tj.i'jioj 

Oly.'iojjj:rfir,-/v.l z^îw~w"/£5v y.T! ix.ibjou y.TriZÙ.ij.v/OJ 
T/;v -/ySîViyo^îtav. Pi.uT. Qu(psl. Rom. p. 122 1. 

YIII. Iconographie. La figure ci-contre est une 
vue du Macelium. Nous l'empruntons au revers 
d'une médaille de grand bronze de Néron, tiré 
de MoKELL. Numismat. XII imp. rom. Nuni. 
Ncronis, l. H, lab. l.\, n» 20; lab. X, n"s n, 
18, 19. 

31. Temple de Remis. Nous ignorons à quelle époque fut construit ce tem- 
ple, qui se trouvait sur la voie Sacrée, à droite eu allant au Forum, au-dessus 
du ^]<tcrUum, n° HO. 

I. Templum Paris. 
Templum Itenii. 
Templum Uiva- Faustiiiee. Se.kt. Uif. de Reij. tirb. Romœ, IV. 

II. Templum Rémi. 
Templum Romaî. 
Templum Veneris. 

Templum Fausiinte. P. VicT. Ibid. 

III. Anasiase, dans la vie du pape Félix IV, disant que ce pontife fit bâtir l'église de 
S. Come el S. Damien [NoIli, n° 80; Leiarouilly, rion. I, 81 , en indique ainsi rempla- 
cement : In loco qui appelialur via Sacra, juxta templum urbis Itomw. 

32. Basilique Opimia. On est réduit à des conjectures sur l'époque de la 
construction de celte Basilique, et même sur son l'ondaieur. Nous pensons que 
ce l'ut Opiiiiius, celui qu'on opposa aux Gracijues, et (jui l'ut consul l'an G33 (le 
Uome. Elle élait en liant de la voie Sacrée, prés delà partie de la voie Neuve 
(pii sé[)arait la IV'' région de la Vlll*'. 

I. Les régionnaires Se\(. Uufus cl I'. Victor ont omis la Rasilique Opimia dans leui s 




* Cur locus, ubi rames piiMioi; vondunmr, Macelluin diciuir? . . 
carnibus publioc vendcudisx'diticalus fucril,noiiii-n .ib ipso liabcus. 



ICv pccimia i-jui It: 



18 DESCRIPTION DE ROME. 

nomenclalures. Panvini , on ri^paranl leur omission , place ce monumenl dans la VIII* 
région. Xous croyons qu'il so Irompc, cl que la ltasili(|iie Opimia devait se trouver dans 
la IV*. Le passade de Varron, cité ci -dessous, le prouve, car le temple de la Concorde 
qui y est nommé, est évidemment celui du Vulcanal. [Voy. plus haut, n" 18', qui ser- 
vait aussi de lieu de réunion pour le sénat. 

II. Senaculum supra Grxcoslasin, ubi œdisConcordix et Basilica Opimia. Varr. L. L. 
V, § 156. 

III. Cornela. Lieu auprès de la basilique Opimia. Voy. ci-dessus n» 50, g I, II.] 

33.-34. Tkmple du Soleil et temple de la Lune. Derrière la basilique Opi- 
mia [n" 32]. 

1. Nous plaçons ici ces deux temples mentionnés par les régionnaires. Du reste, nous 
ne savons rien ni sur leur Corme ni sur leur origine. Pendant longtemps on a tlonné 
ce nom aux ruines de doux lem|)lcs adossés, situés après VArc de Titus, à gauche de 
la voie Sacrée, en descendant au Colysée; mais maintenant les antiquaires s'accordent 
à reconnaître dans cette ruine les temples de Vénus et de Rome, bâtis par Adrien, 
qui en fut aussi l'architecte [XoUi, n" 71 ; Letarouilly, rion. I, 86]. 
II. 'l'cmplum Telluris. 
Templum Solis. 

Templum Lunœ. Sext, Rlf. de Reg, xirb. Romœ, IV. 
III. Templum Urbis Romœ. 

Templum Solis et Lunœ. P. Vict. Ibid. 

3o. DiANiuM, ou temple de Diane. A la rencontre du vicus Cyprins et du 
Sceleratus vicus. Nous ignorons le nom de son fondateur et l'époque de sa 
fondation, mais il existait du temps d'Auguste. 

1. Quum se domum reciperet [Tullia] , pervenissetque ad summum Cyprium vicum , 
ubi Dianium nuper fuit, fleclenle caipentum dextra in Virbium ciivum, ut in collem 
Rsquiliarium eveheretur, reslitil pavidus atque inhibuil frenos is qui jumenta agebat , 
jacentemque dominœ Servium trucidatum ostendit. Fœdum inhumanumque inde Iradi- 
lur scelus, monumentoque locus est (Sceleratum vicum vocant) que amens. . . Tullia 
per palris corpus carpentum egisse ferlur. Tii.-Liv. I, 4 8. 

3G. Vicus Sceleratus. Il conimuni([uait avec la voie Neuve venant du Forunï 
romain, et montait à l'Esquilin. 

I. Vicus Sceleratus. Sext. Rlf. de Reg. urb. Romœ, IV. 

II. Sur la position du vicus Sceleratus, voy. le n" précédent. 

III. Ipse* sub Esquiliis, ubi erat sua regia, cœsus 

Concidil in dura sanguinolentus humo. 
Filia carpento patries initura Pénates, 

Ibat per médias alta feroxque vias. 
Corpus ul adspexil, lacrymis auriga profusis 

Restilit; hune lali corripit illa sono: 
Vadis? an exspeclas pretium pielatis amarum? 

Duc, inquam, invitas ipsa per ora rotas. 
Certa lides facti ; dictus Sceleratus ab illa 

Vicus, et œterna res est pressa nota. 

Ov. Fast. VI , V. 600-609. 



Servius Tullins. 



RÉGION VI.— ALTA SEMITA. 19 



REGION V. — ESQUILINE. 



Celte région était l'une des plus vastes de la ville; mais comme, excepté le 
Marché de Livie {Mucelluni Lwi(mum), les Jardins do Mécène, et VAgger de 
Servius, elle ne contient rien autre chose de notre époque, nous ne l'avons 
pas comprise dans le cadre de notre Plan ; nous n'avons donc point à nous en 
occuper ici. VAgger de Servius, qui pouvait nous intéresser surtout , se 
trouve sur notre petite carte du Site et des murs de Rome. 



REGION VI. —ALTA SEMITA. 



Voici encore une région fort peu importante à notre époque, sous le 
point de vue des établissements publics, bien qu'elle soit aussi l'une des 
plus étendues de Rome. Les limites de ce fragment sont, à l'O. les 
murs de la ville ; au S. le viens Sceleratus du coté de lalV^ région; et du 
côté de la Ville le prolongement de ce viens jusqu'à la porte Catulaj'ia. 

57. Temple du Salut. Auprès de la porte Salularis. Il fut voué par C. Ju- 
nius Bubulcus, consul l'an 447, et dédié par le même l'an 451. 

I. Collis Snlularis, quaiiiceps, advorsum est Apollinar, cis sedem Salutis. Varr. 
L. L. V, § 52. 

II. Eodem anno [447] aedes Salulis a C. Junio Bubulco censore locata est, quam 
consul bello Samnilium vovcral. TiT.-Liv. IX. 43. 

III. /Edem Salulis, quani consul voveiat, censor locaverat, dictalor dedicavit [C. .Tu- 
nius Bubulcus, an. 4.'>11. Tn.-Liv. X, 1. 

IV. Qui [Fai)ius] cum in a>de Salulis quam C. Junius Bubulcus dedicaverat, parietes 
pinxisset, nomcn his suum insciipsil. V. Max. VIII, |4. 6. 

V. Salularis porta appellala est ab eede Salutis, quod ei proxima fuit. Fest. v. Sa- 
lularis. 

VI. Templum Salutis. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, VI. 

VII. Templum Salulis in colle Quirinali. P. Vict. Ibid. 

VIII. SALVTI. IN. COLLE. QVIUINALE.SACRIFICIVM.PVBLICVM. 

GRUTER, p. 134. — ORELLI, Inscripl. lai., t. II, p. 596. 

38. Temple des Saliens Collins. Sur le mont Quirinal. Il était précédé 
d'un Area. Sa fondation remontait au roi Tullus Hostilius. 

1. Ot //;v yy.f) Aycova),;!;-, j-i oé t(vwv xcà.o-jy.i-joi KoX/.\joi 'jàliot, wv to 'ii/:o'f'j'>,û/.iâv 
isTfv irr't toÏi Ko'ù.hoj \b-^o-j, (j.i-v. 'Sojj.y.j v.r.z.oi'r/'iTtZU.-j -j-o /îast/îDj O^-ùlioj. D. Hal. 
11,701. 

* Agonales [Salii], qui a nonnullis Gollirri Salii vocantur, quorum Sacrarium est in Collino 
tumulo, post Numse obitutn a rege lloslilio inslituli fueraiit. 



'10 DESCRIPTION DE ROME. 

II. Ilorum niimoriim llosliliiis addidil: nam duo suni Roncra Saliorum, sirut in s.i- 
linribus r:irniitiil>us iiivenilur, Collini cl IJuiiiiialcsn Niiiiia instiluli; ab lloslilio vero l'a- 
\oii l'I l'alloii inslituli. Sekv. in yEiieid. Vlll, v. as.*. 

Sî). Tf.mpi-e dk la Fohtim; Piiimigkme. La FortiiiK! l'rimigrnic pirsido ii I.-» 
naissance. Ca^ U'ni[il(' lui lui voui' l'an oiH par le consul Scuipionius, et dédie'' 
dix ans après, l'an î)'-')H. Situé sur la ponh^ méridionale du inoiil (juirinal, du 
côté de la porte Sancpialis, il est [)récédé d'un arca. 

I. Consul 1'. Scmpioiiiiisi pii(ici|)io pugna' icdcm Forluriiu l'i-imiKCnia* vovit, si co 
(lie liosles fudisst'l : comijosciue cjus voti fuit. [An. ii'iH . Tit.-Liv. WIX, 36. 

II. .Kdcni I-'orluna" l'ilniif^cnia! in colle Quirinali dedicavii Q. Marcius Italla, duuiii- 
vir ad idipsum crcalus. Vovcial cam deccin annis anle Punico belle P. Scmpronius So- 
plius : locavciat idem ccnsor. Trr.-Liv. XWIV, 53. 

III. Inuibe Honia duo a-dilui nunciarunt , aller, in a'dc Koiiuna; angucm Juhalum 
a ponipluribus visum esse; aller, in .rde Prinii};enia> Korluna', ((u.t- in Colle csl, duo di- 
veisa prodijjia : palniam in area enalam, cl sanguine inlerdiu pluisse. Tit.-Liv. 
\LIII, 15. 

IV. On ne sait rien sur la position réelle de ce temple de la Fortune. Comme sa ron- 
struriion dura dix ans, nous conjeclurons qu'il était sur la pente de la montagne, où 
il avait fallu faire des travaux considérables de substruclion. 

40. ÏKMPLE DE LA FoRTiNE pifiLiijiE. Duns la valléc du Quirinal,ou peul-éire 
sur le mont Quirinal. 

I. Ailles Forluiin' publicop in Colle. Sext. Rlf. de Reg. urb. Bnmw, Yl. 
il. Korluna publica in Colle. P. Vk.t. Ibid. 
III. (,»ui dicci, (luoiulam sacrala est Colle Quiriiii 

Hac Foriuna die Publica, verus erit. 

Ov. Fnsl. IV, v. 575-376. 
— Des édiiions porleni, au vers Ô7.ï : sacrala in vu/le (Juirini. 



lîliGlOiN Vi!. — VOIi: J.ATA. 21 



REGION VII.— VOIE LATA, 



Les liniitos de celle région sont, à TO. la voie Lata, (jiii Ixjrde mie 
partie du Champ-de-Mars, le long des Sepla Julia; au S. les uuus de 
la ville, depuis la porte UaUimena jusqu'à la porte Sancpiniis; à TK. 
encore les nuu's de la ville, de la porte Sanqualis jusqu'au delà de la 
porte Piacularis; au >'. eulin les arcs de rA(|ueduc de la Virgo, qui 
vont joindre la Colline des Jardins. 

41. Voie Lata. Cette voie, à laquelle tonte la ivyioii enqnuDtait son nom, 
n'était que la continuation de la voie Flaniinia, qui tinissail aux arcs de l'A- 
queduc de la Viryo ; de là jusqu'à la porte Ratmnena, au pied du nionlCapitolin, 
elle portait le nom de voie Lu ta. 

I. Gli aquedoUi (IflT Arqua Vcrpine, romminciarano soUo il colle degli Orluli, c 
dixidevano la Via Lala dalla Flaminia ed una sirada che dal Quirinale condurc\a ad 
l'antlicoii. Fertnandosi per lanto dagli antiqiiaij che i'AcquedolU non procedessero 
piùavaiiti dalla Piazza di S. Ignazio iNolli, n" 847; Letarouillv, lion. IX, i], il che viene 
comprovato da alcuiii lubi di condoUo di piombo, che lurono ritrovali iiel farsi i fon- 
(lamenli délia facciala délia sopradelta chiesa di S. Igiiazlo. Venuti, Anlichilà di 
llntna, pari. 11, c. 5. 

II. L'église de S. Maria in via lala [Nolli, n" 851 ; Lclarouilly, rion. IX, 18\ qui 
emprunta son nom au nom ancien de la localité, est un témoignage en laveur de notre 
opinion, car elle se trouve vers le milieu de nos Septa Ju/ia, bàlis eux-mêmes le long 
de la voie Lata. 

42. Champ d'Agrtppa. On noiuinail ainsi toute la partie de celte réi^ion si- 
tuée entre la voie Lata et les murs de la ville. C'était un champ dans lequel 
Agrippa lit b.îlir trois monuments importants dont nous allons [)arler sous lc> 
numéros 46, 47, et 49. 

I. Campus Agrippœ. Sext. Rif. de Reg. urb. Romœ, VII. 

II. Campus Agrippée. 1*. Vict. Ibid. 

m. Campi vin : Viminalis, Exquilinus, Agrippa?, Marlis, etc. P. Vict. de Reg. urb. 
Rnmœ, in lin. 

IV. Via Lata conlinet.... Campum Agrippae. Notit. imperii. 

V. Laxandi levandique animigratia, in Agrippœ Campo deambulabam. A. Cell. 
XIV, 5. 

43. Tombeau de G. Poblicus Bibilis. Un petit tombeau de 6 à 7 mètres de 
long sur autant de hauteur, décoré de pilastres doriques et d'une Irise en bas- 
reliefs, représentant des guirlandes de fruits accrochées sur des^)uerànes, tel 
est le monument de Bibulus. 11 est situé hors des nuu's, au pied de l'extré- 
mité septentrionale du mont CapitoHn, à gauche en arrivant par la porte Ha 
tiunena. Nous ignorons quand ce monument fut construit; mais sa matière, 
qui est le travertin, indique l'époque de la républicpie. 

I. Epitaphe gravée sur le soubassement du tombeau de Bibulus : 

G.P0BLlC10.L.F.BlBVL0..ED.rL.H0N0RlS 

viutvtisqve.cavssa.senatvs 
consvlto . popvliq ve . ivssv . loc vs 

MONVMENTO.QVO.U'SE.POSTERKKJVE 
EIVS.IM'ERBENTVU.PVBLICE.DATVS.EST. 

CIU'TKU, p. i55. — OltKLLl, Inscripl. lai. n» 4698, etc. 

II. Iconographie. — Le tombeau de Bibulus existe encore presque en entier dans la 



22 DESCRIPTION DK ROME. 

via di Marfnrin. Celle ruine csl repiésontce dniis l'irancsi, Anlichilà Romane, l. II, 
tav. 4, 5, et dans Nanlini, Roma antica, lib. I, c. 7, édit. Nibby. 

44. Temple de Gémis Sangis. Ce tomplc existait dès le cominencement du 
cinquième siècle. Il était |)iès de la porte Catularia. 

I. Teinplum iiovuni Quirini. 

Saeelluni Ocnii Sanfji. Sext. Rlf., de Rcij. urh. Romœ, VII. 

II. Teinphini novum (juiiini. 
Sarelluni Genii Sangi. P. Vict. Ibid. 

III. BonaSemoni Sanjio rensuerunt consccranda. Quodque acris redactum csl, ex eo 
orbes acrci facii, posili in sacello Sangi, versus fcdem Quirini. [An. 4261 Tit.-Liv. 
VIII, 20. 

4o. Temple (nouveau) de Quirixus. Près du temple de Genius Sanaus 
[n» 44]. 

I. Nous ne savons rien ni sur l'origine, ni sur la place exacte de ce temple, sinon 
qu'il était dans la Vile région. Yoy. le n» 44. 

4G. Septa AcnippiANA. Ce monument, lout en portiques, était un ouvrage 
d'Agrippa. Il s'élevait le long delà voie Lata. 

I. 11 paraît certain ([ue les Septa Julia n'étaient pas suffisants pour abriter le peuple 
pendant les jours de comices, car du temps de Varron, c'est-à-dire de Jules-César, les 
candidats faisaient dresser des tentes dans le T.liamp-de-Mars pour leurs partisans, et 
les citoyens cherchaient un abri sous les porli(|ues de la Villa pubtica [Varr. R. T!. 
III, 2]; Agrippa aura voulu remédier à cette insuffisance en construisant vis-à-vis des 
Sepla Julia d'autres scpla presque aussi spacieux. 

II. Dasilicam Alexandrinam insliluerat inter Campum Marlium et Sepla Ar/rip- 
piana, in latum pedum cenlum, in longum pedum mille, ila ut tola columnis penderel: 
quam efficorc non potuil, morte preventus. Lampriu. Alex. Sever. 26. — Inlcr Cam- 
pum Martium et Septa Agrippiana doit s'entendre de la partie de terrain située au- 
près de notre Portique de Pola [n" 49] , entre la voie Lata et le mont Quirinal. Le 
Champ-de-Mars proprement dit faisant hache en deçà de la voie Lata pour s'étendre 
jusqu'à la Colline des Jardins, ta Basilique projetée par Alexandre Sévère aurait été 
bien réellement entre le Champ-de-Mars et les Septa Agrippiana. 

III. Va spargat in a;de 

Isidis, aniiquo quœ proxima surgit Ovili. 

Jtv. Sal. 6, V. 528-529. 
— Aniiquo Ovili désigne les Sepla Julia, vis-à-vis desquels était le temple d'isis 
[n" 172]. Par l'épilhète d'antiquo Juvénal n'a-t-il pas voulu distinguer les sepla de Cé- 
sar de ceux, moins anciens, bâtis par Agrippa? 

IV. Iconographie. 11 ne reste aucuns vestiges des Septa Agrippiana. Nous les avons 
tracés d'après les Septa Julia, puisqu'ils étaient destinés au même usage. 

47. DiRiBiTORiuM. Le plus vaste édifice qu'on eût encore vu couvert d'un 
seul toit existait'auprès des Septa Aggrippiana : c'était le Diribitorium, monu- 
ment où l'on faisait la paye des soldats, et qui avait emprunté son nom à celle 
destination. Agrippa le commença, on ignore à quelle époque, et Auguste le 
termina l'an 747. Le Diribitorium, était carré, avec une partie sortante ter- 
ininée en hémicycle. 

I. TÔ TTSoh-J TÔ Âyyl(7r— c£5V TT),/iV T^5 aZÙX^, KOÙ TO Act/S(ê(TW/î£5V, «JtÔ, Ô hiJyOlKSTOi 

àSrilJ.O!iUi>n~.. 'ToxjTO //sv yy.p (vjv oi oT/.Oi /iiytaroi twv ttwttots //wv àpopy;:/ ayôvz'jiv vî-v 
£3TJv) S, T£ Aypi~r.ai oi/.O'-jo/j.'iïtusvov y.xzîAt-s, xx'i -zozz cuvîTiZ-V^/;. DlON. LV, 8 '. 



1 Oanipum autem A{;ripp3E, porticu fPol.f] excepta ac Diribitorium, ipse Aiigiislus puMico 
iisui dedicavit [an. •;!\-\. Dirihiloriiim erat domus omnium earum qua; unquam uiio culmine 
fuissent maxima» (nunc omni ejus tecio diruto,quia rursus commilti inter se non poluit, aperio 
fasligio conspicitur) Agrippa imperfectum reliquerat, lune vero ad fincm perductum erat opus. 



RÉGION Vil.— VOIE LATA. 25 

II. Fuit nu-moria nostra et in porlicibus Seplorum a M. Agrippa iclinla, icquc mi- 
laculi causa, quiP Uiribilorio supcrfuerul, X\ pcdibus brevior [p\\is courlo qu'une 
autre qui avait 120 pieds], scsquipiulali rrassiludiiie. i'i.iN. XVI, 40. 

m. Kc.'t -/àp rb ilî^^aTTïT'/V, km t'o iaîtîv, zv. ts liTizà., /ai zb U'jcito'c.ivctov, to, Tc ftx- 
Xavjtjv TÔ Tou tiyfA-mz'j-j, //A t'o Uiy.->Oiioj, ri, zs \r.ipi^izdir.io-J, y.vX to zo'j Bà/ôîj Oéa- 
Tf.ov, KM zr^-j zoli Uo/j-Yiîoo ozïjvïjv, zat zà O'/.za.oiiïx olxnfj/xzcc /cà /J.izà zwj /3;Ç>>£0)v, z6-j 
zi -js'jfj zoïi ^loi zoïi KKTïiT&jÀtvîu fj£zy. zôiv 1MVW.W) olùzoÎi K'j.zi/.y.u-jv.) . Dion LWI, 2'« '. 

— Dans le passage précédent z'/u KaT:tT&j)tvoti est une interpolation de quelque co- 
piste ignorant, ou une erreur de Dion ; le temple de Jupiter dont il s'agit ici est celui du 
Tonique d'Uclavie [Voj. plus Das n" 150] et non celui de .lupiter-Capilolin, qui, situé 
plus de cent pieds plus haut que les lieux désignés ici comme ravages par le feu, n'en 
put être atteint. 

IV. Ta T£ TT^sizfçjK/afa zoii jio'Asozoûi, ot:o)ç y.yj ènï yjy.yG>v rwv aavt'ûcov /.xOi'icoJzat, 
TTpOtzov zôzs i/TTszEÛ-f]' XKt TzD.O'Ji dfl'ji tôv &!.zzoùdy.hi> zpoTZOV lî zà. OsxzpK fipÛ-J, Ïj'J. 
lJ.r\ zrj ■ri)ud'7SL Z(xla.i.T:ci)pO)-jzciC, ènszpc/.TT-ri. Kocl et yt Tioze èi 'JTïS^cêî^vjv îtîs'jjXîI's, tm \stpc- 
êizupijj àvzi zoXt f)î'J-po\t l/.pi'j>ij.ij(it iypôiyzo. DioN. LIX, 7 2. 

V. Iconographie. On ne sait rien de certain ni sur la forme, ni même sur l'é- 
tendue du biribilorium. Le fait rapporté dans le paragraphe précédent pourrait faire 
conjecturer que cet édifice avait quelque ressemblance avec un théâtre. Pirro Ligorio, 
qui peut-être en avait vu quelque ruine, l'indique ainsi sur son plan cavalier de 
Uome. Quant à l'étendue, il parait évident, d'après l'observation de Dion, que ce mo- 
nument était plus vaste que le Panthéon. 

48. Vicus JÎMiLiANUS, ou tEmiliana. Quartier situé aux environs du Diribi- 
torium. 

I. Nam quod extra Urbem est a^dificium niliilo magis idco est villa quam eorum 
œdificia qui habitant extra porlam Flumentanam, aut in vllmilianis. Vaup. R. R. 111, 2. 

II. Cum /Emiliana pertinacius ardèrent, in Diribitorio duobus noclibus mansil. 
StiET. Claud. 18. 

49. Portique dm Pola. Dans le Clianip d'Agrippa. Il fut commencé par 
Pola, sœur d'Agrippa, après la mort de son frère arrivée l'an 742, et sur des 
mémoires laissés par lui. Auguste l'acheva, y fit graver un plan de l'Univers, 
et le dédia vers l'an 747. 

I. H ok è'J TÔ) TïcQtw czoy., yjv rj nw),a ri v.'ii'k^Yi aùzoî/, v) /.xi zc/ôî êpô/j.oiii rjLxyo'jjj./i'7y.GO, 
èlioui, ojosTio> i^iipyx^zo. DiON. LV, 8 3. 

II. Agrippam quidem in tanta viri diligenlia, pra-tcrque in hoc opère cura, orbem 
quum terrarum orbi speclandum propositurus esset, errasse quis credat, et cum eo 
divum Augustum? Is namque complexam eum porticum ex dcstinatione et commen- 
tariis M. Agrippœ a sorore sua inchoalam peregit. I'lin. III, 2. 

m. On ignore la place exacte du portique de Pola. Nous l'avons orienté de ma- 
nière à en faire un portique d'hiver et un portique d'été. Comme il n'avait fallu que 
((uatre ou cinq ans pour le construire, on peut conjecturer qu'il n'était pas fort grand, 
car à Rome l'édification des monuments publics était menée fort lentement. 

50. Porte Ratumesa. Au bas de l'extrémité septentrionale du mont Capi- 
tolin. 

I. Ralumena porta a nomine ejus appellala est, qui ludicro cevlamine quadrigis Vic- 
tor, Etrusci generis juvenis Veiis conslernatis equis excussus Romse periit, (|ui equi 
ferunlur non ante conslilisse, quani pcrvenirent in Capitolium, conspectumque ficti- 
lium quadrigarum quae eranl in fasligio Jovis templi, etc. Fest. v. Ralumena. 



* Serapidis faniim, faniim Isidis, Sepla, templum NrpUini, Balneum Agrippa», Panllicoii, 
Diribitoiium, tlicatruni Baibi, scena Ponipeii, Ortaviaiia a-dificia ima cum libris, lenipliiiii 
.lovis Capilolini cum proxiniis templis i{;ni consunipta sunt [an. 833J. = - Tune prinium [Ca- 
lipula] senatoribns, ne nudis asseribus insidereut, piilvinaria subdita, usufque pileoriim Tlies- 
salicorum coiicessus in ihealris, ne solis aidore laborarcnt : qui sicubi esset vehcmentior, 1)1- 
ril)ilorio tabiilatis instrufto, pro tbeairo ulebanuir. = ^ Poniciis inCainpo, quam parabal 
ejus [Agrippae] soror Pola, quae etiam dromos ornale dislinclos condidit, absoluta noudum 
erat. 



24 DKSCHIPTION DK liOME. 

II. l'iulaïquc aprc's avoir rapporic l'avonliirc <lu cliariol rfc Vi-'ips ,voy. le g précc- 
dcnl], ajoule : iU o'sjojv-^v cpyoj a.j-c'j /.scTarstvjvTO;-, ojiiï nxf.Y,y^f.ouyTOi, c/ji' /jf,- 

s/.inoj h-za.'jOcii. nif.ï rr,-.' TJjrr;j, r,-j vûv P>:t'>v//;'vxv /.a).^v7i. I'mt. Pnhiir. IS '. 

III. Soliii ■'lyaiil rarontf'ravcnluii' du rninliiclcui- (!(> rliar Voïcii, lin il ainsi : — Kvcimso 
(|uo(|U(' aiiji),'a, i|iii'ni Kaluniciwini notiii[ial)aiit, rcliclo ciTlainim- ad (lapilolinin (pia- 
dii;;a [nosiluil, ni'c anic siil)slilil, (jiiaiiiiilx'l ob\iis occursibus inijiudila, (juani iai- 
])ciiiin .lovcni Icrna dcxlralioiic luslrassd. Solin. ^G. 

IV. Majus au(,'uiium ajiud priscos, plcbeiis riicensibus excusso aiiriga, ila ni si slari-t, 
il) Capitoliiim ciiruriisso e(]uos, irdcmque 1er lustrasse : maximum vcio eotlem pi-r- 
xi'iiisse ab Veiis cum |)alma et coroiia, cITuso Uatuniena qui ibi virerai : unde poslea 
iionicti porlœ est. I'lin. VIII, M. 

IM. PonTF, CATiLAni.v. Au-dessous do la porte Raluniona [u" 50J, sur le 
iiioul (Juii'inal. 

I. On a peu de rensciRncmenls sur la place de rcKc porte; nous avons suixi le sen- 
timent de Nibby : — L'allra porta, ehe dovea slare presso il (juirinale, probabilmenle 
nella siessa linea di quesla Ualumenal, fu la poila Oaluiaria laiito coiilraslala da;;li 
aiitiquarj, alcuni de' (|uali, maie inleiuiendo un passo di ()\ idid, l'Iiaimo Irasporlala 
suir argine di Servio 'l'ullio, verso la l'orla l'ia ,au N. K. de la \ille , eonlro l'aulorilà 
as.sai cliiara degli anliclii scrillori, c de' monumenti. Nibbv, Le mura di Jioma, 
c. IV, p. 156 

i>2. Porte Svnqialis. — îî.". Portk Salttaris. — o4. Porte Piacilaius. 
Toutes trois sont sur le Quirinal, dans le nuu* oeeidental de l.i ville. 

t. lei, eotnme dans le numéro précédent, nous suivons encore les indications de 
Mliby, dont voici les paroles : — Vcnendo al secondo accesso, clie era nel vicinan/.e 
ilclia odierna salita di Monlecavallo, ivi probabilmenle fu la porta Sanqua/e, la quale 

liaeva nome dal sacello o dalla capella di Sango E siccome cpiesto sacello si 

nioslra nelle vicinanze del lenipio di (Juirino, perciô essendo il tempio di Quirino non 
lungi dalla chiesa odierna di S. Andréa de' (iesuili [Molli, n" 177; Leiarouilly, rion. I, 
M', la porta Sanquale sarà stata nelle \icinanze dell' odierno palazz.o Papale [Noili, 
n" 250; Leiarouilly, rion. Il, 53]. 

L'allra saliia, o quella délie Qualro Fontane [NoIli, n" 181 ; Leiarouilly, rion. Il, 
25], portava alla porta Salulnre situala presso il tempio délia Salule, anclie esso posto 
non lungi dal tempio di (Juirino 

La lerza porta sul Quirinaie era sul clivo che conduce a S. Maria délia ViUôria, e 
elle dicesi via di S. Susanna [.\olli, n» -207; Leiarouilly, rion. Il, 10 . Di quesla non 
possiamo assegnare il nome, seppure non la porla J'iacolarc cilala da Feslo, la quale 
non sapremmo situarc altrove. Nibbv, le mura di Homa. c. IV, p. U2 et seqcj. 



• Nec quicquam adducendis lia1)enis,vel deiiuilcendis profecil equis, verum arripuerunl 
VI vittum et ablatum, duin juxla Capilolium ad poruim quam nunc K.ituineuaiu vocant, cffu- 
''.cruut eum. 



RÉC[OiN VIII. — l'OUlJM UOMAIN. 



REGION VllI— FORUM ROMAIN. 



(Iclle région a pour l)orncs, à TE. la voie Ncuvo, au [)ii'(l du ukhiI 
Palatin ; au S. la voie (jui part de Tangic septentrional du (lircpie Mii- 
\inie, passe par la porte Scélérate, à l'extrémité méridionale du mont 
(lapitolin, et va aboutir au temple de Janus-Geminus [n" 99|. De là 
son circuit se continue à TO. par la voie qui, après avoir traversé de- 
vant le temple de Janus, se replie sur rim de ses flancs, suit le |)ied du 
mont Capitolin, puis les nuu'S de la ville jusqu'à la porte (jalularia. 
De cette porte, ses limites au N. sont tme rue qui passe deri'ière le 
Forum de Gésar [n" 135], et va rejoindre la voie Neuve. 

J>i>. Voie Sacrée. Nous avons parlé dans la description de la IV<' région, 
n" 24, de cette voie, la plus célèbre de toutes celles de la ville. Nous ajoute- 
rons ici qu'en passant sur la lisière septentrionale du Forum, elle ne taisait pas 
jicnlrc son nom à cette place, et que tous les édifices situés à droite de la voie 
Sacrée, en allant au Capitule, étaient considérés comme étant sur le P'oruni 
même. 

i>G. Clivus de l'Asvle. — Maison d'Ovide. Le ch'mis partait de la jonction 
(le la voie Sacrée au clivus Capitolin, entre la Prison pnblicpie [n" 82 1 et le 
temple de la Concorde \n° 83], et conduisait droit sur le mont Capitolin. A 
droite, vers le liant, était la maison du poète Ovide. 

I. Tum diverses Capilolii fidilus invadunt juxta Lucum Asyli, et qua Tarpeia rupes 
ccnlum gradibus adilur. Tac. Hisl. III, 71. 

II. Iconoyraphie. Cette voie existe encore; c'est la montée a cnrdonata qui fait face 
à l'Arc de Seplime-Sévérc ;Nolli, n» 96 ; Leiarouilly, rion. I, 70|. 

III. Maison d'Ovide. Elail voisine du Capilolc. IMacée ici par conjecture : 

Haiic ego suspiciens, cl al) hac Capitolia cernens, 

Quœ nosiri frustra juncia fuero Lari : 
Xomina viciais habitanlia sedibus, inquam, etc. 

Ov. Trist. I, 3, v. 29-31. 

S7. Ciivrs CAPITOLIN. Commençait au bout delà voie Sacrée, devant le tem- 
ple de la Concorde [n" 83], passait entre les lenq)les de Jupiter-Tonnant [n" 84], 
et de la Fortune \n° 86] , se détournait à droite et montait au Capitole, en 
paridlèle du Clivus de l'Asyle. 

I. Voy. ci-dessus n" 56 <§ I. 

II. Censorcs eo anno [.578] Clivum Capitolinum silice sternendum curaverunt. Tit- 
Liv. XI.I, 27. 

III. Domus in Clivo Capilolino sentis referla . Cic. Prn Hfiln. 2i. 

IV. Iconot/rapliic. Touie la parlie inférieure de ce Clivus existe encore devant les 
l^'niples de la Fortune cl de Jupiler-Tonnant, avec son pavé anlique compose de 
grands polygones irréguliers de lave basaltique. On l'a retrouvée en 1817, à la suite de 
fouilles exécutées par le comte de Funclial, ambassadeur extraordinaire de S. M. por- 
tugaise. La parlie supérieure est occupée par la voie moderne. 

îiîî. Premières portes du Capitole. — A gauche : Porte Stercoraria et Anci- 
poRTUM. Les prrmirrcft pork'a du Ciii)H')\e étaient au dcitouciié du Clivus Capi- 
tolin et du Clivus de l'Asyle dans rinlerniont. — La Vnrli: Slerconirid se 
trouvait vers le milieu du Clivus Capitolin, à gauche eu montant. Elle l'erinail 



26 



DESCRlPTlOiN l)i: UOMK. 



une impasse aiipclrc AïKjiporlinn, ofi l'on déposail les ceudros du fuu eiilrc- 
lemi sur l'aulol de Vcsta. 

I. Krijjunl acicm ppr advcrsum collcm, usquo ad primas Capi(olin<T Arcis fores. 
Eratit aiili(|ui(us poilirus in laU-re Clivi, dt-xtriP subcunlibus. Tac. Ilisl. III, 71. 

II. Dics ((ui vocatur : quando slercum dclalum, fas, ab co apprllalus (|uo(l co die i-x 
jcdi! Vcsiir sloiTUS everiilur, elpt-r Cu|>itoliriuin clivum in locuni defertur ccrlum. Vai;i;. 
L. L. M, g; 52. 

III. StciTus ex it'dc VeslaB XVIl Kal. Jul. deferlur in Ansiportum mcdium fcrc (•li\ i 
(;a|)il()liiii, nui locus clauditur jjorla Slcrcoraria. Fest. v. S<ercu«. 




i>{). Lks Cknt marches. Escalior sur lo (lanc oriental du mont Capitolin, ii 
yauclie du divus Capilolin. 11 comnieneait au bas de ce dernier clivus, et s'é- 
levait, par uih; doul)le rampe, taillée en salile à cordons, juscpi'à la liauleui' 
de la Fortoresse, où il alioutissait. Au milieu de la seconde rampe il y avait 
une première porte. 

I. Voy. ci-dessus n" .'jG, ,§ I. 

II. Ic(inn(/rapliie. — \.cs Cent marches sont tracés d'aprùs le frag- 
ment ri-joint du i)lan de Home anti(iue, gravé dans Bcllori, lab. IV. 
Kesté inconnu et sans explication, même conjecturale, depuis la di'- 
couverle du Plan sur marbre de l'ancienne Home, d'où il est extrait, il 
a été interprété el ajusté, d'après des éludes sur les lieux, par M. L. 
Canina, architecte, et atiliquaire habile et ingénieux. Cette restitution, 
dictée par l'inspiration la plus heureuse, a donné en même temps 
l'emplacement de la Curie Jialabra cl du Temple de Junon-Monela. 
La partie du Ca])ilole où aboutissaient les Cent marches était élevée 

de 89 [lieds environ au-dessus du sol. On trouvera peut-être que c'est beaucoup pour 
cent marches ; mais, outre qu'il n'est pas démontré que ce nombre doive èlre pris à 
la lettre, nous ferons observer que l'escalier était en salite à cordons (le plan de 
marbre l'indiijue clairement), dont les girons ont toujours une inclinaison ascen- 
dante tr('S-])rononcée ; cent degrés ainsi construits peuvent conduire à une hauteur 
bien plus considérable que cinquante pieds, au-ilelà desquels on ne va guère avec un 
escalier ordinaire. Nous citerons, sur la hauteur du mont Capitolin à l'endroit de la 
forteresse, le témoignage suivant: Brocchi [Suolo di Roma, p. 210-211] donnant, en 
pieds de Paris, valant 53 centimètres, la hauteur de divers points de Rome rapportés au 
niveau de la Méditerranée, s'exprime ainsi : Campidoglio. AU' angolo occidentale délia 
rupe Tarpea, lit pieds 8 p. — Piano antieo del clivo Capitolino ail 'angolo del tem|iio 
di Jiove louante, 52 pieds 1 p. — Remarquez, que l'angle du temple de Jupiter-Ton- 
nant est juste l'endroit où commençaient les Cent marches. La différence du côté 
oriental de la Hoche Tarpéienne, qui est notre situation, d'avec le côté occidental, 
énoncé dans Brocchi, ne doit être comptée poiir rien. 

(ïO. FouTEREssE DU Capitole. — Cabane DE RoMULUS. La Forteresse occupait 
le sommet méridional du mont Capitolin, près des Cent marches. D'épaisses 
murailles llanipiées de tours renvelojtpaienl de toutes parts. — La Cabane de 
liomiiliis se trouvait devant le temple de Junon-Monela et la Curie lùilalni 
[n"* 6 1 , ()2 1 . Elle avait la forme circulaire de toutes les chaumières de ce temps-lii 

I. Forteresse. Plusieurs archéologues, el entre autres I5jcqius, Donat, Venuli , et 
parmi nos contemporains, M. Bunsen, placent la Forteresse à l'autre extrémité du Ca- 
pilolin, sur l'emplacement de l'église d'Ara-Cœli , el mellent le temple de Jupiter à 
l'endroit où nous indiquons la Forteresse. La découverte de l'escalier des Cent marches 
el de la Curie Kaiabra, dont nous avons parlé à l'article précédent, ruine loul-à-fait 
cette conjecture fort hasardée : t" [larce que les Cent marches étaient du côlé du Fo- 
rum; 2" parce qu'en voulant les ajuster au flanc occidental du Capitolin, elles se 
trouveraient tournées vers le Champ-de-Mars, ce qui serait une fausseté historique; 
5° jiarce qu'en les tournant ainsi on placerait à rebours la Curie Kaiabra, jointe à ces 
Cent marches sur le fragment ci-dessus rapporté, laquelle regardait vers l'orient, puisque 
c'était de là que les pontifes observaient le lever de la nouvelle lune ; 4" parce que le 
temple de Jupiter-Capitolin regardant entre l'orient et le midi, sa façade eût tourné 
le dos à rinlcrmont, seul côlé par où on y arrivait, ce qui n'est pas possible ; 5** cnGn, 



RÉGION VIII.— FORUM ROMAIN. 27 

parce que le nom de S. Maria in Capilolio, donné jadis à ré;;lisc appelée aujourd'hui 
S. Maria in Ara cœii, indi(|ue qu'elle élail b.'ilie ou prorlic de rcniplarcnK'nt , ou sur 
reniplacemenl du temple de Jupiter-Ca])ilolin, souvent appelé, par abrévialion, le Cn- 
piiole. Voy., pour ce dernier fait, n» 81 ci-après. Temple de Jupiter, § XI. 

II. Sur le voisinage des Cent marches el de la Roche Tarpéienne, voy. plus haut 
no56, §1. 

III. L'établissement de la Forteresse par Romulus est prouvé par l'aventure de ïar- 
péia. Voy. Tit.-Liv. I, 11. 

IV. Iconographie. — Campidoglio. Nel palaz/.o de' Caffarelli, posto in Campidoglio, 
dalla parte che riguarda la piazza Montanara, si é per ordine delli padroni del luogo 
disfatia quantilà grande di mura smisurate, di grossezza quasi di 25 palmi ' , di uiia 
specie di peperino lavoralo di grossi pcz.zi, lunghi palmi... alli..., delli quali si sono 
ser\iti nel fare alcune fabbriche in monte Caprino, o sia rupe Tarpea , ad uso di lufo, 
e pislati in cambio di pozzolana : laquai fabbrica si credc che fosse la Hocca dell' istesso 
Campidoglio fabbricalavi con modo religioso ; perché si vede, che stimando li Romani 
il luogo, ovvero monte come cosa sacrosanta, non ardivano di muiargli forma, ma solo 
fare nell'orlo délia rupe lanlo di piano, quanto servisse di letto aile prime piètre : cosi 
rientrando in dcntro aile seconde, e terze, sino che arrivano a compire a tulta la gros- 
sezza delerminata. Vi erano nelia grossezza alcuni spazj, come piccole siatizole, mollo 
diligentemenle faite, come avessero dovuto servire a qualclie cosa; ma per nulla po- 
tevano essere buone , perciocché da lutte le parti erano ehiuse : e talune anche 
avevano pozzi, ovvero sfiatatori, che si fossero; ma nel fonde pero non si vedeva segno, 
che vi fosse stata mai acqua. S. Rartoli , Memorie. n" 111. 

V. Tornando alla Rocca, dietro li rimesse e stalle del palazzo Caffarelli, ancora vi 
è un avanzo délie mura dell' Arce, composte di pezzi di peperino di lungezza di palmi 
CXIV2, d'allezza non più che XIII s, e dove più e dove meno, cssendo il di sopra mura 
moderno, e il disotto ricoperto da rovine. L'angolo che ritorce ad uso di muro di for- 

tezza e lungo palmi XIII, e ciascuno pezzo di peperino è lungo palmi IV e alto I '* 

Fa vedere ancora le allre aniichissime mura di peperino brugiate dal fuoco, con li 
avanzi délie volte de' corridor! , quali veggonsi nell' orticello dietro le stalle del sud- 
detto palazzo, e fa vedere l'avanzo di due torricelle che altaccano al suddetto muro. 
Veniiti, délie anUchilà di Itôma, part. I, c. 3. — Dans Tiranesi , Ànlichitd Romane, 
t. I , lav. XLIV, fig. 2, on voit ces restes de murailles et de tours, qu'il indique solto la 
Scuderia del Palazzo Caffarelli. Les murs sont en péperin. 

VI. Memoria lenelis. Colla et Torquato consulibus, complures in Capitolio turres de 
cœlo esse percussas. Cic. in Caiil. III, 8. 

VII. Cabane de Romulus. Item in Capitolio commonefacere potest, et significare 
mores velustatis, Romuli Casa in Arce sacrorum stramentis tecta. Vitruv. II, 1. — In 
Arce sacrorum désigne l'enceinte de la citadelle où était la Curie Kalabra. 

VIII. Quœ fueril nostri , si quœris, regia nati ; 

Adspice de Canna straminibusque domum. Ov. Fast. III, v. 185-184. 

IX. Romuleoque recens horrebat regia culmo. 

ViRG. JEncid. VIII, v. 654. 

X. Colil etiamnum in Capitolio Casam victor omnium gentium populus, cujus lan- 
lam felicitatem nemo miratur. Senec. Conlrov. II, 1. 

XI. Sacrificio a rege et minore Pontifiee celebrato, idem ponlifex, calata , id est vo- 
cata in Capitolium plèbe, juxla Curiam Calabram , qua; Casa Romuli proxima est. Ma- 
CROB. Satur. I, 15. 

XII. Vtioi o" x'jTo'Li v^v j3ou-/.oïr/.0î, /.al mv.izxi xjrovp-/iç, i-j of,-Qi zà Tro/Àà T:r,^u/xivot: 
ôià. iii'Mjy^ xa't y.vly.jJAiv sxvjvàj auzopàooui' &jv tri zai £t; ifj.'s. -ii'j Tti t< zoû nxlcf^TiOJ i~l 
z7iî Trpbi t'ov in-ôâfyOjj.o-J arpipoùar,; y.xyovoç, Pco/xù>5u Xr/o,«£vvj. D. Halic. I, 79^. 

— Vitruve, Sénéque et Macrobe disent que la Cabane de Romulus était sur le mont 
Capilolin; mais l'emplacement indiqué par Denys d'Halicarnasse étant beaucoup plus 
vraisemblable, il faut admettre qu'on aura démonté cette Cabane pour la porter au Ca- 
pitole, où elle pouvait être mieux conservée. 



1 5 met. S8.= - 3i met. 22. ^ ^ 2 met. 90. = •* 892 millim. sur 223. = 5 Vitamaiitem de 
Çchant pastnriciam [Romulus et Pienius] et viclum slbi manilius para1)ant, in tnontibus ple- 
ruuique couip ingénies ex lignis et arundine sine ulla contignalionecasulas. (Jiiarum una ad 
mca usque tempera exstabat, ad latus quod a Palatio ad Circum ducil, qua) Honiiili vncutur. 



28 DliSCIUl'TlUN l)i; KOMi:. 

Mil. Irnnnfjrn/iliii'. — A/te rrorclle nrtua \'\mrs une riiL>;mc do cliiiiinH', b;'i(ic m 
loiondc, loniinc les li;iiilcs cl.iblcs «/^r lahiihi . i\r l'Ili; d'Apollon d.iiis ji' Tibre, à 
(Islic . Cf'lli- S|);i(ii'iisi' cli.iiiiiiii'ïc ircliiil cci l.iini'tiH'i!! p;is une iinciilioii niodi'iiii'... 
Uuuiiil on rrMi'cliJt (|ue clif/. (oulcs b-s nations la nianlric di; l).'ilir dans les \illa;;cs 
«■l surtout dans les lieux éearics, eonservc toujours i)ue|i(ue ejiosc de sa forme anlMfui^ 
el primitive, je ne puis plus douter que ces rabanes du Latiuin iw soient les mod'-les 
de celles de Virgile. IJdnstkttkn , Voyage dans le Lalium , p. 220. — .Nous avons traec 
la cabane de Homulus d'après cette observation. 

61. Curie KAtAiinA. — Dkvant : Statie colossai.k d'Apollon. La Curie I\<i- 
Inbra était aupW-s des Cent niaiclies. Sa façade rpi,'ardait vers roricnt. Ce nio- 
uuinent avait la foiiiie d'un petit temple terminé en abside. Il datait des 
j)i'emiei\s temps de Uome, peut-être du régne de Xnma. — La Sliilite liAiiollon, 
placée devant la Cnrie Kalabra, avait 30 coudées [13 méires oOJ de haut. l'Ile 
avait été apportée d'Apollonie à Konie par Lucullus. 

I. Capiloliuni riiiii Arre. 

Curia Caiabra. Skxï. IU f. de Reg. urb. Rnnup, VIK. 

II. Primi dies nieiisiuni noniinati rnlend(P ah eo quod liis die))us calanlur ejus niensis 
.Nonse a pontifiribus, (juintana- an seplinianir sint futura', in Capilolio in t'-uria Caiabra 
sic : Dies le quinque caln Jiino Cnvella. Vark. L. L. VI , § 27. 

III. Horrebnl rcijia culmo. Luriani Caiabrani dirit, (|uani liomulus lexerat culmi-^. 
Ideo autcm Caiabra ([uod quuni incerlœ essenl Calend;r aul Idus, a Itomulo conslitu- 
lum est, ut ibi patres vel po|)ulus calarentur, id est \ ocarenlur, etc. Seuv. in Virtj. 
^£neid. VIII , v. «.-ii. — Vov. aussi ci-dessus n» 60, ,§ X. 

IV. Curia Caiabra, ubi pontil'ex niiiior dies pronuntiabat. P. VicT. de Reg. urb. 
Romœ, Vlll. 

V. yuuni in Arro ausurium aup;ures acturi essent , jussissenique T. Claudium C'^nlu- 
maluni, qui anies in Cu-lio monie lial)ebat, démolir! ea, quorum allitudo oITicercl aus- 
fiiriis : Ciaudius proscripsil iiisulam , vendidil : eniit 1'. Caipurnius l.anarius. Cic. de 
O/fic. III, 10. — Arce augurium désigne ici la Curie Kalabra, dans la rorlcresse. Kn 
elTel, de cette curie on voyait la lune se lever derrière le mont Cnclius. 

VI. Iconographie. — Pour la position de la Curie Caiabra près des Cent marclics, 
cl sa forme, \oy. plus liaut w ."i'.t, ,§ II. 

VII. Sliiti'c ti Ajiollon. Citra Istrum .Vpolloniatarum una finsula ... ex qna M Lu- 
cullus Capitolinum .\pollinein advexil. Plin. IV, 13. 

VIII. iMok-s quippe excogitatas videmus slatuarum , quas coloss<'as vorant , Imribus 
parcs. Talis est in Capilolio .Vpollo translatus a M. Lucullo Ai)ollonia Ponli urbe X.XX 
cubiloruiii, quingentis lalentis lactus. Plin. X\.XIV, 7. 

IX. Apollo Irapslalus ex Apollonia a Lucullo XXX cubitùni. P. Vici. de Reg. urb. 
Romœ, VUl. 

X. Faute d'indication précise, nous avons mis cette statue dans la Forteresse, comme 
un tropliée de victoire. 

62. Temple de Jinon-Moneta. — Statie douée de la Loive. — Atelier des 
monnaies. — Bois. Le temiilv était à côté de la Curie Kalabra [n" 61], à droite. 
Voué par Camille l'an 410, il fut bâti vers la même époque. VAlcIitr des mon- 
naies s'élevait derrière le temple, et un petit Bois couvrait les lianes des 
doux éditices. Devant le temple on voyait la Statue dorée de la Louve allaitant 
Romulus et Réunis. C'était un ouvrage fort ancien. 

I. Inler ipsam diniicationem an. -iio;, a'rtem .linioni .Monelap vovil Camillus ; cujus 
damnatus voli quum \ictor Uomam reverlisset, diclalura seabdicavil. .Senatus duum- 
viros ad eani sedcm pro ampliludine |>opuii Roniani faciendam creari jussil : lo( us in 
arce dcstinalus, quic area wdiuni M. Maniii Capilolini l'uerat Tii.-Liv. VU, 28. 

II. AdjcctPe morluo 'Maiilio; nota- sunt : ])ubli(a una quod, quum domus ejus fuissel, 
ubi nunc .Jides atque Oflicina .Innonis Monet.-p est, lalum ad populum est, ne quis 
palricius in Arce aut Capilolio liabitaret. Tit.-Liv. VI, 20 an. 37i . 

III. l'ropler illuni Manliuni enim lege sanciri placuit ne quis palricius in Arce aul 
(^ipilolio liabitaret, quia domum eo loci habuerai, ubi nunc itdem Monetib videmus. 
V. .M.4X. VI, 3, 1. 

iV. Vocem ab .Ede Junonis ex Arce cxstitisse. Ctc. de Diiinal. l, 13. 



RÉGION Vin. — FORUM ROMAIN. 29 

V. Manlius... rognum appelisse est judiralus : crgo ejus donium cvcrsam duobus 
luris oonveslilam viilelis. (lie. pro Domn, 38. 

VI. Arre (luonuc iti suninia Junoiii U-nipla Moiielie 

Ex volo momoranl facta, Camille, luo. 
Aille doiiius Maiili fueraiil, elc. Ov. Fasl. VI, 183-185. 

VII. ()1'jÏP'j>;j./.1'jL T/-.V oUl'xv y.jzciZi ■xy.TX'/M'pcivTSi, Upb.1 iopiiaoi.yTO Wcà;, /iv Mov/j- 
TKv /a/'/^7f. Put. Catnill. 36 i. 

VIII. ïalius in Aire [habilavitl ubi nunc est ffdes Juiionis Moiieta». Solin. 2. 

IX. .Memoria lenelis Cotla el Torqualo ronsulibus, complares in Capitolio turres de 
(■«l'Io poiTussas, quuni el simulana deorum immoitalium depulsa sunt, el slaluae ve- 
leiuni lioniiiium dcjoclae, et Icgum ara liiiuofacta. Tarlus est eliam ille, qui hanr, ur- 
beni eoiididit , lîoniulus: quem inauratum in Ca[iitolio parvum alque larlentenri, ube- 
libiis lupinis iiiliianlein fuisse. Cic. Catil. 111, 8. — Le consulal de Colla el de Toi- 
(|ualus esl de l'an G89. 

\. El Capitolinis injecil sedibus ignés. 



Hic silvestris erat, romani nominis allrix , 
Mailla, quœ parvos Mavortis scmine nalos 
l'beribus gravidis vitali rore rigabal : 
Qmv tuin cum pueris flammato fulminis iclu 
Concidit, alque avulsa pedum vesligia liquit. 
Cic. Fragm. de sito Consulalu, 11, v. 38, 42-46; ou de Divinat. I, 12. 

XI. E'v '/àp Tw Ky.7:t7c-J/£W y.-j^pi'yyzîi tî t: o/).ot 'j~b zs^cajvwv c\j-^zy'jtniidf,':cfj, /.'A 

y.cd 5Jv Tw Pwv.ù^w îtT^Uji/s'vïj ettstî. tk t£ ■/y}ijuy.-:oi tojv 5T-/i).wv, li âj ot yô^ot ioïyyiK- 
'j(SVT5, ijjJiyyBo y.cù à.y.-ji^pv. b/i-n-ci. Dion. XXXVll, 9 2. 

XII. Bieniiio anle "an. 09r in Capilolio Lupam Uemi et Itomuli fulmine ictam, sig- 
num(|ue Jovis cum columna disjeclum. OBsr.a- de Prodifj. 122. 

XIII. Iconographie. — La citation de Tite-Live au §, 1, en nous apprenant que \c 
temple de Junon-Monela était grand, nous le fait reconnaître dans l'édifice carré situé 
à droite de celui qui touche aux Cent marches. Voy. plus haut n" 59, § 11. 

XIV. La Statue dorée de ta Louve existe encore à Home ; on la voit dans le Palais 
des Conservateurs. C'est un ouvrage étrusque d'une haute antiquité. Elle est en airain. 

03. ài:tf.ls dk Jl-piter-Pistei-r et de Jupiter-Soter. Érigés dans la Forle- 
l'osse pour vemcvoier Jupiter de l'avoir sauvée des Gaulois. 
I. Nomine, quam pretio celebralior, arce Tonantis 

Dicani Pistoris quid velit .\ra Jovis. 

Ov. Fast. VI, V. 349, 350. 
— Ovide faisant donner aux Romains, par Jupiter, le conseil de jeter du pain dans le 
camp (les Gaulois, pour qu'ils ne soupçonnassent pas que le Capilole commençait à 
nianquer de vivres, met ces paroles dans la bouche du roi des dieux : 
« Surgite, el medios de summis Arcibus hosles 
Wiltite, quam minime Iradere vultis, opem. » 



Hosle repulso 

Candida Pistori ponitur Ara Jovi. 

Ibid. V. 387, 388, 593, 594. 

II. Eodem lempore Jovi quoque Pistori .\ra apposita est, quod eos in quiète mo- 
niiisset ut ex omni frumento quod haberenl panem facerent, et in hostium castra jac- 
tarent. Lactam. Insiit. divin. 1, 20. 

III. In tantam autcm cibi penuriam redacli erant in obsidione [Capitolii], ut coriis 
niadcfaclis et poslea friclis vescerentur, cujus rei argumentum est quod hodieque Ara 



' Populiis romanusdomum ejus [.Manlii] démoli tus, in areasedemde.ie, quam Monetam vocanr, 
af'.lificavit.=:''' In Capitolio enim multx statu;« de cnelo taclae liquefact;pque tluxerant [an. 690J : 
dojeetaquL' erant cum alia simulacra, Inni Jovis roininn.T insisiens : piaterca imn;;o Lup.i' i-iiiii 
lîi'iiio ;ic lîoinulo c'ousecrata cecideral. I.illiia: i.li.im in cfiluinnis, iiuilmt, li'[;e.< iii>cril)clj.iiiliir, 
• ■unfusa; aiqiu' ol)literal;u erant. 



30 DESCRIPTION DE ROME. 

in Capitolio est Jovis Solcris, in qiia libéral! obsidione, coria et sola vetera concrema- 
verunt. Serv. ïn Mneid. Mil, v. 652. 

G4. Porte Panuana et Roche Tarpéiennk. La Roche Tnrpéienne formait l'ex- 
Irémilé méridionale du mont Capilolin, vers le Tibre. La Porte Patubina, porte 
dérisoire, était ouverte au-dessus de la Roche Tarpéienne même , et par 
conséquent ne conduisait nulle part. 

I. l'onllus Comitiius,... secundo Tiberi ad Urbem deferlur; inde qua proximum fuit 
a ripa, i)fr prxrupluni eoque neglectum hoslium cuslodiai saxum, in Capilolium CNadit. 
TiT.-Liv. Y, 40. 

II. Noir angoloorcidcnlale délia piaz/.a délia Consolazione [Xolli, n" 966; Lelarouilly, 
rion. X, 50], la rupe Tarpoja (^ ancora visibile. Xibby, Foro Romano, c. I, p. lOi. 

ajr/;v OfJjlOi h T0& K5t7TtTw).i5W \69Oi «VSSTVÎZS, XSti TTcT/îa XÛZ).Î;» TTO/).-^ KvX If^'J-'/d'/. T.îf>l- 

T.iy'jy.e. Pllt. Camill. 20'. 

iv. At((uc iil ila muiiila Arx cirrumjertu arduo et quasi cirrumciso saxo niterelur, 
ul eliam in iila tenii)estale horiblli gallici advcntus incolumis alque intacla permanse- 
ril. Cic. , rfe liepub. Il, 6 

V. Muniiissimam Capitolii Arcem, et ne magnis quidem exercilibus expugnabilem. 
Tac. llist. III, 78. 

VI. Aiiliquuni oppidum in hoc fuisse Saturnia scribitur. Ejus vesligia eliam nunc 
manenl Iria : quod Salurni faiium in faucibus; quod Saturnia porta, quam Junius 
scribil ibi, quam nunc vocanl Pandanam ; quod post œdem Salurni, in aedificiorum 
legibus privalis parieles poftici mûri sunt scripli. Varb. L. L. V, § 42. 

VII. Monlem (^apilolinum Saturnium nominaruni, caslelli quoque, quod excilarant, 
portam .ippellarunl Salurniam, quiE poslea Pandana vocilata est. Solis. 2. 

VIII. Pw//ai5(, hî/Tûv T/-,v —6'/.Ly Xaêivraiv, zj-^Ory.x; ~pbi a.j-:o<j; t/pxpx-j'zo, fopoj; 
TÙsï-J, ~ii).r,-j ■}}-jzuyy.-yr,v —ctf^àytl:/ oix — avTo;, Jtat y^v iy/y.aiti'j-j. Ts.ù-ol akv sîTt TOXjTCili 
kaTpu.TO-éii-j'j-j- Poiy.câ'yi oi ôi; '^Ooti Iîvjk 7ro/).« £-£/«iav, /.où îîv5v 77ia:ro/'jv oi jîâp- 
€9.f,ov ^•jasi o'z t'o KSATi/.bj •j~i(:ofJO-j' tts/.Jv àpjSK/jtïvot -iv oho-j, jTzb p.iOr,i t/îiy-O' 
V<j>y.xl-ii ok £7Tî/^ivT-î;, â-av-raj /.arEz^'^av i'va oz y.xrx zceç G-j-^Or,KXi x-u-j-y. T.rn7,-7.i. 
ooK-'Aî-j, èrd rAxpxi à-po'j^y.-zoït ~iiy-r,v },-JîOiijiSv/i-j zxTîJXîvaïav. P0LÏ.EK. Slralcuj. 
VIII, 252. 

IX. n).sùîK5 oï âià. Toû Ti^épsui Tzozayoû, TipOGéayj t-^j Pcâyr, xx-y. Tyyzo rb yraph-j 
é'vOx TÔ Ka-trcJ/tiv sîtiv, oj'j' cao-j ctks'wv v.iziyo-j roî/ ~otcil'j.oû' yjJîcv oî //.îTatTïîvt/.xî/TK 
vûzTîj, xjtt TTo),/vj za9' c/.r,-J tvjv Tri/tv ïjîy^^îa' r,-^ si/vôcyr.» ),aÇ(>iv, è^sSiox^t Toiii Kvdysaj 

ZaTK (îiTî!>(?^V, AXl Oly. TWV !Xz).£t5TWV T:ùi).WV ttîl Y^P TIVîJ ïipy'l — •j/.aj TOÛ RaTTJTOJ/tîJI 

zarâ ~l Oé-ifC/Lroy àvît^al'vaf Ka/î//5vrivKj OLj-zà^ »«>,^û:(v àvactëàTaj t»;v o'j-J7.;j.VJ,-ziyi 10 
QfJdiiciO'.i.'Éy.ii'ivj èr.'fzir,-} y.Apxj Oizà.jxiyoi' ï^zi 0: tw Ky.-trcuÀtw ~pozîyr,i- xàxîhr,; 
i/v/ô-/ti Kvpioi. D. Halic. X, 14 3. 

— Je crois que Denys d'IIalicarnasse veut parler ici de la Porte Pandana qu'il 
confond avec la Porte Carmentale. Le Uécit de Polya?n esl plus vraisemblable que 
celui de Denjs. 

X. Iconographie. Sénèque décrit ainsi la Roche Tarpéienne : Erat prceruptus locus 
et immcnsaî alliludinis... Slal moles abscissa in profundum, frequentibus cxasperala 
saxis, quœ aul elidanl corpus, aul de inlegro gravius impellanl : inhorrenl scopulis 



* Pervenit ad Portam Carmentalem [Ponlius Cominius], ubi silentium cral majus, qua collis 
Capitolinus maxime abscissus est, frequtnli<|ue alque aspero undique assurgit saxo- = * Galli 
Urbem ceper.int : Romani fœdus tum eis fccerunt his conditionibus, ut tiibuta eis penderent, 
portamque apertam omni teuipore priebereut, et lerram ad culturam couccdereut. Ilis Factis, 
Galli caslramelabanlur : Uomani tanquam amici, multa hospilalia munera miserunt, vinique 
magnam copiam. ISarbari (nalura aulc-m Cellica gens ad vinum proclivis est) hausto vino, prœ 
nimia ebrietate prosirali jacebant. Uomani impetu facto, eos omnes occideruut. Ut outom ex 
fœderuni conditionibus omnia viJerentur agerf, iu saxo inaccesso portam apertam ajdificarunt. 
= •5 Confecto cursu per tlumcn TIberim, appulit ad eam Romae partem ubi esl Capilolium, 
quod ne integrum quidem stadium a tluniiue abest. Tune autem crat média uox, et alta tota 
urbequics, cujus auxilio fesliuanter exscensionem fecit, et per portam apeitam (est enim quae- 
dam sacra Capitolii porta ex oraculo quodam patens, quam Carmentalem vocant) cum suis 
copiis ingressus Capitolium occupavit, inde ad Arcem Capitolio contiguam progressas, cam 
quoque in suam poleslatem redegit. 



RÉGION YIIl. — FORUM ROMAIN. 31 

enascentibus latcra et immensae allitudinis trislis aspectus, cleclus polissimum locu«, 
ne damnali soepius dojicianlur. Senix. Conlrov. I, 5. 

Go. — 60. Temples de la Fortune primigéxie et de la Fortune obsequens. 
Fondés par le roi Servius, sur le mont Capitolin, dans la Forteresse. 

F. l^pii^ccro o" ovv Tvy-o; i-pb-J iv KaTTtTW/t'w, tô tyj; Tipty-iys-j-iccî 'Kzyou.i.ir,^, S —p^uTO- 
•/'j-ioXt-) Tig Kv i,c/jf/jv£Ù3££î- k'jX-:o tô; o'psuo'jsvT-m. Plut. De fort. Rom. p. 279'. 

— Nous avons mis ces temples dans la Forteresse, qui était l'endroit le plus sacré 
(lu mont Capitolin. 

II. Fortunaque sil vel flujusce diei, nam valet in omnes dies ; vel Respirienê, ad 
opem ferendam ; vel Fors, in quo incerti casus significantur magis ; vel Primigenia, 
a gignendo. Cic. de Legib. Il, 11. 

G7. Logement des soldats. — Puits. Il y avait nécessairement des logemenls 
pour les soldats, et un ou plusieurs puits pour approvisionner d'eau la Forte- 
resse. En efl'et, en parlant de l'exlréniité où cette Forteresse fut réduite par les 
Gaulois, les historiens nomment tous la famine, mais aucun ne parle du 
manque d'eau. 

I. Mi ricordo ancora che in dello Tarpejo dalla banda délia chiesa délia Consola- 
zione,... vi trovarono nella costa del monte molli frammenli, di marmi, quadri, ch' 
erano dirupali da quell' altezza. Vi si scoprirono anche molli pozzi fatti dagl' an- 

liclii nel tufo, lanto cupi, che reslano al piano di Roma Di quesli pozzi vi sono due 

opinion! , la prima, di averli falti fare li Homani nel tempo degli assedj ; e Taltra, di 
l'ssere stati falti per l'esalazione de' terremoli. Flam. Vacca, Mvtnorie, n° 65. 

II. Iconographie. Pour les Logemenls, nous nous sommes inspiré du quartier de» 
soldats, à Pompeï. 

C8. Temple de Jupiter-Férétrien. Bâti par Ronmlus l'an 4 de la fondation 
do Rome, dans la Forteresse. Il était petit, et avait la forme d'un carré un 
peu allongé, long d'un peu moins de quinze pieds [4 mèlr. 44i]. Le roi Ser- 
vius l'agrandit en le Ilanquant de deux galeries en portiques, et l'empereur 
Auguste le réédifia presque entièrement. Ce fut le premier temple construit à 
Rome. 

I. Les textes indiquent vaguement ce temple in Cnpilolio, c'est-à-dire sur le mont 
Capitolin. Tite-Live racontant le relour do Romulus à Rome, après qu'il eut tué le roi 
des Céninates, dit : — Spolia duris lioslium caesi suspensa fabricalo ad id anle ferculo 
gcrens, in Capitolium ascendit : ibique ea quum ad quercum pasloribus sacram depo- 
suissel, siniul cum dono dcsignavit lemplo Jovis fines, cognomenque addidit deo : 
« Jupiter Ferelri, inquil, hœc tibi victor Romulus rex régis arma fero, lemplumque lis 
regionibus, quas modo animo melatus sum, dediro, sedem opimis spoliis, quœ, regi- 
bus ducibusque hoslium cœsis, me auclorem sequenles posleri ferent. » Ila-c templi 
est origo, quod primum omnium Romœ sacralum est. Tii.-Liv. I, 10. 

II. Ex quo accidit, quum aedes Jovis Feretrii, in Capitolio ab Romulo conslitula, ve- 
luslale atque incuria délecta prolaberetur, ut Altici admonilu, Cœsar eam reficiendam 
curavil. C. Nep. Attic. 20. 

m. Hoc ego quum Augustum Caesarem, templorum omnium condilorem aut resti- 
lulorem, ingrcssum œdem Ferelrii Jovis, quam velustale dilapsam refecil, seipsum in 
liiorace linteo scriptum legisse audissem, etc. Tit.-Liv. IV, 20. 

IV. Nî'jjv xaraîz-LiKîa, b Pcij/JiiiKOi èm T/j; y.o pjfr^i tîû Ka7:£7wÀt5:> \ôfo\j Atàî ôv î-(- 
zzXsûî! Vcttij-vloi 'i>ipîTpto-j, O'j /;ts'yav £T£ -fy.p aJTOÛ acoÇîTat àpy%io-J ïyyoi, èly.TTO-^Ui ri 
— £VT£ TTSo'wv xcà or/.x ràj /j.îi!^o'jç rù.upv.i i'/wr iv to'Jtw M.xBupSt'S'J.L rà szûxa t5v \\'j.i- 
viTwv ^ccjùiui, Q-J a'jToystpix y.ocz£tp-/6'.sxzo, âiiyvoi. D. Halic. II, 34 2, 

V. Ceeninensium caplum ac dirutum est oppidum. Spolia insuper opima de rege, Fe- 
retrio Jovi manibus suis rex [Romulusj reporlavit. Flor. I, 1. 

* Is [Serv. Tullius] Fortunœ templa posuit, Primigenias in Capitolio et Obsequentis. :^ ^ Ro- 
mulus, quum in vcrtice collisCapitoiini lemplum non magnum Jovi aedificasset, quem Romani 
Ferelrium vocant (adhuc enim exstat ejus vestigium vêtus, iiabens l.itera majora vix quindecim 
pedum longiiudinis) in lioc spolia régis Cfciiinensium, quem propiia manu confccerat, conse- 
crare slatuit. 



52 



DESCRIPTION DE HOME. 



VI. Efçrppip ipI)UR hoUo (jeslis, a-dcs Josis rcrclrii .implifirata [jIj Anro Mairio . 
TiT.-l.iv. I, 55 (an 120;. 

— DcriYS (rilalicaniassp, qui ("'fiivail à ISomc du temps dWiiguslc, disant que li' 
Icmplo de Jupiter l'érétrien était si petit, il est évident que l'agrandissement de rel 
édilire par Aiieus iMarcius doit s'entendre de constructions faites auprès el autour de 
l'édifice. 

Vil. ,€dES I.N CAl'lTOLIO JOVIS FERETRI ET JOVIS TONANTIS FECI. LAP. ANCYU. 

col. i. 6. 

VIII. Bien qu';iucun texte ne dise posilivemenl (pie le temple de Jupiter Férélrim 
était dans la Forteresse, nous l'y avons néanmoins placé, 1» parce (|ue l>ei!i|S d'Ilaii- 
carnasse dit que Homulus bâtit ce temple sur le smiiitiet du mont Capitol in, i~i t>,,' 
xnr,uyrti zoli Kv.-iz'jù.ioii, et que ces mois ne pt'uvttil s'appliquer (ju'au soninii'l où 
s'élevait la Forteresse : en elTcl l'autre sommet élail si escar|ié, que ianpiin fut obli(;f 
di' l'enlourer d'un mur de terrasse el d'y pratiquer un terre-plein pour pouvoir y bAlir 
le leniple (le Jupiter iVoy. ci-dessous n** 79, §1 cl IV | ; il" parce que (juaiid Tarquin 
voulut commencer ce dernier temple on rapporte bien que quelques endroits de la 
montagne étaient consacrés à Mars, A la Jeunesse, el à Terme, mais on ne parle pas de 
Jupiter Férétricn ; 5" enfin parce que Tertullien iio\is apprend que lton;i'!us institua 
sur le mont Tarpèien des jeux en l'honneur de Jupiter Féie- 
Irien : Homulus Jovi Feretrio ludos insliiuit in Tarpeïo, quos 
Tarpeios dictosel Capilolinos Piso tradit. 'de Speclac. :>.) 
I.\. Iconographie. Le temple de Jupiter Férétricn est re- 
présenté ici sur le revers d'un denier d'argent de la famille 
Claudia. Nous voyons que ce temple avait quatre colonnes 
sur sa façade. Le personnage est Marcellus, celui qui fut cinq 
fois consul et conquit la Sicile. Il porte au temple les dé- 
pouilles de Viridomarus, roi des Insubriens, qu'il tua lui- 
même. Thesaur. Morell. famil. Claudia , lab. 1, n" 1; 
famil. Cornclia, lab. 3, n"^ 3, i. 




09. Temple de Jupiter Pr^edator. Dans la Forteresse, près du temjile de 
.lu piler Férétrien [n" G8]. 

I. Uomani moris fuit ut, bella gesturi, de parle pra-dîE aliquid numinibus pollice- 
renlur, adeo ut Hom:v fuerit uiium templum Jovis pnedatoris, non (piod pra-da' prœ- 
esl, sed quod ei aliquid ex pra-da debeatur. Seuv. in jFneid. III, v. ■2-2-2. 

II. Nous avons mis ce temple dans la Forteresse, à défaut d'indication plus précise, 
pensant que le Jupiter du butin devait être prés du Jupiter Férétrien. 



70. Intermont, et escalier a cordons de l'area du Capitole. Le Capitole 
avait deux soniniets, l'un au S., occupé par la Forteresse, Tautre au X., par 
le temple de Jupiter. La vallée qui les séparait s'appelait Vlnlcnnont. 11 n'y 
avait d'accès à la Forteresse ainsi qu'au Temple que par cette vallée, et c'était 
au moyen d'escaliers en aalite a curdonata. 

I. (Juum commotus ira se ab vestibulo icmpli [Jovis Capitolini] citato gradu prori- 
perct, lapsus per gradus, capile graviter offenso, impactus imo ita est saxo, ut sopi- 
retur.TiT.-Liv. VIII, 6. 

II. Suum quoque fastigium Agrippina extollere allius : caipcnto (lapiloliorn ingreili, 
qui nios, sacerdolibus et sacris antiquitus concessus, vcnerationem augebal femina'. 
1 AC. Ann. XII, -42. — Voy. aussi ci-dessous n» 7(>, § VI, VII. 

III. A droite de l'escalier qui monte à la Forteresse, nous avons ajusté le 



fragment ci-contre du plan de marbre où on lit un reste de devise indiquant 



• ^^^ qu'il reproduit un coin de Vlntennoul. Ce fragment esl aussi gravé dans Bel- 
LoRi, Icuuoijr. veleris Rom(r, lab. \IV. 
IV. Iconographie. Nous avonsfiguré en salitcsacordonala lesdc uxesçalicrsdel'lnter- 
monl au Temple et à la Forteresse, parce qu'ils ser\ak^nt d'une part au passage des viciinies 
petites ou grandes, des chars de certains prêtres et de certaines prêtresses ; de l'aulre, 
à la circulation des mulets pour le service de l'oflieine des monnaies dans le temple de 
Junon. l'ue disposition en degrés simples était donc impossible. K'ailleurs nous nous 
sommes inspiré des Cent marches, qui étaient ainsi taillées. Voy. plus haut n'^ o9, g II. 



RÉGION VIII. —FORUM ROMAIN. 



35 



71. Temple de Mars Bisiltor. A droite de l'escalier à oordons qui monte à 
la Forteresse, dans le renfoncement entre cette partie du Capitole et le Bois de 
l'Asjie [n" 72]. Ce temple était de forme circulaire. Il avait été construit par 
Auguste, vers l'an 732 ou 733, pour y conserver les enseignes romaines jadis 
perdues par Crassus, et renvoyées par Pliraates, roi des Parlhes. 

I. O *^aàT/iç, fd^j-fflûi fJY] xal srriîT/caTîJj/j ot, on /j./ioît:o> twv c-j'/xsiy.ij'jiv èttîtioc/j- 
/.;{ T£, T« TE 'jc/j-zIu XJTôi xcù zoiii alyjJi'jù'jiZO'Ji, 7t)./;v à'kiy'jij, oî V7t' cihyij-jYii cjizj éjiOci- 
pu.J, Ti /.où y.oLTv. /&J;i«v /aÇovTcj ï/J.siva.v, «Tr£7Tê//'/'î* xal aJToiiî lAÛ^Oi, wj zaj 7TOA£//.oj 

tl'À zbv nûf^Oov v£v£/.r,xwj siaSs «//£/•£ zal Ouct'a; in' ujt'A^, /.al •jsitj Apio?, 

Ti/jLO}pou cv Tû KaTTlT&j/tw, xaTK TÔ TOÛ Aiàj roïi 'l'spz'pioj Ç/j/&;//a, TZpbî t/jv tôiv ari/j-siuv 
«vàOîfffv, zat '\lir,'fi(s07,-jcin àxélsozs, y.çiï snoinas. Dio.N. LIV, 8 •, édit. Slurz. 

II. Ovide rapporte le vœu fait par le jeune César Octave de bâtir à Mars le temple 
qui fui depuis érigé dans le Forum d'Auguste : 

« Templa feres, et, me viclore, vocaberis Ultor. » 

Voverat : et fuse laetus ab liosle redit. 
Née salis est nieruisse seniel cognomina Marti : 

Peisequitur Partlia signa relenta manu... 
Rite Dec templumque datum, nomenque bis ulto. 

Ov. Fasl. V, V. 577-580 et 595. 

III. Dion nous apprend seulement que ce temple était sur le Capitole; c'est donc 
par conjecture que nous avons choisi son emplacement. Ayant été construit pour ri- 
valiser avec le temple de Jupiter-l'érétrien, nous l'avons placé du côté de ce dernier. 

IV. Iconographie.— On trouve l'image du temple de Mars 
vengeur sur le revers d'un aureus d'Auguste. On voit dans les 
enlre-colonncments les enseignes rappelant la destination de 
cet édifice. La devise MAH VLT a induit en erreur quelques 
antiquaires qui ont cru que ce temple était celui du Forum 
d'Auguste; ils ont oublié que le temple de Mars-Uisultor, 
construit pour recevoir les enseignes romaines rendues par 
IMiraates, est appelé simplement de Mars Ullor par Dion Cas- 
sius. Pour le dessin , voy. Morell. Numismal. XII, Imp. rom., 
t. I, Xum. Aug. lab. XI, n» 20; lab. XYII , n» 21. 

72. Bois de l'Asyle. Au milieu de l'Intermont, dans la partie occidentale 
de la montagne, c.-à-d. vers le Champ-de-Mars, était le fameux Asyle ouvert 
par Romulus. Il se composait d'un Bois, presque divisé en deux par un temple 
de Véjovis, et fermé d'une clôture en buissons épais. 

I. Asylum. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Locum, qui nunc septus densis sentibus inler lucos est, Asylum aperil [Romulus]. 
TiT.-Liv. 1,8. — Nous lisons densis sentibus, avec l'édition Elzévirienne, au lieu de 
descendentibus que portent les autres éditions. 

III. Ta yy.p //îTaj'ù y'jipiov 700 zi KarrtTcoXiot/ /.xi z7ti v./pxç, /.x>.iizu.i vîjv zarà t^v 
Pùiy.xiuy oi.xKz/.-0-j iJ.iGopLOv Sjovj àp'jp.d-^, xaZ r/V tots zoxj cj/j.?sSr,/QZOi inù-juixo-J, ulxi^ 
à.fj.fùapi'71 K.o(.z' c/.ij.^oTS,pxi ri:; o-jyxTnoùax; zo'ii lofoiç Ixyivxi èniaKiov, ï-.po-j cxvet,- 
v.iSkov iKzzxiç, Kxl vzôv iTTi zoù~oi xKT«îXîi;Kîâ//.cvo j' ozo> ok cipx Qiv'J (?at,u.iv«ov, ojX 
syoi TO capjj dixii-j- zo'ii /.xzx'fîliyojzvj dïzoïiro zb ispbv i/.ézxiç, zoli zs p.rioïv xxy.bv im 
èyOpûv.-nxOîïv éy^u/i-.rii èyhszo, zôi £?; TÔ Qîlov e'j^iÇîixi npo'fàtJSL. D. H.\Lic. II, 15*. 




* Pliraates, quia nilii! dum eorum, qu.T pnctus fucrat, pcrfecisset, veiiîus ne Lello ab Au- 
pusto impcterelur, siyna ei militaria, cl captives onincs, paucis dcmptis, qui se ipsos pudore 
nioti inteieinerant, aut in Parthia occulte remanscrant, remisit, eosque Au{;ustus, quasi bello 
ali(iuo Partliuin \icisset, acccpit... Saciificia ejiis rti causa, et templum Marlis Ultoris in Capi- 
tulio, ad imitationcm Jovis Feretrii, ubi siyna ea militaria suspouclcreiilur, dccerni jussil, ac 
deinde pcifecit [m. 734]. = - Locum inter Capilolium et Arcem médium (qui liodie romana 
liiH;ua Iiitor duos lucos dicitur, et qui tune a rc ipsa id nomen liabebat, ab niroque scilicet la- 
tore quo cos colles altinyit condensis opaciis arboribus) consecravit [Romulus], et Asylum sup- 
plicibtis aperuit : et ilii exstructo tecuplo (seil cui deorum aut yenioiuni, niliil ceiti babeo quod 
afferam) confujjieniibiis iu lioc teuiplum stipplicibus, par siiccieui pictalis in Ucuin, spopoudit 
foie ul nullam ab iniiuicis injuriaiii palerentur. 



34 DESCRIPTION DE ROME. 

IV. Msrà àï t/jv xtisiv à-^Ojiomoui suy/j/i/ôa; 6 Pw//.ù>.9s yjO/iotÇîv, ù.noSiliu.i «'w>ôv t' 
T^//£V04 fj.src/.^\j tJ)î iizyia,- xai tsû Wutut'ji'ùo'j. Stuab. V, p. 230 '. 

V. Ouaiiquam jain Asylo facto iiUer duos lufos, auxil [L'ibem Uomulusl. I'aterc. I, 8. 

VI. liiia;;inem urbis niaf;is (|iiatn iirbcm f<.'CC'ial : incolœ dccraiil. Eral in proximo 
lucus; hune Asj'Iuin faril illoniiilus;. I'lor. I, 1. 

Vil. Tum (|uo(|ue viciiii lucus relcbrniur Asyli , 

(Jua pelil ecquoreas advcna Tibris aquas. 

Ov. Fast. II, V. 67, 68. 
Una nota csl Marti : nonis sacrata quod illis 

ïempla putanl luros Vcjovis ante duos. 
Romulus ul saxo lucuin ciicumdcdit alto : 

Cuilibct, liur, iiuiuil, roiifuse ; lulus eris. Ibid. III, v. 429-432. 
— La clôture en pierru dont parler Ovide élait de l'époque de Romulus; la fermeture 
en buissons ëpais mentionnée par Tile-Live [§ 11] était celle de son temps, c'est-à-dire 
du temps d'Auguste. 

VIII. n)./iv TÔJv ira TOÛ V'caij.iù.ov •/îvo/z^vov, è^iâc/ix-aw -A'Atoi km i/.v.-jo io yfOif,lov 
èvoy.xTi lir^-i ù.Qj}X%-i, jj-i-y. zr,-j Twv àvôyifiiv v.Bpai'jtv, àiviu roïi ëpyoïi (Xjzrii, ïriyvi. oùro» 
yà:p ■nipivjipà.xO'o, t/'jiTs /j.r,oivcc éVt ■zoTia.pÙTtv.v ècùOsiv i, KJrb ôj-jrfl7i,i'j.i.. Dion. 
XLVII, 19 2. 

IX. Iconographie. — Le querce del Campidoglio appartenevano verosimilmcnlc aile 
spezie délia quercus cerris e délia quercus robur, communi sulle colline incolte ne' 
contorni di Uoma. IJnoccHi, // suolo di Roma, p. 27. 

73. Temple DE Véjovis. — Area. — Arc de Scipion. — Fontaines. — Staties. 
— Colonnes rostrales. Le Temple de Vcjovis séparait en deux le Bois de l'A- 
syle. Il était d'ordi-e toscan. On ignore quand et par qui il fut construit. — 
Devant était une place ou Arca, sur laquelle on voyait, vis-à-vis du temple, 
un Arc de Triomphe bâti par Scipion l'Africain, Tan 362. — Scipion décora aussi 
cette place de statues dorées et de deux bassins ou fontaines en marbre. — Il 
y avait encore d'autres statues qui furent placées du temps de la république et 
de l'empire ; une Colonne rostrale, érigée par Jîniilius, consul, l'an 498, et 
une autre Colonne surmontée de la statue de Jupiter. 

I. .iEdes Vejovis inter Arccm et Capilolium, prope Asjium. P. ViCT. de Reg. urb. 
Romœ, VIIL 

II. Templa putant Lucos Vejovis ante duos. 



Jupiter est juvenis, juvéniles adspice vultus 
Adspice deinde manum ; fulmina nulla tenet. 

Ov. Fast. III, v. 430, 437, 458. 
m. Est etiam œdes Vejovis Romœ inter Arcem etCapitolium. A. Gell. V, 12. 

IV. Nonne simulacrum Vejovis in Arce e cupresso durât a condita Urbe DCLXI anno 
dicatum? Plin. XVI, 40. 

V. Arc et Fontaines. P. Cornélius Scipio .Vfricanus, priusquam proficisceretur [ad 
bellum adversus Antioclium gerendum] Fornicem in Capltolio adversus viani qua in Ca- 
pitolium adscendilur, cum Signisseptem auralis, duobus Equis, et marmorea duo Labra 
ante Fornicem posuit. ïit.-Liv. XXXVII, 3 [an. .')62]. — Adversus signifiant devant et 
vis-à-vis, nous avons compris que l'Arc n'était pas sur la voie, mais à coté. Qua in 
Capilolium adscendilur désigne la voie qui, traversant l'Intermont devant le temple 
de Véjovis, conduisait à l'escalier de l'Area du temple de Jupiter. Le membre de phrase 
que nous venons de citer ne peut s'entendre ni du Clivus capitolin, ni du Clivus de l'A- 
syle, parce qu'alors Tite-Live aurait certainement nommé l'un ou l'autre, attendu que 
l'Arc n'aurait pu être que devant l'un des deux. 

VI. Statues diverses. Romœ Praxitelis opéra sunt,... Boni Eventus et Bonœ For- 
tunœ simulacra in Capitolio. Plin. XXXVI, 5. 

1 La ville bâtie, Romulus, pour y attirer de toutes parts des habitants, y ouvrit aux malfai- 
teurs un Asyle, dans un boca^;e situé entre la Citadelle et le Capitule. P. i8f) de la Irad. = 
- Quanquam id Uomuli Asyiuni, etiani postquam is nuiliiiudiuem virorum ejus nomine colle- 
git, deinde tituluni tautum loci sancti iuviolatique liabuil, non rem : ita quippe osbeptum ut 
nemo omnino in id amplius possct intrare. 



RÉGION VIII.— FORUM ROMAIN. 35 

VIF. Cur et faspinalionibus adoralione peculiari oceurrimusalii, graîcam Nemesin in- 
vocantes, cujus ob id Uomœ simulacrum in Capilolio est, quamvis latinum nomen non 
sil? Plin. XX.V111, 2. 

VIII. Quid, quum in Capilolio ictus Cenlaurus e cœlo est? Cic. de Dwinal. I, -43. 

IX. .■Emilius Lepidus puer cliam lum progressus in aciem, liosicni inlcieniit, civem 
scrvavil. Cujus (a m memorabilisoporis index est in Capilolio Statua buliala, et incincla 
prœlexla S.C. posila. V. Max. 111, 1. 1. 

X. Rulrum lenciilis juvenis est cfligies in Capilolio epliebi, more Grœcorum liarenani 
ruenlis, exercitalionis gratia. Quod signum Ponipeius Bilhjnicus ex Bilhynia supellec- 
tilis régla? Romam dcportavit. Fest. v. Butrum. 

XI. Al mehercule ego quum in turma inauratorum equeslrium , quas hic [Mctellus] 
in Capilolio posuit, ariimadvertissem in Serapionis suliscriplione Africani imaginem, er- 
ratum fabrile putavi ; nunc video Melelli. Cic. ad Allie. VI, 1. 

XII. Colonne de Jupiter. Voy. plus haut n" 62, g XI. 

XIII. Colonne roslrale d'Mmiiius. Elle est indiquée seulement in Capilolio. — 
Noclurna tempestale Columna rostrala in Capilolio bello Punico [priore posila a M. 
iEmilio] consule, cui collega Ser. Fulvius fuit [an. 498], Iota ad imum fulmine discussa 
est [an. 580]. Tit.-Liv. XLII, 20. 

XIV. Iconographie. — Wlruve s'exprime ainsi dans le chapitre où il traite des tem- 
ples toscans : — Item generibus aliis constiluuiilur a-des ex iisdcm symmetriis ordinata;, 
et alio génère disposiliones habenles, uti est in Casloris in Circo Flaminio, et inler duos 
lucos Vejovis. Vitruv. IV, 7, 

74. Portique de Scipion Nasica. En face du Bois de l'Asyle et du temple de 
Véjovis. Il occupait tout le côté oriental de l'Intermont, entre le Clivus de 
l'Asyle et le Clivus capitolin. Il fut bâti par Scipion Nasica, censeur, dix ans 
avant la ruine de Cartliage, c'est-à-dire vers l'an o96, 

I. Remoto Carthaginis melu, ... velus disciplina déserta.... Tum Scipio Nasica in Ca- 
pilolio Porticus; lum quas praediximus, Wetellus; tum in Circo Cn. Oclavius multo 
amœnissimam, molili sunl. Patercul. Il, 1. 

H. Tum P. Scipio Nasica, ejus, qui oplimus vir a senatu dijudicatus erat, nepos ; 
ejus qui censor Porticus in Capilolio, filius, etc. Ibid. 3. — Scipion avait été censeur 
avec Popilius Lenas, l'an 596, dix ans avant la troisième guerre punique, alors que 
Cartilage, bien que debout encore, n'était déjà plus pour Rome un objet de crainte. 

III. Oc7S 6pc.(iiiTV.-:oi tûv â-/];i6ro3-J «jts'ï; G-j-Jslc/.fj.?x:iov, èyyjtpiàix jis'ysovTîî èj to 
Kv.TTiTùùyio-J, ou Tî£/;l T/)? C'.ûotzîa, èxzXï;i7Jc<c7îw e/Aî//ov ïj'oV) (?k roô o-^y.ou avvslsiy/j.s-^ou, 
/.où ^oiAëiou Tt mpi toùtwv àpy^o ijà-wj léyzi-j, b rpàxyoç dviêxivsv «t, to Ka7r£Tw).(îv, 
iiTsb Tôiv 5Liv9î^(/£vwv âopvfopoù;j.v.>rjî' è'.'oxïoù/j.îvoî âk i/izo toû Guvsiâôzoi Wj è~ï «llo- 
y.ôxoii fioiAthiJ.oLGi, Tvjv jj-vj <s'jvtSo^ tvî, i/.y'k(Yj[ixi v.-é/livsv, di âï tv/v arsàv T:xps\Oùii> 
è?c/Ji^-'j, içî^psùoiv Tzccpsl^o/jiVJOi;. Appian. de Bell. civ. I, p. 621 '. 

— Le portique dont il s'agit ici ne peut être que celui de Scipion Nasica. Celle scène 
se passa l'an 622. 

IV. Jîldilis [Ca?sar], prceler Comitium ac Forum, basilicasque, etiam Capilolium or- 
navit porlicibus ad lempus exslruclis. Slet. Cws. 10. 

V. Iconographie. — Nous avons pris le Portique de Nasica dans une partie de ce 
qu'on appelle généralement le Tabularium. Plusieurs antiquaires assignent au Tabu- 
larium toute la subsirurtion antique sur laquelle repose le Palais moderne du Séna- 
teur de Rome [Nolli, 920; Letarouilly, rion. X, 16], et placent le Portique de Sci- 
pion dans le milieu de l'Intermonl. Celle conjecture n'est appuyée d'aucune autorité; 
celle que je propose a été adoptée sur ce motif, que l'Intermont servant de lieu de 
réunion pour les assemblées du peuple, cette place, déjà médiocrement étendue, ne 
devait pas être encombrée de monuments qui l'auraient rendue impropre à conte- 
nir une grande foule. Un témoignage de l'existence de celte place, c'est que César, 
pendant son édililé, y fit élever des portiques temporaires. Voy. le § précédent. 



* His audacissimus quisque e plèbe favebat, cum sicis peteules Capitolium, que tribus vooa- 
bantur suffrayiis ferendis de colonia; et jain populus convenerat, quum, Fulvio concionari 
exorso, Graccluis in ;edein Jovis Capitolinam ascendebat, stipalus suis ex composite. Sed impo- 
diius ab iisqui non ignorabant hominem res noyas moliri,vilato comilio detlectens in Porlicum 
iusidiabalur ibi adversariis. 



36 DESCRIPTION DE ROME. 

7o. Tabi-laricm. DerriiTc le |toiti(iue Je Stipion Xasica. Il occupe toute la 
partie extérieure de rinlennonl, du côté du Foniui. Le Tahularium se com- 
pose de salles à rez-dc-cliaussée, auxquelles on arrive par le Portique de Sci- 
pioii ; d'une galerie supérieure, dominant ce portique, et d'une galerie infé- 
rieure, ouverte li ses deu\ extrémités sur le clivus Capilolin et sur celui de 
l'Asyle. Ces galeries étaient en arcades, avec pieds-droits décorés de colonnes 
doriques engagées, et construites partie eu pierre liburtine (travertin), et partie 
en tut' noir (pépérin). Elles servaient d'arcliives publicpies. 

I. Cicéron, pailanl des lois supposées par Antoine, et gravées sur l'airain, dil : — 
Earumquc reruin falsii; tabula;, geincnle populo, tolo Capitolio figebanlur. Cic. Phi- 
lipp. V, 4. 

Pli:t. Cic. 341. 

III. F.'TTî't oz K(xe'/5wv ix Tjjî puy^î, ^v ëfuyîv hnh Kl'jioiou, xoiTskOûv, xal âu-./ù/J.rJO; 
fj.éycc, tk; 5i]ux/.pyiYMi êCkroxii, &i b KÀwîoj èO/jXîv «vay^Kia; sic rb KaTTirciAiov, ùné- 
anuss piu xaJ ■xa.èfCkt rou K\'jiâlo-j ,iJ.yi -apàvzo;. Plut. Calo min. 40 2. 

— On croit que dans les trois § ci-dessus il est question du Tahularium. 

IV. /conojfJ'rtp/iH'. Dietro quesli tre tenipj [de Jupiter-Tonnant, de la Concorde eldela 
Fortune], sierpe rimpetloalForo, sopra un' alla sostruzione dirnassiquadrilalcri di pietra 
albana , un portiro dorico, del quale csleriormente, oltre la sostruzione, non si rav\i- 
sano clie i capitelli délie mezze colonne clie lo decoravano, e l'architrave, le quali 

parii sono di traverlino La fabbrica sorgeva isolata anclie ne' fiunchi, e nel fianclio 

occidentale era l'ingresso, poiché di frontc non polea avère : da un lato era costeggiata 
dal Clivo Capitolino; dall' allro dal Cli\o deU'Asilo : essa occupava lulto lo spazio che 
oggi serve di palazzo al Senalore di Roma , et oUre il portico nienzionato di sopra, 
v'erano diclro di csso sale c corridori , l'uso de' quali ben presto vedrassi. In queslo 
portico stesso esisteva fino due secoli fa la iscrizione seguente, la quale oggi più non 
si vede, e che mostrava a chiare note esse queslo il Tabulario fatto insieme colla sos- 
truzione a preprie spese da Quinto Lutazio figliuolo di Quinto Catulo : 

Q. LYTATIVS Q. F. 

Q. N. CATVLVS COS 

SVB5TRVCTI0NEM ET TABVLARIVM S. S. FACIVND. COERAVIT. 

Questo Q. Lutazio Catulo é lo stesso che fu console l'anno di Homa 674 , e che de- 
dicô il tenipio di Giove Capitolino rifallo da Silla.... Le tavole délie leggi doveano es- 
sere parle sotto il portico in bello ordine disposte, parte nelle salle e ne' corridori, 
altrimenti non vi sarebbe luogo per situarle; ivi ne' lempi bassi erano, corne anche 
oggi sono, le prigioni ; anzi io credo che fossero prigioni que' vani, che esistono den- 
tro la sostruzione, sotto il portico, ed a tal cfTetto si fecero nella sostruzione slessa 
quella aperlure quadrate irregolari, in alcuna délie quali vedesi indizio di ferrate. 
INiBBV, Foro Romano, c. I, p. 148. — Nous avons emprunté cette description à Mbby, 
après en avoir nous-même reconnu sur les lieux la parfaite exactitude. L'inscription 
du Tabularium est rapportée dans Donal [de Urbe Roma, II, 9] ; dans Nardini [Roma 
antica, lib. V, c. 13] ; dans Gruler [p. 170], et dans Orelli [Inscripl. lat. , n" 31J. 
On se rappelle que Coeravit pour curavit, indique que dans ce mot u est long. 

76, Temple de la Foi. Au bas, et sur le côté droit de l'escalier qui conduit 
à TArea du temple de Jupiter. C'était un édifice assez spacieux, puisque le 
sénat s'y réunissait quelquefois. 11 avait été dédié par Atlilius Calalinus, qui 
fut consul l'an 49o. 

I. Oui jus igitur jurandum violai, is Fidem violai, quam in Capitolio vicin.im Jovis 
Oplimi Maximi (ut in Catonis oratione est; majores nostri esse voluerunt. Cic, de Offic. 
III. 29. 



* Quum captasset opportunitalem Cicero per absentiam Clodii, magna frequcntia scandit 
in Capiloliuni, tabulasqiie, q\ia! ncla continebant Clodii iribunalus, revulsit cornipitque. = 
- Posiquam Cicero ab cxsilio, quod ei irrof;atuiii fueral a Ciodio, rediit, luultuiiique pollens, 
tabulas tribuuilias, quas publiée Clodius in Capitolio fixerai, vi absente revulsit et detraxit 
Clodio. 



RÉGION VIII. — FORUM ROMAIN. 57 

Il Ut Fides ut Mens : quas in Capitolio dedicalas vidcmus proximc a 

]VI. /Emilio Scauro ; ante aulem ab Auilio Calalino erat Fides consecrala. Cic. de Nal. 
Deor. II, 23. 

III. DESCRIPTVM.ET.RECOGNITVM.EX.TABVLA 

.ÏNEA . QV.E . FIX A . EST . ROM .E . IN . C API 

TOLIO . -EDIS . FIDEI . POP VI,I . ROJI AM 

PARTE. DEXTERIORE. 

Martini, Acadetn. Ercol. anliq. monum. sylioge altéra, p. 101. — Marini, Àlli e 
monumenli degli Àrvali, t. II, p. 440, a. 448. 

ROM,E. IN. CAPITOLIO. POST.TROP.EA 
AD..EDEM.FIDE!.P.R. 

Marini, Atti e monumenli dcgli Arvali, t. Il, p. 4f>7. 

IV. Speelala est in œde Fidei in Capitolio imago senis cum lyra pueium docentis. 
l'LiN. XXXV, 10. 

V. Cum Ti. Gracchus in tribunatu profusissimis largitionibus favorc populi orrupato 
icmpublicam oppressam tencret,... in œdem Fidei publire convocati Patres conscripti 
a consule Mucio Scœvola, quidnam in tali tenipeslate facienduni esset, deiiberabanl. 
V. Max. m, 2, 17. — Quoique Valère-Maxime ne dise pas que le temple de la Foi 
était sur le Capilole, cela résulte de la narration du même fait raconte par raterculus. 
au ,§ suivant. 

VI. P. Scipio Nasica,... quum esset consobrinus Tib. Gracchi, patriam cognationi 
prœferens,... circumdata leevo brachio loga' lacinia, ex superiore parle Capitolii, sum- 
mis gradibus insislens, horlatus est, qui salvam vellent rempublicam se sequerentur. 
Tum optimales, senalus, alque equestris ordinis pars melior et major, cl intacla per- 
niciosis consiliis plebs, inruere in Gracchum, stantem in Area cum catcrvis suis, et 
roncientem pêne tolius Italiœ frequenliam. Is fugiens, decurrensque Clivo Capilolino, 
fragmine subsoUii iclus, vitam, quam gloriosissime degere poluerat, immalura morte 
finivit. Patkrcil. H, 3. 

Vil. Scipion avait interrompu la délibération du sénat dont nous avons parlé au 
<§ V, en disant aux sénateurs : « Egomel privalus volunlali veslrœ me ducem offero »; 
ac deinde lœvam manum aper-lce logœ circumdedit, sublalaque dexlra proclamavit : 
« Qui rempublicam salvam esse volunt, me sequanlur. » V. Max. III. 2, 17. Alors, 
en complétant ce récit par celui de Paterculus, il sortit du temple de la Foi, monta au 
haut de l'escalier du Capilole [summis gradibus) alin de haranguer le peuple et d'être 
AU de la foule qui était dans rintermont (in Area). Gracchus se sauva par le Clivas 
Capilolinus, parce que c'était l'issue opposée et à l'escalier du Capilole, où Scipion 
se tenait avec ses partisans, et au temple de la Foi auprès duquel étaient sans doute 
groupés les sénateurs. 

77. Temples de Vénus Erycine et de Mens. Au bas, et à gauche de l'escalier 
à cordons conduisant à TArea du temple de Jupiter Capitolin, proches l'un de 
l'autre et séparés par un sentier. Tous deux furent voués l'an 535, le premier, 
par Fabius Maximus, dictateur; le second, par le préteur T. Olacilius, à la 
suite de la bataille de Trasiinène, et dédiés deux ans après, ce qui prouverait 
que c'étaient de petits temples, puisqu'ils furent si prompteinent achevés. 
Amilius Scaurus restaura le temple de Mens vers l'an GiO. 

I. Tum [an. 53.'51 œdes vout. Vcneri Erjcina> a-dcm Q. Fabius Maximus diclalor vo- 
vit. ... Menti œdem T. Olacilius preelor vovit. Tii.-Liv. XXII, 10. 

II. Duumviri creaii sunt Q. Fabius Maximus et T. Olacilius Crassus, aedibus dedi- 
candis. Menti Olacilius, Fabius Veneri Erjcinœ. Utraque in Capitolio est, canali une 
discreta?. Tit.-Liv. XXXUI, 31 [an. 557]. 

m. Ta t-;î5 Me'vTiî xaÂ5u//.svï;j (yvci//./),- àv ■JO^il^otro) 'Zy.ocîipoi Alyv^^toç, tt- fA tk Kta- 
Cpt/.y.Tolî ypô-^oii y-yojcii;. Pllt. De fort. Rinn. p. 264'. — Les guerres Cimbriques 
éclatèrent pour la première lois l'an 640 de llomc. 



* Mentis [fanum] dcdicavit /Eniilius Sraurus, qui bclli CiinlMici teinpore vixit. 



58 DESCRIPTION DE ROME. 

lAyXi (:oi .\liJ.'juoi izsfA tk Kiix^oi/y. t9Ïj ypàvoiç yîyîviis /.xOtipoiis-J. Put. De fort. Rom. 
p. 278 1. — Voy. ci-ilcssus, n" 76, g II. 

V. Mknt. in CAPiT. (;iU'TKIt. p. 135. Kalcnd. anliq. mois de juin, VI des ides. — 
Orelli, Inscript lai. l. Il, p. 59:2. 393. 

VI. Mens (|iio(iue nunien habct. Menli delubra videmus 

Vola mclu bclli, perfide Pœne, lui. 
Pœne, rebellaïas : el leto ronsulis omncs 

Allonili Mauras perlimuere manus. 
Spem metus expuleral ; cum Menti vola senatus 

Suselpil; el meiior protinus illa venil. 
Adspiril inslanles mediis sex lucibus idus 

Illa dies, qua sunl vola solula l)ea>. 

Ov. Fast. VI, V. 241-248. 

78. Escalier a cordons, et Porte de l'Area du temple de Jipiter. 

I. Sur l'exislence de cet escalier, voy. plus haut n" 70, et n» 76, g VI, VU. 

II. Iconographie. Nous avons placé au sommet une porte ornée servant d'entrée à 
VÀrea, disposition empruntée aux Propylées d'Athènes. 

79. Area du temple de Jupiter. — Statues colossales en airain de Jupiter et 
d'Hercule. — Statues diverses. L'Area était une place qui environnait le tem- 
ple. Elle dominait l'Interinont de 20 pieds romains environ , et le plateau de 
la Forteresse de 12 pieds. Une muraille la défendait de toutes parts, non-seule- 
ment pour la sûreté du temple, mais aussi pour garantir une Joule de statues 
et d'objets d'art qu'on y avait consacrés. L'Area était un ouvrage de Tanjuin 
l'Ancien, un terre-plein fait pour y bâtir le temple de Jupiter, et qu'on n'avait 
pu exécuter qu'à l'aide d'énormes murs de terrasse. — La Statue colossale de 
Jupiter fut érigée l'an 4-39, par Sp. Carvilius. Elle était en airain, dominait les 
murs d'enceinte de l'Area, et regardait vers le Forum et l'orient. — La Statue 
colossale d'Hercule, en parallèle de celle de Jupiter, du côté du Cliamp-de- 
Mars, était aussi en airain, et fut apportée de Tarente par Fab. Maximus, 
lorsqu'il eut pris cette ville l'an 543. 

I. Aream ad sedem in Capitolio Jovis, quam vovcrat bcllo Sabino, jam priTsagienle 
animo futuram olim ampliludinem loci, occupât fundamentis [Tarquinius Priscus]. TiT.- 
Liv. I, 58. 

II. Eodem anno [367],... Capitolium quoque saxo quadrato substructum est; opus 
vel in bac magnificentia Urbis conspiciendum. Tii.-Liv. VI, i. 

III. Sed tune [avant le temps de Milon et de J. César] senes aggeris vaslum spa- 
tium, et Subslructiones insanas Capitolii mirabantur. Plin. XXXVI, 13. 

IV. 'inyiiryri'jî ôï /.'A riv vsàiv xaTcîzî'JaÇîtv toD tj ùho; xai t/j, H/saj xat t^j Â.Or,-Jxi, 
lîo'.'jù-ùi o\)-oi SJyr,'J ànooLooiii, rrJ~îp iTtoivi'jy.-o Toii ©sîïî, h tt, -slîuzaiy. Ttpoi Za- 
êho'j; iw.yrc TÔv .wîv svv >ôp5v, ip' ou TÔ tî/sàv ïij.iù.vj ïâpxj'O'Xi, TtoYj.rii os6fi.-:>o:> T.pv.- 
•mxTzicç' o'j-- yy.p iÙTzpôaoàoç ■?,:>, O'jrs b/j-MÔ;, d'Û' ànù-o/x'ii y.xl di x^pu-^f/v îjvxys^uïvoj 
à^slx-j- àvxlri'j/j.x'^iv 'jpr)io1i ■RoiX'xyô^v) T:ipù.a.?w, /.où ttîVjv yoli-j sic zb-j fjLSTa^ù twv 
TS àva)iYî//,uàT!>jv /.où tvî; >iopi/j:7,i tottov è'j.-p'iprp'j.ç, ryijrùr) ■/îjs.zBv.i iia.ptT/.iitst.^-, -/.xi 
npo;inzoâoyr,-j Upw è-VTrÀîiÔTXZO'K D. Halic. III, 69 2. 

V. E'zîtv5j yypi ^'■' "^'^ Ts'jiîjzxiu ii'AiiJ.'jt p.'xyiii.î-iOi nphi IxCho'j;, s'j^y.ro t5> Att'xa't 

TïJ UpV. Xxl Tfi ^OO'X, £Ci-J •HXTiTiy» zf, /W/.^/I, vaS jj aJTOt, XaTaîXÎU7«5ctV Xxl TOV p.ÏJ z/.i- 

Tislov È'v^a iopù^z^èui E,a£/>£ TSyj Oîoùi, àyxMiJ-ixxoi tî kv.i yùix7.zi /*r/yÀi{; i^îipyc/.- 
aono. D. Halic. IV, 59 3. 

1 Estetiam Mentis [templum] ; sed id dedicavit Scaurus ^milius, qui bello Cimbrico vixit. 
= 2 Atjgressus est cliaiii rcx iste [Tarquinius l'riscus] aedificare tcniplum Jovi, Junoni, et Mi- 
iicrva-, ut vota persolveret quae iis fecerat in poslrenio pr.-eiio cum Saliinis cominiNSO. Colluin 
igilur, ul)i templum erat fundaturus, laWoriosa eyentem opéra (neqiie eniiu aditu facilis, neque 
planiis erat, sed pra;ruptus et fastij;iatiis) multis ex partibus stidibus circumdedit ; alque spa- 
tium quod erat inler ipsas sudes et collis verticem, a[;(;esta ninlta terra, pleiuijii cffecit, el ad 
excipicndas sacras :pdcs .iplissimuni. = ^ Ule [Tarquinius] in ultinio bello cum Sabinis dimi- 
cans, Jovi et Junoni et Minerva?, si ex piaîlio victor discessissct, teinpia se Gedilicaturum vove- 
rat : ac rupem, ubi deoruui fuudalui us erat, cclsis subslructiooibus maguisquc aggertbus 
complanavit. 



RÉGION VIII. — FORUM ROMAIN. 39 

VI. Hrocchi [Suolo di Roma, p. 211] donnant, en pieds do Paris, In hauteur des di- 
vers points de liome, rapportés au niveau de la Méditerranée, s'exprime ainsi : 

Campidoglio. AU' ani;olo occidentale délia rupe Tarpea, Hl, p. 8. 

— Piano délia cliiesa di Aracœli, 151 p. — Le même écrivain indique la hauteur 
moyenne du Tibre A 20 pieds au-dessus du niveau de la Méditerranée ; or 1 Inlermont 
étant arrosé par l'aqueduc de la Marcia, dont les eaux, suivant Piranesi, ne s'élevaient 
pas plus haut que 112 pieds, le sol de l'Inlermont était donc 19 pieds plus bas que 
VArea du temple de Jupiter. 

VII. Uesles des murs de terrasse de l'Area. — Di queslo auç;usto tempio 'C.apiiolio] 
non vi restano altre meniorie che grandiose sostruzzioni, le quali si vedono dalla parte 
délia cordonala che dalla chiesa del Gesù [Nolli, n» 902 ; Letarouilly, rion. IX, 37] 
porta in Campidosilio, e che si estendono sotio quelle abitazioni che occupavano il 
vicolo dclla Pedacclua,\e quali in parte ancora si vedono, benché con timoré da i fo- 
resiieri, e fanno in parte conciperne qualche idea. Venuti, Délie antichità di Roma, 
part. I, c. 5. 

VIII. Statues. Statuas virorum illustrium ab Augusto ex Capitolina Area propter an- 
guslias in Martium Campum colloeatas, ita subvertit atque disjecit, ut restitui salvis 
titulis non valuerint. Slet. Calig. 54. 

IX. Statue colossale de Jupiter. Quoquidem tempore [an. 689] , quum aruspices 

ex tota Etruria eonvenissent, jusserunt Simulacrum .lovis faeere majus, et in excelso 

coUocare, et contra, atque ante l'uerat, ad orienlem convertere ; a se sperare dixerunt, 
si illud Signum, quod videtis, solis ortum, et Forum, Curiamque conspicerct, fore ut 
ea consilia, quae clam essent inita, contra salutem Urbis, etc. Cic. , in Catil. III, 8. 

X. Cicéron, après avoir rapporté le même fait que dans le § précédent, dit : 

Ni post, exceisum ad columen formata décore, 
Sancta Jovis species claros spectaret in ortus. 
Tum fore, ut occultes populus, sanctusque senatus 
Cernere conatus posset, si solis ad ortum 
Conversa, inde palrum sedes, populique videret. 

Cic. de Divinat. I, 12. 

XI. Fecit et Sp. Carvilius Jovem qui est in Capitolio, viciis Samnitibus sacrata lege 
pugnantibus, e pecloralibus eorum, ocreisque et galeis. Amplitude lanta est, ut con- 
spiciatura Laliari Jove. lieliquis lim» suam Slatuam fecit, qu;e estante pedes simulacri 
ejus. Plin. XXXIV, 7. — La défaite dont il est question ici eut lieu l'an 459, et les 
Samniles y perdirent plus de 40,000 hommes. Voy. Ïit.-Liv. X, 39 et sqq.— Le Jupiter 
Latiar était sur le mont Quirinal, qui avait un mamelon appelé Cotlis Laliaris. 
Voy. Varr. L. L. V, § 51. 

XII. Statue colossale d'Hercule. Position conjecturée, il-j knziy.vX b iîfxxy.yZi ^'■' "w 

Tï)v -i/£v. Strab. VI, p. 2781.— La reprise de Tarante par Fabius Maximus est de l'an 
.543. Voy. Tit.-Liv. XXVII, 16. 

XIII. Aâ'/STat TÔv y^cay.^uaTî'a TTU^s'sÇai -zoû ^ocSiou TCspl twv 0cWv t£ Kslsùst, ràj ypx- 
fàs O'JTOJ T.po'jO.y'^pi'jia.-j'zx /ai -zoxji àvd'^tâvTK;- tov oyv «tâSov ei-sïv Ano\-lT.'jijj.vJ Toù; 
0£OÙî Tv.pccvThoii y.syo'XxfjLi-.'O'j;. où yvjv a/.ïà: riv /.o1os^o-j toû Hpx/.ïéov? [i.î-:oi./.oiJ.iaxç 
i/. Tà,oavr5^, toir,^VJVJ KK-iTCo^t'j) ical TrX-/îatov é'ptûûsv ïcxivz yyl/.rfj Ikjtsû. Plut. Fab. 
Max. -22^. 

XIV. Non attigit eum Fabius Verrucosus, quum Herculem qui est Capitolio inde [Ta- 
rento] Iransferret. Plin. XXXIV, 7. 

XV. Ivat //s'xiTîat iv rôj Ka7rtrcj/i'j> Tixpy. tôv licxAsx i^pi)0r,'jx-j. Dion. XLII, 26 3. 

XVI. Nous nous sommes inspirés, pour la position de ces deux Statues colossales 
(celle de Jupiter et celle d'Hercule) d'une médaille de Titus, représentant la façade 
du Capitule, et où ces deux statues nous paraissent ûgurées. Voy. ci-dessous n° 81, 
g XXVII. 



1 Telle est la St.ilue colossale d'Hercule, travaillée par Lysippe et fondue en airaiu, que Fa- 
liius Maximus consacra dans le Capitole, quand il eut repris Tarente. P. 2()o de la trad. = 
- Tradilur interro;;auti scribae, quid lieri de diis vellet, tabulas et sii;nasi(;niHcanti, respondisse 
Fahius : « Deos iralos Tarentinis lelinquanuis. » lierculis tamcn Siynuni inyentis niagniuuli- 
nis Tarento avectmn posuit in Capitolio, juxtaque 8tatuam equestrem suam ex aerc. = •' Apcs 
quoque in Capitolio, juxta Uerculis Statuam, sedeni oecupavcre [au. 706J. 



M DESCRIPTION DE ROME. 

XVK. Statue de farvilius. Aux pieds de la Statue colossale de JupiU r. Kilo avait tM<' 
fuili! avoc les riscluros de celle deriiii^re statue. Voy. ci-dessus § \l. 

XVlll. Statue èqueilre de Fabius Maximus. Auprès de la statue d'Hercule. Voy. 
ci-dessus § XIII. 

80. LoGF.MENTs DF.s Editiens, ET Enthée DES pAviss.E. Los édituons oti g.nr- 
dicns du Icinplc do Jupiter, cxeiraul une surveillance de jour et de nuit, de- 
vaient être loi^és (ians 1 enecinlc du temple. Nous avons placé leurs logeruenls 
vers la porte de l'Area, et près de la partie la plus accessible des nnirs de 
clôture. Nous conjecturons que l'entrée des caveaux du Capilole, appelés Fn- 
vissœ, était dans les logements des édituens. 

I. Varro rescripsil, iii meirioria sibi esse, quod Q. Calulus curator restiluendi Capi- 
tolii dixisscl, voiuisse se Aronm capilolinam deprimere, ut pluribus (;radlbus in apdem 
consccnderetur, suggcstusque pro faslif,'ii magniludine ailier fieret : sed facere id non 
quissc, quoniani Favissa; impcdissent. Id esse collas quasdam et cisternas, qua in 
Area sub terra esseni, ubi reponi scièrent sl|?na vêlera, qurc ex eo lemplo eollapsa 

essent, et alia qua-dani religiosa e donariis ronsecralis Conjectare igitur Favis- 

sas esse dictas relias quasdam et spccus, quibus œditui capilolini utcrentur ad cuslo- 
diendum rcs vetercs reiigiosas. A. Gkll. II, 10. 

H. Tacile parlant de la prise du Capitole par les Vitclliens, dit : Domilianus, prima 
irruptione apud œdiluum orcullatus, etc. T.\c. Uist. III, 74. 

81. Temple de Jupiter Capitolin. — Derp.ière : Fontaine. Le temple occu- 
pail le milieu de l'Area et l'on y montait par trois degrés. Il était d'ordre do- 
rique cl presque carré, ayant environ 200 pieds de long sur I H'-'i de large. Sa 
fa(;ade regardait entre l'orient et le midi. Un portique de douze colonnes de 
front sur trois de profondeur la décorait; elle était couronnée d'un fronton 
surmonté de statues. Deux autres portiques, également en colonnade, mais à 
douille rang seulement, couvraient ses parties latérales, et aboutissaient sur une 
muraille qui régnait dans toute la largeur de l'édifice et en fermait le fond. 

L'intérieur du temple se composait de trois nefs à l'extrémité desquelles se 
trouvaient trois édicules parallèles, séparés par des murs mitoyens, et ouverts 
sur le devant: celui du centre était consacré à Jupiter, celui de droite à Junon, 
et celui de gauche à Minerve. Les édicules prenaient à peu près un quart et 
les nefs les deux tiers de la longueur totale du temple. La forme de l'édifice 
étant celle d'un temple toscan, la nef du milieu était à ciel ouvert. Le temple 
de Jupiter Capitolin fut commencé par Tarquin-le-Superbe, qui l'éleva en 
grande partie; mais il ne fut terminé que trois ans après l'expulsion de ce roi, 
l'an iV-i, et dédié par le consul Horatius Pidvillus. Un incendie le détruisit 
l'an 670. Sylla en entreprit la reconstruction, qui dura quatorze ans, et la dé- 
dicace eut lieu l'an 68o, par le ministère du consul Lutatius Catidus. Auguste 
restaura ce temple. Derrière était une fontaine pour le service du culte. 

I. Toùj oï 6îrj.-\bjç o'jy. ep^scTî ^îïvat to'j v-w, ypo-joj i-iSi'^i'y.ç /j.-tx t/jv xarâ/us-tv 

vwi,0T7ii àpyy-; èxr: s-jw , roùg zs Os/J-ùiou; /.utî^kI-to, x.où -r/ji oizso'î^-^j zx T:nYiù. 
tlpyi.ij'X.TO- oJf/j.r}-j iT£>î['&j7î tô è'p-/yy oùo' txj-o;, «/X' è~l -zCi-J Ijvxmiw) y.pyjj-nwj tmv 
xstTà T9V zpiTov èvtxjrbv iinarsi/ci.'zuv, zt,-j 'iWizéltiT.-j è/.aSîv à vîoj,. D. Halic. lll, 69 *. 

II. .\d negotia urbana animum convertit [Tarquinius Superbus; ; quorum eral pri- 



' Templi [.lovis C:ipilo!ini] aiucm fundament.i jncore non poliiit [T.irquiniiis Prisons], (juod 
post bellum confectum qua(lrii;iii)liiin tanluiu vixi^sel. Sed muhis posl aniiis Taïquinius, qui 
tertius ab illo re(;navit, et qui regno expulsas fuit, fundanicula Jecit, et niaynani illius .-cdificii 
parlera fecil. Vernmtamen ne ipse qiiidem illiid opiis absolvit,sed annoruin mnyislratuum Icm- 
pore, qui terlio posl anno consul, ilinn (josscrunt, id tcmplum ab.solntuni csl. 



RÉGION YIH. — FORUM ROMAIN. il 

muni, ut .lovis Templum in monlo Tarpcio, monumcntum ri-gni siii nominisquo rclin- 
quorcl. TiT.-Liv. I, 55. 

III. Noiidum dcdiralacrat in Capitolio Jovisscdcs. Valcrius Horatiusque consules sor- 
soriiii uler dedicarel. Horatio sorte evenil. Publicola ad Veientium bellum profcctus. 
TiT.-Liv. II, 8 [an. 245]. 

IV. Tôv ëï -nifJ Toû K'j.T:vz(i)\ioD Atàç s'j^octo //îv àva^vJTîtv Txpxiivto? h \r,ij.<xf,v.zo'j, 
Tr5)«£//'j)v IxSi'JOlî, ùy.ooôy.r,7S (îk 'Tapy.b-Jioi o loÙTisp^Ci, uib; wv ri utojvàj toîi s'j^djj.i-JO'j' 
y.v.Oup'ji'JM â' ojx È'p(/ajîv, «/).« fMxpbv àTTS^ïî'rrîTO tsû ts'/o,- s^si-j, ots Ta/j/ùvjsj ifg. 

TTtTTTcV WJ oOv t/.T:sîpyCi7T0 TÙécii, /.«.l T5V T[pO'j-r,X.OV-U X5ff//5V àTïcï^^îV, -^V TÔ) n5,T>i(zi/(/ 

yû^Tt/j.ix TTpbç v.yfiiipfji'^vi Ts-JO/j.é-rr,i o'j'j tw lion^d/.i'/^x ^rpv.zeiu^ </.-JCii.y/.7.iy.î, ■pwi- 

cK//cvot TÔV fiyiàTiov y.o.Oupoxj-J. Plut. Poblic. 14 *. 

V. Tàv//àv yàys TzpSfzov, oj; s'{pr,TCi, Tocpiuviou xxzcusiisuânx'JTOi, ilpccziov a; Kyfii-p'Jt- 
javTO;, £v Tol; è;/.j3o'>~ht^ itoïé/ÀOii nôp ànoiXsnî' tôv d'à o^ûtî/sov «Vï'aryjTS /aîv 2i///czj, 
iTii'/pàffj Sï Tj) y.'xdi-pià-jsi Kàrouloç, Ziillv. r^oîaTro^avôvTs;. Plut. Poblic. 15 2. 

VI. Et 0£ /ji/j 577î'J5î£v, è[J.~;T:p/i'7z';0ui rh K:«tïîtcj/hv o xkJ 7D//.w,va( t-^; riij.ipv.i i/.tl- 
'■''fii, 'lii y.vOpuno^ ■Kporr/opvj'sz'y r;i àï airv) n^à //tS; vavwv KtvTÙtwv, âj vûv lou^t'aj 
xxloï/p.sv. Plut. Sulla, 27'. 

VII. nàvLi Pw/zKt'jjv i'vTCjv if rà Tot^ura jixpsvspyStv, tô ts Kkî7£Tw),(ov ûttô twv fîv.7t- 
y.iorj ■ztzpy.y.oaioii -cj TipàiOv^ sVsîî •/v.>6jj.vjQ'J hmp-n'jO-ri, xat t'/;v atTi'av oiâdi èmvisc. 
Appian. de Bell. civ. I, p. 671 *. 

VIII. Voverat [Capitolium] Tarquiniiis Prisrus rcx, bello Sabino, jeceratque funda- 

menta Mox Servius Tuilius, sociorum studio; dcindc ïarquinius Superbus, capta 

Suessa Pometia, hostium spoliis, cxslruxcre. Scd gloria operis iibcriati rescrvata : pulsis 
regibus, Horalius Puivilius, iterum consul, dedicavil ea magnilicenlia , quam immensse 
postea populi romani opes ornarent potius quam augerent. lisdcm rursus vcstigiis si- 
tum est, postquam intcrjecto quadringentorum viginti quinquo annorum spatio, L. Sci- 
pione, C. Norbano consulibus, Ilagravcrai. Cuiam viclor Sulla susccpit noque lamen 
dedicavit; hoc solum felicitati ejus fuit negalum. Luialii Catuli nomen, inter tanta Cœ- 
sarum opéra, usque ad Viteilium mansil. Tac. Hist. III, 72. 

IX. 'l'emplum Jovis in Capitolio, quod incendio consumpium ac refectum erat, à Q. 
Calulo dedicalum est. Tit.-Liv. Epilo. XCVIII. 

X. CaPITOLIVM et Pû.MPElVM THEAÏUVM, YTRVJiaVE OPYS IMPENSA GUANDI, P.EFECI , SINE 
VLLA INSCRIPTIONE NOMINIS MEI. LAI'. ANCYH. Col. 4. 

XI. Capitolium illud templis tribus illustratum, palernis at((ue etiam liujus amplissi- 
misdonis ornaliaditus J. 0. M., Junonis Ilegina", Alinerva;, etc. Cic. Frayrn. prn Scatirn. 

XII. L'emplacement du temple de Jupiter est occupé maintenant par l'église et le 
couvent de VAra-cœli. Des bulles du treizième siècle désignent ainsi ces édilices : — 
Monasterium S. Mariœ de Capitolio. Voy. Casuiiro, Memorie islorice délia chicsa e co- 
venlo di S. Maria in Ara-ca>li di lioma, c. III, p. 15 et sqq. 

XIII. Iconographie. V.~ovoOr, o" i-l icp-o~i'hi j/^ï;//;, /Sîéyj/.'jjj, ôy.Ty-.TzlîOpoi Tr,-J 7Tî- 
piooov, ^v/.yo'ji-jyt T^o^w i'y/tTTa t/;v TÙîupy.-j iyw' éxàiT'/iV (J/£-/2v oi -zi rà o'ta>âT75v 
eCpoirli â.! z'ôi imspoyvii roi) jj:fiy.ou; —xpi: rb Tï/irsç, oùo' oK'jtj tzs-jz sy-cKi^hnx nooùi-j' 
ènlyy.p tsï; ciù-ol; Oipùloiç b iJ.fzy. Tr,'J ë/x—pri'ji-j oly.nCoiJ.rflili xarà Toùj nxTspxi riy-OiJ 
ejpéO-/), T/j noAUTsl-ix tv}? û^-zj^ ij.o-jo'J oiu.\y.zT'jyj zoli ùpyMoii, Ik y'-v zoû y.uzx — c5ïc.j~ov 
pApo-ji -pbi iJ.sTrip.^pix-j jî'/^éTToy-oç, TyCt7î).co ~eptXy.;j.$'j.yô/iivoî nrlyot y.t.b-jwj, ix. (?î tôjv 
■Kkxyi'jy), oc-^ôj- £V ô'z «jtw, Tyist; sv££7£ ij-ry.'A T^xpx)X-i{)^oi, KOVji/.i ïyo-.'zs; Tïli Jpxi- pi'jOi 
p.-v, b TOÏi Afij- -nxp' syMTspo-j ai ~b /-n-époî, o, zi zr,; Hpx;, y.xl b t'/jj AOr,JXi, ûp' ivàj 
<y.szoû /.XL juv.i (jziym y-xM?rzôyz:ioi. D. Halic. IV, 61'''. 



' Templum Jovis Capitolini Tarquinius, Demarati filins, in bcllo quod {;essit cuni Sabinis 
voverat. Id Tarquinius Superbus, ejus, qui voverat, filins vel nepos, exsiruxit ; non dedicavit 
tamen, sed erat pcne absolutum, quum Uoma pcUeretur. Ut jam niidef|uaqae perf;cMim et de- 

lenti specie fuit exslructum, affeclavit id Poblicola dcdicare ^)uuni autem Poblicol.p 

nécessitas incumlicret cxpedilionis, concessa ex plébiscite Iloralio dedicatio est. = - l'riniuni 
[Capitolium] quod Tarquinius (nt jain diclum est) condidit, et dedicavit Iloraiius, inccndiiini 
liellis civililius absunipsit. Secundum cxcitavit Sylla, sed Catulus, Sylla falo pr:pvonto, est dc- 
dicatiotii pra>sciiptus. =: 5 Ouod ni maluraret [Sylla], (;apitoliuni conHa(;raturniii ; iilqiie 
eodeni evenisse, que ille pra^dixerat, die, qui fuit pridie Non. Oiuniiles, quas nune vocanins Ju- 
li,is.^*Quamvis senalus populique romani cura minime cesset in rébus lalibns, lamen (Capito- 
lium inccrta causa condajjravit, a recilms aiite C(X'X'j annos coudilum. = ^ ICxsiriicluni ac 
fundatum super crepidinc alta, octo pletliros ambilu, peduiu ferme ducenlorum sinyala latera 



42 



DESCRIPTION DE HOME. 



XIV. Ni texte, ni ruines ne nous apprennent combien le temple avait de rolonnes 
sur sa façade, ni (nicj ('lail son oidre d'arriiitcrturc. Les monnaies ou méilailles n'of- 
frent i\ cet éRard ()ii(' des secours inconi[)l('ts, siirlout pour le nombre des roloniies. 
Deux revers de deuii-rs d'argent, que nous copions ri-dessous, et qui représentent le 
temple de Jupiter-Capiiolju , lui donnent lanlôl (pialre rolonnes, tantrtl six. Or, relie 
disposition était matériellement impossible, \\i la grande largeur de l'édifiée, qui n'élail 
pas moindre de 18.") pieds romains, équivalant à prés de .55 métrés, ee (jui, pour six 
colonnes, donnerait des entre-eolonnements de plus de 9 métrés, portée beaucoup trop 
grande même pour des éi>islyk's en charpente. Nous disons en charpente, parce qu'en 
donnant douze colonnes au temple, les entre-eolonnements ont encore 4 A 5 métrés, 
espacement l)eaucoup trop considérable pour des épisljles en marbre, qui se faisaient 
toujours en blocs d'un seul morceau, taillés comme des poutres, sans aucune armatute 
ni en fer ni en bronze, et jamais en plaies-bandes, comme dans nos constructions mo- 
dernes. 11 est donc certain que ce temple, réédifié avec tant de magnificence par Sylla, 
qui employa à sa construction les colonnes de marbre d'un temple de Jupiter Olyni|)i(!n, 
commencé A Athènes fvoy. le § suivani], avait des épistyles en charpente. On doit at- 
tribuer A ce| em|)loi du bois les incendies (jui ruinèrent le Capilole A diverses époques, 
et notamment celui dont nous nous occupons, que le feu dévora du temps de Vitellius. 
Nous n'avons pas tenu compte du dessin des deniers ci- 
contre pour le nombre des colonnes, la logique ne le per- 
mettant pas; mais nous y avons eu égard pour l'ordre d'ar- 
chitecture qui, d'ai>rés ces mêmes dessins, serait dorique. C'é- 
tait l'ordre du Capilole primitif, et comme en réédiliant ce 
temple, on s'attacha A ne rien changer ni A sa forme ni A ses 
proportions, il nous paraît A peu près certain qu'on y con- 
serva l'ordre dori(iue. 

La première figure est le revers d'un denier d'argent de la 
famille Voltcia, et la seconde de la famille Pclillia. Ces de- 
niers ont été frappés du temps d'Auguste. On voit sur le pre- 
mier denier qu'on montait au temple par trois degrés. Voy. 
Thesaur. Morelt., fainil. Pelillia, 1, 2; et Vnlteia, 1. — 
Vaillant, famil. loni. l'etillia,-2. Voy. aussi ci-dessous § XXVIl 
la figure, pour la position parallèle des trois temples. 

XV. Sic est inclioatum Alhenis lem|dum .lo\isOlympii,ex quo 
Sulla capilolinis a^dibus advexerat eolumnas. Plin. XXXVI, 6. 

XVI. Nam cpium esset habita ratio , quemadmodum e\ 
utraque tecti parle aqua delaberelur; utilitatem fasiigii rempli 
dignitas conseeula est: ut, etiamsi in cœlo Capilolium sta- 
tueretur, ubi imber esse non potest, nullam sine fastigio di- 

gnitalem habiturum fuisse videalur. Cic. de Oral. III, 46. 

XVII. î\!ox sustinenles fastigium [Capitolii] aquilee, vetere ligne, traxerunt flammam, 
alueruntque. Tac. Uist. III, 71. 

XVIII. Ornantque signis fictilibus aut sereis inauratis earum [aedium] fasligia Tusca- 
nico more, uli est ad Circum Maximum Cereris et Herculis Pompeiani , item Capitolii. 
VlTRliV. III, 2. 

XIX. Bonis muictatis, ex eo quod in pul)licum redactum est, œnea in Capilolio li- 
mina,... Jovemque in culmine cum quadrigis... posuerunt. Tit.-Liv. X, 23 [an. 436]. 

XX. Fictilcs in fastigio templi [Capitolii] ejus [Tarquinii] quadrigas. Plin. XXXV, 12. 

XXI. (juuni Summanus in fastigio .lovis Optimi Maximi, qui lum erat lictilis, e cœlo 
ictus esset, ncc usquam ejus simulacri cai>ut invenirclur, aruspices in Tiberim id de- 
pulsum esse dixerunt, idque inventum est co loco. Cic. de Divinal. 1, 10. — Ceci 
prouverait encore que le temple était à la pointe septentrionale de la montagne, c'est- 




habens : pari fere longiludine ac latiludine , ne qnindccim quidcm inte-ïrorum pedura dif- 
ferenlia. Etenim icmplum quod supr;i eadem fundamenta pairum nosiroriun a;lale post inccn- 
diuni fuita-dificalum, solo luxu ac materire ma(;nificentia a prisco differt, ut comperhun est. 
A parle enini frontis vcrjjculis ad nieriditni tripliccm columnarum ordineui habct, a lalcril)us 
dupliconi : et in ipso tria sont délabra, qua* recta série sunt exstiucta, et ita intcr se conjuncta 
ut communia haheaut latera. Ac médium quidem est Jovis; ab utraque parte, Juuonis et Mi- 
nerv;c, sub iisdem pinnaculis el iisdeni tectis. 



RÉGION VIII. — FORUM ROMAIN. 



45 



à-dire à l'endroit lo plus éloigné du Tibre, car à l'autre extrémité, il n'y etU eu rien 
d'extraordinaire à ce que la tétc de Summanus eût roulé dans le fleuve. 

XXII. Suétone, racontant les funérailles de César, dit qu'une parliez du peuple vou- 
lait brûler le corps du diclaleur dans le temple de Jupiler-Caiiitolin : — (Juem quum 
pars in Capitolini Jovis cella cremare, pars in Curia l'ompeii destinarel, elc. Siet. 
Cff'S., 84. — Ceci prouve que le temple de Jupiter était à ciel ouvert, car on ne peut 
pas supposer que le peuple voulût incendier le temple le plus auguste de Home. Il 
est permis de lui prêter cette intention pour la Curie de Pompée, où César avait été tué. 

XXIII. Comitia quum ambitiosissime fièrent, et ob hoc senalus in Capilolio haberetur, 
milvus volans, mustelam raptam de cella .lovis in medio consessu patrum misit. Obseq. 
de prodig. 71 [an. 588.]— Ce fait indique encore une nef à ciel ouvert. 

XXIV. Cum inler alia prodigia fulmine dejectum esset in Capitolio Jovis signum, ca- 
put ejus per aruspices inventum est. Tit.-Liv. Epitom. XIV [an. 47.5].— Autre preuve 
que ia nef était à ciel ouvert. 

XXV. Lepidus Censor,... œdcm Jovis in Capitolio columnasque circa poliendas albo 
locavit : et ab his columnis, quœ incommode opposita videbantur, signa amovil : cly- 
peaque de columnis, et signa militaria affixa omnis generis dempsit. TiT.-Liv. XL, 51 
[an. 575]. — Ces courts renseignements sur le Capitole primitif ont leur valeur; on 
voit que ce temple n'eut d'abord que des colonnes de pierre que Lépidus fit couvrir de 
stuc; que des trophées militaires étaient attachés à ces colonnes, et que sous le pé- 
ristyle il y avait beaucoup de statues. Pline [XXXIV, 5] et Dion Cassius [XLllI, 45] nous 
apprennent que parmi ces statues on voyait celles en airain des Rois de Rome. 

XXVI. Intérieur du temple. — Nefs latérales. Elles étaient couvertes par un plafond 
encaissons, doré. — Laquearia, quîe nunc et in privatis domibus auro leguntur, post 
Carthaginem eversam primo inaurata sunt in Capilolio, censura L. Mummii. Inde tran- 
sierc in caméras quoque et parictes, qui jam et ipsi tanquam vasa inaurantur : quum 
sua œlas varia de Calulo exislimaverit, quod tegulas œreas Capitolii inaurasset primus. 
Pi.iN. XXXlll, 3. — Laquear et Lacunar sont synonymes. Winckelmann dérive, avec 
raison, Lacunar de Lacus. C'est proprement ce que nous nommons des caissons. Voy. 
Remarq. sur l'Architecture des anciens, cl, p. 68, in-8". 

XXVII. Les cellw. Sur les trois cellœ parallèles, 
voy. ci-dessus § XIII. — Lex velusta est priscis 
litteris verbisque scripta , ut qui ])rœlor maximus 
sit, idibus septembribus clavum pangat. Fixa fuit 
dextro laleri »dis Jovis Optimi Maximi, ex qua pâ- 
tre Minervœ templum est. Tit.-L[v. VII, 3. — Le 
côté gauche du temple de Jupiter doit s'entendre 
de la gauche du spectateur. La figure ci-contre, 
représentant le Capitole reconstruit par Vespasien, 
en fournit la preuve. Voy. Morell. Numismat. 
XII Imp. rom., t. II, Num. Titi Vesp. ex aère ma- 
gno, tab. X, n" 9. Voy. aussi Num. Vesp. ex îere 
magno, tab. XIII, n" 25; et deux médailles d'ar- 
gent de Domitien. Ibid. Num. Domit., tab. L\, 
n» 1 ; tab. XIV, n" U. 

XXVIII. Judicia in fœneratores eo anno [560] multa severe facta sunl... De muleta 
damnatorum quadrigee inauratœ in Capitolio posita; in Cella Jovis supra fastigium aidi- 
culœ, et duodccim clypea inaurata. Tit.-Liv. XXXV, 41. 

XXIX. Rom<E scaipluratum [pavimenlum] in Jovis Capitolini eede primum factum est, 
posl tertium Punicum bellum inituni. Plin. XXXVI, 25 [de l'an 603 à 604]. 

XXX. La figure ci-conire représente la cella de Jupiter- 
Capitolin avec la statue du Dieu. C'est le revers d'un denier 
d'argent gravé dans le Thésaurus Morell., incerta, tab. I, 1 
B, et dans Vaillant, famil. Rom., incerta, tab. CL, 1. Ou 
reconnaît que la cp//a avait des colonnes corinthiennes. Le 
Dieu tient de la main gauche une haste pure, c'est-à-dire sans 

et un foudre de la droite. Il est encore ainsi représenté, et 
le corps nu Jusqu'à la ceinture, sur le revers d'une médaille de 
J. César. Voy. Morkll. numismat. XII, -imp. rom., Num. Ca-s. 
tav. VI, n" 4; et Thesaur. Motdl., famil. Julia, tab. 8, 1. 

XXXI. Statue. — Voy. le § précédent, pour sa position. 
Outre cette autorité pour prouver qu'elle était assise, on peut encore invoquer les deux 





44 DESCRIPTION DE ROME. 

passages suivants de Josî-phe cl de Dion Cassius : l'h roi/ro âe •nfio-jîr, tô jj'x-JiMit aùrû, 
Oiirt or, y.y.'i Ooyy.TfJOi a'jrOi yîv'5//îvv;5, c^vk/îz/'ik; irc'i ro Kv.TH-z'Jt'Ki'i-j lui r<)ï<; •/b-iv-il xa- 
zatiOszat zo'j v.-/û'//j.7.T0i... JosF.iii. Ànliq. jud. MX, 1, § 21. cdil. Dindnrf. 

XXXII. Dion raconlarit le retour d'Au^tusle à Home, après ses triomphes, l'an 741, 
s'exprime ainsi ; Kai i; tî KaTitroJ/iov c/.-JÙ.Oo'rj, t/;vtî ÇKjiv/;và7:i twv pùSC'jiv v.spifù.î, 
/«i ii -Z'J. ro'j Afij yivara /v.riOi-o. DioN. I-IV, 25 î. 

XXXIII. Ovide, parlant des premiers temps de Rome, dit : 

Jii|iiler aiif,'usta vix tolus slabat in a-de, 
Iricine .lovis dextra lictile fulmen erat. 

OwFasl. I, V. 201, 202. 

— Ce passade, rapproclié des deux suivants, nous a fait conjecturer que le foudre de 
Jupiter était d'or. 

XXXIV. Se((ucnti nocleslatim videre visuscsl filium morlali si)ecic ampliorem, cuin 
fulmine cl sccplro, cxuviisiiuc Jovis Opt. Max., ac radiata corona super laureatum 
currum, bis senis equis candore exiniio tralicntibus. Slet. Aug. 94. 

X.WV. Nam nunc ejjo si te subripuisse suspicer 

Jovi coronam de capite, e Capitolio, 

Quod in culmine adstal summo : 

Plaît. Trinum. T, 2, v. 47-40. 

— Ces vers où il s'agit d'un vol, font connaître la matière précieuse de la couronne. 
XXXVI. Matière de la slalue. — l'iine (X.XXIV, 7j dit que jusqu'^à la conquête de 

l'Asie toutes les statues des dieux, dans les temples, furent de bois ou de terre cuite, 
<'t Varron, contemporain de J. César, nous apprend, dans un passade conservé par 
Nonius Marcellus, que de son temps il y avait des statues de Jupiter en marbre, en 
i\oire, et même en or : — Pnuperlales nove posilum numéro plur^li. Vairo défila 
popuii Uoiiiarii Mb. XI : Quid inter hos Joves intersit, et eos qui ex marnrore, ebore, 
auro nunc fiunt, potes animo advertere, et horum temporum di\itias et illorum pauper- 
tates. Non. Marcell. v. l'aiipertales. — Nous crojons que la statue de Jupiter du 
Capilole de Sjlla était en ivoire, à rimilalioii du Jupiter Olympien d'Athènes. Le marbre 
était une matière trop peu précieuse, et l'or une matière moins disliuRuée que l'ixoire. 
On avait déjà à Rome un exemple de statue d'ivoire au temple de Jupiter bâti par 
Métcllus, plus de soixatite ans auparavant. Voy. plus bas n" 150, § IX. 

XXXVil. Enumerai auclores Verrius, (juibus credere sit necessc, Jovis ipsius simu- 
lacri faciem diebus feslis minio illini solilam, Iriumphanlumque corpora : sic Camillum 
triumphasse. Hac reli;;ione etiam nunc addi in uns^uenta cœnœ Iriumphalis, et a cen- 
soribus in primis Jovem miniandum locari. Plin. XXXIll, 7. 

XXXVIll. Quod quum ita se habeat, cui LIcorum hominumve indi|inum videri potest, 
inquit, eos viros, quos vos scUis curulibus, loga pr;etexla, tunica palmala, et toga 
picta, et corona triumphali, laureaque lionoraveritis, quorum domos spoliis hosliuin 
alFixis insignes inter alias feceritis, pontificalia atque auguralia insignia adjicere? Qui, 
Jovis ()i)limi Maxinii ornatu dccoratus, curru aurato per Urbem vectus in Capitolium 
ascenderil. TiT.-Liv. X, 7. 

XX.XIX. Quid, si vidisset prretorem in curribus altis 

Exslantem, et medio sublimem in pulvere Circi 

In tunica Jovis, et pictœ Sarrana fcrentem 

Ex liumeris aulœa tog;c, etc. Jiv. S. X, v. 36-39. 

XL. Aitlels de Terme, de la Jeunesse, et de Mars. Ces trois Autels, plus anciens 
(pie le temple de Jupiter, furent conservés, par un point de religion, lorsqu'on bâtit 
ce temple. Celui de Terme était devant la cella de Jupiter, dans la nef découverte; 
celui de la Jeunesse dans la cclla de Minerve, et celui de Mars sous le péristyle du 
temple. Tous trois étaient fort petits et à peine apparents. 

XLI. Lorsqu'on voulut exaugurer divers autels qui se trouvaient sur la partie du mont 
Capitolin, où l'on de\ait bâtir le temple de Jupiter : ()t //kv &i/v k»oi Ssoi tê xal oat- 
//9vîj è~îTpîj/y.-j aJTil; sU êz-pu y/jipix zo'jç /iufj.O'Ji /;tîTKpc,oîtv ot oh ro'j Tép/jiovoî vyx 
■XTii "SlbZTiTOi Hrj'Ù.V. -KV.pM-ZOXJll.i-JOli TOlî ll.'J.i-ZfJl /.'A li-'x.poliiv} o'j/. ènd<jOr,f:x-) , ojo" 



1 Eo autem insani.Tproressit [C.ili(;ida] iit, qinini filii ri nnla esspt, eam in Capitolium de- 
I.Uam in siniidiirri yenna drpoiicrct. ^ - In CMpiioliiiin ascciuleus, laurcMUi fascil'us detraxit, 
iic ad Jovis eani jjonua deposuit. 



RÉGION Vin.— FORUM ROMAIN. 45 

-ro) 5/;/';> 7r)./;5t'<5v t5u ïoo-ji. D. Halic. III, 69 i. 

— Malgré i'asserlioii de Deiiys d'IInlicarnasse, l'Aulel ou la statue de Terme était dans 
la nef du temple de Jupiter, parce que cet endroit était à ciel ouvert. Denys, en l'in- 
diquant dans le temple de Minerve, aura pris V Aulel de Mars, dont il ne parle pas, pour 
celui de Ternie. Les vers suivants indi(|uent cette communauté avec Jupiter : 
Quid, nova cum lièrent Cupilolia? nempc Deorum 

Cuncta Jovi cessit turba, iocuinque dédit. 
Terminus (ut veteres memorantj conventus in œde 

Ilestitit, et magno cum Jove templa tend. 
Nunc quoque, se supra ne quid nisi sidéra cernât, 

Exiuunm lempli tecta foramen habent. Ov. Fast. I, v. 667-672. 
XLII. Pinxil hic [Nicomaclius] rajjtum l'roserpin.T, qua" tabula fuit in Capitolio, in 
Minervœ delubro super a?diculam Juventatis. Plin. XXN.V, 10. 

XLIII. Exauguralion de divers petits temples sacella] pour bâtir le Capilole. — Cum- 
que omnes dii libenter inde migrassent, Terminus solus, hoc est limitum deus, descen- 
dere noluit, sed illic remansit... Unde in Capitolio prona pars tecti patet, qua> lapidem 
ipsum Termini speclat, nam Termino non nisi sub clivo sacrificabatur. Serv. in 
JEneid. IX, v. iiS. 

XLIV. Exauguration des divers .\utels. — Atque ipsi inde cedere omnes voluerunl, 
prteter illos quos memoravi, Martem, Terminum, Juventatem ; atque ideo Capitolium 
ila constructum est, ut etiam isti très essent tam obscuris signis, ut hoc vix homines 
doclissimi scirent. S. AiG. de Civil. Dei, IV, 23. 

XLV. Fontaine. Rivis hic, et opère supra terram, in Capitolium eam aquam duxit 
[Marcius anno dcviii], cui ab auctore Murcia^ nomen est. Fro.nt. Aquœd. 7. 

XLVI. Scrvilius Cœpio et L. Cassius Longinus, censores,... anno post L'rbem con- 
ditam Dcxxvii,... aquam quœ vocatur Tepula,... in Romam et in Capitolium adducen- 
dam curaverunt. Ibid. 8. 

XLVII. Ta Kaû£7co).£ov y.xzi/.ot.ë-. y.'jX ajrîjç Tôj (i'^Sir,: v.-^MpîOr,-j'jn ^r,'^i'7y.ij.i-j-/-iç, à 

èruppiov è; rà i-zpbv oîstî/juv. Appian. de Bell. civ. I, p. 628 2. 

82. Prison publique et Degrés gémonies. Sur la pente Inférieure du mont 
Capitolin, à l'angle du Clivus de l'Asyle et de la voie du Forum de Mars. Son 
entrt>e regardait la montagne: on y arrivait par un chemin détaciié du Clivus 
de l'Asyle, et conduisant sur un petit vestibule qui entourait l'édifice. Un es- 
calier descendait de ce vestibule vers le Forum romain : c'étaient les Degréa 
(jémonies. La Prison fut bâtie par le roi Ancus Marcius. Elle était couverte par 
nue voûte conique. Le roi Servius TuUius augmenta la Prison d'un cachot sou- 
terrain appelé THlUatuim , qui se trouvait immédiatement au-dessous de la 
prison primitive, dont il n'était séparé que par de fortes dalles, et avec laquelle 
il communiquait au moyen d'un trou rond percé au centre de ces dalles, et 
juste d'un diamètre suffisant pour passer le corps d'un homme. Ce cachot n'a- 
vait aucune autre ouverture. La Prison, bâtie en grosses pierres de taille de 
Tibur (travertin), posées et ajustées sans ciment, fut restaurée sous Tibère, 
l'an 77-3, par les consuls subrogés C. Yibius Rufînus et M. Cocceius Xerva. 

I. Carcer ad terrorem increscentis audaciœ, média L'rbe, imminens Foro, acdificatur 
[Ancus Marcius]. Tit.-Liv. I, 53. [an. 11-4-120]. 

II. Carcer imminens Foro a Tullo Hoslilio aedificalus média Urbe. P. Vict. de Heg. 
urb. Rnmcp, VIII. 

II(. Ky-pojoix -//jîtîv z'j'j ol/.r,ij.xToç Èv tw Oy.îvoît'w. DiON. LVIII, 11-^. 

* Céleri ijjiuir dii et gciiii permiserunl iilis ut Aras in ali:i loca transferrent : sed Terminus 
et Juventas nullis aujjurum precibus aiit deprecationihus flecti potiierunt, neque loco cedere 
voluerunt. Itaque corum Ara: templi amltilu conipreliensK fueruut, et nune altéra sila est in 
Minerva; vestibulo, allera iu ipso temple, ipsius Dca; simulacre proxima. = - Capitolium oc- 
cupât : quuraque senalus liostes eos judicassel, Maiius pravalim quidem, armât lamen non 
nulles, idque cunctanter : alii, morarum periKsi, tubos in templum aquam ducentes inter- 
cidunt. =; 5 Prope Garcerem in a_>dem Concordia; convenit Scnatus. 



40 DESCRIPTION DE ROME. 

IV. Conjcclo in Carcerem Manlio, salis constat magnam parlcm plebis veslem mu- 
tasse, multos mortales rapilium ar harbam promisisse, obvcrsatamque vcstibulo Car- 
ceiis mœstam turban. TiT.-Liv. VI, IG. 

V. Palcfaclo dcin sccieie, delegalum in Tuliianum ex scnatusconsulto. TiT.-Liv. 
XXIX, 22. 

VI. IMeminius in infciioiem demissus Carcerem est, necalusque. TiT.-Liv. XXXIV, H\. 

VII. ÏL'vîlor, Tî za't èv Tôt Ky.-i7'j)'/iot 0\jC!Xi, èi zy,'J àr/or.'j.j /.%-f,ti, 01 Ctly.zrat a.jzoï/ oi 
èop\j'fOf.oi, civ. re -zr^i booli 7r,i ii tô otcfi'ji-ripio'^ «70Ù07;; içeT/5«r:ovT5, /J.y, ovvr/OsvTs; 
uùrCi iiTcb T5Û «J^^/ol» è'ncty.oy.ouO-Zsui, y.xi zarà twv 6!vaëa7yUi5Jv, xaô" wv oi ot/.ct.ioù/J.s-^oi 
è/J/stTTTSûvTO, xartivreç, u/.ioOciv y.'A za-eTrêcîv. Uios. LVIII, 5 *. 

VIII. E j T£ -/c/.p TÔ (3S5/*'jjT/;/itov 6 SaÊïvoî v.'jBr,jj.if,'o-J ycn-TéO-zi, za't //.srà roûro «z/Jt- 
Tw; è-fôc/.pr,- 16, Tî uôiyw-a aJTOû y.xrx zdiv c^vkSscj/ji'Jjv èppi-jir,, xat Iç tÔv 7:9T«//iv ^^î- 
É>/,^/;. DiuN. LVIll, l 2. 

IX. Corpus contunielia Carceris et detcstanda Gemoniarum scaiarum nota Tœdavit. 
V. Max. VI, 3. 3. 

X. In publiris vinculis spiritum déposait, corpusqne ejus funesti carnincis manibus 
laceralum in scaiis Gemoniis jacens, magno cum honore totius Fori Romani conspeclum 
est. Ibid. 9. 15. 

XI. Carrer a coercendo, quod exire prohibcnlur. In Iioc pars quaR sub terra, Tul- 
iianum, ideo quod addilum a Tullio rege. Quod Syracusis, ubi deiicti causa cuslodiun- 
tur, vocanlur Latomiœ, inde Lalnmia iranslaium, vel quod Iiic quoque in eo loco la- 
pidicinœ fuerunl. Varh. L. L. V, g 1.51. 

XII. Est locus in Carcrre, quod Tuliianum appellalur, ubi paululum ascenderis ad 
laevam, circiter duodeciin pedes liumi dcpressus. Eum muniunl undique parietes, atque 
insuper caméra lapideis fornicibus vincta ; sed incuilu, tenebris, odore, fœda atque 
terribilis ejus faciès est. Sall. Calil. '6o. 

XIII. Le Tuliianum s'appelait aussi Rnbur : — Quod ex bonis redigi non possil, ex 
corporc et tergo per vexalioncm et conlumelias L. Scipionis ptliluros inimicos : ut in 
Carcerem inter fures nocturnes et ialrones vir clarissimus includalur, et Uobore et te- 
nebris exspirel. Tit.-Liv. XXXVllI, 39. 

XIV. Carcer, et liorribilis de saxo jactus deorsum 
Verbera, carnifices, Robur, pix, lamina, tœda'. 

LicRET. 111, V. 1029, 1050. 
— Robus quoque in Carcere dicitur is locus quo prœcipilalur maleficorum genus, 
quod ante arcis robusleis includebatur. I'aul. apud Fest. v. Robum. 

XV. Dielro l'Arco di Scttimio suite ultime falde del Canipidoglio quasi nell' imbocco 
del vico Mamertino e del clivo deil' Asilo esisle ancora il Carcere, che dal suo fon- 

datore Anco Marzio ebbe nome di Mamcitino Erano due le parti del Carcere, una 

superiore ed originale detta Mamerlina formata in un' antica cava di piètre; l'allra 
sotto di questa scavata nella rupe, e chiamala Tuliiana. Questa parte inferiore, nella 
quale discendevasi per un forame rotonde capace di un uomo, era cliiamata anche 
Robur, perché ne' tempi più antichi coloro che ivi dentro gitlavansi, si rinchiudevano 

in arche di quercia, dette in lalino robuslœ La descrizione che ne fa Sallustio è 

cosi \iva e terribile, che senibra vedersi, e quando >i si scende si trova esaltissima 

Il Carcere superiore.... doveva assere più grande di quelle che non é la caméra supe- 
riore ancora esistente ; esse dovè essere di\iso in piu camere, ed estendersi dietro la 
chiesa attuale di S. Giuseppe; e forse la caméra che esiste era la piii terribile, corne 
quella che è piu \icina al Carcere Tulliano, e al luogo del supplizio. In questa caméra, 
che é tutla ceslrutta di grandi massi quadrilaleri di pietra albana o peperino, unili 
jnsieme senza caice, e che é alta 13 piedi, larga 18, e lunga 23, si discendevano i 
rei pel forame che si vede nella volta ; le scale per le quali oggi vi si scende sono mo- 
derne ; essa era chiusa tutla d'inlorno da mura, e solo riceveva lume da piccole feri- 
toie oblenghe, che oggi più non si veggono. Sulla faccia esterna in una fascia di tra- 



^ Quum in Capitolio sacrificasset, ac iode in Forum dcscenderet, servi ejus stipalores, quod 
proptor turbam cum sequi non posseut, in viam quœ ad Carcerem ducit diverierunt, ac per 
scalas Genionias, in quas eos, de quibus suintum est supplicium mos est abjiccre, descenden- 
tes, lapsi Ueciderunt. = ^ Ea ipsadie in Carcerem conjectus est Sabiuus, deinde indicia causa 
necatus, corpus ejus inGemonias projectum,ac post in tlumea missum. 



RÉGION VIII. — FORUxM ROMAIN. 47 

verlino legfîonsi in lettcre quasi oubitali i nomi di Cujo Vibio Itufino (igiio di Cajo, c 
Marco Cocccjo Nerva, clie furono oonsoli surrogali l'anno 775 di Itoma, che fecero per 
oi'dine dcl Senalo quairlie ristauro, o accrescimenlo ail' edilicio : 

C.VimVS.C.F.RVFlNVS.M.COCClilVS.NERVA.EX.S.C. 

La farciata neile quaie Icggcsi qucsia isciizione, e che slando verso il Foio, moslra 
essere slata la fronie principale del Carcere, non ha pii'i di 26 picdi di larghezza. Solto 

la caméra superiore testé descritla esisle il Carcere Tulliano La Caméra ù molto 

bassa non avendo que sei piedi di altezza, ne ha nove di larghezï«, ed il doppio di 
lunghezza ; anche essa é rivcstila di massi quadrilalcri di pietra albana, corne la caméra 
superiore, i quali a misura che vanne verso la voila sporgono più in fuori, onde puô 
in ccrta guisa diisi la caméra avère la forma di un cono ironcato — Forse anticamente 
la caméra lu più profonda, ed il livello é stalo alzato nel ridurlo a sito sacro per pre- 
servarlo il più che fosse possibile dalle inondazioni. Xibbv, Foro Romano, c. I, p. 127 
et ssq. — Nous avons nous-mèmc reconnu l'exactitude de cette description donnée par 
Nibby. 

XVL Origine du nom de Prison Mamerline : Mamercus prœnomen est oscum, co 
quod hi Martem Mamertem appellanl. Pall. apud Fest. v. Mamercus. 
— Mamers forte cxierat, qui lingua Oscorum Mars significalur. Fest. v. Mamerlini. — 
Il est presque inutile de rappeler que Marcus est une contraction de Mamercus. 

83. Temple de la Concorde. Adossé aux substructions du Capitole, un peu 
en arrière de la Prison, à gauciie du Clivus de l'Asyle, en montant. Sa façade, 
composée en grande partie d'une forte saillie en avant-corps, avec un portique 
de six colonnes supportant un fronton décoré de statues, regarde la partie 
orientale du Forum. Le temple de la Concorde , voué par Camille l'an 388, 
fut restauré par Germanicus, puis par Tibère, l'an 764. Il était en marbre 
blanc, et d'ordre corinthien avec colonnes cannelées. 

L Senacula tria fuisse Homœ, in quibus Senatus haberi solitus sit,... unum, ubi nunc 
est œdis Concordiœ, inter Capilolium et Forum, in quo solebanl magistratus duntaxat 
cum senioribus deliberare. Fest. v. Senacula. 

M. Voisin de la l'rison publique. Voy. ci-dessus n" 82, § ML 

IIL Candida te niveo posuil lux proxima templo, 

Qua fert sublimes alta Moneta gradus. 
Nunc bene prospicies Latiam, Concordia, lurbam, 
Nunc te sacralœ restiluere manus. 



Causa recens melior; passos Germania crines 

Porrigit auspiciis, dux venerande, tuis. 
Inde Iriumphala; libasti munera gentis, 
Templaque fecisli, quam colis ipse, Deœ. ' 

Ov. Fasl. I, v. 637-640 et 643-6/(8. 
— Tibère consacra à la reconstruction du temple de la Concorde, bâti du temps de 
Camille [Ov. Ibid. v. 641] le butin fait dans la guerre d'illyrie. 11 entre cependant un 
peu de flatterie dans ce que dit Ovide à ce prince, au sujet de la Germanie ; envoyé dans 
ce pays après la conquête de l'IUyrie, il empêcha seulement les Germains de se joindre 
aux Pannoniens [Dion. LV, 34]. Le triomphe de la Germanie fut réservé h Drusus, fils 
adoplif de Tibère [Dion. LVJ, 18]. Ce dernier, à son retour d'illyrie, dédia le temple de 
la Concorde et plaça, dans l'inscription de dédicace, son nom et celui de Drusus son 
frère, tué quelques années auparavant sur les bords du Rhin. Voy. le § suivant. 

IV. Tô» àï £?-^a- STct ri, Tî *5;J.0-jiU0-J 'JV^O Xoll TlèzpioU XC(.dlSp(ij3r„ /.'A aJT'j) TÔ, zs c/.si- 

vo'j rnoii-v., xal T5 ToX) \p'jii'70-j ■zoli 'liù'fo'j /M x-.djr,7.i-zoç ir.v/f.à'Y-ri. DioN. LVI, 25 •. 

V. A Germania in Urbem posl biennium regressus, triuraphum quem distulerat egit... 
[Tiberius)... Dedicavit et Concordiaj aedem : item Pollucis et Casloris, suc fratrisque Do- 
mine, de manubiis. Suet. Tib. 20. 

VI. ï-^ o" b'jTzpc/.icf oi/vî/^ivTî; ii/Y;picxvT5 T/;, //,iV O/jtsvotaj t£/DÔv, oisTiîp yjJlaro â 
Kx;/.ÙJ.Oi, dç tï;v àyopxv xoù di Tviv è/<z)./;îi«v cinomov, è-i tsîs •/r/îv/;//svo(; iopù^xsdxi. 
Plut. Camill. 42 2. 

* Aono scquenti Tiberius .-cJem Concordias sacravit, iuscriptis suc et fratris Drusi, quamvis 
vita functi, nominibus, = ^ Insequenti die coacto populi concilio, sciscitur ut sedes Concor 



48 



DESCRIPTION DE ROME. 



Vn. Fra il Carccre ed il lompio detto di f.iove Tonanle, il Tabuinrio c l'Arco di Sel- 
limio, npl cslale dcH' atiiio 1817, fu trovala la cclla, cou quallio iscriziuiii, tulle volivc, 

iii lie délie quali le|,'f;evasi il nome délia Coiirordia- La relia (çiaee solto la torre 

aiij;olai(' del Campidotîlio presse la cordoiiala ; ma i miiri lalerali sono ta^liali iii tçuisa 
elle ))Oco pii'i di i)uakli(! |)it"de si ahano da leira ; da rio pero clie si scopri fu osservalo 
die essa era riveslila di niarnio numidico e fii^io; de' quali é pure laslriralo il pavi- 
niento, rlic inclue è roperlo pure di quella pielra délia volgarmcnle marmo affricano. 
Nlliliv, Fnro Romano, c. I, p. 139. 

VIII. Nil)by a oublié d'ajouter, dans le g précédent, qu'on trouva, incrusté dans lo 
seuil de marbre de la porte du temple, un petit caducée de bronze, symbole de la 
concorde. Nous avons nous-nième reconnu cette incrustation dans ce seuil, qui est 
encore en place. M. Le Fuel, archilecle pensionnaire de l'Académie de France à Itome, 
en a donné un dessin dans ses Etudes des monuments au bas du Capilole, exposées à 
l'uris, au Palais des Beaux-Arts, en octobre 1845. 

IX. Iconoyraphie. — In a'de Concordiie Victoria (|ua> in culmine cral, fulmine icla 
dccussaque, ad Viclorias qua; in anlefixis erant, lucsit, ncque inde procidil. ïit.-Liv 

XXVI, 25 [an. 511]. 

X. Des deux figures ci-contre, 
la première est un petit fragment 
du plan de marbre, sur lequel on 
>oil retracé un coin du temi)le do 
la Concorde ; ce fragment est gra- 
vé dans Bellori, tab. IX. L'autre 
est le revers d'une médaille de 
grand bronze, de Tibère, repré- 
sentant la façade d'un temple 
dont l'aspect et le plan sont d'ac- 
cord avec les descri|)lions écrites 
et les fouilles. Voy. Moreul. Nu- 
mismat. XII imp. rom. t. I, Num. 
Tiberii, tab. V, nO 18. 

IN PRONAO .«DIS CONCORDI^ FRATRES ARVALES 
SACRIFICIVM DE.E DLE INDIXERV.NT. 

WARINI, Atli e monumenli degli Àrvali, tav. XXIV, XXVIII.— Voilà bien l'indication 
de l'avant-corps du temple. 



dia», quani vovenit Caniillus, qure Foro et concioiii imniineret, ob sedatum exslruerctur 
niulluni [an. 76^]. = * Le iscrizioni dicono : 

M.ARTORIVS.GEMINVS 

LEG.CAESAR.AVG.PRAEF.AERAU.MIL. 

CONCÛRDIAE. 




I 



/VSITAMAE 



/jro. S ALVTE.TI.CAESARIS 

AYGVSTI.OPTIMI.AC 

IVSTISSIMI.I'RINCIPIS 

concordiae 
avrI.p.v 
argentI.p.x. 



La prima di (jucsle tre è la più conservât:» di lutte, eti .ipparliene ail' cpoca di Au[;uslo, del 
quale fu Icyalo (juel M. Arlorio (Icmino, clie fu anche prcfclto dell' Erario niililaru isUluilo 
dullo siesso Augusto. 



RÉGION Vni. — FORUM ROMAIN. 



49 



84. Temple de Jupiteb-Tonnant. Tout à côté du tomple de la Concorde 
dont il n'est séparé que par un étroit sentier. Sa façade regarde aussi vers le 
Forum. Ce temple, bâti en marbre blanc massif, fut érigé par Auguste qui le 
dédia l'an 7321. Comme il se trouvait resserré entre le mur du Tabulariuni et le 
Clivus Capitolin, on n'avait pu établir sur sa façade une file suffisante de de- 
grés, et il avait fallu les prolonger jusque dans les entre-colonnements. Devant 
le temple on voyait les statues de Castor et de PoUux. Le temple était d'ordre 
corinthien avec colonnes cannelées. La statue du dieu était en airain de Délos. 

I. ^des Jovis Tonanlis ab Augusto dedicala inClivo Capilolino. P. Vict. de Reg. urb. 
Rom. MU. Voy. ci-desus n" 85, g VII. 

II. Cum dedicalam in Capilolio œdem Tonanti Jovi assidue frequentaret [Auguslus], 
somniavil queri Capitolinum Jovem cultores sibi abduci, seque respondisse : Tonan- 
tcm pro janitore ei apposilum ; ideoque mox lintinnabulis fasligium œdis redimivit, 
quod ea fere januis depcndebant. Suet. Àug. 91. — Voy. plus haut n" 68, g Vil. 

III. Publica opéra plurima cxslruxit [Auguslus], œdcm Tonanlis Jovis in Capi- 
lolio. Ibid. 29. 

IV. Hoc frit exemplar... deliaci [aeris] Jupiter in Capilolio in Jovis Tonanlis œde. 
Plin. XXXIV, 2. 

V. Marmoreas parieles habuit scena M. Scauri, non facile dixerim sectos an solidis 
glebis posilos, sicuti est hodie Jovis Tonanlis œdes in Captolio. Id. XXXVI, 6. 

VI. Hegiœ Minerva laudalur,... et Caslor et PoUux ante œdem Jovis Tonanlis. Id. 
XXXIV, 8. 

Vil. La colonna più distante dal Carcere, avea eonservalo inliero il suo basamento 
di marmo, e nel masse che lo compone, si veggono indicali i segni de' cinque gradini 
pcr i quali si saliva dal ripiano nel tempio [di Giove Tonanle]. Quesli gradini per man- 
canza di spazio eransi dovuli fare nel inlercolunnio. Nibby, Foro Romano, c. I, p. 134. 

VIII. Kat TÔv Toû âiib; tsû ByîOvTWvr^î èTZC/.ccloit/Asvotj vaiv xu9(.zpu7sv nspt ou S!jo 
Taura TraysafiVdoTat, on totc tï iv rvj hpoupyicf. fipo'.ncà èyévo-jTO, x«l //£t« Txûtx ovxp 
Tw Aùyoùaru zoiô-jâ- inécTvj. Twv yyp àvdpo'nzorj, xà //.s'y zi, TtpOi to fsvov xat toû ovojxoi- 
TOî «jTtû xat Toû z'iooui, rà as /ai, cti bnb zoxj Auyoiiazou Ïâp-JTO, p.iyizTO-j as, &ri Tzpùrot 
o't à-no-nii ig tô Kv.nnay-i.o-> i-JizbyyçtJO-J, -poQipyop.i'iw/ tî «^tw zal o^êovxwv, t^o\i 
TÔv bÀT. Tov b) TÛ p-iyùX'ji vaw ovt«, op^yrc' ^i ^^^ '^'^ âeÙTspa. xjtoIi ipspàp.îvov Troislidcc^ 
xa't sx zoiiTOu ixîho} zs giTTclv [d>î Ëlsys'j) on TzpofiiloiAX riv HpovrÔiJTX iyov xat InnSfi 
■r,lj.ipv. iyi-jzzo, xoJic-jva ajTw TT£p(.ri<p-, /Siêatwv t/;v ô-jEtpu'(iv Diox. LIV, 4 *. 

IX. Iconographie. H existe encore, au bas du mont Capilolin, du côté du Campo 
Vaccino, une ruine du temple de Jupiter Tonnant, consistant en trois belles colonnes 
cannelées, en marbre blanc, surmontées d'un reste d'entablement, également en 
marbre blanc, dans la frise duquel on voit, parmi quelques instruments de sacrifice, 
un casque de flamine-dial avec un foudre sur le frontail, emblème du culte de Jupiter. 
Piranesi a donné une vue de cette ruine. Voy. Anlichilà romane, t. I, tav. XXXIl, 

fig. 2. — Les trois colonnes, jadis enterrées jusqu'au chapiteau 
ne furent déblayées, el les marches du temple mises à décou- 
vert, que de l'année 1816 à 1817. Voy. Caristie, Plan et coupe 
d'««e partie du Forum romain, etc. gr. in-folio. Paris, 1821. 
Revers d'un denier d'argent d'Auguste représentant le temple 
de Jupiter-Tonnant. On reconnaît qu'il est d'ordre corinthien. 
Le dieu, debout, est nu, la main gauche appuyée sur une haste 
pure, el la droite armée de la foudre. Morell. numismat. XII 
imp. rom. l. I, Num. Aug. tab. XVII, no 39. — Ibid. Aureus, 
tab. XI, no4. 




1 Jovis ctiam Tonantis lemplum dedlcavit [Auguslus an. 732]. De qua re duo haîc comme- 
moraiilur, et in ipso tune sariificio tonitrua extitisse, et somnium deinde Augusto laie obla- 
lum. Quu'm proptcr nominis ac forma» ejus Jovis novitatem, et quod ab Aujjusto is conse- 
cratusesset, maxime autem, quod adscendentes in Capilolium, ad eum primo pervetiiebaut, 
ab omnibus Jupiter Tonans frequentareiur ae coleretur; imaginatus est in somnis Auguslus 
Jovem Capitolinum secum exspostulare, quod secundo jam ipse loco haberelur, seque respon- 
disse excubiiorem hune Tonantem ei Capilolino a se esse positum : ideoque orta die,lintiunai 
hula Jovi Tonanti appendit, somnii confirmandi causa. _ 

4 



50 DESCRIPTION DE ROME. 

Place du FonuM romain. Le mont Capitolin ?i l'O. ; la Basilique Jiilin au S. 
[n" 1 1 f)J ; la voie Neuve, au bas du inoul Palatin à TE., jusqu'à l'Arc de Fabius 
[n° 127], et la voie Sacrée au N., foi niaient ses limites. Elle était dallée en 
pierre de Tibur (travertin). Nous coiniuencerons la description par le côté si- 
tué au bas du mont Capitolin. 

I. Profondandosi lo sravo nel 1818, si rilcv6 che il piedeslallo [délia Colonna di 
Foca] s'inalzava su di 11 sraglioni di marmo, clie pianlavano su! piano dcl Foro laslri- 
calo di travertini. C. Fea, Vescri^. di Roma antica emoderna, l. II, p. 272. 

8o. Les Rostres. — L'Ombilic de Rome. — Statie de Mabsvas, et aitres 
STATUES. On sait que les Rostres étaient la tribune du peuple romain. Nous v^no- 
rons quand fut établie cette tribune; son installation doit remonter au moins 
aux premiers temps de la république. Dès l'an 41 C ou 417 on la décora de six 
éperons en airain {rosira) de navires pris sur les Antiates, et celte décoration 
liéroïque lui valut le nom de Rostres. La tribune était originairement, prés du 
Comitium [n'^ 12'^], devant la Curie Hostilia [n° 122]. L'an 710, César la 
transporta devant le temple de la Fortune fn" 86], comme dans l'endroit le 
plus central du Forum. En effet, de là les Rostres sont vus de toutes les parties 
du Forum, de la partie oi'ientale, qui leur fait face, comme de la partie méri- 
dionale qu'ils ont de côté. Cette tribune était un vaste piédestal en pierre, 
adosse à la branche du Clivus Capitolin passant entre les temples de la Fortune 
et de Jupiter-Tonnant. Du côté du Forum elle présentait une partie circulaire 
sortante, haute de six ou sept pieds, au bas de laquelle se trouvait une petite 
place quadrangulaire, défendue par une balustrade en pierre, et formant un 
véritable parquet, où se tenait l'accusé dans les affaires de jugements publics. 
— V Ombilic de Rome était une colonne placée à l'angle droit de la Tribune, et 
qui marquait le centre de la ville. — A gauche, sur la place même, était la 
SUilue du satyre Marsyas, et du même côté ainsi qu'à droite, diverses slatiics. 

I. Rostra populi Romani II. Sext. Ruf. de Reg. urb. Rnmw, VIII. 

— Le Régionnaire, par le nombre II, désigne ici les Vieux Rostres cl les Nouveaux 
Rostres. Les vieux sont ceux dont nous nous occupons; nous parlerons ailleurs des 
nouveaux. Voy. plus bas n'^ 116, g IX. 

IL Rosira populi Romani. P. Vici. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

III. Kal zaTs'o/iJav etç ùyopiv ûs oxj'j èTzmy.ç b Kàrwv y.axûis rh:i vcùv Tîiv 

os /.udy;/j.s\iO'j Kvw fj.-zà Kubuf^Oi TÎv MinX/ov, i-i'^-f^v^xi Tipoç -oxjî fUoji. Plut. Cat. 
min. 27. — ETTci oï xarcïJ'îv o MeVî^^o; i/5ïj,atav trsp'i zb jiny-x zat fuyvjv cY àyop^.ç T'iv 
èva-jTiov/j.év'M-j, Tïc.-JTxKWjt Ttsmdùi /.pxTslv Jbid. 28 '. 

IV. Speculalur atque obsidet Rosira, vindex lemerilatis et moderalrix officii Curia. 
Cic. pro Flacco, 24. 

V. Cum senalus ad eum [Drusum] misisset, ul in Curiam veniret : « Quare non po- 
tius, inquit, ipse in Hosliliam propinquam Rostris, id est, ad me venil? » V. Max. IX, 
5. 2. [an. 662]. 

VI. Cun* duorum generum,... ut Curia Hostilia, quod primus aedificavil Hostilius rex. 
Ante hanc Rostra. Varr. L. L. V, g 155. 

VIL Rat 70 /5-/;//a, £v /jlî<3'ji tio-j TtpÔTcpo-J r^i àyopSi ôv, 1, tôv vOv tottov, ù-.'EyoipicO-^y 
xal xJT'jt V) ToZi X'Alou -où T£ Woii.-KfXrtxt tiy.'ji-i àrusdiOTi- DiON. XLIII, 49 *. 

— Le mol fir,ij.u., signifie également tribunal ou suggeslum. Pline, d'ailleurs, donne 
aussi aux Rostres le nom de tribunal : — Antea rostra navium tribunali preefecla Fori 
derus erant. Plin. XVI, 4. 

VIII. Eranl enim tune Rostra non in eo loco quo nunc sunt, sed ad Comitium, 

* In Forum descendit [Cato] Ut iyitur resistens Cato .-edem Castoris conspexit ar- 

matis septam, insessos a gladialoribus gradus, ipsum ïictelliim edito loco cum C.-Bsare 
conspexit consiJenlein, in amicos versus: etc. — Ut solltudinem jMctclliis in Rostris vidli, et 
fu;;:im in Foro advcrsariorum existinians, etc. = ^ Tum tribunal quoque, (jaum ante medio in 
Foro positum csset, in eum, quo nunc est, locum translaium est : restitutœque sunt juxta illud 
Syllaî ac Ponipeii statuae [an. 710]. 



RÉGION Vril.— FORUM ROMAIN. 51 

propo juncla Curi.-c, AscoN. in Milo. p. 195. — Tune di^signe l'époque des funérailles 
(le Clodius, l'an 701, et 7iunc, le temps où écrivait Ascunius, c'est-à-dire sous le 
principal de Tibère. 

I\. Dans le passage suivant de Sénèque, les Rostres sont mis en opposition avec l'Arc 
de Fabius. — Tibi indignum vidcbatur, quod... a Uostris usque ad Arcum Kabianum 
per scdiliosae factionis inaiius Iraclus, voces improbas, et spula, et omnes alias insanae 
mulliludinis contumelias pertulissct [M. Calo]. Se.nec. de Const. Sapienl. 1. 

X.... Loculurumque inde nobiscum de locosuperiore ; nec lantulo superiore, quanto 
Rostra Foro et Coniilio excelsiora sunt ; sed quanto aitiores anlenuae sunt prora vel 
potius carina. Fkunt. Epist. ad M. Anlo. I, 2. 

XI. ()t T/jV ù.y/r,' naryjJ.'X'j-j-Jxs.i, ï-i rov Ki/.époi-joç -hy.ipxi (5).iyaj v.pxo'JTOç, oj/. si'ov 
Si;/j.-/}yopû-j x'jTÔ-J, àlX uT^ïp T'iv à/j-SHoiv jiy/Jpx OévTzi, oj TTa^tcffXV, ojà" èTléTpîTïO-^ 
/s'yîtv. Pllt. Cic. 23 '. 

XII. Parquet des Rostres. Tite-Live, parlant de Scipion qu'on voulait mettre en ac- 
cusation devant le peuple, dit: — Et sub Uostris reum siare, et prcebere aures adoles- 
centium conviciis. Tn.-Liv. XXXVllI, 33. — Et plus haut, de Scipion le premier Afri- 
cain , mis en accusation devant le peuple : — Cilalus reus, magno agmine amicorum 
clientiumque per mediam concionem ad Rostra subiil. Ibid. 51. 

XIII. Naves Antialium, partim in Navalia Romœ subduclne, partim incensœ, roslrisque 
earum Suggeslum in Foro cxstructum adornari placuit; Rostraque id templum appelia- 
tum [an. 417]. Tit.-Liv. VUl, 14. 

XIY. Exstant et parla de Antio spolia, quae Mœnius in Suggestu Fori, capta hostium 
classe, sulllxit; si lamen illa ciassis, nam ses fuere rostratœ. Flor. I, 11. 

XV. Eodemque in consulatu [C.Maenii] , in Suggestu rostra devictis Anliatibus fixerat, 
anno UrbisCCCCXVI. Phn. XXXIV, 5. 

XVI. Iconographie. On a retrouvé à l'angle méridional de l'Arc de Septime-Sévère, 
[Xolli, no 9G ; Lelarouilly, rion. 1, 70], un massif avec revôtement en marbre blanc, 
qui s'étend vers le temple de la Fortune. Il a la forme semi-circulaire extérieurement, 
et au pied on a reconnu aussi une petite place carrée, dallée en pierre, à laquelle 
nous avons donné le nom de Parquet des Rostres. 

La Cgure ci-jointe représente les Rostres, avec leur forme 
demi-circulaire et les éperons de navire qui décoraient leur 
base. C'est le revers d'un denier d'argent de Palicanus, qui fut 
tribun du peuple l'an C82. Voy. Thesaur. Morell. , famil. 
Lollia, 1. Voy. aussi Vaillant, famil. rom. Lolita, 4. — 
Pendant le seizième siècle, on a trouvé dans cet endroit des 
fragments de Rostres: — Arcus vero Septimii ad dimidiam 
fere parlem alliludinis terra obrutusest.Et tamen locus adliuc 
ab illo, ad hune totus acclivis est. Sed aiunt vestigia quœdam 
rostrorum ibi reperla fuisse, quum inde aliquando terra effo- 
deretur, et ego quoquc non negarim ibi fuisse Rostra vê- 
lera. Demûxtios. Gallus J^^mœ hopes, part. 5, p. 3. Rome 1383. 

XVII. Ombilic de Rome- Umbilicus urbis Romœ. P. ^ICT. de Reg. urb. Romœ, MU. 
XVIli. Umbilicum Romœ- -"^otit. Imper, reg. Vlll. 

XIX. L'Ombilic de Rome a été retrouvé dans les ruines dont nous avons parle ci- 
dessus § XVI. Ce lieu était considéré par les Romains comme le centre de la ville, bien 
qu'il soit réellement vers une des extrémités; c'est que le Champ-de-Mars, quoique silué 
hors des murs, faisait partie intégrante de Rome. Tite-Live parlant de la Prison publi- 
que, et se reportant sans s'en apercevoir à l'époque où il écrivait, ou tout au moins à 
une époque postérieure aux rois, dit qu'elle lut bâtie par Ancus Media urbc, immi- 
nens Foro [I, 53]. , . j n 

XX. Statues devant et auprès des Rostres. Slalue de Marsyas, à gauche des Ros- 
tres. Elle avait une main levée. 

Deinde eo dormitum, non soUicitus mihi quod cras 
Surgendum sit mane, obeundus Marsya qui se 
Vultum ferre negat Noviorum posse minoris. 

HOR. I, S. 6, V. 119-121. 




* Qui, inito magistratu, quum psuci adhuc dies Ciceroni consulatus superessent, non fe- 
cerunt ei copiam concionis habendœ : sed positis pro Roslris subselliis, non fecerunt ei jus, 
neque potestatem dicendi. 



r;2 DESCRIPTION DE ROME. 

— Noviiis (•lait un fônéralour [Mon. Ibid., v. 40] ; la statue de Marsvas devait donc se 
trouver du eôlé de l'un des deux Janus, rendez-vous de ces sortes de t;cns. 

XXI. IMarsya statua erat in Uoslris, ad (|uani solebant iiomines illi cotiveniro, qui 
inter se iites atque ne^olia coniponebant. Nam et a statua nomcn iocus acceperal, in 
quo solebant esse aecusalores. AciioN. in llor., 1 , S. 6, v. 120. 

XXII. Marsyas avait une main levée.— Novii fratres fuerunt, quorum niinor ad lo- 
cum, qui appellatur Marsya, fœiierari consueverat. Ili aulem Novii fuerunt arerrimi fœ- 
neratores, et jocalur de liac re lloralius; ideo ail Marsyam unam erectam manum lia- 
bere, quod illorum fu-neralorum impudentiam non potesl sustinere ; deinde quod ad 
statuam Marsya; vadimonium statuebalur. AcnoN. et Poni'Hvn. in llnr. I, S. C, v. 121. 

XXIII. Sénèque, racontant les débauches de Julie, fille d'Auguste, dit: — Forum ip- 
sum ac Rosira, ex quibus paler legem de adulteriis tuleral, Gliœ in slupra placuisse, quo- 
lidianum ad Marsyam concursum, ... jus omnis licenliœ sub ignolo adullero peteret. 
Senec. de Benef. VI, 32. 

XXIV. Patrique Lywo. Qui, ut supra diximus, apte urbibus liberlatis est deus. Unde 
ctiam Marsyas ministcr ejus per eivitates in foro posilus liberlatis indicium est : qui 
erecta manu teslalur niliil urbi déesse. Serv. in JEncid. IV, v. 58. 

XXV. Statues de Rnmulus et de Camille. — Ex his Romuli est [statua] sine lunica, 
sicut et Camilli in Rostris. Plin. XXXIV, 6. 

XXVI. Statuettes de quatre ambassadeurs romains. — C. Fulcinium, Clœlium Tul- 
lum, Sp. Ancium, L. Roscium, legatos Homanos... interfecerunl [Veienles]... Legalorum 
qui Fidenis ca>si erant, slatuœ publiée in Rostris posilœ sunl [an. 518]. Tit.-Liv. IV, 17. 
— Lar Tolumnius, rex Veientium, quatuor legatos populi Romani Fidenis interemit: 
quorum stature in Rosiris steterunt usque ad nostram memoriam... Cn. Oclavii, clari et 
magni viri, qui primus in eam familiam, qua? postea viris fortissimis floruit, attulit con- 
sulatum, statuam videmus in Rostris... Quum esset missus a senalu ad animos regum 
perspiciendos libcrorumque populorum, maximeque ut nepotem Antiochi régis, ejus, 
qui, ciim rnajoribus noslris bellum gesserat, classes habere, elepliantos alere prohi- 
beret, Laodicea; in gymnasio a quodam Leptine est inlerfectus. Cic. Philipp. IX, 2. 

XXVII. Inter antiquissimas sunt [statuas] et Tulli Clœlii , Lucii Roscii , Spurii Naulii , 
C. Fulcinii in Rosiris, a Fidenatibus in legatione interfectorum. Hoc a republica Iribui 
solebat injuria csesis, sicut et P. .lunio, et Tito Coruncanio, qui ab ïeusa Illyriorum re- 
gina interfccti erant. Non omillendum videtur, quod annales adnotavere, tripedaneas 
his statuas in Foro statulas. Ilœc videlicet mensura honorata tune erat. Non prœteribo 
Cn. Oclavium ob unum scilicet verbum : hic regem Antiochum, daturum se responsum 
dicentem, virga quam tenebat forte circumscripsit, cl priusquam egredcretur circule 
illo, responsum dare coegit. In qua Icgalionc interfcclo, senalus statuam poni jussit 
quam oculalissimo loco in Rostris. Plin. XXXIV, 6. 

XXVIII. Statues de Sylla et de Pompée. Rétablies par J. César l'an 710. Voy. ci- 
dessus § VII. 

86. Temple de la Fortune. — Sur le coté : Schola Xantha. Le toiiiple était 
situé au bas du mont Capilolin, le flanc droit tourné vers le temple de Jupiler- 
Tonnant, qu'il masquait en partie, et dont le clivus le séparait. Le flanc 
gauche donnait sur le Forum. Ce temple était un pseudodiptère ionique. Ou 
ignore quand et par qui il fut bâti. La Schola Xanlha se composait de trois ta- 
vernes situées sur le Forum, au pied du soubassement du temple de la For- 
lune. C'étaient des tavernes d'écrivains pour les actes publics. 

I. Ce monument a été appelé Temple de la Concorde, jusqu'à la découverte, faite 
de nos jours, du véritable temple de la Concorde. Une inscription trouvée à Prénesle, 
et au commencement de laquelle il est question d'un Temple de la Fortune, voisin de 
Jupiter-Tonnant, lui a fait donner le nom qu'il porte aujourd'hui. Voici le fragment 
de cette inscription qui nous concerne: 

TV.QV.E.TARPEI0.C0LERIS.V1CINA.T0XANTI 
VOTORVM.YINDEX.SEMPER.FORTVNA.MEOnVM, CtC. 

BOISSARD,/!»!/;?. rom., VI pars. 81 ; MARLIAN. Topngr. Rnmœ, c. XI; GRrTER,p.72. 

II. Qui presso a questo tempio [della Forluna] caxendosi profondamente non é gran 
tempo, si trovù come un portico, o come tre bolteghe dove sta\ano gli scrittori degli 
atti publie! , o notai che diciamo, come dalle iscrizioni che vi erano si potea congiel- 
lurare; perciocché nella fascia o architrave di marmo, che cingeva quesla opéra, la 



RÉGION Vlll.—l'OUUM ROMAIN. 53 

qujilc *' sta(a a' tcnipi noslri rovinata lutta affalto, c portatcnc via le piètre ; si leggc- 
vano dalla parle di dentro su le entrate qucslo parole : 

C. AVILIVS LICINIVS TUOSIVS CV 

HATOU SCIIOLAM DE SVO FECIT BE 

BRIX AVG. L. DnVSIANVS A FABIVS 

XANTHVS CVR. SCRIBIS LIBRARIIS 

ET PRJ2C0NIBVS .ED. CVR. SCHO 

LAM AB INCHOATO REFECERVNT 

MARMORIBVS ORNARVNT VICTO 

RIAM AVGVSTAM ET SEDES ^NEAS 

ET CETERA ORNAMENTA DE SVA 

PECVNIA FECERVNT. 

Nel medesimo fregio da la parle di fuori, che era di opéra dorica, lavoraio pcrô 
schiellamenle, si leggevano quesle altre : 

BEBRIX AVG. L. DRVSIANVS A. FA 

BIVS XANTHVS CVR. IMAGINES AR 

GENTEAS DEORVM SEPTEM POST 

DEDICATIONEM SCHOL.E ET MV 

TVLOS CVM TABELLA .ENEA DE 

SVA PECVNIA DEDERVNT. 

LUCIO FAUNO, Antichità di Roma, lib. II. c. 10. 
m. Cavendosi pavimente qui apprcsso [le temple de la Fortune, pris alors pour celui 
de la Concorde], non 6 molto tempo, si ritrovarono come Ire botleglie, che dal (itolo, 
che vi era, si è congetturato che fosscro curie di notari. Aldroandi, Memorie, a" 2. 

IV. Schola Xantlia. Skxt. Wvf. de Reg. urb. Romœ, VUI. 

V. Iconographie. Il reste encore du temple de la Fortune dix colonnes ioniques, en 
granit gris, avec leur architrave et une partie de fronton. Palladio [Àrchilelt., lib. IV, 
c. 30, tav. 95, 96, 97], a donné une restauration complète de ce temple. On en trouve 
aussi une vue dans l'iranesi [Antichità Romane, t. 1, tav. XXXII, fig. 1]. Tous deux 
le nomment temple de la Concorde. 

87. Arc de Tibère. Entre le temple de la Fortune [n" 86] et celui de Sa- 
turne [n» 88], vis-à-vis de la branche du Clivus Capitolin qui descendait sur la 
partie méridionale du Forum. L' an 768, Germauicus ayant retrouvé en Ger- 
manie une aigle jadis perdue par Varus, un Arc de triomphe fut voué, sans 
doute par le sénat, en l'honneur de Tibère, sous les auspices duquel Germa- 
nicus avait combattu. Il fut dédié vers la fin de l'année 769. 

I. Fine anni [769] Arcus propter œdem Saturni, ob recepta signa cum Varo amissa, 
ductuGermanici, auspiciisTiberii, et œdesFortis Forlunœ... dicantur. Tac. Ann. 11, 41. 

II. Nel rifarsi, nel secolo XVII, l'ospedale délia Consolazione [Nolli, n" 969 ; Lela- 
rouilly, rien. X, 50] per le donne ferite, si rinvennero i fondamenti di travertino di una 
fabbricha che si crede appunto l'Arco di Tiberio ; è certo perô che se non è, non dovù 
starne molto lungi. Nibbv, Foro Rnmann, cl, p. 110. 

III. Iconographie. Cet Arc construit en un an, dans un pays où l'édificalion des mo- 
numents était fort lente, prouve qu'il était peu important. 

88. Temple de Saturne et Trésor public. Au bas du mont Capitolin, du 
côté de la Roche Tarpéienne, au débouché du ClivusCapitolin sur le Forum. Ce 
temple fut probablement bâti par le roi Tullus HostUius, et dédié l'an 25o ou 
259 de Rome. Mais avant sa dédicace, Publicola, consul l'an 245 ou 216, y lit 
établir le Trésor public. Le temple de Saturne fut réédilié du temps d'Au- 
guste, par Munatius Plancus, l'un des consuls de l'an 71 1 . Nous avons in- 
diqué derrière diverses pièces qui étaient le Trésor proprement dil. 

1. TuUum Ilostilium, cum bis de Albanis, de Sabinis tertio Iriumphasset, invenio Fa- 
num Saturne ex volo consecravisse, et Saturnalia tune primum Homae inslitula : quani- 
vis Varro libre Sexto, qui est de sacris œdibus, scribal sedem Saturni ad Forum fa- 
ciendam locasse L. Tarquinium regcm ; Tilum vero Larlium dictatorem Saturnalibus 



54 DESCRIPTION DE ROME. 

eam dcdicnssc. Ncc me fugit r.ellium srriberc scnatum decresse ut œdes Saturni ficret: 
ci rei L. Furium tribunum militum praeruisse.... ^dem vero Saturni acrarium Romani 

esse voluorunt. MAriuiii. Satur., I, 8. 

II. Consulcs y. Cla-lius et T. Lartius. Inde A. Sempronius et M. Minucius : liis ronsu- 
libus [an. 25.5] œdes Salurno dedicata : Saturnalia inslitutus festus dies. Tit.-Liv. II, 21. 

III. liû't Toircov paît Twv iirTKTCijv riv vsoij ■/.'xOtîp'j>0?i':ui rOi K.^ivw, zxrà tjjv y.jooo-j 
TirfJ eUrb KaTTiroi^io-j féf.oo'ju.-j è/. rr,i à./Of.y.i. D. Halic. VI, 1'. 

IV. Sur la position du temple de Saturne, voy. plus haut n» 64 jÇ VI. 

V. Oresiis vero ossa, ab Ariria Ilomani translata sunt, et condila ante templum Sa- 
turni, quod est anle Clivum Capitolini, juxla Concordiae templum. Serv. in JEncid., Il, 
V. \\r^. 

VI. In parlem est admissus imperii [Saturnus], et sibi oppidum fecit, sub Clivo Capi- 
tolino, ubi nuno ejus /Edcs videlur. Idid. VIII, v. 319. 

VII. Aeceplœ a populo leges in i^irario claudebanlur, quoniam Jirarium Saturno di- 
caluni erat, ul hodieque iErarium Saturni dicilur. Iiud. VIII, v. 322. 

VIII. Ta//£'(îv /y.5v «TiMStl^s Tsv Toû Kysévou vaiv, w ftéx(iL vïjv xpùift-fJOi Qiurùoï/m. 
rniT. Poi/ic. 12 2. 

IX. Tô) ik zoû Kpôvou v«w appxyi^xi iJia; sTtsêa^sv, è'TTwj oi zoifi.lv.1 iMr,àïv l| ciùroû 
^u.jj.Oy.-Joivj, fj.rfi' stspe'/îotîv. Plut. Ti. Grâce. 10 3. 

X. Aià Tt Tw Tîû K/îovov vaw ypCivzcii Tot.ii.iio) zG>-J â/)ij.o^i'j>-j ypr.iJ.'Xzofj, «//« Oî /at 
t^>j>'x/.zr,fA'^ Tôjv ajaé'//.ui'j>-j. Pll'T. Quœst. rom. p. 112*. 

XI. Templum Saturni. Sext. IIif. de Reg. urb. Bomœ, VIII. 

XII. Areus interdiu sereno rœlo super aedem Saturni in Foro Romane, intus, et très 
simul soles effulserunt. ÏIT.-Liv. XLl, 21. 

XIII. Censores, ... locaverunt... porticum ab aede Saturni in Capitolium ad Senacu- 
lum, ac super id curiam. Ihid. 27. 

XIV. I.ucain, parlant du temple de Saturne que César se fit ouvrir au commencement 
de la guerre civile, dit : 

Prutinus abducto paluerunt templa Melello. 

Tune rupesTarpeia sonat.... Lucax. III, v. 153, 154. 

XV. Ceteros principes viros ssepc hortalus est [Augustusj ut pro farullale quisque mo- 
numentis vel novis, vel refectis, cl excultis Urbem adornarent. Mullaque a multis cx- 
slrurta sunt, sirut a Hlarcio Philippe œdes Ilerculis Musarum ; a L. Cornificio a;des 
Dianaj; ab Asinio Pollione Atrium liberlatis; a Munalio l'ianco œdes Saturni ; a Cornelio 
Balbo Thealrum ; a Slatilio Tauro Amphitheatrum ; a -AI. vero Agrippa, complura et cgrc- 
gia. SiET. Autj., 29. 

XVI. /Edcs quoque sub Clivo Capilolino, in quo pecuniam conditam habebal, .lEra- 
rium Saturni hodieque dicitur. A. Vict. Orig. gent. rom. 

XVII. Iconographie. Il ne reste plus rien du temple de Saturne ; mais les cours que 
nous avons plarccs sur les deux lianes de l'édifice nous ont paru indiquées par le mol 
cavea de la citation suivante d'une antique loi sur les appariteurs : qvas in decvrias 
viatoriji pryeconvm consvl ex hac lege viatores pr^ecoxes legerit, qvorvm viatorvm 
pr.î;convm komixa in eis decvrieis ad vEdem satvrni in pariete intra caveas proxvme 
ANTE HANC LEGEji... SIGON. de aiiUq. jure civi. rom. II, 9 et 15, et apud Egger, Lat. 
serm. velusUor. reltq. XLVI, p. 287. 

XVIII. Devant le temple de Saturne : Statue de Sylvain. Fuit étante Saturni a?dera 
Urbis anno ccix sublata [ficus]... cum Sylvani simulacrum subverteret. Plin. XV, 18. 

89. TABi'LAiiiiM DU PEUPLE. Edificc voisiu du temple de Saturne, et qui on 
faisait partie. Il servait de dt'pôt pour les actes el les registres de l'état civil. 

I. Populi Tabularia ubi acius continentur. Significat aulem templum Saturni, in 
quo .^rarium fuerat, el ubi reponebantur acta quœ susceplis liberis faciebant parcolcs. 
Serv, in Georg. II, v. 502. 



* Ilis consiililnis [Aulus Sempronius Airatinus ctMarcus Minucius, an. 262] furunt Saturno 
templum consccralum fuisse in clivo Cnpitolino, qua e Foro ascenditur. = - Attribuit aîrario 
[Poblicola] templum Saturni, quo ad nostram usque aîtatem utuntur. = ^ Templum Saturni 
aunulo suc consipuavit, ne quid qua^stores inde vel sunierent, vel inferrent. = * Cur Saturni 
templo utuutiu' loco iErarii ibidemque comractuum muuimenta adservant.' 



IIÉGION Vlll. — FORUM ROMAIN. 55 

II. Tollis cnim, et libris actorum spargere gaudes, 

Argumenta viri. Juv. S, 9, v. 84. 85. 

— Libris actorum pioplt-r profc-ssionem srilifcl, ([uia apud /Erarium patres nalorum 
deferebaiitur filinrum. Vel noinirium noiitiam dovulpare conleslalione publica. Vet. 
ScHOL. in Juv. loc. sup. cit. — Voy. aussi ci-dessus n" 88, § X. 

90. Ani-A ET AUTEL DR Saturn'e. V Aren est une petite place située à la 
suite et tout près du Tabulariiim du peuple, à l'entrée du vicus Jugarius. Au 
centre s'élève VAuld de Sftturnc 

I. Ara Saturni. Sf:\t. Ulk. de Rcy. urb. Rnmœ, VIII. 

II. iCdes Opis et Saturni in vico Jugario. P. YicT. Ibid. 

III. Kai -riv jîoifjih-j -Ô> Kyîov&j zoù; E'ttîoù,- iopùzasOui fjLzff H^sazXsîUi ôj éVt xcà vûv 
tàiy.y.sysiTïv.fy'y.zn pii^-/] Tiû /ipsy y.xzx t>;v x-joo-yv r/jv ùnb tri; v.yof^v.c ■^éf^o-joxj di t'o 

l\U.~lTdl\lO\l- Tri-J Tî Oj'j'a.-J, ri-J /M £7:' èy.OÎ/ V'jlUCÛOL zOjO'J, ^uly.zzo-^zsi TÔV é^Xï)vj/.àv vi- 

/*ov, sxîtv^-j, ïtvKi Tîù; zaraiTïîia/uiivoj,-. [). Uai.ic. I, 34 ^. 

IV. Salurnii dicebantur qui castrum in imo Clivo Capitolino incolebanl, ubi Ara di- 
cala ei deo ante bellum Trojanum vidctur, quia apud eum supplicant aperlis capitibus. 
Fest. V. Saturnia. 

V. X'jlw'j ôï zscraj/fivrî; P'jtuv.iou:, ïyf,rizî-i h nû9(5; ^cj»y;(jc£v, iy:i iXà.y.z'jri-v.L zoli 
Y>.pà-joxi Tr,-i ijr^-n-j , /.xï 75Vi ov.ijj.oya.i tôjv c/yiu'jJi ù.~'j'i.'JiJ.ijoyi. Ko'^-y.-iOi oï Kâr)!,, 
à-jir,p, r(,yj lT:iTr,y.'irj, zaTZTXsvczîî TO) O-'ti Tc/;iîv5j rh xsiy.vjo-; t/ûvr/yjj toû TcottyXoj 
opovi, /'A -zVj -l-^j) /5oj;jtîv co")îJja75 rîT^a-oicw-îv. Plut. Parallcl. p. 225 2. 

VI. Icnnographie. Un fragment du plan de marbre, qui se raccorde avec la Basi- 
lique Julia [Voy. plus bas n» ll.ï, Basilique Julia, § VI] et sur leiiuel on lit ce reste 
d'inscription : VP.NI, prouve que l'Area de Saturne était à l'une des extrémités de la 
Basilique Julia. 

91 . Lac ou fontaine de Servilius. Fontaine située au commencement du 
vicus Jugarius et près de la Basilique Julia. Elle était ornée d'une statue de 
l'Hydre do Lerne. 

I. Servilius Lacus appellabatur eo, qui eum faciendum curaverat, in principio Vici 
Jugari, continens Basilic;e Julia-, in que loco fuit effigies llydrœ posita a iM. Agrippa. 
Fest. v. Servilius. 

II. Vidcant largum in Foro sanguinem, et supra Servilium Lacum (id enim proscrip- 
lionis Sullanœ spoliarium est) senalorum capila. Senec. de Provident. 5. 

92 iEQUiMELiUM. Area situé au bas du mont Capitolin, auprès du Lac Ser- 
vilius, dans le Jugarius vicus et non loin de la Porte Caruieutale. C'était un 
marché où l'on vendait de petites victimes pour les sacrifices. 

I. Romee fcpdum incendium per duas noctes ac diem unum tenuit : solo eeqnata om- 
nia inter Salinas ac Portam Carmenlalem, eum ^■Equimclio Jugarioque vico. Tit.-Liv. 
XXIV, 4 7. 

II. Lupus ^squilina porta ingressus, frequenlissima parte Urbis, eum in Forum de- 
currissel, Tusco vico atque inde Melio, per porlam Capenam prope intaclus evaserat. 
TiT.-Liv. XXXllI, 26. 

III. Subslructionem super .Equimclium in Capitolio... locaveruat [censores, an. 565]. 
TiT.-Liv. XXXVIII, 28. — Snbstructio désigne sans doute ici un des murs de soulène- 
nrienl de l'escalier des Cent marches. 

IV. In iEquimelium misimus, qui afîerat agnum, ciuem immolemus. Cic. de Divinal. 
U, 17. 

V. Mélius ayant aspiré à la royauté, fui puni de mort et sa maison rasée. — Domum 



* Et Epeos una eum Hercule Saturno Arani statuisse, qua' iiunc eliain durât, sila ad coUis 
radiées, juxl.i viani qua ex Foro in C.apiloliuni aseemliiur ; el saerificiiini, (|uod mea i tiam 
a^tate Romani ritil)us (;ra;eis observatis faeiebani, al) illis iustilulum feriint. = - Cum autim 
Romani pe>tilent'a invasisset, respondil ApoUo Pylliius fineni inali fore, si t'aturni iraiii pla- 
çassent, e l j;enios injuste 0C( isorum. Itaqiie Lutalius Catulus, unus de prineipibus viris, Sa- 
turno tempium prope Tarpeium niontcm condidit, Aranique in eo collocavit quuiuor liaben- 
tem faciès. 



56 DESCRIPTION DK UOML. 

dsindc, ut monumcnto area cssel opprcss.B nefaria> spei, dirui exlemplo jussil; id 
^quimclium appcllalum est. Tit.-Liv. IV, 16 [an. 316]. 

95. Autels d'Ops et de Cérès. Sur un petit area, à la suite d'.£quime- 
lium fn" 92]. 

I. Vicus Jugarius idem et Thurarius, ubi sunt Ara; Opis el Cereris cum signo Vor- 
lumni. P. VicT. de Heg. urb. liomœ, VIII. — Voy. ci-dessus n» 90, g M. 

II. Addila et unum dicm supplicalio est ex decrelo pouUncum, quod œdes Opis in 
Capitolio de cœlo tacla erat. TiT.-Liv. XXXIX, 22. 

III. AR^ Opis et Cereris in vico Jycario cosstitvT/E svkt. GRUTER. p. 134. — 
Orelli, Inscript, lat. t. II, p. 596. 

IV. In capitolio in jzw.-a opis sacerdotes convenervnt, ad vota nvncvpanda ad 

RESTITVTIONEM et DEDICATIONEM CAPITOLII AB IMPERATORE TITO CXSARE VESPASIANO 

AvcvsTo. MARIM, AUi e monumenli degli Arvali, lav. XXIII. 

04. Vicus JcGARics. Quartier qui commençait auprès de la Basilique Julia 
[n° 113], et s'étendait jusqu'à la Porte Carinentale. 

I. A porta [Carmentali] Jugario vico in Forum venere. TiT.-Liv. XXVII, 37. 

H. Saxum ingens... labefactum, in Vicum Jugarium ex Capitolio procidit. TiT.-Liv. 
XXXV, 21. 

m. Voy. ci-dessus no 90 g II ; n» 91 g I ; n» 93 § I ; n» 9C § III. 

95. Argilète. Quartier au bas de l'extrémité S. E. du mont Capitolin. Il 
se prolongeait jusqu'en dehors de la porte Carmcntale ou Scélérate. On y 
trouvait beaucoup de tavernes (boutiques), et particulièrement des tavernes 
de librairies. 

I. Sur la position d'Argiléle, voy. ci-dessous n" 99 g I, III. 

II. Quinlus fraler, qui Argiletani œdificii reliquum dodrantem émit H-S dccxxv, 
Tusculanum venditat. Cic. ad Atlic. I, 14. 

III. Ciccron pariant d'une pension qu'il faisait à son fils, dit : Accommodcl ad mer- 
ces Argiletani et Aventini. Cic. ad AUic. XII, 32. 

IV. Ad lihrum suum. 
Argiletanas mavis habilare tabcrnas. 

Cum tibi, parve liber, scrinia noslra vacent. JIart, I, 4. 

V. Vertumnum Janumque, liber, spectare videris, 
Scilicet ut prostes Sosiorum pumice mundus. 

HoR. 1, Ep. 20, V. 1.2. 

VI. SiGiLL\RiA. Aulu-Gelle seul cite ce quartier sans dire où il ciail : « Apud SIgillaria 
forte in libraria... consederamus. n A. Gei.l. V, 4. — Comme il renfermait aussi des 
tavernes de libraires, nous le mettons à la suite d'Argilète; mais c'est une bien faible 
conjecture. 

96. Temples de Matute et de la Forti-ne-virile. — Devant : Arc de Ster- 
Tixius. Les deux temples étaient auprès de la Porte Carmentale, dans le voi- 
sinage du Jugarius vicus et d'/Equimelium. Le roi Servius les bâtit ; l'an 
359 on réédifia le premier, et l'an 546 le second. Devant ces deux édifices 
se trouvait un Arc de triomphe érigé par L. Stertinius, l'an oo6. 

I. 'TaXira. &£a7Ty:açK//ev5î i-j dfy/i-Jfj zs y.'A xarà T.o\iii.o\)i, /.a.1 vasùj oùo zaTac/.î'jKsâ- 
p.vJOi T'j}(r,ç,... TÔv fj.'-v £v à.yof.v. zf, za/«!;//.c'vr) lioafAx, ràv ô" êrspov Itti toij riiôsi toÎi 
'TiÇifAOi, fjv ùy5c.-,['j.-) T.prxir^yocz'jovJ, w; xat vyv ijTio PoipMorj xstXnrxt. D. Halic. IV, 
271. 

II. Ludos magnos ex senatusconsulto vovit [Camillus] Yeiis captis se faclurum : 
œdemque Matuiee Malris refeclam dedicalurum, jam ante ab rege Servie Tullio dedi- 
catam [an. 359]. Tit.-Liv. V, 19. 

III. H 05 5Ù-/X//IT0; siî rb âéxxrov è'roi toû ttoàs/usu xxzcàiioxax ràj ii'/.'Xxî ^p'/.^-i, ^<-'^- 

* Quum igiliir hnec domi militi.-eque -jessisset [Servius], et duo templa Cï'ilruxissct For- 
tunae, . . . (allerum quidem in foro Boario, alteram vero ad ripam Tiberis) quam virilem 
appellavit, ut nunc ctiam a Romanis nuucupatur. 



IIÉGION Vlil.— lOKlJM ROMAIN. 57 

6ovT( Tizî iJLt/àla.i ©ci; k;î(v, y.A vîtijv Oîzj, r,v iM/,T£^a MafoÛTKv /.«Xsûii P'j)jj.iiioi, 
■^'xfiiî.p'^ntit . Plut. Camil. 5 '. 

IV. Romae fœdum inccndium per duas nocles ac diem ununi tenuil : solo îcquala 
omnia inler Salinas ac poilam Carmenlalem, cum yEquinielio Jugarioquc vico : in 
templis Forlunaî ac Malris Malulœ, et Spei extra porlam, laie vagatus ignis sacra pro- 
fanaque mulla absumpsit [an. 539]. Tn.-Liv. XXIV, 47. 

V. Comitia a pra-tore urbaiio de senatus scntcntia plebisquc scitu sunt habita 
[an. 540], quibus crcali siinl quinque viri mûris, turribusque reficiendis; et Iriumviri 
bini, uni sacris conquirendis, donisque persignandis; alteri, reficiendis aedibus Fortunaï 
et Malris Matutœ inlra portain Carmenlalem, sed cl Spei extra porlam, quo; priorc 
anno incendio consumpla; fuerant. Tit.-Liv, XXV, 7. 

VI. Poiilibus et magno juncla est celeberrima Circo 

Area, quae posito de bove nomen liabet. 
Hac ibi luce ferunt Matutœ sacra parenti 
Sceplriferas Servi lempla dédisse manus. 

Ov. Fasl. VI, V. 477-480, 

VII. Forum Piscarium. 
iEdes Matulœ 

Vicus Jugarius. P. ViCT. de Reg. urb. Rnmœ VIII. 

VIII. Piutarque attribue au roi Ancus Marcius la fondation du temple de la Fortune- 
virile, sans désigner dans quelle région était ce temple ; mais nous avons préféré l'au- 
torité de Tite-Live et d'Ovide à celle de l'illustre biographe de Chéronée. Voy. Plut. 
de fort Rom. p. 263. 278. 

IX. Arc de Slertinius. L. Stcrtinius "de manubiis duos Fornices in Foro Boario 

ante Fortuna^ œdem et Malris Malutaî, unum in maximo Circo fecit : el his Fornicibus 
signa aurata imposuit [an. 556], Tit.-Liv, XXXllI, 27, 

97. Porte Carmemale ou Scélérate. Au nikli du mont Capilolin, près de 
la Roche Tarpéienne. Elle avait deux ouvertures. 

I. Porta Carmentalis versus Circum Fla'minium. 
Templum Carmeiita;. 

Capiloiium. P. ViCT. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Sur la position de la Porte Carmenale voy. plus haut n" 64, § III. 

III. Bw/y.îùi i9zza(/./j.r,y iopuy.vjo'Ji, Kxpy.svTr, jj.''.-.), imb tw /.sàojfj.z.'Oi Ka;TtTw).t«;J 7ra/;à 
TC.t, Ky.pfj.î-Jri'ji izÙMti- V.jc/yâp',) oï nphi kzip'j) zw 'i.O'f'jfJ, AvsvTtvw 'l,vp;ii'"j}., 'Ôi 'fpt- 
oiijj.'>-j rJArii oj r^pit'O). D. Halic. I, 32 2. 

IV. Pars autem Capilolini montis infima, habitaculum Carmenlse fuit, ubi Carmentis 
nunc fanum est, a qua Carmcntali portœ nomen dalum est. Solix. 2. 

V. Tite-Live parlant du départ des Fabiens, dit : — Infelici via, dexlro Jano porlœ 
Carmenlalis profecli, etc. Tit.-Liv. Il, 49. 

VI. Carmentis portoe dextro via proxima Jano esl. 

Ire per banc noli, quisquis es ; omen habet. 
nia fama refert Fabios exisse trecentos. 

Porta vacal culpa ; sed lamen omen habet. 

Ov. Fasl. II, v. 201-204. 

VII. Cffsi apud Crcmeram trecenti, patricius exercilus, et sceleralo signala nomine, 
quee proficiscentes in prœlium porta dimisit. Flor. I. 12. 

VIII. Porta qua profecli fuerant [Fabii], Scelerata est appcUata. A, Vict. de vir. 
Illust. 14. 

JX, Haec Ara [Carmentis] juxla porlam qua; primo a Carmente Carmenlalis dicta esl; 
posl Scelerata a Fabiis ccc sex qui per ipsam in bellum profecli, non sunt reversi. Serv. 
in Mneid. VIII, v. 337. 

• Decinio liiijus belli [Veieiitana'] anno reliqui'i abroy ilis niagislr.ililnis, diclalor al) scnatu 
Camillus dictus, mat;istrum oquilum dixit Corncliiiin Scipioncni. Inde pro imperio vota nuu- 
cupavit, si liujuscc belli faustum exitum Dii dédissent, liiilos inagnos se faetnrum, sedemqnc 
Dca;, qiiam Matutani matrein vocant l'ioinani, dedicatiirnni. =- Vidi etiani Aras crectas, 
aiteram Carmenla:', ad portain Cannentalorn, sut) co eolle qui Capitoliniis vocatur; allcram 
Evandro, ad alleruui çollcm qui Avcutinus vocaluc, non prociil a jwrla Trijjemina, 



88 DESCIUPTION DE ROME. 

X. Scclerata porta eodcm appellutur a quibusdnm quae cl Carmcntalis dicitur, quod 
ci proximum Carmcnla; sacellura Tuil. Fest. v. Sceterala.—\o^. ci-dessous n" 98, g IV. 

98. Autel de Carmente. Au pied de la Roclie Tarpéienne, en dehors de la 
porte Carmcntale, au centre d'un petit area. On y arrivait par quelques de- 
grés. Son éditicatioii remontait aux tein[)S fal)uleux de Rome. 

I. Sur la position de; l'Autel de (Carmente voy. ri-dessus n" 07, g 1, III, IV, IX, X. 

II. Ovide parlant du culte rendu :\ Carmenle, dit : 

Srorlea non illi fas est inferre sarello. Ov. Fast. I, v. 629. 
m. Les mots fnnum et mr.elhtm employés par Solin, Festus [n» 97 § IV, X.] et Ovide, 
désignent Ynrea sur lequel était l'Autel. — Fabius srribil,... in ca pugna Jovis Statoris 
sedeiti votam, ut Romulus antc vovural : sed fanum tanlum, id est lorus templo efl'atus 
fiacralus fuerat. Tix.-Liv. X, 57. — Sacellum est locus parvus dco sacralus cum ara. 
A. Ckll. VI, 12. 

IV, Vix ea dicta : deliinc progressus, monstrat et Aram, 

El Carmentalem Homano noniine portam. 

ViRG. Mnrid. VIII, v. 3S7, 338. 
— Monstrat et aram. Aut quam Evander matri feeit exslinctœ : aut aram pro monu- 
mento, aul ideo aram quia ibi sepulla est, et [)OSl exeessum dca crédita : hœc Ara juxla 
portam qua; primo a Carmente Carmenlalis dicta est; posl Scelerala a Fabiis ccc scx, 
qui per ipsam in belium profectl, non sunl reversi. Serv. loc. sup. cit. 

99 Temple de Jams Geminus. En dehors de la porte Carnientale, au bas de 
l'extrémité S.-O. du mont Capilolin, presque vis-à-vis du théâtre de Marcel- 
lus [n» 144]. Numa hàlitce temple vers l'an 39 de Rome; Duillius le restaura 
l'an 494, et Tibère l'an 770. La simplicité de cet édihce rappelait celle des 
premiers temps de la ville : il était quadrangulaire, sans portiques ni colon- 
nade. Numa le fonda pour qu'il servît à indiquer si Rome était en guerre, si 
elle était en paix : dans le premier cas, les portes du temple demeuraient ou- 
vertes; dans le second, elles restaient fermées. La disposition architeclonique 
était conçue d'après cette destination, et de larges ])ortes remplissaient pres(pie 
entièrement ses deux façades. Néanmoins, l'élendue du tenqile permettait au 
sénat de s'y assembler. On voyait au milieu la statue de Janus à double face. 

I. Janum ad infimum Argilelum, indicem pacis bellique fecit [Xuma an. 39] apertus. 
ut in armis esse civilalera ; clausus, pacatos circa omncs populos significaret. Tit.- 
Liv. I, 19. 

II. ïheatium Marcelli ubi cral aliud tcmplum Jani. P. VicT. de Rerj. urb. 

Romœ, IX. 

III. Sacrarium hoc [Jani] Numa Pompilius fecerat circa imum Argilelum, juxta Ihca- 
Irum Marcelli : quod fiiii in duobus brevissimis templis, duobus autem propter Janum 
bifrontem. Skrv. in Jîineid. Vit, v. 607. 

IV. lieligioni est quibusdam Porta Carnvntali egredi, el in œde Jani, quse est extra 
eam, senatum liaberi, quod, etc. Fest. v. Ueliyioni. 

V. Jano ad theatrvm Mabcelh. GRLTEU. p. 134. — ORELLl, Inscript, lai. l. II. 
p. 396. 

VI. Lautolaî a lavando, quod ibi ad Janum Geminum aqua; calida; fucrunt. Ab eis 
palus fuit in minore Vclabro. Vaur. L. L. V, § 156. 

VII. llle [Numa] Janum Geminum, fidem pacis ac belli, etc. Flor. I, 2. 

VIII. l';jT£ o" aJTîû y.xï vcijs i-j Vdi/Jr, oiOjfiOi, Sv ttoas/àîu r.UAr/j zx>5Î/t£- -jo/jJ^-tui 
yy.p, c/.JiCyxOxi /akv aJTOv, ozx-j ^ t:ô1z,<j.05, /;/.),£Ï59at o" sipr,vr,i ysvopéyr,i- b Or, y%\î~oy, 
r, zai cTïxviojs ■/i./ôij.vjov. Pldt. Num. 20 '. 

l.X. Oirœ ferro et compagibus arclis 

Claudentur belli porta-. Viuc;. ^f/ic/rf. I, v. 293, 29'» 

X. Sunt gemina> belli porlœ sic nomine dicunt) 

Relligione sacrœ et sajNi formidine .Martis. /ôïd.VlI, v. 607, 608. 



* Est ejus [Jani] templura Roni.T; biforo, quod Iclli jaiiuam vocant. Hoc apcriri bullo, et 
claudi pace composila, solennc est. 



RÉGION VIII.— FORUM ROMAIN. 



59 



XI. lisdcm tcmporibus [an. 770], deum acdcs velustateaut ignoabolitas, rœplasquc 

ab AuRuslo, dfdicavit... [Tibcrius] ; Jaiio tem- 
pluin, (|uod apud Forum Olilorium C Duillius 
struxeiat. Tac. Ànn. II, 49. — La construction 
d(! Duillius ne pouvait être qu'une récdifica- 
lion du temple bâti par Numu. Duillius la fit 
exécuter en qualité de censeur l'an 494. Cette 
réédification est d'autant plus vraisemblable que 
les Humains n'avaient pas pour habitude d'en- 
rtetenir les monuments publics, et d'ordinaire 
les laissaient lilléralemenl tomber en ruines. 

XII. Iconographie. Vue du temple di; .lanns, 
prise sur le revers d'une médaille de grand J)ronze 
de Néron. Voy. Morell. Numismnt. XII imp. 
rom. t. II, Num. Xeronis, tab. IX, n» 18. X, 
nos i3j 14^ 15. 




100. Forum Olearilm. Marché à rimile situé dans le Vélabre. 

I. Cette position est toute conjecturale, el fondée sur le vers suivant de Piaule, 
Capliv. III, 1, V. 29 : 

Omnes compacto rem agunt, quasi in Yelabro olearii. 

101. Forum Piscarium. Marché au poisson, situé près du Tibre et de l'Arc 
de Janus quadrifroiis du Forum Boariuni [n" I06J. 

I. Secundum Tibcrim ad Janum Forum l'iscarium vocanl. Varr. L. L. V, g 14G. 

II. Jides Ilerculis victoris. 
Forum l'iscarium. 

JEdes Matutœ. I'. Vict. de Reg. urb. Roma; VIII. 

III. Templum Jani. 

Forum l'iscarium. Sext. Rif. Ibid'. 

IV. Viens Piscarius. Ibid. XI. — Ce viens de la Xle région confinait probablement au 
Forum Piscarium, dont il aura emprunté son nom. 



102. Les Vélabres. Quartier qui s'étendait de la rive gauche du Tibre, 
dans la Xl^ région, jusqu'au Forum romain, dans la Vill**, derrière la Basi- 
lique Julia [n" 1 13]. On le distinguait en \^élabre majeur et Vêlabre mineur; 
le mineur était dans le voisinage du Ueuve. La voie Cai-menlale formait la limite 
entre les deux Vélabres. 

I. Aventinum aliquot de causisdicunt Ego maxume puto, quod ab advectu ; nam 

olim paludibus nions erat ab reliquis disclusus, itaque eo ex Urbe advehebanlur rati- 
bus : quoius vesligia, quod ea, qua tum vehebantur, etiam nunc dicitur Velabrum, 
et, unde escendebanl, ad infumam Novam viam saccUum Velabrum. Vaur. L. L. V, 
§ 45. 

H. Laulolœ a lavande, quod ibi ad Janum geminum aquai caldœ fuerunt. Ab bis 
palus fuit in minore Vclabro, a quo, quod ibi vehebantur linlribus, Velabrum, ut illud 
majus de quo supra dictum est. Varr. L. L. V, g 156. 

m. Hoc sacrificium fit in Velabro, qua in Novam viam exilur, ut aiunt quidam, ad 
sepulcrum Accœ. Varr. L. L. VI, g 23. 

IV. Velabrum majus. Sext. Rif. et P. VicT.de Reg. urb. Romœ,\l. 

Y. Qua Velabra soient in Circum ducere pompas. 

Ov. Fasl. VI, V. 405. 

— Ovide dit les Vélabres [Velabra), preuve qu'il y en avait plusieurs. 

VI. Ab a;de Apollinis boves fœmiiiœ albae duœ porta Carmentali in l'rbem ducla; 

A porta Jugario vico in Forum venere Ind-e vicoTusco, Velabroque, pcr Roarium 

Forum, in clivum Publicium, atque œdem Junonis Reginœ perrcctum. TiT.-Liv. 
XXVII, 37. 

Vil. Venit [Hercules] ad inviclos pecorosa Palalia montes, 

El slaluit fessos fessas el ipse boves, 



60 DLSCIUI'ÏIUN DL IkOME. 

(Jua Vclabra suo slagnabant numinp, quaquc 
Naula pcr urhaiias velincabal aquas. 



Arvaquc mujiitu suncile Boaria longo : 
Nobile cril Koma" pasfua vestra Forum. 

l'HOPEdT. IV, 9, V. 5-6. 19-20 
VIII. Ka).îÏTa( oï vûv b rànoi li/jÀai/^îv, on io\j ■ko-zxjj.'ixj ■noVi.'/./.ii ImsfiXzO/j.é-JOu, dV«- 
Tt£puiov:izo nopOfj.-ioiç xk7« toÎito t'o y'j>[Àoj ûi à-/5,cî'.v t»;v i\ ■nof.OiJ.ù'j.-j, /Svaroù^av 
xaloîj'jiy Ë-Ji'ii ô'î \iyo\j-i rr/j îJ, ràv irr-ioys5//«v pépow^xv oC à.yopv.; tïk/^o'Jîv ï'sii'jiî 
zKTanïTSîvvùvai TOÙj tj^v Weav T.'J.f,tyo-i-'j.i, vi-viiOi-i ù.py_oij.vJOU:. Vi/iu.'y.ïzrl o'î TÔ liriov 
/5/î/îv àvo/xy.l^oiizi. I'lit. Romul. 5 '. 

105. FonuM BoAHiiM. Il fonuait tout à la fois une place et un quartier dans 
la Vill'^ région. Situé au pied du mont Palatin, vers l'angle S. 0. de eelte 
monlagne, il avait pour limites la voie Triomphale au S. ; la Basilique Julia 
[n" 1 loj au N. ; et le Cirque Maxime et le mont l'alaliu à l'E. Le Forum pro- 
prement dit était peu spacieux ; on y trouvait trois temples, une basilique, 
un Arc de Janus, et la statue d'un taureau en airain. 

I. Gladialoiummunusprimuni Hoiiix dalumesl in Foio Boario, App. Claudio, M. Tul- 
vio Coss. [an. 489]. Dederuat M. et D. Bruti, funebri memoria palris cineres honorando 
V. Max. Il, i. 7. 

II. Dans riiisrriplion de dcdirare du petit arc vulgairement appelé Arc des or- 
fèvres, qui existe encore dans le Forum Boarium [Nolli, n" lO.ïi ; Lclarouilly, rion. 
XII, 13], on iil : Arge.ntakii et .negotiantes Boarm bvjvs. Voy. Nardim, Roma anlica, 
lib. V, c. 10, t. Il, p. 255, edil. Nibbj'. 

104. Basilique Semproma. Construite vers la (in du sixième siècle par le 
censeur Ti. Sempronius. Elle était perpendiculaire au côté occidental de la 
place du Forum Boarium. 

I. Ad opéra publica facicnda rum [censoribus] dimidium ex vectigalibus ejus anni 
[583] atlributnm ex senalusronsullo a quipsloribus esset, Ti. Sempronius ex ea peeunia 
quœ ipsi allribula eral, <edes P. Africani pone veleres ad Vorlunini signum, lanienas- 
que et tabernas conjunrlas iii publirum eniil, Basiiicamque faciendam curavil, qua; 
poslea Scm(ironia appeliala est. TiT.-Liv. XLIV, 16. 

il. S. Gioryio in Yelabrn [Nolli, n" 1055; Letarouilly, rion. XII, \h]. È quesla 

una délie più antiche eliiese di Borna Yuoisi œdilicata sul principio del VI secolo e 

chiamassi anrora Basitica Scmpronia poicliè era stala edificala sopra le rovine dl 
quclla. MELCHioRni, Guida melodica di Roma, p. 501, in-12. 

lOo. Statie du Taureau d'airain. Dans le Forum Boarium, à droite en 
avant de la Basilique Sempronia [n" 104]. Cette statue était Tort ancienne. 

I. Proxinia Inus a^ginetico [œre] fuit. Insula et ipsa nec œs gignens, sed oflieinarum 
temperatura nohilitata. Bos œreus inde captus in Foro Boario est Bornée. I'lin. 
XXXIV, 2. 

II. Ponlibus et magno juncta est eeleberrima Circo 

Area, qua- posilo de bove nomcn habet 

Ov. Fasl. VI, v. 477, 478. 

III. Sed inilium condendi, cl quod Poniœrium Bomulus posuerit, noscere haud ab- 
surdum reor. Igitur a Foro Boario, ubi a-rcum Tauri simulaerum adspicimus, quia id 
genus aiiimaliuni aratro subditur, sulcus designandi oppidi cœptus, ul magnam Uer<:ulis 
Arani amplccterelur. Tac. Ann. XII, 24. 



' Vclabruni nuiic vocaiit ex eo, qiiod in crebiis fluvii exiind.itionilms trHJectus eo loco in 
Fnrum cssol. Tnijeclum vclaUirain vocant. Alii dcUicimt a vcio : quod qui muuus populo cx- 
liibtnl inde vtlis viam, (jua; a Foro fcrl in Circuni maximum, adumbrunt. 



RÉGION VKI.— FORUM ROMAIN. 61 

100. Arcdk .Ian'us 01 adrifrons. D:ins lo Forum Bo.'tiiuni, .^ g.iuolio on avant 
(lo la Basili((iio Senipronia (n" IOi|. Il csL eu marlin; hiano, carn'', cl percé 
(le quatre portes dont les axes se eroisenl. Chaque face du nionuinent est dé- 
corée de douze niches semi-circulaires disposées sm- deux rangs de hauteur. 
A l'époque de l'équinoxe, le soleil levant elle soleil couchant lance ses rayons 
juste dans les deux portes tournées de ces côtés. 

I. Cet Arc existe encore [Nolli, n» 1053; Letarouilly, rion. XII, 13]. On ignore 
qui l'a construit. Sa matière indique évidemment un édifice du temps de l'Empire. 
Quelques antiquaires veulent en faire lionneur à Domilien. Leur conjecture est fondée 
sur une bien vague autorité, sur le passage suivant de Suétone : — Janos arcusque cum 
quadrigis et insignibus triumpliorum pcr regiones llrbis, tantos ac tôt exstruxit [Domi- 
lianus], ut cuidam grœce inscriptum sit alicui : APXEI. Sukt. Domil. 13. — Cependant, 
à propos du vers suivant d'Horace [I, Ep. 20, v. 8] : 

Vertumnum Janumque, liber, spectare videris. 
Porphyrion [in Hor. loc. cit.] indique l'existence de l'Arc de Janus du temps d'.\uguste : 
— Janus quoque Vicus est ab Jano gemino sic appellatus, qui in eo Arcum habet sibi 
consecratum, perque deos significat loca in quibus cum ceteris rébus eliam libri vé- 
nales erant. 

II. Iconographie. Pirancsi [Àntichilà Romane, t. I, lav. 21 fig. 2] donne une vue 
des ruines de cet arc, qu'il appelle Arc de Stertinius, mais à tort, cet Arc étant en marbre, 
et l'Arc de Stertinius datant du temps de la république [Voy. n" 96, § IX], époque oi'i 
l'on ne construisait encore qu'en pierre. 

III. Tota structura ita posita est, ut tempore œquinoxiorum ex binis porlis quœ ex 
adverso sitae sunt, altéra orientem solem excipiat, altéra excludat occidenlem, Demo.n- 
Tios. Gallus Romœ hosp. part. I, p. 15. 

107. Temple de la Pudicité patricienne. Au fond du Forum Boarium dans 
la partie adossée au mont Palatin et au Cirque Maxime. C'était un petit temple. 
On ignore par qui et quand il fut fondé, mais il existait déjà l'an de Rome 436. 

I. Forum Boarium. 
Sacellum Pudiciliaî patriciœ. 

JEdes llerculis Victoris duœ, altéra ad portam Trigeminam, altéra in Foro Boa- 
rio cognomine rotunda, et parva. P. VicT. de Reg. urb. Ro7nœ, VIII. 

II. Insignem supplicationem fecit certamen in Sacello Pudicitiœ patricia>, quœ in Foro 
Boario est ad a?dem rotundam Herculis, intcr matronas orlum. TiT-Liv. X, 23 [an./(56]. 

108. Temple d'Hercule VAiNQUEL'R. Dans le Forum Bo.arium, auprès du tem; 
pie de la Pudicité patricienne [n° 1 07]. 11 était rond, petit, et fort ancien. Il fut 
bâti parmi certain Octavius Hersennus. 

I. Sur la position et la forme de ce temple, voy. ci-dessus n» 107, § I, II. 

II. Bomœ in œdcm Herculis in Foro Boario, nec muscœ, nec canes intrant. Plix. 
X, 29. 

III. Proxima eelebrata est, in Foro Boario œdo Herculis, Pacuvii poetae pièlura. 
Plin. XXXY, i. 

IV. Romœ autem Victoris Herculis a>des duœ sunl; una ad portam Trigeminam, al- 
téra in Foro Boario. Macrob. Saturn. III, 6. 

V. Romœ Victoris Herculis œdes dute sunt, una ad portam Trigeminam, altéra ad i 
Forum Boarium cujus commenli causa hœc exponitur : Marcus Octavius Hersennus in 
prima adolescentia tibicen, postquam arti suœ dilTisus est, mercaturam instituit, bene 
re gesta decimam Herculi dicavit, postea cum navigans hoc idem ageret a pra.'donibus 
circumvenlus forlissime pugnavit et victor recessit, quem in somnis Hercules docuit sua 
opéra servatum, cui Octavius impetrato a magistratibus loco, œdem cum signo sacravit, 

et victorem incisis litleris appellavit. Serv. in jEneid. VUl, v, 563. 

VI. Sacellum Herculis in Foro Boario est. Solin, 2. 

109. Temple de la Fortune vierge. Dans le Forum Boarium, et bâti par le 
roi Servius Tullius. 

I. Ovide, après avoir parlé du temple de Mainte, qu'il dit i'-tre situé dans le Forum 



62 DESCRIPTION DE ROME. 

Boarium [voy. plus haut n» 96, <§ VI], ajoute, plus bas, que le temple de la Fortune a été 
consacré dans le môme temps et dans le même lieu : 

Lux eadem, Fortuna, tua est, auctorque locusque. 

Ov. Fast. VI, V. 569. 
11. Où yàp /j.o-^ov TÙy//iç sjéïnK^oi xal àTTOTpo-xlou xai iJ.iikr/_lxi xaJ Tipuroyivilai xat 
cipps'jOi Upà xaTETXsÙKTev, ùlX iiTiv lâlcci tù^Ij upô-j, sTspo'J à" èT:LUTpsfoy.évr,i, «7>o 
(?' sùÛTnooî, vllo Tcxpdivoo. Plut. Quwsl. rom. p. 155*. 

110. Fontaine Muscosus. Derrière le Forum Boarium, au pied du mont 
Palatin. Nous ignorons quand et par qui elle fut établie. 

I. Plutarque nomme celte fontaine, sans dire où elle était située [voy. plus haut, 
n" 17 § 111] ; nous la plaçons ici à cause du voisinage du temple de la Fortune vierge, 
et de la grande conserve d'eau située sur le flanc méridional du mont Palatin, n" 209. 

m. Voie Neuve. Elle s'étendait depuis le Forum Boarium jusqu'à la voie 
Sacrée, en suivant le pied de la partie occidentale du mont Palatin, derrière les 
édifices du Foruiu romain. 

I. Hoc sacrificium fil in Velabro, qua in Novam viam exitur, ut aiunt quidam ad Se- 
pulcrum Acca;. Varr. L. L. VI, § 24. — Voy. aussi plus haut n° 102, g I. 

112. Autel d'Aius Locutius. Au bas de la voie Neuve, près du Bois de 
Vesta, et enfermé dans une enceinte. Son établissement remontait au IV® siècle 
de Rome; Camille l'édifia. 

I. Non multo post anle Urbem captam exaudila vox est a Lnco Vesfœ, qui a Palatii 
radice in Novam viam devexus est : « Ut mûri et portœ reficerentur ;... » quod neglec- 
tum, quum caveri poterat, post acceptam illam maximara cladem explicalura est. Ara 
enim Aio Loqucnti, quam septam videmus, exadversus eum locum consecrata est. Cic. 
de Divinat. I, 45. 

II. Audita vox est monentis, ut providcrent, ne a Gallis Roma caperetur;ex eo Aio 
Loquenli Aram in Nova via consecralam. Cic. Ibid. II, 32. 

111. M. Cfpditius de plèbe nunliavit tribunis se in Nova via, ubi nunc sacellum est, 
supra iEdem Vesta;, vocem noclis silenlio audîsse clariorem humana, quae magislra- 
tibus dici juberet, Gallos advenlare. Tit.-Liv. V, 32. 

IV. Expiandœ etiam vocis nocturnsp, quœ nuntia cladis ante bellum gallicum audita 
neglectaque essel, mentio illata, jussumque templum in Nova via Aio Locutio fiori. 
TiT.-Liv. V. 50 [an. 365]. 

V. Aio Locutio Templum, propter cœlestem vocem exauditam in Nova via, jussimus 
fieri. Jhid. 52. 

VI. Sicut Aius, inquit, deus appellalus, Araque ei statuta est, quaî est infima Nova 
via, quod in eo loco divinitus vox édita erat. A. Gell. XVI, 17. 

Vil. Èjj>; yùp h Tri TiV.prj>xriiJ.évf] vuxTt xaO' hobv jiaâi^'ji'J , rjv xajv/,v ôvo//.(iÇouîf, xV/i^îïj 
ùttô Ttvos, X. T. >. Plut. Camill. 14. — Aùtô; tî' iSpiicot.ro vsiiv <l>v)//.-/;j xac K),vj'J'ovoî, «vsu- 
owv i-ASivov TÔv zÔTTOV, èv o> •.iiixro>p rj xc.rc-y/éllowjx t/jv twv jiapëd'.pojv ar/iariav Ia &sou 
zo> K£(?!xîc.) Mùp/.oi f'jyj-/] TzpoijéTTSTs. Ibid. 30 2. 

113. Vicus Tuscus ou Thurarius. Partie du quartier situé au pied du mont 
Palatin, entre le Forum Romain et le Forum Boarium. 11 devait son nom de 
Tuscus aux Tusci ou Toscans, qui l'avaient originairement habité, et celui de 
Thurarius aux marchands de parfums qui y demeuraient. 

I. Le mont Cœlius ayant été donné aux Toscans pour l'habiter : — Magnas copias 
per plana etiam ac Foro propinqua habitasse, unde Tuscum vicum, e vocabulo advena- 
rum dietum. Tac. Ann. IV, 65. 

II. oTs é'J&jxsv ïj [iù-j\-/i yj^po^-i Tîïj Tzokt'jic,, s'vÔa oJxws ïp-tù^o-i xaTaaxjuâsacOat, tov 



* Non enim Fortunae duntaxalBonse spei, Averruncae, Blandas, Primigeniae, et Virilis templa 
condidit[Servius], seJ et Proprire Forlunae œdes est, et Convertcntis, et Bene speranlis, et Vir- 
ginis.= ** Ait, nocte ex via, quam Novam vocant, quum a qiiopiam alta voce appellaretur, etc. 
— Novum etiam templum exstruxil Aio Loquutio, quo loco nuntiam cœlitus barbarorum ad- 
ventus vocem audierat M. Caedilius. 



RÉGION VIIF. — FORUM ROMAIN. 65 

aj),Mva* êi y.cà p-Èypi? ip.ri'ij Tv^pr,-jS)v (iïy.r,<:ii 'jtio Po>y.c.i'j>'J y.cùÛTXt /.xrù t/jv litiyùpiov 
mùjîy-O'J, fépob(jx ^iod'ji à.Ttb tvj,- ùyjpy.i ira riv ij.v/v.-) ïtijt'jSpop.'i-i. D. IIalic. V, 36 '. 

III. Inde [a Foro Romano] viro Tusco, Vclabroque, per Boarium Forum in clivum 
Publicium atque œJem Junonis Reginse poiTeclum. Tit.-Liv. XXVIl, 37. 

IV. Tusci, aliquando pulsi, conlulerunt se Romam, et vicum, qui modo Thurarius 
dicitur, babitaveiunf, et ei suum nomen dederunt. Alias, Tusci vici ideo, quia ubi nunc 
vicus Thurarius, dicilur Tusci vicum acceplum babifarunt. Inde nomen est vico. Acron. 
m Uor. 11, S. 5, v. 227. 

V. Tuscus dicitur vicus qua itur in Velabrum.... ubi unguentarii consislunt. Porphyr. 
in Hnr. loc. sup. cit. 

VI. Voy. plus haut n» 92, § II ; 93, g I. 

VII. Vicus Jancs. Derrière la Basilique Julia [noil5] et confinant au vicus Tuscus. 
— Voy. plus haut n» 106, g I ; et ci-dessous n» lU, § 111. 

\\\. Temple et statue de Vertumne. Sur la droite du Tuscus viens, entre 
Tangle septentrional du Forum Boarium et le temple de Jules-César [n" 116]. 
Auprès sont des tavernes de libraires. On ignore le nom du fondateur et l'é- 
poque de la fondation de ce temple, mais Lien certainement il existait déjà du 
temps de Cicéron. C'était un édilice de petites proportions. 

I. Quis a signo Vortumni in Circum maximum venit , quin is in uno quoque gradu de 
avarilia tua commonerelur. Cic. in Yerr. 1, 59. — Signum Vortumni in ultimo vico 
Thurario est, sub Basiiicœ angulo lloclenlibus se ad postremam dextram partem. AscoN. 
in Yerr. I, p. 107. — V. aussi n" 93, § 1. 

II. Ab eis [Tuscis] diclus \icus Tuscus, et ideo ibi Vorlumnum stare, quod is deus 
Elruri.T princeps. Varr. L. L. V, §'<6. 

III. Verlumnus autem dcus est prœses vertendarum rcrum, hoc est emendarum ac 
vondendarum, qui in vico Tliuvario saceilum liabuit. Janus quoque similiter vicus est 
ab Jano gcmino sic appellalus, qui in eo Arcum liabetsibi consecratum. Per quos deos 
significat loca in quibus cum ca;teris rcbus eliam libri vénales erant. Porphyr. in Ilorat. 
I, Ep. 20, V. 1. 

IV. Verlumnus et Janus dii sunt qui prœsunt negotiis ementium et vendentium, ante 
quorum templa erant loca in quibus, cum caeteris rébus, eliam libri vénales erant. 
Acron. in Uor. I, Ep. 20, y. 1. 

US. Basilique Julia. — Devant : Statues dorées des Douze grands dieux. — 
A DROITE, DANS LE VICUS JUGARius : Arc d'Auguste. La Basilique Julia occupait 
presque tout le côté méridional du Forum, à partir du vicus Jugarius. Sa 
forme était celle d'un parallélogramme deux fois aussi long que large. Ses 
murs étaient percés d'arcades au rez-de-chaussée, et décorés de niches avec 
statues au premier étage. Cette basilique fut commencée par J. César et ter- 
minée par Auguste. Un incendie l'ayant détruite vers la fin du règne de ce 
prince, il en entreprit la réédificalion sous le nom de ses neveux Lucius et 
Caïus. Il mourut avant d'avoir lini cet ouvrage, qui fut terminé par ses héri- 
tiers, à une époque postérieure à l'an 765, mais dont on ignore la date. Mal- 
gré le désir d'Auguste, le nom de Basilique de Lucius et Caïns ne put préva- 
loir contre celui de Basilique Julia. — L Arc d'Auguste fut dédié l'an 7i4, en 
l'honneur de la victoire d'Actium. 

I. Sur la position de la Basilique Julia près du vicus Jugarius, voy. n» 91, g I. 

H. FORVM JVLIVM, ET BASILICAM 

QV.E FVIT INTER iEDEM CASTORIS ET JEDEM SATVRNI, COEPTA PROFLIGATA 
QVE OPERA A PATRE MEO PERFECI ; ET EANDEM BASILICAM CONSVPTAM IN 
CEXDIO, AMPLIATO EIVS SOLO, SVB TITVLO NOMINIS FILIORVM [mCOrum] INCO 
HAVI, ET SI VIVTS NON PERFECISSEM, PERFICI AB H.ERIDIBVS [mcis JUSSÏ]. 

LAPIS ANCYR. col. i et 6. 

' Quibus [K(ruscis] senatus locum Urbis dédit, convallem illam quse inter Palatium et Ca- 
pitoliiimad quatuor ferme stadiornm longitudinem exporrigitiir, ubisede» exstruerent : qui ad 
mea usque tempera vicus Tuscus a Romanis sua lingua appellatur, qua transitur a Foro ad 
Circum maximum. 



64 



DESCRIPTION DE ROME. 



m. Quacdam cliam opoia suit noniinc nlicno, nf|)olum sriliret et uxoris sororisque 
fecil [Aii^ustus] : ul l'orlirum, liasIlicaiiKiiic l.ucii et (laii. Siet. Aug. 29. 

IV. Licinius ex Geiinania puer rapliis...., non niiillo posl manumissus est, dein 
curalioni (ialliarum ab AuRusto pia'posidis, eas spoliavil : et cum flai;raret invidia, 
basilicam sub nomine C. Jalii (",a>saris .Tilificavit. Vkt. Sciiol. in Juv. S. 1, v. 109. 

V. Slare, parlant de la slaliie de Domilien située au milieu du Forum, dit qu'elle 
est entre la Basili(|\ie Julia et relie de l'aulus, autrement basilique yEmilia : 

Et laterum passus liinr Julia leela luentur, 

Illine belligeri sublimis Uegia l'auli. Stat. Sylv. I, 1, v. 29, 30. 

VI. hnnofjraphie. Le plan de la Itasilique Ju- 
lia, joint à celui du temple de J. César, so 
trouve sur deux fragments du grand plan de 
marbre du Capitole, dont nous donnons ici une 
copie. Ils sont aussi gravés dansBellori, Iconog. 
r. vet. Romcp, tab. XII et XVI. 

La seconde figure est le revers d'un denier 
d'argent où J. César est représenté couché sur 
des armes, auprès de sa Basilique, et ouvrant 
sa toge pour recevoir une couronne de laurier 
que lui apporte un aigle. Thesaur. MoRELL.mumm» 
consulares, famil. Julia, tabl. XX, 12, et numism. 
■imp.rom. num. J. Csesar. tab. VIII n** iô. On y 
voit que la Basilique était d'ordre ionique. — 
GoLTZ. in Cwi. p. 9. 

VII. Slaluet des Douze grands dieux. Klles 
étaient dorées. — Prius invocabo... XII deos Con- 
sentes, neque tamen cos urbanos, quorum ima- 
gines ad Forum auraia» stanl, sex mares etfeminœ 
tolidem, sed illos XII deos qui maxime agricola- 
rum duces sunt. Varr. B. R. I, 1. — Xous voyons 
qu'elles étaient sur le Forum ; c'est par conjec- 
ture que nous les plaçons devant la Basilique 
Julia. 

VIII. Arc d'Auguste. Kv Cï toItu v.'A ïtX Tr^irîyi^v, <:j'/yy. ixt-j /m Itzi tç t-^j ■^o.hjj.u- 
Xl^i vt'zï) ol i-J oï/.o> Voi/J.aioi £'/'v;p(îavTO' tk Tc yà/î v(xv;t/;^(« aÛTw, wj /ai zr,i K/îîttk- 
Tyia;, zai y.p'iâx 7:^<îrra(5f3i/s5v év r- tw Wpz.irîil'jt, za't k-éyx-/ ;v T/JPoj/jata y-pf-v. é'owxav. 
Dion. LI, 19 '. — C'est par conjecturé que nous plaçons cet Arc ici, devant la voie qui 
passe entre la Basilique Julia et l'Area de Saturne, parce que les Romains bâtissaient 
toujours leurs Arcs de triomphe sur des voies publiques. 

il G. Temple de Jules-César, et noiveavx Rostres. — Devant : Colonne Ho- 
UATiA. Le toniple était à l'exlréinitô orientale de la Basilicjue Julia ; sa façade s'a- 
lignait sur celle de ce dernier édifice. 11 reposait sur un soubassement élevé, et 
était environné d'une colonnade d'ordre ionique, à simple rang, excepté sur la 
façade, où le portique avait plus de profondeur. Le temple de J. César était pyc- 
nostyle. Les triumvirs en ordonnèrent l'édification l'an 711 ; Octave l'acheva et 
le dédia l'an 720. Au milieu des degrés de ce temple, il y avait une espèce 
d'autel, décoré de rostres de vaisseaux pris à la bataille d'Actium, et qu'on 
appelait les Nouveaux Rostres. — La Colonne Horalia était une petite co- 
lonne carrée, érigée sous le règne de TuUus Hostilius, pour recevoir le tro- 
phée remporté par Horace sur les trois Ciiriaces. 

I. Templum Julii Cœsaris in Foro. P. Vici. de Reg. urb. liomœ, Vlll. 

II. iEoEM Divi jvi.i.... FEci. LAPIS ANCYR. col. 4 et 6. 

m. Hanc animam inlerea, ca>so de corpore raplam, 

Fac jubar, ut semper Capitolia nostra Forumque 
Divus ab excelsa prospectât Juliusœde. Ov. .>/e<a»i. XV, v. 840-842. 




* Hoc, et superiori tempore [an. jil\\, pcrmulta Uomae in honorem Caesaris, propler victo- 
riam navnlem, sunt facta décréta, nam triumpliiis ei, velut de Cleopatra, concessus est, et 
Arcus triumphalis Brundisii, aliustjue in Foro romario. 



RÉGION VIII.— FORUM ROMAIN. 



C 




IV. Fratribtis adsimilis, ((uos proxima tcnipla loncnips 

Divus al) pxrclsa .Iiilius a>iIo vidcl. Ov. l'ont. Il, 2, v. 85 8C. 

V. QuiP rccitlit fono, Cxsaris unibra fuit, 
llle (|iii(lcni rœlo positus Jovis allia serval, 

Kl ti'iifl in niagtio tcmpla dicala Foro.j Ov. Fasl. III, v. 702-704. 

VI. O <?£ àriuoç iTzï 70 'i.iyoi toxj Kv.i'iy.fioi l-v.-)i\Owj, ï-^ipo-i cij-zb è; ts Ka7rtTc.J>.f5v 
w; ejxysij Oà.'pxi zs h iîp'ji, xui p.î7y. «îwv OéyOxr x'ji}.uàf/.rJii os Liirb TfiJv hp;oi-j, £,- t/jv 
y.yopù.-j (Aiidii zOînciv, ë'jB% t'o ttùIui Poi/icàoiv hzi ^v.r:i\-io-j. Appian. Le bell. cic. Il, 
p. 847'. — nK).a(, autrefois, romparativcment au temps où écrivait Appien, c'est-à- 
dire à l'époque de ïrajan ou d'Adrien. 

Vil. K'A -/ipCio-j cl i-j Te TV7 d'/opô: /.al èv tw riTio, h w i/.é/.7.'jto, TrpozaTcêx/./ovTO. 
Dion. XLVII, 18 2. • ... 

VllI. Pycnostylos est cujus intercoiumnio unius et dimidiatae columnœ crassiludo in- 
terponi polest; quemadmodutn est divi Julii, ci in Cœsaris foro Vcneris. Vitruv. III, 2. 

IX. Icnnng7'aphie. La forme et la 



position du temple de J. César se trou- 
vent indiquées sur l'un des deux frag- 
ments du plan de marbre rapportés ci- 
dessus n» 115, § VI. — La ligure ri- 
contre est la reproduction d'un aureus 
de César-Octave. La face rappelle son 
triumvirat, le revers représente le tem- 
ple de J. César. On voit que les co- 
lonnes avaient le chapiteau ionique. 
Dans le fronton, est la comète qui ap- 
parut au moment de la mort du dictateur, et au milieu du temple la statue de J. César 
en costume de pontife, \c lituus i\ la main. Voy. Thesaur. Morell. Nummi consu/ares, 
famil. Julia, lab. XX, 19 ; ISumiim. XII imp. rom. Num. Aug. lab. IX n» 8 ; et Goltzius 
in Augusto, p. 23. 

IX. Cette seconde figure est le revers d'un denier d'argent, 
représentant, comme la précédente, et le temple et la statue 
de César, ainsii que la comète, dans le fronton. On lit dans la 
frise l'inscription de dédicace. La légende, qui se rai>porte à 
César-Octave, nous apprend que ce denier l'ut frappé pen- 
dant son 2*^ consulat, c'est-à-dire l'an 720, époque où, suivant 
toute vraisemblance, le temple de Jules fut dédié. L'autel 
qu'on voit sur le côté, rappelle celui qui fut élevé à César 
après sa mort, et que le temple remplaça ensuite. Voy. 
Thesaur. Morell. famil. Julia, lab. Vil, 6. G.— Voy. aussi Vail- 
lant, famil. rom. .Iulia, 60. 

X. Nouveaux Rostres. Ce qu'on appelait ainsi n'était pas une nouvelle Tribune, mais 
une décoration de Rostres placés au soubassement du temple de J. César, lîemarqucz 
qu'il n'est jamais question dans l'histoire de ces Rostres, comme tribune. Dion-Cassius 
dit que l'Oraison funèbre d'Augusle fut prononcée sur les vieux Rostres par 
Drusus, et sur les autres Rostres par Tibère. Suétone rapportant le même fait, dit que 
Tibère loua Auguste, du haut du temple du divin Jules, ce qui prouve que quand il 
est parlé des nouveaux Rostres, il s'agit tout simplement du portique du temple de 
J. César, ou peut-être d'un autel, qui se trouvait au milieu des degrés de la façade. 

XI. txjyjià. iJ.kv y.xï èn'i. 'Tj tô? vau/za/w; viz/) si iv oïy.oi V'jiu.vloi è'^v^ptsavro Tyjv tï 

■/.pyr\ViVl</. TOÛ IsuXtstou ■ftpùo'j icTii twv a.lyjj.7.'t,oizuPj>-J vcwv è^uëôloii xo'SfMYiO/jvot.t. DiON. 
LI, 19». 

XII. Bifariam laudatus est [Augustus] pro œde D. Julii a Tiberio, et pro Rostris sub 
vcleribus a Druso Tiberii filio. Sl'et. Aug. 100. 




* Plebs vero ad lectic.im C.Tsans reversa, deferchat cam in Capitolium, sepelitiira, ut jam 
coiKecratum in tcmplo inter deorum imayinrs ; sud proliibontibus id sacerdotibus, nirsum eum 
in l'orum retulerunt, quo loco Itegia quonduiii fiicrat. = - Sacellum ei [Ciesari] laïKiiiajii lie- 
roi, in Foro, eo loco ubi crcinatus fuit, cxstnicre insliluerunt [iriumvlii, an. 71 ij. = ' l'»'r- 
niulta Roms in honorem Caesaris, piopicr victoriain [Acliacam] navalcm, sunt décréta,... ut 
S.icrarii Julii crepido captivarum navium rosiris ornaretur. 



m DESCRIPTION DE ROME. 

Xin. A'ttî /j-z'J iirehou (to'j jiY,/jia.TOç) h ^poXi'si-; ti v:ii-/-'(j)- «ttô Ci twv kripuv i/jiê6)iO}v 

Dion. LVI, 3*1. 

XIV. T. Quinclius Crispinus ros. populum jure rogavil, populusquc jure scivil, in 
Foro, pro Hoslris aedis divi Julii. From. Aquœd. 129. 

XV. Colonne Uoralia. — L-î/isv ôï tôç <ipSTr,ç, r,-) iTTzosiiXTO //jL-y. rr,v jm.-/i\>, /Jt«/î- 
TÙ/9tov rj ywviKÎa CTi/).tj r; ~.r,i ktip'Xi TraiTRO'î; if.pyo\t^7. h y.yof.v., i'/ r,; ïy.iro -y. 5/i/).5C 
TWV X/êavwv Tpic'jjÂorj- Ta /tkv oi/v o—).a vjpc/.vfsrat ctà iJ.f,/.Oi ypojou, t-/;v c" ê:Tt/.A/;îtv :^ 
c-ii),(j ç'j>c<TTSt Tov «jTv^v, ()/jaTΫ yMOJiJ.i.'ri nùct. I). Halic. III, 22 2. — V.rif.y.i rarri- 
05i dc'signc la lîasili(|ne Julia [n'' ll.ï] ; la première élail la Basilique .'Emilia [n" 131.] 

XVI. Inler liœc 8enex [le vieil Horare] juvenem amplexus, spolia (^urialiorum fixa 
eo loco qui nunc Pila lloralia appcllatur, oslerilans, ele. Tit.-Liv. I, 26. 

XVII. Pila lloralia, ubi trophœa locala dicuntur. 
Curia. 

Tcmplum Caslorum ad Laeum Juturna;. 

P. VicT. de Reg. urh. Rom<p, VTII. 
XMII. Celle Colonne se Irouvail jusle sur le chemin qu'Horace avait suivi pour ar- 
river au Forum, car, d'après le récit de Tite-Live, il revint à Home par la Porte Ca- 
péne, et par conséquent il traversa le Cirque Maxime. — Princeps Iloratius ibat, tri- 
gemina spolia prœ se gercns; cui soror virgo, quœ desponsa uni ex Curiatiis fueral, 
obvia anle portam Capenam fuit. Tn-Liv. I, 26. 

117. Bois de Yesta. Vers le Forum Boarium, au pied du mont Palatin, 
entre la voie Neuve et le Vicus Tuscus, et clos de murs, comme l'étaient sou- 
vent les bois sacrés. 

I. Exaudiia vox est a Luco Veslîe, qui a Palalii radies in Novam viam devexus est. 
Cic. de Divinat. I, 45. 

II. Via Nova. 

Lucus Veslœ. Sext. Rlf. de Reg. urb. Rom. VIII. 

448. Temple de Vesta et Atrum regium. A la suite du Bois [n° 1 17], entre 
la voie Neuve et le Forum romain. Le temple était circulaire et couvert en 
airain de Syracuse. Il s'élevait au fond de V Atrium regium, cour entourée de 
portiques et d'habitations. Numa fut le fondateur de ce temple. Il avait de- 
meuré dans l'enceinte sacrée, d'où le nom d" Atrium regium ou de Regia Numœ 
qu'elle portait. V Atrium servait de demeure aux vestales. 

I. K5(v/,v xarcCTTviffWTO ttkvtwv /j.ix-.', iv tw fj.i-aX'j tsû TîKa7r£Tc<j).tou xx't T5t> naX«T£5y 
y/iipiu, t;ii|U— s7rs).(T^£vcov rlcr, tôv ),ôjjcov iv't TTS/îiêô^w, /ai jJ-iTrii ùjx'jo'v) o'JTriÇ Tvj; y-p- 
p&i, tj -fl /.aTîT/îJauTai TÔ U,civ tv^v t£ fActy.ri-j-zwJ UpCi-j xaTstràv Tiûrpiov twv AK-tvwv 
vô/j-ov, oiù 7r«^9c'vwv èyo/j.o9îTr,7t ■/■■JssOa.t. D. Halic. II, 66 '. 

II. Forte revertabar festis veslalibus illac 

Qua Nova Romano nunc via juncta Foro est. 

Ov. Fast. VI, v. 395-396. 
ni. Vidimus flavum Tiberim relorlis 

Liltore Etrusco violenter undis, 
Ire dejectum monumenla régis, 

Templaque Veslœ. Hor. I, Od. 2, v. 15-16. 

— On a voulu appliquer ce passage d Horace au pelil temple rond qui existe encore 
sur les bords du Tibre, auprès de la bouche de la Cloaque .Maxime. [Nolli, n° 1089 ; 
Lelarouilly, rion. XII, 15]. Flavio Biondo a le premier émis celte opinion dans sa 



* Drusus ex eodem tribunal! aliqutd de scripto reeitavit. Tiberius autem pro aliis illts 
Rostris Juliis ex S. C. et piiblico iiomine, in haec prope modum verba de eo peroravjt.. = 
* Allerum vero testimoniuni forlitixlinis qiiam in praelio (itinonslravit, est Coluniella angu- 
laris, a qua altéra Fnri Basilica incipit, supra qiiam posita erant Trigeminoriim Allianoruni 
spolia. Sed arma illa vetiiMate consiimpta sunt, at Olumulla eamdem appellationein relinens 
Horatia pila vocatur. =: ^ [Nnma] uiuiiii lemplum omnibus commune erexit, in eo spatio 
quod est médium inier Capiiolium et Palatiiim, ciim jam lii colles une murorum ambitu 
essent conclus!, et Forum inti-r utrunique esset médium, ubi hoc templum xdilîcatuni e»t j et 
sacrorum cuslodiam palrio ritu virginibus lege lata assignavit. 



RÉGION VIII. —FORUM ROMAIN. 



67 



Roma ristaurata, lib. II, c. S6 (Venet. 1548) ; beaucoup d'aulrcs anfiquaircs l'ont sui- 
vie depuis, mais à tort; 1" Parce que là le lemple de Vesta ne serait plus dans le Fo- 
rum romain ; 2» Parce que le Tibre débordait réellement jus(|u'à l'endroit ou nous avons 
placé le temple de Vesta, sur remplacement duquel est aujourd'hui la petite église rondo 
de S. Théodore [Nolli, n» 962 ; Lclarouilly, rion. X, 37] ; 5° Parce que Denys d'Ha- 
llcarnasse [II, 69] rapportant l'aventure de la vestale Tuccia qui, accusée d'inceste, 
prouva son innocence en allant puiser au Tibre de l'eau dans un crible, el venant la ver- 
ser aux pieds des pontifes, dit qu'e//e traversa le l'ornm, ;j.ixpir?i.; ùyoï-yV.; ^^r/zacKv 
TTocf.ù T^6o'Xi~'',yj U/j'-içjavTÔjv i^-pvjr:v.i ri uo\)/3, ce qui n'aurait pu avoir lieu si le lemple 
eût été au bord du fleuve. 4» Enfin parce que le lemple de Vesta ayant été fondé par 
Numa, il n'aurait pu l'établir sur le bord du Tibre, l'endroit indiqué étant, du temps 
de ce roi, un marécage que Tarquin dessérha plus tard en établissant la Cloaque Ma- 
xime. Voy. sur ce sujet un excellent mémoire de Carlo Fea, intitulé : Discorso reci- 
talo neir Accademia Archeologica il di k oltohre 1810, suW antico Tempio rolondo 
vicino a Ponte rotto, detto volgarmente di Vesta. Rome 1816, in-8. Quant au prétendu 
temple de Vesta, sur la rive du Tibre, il était dans la XI« région, et dédié à Caslor. 
Voy. no 252. 

IV. Se in Nova via ubi nunc sacellum est, supra œdem Vestae, vocem noctis silentio 
audisse clariorem huniana, quœ magistratibus dicijuberet Gallos adventare. Tii-Liv. V, 
52 [an. 564]. 

V. Inlerrupit hos sermones,... pluribuslocis circa Forum incendium ortum.... Com- 
prehensœ Lauluniiœ, Forumque Piscatorium, et Atrium regium. JEdes Vestœ vix defensa 
est. TiT-Liv. XXVI, 27 

VI. Dehinc cum omnia in circuilu Fori popularelur, œdem Veslœ corripuil [ignisl. 
Oros. IV, 11. 

VII. Regia Nurnsc. 

Templum Vestae. P. VicT. de Reg. urb. Rotnce. VIII. 

VIII. Hic locus est Veslœ, qui Pallada serval et ignem : 

Hic fuit antiqui Regia parva Numae. 
Inde pelens dextram, porta est, ait, isla Palalî : 
Hic Stator : hoc primum condita Roma loco est. 

Ov. Trist. IH, 1, y. 29-52. 

IX. .^des Jovis Staloris, vota Romulo, Numaeque Regia et delubrum Vestae cum Pe- 
natibus populi romani, cxusta. Tac. Ann. XV, 41. 

X. Quis enim ignorai Regiam ubi Numa habilaverit in radicibus Palalii, finibusque 
romani Fori esse? Serv. in JEneid. VIII, v. 363. 

XI. Veslœ quoque aedcm ipsam Syracusana superficie tegi placuisse. PuN. XXXIV, 5. 

XII. E'oiiiJ.y-o -),/;ct5v tjû tvjj EoTtaj i-po'j rvjv ■/.çdou/j.é-jrtV Pyjytav, ot'Jv ti ^ci7ilsiov 
ov/.r,tj.'x. Plut. TVww. 14 *, 

XHI. Vestalibus nempe una illa sedes est, ex qua eas nihil unquam, praeterquam 
Urbs capta, movit. Tit-Liv. V, 52. 

XIV. Virgines [vestales], quum vi morbi Atrio Vestae coguntur excedere, matrona- 
rum curae cuslodiœque mandantur. Plin. VII, Ef. 19. 

XV. Virgo aulem veslalis simul est capta, atque in Atrium 
Vestœ deducla cl pontificibus Iradita. A. Gell. I, 12. 

XVI. Iconographie. Le lemple rond de Vesta est repro- 
duit sur le revers de trois deniers d'argent de la famille Cassia. 
Voy. Tliesaur. Morell. famil. Cassia, lab. I, n"* 1, 2, 5. Les 
textes ci-dessous confirment cette iconographie. Nous avons 
ajouté derrière le lemple un sanctuaire pour le Palladium 
el les dieux particuliers du peuple romain. Ce sacrarium de- 
vait exister, car le public était admis à voir le feu sacré, 
et Jamais le Palladium ni ces statues ; la disposflionde l'é- 
glise de S. Théodore, le reproduit. 

Quœ nunc œre vides, stipula tune lecta videres : 

Et paries lenlo vimine lextus erat. 
Hic locus exiguus, qui suslinel Atria Vestae, 

Tune erat intonsi Regia magna Numœ. 




XVII. 



Regiam, quœ etiam hodie ita dicitur, juxta œdem Vestœ œdificavit [Numn]. 



08 



DESCRIPTION DE ROME. 



Forma tamon loniiili, (|iix niinr manct, anlc fuisse 
Dicilur : cl foitiui' raussa proljaiida subcsl. 
Vcsia eadem est qua; Terra : etc. Ov. l'ntt. M, v. 2Ct-2C7. 

Tij^A fpo\jf.ôi.v. Plut. Num. Il '. 

1 19. Lac ou fontaine de .Titifine. Fonlaine on maçonnerie, siluée sur le 
Forum, onlre le temple de Vesta fn» 118] et celui de Castor [n" 120]. 

1. Casloreni vero el l'olluecin eliatii illo lenipore |)ro imperio populi Homani excu- 
buisse cotçiiiluni est, quo ad Laoïiin .lulnrnae suuni cquorumque sudorem al)lucre visi 
sunt ; jun claque Fonli sedcs corum, nullius honiinuin manu reserala paluit. Val. Max. 

I, 8.'l. , 

oiio y£av(7/oi \iyo'^Ta.i, Tzols/xMài i-Ai'h/.6zsi cto/kj x«t tovj în~otji ï'jpôtTi 

oiv&poyvJi i-n%-jbi3.fjai. «/savTsj Si twv ÎTrHwv i/.ù-sfioi, xal àjio-Apa-.'Tîi ÙTzb t^,- /(ê&:- 

ooi,ri TicpxTO tï/sbv T/),- E'iTta, àva'J£So)5(, Àt//v/;v TrofîuffX è/j.5'jOLOJ ÔMyrr^ 

TuiiTTii iiTt -xpcioô'iou /.al Oa.nurj.'^-zrn tôjv û'a£//.iJvcov èntfx-^dx; h Pûi/z-r, r^oW'}. ar.iJ.û'-j.. 6 
Tî vîÔjs Twv i^iozxoùp'jiv, ôv ijz'i z?,i dy^pci; y.aTî'.c/.îvaoîv ■/) —ô\i;, svfe wj-ô/j rà. Uo-jitsx, 
■A'x'l r] TtKis' «3tw X/5/ÎV-/; /.a)>5y,v.-:'vri Tî Twv (-)£ô)v tîOtojv l'iyiii. D. IIalic. M, 13 2. 

III. Ilac sunl Ledœis lempla dicata Deis. 
Fralribus illa Deis fralres de gentc deorum 

Circa Julurna' composuere Lacus. 

Ov. Fast. 1, V. 706-708. 

IV. Templum Casiorum ad Lacuin Juluina;. P. Vicr. de 
Rcg urb. Romcp, VIII. 

V. Revers d'un denier d'argent d'Aulus Albinus, représen- 
tant Castor cl Poliux abreuvant leurs chevaux au Lac de Ju- 
turne. Thesaur. Morell. faniil. Postumia, lab. 1, n<* 5. — 
Vaillant, famil. rom. Postumia n" 5. 

120. Temple de Castor. — Devant : Statue équestre de Marcius Tremulus. 
— Le temple s'élevait auprès du Lac de Juturne, dans la partie du Forum op- 
posée à la voie Sacrée, el se trouvait, comme le temple de Vesla, adossé à la 
voie Neuve. Il fut voué l'an 2.")5, par le dictateur Posthumius, et dédié 
l'an 278, par le fds de Posthumius. Tibère et son frère Drusus le restaurè- 
rent. Son portique dominait le Forum ; on y arrivait par plusieurs degrés. Bien 
que consacré à Castor et PoUux, cet édifice était lialjituellement appelé temple 
de Castor, ou des Castors. — Devant, sur le Forum même, était la statue éques- 
tre de Marcius Tremulus, vainqueur des Herniques l'an 447. 

I. Templum Casiorum. Sext. IUf. de Rcg. urb. Romœ, VIII. 

II. Sur la position du temple de Castor auprès du Lac de Julurne, voy. ci-dessus , 
n» 119. 

III. Ibi niliil nec divinœ nec humanœ opis diclator [A. Posthumius] prœlermillens , 
ffdem Castori vovisse fertur. Tii-Liv. 11, 20 [an. 255]. 

IV. Castoris œdes eodem anno [270] idibus Quinliiibus dedicala esl : vola eral Lalino 
bello, Poslumio dictatore. Filius ejus duumvir ad id ipsum crealus, dedicavit. Tii.-Liv. 

II, 42. 

V. Nonne ab A. Poslhumio œdem Castori et Polluci in Foro dicatam? Cic. de Nat. 
Deor. III, 5. 




^ FtTunt Numani aedem quoquc Vostoe sacro i(;ni orbiculaiem circumjecisse. = - Ferunt,... 
finito pr.-elio, Romae in Foro eodem modo conspectos fuisse duos adolescentes, militaribus in- 
dutos vcstibus,... eqiiosque sudore mndidos iidduceiites. Cnnique de equis desceiijissrnt, 
seque abluissent ar|ua qua; profliiil ex foule qui cit ad mdcni Vesl.-p, quajque parvuni quiileui 

sed profundum larum efficit Ilujus ineredibilis et admirandae Deorum praîseniis Honire 

muita exstant nioiiumenta : cum ip.sa a?des Castoris et l*olluiis, qitam in Foro populus ronia- 
nus a-dificavit, in eo ipso loco ubi visa? fucrani illoruin iinayines; tum fons anli vicions, qui 
isiis Uiis sacer dicitur. 



RÉGION VIU.— FORUM ROMAIN. 69 

M. Nec dissinuiluiot collcga cjus M. Dibulus, cvcnissc sibi quod l'olluci : ul ciiim 
{Tcmiiiis fiatribus :vdcs in l'oro coiisliluta, tanlum Casloiis vocarclur Slkt. Cœs. 10. — 
Yoy. plus baul, n« 24, § XII. 

VU. Uuœris iter? dicatn : vicinum Caslora canœ 

Transibis Yeslœ, virgineamque domuin. 

Mabt. I, 71. 

VIII. A'uTÔj oî tv y.r'aw 7T:ivTwv h tw va'Ô rCrJ \i07A-}'jp'j>y ifiopîvî. APPIAN de Bell, 
eiv. 1, p. 622'. 

IX. R«'[ ènîio/j 5, Tî Kou'jxp, jirj'/.yy a'jT)\j p^iîsvrt'îaj, pr{Zfj-J •zvj'j. ■i\ii.ip'x-) nposimy, Xj 
b> aùir, -JOij-oOsTriCyi, ''•^' "ô T:Xr,9oï vùi/tî; t/;v àyopm 7T/î5X«Tî').aSîv, ènTfkdî //ïtk Toiv 
■Eupi(jy.-jy.'j;j.é./'jiy xxnrpbi y.vj tô Stoa/.'jvp;Lo-^, ù.-f o\nzs.p i/.ÛJii kirijx/rjopzi, ùs/j-tts^s' 
là ij'i-/^ cdiol T'iv àv(?yîW7rcjv ùrrîtzovTwv ol, rà tîè, zai v3//tÇ5VTCJv chjto-j ixvi /m ^vavTtco- 
Ori'JSiOxt a-fi'zvj- &'), ô'î «vco t£ iyi-JîTO, -fA v:nù.éyifJ i'rscpôizo, aJTij Tî /.ury. twv àvz- 
6ai//'iv ioioO-ri, xc.i py.Sooi u'jT'iû cjvîT/st'Ç/jTay. DiON. XXXVIII, 6^. 

X. Sur la silualion du temple de Casior dans le Forum, voy. plus haut, n" 85, § III. 

XI. Ttj, Tî Si'in/.'jitpno-J 70 iv r/j yyop^v. tv5 Pcovaia ôv rXy.~io.(jyj, oiy. //înj tojv '^.yvjjj,'}.- 
Twv sL'7000-j 'ji aJT5!J cj tSi Tîs'./C'.rtov îû5()57Kro... Dion. LIX, 28"'. 

XII. l'arlem Palatii ad Forum usque promovit, atque aede Castoris et Polluris in 
vcstibuium transfigurala, consistons saepe inter fratres duos médium se adorandum 
adcunlibus exliibebal [Caligula]. Slet. Calig. 22. 

XIII. Kcà l-j (JÀ-J zri àyopy. ^inis-Aoitpwj iipb'J tâ}iU7«//E'vi5tj t£//2v, x. t. /. Strab. V, 
p. 252 *. ' 

XIV. O /ÂVJ sOj; zol; l^ioa/.oûpoii h y.-pfyZ, roû Til/^Oo'ji ôiç lût Oj'sîx'j Tzsptcrv.-jzo;, 
êvbi as ïiOou rb ~pOno-j in' xjzbv à'fiOiJToç, è'ppf^î tv;v pfii/vjv, za't si; rb Eirtaj Ispbv 
ïsro àpoy.oi. Appian. de Bell. civ. I, p. 64.Ô. 5. 

XV. Héédifié par Tibère. Voy. plus haut n^ 83, § V. 

XVI. Ibi nihil nec divinœ, nec liumanœ opis diclutor [k. Posthumius] prœtermittens, 
œdem Caslori vovisse fertur [an. 255 ou 257]. Trr-Liv. H, 20. 

XVII. 'i'>]v <i</.(,'ipu.y ouTOi /syîuîfv à-jd?,7Xi /.où ys-iinO'M nspiSôr,TO-J, wîTî Kui/.Uiov Mé- 
TzXkov à'j^pii.rsi y.'A •/p'X-^M.i y.oijij.oli'JTy. ttj -/sw twv ikLir/.Tjp'j)./, /.d/.-h-rii si/.i-jx ypx'jit/.- 
ps-JO-j ù:jv.Osvj'j.i. oiy. -b /.yX/.Oi. Put. l'omp. 2 ^. 

XVIII. Ex. L. Metelli 7nanubiis. Ex œde Castoris, quam de manubiis L. Melellus 
exslruxeral : qui Metelius, subaclis Ualmatis, Ualinaticus appellatus est. Asco.n. m 
Verr. de prœt. urb. p. 107. 

XIX. Undique mihi suppedilat, quod pro M. Scauro dicam , quoeumque non modo 
mens, verum eliam oculi inriderinl. Curia illa de graxissimo principalu patris fortissi- 
moque Icstatur ; L. ipse Sletellus, avus liujus, sanrlissimos deos ilio consiituisse in 
templo vidclur, in vcstro conspeclu, judices, ut salulem a vobis nepotis sui depreca- 
rcntur. Cic. frar/. pro Scauro, in fin. 

— Castoris et Poliucis templum Metelius, quem nominal, refecit. AscoN. in Scaur. 
p. 177. — Ce discours, pro Scauro, fut prononcé sous le consulat de L. Domitius JEno- 
barbus et d'Appius Claudius Puiclier [an. 699]. Ascon. Ibid. p. 168. 

XX. Stulue équestre de Marcius Trcinulus. Marcius de Hernicis triumphans, in 
Urbem rediit : Stalua(iue equestris in Foro décréta est, quae anle templum Castoris 
posita est. Tii'-LiY. IX, '«3 [an 44 7]. 

XXI. In Foro L. Anlunii slatuam vidcmus : sicul illam Q. Trcmuli , qui Hernicos do- 
vicit, ante Castoris. Cic. Pliilipp. VI, 5. 



* IpsL' média in Urbc rcdcm Gistorum occupât. = - Cum Cnesar, Bilmliun niliil adinodum 
nioralus, ccrtani diuin praistitisset legi perferenda;, noctuque plchs Forum occup.issct, Biljiilus 
cum suis, quos ad e.un rem paraverat, eodem contendit ; et ad Castoris quideui lemi>luui, 
ubi Caesar concioncni liabebat, perrexit, cedente populo, partim ob verecundiara, partiin 
(juod euui sibi noa adversalurum exiNtimarent. Et poslquain in superiore loco constilulus 
contradirerc leyi ayyressus est, et ipse per (;radus dejeclus et f asces cjus fr.icli, etc. =r ^ Di- 
visa in duas parles a;de Casiorum, qu;c cral in Foro rouiano, inyressuni in Palatiuni p<a- lioc 
tcuqjlum et média (jeniiuoruni simulacra paravit. = "* Les Komains avaient élevé dans le l'iiiiiiu 
uu Icinple aux Dioscures. P. njy de la tnuluction. =z ^ Sacrum is faciebat in Foro iu .T<le 
Casiorum, circunislantc ut fit fr.qiienti mullitudine : (|uuuuiue unus qiiis])iam pelisset euiii 
lapide, abjcrta jibiala ad a'dcm Vcsta: crrpit currere. = "^ Fluram refui unt uscpie adeo (loiuisse 
ac fuisse eelebratam, ut (J;eciiius Metelius, (puiro sijjuiset tabulis pictis a;dem t^.istoris cxoiiia- 
rct, U!la illius pictaui imatjiuem ob vciuistatein ibi dedicaiel. 



70 DESCRIPTION DE ROME. 

XX[I. Ante œdcm Castoram fuit Q. Maicii Trcmuli equcstris togata, qui Samnilesbis 
devircral. Pli.n. XXXIV, 6. 

B.vsiLiQUF. PonciA. Cotte basiliquo, Ijàtie par Caton l'ancien, jx-ndant sa 
censure, l'an .'K)8, était entre la Cmio Ilostilie et le temple de Castor. IJrùléo 
en même temps que cette Curie, aux i'unérailles de Cludius [Vfiy. l'art. suiv.|, 
on ne la icljfilit ])oiul; aucun auteur du moins n'en parle de])uis cette ép(i(jue. 
Nous pensons (pio son emplacement fut alisorbé en partie |)ar la Curie Ilos- 
tilie, qu'on réédilia plus grande et plus belle, el (pi'une partie l'ut laissée pour 
reni[)la(euu'nl du triiumal des Triumvii's capitaux, qui sié^'eaicnt là, devant 
Ja Colonne Mft'iiid, ainsi que nous le dirons plus bas en parlant de cette co- 
lonne. Ell(> ne fitçure donc point sur noire Plan. 

I. Calo allia duo, I\la>nium cl Tiliuni in Lalomiis, el quatuor labeinas , in publicum 
emil ; Dasilicamque ibi fecit, qua; Porcia appcliata est [an. 568]. Tit-Liv. XXXIV, ii. 

Plut. Calo maj. 19 i, 

III. U oï nMou/JS-Jr, Tlopy.ia j:u(:àiy.Y] Tt/ÀY/rubv -7,^ àv«5y;/na roXi Tra'/awûKâT&jvSj' stcoôi- 
rs; ouv l/.n ycr,/j.xTiKsi.'J b c/i^uot.py_ot, xoà xLovo; zo~i; oi-^poti è/J.~ooài:> «ivat ô^s/suv-^j-, 
eyvwîav Ops/îïv uùrbv Yi /xiTair^^af towto Kdruvx irpSizov ci, ùyopm à'zovTK -por,yxyîJ. 
Plut. Calo min. 5 2, 

IV. Populus.... corpus Clodii in Curiam intulit, cremavilque subselliis... Quo igné el 
ipsa quoiiue flagiaxii, cl iiem Porcia Basilica, qua; eral ai juncla, ambusla est. Ascos. 
In Miln. aigum. p. 183. 

121 . Colonne Menia. Sur le Forum vis-h-vis de la petite place située entre 
le temple de Castor et la Curie Julia [n^^ 120 et 122]. C'était l'unique reste 
d'une maison que Ménius vendit à ceux qui bâtirent la Basilique Porcia, 
Pan 568. 

I. Menius, cum domum suani vendcrel Caloni et Flacco censoribus , ul ibi Basilica 
œdifirarelur, cxcpperal jussibi uriius columna^, super quam leclum piojloerel ex provo- 
laïuibus tabuiaiis, unde ipse el posleii ejus spéciale muiius gladialoriuin possent, qiiod 
eliam tum in Foro dabalur. Ex iilo igitur Columna Menia vocilala est causis ejusniodi 
solilis. Aderant aulenî iiis rébus moialores apli talibus negoliis. Ascon. in Divinal. 
p. 36. 

— (les dernières paroles ont Irait aux Triumvirs capitaux qui Jugeaient, à la Colonne 
Menia, les délits des basses classes du peuple. Cicérou voulant ravaler les gens qui 
lui dispulaienl l'accusation de Verres, leur dit : — Vobis autem lanla inopia reorum 
est, ut niilii causam prœriperc conemini polius, quam aliquos a Columna Menia veslri 
ordinis reos reperialis? Cic. Divinal. 16. — Reos vestra defensione condignos, ul fures 
el serves nequam, qui apud Trium\iros capitales apud Golumnam Meniam puniri soient. 
Asco.N. in Divinal. p. 36. 

II. Venil, ul scitis, ad Columnam Meniam. Tanlus est ex omnibus spectaculis usque 
a Capilolio, (antus ex Fori cancellis plausus excilalus, ul nunquam major consensio, 
etc. Cic. j)ro Sext. 58. 

Ul. Hic [Menius] fertur domo sua quam ad Forum spectanlem habuerat divendila 
unam columnam sibi ibi excepisse, unde gladialores speclaret, quœ ex eo Menii Co- 
lumna nominabatur. Porphïr. in IJor. I, S. 5, v. 21. 

122. Curie Julia, jadis Hostilia. — Devant : statues et horloges. Cette 
Curie située entre le temple de Castor [n" 120] et le Comitium [n" 123] était 



1 Mulliun eti:Mn obstrcpuit ci, quuin lîasilicain fticerct, quam pocunia puljlica sub Curia 
Foro adjiiiixit, clBasilicain Porciani appdlavil. ^ - 15 isilicaui, qua; Porcia dicitur, dcdicaverat 
in censura Cato major. In ea tribuni picbisdare auJicruiani solili, quum colunioa subselliis 
oflicere vidcrctur, cani dcliberaverant rcmovcre vel trajiccre. Id Catonem primum protraxitiu 
Forum invitum. 



RÉGION YIII. — FORUM ROMAIN. 71 

bâtie sur l'emplacement de rancienno Curie Hostilia, fondée par le roi Tullus 
Hostilius, dont elle portail h' nom, et qui, après avoir été restaun-c par Sylia, 
fut brûlée l'an 701, aux funérailles de Clodius. P'auslus, iils de Syila, la re- 
construisit plus belle et plus grande. Peu d'années après, Lé[)ide, l'un des 
partisans les plus dévoués de César, en fit décréter la démolition, sous pré- 
texte d'ériger à la place un teuiple à la Félicité; son but véritable était de 
construire une curie qui portât le nom de César. La Curies .Iulia fut commen- 
cée par les triumvirs, l'an 710, et dédiée l'an 725 par Auguste. C'était une 
grande salle carrée, de 25 mètres de long sur 20 de large, environ. Elle était 
llanquée de deux auti-es salles étroites, qui pouvaient servir de pièces de ser- 
vice ou de dégagement. Un perron de plusieurs marches régnait sur toute sa 
façade. La Curie Hostdia, puis Julia, l'ut toujours le lieu le plus ordinaire des 
assemblées du sénat. — Devant la curie, sur le Forum, on voyait une statue 
d'airain élevée au roi Porscnna, après sa réconciliation avec les Romains, vers 
l'an 246. • — Il y avait aussi deux cadrans solaires, érigés l'an i9l et 492 par 
M. Valerius Messala, et Q. Marcius Philippus, et une Horloge d'eau, établie 
l'an 595 par Scipion Nasica. 

I. Cuiia Hoslilia, quod primum œdificavit Hostilius lex. Anle hanc Rosira : quoius 
loci id vocabulum, quod ex lioslibus capta fixa suiil rosira. Varr. L.L. V, § 155. 

II. Cum senatus ad cuni misisset, ul in Curiam venirel : « quare non polius, inquit, 
in Hosliliam propinquam Ilostris ad me venil? » V. Max. IX, 5, 2. 

m. Fecitque idem et sepsit [Tullus Hostilius] de manubiis Comilium et Curiam. Cic. 
de Repub. Il, 17. 

IV. Tempiumque ordini [senalorio] ab se aucto Curiam fecit [Tullus Hostilius], quae 
Hostilia usque ad patrum nostrorum aitalem appellata est. Tit.-Liv. I, 30.— Rappelons- 
nous que Tile-Live, qui mourut l'an 770 de Rome, écrivait du temps d'Auguste. 

Y. Tarquinius... médium arripuit Servium, elatumque e Curia, in inferiorem partem 
per gradus dejicit. TiT.-Liv. I, 48. 

VI. rivi/j;îvo,- o" S9&J Toû ji'JuhîUT-fiplo-j, iJ-zxioipo-j èqa.pTxi'jV.i avTsv, àz,(/.iÇ'jJV rà a'ifix 
xoù f/^j)ij.a.Xsoi, àvuppŒTSt y.oltv. twv Y.p-'rimS'ji'i roli ^o\/\iVT-riplo'j twv eij tô ïzx/ïjîjair/j- 
piov <f>-po-jnô>-j. D. IIalic. IV, 58 •. 

VII. Quum senatus post paulo de liis rébus in Curia Hostilia haberctur, cohortesque ex 
pr<esidiis revertentes, forte a^mine Forum transirent, centurio in Comitio exclamavit : 
«Signifer, statue signum; liîc manebimus oplime. » Qua voceaudita, et senatus, « acci- 
perc se omen, » ex Curia egressus, conclamavit. Tit.-Liv. V, 55. 

VIII. Tô -/Kys 5W,(Aa TOÛ t\/wOtou ùpàjj.S'JOi, È'î Tî To ^rJïîj-c-fiplo-j lrl\iiyv.x-) -/M SjÔî' 
rr,(!a.v xa'i fx-zà roûzo TX<jpà-j i/. twv jic/.dpoiv vyjiavTS,, sV.xuîay xoù èxzuo xat zb auv- 
éâpio-j. Dion. XL, 49 2. 

IX. Atti N'avii Statua fuit anle Curiam, cujus basis conflagravit Curia incensa Publii 
Clodii funere. Plin. XXXIV, 5. 

X. Ka2 TWV 7Ta/3ovTwv oi TzpoTispiaTspoi tx ^y.Bpu. xxi roui ôpàvciu^zôi-j lio'j'>.s'JzS>-j au/j.- 
fop-qaxvzîi, ■fi'pu.'j oùzôi Tcopùv, u-f Yj'î zo Te ^rjk-itz-qpio-i xz't TTîX/a't TWV TCkcfllo-i oh.ixt 
Tw KXwd'('j) cjy/.cL-vf\vff\'^oi~K Appian. De Bell. civ. Il, p. 726 *. 

XI. EIwts zo'ù Tzoï/j-Yipiou TTpbç zG> dsKzp'jt ccjzo) aùv 'fpoupi: iiOpoiOqax-j' aux zv. zoXi 
K^wo'iou oaTx àvî/ec^at é'yycii^X'J, zô, zs ^o\JKvjz-!]pin-; zOt «taiJTTOJ tw zoû lù^lou vifi à'JOi- 
xoâoiAr,'ZM Tzpo'sizT.^a.'j' -^v ix'vj yif.p zb O(7r().!ov, fjLzzcT/.eiiciazo tjk 'Jtto zou 2W).5u. dVà 
ToÛTo Tê nspl xjzoôi ï6o^s, /.M OKOJi siouoâofj.-iOï'j zb èKîhou 'ôvoy.x scttcÇk).-/?. Dion. XL , 
50*. 



* Egressus autem e Curia eumsustulit sublimem, ipse corpore florenti et viribus validis prae- 
ditus, eumquc de CurL-e (jmdibus in Comitium ferentibus dujeoit. = - Corpus Clodii sublaliim 
et in Curiam portatum deccnter coniposuissent, rogo ex siibselliis congcsto, cum ipsa id (Juria 
combusserunt.= ' ibi ali(|uot pelulanliores congeslis subsclliis roguin cxstruxenint, igncmque 
subjiicerunl, quo una cum cadavere conflagravit Curia, cum aliquot conligiiis privalis aîdibus. 
= * Extra l^omoeriiini prope tbeatrum ejiis | l'ompeii] senatus bal)ilus est, decrclumqiic ut 
Clodii ossa eolligereutur, Curiamque Fausius Syllœ filius restitueret. Curia cniin quœ incendio 
pcrierat Hostilia fucrat, sed a Sylla aliter xdificata. Iiaque statucrani ut ab eo reficerclur, no- 
meuque ejus acciperet. 



7-2 DESClilPTION DE «lOME. 

Ml. liivonio et l'yttia(;oriK et Alcibiadi, in cornibiis Comilii posilas [slatuas'... Eà 
elfti'ic (loiiL'c Sylla diclator ibi Curiara farcrcl. Vus. X.XXIV, 6. 

Mil. Kqiiidfin c>(i;itn ruriani nuslrain, Ilostiliarn diro, non liane novam, qna: minor 
esse \idelur, posteaquani est major, (lie. de finib. Y, 1. 

XIV. li-!tC/i zh Oarutov, ■/.xir;;p v.-j-j.u.-jo-jiytfii), /.xOr.fAOri- 7t/i4pa7Jv ij.'vj t9Û vajv 
V.jTjyi'JLi in-xl)0% 'jl/.oiifi:rf)r,jv.i, ôv xaï b A£,T(59j L-r:upy_-^-v.i i\i7:oir,ivj- ify/'ji 6é, onui 

cvo/jy.iOîu,. l')io.N. XLIV, 5 K 

XV. Kaî Tî iioDlc'j7r,fnv tô l5J).ov «"' aiTOïi x)^r,9i,/, Tcv-pù. lia y^OjAniu (ijvo//aî/Ji-:'vw 
ôy/.oàlij.oijv. Dion. XLVII, 19 2. 

XVI. Ti, T£ XOr.-J'XlOV 70 /.XL \!3LK/.l.ilM-^ OÎvS/yXTaî'vOV, Xal TÔ ^rS>.VJTr,fAO-J TO Isuxûtsv, 

TO ^~i Tïj Tiîr -u.Tf.'ii -j-j-'/j T(//<5 •/V'jixi'O-t, //aO li yj)-; VJ . hi'j'.Vi'^i oï li KjTJ T9 Hy-yjav. 
TÔ t;;,- Vtz/;,-. Ilio.N. LI, 22 3. 

XVII. Idem [Aiiguslus] in Curia quoquc quam in Comilio consecrabal, duas tabulas 
impressil parieii. I'lix. XXXV, k. 

XVIII. Après le meurtre de Caligula : — Senalus in asserenda libertate adeo consen- 
sil, ut ross. primo non in Curiam, quia Julia vocabalur, sed in Capitolium convocarcnl. 
SlET. Caliy. 60. 

XIX. Quuni ad senatum venisset [Perlinax], et cellam Curiœ jussissct aperiri, nequc 
invenirelur œdiluus, in lemplo Concordia: resedit. Capitol. Pcrlin. i. — Cella Curiœ 
ne scrail-il pas une des salles latérales? 

XX. Iconographie. Nous reconnaissons, avec la plupart des antiquaires, pour avoir 
appartenu à la Curie Julia, une partie de grandes murailles de briques, située au pied 
du mont Palatin, entre les trois colonnes du Campo Vaechino et l'église ronde de S. 
Théodore [Noili, n"s 928 et 962 ; Letarouilly, rion. X, 35]. Cette ruine conserve encore 
sur trois cotés la forme d'une salle carrée ; son inspection a fait reconnaître que l'édi- 
fice avait un plafond sollitc, et que ses murs étaient revêtus de marbre. 

XXI. Statue du roi l'orsenna. Li;r/;/.ît ôi yXif.'j'xti y.jCciy.-: u'jto'j \nopzTijy-'j'j\ TZ'xpy. 
TÔ 'ijj\z-^-T,^A-j-^, y-'i'yji y.vX 'y.py/i/.oi zf, iy^y.iicf.. I'lit. l'nblic. 19 '•. 

XXII. Statue d'Atlus Navius. Brûlée lors de l'incendie de la Curie. Voy. ci-dessus 
§ IX. — Statua .\ccii,... in Comitio, in gradibus ipsis, ad lœvam Curiœ fuit. Tit.-Liv. 
I, 36. 

XXIII. Cadrans solaires, et Horloge d'eau. — M. Varro primum 'Solarium Horo- 
logiuni] statutuni in publico secuuduni lioslra in columna tradit, bello punico primo, a 
M. Valerio Messala consulc, Catiiia capta in Sicilia,... anno Urbis CCCCLXXXXI. Nec con- 
gruebant ad lieras ejus linere : paruerunt taineii eis aiinis undccentum, donec (j. Mar- 
cius IMiilippiis, qui cum L. l'aulo fuit censor, dirgenlius ordinalum j\ixla posuil : idquo 
munus intcr ci-i;soria opéra gralissime acceptum est. Etiam tum lamen nubilo incertiC 
fuere liora; usque ad proxinium luslrum. Tune Scipio Xasica, collega Licnatis, primns 
aqua divisit lieras ;c(|ue noctium ac dieiuni. Idque ilorolOo'ium sub leclo dieavii, anno 
Lrbis DXt.V. l'i.ix. VII, 60. 

XXIV. Constat nulluni ^Horologium] in Fore prius fuisse, quam id, quod M. Valerius 
ex Sicilia advcetum, ad Kosira in columna posuil. (Juod quuni ad clima Sicili;e di-seripluni, 
ad lieras Uom;e non conveiiiret, L. î'iiilippus censor aliudjuxla consiituit. Deinde ali- 
quaiilo post P. Cornélius Nasica censor ex aqua fecit lioiarium, quod et ipsum ex con- 
suetudine noscendi a sole lioras, Solarium ca'i)tum vocari. Censoi\. de Die nat. 23. 

123. Comitilm. — Devant : Statue du Lion de Pierre. — Au fond : Figuier 
RuMiNAL ET STATUE DE LA LouvE. Oii appelait Comilium la partie du Forum 
située aux environs de la Curie Julia; mais le Comilium proprement dit était 



1 Er.it ciiim ('.uri;i Iloslilia, quuin refccta fuisset, dcniio dcstructa, sub speoie qiiidein, quod 
ibi leiiiplmn Felicllaliscoiidi debcal: quod et Lepidus, qiium iiiayislcr cqiiilimi csset,:il)solvit : srd 
re ipsa ob liane caiisam, ut ne in eo (|iiidein icinplo Syllrc iiomeii supercssct, u'ipiu nova Curi.i 
Julia vocaiclur.=: - Ciiriam .luliani ab <o [CaNare] diclam ox décrète prius faclo .X'i.lilicaveriiiit 
[tri un ni ri] proplcr (loniiliiiiu [au. 7 i j]. = ^ Miiier\;c Icmplum, et quod (>lialcidiuiii vocaliir, 
tum Curiaui Juliaiii, in lioiion.iii p uns siii faclain, dc<licav t [Au;;ust!is, an. 7!5), in c.iqiic 
ini.i(;iiiein Victoria; posuil. ^^ * Statua ci [l'orsciiiia;] posila a;rca juxia Curiam, riidis et opciu 
prisro. 



ULGION VIH. — lOllUM ROMAIN. 73 

la i)eliUî place resserrée entre la Curie Jiilia [n" 122] et la Grcccoslasc [n" 124]. 
Celle place élail couverte, et c()iniuuni(|uait d'un côté au Forum, et fliî l'autre 
à la voie Neuve, au pied du uionl Palatin. Au l'ond du Comiliuni, à l'angle 
gauche de la Curie Julia sur la voie Neuve, on voyait le Fujuicr linminal, et 
dessous, une statue en airain de la Louve allaildnl Itomulun et Rémus. Le 
Comitium était connnode pour la tenue des comices : dans ces occasions, les 
tribus se réunissaient sur le Forum; les corbeilles pour recueillir les bulle- 
lins étaient dans le Comitium, et les tribus venaient tour à tour les y jeter, en 
délilant dans cette espèce de galerie, et ressortant par la voie Neuve;. — De- 
vant le Comitium, sur le Forum, était la Statue d'un lion de pierre, sous le- 
(pu'l était enseveli Uomulus, ou Faustulus, son père adoptif. 

I. Comitium. Locus propler senatuni quo coire cquilibus el populo Romano licet. 
AscoN. in Verr. de l'rœl. urb. p. 86. 

II. Sur levoisinaRC du Comitium et des Rostres, voy. plus haut, n» 85, g VIII.— Sur 
son voisinage de la Curie Julia, jadis lloslilia, voy. n» 122, g VII. 

lit. yEdilis [Cirsar] prreter Comitium ac Forum, basilicasque, eliam Capilolium orna- 
vil porlieibus ad tempus exsiruclis. Suet. Cœs. 10. 

IV. Ko anno [V-t-k] primum... Coiuilium leclum esse memoriœ prodilum est. ïiT.- 
Liv. XXVll, 36. 

V. L'enceinte du Comitium fui faite parTullus iloslilius. Voy. n" 122, § III. 

VI. Statue du Lion de Pierre. TeAi os xat tôv Xî'îvTa tsv HOvjo-j, 85 ë/.-no irii 
à.yofyv.i Tvji Tôjv Pcj/jLKi'wv ^v Tô> xf^c/.zhT'j} yj)i-yi'j> Tixr.y. -^oi; £//Ç&/3(; è-'i tw adifj.ari loïj 
<l'i«'j7TÙ/0L/ Zz0-?)vui rpy.'7VJ, vjfix à'ns'jsv, D~hTW sJ/sovrcov Tapï'vTî;. D. IIalic. I, 87'. 

Vil. Niger lapis in Comitio locum funeslum significal, ut alii, Romuli morti deslina- 
luni. Sed non usu obvcnil ul ibi sepelirclur : sed Faustulum nulricium ejus ibi sepullum 
fuisse. Fkst. y. IS'igcr. 

Vlil. Ossa Qiiirini.Uoc sic dirilur, quasi Romulus sepullus sil, non ad crelum raplus 
aul discerplus, nam Varro posl Rostra fuisse sepuicrum liomuli dicit. l'oRPiiyR. in llor. 
Kpod. 16, V. 13. — Un vieux seoiiaste d'Horace, cilé par Vanderbourg [trad. des 
odes d'ilor. loc. sup. cit.], dit que le tombeau de Romulus élail dans le Forum, cl il 
fait entendre que de son temps on avait encore l'usage de placer des lions devant 
les tombeaux. 

IX. Figuier Ruminai et Statue de la Louve. Colitur ficus arbor in Foro ipso ac 
Comitio Uoina; nala, sacro fulgniibus ibi conditis : niagisquc ob memoriam ejus, quoe 
nutrix fuit Romuli ac Rémi condiloris, 1 uminnlis appellala, (luoniam sub ea inventa est 
Lupa infantibus pra?bens rumen, ita vocabanl manimam : iiiiraculo ex iTre juxta di- 
calo, lanquam in (jomitium spoiile transisset, Ailo Xavio augure. l'i-is. XV, 18. 

X. Ficus quoque in Coniilio appellatui' Navia, ab AltioXavio augure. Fest. v. Navia. 

XI. Eodem anno [■'i.'56] Cn. cl (j- Ogulnii a'diles curules aliquot fœneraloribus diem 
dixerunl : quorum bonis nmlclalis, c\ eo quod in ()ublicum redaclum est,... cl ad Fi- 
cuni Ruminulem simulacra infanlium conditorum L'ruis, sub uberibus Lup<B posueruut. 
TiT.-Liv. X, 23. 

XII. Kodem anno [811] Ruminalem arborem in Comitio, qu;c octingentos et ([uadra- 
ginla anie annos lienii Romulicjue infanlinm texorat, morluis ramalibus et arescenle 
Irunco deminutam, prodigii loco liabiluni esl, douce in uovos fœtus revirescerel. Tac. 
Ann. Xlll, 58. 

XIII. Ruminalem ficum ai>pellalam, ail Varro, prope Curiam sub veleribus, quod sub 
oa arbore Lupa rumam dederil Remo cl Romulo, id esl mammani. Jlamma auteni rumis 
dicilur. Fest. v. Ituminalem. 

XIV. In proxima alluvic, ubi nunc ficus Ruminalis est,... pucros [Reniuni el lîomu- 
lumj cxponunt. Tit.-Liv. I, i. 

XV. Ficus Ruminalis in Comitio, ulii et Lupercal. P. Vict. de Itcg. urb. Itomœ, Vlll. 

XVI. Forsilan et qiiicias cur sil locus ille Lupercal ; 
[Aventure el e.rposilion de Rcmus et de Uomulus] 
Alveus iii linio silvis adpidsus opacis, 



' Xonnulli oii.iin Lroncm LipiiU^mi, qui rr;it in m.,\'nic conspiciio Itoin.ini Fori Iolo ad 
J'iosliM, toipori Fausluli iniposiliuu fuisse aiuiil, qui scpulliis fiicrut in co ipso loco in quo 
invcnius fuurat. 



74 DESCRIPTION DE ROME. 

Paullalim nuvio (li-flcicntp, scdol. 
Arbor c-ral : rémanent vesti(»ia : quipque vocalur 
Rumina nunc licus, llomula licus erat. 

Ov. Fa$t. Il, V. 381, 409-412. 

XMI, Hv 0£ Til-ziih-j èptvzb;, ôv Voi/j.i.'cù.i'i-j ivLÙX'jM'j riOiv.zbjV'ji'iAo-j, w; oi no'/'t.o'i 
vo/j.'Xou'si-j. Pli T. Roniul. 4 K 

XVIII. Iconographie Nous avons placé la statue de la Louve el le Figuier Ruminai 
dans la voie Neuve, à rause de la position relative du l'if^uicr el du Lupercal qui, bien 
que ne faisiini pas partie de la mi^'uie région, élaient cependant voisins. Ceei d'ailleurs 
n'est point en désarcord avec les textes qui indiquent le Figuier in Comilio el in Fora. 
La statue de la Louve a été retrouvée pendant le XV|c siècle, au pied du niont Palatin, 
dans les ruines du temple de Yesta, aujourd'liui l'église de S. Théodore. On la voit main- 
tenant au Cajjiiole, dans une des salles du palais des Conservateurs. C'est un ouvrage 
étrusc|uc, en bron/.e, et un peu plus fort que nalure. Les enfants qu'elle allaite sont une 
restauration moderne. Quelques anli(|uaires prétendent que cette statue est celle qui fut 
frappée de la foudre lors de la Conjuration de Calilina ; ils veulent voir la trace du feu 
céleste dans une cavité assez longue existant au-dessous du jarret de la jambe droite de 
derrière. S'il en élait ainsi, celle Louve serait celle du Capilole, donl nous avons 
parlé, et non celle du Coinitium. Mais il y a deux objections à faire : l'une que la ca- 
vité prise pour un coup de foudre est, beaucoup plus probablement, un défaut de la 
fonte, une souHlure ; l'autre, que la Louve du (wipiiolc vlait don'e, tandis que celle-ci 
ne porte aucune trace de dorure. Kl (|u'on ne dise pas (;ue le temps en a fait disparaî- 
tre eomplèlement tous les indices : la boule du Mille d'or, et la statue de Marc-.Vurèle, 
sur la place actuelle du Capilole, sont là pour prouver que quelque portion du métal 
incorruptible échappe toujours au ravage des siècles. 

124. Gr.ecost.\se. C'était une espèce de grande basilique servant de salle 
d'attente pour les ambassadeurs étrangers qui devaient être admis aux au- 
diences du sénat. Cet édiflce .se trouvait à peu près sur le même alignement que 
la Curie Julia [n° 122], mais il tournait le liane à cette partie du Forum, et sa 
façade regardait le septentrion. La Grïecoslase avait la l'orme d'un temple pé- 
riptère, avec des colonnes en marbre blanc, d'ordre corinthien, cannelées. Elle 
reposait sur un soubassement Irès-élevé, et avait deux portes, l'une sur sa fa- 
çade, et l'aulre sur le Comiliuin j)our comnuuiiquer plus facilement avec la Curie. 
Nous ignorons quand et par qui fut consUuite la Grtecostase; il paraît néan- 
moins qu'elle existait déjà peu d'années après la promulgation des lois des XII 
Tables, cjui est de l'an 303, mais elle fut évidemment reconstruite du temps des 
empereurs. Elle élait couverte en dalles de marbre. 

I. Gra-costasis. P. YiCT. de Reij. urb. Romœ, YIII. 

II. Sub dexlra hujus [Curia; Hosliliee] a Comilio locus subsiructus, ubi nalionum 
subsistèrent Icgati, qui ad senalum essenl missi. Is Graecoslasis appellatus a parte 
ut mulla. Varr. L. L. V, g 153. 

III. Duodecim Tabulis ortus lantum et occasus [solis] nominantur ; posl aliquol an- 
nos adjeclus est el meridies, accenso consulum id pronuntianle, quum a Curia inler 
Rosira el (Jrœcostasin prospexisset solem. A columna Menia ad Carccrem inclinalo 
sidère, supremam pronunliabat. Plin. Vil, 60. 

IV. Cicéron parlant d'une séance du sénat, sans en indiquer le lieu, ce qui signifie 
qu'elle se tenait dans la Curie Hoslilia, dit qu'elle fut interrompue par des cris partis 
de la GriBCoslase : — Deinde ejus operœ rei)ente a Grœcoslasi et gradibus claraorem 
salis magnum susiulerunL Cic. ad Q. frai. Il, Ep. 1. 

V. In Gripcoslasi et Comilio sanguine fluxi!. Obseq. de Prodig. 83. 

VI. Iconographie. Des fouilles faites en 1813 firent connaître une partie des fonda- 
tions des trois colonnes encore debout. Les fouilles faites de 1816 à 1818 ont montré 
l'escalier latéral à gauche ; quatorze marches portant sur un palier où l'on retrouvait 



1 Erat juxid [Gcrmanum] ficus, quam Ruminaicm diccbanl, ut multorum est opinio a 
Romulo. 




RÉGION vin.— FORUM ROMAIN. 75 

le grand emmarchemcnt jjour monter au Icmplo ; le sol antique pavé en dalles de tra- 
vertin et en polygones de lave; les travertins formant la fondation des colonnes en 
avant des trois existantes; les blocs en tuf de la foiidalion des murs de la celln; l'em- 
marchement et le sol antique au devant du temple : on montait de 7 mètres vingt-sept 
marches pour arriver du sol antique sur le pronaos, dont la largeur a clé déterminée... 
On a trouvé les bases de l'entrée des cellules pratiquées sous les enirecolonnements, 
et divers fragments déplacés de la base et de la corniche du stylobate, ainsi (pi'un 
chapiteau, et plusieurs débris en marbre de la couverture, qui ont mis à même de la 
rétablir en totalité. Les marches en marbre posaient sur un massif en maçonnerie. La 
situation des massifs sous le pronans et la cella, et les bases du stylobate trouvées à 
droite et à gauche du temple, ont fait connaître ([u'il avait huit colonnes sur sa façade. 
La fouille que lit faire M. le comte de lllacas, ambassadeur de France i\ Home, a in- 
diqué le retour du massif sous la cella, et déterminé le nombre de 13 colonnes de 
flanc. Ce temple est périptére, octostyle, et du genre pycnostyle. Caristie, Plan et 
coupe d'une partie du Forum romain, el des monuments sur la voie Sacrée, indi- 
quant les fouilles qui ont été faites dans celte partie de Rome depuis 1809 jus- 
qu'en 1819, Notice in-f" g. atlantiq. Paris 1821. —Dans la restauration de M. Caris- 
tie, cet édifice est appelé temple de Jupiter Stator. Kn comparant la partie antérieure 

^~. du plan de cet édifice avec un fragment ci-joint du plan de marbre, qui dans 

(flll- i\ j.p5 colonnes et son emmarchemcnt offre la même disposition, et porte le nom 
de Grœcostase sur la légende, la plupart des antiquaires ont, avec raison, re- 
connu ce dernier monument dans les ruines du prétendu temple de Jupiter- 
Stator, qui d'ailleurs ne devait pas être aussi grand. 
Alla fronts délie tre colonne verso la Via Sacra si é trovato il masse délia scala 
cbe mettava alla facciata risireltamenle, ossia d'un branco, con due scalini di marmo 
lisci, alli un paimo e un' oncia ; larghi un palmo e 8 once : e in tutti dovevano essere 
17, 19. C. Fea, Prodromo di nuove osservazioni e scoperte fallo nelle antichilà 
di Roma, da varj anni addietro, in-8, p. 13. P.oma, 1816. 

VIII. Palladio [Àrchitt liv. IV, c. 18, tav. 30, 31, 32), a donné une restauration de 
ce monument qu'il appelle Temple de Jupiter-Stator. 

125. Temple de Romulus. Au delà de la voie Neuve, entre le leiuple ou 
édicule de la Concorde du Yulcanal [n" 126], et l'angle N. 0. du mont Pala- 
tin, à l'endroit appelé Germains. On ignore l'épociue de sa construction, mais 
il est certain qu'il existait en 716, et qu'on y célébrait encore le culte de Ro- 
iiuilus. Un incendie le détruisit alors, et sans doute on le réédilia. 

I. ^dicula Vicioriœ. 
Templum Piomuli. 

Templum Concordiœ. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Templum Romuli. P. A'icT. Ibid. 

III. Germalense quinticeps apud œdem Romuli. Varr. L. L. V, § 34. 

126. Temple ou édiculede la Concorde. En haut du Forum, au-dessus de la 
Grtecostase [n" 124], sur le bord delà voie Neuve et touchant au Vulcanal 
[n° 18). 11 était petit, revêtu en airain, et avait été construit par Romulus, ou 
phitôt pour Cn. Fulvius ou Flavius, l'an 449. 

I. /Edicula Concordiœ supra Grœcostasin. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Sur la position du temple de la Concorde dans le voisinage de VÀrea de Vulcain 
ou sur cet Area même, voy. plus haut, n" 18, g V. 

III. Senaculum, supra Crœcostasim, ubi œdis Concordiai et Dasilica Opimia. Varr. 
L. L. V, g 156.— SenacuYu/n s'api)lique au temple de la Concorde qu'on nommait ainsi 
parce que le sénat s'y réunissait. Voy. plus haut, n" 18, g V et Vli. 

IV. ^ïdem Concordiœ dedicavit [Cn. Fulvius] in Area Yulcani [an. 449]. TiT.-Liv. 
IX, 46. 

V. Flavius vovit wdeni Concordia^ si populo reconciliassct ordines. Et quum ad id 
pecunia publica non deccrnerelur, ex multalilia feneraloribus condemnalis a-diculam 
œream fecit in Gnecostasi, quaî tune supra Comilium cral. Incidit in tabella a-rea eam 
sedem, ducentis quatuor annis posl Capitolinam, dedicatam. Ita CCCCXLIX a coudita 
Urbe gestum est. Plin. XXXIII, 1. 



70 DESCRIPTION DE HOME. 

127. Ane ni: Fahus. — Aiprks : Statie dk pAniis, kt sr.ui'n: koiksthk de 
Cléue. Fahiiis ayant dôlail les Alldhrngcs, l'an ()3I, victoirt; qui lui valut le 
surnom d'AIIobioguiur, ronsti iiisil cet Arc, h rcxtrémilé oricnlahi <lii Eoruin, 
sur la voie Sacrée, à l'cndroil oii elle se croise avec la voie Neuve. La statue 
de Fabius était auprès de cet Arc. 

I. Vl in l'oriim (Icsccndfiis, rapiit .id rorniccm Fabii demiltcrct. Cic. de Oral. II, 66. 

II. Foniix l"abi;uius est jiixia Itcpiarii, in Sarra via, a Fabio oensore conslructus, 
qui a deviclis Allobro^'ibus Allobrox ronnominalus est, ibique Statua ejus posila propte- 
rca est. Ascd.N. in Verr. I, p. '«9. — La défaite des AllobroRPS par Fabius est de l'an 651 
ou 635 [V. Max. VI, 9. 4. — l'aleirul. II, 39, etr.]. — Reijia, dans ce passage d'Asco- 
nius, désifjne la maison du Hoi des sarrillces [n"]l29], et non la Itegia de Numa. 

III. iMiuidem, siquando, ut fil, jarlor in turba, non illum arcuso qui est in summa 
Sacra via, (juum ego ad l'abluni Forniri-m impellor; sed euni qui in me ipsum inrurrit 
atque incidit. Cicpro P/iinr. 7. — Summa sacra via était dans la l\« région à l'endroit 
où l'on voit encore aujourd'hui l'Arc de Titus [Noili, n'> 73; Leiarouilly, rion. 1,8.5]. 
L'Arc de Fabius se trouvait plus bas, à peu prés vers le temple de Fausline [Nolli, 
n" 81; Letarouilly, rion. I, 80], ainsi qu'on le verra au § suivant, cl les paroles de 
Cicéron é(|uivalenl à celle-ci : « Si je suis poussé dans une foule, je ne m'en prends 
pas à celui qui est au bout de la voie Sacrée, quand je suis au milieu, mais à celui 
etc. » 

IV. Fuit denique bactenus statua in pcdc monlis Romulei, hoc est ante Sacram 
viam, inira teniplum Fausiinœ advecta ad Arcuni Fabiaiium, quae haberet inscriptum, 
Gallieno juniori, Salonino addilum. Trebell. I'ull. Salon. Gallieno, 1. 

V. Arcus Fabianus. 

l'uteal Libonis. P. Vir.T.rfe lîrg. vrh. Romœ,\\\\. 

VI. Slalue équestre de Clélie. Celle; slatue, érigée à Clélie l'otage du roi Porscnna, 
l'an 24G, était en haut de la voie Sacrée. — Homaiii novam in femina [Clœlia] virtulem 
novo génère honoris, Slatua equestri donavere ; in summa Sacra via fuit posita virgo in- 
sidens equo. Tit.-Liv. II, 13. 

VII. Ihiic [Clœlitp] statua cqucslris in Foro posita. A Vict. de Yir. illust. 13. 

VIII Lqucslri insidcns SlatUcT, in Sacra via, cctcberrimo loco, Ghi-lia exiirobrat ju- 
vcnibus nostris pulvinum escendenlibus, in ea illos urbe sic ingredi, in qua etiam fe- 
niinas equo donavinius. Senec. Consot. ad Marc. 10. 

IX. Clœlite enini Slatua est equcstris.... li diverse Annius Felialis, equeslrem qua 
fucrit contra Jovis Slaloris œdem, in vcstibulo Superbi domus, Valorise fuisse Publicolae 
consulis fiiiaî. Plin. .\XXIV, 6. 

X. K'/oùicf os TW — a/:9cv?o a-i.'iCJ îl/.ivjç ycù.y.r,i e'oîikv, -^v v.véOs^x-j èm t^j iîpx; 
000X1, rv^j ûi T/jV O.yopy.-j f-^ociÙT-fii, oi TCr^ ~v.[J)i'iOi-t 'HV'if.ii. •za.it'-fi'J ri/-iiii /j'vj or/. ï-l 
/.■ijj.vjfij vjf.oy.îv i'Àsysro os itt. à/j-p-riZzOî TiirÀ -cù-i TÙtiziov ol/.iv.i •/sV5//.î'y/iî r,-j.uvL';OYi. 
D. IIaeic. V, 33 1. 

XI. A'vKXîtrai os Ty;v Uckv èaàv vo^cs'joy.é.'Oiî sii Vlcù.i.TtO'^ yyopiv.; ct-jzrii t^lTîTlOi, 
c-J Tivsj oj Tv;, K'/oùiu;, à//à zr,; OJv.lsrAoL; sl:v.i liyoj'; lj . PlIT. Poblic. 19 *. 

XII. fî.s/.si70 -/or) ï'j.i-~oi gtzijv ■/•j-jy.i/.hî £-'t -.-Tii m'j t?,: isy?.: 'yvp;ié:r,:, ôv o\ //"îv 
TÔs ^'toùi'x:, oiok rii; OJcûsciciî Xsyojit\i shv.i. Pli;t. de Virt. millier, p. 28*. 

XIII. Cui [Clœliœ] data est Statua, quam in Sacra via liodicque conspicimus. Serv. 
in .Encid. VIII, v. 646. 

128. Tribinal Di' PRÉTEin. — PuTEAL DE LiBON. Lc Tribunal du préteur était 
originairement au milieu du Forum, vis-à-vis, à peu près, des basiliques Ar- 
gentaria et .Emilia [n'^ 130-131], entre la voie Sacrée et le Canal. César, 
pendant sa dictature, le lit transporter eu haut du Forum, devant la Gr;ecos- 
tase [n" I2iJ. Le Tribunal se composait tout simplement d'un hémicycle de 



* Clœliiim virgiiicm stslu:i .-rnea donivcrc, quim virjjinuni paires in via Sacra, i\\w. iu Co- 
niitiuin fcrt, ci ercxeriitu. Nos taincn non iiivcnimiis liauc adliuc cxstnnicm et ercclam : fc- 
runt cnini carn incendie circa proxiiiias a-des cxorlo atisunipliiiii = * lluic fClœliaîJ .slalua 
cqucslris via Sacra, qua adscniditur in Palaiiuni posita est. Alii non Clfrlia- cam, sed Valeriaî 
asserunt esse.r= •> Saiiecquesiris slalua posila est mulieris via Sacra. Ab aliis ea Clœlia;, abaliis 
Valeri:e atlribuilur. 



RKGION Mil. — FORUM ROMAFN. 



77 



pierre, élevé de quelques degrés, et dans lequel on plaçait une chaise curule 
pour le préteur et des bancs pour les juges. — A droite du Tribunal, h l'angle 
de la Grœcostase [n° 124], était le Futeul de Libon, petit aulel qui servait do 
rendez-vous aux plaideurs. 

I. Tilc-Live racontant l'aventure de Virginie, représente Appius sur le Tribunal, et 
Virginius lui demandant l'autorisation de prendre sa fille à part pour lui parler : — 
Data venia, seducit [Virginius] filiam ac nutrioeni prope Cloacinœ, ad labernas quibus 
nunc Novis est nomen : atque ibi ab lanio ruitro arreplo, Hoc te uno, quo possum, 
ait, modo, filia, inlibcrlalem Di'nrfjco. l'eetus deinde puella; transfigit; respectanstjuo 
ad Tribunal, etc. Tit.-Liv. III, 48. 

II. Asconius parlant d'un incident du procès de Milon, sur le Forum, dit : — Quem 
cum M. Marcellus inlerrogare cœpissel, tanio tuinultu CiodianiB multitudinis circuni- 
slantis extcrrilus est, ut vim ultimam timens, in Tribunal a Domitio [quœsilore] reci- 
peretur. Ascon. in Milo. argum. p. 192. 

III. Sur le déplacement du Tribunal par César, voy. plus haut n" 85, g VII. 

IV. Cœsar dictator totum Forum Ilonianum inlexit, viamque Sacrani ab domo sua 
cl clivum usque in Capilolinum... Deinde, et sine ludis, Marcellus, Oclavia sorore Au- 
gusli gcnitus, in œdilitate sua, avunculo XI consule, a. d. calondas Augusti, velis Forum 
inumbravit, ut salubrius liligantes consistèrent. Plin. XIX, 1. 

V. Vir bonus, omne Forum quem spectat, et omne Tribunal. 

HoR. I, Ep. IG, V. 57. 

VI. Judiciis assidebat [Tiberius] in cornu Tribunalis, ne prœlorera curuli depelleret. 
Tac. Ann. I, 75. 

VII. E'v T-^ v.ydf.Z zr, V'ji/JLXÎy. jir,'JC. li^/fvsv cv ypS> -zoû 'ïiOijou y'XTZ^/.VJy.zOr). DiON , 
LXXIV, 4 1.' 

VIII. Iconographie. Nous avons donné à l'hémicycle de notre tribunal les dimen- 
sions que Vitruve assigne à celui qu'il place dans une basilique : — Ejus auteni liemi- 
cycli in fronte est intervallum pedum XLVI, introrsus curvalura pedum XV, uti eos 
qui apud magistralus slarent, negolianles in basilica ne impedirent. Vitklv. V, 1. 

IX. Puteal de Liban. 

.... Forum, Putcalque Libonis 
Mandabo siccis. Hur. I, Ep. 19, v. 8-9. 

X. Puleal autem Libonis sedes prœtoris fuit, prope Arcum Fabianum, diclumque 
quod a Libone illic primum tribunal et subsellia coUocala sint. Porphvr. in Ilor. loc. 
sup. cit. 

XI. Puteal locus Romœ ad quem veniebant fœneralores. Alii dicunt in quo tribunal 
solebat esse prœtoris. Acron. in Hor. II, S. 6, v. 35. 

XII. Qui Puteal Janumque timet, celeresque calondas. 

Ov. Remed. Amor. v. 5Ci. 

XIII. Scribonianum appellatur ante atria Puteal, quod fecit Scribonius -, cui nego- 
lium datum a senatu fuerat, ut conquireret sacella attacla : isque illud procuravit, quia 
in CD loco attactum fulgure sacellum fuit. Quod ignoraretur autem, ubi esset 'ut quidam) 
fulgur conditum, quod cum scitur, nefas est integi, semper foramine ibi aperto cœlum 
patet. Fest. v. Scribonianum. 

XIV. Puteal signifie proprement couvercle, ou plutôt margelle de puits. — ^dibus 
distractisvel legatis, ea esse œdiumsolemusdicere, quaî quasi pars oedium, vel propler 

aedes habentur, ut puta Puteal. Digest. XIX, tit. 1, leg. 13, 
§ 51. — Id est, quo putcus operilur. /èid. leg. 14. 

XV. Fœneratores ad Putoal Scribonis Licinii, quod est in 
porlicu Julia ad Fabianum Arcum consislere solebanl. 
CoRNUT. in Vers. S. 4, v. 49. 

XVI. Iconographie. L'image du Puteal se trouve sur deux 
deniers d'argent de Scribonius Libon. Nous en donnons ici 
une copie d'après le Thésaurus Morellianus, famil. JEmi- 
lia, tab. I, 5, et famil. Scribonia, 3, 4. — Voy. aussi 
Vaill.\nt, famil. rom. Scribonia, n°^ 5, 6. 




* F.x>lructum est in Fore romane Tribunal liyneuni prope Irihuiial LipiJeuin : 
po^cnis de sous-entcndre ici Lilm. 



' Jo pro- 



78 DESCRIPTION DE ROME. 

120. Reçu etTkmplk d'Ops-Consiva. — Devant : Statue de Scipion l'africain 
ET AiTUKS. Co d()ul)lo c(li(ioc étiiil en Imul do la voie Sacrôe, [nès de l'Arc de 
Fiil)iiis [n" 127], à <lr()ilo en allant vers le Cai)itnIo. I{r(ji(t était la maison du 
i{(ii des saciiiicos et du Souverain pontife. Dans sa façade était encadré le 
temple dX)ps-Consiva. — Devant, on voyait la statue de Scipion-l' Africain, et 
deux statues (jrccqucs. 

I. O "Soujj.y.i... Ta <?■ ov! y.pyjVx. h T/jv ïif^v. hoôt s7yj, mX t«; t£ oixrpiSù:; 7://,5£îv tcj 
"EsTiyxhu ènoisÏTO. DinN. Fragm. § XX, 1 *. 

II. Rcgia dirla, quod sariorum causa lanquam in fanum a Ponlifirc convocali, in 
eam convenircnt ; aul (juod in ca sacra a Ucge sacrificulo eranl solita usurpari. Fest. 

V. Regia. 

III. Domum cnim in qua pontifcx liabilabat licgia dicitur, quod in ca Rex sacrifi- 
culus liabilaie consucssel, sicul flaminica donius in qua fiamen habitai dicebalur. 
Seuv. in jEtivid. VllI, v. 563. — Voy. plus haut, n" 24, § XIV, et n» 127, § II. 

IV. Ail cnim nundinas Jo\is ferias cssn : si quidem flaminica omnibus nundinis in 
Rcgia .lovi ariclom soicbat immolaie. Macrob. Satiirn. I, 16. 

V. l'onlifiris maximi jure, sou potius immanitatc tyranni, licenlia domini, rcliquos 
ponlificcs non in Ucgiam, sed in Albanam villam convocavit [Domilianus]. Plin. IV, 
Ep. 11. 

VI. PRimÉ IDIBVS MAIAS IX REfilA... LENTVLVS, AVGVR, MAGISTER IN LOCVM LVCH... AR- 

VALEM cooi'TAViT. MARINI, Atti e monumenli degli Arvaii, tav. I. 

VII. Iiitcr candidalorum Hypsa-i cl Miionis manus in via Sacra pupnatum est, mulli- 
que ex Miionis ex improviso cecidcrunl;... nam in Sacra via tradilur commissa, in qua 
est Uegia. Ascon. in Milo. p. 200. 

VIII. Ilabitavit primo [Ca-sar] in Subura modicis œdibus : posl autem pontincalum 
maximum, in Sacra via domo publica. Slet. Cœs. '46. — Dep\iis Auguste, les empereurs, 
qui furent toujours grands pontifes, habitant le Palatin, Regia fut abandonné au Roi 
des sacrifices. Voy. le § suivant. 

IX. E'Trett^/i Te T1Û Kzu'iâou //.cT«),).c!:?'avTO; v.pyisf.vjz àTiîëdyBt) out' olzt'av 

T(v« à/ja^îtav ÉO.aSsv, à)),à jJ-ipoç n tvjs éuuzou, ozi ràv àpyiipioiv i-j y.oi-^Gi TràvTCjgsZ/stv 
èypftv, iSfijJMijiiî. T>iv p.éyTOi ~o\j jiy.nù.idt; rûv hpû-j Tcztj ùmic/.p6i-J0ii é'swxjv, èTzeiàv] 
b/J.ôzoïyoi roui alwiH-oiv oùiSi-j v^v. DioN. LIV, 27 2. — Le Roi des sacrifices était-il donc 
alors supprimé ; et cette maison des Vestales n'était-elle pas celle de la grande vestale, 
qui pouvait avoir sa demeure particulière comme le grand pontife? 

X. Temple d'Ops-Consiva. Opima spolia diruntur originem quidem trahenlia ab 
Ope Saturni uxore, quod ipse agrorum cultor liabctur, nominatus a senatu, tenensque 
falcem eflingitur, qua? est insigne agricoUr. Itaque illa quoquc cognominatur Consiva, et 
esse exislimatur Terra; ideoque in Regia colilur a P. R. , quia omnes opes bumano ge- 
neri terra iribuat. Fest. v. Opima. 

XI. Opeconsiva dies ab dea Ope Consivia, quoius in Regia sacrarium, quod ila ac- 
tum, ut eo praeter virgines Vestales el Sacerdotem publicum introeat nemo. Vark. L. L. 

VI, § 21. 

XII. In vcteribus memoriis scriptum legimus, nuntiatum esse senatui, la sacrario, in 
Regia, hastas martias movisse. A. Gell. IV, 6. 

XIII. C'v âk TÎ] P/iyta âôpu y.xOiOpu/j.£JO:>, £ psx 7T/5«5ayO/-;£Ùstv. Plut. Romul. 29 3. 

XIV. llastœ Marlis in Regia molœ. Obseû. deProdig. 96 [an. 637]. — 104 [an. 652]. 
— 107 (an. 656]. 

XV. l'bi est seplies millies seslertium, quod in tabulis, qua? sunt ad Opis, patebal^? 
Cic. Philipp. II, 37. — César avail déposé sepl cents millions de sesterces [environ 
1-50,000,000 fr.] dans le temple d'Ops [Voy. Païercil. II, CO] ; Antoine s'étail emparé 
de cette somme, et Cicéron en parle encore, Philipp. I, 7; II, 14. Le choix de ce 
temple pour un pareil dépôt prouverait que Regia était aussi la demeure du STU\erain 
ponlife, car César était revêtu de ce sacerdoce. 



* Regiam vero in via Sacra habebat [Numa], ac propter xdem Vestae, ut plurimum versa- 
batur. = ^ Quum Lepido mortuo, Aujjustus summus pontifex esset creatus, . . . neque domum 
publicam aecepit : sed quum omniuo public;im esse pontifici maximo habiialionem oporteret, 
suarum œdium partem ipse publicam esse jussit : at Régis sacrorum œdes virginibus Vesta- 
libus dedii, quoniam earum a?dibus contiguœ erant. = 5 Atque in Regia collacaiam hastam 
Martem appellasse. 



RÉGION VIII. — FORUM ROMAIN. 79 

\VI. Slntue (le Scipion l'Africain. Alqiii niliil habuit aliud inscriptum, nisi consul 
ea Slalua [An-irani], f(u;c ad Opis pcr te posila iti cxcilso est. Cir.. ad Allie. VI, 1. 

XVII. Statues grecques. Alcxatiriri magtii tabcrnaniliim susiinore Iraduni solila; sla- 
tu<T, ex quibus duœ aille Marlis Ulloris œdem diratœ sunt, tolidem anie Uegiam. Plin 
XXXIV, 8. 

iôO. Basilique Fclvia ou Argestaria. — Devant : Tavernes neuves f.t Sta- 
tue DE Vénus cluac.ine. La Basilique fut bâtie par le censeur Fulvius, l'an 573, 
et restaurée Tau 699 par le consul /Eniilius Paulus. Elle était à la suite du 
temple d'Ops-Consiva [n° 129], en descendant la voie Sacrée. Son nom d'Ar- 
gentariahn venait de tavernes placées entre elle et la voie Sacrée, et nom- 
mées jadis les sept lavemes, puis les cinq, puis les tavernes argentariœ, parce 
que des banquiers y siégeaient, et enfin, du temps d'Auguste, les tavernes neu- 
res. — Devant ces tavernes était la statue de rc'/u/s-C/uadne ou purificatrice. 

I. Lacus Curlius. 
Basilica Aigcntaria. 

P. YicT. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Tasilica Argentaiia. 

Templum Concoidiae. Noiit. imperii, YIII. 

III. M. Fulvius plura et majoris locavit usus [an. 575] ;... Basilicam posl avgcntarias 
Novas, et Forum Piscatoriuni. Tit.-Liv. XL, 51. 

IV. Sur la réédification par ^Emilius Paulus, voy. ci-dessous, n» 131, § I, II. 

V. Tavernes. Eodem tempore SeplemTaberna?, quœ postea Quinque, et Argentariae, 
quae nunc Nova; appellantur, arsere.Comprchcnsa postea privata œdificia: (neque enim 
tum basilicœ eranl) , comprehens2e Laulumice, Forum piscatorium et Atrium regium. 
TiT.-Liv. XX\1, 27. 

VI. Locaverunt [censorcs] inde reficienda quœ circa Forum incendio consumpta 
crant, Septem laberna?, Macellum, Atrium regium. TiT.-Liv. XXYII, 11. [An. 545.] 

VU. .Tam ostendam cujusmodi sis. Cum ille : « Ostende quœso ; » demonstravi digilo 
pictum Galluni in marlano scuto cimbrico, sub Novis. Cic. de Nat. Deor. II, 66. — Ci- 
céron fait ici allusion à un fait qui s'était passé au Tribunal du préleur. 

VIII. Sub Novis dicta pars in Foro œdificiorum, quod vocabulum ei perveluslum, ut 
Novœ viœ, quœ via jam diu vêtus. Varr. L. L. VI, g 59. 

IX. q.avfidivs.mensarivs 
tabern.e.argentari.e 
ad.scvtvm.cimbricvm 

CVM. magna. VI 

aeris.alieni.cessit.foro. 

MURATORI, Nov. thés, inscript, t. II, p. 610. 

X. L'exposition méridionale des tavernes est indiquée dans la phrase suivante : — 
Itaque cessit; et ut ii, qui sub Novis solem non ferunt, item ille, quum œstuaret, Vete- 
rum, ut Mœnianorum, sic Academicorum unibram secutus est. Cic. Academ. II, 22. 

.XI. Statue de Vénus Cluacine. Data venia [Virginius] seducitfiiiam ac nutricem prope 
Cloacinœ ad tabernas quibus nunc Novis est nomen. Tit.-Liv. 111, 48. — Rappelons- 
nous qu'en disant nunc Tite-Live nous reporte à l'époque où il écrivait. 

XII. Tradilur, myrtea verbena Romanos Sabinosque, cura propter raptas virgines 
dimicare voluissent, depositis armis, purgatos in eo loco, qui nunc signa Veneris Clua- 
cinœ habet. Plin. XV, 29. 

151. Basilique JEmuk ou de Paulus. — Devant : Statues des trois P.\rques 
ou Sibylles, et Colonnes rostrales de Duilius et de J. César. La Basilique 
était sur le bord de la voie Sacrée, vis-à-vis de la Basilique Julia [n» 115]. 
.iEmilius Paulus Lépidus la commença vers l'an 699, et la dédia l'an 720. Le 
feu la détruisit l'an 740, et un descendant de Lépidus la réédifia avec l'argent 
que lui fournirent ses amis et l'empereur Auguste. Sous le j)rincipat de Ti- 
bère, l'an 775, un autre descendant de Lépidus répara et orna ce monument. 
La basilique Jîmilia était l'un des plus beaux édifices de Rome ; sa façade 
présentait une colonnade à double étage, dont les colonnes étaient en marbre 



80 DESCRIPTrON DE ROME. 

phrygiou [paonazzotlo], d'ordic corintliicii, cl «le plus (]*'. 30 piorls de haut 
i)Oiir IV'ta^fO (lu l)as. Otic colctniiadt', d(iul)l(' iMi proroiidoiir, occupait toute 
la largeur de l'édilice ; elle funnait, au icz-de-cliaussée, un péristyle, ou plu- 
tôt une espèce de vcsiiliule couvert, et à l'étage supérieur une galerie couverte, 
lui balcon d'oii l'on doniinail sur le Foium. Une tiès-iicile p(jrte de bronze 
complétait la niagniliceuce d(^ ce splendidc inoiunnenl des ftniiles. — Devant la 
BasiTupu', au-delà de la voie Sacrée, et près des liostres fn" 80] étaient les 
Sldlucs des irais Purqnes ou Sibylles. — Non loin de ces statues on voyait 
aussi deux Colonnes ro.s/ni/cs, l'une, érigée l'an 492, en l'honneur de Duilius, 
l'autre en l'honneur de J. César. 

I. Panlus in niedio Foro Busilirani jam pyne toxuil iisdem antiquis columnis ; illani 
aulem, quam loravit, facit niaKiiilicenlissiinann. Quid quxris? niliil gratius illo moiiu- 
mento, niliil ploriosius. Cic. ad Allie. IV, 10 [an. 699]. — Il s'agit ici de la basilique 
Àr(/enln7-ùi, cl illam désigne la basilique JEmilia. 

II. lion \s.ct.itsu.c^oi t'ov ra/art/.iv n'/.o'uTO-j ù.f.iiïzOv.i p{jSr,v iysu.iroi ttktj ro't; ■noKnîuo- 

fjiévoi;, \\ct.iiïo> as, inrÙTOt o-Jii, xùix x«t 7TsvT«i«iijia T:^/avra oo-jto^, àp' «ov zai t/;v 

fiuijillXYj-J iy.ÛJOi, o-jojj.y.'STh-J ù.w.Or,iJ.'x, Tyj ày'J^à 7r/;sî£zi).)>v;cîv, àvri Tij,- *(jj),Çtaî oly-Cé- 
oou.rfliiijy.v. I'lut. Cwi. 29 '. — Plutarquc ronrond ici la basilique Argenlaria, ci-dc\anl 
Fulvia, restaurée parPaulus, avec la basilique ,-Kniilia, fondée par le même. 

m. oï /j:^.ltz-:a. i)(Opo'nou Kuhv.poi Si TOJTiib,' rtf^sOri'ju.v ùna^zot, Ai/xû.iài to Uc.îjAOi 

ZKÎ Ka).ioi05 Mâ/îXc/XOj Toint,)v b Kal-jup Kcô.iàio-J fjïv cJx hyuasv ii-cc/xyé'jOxi 

)(f,y!/j.»^i, riaûXov o£ xùirjiv xai Tisvzay.o^iuv TaXcivrwv èTC/^h-TO, /j.r/jsj ctjTÔt fJ.r,Tz oofj.- 

7rc«TT£!v |U'^T£ è-JOyAsl:/ Uu.ÎjXoi fj.ïv c?/j T/jV Uxi/ï'Sj Izyoy.s-jr, y3aîî)(/<iv v.nb 

T^jvcc T&)v ^j^/i/jiàTcov à.-jiOr;xc Puaaioii, olxooû/jifi/j.ciL TCîpixu.Tj.iç^. Apman. de Bell, civ. 
II, p. 731.— .Émilius avait commencé sa Basilique dés l'an 699, et même avant; il élail 
sans doute obéré par les dépenses où l'avait entraîné celle construction, lorsque Cé- 
sar le corrompit par un don de 1500 talents [environ 7,824,982 fr.], qui lui permit de 
terminer avec magnificence un monument auquel il altacliait sa gloire. 

IV. Koù T'^v aroKv t/j'j ÏIuù'mjo xulooy.ivfi'J Aiij.ut.o-; Ai-too; UxW.Oi i'}iot; tû;^iv èîo)- 
xoSàij.rflt, xàv tr^ ÙTTarsia y.a.9dfici>^îv unÙTSun; yxp h y-ipii- toû éVo-jj toIizo'j. Diox. 
XLIX, 42 3.' 

V. L'église de S. Adrien [NoUi, n" 94 ; Lelarouilly, rion. I, 75] occupe l'emplacement 
de la basilique iî-'milia. — Anzi la chiesa stessa di S. Adriano nioslra per la strullura 
délia sua facciata cssere stata una basilica e pcr consequenza la Kmilia. A cio si ag- 
giunge una prova di gran peso, ed è clie ncl fare i fondanienii délia nuova fabbrica nel 
165.5, vi fu scoperla una base di marmo colla iscrizione seguente riportala da Cnaldo 
[de lap. sepulcr.] in un manoscritio dclla biblioleca privala di sua Sanliti, cbc quando 
csisteva al Yaticano a\ea il num. 8253 [p. 71 a tergo'. 

GAVINIVS.VETTIVS 
PROBIANVS.V.C.PnAEF.VRB 
STATVAM.CONLOCARI 
PRAECEPIT.QVAE.OR 
NAMENTO.BASILICAE 
ESSE.POSSIT.INLVSTRI 

L' inlerno délia cliiesa attuale di S. Adriano é lotalmcnlc moderno, e la bella porta 

antica di bronzo fu dal Ponlefice Alessandio Vil trasportalu al Lalerano, o\e ai pré- 
sente si animira. Nibbv, in Nardini, Roma anliea, lib. V, c. VIII, t. 2, in-S", 
p. 227, note 1. 



* Quum Cxsar jam omnihus rempub. tractantihiisopiilenliam propinasset Gailicam affaiim 
bauriendam,. . . consuli donassct Paulo mille et quinj^;enla talenla, que arfjenio celehrem il- 
lam Basilicam jnxta Forniii loco Fulvia; œdificavit, dodicavilqiie, elc.z= - Infensif^simi Cusari 
consules dcsignali siint in anniim pioximiim [an. 70^] .Etnilius Paulus etClaiidius ^larcellus... 
Ex liis Claiidins lumqiiam potnit laq;iiionil>iis tradiici in parles Caî>aris. Paulus M. D. talenlis 
liactenus flcxus est ut non adversaretur... Paulus quidcni ex liac peeunia Basilicam, qu;c liodie- 
c|ue Paidi dicitur, deilieavit, opusinter urbana pulcheiriniuni.= •* Portieum, (pia> Pauli dicilur, 
iîuiilius Lepidui Paulus propriis inipeusis perfccit, el in consulalu suo [an. 720] qiiem pcssit 
in parle liujus anni, dedicavit. 



RÉGION VIII.— FORUM ROMAIN. 



81 




VI. Slarp parlant dp la slaliie c'qucsirc do Doiiiilicn, (Mevi^u au milieu du Forum, dit 
((u'clle est enlrc la ltasili(iup ,lulia cl colle de l'aulus : 

El laleruni passus liinc Julia lecta lucnlur, 

lllinc belligeii subliniis lU'gia l'auli. Stat. Si/lv. I, 1, v. 29-50. 

VII. H//ÎV oùv (jToà ij.ixà tsûto, à-jiij.ccrt /jvj, 'jtio Al/j.tlhv, èi ov t'o toû riOir.cu-jrii 
Tîoz- ajT/;v y^voi iV/i/Wît, tw oï £,07^, lin' \Jyoùt;TOO y.cà û;rà zw zoXi \Vxii\ou jji'/cuv &ixo- 
voiirfln. Dion. LIV, 24 1. " ' 

VIII. Lcpidus al) scnalu petivil [an. 77.5] ul Basilicam l'auli, ;Einilia monunienla, 
propria pecunia firmarct, oinarelque. Tac. Ann. III, 72. 

IX. Iconnyraphie. — Dasilica Pauli cum phrygiis columnis. P. Vict. de Reg. urb. 
Romœ, VllI. 

X. Nonne inler magnifica [opéra] Dasilicam Pauli columnis e plirygibus mirabilem? 
Plin. XXXVI, 13. 

XI. La façade de la basilique /Emiiia est représentée sur le 
revers d'un Denier d'argent d'/Emilius Lépidus, dont nous don- 
nons ici une copie. C'est d'après cette image, où l'on recon- 
naît facilement la colonnade à double étage, et double en pro- 
fondeur, que nous avons tracé notre description. La mémo 
figure indique aussi un toit couvert en airain. Ce denier est 
gravé dans le Thesaur. Morell. famil. /Emtlia, tab. I, 7. 

Nous n'avons fait aucun usage, pour notre plan, d'un pré- 
tendu fragment de la basilique .Emiiia gravé dans le grand plan 
de marbre du Capitule, et reproduit dans Dellori [Iconnyr. vêler 
Itomœ, tab. VI]. Le mot E.MILl, écrit sur un petit morceau isolé, 
rapproché d'un morceau considérable ([ui porte le plan d'un édifice en colonnade, avec 
la légende BASIL, a produit cette erreur. M. Canina, par un ingénieux rapprocliement 
de lettres, a fait voir que ces deux fragments n'allaient pas ensemble , tandis que le 
mot BASIL s'accorde parfaitement pour le corps et la hauteur des lettres avec un autre 
fragment sur lequel on lit VLIMA, de sorte que ce que les anli(iuaires avaient cru pou- 
voir, jusqu'à nos jours, rapporter i la basilique ^Emiiia, appartient réellement ;\ la 
basilique L'Ipia. Voy. Camna, Roma anlica, reg. VIll, p. 136; et Foro Rnmano , 
c. IV, p. '<40 et seqq. et tav. VI. — Voy. celle (ig. plus bas au n» 154, g I. 

XII. Sunl vero qui dicant banc Basilicarti [Pauli] silam fuisse inter lemplum Salurni 2 
et Fauslinœ... Hœc dum sa?pius mecum animo repeto, et omnia vicina loca orulis lus- 
tre, aspicio forte columnam stanleni, ex marmore phrygio, eximisc magnitudinis, terra 
obrutam ad lertiam fere parlem alliludinis , silam juxia ecclesiam, quœ vulgo Spoglia 
Chrislo nuncupatur, qua parte orientem spécial, quœ intérim, dum hœc scriberem, inde 
sublata est a Joanne Gregorio Cœsarino... Quum igilur columnam illam, unicum illius 
cclebris Basilicœ vesligium, antico suo loco movcri viderem , ne hujus loci memoria 
intercideret, situm ejus in giatiam posterilalis consignare volui. Vidi prœterea, quum 
inde tolleretur, elîodi ejus capilulum et basim, opcris corintliii. Sila autem erat inter 
priorem illum locum a nobis descriptum, et allerum qui a recenlioribus pro Basilica 
Pauli agnoscitur. Unde conjeci ibi quondam silam fuisse nobilem illam Basilicam phry- 
giis columnis spectabilem, e quibus h.TC tantum reliqua est, ex cujus magnitudine lotius 
operis magnificentia exislimari possit, et forma ejus restitui ad prescriptum Vilruvii. 
Est autem columna; longitude '(7 palmorum dodranlaliumS, prœter capitulum et basim. 
/Edificium autem illud, quod faiso creditum. est fuisse Basilicam Pauli, ad radicein Quiri- 
nalis, ubi adhuc vestigia antiqui operis conspiciuntur, ni fallor, illud est quod P. Victor 
Staliones municipiorum appellavit '». Demo.ntios. Gallus Romœ hospes, part. V, p. 4, 
Rome 1585. 

XIII. Il y avait dans la nef du milieu [de S. Paul hors des murs] 40 colonnes,... parmi 
lesquelles 24 qui étaient les plus précieuses, étaient d'une seule pièce de marbre violet : 
on croyait qu'elles avaient été tirée du Mausolée d'.Vdrien ; mais plutôt elles venaient 
de la Basilique Emilie, au Forum Bom.nnum , et c'étaient les mêmes qui avaient été 
célébrées par Pline l'Ancien et par Slace : elles étaient d'ordre corinthien et cannelées 



* llaîc postca poriiciis specio quidom ab .F.milio, ad ijuein priiiii coiiditoris genus rcciderat, 
ro autem al) Augusto et l'auli amicis rcslauiata est [an. 740]= 2 ^\,, seizième siècle, et 
longtemps encore après, ou croyait que l'église de S. Adrien avnit été le temple de Saturne. = 
^ 10 mètres G5 ccnlimètres. = * On sait aujourd'liiii que les ruines situées au pied du Uuiri- 
nal appartenaient au Forum de Trajan, et non aux Stations des Muuicipcs. 



82 DESCRIPTION DE ROME. 

aux deux tiers, ayant 56 picils dt; hauUur et 11 de rirconfércncc. Nibby, llinéraire 
de Home, t. Il, p. 102. 

XIV. Statue» des trois Parques nu SHnjlles.— F.quidem cl Sibjll.T juxia IJoslra esse 
non miror, 1res sint liccl : uiia, quam Sfxlus l'aruvius Taurus œdilis pii'liis insliluil; 
dua-, quas M. .Messala. Primas pulaiein lias, et Alli .Na\ii, posilas œlate Tarquinii l'risfi, 
nisi ri'tîum anlceedcnliuin cssenl in Capilolio. l'i.is. XXXIV, 5. 

— Jaxta signifie auprès. Le sens de cet adverbe nous parait fixé par le passage sui- 
vant, dans lequel Suétone [TU. 7.] pariant de rampliitliéitre que nous appelons le 
Colysée, et des Thermes de Titus situés à côté de eet édifice, s'exprime ainsi : Amphi- 
Ihealro dedicato, Ihermisque jlxta celeriter exstruclis, munus edidit. 

XV. On appelait resslalucs les l'arques ou les Sibylles. Voy. plus bas, n» 137, 8"VI. 

XVI. Anasiasio biblioleeario nelia vila di Onorio dicc clic: « fecit Kcclesiam bcato 
Adriano martyri in tribus Falis. » Nibby, Foro Romano, c. I, p. 170, note 1. 

— Itappelons-nous que l'Eglise de S. Adrien est bàlie sur l'emplacement de la Basi- 
lique .lùnilia. 

Wll. Colonne roslrale de C. Duilius. Erigée l'an 492, en l'honneur d'une grande 

vicloire navale remportée par C. Uuilius sur les Carthaginois. — [Columnaj Caïo 

Duilio, qui primus navalcm triumphum egit de Pœnis,qu» est etiam nunc in Foro. l'i.iN. 
XX\IV, 5. 

XVIll Ut Lalinis veteribus I) plurimis in verbis ullimam adjeclam, quod mani- 

festum est etiam ex Colunina rostrata, quae est C. Duillio iu Foro posita. Qlixt. Insl. 
oral. I, 7. 

XIX. Iconographie. Cette colonne existe à P»omc, sous le vestibule du Palais des 
Conservateurs, au Capitule. Sa forme est celle de toutes les colonnes rostrales, un fût 
uni, avec des rostres de navires en saillie. On croit que le fût est une restauration du 
temps de Claude, mais que le piédestal, avec son inscription, est de It poque de Ouilius. 
On peut voir une copie de celte inscription restaurée, dans Schœll, llisl. abrégée delà 
lillrrat. Itom. l. I, p. i»; CriEvius, thés, aiitiq. Hom., t. IV, p. 1810 ; Egcer, Reliquiœ 
latini scrmonis, § VIII. — Ce monument fut retrouvé pendant le XVI« siècle, prés de 
l'Arc de Septime Sévère, au bas du mont Capilolin. 

XX. Colonne rostrale de J. César. Elle était dans les environs des Rostres, proba- 
blement auprès de celle de Duiljus. C'était un trophée de la victoire d'Aciium.— Augus- 
tus \iclor totius /Egypli quam Ciesar pro parle superaverat, mulla de navali cerlamine 
susiulit rosira, quibus conllalis qualuor clTecil columnas, quœ poslea a Domiliano in 
Capilolio sunt locatœ : quas liodieque conspicimus. Linde ait navali surgenles œre 
columnas. Xam rostratas Juiius Cœsar posuit, viclisPœnis navali cerlamine : e quibus 
unam in Ilostris, alteram anle Circum vidcmus a parte januarum. Serv. in Georg. III, 
v. 29. — La dernière partie de cette note nous parait altérée ; car jamais J. César ne 
vainquit les Carthaginois, pas plus sur mer que sur terre. 

132. Stations des Municipes. Place qui servait de rendez-vous aux citoyens 
des iminicipes, quand ils venaient à Rome. Elle se trouvait auprès du Forum 
de César, derrière la Basilique iEmilia. 

I. Forum Cœsaris. 

Sialiones Municipiorum. P. Vicr. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

H. Altéra lotos in Vulcanali,... œquœva Urbi intelligilur... Radiées ejus in Forum 
usque Cifsaris per Stationes Jlunicipiorum pénétrant. Plin. XVI, 44. — Il y a loin sans 
doute du Forum de César au Vulcanal [n» 18], mais Pline cite un fait phénoménal. 

153. Forum de César et Temple de Véxus-Génitrice. — Statue équestre de 
César. Une rue droite, partant du Forum romain et longeant la Basilique 
iEmilia [n° 131], conduisait au Forum de César, qui se trouvait en partie der- 
rière cette basilique. César commença son Forum l'an 699 ; Octave le finit et 
le dédia l'an 708. L'emplacement eu était irrégulier et peu spacieux, parce 
qu'il avait fallu acheter un (juartier pour le faire, de sorte que le terrain seul 
coûta plus de cent millions de sesterces (environ 20,000,000 fr.). Le Forum 
avait tout l'aspect d'un monument : son aire, entourée de murs, se trouvait en- 
cadrée, du côté de l'arrivée et sur les parties latérales, d'un portique en colon- 
nade à triple rang. Au fond de la place, sur l'axe général du plan, s'élevait un 
temple en marbre blanc, d'ordre corinthien, pycnostyle, avec des colonnes 



RÉGION VIII. — FORUM ROMAIN. 83 

cannelées. Il était consacré h Vénus-Génitrice, aïeule des Jules. Devant, au 
centre de la place, brillait la statue équestre dorée de Jules-César. C'était une 
ancienne statue d'Alcxandre-le-Grand, par Lysippe, de laquelle on avait seule- 
ment cliangc la tête. Ce forum avait été construit pour servir principalement 
aux affaires judiciaires; aussi deux tribunaux y furent-ils ménagés : ils se trou- 
vaient à la bauteur du temple. Là, les murailles se développaient en deux grands 
hémicycles ornés de niches carrées avec des statues. Au centre de chaque hé- 
micycle il y avait une niche beaucoup plus grande que les autres : c'était le 
tribunal, l'endroit où l'on mettait le siège du juge. 

I. Le Forum de César était voisin des Stations des J>/unîc«pe«.Voy. plus haut, n^i 32, 
§ I, H. 

II. Forum de Manubiis inciioavit [Cœsar] ; cujus area super H-S millies constilit. 
Slet. Cœs. 26. 

III. Pyramidas regum miramur, quum solumtantum foro exstruendo H-S millies Cœ- 
sar dictator emerit. Plin. XXXVI, 15. 

IV. Sur rédification du Forum Julium finie par Auguste, voy. n" 113, g II. 

V. Csesaris amici (me dico et Oppium, dirumparis licet) in monumentum illud, quod 
lu tollere laudibus solebas, ut Forum laxarcmus, et usque ad Atrium Liberlalis explica- 
renius, contemsimus scxentics H-S : cum privatis non potcrat transigi minore pecunia. 
Efllciemus rem gloriosissimam. Cic. ad Àttic. IV, 16. [An. 699]. — Ce passage de Ci- 
céron donne l'époque où César commença son forum. On y voit que l'on ne s'occupait 
encore que de l'acquisition des terrains. César avait déjà dépensé 60 millions de ses- 
terces, et nous avons vu dans les deux §§ précédents, qu'il fut obligé d'aller jusqu'à 
cent. 

VI. T'/jV yÔLp à.yopyy -zri-J àû' kjtoÎ) v.iAyriij.v^rcJ v.a.zi-/.c,jy.i:y.TO' xat ï-zi j-ÙJ TlspixxXlî- 
arépx T/j; Pw//ataj, tb â' àÇtco/jta tô cXîtv/,; c-ïî'jfv^iêv, wjtî xa't //.eyà^/jv kjzyjV o-jo/àk- 
i^ZzOxf TaÙTÏjV TS OUV, XXt T5V VÎOJV TOV TVJJ KppC/6izriÇ, ùç xcù ù-py^i'/iziooi -zoX) yévoDÇ 

KjTol) o-JT/)i, -oiriccci, KccOiipusvJ sJdù; tsts. Diox. XLIII, 22 l. 

VII. XveuTv^se xa'i tïj ysvïTît/iK tôv v£(ùv, StTrtzp s'j^xzo /jls^Iuv i-J ^ap^dd.oi pixyii^dxr 
xu.ÏTS/Mvoi Tôt yiôi ~zpiiOr,y.vJ b PoiyMOi; stu^sj v.-/opà.,> £l-jv.i, oj rwv Cy/iw), vXt! l—i 
Tcpô:(i<ji cuvtovT&jv ii àz/ïj^si/,' /.cOy. /.où n,c'^ia£; -^v zti à.yopx l^rizo'jcrj r, /xcc^Sàyo-j^i toc 
lîUciicf.. Appian. de Bell. civ. II, p. 803 *. — ts/asvo,, enceinte sacrée, désigne les grands 
hémicycles avec leurs tribunaux. 

VIII. Iconographie. Pycnostylos est, cujus intercolumnio unius et dimidiatae colum- 
nae crassitudo inlerponi potest; quemadmodum est Divi Julii, et in Caesaris foro Veneris. 
ViTRUv. m, 2. 

IX. Une partie considérable des hémicycles du Forum, construits en gros blocs do 
péperin, et trois colonnes du portique extérieur, de droite, du temple de Vénus, existent 
encore au bout de la via de' Pantani de Rome moderne [NoUi, n°3 123, 124 ; Leta- 
rouilly, rion. I, 5-i], rue qui parait avoir conservé la direction de la voie antique par 
laquelle on communiquait du Forum de César au Forum romain. On donne souvent à 
cette belle et importante ruine le nom de Forum d'Auguste, et quelquefois de Forum 
de Nerva; nous verrons plus bas, n^ lôo, en parlant du Forum d'Auguste, que cette 
dénomination ne peut convenir aux ruines dont nous parlons ici. 11 paraît certain 
d'après Pline, que le Forum de César était du côté du Vulcanal et des Stations des 
Municipes. Voy. plus haut, no 132, et n» 18, g IV. Cette opinion était celle de plu- 
sieurs antiquaires du seizième siècle; on lit dans Marlianus (de tnpographia Romœ, 
c. 45); « Augusti aulem Forum licet apud Marforii simulacrum quidam 3 ponant, non- 



* Forum enim Caesar exstruxerat, quod ab ipso nomen obtinuit, Romano pulchrius : sed ta- 
men Romani ex eo dignitas aucta est, ut Forum magnum diceretur. Forum vero et templum 
Veneris, quam sui generis auclorem ferebat, a se coudita Caesar statim tune consecravit 
[an. 708]. = - Dedicata et aedes Veneri Genitrici ex veto concepto instante pugna ad Pharsa- 
lum, fanumquc aeJi addilum, quod Forum populo lioinano esse voluit, non rerum venalium, 
sed agendis litibus, qualia l'ersis quoqiie sunt Fora, ubi redduntur jura, et discuutur eliam.= 
■' Corte del Museo Capitolino. — Vedesi in fondo collocato per adornaraento délia fontana eretta 
da Clémente XII, l'a. 1784, un grandioso colosso marmoreo rapprescntante la figura giacente 
deir Oceaiio con un uiccliio niarino in mano. Quosta statua fu rinvenuta nel foro di Slarie 
soltoposto al lato orient do del Gampidogiio, e d d luogo dol ritrovamento fu chiamata Mar- 
forio dal volgo. MELCaioRRi, Guida, melodica. di Roma, p. 524. 



84 



DESCRIPTION DE ROME. 



nulli lomon posl Fnuslinœ lompluin, soil prior opinio nin(;is probnlur. » Nous ajoulorons 
que les trois colonnes ([ui foni parlio de la ruine ineiilionnce plus haut, appartiennent 
à un temple pyrnoslyle, romnnc était, selon Vitruve, le temple de Vénus-tiénitriee. — 
Voy. dans l'iraiiesi, Anlichità romane, t. I, lav. XXX, fig. 1, une vue des ruines de ce 
Forum (|u'il appelle Forum de Nerva. — L'ne restauration tlu Forum île César, envoyée 
à Paris en septembre 18'<'<, par M. Feliard, pensionnaire de l'Aradémie de France à 
Home, nous a fourni l'idée des porlicpies qui entourent l'aire du Forum. La trace d'un 
comble A deux rampants sur le mur de fond, dans la partie à angle droit située prés 
r^rco de' Panlani, a conduit M. IJchard à cette véritable restitution. L'idée de ces 
portiques dut venir à César qui, pendant son édilité, fit couvrir de voiles le Forum ro- 
main et toute la voie Sacrée. Son Forum étant, par sa destination, un lieu de station- 
nement, devait offrir aussi un abri au peuple. Celte disposition de portiques passant sur 
la corde do deux hémicycles, a été plus tard reproduite dans le Forum de Trajan. — 
Nous avons sui\i, pour le temple, la restauration de Palladio [Archill. lib. IV, c. 7, 
lav. 5 à 10), qui nomme cet édifice Temple de Mars-Vengeur. 

X. Statue équestre de J. César. Cœsar diclator loricatam [slatuam] sibi dicari in 
Foro suo passus est. Plix. XXXIV, 5. 

XI. Nec Cfesaris dictatoris quemquam alium récépissé dorso equus tradilur; idemque 
humanis similes pedes priores habuisse, bac efligie lucalus ante Veneris Genitricisœdem, 
Plin. VIII, 42. 

XII. lUebatur autem [Caîsar] equo insigni, pedibus prope humanis, et in modum di- 
gilorum ungulis fissis. . . ., cujus etiam instar pro œde Veneris Genitricis poslea dedica- 
>it. SiKT. Cœs. Gl. 

XIII. Equus C. Cœsaris nullum prœter Cœsarem dorso reccpit. Cujus primores pedes 
facie vesligii humani tradunt fuisse, sicut anle Veneris Genitricis simulacrum cadem 
liac efllgic locatus est. Solin. 46. 

XIV. Cedat equus, Latite qui contra templa Diones, 
Cœsarei stat scde Fori ; quam traderis ausus 
Pellœo, Lysippe, duci, mox Cajsaris ora 
Aurala cervice lulit. Stat. Sylv. 1, v. 84-87. 



134. Atrium de la Liberté. Sur le côté gauche du Forum de César fu" 133]. 
Co monument servait d'archives publiques, on y affichait les lois, cl prohable- 
nient les actes de libération des esclaves; de là sans doute son nom i.ï Atrium 
(le la Liberté. Nous ignorons à quelle époque il fut construit; nous savons seu- 
lement qu'il existait déjà l'an de Rome olO, et qu'il fui restauré et agrandi l'an 
558. 11 a lu forme ordinaire desalria; au centre est un autel, celui de la 
Liberté. 

'''-^TT^b>~^ I. Sur la situation de l'Atrium de la 

Liberté prés du Forum de César, voy. 
ci-dessus, n'' 133, g V.— Nous nous au- 
torisons aussi du fragment ci-joint, qui, 
emprunté au plan de marbre, et gravé 
dans Bellori [Iconog. vêler. Romœ, tab. 
VI et XVI), reproduit une partie de la 
basilique Uipia ou de Trajan. On con- 
naît la position de celle basilique, dont 
il existe encore de superbes ruines 
entre les monts Quirinal et Capilolin 
[NoUi, n^llO; Letarouilly, rion. I, 34]. 
Le vaste Forum de Trajan, dont cette basilique faisait partie, envahit notre Atrium de 
la Liberté, mais sans le détruire, car on lui donna asile dans la basilique même : le mot 
LiBERTATis, inscrit dans l'hémicycle, en est la preuve. 

II. Custoiliebantur ^obsides] in Atrio Libertatis.... Hoc crebiis coUoquiis sollicitos, 
corruplis œdiiuis duobus,... profugit. Tit.-Liv. XXV, 7 [an. .540]. 

III. Atrium Libertatis, ab eisdcm [censoribus] refecta amplialaque. Tit.-Liv. 

XXXIV, 44 [an. 558]. 

IV. Censorcs extemplo in Atrium Libertatis adscenderunt ; et ibi signalis tabellis 
publicis, clausoquc Tabulario, ctdemissis servis publicis, negarunt, etc. Tit.-Liv. XLIII, 
16. [an. 583]. 




RÉGION VU!. — FORUM ROMAIN. 85 

Y. l'robrum virginis vcstalis ut rapilc punirclur, vir qui ram incoslavissol vorbcrihus 
iicrarclur, lux fixa in Alrio Libcrlalis cutn niuilis aliis Icgibus incendio consumpla est. 
l'jiST. V. Probrum. 

131Î. Forum D'Ai'crsTE et Templk de MAns-VENGErn. — Anes de Germamccs 
ET de DuisLs. Le Foriim d'Aiigiisle était situé an bas du mont Capitoiin , vers 
l'orient. II alFectait la forme d'un carré un peu plus long (jue large, ouvert sur 
le devant, garni de [)ortiques et de tavernes sur les côlés, cl fermé au fond par 
une muraille au milieu de laquelle se déployait un hémicycle pour un tribunal. 
Au centre même du Forum s'élevait un temple entouré de porlitiues en colon- 
nade, et ayant deux façades, l'une vers l'entrée du Forum, l'autre vers le tri- 
bunal. Elles étaient surmontées des statues des dieux invincii)les, et un qua- 
drige, avec la statue d'Auguste, couronnait l'un des frontons. Des statues pé- 
destres décoraient la façade principale; on en voyait aussi de senddables dans 
les entrecolonnements des portiques latéraux du Forum : ces dernières 
étaient eu marbre et représentaient les triomphateurs Romains. Enlin, deux 
Arcs de triomphe, placés à droite et à gauche de la façade principale du temple, 
formaient comme l'entrée des galeries latérales qui séparaient les portiques et 
les tavernes. Le temple était un périptère d'ordre corinthien, consacré à Mars- 
Vengeur. Les Arcs furent érigés en l'honneur deDrusus et de Germanicus. Au- 
guste construisit ce Forum et ce temple : il les commença l'an 72-3, lorscju'après 
avoir mis fin aux guerres civiles par la victoire d'Actium, il revint à Rome. Les 
travaux durèrent fort longtemps, et la dédicace n'eut lieu que l'an 752. Ce 
Forum , à l'instar de celui de César, était consacré aux affaires judiciaires : 
voilà pourquoi on y trouvait un tribunal. Les murs de ce tribunal étaient dé- 
corés de tableaux. Les Arcs de Germanicus et de Drusus ne furent érigés que 
sept ans après la mort d'Auguste, l'an 772. 

I. Carccr. 
Forum Augusti. 

Forum Trajani. Sext. Rlf. de Reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Forum Augusti cum œde Martis L'iloris. 
Forum Trajani. P. Vict. ib>d. 

— Nous discuterons plus bas, § XVllI, la posilion du Forum d'Auguste. En adendanl 
nous ferons remarquer iri ce rapprochement, fait par les deux régionnaires, du Forum 
d'Auguste et du Forum de Trajan. On sait que ce dernier était entre le Quirinal et l'cx- 
Irémilé septentrionale du Capitoiin. 

III. Publica opéra plurima exslruxit [Augustus] ex quibus vel preecipua Forum cum 
œdc Marlis Ultoris — Fori exsiruendi causa fuit hominum et judiciorum mullitudo, quaj 
^idebatur, non sufTicientibus duobus, eliam tertio indigere. Itaque festinanlius, nec 
dum perferla >I;ntis a-de, publicatum est, caulumque ut scparalim in eo publica ju- 
dicia el sorliliones judicum fièrent. /Edem Marti, bello IMiilippensi pro ullionc patcrna 
susceplo, voverat. Siet. Àug. 29. 

IV. Mautis vltoris templvm forvmqve avgvstv.m FEci. LAPIS ANCVR. 

col. 4 el 6. 

V. Forum angustius fecit [Auguslus], non ausus exlorquerc possessoribus proximas 
domos. SiET. Auij. 56. 

VI. Mars venil; et veniens bellica signa dédit, 
l'itor ad ipso suos coelo descendit honores, 

Templaque in Augusto conspicienda Foro. 
Et deus est ingens, el opus. Ov. Fast. V, v. 5.S0-533. 

VII. Inler magnifica opéra. . . . Forum Augusti. Plin. XXXVI, t.*;. 

VIII. Ctim mulii Sfvcro (".assio accusante absolverenlur, el archiicclus Fori .\u- 
gusii cxspeclationem operis diu Iralieret, ila jocalus esl [Auguslus] : « Vellem, Cassins 
el meum Forum accusassel. » Macp.ob. Salurn. Il, 4. — Le passage suivant fail con- 
naître «lue la dédicace de ce Forum n'eut lieu que l'an 7.")2 : « F.o i[)So jinno, <|uo 
niaguificenlissimi nuineris naumachi.Tque spcclaculis, I). Auguslus, abliinc iintios X.\X, 
se et ('.allô Caniiiio coss. dedicato !\!arlis teniplo, animos oculosque populi romani rc- 
pleverat, etc. » I'ateucii-. 11, 100. 



86 DESCRIPTION DE ROME. 

IX. Inscriplinnt, Itivus Auguslus, pr.Ttrr llispanins aliasquc Rcnlps, quarum lilulis 
Forum cjus pr.TniIct, pcne idem, farta ^^pyplo stipcndiaria, quantum palcr ejus Gallia, 
in iTrarium rcilitus ronlulit. I'ai ercil. Il, 39. 

X. Statues. Ak'xandri quocpie mapni tabornaoulum suslincre Iradunl solilœ slalusp, 
ex quibus duiv ante Marlis Ulloris œdcm dicalai sunt, tolidcra anlc lU-giam. I'lin. 
XXXIV, 8. 

XI. l'ioximum a Diis immorlalibus honorem memorifc ducum pracslilit, qui impc- 
rium populi Itomani ex minimo maximum rcddidisscnt. Itaque dopera cujusque, ma- 
ncnlibus lilulis, restiluil : et statuas omnium, triumphali effigie in utroque For! sui 
porlicu dcdiravit. Siiet. Àug. 21. 

XII. Kxcmplo Augusli, qui summorum virorum statuas in Foro suo c marmorc collo- 
cavil, additis pestis. LASirnin. Alex. Sever. 28. 

XIII. Statuam Corvino isli divus Augustus in Foro suo staluendam curavil. In ejus 
slatuiB capiic corvi simulacrum est, rei pugnaeque, quem diximus, monumentum est. 
A. Gell. IX, 11. 

XIV. Tribunal. Cognoscens quondam [Claudius] in Augusli Foro, ielusque nidore 
prandii, quod in proxima Martisœde Snliis apparabalur, dcscrto tribunal!, adseendil ad 
sacerdotcs, uiiaque disrubuit. Slet. Clnud. 53. — Celte anecdote prouve que le temple 
avait quelque sortie vers le tribunal, poul-C'tre de petites portes au fond des nefs laté- 
rales, et qu'il était élevé de plusieurs degrés. 

XV. Tableaux. Divus Auguslus in Foro suo celeberrima in parte posuit tabulas duas, 
qusc Belli piclam facicm habent et Triumplium. I'i.in. XXXV, 4. 

XVI. Pinxit [Apelles]... Castorcm et l'ollucem, cum Victoria et Alexandro Magno : 
item BcUi imaginem, restriclis ad tcrga manibus, Alexandro in ourru triumptiante. 
Ouas utrasquc tabulas divus Auguslus in Fori sui parlibus celeberrimis dicaverat sim- 
plicilale moderala. Plin. XXXV, 10. 

XVII. In Foro Augusli, inlroeuntibus ad sinislram, fuit Bellum piclum et Furor se- 
dens super arma œneis vinctus, eo habilu quo poêla dixit, sœva sedens super arma 
Serv. in ^neid. I, v. 299. — JPars celeberrima dans les § 15 et 16 nous paraît de- 
voir s'entendre des abords du Tribunal, lieu le plus fréquenté du Forum, et par consé- 
quent des murs latéraux de ce Tribunal. 

XVIII. Iconographie. Il existe encore, au pied du mont Capitolin, dans ]a via di 
Marforio, et non loin de l'église S. Giuseppe de' Falegnami (l'ancienne Prison), six ou 
sept arcades construites en travertin cl en pcperin, restes des tavernes qui occupaient 
le côté gauche du Forum d'Auguste. Piranesi, qui a donné un dessin de ces ruines 
[voy. Anlichità Romane, T. I, tav. Il], y ajoute celle explication sous le n^ 273: 
— « Avanzi di botteglie, composte di Iravertini e peperini, le quale appartencvano al 
Foro di Auguslo. Questi avanzi rimangono vicino alla chiesa di S. Giuseppe de' Lega- 
najuoli, e precisamenle in un cortile al primo ingresso del vicolo torluoso che rimane 
sulla désira délia salila di Marforio. » 

Notre temple de Mars a été tracé d'après une restauration de Palladio faite à la suite 
de fouilles exécutées sous ses yeux (Voy. Palladio, Ârchilell. lib. IV, c. 31, tav. 98 
à 102). Quelques antiquaires ont prétendu que le temple de Mars-Vengeur était rond ; 
c'est une erreur mise en avant par Pirro Ligorio [Paradasse, p. 30 recto], reproduite 
par Xardini [lib. V, c. 9], et qui n'est fondée que sur la mauvaise interprétation du re- 
vers d"un denier dont nous avons parlé plus haut [Voy. n» 71, g IV]. Nous avons établi 
un édicule au fond du temple, d"aprés le passage suivant de l'inscription d'.^ncyre 

(col. 5, lig. 42) : COEGI EA AVTEM signa, in PENETRALI ÛVOO est in TEMPLO MARTIS \h- 
TORIS REPOSVI. 

Pour justifier notre iconographie, nous devons dire quelques mois de l'emplacement 
que nous assignons au Forum d'Augusle. Cet emplacement est ordinairement donné au 
Forum de César ; nous avons été conduit à l'opinion que nous avons mise en avant, 
par le passage suivant de Dion : Ta tî Âp-ix rixs /xi-j, i-zto-ç b Ti?spii rôv i-::-oopofxo:> 
T:pox:^zét:y_s-j, è-j rrJTCÛ Aùyo'jarou ùyopx, xxï t--ofj û)i(3//û)T/;i7rov Tivà x«"i ô-zipioi-j i^fCty^ 
èrijj.-n')-/] [LVI, 27] 1. Or l'iconographie du Forum que nous reconnaissons pour être 
celui de César, et dont on voudrait faire celui d'Auguste, étant établie, il devient évi- 
dent qu'il était trop petit et trop défavorablement disposé pour qu'on y pût donner des 



* Martis ludi in Foro Augusli, quia Circum Tiberis restagnans occupaverat, cum equorum 
decursu quodam, et venatione celebrati [an. 765]. 



REGION VIII. — FORUM ROMAIN. 87 

courses de chevaux. Noire Forum d'Auguste était, au contraire, tr^s-propre à dos jeux 
de ce goure : outre qu'il est spacieux, le temple isole au contre, les galeries qui en- 
veloppent ses porlicpies de tous côtés, laissent une lice toute nalurelle pour courir 
tout autour. De plus, les portiques el les tavernes fournissent une disposition fort com- 
mode pour recevoir des spectateurs. 

Un autre motif qui nous fait encore reconnaître dans cet emplacement le Forum 
d'.Vuguste, c'est le voisinage de la via di Marforio. Pans le ÏMojen âge on appelait 
Forum (le Mars le Forum d'Auguste; on lit dans les actes du martyre de sainte Fé- 
licité : — « Sedit in Foro .Mariis, et jussit eam adduci cum filiis suis. » Mnrfnrio étant une 
corruption de Mnrlis'fom, indi(|ue évidemment que là était le Forum de Mars, c'csl-à- 
dire le Forum où s'élevait le temple de Mars-Vengeur. Fulvius, antiquaire du seizième 
siècle, dit que l'église de Sainte-Martine, qui est en avant de noire Forum [Nolli, n» 97. 
Leiarouilly, rion. I, 71], en emprunta son nom : « Marforius sive Mars Fori dous, non 
quod Martis sit illud simtilacrum, sert quod in Fnrn Au'iusCi, ubi erat tcmplum Martis, sil 
collocalum; quod fuisse creditur proximum templum S. Martitur, a nominis similitudine 
nuncupalum, argumento etiam,quod multa in eo templo marmorea, triumphaliaquc orna- 
menta visunlur, » de Urb. anliquitatib. lib. lY, p. 318. Doissard [Tnpmjrnfih. Row(i\ 
p. 52] écrivaiten 1397: .I^des divœ Martinee (ad quarum angulos jacet Marforii colossus) 
fuerunt olim sacrœ Marti Ullori : alii dicunt fuisse secretarium Romani senalus. » Ces in- 
dices, basés sur la tradition populaire, peuvent être pris pour des guides assez sûrs quand 
aucun témoignage historique ne vient les démentir, ce qui arrive bien rarement. A' 
Home ils sont nombreux, et, pour ne citer que quelques exemples, S. Giorgio in 
Vc/abro a pris son nom de l'ancien Vélabre ; S. Maria sopra Minerva, a fait recon- 
naître l'emplacement du temple de Minerve ; S. Lorenzo in Lucina, le Bois de Lu- 
cine ; etc. 

Piranesi [loc. supr. cil. § XVIII ] indique aussi le Forum d'Auguste au pied du mont 
Capitolin, mais sans donner les motifs de cette préférence. 

Nous avons dit que nous devions à Palladio notre restauration du temple de Mars; 
nous ajouterons qu'il conjecture que ce monument était un temple de Neptune, parce 
que dans un fragment d'entablement richement orné, trouvé dans ce lieu même, des 
dauphins séparés par des tridents, étaien.t sculptés sur la doucine (Palladio. Ibid. tav. 
101). C'est un indice bien faible pour infirmer ceux que l'on a d'ailleurs, et les motifs 
que nous avons déduits pour prouver que ce temple était bien celui de Mars-Vengeur. 
Nous voyons dans ces ornements un emblème de la grande victoire navale qui donna 
l'empire à Auguste. De semblables figures ont été trouvées dans la maison de ce 
prince, au mont Palatin [Voy. Venuti, Belle Antichità di Roma. part. I, c. I, p. 20] ; 
le souvenir qu'ils rappelaient était bien assez important pour que les architectes de 
l'empereur ne craignissent pas de le multiplier, si même ils ne le faisaient pas par 
ordre. 

Suétone, en parlant des deux portiques du Forum d'Auguste [Voy. ci-dessus, g XI], 
csl d'accord avec les dispositions de notre plan. Ce Forum était sans doute à la grec- 
que, suivant la description de Vitruve : — « Grœci in quadraio, amplissimis et (lupli- 
cibus porticibus fora consliluuni, crebrisque columnis el lapideis aut marmoreis epi- 
slyliis adornant, cl supra ambulationes in contignalionibus faciunl. » Vitruv. V, 1. 

XIX. Prospicit armipotens operis fasiigia summi, 

El probat invictos summa tencre Deos. 

Ov. Fast. V, v. 559-560. 
Hinc videt ^nean oneratum pondère sacre; 

Et tôt luleœ nobilitatis avos. 
Hinc videt Iliadcn humeris ducis arma ferenlem ; 
Claraque dispositis acla subesse viris. 

Ibid. V. 563-566. 

XX. POPVLVS ROMANVS ME APPELLAVIT PATREM PATRI.E IDQVE INSCRIBENDVM CEN- 

SVIT IN FORO AL'CVSTO, SVB QVADRIGIS (JV.Ï 3IIHI EX S. C. POSIT.E SVXT. LAP. ANCYR. 

Col. 6. 

XXI. Yenerit in magni templum, tua munera, Martis ; 

Slal Venus L'Ilori juncla viro anle fores. 

Ov. Trisl. II, V. 295, 296 
— On se rappelle que ce livre des Tristes est adressé à César-Auguste. 

XXII. Arcs de Germanicus et de Drusus. — Decrevêre Patres fan. 772] ut Ccrma- 
nicus atque Drusus ovantes Urbem inlroirent. Slrucli et Arcus circum latera lcmj>li 



88 DKSCIUPTION DK UOME. 

Blarlis l'iloris, cuin ini;;io C.ïsaiiim: Ixliore Tiberio, ijuia pacem saiiienlia (iimaveral, 
quam si bellum pcr acies confecisset. Tac. Ann. Il, 64. 

156. Voie du FoniM de Mars. Entre le Forum dWiii^iislo et le monl Capi- 
loliii. Elle partîiil du Koruni romain el aboulissail à la Porte Uatumena. 
I. Nous reliouvons celle voie dans la Via di Marforio. Voy. n* 13.5, g XYIII, p. 87. 

137. Tkmpi.k et autei. de Janis Bifrons. Après la réunion des Sabins et îles 
Romains, vers l'an 6 ou 7 de Rome, Romulus cl ïatius bâtirent ce temple entre 
le monl(]apiloliii et le monl Quirin.il , pour ainsi dire sur l'ancienne frontière 
des deux peuples. Il se trouvait à gauche du Forum d'Auguste, et près de la 
Basilique ^Emilia [n° 131]. 11 était (piadrangulaire, tout en bronze, et si petit', 
qu'à peine il abritait la statue dorée du dieu, placée au milieu de l'édifice. 
Celle statue, également en bronze, avait deux visages, dont l'un regardait vers 
l'orient et l'autre vers l'occident. Ce temple était le seul où l'on honorât Janus 
connue dieu de l'année, le seul même à Rome où était sa statue. L'autre lemple 
de Janus, situé en dehors delà porte Carmentale [voy. plus haut n" 011], et qui 
servait à indiquer quand Rome était en guerre ou en paix, n'en avait point, 
non ])lus qu'aucun des Arcs ou des petits temples consacrés à ce dieu dans di- 
vers ([uarliers de la ville. L'autel du dieu est devant le teuqile. 

I. liasiiica l'auli. 

ïcmplum Jani. Sext. Par. de reg. urb. Romœ, VIII. 

II. Ti-mplum .lani. P. Yict. ibid. 

III. Ovide s'adressanl ;\ Janus, lui dii : 

Cur lot sint Jani, cur slas sacralus in uno. 

Hic ubi juncta foris lempla duobus habes? Ov. FasI. I, v. 237, 238 

IV. Ad Janum. 

Pervius cxiguos habitabas anle Pénales, 

î'iuiima qua médium Homa lerebat iler. 
Nunc lua Ca?saieis cinguntur limina donis; 

Kl fora loi numeras, Jane, quoi ora geris. Mart. X, 28. 

V. Piile invocal [Janum] quia ipse faciondis fo-dcribus pi-wesl. Namque poslqnam Ro- 
mulus el Tilus Talius in fœdcra convcnerunl, Jano simulacrum duplicis fronlis elTeclunii 
est, quasi ad imaginem duorum populorum. Serv. in JEneid. XII, v. 198. 

VI. V-'/il Oî T5V vîijv iv T>j àyjf^v., —fio Tîj /25u).£y7/;/;ti!; à'j.iyoy j-îysSy.vTt tk Tpi'x 
•tira' oÎItw -/xp Vufj.aioi ràî Moipx; v£v5//'V.aî£ v.vJ.Cvr b ts vîw; âîïx; yu/.yoûç, èv Tîr^a- 
yw'ji nyriij.'xzi, l't/Tvjy.î' lOoo'jTOi [j.'vj, ôUv rà 'j.-/cÙ~ij.x zoû lâvov a/.i~siv ïori â't yxr/.O'j-i 
oùy fi'iov r, —r,y'jy/ tïî'vt; rà à'yaX'/z tîStî, -rà ,u.£v a/./x —'JL'H'J. I/zscCî; v.-jOprJ>—oj oi—pi- 
is'j)~o-j oï T/jv y.io%>.r,-j ïyo-y /.'A Toy T.prizd-ou Bù.-zipo-/ //.kv izfoi v.-j'isyo-^-a., -zb ot tztpo-> 
Tzpbi oiiojzv. YÎKio-j rs-px-7ui- Ojpxt zs ycù./.y'ièzi' è/.v-ép'ji Ti/issii-oj shh- v.; or, cv «sv 
eXprc^'n fM à.yy.doii iTii'iOsGOxi zb TCui.uiby PotuMoi èjôy.ii^o-^' tzoIz/j.'hj ik ipiiiv o-jzoç, 
à.-Js.'jiyGv.i. Procop. de Bell. gnll. I, 23 i. — Dans ce passage le mot ^yAvjTr,pio-j doit 
désigner la Basilique ^Emilia [n» tôt], ou un édifice voisin, bàli beaucoup plus lard, et 
nommé Secretarium scnfli»5. L'église S. Adrien ^.Xolli n'' 94; Lelarouilly, rion. I, 73J, 
qui occupe remplacement de la lîasilique .^ilmilia, était, pendant le movL'n-àge, desi- 
gnée comme étant m Tribus Faits. Procope confond, dans sa description, le temple 
de Janus dont nous nous occupons, cl celui situé hors de la porte Carmentale [n° 99], 

VII. Autel de Janus. Il est en deiiors du lemple. 'C'est Janus qui parle) : 

Ara milii posila est parvo conjuncia sacello ; 
Ihec adoiel llanimis cum strue farra suis. 

Ov. Fast. I, v. 273, 276. 



' /Edem vcro liabct [Janus] in Inio pro Curiri, ])nulo supra Tria Fala : sic Ilomani Parcas, 
vocare consuevcrunt. Satellum illiul loliiin ex .vrc. con.sl.il, quadrala forma, caqiic niai;nitii- 
diuc qii.T \ix Icjîcndo Jani simidacro siifliciat. Iluc autcni fiisiiin olia.ii pv .rn;, et quinqiic 
salteni cutiitii^s ionyuni, c.x'lcra quiilrni lioiniui sirnilc csl ; sed liifrons caput liabct, vulluqtic 
luio solcin orieniciii spcclat, altcro OLciilonlciii. Ad vulltiin utriimqiic slant fores alicnea;, qiiis 
il) pace.opliniisquc tcmporibussolcbant olim r.omani claudcrc, riirsus palcf.iccrcquuui bclluni 
"urertnt. 



UEGIOiN Viii. — FOUUM KOMAIN. 80 

Ylll. Sinltie de Janus. — Scopas an l'raxilcles fcccrit : item Janus palcr in suo 

Icmplo dicalus ab Auguslo, ex .Egyplo advcclus, ulrius manu sil, jam quidem cl auio 
ornilialur. Plin. XXX.V1, 5. 

IX. Nfl nicsc di Marzo 183i, ncl pralicarsi nuovc esravazioni nci contorni dell' Arco 
di Scttiniio Scvcro si t^ liiivcnulo il |)ianlalo del pirrolo icmpio di Giano fatiioso nclla 
romana storia. MELciiiORni, Guida di Jtoma, pari. III, p. 74 6. 

158.-130. Janus SUPÉRIEUR. — Janus inférieur. — Entre les deux : Janus 
Médius. Les doux. Janus étaient de petits Arcs quadrangulaiies, percés de 
quatre portes, une sur chaque face, et décorés de statues dans des niches. Ils 
s'éhnaient sur le Forum, à gauche de la voie Sacrée, le premier du côté du 
Tribunal du préteur [n° 128]; le second, vis-à-vis de la Basilique yEmilia 
[n" 1 3 1 J. L'espace compris entre ces deux monuments était appelé Janus Médius. 

I. Pulcal Libonis. 

Jani duo celcbris mcrcalorum locus. P. Vict. de Reij. urh. lïom. VHI. 

H. Jani pt-r omnes regiones incrustât! et adornati signis, duo prœcipui ad Arcum 
l'abiaiium, superior et inferior. P. Vict. Ibid. in fin. 

III. IIa?c Janus Summus ab Imo 

Prodocct. HuR. I, Ep. 1, v. 54. 

IV. Duo Jani ante Basilicam Pauli sletcrunt, ubi locus erat fœncratorum : Janus di- 
ccbalur locus in quo solcbanl con>enire fœneratores. Acrûn. in IJor. 11, Ep. 1, v. 54. 

V. Ad Janos qui sunt in regione Basilicœ Pauli , fœneratores consislunt. Porphyr. 
in llor. loc. sup. oit. 

VI. Janus médius. 

Posiquam omnis res mca Janum 

Ad Médium fracta est, aliéna negotia euro, 
Excussus propriis. Hor. Il, S. 3, v. 18-20. 

VII. Janus Médius locus diclusprope Basilicam Pauli, ubi vasa renea vcnnndabanlur, 
vel locus in Rostris, in quo experlus erat paupertalcm. Ad médium autem idco, (juia 
in Rostris simulacrum Jani erat, ubi res pccuniaria^ agebanlur per fa-ncralores. Jani sta- 
lu;r très erant, ad unam illarum snk'bant.con\enire creditorcs et fœneratores, alii ad 
reddendum, alii ad locandum fœnus. .\cron. in llnr. loc. sup. cit. 

VIII. Sed iila statua paimaris, de qua, si meliora tempera essent, non posscm sine risu 
dicere : L. .Vntomo Jam medu patrono. Itane? Janus Médius in L. Antonii clicnlela sil? 
quis unquam in illo Jano invcntus est, qui L. Antonio mille nummum ferrel expensum? 
Cic. l'/ii/ipp. VI, 5. 

l.X. Sed loto boc de génère, de quaerenda, de collocanda pecunia, etiam de ulenda, 
commodius a quibusdam optimis viris, ad Médium Janum sedenlibus, quam ab ullis 
philosopliis ulla inscliola dispulatur. Cic. de Offic. II, 23. 

140. Le Canal. Voie qui coupe le Forum dans sa largeur, depuis la Grie- 
coslase [n" 124 1 jusqu'au temple de la Fortune [n" 86]. 

I. In Fore infimo boni bomines alque dites ambulant. 
In medio propter Canalem, ibi ostenlatores mcri. 
Confidentes, garrulique et malevoli supra l.acum. 

Pi.AiT. Curcul. IV, 1, V. 14-16. 

II. Le mot canalis signifiait aussi chemin public. On le trouve avec ce sens dans le 
Code Tbcodosien, liv. 1, leg. 5 et 15, de cursu publico. — La parlie de voie antique 
découverte au pied de la Colonne do Phocas [Letarouilly, rion. X, 26] est un reste du 
Canal. 

\\\. Lac Curtius. Emplacement d'un ancien goufire ou marais situé à peu 
près au milieu du Forum, sur le bord du Cnwtl [n» I iO], et nommé ainsi du 
Sabin Mélius Curtius, qui s'y précipita peiulaul la guerre entre Romulus et Ta- 
tius. Du temps d'Auguste le gnullre élait comblé, et sur son emplacement, il y 
avait un petit autel oml)ragé par un liguier, une vigne et un olivier sauvages. 

I. Eodem anno [393] seu molu terra", seu qua vi alia Forum médium ferme specu 
vasto collapsuni in inmiensam alliludincm dicilur. i' Dévouement de Curtius. ; Tit.-Li\. 
VII, 6. 



90 DESCRIPTION DE ROME. 

II. Cum aulcm in mcdi.i parle Fori vaslo ac rcpcnlino hiatu terra subsidcrcl, elc. 
(Récit du dévouement de (^urtius). V. Max. V, 6. 2. 

III. In Foro Larum Curlium a Curlio dicluni Curlium armatum ascendisse in 

cquum, et a Conrordia versutii, rum equo eo pra'cipilaluni. Vakh. L. L. V, g H8. 

— La circonstance de Curlius se tournant \ers le temple de la Concorde [n" 83] 
prouve que le gouffre s'ouvrit dans la partie du Forum avoisinant ce temple. 

IV. l'iso in Annalibus scril)it, Sabino bello, quod fuit lîomulo et Tatio, virum forlissi- 

mum Metium Curtiuni Sabinum in locuni palustrcm qui luni fuit in Foro, antequam 

cloaca; sunl factœ, secessisse, atque ad suos se in Capitolium récépissé ; ab eo lacum 
invenisse nomi-n. Varr. L. L. V, § 149. 

V. Denys d'Halicarnassc après avoir raconté l'aventure de Curtius, ajoute : oCtoî o 
rànoi à..>ux.i-/ui:TM ij'vj rjâr,, ■/.v.Kîizy.i o' iî èx-shou to'j TTc/.O'jUi, Kc/ii^yTioi l'Jf-Oi, l-j jj.iz'jt 
Ixcrli'^Ta. wv Tvj,- Vdifj.'Jlwi ù:/Of,y.i. D. HaLIC. II, 42 1. 

VI. Forluito satu [ficus] vivil in medio Foro, qua sidenlia imperii fundamenla oslenlo 
falali (Curlius ma.xiniis bonis... expleverat. .E(iue forluila eodem loco est vitis atque olea, 
umbiic gralia, sedulitate plebeia- sal<T. Ara inde sublala gladiatorio niunerc divi Julii, 
quod novissime pugnavit in Foro. Plin. XV, 18. 

VII. Curlius ille Lacus, siccas qui suslinel Aras, 

Nunc solida est tellus, sed lacus ante fuit. 
Ov. Faa. VI, v. 403-404. 

VIII. Plutarque, après avoir raconté le dévouement de Cuitius, ajoute : <)//îv cuv ri- 
7T05 ol àxîl-jo-j £-£ -yïiJ K'ixjf.TiOi \y:/:/.Oi iv5//iÇ£Ta(. I'ldt. Romu/. 18 -. 

IX. Stace parlant de la statue de Domitien élevée au milieu du Forum, fait ainsi allu- 
sion à Curtius : 

Ipse loci custos, cujus sacrala vorago 
Famosi que Lacus nomen memorabile servant, 
Innumeros œris sonitus, et verbere crudo 
L't sensil mugire Forum, movet horrida sancto 
Ora situ, meritaque caput venerabile quercu. 

Stat. Sylv. I, 1, v. 66-70. 

X. E'/iiÇaXivTo; o' £t? tyjv àyopccv, 6j<jnsp rpàucuv. -■'rjiJ.u.roi, /.. t. \... V.'fUhovTO 
TT/JWTOv tTïTiil-:, sïza oTi/'iTxi, oià TTJj ÏIolùIoo jixTÙ.i/.vj; -po'-j'Yîf.àiJ.tyoï. Plut. Galb. 26. 
— Tôv c'î YùkSx-j, ù.T:oK\i.vdi\iTOç loXj ^opiioij ~sp\ riv Kojp-:huxv.loiip.v/'jyMJ'://.o\i, èK/jj- 
Xtc^î'vra Tsdupa.Kti7y.é-Jov é'zumov ènt^pa/j-ô-^Tii. Ibid. 27 3. 

142. Statue ÉQUESTRE DORÉE de César-Octave. Yis-à-vis de la Curie Jiilia 
[n° 4221 , au milieu du Forum, près de rancien emplacemenl des Rostres. Elle 
fut décernée par le Sénat au jeune Octave, l'an 718. 

I. Eum [Cœsarcm Octavium] senatus, honoratum equestri Statua, quae hodieque in 
Rostris posila, œtatom ejus indicat. Paterci.l. Il, 61. — Nous pensons que in Rnslris 
désigne l'ancien quartier des Rostres qui, sans doute, par la force de l'babitude, avait 
conservé son nom. 

H. Kul TOI,- iinàroi? Ipi'w xkI nâvaa Katia/îa nuoT pcmYr/Cu ou vûv ky^u szpxToî/, èni- 
ypunà'j T£ cLÙzo'j duo-JOL -rzO^voiLi. Appian. de Bell. civ. III, p. 907*. 

III. E'x oï Tôiv S'IiYifiiijAvoi-v 111J&-J iSiys.to tïoil'.ttyiv, è-!:r,aiov i- iipoiJ.r;Àa.-J civat /.«</' «; 
■i,lJ.ipa.i èvUcc, xu.ï iTTtvt'xtoj iv à.yopx ypù^soi kozù-jui /j.-zv. <jyo/j.ci.TOi ovTîîp éyoiv èar,'/ds, 
Tiipf/.siiJ.i-Jt/i rCi Kiovi vsdjv èp.^à\'jy^, /m estïj jj-Ïv ■}) six&jv i'ni'/pa.j'r,-'^ iyouaa., o-t THN 
ElPH'iMlN 'L'i;ïA2IA2ME'NH E'K noAAOT EYNESTHSE KATA' TE FHN KAl 0A'AA:i- 
iAN. Appian. de Bell. civ. V, p. 1177 s. 



* Iste locusjam terra congesta est repletus: adliuc famen ob illum casum vocatur Curtius 
Lacus, qui ferme in medio Uomanorum. Foro est. = - Locus ah eo ctiam liodie Lacus Curtius 

dicitur. = ^ Postquam in Forum pervcnit, quasi venti conversio, etc Couspecti sunl ])rimo 

équités, mox pedites a Basilica Pauli advolare. — Galba;, evcrsa lectica ad Lacum Curtiura, 
provoluto et in lorica jacenti inycsserunt vulnera.= * Addilumque decrcto ul cum Ilirlio Pan- 
saque p.iri imperio Ciesar pra^esset, eis quas lum liabebat copiis, et aurata ci poncretur statua. 
= ^ Ex honoribus autem pcr S. C. oblatis accepit tliensam in circcusibus, et aunua solennia 
diebus Vicforiaî, auratamque pro Kostris slatiiam, quae ad veram effiyiem expressa est, cum 
boc titulo, Ob pacein f)ost dinhirna hclla terra marique redditam. 



RÉGION VIII. — FORUM ROMAIN. 01 

l/iS. Le Mille n'on. Un pou an-dessoiis «lu lomplo de Saturno [n" 8S], vors 
la Basilique Jiilia [n° 115] el rentrée du Vicm Jnqdrins, il y avait une colonne 
cylindri(iue en marbre blanc , liante de dix pieds sur deux de diamètre envi- 
ron , qui servait de point de départ pour compter les distances sur tontes les 
routes de Tltalie. Son fût supportait une boule de bronze doré surmontée d'un 
petit cône triangulaire allongé, de même métal, et cet ornement avait valu à 
la colonne le nom de Mille d'or. Cette colonne fut érigée par Auguste, l'an 7:î 4. 

[j.ù.io-\> y.siù.YjU.évo-J imri'jS. DiON. LIV, 8 '. 

II. In Veiabrum, inde ad Milliarium aureum, sub setlc Saturni, pcrgit. Tac. Uisl. 
1, «27. 

III. lit se in Foro, sub œde Saturni, ad Milliarium aureum opperiielur. Suf.t. Otho. 6. 

IV. Mensura currenle a Miiiario in capile romani Fori slatulo. Plin. 111, ^- , 

V. àtàrvïs TL^'.fAou y.akoDiJ-iv/ii ouic.i; xaraSài, èëc/.âi^-.-J d? àyopàv, ou xpwjcvi sÎîtïj- 
Kct y.LOiv, iU ôv câ zF.rfj.-rifJSva.i z-zii Ixalici hSo\ Tiy.tjv.i zà^suzo^Giv . Plut. Galb. 24 -. 

VI. JEdos Opis et Saturni in vico .lugario. 

Milliarium aureum. P. Vic.t. de lleg. urb. Romw, VIII. 

VII. Milliarium aureum .Tulia-. Notit. imperii. — Le mot JuHw a fait conjecturer, 
avec beaucoup de vraisemblance, que le Mille d'or était auprès de la Basilique Julia. 
La préposition siib des § II et III confirme celle conjecture ; en effet, le Mille d'or 
auprès delà Basilique Julia était littéralement au-dessous du temple de Saturne, parce 
que plus on s'approchait du Vélabre, plus le terrain allait en s'abaissant. La désigna- 
lion de Pline, m capile Fori romani, ajoute encore à la force de notre conjecture. 
Ouclques archéologues, oubliant les textes que nous avons cités ici, avaient pensé que les 
milles se comptaient, non à partir du Forum, mais des portes de la ville ; celle opinion 
a été victorieusement réfutée par Danville, qui, examinant toutes les roules sortant de 
Bome, et les suivant jusqu'à une assez grande distance, prouve, tant par les textes an- 
ciens que par les mesures prises sur les lieux, que les milles se comptaient réellement 
à partir du Mille d'or. Voy. Mém. de VAcadém. des Inscriptions, t. XXX, p. 198 
et suiv. 

VIII. Iconographie. Nous avons décrit le Mille d'or d'après une semblable colonne, 
trouvée en 1585 sur la voie Appia, à un mille de Rome, et qui se voit maintenant sur 
la balustrade de la place du Capitole, ;\ droite en arrivant par le grand escalier à cor- 
doiiata. Elle a 7 mètres 7 centimètres de hauteur, et 65 centimètres de diamètre. Elle 
se trouve figurée, un peu grossièrement dans Gruler, p. 154, n^ 4, el représeniéc avec 
plus d'exactitude dans l'estampe de la feuille 9 du plan de Nolli, et aussi dans l'es- 
tampe de droite du plan de M. Lelarouilly. 



NOTE SUR CETTE QUESTION : 
y AVAIT-IL DES MAISONS PRIVEES SUR LE FORUM ? 

On aura remarqué sans doute, que sur la place appelée proprement le Forum 
romain, nous n'avons indiqué aucune habitation privée; c'est qu'eflectivement 
il n'y en avait pas. Nous prendrons la liberté de citer d'abord notre Plan 
comme preuve, parce que le lecteur a pu se convaincre, dans tout ce qui pré- 
cède, que rien n'y est arbitraire : la topographie, ainsi que les proportions de 
nos édifices y sont d'une rigoureuse exactitude pour tous les monuments authen- 
ti([ues, et d'une vraisemblance soigneusement étudiée pour ceux dont il n'existe 
plus de ruines. On voit donc qu'il ne restait vraiment pas de place pour les mai- 
sons privées. Nous croyons que même dans les temps primitifs il y en eut fort 
peu : en elfet, dans les historiens, il est quelquefois question de tavernes, de 



' Tune atitcm ipse [Aufjustus] viariim, qu.f suntcircaUomam curator constitutus, Milliarium 
aureum, quod vocalur, fecit [an. 734]. = - Per Tiberii domum, quam vocant, descendit in 
Forum, ubi aurea columna est posita, in quam via; militares Italioe omues desinunt. 



92 DESCKllTlOiN DE UOML:. 

portifjucs situés sur le Forum, mais presque jamais «le maimm privées. Nous 
ne nous rappelons (pu- deux (iésij,Mialions «le cctUs dernière sorte, l'une pour 
la maison (I(î Ma'oius [vov. plus haut, n" 121, § Ij, et l'autre dans un pas- 
sage où Ap]iien, raconlani les funérailles de Clodius, dit que la Curie llostilia 
l'ut brûlée avec qucIqKcs maisons des environs [voy. n" 122, § X]. Il paraît rer- 
lain, néanmoins, (pie vers la lin de la républitpie il n'y avait plus «le maisons 
sur le Forum, cl voici ((uelques témoignages qui le prouvent assez clairement : 

olô/ji-JOi shv.i ToXi 7r/£!5v«,- vlloui im Oiicjxç K'jTsû ■f'iiry.:/. I'llt. Mar. 32 >. 

II. Oio'^ OifA-Ji'i-JTOi.i tUVdturiJ /M ■j'ù.O'ji i-îjj.TZO.', ol/i'/.i TXf.o/7-u.'/.r,po/j.;voj; r/yù; 
à.yofjv.i, cûj oLj-i/x fi.sTto-j-zîi ù.f^yy.^. Pll't. Pomp. 66 *. 

III. Ilî7/Tïî(v âï noX/.oùî eli P'j'>fj.r,-j /j.iaOou/J.évoiii /.xi TZf^o/.a.-a.la.y.Cyyo-JTCci ol/.iot.i- iir.y.- 
■ziùojai yy.p y.'A tsxpv.Tfiyou'JVJ innrfiibiii, w; sjôùj «^Ç^vrî, //.ïtk tôv rri>£/Jt5v. Plit. 
Cœs. /<2 3. 

IV. Un des conjurés de Calilinn renronlranl les Allobioges sur le Forum, et ayanl liâlc 
de leur parler en serret, les conduit dans la maison la plus proche, dans celle de 
Déeinius Itrulus, voisine du Forum. Illc cos in domum Uecimi Bruti perducit quod Foro 
propin(|ua. Sai.l. Catil. 4 0. 

(lomme il n'existait aucuns motifs pour que les ambitieux, ne se logeassent pas 
sur b; Forum, eenire de toutes les Ijrigucs polititjues, plutôt qu'aux enrironfi, 
s'ils ne le firent |>oint, c'est tpie cela n'était pas possible. On sait d'ailleurs qu'à 
cette époque, cl plus tard, les maisiins des plus importants citoyens étaient, et 
lurent dans les quartiers excentriques, ou un peu excentriques : César logeait 
dans Subure [Voy. n» 13, et 129, § V1H| ; Pompée, dans la IV^ région [n"26] ; 
Mamtirra, au monlCa'lius [n" 10]; Cicéron, Clodius, Scaurus, au mont Palatin 
fn"^ 234, 23o, 237j; Lucullus, à la Colline des Jardins [n" 189]; Asinius Pol- 
lion, au mont Esquilin [n" 16]; etc., etc. Nous croyons qu'après ces explica- 
tions on nous accordera qu'à celle époque il n'était pas possible, pour rester 
dans le vrai, de mettre sur le Forum d'autres édilices (pie des monuments pu- 
blics. 



=* Rejjressusad Urbem [Marius], domum exslriixit propter Forum, vel (ut ipse dicebal) ne 
clientibiis suis esset longiiisiro jjrave, vcl quod ea rc credcret fore, ut plures alil domum suam 
relchiarcnt. = - Alii niiniso-os iiccessariosqne lioniam miseront, ad propinqua Foro .Tdificia, 
quasi niox honores pcîituri occup.Tuda. =^ '^ Mnlli lîomani millerent ad conduconda et occu- 
paiul:i aidilicia consid.Uuin et pr;cturuni (jcreutihus opporluna, quasi mox a bcllo jjcsturi magis- 
tratum. 



RÉCrON IX. — CIRQUE FLAMIiNIIJS. 93 



REGION IX. —CIRQUE FLAMINIUS. 



Voici la région la plus vaste de toutes ; dans plus de la moitié de son 
périmètre le Tibre Tenveloppeau N. àPO. et au S. Elle conline auS.E. 
à la Xl'= et à la VIII'' région, en suivant une ligne ([ui part du ïi])i'e, 
longe le côté gauche du théâtre de 31arcellus [n" liij, passe devant le 
Forum Olitorium (n" 261], suit le pied occidental du mont (^apitolin, et 
vient joindre la voie Lata. A TE. elle est séparée de la VU"* région par 
la même voie Lata, jusqu'à l'extrémité septentrionale des Septa Julia. Là, 
elle se détourne vers la droite, suit les arcs de Taqueduc de la Virgo, 
et vient monter sur la Colline des Jardins, où elle s'étend jusqu'aux 
parties les plus éloignées de la VI'' région. Nous n'avons indiqué dans 
la IX'^ région, qui empruntait son nom au Cirque Flaminius, que des 
monuments et point de maisons particulières, parce qu'en effet on ne 
trouve dans aucun auteur ancien que le Champ-de-Mars fût hahité. 
Les monuments se trouvaient particulièrement dans la partie qui tou- 
chait à la XI*^ et à la VIII® région; le reste se composait presque en 
entier d'une plaine couverte de gazon. 

144. Théâtre de Marcellus. Sur la rive gauche du Tibre, presque vis-à-vis 
du pont Fabricius, qui conduit à l'Ile Tibérine. Il fut commencé par César 
l'an 709, achevé par Auguste l'an 741 , et dédié sous le nom de Marcellus son 
neveu , mort dix ans auparavant. 11 était en pierre, et sa muraille extérieure 
était décorée d'arcades formant un double étage, avec colonnes engagées. 
L'ordre d'architecture était dorique au rez-de-chaussée, ionique au premier 
étage, et corinthien au second. A l'intérieur, ce dernier étage se terminait par 
un portique en colonnade, qui contournait tout le théâtre, derrière ses derniers 
gradins. L'édifice contenait trente mille spectateurs. La scène, dont le fond se 
trouvait formé par une muraille décorée de colonnes et de statues, s'adossait 
au Tibre. 

I. Jam de ornanda Uibe plura ac majora in dies destinabat [Ca?sar]. In pri- 

mis.i.. tlieatrumquc summœ magnitudinis Taipeio monli accubans. Si:et. Aug. ki. — 
Les gradins du théâtre de Marcellus sont en effet comme adossés au mont Tarpéien. 

II. 0£'aT/îév TS T£ zarà ràv Xio ij.tiy,ïo-j olv.oào iM,Qy.i Ulù,r,zv.i, T.pOAUxtZàXîxo jj.ï-j, oùy. 
è^eTélz(7z os. K/.lv. roôro jj-Ïj h h.-j-/njij-oi /j.zzy. tv-ûra i/.r^oir.zy.i, àuà Mâpxou Ma.py.eXl.ou 
Toû àosl-fiDOu VRWjbu.v.oi. DiON. XLIII, 49 1. 

III. L's 10 iJ.-j-rii/.{io-j è o^ixoôo/xslzo xv.ré6îT0, zrj ~s fJ.'^yi/j^-(i zoû Ssc/.Tpou rou TTpo/.v.Tc.SXr,- 
5cVT0j,i«£v ÙTTo T5Û Ky.iaupoi, Map/.é'j,lotj o; oivoy.a.i7/j.é-jou, èzifj.r^ç;. DiON. LUI, 30^ 

IV. Msrà âk ^■ffzcâ/'JV.'zô, Tê diy.zpo-^ tq ro"jM.ap-/.éXkou yuXov/j.svov xxdiépuGz. DiON. 
LIV, 26 3. 



' Tlieatriim quoque, exemple Pompeii, aedificare instituit [Cssar, an. 709] : ac fundanienla 
quidem ejiis jecit, sed non aI)Solvit. Augustus vero poslca perfccit, ac iM. Marcelli sororis sua; 
filii nominc dedicavit. = - Anguslus in sepulcrum quod sibi exstrueliat condidit [Marcclluni], 
niemoriaque eum thcatri cjus quod ante cœptuin a Ccesare, Marcelli dicluni est, lioncstavit 
[an. 73i]. = ' Post liœc ihcatiuni Marcelli Augustus dedicavit [an. ■;.]']. 



94 DESCRIPTION DE ROME. 

V. QuiTdam eliam opora sub noinino alieno, ncpoliim srilicct cl uxoris sororisquo, 
Tecil jÀuguslus] : ul l'orticum, liasiliram(jue Lucii el Caii ; item Poilitus Livia- el Ocia- 
viœ, Uieatrumque Marrelli. Si:et. Auij. 29. 

VI. Theatkv.m au .i;iiEM ai'ullixis in solo magna' ex parte a privatis empto, feci, 
OYOD s\B NOMi.NE M. Marceili cexeki mtescit. LAP. ANCYK. col. * el 6. 

vil. Àyj/:av9«'7)v âk Pw/>l«(ojv, ^tî/î6tï;5î vu/xfioç, Katia/io; 0~j-/xrp,ï ypojo-J oj r.o't.ù-j 
cuvo(/./;7aî. ûi oï ztij.r,-/ ujroû /.uï //.v^//ï;v O'xraSt'a «jv »] iJ.r'-fip tvjv lii^îj lodri/:r;j à-jéf/ry.î, 
Kcàaxp as </£5tT/s5v, iTa-/f.à\ixi Ma/:xî'»,5u. Plut. Marcel. 50 '. 

VIII. Thcalium Marcclli. Capit loca XXX mil. ubi eral aliud templum Jani. T. Vict. 
de Iteg. urb. Homœ, IX. 

IX. Octavia- Porticus dua; appellanlur, quarum alleram, Theatro Marcelli propiorem, 
Octavia, soror Augusli, fecit; alleram Thcalro Pompeii proximam, Cn. Ontavius, 
Cn. lilius, qui fuil leil. cur. pr. cos. decemvirum sacris faciendis, Iriumphavilque de 
rege l'erse iiavali iriumpho; quam combustam reficiendam curavit Cœsar Auguslus. 
Fest. V. Oclaviœ. 

X. Iconographie. Une grande parlie du Ihéâlre de Marcellus 
*C>-v___ /T^L/^^ existe encore. Son intérieur, détruit, en partie remblayé, est 
O" ^~^\l "Kjj orrupc aujourd'hui par le palais Orsini [Noili, n" 675; Lcta- 

^y ».V......| ; # rouilly, rion. XI, 16]. Le fragment ci-joint du plan de mar- 

%TH EATRVM , g bre, graNé dans lîellori, lab. XII, a fait reconnaître une parlie 
%^\ARO^LLiVw jg |g sc'.ne. La muraille extérieure du théâtre est ce qu'il y a 
de mieux conservé; néanmoins le second étage manque, 
et c'est d'après un manuscrit de Serlio, déposé à la Bibliothèque de Florence, que 
nous avons restauré tout le haut du théâtre. Piranesi a donné le plan, la vue géomc- 
Irale et la vue pittoresque des ruines importantes du théâtre de Marcellus. Voy. Campo 
Marzin, tav. Il, XXVII; Anlich. rom. tom. IV. tav. XXV. XXVI. XXVII. XXVIII â 
XXXVII. — On voit, sur les planches XXV et XXVI, que cinq corridors portant des ar- 
cades extérieures, donnaient entrée dans l'Orchestre, et que sept autres débouchaient 
dans la première précinclion, celle des chevaliers. — On trouve aussi le plan, la coupe 
et l'élévation de ce théâtre dansGualtani, Monumenti anlichi inediti per Vanna 1789, 
gennaro e febraro, tav. II, III. — Voy. aussi Desgodetz, JSdi'^ce* antiq. de Rome. 

i 4J>. PORTIQDES FROMENTAIRES DE MiNUCIUS. DeVANT : TaVERXES. CeS pOF- 

liques étaient sur le bord du Tibre, entre le théâtre de Marcellus [n° 1 44] et 
celui de Corn. Balbus [n" 146]. Ils lurent bâtis par M. jMinucius Rufus, qui 
triompha des Scordisques, l'an 643. C'était là que se faisait la distribution des 
lessères avec lesquelles le peuple allait ensuite chercher une ration de blé dans 
les greniers publics. — Devant , étaient des Tavernes où l'on vendait des 
cheveux. 

I. JEdes Volcani in Circo Flaminio. 
Minucia velus. 

Minucia frumentaria. 

Porticus Corinthia Cn. Octavii, quœ prima duplex fuit. 
Crypta Balbi. 
Jupiter Pompeianus. 

Thealrum Marcelli. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, IX. 
— C'est sur cette indication assez vague du régionnaire, que nous avons choisi rem- 
placement des greniers de Minucius. 

II. (Juid libet, modo ne nauseet, facial, quod in porticu Minucia fecit [Antonius]. 
Cic. Phiiipp. Il, 34. 

m. Per eadem tempora clarus ejus Minucii, qui Porticus, quœ hodieque célèbres 
sunt, molitus est, ex Scordiscis triumphus fuit. Patercul. II, 8. — M. Minucius Hufus 
triompha l'an 613. Il était consul aven Sp. Posthumius Albinus. 

IV. Ilerculis signum aeneum sudavit in Minucia per plures dies. Lamprid. Com- 
mod. 16. 



Is [Marcellus] in aedilitate sponsus decessit, quum Caesaris filiara non ita pridem iu ma- 
trimoaium duxisset. In cujus lionoreni et ineinoriam mater Octavia bibliothecam dedicavit, 
C;esar theatrum, quodnomine Marcclli inscripsit. 



RÉGION IX.— CIRQUE FLAMINIUS. 95 

V. Aliusad Minuciam frumcnlariam veiiil, cl aliis iii juilioiis dirilur dios, etc. ApuL;T:. 
lie Mundn. 

VI. Tavernes de marehands de cheveux. — Nous oonjerturons, d'apri^s lo passa;;» 
ri-dessous d'Ovide, que ces tavernes étaient vis-à-vis du temple d'IIcrcuic aux Muses 
(nO 135J : 

Femina procedit dcnsissima rrinibus emplis; 

Proque suis alios cfïïcit œre sues. 
Ncc rubor est émisse paiam : vcnire vidcmus 

Herculis ante oculos Virgineumque chorum. 

Ov. Àrl. am. 111, v. 165-168. 

14G. Théâtre DE CoiiN. Balbus. Cornélius Balbus, l'un des partisans de Cé- 
sar, et qui i'ul consul subrogé l'an 714, bâtit ce lliéàtre d'après l'invitation 
d'Auguste. Il y consacra le produit du butin fait sur les Garamantcs, peuple 
d'Afrique dont il trionipba l'an 710. Ce monument qui contenait trente mille 
quatre cent vingt-cinq spectateurs, fut placé à l'entrée du Champ-de-Mars 
proprement dit, adossé au rivage du Tibre, au droit de la pointe en amont 
de l'Ile Tibérine, et dédié l'an 741. 

I. Thealium Balbi. 
(^.rypta lialbi. 

Poitirus Corinthia Cn. Octavii. Sext. Ruf. de lieg. urb. Romœ, IX. 

II. Porlicus Corinthia Cn. Oclavii, qua; prima duplex fuit. 
Crypta Balbi. 

Thcatrum Balbi. Capilloca XXX M. LXXV, seu XXX M. XCV. Cl. Csesar dedicavitet 
appellavila vicinilale. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, IX. 

III. IL yu.1 T\jyz yy.p i\ d.-f/ù.w Tr,ç, «^(lîWi oùxoïi iv sxît'vafj tkÏî ii/j-épat; iç rà «ctu 
i'^Ooï/ax, è-J ULi Kop-j-rihiii BàlSoi tô ÔsocTpjv rà xxï viv xuloiifj.svov ktî' cùtoïi y<.x8i-p(>'ti;a.i, 

Oc'aj £7:£T£/£f iTTt Tî TOÙTM, WJ zat OLJTOÇ TOV A'JyOUOTOV liTav&;?&JV ii;-/J.vÙ-J£ZO {xaÎTOt 

iiTzb -ou Ttlrfloji xj^v.zoi o—ip b TiS-pii 7r)iîov«cas èT:sT:of/;-/.si, p.rfik iasVOslv èi zh dsx- 
TpOV ei fxr, 7T)i^tW Ojvrfidi). DiON. LIV, 2S 1. 

IV. Sur l'édiricalion du théâtre par Balbus, voy. n» 88, g XV. — Sur la personne de 
Corn. Balbus voy. Cic. ad Allie ."SWX, 9 ; Plin. VII, -iS. Sur son triomphe, V. Pmn. V, 5. 

V. Nec Augustus arcuerat Taurum, Philippum, Balbum, hostiles exuvias aut exun- 
danles opes ornatum ad Urbis et posterum gloriam conferre. Tac. Ann. III, 72. 

VI. Iconographie. On a retrouvé quelques restes de ce théâtre dans un endroit ap- 
pelé aujourd'hui monte ou Piazza de'' Ccnci [Nolli, n"^ 749, 756; Lelarouilly, rion. 
Vil, 31, 33], monticule formé par les ruines mêmes du monument. Voy. Piranesi, 
Campn Marzio, tav. 11, n" 14, et tav. XXVIII. Dans la légende de la planche III, con- 
tenant un plan général de Rome, l'illustre antiquaire dit, sous le n^ 61 : — Avanzi 
délie soslruzioni del teatro di Balbo, dclle cui rovine si è formato il tumulo che s'innalza 
alla Regola. Si vcggono in una osteria sotlo il palazzo Cenci, in riva al Tevere. » 

VII. Attenderà forse che io parti di quelle piccole eminenze cognite sotto il nome di 
monte Citorio, di monte Giordano, e de' Cenci... Ho dette essere tumuli artifiziali ; 'ed 
il sig. Xibby molto sagacemente opina che provenga la prima dalle rovine del teatro 
di Slalilio Tauro, e 1' ultima da quelle di Balbo diroccato esso stesso. Tulte le indagini 
faite su queste eminenze null' allro hanno manil'estalo se non che rottami di antiche 
fabbrichc. Brocchi, Suolo di Roma, p. 171. 

147. Temple des Lares maiîixs. Près du Tibre, à la suite du théâtre de Corn. 
Balbus, et tourné vers le ileuve. 11 fut voué l'an 562 par iEniilius Regillus, en 
l'honneur d'une victoire navale qu'il remporta, et dédié onze ans après, l'an 
573, par M. Jimilius, censeur. 



' Nuntius adventus Augusti forte iisdem diehus Romam allatus est, quibus theatrum Cor- 
nélius Balbus, quod nunc quoque ab ipso nomen habet, dedicans, speitacula exliibebat : Itaque 
Balbus id sibi gloriae duxit, quoJ Auyusium etiam ipse esset reducturus, quanquam tantmii 
aqu.'c Tiberis exundans per Urbem diffuderat, ut non nisi navi in theatrum posset vciiire, 
[an. 7l>]- 



96 DESCRIPTION DE ROME 

L Idem [M. /F.milius rcnsor] (lc(lira\il :r'(lcm I.arium pcrmarimim in Cnmpo ; vovo- 
rat eam annis uiidcriin anle L. /Kinilius Itcuillus, ii.i\ali pia'lio ailM-rsus pr.rfcctos refais 
Anliorhi. Tit.-Liv. XI., 52 [an. 573]. 

II. llndpcimo auipiii Kalctidas feii.i! sunl Larihus ronsccralfP, quibus .Tdom bollo 
Antiochi yEmilius lU'gillus prœlor in Campo .Marlio curandam \ovil. Maliiui;. Saturn. 
I, 10. 

III. La position exacte de ec temple est inconnue. C'est par conjecture, cl à cause du 
titre de Lares Marins, que nous l'avons mis prôs du Tibre. 

iAH. Temple de Bellone. — Devant: Colonne delliqie. — Sur la droite: 
Petit Temple de Vilcain. Au pied du mont Capilolin, entre cette montagne et 
le Cinpie Flainiuius, était le temple de Bellone, qui fut bâti l'an 457, par Ap- 
pius Cacus. Il servait quelquclois de lieu de réunion au sénat. — Devant était 
une petite place sur hupielle s'élevait la Colonne licUique, contre lacpK'lle on 
Taisait les déclarations de i^uerre. — Sur la droite du temple de Bellone était 
un petit temple bâti par Bomulus, et consacré à Vulcain. 

I. /Edes 15ellonœ versus poriani Caimentalem, anle quam erat Columna belli infe- 
rendi. 1'. Vici. de Hcg. urh. Jlnmœ, IX. 

II. Prospirit a Templo [Dellonœ] summum brcvis area Circum. 

Est ibi non parvsc parva Columna noiœ. 
Ilinc solet liasta manu, belli prœnuulia, mitli, 

In rogcm et gentos cum placcl arma rapi. 
Altéra pars Circi custode sub Hercule lula est. 

Ov. Fasl. VI, V. 205-209. 
ni. Kai xoù-o-Jî, xal twv i/Xt.wj "zo-j^ TCSf-f/VJ^iJ.t^i'Ji sU k.i'J.y.i'jyCk'toj-, ù.Ofj^Aa-jq —0Lf,if. 
TOv 'i.~TiooiJOiJ.o-j, ^xc</s£ T/;v i:'jyyX-/,TO'j et, 'h tôs hvjovi csyiôv. ci/jcf. o' c/Sjtôî t£ "kv/ziv 
à-JYipyszo, y.cù /■.are/.'jTCzov oî TiTj.yiJ.é-joi toÙ, kiv.y.icyj/.iou:. y.f,y.\)Y7,i oï w; sly.hi, ëv x^'~ 
^t'w //.(>:/Jô) TOiO'JTWv apaTT5,u.£vc.jv f-poiJ.î-jr,;, /.xl twv cy/JrjTtzwv i/~^</:jtnw/, StaTtip 
èTÙ-/x«v£ >ê-/&)v, y.. T >. Plut. Sulla, 50 '. 

IV. TJj as K'/^sovà.rpy.-h-j —i'J~srj.o-j mrupoç iTT/iyyîf^av xzt zv.i zs xXcc/J.iiâu~, ws xai iv 
yspoiv ci-'jToïi civroç, /ji-T-r}fj.-'i<jyo:'TO, /.v.i T^poi -zo E vu£Ïîv r/OôvT£;, îTKVTa T'y. Tzpor.'j'ii- 
fj.iv. yy.-zà -zo •^oii.i^oiJ.s.'iO'i, Sià zoït Ky.iGV.poi, wj /.cù y/;Tia.Ho'j, inciviHyL-j. lk~tp nou J^ày'jt 
fj.ï-j Tzpihi; T/;v Iv/cStîkt/ikv, ëpy'j) oï xat ~pb; riv A'vroJvtiv STetvsv. DloN. L, 4 *. 

V. Dion Cassius parlant des dispositions prises par Marc-.\uréle, au moment de la 
guerre de Scythie, dit : Tx'jTt/. rs d~oi-j, /ai rà rjôpo zb aiy.arôj&îj -xpù. zC> t'vjît'jj i; 
TÔ ■no't.ijxio-.i rjYj y'jiçAo-/ «/.îVTÎiaj, iï,'jipij:r,')r,. Dion. LXXl, 53^. 

VI. Cum Pyrrlii temporibus adversum transmarinum liostem, bcllum Romani gesturi 
cssenl, nec invenirent locuni ubi liane soleninitatem per Feciales indicendi belli cele- 
brarent, dcdcrant operani ut unus de Pyrrlii mililibus caperetur, quem fecerunl in 
Circo Flaminio locum emere, ut quasi in lioslili loco jus belli indicendi implorent. De- 
nique in co loco anle eedem Bellon» consecrata est columna. Serv. in JEneid, IX, 
V. 52. 

VII. Ilac sacrata die Tusco r>ellona duello 

Dicitur : et Latio prospéra semper adest. 
Appius est auctor : Pyrrlio qui pace negata 
Multum animo vidit; lumine captus erat. 
Ov. Fasl. VI, V. 201-204. 

VIII. Dicitur Appius in medio pugnae discrimine, ila ut inter prima signa manibus aJ 
cœlum sublalis conspiceretur, ita precatus esse : « Bellona, si liodie nobis vicloriam duis, 
ast ego templum tibi voveo. » Tn.-Liv. X, 19 [iin. 436]. 

* Et his, et quolf|uot essent ex aliis superslites, ad sex tnillia in Circo [Flaminio] coaelis, 
seuatum in a'dcm (iollona! iiidixit. Simul atque dicere inslituit, trucidaverunt, quibus id dc- 
maiulaluiu erat, illa slx millia. Vociferalione scilicef a tanla niulliludiiie, qunn loco aii<;usto 
juj;iilaljatiir, elala, et palriljus attonilis, eodcm, quo dicebat, iinniolo et conslanti viillu udvcr- 
tere, etc. = - Cleopatra; Ijcllum palain indicobatiir : ac, (|uasi jam id (jererctur, sa{;is sump- 
tis, et ad a;dem Bellona! progressi sunt, iibi C.rsar, tanqiiain Fecialis, omnia qiia; anle 
Leiliim fieri romane more cousucverant, jiissu coriim [suuatorum] pereyit fan. 722]. = 

S Ouumque li.-ec dixisset, liasiam cruenlain juxta Bellonre templum, quasi in lioslicum, 

conlorsit ; deindc contra liostes proficisciiur. 



RÉGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. 97 

I\. BE1.I.0N. IN CiRC. Flam. OUELLI, Inscript, lai. t. II, p. 505. 

X. Le sénat se réunissait dans le temple de lîellone pour entendre les généraux qui 
demandaient le triomphe. Yoy. TiT.-Liv. XXVi, 21; XXVIII, 38;\XXI,/«7; X\XIII,2'J- 
XXXVI, 39; XXXVIll, 45; X.XXIX, 29; XLII, 21, etc. 

XI. Iconographie. Le temple de Bellonc élailsurune place où Cicéron appela le peuple 
réuni au théâtre de Pompée, lorsque des troubles violents éclatèrent dans cet édilice 
entre les chevaliers et le peuple, à propos de la loi thé.llrale Roscia. KaJ ri Oiar/so 
Ax.oajj.lct. if.v.-cEiyvJ. ènsi â' b htxs'yîwvv^zî TzuOi/j.s-.'Oi, xulrhv ârj/MOv èxx:ô.éaa.ç Tzpbi to 
Trii xivudùi lipà-j, lTr£T!|U-ï!^:.-- Plut. Cic. 13i. 

XII. T-^î ôï avyxloTOu raïs fj.xvTstit Ttsp'i toùtwv a^^o^aÇîùavjî xcù za9/)//s'v-/)î èv td vaû 
Tïjs E'vlisû;, arpouObç si'jévT-n ttizvt&jv Ô/iwvtûjv, TSTTiyoc fipuv tco oTOuart, xat ro p.VJ èx?x~ 
>wv p-ipoi oÙToîi xazéli-ns, to à' tyoi à.nlriOiv. Plut. Sulla, 7 2. — Ce fait indique que le 
temple de Bellone était toscan, c'est-à-dire à nef ouverte au ciel, car l'oiseau n'a pu 
s'introduire que par le haut du temple, puisque l'on ne peut supposer que lorsque le 
sénat était assemblé, et en délibération dans un édifice sacré, la porte en restât ou 
verte. 

XIII. Temple de Vulcain. Dans le Champ-de-Mars, mais position incertaine. — JEiVis 
Vulcani in Circo Faminio. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, IX. 

XIV. YOLCANOIN CIRCO FLAMiNio. GP.UÏER., p. 1 34. —ORELLl, /n«cri'/)<. lat. f. II, p. 396. 

XV. Tacta de cœlo Atrium publicum in Capitolio, œdem in Campo Volcani. Tit.- 
Liv. XXIV, 10. 

XVI. Aw ri T5 roZ HsatîTOU iepb'J è'I'co Trà).ewî b Vujxukoi lipiiay.ro ;... ù/.oSop:ffi-(\ S\ h 
•jcnhi iîxp-/r,i, au-Jsâpio-j /.où Boul-iiT/jpi.ov àTcàppriTOv «ùtw jj.s'là. TKTt'sy toû GUiJ.écit.<:i\ti)- 
îavToj. Plut. Quœst Rom. p. 116 3. 

149. Temple antique d'Apollon. — Delubrdm de Domitius. — Fontaine lus- 
trale AUPRÈS. Le temple fut voué l'an 3212, dédié deux ans apvès, et restauré 
par Auguste. Il s'élevait vis-à-vis du Théâtre de Marcellus [n" 1 44] , sur une 
place ornée de statues, rafraîchie par une fontaine, et nommée le Deluhrum de 
DomUhiS. Le sénat s'assemblait quelquefois dans ce temple d'Apollon., 

I. Mdes antiqua Apollinis cum colosso.' 

Lavacrum Apollinis. Sext. Ulk. rfe Reg. urb. Romœ, IX. 

II. .-Edes antiqua Apollinis cum lavacro. P. Vict. Ibid. 

III. Sur le voisinage du Temple d'Apollon et du Théâtre de Marcellus, voyez ci- 
dessus n" 144, § VI. 

IV. Ne tamen erretis, quod his temporibus sedes Apollinis in Palatio sit nobilissima : 
admonendi estis, non hanc a Cicérone significari, ut pulo , quam post mortem eliam 
Ciceronis multis annis inip. Cœsar, quem nunc divum Auguslum dicimus, posi Acliacami 
vicloriam fecerit : sed illam demonstrari quœ extra portam Carmenlalem, inter Forum 
Olitorium et Circum Flaminium. Ea enim scia tum demum Romœ Apollinis aedes. 
AscoN. in Togo cand. p. 150. 

V. Consules... in Prata Flaminia, ubi nunc aedes Apollinis est (Circum jam tune Apol- 
linarem appellabant) avocavere senatum. Tit.-Liv. III, 63. [An. 306.] 

VI. Peslilentia eo anno [322] aliarum rerum ocium prœbuit. JEdes Apollini pro 
valcludine populi vota est. TiT.-Liv. IV, 25. 

VII. C. Julius consul œdem Apollinis, absente coUega sine sorte dedicavit. Ibid. 29 
[an. 524]. 

VIII. Ab œde Apollinis boves feminae albiB duœ porta Carmentali in Urbem ductee. 
TiT.-Liv. XXVII, 37 [an. 545.] 

IX. Ol'ERA FECIT NOVA ; ^DEM. . . APOLLINIS. LÂP. ANCYR. COl. 6. 

X. Le sénat s'assemblait dans ce temple pour recevoir les ambassadeurs étrangers. 



* Coiifusio theatrtim magna lenebat. Qua re audita, quum contulisset se illnc Cicero, con- 
cioneque ad Bellonaî convocata, increpasset populutn, etc. ^ ^ [)g i^jj Jurn consulit seiiatus 
faliloquos, atque in n?de Bellonae habelur, passer iii oiTinium conspectu cicadam ore fercns 
iululit se in aedem, cujiis partem abjecit, ibiqiie rcliquit, cum parte avolavit. = ^ Ciir Vul- 
cani faïuim UoiTiulus extra Urbem posuit ?... lUuJ tcmpluin jam inde ab iuitio a;dificaliini a 
Romnlo fuit, ut ibi una cum collega suo Tatio curiain Iiaberct. 



98 DESCRIPTION DE ROME. 

Voy. TiT.-Liv. XXXIV, 45; XLI, 17 ; — entendre les généraux qui demandaient le triom- 
phe. Id. XXXIX, i. 

XI. Fontaine lustrale. Mv.py.ov rivà M«/î£5V tûv èx t-^S lvavTt«s srâssws ixTtoxzehci;,Tr,v 
jj.ïj /.VY'»^tr;j l-j 0:/opv. /.■jM iC,o ixi-ju Tw SùÀ/a -npoz-^-^Ey^.-, tÔ> â's TZipippxJZ/ipl'it toû A'ttôX- 
/cjvo; èy/ji ovTt -/53î£),9'jv, à.T:rAhci-:o tk,- xî'tjoa,-. Plut. Sulla, 52 i. — D'après le té- 
moignage d'Asconius, ÏÂ/opà: dont il s'agit ici doit être le Forum Olitorium : — Quo 
loco dicit Catiiinam caput M. Blarii [Gralidiani] geslasse, quod caput etiam tum plénum 
animœ et spiritus ad Syllam usque ab Janiculo adœdem Apollinis manibus ipse suis de- 
tulit. AscoN. in Tog. cand. p. 149. 

XII. Delubrum de Domiiius ou d'Apollon. Nous avons dit ailleurs [Rég. II, n» 10] 
qu'un deluhrum était tantôt un temple, tantôt une place devant un temple. C'est la 
dernière définilion qui convient à celui-ci. — Varro libro octavo Rerum divinarum , 
Delubrum ail, alios existimare, in quo prœleraedem sit area assumpla deum causa, ut 
est in Circo Flaminio Jovis Statoris ; alios, in quo loco Dei siinuiacrum dedicalum sit. 
lllam vero opinioncm de area, quam Varro praîdixerat, non omisit [Virgilius] : 

Principio delubra adeunl, pacemque per aras 

Exquirunt. 
Et mox : 

Aut ante ora Deum pingues spalialur ad aras. 
Quid enim aliud est spaliatur, quam spatio lati ilineris obambulat? Quod adjiciehdo 
anle aras, ostendit aream assumplam deorum causa. Macrob. Salurn. III, 4. 

XIII. Tliealrum Marcelli 

Delubrum Cn. Domilii. Sext. Ulf. de Reg. urb. Romœ, IX. 

XIV. Sed in maxima dignalione Delubro Cu. Domitii in Circo Flaminio Neplunus ipse 
etïhetis, atque Achilles, Néréides supra delphinos et cete et Hippocanipos sedentes... 
Ad Octavise vero Porlicum Apollo Philisci Uhodil in Delubro suo. Item Lalona et Diana, 
et Musse novem, et aller Apollo nudus. Eum qui citharam in eodem templo tenet Ti- 
marchidcs fecit. Intra Oclavia; veio Porticus, in œde Junonis, etc. Plin. XXXVI, 5. 

—Ce passage prouve que ce Delubrum élait auprès du Portique d'Oclavie [n° loOj, et 
devant le temple d'Apollon. Il prouve aussi que c'était une place, un area, car toutes 
ces statues n'auraient jamais tenu dans le temple d'Apollon , qui d'ailleurs ne devait 
renfermer que la statue de la divinité à laquelle il était consacré. 

loO. Portique d'Octavie. — Au centre : Temples de Jupiter et de Junon. — 
Devant : Statue d'Auguste. Le Portique d'Octavie se trouvait situé entre le 
Théâtre de Marcellus [n" 144] au S., et le Cirque Flaminius au N. C'était un 
vaste parallélogramme de 83 mètres de face sur environ 120 de profondeur, en- 
touré d'une colonnade à jour à double rang. Il avait son entrée sur la voie 
Triomphale, du côté du Théâtre de Marcellus, par une espèce de grand pro- 
naos ou de porche surmonté d'un fronton , et décoré de huit colonnes corin- 
thiennes cannelées, en marbre blanc, ([uatre sur la voie Triomphale et quatre 
vers l'intérieur du portique. Ce porche formait comme un vestibule couvert, 
large de 18 mètres 30 cent., et profond de 13 mètres 60 cent. Ses parties la- 
térales étaient formées par deux grandes murailles en briques, revêtues de 
marbre blanc à l'extérieur comme à l'intérieur, et au milieu de chacune des- 
quelles s'ouvrait une arcade à plein cintre , de 7 mètres 70 cent, de hauteur 
sur 4 mètres 16 de largeur. L'une et l'autre débouchait dans le portique, qui 
se reliait par là au porche, et avait juste la largeur de l'arcade. 

Les colonnes du porche avaient 11 mètres 12 cent, de hauteur, y compris 
leurs bases et leurs chapiteaux; et celles des portiques 7 mètres 1 cent, seu- 
lement. Il est vraisemblable que les médiocres proportions de ces dernières 
avaient été calculées afin que les rayons du soleil pénétrassent moins sous les 
galeries, et qu'en même temps on eût plus de facilité pour tendre des voiles 



* M. quemdam Marium ex adversa factione occidit, caputque sedentem iu Foro Syllae re- 
tulit, Inde ad fontcm se Apollinis propinqunm comulit, ac manus abluii. 



RÉGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. 99 

dans.les eiitre-colonnemenls, ainsi que cela se pratiquait au Portique de Pom- 
pée. Ces colonnes, aussi d'ordre corintiiien, mais sans cannelures, étaient alter- 
nativement en marbre phrygien (cipoUin) et en granit oriental. Elles suppor- 
taient un entablement de marbre blanc, et le portique entier était couvert 
en tuiles de même marbre. 

Le sommet des archivoltes des arcs latéraux du porche se profilait avec les 
soflîtes des portiques, de sorte qu'il restait au-dessus un espace de muraille 
pres({ue aussi considérable que la hauteur même de l'arc, et sur les côtés, des 
trumeaux fort larges. Ces parties lisses étaient décorées de taijleaux. 

Le Portique d'Octavie fut construit l'an 721, par Auguste, qui le dédia sous 
le nom de sa sœur. Il consacra à l'édihcation de ce monument une partie du 
produit des dépouilles des Dalmates qu'il venait de soumettre. Ce prince ayant 
une grande dévotion à Jupiter, voulut en quelque sorte mettre son monument 
sous la protection de ce dieu : il fit placer un petit aigle tenant la foudre, sur la 
dernière couronne de feuilles d'acanthe des chapiteaux du porche, devant la 
rose du tailloir, et sculpter, en bas-relief, ce même symbole dans les antefixes 
du toit, qui étaient en marbre, ainsi que les tuiles. 

Temples de Jupiter et de Jiinon. — Statues. — Ecole des Portiques, Au centre 
des portiques s'élevaient les temples de Jupiter et de Junon, en parallèle l'un 
de l'autre, et séparés par une voie large de 21 mètres 50. Entre leur façade 
et l'entrée du Portique, qu'elle regardait, il y avait un espace de 38 mètres, 
formant une place décorée de douze Statues équestres, ouvrage de Lysippe. 
Elles venaient de la Macédoine, et représentaient ceux des gardes d'Alexandi'e- 
le-Grand tués au passage du Granique. 

Les temples de Jupiter et de Junon étaient antérieurs au Portique bâti par 
Auguste; Métellus le Macédonique les érigea pendant les premières années du 
septième siècle. 

Le temple de Jupiter se trouvait à droite du Portique. C'était un périptère 
d'ordre ionique, en marbre blanc, de 34 mètres 8 centimètres de long, sur 17 
mètres 80 centimètres de large, hors œuvre. A l'intérieur, la statue du dieu 
était en ivoire, et de la main de Praxitèle. 

Le temple de Junon, situé à gauche, était prostyle, c'est-à-dire, suivant Vi- 
truve [III, 1], semblable à un temple avec antes, si ce n'est qu'en avant des 
antes il y avait deux rangs de colonnes de profondeur. L'ordre d'architecture 
était le composite, et la matière, le marbre blanc. 11 avait \ 8 mètres de lon- 
gueur sur 34. Il surpassait en largeur le temple de Jupiter, parce qu'il n'a- 
vait point de portiques latéraux. Ses colonnes avaient 12 mètres SO centi- 
mètres de haut, y compris leurs bases et leurs chapiteaux. 

Deux architectes Laconiens avaient bâti ces temples à leurs frais, espérant 
qu'on leur permettrait d'y graver leurs noms. Cet honneur leur ayant été refusé, 
ils imaginèrent d'obtenir par ruse ce que la fierté romaine ne voulait point leur 
accorder. L'un s'appelait Saura et l'autre Batrachus; ils sculptèrent dans l'œ'il 
des chapiteaux ioniques du temple de Jupiter, à la place de la rosette, d'un 
côté un lézard, et en regard, une grenouille, emblèmes de leurs noms, signifiant 
elfectivement, en grec, lézard et grenouille. Au temple de Junon, ils décorèrent 
les bases des colonnes d'un petit bas-relief en arabesques au milieu desquels 
on voyait un lézard se jouant avec une grenouille. 

École des Portiques. Derrière les temples de Jupiter et de Junon, et presque 
accolée à ces temples, il y avait une partie de murs demi-circulaires, appelée 
VEcole des Portiques, de sa ressemblance avec l'hémicycle d'un bain nommé 
Ecole. Cette partie postérieure des Portiques était décorée de statues et de 
peintures. 

I. Sur la position du Portique d'Octavie et son édification par Auguste, voy. n' 144, 
S V, IX. 



Il BIBUOTHECA 



V 

V 



100 



DESCRIPTION DE ROME. 



H. Tàs azov-i txT:o twv /ajju/swv ajr&v (AaX//aTSiv), /ai ràj e<7roô>ixas twv /3j€^t'wv, Tài 
0'zT«5DtzyKs «7:0 r>;î cJcTs/jiôi aùrov zÀri6îtî«î,z:<T£<;zï'Jaîîv. DiON. XLIX, 43 '. 

III. Tu modo Pompeia lonlus spatiarc sub umbra, 

Cum sol Ilerrulci (erga leonis adil : 
Aul ubi munciibus naii sua munera mater 

Addidit, (■xtcriio marmore dives opus. Ov. Arl.am. I,\. 67-70. 
— Muneribus nali Tait allusion à la Bibliothèque Octavienne qui avait été dédiée 
sous le nom de Marccllus. 

IV. Iconographie. Une grande partie du porche du Portique d'Octavie est encore 
debout, bien que dépouillé de ses marbres, dans le lieu appelé la l'escheria vecrhia 
[Noili, n" 1020; Letarouilly, rion. XI, 15], parce que c'est là que se tient le marché 
au poisson. Sur les proportions, ainsi que les détails de plan et d'élévation du Por- 
tique d'Octavie, voy. Piranesi Anlich. Romane, t. IV, tav. 39 à 44. Nos cotes en me- 
sures métriques ont été prises sur la magnifique restauration que M. Duban a faite de 
re portique et de ses temples, en 1829. Du temps de Piranesi, les ruines du portique et 
des temples qui s'y trouvaient enfermés, étaient un peu plus considérables qu'aujour- 
d'hui ; en 1762 il écrivait : — « Vi restano per anche gli avanzi del Portico d'Ottavia, 
c del tempio di Giunone,... cioè un andito sostenulo da ambe le parti da qualtro co- 
lonne c due pilastri negli angoli ; selte colonne più piccole al lato diritto dell' andito, 
che sono quelle clie vi rimangono del Portico, e tre colonne del tempio di Giunone. » 
Campa Marzio, c. V, § 2 note [a], et tav. 2 et 19. 

V. Le fragment ci-contre du Plan de marbre repro- 
duit le Portique d'Octavie, avec les deux temples dont 
nous allons parler à l'article suivant. On voit qu'il était 
mitoyen avec le temple d'Hercule aux Muscs et son 
portique, dont nous parlerons aussi tout à l'heure 
[Voy. n» 155]. Ce fragment se trouve aussi dans Bel- 
lori, Iconoyraphia vet. Romœ, tab. II. 

VI. Temples de Jupiter et de Junon. — Statues 
dans les portiques — Hic est Jletellus Macédoniens 
qui porticus, quœ fuere cirumdalœ duabus xdibus 
6:ne inscriptione positis, quœ nunc Octaviœ Porticibus 
ambiuntur, fecerat : quique liane turmam Slatuarum 
e;iueslrium, quœ frontem sedium spectant, hodieque 
maximum ornamentum ejus loci, ex Macedonia de- 
tulit. Cujus turmœ banc causam referunt : Magnum 

Alexandrum impetrasse a Lysippo, singulari talium auctore operum, ut eorum equitiiin, 
qui ex ipsius turma apud Granicum flumen ceciderant, expressa similitudine figurarum, 
facerel statuas, et ipsius quoque lis interponeret, hic idem, primus omnium, Roma; 
œdem ex marmore in ils ipsis monumentis molitus, vel magnificeniiae, vel luxuriae prin- 
ceps fuit. Patercil. I, 11. — Le triomphe de Métellus est de l'an 606. — Les Statues 
équestres dont il est ici question étaient au nombre de douze, suivant Plutarque (Alex. 
28), et de vingt-six, y compris celle d'Alexandre, suivant Arrien [\, 5). — Sur l'édifi- 
cation du portique de Métellus, voyez aussi n" 74, g I. 

VII. Peripteros autem erit quae habebit in fronte et postico senas columnas, in lateri- 
bus cum angularibus undenas, ita ut sint liœ columnœ collocalœ ut inlercolumnii lalitu- 
dinis inlervallum sit a parietibus circum ad exlremos ordines columnarum, habealque 
ambulationem circa cellam aedis, quemadmodum est in PorticuMetelli, Jovis Statoris 
Hermodi. Vitrlv. III, 1. 

VIII. Ronije ejus [Cephissodori] opéra sunt... inlra Octaviae Porticus in Junonis aede 

iîîsculapius ac Itiana Intra Octaviœ vero Porticus, in aede Junonis, ipsam Deam 

Dionysius, et Polycles aliam : Venerem eodem loco Philiscus : cetera signa Praxiteles. 
Timarchidis lîlii Jovem, qui est in proxima a;de, fecerunt Jovem fecit [Praxi- 
teles] cboreum in Metelli œde, qua Campus petitur. . . . Nec Sauram atque Batia- 
chum oblilerari convenit, qui fecere templa Octaviae Porticibus inclusa, natione ipsi 
Lacones. Quidam et operibus prœpotcntes fuisse eos putant, ac sua impensa con- 
struxisse, inscriptionem speranies. Qua negata, hoc tamen alio modo usurpasse. Sunt 
certe etiamnum in columnarum spiris inscalpta nominum eorum argumenta, lacerta 




' Ex inanubiis porro Dalinaiaruin, protinus subactorum, Foniic 
nomine Oci;ivi;\nas dictas, exstnixil [Auyustus, a)i. 721]. 



L'i lîibliothccns a sororis 



HKGION IX. — (JIUQliE FLAMINILS. 



lui 



a(i|Uf liiua. Iti Jovis œde exstilisse picturam, cullusque reliquos omncs ft-mincis aruu- 
iiK'iUis conslat. Etenim farta Juiionis icde quum inferrcntur signa, porniuiasse irerul" 
liaduntur: et id relisionc cuslodiluni, velul ipsis diis sodeni ila par'tilis. lùeo t'I in J ' 
iionis a-df ruitiis est, qui Jovis esse debuil. Plin. XXXVI, 5. ' "" 

IX. Iconographie. Les temples de Jupiter et de Jution sont représentés sur le fra ' 
ment du Pian de marbre donné ei-dessus § V. Nous empruntons à Piranesi Unlirl~ 
Rom. t. IV, tav. 39, iO, M, 44 45], et à la restauration de M. Duban , les détails sur 
rornemenlation de chaque partie. 

X. Chapiteaux et bases des 
colonnes. Uu temps de Pira- 
nesi il existait encore trois co- 
lonnes du temple de Junon, 
sur labase de l'une desquelles il 
a retrouvé l'emblème des noms 
de Saura et de Balrachus. Nous 
en donnons une copie d'après 
Piranesi qui s'exprime ainsi en 
parlant de cette colonne. — 
Nel plinto di essa si vedono 
dei rabeschi, fra quali scher- 
zano una LucertoiaeunaHana, 
le quali, seconde Piinio, for- 
mavano la divisa dei fabbri- 
catori dei tempio. Quesl' or- 
namento si vedeva tra i molti 
pezzi di marmo nella canlina 
délia persona già mentovata 
nelle tavole anlcriori i. Qual- 
clicduno ha pensato che quei 
capitelli che si vedono dentro 
la basilica di S. Lorcnzo fuor 
délie mura (per osservarsi la 
Lucertola e la Rana nelle sue 
volute) appartenessero a ques- 
lo tempio ; ma ciô non sussiste per esser gotici, et perche seconde Piinio la Lucertola 
e la Uana erano stale scolpite nelle spire délie colonne, o sia basi délie medesime, e 
non nelle volute. Questa base doveva appartenere ail' altro tempio di Giove. Anlich. 
Rom. t. IV, tav. 4,5. 

— Le chapiteau de Saint-Laurent hors des murs, dont nous donnons ici une copie, et 





qui se Irouve à la huitième colonne adroite dans la nef centrale, est du nombre des chapi- 



• l'iran«si a dit, lav. .\\^ vn p;irlant ilos ruines du (ciiiplo du Junni) : — Le tre <• donne si 
vedono nclUi gasu dcl siy. Allobclli viiino nlli l'cscari.T, e {;li ;dtri miiri dclla cella -Ici tcm- 



102 DESCRIPTION DE ROME. 

taux antiques qu'on trouve dans cotte (^pli-îe, rar tous ne sont point gotliiqucs rommc 
le (lit l'iranesi. Ceiui-ri apparlenail probableinenl au temple de Jupiter. Le mot spira 
employé par l'Iine, signifie (|uelquefois hase de rolonne, mais son sens le plus exact 
est spirale, volute. Il est donc vraisemblable (|ue l'Iine désigne la volute d'un rliapileau 
ionique, et comme il écrivait en compilateur plus qu'en observateur, il se sera contenté 
de celte unique observation sans avoir remarqué que le temple de Junon portail aussi 
un emblème des noms de Saura el de Datraclius. Le chapiteau de Sainl-Laurenl est 
gravé dans Winckclmann, Remarques sur l'architecture des anciens, in-8, Paris, 1783. 

XI. Érnle des Portiques. Kt ipsum Phidiam tradunl sralpsisse marniora, Vcneremque 

ejusesse Homae in OctaviiP, operibus eximiœ pulcliriludinis Kjusdem [Praxitelis] 

est et Cupido objeclus a Cicérone Verri,... nunc in Octaviae Scliolis posilus Multa 

in eadem Scliola sine aucloribus placent. Saljri quatuor; ex quibus unus Liberum pa- 
trem palla velatum Veneris prtcferl, aller Liberam siniililer : terlius ploratum infantis 

rohibet : quarlus cratère altcrius sitim sedat : duœque Aura? velificanles sua veste 

Pana cl Oljmpum luctanles, codem loco [inlra Octaviae Porlicus] Heliodorus, quod est 
allerum in terris sympicgma nobile. Yenerem lavanlem scse : Uaedalum stantem Poly- 
charmus. Plin. XXXVI, 5. 

XH. Pescaria. La famosa Venere de'Mediei, si dice che fosse trovata in Pes- 

caria, al l'orlico di Otiavia. S. Bartoli, Memorie, no 108. 

XIII. Sedens huic [Corneliœ Cracchorum matri] posila [Statua], soleisque sine amento 
insignis, in Metelli publica Porticu : quœ Statua nunc est in Octaviaî Porlicibus. Plin. 
XXXIY, 6. 

XIV. Hesionam nobilem pinxit [Antiphilus], el Alexandrum ac Pliilippum cum Mincrva 
qui sunt in Scliola in Ociavia> Porlicibus. Pi,in. XXXV, 10. 

XV. Iconographie. L' École des portiques lisl très distinctement traccesur le fragment 
du Plan de marbre que nous avons rapporté plus haut, § V. 

XVI. Statue d'Auguste, ^cque enim multo anle [an. 775], cuni baud procul Theatro 
Marcelli, efijgiem divo Auguste Julia dicaret, Tiberii nomen suo poslscripseral. Tac. 
Ànn. 111, C4. 

XVII. SlG.DIVO.AVGVSTO.PATRI.AD.THEATRVM.MAR.IVLIA.AVGVSTA.ET.TI.AVGVSTVS.DEDICA- 

RVNT.ORELLI, Inscript. lai. t. Il, p. 588. 

ISI. BiBuoTHÈQiE Or.TAviENNE. Vis-à-vis de l'École du Portique d'Octavie. 
Comnie les autres bibliothèques publif[ues, elle se composait d'une partie grec- 
que et d'une partie latine. Nous avons indiqué ces divisions en lui donnant la 
forme d'une galerie avec deux grandes salles carrées à chaque extrémité. Cette 
Bibliothèque fut coustruite par Auguste en l'an 721 , et dédiée par Octavie sous 
le nom de Marcellus. 

I. Sur la construction de celte Bibliothèque par Auguste, voy. n" 150, g II, — Sur 
sa dédicace au nom de Marcellus, Ibid. § III, et n^ 144, § VII. 

II. PHILOXENVS IVLIANVS 

PVBLIC. DE PORTICV 
OCTAVI.E A BIBLIOTHECA GR^CA 

FABRETTI,p. 3357.— OP.ELLI, Inscript, latin, n» 28.".3. 

III. Sur le voisinage du Portique el de la Bibliothèque d'Octavie, voyez plus haut 
n» 47, § III. 

IV. Ovide faisant parler son livre qui, après s'être présenté à la bibliothèque Pala- 
tine, d'où on le chasse, arrive à la bibliothèque d'Octavie, s'exprime ainsi : 

Quœrentem frustra cnstos me, sedibus illisi 

Prœposilus, sancto jussil abire loco. 
Altéra templa pelo, vicino juncta theatro 2 : 

Hœc quoque erant pedibus non adeunda meis. 
Nec me, quœ doctis [iatuerunt prima libellis, 

Alria Libertas tangcre passa sua est''. 

Ov. Trist. 111, 1, V. 0.7-72. 



pic si vcdono nella cnntina prossima del sig. Fr.incesco Battilana. = * Sedibus illis. la Biblio- 
thèque Palatine =- La Iîil)liotlièque Octavienne, qui es( près du tlicàlre de Mari-ellus.=:^ j4tria 
Libertas désiyne la Bibliolliùque établie par Âsiniu.s Pollion à l'Alrium de la Liberté, sur le 
mont Aveutio, dans la Xlll* réyion, no 27S. 



UÉGrON IX.— CIRQUE FLAMINIUS. 103 

li>2. Curie OcTA VIA. Sur le grand axe du Portique d'Oclavie, \is-k-vis de 

l'avenue qui séparait les temples de Jupiter et de Junon. On y arrivait en pas- 
sant sous la Biljliolli('(pie Octavienne, dont le centre Ibnuail un péristyle à jour. 
La Curie Oclavia fut érigée par Auguste eu même temps que le Portique 
d'Oclavie. 

I. Similiter in Curia Octaviae quacritur do Cupidine fulmen teiicnte. Plix. XXXVI, 5 
— Il ne faul pasronfondreceCupidon avec celui nommé précédemmenl, n" 150, g XI, 

Ecole des Portiques d'Oclavie, 

II. Tiêépto^ oï £v Tt] voofjL-n''^^ à-J ri î/TïaTsisîv //.îtk Vva.lou Ushcrjo^ rlpiCLTO, s; ts tô 
O/.-uoùsiov Tvjv y35yX-/iv'/i9po£5£, âià 10 e'Ioj tsO ■Koijj.rif.lov aùxo stvai. DlON. LV, 8 J. 

133. Portique de Philippe. — Au centre : Temple d'Hercule aux Muses. 
Ces monuments situés à côté, et en parallèle du Portique d'Octavie [n''1.'S0], 
appartiennent à deux époques dillërentes : le temple lut bâti par Fulvius No- 
bilior, censeur, vers l'an 564, et le Portique par Marcius Philippus, beau-père 
d'Auguste. Sur l'invitation de ce prince, Pliilippe s'étanl chargé de la restau- 
ration du temple d'Hercule, l'entoura d'un magnifique Portique auquel il donna 
son nom. Des dépouilles ennemies payèrent la dépense. 

I. .-Edcm Musaium, in Circo Fiaminio, Fulvius illc Nobilior ex pecunia censoria fecit, 
non id modo seculus, quod ipse lilterisel summi poclaï amicitia duceretur, sed quod in 
Grœcia quum esset imperalor, accepeiat Herculcm Musagelem esse, id est comilem 
ducemque Musaium ; idemque primus novcm signa, hoc est omnium Camenarum, ex 
Ambraciensi oppido translata forlissimi numinis consecravit. Eumen. rhet. Orat. pro 
resl. scliol. 

II. Jam vero ille, qui rum .îltolis, Ennio comité bellavit, Fulvius, non dubilavit 
Maitis manubias Musis consecraie. Cic. pro Àrchia, 10. 

III. Fccit [Zeuxis] et figlina opéra, quae sola in Ambracia relicla sunt, quum inde 
Musas Fulvius Nobilior Romam traiisferrel. Plin. XXXY, 10. 

IV Tlie-Live, après avoir raconté, sous l'année 563, la prise d'Ambracie par F'ul- 
vius Nobilior, ajoute : — Signa œnea marmoreaque, et tabulœ piclœ quibus ornalior 
Ambracia, quia regia ibi Pjrrhi fuerat, qoam ceterae regionis cjus urbos erant, sublata 
omnia avectaque ; nihil prœterca lactum violatumve. Tit.-Liv. XXXVIIl, 9. 

V. His [Musis] Numa œdiculam œneam brevem Tecerat, quani poslea de cœlo laclam 
clin œdc Honoris et Virlulis rollocalam, Fulvius Nobilior in a;dem Herculis transtulit, 
unde œdis Herculis et Musarum appellalur. Serv. in jEneid. I, v. 12. 

VI. Sur la réédificalion du temple d'Hercule aux Muses par Marcius Philippus, voy. plus 
haut, no 88, § XV, et n" 146, § V. 

VII. Iconographie. — Nous avons avancé que le Portique de Philippe entourait le 
temple d'Hercule ; cette disposition est indiquée sur le Plan de marbre [Voy. ci-dessus, 
n» 150, g V]. La devise porte bien j;dis Hebcvlis mvsarvm, mais évidemment elle ne 
se rapporte pas à la longue colonnade au-dessous de laquelle on la lit, qui ne peut pas 
être celle d'un temple, mais celle d'un grand portique. La légende pour le temple se 
trouvait sans doute au centre de la pierre, dans la partie qui nous manque. Les por- 
tions de murailles en dehois de la colonnade étaient couvertes de tableaux. Personne 
avant nous n'a reconnu dans cette colonnade le Portique de Philippe; voici par quels 
motifs nous avons été conduit à cette opinion : 

1° Philippe a restauré seulement le temple d'Hercule, mais il a édifié les Portiques 
qui entourent ce temple ; cela résulte du passage, un peu vague, de Suétone, dans 
lequel cet écrivain ne distingue pas les édifications des restaurations [Voy. n" 88, 
g XV], mais que les vers suivants d'Ovide cclaircissenl : 

Dicite Piérides, quis vos adjunxerit isli, 
Cui dédit invitas victa noverca manus. 
Sic ego; sic Clio : Clari monumenla Philippi 
Adspicis : unde trahit Marcia casia genus. 
Ov. Fast. VI, v. 799-802. 



' Tiberius kalendis jatmarii, quibus consul.ntuni inivit ciim Cn. Pisone, in Octavi;r Cu- 
riam, quod illa extra Pomoprium csset, convocato senatu, etc. [an. y^y]. 



lOi DESCIUPTION DE ROML. 

Par mnnumenla Philippi le poëlc (l(^signo une consliucliot propre à FMiilippc, c'esl-ii- 
dirc les porli(|ues. 

20 Ce portique ne peut (Mre de Fulvius Nol)ilior, qui bàlit le temple d'IIereule vers 
56-4, parce qu'il est à double colonnade. S'il était l'ouvrage de Kulvius, on n'aurait pas 
dit que le Portique corinthien, eonsiruit plus de vingt ans après, l'an ."jSG, fut le pre- 
mier portique double que l'on vit à Itome. Voy. i)lus haut, n" l'«6, §, II. 

3° C'était pour romplaire i\ Auguste que Philippe entreprit la restauration du temple 
d'Hercule Musagète. En réédifiant un monument voisin du Portique d'Oclavie, dans le- 
quel l'empiireur avait déployé tant de magnificence, Philippe aura voulu imiter la gé- 
nérosité de son gendre, et même son exemple : il y était en quelque sorte obligé, en 
qualité de membre de la famille impériale; ainsi Auguste ayant entouré d'un porti(jue 
les temples de Junon et de Jupiter [Voy. Portique d'Octavie], Philippe en fit autant 
pour le temple d'Hercule Musagète. Deux vers, dans lesquels Martial met ensemble ce 
Portique et ce temple, confirment notre conjecture ; le poète dit à quelqu'un qu'il rc- 
présf.'Hte comme un monstre : 

Viles, censée, Porticum Philippi, 

Si le videril Hercules, peristi. Mart. V, 50. 

Hercule Musagète était représenté avec une lyre à la main, mais il avait aussi sa 
massue près de lui, arme terrible avec laquelle il tua tant de monstres. Voy. Vaillaxt, 
famil. rom. pi. 115, n» 11; — Thesaur, Morell., famil. Pomponia, lab. 11, 4, etc. 

4" Le portique spacieux qui entourait le temple d'Hercule existait bien réellement, 
puisqu'il est indiqué sur le plan de marbre ; or dans aucun auteur on ne trouve nommé 
un Portique d'Hercule aux Muses. Cependant cette construction était trop belle et 
trop importante pour qu'on n'en ait jamais parlé, et c'est ce qu'il faudrait supposer si 
on ne veut pas y reconnaître le Portique de Philippe. 

5" Enfin P. Victor et Sext. Rufus, dans la nomenclature des édifices de la IX^ région 
ont inscrit le Portique de Philippe, et passent sous silence le temple d'Hercule Musa- 
gète, comme si en nommant ce portique ils nommaient implicitement le temple qui en 
faisait partie. Nous avouerons néanmoins que cette dernière déduction est la plus 
faible, parce que la nomenclature de ces régionnaires est souvent incomplète, et que 
notamment dans cette IX. " région on cherche en vain sur leur liste le célèbre el magni- 
fique Portique d'Octavie. 

VIII. Zeuxidis manu Romae Helena est in Philippi Porticibus [Anliphilus] pinxil in 

Philippi [Porticibus] Liberum patrem, Alexandrum puerum, Hippolytum tauro émisse 
expavescentem. Plin. XXXV, 10. — Remarquez porticibus, qui semble indiquer un 
portique à plusieurs faces, c'est-à-dire réellement plusieurs portiques. 

IX. Thcodorus [pinxit] bellum Iliacum pluribus tabulis, quod est Romae in Philippi 
Porticibus. Ibid. 11. 

134. Portique corinthien ou d'Octavius. Devant le ihéàlre deCorn. Balbiis 
[il** 146]. C'était un portique à double colonnade, et le premier de ce genre qui 
fut construit à Rome. On le devait à Cn. Octavius, qui le bâtit vers l'an 595. 
Auguste le restaura, plus d'un siècle après. Le mur orné de niches qui sépare 
ce monument en deux dans sa direction longitudinale, en faisait à la fois une 
promenade d'été et une promenade d'hiver, parce qu'une de ses galeries re- 
garde le nord el l'autre le midi. Le théâtre de Corn. Balbus, qui fut édifié du 
temps d'Auguste, masqua l'exposition du midi, sans néanmoins détruire l'agré- 
ment de ce portique, qui avait un étage supérieur, auquel on communiquait 
par des escaliers ménagés dans trois des salles rondes du massif central. La 
construction était en arcades avec pieds-droits et colonnes engagées. Les co- 
lonnes du rez-de-chaussée étaient d'ordre dorique, et celles du haut, d'ordre 
corinthien , avec des chapiteaux en bronze très-beaux , qui avaient vain au 
portique son nom de corinthien. 

I. Sur la position et la formefdu Portique Corinthien, voy. n"» 144, § IX, et 146, § I, 
II. Dans la première citation Festus en disant : alteram theatro Pompei proximam, ne 
détruit pas notre assertion ; il aurait jiu dire, il est vrai : theatro liatbi proximam, mais 
rappelons-nous que Festus, qui vivait dans le ll|e ouïe IV* siècle de notre ère, n'était 
que le copiste ou i'ahréviateur de Verrius Flaccus, grammairien du temps d'Auguste; 
or il est très-possible qu'au temps où Verrius écrivit, le théâtre de Halbus n'exislàt pas 
encore: de là la désignation theatro Poiupci prcxintam, qui est aussi très-exacte. On 



UÉGION IX.— ClUQUE t'iAMINlLS. KK. 

|)ouirail dire encore que, lors môme que les deux lliéûtres auraient existé au uionieiit 
où Verrius éerivail, le grammairien a dû cniprunler sa dosignalion lo[iogiaphi(|u(; au 
tliéiltrc de Pompée, plus ancien et bien plus connu à Kome que le Ihéillre, tout nou- 
veau, de Corn. Balbus. 

II. Invenio et a Cn. Octavio, qui de Perseo rege navalem (riumphuni egit, faciam 
l'orlieuni duplicemad Circum Flaminium, quœ Corinlhia sit appellata a capitulis leieis 
columnarum. Pli.n. XXXIV, 3. — Le triomphe d'Octavius est de l'an 586. — Sur l'époque 
de l'édllication du Portique d'Octavius, voy. n" 74, § I. 

III. PORTIOVM AD CIRCVM FLAJIINIYM, ÙVAM SYJI API'liLLARI PASSVS EX NOJIINE KIVS QM 
l'UIOKEJl EOUEM IN SOLO FECERAT OCTAVIAJI FECI. L,\P1S ANCYK. COl. !i . 

IV. Iconographie. — Notre restauration est la co(iie (idélc d'un dessin de Serlio, qui 
vit des ruines importantes de ce monument, que les uns prenaient alors pour le Por- 
tique de Pompée, les autres pour la maison de Marins. Voy. Serlio, Archilellura, 
lil). m, p. LVll. 

V. Piranesi [Anlich. rom. lom. IV, tav. 46] donne une vue pittoresque des restes 
d(^ ce monument, qu'il appelle Portique de Philippe, nom qui ne peut lui convenir 
[Voy. plus haut n° 153, g Vil]. Elle consiste en une arcade et deux colonnes, car l'or- 
donnance était une suite d'arcades avec pieds droits et colonnes à demi engagées. Le 
portique supérieur est trés-reconnaissable. Les colonnes du bas étaient doriques ; nous 
pensons que les chapiteaux corinthiens cn bronze, dont parle Pline, appartenaient au 
portique supérieur. Cette promenade suspendue d'où l'on pouvait jouir, d'un coté, de 
la vue du Champ-de-Jlars et de ses édifices, et de l'autre, de celle du Tibre, de l'Ile ti- 
bérine, et de la région translibérine, devait être Irés-agréable, et unique i Uonie. Le 
portique supérieur était au moins à quarante-huit palmes [10 mètres 70 centimètres] 
au-dessus du sol. 

IJîo. Temple de Castor et Pollux. — Devant : Statues équestres. Ati- 
dpssous du Portique Coriathien [n° 154], isolé sur une petite [)lace. C'était lui 
édiiice périplère, bâti du temps d'Auyusle. 

I. Castori.Pollvci.in.Circo.flaminio.OHELLI, Inscript, lai. t. II, p. 397. 

II. Vitr\ive indique vaguement la position de ce temple in Circo Flaminio, c'est-à- 
dire dans la région du Cirque Flamlnius.' La place des autres temples de ce quartier 
élant assez bien fixée, nous avons cru devoir mettre celui-ci devant le Portique Corin- 
thien, auprès de la Piazza Ciudea [Nolli n» 1025], appelée aussi S. Maria del Pianto [Le- 
tarouilly, rion. XI, 13], où une opinion accréditée dans le XVI« etleXVII'^ siècle indiiiuail 
un temple de Castor et Pollux, parce qu'on y trouva les deux statues équestres qui sont 
aciuellement sur la balustrade de la place du Capitole. Ce temple étaitpériptère et sem- 
blable pour l'ordonnance au Parthénon et au temple de Minerve Suniade. On ne sait rien 
sur ses proportions ni sur l'époque où il fut bâti; maison peut conjecturer, puisque Vilruvc 
le cite commeun exemple, qu'il étaitmoderne alors, etjouissaitd'une certaine célébrité. 

III. Item gencribus aliis constituuntur œdes ex iisdem symmetriis ordinalœ, et alio 
génère dispositiones habentes, uti est Castoris in Circo Flaminio et inter duos lucos 
Vcjovis. Item Aricino nemori Diana; eolunmis adjectis dextra ac sinistra ad humeros 
prônai. Hoc autem génère primo facta a-des, uti est Castoris in Circo, Alhenis in arce, et 
in Atlica Sunio, Palladis Minervce. ViTRiiv. IV, 7. 

IV. Flaminio Vacca qui publia ses mémoires en 1594, s'exprime ainsi : « Accanto il 
Tevere, dove al présente fanno la sinagoga gli l'ibrei, al tempo di Pio IV vi furono tro- 
vati due Giganli, che tengono due Cavalli, di marmo statuale, quali furono trasportati 
in Campidoglio, e collocati in capo délia scala al fine délia piazza dove al présente si 
Irovano; e dette statue era opinione di alcuni i'ossero Pompei, ed altri Castore e Pol- 
luée, per certi cueuruzzi comme mezz'ovo in capo. » Flam. Vacca, Memorie, n" 52. 

V. Costrutta la nuova chiavica fino in piazza Ebrea, passata sempre a grotta, per dove 
si dice che fu il tempio di Castore e Polluée, iddii da Romani avuti, etc. Cii'Riano 
Cn>RiANi, dans C. Fea, Miscell. t. II, 252, IV. — Le due statue di Castore c Polluée co- 
lossal!, stanno su le seale del Campidoglio, e alla base si legge che furono trovati 
a\auti il Teatro di Pompco. C. Fea, Ibid. p. 262, IV. 

lo6. Théathe de Pompée et Temple de Vénus victorieuse. Ce théâtre formait 
l'extrémité oceidentale de la masse de monuments qui rempli;>sail la |)artie mé- 
ridionale du Cliamp-de-Mars; il s'élevait entre les jardins d'Agripi)a [ir' I69| 
et le Temple des Lares marins [\\° 147]. Pompée en enlrepril l'édificatiou l'an 



106 DESCRIPTION DE ROME. 

G89 ou 690, apivs sa campagno fontro Milliridalc, cl le di-dia pendant son 
deuxième consulat, l'an fiOS. L'édilice élail un liéniityde de I 4!i niùlres de 
diamètre, et contenait 27,o80 spectateurs. Ce lui le i)remier tlié;ilre de pierre 
construit à Rome. Jusqu'alors les censeurs n'avaient toléré que des ihéàtres de 
Ijois, et tenq)oraires : Pompée, pour esquiver l'interdiction, plaça dans son 
monument, au sonunet des gradins, vis-à-vis de la scène, un petit temple 
qu'il consacra à Vénus-Victorieuse, et publia qu'il avait élevé un temple à 
celte déesse, avec quelques degrés au-dessous, destinés à servir de sièges 
pour voir les jeux. L'intérieur du théâtre n'avait que deux prccinctions; on 
croit qu'il avait, à l'extérieur, trois ordres d'arcliilecture. Sa muraille exté- 
rieure était percée de 44 arcades, avec des colonnes détachées en avant de 
chaque pied-droit. Auguste restaura le théâtre de Pompée, et Tibère en refit 
la scène, qu'un incendie avait ruinée. 

I. Tliealiiim l'ompei. P. ViCT. de Reg. urb. Romœ, IX. 

II. Pompée passant à MityU^ne, api(^s la mort de Milhridalc : — HtOsiç cï tÔ) Oic/rp'j>, 

c- y.oLi <j-/jlv(5t5/;ov. Plut. Pomp. /«2 i. 

III. Talis in Campo Mailio Jupilor a divo Claudio Ca>sare dicatus, qui vocatur Pom- 
ppianus a vlrinilalo llicalii. Pi.in. XXXIV, 7. 

IV. Qui [Pompdus] si ante biciininm quam ad arma itum est, pcrfeclis muneribus 
Iheatri et aiionim opcrum, qua* ei circumdedit, gravissima tentalus valetudine deces- 
sissel in Campania, elr. Patercul, II, 18. 

V. Cavea ipsa cepil hominum LXXXmillia: quum Pompniani theatri loties muliipli- 
oata Urbe, lariUxiuc majore populo, suffieial large quadraninia millibus. Pi.in. XXXVI, 1.";. 
— Ce nombre donne par Pline est évidemment erroné ; La Notice de l'empire, selon 
la leçon du manusrrit du Valiean, porte 27,.'>80, ainsi que M. Canina l'a fait observer 
dans son mémoire sur le Théâtre de Pompée [Cenni slorici e riccrche icnnngrafiche 
sut lealro di l'ompeo e fabbriche adiacenli, p. 15, in-i", Roma, 1833]. Or l'on con- 
naît les proporiions exaetes de ce théâtre tant par les travaux de M. Canina que par 
les fouilles exécutées par M. Victor lîallard, ancien pensionnaire de l'académie de 
France à Home ; et en calculant les places d'après la surface de l'édifice, on arrive à peu 
prés au même nombre que celui indiqué dans la Notice. Quant à Pline, son énoncialioQ 
est une erreur de copiste ; il est très-aisé avec XXVII de faire XLM. Le second ,X du pre- 
mier nombre sera devenu L, et Vil mal formé peut produire M, abréviation du molmille. 

VI. POMPEIVJI THEATRVM IMPENSA GRANDI REFECI SINE VLLA INSCRIPTIONE KOMINIS 

MEi. LAPIS ANCYR. col. 4. 

VII. Kàv rai; v.jtv'u /jy-s pati b lïoij.TîriïOî TÔ H'XTpw, w xat vuv \y.i).~p'Xiôii.i^y., y.xOié- 
poifjz. DiON XXXIX, 58 2^ 

VIII. At Pompeii theatrum igné forluito haustum, Cpcsar exslruclurum pollicitus est, 
« eo quod nemo e familia restaurando sufliceret, manente tamen nomine Pompeii. » 
[an 775]. Tac. Ann. III, 72. 

IX. Ne publiée quidem nisi duo opéra struxit [Tiberius], templum Auguste, et sce- 
nam Pompeiani theatri; eaque pert'ecla contempla ambilionis, an per senectutem, 
haud dedieavil. Tac. Ann. VI, 45. — Piranesi [Campo Marzio, c. IV, § XI] conjecture 
d'après l'anerdote rapportée plus bas § XV, que Pompée n'osa pas construire une 
scène solide à son théâtre, mais en fit une en bois, comme dans les théâtres tempo- 
raires, afin d'éviter l'animadversion censoriale. Celle opinion ingénieuse ne nous 
paraît point invraisemblable, et pourrait expliquer l'incendie de la scène sans que le 
théâtre ail été brûlé. 

X. Prineeps ncque opéra ulla magnifiée fecit [Tiberius]. Nam quae sola susceperat 
Augusti templum reslitulionemque Pompeiani theatri, imperfecla post lot annos reli- 
quit. ScET. Tib. 4 7. 

XI. Opéra sub Tiberio semiperfecta, templum Augusti, ttieatrumquc Pompeii absol- 
vit [Caligula]. Si'et. Caltg. 21. 



* Delectalus theatro, delineavit cffigiem et figurani ejus, quo Romje simile cxcitaret, gran- 
dius tamen et excellcntius. = - lisdem diebus, id quod eliamnum insigne habeUir. theatrum 
Pompeius dedieavil [au. 699]. 



RÉGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. 107 

XII. /i.T:sO'jy/.s /J-hJ ovj tÔ) tî n5y.7Tyjtw t/jv t5u <?sâT/55u //.vv3//v7V' 'zal kCtw xa? 

ro -o'j TtS-piou ovojj.v. i-JZ?) 5zv;v^ TT/iîorÇciî ïypapsv, à-zio/j KxuOs~i<;a.v aÙT/jv c!'.-jo)y.o6o{jLr,/.zi. 
Dion. LX, 6 1. ' ' 

XIII. Le théâtre de Pompée fut ronime perdu pendant quelque temps, et au 
XVle siècle on ne le ronnaissait plus ù Home ; il ne se trouve point sur le plan de 
Rome de Bufalini, publié en 1351, où sont tracés tous les principaux monuments de la 
ville antique. Cet édifice, ou du moins ses restes furent connus des antiquaires de la fin 
du XVl« siècle ; Poissard dans sa Topograpltia Romœ, secunda dies, p. 39, publiée 
en 1597, s'exprime ainsi : Domus Ursinorum siructa est in ruinis ïliealri Pompeiani, 
cujus pars adliuc videtur intégra ad stabula domus liujus. — C'est auprès du palais Pio 
et dans ses environs qu'il faut aujourd'liui chercher des ruines de cet édifice ; mais lo 
sol antique est tellement exhaussé, que ces ruines sont enfouies dans les caves des 
maisons du quartier. M. Canina - et M. Victor lîallard^ ont tour à tour exploré ces 
caves, et ont opéré les découvertes les plus intéressantes. M. Baltard faisant fouiller 
sur la place Santa Darbara, a dû descendre à dix mètres de profondeur pour rencontrer 
les bases de deux piliers du porticiue extérieur du théâtre. — Sur la position du théâtre 
de Pompée, voy. Piranesi, Campo Marzin, tav 11 cl XVllI. — Vue pittoresque des 
ruines de cet édifice, et plan, Ibid, tav. XVlll, et Antich. Rom. t. IV, tav. 38. 

XIV. Sono due Satiri in forma di Telamoni, rinvenuli nella piazzetia dctta perciô 
de' Salin' [NoUi, n" 653; Letarouilly, rion. VI, 50], ove fu già l'orchestra antica del 
Teatro di Pompeo. C. Fea, Desrriz. di Ro77w, antica e moderna, t. I, p. 194. 

XV. Temple de Vénus Victnrieuse. Veritus quandoque [Pompeius] memoriœ suse 
censoriam animadversionem, Veneris Bcdem superposuit, et ad dedicalionem populum 
vocans, non theatrum, sed Veneris templum nuncupavit, cui subjecimus, inquit, gra- 
dus spectaculorum. Tertull. de Spect. 10. 

XVI. Pompeii altero consulatu, dedicatione templi Veneris Victricis, pugnavere in 
circo viginti [elephanti]. Plin. VII, 7. 

XVII. Cum Pompeius a?dem Victoriae dedicaturus foret, cujus gradus vicem theatri 
essent,- nomenque ejus et honores inscriberenlur : quœri cœplum est utrum consul 
tertio inscribendum essel an terlium. A. Gell. X, 1. 

XVIII. Ludos dedicationis Pompeiani theatri, quod ambustum restituerai [Clau- 
dius], e tribunal! posilo in orchestra commisit, quum prius apud superiores a-des sup- 
plicasset, perque mediam cavcam sedentibus ac silentibus cunctis descendissel. Suet. 
Claud. 21. 

XIX. VeNERI VICTRICI HON'. VIRTVT. FELICITATI. IX. ÏHEATRO. MARMOREO. ORELLI, 

Inscript, lat. t. II, p. 597. 

XX. Iconographie. Non pertanto devo tralasciare di farvi conoscere la posizione di 
alcune parti che sono di molta importanza, e principalmente quelle appartenenti al 
lempio di Venere Vittrice. Siceome nei solterranei corrispondenti solto l'alluale in- 
gresso del Palazzo Pio, e lungo la fronte del medesimo che guarda la piazza del Biscione, 
trovai tracée di mura di maggior grossezza délie altre, e che uscivano dalla circonfe- 
renza esterna délia cavea del teatro, cosi potei dedurre che avessero poluto servire di 
soslruzione al tempio suddetto di Venere Vittrice, il quale si doveva trovare nel mezzo 
délia cavea, ed in modo che i sedili délia medesima figurassero gradi del tempio stesso, 
comc scrive Terlulliano. In questa opinione mi sono confermato dopo di avère sco- 
perto altre mura antiche, ricoperle perii da moderne costruzioni, che compongono 
quella parte del palazzo suddetto che sporgc in fuori verso la piazza di Campo di Fiori 
[Xolli, n" 638; Letarouilly, rion, VI, -28]. Di più mi hanno confermato nella stcssa opi- 
nione le indicazioni dei due mûri che si vedono tracciale nel frammento dell'anlica 
pianla Capilolina, e che corrispondono nel mezzo esteriore délia cavea del teatro; 
benchè siano nella lapide riiinovata segnate con due semplici linee e piantati di pilastri 
che dovevano decorare i lati del tempio, mentre in modo più decisivo saranno stale 

queste disposizioni designate nelle antiche lapidi. [Voy. ci-dessous la fig. g XXII] 

Non più di quallro colonne ornavnno la fronte del tempio, con due aiite aile estremità; 
c la parte posteriore do\ eva esser formata a guisa di un abside semi circolare, corne la 
indicano le tracée délie sostruzioni che rimangono. Canina, Cenni sloricie ricerche ico- 
nografiche sitl teatro di Pompeo e fabbriche adiacenli, p. 21-23. 



* Picstituit [Claudius]... et mcmoriam tlienlri Pompcio, cujus nomini nomen Tiherii itt 
sccna adseripsit, qui eam incendio haustam refccisset. :^ - Voy. § XX ci-dessous. = ^ Mémoire 
niauuscritsurla restauration du théâtre de Pompée, dépesé aux archives de l'Institut deFrance. 



108 



Di'ScmpTio.N i)i; iioMi:. 



\\l. Estei'iianicnic ('iiig(.-\a la cavca [del It-alio] un giro tli arruazioni clie com|io- 
nevano un porliro in(prno alla medcsinia. I)i (lue^tc arcuazioni ora ne rimangono solo 
Ire al(|uanto rotiseivate, e corrispondono nri sotterranei dell' osteria posta vicinoalla 
looanda de(ta del Paradiso, c si vcdoiio Torniatif di pietra til>urlina tagliala nei coni- 
muni grandi massi. Il mciio dellc pile di ([uesle arruazioni non do%eNa essere ornalo 
ron mc/./.e colonne, conie nel Icairo di Mareello,.... ma hciisi ron rolonne isolale; 
poiclié non si ronosrono vcrune allacature di mc/ze colonne. (Jueste rolonne dovevano 
essere di granilo rosso ; giaccli(^ alcuni rocclii di simili colonne furono sroperli nel giro 
già occupato da queste arcuazioni, e specialmenle nell' anno 18-22 Tacendosi alcune 
reparazioni nella casa dell' arcliilello l'ietro liool siluala lungo la via del l'aradiso al 
II" 5."), c qui'Sle furono trovate essere del diamclro di jjalmi 3. Kssendosi poi rinvenuli 
diversi massi di selciala di una via aiilica nel ristaurarsi la casa posta inconlro la lo- 
randa del Diseione, o clie fa angolo con la piazza di Campo di Kiori, si vcnnc a conos- 
cere clie la cavea del lealro non si esleiideva piii in fuori del giro indicato dalle sud- 
dette arcuazioni, mentre alcuni topografi per dare a taie cavea un' estensione niaggiore 
di quelladel tcalro di >Iarcello, lianno opiiialo die occupavaun magsriorespazio ; poiché 

per taie scoperta si è conosciulo es- 
sere slala iviuna via chegirava in- 
torno al lealro. Camna, Ibid. p. 
26,27. 

XXII. Nous donnons ici trois 
fragments du Plan de marbre qui 
représentent le Théj'ilre de l'oin- 
])ée, le l'oitique de Pompée, el à 
;4auclie la Curie Poinpeia; ces frag- 
ments sont aussi gravés dans Bel- 
lori, Iconographia tel. Romœ , 
lab. XII, \V. Piranesi a donné un 
plan incomplet du Théâtre cl une 
vue pittoresque des ruines. Yoy. 
Campo Marzio, la\. 18, elAnlich. 
Rom. l. IV, ta\. 58. MM. Canina 
et Victor Baltard ont exécuté l'un 
et l'autre une restauration tii''s- 
complèle du Théâtre et du Portique. 

XXIII. Statues de Pompée. 1\\('- 
atrum cum Claris feminis ingressa, 
lanicnlaiione llebili majores suos 
ciens, ipsumque Pompeium, cujus 
ea monumenta et adstantes ima- 
gines viseLanlur. Tac. Ann. 111, 
23. 

XXIV. Derrière le Théâtre el 
autour : Statues des quatorze 
natiovs : — Idem et a Coponio 
XIV Xaliones, quse sunt circa Pom- 
peii theairum, fadas, auclor est. 
Plin. XXXVI, .5. 

XXV. Modo a simulacris gen- 
tium ad Pompeii Theatrum dedica- 
lum circuiri, arcerique progressa. 
SiET. yero. 46. 

lo7. Arc Pompéien. Arc ou Janus on marbre siliié à droite de la scène du 
Ihéàlre de Pompée. Auguste lit placer sur ce Janus la Statue de Pompée, la 
même au pied de laquelle César avait été tué, et qui se trouvait auparavant 
dans la Curie Pompeïa. 

I. Pompeii quoque Slaluam contra ll.eatri ejus regiam, marinoreo Jano supposuil, 
Iranslaiam e Curia, in qua C. Ca'sar fuerat occisus. Slkt. .-!«</. 31. 

II. Le mot regia a fort occupe les antiquaires; les uns ont conjecture qu'il signiliail 
le Théâtre mémo, à cause de sa magnificence ; les autres, qu'il désignait une basilique 




RÉGION IX.— CIRQUE FLAMINIUS. 100 

dont au reste aucun auteur ne parle. Nous préférons la ronjecture de Nardini [Rotnaan- 
lica, lib. VI, c. 3, p. /«O] qui prouve assez bien que rer/ia était la partie droite de la 
scène d'un tlioàtre. Dans nos théâtres modernes, nous avons aussi un exemple de dési- 
i;nation figurée pour certaines parties delà scène; les machinistes appellent le eôlé 
ilnnl côlé du jardin, cl le côté gauche côté de (a cour; jamais ils ne disent le côté 
droit ou le côté gauche de la scène. 

1^8. CuniE PoMPEiA. En avant du théâtre, à gauche du Portique de Pompée 
In" 160], entre ce dernier monument et lo Portique Corintliien [n" Loi]. Ce 
fut après avoir construit son théâtre que Pompée bâtit cette Curie, afin que les 
sénateurs eussent moins à se déranger quand un jour de séance du sénat il y 
aurait des jeux. Il en commença l'édification peut-être l'an 699 ou 700 ; bien 
certainement l'édifice était terminé l'an 703 [Voy. ci-dessus n° 156, § IV]. 

I. O àk os^c/./j.vJOç T-àv jioviv èxsîvo-j, /.'A rbv àySivx yCapoi, ds ôv ■/) sùyz^vjro, -oOpoiaS-o 
rârs, ïlo/j.-r,ioo /xb^ d/.'Jvx x.-ty.ivqv ïyu'), no//.Trv;£ciu ô" v:jù.I)-i)ij.v. ycysvdi, twv T.poy.v/.OQ- 

//v;//.s'v&JV TW ScKT/SW, TTaVTàTla'JtV «7T£p-/iV£ PlUT. CWS. 66'. 

II. Vlùo/.ii ôï x«i rà Toû toûod f)ïio-i st.ixi, zat npô? aJTôiv. arox yctp -Tj-j, p.ioc twv T:spl 
To déoLTpo'j, ils'ûJcKv ïyojiy., s'v VI no,ot7Ty;toi/ Ttî tly.cu-i iii7Ti]As.i, z-?jg ■nàlz'Ai ijrY}'7x/j.svY]i, cts 
l'Ai oToxii /.A Ttj 6sù-cp'ji Tov rinov è/.îbio'j ézôs/z-vîTsy. Plut. Brut. 14 2. 

III. fiXjiCf. Toùî yî p.o'JOiJ.à.youi [oui 'noWoiti sv tw nop.T:rito>j dsc/.rpoi, Trpo^cai-j wj x.A 
bnlo/ÂXXYi'^ovzciç, Tzponxpsijy.siiùuxvzo) j3o-n9-^tJSfj cptKv -(i'^TTiÇov. è/.sT. yckp non t.> oI/.oijmtl 
■zvmoÛTXîpiazJwj ao-^iàpsùsiv ip-ùlo-j. Dion. XLIV, 16 3. — Voy. aussi n" 122, § XI. 

IV. &iA â' ï^Tav tj Tô> \Ioy.~r^toij ôs'y.-pm,y.Ai [io\)\s:jT-ripio-) ziJ.€t'kt tôjv T£i ~ip\ Aiih 
ouu-j z^-ijB'xi, il'jiObi ir.ï rA.<; fiiv.i? S>o- ylyjs'JT'XL. Appian. de Bell civ. p. 814 *. 

V. Poslquam senatus idibus martiis in Pompeii Curiam ediclus est, facile tempus et 
locum praetulerunt. Suet. Cœs. 80. 

VI. Pridie autem easdem idus, avem regaliolum cum laureo ramulo Pompeianae Curia; 
se inferentem, volucres alii varii generis ex proximo nemore persecutfe ibidem discerp- 
serunl. Suet. Cojs. 81. — Proximo nemore désigne les bosquets du Portique de Pom- 
pée, n» 160. 

VII. Iconographie. Un fragment du Plan de marbre nous montre, sur le côté gauche 
du Portique de Pompée, une grande salle carrée qui devait être bien certainement la 
Curie Pompéia. Voy. n» 136, g XXII. 

'Ii}9. Temple de la Fortune équestre. Au-dessous de la Curie Pompéia 
[n° 158], et touchant au Portique de Pompée [n° 160]. Ce temple, dans son 
temps l'un des plus beaux de Rome, était systyle, c'est-à-dire que ses co- 
lonnes avaient deux modules d'espacement. Il fut voué l'an 572, pendant une 
guerre contre les Celtibères, par Q. Fulvius Flaccus, propréteur, et dédié l'an 
579, par le même Fulvius, alors censeur. 

I. Systylos est, in qua duarumcolumnarumcrassitudo ininlercolumnio poterit collo- 
cari, et spiraruni plinthides œque magnœ sint eo spatio quod fuerit inter duas plinthi- 
des ; quemadmodum est Fortunaî Equestris ad Theatrum lapideum. Vitruv. IH, 2. — Le 
Théâtre de pierre était celui de Pompée. Vitruve le nomme ainsi parce qu'à l'époque 
oi'i il écrivait son Architecture ce monument était le seul dans son genre, les théâtres 
deMarcelluset de Balbus n'existant pas encore. 

II. Tune vero Celtiberi omnes in fugam effundunlur, et imperator romanus [Fulvius 
Flaccus propreelor] averses hostes conlemplalus, œdem Fortunœ Equestri, ,1ovi Oplimo 
Maximo ludos, vovit. Tn.-Liv. XL, 40 [an. 572]. — 11 avait gagné la victoire en or- 
•lonnant à sa cavalerie de charger l'ennemi après avoir débridé les chevaux. Ibid. 

m. Eo anno [579] œdes .Tunonis Laciniai détecta. Q. Fulvius Flaccus censor, a>dem 



■• At locus ubi caedes illa et facinus est patratuin, in quo coactus fuit scniitus, ubi statua 
oral Pompei iocata, dedicauis a Pompeio inter oriiamenta, qus tlieatro proetexuerat, omnino 
ostendit. =2 Locum etiain divinitus datuin apparebat, et pro ipsis esse. Porticus erat, quae 
unam liabebat juxta theatrum exedram, in qua statua Pompeii a populo romano locala fue- 
rat, quuin porticibus et theatro locum illum decorasset. = ^ Habituros se auxilium glaJiato- 
nim, fjuos multos in Pompeii theatro, velut inter se dimicaturos coinparaverant : nanique ibi, 
iii conolavi quodam perislylii, sonatus conriliiim erat liabendum.=:* Lndi tum eraiit in Pom- 
peii thi'airo, et senatus imniiiientcs huic .-ledcs peliit, ut mos est speclaiulnrnrn tenqion-. 



110 DESCRIPTION DE ROME. 

Foilun.T! Equcslii, quam in Ilispania prœlor bello Celliberico vovcral, faciebal enixo 
sludio, ne nulliini Itotiiiu aniplius aul niagiiificciitius tcmplutn cssel. Magnum ornamen- 
tum se Icmplo aiijcrUiruui, si U';,'uI;l' niaimoiea; essenl, inofecUis in Brutlios, iciJein Jiitio- 
nis Larinia; ad parlcni ditnidiam di'ti'gil : id salis fore ralus ad ti'genduni quud acdifica- 
rclur. TiT. Liv. M, II, 5. 

IV. Tulvius .Tdcm Forluna; Equpslris, quam proronsul in Hispania dimicans cura 
Ci'iliberorum ii-gionibus vovcral, annos sex posiquam voverat dcdicavil : et scenicos 
ludos i)cr (|uali'iduun), ununi diein in Circo fecil. TiT.-Liv. XLll, 10 >n. 579]. 

V. U. aulcm l'ulvius Fiarcus inipune non tulil, quod in Censura tegulas marmoreas 
ex Junonis LariiiiiC lemplo in Forlunai Equtstris, quam Uonix faciebal, Iranstulil. 
V. Max. I, 1. 20. 

160. PoRTiQtJE DE Pompée. Derrière la scène du théâtre [n° 156]. Il avait été 
aussi bâti par Pompée. Sou plan présentait un vaste parallélogramme entouré 
d'une colonnade close de murs dans lesquels se trtiuvaient ménagés divers 
petits réduits pour se reposer. Une galerie, également en colonnade, divisait 
le portique dans le sens de sa longueur, et formait, à droite et à gauche une 
cour, ou plulùt une avenue plantée de platanes, décorée de statues d'ani- 
maux cl do l'uiitaines jaillissantes. Les colonnes étaient toutes en granit rose, 
et de beaux tableaux décoraient les murs d'enceinte. Ce portique avait été 
bâti en même temps que le théâtre, ou peu de temps après. 

I. t)t 6' ù.'i'Si ZQ-J npoliTO-j i'jiOiv y.XTv. T/;v cToiv T/;v ~pb ro'j dtù.zÇfOXj TSÎj Sî^iJ-V^oii 
cpôjv &),; CT/îaTv;y'j)V zJ-:rcOiGTXTX i-/py]ijAziKov. APPIAN. de Bell. civ. p. 815'. 

II. Hujus [Poljgnoti] est lal)ula in Porliru Pompeii, quœ anle Curiam fuerat, in qua 
dubilalur, asceudenlem eum rlypco pinxeril, an descendentem. Pli>'. XXXV, 9. 

III. Sciliret umbrosis sordet Pompeia columnis 

Porlicus autreis nobilis attalicis, 
Et creber plalanis pariler surgenlibus ordo, 

Flumina sopilo qua'que Jlaione cadunt; 
Et leviler njmphis lola rrcpilanlibus Orbe, 

Cum subi triton oie recondit aquam. 

Propert. II. 23, V. 45-50. 

IV. Tu neque Pompeia spaliabere cullus in unibra. 

Id. IV, 8, V. 75. 

V. Sur les bosquets du Portique de Pompée, voy. plus baut, n» 158, § VI. Horace y 
fait sans doute allusion dans ce vers : 

Ncmpe inler varias nutrilur silva columnas. 

I, Ep. 10, v. 22. 

VI. At licet, et prodest, Pompeias ire per unibras, 

Virginis aîlliereiis cum caput ardel equis. 

Ov. Art. am. 111, v. 387-588. 
vil. Inde petit ccntum pendenlia tecla columnis : 

lllinc Pompeii dona, nemusque duplex. 

Mart. II, U. 

VIII. Proxima centenis oslendilur ursa columnis, 

Exornanl ficliB qua Plalanona ferœ. 

Mart. 111, 19. 

IX. Sic veterem ingrali Pompei quœrimus umbram. 

Id. V, 10. 

X. Te in Campo quaîsivimus minore. 



In Magni simul ambulalionc. Catul. 52, v. 5 et 6. 

XI. Pinxit [Antiphilus] in Pompeia [Porticu] vero Cadmum et Europen. Plin. 
XXXV, 10. 

XII. l'ausias aulem fecit et grandes tabulas, sicut spectatam in Pompeii Porlicibus 
boum iniinolalionem. Plin. XXXV, 11. 

XIII. l'ost scenam porlicus sunt conslituendfe, uli cum imbres repenlini ludos inler- 

1 Mano lirulus et Cassius prœlorcs ia Porticu ante theatrum [Pompeii] mapia tranquilliiale 
jus rcddebant pettiutibus. 



ce 
iliou 



RÉGION IX.— CIRQUE FLAMINIUS. 411 

pellavcrint, habcat populus quo se rccipiat ex thcatro, clioiagiaquc laxumentum habeat 
ad cliorum paiandum : uli sunt Porticus Pompeianœ, iletnqile Allienis Porlicus Eume- 
nici. ViTRLV. V, 9. 

XIV. Icnnnqraphie. —\'oy. plus haut, n" 156, § XXII. Suivant une ancienne tra- 
dition, les colonnes de pranil rose, employées aux portiques de la cour du Palais de la 
cliancellerie, à Homo, \iendraient du Portique de Pompée. l'our les proportions de "" 
Portique, nous avons adopté les conjectures de MM. Vicl. lîallard dans sa restauiati 
du Théâtre de Pompée, cl Canina dans le mémoire cité ii" 156, § V et XX. 

Î61. Hecatoxstylon ou Portique aux cent colonnes. Il occupait tout le côté 
droit du Portique de Pompée [ii" 160], avec lequel il était luilojeu, et s'en 
trouvait séparé par le mur d'enceinte dans lequel on avait ménagé deux petits 
hémicycles. Du reste il était i'ort étroit et tout en colonnade sur la rue. On 
ignore quand et par qui fut bâti ce Portique, mais il s'agence si bien avec le 
Portique et le Théâtre de Pompée, qu'on pourrait conjecturer sans invrai- 
semblance qu'il a été construit en même temps. 

I. Sur la position du Portique, voy. n» 160, § VII, VIII. 

II. Tliealrura Pompei incensum et Hecatonstjlon. Elsee. Chronic. 11, p. 171 
[an. 999]. 

III. Iconographie. Voy. ci-dessus, n» 156, g XXII , un fragment du plan de marbre 
où on lit encore ce reste de devise : osTïlvm. 

162. Temple d'Hercule-Gardten. Situé devant le Portique de Pompée 
[n" 160], vers l'extrémité occidentale du Cirque Flaminius. C'était un petit 
périplère circulaire, ouvrage du milieu du septième siècle de Rome. Il avait 
4 8 colonnes cannelées, en pierre recouverte de stuc. La dédicace en fut faite 
par Sylla. 

I. .-Edes Herculi magno custodi Circi Flaminii. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, IX, 

II. Ovide, après avoir dit que devant le temple de Bellone est un petit area qui re- 
garde le Cirque Flaminius, ajoute : 

Altéra pars Circi custode sub Hercule tuta est : 

Quod deus Euboïco carminé munus habet. 
Muneris est tempus, qui nonas Lucifer ante est. 

Si titulos quaeris, Sylla probavit opus. 

Ov. fast. VI, 209-212. 

III. Hercvli magno cvstodi in circo flaminio. GP»UT. p. 154. — ORELLI, inscript, 
lai. t. II, p. 596. 

IV. Queslo corne i tre tempj a S. Niccola in carcere [XoUi, n" 1038 ; Letarouilly, 
XII, 5], da me falti scoprire nel 1807, e clie illustrerô a suo tempo ; il cosi delto délia 
Forluna Virile, ove è S. Maria Egi/.iaca [Xolli, n» 1090 ; Letarouilly, XII, 11] ; il tempio 
credulo d'Apollo o d'Ercole Musagete a S. Niccola de' Cesarini [Nolli, n" 885; Leta- 
rouilly, IX, 52]... Aveva le colonne intonacale di stucco di marmo. Carlo Fea, Pro- 
dromo di nuove osservazioni e scoperte faite nelle antichilà di Roma, da varj anni 
addielro, p. 15. in-S", Roma, 1816. —Le temple conjecturé d'Apollon ou d'Hercule 
aux Muses, ne peut être que le temple d'Hercule gardien. 

V. Iconographie. Ce temple était petit : il avait 14 inètr. 82 centim. de diamètre. II 
en reste encore 7 colonnes, toutes plus ou moins tronquées. Voy. le bel ouvrage de 
M. Isabelle, Les Edifices circulaires el les Dômes, Rome, planclie IV. 

VI. La forma rotonda non é mai slata la privativa del tempio délia dea Vesla ;..... 
quello perillcro, credulo d'Apollo o d'Ercole, di cui ora soltanto restano 4 colonne 
di lufo, già intonacale di stucco di marmo, nella casa de' P. P. Somasclii a S. Xiccola 
dei Cesarini, non fu mai da alcuno allribuito a Vesla. Carlo Fea, Oiscorso sull' antico 
tempio rolondo vicino a Ponle rotlo, dello volgarniente di Vesla. p. 51, in-S", 
Rome, 1816. Voy. aussi Ve.mti, lib. Il, c. 5. 

Vil. Dans la maison de P. P. Somasques aliénante à l'église de S. Nicolas aux Ce- 
sarini, on voit les restes du temple d'Hercule gardien Il était de forme ronde et 

entouré de colonnes en tuf plaquées de stuc et cannelées, avec les bases atliques en 
travertin. Quatre de ces colonnes plus ou moins tronquées sont encore debout, el on 
les voit dans la cour el dans la cave de la maison. Nibbï, Itinéraire de Rome, 
t. II, p. 55. 



Ih2 DESCRIPTION DE ROME. 

lOô. CiRQUR Fi.AMiMis. Bfili |);ir le conscui' C riaminius, Tan 533, il s'é- 
tendail cnlre le Porli((U(! de l'ompée [u" 160], aii(|iiel il élail peipeiuliciilaire, 
ol rexlréinilé sc|tlcnlvionale du mont Capilolin. Sa forme et ses dispositions 
étaient celles de ions les cirques romains. Son arène se composait d'une ma- 
çonnerie faite avec des frai,'menls de briques figurant des dessins, parce <|iie 
ce Cirque était cpielquefois rempli d'eau pour certains jeux particuliers. 

I. Circus Fhiminius. Skxt. IUf. de Recj. urb. Roma>, IX. 

II. C. Flamiiiius Censor [an. 533] viam Flaminiam munivil, el Cirnim Flaminium 
exstruxit. ïit-Liv. ICpitn. W. 

III. L. Vcturius cl C. Lutalius his coss. via Flaminia munila, et Cirrus faclus, qui 
Flaminius appelialur. Cassiod. Chronic [an. 335]. 

IV. Ea omnia in pratis Flaminiis conrilio plebis acla, (juam nunc Circum Flaminium 
appellanl. Tir.-Liv. III, .54. — Voy. aussi plus haut, n» l'(9, <§ IV. 

V. Circus Flaminius dicitur, qui circum xdificatus csl Flaminium campum. Vaiir. 
L. L. V, § 154. 

VI. Atà T( Twv i7:T:oopoy.Oi-J sTi Aù.çnjj.hiOi /.aùsÏTai; -^ cri <\''/uiu-nou tjvo; tojv 7rî'.).«twv 
T/j Tzilsi yojpcv gTTtoivTOï, c>f/5wvT5 Taï, Tzpocoocii sU ~oùi tTTTrixoùi éyôJvaj ; ert (?ï — e- 
piô-nu-j ypr,iJ.ii.T(av, y.c/.rs<r/.siixi3a.v ôd'iv, -^v /ai aj--/;v 4'/K//.£vtav 7:yîooy;ys^su5av ; PlI't. 
QucRsl. Rom. p. 130 i. 

VIT. Kaî y.£TJ: toOto ê'j- rs tov ^"kxfihio-^ 'mTtôopo/MO'J vâcdp IrfiyO/i, zat iv «jtw x^/îi- 
Ki'Jiùoi £ç za! TyitàxsvTa xaTîX(37irjff«v. Dion. LV, 10^. 

VIII. Iconograji/iie. — De Circo aulcm Flaminio porlinacissima vulgi adliuc cxstat 
opinio, quod js lueril queiii tiodie Agoncm vocanl. Erudiiiores vero non hune, sed eum 
fuisse asserunt cujus adliuc exslal forma, el velcrum sedilium signa, ubi in medio nunc 
est templum Sanclœ Calherinae [Nolli, n" 1003; Lelarouilly, XI, 8j, ubi liodie lorquen- 
tur funes, quod prius diccbaïur Monaslerium D. Hos;l' in Castro aureo. Longiludo ejus 
Circi ab a-dibus iiunc I). Pciri .^iargani et S. Salvalore in pensili usque ad »des D. Lu- 
dovic! Mattiiei, juxia Calcaranum, nam id loco nomen a coquenda caice inditum, ubi 
caput Circi. Latitude vero inter lurrem nunc Cetrangoli et apothecas obscuras. Fl'l- 
viLS, de Urbis anliquil. lib. IV, p. 263. 

IX. Eravi dopo il Circo Massimo il Circo Flaminio. Il quale dalla Piazz.a de' Mallei, 
corne oggi si dice, e dal fonte di Calcarara giraiido si stendeva per la contrada detla le 
botlegbe oscure, e faceva quasi il line vicino alla nuova strada Capilolina. Onde il Circo 
baveva le sue mosse. L'ultimo giro era alla piazza de' .Margani. I'irro Ligorio, Délie 
anlichitù di Roma, etc. p. 2, recto. 

X. 11 silo del Circo Flaminio era non mollo lontano dalle radici dcl Campidoglio : e 
come ancora si puo vcdere, cominciava dalla piazza de' Margani, e finiva appynto al 
fonte di Calcarara, abbraciando lutte le case de' Mallei, e stendevasi infino alla nuova 
via Capilolina, pigliando in tutlo quel giro moite allre case d'allre persone. Da queslo 
lalo de' Mallei il Circo pochi anni fa era in gran parte in piede, e allora ne presi la 
planta dalle minutie délie misure in fuori, che per non baver il Circo gli ullimi suoi 
finimenli non si potorono pigiiare. La parle più inlicra era appunlo dove è foiidala la 
casa di M. Ludovico î\lallei : il quale ha cavalo una gran parte de i foudamenli del Circo 
in quel luogo, e Irovatovi fra l'allre cose una tavola di marmo, in forma di fregio inla- 
gliala con putiini, che sopra carri fanno il gioco circense; e nella cantina Irovaronsi 
di molli teverlini, e viddesi alquanlo del canale per onde passava l'acqua : laquale an- 
cora adesso passa per casa d'un tintore di panni, e chiamasi percorrolto uso il fonte di 
Calcarara, forse per la calcina che qui>i si fa. 11 pavimenlo e suolo del Circo era di 
calcina e mattoni pesli, molto sodo e grosso, e lavorato di sopra d'alcune cose di mu- 
saico. Auguste (come dice Dione) condusse l'acqua in queslo Circo, il quella testa nella 
quale e vi fece ammazzare XXXVI coceodrilli, e seconde allri scriltori, allre fiere del 
Xilo d'altra specie. Pirro Ligûrio, délie Anlichità di Roma, etc. p. 17, verso. — Le 
plan que Ligorio elle dans cet extrait, existe en manuscrit, mais n'a jamais été publié. 
— N. B. Fulvius écrivait en 1543, et Pirro Ligorio en 1333. 

' Cur Circorum uni nomen est Flaminio? an quod, cum de priscis Romanis quidam Fla- 
minius Crhem agro donassct, ejus rcditibus usi svint ad er]uestria ccrlaniina .' thinique adimc 
supercssc'iil pecunl.T, vlaiii est ea straverant, quani ipsam quoque Flaminiam appellavcrunt. 
= ^ Post li;ec el aqua in Circum Flaminium est dcrivata, in caque crocodili sex ne iri^jeuta con- 
cis! suul. 



RÉGION IX.— CIRQUE FLAMINIUS. US 

XI. Le cirque Flaminius sVlcndail depuis la place de l'O/mo [Nolll, noiini; à Ca- 
linari, Letaiouilly, rion. VIII, 39] jusqu'au-delà de la j)lare Margana [Noili, n» yj/n ; 
Lelarouilly, rion. X, 5]. Dans le Mojon àt,'e on l'appela Castcllum aurcum, lu (llijlleau 
d'or. L'arc^ne servant aux rordiers |)Our faire dos cordes, fîmes en laiin, lit donner le 
nom de Funari à loule la ronirée, nom ((u'clle ri^tient enrorc, cl c'est par celte raison 
qu'on appelle Saiiite-C.alherine-des-Funari, l'église bâtie sur les ruines de ce monu- 
ment. PsiBBV, Itinéraire de Rome, l. II, p. 58. 

XII. Pour les détails relatifs aux diverses parties du Cirque, telles que les carci'res, 
les melœ, Vépine, etc. Voy. plus loin n" 24il ù l'article Cirque Maxime; nous y avons 
traité de ces dispositions, qui étaient communes à tous les cirques romains. 

164. Temple de Diane. Devant le Cirque, du côté des Carcères. Il fut dédié 
l'an 573, par le censeur M. yEiiiilius, qui l'avait voué huit ans auparavant. 

I. Aller ex censoribus M. yEmilius peliit ab senatu [an. 573] ut sibi dedicationis 
lemplorum Reginœ Junonis et Dianœ, quœ bcllo Ligustino ante annis octo vovisset,... 
decerneretur... Dedicavit cas aedes, utramque in Circo Flaminio. Tit.-Liv. XL, 52. 

II. Faute d'indication plus précise, nous avons mis ce temple derant le Cirque, car 
in Circo Flaminio signifie dans le quartier du Cirque Flaminius. 

463. Temple de Junox-Reine. A cûté du précédent dont probablement il 
était voisin. Il fut voué l'an 565 par le consul iEmilius, et dédié huit ans 
après. 

l. Pr.xlio ullimo quo cum Liguribus signis collatis conflixit .^milius, œdem Junoni 
Reginae vovit. Tit.-Liv. XXXIX, 2. 

H. IVN. REG. AD ciR. FLAM. OUELLI, Inscrtpt. lai, n" 35. 

III. In circo Flaminio porlicus inler a?dem Junonis Reginœ, et Fortunée tacta, et circa 
œdiTicia pleraque dissipata. Obseû- 75 [an. 598]. 

166. Temple de Brutus-Callaïque, ou de Mars. Auprès du Cirque Flami- 
nius ; on ne sait rien de plus sur sa position. Ce temple est du conunencenient 
(lu septième siècle ; il fut bâti par Décimus Brutus à la suite d'une campagne 
qu'il lit en 614 contre les Gall-.eci, peuples d'Espagne. Il devait être grand, 
puisqu'il renfermait une statue colossale de Mars, dieu auquel il était consacré. 

l. Templum Bruti Callaici. Sext. Rlf. de Reg. urb. Romœ, IX. 
n. Templum Druti Callaici. 

Villa publica. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, IX. 

III. Nunc vero, pra>ter supra dicta, Mars est eliam sedens colosseus ejusdem 

[Scopœ], in templo Bruti Callaici, apud Circum eumdem [Flaminium]. Plin. XXXVI, 5. 

IV. Sed Mavors templo vicinus, el accola Campi. 

Ov. ad Liv. consol. v. 231. 

V. Dion parlant des prodiges qui suivirent la défaite de Varus, l'an 763, dit : o, tî 
yv.p Toô Apîoiç vas, b iv tôj tis'Au ujtov 6i-j, t/.îf,y.Dy'j,6i). Dion. LVI, 24 l. 

VI. Decimus Junius Brulus in ulteriore Hispania féliciter adversus Gallœcos pugna- 
vit. TiT.-Liv, Epito. LVI. 

VU. Tum sibi Callaico Brulus cognomen in hoste 

Fecit, el Hispanam sanguine tinxit humum. 

Ov. Fast. VI, V. 461-462. 

167. Delubrum et temple de Jupiter-Stator. Nous avons dit plus haut 
[n" 1 0] ce que c'est qu'un Delubrum. Celui-ci était décoré de statues et de 
colonnes surmontées de statues dorées. Il existait déjà, ainsi que le temple au 
commencement du septième siècle. Emplacement vague ; nous mettons ce tem- 
ple ici par conjecture. 

L lOVI STATOR 

IVN. REG. AD cm. FLAM. 

ORELLI, Inscripl. lai. n" 55. 



* Kioiiim templum Mariis, in Cunpo M.irtio, fulmine tactum fueral. 
I. 



414 



DESCRIPTION DE ROME. 



II, Turhinis vi in Campo rolumiia aiilc a>(k'm Jo\is derussa, rurti signo aurato. 
Obseq. 77 [an. 602]. 

168. Villa Publica. Presmie au bas de rextrémilé septentrionale du mont 
Capitolin, à dr(titc et îi côté du Ciniuc Flaminius, on trouvait la Villa publica 
réunion de Ijàtiuicnts dont une partie servait à passer la revue du peuple, et 
une autre parli*^ (Vhospitium i)our recevoir et loger les ambassadeurs étran- 
gers envoyés à Uonie. Cet éditice avait un étage : le bas présentait une suite 
d'arcades reposant sur des colonnes, et le haut des galeries en colonnades. 
La Villa publiai était très-ancienne ; elle fut dédié Tan 320 par les censeurs 
Furius Pacilus et M. Geganius Macerinus, restaurée et agrandie l'an .'i.'jS. Elle 
était grande, car Sylla fit massacrer dans sou enceinte au moins 4,000 
hommes. 

I. Villa Publioa. Sext. Rcf. de Iteg. urb. Jinmo', IX. 

II. Villa Publica, ubi primum populi census aclus est in Campo Marlio. P. VicT. de 
Reg. urb. Romœ,\X. 

III. Eo anno [320] C. Furius Pacilus, et M. Geganius Macerinus, censores, Villain 
publiram in Campo Marlio probavorunt. Tit.-Liv. IV, 22. 

IV. « Dum (liribentur, inquil, sulTragia, vis polius Villœ publicœ ulamur umbra. » 

Ha;c [Villa] communis universi populi;... (|uo succédant a Campo cives elrcliqui 

omncs;... ad rempublicam aiimiiiistraiidam liœc sil ulilis, etc. Vahk. H. 15. III, 2. 

V. Varron parlant de la fin des comices dont il vient d\Hre question dans le § pré- 
cédent, dit : « Al slrepilus a dexlra, et cccum recla candidalus noster designatus a-dilis. 
Cui nos occurrimus, et gralulaii in Capilolium prosequimur, ille inde eundo suam do- 
mum, nos noslram. Varr. R. 11. 111, t7. 

VI. Cartliafiniensium legalos... Q. Fulvius Gillo... Romam adduxit; quibus vetilis 
in^redi Urbcm, hospilium in Villa publica, scnalus ad œdem Bellonœ dalus est. Tit.- 
Lw. XXX, 21 [an. 549]. 

VII. Brevi post legali et a T. Quinlio et ab rege venerunt. Macedones deducti extra 
Urbem in Villam publicam, ibique iis locus et lolia praibita : et ad œdem Bellonae sc- 
nalus est habitas. Tit.-Liv. XXXllI, 24 [an. 555]. 

VIII. Creali censores Sex. ^lius Pa>tus, et C. Cornélius Celhegus.... Atrium li- 
bertatis, et Villa publica ab eisdem refecta amplificataque. Tit.-Liv. XXXI V, /ri 
[an. 558]. 

IX. Quatuor millia deditorum inermium civium in Villa publica inlerfîci jussit 
[Syila]. Klor. III, 21. 

X. Quatuor legiones contrariée partis, fidem suam secutas, in publica Villa, quœ in 
Marlio Campo erat, nequicquam fallacis dexlrre niisericordiam implorantes, oblruncari 
jussit. V. Max. IX, 2. 1. — Je crois que les copistes ont mis ici 4 légions, qui auraient 
fait 24,000 hommes, au lieu de 4,000 hommes. Je pense aussi avec Juste-Lipsc que 
quœ in Campo Martio eral est une glose qui, de la marge aura passé dans le texte, 
car Valére-Maxime, qui vivait du temps de Tibère, ne mourut que longtemps après 
ce prince. 

XI. Tune ilos Hesperiœ, Latii jam sola Juventus 
Concidit, et miserae maculavil Ovilia Romae. 

Ll'can. 11, V. 196-197. 
— Dans le passage d'oiJ sont extraits ces deux vers, il est question des proscriptions 
de Sylla, et Lucain fait ici allusion au massacre commis dans la Villa publica. 

XII. Fabbricandosi il Palazzo Allieri, solto Clémente X, fu, nel cavare i fondamenli, 
Irovata una gran muraglia, che si vedeva essereappartenutaa qualche grande edifirio, 

che io dubito polcssc essere la Villa publica, essendovisi tro- 
vale délie stanze dipinle, e un bassorilievo di marmo. Ve.nuti, 
Âniichilà di Roma, part. II, c. 3. 

XIII. Iconographie. D'après les textes ci-dessus, nous con- 
jecturons, avec plusieurs antiquaires , que la Villa publica 
est représentée sur un fragment du plan de marbre où sont 
gra\és aussi les Sepla Jitlia [Voy. no 177, § Yl]. — La Villa 
publica se trouve figurée en élévation sur le revers d'un 
denier d'argent de T. Didius, dont nous donnons ici la copie. 
Voy. Thesaur. Morell, {ixmi\. Didia, 2, 5 ; famil. Fonteia. 5. 




RÉGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. H5 

Voy. aussi Vaillant, f;miil. rom. Didia, h ; Fonleia, 1. niiiius nvnit K.i<;n6 le litre 
iVimperatnr en Espagne ou en lllyiie. 11 restaura la Villa publica, et fut lue l'an 604, 
pciidanl la gucne sociale. 

169. Jardins ET Etang d'AoRippA. — Ateliers de Sculpteurs. Les JaivJins 
étaient à peu près au milieu du Chanip-de-Mars. Nous les avons indicjués 
d'après les dispositions générales de ces lieux de plaisance. V Etang, situé au 
midi des jardins, dont il faisait partie, fut autrefois le fameux Marais de la 
Chèvre, où Roniulus disparut. Un canal, appelé Euripe, se détachait de l'É- 
tang et s'avançait dans les jardins vers la maison d'habitation qui s'y trouvait. 
— Sur la lisière septentrionale des Jardins il y avait des Alelicrs de sculpteurs, 

I. Horli et ïliermœ Agrippœ. Se.vt. Rlf. de Reg. urb. Romœ, IX. 

II. Kat TOT: yoûv x/j-îi/, tî apt'jf xxl TS /35«),avîÎ3v TÔ inc^v'jy.ov a'jzoXi KXzéliTH-J, '"iizs 
TzpovAx xjToùi IoÛ'jOxi. Dion. LIV, 29 *. 

III. In stagne Agrippœ fabricalus est ratem, et, postquam lenebrae inccdebant, 

quantum juxta nemoris, consonare cantu, et luminibus claresccre. Tac. Ann. 

XV, 57. 

IV. EvTaû5îv i iJ.vzri'ii-j/.v' Ay/îtTïTra; riv ttîtttwxstk \éo-Ji'x XusItîtzo'j Ëpyov c>yzOr,/.e 
5 £v zô) iû.'j-i T'j iJ.z.-yX'J Tvîî yi'J.-.'T,; /.XI Toû Ejpijiou. Strab. XII, p. 590 2. 

V. Sur l'Etang d' Agrippa et l'Euripe. Voy. plus bas n» 196, § XIV, Champ-de-Mars 
et Champ Tibcrin. 

VI. Nardini [Roma antica, VI, i, p. 58] et Brocchi [Suolo di Roma, p. 19] conjec- 
turent que l'Etang d'Agrippa était le reste du célèbre Marais de la Chèvre, près du- 
quel Uomulus fui enlevé au ciel, ou plutôt assassiné. 

VII. Ateliers de sculpteurs. Nous conjecturons qu'Agrippa, qui décora et restaura 
tant de monuments publics avait, sur l'un des côtés de ses jardins, des ateliers particu- 
liers où il faisait constamment travailler pour lui des esclaves artistes. — .Ne' lempi di 
Giulio m, Ira la chiesa délia Madonna délia Pace, e S. Maria dell' Anima [NoUi, n»600; 
Letarouilly, rion. V, 41], \i furono cavati alcuni pezzi di colonne d'Africano et di Porta 

santa lo credo che da quesla parte abilassero e lavorassero molli scultori, poichè 

neir aprirsi la nuova slrada al fianco délia Chiesa Nuova vi furono trovate statue, 
teste non finile, ed allre abbozale, marmi, divers! ferramenli da scultori, e scaglie, il 
che dimoslrava che vi fossero loro botteghe per la quantila grande che ve n' erano. 
Venuti, Anlichità di Roma, part. II, c. 5. 

170. Bois de Mars. — Au-dessous : Autel de la Paix. Le Bois était sur la 
rive orientale de l'Étang d'Agrippa [n° 169]; l'Autel, qui fut érigé l'an 740 
en l'honneur d'Auguste, s'élevait au-dessous du Bois. Positions conjecturées. 

I. Lucus Mavorlianus. Sext. Rcf. de Reg. urb. Romœ, IX. 

II. Ex s. c. ft. E. D. ara pacis avgvsti in camp. mar. constitvta est kerone et varo 
coss. OIIELLI, Inscript, lat. t. II, p. 394. 

171. Bains d'Agrippa. Au-dessous des Jardins d'Agrippa et derrière le 
Panthéon [n" 180]. Ils furent probablement construits vers l'an 722, pendant 
l'édilité d'Agrippa, époque à laquelle il amena l'eau de la Virgo à Rome, au 
moyen d'un aqueduc qui aboutissait dans le Champ-de-Mars [Voy. plus 
bas, n" 178]. Dion Cassius dit qu'Agrippa établit un bain de vapeur, 
sudutorium laconicum, en 729 ; il faut prendre cette assertion strictement à la 
lettre, c'est-à-dire qu'il ne faut pas croire que Dion entende parler de la 
construction des bains en général, mais d'une étuve ajoutée aux bains déjà 
existants. En effet, du temps d'Agrippa l'usage des bains de vapeur était peu 
répandu, et on n'avait pas encore commencé à appeler les bains des Thermes. 



*■ Moriens [Agrippa, an. 742] populo Hortos et Balneum a se denominatum lejjavit, ut gra- 
tis lavarenlur. = * C'est de Lampsaque qu'Agrippa a fait transporter le lion renversé, ouvrage 
de Lysippe, qu'il a placé dans le Bois sacré, entre l'Étang et l'Euripe. P. 157, de lu trad. 



lie DESCRIPTION DE ROME. 

Le vaste édifice des Bains d'Agrippa renfermait des salles pour les lotions à 
toutes les températures, bain froid, bain tii-de, bain chaud, bain de vapeur. Il 
y avait en outre des cours entourées de p()rti(ju('s, où, suivant l'usage, les bai- 
gneurs pouvaient prendre le plaisir de la promenade ou jouer à la paume 
après s'être lavés. L'an 742, Agrippa légua ces bains au peuple. 

I. Thernuc Agrippoc. 

Templum Boni evenlus. P. ViCT. de Reg. urb. Rom. IX. 

II. TouTO 6é, TÔ y-jr^ioL-TYiiiiov tô Aa/.wvwo'.' xaT£5Z:i/aoî. Aa/.wvw^v yy.p tÔ y'jfj.-JÙ'Jio-J, 
èr^uoriTiSp 01 Ky./.-o-xi.jjà.noiyuiJ.\jo'j<:l)Mrz iv tw tôtî yj^à-^^ za2 ^t-a às/.îlv /iô//ov ^5s- 
X5UV, i7r-xK>£5£. Dion. LUI, 27 1. 

III. In ihermarum calidissima parle, marmoribus incluserat [Agrippa] parvas label- 
las. PuN. XXXV, /». 

IV. Sur le legs des Rains fait au peuple par Agrippa, voy. n» 1G9, § II. 

V. Sur le voisinage des Bains dWgrippa et du Panthéon, voy. n» 47, g 111. 

VI. I>lurima ex omnibus signa fecil [Lysippus],... interquae destringcnlem'se, quem 
Marcus Agrippa anle Tliermas suas dicavit, mire gratum Tiberio principi : qui non qui- 
vit lemperare sibi in eo, quamquam impcriosussui inter initia prineipalus, Iranstulitquo 
in eubiculum, alio ibi signo substiluto : quum quidem tanta populi romani contumacia 
fuit, ut magnis theatri clamoribusreponi Apoxyomenon flagitaverit, princepsque quam- 
quam adamatum, reposuerit. Plin. XXXIV, 8. 

VII. Iconographie. Notre restauration est tracée en partie d'aprôs Palladio. — Sur 
la position et les ruines des Bains d'Agrippa, Voy. Piraiiesi, Campo Marzio, tav. IF, 
Iconografia etc. nos 21, 22, et tav. XXIV. 

172. Temple et Jardins d'Isis. — Devant le Temple: Statues colossales 
DU Nil et du Tibre, et Obélisque. Le temple est au-dessous des Bains d'A- 
grippa [n" 171], à gauche de l'entrée. Son édiflcation fut décrétée l'an 711 
par les triumvirs. Il s'élève au milieu d'une cour entourée de portiques^ et au 
fond de laquelle sont des logements pour les prêtres. Derrière ces chambres 
on trouve des Jm-dins qui communiquent avec les Bains d'Agrippa. On arrive 
à la cour du temple, du côté de la place des Septa Julia, par quelques degrés dont 
les côtés sont ornés de deux superbes statues colossales en marbre blanc, re- 
présentant l'une le Tibre, et l'autre le Nil, à derai-couchés, appuyés le pre- 
mier sur une Louve allaitant Romulus et Rémus, le second sur un Sphinx, et 
chacun tenant du bras qu'ils ont de libre une corne d'abondance chargée de 
fruits. Sur la place, vis-à-vis de l'entrée du temple, est un Obélisque eu granit 
rose, haut de 1 6 à 17 pieds environ. 

I. Isium seu Isaeum. 
Serapaeum. 
Minervium. 

Minerva Chalcidica. P. Vict. de Reg. url. Romœ, IX. 

II. Sur le voisinage du temple d'Isis, de tous les monuments qui l'entourent, voyez 
plus haut n» 47, § III.j 

III. 'làv ,(/.îv oùv è'Jia.vzh-j ixslvov zaxnx re «i'-Wj èi:or/jzccj, xxi vîwv tw tî ^xpà.TriGt 
y.a.1 T/j hiât ^i/;ptîavTO. DiON. XL VII, 15 '. 

IV. Ut spargat in œde 

Isidis, antiquo quae proxima surgit Ovill. 

Juv. S. 6, v. 328, 529. 
— In Martio Campo templum Isidis vetuslum. Vet. Schol. Jn Juv. loc. cit. 
' V. Neu fuge iinigerœ iMemphitica lempla juvencœ. 

Wultas illa facit, quod fuit ipsa Jovi. 

Ov. Art. am. I, 77, 78. 



' Agrippa sudatorium Lacoiiiciiin fecit [an. 729]. Laconiciini autem vocavit id Gymnasiuni, 
quoniam Lacones tum nudari corpora, et inuujji oleo (irsecipuc videbanlur. = - Haec igilur 
eo anno [711] gessçnuU, ac prartcroa teniptiim Serapidis Isidique decreverunt flriumvirij. 



RÉGION IX.— CIRQUE FLAMlNllJS. 117 

VI Jamque exspectalur in hortis, 

Âut apud Isiacae polius sacraria lense. 

Juv. S. 6, V. 488, 489. 
— Apud tomplum Isidis lenœ concilialricis : quia in liorlis lemplorum adulleria com- 
nilltunlur. Vet. Schol. In Juv. loc cit. 

VII. Kcà Inrb roùç xùtoùç ypô-Jcvi ezspôv ti ^sivhv i')of,i/Sîi toÙî lououio'Ji, xaï nspi zb 

ïîph'j T/;; l7£o"oj tÔ ^v Pù/j.yi Tifo/X-tç où'jyjj'jôiv oùy. v.T:rlÙ,xy;JVJa.t ci/fzu-/yo'.vo\i<jt Kai b 

'ïiSipiOi Tov Te vaèv y.aôîi),;, xxt TÔ KyaA/ysc TÔî lît^oj Etç tÔv ©ùg.îjv izoza.ij.ov 

ixil-w^zv iy.Ç'xlsX'j. Joseph. Anliq. Jud. XVIIl, 3, § 4 i, édit. Dindorf. Col événement 
est de l'an 775 ; mais on voit, dans le § suivant, que le temple d'isis fut réédifié. 

VIII. Tsû oï GzpxziùiziKoli îravTÔ,- è'zi vij/.zup v.'xzv. Hyouç /.ai zà.^tii unb zoli yi-/î[j.ôii 
■npoz^oiâzVKÔroi, xal Tzspl Oùpaç ovtoç, où twv «vw ySaïiXîtOJV, «/Xi TrIrrAov zoli zra Itjcioç 
iîpoû' ixsi yàp ù.vt~cdiO-^zo zvji vuxzhi éxcîvv;; oc xùzoxpùzopii' Tzsp'i aùzi^J àpy/j^xé-j-rp -/jo-/] 
TV/V i'jj, -npoîwyiv OùsG-XGixvhi xcà T'izoî, ^ifj-/) //kv a-s-jc(:io>p.-:voi, Tcoptpupxi â' èridrizciç 
T.y.zpio'ji àixT.syôp.vjoi, za'i Tzot.pc'tv.'si-j di zoùi O/.zxout'iXî Tzspnrckzooç èvzcôJOx... Joseph. 
de Bell. Jud. VU, 5, g 4 2, édit. Uudsnn. 

IX. Neir anno 1719, cavandosi per li fondamenli dclla biblioteca Casanalense, si 
trovù un' ara di marmo bianco, in un fianco délia quale vi era scolpito in bassorilievo 
Anubi, in altro Arpocrate, in altro degli strumenti da sacrificio, e nel quarto una cista 
con un serpe attorgliato. Ficoroni, Nolizie di antichilà, n° 17.— La bibliothèque Casa- 
nalense fait partie du couvent de la Minerve [XoUi, n» 844 ; Lelarouilly, rion. IX, 8]. On 
se rappelle qu'Harpocrate était fils d'Osiris et d'isis. L'autel dont parle Ficoroni est 
gravé dans le Musée Capitolin, t. IV, tav. 10. 

X. Reg. II. S. Marcello. [NoUi, n» 286 ; Lelarouilly, rion. II, 59.] Lungo la via del 
Corso, incontro il palazzo Simonelti esiste in una piccola piazza questa chiesa... Narrasi 
che ivi prossimo fosse un vico e lempio à'Iside exorala, Welciiiorri, Guida melodica 
di Roma, part. 2, p. 319. 

XI. Iconographie. — Statues colossales du Tibre et du Nil. Nel mezzo del giardi- 
netto di Belvédère a S. Pietro, si veggono due simulacri di fiumi antichi bellissimi. Sta 
riascuno di loro coricato sopra la sua base, et si riguardano l'uno l'altro. Uno di essi é 
il siniulacro del Tevere, e giace col lianco dritio appogiato sopra una lupa, che ha i 
due bambini ad petto, i quali pare, che giuochino colle mamelle; ed a solto il braccio 
dilto il cornucopia pieno di frutti e Hori. L'altro é il simularro del Nilo liume dell' 
Kgitto, che giace col fianco sinistro sopra una sfinge, animale peculiare dell' Egillo ; e 
colla mano manca tiene il cornucopia, e gli sono d'ogn' intorno sopra 16 pulli del 
marmo stesso. Nella sua base, che è del medesimo marmo, si vedono scolpili cocco- 
drilli, barchette, e varie sorti di animali dell' Egilto, che nel Nilo stesso nascono. Queslo 
simulacre del Nilo e l'altro, fu, non é gran tempo, rilrovalo presso S. Stefano, cogno- 
niinato del Cacco [Xolli, n» 860; Lelarouilly, rion. IX, 24]. Aldroandi, Memorie, n» 8. 
— [Imprimés en 1356]. 

XII. Nella via accanto la Minerva, che va ail' Arco di Camigliano, sentii dire a mio 
padre, che il Tevere et il Nilo di Belvédère furono Irovati denlro una casa, nella qualc 
vi èdipinto ilNilo^. Flam. Vacca, Memorie, n° 26. [Imprimés en 1594.] 

Dietro alla suddetta casa vi è la chiesa di S. Stefano del Cacco. Questo nome dériva 
da due leoni di basalte, pielra di Numidia di color negro, quali mi ricordo stare inanzi 
alla suddetta chiesa ; ed al lempo di Pielro IV furono trasporlati in Campidoglio, e fu- 
rono messi per ornamenlo al principio délie scale faite a cordone, che conducono so- 
pra la piazza ; e pochi anni sono fu cavato solto delta chiesa, e fu scoperto parte di un 



' (;irca cadcm tempora etiam mali t|uiitdani aliud Juda^os perlurbavit, Romseque accidit ut 
in faao Isidis res agerentur ciiin turpiludine conjunclas... Alque Tiberius... lemplum evertit, 
et Isidis snnulacruin in Tiberim (hiviiim demcrgi jussil. := - Cum autem militus omiics, diini 
adluic nox esset, per turmas atque ordines progressi fuissent sub ducloribus suis, et eirca ja- 
iiiias constitisscnt, non Palalii supeiioiis, sed prope Isidis templum (ibi enim imperatores noctu 
ill.i qiiiescelianl) cuin j.un primo dilusccsccret foras piodeunt Vespasiiiiuis et Titus, lauro qui- 
dem coronati, amicti vero patri.i veste purpurea, et ad Oclaviae ambulacia progredinniiir. = 
5 Ces deux statues, l'une et l'aiure en marbre blanc, et j;ravées dans le .Viistr Pio Clcnicntiun, 
t. ], lav. XXXVIll et XXXIX, existent encore : le Nil est dans la nouvelle galerie du Musée du 
Vatican, le Tibre est à Paris au Musée du Louvre. On en voit deux belles copies en mari re blanc 
dans le jardin des Tuileries, du coté occidental du grand bassin. 



il8 DESCRIPTION DE ROME. 

tnmpio, clie anrora vi crano le colonne in pierli dj marmo giallo, ma qaando le cavarono 
and.iiono in pczzi, tanto orano abbruciale. Ibid. n" 27. 

XIII. Obélisque. Non ml pare di doverlasriar in dielro ora un obeiisco rlie si vedo 
in Roma, se bene minore delli sopradetli : nondimcno mollo famoso per l'indizio r he 
csso dà i luo};hl virini nominandosi la f'.uslia di S. .Maulo, innanzi alla cui cliiesa (t 
diriz/nla. Vogliono alcuni, rome anrhe dimostro l'islesso luogo nel quale ora (|uesl' 
obeiisco si ritroveva, che euli fosse anticamente dirizzalo in su la piazza innanzi al lem- 
pio délia dea Minerva. Ma é d'avertire che (come a i nosiri tempi lo vepgiamo cosi 
sconciamenlc dirizzatto sopra alcune piètre, non è tudo l'Obelisco, ma solamenlc la 
maggior parle di esso, e (luivi apprcsso si veggono li pezzi rotti, uno murale nella ean- 
tonala d'una casa, lungo (come a me pare) dieci palmi incirca, e se ne vede anco un 
altro pezzo minore apprcsso la cliiesa del collegio nuovo de' gesuiti : di maniera che, 
se fossero uniii qucsii pczzi insieme, sarebbe il fusto di quesl' Obeiisco lungo jiiii di 
quaranta cinque palmi. Mercati, Degli obelischi di Roma, c. 29. [Publié en 1.589. J 

XIV. Dinanzi a S. Maulo si vede un obeiisco anlico di pielre mischia rossicia, ma 
non mollo grande: c vi sono dcscrille Icllcre egizie, cioè figure d'animali, che a queslo 
modo quelle genli anlicamcnte scrivevano. Un allro obeiisco simile si vede sicso in 
terra presse la porla dclla cliiesa délia Minerva, che fu riirovalo solle terra pochi anni 
addielro denlre quella casella, presso laquale si vedestare. Aldroandi, Memorie, n0 37. 

XV. Dielre a quesla cliiesa [délia Minerva] sulla porta picciola, ch'è presso l'altar 
maggiore, si vede in terra un obeiisco picciolo anlico simile a quelle ch'è presso S. 
Waulo. Lrcio mauro, Antich. di Roma. 

— L'église de la Minerve bâtie auprès de notre Minervium [n» 175], a sa façade 
tournée vers le Panthéon , par conséquent l'obélisque fut trouvé auprès de notre 
temple de Sérapis [n» 173]. Ces deux obélisques dont parlent Maure et Aldroandi, exis- 
tent encore dans le même quartier: l'un est sur l'éléphant de la place de la Minerve, 
et l'autre sur la fontaine de la place du Panthéon. 

— Alessandro VII, per ornare la piazza di Santa Maria sepra Minerva, nel MPCLX.KII, 
col disegno del menlovato Bcrnino, pose sul dorso d'un elcfanle un piccolo obeiisco, non 
cssendo alto che palmi XXIV, trovalo negli orli del prossimo convento, ove credono che 
fosse anticamente l'iseo. Bandim, dell' Obeiisco di Cesare Augusto, prief., p. XIII. 

XVI. Neir orto dulla Minerva, fu cavato in tempo di Clemenle X, la guglia 

la quale fu collocala nella piazza; come anche una statua di Iside di selce egizie. San. 
Bartoli, 3/emor/e, n" 112. 



dfoite de l'entrée des Bains d' Agrippa [n° 171], en parallèle du temple d'I 
[n" 172]. Comme ce dernier, il avait été construit vers l'an 711 par ordre ( 



ITS. Temple de Sérapis. — Devant : Obélisque, et Statues de lions. A 

'Isis 
des 
triumvirs. Devant est un Obélisque de granit rose, haut de 1 8 pieds environ, 
et à l'entrée les Statues de deux lions couchés. 

I. Sur la position et l'époque de l'édification du temple, voy. ci-dessus, n^ 172, 
§1, II, m. 

II. L'obélisque est celui qui fut retrouvé devant S. Maulo. [Voy. ci-dessus, n" 172, 
§ XIV. — Gregorio XIII, per pubblico ornamento e commode avende faite costruire nel 
mezzo délia piazza délia Rolonda una bella copiosa fonlana, Clémente XI nel MDCCXI 
fece collocare sopra di essa l'obelisco dette dal luogo ove slava di S. Maulo. Ba.ndixi, 
deir Obeiisco di Cesare Augusto, prœf. p. XIII. 

/."j-~^^ --. III. Iconographie. — Pour tracer ce temple dont il ne reste aucun 

\:'4 Y''^ \ vestige, nous nous sommes inspiré du fragment ci-contre, emprunté au 

Vi^^r—^ grand plan de marbre, et qui se trouve aussi gravé dans Bellori, Icono- 

graphia veleris liomœ, tab. XVI. 

IV. Sur l'obélisque et les statues des deux lions, voy. ci-dessas, n» 172, g XII, XIV. 

1 74. Temple de jVIixerve CHALcroiQUE. Auprès du temple de Sérapis [n° 1 73] . 
Le temple de Minerve chalcidique était un édifice du temps d'Auguste ; il fut 
bâti en 724. Le porticpie en forme d'atrium, qui le précède, est la chalcidique. 

I. Sur la position du Temiile de Minerve chalcidique, voy. ci-dessus, n« 172, g I. 

II. Sur la dédicace du temple, par Auguste, >ey. n" 122. § XVIII. 

III. Iconographie. On a beaucoup discuté pour savoir ce que c'était qu'une chalci- 
dique. On n'a rien dit de satisfaisant jusqu'à Bechi, antiquaire moderne qui conjecture 



RÉGION IX. — CIftQUE I LAMINIUS. 119 

que c'était une espèce de vestibule couvert : — Il calcidico altro non era che una spccio 
di lato tclto sostenulo da piu pilaslri, Il quale allorquando crigcvasi avanti la porta di 
un edifizio o pubblico, o privalo riic fosse, a pompa cd ulilità insienu; servendo, ne ab- 
belliva, e ne componeva in pii'i bella forma la facciala, e veniva a formarrio l'iniçresso 
csteriore. Bechi, ciel Calcidico cl délia Cripla di Eumachia, tav. VI et IV, p. 23 ; et 
dans OiiELi.1, Inscript, latin, n» 3291. 

IV. Fuit et lemplum Minorva? Chalridiraî, cujus adhuc exslant vcstigia in proximo Cœ- 
nobio fratrum S. Maria; supra Minervam [Nolli, n" 844; Lctarouilly, rion. IX, 8], unde 
cognomentum locus sorlilus est. Exstant autcm undique ejus templi i)arieles quadratic 
oblong.T formœ, sine tecto. Erat enim tcmplum non magnum, tcstudinatum, incrusla- 
tum, multisiiue ornamenlis decoralum. Visitur adhuc ejus forma in hortis fratrum 
pnedicalorum S. Dominici, per multos hartenus annos incullum ac deformalum , et 
nulli rerum usui serviens, nisi immunditiis. FuLVius, de Urbis antiq. lib. V, p. 336. 
[Imprimé en 1545.] 

175. MiNERviUM OU Temple de Minerve. Sur la place des Septa Julia, à la 
suite (lu temple de Minerve Chalcidique [n° 174]. 11 avait été bâti par Pom- 
pée, et dédié l'an 693. Sa forme était celle d'un carré oblong. 

I. Sur le voisinage du temple de Minerve et de celui de Sérapis, voy. ci-dessus, 
n" 172, g I. 

H. Hos ergo honores Urbi tribuit [Pompeius] in Delubro Minervœ, quod ex manubiis 
dicabat. Plin. VII, 26. — Nous conjecturons la date de la dédicace du temple de ce 
qu'elle fut faite à peu prés à l'époque du triomphe de Pompée, qui eut lieu sous le 
consulat de M. Pison et de M. Messala, répondant à l'an 693. Voy. Plin. Ibid. 

III. JEAis Minervœ portio conspicitur, ubi nunc domus est prœdicatorum, unde et loco 
Minervai est inditum nomcn. [Nolli, n" 844 ; Lctarouilly, rion, IX, 8.] Juxia eam por- 
ticus ingens ruderibus oppressa, quam nunc ad saxa in usum calcis perquirenda effossa 
humo, multis prostratis ad terram columnis, conspexi. Poggii de fort, variet. urbis 
liumcp. 

IV. Non procul a Pantheo Minerva suum habuit templum , quod occupant hodie 
Doniinicani, rclento nomine antiquo : vocatur enim S. Maria dclla Minerva... Ruina; 
adhuc exstant satis amplœ in hortis monasterii. Boissard. Topogr. liomœ, dies tertius, 
p. 79. 

V. Iconographie. — Nell' orto délia Minerva vi futrovata la statua dell' istessa deità, 
la quale oggi si ritrova nel palazzo de' Giustiniani. [Galleria Giuslin.l. I, tav. 3.] Sa.n. 
Bartoli, Memorie, n» 112. 

176. Temple de Jcturne. Auprès du Minervium [n" 173], du château de 
l'aqueduc de la Virgo [n° 178], et du temple de Neptune, au Portique des Ar- 
gonautes [n" 179]. Ce temple fut bâti par Lutatius Catulus, le même qui, l'an 
675, dédia le Capitole réédifié par Sylla. 

I. JEdes Neptuni. 

yEdes Juturnœ ad aquam Virgineam. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ IX. 
II jEdes Juturnai ad aquam Virgineam. P. Vict. Ibid. 

III. Te quoque lux eadem Turni soror rode recepi 

Hic ubi virginea Campus obitur aqua. 

Ov. Fasl. I, v. 465, 464. 

IV. Cui [Juturnaîj Lutatius Catulus primus templum in Campo Martis fecit, nam et 
Juturnas ferlas célébrant, qui arlificium aqua exercent, quem diem festum Juturnalia 
dicunt. Serv. in JEneid. XII, v. 139. 

177. Septa Julia. Ce monument était un long portique composé sur ses 
faces d'une suite d'arcades reposant sur des piliers carrés, et ayant à l'inté- 
rieur un grand nombre de semblables piliers supportant une suite de votâtes 
légères. Il avait environ 450 mètres de long sur 59 à 60 de large. Les Sepla 
Julia servaient aux assemblées du peuple, et particulièrement aux comices 
par tribus. Us furent commencés dans les dernières années du septième 
siècle par Lépide, le triumvir, et terminés par Agrippa, qui les orna de mar- 
bres et de peintures, et les dédia l'an 728. Ils étaient auprès de la Villa pu- 



120 



DESCRIPTION DE ROME. 



blica [n" 168J, le long de la voie Lata. Sur la face du moiiunienl opposée à 
cette voie il y avait une place spacieuse. 

I. Sur la position des Scpla Julia près de la Villa piiblira, voy. ci-dessus, n" 168, 

S IV. 

II. In Campo Mailio Sepla tribulis coiniliis maimorea sumus et Iccta facluri. Eaque 
cinpemus exrcisa porlicu ; ul mille passuum conficialur. Simul adjungelur liuic operi 
Villa eliam publica. Cic. ad Atlic. IV, 16. [An. 699.] 

III. TSIzzy. oï or, tovto kJto, t; t5 oyCocu 'j'jj t'Jj 'ï'jJjpoi rw 2raTt).tw uni.rtWJt, /.v.\ b 
À'y^t7:~«5 TV. iîûrà wvî//.xc;//£va y.oi.Otéf>'j>'Jz:>. hoô'J //.sv yy.p oj(}î;j.ix:> £;rti/3i/cî.5î£v y~î- 
CyrSTO' rullTOL oï i'J TÔ) K/izt'j) T zSi'j> 'JTO'Ai TlifJl^ ■JlC'i TO~J \î~iooD TCf/o^ ~v.; ^tAîTiy.'y.i v.r.- 
'/'Aipi'^ia.i tsM/w/.oSoiJ.riii.i.i'J., /mi tÙsvX^ y.iOi-^ati /.cà ^'■iyf>7.yr,//.u.'ji,i i~î/.iî//.v;jîy, liii'j.i'Jt. 
6CJTK «Tri To'j \JyoJ'j-oj TTp'jGy.yiprjny.^. Dion. LUI, 23 *. 

rv. Arrus Virf;inis initium habenl subhorlis Lucilianis [ou mieux : Lucullianis] ; fini- 
unlur in Campo Marlio, secundum fionlem Seplorum Front, de Àquœd. 22. 

V. Sepla piopiie sunl loca iii Campo Maitio iriclusa labulalis, in quibus slans popu- 
lus ronianus sufTiagia ferre consucverat. Sed quoniam hœc Septa similia sunl ovilibus, 
duo hepc invieem pro se ponunlur. Serv. in Virçj. Erjlo. 1, v. 34. 

VI. Iconographie. La figure ci-dessous, copiée d'un fragment du plan de marbre, 
reproduit le plan Aç% Sepla Julia; un reste d'inscription l'indique i)ositivement. La 
partie supérieure de celte figure se rapporte à la Villa publica, dont nous avons parlé 
prccédemmeul. Voy. aussi Bellori, Iconograph. vet. Runnr, lab. X, XVI. 



Êà^ 




Vil. Andréas Buffalinus hujus œdificii [Seplorum] reliquias agnoscil ad viam Latam, 
in subsiructionibus aedium Aldobrandinarum ; eliam super totidem pilis ex liburlmo la- 
pide a-des ipsœ constructœ sunt e fundamentis caput eruentibus, quibus arcus imposilos 
fuisse apparel. Porticus, sive ambitus primus, viœ Lalœ conlerminus, patet latitudine 
palmis XXVI, el certis amplior est, quœ major latitudo eliam in nostro vesligio perspi- 
cua est. Porticus ipsas recta processisse a Macello, ul vocant, Corvorum, ad Forum An- 
tonini [Nolli, n" 510; Letarouilly, rion. 111, 36], lum ex reliquiis qua? adliuc supersunt, 
tum ex aliiseffossis in molitione vcstibuli el fronlis ecclesia Sanctœ Mariœ in Via Lala 
[Nolli, n« 831; Letarouilly, rion. IX , 18], proximarumque sedium constat. Bellori, 
Iconograph. vet. Rom. p. 46. 



1 Anno scqnrnti, Aiiguslo VIM, Stnlilio T.iuro consulibus [au, 728J, Agrippa, qui i uullun 
viam sioniciiiliiMi susccpcrat, Sepla (U-dicavil. Scpla locus est inC.iiiqio Marlio: euni ad lia- 
lictula Iributa comilia Lepidus uiullqu iqnc poi licilms cinuindu.-lis nt-dificaveiat. Agrippa uu- 
icin labulis l.qiidois cl picluris a su txoiualuni, Scj.ta Julia ab Amjusto coynoniiuavit, 



llliGiON IX.— CIKQUE FL.\MINUJS. 121 

VIII. Piiancsia relevé le plan des Sepla Julia qui esl en loul conroinie à celui du 
plan de marbre donne ci-ilcssus,§ VI, elà la description de ItiilTalini, § VU. La longueur 
de ce monument esl coiijeclurée, mais le plan de l'iranesi nous fait connaîiic ijne la 
largeur élaii de '266 palmes, 2 onces, valant 59 mètres, 32 cenlimèlres. Anlic.U. Rom. 
T. IV, tav. hT. Campo Marzio, lav. II, n» 19, tav. III, n"s 52, 53. C'est dans les caves 
du palais Pamfili, dans le Corso, que l'iranesi a trouvé ces ruines. Ibid. t. I, indice etc. 
n» 104. l'iranesi a donné aussi une vue des arcades en ruines. Anlich. Rom. Voy. 
T. IV, tav. A7. Campo Marzio, lav. XXV. 

IX. Place devant les Sepla. Nous avons ouvert celte place, d'abord parce qu'elle 
était nécessaire pour un édifice où loul le peuple se réunissait; ensuite parce qu'elb; 
est réellement indiquée par plusieurs historiens qui disent qu'on donnait des combats 
de gladiateurs in Scptis, expression qui ne peut signifier que dans le quartier des 
Sepla, et non dans les Sepla mêmes, attendu que leur disposition architeclonique ne 
pouvait convenir pour ce genre de jeux. — Fecitque [Augustus] nonnuniquam [hulos] 
etiam vicatim, ac pluiibus sconis per omnium linguaruni Iiistriones, non in Foro modo, 
nec amphitheatro, sed in Circo et ni Septis, et aliqiiando niliil pra'ler venationem 
edidii. Slet. Aug. 43. 

X. Munera gladiatoria partim in Amphithéâtre Tauri, parlim in Septis aliquot edidit 
[Caligula] quibus inseruit catervas Afrorum Campanorumque pugilum ex ulraque regione 
eleciissimorum. Slet. Caliij. 18. 

XI. Gymnico, quod in Septis edebat, inter buthysise apparalum, barbam primam po- 
suit [Nero]. Suet. Ner. 12. 

XII. Eno(r)7î Sk Toxji àyOyj^i zci/zcu; rà /j.îv Tïp&rci i-j zo'iç XsTtTolç, ttSv tô ydiplo'J 
iy.û'JO âiopii^ci.i /m ùâciroç Trl-ripc/jcKç, ?va //tav vcâjv à'7Ci.yx-/ri. DiON. LIX, 10 '. 

XIII. Kàv zaiiTU a'A è-nizc/.ftoi stÙ tw KypiiZTHx bTilo/j.uxi(y.i, '^V-IÙm ^0-7,-0. zCrj ts ofÀ- 
/&)v, — X/jv zoït AOyoùîTOu, xy.'i aJT'iv twv i>tecov a.'jzo\j \'j.^TJzt,i-j, /m k-jo-; Ttpbi É'vk, xat 

Tto/ZîiTwv Tiipï T/;v à.-/opy.v cil/.'jO'j[j.r,ijà.z'j>-J •At/.yXi'jOv.i, èyé-JO^zo. DiON. LV, 8 2. 

178. CuATEAu ET Aqueduc de la Virgo. Les parties en élévation, les seules 
dont nous ayons à parler ici, commençaient au bas de la Colline des jardins, 
longeaient le Champ d'Agrlppa [n" 49J, passaient sur le front septentrional 
des Septa Julia [n" '177J, et finissaient à un Cliàteau (d'eau) sur la place de 
ces Septa. Elles se composaient d'un seul rang d'arcades à plein cintre, repo- 
sant sur des piliers carrés ornés de pilastres doriques. Une arcade plus haute 
et plus large que les autres s'ouvrait sur la place des Septa, et tous les piliers 
longeant le côté septentrional de celte place avaient des colonnes corinthiennes 
cannelées, engagées au tiers de leur diamètre. Ce fut Agrippa qui construisit 
cet Aqueduc pendant son édilité, l'an 722. 

I. Arcus Virginis initium liabent sub hortis Lucullianis, finiunlur in Campo Marlio 
secundum fronlem Septorum. Fr(]Nt. Aquœd. 12. 

II. Idem [Agrippa] et Virgineam aquam adduxit ab oclavi lapidis divcrliculo duobus 
millibus pass. Praenestina via. Plin. XXXI, 3. 

III. Agrippa vero in œdililate sua [an. 722] adjecla Virgine aqua, céleris corrivatis 
atque emendatis, lacus seplingentos fecit, etc. Plin. XXXVI, 13. 

IV. 'Jô, Tî vojip rb Tïy.pOé-Jio-J y.aloù/j.rJO-.i zolf ttftîtâTc^îTtv è^xyc.y'jj-J, Aj'yî'jîTOV TTySOff- 
rcppvjr:-.. DlON. LIV, 11 3. 

V. Iconographie. Sur la description de l'élévation des arcs de la Virgo, prés des 
Sepla Julia, Voy. Piranesi, Campo Marzio, tav. XXX. Il assure que l'élévation géo- 
métrale qu'il donne a été prise par lui prés de l'église S. Ignace [Xolli, n" 84 7; Leta- 
rouilly, rion. IX, 4], qui est juste l'endroit où finissaient les arcs de la Virgo et la 



* Exliibuit autem [Cali{;ula] spectacula ista primum in Septis, effosso omni eo loco, et aqua 
replfto, ut unani navim inlroducore posset.= ^ Funèbre quoque gladialorinm munus, primo 
singu1i.s contia sinj'.ulos puj;n;intihus, post pluribus requali numéro commissis, c<liliim esl, 
idque in Septis, cum iu honorern A(;ripp.v, tum quod niulta cirra Forum aedificia iuccudiiini 
alisunipsorat : ouinilius, ipsisqne adco filiis Aujjusti, pnetcr ipsum, in pulla vosic spectan- 
tilnis. := ■ï Aquam, quœ Vir(;o vocabatur, propriis sumptibus in Urbcm adduxit, Aujjusl.iraquc 
noiiiiuavit [Ayrippaj. 



1-2:2 DESCRIPTION DE HOME. 

place siluéc devant les Septa Julia. — Sur la dircclion de cel Aqueduc cl son aboulis- 
senicnlsur la place des Septa Julia, voy. Id. le Anlichità romone, lav. XXXVlll, n" 9. 

179. PonTiQLE DE Neptune, ou des Aiigonactes, ou Vipsania. — Au centue : 
Temple de Neptine. Près des Septa Julia [n" 177] ol du temple de Jutiinie 
[n" 176]. Le temple clail péiiplère, d'ordie coriiitliien, et lorl ancien ; l'an 
729 Agrippa l'entoura d'un portique, à l'instar de ce qu'Auguste avait liiit 
pour les tenqiles d(! .hqtiler et de Junon, dans le Porlifiue d'Octavie. il érigea 
ce porti([ue en l'iionneiir de ses victoinîs navales; voilà sans doute pourquoi il 
choisit le tenqile du dieu des mers. L'édiiicc l'ut appelé Portique de iVq;- 
tune, du temple tpi'il env(;loppait ; Vipsania du nom de son fondateur (le nom 
de race d'Agrippa était Vipsanius); et enfin des Âr(i()naitles, parce (ju'on y 
voyait une peinture représentant l'expédition de ces héros de la fable. On le 
désignait indiliéreniment par l'un de ces trois noms. 

I. j4ides Nepluni. 

yKdcs JuturniB ad Aquam Virgineam. Sext. Uuf. de Reg. urb. Romœ, IX. 

II. Porticus Aifionaulaiiini. P. Vict. Ibid. 

111. Sur le voisinage des Septa Julia et des r)ains d'Agrippa, voy. n"*?,, § III. 

IV. Ijiiir si recessit, portlrum terit temiili 
An spatia carpit lentus Argonaularuni? 

Makt. m, 20. 

V. Qua vicina pluit Vipsanis porta coluninis, 

Et madet assiduo lubricus imbre lapis, etc. Mart. IV, 18. 

VI. Missus est Celsus Marius ad eleclos Ulyrici excrcilus, Vipsania in porlicu ten- 
denles. Tac. llist. I, 51. 

VII. A'yysjTT-Kj c?î sv zoùto> t'o oiaTU roi; liioii tsXîkv èT: s/.i'jy.-/j7s- rolno /û-j yy.p, tï;v 
aro'y.v tvîv toû Uoniio'jyjoç rJfJOiJ.xoiJ.éviYJ xal i^'jiAO^i/J.riGSV inï TSÛ; V5tvz/:«Ttatî, xxl T/j 
T'iv A'/cysvKUTôJv ■/[■yv.j^y, in ù-àjin [iu'j E . Dion. LUI, 27 '. 

Vm. ' ABASCANTO 

AVG. LIB. AEDITVO AEDIS SEPTVNI 

QVAE EST IX CIRCO FLAMIS 

FIAVIVS ASCAMVS ET 

PALLANS CAES. N. SER 

ADIVTOR A RATIONIB 

PATRI PIISSIMO FEC. 

BoissARD. Anliq. rom. VI pars, pi. 51. — tiRLTER. p. 318. — Orelli, Inscripl. 
lai. no 52. 

JX. Ara Neptuni multo sudore manasse in Circo Flaminio dicebatur [an. 546]. Tit.- 
Liv. XXVIII, 11. — Les autels étant toujours devant les temples, sur les degrés mêmes 
du perron, nous pensons que Tite-Live désigne ici l'autel du temple de Neptune. 

X. Iconographie. Nous regardons, avec plusieurs antiquaires, la façade actuelle de 
ia Dofjnna di terra [So\\\, n" 322; Leiarouilly, rion. 111,42], à Rome, comme un 
reste du portique, ou tout au moins du temple de Neptune. Les onze grandes colonnes 
de marbre blanc, cannelées, d'ordre coriiilhien, qui restent de ce monument, et su- 
perbes encore malgré leur état de mutilation, font voir qu'il était un des plus beaux 
de Rome. Piranesi [Anlich. rom. t. I, tav. Xlil, fig. 2] qui en donne une vue pitto- 
resque, attribue celte colonnade à l'enceinte du temple d'Antonin-le-Pieux. 

XI. Palladio [Arckitl. lib. IV, c. 15, tav. 41 à 45] a donné une restauration com- 
plète de ce temple, qu'il appelle Temple de Mars. Nous avons profilé de sa restaura- 
tion, ainsi que de ses observations sur rarcliitecture de ce monument, où il reconnaît 
plusieurs des principes posés par Vitruve. La fin du § III du n° 175 ci-dessus pourrait 
bien désigner ce Portique. 

180. Panthéon. Derrière les Bains d' Agrippa [n° 171 j, auN., à l'extrémité 
de la masse d'édifices qui remplissent une partie de la région. Le monument 

1 Agrippa autem codem tcmporc [au. 72;)] propriis sumplibus Urbem exoinavit. Nam et 
Poriicum Neptuni propter \iclorias navales exsiruxit, cl Arjonautarum piclura decoravit. 



RÉGION IX. — CIRQUE IXAMÏNIUS. i23 

est circulaire, et couvert d'une voûte hémisphérique, percée à son contre d'une 
ouverture pour éclairer le temple. Son diamètre, égal à sa hauteur, est de 
■i i niètr. 41 9. Sa façade, louruce vers le septentrion, se compose d'un portique 
de 16 colonnes monolithes de granit gris, supportant un immense fïontou. Le 
plafond de ce portique est formé avec des poutres creuses en bronze doré. Une 
place dallée en grands carreaux de pierre de Tibur (travertin) précède le mo- 
nument, auquel on arrive par un escalier de sept degrés, décoré sur ses côtés 
de deux lions couchés, en marbre noir. On ignore quand et par qui fut bâti 
cet édifice. Agrippa, pendant son troisième consulat, l'an 720, entreprit (hî 
rachevcr; il en lit les ornements et le portique, et trois ans après il le dédia 
sous le nom de Panthéon, temple consacré à tous les dieux. 

I. Panlhcon. P. Vict. de Itey. urb. Rom. IX. 

II. Panthéon Jovi Ultori ab Agrippa factum. Plin. XXXVI, 15. 

III. Inscription gravée dans la frise du fronton : 

M. AGRIPPA L. F. COS. TERTIVM FECIT. 

Cette inscription est reproduite dans Gruter, p, 1 ; dans Orelli, Inscript, lai. 
n" 34, etc., etc. 

IV. Te, Te Uù-jOslcv ù-JOfj.ua/Mé-JO^J è^srélece. jcpo^xyopsùsrxt ok oiVw râx^z fJ^sv Ôtj 
TTO^Xôiv dsS>'^ ûaùjccç £V Tslj cz'//.X/«KJi, Tô) Ts ToXi K pîoii xaJ Tw T'^j lîopoâiroç, sXkSsv ws 
as èyù) vo/j.il^'M, OTi ôolozlâki ov, tw oùpu-JÛ npoaioixsv rtQou\-rfifi /xïv oiiv b Aypimîcci xal 
TÔy Kr/ounto') svTccOOx i^piiGxi, t/jv t£ roli zpyou sntV.V/jfftv xùzSt ooîj-jixi' y.rj oî^xiiévou cTs 
wj-oxj p.rfli-czpov, szst //.î'v, "zo'j "itpo-cipoD V^'xi'Z'JLpoî, h âk Tw Trysovâw, zoîi zs AùyoûffTOO 
zb xal éot.uzoû âvâpiyyzx; sszr,7S. DiON. LUI, 27 1. 

V. K«t xspx'j'joii o:»x zs izoïlà i^hrfir,, y.'A ol à-jSpiùyzsi ol èv zciTloLvOsUi, &77î x«t 
oôpu cx z?ii zo'j A-jyoii^zov x'tphi îZKîîï'tv. DioN. LIV, 1 2. 

VI. Fuit olim laminis argenteis coopcrtum [Panthcum] ; sed Conslanlinus, Hcraclii 
ncpos, cas abstulil cum reliquis Urbis ornamcnlis : quarum loco restitulœ sunt pluinbea; 
a Martino VII pont. max. Adilus olim ad portam patebalgradibus septem, qui templum 
in circuitu cingcbat. Boissard. Topogr. Komœ, dics terlius, p. 78. — Publié en 1597. 

VII. Panliieon tolidem gradibus primus a^rendebatur quod nunc dcscenditur, ut su- 
perioribus annis experimentum \idimus, effossa ante Icmpli aditum area, quadrato 
lapide tiburtino strata. Exstal hodie templi protjron, id est locus ante portam, cxslrucla 
porlicus coluninis ingentibus, ejusque tectum œreis Irabibus inauratis, canalium modo 

compactis Eminent hodie ante templi aditum, ex priscis ornamentis, duo pari forma 

leones ex marmoreo lapide subnigro suis basis collocali , cum hieroglyphicis notis. 
FcLvus, de Urbis anliquit., lib. V, p. 562 [imprimé en 1.145]. 

VIII. Pantheum cum porticu, cujus tectum Irabes et tigna œrea pro lignis habet 
M. Agrippce opus insigne. Poggii de Fort, variet. urbis Romœ. — Le Pogge écrivait 
ceci à Kome au commencement du quinzième siècle. 

IX. l dueleoni, che sono adesso alla fontana Felice a Termini, trasporlalivi da Sis- 
to V, furono trovati al tempo di Eugénie IV avanli il Panthéon, dovevano essere o per 
ornamento délie scale per cui si saliva al tempio, o délie Terme. Venuti, Ântich. di 
Roma, part. II, c. 3. 

X. In tempo di Alessandro VII , quale ebbe pensiero di restorare il tempio délia 
Rotonda, e di sbrigare la piazza di tante casuppole de' rivenditori si abasso il piano 
moderne fino quasi al antico. Questo fu ritrovato esse lutto lastricato di Iraverlini. 
S. Bartoli, Memorie , n° 113. 

XI. Nel fianco del famoso portico dcUa Rotonda sotto lerra 25 palmi, si comminciô 
a scoprire la porta délia scala del magnifico tempio, per salire alla cima,.... e avanti 
la porta, la plalea lastrala con tavole di marnio bianco. Cipriano Cipriaxi, relazionc di 
rcliquie anliche, etc. g XV, dans C. Fea, Miscellanea, ï. Il, p. 240. 

XII. Fu comincialo [du temps d'Urbain YIII] a trovarsi la piazza antica del Panthéon 

Pantheum quoque perfecit Af;rippa [an. 729]. Id sic dicilur fortassis quod in simulacris 
Martis etVeneris multas deonim imagines acciperet; vel ut potins mihi videtur quod forma 
convexa fastigiatum cœli similitudincm ostenderet. Voluit Aj;rippa in eo Augusti qnoque sta- 
tuam coUocare, nomenque operis ei adscribere : nentrum autem eo accipiente, in Pantheo ipso 
C.esaris superioris statuam, Angusti vero et suam in vcstibulo posuit. = ^ Fulminibus cnm 
alia multa, tura statuas in Pantheo ictœ sunt, ita M hasta etiam e manu Augusti excutcretur. 



I-2i DESCRIPTION DE ROME. 

sollo terra 25 palmi, pavimcnUila con tavoloni di travcrtini, lar(;lii p.ilmi 10, lunglii 
palmi 12, (grossi un paimo e un quarto; chc si scopri in molti luoglii facendoiii li pozzi 
per rosliiiire la nuova rliiavira. Ibid. § XVI, p. 242. 

XIII. On » toujours douté (|uc le Pantlicon fût l'ouvrage complet d'Agrippa. Eu 
effet, il est impossible (|u'un ouvrage de celte importance ait été exécuté en trois ans, 
surtout à Koine où l'édiliraiion des monuments se faisait avec beaucoup de lenteur. 

XIV. Icono(jraphie. — On sait que le l'anthcon existe encore tout entier, moins les 
riches ornements de bronze de sa voûte cl de son portique. Ce temple, aujourd'hui 
converti en église sous le titre de S. Maria ad martyres, et vulgairement appelé la 
Rolonda, est reproduit dans une foule d'ouvrages; nous nous contenterons de citer 
une restauration complète, par Palladio [Àrrhitell. liv. IV, c. 20, tav. .5.5 à 64] ; les 
Anlichitd Roinnnc de Tiranesi, tav. XIV et XV, où l'on trouve une vue extérieure et 
une vue intérieure du ten)i>l<', ainsi (ju'une vue du Portique; et, sur de plus petites 
proportions, mais avec plan, coupe el élévation: Giattani, Munumcnti inedili per 
l'anno 1789, setlcmbre, tav. 1, II, III; AI. Isabklle, les Salles circulaires el les Dômes, 
Home, pi. 12-16. 

— Sur le bas-relief de bronze du fronton du Panthéon, voy. Flam. Vacca, Mém. n° 3.5; 
— Montfaucon, Anliq. cxpliq. t. I, part. I c. 5. 

181. Temple ET Portique du Bon Événement. L'un et l'autre se trouvaient 
à droite des Bains el joignant les Jardins d'Agrippa, le temple au milieu d'un 
portique de forme carrée allongée. Nous ignorons par qui el à quelle époque 
ces édifices furent bâtis ; il est permis de conjecturer que le temple existait 
déjà du temps de Varron, c'est-à-dire de Jules-César. 

I. Thermœ Agrippa;. 

Templum Doni Evcntus. P. Vict. de Reg. urh. Romœ, IX. 

II. Porticum instauravit iuRentem, Lavacro Agrippée contiguam, Evenlus Boni 
cognominatam, ea re quod liujus nominis prope visitur templum. A.m.m. Marcell. 
XXIX, 6. — L'historien parle ici de Claudius, préfet de Rome sous Théodose. 

m. Boni Evenlus templum, salis constat fuisse juxla Panthéon, sed quo in loco, diu 
dubilutum est. Yerum cum iliud ego curiosius investigarem, subito ejus tenipli quadrata 
atque oblonga, adhuc intégra forma inler ruinas occurril, magistris viarum excilantibus 
no\am illic \iam, a platca nuiic Sancti Eustachii usque in plateam Miner^a? [Nolli, 
nos 801, 842; Lclarouilly, rion. VII, 21; IX, 6] peragcndam inter proximum Panthéon, 
et amplissimas, quas nunc a fundamcnlis excitai œdes el palatium, magnificus vir, ac 
prœdives D. Jlarius Peruschus, fisci procuralor, qui per mediam Doni Evenlus templi 
iongiludinem ejeril fundamenla, reliqua vero pars occupalur via, de qua supra diclum 
est. Apparent adhuc illic laquearium signa, quos stucclios vocant, sicul in Pantheo, et 
epislylia coiuninurum, quœ jussu nuper Xicolai quinti in Vaticanum delata sunt. Fll- 
vics, de Urb. aniiquilalibus, lib. V, p. 565 [imprimé en 1545]. 

IV. Necnon eliam precor Lympham ac Bonum Evenlum, quoniam sine aqua omnis 
arida ac misera agricultura; sine successu ac Bono Eventu, fruslralio csi, non cul- 
lura. His igiiur deis ad veneralionem advocalis, ego referam serraones eos, etc. Varr. 
R. R. I, 1. 

182. Ampiuthéatre de Statilils Talrus. Vers le milieu du Champ-de- 
]Mars, au-dessus des Jardins d'Agrippa, et peu distant du Tibre. Ce lut le 
premier Amphithéâtre de pierre que posséda Rome. Le consulaire Stalilius 
Taurus le bâtit avec le produit de dépouilles ennemies, et d'après les exhor- 
tations d'.Vuguste. Il le dédia l'an 724. 

1. Plusieurs antiquaires placent un amphithéâtre auprès de la voie Flaminia, à l'en- 
droit où nous avons mis la Colline [n" 192]. Ce monticule, disent-ils, atteste les débris 
d'un grand édifice circulaire. Nous avons exprimé notre opinion ci-dessous à l'égard de 
la Colline el les conjectures de Piranesi [Campa Marzio c. V, § 5] basées sur la ren- 
contre en cet endroit de quel(|ues ruines, ne peuvent nous déterminer à reconnaître 
là, avec lui, l'ancien empiacemenl de r.\m[)liilliéàlre de Stalilius Taurus. Strabon in- 
dique ce monument dans le t^liamp Tibérin ou Cliamp-de-.Mars inférieur, et celle dési- 
gnation convient parfaitement ini Monte Giordann [Niilii, n" 581] que nous avons choisi. 
Ce monticule nous paraît indiquer d"autanl mieux la place de rAmphilhéàtre de Stalilius 
Taurus, qu^l a la forme allongée de l'ellipse dans lequel on inscrivait le plan d'un am- 
philhéàlre romain. 



RltGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. 125 

II. Sur l'édification de rAmphilhcâlre de Slulilius T;iuius, voy. plus iiaul n" 88, 
§XV, et n» 146, § V. 

III. Sur la silualion de l'Ampliitliéâlre de Slalilius Taurus dans le Cliamp-de-Mars 
inférieur, voy. ci-dessous n" 196, g 1. Bien que dans le passage cilé, Slrabon parle va- 
guement d'un amphilhédlre, il est inronleslable qu'il désigne celui de Taurus, le seul 
qu'il y eut jamais dans le Clianip-dc-Mars. 

IV. Tûû â-/} 6s Kxi'ju.poç To rérupro-j eti ÙTrars jîvro^, b Tcd/poç h ^zci.rù.ioî Oiuzfjj-j zi 
Iv t5) Kpsio) -nsiioi xu-^riyiTi/.b'^ \iOi:io:i /M èiST:oiY,Gs ro'iç i^UTCiû Tc'/sk. Dion. LI, 23 ' 

V.' Ampl'iitheatrum Statilii Tauri. P. VicT. de Reg. urb. Uomœ, IX. — Voy. aussi 
n» 197, § IV. 

VI. Munera gladialoria partim in Amphilhealro Tauri, partira in Septis aliquot edi- 
dit. SuET. Calig. 18. 

Vil. Iconographie. 11 ne reste rien de cet AmphilliéAtre ; nous l'avons tracé d'apré* 
plusieurs monuments antiques du même genre, et particulièrement d'après le Colysée 
de Rome et les Arènes de A'imcs. 

183. Terentum. Endroit sur la rive gauche du Tibre, près du Bols de Lu- 
cine [n" 184], où l'on célébrait les Jeux Séculaires. 11 était dans un bas-fond. 

I. Terentum, in Campo Martio locum, Verrius ait ab eo dicendum fuisse, quod terra 
ibi per ludos Saecularis Ditis Patris ita leviter teratur ab equis quadiigariis, etc. Fest., 
V. Terentum. 

II. Sœculares ludi Tarquinii Superbi régis in agro sunt primum facli, quem Marti 
consecravil P. Valerius Publicola cos. quod populus R. in loco illo anlea reperlam 
aram quoque Diti ac Proscrpinœ consecraverat, in exlremo Marlio Campo, quod Teren- 
tum appellatur, demissum infra lerram pedes fereviginli, etc. Fest. v. Sœculares. 

m. Ad Marlium Campum appulit... Ex gubernalore cognoscit liaud procul apparcre 
fumum, et ab eo jussus cgredi Terentum, id ei loco nomeu est, cupide arrepto calice, 
aquam flumine hausiam, etc. V. Max. Il, 4. 5. 

IV. Ovide parlant de l'arrivée d'Evandre parle bas Tibre, à l'endroit où fut depuis 
Rome, dit : 

Fluminis illa lalus, cui sunt vada juncla Terenli, 
Adspicit, et sparsas per loca sola casas. 

0\.Fast. I, V. .501, 502. 

V. livcTKVTOS (?è roû xpàvouTrii sopzi}.;, r,v èv rptaïv -fiixipaii iv tôj tsû X,î£wj îrrtTS^suTi 
TfctTt'&J, xa't T5tÏ5 ïaot.ii vo^i, xa.Ocspolt70 zx Tskoi/jj.s-JO. Tiapà Tvjv o-/fi-q-i -zolt &iiJ.êèpidoi vj t'Jj 
Tà^avTf. ZoziM. H, p. 73 2. 

\'l. Alberto Cassio colloca il Terento presso la ripa del fiume ove ora sono piazza Ni- 
cosia ed il Collegio Clemenlino [Nolli, n"^ 301 et 499; Lctarouiliy, rion. IV, 32].... Il 
letlo del Tevere forma cola un'angolo entrante ed è già noto che i fiumi fanno impcio 
contro le sponde in quesle curvalure più che in qualunque altra parte di maniera che 
possono scavare seni che insinuandosi l'acqua di\ingono stagni e pantani. Broccfii, 
Suolo di Roma, p. 21. — L'opinion d'Alberto Cassio a été suivie par tous les antiquaires, 
et Nardini [Roma anlica,\\, 7, t. III, p. 97] ajoute que plusieurs personnes pensent que 
l'église de S. Lucia délia Tinta [Nolli, n" 308], située prés de la place Nicosia, a reçu le 
surnom de Tinta de sa situation dans Terentum, dont il pense qu'il est une corruption. 

184. Bois et Temple de Lucine. — Sur l'Area du Temple : Vieux Lotos. 
Le temple fut bâti Tan 379 de Rome. Le Lotos et le Bois sont plus anciens 
que le temple. Le tout est situé tout au bord du Tibre, en amont de Teren- 
tum [i\° 183], entre ce dernier lieu et le Mausolée [n° 185]. 

I. Romse vero Lotos in Lucinae area, anno qui fuit sine magistratibus CCCLXXIX Ur- 
bis, œde condila, incertum ipsa quanto \elustior. Esse quidem velustiorem non est 
dubium, quum ab eo Luco Lucina nominetur. Plin. XVI, 44. 

II. Suivant une très-ancienne tradition, l'église de S. Lorenzo in Lucina, située un 



' Csesare autem adhuc quarlum consulatum gerente [an. 72^]' Statilius T.tuimis Thcatrum 
quoddam lapideuin in Campo Martio, ad venationes ferarum, suis sumptibus absolvit. = - l'bi 
ludoriim tempus adpeliil, rpios tribus diebus totidemcjuc nortihus in Campo Martin faciiiiil, 
lioslia; proptcr ripain Tilieris adTarentum diis lonsecrantur. 



126 DESCRIPTION DE ROME. 

peu au-dessous de notre temple sur l'cmplanement du Gnomon [n" 19*1, aurait 
emprunté son nom au temple et au bois de l.ueinc : — Jiinonis Luelnrp irdis, nlliil 
prasler nominis memoriam ronservatum est, ubl Hrriesiam a'dificarunt nostri l.aurentio 
martyr!, quam Lucinam cognominarunt. l'ocfiii de forlun. variel. urb. Romœ. 

i 8i). Le Mausolée. Augtislft bâtit ce lonibeaii pour lui et les siens, l'an 
725, eulro le Til)n' et la voie Fianiinia, au-dessus du Bois de Lueine, et tout- 
à-fail sur le boni du ileuve. 11 avait la rormc d'une liaute tour à trois étages 
concentriques, élevée sur un soubassement carré. Son diamètre extérieur, sur 
ce soubassement, était de 1 00 mètres ; au premier étage de 30 mètres ; au 
second de 20 mètres; et au troisième de 10 mètres. Ce dernier se termi- 
nait par un socle supportant la statue d'Auguste en airain. Tout le monument 
était revêtu de marbre blanc. La retraite laissée à chaque étage avait une 
espèce de canal circulaire rempli de terre et planté de cyprès. A l'intérieur 
une quadruple ligne de murailles formait (juatre galeries circulaires divisées 
chacune en quinze chambres sépulcrales par des inurs rayonnant du centre 
du monument à sa circoniérence. Toutes les chambres d'une galerie commu- 
niquaient entre elles par des portes ouvertes dans les murs de division, et les 
galeries avaient leur entrée sur un long corridor, qui partant de la porte d'en- 
trée du Mausolée, tournée au midi, aboutissait au centre du monument. Là, 
ou avait ménagé une chambre circulaire autour des umrs de laquelle s'élevait 
un escalier en spirale conduisant aux divers étages, où il y avait encore des 
chambres sépulcrales. Le nombre total de ces réduits était de quarante-cinq : 
quinze au rez-de-chaussée, et quinze à chacun des premier et deuxième étages. 
Un petit temple circulaire, couvert par une voûte hémisphérique supportée 
sur seize colonnes, occupait le troisième étage; c'était la chambre sépulcrale 
de l'empereur. Au centre, sur une base cylindrique en forme d'autel élevé 
sur quelques degrés, on voyait l'urne cinéraire. Des columbaria remplissaient 
le mur d'enceinte derrière la colonnade. 

I. Ileliquias [Augusti] legerunt primoies equestris ordinis, tunicati et discincti pedi- 
busque nudis, ac in Mausoleo condiderunt. Id opus inter Flaminiam viam ripamque Ti- 
])eris, sexto suo consulalu exslruxeral : circumjectasque Silvas et Ambulationes in usum 
populi tune jam publiearat. Suet. Aug. 100. — Le 6^ consulat d'Auguste répond à 
l'an 725. 

H. A'|(o),i5yiJTaTov 6î rà MayicoAs'tîv xu\o\jfj.;:>ov sttI /.f^Tjîiooç b'jir},-?]^ >î'jzo),t9oy 

où-j sl/.ùiy Èî-'i xcô././j zoû 'i.iQ'j.'j-oX) Katiacos. ï'-à «"s Tw ydiiiati &r,xM siffiv «jtoû xx'i twv 
<7jy/îvwv, f.où ol/.d-ji-J. Strab. V, p. 236 1. 

lit. Tout le rez-de-chaussée du Mausolée d'Auguste existe encore à peu dedistance du 
port Uipetta [Nolli, n^kTi ; Letarouiliy,rion. IV, 23]. L'édifice n'a conservé aucun de ses 
marbres, et les murs intérieurs en ont été rasés pour le convertir en un petit cirque où 
l'on donne des combats de taureaux. — Sur la position du Mausolée d'Auguste, voy. l'ira- 
nesi, Campo Marzio, tav. Il, n° 35 ; sur ses ruines et son plan, tav. XXI, et Antich. rom. 
tom. Il, tav. 61, 62, 63. —Ce que nous disons de chambres sépulcrales ménagées à 
chaque étage est une conjecture fondée sur la structure même du monument; ces trois 
étages n'avaient cerlainement pas été faits pour rester vides. On sait que les Romains, 
dans leurs grands tombeaux de famille, tiraient parti de tout l'emplacement, convain- 
cus qu'il n'y en aurait jamais assez, et que la mort était la plus diligente des pour- 



1 On y remarque principalement [dans le Champ-de-ilars] le Maitsoleum, lequel consiste en 
une grosse levée de terre établie proche du fleuve, sur une très-haute base de marbre blanc, et 
Couverte jusqu'à son sommet d'arbres qui ne dépouillent jamais leur verdure. Sur ce sommet 
est la statue d'Auguste en bronze ; sous la levée lucme sont déposées les ceadres du prince, de 
ses parents, de ses amis. P. 212, delà tmd. 



RÉGION IX.— CIRQUE FLAMINIUS. 427 

voypuscs pour bien peupler les sépuleres. — Nous avons placé la chambic sépulcrale 
de l'empereur au sommet du monument; c'est encore une eonjeelure inspirée par la 
construction. En effet, parmi loules ces chambres, dont l'existence est Inconteslable, 
aucune ne pouvait être la principale, sinon celle situées au centre. Or ce centre étant 
occupé par un escalier, la chambre principale se trouvait rejelée au sommet du monu- 
ment. 11 n'y avait pas d'autre place possible, ni même convenable. Nous voyons d'après 
les médailles d'apothéose d'empereurs, que les bikhers de ces souverains avaient tou- 
jours la forme d'un mausolée surmontée d'un petit temple où leur image reposait. On 
croyait les honorer en les plaçant aussi haut; de \à l'usage de ces tombeaux à plusieurs 
étages, tels que celui-ci, le Septizone, le Mausolée d'Adrien. Pour le gisement de l'urne 
cinéraire sur un fût de colonne cyllndri(|ue au centre du temple, nous nous sommes 
inspiré d'une pareille disposition, qui existait dans le tombeau de Virgile, sur le mont 
Pausilype, prés de Naples, et que les antiquaires du seizième siècle ont vu encore in- 
tact. Voy. Le Riche, Vues des monuments antiques de Naples, pi. IV. 

IV. Ipsius autem Mausolei exstant hodie magnœ ruinœ juxta templum nunc S. Rocchi 
[Nolli, n" 468 ; Letarouilly, rion. IV, 24], ante hos annos ex œre collato, excitatum, 
molesque ipsa sphœricam habet formam, reticulalo opère circumquaque exstrucla, 
ubi mulla ex profunda tellure marmora erui vidimus. Fulvius, de Urb. Antiquit. lib. V, 
p. 549. 

Obélisques dd Mausolée d'Auguste. Ils étaient de chaque côté du niomi- 
inont, l'un vers le fleuve, l'autre vers la voie Flaniinia ; néanmoins ils ne ligu- 
rent point sur notre plan, parce qu'ils ne lurent apportés à Rome et érigés 
devant le Mausolée qu'après le siècle d'Auguste. Anmiien Marcellin [XVII, 4] 
attribue leur érection à l'un des successeurs de Constantin, et Mercati [dcyli 
ohelischi di Roma, c. 27. 41] conjecture qu'ils furent érigés par Claude. Ces 
deux obélisques existent encore à Rome; l'un est au monte Cavallo, l'autre au 
carrefour situé derrière Sainte-Marie-Majeure. 

I. In hac mole Mausolei [Augusti] duo fuerunt obelisci ex ophile lapide segypliaco, sin- 
guli pedes XLII longi : quorum unus jacet l'ractus in via Flaminia ante templum S. Ro- 
chi; alter semisepultus terra cernitur in horl^is posterioribus. Boissard. Topoyr. Romœ, 
dles quart, p. 99 

,- Cloaque. Il y avait une bouche de cloaque sur la rive gauche du Tibre, au 
droit du Mausolée d'Auguste. 

I. Su la riva del Tcvere, dirimpetto il Mausoleo d'AugusIo, si vede lo sbocco di una 
délie cloache del Campo Marzo, ma credo che sia una di quelle d'ell' Aqua Vergine 
•fabbricate da Agrippa. Ve.Mti, Ànlichità di Roma, part. II, c. 3. 

- 186. Bois sacré. Derrière le Mausolée il y avait un Bois qui servait de pro- 
menade au peuple. 

I. Ottis^cv âï ,(/.r/a x\7(3; TZipnzà.Tov; Oxu/j.xzroùi i'xo-j. Strab. V, p. 2361. Voy. 
aussi no 185, ^ I. 

II. Pendant le XVie siècle on conservait encore un souvenir de ce bois : Locus hodie 
ab incolis vulyo Hortalia vocatur, dit Fulvius, de Urbe antiq. lib. II, p. 144. 

III. Des antiquaires ont appelé ce bois Bois des Césars; c'est une erreur qui repose 
sur une fausse interprétation d'un passage de Tacite. Voy. plus bas n" 300, § II. 

187. BusTUM. Endroit où l'on brûlait les corps des empereurs. Situé entre 
le Mausolée d'Auguste [n° 1 85] et la voie Flaminia ; il se composait d'une 
grande enceinte circidaire plantée de peupliers et fermée par une grille en fer 
|M>sée sur un mur en marbre blanc. Auguste avait conslruit ce Buslum en 
liiême temps que son Mausolée. 

_ I. E'v fj.s<ju â'- Tw TiiSio) b 7r,i y.xùozpu^ ot.j7ol) ■^spijîoloi, /.cà oxnoi ïiOoii y.suxo'O, xûx^M 



* Derrière [le Mausolée] se voit un grand bois sacré, formant des promenades charmantes. 
P. 212, de la irad. 



128 DESCRIPTION DE ROME. 

IJ.Ï-J i^s.piy.ûjJiJOJ î'/'M Gi5f,f.'j~j-j T.if.'rffyj.yiJU, èvro; o' v.l/zif.oi; /.y.7</.fU70-J. StraB. V. 
p. 256 <. 

— Slrabon m disant -Tj^ /.v.v^zf.y.; TTS/ct'Çî/'s; pour désigner l'cinplarcmenl du Bil- 
rlier, indi(|ue la forinc! circulaire de celte enceinte, TTS^cicci/o, si^Miifiant tour, circuit. 
(Jnanl à la double cnreinte, nous l'inlcrprélons ronimc on vient de voir. 

II. Sorsero pli anni scoisi dal fondamenlo délia nuova casa al canlone délia piazza 
di S. Carlo al Corso [Nolli, n" '(61 ; Lelarouilly, rion, IV, 30], le memorie indubilale cd 
aulenlirlie del liuslo de' Cesari nclle belli lapidi di travertino ora conscrvalc nel l'on- 
tificio Museo, clic haiino incisi i nomi di più personnaggi delta famiglia da Auguslo con 
la formula : me crematvs est. — Guattam, Monumcnli anlichiinedili perTanno ITS-l, 
Marzo. 

III. En 1777, en creusant les fondations de la maison au coin de la place Saint- 
Charles au Cours, vis-à-vis la rue de la Croix [Nolli, n" 116; Lelarouilly, rion. IV, 27] 
on trouva un vase magnifique en albùlre et divers morceaux de travertin sur lesquels 
on lisait les noms des fils de Cermatiicus : la phrase me eisEsiATVs est, ici il a été brûlé, 
qu'on y lisait, fait reconnaître que le Buslum ou Bûcher des Césars, mentionné par 
Strabon, était prés de li. Ces objets sont à présent au Vatican. NiBey, Ilinéraire de 
Rome, t. Il, p. 8. 

IV. W izà os ro'uzo /SaffTKcavTSj t^v x^tvï;v, fépotaiv £?w zrji Triisu; s?; zh xa>oû//svov 
A/s£c;5 ■RKolo-j. v/Oy. xa-s(7Z£Ùarra£ iv tw TÙ.'x-zuzcn'ji -zoû tiiàiou tsttw, z. t. X. HerodiaN. 
IV, Anton, p. 88 2 (funérailles de Sévère). 

— Cette indication d'Hérodien s'accorde avec celle de Strabon : rappelons-nous que 
le Champ-de-.AIars proprement dit est compris entre le Panlhéon et le Jlois sncré; au 
droit de ce Bois la plaine va en se rétrécissant pressée entre le Tibre et la Colline des 
Jardins; l'endroit que nous avons choisi pour le Buslum est donc vers le milieu du 
Champ, suivant les termes de Strabon, et dans la partie la plus large de la plaine, 
ainsi que l'a écrit Hérodien. Kous rappellerons qu'auprès du temple de Neptune 
[noi79j, le Champ-de-Mars finissait à la voie Flaminia, et ne s'étendait en deçà de cette 
voie qu'en suivant la ligne des arcs de l'Aqueduc de la Virgo [n» 178] jusqu'à la Colline 
des Jardins. 

1 88. Maison funéraire des Césars. Habitation pour les parents et les amis 
qui, après la combustion du corps, passaient plusieurs jours auprès du bûcher. 

I. Un tel édifice devait exister auprès du Bustum des Césars, car Dion Cassius nous 
apprend qu'aux funérailles d'Auguste, Livie et les principaux chevaliers demeurèrent 
cinq jours auprès du bûcher. Il n'est pas vraisemblable qu'ils passèrent tout ce temps 
en plein air. 

II. Kc>.)i -zoÙto-j oôiâaî kxci!.T6v-:!xpyoi, Stç tzou f^ (îo-o'/rj iooy.si, ^aêâvTS;, iiyrj'pct-J xj-r^v 
x'A V) //îv «v/i).£czîT5, dsTOi oi Ttj i? cijTn; àps^stj, -ivsTîTXTO, 6ii xai âï] Tï/V 'puy-r/J aù- 
roii è; ràv oùpc-Zov ù-JOffspoy.!. ■Rpv.yfié-JiWJ oï toûtcov, oi fj'vj vjloi à-/i^).ày/;îav r, oï 
OY} Alooicn xaric xùpa.-^ tïs'vtj riu.épv.Li jj-S^v. tûv r^pofzcrj ïmxéuv /iîivaia, to tî îaTît aù- 
roû auv£>£?«TO, xa't èç tô ii.yr,ij.ûo-j vxiéOî~o. DiON. LVI, 42 *. 

189. Colline des Jardins et Jardins de Lvcillus. Elle bornait la partie 
orientale du Champ-de-Mars proprement dit, au droit du Mausolée d'Auguste 
[n° 183], en deçà, sur notre plan, de la voie Flaminia. Divers jardins la cou- 
vraient en grande partie, et lui avait valu le nom de Colline des Jardins. Elle 
s'étendait jusque dans la VI* région. 



* En avant [du Mausolée], vers le milieu du Champ [-de-Mars], se distingue la place du Bû 
cher, planire intérieurement de peupliers, et défendue à l'extérieur par une double enceinte, 
l'une de marbre blanc, l'autre de fer. P. 212 de la trad. =r '^ Qiiibiis peractis, tollunt ilerum 
lectum, atque extra Urbem perfenin t in Martium Campum ; ubi qua latissime Campus pa- 
let, etc. (Descript. du bûcher impérial). = •^ Cenlurioues, sieut vii-um eratsenitui, acceptis 
facibus, rojjum succcnderunt: qui dum absumeretiir, aquila ex eo emissa sursum evolavit, 
quas aninium Aujjusti in cœlum fereiis. Ilis peractis, reliqui disccsserunt : Livia autem cum 
ecuilum primis co in loco quinque dies niorala, ossa ejus legit, ac in moniimento condidit. 



RÉGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. 429 

I. Rcliquias [Neronis] EcloRa cl Alexandra iiutiices, cuni Acte concubina, pentili Ito- 
mitioium nionuinerito coiidideninl ; quod piospicilur e Campo Marlio iin|iusiluni Colli 
hoilorum. Suet. Ncr. 50. 

Il Giamina nunc Campi pulchros spcclantis in liortos. 

Ov. Pont. I. 8, V. 37. 

m. Iconographie. La Colline des Jardins est aujourd'hui le Monte Pincio. 

IV. Jardins de Lucullus. Horli Lucullani. 

Campus Marlis. Sext. Uuf. de Reg. urb. Romœ. IX. 

V. Ilorli Lucullani. P. Vict. Ibid. 

VI. Arcus Aquaj Virginis initium habentsub Ilorlis Lucullianis. Fhont. de^^wcpj. 22. 
VU. CnoD xai vûv, cTTtdisstv TîiaÙTyjv T/ij TpufTji ixoii'j'fn, aï Aoyxou).).(ayol k/;7Ii5£ twv 

p.v.iù.u.Civ ti -zo'ii Tioy.iizît.s.oTy.Toii y.piOlJ.o~jv:oLi. Plut. Lucull. 39 i. 

VIll. Parilerque Horlis inliians [Messalina], quos ille [Valerius Asialicus] a Lucullo 
ccrplos insigni inagnificenlia extollebat. Tac. Ann. XI, 1. 

iX. Iconographie. Conoscendosi lali arclii [delT acqua Vergine] aver cominciato a 
piodi del colle sopra la chiesa di S. Andréa délie fralle [Noili, n" 365; Letarouilly, 
rion. III, 18] si viene a slabilire concordemenle la posizione degli Orti Lucullani ncl 
luogo ora occupata délie case poste lungo la via dei due Macelli, incontro a l'ropa- 
ganda, e la via Gregoriana e Sislina. Ed ivi per appunlo, ed in purticolare nelle case 
dei Mignanelli si vedono diversi resli di mura di costruzione retticolala clie formavano 
il primo piano dei fabbricato di quesli orti. Quindi in un veccliio trapasso clie d'alla 
piazza Mignanelli passando solto la via Gregoriana, si giungeva nel principio délia via 
Sislina, altri resti di mura anliche si vedono, ed anzi questo Irapasso si Uova formato 
Iragli avanzi di laie fabbricato. Solto poi le case ove io abilo da molli anni, apparte- 
nente già ai conli Tomali, esiste ancora una caméra con volta riparlita a cassclloni, la 
quale cerlamcnle faceva parle dei medesimo Tabbricalo Lucullano. Più sopra a questa, 
ed a ridosso délia parte più elevala dcl colle, allri indizi di anliche soslruzioni si tro- 
\ano ; per cui si viene a conoscere essere quesli Orti stali riparlili,'come la loro posizione 
Io comporlava, in diversi piani successivamente disposti l'uno dopo l'allro. Canina, 
Itoiaa antica, Ucg. IX, p. 196. 

190. Septa Trigaria. Presque vis-à-vis du Portique de Neptune [u" 179], en- 
deçà de la voie Flaminia. C'était ou le marché aux chevaux, ou peut-être 
l'endroit où on les dressait pour les courses du Cirque. Nous ignorons quand 
et par qui ces Septa furent construits. 

I. Septa Trigaria. 
^EdesNeptuni. 

JEAes Julurnae ad Aquam Virgineam. Sext. Ruf. de Reg. urb, Romœ, IX. 

II. Campus Marlis. 

^des Julurnae ad Aquam Virgineam. 
Septa Trigaria. P. Vict. Ibid. 
— Nous avons choisi notre emplacement d'après ces indications assez vagues des 
deux régionnaires. 

III. Nullius histrionum, equarumque Trigarii comilalior egressus in publico erat. 
Plin. XXIX, 1. 

IV. Ne equos quidem in Trigariis prœferri ullos vernaculis animadverto. Plin. 
XXXVII, 13. 

V. Iconographie. Il n'existe plus rien des Septa Trigaria, et nous n'en avons point 
trouvé non plus de description écrite. D'après l'usage auquel ils étaient destinés, nous 
leur avons donné la forme d'une lice. 

Portique d'Europe. Nous n'avons pas placé ce portique dans un plan de 
Rome aux époques d'Auguste et de Tibère, parce qu'il est constant qu'il n'exis- 
tait pas alors. Martial [VII, 31] étant le seul auteur qui en parle, on peut 
conjecturer avec beaucoup de vraisemblance qu'il fut construit du temps de 



* Si quidem vel liac œtale, ita yliscenle luxu, Ilorii Luculliani iater principis sumpluosis- 
simos liabentur. 



150 DESCRIPTION DE ROME. 

Doniitien. Il devait son nom J» un groupe représentant renU'vemeni d'Europe; 

et Pliiio l'Ancion, (|iii passe eu revue tous les chefs-d'œuvre de sculpture que 
coutcuail Ronif, no dit rien ni de ce groupe ni du ]K)rlifpie. Si on ajoute que 
tous les poêles <>t tous les liisloricns du temps d'Auguste et des règnes suivants 
gardent le même silence, tandis que soit les uns soit les autres parlent des au- 
tres édiliccs, ou sera raisonnablement fondé à croire que le Portique d'Europe 
n'existait pas de leur temps. Voy. sur le Portique d'Europe Mart. II, \ 4 ; III, 
20;yiI,3l;XI, 1. 

191. Voie Flaminia. Elle arrivait dans le Cliamp-de-Mars du côté du nord, 
en passant entre la Colline des jardins et le Bois sacré du Mausolée d'Auguste 
[n°* \Hlï, 180]. Elle finissait aux Septa Julia [n" 177], où elle prenait le nom de 
Voie Liitn, appelée aussi quelquefois Recla. Le censeur Flaminius la construi- 
sit l'an o33. Elle était pavée en grands polygones irréguliers de lave dure. 

I. Sur la position de la voie IHaminia, voy. plus haut no 185, g I. — Sur son nom, 
voy. n" IG.'î, gl VI. 

II. C. Flaminius oensor, viam Flaminiam munivit, et Circum Flaminium exstruxit. 
TiT.-Liv. Epito. XX. 

m. Martial parlant de Trajan, qui devait revenir en triomphe par la voie Flaminia, 
s'exi>rime ainsi : 

Quando erit illo dies, quo Campus, et arbor omnis 

Lurebit Latia rulta feneslra nuru? 
Quando moi;i> dulces, lonsusquo a C.Tsare pulvis, 
Tolaquc Flaminia Honia videnda via? 

Mart. X, 6. 

IV. Dum repetit sera conductos nocte Pénates 

Lingonus a Recta Flaminiaque recens, etc. 
Mart. VIII, 7.5. 

V. Per Canipum Martium et viam Reclam descendit ad infères. Senec. Apoholohin — 
Des éditions portent Tectam au lieu de Reclam; nous dirons, sans aucune préoccupa- 
lion d'archéologue, que la levou Reclam nous parait la seule bonne. 

VI. Iconographie. Xel fine di Piazza Colonna [XoUi, n" 113; Letarouilly, rion. III, 
36] sotto terra 24 palmi, ili nuovo si tro^ô la slrada F'Iaminia asselriata con gran seici, 
sotio la quale si sropri la chia\ira vercliia. CiPniAXo Cipriani, g XXXIII, dans C. Fea, 
niiscellanea, t. II, p. i.ïl [Découverte faite en 1623> 

VU. Nous avons fait faire à la voie un léger coude à l'endroit où était jadis l'Arc ap- 
pelé di Porlogallo, qui se trouvait un peu au-dessous du palais Fiano [Letarouilly, 
rion. III, ir, et -fui démoli en 1662, pour redresser la via del Corso. L'ancien tracé 
de celte voie, à partir de r.\rc susdit, était la ligne de la voie Flaminia. 

192. La CoLLtNE. Sur la droite du Temple et du Portique de Neptune 
[n° 179], à peu de distance de la voie Flaminia, il y avait un monticule fait 
de main d'homme, et qu'on appelait la Colline. Les candidats des Comices 
par Centuries, qui se tenaient toujours dans les Septa Julia, moulaient sur 
cette (^.olline pour faire connaître leur personne aux citoyens. Ils s'y produi- 
saient non-seulement pendant le temps de leur candidature, mais aussi le 
jour même dos comices, dès qu'ils avaient été proposés aux suffrages du 
peuple assemblé par le magistrat qui présidait la réunion. 

I. Le monticule que nous appelons la Colline existe encore aujourd'hui sous le 
nom de Monle Citorio, qui est celui d'une place de Rome [Noili, n" 538 ; Letarouilly, 
rion. III, 55], désignation très-ancienne, qu'on croit formée de Morts cilato- 
rum. On n'avait jjas élevé la Colline sur la place même des Septa, parce qu'elle 
aurait gêné la circulation, et qu'une foule considérable n'aurait pu l'environner sans 
encombre. Le fait de la compaiulion sur ce lieu élevé, des candidats proposés aux 
votes actuels du peuple, constituait une véritable citation ; de là le nom de Citorio, cor- 
ruption de rilalorum, qui parait être une tradition de l'antique. Nous ne nous arrête- 
rons pas à réfuter l'opinion des antiquaires qui disent que colle, dans Macrobe [V. ci- 
dessous, {? II] désigne la Colline des jardins. Cette Colline est si éloignée des Septa 



RÉGION IX. — CIRQUE FLAMINIUS. \7A 

Julia et de la partie du Champ-de-Mars où les riloyens eirnilaient pendant les ro- 
mices et se promenaient tous les jours, qu'il est ridirule de dire (|u'un homme allait 
se placer là pour s'exposer à tous les regards : on aurait été vu sans doute, mais on 
n'aurait certainement été reconnu par personne. 

II. Ea re etiam candidatis usus luil iu comitium nundinis venire, et in Colle consis- 
tere, unde coram possent ab universis vidori. Macrob. Salurn. 1, 16. 

ni. Mopsta civilas,... comitiorum die in Campnm descendit; atque in magistratus 
vcrsi circumspectant ora principum, aliorum alios inluenlium... (Jnuni subilo 1'. Cor- 
nélius [Scipio] quatuor et viginii ferme annos natus, professus se petere, m supe- 

riore unde conspici possel loco conslilil. In quem posiquam omnium ora conversa 
sunt, clamore ac favore ominati extcmplo suiit felix fausiumque imperium : jussi 
deinde inire confestim suffragium, ad unum omnes non centuriœ modo, scd etiam ho- 
mines, P. Seipioni imperium esse in Ilispania jusserunt. 'i'iT.-Liv. XXVI, 18. 

195. Adtel de Mars. Dans le Champ-de-Mars, vis-à-vis de la façade du 
Panthéon [n" 180]. C'était à cet Autel qu'on f\usait la cérémonie de la Clôture 
du Lustre. 

I. Comitiis confectis [an 573], ut traditum aniiquilus est, censores in Canipo ad 
Aram Martis sellis curulibus consederunt. Tit.-Liv. XL, 45. 

II. Nunc primum ponam de Censoriis tabulis : Lbi noclu in templum censura; auspi- 
caverit atque de cœlo nuntium erit, praeconi sic imperalo ut viros vocel : etc. Varr. 
L. L. VI, § 86. 

m. Dans le passage de Tite-Live ci-dessus, il s'agit des comices censoriaux, à la 
suite desquels, suivant l'antique usage, les censeurs élus venaient s'asseoir auprès de 
l'Autel de Mars pour recevoir les félicitations du sénat et du peuple. — Dans le passage 
de Varron il est question des auspices que les censeurs venaient prendre in templum 
censura", c'est-à-dire à l'Autel de Mars, avant de faire la Clôture du Lustre. Si l'on 
avait quelque doute sur la signification du mot templum ici , nous rappellerions que 
Tite-Live, dans le fait qu'il raconte [Ibid. c. 46], dit précisément m templo isto pour 
désigner l'Autel de Mars. — Enfin cet Autel étant un lieu où l'on venait prendre les 
auspices, devait être dans un endroit bien découvert à l'orient, côté vers lequel oa 
se tournait pour cette cérémonie. Le passage suivant, où il est question de la Clôture 
du Lustre faite par Auguste, nous a paru être un indice que l'Autel de Mars était vis- 
à-vis de la façade du Panthéon : « Cum Lustrum in Campo Martio magna populi fre- 
quentia conderet [Augustus], aquila eum sa-pius circumvolavit : transgressaque in vici- 
nam aedem, super nomen Agrippée, ad primam lilleram sedit. » Si'et. Aug. 97. — Il 
est presque inutile de rappeler que Suétone désigne ici le Panthéon et l'inscription en 
lettres de bronze fixée dans la frise du fronton. Voy. n" 180, § III. 

IV. Sccunda spolia in Martis Aram in Campo, solilaurili utra voluerit, Cicdilo. Fest. 
V. Opima spolia. 

194. Le Gnomon. Entre la voie Flaminia, le Bois et le Temple de Lucine 
[n° 184]. C'était un obélisque monolithe, en granit rose, haut de 21 mètres 
622 millimètres, érigé sur un piédestal de même matière, de 4 mètres 218 
millimètres, et reposant sur une double plinthe en marbre blanc de 1 mètre 
56 centimètres, de sorte que la hauteur totale du monument égalait 27 mètres 
40 centimètres. Un banc, également en marbre blanc, embrassait les quatre 
faces de la plinthe. Du côté de la face septentrionale de l'obélisque il y avait 
une esplanade en marbre blanc, longue de 82 mètres 47 centimètres, et large 
de 2 mètres 51 centimètres. Une barre d'airain doré incrustée dans cette es- 
planade la divisait en deux bandes dont l'une portait cette légende : longueur 
du jour, et l'autre longueur de la nuit. Trois barres transversales, également 
en airain doré, l'une fixée vers le centre et les deux autres aux extrémités de 
l'esplanade, indiquaient la longueur de l'ombre portée par l'obélisque au mo- 
ment de la sixième heure du jour (midi), à l'époque des solstices d'hiver et 
d'été, et à celle des équinoxes. De chacune de ces trois bandes transversales 
partaient deux petites barres perpendiculaires placées en parallèle, l'une à 



•152 DESCRIPTION DE ROME. 

fli(»il(', Taiilio ;i f;rm(lie de l;i ij;r;iii(l(' li^iic longitudinale; elles élaienl d'iné- 
ii,:dt' loiij^iicur, cl icnr dis|>rf)|i(irtiuii caiculcc indiquait la dur(''e comparative 
(les jours et des nuits au\ é|)o(|ues ci-dessus mentionnées. Ainsi, |tar exem- 
|)le, an solstice d'iiiver, le jour ctant, sous le climat de Rome, de neuf de nos 
iuMires et la nuit de (]uinze, la harre du côté du jour était de deux cin(|uii'mcs 
|)lus courte t|ue celle du côté de la nuit; et réciproquement pour la lij^nc du 
solstice! d'été. Les diverses piiases de l'année se trouvaient rappelées |)ar l'i- 
niaj^e des douze sij^ncs du zodiaciue incrustés en airain dans toute la longueur 
de l'esplanade, aux (juatre ant^les de laquelle les quatre vents principaux, 
en mosaïque, avec leurs noms gravés au-dessous, marquaient les points car- 
dinaux. 

Cet obélisque, qu'on nommait le Gnomon, venait d'Héliopolis, en Egypte, 
où il avait été érigé par Psammelicus, roi de la seizième dynastie. Auguste le 
transporta à Home, l'an 730, le lit placer dans le Champ-de-Mars, en avant 
du Hnstum [n" 187], le consacra au soleil, et le destina à servir de style à une 
méridienne. A cet ellet, on fixa sur le pyramidion un globe doré de deux pied.s 
de diamètre, environ [4.50 niillini.] afin que l'ombre fût marquée d'une ma- 
nière beaucoup plus précise (ju'elle ne l'aurait été par le monolitbe seul. Le 
jour du solstice d'biver l'ombre atteignait l'extrémité de l'esplanade ; le jour 
«lu solstice d'été tout le pied de l'obélisque était éclairé, et l'ombre de la boule 
ramassée sur elle-même. 

J. L'obélisque qui servit de gnomon existe encore ; on le voit maintenant sur la 
place du nionle Cilorio [Nolli, n" 338; Lelarouilly, rion. III, 35], à Home. Il fut re- 
trouvé l'an 1302, renversé, cassé en cinq morceaux, et presque entièrement enfoui sous 
des décombres, prés de l'église de S. Lorenzo in Lueina [Nolli, n» 350; Lelarouilly, 
rion. III, 6. Le piédestal, tel que nous l'avons décrit, était encore en place, et intact, 
à l'endroit où s'élève maintenant la principale chapelle du côté oriental de S. Lorenzo, 
entre cette église et la rue du Corso, de sorte que la position de ce monument n'est point 
douteuse. On trouva dans les caves des maisons voisines divers signes du zodiaque en 
airain. Yoy. Bandini, delt' Obelisco di Cesare Âuguslo, c. 17, 18, 19, 20, 21 ; — 
Stiart, Epislola de Obelisco Cœsaris Auyusii e Campo Marlio nuperrime effosso. 

En 1589 Mercati [Deyli obelischi di Roma, c. 2i] écrivait, en parlant de l'obé- 
lisque du Clianip-de-Mars : — Ncl Campo Marzio ancora oggidi si passa sopra l'obelisco 
dietvo la cliiesa di S. Lorenzo in Lueina, per quella strada che va ail' Arco di Do- 
niitiano, dctto ai nostri tempi l'Arco di Portogallo. 

II. Sur la forme el les proportions de l'obélisque et de son piédestal, voy. Stcart, 
Episl. de obel. Cws. Aug. etc. pi. 1, 2, 3, 4. — Ces mêmes planches se trouvent aussi 
dans Bandim. — Voy. aussi Piranesi, Campo Marzio, tav. II. 

— Sotlo il poiilificato di Giulio secondo, si scoperse a caso nel Campo Marzio la base 
deir allro obelisco di .\ugusto, e si vede, che sopra il fondamento era fatlo un piedes- 
lallo quadro di marnio biancho, alto sette piedi e mezzo. Mercati, deyli obelischi di 
Koma, c. 24. 

UI. Is aulem Obeliscus, quem divus Augustus in Circo Magno statuit, excisus est a 
rege Semneserteo, quo régnante Pylhagoras in ^gypto fuit, LXXXlI pedum et dodran- 
lis, prii'tcr basim ejusdem lapidis : is vero, qui est in Campo Martio, novem pedibus 
minora Sesoslride. Inscripti ambo rerum nalurœ interpretationem ^-Egypliorum philo- 
sophia contineiil. Plin. XXXVI, 9. — Les anciennes éditions de Pline portent que 
l'obélisque du Cirque Maxime avait 125 pieds romains el 9 pouces de haut, ce qui pro- 
duirait, en pieds do roi, pour la hauteur de l'obélisque du Champ-de-Mars 116 pieds 
9 poures; mais Stuarl, qui a mesuré ce dernier avec beaucoup de soin, a trouvé qu'il 
avait 67 i)ieds 10 lig. 563 720 [Voy. Stcart, loc. sup. cil. p. 7; ou dans Ba>di.ni, 
p. 89]. Celle mesure, rapportée au pied Statilien el au pied Capponien doni>e, à une 
Irés-pelite fraction près, 73 pieds 9 pouces. C'est d'après l'observation de Sluart que 
h' texte de Pline, évidemment altéré par les copistes, a été restitué tel qu'il est aujour- 
d'hui. Le même antiquaire a trouvé que le piédestal, non compris le socle en marbre, 
a juste la cinquième partie de la hauteur de l'obélisque. 

— Pline se trompe en disant que cet obélisque fut taillé par le roi Sésostris ; les in- 
scriptions hiéroglyphiques indiquent Psammelicus, roi de la XVle dynastie [Melchiurri, 
Guida melodica di Roma, p. 555]. 



RÉGION IX. — CIRQIK 1 LAMINIUS. 



\ôô 



IV. L'inscription suivante était gravée sur les faces orientale et occidentale de 
l'obélisque. 

imp.caesar.dIvI.f 
atcvstys 

rONTlFEX.MAXIMVS 

IMP.XII.COS.XI.TRIB.POT.XIV 

AEGVPTO . IN . POTEST ATEM 

POPVlI .ROMANI . REDACTA 

SOlI.DONVM. DEDIT 

Celte inscription se trouve imprimée dans Sri art, loc.sup. cit. lab. Il; Bandini [delt 
Obetisco de fesare Augustn, c. IX] ; dans Gruler, qui a altéré la disposition des lignes 
[p. 32] ; et dans Orelii [Inscript, lai. n" 36], — L'I majuscule de certains mots 
indique des syllabes longues [Voy. Voss. de Art. grammat. lib. I, c. 29]. 

V. Quod quum Octavianus Augustus obeliscos duos ab Heliopolitana civilate tianslu- 
lissel JLgyptia (qiiorum unus in Circo Maximo, aller in Campo locatus est Marlio) 
hune, etc. Amm. Marcell. XVII, 4. 

Yl. Ei [obelisco] qui est in Campo, divus Augustus addidit mirabilem usum ad de- 
prehendendas solis umbras, dierumque ac noctium ita magniludines, strato lapide ad 
magnitudinem obelisci, cui par fieret umbra, brumœ confect» die, sexta liora ; paula- 
timque per régulas (quœ sunt ex œre inclusse) singulis diebus decresceret, ac rursus 
augesceret. Digna cognilu res et ingenio fecundo. Manilius malhemalicus apici auralam 
pilam addidit, cujus umbra vertice colligeretur in se ipsa, alias enormiter jaculante 
apice, ratione, ut ferunt, a capite hominis intellecta. Plin. XXXVI, 10. 

— Ce passage de Pline a fait penser à plusieurs antiquaires que le Gnomon servait 
de style à un cadran solaire, et non simplement à une méridienne. Celte opinion a 
été soutenue, entre autres, par le P. Kircher et le P. Masi. Co dernier, se fondant sur 
ce que dit Pline que le Gnomon marquait à la fois la longueur des jours et des nuits, 
a dressé le cadran ci-dessous. 




On y voit indiqué les deux solstices, par le tropique du Cancer el celui du (;ap 
corne, et réquino\e. Des lignes perpendiculaires à l'obélisque montrent les heures, 
sept autres lignes transversales, tracées paraboliquement d'un côlé du cadran à l'aul 
indiquent, à droite les heures du jour, à gauche, celles de la nuit, pour chaque phase 
I année, de sorte qu'on reconnaît d'un coup-d'œil, par exemple, qu'au solslice J'hi> 
lorsque le jour est de 9 h. la nuit est de 13 h. Il y a deux objections fondamentale 
l.iiie eonire celle ingénieuse conceplion : la première, c'est que chez les ancions I! 
mains le jour et la nuit avaienl toujours 12 heures, plus ou moins longues sui\a!il 
saisons; la seconde, c'est qu'a>ec un.s(.i//c tel que noire obélisque-, un cadran aurait 
rire si \asle, qu'il devenait inviaisemblahle, on pourrait même dire impralicabli-. 
effel, le 1'. Kircher a calculé que ce cadran, i)0ur qu'il put recevoir lombrc de I ol 



134 DESCniPTION DE UOME. 

lisquc ail solstice d'hiver, à l'inslant du jour où le soleil est le plus Las sur l'horizon, 

auruil dû avoirau moins 1072 paltnfs [210 mi^lres] (l'(^teii(lue [V. Jjanf/inj", loc. sup. cil. 
c. 17, 21]. Le svsli'iiic de iiicridiiimi' que nous avons adopté est tout à la fois le seul 
vraisciublabie et le seul rotiforme au texte de l'iine, où le mot horloge, hcro/oijium, 
n'est pas prononcé. Zieglero a, le premier, professé cette opinion, en 1G31, dans ses 
noies sur Pline l'Ancien [Voy. liandini, c. XII, p. 69]; elle a été ensuite soutenue et 
discutée par le P. Boscovicli, par Poleni, Colombi, Camelli, Marinoni, Maffci, Muratori, 
de Bose, Kuler, tous savants ou anli(|uaires du milieu du dix-liuitiémi; siècle, dans des 
mémoires en forme de lettres, imprimés à la suite de rou\ ia};e de liandini cilé plus haut. 
Pour l'élablisscment de l'esplanade telle que nous la donnons, nous avons suivi par- 
ticulièrement les données du P. Itoscovich, qui a calculé qu'elle devait avoir deux fois 
et un cinquième la longueur de robélis(|ue, pour pouvoir en recueillir l'ombre entière 
au moniL'iit du midi du solstice d'hiver. Nous avons également empiunlé au savant Père 
ce que nous disons du globe placé sur le pyramidion de l'obélisiiue : il a démontré, 
ce que Pline ne dit pas, que ce globe n'était pas un vain ornement, mais un acces- 
soire indispensable pour éviter la pénombre, qui, en vertu même de la forme pyra- 
midale de la tète du gnomon, devait être très-sensible. Ce globe, ajoule-l-il, devait 
avoir en grosseur le cinciuantième au moins de la hauteur à lafiuelle sa ligne diamé- 
trale se trouvait placée, car, moins fort, son ombre eût été absorbée par la pénombre 
et ne serait point parvenue jusqu'à terre, ainsi que cela arrive pour les oiseaux qui volent 
trop haut. 

VII. Après les témoignages que nous venons de citer, nous ne croyons pas devoir 
rapporter ceux de P.apliaël de Volterre, de Marlianus, de Pomponius Laetus, de l-'lanii- 
nius Vacca, de Ficoroni, de Venuli, etc., qui n'ont guère fait que se copier les uns les 
autres, en pailant d'une horloge solaire, dont nous venons de démontrer Timpossi- 
bilitè, ou tout au^moinsla non-existence. Ces témoignages, qu'on trouvera réunis, pour 
la plupart, dans Liandini, c. XVII, n'auraient tout au plus de valeur que pour (ixer 
remplacement du Gnomon ; mais après Bandini, et surtout Stuarl, qui a reconnu, me- 
suré et dessiné le piédestal, alors encore en place, de l'Obélisque, de nouvelles preuves, 
d'ailleurs moins positives, deviennent inutiles. Il n'y a d'autres renseignements à 
prendre dans ces auteurs, que les suivants que nous extrayons de Pomponius Lselus, et 
qui ont été copiés par les antiquaires venus après lui : — Xel Campo Marzo, dove é 
l'Epilaffio dci Capellani, ivi fu scavalo un orologio, clie avea setle gradi allô intorno, c 
le linee distlnte di métallo indorato : il suolo del terreno era di grosse piètre quadre, e 
avea le nicdesime linee, e negli angoli i quattro venti colla inscrizione vt Bobeas 
spiRAT. POMP. L^ETUS, Anlich. rom. — Falnls [Antiq. rom. IV, 13] dit que les fi- 
gures des vents étaient en mosaïque, opère musivo. 

VIII. In parle Campi Marlii, ubi nunc est lemplum S. Laurentii in Lucina, in capella 
nova (^apellanorura, fuit olim basis illa nominatissima, et Ilorologium superioribus an- 
nis effossum, quod liabebat scptem gradus circum, et lineas disiinclas métallo inau- 
rato, et solum Campi erat ex lapide ample quadrato, et habebat lineas easdem, et in 
angulo quatuor venti erant, ex opère musivo cum inscriptione : BOREAS SPIRAT. 
FuLviLS, de Urb. anliquit. lib. V, p. 530. , 

191>. Tombeaux divers. Il y avait des tombeaux tlans le Chainp-de-Mars pro- 

t (renient dit, et comme l'tisage des Romains était d'ériger leurs tombeaux le 
ong des routes, ceux-ci furent placés auprès de la voie Flaminia. 11 n'était 
permis qu'aux personnes illustres d'avoir une tombe dans le Cliamp-de-Mars, 
et eu vertu d'un décret du Sénat. Parmi les plus reinaupiables de ces monu- 
ments, on citait ceux de Sylla, d'Agrippa, de Julie, du père et de l'oncle de 
Scipion l'Africain ; mais aucun n'ayant été reconnu, nous n'avons pu leur at- 
tacher un nom, et nous ne les avons figurés que pour conserver à notre plan la 
couleur historique que nous nous sommes eUorcc de lui donner dans toutes ses 
parties. 

I. AfSTTïyî isjCOTïc-zs'jTV.zo-j vsyiîy.vTr; Tov Tjnv T0ÛT5V, xat twv éTTtp^.vîîTàrcjv y.v/;— 
ax-v. è-JzoûiOx y.v.-în/.vyx'jy:^ àvof^Oi-j xa? yuvatxwv. Strab. V, p. 256 *. 



* Les Romains regardant le Ghump-de-Mars comme un véritable et di(jue sanctuaire, y ont 



i 



KÉGION IX.— CIUQUI': FLAMINIUS. 135 

II. Siilla (Icccssit, lionosquc ei a scnalu habilus est, ut inCampo Marlio srpclirclur. 
l'iT.-Liv. Epilo. XC. 

III. ■] oî '^s'/oi -j-'jOÙ-j-z-i ù.-o Tri; /îdu/y); 'J.-iSf^ii s-jf^oiczot oir/.iy.iZo-j ii rh TCiSio-j zq 
fir.siov, ëvOx (iy.aàû; s Où.--:o->-o ij.o-joi. Ap1'I.\N. de Bell. civ. I, p. eo-i i. 

JV. Ta [J-ï-j oùv fj.vrifj.s~io-j è-j toi ttîoi'w z'jZi A /Oîoi; ctti. Plut. Sulla, 58 2. 

V. Hisne, salus reiuin, lelix liis Sylia vocaii, 

His meiuil tumulum mcdio sibi tôlière Campo? 

LuCAN. II, V. 221, 222. 

VI. Kal T'/jv èn'fopy.-j «jToy iv t&) t/jîttw, s-j w /at «ùrà; //.sts: -raura ic,ffiiyj)-r\, iTiovr,- 
avxo- y.cà ciùrb-j èv -zoi ty.oTOl) fj.:'-/]y.;io> sOxliz, r.'x.TOi 'iiio'i ï't t&> kç.iw Tiî'iLO) /aSo/ry.. 
Dion. LIV, 28 3. 

VII. Julia, (îcTsaiis filin, Pompeii uxor, drcessit : iionosquc ei a populo habilus est, ut 
in Campo Marlio sepclirelur. Tit.-Liv. Epilo. C\\. 

VIII. 2i;y/)i57racfav iTTctcT/; T«/£5Ta Tôjv iv tvj àyo/^y. è~a.h'ji-j i'ruyj, /.cà iv tw y.pVM 
Tisc^i'j) zOtIiu-'j' y.v.LTot Tou l^ofjiiricu dvOiaTa.y.svoo, x-A às'/îvtoî i:/Xz tô x«£ ôt« oJ;< àaioii 
£v TÔ) iî,cô) Toû'jj à'vï'j Tfvîi, ■pri'fii/J.y.ro-; O'y.UTOito. DioN. XXXIX, 6i*. 

IX. Scipioii descendanl aux enfers, rencontre son père et son oncle, et leur dit : 

Quanlos funeribus vestris gens Itala passim 
Dat geniilus! Tumulus vobis, censente scnalu, 
Mavorlis geminus surgit per gramina Campo. 

SiL. ITAL. XIII, V. 658-660. 

X. ... Experiar quid concedatur in illos 
Quorum Flarainia tegilur cinis alque Lalina. 

Juv. S. I, V. 170, 171. 

XI. Juncto riaminise jacet sepulcro. 

Mart. VI, 28. 

XII. Qiiisquis Flaminiam teris, viaior, 

Noli nobile prcElerire marmor. Mart. XT, li. 

XIII. Nel fabbricarsi nclla piazza del l'opolo la chiesa délia madonna de' miracoli 
|Nol[i, li» -484 ; Letarouilly, rion. IV, 8], una dolle due ctie sono al principio del Corso, 
lu scop'rlo il fondamenlo di una piramide a somilianza di qucila di C. Ceslio, i marmi 
délia quale si dicono esse quclli adoperali ne' bastione délia porta. Yenuti, délie an- 
tichitd di Roma. pari. II, c. 3. 

490. Champ-de-Mars, et Champ Tibérin ou Ciiamp-de-JIars inférieur. On 
appelait Champ-de-Mars toute la partie non bâtie de la région du Cirque Fla- 
niinius. C'était une plaine couverte de gazon, et distinguée en Champ-di'-Mars 
proprement dit, et en Champ Tibérin ou Champ-dc-Mars inférieur . Le Champ- 
de-Mars commençait au Bois sacré, derrière le Mausolée d'Auguste [n° 185], 
s'étendait à l'orient jusqu'à la Colline des Jardins, et s'enfonçait à l'occident 
jusque dans le grand coude formé par le Tibre, un peu au-delà de la Voie 
Triomphale. Le Champ Tibérin se trouvait circonscrit entre les Jardins d'A- 
grippa [n^ 169] , les Equiries [n» 197], le fleuve, et les théâtres de Pompée 
[n" 156] et de Corn. Balbus [11° 146]. 

I. ToÙT&jv âî TV. Tïlîfjtv., b M'y.f^rioî ïyat w.ji.TiOi, Tipoi T/j oiizii —^2n).aSàjv, xkI tsv l/. 
z?j; -jio-joixç xo7|Uov y.xï yy.p xh yv/tO^^i -zoïi Tuoio-j Ox'jfJK/.mb-J yfj.c, /ci tkî v.py.-x-o'Jpo- 
l'-'y.:, Y.^1 Tv;v i/Xt^Ti'J ImTïksîxv, ùy.ijiMXO'j na.fjéyj^fj tw TC/aoùro) 7i\rfis.i., tôjv s^uif-c/. /.où 
/.ip/.'A y.u.i—cùoLi'j-pci.yuiJ.-jyX^oiJ.ivoi'J, xa't zà.TZSpl/.&iiJ.z-JOi é'/î'/a, /M xb èâv.fOi ~'j6.^'j-j ôl 

S9VS5, XKt TÔJV /ÔpiJV ffTcpKVKt TÔ i>~îp X'JU TZOXOLiJ.oZ It-iypi XOÛ piiOpOD a/.YiVOypXfl/.Vi-J 

O'piv i~io-r/.-jiifj.îv</.!, $u'j'jy.-yXh'x/.xo'i Tiy.pîyo\iQi xr^-j 9-'xv. XCkrfl'wj 0" £371 xoli 7iîc?b0 xoit- 



placé les monuincnls funéraires des plus illustres pcryounages des deux sexes. Pajye 21 1 de la 
Traduction. = 1 Aliquot senalores suhlatain in liumeros Icclicam transtulerunt in Campuni 
Jlarlium, ubi solos re|;cs scpelire mes est. ^ ^ Exstat moniimenlnni ejus [Syllsc] in (.'ampo 
Marlio. = ■> Fuiius ejus [Afjiippa'j exiulit [Au{;nstns] eodciii moilo quo tleini-eps ipse e/a- 
lus est, suoque eum in sepulcro coiulidit, quainvis Afji-ippae propiium essct in Campo Martio 
nionuuientum concessum. = ■* Postquani in l'^oro fuueliri 1 ludatiouc ornala fuit [Julia eonjux 
Pompeii], in t'ampo Rtartio sepclivcMuut, (|uantumvis Dnmitio resistente alque inter alia di- 
cenlo, uou fus esse cam in sacro loco sine decrelo se|ieliri. 



136 DESCRIPTION DE ROME. 

Tou /ai icÀ/o ntolo-J, y.'xl STSal x'Jx>.w vv.;j.T:\r,Oiï;, -/.où x/^r,, xa't 6écT/>x rph., zat «//J^t- 
Oéxrp'j-j, MX v«9Î TToXuTEXtls, xat s'jvî^^eï,- à/)iî/ots. Strab. V, p. 236 •. 

II. Villa publira. 

Campus Marlis. P. Vint, de Rrg urb. Romo', IX. 

III. Qui aliter faril ex ambilu rausam dicit. Itaque Tiberis amnis (|uod ambit Mar- 
lium Campum. Varii. L. L. V, <§ 29. 

IV. Ager Tarquiiiiorum, qui inter Urbcm ac Tiberim fuit, consecratus Marti, Marlius 
deinde Campus fuit. Tite.-LIv. II, 5. 

V. Kai Tvjv cf.jTO>\> '/r\-j ôi/jv ixs/.TvjvTO, T5J; ix-ipi-rx ■/'t.rtpo-/ ïywii. Sii/uii-v.-) îv ij.o.''j-j 

i^cÀo/juvoi îreôïov, ô XEtTat jUstkJù TJj; T£ no/ïojî xai tsî; iroTSt/toy toIito ô' A'/sîoî 

i/;rc</!;^£tv ti/siv sî 7r/5(3T£;00v i^/ip(iavT'5" I). Halic. V, 13*. 

VI. Te in Campo quœsivimus minore. 

Catul. 52, V. 5. Edit. Barbou. 

VU. Invenilur statua décréta Taratiœ Gaiee, quod Campum Tiberinum gratificala 

csset ea populo. I'lin. XXXIV, 6. 

VIII MunilicentiiE et beneficii gralia, quod Campum Tiberinum sive Marlium 

populo rondonasset [Caia Tarratia]. A. Gell. VI, 7. 

iX. È-HOl âï TO'uTO cjujTs-îtv iiTO poûcfj, oj'/' oxt Tv.p/.-j-Aou ya.'iitp'JtOt) 70 T.t'jlo-\ 
vXjù. ypôvoii xiiztpo-^ vX^o yoipio-j bij.opou-J èzîîvw Ta/i/ùivta, àv£i'î/)j. •/) Oî 'ïçt.f,y.'j'Ji'J., 
TfxpOé-joi -/i-j iipu'x fjic/. Tôiv E'ït(ko\jv. Plut. l'oblic. 8 3. 

X. Quamvis non alius flerlere equum sciens 

i£que conspicitur gramine Martio. 

HOR. III, Od. 7, V. 25, 26. 

XI. Te per gramina Martii 

Campi, etc. IIor. IV, Od. 1, v. 59, 40. 

XII. Imberbus juvenis, tandem custode remolo, 
Gaudet equis, canibusque, et aprici gramine Campi. 

HoR. Art. poel. v. 161, 162. 
XIH. Altéra gramineo spectabis Equiria Campo, 

Quem ïhybris curvis in latus urget aquis. 
Qui lamen éjecta si forte tenebitur unda, 
Cœlius accipiat pulverulenlus aquas. 

Ov. Fast. III, V. 519-522. 
— Ceci prouve que les Equiries étaient dans la partie basse du Champ-de-Mars. 

XIV. Quot llavas Thybris arenas, 

Mollia quot Martis gramina Campus habet. 

Ov. Trisl. V, 1, V. 31, 32. 

XV. Eque domo rursus pukhrae loca verlor ad Urbis, 

Cunctaque mens coulis pervidet illa suis 



Gramina nunc Campi pulchros spertanlis in hortos. 
Stagna et Euripi, Virgineusque liquor. 

Ov. Pont. I, 8. V. 35, 34, 37, 38. 
NVl. Mavortis geminus surgit per gramina Campo. 

Sa. Ital. XllI, V. 660. 



* Le Champ-de-Mars rëunit les ornements de l'art à ceux de la nature. En effet, la gran- 
deur (-tonnante de ce Champ, où des milliers d'hommes peuvent ensemble exécuter des 
courses de cliar ou de chevaux et s'exercer à la paume, au disque, à la palestre ; les édifices 
qui l'entourent, le ya^o" toujours vert de sa pelouse, l'aspect d'une couronne de collii)cs fi(;u- 
r.int nue scène dcnii-circulaiie, dont les extrémités s'nppuient à la rive du tleuve; tout en cet 
endroit offre un spectacle que Tn-il abandonne à rc(;rcl, iiidépcmlaniment de ce qu'auprès de 
ce Champ l'on en trouve un second avec beaucoup de portiques à l'eutour, des liocaj!es sacrés, 
trois ihéaircs, im ampliithéàtre et des temples superbes, presque continus les uns aux autres. 
fage 1 1 de lu traduction. = * Eoruin [Tarquiniorumj a(;rum, qucin illi privalim possidebant, 
diviserunt civibus nullam agri poriidnem babentibus, uno taiilum Campo exceplo (|ui inter 
Urlicm et lluviuiu est silus. Hune enim .Marti eorum majores publico décrète conseerarant. 
=1 ^ Alii hoc ncciilissc feriiiit, non (|iiiim consecraverunt campus Tarquinii, vcrum poslea vi- 
cinum illi aliiiin fiiuduiii quiiui Tarquinia dedicaret. Virgo ha;c Tarquinia ex vestalibus una 
fuit. 



RÉGION IX.— CIRQUE FLAMINIUS, 157 

XVII. Tune ego me memini ludos in gramine Campi 

Adspiccie. Ov. Fast. VI, v. 237. 

XVIII. M. Lepidus, quum, céleris in Campo exercentibus, in herba ipse recubuissel: 
« vellem hoc essel, inquit, laborare. » Cic. de Oral. Il, 71. 

XIX. Monsignor Lanrisi i ci fa fede che [il Campo Marz.o] riliennc anrora in molli 
luoghi la sua anlica vcriura e amenita fino ai lempi di Leone X, e di allri pontefiri di 
lui successori, i quali colle nuovc fabbriche incominciarono a rendere dapperluUo abi- 
tato il Campo Mai/o. IUndini, delt' obelisco di Cesare Augtislo, r. XV. 

XX. Quelques anliquairos, entre autres Blondi et l'iranesi, ont prétendu d'après 
Fulvius, peut-être [de Urb. antiquilat. Ilb. V, p. 343], qui a émis cette idée a\ant 
eux; ont prétendu, dis-je, que le Champ-de-Mars s'étendait jusqu'au l'ont Milvius 
(auj. Ponte Molle, à deux milles de Rome) ; cela était peut-être vrai en tantque propriété 
territoriale des Tarquiiis, mais comme partie de la région du Cirque Flamiiiiiis, il Unis- 
sait au Bois Sacré, derrière le Mausolée, ou s'étendait peu au-delà. l'iranesi [Cnirijin 
Marzio, c. 1, g 5 à 8, elÀnticfi. rom. t. I, p. VIII] prétend en outre que, du temps 
de Sirabon, tout ce que nous reconnaissons pour le Champ-dc-Mars était couvert de 
bâtiments. Celte assertion est tout à fait erronée ; on ne pourrait la supposer vraie, sans 
admettre que tous les jours les Romains faisaient un long trajet pour aller, pen- 
dant deux heures, s'exercer dans le Cliamp-de-Mars à la paume, à la course, à la na- 
tation, etc., [voy. Rome au, siècle d'Auguste, Lettre XXVI] ; cela n'est nullement vrai- 
semblable. 

197. Équiries. C'était une petite partie du Cliamp-de-Mars inférieur, située 
tout près des bords du Tibre, et où, une ibis l'année, l'on célébrait, sous b; 
nom (TEqurna, des courses de cbevaux et de chars en l'honneur du dieu de la 
guerre. Ces jeux avaient lieu dans une espèce d'hippodrome improvisé, com- 
posé de barrières temporaires faites avec des cordes soutenues de place eu 
place sur des pieux. 

I. Equiria ab equorum cursu ; eo die enim ludis currunt equi in Campo Marlio. 
Varr. L. L. VI, § 13. 

il. Jamque dufe restant noctes de mense secundo, 

Marsque citos junctis curribus urget equos. 
Ex vero positum permansil Equiria nomen, 
QuBe deus in Campo prospicit ipse suo. 

Ov. Fast. II, V. 857-860. 
IIF. Sur la position des Equiries, voy. plus haut, n" 196, g XIII. 

IV, Theatrum Pompeii. 
Equiria. 
Sladium. 

Amphillieatrum Tauri Statilii. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, IX. 

V. Iconographie. Les antiquaires ne sont d'accord ni sur la position, ni sur la forme 
àes Equiries ; ils en ont fait un cirque soit de bois, soit de pierre, que les uns ont 
placé à l'endroit où fut depuis le Cirque Agonal, aujourd'hui la place Navone [Noili , 
n" 603; Letarouilly, rion. VI, 12] ; les autres devant le Panthéon, entre ce temple et 
la Curia Innocentiana actuelle [NoIli, n» 339 ; Letarouilly, rion, III, 52]. Nous ne 
pouvons partager aucune de ces opinions: Les Equiries, du moins à l'époque d'Au- 
guste, et peut-être encore longtemps après, n'existaient point à l'état de cirque, même 
en bois; s'ils eussent existé ainsi, Strabon qui se trouvait A Rome du temps d'Auguste, 
les aurait certainement nommés dans sa description du Champ-de-Mars, et il n'en dit 
pas un mot. [Voy. Sirabon, V, p. 236 et sqq. ; ou 211 de la tr. fr.] Les Equiria avaient 
lieu sur le gazon du Champ-de-Mars, comme le dit Ovide. Nous avons indi(iué par 
une ligne légère ponctuée de place en place, l'hippodrome improvisé où on les célébrait, 
et toujours guidé par Ovide, nous l'avons mis dans la partie du Champ-de-Mars que le 
Tibre baigne de son lit recourbé. Nous avons été déterminé à choisir cet endroit 
liarce qu'il était une des parties basses de la plaine, et qu'Ovide nous apprend que le 
Tibre inondait quelquefois l'emplacement des Equiries, ce qui forçait alors d'aller célé- 
brer les courses sur le mont Cœlius. 



* De adventitiis Romnni cœli qiialitatibus, part. II, c. iv, n. io,T. i. I\ome i:.\'<. 



138 I)ESClilI>T10N DE UOME. 

198. Voie Tiiiompuale. — Statues. Elle parlait du Pont Vatican, traversait 
en ligne droite tout le r,liamp-de-M;irs, passait devant le llicâlre de Baihus 
[n» 146], le théâtre de Marcelliis |n" li't|, dans le Forum Oiituriuin [n"201], 
le \ élabre mineur, le (".irepie Maxime, longeait tout le côté oriental du mont 
Palatin, et venait joindre la voie Sacrée à l'angle N.-E. de celte montagne. 11 y 
avait beaucoup de Slalues aux abords de la Voie Triomphale dans le Champ- 
de-Mars. 

I. Eral enim via Triumphalis per portam et pontem Valicanum tendons, usquc in Ca- 
pitolium, unde divus llicronynius, de viris iiluslribus si'pultus est, inquit l^elrus, juxta 
viam Triimiplialeni In Vaticano, ubi lotius Urbis vcncratioiie celcbratur. Fllviis, de 
Vrb. antiq. lil). I, p. .")5. 

II. l'iiscoium Icsiimoiiio et aurtorltatc doeuimus teriilorium triiimphalc ad euni 
fuisse locum ubi ajmd l)asiliraiii prinoipis Ai)ostoloium Pelri [Noili, n" 1285; Lelarouilly, 
rioii. XIV, 25], saiirti Aiidreœ eceiesia el (".œnotaphiurn exslaiit: quo in celcberrimo 
priscis eliam lempoiibiis loco, apud id lune Apoilinis icmplum, nunr saneiae l'elronilhp, 
et sanciiB iMaiiaî febiieosorum ecclesiani ', obcliseus est iile subliniis quem Caium 
piineipem in Neronis Citro erexisse Plinius est aue lor. In eo ita(|ue leiiilorio triumphali 
parala Iriumpiii poni|)a per viam proeedebat Triumphalein, eujus stral.u siiicibus parti - 
cula adliuc cernilur sub sancli Spirilus in Saxia bospitaii (Noili, n" 1258 ; Lelarouilly, 
rion. XIV, i2], ut per nunc dinitum pontem Tjberis Triumplialem ibi proximum [NoIli, 
n" 5il; Lelarouilly, rion. XIV, 1], et poilain paiilcr dirulamejus ponlis Tiiumplialeni, 
cujusampla eernereesl fundamenla, in Urbem elad Capilolium dueerelur. Conlinuabalur 
auleni ea Triumphalis via ad posleriorem nuncporlieum eeclesia; sancli Ceisi ;Nolli, n".T7.5], 
ad quam areus marmorei ipsani amplexi viam. Allera exslal eoxa corrosam e marmore 
staluani relinens eolosseam. lleflexa inde via saneii Laurenlii in Damaso ecclesiam 
[NoIli, n" 64.'5; Lelarouilly, rion. VI, 23], el post Flora; Campum pelebal [Nolli, n" 658 ; 
Lelarouilly, rion. VI, 28] : id(|ue bine maxime proxiniis temporibus réméré fuit, quod 
in conlinuatis super eam domibus fundamenla jarere, aul puleos effodere molienles, 
siliream velerem offcnderunt spaliosissimam, a (^ampo Flora; ad nunc plalea Judmorum 
[Xolli, no 1025; Lelarouilly, rion. XI, 13, l'iazza S. M. ciel Piantn] : inde Junonis leni- 
plum, nunc sancli Angdi in Foro piscium ecclesiam [Nolli, n" 1020; Lelarouilly, rion. 
XI, 13] : post ad sanclum Georf;ium in Velabro fNolli, n" 1033; Lelarouilly, rion. XII, 
14] procedens via sub novis a-dibus ruinisque ab effodirnlibus invenil, quousque Jani 
lenipio Velabroque proxima in Clivum desitnra Capitolinum détecta cernit. Blondis 
Flavius, de Roma Iritimplianle, lib. X, p. 161 recto et verso; in-12, l'arisiis, 1535. 

III. Nous avons tracé la Voie Triomphale d'après cette indication, parce que Blondus 
cite des fails, el que le fait doit prévaloir contre tous les raisonnements; mais l'archéo- 
logue se trompe en ramenant la voie Triomphale vers S. George dans le Velabre {notre 
Forum Boarium) ; elle traversait le Cirque Maxime, d'après les témoignages authen- 
tiques de l'histoire, et passait derrière le mont Palatin pour venir joindre la voie Sa- 
crée. Quant à l'existence de la voie Triomphale dans la traversée du Ghamp-de-Mars, 
nous la révoquons en doute, parce que ni les historiens, ni les poètes, ni aucun auteur 
contemporain d'Auguste ou de Tibère, n'en parlent jamais ; parce que les auteurs anté- 
térieurs ne la mentionnent pas davantage, non plus que les auteurs postérieurs, tandis 
qu'ils nomment la voie Flaminia, la voie Appia et plusieurs antres. 

Ne peul-on pas croire après un silence aussi général touchant l'existence d'une voie 
qui devait être si célèbre, que cette voie n'a pas dû exister, au moins dans le Champ- 
de-Mars? car, hors de la ville, au-delà du Pont-Vatican, il y avait bien certainement 
une voie Triomphale ; P. Victor la nomme à la fin de son livrel, el elle se trouve aussi 
mentionnée dans trois inscriptions rapportées par Gruler, p. 437, 463 el 108t. 

Nous avons dit ailleurs [dans Rome au siècle d'Auguste, lettre XVlll] qiie la voie 
Appia au sortir de la Porte Capène, était le rendez-vous des élégants et des élégantes 
de Rome qui se promenaient à cheval, en voiture ou en litière. Ils venaient 1;\ pour se 
montrer, faire admirer leurs équipages. Pourquoi n'allaienl-ils pas faire leur promenade 
vaniteuse sur la Voie Triomphale du Champ-de-Mars ; il semble qu'ils auraient eu là 
plus de spectateurs pour les voir ? 



' L' église Santa 3Iaria de' frln-ilms est maintonaiit remplacée par la Sacristie de Saint-Pierre 
au Vatican. Voy. Nolli, n" J 284 ; Lelarouilly, rion. XIV, 24. 



RÉGION IX. — CIRQUE FLÂMINIUS. 159 

IV. statues. Aiigiislc avait fail enlever de l'Aiea du Capitole une foule de Statues qui 
l'encombraient, et les avait reléguées dans|,lo Champ-de-Mars [voy. n0 79, gVUI]; 
nous conjecturons que beaucoup devaient se trouver le long de la Voie Triomphale. 



NOTE SUR CETTE QUESTION : 
Y AVAIT-IL DES MAISONS PRIVEES DANS LE CIIAMP-DE-MARS ? 

Non, il n'y avait point d'iiabitations privées dans le Champ-de-Mars. En ellet, 
on ne lit dans aucun auteur ancien que tel citoyen dcmeurdl dans ce (piartier. 
Cicéron dans une lettre écrite à Atticusl'an 708, parle d'un projet de reculer 
le Cliainp-de-Mars au pied du Vatican, et de bdtir le Clianip-de-Mars actuel : 

« Scd casu scrmo a Capitone de Urbe augcnda. A ponte Mulvio Tiberim duci sccun- 
duni montes Vaticanos; Campuni Marlium coœdilicari ; illum autem Campum Yaticanum 
lieri quasi Martiuni Campum. Quid ais? Cic. ad Attic. XIII, 53. » 

Ce témoignage joint au silence des auteurs anciens sur l'existence d'iial/ita- 
tions dans le Ciianip-dc-Mars, nous paraît concluant. On a voulu, par une in- 
terprétation vicieuse d'un passage de Plutarque, cité plus haut [n" 2G, § VIlJ, 
donner à Pompée une maison près de son théâtre ; en supposant même ([U(^ le 
fait fût vrai, ce serait l'unique exception à l'état dont nous parlons. Sans doute 
Agrippa eut une maison dans ses Jardins [n» 169], le voisinage de ses Bains 
[n° 171] donne du poids à cette conjecture; mais c'était l'usage d'avoir une 
demeure dans ces lieux de plaisance, et on ne pourrait pas dire que celle-ci lut 
vraiment dans le Champ-de-Mars. 

Voilà les seules indications, l'une controuvée, et l'autre problémati(iue, 
<|ue nous ayons trouvées de maisons dans ce (juartier, nous pourrions niènnî 
(lire dans toute la région Flaminienne.^I! n'y avait d'autres halntalions que (h^s 
tavernes ou boutiques dans lesquelles les marchands logeaient [voy. Rome au 
siècle d'Auguste, Lettre XIV] ; mais ces tavernes étaient dans les monuments 
publics, dans les Portiques, peut-être dans la Villa puhlica, et sous les ar- 
cades inférieures des théâtres, comme on le voit aujourd'hui dans les douze ou 
treize arcades conservées du mur extérieur du Théâtre de Marcellus. 



140 DESCRIPTION DE HOME. 

<i 

RÉGION X.— PALiVTIN. 



La région du Palatin embrasse toute la montagne de ce nom ; elle 
est bornée à TE. par la Voie Triomphale, au S. par le Cirque Maxime, 
à rO. par la Voie Neuve, et au N. par la IV région, en suivant une 
ligne brisée qui commence en-deçà du Lupercal [n" 202], suit le mur 
de la montagne jusqu'à la porte Piomana [n" 199], monte jusqu'au vi- 
ens (^luiaruni, et faisant un coude en descendant pour envelopper le 
vestibule de la maison de Domitius Calvinus [n° 257], vient se terminer 
à la voie Triomphale. 

199. Porte Romana. Vers le côté septentrional du Palatin, au bas d'une 
rue (jui conduisait de la montagne à la voie Sacrée. Cette rue, inimédialemeut 
après la porte, était disposée en degrés. 11 y avait un palier à la hauteur ilu 
Viens Curi:iruin qui se présente à gauclie, puis de nouveaux degrés condui- 
saient au Clivus de la Victoire. La i)orle Roniana datait de l'origine de Rouie. 

I. Romanam porlam antca llomulam vocitatam fcrunl, qux fuerit ab lloma appcl- 
lala. Fest. v. Jiomanam. 

II. l'orla Romana inslilula est a Romulo infimo Clivo VictoriiE, qui locus gradibus in 
quadram formatas est. Appellata aulcm Romana a Sabinis praîcipue quod ca proximus 
adilus erat Romam. Fest. \. Romanam. — Ci-ttc dernière circonstance, que les Sabins 
rappeièrenl Romana parce que c'était le chemin le plus court pour aller à Rome, prouve 
bien qu'elle était au nord du Palatin, c'est-à-dire du côté du mont Quirinal, liabilc par 
les Sabins. 

200. Temple de la Victoire. A l'angle S. 0. du Palatin, vers le Forum et 
la voie Sacrée, on voyait un temple circulaire : c'étdit le temple de la Vic- 
toire. 11 s'élevait sur la pente de la montagne, à l'endroit appelé Velia. Ou 
ignore le nom de son fondateur et l'époque précise de sa fondation ; nous 
conjcclurons qu'il fut. l)àti dès les premiers tenqjs de Rome : bien certainement 
en l'an 5i8 il existait déjà depuis plusieurs années. 

I. Denys d'Halicarnasse, après avoir décrit la position du Lupercal au pied du Pa- 
latin, ajoute : È-'i iï zr, /.opjfv) To'j '/ô'jojjT'o -r^i yi/.riÇ Zï/i-voi c;=).ôvt£;, 9;/7ta; zar 
Tuiizr, zarïTrviîavTî Ct;zr,':io-j:, â; Z5tt è-' kij.oxj Puycâoi ëO-jiv. D. Halic. I, 52 '. 

II. In aîdem Victoria;, quœ est in Palatio, pertulere deam. Tn.-Liv. XXIX, 14. ![an. 
548.] 

III. P. Valerio Volcsi (ilio Publicolœ sedcs publicas sub Velia ubi nunc aedes Vicloriîe 
est, populum ex Icge, quam ipse lulcrat, concessisse. Ascon. in Piso. p. 164. 

IV. Dflala confcslim matcria oninis infra Veliam : et, ubi nunc Vica-pol» est, domiis 
in infimo clivo a-dilirala. Tit.-Liv. 11, 7. — Vicœpota est la même que la Victoire : 
« quod si fingcnda nomina, Vicaepolte polius \incendi atque potiundi. » Cic. de J.egib. 
II, 11. — Voy. aussi plus bas n" 201, § XllI. 

V. Iconographie. Il sig. Costanlino Thon ncH' anno 1826 ha trovali gli avanzi di un 



' At in siiniino ccllis verlice Vii'tori;i' Icinpliiin in loco aiite <lclocto cxslruxonmt, et sacri- 
ficia liulc quorjuc [de.rj anniversaria insùliicrunl, qii;c ;id mcatn usque ajlalcin Romani fa.- 
(■iebant. 



RÉGION X.— PALATIN. 



444 



tempio rolondo, i quali non erano slati ancoia da verun allio indirati, o rlie cgli, non 
senza ragione, prétende essere gli avanzi del lempio délia Villoiia, e clie diede al 
rlivo il nome di Clivus Yicloriw. Thon et IJallanti, // Palazzo de' Cesari, p. 16, et 
lav. Il, n" 17, in-4t> et Atlas inf", Uonia 1828. 

YI. In questi anni, su qucUa parte del colle Palatine, alruiii frammenti di tnarmi in- 
risi ron letlere clie si riferivano a (|ualrlie ara o lempietlo alla Villoria, dedicalo in quel 
luogo, ed un fregio di marnio scolpito con niemoria di Auguslo: C.ks. Diyi. F. a canto 
al quale si vedero ancora i pezzi di colonne, le quale dovevano sostenere l'architrave 
sollo posto a quai fregio, ed insieme sca\alo essendo si un frammento d'altra inscrizione 
più aiitica in travertino, che nelle poche leltere rimastc, in quel pezzo deva indicio 
essere slalo quello alzalo in onore délia Vittoria sino da' tempi délia republica atte- 
soclie non col dillongono JE ma era scolpilo con l'Ai in questa forma 

l'/c/ORlAI 

... marcivs c. f 
pR. s. c. n. D. 
Denominavcsi ancorajquesla parte del Palatine conligua al Lupercale^C/wu< Yicloriœ. 
BiANCHiNi, del Palazzo de' Ctsari, c. Vil. 

VII. Des deux figures 
ci-jointes, la première est 
la copie d'un fragment du 
Plan de marbre quia in- 
spiré M. Thon dans sa dé- 
couverte , bien que les 
deux temples qui se trou- 
vent reproduits ici ne por- 
tent aucune devise. L'é- 
difice carré est le temple 
d'.\uguste dont nous al- 
lons parler au n« 201. Cet te 
figure est gravée dans Bel- 
lori, Iconographia ve- 
teris Romœ, lab. V. 

La seconde figure est le revers d'une médaille d'.\uguste de moyen bronze, repré- 
sentant, suivant plusieurs numismates, le temple d'Auguste. X droite est la statue d'un 
bœuf, à gauche celle d'un bélier. Tire de .Morell., Numismat. XII ùnp. Rom. t. I ; 
JS'umism. Aug. n» 9 ; et lab. XXVIII, n° 19 ; se trouve aussi dans Goltzius, Aug. tab. 
LXXIII, no^. 

Capita Blbcla. Ancien nom de l'emplacement du temple d'Auguste. Voy. le n» sui- 
vant, g 111. 




201. Temple d'Auguste. L'année même de la mort d'Auguste, l'an 767, 
Livie et Tibère commencèrent ce temple en vertu d'un décret du sénat. Ils 
rélevèrent auprès du temple de la Victoire [n^^OO], dans un endroit nommé 
Capiia Uubula, où Auguste était né. Ce temple était un périptère de forme 
carrée. Il devait être en marbre blanc. 

I. Rai ajTÛ sv zs tr, V'Jiij.r, ricSiO-J i//y;p(395V ,v.£v 'jtio T'Ô, ys.poj'jlv.i, ol/.oâojj.rfiïy Sï liTCÔ 
Tî-r,; Xiooîx; y.M-JTZo -zo'j Ti^zçhu, Ir.cirfir,. DiON. LVI, -46 1. 

II. Ne publiée quidem nisi duo opéra struxit [Tiberius], templum Augusto et scenam 
Pompeiani theatri. Tac. Ann. VI, 45. 

m. Nalus est Augustus regione Palatii, ad Capita Bubula, ubi nunc Sacrarium habet, 
aliquanto postquam excessit constitutum. Suet. Aug. 5. 

IV. Piadicem ejus magni ponderis vidiraus in Palatii lempio, quod feceral divo Au- 
gusto conjux Auguste. Plin. Xll, 19. 

V. Posuit [tabulas] et Tiberius Cœsar,... in lempio ipsius Augusti, quas mox indica- 
bimus. Plin. XXXV, 4. 



1 Decreium quoque Roniae Au(justo Sacrarium a senaiu, a Livia aulcm et Tiberio ers- 
œdificatum factum [an, 767]. 



142 DESCRIPTION DE ROME. 

VI. Oppra sub Tibcrio si-mipci ferla, Tcmplum Augusti Theatramquc Pompei absolvit. 

SiKT. Calig. 21. 

YH DIS.MANinVS 

AVG.LIB.BATHYLLVS.AEDITVS.TEMPLI.DIVI.AVG. 

ET.DIVAE.AVGVSTAE.QVOD.EST.IN.PALATIVM 

ISIMVMS.ET.HOXOnATVS. 

PiRANESi, Anlich. Itom. T. III, lav. 27. — Orelli, Inscript, lai. n» 2.UC. 
\11I. Iconographie. Fra le sostruzzioiii de! palazzo di Caligola si osservano due mûri 
di una Rrossc/za mollo maggiore dcgii allri, i quali sicuramonle scrviiono per sosle- 
iieie le colonne di qualche lempio, onde non é improhabile ciie ivi appunto fosse 
(luoslo lempio, la cui forma e stala ricavala dal frauimento délia pianla Capitolina. 
(juesto framnu'nto si adatla perfetlamenic a (juesto luogho, ove appunto laleralmente 
a quoslo lempio rcttangolo esisle il lempio rotondo délia Viiioria. Thon et Ballaxti, 
il Palazzode' Cesari, p. 80. — Pour le fragment du plan de marbre, voy. ri-dessus 
n" 200, gvn. 

IX. C.EUMALiM ET Velia. C'étaient deux mamelons dépendants du mont Palatin, et 
sur l'emplaremenl desquels furent élevés les temples de la Victoire et d'Auguste, dont 
nous avons parle dans les deux articles précédents. 

X. Huic [Palatio] Germalum et Velias conjunxerunt, quod in bac regione scriptum 

est: 

Germalense quinticeps apud œdem Romuli ; 

et 

Veliense sexticeps in lelia apud œdem deum Penalium. 
Germalum a germanis Romulo et Remo, quod ad Ficum ruminalem ibi inventi , quo 
aqua iberna 'liberis eos detuleral in alveolo expositos. Vcliœ unde essent, plures ac- 
cepi causas, .in quis quod ibi pastorcs Palatini ex ovibus ante tonsuram invenlam vel- 
lere lanam sint soliti, a quo vellera dicunlur. Varr. L. L. V, § 54. — Le temple de 
Romnlus est dans la VIU^ région, no 125, à l'angle N. du Palatin; —Le temple des Pé- 
nates est dans la IVe région, n» 19, au pied du Palatin ; — Le figuier Ruminai est 
dans la VI1I« région au fond du Comilium, n° 125, sur le bord de la voie Neuve. 

XI. Toû as -narx/J-Oi) xara/Ji/Çiv to?, ïj lilvjfjfxij pa. t/,v 5/âp-/iv jîrs/aSoî/sa xat //£T=w/:t- 

Yspac-^àv, 6>i ëor/.s-J, orf/.cà TO'Jj ààù.fio; Vipy.xyoù; ivî/yiÇîù/jfv. Plut. liomul. 3 •. 

XII. Milonis domum, eam quœ in Germalo, expugnare et incendere ita conatus 

est [Clodius] Ipse domum P. SuUae pro caslris sibi ad cam impugnationem sump- 

serat. Cic. ad Àllic. IV, 3. 

XIII. Publicola termine ainsi son discours pour se disculper d'affecter la tyrannie : 
— « In Velia a>diricent, quibus molius quam P. Valerio credilur libertas. » Delala con- 
feslim materia omnis inl'ra Veliam, et ubi nunc Vica>potœ est, domus in inGmo clivo 
a'dificala. Tit.-Liv. 11, 7. 

XIV. L. Higinus dicit in libro priore de viris claris : P. Valerio Volesi filio Publicolœ 
œdes publicas sub Velia, ubi nunc œdes Vicloriœ est, populum ex lege, quam ipse lu- 
leral, conressisse. Asco.n. in Piso. p. 164. 

202. LuPERCAL, Temple de Pan ou de Rumia, Le Lupercal, situé au pied du 
Palatin, au-dessous du temple de la Victoire [n» 200], à peu près en face de 
la sortie du Coinitium sur la voie Neuve, était un petit temple dans lequel on 
voyait la statue de Pan représenté nu et ceint d'une peau de chèvre. Il 
avait été bâti par le roi Évandre et restauré par l'empereur Auguste. On 
l'appelait aussi temple de Rumia, parce qu'il se trouvait en face de la statue 
de la Louve allaitant Romulus et Rénius, placée sous le figuier Ruminai 
[Voy. plus hautn» 123]. 

L Denys dHalicarnasse racoiitant Paventure de la Louve allaitant Romulus etRémus 
sous le figuier Ruminai, ajoute : KkI r,y yc>.p m où r.o'iù àrdxw U/sô» xw/*'» ^^•''i' ySstôîîa 

* Fluvio evagato, suscipiens alveum [Romuli et Remi]alluvies,etleniter subvehensin locum 
detulit salis mollem; Germanum vocaiil nunc, quondam, ut videtur, Germanum quouiam 
fratres yermanos appellani. 



RÉGION X.— PALATIN. 445 

avriCtToû Oîîu' si,- ts/Ûto tô yoifAov Ù-Oivijo. «ttoz/iù/tttïTS'.;. tô ^usv «ûv k'/s^ç 5Jx îti otu- 
fj.s-jsf TÔ c?5 avT/iOv è; où yj ).tSà» t/.oi'hi'/.i, to) na).avTtoj Ttf/Oiw/.oooiJ.riixi-jrj-i qiiajut'J.1 
xarà T-/;v i;:! ràv iTmoSpofj.o-J fif^oxinvy bâô-^' zal T£//îV05 iîTtv «jToy lù.ri'ji'i-j, sjOx û/.oi'J 
xiTrctf T«D TTciOsu;, \{>a%i-j'j. r.y.ioioii ôuiX toù; //.a^TOÙs i7rs'>jouîa, p;«/x£a Tioir,jxa.-:x îra- 
luiy.; iy/OL^h.i. I). Halic. I, 79'. 

II. Non negarim ideo apud divœ lUimiœ Sarellum a pastoribus satam finim. Ibi oniiii 
soient sarrificari larle pro vino, el pro laclenlibus. Varr. 15. 1{. Il, 11. 

III. Cassius ccnsor a Lu[)Cicali in Palalium versus, Iheatrum faccrc insliluit. Pa- 

TKRCIL. I, \o. 

IV. iEoEM Divi ivLi, LVPERCAL... FECi. LAPIS ANCYR. col. 4 et 6. 

V. In hujus [Palalil] radicibus lemplum Lyceo, quem Grœci Pana, Romani Luper- 
rum appcllanl, consliluil [Evandcr] : ipsum dei slmulacrum nudum raprina pelle amic- 
lum est, quo babilu nunc Romaî Lupeiralibiis decunitur. Justin. XLIII, 1. 

VI. . . . YA gelida monslrai snb rupe Lupercal 
Parrliasio dictum Panos de more Lj-Cijei. 

ViR(,. A^neid. VIII, v. 343, 344. 
— Sub monte Palatino est quœdam spelunca, in qua de capro luebantur, id est sarri- 
firabatur : unde Lupercal nonnulli putanl. Alii quod illic lupa Remum et Romulum 
nutrieril. Serv. in JEneid. loc. sup. cit. 

VII. Lupercal. P. Vict. de Beg. urb. Romœ, X. 

VIII. A Pallante Pallantcum, postea nos Palalium diximus : ibique Pani Deo fanuni 
dedicavit. A. Vict. Origo gent. rom. 

203. Maison d' Agrippa. Avant les Scalse anulariae [n° 204]. 

I. Agrippa avait une maison sur le mont Palatin ; nous conjecturons qu'elle fut bâtie 
sur l'emplacement de celles de Milon el de P. Sylla, situées sur Vélia. 

II. Kat c-j£cJV) r, ol/.ia. r, h rô) na/ar/';) if-'ii, v) ~f.fO-spo-JiJ.vi zov K-JxwAoxi yvJOij.i-jr,, 
U7Tî/yOV 01 t5) Te K'/pi-TTCf. Y.'M Tô) Mcî7:<),5: QoHiiioi, /.y.T ioXiyO-ri, tw /ajv M£7tk),k à.pj\>ptO'f 
èy_v.piax-o, rbv ^ï Kypimtxy nb'joi/.'i-j èrzocn'yuzo. DiON. LUI, 27 2. 

III. Sur la position des maisons de Milon et de P. Sylla, voy. plus haut Germalum et 
Vélia, n" 201, § IX et XII. 

IV. Iconographie. Notre restauration est empruntée à la maison dite aujourd'hui 
de Caligula, sur le même emplacement, et dont on a retrouvé quelques ruines. Voyez 
Thon et Ballaxti, // Palazzu de' Cesari, lav. I el II. 

204. ScAL^ ANULARi.E. Degi'és qui montaient de la voie Neuve au mont 
Palatin, et où étaient probablement des tavernes de marcliands d'anneaux. 

I. Habitavit primo [Augustus] juxia Romanum Forum supra Scalas anularias, in domo 
quœ Cahl oratoriâ fuerat. Suet. Aug. 72. 

20a. Temple de Cérès. Situé après les Scalse anulariae [n° 204]. Il s'é- 
levait au milieu d'une place carrée. Ce temple datait des premiers temps de 
la république, ou même de l'origine de Rome. II était pseudopériptère, 
d'ordre dorique, et de moyenne grandeur. 

I. lopù^xy-ro oï /.xi \r,iJr-pOi '■spo-j, /.'A Ta; OjGtXi «.ÙtT) ciy. yj-jy.l/wj Tï y.oà •Jr,pxKiouç 
i'Ouooiv, ci); EÀ).ï)T£ '^ip-oç, cov ojàsy b y.v.6' ï]//5j vi'),>a|£ yp6-jo:. D. Halic. I, 35 '. 

H. Iconographie. Ora nell' angolo del Palatino, che sovrasta a S. Anaslasia [NoUi, 



* Etenim non procul inde aberat Liicus quidam arbornm densitate opacus, et rupes cava 
fontes emittcns. Ule auleni lucus Pani sacer dicebalur, ibique erat dei ara : quo qiium illa 
[Uipa] vcnisset, se occuhavit. Istetamen lucus non exslatamplius, sed anirum unde fons Huebat, 
l'.ilatii seilificiis adjunclum visitur in via ill.i quae fcrt ad Circum. Etsaccllum est jiixta ipsum, 
uhi est statua luijus casus index, Lupa duoljus infantibus mammas pra-liens, opus antiqiium 
ex a>re factum. = ^ (;„,i, domus in l'alatio monte, qua? prius Autonii fuerat, deinde Agrippa; 
et iMessala» conressa, incendie esset al)siimpta, arjjento Messalam donavit [Auyusius], At;rippam 
in suam domum recepit [an. 729].= •• Cereri quoque [Arcades] tcniplum exstruxerunt, ipsi- 
qiie per fœminas sacerdotcs sacra alvstemia fecerunt, more jjr.mco, in quorum ritu wias nostra 
nihil mutavit. 



114 DESCRIPTION DE ROME. 

n« 961 ; Leiaiouilly, rion. X, 39], esisle il piano inferiorc di un tcmpio, il qualc e per 
la sua rosti'Uïione incerla, e por Rli ornali arrliitellonici in pcperino (levé rifprirsi sonza 
alcun ilutibio a (|ucl Icmpo [ilcll' arnica i-poca rcpublicana]. Non sarcnio (lunquc lar- 
ciati (i'inronsi(l('ial('77.a assiTciido sollanlo non csserc im|)robal)ilc rhe qucsli siano |{li 

avan/.i di (luelT aiilico teinpio di Coicre E incredibik- corne mai niuno fino ad ora 

abbia dalo la pianta, od abbia riconosriulo qupsle ruine per gii avanzi di un Icmpio, 
esscndo (;ià da luiino lc'nii)o sropcrio, e riconoscendovisi chiaramenle la Torma di un 
lenipio. I>a (|ucslo di oïdinc Doriro, corne apparisce dai franimenli dei lri(çli(i, di pe- 

pcrino ancora esistenli La sua forma <!■ pseudoperiltora bencli»^ seconde gli avan/.i 

polesse esscre anclie proslila ; nel fondo délia cella vi ù un gran basamenlo, il quale 
serviva per sostenerc nel piano supcriore il piedeslallo délia statua délia Divinilà. 
Thon et Ballanti, // Patazio de' Cetari, p. 18, et tav. Il, n" 29. 

20G. PoKTE Mi'GioNiA. A l'iinglc S. 0. Hu Palatin, du côté du Forum Boa- 
lium, à rexlréniité uu'-ridionale de la voie Neuve. Elle fermait une rue en 
degrés qui conduisait sur la montagne. C'était une des portes primitives de 
Rome. 

I. Tarquinius Priscus ad Mugioniam porlam [habilavil] supra summam Novam viam. 
Soux. 2. 

II. Ancum in Palatio ad Porlam Mugionis secundum viam sub sinistra [habitassc\ 
Non. Marcell. v. Secundum. 

III. Pnvlerea inlra niuros video portas dici : in Palatio Mucionis, a mugitus, quod ea 
pecus in Buciia circuni anliquom oppidum exigebanl. Yarr. L. L. IV, § 16-4. 

* Porte Romani'La. Celle porte n'existait plus à l'époque de notre plan ; 
elle fut faite quand Ronudus et Talius agrandirent la ville en construisant un 
mur qui allait du Palatin au Capitolin, à travers le Yélabre. Elle se trouvait 
dans ce unir, vers les carcères du Cirque Maxime. Nous ne la nommons ici 
que parce qu'on l'a confondue à tort avec la porte Romana. Yoy. Nibby, Le 
Mure di Roma, c. II, p. 66 et 67. 

207. Temple de Jupiter-Stator. Voué et bâti par Romulus. Il était au bas 
du m<mt Palatin, près de la porte Mugionia |n° 206], sur le bord de la voie 
Neuve. Il fut rééditié vers le milieu du cinquième siècle par Atilius Regulus. 
Sa forme était celle d'un édifice périplère, et il devait être assez grand, puis- 
qu'il servit de lieu de réunion au sénat lors de la conjuration de Catilina. 

I. -•Edes Jovis Staloris. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, X. 

II. Confestim Romana inclinatur acies, fusaque est ad veterem Portam Palalii. Ro- 
mulus et ipse turba fugienlium actus, arma ad coelum tollens : « Jupiter, tuis, inquit, 
jussus, avibus etc.. Hic ego tibi templum Statori Jovi, quod monimenlum sit posleris, 
tua prœsenti ope scrvalani Urbem esse, \oveo. »... Restilere Romani, tanquam cœlesli 
voce jussi. Ipse ad primores Romulus provolal. Mettius Curlius ab Sabinis princeps ab 
Arce decucurrerat, et effusos egerat Romanos, loto quantum Foro spalium est, nec 
procul jam a porta Palatii eral, clamitans : « Vicimus perfides hospiles, imbelles 
hostes. » TiT.-Liv. I, 12. 

III. Alrox in ipso Foro pugna, adeo ut Romulus Jovem oraret, ul fœdam suorum 
fugam sisleret : hinc templum, et Stator Jupiter. Flor. I, 1. 

IV. A'varît'vaj di oùpa-jo-^ ràj X-lpu^, y)J?aT5 tw Atl !;rv7îa[ -h '^-pÙTSU/xv., xxi rà Pw- 
/j.u.ioiv TTycày/zaTa jiîcivTa y»; rs/'.tïo'îlv, «/V ôpdôiaxl. yïvouEvy;; âk 7r,i SJX'/ii, aloùi ts 
zoû /3'x'jùé'jii t7ys izo'iXobi, /.ai Oùpsoi i/. /Jizzxëoïriç Tzuf.i'JiT, tc'i; fîùyojsi.'. euTr.Tav ouv 
TT/SWTOV, ou vî/v ô Tiû \ibi TOÛ l-cz-TupOi ïopuzui 'JS'jii, ôv èitts'à.aiov iiv Tti kpfJ./)-Jî\J^£lSV. 
eîra ui/vaî'-tVavTîj T.v'tvi, ècoiav àTzicoi zoùi ^u-Shoui èn'i niv vvv P-iqysiccv Tipoauyopsuo- 
[j.i-j-/)j /xà TÔ r?,,- 'C.G-iu.i upi-j. Pllt. Romul. 18 '. 

* Tfiisis ail cœltim minibus precalus Jovein est [Uomulus], fugam ut sisteret, ac rem roma- 
iKini lueiitem sustiiieret restltueret(|iie. ll.-ec oranlis inultos régis rcpiessil verecuodia, ani- 
niiiinquc, ablato timoré, deouo addiclit fugientibus. Uestilerunt primuni iilii nuDc Jovis Sta- 
toris templum est. Tulii coUalis iteruin armis ijnpiderunl Sabinos ad Regiaui, quaiii uunc 
vocant, et Vestœ a'deni. 



RÉGION X. — PALATIN. Ur> 

V. licx T« tô/suaavTO xoà ^uimù^; v/j.(iii[j(,izr/.-j oXi r,\J^v.vTO v.'J.tv. rif //«;/«,■ fii'j'ii' l'oj. 
wSt.Oi [t-î'J, dpOojci'j) \û' napc/. Toùi /.uM'jfj.iva.ii Mvk'jjvî'sj ■nii'/a.iî, od p-yjouîiv lli-zb Wc/j.'}.- 
■zLo-j i;t Tïjî 'uf.&i bfîov. D. IIalu;. Il, 50 *. 

VI. Tcmpus idem Slator redis liabel quam Romulus olim 

Anle l'alatini condidil ora jugi. Ov. Fasl. VI, v. 703-79'<. 

VII. Ex superiore parle cTdium, per feiieslias in Novam viani versas (habitabal ciiim 
rex ad Jovis Slaloris) populuni Tanatiuil allociuitur. Tit.-Liv. I, 41. 

VIII. Tacite raronlant le grand incendier de Uonie arrivé sous Néron, énumére les 
temples détruits jiar le feu, et dit: — Sed vetuslissima reiigione, quod Servius Tullius 
Lunœ, et Magna Ara Fanumque quœ prcscnti llerculi Areas Evander sacraverat, /Edesque 
Slaloris Jovis, vola llomulo, Numœque Uegia et Delubrum Yeslœ cum Penatibus populi 
Romani, exusta. Tac. Ann. XV, 41. 

IX. Paruit, et duceiis hœc sunt fora Caesaris, inquit, 

Hœc est a sacris quaj via nomen habet. 
Hic locus est Veslac, qui Pallada serval et ignem : 

Hic fuil anliqui Uegia parvaXumœ. .- - ~ 

Inde petcns dextrani, porta est, ait, illa Palati : 
Hic Stator ; hoc primum condila Iloma loco est. 

Ov. Trist. III, 1, V. 27-32. 
— Du Pont oîi il est exilé, Ovide envoie son livre à Rome. Il suppose qu'en arrivant 
dans la ville, ce livre demande son chemin à un citoyen qui lui explique dans quels 
quartiers, devant quels monuments il passe. Arrivant par mer, le livre aura gagné 
Rome en remontant le Tibre. Il a débarqué près du Forum Boarium, il débouche par 
l'extrémité méridionale du Forum Romain, et il a devant lui la voie Sacrée, le Forum 
d'Auguste et celui de César; à sa droite, le temple de Vesia el la Regia de Numa, et 
derrière ces deux monuments, la porte du Palatin el le temple de Jupiter-Stator. 

X. UpoùQui-J ci" à Kuépc^v, é/.à/ît T/;v ayyy^-fi'O-J sli TÔ zoû lTr,';iotj A;à,- ttpàv, ov 2Tâ- 
TitipccFoiy.xioi y.v.lc/ûziv, ïopofj.svjv èv à.pX'Ç T/îâ 'i--p&i bâoïi, irpbi xà Xloùt/.ziov «vtivrcjv. 
Plut. c'ic. 16 2. 

XI. Hasta posila pro œde Jovis Statoris, bona Cn. Pompeii Magni, voci acer- 

bissimœ subjecla pra'conis. Cic. Philipp. II, 26. 

XII. Inter lurc consul [Alilius Regulus], manus ad cœlum allollens, voce clara i(a 
ul exaudiretur, lemplum Jovi Statori vovet, si constitisset a fuga romana acics. Tit.- 
Liv. X, 36. [an. 458.] 

XIII. Iconographie. Peripleros autem erit, qure habebit in fronte el postico senas 
columnas, in lateribus cum angularibus undenas, ila ul sint hee columnœ coilocatœ, ut 
intercoluninii latiludinis intervalium sita parietibus circum adextremos ordines colum- 
iiarum, habeatque ambulalionem circa cellam a-dis qucmadmodum est in porticu Me- 
telli, Jovis Slaloris Hermodi, et Marceili Honoris cl Virlutis, sine portico a Mutio facta 
YiTRUV. III, 1. — C'est sur le rapprochement combiné de ces deux passages de Tile- 
Live et de Vitruve que Galiani, dans sa traduction de Vitruve, a prétendu que le temple 
de Jupiter-Slator a^ait été rebâti par Alilius Regulus, el qu'il était périptére. 

Derrière le Temple : Statue équestre de Yaleria, fille du consul Publicola. — Voy. 
n" 127, § IX. 

208. Cabane de Favstulcs et Cornouiller sacré. L'une et l'aulre se trou- 
vaient sur une petite place située eu haut des degrés dit de belle rive ou de 
Cacus, à l'angle S. 0. du mont Palatin. 

I. Uiclaque est primum Rama quadrata, quod «"quilibrium foret posila. Ea incipit a 
Sylva, quœ est in Area Apoliinis, el ad supercilinm Scalarum Caci. liabel lerminum ubi 
Tugurium fuit F'austuli. Ibi Romulus niansitavil, qui auspicato murorum fundamenta 
jecil. SoLiN. 2. 

II. Pc)y.i)'>^oç ok mxpx zoùç Âsyo/J.é-Joui /SxOfJioù; xa^^j ài/x/jg' ouroi èi slat tts/îI T»iv sli 
ràv imiàSpo/j.ov t3v //.s'yav sk nv.ïof.'.nioo /.a.rv.Çixiiv. èvroXiôx âe x«t 7viv xpv.vsMv s'jo.t/.v 



* Templa erexerunt [Romulus et Talius], arasque consecr.nunt diis quibus in pugna vove- 
rat : Itoiiiulus quidem ,Iovi Statori, ad portnm qna» vocatur Mugonia, qiia; a via Sacra ad Pa- 
lutiuin ducit. = 2 ^t Cicero pro[;rL'ssus coc{;it scnatuiii in ohIciu Jovis Statoris, (|a;e est in 
initio Sacr;e vi;c, qua iidsccnclitur in Paia'.iuiii. 

I. 10 



446 DESCRIPTION DE ROME. 

Tr,j upM yc'/isvevat Toiiou ai Koiiaxpoi, ot; ^uoi, rà; «vxGàostî éTîts/îi^ÇovTOi, xy.t 

j>i>Tôvè/Jia|C«v(?/î. I'lut. Rnmul. 20'. 

III. Romulus, caplo auguiio, liaslam de Avcniiiio moule in Palatium jecil: quae fixa 
fionduil. Serv. in /Eneid. 111, v. '(0. 

IV. Iconographie. Nous avons adoplé pour la Cabane de Fauslulus la foime de ct'Uo 
de Romulus. Voy. n» 60, § XUl. 

209. Conserve d'eau. A l'angle S. 0. du Palatin, au-dessus du Cirque 
Maxime. 

I. Il existe pnrore quelques restes de ce réservoir sur remplacement duquel on a 
élevé l'église Sainl-Anastase [NoUi, n» 961 ; Lelarouilly, rion. X, 59]. Nous avons em- 
prunté celle restauration à l'ouvrage de MM. Thon et Ballanti, il Palazzo de' Ccsari, 
tav. Il, n" 57. 

210. Maison de Tibère. Elle occupait î\ peu près un tiers du côté méridio- 
nal du mont Palatin, vers le Cirque iMaxinie. Elle commenrait inimédialemcnt 
après les Degrés de Cacus, situés au S. 0. de la montagne. 

I. l>er Tiberianam Uomum, in Velabrum, inde ad Miliarium aureum, sub œdc Saturni, 
pergit. Tac. Uist. l, 27. — Voy. aussi n" 143, § V. 

II. Suélone racontant la même aventure, dit: — Deinde liberlo adesse archileclos 
nuuliante, quod signum convencral,... proripuitque se postica parte l'alatii. Sikt. 
Ollio. 6.— Ces deux passages de Tacite et de Suétone prouvent que la Maison de Tibère 
était du côté du Cirque, où se trouvait efrectivement la partie jjoslérieure du Palatin. 

III. Sabinumque et reliques Flavianos, niliil jam meluenles, vi subita in Capitolium 
eompulil, succensoque lemplo Jovi, Opt. Max. oppressit : cum ei praelium et incendium 
a Tiberiana prospicerel Uomo inler epulas. Sikt. Vitell. 15. 

IV. Cum in Uomus Tiberianaj bibliollieca sederenius, prolatus forte liber est 

iuscriplus : M. Catonis Nepûtis, etc. A. Gell. Xlll, 19. 

V. Iconographie. On n'a retrouvé que peu de vestiges de la Maison de Tibère. La 
restauration que nous en donnons est empruntée à celle de M. Tbon. Voy. Tnox et Bal- 
LANTi, Il l'alazzo de' Cesari, tav. II. n»* 21-22. 

211. Portique aux Nations. — Au centre : Temple de Jupiteu-Propugnator, 
ET DEVANT : Statue d'Hercule PuNiQUE. Derrière la Maison de Tibère [n" 210], 
au N., il y avait un vaste portique quadrangulaire qui lui servait comme de 
vestibule, et un grand temple périptère presque au centre: c'étaient le Por- 
tique aux Nations et le temple de J upiter-Propugnator . Le Portique était un 
ouvrage d'Auguste qui l'avait décoré des statues de toutes les nations; mais 
nous ignorons quand et par qui fut bâti le Temple, en avant duquel s'élevait 
une Statue d'Hercule punique. 

'• p. marcivs vervs 

IMP. COMilODO VI et PETRONIO 

SEPTIMIANO COS. 

A. p. R. C. DCCCXLUI K. DEC. 

IN PALATIO IN AEDE JOVIS PROPVGNATORIS 

IN LOCVM P. VERI 

L. ATILIVS CORNEUANYS COOPTATVS. 

T. S.4.TVRNIN0 ET C. GALLO COS. 
A. P. R. C. DCCCLI PRID. EID. DEC. 



* Romulus [liabitabat] ad pulchri littoris, quos vocanl, gradus, circa descensum ex Palatio 

in Circum Maximum. Ouo loco referunt sacram Coruum fuisse Caio aulem Caesare 

gradus instaurante, quum opifices tellurum adliaerentein arbori circumfoderent, imprudenler 
plane corruperunt radiées, ac contabuit arbor. 



RÉGION X. — PALATIN. U7 

IN PALATIO IN AEDE lOVIS PROPCGNATOBIS IN LOCVM 

avilI CORNELIANI VITA FVNCTI 

CL. PATERNVS COOPTATVS. 

TI. CLAVDIO SEVERO. C. AVFIDIO VICTORINO COS. 

A. P. R. C. DCCCLII. IIII. EID. APRIL. 

IN PALATIO. IN AEDE JOVIS PROPVGNATORIS 

IN LOCVM CL. PATERNl VITA FVSCTI. , . ALLIVS 

COLONIVS COOPTATVS. . . . 

Fragmentum Fastorum Sacerdotal ium ap. Smetium, fol. 151, 13, cujus ty- 
pura, utpote correctiorem, ctsi foitasse a Panvinio emendatum, seculi sumus. 
Orelli, Inscript, lai. no42.— Grlter, p. 300. 

II. Un tenipio di Giove intra Tib(Mii Palatium si legge nelle atti di S. Lorenzo : 

« Cœsar jussil beatum Laureiitium \inctum catenis in Palalium Tiberii duci, et illic ejus 
gesla audiri, sibi vero in basilica Jovis tribunal parari, etc. » Xardini, Rotna antica, 
lib. VI, c. 14. 

III. Iconographie. Notre restauration du temple de Jupiler-Propugnator est toute 
conjecturale ; nous l'empruntons ;\ l'ouvrage de M. Thon, // Palazzo de' Cesari, tav. II. 

IV. Portique aux Nations. C'est par conjecture que nous le plaçons sur le Palatin, 
autour du temple de Jupiler-Propugnator. 

Ipse [.\uguslus] sedens niveo candentis limine PhœbL 
Dona recognoscit populorum, aptatque superbis 
Poslibus. ViRG. Mneid. VIII, v. 720-722. 

Candentis limine Phœbi. In templo Apollinis in Palatio, de solide marmore effecto 
quod adiatum fuerat de portu Lunœ, qui est in confinio Tusciae et Liguriœ, ideo ait 
candentis. — A/dalque superbis poslibus. Porticum enira Augustus fecerat in qua si- 
muiacra omnium gcntium conlocaveral, quœ Pord'cus appellabaturnd^Vaii'ones. Serv. in 
JEneid. VIII, v. 720-721. — Celle note de Servius nous a fait conjecturer que le Por- 
tique aux Nations était sur le mont Palatin, près du temple d'Apollon. 

V. Statue d'Hercule punique. Inhonorus est, nec in templo uUo Hercules, ad 
qucm Pœni omnibus annis humana sacrificaverunt victima, humi stans, ante aditum 
Porticus ad Naliones. Plin. XXXVI, 5. • 

A'I. Iconographie. La disposition et les proportions de ce Portique sont empruntées, 
ainsi que nous avons fait pour le temple de Jupiter-Propugnator, à la belle restau- 
ration de M. Thon. Voy. ci-dessus, § III. 

212. Temple de Jupiter-Vainquettr. A gauche de la rue qui conduit du 
Clivus de la Victoire au Portique aux Nations [n» 211]. Il fut construit l'an 
547 par Fabius. 

I. Area Palalina. 

^des Jovis Victoris. P. ViCT. de Reg. urb. Romœ, X. 

II. Ipse [Fabius] œdem Jovi Victori, spoliaque bostium quum vovisset, ad castra Sam- 
nitium perrexit. [an. 457] Tit.-Liv. X, 29. 

III. Occupât apriles idus cognomine victor 

Jupiter : bac illi sunl data templa die. Ov. Fast. lY, v. 621, 622. 

213. Temple DE Yiriplaca. En parallèle de celui de Jupiter-Vainqueur. 

I. Nous avons placé ce temple ainsi par conjecture, ou même pour le bon agence- 
ment de notre plan, car les textes nous apprennent seulement qu'il se trouvait sur le 
mont Palatin. Il paraît certain, d'après Valère Maxime, qu'il était fort ancien. 

II. jEdes Viriplacae in Palatio. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, X. 

III. Quolies vero inter virum et uxorem aliquid jurgii intercesserat, in Sacellum 
Deœ Viriplacae, quod est in Palatio, veniebant. V. Max. II, 1. 6. 

2 14. Temple de la Fortune privée. — 2 lo. Temple de la Fortitse gluante. 
Le premier est adossé au temple de Jupiter-Vainqueur ; le second au temple 
de Yiriplaca, [n»* 212-21 3], L'un et l'autre furent fondés par le roi Servius. 



148 DESCRIPTION DE ROME. 

I. Kuiyy.p loixir\j-/-^i hpâv Itsriv ivTloàxTiu, xuïzo rrji IÇsuTfAoci. Plit. de Fort, 
nom. p. 279 >.— Voiià les seules indications que nous ayons sur ces deux temples ; 
c'est dune par conjecture que nous les avons placés où ils sont. 

21 G. Temple de Vesta. L'on 740, un incendie ruina le temple de Vesta 
situé sur le Forum romain. Le culte de la déesse fut alors transporté dans 
la maison du Souverain pontife, c'est-à-dire de l'empereur; on érigea un pe- 
tit tem|)le circulaire, forme consacrée pour Vesta, tout prociie de la maison 
du pontife empereur [n° 223], et à la suite de celle de Tibère vers le Cirque 
Maxime [n« 210]. 

I. Aufert Vesta diem; cognato Vesta recopia est 

Limlne, sic justi conslituere Patres. 
Pliœbus habet partcm ; Vcstae pars altéra ccssil : 
Uuod superest illis, terliusipse tcnel. 

Ov. Fasl. IV, V. 949-952. 
Veslaque Caîsareos inter sacrata Pénates, 
Et cum Cœsarea tu, Phœbe domeslice Vesta. 

Iv.Melam. XV, v. 864, 865. 
— Phœbus habet par km cslMoe allusion au temple d'Apollon Palatin, situé un peu 
en avant, n" 217. 

II. H Tî CToà ï) naJ)>îJo; l/.u'jOf,, v.vX -0 tvjÇj ùtz v.\^Tr^i T.poi zh Earatsv ù-^i/.no, uozi 
xcà TV. Upà £i Ti rb TTa^àrtov jrrà twv a)).'jjv «îcra^Gc'vwv... àva/.oytiOô-'s:!, /«'t i> t/;v 
Toû iscirjii roû \ihi oIaw Tî^ôvat. Dio>. LIV, 24 *. — Cette translation dans la maison 
du Flamine-Dial n'était sans doute que provisoire. 

m. Iconographie. Les indications fournies par les textes étaient bien vagues pour 
faire retrouver la véritable place et la forme du temple de Vesta Palatine ; mais M. Thon 
ayant découvert derrière le temple d'Apollon, et tout près de la Maison d'Auguste, une 
partie de mur antique de forme circulaire, conjectura, avec M. Ballanli, que là avait 
été le temple de Vesta. Nous avons suivi leur conjecture qui nous paraît fort juste. Voy. 
Thon et Ballami, Il Patazzo de' Cesari, p. 22, et tav. 11, n» 12. 

217. Temple et atrium d'Apollon Palatin. En avant du temple de Vesta 
et de la maison de Tibère [n"' 216-210]. Le temple adossé à la partie méri- 
dionale du Portique, était en marbre blanc massif. Le portique, (]ui se dé- 
ployait autour d'une place carrée, se composait d'une colonnade en marbre 
jaune de Numidie. Une statue équestre en airain, représentant l'un des fils 
d'/Egyptus, se trouvait devant chaque colonne, et une statue pédestre en 
marbre blanc, représentant une Danaïde, décorait chaque entrecolonnement. 
Au centre des portiques, devant le temple, s'élevait un autel autour duquel il y 
avait quatre bœufs en airain. Le temple et son magnifique Atrium furent con- 
struits par Auguste, lors de son retour dans la ville, après la victoire d'Actium. 

I. Tesiplvmqve Apollixis in palatio cvm porticibvs... feci. LAP. .\NCYR. col. 4. 

II. Templum Apollinis in ea parle Palatinœ Domus exciiavit [Augustus], quam ful- 
mine ictam desiderari a Deo aruspices pronunciarunt. Âddidit Porlicus cum Biblio- 
theca latina graecaque. Slet. Àug. 29. 

III. Tb:> -/y.p TÔno-J, ov i\i zû Uv.ïuTi'ji, cÔ7z' oinoâoaij-jçâ tvjx, iu-jriZO, èâr,/ji07iuijS, y.xi 
Tùi A'TTO/X&jvt ts'yjDSîv, ènsior, f-spcii/vài ai KjTsv h/y.'xziz/.r;li. DlON. XLIX, 13 *. 

IV. Atque ubi navali stant sacra palalia Phœbo, 

Evandri profugœ procubuere boves. 

PROPEni. IV, 1, V. 3, 4. 

V. Ib, T£ A'7:o/)wv£sv zà^zi iv tw ria/arcw, y.xï zb z-fxéytayM zb Tzepl aJrs, râj zs 
àix 060x0.? zC)v /îiSxtcov, è^sTiolr.'jS xat y.cx.$iépoias. DiON. LUI, 1 *. 



* Est et Privatae Fortunae templum in Palatio et Viscosa;. z:=- Pauli Porlicus incendio ab- 
sumpta est [an. 74*']> '[;"isque ah ea ad Veslae usquc (jrassatus ita m sacra a rcliquis Vesta- 
libus in Palatium siiit deporlata, et in doiiio tlaminis Uialis reposila. = ' Aream eiiim in 
Palatio emptam a se, domus sibi sJificaiidœ causa, qr.od esset de cœlo tacla, consecraverat, et 
Apollini dedicaverat [Augusius, auno 718]. = •* Prasterca Apollinis in Palatio templum, cum 
aro.T circa illud, ac Bibliothccas perfecit et dodicavit [.Viigustus, anno 726]. 



RÉGION X. —PALATIN. 149 

VI. Suclonio dire die Augusto fabbriciS il tompio di Apollo Palatine in quolla parle 
délia sua Casa che eia stala (oerala dal fulmine. Essendosi adun(|ue per mc7,/.o degli 
scavi ben delerminata la posizione délia Casa di AurusIo, sarà mollo più facile dclermi- 
narc la posizione di queslo tempio, il quale era aderenle alla Casa slessa. E perci6 deve 
porsi appunto nel luogo indicato, ove anrora esistono alcuni avanzi de' mûri délia 
cella e del reeinlo : inoltre i grandi avanzi dcll' immensa sala clie con molta proba- 
bililA alla I?ibliotcca palatina appartengono, lolgono ogni dubbio esser questo vera- 
mente il famoso Icmpio di Apollo. Thon et Ballanti, // Palazzo de' Cesari, p. 63, 
et tav. I. — Avant MM. Thon et Ballanti, les antiquaires étaient fort partagés sur l'em- 
plarement du temple d'Apollon Palatin. 

VU. Iconographie. Victor deinde C;tsar reversus in Urbem contractas emptionibus 
complures domos per proruratores, quo laxior fieret ipsius, publicis se visibus destinare 
professus est: templumque Apollini, et circa Porlicus facturum promisit, quod ab eo 
singulari exstructum magnificentia est. Patercul. Il, 81. 

VIII. Ovide fait ainsi parler son livre, qui cherche l'hospitalité dans une des trois 
bibliothèques publiques de Rome : 

Ducor ad intonsi candida templa Dei, 

Signa peregrinis ubi sunt alterna columnis 

Belides, et stricto barbarus ense paler. 

Ov. Trist. III, I, V. 60-62. 

IX. Qujrris cur veniam tardior? aurca Phœbi 

Porticus a magno C.TCsare aperta fuit. 
Tola erat in spatium Po-nis digesla columnis; 

Inter quas Danaï femina turba senis. 
Hic equidem Phœbo visus mihi pulchrior ipso 

Marmoreus tacila carmen hiare lyra. 
Alque arma circumsteterant armenta Myronis 

Quatuor arlificis vivida signa boves. 

Proi'ert. II, 23, V. 1-8. 

X. Inde tenore pari gradibus sublimia celsis 

Ducor ad intensi candida templa Dei. 

Ov. Trist. I, 1, v. 59. 60. 
— Gradibus celsis désigne les chemins en pente ou en degrés, qui conduisaient sur 
le mont Palatin. Sur la matière du Temple, voy. n» 210, g IV. 

XI. Uomœ signa eorum [Bupalus et Athenisjsunt in Palatina œde, ApoUinis in fastigio, 
et in omnibus fera quse divus Augustus fecit. Plin. XXXVI, 5. — [11 s'agit de statues de 
marbre.] 

XII. Hesterna vidi spatiantem luce puellam 

nia, quœ Danaï Porticus agmen habet. 

Ov. Àmor. II, 2. v. 4, 5. 

XIII. Nam fralres inter ahenos. Britannicus [in Pers. S. 2, v. 56) applique ces 
mots aux statues équestres des fils d'Egyptus. 

XIV. Nella vigna del Ronconi, quai è inclusa nelle ruine del medesimo palazzo mag- 
giore, mi ricordo esservisi trovali diecioKo, o venli (orsi di statue, rapprescntanti 
amazoni, poco maggiori del naturale. Flaminio Yacca, Memor. n^* 77. — Nous croyons 
que ces torses étaient ceux des Danaïdes. 

^ \ XV. Dans le fragment ci-contre du Plan de marbre, nous reconnaissons 

^^__^ ^J[ l'Autel placé au centre de ïarea ou place du Portique palatin. Voy. aussi Bel- 
^~\^lori, tav. XVI. 

* Rome carrée. On nommait ainsi un caveau carré situé sous le pronaos du 
temple d'Apollon Palatin, et dans lequel on conservait, en signe de bon pré- 
sage, les instruments qui avaient servi à fonder la Rome carrée de Romulus, 
laquelle embrassait le mont Palatin, ou plutôt à en tracer l'enceinte, c'est-à- 
dire le soc et la charrue. 

I. Roma quadrata. P. Vict. de Req. urb. Romo', X. 

II. Quadrata Roma in Palatio ante templum Apollinis dicitur, ubi reposita sunt, quse 
soient boni ominis gralia in urbc condenda adhiberi, quia saxo munitus est inilio in 
speciem quadratam. Fest. v. Quadrata. 

III. Le caveau de Rnme carrée existe encore ; il est appelé vulgairement les Bains de 
Livie. Voy. THo^,/i Palazzo de' Cesari, tav. 1. 



150 DESCRIPTION DE ROME. 

21 8. Bibliothèque Palatine. A l'extrémité septentrionale de l'Alrium Palatin 

[no 2 17]. Commencée vers Van 718 et finie l'an 720 par Augnste, elle se com- 

f (osait (le trois salles contigui-s, dont l'une renfermait nne jjihiidtlièqiic latine, 
a seconde une hihliolliècjne grccipie, cl la troisième nne bibliollicrpie de 
droit. Les salles latérales étaient médiocrement spacieuses; mais celle du 
centre avait environ 42 mètres de longueur sur 32 de largeur. A l'une de 
ses extrémités on voyait une Slalue d'airain de près de 1 5 mètres de hau- 
teur, représentant Augnste sous la figure d'Apollon. 

I. Sur l'cilifiration de ia Hibliollu^quc! Palatine par Auguste, voy. n" 217, g II, V. 

II. Voici deux inscriptions qui témoignent de 1 existence des bibliothèques grecque 
et latine du l'alatin : 

DUS. MANIB. s. 
C. IVLIVS FELIX 

A bybliotheca graeca palat. 

GRUTEU. p. 576. — ORELLI, Inscript, lai. n" 40. 

BYRAE CANACINAE LIVIAE 

AVG. SER. A VESTE MAGN 

TI. CLAVDIVS ALCIBIADES 

MAG. A BïnLlOTHECA LATINA 

APOLLINIS 

ITEM SCUIBA AB EPISTVLIS LAT. 

CHUTER, p. 577. — ORELLI, Ibid. n" M. 

III. Scripta Palalinus quaecumque recepil Apollo. 

HûR. I, Ep. 3, V. 17. 
— Âpollo. Cpcsar sibi in Bibliolheca Staluam posuerat ad habilum ac staturam Apol- 
linis. AcRON. in Ilor. \oc. cit. 

IV. Videmus certe tusranicum ApoUinem in Bibliolhoca Icmpli Augusti, quinqua- 
ginla pedum a poUice, dubium œre mirabilioreni, an pulcliritudine. Plin. XXXIV, 7. 

V. Jurisque perilus Apollo. Aut quia juxta ApoUinis lemplum jurisperili sedc- 
bant et iraclabanl; aut quia Bibliothecam juris civilis, et libcralium sludiorum in 
lemplo ApoUinis Palalini dedicavit Augustus. Vet. Schol. in Juv. S. 1, v. 128. 

YI. Iconographie. Le plan de cet édifice, tel que nous le donnons, a été relevé 
sur les ruines, en 1720. Voy. Bianciiini, del Palazzo de' Cesari. 11 existe encore des 
restes importants des murailles. Voy. Nolli, n» 930, qui les appelle Ruine deW anli- 
cho Palazzo de" Cesari; et Letarouilly, rion. X, 40. 

219. Temple ou Sacrarium de Mars gradivus. — 220. Curies ou Mansions 
DES Saliens. Le temple, situé au-dessous de la Bibliothèque palatine [n" 218], 
était circulaire, et s'élevait au milieu d'une place entourée de portiques qui 
confinaient au Clivus de la Victoire. — De l'autre côté de ce Clivus, et vis-à-vis 
du temple, étaient les Curies ou logements des Saliens. Nous ignorons quand 
furent construits ces deux édifices, mais ils devaient être fort anciens, les Sa- 
liens ayant été institués par Numa. 

I. Qui quidcm lîomuli lituus, quum silus esset in Curia Saliorum, quœ est in 

Palatio, eaque deflagravisset, invenlus est inleger. Cic. de Divinal. I, 17. 

II. Ueusto Sacrario Saliorum, nihil in eo procter lituum Romuli integrum reperlum 
est. V. Max. I, 8, 11. 

III. Is qui belli susceperat curam, Sacrarium Martis ingressus primo ancilia commo- 
vebat, post hastam sinuilacri ipsius dicens : Mars vigila. Serv. in JEneid. VIII, v. 5. 

IV. Moris fuerat indicio belle, in Martis Sacrario ancilia commovcre. Ibid. VII, v. 603. 
— Le temple de Mars nommé ici par Servius, est évidemment celui de Mars-Gradivus, 
parce que les Saliens, gardes des anciles, étaient les prêtres de ce dieu. — Isidore définit 
ainsi le sacrarium : « Sacrarium proprie est locus templi in quo sacra reponuntur. » 
Orig. XV, 5. 

V. V.v èv na>aTiw xzizxi zi. hpà, /.cà k Jrol v.'AoXt-j-z'M na>aT'tv5i. D. Halic. II. 70 1. 

* Quorum [Saliorum] sacra iu Palatio reponuntnr, ipsique Palatini appellantur. 



RÉGION X. — PALATIN. 151 

VI. MANSIONES SALlOnVM. PALATINOR. A VETERIBUS 

OB ARMORUM ANNALIVM CVSTODIAM CONSTITVTAS 
LONGA .ETATE NEGLECTAS. PECVN. SVA REPARAYERVNT 
PONTIFICES VEST,E, etC. 

GRLTEH, p. 173. — OUELLI, Inscript, lat. n" 2244. 

221. Clivus de la Victoire et vicus des Curies. Le Clivus, longue rue sur 
ruiio des pentes supérieures du Palatin, était perpendiculaire au temple de la 

f Victoire [n° 200], et conduisait presque jusqu'à l'ex- 
tréniilé orientale de la montagne. — Le Viens des 
Curies passait derrière les Curies des Saliens [n^S^O], 
et suivait une ligne droite presque parallèle au Clivus de 
la Victoire. 
I. Sur le voisinafîe du Clivus de la Victoire et de la Porte 
Romana, voy. n" 199, § II. 
II. Iconographie. Un fragment du Plan de marbre, gravé 
dans Bcllori, tab. IV, et dont nous donnons ici la copie, re- 
produit toute la partie inférieure du Clivus de la Victoire. 
III. Vicus des Curies. — Vicus Curiarum. P. Vici. de Reg. 
urh. Romœ, X. 
IV. Reg. X. Vicvs cvriarvm. GRUTER, p. 230. — ORELLI, 
Inscript, lat. n° 3. 

222. Loge de l'Empereur pour voir les jeux du Cirque. La partie de la 
Maison d'Auguste qui regardait le Cirque Maxime se courbait en un vaste hé- 
micycle dont l'aire était garni de gradins : c'était la Loge où l'empereui' assistait 
aux jeux avec ses amis. 

I. Les ruines accusent parfaitement cet hémicycle, et même ses gradins [Nolli, 
rion. X, Villa Spada; Leiarouilly, Ibid.] ; mais les antiquaires ne sont pas d'accord 
sur le nom à donner à celte partie importante de la maison impériale. Les uns, tels 
que Panvini [Antiq. Urbis imago], et Ciancliini, qui a suivi l'opinion de son prédéces- 
seur sans l'examiner [del Palazzo de' Cesari, c. V], y ont vu un prétendu tliéàtre de 
Slalilius Taurus, le(|uel Stalilius n'a jamais bâli qu'un amphithéâlre, qui était dans le 
Cliamp-de-I*lars ; d'autres, et avec eux M. Ballanli [il Palazzo de' Cesnri, p. 60], 
appellent celte ruine Théâtre de Caligula, en se fondant sur le passage suivant de Jo- 
séphe, dans lequel l'historien juif, racontant la conjuration contre Caligula, s'exprime 
ainsi : Mî-à ok tï;v Ojaix-j à~l tv,v ôjcj/itav T/sa-siî èxxSi^szo, /Kt TïSfÀ ccjto'j tôiv 
èzxipo)-j 01 c'Xio\o-ptX'x70i. KxTîTZcùasTO âï 70 Oiorxpov {-r.xrb-J (Jk iytvsTO xxtx ëxx- 
J770V ivfKyràv) Toiivûî rponO-J. Joseph. Antiq. Jud. XIX, 1, g 13, p. 741 i, éd. Dindorf. 
— Ce passage nous apprend bien qu'il y avait un théâtre, ou quelque chose y ressem- 
blant, devant la maison Palatine, mais non qu'il ait été construit par Caligula. Nous 
croyons qu'Auguste, qui aimait extrêmement les jeux du Cirque, aura fait établir ce 
théâtre, ou plutôt cette Loge, lorsqu'il reconstruisit sa maison en 748. 

225. Maison d'Auguste. Située immédiatement derrière la Loge dont nous 
venons de parler dans l'article précédent, Auguste la bâtit en 748 sur l'empla- 
cement d'une autre qui avait été ruinée par le feu. On y arrivait par l'Area Pa- 
latin. Elle n'était pas très-grande ; l'ensemble formait un carré de 80 mètres 
de face sur 92 environ de côté, mais elle était disposée avec beaucoup de soin, 
et fort élégante dans son ornementation : outre l'appartement privé, composé 
d'une foule de pièces de médiocre étendue, on y trouvait un Atrium pour 
les réceptions. 

I. Domus Augustana. 

Domus Tiberiana. P. Vict. de Reg. urh. Rom. X. 

• Sacro peracto ad speclacula se ronvertit [Cali{;al,i], loriiniqne suum in tlie.itro occupMhat 
pnfcipuis ex amicis ciuctus. Exstructum vero erat thealrum (coagmentabatur autem quotan- 
nis) in liunc modum. 



loi DESCRIPTION DE ROME. 

II. In reslitulioncm Palalinx domus inccndioabsumpt<e, veterani, dccuria>, tribus alque 
t'Iiam sisillalim e roloro gonne honiinnm, libentes ac pro facullale quisque pccunias 
conliilci uni : (IcIibatUc 'Au;;ii-ilo (.iiiiuiriiiiodo co summarum acervos, neque ex quo- 
qu.iiii plus (Ipiiaiio .lufcrciitc-. Sift. Aikj. .")". 

m. liabilavit primo [Augusius] jiixlra l'oiurn romanum, supra Sralas anularias, in 
domo qua" Calvi oruloris fueral : postca in l'alalio, scd nihilominus in xdibus modicis 
Ilortcnsianis. Si tT. Ibid. 72. 

IV. .\b Aupuslo (juo(|ue ncpolihus cjus praeccplor cloctus (A'errius Flaccus], transiil 
in l'alatiuni cum lola scliola, verum ul ne quem ampliusposlliac discipulum reciperel : 
doruiique in airio Catilina; domus, quae pars Palatii tune erat. SiET.de JUutt. gram- 
mal. 17. 

V. i^fj.TCfy/i'j/j.o'j àê -noTs zh Ux/àziov âiayOîi/^xvroi, /.xï no'jJSyj a.jTÔ> ttoaIx oioôvtu-j, 
ouokv É/aSîV, V-, //5V5V Tra^à /j.'îy T'iv or,iJ.wJ yjjU'joXi-j , ~x/isc o î T'7)v iotwTwv o (>OLX<j:ff.) O 

TTK^K ro'j or,ij.oii 'A yv^ijj.é.'r,, eiVc y.Kt b-L v.p-/^iéps.oii -^v, '(•/ Ij iâioiç «/a/Kt sv -o'ii A-jiv'jti 
ol/oiv]. Dion. LV, 12 •. 

VI. Jconnr/raphic. Les ruines de la Maison dWuguste ont été découvertes et recon- 
nues en 177.">, par un Fianrais, l'abbé de Itancoureuil, alors propriélaire du la rilln 
Spada, auj. la villa Mill's, dans le jardin de laiiuelle s'élevail celle maison impériale. 
Les fouilles exécutées par l'abbé de Kancoureuil onl fait retrouver la plus grande 
partie du plan de l'édifice, et permis de conjecturer le reste d'une manière certaine. 
Notre restauration est empruntée au recueil de Gualtani, intitule Monuvienli anlichi 
inediti pcr t'annn 1785, gennajo, tav. I, et aprile tav. I. Elle se trouve reproduite 
dans Piranesi, Anlichilà romane, t. 1, à la fin, recueil publié en 1787; et dans l'ouvrage 
de M. Thon sur le mont Palatin, mis au jour à Itome en 1828. Les defouvertes que cet 
artiste a faites dans cet endroit d'une multitude de fragments d'architecture qu'il re- 
connaît, par leur slj le, appartenir au siècle d'Auguste, ont confirmé les conjectures de 
l'abbe de Itancoureuil, qui d'ailleurs avaient été acceptées par tous les antiquaires. 
Voy. Thon et Ballami, il Palazzo de' Ccsari, tav. I, H n» 6, Yî. — Voy. aussi Noill, 
rion. X, Villa Spada; Lclarouilly, Ibid. 

VU. L'existence de VAlrium est constatée dans les deux passages suivants : — « Vi- 
des omnes lias imagines quae implevere Ca-sareum .\trium?)) Se.nec. Consol. ad Po- 
lyb. ô5. — « Idcirco eliam in Palatii Atrio, quod augurato conditum est, apud 
majores consulebatur seualus : ubi etiam aries immolabalur. » Serv. in Mneid. XI, 
y. 233. 

Maison de Catilina. On ne connaît pas sa place précise ; on sait seulement qu'elle 
fut comprise dans la maison d'Auguste. Voy. ci-dessus, § IV. 

224. Atiea Palatin. Place devant la maison (l'Auguste. Toutes les maisons 
des grands avaient un area ou veslibide, et nécessairement la maison d'Augu.ste 
en eut un aussi. Aidu-Gelle en parle, et bien que cet auteur Ilorissait sous 
Adrien, néanmoins ses paroles peuvent s'appliquer à la maison d'Auguste qui 
était le centre des maisons palatines. Peut-être mèiue l'Area Palatin était-il la 
place, le Forum de la Rome primitive fondée sur cette montagne. 

I. In Vestibulo a;dium Palatinarum omnis fere ordinum multitudo opperientes salu- 
talioneni Cœsaris constiteranl. A. Gell. IV, 1. 

II. In .\rea Palatina cum salulalionem opperiremur, philosoplius Favorinus accessit, 
colloculusque est, nobis mullisque aliis piiesenlibus. Id. XX, 1. —Voy. aussi l'article 
suivant, n" 223, § VII. 

22o. Temple de .Juxon-Sospita. —220. Temple deCybèle. —227. Temple 
DE Bacchls. — Devant le Temple de Cybèle : Statue de la vestale Cl.udia. 
Ces trois teinples forment un des côtés de l'Area Palatin, vis-à-vis de la Maison 
d'Auguste [n» 223]. Ils sont mitoyens; le temple de Cybèle se trouve entre 

* Qiiiim forte Palalium iiicendio peiiissut, midlique iiiulta ei lar[,'iri.ulur, niliil pr.eter aii- 

reiim a sinjjulis conventibus, a piivalo liomine denariiim accepit Ca^leiuiii rcfoctam 

doinuni Miani, Ainjusliis totain pnblicam osso jussit, sivc quod ad eam .edificandam popiilus 
pecuniam contulissel, sivc ipiod Poniifcx maxiinus quum esset; ut simul in propriis ac iu pu- 
blicis s?dibus habitarel [an. 74'^]> 



RÉGION X.— PALATiiX. 153 

ceux (le Jiinoii et de Bacclms, el devant est la Statue de la vestale Claudia. Le 
temple de Cybèle fut construit en 548, dédié l'an .'361 , et restauré par Au- 
guste. On ne sait rien sur l'époque de la fondation des deux autres. 
I. Martial indiquant à son livre lo clioinin du Palalin, lui dit: 
Inde sacro vencranda (ictcs palalia rlivo, 
l'iurinia qua summi fulfiel ima^o ducis. 
Ncc le delineal niiri radiala Colossi, 

Quœ lihodium moles vinrere gaudet opus. 
Flecte vias, hac qua madidi sunt iccta Lya'i, 

El Cvbeles picio slal rorybanle tholus. Mabt. I, 71. 
— Voici le ehcmin indiqué par Alarlial : la Voie Sacrée [Sacer clivus] au commen- 
cement de laquelle clait le Colosse de Néron, avec une couronne radiée sur la lèle ; la 
rue qui passe ])ar la porte Roinana, le Clivus de la Vicloire, el à droite la voie qui 
conduit sur VÂrea Palatin. 

11 .ï^des Mairis Magnae in Palatio faciendam locaverunt [censores, anno 548]. Tit.- 
Ln. XXIX. 57. 

III. l'er idem fere tempus [an. 561] œdesMatris Magnae Idaeœdedicata est: quam deam 
is P. Cornélius advectam ex Asia, P. Cornelio Scipione, cui posl Africano fuit cognomcn, 
P. Licinio consulibus in Palatium a mari delulerat. Locaveranl œdem faciendam ex 
sena(usconsullo .M. Livius, C. Claudius censores, M. Cornelio, Ti. Sempronio consuli- 
bus, iredecim annis postquam locata eral. Dedicavit cam M. Junius Brutus. Tit.-Liv. 
XXXVI, 36. — Dion racontant le transport de la mère Idéa à Rome par Scipion, ajoute : 

■/£•■'. Uiox. Fraf/m. ex lib. XXXIV, priorib. g LXIIl. i. 

IV. .-Edem Matris JIagn.e in Palatio... Feci. LAPIS AXCYR. col. 4 et 6. 

V. ^des Matris deum. Huic fuit conterniinum Delubrum Juiionis Sospitoc. P. ViCT. 
de Heg. urb. Romœ, X. 

VI. Ovide parlant de la fondation du temple de Cybèle, lorsque celte déesse fut ap- 
portée à Home, dit : 

Nasica accepil: lempli tune exstitit auctor. 
Âugustus nunc est : ante Metellus erai. 

Ov. Fast. IV, V. 547, 3'<8. 

VII. Nam qiiid ego de illis ludis loquar, quos in Palatio nostri majores ante tcmplum, 
in ipso Matris Magnae conspectu, Megalensibus fieri celebrariquc voluerunt ? Cic. de 
Arusp. resp. 12. — Ces jeux .Mégalésiens qui se célébraient devant le temple même de 
Cybèle, prouvent qu'une vaste place existait devant ce temple, el celle place ne pouvait 
être que l'Area Palatin. 

Vlil. Principio mensis Phrygiae conlermina Matri 

Sospita delubris dicilur aucta novis. 

Ov. Fast. II, V. 55, 56, 

IX. Iconographie. On vient de voir que les textes indiquent vaguement ces trois 
temples sur le mont Palatin; M. Thon a retrouvé leur place el les a restaurés: — 
Trovandosi poi tre tenipj uniti insieme sul monte Palalino, di due de' quali esislono 
ancora gli avanzi, e del terzo non potendosi dubitare, considcrando la situazione, è 
mollo probabile che essi appartengono a queste tre divinità. La planta délia cella di 
due di qucsti tempj era già slata dal Panvinio nella sua opéra de ludis circcnsibus, 
nel cui tempo forse ne esistevano mugglori avanzi, ma egli erroneamente dà loro la 
denoniinatione di Biblioleca greca e lalina. Dopo pero gli scavi cspressamente falti 
dal. Sig. Thon, si è conosciuta raeglio la loro forma, e sembra fuori di dubbio che non 
due, ma tre fossero questi tempj, cosi richiedendolo la simmetria, ne essendo probabile 
che fossero in un laio piuttosto che nel mezzo. Tuon et Ballaxti, // Palazzo de Cesari, 
p. 24, cl tav. I et II, n'5* 13, 14, 15. 

X. Statue de la vestale Claudia. Possunl elilla rairaculorum loco poni: .... Quod 
Q. Claudiae Statua in veslibulo lempli Matris deum posita, bis ea œde incendie con- 
sumpta, prius P. Nasica Scipione et L. Bestia : item M. Servilio cl L. Lamia coss ; in sua 
basi (lammis intacta stetit. V. Max. I, 8. 11. 



* Ijjltiir ille [Scipio] Deam [Klcam], comilantilnis primariis malronis, in ^Urbeni atque in 
Piila'iuiu intulil. 



154 DESCRIPTIOiN DE UOME. 

228. Temple de la Foi. Au-dessous du temple de Junon-Sospita [no22o], 
sur le bord du Clivus de la Victoire. 11 fut érigé par Numa. 

!. Ara Fcbiis. 

iïdcs Malris dcum. Iluic fuil conterminum Dnlubrum Junonis Sospilap. 

P. ViCT. de Heg. urb. Rnmœ, X. 
II. n^wToj v.jO (idiTiu-j i-pb'J 'lopiny.zo nhrt'jii &/i//5Jta5, xai djziv.^ c/.jTri zaTe^rvj^y.Tî. 
D. Hai-ic. Il, 75 ». 

229. Temple et Attf.l de la Fièvre. L'un et l'autre étaient fort anciens. 
Le temple est en parallèle de celui de la Foi [n» 228]. Devant, au centre de 
la place, s'élève l'Autel de la Fièvre. 

I. OiVotlJ.'Ml'J-h Ziif /'ijJ'j) TW n«/,^0!VT£W, lï'JfySTOÏj y.'/.l Vî'Jyj, -/M /Î'j>/J.hv l'jr,'jZ7.-J70 

iELiAN. Var. hisl. XII, 11^.' 

II. Fcbrcm aulem ad minus norcndum, Icniplis colebant : quorum adhuc unum in 
Palalio... exlal. elr. V. Max. II, 5. 6. 

III. Fc'bris aulem Fanum in Palalio, cl Orbon.T ad aedem Larum,... consccralam \i- 
demus. Cic. de Divinal. III, 25. 

IV. Ara vptus slal in l'alalio Fcbris. Cic. de Legih. Il, 11. 

V. Publirc l'cbri Fanum in Palalio diratum est. Plin. H, 7. 

VI. Sur la situation de V Autel de la Fièvre auprès des temples de la Foi et deCybèle, 
voy. ci-dessus, n» 228, § I. 

230. Temple de la Lune koctilica.' A gauche de la voie qui longe le temple 
de la Foi [n» 228], et monte sur l'Arca Palatin. 

I. Luna vel quod sola lurel noetu, iiaquc ea dicta Xoctiluca in Palalio; nom ibi 
noctu luret tcmplum. Varr. L. L. V, § 68. 

II. On voit d'après l'unique indication, in Palalio, que cette position esl conjectu- 
rée. 

25!. Maison du Flamine-Dial. Au-dessus du temple de la Lune noctiluca 
[il" 230]. Elle existait du temps d'Auguste. 

I. Sur la maison du Flamine-Dial, voy. plus liaut, n° 216, ,§ II. 

II. Ignem ex domo Flaminia cITerri non licebat, nisi divinje roi gratia. Fest. v. 
Ignem. 

III. Domum enim in qua Pontifex babitat Regia dicilur, quod in ea Uex sacrificulus 
babilarn ponsupsset, sicut Flaminia, domus in qua Flamen babilat, dicebatur. Serv. in 
jEueid. VIII, v. 565. 

232. Portique Palatin. Situé à gauche de l'Area Palatin [n° 224], en re- 
gardant la maison d'Auguste. Nous conjeclurons qu'il fut bâti par ce prince. 

I. Nous ignorons le nom véritable et l'origine de ce monument. Le nom que nous 
lui donnons, par conjerlure, est emprunté au fragment suivant de l'inscription d'An- 

cyre: opkua fkt.it nova, porticvs in Palatio. (col. 6.) Mais nous craignons que ce 

ne soit là une bien faible autorité ; car le passage de la sixième table dont nous venons 
de citer qucl(|uos mois, n'étant qu'une récapitulation de ce qu'Auguste a dit dans la 
qualriènic table, relativement aux édifices, Pnrlicus pourrait bien s'ap()liquer ici aux 
porli(|ues du temple d'Apollon Palatin, dont il a dit dans celte quatrième table : lein- 
pluniqne Apoltivis in Palalio cvii porticibcs... feci 

II. Iconographie, 'l'ont le plan de ce monument a été retrouvé parmi les ruines des 
édifices du mont Palaliii. Voy. Thon et Iîallanti, il Palazzo de' Cesari, tav. 1. — Voy. 
aussi XoUi, lUon. X, Villa Spada ; Letarouilly, ibid. 

233. Temple de la Fortune de chaque jour, et Portique de Catulus. Le 
temple fut voué par Lntalius Catulus, l'an Go2, au moment où, avec Marins, 
il allait livrer bataille aux Cimbres. Sa forme était circulaire. Il se trouvait en- 



' Primus omnium niortaiium [Numa] tcmplum Fidci Public»? crexit, eique sacriticia in- 
stituit. = ^ Uomani sub Pallaniio colle, Febri tcmplum et Aram cosediticarunt. 



RÉGION X. — PALATIN. 155 

clavc dans un Porlique l)àli par Catulus avec \c produit dos dôpouilles des 
Cimhrcs. Ces édifices furent prubahlemcnt construits peu après l'an G52. 

I. \\od TO TTîÇàv i-J roÙTO) Tô)v jia.f.Sv.r.oj'j iiT-ç-i yxOv.Tzsp Tzélxyoî àymïi /.i-.'oiiy.z-Joy. h- 
zoûOoi. vfJKX/iSvoî b fiJi/.piOi zàç x-ip'^-i '^^'' T^pôç ràv ojpcuvb-J ù.w.'^yw, r;'j^y.-:o roïç O-cTtî 
xarà èxccrôp-Gr,?. Hj^c/zo â's kv.'i Kd(T)>o;, by.olMî àv«5;/&jv Tàs ysipa.?, xv.OlspcinzfJ zr,j 
■zùy-rfJ T/;, r,'j.spxç i/.shr,i. Pliit. Mar. 26*. 

II. Vicus hujusque diri. P. Vict. de Hcg. urb. Romœ, X. 

III. Fuit et alius Pylliagoras Samius, iniiio pictor, cujus signa ad rcdem Forlun;^ 
hujusque dici septom nuda, cl senis unum, laiidala sunt. Plin. XXXIV, 8, 

IV. Crassus oralor fuit in primis nominis romani: doinus ci magnifiea : sedaliquanlo 
prœslantior in eodem Palalio, Q. Catuli, qui Cimbros rum Mario fudil. Plin. XVII, 1. 
— Voy. ci-dessous, n» 234, g IV. Cette maison fut sans doute englobée dans celle 
d'Auguste. 

V. Tu, Q. Catule, M. Fulvii domum , monumentum tuarum manubiarum esse vo- 

luisti Hoc si quis tibi aedifiranli iilam porticum diceret, fore lempus, quum is tri- 

bunus plebis,... luum monumentum disturbaret, everteret, idque cuni ejus civis, 

qui rempublicam ex senatus aurioiilate consul del'cndisset, domo conjungcrel: non ne 
responderes, etc. Cic. jiro domo, h'i. 

A'I. Flaccl et L. Satnrnini, seditiosissimorum civium, corporibus trucidalis, pénates 
ab imis fundamentis cruti sunt. Cclerum Flacciana area, quum diu penaiibus vacua 
mansisset, a Q. Calulo Cimbricis spoliis adornata est. Y. Max. YI, 3. 1. 

VU. Deinde consules Porticum Catuli restiluendam locarunt. Cic. ad Altic. IV, 2. 
[an. 696.] 

VIII. Iconographie. Inter eas piscinas tantummodo accessus semita in tliolum, qui 
est ultra rotundus columnatus, ut est in œde Catuli, si pro parietibus feceris coluranas. 
Varr. R. R. m, 3. 

234. Maison de M. T. Cicéron, puis de Censorinus. A l'angle S.-E. du mont 
Palatin. Cicéron l'avait acquise de P. Crassus ; puis elle appartint successive- 
ment à Censorinus qui fut consul en 740, et à Slatilius Sisenna consul en 769. 

I. Quum œdificaret domum in Palatio [Drusus trib. plebis], in co loco ubi est quœ 
quondam Ciceronis, mox Censorini, nunc Slalilii Sisennœ est, promilteretque ei archi- 
tectus ita se eam œdificaturum, uti libéra a conspeciu, immunisque ab omnibus arbitris 
esset, neque quisiitiam in eam despiccre posset : etc. Patebcil. H, 14. — Ceci prouve 
que cette maison était bien où nous l'avons mise, car on se mettait à l'abri de tous les 
regards en élevant de hauts murs au N. et à l'O., sans rendre la maison moins agréable, 
puis(iue l'on avait encore les faces de l'E. et du S., c'est-à-dire celles vers le mont Cœ- 
lius et vers le Cirque Maxime, d'où l'on dominait partout sans être dominé par personne. 

II. Cum [Cicero] emere vellct in Palatio domum, et pecuniam in prœsens non habe- 
ret, a P. Sylla, qui tum reus erat, mutuum sestertium vicies tacite accepit. A. Gell. 
XII, 12. — Cicéron plaida pour Sylla l'an 691 ; cette date donne celle de l'acquisition 
de sa maison. — «Ego tua gratulalione commolus, quod ad me pridem scripseras, velle 
te bene evenire, quod de Crasso domum emissem ; emi eam ipsam domum quinquies 
tricies, aliquanto post tuam gratulationem. » Cic. Ep. famil. \, 6, P. Sexiio. an 691. 

III. Eram etiam tuo judicio civis incolumis, quum domus in Palatio, villa in Tuscu- 
lano, altéra ad alteram consulcm, transfercbalur. Cic. pro domo, 24. 

IV. Domus mea illa prope tola vacua est;vix pars iediuni mearum décima ad Catuli 
Porticum accessit: causa fuit ambulatio, et monumentum, et isia Tanagra>a, oppressa 
libertate, libertas. In Palatio, pulclierrimo prospeclu porticum cum conclavibus pavi- 
mentatam trecentum pedum concupierat [Clodius], ampiissimum peristylium ; cetera 
ejus modi, facile ut omnium domos et laxilale et dignilale superaret. . . . Inferiorem 
îedium partem assignavit non suœ genti Fonteise, sed Clodiœ, quam reliquit. Cic. pro 
domo, 44. — Ptilchcrrimo prospeclu s'accorde parfaitement avec la situation de 
l'angle S.-E. du Palatin, d'où l'on voit au loin la campagne de Rome bornée par les 



* Intérim barbarorum [Cimbrorum] peditatus instar vasti pclajji agitali irruchat. Ibi laulas 
manus Slarius ad coelum tollens, diis vovit inimolaturum se centum boves : vovit et Catulus 
tensis item manibus, Forlunœ ejus diei aedem. 



150 DESCKIl'TiON DE UOMi:. 

rolcaux (le Tibur rt de Tusculum. — Jnferioretn œdium partem prouve que la maison 
Olail sur le bord de la monlafine. 
Y. At milii in l'alalio resiituia [est domus] Cic. de Aruip. reip. 8. 

VI. Otxiav rjh T/,v ij.kvo Trar^c^jav zCi v.oùfCt TTapzyùfyr,';-:', «J-ô, ô' u/.îi 7!zfA -h lla/i- 
T(cv, •j~ïr. T'j'j fj.r, jj.-j:/.i;c/.-j ^y.ii^'j-jzv.i ho-y/j.-'i'jOu.irojiOif^aTisjo-jrcr.; -jrj-.oj. I'li'T. ('ic. 8'. 

VII. Domiim ipsam Uiam vi cl rapinis, Tuneslam libi ac tuls, comparasti :... cpium 
in ea domo liabitares, homo flagitiosissime, qua; I'. Crassi, viri consularis, fuil. Sall. 
Declam. in Cic. 2. 

liôiî. ^Iaison de Clodiis. Auprès de celle de Cicéron ; elle était grande et 
iiiagnilifjiie. 

I. P. Clodius, (luem iMilo occidil, H-S cenlies cl quadragies orties domo empta liabi- 
taveril: quod eqiiiilem non secus ac rcgum insaniam, miror. Plin. XXXVI, 15. — Voy. 
aussi ci-dessus n" 234, § IV. 

2.">(>. Maison de Scaurls. Elle était magnifique, et se trouvait à l'angle 
N.-E. du Palatin. 

I. 11 existe de ce côlé une rue qui, encore aujourd'hui, porte le nom de Clivus 
Scauri, ou de salita di S. Giovanni e Paolo. [Xolli, n» 958 ; Lelarouilly, rion. X, 33.] 
Voy. aussi Xardini, lioma antica, lib. III, c. 7. 

H. Quo loco défendit quod tam magnificam domum habel .... Demonstrasse 
\obis mcmini me liane domum in ea parte Palalii esse quœ, cum ab Sacra via descen- 
deris, et per proximum vicum, qui est ab sinistra parte, prodieris, posita est. Possidet 
cam nunc I.ongus (Ja'cina. qui consul fuit cum Claudio. In hujus domus alrio fucrunt 
quatuor column» niarmoreae insigni magnitudine, qu;c nunc esse in regia lliealri Mar- 
celli diruntur: usus erat iis fedilis, ut ipse quoque significat, in ornalu theatri quod ad 
tempus perquani ampla magnitudine magnum fccerat. .\sto>". pro Scauro. p. 176. 

III. Eliamne lacuerunt maximas earum [coiumnarum] alque adeo duode quadragenum 
pedum Lucullei marmoris in atrio Scauri collocari? nec clam illud occulteque factum 
est. Salisdari sibi damni infecti coegit redemptor cloacarum, quum in Palalium extra- 
liercnlur. Pi.i.n. XXXVl, 2. 

IV. Cn. Oclavio, qui primus ex illa familia consul factns est, honori fuisse accepimus, 

t|uod prœ'claram œdificasset in Palatio, et plenam dignitatis domum Hanc 

Scaurus dcmolilus, accessionem adjunxit aedibus. Cic. de Offic. I, 59. 

237. Maison de Domitius Calvinis. Doniitius Calvinus ayant vaincu les Cé- 
rélans peuple d'Espagne, obtint le tiioniphe en 7lo, et consacra une partie 
du butin à rétablir sa maison du Palatin, qui était fort belle. 

I. Tj;/c.jv T£ T'Jjv £-tv(/.!(iiv, zairot T/j; iS/j^cia, T'jj Kaica/it TT/îOJTîTXy/J'.EVï); tô, tî 

yf-'^i'iov TÔ ~xf,y. Twv ûî/.ïojv s; v.j~y. Û'jiB'os o't'j'îc^ai, è/. //dv&jv twv if/iyitxwv s^aéE, yv.1 
ÙTî (jrj-îoi) Ts fj.i-j Ti èî Tv;v sop7Y,v v.vaMM^s, -zo OS QT, 77/ îTîv îj '0 'iy.zù.îLo.' . Dion. XLVIII, 
42 *. 

Note sur les «uatre maisons précédentes, n»5 234, 233, 236, 237. Iconographie. 
Nous avons restauré ces maisons d'après d'autres édifices du même genre représentés 
sur les fragments du Plan de marbre conservé au Capitole. 

2Ô8. Voie Triomphale. Nous donnons ce nom à la voie située au bas du côlé 
oriental du Palatin, et par laquelle en sortant du Cirque Maxime, les pompes 
Iriompliales gagnaient la voie Sacrée. Cette désignation, bien que conjecturée, 
est néanmoins certaine : Y Arc de Constantin élevé à l'extrémité de cette voie, 
prouve que les triomphateurs passaient par-là, car on ne construisait d'arc de 
triomphe que sur leur passage; témoins encore VArc de Titus sur le point 
culminant de la voie Sacrée, et l'^rc de Septime Sévère au bas de la même 
voie, au pied du mont Capitolin. Voy. aussi n" 198. 

* Domum paternim concessit [M. T. Cicero] fr.itri : ipse, ne esset dienlibus suis molesuim 
lonyius ire, juxta l'alalium liabicavil. = ^ Triuniplius iyilur ei [Domilio Calviuo] conressus, 
quanivis Hispania Ca>5aris imperio subessL't. . . . Auiiim autem, fjuod in triumplium conferri 
ab urbibus solet, a solis Hispaoiîe civitatibus accepit : atque ejus aliquam parlera in lriuni[>lii 
apparaium insuinpbit, m.ijorem vcro in palalium reficiendum [an. 'i'>]- 



RÉGION XI. —CIRQUE MAXIME. 137 



REGION XL— ClilQUE MAXIME. 



Cette région étroite et longue, est, en grande partie, remplie par le 
Cirque même qui lui donne son nom. Elle commence, vers le midi, 
aux murs de la ville; s'allonge dans la vallée entre le Palatin et l'Aven- 
lin; s'élargit à gauche entre le Tibre et TAventin, jusqu'à la porte 
Trigemma située près du Pont Sublicius, et s'étend à droite jusqu'au 
théâtre de Marcellus [n" 14 i, IX« région]. Dans cette dernière partie 
elle se trouve bornée à l'O. par le Tibre, et à l'E. par la voie qui part 
de la porte Carmentale ou Scélérate, au pied du mont Capitolin, et va 
jomdre l'angle septentrional du Cirque Maxime. 

239. Temple et Akea de Mercure. Tout près de la porte Capène, à droite 
de la voie Appia, en entrant dans la ville. Le temple fut dédié l'an 259 de 
Rome, et du temps d'Ovide il existait encore. Sur le devant était une petite 
place ou Area, au centre de laquelle on vovait un bassin circulaire. 

I. Templum Mercurii. Sext. Rif. de Reg. urb. Romœ, XI. 

II. Ciicus maximus, qui capit loca CCCLXXXV M. XII porta». 
Templum Mercurii. P. \ict. IbiJ. 

III. Eodem anno [239] œdes Mercurii dedicata est idibus Maiis. ïit.-Liv. II, 21. 

IV. Le poêle s'adresse à Mercure : 

Templa tibi posuere Patres spectantia Ciicum 
Idibus. Ex illo est li<ec libi festa dies. 



Est aqua Mercurii, portse vicina Capenœ. 



Hue venit incinctus tunicas mercator; et urna 
Parus sufDta, quam ferai, liaurit aquam. 

Ov. Fasl. V, V. 669, 670, 672, 674, 673. 
^. Iconographie. Un fragment ci-joint du Plan de marbre, sur le 
quel on lit encore AHEA M, et où l'on reconnaît l'indication un peu 
AR.iPAOM5^3gue d'un bassin circulaire, nous a fourni le motif de notre reslau- 
" ration. Ce fragment est aussi gravé dans Bellori, tab. IX. 

240. Temple et Bois de Libitine ou Vénus Liiîitine. Le temple de Libitine 
avait été fondé par Numa. Il renfermait les magasins des Libitinaires ou entre- 
preneurs des pompes funèbres, et l'administration chargée de recevoir les dé- 
clarations de décès. Outre le temple et ses dépendances, il y avait aussi un 
Bois consacré à la même divinité. Le temple et le Bois se trouvaient à l'angle 
S.-E. du mont Palatin, entre les murs de la ville et la voie Triomphale. 

I. Yicus Parcarura. 

Yicus Veneris. Sext. Rif. de Reg. urb. Romœ, XI. 
— On ignore la position du temple de Libitine ; nous l'avons mis dans la XK Région 
sur l'indication des quartiers des Parques et de Vénus dans cette région, et en con- 
jecturant qu'ils empruntaient peut-être leurs noms au voisinage du temple de Vénus- 
I.ibitine. 

II. lCT«5iV 055V ïoil •JOlJ.l^yC. y.X7V.^ép-lV 'jTz'-p ixâsTOU ZOJi ~pOTr,/.0-JT'/.;, îî» y-'^''' ~ov 



458 DESCRIPTION DE ROME. 

â's -rbv Tôs tiffjooiTfn iv a/i-t /.'xOwf^ujxvjO'^, ^v T:pot;a.-/opsiiouGi At6tTiv/;v, ÛTiè/s twv 
c<rrc--/£vî//£v6jv. D. Haijc. IV, 15 '. 

111. Kodcm die Yciicri Icnipla suiil consccrala, allerumad Circum Maximum, alterum 
in Luco Libilincnsi. Test. v. liuslica. 

Kf fjoahri.! sTjxi ry,v A.(ftT(v/)v; ttots/sov xa'i toXito zoïi you/J.à, zov /SactÀEWs, fùoijr)fr,iJÙ- 

Plut. Quœst. rom. p. 89 2. 

V. l'cslik'iilia in agiis foiisquc et conriliabulis, el in Urbe tanta erat, ul Libilina 
tunn vix sufTiccrel. Tn.-Liv. XL, 19 fann. .ITl]. 

VI. Ne libfioium quidem luncribus Libilina sufDciebal. TiT.-Liv. XLI, 21 [an. 

ri78]. 

VII. Peslilenlia unius autumni, qua Iriginta funerum millia in ralionem Libitinœ ve- 
nei'unt. Suet. Nero. 39. 

VIII. M. Cornulo pifclore funus Ilirlii el Pansœ jussu senatus locante, qui tune Libi- 
tinam cxurrebaiit, quum rerum suaium usuni, tum minisierium suum graluilum pclli- 
cili sunt. V. Max. V, 2. 10 [an. 710]. 

IX. Aulumnusque gravis Libilinse qucestus acerbœ. 

HoR. II, S. 6, V. 19. 
— Est uulem Libilina locus in Urbe, quo consliluunlur qui efferenda corpora con- 
ducunt et pra;benl luneribus necessaria. Acron. in Uor. loc. sup. cil. 

241. Cirque Maxime. Il occupait toute la vallée entre le moût Palatin et le 
niout Avenlin. Sa longueur était de trois stades et demie [environ e.'JO mètres] 
et sa largeur de quatre jugères [environ 1.30 mètres]. 11 avait la forme d'un 
amphilhéàlre tronqué, terminé à son extrémité orientale par un hémicycle au 
cculre duquel s'ouvrait une porte eu arc de Irioniplie, et son extrémité occi- 
dentale par une ligue de petits portiques au nombre de douze, servant de Car- 
cères pour les chevaux et les chars. Le pourtour du Cirque, à l'exception du 
côté occupé par les Carcères étail rempli de gradins partagés en trois sections 
sur leur liauteur par deux larges paliers ou prccinclions; ces gradins tenaient 
4 50,000 spectateurs. ►Un portique en colonnade couronnait l'édifice derrière 
le dernier gradin supérieur. Les gradins se trouvaient séparés de l'arène par 
un canal d'eau vive ou euripe, large de 2 met. 963. Une espèce de long pié- 
destal nommé l'^p/jie, partageait l'arène en deux, dans le sens de sa longueur, 
à peu près comme l'épine dorsale partage le corps de l'homme. Du côté des 
Carcères, l'Épine, commençait au tiers de la longueur de l'arène, au moins, et 
laissait vers l'hémicycle un espace deux fois moins considérable. Elle ne suivait 
pas une ligne parallèle au monument, mais s'inlléchissait sur la gauche d'une 
manière très-sensible, en s'allongeant vers l'hémicycle, de sorte que ce côté de 
l'arène devenait plus d'un quart moins large que le côté droit : c'était afin de 
laisser plus d'espace aux chars qui, en sortant des Carcères tous ensemble, 
commençaient toujours leur course par ce côté droit, vers lequel convergeaient 
les Carcères disposés sur un arc de cercle dont la corde était d'équerreà l'Épine 
et diagonale aux gradins. De cette manière, tous les chars avaient une égale 
distance à parcourir avant d'entrer dans la lice proprement dite qui commen- 
çait h la hauteur de l'Épine. A l'autre extrémité, la déviation de l'Epine n'était 
guère que d'un neuvième, parce qu'à cet endroit les chars avaient pu entrer en 
ligne, et que déjà d'ailleurs, une partie se trouvaient distancés. 

* Sutuit [Servius] quanti pretii nummum pro singulis cogn.iti inferre deberent in aerarium 
llytlrioe, quam Iloinaiii vocant Junonem Lucinam, pro ils qui nascereutur, et in [cErarium] 
Veneris, quod in Luco est, quam Libiiinam nuncupant, pro iis qui niorerentur.= ^ Cu^ quae 
ad funera pertinent in templo Libitina™ vendant, quam eamdem esse cum Veaere censeutî 
An lioc quoque unum est de ^'uma^ reyis sapienter institutis, quo discerent ab bis rébus non 
abborrere, neque pro piaculis eas ducere î 



RÉGION XI.— CIRQUE MAXIME. 459 

On voyait sur l'Épine dos statues, des colonnes surmontées de statues, et 
divers pi'lils nionuineiils parmi lesquels deux porti(jues en colonnade, l'un 
supportant sept daiqjhins, l'autre sept œufs qui, dans les courses de cliars, 
servaient à compter les révolutions accomplies, car une course se conqtosait de 
sept tours du cirque. Ce fut Agrippa qui, pour faciliter au peui)le le computdes 
révolutions, établit ces petits portiques, desquels on enlevait un dauphin ou 
un œuf, chaque fois qu'un tour était accompli. Au centre de l'Epine se dres- 
sait un Obélisque haut de 82 pieds, et aux deux extrémités, un peu en avant, 
étaient trois bornes, mctœ, en bois, ayant la forme de cônes allongés, et placées 
toutes trois de front sur un piédestal conmnni. 

Dans les monuments, comme les cirques elles amphitiiéàtres, où l'on donnait 
des combats de gladiateurs, il y avait deux portes spéciales, l'une par laquelle 
se retiraient les combattants sains et saufs, favorisés par les chances du combat, 
ou bien que le peuple avait graciés, et l'autre par où étaient emportés les morts 
ou les blessés. La première était appelée Sana vivaria, et la seconde Lihili- 
ncnsis, de Libitine, déesse des funérailles. Nous croyons que la porte Sa7ia 
vivaria était au milieu de la partie en hémicycle, et la porte Libilincîisis au 
centre des Carcères. 

Derrière ces derniers édifices nous avons indiqué deux cours avec des fonlaincs 
et des écuries. Cette dépendance était indispensable, parce <[ue chaque fois que 
l'on donnait des courses équestres ou curules, on faisait courir au moins cent 
chevaux dans la journée. 

Le Cirque Maxime fut bâti l'an 138 de Rome, par ïarquin-l' Ancien, qui le 
garnit de gradins en bois. Divers censeurs l'embellirent, et César ainsi qu'Au- 
guste l'agrandirent ou le restaurèrent. Néanmoins, du temps d'Auguste la pré- 
cinction supérieure n'avait encore que des sièges de bois. Le véritable nom de 
ce monument est Cirque Maxime, c'est-à-dire, le plus grand. II ne dut être 
ainsi nonuné qu'après l'édification du Cirque Flaminius, exécuté quatre siècles 
plus tard, et qui était infiniment moins grand. [Yoy. IX'' Rég. Cirque Flami- 
nius. n° 4 63]. 

I. Hercules Tiiumphalis. 

Circus Maximus. Sext. Rit. de Reg. urb. Romœ, XI. 

II. Circum Maximum scdificavil [Tarquinius Piiscus]. A. Vict. de Vir, illust. 6. 

III. Bcllum primum cum Lalinis gessit [Tarquinius Piiscus], et oppidum ibiApiolas 
vi cepit ; prœdaque inde majore, quam quanta belli fama fuerat, revecta, ludos opu- 
lenlius inslructiusque quam priores reges fecit. Tum primum Circo, qui nunc Maximus 
dieitur, designatus locus est ; loca divisa Patribus equilibusque ubi spectacula sibi 
quisque facerent; fort appcllati. TiT.-Liv. I, 55 [an. 138]. 

IV. KaTSîZc'Jaic oï xczt tôv //sytirov twv ï-noôçjfjiiM'j 'Y'j.ry/.wioi ràv iJ.fzaXii toô zs 
AÙîvtÎvou xa't Toû IlaXavT(5L/ y.si/j.sJO'.>, ti/îmtov inoGzsyouî T.spi aOràv Trovricoiî v.oSiopv.^' 

ëfj.ù'ïs nk cipa. o\)v ypo-Ju y.où.TO\;T0 To ëpyo'J iv Tolj TTavu K'jCko~i^ y.cù 

0'/.ii[j.'j.ozoii KKza.i/.zw.iiici.zi T^; îio^scos ysv^^îTÔat. {J-ny.oi h'vj -jy.p zoli innoopô/jLOu , zpiCrj 
/M Yifj.LsQUi IstJ <:zaâio}V svpoç os, zszTà.pu-j r.ïédpotv TZipiç, os c.-jzoû Axzy. zs zàç fj.si- 
Çsy,- Tilsvpi/.i, xal xxzà /jia.v zôi\i è'^oczzi-joiv, s'jptT:oi sic bTzo^oxyfJ ZS%zoi c,pd>pu/.za.i, 
fiùOoi zs xo-l ■nlàzoi àsy.y.nouç. fASzy. as tôv s'jpinov ùy.o5à ij:r\-nM azocù zphzsyoï. zoû- 
zoi-j â's at p.iv èn'ntsooi, It^bot.? ïy_o\>ni-i, (Ititisp h zoli Osûzpoiî, o\ipy b-^sp'X-js:izfiy.-jia.i 
y.'xfiiopy.i' vx à' UT^spoioi, ^ulhoni. (;uyc/.yo-Jza.i (?' si; zb a.ùzb vm auyà.T:zo'ja'iv oMrî'joi.i; ui 
fjisH^ou;, ÙTTÔ T-^5 i'iùzzovoi, p.r,yosLOÏi è)(û{ji:r,ç zb ayyj'ju, aoyx'Xsiijxsvaf uuzs /xt'av èx twv 
zpiwj ysvssôat ozov.v y.p.'JLOic/.zpov, ô/.zM ozacioiv, îzavïjv br^ooé'z'x.sOa.i T:svzsxot.Losy.y. y.j- 
pià.^y.; dvôyiwTicov. Y) os /5t7T'/î zôiv è\a.zzo-Juv T:lsupôiv uïOpiOi «vct//ô'vv) ipoùiâ'jizyi iûnx- 
fstjsii êyst, êià. p.LKi Czix'kriyyoi ckp-a. ûàoxi ùvoiyo/jLS-/</.ç. eari os xoù Tispl zbv iT:~ôopoy.o-j 
é'^oi9s-J szépoc QZO'J. iJ.ov(jozsyoi, ipya.tjz-fipiy. syouzx iv wjzri, x-oà ol/.rianï iiltïp a.Jzà.' oi yj, 
ehlv s'hoooizs xcà ù-jcii.ëy.^sii zol; i~ï zr^-i Bi'J.-i y.fix.-jo'jiJ.i'JOii ~y.p' ï/.xozo-) ipyxozopio-j, 
Stzzs /j.Yi^'sv èvoy}.sïo9a.i zi/.i zo<zy.iSs p.'jpiy.ov.i shioiiax; zs /.at àjio'h'joij.éyv.i. D. Halic. 
111, 68 1. 

* Tarquinius [Priscus] etiam Circum Maximum inter Aveminum et Palatinum collem 



100 DESCRIPTION DE ROME. 

—Dans la description pr(^r(-di'nt('<7T5«J Tyii'îrr/ot df^signcnt un triple ('-laRe de gradins 
cl non de portiques, car dans les Ihéàtres et aniplillliéâlrcs des Homains il n'y a\ail 
jamais de portitiues (lue sur le couronnement de l'édifice. Cela signilie proprement (|ue 
les gradins étaient divisés dans leur hauteur en trois précinclions ou trois ceintures 
de paliers servant à circuler autour du monument. 

La (in de cette description a besoin d'un petit commentaire pour être parrailcmenl 
claire ; Dcnys dit (jue le Cir(|ue est entouré extérieurement d'un portique différent à un 
seul étage. Je traduis hii^u par diffèrent et non par autre, parce que érs/îaTT'SK est en 
quelque sorte en opposition avec les iroa't rfA-^^tyoi dont nous avons parlé plus haut. Il 
paraîtrait naturel de croire que le Cirque avait autant d'étages de portiques que de pré- 
cinclions, ainsi (jue cela existe au Colysée et au théâtre de Marcellus; il n'en était ce- 
pendant pas ainsi : le (jr(|ue n'avait bien elTectivemenl à l'extérieur qu'un seul étage 
de porliqucs, parce qu'il s'étendait jusque sur les deux croupes inférieures du Palatin 
et de l'Aventin, de sorte que la pente du terrain lui faisait perdre en dehors la plus 
grande partie de la hauteur qu'il avait en dedans; le rez-de-chaussée du portique ex- 
térieur se trouvait au niveau de la seconde précinction, et le portique qui, au som- 
met de la troisième précinction, couronnait l'édifice, répondait, sur la rue, à l'étage 
unique du portique du dehors. C'est ici le lieu de rapporter ce que l'irro Ligorio écri- 
vait en 1552 : « Le misure del Circo [iMassimo] sono lanlo confuse dalle ruine, che 
non se ne puo farc un vero e certo giudicio [délie anlichild di lloma, etc. p. 8, verso). 

V. Nam Circum Maximum, a Ca^sare dictatore exslructum, longitudihe stadiorum 
Irium, latitudine unius, sed cum .xilificiis jugerum qualernum, ad sedem CCL millium, 
inter magna opéra dicamus. I'lin. \XXVI, 15. 

— Un stade (olympique) vaut un peu plus de 185 mètres, et trois stades valent 
.'')56 métrés. Quatre jugères carrés valent 1 hectare, 1 are, 14 centiares. La mesure 
de Pline se rapporte à peu prés à celle de Denys pour la longueur dans œuvre; elle 
est plus considérable pour la largeur : nous en dirons les motifs au paragraphe 
suivant. 

VI. Circus maximus, qui capit loca CCCLXXXV M. XII porta?. P. Vict. de Rey. urb. 
Romœ, XI. 

— Les 385,000 places dont parle P. Victor doivent s'entendre du Cirque restauré 
par Trajan ; en effet ce monument fut rebâti quatre fois depuis Auguste : d'abord par 
Néron, qui l'agrandit en supprimant l'Euripe (Plin. VIII, 7); par Vespasien, ensuite, 
ou plutôt par Domitien (Siet. Domil, 5) ; puis par Trajan, qui le fit plus grand encore 
qu'il n'avait jamais été (Plin. Paneyyr. 51. — Dion. LXVIll, 7, apud Xiphii,. Traj.) et 
enfin par Antonin-le-Pieux ou Antonin-le-Philosophe (Capit. Anlo. Pi. 9). La différence 
du chiffre des places, donné par Denys d'Ilalicarnasse et par Pline, vient de l'agran- 
dissement pratiqué par Néron, et surtout par Vespasien. Nous croyons que ce dernier 
empereur supprima les deux voies latérales, au nord et au midi du monument,'et de cette 
manière augmenta beaucoup le nombre des places. Néanmoins, le chiffre de 583,000 
nous paraît exagéré. 



situm, adornavit, struclis primum operlis circumquaquesedilibus Hoc autem opus lem- 

poris progressu inter pulcherrima et maxime adniirauda toiius Urbis opéra aDnumeranduiii 
erat. Lon[;iludo enim Circi est triuni stadiorum cum dimidio; latitiido vero quatuor jupe- 
rum ; et a duobus majoiibus lateribus et uno minore cinyitur Euripo, qui aquarum recipion- 
darum gralia faclus est, profunditate et latitudine decempedali. Post Euripum porticus sont 
triplii'i conli^jnalione exstrncta?. Ex bis autem ea; quae sunt ima» liabent, ut in tliealris, 
sedilia lapidea pariiin supra terram eminentia; at quœ sunt supernse, liabent lignea. Coiitra- 
huntur autem in uiium, et du3e majores a minori conjun(;untur, et fij;ura lunari clauduiiliir: 
ita ut ex tril)us uiia tanriim porticus ampliitheatrali forma orto stadiorum amplitiidine fiul, 
quas capcre potest bominiim niillla CL. Ueliquuiii autem e minoribus latus, quod est sulidiule, 
babet fornicatos carceres, unde equi emittuntur, qui omnes simul uno repayulo nperiunlur *. 
Kxlrinsecus vero est altéra porticus unius conlignationis, qua; ciicumdabit et lal)ernas con- 
tinet, et supra eas a-dificia; qua" palet adiius et adscensus ad sinyulos officinas, iis qui spec- 
taiidi causa eo veniunt, ita ut iiuUa confusio oriatur inter tôt homiiium niillia venienlia et 
discedeutia. 

• Denjs dit : Li(jn)-/iy/5î qui signifie corde fermnnl la carrière, corde qui retient ladêlen'r 
d'un piège on d'une trnppe : rcpngiiltitn n'a pas rc sens. 








RÉGION XI. —CIRQUE MAXIME. ICI 

VII. &-:oirp6v rt xuvY)ysTuhv Upiù)'3Xi, è y.-A c!:/j.fi$éciTpov, èx roû Ttipi^ itoi.vBot.yàl)ti 
Ëo/saî aveu ox/jv^,- ëyjt-j, ■npo'^sppiOr,. DioN. XLllI, 22 •. — 11 s'agit ici de la roslaurâtioii 
du Cirque Maxime. 

VIII. Initium in ea parte Circi orlum quae Palatino Cœlioque montibus ronligua est. 
l'bi par labernas, quibus id mercimonium erat quo llamma alitur, simul rœptus ignis 
et statim validus, ac vento citus, longiludinem Circi corripuit. Tac. Ann. XV 58. 

IX. Iconographie. Avanzo circolare de' cunei, i quali reggevano i sedili di marmo 
del medesimo Circo [MassimoJ. Questo rimane suila slrada de' Cerchi confinante col 
muro deir orlo di S. Caterina da Siena [Noiii, n" 130; Lelarouiily, rion. I, 27], e pre- 
cisamente dirempetto ai molini. — Altro avanzo circolare de' detti cunei e opposlo al 
predetto, e queslo rimane nella vigna dielro agli slessi molini. Piranesi, le Anlichilà 
Romane, t. 1, p. 22, n«s 180, 181, et tav. II, mêmes numéros. 

X. Li nostri, antichi moderni misero nome al detlo Cerchio [Massimo], alli tci- 
volenti^ perché vi erano ancora delli scalini, dovoscendevano li risguardanti ; che sci- 

, -^^^,, 'volenie alla romananesca 

referisce scalino. Flam. 
Vacca, Memorie, n" 6. — 
Credo che la strada altuale 
sotto al Palatino corra in 
parte curva del Circo di 
cui si vedono ancora gli 
avanzi \icino al mulino ; e 
dair altezza dall' arena ri- 
dotta a orti fino alla slrada, 
nel sito più alto verso il 
mezzo corre probabilmen- 
te sopra la prima loggia dei 
portici. C. Fea, Miscell. t. 
1, note sur le passage pré- 
cédent. — Il ne reste plus au- 
jourd'hui du Cirque Maxime 
que cinq ou six arcades 
au pied du Palatin, et au- 
tant, avec quelque pan de 
mur circulaire, vers la via 
S. Gregorio. Voy. Thon, 
Palazzo de' Cesari, tav. I. 
XI. Les fragments ci- 
contre du Plan de marbre 
nous font connaître une partie du Cirque 
Maxime. On voit au milieu un reste d'inscrip- 
tion C AX, qui appartenait évidemment à la 
légende Circus Maximns. Ces fragments 
sont aussi gravés dansBellori. tab. XIX. 

La figure ci-contre, revers d'une médaille 
contorniate d'Auguste, représente le Cirque 
Maxime. Bien que dessinée avec toute la li- 
berté que prenaient les graveurs de mé- 
dailles, on y reconnaît néanmoins les prin- 
cipales parties du Cirque, les tours, les gra- 
dins, les portiques au sommet des gradins, 
l'c/jîneetles meto. Tirée de Morell. Numism. 
XII, imp. Kom., Aug. num. lab. XXIlI,n"12. 
XII. Euripe. Sur sa position et ses pro- 
portions, voy. ci-dessus, § IV. Ce fut J. Cé- 
sar qui l'établit, parce que dans un combat 
contre des éléphants, donné dans ce Cirque, 



• j'Edificato theatro ex tahulatis, ad venaliones apto, quod quia undequaque liabet seJes, 
scenaqiie caret, aniplihUeatrum noniinaium est [an. 708J. 



U 



468 DESCRIPTION DE ROME. 

à la dédicace du théâtre do Pompée, ces animaus épouvantés, tentèrent deTorcerles 
barrières qui les séparaient des spectateurs : — qua de causa Cassar dictator, postea 
siniile speclaculum edilurus, Euripis arenam rirrumdedil. I'li.n. Vlil, 7. 

XIII. Parle du Cirque. Dehinc, diruto Circi Maximi Arcu, per Velabrum Forumque, 
Palalinum et Apoilint-m peliit. Slf.t. AVro. 25. — Néron arrive de Naples par la voie 
Appienne ; il s'agit donc ici de l'Arc qui formait l'entrée du (Cirque du c6té de l'orient. 
Cet Arc est très-rcconnaissable sur les fragments du Plan de marbre, et sur la mé- 
daille que nous avons donnés ci-dessus, g XI. Il fat peut-être construit l'an 556. Voy. 
plus haut, n» 96, § IX. 

XIV. Cum in gladiaioris occisi vulnus manum misisset, ad capul sibi detersit: contra 

consueludincm pcnulalos jussit speclatores non togatos ad munus convenire 

ipse in pullis veslimcnlis praesidens galea ejus bis per portam Libilinensem elata est. 
Lampbid. Comnwd. 16. 

XV. Carceres. In Circo primo unde mittuntur equi, nunc dicuntur carceres, Nœvius 
oppidum appcllat. Carceres dicli, quod coercenlur equi, ne inde exeant anlequamma- 
gistratus signum niisit. Quod ad mûri speciem pennisturribusque carceres olim fueruni, 
scripsit pocta ; 

Diclator 
Ubi currum insidit, pervuliilur usque ad oppidum. 

Varr. L. L. V, § 155. 

XVI. Carceres eo anno [426] in Circo primum slaluti. Tit.-Liv. VIII, 20. 

XVII. Censores eo anno [578] creati Q. Fulvius Flaccus et A. Postumius Albinus, 
.... locaverunt. . . et Carceres in Circo, et Ova ad iMetas curriculis numerandis, et 
[rAe]dam, et metas trans[t7u«], et caveas ferreas pe[r quas] intromillerentur [ferœ]. 
ÏIT.-Liv. XLl, 27». 

XVIU. Circo vero Maxime, marmorcis Carceribus, auratisque Métis, quae utraque et 
tophina ac lignea antea fuerant, exculto, propria senatoribus constituit loca [Claudius], 
promiscue speclare solilis. Slet. Claud. 21. 

XIX. Iconographie. La disposition des Carceres représentée sur notre plan, est em- 
pruntée au Cirque de Caracalla. Voy. Guattani Monumenti inediti per Vanno 1789, 
gennaro e februaro, tav. I, et p. 2 elsqq. ; A. Fea et Angelini, Monumenti piii insi- 
gni del Lazio, I, via Appia, p. 14, et tav. V, VI. C'était la disposition des carceres de 
tous les cirques, car la course commençait toujours par le côté droit de ï Epine: aussi à 
cause de cela on appelait dexlralio une course de chars attelés. Voy. plus haut n» 50, 
§ 111. — La construction était en pierre appelée tuf. 

XX. Au cirque de Uomulus [plus connu sous le nom de cirque de Caracalla] les car- 
ceres sont vers l'occident ; c'en était de même dans le grand Cirque, et dans celui de 
Salluste. NiBBY, Itinéraire de Rome, t. II, p. 91. 

XXI. Melœ. Adfuit huic turbee, metas imitata cupressus. 

Ov. Metam. X, v. 106. 
— Sur la matière des melw, voy. ci-dessus § XVllI. 

XXII. Sur la forme des metoet sur les Petits portiques de VEpine a\ec\e\iTS dauphins 
et leurs œufs, voy. un bas-relief des thermes d'Agrippa, gravé dans le Thesaur. antiq. 
rom. de Grœvius, t. IX, pi. 96 et 185. 

XXllI.II se trouvait entre les Melœ et VEpine un espace de 4 mètres 445. Il y avait 
vers les Carceres, à l mètre en avant des Melœ, un trou carré dans la maçonnerie pour 
recevoir un poteau auquel s'attachait une chaîne qui, se reliant au podium, fermait 
l'arène tant que le signal des jeux n'avait pas été donné. Voy. A. Fea et Angelini, 
Monumenti piii insigni del Lazio, tav. V, VI, VII. 

XXIV. Epine. Le sol du Cirque Maxime se trouvant relevé de plus de 7 mètres [Voy. 
ci-dessous, § XL], VEpine de ce monument n'a pas encore été découverte. Nous 
avons pris pour modèle celle du cirque de Caracalla. Elle était à 166 mètres 71 cen- 
timètres des carceres (le tiers de la longueur totale du Cirque, à très-peu prés), et à 
12 mètres 65 centimètres de l'autre extrémité. Elle avait 5 mètres de haut, 6 mètres 
525 millimètres de large, et se trouvait coupée par trois passages, dont deux avaient 
environ 1 mètre 80 centimètres, et le troisième, 2 mètres 50 centimètres. La dévia- 



* Les parties en italiques, entre crochets, sont des restitutions proposées par Marcellus Do- 
natus, seul philologue qui se soit occupé de remplir les lacunes de ce passage très-mutilé de 
Tite-Live. 



RÉGION XI. — CIRQUE MAXIME. dG5 

lion de l'Epine s'efTecluait dans les proportions suivantes: partie à droite, en venant 
desCarcères, largeur de l'arène, iU mètres 35 eentinuHres; partie à gauehe, 33 mètres 
87 centimètres. Côté de riiémicyeie, partie à droite, 40 mètres 20 centimètres ; partie 
à gauche, 33 mètres 87 ccnlimètres. Voyez A. Fka et Angelim, Monumenli più in- 
signi del Lazio, via Appia,{a\. V, VI, Vil. —La mosaïque découverte à Lyon en 1816, 
indique aussi des passages dans VEpine. 

XXV. Petits portiques pour les Dauphins et pour les OEufs. Kàv tw Innoâcô/jM 
caoùlo/j.s-^oiii Toiiç àyOpomouç. nspi rbv twj âw.ù'koyj ùpiOiJ.o-j opw, roui rs âùfiva.; xat 
Ta dto-iâ-?i i-/)/j.tovpYn/J.o'.Ta. xaTsaTïiiscra, ôttco; âi «.ùzCiv ci Tispioâoi twv TiîpiipàiJ.oyv ùmv.- 
é'stxvùwvTaj. Dion. XLIX, 45 i. 

XXVI. Juvénal parlant d'une consultation de devins dans le Cirque Maxime, dit : 

Consulil anle Phalas, delphinorumque columnas. 
Juv. S. 6, V. 588. 

XXVII. Sur les deux petits portiques tétrastyles de VEpine, l'un chargé de 7 œufs beau- 
coup plus gros que nature, l'autre de 7 dauphins la queue en l'air, voyez Musen Pio- 
Clemenlino, t. V, tav. 58, 39, 45 ; — Guattani, Monumenli inedili per l'anno 1785, 
ottobre, tav. lU;—Museo Capilolino, t. IV, tav. 48. Voy. aussi plus haut § XXII.— Au 
cirque de Uomulus [ou de Caracalla] on voit sur VEpine les piédestaux qui soutenaient 
les deux colonnes en marbre gris, lesquellesportaient, sur un architrave, sept dauphins. 
NiBBv, Itinèr. de Rome, t. 11, p. 95. 

XXVIII. Temples, Statues, Colonnes. Atrox cum venio tempestas coorta, multis sa- 

cris profanisque locis stragem fecit : signa in Circo Maximo, cum columnis, qui- 

bus superslabant, evertit. Tit.-Liv. XL, 2. 

XXIX. Tum dona et grates deis decernuntur, propriusque honos Soli, cui est vêtus 
ïedes apud Circum. Tac Ann. XV, 74. 

XXX. Circus Soli principaliter consecratur : cujus œdes medio spatio, et effigies de 
fastigio œdis emicat. Tertull. de Spect. 8. 

XXXI. Hos enim deos tune maxime noverunt : Sejamque a serendo, Segestam a se- 
getibus appellabant : quarum simulacra in Circo videmus. Plin. XVIII, 2. 

XXXII. Kat Tcûp aVku. Tî oj/. b\i-/x, xal aSj-zoïi zolt L7rnoâfo/J.oij no'j.i), zô, rs \rifArirptov 
xa: sTspov vaàv E'y.nicoi ë-fOstpsv. Dion. L, 10 -. 

XXXIII. PvLviNAR AD ciRCVM MAXiMVM. .'... FECi. LAP. ANCYR. — Peut-être est-ce une 
partie de VEpine où l'on plaçait les statues des dieux pendant les jeux. 

XXXIV. Singula ornamenta Circi, singula templa sunt Sessias a sementationibus, 

Messias a messibus, Tutelinas a tutela fructuum, sustinent. Ante bas très arae trinis 
diis parent. Tertull. de Spect. 8. 

XXXV. Temple de Vénus-Murcia. Intumus Circus ad Murciam vocatur... Alii dicunt 
a murteto declinatum, quod ibi id fueril: quoius vestigiuni manet, quod ibi sacellum 
etiam nunc Murtae Veneris. Varr. L. L, V, § 154. 

XXXVI. ^desMurciae. 

JEdes Consi subterranea. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, XI. 

XXXVII. Quin et Ara velus fuit Veneri Myrteœ, quam nunc Murciam voeant. Plin. 
XV, 9. 

XXXVIII. Ancus Romam redit, tum quoque multis millibus Latinornm in civitatem 
acceplis; quibus ut jungerelur Palatio Aventinum, adMurciae datse sedes [an. 114-121]. 
Tit.-Liv. 1, 35. 

XXXIX. Sellae curulis locus in Circo datus est Valerio dictatori, posterisque ejus 
honoris causa, ut proxime sacellum Murciee spectarent, unde aspiciebant spectacula 
magistratus. Fest. v. Sellœ. 

XL. Le sol de la vallée du Cirque a, comme celui de toutes les vallées de Rome, été 
considérablement relevé; en 1587, lorsqu'on chercha l'obélisque d'Auguste et celui de 
Constantin, qui décoraient jadis VEpine, on ne les trouva, couchés à terre, qu'à vingt- 
quatre pieds romains modernes [7 mètres. 128 millim.] de profondeur. Voy. Mercati, 
degli Obelischi di Roma, c. 42. 

XLI. Obélisque. Sur l'origine, les proportions et l'érection de cet Obélisque élevé par 



* In Circo quum videret [Agrippa sedilis] errare homines circa cursurrm Dumerum, delplii- 
nas et ovata opéra posuit, quibus cursuiim conversiones notarentur [311.720] =* Ignis 
cum alla multa, tum magnara ipsius Circi partem, templumque Cererib et aliud Spei ab- 
sumpsit. [an. 73»]. 



464 DESCRIPTION DE ROME. 

Auguste, voy. plus haut n» 194, g 111. — L'Obc^lisquc «lu Cirque Maxime a 110 palmes 
d'élévation et son piédestal, 15 palmes. L'un cl l'autre sont en granit rose. Voy. 
Sti-art, Dell' Obeliêco di Cesare Augutto ; — Mercati, degli obelitchi di Rnma, c. 9. 

XL II. Nel meiio délia cinla del Cercliio, per la parle superiore del piedestallo fosse fatlo 
un poggeilo alto ire piedi e mezzo, e ristretlo seconde la largliezza del troneo, rhe 
sosteneva di granilo rosso. E alto detlo ironeo piedi dodici, e dodiri minuti, e haveva 
sopra di se per ciascun canlone qualtro astragali di bronzo, aiti un piede. che sosle- 
nevano il fuslo, ovvero raggio dell' obelisco, spiccato dal deito tronro. Mercati, 
Ibid.'c. 23. 

XLUI. Autel de Comut. 11 était entre VEpine el les Melœ ou bornes, du côté de» 
Carcéres.— El nunc Ara Conso illi in Circo defossa est ad primas Mêlas, sub terra, cum 
inscriptione hujusmodi : Comut consilio, Mar$ duello. Lares coillo polenlet. Sacri- 
ficant apud eam nonis Juliis sacerdotes publici, XII kalend. Septembres llamen Quiri- 
nalis et virgines. Tertcll. de Spect. 5. — Voy. ci-dessus g XXXVI, et plus haut, n" 7 

glll- 

XLIV. Consualia dicta ab Conso, quod tum feriae publicae el dei, et in Circo ad Aram 
cjus ab sacerdotibus ludi illi quibus virgines sabinee raptœ. Varr. L. L. VI, g 20. 

XLV. Kai yù.o o /3w,a5; Iv tw //st'Çîvt twv i'Krcoofii.'J'^''' c^riv àpacvj;; tÔv 6c'/J.ov xpô-^ov, 
iv 0- zoïi l~Tci/.oli «yiîtv (/.■jci/.a.luTzro/j.SJO-;. Plut. Romul. 141. 

XLVI. Devant le Cirque, du côté det carcéres : Statues d'Apollon et de Flami- 
nius. Ov oï 7ra/i«êà//5/*£v aJTw Tiroç Kotvrnç "tOau.JvIvsî, ioixv /jlï.! bjzoloi ■?,■', T.v.fizzti 

A'TTi/Àwva TÔV ax Yi.xfiyr,iô-Joi, à:m*.p\j foû 'nîr^oopà//.ou. Plut. Q. Flamin. 1 *. 

242. Sacrarium et Bois de Saturne. Au pied du mont Aventin, vers l'extré- 
mité occidentale du Cirque Maxime. 

1. Sextus Rufus parle seul de ce Sacrarium el de ce Bois qu'il indique dans la 
XI^ Région. L'édification du Sacrarium remontait sans doute fort loin, car originaire- 
ment le mont Aveiitin était couvert de bois consacrés à diverses divinités. — Sacrarium 
Salurni cumLuco. Sext. Rif. de Reg. urb. Romœ, XI. 

243. Temple de Venus. Entre le pied de l'Aventin et le Cirque Maxime, du 
côté des Carcéres. Il fut bâti l'an 457, par Fabius Gurgès. 

I. /Edis Veneris, opus Fabii Gurgitis. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, XI. 

II. Eo anno [457] Q. Fabius Gurpes, consulis filius, aliquol matronas ad populum 
stupri damnatas pecunia mulclavit; ex quo muictatitio aère Veneris aedem, quae prope 
Circum est, faciendara curavil. Tii.-Liv. X, 31. 

m. Ruslica Vinalia appellantur mense Augusto Xlll kal. Sept Eodem autem die 

Veneri templa sunt conscciala, alterum ad Circum Maximum, allerum in Lueo Libiti- 
nensi. Fest. v. Ruslica. 

IV. Veneri ad circvm M.\xi.Mva. ORELLI, Inscript, lai. t. H, p. 396. 

244. Temple d'Hercule Pompéien. Au pied de l'Aventin, vers les Carcéres du 
Cirque Maxime. 11 paraît avoir été bâti par Pompée. 

I. iCdis Pompeii. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, XL 

II. In arœostylis autem nec lapideis, nec marmoreis epistyliis datur, sed imponendae 
de materia trabes perpétuée : et ipsarum aedium species sunl barycae, barycephalae, hu- 
miles, latae, ornantque signis fictilibus aul aereis inauraiis earuro fastigia tuscanico 
more; uti est ad Circum Maximum Cereris el Herculis Pompeiani, iiem Capitolii. Vi- 
TRUv. m, 2. 

24o. Caverne de Cacus et Autel de Jupiter-Inventeur. La Caverne de Carus 
se trouvait au bas de l'Aventin, vers le Tibre, en face du Pont jEmilius, oi-de- 



* Ar.» [Consi] enini in Circo Maximo est, alias operta, ludis circensibus aperitur. i= * Huic 
cjiiem opponimus, T. Quiutii Flaminii faciem, si quaeras, videas licet ex Statua aerea, «juae 
posita Roma> est juxia magnum Apolliuem CartUagine advecium, contra Circum Maximum. 



RÉGION XI.— CIRQUE MAXIME. 1G5 

vant Sublicius, et près de la porte Trigemina. C'était tout simplement un lieH 
renfoncé, mais à ciel ouvert. V Autel de Jupiter-Invetiteur s''é\*ivn\l devant. 

I. Denys d'Halicarnasse apri^s avoir raconté l'aventure de Cacus tué par Hercule 
dans son antre, ajoute : E'mi^yj y.y./.oùpycyj 'uno^oy/Ai suOstov éo'tf^x t'o yiipiov, tTri/.'x- 
zxcxÙTiTsi Tri xa),aù/;o7T{ TÔ 77T»)Xa(îv. ct.yji'jy.i rJï ■zGi TZOTX/J-ôi tov pévov, topiisrxi Trï/jaiov 
Tîû TOTTOu Atàî Ui/ps'jiou /3e.)//dv, Oi è^Tl t/jj Po'i/jLyji Ticcpù x/j TpLéùy.oi —ùï-/i' noù diist zôt 
6sSi âùfioCyi-j ë-jcc, T^î sijpéssùiî tG>v /Suôiv yaptazvipKiv. raiJTïjv é'zl /.cà sU èy.i t»jv 6uiiy.v yj 
Pu/jLxiùiv TToXtî ai;v£Tï>£(, vofjii/jLOis éXÀrjvt/tsJî xnxatv èv xJT?i xpoùixévri, /.udùnsp i/.elvoi 
xaT£5T/î7aTo. D. Hauc. I, 391. 

II. Jam primum saxis suspensam hanc adspice rupem : 
Disjeclae procul ut moles, desertaque monlis 

Slat domus, et scopuii ingentem traxere ruinam. 
Hic Spelunca fuit, vasto submola recessu, 
Semihominis Caci, etc. Virg. Mneid. VIII, v. 190-19*. 

— Il est très-probable qu'en décrivant ainsi les ruines de la Caverne de Cacus, Vir- 
gile peignait ce qu'il avait sous les yeux, représentait les lieux tels qu'ils étaient de son 
temps. 

III. Cacus babitavit iocum oui Salinœ nomen est, ubi Trigemina nunc porta. 

SOLIN. 2. 

246. Porte Trigemina et Salines. La porte Trigemina s'ouvrait au bas de 
l'Aventin, sur la voie qui passe entre la montagne et la rive gauche du Tibre. 
Ce lieu était appelé les Salines. 

I. Salinae. 

Porta Trigemina. Sext. Ruf. de Reg. urb. RorncBy XI. 

II. i£dis Portumni ad pontem ^milii, olim Sublici. 
Porta Trigemina. 

Salinse. P. Vict. Ibid. — Voy. ci-dessus n° 245, § 111. 

III. Porticum unam extra portam Trigeminam, emporio ad Tiberim adjcclo. . . per- 
duxerunt. Tit.-Liv. XXXIX, 10. 

IV. Incipit dislribui Appia sub Publicii Clivo ad porlam Trigeminam, qui iocus appel- 
latur Salinœ. Front. Aquœd. 5. 

V. Sur la position de la porte Trigemina au bas de l'Aventin, voy. plus haut, iv 97. 
§ III. 

VI. Solo aequata omnia inter Salinas ac portam Carmentalem, cum ^quimelio Juga- 
rioque vico. Tit.-Liv. XXIV, 47. 

Vil. Porta Tergemina antiquissima ex opère lateritio adhuc hodie fere intégra vide- 
lur ad Aventini radiées, propeTyberim.BoissARD. ro/?og'ra|)A.iîo»ja',primus dies, p.29. 
in-f", Uome, 1597. 

247. Temple d'Hercule vainqueur. Auprès de la porte Trigemina, et bâti 
par Munimius, après la ruine de Corinthe, l'an 606. 

I. Sur la position de ce temple, voy. plus haut, n"* 107, § 1 ; 108, § IV. 

II. L.MVMMI.L.F.COS.DVCIT 

AVSPICIO.IMPERIOQVE 

EIVS.ACHAIA.CAPT.CORINTHO. 

DELETO.ROMAM.REDIERIT. 

trivmphans.or.hasce 
res.bene.gestas.qvod 

in.bello.voverat 
hanc.aedem.et.signvm 



1 Va, quia lociiin iiliiin vaklc commodiim l.ilrommi rece|)laculum viJpbat esse [llciciilc>J, 
Spcluiicam siio i)Cile diiiiil; f|iiuiiique cpilein a(]ua lluiiiinis expiasse!, prope Iocum cum Arain 
Jovi Invcnlori slatiiit, i|u;e Itoniac est ad porlam Tiiyemiuam : iitqiie deo (jralias at;ciel oI> 
invciUa-s bovcs, juvciiciim iiiium ci maclavil. Hoc sariKicimn vel iisqiie ad meam alatcm po- 
jiulus l'cinaiius fuciebat, et in coyraccos omnes rilus obscrvabat, proul ille inslilueral. 



1Ç6 DESCRIPTION DE ROME. 

!IF.Itf:iLIS.VlCTOIlIS 
IMl'EUATOn.DEDICAT. 

MARINI, Atii e nionumenlidegli Arvali, t. I, p. 50. 

248. Temple de Flore. Les édiles Lucius et Marcus Publicius avaient fait 
bâtir ce lemple vers l'an ol 3. Auguste le réédifia, et Tibère le dédia l'an 770. 
Il était au bas du (".livus Publicius, au pied de l'Aventin. 

I. lisdcm temporibus [an. 770; dcum aedes velustale aut igni abolilas, cœplasquc ab 
AuRusto, dciliravii [Tibeiius] ; Libero Libciieque cl Ccreri juxla Circum Maximum, 
quas A. l'osluniius dictalor voverat ; codemque in loco aedem Florae, ab Lucio el Marco 
Publiciis, œdilibus, constitulam. Tac. Ann. II, 49. 

240. Temple DE Bacchus ; — 2o0. de Proserpine ; — 2S1. deCérès. — De- 
vant: Colonne rostrale de César-Auglste. Ces temples, fort anciens, avaient 
été voués par le dictateur Aulus Postuniius, et dédiés l'an 263 de Konie par 
le consul Cassius. Auguste les réédifia, et Tibère les dédia de nouveau, l'an 770. 
Ils étaient situés derrière les Carccres du Cirque Maxime. — Devant ces temples, 
du même côté était une Colonne rosir aie érigée par César-Auguste, avec des 
rostres de vaisseaux pris à la bataille d'Actium. 

I. K«ffïj5j cTs è 'étipo; tmv iiTràr^JV, h/. a.-y^iif9ûi è-J ty? Pujw.v), t^v tî vsw tt,; \:^y.Yizpos 
xuï !Ho■^ao^•J xai Kôp-/]i iv tw y-sra^ù yj-à:>oi xciOispu^sv, cj iuTiv 3;r't TSt, zou yv/Liroij 
mno'jfyOïJ.o'j lipjj.y.zi'), -jTzïp ajrij ïop-jjj.i-JOi "àj «j/î'îâ£S, sj^cç/jià-jou y.-v aJ/T5v A'JXou 

'DOSTO'J/J.LOUrOÏ) âlXTÙTUpOi llTTSp Tf,? TTO/îWî ÙJxOfj'Jîl-J Zoli Oz'Ai, /.xO' 01 ypT^OJ S/iî/XîV 

à.y'jyjOl^îiO'j.i -po-i tyj-j Aarivcov tjzpxTicfv, t-^î xs fioutiZi /^î"à 10 yi/.r,;j.'x tï;v y.»-rxi/.-.jîr,-j 
ct'jroli 'pY,siay.ij.vj^i ixrSij >2pi!*yiwv -îtvjsao^at Tictsav, zors os '0~j ip'/V-> )aêivTi; t/;v 
t7uvr£/i(2v. D. Halic. VI, 94 1. Voy. ci-dessus, n^s 211, g XXXII ; 244 g U ; 248 § I. 

II. Plasta; iaudatissimi fuere Damophilus el Uorgasus ; iideraquc piclores: qui Céle- 
ris aidem Homae ad Circum Maximum utroque generis suae excQluerunl. I'lin. XXXV, 12. 

III. L'église de Sainte-Marie inCosmedin [Xoili, n» 1086; Lelarouilly, rion. XIJ, 20] 
a clé bâtie sur les restes des temples de Gérés el de Proserpine. Nibby, llinéraire 
de Rome, t. II, p. 115. 

IV. Colonne rostrale de César-Auguste. Voy. n» 131, § XX. 

2.'j2. Temple de Castor. Sur le bord du Tibre, à peu de distance du pont 
Palatin, en aval. C'était un périptère circulaire, d'ordre corinthien, et de pe- 
tites proportions. Nous ne savons ni le nom de son fondateur, ni l'époque de sa 
fondation ; mais le caractère de son architecture, et sa matière, qui est le marbre 
blanc, annoncent un édifice du temps de l'empire. 

I. Ara Maxima. 

Templum Casloris. Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, XI. 

II. Ara Maxima. 
Templum Castoris. 

^dis Cereris. P. Vicr. Ibid. 

— C'est d'après les indications des deux § ci-dessus que nous avons appelé cet édi- 
fice temple de Castor. La plupart des anli(iuaires veulent y voir le temple de Vesla. 
Nous avons réfulé cette opinion. Voy. plus haut, n" 118, g III. 

m. Iconographie. Une grande partie de ce joli temple existe encore; sur vingt colonnes 
corinthiennes de marbre blanc cannelées qui composaient son portique, il ne lui en 
manque qu'une seule, l'architrave et le toit. Le mur de la Cella tout en marbre blanc, 
el presque intact, fait voir que le temple n'avait que 8 mètres 510 millimètres dans 
œuvre; el 13 mètres 104 y compris son portique. Piranesi [Antichilà Romane, t. I, 



* Aller vero consul Cassius, qui in Urbe reliclus fuerat, intérim sedem Caereris et Liberi 
alqiic Liberse consecravit, qu-Te est ad mêlas Circi Maxinii, supra ipsos carceres sila ; cum pro 
reip. saluto diis cm vovisset A. Postumus dictalor, quo tempore cum Latinorum copiis dimi- 
calurus erat, dc'crevi^sL■t(|ue senatus post victoriam partam ut tota de nianubiis exstrueretur, 
atque tune demum opus absolutum esset [au. 260]. 



RÉGION XI. — CIRQUE MAXIME. 167 

lav. XXII, fig. 1] a donné une vue des restes de ce nnonuraent qu'il nomme temple de 
Cybèle, sans ritcr aucune autoiilé à l'appui de celte opinion. On en trouve une restau- 
ration comi)ièlc dans l'alladio, Archill. lib. Yl, c. 14, lav. 38, 39, 40; (^iattani, 
Monumenli anlichi inedili per l'anno 1789, Giugno, tav. I; et une autre plus com- 
plète encore dans le grand ouvrage de M. Isabelle, les Edifices circulaires et les dûmes. 
Borne, planches 19, 20 el 21. \oy. aussi, pour le plan, l'ggeri, Iconographie des édifices 
de Rome ancienne, in-i". Home, 1800, t. Il, fig. \\l ; et pour le plan el la situation, 
Noili, n° 1089; et Leiarouilly, rion. XU, 13, qui rappellent temple de Yesia. Palladio 
lui donne aussi ce nom, M. Isabelle le lui conserve, el Bufalini dans son Plan de Rome, 
l'appelle temple d'Uercule-Vainqueur. 

2o3. Cloaqoe Maxime. — Petites Cloaqies. La Cloaque Maxime était le prin- 
cipal égoul de Rome; entreprise par Tarquin-l'Ancien, vers le milieu rlu second 
siècle, elle fut terminée vers l'an 240, par Tarquin-le-Superbe. Cet égout 
commençait auprès du Lac Curtius [n" 141], traversait tout le Forum Romain, 
le Forum Boarium, les Vélabres, _en faisant quelques coudes peu prononcés, 
et venait se jeter dans le Tibre au bas du temple de Castor [a° 252]. Il se com- 
pose (car il existe encore) d'une voûte à plein ceintre, formée de trois rangs 
de voussoirs en pierre de Tibur et en pierre d'Albe, posés en liaison l'un sur 
l'autre, unis et joints sans ciment. Sa largeur est de 4 mètres 470, et sa hau- 
teur de plus de 10 mètres, à partir du seuil du canal. Dans la saison des eaux 
moyennes, l'arc s'élève de 2 à 3 mètres aii-dessus du niveau du fleuve. Les 
trois voussoirs superposés forment une épaisseur de 2 mètres 300. A l'inté- 
rieur, les murs et la voûte sont en pierre d'Albe, mais des chaînes en pierre 
de Tibur, espacées de o mètres en o mètres environ, renforcent la voûte. Le 
canal se rétrécit un peu en pénétrant dans les terres. Sa bouche sur le Tibre 
s'ouvre au milieu d'un mur de quai en pierre d'Albe, équarries, et posées 
auisi sans ciment. — Les Petites Cloaques, construites l'an 568, par les cen- 
seurs Porcius Caton et Yalérius Fl^ccus, se trouvaient un peu en aval de la 
Cloaque Maxime, et recevaient les eaux d'une partie de l'Aventin. 

I. Tarquinius [Priscusj. . . . Latinis bellum fecit. . . . Pax deinde facta. . . . in- 
firaa Urbis loca ciica Forum aliasque interjectas collibus convalles, quia ex planis locis 
haud facile evehebant aquas, Cloacis e fastigio in Tiberim ductis, siccat. Tii.-Liv. I, 
38 [vers l'an 140]. 

II. Post bac et ad alia. . . . traducebatur [populus a Tarquinio Superbo] opéra, 
foros in Circo faciendos, Cloacamque Maximam, receptaculum omnium purfiamenlorum 
Urbis, sub lerram agendam : quibus duobus operibus vis nova hœc magnificentia quid- 
quam adaequare potuit. Tn.-Liv. I, 56. [vers l'an 240]. 

III. Locos in circo, el Cloacam Maximam fecit [Tarquinius Superbus], ubi totius po- 
puli viribus usus est, unde illse Fossm Quiritium sunl diciae. A Yict. de Vir. illust. 8. 

IV. H/;|a70 oï xai tk, -j— ovi/zoï;, ôpiiz^tfJ TÙfO'Ji, ol wv i-'t riv TiSspty à-/^iii--at, Tiôtv 

D. Halic. III, 671. 

V. Pra?terea Cloacas ; operum omnium dicta maximam, suSbssis roontibus, atque 

.... Urbe pensili, subteique navigata Durant tamen [Cloacae] a Tarquinio 

Prisco annis prope scptingentis inexpugnabiles. . . . Ampliludinem cavis eam fecisse 
[Tarquinius] proditur ut vehem feni large onustam transmitlerel. Plin. XXXYI, 15. 

VI. Tô) o' j^-ip'j) ÉT5£ ùyopa.-jQij.Oi o Aypimioii ézàiv t/i'JB'O' xal ~{/.y-cf. /j.-v zv. oixooo- 

Ùnovô/JLOVi iiv/.ir.O-ripi, /.vX i; T5V 'J iê3/5tv oV avrôiv -JTZi-'j.îvr:-. DiON". XLIX, 43^, 

VII. Proraiscue Urbs aedificari cœpta [an 563] .... Festinatio curam exemit vices 



' Cœpit eiiam Clortc is foJere [Tarquinius Priscus], fessas scilicet per quas oninis aqua ex 
compitis conduens inTibeiim se exonérât, opéra adir.iranda et majora qimm qiia' verbis ex- 
primi possint. = 2 Anne scquenti Agrippa ultro aedilis faclus est, omniaque aedificia publica, 
omues vias, privalls impendiis refecit, Cloacas expiirgavit, ac per eas in Tiberim subvec- 
tus est [an. 720]. 



188 DESCRIPTION DE ROME. 

dirigendi. . . , Ea ost rausa, ul vctcres Cloaca>, primo per publicum ductae, nuncpri- 
vala passim subcanl tccta. Tit.-Liv. V, 55. 

VIII. Vernula riparum, pinguis torrenle Cloaca, 
Elsolitus média; cryplam peneirare Suburr». 

Juv. S. 5, V. 105, 106. 

IX. Ot as ÙTTÔvo/J-Ot awj-jà/j.O) /(9(u xxTaxaynpWvTêj ooojj â/As/Çat; yà/iroj Ttope'j-cci 
iAxi à.-ni'j.ù.oinv.ci. Strab. V, p. 255 '. 

X. Iconographie. La Cioatiuo Maxime ronslruile il y a plus de 2550 ans, existe en- 
core tout enlirre sur une longueur de prés de 300 pas. Nous avons emprunté le détail 
de ses proportions à Piranesi [Le Anlichilà Romane, t. 1, lav. XXII, fig. 1], en rédui- 
sant les mesures italiques en mesures métriques. Suivant cet antiquaire, le canal a 
20 palmes I once de large [4 mélri-s 47 ccntim.] ; 45 palmes de hauteur [10 métrés 
35 milliniét.] depuis le fond jusque sous la clef do la voiile ; l'épaisseur des trois vous- 
soirs réunis est de 7 palmes 9 onces [2 niélr(;s 30 centimél.] On sait que le palme ro- 
main vaut 223 millimétrés 4 millièmes, et le pied romain antique 296 millimétrés. Dans 
le magnifirenza de' Romani, tav. 1, II, III, Piranesi donne les détails de construction 
de l'intérieur de la voûte avec un pian et une coupe du canal voûté. 

XI. La strultura di questa Cloaca. . . . è di Ire ordini d'archi, uno sopra ail' altro 
congiunti e uniti insieme. Il suo voto interno è uguale, cioé 18 palmi di largo ed al- 
Ireltanto alto : il suo principio é rovinato ; . . . . dove poi prosegue interna é più 
conscrvata. Ciascun pezzo di peperino ha la lunghez.za di palmi 7 e once 3, la gros- 
se/.za di palmi 4 e once 2. Tulta la sua lunghczza é di 300 passi andanti in circa, sboc- 
cando nel Tevere Ira il lempio di Vesta e il ponte senatorio. Venuti, délie anlichilà di 
Romn, part. I. c. 2. — Venuti est ici un peu en désaccord avec Piranesi, pour les pro- 
portions de la Cloaque, mais Piranesi mérite plus de confiance. Voy. aussi Qi atbemkre, 
Diclionn. d'archilecture, au mot Cloaque. — Le temple de Vesla et le pont Séna- 
torial de Venuti sont notre temple de Castor et notre pont Palatin, 

XII. Longueur. Depuis le Forum où celle Cloaque commençait, jusqu'au Tibre, en 
suivant son cours, elle avait 2,500 pieds de longueur. Nibbv, Itinéraire de Rome, t. Il, 
p. 70. 

XIII. Sur la situation de l'embouchure de la Cloaque Maxime dans le Tibre, voy. 
Nolli, n» 1088 ; Letarouilly, rion. XII, 17. 

XIV. Petites Cloaques. Opéra deinde facienda ex pecunia in eam rem décréta, lacus 
slernendos lapide, delergendasque, qua opus essel, Cloacas in Aventino, el in aliis par- 
libus, qua nondum erani, faciendas locaverunl [censores M. Porcius Calo et L. Valerius 
Flaccus]. TiT.-Liv. XXXIX, 44. [an. 568]. 

XV. Due allrc Cloarhe minori, fabbricate dai censori M. Catone e Valerio Flacco. 
La prima in oggi resta inutile, e la seconda tramanda nel Tevere l'Acqua Crabra o sia 
Blarana, la quale si vede passare lungo il Circo Massimo [NoUi, n» 1058; Letarouilly, 
rion. XII, 26], ed inlernarsi nella stessa Cloaca. Piranesi, le Anlichilà Romane, t. I, 
p. 22, nos 171-172. 

2j>4. Temple de la Fortune virile. Sur la droite et un peu en avant du tem- 
ple de Castor [n° 232]. Sa façade regarde la voie qui vient du pont Palatin. Ce 
temple fut construit par le roi Servius et restauré par Lucullus. C'est un pseu- 
dodiplère en pierre d'Albe. Ses colonnes sont d'ordre ionique cannelées. Il 
repose sur un soubassement auquel on arrive par la façade seulement, au 
moyen d'un escalier de 12 degrés, conduisant à un pronaos de 4 colonnes de 
front et de 2 de profondeur. 

I. Ce temple était dans le Vélabre majeur, qui faisait partie de la Xle région ; Sué- 
tone racontant les triomphes de César [Cœs. 38], dil : Gallici triumphi die Velabrum 
pra?lerveliens pêne curru excussus est, axe diffracto. — Dion [XLIII, 21] rapportant le 
même fait s'exprime ainsi : E'v o' où-j t/j Tipùz-r, tCiv vixy.Tnpiijiv ■zipa.i oJx v.yxO'o-j stvrw 
eyîvïTo. yy.p y.^uj roû ûpy.xzoi -oïi Tzoy.Tzt/.'y'ù, na.n' aj-Si tw Toxatu rô> îj-s T9Û 
Koj/.om'ù.o-j oh.o'joij.rfié-m, <sij-JtTpiSr„ otnrt èy kripo-j oL-j-zr,-) t« \omy. ÏTii-.ù.i'sv.C^ . — Lu- 
cullus n'est que le restaurateur du temple bâti par le roi Servius. 

Les (5(jouts <li; Itoiiio, voùii^s on piiTre de taille, sont assez larges pour qu'en certains en- 
droits des cJiariots cliaryés de foin |>iii.-,sciit y passer. /'. 7.io de la trad. — =* C:<?leriim prima 
Irnimphidiu omcn eiadversuiii'oI)iij;il,.ixccurnis triiiiiipliaiis apud tcmplum Forliinxa Luciillo 
.cdificatuin, ita confracto, ut adrcliquam p;irtcm triumphi perlicienUamaliq curru opus fticrit» 



RÉGION XL— CIUQUE MAXIME. 100 

H. Iconographie. Le temple de la Forlune Virile existe encore tout entier. Il est ron- 
verli en une église consacrée à Sainte-Marie Egyplienne [Nolli, n">1090; I.elarouilly, 
rien. XII, H]. H était originairement en pierre d'Albe ou pépérin. Un incendie l'ayant 
détruit en grande partie, Lucullus le restaura en pierre de Tibur ou travertin, et pour 
donner à l'édifice un aspect uniforme, il le revêtit de sluc. Tous les délails de plan, 
d'architeclure, de mesures, ainsi que l'indication de la partie restaurée par Lucullus, 
se trouvent dans Piranesi, Anlich. Rom., t. IV, lav. 49, 50, 51, 52. — Palladio [Àr- 
chilt. liv. IV, c. 13, lav. 54 à 37] a donné une restauration de ce temple. Voy. aussi 
Uggeri, Iconog. des édifices de Rome, etc., t. Il, (ig. Xll ; — et plus bas, n" 162, g iV. 

2o3. Voie triomphale. Elle devait nécessairement exister entre la Porte 
Triomphale et le Cirque Maxime, dans lequel passaient tous les triomphes. 

|. nsy.-^Oyj'JCtt â' aùro-J o'j-'ji /s'yOL/iiv • o //.-v 6r,iJ.0i, ev tc TOt; ïnTU/.'Ai ô-oir/Sît;, y. 
hipxotji /.cô^o'uoiv, ~ipi -s Tv;v àyî^iv i/.piu Tzri^yjJ-i'JOi, y.'A zy't\yL iyjç 7To).£ojî M^p'^ /.x-cx- 
"/■xoà'JZii, wj ixx^ry. vixpûyj Tôi no/j-K-zii sno'piv, èO:i)TO /.xOxpxîi èod^^t x£xoa//Y)//svî£. 
Plit. p. JEmil. 32 i. 

II. Qua Velabra soient in Circum ducere pompas. 

Ov. Fast. VI, V. 405. 

VÉLABRE Mineur. Voy. plus haut, n" 102. 

236. Statue d'airain doré d'Hercule triomphal. Très-antique Statue, qui 
passait pour avoir été érigée par le roi Evandre. Les jours de triomphe on la 
revêtait d'une toge de triomphateur. Elle s'élevait sur le bord de la voie 
Triomphale auprès du Cirque Maxime. 

L Hercules Triumpbalis. 

Circus Maximus. Sext. Ruf. deReg. urb. Romœ, XI. 

II. iEdis Proserpinœ. 

Hercules Triumplialis. P. Vict. Ibid. 

III. Fuisse autem slaluariam artem familiarem Italiie quoque et vetuslam, indicani, 
Hercules ab Evandro saoralus, ul produnt, in Foro Boario, qui Triumpbalis vocalur, ai- 
que per triumphos veslilur habitu triumphali. Plin. XXXIV, 7. — Pline se trompe en 
disant: in Foro Boario, puisque ce Forum faisait partie de la Ville Région, et que la 
statue d'Hercule triomphal était dans la Xl«. 

IV. Lucio Fanno, de Antiq. urb. Romœ, lib. 2, c. 7, lib. 3, c. 7 ; Il Marliani, To- 
pogr. urb. Romœ, lib. k, c. 6; Il Gamucci, Anlich. di Rorna, lib. I, p. 20, ediz. del 
1580, e altri più communemente scrivono essere statolrovato l'Ercole (di bronzo, clie 
oggi si trova nella sala di Campidoglio) non mollo discosto da S. Maria in (>osmedin 
[Nolli, n" 1086; Lelarouilly, rion. XII, 20], in un tempio demolilo al tempo di Sisto 
IV. C. Fea, Misccll. t. I, p. 55, note (o). 

V. Iconographie. Ercole, quasi colossale, co' pomi nella sinistre, e nella désira la 
clava, Statua di métallo doralo, trovala da Sisto IV fra il Circo Massimo, e la Scuola 
greca presso al Foro Boario, e al Ara Massima... Questa ha potuto essere l'Ercole Vin- 
citore, o Trionfale anlico diquella contrada, vedendosi coronalo di ulivo, c disposto in 
modo di poter essere ornalo colle divise trionfali, nella circostanza de' Irionfi. C. Fea, 
Descriz. di Roma antica et moderna, t. I, p. 221. 

2S7. Autel maxime. Auprès du Forum Boarium et des Carcères du Cirque. 
Il avait été élevé par Hercule après qu'il eut lue Cacus ; son établissement 
remontait donc aux temps fabuleux de Rome, ce qui prouve au moins une 
grande antiquité. Les Romains vénéraient beaucoup cet Autel ; on y jurait les 
traités, on y faisait les serments qu'on voulait garder le plus religieusement, et 
les citoyens y offraient aux dieux la dîme de leurs biens. Celte grande vénéra- 
lion durait encore du temps d'Auguste. 

' Triumphatum ad liunc modum aiunt : Populus in cquestribus theatris (Circos vocant) 
et foro tibulatii fixerai, aliisquc Urbis partibus, iibi conspici j'Otcrat pompa, spcctaverunt 
candidis amicti lacernis. 



170 



DESCRIPTION DE ROME. 



I. O ok (i-'i/ib;, ij>' ou t«î Jjxeh-aî iTXs$'ji3v H/taxX/j;, xsfXîÏTat /itîv liTib Pu/ulmw Jiéyt- 
5T0Î, s'5T( j'î Houpixi /E-/5/is'vy;s ùyo/ixi ■n't.rtii'i-j, sir/tîTîwiy.îvî; si xîtt Ttj «ÀÀo; iiTT» tûv 
^-(;('jj/stc«jv ô'/;z5£ rt /xys ^-' kjtôj z«t rj-jOr)/.«.i rot, /Î5u),o/>tsv5tî ^-Çuico; ri otXTTf,'Jmi- 
oO'xi, y.y.1 ôl/.a.rcii'iîti •/f>ri/j.c/Tji-j yhovTxi 'suyr.i'xi. n.'J.i' îjyy.i. U. Halic. I, 40 '. 

II. Hercule, aprrs avoir tué Cacus: 

Consliluilque sibi, quse Maxime dicilur, Aram, 
Hic ubi pai's Urbis de bovc nomun babcl. 

Ov. /<ast. 1, V. 581, 583. 
Ul. Sur la silualionde r^M<e/^/aj-imepr(^sdu Cirque, voy. nos 22, g IV; 252, g I, 11. 
IV. El donius Herrulci rustos Pinaria sacri, 

Hanc Aram luco statuil, quaî Maxima semper 
Dicelur nobis, et erit quœ Maxima semper 

Vmn. JEneid. VIU, v. 270-272. 
— Ingens cnim est Ara Hcrcutis, sicut videmus bodieque posl januas Circi Maximi. 
Serv. in ^neid. VIII, v. 271. 

V. Tum Recaranus sub Avenllno Inventori patri Aram dedica- 
vit, appellavitque iMaximam. A. Vict. Origo gent. Rnm. 

VI. Hercvli invicto ad ciRCVM MAXIM. ORELLI, Inscript, lai. 
t. Il, p. 397. 

VII. Iconographie. Le revers ei-joint d'un denier d'AnliusRes- 
I lio, qui du temps d'.Xupuste était chargé des sacrifices qu'on devait 

accomplir sur l'Autel Maxime, nous en indique la forme. II est 
gravé dans le Thésaurus Morellianus, faniil. Anlia, 3. Voy. 
aussi Vaillant, famil. rom. Àntia, 3. 




2i>8. Autel ou tombeau d'Acca Lauentia. Dans le Yélabre, auprès de la 
voie Neuve. Roniulus avait élevé cet Autel sur la sépulture d'Acca Lareulia, sa 
nourrice. 

I. Ce monument est appelé autel ou tombeau, parce que les tombeaux des personnes 
divinisées étaient consacrés par les pontifes, et qu'on mettait dessus un autel pour y 
faire des sacrifices et y brûler de l'encens. Voy. Arad. des inscript, t. I, p. 376. — On 
donnait souvent la forme d'aulels aux tombeaux des personnes, même non divinisées: 
« In ipsa Scipionis Africani villa jacens liœc tibi scribo, adoralis manibus cjus et Ara 
quam Sepulcruni esse lanli viri suspicor. » Senec. F.p. 86. 

II. In eoque sum majorum exemplum seculus, qui hune honorem mulieri Larentise, 
Iribuerunt, cui vos pontifices ad Aram in Velabro facere solelis. Cic. et Bruti. Ep- 15. 

III. Larenlinal, quem diem quidam in scribendo Larentalia appellant, ab Acca La- 
renlia nominatus, quoi sacerdotes noslri parenlant feslo die qui ab ea diciiur... — Hoc 
sacrificium fit in Velabro, qua in Novam viam exilur, ul aiunt quidam, ad Sepulcrura 
Accac, ul quod ibi prope faciunt Diis Manibus servilibus sacerdotes; qui ulerque locus 
extra urbem anliquam fuit non longe a porta Homanula. Varb. L. L. VI, g 23, 24. 

IV. Ab Anco in Velabro loco celeberrimo Urbis sepulta est [Acca Larentia], ac so- 

lenne sacrificium eidem constilutum Macer, Fausluli conjugem Accam Larentiam 

Romuli nutricem fuisse confirmât. Macrob. Saturn. 1, 10. 

2JÎ9. Temple de la Jeunesse. Ce temple, voué l'an S45, par le consul M. Li- 
vius Salinator, et dédié seize ans après, l'an 36 1 , était dans la région du Cirque 
Maxime, sur le bord de la voie Triomphale. Il fut brûlé l'an 738 et rebâti par 
Auguste. 

I. Juvenlalis œdem in Circo Maximo C. Licinius Lucullus duumvir dedicavit [an. 561]. 
Voveral sexdccim annis anle M. Livius consul, quo die Asdrubalem exercilumque ejus 
cecidil. Idem censor eam facicndaro locavit. Tn.-Liv. XXXVI, 56. 



• Ara vero, supra quam Hercules décimas cbiulit, a Romanis Maxima vocatur, estque 
prope forum quod Boarium appellalur, qu.im regionis illius incolae, si quam aliam, veneran- 
tur. Qui enim aliquid bnni ac validi iransigere voiuul, ad hanc Aram et jusjuraaduin et 
pacta faciunt : hic eliam suarum facultatum décimas ex voto &xpe offerunt. 



REGION XI. — CIRQUE MAXIME. 171 

II. E'^e^ôvôvTOiv (J" ouv aÙTWv, zb t/jj NsiT/jTOî /j.éyxfyOv imb t^^v litioXiia-j vù/ra /a- 
rexaùd-zi. Dion. LIV, 19 *. 

III. iEDEM IVVENTATIS... FECI. LAP. ANCYR. col. 4, 6. 

260. Temple de Summanus. Auprès du temple de la Jeunesse [n" 2o9]. Sa 
façade était sur le bord de la voie Triomphale, et regardait le mont Capitolin. 
Ce temple fut bâti vers l'an 472 ; on ignore le nom de son fondateur. 

I. Supplicia annua canes pcndunt inter œdem Juvenlalis et Summani, vivi in furca 
sambucea arbore fixi. I'lin. XXIX, 4. 

II. Reddita, quisquis est, Summano templa feruniur, 

Tum, cuni Romanis, Pyrrlie, timendus eras. 

Ov. Fasl. VI, V. 731, 732. 
— La guerre de Pyrrhus eut lieu vers l'an 472 de Rome. 

III. SvMMAN. AD. ciRC. MAXIM. GRUTER. p. 135. — ORELLI, Inscript, lai. n" 1466, et 
l. II, p. 392. 

IV. Jovem enim Irina [fulmina] jaculari Tuscorum litteree [exislimanl]. Romani duo 
tantum ex iisservavere : diurna adlribuenles .lovi, noclurna Summano. Plin. II, 52. 

V. Provorsum fulgur appellalur, quod ignoralur, noclu an interdiu sit faclum. Itaquc 
Jovi fulguri [ou fuiguralori] et Summano fit, quod diurua Jovis, noclurna Summani 
fulgura habentur. Fest. v. Provorsum. 

VI. Romani veteres nescio quem Summanum, cui nocturna fulmina tribuebani, 
coluerunt magis quam Jovcm, ad quem diurna fulmina perlinebant : sed postquam 
Jovi lemplum insigne ac sublime conslructum est, propter aedis dignitatem, si ad eum 
multiludo confluxit, ut vix inveniatur qui Summani nomen, quod audire jam non po- 
test, sed sallem legissc meminerit. S. Alg. de Civil. Dei, IV, 23. 

VII. L'anecdote du supplice des chiens, crucifiés annuellement entre le temple de 
la Jeunesse et celui de Summanus, en commémoration du défaut de vigilance de ces 
animaux lors que les Gaulois escaladèrent la roche Tarpeïenne, nous a engagé, à 
défaut d'autre renseignement, à placer les temples de la Jeunesse et de Summanus en 
vue du Capitole. 

261. Forum olitoridm. — Au centre: Colonne Lactaire. En dehors de la 
porte Carmentale, au pied du mont Capitolin et près du théâtre de Marcellus 
[n" 1 44] on trouvait le Forum Olitorium, marché aux légumes. Au ceutre s'é- 
levait une Colonne appelée Lactaire , parce qu'on y exposait les enfants 
nouveau-nés, abandonnés par leurs parents. 

I. Sur la position du Forum Olitorium près de la porte Carmentale, voy. n" 99, g XI ; 
n" 149, § IV. — Quelques ruines trouvées en cet endroit nous ont déterpiiné à placer 
là ce marché. 

II. Forum Olitorium; hoc eral antiquum Macellum, ubi olerum copia. Varr. L. L. 
V, §146. 

III. Forum Olitorium. 
Columna Lactaria. 
JEdes Pielatis. 
^des Malutae. 

Velabrum majus in Foro Olitorio. 

Sext. Ruf. de Reg. urb. Romœ, XI. 

IV. Forum Olitorium. In eo est Columna Lactaria, ad quam infantes lacté alendos 

deferunt. 
^dis Pietatis in Foro Olitorio. 
i£dis Junonis Matulae. 
Velabrum majus. P. Vict. Ibid. 

262. Porte Triomphale. Au-dessus de la porte Carmentale ou Scélérate, 
sur la voie Triomphale. 



* [Auyusto et Tiberio] Roma profectis, aedes Juvenlutis inscquenti noctc conHagravil 
[an. 738J. 



17-2 DESCRIPTION DE UOME. 

I. Joséphe racontant le triomphe do Vespasien et de Titus, après avoir dit qu'ils 

pass(Venl la nuit au temple d'Isis [n" 172], et s'arrêtèrent au Portique d'Octavie [n» 150] 
ajoute que Vespasien s'avança à la porte Triomphale: H,«.i5 o: Tti>'/.r,\> aJris K'Jixoipet, 
TÔv KTTo roû T!îy.~.s^Oy.i oi xjTri; y.i-:i roJi Optx/j.G'jUi, r/j; TCf^O'jrr/opioii «;r' «>twv tsti-- 

XiJta-J. IvTaliOxT/'yO'fYii Tf TipoOLn-i'/ii/'y^rXl, Y.'A TV,,- OfAC/.lJ.Zl/.Ùi ilOriTUi à.il-fiy.OÙ.lJ.VJ0l 

roli Tc Tjxpwfyu/Jîyo'.i rr, Tii/'ir, iSùsavTîj deali, Ënsy.n'iv tov Opiv.y.S'iv, 6r>. T'iiv Oiàr/swv 
o^s?£).aJvovTtj, &7Tu; ctV, T^l,- Tt'tr,0z<3i-i ri Oc'a yiawv. Juseph. de Bell. Jud. VII. 5 î§4'. 

II. Ouasi vero. ... ad rem pcriineal, qua lu porta inlroieris, modo ne Triumplialis, 
quac porta Macedoniris scmper proconsulibus anle te paluit. Cic. in J'ito, 25. 

III. Ut inter alia complura censuerinl quidam, funus [Augusti] Triumpbali porta du- 
cendum. Slet. Aug. 100. 

IV. Ti^ipio; /Âsv T«î/Ta âveyvoj. fiery. âï toÛTO Tr,y tî xX('v»;v oi ujro'i oîû-p /.'A TTpÔTî- 

/5SV ÙpVM-SVOl, êlCf. T6)V STTJVWtWV TTil/ÔIV, /.XT« TK T») /Ôst/Vj) d'i|aVT«, Su/.O jJLliy.-^ . DiON. 

LVl, 42*. 

V. Tum ronsull;ilum de lionoiihus; ex quis maxime insignes visi : ut porta Triumph.ili 
ducerctur funus [Augusti]. Tac. Ann. I, 8. 

VI. Plusieurs antiquaires ont voulu plaeer la Porte Triomphale au nord du mont 
Capiloiin, sur la voie appelée aujourd'iiui rico Marner lino ; mais cette opinion se ré- 
fute par l'itinéraire des triomphes: les pompes triomphales traversaient le Vélabre, le 
Cirque Maxime, passaient derrière le mont Palatin, et arrivaient à l'extrémité orientale 
de la voie Sacrée, pour monter au ('.apitoie par le (;li^us Capitolin. Si la porte Triom- 
phale, au lieu d'être au midi du mont Capitolin, où nous Tavons placée, eût été au 
nord, elle se serait trouvée à une centaine de pas du Clivus Capitolin, et il eût été 
presque ridicule de venir passer devant ce Clivus, de faire ensuite un immense détour, 
en tournant le dos au Capilole et remontant la Voie Sacrée, pour gagner le Circpn' 
Maxime, le Forum Boarium, le Forum Homanuin, et revenir à peu prés au point d'où 
l'on était parti. 

l'n autre motif qui n'est pas sans valeur relativement à la position que nous assignons 
à la porte Triomphale, c'est que pour les audiences accordées aux généraux qui de- 
mandaient le triomphe, le sénat s'assemblait toujours dans un des temples situés entre 
le Cirque Flamiiiius et le Tibre, c'est-à-dire dans le voisinage de notre porte Triom- 
phale, tels que le temple deP.elione [n" 1-48], le temple antique d'Apollon [n» 149], le 
Portique d'Octavie [n» 150]. Yoy. p. 117, § VIII. 

265. Temples de Junon Matlte, — de la Pit;TÉ, — de l'Espérance. — Devant : 
Statle équestre dorée d'Acilius Glabrion. Les trois Temples s'élevaient entre 
les nmis de la ville et le tliéâlie de Marcellns. Leur laçade regardait 4a voie 
Triomphale. Tous trois étaient bâtis presque sur la inêiue ligne, et séparés seti- 
leiuent chacun par une étroite ruelle. Le premier du côté de la ville était le 
temple de Junon-Matule, dédié l'an o'J8 par le censeur C. Cornélius; le se- 
cond, celui de la Piété, dédié l'an oTl par Acilius Glabrion, duumvir; et le 
troisième, le temple de l'Espérance, construit par Calatinus, qui fut consul 
l'an i9o. Ce dernier fut restauré en 540, puis en 770 parGermanicus. Deux de 
ces temples sont d'ordre doricpie, et le troisième est d'ordre ionique. Devant 
le temple delà Piété était la Slutue dorée d'Acilius Glabrion. 

I. /Edes eo anno [558] aliquot dedicatae sunt : una Junonis Matutee in Foro Olitorio, 
vota, locataque quadrienno ante a C. Cornelio consule Gallico belle ; censor idem dedi- 
cavit. TiT.-Liv. XXXIV, 53. — On a voulu substituer Junon-Sospita à Junon-Matule, 
parce qu'on lit dans Tite-Live (XXXII, 30) que C. Cornélius avait voué un temple à Ju- 
non-Sospita. Comme Tite-Live parle dans son XXXIV» livre de la dédicace d'un temple 
de Junon-Matute, que les régionnaires P. Victor et Sext. Rufus nomment également 
dans cette région un temple de .lunon-Malute, il nous semble naturel de croire qu'il y 
a faute dans le texte du XXXIl^ livre de Tite-Live plutôt que dans le XXXIV»^. 

II. Sur les temples de Junun-Matute et de la Piété, voy. ci-dessus n° 261, § III, IV. 

' Ipse vcro aJ Portani regrediebalur, qua; ex eo, quod pcr illam semper triiimplioruni 
pompa du<-ilur, nomon aicepit. ll)i et cibiirn pr.P(;iista!iant, cl triuniphaliluis veslis aniicti, 
dii.'^que ad poriaiii collocalis csrsa lioslia, pcr theaira transeuntes Iriumplium açebant, ut mul- 
tiludini facilior csset aspoclns. = - ll.-rc c|iiuiii rcrilassct de scriplo Til-crius, fiTctrum [Au- 
gusti] iidcm qui aiuc suldaluni Triunipliali porta ex scnatustonsulto exlulerunt [au. 767J. 



RÉGION XI. — CIRQUE MAXIME. 475 

m. JEàes duo co anno [571] dedicala' sunt, una Vencris Erycinœ ad porlam Colli- 
nam, .... allera iii Foro Olitorio, Pielalis ; eam œdcm dedicavil Manius AciliusCla- 
brio duumvir: Statuamque auralam, quœ prima omnium in Italia s(alua aurata est, 
palri Glabrioni posuit. Tit.-Liv. XL, 34. 

IV. Statuam auratam nec in Uibe, nec in ulla parle Ilaliœ quisquam prius aspcxit, 
quamaM. Acilio Glabrione equeslris palri ponerelur in a-de l'ielatis : eam autcm a;deni 
1'. Cornelio Lentuio el M. Baebio Tamphilo ross. ipse dedioavit, quia paler compos 
voti faclus, rege Antiocho apud Thermopylas superalo. V. W.vx. II, 5. 1. 

V. Easque [statuas] auro curant ambrartcari, quod Ariiio Glabrioni delatum esl 
primo, cum oonsiliis armisque regem superasset Anliochum. Am. Maucell. XIV, 6. 

VI. . . . Malris salus donata pietali est [filliE]. . . . At lorus iile eidem consecralus 
deœ; C. Quinclio, M'. Acilio coss. lemplo l'ielatis exslruclo in illius carceris, ubi nunc 
Marcelli Iheatrum est. I'lin. VII, 36. 

VII. Pietali xdem consecratam ab Acilio aiunl eodem loco, quo quondam mulier ha- 
bilaverit, quse patrem suum inclusum carcere, mammis suis clam aluerit. Fest. v. Pie- 
lad. 

VIII. In templis Fortunée ac Malris Malutae, et Spei extra portam [Carmenlalem] 
laie vagalus ignis sacra profanaque multa absumpsil. Tit.-Liv. XXIV. 47. [an. 539.] 

IX. Triumviri [creati sunl] .... reficiendis aedibus Forlunœ et Matris Malulœ intra 
portam Carmenlalem, sed et Spei extra porlam, quœ priore anno incendio consuniplœ 
fuerant. Tit-Liv. XXV, 7. [an. 540J. 

X. Ououiamque exspeclalione rerum bonarum erigitur animus, recte eliam a Cala- 
tino Spes consecrata est. Cic. deLegib. II, 11.— M. Allilius Calatinus fut consul l'an 493, 

XI. Et aedem Spei, qus est in Foro Olitorio, fulmine ictam. Tit.-Liv. XXI, 62. — 
Yoy. ci-dessous no 265, § 1. 

XII. AvGvsT. SPEI AD FORVM HOLITORIVM. GRUTER, p. 134. — ORELLI, Inscripl. lai. 
t. II, p. 596. 

XIII. PlETATI AD CIRC. FLAMIN. ORELL. Ibid. p. 405. 

XIV. lisdem temporibus deum œdes velustate aul igni abolitas, cœplasque ab Au- 
guslo, dedicavil [Tiberius anno 770]. . . . Spei œdcs a Germanico sacratur: liane 
Allilius vovcral eodem bello [primo Punico] Tac. Ann. II, 49. 

XV. Iconographie. Si crede communemenle di riconoscere quesli Ire lempj, [di 
Giunone Malula, délia Pielà, délia Speranza] a S. Nicolô in carcere [Nolli, n» 1038; 
Lelarouilly, rion. XII, 5], dove infatti si vedono gli avanzi di Ire lempj, due di ordine 
dorico, e uno di ordine ionico, ne' quali non si vede usata altra materia che il peperino 
ed il travertino, indizio di molla anlichità. E siccome sembra che i Ire tempj indicali 
fossero tutti e Irc nel Foro Olitorio, e uno d'appresso ail' allro, quindi pare assai ve- 
rosimile che siano quelli a S. Nicolo. Le loro proporzioni archilettoniche sono slate 
pubblicale da Palladio e da altri, e recenlemenle dal cliiarissimo ab. Uggeri, seconde 
le ultime osservazioni. Risulta da queste che i tre lempj erano appena separati uno 
dair allro, e che si saliva a quelle di mezzo mediante una gradinata che dopo il seconde 
gradine era tagliata da un gran piedeslalle o basamento, sul quale forse sarà stata 
qualche statua. Nibby, in Nardini, Roma antica, l. III, p. 266. 

XVI. Due di quesli lempj erano d'ordine dorico ed uno ionico, composti di peperino 
e travertino. Le colonne doriche d'une dei due lempj sono scanalate, l'altre ne sene 
senza. Negli scavi falti alterne a quesli lempj ne' scersi anni per opéra del cav. Vala- 
dier, si conobbe il 1ère piantalo, e la loro dislribuziene, ed avanli al lempio délia Pielà, 
che era quel di mezzo, fu rinvenuta la base délia Statua di Glabrione. Melchiorri, 
Guida melodica di Roma, p. 688. 

XVII. Le temple de la Piélé près du théâtre de Marcellus, avait des colonnes doriques 
sans aucunes bases [Palladio. Archill. I, c. 15, tav. 103-104]. Notre plan esl restauré 
d'après celui de Palladio ; d'après des fouilles exécutées en 1808 ; d'après un croquis 
de Ballazar Peruzzi, peintre qui vivait au commencement du XVI^ siècle, lequel cro- 
quis est conservé à Florence au musée degli Uffizi, el dont M. Lefuel, archi- 
tecte pensionnaire de l'Académie de France, à Rome, a donné le fac-similé 
dans une restauration de ces trois temples, exposée au Palais des Beaux- 
Arts, à Paris, en septembre 1844 ; enfin d'après le fragment ci-contre du 
Plan de marlire, gravé dans Bellori, tav. V, sans devise ni indication, mais 
qui nous paraît appartenir au groupe des trois temples dent nous nous 
occupons. C'est aussi sur la foi de ce fragment que nous avons indiqué 
une perle postérieure au temple de la Piélé. 

XVIII. Carrefour Acilius. U devait être dans le voisinage des trois temples ci-dessus, 




474 DESCRIPTION DE ROME. 

cl pout-^'trc empnmlail son nom à la statue d'Acilius r.labrion placée devant ces 
temples. Ce carrefour était célèbre parce ()ue l'on y donna une taverne fboutique ou la- 
boratoire) au premier médecin qui vint à Home, l'an 535 : — Cassius Hemina ex anti- 
quissimis auclor est, primum e mediris venisse Itomani Pcluponneso Archagallium Ly- 
saniae lillum, L. ^ïmilio, M. Li\io coss. anno Urbis DXXXY, eique jus Quirilium datum, 
el tabernam in compilo Acilio cmplam ob id publiée. Pi.in. X.\1X, 1. 

204. Porte Flimf.ntane. Au bord du Tibre, sur la voie qui passe devant le 
théâtre de Marcclius [n" 1 44]. 

I. Aqua; ingénies eo anno [an. 559] fuerunt, et Tiberis loca plana Urbis inundavil. 
Circa porlam Flumenianam ctiam collapsa quœdam ruinissunt. Tit.-I-iv. XXXV, 9. 

II. Tiberis infosliore quam priore impelu illalus l ibi, duo pontes, œdificia mulla, 
maxime circa portam Flumentanam, evertil [an. 560]. Ibid. 21. 

III. La prima [porta] é la Flumentana : il suo nome indica baslantemenle la sua 
vicinan/.a al fiume, e l'esscre stata soggetta più voile aile inondazioni del Tevere più 
di ogni altra cosa lo prova, e rende inverisimile la opinione di ([uelli che la situarono 
aile laide del Cainpidoglio, sul vico Mamerlino oggi saliia di Marforio, ove il Tevere 
non poté mai pervenire, allrimenti avrebbe coperlo Roma sopra i tetti ; tanto più se si 
considéra quanto Homa fosse bassa ne' lempi anlichi. Nibbv, Le mura di Rrmta, c. IV, 
p. 129. 

26i> Temple d'Apollon-Médecin. Derrière le temple de l'Espérance [n''263], 
sur la rive gauche du Tibre. Il fut bâti l'an 573, par le censeur M. Fulvius 
Nol)ilior. 

I. M. Fulvius [Nobilior censor] plura el majoris locavil usus ; Portum el pilas pontis 
in Tiberim, el Porlicum ad fannm Hereulis, elpost Spei, ad Tiberim, aedcm Apollinis 
Wedici. Tn.-Liv. XL, 51 [an. 573]. 



RÉGION XII.— LA PISCINE PUBLIQUE. 



175 



<- 



REGION XII. — LA PISCINE PUBLIQUE. 



Cette région rune des plus grande de Rome, est en même temps 
Tune des plus vide de monuments de notre époque; aussi n'avons- 
nous presque rien à en dire. 

266. Area Radicaria. Marché aux racines, situé en- 
tre la porte Capène, à gauche de la voie Appia, et l'ex- 
trémité orientale du Cirque Maxime. 

I. Horti Asiniani. 
Area Radicaria. P. Vict. de Keg. urb. Romœ, XII. 

II. Piscina Publica conlinet Aream Radicariam. 7Vo<2<. imp., 
Reg. XII. — Empiarement conjecturé. 

III. Iconographie. P>ag,ment du Plan de marbre du Capi- 
tole. Il se trouve aussi dans Bellori [Iconog. vet. Homo', tav. 
XI] avec ceUe note : Aiif.a radicaria, reg. XH. Piscina Publica 
describitur, in qua,ul exponilPanciroUus, radiées vendebanlur. 

267. Jardins d'Asinics. En dehors de la ville, h gauche de la voie Appia. Ils 
appartenaient au célèbre Asinius Pollion. 

I. Horli Asiniani. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, XII. 

II. Anio vêtus... a Latina in Lavicanam ihler arcus trajicit : et ipse piscinam habet; 
inde intra II milliarium parlem dal in specum qui vocalur Oclavianus, et pervenit in 
regionem viae Novae ad llortos Asinianos, unde per illum traclum dislribuitur. Front. 
Aquœd. 21. — 11 y avait aussi au bas de l'Aventin une voie Neuve. 




- 268. Autel DE Laverne. Laverne, déesse des voleurs, avait un Autel dans 
la XII'' région, aux environs delà porte Lavernale, située au sortir delà petite 
vallée qui séparait les deux parties du mont Aventin. 

I. Lavernalis [porta] ab Ara Lavernœ, quod ibi Ara ejus. Varr. L. L. V, g 163. 

II. Sur la silualion de la Porte Lavernale. Dalla porta Raudusculana, fine alla 
gola che sépara i'Avenlino dal Tevere, in qualtro luoghi possono cadere le porte, perché 
in falli qualtro sono gli accessi evidentemente esistenli: il primo è quelle fra le due 
parti deir Aventinoincontro alla porta S. Paolo [Noili, rion. XII; Letarouilly, rion. XII], 
ed è in quella gola che dee situarsi la porte Lavernale, seconde Varione, che la 

nomina [toc. sup. cit.] dopo la porta Rauduscula Questa porta Lavernale, se 

si voglia avère riguardo alla localilà, dovè stare presse a poco nel quâdrivio clie mena 
alla Porta S. Paolo, alla Moletta, a S. Prisca, e a S. Saba [Nolli, n^^ 1159, 1066 ; Le- 
tarouilly. rion. X, 56, 44] ; imperchiocchè nelle vicinanze di quelle, l'Aventino pro- 
priamente detto, comincia a sorgere, et fa ivi un' angôlo, cosicchè questo è il silo più 
strelto fra le due parti dell' Avenlino. Nibbv, Le Mura di Romà, c. lY, p. 204. 



176 DESCRIPTION DE ROME. 

< 



REGION XIII. — MONT AVENTIN. 



Les bornes de la région du mont Aventin sont à TE. la XII* région, 
et au N. le Cirque Maxime. Vers les deux tiers de la longueur de ce 
dernier monument ses limites suivent une ligne qui passe derrière le 
Sacrarium et le Bois de Saturne [n" 242], et va joindre le bas du Clivus 
Publicius. De là elle monte sur FAvenlin, dont elle longe Tescarpemcnt 
jusqu'à la porte Trigemina, et en dehors de cette porte, suit la rive 
gaucbe du Tibre. 

269. Château de l'aqueduc de l'Appia. — Auprès: Colonne surmontée de la 
STATUE DE MiNUCius. Ces deux monuments étaient tout près et liors de la porte 
Trigemina. Le Château (d'eau) fut établi en même temps que l'Aqueduc, 
l'an 442, et la Colonne, érigée l'an 316, aux Irais du peuple. La statue était 
en airain. 

I. Uuclus ejus [Appiee] habet longiludinem a capite usque ad Salinas, qui locus est 
ad porlam Trigeniinam, passum, etc. Front. Aquœd. 5. 

II. Nec Virgo, nec Appia, nec Alsietina conceptacula, id est piscinas, habent... Ri- 
vus Appiae sub Cœlio monte et Aventino aclus emergit, ut diximus, infra Clivum Publicii. 
Fkont. Id. 22. 

III. Colonne de Minucius. L. Minucius bove auralo extra porlam Trigeminam est 
donatus, ne plèbe quidem invita, quia frumenlum Maelianum assibus in modios œstima- 
tum plebi divisit. Tii.-Liv. IV, 16. 

IV. L. Minucius Augurinus, qui Sp. Msclium coarguerat, farris pretium in trinis nun- 
dinis ad assem redcgit undecimus plebei tribunus : qua de causa Statua ei extra portam 
Trigeminam, a populo slipe collata statula est. Plin. XYIII, 3. 

V. Antiquior columnarum [celebratio], sicul... P. Minucio prœfeclo Annons, extra 
portam Trigeminam, unciaria slipe collata. Plin, XXXIV, 5. 

— De ces deux passages de Pline, on peut conclure que la Statue était sur une co- 
lonne, et que le tout était en airain. 

270. Temple de Portumsus. En dehors de la porte Trigemina, près du pont 
iEmilius, jadis Sublicius, entre la voie Ostiensis et le Tibre. Il était très-ancien. 

I. ^dis Portumni ad pontem ^milii, olim Sublicii. P. Vict. de Reg. urb. Ro~ 
mœ, XI. 

II. /Edes Portumni ad pontem Sublicii. Se\t. Ruf. Ibid. 

m. Portunalia dicta a Porluno, quoi eo die aedes in portu Tiberino facla et feriae 
inslitutae. Varr. L. L. VI, § 19. 

IV. Iconographie. Nous avons placé devant ce temple une espèce de petit port, in- 
diqué par Varron, et tourné la façade de l'édifice vers le Tibre, suivant le précepte de 
Vitruve : Si secundum flumina aedes sacrée fient, ita uti ^Egypto circa Nilum, ad flumi- 
nis ripas videntur spectare debere. Vitruv. IV, 5. 

271. Portique aventin. Construit l'an 559, parles édiles iEmilius et Lépidus 
Paulus, il se trouvait au sortir de la porte Trigemina, entre la voie Ostiensis 
et le mont Aventin auquel il était adossé. 

1. iEdililas insignis eo anno fuit M. .^ilmilii Lepidi et ^■Emilii Pauli. Multos pecuarios 
damnarunt: exeapecunia clypeu inauratainfasiiglo Jovis aedisposuerunt. Porticum unam 
exira porlam Trigeminam, Emporio ad Tiberim adiecto [an. 559]. Tit.-Liv. XXXV, 10. 



RÉGION XFII. — MONT AVENTIN. 



17' 



II. Loraverunl [ccnsorcs],... ol forum et poitirum oxlra porlam Trigcminani, et 
aliam post Navalia. Tit.-Liv. XL, 51 [an. 575]. 

III. Exlra portam Trigeniinam Enipoiiuiii lapide slravcrunt, slipilibusque sepspriinl; 
cl Porticum ^Emiliam rcfirienilam rurarunt : gradibusque adscensum ab Tiberi in Km- 
porium fcreiunl, et extra camdem porlam in Avenlinum Porlicum silice slraverunt 
[an. 578]. TiT. Liv. \LI, 27. 

272. Voie Ostiensis. Elle partait de la porte Trigeniina et suivait le cours 
du Tibre, au sortir de la ville. 

I. La via Ostiense, cosi chiamata perché conduceva ad Ostia, meno il suc principio, 
nel rimanenle conserva perfellamente la sua direzione. Essausciva per la porta Trige- 
mina del recinto di Servio, la quale slava nella gola fra l'Aventino ed il Tevere, e di là 
seguendo il rorso del fiume passava avanti la basilica di S. Paolo ; e di questa direzione 
primiliva dclla via Ostiense ne rimangono indizj sicuri sulla ripa del Tevere, special- 
menle presso S. Paolo slesso, dove fra gli altri indizj si osserva una linea conlinuala di 
ruderi di sepolcri. Nibby, Délie vie degli antichi, § III, p. 150. 

273. Greniers de Sulpicius Galba. Sur le bord du Tibre, au pied méridional 
de l'Avcntin. Ils étaient consacrés aux approvisionnements d'huile et de vin 
pour Rome. On ne sait par quel Galba ils furent construits, mais il est certain 
(ju'ils existaient du temps d'Auguste. 

I. Horrea Galbœ. Notit. imperii, Reg. XIII. 

II. Horreorum Galbianorum fortunse. P. VicT. de Reg. urh. Romœ, XIII. 
IH. Nardi parvus onyx elicicl cadum, 

Qui nunc Sulpiciis accubal Horreis. 

HoR. IV, Od. 12, v. 17, 18. 
— Hodie aulem Galbœ Horrea vino el oleo, similibusque aliis referta sunt. Porphvr. 
in Hor. loc. sup. cit. 

IV. Avanzi di questi magazzini o granai si vedono ancora a' piedi dell' Aventino e 
nelle vigne clie sono sopra la sponda del Tevere. Fra questi dee contarsi il preleso arco 
"" di Orçizio Coclite, detto di S. Lazzaro ; il quale 

corne dalla sua costruzione apparisce, e corne si 
osserva dalle rovine vicine, non è che un arco de' 
granai. Nibby, dans Nardini, iîoma anhca, lib. VII, 
. 9, t. 111, p. 318, noie 1. 

V. Iconographie. Nous nous sommes inspirés, 
)pour tracer ces greniers, du fragment ci-joint du 
'Plan de marbre, qui offre le plan de Greniers por- 
tant le nom de Lollius. Ce fragment se trouve aussi 
dans Bellori, Iconogr. vet. Romœ, lab. I. 

274. Portique Emilien. Sur le bord du Tibre, tout-à-fait à l'extrémité de la 
région. Les édiles iEmilius et Lepidus Paulus le construisirent l'an oS9. Il se 
composait de six rangs de galeries parallèles. La façade, toute en arcades, re- 
gardait le Tibre, La pente du terrain se reproduisait à l'intérieur du Portique, 
où le sol se trouvait divisé en trois plans, séparés chacun par quelques degrés. 

I. Sur l'édification du Portique Emilien, voy. ci-dessus n» 271, § I, el sur sa position 
devant Navalia, Ibid. g II, 111. 

II. Iconographie. Pirancsi a relevé le plan et dessiné les ruines de ce portique, qu'il 
place aussi devant jYai'a/ia. Voy. Anlich. rom. t. IV, tav. 48. 

27I>. Emporium et Navalia. V Emporhim était une espèce de débarcadère 
sur le bord du Tibre, une place dallée devant le portique Emilien; les Nava- 
lia, un port militaire en face de Y Emporium. 

I. Sur la construction de V Emporium, voy. ci-dessus, n» 271, § III. 

II. Senatus... decrevit. . . naves quœ in Tiberi paratœ instructœque stabant, ut, si 
rex posset resislere, in Macedoniam millerenlur, subduci, el in Navalibus coUocari. 
TiT.-Liv. XLV, 2. 

III. Iconographie. Nous avons tracé ce port, dont il ne reste plus rien, à la manière 

I. 42 




178 DESCRIPTION DE ROME. 

nnliquc, avec deux jetées perréi-s d'aroadcs n la liaiilcur des grosses eaux, de manière 
A ne pas gt'iier le eours du lleuve quand il roule ù pleins bords. Celle disposilioi» esl 
einpiunlée aux pouls antiques de Konie, où une petite arcade s'ouvre au-dessus des 
piles, à la naissance des cintres des grandes arches. Voy. plus bas, n»» 308, 309. 

IV. Les Navalia étaient hors de la porte Trigemina, prés des magasins du sel d'au- 
jourd'hui. Dans la vigne Césarini iXolli, n" 1070; Letarouilly, rion. Xll, 38] existent 
encore des ruines trés-considcrables construites en petits polygones de tuf, construc- 
tion que les anciens appelaient opu$ incerlum. Nibby, Ilinér. de Rome, t. II, p. 108. 

27G. PonTE MiNLCiA et Escalier a coudons. Cette porte s'ouvrait au faîlc 
et sur la lisière occidenlale du mont Aventin. La montagne étant fort escarpée 
de ce côté, on y arrivait par un escalier à cordons, l\ double rampe. 

I. En établissant ici la porte Minucia nous avons suivi une conjecture de Mbby, 
basée sur les textes cités au n" 271 [Voy. Nibbv, Le iWura di Borna, c. IV, p. 207]. Il 
y a aujourd'hui sur cet emplacement, vis-à-vis de l'église du Prieuré de Malle [Nolli, 
n« 1075; Letarouilly, rion. XII, 52], une montée qui pourrait bien élre un débris de 
l'ancien escalier. 

277. Temple de Diane. Situé sur la partie la plus élevée du itiont Avenliii, 
dans un quartier appelé Lanrelnm, vers le Tibre, il fut bàli par les Romains 
et les Latins, d'après l'instigation du roi Servius, pour être le centre de l'u- 
nion des deux peuples; de là, on l'appelait quelquefois le temple commun de 
Diane. Servius décida qu'on y tiendrait le compte des naissances, au moyen 
d'une pièce de monnaie que chaque citoyen déposerait dans le trésor du temple, 
quand il lui naîtrait un enfant. L. Cornilicius restaura ce monument, du temps 
d'Auguste. 

I. Perpulit tandem [Servius], ut Romae fanum Dianœ populi Lalini cum populo Ro- 
mano facerenl. Tn.-Liv. I, 45. — Quelques lignes plus bas, Tile-Live désigne la posi- 
tion de ce leraple, en disant : Infima valle pra'lluit Tiberis. 

II. Ka-SJ/.sùaciv Èf wv ÛTiu-cxi (7uv;^v£yx«v ai ûi/ei; y_f.Y,//.c/.~u-j,7hy TÔj J^pr-fJ.içoi vxàv, 
Tîv sTïî Toû /j.s-/iaTOU Tôiv èv 7yj P&i/uvj /oçsoiv i'jpi/y.î-jov, AjevtÎvou. D. Halic. IV, 26 '. 

III. IIûSjtov j^àv T^ 7ro/££ //.«"ï/iav oj [j.i/./:.ccj —pocéOr,xs-/, èvrir/hoci ràv /;-/é//ev5v 
AvsvTÏvov é'jTt ok >op(9s U'prXoî inisuCiç, ixroi/Màsxâ. tzou czxoiu:i t/jv rcsp'/J-STpov, £,- 
rôr- /Jiîv u/v;, TravTîoaTT/j, iJ.é'S-zoi viv, 7î),£i(jT/j; os /m /.xû.iarriç oùfvri;, èf riî \7.jr,r,T0v 
l/nb Puficâuv mà-'i-ui rÔTtoç r't; à'( xJToh- vu-j ok ol/.iOiJ sort TÙ.rt^^rii xtuç- ï-jOu. cjv 7.5/- 
/îî; cfjloti xal 70 Tôi A.pTsy.iooi isfib./ Ï0f,jT:c/.L. D. Halic. III, 43 *. 

IV. Teraplum commune Dianœ. P.Vict. de Reg. urb. Romœ, XIII. 

V. Avenlinum aliquol de causis dicunl :... alii ab advenlu hominum, quod com- 
mune Lalinorum ibi Dianœ lemplum sil constitulura. Yarr. L. L. V, § 43. 

VI. Servorum dies léslus vulgo exislimalur idus Augusli, quod eo die Ser. Tullius, 
nalus scrvus aedem Uianœ dedicaveril in Avenlino, cujus lulelx sint servi, a quo cele- 
ritale fugitivos vocanl servos. Fest. v. Servorum. 

VII. DiAN.E IN AVENTINO, ET VOUTVMNO I.N LoRETO MAIGRE. GRUTER. p. 134 ; — 

OUELLl, Inscript, lat. l. il, p. 396, 397. Sur Lauretum v. no 291, § VI. 

VIII. In Avenlino ante Aram Diana? conslituit. V. Max. VII, 3. 1. — il s'agilsans doute 
ici de l'autel de sacrifice qui était toujoi>rs en avant de la porte des temples. 

IX. Sur la restauration du temple de Diane par Cornificius, voy. n" 88, § XV. 

X. Brocchi [Dello slalo fisico del suolo di Roma, pag. 211] indique le plateau où 
est bâtie l'église de S. Alexis [Nolli, n» 1076 ; Letarouilly, rion. XII, 51] comme le point 
le plus haut de l'Aventin. C'est là que nous avons placé notre temple de Diane. 



* Ex pecuniis quœ omnes civitatos contulerunl exslruxit [Serv. Tullius] teuiplum Dianse, 
quod fundatum est in Aveiuiiio, omnium Romanorum collium maxime. = - l'rimum qui- 
dem Urbem non mediociiter auxit [Marcius] : Aventinum, qui ita vocaUir, iisdem mœnilms 
complexus : est autem collis modice allus, stadioium ferme XVIH ambilu, qui tune varia ma- 
tcria refertus erat, sed pra'cipue lauri eleyaniis magna copia; unde a Komanis quxdani ejus 
loci pars Lauretum vocatur: sed jam lotus aîdificiis est refertus, uhi iuler ceteras res templuni 
ctiam Dianx exstructum est. 



RÉGION Xllf. —MONT AVENTIN. d70 

278. Atrium de la Liberté. Il y avait, aiiprôs du Foiiiiii de César, un Alriuiii 
(1(> la liberté i'orl ancien [voy. n" 134], où l'on alticliait les lois et les actes de 
libération des esclaves. Sous le principal d'Aui,aiste, où les allrancliissements 
devinrent très-fré(iuents, il est vraisemblable que l'ancien Atrium devint 
insuffisant. Dans la vue de remédier à cette insuftisance, Asinius Pollion, cédant 
aux invitations d'Auguste, qui engageait tous les riches citoyens à bâtir des 
monuments, érigea, sur le mont Avenliu, un nouvel Atrium dorla liberté qu'il 
décora des cliel's-d'œuvre de la sculpture grecque. 

I. Atrium Libcrtatis in Avenlino. P. Vict. de Reij. urb. Rotnœ, XIll. 

II. Sur l'édidealioa de l'Atrium de la Liberté par Asinius Pollion, voy. n" 88, g XV. 
Ce que nous avons dit sur les motifs de l'édification de cet Atrium par Pollion, est con- 
jectural. 

III. Occupai aprilis idus cognomine viclor 

Juppiter : hac illi sunl data lempla die. 
Hac quoque, ni fallor, populo dignissima nostro 
Atria Liberlas cœpil liabere sua. 

Ov. Fast. IV, v. 621-624. 

IV. Pollio Asinius, ut fuit acris vehemenliœ, sic quoque spectari monumenta sua 
voluit. In ils sunt centauri, etc. [détail de beaucoup d'autres statues]. PliiN. XXXVI, 5. 

279. Temple de la liberté. Ce temple avait été bâti par le père de Tib. 
Gracchus, et fut restauré ou reconstruit par Auguste. 

I. Digna res visa, ut simulacium celebrali ejus diei Gracchus, postquam Romam re- 
diil, pingi juberet in œde Libertatis, quam paler ejus in Aventino ex multatitia pecunia 
faciendam curavit dcdicavilque. Tir.-Liv. XXIV, 16 [an. 538]. 

il. /EdES LlBEllTATIS IN AVENTlNO . . . . FECl. LAPIS ANCYR. 

III. Templum Libertatis. P. Vici. de Reg, urb. Romœ, XIII. 

280. Bibliothèque de Pollion. Fondée par Asinius Pollion, et probablement 
avec le prix des dépouilles des Dalniates, qu'il avait vaincus, ce qui en place- 
rait la fondation vers l'an 71 5 de Rome, elle était près de l'Atrium de la 
Liberté. 

I. Sur le voisinage de l'Atrium de la Liberté et de la Ribliothéque de Pollion, voyez 
no 151, g IV. 

II. M. Varronis in Bibliotheca, quse prima in orbe ab Asinio Pollione ex manubiis 
publicata Romœ est, unius vivenlis posita imago est. Plin. VII, 30. — L'expression ex 
manubiis nous fait conjecturer que celte bibliothèque fut érigée avec le produit des 
dépouilles des Dalmates, dont la défaite eut lieu l'an 714. Voy. Florus, IV, 12. 

III. Asinii Pollionis hoc Romœ inventum, qui primus Bibliolhecam dicando, ingénia 
hominum rem publicam fecit. Plin. XXXV, 2. 

281. Temple de Jdnon-Reine. A l'endroit où le Clivus Publicius débouchait 
sur l'Aventin. Camille le voua l'an 359, et le dédia l'an 393. Il fut réédifîé 
par Auguste. 

I. Templum Junonis Reginse, a Camillo dedicatum captis Veiis. P. Vict. de Reg. urb. 
Romœ, XIlI. — Voy. ci-dessous, Clivus Publicius, n" 283, § IV. 

II. In Avenlinum, œternam sedem suam porlatam [Junonem Reginam], ubi 

templum ei postea idem qui voverat Camillus dedicavit. Tit.-Liv. V, 22. [an. 393]. 

III. Tum Junoni Reginœ lemplum in Aventino locavit [Camillus, an. 559]. Tn-Liv. 
V, 23. 

IV. Juno Regina, transvecta a Veiis, .... in Aventino. . . dedicata est. Tit.-Liv. 
V, 52. 

V. iEcES MiNERVyE, ET IvNONIS REGINiE, ET lOVIS LiBERATORIS IN AVENTINO. . . . FECI. 

LAP. ANCYR. col. 4 et 6. 

282. Temple de la Lune. — Entre ce temple et celui de Junon-Reine : Sta- 
tues EN AIRAIN de Junon ET DE DiANE. Lc icmplc de la Lune, situé en parallèle 



180 DESCRIPTION DE ROME. 

(le celui de Junon-Relne fn" 281], avait été luiulé par le roi Servins. — La Slaliie 
(la Ju)ion lui érigée l'an 534 par les dames romaines; celle de Diane datait des 
premiers temps d(; Rome. 

I. Teinpluin Luiia; in Aveiilino. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, XIII. 

II. Luna rcgil menscs ; liujus quoquc Icmpore mensis 

Finit Avenlino Luna colenda ju^ro. 

Ov. Fasl. 111, V. 883, 884 
m. Alrox rum vcnto tempostas roorta : .... forom ex <T(le Lun.-B qui in Aventino 
est, raplam tulil, et in posliris pariolibus Cercris tempii affixil: signa ulia in Ciico 
IMaximo, rum columnis, quibus superslabant, evertil. Tit.-Liv. XL, 2. — Gel événe- 
ment justifie la position que nous avons ehoisie prés de l'escarpement de la montagne. 
Le vent put faeilement transporter les portes du temple de la Lune sur la muraille pos- 
térieure du temple de Gérés située au bas de l'Aventin, n° 251. 

IV. Sur l'édification du temple de la Lune par Servius, voy. n» 207, g VIII. 

V. Statue en airain de Junon. Ob cœtera prodigia, libros adiré . . . decemviri 

jussi Urbs lustrata est, ... et Signum œneum matrona; Junoni in Aventino 

de dicaverunt. [an 554) Tit.-Liv. XXII, .63. 

VI. Statue de Diane. UpÔTîpo-J /j£v oOv sùzIi-/ovj ôiupspô-nuç, TtspÎTszx oùlx, /.u'i 
TlzfA T/;v TT/jàâ Pw//«['5ii fit.i'x.-J, Tti TTO/^à Kv Ttî /àêoi ariixîlv.- xat or, xat lôavov tvjî kpti- 

C<V£0£!7êV. StrÂb. IV, p. 180». 

283. Clivus Puclicius ou Publicus. Il commençait à l'angle septentrional du 
mont Aventin, sur lequel il conduisait. 

I. Publicius clivus appellatur quem duo fratres L. M. Publici Malleoli œdiles cur., 
pecuariis condemnatis ex pecunia, quam cœperant, nunierunt, ut in Aventinum vehiculis 
vcnire possint. Fest. v. Publicius. 

II. Glivus Publicus. V. \ict. de Reg. urb. Romœ, \Ul. 

III. Quum ex Arce Gapitolioque, Glivo Publicio in equis decurrentes quidam vidis- 
sent, captum Aventinum conclamavcrunt. Tit.-Liv. XXVI, 10. 

IV. In Forum venere, . . . inde, vico Tusco, Velabroque per Boarium Forum, in 
Clivum Publicium, atque œdem Junonis Reginœ porrectum. Tit.-Liv. XXVII, 57. 

284. Autel d'Évandre. Sur la montagne, au-dessus de la porte Trigemina. 
1. Sur la position de cet autel, voy. n» 97, § III. 

28^. Remuria ou Tombeau de Rémus. Endroit où Rémus prit les auspices, 
au sommet de l'Aventin, et où il fut inhumé. 

I. Remuria. 

Atrium Libertatis in Aventino. P. Vicx. de Reg. urb. Romœ, XIII. 

II. Voeitatam aiunt Remuriam, locum in summo Aventino, ubi, de Urbe condenda 
fuerat auspicatus [Remus]. Fest. v. Remurinus. 

m. PÛ//55 Oc yojpio-j Ti roli A'oîvTtvoy ■/.OLpTspov, G 01 èy.sV.'Ov p.'vJ ù-jo/j.â^Ori Psy.ûviov, 
vL/v OS Pty/àpiov xx>^£Ïzxr (j\j;Os/j.v,>uv àï t-/;v é'piv opvisi-j xhLoii jSpaè-iiaxt. Plut. 
Romul. 9.2 

IV. A'TToSavovTOî o' £v Tr, p-ày-r, -zol) Vùp.ou, -n/.r, olxTi<jTr,-j b Pw//.6>os «Tlô roXi c/.<5'£>ipoû 
■/.ul TColiTU/ji ùX).r}.oxTO'jia.î àv£Xti//£vo5, tôv y.£v Pûp.ov èv t7i Pufiopix dxTnîf cTTStJ"/) xul 
^Civ -ï-Tii -Arbioti TO^ Xupiou rispiiiysro. D. Halic. I, 87 3. 



* Jadis les Marseillais étaient florissants, et ils jouissaient de plus de l'avantage d'être unis 
avec les Romains par les liens d'une amitié particulière. Parmi plusieurs preuves de cette 
amilié, on peut citer la Statue de Diane que ces derniers ont consacrée sur le mont Avenlin, 
semblable pour la forme à celle des Marseillais. Pagp iz de la traduction. = - Aventini Ue- 
mus munitiorem dcsignavit parlem, quod ab to est Remonium diclum, nunc Hignariuni vo- 
ciiatur. Itaque litem augurio commiitunl. = ^ Csso auti in Remo in ea puj^na, Romulus 
quuni victoriam niiserrima de fralre et civiuin mutua ca;de relulissel, Remuin in Remuria 
liumavit. Si'juidem, quum viveliat, euin locuiii Urhi condenda' deslinarat. 



UÉGION XIII. —MONT AVENTIN. 181 

V. Itemoria vocatur is locus ubi Ucmus cum suis auspicalus csl; qui priscum nomcii 
hodie relinct : vocantque Romani Remoriamviam, quœ a Circo Maxiino per dorsum 
Avenlini recta ducit ad munilionem Paul! III. DoissaiU). Tnpof/rnphia Romœ, prinius 
dies, p. 29. — Il s'agit ici des liaslioni di Paolo 111 [Nolli, n" 1074J, situés à roccidcnt 
do l'Avenlin, pri^ de notre porte Navale. La voie indiquée sur notre plan, et partant 
du Cirque Maxime, a la même direction que la voie moderne. 

28G. Autel de Jupiter Elicius. Il avait été érigé par Numa, et se trouvait 
sur le plus liaut de la montagne. 

I. Jovi Elicio Aram in Aventino dicavit [Numa] Tir.-Liv. I, 20. 

II. Sic Elicii Jovis Ara in Aventino ab eliciendo. Vakr. L. L. VI, g 95. 

287. Temple de la Bonne déesse. — Devant : Statue de la Vestale Claudl4. 
Dans les environs de l'Atrium de la Liberté. Ce temple dédié par la Vestale 
Claudia, vers le commencement du 6<= siècle de Rome, fut réédilié par Livie. 

I. Templum Libertatis. 
Templum Bona; Dose in Aventino. 
Remuria. P. Vicx. de Reg. urb. Romœ, XIII. 

II. ... Diva canenda Bona est. 

Est moles nativa : loco res nomina fecit. 

Appellanlsaxum ; pars bona montis ca est. 
Huic Bemus institerat frustra, quo lempore fralri 

Prima Palatinœ signa dedistis aves. 
Templa Patres illic, oculos exosa viriles, 

Leniler adclivi constiluere jugo. 
Dedicat liaec veteris Clausorum nominis hseres, 

Virgineo nuUum corpore passa virum. 
Livia restituil; ne non imitata maritum 

Essel, et ex omni parte secula virum. 

Ov. Fasl. V, v. 148-158. 

III. Slalue de Claudia. Q. Claudia? Statua investibulo tcmpli Matris deumposita, bisea 
aede incendio consumpta, prius P. Nas'ica Scipione et L. Bestia [an 642] ; item M. Ser- 
vilio et L. Lamia coss. [an 756], in sua basi llammis inlacta sletit. V. Max. I, 8. 11. 

'288. Armilustrium. Place proche du temple de Diane [n" 277]. Tous les 
ans on y faisait la procession des anciiies. Au centre il y avait un Autel. 

I. Armilustrium. 

Templum I.unœ in Aventino. P. Vict. de Reg. urb. Roma>, XIII. 

il. Armilustrium ab eo quod in Armilustrio armati sacra faciunt, nisi locus potius 
diclus ab bis; sed quod de bis prius, id ab luendo aut luslro, id est quod circumibant 
ludentes ancilibus armati. Varr. L. L. VI, g 22. — ?"aunus, antiquaire du XVIe siècle, 
rapporte que de son temps on trouva dans une vigne, prés de l'église de S. Alexis, un 
fragment d'inscription antique portant: sacrv.m.mag.vici armilvstri. D'après cet indice, 
Nardini conjecture que \' Àrmilusirmm était auprès de S. Alexis, [Nolli, n» 1076; Le- 
larouilly, rion. XII, 31] c'est-à-dire de notre temple de Diane. 

289. Temple et Portique de Minerve. Auprès de l'Armilustrium [n" 288]. 
Le Portique fut bâti sous le grand pontificat de Q. Cécilius Métellus, c'est-à- 
dire, vers l'an 510. Le temple était au centre d'une place carrée, entourée par 
ce Portique, et fut construit vers l'an 674. Auguste le restaura. 

I. Minerva in Aventino. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, XIII. 

II. Quinquatrus appcllari quidam putant a numéro dierum, qui feriis cclebrantur.... 
MinervcB aulem dicalum eum diem exislimant, quod eo die œdis ejus in Aventino con- 
secralaest. Fest. v. Quinquatrus. 

m. Scribas proprio nomine aiuiqui, et librarios, et poêlas vocabant. . . Itaque cum 
Livius Andionicus belio Punico secundo scribsisset cacmcn quod a virginibus est can- 
tatuni, quia prospcrius respublica populi Romani geri cd'pta est, publiée adtributa est 
ci in Aventino «■dis Minervte in qua liceret scribis hislrionibusquc consistere, ac dona 
poiicrc in honoreni Livii, quia is et scribebal fabulas et u^'obat. Fest. v. Scribus. 



182 DESCRIPTION DK ROME. 

IV. Sol al)il a f;oniinis, el Cancri signa rubescunl: 

Cu'pil Aveiilina Pallas in arce roli. 

Ov. Fa$l. I, V. 727, 7î28. 

V. C'csl d'aprt^s une inscription dont l'aullientirilé esl douteuse, que nous attribuons 
à L. Cccilius Ulétellus l'édification du Portique. Voy. Orelli, Inscript, lat. n" 44 ; et 

(JltlTKR. p. 5i>. 

VI. Sur la restauration du temple par Auguste, voy. ci-dessus, n" 281, § V. 

Vil. Minerve in Aventino. GRUTEH. p. 135 ; — OmLLl, Intcripl. lat. t. II, p. 392 

290. Porte navale. A rextrémilé méridonale de rAventin. 
1. Navalis porta, item navalis regio, videtur utraque ab Navalium vicinia ila appcllala 
fuisse. Fest. v. Navalis. 

201. Tombeaux d'Aventincs et de Tatius. Le premier était près de la porte 
Navale; le second, dans le même quartier, près de rArmilustrium [n" 288]. 

I. Tombeau d'Avenlinits. Avenlinum aliquot de causis dicunt.... alii ab rege Aven- 
tino Albano, quod ibi sitsepultus. Varr. l. L. V, §43. 

II. Aventino, fulmine ipso ictus [Homulus Silvius] regnum per manus Iradldit; is se- 
pullus in eo colle qui nunc est pars Romae urbis, cognomcn colli fecit. Tit.-Liv. I, 3. 

III. Fralre suo sceptrum moderatior Acrota forti 
Tradil Aventino : qui quo regnaral, eodem 
Montejacet posilus ; tribuitque vocabula monti. 

Ov. Melam. XIV, v. 619-621. 

IV. Posl illum regnavit Aventinus Silvius: isque finitimis bellum infcrenlibus in di- 
micando circumventus, ab hostibus prostratus est, ac sepultus circa radiées montis, cui 
ex se nomen dédit. A. Vict. Orig. gent. Roman, p. 18 ; édit. Schott, in-S», Lugduni 
Balav. 1670. 

V. Tombeau de Tatius. Sepulcrum divi Talii. P. VicT. deReg. urb. Romrr, XIII. 

VI. In eo [Aventino] Laurelum ab eo quod ibi sepultus est Tatius rex, qui ab Lau- 
rentibus interfeclus est, vel ab silva laurea, quod, ea ibi excisa, est œdificatus vicus. 
Varr. L. L. V, § 152. 

Vil. Tatium occisum aitLavinii ab amicis eorum legatorum, quosinterfecerant TatianI 
latrones, sed sepultum in Aventinensi Laureto. Fest. v. Tatium. 

Vlll. O o; ~o aï-J râ/zK ~o\j Tx-iou /.o/j.hctg bj-i'j.-jii idxfi-j, xaj y.drxi Tis/^l rb xa/sù- 
/j.vJCi-j KciJ.àoii^TfAO.' è./ A6s:nhco.VLn. Romul. 23'. 

292. Portique ou Marché Fabaria. Sur la pente de T Aventin, vers le Cirque 
Maxime. C'était le marché aux fèves, aux cicers, aux lupins et autres graines 
farineuses. 

I. Porticus Fabaria 
ScholaCassii. 

Templum Junonis Reginse. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, Xlll. 

II. Porticum Fabariam. 
Scholam C.assii. 

Forum Pislorium. Nolit. imperii, Reg. Xlll. 
m. Iconographie. Nous en avons fait un marché plutôt qu'un portique, parce que le 
petit peuple de Rome étant grand mangeur de pois chiches, de fèves, de cicers et autres 
légumes de ce genre, il devait y avoir un marché spécial pour leur vente. 

295. Forum Pistorium. Marché au pain, près du marché Fabaria. 
1. La Notice de l'empire nommant ce Forum presque à la suite du Portique Fabaria, 
nous l'avons placé dans les environs de ce dernier Portique. 
H. Forum Pistorium. P. Vict. de Reg. urb. Romœ, Xlll. 

III. Voy. ci-dessus, n» 292, § II. 



' llle [Romulus] corpus T.ilii majjiio honore l'oniaiii dcl.ilum tmmil.ivit in Aventino ad 
Arinikistrium. 



REGION XIV. — TKANSTlIiÉRINE. 185 

^ __ ^ 

RÉGION XIV.— TRANSTIBÉRINE. 

Située sur la rive droite du Tibre, cette région était la plus longue 
de toutes ; elle s'étendait depuis l'arrivée du Tibre au Champ-de- 
Mars, au N., jusqu'à sa sortie de la ville au S., vis-à-vis du Portique 
Cmilien [n» 274], à la suite du mont Aventin. L'Ile du Tibre était 
comprise dans sa circonscription. 

294. Jardins de Pompée. A rextréniilé sud de la région, presque au bord 
du Tibre, et sur la pente inférieure du Janicule. On voit, vers le haut des Jar- 
dins la petite maison dans laquelle Ponqiée se réfugia pendant que Clodius 
ameutait la plèbe de Rome contre Milon. Après la mort de Pompée César 
donna ces jardins à Antoine. 

I. OÛtw ci" ù.T.ootiyQùi urracT^j h ÏIo/j.T:Yiîoi, iosffi-/] to\j Kârcovs; i\Oii-j ~pbi ajrôv e?j 
TÔ TTpoKn-iio-j. Plut. Cato min. 48 i. 

II. Tum fasces ex leclo LibiUnse rapto atlulit [muUitudo] ad domum Scipionis et Hyp- 
sœi, deinde ad Horlos Cn. Pompeii, clamitans eum modo consulem, modo diclalorem. 
AscoN. m Milo. Argum. p. 183. 

III. Timebal autem Pompcius Milonem, seu Umere simulabnt. Plerumque non domi 
suae, sed in Horlis manebal, idque ipsum in supcrioribus, circa quos etiam magna ma- 
nus mililum cxcubabat. Ascon. Ibid, p. 187. 

IV. EùOùi SX Tvjç à//0f.6ti £5 TÔvXvTcovwv iyùpiv h âk -^j tj y.ri-oiî, oti^ b KuiG:ip kJt'7j 
vs'^'Jip-i]zo, Tioyrido-j yvjo'i.ivo'j:. Appian. de Bell. civ. III, p. 866 2. 

V. Signa, tabulas, quas populo una cum lioilis legavit [Csesar], cas hic parlim in 
Horlos Pompeii depoilavit [Antonius], partim in villam Scipionis. Cac. Philipp. II, 42. 

VI. Hune prolinus Antonius consul superbe excipil [Oclavium] ;... vixque admisso 
in Pompeianos Horlos, loquendi secum tempus dedil. Patebcul. H, 60. 

YII Sur le voisinage des jardins d'Antoine et de César, voy. ci-dessous, n" 297, ,§ VI. 

VIII, Nello slradone, clie conduce a S. Franccsco a P>ipa [Noili, n° 113i; Leta- 
rouilly, rion. XII, 47], nella mano dritla, vi fu trovato un grandissimo pavimento di 
musaico, clie conliene il silo di moite case con figure nègre in campo bianco, di pro- 
porzione quattordici palmi per ciascuna. S. Bartoli, Memorie, n» 59. 

Più allre alla casa che fa cantonata alla piaz/.a, \i furono trovali gran quanlita di tra- 
vcrlini, che anche traversano soUola strada. NcH' orto de' frali vi lu cavato per ordiiic 
del cardinal de' Medici, ove furono trovale gran fabbriche di Iraverlini, alcuni busli, 
cd un bellisfimo bassorilievo con medaglie di ogni sorte di métallo. Ibid. n" 60. — 
iS'. Franccsco a Ripa est sur l'emplacement des Jardins de Pompée, et nous avons mis 
dans la rue, et vers la place dont parle S. Bartoli, les édifices de ce jardin. 

*i9S. Porte et voie Portuexsis. Au bas du Janicule, sur la rive droite du 
Tibre, au bord du fleuve. 

I. Di là scendeva a raggiungere il Tevere dieiro l'arsenale fuori délia porta Portuenso 
distiutta da Urbano VIII, et chiamata Porlese fin dal principio del secolo XIV. Nibbv, 
Le Mura di Homa, c. VII, p. 381. Voy. Rerum Italicar. Script. Diarium liomantim, 
I. XXIV, col. 978. 

II. Passato il fiume si Irova ail' allra ripa la nuova porta, e pii'i in fuora co' vestigi 
dcllc mura gittate a terra l'anuo 1645. Si vede il silo dell' antica porta Porlese delta 



• lia con.sul Pompeius dechiiatus Catnncm oravit lit in Sulnubiiim vtniivt ad se. = 
liin e t'oro Antonium adiit. Is erat in Horlis l'onipoianis quos a C;csare clono acci-pciat. 



1S4 



DESCRIPTION DE HOME. 



cosi (la l'rocopio ; ma prima di Trajano e di Claudio, da' quali fu odifiralo Porto, quai' 
era il suo nome?... lo ronfcsso non sapcrlo; ne nii piare crcileri' roi Li^'^rio, non avère 
mai avuto allro nome rhe di l'oilesc. .N.uiiiim, liama nntirn, lib. I, c. !), p. 82. 

111. On ronjerlure, mais sans pouvoir citer aucune autorité à l'appui, ([uc cette 
porte et celle voie furent établies par (Claude, lors(|u'il fonda le port d'Ostie. Nibby 
partage cette dernière opinion [de/le vie degli antichi, c. IV, p. 13'»]. Nous nous rap- 
procherions volontiers du sentiment de l'irro Ligorio ; car il nous parait impossible 
qu'il n'y ait pas eu là de tout temps une porte et une voie, et nous ne voyons pas pour- 
quoi on ne tirerait pas l'origine de leur nom d'un port autre que le porld'Oslie. 



296. Pont Jîmiijis, aituefois Subi,icius. Placé le second on aval de l'Ile du 
Til)ro, il se tionvail auprès de la Porte Tiigeinina, au pied de l'Avenlin, el 
conduisait an .lanicnle. Bâti parle roi Ancus Marcius, il était tout en bois, et 
on le conserva ainsi ius(prà l'an 731. Dans celte année un débordement du 
Til)re l'ayant détruit, il fut reconstruit en pierre l'année suivante par le cen- 
seur yEniilius Lépidus, dont il prit le nom. 

I. yEdis Porlumni ad pontem yEmilii olim Sublici. P. ViCT. de Reg. urh. Ro- 
mw^ XI. 

II. Sur la position du pont Sublicius, voy. n" ^01, § II, 111, IV. 

III. Inter se onere partito ferunt, via qua Sublicio ponte ducit ad Janiculum. TiT.- 
Liv. V, 40. 

IV. Eas [vestales] pontem Sublicium transgressas, clclivum qui ducit ad Janiculum, 
descendere incipientes, etc. V. Max. I, 1. 10. 

Y. Ka2 Trjv ÇLi),tv/iv ysjju/sav, yjj aviu ya.\-Aoxj /.'A ^l^npou ôéfii? i/Tt' avTôJv 'jiXKf^!3t.~ilzOv.L 

iepà-J siva.1 vo/aiÇovtcî. D. Halic. III, 45 1. 

VI. Hvâk /J-icu. [ysp^/ta] kxt' è/.sivouî roù, ypi-JO'Jî %-j\o'ff.'j.y.TOi, x-jsu iJiîr,pou dz5îiJ.é'Jr, 
Taï, cavtîtv KJTc/Xi, rfj y.vX jj-éypii è/J.o'O rotaÙTïjv pu).(z-TOi;j£ Poi/j-oûoi. D. Halic. V, 24 2. 

VII. O, T£ TiSspli ocù^rfiû'; z-i^v ts ■/tfupoc.v ■zrjv ^uliv/jv xxTS<7iips, /.cà tyjv Tioitv tt/ootvjv 
STlÏTpeii -filJ-épxi è~o'ir,nvj. DlON. LUI, 33 3. 

VIII. Pontes. Valicanus, Janiculensis, Fabricius, Cestius, Palalinus, /Emilius qui anlc 
Sublicius. P. VicT. de Reg. urb. Romœ, in fin. 

IX. As/srat âk xoù t'o 7:«|«A7iav avîj 'Ji'jr,poii /.arà !?/j ii Kàywj a'jyyîyo,u.5;w5(?KJ oiif. "zCr^ 
|ù)iwv. yj os ).(Ôiv/) ■noWoii U'zrs.po-J iiupypy.'jdri xpà-Joi^ [fil Ai/j.'j/.ioj Ta/Muiio-JTO^ . oj ijù,-/ 
K/)ià /.al T/jv |u),tvv]v Twv Non;/* xpà^Juv c/.TzoKsŒzaOv.i liyou'Sfj Oirô Ma^îxtîi; toû "Sojijy. 

OjyxTpi'hli i^v.cùvjo-JTOi àrroTî/îsOî'tiKv. Plut. Numa, 9 *. — 
Nibby [sur Nardini, Borna antica,\\\. VIII, c. 3] propose de 
lire zt/jM-JTOi, c'est-à-dire, ajoute-t-il, esercitante la cen- 
sura, au lieu de ■zc/.fj.i-ijo-JTOi parce que les censeurs, et non 
point les questeurs, étaient chargés des travaux publics. La 
censure d'.îmiliusLepidus estd'ailleurs très-remarquable en ce 
qu'elle fut la dernière exercée par de simples citoyens. Dion, 
qui nous apprend ce fait, place la censure de Lepidus sous 
l'an 732. Un denier d'argent d'^milius Lepidus, dont nous 
donnons ci-contre la copie, rappelle le fait de la reconstruc- 
tion du pont de Bois, qui fut alors appelé tantôt Sublicius, par 

la force de l'habitude, tantôt JEmilius. Ce denier est gravé dans le Thesaur. Moreil. 

famil. Mmilia, lab. I, 2 ; — el dans Vaillant, famil. rom. JEmilia, 21. 




* Sublicium pontem, qui ex scia lij;iie:i niateria est conipaclus, et oui uiliil œris aut f»ni 
addere licet, ille Tiberi iniposuisse ferlur [Ancus], qnem ad hoc usque tempus servant, sacrum 
existimantes. := - Erat illo tempore unicus, e ligno factus [pons] et sine fcrro, solis com- 
pactus tabulis, queni ad mea usque tempora Romani eodem modo servabaiit. = ^ Tiherisque 
auctus pontem Sublicium evertir, fecilque ul L'rbs triduum essct navibus pervia [an 7^1 1.= 
* Oicunt enini huno [pouteiii Subliiiiuii] ex oraculo quodam totuni alj-^qiie ferro fuisse clavis 
li;;neis junctum : lapidcus nudlis scculis po.'-l a;difiealus ab /Kniilio qu.pstore e?.t. Imo Subli- 
cium quoquc referuut Numa rcccntiorcm ab reye Anco MarlioNumxcx fdia nepote fuisse 
excitalum. 



ItÉGION XIV. — TRANSTIBKUINE. I8r> 

2Î)7. Jardins dk Cùsar. Vers le bas du Janiculc, et (lescendiinl [tresque 
jusciu'au bord du Tibre. César b's lét^ua au peuple dans son leslanient. 

I. Populo IIoilos circa Tibcrim publicc et viritim Irecenlos seslerlios, Icgavit [Ca;sar]. 
SiîET. C(rs. 85. 

II. Fine anni [769]... œdcs Fortis Forluna», Tibcrim juxla, in Horlisquos Caîsar 
diclator populo romano legaverat, . . . dicalur. T.vc. Ann. Il, 41. 

III. Trans Tiberim longe cubai is, prope Cajsaris Hortos. 

HoR. I, S. 9, V. 18. 

IV. UpOiTOV //îv yy.p èv Tsct; ^taO-zjxxii àîr7o/j.£voiv x«t' oivSpoi. P(,>/j.ciioLi TTÔst ô/SK^/-'-'^'"-' 

vEiv £TT( ïùxvîî ?ï,îov. Plut. iiru^. 20 i. 

V. R«J T7) WoXct TOÙ, T£ XVJTÏOUs TOÙj TrKyîà TOV TlSspfJ. DiON. XLIV, 33 2. 

VI. K;<t GrparoTcsâoiv /îocà vuktôs é'x ts twv toli Ku^apo; ncà à/. to)v T'5Û À-j^oy/ioit /.r,- 
TTCdv, bj-i-oyùprjyj à)>).'/3).0J5 Tcc.py. loi TiSîpi'^i 'ivT'jyj, riii.oiiovTo . DioN. XLVll, 40 •'. 

VII. Iconographie. Nous avons suivi dans notre restauration les dispositions ordinaires 
des jardins romains, qui ressemblaient beaucoup à nos jardins paysagistes, et de plus 
étaient embellis de portiques et d'habitations. 

298. Temple de Fors Fortuna. Dans les Jardins de César, près des murs df 
la ville. Il était petit, avait été bâti par le roi Servius, restauié ou réédilié par 
César, puis par Tibère. 

I. Templum Fortis Fortunœ. P. VicT. de Reg. urb. Romœ, XIV. 

II. Fort. fort, transtiber... — et ad xiiii et... GRUTER. p. 135 ; — ORELLI, 
Inscripl. lat. t. 11, p. 592. 

Forti fortvN/E transtiber. ORELLI, Ibid. 

III. Dies Fortis Fortunaj appellatus ab Servie TuUio rege, quod is fanum Fortis For- 
tun» secundum Tiberim extra urbem Romam dedicavit Junio mense. Varr. L. L. VI, 
§ 17. 

IV. Aliud F"ortuna est, aliud Fors Fortuna. Nam Fors Fortuna est cujus diem festum 
colunl qui sine arte aliqua \ivunt. Hujus œdes trans Tiberim est. Do.nat. ift Terent. 
Phorm. V, 6, v. 1. 

V. Sur la situation du temple de Fors---Fortuna dans les Jardins de César, voy. ci- 
dessus, no 297, § II, IV. 

VI. Carvilius, consul l'an 459, ayant battu les Étrusques, et leur ayant pris beaucoup 
de butin : — ^ris gravis tulit in œrarium trecenla nonaginla millia : de reliquo a-re 
anlem Fortis Fortunaj de manubiis faciendam locavil, prope aedem eidcm Deee ab rege 
Servio TuUio dedicatam. Tn. Liv. X, 46. 

VU. Ile, Deam lœti Fortem celebrate, Quirites ; 

In Tiberis ripa munera régis habet. 



Plebs colil liane, quia, qui posuit, de plcbe fuisse 

Fertur, et ex humili scepira lulisse loco. 
Convenit et servis : serva quia Tuliius ortus 

Conslituil dubiœ templa propinqua Deœ. 

Ov. Fasl. VI, v. 776, 781-784. 

VIII. Le temple de Fors Fortuna s'élevait sur l'emplacement actuel de l'église S. Maria 
deW ortn [Nolli, n» 1122 ; Letarouilly, rion. XIII, 42], qui a été bâtie sur ses ruines. 
L'église doit son surnom dcW orto aux Jardins de César, dont le nom se perpétua dans 
le quartier. 

IX. Iconographie. En fouillant auprès de l'église S. Maria delV orlo, on a trouvé 
des débris qui attestent la magnificence du temple de la Fortune. — Fu scavato allô 
stradone délia Madonna dell' orto, e furono trovate diverse colonne di marmo lunglic 
palmi dodici, e divers! metalli. C. Fea, Miscell. t. Il, p. 242. — Ces proportions de co- 
lonnes [12 palmes, valant environ 2 métrés 70 centimètres] indiquent que le temple 



1 Piimum enim, quia populo romano viiiiim trccenos sestertios Icyavit [Caesar], ctpiililice 
Ilortos IransTiherim, ulà niiuc a,'dcs Fortuna^ est. = ^ Populo antcm ITorlos ad Tiliriiiii [a 
li'galos Cïsarc]. = ' (ji^moies exercitiiuin noctu ex Casaris Anioniique Ilorlis, qui ad Ti- 
berim siti, intcrque se vicini crant, cxauditi sunt. 



I8fi DESCmi>ilON DL UOMK. 

n'était pas grand, car à pcino allcimlrait-on à 3 m('lrcs 30 renli mètres avec les bases 
et les chapiteaux. 

\. Mai'gnn de Crsar. Nous avons expli(|ué ailleurs [dans Home au ticcle d'Au- 
ijtiste, Lettre XXXIIIj (lu'il ya\ail toujours une liabilalion dans les jardins des riches 
Homains; plus haut, n"-29'», §111, celle maison esl clairemenl indiquée dans les Jar- 
dins de Pompée. 

299. Forteresse nu Janiclle. BAlio p:irlo roi Ancus Marcius dans les pro- 
niicros anni'-es du second siècle de Rome, elle occupait la partie la plus élevée 
et la plus escarpée du Janicuie. De longs nuirs, descendant au S. O. dans la 
direction du Pont iEniilius, jadis appelé Subiicius, et au N. 0. en avant du 
Pont Ccstins, joignaient cette Forteresse à la ville. Sur l'une des tours de 
celle Forteresse on arborait nn étendart pendant la durée des comices par 
cen Unies. 

I. .laniculum quoquc adjectum, non inopia loci, sed ne quando ca Arx hostium 
esset. Id non muro solum, sed eliam, ob commoditalem itineris, Ponte Sublicio lum 
primum in Tiberim facto, conjungi l'rbi placuil [Anco]. Tit.-Liv. I, 55 [an. 114-121'. 

II. ii'zsiyjz- oï zai t5 /.cÙ-Oj/m'^oj \'j ■li/.ot.'jj, if^oi jhrXo'' i~é/.-vja. ~oii ïi^i/yioi ~o-y.- 
jj-'yu A-ifj.î-JO-j, y.vX 'j.po-j'^v.-i 'iy.%'jr;i bi ai-oj z5tTe!;T/;ï:v, ci^pa/îixj é'vszK TÛv lAv. -ou TTîra- 
//5î> r.y.zôiTwi. D. IIalic. III, 43 *. 

III. Anco Marzio... sul Gianicolo fondé una rocca, laqualc anche a' giorni nostri i'- 
ammirobile. Inipcrciochè con molto lavoro resc quasi isolalo un promontorio del nioriie 
suddello, taliandolo a picco da tre lati, e forlificandolo con muro, e lasciando sopra di 
esso una parte più alla, ove formo l'acropoli... La parte più alla délia rocca é occu- 
pata dalla fonlana l'aolina, e dal giardino dietro di essa. Chesc si vuole discendere dall.i 
fontana slessa verso Roma per la porta S. Pancrazio, si vede ehe il Gianicolo a sinistru, 
dove è il giardino degli Arcadi, e più ollre dove è il bosco délia >illa Corsini, è stalo 
perpendicolarmcnle lagliato, onde renderc la rocca alTalto isolala ; e forse i niuri del 
corridore, che servono ora di sostruzione al monte diciro le odierne cartierc, furono 
cdificati sopra le antiche sostruzioni alella rocca stessa, almeno ne sieguono la linea, 
onde non abbia a credersi tal conghiettura Iroppo avanzata. Nibbv, Le }fura di Roma, 
c. 1, p. 45-4.5. 

IV. Le tracé des murs qui rattachaient Home à la Forteresse du Janicuie se trouve 
assez bien indiqué au S. 0., par le passage de Tite-Live '.§ I) qui permet de conjec- 
turer que le point de départ était le ponl Subiicius; par la lue moderne délie fralle; 
enfin par un chemin qui longe la roche Janiculéenne. Au N.O. les conjectures paraissent 
moins certaines: tous les antiquaires font aboutir le mur de ce côté au ponl Palatin; 
aucun ne dit sur quelle autorité il fonde ce tracé ; nous l'avons cependant adopté, mais 
sans admettre qu'on ne pourrait pas en proposer un autre tout aussi vraisemblable, en 
prenant pour points de repère, par exemple, les voies del Marangolo et del Macelntlo 
de la ville moderne, et prolongeant une partie de murs sur la rive droite du fleuve, 
jusqu'au droit de l'Ile du Tibre. 

V. Tour des Comices, rto/'/ôiv tô y.pyvl',-) TT'^/ry.iWJ t-^ tJAii Tzpoi'jiy^j'j-j-zwj, pîÇsJ- 
IJ.VJOi fj.ri TTor-, £zz//î7iczÇ5vrwv tiwv yu.rv. zoiii y.6youg, èTTiduvrai t(vî; rij ni'jst, t'o \a.-ji- 

yùtpiov i/.ti-JO i/. oi'x.ooyr,i pu),cl:TT£tv. ysjX ocjtô eu^ /jl'vj rj ^z/.>>;7(a v-* Ippoûpouv h t^q-z 
oï âi.^luQfjfjizOM ë;j.z'/ls, xô, t£ ^vi'j.-1ov >ty.0r,ps1ro, xcù oi pii'Xxy.€i à.T!r}.à':ao-jro. DlON. 
XXWIl, 28 2. ' 

VI. Majores veslri, ne vos quidem, nisi quum aut vexillo in arce posilo comitiorum 
causa exercilus educturus esset, etc. Tn.-Liv. XXXIX, 15. 



* Muro etiam cinxit Janiculum [\nrus], montcm altum ir.ms flumen Tiberim situm, et 
prrrsidinm firmum in eo collocavit, ut tutius Humen navigiri |)os>.ct. =: - Quum antiqultus 
multi hostes circuin llomam habilarcnl, verili Romani, ne diim ipsi coriiilia cciiluriala a(;e- 
rent, liostes per iri<;i(li;is llrbem ajigressi, Janiculumque occuparont, statueruni non ouines 
simul ire in suffrdjjia, sed ut seinper aliqui arniali per vices cum locum cuslodirent. In .I.i- 
niciilo ijîilur, quanniiu concio dtirabat, custodia; agebantur : c|uuni autcm solvcnda jain 
erat concio, signum a Janiciilo removcbatur, cuslodesque disccdcbant. 



RÉGfON XIV. — TUANSTlUÉRINt:. 1«7 

300. Bois des Césars ou .Iardins de Lucius et Caïls. L'an 752, Auguste 
ofliil au peuple do Rome un coinhal naval, pour lequel il Ht creuser au bas «lu 
mont Janicule u» hassia de 1,080 pieds de long sur ] ,'i()0 de large. Après 
les jeux ce bassin fut comblé, et sur son omplacemenl l'empereur planta des 
promenades qui fui'ent appelées liois def; Césars ou Jardins de Lucius cl 
Caïus, du nom de ses tils adoplifs. Un bassin y fut établi, soit connue orne- 
ment, soit poiu' rappeler, bien (jue dans des proportions plus de moitié moins 
grandes, celui dont ils occupaient l'emplacement. Il y avait auprès des por- 
tiques et des statues. 

I. NAVALIS PROELI SPECTACVLVM POPVLO DEDI TRANS TIBERIM IN QVO LOCO 
NVNC NEMVS EST C.ESARVM CAVATO SOLO IN LONGITVDINE MILLE 
ET OCTINGENTOS PEDES IN LATITVDINE MILLE ERANT ET DVCENTI IN QVO TRI 
GINTA ROSTRAT.E NAVES TRIMERES ET QVADRIREMES PLVRIS AVTEM 
MINORES INTER SE CONFLIXERVNT CONTRARIIS CLASSIBVS PUGNAVE 
RVNT PRETER REMIGES MILLIA H05IINVM TRIGINTA CIRCITER 

LAP. ANCYR. col. i. 

U. Oper.v fecit nova NEJivs C/ESARVJi. IRID. col. 6. 

m. Lacu in ipso navale praclium adoinalur, ut quondam Augustus cis Tiberirn 
Stagno, sed levibus navigiis, et minore copia edidcrat. Tac. Mnn. XII, 56. — La posi- 
tion de la Naumachie d'Auguste étant connue, il faudrait lire trans Tiberirn au lieu di; 
cis, ou mieux peut-être, adopter la conjecture de Brolier {(oc. cit.] : « Tacitus auteni 
dixit cis Tiberirn, quod vel in patria sua Iteramnœ, nunc Terni scribcret, vcl cis Tibe- 
rirn liabitaret. » 

IV. Item navale prselium circa Tiberirn cavato solo, in quo nunc Ctsarum Ncmus 
est. SliET. Âug. 4 5. 

V. Itis omnino toto lempore, Romam redire conalus [Tiberius], semcl triromi usquc 
ad proximos Naumachiœ Horios subvectus est, disposita statione per ripas Tiberis, quae 
obviam prodeuntes submoverat. Suet. Tib. 7-2. 

VI. Exstruclaque apud Nemus quod navali Stagno circumposuit Augustus, convenli- 
cula et cauponi-e. Tac. Ann.Xl'V, 15. 

Vil. Ou» ratio moverit Augustus,... producendi Alsictinam aquam, quse vocalur 
Augusta, non satispercipio,... nisi forte quum opus Naumachia? aggredcretur, ne quid sa- 
lubrioribus aquis detraheret, hanc proprio opère perduxit, et quod Naumachiœ ccepe 
rat superesse, Hortis subjacenlibus, et privatorum usibus ad irrigandum concessil 
[an. 752]. Front. Aquœd. 11. 

VIII. Alsietinee duclus post Naumachiam, cujus causa videtur esse factus, finitur. 
Front. Ibid. 22. 

IX. Atque ubi Romuleas velox penelraveris arces, 
Continuo dextrasflavi pelé Tybridis oras, 
Lydia qua penitus Stagnum navale coorcet 
Ripa, suburbanisque vadum prœtexitur hortis. 

Stat. Sijlv. IV, 4, v. 4-7. 

X. HoiYj'ju^ Jî retira, ècsÎTr-Ji'jS tov âf,;j.ov g-'t T:\oioyj £v tw -/(jipirj)^ sv w yj •■>v.\jij.y.yiy. 
ii~7 roi) kùy'j'j'STOu éyiyôvsc. DiON. LXI, 20 *. 

XI. Bassin, AXaoi s'k é'?'jj t'v tÔj H'jSI t5> toû Tatoy roïi ts Kowirj, o ttstî b A j'yî'jtrroj 
l~' ajzo roXiz' à>piiîaro. xat yxp èvz-xùôa rrj fxvj npâiTri i^y-spcf fio-japuyicc /«'t d-fjpiojv 
i:-f»yi], ■/.xrof/.oâo/j.rfichrii 'javtGi.TYii y.y.zic ~ pôateTCOv twv eIxÔ'Jhv \iy.-jriç, xxï i/.pix rrépt^ 
ÀkSîJî-/,,-. Dion. LXVI, 25 2. 

XII. Naumacliiœ Cicsaris Augusti vcsiigia et emissarii aquœ Alsietinse rudera ad eam- 
dem Naumachiam, visuntur prope villam famllia; de Spada. Piranesi, Antich. rotn., 
index Romœ vet. et Campi Marlii n° 72, et tab. lll. — La villa Spada est au sommet du 

* Peraclis liis rébus, populo epulum dédit in Navalibus, eo in loco in quo ab Auffusto prae- 
lium navale factum fncrat. = ^ Extra Urbem pugnatum est ab aliis in Nemore Caii et Lucii, 
quod Au(justus effo^li ob eamdcm caiisam jusstrat. Ibi enim primo die liuhis (jKidialorius, 
c.iedesque belluarum facta est; lacu, qiia parte statuas spectat,asscribusina"dificato, et foris ac 
tahulis undique circumdato. — Note de Reimar : « s'Cco non vertendum erat e.\:trn hutic locum, 
uc-mpc ulii prior naumachia Dioni descripta, sed extra Urbem. Sic p. 791 A. é'Çw accipitur. » 



IKS I)ESCK1PTI0N DE UOME. 

Janiculc, deniùre la fontaine Pauline ^Xolii, n" 1190; Letarouilly, rion. XIII, 23]; 
l'indiration de f'irancsi est donc exacte pour l'Aqueduc, mais non pour le bassin de 
JVaumncliie qui élail sur la pente inférieure de la nionlagne. 

XIII. Portiques. Les portiques étaient l'aerompapnemenl obli(çé des théâtres, am- 
phithéâtres, et autres lieux pareils où le peuple se réunissait en foule. Tous ces édifices 
étant à ciel ouvert, il fallait à proximité des abris pour les spectateurs en cas de mau- 
vais temps' subit. (,luel(|ues ruines trouvées au-dessous de la .Naumachie d'Auguste 
prouvent (pie ce prince n"a\ait pas man(|ué à celte attrution envers le peuple. 

XIV. Dentro il recinlo délie monaclie di Santa Cecilia [Noili, n^' 1121 ; Letarouilly, 
rion. .Mil, 45] vi fu cavato in tempo d'Innocenzo X, una quantilà di grandissimi pilas- 
tri di travertino. S. IJAiiToi.i, Memorie n" 61, dans Fea, Miscell. t. I, p. 237. 

XV. Monte Ginnicoln. Nel farsi il nuovo recinto di mura in tempo di Url)ano VIII, in 
Trastevcr(; nel monte (iianicolo vi furono trovate diverse statue in divers! sili ; una Ira 
le altre di métallo... Vi fu anche trovala una sedia di métallo, lutta intersiata di argento. 
S. lÎARTOLi. Ibid. n» 117. 

XVI. Aqueduc de V Ahielina. k\\^\x9,le\c conslruisil l'an 752, pour alimenter sa Nau- 
machie. Aucune partie en subslruclions ne se voyait dans la ville. Sur cel Aqueduc 
voy. ci-dessus ,§ VII, VIII. 

XVII. Il résulte des textes précités que la Naumachie de 1080 pieds sur 1200 n'exista 
I)as en même temps que le Uois des Césars. Leur non-existence simultanée est prou- 
vée par l'inscription d'Ancyre {§ \), et par Suétone f§ IV; qui disent : in quo Inco 
NL.NC .\emHS est Cœsarutn. Si cette grande Naumachie eût encore existé au moment 
où Auguste écrivait son testament politique, il l'auiail nommée plutôt que de rappeler 
simplement son emplacement. En examinant la topographie on arrive à la même con- 
clusion, et l'on voit (]u'au bas du .lanicule, au-dessous de l'émissaire de l'Alsiétina, il 
n'y avait pas place tout à la fois et pour un aussi vaste bassin que celui d'Auguste, et 
pour le liois des Césars. Cependant nous croyons qu'Auguste, en créant ce bois, y 
établit une petite Naumachie, peut-être comme un souvenir perpétuel de la grande, et 
que ce monument est rappelé dans les § V, VI, VII, VIII, XI. C'était sans doute un 
ornement de jardin, comme Horace nous apprend qu'il en existait un à la villa de 
Lollius : 

. . . Interdum nugaris rure paterno : 
l'artilur lintres exercilus; .\ctia pugna. 
Te duce, per pueros hostili more refertur ; 
Adversarius est frater ; lacus, Hadria ; donec 
Alterutrum velox Victoria fronde coronet. 

HoR. I, Ep. 18, V. 60-64. 

301. Temple et Bois de Furina. Au bas du Janicule, vei's le Pont Sublicius. 
On ignoie quand et par qui le teniple fui bâti et le bois planté ; mais il est 
certain qu'ils existaient du temps de la mort de Caïus Gracchus, qui fut tué 
dans le Bois de Furina l'an 633 de Rome. 

I. -Cdes Furinarum cum Luco. P. VicT. de Reg. urb. Roma-, XIV. 

II. Pomponio amico apud portamTrigeminam, P. Liciorio in ponte Sublicio persequen- 
tibus resistenle, in Lucum Furinœ pervenit 'C. Gracchus]. .\. VicT. de Vir. illust. 65. 

III. Valére-Maxime racontant la mort de Cfracchus dit : Pomponius quo is (iracchus] 
facilius evaderet, concitatum sequonlium agmen in porta Trigemina aliquandiu acer- 
rima pugna inhibuit... La'Iorius autem in ponte Sublicio conslitit, et eum, donec Grac- 
chus transiret, ardore spiritus sui sepsit. V. Max. IV, 7, 2. 

IV. «^îi/yîvTt ysûv Tw Faiw twv iyflpwi i7:ifîpOjj.v.iùi-j, y.'Xi xaTa'/a,a6avîvTWv — î/s'i t/;v 
^ji.hr^v yéojp%-j, ci U.5V oi/o fù.oi T.poyjipzi-^ a.'jzh-J y.ù.vjzoL-J'zii, vjj-oi tîÙ, c'toJ/.svraj 

•j— £îTv;7av, X5ti pa-'/àfi-vioi T.po tvjî yîï'j^a;, ojovjo. Tra.pr,iia-J, é'w; àTTEÔavsv 

O cï fdà-Jit fj.i/.pb:i di t-î5v i/îîç L'/itvvjwv zarapy/ûiv, y.y.xî1 âloi^Osipsrxi, tîÎi <l>ùo/.p!/.' 
z^jZii ù-jùi-JTOi Î/.ÎÏV5V. Put. C Grâce. 17 1. 



' Ijî'tur in Caium fiigani capcssenlem inferentibus se hostibus, et assequutis ad puntem 
StiMicium, duo illi aniici hortati siint eum, ut iter ante capcrel. Ipsi suslinucrunt instantes, 

ilimicantesque pro ponte, nemiui, quoad occubueruni, viamdfdeie Occupavil aulcni 

iliqujntisper in Lucuni Furince confugcre. Ibi ohlriincatur fCuius] a Pliilocrate. 



RÉGION XIV.— TRANSTIP.KRINE. i«9 

V. Quop [Eumcnidcs] si Dea; sunt, quarum et Alhenis fanum est, et apud nos, ut cpo 
intcrpielor, Lucus Furinw. Cic. de nat. Deor. III, 18. 

502. ToMBEAi' DE Ni'MA. Au bas du Janicule, vers le Pont Palatin. Celait 
un grand et superbe monument. 

I. Scpulcrum Numse. P. Vict. de Reg. urb. Romm, XIV. 

H. Ot Ti'jpL [j.'vJ oùx éo2(j«v ràv vîx/:àv, ajroû z'jjXviavTîç, Wj \iytzur ù'jo oï tzoiy,'::/.- 
fj.ivoi y.iOivix.'; (75;50Ùî bnb tôv Iâv(/.5u/ov gdri/.ccj. Plut. Numa, 22 l. 

III. Eodem anno [571], in agro L. Pelllli scribœ, sub Janiculo, dum riiltoros aççri 
moiiuntur terram, du;E lapideae aicœ... inventœ suiit ;... in altéra Numam Poinpilium,... 
legem Uomanorum sepultum esse ; in altéra libios Numae Pompilii inesse. ïit.-Liv. 
XL, 29. 

IV. In agro L. Pelilii scribœ, sub Janiculo cultoribus terram altius versantibus, dua- 
bus arcis lapideis reperlis, quarum in altéra scriplura indicabal corpus Numœ Pompi- 
lii... fuisse. V. Max. I, 1. 12. 

V. Prodidil Cn. Terenlium scribam agrum suum in Janiculo repastinantem, offendisse 
arcam in qua Numa, qui P.oma regnavit, situs fuisset. Plin. XllI, 13. 

VI. Morbo solulus [Numa], in Janiculo sc|)u!ltis est, ubi post multos annos arcula cum 
libris a Terenlio quodam exarata. A. Vict. de Vir. illusl. 3. 

VII. Numam Pompilium Janiculum monlem habitavisse fcrunt, in quo arcam ejus 
invenlam, cum libris Numae nominis, a Terentio quodam scriba repaslinante agrum. 
Fest. V. Numam. 

VIII. Ts'/.îUTYi'j'y.'jroç ô' a.\iro\/ Tzv^^oi yiyv- T.pouO-zo h ~i\ii, y.od zwjv.i i':z'iiy]r:y.zo Icx/j.- 
■npozÙTU.i' xîlrat o' sv Ixv«o6/« v:ir,7:> to'j Tiôspioç —'jtx/j.o'ù. D. Halic. II, 76 ^ — Denys 
parle de ce magnifique tombeau comme d'un monument qu'il a vu; cela prouverait 
qu'on l'avait érigé après la découverte des coffres de pierre. Il n'y aurait rien d'invrai- 
semblable à croire que les Romains avaient voulu honorer ainsi la mémoire de Numa. 
Je penserais volontiers que dans les vers suivants Horace désigne ce tombeau : 

Vidimus flavum Tiberim retortis 
Littore Etrusco violenter undis 
Ire dejectnm monumenta régis. 

Templaque Vestse. Hor. I, Od. 2, v. 13-16. 

Mnnumcntum désigne particulièrement un tombeau; Horace, en nommant le tom- 
beau de Numa, situé sur la rive droite du Tibre, et le temple de Vesta (|ui s'élevait sur 
la rive gauche à l'extrémité du Forum, peint plus énergiquement les débordements du 
neuve ravageant tout sur ses deux rives. 

305. Pont Palatin. Situé le premier en aval de l'Ile du Tibre , il met en 
communication directe le quartier du Forum Boarium avec celui du Janicule. 
11 empruntait son nom à sa situation vis-à-vis du Palatin. Ce fut le premier 
pont de pierre construit à Rome. Le censeur Fulvius en fit faire les piles Tan 
573, et quelques années après les censeurs P. Scipion-l' Africain et L. Mum- 
mius cintrèrent les arches 

I. Sur le nom de Pont Palatin, voy. n° 296, g VIII. 

II. M. Fulvius plura et majoris locavitusus; portum, et pilas ponlis in Tiberim; 
quibus pilis fornices post aliquot annos P. Scipio Africanus et L. Mummius censores 
locaverunt imponendas. Tit.-L[v. XL, 51 [an. 573]. — A l'époque dont parle Tite-Live 
il n'y avait sur le Tibre, que le pont SuhUcius; il s'agit donc ici du pnnl Palatin. 
Quelques antiquaires le no\av(\en{, Sénatorial : nous ignorons d'après quelle autorité. 

III. Iconographie. Le Pont Palatin a été remplacé par celui nommé aujourd'hui 
Pnnte Rotto [Nolli, n» 1107; Letarouilly, rion. XIII, 5i] ; mais l'on croit que la pre- 
mière arche, sur la rive droite du fleuve, est un reste du pont antique. — « Ha queslo 



' Corpus [Numas] ex prsecepto ejus (ut fama est), non cremaverunt, verum duas arc.is la- 
pidées fecL-runt, quas condiderunt sub Janiculo. = - Eo anteni [Numa] defuncto in tola Ur!)e 
fuit inyens luclus, eumque populus romanus funere sphudidissimo et monumeiilo maxime 
insi{jni decoravil. Hoc autcm situni est ultra tlumen Tiberim, in Janiculo. 



190 DESCRIPTION DE ROME. 

ponle rolli duo arclic sino <lall' inondnzioiK; del 1598. Solto Grpgorio XHI fu rifjibbri- 
r;ilo su le rovine dcll' aiilico |)Oiilt' : utio di qursli arclii, cioè il piltno dclla ripa del 
'l'iaslcverc, rimane per anro in csscrc, ronie anflie uiia porzionc dell' aiilirlie |)lle sulla 
ripa opposla. Ve.mti, dell' anlichilà di Iloma, pari. Il, c. 2. 

30i. lu-, DU TiuuE OU TiiiiiiiiNE. Sa longueur n'était guère que de 320 mè- 
tres sur 70 environ, dans sa jjIus 'grande largeur. Formée par des atterris- 
sements du lleuve, que la main des hommes augmenta et afl'ennil, elle avait, 
dans la partie en aval des ponts Ceslius et Fabricius, un mur de quai façonné 
oonune la poupe d'une trirème. C'était un symbole commémoratil' de l'arrivée 
d'Esculapt' à Rome, où ce dieu, apporté sur un navire, débarqua sous la 
forme d'un serpent dans l'Ile Tibérine. Le reste de l'Ile était aussi revêtu 
d'un mur en pierre, mais qui n'avait point cette même forme de ([uai. 

I. In InsulaaedesJovis, et Jilsculapii, clœdesl''auni. P. Vict. de Reg.urb. Uomœ, XIV. 

II. Non ha del verisimile, elic cgii liabbia veduta, l'Isola Tiberina, ovcro la .Nave 
edificala ad lionor di Esculapio colui, che diee rh' ella fosse di maimo ïasio. Laqualc 
eia, c per (juanlo se ne vede, è di sasso libuitino; ma dal primo, cade nel sepondo 
cirore quando di piopria aulorilù, senza clie mai i scriUori anticlii l'Iiabiausaputo, noQ 
elle di'Ito, la cliiama isola Licaonia. Piuuo Ligorio, Paradasse, p. 50, reclo. — V. aussi 
n« 505, g VU et XII ; el306,g;V. 

III. Iconographie. Une paille du quai de la pointe de l'Ile, en aval, existe encore 
sur le bras gauche du Tibre. Elle figure lout-à-fait les bordages d'une Iriréme. On y 
voit sculptés en grand relief, un buste d'Esculape et un serpent entortillé autour d'un 
bâton, [voy. Piranesi, Anlich. Rom. t. IV, tav. 14 et 13]. Plusieurs antiquaires ont pré- 
tendu, mais sans preuve, que toute l'Ile était revêtue d'un quai semblable ; Piranesi 
[toc. cit.] a très-bien fait observer que la poupe, dont on voit encore les ruines, a des 
l)roportions si ordinaires, que l'île eût été infiniment plus petite qu'elle n'est, si ce na- 
vire eût été continué tout autour. Cette opinion est aussi celle de M. Delannoy, archi- 
lecte, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome, qui a fait en 1833 une 
restauration complète de l'Ile Tibérine. Notre Plan est une réduction de son grand 
travail, maintenant déposé aux Archives de l'Institut. 

50». Temple d'Esculape. — Devant : Statue de J. César. — Portiques. Le 
temple était à la pointe en aval de l'Ile Tibérine, à l'endroit où le quai ailec- 
lail la forme de la poupe d'un navire. On ignore l'époque de son édiflcation ; 
mais il ne fut construit qu'après (ju'on eut été chercher Esculape à Epidaurc, 
événement qui se passa l'an de Rome 461. — Devant le temple on voyait la 
Statue pédestre de J. César. — Les parties latérales de la place où s'élevait le 
temple étaient occupées par des Portiques sous lesquels on exposait quelque- 
fois les malades. 

I. Sur la situation du temple d'Esculape dans l'Ile, voy. ci-dessus, n" 304, § I. 

II. (Juum civitas pestilenlia laborarel, missi legati, ut yEsculapii signum Romam ab 
Epidauro Iransferrenl, anguem, qui se in navem eorum contuleral, in quo ipsum nu- 
mcn esse conslabat, deporlavere ; eoque in Insulam Tiberis egresso, eodem loco ;edes 
iîisculapio consecrata est. Tit.-Liv. Epilo. XI. 

III. In ripam Tiberis egressis legatis, in Insulam, ubi templum dicatum est Iransna- 
vil [anguis ^sculapius]. V. Max. 1, 8. 2. 

IV. Scinditur in geminas parles circumfluus amnis : 
Insula nomen habet : laterumque a parte duorum 
Porrigil œquales média tellure lacertos. 

Hue se de îatia pinu, Phœbeïus anguis 

Contulit. Ov. Melam. XV, v. 739-743. 

V. Sacravere Patres bac duo lempla die. 
Accepit Phœbo, nymphaque Coronide natum 

Insula, dividua quam premit amnis aqua. 
Juppiler in parte est ; cepit locus unus utrumquc, 
Junctaque sunt magno templa nepotis avo. 

Ov. Fast. I, V. 290-294. 

VI. Nell' altro lato era il magnlGco tempio di Esculapio, oggi chiesa di S. Bartolo- 



RÉGION XIV.— TUANSTfHI'RFNF. 491 

mco [Xolli, n" 1098 ; Lctarouilly, lion. XII, 4], (.'spcnilo le rolonnc di granilo seivile 
air uiio e nir allio Icmpio [le temple de Jupiter]. La statua di Esculapio, c rafiltnenlc 
la piiticii)ale, essendo di preca srulluia, (jui litrovala, fu tiasportala iiegli orti lartiesi, 
pssendo (|ui restala la base cori l'iseiiziotie elie si vede riiurala in un cortiletlo di 
quesli religiosi. Si vcde in questa iscrizione dalo a questo falso numc il titolo di Au- 
(justo nclla maniera scguente : 

AISCVLAPIO 

AVGVSTO.SACUVM 

PROBVS.M.FICTOUI.FAVSTI 

MINISTEH.ITEUVM.ANNI.XXXI. 

VEMT!, Anlichilà di Rom, pari. II, c. i. 
VU. Vestigia [fani /Esculapii] adliuc apparent in hortis S. Rarlholomei, eujus pro- 
pinqua (edes a (ielasio 11 condila, vel inslaurata pulatur. Visiiur adhue ibi forma navis 
ex lyburtino lapide, ubi in lalere replantis serpentis simulacrum inspiritur, qui ^scu- 
lapii genius esse credilur. Fulmus, de Urbis Aniiquil. lib. V, p. 3-40. 

VIII. Statue pédestre de Jules-César. 11 est eerlain qu'elle était dans l'Ile du Tibre, 
mais c'est uniquement par conjecture que nous la mettons devant ce temple. Celle 
Statue étant tournée à l'occideiil, il n'y avait dans l'Ile que cette place qui put lui con- 
venir pour être vue des spectateurs et située devant un temple. 

IX. Statuam divi Julii in Insula ïiberini amnis, sereno et immoto die, ab occidenlc 
in orientem convcrsam. Tac. Uist. I, 86. 

X. Nuntiabatur ex Urbe prœsagia : Statua divi Julii ad orientem sponte conversa. 

SiET. Yesp. 3. 

XI. KaJ TÔv i-j'M-'jOTiozc/Lij.ic/. vïjcjj Vvlo\t Kxisxf.Oi KVo'^tKVTX, //V)TS Uît^/J.od -/r/îviTo;, 
ij.r,-:- T^vi'jij.v.-zoi, y.y iaûspxî //îTaTT/sa^cvra Tîp'oi rà; kvktciÀKs. Plut. Olho, 4 i. 

XII. Portiques. Tite-Live nous révèle l'existence des Portiques, lorsqu'aprés avoir 
raconté la formation originaire et progressive de l'Ile, il ajoute : — Postea credo ad- 
ditas moles, manuque adjutum, ut tam eminens area, Drma templis quoque acPortici- 
bus sustinendis esset. Tit.-Liv. II, 5. 

XIII. (Juum quidam a>gia et affecta mancipia in Insulam /Ksculapii tiedio medendi 
exponerent, omnes qui exponerenlur liberos' esse sanxit [Claudius], nec redire in di- 
tionem domini, si convaluissent. Slet. Cidud. 25. 

506. Temple DE Jupiter. — Devant: Obélisque. Le temple faisait face à 
celui d'Esculape, presque sur la même place, mais de Tautre côté de la rue 
qui traversait l'ile du pont Fabricius au pont Cestius. Le temple de Jupiter, 
voué l'an 552 et dédié l'an 558, était prostyle, c'est-à-dire qu'il n'avait de co- 
lonnes que sur sa laçade, et que deux de ces colonnes se trouvaient en avant 
des pilastres des antes. — U Obélisque, situé au milieu de la voie qui passe de- 
vant le temple, était de petites proportions et en granit rose. 

I. Sur la situation du temple de Jupiter dans l'Ile, voy. ci-dessus, n» 504, g I, 
et no 303, § V. 

II. In Insula Jovis œdem C. Servilius duumvir dedicavit [an. 538], Vola erat sex an- 
nis ante, Gallico bello ab L. Furio Purpureone ; ab eodem postea consule locata. Tit.- 
Liv. XXXIV, 33. 

III. In antis erit «edes, cum habebit in fronte antas parielum, qui cellam circum- 
cludunt, et inter antas in medio columnas duas. . . . Prostylos omnia habet, quem- 
admodum in antis, columnas autem contra antas angulares duas. supraque epistylia, 
quemadmodum et in antis, et dcxira ac sinistra in versuris singula. Hujus exemplar 
est in Insula Tiberina, in «"de Jovis et Fauni. Vitruv. 111, 1. 

IV. Obélisque. Plusieurs antiquaires ont douté de l'existence de cet obélisque parce 
que P. Victor [de Reg. urb. Rom. in lin.] ne compte que six grands obélisques à Rome, 
et ne nomme pas celui de l'Ile du Tibre; mais d'une autre part le même régionnaire dit 
qu'il y en avait quarante-deux petits : or celui de l'Ile du Tibre était petit. Suivant 



* In insula Tiberina Cuii Cœsaris Statuam nullo terrœ motu et cœlo tranquille ab occideute 
iu orientem conversuni. 



192 DESCRIPTION DE ROME. 

Nibby [inRnmaanika di ]\'iir(lini. lib. VII, c. 12, t. III, p. 5'>4, noie 2), cot obflisqup, 
apr(''s avoir cli- loiiulcmiis à la villa Albani, fui iransporlé à l'aris. Quant à son cmpla- 
«•emcnl, Vciuili cl llcllori airirnienl (|uc ce niotiolithe fui retrouve dans une fouilln pra- 
tiquée en 1()7(), cil avant de l'église S. Barlolomeo, (|ui est noire temple d'F.sculape. 

V. Credo clic ncl niez/.o dclla medesima [isola Tiberina], corne clie rappresentanle 
una navc pcr anlcnna, vi fosse rappresenlato un Obelisco ; poicliè nella piazza avanti 
la basilicn di S. liarlolomco \icino al poilico in vece di colonneita si vede conlilla nel 
terreno una punla di un Obelisco scolpito con gcroRlifici Egizi, clie sorge ail' altcz/.a da 
terra di palini IV, clic doveva esserc la punla dell' Obelisco ivi poco lunlano cretto 
Nel lG7(i, cavendosi il terreno in delta piaz/.a, ail' altc7.7.a di palmi XVIII, si Irovo una 
fabbrica di lufi uniii iiisicnie, clie si vedeva essere slata la plaica cil foiidameiito dell' 
Obelisco. Vkm il, Anlichilà di linmn, part. II, c. /<. — Voyez dans l'iranesi [Anlich. 
Jlom. t. IV, tav. XIV, n" 15] un fragment de cet obélisfiue qu'il désigne ainsi: Pezzo 
délia sudclla guglia di granito innanzi alla chiesa di S. Barlolomeo. 

307. Temple de Faune. A la pointe de l'Ile Tibérine, en amont, à l'opposile 
(lu temple d'Esculape. 11 fut bàli en 5oG, et dédié en oo8. Sa l'orme était 
pi'oslyle. 

I. Sur la situation du temple de Faune dans la WS'^ région, voy. n" 504, g I. 

II. Idibus agrestis fumant altaria Fauni, 

Ilic ubi discretas Insula runipit aquas. 

Ov. Fasl. II, V. 195, 104. 
III /Ediles pleLis (^n. Domitius yEnobarbus, et C. Scribonius Curio Maximus, mul- 
tos pecuarios ad populi judicium adduxerunl : 1res ex bis condeninali sunt : ex eorum 
mulclatilia pecunia a'dem in insula Fauni fecerunt, Tit.-Liv. XXXIII, 42 (an. 556). 

IV. iEdes eo anno (558) aliquot dedicata' sunt Altéra Fauni. /J'^diles eam bicnnio 

ante ex mulctatilio argenlo facicndam locarant, C. Scribonius et Cn. Domilius; qui 
preetor urbanus eam dedicavil. ïit.-Liv. XXXIV, 55. 

V. Iconographie. Sur la forme prostjle du temple, voy. ci-dessus, n» 500, § III. 

VI. In superiore parte Insulœ fuit templum Fauni, quod ante annos aliquot Tyberis 
inundatione fere est fundilus eversum : ruina; tamen ejus amplissimœ supersunt, quœ 
templi magnitudinem et sumptuosilalem satis oslendunt. Boissari). Rumœ lopographia, 
dies primus, p. 22. (Publié cn 1597.) 

508. Pont Fabricius. Jeté sur le bras gauche du Tibre, il joint l'Ile au 
Chanip-de-Mars, et se compose de deux grandes arches à plein cintre, d'égale 
ouverture. Sur la pile qui se trouve au milieu du fleuve, l'architecte a ménagé, 
un peu plus haut que la naissance des grandes arches, une petite arche en 
forme de porte ronde pour donner plus de dégagement aux eaux dans les 
grandes crues. Ce pont fut construit l'an 692 par Fa!)ricius, curateur des 
routes, et restauré en 732 par les consids Q. .■Emilius Lepidus et M. Lollius. 

I. Sur le nom de pont Fabricius, voy. n" 296, § VIII. 

II. TÔTS //.£v TKÛTiz T£ iyî'vîTO, /.cX ï] ■/iyjç.a. -/j \[Bi-jr„ r) ij tô •j-/i':ioiO'J zb TûTî iv rôt Tt- 
Cipiêt 'èv fé[:oi/ij%, v.a.zs'Jif.tiiùaO-ri, A^y-Qf.t/.i% v.'>:rfiû':y.. DiON. XXXVII, 45 1. 

III. Ce pont existe encore. Sur les claveaux des deux grandes arches, en amont et 
en aval, on lit l'inscription suivante: 

L.FABRlCIVS.C.F.CVR.VIAn. 

FACIVNDVM . COER AVIT 

Q.LEPIDVS.M.F.M.LOLLIVS.M.F.COS.EX.S.C.PROBAVERVNT 

Et au-dessus de la petite arche ouverte sur la pile centrale : 

1DEMQVE 
PROBAVIT 



■• Pr.Ttcr liaeo qua; in id tcmpus inciderunt [an. O92], Pons (|iior|ue tuiic Lapideiis ad in- 
sulam, (|U3e in Tiheri ixslal, diicens. exstriicms, Faluiiiusquc dictiis est. 



RÉGION XIV. — TRANSTIBÉRINE. 195 

La troisième ligne (Je la première inscription indique la restauration dont nous 
avons parlé, laquelle consistait en une consolidation au moyen du renforcissemcnl de 
la pile centrale [Voy. Piuanesi, Antich. rotn. t. IV, tav. 18 et 20]. Les deux inscrip- 
tions ci-dessus se trouvent dessinées dans Piranesi [loc. cil. tav. 16, 17, 18], et impri- 
mées dans Gruter, p. 160, et dans Orelli, Inscript, lai. n<> 50. 

IV. Iconographie. Piranesi [loc. cil. tav. 16, 18] a donné une vue géométrale du 
pont, avec une échelle. On voit que chaque arche a 132 palmes [29 met. 45 millim.] 
d'ouverture. La largeur du pont, hors œuvre, est de 27 palmes [6 mètres]. Le ponl Fa- 
bricius porte aujourd'hui le nom de Ponte di qualtro capi. 

509. Po>T Cestius. Il couduit de l'Ile du Tibre au mont Janicule, et se 
trouve par conséquent sur le bras droit du fleuve. Il se compose de trois ar- 
ches, dont une grande, flanquée de deux autres très-petites qui commencent 
au-desssus de la naissance de l'arc de la grande. Toutes trois sont à plein 
cintre. 

I. P. Victor nomme ce ponl parmi ceux de Rome [Voy. ci-dessus n» 296, § VIII], 
mais on ignore par qui et quand il fut construit. Pancirole conjecture qu'on en doit 
l'édification à C. Cestius Galius qui fut consul avec M. Servilius, sous le principal de 
Tibère, l'an 788. Nous objecterons à cette conjecture que les monuments publics por- 
taient presque toujours le nom du prince. Il n'y aurait donc point d'invraisemblance à 
penser que le pont Cestius est un ouvrage du temps de la république. 

II. Iconographie. Piranesi a donné une vue pittoresque de ce ponl dans ses Anlich. 
rom. l. IV, tav. 21. A la planche 22, on en trouve le plan et une vue géométrale : la 
grande arche a 106 palmes 2 onces d'ouverture [23 met. 65 centimèl.], et les deux pe- 
tites arches ont chacune 26 palmes [5 mètres 80 centimèl.]. La largeur du pont, 
hors œuvre, est de 40 palmes 6 onces [9 mètres]. 

310. Pont Janicule. Le premier en amont de l'Ile du Tibre; il conduisait 
du Champ-de-Mars au Janicule. 

I. Voy. ci-dessus, n" 296, § VIII. — Nous ne savons rien sur l'origine de ce pont. 

511. Tombeau du poète C^cilius. Au pied du Janicule. 

I. Statius Cœcilius comoediarum scriptor... Morluus est anno posl mortem Ennii, et 
juxta Janiculum sepullus est. Euseb. Chronic. II, p. 145. 

512. Temple de Mania. Dans un carrefour au-dessus du tombeau de Cé- 
cilius [n" 311]. 

I. Janiculum. 

Mani» sacellum. P. VicT. de Reg. urb. Romœ, XIV. 

II. Mania étant la mère des Lares, dieux des carrefours, nous avons placé son temple 
dans un carrefour. 

313. Vicus Janiculensis. Vis-à-vis du pont Janicule. 

I. C'est par conjecture que nous le plaçons là. 

II. Vicus Janiculensis. P. Vici. de Reg. urb. Romœ, XIV. 

III. Reg. XIIII. Yicvs Ianicvlensis. GRUTER. p. 251 ; — ORELLI, InscHpt. lai. n» 5, 

514. Vicus Bruttianus. Voisin du vicus Janiculensis. Quartier des servi- 
teurs publics des magistrats. 

I. Nous conjecturons, avec Nardini [Roma Antica, t. III, p. 542, édil. Nibby], que 
c'était un quartier habité par les serviteurs publics que les gouverneurs de provinces 
emmenaient dans leur suite. En vertu d'une loi, tous les habitants du Bruttium avaient 
été bannis à perpétuité des armées romaines, et condamnés à remplir auprès des gou- 
verneurs de provinces des fonctions presque servîtes [Voy. A. Gell. X, 3]. 

II. Vicus Rruttianus. P. Vici. de Reg. urb. Romœ, XIV. 

III. Reg. XIV. Vicvs Brvtuno. GRUTER. p. 251 ; — ORELLI, Imcripl. lai. n» 5. 

1. -13 



194 DESCRIPTION DE ROME. 

Slijl. Forum Piscatorium. Au bord du Tilne, un peu au-dessous du Pont 
Janicutensis. Il était enloun'' de Uuernes, el existait dès l'an 573. 

I. Piscalorii ludi vocantur, qui mensc junio trans Tiberim fieri soient pro quaeslu 
piscanlium. Fest. v. Piscatnrii. 

II. Tune CRO me mrmini ludos in pramine Campi 

Adspirere : et didici, labrire Tibri, tuos. 

Posta dies iilis, qui lina madentia ducunt, 

(iuique Icgunt parvis aéra recurva cibis. 

Ov. Fast. VI, V. 237-240. 

III. M. Fulvius plura cl majoris looavil usus.... Uasilicam post argentarias novas, et 
Forum Plscalorium, circumdalis labernis, quas vendidit in privatum [an. 575]. Tit.- 
Liv. XL, 51. 

, 516. PrésMogiens. Sur la rive droite du Titre. Ils empriintaîetit leur nom 

il Mucius Scœvola, auxquels ils furent donnés originairement à la suite de sa 
tentative contre le roi Porsenna. 

I. Patres, C. Mucio, virtutis causa, trans Tiberim agrum dono dedere, quae postea 
sunt Mucia Prata appellala. Tit.-Liv. 11, 13 [an. 246]. 

II. Mouxio) Tcâ 'Rp'iùoiJ.v/'ji TzifA T^ç v.aTpHoi <iTtoOa.vsTj, airtonàTij) d'olavTt yîyovevxt 

TTOTKjU.oû, Tiv xjTOv rpoTTO-J, o^TZ-p Opci-zhi, zùt Ttpo tTjç ysfi>p7.ç £zy'j)v t7a/i£ V'j) Ttpôrspov, 
é'çy|v ov à.pÔTpa) nspùaSû-J èv iiftipc/. }xiy. ëu-^TtjTXt. oùzoç b yjjipoi, é'cos twv xx9' rip.y.i 
y_po-)ù>-Ji tHoi/Aiti ),£(/*ô)vsç xa^oûvrat. D. Halic. V; 55 '. 

ni. Mucio Prata trans Tiberim data, ab |ea Mutia appellala. A. Aict. de Yirit il- 
luit. 12. 

517. Conserve d'eau. C'était l'un des réservoirs de l'aqueduc de l'Alsiétina, 
qui arrivait sur le Janicule. 11 se trouvait un peu au-dessous du coude que fait 
le Tibre en se repliant dans la direction du S. après avoir coulé h l'O. 

I. Alla Longara nel declivio del Gianioolo, sotlo dove sermoneggiano li Padri délia 
chiesa Nuova [S. Onofiio], nel mese di Maggio, in lempo d'Innocenzo \, furono Irovali 
tre grandi slaiizoni, quali servivano di ricellacolo di un acquedoUo cavato nel monte, 
lutto opéra reticolala, quale si vede essere del lempo délia reppublica. Avanti le délie 
stanze vi era un' oIRcina da fuoco rolonda, enlro divisa in archelti con li suoi sfoga- 
tori al di sopra, che forse poleva servira per uso di slufa. S. Bartoli, Memorie, etc. 
n» 58. 

518. Champ Codeta. Au-dessus de la Conserve d'eau [n° 3 1 7] près du coude 
que fait le Tibre pour se replier sur la ville. 

I. Navali praelio in minore Codeta defosso lacu, buemes ac trirèmes, quadrire- 
mesque,... conflixerunt. Siet. Cœs. 59. — Codeta appellalur ager trans Tiberim, quod 
in eo virgulta nascunlur ad caudarum equinarum similitudinem. Pail. apud Fest. v. 
Codeta. — On voit que notre position du champ Codeta est assez incertaine. 

519. Champ Vatican. A l'extrémité N. du mont Janicule. 

I. Vaticanus. 
Horli Domilii. 

Janiculum. P. Vict. de Reg. urb. Romo', XIV. 

II. In infamibus Vatican! locis magna pars tetendit : unde crebrœ in vulgus mortes. 
Et adjacente Tiberi, Germanorum Gallorumque obnoxia morbis corpora flurainis avi- 
dilas et œstus impalientta labefecit. Tac. Hisl. II, 93. 

III. Sur la situation du Champ Vatican vis-à-vis du Champ-de-Mars, voy. p. 139 : 
5' «7 y avait de$ maisons dans le champ-de-Mars? 



* Mucio vero, qui ultro pro patria moriem oppetere paratu» erat, quod visus fuisset belli 
finiendi causa praecipua, agrum de publico largieadum trans flumea Tiberim, eodem modo 
que Horatio, qui ante in primo pontis aditu puguarat, quantum circumaràre uuo die posset, 
Uicque usque ad nostram setatem Mucia Prata appellalur [an. 249]. 



RÉGION XIV.— TRANSTIBÉRINE. 195 

520. Chêne vert plus vieux que Hume. Dans 1(! Cliamp Vatican. 

I. Yeluslior aulcm Urbe in Valicano Ilex, in qua lilulus œreis lilleris elruscis, reli- 
gionc arborem jam tum dignam fuisse significal. Plin. XVI, M. 

521. Porte du Pont Triomphal. Au débouché de ce Pont dans le Champ- 
de-Mars. 

I. L'existence de celte Porte ou de cet Arc nous paraît fort douteuse ; nous donnons 
ce monument d'aprùs l'autorité de Biondi. Voy. plus haut, n» 198, § II. 

522. Pont Vatican ou Triomphal. Vis-à-vis du Champ Vatican et de la voie 
Triomphale. 

I. Sur le nom de Pont Vatican, voy. plus haut, n» 296, § VIII. — Quant au nom de 
Pont Triomphal, nous n'en avons trouvé aucun indice dans l'antiquité ; ce doit être 
une dénomination moderne, basée sur cette opinion, nullement fondée, que les triom- 
phateurs campaient toujours avec leur armée dans le champ Vatican, et par conséquent 
passaient sur ce pont le jour de leur triomphe, pour gagner Rome. 

525. Navalia. Port situé auprès des Prés Quintiens. 

1. L. Quintius Trans Tiberim, contra eum ipsum locum, ubi nunc Navalia sunt, 
quatuor jugerum colebat agrum, qufe Prata Quintia vocantur. Tii.-Liv. III, 26. 

524. Prés Quintiens. Situés au-dessus des Navalia [n° 323]. Leur conte- 
nance était de 4 jugères [1 hectare 4 1 4 centiares]. Ils étaient ainsi nommés de 
Quintus Cincinnatus qui les avait possédés. 

I. Sur la position et la contenance des Prés Quintiens, voy. l'article précédent, § I. 

II. Aranti quatuor sua jugera in Valicano, quse Prata Quintia appellantur, Cincin- 
nato vialor altulit dicialuram. Plin. XVIII, 3. 

525. Jardins d'Agrippine. A la suite des Prés Quintiens, sur le bord du 
Tibre. On y remarquait un portique pour la promenade, et, entre ce portique 
et le tleuve, un xyste. Après Agrippine, veuve de Germanicus, ces jardins ap- 
partinrent à Caligula son lils. 

I. C. Caesar [Caligula]... adeo impatiens fuit différend» voluptalis, quam ingens cru- 
delitas ejus sine dilalione poscebal, ut in xysto malernorum Hortorum, qui porticura a 
ripa séparai, inambulans quosdam ex illis, cum malronis alque aliis senaloribus, ad 
lucernam decollaret. Senec. de ira, 111, 18. 

II. A-ltwcàucvoj yàp ■irjf/.xi âv tw T:pb? 'XiSipov TTStîiw rà TCpÔtrov szuyj ok èx twv 
fxr,zf,cit'jiv i^iùj-j x/jr-cov. Philo. de Légal, ad Caium, p. 1018, édil. Turnélje, Luletiae, 
1640,' in-fi. 

m. Tacite parlant des supplices que Néron faisait subir aux chrétiens, dit: — Hortos 
suos ei speclaculo Nero obtulerat, el circense ludicrum edebal, habitu aurigœ per- 
mixtus plebi, vel curriculo insistens. Ânn. XV, 44. — 11 sagit ici du Cirque de Né- 
ron, silué, comme on sait, au pied du Vatican, el non du Cirque Maxime. 



* Excipiens enim nos in Campo ad Tiberim primum [Caligula] cum exiret de maternis 
Hortis. 



lOf) DESCIUPTION DE ROME. 

EKRATA. 

Rectification pour la page 13. Au bas de la page 13, § XXI, on lit 
que la pente de la voie Sacrée, depuis Summa Sacra via (où s'élève 
maintenant TArc de Titus) est de lÔ mètres 39 centimètres; — Lisez: 
13 mètres 443 millimètres. Cette dernière mesure est aussi celle donnée 
par M. Caristie, planche 17 de son ouvrage sur le Forum romain, cité 
page 74, § VI. 

Rectification pour la page 108. — Une omission importante ayant 
été commise dans un article de cette page, nous rétablissons ici 1 ar- 
ticle en entier tel qu'il devait être. 

iS7. Abc ou Jands surmonté de la statue de Pompée. L'Arc était en 
marbre blanc, et formait l'une des entrées latérales de l'orchestre du 
théâtre de Pompée, à droite de la scène, du côté de la Curie Pompéia [n° 458]. 
Auguste fit enlever de cette Curie une statue demi-colossale de Pompée, éga- 
lement en marbre blanc, la même au pied de laquelle César avait été tué, et la 
plaça sur cet Arc. Elle a environ trois mètres trente-cinq centimètres de hau- 
teur. Pompée est nu ; un paliidamenliim lui passe sur l'épaule droite et re- 
tombe derrière lui ; il tient de la main gauche un globe terrestre. 

I. Pompeii quoque Staluara contra lliealri ejus regiam, marmoreo Jano supposait, 
translatam eCuria, in qua C. Caesar fuerat occisus. Slet. Âug. 51. 

II. Le mol regia a fort occupé les antiquaires; les uns ont conjecturé qu'il signifiait 
le Théâtre même, à cause de sa magnificence ; les autres qu'il désignait une basilique 
dont au reste aucun auteur ne parle. Nous préférons la conjecture de Nardini [Roma an- 
tica, lib. IV, c. 3, p. 40] qui prouve assez bien que regia était la partie droite de la 
scène d'un ijiéâtre. Dans nos théâtres modernes, nous avons aussi un exemple de dési- 
gnation figurée pour certaines parties delà scène: les machinistes appellent le côté 
droit côté du jardin, et le côté gauche côté de la cour; jamais ils ne disent le côté 
droit ou le côté gauche de la scène. 

III. Statue de Pompée. Mi ricordo che nella via, dove abitanoli Leutari, presso il Pa- 
lazzo délia Cancellaria, nel tempo di Papa Giulio III, fu trovato sotto una cantina una 
statua di Pompeo di palmi quindici alla, avendo sopra il collo un mure divisorio di due 
case : il padrone di una fu inibito dall' allro, tenendo ciascun di loro essere padroni di 
delta statua ; allegando uno pervenirsi a lui, mentre ne possedeva la maggior parte, e 
l'allro diceva convenirsi a lui per aver nel suo la testa, corne pii'i nobil parte, dalla quale 
si cava il nome délia statua : finalmenle dopo litigato venutosi alla sentenza, l'ignorante 
giudice senlenziô che se gli tagliasse il capo, e ciascuno avesse la sua parte. Povero 
Pompeo! non bastô che glie la tagliasse Tolomeo, anche di marmo correva il suo mal 
destine ! Pervenuta ail' orecchio del cardinal Capodiferro sentenza si sciocca, la fece 
soprasedere, ed andalo da Papa Giulio, narrandogli in successo, restô il Papa slupe- 
fatto, et ordinô immédiate che si cavasse con diligenza per se, e mando a' padroni di 
essa cinquecenlo scudi, per dividerseli fra di loro ; e cavata detta statua ne fece un 
présente al medesimo cardinale Capodiferro. Cerlo fu sentenza da Papa : né ci voleva 
allro che un Capodiferro ; ed al présente sla nella sala del suo Palazzo a Ponte Sisto. 
Flam. Vacca, Memorie, n» 37. — Le Palais du cardinal Capodiferro est aujourd'hui le 
Palais Spada ; on y voit encore celle Statue de Pompée, qui est gravée dans.Maffei, Rac- 
colta di statue, tav. 127. 

— A LA PAGE 152, n° 227, supprimez la mention de la Statue de la 
vestale Claudia. Cette Statue était, plus vraisemblablement, devant le 
temple de la Bonne Déesse, que Claudia avait fondé sur le mont Aven- 
tin. 

fin nE LA DESCRIPTION DE ROME. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES MONUMENTS ET DES LIEUX CITÉS DANS LA DESCRIPTION DE ROME. 



N. B. La première colonne, en cliiffres romains, est le niunéro de la région. 

La seconde colonne, en chiffres arabes, donne le naméro du Plan el de la Description. 
La troisième colonne renvoie à la page dn volnme. 



jEmiliana, ou Vicus .ïmilianus VII 

iEquimelium VIII 

Amphithéâtre de Slatilius Taurus IX 

Angiportum VIII 

Aqueduc de l'Alsietina XIV 

— de la Virgo IX 

Arc d'Auguste VIII 

— de Drusus VIII 

— de Fabius VIII 

— de Germanicus VIII 

— du Cirque Maxime XI 

— de Janus-Pompéien IX 

— de Janus-Quadrifrons - VIII 

— de Scipion-l'Africain VIII 

— de Stertinius VIII 

— de Tibère VIII 

Area du temple de Jupiter VIII 

— de Mercure XI 

— Palatin X 

— Radicaria XII 

— de Saturne VIII 

— du temple de Véjovis VIII 

— de la Victoire. , IV 

— de Vulcain IV 

Argilète VIII 

Armilustrium XIII 

Atelier des monnaies VIII 

— de Sculpteurs IX 

Asyle (voy. Bois) » 

Atrium d'Apollon-Palatin X 

— de la Liberté VIII 

— Idem XIII 

— Regium VIII 

Autel d'Aïus Locutius VIII 

— d'Acca Larentia (voy. Tombeau) » 

— de Carmente VIII 

— de Gérés VIII 

— de Consus XI 

— d'Evandre XIII 

— de la Fièvre X 

— de la Fortune Conservatrice I 

— de la Fortune Mauvaise et Maudite III 

— de Janus-Bifrons VIII 



48 


25 


92 


55 


182 


124 


58 


25 


» 


194 


178 


121 


115 


63 


135 


85 


127 


76 


135 


85 


» 


162 


157 


196 


106 


61 


73 


34 


96 


56 


87 


55 


79 


38 


239 


157 


224 


152 


266 


175 


90 


55 


75 


34 


22 


11 


18 


9 


95 


56 


288 


181 


62 


28 


169 


113 


» 


» 


217 


148 


134 


84 


278 


179 


118 


66 


112 


62 


» 


» 


98 


58 


93 


56 


241 


164 


284 


180 


229 


154 


2 


2 


17 


8 


137 


88 



198 TABLE ALPHABÉTIQUE 

Aulel de Janus-Curace IV 29 16 

— de la Jeunesse Ylll 81 44 

— (le Juiion IV 29 16 

— de Jupiler-Elieius XIII 286 181 

— de Jupilcr-lnvenleur. XI 245 164 

— de Jupiter-I'isleur VIII 65 29 

— de Jupiter-Soler VIII 63 29 

— de Lnvcine XU 268 175 

— de Mars Vlll » 44 

— Idem IX 195 131 

— Maxime XI 257 169 

— d'Ops VIII 93 56 

— d'Orbone IV 21 11 

— de la Paix . , IX 170 115 

— de Saturne, w VIII 90 55 

— de Terme VIII 81 44 

Bains d' Agrippa IX 171 115 

Basilique ^milia VIII 131 79 

— Argentaria (voy. Fulvia) » » » 

— de Caïus et Lucius (voy. Julia) » » » 

— Fulvia VIII 150 79 

— Julia VIII 115 65 

— Opimia IV 52 17 

— de Paulus {voy. jEmilia) » » » 

— Porcia VIII » 70 

— Sempronia VIII 104 60 

Bibliothèque Oclavienne IX 151 102 

— Palatine X 218 150 

— de Pollion XIII 280 179 

Bois de l'Asyle VIII 72 33 

— des Césars XIV 300 187 

— de Furina . XIV 501 188 

— de Libitine ou Vénus-Libiline XI 240 157 

— de Lucine IX 184 125 

— de Mars IX 170 115 

— Sacré (du Champ-de-Mars) IX 186 127 

— de Saturne XI 242 164 

— de Strenia IV 23 11 

— de Vesla. . VIII 117 66 

Bûchers Gaulois III 14 7 

Busium (des Césars) IX 187 127 

Cabane de Fauslulus X 208 145 

— de Piomulus VIII 60 26 

Cadrans solaires VIII 122 72 

Canal (le) VIII 140 89 

Capila Bubula X » 141 

Capitole (voy. temple de Jupiler-Capitolin, Forteresse, Intermont) . » » » 

Carrefour Acilius XI » 175 

Carénés (les) IV 23 14 

Castra peregrina Il 12 6 

Caverne de Cacus XI 245 164 

Cent (les) Marches VIII 59 26 

Champ d'Agrippa VU 42 21 

— Codeta XIV 318 194 

— de Mars, et Champ Tibérin ou Champ-de-Mars inférieur. . . IX 196 155 

— Vatican XIV 519 194 

Château de l'Appia XIII 269 176 

— de la Virgo IX 178 121 

Chène-Verl du Valican XIV 520 193 

Cirque Flamininius I\ 163 112 

— Maxime. ... XI 241 158 



DE LA DESCRIPTION DE ROME. iOO 

Clivus de l'Asylc VIll 56 25 

— Capitoiin VIII 57 25 

— Publicius ou Publicus XllI 285 180 

— do Scaurus X » 15fi 

— de la Victoire X 221 tSl 

Cloaque Maxime XI 253 167 

Cloaques (Petites) XI 253 167 

Cloaque IX » 127 

Colline (la) IX 192 150 

Colline des Jardins IX 189 128 

Colonne bellique IX 1-48 96 

!— Roslrale d'^milius VIII 75 54 

— de Duilius VIII 131 79 

— de J. César VIII 131 79 

— de César-Auguste XI 249 166 

— Horatia . . VIII 116 6* 

— de Jupiter VIII 73 54 

— Lactaire XI 261 171 

— de Ludius IV 18 9 

— Menia VIII 121 70 

— de Minucius XIII 269 176 

Comitium VIII 123 72 

Conserve d'eau (au Palatin) X 209 146 

— au Janicule XIV 517 194 

Cornouiller sacré X 208 145 

Curie Kalabra VIH 61 28 

— Hostilia (voy. Julia) » » » 

— Julia VIII 122 70 

— Octavia IX 152 105 

— Pompcïa IX 158 109 

Curies ou Mansions des Saliens X 220 150 

— Vieilles, Curies nouvelles II 7 5 

Degrés de Cacus ou de Belle rive X » 145 

Delubrum de Doniilius ou d'Apollon. ,' IX 149 97 

— et temple de Jupiler-Slator IX 167 113 

— de Minerve-Captive II 10 5 

Dianium IV 53 18 

Diribitorium Vil 47 22 

Ecole du Portique d'Octavie. . . , IX » 102 

Emporium XIII 275 177 

Equirics IX 197 137 

Étang d'Agrippa IX 169 115 

Escalier de l'Area du Capitule VIII 70 38 

— de la Forteresse du Capilole VIII 70 32 

Favissœ. VIII 80 40 

Figuier Rumina! VIII 123 72 

Fontaine de Mercure XI 259 157 

— Muscosus VIII 110 62 

— du temple de Jupiter-Capitolin VIII 81 40 

Fontaines de Scipion-l'Africain VIII 73 34 

Forteresse du Capitole. ■,,.,. VIII 60 26 

— du Janicule XIV 299 186 

Forum d'Auguste VIII 155 85 

— Boarium VIII 103 60 

— de César VIII 155 82 

— Cupedinis IV 50 17 

— Olearium VIII 100 69 

— Olitorium XI 261 171 

— Piscarium Vlll 101 59 

— Piscaloifum XIV 515 194 

— Pistorium XIII 293 183 



200 TABLE ALPHABÉTIQUE' 

Forum Romain VIII » 50 

Gémonies Ylll 82 45 

Germalum X 201 142 

Gnomon IX 194 131 

GraecostasD , VIII 124 74 

Greniers de Sulpicius Galba XIII 273 177 

— de Minucius IX 145 94 

Hécalonstylon IX 161 111 

Horloge solaire (voy. Cadrans, et Gnomon), ........ » » » 

— d'eau. . VIII 122 72 

Horrea Chartaria IV 21 11 

Horreum, ou Magasin public Il 8 5 

Ile du Tibre ou Tibérine XIV 304 190 

InlermonI VIII 70 32 

Janus Inférieur , VIII 139 89 

— Médius ' VIII » 89 

— Supérieur VIII 138 89 

Jardins d'Agrippa IX 169 115 

— d'Agrippine XIV 325 195 

— d'Antoine (voy. de Pompée) » » » 

— d'Asinius XII 267 175 

— de César XIV 297 185 

— d'Isis IX 172 116 

— de Lueius et Caïus (voy. Bois des Césars) » » » 

— de LucuUus IX 189 128 

— de Pompée XIV 294 184 

LacCurtius VIII 141 89 

— de Juturne VIII 119 68 

— de Servilius VIII 91 55 

Laulolai VIII » 59 

Loge de l'Empereur pour voir les jeux du Cirque X 222 131 

Logements des Ediluens au Capilole VIII 80 40 

— des Soldats, dans la Forteresse du Capitole VIII 67 51 

Lupercal X 202 142 

Macellum Magnum II 11 6 

Macellum ou Forum Cupedinis IV 50 17 

Maison d'Agrippa X 203 143 

— d'Antoine (voy. de Pompée) » » » 

— d'Auguste X 223 151 

— de Calilina X » 132 

— de Catulus (voy. Temple de la Fortune de chaque jour) . . » » » 

— de Censorinus (voy. de Cicéron) » » » 

— de Cicéron X 234 155 

— de Clodius X 235 156 

— de Domitius Calvinus X 237 156 

— du Flamine-Dial X 231 134 

— funéraire des Césars IX 188 128 

— de Mamurra II 10 5 

— d'Ovide VIII 56 25 

— de Pompée, IV 26 15 

— du Roi des Sacrifices (voy. Regia) » » » 

de Scaurus X 236 136 

— du Souverain Pontife (voy. Regia) » » » 

— de Tibère X 210 146 

— Idem, (voy de. Pompée) » » » 

Mansions des Albains II 6 4 

— des Saliens (voy. Curies) » » » 

Marais de la Chèvre (voy. Etang d'Agrippa) » » » 

Marché Fabaria (voy. Portique) » » » 

— aux fruits • III 15 7 

— à l'huile (voy. Forum Olcarium; » » » 



DE LA DESCRIPTION DE ROME. 204 

Mausolée (le) IX 185 126 

Médius Janus (voy. Janus) » » » 

Mille (l'or VIII 145 91 

Mincrvium (voy. temple de Minerve) » » » 

Mont Citorius (voy. Colline) •» » » 

Naumachie ^^^ '* *88 

Navalia XIII 275 177 

Idem XIV 323 195 

Obélisque du Champ-de-Mars (voy. Gnomon) » » » 

— du Cirque Maxime XI 241 163 

~ de l'Ile du Tibre XIV 506 191 

— du temple d'Isis IX 172 116 

— de Sérapis = IX 173 118 

Obélisques du Mausolée d'Auguste IX » 127 

Ombilic de Rome VIII 85 50 

Panthéon IX 180 122 

PontvEmilius XIV 296 184 

— Ceslius XIV 509 195 

_ Fabricius XIV 308 192 

— Janicule • XIV 310 193 

— Palatin XIV 503 189 

— Sublicius (voy. jEmilius) » » » 

— Triomphal (voy. Vatican) » » » 

— Vatican XIV 522 195 

Porte Capène I 1 * 

— Carmentale ou Scélérate VIII 97 37 

— Catularia VII 51 24 

— Flumentane XI 264 174 

— Minucia XIII 276 178 

— Mugionia X 206 144 

_ Navale XIII 290 182 

— Pandana VIII 64 30 

— Piacularis ' VII 54 24 

— du Pont triomphal XIV 521 195 

— Portuensis XIV 295 183 

— Ratumena , .VII 50 23 

— Romana X 199 140 

— Romanula X » 144 

— Salutaris VII 55 24 

— Sanqualis VII 52 24 

— Scélérate (voy. Carmentale) » >' » 

— Stercoraria , VIII 58 25 

— Trigemina XI 246 165 

— Triomphale • XI 262 171 

Portes (premières) du Capitole VIII 58 25 

Portique des Argonautes (voy. de Neptune) » » » 

— Aventin XIII 271 176 

— du Bon Evénement IX 181 124 

— de Catulus X 235 154 

— aux cent colonnes (voy. Hecatonslylon) » » » 

— Corinthien IX 154 104 

— Emilien XIII 274 177 

— d'Europe IX » 129 

— Fabaria XIII 292 182 

— deLivie III 16 8 

— de Minerve XIII 289 181 

— de Minucius (Fromenlaire) IX 145 94 

— aux Nations X 211 146 

— de Neptune IX 179 122 

— d'Octavie IX 150 98 

— d'Octavius (voy. Corinthien) » » " 



202 TABLE ALPHABÉTIQUE 

»'.• r.i.' 

Porlique Palatin X 232 154 

— de Philippe IX 155 105 

— de Pola VII 49 25 

— de Pompée IX 160 110 

— de Scipion Nasica Mil 74 35 

— Vipsania (voy. de Neptune) » » » 

Prés Muciens XIV 316 194 

— Uuintiens XIV 324 195 

Prison publique ou Mamertine VIII 82 45 

Putcal de Libon VIII 128 76 

Regia VIII 129 78 

Reniuria XIII 285 180 

Ronae Carrée X » 149 

Roche ïarpeienne VIH 64 30 

Rostres (vieux) VIII 85 50 

— (nouveaux) Vlll 116 64 

Sacrariurn des Saliens (voy. temple de Mars-Gradivus) » » » 

— de Saturne XI 242 164 

Salines (les) XI 246 165 

Scala* anulariae X 204 143 

Schola Xaniha VIII 86 52 

Senaculum Vlll » 47 

Septa Agrippiana VII 46 22 

— Julia IX 177 119 

— Trigaria IX 190 129 

Sigillaria Vlll » 56 

Soliveau de la Sœur IV 29 16 

Stations des Municipes VIU 152 82 

Statue d'Acilius Glabrion (équestre) XI 263 172 

Statues (petites) d'ambassadeurs romains VIII 85 -52 

Statue colossale d'Apollon VIII 61 28 

— d'Apollon XI 241 164 

— d'Altus Navius VIII 122 71 

— d'Auguste IX 150 102 

— de Camille VIH 85 52 

— de Carvilius VHI 79 39 

Statues de Castor et Pollux (colossales équestres) »IX 135 105 

Statue de César (équestre) VU 133 82 

— Idem, (pédestre) XIV 305 190 

— de César-Octave (équestre) VIH 142 90 

— de Claudia (la Vestale) XIII 287 181 

— de Clélie (équestre) VIU 127 76 

— de Clœlius (Tullus) VHI 85 52 

— de Cluacine (voy. Vénus) » » » 

— de Diane XIH 282 179 

Statues des Dieux (douze grands) VIII 115 63 

— diverses dans le Champ-de-Mars. IX 198 158 

Statue d'Ennius I 4 5 

— de Fabius (équestre) VIII 127 76 

— de Flaminius XI 241 164 

— de Fulcinius (slaluelle) VHI 85 32 

— de Glabrion (voy. Acilius) » » » 

Statues grecques VHI 129 79 

Statue d'Hercule (colossale) VIH 79 38 

— d'Hercule-Punique X 211 146 

— d'Hercule-Triomphal XI 256 169 

— d'Horatius-Coclés IV 18 9 

— de Junon XIH 282 179 

— de Jupiter (colossale) VIH 79 38 

— du Lion de pierre VIII 123 72 

— de Lions, devant le temple de Sérapis IX 173 118 



62 


28 


123 


72 


» 


)) 


3 


5 


120 


68 


85 


50 


» 


163 


5 


4 


85 


52 


156 


108 


172 


116 


131 


79 


85 


52 


157 


196 


122 


72 


85 


52 


85 


52 


129 


78 


4 


3 


» 


163 


» 


163 


» 


» 


w 


» 


85 


52 


105 


60 



DE LA DESCRIPTION DE ROME. 203 

statue de la Louve, au Capitole VIII 

— Idem, au Figuier ruminai VIII 

— de Lucius Uoscius (voy. Uoscius) » 

— de Marcellus • , . . . I 

— de Marcius Tremulus (équestre) VIII 

— de Marsyas VIII 

— deMessia XI 

— des Muses de Thespies. . . . • II 

— de Naulius (Spurius) (statuette) VHI 

Statues des Nations (quatorze) IX 

Statue du Nil (colossale) IX 

Statues des trois Parques VIII 

Statue de Pompée VIH 

— Idem IX 

— de Porsenna VIII 

— de Romulus VIII 

— de Roscius (Lucius) (statuette) VIII 

— de Scipion-I'Africain • . VIII 

Statues des Scipions I 

Statue de Séja XI 

— de Séjesta XI 

Statues des Sibylles (voy. Parques) » 

Statue de Spurius (voy. Nautius) » 

— de Sylla VIII 

— du Taureau d'airain VIII 

— de Terme (voy. Autel) » » » 

— du Tibre (colossale) IX 172 116 

— de Tremulus (voy. Marcius) » » » 

— de TuUus (voy. Clœlius) » » » 

— de Tutelina XI 

— de Valeria (équestre) X » 

— de Vénus-Cluacine • VIII 

— de Vertumne. VIII 

Subure III 

Tabernola (vallée) Il 

Tabularium VIII 

— du peuple VIII 

Tavernes (les Cinq ou les Sept) ( voy. Tavernes neuves) . , , . » 

— (les) Neuves ou Argentariae VIII 

— de bouquetières , IV 

— des marchands de cheveux IX 

Temple antique d'Apollon IX 

— d'Apollon-Médecin .... XI 

— d'Âpollon-Palatin X 

— d'Auguste X 201 

— de Bacchus X 

— Idem XI 

• — de Bellone IX 

— de la Bonne Déesse XIII 

— du Bon Événement IX 

— de Brulus Callaïque ou de Mars IX 

— de Carna II 

— de Castor VIII 

— Idem • IX 

— Idem XI 

— de Cérès X 

— Idem • . . XI 

— Idem, (sur l'Epine du Cirque Maxime) XI 

— deJ.-César VIII 

— de la Concorde VIII 

— Idem Maritale • lY 



)) 


165 


» 


145 


150 


79 


114 


63 


13 


7 


10 


6 


75 


56 


89 


34 


» 


» 


130 


79 


22 


11 


145 


94 


149 


97 


265 


174 


217 


148 


201 


141 


227 


152 


249 


166 


148 


96 


287 


181 


181 


124 


166 


113 


9 


5 


120 


68 


155 


105 


252 


166 


203 


143 


249 


166 


» 


163 


116 


64 


83 


47 


27 


15 



204 TABLE ALPHABÉTIQUE 

Temple de la Concorde (édicule;. . • VII! 126 75 

— deCybèle X 226 152 

— de Diane ou Dianium IV 33 18 

— Idem IX 164 113 

— Idem XIII 277 178 

— d'Esculapo XIV 505 190 

— de l'Espérance XI 263 172 

— de Faune XIV 307 192 

— de la Félicité II 5 4 

— de la Fièvre X 229 154 

— de Flore XI 248 166 

— de la Foi VIII 76 36 

— Idem X 228 154 

— de Fors-Fortuna XIV 298 185 

— de la Fortune VIII 86 52 

— de la Fortune de chaque jour X 233 154 

— de la Fortune Equestre • . IX 139 109 

— de la Fortune Gluante X 215 147 

— de la Fortune Obsequens VIII 66 31 

— de la Fortune Primigénie VI 39 20 

— Idem VIII 65 31 

— de la Fortune Privée X 214 147 

— de la Fortune Publique VI 40 20 

— de la Fortune Vierge VIII 109 61 

— de la Fortune Virile VIII 96 56 

— Idem XI 234 168 

— de Furina XIV 501 188 

— de Genius Sangus VII 44 22 

— d'Hercule-Gardien IX 162 111 

— d'Hercule aux Muses IX 155 103 

— d'Hercule Pompéien XI 244 164 

— d'Hercuie-Vainqueur VIII 108 61 

— Idem XI 247 165 

— de l'Honneur et de la Vertu I 2 2 

— d'Isis.' IX 172 116 

— de Janus Bifrons VIII 157 88 

— de Janus Geminus VIII 99 58 

— de la Jeunesse XI 259 170 

— de Junon (dans le portique d'Octavie) IX 130 98 

— de Junon-Lucine (voy. Lucine) » » » 

— de Junon-Malute M 263 172 

— de Junon-Jloneta VIII 62 28 

— de Junon-Reine IX 165 113 

— Idem XllI 281 179 

— de Junon-Sospita X 225 152 

— de Jupiter (dans le Portique d'Octavie) IX 150 98 

— de Jupiler-Capitolin VIII 81 *0 

— de Jupiter-Férétrien VIII 68 31 

— de Jupiler-Prœdator VIII 69 32 

— de Jupiter-Propugnalor X 211 146 

— de Jupiter-Stator IX 167 113 

— Idem • X 207 144 

— de Jupiter-Tonnant Mil 84 49 

— de Jupiter-Vainqueur X 212 147 

— de Jupiter (dans l'Ile) XIV 306 191 

— de Juturne IX 176 119 

— des Lares IV 22 11 

— des Lares-Marins IX 147 95 

— de la Liberté XllI 279 179 

— de Libitine XI 240 157 

— de Lucine IX 184 125 



DE LA DESCRIPTION DE ROME. 205 

Temple de la Lune IV 34 18 

_ Idem XIII 282 179 

— de la Lune-Nocliluca X 230 154 

_ de Mania XIV 312 193 

— de Mars (voy. Brulus-Callaïque) » » » 

— Mars-Bisullor VIH 71 33 

— de Mars-Gradivus X219 150 

— de Mars-Vengeur VIII 133 85 

— de Malute VIII 96 56 

— de Mens VIII 77 37 

— de Mercure XI 239 157 

— de Minerve ou Minervium IX 175 119 

— de Minerve XIII 289 181 

— de Minerve-Caplive II 10 5 

— ' de Minerve-Chalcidique IX 174 118 

— de Neptune IX 179 122 

— d'Ops-Consiva VllI 129 78 

— de Pan (voy. Lupercal) » » » 

— des Pénates IV 19 10 

— de la Piété XI 263 172 

— dePortumnus XI 270 176 

— de Proserpine XI 249 166 

— de la Prudence (voy. Mens.) » » » 

— de la Pudicité Patricienne VIII 107 61 

— de Quirinus (nouveau) VII 45 22 

— de Rémus IV 51 17 

— de Romulus VIII 125 73 

— de Uunriia (voy. Lupercal) » » » 

— des Saliens Collins VI 38 19 

— du Salut VI 57 19 

— de Sangus (voy. Genius) • » » » 

— de Saturne , VIII 88 53 

— Idem. (voy. Sacrarium) » » » 

— de Sérapis. .... : , IX 173 118 

— du Soleil. • IV 33 18 

— Idem, (sur l'Épine du Cirque Maxime) XI » 163 

— de Strenia IV 23 11 

— de Summanus XI 260 171 

— deTellus IV 23 14 

— de Véjovis VIII 73 54 

— de Vénus XI 243 164 

— de Vénus-Erycine VIII 77 57 

— de Vénus-Génitrice VIII 133 82 

— de Vénus-Libitine (voy. Libitine) » » » 

— de Vénus-Murcia XI 241 165 

— de Vénus-Victorieuse IX 156 105 

— de la Vertu I 2 2 

— de Vertumne VIII 114 65 

— deVesta VIII 118 66 

— de Vesta Palatine X 216 148 

— de Vicepota (voy. de la Victoire) » » » 

— de la Victoire X 200 140 

— de Viriplaca X 213 147 

— deVolupia IV 20 10 

— de Vulcain IX 148 96 

— Idem. (voy. Vulcanal) . » *) » 

Terentum IX 185 123 

Théâtre de Corn. Balbus IX 146 93 

— de Marcellus IX 144 95 

— de Pierre (voy. de Pompée) » » » 

— de Pompée . . IX 136 105 



200 TABLE DE LA DESCRIPTION DE ROME. 

Tigillum sororis (voy. Soliveau de la Sœur) » » » 

Tombeau d'Acca XI 258 170 

— d'Agrippa IX 195 134 

— d'Auguste (voy. Mausolée) » » » 

— d'Avenliiius XIII 291 182 

Tombeau de C. P. Bibulus VII 43 21 

— de Calatjnus I u 3 

— deCœcilius XIV 511 193 

— de Fauslulus (voy. Statue du Lion de pierre) » » » 

— d'HoratIa I 4 3 

— de Julie IX 195 134 

— de Marcclla (la race) I 5 3 

— des Métellus I 4 3 

— deNuma XIV 302 189 

— de Rémus (voy. Remuria) » » » 

— de Romulus (voy. Statue du Lion de pierre) » » » 

— des Scipions IX 195 134 

— Idem . I 4 3 

— des Servilius I 4 3 

— de Sylla IX 195 134 

— de Talius XIII 291 182 

Tombeaux divers dans le Champ-de-Mars IX 195 134 

Tour des Comices XIV » 186 

Trésor public VIII 88 55 

Tribunal du Préteur VIII 128 76 

Tribune (voy. Rostres) » » » 

Tuliianum (voy. Prison) » » » 

Vélabres (les) VIII 102 59 

Vélia X 201 142 

Vicus jEmilianus VII 48 23 

— Brultianus XIV 514 195 

— des Curies X 221 151 

— Cyprius. . • • IV 28 16 

— Janiculensis XIV 515 195 

— Janus • VIII » 65 

— Jugarius VIII 94 . 56 

— Sceleratus IV 56 18 

— Tuscus ou Thurarius VIII 115 62 

Villa publica IX 168 11* 

Voie Appia I 1 1 

— Flaminia IX 191 150 

— du Forum de Mars VIII 156 88 

— Lata VII 41 21 

— Neuve VIII 111 62 

— Ostiensis XIII 272 177 

— Portuensis XIV 295 185 

— Recta ou Tecta (voy. Lata). . . . • » » » 

— Sacrée et Tavernes IV 24 12 

— Sacrée VIII 55 25 

— Triomphale IX 198 158 

— Idem X 238 156 

— Idem. . . XI 255 169 

Vulcanal ou Area de Vulcain IV 18 9 



Fm DE LA TABLE. 



INTRODUCTION 



VOYAGE A ROME SOUS AUGUSTE ET SOUS TIBÈRE. 



Camulogène, jeune Gaulois originaire et habitant de Lu- 
tèce, dans la contrée des Parisiens'^, conçoit le dessein de 
visiter Rome : il n'est point poussé par le désir d'une vaine 
curiosité, trop commune à ses compatriotes; il veut aller 
étudier de près les mœurs, les institutions, les usages et les 
coutumes du peuple Romain, pour tirer de cette étude des 
connaissances qui puissent être utiles à sa patrie, et peut-être 
aider un jour les Gaulois à reconquérir leur indépendance. 

Une occasion d'entreprendre ce voyage se présente : Fon- 
téius, négociant romain faisant le commerce avec Gena- 
bum f), dans le pays des Carnutes^ f), arrive à Lutèce et 
vient loger chez Camulogène, qui déjà lui avait donné l'hos- 
pitalité. Le négociant engage son hôte à le suivre à Rome; 
Camulogène accepte, et dès le lendemain ils partent en- 
semble. 

Camulogène est petit-fds du guerrier de ce nom qui 
perdit la bataille de Lutèce contre Labiénus, lieutenant de 
César 3. Il laisse dans la ville des Parisiens un ami nommé 

1 Cœs. de Bell. Gall. VII, 34. — Strab. IV, p. 194 ; ou 55 tr. fr. = 2 Cœs. Ibid. 5. = 
3 Ibid. 57. («) Orléans. [>>) Le département d'Eure-et-Loir et les déparlemenls voisins, 
depuis la Seine jusqu'à la Loire. 



208 INTRODUCTION AU VOYAGE A ROME. 

Induciomarc, auquel il promet de transmettre, aussi souvent 
que possible, le résultat de ses observations, dont il doit faire 
profiter leurs compatriotes. 

Mon jeune Parisien a vingt ans lorsqu'il part pour Rome, 
où il arrive l'an 751 de la fondation de la ville. Il y reste 
quarante-sept ans, et ne la quitte pour revenir dans sa patrie 
que l'an 778, au moment où les délateurs portaient pai'tout 
la terreur et la désolation. 

Afin de remédier à l'inconvénient du mode épistolaire que 
j'ai cru devoir choisir, pour les motifs déduits dans mon Aver- 
tissement, mais qui renferme le narrateur dans une époque 
restreinte, j'ai supposé quelquefois, d'abord des fragments 
d'un journal légué à mon Gaulois, et dont la rédaction est 
antérieure de vingt-cinq ou trente ans à son arrivée à Rome ; 
ensuite des appendices qu'il est censé avoir ajoutés en re- 
voyant sa correspondance après son retour à Lutèce, et dans 
lesquels, sous le titre d'achèvements, il achève de traiter tout 
ce qui appartient à un même sujet, mais qui est d'une date 
postérieure à sa lettre. Au moyen de cette petite fiction, je 
conserve dans mes lettres gauloises toute la vraisemblance 
chronologique, sans me priver de la faculté de remonter jus- 
qu'à un passé plus ou moins éloigné, ou d'embrasser un ave- 
nir contemporain, suivant qu'il peut être convenable pour 
l'intérêt de la matière actuellement traitée. 



I 



ROME 

AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 



LETTRE T, 



LE VOYAGE. — LES GAULES. 



Je suis au terme de mon voyage depuis quelques jours seule- 
ment, et je saisis la première occasion qui se présente de te faire 
passer de mes nouvelles. J'ai vu Rome, mon cher Induciomare, et 
je doute que je parvienne jamais à te donner une idée de ce monde 
que l'on appelle une ville. C'est un spectacle si extraordinaire, cpii 
passe de si loin toute imagination, que bien certainement il doit 
être unique dans l'univers. Plusieurs des grandes cités de nos Gaules 
suffiraient à peine pour former seulement un quartier de cette 
Rome, dans les rues de laquelle se presse tout un peuple, ou plu- 
tôt des nations entières. Mais que je te dise d'abord quelques mots de 
mon voyage. 

En quittant le pays des Parisiens {") , nous dirigeâmes notre route 
vers celui des Senones {^) et des Manduhiens [^) . Je voulais dans 
cette dernière contrée voir Alesia (''), ville située sur une haute col- 
line, et qui fut un obstacle si puissant au succès de notre vainqueur ', 
que l'on a dit à Rome qu'il fallait être plus qu'un homme pour tenter 
ce que César fit à Alesia, et presque un dieu pour l'exécuter ^ Après 
Alesia, Gergovie, dans le pays des Boïens {'], attira mon attention. 

1 CtBS. de lîcll. Gall. VII, 49. = 2 Palercul. II, U7. (<•) Les départements de la Seine 
et de Seine-el-Oise. C») Diocèse de Sens, s'élendant dans les dcpaitements do l'Yonne, 
du Loiiel, de Seine-et-Marne, et de l'Aube. (') Dans les parties occidentale et cen- 
trale de la r.ôte-d'Or. C) Ruines sur une colline au-dessus du villafîe d',l/(:p ou Sninle- 
lîeine. (') I,e sud du d('i>artemrnl de l'Yonne, <•! le iinnl de relui de la Nièvre. 



-IM) ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

Bàlie commo la prcniièrfi sur une haute montagne, elle fut plus 
heureuse, car César l'assiégea vainement '. 

Laissant sur notre droite les Arvernes {"), si terribles aux Romains 
auxquels ils opposèrent souvent jusqu'à deux cent mille hommes, 
et quatre cent mille quand Vercingétorix marcha contre César*, nous 
entrâmes dans le pays des Ségusiens[''). Nous arrivâmes à Lugdu- 
numif], ville qui, hâtie sur une haute colline', un peu au-dessus du 
contluent du Uhùne et de la Saône *, semble une citadelle au milieu 
du pays. Bien que sa fondation ne remonte pas à plus d'une ving- 
taine d'années*, néanmoins nulle ville des Gaules n'est plus peuplée 
après Narbonne. 

Une route conduit de Lugdunum en Italie, ou plutôt au pied des 
Alpes, grande chaîne de montagnes jetée entre cette contrée et la 
Gaule Narbonnaise. Les Alpes sont une véritable barrière, et quoi- 
que longue de plus de deux cents milles ('') dans la partie qui confine 
à la péninsule italique, il n'y a que quatre passages pour les tra- 
verser : l'un, le plus septentrional, dans le pays des PJiétiens (''); le 
second, en descendant vers le midi, chez les Salasses C) ; le troi- 
sième chez les Taurins (3) ; et le quatrième chez les Ligures {''), près 
de la mer Tyrrhénienne®. 

Nous traversâmes par le pays des Salasses, dans une partie appe- 
lée Alpes Pénines''. Autant la voie est commode dans la Gaule, 
autant elle devient âpre et difficile dans les Alpes : elle est impra- 
ticable aux voitures ; des rochers et des abîmes affreux la bordent 
partout; dans certains endroits le chemin se rétrécit tellement 
que la vue de ces gouffres cause des vertiges aux piétons, et même 
aux bêtes de somme qui n'y sont pas accoutumées : il n'y a que 
celles du pays qui puissent passer avec leur charge en toute sûreté. 
Mais le plus grand danger est celui des neiges qui couvrent les 
sommets des montagnes; de temps en temps des masses énormes 
s'en détachent, et cela d'une manière si imprévue, si soudaine, 
et sur une longueur si considérable, qu'elles enveloppent tout 
une troupe de voyageurs, les entraînent et les ensevelissent dans 

1 Cacs. de Bell. Gall. VU, 36.= 2 Strab. IV, p. 191 ; ou 42, tr. fr. =3 ibid. p. 208; 
ou 101 Ir. fr. — Scnec. Ep. 91. = ^ Slrab. IV, p. 186, 19-2, 208 ; ou 27, 45, 101, tr. 
fr. — Dion. XLVI. .ïO. = 5 Senec. Kp. 91. — Dion Ibiil. = *= Slrab. IV, p. 208 ; ou 
101, Ir. fr. = 7 Ibid. p. 204 ; ou 92, Ir. fr. — Tit.-Liv. XXI, 38; LUI, Epilo. {") Les 
Auvergnats, pays compris dans les départements du Cantal, de la Haute-Loire, du 
Puy-de-Dôme, et de IWilier. Z* Les départements de la Loire et du Rhône. ^«) l.yon, 
au quartier de Fourviére. (<*) 296 kilomol. .'^00. ' Pays des Grisons, [f] Le mar- 
quisat de Saluées, en Savoie. (9) Turin. ;'' La prinripauléde Lucqnes. 



LKTTRE I. 241 

]os vallées sans fond au-dessus desquelles on marche eomme sus- 
pendu'. 

Nous rencontrâmes au milieu de ces lieux escarpés une espèce de 
chèvre de rochers, nommée Ibex, animal fort léger, et qui a un 
singulier moyen de franchir les obstacles qui s'opposent à sa course : 
c'est de faire servir l'élasticité de longues cornes qui s'élèvent sur 
son front, à se lancer de roche en roche, comme on lancerait une 
pierre avec une baliste ^. 

Il nous fallut plus de cinq jours pour traverser les Alpes^ Le tra- 
jet me parut d'autant plus long qu'on ne trouve d'habitations que 
dans les lieux bas et sur les pentes inférieures : les neiges qui cou- 
vrent les heux hauts, les rendent inhabitables*. On n'y voit d'autre 
trace du séjour des hommes qu'un petit temple consacré au dieu 
Penin, qui a donné son nom à ces montagnes^. 

Le pays des Salasses regarde le côté de l'Italie. II occupe une pro- 
fonde vallée en forme de golfe bordé par une double chaîne de mon- 
tagnes, dont ces peuples habitent aussi quelques hauteurs®. 

Immédiatement au bas des Alpes s'étend une plaine immense, 
semée de collines très-fertiles : c'est la Gaule, que de sa position nous 
nommons Transalpine, et les Romains, Cisalpine'^ ou Togée, parce 
que l'on y porte la toge, habit dislinctif de la nation romaine*. Le 
Padus if), appelé le roi des tleuves', traverse cette province dans 
presque toute sa longueur, et la divise en deux portions presque 
égales, la Cispadane, et la Transpadane. La Cispadane comprend 
tout ce qui, sur la rive droite du Padus, borde les monts Apen- 
nins, et la Ligurie ; La Transpadane occupe le reste de la plaine. 
La Cispadane est peuplée de Liguriens et de Gaulois; la Transpa- 
dane, de Gaulois descendants des Transalpins'*', c'est-à-dire des 
Celtes; car la Celtique, notre pays, et ses habitants les Celtes, les 
Romains les nomment la Gaule et les Gaulois '\ dénominations dont 
je me suis déjà servi, et que j'adopterai désormais pour éviter toute 
confusion. 

Ce fut donc encore des compatriotes que je rencontrai dans ce 
pays. Il y a environ six siècles, nos Gaulois envoyèrent des troupes 

1 Strab. IV, p. 204 ; ou 93, tr. fr. = 2 piin. VUf, 54. = 3 Strab. IV, p. 209 ; ou 
103, tr. fr. = * Polyb. UI, 2. = 5 Tit.-Liv. XXI, 38. — Serv. in yEneid. X, v. 13.= 
6 Strab lY, p. 204 ; ou 93, tr. fr.; V, p. 210; ou 109, tr. fr. = 7 Id. V, p. 2tl, 212 
ou, 110, 114, tr. fr. = 8 Cic. Pliilipp. VU, 9. = 9 Fluviorum rex. Virg. Goorg. I, v. 
482. = 10 Strab. V, 212 ; ou MO, tr. fr. — Polyb. U, 3. = u Cees. de Bell. Gall. I, 1.— 
Amm. Marcel. XV, 9.— Diod. Sicul. V, p. 508. (") Le Pô. 



242 ROME AU SIIXLE D'AUGUSTE. 

(Véniigrants chcrchor en Italie dos terres dont ils manquaient chez 
eux. Ils s'emparèrent suceessivement de toute la Gaule Cisalpine 
(relativement à Rome), s'établirent sur les rives du Ticinus ["), du 
Padus, et pénétrèrent jusqu'en Oinbric et en Etrurie, pays dont je 
te parlerai tout à l'heure'. J'aurais donc retrouvé une patrie nou- 
velle par delà les monts, si la patrie pouvait être voyageuse. La ville 
la i)lus considérable de la Gaule Transpadane est Mediolanum [^), 
dans le pays ôcslnsuhriens^^. C'est une colonie Gauloise qui date de 
l'invasion dont je viens de parler; des Gaulois ayant campé sur un 
terrain appelé le champ des Insubriens, la conformité de ce nom 
avec celui d'Insuhrès, canton des yEduens, leur parut d'un augure 
favorable, et ils y fondèrent cette ville'. 

La Cisalpine en général est si fertile qu'elle surpasse le reste d(; 
l'Italie pour la population, le nombre des grandes villes, et l'opu- 
lence. La terre propre à la culture y produit des fruits de toute es- 
pèce en abondance, et les forêts y fournissent de telles quantités de 
glands, que malgré la grande consommation de porcs que l'on fait 
en Italie, tant pour la vie que pour les provisions de guerre, pres- 
que tout se tire de cette province. Les porcs y tiennent de la nature 
des sangliers. Ils sont noirs, et on les voit paître par troupeaux, 
comme des moutons *. Le pays produit encore abondamment du 
millet, de la laine, et du vin*. 

De Mediolanum nous gagnâmes Placentia ('), ville située presque 
au centre du pays; et de Placentia, Parma^ ('^), au confluent du 
Padus et de la Trebia ('"). Fontéius me fit voir entre ces deux villes 
des canaux navigables creusés pour dessécher cette plaine, et rece- 
voir les débordements du Padus. Notre route nous conduisit de 
Parma à lihegium Lcpidi (^), de là à Macricampi (»j, puis dans 
le pays des Ligures C") . 

La Ligurie, regardée comme la seconde partie de l'Italie, et située 
dans le sein même des Apennins, entre la Gaule Cispadane et la 
Tyrrhénie ou Etrurie, ne mérite point de description. Ses habi- 
tants n'y sont rassemblés que dans de simples bourgs; ils n'ont à 
cultiver et à labourer qu'un terrain fort âpre, ou plutôt ils n'ont 

1 Slrab. V, p. 212 ; ou lli, tr. fr.— Til.-Liv. V, 17, 53, 54, 55. — Plut. Camil. 15; 
Maiius, 11. = 2 strab. V, p. 212 ; ou 118, tr. fr. — Polyb. 11, 6. = 3 Tit.-Liv. V, 54. 
= 4 Strab. V, p. 218; ou 140, tr. fr. — Polyb. II, 5. = » Slrab. /(/. p. 216; ou 152, 
Ir. fr. (") Le Tcsin. C») Milan. (<■) Plaisance. (<*) Parme. C) La Trebia. i/) Uegglo. 
(9) Plaine entre Parme et Modcne. ;'', Les Liguriens. =: ' Voy. A la fin du volume l'ob- 
si'i\ allon en tète des .\ol('S et ET}>Uratim\s suiiplnncnlnirex. 



LETTHl-: 1. -2ir> 

qiu; (les rocs k lailler'. La principale prodiiclioii du pays consiste eu 
tVomai;;es, surtout en fromages de lait de brebis'. 

La première ville de la Tyrrhénic est Luna, fomeuse par son 
port*. Elle est médiocre, mais le port très-beau. Des montagnes 
élevées (") , d'où l'on jouit d'une vue magnifique , renvironncnt 
presque de tous côtés. Près de là sont des carrières de marbre 
blanc, ou tacheté de vert, exploitées pour la plupart des beaux ou- 
vrages qui se font à Rome et dans toute Tltalie*. 

La voie Aurélia, grand chemin qui de Rome s'étend jusque dans 
la Gaule Narbonnaise , traverse Luna. Entre cette dernière ville et 
Rome elle longe continuellement le littoral de la mer Tyrrhénienne, 
et ce fut un motif pour me la faire choisir. Les lieux dont je vais 
parler sont donc situés sur celte route. 

Après Luna , on entre sur le territoire de la Macra, petit fleuve 
formant la véritable borne de la Tyrrhénie du côté de la Ligurie ". 
Pise vient ensuite. Cette ville s'élève au confluent de YArnus et de 
YyEsar C") , dont les eaux, en se mêlant, produisent un violent choc 
qui les fait rejaillir sur eUes-mêmes, au point que, d'une rive à l'autre, 
deux personnes ne peuvent s'apercevoir® 

Mais à quoi bon te parler d'une foule de villes que je n'ai fait que 
traverser, dont les noms te sont inconnus, et qui ne me fourniraient 
aucuns détails capables de t'intéresser? Je n'en ai peut-être déjà que 
trop nommé : Je me bornerai donc à te dire qu'en Italie une chose qui 
ajoute beaucoup à la facilité du voyage, c'est que ce pays est par- 
tout coupé de beaux chemins, sur lesquels '' on trouve fréquemment 
des maisons publiques appelées Tahernœ^, Diversoria^, Cauponœ^^, 
ou, si elles sont peu importantes, Cauponulœ^^ . Les voyageurs y re- 
çoivent une hospitalité, mercenaire à la vérité, mais qui n'en est pas 
moins fort agréable et très-commode. Ces gîtes ne sont pas toujours 
excellents *- pour quelqu'un habitué à la moflesse de la vie des 
villes et aux jouissances du luxe ; on doit quelquefois se résigner à des 
privations , s'attendre à coucher sur des lits garnis de bourre de 
roseau au lieu de laine '^ faire de chétifs repas *\ ou bien encore 
subir la mauvaise mine des hôteliers qui trouvent que vous ne dé- 

1 Slrab. V, p. 217, 218 ; ou 135, 142, tr. fr. = 2 Plin. XI, 42. = 3 Ibid. ; lU, 5. = 
* Slrab. Y, p. 222; ou 155, tr. fr. = ^ ]bid. p. 222; ou 136, tr. fr. — Plin. IH, 5. 
= 6 Plin. Ibid. = '< Yarr. R. U. 1, 2. = 8 /jj^j. _ cir. ad Attic H, 12. — Fest. v. Cx- 
diliœ. = 9 Varr. Ibid. — Hor. I, Ep. 15. v. 10. — Ïil.-Liv. XLV, 22. = '^ Hor. I, S. 
5, V. 51; I, Ep. 11, V. 12. = " Cic. Philipp. U, 51. = »2 Til.-Liv. Ihid. = i» plin. XVI, 
36.= '* Hor. I, S. 5, V.71. («) Lfs montagnes de Massa Carara. (*) L'Arno elle Scrchio. 



tJii nom: au sikcle oauclste. 

pensez pas assez chez eux \ et vous font payer tout fort cher -; en 
un mot , supporter mille autres petits désagréments de ce genre. Je 
dirai à la louange de nos compatriotes Cisalpins (relativement aux 
Romains) , qu'ils sont très-désintéressés : nous n'étions pas obligés 
de nous enquérir, comme presque partout, du prix de chaque chose 
en particulier; nous demandions seulement combien par tête, et 
nous en étions souvent quittes pour chacun un sentisse ^, petite mon- 
naie de la plus mince valeur ("j. 

Une fois arrivés dans l'Italie proprement dite, c'est-à-dire à partir 
de Luna, Fontéius nous délassa de temps en temps de cette vie de 
taverne en me menant prendre l'hospitalité chez ses amis, dans des 
maisons de campagne ou des exploitations rurales situées sur notre 
passage *. 

Je voulais l'entretenir un peu de Rome aujourd'hui , mais mon 
hôte me fait prévenir de donner ma lettre sur-le-champ, sous peine 
d'éprouver dans l'envoi un retard de plusieurs jours. Les Tabel- 
laires, me dit-on, attendent à la porte tout équipés, et vont partir à 
l'instant même . Les Tabellaires sont les courriers porteurs des dé- 
pêches expédiées aux gouverneurs de provinces ou envoyées par eux, 
et qui en même temps prennent les lettres des particuliers, adres- 
sées soit dans les pays où ils vont, soit dans ceux où ils passent '. 
Comme on n'a guère que ces occasions, et celles beaucoup plus rares 
de quelques négociants voyageurs, pour communiquer avec les con- 
trées lointaines, je ne t'écrirai pas aussi souvent que je le désirerais; 
j'amasserai mes lettres, et souvent lu en recevras plusieurs à la fois- 
Mais les 7'afc<'//ajVes s'impatientent : adieu. 

De Rome, la sixième nuit du mois d'avril *, ou suivant la manière 
de compter des Romains, le V« jour avant les ides d'avril (*) de- 
l'an lOCCXXXI de la fondation de leur ville. 

1 Plut. Sjmpos. Il, 10 = « Juv. S. 3, v. 166. = 3 Polvb. Il, 3. = * Columel. I, 58; 
XI, 1. = Cic. Ep. famil. III, 3; XV, 17, etc. {") Le Semisse vaut environ 3 centimes ^/^ 
((>) 7 avril. 




SITE ET MVRS 




DE 


ROME 




iii':<no\s . 


1 


/'iir/f t',l/>rfir . 


II 


M„lil l\,/i„., . 


III 


/,.,;,- r, .l^>vy./,. . 


IV 


i„,;- S„.r^> . 


V 


/'.'.rt/l/i'ft/l,- 


VI 


.!//<! <\h/t//,/ , 


VII 


),/;;■ /.,rf,/ . 


VIII 


/■II/-I///I /t'i'i/titifi . 


l\ 


r.r./m- n.mmm.r 


\ 


/'tt/tf/Ùtf 


M 


'"■■/"■■ l/"-'"'- ■ 


Ml 


/'t'.nùii- f>tt/>/t4/uv 


XIII 


. h't-/i/f/tr 


MV 


7'r.w.rfi7;'rt/ir . . 



LETTRE il. 

ARUIVIÎE A ROME. ASPECT I)E LA VILLE. — l'hOSPITALITÉ. l'eMPEREUR. 

LA MAISON PALATINE. 

Plus on approche de Rome, plus le pays devient animé : les che- 
mins sont couverts de chars , de chariots, de mules, de chevaux de 
main, et principalement de chaises ^ et de litières *, espèces de voi- 
tures sans roues que des esclaves dont le nombre varie depuis deux ' 
jusqu'à six * et huit ^ , portent à l'épaule ^ au moyen de longs le- 
viers assujettis de chaque côté ^ Il y a plusieurs sortes de litières et 
de chaises: les unes sont ouvertes, * les autres fermées ^ avec des ri- 
deaux de cuir ^'^ ou des voiles de lin ". L'intérieur est garni de cous- 
sins ^^, sur lesquels le voyageur, mollement étendu'^, lit, écrit, ou 
dort**, suivant qu'illui plaît. Les Romains se servent de chaises ou 
de litières pour les petits voyages *^ ou bien de chevaux de main **, 
et de voitures tirées par des mules ou des mulets •'^ , attelés deux de 
front'*, pour les voyages de long cours. 

Je ne saurais , mon cher Induciomare , te donner une idée de la 
fièvre d'impatience, de l'émotion voluptueuse, mêlée néanmoinsd'une 
sorte d'inquiétude, qui m'agitaient à mesure que nous approchions 
de Rome. Chaque chose que je voyais, je la prenais pour la plus belle 
de toutes, et je marchais ainsi d'admiration en admiration; car celte 
ville s'annonce par une foule de monuments, de beaux édifices pu- 
blics ou privés, tant sacrés que profanes , qui ornent la campagne, 
ou bordent les routes à plusieurs milles de ses portes. 

Le sol où passe la voie Aurélia, accidenté par une foule d'inégahtés 
volcaniques, trompait à chaque instantma curiosité: nous montions; du 

1 Gestaloria sella. — Suet. Vilell. 16. — Tac. Ann XIV, i. — - LecliVa. — 3 Juv. S. 
9, V. 14-2.=: 4 Id. S. 1, V. 64. — Mari. II, 81; Vl, 77.= 5 Cic. cl Q. Kpisl. II, 10. — 
Calul. 10. — Mari. IX, 3. = 6 Senor. Ep. 80. — Juv. S. 6, v. 351; S. 9, v. 142. = ^ Juv. 
S. 7, V. 132. — Suet. Calig. 58. = ^ Nuda cathedra. Juv. S. 1, v. 65. =9 Operla Icclica. 
Cic. Philipp. II, 41. — Cic. cl Q. F.pisl. II, 10.— Dion. LVII, 15.— Clausa lerlica fcnes- 
tra. Juv. S. 5, v. 242. =10 Leclica luta pelle, veloque. Mari. XI, 99. = n Plagulœ. 
Suel. Til. 10. — Non. Maicell. v. plagae. = 12 juv. S. I, v. 159.— Senec. Consol. ad 
Marc. 16. = '3 0v. Art. am. I, v. 486.— Senec. Ep. 80— Juv. S. 1, v. 64. — Lucan. IX, 
V. 589. = i'* Plin. III, Ep. 5.— Juv. S. 3, v. 240. = ^■> Cic. el Q. Episl. Il, 10.— Juv. S. 
5, V. 240. —Tac. Ann. XIV, 4. — Suel. Ncro. 26; Ollio. 6.— A. OU. X, 5. = i*"' Equn.s 
Ilor. I, S. 6. V. 105; I, Kp. 15, v. 10. — Ascon. in Mile. p. 181. — Mannus. Ilor. III, "od. 
27, V. 7; Epod. 4, v. 14. = nv;ui-. II. W. H, 8. — A. Gell. XV, 4. = '8 Varr. IJiil. 



-21 G uoMi: AU siLCLE dalglstl:. 

sommet de la monlén je commonvais à découvrir la villo; mais à peine 
j'apercevais le faite de quelques édifices que le sol s'abaissait, et je les 
perdais aussitôt de vue. C'est que Rome se cache dans les plis du terrain 
où elle est située. Las de ces déceptions, je cheminais avec une sorte; 
de résignation presque indifférente, lorsqu'enfin, sous les feux d'un 
soleil levant splendide, je vis la ville sortir lentement de terre à l'hori- 
zon, et cette fois pour ne plus se cacher*. Fontéius arrêta notre char 
pour mêla laisser contempler à l'aise, dès qu'il me fut possible de la 
découvrir tout entière. Il essaya de me donner quelques explications, 
mais je ne l'entendis point : j'étais plongé dans la contemplation de 
l'inmiense tableau déroulé devant moi , j'éprouvais un saisissement 
indélinissable de surprise, d'admiration, et de crainte. Figure-toi, 
mon cher Induciomare, une plaine inmiense, couverte à perte de vue 
de maisons au-dessus desquelles s'élèvent, comme de grands arbres 
au milieu d'une forêt, une multitude de monuments. Jamais on n'a 
vu, jamais on ne verra que là une pareille agglomération d'habitations 
humaines; ce n'est point une ville, c'est une province couverte de 
bâtiments. On la prendrait volontiers pour la réunion de la plupart 
des cités que les Romains ont conquises, si des villes pouvaient se 
transporter. Représente-toi cet admirable tableau, éclairé par un jour 
d'un éclat de beaucoup supérieur à celui de ces magnifiques journées 
d'été si rares dans notre climat ; tous ces édifices offrant, non l'aspect 
triste et grisâtre de ceux de notre Gaule, mais une teinte blanche, ou 
d'un brun safrané, qui se détache sur l'azur admirable d'un ciel pi'es- 
(jue constamment sans nuages , et alors tu auras peut-être une lé- 
gère idée de la magie de ce tableau. 

Ce spectacle , les souvenirs sans nombre qu'il avait réveillés dans 
mon âme, me causèrent une si vive impression, qu'en entrant dans 
la ville je ressentis véritablement cette émotion religieuse que je n'a- 
vais encore éprouvée que dans les lieux sombres et retirés de nos 
belles forêts, où, sous l'inspection des Druides vénérables, nous 
adorons le puissant Tentâtes K Mais mon recueillement ne dura pas 
longtemps, et le bruit qui vint m' étourdir y mit promptement fin. Je 
disais tout à l'heure que je ne croyais pas qu'il y eût de ville plus 
étonnante que Rome : je pourrais ajouter encore qu'il n'en est pas 
de plus bruyante ni de plus criarde. 

A peine a-t-on commencé de pénétrer dans ses rues, qu'on ren- 

' Lucan. I, v. 453. 



LI/iTKE H. -217 

conli'O iint! foule tU; petits marchands ambulanls, qui lu- iuiil i)oint 
dix pas sans annoncer leur marchandise à haute voix : ce sont des 
vendeurs d'aUumettcs soufrées, cherchant à échanger leur légère 
marchandise contre les déhris de verres cassés * ; des marchands de 
menus aliments , qu'ils débitent à la foule oisive qui les entoure '^; 
des baladins ^ des prestigiateurs qui, avec l'adresse la plus éton- 
nante, escamotent de grosses balles qu'ils placent sous des gobe- 
lets * ; de robustes thaumatopes portant des poids énormes sur le 
iront, et élevant jusqu'à sept ou huit enfants sur leurs bras ^; des 
circulateurs^ montrant des vipères ou des serpents"', par lesquels ils 
se font mordre, et neutralisant aussitôt les effets de la morsure avec 
une potion ou un médicament ^ qu'ils vantent aux spectateurs dans 
un flux de paroles impudentes et ridicules ^ ; des oiseleurs faisant 
voir dans des cages des oiseaux dressés à obéir au commandement'*; 
de misérables athlètes , se battant à coups de poing, brutalement et 
sans art, pour amuser le peuple "; enfin, des enfants qui jouent dans 
les rues et sur les places publiques'-. 

L'univers semble s'être donné rendez-vous à Rome, et le peuple 
qui l'habite est si nombreux que l'on ne peut faire im pas sans ren- 
contrer un obstacle : ici, le chemin se trouve barré par une machine 
qui enlève une lourde pierre, ou une poutre immense ; là, ce sont des 
convois funèbres qui s'embarrassent au milieu des chariots'^; plus loin, 
c'est une troupe de manœuvres et de mulets; c'est un chien enragé 
que l'on poursuit, ou une bande de pourceaux qui se précipite à tra- 
vers la foule '*; puis des charbonniers, chassant devant eux des ânes 
chargés de charbon '°; des muletiers qui dans une montée un peu 
rude , soulevant à l'épaule la partie postérieure de leurs chars, pour 
soulager leurs mules, viennent à plier eux-mêmes sous le fardeau , 
et reculent en renversant dans une course rétroactive tout ce qui se 
rencontre derrière eux '* ; des marchands de chair ambulants", qui, 
au moyen d'un cercle posé sur la tête '^ y portent en équilibre un 
morceau de tripes pendantes, un poumon rouge et sanglant'*, dont 
ils salissent tous ceux qui les approchent. Je n'en finirais point 



1 Mait. I, 42; X, 5; XII, 57. = 2 M. I, 12. = » Ex Circo ludii. Suct. Aug. 74.= 
* Pra-stigialores. Senec. Ep. 45. =5 Mart. V, 12. =s Ciiculatores. Digest. XLVU, til. 11, 
Ifg. 11.='' Ibid. — Mart. 1, 42. = » Gels, de re mcd. V, 27. — ,Elian. de animal. V, 
2; IX, 62. — 9 Mart. X, 5.= 10 Manil. V, v. 385.= " Suet. Aug. 45.= 12 Xon. Marcell. 
Y. cxpiilsim. = l3Hor. I, S. 6, v. 42. =1* Id. H, Ep. 2, v. 72. =15 Appian. de V.vW. civ. 

IV, p. 985. = le Digest. IX, tit. 2. Lcg. 52 § 2. = l' Tit.-Liv. XXII, 20. = '» Fcst. 

V. Ceslicillus = '9 Mart. VI, C4. 



•218 KOML AL ttIHXLL D'AUGUSTE. 

si je voulais décriie seulement hi (lentiènie partie des scènes 
de ce genre qui se passent continuellement dans les rues deRonie. 

11 m'a fallu payer le tribut de mon inexpérience à me mouvoir au 
milieu de ce monde, à me garantir de ses inconvénients et de ses 
dangers. Je m'arrête pour voir un superbe cheval : un soldat passe 
près de moi et m'écrase le pied K Je me retourne; un homme por- 
tant une pièce de bois sur l'épaule, m'atteint à la tète et ensuite me 
crie : gare ! — « l*ortez-vous donc encore autre chose, » lui dis-je 
tout en courroux - ? et lui de s'éloigner en riant. Ce petit accident 
me sépare de Fontéius : je veux courir après lui, mais un villageois 
ivre, conduisant toute sa famille sur un chariot' plaf^, arrive au plus 
étroit de la rue, oii déjà setrouvail un autre chariot gémissant sous 
le poids d'une grosse colonne de marbre, et péniblement tiré par 
des bœufs*. Chacun veut passer le premier; les chars s'embarrassent, 
les conducteurs se prennent de dispute, échangent mille injures ; la 
circulation est interrompue ^, et la foule de voitures, de litières, de 
piétons, de chevaux, s'amasse en peu d'instants, et retlue sur elle- 
même, connue un torrent dont le r;oursest barré. Je cherche une issue 
pour m'échapper : une grêle de tuiles détachées du toit d'une mai- 
son, tombe à mes pieds. Epouvanté, je me jette d'un autre côté : les 
débris d'un vase rompu, lancés par une fenêtre, mettent le comble à 
mon etîroi ''. Je trouve moyen de passer, et pour plus de sûreté je 
me tiens dans le milieu de la rue ; mais une voiture arrive derrière 
moi au galop ; le conducteur m'avertit par le claquement de son 
fouet *; je ne connaissais pas encore ce signal, et je fus sur le point 
d'être renversé aux pieds des chevaux. 

Enfin , mon cher Induciomare, on ne saurait avancer dans cette 
ville qu à travers des milliers d'obstacles de tous genres, sans cesse 
renaissants, qu'à force de coups de coudes donnés et reçus, qu'en 
luttant et criant contre la foule ^; qu'en se battant et se querellant, 
pour peu qu'on soit atïîigé d'impatience "*. Je t'avoue que l'impé- 
tueuse irascibilité dont je ne suis pas plus maître que la plupart de 
nos compatriotes *'fut ce jour-là souvent mise à de rudes épreuves. 

II n'y a pas jusqu'à ma stature, ordinaire dans notre pays, et ici 



1 Juv. s. 3, V. 235. = 2 Cic. de Oral. 11, 69. = Mibuil. I, 11, v. 51.=4Pl;;us- 
Irum. Scliefr. de re vehicul. II, 19. — 3 Tibull. 11, 6, v. 25. — « Juv. S. 3, v.236. = 
' Ibid. V. 268. =^ 8 /d. S. 8, V. 153.= ^ Lurlandum in (uiba ; facienda injuria laidis. 
Hor. II, S. 6, V. 28. = •<> Très simitu res cscndje sont :... el ciirrendum, et pugn.in- 
dum, el aulem jurgaiidum'st in \ia. Plaut. Mercat. I, 1, v. 8, 9. := 'i Til.-Liv. V, 37. 



LETTRE 11. ÛW) 

comparativement très-haute ' ; jusqu'à ma chevelure blonde et (lot- 
tante^, jusqu'à la blancheur de mon teint' (jui, attirant quchiuefois 
sur moi l'attention de ces petits Romains* à face bridée, ne fussent 
aussi un obstacle à ma marche. 

Nous avions laissé nos mules gauloises à la porte de la ville, et 
bien nous en prit, car au milieu de cette coliue, de ces mille bruits 
qui se croisent, meurent et renaissent incessamment, nos pauvres 
bêtes habituées à obéir à la parole n'auraient pu nous entendre, et 
comme elles ne sont point bridées % nous n'aurions pu en être maî- 
tres. Fontéius, après m' avoir fait traverser je ne sais combien de rues, 
de places, de carrefours, me conduisit à la maison d'un ancien préfet 
des ouvriers dans l'armée de César ^ de Mamurra, chez lequel je 
voulus prendre l'hospitalité, parce que mon aïeul Camulogène la lui 
avait donnée autrefois. 

Nous entrons dans une superbe cour entourée de portiques en 
colonnade, et Fontéius ordonne à un jeune gart^'on d'aller nous an- 
noncer, formalité à laquelle on ne saurait manquer sans passer pour 
incivil ''. Peu d'instants après, Mamurra vint, au-devant de nous, et 
nous salua * en portant la main droite à sa bouche, et contournant 
un peu son corps de droite à gauche, tandis qu'à la manière de notre 
pays, je le tournais de gauche à droite '. Nous joignîmes nos mains 
droites en signe d'amitié'", puis il m'embrassa. C'est une marque 
d'affection que les Romains prodiguent à leurs amis '*, et souvent à de 
simples connaissances. « Vous portez-vous assez bien ? » nous dit- 
il '-, information d'usage avec des amis. Puis m'adressant directe- 
ment la parole : « J'ai beaucoup connu votre aïeul, continua-t-il en 
m'appelant par mon nom, ce qui est encore une marque de poli- 
tesse '^ et je suis charmé de recevoir son petit-fds. Soyez ici comme 
chez vous, usez de ma maison, de mes esclaves, et de tout ce que je 
possède, comme bon vous semblera. Dépenser pour une femme 
méchante ou pour un ennemi, c'est perdre son argent; mais pour 
un hôte et un ami, c'est tout gain'*. Voici Theure où la chaleur du 



1 Tit.-Liv, V, 35. — Amm. Marcell. XV, 12.— Diod. Sicul. V, p. 305. = 2 Tit.-Liv. 
XXXVni, 17. —Amm. Marcel!. — Diod. Sicul. /ôjrf.- Sirab. V, p. 196; ou 62, tr. fr. = 
•i Tii.-l.jv. Id. 21. — Amm. Marcell. — Diod. Sicul. /éid. = * Gallis, pree magniludine 
corporum sacrum, brevilas nostra conlenilui esl. Cees. de Bell. Gall. II, 50. = 5 ciau- 
dlan. Kpigr. = 6 cic. ad Allie. VII, 7.— Plin. XXXVI, 6. = '^ Senec. Kp. 43. = 8 'ij|._ 
Liv. VU, 5. =9 Plin. XXVllI, 2.= i» Cic pro reg. Dfjot. 3.— Virg. /Eneid. III, v. 83. 
= 11 Hor. 1, S. 3, V. 43.— Mari. XI, 99; XII, 59. — Suet. Tib. 10, 34;Ncro. 37. = 12 Sa- 
tin' Salve. Sali, fragm. II, 192, édit. Duiosoir. = " pijn. XXVllI, 2. = l* Plaut. Mil. 
glor. 111, 1, V. 79. 



-2-20 KO.MK Al ,Sli:CLK D'AUGlS'i'h:. 

jour (Icvionl accablanln : co climat, auquel vous n'êtes pas habitué, 
ot la fatigue du voyage, doivent vous faire sentir le besoin de reposer 
un peu : je vais vous conduire à la cbambre hospilaiicre ', réservée 
aux hôtes que la faveur des dieux m'envoie *. » 

Quoique l'hospitalité soit exercée à Rome moins libéralement que 
chez nous, elle y est cependant en très-grande vénération ; les Ro- 
mains la mettent sous la protection des dieux ^, et surtout du plus 
grand de leurs dieux, de Jupiter, roi du ciel *. Un hôte devient pour 
eux une personne sacrée : ils le regardent, suivant son âge, comme 
le père, Tenfant, le membre le plus chéri delà famille, et le soignent 
chez eux, s'il vient à y tomber malade ^. Ils peuvent avoir tous 
ces' soins, toutes ces prévenances, car tandis que ce serait un crime 
chez nous de fermer sa maison même au dernier des hommes *, on 
ne devient guère l'hôte des Romains à moins d'être connu d'eux, ou 
tout au moins de leur avoir été recommandé *. 

Mais, en compensation, l'hospitalité établit une sorte de parenté, 
se transmet de génération en génération, résiste aux haines et aux 
ruptures des nations entre elles ', et n'est jamais rompue que dans 
les cas les plus graves. Une petite tablette de bois, appelée la Tessère 
hospitalière, et que tout Romain qui donne ou reçoit l'hospitalité 
partage avec son hôte avant de le quitter, sert perpétuellement de 
signe de reconnaissance '. Elle porte une inscription relatant les 
noms de ceux qui se sont liés d'hospitalité, l'année, le mois et le jour 
où ils contractèrent cette haison, et la mention qu'elle a été faite pour 
eux et leurs descendants*. Quiconque devient infidèle aux liens hos- 
pitaliers, encourt une sorte d'infamie: « Allez chercher quelqu'un 
qui ait en vos serments plus de confiance ; vous avez rompu la tes- 
sère hospitalière; » voilà des paroles que j'ai entendu adresser à un 
violateur de cette union sacrée '. 

Tuer son hôte est un crime '" considéré comme un vrai parricide". 
Vers le temps de la jeunesse de Rome (et l'anecdote que je vais 
raconter est loin d'être unique en son genre), un citoyen de cette 
ville, nommé T. Quinlius Crispinus, avait pour hôte et pour ami un 
Campanien nommé Badins. Capoue s'était révoltée contre Rome, 
et les Gampaniens l'assiégeaient. Radius paraît aux postes avancés, 



1 Hospitale cubiculum. Tit.-Liv. I, 58.=2piaul. Mil. glor. HI, 1, v. 82. =3 V. Max. V, 
1, 5. = * Virs;. /Eneid. 1, v. 753. = •' V. Max. /éid. = 6 jac. Mor. Germ. 21.= 
7 Til.-Liv. VUI, 3. = s l'Iaut. INpr.-il. V, 2, v. 82.— Crufor. p. 5G2, 563. = 9 Plaut. 
Ciàtell. U, 1, V. 27.= >0 Gall. (.-k-:;. 1, v. 78.= 'i Ilor. H, (Kl. 13, v. 7. 



LETTRE 11. 221 

fait appeler Cnspinus, et le provoque au combat. Ce dernier répond 
qu'ils ont assez d'ennemis contre lesquels ils peuvent éprouver leur 
courage ; que pour lui, quand même il le rencontrerait dans la mê- 
lée, il se détournerait afin de ne pas souiller ses mains du sang d'un 
hôte et d'un ami. Le C.ampanien redouble ses provocations, et dit 
que « Si la rupture des traités entre les deux villes ne lui paraît pas 
sutlisante pour briser les liaisons particulières, Badins de Capoue 
signifie à T. Quintius Crispinus de Rome, qu'il renonce hautement 
à toute relation d'hospitalité. » Il ne fallut pas moins qu'une telle 
déclaration pour déterminer Crispinus à accepter le combat. Mais le 
ciel fut juste, et le violateur du saint nœud hospitalier tomba sous 
les coups de celui qu'il avait contraint à devenir son ennemi '. L'im- 
pitoyable Sylla proscrivant en masse tous les partisans de Marins à 
Préneste, et ordonnant le massacre de douze mille de ces proscrits, 
en excepta un seul parce qu'il était hé d'hospitalité avec lui^ 

Un Romain n'attend jamais qu'un hôte réclame ses services, il 
vient les lui offrir de lui-même; ses ennemis deviennent les siens 
propres, et en cas de contestations judiciaires, il se porte spontané- 
ment leur accusateur^. Mais une chose bien plus belle, bien plus 
digne de la majesté du peuple romain, c'est que les liaisons d'hos- 
pitalité ne sont point circonscrites entre les individus; elles s'éten- 
dent jusqu'aux nations \ Dès qu'un magistrat romain a reçu 
l'hospitalité publique dans un pays, dans une ville, cette ville de- 
vient son hôtesse ; alors il se constitue à tout jamais son protecteur 
auprès de ses concitoyens, et se charge des affaires qu'elle peut avoir 
à Rome». Relativement aux liaisons de nation à nation, je ne saurais 
mieux te citer que celle qui existe depuis tant d'années entre le 
peuple Romain et les Éduéens, nos compatriotes ^ 

Enfin l'esprit hospitalier est si bien dans le génie de la nation, 
qu'on a fait des devoirs qu'il impose nne espèce de droit des gens : 
tous les ambassadeurs envoyés à Rome y reçoivent l'hospitalité pu- 
blique'', ceux des peuples ennemis, hors de la ville; ceux des na- 
tions alliées, dans la ville même *. Ils sont entretenus, eux et leur 
suite, aux frais de la république', avec tous les soins, toutes les at- 



1 Tit.-Liv. XXV, 18. -V. Max. V, 1, 3. =2 piui. Sylla, 32. = 3 pijn. m, Ep. h. = 
'' Tit.-Liv. I, 45; VllI, 5. = ■' Cic. Calil. IV, 11 ; in Verr. IV, 6.5. — Plin. lU, Kp. h.— 
Miuini, AUi desli Arvali, p. 782, 785. = « C;cs. de liell. Gall. I, 31. = 7 Tii.-|,iv. 
XI.V, 20. — Plul. Quœsl. roni. p. 115. = « Tit.-Liv. XXX, 22; XXXiU, 24.— Appiaii. «le 
1!<'11. llisp. p 47fi. = 9 '|i,_|,jv. XWIil. 2'<. 



:222 ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

tentions do l'hospitaliti'' privf'e *, et souvent on fait aux ambassadeurs 
amis des présents niaf^niliqiies*. 

Pour achever le récit de la réception hospitalière de Mamurra, un 
splondide repas, appelé le foslin de la bien venue, anquol furent in- 
vités seulement quelques amis choisis, termina la journée '. Je me 
plais à te confirmer ce que nous ont dit souvent à Lutèce beaucoup 
de mar(;hands : Rome est la ville la plus polie, la plus civile du 
monde, et en même temps la plus obligeante envers les étrangers *. 
Mon arrivée, en qualité d'hôte, mit toute la maison en mouvement; 
on s'eflbrca de lui donner un air de fête, et de rendre les chambres, 
le mobilier plus propres, plus l)rillants encore qu'à l'ordinaire"*. 

Parlons maintenant de Rome. La ville est bâtie sur un sol singuliè- 
rement inégal, qui renferme sept montagnes, ou plutôt sept collines, 
car elles n'ont que cent vingt à cent trente pieds, environ, de haut ". 
On les nomme l'Aventin, le Palatin, le Cœlius, l'Esquilin, le Viminal, 
le Quirinal, et le Capitolin''. Un petit fleuve, à peine aussi large que 
le grand bras de la Seine à Lutèce, le Tibre, arrose Rome; il coule 
à l'occident de la ville, bâtie tout entière près de sa rive gauche, 
et ne la baigne que dans un court espace, au moment où il va s'en 
éloigner. Il y a au milieu du lleuve une île fort originale : elle est 
bordée de quais en pierre, dont toute la partie en aval est 
façonnée comme les bordages d'un navire. On l'appelle \ Ile du 
Tibre ou \ Ile Tibèrine^. Deux ponts de pierre, l'un nommé Fa- 
bricius, sur le bras gauche du fleuve *, et Tautre Cestius, sur le 
bras droit, la relient à la ville et à la région Transtibérine "*. Cette 
île n'existe que depuis l'expulsion des rois; lorsque Tarquin fut 
chassé du trône, le peuple ravagea un champ de blé que le tyran 
avait aux portes de Rome, et en jeta la moisson dans le Tibre, comme 
grain impur. Les gerbes s'arrêtèrent non loin de là, au milieu du 
fleuve, et devinrent le noyau d'atterrissements que le temps rendit 
assez considérables pour leur donner la consistance d'une île ". De- 
puis plus de deux siècles elle était demeurée à l'état vague, lorsqu'Es- 
culape, dieu de la médecine, ayant été amené à Rome sous la forme 
d'un serpent, pour faire cesser une peste afï'reuse qui sévissait contre 

1 PIul. Ouscst. rom. p. 113. = 2 /ôùf.— Tit.-Liv. XXVIU, 39; XXX, 17; XLH, 6, 24; 
XLV, 20. = 8 Plut. Sympos. VUl, 7. = * D. Halic. I, 89. =3 Plaut. Slirh. II, 2, v. 
25.— Juv. S. 14, V. 59.— A. Gell. XYUI, 12. = « Brorchi, Suolo di Hoina, p. 211. = 
"^ Voy. la carte du Silc el des Murs de Uotne. = * Plan et Descript. de Kome, n» 504. 
= » Ibid. n" 308. = 10 ibid,. no 509. = H Tii.-Liv. 11, 5. — D. Halic. V, 13. — Plut, 
Poblic. 8. 



LETTRE II. ^220 

los Romains, la choisit pour son refuge. Dès lors elle lui fut consa- 
crée ; on lui bâtit un temple à la pointe de Tile où il était descendu ', 
à l'endroit où est le joli quai dont je viens de parler, et dont la forme 
rappelle la translation du dieu, apporté à Rome sur un navire ^ de- 
puis Épidaure, ville du Péloponnèse , où une ambassade avait été 
le chercher^. 

Je comparais tout à l'heure Rome à une province bâtie : c'était 
trop peu, et je devrais plutôt dire que ce sont trois ou quatre pro- 
vinces l'une sur l'autre. Les maisons y sont d'une hauteur si prodi- 
gieuse que dans beaucoup d'endroits la ville se trouve triplée*, 
quadruplée ^ sextuplée même S sans occuper une plus grande su- 
perficie de terrain. Tu connais cette manœuvre de guerre appelée 
la tortue, où des soldats plaçant le bouclier sur leur tète, établis- 
sent un ordre de bataille vertical pour monter à l'assaut d'une mu- 
raille'': voilà le modèle que l'on semble avoir pris ici dans la 
construction de la plupart des maisons; les habitants de Rome sont 
perchés les uns au-dessus des autres, comme s'il voulaient escala- 
der le ciel. Ce qu'il y a de bien, c'est que leurs habitations sont 
rangées par files contiguës, sur la lisière des chemins. Presque 
toutes sont construites en briques cuites* ou crues*, avec des assises 
de pierres carrées de place en place, ou de pierres taillées en petits 
cubes arrangés en losanges les uns sur les autres, de manière à imi- 
ter la forme d'un réseau, ce qui est assez joli ^ La plupart des cou- 
vertures se terminent en plate-forme *°. On voit cependant aussi des 
faites en pente, munis de tuiles enterre cuite ", ou bien de dalles de 
couleur ou coloriées, imitant de loin le plumage du paon '^ Sur 
quelques vieilles maisons, des bardeaux^^, petites planches de chêne, 
de hêtre, ou de sapin, remplacent les tuiles ou les dalles ^\ 

Pour les rues, elles sont, en général, irrégulières, tortueuses, 
étroites *^ surtout dans les anciens quartiers *^ et, comme de juste 
sur un sol aussi accidenté, montueuses en beaucoup d'endroits, 
quelquefois même si roides , qu'il a fallu y pratiquer des de- 

IV. Max. 1, 8, 2.— Ov. Metam. XV, v. 626. — Plan et Descript.de Rome n" 305. =2 Con- 
jecture. = s V. Max. I, 8, 2. — Ov. Metam. XV, v. 643. = * Tit.-Liv. XXI, 62. = » Cic. 
de leg. agrar. Il, 35.— Vilruv. II, 8. — Tac. Ann. XV, 43.— Strab V, p. 233; ou 210, 
Ir. fr. ; XVI, p. 257; ou 221, Ir. fr.— Plut. Crass. 2. = 6 Strab. V, p. 233; ou 210, Ir. 
fr. = 7 cœs. de Bell. Gall. Il, 6. — Dion. XLIX, 30 = » Suet. Aug. 28. — Diod. Sicul. 
XIV, p. 52.1. = 9 Vilruv. II, 8. — Plin. XXXVI, 22. = '" Vilruv. VII, 1. — Plin. XXXVI, 
23. = Il Plin. Id. 15.— Plut. Svlla, 9. = '- Plin. lbid.= '3 Scandula. Plin. XVI, 10.= 
1* Ibid. = 15 Cic. de leg. agrar. II, 33.— Juv. S. 6, v. 78. — Suet. Nero. 38. = i6 Suet. 
Ibid. — Tac. Ann. XV, 38, 45. — Diod. Sicul. XIV, p. 324. 



-22i ROME AU SIKCLE D'AUGUSTE. 

i;t(;s'. r^os plus grandos sont parli.gûfts on troissui'la largeur: au milioii 
est la voie proprement dite, pour les chars, les bêtes de somme, les li- 
tières; et le long des maisons, un sentier* dallé, de deux àquatre pieds 
de large, pour les piétons. La voie a huit pieds, le passage de deux 
chars de fronts Dans les détours elle s'élargit souvent jusqu'à seize 
pieds*. L'étroitesse des rues, et la grande hauteur des maisons font 
ressembler Rome à une ville quasi souterraine; on s'y trouve, la 
plupart du temps , plongé comme dans des défilés profonds. Si 
cette disposition n'est pas très-agréable à la vue, on y trouve l'a- 
vantage que le soleil pouvant à peine descendre dans ces ruelles pro- 
fondes, il y règne une fraîcheur très-favorable à la salubrité ^ Des 
autels de petites divinités dans la plupart des carrefours ^ des statues 
sacrées ou profanes, en très-grand nombre'', des étalages de mar- 
chands barrant presque le passage, et en l'air, des élolfes ou des 
habits pendus au-devant des maisons habitées par des foulons, 
pour sécher*, complètent l'aspect des rues de Rome. 

Mamurra m'a conduit hier au lever de l'empereur, ou plutôt, 
conmie on dit, à la salutation de César^. Tout le monde y est admis 
indistinctement, jusqu'aux dernières classes du peuple*". Il y avait 
foule; cependant on ne se mêlait point, et chacun en attendant l'ar- 
rivée du maître, se livrait au plaisir de la conversation sur une belle 
place carrée qui précède la maison impériale". Tout à coup on an- 
nonça que la salutation commençait'*. Alors la multitude se forma 
d'elle-même à peu près en colonne, et vint défiler devant le chef de 
l'empire, placé sous un portique de la façade de sa maison, où il se 
tenait tantôt debout, tantôt assis *^. Il adressait de temps en temps 
quelques paroles aux personnes qu'il reconnaissait, et recevait les 
pétitions qu'on lui présentait"*. Il avait près de lui un grand j)e7asf, 
coitfure dont il ombrage sa tête quand il sort, parce qu'il ne peut 
endurer le soleil, même le plus faible '^ 

César-Auguste est petit de taille , mais fort bien fait" ("); on dit 
qu'il se grandit un peu au moyen de sa chaussure '^ Il a les cheveux 
légèrement bouclés et tirant sur le blond, les oreilles moyennes, 

1 Suet. Aug. 72.— Vilell. 15.— Fesl. v.romanam e< larquiliae.= 2 via cl seniila. Plaul. 
Currul. H, ô, v. 8.— V. Max. V, 2, l.i= 3 Descript. de Rome, n» 2i, § XX, cl lïuiii. île 
Pompei, passim. — * Digesl. VUI, lit. 3, leg. 8. = 5 Tac. .\nn. XV, 43. =6 Ov. FasI. V, 
V. 129. — Sud. Aug. 31. — n. Halic. IV, li.— 7 Dion. LX, 23. = 8 Digest. XLUI, lit. 10, 
Icg. 1, §tt.— ^ Salulalio Cœsaris. A. Gell. IV, 1 ; XX, l.= »0Suet. Aug. 5:}. = ii a. Geil. 
Ibid. — Plan cl Descript. de llonic, ii» 224. =^ '^Nunlialum est Cansarem jani saluiari. 
A. Cell. XX, 1.= '3 Dion. LVl, 26. = 1* Suel. Aug. 53.= i» 7i/d. 82. = 16 Suel. Aug. 79. 
= '"/éi(/. 73. = (") Il avait r> pieds 9 pouces romains [1 mèlr. 773]. Suel. Aug. 79. 



LETTRE II. 22r. 

les yeux exlrêmement grands S verdàlrcs comnin coiw dos che- 
vaux, et si brillants, si pleins (h; feu, qu'il est dirticile d'en sup- 
porter l'éclat-; des sourcils qui se joignent, le nez a((uilin, les 
dents écartées, courtes et rouillées, et le teint un peu brun. Il 
est dans la force de l'âge, il n'a que quarante-deux ans. Sa voix 
est douce et sonore '\ et soit qu'il parle ou qu'il garde le silence, 
son visage est naturellement tranquille et serein * («). 

L'empereur demeure au mont Palatin, dans une petite maison 
fort modeste. Les portiques en sont peu spacieux, et l'on n'y voit 
que des colonnes simplement de pierre. L'intérieur, que Mamurra 
me fit visiter pendant que la salutation s'achevait, répond à la mo- 
destie du dehors, et n'égale pas, à beaucoup près, la demeure do 
mon hôte, pour la richesse et la somptuosité; là, pas plus que dans 
les portiques, point de marbres, point de pavés précieux ^ Je vis dans 
la chambre impériale une statuette d'or de la Fortune de l'empire ^, 
la seule chose un peu remarquable qui s'y trouve ; car le mobilier en 
est si simple, que le maître du monde l'Gpose sur un petit lit bas et 
couvert de housses de peu de valeur''. Du reste, cette simplicité est 
générale, et tout ce que j'ai vu dans les diverses chambres ou salles, 
en ameublement, en tables, en lits, atteint à peine à l'élégance d'un 
simple citoyen ^ 

Dans une ville où il y a tant de belles maisons, il serait ditficile, 
pour ne pas dire impossible, de reconnaître à cette habitation la de- 
meure du chef de l'empire. Une chose cependant la distingue, c'est 
que la porte en est surveillée par des soldats en armes, comme celle 
d'un camp^ et, ce qui me paraît assez singulier, par des soldats Ger- 
mains ; ces étrangers composent la garde particulière de l'empereur'". 

Je ne te parlerai aujourd'hui ni du Forum, ni du Capitale, ni 
du Champ-de-Mars, ni d'une foule de magnifiques monuments 
que j'ai déjà visités ; dans mon avidité de tout voir, j'ai passé 
rapidement devant ces choses admirables , mais j'y reviendrai 
dans mes prochaines lettres. Je finirai celle-ci en te disant que 
les Romains ont, comme nos frères de l'Aquitaine, des Soldu- 
riens qu'ils appellent Clients •*, et se font servir par des esclaves. 

> Suct. Aug. 79. = 2piin. Xf, 37.— Serv. in .4=:nei(l. VlII, v. 680. —A. Vict. Aug. =; 
^Sucl. Aug. 84. = 4 Ibid. 79. = S Ibid. 72. — 6 Capitol. Anio. Pii. 12. — Sparlinii. 
Scver. 23.='' Suet. Aug. 75.^^1losi(Juis loclis alquc moiisis, quorum pleraque ^ix pri- 
valiPelcganliœ sinl. Sud. Ibid.= ^ Fulgcnlil)us aimis ronspicuisposlcs. Ov. Trisl. Hl, 1, 
V. :5:î. — Sud. Aug. /.O.— Tac. Ann. I, 7, 2i ; XIl, G9. = 'o Sut-I. Aug. -'«9. = '' Ca-s. 
ilo lîoll. Call. Ul, 22. i") Voy. sur lo llcuron (hi liirc dii volunip la médaillo d'Auguste. 

1o 



LETTRE m. 



LE FOIlt'M ROMAIN. 



Le climat de ce pays est si doux, la température si agréable, que 
les Romains vivent plus en plein air que dans l'intérieur de leurs 
maisons; affaires publiques, affaires privées, assemblées du peuple, 
réunions de magistrats pour rendre la justice, réjouissances, jeux, 
plaisirs, presque tout se passe sous la voûte des cieux. Deux endroits 
servent plus spécialement que d'autres à cette vie extérieure, ce sont 
le Forum romain et le C/iamp-dc-Mars. Je vais essayer aujourd'liui 
de te faire connaître le premier. 

Le Forum romain est une grande place carrée, presque régulière, 
mais.moitié plus longue que large : elle a huit cents pieds sur quatre 
cents environ ("), et s'allonge entre le mont Palatin et le mont Capito- 
lin*. Des voies pavées la bordent à l'orient, à l'occident, et au septen- 
trion, encadrant ainsi sur trois côtés son aire qui est munie de grosses 
pierres plates quadrangulaires, de couleur un peu jaune. Tout autour 
s'élèvent des temples, des basiliques, des arcs de triomphe ; au milieu, 
des autels, des colonnes statuaires, et surtout des statues. C'est sur 
cette place que les Romains tiennent la plupart de leurs assemblées 
poHtiques, et qu'ils traitent aussi de leurs affaires importantes*; il 
faut donc que tu la connaisses d'une manière un peu détaillée: cela 
n'est pas moins indispensable à l'intelligence des milliers de choses 
dont je vais avoir à t' entretenir par la suite, que ne le serait la topo- 
graphie d'un champ de bataille pour bien comprendre une bataille. 

Je te fais arriver par la voie Sacrée, limite du Forum au septen- 
trion*. C'est le chemin que je prends quand je me rends sur celte 
place en descendant du mont Cœlius, où demeure mon hôte. Un bel 
arc triomphal, ['Arc de Fabius'', à cheval sur cette voie, forme 
comme la porte du Forum à l'orient. 

Une autre rue, la voie Neuve^, qui borne le Forum de ce côté, 
traverse au pied de l'Arc, puis immédiatement au delà commence la 

1 Voy. le Plan de Rome, Ville ,,;.g., et la Desrripl. de Rome, p. 50. = 2 D. Halic. 
ni, 67.— Tir.-Liv. — Cir. — Sali. — Flor. — Plut, ctf., passim. = 3 Plan el Descript. de 
Rome, n" 55. = * Ibid. n" 127. = ■' Ihid. n" 111. "i 257 mélr. OiO, sur 118 m. 520. 



•iii-bi*'e.^ 







tmÇ \ i 

M 







LETTRE in. 227 

place avec ses édifices. On trouve à droite, sur la lisière septentrio- 
nale de la voie Sacrée qui se présente perpendiculairement, d'abord 
le temple d'Ops-Consiva, enclave dans la liegia^ ou maison royale, 
habitation d'un prêtre appelé le Roi des sacrifices. 

Après la Regia sont les Tavernes* neuves^, maisonnettes occupées 
par des comptoirs de banquiers on prêteurs d'argent, car les afiaires 
de finances se traitent également au Forum^ Les Tavernes neuves 
sont adossées à la Basilique Argentaria. 

Une basilique est une vaste salle ordinairement divisée en trois ga- 
leries par deux rangs de colonnes. L'ordre d'architeclure est double 
sur la hauteur, c'est-à-dire que les colonnes sont superposées de ma- 
nière à former une galerie supérieure au-dessus des parties latérales, 
tandis que la galerie centrale a toute la hauteur de l'édifice. Les co- 
lonnes des galeries supérieures posent sur un petit mur assez élevé 
pour cacher la vue des promeneurs aux personnes qui sont en bas *. 
Les basiliques servent de rendez- vous d'affaires pour les négociants ^ 
de lieux d'intrigues pour la politique*. La basilique Argentaria est 
particulièrement affectée aux gens qui s'occupent de prêts et d'usure. 

La Basilique yEmilia ou de Paulus, se présente après la basilique 
Argentaria '^. C'est fun des plus magnifiques monuments de Rome; 
toutes ses colonnes sont en marbre phrygien, belle pierre blanche à 
veines violettes ("). C'est nous, mon cherinduciomare, qui avons payé 
cette magnificence : il y a une trentaine d'années, J. César voulant se 
faire proroger dans le gouvernement des Gaules, et voyant le consul 
^milius Paulus opposé à ses prétentions, lui ou\Tit les trésors 
pillés dans notre malheureux pays, et provoqua sa neutralité par un 
don de quinze cents talents (*) ! ^milius se servit de cet argent pour 
bâtir ce superbe édifice, 

Devant la basilique ^milia, au bas de la pente inférieure du mont 
Capilolin, s'élève la fameuse tribune appelée lesBostres^, parce 
qu'elle est ornée de six rostres d'airain, éperons de navires conquis 
par les Romains dans une bataille navale liwée il y a un peu plus de 
trois siècles aux Antiates, petit peuple du Latium maritime. Cette 
tribune est un large piédestal en pierre de taille, un peu plus haut 
qu'un homme de stature ordinaire. Elle a la forme d'un carré 



' Plan elDescript. de Rome, n" 129. = 2 Ibid. n» 150. = 3 Cic. pro leg. Manil. 7.= 
* Vilruv. V, 1.— Mazois, Ruin. de Pompei, t. 3, pi. XVII. — Voy. la gravure ci-ronlre. 
= 5 Plaul. Curcul. IV, 1, v. 12. —Vilruv. V, 1. = " Voy. lettre XXY = ^ Plan et Des- 
oripf. de Rome, n" 131. = 8 Ibid. n" 85. (") I.e paonaz/etlo. C") 7,821,082 fr. 



2-28 UOMK AU SIKCLE D'AUGUSTE. 

long. On y monle par quelques degrés ménagés sur l'un des colés. 
Une petite enceinte ou parquet formé par une balustrade en pierre, 
défend ses abords vers le Forum. 

Sur la gauche de la Tribune, un peu en arrière (nous passons 
maintenant à la partie occidentale de la place), on aperçoit de flanc 
le temple de la Fortune ' ; de fiice le temple de Saturne, où est le 
trésor do la république -; ensuite le Tabularium du peuple^, où l'on 
garde Tétat civil des citoyens ; et YArea deSaturne *, petite place au 
centre de laquelle est un Autel consacré à ce dieu. 

La Basilique Julia^ et le Temple de Jules-César*^ remplissent 
tout le côté méridional du Forum sans le fermer, car la basilique est 
séparée de TArea de Saturne par la voie du vicus Jugarius ''; du 
temple de César, par une autre voie dont le nom m'échappe, mais 
que j'appellerais volontiers la t^oî'e c?e Vertumne, parce quelle conduit 
auprès d'un temple de ce nom*; enfin du côté oriental, par la voie 
du vicus Tuscus^. 

La Basilique Julia est un grand parallélogramme oblong , com- 
posé de galeries en arcades formant un triple rang de portiques con- 
centriques. Elle fut commencée par J. César, dentelle porte le nom 
de race, et terminée par l'empereur, : • ■':] 

Le Temple de César s'élève à l'endroit où le peuple fit les funérailles 
du dictateur, après qu'il eut succombé sous les coups des conjurés 
armés contre sa tyrannie. Il est entouré d'une colonnade d'un as- 
pect sévère, à simple rang sur les côtés ainsi que derrière, à triple 
rang sur la façade, et repose sur un soubassement auquel on monte 
du côté du Forum par plusieurs degrés. Au milieu de ces degrés il 
y a un autel érigé longtemps avant le temple, dont on attribue la 
construction aux triumvirs, ou mieux à l'empereur, qui fut membre 
du triuniAirat. Au-dessous de cet autel sont quelques proues de na- 
vires pris à la bataille d'Actium. On les appelle nouveaux Rostres, 
par opposition à ceux qui ornent la tribune dont j'ai parlé plus haut. 

En passant au côté oriental du Forum, adossé au mont Palatin, 
nous trouvons d'abord l'A/r/wm regiumet le Temple rond de Vesta'^'^, 
dont j'aurai occasion de reparler; ensuite la Fontaine, ou, comme di- 
sent les Romains, le Lac de Juturne " ; puis le temple de Castor et 
Pollux^^, plus ordinairement appelé tout court temple de Castor. La 

1 Plan pl Descript. de Ronip, n" 8G. = 2 ji^id. n» 88. = 3 Ibid. n» 89. = * Ihid. 
n" 90. = 5 Ibid. n" 115. = 6 Ihid. 11» IIG. = '• Ibid. IV> 91. = ? Ibid. n" 114. == 
^ Ibid. n" 11:;.= ^'> lOid 11" 118. — I' Ihid n" ItO. = >i Ibid. n" 120. 



't, mo 






fis leur déni : 
tmijc ia deiiiile de l'armée laiiiu;, et dispavmuri. ioin le i; 



necs. bu : 
.spacieuN 

0!i', 1 

Kîtt 

ensuite p »ur hàtir la • .irie Jiilia 

Autreîi' " '• 
tilia, so! 

Cdi. 
Juic: 

naiii 
Sur la a-Mh ': 



KiUimêlies »â9. 




p 



II 



LKTTRK III. :i>-20 

t'uiidation de et; dcniici' t^^'(îiiic(^ se rattaeiu^ à rélablissciiiciU d»; la li- 
l)('r(éàriomo:Tar(juin,(liass(''dii trùno, avait soulevé lo Latiuin contre 
les Romains. Pendant une bataille livrée auprès du lac Kéyille, dans 
la Sabine, l'an de Rome deux cent cinquante-quatre, l'armée romaine 
commençait à plier, quand deux jeunes gens d'une taille au-dessus 
de l'ordinaire, apparurent au général des Romains, et, montés sur 
des chevaux blancs, marchèrent à la tête de la cavalerie et mirent 
les Latins en fuite. Le soir même de cette victoire, remportée à plus 
de treize milles de Rome * ("), deux jeunes hommes d'une taille ma- 
jestueuse et d'une beauté surprenante, vinrent en costume de guer- 
riers sur le Forum, et se baignèrent dans la Fontaine de Juturne. Une 
foule de citoyens leur demandant des nouvelles du camp, ils racon- 
tèrent la défaite de l'armée latine, et disparurent. Tout le monde se 
persuada qu'ils étaient Castor et Pollux, et pour prix de la victoire 
à laquelle ils avaient contribué, un temple leur fut élevé à l'endroit 
où ils s'étaient fait voir -. 

Après le temple de Castor on rencontre la Curie Julia ^ monu- 
ment qui n'est consacré spécialement à aucune divinité, et dans 
lefjuel le sénat tient souvent ses séances. Cette Curie, commencée 
après la mort de J. César, dont elle porte aussi le nom de race, comme 
la Basilique, fut terminée par l'empereur, il y a une vingtaine d'an- 
nées. Sa façade présente une suite d'arcades élevées sur un perron 
spacieux, auquel on arrive'par plusieurs degrés. Il y a trente ans, en- 
viron, à la place de ce monument existait l'ancienne Curie Hostilia, 
ouvrage du roi Tullus Hostilius. Le feu la détruisit l'an sept cent un. 
Elle fut remplacée d'abord par un temple delà Félicité, qu'on abattit 
ensuite pour bâtir la Curie Julia. 

Autrefois la Tribune du peuple romain était devant la Curie Hos- 
tilia, sous les yeux du sénat, pour ainsi dire, qui semblait l'observer 
comme pour modérer ses fougues et la contenir dans le devoir \ 
Jules-César, dictateur, la transporta au lieu qu'elle occupe mainte- 
nant ^. 

Sur la gauche de la Curie Julia s'ouvre une petite place étroite, 
je dirais presque un passage , qui communique à la voie Neuve. 
Ce heu très-illustre, très-souvent nommé dans l'histoire romaine, 



1 Nibby, Viaggio antiif. c. 18, p. 251. = 2 Til-Liv. II, i5.— n. Halic. VI, 13. — Tlor. 
I, 11.— V. :\!ax. 1, 8, 1. — 3 l'Ian et Dcscript. de r.ome, n" 122. = ^obsciti Hoslra 
viiidfx Icnicrilalis, cl niodoratrix ollicii, Curia. (lie. pio Flacco, 2i. = ■' Uesciipl. di* 
UoniP, no 85, § Vil, Vlll, 1\. («) 19 Uilomètics 259. 



230 nOME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

est \e ConiilÎKniK Là so réunissent et votent certaines assemblées 
polili(iii('s (lu iM'uplc. 

Le vaste édifice périplère sur le flanc duquel passe la voie Neuve, et 
dont la partie postérieure forme le coté gauche du Comitiuni, atteste 
la grandeur et la iiiagnilicence du peuple Romain, car ce n'est (pi'un 
lieu d'attente pour les ambassadeurs étrangers, auxquels le sénat 
consent à donner audience dans la ville. On Tapelle la GrœcostaHe -, 
comme qui dirait la station des Grecs, soit que des Grecs y aient été 
reçus les premiers, soit pour tout autre motif que j'ignore. 

Deux petits temples, séparés de la Grœcostase par la voie Neuve, 
et dont la façade regarde cette voie, font encore partie du Forum : 
l'un est consacré à liomulus ^ et l'autre à la Concorde". Ce dernier, 
dont la forme est circulaire, a ses murs revêtus de lames d'airain. 

Nous voici revenus à l'Arc de Fabius, et nous avons fini le tour du 
Forum; nous ne pouvons cependant le quitter vsans jeter un coup- 
d'œil sur ses petits monuments. Je n'essaierai pas de les nommer 
tous, tant ils sont nombreux ; mais quelques-uns ont trop d'im- 
portance au point de vue historique , pour que je n'en parle pas. 
Les plus intéressants se trouvent auprès de la voie Sacrée, sur la 
gauche de cette belle voie, dont toute la droite est si magnifiquement 
bâtie. 

On voit vis-à-vis de la façade de la Graecostase, au centre de la 
place, un grand hémicycle en pierre, qui est le Tribunal dupréteur^, 
principal magistrat justicier de Rome. 

Plus près du même édifice, sur la droite des nombreux degrés qui 
montent à cette magnifique station, il y a une petite esplanade décorée 
d'un autel en forme de margelle de puits, c'est le Puteal de Libon'^, 
l'un des endroits les plus fameux du Forum. Il sert de rendez-vous 
aux plaideurs et aux emprunteurs : aux plaideurs qui ont atïaire au 
tribunal ; aux emprunteurs, la proie des banquiers et des usuriers des 
Tavernes neuves et de la Basilique Argentaria. Tous viennent là pour 
attester les dieux de leur bonne foi et de leur probité, serment qu'ils 
font en posant la main sur l'auteF. Il se commet bien des parjures 
dans ce petit coin du Forum. 

Au-dessous du Tribunal du préteur , et vis-à-vis des basiliques 
iïlmilia et Argentaria, sont deux petits arcs carrés, percés de quatre 



> Plan el Descript. de Rome, n» 123. = 2 Ibid. n» 12^. = 3 ii,id. n'> 125. = * Ibid. 
n" 126. = s Ibid. n° 128. = "^ Ibid. = " Si aiam Icncns jurarct. Cic. pro Flacco, 56. 



I 



LETTIΠm. 251 

portes dont les axes m; croisent , et consacrés à .laniis , le dieu des 
portes. On ai)poile Janus supérieur celui qui s'élève devant la basi- 
lique Argentaria, oXJanus inférieur, l'autre, situé devant la basilique 
^milia '. Ce dernier se trouve en eft'et dans l.i partie basse du Fo- 
rum, tandis que le premier est dans la partie haute. Tous deux sont 
le rendez-vous des préteurs d'argent ^ Comme ces Janus encadrent, 
pour ainsi dire , les Tavernes neuves, on en a pris occasion de désigner 
quelquefois ces dernières par le nom général de milieu de Janus ', 
appellation qui a quelque chose de sinistre pour les Romains. 

A gauche des deux Arcs, sur le bord d'une voie qui traverse le Fo- 
rum dans toute sa largeur, et nommée le canal'', on voit un petitbou- 
quet d'arbres, composé d'un figuier, d'une vigne, et d'un olivier 
sauvages. Cette touffe de verdure porte le nom de Lac Curtius ^. Tu 
auras lu sans doute dans l'histoire romaine que je t'ai envoyée, que 
vers lafinduIY''siècledeRome,ungouffres'étantouvert au milieu du 
Forum, des devins consultés sur ce phénomène répondirent que les 
dieux étaient irrités, et qu'il fallait qu'un citoyen courageux se sa- 
crifiât pour apaiser leur colère. Alors un certain Curtius se dévoue; 
il se précipite tout armé , avec son cheval, dans le gouffre qui se re- 
ferme aussitôt. En commémoration de ce dévouement , le lieu fut 
nommé le Lac Curtius. Aujourd'hui l'endroit est encore sacré. On 
y adressé un petit autel ; et le peuple, dans un sentiment religieux, 
prend soin de cultiver les trois arbres qui sont crûs là spontané- 
ment. 

La voie du Viens Jugarius , qui passe entre la basilique Julia et 
l'Area de Saturne, débouche sur le Forum par un bel Arc de triom- 
phe, érigé jadis en Thonneur de l'empereur , après la fameuse vic- 
toire d'Actium ^ 

Il faut maintenant que je dise quelques mots des colonnes et des 
statues. Parmi beaucoup de colonnes honoraires, six surtout sont 
dignes d'être mentionnées : La première, à l'angle septentrional des 
vieux Rostres, sert à marquer le centre de la ville, et de là a reçu le 
nom d'Ombilic de Borne''. 

Deux autres sont rost raies, c'est-à-dire ornées sur leur lut de 
proues ou rostres de navires, parce qu'elles ont été érigées à la suite 
de victoires navales. On les voit devant la basilique .^î^milia * : l'une 

• Plan et Descript. de Rome, n^s isg, 159. = - Ov. Uemcd. anior. v. 561. = * Po>l- 
quam res mea Janum ad médium fiacla est. Hor. H, S. 5, v. 18, 19.^^1'laii et Uescripl. 
de Rome, n» liO. = ^ Ibid.n^ Ul.— 6 Ibid. i\° liô.= "! Ibid. n" »ô.—^lbid.n° 151. 



'i7)-2 HOMi: Al SIKCLt: D'AUGUSTi:. 

est consacrée à J. César, et raiitro, plus ancienne, à Gains Duilius, 
le i)reniier Romain qui battit les Carthaginois sur mer. 

Entre le temple de Castor et la Curie Julia, la Colonne Menia ' est 
célèbre , parce que c'est là que des magistrats inférieurs , appelés 
Triumvirs capitaux , jugent les délits des dernières classes du peu- 
ple. Le grand tribunal est au milieu du Forum; le petit , dans un 
lieu retiré qui convient à l'obscurité de ses attributions : il n'y a 
même pas de tribunal proprement dit, car les juges siègent sur des 
bancs placés à terre -. 

Non loin de là, devant l'Atrium regium et le temple de J. César', 
on voit une petite colonne carrée , plus vieille que tous les monu- 
ments qui ornent aujourd'hui le Forum. Elle fut érigée à la gloire 
du vain(|ueur des Curiaces, pour porter les dépouilles des trois 
frères Albains. Le temps a détruit les trophées, mais la colonne, 
quoique bien endommagée parles siècles, garde toujours, comme 
dans l'origine, le nom de Pilier Horatien'*. 

De l'autre côté du Forum, devant le temple de Saturne, est la 
sixième colonne ^ et en même temps la plus nouvelle. Aucun souve- 
nir de gloire ne s'y rattache , mais elle se distingue par un caractère 
d'utilité : c'est une colonne milliaire, érigée par l'empereur pourservir 
de point de départ aux mesures itinéraires de toutes les grandes 
routes de la république. Elle a douze pieds de haut , environ , y 
compris sa base, est de forme cylindrique, en marbre blanc massif, 
et terminée par une boule d'airain, surmontée d'une pointe conique 
triangulaire. Cette boule est dorée, et de là, les Romains, avec leur 
vivacité de langage qui tend à l'exagération, ont appelé la colonne 
le mille d'or ^. 

Il y a littéralement un peuple de statues sur le Forum : je nom- 
merai quelques-unes des principales; d'abord, trois statues éques- 
tres en bronze ; l'une, dorée, est au milieu de la place, et représente 
l'empereur''. Elle Itii fut décernée par le sénat au moment où, âgé 
de vingt ans, il partit pour combattre Antoine. L'érection n'en eut 
lieu que sept ou huit ans après, vers la fin des guerres civiles, et la 
flatterie y mit, par anticipation, l'inscription suivante : pour avoir 

RÉTABLI, APRÈS DE LONGUES GUERRES CIVILES, LA PAIX SUR TERRE ET SIR 
MER. 

' Plan cl Dosnipt de Roiuf, n" 1-21. = ^ Aspon. in Divinat. p. 34. = ^M'Ian i-l 
Dcsciipl. (le Rome, n" 116. = * Pila lloralia. Plan el Dcsciipt. de Rome, n" 116. = 
^ IbiJ, n" l'<5. = 6 Milliarium aunniin. — ' Plan cl Dcsciipt. île Uoine, n» 142. 



LETTIΠIII. 235 

l)(\sd(mxiiu(ios staliiosiVjuosliTS, lapix^niiiTO, iTii^V-eoii llionneur 
de Clclie, r6laf:;o du roi Porsenna, est en haut du Forum, près de 
l'Are de Fabius'; la seconde devant le temple de Castor : cette der- 
nière représente Marcius Tremulus^, guerrier qui vers le milieu 
du cinquième siècle défit deux fois les Samniles, ces redoutables 
ennemis des Romains, 

Les côtés des vieux Rostres^ sont ornés des statues de deux hommes 
qui ont joué un grand rôle dans la république : Sylla et Pompée. 
On doit à César le rétablissement de ces images qui existaient avant 
sa dictature, et qu'on avait renversées. Il semble qu'il les ait mises là 
comme deux grandes menaces contre le peuple, et comme un témoi- 
gnage de son propre pouvoir; l'une, en effet, rappelle une puissance 
vaincue par lui, et l'autre, que les Romains ont déjà subi un maître. 

Les statues sont surtout nombreuses dans ce quartier. 11 y a là en- 
core un Hercule vêtu d'une tunique empoisonnée qui lui donne la 
mort; Camille, le guerrier qui, dit-on, combattit Rrennus; sept 
statuettes érigées à la mémoire d'autant d'ambassadeurs Romains 
tués en violation du droit des gens ; enfin un simulacre du satyre 
Marsyas, emblème de la liberté de la ville, et en général de toutes 
les villes libres*. 

On voit encore dans le même quarfier, devant la Basilique JEm\- 
lia, les statues des trois Sibylles ou des trois Parques ^ ; vis-à-vis, 
devant la Basilique Julia®, les statues dorées des douze grands 
dieux ; devant le Comitium '^ un lion de pierre sous lequel est enterré 
le berger Faustulus, père adoptif de Romulus, ou, suivant une autre 
tradition, Romulus lui-même; enfin au fond du Comitium, sur le 
bord de la voie Neuve, à l'angle septentrional de la Curie Julia, un 
antique groupe d'airain qui représente la fameuse Louve allaitant 
Romulus et Rémus. Cette triple statue est ombragée par un vieux 
figuier, le même sous lequel les fondateurs de Rome furent trouvés 
suçant les mamelles de leur singulière nourrice^. L'image d'airain est 
la reproduction du fait même. On a nommé le figuier ruminai, du 
vieux mot 7'umen, qui signifie mamelle. Les habitants de ce quartier, 
par un saint respect pour Romulus et Rémus, ont soin d'élever tout 
ce qui naît dans leur maison ^. 

Le Forum est le lieu où Rome commença à prendre quelque im- 

1 Plan et nescript. de Rome, n» 127. = 2 Ibid. n» 120. = 3 Ibid. n» 80. = '• Si-iv. 
in .Kncid. Ul, v. 20; IV, v. 58.— Macrob. Saliini. U!, 8. = S pian et Descripl. (k- Uome 
no loi. = fi Ibid. n" 113. =' Ibid. n" 123. = s Ibid. = 9 l'Iul. de toit, l'.om. p. 271. 



234 ROME AL' SIÈCLK 1) Al'GLSTE. 

poi'tance, ;i [Xinlrc son caraclrre précaire de colonie de pâtres et de; 
brigands, d«! ropain; de r»-liigiés. En ellel, les paslenrs de lioniiiUis 
n'occupaienl encore qnn les hants lieux du mont Palatin, lorsqu'une 
tribu belliqueuse de Sabins, vint s'établir vis-à-vis d'eux, sur le Qui- 
rinal'. Roniulus s'ellraye de ce nouvel établissement, il se sent 
faible, et, dans la vue de se fortifier, fait un appel à tous les individus 
repoussés du sein des peuples voisins, condamnés, débiteurs insol- 
vables, esclaves fugitifs et autres ; il annonce que la colonie Palatine 
les accueillera, les admettra dans sa société, leur donnera un asile. 
Ce cri d'alarme est entendu comme un cri d'bospitalilé ; de toutes 
parts accourt une foule impure à laquelle Romulus assigne les par- 
ties basses du mont Palatiji, et un poste plus avancé sur le mont 
Capitolin, dans un bois qui reçut le nom de Buis de V Asyle- . 

Mais ce nouvel accroissement ne procurait à la cité naissante 
qu'une force momentanée, car les réfugiés manquaient de femmes. 
On en demande aux peuples voisins, au Quirinal même : tous refu- 
sent. Alors les Palatins recourent à la violence et ravissent les épouses 
qu'on ne veut pas leur accorder. Tu sais la réconciliation qui suivit 
ce grand attentat dont les conséquences pouvaient amener la ruine 
de la petite cité de Romulus ^ si peut-être elle eût été placée dans 
une position moins inexpugnable*. Enfin, une union commencée 
par le rapt fut consacrée par l'alliance solennelle des deux peuples. 
Ils la jurèrent dans la vallée qui est maintenant le Forum, à l'en- 
droit où fut élevée alors, et où l'on voit encore aujourd'bui la statue 
de Yénus-Cluacine, dans la voie Sacrée, devant les Tavernes neuves \ 
Cluacine est un nom tiré du verbe cluere, purifier, parce qu'aprsjs 
avoir mis bas les armes, les Romains et les Sabins furent purifiés sur 
le lieu même, avec une branche de myrte. 

Lorsque Romulus et Tatius confondirent leurs deux peuples , le 
Forum était en partie couvert de bois et occupé par un marais où 
les montagnes voisines versaient leurs eaux, Us abattirent les bois, 
comblèrent le marais, et sur ce terrain qui avait été pour eux comm.e 
une frontière défensive, ils établirent un champ destiné aux assem- 
blées du peuple®. Le Forum resta ainsi pendant cent trente ans à 
l'état de champ vague. Sous Tarquin-l' Ancien on commença à le bà- 



1 Niebuhr, Hist. rom. t. I, p. 406, ti. fr. = 2 pian el Descript. de Rome, n" 72. = 
3 Tit-Liv. I, 11.— Flor. 1, 1.— 1). H.ilir. II, 50.— l'Iul. Romul. 14, elc. = * Niebuhr, 
Hist. rom. t. I, p. 403, ir. fr. = 3 plan et Descript. de Rome, n" 130. = « D. Halic. 
II, 50. 



( 



LETTKE III. 255 

tir: le roi distnjjua aux ciloyeiis les terrains environnants; ils 
élevèrent des maisons, des portiques avec des tavernes pour les mar- 
chands, créèrent un nouveau quartier; telle fut l'origine du Forum', 
qui, sans sortir de ses limites primitives, a élé embelli de siècle 
en siècle, et particulièrement depuis une quarantaine d'années. 

Sur cette place tout est monuments ou édifices publics, et, chose 
assez digne de remarque, on n'y voit plus aujourd'hui de maisons 
privées ^ Aussi, malgré l'irrégularité avec laquelle plusieurs de ses 
édifices sont plantés relativement les uns aux autres, peut-être même 
à cause de son irrégularité qui ajoute beaucoup au pittorescpie, rien 
n'est imposant comme son aspect; de quelque coté qu'on se tourne, 
on est ébloui, on se sent ravi d'admiration. Mais la vue d'ensemble 
paraît plus merveilleuse encore, parce qu'elle fait saisir toute la gran- 
deur du tableau. En se mettant à cinquante pas en arrière de la place, 
au milieu de la voie Sacrée, devant un petit temple des Lares situé 
au point culminant de cette voie^ et dominant le Forum de plus de 
quarante-cinq pieds ("), on a devant soi, en premier plan, l'Arc de 
Fabius ^C*), à gauche, en deçà de l'Arc, la Porte Romana et les pre- 
miers degrés du mont Palatin", le Vulcanal ou Area de Vulcain^ pe- 
tite place derrière le temple rond de la Concorde, avec la colonne 
statuaire de Ludius et deux arbres plus vieux que Rome, un lotos et 
un cyprès. Ils forment une masse de verdure au-dessus de laquelle 
se montrent la Grœcostase, avec sa belle colonnade, vue de profil, 
ainsi que le sommet de presque tous les édifices de la partie occi- 
dentale du Forum, vus de face. 

A droite, au bord de la voie Neuve, toujours en deçà des limites 
de la place, la basilique Opimia"' se présente la première ; puis, sur 
la place, après l'Arc de Fabius, le temple d'Ops-Consiva et la maison 
du Roi des sacrifices*, la basilique Argentaria avec les Tavernes 
neuves ^ et la basilique iEmilia'". 

Au milieu du tableau on reconnaît le Tribunal du Préteur*', les 
deux Janus, le supérieur et l'inférieur ^^ les Rostres •*; et derrière, au 
pied du mont Capitolin, sur l'extrême limite du Forum, la Prison 
publique " et les Degrés Gémonies qui y conduisent; le Clivus de l'A- 
syle, qui monte au Capitole ; à gauche du Clivus, le temple de la Con- 

1 D. Halir. IH, 67. — Til.-Liv. I, 35. = 2 nesrript. de Rome, p. 91. = ^ Jbid. 
n» 22. = ^ Ibid. n" 127. = 5 Ibid. n" 199. = 6 Ibid. n» 18. =7 Ibid. n« 32. = 8 Ibid. 
1)0 129. = » Ibid. n" 150. — 1» Ibid. n» 131. = l> Ibid. n" 128. = 1^ Ibid. n»' 138, 
139. = 13 Ibid. n» 83. = i* Ibid. n« 82. (») 15 mèlr. 443. (*) Suivez la descript. sur 
la gravure ci-conlre. 



256 nOMi: AL SIKCLL DAUGUSTE. 

cordo', puis celui (Ic.ltipitPr Tonnant*; ot un pou«'n avant do ce der- 
nier, tout à fait au bord de la place, le temple de la Fortune, planté 
sur un" très-haut soubassement \ comme si c'était im end)lènie rpie 
la Fortune romaine domine partout où elle se trouve. 

Le mont Capitolin forme la dernière li^ne de ce tableau gV-néral : 
au centre, au-dessus des faîtes des temples de la Concorde et de 
Jupiter-Tonnant, adossés au mur de soutènement de la monla<;nc, 
se déploie une longue galerie en arcades, avec colonnes à demi en- 
gagées : c'est le Tabularium'' ou dépôt des lois. 

A gauche apparaît une partie de la fameuse Roche Tarpéienne, 
avec un escalier en double rampe, nommé les Cent marches^, qui 
conduit à la Forteresse du Capitole. 

A droite, sur un sommet encore plus élevé, la vue rencontre une 
enceinte de grandes et belles murailles couronnées de nombreuses 
statues, et au-dessus, le temple de Jupiter-Capitolin", majestueux 
édifice qui domine tout, et semble se dresser pour promener autour 
de lui des regards de maître, et voir au loin ce qui se passe dans 
l'univers. 

1 Plan fl Uesrript. de Rome, n" 83. = ^ Hid. n" 8 4. = 3 Ibid. n" 86. = '^Ibid. a" 73. 
= 3 Ibid. n» 59. = « Ibid. n» 81. 



LETTRE IV. 

CONSTITUTION DE L\ SOCIÉTÉ ROMAINE. — FOUMES DU GOUVERNEMENT. 

Le peuple romain se compose de trois ordres : les Patriciens, les 
Plébéiens elles Chevaliers. Les Chevaliers passent avant les Plébéiens : 
tu verras tout à l'heure pourquoi je les place au troisième rang. 

Les Patriciens sont des citoyens qui seuls peuvent prétendre à 
quelques hautes magistratures ainsi qu'à certains sacerdoces '. Il y a 
des Patriciens de race, et des Patriciens de création : ces derniers 
sont, et furent toujours élevés à ce rang par la plus grande autorité 
de la république, d'abord par les rois ^; ensuite par le peuple ^ par 
les dictateurs*; aujourd'hui par l'Empereur'. Le patriciat se con- 
fère à vie, et le plébéien qui le reçoit fait souche d'une race nouvelle. 
Les premiers Patriciens furent les sénateurs de Romulus, appelés 
Pères [patres] d'où l'on a dérivé le nom de Patriciens. Leurs des- 
cendants conservèrent cette qualité ^ ; mais les races, par un efï'et na- 
turel, diminuant de siècle en siècle, les besoins de la magistrature et 
du culte obligèrent de combler par des créations les vides trop sensi- 
bles produits par les extinctions''. Les choix se font parmi les sé- 
nateurs", afin de rappeler toujours Tinstitution à son origine. 

L'ordre des Plébéiens comprend tout ce qui n'est ni patricien, ni 
chevalier, et renferme l'immense majorité du peuple, forme le corps 
de la nation. Les Plébéiens peuvent prétendre à tout, dans de cer- 
taines conditions, même au patriciat. Ceux qui arrivent aux magis- 
tratures deviennent nobles, et transmettent ce titre à leurs descen- 
dants ^. Les distinctions entre les Patriciens et les Plébéiens, très- 
tranchées dans les premiers siècles de l'ancienne république, où les 
alliances entre les deux ordres furent prohibées **^, sont, depuis plus 
de quatre cents ans, plutôt nominales que réelles. 

Autrefois les Chevaliers éVàieni l'élite de la jeunesse romaine", qui 

iLelties XXVI, l. II, p. 4; XXX, p. 63 et suiv. ; XXXI, p. 85, 94, 97; XLIX, 
p. 530; LXXXV, t. III, p. 563. = 2 Tit.-Liv. I, 50, 33. — Suet. Aug. 2. = » Tit.-Liv. 
IV, 4.- Suet. Tib. 1 ; ?,'er. 1 ; Vitell. 1. — U. Halic. III, 29. = 4 Tac. Ann. XI, 23. — 
Suel. Cœs. 41. — Dion. XLIX, 43. = 3 Tac. 76(d. = s Cic. de Repub. II, 12.— Tit.-Liv. 
I, 8.— D. Halic. II, 8.=:"Conjeclure.= 8ïac.— Dion. Ibid. =9 Cic. in Veir. V, li ; de 
Lege agra. II, 1.— Sali. Jugurt. 85 —Tit.-Liv. X, 7.— Ascon. in Tog. cand. p. 1 12. = 
"3 Til.-Liv. IV, 1, 6. = 11 M. I, 43 ; II, 20 ; XLII, 61.— D. Halic. IV, 18. 



^238 ROM!-: AU SII>XLK D'AUGUSTE. 

formait la cavalerie des armées', comme chez nous*. La république 
leur foufriissait un cheval ' et la somme nécessaire pour l'entretenir *. 
Les Chevaliers aujourd'hui ne font plus la guerre : ils s'occupent 
d'afï'aires d'argent, et remplissent les fonctions de juges,- pour admi- 
nistrer la justice *. Il y a bien un demi-siècle qu'ils ont quitté le mé- 
tier des armes, sans perdre néanmoins le nom de chevaliers *. 

Une autre bizarrerie, c'est qu'ils n'ont guère commencé à former 
un ordre dans l'État, que depuis l'époque où ils ont déserté le plus 
noble de tous les services. Ce fut un magistrat du peuple, C. Grac- 
chus, qui, pour mortifier le Sénat, fit des chevaliers un ordre séparé 
sous le titre déjuges, parce que les fonctions judiciaires leur furent 
alors confiées®*. Dès les premiers siècles de Rome, les chevaliers, 
dont l'institution remonte à Romulus ^ furent très-considérés. Cette 
considération, qui n'a pas cessé de les entourer, donna sans doute 
l'idée d'en faire un ordre à part ; mais Gracchus n'y réussit qu'im- 
parfaitement, car ils forment plutôt une classe qu'un ordre : en ef- 
fet, influents par leur position, leurs richesses, leurs alliances, ils 
n'ont pas de puissance légale, et comme pouvoirs politiques, jamais 
on ne connut que le Sénat et le peuple ; l'ordre équestre se confond 
dans le peuple. 

! Du temps du roi Servius, il fallait appartenir aux premières fa- 
milles de la ville, c'est-à-dire aux plus riches pour être admis dans la 
chevalerie* ; aujourd'hui on n'y peut entrer à moins de posséder^ 
quatre cent mille sesterces '" ("), et d'être Agé de dix-huit ans ", 

Les deux ordres, ou les trois ordres, si l'on veut, dont se compose 
le peuple Romain, sont divisés en trente-cinq Tribus **, subdivisées 
elles-mêmes en Curies et Centuries. Les Tribus sont des divisions 
politiques et topographiques '^ ; les Curies et les Centuries, des divi- 
sions politiques, où chaque citoyen se trouve rangé suivant son âge 
et la quotité de ses biens "^. Ainsi, que l'on soit patricien, chevalier 
ou seulement plébéien, on appartient d'abord à la Tribu et à la Curie 



• Tit.-Liv. I, 45 ;V, 12 ; XXIV, 52, et passim.— Cic. Philipp. I, 8.— Plin. XXXIII, 1, 
2, etc. = 2 Cœs. de Bell. Gall. VI, 15.= 3 Tit.-Liv. V, 7. =* Fest. v. v. Equestre, llor- 
dearium, hnpolilias.— Tit.-Liv. I, 43. = s Lettres XXXIX, l. II, p. 189;LXXXI1, 
t. 111, p. 333. = 8 Plin. XXXIII, 2. = 6 Tit.-Liv. 1, 13. — Fest. v. Celeres. = ^ Tit.- 
Liv. I, 35 ; II, 1 ; IV, 52; XXIV, 40; XL, 54. = 8 Cic. de Repub. II, 22. — Til.-Liv. 
I, 45.— D. Ilalic. IV, 18. = 9 Tit.-Liv. V, 7. — Hor. ArL poel. v. 385.— Sue(. Aug. 40. 
— Juv. S. 14, v. 322. — Dion. LV, 15. = '« Ilor. 1, Ep. 1, v. 38. — Plin. XXXIII, 2. = 
H Dion. LU, 20. = «2 Tit.-Liv. 1,45; II, 21 ; VI, 5 ; Vlll, 17 ; IX, 20; X, 20, et 
passim. — Plut. Ti. f.racc. 12. — Appian. de Bell. civ. I, p. 610, etc. = 13 cic. Tit.- 
Liv. passim.— A. Gell. XV, 2T. = t^ Lettre VIII, p. 268. {") 107,560 fr. 



LETTRE IV. 250 

du pays ou de la région où l'on dcmeuro, et, dans cette tribu, à une 
centurie. La tribu est la classification fondamentale, et un citoyen 
joint à son nom de famille celui de sa tribu '. 

Le vêtement joue aussi un rôle dans cette organisation sociale : les 
citoyens Romains ont un liabit qui leur est particulier, la toge-: 
je l'ai déjà dit, je crois ; c'est une grande pièce de laine blancbe\ tail- 
lée extérieurement en demi-cercle*. Elle se porte sur l'épaule gauche 
et enveloppe le corps; un pan traverse devant la poitrine, passe sous 
le bras droit, puis revient sur l'épaule gauche, à peu près comme un 
J)audrier ^ de sorte que le bras droit demeure libre *. Les citoyens 
ont sous la toge une tunique sans manches ", qui sert à distinguer 
les trois ordres : celle des plébéiens est tout unie; celle des patri- 
ciens et des chevaliers, bordée d'une bande de pourpre plus ou moins 
large, qui a fait donner à ce vêtement les noms de laticlave et d'an- 
gusticlave ''. Le laticlave, décoré d'une large bande, est l'insigne des 
patriciens*, et l'angusticlave , orné d'une bande plus étroite , celui 
des chevaliers^. La première de ces tuniques se serre sur les hanches 
avec une ceinture, et la seconde se porte sans ceinture '". 

Les deux ordres privilégiés ont encore , pour marque de leur 
rang, un anneau d'or", qu'ils mettent au petit doigt de la main 
gauche. Quelques membres de Tordre équestre n'ont qu'un anneau 
de fer, comme les plébéiens *^ mais tous ont un collier d'or ''. Par- 
dessus l'angusticlave, les chevaliers portent une trabée '*, toge en 
pourpre marine, rayée de bandes d'écarlate", courte, comme il con- 
vient pour des cavaliers '^ Elle s'agrafe sur l'épaule*'' droite *^ 

Malgré ces divisions hiérarchiques du peuple romain, la liberté est 
pour tous , pour le dernier plébéien comme pour le premier patri- 
cien : chez un peuple libre, tout le monde devait être libre au même 
degré *^ 

Deux magistrats annuels, nommés consuls, régissent etadminis- 

1 Cic. Philipp. IX, 7 ; ad Allie. IV, IG ; Ep. famil. VIU, 8 ; IX, 15. = ^Virg. ^neid. 

I, V. 286.— Suel. Aug. 40. — Plin. IV, Ep. 11.— Juv. S. 10, v. 45. — Lyd. de Magist. I. 
32.i=3Lyd. Ibid. = '* Quinl. Inst. Orat. XI, 3.— D. Halic. III, 61. =z ^ Quinl. Ibid. 
= <> Cic. Fragm. in Clod. et Cur.— N'on. Mareell. v. Tunica. — Lyd. de Mngist. II, 52. 
= ^ VaiT. L. L. IX, § 79.— Quint. Ibid. = "* Hor. I, S. 6, ^ 27. — Ov. Trist. IV, 10, v. 
35. — Suet. Aug. 58 ; Tib. 55 ; Claud. 24.— Acron. in Hor. tI^ S. 5, v. 56. = 9 Patcrcul. 

II, 88. = 10 Quint. Inst. Orat. XI, 5.— Suet. Caes. 45. = n Til.-Liv. XXXIII, 12 ; XLIII, 
16. — Ov. Amor. UI, 8,v. 15. — Hor. II, S. 7, v. 53.— Plin. XXXII!, 1.— Sil. liai. VIII, 
V. 675 ; XI, V. 534. = 12 Plin. Ibid. = '3 Plin. XV, 4.— Til.-Liv. IX, 46. = i'* V. Max. 
H, 2, 9.— D. Halic. VI, 13. — Tac. Ann. III, 2.— Pers. S. 3, v. 29. — Stat. Svlv. IV, 2, 
V. 52. = 15 D. Halic. Ibid. = '6 Virg. .ïneid. VII, v. 187.= " D. Halic.'ll, 18. = 
18 Colon. Anio. lab. III. = «Tac. Ann. XIH, 27. 



'^i<> ROMF A(J SIi^C^R D'ArOUSTF. 

Iront on chef la répiibliqno\ Néanmoins, ils sont, à beaucoup d'é- 
gards , sous la dépondance du sénat -, et toujours ils lo lurent, au 
point qu'autrefois il pouvait les faire sortir de charge; mais cela n'a- 
vait lieu que d'une manière indirecte , et seulement dans des circon- 
stances critiques où les sénateurs jugeaient utile au bien de la répu- 
blique que tous les pouvoirs fussent concentrés dans une seide 
main. Alors ils ordonnaient aux consuls de se démettre de leurs 
fonctions, et d'élire, sous le nom de. dictateur^ ou maître du peuple'*, 
une espèce de roi, investi d'une autorité absolue. Ce souverain se fai- 
sait secon(l(>rpar un maître de la chevalerie^, qu'il élisait seul, et qui 
lui restait entièrement soumise La dictature, vraie mise en interdit 
de la liberté, ne durait que six mois ^ Depuis le meurtre de J. César 
elle a été abolie en haine de la tyrannie *. 

Avant cette abolition, lorsque le sénat ne voulait point recourir 
à la dictature, il armait les consuls d'une espèce de puissance dicta- 
toriale par un simple sénatus-consulte qui leur ordonnait de prendre 
garde que la république n éprouvât aucun dommage. Ce décret, sans 
être plus explicite , conférait aux consuls le pouvoir de lever des 
troupes, de faire la guerre, de contenir dans le devoir, par tous les 
moyens, les citoyens et les alliés; d'exercer souverainement, tant 
à Rome qu'au dehors, l'autorité civile et militaire '. 

Quand les affaires suivent leur cours ordinaire, rien d'un peu im- 
portant ne se fait sans le concours du sénat ou du peuple, et souvent 
de l'un et de l'autre à la fois. Le peuple jouit d'un pouvoir immense : 
non-seulement il est consulté sur toutes les affaires, soit intérieures 
soit extérieures, mais encore il élit tous les magistrats, tant civils que 
militaires, et même les prêtres chargés des principales fonctions du 
culte. Il exerce son pouvoir dans des Comices, assemblées générales 
où il se réunit tantôt en Tribus, tantôt en Curies, tantôt en Centu- 
ries, suivant l'espèce et la nature des affaires ^^. Néanmoins le pou- 

1 Ov. Pont. IV, 9, V. 65. — Suet. Calig. 26. — Plin. Panegyr. 39. = ^ Cic. pro Sext. 
65. = 3 YaiT. L. L. V, § 82. — Cic. de Repub. Il, 52 ; de Legib. 111, 3.— Tit.-Liv. IV, 
13, 21, 20, 31 ; VI, 58; IX, 26, elc. — D. llalic. V, 70, — Suel. Tib. 2. etc. = * Cic. 
/*?(/. — Scnec. Ep. 108.= 3 Varr. L. L. V, § 81.— Tit.-Liv. Il, 18; IV, 13, 21, 31, 37; 
Vil, 12; VIII, 12, 13,23; XXYII, 53 ; IX, 58. — Senec. Ep. 108.— Cic. de Legib. 111,3.— 
I). Hàlic. V, 73. —Plu!, r^ Max. 3; Anto. 8. = 6 Tit.-Liv. Vlll, 32. = ' Cic. de 
Legib. 111, 3.— Tit.-Liv. II, 29; 1\, 5i, etc. — D. Halic. V, 70; X, 23. — Plut. Camil. 
3I.-I)igesl. I, tit. 2, 11-. Il, § 18.-Dion. XXXVl, 17 ; XLU, 21. = » Cic. Pliilipp. I, 
1. — Tit.-Liv. Epilo. CKVI. — Dion. XLIV, 31. — Appian. de Bell. civ. III, p. 880. = 
" Daieul operam coiisulcs ne quid rcspublica detrinienti caperct. Sali. Calil. 29. — 
Videret [consul] ne quid lespublica dctrimenti caperct. Tit.-Liv. III, i. — Ut \ideanl 
inagislralus ne quid c>. pciniciosis consiliis M. Manlii lespublica delrimenli capiat. Jd. 
VI, 19. ^ 1" V. Lciiic Vlll. 



J 



LETTRE IV. Ui 

voir prépondérant est celui du sénat; ses attributions balancent 
celles du peuple, et sont véritablement celles d'un roi : il tient dans 
sa dépendance et sous ses ordres immédiats les deux ordres de ma- 
gistrats qui représentent la puissance romaine au dedans et au 
dehors, les Consuls elles Légats ou ambassadeurs ; suivant sa volonté, 
les Consuls peuvent être misa la tète des armées *, ou renfermés 
dans les travaux de l'administration intérieure^. Les Légats, chargés 
de défendre les intérêts du peuple Romain par des négociations, et 
souvent de transmettre aux peuples étrangers ses ordres impérieux, 
n'existent que par le Sénat : c'est lui qui les nomme ^; ils sont 
conrnie ses représentants, car il les choisit dans son sein, par la voie 
du sort*, et leur donne, pour les missions qu'il leur confie, des in- 
structions dont ils ne doivent pas s'écarter s. 

Je te parlerai plus tard des magistrats secondaires, chargés de 
rendre la justice, de veiller à la police de la ville, de prendre les in- 
térêts et la défense du peuple, d'administrer les finances, de gouver- 
ner les provinces. Je reviens au peuple. Il y a dans les classes 
pauvres des plébéiens une espèce de quatrième ordre, que je ne 
qualifierai pas de politique, puisqu'il n'agit jamais politiquement, 
mais qui néanmoins tient un peu de cette nature, attendu qu'il est 
constitué légalement, et qu'il existe en vertu de sénatus-consultes et 
de constitutions soit de l'Empereur, soit même des premiers rois de 
Rome. Cet ordre se compose de tous les artisans réunis en corps de 
métiers, en collèges ®. On attribue àNumacette institution fort remar- 
quable. Le désir d'opérer entre les Sabins et les Romains une fusion 
complète, qui n'existait pas encore lorsque le vœu du peuple l'ap- 
pela au trône, lui en donna l'idée. 11 y avait dans Rome deux partis, 
deux peuples animés l'un coiitre l'autre, et se témoignant une aver- 
sion qui souvent dégénérait en querelles. Numa fit disparaître les 
distinctions de Romains et de Sabins, en classant tous les artisans 
par corps de métiers ; en les réunissant, suivant le genre d'industrie 
de chacun, dans des collèges de musiciens, d'orfèvres, de charpen- 
tiers, de teinturiers, de cordonniers, de tanneurs, de forgerons ^ de 
potiers de terre ® de foulons, ®, de pêcheurs '", d'ouvriers en ai- 

« Cic. in Valin. 15. — Til.-Liv. XXVI, 22; XXX, 1,40; XXXU, 8; XXXVH, l ; 
XXXVIII, 58, (le- Appian. de Btll. riv. I, p 630 ;UI, p. 909, elr. — ? Cir. pro riomo, 
9. — Sud. Cœs. 19, 22. = » Cir. ad Allio. I, 18. — Til.-Liv. XXXIX. 53. = * Tac. 
Hisl. IV, 8. = s Til.-I.iv. Ibiil. = " l)if;csl III, lil. 4, Ipr. 1, <§ 1.— i'.iuler. p. 43, 261 
el passim. = T'Iul. Numa, 17. — Gruler. p. 45, 114, 261, 268. = " l'Iui.— Giul. /ôirf 
— IMin. XXXV, 12. = 9 l'iin. XXXV, 17. = lo Digesl. 111, lil. 4, leg. 1, § 1. 

i. 16' 



2i'2 llO.Mi; AU .SIKCI.K DWUGUSTK. 

raiii ', etc., qui oublièrent Unir origine pour ne plus songer qu'aux 
intérêts de la comintniaulé K En effet, chaque collège d'artisans 
forme une petite république, qui a ses finances, et nomrne ^ à la 
majorité des deux tiers des voix au moins, un agent ou syndic *, 
chargé d'administrer ses affaires et de veillera tout ce qui peut inté- 
resser la communauté ^ Du temps de l'ancienne république, on se 
servait souvent de ces corporations pour agiter le peuple dans les 
intrigues politiques ". 

Mais dans ce tableau de la constitution de la société Romaine, tu 
(>s impatient sans doute de savoir quel rang tiennent les femmes, et 
si, comme nos Gauloises, elles sont consultées sur les affaires publi- 
(|ues, prennent part aux travaux et aux dangers des hommes''? Nul- 
lement : loin d'être consultées sur les affaires de l'Etat, elles n'ont 
pas seulement le droit de traiter seules leurs propres affaires, sans 
être assistées de leur père, de leur mari, ou, si elles n'ont plus ni 
père ni mari, d'un tuteur, légalement constitué, dont elles dépendent 
entièrement*. Toutes les femmes, même celles des premières classes, 
appelées matrones ou mères de famille, sontdans cette espèce d'escla- 
vage permanent, appelé du nom de tutelle ^. 

Les Romains ont cependant le plus grand respect pour les femmes ; 
ils leurs cèdent le sentier dallé dans les rues ^"', et ne prononcent 
jamais une parole déshonnête devant elles ''. Bien plus, dans le but 
unique de protéger davantage leur honneur, et afin que l'on n'ait 
pas même le prétexte de porter la main sur leur personne, une loi 
défend d'employer la violence pour les faire comparaître en justice 
lorsqu'elles y sont citées ^^ Ce respect va si loin, que personne ne 
peut obliger à descendre de char un homme qui s'y trouve avec une 
femme **. 

Autrefois les Romaines ne vivaiCTît guère que dansl'intérieurde leurs 
maisons. Les vieux annalistes rapportent que les Sabins, lorsqu'ils 
consentirent à laisser leurs filles aux Romains, firent promettre à ces 
derniers qu'elles ne seraient jamais employées qu'à filer la laine '\ 

1 Gruler. p. 264. == 2 piut. Numa, 17. = » Digest. UI, lit. 4. leg. 1, §. 1.-- * Ibid. 
leg. 5. = » Ibid. les. 1, § l- =^ Uion. XXXVIII, 13. — Naudel, de la Police rhez les 
Hom. p. 71, I. IV des mém. de l'Acad. des sciences morales. = "^ Slrab. IV, p. 197 ; ou 
66, tr. fr. — IMul. de Viil. fem. p. 12. — l'oljaen. Slralag. VII, 33. = » Llpian. lit. 11, 
g 23, 27 ; lit. 20, § 13. = ^ Id. lil. 11, § 1. — Gaii, I, § 144. — Cic. pro Muren. 
12 ; pro Flacc. 34, 33.— Ïil.-Liv. XXXIV, 2, 7. — Dion. XLIX, 38. = '« Sanxil Senalus 
uli fcminis semila viii cedercnl. V. Max. V, §2, 1. = " Ibid. — Pliil. Komul. 20. 
~ 12 V. Max. II, 1, 5. — Fest. v. malionee. — Plut. Ibid. — " Fesl. Id. = i'- Plul. 
Komul. 19. 



LETTRE IV. 2/k) 

Ce fiiteffectivommit là, pondant plusionrs si(>clrs, loiir nroupation piin- 
cipale. Renfermées dans la partie centrale de la maison, avec leurs 
esclaves, elles les faisaient travailler sous leurs yeux, donnant elles- 
mêmes l'exemple de l'adresse et de l'assiduité ^ Elles confectionnaient 
aussi les habits de leurs époux. Aujourd'hui quelques matrones, quel- 
ques mères de famille, surtout dans les maisons peu riches^, sont 
encore fidèles aux anciennes mœurs ^; mais la plupart des femmes 
dédaignent ces occupations et les abandonnent à leurs esclaves *. 
D'autres font venir de Padoue des étoffes toutes confectionnées^; 
des foulons les apprêtent®, au moyen de certaines préparations 
crétacées ^ de fumigations de soufre, qui les rendent plus moelleuses 
et plus blanches*, et des sarcinateurs^ , des sarcinatrices ^° ou ves- 
tifices les convertissent en vêtements ", sans que les matrones ou les 
mères de famille y aient seulement mis la main. Elles ont cepen- 
dant sous les yeux un illustre exemple, celui de la famille impériale : 
l'empereur ne porte jamais chez lui que des habits filés par sa 
femme, sa sœur, sa fille ou ses nièces ^^, 

Que font donc les Romaines ? Elles perdent leur vie dans des fu- 
tilités : elles passent le temps dans les festins, dans les lieux publics 
où l'on donne des fêtes, car elles ne sont point bannies de la société 
des hommes ; elles reçoivent chez elles des visites *^ sans utilité, s'oc- 
cupent beaucoup de leur parure ^*, s'amusent à élever de petits 
chiens '^ des oiseaux*®; jouent avec des nains qu'elles achètent"; se 
font distraire par des pantomimes**; chantent des chansons égyp- 
tiennes'^, dansent^", jouent aux échecs ou aux dés^S ou bien encore 
travaillent à quelque broderie à l'aiguille ^^ et font des lectures prin- 
cipalement choisies parmi les poésies érotiques^^ Cette vie oisive les 
rend un peu indiscrètes-*. Néanmoins rien de plus aimable que leur 
conversation ; tantôt modeste ou délicate, tantôt libre, suivant leur 
âge ou leur caractère, elle est toujours pleine de grâce et souvent 

» Tit.-Liv. I, 57. — Ov. Fasl. II, v. 740. - Tlin. VIII, 48. = 2Yirg. ^neid. VIII, v. 
408. = 3 Hor. II, od. 18, v. 8.— Columel. XU, prœf. = ^ Propert. IV, 7, v. 57.— Senec. 
Coiilrov. Il, 7.— Pelron. 152.- Columel. Xll, prœf. = » Slrab. V, p. 215, 218; ou 120, 
141, tr. fr.— Mart. XIY, 145. = 6 Digest. XII, lit. 7, leg. 2.— Instit. III, lit. 25, g 1 ; 
IV, Ut. 1, g 15.= '^Plin. XXXV, 17. =8 /i,^. et 15. —^ Sarcinatores. Instit. Ibid 
= "> Sarcinatiices. Gruler. p. 580, 1117. — i' Yeslificae. Id. p. 578. = 12 Suet. Aug. 
73. = 13 c. Nep. praïf. = 1* V. Max. IX, 1, 5.— Columel. XII, prœf. = <5 Cic. de Divin. 

I, 46.— Propert. IV, 5, v. 55.— V. Max. I, 5, 3.— Plut. P. ^mil. 10.— Mart. XIV, 198.= 
iscatul. 2, 3. =!■' Plin. VII, 16. = 1» Plin. VU, Ep. 24. = i» Ov. Art. am. III, v. 
315. =20 Sali. Catil. 25. = 21 Plin. VII, Ep. 24. = 22 Gall. 1, v. 48. = 23 Ov. Trist. 

II, v. 370; Art. am. III, v. 529.— Propert. I, 7, v. 11 ; III, 1, v. 48 ; 7, v. 45. = 2* Plut. 
Cato. maj. 9. 



244 ROMR Alî SIKCLE D'AUGUSTE. 

(ronjoiicmonl '. En raison de leur vio domostiquo, commo oUes on- 
lendonl moins parler, elles conservent mien\ que les hommes la 
pureté de l'ancien accent, et gardent plus facilement leurs premières 
habitudes de langage -. 

Quoiqu'une législation injuste et bizarre ait banni les femmes des 
affaires publiques, elles ont néanmoins souvent trouvé moyen d'y 
prendre une part indirecte. « Les autres hommes commandent à 
leurs femmes, disait le vieux Caton, dans le siècle dernier, nous à 
tout le reste des hommes, et nos fenmies à nous\ » Il disait vrai en 
riant. En effet les Romaines douées de quelque force de tête, de quel- 
que vigueur de caractère, se sont toujours, sous le nom de leurs ma- 
ris, immiscées dans le gouvernement de la république : Sylla, ce 
vigoureux despote, avait laissé prendre à Métella sa femme un tel 
empire sur lui, que c'était un fait public, au point qu'un jour le 
peuple de Rome appela hautement Métella pour qu'elle obtînt le 
rappel des bannis du parti de Marins obstinément refusé par Sylla''. 
Cicéron se laissait diriger par sa femme Térentia; ce fut elle qui le 
poussa, dit-on, à faire exécuter les complices de Catilina*. Fulvie, 
épouse d'Antoine, était l'âme du triumvirat ^, et plus d'une fois il est 
arrivé à l'empereur de prendre conseil de sa femme Livie ''. 

Ces exemples sont maintenant plus rares qu'autrefois, et Ton peut 
dire des femmes d'aujourd'hui qu'en général elles mènent un genre 
de vie inutile à leurs maris et à leurs enfants, et nullement profitable 
à la république. Leur dédain des soins domestiques, l'éloignement où 
on les tient des affaires, sous prétexte de la faiblesse de leur sexe*, 
sont quelquefois pernicieux aux mœurs ; beaucoup d'entre elles 
tournant vers les passions l'activité de leur esprit, oublient leurs de- 
voirs d'épouses jusqu'à former des liaisons illicites. Tl y en a qui tra- 
fiquent pour ainsi dire de leur affection, et cherchent dans une cou- 
pable intrigue, non-seulement des émotions pour leur cœur dépravé, 
mais un secours généreux pour leur luxe et leur coquetterie *. 

Ces nobles romaines^ qui déshonorent leur stole me rappellent 
une classe de femmes dont j'avais résolu d'abord de ne pas te parlei-, 
parce qu'elles forment dans Rome comme une population étrangère ; 
ce sont les Courtisanes; mais en les laissant de côté, le tableau que 
j'essaie serait plus qu'incomplet, il serait infidèle, car elles sont très- 

1 Sali. Catil. 23. = - Cic. de Orat. UI, 12. = 3 Plul. Calo maj. 8 ; Apolliegm. p. 
7'<8. = * Jd. Svll. 6. = 5 fd. Cic. 20. = « Id. Anlo. 10. = 7 Sonro. <Ip r.lcmeni. I, 9. 
— SiK'l. Aiiu'. S'k = » V. M.1V. 1\, I. r.. = ■' Sali. Calil. 25. 2'i. 



rKTTUt; IV. '2\:^ 

iiuinbi'ciises'. D'ailKnas la position de ces l'cmines élan! réglée par 
lt!slûis,ellesappartiennentaussiàlaconstilu(ion politique de la société. 

Les courtisanes sont, pour la plupart, des affranchies ou des étran- 
gères^; à ce titre elles seraient déjà peu considérées; mais leur vie 
ignoble, infâme, leur caractère vil et intéressé*, les placent au der- 
nier degré de l'échelle sociale, et ce sont, en général, les créatures 
les plus méprisées et les plus méprisables. Néanmoins, dans le nombre, 
certaines se tirent de pair par leur beauté \ par les charmes de leur 
esprit, par leurs talents; beaucoup savent marier leur voix aux ac- 
cords d'une lyre qu elles font résonner elles-mêmes % et déployer 
mille grâces dans les danses les plus séduisantes^ Quelques-unes 
sont comédiennes ''. Avec ces qualités, elles captivent souvent des 
personnages distingués ^ séduisent des poètes qui les immortalisent 
sous des noms empruntés ^ et se font aimer par les jeunes gens des 
meilleures familles"'. On recherche leur société ; elles jouissent des 
relations de leurs amanis, qui souvent le soir, après les affaires du 
Forum, viennent, en compagnie d'amis, causer et se délasser chez 
elles ". Cela leur procure une influence réelle dont elles usent quel- 
quefois pour protéger ceux qu'elles aiment, et leur faciliter la car- 
rière des honneurs '^ Ces liaisons sont si ordinaires, qu'il semble qu'un 
jeune homme doive aux courtisanes les prémices de son cœur. Parmi 
ces misérables femmes dont la tendresse mercenaire n'est nullement 
exclusive, on en trouve quel([uefois qui s'éprennent sincèrement, et 
portent dans leur liaisons illicites une délicatesse dont on ne croirait 
pas leur cœur susceptible; en voici un exemple assez remarquable. 

Une courtisane nommée Flore aimait passionnément Pompée. Un 
ami de ce dernier devint amoureux d'elle, et la pressa avec tant de 
persévérance et si vivement de répondre à son amour, qu'elle finit 



1 Plaut. Trucul. I, 1, v. 45 = 2 Cic. Philipp. H, 2-4. — Ov. Ait. am. UI, v. 61."> — 
l'iut. Sylla, 2; de fort. Rom. p. 263. — Serv. iriVirg. Eglo. 10, v. 1. = 3 Ov. Amor. 1, 8, 
V. 10, passim. — Hor. 1, ep. 17, v. 55. — l'iopeil. 11, 18, v. 39 ; UI, 11, v. 1 ; IV, 5, 
V. 19.— Plaut. Asin. I. 3, v. 25; Trucul. prolog. v. 12; I, 1, v. 10; 11, 1, v. 14 ; Cislell. 
I, 1, V. 98. — Tcreiit. Kunuch. V, 4, v. 12.— Mart. X, 73 ; XI, 30 ; Xll, 53. — Fesl. \. 
clecebiœ. =: * Plut. Lucull. 6 ; Ponip. 2. = 3 Hor. Il, od. 11, v. 22 ; 111, od. 9, v. 9. 
— Piopeil. I, 2, V. 27 ; 11, 1, y. 9, 29; 20, v. 21, 25. — Ov. Art. ani. III, v. 319 ; 
Uemed. amor. v. 533, 356.— Sali. Catil. 25. = 6 i>,opert. H, 2, v. 27. — Ov. Art. am. 
III, V. 349; Uemed. amor. v. 334. — Sali. Ibid. = 1 Cic. ad Atlic. IV, 13. — Hor. I, S. 2, 
V. 55; S. 10, V. 76. -Serv. in Virg. Eglo. 10, v. 6. =8Cic. /(/. X, 10 ; Kp. famil. 
IX, 26; Philipp. ]|, 21.— Plin. VIU, 16.— Plut. Sylla, 2; Lucull. 6; Pomp. 2; de fort. 
15oin. p. 265. = « Hor. — Properl. — GM. — Caiull. passim. — Ov. Trist. IV, 10. — 
Serv. in Virg. Eglo. 1, v. 1. — Porphyr. in Hor. Epod. 3, v. 8. — Ov. Amor. I, H, 
V. 10 ; Art. am. III, v. 535 ; Trist. Il, v. 427; IV, 10, v. 60. — - i» llor.U, od. 8. — 
Properl. Il, 2, V. 43. = iil'alul. 10.=:: npiul. Svlla, 2; Lucull. 6;dc Fort. Hom. p. 265. 



246 HOME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

par lui dire : « Que Pompée le permette. » Pompée, soit pour com- 
plaire à son ami, soit plutôt qu'il craignît de paraître attacher trop 
d'importance à l'amour d'une courtisane, consentit, et Flore céda. 
Elle aurait dû deviner que son illustre amant n'avait permis l'infi- 
délité que parce qu'il se croyait assez aimé pour être désobéi; mais 
la malheureuse pensa avec une certaine délicatesse, qui ne peut, il 
est vrai, se rencontrer que dans les femmes de sa condition, que la 
chasteté du cœur devait suflire à celui qu'elle préférait. Pompée, 
quoiqu'ill'aimât toujours, la regarda désormais comme indigne de 
lui, et cessa même de lui parler'. Alors la pauvre Flore éprouva 
toute la vérité de cette maxime, que l'amour offre la douceur du miel 
miie à l'amertume du fiel *. L'indifférence du grand citoyen dont elle 
avait possédé, et trahi naïvement l'affection, lui causa tant de dou- 
leur et de regrets, qu'elle en fit une longue et dangereuse maladie ^. 

Je ne parle ici, mon cher Induciomare, que des courtisanes un 
peu relevées, des Meretrices^. 11 y en a d'autres, véritables Vénus 
plébéiennes ^ tellement misérables, tellement dégradées*, qu'il fau- 
drait pour les trouver s'enfoncer jusque dans la fange des rues de la 
ville'', et je ne m'en sens pas la force : J'ai puisé jusqu'à la lie', mais 
il ne faut pas la remuer. 

Au surplus cette distinction faite par l'usage, par les mœurs, si ce 
n'est profaner un tel mot que de s'en servir ici, disparaît devant la 
loi qui tient toutes les courtisanes pour infâmes. Jugées indignes de 
protection, elles sont sans tuteurs, ce qui les empêche de faire aucun 
acte légal ^. Une réprobation perpétuelle pèse sur elles, et dehors, 
afin que tout le monde les reconnaisse, on leur interdit la coif- 
fure des honnêtes femmes '", les cheveux longs", ainsi que les habil- 
lements de leur sexe : elles doivent porter la toge comme les hom- 
mes'^ et une mitre '^ peinte de diverses couleurs**. L'espèce de 
moralité d'un pareil règlement accuse l'immoralité des mœurs; 
il prouve que le législateur s'est vu contraint de tolérer le mal, au 
lieu de l'attaquer dans sa racine , en chassant de la république les 
courtisanes qui la déshonorent, qui la souillent et la pervertissent. 

1 Plut. Ponip. 2. = 2piaut. Cistell. T, 1, v. 71. = » Plut. Ihiâ. = * Non Marcell. v. 
flfierclricem. = ^ Mail. U, 55. =6 >;on. Marcel. Id. — Fosl. v. alicaria; et Diobolares. 
= ■? PropcMt. II, 18, V. 71. = 8 II, quklem de fœce hauris. Gif. Rrul. 69. = ' Tit.-Liv. 
XXXIX, 9, 19. = i« Ov. Art. am. lU, v. 485. = n Plaul. Moslcll. I, 1, v. 69. = 12 Cic. 
Philipp. II, 18. — Hor. I, S. 2, v. 65, 82. — Juv. S. 2, v. 90. — Mart. Il, 59 ; VI, 64 ; 
X, 32, = li Juv. S. 5, V. 66.— Sc'iv. in .Eacitl. IV, v. 216. = iM'icla milia. Juv. Ibid. 



À 



LETTRE V. 



LE CUAMP-DE-MAnS. 



Voici la seconde lettre que je te promis sur la topographie de 
Rome, lorsque je t'ai parlé du Forum romain. Je le répète, il est très- 
important pour rintelligence de mes récits que tu connaisses le 
Cliamp-de-Mars, cet autre lieu de la vie publique et privée des Ro- 
mains, où ils agissent presque autant que sur l'autre. 

A l'occident de la ville, derrière le mont Capitolin et le mont Qui- 
rinal, en dehors des murs, on trouve un immense quartier bas et 
plat, k demi enveloppé par le Tibre, et appelé la région du Cirque 
FlaminiusK Une partie seulement, celle qui avoisine le Capitolin, a 
des constructions ; l'autre , baignée par le fleuve, est à l'état de 
plaine: c'est le Champ-de-Mars- . Originairement toute la région 
n'était qu'une prairie où l'on élevait des chevaux, et dans laquelle la 
jeunesse romaine venait s'exercer au maniement des armes, aux évo- 
lutions et aux rudes travaux de la guerre, d'où lui vint le nom de 
Champ-de-Mars ^. Quand Rome déborda ses murs, ce champ sacré 
demeura longtemps intact; mais enfin, un peu avant le milieu du 
cinquième siècle, quelques monuments y furent élevés. Celte inva- 
sion continua pendant le sixième siècle, et prit une telle extension 
pendant le septième, et surtout de nos jours, que maintenant la plaine 
de Mars contient un magnifique quartier*, espèce de ville neuve 
plus belle, plus splendide que l'ancienne, parce qu'on n'y voit que 
des édifices publics, et point de maisons particulières*. 

La région du Cirque Flaminius se rattache à Rome par des cou - 
structions qui, bien que hors des murs, appartiennent à une région 
de l'intérieur : ce sont le Forum Olitorium^ ou marché aux légumes, 
au bas de la partie méridionale du mont Capitolin ; et vis-à-vis, trois 
petits temples contigus consacrés, l'un à Junon-Matute, l'autre à 
l'Espérance, et le troisième à la Piété®. 

Immédiatement après ces temples et ce Forum, on entre dans la 
région Flaminienne. Elle s'annonce par une série de monuments, 

1 Plan et Descript. de Rome, IX" rég. —^Ibid. n" 196. = 3'd. Halic. V, 13. — 
* Descript. de Rome, p. 159. = 5 Plan et Descript. de Hoinc, n" 2C1. = " Ibid. n" 2C3. 



-ii.s KoiMi: AU sikci.l: d auguste. 

un llléAtrc «iiii porte.' h; nom dtî Marcellus', neveu de I (-nipeit.nr; 
deux temples, l'un consacre au dieu du jour, Ai)ollon -, l'autre à I5el- 
Ione\ déesse de la guerre ; un portique appelé du nom d'Octavie', 
sœur de l'empereur, et un Cirque, longue lice entourée de gradins 
de pierre, close de nnu's à plusieurs étages percés en portiques, (yest 
le Cirque Flaminius ^ auquel la région doit son nom, et qui lui- 
même n'a été ainsi appelé que parce qu'il s'élève dans un ancien pr(; 
du consul Flaminius. 

En s' avançant vers l'occident on rencontre deux autres théâtres 
comme ci^lui de Marcellus : le théâtre de Cornélius Balhus^ et celui 
de Pomp(''('\ Il y a aussi le Portique de Pompée*, Vllecatonstylon 
ou Portique aux cent colonnes^, le Portique corinlliien^'^ , et d'autres 
encore. 

A l'orient, un peu au-dessous du Cirque Flaminius, on voit la 
\ illapuhlica^^, grande et somptueuse maison avec des cours entou- 
rées de galeries. Dans cette prétendue maison des champs le peuple 
Romain donne l'hospitalité aux ambassadeurs des peuples ennemis 
(|u'on ne veut pas admettre dans Rome. La Villa puhlica sert aussi 
pour certaines réunions du peuple. 

Près de là sont les Septa Julia '-, immenses portiques particulière- 
ment destinés aux assemblées populaires. 

Je parcours la ville Flaminienne sans presque m'arréter; je 
nonuue seulement en passant les édifices principaux qui peuvent 
servir comme de jalons dans la description topographique que j'ai 
entreprise ; plus tard je te les ferai connaître avec quelque détail ; 
mon but n'est aujourd'hui que de te donner une idée générale du 
Champ-de-Mars. Je ne puis cependant m' empêcher de faire une 
exception pour deux ou trois monuments qui d'ailleurs sont encore 
de véritables guides pour ma topographie. 

Le premier est le Panthéon^^, magnifique temple que je nommerais 
volontiers le roi du Champ-de-Mars, tant il surpasse les autres mo- 
numents par la beauté, la masse et la hardiesse de sa construction. 
11 s'annonce par un péristyle de cent dix pieds de largeur sur plus de 
quatre-vingt {") de profondeur, composé de seize colonnes de granit 
gris. Elles sont d'un seul bloc, et ont plus de treize pieds de circon- 

1 Plan et Descript. de Uome, ii" lii. = '^ Ihid. ii" U9. = » Ibid. n" 148. = '' Ibid. 
i^» {oO. =■' Ihid. U)3. = « //^iti. Il' \i(i. ='' Ihid. il» 156. = « //>if/. li» 160.= 
w Ibid. n« 161. = 1" Ibid. ii" i:,\. = n Ibid. ii" 168. = '^ Ibi !. n" 177. = i* Ibid. 
Il" 180. (") 35 niètr. 50 sur 25 i!;t'ii-. 



férciiœ siii' (luuraiilc-scpl au moins de liaiiteiir ("j, y compris leurs 
bases et leurs cha[)iteaux en marbre blanc. Les chapiteaux repré- 
sentent un buisson de feuilles d'acanthe sortant du haut de la coloime 
connue d'un tube. Les feuilles, disposées en rangs superposés, se 
courbent un peu par leurs extrémités, dans les intervalles les unes 
des autres, comme si elles fléchissaient sous le poids des épistyles. 
C.ctte décoration gracieuse, élégante et légère, a été inventée par les 
Grecs; on l'appelle ordre corinthien. Les colonnes, rangées par huit 
de front, et trois de profondeur pour le dernier et le deuxième avant- 
dernier rang des extrémités latérales, supportent un majestueux 
fronton, dont le tympan est décoré d'un bas-relief en airain, le faîte, 
d'un quadrige et de statues de même métal, et la frise, de l'inscrip- 
tion suivante, en grandes lettres saillantes, également en airain : 

M. ACiRIPPA. L. F. COS. TERTIVM FECIT. 

C'est-à-dire : Fait par M. Agrippa, fils de Lucius , consul pour 
la troisième fois. 

Agrippa, ministre de l'empereur, bâtit ce temple en l'honneur de 
Jupiter-Vengeur, et l'on pourrait dire aussi d'Auguste, dont il dési- 
rait placer la statue colossale auprès de celle du roi des dieux : mais 
le prince ne le voulut pas, et permit seulement que son image fût 
mise sous le péristyle. On l'y voit en effet dans une niche à droite 
de la porte d'entrée, en parallèle du simulacre d' Agrippa lui-même, 
qui occupe une pareille niche à gauche. La statue d'Auguste tient 
une lance en guise de sceptre. 

Traversons Taire dallée qui est devant l'édifice ; montons les sept 
degrés qui conduisent au péristyle ; franchissons la porte dont le 
double battant d'airain ciselé demeure ouvert à tout le monde : 
nous voici dans le temple. Il est circulaire, et couvert par une cou- 
pole dont la forme, empruntée à la voûte céleste, a valu au monu- 
ment le nom de Panthéon, comme destiné à être la demeure de 
tous les dieux. Ses proportions sont celles d'un globe : il a cent 
quarante-six pieds C") de diamètre, et autant de hauteur. Sa cou- 
pole repose sur un mur de vingt-cinq pieds d'épaisseur, dans lequel 
sont ménagés sept édicules, quatre dont le fond se termine carré- 
ment, et trois semi-circulaires; la porte d'entrée occupe l'emplace- 
ment d'un quatrième. Une statue d'airain, d'argent, d'or, ou d'ivoire 



[") l'« iiR'Ir. 064. Mesures prises sur la restauratron de M. Isabelle, L:difices circu- 
/aires cl Dômes. Home, pi. 1-J-lG. ('') 45 mèlr. iOS. 



250 ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

décore chaque édicule. Jupiter occupe celui qui fait face à la porte, 
et qui est un peu plus ^land que les autres. 

Deux colonnes en marbre jaune, cannelées, hautes de plus de 
trente-sept pieds ("), avec des chapiteaux corinthiens en airain 
de Syracuse ', séparent chaque édicule de l'enceinte circulaire du 
tenq)le. Elles supportent un entablement de marbre blanc, qui 
rèp;ne tout autour de l'édifice, et que rehausse une frise de por- 
pliyre. Un atlique de marbre, dans lequel sont quatorze niches car- 
rées, ornées de chambranles et de frontons, avec des cariatides 
d'airain dans leurs intervalles^, surmonte cet entablement. De là 
s'enlève la voûte, au centre de laciuelle existe une ouverture de 
trente-trois pieds ('') de diamètre, par où l'on aperçoit le ciel. 

Agrippa n'a rien épargné pour rendre le Panthéon d'une magni- 
ficence achevée : à l'intérieur et sous le péristyle les murs sont 
revêtus de marbre blanc, et partout le sol est dallé de carreaux de 
marbre jaune et de marbre blanc veiné de violet, et de grands ronds 
de porphyre de plus de huit pieds de diamètre. Il a prodigué l'ai- 
rain et au péristyle, et à la voûte, et à l'œil de la voûte, qui est garni 
d'un cercle de ce métal doré, façonné à son bord inférieur comme 
une grande couronne de chêne. Cent quarante rosaces d'airain, do- 
rées aussi, brillent dans la coupole, et décorent cinq rangs de cais- 
sons carrés, dont les plus grands ont près de quinze pieds sur 
treize ('-). 

Le dôme est couvert de lames d'airain doré^, et le comble du 
péristyle, de dalles de marbre. Elles reposent sur des poutres d'ai- 
rain, revêtues en dessous de grandes tables de même métal, courbées 
en voûte, et enrichies d'une multitude d'ornements d'argent sur un 
fond d'or*. L'un des entrepreneurs* de ce merveilleux monument 
m'a assuré que l'airain employé au péristyle seulement, formait un 
poids de plus de quarante-cinq millions de livres *! 

Le Panthéon se trouve à l'extrémité septentrionale de la partie 
bâtie de la région Flaminienne. En sortant de ce temple on descend 
dans le Champ-de-Mars proprement dit, où les regards sont attirés 
par le Gnomon"' et le Mausolée^. 

Le Gnomon, qu'on rencontre d'abord est une horloge solaire qui 
ne marque que le midi, et particulièrement celui des solstices d'hi- 

1 Plin. XXXIV, 3. = 2 Id. XXXVl, 3. = 3 Paul. Diac. V, c. 2, 13. — Muratori, 
Clironic. farfens. el Chronic. cassiehs. = * Rcdemptor. = s Plan et Descripl. de Rome 
n» 194. = 6 Ibid. Il» 185. («) 10 mclr. 930. {>>) 8 môlr. 993. (c) h m. 02, sur 5 m. 87. 



LETTRE V. 251 

ver et d'été, celui des équinoxes, et la longueur comparative du jour 
: et de la nuit à ces époques. Il se compose d'un grand obélisque mono- 
lithe, de soixante- treize pieds neuf pouces de haut (") , en granit rose. 
A sa base, du côté du septentrion, s'étend une étroite et longue espla- 
nade en marbre blanc, dans laquelle sont incrustées des règles d'airain 
dorées, servant aux indications que je viens de dire, quand elles re- 
çoivent l'ombre de l'obélisque, fortement accusée par un globe d'airain 
qui le surmonte. Au solstice d'hiver, l'ombre atteint l'extrémité de 
l'esplanade; le jour du solstice d'été celle du globe est ramassée sur 
elle-même, et l'obélisque éclairé sur ses quatre faces. Cette gigan- 
tesque méridienne est un ouvrage tout récent de l'empereur ; il a 
fait apporter d'Egypte Fobélisque qui sert de style, et dont toutes 
les parois sont sillonnées de figures contenant, dit-on, l'interpréta- 
tion de la nature selon la philosophie des Egyptiens. Ce monolithe 
repose sur un piédestal également de granit, qui a près de quinze 
•pieds de haut, et autour duquel règne un banc de marbre blanc. 

À quelque distance du Gnomon s'élève le Mausolée ', tombeau que 
l'empereur a fait construire pour lui et sa famille, il y a cinq ou six 
ans. Représente-toi une grosse tour ronde, d'environ trois cent qua- 
rante pieds ('') de diamètre à sa base, d'autant de hauteur, et repo- 
sant sur un soubassement carré. Elle est divisée en trois étages ou 
gradins concentriques, dont les diamètres vont en diminuant. L'es- 
pace laissé par chaque retraite forme un encaissement rempli de terre, 
et planté de cyprès qui, ne dépouillant jamais leur verdure, font un 
agréable contraste avec les murs de l'édifice, partout revêtus de 
marbre blanc. Une statue d'airain, représentant l'empereur, forme 
l'amortissement du dernier étage. 

L'intérieur du Mausolée contient quarante-cinq chambres circu- 
laires, quinze au rez-de-chaussée, et autant à chacun des premier 
et deuxième étages. Un bel escalier en spirale, ménagé au centre du 
monument, dessert ces deux étages et conduit au troisième, qui a 
la forme d'un petit temple rond. C'est là le vrai mausolée impérial. 
Au milieu s'élève un fût de colonne tronquée, sur lequel reposeront 
un jour dans une urne, les restes mortels du chef de l'empire. Les 
autres chambres sont réservées à ses parents et à ses amis. Il veut 
ainsi grouper autour de lui, après sa mort, les personnes qui l'auront 
aimé pendant sa vie. 

' l'ian cl Dcscripl. île Rome, ii« lb5. («) 21 mèlrcs 850. [}') 100 mùlrcs. 



-'- isoML Al 6\KaA-: d'algustl:. 

iienière le iMausoIée verdoie; un //ois sacre \ qui l'oime des pro- 
iiionados charnianh^s oiivprtosiiii j)<'iii)lc. 

l-n peu en avant, sur la droite, est une grande place circulaire, 
destinée aux funérailles: on l'appelle le Bustum^. Elle est plantée de 
peupliers, et entourée d'une grille en fer sur un mur de marbre 
blanc. Vis-à-vis se trouve une maison destinée à servir de refuge 
temporaire aux parents et aux amis appelés à célébrer les cérémo- 
nies funèbres'. 

Le tombeau de l'empereur n'est pas le seul qu'on rencontre dans 
le Cliamp-de-Mars ; les Romains regardant cette plaine comme un 
véritable sanctuaire, y ont j)Iacé les monuments funéraires des plus 
illustres personnages des deux sexes. Du temps de la monarchie c'é- 
tait un honneur qui n'appartenait qu'aux rois; d'illustres person- 
jiag(>s l'ont partagé depuis, et quelquefois on en fait une récompense 
publique. Parmi ces tombes honorables, on remarque celles que le 
sénat décerna au père et à l'oncle du dernier Scipion l'Africain ; cell(# 
de Sylla ; et, dans des temps plus rapprochés, celle de Julie, tille de 
Jules-César et femme de Pompée. 

La plupart des tombeaux* bordent la voie Flaminia^, grande et 
belle route qui, après avoir traversé le Champ-de-Mars dans sa par- 
tie orientale, prend, en arrivant aux Septa-Jules, le nom de voie 
Lata, et pénètre dans la ville par la porte Ratumène^ au pied du 
mont Capitolin. 

Aux environs de cette porte, sur la droite de la route, et presque 
en face des Septa-Jules, on trouve un quartier qui est encore en 
quelque sorte une des sections du Champ-de-Mars, bien qu'il ne 
fasse pas partie de la région du Cirque Flaminius : c'est le Champ 
(l'Agrippa, ainsi nommé d'Agrippa, qui Ta décoré de 5e/)/a nouveaux' 
et d'un immense bâtiment appelé Diribitorium^, dans lequel on dis- 
tribue la paye aux soldats. Ce dernier édifice est le plus vaste qu'on 
ait jamais vu couvert d'un seul toit. 

Revenons au Chanqj-de-Mars : dans sa partie la plus large, où le 
Tibre commence à se courber pour former de cette plaine connue 
une presqu'île, on remarque une immense toutFe de verdure, ce sont 
des jardins, séjour de plaisance d' Agrippai Un peu au delà, plus près 



' Plan cl Desciipl. de- Homp, n» 186. = ^ Ihid. i\o 187. = 3 Jhid. ii" 188. = * Ibid. 
Il" 10.",. — 5 Ibid. iiJ 191. — 6 Ibid. il» 50. = ^ Ibid. n» iG. — » Ibid. n"47. = » Ibid. 
ii« 1G9. 



r.KTTRE V. ^r^Ti 

(lu neuve, on admire un monument unique à Rome, un vaste am- 
phithéâtre en pierre, construit et achevé depuis peu de temps par Sta- 
tihusTaurus*, ancien gouverneur de la ville^ 

Je me bornerai pour aujourd'hui à celte description sommaire de 
la région que l'on confond souvent dans Tappellation commune de 
Cirque Flaminius ou de Champ-de-Mars. Je n'ai pas nommé tous 
les monuments qui décorent cette espèce de faubourg moitié ville et 
moitié champ; je le répète, j'aurai plus tard de fréquentes occasions 
d'y revenir. J'ajouterai seulement que dans la partie bâtie du Champ- 
de-Mars, qui forme à peine le tiers de sa superficie totale, on compte 
un cirque, trois théâtres, un amphithéâtre, neuf portiques pour la 
promenade, et vingt-deux temples. 

Les belles constructions réunies dans ce Champ qui a près d'un 
mille (") dans sa plus grande largeur, sur autant de longueur; sa pe- 
louse toujours verte, malgré un soleil ardent dont les feux sont com- 
battus par la fraîcheur du terrain et les débordements assez fréquents 
fin Tibre; l'aspect d'une colline couverte de jardins qui borne cette 
prairie à l'orient, derrière la voie Flaminia, et se courbe en cercle 
presque jusqu'au Tibre, forment un spectacle que l'œil embrasse avec 
déhces et n'abandonne qu'à regret. Sur l'autre rive, le mont Vatican, 
et la colline du Janicule avec sa Forteresse, ses longs murs et ses jar- 
dins, complètent cet ensemble ravissant. Un étranger qui arrive à 
Rome par la voie Flaminia, ou qui regarde le Champ-de-Mars du 
haut de la Colline des Jardins^ {''], s'imagine qu'il ne^ verra plus dans 
les autres quartiers que de simples faubourgs. En effet, il n'y trou- 
vera rien de supérieur ni même d'égal à ce champ que l'on pourrait 
appeler la ville aux monuments, et qui, par son ensemble, par sa 
situation, par son étendue, présente ce que Rome a tout à la fois de 
plus séduisant, de plus majestueux, et de plus admirable. 

1 Plan et Descript. de Rome, n° 182. = 2 Dion. LIV, 19. = 3 pian el Pesnipl. de 
Rome, n'> 189. (") 1481 mùtr, 481. [*<) Aujourd'hui le Monte Pincio. 



LETTRE VI. 

DU POUVOIR DE l'eMPEREIR. LES CONSILS ET LES TRIBUNS DU PEUPLE. 

La pl6be est dans les transports de la joie la plus vive; l'empereur 
vient de lui faire distribuer un congiarium : c'est une libéralité en- 
tièrement gratuite, pratiquée depuis longtemps parles gouvernants 
ou les ambitieux comme un puissant moyen de popularité. Elle se 
composait autrefois de distributions de vin* ou d'huile^, fîiites par 
congés, mesure de capacité (") pour les liquides, d'où le nom de con- 
giarium. Plus tard on substitua l'argent aux denrées. Jules-César 
recourut souvent à ces distributions pour capter la faveur populaire', 
et l'empereur suit l'exemple de son père adoptif : après avoir donné 
des congiaria de trente et de quarante sesterces C") par tête, sa géné- 
rosité a été une fois à deux cent cinquante* [^), et une autre fois à 
deux cent soixante-quatre ('') . Aujourd'hui il s'est encore surpassé, 
il a distribué par tête quatre cents sesterces ^ [') , ce qui porte la lo- 
talité de la distribution à cent vingt-huit millions de sesterces C"), car 
depuis l'an sept cent vingt-cinq*, Auguste faisant participer à ces li- 
béralités les jeunes fils de citoyens qui jadis n'y pouvaient être admis 
avant l'âge de onze ans'', le nombre des gratifiés s'est trouvé de trois 
cent vingt mille! Au surplus, il a du se montrer généreux, il payait 
pour ainsi dire le prix de l'empire par cet énorme congiarium qui a eu 
lieu à propos de la puissance trihunitienm que le sénat vient de lui 
décerner '. 

Qu'est-ce que la Puissance Trihunitienne, vas-tu me dire? Ceci 
nous ramène justement au point oii nous en étions restés dans ma 
dernière lettre. J'éprouvais quelque embarras pour définir claire- 
ment le pouvoir de l'empereur : le sénat vient de me tirer de peine. 
Avant de l'expliquer ce nouveau pouvoir inventé par le génie servile 
des sénateurs, quelques éclaircissements historiques préliminaires 
sont indispensables. 

1 V\n. XXXV, 2. = * Tit.-Liv. XXV, 2. =3 Suet. Caes. 27.— Cic. Philipp. II, 45. = 
* Suet. Aug. 44. = 5 piebei romanac virilim pcrnumeravi. Lapis Ancyr. roi. 5. =*Dion. 
Ll, 21. = " Suet.— Dion. Ibid. = * Lapis Ancjr. col. 5. i") 5 litres 2.52. {'') 8 fr. 07 c, 
et 10 fr. 76 c, (') 67 fr. 23 C. (d) 71 fr. 02 c. (") 107 fr. 56. (/") 54,410,000 fr. 



LETTIiK M. 255 

Tu le rappelles que le gouvernement de Rome lut oiiginairemenl 
monarcliujue. Cette forme se conserva pendant près de deux siècles 
et demi, sous l'empire des rois, dont le dernier, ayant abusé de sa 
puissance, provoqua une révolution à la suite de laquelle il fut 
chassé du trône, et la monarchie abolie. 

Le gouvernement prit alors plus spécialement le nom de Répu- 
blique , mais sa forme se trouva modifiée plutôt que changée; tout 
consista à partager entre deux magistrats le pouvoir suprême, au- 
paravant réuni dans les mains d'un roi, et à rendre ce pouvoir an- 
nuel, de viager qu'il était, afm d'empêcher désormais qu'il ne se 
corrompît par l'unité ou par la durée '. 

Du reste, les Consuls ( ces nouveaux magistrats furent ainsi nom- 
més, atin, dit-on, qu'ils se trouvassent avertis de ne consulter que 
l'intérêt de leurs concitoyens'^), les Consuls, dis-je, héritèrent de 
toutes les prérogatives et de toutes les marques extérieures de l'auto- 
. rite royale^. Seulement, pour ne pas paraître avoir doublé la royauté, 
ils ne prirent que tour k tour pendant un mois ^ l'appareil du pouvoir 
souverain. Il consiste surtout en une troupe de douze licteurs, offi- 
ciers subalternes ° marchant toujours devant le Consul, sur une seule 
file en long ®, vêtus de toges courtes'', et armés dans la ville de fais- 
ceaux de verges ^ de bouleau * liés avec des lanières de cuir rouge'''. 
Vers le milieu de ces verges ils attachent une hache "lorsque le magis- 
trat sort de Rome". Partout les licteurs annoncent son arrivée*^, quand 
il va dans une maison, en frappant rudement à la porte avec leurs 
faisceaux de verges '' ; dehors, en invitant tout le monde à se décou- 
vrir, à se lever, à descendre de cheval, ou à se ranger de côté *\ 
marques de respect que personne ne refuse, et que l'on rend même 
sans attendre l'invitation '^ Quand il est chez lui, les faisceaux plan- 
tés de chaque côté de la porte annoncent encore sa dignité '^ 

Le Consul qui n'a point les fai.sceaux est suivi de ses licteurs, et 

' Cic. deRepub. H, 32. — Til.-Liv. I, 60. — Sali. Catil. 6. — Flor. I, 9.— D. Halic- 

IV, 64. = 2 Flor. I, 9. — D. Halle. IV, 76. — Dit,'esl. I, lit. 2, Icg. 2, <? 16. = 3 Til.- 
Liv. Il, 1. _ Cic. de Repub. II, 52 ; III, 18. — Flor. I. 9. — D. Halic. IV, 76 = * Cic. 
de Repub. II, 31. — Til.-Liv. II, l ; VIll, 12. — Suel. Cœs. 20. — A. Gell. H, 13. — 
Dion. LUI, 1. = 3 Ov. Pont. IV, 9, v. i. — Senec. de ira, III. 31. — Cic. — Til.-Liv. 
— Flor. — D. Halic. cic, passim. = « Til. Liv. XXIV, 44.— V. Max. Il, 2, 4. = 7 Togula- 
Cic. in Piso, 23. =» Til.-Liv. XXIV, 9. — I). Halic. V, 19. — 9 Plin. XVI, 18. = 
>o Ljd. de Magist. II, 32. = n Til.-Liv. XXIV, 9. - D. Halic. V, 19. = 12 Suel. Cœs. 
80. = 13 Tit.-Liv. VI, 34. -Flor. I, 26. — l'Un. Vil, 50. = ^ Til.-Liv. XXIV, 44.— 

V. Max. II, 2, 4. — Serv. in .-Ivieid. XI, v. 500.— Sonec. Ep. 64, 91.- ,\. Cell. Il, 2. — 
'^ Senec. Ibid. = 16 Pclron. 30. — Claud. in quart, consul. Honor. v. 410 : In consul, 
l'rob. et Olvb. v. 322. 



256 ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

précédé seulement d'un héraut ' ; mais, il garde le costume consu- 
laire, qui est celui de tous les j^^rauds n)agistrats en général *, la toge 
prétexte ', le laliclave, et des brode(|uins blancs *. La toge prétexte 
n'est autre que la toge ordinaire, bordée d'une bande de pourpre ^ 

Il est de l'esprit des corporations de travailler pour soi d'abord, 
même dans les entreprises dont le bien public parait être le seul but; 
aussi les Patriciens, principaux auteurs de la révolution, se réservè- 
rent-ils le consulat, et quoique l'élection en appartînt à tout le peuple 
en général, ils établirent que les choix ne pourraient jamais se faire 
que dans leur ordre *. 

Le patriciat demeura ainsi maître de la république par le consu- 
lat et par la sénatorerie ''. Pendant quinze ou seize ans, toutes les 
magistratures dépendirent du consulat; mais ensuite il s'en éleva 
une nouvelle entièrenienl indépendante, qui, peu importante d'a- 
bord, finit par devenir formidable. Dans ce temps-là, tout citoyen 
devait à la république le service militaire sans indemnité. Beaucoup 
de plébéiens ne subsistant que de leur travail, se trouvaient obligés, 
par suite des fréquents appels sous le drapeau, de s'endetter, pour 
vivre et pour servir la république. Bientôt les dettes s'accumulèrent; 
les débiteurs, devenus insolvables pour la plupart, furent tourmen- 
tés de toutes manières par leurs créanciers. Le peuple réclama des 
sénateurs un adoucissement à son sort ; il n'obtint rien. Alors, voyant 
ses maux au comble, il abandonna une patrie qui ne laissait à ses dé- 
fenseurs, pour prix de leurs services, que l'indigence, les fers et 
l'esclavage. 11 se retira sur une montagne h quelques milles de Rome, 
et, sans commettre aucune hostilité, attendit qu'on lui fit justice sur 
ses demandes*. 

Le Sénat, effrayé, se hâta d'entrer en composition avec les mécon- 
tents. Ils exigèrent d'abord l'abolilion des dettes et l'élargissement 
des débiteurs; ensuite la création de cinq magistrats ' ( d'autres di- 
sent de deux'"), âgés de trente ans", qui, pris exclusivement parmi 
les plébéiens, devaient les protéger contre les entreprises des riches. 



• Suel. Cccs. 20. — ïhesaur. Morell. fatnil. Junia, tab. 1,2, A. — Vaillant, famil. rom. 
Junia, 3, i. = ^ Cir. posl. redit, in Senal. 3; pro Scxl. 69. — Tit.-Liv. XXXIV, 7. — 
Quint. Derlum. 31 1. — Manob. Saiurn. 1, 6. — l'iul. Cic. 19, elr. = ^Ov. l'ont. IV, 9, 
V. 42. — Ki'Sl. V. lofraloium. — L>(l. de .Ma);isl. I, 32. = * L\d. Ih>d. = -^ Marrob. Sa- 
turn. I, 6. = 6 Y. LiMln- \\VI. = "^ Cir. de Ucpiib. Il, 3-2. =i 8 Tit.-IJv. U, 23, 32.— 
D. Halir. VI, 21 el ssq — IMul. Coriol. 6. = ' Tll.-I.iv. Il, 53.— (.lie. fra^m. pio Cornel. 
— D. Halir. VI, 87. 89. l'Iut. Coiiol. 8. — '<• Til.-I.iv. H, 53. — Lyd. de iMagisl. 1, 38. 
= " Acad. des Inscripl. uouvel. série, l. XIU, p. 328. 



LETTRE YI. 257 

les usurpations des patriciens et des nobles', et servir de contrepoids 
à l'autorité consulaire -. 

Cet événement arriva dix-sept ans après l'institution du consulat ', 
l'an deux cent soixante de la ville. Les magistrats furent choisis dans 
l'armée, parmi les chefs de corps appelés Tribuns des soldats, et re- 
çurent le nom de Tribuns du peuple *, pour rappeler le but de leur 
institution*. En même temps une loi établit la perpétuité de ce nou- 
veau tribunal ^ et prononça la peine de mort contre quiconque ten- 
terait de l'abolir ^ 

Les Tribuns du peuple, auxquels la loi de leur institution imposa 
l'obligation de tenir leur porte ouverte jour et nuit aux citoyens', ne 
devaient être, et ne furent d'abord effectivement, que de simples pro- 
tecteurs *. La loi les considérait si peu comme des magistrats, que 
quand on créait un Dictateur, et que toutes les autres autorités deve- 
naient nulles devant la dictature, le tribunat seul subsistait toujours^. 
Les Tribuns étaient comme de simples citoyens: ils n'avaient ni 
marque distinctive dans leur costume, ni suite, rien, en un mot, de 
ce qui annonce l'autorité magistrale '*^. Un seul viateur les accompa- 
gnait 'S et leur pouvoir expirait aux portes de la ville ^'^ \ 

Quoique chargés de surveiller le Sénat, ils n'étaient point admis à 
ses séances ; assis à la porte de ce conseil suprême , ils attendaient 
que les Pères leur envoyassent communiquer le résultat des délibé- 
rations. Tout leur pouvoir consistait dans le droit d'opposition, droit 
immense, il est vrai, puisqu'il les mettait à même d'entraver les ma- 
gistrats dans leurs fonctions, d'annuler les lois, d'empêcher la tenue 
des comices *^ d'arrêter la levée des soldats '* , et d'invalider les 
sénatus-consulles, qui ne devenaient obligatoires qu'autant qu'ils 
étaient souscrits de la lettre T, initiale du nom de Tribun *\ 

Mais le tribunat ne tarda pas à se lasser de ce rôle passif; dès la 
seconde année de son institution, une famine, suite de l'abandon 
où le peuple avait laissé les terres lors de sa retraite, ayant obligé de 
faire venir du blé des pays voisins, on proposa dans le sénat de l'of- 
frir au peuple à bas prix, à condition qu'il renoncerait à ses Tribuns. 

* Appian. de Bell. civ. 1, p. 599 = 2 Cic. de Legib. III, 7. = 3 Lyd. deMagist. I, 38. 
= * Varr. L. L. V, g 81. = 3 Cic. de Legib. III, 3. = « Tit.-Liv. HI, 55. = ^ Plut. 
Qua?st. rom. p. Ul.— « Tit.-Liv. II, 35. — D. Haiic. VI, 87, 89. = 9 Tit.-Liv. VI, 38. 
— Poljb. 111, 18.— Plut. Fab. Max. 9; Anlo. 8; Quïst. rom. p. 141. = i" Plut. Quœst. 
rom. p. 141.=i»V. Max. IX, 1, 18.— A. Gell. XIII, 12. = '2 D. Halic. VIII, 87.— 
Appian.de Bell. civ. II, p. 736.— Dion. LI, 19. = i> Voy. Lettre XXXVI. = '^ Tit.-Liv. 
IV, 1, 6, 53; XXXIV, .56. — D. Halic. VIII, 87; XI, 64. — Pion. XXXIX, 39. = '5 V 
Max. II, -2, 7. 

I. 17 



ioH ROMF. Ai; SIKCLE D" AUGUSTE. 

Un sénalPiir nomnu'! Marciiis Coriolan appuya fortement cet avis. Le 
bruit en vint jusqu'au pfuplo qui , outr-j do colère, fut sur le point 
de courir aux armes. Les Tribuns citèrent Coriolan devant le peuple, 
et cet ajournement suspendit la fureur des plébéiens, chacun se 
voyant constitué juge et maître de la vie et de la mort de son en- 
nemi. Quoique Coriolan refusa de pjtraître, disant que l'autorité des 
Tribuns se bornait à protéger et ne s'étendait point à punir , il n'en 
fut pas moins jugé, et condanméau bannissement perpétuel'. 

Ce premier pas fait, les Tribuns du peuple marchèrent d'usurpation 
en usurpation; minant sans cesse la puissance des patriciens, ils de- 
mandèrent et obtinrent successivement pour leurs protégés le con- 
sulat * et toutes les magistratures religieuses les plus importantes ', 
sans que les patriciens aieiit jamais pu occuper le tribunat, ou'une loi 
spéciale leur interdisait *. Bien plus, ils rendirent à peu près indé- 
pendantes les autres magistratures subordonnées aux consuls, eh 
prêtant leur appui à tous les magistrats qui voulaient résister au pou- 
voir consulaire ^ Le Sénat né fut pas à l'abri de leur omnipotence 
protectrice, qu'ils interposèrent , à l'occasion, entre les sénateurs 
eux-mêmes '. 

Les usurpations àllèreni si loin, que les protecteurs, devenus op- 
presseurs, finirent, au commencement du quatrième siècle, par ab- 
sorber le consulat : pendant quatre-vingts ans environ , Rome eut 
souvent des Tribuns consulaires, c'est-à-diré revêtus de la puissance 
des consuls '', et cela indépendamment des tribuns du peuple *, car 
les tribuns consulaires étaient pris parmi les tribuns militaires ^. 
L'usurpation fut, il est vrai, souvent palliée, parce que les patriciens 
trouvèrent moyen de se faire élire aussi à cette magistrature '**. Néan- 
moins, quand les consuls reparurent , les tribuns, toujours absolus 
et violents, n'hésitèrent pas plus que par le passé à destituer ces ma- 
gistrats, à les faire même jeter en prison lorsqu'ils rencontraient 
en eux une opposition trop prononcée à leurs entreprises". 

Sans m' arrêter davantage à continuer l'histoire du Tribunat, qui 

» Tit.-Liv. II, 54, 55.— Plut. Coriol. 16 et ssq. = 2 Tit.-Liv. IV, 1, 7 ; VI, 42 ; VII,I; 
VIII, 12; XXllI, 31. =3 Voy. Lellre XXX.=4Til.-Liv. Il, 53; XXX, 19.— Plul. Cic. 34; 
Cal. min. 53, 40. — Dion. XXXVII, 51, etc. = » Cic. de Legib. 111. 7. — Tit.-Liv. — 
D. Halir. passim. — « Tit.-Liv. XXVII, 8. — Tar. Hisl. II, 91. — Plin. IX, Ep. 13.= 
7 L'an 510. Tit.-Liv. IV VI, VII, passim.— Digesl. 1, til. 2, leg. 2, gl 25. = «Til.-Liy. 

IV, 56; V, 9.= 9 Tit.-Liv. IV, VI, VII, passim. — Digcst. Ibid. = 'O Tit.-Liv. IV, 57; 

V, 12, 13, 17.- Diod. Sicul. XIV, p. 300. = H Til.-I.iv. XLVlll, LV, Epito. — Cic. ih 
Valin. 9 ; de leg. .\gra. H, 57 ; de Legib. 111, 9. —Plat. Marias, 4 ; Ti. Grâce. 15. — 
nion. XXWII, 50 ; XXXVIH, 6. 



T.ETTRE Vr. 259 

fut ruiné par Sylla \ rétalili par Pompée ^, et foulé aux pieds par 
Julos-César ^ je reviens à la Puissance Tribuni tienne. L'empereur 
avait inventé celte dénomination du pouvoir suprême pour éviter de 
prendre le nom de Roi ou de Dictateur , tout en se réservant néan- 
moins un titre qui dominât les autres commandements*. Auguste ne 
peut être Tribun, puisqu'il n'est point plébéien : aussi, par respect 
pour les lois, ne lui décerne-t-on pas le tribunal ^ ; on lui en donne 
seulement tout le pouvoir et toutes les prérogatives, c'est-à-dire que 
sa personne sera inviolable et sacrée ^ et qu'il îiura droit d'empêcher 
que l'on fasse rien contre sa volonté, ni dans le Sénat ni dans les Co- 
mices ou assemblées du peuple ^ C'était encore trop peu : on le dé- 
core, on l'arme de privilèges que n'ont jamais eus les,Tribuns ; il 
pourra secourir tous les citoyens non-seulement dans l'enceinte de 
la ville, mais encore au dehors, à un mille (°) de distance; rendre la 
justice quand on appellera à lui ; enfin faire grâce aux condamnés*. 

L'inviolabilité des Tribuns cesse dès qu'ils ne sont plus en charge; 
on a le droit alors de les mettre en accusation , de leur demander 
compte de leurs actes '. Mais Auguste n'aura jamais rien à craindre 
d'un pareil droit, parce que, suivant toute vraisemblance, il se fera 
perpétuellement proroger la Puissance tribunitienne'". Il peutcomj)- 
ter sur la complaisance des sénateurs; en voici une preuve : le même 
sénatus-consulte qui lui confère la puissance de tribun, ordonné 
qu'il poilrra faire au Sénat des rapports sur toute espèce d'affaires, 
quand mêiiie il ne sera pas consul ". 

Pour ne point paraître détruire les formes de l'ancien gouverne- 
ment, oh continuera toujours à élire dix tribuns **, (trènte-six anà 
après leur création, le nombre en fut doublé, afin que chaque classe 
en eût deux '^ * ) ; à créer deux consuls ainsi que les mêmes magis- 
trats qu'autrefois. Mais il est tacitement convenu que leur autorité 
ne devra jamais lutter contre la Puissance tribunitienne, censée tou- 
jours la vraie représentante de la volonté et de l'intérêt du peuple. 

1 Cic. deLegib. III, 9.— Tit.-Liv. LXXXIX, Epito.— Suel. Caes. S.— Appian. de Bell, 
civ. I, p. 688. = 2 Cic. de Legib. III, 9, 1 1 ; in Verr. I, 15. — Sali. Calil. 38. — Paiercul. 
II, 30. — Plut. Pomp. 22.— Ascon. in Uivinat. p. 19. = » Suet. Caes. 79. — Patercul. II, 68. 
— Dion. XLIV, 9. =4 Tac. Ann. III, 56. = s Dion. LUI, 17. = « Tit.-Liv. II, 35; III, 
55. — Cic. de Legib. III, 5 ; Fragm. pro Tuliio. — V. Max. VI, 1, 7 ; 5, 4. — D. Halic. VI, 
9 ; X, 8 ; XI, 13. —Dion. XLIV, 5. = 7 Tit.-Liv. XXXVIII, 43. — Polyb. VI, 3. — Caes. 
de Bell. civ. I, l. — Dion LUI. 17. = » Dion. Ibid. = » Cic. in Verr. I, 60 ; ad Altic. 
VII, 9. — Tit.-Liv. V, 29. = 10 Tac. Ann. I, 9.— Suel. Aug. 27.— Dion. LUI, 17; LIV, 
12 ; LV, 12 ; LVI, 28. = i' Dion. LUI, 52. = 12 Cic, de Legib. III, 10. = >» Tit.-Liv. 
lU, 30, 54, 64 {") 1481 mètres. 



260 ROME AU SIKCLE D'AUGUSTE. 

Ainsi, voilà lu liberté confisquée au nom de l'instiUition inventée pour 
la défendre. 



Achèvement ("). Ce n'était pas la première fois, comme je le crus 
alors, que l'empereur se trouvait investi delà Puissance tribunitienne ; 
elle lui avait été donnée à perpétuité l'an cinq cent vingt-six , cinq 
ans avant mon arrivée à Rome '. Le sénatus-consulte de sept cent 
trenle-et-un(date de la lettre ci-dessus) ofi'raità l'empereur le ^/fre de 
tribun perpétuel. César-Auguste venait de se démettre du consulat en 
faveur d'un vieux républicain*; il affectait un grand dégoîit pour le pou- 
voir et ne parlait que de rentrer dans la vie privée. Cette modération, 
sincère ou feinte, augmenta l'affection des Romains pour lui ; on vou- 
lut s' assurer que dans le cas où il persisterait à quitter les affaires, il 
garderait au moins le titre et l'exercice de la Puissance tribunitienne. 
Le sénatus-consulte de sept cent trente-et-un n'eut pas d'autre but. 
Le Sénat ne décerna aucune puissance à l'empereur; cela ne pouvait 
être fait que par le peuple sur les droits duquel c'eût été empiéter ; il 
assurait seulement une disposition arrêtée par le peuple , et veillait 
à l'exécution de la loi ^ 

Auguste refusa le titre de tribun perpétuel *, garda l'empire , et 
feignit de n'avoir accepté la Puissance tribunitienne que temporaire- 
ment : il commença par demander, tous les cinq ans, que le peuple 
la lui confirmât^ ; puis il étendit la période à dix années ^ Il semblait, 
par-là, consulter les Romains sur son administration , prêt à quitter 
l'empire si l'on n'était pas satisfait. Dans tous ses actes, il relatait 
qu'il y avait tant d'années qu'il exerçait la Puissance tribunitienne'', 
soit pour rappeler à tous le pouvoir dont l'empereur était revêtu, soit 
pour se glorifier de cette marque générale de confiance , et puiser 
une nouvelle force dans sa durée même. 

1 Dion. LI, 19. — Suel. Aur. 27. = 2 nion. LUI, 51. = 3 Acad. des Inscrip. t. XXV, 
p. 415 elsuiv. = 4Dion. LUI, 31. = 5 /rf. lIV, 12. — Suel. Aup. 27. = « Dion. LV, 
12; LVI, 28. r=7pijn. ni, 20. — Doissard. Anliq. rom. pari. III, p. 53. — Gruler. 
p. 196 etssq., etc. (") Voyez le dernier alinéa de Vlnlroduclion, p. 208. 



LETTRE Vil. 



UOME ET LA VILLE. LE POMOERIUM. 



Depuis mos reconnaissances du Forum et du Champ-de-Mars, 
j'ai étendu le cercle de mes excursions topographiques : je viens de 
faire le tour de la Ville, et d'explorer Home jusqu'à ses contins. 
La Ville, c'est la cité légale, qui a des limites fixes, invariables et 
marquées ; Home, ce sont toutes les maisons agglomérées autour de la 
Ville, sans limites fixes , de sorte qu'on peut être dans Rome sans 
être dans la Ville, mais l'on ne peut entrer dans la Ville sans en- 
trer dans Rome K Les limites de la Ville se composent de deux en- 
ceintes : l'une militaire, formée de hautes murailles construites en 
grosses pierres érjuarries, de tuf lithoïde grisâtre*, dont chacune fe- 
rait la charge d'un chariot-, et iîanquée de tours carrées'; l'autre 
sacrée, plutôt fictive que réelle, tracée seulement par une espèce de 
grand chemin de cent soixante-six pieds (") de large*, enveloppant les 
murs en dehors, et nommé Pomœrium depost mœrium ou murum, 
après ou derrière le mur*. 

L'enceinte militaire date de plus de six siècles et demi ; elle a été 
construite par le roi Servius ïuUius, afin de faire de la ville une place 
de guerre. Dans ce but, on a profité avec habileté des accidents du 
terrain pour rendre les murailles plus inexpugnables en les faisant 
passer partout sur des lieux élevés ^ Elles partent de la rive gauche 
du Tibre : leur première base, en amont du fieuve, est la Roche Tar- 
péienne et le montCapitolin ; de là, suivant une ligne presque droite 
entre le septentrion et l'orient, elles descendent dans une gorge 
étroite au pied du Quirinal, et se relèvent aussitôt sur la croupe de 
ce mont dont elles suivent la ligne un peu renflée. A l'extrémité du 
Quirinal, elles se replient tout à coup dans la direction du septen- 

1 Urbis appellatio mûris : Roniae autem conlincnlibus œdifiriis finilur, quod latins 
palet. Digest. L, lit. 16, leg. 2. — Uibs esl Roma, qua- muro ciiigeielur. Koina est eliani 
(|ua contincnti a?(iificia esseiil. Nam Roniam non muro tenus existimari, ex consuelu- 
(lino ([uotidiana posse inlelligi, cum dircrcmus Komani nos ire cliamsi extra urbeni 
liabitaremus. Ibid. leg; 87. = 2 It. llaiic. UI, 67. = 3 Tj|..i jy. \xv, 7. — Slrab. V, 
|). '23'< ; ou -208, Ir. fr. = * ^uod erat post nununi, l'oslniœrium dirluni. Varr. L. I,. \, 
,^ li5. — l'ninœiium, veibi \ini solam intucntcs. poslniœriuni inlreprolantur esse, lil.- 
Liv. I, 4i.— riut. Uoniul. 10. = 'i V. la Carie, Site cl Murs de Home. {<•) 49 mclrcs 18:-. 



2b-2 UOME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

Irion au midi, et présentent à l'orient une longue face qui, depuis lu 
porte Colline jusqu'à la porte Esquilinc, confine à une plaine. Pour 
remédier à cette position désavantageuse, le roi Servius a lait creuser 
un fossé de plus de cent pieds de large sur trente de profondeur ("); 
les terres rejetées du côté de la ville ont formé une forte levée qu'il 
revêtit d'une muraille, flanquée de tours, et dont le pied est dans le 
fond du fossé ' tandis que le sommet se protile avec la crête des murs 
établis sur l'Esquiîin etsur leQuirinal. C'est vraiment un formidable 
et magnifique ouvrage^ : cette muraille également en grosses pierres 
de tuf équarries, a près de cinq mille pieds de long^ ('j, quinze à seize 
pieds d'épaisseur*, sur environ quatre-vingts pieds de liauteur*('^). 
Les terres qui la renforcent par derrière forment comme une digue 
de cinquante pieds de large ^ (''), en pente vers la ville, avec un che- 
min au sommet pour permettre aux soldats de se poster derrière le 
mur''. On appelle Acjger cette immense fortification; elle porte le 
nom de Servius*, et quelquefois aussi celui de Tarquin-le-Superbe^ 
qui la termina ou l'augmenta *. 

Les murs de Rome, dans le reste de leur tracé, passent sur le mont 
Esquilin, arrivent en tête du Cœlius, longent son plateau au midi, 
sautent sur TAventin où ils font une double saillie pour envelopper 
les deux sommets dont se compose cette colline, et se terminent au 
Tibre après s'être repliés le long de la falaise escarpée parallèle à la 
rive gauche du fleuve. 

L'ensemble de cette enceinte dans laquelle sont percées vingl-deux 
portes, a une forme assez irrégulière: elle s'allonge beaucoup du 
midi au septentrion, et se rétrécit d'une manière très-sensible, d'o- 
rient en occident. Le système de défense est complété, sur la rive 
droite du Tibre, au moyen d'une forteresse rehée à la ville par deux 
longs murs qui se profilent avec ceux de la rive gauche du fleuve. 
Cette Forteresse, ouvrage du roi Ancus Marcius'", est bâtie au sommet 
(lu Janicule, montagne haute de deux cent cinquante pieds". La pe- 
tite enceinte transtibérine communique avec l'enceinte principale 
par deux ponts, l'un de pierre nommé Palatin, de sa situation vis- 

1 D. Halic. IX, 68.-Siiab. V, p. 234 ; ou 208, Ir. fr. — l'Iiii. 111, 5. = ^ IiiIlt prima 
(ipere tiiirabili IMin. 111, 5; Tune, senes Aggeiis vasium spaliiim niirabaiilur. Id. 
NXXVl, 15. = 3 1). Ilalip. IX. 68. = * Vpnuli, Anlicli. di Iloma, part. 1, r. 5. = » Pro- 
mis. Anlirh. di Alba Fuct-nsi-, c. 7, p. 88, (ig. = •> 1). Ilalir. ibid. — ' l'ioniis, Ihid. 
1= » Til.-Liv. I, U. — Slrab. V, p. 234 ; ou 208, Ir. fr. = 9 Agger Tarquinii Supcrbi. 
l'iin. 111, 5. =10 Plan et Dt-scrlpl. de Rome, n" 299. — " Brocrlii, Suolo di Koma, 
p. 211. («) 29 mè(r. 630, sur 8 iniHr. 889. [^) 1481 mélr '(81. (S 4 mctr. 300, sur 
23 môlr. 704. C) 14 nu'tr. 815. 



LETTRE Vl[. 263 

à-vis du mont Palatin, l'autre de bois, appelé ^wW/aws, du nom 
même de sa matière K 

J'ai voulu suivre dans leur circuit les murs de la villp, mais cela 
ne m'a pas été possible ; parce qu'en beaucoup d'endroits ils sont 
encombrés par des maisons qui s'y appuient, soit en dehors, soit en 
dedans, de sorte que souvent ils disparaissent presque tout-à-fait^. 
Depuis que les Romains n'ont plus à redouter la guerre chez eqx, 
ils ont ainsi laissé envahir les fortifications de leur métropole. J'ai 
pu cependant apprécier l'étendue de ces murailles, elle n'est guère 
que de huit milles pas' ("). Ce serait beaucoup pour une ville ordi- 
naire, cela paraît peu pour Rome. 

L'enceinte sacrée, le Pomœrium, ne m'a pas offert d'obstacles ; 
j'ai pu en faire le tour, et même d'une manière pompeuse. Mais quel- 
ques mots d'explications préliminaires sont indispensables. Quand les 
Étrusques bâtissaient une ville, ils consacraient toujours, par une 
auguration solennelle, une certaine étendue de terrain autour de la 
muraille qu'ils se proposaient d'élever, et à l'intérieur de la ville les 
maisons ne pouvaient être contiguës à ce mur. Les Romains qui ont 
imité beaucoup de choses des Étrusques, ménagèrent aussi vmpoinœ- 
rium autour de leur cité. C'est sur cette enceinte, qui marque les li- 
mitesde \aville proprement dite, que je viens de faire le tour de Rome. 
L'excursion fut d'autant plus facile, qu'un principe de religion veut 
que le Pomœrium demeure vague et inculte ; la main des hommes le 
profanerait en le cultivante En effet, il a été établi pour y prendre 
les auspices urbains^ , cérémonies religieuses par lesquelles les prêtres 
consultent la volonté des dieux, quand un magistrat est sur le point 
de commencer une entreprise dont le succès importe à la république. 

Le Pomœrium malgré son caractère sacré, ne fut jamais im- 
muable; ses limites ont été changées plusieurs fois pour l'agrandis- 
sement de la ville, d'abord par Romulus et Tatius*, puis par Ancus'', 
par Servius Tullius*, ensuite par Sylla, l'an six cent soixante-quatorze^ 
et tout récemment par l'empereur^" *. Les deux dernières extensions 
ont presque fait perdre à cette enceinte son véritable nom, puisqu'elle 



1 Plan el Desciipl. Je Rome, nos 305 el 296. = 2 d. Halic. IV, 15. =3 îSibby, Mura 
di Roma, c. 3. — En mesures exactes 8,186 pas. Danville, Acadcm. des Inscript, 
t. XXX. — 4 Tit.-Liv. \, hh.—'i Auspicia uibana. Vair. L. L. V, § U3.— A. Cell. XUI, 
U.= 6 L). Halic. II, 50. = 7 Flor. I, 4.-Sliab. V, p. -254; ou 207 tr. fr. == » 1 it.-Li\. 
1, hh. — D. Halic. V, 15. — Strab. V, p. 234 ; ou 207, Ir. fr.-A. Gell. XIII, 14. = *> A. 
(iell. /6td. — Senec. de brevit. vil. 14. = '0 Tac. Aiin. XII, 25.— Dion. LV, 6.— Vopisc. 
Aurelian, 21.— lîoissaid. Aiiti(|. vom. part. III, lab. o.H. ^«) 12kilomètr 127nu'lr. 



-204 ROME AU SlKCr.K D'AUGUSTE. 

se trouve, non plus immédiatement derrière, mais à une immense dis- 
tance des murs, qui n'ont point été reculés depuis Servius, les dieux 
n'ayant plus permis leur agrandissement ', de sorte qu'entre les 
murs et le Pomœrium il y a maintenant des quartiers tout entiers*. 

Rome a donc une étendue vraiment prodigieuse ; on y marche 
pendant des heures entières sans revenir sur ses pas, et sans cesser 
de voir des maisons qui se touchent^ On nomme faubourgs ou plutôt 
suburbains ces espèces de villes accessoires qui précèdent la véritable 
ville, et l'entourent presque de toutes parts. 

L'extension du Pomœrium étant en quelque sorte comme la créa- 
tion d'une cité, la fondation d'une colonie, doit être d'abord autorisée 
par le Sénat ^, et l'on y procède avec toutes les cérémonies pieuses 
usitées en pareille circonstance. J'ai assisté à l'extension qui vient 
d'être pratiquée par l'empereur. Auguste entouré de certains prê- 
tres-devins appelés augures'*, et suivi d'une innombrable foule de 
peuple, se rendit à l'extrémité des derniers faubourgs de Rome, vers 
le midi*. Là, on lui présenta une charrue^ à soc d'airain ^, attelée , 
à gauche ^ du côté qui allait être l'intérieur de la ville ', d'une vache, 
et à droite d'un taureau^, tous deux blancs comme la neige'". Cet at- 
telage est un emblème de l'union conjugale d'où toute ville doit at- 
tendre sa durée". Il arrangea sa toge à la manière gabienne, c'est- 
à-dire en ramena la partie supérieure sur sa tête, jusqu'aux oreilles ", 
tira en avant le pan gauche ordinairement jeté sur l'épaule droite, et 
le noua sur sa poitrine avec un pan de la partie inférieure ". Il posa 
ensuite la main droite sur la charrue, prit de la gauche un aiguillon 
qu'il allongea sur son attelage'*, et commença le sillon sacré. Il te- 
nait le manche de la charrue incliné de manière à faire tomber les 
glèbes dans l'intérieur de l'enceinte qu'il traçait '*. Le peuple suivait 
pieusement, et prenait soin de rejeter aussi en dedans toutes les 
mottes qui, échappées à l'action du soc, étaient demeurées en de- 
hors '^ Au droit des chemins, l'illustre laboureur soulevait, portait 

1 D. Hr'.ic. IV, 15. = 2 Exspaliantia lecta multas addidere urbcs. Plin. HI, 5. = 
3 Gruler., p. 196. — Orelli, Inscripl. lat. n" 1. = * Fest. v. ponlificale.— Gruter. p. 198 
— Orelti, Inscripl. lat. n» 811. = !>Seiv. in ^Eneid. V, p. 755. =« Plut. Romul. 10. 
= ■? Varr. L. L. V, § 143. — Serv.— Plut. Ibid. — » Lyd. de Mens, IV, 50. — » Varr. — 
— Serv. — Plut. /Ai"(/. = 10 Ov. F:ist. IV, v. 826. = n'isid. OiIr. \V, 2. = '2 Tlicsaur. 
Morell. faniil. Aoilia, lab. I, 7, I». E; Caninia, 5; Cassia, tab. lll, C. ; Claudia, tab. Il, 
E; Cornelia, tab. VI, I. K. M; lab. VII, 11; Domilia, tab. II, 9; Fabia, lab. III, 2, 
Pic. = lîServ. in yEneid. V, v. 755; VII, v. 612.— Isid. Orig. XIX, 24. — Coinul. iu 
Pars. S. 5, V. 51. — Winckelniann, Uisl. de l'Art, 4, 5. = "• Thesaur. MorcU. loc. sup. 
cil, = 15 Serv. in ^Eneid. V, v. 755. = '«^ Varr. L. L. V, § Hô. — Plul. Uoniul. 10. — 
Lyd. de Mens. IV, 50. 



I.ETTRK Vil. ->(iri 

sa charrue comme on iait [)()iir marquer les portes d'une ville que 
l'on fonde*'*. 

Le tour achevé, les Augures prononcèrent la prière suivante, que 
redirent tous les assistants : « Dieux tutélaires de la ville, faites que 
ce Pomœrium ne soit ni moins ni plus grand, mais portez-le jus- 
qu'aux limites qui viennent d'être tracées^. » 

L'enceinte du nouveau /'omor/j^m fut marquée par des cip[)es^ ou 
bornes de pierre hautes de trois pieds et demi , larges de deux pieds*('') , 
et dont la partie supérieure est renversée en forme de rouleau. 
Chaque cippe porte une inscription relatant qu'il a été posé en vertu 
d'un sénatus-consulte, par l'empereur César- Auguste, fils d'un dieu. 

Ces agrandissements de la ville fiu-ent toujours soigneusement 
inscrits tant sur les bornes qui en marquent les limites ^ que dans 
les actes publics ®. Le droit d'étendre Tenceinte sacrée de Rome n'a 
jamais appartenu qu'au citoyen dont les conquêtes avaient agrandi le 
domaine du peuple romain''. On exigea pendant longtemps que ces 
conquêtes fussent faites en Italie *, et jusqu'à l'époque de Sylla aucun 
de ceux qui avaient subjugué de grandes nations n'avait exercé ce 
droit ^ ; mais depuis, les conquêtes en pays étranger furent admises "*. 

En parcourant le nouveau Pomœrium j'ai remarqué qu'il était 
interrompu au droit du mont Aventin*, bien que cette montagne 
soit comprise dans les murs de Rome. C'est qu'au moment de fon- 
der la ville, Rémus ayant pris les auspices en cet endroit, où il n'en 
reçut que d'inférieurs à ceux de son frère, on a cru depuis que de 
celte colline on ne pouvait avoir que des auspices funestes"; or le 
Pomœrium est le lieu spécial des auspices de la ville. 

Ce motif d'exclusion te paraîtra peut-être un peu superstitieux*; 
mais tu trouves, j'en suis sûr, qu'il y a quelque chose de singuliè- 
rement généreux dans la loi qui ne permet qu'à des conquérants 
d'étendre le Pomœrium. On dirait que les Romains ont voulu rap- 
procher de temps en temps de leurs foyers, maintenant paisibles, 
une espèce de simulacre de la conquête, comme s'ils avaient craint 
que loin du bruit des armes, les citoyens oubliassent que leur 
ville, comme leur empire, ne devait s'accroître que par la victoire. 

1 Serv. In /Eneid. V, v. 755. —Plut. Romul. 10. = 2 FpsI. v. ponlificale. = ^ Viur. 
L. L. V, § 143.— Griller, p. 196. = * (Jruler. Ibid. = SGruter. /6»c/.— Boissard. Antiq. 
rom. part Ul, tab. 53 ; pari. V, lab. 6, 11. — Spon. Misrell. p. 263. — OrcUi, Insrripl. 
lat. noM, 710. = 6 Tac. Ann. XU, ii. — '' A. Gcll. MU, 11. — Gruler. p. 196. = " Se- 
iicc. do Brevil. vit. \k. — 9 Tac. Anu. XU, 23. = i» Ibid. — Vospic. Aurclian. 21. — 
" A Cell. XIU, 14. («) 1 nuMre, 057, sur 592 millimètres. 



LETTRE YllI. 

DES COUICES EN GÉNÉRAL, ET DES UIVERSES SORTKS DE COMICES. 

J'avais commencé quelques recherches sur les Comices du peuple 
romain, lorsque le hasard me procura sur ce sujet un petit ouvra}J!«î 
d'autant plus intéressant, qu'il peint une époque où l'ancien gou- 
vernement existait dans toute sa franchise. Cet ouvrage est l'œuvre 
d'un de nos compatriotes, M. Antonius Gniphon, qui, arraché à sa 
patrie par le sort de la guerre, fut envoyé à Alexandrie en Egypte, 
pour y étudier les lettres. Il revint ensuite à Rome ouvrir une école 
de rhétorique, d'abord dans la maison de Jules-César, ensuite dans 
la sienne. Gniphon, doué d'une mémoire prodigieuse et des plus 
heureuses facultés de l'esprit, parlant également bien le grec et hs 
latin, obtint des succès immenses et très-lucratifs. Il eut l'honneiu' 
de compter Cicéron parmi ses auditeurs ^ 

La réputation de Gniphon me donna naturellement le désir de faire 
sa connaissance. J'allai le voir; il m'accueillit comme un enfant de 
la Gaule, et me prit tellement en amitié, qu'à sa mort, arrivée der- 
nièrement loin de Rome, il me légua tous ses manuscrits, parmi 
lesquels je trouvai l'original d'une correspondance quMl entretenait 
depuis bien des années avec le maître à l'école duquel il étudia en 
Egypte. Ces lettres, auxquelles je ferai de temps en temps quelques 
emprunts, m'ont fourni le morceau que je t'envoie aujourd'hui. 11 
y est question, à propos des Comices, de plusieurs magistratures 
dont je ne t'ai pas encore parlé; mais cette espèce d'anachronisme 
ne nuisant point à la clarté de la narration, je n'ai pas cru devoir 
charger ces pages de notes qui seraient répétées dans quelques-unes 
de mes prochaines lettres. 

Eidruit du Journal de Gniphon. 

« Je vais vous parler, mon cher maître, des assemblées poli- 
tiques du peuple romain, de ces grandes réunions où il apparaît dans 
toute sa majesté, pour exercer la puissance élective, législative, et 

' Sud. (le lllusl. giamm;il. 7. 



LETTRE VIII. 2(i7 

judiciaire. On appelle ces assemblées Comices, d'un mot qui signifie 
se rassembler, se réunir'. Les Comices reviennent à des époques 
périodiques, mais pas positivement à jours fixes, car il faut qu'ils soient 
d'abord autorisés par des auspices favorables, ce qui ne se rencontre 
pas toujours-. 11 suffit même qu'un magistrat observe les auspices, 
ou déclare qu'il les observera, pour empêcher la tenue des Comices 
ce jour-là'. Les fêtes*, ainsi que les Niindines ou iours de marché, 
emportent encore interdiction ^ : les fêtes par un scrupule religieux, 
et les Nundines par un motif de convenances privées, parce que c'est 
l'époque où le peuple de la campagne vient à la ville pour ses 
affaires particulières, et l'on n'a pas voulu l'en distraire par le soin 
des affaires publiques*^. Hors ces exceptions, on peut tenir les Co- 
mices indifféremment tous les autres jours, qui, à cause de cela, sont 
désignés sous le nom de jours comitiaux'^ . Ils remplissent près de la 
moitié de Tannée*. 

« Quand ces prescriptions ont été observées, les Comices peuvent 
encore être rompus et ajournés s'il vient à tonner ou éclairer pen- 
dant la durée des opérations ; d'après le droit augurai, il n'est point 
permis de traiter d'affaires avec le peuple, quand Jupiter tonne ou 
éclaire^. Un orage subit", un citoyen frappé d'épilepsie dans l'as- 
semblée, sont encore des motifs d'ajournement '*. 

« Il y a trois sortes de Comices : les Comices par Curies, les Co^ 
mices par Centuries, et les Comices par Tribus. 

« Les Comices par Curies sont de l'institution de Romulus. Ce 
roi partagea tout son peuple en trois Tribus^-, subdivisées chacune 
en dix Curies^^, et donna à ces trente curies le droit d'élire les ma- 
gistrats, de faire des lois, de connaître des affaires de la guerre, 
quand il le leur permettrait. Mais comme il se méfiait des lumières 
de la multitude, il la mit sous la tutelle des sénateurs, en ordon- 
nant que les décisions des Comices par Curies ne deviendraient 
obhgatoires qu'autant que le Sénat les aurait confirmées'*. 



1 CoiTiitium ab co quod coibanl. Varr. L. L. V, § 155. = ^ Voy. Lettre XWI. = 
3 Cic. ad Allie. IV, 3,16; pio domo 15. — Dion. XXWIII, 13. = ' Vair. L. L. VI, 
g 29. = 3 Cir. ad Allie. IV, 3, 16 ; pro domo. 13. — Plin. XVIII, 5. — Maerob. Salurn. 
1, 16. = 6 Cic. ad Allie. IV, 3.— l'iin. /*/(/. = •? Dies eomitiaies. Varr. L. L. VI, § 29. 
— Ov. FasI. l, V. 33. — Tit.-Liv. XXIV, 7. — Maerob. Salurn. I, 16. — » Voy. Lettre XI. 
= 9 Cie. in Vatin. 8 ; Pliilipp. V, 5 ; de Divinat. II, 18. — Til.-Liv. XL, 42.— Tac. Hist. 
I, 18.— IMul. Cat. min. 42. = 10 Til.-Liv. XXX, 39 ; XL, 39. = " Fesl. v. i)rohibere. 
= '2 Varr. L. L. V, § 33. —Tit.-Liv. X, 6. — U. Halic. H, 7. — Plut. HomuL 20. == 
■•» Til.-Liv. 1, 13.— D. Halic. II, 7.— Plut. lbiii.= l'Cic. deUepub. U, 52.— Til.- Liv. I. 
22, 52.— D. HaL II, 14; IX, U. 



208 UOMi: AU SIKCI.E D'AUGUSTE. 

M Pendant près de deux siècles, ces Comices furent les seules 
assemblées politiques du peuple romain. Le roi Servius Tullius 
voulant rendre plus éj^tales les char}i;es de la fçuerre et de la paix, 
jusqu'alors réparties par tète, établit que désormais elles le seraient 
^iuivant les biens de eliacun. Pour arriver à ce but, il partagea les 
Romains en cent quatre-vingt-treize centuries, dix-huit pour l'ordre 
équestre, et cent soixante-quinze pour le reste du peuple; divisa 
ces cent soixante-quinze centuries en cinq classes qui prirent rang 
suivant leur plus ou moins de richesse. Quatre-vingt formèrent la 
première classe, dans laquelle il n'admit que les citoyens dont le 
cens montait à cent mille as ("i au moins; vingt-deux composèrent 
la seconde; vingt, la troisième; vingt-deux la quatrième; et trente, 
la cinquième. 

« Le cens de chacune de ces classes fut, dans leur ordre numé- 
rique, de soixante-quinze mille as, de cinquante mille, de vingt-cinq 
mille, de onze mille {''). Tous les citoyens qui possédaient moins dt; 
onze mille as, ainsi que ceux qui n'avaient rien formèrent une seule 
centuries hors classe, et furent appelés />/'o/e7a/res et capHeccnsi ; 
prolétaires, parce que, exclus de la milice par leur pauvreté, ils ne 
peuvent être utilesà la république qu'en lui fournissant des enfants-, 
et capitecensi, parce que, plus pauvres encore, ou entièrement dé- 
nués, ils ne sont portés sur les recensements que pour leur personne'. 
« Servius divisa aussi chaque centurie en deux sections, Yimedes 
plus âgés *, comprenant tous les citoyens de quarante-cinq ans à 
soixante ^ l'autre des plus jeunes ^ *, comprenant tous ceux de quinze 
ans à quarante-cinq S et ce fut suivant cet ordre qu'elles furent ap- 
pelées à voter dans les comices. Il y avait là une garantie de sagesse; 
mais le créateur des centuries alla plus loin : fidèle au principe politique 
qu'il ne faut pas que les plus nombreux soient les plus puissants *, il 
établit que chaque centurie voterait collectivement ^ et non par tète, 
comme dans les Comices par Curies *'*. Or, les votes se recueillant 
suivant Tordre numérique, les centuries des riches formaient toujours 
une majorité suffisante avant qu'on les eût épuisées toutes, et les af- 
faires étaient décidées sans que les dernières centuries fussent appe- 

1 Til.-Liv. I, 42, 43. — Cic. de Repub. II, 22. — P. Halif . IV, 16. = 2 Cic. Ibid. — 
A. Gell. XVI, 10. = 3 A. Gcll. Ibid. = * St-iiiori'S. Cic de Rcpub. Il, 22 ; Brut. 67. — 
Tit.-Liv. l, 42, 43. — I). Halic. IV, 16. = =■ Ceiisor. dédie naiali, 14. — Scrv. in .Jiiieid. 
V, V. 233. = li Junioies. Cir. — 'iil.-Liv. Ibid. =^ " D. llalir. — Serv. — Censor. Ibid. 
= 8 Cic. de Ilcpub. Il, 22. = ^ Cic. Ibid. — Til.-Li\. I, 42, 43. —I). Halic. IV, 16. 
= "> D. Halic. lbid.—.\. Geli. XV, 27. («) en\iiOti 1200 fr. {<>) 900, 600, 500, 420 fr. 



LETTRE VIII. - 209 

lt';os aux suffrages, siiituul lu centurie des capitecensi et des prolé- 
taires , qui renfermait cependant à elle seule plus de citoyens que 
toutes les autres ensemble. Du reste, il n'astreignit pas à l'approba- 
tion sénatoriale ces assemblées qu'il appela Comices par Cen- 
turies *. 

« Celte espèce de fraude politique amena l'institution des Comices 
par Tribus. Cette division territoriale du peuple romain avait pris 
de l'importance en même temps que la puissance de Rome s'était ac- 
crue ; au lieu de trois tribus primitives ^ il y en avait trente, dont 
vingt-six de la création de Servius , appartenaient à la campagne ^. 
Lors de l'affaire du jugement de Coriolan , les patriciens, afin de fa- 
voriser ce citoyen, qui faisait partie de leur ordre, voulaient que le 
peuple réuni pour le juger votât par centuries. Mais l'expérience 
avait appris aux plébéiens combien ces Comices étaient illusoires ■ 
pour eux. Soutenus par leurs tribuns, ils exigèrent que les sufi'rages 
fussent recueillis par Tribus, et les patriciens se trouvèrent obligés 
de céder. Ce fut là le premier exemple des Comices par Tribus, qui 
dès lors prirent rang parmi les institutions de la cité *. L'avantage 
que le peuple y trouve, c'est que toutes les affaires s'y termi- 
nent en un jour, et sans qu'il soit besoin qu'elles aient été aupara- 
vant discutées par le Sénat *, ni la réunion autorisée par les aus- 
pices , comme cela est nécessaire pour les deux autres sortes d'as- 
semblées ®. 

« L'établissement des Comices par Tribus n'abolit pas ceux par 
Centuries, pas plus que ces derniers n'avaient aboli ceux par Cu- 
ries . ils subsistèrent et subsistent encore tous trois simultanément, 
mais avec des attributions diverses. 

« Dans les Comices par Curies, où ne sont admis que les citoyens 
domiciliés à Rome ou dans son territoire '^, on règle tout ce qui a 
rapport à l'état civil des citoyens, tel que : les testaments, les adop- 
tions *; on élit certains ministres de la religion, comme les Fia- 
mines, les Curions, les Pontifes ^ ; on décide toutes les affaires rela- 
tives à la guerre ^^ et au gouvernement des provinces ". Si le Sénat 
ordonne aux Consuls de nommer un Dictateur, il faut que cette no- 



» D. Halic. IV, 16. — Cic. de Repub. II, 22. — Tit.-Liv. I, 42, 43. = ^Tii.-Liv. X, 6. 
— D. Halic. II, 7, etc. = 3D. Halic. IV, l5.—'>lbid. VII, 69. — Plut. Coriol. 20. 
= » D. Halic. X, 41. = 6 /fcid.— Tit.-Liv. V, 52. = ^ A. Gell. XV, 27. = * Voy. Lettres 
LXVI et LXXXIV , = 9 V. Lettre XXXI. = '<» Tit,-Liv. V, 52 ; IX, 58. = H Voy. Lettre 
L\X. 



-270 *ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE. 

niinalion soit confirmée par les Curies ' ; si un Consul ou un Préteur 
est chargé d'une guerre, il ne peut IT-tre que par une loi Curiale K 

« Les Comices par Curies tenaient autrefois dans leur dépen- 
dance ceux par Tribus ; voici comment : lorsqu'on établit les Co- 
mices par Tribus malgré les patriciens , ces derniers voulurent faire 
considérer ces assemblées comme illégitimes ; et ce n'était pas à tort, 
puisque l'on y violait la loi fondamentale qui défendait d'assembler 
le peuple sans l'autorisation du Sénat , ni sans avoir consulté les 
auspices. Les plébéiens sentirent la justesse de l'objection , et pro- 
posèrent un accommodement auquel les patriciens consentirent : ce 
fut de faire confirmer les décisions des Tribus dans les Comices par 
Curies , où l'on prenait les auspices , et qui étaient autorisés par le 
Sénat '. Mais quand les sénateurs se furent complaisamment prêtés à 
pallier ainsi la violation de la loi, le peuple exigea davantage, et dé- 
pouillant les Pères conscrits de leur beau nom de réformateurs des 
Comices'', les força d'en confirmer d'avance le résultat, quel 
qu'il fût ^ 

« Alors les Com,ices par Curies tombèrent d'eux-mêmes. Je viens 
de dire qu'ils existaient encore, mais ils ne sont plus réellement qu'une 
vaine formalité ^ sans pompe comme sans dignité; on n'y appelle 
pas même les citoyens : seulement, trente licteurs, réunis par l'ordre 
et sous la présidence des Consuls '^ , en présence de trois augures *, 
viennent représenter les trente curies du peuple romain ^, et font 
d'une assemblée instituée dans le motif le plus sage et le plus reli- 
gieux, une indécente et ridicule momerie. 

« Les Comices par Centuries passent pour les plus vénérables de 
tous '°; aussi la constitution leur a-t-elle confié les opérations les plus 
importantes , parce que le peuple , distribué selon le cens , l'ordre , 
l'âge, apporte dans la délibération plus de conseil que lorsqu'il est 
confusément convoqué par tribtis ^K C'est dans les assemblées par 
Centuries que \esLois sont proposées, discutées, et adoptées '-; que 
Ton décide les déclarations de guerre *'; que l'on juge les crimes de 
Perduellion ou haute trahison ** ; que Ton prononce sur la vie des 

iTit.-Liv. IX, 8. =5Cio. de leg. Agrar. II, 12. = ^ Ibid. 11; pro Plane. 3. = 
'• Reprehensores comitiorum. Cic. pro Plane. 3. = 3 jd. Brut. 14. — Til.-Liv. I, 17. — 
D. Halie. II, 14. —A. Vicr. de Vir. illusl. 33. = «Cic. de leg. Agrar. II, 11. =T Id. 
12.; Ep. famil. I, 9. = » IJ. ad Allie. IV, 18. —^Id. de leg. Agrar. II, 11, 12. 
n^io/d. Posl. redit, in Senal. 11. = »> Id. de Legib. III, 19. —A. Gell. XV, 27. = 
12 Voy. Lellre XX.WH. = 's Til.-Liv. IV, 50 ; XXXI, 6, 8 ; XLII, 30. = " Id. VI, 20 ', 
XXXI, 6, 8. —Cic. de Legib. III, 4. 



f.ETTRE Vin. -271 

citoyens ' , que l'on élit les grands magistrats de la république, tels 
que les Consuls '\ les Préteurs ^ les Censeurs *. L'élection des ma- 
i^istrats susceptibles d'être revêtus du pouvoir militaire a besoin d'être 
contirmée une seconde fois dans les Comices par Curies '. 

« C'est au Forum pour les délibérations législatives et judiciaires, 
et hors de Rome , au Champ-de-Mars , pour les élections des ma- 
gistrats, que ces comices se rassemblent. Je vous donnerai plus tard^ 
des détails surTépoque, sur la manière dont ils se tiennent, et sur 
les magistrats qui les président. 

« L'esprit démocratique qui inspira la création des Comices par 
Tribus, a fini par leur faire absorber en quelque sorte les Comices par 
Centuries. Pendant le siècle dernier ("), les cent quatre-vingt-treize 
centuries de Servius ont été réduites à quatre-vingt-deux. Douze 
composent l'ordre équestre'^, et soixante-dix sont réparties par deux 
dans les trente-cinq tribus^*. Les cinq classes ontégîllement disparu : 
il n'y en a plus que deux , celle des chevaliers et celle des simples 
citoyens. La suppression du cens gradué a suivi celle des classes, et 
il n'existe plus qu'un seul degré de cens, celui des chevaliers. 

« Cette altération, celte destruction de la loi de Servius est due à là 
révolution produite dans les fortunes par le temps , ait nombre tou- 
jours croissant des endettés et des affranchis, et surtout à la nécessité 
impérieuse d'arrêter l'épuisement de la source où se recrutent les 
légions. En effet , le cens de Servius , sagement combiné pour le 
temps, avait pour effet, dans l'état actuel delà société, de produire 
beaucoup de capitecensi ', qui sont exclus des armées. 

« En répartissant dans les tribus les centuries qui demeurèrent tou- 
jours chargées de l'élection des grands magistrats, On fit en même 
temps un règlement pour garantir l'indépendance des Comices : il 
fut ordonné qu'à chaque réunion le sort déciderait laquelle de toutes 
les centuries donnerait son suffrage la première, serait ce qu'on à^- 
])e\\eAA centurie prérogative^'*. Ce règlement était vraiment néces- 
saire parce que dans tous les Comices, Ih prérogative, qu'elle soit une 
centurie des plus jeimes ou l'une des plus âgées, exerce sur les autres 



1 Cic.deLegib. III, 19; de Repub. II, 36; pro Sext. 34. = 2Voy. Lettre XXVI. = 
nit.-Liv. XXXIX, 32.— A. Gell. XlII, 14. = '► Cir. de leg. Agrar. II, 11 ; adAtlic. IV, 2. 
— Tit.-Liv. VU, 22 ; XXIV, 10; XXVII, 11. = S Cic. de leg. Agrar. H, 11. = 6 Voy. 
Lettres XXVI et XXXVU. =7 Cil-, de Repub. II, 22. =» Tit.-Liv. 1,43. = 9 jjiebuhr, 
Hisl. rom. t. VI, p. 6, 10. 1."), trad. de M. de Golbéry. = i» Cenluria prœrogativa. Cic. 
pro Plane. 20 ; pro Murena, 18 ; de Uivinat. II, 40.— Tit.-Liv. III, 31 ; XXIV, 9; XXVI, 
22. {0) Cela fui régie par la loi Mœnia, l'an 467. 



27-2 ROME AU Slf:CLE D'AUGUSTE. 

une influence morale si puissante, que son votedevientordinairemenl 
celui de la majorité'? Or, appeler les tribus toujours dans leur ordre 
naturel, c'eût été abandonner à mie seule le droit de fournir la cen- 
turie /^m-o</ff/H'e, et lui donner, défait, la prépondérance sur toutes 
les autres. 

« Les Comices purs par Tribus , si je puis m'exprimer ainsi , ont 
conservé leurs anciens droits ; ils confirment ou rejettent les séna- 
tus-consultes qui nomment les Proconsuls ou Propréleurs * (gouver- 
neurs des provinces) , ou bien prorogent ces magistrats dans leurs 
fonctions^ et quelquefois y portent des citoyens malgré l'opposition 
du sénat * ; ils décident de la paix à conclure avec les nations bar- 
bares*; jugent les magistrats mis en cause ®, en un mot, font les 
plébiscites '. Une de leurs plus belles attributions est d'élire tous les 
magistrats inférieurs *, et surtout les fameux tribuns du peuple ^. 
Cette dernière élection est une conquête sur les Comices par Curies , 
à la nomination desquels appartenait jadis le tribunat du peuple'", ce 
qui rendait un peu illusoire cette magistrature, puis quelle dépen- 
dait ainsi des patriciens, contre qui elle était instituée". C'est une 
loi PuUilia, rendue l'an deux cent quatre-vingt-trois, qui leur en- 
leva ce droit '^ 

« La présidence des Comices par Tribus appartient à divers ma- 
gistrats, suivant les affaires qu'on doit y traiter : pour l'élection des 
Tribuns, un des Tribuns en place, désigné par le sort, préside": et 
pour les autres magistrats, souvent c'est un Consul, parce que nul 
magistrat inférieur ne peut présider les Comices d'un magistrat qui 
lui est supérieur **. 

« C'est à la fin de la belle saison, le iv« des Ides de décembre ("), 
que les Comices par Tribus se tiennent pour l'élection des Tribuns 
du peuple '^ ; et en été , vers le mois de sextilis C") '*, pour celle des 
autres magistrats. L'endroit où on les réunit varie assez souvent, au- 
cune prescription religieuse n'obligeant à choisir tel lieu plutôt que tel 
autre. On les convoque assez ordinairement soit sur la place du Capi- 

1 Tit.-Liv. XXIV, 7 ; XXVII, 6. -Sali. Ep. ad Cœs. I, 12. = 2 Til.-Liv. X, 2i ; XXVI, 
2; XXVU, 22; XXX, 27. = 3 /f/. VMI, 23; X, 22; XXIX, 15. = '» Id. XXVIII, 40, 
45.— Suet. Caes. 22. = 5 Til.-Liv. XXIX, 12 ; XXX, 43; XXXIII, 25. = « /d. IV, 40, 
41; XXXVIII, 54. = ■? V. Leltre XXXVII. =8a. Gell. XIII, 14. = » Til.-Liv. U, 36; 
57, 58. — D. Halic. IX, 41, 43.— Appian. de Bell. civ. I, p. 612. = '<> D. Halic. VI, 89; 
IX. 41. = 11 Ti(.-Liv. III, 30. — Ascon. in oiat. pro Cornel, p. 138. =: 12 Tit.-Liv. II, 
56, 58.— D. Halir. IX, 41, 43. = '3 i il.-Liv. III, 64.— Appian. de Bell. riv. I, p. 612. 
= '*Cic. ad Allie. IX, 9 ; Ep. famil. VII, 30. — A. (lell. XllI, 13. =15 Tit.-Liv. V, 11; 
XXXIX, 52.— n. Halie VI, 89. = iG Cir. ad Allie. I, 1. (<») 10 décembre. (*)Aiigusle. 



[ 



LETTRE VIII. 27r> 

lole' dans Yfntermont, soit au Forum romain-, soit dans lo Chanip- 
do-iMars, au Cirque Flaminius'. Il sutlit d'être citoyen romain innw 
avoir droit de sutirage dans une trilm *. 

« Telle est , mon cher maître , la constitution qui depuis plus de 
cinq siècles régit la république romaine. Aujourd'hui cette constitu- 
tion tombe en ruines, et l'on peut dire que ce sont les Comices par 
Tribus qui l'ont détruite en partie. Originairement, il y avait inégalité 
dans les pouvoirs : le Sénat délibérant sur une atïaire avant de la 
renvoyer aux assemblées par Curies, le peuple n'avait que le droit 
d'opposition. Entièrement frustré dans les Comices par Centuries, 
il demanda les Comices par Tribus, dont l'institution parut devoir ré- 
tablir l'équilibre des pouvoirs : le droit d'initiative appartint au peuple 
aussi bien qu'au Sénat, et le droit d'opposition fut également le par- 
tage de l'un et de l'autre ordre. Vous venez de voir comment cet équi- 
libre fut rompu. Les patriciens, en se laissant dépouiller de leur droit 
d'opposition, ouvrirent le précipice où devait s'engloutir la liberté pu- 
blique. Quand le peuple fut maître souverain, on ne s'occupa plus qu'à 
le gagner, surtout lorsqu'on avait le Sénat contre soi ^ De là les bri- 
gues, les corruptions, la prépondérance toujours croissante des ri- 
chesses, l'indifférence pour le bien public, pour la liberté même, la 
destruction de toute morale, les guerres civiles, et enfin la tyrannie. 

« Il est si vrai que ces maux furent le fruit des Comices par Tri- 
bus, que Sylla, lorsqu'il voulut violemment rétablir la république, 
commença par supprimer ces assemblées ^ Mais à peine sa main 
puissante eut-elle quitté le timon de l'État, qu'elles reparurent , et 
avec elles les calamités enfantées par la nécessité de llatter l'hydre 
populaire. Ce fut alors que pour avoir mal usé de la liberté, ce peu- 
ple romain qui avait proscrit les tyrans, dompté le monde, et qui 
comptait des rois parmi ses clients, courba à son tour sa tête altière 
sous le joug d'un seul homme. 

« J'essaierai dans mes lettres suivantes de déployer le tableau dont 
je viens de vous présenter une simple esquisse, en vous montrant le 
peuple élisant ses magistrats , faisant des Lois et des Plébiscite!! , et 
rempUssant les fonctions judiciaires. « 

' Tit.-Liv. XXV, 5 ; XXXUI, 25 ; XLV, 36. — Appian. de Bell. civ. I, p. 612, 621. = 
2 D. Halic. VII, 59. —Appian. Id. 111, p. 885. = » Tit.-Liv. XXVII, 21. — Cic. pro 
Plane. 22, 23.,= * Tit.-Liv. XLV, 15. = s/(/. XXVlll, 40, 45. — Suel. Cœs. 22. = 
« Tit.-Liv. LXXXIX, Epito.— Appian. de Bell. civ. I, p. 650. 



48 



LETTRE IX. 

COMMENT SONT LOGÉS LES RICHES, OU LA MAISON DE MAMURHA. 



La plupart du temps nos yeu\ ne voient qu'après notre esprit. 
Cette assertion qui paraît paradoxale , n'en est pas moins exacte. 
Nous sommes aveugles quand nous passons devant des objets sur 
lesquels notre attention n'a pas été appelée d'avance; tiolfe œil 
i^lisse dessus sans en être frappé, et nous les régardons sanâ les 
voir. Mais que quelqu'un nous révèle notre ignorance, il semble 
qu'un voile tombe aussitôt de devant notre vue, qu'un nouveau sens se 
développe en nous. J'éprouve souvent cet effet. Quand on me ques- 
tionne sur ce que j'ai vu , j'apprends presque toujours que dans ce 
que je crois avoir le mieux observé, il y a encore une foule de choses 
que je n'ai pas remarquées, et quand je retourne poiu^ les voir, je Suis 
tout étonné de ce qu'elles aient échappé à mon attention. Ces jours-ci 
j'ai pensé qii'il serait nécessaire de l'introduiredans la maison * d'un 
homme riche, d'un citoyen important par son influence, par la po- 
sition élevée qu'il occupe dans la société; il m'a semblé que c'était 
le complément nécessaire de mes descriptions du Forum, du Champ- 
de-Mars, des basiliques, et qu'après t'avoir fait connaître les divers 
lieux de la vie publique , je devais te montrer aussi celui de la vie 
privée. Alors j'ai songé à te décrire la maison de mon hôte. Mais dè.^ 
que j'eus tenté cette description , je reconnus que cent objets frap- 
paient ma vue pour la première fois, quej'ignoraisjusqu'auxnomsde 
la plupart des pièces de cette maison que j'habite depuis mon arrivée 
à Rome, et que les termes me manqueraient à chaque instant. J'allais 
ajourner mon projet, lorsque VitruvePoUion, architecte de Mamurra, 
vint à mon secours. «J'ai promis, me dit-il, à Denys, jeune Grec 
d'Halicarnasse, venu ici pour étudier les antiquités de notre nation*, 
de lui expliquer demain une maison romaine ; je choisirai celle de Ma- 
murra , puisque cela peut vous être utile. D'ailleurs votre hôte étant 
à la campagne, nous aurons plus de liberté pour visiter sa demeure. » 
Vitruve est un vieillard *; par respect pour son âge, moi et I)e- 
nys nous allâmes le quérir chez lui. Nous voilà tous trois en route. 
Nous gravissons le Cœlius, <'f nous arrivons sur une place qui pré- 



m^ 



iivanU''; 



[H'.'jl 



fia . « Qui ('i 



qne pen 



l appelle " 



\ 



I.KTTKF IX. 57:. 

(H'do la maison dr Maniiirra. Je la traversais vivomonl ot me diri- 
geais vers la porte, lorsque Vitrine m'arrêtant : « Ici vont commen- 
cer nos explications , me dit-il ; ne soyez point si pressé, Camnlo- 
gène. Vous avez passé bien des fois sur cette place ; savcz-vons 
qu'elle fait partie de la maison, et comment on l'appelle?... C'est 
YArea ou le Vestibidel") * , conlinua-t-il en voyant que je gardais 
le silence. Je n'ai pas besoin de vous apprendre que la statue qui 
s'élève au milieu est, suivant l'usage, celle du maître delà maison ^ 
Celle-ci est d'airain ^ et représente Mamurra à cheval', en habit de 
préfet des ouvriers de l'armée de César. Quand nous construisons 
une maison grande et vaste, nous avons coutume de réserver, entre 
la façade de l'édifice et la voie publique, une partie rentrante, enca- 
drée soit par des portiques , soit par les deux maisons voisines *. Le 
Vestibule a été imaginé afin que les Clients qui viennent le matin sa- 
luer leur patron, ne soient point obligés de stationner dans la rue, lors- 
qu'ils arrivent avant le réveil des esclaves ^ Entrons maintenant; 
nous n'avons plus rien à voir ici. » 

Alors il s'approcha de la porte, dont le double battant ^ en bois 
de chêne ^ encadré entre deux pilastres surmontés d'une élégante 
corniche*, est revêtu d'airain® et orné de bulles, gros clous à tête 
ciselée et dorée '", Il tit tinter une sonnette, destinée dans presque 
toutes les maisons à solliciter l'ouverture de la porte ", et déjà nous 
avions le pied sur le seuil, quand Yostiarius ou portier, sortant de sa 
cellule *^ et allongeant devant nous une longue baguette dont il est 
armé *^ cria : « Qui êtes-vous "? » Au même instant, un chien posté 
près de lui (les Romains en placent toujours un à l'entrée de leurs 
maisons, conmie gardien supplémentaire ^^) aboya avec une telle 
violence que pendant quelques instants il nous fut impossible de 
nous faire entendre ^^. Le portier nous reconnut, fit taire son com- 
pagnon, et nous entrâmes dans un couloir pavé en petits cubes de 
marbre blanc entremêlés de points carrés en marbre noir *. 

« Vous êtes ici dans le Prothyrum (*) ' '^, nous dit Vitruve : ce pas- 

1 Tac. Ann. XI, 53. —Dion. XLIV, 18. =*Dion. XLVI, 55. =3Juv. S. 7, v. 126. = 
'■> Cic. ad Allie. IV, 3. = » A. Gell. XVI, 5.— Macrob. Saturn. VI, 8. = « Aperite ambas 
fores. Plaul. Capliv. IV, 2, v. 51.— Lucan. \\, v. 533.— Mazois, Ruin. de Pompei, t. II, 
pi. 1. = 7 Ov. Amor. I, 6, v. 28 ; II, 1, v. 28. = » Mazois, Ibid. = » Plin. XXXIV, 5 
= 1» Plaul. Asin. Il, 4, v. 20. — Cic. in Verr. IV, 56. = n Suel. Aug. 91. = 12 Ibid. 
Vilell. 16. = 13 Virga. Seneo. de Const. Sapienl. 14. — Vigilet cum longo fiisle. Hor. 
II, S. 3, V. 112. = iManilor : Quis tu? Cir. Philipp. II, 31. = i^ Varr. R. R. I, 13. — 
Senec. de ira, III, 37.— Suel. Yiiell. 16.— Columel. I, prœf. = !« Hor. I, S. 2, v. 128. 
=»'? ViUuv. VI, 10. («) Voy. le Plan de la Maison de Mamurra, n<> 1. (*) Ibid. n» 3. 



27(5 ROME AU S[KCLE D'AUGUSTE. 

« sago conduit à la porte intérieure '. A droite et à gauche sont les 
« loges ou cellules du portier et du clii<!n ^ ("). » En ce moment les 
aboiements du gardien animal lecommencèrent. Le portier le tira 
violemment par sa chaîne, et lui donnant un coup de pied, le fit taire, 
et le renvoya à la loge *. « Il paraît, nous dit notre guide, que les 
« Molosses vous font peur (c'est du pays des Molosses, en Épire, 
« que viennent ces chiens'], et que vous vous arrangeriez mieux 
« de l'usage où l'on est dans quelques maisons de les remplacer 
(( par une peinture qui les représente, et au-dessus de laquelle on 
« inscrit en grosses lettres : prenez garde au chiex ' *. — Oui, répon- 
« dit Denys, cela est moins inquiétant pour les visiteurs, et peut- 
« être aussi pour les portiers, qui ne doivent pas toujours se trouver 
« bien rassurés avec de tels voisins. — .Jamais il ne leur arrive rien, 
« repartit Vitruve; dès que l'on met un nouveau chien près d'eux, 
« ils lui font manger une grenouille cuite, et l'animal les prend en 
« affection*. » 

A l'extrémité du Prothyrum, qui a une pente sensible vers le Ves- 
tibule*, est une porte intérieure. Elle s'ouvre sur une belle cour 
carrée, ornée sur toutes ses faces d'une colonnade ' en marbre blanc*, 
formant portiques (*) . 

« Nous nommons cette cour Atrium, reprit Vitruve, d'.-1/r/a, 
a ville d'Étrurie où cette disposition architectonique fut inventée', 
a N'est-ce pas une heureuse conception que ces portiques couverts 
(( adossés à la maison avec laquelle ils communiquent de tous côtés, 
« et sous lesquels on peut se promener à l'ombre? que ce bassin 
« de marbre placé au centre , où brille, sur de jolis carreaux de 
« marbres blanc, bleu, et rouge, taillés en losanges, une légère 
« nappe d'eau vive*, qui entretient ici une agréable fraîcheur'"? 
« L'ensemble àaX Atrium s'appelle Cavœdium^^. Si vous voulez 
« connaître chaque partie par son nom particulier, l'on nomme 
« proprement Cavœdia les portiques adossés à l'habitation {") ; Im- 
a pluvium, la partie vide, tout ce qui n'est point pavé, la cour en- 
« fin'"^('') ; et Compluvium, le bassin qui en occupe le centre'' (*■)*, 

1 Vitnn. VI, 10.— Vair. R. P.. III, 2 Macrob. Saluin. Il, 13. = 2 Ccllœ. Petroii. 28. 
= ^ Ibid. 64. =* Hor. II, S. 6, v. 114. = » Petron. 28, 29.— Non. Marrcll. v. Piaebi- 
tio. = 6 Varr. R. R. II, 9. = '' Viiruv. VI, 3. = « Plin. XXXVI, 6.— Slrab. V, p. 222, 
on 156, Ir. fr. = ^ Van. l. | . y^ g lei. Fesl. v. Atrium.— Seiv. in .-Eneid. 1, v. 730. 
= 1" Mazois. Ruin. de Pompei, l. II, p. 3.5. = •' Plin. XVII, 21 ; XIX, 1. = '"- Cic. in 
Verr. 1, 56.— Viiruv. VI, 4. - Vair. L. L. V, § 161. -A. Gell. X, 15. = '^ Varr. R. R. 
I, 15. — Columel. I, 6. — Isidor. Orig. XV, 8. (") Voy. le Plan de la maison de Ma- 
muna, n» 2. {'') Jbid. n» 6. (<) Ibid. n" 9. («') Ibid. n» 8. {^) Ibid. n° 7. 



MÏSibl 



^- 



J.ETTUi: IX. 277 

« parce que dans les maisons jjrivées d'eau\ vives il reçoit les 
« eaux pluviales versées par les CavœdiaK 

« L'Atrium est le type des habitations romaines ^ la pièce obli- 
« gée, indispensable pour quiconque a des Clients : il faut un 
« Atrium pour les recevoir ^ Aussi le f>énie des architectes, se 
« prêtant à cette nécessité, a-t-il inventé des Atria pour tous les 
« genres de maisons, grandes ou petites, somptueuses ou modestes; 
« on en compte cin({ espèces : le Toscan, le Tétrastyle, le Corin- 
« thien, le Displuviatum, et le Tesludinatum. 

« L'Atrium Toscan est le plus ancien *, le plus simple, le plus 
« fréquenmient employé. Voici sa forme, poursuivit Vitruve en 
« traçant avec le doigt quelques lignes dans de la sciure de bois 
« répandue sur le pavé pour le nettoyer^ : il se compose de quatre 
« poutres croisées à angles droits, et dont les extrémités sont scel- 
« lées dans les murs de l'édifice ^. Il n'y a point de cour; les cavœ- 
« dia s'étendent jusqu'aux bords du compluvium'', dans lequel ils 
« vcEsent leurs eaux*. 

w Le Tétrastijle a, de même que celui-ci, quatre poutres qui se 
« croisent; mais conune il est plus grand, on le supporte par 
« quatre colonnes, une à chaque point d'intersection, d'où le nom 
M de Tétrastyle. 

« On nomme 6'orm^/i/eM celui où nous nous trouvons. Vous voyez 
« qu'il verse aussi ses eaux vers YImplucium. C'est le seul que l'on 
« puisse employer dans les grandes maisons, parceque les nombreuses 
« colonnes qui le supportent, tout en lui imprimant [ylusde dignité, 
(( permettent aussi de lui donner l'étendue nécessaire pour recevoir 
« un peuple de Clients. 

« Les Cavœdia de l' Atrium dispfuviat u)n \eTsent\ems eaux, non 
« vers l'Impluvium, mais du côté de la maison; de là le nom de 
« Displuviatum. Cette espèce d'Atrium a l'avantage de laisser entrer 
« plus de jour sous les portiques, et par suite dans les pièces qui 
« sont autour: mais d'un autre côté on a le désagrément de voir 
« suinter l'eau sur les murs, lorsque les canaux du toit n'absorbent 
tf pas assez vite toute celle qui s'y ^end^ surtout si quelque voisin a 
« le droit d'égout sur votre maison, C(; qui arrive quelquefois "*. 

' Ma/.ois, Huit), de l'onipci, l. Il, p. 35. = - /6i"(/. l'Iaiis de l'oiiipci, ol fragisiL-iiLs du 
Plan de llonic aiiti(|uc dans Bellori. = •' Hor. I, Kp. 5, v. 31. — Voy. Leliif." X. = 
H'Iin. V, Ep. 6. = s Hor. M, S. 4, v. 81.— Juv. S. li, v. 64. = " Vilrux. VI, T.. = 
^ Mazois, Ibid. passini. = » Viiiu>. Ibtd. — '•> Vitruv. Ibtd. — '« Uijji'sl Vl||, iji. -j, |rg. 
•>; Irg. 17, § 5; It-g. -20, 21. 



27H UO.MK AU SIKCLK IVAIGUS'IK. 

« La cinniiif'me osp^co fst wlle que vous avf/ vue chez nif)i : on 
« ra|)j)olle Testudinatum^, parce qu'il est couvert m entifr parmi toit 
tf (|ni, vu d'eu liaut, rosseiuhle un ])f'U \\ la cara[)aoe d'une tortue ^ 
« Des pilastres érit-és sur le faite des murs de X Atrium soutiennent (;e 
« toit et relèvent un peu au-dessus des bâtiments, de sorte que le 
« jour passe dessous pour éclairer la cour, qui ne forme alors qu'un 
a ç,eA\\ ccuœdium^. On emploie le Testitiuiinéavec succès pour un 
« Atrium de peu d'étendue*, un Atriolum^ comme le mien, et il a 
« cela d'agréable qu'il augmente les espaces dans les étages supé- 
« rieurs*, en permettant de faire profiter tout le bâtiment de la 
« largeur réservée aux portiques dans les atitres Atria. 

« Remarquez la décoration de cet Atrium : les colonnes sont d'un 
« seul bloc"' de marbre blanc de Luna*. Le pavé est du même mar- 
« bre, et encadré dans des filets noirs, pour le détacher des murs, 
« dont le bas est aussi en marbre blanc jusqu'à hauteur d" appui, et 
« le reste, enrichi de peintures. — En voici de bien étranges, dis-je 
« à Vilriive, et je nie suis souvent arrêté à les considérer sans coni- 
« prendre ce que signifient ces figures d'hommes et d'animaux ter- 
« minées par des ornements bizarres et capricieux ; ces bustes de 
« femmes avec une queue de dauphin ; ces feuillages développés en 
« volutes, et ces fleurs du calice (lesquelles sort toute la partie anté- 
« rieure d'un lion. Il faut assurément que le peintre qui a décoré 
« ces portiques soit doué d'une bien singulière imagination. — Dite^-; 
« bien extravagante, répliqua notre guide. Autrefois on assoriissait 
« les peintures au genre, à la position, à la destination de chaque 
« pièce; mais aujourd'hui l'on a changé tout cela, et Mamurra s'est 
« laissé, comme un autre, entraîner au torrent du mauvais goût, en 
« faisant dernièrement repeindre son Atrium '. » 

Nous examinâmes pendant quelques in.stants ces peintures; le 
plafond des portiques, incrusté de figures moulées, achetées en 
(irèce '°; diverses statues d'airain et de marbre, chefs-d'œuvre d'ar- 
tistes étrangers ". « Remarquez aussi cette courtine, nous dit Yitruve 
« en nous montrant une voile de lin teinte en pourpre, tendue sur 
« la cour ou impluvium pour l'abriter des rayons du soleil. Elle 
« entretient ici une telle fraîcheur que la mousse y peut croître '-. 

1 Vilruv. VI, 3. = * Varr. I>. !.. V, § 161.— Non Marcell. v. Tesludinps. == 'Conjrr- 
lure. = * Vitmv. VI, 3. ^ s q\c_ aj Allir. I, 10. — Sctipr. Conirov. I, l'rotptii. ;= •> \i- 
Iniv. Jbid. = 7 l'Iin. XXXVl , 6. — Sirab. V, p. 222; ou 156, Ir. fr. = s Slrab. Ibid. 
^^9 Vilruv. VU, 5.— Guallaiii, Monumcnli inediti per i' anno 1783, diccnibre, lav. II. 
^ 10 Cir, ad Allir. I, 10. = 'i Pii!i. XXXV, 2. z= nji, xi\, 1. 



« Ces grandes voiles ont élé inventéesen Asie; lorsqu'Alliile, roi do 
« Porganie, légua son royaume au peuple Romain, il ya({uatre-vingl- 
« dix ans, environ , on trouva de pareilles voiles à sa cour, et c'est 
(f de là qu'en les adoptant nous les avons appelées cowtines \ » 

Nous dirigeâmes ensuite nos pas vers trois pièces ouvertes sur 
ÏAirium, dont elles occupent le fond'. 

JjR première, située sur l'axe du Prolhyrum, est le Tablinum {"). 
Elle contient les archives de la famille-. 

Les deux centres, placées de chaque côté de celle-ci, sont les 
Ailes {''], Espèces de complément des archives, elles renferment les 
portraits de famille', exécutés en cire et rangés chacun dans une 
armoire*, au bas de laquelle une inscription rappelle les titres, les 
honneurs, les belles actions de celui dont elle contient l'image ^ *. 

« Procédons par ordre, dit Vilruve : avant de quitter Y Atrium, 
« visitons les pièces qui l'entourent. Commençons par les Tricli- 
« nia* ('), ou salles de festin. » Il ouvrit successivement plusieurs» 
portes, et nous le suivhnes. 

Les 7';-/c/mi'rt brillent par un luxe d'ameublement, par mille re- 
cherches ingénieuses que les Romains sont fort habiles à inventer 
pour augmenter leurs jouissances. Ces salles de festin sont disposées 
et multipliées suivant les saisons de l'année®; il y a des Triclinia 
d'hiver, exposés à l'occident; de printemps et d'automne, à l'orient ; 
d'été, au septentrion''. Ils sont, en général, deux fois aussi longs que 
larges*, et portent chacun un nom particulier, tel que le Triclinium 
d'Apollon ^ celui de Mercure '° çtc. Tous sont dallés en marbre". 
Triclinium signifie proprement une salle à trois lits. Tu ne t'ima- 
gines pas sans doute que les Romains mangent à terre, assis sur de la 
paille** ou sur des peaux de loups ou de chiens, comme dans notre 
pays''; cependant tu seras surpris, j'en suis sûr, d'entendre parler 
de lits dans une salle de festin. Depuis longtemps les Romains ont 
renoncé à l'usage qu'ils tenaient des Laconiens et des Cretois", de 
s'asseoir pour prendre leur repas *^; énervés par le luxe, ils ont 
adopté la mode des Orientaux qui, pour manger, se tiennent à demi 

1 Plin. XXXV, 2.— Mazois. Ruin. de Pompei, t. H, p. 23. = 2 pijn. /ft,f». =;3 Viliuv. 
VI, 4. =4 Expressi cera vullus sinfriilis disponebanlur arniarijs. IMiii. XXXV, 2.= 
■' Tit.-Liv. X, 7; XXX, 45; XXXVl, 40. — lac. Aiin. XVI, 7. —V.Max. IV, 4, 1; 5, 2 ; 
V, 8, 3. — Ov. Fast. 1, V. 591. = 6 Van-. L. L. VUI, § 29. =7 Vitruv. VI, 7. = ^ /i/,/. 
5. = 9 Plul. Lucull. 41. = 10 Suot Gland. 10. =" llor. II, S. 4, v. 83. = <^ Sliab. IV, 
p. 197 ; ou 65, tr. fr. = '3 |)iod. Sirul. V, p. 505. = '^ Scrv. in /Eneid. VII, v. 177. 
— » Ov. Kasi. VI, V. 305. {") Plan de la Maison, n" 15. ('•) Ibid. n" 16. (^) It.id. n" 10. 



280 UOiMt: AU SIÏ'XLE D'AUGUSTE. 

couchés, le corps appuyé sur le coude '. lis portent celle habitude de 
mollesse jusque dans le travail, et ils s'étendent aussi sur des lits 
pour lire et pour écrire^. Quand on n'est pas en mouvcnicnl il 
semble qu'ici l'état naturel soit d'être couché. Le langa^^e usuel ti';- 
moigne de cette langueur : ainsi les Romains disent tel citoyen couche 
dans toi quartier, pour loge, habite^. 

Pendant longtemps les femmes conservèrent l'habitude de s'as- 
seoir à table; mais aujourd'hui elles imitent les hommes*, et l'on ne 
voit plus que des lits dans les Triclinia. Ils sont placés à l'une de 
leurs extrémités, le long des murs, et sur trois côtés ^, le quatrième 
restant vide pour le service. La table se dresse entre les trois lits ("). 

Chez Mamurra, les lits de chaque salle sont pareils^, mais ceux 
d'une salle ne ressemblent point à ceux d'une autre. Dans les Tri- 
clinia d'hiver, ils sont inscrustés d'or ' et d'ivoire*; dans ceux de 
printemps et d'automne, ornés de plaques d'argent* ou d'écaillé de 
tortue '°; dans ceux d'été, de bois d'érable et de citre, avec les en- 
coignures et les jointures dessinées par des baguettes d'argent". 

Il y a aussi quelques salles de festin à deux lits seulement, et que 
pour cette raison l'on nomme Biclinia^^- . Destinés aux réunions 
moins nombreuses, les lits en sont aussi beaucoup plus simples " ; 
la plupart n'ont que quelques ornements d'airain ; les plus somptueux 
portent sur leur chevet la tète d'un petit âne couronné de pampres, 
autour de laquelle folâtrent de rustiques enfants'*. Les moins beaux 
de tous sont des lits nommés lits Puniques. 

Dans les Biclinia, la garniture des lits se compose de peaux de 
boucs, comme chez les gens peu riches '* ; mais dans les Triclinia on 
trouve des matelas rembourrés de laine des Gaules '^, de plume''', ou 
de duvet de cygne'*; des coussins recouverts de soie'^; des housses 
magnifiques, les unes en pourpre-'', les autres brodées de différentes 
couleurs-', d'autres couvertes de dessins représentant des chasses et 

1 Ilor. 1, Od. 27, V. 8 ; II, S. 4, v. 39. — Cic. de Senecl. 13. = « Ov. Trisl. I, 10, 
V. 38. — Suet. Aug. 78. — Lecluliis. Hor. I, S. 4, v. 133.=3Xrans Tibcrim longe 
rubat is, prope C;psaiis Hoiios. Hor. I, S. 9, v. 18.— Cubai hic in colle (Juirini. Id. Il, 
Ep. 2, V. 68. = 4 V. Max. Il, 1, 2. = 5 Hor. I, S. 4, v. 86. — Varr. L. L. IX, § 9. — 
l'elron. 21. — l'Iaul. Slich. III, 2, v. 51.— Macrob. Salur. II, 9. =« Varr. L. L. IX, § 47. 
= '?Plaul. Stich. II, 2, v. 53. —Mari. IX, 23. = 8 Ploul. /éid. — Varr. L. L. VIII, 
(SJ 52. — Hor. II, S. 6, v. 105. =9Plin. XXXIil, ll. = i0Varr. L. L. IX, § 47. — 
l'Iin. IX, 11.— Juv. S. 11, V. 91. = <'Pliii. XXXIIl, ll.= "Piaul. Baccliid. IV, 4, 
V. 69, 102. = 1* Plin. XXXIV, 3. = li Juv. S. 1 1, v. 91.= ' * Cic. pro Murcna, 56.— 
V. Max. Vil, 3, 1. = if Plin. VIII, 48 ; XIX, 1. — Juv. S. 7, v. 221. — M.irl. XI, .57; 
XIV, 139, 160. = '"Cic. Tuscul. lil, 19. =1» Mari. XIV, 161. = •» Id. III, 82. = 
-'« /(/. XIV, 147. — Hor. II, S. 4, v. 84; S. 6, v. 102.— Plut. Lucull. 40. = «' Cic. 
Tuscul. V, 21. v") Voy. sur le Plan de la Maison, les Triclinia, ii" 10. 



LETTRE IX. 281 

loiit leur appareil'. On fait venir ces housses de Babylone ^ Vitruve 
nous en montra une que Mamurra paya huit cent mille sesterces (*), 
il y a quelques années, et qui vaudrait beaucoup plus anjonrfj'liui ^. 

Plusieurs des Tri clinia sont ornés (\c eoloinies*, et pavés de dalles 
de marbre incrustées de pièces rapportées'^ représentant toutes 
sortes d'animaux ^ Dans d'autres, le pavé se compose en entier de 
petits morceaux de marbre piqués dans un mortier très-solide. La 
plupart sont blancs, plusieurs sont noirs et disposés de manière 
à former des dessins et des ornements variés. Ce dernier genre de 
pavé s'appelle li