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Full text of "Révolutions de Paris : dédiées à la nation et au district des Petits Augustins"

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X 



+4JÔ&-A4 



-t. » ^ 



*•--! 



RÉVOL-UTIONS 

DE PARIS. 

DÉDIÉES A LA îffJLJfxé'^' 



/••"i 






Publiées par L« PatrôH 
du lA juillet 

A?ec gnvtireâ et cartes des dépàrtemetis de Fniftcei' \ ^ 
AN SECOND D£ tA RÉPUBLIQUE* 



Ut urudi ne nodt ffanâiMit gmdi 
^ patcc que nodt •ommet à gcnoas^ 

{ • 4 4 tf 4 



K^v^^iUiLli/?. 




^ - « A a I s, 

BUE 0ES IIAEAIS P. S. G. H*. ^ 
1793. 



/ 



N""' 



à o 8* 



RÉVOLUTIONS 

OE P A R I%V. ^ 

DÉDIÉES À LA NATT^ôif:/. 

AN SECOND DE %K RÉR4;B*Ej4jf4«.* * -. 

SEIZIÈME TRI Vi^irk^^ici:'' 
▲veQ pavurei et cariei dea départtemflÂil;'*.^.* 



Let grands ne nous paroîilcnt jr«n4« 
i^e parce que nous fommcs à gcaoïiK^ 
* • Levons- nous . • • • • ^ . 




DU ^9 itritr AU 6 /i^ili^b^ ^^^ 

De rinJlruSlon publique ^ €f Si Céduc^ttûtk ndtianaki 

il ovs en avons averti its pf^ttiitts\ c'eft parllof* 
tttt^on publique, & <ûr-cout paf réducation nationale , 

3u'il £|Uoit commencer l'édiâce .de la république. Un. 
es torts de la convention ed d'avoir gardé pour la fin 
clament dû (yû&toM focîal v & de n'avoir pas réparé 
plus tftf l'infouciance ertmrndledès affemblèes conflîcuante 
tt iégiftative à cet égard. QU'en. elt-nl réi'ulté ï* Toubli , 
la perte ou la violation des grands principes- régéoêra* 
tc.u. À libérateurs qa*oa venolt de recouvtti-, Iir prd- 
lofigation dti régime* prévnfoire , fi défaût^fe* pour diCS 
cfptirs esraités & fans boùifole ^ Ls fuccès des ariilocw» 
te» perfévéraa» fur ropiilioff>puUi(|a»ég^i«e âtâoctifeittt^ 






les dégity Vpiè lé lltr^^ dont on n*a fiif primé que les 
biens Se le nom , a faits à l'arbre de la liberté auffi-tôt 
qa'il 'rf'écé dreffi , (k «fin l«s excès' & lés Ma de tou^ 
genre qui ont compromis & fouillé la plus ratfonnable 
-comqie la plus 'fainte' des révolutions. La convention re- 
^JjFMfcé au)piird'hui le temps perdu , & s'abandonne toute 
entière à la difcul&on des pians (i) d'inftruâion j^bll- 
que fi^»iÇéwvalfon tâtioi^ale ; que fon comice & queU 
qUQ^ luir^'de'fes'meitibrei lui préfentcnr. Il faut ic 
.dtiçjf'îioW.y avons reconnu plus de bonne . volonté ÎC 
^/.JfllntéàtitfSs* urcites, que de lumières & de fageffc , dans 
>/I;\ t6u3*fil|y*j«(eo}^ & cei projets de décrets. Dans an- 
:\**' «jin**-d^îuC5Ji|\n'i fongé à recommander Téducation ou 
* *'*V^^4i!^^^i*inflniâiin aux foins & à la follicûude des 
fwscs *4St*m^res inftltuteurS-nés de leurs enfans. Dans aur 
•çMÙSbux, oa n*a eu ^&z de confiance dans Tefjprit pu- 
l>llc*& ie génie înduftrieux des hommes libres , pour 
abandonner tout à lait au toncours de- l'émulation & 
du patriotifine , l'exercice de rinftrudlion publique ; en 
• un mot, on n'a fait que reflaffer les vie;lles idées re- 
vêtues de formes nouvelles. 

Cependant on paroiflbit d'abord fur la bonne voie & 
la plus courte. Nos légiflateurs avoiept arrêté de faire 
conipofer des libres primaires , fi l'on peut ^'exprimer 
ainfi; il falloit en redcr là, & ne fc réCerver autre 
chofe que la furveillance immédiate fur le refle ; & 
nous allons dire^ pourquoi.. L'expérience de plufieurs 
fièclei ne nous a uue trop appris combien l'éducation 
des collèges & l'inftruélion des écoles tenues aux frais 
du Bouvememem loat viôieules & peu profitables à la 
mafie des citoyens , ainfi qu'aux individus. Il en efi des 
lieux . publics d'epfeignement comme des hôpitaux. Il a 
été prouVé qu*avec la hioltié' des dêpenfes que coûte un 
malade à THôteU Dieu & ailleurs, il f croit bien plus 
^omtnodémânt & bi^auiroup nùeux foigné chcx lui ^ hu 
ft'in de fa famille'^ ious Pinfpeâion journalière des ma- 



(i) II a paru depuis quelque temps beaucoup de pisns d'iduca- 
,'tion & de difcours analogues. Nous enj^vons difttnguë entte autres 
'>:elui 'du jeune citoyen Mittié fiU , lu a fa l'ection Ces Amis de la 
JPatne',-qûi en a ordahné l*Shipre0ion. 

- 1 Noos avons remarqué un autre écrit du citoyen Paillet , inftito- 
J«ur. II a pour titre ; Vut$ fw itnftipi€mtnt public. L'auteur, efc- 
Xiemi irré^conclliable des préjugés , y combat vigoiireufcment celui 
d'immifcer les prêtres aflcrmentés ou non dans l'éducation natio- 
-«aie 8c Tenfeignement public. Ces vues rapides, pleines de cbaleur 
M de.ctviC«ie «oni^tt Uies trois fois à la foaété fratemflle d» 
yerfailies « ville cel^re qui fe connoît en patriolîCme^ 



|iflrais do penple y plus sécsfiaîrci encore fpit \ei:'^ttà 
cicrs de fanté. 

Légifliteurs de la convention ^ .fi vous avex donné à 
h république françaife une cqnfiitutioii digne d4in;peu«- 
pie libre» voulez vous procurer à ce grand monument ;^ 
national une folidité durable i Afleyez-^ fur Téduc^uiçiv^ 




commuent ; 
mettez le Tceau des nweurs à l'œuvre de la .rânfq^-))!»- 
1)lzque ; voici ,des loix tutrices de la liberté/» }|« V^^iV^^. 




nature & de la patrie ^ nous vous invitons ,* «ojus- x^%^ 
engageons à ne pas perdre de vue un feul inlÛpt*' ir^- 
enhins ; un père efi le gouverneur naturel de fon 'fib*^^ 
jorqu'ati moment oh celui-ci , devenu époux , va éfcre 
père à ion tour ; on auroit beau .mettre tpute riatelli- 
gence , toute la févérité poflible dans le choix des xjif* ^ 
tituteufs , on ne pourroit fe âaner de remplacer jamaîS'. 
un père ; tout ce que nous pouvons & devons , tout ce^ 
oui nous relie à faire , c*eft d'établir un collège dexén- 
ieurs des moeurs publiques , compofé de chefs de maifens- 
privés de leur famille, qui répondront à U république; 
de Tunité des principes inculques par les citoyens. à leurs^ 
cofans. Chaque femaine , Tenfant du citoyen réndia 
compte, en public, de ce que fes parens lui auront ap->^ 
pris ou fait apprendre, 6c les parens préfens à cet exa^r 
roen , recevront l'éloge ou le blâme, pour le fuccès de-^ 
leurs foins , ou pour leur néeligence. 

Ce n*eft pas pour alléger rétat des frais d'honoraires*, 
qu'il £iudroit allouer à cmquante mrile înftituteurs 4ia- 
. tionaux. ( Nous avons bien fait entrer dans i'aâe co^if- , 
titutionneî l'entretien (i) d*un. culte.) La patrie se doit 
point léùner, quand il s'agit d'éclairer les citoyens fur-^ 
leurs droits *& fur leurs devoirs. Mais Athènes, qu'^n^ne 
dira pas avoir été barbare . quant aux fciepoes» ofiorales^. 
& aux beaux arts , n'a jamais eu. cj'écoles primaires^ 
Pendant les huit cents .années que dura k république ro- 
maine , le fénat ne réferva poinx âz fonds pour retUre*". 
tien d'écoles primaires. A Athènes ÔL à Rome , fon imi* . 
tatrice , on laiffoit toute liberté, aux citoyens . d'inllruUe 



(i) Cet article de la nouvelle conftitution n'eft p«s fon plus MF 
cadtoit» Nos législateurs oat (ait U ua bm. d'écreviffe.} ' 

'• . ' Al 



««3i*ik)êfti€S #u 4e frire înAruire If ars ev/fznt , Ta oti ils 
Touloient & par qui ils vouloient. Des rhéteurs , des phîlo- 
fophes , des taacnémariciens , des maîtres de gymna .ique 
OQvroient leurs lycées à qui cherchoit de l'ini^ruâion. 
JLes plus habiles etoient les plus fuivls & les mieux ré- 
compenfés ; 6l au moy^n de Tadoption , l'enfant du pauvre 
recevoir de.fon fécond père de quoi fournir aux nais de 
fon édu<;^ti9fi.^ 

ftijwifi^î 'k cela deux chofe^ eflentielles , &'dont 
l'albfifbof 'â^.^ influé poUr beaucoup fur la deftinée des 




r^^Ae*pol4it**i^^tabltiremens nxes de fecoûrs publics La 
ft^ojidcTi^j^âl qu'ils n'avoient pas de livres primaires 
pcOft «l^fiopager les principes du gouvernement & en main- 
ttifi/*runité. 

Mais point d*écoles primaires , fecondaires , &c. dont on a 
d^à propoTé Téchafaudage , point d'inditutions nationales , 
d*inftituteurs nationaux, dont l'entretien , extrêmement 
coAteux , eft le moindre inconvénient : ce leroit rétablir 
des cfpèces de privilèges 6c de. privilégiés. En vain laif* 
/eroit^on fiibfifter la concurrence ; des maîtres enfeignant 
bien ou mal , falari^s par Tétat , mais pouvant compter 
far leur falaire , finiroient par négliger leur befogne ; on 
auroit beau les changer , les piquer d'honneur , il en 
arriveroit des écoles primaires , des lycées , &c. comme 
des écoles de village & des univerfirés. Que le gou- 
vernement ne fe caarge-t-ii au{G à fes frais des travaux 
que les particuliers commandent pour lem compte aux 
ouvriers & aux artifles } Qiaque citoyen n*e(l«nl pas libre 
de faire bâtir fa maifon ou cultiver ion champ par qui 
il vtut , s'il ne peut en venir à bout lui même ? Il doit 
en être ainfi de Tenfeignement & de Téducation. Si ab» 
folument les pères ne trouvent pas trois heures dans 
chaque journée pour apprendre eux-mêmes à leurs en- 
fans ce qu'on ne doit plus ignorer, laiffei-les aVoirre- 
}COiirs à tel ou tel inffîtuteur qui s'offrira ou qu'on leur 
•diquera. Un maître habile qui le verra une école nom- 
breufe & florifTante , fe fera un devoir 6c un honneur 
d'ouvrir fon école aux citoyens pauvres. C'eft ainfi qu^en 
a^iflbient Pythagore, Platon , Socrate, Ariftote, Quintf* 
lien y &c. qtt. Que les enfans pauvres de la répu4>tique' 
aient les premières places dans ces écoles ; qu'eux & 
leiirs' maîtres marchent à la tête des foiennités natio- 

Pas plus d'iaftituteura fakriés par l'état que d^acadé*'* 



( «19 ) 

«Mcîens "penfioimés ; mais qu'il y a^f , comme h6n% Ta- 
rons dit , des cen.'^urs des mœurs répandus fnr toute Im 
furitce de la république , correi'pondant tous à une com- 
miffion centrale d'initruâk>n nationale , qui réfideroît 
coadamraent près Tafiemblée des repréTertfans du peuple, 
première gardienne de 4a morale publique & lurveillante 
des principes. Que la convention , Ou une .jé^iilaturey. 
dreffe un plan d'éducation uniforme , à l'of^e-Me tous' 
les Citoyens, 6c f'ervant de palladium à IVi^irit .*natio». 




Qu'on y ajoute Ibuverture quotidienne o'tfif^'-^Til^t&thV^ 
que y préalablement purgée du ramas impur de'toii/cs'^éT 
productions monûrueules , tant facrées que pnTiiXis^y 
l\ honte ôc le délire de l'efpnt humain ^ tous le double 
joug Ja fanatifme racerdot|ii 6l politique. Le citoyen n'en 
peut exiger plus de la focrcté , tlout il fait partie int6^ 
gînte. ^ , 

I. fuffira d'in jemnîfer les cenfenrs des mœurs in 
ttmps qu'ils donneront à la furveillance des principes 
folenntlicoient reçus par la nation , & à l'examen dc9 
jeuidis Candidats qui fe préfenteront pour s*inrcrîre au 
nombre des citoyens, ou pouf remplir un pofte de con* 
£ance , ou pour recevoir la couronne civique. 

Si au contraire le gouvernement confentoit à de plus 
gr.uids facrifices pécuniaires , non feulement les maîtres ^ 
certains de leur rétribution , le négligcroienr , mais en- 
core leurs élèves Te montreroient auili bîert moins ardens 
à prendre des leçons qui ne leur c^ceroient rien. Des 
coufs d'études gratuits ne font que des parefleux ; ils 
laillent à leur ignorance native les jeunes gens nés daiis 
l'aifance. 

Mats , dtta-t*on , le même înoonvénient aura Heu à 
l*cgard de l'enfant du pauvre. Non , parce que nos cen- 
feurs feront là pour chafTer des écoi'es 6i de la ruche 
ces frelons parafires , ou pour changer l'objet- de leurs 
itudes , au moment où leur vocation & leur aptitude 
commenceront à. fe développer tout à fait. 

Il eft en outre une autre confidération de quelque 
poids dans un gouvernement républicain ; il ef^ à pro* 
po9k fous «n tel régime , que les citoyens faff'Ut par eux* 
mêmes te^rt ce qu'ils peuvent faire , pour éviter la mul- 
tiplicité des agens publics, & par conféquent (împlifier 
W rouage locial. De façon ou d'autre , les frais de l'en* 
ie'jfteaem ierent toujours apportés par te cltoj^en. Làlf* 



fezAt payer lufoiêine la quantité d'inftruâîon dont H (e 
fent le befoin ; laiffcz-lui le Jfi^ïùr de chercher & de 
trouver des maîtres qui luî en donnent pour fon argeot , 
en même temps qu'ils jui conviendront pour Thumèur 
/ & la manière d'apprendre. Il en doit néceiTatrement ré- 
fnlter une concurrence qui tournera à davantage des IcienceS 
& àc& mœ^rs , & au profit d^^ enreignans & des en- 

ftîgnés. -.:;.. 

A Ji.1hèntts'& à Rome> (car jufqu'à ce que nous né^ 
tiûoy^'à'èîxfi ciiés pour exemple, il fauf bien renvoyer 
,^Âux'^û[>lp^*-jicb devanciers, ouand ils ont été plus fages 
y\à\2 pltft;iiâ}jiles'que nous) à Rome donc & dans. Athè- 
..v/^/rifis //tfjC*i1,4V^ft^ai^oit point d'écoles nationales, oii Ten- 
**\\ • ;fiîgnp!ftit?iîr,y|ÛjTic n*étoit point gratuit , lëmulation étoic 
vÙ[*gvtfi»U;<fntr^ iiis maîtres; c'croit à qui feroit le plus 
^çfc^cl', '& par ctWilequcnt à qui enfeigneroit les mcil- 
îfc<lTc^*cKores pour s'attirer du monde. Les moins âpres 
au *gain , quand ils le voyoient allez pour vivre (ans 
être à charge à perfonne , ouvroient indiilin^e(nent^ leur 
école au premier qtii fe préi'entoit pour y entrer , fans 
en ri^if exiger. * D'autres mitres, ians qu'on le leur dit, 
fe chargeoient volontiers de i'inflru^lion des fujets qu'ils 
Dtévoyoïent devoir un jour le.ur faire le pltis ohonneur. 
Le tréfor public n'étdit tenu qu*à faire les frais des cou- 
ronnes de lauriers; mais il y en avott des bois tout en- 
tiers autour de leurs gymnafes. Pour entendre applaudir 
un jour leurs enfans dans la tribune zwl harangues, au 
iSnat , dans le cirque ou fur le théâtre , les pères de 
famille facrifioient gaitnent une partie de leur fortune ; 
& il faut le dire , une bonne éducation cofttoit fort chère 
alors. 

Chez nous , déformais , elle ne coûteroit prefque rien 
m à la tréforêrie nationale , ni à la bourfe des citoyens , 
dans Thypothèfe que nous expofons ici rapidement. 

Toute une bibliothèque de livres . élémentaires fur 
toutes les parties des fciences morales » politiques , mé* 
chaniqnes & autres, né feroit ni vo(ufn'meufc , tu difpeni- 
dieufe. Peu de citoyens fe trouveroicnt hors d'état de fe la 
procurer , & le prix de l'achat qu!en fcroient les gcn» 
aifés couvriroit les frais de rédaâion , d'impre/fion âc 
même de diflribution gratuite à la daffe indigente. Peu 
de pères de famille aiâi , doués de Hmelirgence la plus 
commune, & avec un peu de bonne volonté, & de 
cette application qu'9n donne iournelleatent à des obj^eu 
plus difficiles & d'une iaiportance'^nulle , fcroient inca* 
pablcs de s*inftruire eux-mêmes fans for tir de chez eux , 
& tout feuls i & en s'indrulfant , de faire l'éducatioa 



(6^) 
de leofs eitfins.'S*il leur falloit des fthnuTans^ en elfl-il 
de plus puiflans que le patriotifme, Tamoar paternel, 
«lA peu d'amo^cr^propre , & rintérét bien entendu ? Joi- 
gnez à cela rémuktion de ia concutrence aux honneut^ 
HL aux places , auxquels tout j^èrè de famille , ou ce qu'il 
à de phis cher , a te 'dr«it de prétendre avec des ver- 
ras , & h connoiflance des principes. 

Mats c'cû beaucoup efpérer d'abord, D^'J^wj,- temps 
peut-être la plupart des' pères de famille ne^ft* irfootre»- 
xont jaloux & capables de Vètre tout-à-f^tl\' sK^.tlç 
ddnner à leurs enfaos quelque chofe de pljsV*j(tiç la* vj<ii-\^ 
Eh bien! des maîtres particuliers tienrf^t écpftcific ^fe;*';.-. 
dîfputent la gloire de s'environner de licaûçduj)"'4wvç^- ""/V 
Pour peu qu'ils aient de civifmc, ils (eoycritéofecd/tt'' 
«l'une rétribution ^ la portée du plus grand. ^tcTnii^ê; % 
certains d'ctre récompeniés de feûr défintérefTenrbiT'Vat 
on regard de la patéie recennoiffante. Il faudra être'kfêQ 
peu fortuné pour ne pouvoir pas offrir aux nouveaux 
inftiniteiirs ce qu'on dépenfoit jadis pour avoir un rè- 
dagogoe ou un maitre de peniion , faifant répéter 6c 
expliquant attx écoliers la leçon qtiMs avoient reçue 
«tans les collèges. Sous le nouveau mode, quel eft le " 
père qui fe r^efiiferoit d'être' le répétîteur de fes en- 

" Les bornes que nous nous femmes prefcrîtes nous in- 
terdifenttottt développement. Mais nous en avons afles 
dit déjà pour iaîre fentir que fans tout cet appareil mie Con- 
dorcet ÔL Taillerand , Lakanal & Lequinio , &c. ont 
«talé à la convention dans leur' plan d'enfeignement 
pablic , il eft poffible d'organifcr lés études fans firàîs, 
âc. à la plus grande gloire de la nation. Quelques car 
teers ^émentaires i mettre dans les mains de tons , 
qiiekpies' feoilles de chênt à donner en public aux en- 
fars de fa patrie les mieux élevés par leurs parens ; voilà 
pêut^tre à quoi doivent fe' réduire fin ftfUâion ôc l'é- 
ducation nationales" > abordées fucceffivement par troîk 
ailesablées de légiAateurs fans aucun réfultat fatiifaifavift. 
Il ne faut^pour cela ni de grands édifices, ni de gros 
gag^- Qu'on interdife le plus petit poOte de ha tb- 
publique au citoyen mal élevé , qu'on lui ' faife fentîr 
^out le poids de l'inégalité pour les gens fans mérite, eu 
concurrence avec. ceux qui en* ont; qu on, intéreffe à la 
fois raraeuT'^propre & le bien-être ; q»*on a. tache le 
profit ël tes diftinâions au c/vifme édairé ; qu'on iaii& 
eu père de iamille le foin de Tavancement <ie fes en^ 
bnt; & Fon rerra 9 ians que l'état s'en mêle , fans qu'il . 
&>it obligé de contraindre ies citoyens à hanter les écoles 



< «5» ) 

fritnaires 8t le» iiabliffeineii» nationaux , fans^ qu'il s'S^^ 
puife à falarier une armée de pédans , qtie l'éducatioit 
domeflique fubordonnie à un régulateur générai con- 
courra parfaitement S*fe$ vues » 6c fui donocra au^ 
tant de bons citoyens que d'individus. Les déboiiHes dt» 
pire de famille pour Téducaiîon de Tes enfans ^ s*ft ne 
peut fe cJyï'gs*' tout leul de ce foin , lut rentrant avec 
nfutecraatsJTiiiJes verra placée avantageufement ou honora* 
btemept JdGrtts* U république , le père de famille^ difons-' 
nojTvy.ne* fcgrettera point fcs avances , & applaudira à 




ripjub^vtf françaife ne doit pas 

jàt*4i^iti f o\\ à une penfion de i'ufiiverfité ; bientôt 
Ad^verroit l'inftruâion âc l'éducation nationales en régie. 
La ville de Sparte , à l'heure des repas , reffembioir an 
réfeâoire. de la Trappe. Sans doute il faut que les en- 
fiins de la patrie fotent tous é^vés dans le même efprit, 
puifqu'ils font defiinés tous à être citoyens de la même 
république. Eh bien l que sifque-t-on de les laliTer fout 
Teeil de leurs patens , de les confier aux leçons de leurs 
parens; ceux-ci ne font-ils pas citoyens airflî ? Alors 
les «n£ins fuceront . pour atafi dire , le civifme avec le 
lair, & apprendront la pratique de toutes les vertus ci- 
viques comme p%r tradition , & de fcience tn&fe. D a I* 
leurs , ré4ucation doinefli.que , airiij.étie à ua mode uni» 
•forme d^^^nu loi de Tctat , ,& foumife en outre à des 
^xamen» févères , ce &ra que préparer , difpof r les 
l^eunes citoyens à fi^cer dans la grande famille pour Ta* 
vantée commun > Se ne les difpenfera pas de prendre 
fréquemment de Templçi. dans les exercices nati«* 
naox. 

. Ainft donc, pendant que la république, affenAîe fu^ 
fet bafes conÂîtutionnelies , en impofeioit a« - dehors^ 
quel -toucham fpe^^acle elle offriroit dans l'intérieur l 
L»'éducation domeûtqoe calquée fur un plan d'înflruâioii 
^ttonale commun à tputes les fe&ions dé Tempire , far 
Koit revivre dans peu ces mœurs antique» qui teulesont 
pallié les vices monflrtteuac des anciens gouvernement ; 
chaque maifon feroit une école primaire ; ehaqoe père 
de famille feroit un inflituteur non gagé » nu^ refpo»* 
iiible de ce qui fe pafferoit ches lui qui ne œineidcfoie 
pas avec la grande famille dont la fienne a*eft quW ra*^ 
xneau. Les mères , inftitutrtces .nées de leurs filles , ùn% 
4&re falariiées , feroieàt bien pay^ de lairs ibUiàtudes- 



'( 635 •) 

•n voyant pdiTer fetirs chaftes élèves dans les bras dfuil 

ArtiUde ou d*un Brutus. ' ' 

Ct-ci nous irappelie que le comité d*înftruâlon pabli* 

que prcpofe îutqa*à .àts maitreffes tl'école y lefquelles fe 

monteroient au nombre de 25 mille , 6c feroient gagées 

Comme les infii tuteurs , mais un peu moins. PeiiH>n voir 

un projet plus mefquin , plus bannal , 6l audi peu digne 

d'une grande république ? Faut-il donc apprendre à ces 

lég'flateurs que dans un ordre de chofes qu'on s'eft pt-^ 

que de rapprocher le plus qu'on a pu de la nature 4 

|ifi« fille nf doit quitter fa mère que pour fuivre un 

époux i MaÙieur à une république dont les c toyehnes fe 

f epofenc de l'éducation de leura» filles 6ir des mitirefies 

d*écote. 

Réfumons-nous. Il faut .un code d'éducation nation 
siale &.un mode d'inftruièion publique. Il faut de boni 
.livres prima.res ; mats c'eft tout. Le gouvernemem ne 
doit pas defcendre dans les. déta'ds , ni ^'iminifcsr dam 
les anatres de famille ; c'eft à lui à pefer les principes*, 
à en furveiiler l'applicatioa » mais non à fe charger dn 
choix des miniftres de l'infiruâion & de leur entrer- 
tien. 

Un enfani a Ton père. Si celui-ci fe fent trop inhab'de , 
ou fe trouve attaché au iervice * de la chofe .publique , 
de façon à ce qu'il foit obligé de lut facrifier fes devoirs 
domefiiques & fes jouiffances particulières, qu'il ait du 
moins la licence de choifir quelqu'un pour -le rempla^ 
cer auprès de fon fils, moyennant ans rétribution tou- 
jours inférieure » quelle qu'elle foit«, à i'indpoi tance du 
fervice qu'on lut rend. 

Si de l'éducation nationale nous paffons à l'inâruâton pch 
bltque , qui n'eflpas lamême chofe « quojcjue quelquefois on 
femble I9 confondre ( l'mftruâion pubhqûe eft bien un< 
éducation auffi ; mais c'efl. plutôt le complément de l'é- , 
ducation ; c'efl l'éducation de l'homme public , de l'ora* 
teur éloquent, du grand artifte , du poète fubliAié ^ dU 
favant confommé.) la même règle nous fervira encore ; 
donc point de. cours publics gratuits des -fctences. :Ce 
n'eft pas à l'état à faire ces frais. Qu'un habile machi^ 
«ifte , qu'un géomètre, tranfcendant , qu'un métaphyfi- 
cien profond 4 qu'un rhéteur difcret amchent leurs le- 
çons; le citoyen ailé qui fe fentira du goût pour ces 
connoiflances , ou qui en auta befoin pour une placo 
qu'il poftule , s'y fera infçrire , &. paiera la nourtitute de 
ion efprit comme l'autre. Mais que les citoyens peu for- 
tunés qui auront fait preuve de difpofiiions heuteafes, 
aieiDt le droit de s'affeoir fur .les bancs de ces .écoles £ra* 
N^ 208. T9mi i4^ B 



(634) 
mîtes ponr eux feuls , & pejrfonne n'aura à (é plaindra 
N'avons-nous pas vti même fous l'ancien ri^ime 6es avo- 
cats & des médecins philantropes confacrer deux jours 
de chaque fematne au panfement ou aux confultattons des 
indigens malades ou en procès. 

Le gouverViement doit fe charger feulement ( & certe 
befogne e(l la plus importante 6c la plus difficile ) de 
la compofition & de la publicité des livres primaires , fi 
ce n*cfl de l'inftruèlion « du moins ceux de Téducation , 
ceft à-dire des traités élémentaires de l'économie fociale 
& domeftique , & cela pour deux raifons : la première , 
parce qu'il n'eft pas néceflaire que tous les hommes 
ibient littérateurs & fa vans ; mais il importe grandemer>c 
à la patrie que tous fes enfans foient citoyens , Ôc le 
foient de la même manière, d'après les mêmes prin- 
cipes , dans le même cfprtt , afin de mettre dans les 
détails la même unité que dans i'enfemble. La féconde , 
afin de faciliter aux pères de famille l'éducation de leurs 
enfans par eux-mêmes , fans le fecours de perfonne , de 
fans rien coûter à l'état , afin qu'un fils tienne de fon 
père tout ce qu'il doit fa voir d'efTentiel à lui-Qiême âc 
a la république dont il eft membre , & où il doit exer- 
cer une fonâion quelconque. C'eft là le féal moyen d'a- 
voir des mœurs ; elles ne s'acquièrent & ne fe maintien- 
nent que fous le toit paternel. La patrie ne doit compter 
que fur les citoyens qui feront bons fils y bons pères & 
bons époux. 

Ainfi donc , en dernière analyfe , il ne nous faut que 
des livres élémentaires aux frais de la nation , comme 
le font les loix. Que la convention ou telle autre a{îem- 
blée nationale ne s'occupe donc qu'à donner au peuple 
qu'elle repréfente , de bons livres élémentaires (k de iages 
décrets. Voici fur cette matière un projet que nous fou- 
mettons à nos leôeurs : 

Projtt dt loi concernant VinftruËlon publlqut & l'éducation 
nationale. 

i^. Il n'y aura plus d'écoles gratuites , ni d'inftituteurs 
gagés aux frais de la nation. 

a^. îl fera établi près le corps des repréfentans une com- 
miffion centrale chargée de la rédaâion des livres pri- 
maires de l'économie fociale 6c domellique , ou de l'exa- 
men de ceux qui feront envoyés au concou rs. 

3°. Les auteurs des livres primaires adoptés par la na- 
tion recevront un falaire 6c des honneurs proportionnés 
à la dificulté & à l'importance de ce travail. 

4®. Ces livres primaires feront comme les loix publiés 



( «3Î ) 

au nom & dans toute l'étendue de la république. On 
les délivrera^ gratuitement aux citoyens pauvres ; les au- 
tres les acquerront , afin que le prix puifle couvrir U9 
frais de compofit.on & Timpreffion , &c. 

5*. Au nom de la nature & de la patrie , les pères 
& mères font fpécîalement invités à faire eux - mêmes 
Téducatlon de leurs en fans , rendue facile & profitable 
pour eu.vmémes au moyen des livres primaires. 

6^ Les pères & mères qui répondront loyalement k 
cette invitât on feront déclarés folennellemsnt avoir 
bien mérité de la patrie, 6c auront la préférence dans 
toutes les occafions fur ceux qui n'auront pas rempli ce 
fàitit devoir. 

7**. Libre à tout citoyen , excepté aux femmes , d'ou- 
vrir des écoles & des cours publics fur telle matière qu'il 
voudra. 

S**. L'inAîtttteur de profeflîon recevra fans frais dans 
fes écoles , & admettra* fans frais a fes leçons l'enfant « 
du pauvre 9 & le traitera avec diftinâion 6c une forte 
forte de prédileâlon. La patrie reconnoiiTante lui faura gré. 

9*. Il fera établi un ou plufieurs cenfeurs de mœurs 
dans chaque municipalité de la republique; cette place, 
à laquelle le peuple feu! nommera , tiendra lieu de ré- 
compenfe ; car elle ne fera accordée qu'au citoyen le plus 
éclairé & & le plus hoimête homme de fa commune. 

lo*". 'Ces cenfeurs auront la furveillance immédiate de 
l'éducation , & feront part de la bonne ou mauva'fe ccn- 
du'te des pères &l des inilituteurs à la commifiion cen- 
trale établie prè^ le corps des repréfentans. 

Acceptation de VaHt confiuutionneL 

<4 Après leur délivrance du joug des rois d'Egypte ; 
» les Juifs, dans le défert de Sur^ mouroient de loif, 
M n'ayant pour l'étancher que de mauvatfes eaux crues , 
y^ mal-faines , amhres , qu'on appeloit à caufc de cela les 
» eaux de Mara , & ils murmuroient beaucoup contre 
n Molfe , leur légiflateur > qui les conduifit un peu plus 
I» loin , à £Um , oU ils trouvèrent douze fontaines Sc 
n foixante-dix palmiers pour fe défaltérer ; ce qu'ils firent 
n avec une avidité égale à la misère qu'ils venoienr d'ér 
» prouver ». 

Voilà bien , ce femble , mot pour mot & à la lettre ; 
l*hifioîre de notre temps , copiée textuellement dans la 
Bible. On peut le vérifier ; c'eft au chapitre XV de l'exode. 
Paris accepte la conftitution nouvelle avec un emprefle- 
ment égal au befoin , à la foif qu'il avoit de loix ; âc 
de noa^eufes aâions de grâce fuccèdcat à de loAg^ 
murmures. 



'{ 636 ) 

Le» frôlons fe font portées en foule aux por:es 
de la convention , pour la remercier.... Et de q :oi ? 
De ce qu elle a fait fon devoir. E-lVce donc au fouver.rn à 
complimenter fes délégués & à recevoir comir.c un bien-, 
fait de Jeur part ce qui nefl qu'une dette facrée con- 
traélce envers lui ? 

. On a de même congratulé Taffemblée conftituante , 
malgré les vrces grcfliers Si radicaux de la conditution de 
^791 , qui étoit plutôt une charte royale & toute del- 
porique. 

U eft vrai que le nouvel aâe conAitutionnel efl pure* 
ment républicain ; mais défendons-nous de l'enthouiiafme 
dans une matière qui veut tout le fang-froid de la raifoit 
£c le calme de la fageffe. 

II faut dire pourtant que notre ardeur à l'accepter , 
cet aftc conftitutionncl , déjoue tous les partis. Pitt , qui- 
depuis deux ans peut-être facrifie douze millions par mois 
pour déforganifcr Paris & les départeracns , & nous tenir, 
toujours en haleine , fans point fixe , fans conftitution , 
peut à préfent ferrer les cordons de fa bourfe. Les ca- 
binets de Londres , de Vienne , de La Haye , de Berlin, 
de Madrid . ne craignent rien tant que de voir la répu« 
bligue françaife enfin conftituée. 

Croit-on que l'Angleterre n'auroit pas .déjà fait une def- 
cente fur nos côtes , fi elle Tavoii voulu ? Mais elle a caU 
calé qu'il lui en coùteroit moins , & qu'elle n'auroit pas 
tant de rifques à courir en nous fatfant la guerre aveiq 
de Tor plutôt qu'avec le fer & le plomb. Encore un peu 
de temps , & le partage de la France s'effeétuoit comme 
celui de la Pologne. L'exiflencc d'une conftitution change 
tous les projets. Si elle efl acceptée au^R vite dans les 
^épartemens qu'elle a été acceptée à Paris , c'en eft 
fait; nos profonds politiques de la Tamîfe & du 
Danube n'ont plus rien à cfpérer ; fie cela eft 
fi vrai , que déjà , à la première nouvetie de Tarde. /r 
avec laquelle Paris femble fe déclarer pour la conftim- 
tion , Pitt dit tout haut que s'il en eft pour fes guinées^ 
il publiera les noms de tons les intrîgans , de tous les 
faux patriotes qu'il tient à fes gages en France , tant dani 
la Vendée qu'à Paris , & jufque dans le fein de la con^ 
vention , & qu'il les livrera, pour fe venger, à la vin- 
diâe nationale. Cela fera fort bien fait , & cette lifte ne 
peut manquer d*£tre curieufe. Nous l'attendons avec im". 
patience. 

Mais ce que nous défirons avec plus d'impatience encore, 
t'eft Taçceptatiott prochaine de l'aéèe conftitutionnel/?jr/ai/i^ 
les départemexrs. Nous difons par ious , car s'il fatrt que 
cette acceptation ne foit pas unanime ^ s'il j a df s trai« 



(637,; . 
ceors^ou même des récalcitrans , s'il faut^quc plufieurs^ 

{)rovinces de i'enipire aient le mauvais efprit de refufer 
eur fanâion^.il n'y va de rien moins que d'une fciffion^ 
•a d'une guerre civile. 

Il faut croire , il faut efpércr que l'intérêt commun ^ 
écartera les haines particulières, les préventions locales, 
& que le faifceau de la république ne i'e rompra point, 
au m'ornent qu'on lui donné le plus fort lien qu'il puiffe 
avoir , celui d'un code digne d'une nation libre. 

A quoi ferviroit de récriminer, & de pourfuivrc en pré- 
fcncc des nouvelles loix de vieilles querelles nées de rabfence 
des loix ? car tous les mal entendus , t?btc cette méfinteUi-, 
gencc, fomentée par le: étrangers au milieu de nous , n'exif- 
toient que par le défaut d'un centre commun ; la république 
n'étolt, pour ainfi dire , que provifoire , & tout ce qui n'eft 
çjtîc provifoire, n'înfplre pas un attachement bien vif. Au- 
jourd'hui , nous favor* comment & pourquoi nous fommes* 
républicains. Du moment que nous en aurons parte l'atle ,^ 
il n*v aura plus lieu à fe débander , à courir ça bi là 
fans but & fans raifon. De ce moment auffi toute me- 
fure révolutionnaire qui a révolté tant de monde, doit celTer' 
. devant la conAitutton. C'eft un pacle de famille qui con'-' 
fitue les départcmens frères les uns des autres , fans préé- 
minence , fans prédilection ; ils font tous eafansdu même 
âge 6c de la même patrie. 

Le peuple de P.«ris lent toufes ces raîfons : voilà pour- 
quoi il s'eft livré à tout le délire de la joie , à la vie 
d'une conft;tn:ion tant défirée , tant de fois ajournée , ' 
& fi fouvent entravée. La conftitution à la main, ila*^-' 
tend fes frères des départemens pour leur dire le to août : 
Jurons fur l'évangile de la réjiubliquc , jurons-nous to s 
fraternité^ égalité; oublions nos torts réciproques : noi'S' 
en avons tous, & cela ne pouvort guère être autrement» 
Noos nous heurtions tes uns contre les autres, comme des 
voyageurs qui marchent dans les ténèbres , fans fanal ÔC 
fans guide, il n'en fera plus de même déformais. Embraf* 
fofis nous fans rancune , & hâtons-nous de nous réunir en a(^ 
femblées primaires , pour renouveler le corps de nos repré- * 
fentans, & abandonner les anciens au bon témoignage de 
leur confcience , ou au fupplict de leurs remords. 

Déjà nous commençons à renfentir les bienfaits du 
itonvel aâe conilitutionnel ; à la première le^hire , il a 
déjà ramené Tunion entre les ferions de Paris , dont 
tous les mouvemens depuis une femaîne font fimuita- 
nés. Il n*a jamais régné à Paris une harmonie plus par- 
faite que depuis quelques jours , les vœux de tous les 
citoyens font le^ mêmes , & exprimés prefque dans Im 
fliéÎQ^ termes eo fein de h convention. 



( 638 ) 

La Tedion des arnîs de la patrie s*eft dîftinguée , fur* 
leur Darun voeii que la convention s'ef^ hâtée de remplir. 

« Nous attendions une conflitutîon républicaine , vous 
» venez de nous la donner , nous l'acceptons avec joie. . 

» Puis en montrant des icunes gens élevés en habits 
>» d'enfans de chœur à la Trinité au nombre de plus de 
>»' 500 : voici de jeunes républicains que nous élèverons 
^ dans les principes de la révolution ; mais il nous refte 
>♦ un regret , c'efl de les voir revêtus d'un habit qui n'a 
H cfue trop Couvent couvert le vice. Léglflateurs , autori- ~ 
>* /tz-nous à changer en habt national ces couleurs du men- 
» fonge & de l'hypocrifie ». 

La propoûtion mife aux voix fut adoptée à l'unanl- 
tniti & au bruit des applaudiiTemens de tous les citoyens 
préfcns. 

La feâion de l'Unité , ainiî que beaucoup d'autres a ac- 
cepté unaniment Taâe confiitutionnel. 

Voici quelques confidcrations utiles à rapprocher du 
tableau de Pans que nous venons de préfenter. 

Sur- tout à prêtent , citoyens, gardes-vous de fauflTes 
démarches. Si nos frères des dépactemens font en route , 
comme le. dil'ent complaifamment certaines gens , les 
' intentions de nos compatriotes levés ne peuvent être 
hodiles , quoiqu'on vouJroit bien nous le faire croire, 
pour nous aigrir contre eux Ncis Tavons déjà dit , ils'' 
n'ont que des inquiétudes. Gardons-nous de les traiter 
de rebelles , comme on fe l'eu déjà permis , dans la 
convention même. L'évêque Lindet ne s'eft il pas déjà 
avifé d'annoncer que plufieurs villes étoient au pouvoir 
des rebelles. Il ne faut« pas confondre les départemens 
cjui viennent à Paris , avec ceux qui lavagent la Vendée , 
Iture , &c. 

Pourtant , fi les chofes en venoient jufqu'à des hofU- 
Htés , que ces hofiilltés ne foient pas notre ouvrage. 
Gardons-nous d'être les aegreffeurs. On dit qu'ils vien- 
nent a£Buner Paris pour le réduire ; cela ne fe peut z 
pourtant fi cela étoit ? mais loin de nous une idée auffi 
Jnjurieufe à nos fiéres qui , d'ailleurs , doivent fe dou- 
ter de ce que pourroient la famine & le défefpoir d'une 
ville telle que raris. 

Paris ne peut exifier que par la force de l'opinion 
& les fecours de la fraternité. Cela eft vrai. Pour évi'* 
ter la guerre civile , ne cédons de le répéter , mon- 
trons-nous dignes de la conftitution républicaine que nous 
avons la gloire de fanâionner les premiers. Ne iouffrons 
plus d'aâes arbitraires. Un feul excès, à préfent que nous 
avons des loix & que nous fommes en préfence de nos 
frères, qui ne font pas t«tts prévtaU favorablement Cor 



(«3») 

notre compte ^ nous perdroit , perdroît la nonvclle conf- 
tirucion & la répubUqire entière , dont Texîftçnce , une Sc 
indiviûble , tient a celle de Paris , quoiqu'on en dîfe. 

Le peuple qui fent le befoin d'une conftitution, fera 
le premier à robferver; il évitera les p'éges qu'on va 
peut être lut tendre encore pour la dernière fois. Mais 
le peuple en garde arrachera lut* même le mafqne aux 
traîtres , aux perfides , les dénoncera & en • demandera 
juAice ; & ^'efi dans ce bon efprit qu'il attend paifible^ 
ment l'arrivée de (es frères. 

Un citoyen a propofé à la foèiété des Cordetiers d'ob-; 
tenir un décret pour que trois mille hommes fans ar- 
mes aillent à cinq ou fix lieues de Paris embrafler leurs 
frères des départemens qui viennent contre cette ville. 
( Cette propofidon a été vivement applaudie. ) 

Des ficours publies. 

Le figne le moins équivoque de la bonté d'un gou- 
vernement , c'eft le bonheur des gouvernés. Tous les 
citoyens ne peuvent être également riches; mais tous doivent 
être contens. On ne peut pas empêcher qu'il ny ait des pau- 
vres ^ mais il ne faut pas qu'il y ait un feul mendiant. 
Jadis on croyoit avoir tout fait quand on avoir établi 
des atteliers & des hofpices. Aujourd'hui ^ on trouve que 
cela eft infuffifant & on a raifon. Il faut porter une main • 
fecourable au père de famille chez lui. 

En outre , les fecours publics ne doivent pas être 
adminiftrés feulement avec connoiflance de caule^ mais 
encore avec tous les égards qu'on doit aux circonAances 
qui accompagnent l'intortune. Ceux qui font prépofés à 
la diftribution de ces fecours publics ne doivent pas s'en 
acquitter comme d'un bienfait ou d*une grâce qu'ils ac- 
cordent au nom de la nation, mais comme d'une dette 
facrée qui doit paflTer avant tout & qui efl au-defTos 
de toute confidération. H ne faut pas attendre que l'in- 
digent créanci^ de la patrie vienne réclamer à f^u- 
fieurs reprifes la dette nationale; c'eft au médecin à vi- 
«fiter fes malades. 

11 ne faut pas non-plus que la patrie reflemble à ces 
Ittauvais débiteurs qui s'aquittent de mauvaife grâce, oa 
qui pouvant s'acquitter tout- à- fait , ne donnent que des 
i, comptes pour ne pas faire trop crier après eux. 

Par exemple , ce n'cft pas affei de fecourir la femme 
qui acocuchera de fon troifième enfant , & de ne point 
parler de cette mère qui ne peut pas même nôurrijr 
fon premier. 

Le décret qui organife les fecours publics , aurolt bîe« 
dâ comprendre Ih citoyens qui auroient bonne' envie 



( 640 ) 
de donner des «nfâns i Tcrat , mais qui n!ont point d*a* 
vances pour entier en ménage ; 6l ceux encore qui , au 
T>out de quelques mois de ménage , voient leur petit 
^ proie à un iocendie ^ ou u une inondition , à la 
mortalité de leurs beliiaux , aux ravages de la grêle ou 
à une faillite de leur princ:pal débiteur, ou à la perte 
d'un vaiiTeau fur lequel ils avoient placé le plus beau 
de leur biea^ 

Le décret ne parle pas fi Ton vendra les meubles du ci- 
toyen qui fe trouvé hors d'état de payer fon loyer. 

Il ne parle pas du citoyen ifolé qui , tombe malade 
au lit , n a pas la faculté d'envoyer cinquante fois au co« 
mité pour réclamer un lecours national. Il aura le temps 
de mourir , avant qu'on ait tait droit à fa première ou le- 
"conde requête. 

Le décret ne porte aucune peine contre le pare(teux qui , 
à force d*importunité , fe feroik fait adjuger, un fe cours qui 
n'efi dû qu'au citoyen ami du travail , mais maheufeux, 
dans fes entreprifes, ou viâime d'un accident. 

Oéroit bien le cas d'établir une commiilion de citoyens 
vertueux , à l'inftar de celle des cenfeurs publics des mœarst 
dont nous avons parlé ailleurs,, chargés de recevoir Us ré- 
'clamations & d'y faire droit ; chargés auffi dVlUr vifiter 
les indigens fecourus ou à fecourir , pour )uger par gux- 
mêmes de la néceffité & du l>on uhige du lecours ; car 
long- temps encore il y aura de ce qu'on appeloic pauvres 
honteux^ qui préféreront de fe laiiler conlumer bêtement 
par le befoin , plutôt que d'aller déclarer leur misère ; mais 
il i^aur que dans une république bien ordonnée , cette fauife 
honte ceffe ; il faut qu'il n'y ait pas plus d'indigens effron- 
tés que de pauvres honteux. 

Le décret , à l'imitation de la Hollande , auroit dû 
renfermer aufli l'établi 11 ement d'une caiffc nationale en 
faveur des négocians affligés d'une perte imprévue dans 
leurs fonds ou dans les objets de leur négoce , ôc qui Vien* 
dcoient reporter les fommes qui leur auraient été confiées 
^ Titre de prêt^ à mefure qu'ils recommenceroient à béné- 
'fîcier. Une telle caifTe ëffaceroit la honte & fermeroit t^ 
plaie que le Mont de Piété imprime à un état. 

Le décret auroit dû auffi raffurer les citoyens pauvres fur 
le prix du pain , & déclarer qu'ils ne le paieroient jamais 
plus cher dans un temps que dans l'autre :' c'eft au riche 
iéul à fupporter les^inegalicés des faifons. Le riche, en 
payant TaccroifTement du prix du pain, ne fe prive mo- 
mentanément que d'une partie de fon fuperilu ; l'indigent 
y confonune fon nécefTalre. Nous reviendrons fur cette ma- 
tière importante & £rave. quand nous aurons tout le 
décret. CO^fVENTlON 



CONVENTION NATIONALE 

Séance du fdmtdi 22 juin 1793. 

Parmi un crand nombre d'adrefles d*adhé(îon aux décrets du % 
jam, on dimn^ue celle de la f^ciécé populaire de Wittembourc, 
dépaftwient du Bai-Rhin ; cette (ociécé demande que les dépuiSs 
menus Cotent traduits au tribunal révolutionnaire, & que ia têtt* 
des députés ^ui ont fui Toit mife à prix. 

La convention décrète que ce département a bien mérité de la 
patrie. 

La^aiTcur donne le£hire de l'extrait fuivant de la féance pu** 
blique du tonfeil général dé la commune de Landrec/ , le 14 
filin. 

Le procureur de la commune a donné communication au con- 
seil d'une lettre à lui adreffée d'Aix-la-Chapelle » contenant la dé^ 
daration du ci-derant Louls-Staniflas-XaTÎer Capet , datée de Ham 
en Wettphatie , du iS iantier dernier , par laquelle il a l'impudeur 
de fe dire régent de Louis - Charles , qu'il a l'audace d'inftituef 
rot de France H de NaTatre depuis la mort dà ci-devant rot , 6l 
des lettres-patentes datées du même lieu fie du même jour, par 
leCquelles ce foi-difant régent de France nomme Ton fugitif frère » 
Char)es«Phîti|>Be Capet , pour lieutenant - général du royaume. 

Le confeil général , ouï le procureur de la commune en fes con^ 
dufions , déclare à l'unanimité que ne connoilTant point de régent 
en France, ni de lieutenant-général du royaume, ayant de tout 
cotbr adopté le eouvernement républicain , oui feul peut convenir 
à des hommes tmrcs, 8c jure de nouveau d'exterminer toxis le* 
tyrans, 6c de mourir Jplui^t mille fois que de Couvrir qu'aucune 
autorité s'élève au-deilus de ia loi , qu'il ne reconnoltra )amaii 
pour fouverain que la généralité du peuple, & qu'il poignardera 
tout intrigant du tyran qui voudra Tulurpar ; arrête aufli que pour 
prouver combien fe conleil méprife ces deux pièces & leurs ay^ 
teurs , elles feront fur le champ lacérées & brCLlées , pour être 
leurs cendres jetées au vent. 

Le confeil a de plus arrêté que copie de cette délibération fera 
envoyée i la convention nationale oc aux commiiiaires du dépar* 
ttfBfat du Nord en cette ville. 

La convention déctète la mention honorable, 3ur la demanda 
des admmiftrateurs do département des Vosges , appuyée par 
Voullain Qrandorl , l'affemblée accorde un fecours de 100,000 îiv^ 
Camhacérh, Plufieurs de nos frères font au pouvoir des enne- 
flris de la république. Leurs parens , leurs amis défvent d'adoucir 
leur captivité , en leur faifant paffef des fecours. Leur bonne vo- 
lonté trouve des obftades par le refus qae font plulîeurs ban-* 
quiers ou négoctans d'envoyer des fonds à des Français qui font 
en pays étranger. Je demande que la convention nationale décrète 
qae le miniftre de la guerre fera tenu de fommer dans fes bô* 
reaux un ou plufieurs commis pour recevoir les fecours dçftinéB 
•ttx prifonniers de guette » les énrégii!rer fie les leur faire parve- 
N*: 2o3. Tomt is. Ç 



( 64» ) 

T«ir dTcftement fans aucuns frais. Ces commis fourniront quittancé 
du montent de ces fecours , & «n demeurcroat rerponfables. 

Le prêtent décret ne prive point les citoyens de la faculté d'en- 
voyer dirctTicment des fonds aix prifonnicrs de guerre. 
Le projet de d^ctct cil adopté. 

Mai.re , au nom du comité de si^reti c;éoérwîe , propofc un pro- 
jet de d(îcrc: , qiii déclare qu'il n'y a lieu à inculpation contre le 
citoyen de IviJuUle , ci-devant miniftre de FT?nce en Hollande, 
ordonne la miic en libcité , & la celVation de U procédure corn- 
mcr.cde coi.tre lui. 
' î-c pro;ct de décret eft adopté. 
On admet à la barre une dcputation de la ville de Nantes. 
Viàtatcw At la dépui^ition, Lcgillateucs , U ville dé Nantes nout 
députe vers vous pous vous mettre lous les yeux fa véritable 6c 
critique Tau... ion. Avant de vous la préfenter , nous commençons 
par vous dcciarer que vos derniers décrets oous paroilient avoir 
eu pour but d'.nli'urer le bonheur & la liberté puolique. liieutôt 
vous recevrez l'exrreflion officielle d« fentimcrs des citoyens de 
iSiiucs. Voici l'aorcffe qu'ils nous ont chargé de frcUnttr: 

♦i l.e7,iil..teurs , jufc^ues à quand icrez-vous abutcj» iur la iituation 
dies dcpirtcmens menacés par les rebelles ? En proie à toutes les 
horreurs de la t,uerre civile, ceux de la Vendée, de Ma\ei'ne & 
Loire, de la Loire inférieure, follicitent des fecours depuis quatre 
mois. Saumur, ce poftc (i inryortant, qui rend mciirc ce la navî- 
gation de la Loire, eic au pouvoir des rebelles , 6c Angers leur a 
éitc abandonné, Nantes touche au moment de tomber en leur pou- 
▼eir. Si vous re portez pas à cette ville les fecours les plus 
promf ts , léparée de vous, féparée de la république, il ne lui 
reP^cra qae i\n\ iléfefpoir & la certitude de s'ctre inutilement en- 
fevelie lous fes ruines, Lts habitnr.s de Nantes fb'nt cortliimment 
occuper à des travaux dç dcfcnfc ; hommes, feninits , enfa.ïs , 
TÎcillards, tous font rcfolns de mourir plutôt que de fc rendre; 
tel eft l'fclprit de nos concitoyens, & cependant on 'es c accufés 
4'apathie , d'égoifmc , d« royilifme ! Des peilsJes vouloicnt jeter 
la divilion parmi nous ; mais les adwfnîîlrsteurs , les lociéics po- 
pulaires, 5c les patriotes, fc font réunis dar.s une ce.lilo, CSC en 
«■nt faiî retentir les vcCitcs de ces cii> : y ire U répuhlicjue , la 
iibcrté , Ax convention nationûlt ! Notre état ai^ucl de ùctrelle nous 
f jroit i'e.Tot d'une perfide manœuvre. 

.« IVlais nous , Icgiflareurs, fi nous ne pouvons rien obtenir de 
votre jiiuice &. de votre fcnfibilité, noi'.s retournerons vers nos 
infortiirués concitoyens ; nous ne trouverons peut - être plus que 
leurs cadavres fanglans ; il ne relier? plus alors qu'a confon<ire 
uotrc pioprc fang à cc'.ui de nos frères, de nos cnfans, 6c à m^.- 
fir caw> les accès du plus affreux défefpoir >♦. 

L(S pdnv.om^aires font admis sux honneurs de la féance, 6c l'»- 
Atclia renvoyée au comité de falut public. 

taporti» Je demande que l'on fixe l'heure où le tocfin fonnera 

dans toute la république. . , . ( De vifs applauditlcmens fe font 

entendre, ) 

-Plufieurs membres demandent la parole. — La difcuffion «ft in- 

. terrompue. — X)n fecrétairc fait leélure d'une lettre de Nantes, 

•conçue en quelques lif^net , dans laquelle les autorités conftituées 

annoncent que cette ville eft dans l'état le plus alarmant. 

LapoTtu La oattfe de nos malheurs eft dans f égoïfme 6c l'arift*- 



( «45 ) 

VAÎ* èes f^nénux^ fe' déclarerai à touèe ta rép^ibHque qui! t(k 
honteux d'av&if .Utffë cerner 8c fans autre défenie que celle cl^ 
leurs remparts , Condé & Valenciennes. > 

Ltgettdre, Quand un mouvement contre - rëyolutîonnaire échtk 
dans ia Lozère, les départ«mens voHins fe Cont levés , ^ ont 
écrafé 1^ rebelles. Il faut qite le comité de falut pu\jlic s'airem^ 
ble à rinft^nt , s'entende avec le ctnfeil exécutif, pour pr^reriter.^ 
cans vingt-quatre, heures ; une Itfte de patriotes , pour aller clans 
les départemens faire fonner lé tocfin. Il faut "des taOieux pour la 
liberté. On confpire contre nous, confpirons pour la liberté. 

Thuriot, Quand au moment du danser, on perd la t«cc, on'ne 
prend que de mauvaifes mefures, PerUjnne plus que moî i^'açpUu- 
dit au patriotifmc du pri^'opînant. Mais $*it. eÇit réfléchi ^ ÎI tni^ 
reconnu qfu*elles tendent à détruire la république. Notre pont'.oa 
eA telle que nous ne devoils hafardcr aucune exprciliôn , où toutes 
les mefures doivent être long-temps cambihécs. Si vous, envoyez 
fonner le tocfin dans la 'république entière, à l'inftant tous les 
relTorU font brifés. 

Les ennemis eux-mêmes s'applandirôient d'une mefure qui leur 
donneroit les moyens de poignarder les patriotes. Il faut porter 
de grands fecours à -Nantes ; mais fi vous faites lever le peuple-i 
Nantes ne fera point fecotini. La première mcrvirc à prendre eu 
d'éclairer les départemens nui enveloppent la ville de Nantes ; il 
faut teur peindre l'infamie cies admîniftratcurs qui, voyant égorger 
leurs frères , ne s'emprelTent pas de leur donner des fecours. 

U £aut auin que le comité de faîut public vous dife qu'elles font 
les forces de Ôiron : pourquoi il refte dans l'inaftion , pourquoi ', 
s'il n'a pas ailez de force oour fe battre , i! ne s'occupe pas au 
moins à faire diverfion.' C'efe fur-tout l'artillerie qui,nous fauvcraj 
il faut prendre des moyens pour avoir des canons en grand 
nombre. 

Je demande que la* convcnti9fi , loin d'adopter les mefures pro*, 
pofécs, chaîne fon comité de falut public de concerter les mefures 
générales à prendre. ; ^ , 

Barrire, 11 faut s' occupes fans doute des moy^ens de fauver la. 
réoublniue des fureurs de la Vendée. Le comité s'en cft occu- 
pe, & il vous préfentera vm projet affez audacieux, qui fera ccilec 
tous les foupçons 8c renaître la confiance. 

II vous a dit, il y a un mois Ôc demi, que le plus grand enne-i 
mi de la république étoit le fanatiîme qiti a1ime;itoLt la guerre ci- 
vile dans C06 pays. Il prit alors un projet 'Kardi, &. trop hardi 
peut-être ; il prit ii,çoo hommes de l'armée' des Ardertncs pour 
former dans ces endroits un noyau d'armée , & c'eft encore le 
Ceul point fur lequel Biron compte pour Torganifer complète- 
ment. 

Voici une lettre de Chondfeu,où Ton voit que foîxantc-fept mille 
hommes font répandus dans ces contrées ; vrngt-cii1c[ mille hommes 
avec. Biron, dou^o mille hommes avec Boubrd ,'8c vihr;t ^ cincf 
mille hommes qui s'or^anifent à Tours. La réunion de ces forc'es 
peut préfenter aux rebelles une maffe affex imporuntc pour fe^^ 
arrêter. Les autorités, conftituées de U ville de Metz vous ont 
oâert douze mille hommes fans dégarnir cettfe place. Votre comité 
va examiner cette propofitton , ôc fi on peut l'accepter fans i.icon- 
vénient, il l'adoptera , parce que des troupes réglées font plu^ 

ropres , pir leur org^iutlon vigulière, à arrêter la mar»;he des 

rig^nds. 

C a 



l 



. L« ê{y9T^ti df* opinions & U lenteur ^«t mefisrtt ^t (att 
fultre le trop pMuà nombre de coinmifiairet aui fo trouvent dany 
ces départemens ; cnfuîte la ciéfertion et ces Bommes lâches oui 
Je prëientent avec I«s cheveux coupés , ^ un certifioat infâme ees ^ 
rebelles , demandent des fecours , « ref ufent de prendre les armes , 
Ibus prdtcxte d'un ferment prêté aux trahres , &. viennent enfuit« 
intriguer] en leur faveur» en difant que ce font les tneiilfufs gens 
du monde , font des malheurs auxquels je vous propofe de temé* 
dier en rendant les décrets fuivans : 

Voici le premier décret : 

La convention nationale , après avoir fnteudu It rapport du co« 
nité de falut pu1>Iic , décrète : . 

Art. I. te nombre des repréfentans du petivle , près Tarnée des 
c6tes de la Rochelle, eft réduit au nombre de dix i favoir^'^Chou* 
<lieu , Richard , Goupilleau de Fontenaî» Bourdon de VOife^Bour* 
botte , Thureau , Daunon , Caudin , Anguu , Tallicn. 

II. Les pouvoirs des autres repréfentans. du peuple envoyés 
près Tarmie des cdtes de la Rochelle , font révoqués. Us revien* 
dront dans le fein de la convention nationale dans dix jours » i 
compter du jour de la notification du préfent décret. 

III. Le comité des infpeé^curs de la lalle préfenteça daps ce dé- 
lai un tableau de toui les députés envoyds en commiflion • qui • 
a^ant été rappelés par décret , ne font pas revenus à leurs fon^* 
tiens, pour être ftatué ultérieurement. 

Le projet eft décrété. 

Barrère, Voici les «efures à prendre contre la , défertîon dej( 
bommes pris par les rebelles. 

' Art. l. Tout homme fervant dans les armées contre les rebelles, 
qui , arrêté par eux , en recevra un pafle-port , &. s'en prévaudra 

{»our. retourner dans fes foyers , fera déclaré lèche défertf ur de la 
iberté , & privé pendant dix ans du droit de citoyen. 

II. Tout nomme qui quittera les armées de la république fans 
coneé , fera regardé comme déferteur 9c puni comme tel. 
* 111. Tout homme muni d'un paA'e-port des rebelles , conftatant 
qu'il a prêté ferment à Louis X VU, fera arrêté & livré au tribunal 
révolutionnaire. 

IV. 11 eft défendu aux autorités confutuées de leur délivrer ott 
de vifer de tels nafle-ports, ou de leur donner aucun fecours » 
fous peine de detlitution , ou d*ètre punis , conformément au code 
pénal, en cas de connivence. 

Le projet eft adopté. 

Barrère. Vous avez accepté le refus que Beauharnoîs svoît fait 

' du miniftère de la guerre. Votre comité de falut public penfe que 

vous devez rapporter la partie du décret oui portolt le général 

Houchard au commandement de l'armée du Rhin , & de conferver 

à chaque général le commandement qu'il avoit. 

La convention rapporte ce décret • & maintient Beauharnois au 
commandement de i armée du Rhin, êi Houchard à l'armée de la 
Mofelle. 

Barrerez Le miniftre de la marine réclame fans cefle un décret 
qui mette vos flottes en état d'agir. Nantes , qui a fenii la néceC- 
nté de (la mefure , l'a mis en aÀivité , le vous ne devez pas ou- 
blier qu'il y a dans la Méditerranée i^tt flottes anglaifes & efpa- 
^oîcs. Votre comité de (a lut public vqus propofe de mettre un 



( <"40 
«obsrgo Tur toot f«i iraifleaux <da commerce, jtir^a^ii comptinicflt 
èe l'armement des flottes de la rép|ibtii|U«, 

StmoH, Je «demande qu'on excepte de cet «mbarg^ les bâtiment 
de ▼inft«qu«tre-ctnons ile Huit IWres de balles, qui ]>éuvcnt, éga* 
Icnent que les vatfieauz de l'état» faire U guerre comte nos en* 
Bcmîf. 

B^mtru Vous avez befoîn de onie mille matelets ; toutes !ei 
exceptions ^minueroîeot vos reiTources. U y en a une cependant 
que TOtre comité vous propofe en faveur de U tU^ycnne françaifu 
Vous pouvez , € vous voulez , l'étendre à tous les bâtimens qui 
feront de fa même force. 

La convention adopte la propofition du comité, 

Barrère, Il eft enfin un dernier objet trèc-preBant $ c'eft la nécef- 
fité d'aVoiir un miniftré de la guerre. On convient généralement 
du patriotifine d'Alexandre » qui vous a été propofé. Ce n'eft pai 
ki le temps de déforeaBtfer ce^ minifire. J'invite la convention i 
décider promptement fur cet objet. 

11 s'élève, des réclamations fur la nominatipn d'Alexandre ; aprèt 
i9S débats , la convention décrète qu'elle procédera le lendemain 
9 la nomination d'un- miniftré d'après- une hfte de candidatton. 

SUncc du dimamhe zj Juin. Un fecrétaire donne lefture d'un 
grand noml)re d'adrefles d'adhéiion aux décrets du i juin. 

Bouffîaa. Um décret accordé i quelques-uns des députés déte« 
nus, de fortir pour leur fanté , accompagnés du gendarme atta- 
ché i leur ^arde. Je demande que cette Ciculté wh accordée à 
tous. 

Ltftndrt» Des hommes qui ont ourdi contre la patrie la pluf 
criminelle cdr.fpiration , dont la guerre civile, qui nçus déchire V 
tjX l'ouvrage , ne doivent pas jouir d^une liberté dont ils abufe- 
roîent pour la liberté de la cbofe publique. Je demande , au con-' 
traire , qu'ils^ foient gardés par deux geiuUrmes , 6t qu'ils ne puîT* 
icnt communiquer avec perlonae. 

Boujfion, Si vous vous oppofei è ma pfopofition, faites done 
le rapport fur les détenus. 

Tharict, On remplît un devoir facré lotfque l'on monte à cetttt 
uibune réclamer en faveur de la tuftiee ; mais oh dovient coup«<« 
ble y lorfqu'on prefta de juger , à la veille de découvrir tentes let 
preuves de la grande conlpiration que noits avons déjouée. L'homme 
de bien , quand il eft accufé» rette fous le elaive de la loi ,9^ at-* 
tend le jugement qui doit le frapper ou d^larer (bn innocence. 
J'appuie la proportion de Leeendre, 

Lee, Briflet n'a paffé à Moulins que huit îours , ee terme n*« 
pas été trop court pour qu'à l'aide d'un adminiârateur , il foit par* 
venu i corrompre une parde du département de l'Allier. Il a en# 
tretenu une correfpondance avec le difttift de Barras , dont les 
adminiftrateurs- ont écrit à la commune de Moulins , peut la Mi- 
mer d'avoir arrêté Briflot » 6c pour l'engager à le me'ttre ei%n-4 
berté. Je demande que vous décrétiez miuot d'accafation , 8c que 
vpqs fufpendiez de leurs fonéKons les douze adminiClrateurs de 
diftria de Barras. 

""Le convention décrète Briffot d'accufatloii Se adopte la féconde 
prepontion. 

Chahut, Le comité de fi^reté générale a entre les mains des 
preuves que chez KL Genfonné, il y a eu des réunions fréquen- 
tes des députés détenus. Des courrier ont été chargés de leurs 



( 646 ) 

4ApteKes , ^lli «nt eu foin de ne pis confier i la pofte. ( Flafitnrs 
901X. ) Moouez ces preuves. ) 

Votre comité de fureté générale peut vous les montrer. Vous 
les demander , H cependant c'eft vous qui demandez Iefecret%^c9 
lettres. Vous demandez des témoins , aân que M. GenConné & Tes' 
complices, car il en a même ici.... ( on applaudit } piùifent dé- 
voiler ta vérité. La preuve , elle cft dans là guerre civile. ( Pùi^^ 
f€urs voix à droite : Vous en êtes les feuls auteurs. } 

Tkuriot. Rou giflez donc de les défendre. 

Chabot, Je demande, comme mefure de fureté, que les députés 
détenus aient deux gardes, fie ne puilTent communiquer avec qui 
que ce foi t. 

X a propoiition e(l décrétée. 

Hérault, Vous avez chargé votre comité de falut pubKc de vous 

Fréfenter une nouvelle d^Iaration des droits ; nous venons vous 
offrir. Elle étott rédigée d'abord en termes précis , mats nous avpns 
reconnu en la lifant qu'elle l'étoit trop , & nous avons changé fa 
xédaé^ion. Il n'en eft pu d'une déclaration des droits comme aune 
conititution. Une conititution doit avoir des. termes précis ; l'autrs 
doit être en termes détaillés , & à la portée de tout le monde. 
Nous avons fuivi l'exemple des Américains. 

^ Hérault donne le£kure de la nouvelle rédaâton de la déclara* 
tJon des droits. £11 j cft fouvent interrompue par de vifs applau- 
difiemecs. 

Philippeau» Aux voix fans difcuiTion , c'eft un ckef-d'oiuvre qui 
n'en doit point fouffrir. 

La convention entend luie féconde leâure de la réda^Uon le l'a* 
dopte. 

La partie droite ne prend pas part à la- délibération ; des cris , 
Capael nominal , fe font entendre à gauche. ' 

ÈUlaud-Vartni\fis, LorCquc nous adoptvrns les baffes 'immuables 
die la liberté , il eH bien étonnant que des membres de la con*^ 
vention nationale retufent.de voter. Comme il £iut que le peuple 
connoifte les hommes qui veulent fon bonheur & ceux qui femblenc 
f ro^tvfter à l'avance coiitre ce chef-d'oeuvre de la morale & de la 
philantropie , ^e demande. Tappel nominal; je le demande pour la 
convention qui doit conCUter ton immenfe maiorité ; Je le demande 
pour mot , qui veux que la France entière fâche que j'étois dunom« 
bre de ceux qni ont voté pour fon bonheur. 

. Roberfpicrrt Paint, La déclaration des droits n'ahefoin , pour être 
adoptée par le peuple français , que des principes qu'elle renfer- 
me ,&. de radoHtiment de la prefqu'unaniairté de la convention na- 
tionale. Je m'étonne qu'on fe foit appcr^u que quelques eitoyens 
qui Gègent lur ces bancs là , ( à droite , ) ont rwé immobiles aa 
milieu de reatUonfiafme général. 

Un grand nombre de membres réclament L'otdre du jour furl'ap- 
pej^ominal, 

, S convention paîTe à Tordre du iour. 

^Toutes les autorités coniiituées du départememt de Parts fe pré* 
feutent à la barre. 

. Dufourny , au nom dês corps adminiflratift, Légiflateuts , vous 
étiez opprinvJs , vous êtes devenus libres ; déjà la conditution pa- 
Toit , 6c le louverain, le peuple libre jugera fi elle remplit fcs 
v»Hx. Aii'ii , téméraires , neus ne devancerons pas les temps , 6c 



f 647 ) 

^ i<s tnnfpoTts de notre joie » nous ne vous apportons pss ezi« 
fc-n la l'anâioB. 

Moins aride 4e notre bonheur perfonnel que du bonheur de 
tous 1« hommes ptéfens 6t à venir,' nous l'éprouvons cette conT- 
firjîion fut U pierre de touche des droits Je l'homme , nous la 
cccpaierons à 1 or pur de la morale , & alors , 4i loin de dégrade^ 
l^siBc de la nature » en le rendant plus partit , elle le rend plot 
^rjTeuxi ^ elle pr^fcr/e le foible des attentats du puiiTant ; fi ëgs* 
iifant cous les bomtnes , elle établit 4»ee l'infortuné €(l plus encore 
f i'un homme ^ fi elle étouffa régotfme dans les embrailemens d'une 
f^atcrnitc générale ; fi enfin eUeïon'de la paix univerfelle , elle fiera 
Riuràaemcnt adoptée. 

A l'éclat de cet aftre,na conftitution ) les lueurs funèbres dc< 
torches de la difcorde s'éclipferont aux acclamations de tout na 
peuple libre ; les royaliftes éperdus jétterofit leurs armes , Se le 
feq)f&t coloilal du fanatifme écrafé achèvera fa dernière con«^ 
mîaen. 

fatkt, La commune de Paris & celles des environs ont de6ré 
veas prcfenter le témoignage de leur gratitude pour l'achèvement 
de la conftitution , le procureur de la commune eu chargé de veus 
donner leé^ure de l'adreffe qu'elles ont arrêté. 

Ckammctte. Citoyens légiiiateurs , le peuole de Paris, dont vne 
grande partie entoure cette enceinte , a cnargé fes magiftrats de 
renir vous exprimer fa reconnoilTance. 

Malgré les efforts des méchans , l'a^e conftitutionnel eft achevé ; 
& fi jaroais le falut du oeuple pût être un problème , il celle au- 
jourd'hui de l'être. C'elt de ce moment que le peuple va clairement 
connoître ceux de fes repréfentans qui , fidels au pUis facré de 
leurs deyoirs, ont conftamment défendu la caufe» & férieufement 
voufci fon bonheur , d'avec ceux au contraire , qui en fe déclarant 
aujourd'hui conf pirateurs fictraitres, ne font que jetter un mafque 
dont ils n'ont plus befoin , & a l'aide duquel ils avoient depuis trop 
long-temps arrêté vos travaux , & trompé grand nombre de ci- 
toyens. 

Depuis que la calomnie eft colportée, les meilleurs loix font 
f orties de vas mains , les mefures les plus grand ef 8c les plus 
fages ont été prifes pour fauver la patrie ; la conftitution , enfia 
la conftitution eft achevée. . . . £ft-Ge ainfi que travaillent les ef- 
daves? 

£n vaia quelques-ens de ceux dont nous vous parlons , fembla* 
bies aux oileaux noAurnes , fe céfugieront-ils dans les gothiques 
donjons de ces châteaux, l'afile de l'ariftocratie } En vain à 
la Uveur des ténèbres , pouiferont-ils des cris ; finiftres contre la 
libené , Pégalité , l'unité de la république , le foleil de la vérité 
les pourfuivra de fes rayons vengeurs ; ces mots terribles tux traî- 
tres : U coafiitittion ifi. Mchevée , retentiront de toutes parts autour 
d'eux ; ils fuiront épouvantés , la répuUque triomphera ; vous ferex 
vençés. ,,1 

l/a citoytn, Légiflateurs , permettez à im vieHlard d'ajouter lin 
mot à ce que vous venez acntendre. ^ Repréfentans , ce jour eft 
bien foleronel , c'eft l'annivtrfaire du jour ou le tyran que nous 
.avons renverfé de fon trône vouloit , dans une fiance royale , dif> 
foudre Taffemblée conftituante. 

[/n d€f JMgcs des tribunaux repriftntant it Taris, Citoyens légif- 
lateurs , vooi avez décrété la conftit«tio»j c'eft avoir conquis i'W^ 



( <48 ) 

limç ^s pcnpfcs , fc mérité la r<!conn«i({auice de vos frèrer. £n 
vous préCeHtant leur hommage reCpefluéux^ les citoyens compc* 
faut les tribunaux ds Paris | ofent vous prier de vous occuperdes 
flioyexis de foutager le peuple indigent : vous ftves par quels 
noyens perûdes on l'a rendu malheureux. Les l'oins paternels font 
4ig^ies de vous ; qu'ils foieat fans celle l'objet des méditations de 
votre (agcOre } il le mérite | & vous aufli qu'il vous aime ic vous 
le^eAe. 

Le préCident répond aux dépiitattons, : « . > 

BUlaudrVar*nuu, il refte à lu coo^ncîon nationale tro&faetvr 
cette joun^e céUbre par un dlf rret populaire fic Inenfaifant ; c'eiV 
lUbrogation de la loi martiale. Cette loi ne peut être utile ^ue 
four Us tyrawS } & le j^ur aue Vous proclamez une cooiUtution 
populaire , cette léi de fane doit difparoitre. faites qu'aujourd'hui 
Sans leur xéunion fraternelle , les citoyens puitient dire : le champ 
4e la. fédération «ne l'era plus abreuvé du fang des patriotes. 

Cetce propofition , miCe aux voix , eft décrétée , au milieu <?tf 
plus vifs eppkudiffemefts. 

pji/ôamy. Reprërentans , nous n'aurions pas rempli le voeu des 
citoyens qui nous font envoyés, fi nous ne demandions pour lui la 
permiflion de défiler dans l'aifembiée. 

Un grand nombre de citoyens paifentdans Taffemblée, en-criant: 
ei>< la républicue / 

Le citoyen Forgues. Repréfentans , vous m'avex appelle au mtnir<* 
1ère des affaires étrangères, l'apporte dans ces nouvelles fondions 
VA dévoucmenr entier à la liberté. 

Appuyé .fur ces principes , fort de mes Centimens , je jure de 
remplir avec Êdéliié les fondions qui me font confiées. 

Le nouveau miniftre prête le .ferment. 

Hérault. Pour répondre à Tempreilemcnt que vous avei d*en-> 
tendre une dernière leéiure de la conftitution , le comité s'eft af- 
(embié cette nuit ^ il en a employé une grande partie à ftatuer fut 
la déclaration des droits que vous venez d'adopter; il ne peut 
vous lire la confiitution que demain matin à une heure; mais 
comme rien ne peut irtanôuer à cette heureufe journée , je de- 
mande que la feance foit levée , & que nous nous mêlions à nos 
frères 6i à nos amis. 

Séance du tundl m 4 juin. Treize communes du département de 
r£ure dépofent fur le UVireau de la convention leur proteftation 
contre les arrêtés de l'adminiAradon de ce département. 

DurQÎ, Je demande l'infertion au bulletin » oc la mention hono-^ 
fable de cet aâe de ctvifme. Je demande en outre que le minîT* 
tre de l'intérieur foit chargé de pourvoir À l'approvlùonnement de 
ces communes. Cette propofition eft décrétée. 

tegendre. Depuis trop long -temps la convention nationale agit 
paternellement avec des députés contre-révolutionnaires qui par- 
courent les départemcns fie y provoquent la guerre civile. Tel 
eft le rcfultat de leurs prédications criminelles , qu'on arrête les 
approvifionnemens deftinés à Paris, qu'on veut ameaier la famine 
dtni cette grxnde cité, pour dominer olus facilement la conven» 
tlon nationale. Je demande que le miniftre de la guerre foit tenu 
.de prendre les mefures néceiiaires pour que force demeure è la 
loi dans la ville d'Evreux. ^ ^ , 

Dur»i, La convention doit diftingner les citoyens des admintftra- 
Jaiissi les lias font véritablement coupables , ies autres ^ne font 

qu'égarés. 



(6W) 

affépxét.. La plus grahclt partie des citoyens eft opprimée , 8t 
peut-être fous quelques jours, vous les verrez, implorant votre in- . 
ddlgence , réclamer eux-mêmes votre juftice. Je demande I ajour- 
nement de U proportion de Legendre. 

làndet, La (aule ville d'Evreux a été témoin des fentimcns inci* 
Tiques des adi^iniftrateurs , & aucune autre commune du départe-'- 
m«nt ne les a pattaeés ; mais nous ne pouvons pas nous le^diffi-^ 
mnler ^ cette vute eft en pleine contre-révolution , fie je vais vous ^ 
en donner des preuves. '- 

Det U ttrt s de Londres , adreflTées au maire d'Evreux » portoieaf * 
«pe It f emps étoit arrivé de tomber fur les faâieux , & ces fac- 
tieux Itoient les patriotes. 

Cet adfflinifirateurs rebelles ont ofé citer i leur barre les ad- 
nîmfiiteurs du diihtft de Bernay, en les menaçant que, s'ils ir'/ 
compifoiffbient pas , le» cito/tfns d'Evreux & du Calvados 1er ' 
irotenr mettre à la raiCon : enfin , ils ont fait braquer le canon 
fur les dragons de la Manche , pouf les forcer à prêter un fer- 
ment contre-révolutionnaire ; mats ces braves foldats ont méprifé 
la mort 8c refufé le ferment. (Vifs applaudiffemens.) 

Le triomphe de ces ftaitres va bientôt finir : déjà le maire a- 
rougi d'avoir adhéré â leurs arrêtés ; déjà ces adminiftrateurs eux- 
mêmes' font honteux 'de voir qu'il* n'eft pas dans leur départemenc 
une feule petite commune qui féconde leurs projets; Ces rebelles 
font devenus l'exécration du département de l'Eure , fie bientôt le 
peuple vous les amènera. Ils ont abufé de leurs pouvoirs '; il eft ' 
fufte de les rendre refponfables des événemens. Je demande qu'ils ' 
foient décrétés d'accuiation. . • . , 

Leg£Mdre. U eft incroyable que le comité de falut public fe foit 
borné à faire mander à la barre ces confpirateurs ; il faut que ce 
comité forte de fa léthargie. S'il eft ufé , qu'il le d!fé , flc repre~- 
Rons notre énergie républicaine , pour happer les ennemis de la 
liberté ; il faut enfin montrer du cara£lère. Je perfifte dans ma ' 
propofition. 

'LtementUr, Ces mefures font encore infuflifantes ; la convtn- 
tîoti doit mettre hors dé la loi dous ces adminiftrateurs rebelles , 
8c autorifer tous les citoyens à courir fus comme fur des bête» * 
féroces. ( On applaudit. } 

Thutiot, U eft clair que l'adminifiration du département de l'Eure 
efl rebelle à la loi , 8c qu'il taut prendre des mefures grandes 8c 
févères; mais nous hé pouvons nous diffimuler une grande vérité» 
c'eft que cette adminiftration a détourné de fa deftination un régi- 
ment de dragons 8c de chafteurs * qui dévoient ^*îer à la Vendée. 
On ne veut pas aue nous donnions du fecour à nos frères. 

Sur la propofition de Thuriot, la convention nationale décrète 
que le confeil exécutif provifoire prendra fur le champ toutes les 
mefures nécelTaires pour que force demeure à la loi aans la com- 
mune d'Evreux , département de l'Eure. 

Ordonne que les juges du tribunal criminel du dît département , 
8c les juges du'diftriA d'Evreux, demeureront provifoiremenc fuf- 
pendus^ de leurs fondions. 

Charge fon comité de légiflation da lui préfenter, dans le )our 
de demain , un m<»de Me remplacement defdits tribunaux civil EL 
criminel • 8c de lui indiquer les lieux où ils peuvent êtit ttanf- 
férés. 

1 a convention nationale , après avoir entendu It rappen de fon 

N*. %q9. Tomi là D' ' 



( 650 ) ^ 

tomké et faliit pv^lîc » far U pétition préfentée le 12 et ce mdit 
p«r les députés extraordiniires de Nantes , déérite : 

Art. I*'. M Les commiffaires MéauUe , Fouché » Philîppeaux èL 
Julien dé la Drôme , membres de la convention nationale , parti* 
ffont demain » 8c fe tr^fportéront dans les départemeos du centre 
6c de Toueft, pour y inviter & requérir les citoyens à prendre les 
êxpm.-CUitTt les rebelles de la Vendée , & fe rendre au lieu d'un 
i«|(ttmMvment qu'ils indiqueront. Ces députés font invefiis de tous 
les poutr^tf àtimé$ aux repréfentans du peuple envoyés près des 
armées* 

II. t« La tréforerie nationale fera verfer dans la caifle du dir« . 
tria de Nantes » la fomme de 500,000 livres pour fournir aux dé- 
penfes qui. feront jueées néceiiaires* 

IJÈl, M 11 fera forme dans la ville de Nantes une commiffion cen* 
irait de correfpondance , compofée des repréfentans du peuple en- 
voyés dans les départemens voifins , de deux membres de cnacune . 
des adminiRrations , & de deux membres des fociétés populaif es, ' 

^V, n Les repréfentans du peuple envoyés dans les départemens 
du centre & de Toueft , fe concerteront avec nos collègues près 
l'armée de la Vendée & les généraux , pour protéger la défenft 
de la ville de Nantes , & féconder le civiCme de fes habitans par 
dos fecours eiiicaces & des dtfpofitions propres à prévenir & dé- 
truire les efforU des révoltés. 

V. » Le comité de falut public efi chargé de remettre une inf- 
truhion aux repréfentans du peuple envoyés dans lès départemens 
du centre & de Toueft , pour qu'il y ait de Tenfemble dans leurs 
opérations «t. 

Autre d/cnt, 

«< La convention nationale , après avoir entendu la leâure £iîte 
par un membre de la commiflion des dépêches » d'une lettre du ' 
citoyen Mollerot, agent de la citoyenne Bourbon , par laquelle il 
demande la levée des fcellés appolés fur fes papiers , charge les 
deux con^roiffadres qui ont levé les fcellés chez le citoyen Louis- 
Philippe Egalité , de procéder à la levée des fcellés chez fa ci- . 
toyenne Bourbon **. 

Guyomari, Jt demande qu*on envoie chercher le rapporteur de 
la conftittttien , afin que nous puiffions enfuite aborder enfin le 
rapport fur nos collègues ; je le demande pour la tranquillité de 
la république : je ne veux pas qu'on déchire le fein de ma patrie. 

Des pétitionnaires font admis à la barre. 

Vorattur, Citoyens repréfentans , nous fommes chargés par les 
patriotes opprimes de Touloufe de venir vous dénoncer les crimes 
dont viennent de fé* fouiller les autorités conftituées de cette ville» 
Lf mal eft à fon comble. Nous venons vous dénoncer une contre- . 
révolution ouverte. D'abord c'étoit un problême que U république 
du Midi ; ce n'en eft plus un aujourd'hui : les autorités conftituées 
ont déclaré qu'elles en vouloient faire une ; elles ont commencé par 
faire emprifonner les patriotes les plus faillans. Lacuéc , que le 
confeil exécutif avoit deftitué , oue les foldats de la république ne 
vouloient pas reconnoître ^ eh bien 1 c'eft ce même homme que 
les autorités confUtuées ont déclaré prendre fous leur proteAion. 
Ali moment où je parle , les agens ou les membres de ces auto- 
tîtés conftituées font répandus dans les autres départemens méri- 
dionaux , pour ferrer cette fédération préparée depuis long-tempt. 
Les départemens du Midi font i la veille de voir entrer tur leur 



t<5i) '. , . : 

territoîté les Efptgiiols • dont «ils font malheûreurément frdp to!« 
fins. Je demande qae la convention veuille bien ''entendre le rap« 
port <|ue Baudot » commiiTaire Aational , doit tous faire ; c'eft ce* 
lut de la féanc- où la confoiration a éclaté. 

Les péû^onnaires font aamis aux honneurs de la féancb. 

Baudot i Les maux font grands à Touloufe, mais le remède eft 
fimple. 

Ici Baudot fait léAure du procès-verbal die la féslnce du o 8c du 
10 îuîn ) des autorités conftituées de Touloufe , contenant (es faits 
déjà dénoncés , 6c dont il réfulte ^e la fédération dont il s'agit 
avoitpour but de former entre les départemens méridionaux une 
coalition contre Paris 8c la montagne de la convention , que La» 
cuée a été amené en triomphe à cette féance , qu'on y a crié vive 
Lacaék , au diable la montagne, 

Baudot eontlttue. Je propofe de mander à la barre les membres 
des autorités conftituées rebelles , d'ordonner à la commune de 
Touloufe d*en|oindre la garde feldée de cette ville , qui oporime 
les citoyens, d'aller aux frontières. Je dema.ide, enén, que le dé- 
partement foit improuvé pour' avoir méconnu la repréfeAtation iia« 
tionale. 

QMot. La fituation aftuelle des départemens du Midi^ mérite 
toute votre attention. Touloufe en a toujours été le point cen- 
tral. Cette ville a rendu de grands fervices k la libeité; elle a été 
un fanal qui a éclairé toutes les parties méridionales , y a entre» 
tenu le feu facré de la liberté. Les chofes ont changé ; les pe* 
triotes , dans cette grande cité , font profcrits ou chargés de fers. 
Ne vous endormez pas , citoyens ; envoyez des décrets févèfei , 
car le peuple eft bon , il eft au niveau de la révolution' i arrachez 
le mafque aux perfides qui le trempent , 8c fes bras font arn^ 
pour la liberté. 

Une garde foldée exifte dans Touloufe ; cinq mille hommes y 
font aux ordres de l'ariftocratie. Je demande qu'elte aille aux fron- 
tières ; ie demande la deftitution de Loiivet , dire^eur des mon- 
noies ; la tradué^ion 4 la barre des adminiftrateurs du département 
8t du maire de Touloufe. 

Les propofitions de Chabot font décrétées. 

Dueos, Un des députés détenus , Verjçniâud , a écrit ce maân 
une lettré , dans laquelle il reclame la judice de la convention 
' nationale, contre le décret oui le conftitue au fecret, avant qu'un 
rapport ait été entendu fur (on ailBiire. (Des murmures s*é!èvent. ) 
Citoyens , je ne m'adrelTe cas i vos |)anîons , je ne réclame que 
votre jufttce. Un rapport doit être fait , la paix de la république 
tient à ce qu'il le foit promptement ; mais il eft contre toutes les 
formes , contre toutea les règles de juftice , de décréter que^ qes 
hommes qui font reftés chez eux en état d'arreftatlon , contre' lèf- 
quels il n'y a aucun aéle d'accufation , aucune inculpation, Cirent 




Tttiltefèr, Si On vous écoute y ils s'en irei^t les uns après les 
autres. ' 

Legendn, Il eft étonnant qu'on 'démande que les détenus 'lia 
foîent pas atr fecret , lorfqu'on vient d'apprendre que Pétion . 8c 
' Ltnjuinpis viennent de* i'évader par reno^ciAife de Mafuyet. 



( <î» ) 

^ SmoM, Dans le même moment, use pttroutUe <ootre*t^o1ti^ 

. donnaire s'eil préfentëe au domicile de Genfonné pour l'enlever. 
. Qii demanHe l'ordre du jour. — — Ducci infifte pour avoir la p*- 
rele. — — La convention paiTe à l'ordre du )Our. Les tribunes r«- 
tentiflent d'appUudiffemens. 

Sai/U'Aniri^ au nom du comité de falut DuhUc. La (îtuatîon des 
âépartemens du Midi mérite toute votre lollicitude. Votre jcomstsé 
e'eft occup'té de celle dudëjpartement des B^tiches-du-Rhône ; il 
propofe d'envoyer dans ce département Baiire &. Rovère , commiT- 
faires , avec pouvoirs de prendre toutes les mefures de sftretié %€» 
Jiérale 6c de falut public 

La féconde difpofition du projet confide à entendre un rapport 

du comité de divtfion , fur Tetabliffement à Avignon d'une admmif- 

tratlon de département , & de la divifion, du territoire en didrîâi » 

fous le nom de département de Vauclufie. 

Le projet de décret eft adopté. 

Amar^ au nom du comité dt sûreté générale, Pétion eft parti , 

, trompant la configne ^ l'ordre qui le mettoit en eut d'arrcfta- 
tlon , & en abufant de la confiance de fon gendarme. U propofe 
de faire traduire dans des maifons nationales les membres détenus 

, ^s leurs domiciles. La féconde difpofttion du décret comprend 
Mafuyer d«ns l'ordre d^étention. 

Ducos. Je penfe que les mefures qui viennent d'être propofées 
à la convention nationale font inji.rieufes pour elle bi vex«totres 
pour ceux de fes membres qui en font l'objet. Pcrmettez^moi 4« 
yous propofer des mefures plus <)i£nes de vous & de la jufii^e 
du peuple que vous reprérentez. Tous les membres *de cette af- 
femblée auxquels je m'adrefîe individuellement , me pafoifTent pé- 
nétré de ces principes de judive que je reclame : par quelle fa- 

*lalité, réunis fur ces bancs, étouhcnt l's ma voix par des murmu* 

. rffé ou pe partagent-ils plus mes fentiroers? Je demande que yous- 

' entendiez Tous trois heures un rapport qui devoir l'être fous trois 
jours } cgr eniip fur quoi voule/*vou$ que l'opinion publique fe 
repoie ? La lairicrez-vous pcrpétucilen-ent QuAuante &. incertaine? 
(Couthon, Elle fe fixera £1 vous jugrra. ) Je demande ia queftÎQn 
préalable , fur le projet de décret qui vous ed préfenté, & que 
demain le rapport foit fait fur les membres détenus. , 

Un grand nombre de membres appuient cette proportion. 
, Rohejjf terre aine. Un femblable langage doit paroitre étonnant 
fans doute. Quoi l il exifle encore des hommes qui feignent d'igno- 
rer ,' de douter des faits que la Frarce entière connoit ! (Un mou- 

^ vemcnt viplent éclate dans la partie droite. ) 

^ Leeendre, Je demande que. le premier rebelle, le premier .de ces 
révoltés ( en défignant la paitie dro'te^ qui interrompra l'orateur^ 

^fpit envoyé à l'Abbaye. (Vifs applaucilicmcns, ) 

/ Rohefpiare. Leurs crimes, citoyens , foi.t les calamités publiques^ 
l'audace des conrpirateursi , la. coalition des tyrans de .l'hurope , 
leur antique alliance avec le tyran , les loix qu'ils nous eut em- 
pêché de faire, la confiitution fainte qui s'e(l élevée depuis^ qu'ils 
n'y font plus ; la cenftiiution qui va rallier tovis les Français , en 
dépit de) clameurs des véritables ta^lieux ; car , nVn doutez pas , 

"* e'eft à la confiitution que s'attacheront les Français , S^ non à 
Briffot ou Genfopaé. ( On applaudit. } Oui , le rapport fera fait , 
Il fera énergique & complet ^ car il comprendra tous leurs crimes ; 

' mtis il faut réunir tçUt^sJes pièces, tçutçs le;^ preuves, tousKi 



( «53 ) 

laits. Les preuves , irons nVn^avoM pas beCcin, mtts «^u moî-fl 
cl!ef réduiront les complices au f.ience. Je c!cmaii(l« aus l'on iT.er;e 
aux voix )« projet de décret du comité He faîut public. 

Amar fait une féconde Icfture du projet de décret. 

f^mfrèd^. Je diemande la parole pour fnire un amendement. 

Bû^Ue^ Avant de prononcer , il fsut favoir ce qu'on fera des 
coBQiiflaircs eovoyés à Bordeaux : s'ils, étoient eardés en otage , 
il feroit vrai que Fonfrède n'auroit fait qu'un aSe de perfidie 6c 
d'atrocité. 

FtmfkîÂe*. Mon anoÂdement eft ftniplr, -mais important. Vous 
voulez , fans doute » que la paix règne dan» la république. Lorf- 
«ttt le temple 4e Jànus eft ouvert y ti convention nationale veut , 
tans doute, par la cooftitution, réunir tous les efprits. 

hoMLgtun Par.cesfongs circours, Fonfrède vent fans doute don* 
ner à Mazuyer le temps de fouftraire fes papiers 6c de s'échap« 
per. Je demandé ^'il fe borne à faire fon amendement. 

Fonfrède, Le voici. Je demande que le lieu de la détention des 
députés foit pofittvement défigné dans le décret. 

VUfitMn yoi%. A l'Abbaye. 

fonfride^ £h bien ! dites- le dans votre décret ; car alors ceux 
qui auroient voté pour la détention dans une maifon particulière » 
ne voteront pas uns doute pour l'Abbaye. Je demande donc, 
comme Ducos , la queftion préalable fur le projet. Si la ((ueftion 
préalable eft rejetée , je demande que nos collègues ne fotent pas 
détenus dans une maiion publique ; je demande enân que ce dé- 
cret foit rendu à l'appel nominal. 

Un grand nombre de membres appuient le qdeftion pséalabk. 
Après deux éweuves douteufcs , le président prononce qu'elle eft 
re|ctée. De vsves réclamations s'élèvent. Une foule de membres 
de la droite fe précipitent au bureau & y (ignent la demande de 
l'appel nominaL Un violent tumulte îèene dans l'sffemblée. — Le 
rapporteur du comité de conftitution eft à la tribune pour «n don- 
ner leAore.. -«« Les cris » tapptl nùminAi^ continue. — La conven- 
tion décrète qu'elle entendra la leAure de l'afte conftitutionnel. 

Uéranlt donne cette leélure. 

(Lk difcufiîon oui s'élève fera placée dans fon ordre). 

SùtU£ ^ ^ " " * ' ^^'^ • ^ •- 

introéuie * 
tois i 

puis _ , ^ ^ 

giflateurs , le même efprit anhnê' les citoyens d'£vreux , & Ton 
vous a tronipd lorfqn'on vous -a dit qu'ils avoient arrêté les ce- 
meftibles , iofpendn l'envoi ^es de niets dans le tréfer national. 

- Lé^ateuos , votre décret t;ttî .lirivet la ville d'Evreox des éta- 
bliffemens oublies qui font dans ion foin; eft rigoureux 6c a. fans 
doute été lurpris à votre juflice. L'érablilTement d'une commiflton 
«dmimftntiEKe à Bernay, oui eft k l'extrémité du département, eft 
nuiûble aux adminiftres*^ Evreux n'eft pas coupable. L'aft'emblée 
. quf a. proclamé lies 'droits de rhomnle'nous doit juftice , 6c elle 
sousi la: relire. Je rétraÛa tontes les figiiatures que j'ai appofées 
comme fecrétaire de la eommone d'Evreux 4 tous les arrêtes con- 
traires à la.'loi. •• . •■'.,.','.>■ 

iexiréfidcnt répond eu'pétitrimnaire ^ 6c renvoie la pétition itt 
< Comité de feloi pnblic. - '- •• 

Un (ccrétaiie dçnne levure de la pièce fuiv»nte : 




( 654 ) 

ZefMr^l CufiintiUf vrifitUni de ta eonvtiaioH mattûttûU. I^JS^t 
k 2j juin. Citoyen préfiaeiit, je lis dans its papiers publics que 
le général Ferrieres a chargé un envoyé de (a part de préfenier 
i la convention une plainte contre mon impéritie 6c mon ânci- 
virme» Je fuis loin do refufer le défi qu'il me porte ; car , moi , ie 
l'accu fe de n'avoir point exécuté mes ordres oans la journée au 
17 mai.... 11 eft temps de me défaire d'un de ces frelons qui bour- 
donnent à mes oreilles te mo diftraieot , quand je voudrois n'em- 
ployer mon temps qu'à m'occuper de la manière de fervir le plus 
. ut^fement ma patrie. Je demande tvet inftance un cotifeil d« 
guerre. SipU^ Custine. . 

Cette lettre eft renvovéc ma comité de falut public. ' 

Des commiiTatres duoépârtooient de U Seine inférieure vîmi- 
. nent réclamer contre U loi du 4 mit » qui ordonne le rccenfc- 
ment des bleds , Ôc demander des rubfiftances, 

Pockoiii, La loi qui ordonne le recenfement des grains caufe.Ia 
. difette faAtcc oui déCole plufieurs départemens. 

La pétition eft renvoyée au mtniftre de l'intérieur. ' 

Une députation de la commune de Soiffons eft introduite à U 
. b«rre i til« adhère aux décrets dli 31 mai. 

La députation eft admife aux honneurs de la féance. 

Direries demandes font faites pour obtenir le paiement et leurs 
, honoraires i des députés détenus. 

La convention patie à l'ordre du jour^ . 

<^ r. • . • Puiu^ue raffemblée ne veut pas ftatucr fur les ré- 
clamations particulières , je' deoitnde que le rapport général Kir 
. les détenus foit fait demain féance tenante. 

La proportion eft décrétée. 

Le préiident annonce une lettre du citoY^n Lcbardt, député du 
Morbinan , mis en état d'aireftatien par décret de la convention. 

Plufieurs membres s'oppofent à la leâure ; d'autres la deman- 
dent» L'afiemblée l'ordonne. 

U demande un prompt rapport de fon affiire » U. il défie fes ac- 
cufatcurs de fournir des preuves contre lui.' 

Ugenért, Tous ces envois de lettres ne font qu'une manœuvre 
des députés mis en état d'arreftatîon. Je ne conçois pas comment 
, on ne s'eft pas encore appcrçu de leur plan } ils f e font dtvifés les 
■ rôles : les uns fe font enfui pour aller prêcher la guerre cîvale 
dans les départemens, 6t ils ont dit aux autres : écrivez des let« 
. très. & elles feront inférées daits les journaux * 6c exciteront la 
pitié des départemens qui ee font pan inftruiu de tous leurs cri- 
mes, jeteroot la divifion dans la convention, & Peiupèchcront de 
s'occuper de travaux imporuns. Je demande que nous ne les fé- 
condions plus nous-mêmes , £( que toutes leurs lettres foient ren- 
voyées , (ans être lues » au comité de falut public. ( On ap- 
plaudit. 1 . ' 

ht prifiiiM, J'annonce qu'il y a encore des lettres *à lire. 

On demande le renvoi au . comité de Calut public. . 

Ltgendre, Il y a un décret qui remroie jau «comité de ialat public 
toutes lés lettres des députés détenus. Je demande- quTon renvoie 
i. ce comité tout ce qui aura rapport à eux. 

La propofition de Legendre eft mife aux voix. Après deux épreuves 
I fuccèuivement douteules» le préfidcet proj^oacé. qu'elle câ adop- 
tée. -^ Des réclamatioiis s'élèvent^ -^ Les aftembrei df Is droKe 



C «J5 ï 

n^pttttnt k demandé ùlu par tux da l^appal nominal (hr tt éi» 
cret de détention. ♦ * • 

La convention paiTe à Tordre dn jour. 

Sûint'Andri, Vous avez rendu » citoyens ^ vn décret qui détruit 
rinéfalité des partages dans les fucceliionf en ' li^ne direAe ; mail { 
cette loi utile n'eft encore confacrée qu'en principe » auquel voua • 
B'avta pas donné de développemens^ It s'élève des conteftations 
auxquelles vous- devez mettre fin. Oh élude Terprit de cette toi . 
biêntaifanté :' des ^èr«s orgueilleux 8c injuftes dtfpofent de leurs 
biens contre votrf intention , par le moyen de fideî-commis remis * 
entre des mains étrangères. Il faut arrêter un défordre auffi a£Ri- 
^eant. Je demande que fous trois jours votre comité de légiflai' 
tiotf foittenu de vous faire un rapport fur le mode d'exécution 
du décret qui détruit l'inégalité des partages. 

VharlUr. Je demande que fous' un mois votre comité de légifla- 
tion vous préfente l'or|anifation du code civil. 

Les profitions de Saint-André fit de Charlid^ font/décrétées. ^ 

l}ts adminiftrateiirs du département d'EiIre fic^oire* ibnt adidis ' 
à la barre. 

-Vata itêUM, Citoyens repréfentans , tous voyez les adminifir*. 
tettrs d'un département en danger, qui viennent dépofer dans votre - 
fetn leurs inquiétudes 6c leurs juftes alarmes. 

II n'y a pas lon^-^temps qu'on vous a annoncé qu'Angers étoit 
tombé au pouvoir des rebelles fans coup férir ; dès ce moment il ' 
fe répandit le bruit que les rebelles ne quitteroient pas les bords > 
d« la Loire i mais .ces bruits ont été démentis par le fait ; fie dans 
le moment, c'eft-à-dire avant- hier au foir , la Flèche eft auffi ; 
tombée dans leurs mains, fans coup férir. Peut-être en ce mo- 
ment la ville du Mans eft auffi en leur pouvoir. Que les législa» 
tectrs de la France, ou du moins une partie d'entre eux , lèvei t '. 
l'étendard' tricolore fit fortent de cette ville , entourés de quarante > 
mille patriotes déterminés à vaincre , fie précédé de la ftatue de la / 
liberté ; que dans leur courfe rapide ils entraînent à la defenfe 
cotamune tous les républicains , fie que les rebelles partout re« 

EoufTés fie anéantis ^ ne trouvent leur falut que dans les flots de > 
i hier. 

On déesète le renvoi de la pétition an comité de falut public. 
Un autre manhrt de ia ééputOiiùm iu adminifirateurs tPEure & > 
Loire, Le citoyen Richard vient de dire qu'il ne croyoit pas oue la 
Flèche fût pris. Nous ne femmes pas venus, tremblant nous-mêmes, t 
Caire partager nt>s craintes à la convention nationale ; nous ve- 
nons avec cette nouvelle , malhcureufement trop certaine ; elle i 
nous eft confirmée par une lettre de la Ferté-Bernard. On va nous 
renvoyer au comité ; neus allons y parottre ; mais nous deman* * 
dons aue le rapport foit fait féance tenante.' "^ 

Tai/ien, Parmi les faits qui vous ont été annoncés , pUifieurs fe 
trouvent vrais; mais je crois que des adminiftrateurs , auxquels ce- 
pendant je rends la juOice due à leur patriotirme , doivent fe re- 
procher d'être venus , répandant Tal^rme , faire croire que nos 
moyens de défenfe font entièrement nuls. Us auraient peut-être 
mieux fait de &'adre(ler au comité de falut public. ( Des murmures 
s'élèvent dans la partie droite.) 

Le déparement dXure fie Loire a «des droits à toute votre fo'.li- - 
citade; mais il faut que les rcheMes r.e foient pas inftruit-. de toutes • 
▼osniirpoûtions , fie ccpeudant ils le font c&mine wus-mcmes. Je 



( 65« ) 

én^ànit U renvoi au comité lie falùt publie dès dertiiefes obfef- 
vations dei pétitionnaires. 

Le renvoi eft décrété. 

Lakanal, au nom du comité d*inftruAion publtoue , fait, un ttM* 
port & préCente un projet de décret contenant le mode de la £e« 
aération du lo août. 

La convention nationale décrète Timpreffion 6l l'aioumemcnt à 
jeudi prochain. 

Un membre , au nom du comité de divtfion , préfent« le projet 
d'organifation d'nn nouveau département ^ dont Avignon eft le chef^ 
lieu , fous le nom de département de Va^iclufe. 

■Le c. , é , J'obferve qu'on ne peut former de département fans 
avoir confulté les adminiftrés. Je demande. Tajournement jufqtt'au 
jour où les adminiftrateurS auront exprimé leur v«u« 

Jtovère, Le préopinant a donc oublié que les adminiÛtés fe font 
adreiTés à tous les députés du département des Bouches-du^Rh^nef 
& à moi-même , poifir obtenir que ce département fott établi. Ils 
ireulent fe fouftraire i la tyrannie des MarfeiUois» qui né font .gui- 
dés fouvent que par le caprice & des paflions momentanées. 

BiilauA-Vdretuuë, MarfeiUe eft en eût de contre-résolution ou* 
verte. Ses feétions ont délibéré qu'on ne recevroit plus fur , leur 
territoire d'aftignats qui ne porteroient pas Teffiffie du ci-derani 
roi. ( Des murmures s'élèvent. Ftu&turs voîm, C'eS faux. ) 11 faut 
ïouftraire Avignon à la dictature de Macftille. J'appuie le projet 
de décret. 

DuraaA-MaiiUiU, Je m'oppofe à l'adoption du projet de décret, 
avant que les adminiftrés aient émis leur voeu. 

L'aiTemblée adopte le projet du comité.. 

RuOi, Les petits pays qui bordent la Mofelle 8c qui font réunis 
à Ja république* ne font pas encore municipalifés.. Jo demande 
que nos commiflaircs dans cette contrée /oient chargés de cette 
opération. 

'Renvoyé au comité de divifion. ' 

La convention ajourne la difcuiEon fur l'adoption & les moyeaf 
de diminuer la mafie des ai^gnats en circulation. 

Sidnce extrëordmaire du mardi foir. Une députation de la feAioa 
de la Croix-Rouee félicite la convention fur l'achèvement de la 
conftitution , 6c l'invite à taxer toutes les.denrées« 

La pétition oft renvoyée au comité d'agriculture 6c de com* 
sBcrce. 

Un citoyen» député par la feélion du Luxembourg , foumet la 
même demande à la convention. 

Uue députation de la feéiion des GraviUicrs, réunie à des ci<« 
t ^yens de celle de Bonne>Nouvelle 6c i des membres du club de» 
c rdeliers , eft admife i U barre. 

Jacy:es Roux ^'cr^uct:r. Reprcfentans , rons vf nons vous expofer 
I^-* ni.r.x cpiîfcb f?r l'aiMOL^iro , i oi.s yla'u t're c'e ce que vous n'a- 
ViZ M'M' l..i: p.)(. r dé?ii.ir<r les acci pj»r;rjir;'.5 i <ie ce <jiio dars U 
c >:(:•»•. rion , il n'c^l p. s j-.c kule <tî. .Ijtion qui Us répr:rfie ; 
n j5 v.-i.uns ncu< j.»I. il tTo c'.e co qii'^ «'ottrj-.'o dç i*itt , tous vos 
imj.'A-: s vr lUi.t pas tn.j/K>y^'<: ù rp<?rcr la c'iini»«ution du prix (les 
dM.-.'-.'. ( î)'?s rr,u-.»-..r-s s Ç èvcnt. ) 

i. ne! ci,, 'c ] D* {'.c ces iuvotcurs fiuî s'emparent des manufa^u- 

tsi-i , (iu c\^miiicrce des pcris , des ptoituiuoiis de U terre , iinon 

...:.. do 



r «j7 ) » 

4t portet k peuple au défefpoîr pour ToUIffr de ft fêter dtflt 
tes bras du ilerpotirine } Jufqu'à quand fouf(rirez-vous que cet ri* 
cties égoiftes baivent dans des coupes dorées le fang du peuple? ••• 
( Nouveaux murmures. ) 

Vous avez i craindre qu'on ne vous «ccufe d>voir difcrédité !• 
papier>monnoie , Ôç d'avoir ainfj préparé la banqueroute...,..* 
( Les plus violens murmures éclatent dans toutes les parties de la 
lallc. ) *^ 

Comment voulez-vous que ceux oui n'ont que 600 livres de 
rente puiiient fublifter , fi vous n'arrètet l'agiotage par un décret 
conftituticnncl qui ne (bit pas fujet aux caprices des légiflatèurs è 
( Nouveaux murmures. ) Il eft poflible que nous n'ayons la paix 

2ue dans vingt ans. ( Les murmures augmentent. ) Les dépenfe$ 
normes de fa guesre. . . . ( L'extrémité gauche fe loulèvedc éclate 
en murmures.) 

Vuraifur coctinme. Députés de la montagne » fondez les bafea 
de la profpérité publique , ne terminez pas votre carrière avec igno* 
sainte. ( Nouveaux murmures. ) 

&« autr€ mankn de la ddfutaticn. Je déclare que notre religion 
a été furprife; ce n'A pas li !a pétition qu'on noua avoit lue, Ic 
i laquelle nous avions donné notre adhénon. / 

On demende que l'orateur foit mis en état d'arreftat;on« — Plu* 
ieurs membres propofent de le chaffer de la barre. 

Vorafêir continua, (.es fans^ulottes opprimés des départenens 
Tont venir \ nous leur montrerons ces piques qui ont renverfd 
b ligue , ces piques qui ont détruK le tycin » 8c nous leur mon- 

Kerons lé c6té qui voulut fauver le ty^an , de celui qui prononça 
i mort. 

L9S pétitionnaires» qui défavouent la pétition, font admis k la 
liéance : l*brateur y refte feul , retenu par les vété.ans de la 
garde. 

Thtiriot» Il eft de mon devoir de m'élever contre le lanoage fac* 
tteux de l'orateur ptéfent à la l>arre , de ce prêtre facrilége qui 
se s'occupe oue de faire affafliner en détail tous les citoyens dt 
cette ville \ oe cet homme qni a froidement cembiné toutes let 
capreffions de fa pétition » de <|ui a médité jufqu'à quel période la 
crime pouvoit fe porter. Oui » ie le déclare , fi Cebourg avoit eu 
de Tor à verfer pour l'exécution de fes complou , il ne poovoit 
aaîeux choifir fon homme ; U c'eft un prêtre» un miniftre des aur 
tels qui pouffe le crime à ce degré. 

Cet homme eft indigne des honneurs de la féance, il a désho* 
Boré Parts » il a manqué i U dépatation qui l'accompagnoit. Il 
vous a parlé » citoyens , de l'ariftocratie aobtlière de nnancière % 
mis il ne vous â pas parlé de la plus odteufe de toutes , l'arif« 
tocratie facerdotale. Je demande que le oréfident ordonne à cet , 
iMmme de fe retirer â la barre » & que le comité de sûreté gd« 
adrale foit chargé de prendre des renfetgnemena fur fa coap 

Jedemande enfin qu'on charge les coaûtés d'agricultuae 8c da 
cammerce de s'occuper des oM&es qui peuvent aminuer inftnfi* 
blement le prix des denrées. 

Bovràmn ( du Loiret. ) J'annonce à la convention que la fec« 
lien des GravilUers » qni a toujours bien mérité dtf la pétrie , pro« 
tefte formellement contre les principes deftruâeurs de la liberté^ 
eniont diâé la pétition »8c arafaitti la seofeaûen l'hallage d^ 



# ( 4sJ ) 

£^n Tttptù , & ide fa foumiflion à ia loi. ( On «pplautUt. ) 

Lcgtndre» Je fais la même déclaration , au nom ou club des cor« 
deliers , & je demande que rorateur fanatique iott chaiié de U 
brrre , (k 'qu'on palle à l'ordre du jour. 

CharlUr, Je demande qu'il foit rois en état d'arredation. 

La convention décrète que l'orateur fe retirera de fa barre. 

Des députés de divcrfcs communes du département de TEure , 
proteftent contre les arrêtés pris par leurs aaminiftratcurs. 

LùuUe, Vous voyct que la lumière commence à fe répandre 
dans ce 'département, vous devez porter un coup vigoureux ; je 
demande que ù, dans quatre jours» les adminiilrateurs de l'Eure 
ne font pas fournie à la loi , ils foient par le fait décrétés d'accu- 
sation. 

La propofitîon eft décrétée. 

Une adrelle de la ville d'Orange prqtefte contre tous les aôe» 
émanés de la ville de Marfeille , & jure tidélité à l'unité de la ré- 
publique. La convention décrète la mention honorable. 

La convention accorde un fecours provifoire de cinq cents liv. 
4 un officier du quatorzième régiment, qui a perdu une jambe à 
la bataille de Jemmappe. 9 

Brouét, Des hommes qui nous ont fouvent juré qu'ils mourrolcnt 
à leur pofte , viennent de prouver quelle tui l'on doit ajouter à 
leurs fermens. Vcrgniaud a tenté de corrompre fon cendarme en ' 
lui off; ant cent cinquante livres. Ce gendarme a refufé toutes les 
ofires deVeniniaud } celui-ci n'a pas défefpéré ; ce foir il a enivré 
fes garies , £^ profité du moment où ils avoient perdu la raifoa . 
li«ur' s'échapper, le demande que ceux qui n'ont pas encore viole 
la loi foient enfermés à l'abbaye. ( On applaudit. } 

RobcfpUrre. 11 me femble que nous nous occupons beaucoup 
trop de ces individus. Je fais bien qu'ils veudroient que* la repu- ^ 
Mique ne pensât ou'à eux feuls; mais la république ne s'occupe 
que de la liberté, r aites des loix populaires , polez les bafes de 
rinftruAion , régénérez Tefprit public , éourez les mœurs , ù vous 
Be Toulez pas perpétuer la crife de la révolution. 

On voudroit vous occuper d'un procès pendant au tribunal de 
la nation, tandis que vous êtes occupés à ralfembler les faits (ar 
les véritables caufes de nos maux , fur le long fyftème de calom- 
nie inventé pour difcréditer la révolution aux yeux de la France 
le de r£urope« Telle eft la tache que s'eft tmpoCée le rapporteur. 
£lle eft grande fans doute , car il doit préfenter le tableau d'une * 
Tifie confpîration. On veut hâter le rapport, afin qu'on ne puiUe 
■^tkouvrir tous les ûls de la confpiration. Que la convention fe 
rappelle qu'elle doit lutter contre tous les ennemis de la liberté 
pour les anéantir. 5e.^raande le rapport du décret qui ordonne 
que demain on fera un rapport fur les détenus, & que la con- 
Ttntion s'occupe des grands intérêts de la nation. 

Levaffeur, Je vais appuyer la propofition de Robefpierre par un 
fait, Cnarrier , le chef ces confpirateufs de la Lozère , a déclaré 
que fi la convention «puloit lui accorder fa grâce , il découvrirott 
une grande confpiratioR. Le comité de falut public, qui a étéinf- 
tniit de ce fait , a ordonné de conduire Charrier à Paris. Main«- 
tenant je fais un rapprochement qui eft un peu fort* Ces melHeurs 
ont appris l'ariv^e de Charrier à Paris, c'eft ce qui les a déter*' 
minés à s'évader i ils craignent ce qui va fe dévoiler. ( On ap* 
plaudtt. ) 

TaUUn, Oa A!eft occupé trop foiiTeiit des coarpirateuis » mais U 



T <fî9 ) 

faut empêcher qn'îîs iv'allîent dam la V^néét zU^r H» f Aciîé* > 
ou dans le? dcpartemens y fecouer les torches de la guerre civile» 
Je demande que vous décrétiez que tous ceux qui le font fouCT 
tru:s au d<;crct d'arreftation fqtent mis hors de la loi , & qul^ 
foit permis i tons Français de courir fus. 

Guyomard, Si on ne ne peut pas faire un rapport fur ceux qui 
(e font évadas , qu'on le faite du inoius lur ceux^ qui font 
rcftds. 

SAÎnt' André, Le comité de (alut puhUc s'eft occupé du rapport 
qti|on fol licite. H a nommé un rapporteur qui travaille jour 8C 
nuit, afin de préfenter un rapport oigne de vous fie de la nation^ 
C'eft ici un grand procès. J'appuie les proportions de Robef* 
pierre. 

Bou£ion. On m'a aCTuré que le travail du rapporteur Saint-Juft 
étoitprét. Je demande Tordre du iour fur le rapport du décret der 
mandé par* Robefpicrre. 

La convention ne pafTe pas à l'ordre du jour , rapporte le dé* 
cret , fie adopte les autres propofittons de Kobefpicrre. ; 

Séance du macr^di 26 juin. GoiTuin préfente à la convention les 
adreiTes d'adhéiîon de plufieurs communes de la république. 

Les citoyens d'Orléans enyoient une nouvelle adcefle d'ad« 
héfien. 

La convention décrète la mention honorable. 

Des députés extaaordinaires du département de F Yonne fe pré- 
fentent à la convention. 

/près avoir adhéré à tous les décrets rendus depuis le ^rmai, 
& félicité la convention d'avoir achevé la conftitution , ils annon- 
cent que la gelée a ravagé leur territoire , fie a dévoré les ]trois 
quarts de la récolte : ils réclament un feceurs de 600,000 livres 
pour foulager les malheureux habitaos de l'Yonne , fie affurer 
le\ir ûibfîAance. 

La convention charge le comité des finances de faire un pronpt 
rapport fur cette pétition. 

Le procureur de la commune d'Yvetot , exprime l'adhéfion de fes 
concitoyens aux événemens du 31 mai ficijum. 

Barrcre, Demain votre comité vous fera fon rapport relatif à la 
convocation des aflemblées primaires ; il vous préfentera toutes 
les vues qu'il croit propres à rapprocher les intérêts fie les ef£rits> 
fie à les difpofer à recevoir la conftitution. 

Auio«ird'hui je viens vous préfenter feulement une mefure k 
prendre contre un général qui a imité les Lafayette fie Us Du» 
moitritr. 

Le confeil exécutif fie le. jnîniftre de la juflice «voient eBvoy4 
au général Wîmpfen le décret qui lui ordonnoit de pourvoir à kfr 
liberté des commiiTaues» Voici ù réponfe mile ai) bas de la lettcii 
que rapporta un- courrier^ 

M Reçu les dépèches du-ninifir^ de là juftice concernant les évé* 
nenrens de Caen , qui font plus forts que les miaiftres. n 

Dei>BÎi lé coAiité avoit pris un. moyen qu'il croyoit Propre à en* 

. ^ -ygdoi 



lever le. ç^né al Wimpfen.mi département du Calvados; il avoi| 

na 

^ 



fait décréter qu'il feroit appelle pour donner d4[s renfeignencna 
far l'état de l'armée des cotes de Cherbourg. Le miniûra de 



guerre envoya ce décret. Voici la réponfe» 



{66o) 

tiSihWlmpjhti gùUral m tkif^ tu miniflré de ia guem. Câtn , /r 
22 juin, 

^ Il cft très-aifë «le faire un nouveau théâtre de U pierre , plus 
aifé encore de maintenir la paix. Que le comité de falut public 
ftfle rapporter les décrets rendus contre les tdmininrateu^s , £6 
ceux (|m ont été la caufe du mouvement* Voyez le Cal\ados fort 
iie trois autres départcmens & de toute la ci-devant Bretagne , 
dont le quartier^énéral Te forme à Caen : voyez le peuple eu fer- 
mentation I 8c Lefage ufant de tous les moyens pour le calmer , 
CcreconAnoiAfez dans les départemeni ce que vous avez vu tant 
de fois dans Paris. Si le comité de falut public H la convention 

Serfiftent à voir à rebours , il en réfultera de grands malheurs. On 
emande que je vitnne à Fcris pour doniter des rcnfcigncmens ; le 
général ne pourroit le faire qu'accompagné de foixante mille hom- 
nés ; l'exigez-vous de lui ? 

Dans la lettre étoit un billet fans fignature. Nous avons cru re« 
connoîue de l'identité entre récriture du billet & la Signature de la 
lettre. 

M Pour dieu, révoquez les décrets, envoyez ici un homme qui 
ne fait pas abhorré. Reftez tranquille & laiiicz moi faire. >• 

Le comité avoir reçu cette lettre il y a Jeux fours , mais il at- 
tendoit des nouvelles des commilfaires Prieur .( de la Marne» ) Ôt 
Lccointre . qui étoient à portée de voir de pfus près les moiive- 
mens du Calvados 8c la conduite de Wiirpfen. Le rélultat de îciir 
correfpondance eft un arrêté qvifufpend télix Wimpf^n, & défend 
à toutes autorités civiles 8c militaires , de le reconnoitre 8c d'obéir 
à fes reqnifitions. 

Votre comité de falut public a coniîdéré la fituation de vos com« 
miflaires, il n*a pas oublié que , femblable à Lafayette qui avoit 
tetenu à Sedan des députés de l'aflcmbléc légiilative , Wimpfcn 
avoit mis en a.rreftation dans le château de Caen , Prieur ( de la 
C8te-d'Or, ) 8c Lecointre; mais il a penfe à Tintérèt plusprcflant 
encore de la république, qui exige la plus grai.dc foumi^fion de la 
part de f autorité militaire au pouvoir civil ; il a vu qie dans un 
pays où il y a onze armées en aéltvité , fi tous les généraux ne 
plioient point devant la loi , il n'y auroit eu'une longue fuite de 
siouvemens anarchiques. 11 n'a donc pas Mfité à vous propofer 
Je décret fuivant : 

La convention , après avoir entendu le rapport de fon comîtd 
de falut public , décrète qu'il y a lieu i accufarion contre Félix 
Wtmpfen ;- qu'il eft deftituc du commandement en chef de l'armé» 
de Cnerbourg; fait défenfe à tout«s les autorités de reconnoitre 
les ordres , ou d'obéir à fes requifitions. 

Ltrmffèur, tl n'y a aucune reflemblance entre la pofition de Du« 
Aoutîer 8c celle de Wîmpfen. L'un étoit fur les frontières , 8cpou<« 
▼oit vous échapper \ l'autre eft dans l'intérieur de la république , 
environné de bons citoyens qui , rerenus ' de leur égarement , le 
livreront bientôt au glaive de la loi. 

■ Gùuthon, Jobferve que Wimpfen a ceffé d'être e^éral des troU'» 
pes républicaines , pour commander celles de MM. Buzor , Barba* 
roux, Gorfas 8c Larivière. Jnçez quelles étoicnt les intentions de 
ecs Hommes qui ne parloient ici que de vertus f Qu'on juge fi le 
vontagne n'avoit pas raifbn dt les appeller coofptrateqrs , £riPa<^ 
XÎs avQÎt eu tort de les accufer ! 

La çoovcQition fcrmf U difcuffigo % 8c adapte le f reitt préCento 



'{àt) 



Mr Barrère : eHe renvoie au comité éf falut fiiblic celles éé 
Durci. 

^ Tallien îc Lecnrpentier ajoutent divers £atts auxquels paroîffest 
liëe toute cette întriaue. Le renvoi du tout devant le comité et 
furctd génjfrale eft décrété. 

Barrire» Votre comiré vous préfcnteMt , dans deux jours, Tëtat 
de la république depuis le 31 mai. Vous y reconnoitrex avec vé- 
rité Velprit des adminiftr:tteurs & des adminjftrés. 

Guyomard, Le meilleur moyen d'éviter la guerre civile» c*eft dç 
fixsr le jour où l'on entendra le rapport contre les membre* rois 
en état d'arreftation. ^ , 

Saint- André. J*ai déjà annoncé que te comité s*en ôccupoît. le d«f 
n^aade Tordre du jour. 

^ Guyomard, J'ai acquitté ce qu'exîgeoît ma confcience : on n'ansa 
rien à me reprocher. 

Couthon, Je ne conçois pas comment on peut demander qu« 
vous vous hi'icz de rendre à des fonflions publiques, des hommes 
qui ufent du refle de liberté que vous leur av^z Iniifé, que pouf 
s'échapper & sUer fouiller dans les départemens le feu de la guenc 
civile. 

Au refle , je le répète , le comité travaille fans relâche au rap- 
port qiù doit vo\is mettre en état de pronoi cer ; mais il eft o^ 
renfeignemens <^u'il ne/peut trouver que hors de fon fein , ce qui 
entraine néceffairement des longueurs. 

La convention paffc à l'ordre dii jour. 

La convention entend un rapport fur l'inftruélion publique; eMé 
en ordonne rimpreiHon, 6c ajourne la difcunTion fut cet objet à 
lundi. 

Le rapporteur du comité des fccours publics , préfente un pro* 
jet d'organifatlon dans cette partie. La difcuflion eft ajournée à 
demain. 

Des membres du ccmîté de falut public du département de Parîf 
font admis à la barre. 

I!s demandent q.te les députés qui fe font fouftraits par la fuite 
aux Itcns du décret d'arreftation , foicnt déclarés hors de la loi* 
11» réclament en outre des loix contre les accapareurs , & la taxa* 
tion de toutes les denrées de première néceflité. 

IXr.^ct aj, nt.m du comité de falut puhlic. Une grande confpîra-* 
tîon étoit ourdie contre la liberté publique , vous avez frappé les 
corfpir<-«teurs. Vou^ au iei trop de coupables à punir fi vous «ni« 
p'.o)ei des moyens de rigueur; vous devez éclairer (k non frap« 
pcr. Votre comité de falut public vous foumet le projet fuivanf 
d'adrefTe aux Français. 

Lindet , à la fuite du projet d'àdrefte aux Français, înftrufUv« 
des événcmcrs des jt mai 1*'. 6c 1 juin , préfente un projet de dé* 
cret dont voici les difpofitions : 

Les adminiftf-ateurs , ma^iftrats du peuple & fon^îonnaîrcs publics 
qui ont ficiné des arrêtés tendafls à armer I'îs citoyens contre unft 
partie de la république , qui ont intercepté la correfpondance da 

Î|ouvernement , ou ceflfé d'en entretenir avec lui » font tenus dé 
e rétrafler dans les vingt - quatre heures de la réception du 
Îtréfent décret , 8c de notiner leur rétractation au comité de fa- 
ut public , fous peine d'être déclarés traîtres à la patrie. — Les 
citoyens raffembiés en armes fe fépateront au moment de la récep* 
lion du dé^r.'t. Ceux qui ne fe répareront pas , font déclarés tru« 
très à la pauitf* «^ JLk convention fe réferve de poHrfoivrc lé^ 



(66%) 

autenn, fauteurs , înftîg.tcurf & adh<frens Cet moiiyeinons ^n ont 
eu lieu CD exécution d'arrêtés de p'iftcurs adminiftrations de la . 
république. La convention appelle le zèle Ôc le courcge des Fran- 
çais au maintien de la répuUiqne une & indivifible, 

La convention adopte Tadreiie & le projet de décret , ordcoinc 
renyoi de Tadrelle à tous les ddpartemens , aux munkipaiicés fic 
aux années. 

Séance du jeudi zj juin ^7. TnUItfer, Citoyens , deshatcapx char- 
gés de favon, arrivés hier a Paris, font maintenant liviés au pil- ' 
feg[c. U n'tft pas douteux que ce ne fok une manœuvre des mal- 
Teillans. Je demande que !c minîftre de l'intérieur ioit chargé de 
prendre toutes les mcATres néceilaires pour arrêter la violation des 
>»)priétés. 

Couthon. Hier , on avoît répandu le bruit que des bateaux char>> 
g^ de favon , venus de Rouen , retournoient dans cette ville ; ce 
«fui a paru fort extraordinaire. Des n»alveill.ins ont perfuadé au 
pei'ple que c'étoit une fnite du fyftéme employé pour affamer Paris. 
J'appuie les mefures prcpofées pal Taillefer.PUignons les inftrumens 
fe CCS diîronlreî, mais rechcrchons-en & pui.iuo; s-en les auteurs^ 
je demande donc un rapport du comité de falut public à cet 
«.\';ard. 

Levajpur, Ccft une manœuvre pour empêcher ^'accepter la 
c^nfiitittion. 

Guyomard. Pendant que nous délibérons , on pilîe : le défordre 
ai^gmer.te , il fau.t prendre des nicfuies , & y envoyer la fore* 
ari'iôe. 

Thuriot. Le déCcrdre a deux caufes princiijsles » le prix exor- 
b'ta:il des denrées , & la malveillance ne l'ariftocratic ; elle a ici 
d < ûgens nombreux» tels que dos hommes revenus de la Vendée , 
€\v.i ne cherchent qifà exciter du mouvement ; tels que les étran*- 
gcrs , qi:i fourmillent dans les hôteîs garnis, qui crient contre la 
révolution du 31 mai : Ton but e(l d'empêcher l'acceptation de la 
conftitution, 

H faut que la convention charge les corps adminidratifs de fixer 
Je mawlmum au prix des denrée': -, e»x fculs connoilient les rapport» 
commerciaux , «. peuvent le faire avec avantngc. 

La conventi mi récrète que le minidre de l'intérieur prendra de» 
mefures poiir f.;ire rcfpecter les propriétés. 

Les mefures de Couthon 6c de lliuriot font envoyées au comité 
c> falut public. 

Dtnt^it. Une loi défend îa vente de l'argent : ch bien î elle n'cft 
pas re(ped}ée. Hier foir, à la rue Vivienne , j'ai vu des particu- 
*}iers acncter jufqu'à cent Pivres en aflijnats un louis d'or. Je de— 
friande que le minidre de l'intérieur loxt teuu de rendre compte 
de Pcxccution Aw décret. 

Le f . . . Ceft la réunion des agioteurs à la bourfe qui caufe 
cette hauiTc extraordinaire. Depuis que nous n'avons plus de re- 
lations commerciales avec l'étranger , la bourfe cft inutile. Je de- 
mande qvi'clle foit fermée. 

Thurijt, l'cut-ctre y auroit-il quelqu*înconvénient h, fermer défi- 
nîtivemcnt In bourfe ; mais je demande qu'elle le foit provi;"oire- 
mont , & qu'on charge le comité de commerce io faire un rapport 
» cet és;ard. 

La propofitîon do Thuriot e(l décrétée. 

Uncdépuiation des blanchiffci.fes de Parlî préTen^e une pétition 
contre la cherté des denrées néccri'iiiics à leur pruîcùiori. Llle tft 
renvoyée au comité de commerce. 



Lfgenire, r*Liiii fait à annoncer à U convention qui l'éclaîrera. 
.iiir les rjsnœiWres des ariftocratcs. Hier, Hérault a reçu d'Amiens 
Bne lettre , où on )ui annonce qu'on fa voit que le 25 il y auroit 

S 'liage de quelques bateaux fur la ^eine à Paris. Je demande que 
érault vous explique ce fait quand il fera dars la convention. " 

LùuUt, J'annonce à la convention nationale que cinq aciminillra-- 
tciirs du département de l'hure fe fjj.t réiTàÙéi , 5c fe préiente- 
rorit ce foir à la barre. ( On applaudit. J ^ 

Ràui. Je demande la deftitution 9c In tcfidu^ion à la barrp d\^ 
procureur-g^néral-fyf.dic du département^ de ia< Metirthe & des 
adrriniftratcurs. Je m'appuie fur les manœuvres tentées par ces 
individus pour t'Jdéraliler les départcmens de la Meufe et da 
Rhin. 

Malhrmi, J'appuie la proportion ; )e crois que ces admîniAra* 
tears i/ont cédé qu'aux infinuations de Salles. En adhérant a la. 
propiîfion de Rhul , je defire qu'on déclare que les adminiftra- 
teurs de ta Meufe ont bien mérité de la patrie, en réûftànt aux* 
perfides iiifinuations de ceux de la Meunhe, 

Ces deux propoAiions font décrétées. 

Lepréfidtnt, Le miniftrc de l'intérieur vient , en vertu de votre 
^cret, rendre compte de la fituation de Paris. 

Garât, Citoyen préfident , au moment où )e prends la parok, 
j*ai lieu de croire que- U iituatlon de Paris cft moins alarmante 
qu on ne le croit. Les rapports que je viens de recevoir daus le 
moment me difent que les mouvemens du peuple font calmes , que 
la force armée cft déployée par-tout où l'on a pu voir des dan- 
gers & des alarmes. 

Voici la réponfe que ro'a fait ce matin le maire à la lettre que 
je lui écrivis Lier , au moment où j'appris que deux baieaux étoienc 
pillés. 

u Je fl'aî pu répondre cette nuit à votre lettre : vous en favet 
la raifon. Depuis que la conllitution approche de fa fin , nous avons 
conçu quelqu efpérance. Je me fuis apperçu que des hommes qui 
avoient celle <le parler, renouvetoient leurs motions incendiaires; 
on m'a xendu compte famedi , ou'on avoit parlé de piller les épi- 
cfcrs; les ordres ont été donnes en conféquencc. Mardi, on me 
dit qu'on piHoit des bateaux de favon au port dit la Grenouillièrc, 
Yy envoyai un adminiflrateur de police; mais à fon arrivée, il 
àvoit été partagé aux femmes , qui étoient convenues de le payer 
vingt-fols. Hier on parla d'un raffomblemcnt au faubourg Mjnt- 
nartre mais cette crainte étoit fans fondement. On recoînmence , 
dît-on, à la Grenouillière , & au port Saint-Bernard ; j'ai requis 
le commandant d'y porter des forces *, je m'y rends à l'inftant. «< 

Vous voyez , citoyen préfident , que le maire obfcrvo que c'eft 
depuis racnèvement de la conftitution que les agitateurs , les plus 
cruels ennemis du peuple, déploient de nouveaux moyens pour le 
porter à des excès. 

Ceft la tranquillité dans les erandes villes qui achèvera de dé- 
fefpérer nos ennemis. Mais je Te dis , fi les établiilemens de la 
république pouvoient être ouverts au pillage des agitateurs du 
peuple , la rrance fe perdroit peut-être dans les plus vielectes 
convulfions. 

Jeanbon Saint-André, Le rapport du miniftre de l'intérieur prouva 
d'une manière «claire, que l'agitation qui fe manifeiile , vient de 
l'iflCMtitA où Ton eft d« fie p«i(it avoir de conllitution* 



{U4} 

Il faut vifirulr« .les dépattemens , afin fu'oB xifégaré pas louf 
. opinion fur les tnouvemens qui viennent o'avoir lieu daos Pa'ris ^ 
Il faut leur dire qu'un petit nombre d'hommes ont été égarée , &. 
«ne bientôt abjurant leur erreur, ils ont juré rôbéillance à-la loi. 
Jt demande donc rtmprdlion au bulletin du riipport du miniilre de, 
l'intérieur. Je demande en outre que les autorités confiitiiées soient 
^ nouveau chargées de maintenir Iç rclpcél <\ts proptétés , rcf-, 
p*â fans lequella fociété n'exi^le point, qu'elles remontent à la^ 
Iburce de. ces troubles, pour en trouver les auteuts & les faire 
COanôitre. 

Btntûhàlc^ Un' fait grave vous cft dénoncé par le rapport du* 
ttiniftre .de l'intérieur. On a cherché à faire (ortir de Paris les 
Cabfidàncés nécefiaires au peuple. Je demande que ceux <\m ont^ 
été aliei méchan^ pour faire^ uiie pareilie a£\ion foient regar-* 
'«iés comme* con^pfrateurSy'Ôc comme tels traduits ad tribunal révo- 
Intionnaire. ( On applaudit. 

Garât. S\ la convention vouloit entendre en ce moment un au- 
tre rapport ordonné par un de fes décrets, elle recpanoiiroit quels i 
fotos les adroiniftratcurs fe donnent pour tenir les fubfiftaAces daos 
la plus grande abondance pô(rib!e. 

Un décret m'ordonne de rendre compte de l'exécution de la foi, 
Ài 4 mai, fur Jes fubiiftances , Sç de i^ropofer mes vues à cet.é^rd. 
Quant à fon exécution, voici' les meiures qu'on a cru. les .}<ltis; 
pfopres à Taflurer. ** * ^ 

Un mûximum unique des grains ré^lé fur la trituré' la plus chct^ / 
^i n'empêche point le minimum, 

'Un maximum pt>ar les farines fixé fut celui des 'grSrios moins ua.<^. 
£xième. 

'L'exécution rigoureufe de là loi du 4 mai , fur-tout pour le'ré« 
Ctnfement. * * ..." » . • 

Voilà les trois mefures qufe vous renverrez fan» doute A TMra- 
»en d^'un de vos comités. 

La convention ordonne l'impreflîon du rapport relatif à U fitua- , 
tion de Paris ; *6c renvoie celui qui concernfc les fubhftanccsau co- * 
mité d'agriculture. ' ' ' 

Barrère. Je ne patle pas feulement 'à nne affembl^e de légifla- 
teurs , mais à une réunion dé politiques. L'Europç-. armée vous cn« 
toure , & la guerre civile exige encore au-dedans , que vous dé- . 
ployiez dés forces impofantes. Tahdis que lès défciiïeurs de la \ 
patrie verfent leur fang pour Tu dcfenfe , vous devez accroître les * 
' rëcompenfes que vous leur promettez à mefure que leur nombre 
augmente. Votre comité vous propofe de porter à fix cents mil-., 
liens la mafl'e des prop iétés territoriales que velis aflurez pour 
técompenfe aux défenleurs de la patrie. 

Xa propofition eft adoptée. 

Barrère fait décréter l'envoi de deux commi(ratrc$ , Berlier "Sc 
Cbénier, dans les dépar.cmans de Haute-Ularonnf , Lct&. Garonne y 
Hérault & autres circQnvoifins , à l'efict d'y éclairer les cfprits fur 
la véritable fitùatîon de la convention nationale & de la ville ^e ., 
Paris. 

RameUNogaret , au nom du «omité de falut public , propofe dé 
mettre à la drfpofitton du miniftrc de la guerre la fommc de cent- 
cinquante-tfois millions, dcdiuéeà l'approviiâonncmcnt désarmées»* 

lie pCD}etde décret ftéfenté par Ramel êft adopté. 

Cl 6 juilUt ijp^. Pku0HOMii8« 



4^'« ^6 1a Convention Nationaki. 

RÉVOLUTIONS 

DE P i R I S , 

DéOlÉES A LA MATIOK. 

AN SECOND D£ A RÉPUBLIQUE. 

SEIZIÈME TRIMESTA^ 
Avw gravarm «t ctrt » diw déjwrtemMii. 



Lu jçraiuls ne aoHS iMToiiltni fftnit 
f>c ptrce que nous rommc. a genoux. 
• •••... Leiron>- nou< ...... 




u 



ftU < kV %9 lUILLET 179)1 
Ce qu*U /ne; fairt du chafau it VtrfédlUs: 



N dfcrçt qui , dJj^ (!ate de loin , condamne les . 
m ..Ions roya'es , diâteaux , fiefs , 6tc. a être démolis . , 
£c ce dicret q/oh n'<iuroit pas dft attendre n*a pas eu 
fon pl?in & ent --r eff t. Dins les villes les Jp'us 
répubMcatnes de IVmpire » Pari* , V rlAiIles , Sdint-Ger« 
main, &c. on foufFre encore qje les maflTes co ofTa'es 
des palais de nos anc'en^ t/r^ns infultent au berce it 
de U libe té. fl nedevroit pas relier pierre fur pierre d« 
donjon de Vmcjnnes, n> du château oh mourut Louis 
ZUL , où n*qitt Louis XIV , encore moins d? ce p^las 
de» Tu lene^ fouHté^ ptr les dernière^ in:r g les d*une 
cour infime « & ti.on d^ la plus âhe & de '« « 
p^us crim'.ïcic rrahroi dont fe foit jimasavtfé un roi; 
Les rep''élent ans d'une nàtoa Ibre auro^ent dû cranJrt , 
4t compromettre leur d gaité ta y &égeant^ eux-mëmqs^ 
N\ A09. T^m léi A 



{666^ 

r<s pf etnîert ;i«fit fi peu à; la hauteur '4e la rfrolutîoii; 
quMs paroiflent fe complaire dans ce nouveau local de 
leurs iéances. Quantité de familles font fans propriétés » 
Tiâimes de tous les fiéaiix , 6c on laifie debout des palais 
immenfes fur remplacement defqueb le peuple (ans culotte^ 
f^ feioit confiruit des chaumières & pafieroit utilement 
la charrue. 

Le comité de falut public de la convefition , qui vient 
d*être renouvelle, avoit fi ipeu l'elprit républicain , qu'il 
propofoit de convertir le château de Verfailles en une 
école nationale, donnant pour railon du choix de cet empla- 
cement que les enfans de la patrie , élevés dans le palais 
de nos defjpotes, n*en coaferveroient que plus d'horieur 
poi^r le de4>otifme« 

Les habltans de Verfailles, qui ont (ait preuve d*une haine 
fi prononcée contre la tyrannie , âc a'un déûntéreffement 
fi rare &] fi foutenu , ne feront point de cet avis. Us n'ou- 
blieront jamais que c'eû du fond de ce château que fut 
émané l'ordre imblent de mettre à lia porte , & de jeter 
dans la rue la repréfentation nationale. Us fe rappelleroat 
long-temps le Ip^âacle des repréfentans du peuple , mao» 
diant un afile , & fe réfugiant dans un jeu de paume. 

Les citoyens de Veriailles préféreront d'irûruire leurs 
enfans, de les former aux mœurs républicaines , en leur 
faifart tracer des filions nourriciecs là oh un delpote im<- 
prudent fit conflruiie une demeure orgueilleufe qui coûta 
tant de fueurs à nos pères , & don- nous fommes encore 
aujourd'hui obligés de payer les frais. 

Sans différer » il faut rafer le château de Verfailles 
& les autres , il faut en laifFer le foin de la démolitioa 
aux lans culottes, (i( leur en abaiidonner les tnatériauz, 
toutes fois , en confervant les chefs-d'oeuvrfs de l'art , 
dont le iujct eil de nature à ne pas rappeller en aucunj 
manière le fafie & les crimes des'roisi On nous traitera 
de barbares ^ de Goths , de Vandales , détruifant fana 
pitié, fans regrets , tous ces marbres coupables, tout(ea 
ces toiles criminelles, fervant de monumens^au defpo- 
tifme & à ' la fuperûition. Un jour les étrangers 
( ont repréfenté de pecits calculateurs ) feroie^t venua 
de toutes les parties de l'Europe fie. du.monde pour admirer 
ces beaux tableaux , ces fuperbes ftatues , Sf. par leur 
cdbfommation , devenus tributaires de la nation , aur^ien^ 
fi dédommager les habitans de ' Veriailles de tous les 
acrifices qu'ils ont fi généreufen^ent faits à la révolutioii. 
Ofa auroit pu aufli vendre ces objets précieux à de riches 
amateurs qui nous auroient volontiers débarraftés de toutc$ 
fi$ fu|>çxjîult^ ftandakuTet^ pour des yeux lépul^Ucain^ 



r; 



(€67) 

Véti ! point ie ces confidérations mercantiles. Un peiT- 
pie fortement pénétré de la haine des rois > fortement 
épris de U liberté ne calcule pas. Comme Hercule daHH 
le palan du roi Augias , le peuple dans fa juile iniignar 
tion y brife avec fa maflue , tout ce qui peut lui retracç^r 
qu'il fut jadis efclave et qu'il fouffrit panilant trop long-tenia 
tm maître baffement encenfé par tous les talens prolUtués. 

En 1627 ce Tuperbe Verfdilles éro t un villaee oii iif- 
férens agriculteurs vivoîent p^ifiblement. Un Louis XIV 
par hifard ^ enchaflant, s'arrête un moment, une Fan* 
taifie de roi lui palVe par U tête. Qu'on chaiTe cetù 
canaille» ie veux qu'on me faflfe ici un château. digne dt 
iDoL — Mais , Sire , /emplacement eft ingrat , il faudra 
pour y loger honorablement la majefié , faire des dépcnfcji 
mcroyables, — « Je le yeux, obélflez^mon peuple paier^. 
ÏTefl-ce pas aux fujets à loger leur maître comme il li)i 
ptaît.... Et pour fe montrer, pour ainfi dite, le rival dif 
dien , il ajouta : ( not;z bien ceci ) de cette égiiTe , paroiib 
4e Saint Julien , vous en ferez mon grand commun. 

Le récit exaâ de Torigine du château de Verfaillet 
révolte, & Ton hélîteroit à faire juftice de ce grand fcandald 

B faut que le véritable fouverain, que le peuple fans 
culottes^ dife à fon tour qu'elle difpâroiffe de deaus la terre 
cette demeure faOue ife d'un faquin fi long-temps fervi 
par des fots rampans à fes pieds. Que ce palais de tpu» 
les crimes , que ces jardins voluptueux qui prêtèrent tant 
de fois leur ombrage complailant pour couvrir la turpvr. 
Cude d'une cour fans mœurs , .difparoiiTent enfin & redè^ 
^ennent ce qu'ils n'auroient jamais dû celter d^être :,de| 
cham^ a feront cultivés par des hommes égaux & libres ^ 
Tertueux & contens ! 

Deniers du fidiralifmt, 

N^trt union frU nom force. Telle eft la devîfe ^09 d&i 
lés premiers jours de la révolution , dés le commence* 
ment du règne de la confiitution monarchiaue , la.Francf 
entière , lés quarante- quatre mille municipalités avoient 
unanimement adoptée : dans un tems oh nous n'avions 
k déjouer aue les nobles & les prêtres du dedans , armel 
de leur feule intHgue, nous fentions la necefÊté de noQf 
ferrer les uns contre les autres , de ne fprmer qu'un faifceait* 
Aujot|rd'hui que toute VEuropé eft debout & m^^rcb^ 
centre nous , pour écrafer également les patriotes & cei^ 
qiii ne le font pas> pour 6ter à la France la force ^ 
la prépondérance dont elle a toujours joui parmi les 
autres nations ^ 8c |your lui< faire fubir le fort de la malji^)^ 
fieuTe Pologne ; aujourd'hui que les piètres* font aittOi 

A % 



(66t) 
ifuti potgnard flc d*une croix ; aujourd'hui €pê la 
Vendée a étendue autour d'eLe la girgiène dont elle eft 
ifi^eâé.* ; a.tiourd'hui que I or des paiiiances eu, le nœud 
é^ toi* tes les intrigues; comment fe t'ait-il donc q iC nous 
wyons pj oublier notre d^vile chérie ? G>tninenc fe fait« 
il que de grandes villes où 1 s p incipes devroieitt régner 
pljs que par-tout aIlleu^^ , fcmb!e.it vouU ir fe léparec 
-de la grande t^mille i S mines nous donc plus aveugus 
& molnspatriot-s que dvi ten p» d*un Lafayette 6l d'un roi i 
Avons nous oublté ce refpect^ cette obéilfance uns bornas 

Îue nous d.'vonsà la volonté fuprême de la naton entière? 
ivon^-nojs oublié nos iermen^ ? Nous avun« juré d*étre tous 
tfrères , de nous a mer, de nous confondre tous dans un 
inéme l'enttment 6c dans 'es liens d*une même loi.' Quç 
ibnt drnc devenus ces f<?rmens prononcés fpontanémenC 
4 Ja face des cieux? La république une & indivifible a 
^é proclamée dans I4 convention, le même cri a retenti 
«i>fiî tôt d'un bout de la Franc, à î'autre. Pourquoi êtes- 
TOUS donc fi d'ffércns de vous-mêmes /Français, quon 
▼eut rép.;rr^r du giron de la n.ère commune , ne voyezr 
vous p.is qu'on vous trompe âc fur les caufes 6i fur le» 
«fF^ts. On ch rche à en impo'er à votre bonne foi » en 
calomniant Paris , ci le repréfentant comme Tafile du 
crime , comme i'épouvantail des loix & de la vertu. Poor 
rén'>ndre à ces imputerons men^onjj^ères, il Suffit de rap- 
p 1 r les )otirn*?s du 31 mai & da 2 juin, cù trois cent ^ 
snihe hommes tous les armes n'ont fait verfer une fei^le 
goutte de fang. 

* Il y a plus : quand même les journées dont nous parr 
4ons ne fcroient pomt fi impofantes , quand m^me la 
confi'ttition feront très-tmpar faite , quanJ mêm? e^\i 
n*evi(leroit pas le plus grand malh/ur de la France 
feroit encore de fe décK^rer 6c d'opérer des fcillions ; 

3Uind il leroit vrai que la conv ncon au oit marché 
'un pas m'oins feme vers la 1 berté, .1 faudro t tououcs 
U ten r uns à elle 6c entre fo.. Ceft nof^e intérêt qji 
1i6us ordonne de nous foumerrre à la majorité , lors 
*.ême qu'elle eft dans l'errear. Mais beaucoup de gens . 
qui ré lu- cnt le mal en fy *ême ^ qui fophiftiqjent fur tout, 
i la faveur des calom-nes la icées déjà contre Paris , 
cherchent à prouver qu'il n'y auroit pour nous aucun 
ifctconvénient à nous féciéralUer , que même la république 
eft trop grande pour ne fiire qu'un feul tout. C'ell aiift 
•qu'on cr'^yo t nous démontrer jadis qu'un roi nous étoit 
Jiéceflaire; beau.oup de et y«.ns peu éclairés font du pf s 
«de ces prétendus raifonnemenb. On ne leur ta't apperce- 
ceyoir qu'ua c6té de la médaille qu'on embellit encore i 



•fctoarnOfis-lik »& Toyons vers iquel aMmc de oui» nous 

précipiteroit le fédéralifinei. 

^ On fe rappelle que feus randcn régime chaque pro- 
TÎAce avoit la coutume particuliire , toute différente de 
celle de fa votiîne , aue chaque prorince avoit une admi*. 
aiftrat on arec de» privilèges & un mode particulier dlm- 
pAts. Sir tout cela péfott également l>utorité royale « 
qui , avec une force toute puiiTante , comprimolt tous 
les reflorts de l'ime , les écra^oit fous le même joug. Car 
iln*y aToit , à proprement parler , de différence que dans 
la ferme. £h bien 1 malgré ce contrepoids terrible , les 

I provinces étotent rivales U enne.ntes les unes des autres , 
ejT efprit étoit var é comme leur coutume. I n'y avoit 
3ue quelques réglemens qui les diûineuoient , & cette 
ifférence fi mefquine fumfoit pour donner de l'orgueil 
aux un^, de la jaloufie aux autres. Sur les confins de 
ces provinces , ce qui dons le centre n*étoit » i^ p opre* 
m.'nt parler , qu'un effet de l'envie , devenoit une vérH 
Uble haine; il y avo't des villages ob il ne fe paflblt 
point ds dimanches fans qu'il n'y arrivât des querelles 
avec la paroiffe vo fine ; on «n vf^noitaux mains , quoique 
le port des armes fut défendu. Les pierres & les bâtort 
y fupp-éoie ^t ; l'arène étoit fouvent enfang'antée , & le roi» 
avec toute fa puiffance » n'en avoit oas iffes pour être '« 
modérateur entre ces divers partis, v paniflbit ces rixes 
& ne pouvoit détruire rinimiiié qui en étoit caufe. Ce 
font là des faits récens dont nous avons tous connoif« 
fance. lif^us favons tous que chaque province avoit foa 
{^briquet , qui étoit la fource de toutes les difputes jàc 
qu'un des grands avantages que l*on trouva dans une 
nouvelle divifion territoriale, dans i'établiiTemsnt des 
départemens , fut de confon !re enfemble des pays fou- 
rnis d'abord à diverfes généralités , de rompre cet efpr'f 
partiel , qui fédéralifoit la France feus un loi , 8c de 
détruire toutes les animéfités, toutes les haines de p.oé 
▼ince à province f de ville à ville , de village à vidage; 
la liberté, en croiflarit, en diftribuant partout des toix 
égales & uniformes , a fait du peuple Français un peuple 
de frères , & a effacé des lignes de démarcation qui (ubfif- 
teient depuis long temsw On a vu que la ligne dépar- 
tementale , n'étani que pour . marquer la ^urididion des 
bureaux de comptabilité , étoit bien plus légère « qu'elle 




. le nombre ^es départemens ne feroit point fixe , de forts 
^tt'à chaque craiate un peu fondée » le corps légiflaôf 



î«70 ) 
•tt ta natieii prartot confondre les déetrlenieiis Yvâk dant 
l'àitre. 

Le tédcralifte Ttùt donc rappeler parmi nous tous 
ces maux de l'ancien régime, èc bien plus fortement 
encore , car fi pour une exception , pour ane loi , pour 
une coutume de plus on de moins , dont Torigino avoit 
dépendu du caprice des feigneurs , les Français aboient été 
fi tiers , fi orgueilleux & en même-temps û haineux , vifs 
& léger» comme ils le font toujours , que feroit-ce s*ib 
(e Icdtralifotent , fi au lieu d*une fimple coutume , il 
•*agiioit d'une coi.fiitution créée par le peuple même dans 
chaaue républiaue fédéralifée , 6c fondée plus ou moins 
fur les droit» de l*homme 6l les grands principes de la 
liberté? Combien p'us mettioit*on d'importance à cet 
ouvraj^e? Graibien plus deviendroit-on mépr Tant à l'é- 
gard de toute conftttùtion qui ne feroit pas la fienne ; 
les jaloufies, les Querelle , les combats recomm:;nceroient. 
Le congrès formé de la réunion des députés de toutes ces 
petites républiques^ planeroit bien fur elles toutes, mais 
il n'auroit pas aflcx de force pour arrêter ces abu». Sem- 
blable au tribunal d^s Amphiâyons , il n'auroit qu'une 
onibre d'autorité fur toutes ces petites républiques qui 
fer oient l'ouveraines chacune ï part. Un Philippe fiégeroit 
en prorecèeûr ou en chef, c'eft-à dire , en maître de h 
confédération, ou ilfaùdroit unftathondér, c'eit-à-dire, 
un rot ; & voilà où Ion veut nous mener. 

L'exemple du fiathouder répond viâorieu^ement à cent 
qui s'imagmeroient que la liberté nous a métamorphofés 
réellement , et que nous m aurons plus à craindre les effets 
dt ces antiques & méprifables paffions ; qu'on fonge 
d'ailleurs que nous fommes loin d'avoir le flegme des 
Hol.indois, le calme des AngloAmér'caîos, regardons 
aucour de nous, & rougiffCns de nôus*mêmes. Nous ne 
nous divifon» point pour des lob , des coutume» , pour 
des conAitutions ; mais nous fommes iur le pomt de nous 
battre pour quelques individus. 

Mail ce» diverfesconditutionsyclles mêmes, ne fâuroîent 
fubfifler l<n. -temps. Les Français reflemblent aux Crées » 
la liberté développera leurs talens 6c leur énergie ; 
mais elle ne le» empêchera pas d'être légers & inioni* 
tans. Si comme les Grecs , ils font divifés en petites par- 
lies du peuple 6t de territoire , à chaque inOant ils chan- 
-geront leurs toi» au gré des intrîgkns. Qu'on ne s*]r trompe 
pas y ce font les intngans qui vondroient parmi nous 
composer plufi;.urs états d'un feul. S'il y avoit dans la 
France vingt r/pub^ques , il y auroit bien plus belle 
chance, pour tous ^yu qui fpéculent fu; les places , & qu| 



(«70 

TCttlem $*'€iirichtr ixt bien de la nation. Il y auroir ^ng| 
affcmblées ligiflatives à la fois, qui toutes moins nombreufes ^ 
fans contredit , crue l'affemblie nationale aâuelie , ouYri'-; 
ffoient une carrière bien plus aifée aux fpiculations , iî 
Tagîotage & à la friponnerie. Il y a.irott vingt eaiffes 
nacionales « oii il feroit bien plus facile aux dépréda- 
teurs de plonger la main que dans une feule ; les rouagea 
éunt bien plus multipliés, le;$ meneurs pourroient placer à 
kttr gré leurs créatures , le peu|^Ie paieroit le furplus 
de ces places ; & sM fe plaint aujoud'hui du poids dea 
impôts, il crieroit bien plus fort lorfqu'tl lui faudroit entrete- 
nir Ytngt affemblées nationales, vingt pouvoirs exécutifs aveo 
tous leurs bureaux. Ces juiles fujets de plainte donne- 
voient lîeu partiellement aux ' intrigans qui ne fe trouve- 
roient pas au timon des affaires ,d'en acculer la confittutioa.* 
Legouvemement du lieu^ la mobilité Françaifefeconderoient 
leurs efforts concentrés dans un feul point , & Ton entent* 
droit dire chaque année que plufieurs républiques aurotent 
changé leur gouvernement. Cette verfalité fut Tappanage 
des républiques Grecques , auxquelles nous ne fauriona 
trop nous comparer , tant nous avons de rapport avec ces 
peuples ; & cp'on n'oppofe point l'exemple de Lacédé- 
mone , les Spartiates avoient forcé la nature pour y ren-. 
trer ; ils avoient , dans an temps où leur fociété étoit 
neuve encore, adopté des lois auxquelles nous ne pour- 
çons iamais nous ioumtttre ; ou u quelque république', 
fermée des débris de la nôtre , s*en con>poroit de fea- 
blables , elle feroit extrêmement dangereufe pour la liberté 
de fis co-alllées. 

En effet , nous avons dé]a vu qu'elle feroit llmpuif* 
lance du congrès général , & combien les diverfes repu- 
Uiques feroient portées à fe jaloufer. Très-voifines lea 
unes des autres , Se la nature n'ayant placé aucune bar- 
rière à Tabri defquelles on pôt fe mettre è la moindre 
iafulte vraie ou iupl>ofée, il feroit bien facile d'entrer 
chex ion voifin , & celle dont ta conAîtution feroit meil- 
lenre quje les autres, auroit un grand avantage &fim-; 
roit par les (ubjuguer, car l'ambition s*en méleroit bientôt: 
Des républiques rivales s'élèveroient & obligeroient enfin 
à fe ranger autour d'elles toutes celles qui n'auroient pas 
las mêmes avantages. Ce feroit tantôt Thèbes , tantôt 
Adiènes, tantôt Lacédémone qui domineroient. Certes, 
les puiffances étrangères^ aurotent plus beau jeu qn'aujour* 
dlitti à femer de toutes parts la ditifion ; tout feroit 
parfaitement organifé pour en recevoir les funeftes germes ; 
(buvent même les puiffances étrangères .'n'auroient paa 
befoiA df s'en mtler. Chez les républiques qiu auroiant 



<«7»J 

ïe grtfids fuccës à efpértr dans la guerre; les ambitienr 
rexciteroent pour en profiter, pour devenir les mai:. es 
de la république conquife. Une autre Sparte iroît éublir 
trente tyrans dans une nouvelle Athènes. N*e{i-ce pas 
déjà ce que l'on a intention de faire aujourd'hui. 

Mais pourquoi , dira-tK>n , toujours nous citer Aihèneii 
& la Grèce î N'avons-nous pas auprès de nous des répu- 
bliques iédérativ«s chez qui ces malheurs ne font point 
arrivés. Ces exemple» de notre temp$ en difent plus que 
ceux qu'on va chercher à deux mille ans d'ici » les Pro* 
vinces-Unîcs , la C>nfédération HeUétiaue^ les Etats- 
Unis fubûfient. Qui nous empêche de fubfifler de même t 

Nous avons dé)a dit : pourquoi aller chex les Grecs 
puifer ces comparai fons i Ce ne font point ta fimulta- 
Qéité des tems qu'il faut envisager , mais l'ic^êntité du 
climat , des caradères , des circonilance». Le rapport entre 
nous & les Grecs eu. irappant ; comme nous , ils avoicnt 

Îaflfé de la monarchie à la république» avec cette dit- 
brcnce que la Grèce étoit divifée en plufieurs royaumes , 
& que la France n'en formoit qu'un ; avec cette d ffé- 
f ence encore , que tous les pays i)^avoient pas fecoué le 
joug en même tems , ce qui fembloit les rendre plus 
propres au fédéralifme. Du refle le cl mat étoit presque 
entièrement femblable au nôtre ^ & le carauère du peuple 
étoit le même. 

Quant aux républiques fédératîves nos contemporaines , 
les circonftances de leur é^abliflement , leur pofition géo- 
paphique, & par conféqluent le caractère de leurs habi« 
uns , ne peuvent être comparés à nous. Ce fut Guillaume de . 
N. (Tau qui , après avoir conouis à la liberté les fept> 
provinces, leur donna la conlticution batave. Ces pro- 
vinces étoient dé)a (épatées fous les Espagnols mêmes; 
car les Efpagnols avoient bien été forcés de reconncitre 
les limites de la nature. Des bras de mer , des lacs , 
des canaux parugoient ces différens pays ,& dans les crues 
d'eau fubites, dans les gelées, ne leur permettoient pas 
d'avoir toujours entr'elles une communication prompte 
& facile. Un centre de gouvernement placé au •milieu 
de chacune , leur étoit fort utile , & comme il n'y avoit 

2ue fept provinces , le petit nombre de ces états confé- 
érés , & le caraâère froid des Hollandois, faifoient moins 
craindre l'infiabilité du gouvernement. Mais Guillaume j 

Îrofbnd polit'que , en feignant de travaùller pour le 
onheur des Provinces-Unies, étoit bien aile de travailler 
pour Ton propre compte & pour TagrandilTement de fa 
siaifon. Il prévoyoit ce que nous voyons aujourdliui: 
cpie le ilafhottder devieQd;9i^ u^ ^oi. Si la république 

B*avoU 



. . ( «73 ) 

B*aTo!t pas iti fédérative , fi fet forces ; sq Keo d*<M 
cUffées CQ Tept parties , s'éioiani iréunics en ua feui ro«t , ^ 
& n*avoit prélenté jamais qu'un feui corps & qu'an feuI 
inouuyeinent , jamais on n'eut été forcé pour <l#nner de 
l'unité au gouvernement , 4'açcorder tant de po«votts 
à un feui chef. 

Les chaînes de montagnes féparent la SvÀSe dWec f^s 
▼oifins , 6l forment en même-temps la (éparatîoii de chaqtte 
canton en particulier ; ces montagnes couverscs de nerge 
& de elace une grande partie de l'année, rendent alors 
très-difficile la communication d'un canton à l'autre. Cette 
pofition ainfi ifolée néceffitoit une forte d'ifolement dans 
radminlArction , & l'adminlAration tient de û pris aifx 
formes confticurionnelles , en ed tellement la dépendance 
& Tappui y qu'une adminiflratlpn particulière amène ou 
fuppofe une conûitutlon particulière ; c'eil ce qui eft ari'îf é 
aux treize cantons , ai cette fédération a preduic d'abord 
un très-mauvais e£Fet pour un d'entre eux qui a eu & 
qui a encore une efpèce de roi fous le nom d'évéqoc. Bài« 
n'a pu réfîder feui aux intrigues 6c aux efforts de celui 
qui étoit armée de la puifl.incc fpi rituelle , & quoiqu'il 
a<t appelle fou vent \'q& voifins à ton fw^cours , jamais il 
n'a pu en avoir d'alTez eiHcaces , ni pour Tempécher de 
réunir les deux puilTances , ni pour s'en débarrafler. Ils 
fo.it toujours fujjts parce que les autres cantons s'ima^ 
gihent être plus forts de la toibieffe des cantons. 

Un autre effet bien fenfible de cette fédération , celui-là 
fur - tout , les a cofiddérablement aiFotblis , c'eA qut 
quelque temps après leur réunion , ils fc font , pou# 
ainfi dire , divifés en deux partis. Des opinions reli^ 
gieufes »( &. tout autre opinion bien marquée aumt pu 
entraîner les mêmes^ fuites ) des o{Hnioas religî«ures ont 
relâché les nœuds de l'union helvétique. Depuis l*intre^ 
duâion e.i Suifle de la religion refortâée, on y voit pi»' 
fleurs dièt2s , au lieu d*une feule qui Vy senoit ^aupora^ 
vant. Ce n'efl plus cette même unanimité , ce inéme 
concours de fentiment pour le bien de la patrie t depuis 
qu'une partie des cantons èft reflée attachée au catholi^ 
cifme , tandis que l'autre a embraflc La réforme » Tamottr 
réciproque des SuiiFcs s*eft refroidi : chaque canton a cru 
devoir le détei miner tout entier pour un culte , 6t devott 
adopter celui qui lui convenoit le mieux. Cette adoption 
a été un coup fatal qui a« pour aind dire , déchiré le corps 
Helvétique , Ta fendu en deux parties. Les affaires tinpor* 
tantes ont été portées préférabUment aux dtèns de chaque 
religion ; celle des proteftaiis à Arranr , celles de» catho* 
iqjes à Lu cerne. La diète générale ne fe convoqua qu'une 

N^ 209. Tomt 16. B 



E 



(«74) 
feîs par an ; & chacune de cet àiht» . particulières • fe 
«affemblè toutes & tant de fois que chaque jparti le 
juge néceffaire. Quoique tous les cantons aient le même 
intcrét, cette habitude de fe féparer ainfi a produit nccef- . 
fairement un efprlt partxulier. Les puiflances étrangères 
ont bien fu en profiter , elles calculent d'avance quelle 
opinion doivent avoir fur tel objet les cantons cathoix* 
ques , & qoeile opinion doivent avoir les cantons pro« 
t^Aans; c'tA ainfi que la Suiffe a perdu la confidéraciori 
que fes mœurs 6c la fertilité • de ion pays fembloient lui 

Sarantir. Ceft ainfi que le» étrangers ie font immifccs 
ans fon gouvernement , & fi la nature ne l'avoir pas 
.entourée de barrières inexpugnables» & auffi multipliées 
que fes cantons, elle ne tarderoit pas à être réduite en 
iervitude. 

Si de la Suifle nous paiïons en Amérique y nous y 
verrons encore des motifs de tédéralifme qui n'exiftent 
, point en France. L'Amérique feptentrionale , pays nou- 
veau , a été peuplée par diverfes nations & par d.verfes 
feligons; un grand no«Tibre d'hommes y a été conduit, 
par la cupidité ^ un grand non.bre par le befoin de fe 
ouftra're aa delpot fme politique âcTeligieux. Cci colons 
ont fait des fociétés à part , fuivant la caufe qui les 
réumflbit. Ceu.v qui ctoient originaires d'une même nation , 
ceux qui étoent d'une même religion , fe recherchoienc 
naturellement 6l felotent autant de colonies ifolées, n'ayante 
fou vent d'autre lien entre elles que celui qui les attachoit 
au joug d'une métropole ambitieufe ; elles avoient donc 
un caractère particulier , & quoiqu'elles puflfent fort bien 
s'entendre pour porter un grand coup pour opérer une 
révolution générale, elles n'etoient point' a (Tez unies d'af- 
fert'.on pour ne plus former qu'une feule famille. PlufteurS 
générât ons , il eft vrai , s'étoient écoulées', depuis le 
débarquement des premiers colons jufqu'à l'infurreâion 
des Anglo Américains ; mais ces génération» s^étoient tranf- 
mis de proche en proche leur teinte primitive & leur 
caraÛère originel. Outre cela l'efpace occupé par les treize 
républiques depuis la mer iufqu'aux montagnes qui les 
bordent à l'oueft, efl feulement de foixante (ept lieues 
mannes , tandis que fur la côte elles en occupent un de 
plus de quatre cent lieues découpées par des golphes, 
des anfes & molon , dts avancements de terre , 6c même 
par des délerts. La communication intérieure dans un pays 
où la mer s'avance ainfi dans les terres, dépend donc 
beaucoup du caprice des vents. La nature lembloit exigef 
plufieurs centres» & les divers car ^â: tes des divers colons 
y conduifoient naturellement» 



(675) 

Xf temps feul nous apprendra quels manx peuyçDt ré-\ 
faUer pour les Ktnéricains , de cette confidération ^ mats fi 
Ton peut lire dam l'avenir , on peut en prévenir quelques^ 
uns. Indépendamment de la divifion du congrès ei| deux 
chambres, ce qui n*eû pas vtne conféquence du fédéra- 
lifme , on peut craindre que ce congrès n'opère des IcifBons 
dans les différi^ntes républiques , félon que les décrets feront 

Î>lus ou moins approuvé^ 6c fanâionnés dans les treize légif- 
atures , félon que les membres du fénat du de la chambre 
des repréfentans auro t plus ou moins d'amis dans les dif- 
férens état5. On peut craindre que le congrès , armé du. 
droit terrible de faire la paix ou la guerre , ne s'entende un 
jour avec les puiffances étrangères, pour aÂervir ou affo.blir 
la confédération. Tous les malheurs que nous avons dé- 
détail'és plus haut , en fuppofant la France fédéralifée, les, 
menacent fans ceflfe ; & fi Ton n'a pas encore vu dcf 
intrigans s'élever parmi eux pour accaparer les places & 1« 
pouvoir 9 c'eft qut dans les provinces inf urgentes il y 
«voit de l'aifance , mais peu de grandes richelles , & que 
par conféquent les moeurs n'étoient point cor ompues , que. 
l'amour du luxe , le defir de briller , n'y avoient point f^iîts 
éc grands progrès ; & c'çft là un avantage dont nous fem- 
mes bien éloignés. ' 

£n comp.trant la France à tous ces pays« î! eft impoiliblo* 
de ne pas vo'r que la France eÛ dans une tout autre fitua- 
tien. La France e(l un grand carré de terre qui ed^ pour^ 
aînfi dire , tout uni & de plein-pied. Les montagnes prefque. 
toutes baites & douces n'y forment point d'encadrement 
particulier. Les fleuves qui la traverfent ne peuvent être 
co.nfidérées comme des barr ères. Ils n'offrent pas i*d(Çtz 
grands obftacles à franchir. Nous l'avons déjà dit : de trois 
côtéb les bornes font poiées ÔC ne peuvent être méconnoif- 
fables. Ce font au midi , la mer ôt les Pyrénées ; à l'oueft , 
l'océan; à l'eft, les Alpes 6c le Rhin. S'il y avoit à héfiter 
quelque parc lur les (îgnfs de nos limites , ce feroit fans 
doute au nord , où il f^mbleroit que nous devrions encore ' 
nous avancer )ufqu'au Rhin \ mais cette indécifion, fi elle 
ex'^ioit, ne prouveroit rien en faveur du fédéralifme. 

pjffque nous parlons de front* ères , nous ne devons pas 
omettre une dimcuité qui s'étend à tous les états fédérés : 
parmi ces diverfes répub.iques qui compolent une confédé« 
ration , il en eu qui , en fe plaçant en avant de toutes les 
autres , en font comm? le rempart Se le founen , fi elle 
eft attaquée par les ennemis du dehors « paieront-eUes cha« 
cune en particulier « dirigeront- elles elles-mêmes les opé- 
nuionsde cctcc guerre , cela feront à-la-fois injuftc & dan- 
gereux; injttfte puifqu'elies ne doivcût pas lupporter feules 

B a 



des frais dont tontesles autres refTentent le» effets ; dange- 
reux , parce qv'il n*y a pomt d'adminiftration gcncrale de 
pouvoirs concentriques. Les répubiiqiies frontières pourront 
taire chacune des dépenfes inutiles des meCures contradic- 
toires. Si eHet ne paient pas feules , fi elles ne dirigent pas 
feules les opérations , il faut donc un pouvoir exécutif cen- 
tral qui adminiftrera , qui commandera dans toutes les ré- 
publiques : ce pouvoir les fera marcher à ion gré; on les 
verra toujou.s récalcitrantes. Les républiques leront donc • 
toujours entre le derpocifme & l'anarchie. 

La France, originairement, a été habitée par une foute 
de peuplades forties du nord & du midi. Mais infenfibte- 
rtient elles fc font bien fondues & amalgamées enfemble. 
Les petites rîxes , les petits combats de provinces à pro- 
vinces , de villages à villages , tenoient à de petites caufes, 
fouvent à de Amples détails d'admini(lrations. Dès que ces 
pierres de fcandales ont été levées, que la difperfion dépar- 
tementale a effacé- toutes ces anciennes limites , le peuple 
français n'a plus connu que la liberté. Pendant trois ans en- 
tiers on n*a vu chez lui aucune trace de jaloufîe : les germes 
de diifentions qu'on y a femées dernièrement ne tiennent 
point à d*anciennts caules ni à fon praâère. S'iU ont un peu 
éclatés , c'eft précifément parce qu'ils tenoient au fédéra- 
lifme. Ces derniers muis prouvent aflez que ce que n*ont 
pu opérer en France tous les maux inféparables d'une grande , 
révolution , le fcdéralifme Topéreroit fur-b-chiimp ; nous, 
voulons parler de la guerre civile ^ & de ranéantilTement 
total de la fociété. 

Il eft vrai que pour opérer cette confédération , pour 
donner à chaque province fédérée une conflitution parti- 
culière; on feroit peut-être bien embarraflJ , ce^ne feroit 
pas comme en SuiiFc, où l'union des cantons ne i'étant 
opérée que fucccflivement -, chacun d'eux en s'affrunchif- 
fant dans un fi'icle encore barbare , apportoit des 'idées 
plus ou moins épurées fur la liberté. Ce n'étolt pas comme 
en Amérique oii les dlverfes poflTelIlons Ang'oifes n'ayant 
pas de rapport entre elles , n'avoient pas toutes les mêmes 
opinions. Les efprits en France font en général à la même 
hauteur de principes. Le climat, les produâlons y font 
prefque les mêmes d'un bout à l'autre; quelle diverfité, 
cela produirolt-il dans leurs diverfes conAitutions , en lifant 
celle des Etats-Unis où nous voyons une foule dé chofes 
femblables, nous nous écrions, c'étoit bien la peine d'en 
iiiire treize pour dire fi fouvent la même chofe. Nous ne 
verrions dans les différentes conftitutions Françaifes que 
l'envie de fe divifcr , & de faire le même thème de plu- 
fieurs façons. 



(677) 

Now efpéTont, & c'eft là le plus cher , le plus ardent 
de nos vœux , que nos frcres des ilcpartemens confii'teront 
leurs coeurs & leurs in léi et* bien entendu*. Qu'ils defcco- 
dcnc en eux mêmes , & qiMs regardent autour cVeuac, iis 
n'avîfcront à d'autre féJérhlifine qu'à la tcdération du lo. 
août. Là , dans les plus douces étreintes , nous oublierons 
nos torts réciproques , & tournerons nos haines contre les 
chefs révolutionnaires de U Vendée, ôç ces phalanges noxn- 
breufes d'erdavcs foudoyés par les defpotes qui tiennent 
depuis fi long-temps bloqués Mayence , Condé, Valen- 
ctennes , &c. Ne prêtoas l'oreille qu à nos compatriotes 
aJBcgés, qui, du lein de ces villes en feu , nou.5 crient: 
Compagnons d'atmes , en fans de la même famille; ehl 
vcnex donc vite au fecours de vos frères aux abois. S?roit U 
poifible que tandis que rcnnemi foudroie les remparts de la 
frontière, brûle nos maifons , & voudroit nousafumcr,. 
ne pouvant nous réduire; fçroit-il poflible que nos conci- 
toyens, nos frères s'occupent de querelles départementales. i 
Ehl laUTez là ces petites rivalités; juge? vos traiircs , 6c 
venez chailer l'enp.emi d'autour de nous ! Eh quoi ! Uns 
nous , vous célébrerez la fête du lo aoûtl Nous ne pour- 
rions nous embraiïer dans un fi beau jour , &• nous écciir 
cnfcmble : Vive la liberté , vive la république «ne & iniii- 
vidble î 

CalamUés jmhUtjuts, 

Depuis que iuQice a été faite du dernier de nos defpot.^s , 
il femhle que la nation firançaife, contente & fièie d'avoir 
eu de l'éa.Tgie uae k>is , ait cru que c'en étoit afTez pour 
alTeoir 6t cimenter fur fes bafes la république nr-.ilT.irifç.' 
D;:puis cette époque clic s'eft montrée au-deffous d'elle- 
loeme & des circonHances, excepté aux frontières. Eronnés 
de notre propre ouvrage 8c de nos premiers fucccs , nous en 
fommes reitcs là; no» ennemis au contraire o.it cru «n 
nombre Se en forces ; 6c les voilà qui marchent à grands 
pas vers le bue qu*ils fe propofoient. Que vouloicnt^ ils? 
que veulent-ils? faire de notre révolution nationale la plus 
grande de toutes les calamités publiques. 

Ofons en effet fonder l'abime au bord duquel nous nous 
trouvons, & dont Ton voudroit nous diffimuler tours la 
P'ofondeur. Quel tableau affligeant offre en ce moment U 
france , en proie à prefque tous les fléaux ! Affurément U 
caut'e que nous foutenons depuis quatre années e(l belle & 
légitime ; elle aurott dû rallier les peuples autour de nous ; 
comment fe £ait-il qu'ils foient prefque tous contre f*ous! 
ce ne feroit rien encore pour de bons républicains , qui ne 
Comptent pas burs tonemis ^ favent ai«uf ir. D'«ûlieurs , 



(M) . 

crtte obfitnatîon de nos voifins ne peat qu*dtre paflagère. 
Avec le temps, ils ouvrironc les yeux fur la pervcrfité de 
leurs guides qui tes mènent lur nous , le fer ck U flamme ak 
la main. Avec le temps , nous parviendrons à nous faire 
entendre d*eux. 

Mais pour cela , il faudroit nous entendre nous-mêmes 
auparavant ; 6c c'ef^ ce que nous ne pouvons obtenir. Sur- 
tout depuis le commencement de cette année, le démon 
de la dtfcorde a foufflé Ton e!prit de vertige fur toute Féten* 
due de la république. Les jours de contufion, prédits par 
le journal des Révolutions di Paris , font arrivés. Départe- 
mens contre dcpartemens , frères contre frères , nous voilà 
tournant nos aimes fur nous-mêmes , au lieu de réunir nos 
efforts contre l'ennemi commun , s'enrichinant de nos 
pertes , & attendant fur la frontière & fur nos côtes, comme 
des corbeaux voraces , l'heure propice pour enlever nos 
dépouilles quand nous nous ferons vaincus de nos propres 
mains , en l'a préfence. 

Nous avons cru hâter le cours de la révolution , en impo- 
fant filence aux ariftocrates qui IVntravoient par de faux 
raifonnemens ou des fatyres indécentes. Il tn eft arrivé toute 
autre chofe. Cette mefure nous a fait beaucoup de mal ; 
tant il eft vrai qu'on s'expofe à bien des calamités ,'pour peu 
qu'on s*écarte des principes de la juftice Si de la raiion: 
Voyant leurs plumes brifces entre leurs mains , les ariûo'- 
crates fe font armés de poignards ; & ils ont «dit entr'eux : 
« Puifqu'oa nous refuie le feul dédommagement qui nous 
» f eiloit ; puifqu'on nous interdit Le droit de nous plaindre 
f> d'une révolution qui nous réduit à zéro ; eh bien ! cou- 
n pons auffi la parole à nos adverfaires. AiTaffinons les écfi- 
f> vains patriotes les plus courageux ; mettons fous le cou<* 
M teau les magiflrats les plus ardens ; faiiîflbns-nous de la 
yt perfonne des commifTaires repréfentans de la nation , Sc 
yy gardons-les en otages ; parcourons les départemens fous 
n le mafque du civifme ; nous donnerons le change au 
>»' peuple toujours crédule, toujours extrême. Il s'accou- 
» tume au fang » à la vue des exécutions journalières dont 
y> il eft le témoin avide^ Eh bien l préparez-le à une guerre 
9> civile dans toute fon horreur ; & jufqu'à ce que nous 
}f l'ayons amené à fe déchirer lui-même les entrailles , frap- 
» pons à mort ceux en qui il met le plus fa confiance ; im* 
» pofons leur filence à notre tour; & voyons s'ils braveront 
» tous le trépas pour défendre leurs principes. Le peuple 
f> voudra fans doute punir ce forfait , par des forfaits plus 
ff grands. Il cherchera autour de lui Tâuteur de tous ces 
» meurtres. Aveugle dans fes vengeances , il prononcera 
n des profcriptions fans nowbtc* Il portsra les yeux fur les 



*r^' X' 



t «79 ) 
» départemeos rebelles ou infurgés , & au lîeu de s*expU« 
>» qucr fraternellement , on voudra d*abord fe battre. Et 
» la république , CeinbUble à un bieifé qui perd tout foa 
^ fang , tombera épuiféc pour ne pJus fe relever. Frappons » 
if puilque ces loidiùnt républicains ne relp^rctent pas les 
y> droits de Thomme dans la pcrlonne de leurs ennemis ; 
i} puifquMs ne veulent de la liberté des opinions & de la 
>i preile que pour eux Ôc pour ceux qui les âattenc ; la réfif- 
y> tance à ToppreiRon^ nous autorife à nous défaire de nos 
ff opprefleurs , n*importe par quels moyens. »> 

Cies conjeâures infernales commencent à le réalifer. Déjà 
les papiers publics de chaque fediion de Tcmpire , dans k 
récit douloureux de la marche de nob bataillons les uns contre 
les autres , ne s*exprimeroient pus autrement s'ils parioient 
de nos combats avec les hordes étrangères. O^i y lit : Fic'» 
toirt rtmponét fur Us troupes du Calvados ... Prift d'Avignon. 

par Us MarftUlais Aianlfijic du congés dt Lyon , ^c... La 

France eft elle donc rede venue ce qu'elle étoit il y a plufieurs 
fiècles , quand , divifée en un^^ inttnité de petits fiefs , elle 
comptoit autant de nations 6l de gouverncm^ns que de 
bou/gades. Déjà des bataillons eniiers de citoyens fous les 
armes fe croit en t 6c parcourent les départemcns , fominanc 
les villes de tenir pour tel ou te| parti ^ faifant le fiége des 
unes & fédérulilant les autres. ' 

A ces d< (Tentions départementales fe joignent les vengeances 
perfonnelles , & Ton s'adrelTe de préférence aux écrivains 
énergiques. Après maintes & maint«^s provocations à laf- 
faflînat , jufques dans le fein de ia convention; cnân, on 
en tH venu à en commettre un des plus lâches fur un Icgif- 
lateur malade & dans fon bain. Le choix de cette prcnûcre 
viâiroe femblent préfagcr bien d'autres. Marat aiïurémeat 
n'étoit point un ag.nt iecret payé de Pitt 6c de Cobourg , . 
du moins après l'avoir fuivi dans les différentes places , 6c 
l'ayai.t bien connu avant la révolution , nous n'avons trouvé 
conAarament en lui qu'un homme né pour figurer dans une 
crife de la fociété^ non pas pourtant comme chef de fa£tion. 
Il avoit le cerveau trop ardent. Il étoit né avec le befoin de 
faire du bruit & d'être fans cefle en mouvement. Son imagi- 
nation écoit comme fon individu phyfique, toujours mobile, 
toujours agiflant, ombrageux comme un lièvre^ maïs entre- 
prenant & hardi ; Marat , tour-à-tour médecin , phyfîcien , 
phiiofophe & publiciile , ne vifa jamais 4 la fortune ; il ne 
rechercha pas même la gloire , il fe rendoit juftice ; cite 
n'été; t pas faite pour h i , mais il s'attacha à une réputation 
de fingutarité. Il aimoit mieux être remarqué que confidéré , 
3 avoit la manie de fe faire craindre. Le fentiment de l'indé^ 
p.*adan:e & quelquesgrands principes de politique étaient 



( 68o ) 

pTcfiwî dément empreints dans Ton ?ine. Li chaîne d'un tra- 
tement avanra^eux à la charge de dire ou d'écrire dans tel 
ou tel fens, l*eût blefTé dès le fécond» jour; fon air.our- 
propre en eût éié révolté. Il étoit vindicatif, haineux» 
n^atmant p:is à être contrarié , & n* lyant confiance en per- 
fonne. Il aurot pu mourir moins pauvre î»M avoit été ca- 
pable de tb; veiller mieux (es affaires donielliqnes. On lui 
a reproché de prêcher le meurtre; c'étoit ime manière de 
^oir qui t^noit à fa théorie révolutionnaire. Au refte, il 
cft peut être le feirl à cet égard qui ait eu le courage de dire 
tout ce qu'il pi-nfoit. 

On nt>u^ a allure qu'il éroit bon & humain. En un niot^ 
à Genève où il ell iiô ; à Londres où i l a long- rems fé- 
• journé ; à Pa is , où il vient de mourir; il falloir à cet 
homme une révolution quelconque pour le tirer de la fouîe. 
Il eût vécu ii»noré dans un état paiiiblc de chofes: mais Ton 
génie n'éîoit pas aiTez valle pour embralïer ou pour déjouer 
une grande conjuration. Voici u:i trait qui .-achèvera de le 
faire connoîtrc. l^ix ans avant 1789, Marat vifitoit une 
b'bliorhoque p.ibîiquc. Montrez- moi , dit-il au bibiiothé' 
caire , le rayon où Te trouvent les mémoires de l'académie 
ci< »:'ciences de Paris. 0.n lui Indique cette colleé^iôn lavant^: 
dans t. ois ans, il faudra brûier tous ces volumes paudreux , 
reprit Marat, en haulfant la tcre 6c trn pirouettant. Tous 
ces mémoires (ont infeitéi di lyf^ême de Newton. Mon 
livre (ur la lumière 6c le feu , reiivetfe tout cela , & fera 
r*'vo!^io.t dans les fciences. 

Qjoi quM en foiç , Marat doit ctre honoré comme un 
martyr de U liberté. Il a rendu des ferviccs importans 
à la révolution quand ce ne feroit que pour avoir accueilH 
toutes les dénonciations qui fe préfentoient (i) , ïondè 
fur ce principe , que. dans les premières années d\ine 
ïépubiique , on ne fauroit trop montrer de dih.mce fur 
les perfonnes qui jouent un rôle. Il aimbtc à dir'^cr des 
SROuvemens révolutionnaJres. O 1 pnit reprocher à Marat 
qui. a défendu les dro'ts ae l'homme , de n'avoir pas mis 
la même perfévérancc à faire refpeélir la liberté de la 
preffe ? Il rcconnoiffoit ce principe facré; mais on eut dit 
qu'd s'imaginoit que lui feul devoit jouir de cette fran- 
chi fe. 

Des 745 membres de la convention , Mirât feul a 
irontré le plus de caraé^ère , de ténacité , de fermeté 5c 
de courage ; aucun de Ces coiiègues ne peut le lui difputer, 

(1) Un député à la convention comparoit pl.îfam nent ta 
t^re de M'trat à une boire au& lettrwS qui rc^ot t^u^ les 



paquet» qu'on lui jettiî. 



Mais 



Maïs le tems rêÛifiei'a les jugemens divers dijk \izfirMi 
ftïT Mvat & "apportera de nouveics lumières. . , ,, „ * 

Reprenons le tableau des calamités dans lefquelles il a 
laiflé U France plongée j Tune des plus graiidrs eft Taris doute 
les attentats porté> à la liberté des o'p nions , de la p-effe* 
& à la perfonne des écrivains ^ sUç, En treuvcra-toà 
beaucoup ^ui voudront dire stout ce qu'ils fpv/>nt 4. 
publier toiit ce qu'ils penf nt , à prélent que le menfoigé 
i-un parti comme la vérité, à pré;:nt que Tattachenàens 
aux principes peut Icrvir de prétexta à U perrécùtioÀ , 
par ceia même que Içs vrais, pnnc^pes mènent à l'impar-/ 
tialtté & que feurs dévçlopp'mens pirôifleni iufpVas. 

D-^-là il arrive que l'écrivain impartial fe trouve ert^ 
bute a«<. menaces de l'un des partis; l'écrvnin fans caracv 
tère eA menacé par les partis ©ntre lefquels 41 n'a point' 

Î prononcé , âc enfin récrivai^i- qui a toujours été' 
on droit cheniin , fans regarder ni à (à droite » ifî à fa' 
fauche, eft également menacé. par ccjk qui à droite &! 
gauche l*ont appelle pour lé ranger fous leur e^feignc* 
Il s*eiifu>vra Tjti'on n'aura jamais la vérité , que les bbrts' 
prîactpes fe perdront, & que. bien t&t il n'y auroit pîuà 
d'efpfrit national , ni d'opinion puSliqdë ; '& t*eft-ià là 
puis eraelle dCiiros.câlamfté^^, cardèïlors, lô peuple nt' 
faifant pius un, fe laiffera entrainer ^u premier vent quif 
feuille & passera fuccéffivçment d'un extrême à l'autre. 

Le^ ifttr'iguans , qui infeâ:nt la révolution , auront' gain 
ëe caafe ; ils nommeront les généraux qu'il leur plaira; 
ils drèfTeroAt' les ' plans de C4mpagne ; ils fouffleroht 1« 
feu au fein desdépartemens; ils conlorameront, la. ruiner 
de 'nos finances ; il décourageront nos frères d'aVmès , en' 
les privant, fous divers prétextes, des chofes de première 
rtcceffité dans les camps. — Peuple, fi tu n*a plus de 
fentinelles , qui t'avertiffent de tes dangers, & de la pré- 
fence des fripons , toujours prêts ^ t'envetopper & à te 
furp.'ndre , tu tle garderas pas à te voir précipitcf dans 
Tahernative défefpérante de la mort ou de rerclava««4 
Prendi garde à toi, peut-être vas-tu piffer par toutes 
les épreuves de la mîfère ; peut-être, .iprès avoir fait la 
facrihce de ton fang & de toutes tes reflburccs , que des 
rtiains înfidieufes auront exigés de toi , n'auras-tu plus , 
fous le poids de tes fers , à gémir , au a Vk{]^eâ, dé cei 
jours d'ignominie & de (ervituJe. Ah l comment tu 
regretteras alors tçs défeufeurs courageux , tes vrais amis^^ 
devenus coupables p«r cela même qu'ib auront eu long- 
temsla harJierfe de maintenir Téauilibrefacrée detèsdroitSJ 
He1a> l fcroit il poffible que Us. écrivains hardis, Ic^ 
N*. 209. Tom iju ^ ' 



^W fidèlei ^ands principes , 6c qui auront hnri Ici 
poignards y aient à cramdte d*en être pendant 4 ans firappé» 
comme Marat & que cenx q\i\ compoferont avec la vie« 
feienc condamnés 4 it*avoir plus la même franchife & à 
laiflcr l'arène libre à tous les charlatans po)ttiaues ? --^ 
Serions-nous . arrivés à ce terme effraj an c , où la penfée 
obligée de ramper feus desr réglés impofécs par la puif' 
fance , craindra de fôrtir avec énerge de la pittme dé 
(es auteurs , & de marquer par Tes explofions fublimes , 
les élans génércui de. la fierté républicaine ? 

Le journelifte va-t-il écre entouré d'aflafiins & d*efpiona 
|egés par 4es ennemis de la république i Si cda étoit , il 
n'écriroit pas long-tems » ou bien , la preflfe, avilie pai" 
U violence, ne mettroit au jour que des ouvrages indignes 
des homme^ libres. L'aâe conftituttonncl que nous avona 
acceptée , ne feroit qu'une illufion , fi l^n pouvoir dire 
aux écrivains : 'Dita uUt chôft & non ulU autrt , fans 
^ivatu farii tmpnfonnés ou affêffmis. Alors plus de liberté, 
plus de république l ! ! ! !.. 

Mais le peuple une fois éclairé, maudira fes fana- 
amis , panégyrÛles de mauvaife foi , ces meneurs hypo- 
crites qui l'auront bercé dans l'ignorance de fes plus cher» 
îiuérCts , qui feront venus à bout de rompre foa unité qut 
feul Faifoit fa force « & l'auront mis aux prifes avec lui*, 
ipême. 

Itegreis fuperflus \ plaintes vaines ! mais alors ne pre- 
nant de confcil que de Ton défef^ir , fédéialifles & roya- 
lties , craignez que le peuple , femblable au fangUer qui 
revient fur le coup qu^c>n lui porte , & qni , avant de 
fomber déchire le chafleur. dont il eft mortellement 
bleffé^ craignez que le peuple, dans fa )u{le.,maîs tar- 
dive indigûation , ne fe jette fur vous & ne s'écrie : im- 
poftôurs , vous ne profiterés pas de nos dépouilles. Nous 
allons expirer fous le poids des calamités que vous avez 
amoncelé fur nos t^ces^ mais les vôtres tomberont aupa- 
ravant. Oui , nous fnourroas du moins avec la confola- 
^on de nous être vangés de nos lâches bourreaux; âc 
TOUS , é.ri Vains patriotes , voyez comme on vous traite. 
Quoi ! les terris heureux de ta liberté républicaine , feroient 
ïh paffés pour vous, & teucheriez'vous à cet extrême cala- 
Inlté, qui ne vous refleroit plus à choifir qu'entre le SlLENCS 
OU lA Mort. 

Mardi , 16 juillet , le corps de J -P. Marat a été dépofé 
feulement dans le jardin à^ ci-devaht Cordclicrs , pour y 
attendre , dit - on , les honneurs du Panthéon. Marat difoit 
de fon vivant qu'il feroit Clché qu'on lui décernât le Fart- 
ihéon , depuis qu'on y avoit placé Mirabeau. L4 
^mpe fuaàbre de ïAm du Ptupk fiit analogue à ce be^n 






^\'*r 






. ..y * 






i' 



litre. Vt\ grand concours d« mon de ^ fiir^tonf iç citQiytt0 

nés , y aifift.i. Cnte cérémonie tu^bre Te prolonge^^ 
îufcjues bien avant dans la nuit. 1*9 convention vint 
dans féglîfe des Cordclicrs jeter quelques fleurs fur le nur* 
m de ta Hbereé dans Ton lit de mort. Deux objets âren| 
fur- tout imprefïîon ; la balgno-re oh Marat périt fi miféra- 
bremenc , èi fa chemîfe toute rouge de fon l'arg. Crand 
nombre de d>fcoors furent prononcé fur fa tombe. 

Le lendemain des funérailles de J.^P. Marat, la fétamB 
extraordinaire qui lai porta le coup mortel , fnbit la peiné 
due à fon crime. Peut-être n'auroit*on pas dô pafler fi tèt 
ii l'exécution de fon fupplke. Vop aarost sû^meft. déeou* 
vert qu^lqjc complice * ou dd mpins ceux qui auroient ptl 
la finatîier , en lui faifant \in tableau mcnftrettx des dan- 
ers que la liberté ceurott paria prépondérance que Marat 

plufieurs autres pouvotent avoir dans la révoitition. 

Quoiqu'il en foit , cette tille foutlnt fon caraftèire ju(<{à*aa 
bout ; 6c le peuple fut comme fiché de trouver au crime 
ce calme , ce fang- froid imperturbable qi|i , ce feinble , ne 
devroit être l'appanage que de l*innoc(nce. Son interrogar 
Soire prouve une préience d'efpric dont peu d*hommes fe* 
Toient capables en pareil cas. L'évêque Fauchet nVn mon- 
tra pas autant quand à la barre de la convention il reçut 
Tordre de fe ren Jre aux priions de l'Abb^v^ %r comme fiii!|V' 
çonné daos cens affa re , fi: complice /es fédéralidcs du 
Calvados. Remarquons à ce fujet que Fauchet reçut 
fon décret d'arreilatiôn & d'emprifonnement pré^ifénllnt à 
Tanniverfaire du jour & même de ('heure ( à ^hftfs.es^du 
14 juillet 1793) oîi il reçut plufieurs baltes de MU dm§ 
fon manteau au ficge de la EaftllU^ où les repréffmane vin 
peuple de Paris l'avoient envoyé pour parlementer avee 
Pelannay,le gouverneur. Charlotte Corda j , l^iixd^^cnfirf 
fcvêque Faucriôt pour fon compagnon dans cejCfime^ t« 
parla aux juges avec une forte de inépris. Pendant fon inr 
terrogatQÎre , elle s'a ppèrçut qu'on la deffinoit, 6û fe plaça 
comp'aîfammçnt àc manfèrc ^ l'être avec plus de fidélité. 
Elle pria l'artifte de faire pafL'r plufieurs de ces portraits ^ fa 
hfn\\\e. 

Elle ne répondit à quelques propos inh.îmalns qui lui 
furent tenus fur fon p3(r.»ge , que pir le fourire du 4éd.iiil^ 
ou de la pitié ; elle ne voulut pomr être affiflée y à la mort ^ 
par un prêtre fermenté ou non : elle eft montée '^4 lecha- 
faud avec une fermeté calme dont f hiftoire n'a pas donni 
d'exemple. 

Vn^i circonftance atroce eut lieu immédiatement après 
fon fupplice, & fans doute que les mftgflrats mett ont 
erdre a ce qu'elle ne fe renouvelle pas. Uexécnteur pn Ion 
valet I aprb avoir ipoocr4 *u peuple U tête de Qurloiti 

Ç % 



{4U) 

Corday , eut Tinfamie de lui donntr ddjx ou trois fouffiets^ 
IFn'y eu- qu'un cri d'horreur contre celui qui fc permettoit 
une atiocité parei'le. ' 

En Attendant que nous puiflions nous procurer la totalité 
des pièces de cette affaire , nous donnerons les principales , 
faaf à reûificr les inex tditudes. 
C(lplc de ia lettre d€ Barbarôtuç â Lau^e^Duptrret y datét dé 

Coin , h -> jull/a , l'an 2 dt la république une & indivifihU, 
. )e t'adrefle , mon cher ami , quelques ouvrages intéref* 
fans qu*il faut répandre. L'ouvrage tîe Salles fur ta conditu-» 
{ion j eft celui qui , dans ce moment , produira le plus grand 
effet ; je t'en enverrai , par la première eccaiton , boa 
nomb e d'ei^emplaires. 

Je t'ai écr t par la voie de Rouen , pour t*întcrcfler à un^ 
fiffjiirc q ïi regarde une de nos conc'toyenn^s. Il s*aeit feule* 
ment de retirer des mains du minière de l'intérieur des pikei 
que tu me renverras à Caen. Lu citoyenne qui portt tna 
laitre s*intéreffe à cette même affaire , qui m'a p;tru telle- 
ment jufie y que je n'ai pas héfité d'y prendre lapius vive 
pûrt. 

AJieu , ie t'embrafTe , & faluc tes filles, Marion & tes 
amies. Donne nipi des nuuv«ties de ton fits : ici tout va 
bien , r>ous ne tarderons pas à étie Ibu) les mtirs de Paris. 

Prtmièn lettre adreffce au citoyen Marat , HorfqutlU fut arrive^ 
\ à Paris, 

Paris , X) juillet , Tah i do la Rcpubliquet» 

Citoyen, 

« J'arrive de Caen ; votre amour pour la patrie me (ait 
préf^mer que vous connoîtrci avec plaifir les maihcureu» 
rcux évènemens de cette partie de la république* Je me 
préfentérài chei vous vers une heure. Ayez la bonté de me 
recevoir , & de m'accorder un moment d'entretien , Je 
▼ous mettrai à même de rendre un grand fervice à U 
France. Je fuis , &c. Charlotte Corday, 

Seconde lettre à Marat^ 

Paris, 17 juillet 
4< Je vous ai écrit ce matîh , Marat , avez -vous reçu ma 
lettre ? Je ne puis le croire , puifqu'on m'a refufé votre 
porte. J'efpère que demain vous m'accorderez une entre» 
vue. Je vous le répète : j'arrive de Caen; j'ai à vous révéler 
les fecrets les plus importans pour le falut de la «êpublique. 
P'ailleurs , je fuis perfécutce pour la caufe de la libi2rté; je 
^uis m^lheureufe ; il fufKt (^ue je le fois pour avoir droit i 
yotre proteél on. Charlotte Cor© a y. 

Extrait 4k l'iniutogatoire. • 

Le préfidtnt a demandé à l'accufée qui lui avoit conrçillé 
id^aflaffiotr Marat ^Rép^ofc, peffoim^ 



F 

lu 



f 685 ) 

. — Pourquoi Parez-vous fait? — Pour fes crimes: — 
Coiubipn de fois avct'-vous vu Dupcrrcî ? — Une fois qu'il 
me conduifit chez le miniftrc de l'intérieur. — Quoi taire î 

— Pour retirer des pièces appartenantes à uie He mes 
amies. — Aviez-^ous une procHration d'elle ? •;— Oui. — 
Qui vous a donné la demeure de Dûperret } — B^rbaroux. 

— Pourquoi avex-vous dit à un des témoins qu'il n'y avo.t 
^as plus de cinquante perfonnes à Cacn deftinées à marcher 
ur Paris ? — Pour me moquer de lui. — Il y a donc b-'au- 

coup de monde ? — 11 peut y avoir 6o,oooTiommes. — 
Qui confipofs le comité central qui fe tient à Cacn ? — Des 
députés Je tous les départefnens. — Les députos de lacon- 
vent!on nationale , réfuf^iés à Caen , font-ils pas de ce co« 
mité' — Non j ils ne font riçn. 

. — Us font des prpciamations , des chanfons ? — Tous 
ces ouvrages ne tendent qu'à maintenir l'unité & l'indivifi- 
bilité de la république. — PuJIqu'ils forment un point cen- 
tral , ce n'eft pas pour maintenir l'unité Je la république i 
•^ L'anarchie régmnt à Paris , ils ont bien fait de fe réfu- 
gier à Caen. — Vous voyez bieri que Paris eft tranquille; 

— Je l'ai appris par la voie des journaux. — Quels Jour- 
naux ? -^ Perlet , Gautier , le petit ami du roi. — Barba- oux 
favoit-il le motif de votre voyage ? -*- Je ne le crois pas. — • 
Qui vous a indiqué la demeure de Marat > — Un cçcher de 
fiacre. — Quelles étoient vos connoiflances habituelles à 
Caen i — Le curé de la parolITe & ma coufme. - — N'aviei- 
^ous pas d'autre» prétention^ que celle d'affiffincr Marat ? — 
Non , c'eft à lui feul que J'en voulois. 

Connoiflfei-vous ce couteau ? — 0\ii , c'efl celui avec 
leifuet j'ai tué cet anarchifte. — O.i l*ji demande de déclarer 
le nom du prifonnier pour qui elle prétendoit demandt^r pro« 
teâion auprès de Marat > — Il n'a pas de nom , c'étoit un 
conte fait a plaifir. -^ N*eft-ce pas Duperret qqi vous a diûé 
la lettre que vous avez adrefTée à Marat ? — Nor. -^ Reftez- 
vous ï Caen avec vos père & mère ? — Non , j'y demeure 
tvec ma parente. — Yavoit-il long - tems que vous aviez 
formé ce projet? — Depuis te 31 mai dernier; d'ailleurs 
î'ai appris que celui que j'ai tué diflribuoit de l'argent pour 
allumer le feu de la guerre civile, — Vous voyez cependant 
le contraire, puifque ta convention nationale a décrété qu'elle 
paieroit les dettes de Marat. — CeU fe peut. — Comment 
avez 'VOUS pu former le projet d'aiTaffincr un homme que 
vous ne connoiiliez pas ? — Je l'ai fait pour fauver cent 
mille hommes. 

— Ne vous êtes-yous pas efTayée pour porter le coup i 
*T- Non. — Il e(l cependant bien démontré que vous ne 
l'auriez pastué-fi vousreu(r)ez frappé un peu plus bas. -^ 
Eh bien ! c'eft le hafard. — Ne connoiffcz-vous pas les per- 
ionueiqai vont & deiqeursnt chez Guadet à C^n ?,•— Noo. 



(.686) 
~ Tous les <ïeput& fcg?nt-i]s enfemble ? J— Ouï , à th6tf\ 
de rinfendance. — Combien font-ils ? — Ssirc. — Croyex-. 
\'Oiis qu'ils foient bons rcpub'icîiins ? *— AHurcmcnt, — • 
N'avffz-voiis pas été chargée d*engager Diiperrct à aller à 
Caen ? — Non. — Pourquoi l'avez- vous fait ? — Parcç qu'il 
feroit nlus ^n fiVe.tc à Caen qu'à Pari». 

— Pourquoi avcz-vou* plutôt aflsffiné M?rn que le mi- 
nîftre de rintériaur? -^ J'avois îe deffein d'affalùncr celut 
qui éto't la caufe de la guerre civile. — Avci-vous fini U 
lettre qu'on vous a trouvée à l'Abbaye ? — Il Vy a plu^ 
«fu'une plirafc à mettre, qui eflque le chef de l'anarchie n'eft 
p!l/s , vous aurez la paix. 

Lettre de Charlotte Cordày à Barharoux, 
Aiîx prifonf ^9 "Abbay , dans la cî-îd^van* chambre de Brîfli&t , 
le fccond jonr de la préparation de la paîx. 

Citoyen , vous avez defiré le détail de mon voyage , ]é 
ne vous ferai point grâce de la moindre an«*cilot?. Arrivée à 
Paris , )• fus loger rue des Vieux Auguftins, hôtel de la 
Providence, je fus trouver de fuite D'ipcrret votrt ami , 8( 
je ne fais comment le comité de sûreté ^éujrale a é^é ir.ftruit 
que j'avois conféré avec D^perret. Vous connoiflex Tarn* 
f?rme de ce dernier; il leur a répondu h vér-té, )*ai con- 
firmé fa r'épofition par la mienne , il n'y a rien contre lui ; 
fna-s fa fsrmcté eft un crim(i ; je criigno'S, \z l'avoue ; je 
l'ai engagé à vous aller trouver ; il eft trop f c tu : Je me dé- 
cidai donc à l'exécution de mon projet. 

Lé croirez - vous ? Fauchct eft en prifon comme »ï>o« 
compîîcs , lui qui fgnoroit mon exiÂcncc ; ma-s on n'^ft 
g'jer(? confn^ de n'»:voir qu'une femme fan<; importance i 
offrir aux mânes du grand homme. Pardon aux hommes , ce 
«om dishonore votre efpèce , c'étoit une hcte féroce qui 
«Hoir dévorer le refte de la France par le feu de la a^erre 
civile : maintenant , vive la paix : grâce au ciel , il n étoit 
f a« né français. 

Qiiatre membres de la convntîon natîonaV f? trouvèrent 
4 mon premier interrogatoire. Cha'oot avoît l'air d'un fou , 
Lffgendre doutoit m'avoir vu le m.itln chez lu» ; je n*.!i ja» 
wais fongé à cet homme ;, je ne lui crois pas d*aff?z grands 
moyens pour être le tyran de fon pays , & je ne prétendoi» 

λas punir tout le monde. Tout ceux qui me voyoient pour 
a première fo;^ prétcndoient me connoître depuis Iong<- 
tempi. 

J^ croîs qu'on a imprimées les dernières paroles de 
Marat , je doute qu'il en a't f»foféré. 

Mais V© là les dern'tèfes qu'il m'a dites , après avoîr reçn 
vos noms à tous , Si ceux des aclm«niftr.ireurs du Calva«- 
rios qui font a Evrenx , il vaz dit peur me confoler, 4<que 
d»ns peii de )ours« il. vous feroit guillotiner à Pari$, cei 



(687) 

éemlers mois décîd^ent de fon fort, : ft le département 
met fa figure ys-à-vis celle de Saint- Fatgeau , il pourra 
faire graver ces paroles en lettres d'or. Je ne vous fer^ii 
aucun détail fur cet événement , l^s journaux vous en 
parleront. J*avoue que ce qui m'a décidé tou(-à-fait , c'eiï 
ït courage avec lequel nos volontaires fe îont enrôlés, 
dimanche 7 iuillet , vous vous fouvenez comme j'en étois 
charmée , & je ms prometrols bien de iaire repentir 
Pétion du foupçoh qu*i) maniféAd fur m:^s un ti mens ? t,û es 
que vous feriez fâchée s'ils ne pârtoient pa: , me dit-il » enfin 
jVi con^déré que tant de braves g?ni vennnt à Paris pour 
chercher la tece d*un feul homrpe , quMs lauroient peut*- 
(tre manquce, ou qu'il auroit en t. aine dans fa perte beau- 
coup de boTîS citoyens , il ne rriériro:t pis tant d'honneur, 
cela fuflifoit do la main d'une fcnin.c , i*avoue que j'ai 
employé Un artifice perâde pour qu'il put me recevoir -, 
ft comptois en partant de Caen le lacrtfier fur la cime de 
kl montagne de la convention ; mai^ il n*a!loit plus à la 
convention. A Paris l'on ne conçoit pas comment une 
femme inutile ; dont la plus longue vie ne feroit bonne 
à rien , peut facrifi«r l'a vie de fang*froid , ponr fauver tout 
foo pays : jem'attenriois bien à mourir dans l'inflant. De» 
kom-nes courageux & vraiment au-defius de tout éloge , 
m'ont préiêrvé de U fureur bien excufable des malheureux 
que J'avoîs fait ; comttie j'étois vraiment de fang-froid , je 
fbuffris des cris de quelques femmes. 

Mais qui fauve fa pa:r:e ne b'apperçoit point de ce qu'il 
«a coûte , p.iilfe la paii s'établir audi-tôt qu.* je le deure, 
vo'lÀ un groûd cr^m-nel à bas, fans cela nous ne l'aurions. 
jamais eu : e jouis de la paix depuis deux jours , le bonheur, 
de mon pays fait le mien ; je ne doute pas que l'on ne tour- 
mente mon père qui a déjà b>en aiTtz de ma perte pour Faf-. 
«ifer. 

' Je lui écrivis dernièrement qae re joutant le feu de la. 
guerre civile j'irois en Angleterre; alors mon projet éto t 
de tarder Yinc^^ito fur la mort de Marat , & je voulois 
lai {1er atix par (lo;ns chercher inutilement mon ho ut : je vous 
prie , citoyen, Ôi vos eol*ègues , de prendre la défenfe de 
mes parens fi on les inquiète ; je n'ai jamais hai qu'un feul 
être t & J*ai fait voir mon caradère: ceyx qui me r grette- 
ront fe réjouiront à: me voir iotlir d'J repos dans les Champs 
£iyfées avec les Brutus &L quelques anciens^ il eil peu de 
vrais patriotes qui fichent mour'r pour kui's pays ; ils font 
prefque tous é^^oïlles : on m'a donné deux gendarmes pour 
mj pré erver d.; i'er.nui ; j'ai trouvé cela fort b:en le Jolt, 
mais non la nuit , je me fuis plainte de cette indécence , le 
corn té n'a pas jugé à propos d'y faire attention ; je crois 
que c'eft.de Tjnvenr on de Chabot ; il »'y a qu'au capucin 
gui puMTc avoir ce« i^Cs, . . . • 



( <88 ) 

D*kî Von m'a tran?féc<€ à ta Conctcrgerîe , & ces irteflicuft dit 

Srand jury m'ont promis de vous envoyer ma lattrc. Je contina« 
oi.c : 

J'ai fiTbi un long ir.terrog?t,oire, je vous prie de vous le pr©- 
cuier, s'il ell rendu public, J'avois fur moi , lors de mon arrcftation, 
une adreJic aux pr..i> de la paix ; je ne puis vovs l'envoyer : j'en 
demaitdtrai la publication, )e crois lien ei.v. in. j'avois une idée 
hier LU loi" Oc ïé'uc hommage de monf ortrait au dép?rtcment du 
C^ilvftdo&i mrjs le comité de fiîut public, a qui" je l'avois dc- 
maniléi ne m*a puiiU tépo.ulu ; 6c mr.irtenant il «ft trop tard. 
• je vuu> prie de faire part de ma lettre au citoyen Bougon f 
procuieui-gcaéral-ryndic du département. Je la lui adrefie p^r plu- 
-fleurs railoiâS : c'ùbard je ne luis pas (Tire que dans ce moment', 
il foit a tvreuxj je craîi;s de plus, qu'était narure-eîlemcjit fen- 
iibL , il ne (oit ani:gé de ma mort. Je le crois allez bon ci'oyen 
pour s'en tonfoler par Tefpoir de la paix , je fais combien il la 
flclirc , & jeipcrj ou'cn la faciifiaui, j'ai rempli fes vœux." 

Ai quelques amis dcmandoient communication de cette i<îttre,je 
TOUS j>rr« de ne la rcfufer à pcrfonnc. H faut un déftufeur, c'elt 
la règle, j'iJ pris le-mien fur la montagne ; ceft Gnftave ^Doulcct; 
J'imagine qu'i:refuk-r a cet honneur , cela ne lui donneroit cependant 
guère d'ouvrage. J'ai pcalé demander Roberii->icrre ou Chabot, 
j». Je demsr.derai .i dif^iofer du rcfic de mon a-gcnt, & alors je l'oître 
aux temmes & enfans des braves habirans de Caen, partis pour 
déilvrer Paris. ' 

Il eft bien étonnant que le peuple m'ait laiiTé conduire de l'Ab* 
baye , a la Cor.ciergcric ; c'cft une preuve nouvelle de fa mode^ 



ration. Dites -le à nos bons habitans de Caen : ils fe berrnettcnt 
quelques fois de petites infurr<ftions que l'on «e contient pas fi 
aciltment. C'eil demain à 8 heures que Ton me juge; probablement 






à midi j'aurai vécu, pour parler le langagf romain 

On "Guit croire à la \alcui des habitans du Calvados , puifque 
les femmes mêmes de ce p?ys font capables de fermeté. Au rcHe 
J'ignore commAînt fe pafferont les derniers momens de ma vie , ôc 
c^ed la fin qui couronne l'œuvre. Je n'ai pas befoîn d'afteétcr d'in- 
fenf]bi!i*é fur mon fort, carjufqu'ici je n'ai point la moindre crainte 
de la mort. Je n'eftimai jamais la vie que par Tutilité dont ella 
devoit é're. 

J'cfpcre que demain Duperret &. Faucher feront mis en liberté.* 
On prétend que ce dernier m'a conduite à la convention dans untf ^ 
tribune j xle quoi fe mcleVil d'y conduire des femmes ? Comme 
«léputé, il ne devoit poii.t être aux tribunes; & comme évêque , 
U ne devoit point être avec des femmes : ainfi c'eft une correftîon i 
mais Duperret n'a aucun reproche à (e faire. 

Msrat n'ira point au Panthéon ; il le raéritoit pourtant bien. Je 
vous charge oc recueillir les pièces propre; à faire fon oraifon 
Rirèbre. 

J'efpère que vous n'oublierez point Tafifairc de madame Forbîn« 
Voici fon ad'refle, s'il eft befoin de lui écrire: 

Alcxandrine Forbin , à Mendrenc , par Zurich , en Suiffe. Je voua 
prie de lui dire que je l'aime de tout mon coeur. 

Je v?is écri»-e un mot à papa, je ne dis rien à mes autres ami^. 
Je ne leur demande qu'un prompt oubli , leur affliilion deshonoreroît 
ma mémoire. Dites au général Wimphen que je cruis lui avorraidé 
à gagner plus d'une bataille en lui facilitant U paix; adieu citoyen, 
je me recommande au louvenir des amis de la paix. 

Les prifonniers de la Conciergerie, loin de m'iiijurier comme Tes 
pcrfonnes des rues , avoienr rî^irde me plaindre. Le malheur rend 
toujours compatiilant , c'eft ma dernière réflexion. 

\iardi i6, à 8 heures du foir. . . -^ • 

Au Citoyen Barbaroux , député à la convention nationale , réfugré 
à Caçn, rue de» Carmes, hôtel de l'intendauce. C ORWAYt 



(689) 

■ ■ -— ^ 

CONVENTION NATIONALE. 

Siéinu dujmdifolr ^7 juin t^pj. 

La îonTemÎQn procède à l'appel nominal pour le renoqveUemenc 
«au boreau. Thuriot elt elu préhdent. Les nouveaux stfr^Uires font • 
Thomas Lindet. ( de l'Eure, ) Billaud -.Vareiuiefr, & UvaiTM^ 
( de la Sarthe. ) 

Xiurfrt. fannonce à la convention nationale que 4ix-hult odmiras* 
trateurs des^ëépartemens ont reconnu leur erreur, ik tàtnA^f 
ItftiTsfisnaturef. *»i««wni 

Les adminiftrateurs du département de Jenonsap , rëfu»;^ à Ptrj, ^ 
-iiiichent la convention fur l'achèvement de la conftitution Ils fol^* 
iKitffnt une place à la réunion civique du 10 août , & de'awodeJ 
«me leur département foit repréfenté à U convemion nalibnair 

La convention renvoie aux comités d'iiiftruftion & de falut o»*. 
bfic réunis. . . ' '^ 

SiMct dn vemdrtdi 2S juin, La commune de Paris envoie pétme 
des prtfonmers . montant à 1337. — 11 y en avait hier i«»8. 

Carra fe plaint d'avoir été calomnié, û f«t diverfes propofiUani 
qtn «'ont point de fuite. *^ ^^ 

Cùutkon. Chovensj le comité de falut public, après avoir n^ 
tendu des députés extraordinaires àa Touloufe , v^us propofe d* ^ 
fuh)endre le décret de rigueur ^ue vous avei rçndu â foa éffard 
j.ifqu'à ce que vous ayez reçu des nQtions plus fûrcs des commifl 
lirres que vous enverrez fur les lieux. 

Rohirfpitrrt Pûini, Je ne vois nul motif qui puiff* «nnnr l* 

convention à prendre une pareille détermination. iJ *(i ^jïSnt «iil 

ù vous donniez une pareille marque de foibleiie, Vous eelevesn»* 

4€$ efpérances des mauvais citoyens. Je demande l'ôrdte.<ia i«tt fu* • 

le projet. / «* u« 




ar des parlementaires , des avocats fit toute la vermine In p^jai? 

On a •» l impudeur de faire imprimer le difcours que Lanminaii 
pnmonça à cette tribune , & qui fcul eft capable de mettre It f^o 
dans tt pays. Je demande la quelUôn préalable fur la propofition 
tfî vitre comité de falut pubhc, qui n'cft que le réfiatjt des futf. 
gettions que ces gens là ont dans foa (sin. ^ ' 

Coutksn. Ce décret vient de m'être envoyé pour que t'en foffi. 
leélure. J'avoue que :j'ai voté pour la fufpeni^D s j'ai pu SSe 
trompé. 

Mailhe fe difculpe de différens reproches qu!on Jw iiiu' pet. 
daat au il ^toit à Touloufe. . *^ - . 

ajiot. II faut rendre juftice à Mailhe; il s*eft conduîfcavecbea» 
coup de vigueur en faifant arrêter Douzeiz. Au refte, ieme fait 

Sourquoi vous rapportcfîex un décret qui mande ^ vocre barri 
es hommes qui , à l'exemple des Baillv , des Lafayette , vouUiene 
sflamncr les patriotes. Us ne dcmandoient qu'un pareil aAe d« * 
foil)leire de votre part pour conferver l'empire qu'iU ont nfuroé! 
/e conclus à la queftion préalable fur le projet 4u coo^é' 
Dcim<u. Je ne m'oppofe point à la qucflion préalable . nais ta 
demande qu'avant tout , Its députés extraordinaires de Toulonil 
fbîcnt «ntendtts. Mais comme en parlant ici d'inthguçs dans le co 



(<90 - 

falot pabrc les eommiflatres que vous avez «mroyër 4acs les H* 
'^arre .ler.s. Je ^emtn^e I*ordré du }oiir ouant i ptéCen!. 

Les pièces font envoyées au comité de CaUit public. La di£ai£- . 
lion eft aioornée. 

' Cfa mmht ^u nom du ccmiti it firai géninUc, Ctoycns » Kef* 
Tetmn , mis eo état d'ar relation par votre décret du a juin , Sc 
un M ces hommes qui donnent fans ceiTc Itnr parole d*honneur » 
fans la teoir iamais , eft parti cette mût , en trompant la confiai^ce 
ifu gendarme commis i ia ^arde. Votre comité vous prcpofe de 
aécmcr mie ces citoyens fe rendront fur le champ devant lui, 

Emr^ dccbrer s'ils connoiflfent les particuliers bretons qui ooc 
vonfé Kervclegan dans fon évafion. 
- La convention décrète ta propoûtion du comité de (t^reté gé* 
sérale. 

Joindre. Je demande b parole pour un fait. Des patriotes dignes 
de foi , qui, depuis la révolution, ont continuellement donné des 
fénfeignemens utiles , avcrtifTent en ce mo-nent le comité de fîkretéi 
qu'il exifte aAuellcment fous la pre(!e une conAltûtion autre que 
celle décrétée par vous , qu*on fe difpoll à envoyer au peuple 
français 0c aux armées. Je provoque un décret qui porte la peine 
de morf centre quiconque enverra , au nom de la convention na* 
tionale , «ne conKitution autre que celle déctétée , en étendant 
cette peine aux colporteurs & dlftributeurs. Décrété. 

l/m pumhre. Je demande que le comité nous faffe un rapf>ort fur 
la conduite des gendarmes qui, par connivence, oti au moins par 
une négligence puriibblc , Uiffant échapper les prifonniers confies 
i leur garde. Décrétée. 

' Séance du fameii 20. HéraultSéchelUs ^ au nom du comité de fafctt 
fuhlic. Citoyens , l'objet fur lequel je vcnois vous faire un r^ï^pctt 
au nom de votre comité de fajut pchlic , fe lie précKémcnt a\ec la t'é- 
roncuition qui vient de vous être f<:ite. "Ncns «irions avertis auifi dca 
crlmtneTIes manoeuvres de nos ennemis , qui redoublent en ce moment 
d'eft'ofts pour faire marquer â-la-foU la conditution & les (ubC(bn<^s*, 
& nors avions jugé nécellaire de voui propofer ice fujet une mefi:re 
urgente. 

Au moment fi prochain de la récolte, nous touchons au terme de 
nos inquiétudes*, mais le terme cft aufll Textrème : c*eftlc pafiai^e le 
plus court & le plus dîHîcilc. Hàtez-vous , légiflateurs, pour le (ran-> 
chir rapidement, de frire tous les facriliccs. 

Voici le projet de décret que nous vous propofons. 

La convention nationale , après avoirentendu le rapport descomîtés 
de falut public & des fînance's , fur les ohfervations du miniftre de 
l'intérieur , relatives anx demandes des départemens qui réclament 
des fccours pour fubftdances. 

Décrète que Ta tréforere nationale tiendra , à la dîfpofitton du mi* 
fiiftre de rintéri<^r , la fomme de dix millions , pour erre diftribués, 
à titre de fccours, aux départemens, tant pour les fubfiflances que 
pour les frais ncce/Tités par les machinations des contre-révolution- 
naires. ^ 

Des députés de l'armée des Alpes, porteurs de radreffc votera 
Grenoble par les troupes rafifemblées , oc par les citoyens , font admis 
à la barre. 

Cette adrelTe contient Te ferment à !a libertés à rég;aUté , à l'unité 
€e i rindivifibilité de la républi(}ue , de refpeél^ les perConnes & les 
propriétés , de ne reconnoitre que la convention nationale , & les 
décrets émanés d'elle. 

Levaffcur, Voîcî un très-gros paquet qui contient les (ignaturcs. Il 
idoît y en avoir au moins quarante mille. ( On applaudit ). 

ta convention ordonne la mention honorable & Tinfertion au buî* 
Jetîn de radrette , »c décrite que Tarméc des Alpei &. Us ciioycos de 
Çrenobfe ont bien mcnté de la patrie. 



(<59î) 




des plus grands éloges : mats que cette place ^ fur laquelle trente mille 
bombes lope éé]i tombées , ne peut tenir que jufqu'au 3 juillet au plus« . 
La gamiCoit^ réduite à deux onces de pain par jour, ne peut rélifter 
pitti looç-temps fans de prompts fecours. 

Barrère^ Des troupes commandées pour la Cerfe , o& etles ne peuvent 
f e rendre, à'caufe de la préfence , dans la Méditerranée, d*une ftotte 
erpagnole , marchent eo ce moment au .fecours de Betlegarde. 

sarrère «tonne, encore lefture de plufieurs autres lettres y adreflfées 
au comité de (alut public. 

Si^ttec du dimdn<he ^0 juin, la fcâîon du Mufeum envoie à la con« 
vcntion le procis-verbal de la féance dans laquelle elle a déclaré ref* 
ponfables de la violation des propriétés , les citoyens dont les femmes 
ou les «iomeftiques s'en Teroient rendus coupables. 

La convention en décrète la mention honorable au procès-verbal. 
Lesiugcs du tribunal d'Evreux prient la convention de lesinftruire 
ées motifs de leur fufpenfion , afin de pouvoir réfuter la calomnie , Ic 
manifefter leurs fentimens. 

Renvoyé au comité de falut public. 
. Ln commune de Cuien demande que les députés détenus foient 
livrés au tribunal révoluttonnnaire. , 

Lettre d'un citoyen de Bordeaux. — II déclare qu'il ne veut point 
^tre )uré au tribunal révolutionnaire, s'il n'eft transféré à quarante 
Ueues de Paris. 

Lettre des citoyens Fermont, de Tille 8c Vilaine, 8c Pouflin, en 
Morbihan. — • Us n'acceptent pes la place de juge du tribunal révolu- 
tionnaire , ilaquelleils avoientété nommés par la convention. 
Ces lettres fout renvoyées au comité des infpeôeurs de la falle. 
Le c... Une lettre du procureur-général-fyndic du département des 
Landes me donne des détails fur notre poiitiot» dans cette frontière. 
^•« Les cfpagnols mourant de faim fur notre frontière , où la livre de 
^aln vaut unjpiailre , ont été forcés de l'évacuer. Us ont été chafTés de 
plufieurs poncs importans & de deux camps qu'ils avotent eh-deçà 
«TAndaye. Us ont perdu tous leurs équipages , oc ont laiffé Andaye en 
notre pouvo'r.M 

Le K U y a déîi quelques jours que Briflot eft ici à 1* Abbaye. Je 

demande que la convention ordonne à fon comité des décrets de lut 
.préfenter ra^e d'acçufatton contre ce député. 
La propofition eft adoptée. 

LccrotJt (de la Marne). Gtoyens, fans en avoir obtenu fautorî- 
ii^tîon , le département Hc Paris s' eft emparé du domaine national où 
fe tient le collège des Quatre-Nations. Je demande qu'au moins les 
adminiftratcurs loicnt tenus de donner leurs motifs au comité des de* 
main es , pour qu'il vous en fafle un rapport. 
I a propofition eft décrétée. 
On admet les pétitionnaires. 

Des dépurations de la ville de Tonnerre viennent féliciter la conver*- 
d^n fur fa fa gelTe de fes décrets. Elles dépofcnt fur le bureau les 
pièces relatives à des griefs que les citoyens s'imputent mutuellement. 
Legendrc en faitordonner le renvoi au comité de fureté f;éncr:?^o. 
^Une citoyenne de Grenoble vient réclamer la Uber**^ 'le fa mère , 
tnîfe en état d'arreftoion , par ordre des commîftaires de la ûonveiv* 
tion. 

La convention décrète que le rapport général , fur les arreClation , 
fera fait dans trois jours ^ 

Des citoyens du Midi , fuyant les perfécnt'ons de Tariftocratie , 
ténioi^nei:t leur rcconnoifTtr.cf» pour la liceptiq^i fraternelle que 
leur ofit Ciite les citoyeiu de Paris. Us demaiideoc^ i*. que les li«- 



( «94 ) 

^aidatTOOS éau atw vilîet rebelles étx mxàî (|ai font en <tft 4t reKeU 
boa, foient fuTpenduesi &*. qu'il leur foitaccorcU des Ckomts fur 
les femmes arrêtées. 

Lt$ pétitionnaires font admis aux honneurs de )a féance ; leurf 
éemanaes font renvoyées au comité de iatut publie , qui demeure 
durgé de faire on prompt rapport. 

Les citoyens, coaspofant la tocîété populaire de Verfailles, vîen^ 
•ent remercier la convention d'avor (auvé la patrie , & préparé 
Ion bonheur pour une conikitution répub!icaine. 
^ {/■ m«i^a de /e diptustifOM ig Mkâne & Loir^, La convention na« 
tionaU ne doit pas perdre de vue un feul inftant , Tétat a(ïuel de 
la^ ville de Lyon. Les patrio es y font fous le couteau : les admi- 
.aiftrateucs ont levé l'étendart contre- révolutionnaire. Je demande 
«ue le comité de falut public faflc demain un rapport fur l'eut dt 
tt ville de Lyon. 

Duboucher réclame la parole. — La convention décrète la propo* 
€tton. 

Vn député de h vUtt dt Moi/ke édmis à U harre. Citoyens re- 
yréfentans. les habitaos de Moiifac ont cru votre liberté attaquée ( 
s^a font dans Terreur , fi le vœu quils forment eft une fuite de 
cette erreur » vous n'accuferez pas leurs intentions , Zl vous ne 
verrez que leur défit d'^re utile à la chof^ publique. Voici Ta-: 
éreffe qu'ils m'ont chargé de vous préfenter. 

M Citoyens repré(entans , un cri aallarme s'eft fait entendre dnns 
skos foyers » trente-deux députés du peuple français ont été arra- 
ches at votre fein par la violence, la repréfentation nationale a 
été méconnue ftc avilie. Nous demandons , citoyens , le ra|)port 
du décret , 6c de tous ceux que vous avez pu rendre fans jouir 
d'une entière liberté^ ( On applaudit à droite.) 

Le préfident. Citoyen , il n'appartient qu'à des efclaves de dire 
^*ils n'ont pas voté en pleine liberté. Soyez convaincus que fi les 
hommes qu'on a unt calomniés avoient un inftant perdu leur li- 
berté ^ au même moment ils auroieot perdu la vie. La convention 
fend hommage aux principes qui ont guidé votre démarche» et 
voua invite aux honneurs de la féance. 

Les membres de la droite demande llnfertion au bulletin!— LaT 
partie gauche réclame Tordre du jour. 

Ume 9ùix à dfoiu. Prouvez donc les crimes des détenus , ou pu- 
bliez leur iuftification.... 

Maure. Leurs crimes font dans leur fuite Biroteau vient dt 

s*écbapper.... 
La convention pafle à Tordre du jour. 

DeUcrobt, Je viens c!*apprendre, par une lettre particulière, qu^ 
ks adminiftrations qui (ont en révolte ouverte contre la convention 
iiationale , prennent f es fonds dont ils ont befoin dans les cailVes de 
diftriA , & même obligent les acquéreur de biens natioRai'.x à payer 
leurs annuités, & a en verfer le montant dans leurs mains. Je 
demande que U tréforerie nationale vous fa^te paflTer Tétat des ad- 
fniDiftrations qui ont donné des mandats fur les cûffes de dtftriâ , 
9lL en ont perçu des fonds. 

Je demande , en fécond lieu , le renvoi au comité des finance s> 
de la propofition que je fais de fufpendre le paiement des con* 
tributions fie des annuités dans les <2érartcmen< dont les adminidra- 
teurs font en révolte ouverte contre la convention nationale : qu'il 
foit fait défenfe à tout citoyen de payer ou fes contributions oa 
fes annuités dans ces départemens, fous peine de payer deux fols. 
Le première propofition de Lacroix eft décrétée , & U fecondo 
renvoyée à l'examen du comité des finances. 

l^quiniû. Je fais înfi uît <\ue les dcparfmen^ , ci-devant province 
de Bretagne » lèvent une force armée qui marche eo ce momcAt 



(695)- 

mam fe réonir è celle icle Caea. Les citoyens qin conpoTest cett» 
R>rce font bien loin aêtre contre - révolutionnaires ; ils oe fym 
^*éf/àTéu Je amande que U convention nationale ordonne aux 
troupes aôueUemest en route pour le Calvados, de marcher fur* 
le-cnamp contre les rebelles de la Vendée , Se que cet ordre Toit 
porté par deux commifiaires de la convention. 

£€4tabo/Ic Noi«s ne connoiiions pas aflez Terprit des troupes qui 
fe conforment, i Caen, pour leur remettre le foin de combattit 
ks rebeUes de la Vendée. Je demande raiounement de U propo- 
finon de Lequînio. . 

L'ajournement eft adopté* 

Des députés du canton II commune de Meluo, demandent 1« 
rapport du décret jqui ordonne la vente des immeubles des fabriques^ 
— bce citoyens demandent des loix.repreffives contre Taccapare- 
meot » 9l un examen févère de la conduitt des fournifTeurs des ar- 
mées fie de tous les déprédateurs , qu'on a vu., en peu de jours, 
s'élever à la pHis haute fortune. — Les «dmîniftrateurs du fioure- 
de-réf^lité, dépofent, au pied du bureau du préfident, une mallë 
fdeine d'argenterie , trouvée dans la cave d'une maifon àppcrtename 
à un émigré. » Les éleâeurs du départenient de Paris réclsmcnr 
une indemnité. — Des députés de la ftôion du Panthéon français 
téclament l'exclufion de toutes les fondions pubtioues^ les ci- devant 
Qobles et privilégiés. Ils prêtent ferment à la conftituhon nouvelle, 
& jurent une haine éternelle ^aux tvrans fie aux fédéraliftes. 

MaUwrmé , au nom du comité des finances , fait adopter un prc^et 
de décret qui exige, des peniionnaires de la république, Uta certiâ* 
«at de civilme pour toucher leurs pensons. 

Oumont (de la Somme), au nom du comité de sûreté générale s 
Un grand complot a été ourdi contre .la .repréfentation nattonales 
Pitt €c Cobourg n'en auroient jamais imaginé de plus déOiftreux. S'a 
iiUoit un« preuve' des crimes des membres de ta convention natio- 
nale , qui fouffleitt le feu de la guerre civile dans lesdépt;rtemerrsÀ 
elle exifteroic dans les arrêtés contre- révolutionnaires pris par le» 
aidxninidrateurs du Doubs , du Gard , du Finiâère , fie de beaucoup 
d'autres. A 5atnt- Quentin les ferions raflen^lées ont demandée bi 
convocation des aifemblées primaires , la révocation des députés ac<* 
tuels , la réunion d'une nouvelle convention à Bourges , fil Ix levé* 
d'une force di^'partementale. 

Il e(^ temps, ciroyens, de prévenir les effets funeftes detsnt d« 

frovocations^ Voue comité vous propofe de décréter (|ue les mem* 
rcs de la députatton de l'AiCne, Condorcet, Petit, Loifcl, Dupin, 
}eune ; Boucherot , Carlier , fil les autre^ iîgnataires de l'adrede qui 
a provoqué les arrêtés du département de 1 Aifne , feront mis en état 
d'arreftation fous la|parde d'un gendarme. (De violons ^murmures 
s'élèvent.^ 

Un membre. On veut la diflblution de la convention nationale. Cela 
eft-îl aétuellrroent ailez clair ? 

lin autre membre. Je demande le décret d'accufation contre Ici 
membres du comité «ie sûreté générale. 

Les mcmhres de rextrémtte gauche réclament la quefiion préalable 
fur le projet de décret. 

Fonfridc, >i la qiieftion préalable ne fait pas jufiiee du }>roîet dt 
décret, je <^emai) de à parler contre. 

Lévnnri Bourdun, On demande le renvoi du projet de décret au co« 
mité de falut public , pour comprendre les figoatures de TadreUe dant 
le rapport général , qu'il doit faire à la convention fur l'eut de la ré* 
p'jb'ique ; depuis' le 31 mai. 

Ligenére» Il eft eAentiel que la républiqiie connoiife quels font les 
leviers du mouveanent qui l'agite ; fil puifou'un Condorcct emploie 
fes ulens à répandre le menfonge fii l'impoUnre , à fecouer les toi»- 



C 6y6 ) 
Hhti de la ftterr« cWiU ; puîfque ces ïiomfief (pat , paroî^jtnt iàÉk 
géants, parce qu'tU Ce lèvent î\xr la pointe Oes pieds , aiu lieu de diw 
fCCMTS philofopniques , répandent des femences de difcorde & let 
poi onsde la calomnie. Ucanvention doit déployer toate fa .éré- 
vite contre cette poignée defaAieux qui s'agitent en tous fens pour 
U perdre. J*obrcrve cependant qu'un des mcmbresde la députatton^^ 
Dupin , f etine , s'eil retracé , 6c \t demande avec bourdon le renvoi 
AU comité de falut public , du projet de décret préfcnté. 

Le renvoi cft décrété. 

Scane* dapremitrJuilUt X/p^, Un fecrétaire fait leéhire d'un grand- 
nombre >d'adreftc s d'adhéûon aux événemens des premiers jours de 
' juin» Se aux décrets rendus 'depuie cette époque par la convention 
nationale. 

X,a mention honorable eft décrétée. 

Des citoyens députés par la fociété populaire de Germont-Ferrand' 
font, admis a la barre. 

Les pétitionnaires émettent le vceu de voir bientftt la conftîtudon 
Cbumife à l'acceptation di» peuple. 

Coutkon, L'attachement des citoyens de Clerment'Ferrand au gou- 
vernement républicain « est aussi aitcien qu'il eft puf. - - • 

Le peuple du Puy-de-Dôme cft dévoué à la convention nationale. 
Qu*eUe ordonne, ôc ce peuple Adèle exécutera. Je demande que le 
procès - verbal contienne ]a mention honorable de ia conduite Ôc du 
zèle des cito>en« de Clermoat-Ferrapd. 

Fttit f de rAifne. J*ai remarqué de l'inexaAitude dans Ta^reiTte 
préCentée p^r la fociété populaire de Clcrmon'-JPerrand. Je déclare H 
la nation entière que les événemetis du 51 mai ont ôté la liberté à la 
convention nationale , que nous n'avons pas été libres dans les jour- 
nées du 31 mai 6c % jmn (De murmures viotens.s'élèvent dans 

la partie gauche. ) 

Levaffjur, Je demande.que Petit foit rappelé à Tordre , êc cenCuré 
au procès-verbal. 

Coutkon, La peur eft un mal dont on ne guérit pas » & il parott que 
Petit eft atteint de ce mal. Je palie àune^propoiition additionnelle à 
ccl e que j'ai faite. Je demande que l'adrelle des citoyens de Clerroom- 
Ferrand foit renvoyée eu comité de falut public , en le chargeant de 
^ous préfenter des mefures contre/ la conduite des adminjftrateurs du 
Puy - de - Dôme i je demande en outre que l'adrelte foit inférée tu 
bulletin. 

Fetà, Je demande à être entendu nn fcul infiant. .... 

Les proportions de Coutkon font décrétées. 

Un décret ajourne à, demain midi la difcuflion fur le projet de 
décret préfcnté fur Torganifati jn de l'inftmélion publique. 

Ou lit une adreli'e du département de Seine 8c Marne, la mention 
honorable eft décrétée. 

MalUrmiy au nom du. comité des finances : Citoyens, lorfque les 
dépenfes du tréfor national font excefTives , il eft du devoir de votre 
comité des hnances de chercher tous les moyens qui peuvent augmen* 
ter ses ressources. 11 vient vous propofer la fupprelhon d'une partie 
éts vicaires épifcopaux. La majeure pàttie de ces citoyens , falariée 
par la république, refte oifive au fein des vi'.les, chets-licu de dé- 
partement, tandis que beaucoup de cures vacantes ne font pas def- 



inutilité eft difpeodieufe , demandent eux-mêmes leur fuppreflion. 

Mallarmé préfente un projet de décret dont voici les difpofitions : 
— Le nombre des vicaires épifcopaux demeurera réduit au tiers. •— 
Les évèques auront la faculté de cnoilir les vicaires qui demeureront 
«ttachéf i leur conrcil.— Les vicaires fupprimés recevront 1 a moitié 

de 



( 697 î • . • 

^ leur traitement. — Ceux des vicaires fupprîm^s qui rempliront dei 
fondions fuccurlales , recevront , indépendamment' du traitement 
attaché à ces dernières fonjlions , le tiers de celui dont ils jouiUbient 
comme vicaires épifcopRux. 

On demande , dans la partie gauche , Timpreflion & l'ajournement 
dvi projet de décret. 

ÙcLicrolx^ Je propore de décréter purement & Amplement la fup- 
prelTion d'une partie des vicaires épifcopaux, en leur confervant i:ne 
portion de leurs traitemens ^ le furplus des diipofxtions propofées n'est 
pas d'un intérêt preùant. J'en demande l'impredion & l'ajournement. 
TaU/if^r. Je combats & la propofitîon de Delacroix & le projet de. 
dé;:ret de Mallarmé. Je ne vois pas de raifons qui nous en'ajï.ent.à 
précipiter une pareille décifion , bc j'en vois mille ^u'il feroit impru- 
dent de déduire ici pour le rejeter. Je demande l'ajournement pur & 
ûmple. 
Ùartigoyti, Je demande la queftion préalable. 
Scrwièris, \\ t'X beaucoup de dépancmens où une grande quantité 
de cures ne font pas deilcrvies , tandis que les vicaires épilccpaux 
redent aj3L chefs- lieux de départemens dans l'inté^ivjté. Je demande 

que le projet de décret foit rois aux voix 

Legcndrt. Lorfque nous connoitrons le vœu du peuple fur la conf- 
titutioir. .... 

Gréfpirt, L'alTemblée conûituante , après avoir fupprimé les cha- 
noines , en a créé de nouveaux fous une autre dénomination. La mul- 
tiplicité des membres du confcil des ^vêques eft inutile, & eft une 
charge onéreufe pour Tétat. Je demande que le projet de décret Toit, 
mis aux voix. 

Saint'Andrc. J'ai lieu d'être étonné de voir mettre i la difcuflion un 
feir.Mab'.c projet de décret. Le peuple attend de vous des loix iages , 
le falut de l'état exige des mcfurcs grandes ficfalutaires. Je demande 
pour elles la priorité de difculTion. 

La convention ne décrétera point des fuppreflions qui pourroient 
ou l'alarmer, ou donner aux malveillans un prétexte pour exciter 
des troubles. Je demande l'ajournement. 

Le rapporteur demande à répondre. — - Dartigoyte 8c plulîeurs 
autres membres réclament la parole. 

Briard. Je m'oppofe à la propofition de Lacroix ; je demande Hm- 
prefilon & l'ajournement du projet de décret» &en cela je fais une 
f ropofition conforme à votre règlement. 
La propofition de Bréard eft adoptée. 

Camh.ieerts, Je demande le renvoi du projet de décret au comité de 
falut public réuni à celui des finances , parce que fon objet n'eft pas 
une opération de (ÎRances feulement. 
Le renvoi eft décrété. — Des réclamations s'élèvent. 
Lindst, Je foutiens que le projet de décret préfenté par le comité 
n'a aucun inconvénient, qu'il eft d'ujie exécution nécelfaire , que le 
>eiiple le dtfir? , qae les vicaires même le follicitent. Je demande ' 
e rapport du décret qui en ordonne Vajoutnement. 

Bréard, Saint André, & un grai\d nombre de membres réclazpent 
le maintien du décret. 

Briard, Je ne fuis, point inftrult , je veux connoître le tobu da* 
peuple avant de prononcer fur cet objet-important. 

On .demande à nller aux voix fur le rapport du décret d'ajourne- 
nent. 

L'extrémité «gauche infifte pour le maintien du décret. — Le décret 
eft rapporté. • 
Mallarmé donne une nouvelle lefture du projet de décret. 
Rottx. Je propofe que la fuppreflion ne foit décrétée que partielle- 
ment , fur l'avis des «ops adminiftraûfs , & conformément aux 
localités. 

N • aoç. Tomt tf; £ 



r, 



(«98) 

CrJgoift* J'ipçuie la proportion de Roux ; elle eft très-utile. L» 
ntmibredes paroilfiens varie félon les lieux. Telle paruiiie épilcopaU 
comprend trois mille c.toyens dans fon arrondiAement, tc.le autre ca 
comprend vingt mille. 
• Dartigoyte, Le projet de décret préfenté eft dangereux fous tous 
lis rapports i il tiï impolitique , parce qu'il augmente 6c la puiliance 
& l'aroitraire des évcques ; éc fans doutec'eftla la riiifon qui engage 
les évéques de cette allembxc à appuyer avec tant de cha!ei\ la lup- 
preflton des membre» de lei.r confeil. Craignez de renouveler les in- 
quiétudes, d'armer les malvcillans aumomeiitde l'acceptation de la 
conftîtution. Le projet de décret n'eft pas digne d'un ajournement. Je 
demande la queftion préalable. ! 

Barrère, U eft impoliiique de traiter en ce moment une queftion 
relative aux eccléfiaftiques ; nous en avons alTcz des conjurations 
départementales, des rebelles de la Vendée & de la coalition gi-on- 
dilée du Midi. Sous le rapport économique , c*eft une mefure bien 
petite que celle qui épargne dix - huit cents mi le livres par mois | 



*■ évêqu 

fondions curiales, & en ont éprouvé des refus. 11 faut donc que Ton 
n^invife plus, il faut ordonner. Je demande que les é. èqucs foient 
tenus de nommer à Texercice des fondions curiales , tcux de Ifurs 
Ttcairej qui ne leur font pas ftri^^emeut néceiiaires. 

On demande à aller aux voix. 

Malùtrmi, Je demande que les vicaires foient tenus d'scc?pter^ 
l^us peine de nen-paiement de leur traitement. 

La propofitton ainfi amendée eft adoptée en ces termes : 
î u La convention nationale confiddrant que le nombre des vicaires 
épifcopaux eft plus coniidérable que ne i'exifent leurs f^i.flions, que 
beaucoup de paroiHes de campagne manqueoi de cuiés ou de d^^Uer- 
vans, décrète que les évêques feront tenus de faire delicrvir les pa- 
roiftes vacantes par leurs vicaires épifcopaux jufqu'à la prochaine 
réunion des all'emblées primaires. & que lefclits vicaires, nommés 
par les évèques , feront tenus de dcàrervir les pareilles , fous peine d;5 
privadon de leurs fataires , & renvoie aux comités des finances 6c lée^if- 
lation réunis la propofition tendante à réduire le nombre des vicaires 
épifcopaux.** 

David, au nom du comité d'bftrué^ion publique, fait adopter un 
décret qui accorde à chaque élève de l'école françaife de peinture & 
d'archite£lure , qui ne peuvent fe rendre à Rome , une l'omme de 
A,40O liv. pour chacune des cinq années que doit durer leur cours. 

Hérault- Sdchil/es, Vous avez renvoyé à votre comité de f&liit pr- 
blic la réda^ion du décret qui prononce la peine de mort contre ceux 
qui altéreroieHt le texte de la cor.ftitution que vous préfentez au 
I^eupk , & vous l'avez en même temps charge de rédiger une adreCTe 
aux Français fur cette altération. Je viens vous lire l'un & l'autre. 

Adrejfe aux Français. 

Français, la convention nationale apprend que déjà les ennemis de 
là liberté ont falfîfté l'a^e conftitutionnel , 6c qu'ils s'emprcftert de 
répandre dans la république, avec une profullon perfide , des exem- 
plaires déshonorés par leurs mcnfonges. Ils ne voient qu*tivcc dcief- 
poif s'approcher le règne de la loi; ilsfehkentde fe reliaiiir, par 
ranarchie morale , des troubles & des malheurs que la conflituuorx 
vz leur ravir. 

Il fut inconnu aux anciens , cet attentat de Tariftocratie moderne. Si 
la pniftance de l'imprimerie leur manqua , du moins ils en ignorèrent 
toi crimes. lU ne cooiièreot leurs loix qu'à rincorruptiblc aiialu» oi^ 



i la tB&noîre pure èe$ enfanr » & ils oc tps virent pafflétrîr àleiife' 
ittitlance par rîaventioa même qui devott les répandre ÔC les con^ 
iacrer. 

Ceft donc une pouvelle obligation iofpo fée au légiflateur de veillet 
C:r Ton ouvrage , 8c de le fiitvrc , pour ainfi dire , jufqa'i ce c^'il Coil 
parvenu dam toute Ton intégrité à la chaumière la plus lointaine. 

Chez les Athéniens, la loi frappoit de roert l'étranger qui s'in^o* 
diiiloit dans TaHemblée populaire, parce qu'il ufurpoit la rouverai^ 
Reté. Chez les Français libres» qu'il tombe fous le glaive de la )U& 
tic? , celui qui s'introduit dans la peufée même des légiflateurs» ponif 
en dénaturer les réfultats. 

La co.ivcntion nationale invite tous les amis de la liberté i recher* 
cher fans rcUche ces fabricateurs de faulfes loix. Elle recommande à 
tous les citoyens de ne porter leur jugement , de n'émettre leur voeu » 
que fur les exemplaires authentiques adreifés direôement au confeii 
exécutif, aux communes & autorités conÇituées. 

La convention nationale , fur le rapport de fon comité de falut pu* 
b!ic , décrète ce qui fuit: 

«< Toute personne qui aura imprimé ou fait imprimer , vendu ou di(^ 
tribué , fsic vendre ou didrtbuer un ou plufieurs exemplaires altérés 
ou falGEés , de la déclaration des droits de Thomme & du cito/en , 8( 
de l'a^e conftinitionnel , dont la réda^ion a été décrétée le 24 juin 
'793 1 ^ préfentée enfutte par la convention nationale à Tatceptar 
tion du peuple français , fera punie de mort, 
La rédaélion de l'adrelfe Se du décret eft adoptée. 
Un membre du comité de fureté gindrale. Je fuis charsë de donner 
lecture à U convention , d'un procès-verbal qui coimate Tarrefta^ 
lion dans la ville de Mantes» de GahrielrHyûcinthe Coupé ^ députa 
des Côtes-duiNord , qui voyageoit fans paifeport. 

Gabriel-Hyacinthe Coupé , mis en état d'arreftation à Mantes » 
fera transféié à Paris, ordonne au miniftre de l'intérieur de don- 
ner des ordres à cet égard , déclare qu'elle eli fatisfaite de la con« 
duire de la municipalité de Mantes. 

Delacrjix, Cette mefure eft infufiirante , le citoyen a ebandonné 
fon poile, il eft cenfé démtftlonnaire j je demande que foa Cup-« 
pléant foit appelé. 
La propoiîtion & le projet de décret font adoptés. 
Goenon Je demande que la convention cenftate au procès-vesbal i, 
que moi Cyoc..on,suis à mon pofte» 

t>oiipt'{ de rOife ). Je demande que l'on cenftate auft!i que le 
Couoé mis en état d'arreflation « eft le député des C^les-du* 
Nord. 
Lts différentes proportions font adoptées. 
Grégoire après un court rapport , demande que l'aitemblée dé** 
crcte qu'il fera accordé des indenmités aux habkans des Alpes ma-* 
ritipics , qui ont fouffett des pillages qui ont eu lieu dans c» 
ays. 

*niTemblé? ordonne llmpreftion du rapport & Tajoumement. 
Lombari'Lachaux, La convention apprendra fans dovte avec in* 
tér^t, que 120 chalTeurs du département de l'Eure ont réfifté à 
toutes les féduAions qu'ion avoit exercées contre eux 8c viennent 
d'arriver à Verfailles. 

Mallarmé préCente un projet de liquidation de ta dette publî-» 
que. La convention en ordonne le renvoi au comité des finances^ 
pour lui en faire un rapport dans trois jours. 

Barrire, Citeyens», le vaiA^eau américain le P'etit Chérubin avoir 
tranfporté au navre tes Français que le gouvernement efpagnot 
avoit indignement chaftés. Il en partit le t juin : 6c le 6 du même» 
mois , à la hauteur de Duntcerquc , il tut pris par le corfalr^b 
fil Vrai Patriott. & le lo^igre- t Argus y oc conduit dan» cft 

E A 



i- 



( 7^0 } 

po^t. Qn f« co;^^mfit trèj-mal à fon i^ré : (e^ \ 

traités y 6c un Français ée récjuipag'? mi coifali 

à (on ffcond licutei.ant. Le miniftrc j-U^inpotcniii 

den^ande que l'on failc la reclvcrche du meurÇtij 

damné à mort, ôt que le vaiflcaii fuit rcîâcU^J 

ce récit vous a ii.fpiré , efl un fûr-garant q«f 

obtiendront les réparations néceflaireî. 

' Votre comité vous propcfe à cet égarcî le prs 

vant : . 

V La convention nationale après avoir cnrcndu '■ 

inhé de faîut public , d(ifcrète : 

Art. l". Le miniftre de la.juftice cfl cbarr. 
champ toutes les informations nécefiaires fur 
6 juin par le capitaine fc par l'équipage <îa 
triote, oc le lougre PArgos^ appartenant î U 
îe capitaine & l'équipage du navire .ïmëricain 
Petit Chérubin) , oc d'en faire inccffammcrvt le 
tien nationale. 

n. Le navire améri ain tht Litte Chimh f«rt 
nîftre de la rrarine eft chargé de f.iïre fïatuer^ 
peut lui être dr.e , fuit à caiifc du retard appo 
à <wufe du déeàt fait à bord. 

III. Le miniflre de la rnarinc cfl: t«nu de pr<^ 
mens fur 'a famille du îieutei ant en fcconrf i 
the Litte Ch'rubt pour être ftatué iiltérieiircniÊHt 
la république doit lui donner. 

IV. Le mil iPre des al^aircs etrarc' tes ^fî th 
fier fur le champ le d'crct au mijuOrc |ïît*î*tpd| 
Unis, 6t au miniflre de la républi.|ue ffïin^sifé 
riquc. 

Le projet de décret tft adopté, 

fiarrcre. Un autre objet «!cs rccîarTation<î dn 
Unis eft la fufpenfion du décret qui dcfcr^d aul 
publique , de courir fur les vaiffeaux airi^çtcaîll 
détriment aux négocians de cette ratiDn amîfl 
fahit public a penfé que la courfc n'étoU per 
terct de la république & non pour le béitf\te 
vous propofe en conféquence le projt't de décn 

la convci.tkn r.a:ionr.le déclare ctie }ct vsiîff 
d'/méricue n'ont pu être compris «ani !e déci 
navires fur lefquels les cor<cires frani^aii peuvi 

Le projet de décret cft adopté. 

Suite de /a féiince du famedi 20 » ^Jrriri?* Le cfl 
vous a rendu compte à cîeux époques djfïérente 
la Corfe ; les prcflentin^ens qu'il vous inamfefl 
que trop juftifiés. La Corfe eft en cûïitrc-réva 
▼0$ commifîaires font réduits d la t'éffnfc des 1 

La j)remière foij qu'on s'occupa dii* cette 
prévenir les manœuvres <îe Paolî K de Poïxo- 
jjénéral-fyndic du département, qui cl^tTchoîeiic 
du pouvoir national. Vous lançâtes contre t\mf 
tion quMI cfit été plus prudent peut-t:tre éc no \ 
ils en prirent occasion pour intérefler à leur s 
ment ami de la liberté, et qu'ils avoicnt trctnf 
^u'on vowlort couronner en France le duc é^C 
l'ifle aux Génois. Vous cnvoyâtei des commifl 
l'exécution de votre décret. ^ 

Leurs opérations vous furent dénoncées , 6t m 
vous dfclibérAtes la fuCpenfion du décret rer.dii et 
di-fiorgo , ^ l'envoi de deux ntuve»wx wmrr- 




0$) 

.le ce trimc(^f€. Citoyens, fi votis 
-r.nqi.il'îté i-i'hUij e, n'en cl crchoc 
s îi^oi.rCLi -S (\uiji, voi.s pOfO'iî 
V'èvciit <iaiiS l'extrtra.'tc ^yjiclufc ). 
t luîs é'ûic.it ci'.sccui; iri.t n s^xcs 
.'Cra!ift:s.... Froinrei leurs cr mts : 
a ret^blio..., ^( De nouveaux mur* 

• nj t'er un raprort fur les cctenus:: 
..d nonibre qui o.t fui^ Avait leaf 
.ci.t i rcicu» «u rappu t ({lii lievoic 
1' tii ! a mou tour, j^ fais ctticfra^ 
e folle poiiit de laj^port avcni q..ff 
', L;iri.icre, Salles, iJa.baroiix ^ui 
c duns le ciépartcmeiit de l'Eure , nf 

xtrémi'c pauche, 

cens raliemblée. — • {a ptoporiiion 

:l:e 'a cîCturc de la di cufiion, 

le LUX vvix 6c dccré ce , ;u milien 
.t*.. "-- La rtdiiilion vriiiCvp.Cc. — ** 

r rt'cli ionnel , que les membres q'tî 
ittr^TévoUitioni. aires octcuus ou en 

rncnî 

l es membres de la ]^arîic* droite* Ce 
x-rd > itc ppi cbe réc amc l'crrire cii 
uur que la propohtîoa l'oit iitiû uux 



rppi'yée. - • 

t V ux quiont mis la main dans le trc« 



n fur nnftrii6îon publique. Coupé 

■i dus f' r cc'te c;uo(îion. ' 

qi^e K s lec.ionsde cct^e viî'e C('m« 

tr.ttrn'té, séante .'ixCa m^s, a 

cintre le voeu de rr.iieirbice ; les 

Dcjà on arrrcîé une îdrelio à la 

a't^chcniPi.t inviolable ces 1.4l itan$- 

te de la ép ibfiquf». 

tioi) l;oror..ble de la conduite del 

T^. On dorne leOtire d'un grand 
n aux décrets du 51 mù, 

cHn foprr, la c,(n6 aïe bat dm 
V.V l'ous lomrrcs inns fu'-ccs ^v f. n« 
• ^uVn veut nous punir l'/avoir éti 

".c a pris bier des mcfures pour cet 
. > 

f fort , h ce que Tâfpren'^s d<ins es 
c qne la coi.vv?! ^icv> les »utoriie 'à 
i:'.eroîitcouveiiablcs. 

1 

r't<; fe pr<?re' t?nt à !a bnrre , ^ dç- 
d.i^ribue foient convertis «.i Lecouât 

F. ■ - 



( 7«> ) 

pott. Qn fc co.ndin(lt trèfinal à fon ^gar^ : Ce» marins firent i»»f« 

traités, & un Français éc réquirage du cotfaîrc hrCiîa la cervelle 
à fon fécond lieuter.ant. Le miniRre pidnîpoteniîaîre des Htats-Unî» 
demande que l'on fafie la recherche du meurtrier , qu'il foit con-. 
damné à mort, & r(i]e le vailTcau foit relâché. L'indignation que 
ce récit vous a iiifpré , cft un fûr-garant que vos hdcles allici 
obtiendront les réparations nécedaires. 

* Votre comité vous propofc à cet égard le projet de décret fui- 
vant : 

* La convention nationale après avoir entendu le rapport de fon co« 
inné de faîut public , décrète : 

Art. 1*'. Le miniftre de bjuftice cft chargé de faire faire furie 
champ toutes les informations nécelTaîres fur la conduite tenue le 
6 juin par le capitaine fc par l'équipage du corfaîre le Vrai Pa^ 
triotCf oc le îougre tJrgos^ appartenant i la république, contre 
le capiraire & Téquipage du navire américain thc Littt Cheruh{U 
Petit Chérubin ) , oc d'en faire incclTammcnt le réfultat à la conven- 
tion nationale. 

H. Le nav're amériraîn thc Litte Chiruh fera relâché, 6c le mi- 
niftre de la n-arine eft chargé de faire ftatuer fjr l'indemnité qui 
reut lui être di:e , fuit à caufc du retard apporté a l'on départ, foit 
(»ufe du dét'àt fait à bord. 

* 111. Le miniflrc de la marine eft tenu de prcnc'rc des renfei^ne- 
mcos fur 'a famille du îîeuterant en fécond du r.avire américaio 
the Litte Chiruh ^ pour être ftatué ultérieurement fur rindemiiiîc que 
la république doit lui donner. 

IV. Le mil iPre des al^oires étrarc^'res eft* ehrtf;é de faire noti- 
fier fur le charr^p le d'crct au mip.iftrc p!^nîpotcr.ti»^/ire des Ftnts- 
l/nîs , 6t au miniftre de la république ffançaile envoyé en Amé- 
rique. 

Le projet de décret cft r.dopté. 

fiarrère. Un autre objet des réclamations du miniftre des Etats- 
Uni< eft la fufpenf:on du décret qui défend aux corfpîres de la ré- 
publique , de courir fur. les vaiiTcaux américains, ce qvii C9ufe un 
détriment aux négocians de cette ration amie. Votre comité de 
falut public a penfé que îa courfe n'étoit pcrmife que pour l*in- 
térC't de la république Ôc non pour le bénéfice des particuliers 1! 
vous propofe en conféquence le projet de décret fuivant : 

la conTci.tWn nationrlc déclare aue les vaiiTeai:x des Ftats*UnU 
d'.Amérique n'ont pu être compris aans le décret qui défigne les 
navrres fur lefquels les cor'cires français peuvent courir. 

Le projet de décrèt eft adopté. 

Suite de la féanee du famedi s-q. Barrère^ Le comité de falut public 
vous a rendu compte à deux époques différentes de ce qui concerne 
!a Corfe : les preftentimcns qu'il vous manifeftoit alors , n'ont été 
qut trop juftifiés. La Corfe cft en contre-révolutîon ouverte , 8c 
vos commiifaires font réduits d la défenfe des points. maritimes. 

La j)rcmière fois qu'on s'occupa de cette ine, il s'agiftoit de 
prévenir les manoeuvres <îe Paclî oc de PoiZo-di-Bore;o , procurcur- 
îjénéral-fyndic du département , qui cherchoient à s'élever au-deftus 
«u pouvoir national. Vous lançâtes contre eux un décret d'arrefta- 
tion quNI eût été plus prudent peut-être de ne pas rendre. En effet , 
ils en prirent occasion pour intéreff^r à leur sort le peuple vrai- 
ment amî de la liberté, et qu'ils avoicnt trompe en lui perfuadant 
^u'on voutoft couronner en France le duc d'Orléans , ou livrer 
rifle aux Génois. Vous envoyâtes des commiftisires pour obtenir 
Texécution de votre décret. 

Leurs opérations vous furent dénoncées, Se quelque temps après 
vous délibérâtes la fufpenfion du décret rendu contre Paoli & Pozio- 
di-fiorgo , ^ TcRYçi de deux neuveaux commi^aires. Leur miflioa 



( 701 ) 

pouvoir iTCtT les plut hcuTeux effets ; maïs Ils furent arrêtés à Ai« 
par Us ordres de cette conjutation aï'nîniftrativequi veut fédéralifer 
le Midi; car c'cft un a£\e de féd<5ra!ifrte que d'empêcher la com- 
munication des reprëfentans du peuple avec les départemens. II nt 
rcftc donc à votre comité au'à vous rendre compte des opérations 
des comrr.iiValrcs qui font uans le pays. 

Le 13 mai , voyaant les intrigues (le Paolî et de ceux qu'il avok 
fait emrcr dans Ta coalition , ils prirent un arrêté par lequel ils fus- 
pendirent le direûçire & le confeil- •relierai du département; ils 
ordonnèrent l'cMbltÛement d'une commiflTion adminiftrative , com- 
pofee d*un membre de chaque diftriil à Baftia. Mais alors les mé- 
contens, pour fe défendre , ont fait ce que nous voyons faire auprès 
de nous -, ils ont convoqué le peuple dans fes aflembfées primaires ; fie 
pour qu'on ne trouve point dilégalité , ils les ont difpenfés de toute 
tormalité, pourvu que le voeu de l'aflemblée fût bien connu. Cet 
faits font contenus dans la lettre que nous écrit notre collègue Del- 
cher de Ballia, en. date eu 1 iuin. 

Voici Vextrait du bulletin de la ccnfutta , tenue à Corté. 

« L'ouverture s'en eft faite le a8 mait Paoli a été nommé préii- 
dcnt, Léonartlo vice - prcfidcm , Pozzo-di-Borgo , fecrétaire. lis 
ont rapporté le décret de la convention oui les met eti état d'ar- 
reftaficn. Le premier a été proclamé géncraliflîme èi^ Corfes & 
chargé dii pouvoir exécutif de la nntion Corfe. On a rappelle les 
dcpjtcs SaîicetM , Caza - Bianca ; leur f;imi'le a ét4 roife en état 
d'arredation. On a ordonné aux Corfes qui fervent dans les troupes 
de la république , de. fe rendre à Corté pour obtenir leur pardon , 
fous peine de* voir piller l?urs maifons. Les moines vont reprendre 
leurs frocs; enfin, on a délibéré de fommer les commiilaires de 
quitter Tifle, fous peine d'être pourfuivis 6c arrêtés »». 

PaoU a fait auflTi publier en ita'icn une notice provenant de Mar- 
fcill», datée du 14 msî, qui cft a iafi terminée. 

Ohfcrviitiun, Très-cher concitoye'.s, voi'S voyez que les commîf- 
firtres qui font ici ont le même projet. Nous leur avons rédfté 
comme les citoyens de Marfeillc; cbaffcz-les. 

Cott^':ù/7. Notez cncor*? que le kcrétaire de cette fameufe con- 
/^.7*:, q î /eft n':trc cKofc que Taiïemb'ée nationale de Corfe', 
étoit rjntim?.imtde Erillot, Guadet , Vergniaux & Gcnfonné. 

B^rr'cre r:nrri{. Il ei important de vous donner connoiflance de 
fa 'ettre ccrit-? à /o^ commillair*»s, par la municipalité d|Adjaccio* 
«On nom a rerfu^dé, leur éc-ivoit-olle , que l'objet ptincipal de 
vu-r? mTMjn .'tiît de nous ravir la liberté, & de placer ^Or/éaiw 
f.ir !e t-ône. L'r-rarpil de guerre qui vous accompagne confirme 
nos fou çons ; mois vous n*» devez pas mcconnoUre les fentimeni 
qui nouî Anim-n. La eonf t't n'a eu' d'autre objet que de fwre 
rcnouveller nix citoyens ^e ferment de refter fidèles à la loi. Nous 
périrons r^»r'^•^ c|i.i?» /e fahîr notre ferment. Nous ne pouvons^ neus 
di ''ncHfer de votis 'e'^dri» jrarnns des excè* ou'on pourroit méconnoître». 

Vo-.s pouvez ju'^'.r pa»- cette lettre , jufqu'â quel excès le peuple eft 
é--ré', f«f pîr quels oc^ièux foupçons on l'agite contre voua. 

; * c . ')!té rr'a cbar<'é de vous préfenter pi uGeurs projets dedé- 
CT t< ; i; 3 per '^ (tu'i! é^oît eiTenttoî de calTer cette confvtta^ dont 
la viV'ce s'é'e -rot bientôt comre la vôtre; d'aiïurer des fecouts 
aîix ^' -r^s réptiblîcains , qui , m^'Vré la pcrfécition de leurs familles 
ti. U f'é.rC M> d« îeurs nropnétés, font venus groflfir dans les 
vilVs fi^'èl * ' ? prrti ''e !a liberté. W a penfé q.ie vous deviez éclairer 
ce p-jp'" r, f"ton vos commilTaires , il n'eft qu'égaré far des 

a»r'-it' > . \ tout préfatTC qu'avant un mois il frappera lui-même 
toii^ ' '. r" . f^ de la coiitre-revotution adminiftrative. Il a penfé enfin 
cT'*i! •• *• iitiîe î^p^î'^anc (!e former en Corfe deux départemens. 
.Ctit: : c», qai a cent lieues de tour, mais qui n'cûpas également 



iM^ité»» eft iirKie par îcs montagnes , enr teix pirtîcs : Tune en^ 
deçà âts monts , Pautre au - 4c!à. Âtnfi la nature fembls indiquer 
«ile«mème cette divifion dëpartementale ». fit dans le» circonftancer 
aftucllcs , elle pourra devenir Calutaire pour les amis de la république, 
Barrère propofe un pro|et de décret dont voici les di pofuions» 
Art. l". La convention nationafc approuve les arrêtés pris lé 
13 êc le 17 mai par Ces commiliaires en Cotfe, portant fufpenfioa 
4es admtntftrateurs de ce département. 

H. Tous les a^cf de l'allcmblée connue fous fe nom de la fo«- 
fulta^ font déclarés nuls fie atteaiatokcs 41a fouveraineté du peuple^' 

III. Le payement du traitement des fonôiénnaires publics en Corfe 
«ftiuTpenau. li ne fera envoyé de fonds dans ce département que- 
pour la folde des troupes de la républioue. 

IV. Cinq cents mille livres font deftmées à feeourîr les Corfe» 
<|ui combattent pour la caufe de la répub5que. 

V. Le buUetrn de la convention, les adrefle», les loîx fie Ta^e 
conftitatîonnel , Cerent traduits^ en italien , pour être envoyés dan» 
ce département. 

VI. Cinq cents mille livres feront envojrées dans ce département 
& mifes à ta dilpofition des commilTzires de la convention, pour 
alTurer les fubriilances aux villes fidèles à la république. 

VIL Le minîAre de l'intérieur fe concertera avec le miniftre de 
la marine, pour faire paiier des approvifionnemens aux armées. 

yiU. Le comité de divifton fera inceiTamment un rapport pour 
Jîvifer ta Corfe en deux départemens. 

1X« Le décret qui fufpend /exécution de celui qui concerne Paoll 
êc les adminiftrateurs de Corfe e(i rapporté. 

Toutes ces difpoGtions font adoptées en mafTe, fauf ré<iaéHon. 

Lacroix, La convention doit ooferver que les Corfes qui font 
reftés fidèles à la république , ont été incendiés & pillés. Je demande 
qu'elle leur «llure une indemnité proportiojinée à leurs pertes , & 
tfu'elle commence à Kfccorder à ceux dont les propriétés font déjà 

Lacroix f de Ta Marne). Je demande qu'on ajoute à cette propo* 
ntion , la clifpofitîon fuivante -, sauf le recours de ta nation contre 
lek biens des rebelles. 

La convention adopte Ta proportion 8c famendement. 

Barrère, J'annonce mie le comité de faîut public pourra ^main 
laire fon rapport fur les députés détenus. ^ 

Chabot, J'obferve à la convention que Rouyer 8c fon collègue , 
rappelés depuis le 50 avril de leur commiflion , ne font pas encore 
revenus. Ils ne font reftés que pour agiter le département de l'Hé-- 
rauît, 8e protefler avec lui contre tous les décrets que vousavea- 
.rendu depttis le 11 mai. Je demande ou'il foit enjoint à ces dépu- 
tés, de le rendre à leur pofte , ou qu'ils foient déclarés démiiTion'" 
siaires fie remplacés. 

Le c . . . . Rouyer fie fon collègue ne font point coupables. Je vaîr 
vous donner lefture d'une lettre que j'ai reçue de Rouyer, datée 
de MonpcUier , le 19 juin. Cette lettre efl ainû conçue : 

« Nous refions encore ici, pour accélérer ta marche de cînqba- 
r* taillons que uous venons d'obtenir du département du Var, 8c 
« nous y fommes autorifé; par le comité de falut public. Nout 
*» furveillons auffi la manuFa^ure de, Saint-Etoenne , conformément 
** encore à l'invitation du comité »v. ^ ^ ^ 

Dans la fuite de cette lettre , Rouyer dénoncé aux jacobins par 
îe profefTeur du collège de Bézitrs, ifltîtc fon ami à prendre sa 
rféfenfc, fi cette dénonciation étoit portée à la convention nationale. 

Guffroy. Je demande que cette lettre foit dépofée au comité de 
laKit puDlic. 

Le c... Je ne puis le faire , parce qi^ic rorigiival cft entre leè 
Biftlui de Letoumeur* 



L'aiTcmbV^ pafTei Tordre du jou^. 

Sanire. Vous aviez nommé conimiir:ure à Touloufe , le citoyen 
Chémer ; ce dernier refufe cette commiflion ; le comité vous pr^- 
pofe d*en charger les citoyens Bandoc & OruUi. 

l/n numbre. Je demande la queftion préalable fur le projet da 
décret. L'envoi de commiiiairei dans la vîtle de ToulouU cft dé- 
formais inutile ; depuis que vous avez décrété la mife en liberté 
des patriotes incarcérés , TeCprit des ferlions a totalement changé* 
Les prélidens ariftocrates ont été chaOés ; huit feélions ont réclamé 
contre les arrêtés pris par les ad'nini(trateurs(on applaudit). 

Le projet de décret e(l écarté par la que ftion préalable ; la con- 
vention rapporte le décret qui ordonnoit l'envoi de commîŒaires 4 
Touioufe. . ^ ^ 

Séance du mardi 2 juillet. Au nom du comité de corrcfpondance , 
Levalieîir préfente TanalyCe des adreltes envoyées i la convention 9 
elles adhèrent aux décrets de la convention ou 31 mai; félicitent 
h convention d'avoir terminé la conftitution , & demandent qu'elle 
foit au plutôt cré (entée à l'acceptation du peuple. 

A Auzçrre , l a£le conftitutionnel a été lu , & la fociété républi- 
caine a repris fon titre d'amis de la conftimtion. 

Lz convention décrète l'impreilian de l'adreîTe » & la mention 
honorable au procès-verbal. On admet i la barre une députàtioa 
de ta commune de Blangls , diAriél éé Pont-r£vèque. 

DetadroiM* Les citoyens que vous venez d'entendre « ne font pas 
envoyés par une commune, nais par une afliemblée primaire da 
difiriâ de Pont-.'Evèaue. 

Voici l'arrêté du diftriélde Pont-l'Evêque. 
M Nous nous déclarons en infurreélion , & nous ne ceflTerons d*y 
être , que quand les violences exercées contre la convention par les 
fameux de la montagne & la commune du 10 août» auront celle. 
Nous voulons la république une âc indivifible ; nous abjurons rout« 
idée de fédéralifme ; nous proteHons contre tous les décrets rendus 
depuis le 31 mai; comme l'ayant été par les faélieux delà montagne 
& de la commune \ nous méconnoiflons le pouvoir exécutif aftuel ^ 
& les décrets qo^ll nous adreffera lui feront renvoyés. Toute cora-< 
nunication avec Paris ceffera , jufqu à ce que les departemens aient 
obtenu la rcdreiTement de leurs griefs, les fonds ae la caiite pu- 
■ blique condnceront d'être arrêtés. La générale (era battue ; les 
aiiemblées primaires fe réuniront ; il fera ouvert un regiftre oû: 
s'infcriront les citoyens qui defireront fe joindre a la force départe- 
mentale. ^ 

Comme votre intention n'rft pas de payer, des adminillrafeurs en' 
révolte, de donner une folde aux troupes qui fe font fournis à 
leurs ordres , te demande qu'il ne foit plus envoyé de fonds aui( 
receveurs du aiftriâ , non plus qu'à la caiiïe militaire de l'armée 
des Côtes. Je demande en outre que vous ordonniez au fcizième 
régiment de chaileurs qui n'avoit été envoyé à Falaifo , que pouD 
fe completter , de fe rendre à Orléans \ que vous le cauiez dan» 
le cas de refus, & que vous permettiez à ceux qui s'y rendront, 
de s'organifer & de nommer d'autres oilîciers. Je demande que les 
brigades de gendarmerie du département de l'Oife foient tenues de 
f^ rendre à Melun ou dans tels autres lieulx, fous peine d*étre caiTés 
en cas de refus. 
Ces propofitions font adoptées. 

Ramel préfente l'avis du comité des finances fur la fufpenfion d% 
payement des contributions 6c des annuités. Il demande le renvoi 
au comité de falut public , pour entrer dans le rapport géiiéral qu'il 
doit faire. 

Delacroix foutientfes propofitions , & l'affemblée rend. lei décrtti' 
bivaats. 



( 7^4 ) 

Premier iéereu La confection nationa΀ fufpend provîfoîrcment Te 
pyement du traiteinent accordé à tous ceux qui font faîarics pai^. 
n république dans les départemens de... oui font déclarés en état 
de rébellion contre la convention nationale, jufqu'à ce qu'ils aienr 
jufli&é qu'ils n*ont pris aucune part aux mcfarcs liberticides prifes 
par les adminiftrations , ou qu'ils fe font rétrsélcs. 

Le miniftrc de l'intérieur eft chargé de faire parvenir direilement 
•ox adminiftrations de dîftrift, reftécs fidèles a la république, '& 
<|ui ont improuve les arrêtés contre révolutionnaires dev adminiàra- 
teurs de département, les fonds néceîTatres pour le paiement des 
fonflionnaires publics & des falariés par la nation , dans leur arron* 
diffement. 

Autre décret, La convention nationale décrète : 

Art. !•'. Le miniftre de la guerre donnera les ordres néceffaires 
à la gendarmerie nationale des départemens.... de fe rendre dans 
le plus coart délai dans la ville de Chartres, Vcrfailles & Melun. 

II. Le préfent décret, Ôt les ordres du rainiftre feront adreflcs 
direélement au commencement de chaque brigade. 

Ili. Les officiers, fous - officiers & gendarmes nationaux qui 
ne fe rendroient pas au lieu de leur deftination dans le dciûî 
«jui fera fixé, font dès-à- préfent deHitués; & dans le ca< où ils 
continuerotent leur fervice fie d'obéir aux réquifiticns des adminif. 
nations , ils font déclarés traîtres à la patrie , 6c feront pourfuivîs 
<c punis comme tels. 

iV, Ceux des officiers, fous-officiers & gendarmes (;ui fe rendront 
aux lieux défignés 8c dans le délai fixé, s'orçaniferont ; i!s nom-' 
meront leurs oftciers, & feront à la difpofitiun du minillre de la 
guerre. 
^ Autre décret, La convention nationale décrète que les loix & 
bulletins feront imprimés à Paris, fie envoyés directement a.x dif- 
triéU reftés fidèles à la républi^wc , fie aux communes chefs- lieux 
4e canton, pour delà être diftnbués dans les autres coT.munes. 

Autre décret, La convention nationale décrète que le feizième 
régiment de chafieurs , en garnifoa à Falaifo , fera ti'nu d'en partir 
au plus tard le lo de ce mois, pour fe rendre 4 Orléans, en exé- 
cution des ordres qui lui ont été adrcllés par le miniftre de la 
guerre. 

n. Le miniftre de la guerre donnera les ordres nécefTcircs pour 
fufpendre toucff envoi d'armes Sx. d'effets d'habillement deftinés à ce 
réêiroent. 

lIL Dans le cas où ce régiment n'exécuteroit pas les ordres qui 
lui feront données par Je miniftre de la guerre , en exécution du 

Sréfent décret , fie ne fe rendroit pas au lieu qui lui fera indiqué , 
[ dans le délai fixé , il eft dc$-à-préfent licencié. 

IV. Les officiers , fous-officiers fie dra:;ons qni, d'après les dif- 
pofitions de l'article précédent; continueront de faire le fervice 
militaire , d'obéir aux ordres du traître Wimphen , ou aux réquî- 
fitions des autorités conftituécs , du département du Calvados , lont 
dès'à-préfent déclarés traîtres à la patrie , fie feront pour.uivis fie 
punis comme tels. 

Suite de la séûncl du mardi j juillet, Lindet. Je demande , par amen- 
dement, qu'on excepte eu nombre des fon^ionnaires publics auxquels 
le traitement ne fera pas payé , ceux qui n'ont pas figné tes arrêtes , 
#u qui fe fcroicnt réiraftv^s. 

Lepréfiàtnt, Je mets aux voix la réilaflion 

Des réclamations s'élèvent dans la partie droite; un grand nombre 
de membres réclame la parole. 

Defvars, La qiicftion (jui vous eft foumîfe me paroît iîlufoire , fie 
la raefure propoféc inutile, puifque le traitement des R)nftionn;.îrcs 
•ttbUcs est écou depuis le premiar de ce mois, fie qu'ih font en ce 

"' ^mei.t 



Ciotnent prëfomptiv^ement pay^s cîe ce trimcftr«. Cîtoyeti) , (t votit 
'Toudt éc iK^nue-foi râablit la tranquil^îté f.ûbliq o, n'en'd crch«C 
pa^ le Rioycr. cms Us cifpuUtions rigoureuics q^^'on vous p:opo>£ 
louiKlltrineift^. (Des murniures s'clèvcnr <ians l'extrcoutc gaictiA }• 
Vous avez àp-ouver que les détenus é*oiCiit ci<sconf> iiat tivs^^es 
conTe-révo'i.tioDnaires âc des fédéraliil^s.... rr^inrez leurs crmes': 
.tbrs !a traitait îMité publique ftia rét. blte....^( 0« nouvcauj: nut* 
«lur es s'élèvent). 

LticroAx. O . ne ceCe de démarcher un rap^-ort fur les c^tcous:: 
■la & parmi eux il en «il un grand nombre qui ont fui^ Avar.c leur 
.évauoi. , ou «lemandoit qii'ils fuuci.t } réicik» su rappo.t ((ui devuit 
être fait fur leur conduire... . 1 h bien ! a mou tour , \^ fais cctt«f ra#- 
poiitioii, & }e dcmatide qu'on oe f^ile Doint de lapport avant q.>tf 
l>u£ot p Pctioni OoraSy oi»dct, L;*riviere, Salles, iiaibarouk ^ui 
.foufilei t ie feu de la guerre 'civile djns le département de i*<.ure , u# 
fojc.t fret eus i la (cance. 

On applaudit vivement dans Textrémi^é gauche. 

Uàie Ti«e agitation fe répand dans l'allemblée. — * |a ftopcnilon 
D*a pas de f^ite. 

Oo drmarde dans la partie $!auche la clôture de la di cuHion, 

La clôture de la di cullion eA m:rc sus voix 6C dccré éc , iu milieu 
^es réclamations de la partie droite. «— - La rtd^iilion ifi adoptée. -•»** 
Les tiîbunes applaudiiient. 

Carrié. Je demande , par article cddi lonnel , que les membres* qtil 
Re fort ici que la doublure des contre «ré voUitioniiaircs de'tenus ou en 
fuite, ne reçoivei>t plus de traitement r 

Les tribunes applaudiiient. -— Les membres de la partie droite fe 
lèrent en criant : aux vuix, -— L'cx*réa iic gaiche réc'amc iVrrire du 
fOur. — — La partie droite iiilifte pour que la propoiition foit miû aux 
▼oix, 

Legemb-t, L'ordre du jour 

Ot :s/e. La proportion n*eft pas appuyée. ' • 

Bernard i<s ^chluHS^ Que tous ctux qui.ont mU la main dans le trc* 
Cor j « blic , rend(*nt leurs comptes. 

Cett^î-ropoli'ion v!^?. pas c'c fui'e. 

La.coi.VvMitio. pnile à U r'ifcuriîonfur fînih'uélion^nbllqQe. Coupé 
( de !'Oi e ) Ôi Lt ^uinio font cntei.dus fur certe «|ucfliou. * 

Julien (i:eToi;loufe) nnno:.ce ttvie Us feciionsde cette viHe ccm- 
mencc.t a s'éclairer: cel'e delà rritcrnîté, séante n.x Ca mrs, a 
rapporté tous les arrrétés pris cor^tre le vœu de rnuerrbîce j les 
autres vont fuivre fon exemple. Dcjà on acrrtté une ;drelie à la 
coi.ver.tiou, pour lui térTi*»t7rier i\vtfchemei.t iaviulable ctslâlitans' 
de Toutoufe à l'unité ôc l'i divîlibi'tc de la épubliaup. - ' 

La ccr.v.'n tjn ordjrne lu mention honori.ble de la conduite det 
éîtoycns d^* Toi.loufe. 

Séance du rtercndi ^ juU/ct T'rt)9» On dorne îefturc d'un grand 
noir.tre d'ndrel.es, pert:-ii' adhtfion aux décrets du 31 nui, 

Ces dcpn'és de Ve-no» : 

Viin J*€ux. Léîiil^rt-urs , îc tccfin fonr.e, la tén6 aie twit dnnt 
noscar.tj: ^ , îc cuft tft gra».de, Ac nous lomir.es fans fo'-ces U f.'nf 
moyen de r^Lilérce. Il Semble qu*on veut nous punir d*avoir éti 
patriotev. Ver.eï à n-tre aitç. ' 

Le c Le comité ce falut public a prisV.ier des mefures poiit cet 

objet. * * 

teint' André, T ccoîntre Se Pneuf font , ji ce que l'ap prends dans ce 
wiomcnt-ci ^ à Rouen. Je demande que la coi.vei ricm les autorité !à 
pre -dre toutes les mefures qu'i's jjjjeront convenables. 

La propoiition eft déc-éree. ' 

Les étudîaiis des collé,;es de Paris fe préfet tsnt à la t)arre , êe de» 
' «MAdent que les prix au'on leur diftribue feicnt convertis «a Cecouis 

^ ' ' F. • ' 



t 



( 706 ) 

^€mr les femmes 8c enfans des défenfeurs de la patrie. Une ttnttontm 
de chêne leur paroit une récompenfe fatifaifante pour le vainqueur. 

Lat propoiition cft décnécée. 

Lcc . .1 ous les jours nous entendons Bouchotte dire qu'il ne peut 
jIus porter le fardeau dont vous Tavcz charcé. Je demande qu'enfin 
e comité vous fa^^e un rapport iwr ia diviûon du roiniftêre de la guerre, 
ù nous ne puuvon*<pi>s trouver un de ces gér.ies vaftes , qui puilie di- 
riger une auluvafttr machine. -^ ^ 

La convention ddct ètc q'ie le rapport fera fait dsns trois jours. 

Un fec'étairc <lonne connciliaocc d'une lettre de la fe£Uon de la 
Fontaine Greueilr. Llle anooncc qu'ayant accepté hier à l'unanimité 
*U .coniUtuiion , elle en f«it faire aujourd'hui la proclamation au fou 
diu tambour 6c du canon. 

Scjnct duaurcrtdi f juillet 1795. Sur la propofrion de Dubouchet, 
amandée ] ar Legeidrc , la convention déciètc la mention honorable 
de la conduite des citoyens du canton de Boines & de Saint-Germain- 
Xaval ; elle ordonne i fon comité de faire un rapport fur Lyon » 
féa;)Ce tenante. 

LtoréjétUnt, Des ferions viennent vous préfenter leur procès-ver- 
bal d'acceptation de l'aÛe conftitutionnel. Elles demandent à défiler 
dans la faiic. 



La convention décrète qu'elles feront admifes. 

Celle de Boiidy e:.tre. L'orateur fe place à la barre. 

BilUuÀ'Varemus, Comme les pétitionnaires font un aOe de fouve- 
>ain , je demande que les députés fuient reçus dans l'intérieur de la 
lalle. 
^ ha propofition eft décrétée. 

L^oM^ur, Nous n'abuferons pas de vos momcns ; nous vous lirons 
le procèsoverbal de la féance , qui conftate notre acceptation. 

Le precès-vefKal eft dépofé fur le bureau : la feâion défile au milieu 
des applaudillemens & cns réitérés de vive la républloue. 

CeKe de.l'Arfenal lui fuccède. Lie entre « précédée des enfans 
f veuçlcs , qui » introduits i la barre , entonnent l'hymne éét Mat- 
feiltais. 

. Voratmr. La feftion de l'Arfenal a fanâionné , à runanimité , l'aâe 
conftitationiiet que vous lui avez préfenté. 

Le ptocès-verbal de la féance eft dépofé fur le bureau. 

La leAion préfente enfuite une pétition, dans laquelle elle demande 
que l'établillement de l'infti'tution des aveugles-i^s jouiffe des mêmes 
avantages que celui des fourds & muets. 

Sur fa nropofition de Servent , la convention renvoie cette pétition 
au comité d'inftruélion publique. 

L'.s-citoyens des ferlions de la Maifon Commune 8c delà Réunion 
*font admis a déiiler dans le fein deraftemblée. Les préfidens de ces 
ieâions annoncent à la convention que la déclaration des droits de 
l'hv-mme Se du citoyen , &. l'a^e conftiiutionnel, ont été lus & acc«p- 
tés à l'unanimité , parles citoyens réunis en aflemblces primaires. ---, 
- La faite retentit des cris de vive !a république , vive la conftitution, 

Couthofif au nom du comité de fj lui public. Citoyens, tes patriotes 
de Lyon font opprimés « les républicains de cette ville font arrachés' 
de leur domicile, & plongés dans des cachots. Vous avea renvoyé 
leur pétition au comité de falut public : il vous préfente le projet 'de 
décret fuivant : 

Art. 1. II y a lieu i accufatîon contre le procureur - général du dé* 
.partement de Rhône & Loire, le procureur -fyndic du diftri^ de 
Ly on , & le particulier faifant proviloirement les fondions de procu* 
reitr de la commune de cette ville. 

.' ' IL Les dépofitaires aAualsde l'autorité publiqu«, dans la ville de 
iL^OAj fjnt perfonnellement. refpot.fables fur leurs tètes, des a(- 
cuites qui j^o urroient eue portées à la fûi%té individuelle dos ci* 



{ 7^7 ) , 

toyensçi!, parleurs ordres, ontét<i ariâtés ,.J^temis ou relaxés; 
|Ar fuite dts évènemens qui ont eu lieu dans cette ville le 19 mai ^er**) 
nier. 

III. Le prirent décret fera porr^ par un courrier exrraordtsiaire aux 
rppréfentans du peuple près l'armée des Alpes, qui demeurent chargés' 
d'employer tous les moyens c'iuftruflion & de furce en leur pouvoir , 
pour le faire. exécuter, faire refpef^er les loix, 6c garantir les ci- 
toyens de roBpreflion. 

Le projet de décret eft adopté. 

Leminiflre de t intérieur. Je viens demander les ordres de ta Con* 
Tentîon nationale fur la conduite que je dois tenir, relativement à un- 
nembre de la convention nationale. Le citoytn Couppé a été arrêté^ 
à Mantes , où il padoitCans être muni de paiie*port. 

Lacroix, Cet ex-député doit être regardé comme un (impie parti* 
culier. Je dcmai.de que le miiûftre agide , à fon égard , comme ^ 
regard d'un particulier fufpe^, arrêté fans paiTc-port, Ôc qu'il le 
fafle conduire au comité de fureté générale, pour y être interrogé.' 
11 pourra faire des aveux importans; car il a pluficurs fois réui.itous 
les députés «les départcmens qui compi^fent la ci-devant firetai^ne ; £c- 
après des longs dîners , il leur propofoit de fédéralifer ces dépsne- 
ncns. Ces faits fuffiront far.s doute pour le traduire devant les tri- 
bunaux. 

GuyoTuard. Je dois relever ce fait , parce qu'il eft incxafl ; ccr Ja 
fois aéputé d'un de ces départcmens , 8c jainais je a'ai'été des dîners 
dont parle Lacroix. 

Kiarec fait la même déclaration. - • La difcui&on .eft fermée,' & lesto 
prepofitfons de Lacroix adoptées. 

Ûu jeudi 4JuiIht, Sur les réclamations d'vtn membre , laconventioi» 
décrète que le confeil exécutif rendra compte des deiUtmions qu'il ^ 
prononcées. 

Lacrjîx (de la Marne). Citoyens, les focîétés populaires, ber-i 
ceaux de la révolution , foyers de patriotifme , rochers contre Leiquels- ' 
fe font brifés les efforts de Varidocratie , font en ce moment fous le 
Couteau de la perfécutien des adminiilrations contre-révolutionnuitea 
9i fédéralides. Je demande que le comité de lé^iflatiop foit chargé d» 
nous préfeuter une loi pénale contre les adminiftrateurs qui empêche* 
roicnt les fociétés populaires de s'aHembter. . . 

La propolition de Lacroix eft décrétée. . • , 

Bi/uui^Vûrennes, La convention nationale entendra avec intérêt l^ 
procèso-verbal dretié par une atlemblée de qua-ante^eux fociétés po« 
piilaires réunies d^ins la ville de Valence, où les dignes républicains^ 
qui les compofent ont protefté contre les arrêtés contre-révolution- 
naires du département de Rhône & Loire , du Gard & des BoitcSies da: 
Rhône. ' ^ 

Voici les principales difpofitîons qui ont étc arrêtées. 

•< L'ailemblée décUrc, i*. que U convention nationale efi le feuV 
centre d'unité , le feul po'nt de raliement de tous les patriotes; 1*. que 
les membres qui compofent maintenant la convention, méritent bC 
confiance de la France ; 3». que les foéiétés populaires odi pmiram- 
ment concoitru àTétabliflement de la liberté , ôc au fuccès de la révo-^ 
kition; 4*. qu'elle voue à l'exécration publiciue tous ce ix qui vou-- 
droient ufurper une autorité quelconçfue i y, qu'elle fe a la {guerre 
eux féréraliftes , aux anarchiiles , aux provocat<furs au meUrtre & ai» 
pillage, & à tous ceux qui attet. feront à Tunité de la république^ 
4*. qu'elle atterd avec impatience l'heureufe époque du 10 août, pour? 
fraternîfer avec les parifiens & les dérutés de toute }a république , Ô^' 
préfenter à la com ention l'hommage oe fa rcconnoiflance, 
• La convention décrète la mention honorable de la conduite des fo-- 
fiétés populaires réunies à Valence. : 

.Sergent, au nom d« comité d'inftfu^ion publique, prçpofe ^ 



. f 70« 1 
c<>nfter Ta ftXic^ iu jardm nictianal, dans lequel Tes monumem des. 
art, qui l'embelliflent ëp Oiivei.' joi.Tneîlemfnt des dëv;radations, h 
une comoagiMc ^4 Coldatf i.jvaiidvs , cUar|è« d'y 'faite refpfAer les* 
prropriJt<5$ nationales , fous la furveillaace du comité des tnfpcileurft 
< e !d (Me & du mmiftre do l'inrërijur. 

Le ^T^.jct de décret créfenté par Sergent eft adopté*. 

Durui. Les a min;(trateups (*e l'Lure fe font emparés des caiflei 
pub!i [ucs ^ &. fo'dcîi* au prix de quarante ï.,\% par jour les brigaiids 

3ui les icrvcnt', Buzotduit arriver fa femaine prochait.e à Lvreux. Je 
cnouce , comme Lindet , le comité de falut pnh'ic» pour n'avoir paa. 
£ris des mcfur^ s videur ♦i fes. Jem'étois prop>fépour me rendre avec 
acroix dans ce départe nenC , y f. ire lever les prtriotes contre fes 
r<beUcs« Cette meiure «ût épargné 1r fang ; mais elle n*a pas été 
adop ée. J sppuie la propofi'ion de IJiidet. 

SuLKuAiiirl. je ne pré'^ends point iuft fier le comité de fafut public ; 
c'«(l a ta cooveitttoti qu'il appartniit de ji^fer 'a cv>ndu»<e : mais ce 
comttc^ a pris des mefures » d(. il s ère très-ifaché de les >oir divulguées 
p£r id cotnmui e dt Paris » qui a fait aôicker celles coitûées i fon exé« 
cutio... 

lailUf^f. Jt ne/u>s pas du tout content du comité de lalut public » 
rel^t vcment a cet objet. Je demande qu'on luiadjoigne Lindet» Duroi 
(il I raucallc U 

Les propoLtto .s de Lindet & de Tai'Ufer font adoptées. 
La convention décrète l'adn'iiTion d'un grand nombf e de fpAîons ^ 
4ônt les citoyens ré.inis fe prelioîeft autonr du lieu de fcfi féaoccs. 

Toutes donnent co. noiuance de rextr:.it c'e leurs procès-verbaux ^. 
cpij conft.»tei t l'acvcp^ation" libre, réfléchie» di.wvtife & unanime i^' 
qii*<illes ont Caites de la cor.Hita ion préfci.tée au peuple français. 

2viclques-une • f.'». mettent des dcrra.idts divcrfes. La f«.£tica de» 
frés ob'îcrt ijuc ce nom ut !a c f.for.dera p'ui, ci^clle , a^cc 'ea' 
* «onomis de l'i ii'tc de la répub ique , Se que déformais elle portera celuâ 
dcyêciiwA Je / Ini'uijMiti. 

Lts élivcs de iéon«.r<'-âOurdon, mêles aux cttovens de la feruon 
des Gravi!l<ers » prient la convention de ne |as Iffiiicr s'écouler un 
*9ng i* t-nrallc et tre fes trava x coattitutitinneU & ceux qui doirenc 
Organiiei INnidruition publique. 

La fe£iion de 'a Bépubitqne foumet un mode nouveau de formation 
4u coi.fcil exécutif; elle demai.de que les noms de quat e-vingt-quatre 
candidats é*uf par les dérartemer.s foiei.c dépofés dans une urne , 
€t que vingt-quatre , fré» au fort, compoCcnt le conCeîl exécutif. 
Des citoyennes de la feélioo de B >aur((palre demandent , pour leur 
lexe, le droit de réunion en ailemblées primaires. 

Des hymnes fiatriotiqucs , chantés par de Jeunes citoyennes « 
<c épétès par Taucmb ée & les fpe«.ite''r$ ," fe mèUnt aux cris 
d'allégrehe qui fe î^uX, entendre dans la falle, 

La féance.. entièrement' con;acrée à çt tpe^de» e(l levée i Çlx 
heures. 

Vtnirtdi y juilitu Un fecrétaire fa-t 'écœure du procès-verbaT 8e 
de plufieurs Icttrt'S d'adhélioa aux dccrets du 31 mai &; jours fui- 
vans. 

PùulaînzGranpri, Je demande que les grains provenans <!es tcrrc« 
des émigrés foient mis à la difpofition des adminiftrateurs des dépar- 
tcmens qui éprouvent des beloirs, & que '? prix de ces <fr;.;:î5 foifr 
payé par ces ;«dmi..iftrateurs fur le pied du maximum 6xé par votr* 
décret. Décrété, 

Les adminiftra'-eurs du confcil eéné-al du département de la Ven- 
dée , des diftriâs de Fontenay-le-Pei*ple» de !a Roche- fur- Yon & de 
la Chatet ;noray , annoncent qu'ils viennent de former à Luçon une 
«ffemblée gét^érale. 

La conveaôoa approuve la CQnda'to de ces adminiftrateurs féuoa 
4 Luçoa* 



( 709 ) 

Un fecr^atre fait leAure d'une lettre de Marat > cpî renouyelle ûi 
propofirion de mettre à prix la tête des Capets fugitifs. Il accufe le* 
|;éi.cral biron 

la lc£H:te de cette lettre eft interrompue par des Tiiurmures • 

Brt^é, J'jbferve à la convention ^ue iSlarat peut opiner dans le 
Ici.: de cette a(lemblée« & non par écrit. Je demande doue Tordre dtt 
î»ar. 

La conrention pafTe à l'ordre du jour* 

Aimé GoupiUsau. J'arrive de la Vendée : les plus dangereux enne* 
mis que la réf i.b:ique v ait à combattre , font ces faux patriotes qui , ■ 
à r.*>rrivée des brigandi, ont éé choilîs par eux pour former leurs* 
corni.és. Je f^ema. de que ces hommes fotent mis en état d'arrtftation » 
& que leurs biens foient féqueftrésr 

^ Ctnijjuux, Je deir4»^de qu'on déclare cbtfs des rebelles & qu'on 
pourfuive comme tais , les membres de ces comités , les nobles, les' 
oretres , les hommes de loi ,& les adfninifirateurs qui feront reconnus 
leurs complices. 

C^i ditté. entes propofitions font adoptées. 

Les fans - culottes de Cherbourg, les citoyens 8e la garnifon d<f' 
'Wiffembcur ' , la (bcîé'é républicaine d*Autun , les membres des trî»' 
bunaux ce. Befançon^les edminiftratears de Colmar, & pU-.(icurs 
autres communes , envoient leur adhéiion aux évéoemens du 31 mai » 
!•*. fit 2 Juin. 

La convention décrète la mention honorable de toutes ces adreifes » 
Ce llnfertton au bulletin. 

La feâion de 92 eft admifedans Tintérieut de la f&lle ; elle annonce. 
Akn acceptation de Ta^le cof.fûtutionnel. —Les ertiues Chenard, 
N&rbonne & Vallîère cntonrei t des hymi.cs patriotiques, dont la 
conveiition décrète l'impreflion & l'envoi aux départe me:. s. —La' 
ieé'iîun du Mo.it-B!anc porte en triomphe le bi fte de Pelletier. Une 
citoyenne couvre le préudcnt d'un bonnet roure, 6c en rtçoit l'acco-- 
lade, — Les citoyennes de !a fe^lion du ^ja"il jettent des fleurs fur 
les bancs des légiluteuri. — Trois cents élèves de la patrie , précédés 
cfune muGque mijifaire , viennent remercier la convention d'avoir ' 
préparé la profpérité du fiècle cjui s'ouvre devant eux. — Une focîété * 
patriotique de citoyennes eft fiiivie de la f'ûion des Gaidcs-Fran- 
caifes , qui otfre des fleurs ; de celle de U Croix-Rouge , qui dépofe '• 
tvT le bureau une couronrc de cbcne , & dont les citovcnnes ju:cr.tde 
ne s'unir qu'à de vrris rérillicains, — la fe^ion ce Molière & la 
Fontaine préfciite une méaeilîe de Fra» cklin. Un décret ordonne la- 
fufpenfion de ceftc médaille à la coiironric de chêne qi i furmonte la 
ftatae de la Ijbe té. — - Les Enfans-Trouvés, auioird'hij er.fans de la 
république, défile- 1, mc'és parmi les citoyens de la feAio.i des Amis 
de la Patrie. —La convcnnon c'écrète que ces enfans porteront dé- 
formai; l'uniforme nrtîonal. — I es fef ions de la Butte-d.'s-Motilins » 
du Temple , de la Cité , des Mrrchés , des Champs* £Iy fées , défilent 
fucceflivemenf. 

Toutes annoncent avoir librement S^.usammement accepté la conf^- 
tStution. 

La fw^anc^ eft l^véc à f:x heures. 

Séance dttf^ntidi 6 juin, La feap.ce eft ouverte psr la levure d'r.ne 
foule d'.-îrrpiïe d*aclh^fion aux événemens & aux décrets des 31 mai, 
icr & 1 jnm, 

La me tton honoTal>îe de ces adrefîes eft' décrétée. 

La cofivenîion ordonne Hmçreflion 8c l'ajounement d'un projet 
de décret nréfenté par le comité de fjreté géftéraîe , dans lequel , 
à la fuite d'un rapport fur les derniers événemens qui ont eu lieu 
de Beaucrire, Juhen (deTouloufe) propot'oit la dedîrution de la^ 
municipalité & dt! confei!-s;(<néraI de cette vil-e , la réorganifatloi^ 
4e la (arde nationalci 6c I'ar;c«1atioQ de plufieuti citoyens. . ; 



( 7«o ) 
"' KtA.Tat è entretftBÎr la convention natîoiialt dSiao^îet intérêt- 
ftftt. Dms les déiArcemens du haut & bas Rhin , il exifte une foule , 
4e propriétaires, ci- devant gentils • homme«. ennemis - nés de la 
TéyolutioA. Ces propriétaires poÛèdent des Aels réversibles ci-devanc 
à la couronne de France : ces &efs appartiennent dorénavant à la 
républi<(ue. J'apprends qu'en cet infant il Vient de s'ouvrir une 
f «cceflion de ces fortes de fiéfs , 6c que les hé'ritiers' eh intsjlat d*un 
ci devant noble, nommé Boc, fe font partagé cette fucceiton. Je 
propofe de décréter que les départemens du âaut & bas Rbin feront 
tçaus défaire le récen(ement des fiefs oui étoicnt réveriîbks i U, 
couronne» 6c qui doivent appartenir à la république. 
. ASaiâUf Je penfe que vous ne devez pas borner a ce feul objet 
la propofition confirme aux vrr.is principes, qui vient d'être faite, 
y^ar Rulh. Je demande qu*fUe foit renvoyée aux comités de liquida- 
tion 6c des domaines» 

Le renvoi eft décrété. 

Ma/armé. Un grand nombre de députés ont défcrté leur pofte » 
8c /ene vois point leurs fuppléans occuper leurs places. Je demande 
^it }e comité des infpeéleurs de la faUe préfente (éance tenante U 
IiiUs des députés fugitifs, 6c appelle leurs fupléans. 

La pfopouHon eft décrétée. 

SUUry, Depuis trois mois , citoyens , je fuis dans les liens d*ua . 
^cret d'arreftation > 6c gardé à vue^ depuis trois mois , jefollicito. 
v» rapport fur nu conduite , on n'a rien articulé contre moi: je de- 
mande que le rapport foit fait ; je demande à £tre délivré de Vq^-^ 
prcifioii fous laquelle je sépiis. 

BUlauémVartnnef, Je m'oppofe i ce qu*un rapport foit entendu , 
4 et que la liberté foit doiiuéc à un homme dont la femme a fuivi 
le traître. Dumouriez ; (SUItry, C'etl faux.) à un homme, le con- 
lident 6c l'ami du traître Pétion. ... (On applaudit.) Je demande 
fordre dti jour. 

Sillery, Je demande à être jugé. Je demande un rapport. 

La convention paiTe i l'ordre du jour. 

Suite de la fianu du fanuii 6 jullL:, Le e.,. J'annonce à là con* 
;rentTon nationale que \t procur^nir ginéral-fyndic du département 
é9 kl Dordogne, coalifé avec les pcrâdes admiifinrateurs de la Gi- 
ronde, a approuvé toutes leurs mefares, publié qu'elles feules 
peuTOtent fauver la patrie. Par-tout il répand qoc Tinfurreftion du 

il mai eft l'ouvrage du crime 6c de la tyrannie. . ( Plufieurt voix 
droit*» C'eft vrai.— De vislens murmures s'é'èveuc dans l'extré- 
mité. ) Je votis dénonce cette conduite criminelle , 6l je demande' 
Î[ue le comité de fureté générale fuit chargé de faire un rapport 
ur cet objet. 

On demande qne le com'té propofe des mefures fdvères contre 
tour tes adminiftrateurs coalifés — Plnfieurs membres rappellent 
l'exidence de divers décrets relatifs à cet objet. 

La convention décrète que le miniftre de l'intérieur rendra compte 
^ leur exécution. , 

Lt f .... Le chef des contre-révolutionnaires de la Lozère , Charrier» 
^s les armes à la main, cd depuis cinq femaincs dans les prifons 
<le Rhodes, 6c fon procès p'eft pas même encore commencé: ce- 
pendant le peup'e oemnndt juftice. Le comité de falut public a 
▼ouîu faire tra.>sf<frer ce confpirareur à Paris ; mais les citoyens de 
la Lozère pourroient s'oppofer au départ d'an homme dont ils ont 
Yii les crimes, 6c qT'il; veulent voir punir. Je demande quMl foit 
traduit devant le tribunal criminel de l'Aveyron. 

Un mmbre. Je demande que les commilfaires de la convention 
dans le département de 'a Lozère fe tr;infpqrtcnt i Rhodes , pour 
-j recevoir , avec des membres des adminiuratign^ 6ç de$ fociétév 
fopuUi.ps» la déclaration 4ç Charrier, 



( 7t« ) 

Cette ptopofîtîoh eft adoptée. \ 

Vn mdnkre. Je' demande que Charrier £oît jugé tévelutîonissSre* 
«ent, ti fans appel. 
La convention déciète la propoiîtion. 

Les membres de la partie droite demandent llmprefliop de U 
procédure. -— Laqueftion préalable fur cette propofitiony eftrecU* 
mée dans rextr^-mité gauche. 

, L'ordre du jour réclamé de nouveau , eft mis aux voix. -^Deulc 
épreuves paroiitcnt fuccefllvemcnt douteufes. — L'ord;c du jour dk 
-adopté. 

^ Les fedions des Piques , du Théâtre Français & des Iitvalidec 
viennent préfenter i la convention leur adhéùon i Vzdt coniUtu- 
ôonnel. 

Une députatîon de la fcAîon du Luxembocir^ tirmorce qu« les 

citoyens ce cette fcé^îon , frappés des dangers- de la patrie, font 

"^préts i voler à fa défcnfc , & demandent que la convention dé« 

crête : i*. que toutes les ferlions marcbcroi:t vers Lvrcux pour 

frateroifcr avec des frères égarés : 2*. que tout citoyen indiAinéle- 

inent, depuis Tàge de feize ans jufqu'ù cinquante , fcit mis en étac 

de réquimion ; ?•. que le confcil exécutif fera charj^é de pourvoir 

à la fubfiûance ce cette armée : 4*. que la convention non-.mcdcs 

commiBaircs chareés d'aller dans les feftionf pelier la levée de 

cette force nouvelle. 

La déput:tion cfi admtfc aux honneurs de la féance. 

Saint' Jndrc. Vos cororoilTaires ont déjà vengé l'honneur national^ 

en fufpendsnt provifoiremci.t les adminiftrateuTS de l'Isère. Au reAe, 

lundi nous ferons un rapport général fur les adminiArations eft 

général. 

Des citoyens de Bciucaîre viennent demander que rajournemeiit 
prononcé ce matin fur le rapport du comité de sûreté générale , qui 
les concerne, foit fué à un jour très -prochain; ils demandent ea 
outre que les perfonnes arrêtées & détenues foient mifes en liberté. 
Couthon convertit cette propofition en motion, &elleefi décré* 
tée. Le rapport /era fait demain. 

Le minière de l'intérieur obtient la parole , & rend compte des 
mefurcs qu'il a prtfes peur le prompt envoi du décret qui accorde trois 
>oyTS aux adminîftrations révoltées , pour fe rétraéler ; il obferve qr.e 
cet envoi a été retardé , parce mi'il s'étoit glillé une erreur dans l'im- 
"^ireirion. Au refte , ce décret en envoyé journellement , ^ le dépar- 
tement da Cher en a déjà accufé la réception. 
' BiUaui - Varénnu, L'objet du décret étoit de demander qtie!lc» 
étoient les adminiiiratior.s qui s'étoicnt rétraé\ées. 

Le mtniflrs dt l'intérieur. Je n'ai reçu aucune rétraébt ton formeTlej 
mais je crois devoir inftnitre la convention d'un fait slTez (ingùlier. 
les a dminiftrati ors rebelles n'ont point ceffé de correfpondre tvec le 
miniÛre de rînt4rieiir ; celle du Calvados, ^ui paroit mettre le pliis 
'd'achemement dans fa conduite, a écrit trois fois dans meïbnreaux , 
pour demander des fecours en grains & en farine. Je n'en ai point 
envoyé aux départcmens, mais aux diilriéU & municipalités qui font 
reliés fidèles â la république. 

Barrera. Le comité fe propofe de faire un rapport général fer Ik 
ville de Touloufc. 
La convention renvoie le tout au comité de falut public, 
Lifjff^ur, Voici une lettre du général Ciron, qui arnr^nce que deux 
batailloas de la Gironde qui font à l'armée de la Vendée , veulent reS 
tourner dans leur payt. U faut prendre des mef\ires. Je demande que 
ceux qui quitteront l'armée , foient déclarés traîtres à la patrie. 
Ddacroh. Je demande qu'ils foîent défarmés luparavaut. 
Damàu. On ne peut rendre un parcH décret faos avoir des renfet* 
irrcmeas certains. U eft poflible qu'un certain nombre de mauvali 



?; 



fi)îett agîte les armées, 8c )e demande que far cetale'injrîSredeU 
^crre fafle un rapport ; mais il e^ impoffible détraquer des ba* 
taillons ei.tiers , comme il cfiimpodrtble de dire qae des département 
font en ré voir p. 
Le renvoi du tout au comité de falut public eft décrété. 
R^berjpum. 11 eft cependant un f lit qui doit at ifer noti^ follici^ 
tude. Des lettres do Parmée des Pyrénées & de la Vendre annoncent 
4iu'on a cherché à diviCer enrr'eux les bataillons parifiens de les ba« 
taillons bordelais, que cela e(l venu à un tel point, qu'il yae<i dea 
combats finguliers » dans lefquels vingt déf snfeurs de !a patrie ont déjà 
perdu la vie. 

. Barriri, Voici ce quVcrit k cet égard le citoyen Yfabcau . votr* 
commill^ire à l'armée des Pyrénées. «« L'envie de combattre , la coa« 
£ance, 6c l'attachement a^ix principes républicains , .fe rallument 
dans tous les coeuis. Les bataiUon$ de Bordeaux , qu'on avoit chercha 
i égarer , fe font rendus à l'expoûtion franche que nous leur avons 
/aite des vues de la ccnvrn'^îon nationale. ♦♦ 

La convention rend cnfuite la décret fuivant : 
l ««La convention nationale, après avoir entendu Ic'rapportde foft 
«omi:é de faU.t public, décrète ce qui fuit ; 

Art. l*'. II cft défendu , fou« peine de din ans de fers , ou de con- 
£(cat'on des armes , à tous fab ka s, fo irbilieurs ou marchaudt 
d^armes, d'en vendre , délivrer ou cnVv>ver, lans a»oir prénlablé- 
snent fait fa déclaration à la municipalité du lieu de fa réCiHei cr. 

II. Il eu. éealemertt défendu à toutes le^ a«. tonnés conilitu^'es , fous 
peine de deRitution , de laiiVer palier des armes, ds Uvielq.'.'^pco^ 
qu'elles foient, deftî ées aux départemens dont ^es r.dmi..ùlranons 
e font déclarées en révol'e contre !a r préfenration na «onalc. 

m. Les manufactures d'armes, prè» defquedes 00*^11 les repréfen- 
tans du peuple ou des commi^aires du confeil exécutif, font excep- 
tées de cette difpofition. 

Barrère. Vous aver exigé que votre comité de falut public vous 
rendit compte de la fituation de Mathieu Ôc de Treilhan!. Il ne peut 
que vous lire ce que lui ont écrit ers commilIairc5 ii ce fujet. 

II donne leC^ure d'un très-long mémoire, dont' l'importa^Ke ne 
nous permet cas de donner l'extrait. La convention en ord^tue 
J'impreiTion , oc charge , par décret , le minière de la JunTicc c'e 
prendre les rcnfcii^nemens fur les pourfiitcs faires contre un ci- 
toyen accufé d'avoir crié Vive L^uis XVII au fpeôacle de Bor- 
deaux. 

Barrhê. Voici une Icttn» du procureur- çénéral Syndic d-i dépar- 
tement des Pyrénées oricntrlcs , au comité de f.Kit public. 

Le comité doit ajouter que de nouveaux bataillons font partît 
en pofte , & ont dû joindre cette armée, en paffant par TArdècr* 
èc la^ozèrc. Cependant, comirc il fait d'autres mcfure? , le co» 
mité vous propofc le décret fui ant : 

La convention nrti nnale , après avpir entendu le rapport de foô 
•comité de falut public, d.'crcte : 

Art. I*'. Le mir.iftre de la cucrre enverra far le champ diuz^ 
pièces de canon, avecîcurs caillons gari.i^, q.ii feront néccffaires^ 
|ix obufiors te une compagnie de canonni:rs. 

II. Le citoyen Callai'^ne eft adjoint aux cir ^yc'Tiî f abrp , Bonnet 
& Projean, rcpréfentans du pe'.-.ple près IV-rméc de? Pyrcn«5es 
•OTÎentsles. Le citoyen Regris reviendra dans le fcin de la con« 
vcntion. 

m. Les repréfcntans du peuple envoyas i l'erpîenan f 2ron» nrr* 
venir inceffamment à la convention les nom; des b-ave^ ré,-»;ihli« 
cair.s qui , dans un confcil de guerre tenu d^'ns le f )rt de Be'l/- 
sarde , ont VQté pour que la garnifon s'enféveiit fous fes ruines. 
À4«pté. Dh 



Dm éimmukê y fmiilkt 2y9$, Au nom An comité ^ coamcK»; 

Villecs h\l rendre If*s décrets fuivans. 

-. JLm convention nat^onultf , après avok entendu le rapport du \cO*» 
mîtié de commerce , dé.*rèje que le» armes dép.ifées pttr les pri^ 
9Q{é% des donanes, en exécution du -décret du 5 lep*rrobre 17919 
JBl dont on n*a pas fait ufage, leur feront rendut-s ; ordonne au 
furpifs aue celles qui ont été diftribuéet aux troupes, de la répn- 
tStôâe , teront payées comptant par la tréA^rerie nationale , aux 
^rc^ofés à qui elles ^ppartenoient , fuivaot le taux Axé paff< i'ad» 
nimAratson^ pour les tuUs de guerre. -f 

Aâiin éieret. La convention nationale , voulant favori 'er les anne- 
Biens en courfe, & après avoir entendu fon c>jmité de commorç«^ 
décrète que les thés pris fur ïet ennemis de la république acquit 
•feront les droits d'entrée , à raifoa de cinq pour cent de la valau| 
conftatée par le moittai.t de l'adjudication. *- 

■ Llle paUe 4 l'ovdre du jour fur la réclamation du corftiireAi M^ 
fie tinft^ du port de Ho- ûeur , relativement à l'argeaterie qu'il % 
prife fur l'ennemi , attendu auo c'til une propriété dont ii peut dif» 
pofer en fe conformant aux loix. 

' La feâtott du fauboivg du Nord préfente fa fanflion de TaOe 
coaftitutionnel. 1,108 votans l'oiit acceptée à l'unanimité, au milieu 
des c is ^^itérés de vive la républic^uw ! 

Drotut, Des malveiUans ou des imbéctlles fc plaifent à répandso* 
le bruit ^ue le fils de Capet eft évadé, & qu'on le porte en triom- 
phe à Saint-CIoud. Nous nous fommes tranl portés au Temple; £c 
dans le premier appartement , nous avons trouvé le iits de Capet 
fouant tram^uillemetit aux dames avec fon mentor. 

Noas fommes montés à l'appartement des femmes, & nous'jr 
avons trouvé Marie- Aatomecte , fa fille & (a foetir jcuiUent d'une 
parÊute fanté. 

Rhhtfpum, Citoyens , quoique l'on ne puiiTe. douter que ^e projel 
4'enlever le fils du tyran ne fût très-conforme au veet deT riAo- 
cratie, s'il étoit en fon pouvoir de l'cxécite*- , i! paroit i.cri<ii qu« 
le bruit dont on vous a entretenus , a é>é répandu par les e..i:enûs 
hypocrites de la libi>rté que vous avez frajppés ; car on ai itr^ iiu'iis' 
répandent que c'eft la montagne, que c'ed le pen| ie de Pa b,qu« 
. €*cft le conieil général ne la commune, que c'irft vous, fut.ciiitcnrs 
^ la conftittition républicaine & populaire otterte a la Ha ice, qui 
wulez relever en faveur du fi!s , le trône d . t'y «-an que vous avet 
puni. 6ans doute une telle extravagance ne mériteroit pas votro 
attention; & fe fuis fâché que le comité de fureté gc. éra!e ait été 
porté y par les circonftaoces , a réveiller ici le fouvenir d'un ancien - 
defpote , pour la démentir , 8c ie fuis fuché i^ue des aoms auffi . 
fliéprMahles aient évi prononcés dans cette enceinte . au moment où 
elle venoit de retentir des acclamations touchantes & rubiimcvj:i*un 
peuple immenfe qui s'élance vers le règne de la liberté <k de Té» 
galité. 

' C'eft fons ces rapports que l'abfurde nouvelle dont 0.1 \ous • / 
occupa méritoit quelqu'attentîon , ficjé demande que vous i<.ivrict 
cas réflexions dans le bulletin de la convention. J'i. terpe|!e an 
nftine-temps les éctivains qui rendent vos déb<ts , autres que ceux 
qui font foudoyés par Fitt & par la fanion libe'ticide qui a levé 
rétendart de la révolte , de ne pas Ict paffer fous- (Utoce, ( Oa 
applaudit. ) 
Le décret fuivant eft tendu. 

La convention décrète que le difcours de Robefpiewe, fera iui; 
féré au bulletin, comme un nouveau mo]|fen d'éclairet l'opinion pu- 
blique fur le fyftéme de la calomnie qui a h lpng*temps cof^pro* 
mis la tranqûltité publique. 

Lâfcélion de Bon-Confeil vient annoncée. aux wséfcau^ é^; 



(m) ^ 

ftHf&rifiVnc'a ùaiBioaàâ leurs travior, ft ^'«0«'1« kènarè^ 

- Celles des Saos-Culoctcs éâclun Qu'elle e accepte à runaniaité 
4'aâe conAitutionncI » apris l'avoir «fciité pendant fis féances • ', 

Pluficurs pétîtionnaÎTtts occupant U co«v«mioB natùmale ée fé^ 
Carnations oc de demandes particulières, qui fout ceavojréc/ aa 
comités oui doivent en connoStre. 

> DMÙmdi Sjuiiia, Un fecrétssre fsit leâsrt d'aae lettre de ta iddaU 
«ipalicé de Toiiion à la convention nationale , dalée de Toulon tf 
foin 1793 , l'an deuxième de la république françaifet atnfi conçue 2 

- Le cspUainè Hyppotite Mordcillc vient 4'aflwncr dans, ce portuM 
prife efpagnole. 

t La mention honorable eft décrétée. 

Delacroix, pans ce moment-ci toutes les admîinftrations de déposa 
tement font la euerre aux patriotes, lis refiifent de vifisr les certificat» 
éê civilmc qui font délivrés par les dîAriéU fur le vu df smunicipaliléa* 
le demande que ces certiârats ne foient plus fournis à cette formalité 
: On demande l'aiournoment de la propofition, L'aiouitienMnteft 
décrété. 

SMÙii-JMdri, Je demande , par motion d'ordre , qoe le minâllre do 
^intérieur rende compte des caufes qui ont fait arrêter à Montaubaa 
f e) perfonnes qui a voient obéi à votre décvet d'arrefiatîon » & fe rasa» 
dotent i la barre. 
La proportion eft décrétée. 

Le citoyen Grouvelle envoie à la convention fa démiffioo de la plac« 
defecrétaire du confeil exécutif. 

fuHtn (de Touloufe ). Il fant, dans ce niomem«<i, donner à 1^ 
Ktfponfabtlité des miniftres toute l'étendue poffible. Je demande le 
tapport du décret qui ordonne que le fccrécaire du confeil cxécutîl 
fera nommé par le corps légiflatiC Cela donnera d'ailleurs plus d'énen 
gle au gouvernement. 

Lt décret eft rapporté. Les miniftres choifiront lefecrétaircdu con« 
Itil exécutif. 

Bënirt. Les fédéraliftes veulent voiu vaincre par les armes : vous 
les vaincrai. , vous , ^r des bienfaits. Ils répandent dans leurs ^our^ 
naux & dans leurs fociétés que vous ne confervez les ntàifoos ci-devant 
royales , que pour en faire un emploi criminel. Le comité de falot 
puDlic apenfé que le meilleur moyen de faire pm la calomnie, étost 
dSétablir dans le palais de Verfailles'une gymnafe publique. Les falonn 
de Lebrun déviendront l'école de deflin ; le manège, celle d'équitation r 
le canal , celle de natation. Le comité voua propofe de décrétmr Ift 
vente du mobilier de cette maifon » afin qu'on y nfl^ it^ dHpofitîons 
néceffaires. 

'Carra. Je demande qu'on décrète le principe 9 & qu'on vtnvoie nv 
comité pour l'exécution. 
• La propofitian eft décrétée. 

Saint- Juft , rapporteur du comité de falut public » parott i la tri* 
btnt. 

:Le rapport , dont il donne ^âure , de que nous donneront textuel* 
lement, a pour objet les délits imontés aux trente-deux membres do 
la convention nationale » dont le décret du 2 juin a o donné la^éteiH 
tibn. 

<Le rappottenr, après un taAileau des principaux évèoemensmii ont 
accompagné l'étÂUuement en France du gouvernement républtcain , 
préfente c«luide la convention nationale, dont il nebt la miqorité 
cenime èué^uante depuis le commencement de U fomon, entre ^deux 
minorités , dont l'une ^ compoféed'ardens républicains pour fauverba * 

Sauia , négligera peut-être quelquefois les moyens de gouvernement» ' 
c l'autre ne parloit de ces moyens , dc Dt les réclamoit faaicoffir qu» 
i*«r apprioitr U4ibtilé« 



■ fa ni^tfmn iulftiiifcr Ifc fii.ft<in»jk jBi _^,, ._, ^^^,, . 

•im, comme une preuve de le coroplicttë de ces dernten avec c* 
(èndreli il les é^gne. enfin comaie W «nteun des mauve«MAS fui 
a^settc co«e mènent un gr«ud u^ml^re de ddpenemens, 

A la fuit» de fou rapport» Mnl-luft i^dCente le projet de déerèf 

Art. 1. Le eenventîoii déclare traîtres à la patrie, Buxot» t&Am 
mn^ Qoifas, Laojuînafe, Miêiiy Gnsmeuve» Rabaot, mû (k 
wat touftraSts au décret rendu le % )tti» t K fe font mis en. dtat de fé« 
WfiOB dans tes dépertemeiis^e rÉure^^t du Cahrsdos. 

IL 11 y a lieu à accufatàon contre Genionné , Guadet , Veii^nîank'^ 
lîroteau , Malvaut H Gardm , complices à9$ conCpireteurs a-deffui 
éMficés. 

. bfr«o«vemîotf fappette Am^(^ ^ski Bertf^nd » Lehardi , Iro. 
- IXmos » Fonf»èdc » %l plii^^eurs meml^rea de la partie droit*» de» 
«andeni la parole» t 

Da99L Je demande l*dlar^fli|ineAt provtfoire de ceux ^i , d'aprè» 
«( rapport, font ddc lards n*ètre pas coupables, 
(a partie gauche réclame contre cette propo6tion. 
le coAV)»atioii ordonne l'impreifion idu rapport tf. des pièces à l'ap« 
ybi , & décrète f^dumement de UdifeuHion fur le projet de décret à 
trois iours après la diftrîlmtion. i 

Unnddpuucion de Vaflemblée primaire d'un canton eft admifedans 
(intérieur de le Cille. 

Ojftiia, On a oublié , dans le rapport » de parler de fa lettre d« 
Sftiee » adtetfée air dépancAeiit do UMeurthe. Je demande que cette 
lettre (bit Uie. 

. fmunâ. le demande 4pM les détenus f oient enieodas» — Ducnf 
Mirgkà la tribune^ 

. umtoê. Ceû^ ce que V^Uois diemandcr au moment où la psrole tfCm. 
ifé enlevée \ )e demande que vos collègues qui font reftés fournis if> 
votneddcrct, foîeot entendus * même 4 fa barre. 
t Dmmom. Je4emaAdc que Bertrand , & ceux contre lefqueU 9» n^ar^ 
licule aucun fait'^, fuient mis en liberté. 
.L»«oiiveation rappelle Bertrand dans fon feîo* 
. Lacaft. je demande que les accufés foient au moins préfens à la 
4<ctt(Qon»^ 

wwmi. On a' rappelé Bertrand , mais il en eft d'autres dont le rap- 
ar n'a pas donné le n4»m , & auxquels il propofe de rendre Ir 
é. Je la demande peur eux dès ce moment* 
Irfi oottrention palleà l^dred%t )our. 

■ AfoMMMnrifH* On fe pUint dans plusieurs points de la république de 
ntavotr pomt encore re^u la conftitution. Je demande que le mmiftra 
de rinmeur rende compte des mefures prifes nour le prompt envoi. 

On réclame Tordre du }our. L'aflfembléa paflc i l'orare du jour. 

Dr»uu, lofais un moyen de Caire ceffer les plaintes portées de tous 
cMicoAtre le déliât d'armes. On laiffe datts Us mstgafins des arque* 
bufes qui, dans'les maHis de noscbaffeurs, devieudroientdçs armée > 
trèi<Be nf tt l èrea4 Ja demande que U mimAre de la guerre (oit tenu 
dSctt isdee palter un certain nombre dans chaque armé^ 

LanrofKifiiion eftdécrétée. 

' Ogmm» ba loi (îir let penfions militaires a befoin d'explication. Un^ 
ftMat qui »fcrdo fufaee dafes deux bras , a été renvoyé par le mi* 
mftre de la fuerte i qui il>s'étoit adreflé , fotis le prétexte qu'il avoit > 
encore fes'deaa bras : c'étoit une vaine fubtilité » car il ne pouvoit 
sSen^nrviffr Je demande qno celui qui a perdu l'ufaj^ de fes bras , ait* 
la même récompenfe que celui qui les a perdus effieâivement. 

La proposition eft décrétée. 

\ki$ députatiea de l'afladaUée pttetife db cailen de Charentoar i 

Q % 



«mear 
fibcfté. 



Vfm pf^lfffttfr i frt<> i i» rtH5 Cn ^h acc«ptation <!• fkfte conlHhitîA^ 

«et. '^ 

' Elle eft re^e au milieu des appUn^ffemént. 

Mallarmé. Citoyens, depuis environ dîx-fept «fw l'ex-irtîmftr* 
Keetcer a mis end<f'p6t i mtHtons au tféfer public, fous la condition d'ut| 
intérêt de ^ pour loc; cet intérêt lai a été confiamment payé par 
éo^eîèmé fbvft les n<ois. 

•;LoTfqu*on s*eft préfenté pour recevoir le mois d« mai , le nouveau 
^Oiir 6é U dette pu Wi qu e^ r efttfé^ 

Il s'eft fende fur le décret 4u ft8 mats 17^3 , relatif ai« émigrét^ 
|ïe l^crtfe plaint 6* réclame le pefêm^»t de Tirtérêt de ces 2 millions j 
ils'é>'è^e «ce fù]tt Une dHieuffion; l'opinion de fabre d'£glanttiie • 
préva'i.e. la voici : » 

Fghri'è L^hntint. Il fikit 'j>efef avec fage(Te le décret <pi*on voua 
ftéimtm, 1) me parott n'Itre qu'un moyen jeté en avant pour ^to* 
€ut#r 4 cent cincpiante étrangers la faculté d'emporter des fon^ 
«onAdérubles qui doivent être acquil à la république. Je demanda 
ou'on fufre- de tout payement , jufqti'à l'examen des comptes àaf 
rex-mir.iflre 

•La convention ferme la difcuflîon, 6t rend le décret futVant: 
• La convention nationale afourtre fa qurf^ion de favotr fi l'ex-mi' 
niftre Nrckrr doit être réputé émi-^ré. ou non & fufoend j»rov»foi-' 
•eifiem îe p?.yement ^e$ inrérêts de? ^«it'x mêlions dont il s'agît , 
attendu que le créancier fe -rOuTe comptable envers la nation, à 
raifon dé fà gestion, mMftérîf^ne. 

Chabot, J^ viens vous «dénoncer une fuite de la confptratton de 
Brillot. Je vier.s vous dénoncer une manœuvre nouvelle de ces 
Hommes- nui veii1erft'comp^htt(»V les élafts du patri->tifme qu<' le 
peuple mai i^'efte , ôc le dégoûter d'une corftirution quil eft permit!' 
à des académiciens flp ne f as trou er parfaite, mais qi.'en dépit 
d'eux le pe« pie rcceptera avec tranfport, fit qui fera fon bonheur.' 

Je tiens en ce moment-.un de? écr<s de ces hommes qui déjà ^ 
prtr c^e^îcitres perfides, a vouin fo l#ver contre vous Irdéptrtemei.f 
de l'Aifne dont il eft dépmc. Cet écrit eft intitulé : Au» cit.^en^ 
fr.rncais fur H cofi/llrtriott. Je m'en^rap^e à vous en f réfent^r Tana* 
lyfe , lorfque vous dîfcuter(^ le rupport fur U confpiration. C'eft 
▼ei:s que ^. le marquis de Conddrcet accufe d'être de» royaliftes j 
il- dit que votre confcîl exécutif conftîtuâonnel renferme le ^enne 
àe !a royauté, fie qu'en rorçanifnnt ainfi , vous hiv«.Tifere2rambi* 
tion^ de quelqu s grands fcéKratt. 

Citoyens , vous avez décrété la peine de mort contre «e«x qui 
répnndroient une autre conftttution que celle décrétée pnr vous j 
eh bien ! Coidorcet sVft rendu coupable de ce crime. Je demande ' 

3u'il foit iiiterpellé de reconnoître ou de défavouer Vécrit que j« 
énoùce. S'il le reconnoît, je demande Contre lui le décret d'accu- 
iatJon. 

Calht'iPHtrhois, Je dcnand*» qu'il foit mis d'abord en éttt d'ar- 
reftatron , ôc que les fcelîés foîent apnofés fur fe» papiers.*.. 

Guyontûrd. tt moi , je demande fi cet écrit eft fi end Condoreet , 
Ce s'il eft préfenté comme une conftitutîon , ou. comme un écrit fur 
U conftitutîon. Vous fcntez que tOitt dépend de cette diflFdrence, 
«t q- e fi l'on pufât de mort ceux qui préfenteot en votre nom une 
faude conftitution au peuple français, il eft permis auffi à Cmithomm« 
de Dublter fon opinion fur votre aAe conftitutîonnel. 

Chabot, Je déclare que l'écrit de Condoreet n'eft pas un plan de 
conftitutions , m^is 4fue l'auteur préfenfe le projet du comité dec 
neuf comme préférable ^ qu'il déchire la convention natieoate , 6c 
calomnie Paris. 

La convention nationale décrète que les citoyens Caritat^ dit 
Condoreet» fie JOévérité» dépvtéf 1 mont mil à rinftut ca (iat 



Andbtbii chtt «bx, & les fcelléf tp;>olV* Ibr Uus 1«iirt^pfeé; 

^/««££ 9 /«i/^. La féance e^ ouverte p^r la lecture d*un grani 
sombre de lettres ëC d'adredes d'adhéûoA , dont U meotiun hono* 
r«bl£. cft déc ébée. 

^ Deux propoCmons de Pagane^font décrétées* Elles ont pour objet 
r«0c#!inou de réicé<iuo de Condôm quiianathe le dépaicémént éa , 
Gtrrs, &. celle du prociTeur-général-iyiidic du Lot 6c Garonne» 

ÀJtue .C9wmùnt dit dépa^t«^nieiit de iviain» ât Loire dd.iônce le 
éircâoire de ion dt(lri£l comme coupable c'aroir ordonné la futpen* * 
dti drIVidc'.ttion de la loi ur la taxation des graios, E!4« accuft 
ce outre le miniftre de l'intérieur Garât , de favorifer les émigrés» 

-Là déoouciation rft renvoyée «u comité de fureté géiiérate. 

•Ûrpaetv an nom. du comité de fôreté générale, propafe de fa-r»': 
trcduire à la barre le procureur - géii^al • fyndic de la Dordogne » 
prévenu de mâjiceiivftt» tendant à rompre Tunité ÔcrMidiviitbiiité ^t • 
b répubbqiie, 
•La ptDpolition eft décrétée. ^ ';' 

Une dd^utation du déparcement de TAube' exprime i la barre Ct' 
reconnoîtiance du bienfait de la conditution. Elle réclame un lecours 
de 6co,ooo liv. pour les befoins de ce département. 

La mention booo 9b[e dé Tadreùe , ^ ie re&voi de la demande «a • 
c«misé des finances font décrétées. 

UiH> députation des Liégois réfii<riés à Paris depuis la retraitai» 
ë» U Beieique, annonce, que faifant partie du peuple £ra;)çaîs , ils 
ont émis leur vœu fur la cor.dttution , t'ont unanimement acceptée» 

La mention horiorable eQ décrétée. 

.Jgcxhon Saint Andû, au. nom du comixé it faht pnhlic. Les dcf- » 
fdns &. les démarches des ennemis de la. liberté, dans le Midi, 
OBt il^ia.fixé votre attention. Vous avez ordonné i votre comité 
de s'occuper d'un rapport général fur la difpofitioa des efprits éans • 
cette partie delà république, & fur les moyens de réprimer lee 
cttrepri!es de quelques factieux qui égarent le peuple , À préparent - 
la giae rc civile. <i.e rapfort vous fera inceHamment prél'emé ; mais 
en «tteud^nt, votre comité i/a pas cru pouvoir dividrcr de vous 
rendre compte de ce qui fe paiie en ce moment dans le département ' 
de rHérauh, ou potir mici:x dire, dans U ville de Montpellier» 

Le mouvement des dépar^pm'-.iis d*? la Giwndr & des Bo.xhes» 
d»-RhÔAeyoil.comrouftiqué. à c<;1vit <le l'Hérault. Quelques ambitieux. 

λ''ufitant d'une réputation de popularité peu méritée, ont convoque * 
e& fcclions de Mor.tpeîlier, créi dan-î cette vMie un corps léjjriilarïf 
& iaqitil.tori.-^ , fous le nom de comité de ialut pu'blic, & pris del * 
arrêtés msraués au coin de l'abfurdité. 

•Un placard de ce prétendu comi'^ accufe te comité de falut du* 
blic de la convention de s'entendre avec les révoltés de la Veneée. 
-^ On y accufe Danton , pour avoir dit à ce comité :«< Détournes 
M les trompes qui marchent fur Paris ; fattes«les aller 4 la Vendée, 
I* ^ ie réponds du refie m. Ce placard p rte auffi que les citoyens 
de Paris attcnc'cnt impntiemine: t. ceux des départomens pour les '• 
tirer de l'opprclfion ; que dé)à le btave Wimphen- marche à U 
tcte èts troupes ^w Calvados , & que Cuftine , pre0é par le co- 
mité de fjdut public lie s'ojpoferà cette marche : Je tu U vtux, ni 
nt U peux, 

Vo*re comité n*a pas cm devoir rechercher icift les lettres calom* 
Bteufes dont il ^^ft parlé dans ce placard , ont une exiftence réelle» 
Çii*il y eh 4 Paris des hommes qui fèment l'alarme dans les d^ 
p^rter/^ns, qui r'.'<:réfertent cette grande ville comme un repaire 
rsbité psr des bêtes féroces , c'eft ce que plufiears faits vous ont 
démontré. Les contre-rtvolutiomiaîres de Paris donnent la main 
aox cootr^révoluttonnaîres des départemens , & \ls confpirent e»- 
ftnMc «pntrt lis .dc9iu & le boakeiir du p^npl?» 



( 7»t ) 

flilMre jc Montpellier , le ptéfident , le feccéteite des cpmitn c«i> 
tcil & de lalut public» à^ les ft^nauires du buiktin de ce cemkë, : 
feront tndoiu à votre barre , pour y ' tendre compte de leur co»- . 
^Mte. 

,RûuMÊtU» Je demendc qu'avant de prononcer^ on faffe leânre éà ■ 
bulletin» 

^aine-André commeoce lalcâttte'du bolM» du comité cenml^ 
radrault , féances des 26 . 27 & 18 juio. ' 

t«« PluÊeurs communes du canton de Saiai-Gcofget ^ porte et bnllo* < 
tip» réclament contre la nomination des députét, 

» Une députatioad'Agdc réclame contre lea agitetaun. Lesaarètéi 
di» département de l'Isère 8c de la Drôma font lus au comiié ; le p»o- 
ciireur^général annonce i|u'il Iff a reçus et va àas Caire exécuter , no-* * 
tipuncnt pour l'erpuifatioa d'uiiolosce départeaMotalc. 

st Deus députés font nommés. La difcuftion s'ouvre fur Jet iaftnic« 
tîons à leur donner. On propofe d'adopter celles du dépat temcnt de la" 
CiroiMle^ de confiileer le peuple fnr la conftitution, de l'inviter à 
former une nouvelle lédflatuve , & d'ordonner aux députés afiuels éa * 
fe rendre au chef-lieu do département , pour y téBtMt en état d'arraf* 
taiîoa iuf^*à leur )ugeaMnt , paf un ^and furv national n» 

Cotthej êc plufieurs membres de la partie «oito» applaudiflàst è j 
cittedamièrc Mpofidon. 

d^hoi. Les ^oilà , les voîU les coofpirateurt qui ont dlM cas me* ' 
furcs libcrticidas* La convention doit prendre des meCurés vifo»». 
reufes contre les perfides qui les ont adoptées. Mats It pourra*t-elIe 
«aae îuAîce^ fi elle ne donne un exempte de févérité-contre ceux qui 
applattdiilent à ces complots ? Non , c'eft par le féoat mime qu*tl faut 
commancer la purification de la république. Je demande donc que la 
citoyen qui vient d'syplaudsr , foit avojré k l'Abbaye. 

Cùuhty^ Uf 9 plttfaeura manières d'exprimer fon opinion en parlant 
•« en approuvant. Je fuis ici pour manifefter la mienne avec la plus 
ctande liberté » & j'avoue qu'elle eil conforme à cptte diioofitionde 
farrèté qu'on vient de lire » & qui porte que tous les députés , de 
retour dans leurs départemens , loient jugés par un |ury national. Je 
trouve cette idée lufte i que la convenilUot en motion ex^reffe , je 
«rie la convention de la décréter. Il n'y a qae ceux qui craignent que 
ie)ir eonduite foit flUfe au grand jour» qui peuvent s'oppoier à cette 
propofition. 

DtiéÊeroi». Ce que vinit de vous £re le membre» pour s'excufer » 
n*dL qu'un menfonge ; il a tronqué la difpofition contre^révoltttioa- 
suiire à laquele il avait applaudi. 

U eft confiant que ce Aembre a applandi à une aMfore contfe-rér9> 
ktiennaire. Je demande qu'il (bit envoyé pour trois jours à FAbbaye. 

fiuyomard réclame la parole» La convention fenne la difcofitoe » 
6c MttétK que Cottbey fa rendra pour trob jours à f Abbaye* 

Les habitans de Varfatlles viennent préfenter à la convention leur 
•ceeptation del'aâe conftitutionnel. 

Coukéy, Le décret qu'en vient de me remettre n'eft pas motivé i }e 
prie raiiemblée.... 

Xs prifidau. Je ne puis voua accorder la parole ; je vais cenû^tar 
raffemblée. 

I/aOembiée reArfs la parolrè Coubèy. 

P/i^Scsiv vois. Préfideni» fnies exécuter le décret. 

Dêiotnim» Je dameAde , préfident , que vous interpelliax le flacmbra» 
fCÊU favoir s'il veut fe fonmettra an décret , 6c qu'en cas de refus, 
l'aiismbléepcooonce contre lui un décret d'accufation. 

Laprooofition de Delacroix eft décrétée^ 

le pré/Uimi. Je vous fomme, au nom de la conventioo » de tonn 
Momettrc à fea décret , eLdevout ri»dre4 L'Abbayfb . 



< 7V î 

Fù^imrs woLt, Point de nrolc. 

Cpsécy, J« Tais m'y reodre, ce fers une prMiTe. ( D^ mvraNirtf 
nnterrompcnt» il fort, on l'apjjlaudit. 

L'affcmblëe orimaire «iu canton de VSncenaes , & cetlet du eau» 
ton de Clichy*la-Garenno , préfentent leur acceptation «Maaittod* 
l'ado confUtutionnel. 

Une lettre des adfiuniftrateurs du département du Cher ^ datdto 
dio 7 juillet , annonce que les affembiées primaires de àovirget ottt 
accepté U confiitutîoo. 

tm préfidcnt de l'alfemMée primaire du canton de b Rodw^fu»* 
Ton , département de Seine & Oifc . écrit 4 la convention que lèt 
choyons qui la compofcnt ont accepté , à l'unaainùié » i'aâe coi^j^ 
tutionneU 

Lt canton d'Arpajooa du même départencnt » a dgalemaot denné 
foB acceptation. 

SâMMUÂaJii, IKjf entre dans les roefures prifes par le comité é$ 
CaUit public , d'envoyer deux commilfaires dans le dépantmant dâ 
l^£ttra, 1) vous pronofe Robert. Liudet Se Duroy. 

L'affemblée Us adopte pour Us commiflairts* 

Le canton de BeilevkUe vient préfentcr foo acceptation de la conl^ 
tkutîon.' 

Ck^u La ville de Saint- Genîef , qui avoit d'abord été fédaite pat 
les adminiftrateurs de THétault» vient de faire une adreffe à Ucoa« 
▼cation . pour Tailurer de fon inviolable attachement à la républiquÉi 
une 8c indiv.fible. 

Lt minijire de Vintimttr, Ce n'eft fans doute pas une chofe indifié* 
rente pour l'affemblée , ^ue de favoir comment s'expédie l'aâe conf** 
fitudonnel, 8c comment il eft reçu par les départemeos. Demain l'en* 
Toi en fera déterminé. Le nompre des dépattemens , diûriâs 8i miH 
aiôpalités qui le reçoivent avec Joie » augmente tous tes ioiirs. - 

On entendra peut - être avec plaifir une lettre qui prouve que te 
puiflances étrangères ont perdu U foUe efpérance d'en eo^ècher 
rétabUifement. 

Elle eft datée d^Xandau , 8c contient les détails fnivans i. > * 

«« Il y avoit un échange de prifqnniers : le maire préfenta un i 



eaire de la conftitution à raine* de«-camp pruifieo» ^ui en parot forO 
dsfaitt Se qui aflura qu'il le rcmettroir à fes fupéneucs. véchanc» 
«ùt lieu. Notre cartel porto't : Ld rdfubIifU4fiéafaUe am rù de frtA f. 
celui qui nous fut envoyé , portott iLeroide rrmft iU TifnhUt^fita^ 
§9Mf% , 8c Tes a gens de ce roi ont figné, «* 

Citoyen pilfident , je compte préfenter inceflamment l'état dlet. 
acceptations , & l'on verra que la majorité n'efiplus incertaine. 

Le décret oui accorde aux adminiftrateurs déclarés en état de ré* 
beUion , le délai de trois )oufS pour fe rétraâer» a (oufiert quelques' 
retards dans fon envoi : peut-être une prolongation de quelques îoura - 
ramèneroit-elle à la république des otoyens qui ne font qu'égaréiw : 
Ceft une mcfure de conciliatioB que je foumcts à la (ageffe de ïa 
convention. 

tUhvfp'urre l éUné combat la propoCtion. 

Ij convention ne donne aucune fuite à la propofition d« adniflrt» 
tL ordonne Tinfertion de fon rapport au bulletin. 

Thirion, Un général dont railemJblée vient d'impreuver fi haute* 
ment la conduite , ne peut plus refter à ta têu des armées. Au refta ^ 
Bîfon %'j eft très-mal conduit » il ^'a rien fait avec vingt mille bommèt^ 
tandis que Weftermann » avec ûx mille , a battu pluueurs fois les re» 
belles. Je demande que la convention renvoie au comité de fslul pu* 
bfic l'examen de fa conduite i afin que vous promoecieft d'après laa 
fij^port circonftancié. ^ 



. Wo) . , . 

L'iffembl^ KiiYoWaitt ednîté lie falut public Texamefi de la cor^duit* 
du général Biron. 

î ôéUunay ( d'Angers.) J'ai demandé la parole car motion d'ordre ^ 
pouf ramer.er un moment tous vos regards fi.r 1 «il îme épo..vant«br« 
«ai mfnâ^ce,' d'heure en heure, d'cng'outir la fortune public{ue. Vous 
aevlttesdéja que )e veux parler des mai.œuvres infernales de l'agio- 
tage. C'eft à ce moi.ftre que j'ai ju:é de livrer aujourd'hui un combat 
é mort ; ce font fes ettrojabUs ravages eue je viens dénoncer à votï« 
:f<dvérité. i'uurai le courage de fonder, o?ns toute leur profondeur, 
les bleilures jouri.altères qu'il porte à notre crédit, ;à v ce autant <{»^ 
-perfidie que a audace. 

J'uurai bien d*$ moyens à vous propofer pour mettre un terme ta 
prix des denrées de première nécellit^, en rendant \ notre papier- 
nonnoie le crédit & la dignité qu'il n'aurcit jamais dû perdre, j'at 
ttarticatièreirent , 1er la bathedes chan»cs , de grands fccrets à révé- 
1 r au comité des ftoances , &c je prends l'engagement de lui dévelop* 

rer des moyens inf.'.i.Iiblcs de nréiicr les alîignats fit d'en ramener 
échange à un niveau confolan^ 
Ciaignons encQre nous mcnres de nuire aux eifers nationaux, dont 
la circu'ation, comme ta tranfmiflton dtviendroit |>Ius dîflici'e, mal* 
gré qu'ils foient tutort'.és par la loi fie alTurés aux porteurs par t;| 
république ; qu'il en loir de la bourle ccmmc dcsfpcétacics : c'cft r.h 
mki nécèliaire. Environnez - la feulement de ta plus auftère fur- 
veillajice; que Thonnête citoyen y foitpalfible fous ?oc\\ de la Ici; 
oue le coupable y loit atteint 6c rourfutvi. Rendez même , *:\\ le 
taut , la municipalité refponfablê aes déiordrcs £c du fcan('ale qui 
pourroietit s'y commettre, & fur -tort que les avenues mêmes, 6c 
les alentours en foier.t rigoureufemet t fermés a tous ces vampires , 
dont le moindre crime eft le trafic j^bomicable Qu'ils font de Tor , de 
Vargentftcdes bijoux, & dort le foifîle feul eu un pcifon pour ét% 
coeurs vraiment républicains. Je me rélumc , 6c voici mon projet de 
décret. 

. La convention nationale décrète ce qui fuit : 

'Art. l*'. A compter du jour de la publication du préfent décret , 
toutes les ^00/ ci-devant du porteur , fie maintcAint dires portiot s 
«l'intérêt de» compagnies, ou aiVocia-icns particulières & financières, 
Cjnt fit demeurèrent aliujetties au droit d'enrcj'iftremcntpar chaqie 
mutation , aux termes fie delà manière eue les etfets natii>i.aux \ fo< t 
atiujettis , le tout conformément aux décrets de ralletr.bîdc I^cilla- 
tive, en date des aa fie 17 août. Ce 17 fepten-.bre derniers „dont les' ' 
difpoiîtions , quant au mode de' perception, demeurent, ent*intqu«' 
de befein , confirmées, explic^uifes oc renouvelées pour toutes Içs 
aérions aux porteurs, ou qui ont été ainfi créées. 

II. toute ^utre voie que celle de l'cnre^iUremert , pour acquérir 
là propriété defdites aélions, ou portions d'mtérèt dans leCdites com- 
pagnies ou aflociationshnancières, fo(t déclarées nulles , fie demeu- 
reront prohibées , à compter du jour de la publication du préfent 
décfiet, ^ notamment les rransfersfur les regidrrs defdites compa- 
gnies ou aliociations, comme inluiiifans ppur la sûreté du commerce, 
oc fruftratoires de .l'impôt. • 

«111. Demeureront refponfables de l'exercice du préfeot décret 
Us municipalités , dans leurs refforts refpe^tifs , fie fur leurs fols 
additionnels ; fie les admir.idrateurs des domaines , fur leurs propres 
biens. 

.IV. La convention nationale charge fes comités des finances fie 
de falut public réunis , de lui faire , tous trois jours, un rapport in- 
dicatif des moyens à adopter pour répartir la plus grande partie de 
l'anpron^ forcé , par elle décrété , fur les porteHeuilies des agioteurs, 
& les capitaux des compagnies financières. 

La Juitft 4^ Citu Jcanct au numéro prvcàain. 



TABLE 

DES MATIÈRES oO^ 

DO SEIZIEME TRIMESTRE (\0' 
DES RÉVOLUTIONS DE PARIS. 
JDtf a5 mars 1793 au ao juillet 1795. 



' non 

conftttutîonnel par les restions de Paris ; confidérations fur l'accep- 
- tation à donner par les départemens & fur les effets qu'elfe 

doit produire, n*. ao8 » pag. 635 & fuÎT* 

Adreffe des Parifiens à leurs frèoes des départcmens , n*. aoj ,pag* 

Angleterre. ( mefures ho(HIes i prendre contre^ T ) Nëceffité de 
provoquer une révolution dans ce royaume, y tnftruifant le peu<^ 
pie, ta prêtant aide aux patriotes anglais, n*« 104, 04^ 

Arreftation de Bri^ae Lamberty 8c Ségur, déguifés en charetiert 
de rartillerie, n*. 101 , 3^9 

Arreftatîons illégales dans la fe^on de l'Unité, faites par ordre 
du comité révoludonaaire de cette /Çaâioii à finfligation de foo 
préfident , n% 201 , 353 8c fuir. 

Arihiée révolutftinnaîre dont les foldats feroient peyés quarante Cols 
par jour. Pétition des ferons de Paris contre cette nouvelle le- 
vée, ■•. 106, j$7 

Amement. (Eut des vaifleauxen ) dans le port de Brcft,ii*.203, 

P- 44U 
Cabinet ( fur le ) de Vienne 8c Ces întrtgtt«t. n*. ti^ 20| 

Calamités publiques , aflaflinat des écrivains patriotes , n*.^^ , 
Canonniers ( Céte fraternelle donnée par les } de Paris ^ lîV 106 » 

Château de Verfaine$^(ce qu'il en faut faire ) n*. 009, p, ^ & fuir* 

Cbecbourg. ( Tentative de Tennemi fur ) n*. 102 , 404 

Chevaux de Luxe «1 état de reeuiTitîoo , a*, 200 , |o^ 

CommiiSon extraordinaire des douze , fen établifTement » en quoi 

utile « n*. 202, D. 376. Crimes dt cette commiffien; arreftatiiin 

illégale du magiftrat Hébert 8c de Varier, n*. 30t,p,4i4 8c fuir. 

Autre violation de la liberté , dans la perfonne des préfident 8c 

f ecrétaire de la fe^pn de la Cité , idem , ». 41 S. RâHexiens fiir 

tous ces attentats » id. ibid 8c fuiv. Affiche |uftîfi<etlve de lacom- 

miflion des douze, id, ^ 431 

Comité révolutionnaire central établi 4 Paris , n*. «03 , 430 

Comités révolutionnaires. Dans quelles bomcf la loi reflcm tes e«« 

torités , n*. 202, 9t6 Icfiûv* 

Confeil exécutif; ( Séances du ) Le pourquoi ces féaaces ne font 

pas publiques , n*. 201 , ^ 340 8c fuiv. 

ConiUtution pooulaire ( fuite de l'explicacton des idé« fur une ) 

j)our un grand eut, n^« ^95 ip^T? ^ ^» A** ftf^t Pé Xi^Mt 



(7") 

fuîr. n». 197, î^7 & f»»^*. 

Cotjftjtution (ëe Turgeact d'une) n». 197, p. 157 8c fuiv. QucU 
font ceux ((ui ne veulent pas ce conCutution , idem / p. 140 flc 
i'uiv. PreifNÎers articles de la déclaration des drcîh décrétés , id , 
p. 143. -Fin de la déclaration des droits, r.^ 198, p. 201. Dif- 
cuilVon fur ciuelques arttcies de cette déelaration , icem , p. ^•3 
& IC4. — Diictimondu projet de confttîution préfentë par lec«- 
inité de falut public , n*. 205 , p. 507 & fuiv. Suite de cette dif- 
cullion ; critique de quelques articles de Tafie conflitutionnef. 
n". ac6, 54S &fuir, 

Conftituiionnelles ( des bafes } DifcuflTion fur cette iratière , ti\ 
198, ii3 & fuir.' 

Comre-rëvolution ( d'une ) monarchique ; Ucbeté de quelques cita- 
dins qui Taiipcllent tout bas, n*. 195, p. 41 & fuiv. Malheurs 
incalculables <iu*clle amène après elle, idem, 46 & fnW. 

Convention. ( drfcgrde f armt les membres de la ) Mettre prompte 
ment en caufc les coupables , ^cft le plus grand moyen de (alut 
public, n*. 196, p. 90 & fuiv. — Réponfe à celte qucOion. La 
conveuiion n«tior.a)e telle qu'elle oÛ pcuî-elle fauver la p<»tri^? 
n*. 199, p. #33 & fvHv* Grands d<fb.its à Toccafion des fubOf- 
tances , motion faite par Gusdct d'aller tenir les fdances de ta 

■ convention à Verfâiîlcs. Grand mouvement des tribunes , id. 
p. 235. -Moyen propofé d'ajouter cinq cents membres à la con- 

• vcntion pour y ramei^r l'crcrc, rc-flcxion liir cette mefure,id. 
p. 241. — Projet ce mifiacrcr un nombre de dëputës à la coiw 
vcntion nationale -, ce qui rcTultcroit de co coup de main, iv*. 
^»C2, p. 371 & fuiv. Confcil aux citoyens d«i Paris à ce fujèt*, 
idem , 375 , 

CONVENTION NATIONALE. 

Achats & marchés ( fi.r les ) n». 106 , 131 

Aftches ( fur les ) des hab-tnns de chaque matfOn , n*. 195 , 8t 
Appel au peuple (portant n) }n*. 196, 12S 

Appel ffur un) des repréier.tans du peuple n*. 297, 6C9 

Peine ce mort contre ceux qui falfiÀent la conftitution , n*. 209 , 

699 
Dix millions pour fecours aux départemens, n*. 2C9, 693 

Déf«nfe« de payer I:s contributions ou annuités dans les départe- 
mens infurgés , n*. 209, é^ 
2400 livres accordées aux élèves de peinture , architcAure â Rome , 
»•. 009, 698 
Les \icaire$ épifcopaux obligés de deflervir tes cures , n*. 209 , 
. . 69g 
Surpenfion de tous rraitemens dans tes départemens tnfurgés » 
H n*. 209 , 704 
jJix années de fers pour ceux qui vendront des armes aux étraA- 
ofs, »• 209, 71a 
Amijettifiement d-enregiftremcnt des aftions financières, 209, p. 720 
Biens communaux ( fut le partage, des ) n*. 196 » p. 134 oit,* 204 

Î*C 490 

ioorbons ( fur l'arreftation des } n*. 19^ , 130 

Cavalerie / fur une levée de ) n*. 197, 181 

Ciiazot. ( our le général ) n*. if^6 , • 13^ 

Code pénal militaire. ( fur le } n*. 201 , 362 

Comité de défenfe générale. ( Sur te } n*. 1949 37 

Comké de falut puolic, { Sur le ) n*. 196 , 1:9 

Commiiisires à la Belgique ( fur les ) n*. 193, p.82 , n*. j^ 117 
. Commiliaires des guerres. ( Sur les ) n*. 197, 1^0 

i Confril exécutif. ( Sur les arrêtés du ) n'.ioi» * 3^8 

.CoAftitiiûoii.(SuKa}B\ J97| 178 



(7Ȕ) 

CorfÙMS. { Sur 1» ) n». loo, J^ 
Défarmement (Sur le } des nobles & gens fufpeÔs.n*.^94, 38 

DéfertioQ f fur la }* n*". loS , 644 

Difdpliae ( fur U ) des armées» n*, 199, 278 

DomouVier. ( Sur ) n% 195 , 8^ , »7 fie Si5 

Emigrés. ( fur les ) n». 194 , 3^ 

Emprunt forcé, f Sur T ) u*. 102 , 407 

Eure. ( Sur le département de V ) 207» 614 

Femmes ( S'.:r les ) qui fuiveut les armées, n*, 199, ' 27? 

Galénens. ( Sur les J n". 195 , 87 

locendîe del'hôf»! ia la juftice. ( Sur 1* ) n*. 199 , 2/4 

lnflruv>ionpubrK{«^. ( Sur 1* } n*. 204, 494 

LeWs de troupes. TSur une m>uveUe) n*, 197, 1S4. 

*"'|r.cois. (Sur les ) n*. 199, 272 



Loiere. ( Sur rtnfurreAton de la ) n*. 204 , 474 

Lvon, ( Sur ) n*. 207 , . 624 

Malths. ( Sur les biens de) n». 2ox , 361 

Nantes, (fur la ville de)n*. 20S, p. 650. 
Numéraire; f portant prohibition de la vente du) n*. 196, - 1^6. 

P.inthéon , (tur les honneurs du ) n*. 101 , 361. 

Paris, (fur la force armi^e de} n*. 203 , 452. 

& n». 204, p. 496. éi*, 207, 699. 

PaîTe-ports, ({ur les) n*. 194, 39. 

. Pétition, (fur U) contre les 22. n*. 19$, 22S. 

PreRe^ (fur la liberté de la} n*. 203, 456, 

Prifonniers de guerre, (fur rechange des) n*. 203 , 453. 

Recrutement , ( fur le ) n», 194 , 40. 

Révoltés, (furies) n*, 194, p. 3J. »•. 195, 84. 

Revues , (fur les ) n». 198 , 229. 

Repréfentans du peuple, commiifaires près les armées (fur les) 

n*. 106, 133^ 
Jtoyauté, (portant peine de mort contre ceux qui provoqueront 

le rétabliiiemcnt de la) n*. 196, 135, 

Secours, (fur les.) à accorder aux familles des militaires, n\ 200» 

*' 3 M. 

Suppreffion , ( portant ) des comités illégalement établis, n*. 20s » 

517- 
Taxe des grains, (fur la) n*. 199, p. 280 n\ 200, 313. 

Tribunaux crimjoels, (fur Texécution des jugemens des) n*.'i90» 

131. 
TribonaiAc militaires « (fur les) n*. A^8, 232. 

Cuftide , ( lettre de ) au duc de tirunfwick. Cuftine chargé ,du com- 
mandement général des armées du Nord fie des Ardennès , ré- 
flexions fur cette mutation, n*. 20X , ^45. 

Dampierre , ( l'oraifon funèbre de ) jugement porté fur et généraL 
n^. 201 , 348. 

Danger imminent de la républioue ; guerre civile , fie par fuite né- 
ceUaire , famine , pefte fie roi -, caufes de nos maux } remèdes 
<{tt*il faut y apporter; juftice éclatante à faire, traîtres à punir, 

' nécefllté de s'entendre fie de fe ferrer; tableat de nos raifères.' 
n*. 194, 3Ôefûiv. 

Dan|;ers du Fédéralifme , n*. 209 , p. 66^ fie fuiv. 

David, (lettre i) ci-devant peintre du roi, n*. 198, 226 

Déclaration faite par Ifnard, préfideot de la convention dans U 
féancc du x8 mai, n*. 202, 360 fie fuiv. 

Dénonciation de la compagnie Maffon fie d'Efpagnac, n*. 198 , 218. 

Départemens ( marche des ) fur Paris , raifons de ne point craindre 
ce mouvement ; état de tranquillité fic dt CQnfilDCe des Parifien 
en attendant leurs frères , n*, 2071 M7 fic fiÛT 



( 7M ) . . . ., 

Bépat<s(liân ^m) nis en eut d'arrcftatîon , Ae ceux érkdis îcci 

j en fuite ^ l'infurrci^Ben du 51 mai, n*. 306, 559 

Défannemens des gens fnfpeAf , n*. 194 , 6. 

DeTcente en Angleterre propofé par Santerre, réfittttion de cette 

ttiefure n*. aoi , 337. 

DIfette factice à Parif ; attrouppemens a\fx portes des boulangers s 

quel en eft la caufe , n». 197. is8&ruiv. 

Pomouriez. Sa lettre à la convention fur l'évacuation de la Belgique» 

Atée du la mers, n*. 194 , p. ii & futv. R^exions fur cette lettre 

8c fur la conduite de Duniouriez; id. p. 1$ & fuiv. 8c p. 10 & f* 

Proclamation de ce eénëral , id. p. ii.-^Trahifon de Dumouriezj 

fa lettre au m^iftre BeurponvîUe en date du 18 mars, 8c réflexions 

V fur cette pièce, n*. 195, p. 49. Procès-verbal des conférences uut 

ont eu lieu entre Dumourîez, Dubuiflbn,Preily 8cFerrara, id. 

5. 51 8c fuiv. R^équifition faite à Dumouriez par les commifiatres 
e la convention à Tarmée du Nord , 8c réponfe dn général , 
id. p. 50, Lettre de Dumouriet à Beumonville en date dui^^m'ars. 

(' id. p. 60. Autre du même , au même | en date du 30 , id. p. 614 
Autre du même au même, en date du 31 , id. p. 63* Lettre des 

; commifl'aires de la convention i Dumouriez, en date du 31, id. 
p. 64. Répon(e du général en date du 31 1 id. p. 61. Procès-verbal 
de l'arreitation des quatre commilTaires Cornus, Bancal, Quinetce 
8c Lamarck, 8c du miniftre Beumonville par ordre de Dumouriez, 

' id. p. 6^ 8c fuiv. Lettre de cette général aux adminiftr;:teurs des 
départemensdu Nord, td. p. ^. Proclamation de Dumouriez ,.id« 

. Autre du même à Tarmée firançaife , en date du 1*'. avri! ,id. p. 70. 
Arreftation de Miazinski ; lettre de Dumouriez dont il étoit porteur, 
f d . p. 7 1 . Réflexione fur la trahifon du général 8c fur tes dirpofitiC hx 
de la convention , id. p. 73. 8c fuiv. met d'ordre donné par Dumou* 
riez , id. p. 75. 

éducation nationale, (fur V) n*. 208, p. 615 8c fuîv« 

Egalité, ( fur PexpuIfioB de la famille) n*. 195, 72. 

Emprunt forcé. Arrêté pris par la commune de Paris , relativement 

' à cet emprunt. Difcumon uxt les difpoGtions de«et arrêté, n*. icc» 

xpx 8c fuiv. 

Cfprit public (dégradation de r)n*. 194, 5. 

Evacuation de la Belgique, ( deuils btéreflans fur V) dennés ^zr 
C. Saint-Hilaire , n*. aoi , 401 8c fuiv. 

Faélîon dK)rléans, (un mot fur la) n*. 19e 90 8c 91. 

femmes de Meudon, (courage des) n*. aoi, 358-. 

Fêté de la fraternité à Paris, en l'honneur des réfugiés Lîégois i 
n*- 197» P* i^i & ^uî^« bymme cbantée 4 cette fête id. p. iC^m. 

Guerre étrangère. Armée dm Nord. Proclan\^tioo du prince de Cobourg 
8c réflexions fur cette pièce inûdieufe, n*. 196, p. 95. 8c fuiv. 
— - Lettre de Cobourg aux commiflTaires de la convention à 
Valenciennes , n*. X97, |>. 153. Réponfe des commiiTaires Brict, 
êc Dobois-Dubay ; id. ibid. Improbation de cette dernière lettre 
par la convention ; les commiiTaires fe difculpent , id. p. 1^4. 
—Bonnes difpofitions des troupes de la répiiblique ; leur haine 

Srononée pour Dumouriez. n*. 198, P. lii. Témoignante d'eftime 
ela commune de Valenciennes pour les citoyens Dubois, Dubay 
8c Briet. r*. 198, p. 116. — Sommation faite à la ville de Dun* 
kerque 8c réponfe du commandant de cette place , n*. 199, p. 255'. 
—Echec effluve par l'armée françaife devant Valenciennes, n*. 1^9, 
p. 2^3. — Affaire du 8 mai, mort de Dampierre. n*. ooo, p. 50^. 
-—Détaîlf certifiés fur l'état de l'armée du Nord 8c des Ardennes» 
XI*. ICI , p. 343. — Camp de Famars forcé par les autrichiens. 
»•. aox, p, 594. — Détails fur cette affaire, n». aoj , p. 439. 
— Détails fur l'arrivée de CulKne à l'armée du Nord, id. ibid. 
—Détails ultérieurs fur t'ankée du Nord 8c les géoértux qui U 



( 7»n 

Srmêe' êâ Rhia^ D«ttx lettres de Cuftihe 4 U eotivtntioii nadonîtt i 
l'iuie à Toccafion du fuicide de Ton aide-de-€<inp, Teatre endi* 
BoncUtion de BeurnonviUe , pour avoir fait abandonner le rWeit 
des Vofges , 8c expofë Tannée i une déroute complette. n**. 19^, 
p. 101 €c fuW. Sommation faite à Ri ville de Landau par un gé- 
néral autrichien, & réponfe de Cuftine, id. p.. 104.— Viâ6ir< 
rempo r t é e par les français devant Mayence, n*. 199, p. 2^-* 
Avantage ngnalé , remporté fur Tenncmi i Arlon , avec détails* 
n*. 103 , page 595 & fuir. 

Amé€ du. htiii, Invafîon des Efpagnols dans le département des 
Pyrénées orientales, n*. 198. , aai«: 

Cm€rrt civUt, Progrès des révoltés dans la Vendée , 6c dépaitemeiis 
adjaçans; coupable ûlence du confeil exécutif, n*. 194, p, ^3* 
Lettres de Painbceuf , de Nantes , de Breft, d'Ancenis , d'Angers ^c.^ 
^ak annoncent des fuccès pour les troupes.de la république» id« 
p. 16 & fuîVk-^- Trahifon de nos généraux dans l'intérieur ; dé- 
faite des révoltés, n*. 19S, p. 221. — Leur deftitution, n*. 19^ 
p. 270. — Accroiliemcnt du nombre des révoltés ; envahiffemenC 
du terreîn, n*. 200, p. 506.-»- Détails authentiques fur Tétatdtt 
la Vendée & départemens adjaçans , n*. 201 , p. 330 6c fuiv» 
— ViAoire- remportée Oir les rebelles près Fontenay » n*. 202 ^ 

p. 4QC» 

CuîIIoiine, (changement à faifl à la) n*. 198, aa^, 

Hérault, (mefures propofées au comité de falut public par Is 
«lépartement de I*} difcuflion de ces mefures, n*. 199, p. .241L 
& fuiv. adhéfion des ferions de Paris & arrêté du conleil-générai 
de la commune à ce ftijet. id. 251. 

Hiftoire des Briifotins par Camiile-Defmoulins ; critique de cet oti* 
vrage. n*. 203 , 448 Ôt fuiv. 

Inftruôion publique , ( fur 1' ) ce qu'elle doit être -, vices âes pro- 
jets préfentés fur cette matière, n^ soS, p. 625 & fuiv. Projet 
de loi concernant l'inftruélion publique » id« , 634. 

Infurre^on des femmes è Mâcon, n*. 201, 3i8» 

Inforrefiion du 31 mai i Paris; tocGn, canon d'alarme, tous les 
citoyens fow*. les armes, fuppredion de lacommiflîon des douze. 



d'arrcftation contre 26 députés ; n*. 204, pa^cs 473 ^ fuv*-^ 

Obfervations générales & parricu Itères fur ces grands événemenS, 

n*. 205 , D. 49$ & fuiv. Suites de Finfurreâion , mouvement 

ilans les départemens , p. 506.— Extrait du compte rendu par le 

confeit - général - révokîtionnaire de la commune de Paris 4 tout 

les départemens , fur les événemens du 31 mai 6c jours fuivans» 

n*. 106, p. 557 6c fuiv. Autres renfeigitemêns donnés fur ces 

ÎOumées par un officier public , id. ^ 54X • 

Jn^emens du tribunal révolutionnaire, réflexions fur celui de U 

tcrvante accufée d'avoir provoqué le rétabliUement de la royai.té, 

n*. 187, p. 166. 6c n*. 198» p. 869 

•>— De Miazinski , n*. 2ot , 359* 

Laboureur, (beau trait d'ni>} n*. 198, . 2x5, 

La|;ny , ( arifiocratie du Juge de Patx de ) n*. 199 , x^^ 

Laiowsln , (funérailles de) ce qu'il étoit. n*. 199 , p. l^^ 8c furv, 

Lebrun. Dénonciation de ce minillre , 1*. à l'occadon de la nomina* 

tion d'un ambalTadeur en Hollande} 2*. relativement à une four- 

piture de mille boeufs pour le compte de la république y ^*. (Vir 

fon refus de répondre a différentes proportions faites par les ca«> 

binets étrangers ; 4*. fur fon fiience nendant les {préparatifs des 

puillances étraneères, n*. 194 , p. 17 cc fuiv. -«- Suite des dénon** 

stations contre le miniftre Lebrun , pièces probantes; (avoir., un* 

Uxut au c^mte de Trxutminfderff 1 6c des requêtes préf«atée« à 



( 7»« ) 

Jttfepli II. n*. 19$ , p. 207 & fuiv. — Nouvelle d^nônclftioa 
contre Lebrun, articulée par le citoyen Pio, n*« 200, p. 295. 
Obfcrvationt , id. , p. 29S & fuiv. — Encore contre Lfbrim, 
D*. 203, 436 &. fviiv. 

Lettre du mîoiftre Beumonville aux admîniftrateurs de cléparteneos 
fur rhabillemcnt des troupes , n". 194 , 33 

— Du citoyen Gaidelin , pr^fident du direAoire de éiftri^ de Cor- 
beil au citoyen Prudhomme , n*. 200 , 309 & fi.t\'. 

—anonyme fur rinéeaUtc des fecours accordés anx femmes des c';<*- 
fenfeurs de la répubri<iuc , n", 200 , 5 u 

— De Pio au citovcn Prudhomme lut Proly , n*. 101 , ^ 1^,0 

— De Gérard la Perrotière , fur une fourniture de deux mille qu&tu: 
cents fuiils pour la feAion da l'Unité , n*, 201 , ^ s ( 

'-. — De Cetlier » commifTaire , à Prudhomme au fujct de Lacroix , 
' n\ 202 , 3^8 

•^ De P. Proly au citoyen Prudhooime , fur le C. Pie , n*. I03 , 

?• 443 

— A L. Prudhomme , n*. 205 , 497 
Liberté de la preiïe. Atteintes portées à cette liberté ('ans un arsctd 

prie par le département d'Indre & Loire» qui arrête la circul.:- 
tion de plufieurs journaux, n*. 200, p. 301. Jacobins de Pans 
imitateurs dé cette conduite, qui en a trouvé aulli dans le conleil 
général de la commune, id. p. 304 & 305. — Uommaf.e rendu à 
la liberté de la prcfTe par le procureur de la commune de Paris,, 
n*. 201 , p. ^56. — Violation de la liberté de la preiTe )'ar les 
commilVaires Julien & Bourbotte; arrêté pris par eux ; rét!i-xic.*.s 
fur tous ces afles tyraimiqucs , n*. loi , «79 Si fuiv, 

Lyon. Lettre d'un adminiUrateunaa fujct du journalise Carrier, ^ 
réponfe , n*. 194 , p. 29 & fuiv. — Réclamation du crtoven Carrier 
au fujct de cette lettre , n". 195 , p. 75 6c fuiv/— Conduijte defpg* 
tique des commifîaires Bazire , Lcgcnc'.re & Rovère à Lyon , 
'^*' '97» ?• ^5*» — Arrcftation du procureur de la commune <*« 
Lyon & autres ofF.ciers municipaux de cette ville, n*. 19S , p. J15 

Mainvielle ficDuprat; incident fcanda'.eux à leur occafton , n**. 199, 

p. 234, 

Manifefle de la convention nationale à tous les peuples &^à tui'S 
les gouvernemens ; ce que vaut cette pièce, n*. 197, p. i^'< 

^ fuiv. 

— Du TOI de Prufle aux Polonais , n*. 199, 252 
Marat ( du décret d'accufation contre }j que cet aÔc porte tous les 

caractères de la vengeance, £c aucune trace de Toofervation des 
principes, n*. 197, p. 145. Evafion de Marat; quels en font les 
motifs. Réfutation des moyens qui ont fetvi de bafe iu décret 
d'accufation , id. p. 147 & fuiv. Formes violées; examen de la 
conduite de Marat , id. p. 149. — Abfolution de Marat , fon 
triomphe , n*. 198 , . 1 S9 

Marat airafliné , n* 209, p. 679. Sti funérailles • n* 209, p, 6S2. ' 

Lettre de B'irbaroux à Duperrey, en lui adredant Charlotte Cor- 

day,a(ra(rm de Marat. n*. ^ô^ , p. 684. Lettres de Charlotte 

Corday à Marat. Interrogatoire de Charlotte Corday. id. ibid. 

Sa lettre à Barbaroux , id, p. 6S6. Suplice de Charlotte Corday , 

n*. 2CO . 

Miazinfki (mort de)., n\ 202, p. 390; fa déclaration «1 artUuIo 
mortis contre Pétioo , Lacroix & Genfonné ; de quelle valeur , id. 

p. 391 

Paix ( propolîtions de ) faites par les puilTances étraneères , r*. 10^., 

Î), 254 ; ce qu'il faut réponure à ces proportions ; & profcflion l'c 
bi de tout français républicain , id. 256 & fuiv . 

Panthéon (Dampierte au), n*. 100 1 3^9 

^^^9* Qu'il pcu^ Tsuvex U républi;{ue , ^ 4{u' il y travaille efûçact^ 



c 747') 

»€n(, a*. 000 , p. aSi & iîÛT. Dîvîiîons d'opinion dans les fcdionf; 
Tableau de Paris , id , p. 184 Scfuiv. Suite d*obfervations fur refprit 

public de Paris. Semeoces de difcordes civiles, n*. ooi , p, 321 Ce. 
fuiv. Moyens de rapprochement entre le tiche & le pauvre, id. , 
p. 325. — Décret poor alTurer U uauquilUté de Paris, n*. 201, 

37» 
Paroles déplacées de la convention , au fujet du falut de la patrie , 

!'•. iSH. ' 6 

Partis ( deux ) dans la convention nationale ; mode pour empèchet 

cette dlviuon , n*. 203 , 445 OC fuiv. 

Pdne de mort (l'ur la) décernée contre ceux qui provoqueront le 

rétabiitfement de U royauté , n*. 194, 11 

Pétion ( diatribe de } , n*. 207 , 593 <^ 

Pétition du faubourg Saint- Antoine contre les difTentions de la con« 

vention nationatle, n*. 19S, p. 191 & fuiv. Réflexions fur cett« 

pétition ,^id., 200 

— Des neuf mille du faubourg Saint- Antoine , dans laquelle ils fe 
déclarent en infurrcélion , n*. 199, p. 237, împrouvée à juftd 
titre, id , 239 ficfuiv, 

— De la^-feélion des Quinze-Vingts contrevîngt-deux membres de 
la convention , n*. 198 , p. 196 &. fuiv. Réflexions fur cette péti- 
tion , id. , 200 

— De U fefton de la Fraternité , n*. 101 , " 360 
Peuple (ubleau d'un) d'hommes égaux & libres, n*. 195 , p. 44. 
Plan de confUtution arrangé par Teit-bénédiAin Devienne , n*. x^y, 

p. 166 

Pons de Léon ( foUîcitation en faveur du vieillard ) , n*. 194, p. 91 

Prêtre citoyen à Marcilly , nrefque miracle , n*. 199, 267 

Prêtres (dénonciation de diverfes manoeuvres ariftocratiqiies des), 

& en particulier du curé de la commune de Vailly, département 

de l'Aîfne, n*. 196, p. iii«& fuiv. ••- Autre contre le vicaire de 

Lâgny en Brie , & encore contre le defl'ervant de réglife de 

Bonne-Nouvelle^, n*. 197, p. 165.— Et encore contre le curé de 

Gentilly, n^. iç9, 268 

Pïudbomme. Arrctlatlon , emprifonnement , sriolation de tout les 

principes dans fa pcrfonnc 6c fa propriété , n*. 204, p. 458 & fuiv. 

— Mot d*un légificifCur â cet occafion , n*. 205 , p. 502. Diverfes 
lettres relatives -à l'arreftation du citoyen Prudnomme , id. , p. 5 13 
& ruiv. — Lettfea de Cellier 6c Varin-far la même affaire , n*.oo6 , 

, p. 5$4 ficfuiv. 

Réclamation du citoyen Thainvi) le, n*. 199, 271 

— Du curé de Ôentill/, n% ^oo, 512 

— Du citoyen Coufby-Jouber , relative i une fabricatk>n de fabres , 
n*. 201, . • . ' 352 

— Du citoyen Laroche-Dumaine , n«. 202 , 404 
Recrutement à Paris contre les révoltés de la Vendée , .manoeuvres 

pour l'empêcher, n*. 260, p. aSi. Dîfpofitions dii peuple de 
cette ville , id. , p. 284. Lettre de Chaumet au fujet du recrute* 
ment, id«. p. 287^ Raifons.de la lenteur qu*a éprouvé le recrute- 
ment , id. Difcufllion du décret rendu à cette occaHon. Coupable 
fileoce de la convention , id. . p*289 & fuiv.-*- Volontaires con- 
duits en pofte i l'armée de la Vendée j grande & belle mefure , 
»•. 201 , 335 &fuiv, 

Repréfentition nationale (néceflité urgente d'alTvirer la) ;^ que cette 
mefure doit être conftttutionnelle , & que la rcpréfcntation natio- 
nale ne doit jamais ceiTer , n*. 2q8 , 410 fie (ûiv. 
Révolutionnaires ( abus des mefures ) , n*. 198 , . 187 flcfuir* 
Rouen (iofurre^ion à), ç*. T99, X71 
Sulll ^^ ^ €pnY«fiUon êv^ Tuikiivs , ciitique de cette falle , n*. 201 ., 

338 6cfîan 



Sitni-calotttf (iiio]f«A&c«iinbttre ttsl^mc)t n\ 194» ' .. $ 
. Scrutia é^uratoirt et la convention » dcfiré fortement , À*, aoo » 

iK 

S€Co«rs publics (dts) unb dans leur répartition ; «djrens d'améfio- 

• ration , p. 639 6t fuir. 

Taxe (fur!a.) dti Med. Lettre du ctteyen Fercor, meunier de Ver- 

; berie , n*. 196, p. 105 & fuiv. Moyens envoyés en r7$9 par 

nn admtniftratear de la Flandre Wallonne , pour prévenir une dî^ 

fette , p. 1 10. — AdreiVe des membres du direâoire du dtftrîA de 

Corbeille à,la convention , à Toccafion de la taxe du Med , n*. 107 , 

p» i^. Adrelîe de la fe^ion de l^nité for le même fuVec , id. 

p. x6i. —Décret rendu fur la taxe du bled ; dîfcuAop de ce dé* 

cret; dangers auxquels il pous expofe par fon infuififan^e ,n*. 199, 

p. 259 de fuiv. Lettre du citoyen Jarfuel i ce fujct » en réponfe à 

celle du meânier de Verberie » id. , p. 268 

Taxe de guerre.' Emprunt fait au tréfor aailonal par les feâîons de 

< ^ris , n*. , 318 6c hày. 

ïbéroignc Icflée^ n*.ioi, jjS 

Fil dt Id TahU. 

AVIS AU RELIEUR 

pour placer les gravures. 

Viftoîres des Français à Cemmape, n®. 174 , 9.^302; 
Entrée des Français en Savoye , n^ 168 , p. ai. 
Bombardement de Lille, n". 169, p. 75. 
Reprife de Francfort par les Pruffiens ,n^ X79 » p. 55& 
Auaffmat de Pelletier ^11°. 185 , p. ^^\^ 
Suicide de Paris 1 affaitin , n". 187 , p. fli. 
Afvie du citoyen Déformeaux violé par une patrouille i 
«•. 188 , p. 343- 

BatTeville allaffin^ à Rome , n^ 187 \ p. 291. 
Honneurs rendus à ia mémoire de Pelletier ^ n^.. 185 9 p.' 

%%$ 
Emprifonnemens arbitraires à Lyon, n^ Içx , p. 437. 
Priie-de Nice par les Français , n**. 170 , p. 1 1 3. 

* Pian du fièee du jardin du t^alais Egalité , n^ 186 , ^141 

* Exécution du fiège du Palais Egalité , n^ 186 , 2,45. 

* Lé citoyen Prudhomme expulié de ion domicile , ainfi 
que Ta famille , n^ ao4, ^^5. 

• * Mariânne-Qiarlctte Cor day , poignardant Mârat « n*; 
«09, 

* Marian^e-Oiarlotte Çorday, allant au fupplsce, nt 
iio9. ^ 

. Nota, Les f;ravures marquées d'une étoile feront inférées dans le» 
prothaios numéros. 

. Ce Jtf mm t^$. VttVDnwntuu 



N' 



J210. 

^'. de U comreiition aationaU» 



RÉVOLUTIONS DE Ï»ARIS. 



/ 



• 



OU ao AV %'j y^iLLiT 1793* 
Sdos frincifu foitu éU répûUifut. 

JL/z bons citoyens, de bittTcs r«ns-ctilotte$ difeot «▼«« 
rafon : nous vouSom le bien ; toutes nos intentions foni 
pures ; nous fentons que l*erreur eft notre premier bour«> 
Teâu , & le ^eraie de toutes les diyifions qui nous roi»» 

Seot , qui nous affotbliffent ÔL Bniroient par nous i^ 
uireà rien fi ctU durott encore : qu'on noos éclaire donc-» 
BOUS , né demandons ps mieux , mais qu^on ne faffe pas 
luire à nos yevkx de faufles lumières qui nous égarent | 
& l*on nous verra tous marcher du même pas âc dans 
le mâme fens, fidèles aux vrais principes (i). 

Le journal des révolutrons de Paris croit atroir rempli 
ia tâche à cet ^anL Et certes , il nous eft doux , aprèi 

Suatré années auA lahotieufes pour nous » aniG agitées^ 
c voir enfin la patrie en venir & fe fixer à la con* 
séquence des principes républicains , cpie nous avons en 
k €our:^2 les premiers de profeffer, même fous le rè- 
gne du lèefpotîim? monarchique , & que depuis, à tra* 
Ycn les dangers & les obftacles (ans nombre dont noua 
avons penié plos d*une fois être les viâimes , que nous 
avons toujours réclamés & oppofés fermement aux maxw 
mes des hommes d'état de l'ancien régime , comme à 
celles des feuilkns , des modérés & des fédéraliftes dn 
temps préfent. 

Il s'agit maintenant de redoubler de feins , pour mei- 
tre le peuple à même de fnrveiller lui*mêhie l'applica- 
tioa des principes contenus dans l'afie cor.ftitmionnel » 
& fe tenir en garde contre ces hnx amis des loix qni 
»■ — - _ III — 

(f) II eft ceniiin que tous les d^fordres foudains , toutes les H» 
Vonitîons funeufes & in)uftei , fe font principalement par U feiUe 
groifière & faM difcernement , oui éft fans principes , ou ^iii éi» 
a d« mauvais 1 prêta «prendre (eu, & à recevoir toates les îb- 
' prefltons qu'on lui donne . aimant U haifTaot par infiinâ , & Cel«n 
ffuon l'a conduit : jam^iis guidée pat la )a(lice &. par la raifon, 
tiitt ameitfée pw Ja pa(lMtni)>ar des nôàîs fit par des ctis. OWtoA^ 
Car Tacite» tome, lu, 

A 1 



(4) 

ne parlent aux fans-culottes d'obéiff^ce à Ja lot que pour 
les mener à ht lifièf^- .Ces gens-là » tout en parlant d'or- 
dre , fefoient bien fâchés çu|e le peuple devînt affez clair- 
voyant pour fuivre leurs démarches ; ce n'eft p^ à la loi 
qu'ils demandent fou miffion , cVd à eux, caches fous la 
snafque d'amis des loix. 

$ous le defpotifmc , proclamer la vérité ou le» prîn* 
cîçes , c'éfoit s'çxpQ^cr ^ tous les reflcntimens des .vifirs • 
aujourd'hui , au contraire , on convient que la vérité feule 
peut régV les opinions, devenues indicairices infaillibles 
des loix. Or , dès que la vérité dirigera tous les vœux , les 
loix feront toujours bonnes ; & celles- ci tendront avec plus 
d'efficacité à l'épurement des mofturs ,doitnous avons parlé 
dans notre n®. 170. — Oui , la vérité ou les principes 
. font un point indivifible. On ne peut pas dite* qu un 
principe ou une vérité cft plus ou rioinsvraiti s'il ert étoît 
ainfi, notre exiftence moraie 6c politique repoferoit fur 
un fyfiéme de probabilités , d'autant plus infuppor- 
table , q le le doute , adroit raifonneur & fophifte infi- 
dteux , ne manqueroit pas d'atterrer la confiance due aux 
opinions les plus utiles & les plus républicaines. — En- 
fin , les principes, bien difcutés 6c fans ceile rappelés» 
impoleront ftlence aux charlatans politiques. 

La crainte n'a pu nous empêcher de confacrer les 
principes , & de déclarer un fentiment bien doux à no- 
tre confcience , celui pir lequel nous croyons avoir été tou- 
jours judes , nos adions politiques n'ayant jamais cefie de 
tendre au bien public. — Mais , nous dit on , que pou- 
ver-vous faire , u Ton vous pcrfécute ? — • Rien : nous 
faurom feulement nous taire ou mourir. Il nous reilera tou- 
.jours pour confolation , refperance, Ije retour des hommes 
trompés au giron de la juftice , eft , pour l'écrivain qui 
a dit U vérité , le réveil l^ plus doux. 

On a voulu corrompre les principes : le serment du teu 
de paulme. Le 23 juin 1789; la révolution du 14 juilet ; 
les journées du 5 et du 6 octobre de la même année ; 
l'indignation contre la fuite du tyran à Vartnncs ; le calme 
du peuple durant cet événement; son horreur profonde 
pour lafoirée du i»; juillet 1791 ; l'énergie de fon vœu , 
. prononcé le lO juin 1791; fon courage et fcs travaux, def- 
truéleurs des pièges et des attentats préparés le 10 Août\ 
fon impofante attimde , tenue le 31 mai , les xer. ôc 2 juin 
X793 , tout concourt à attefter que 25 millions d'hommes 
ibnt à l'ordre de la vérité : 6c ce qui doit encore en con-* 
vaincre, c'est que les communes et les départemens, trompés 
' par les ennemis des principes, reviennent tous les jours en 
ibnic dépoff r leur rœn iur l'autel 4e la patrie , au nom 



( J) 

de la vérité & de la juIHce. — Ainfi la confervarion dé* 
principes doit être entretenue avec le même fotn que le feu 
de Vuta à Homt. — Les Veftales qui laiflbtent éteindrecett» 
]:»mpe facrée étoîent enterrées vives : éceîndre le flambeau 
it Topinion publique on l'égarer eft bien un autre crime. 

Interpellé par ThimifiocU ^ Aaus VLtkt aflemblée nationale 
é*AiAènu^ fur ce qu'il penfoit d'une grande mefure de fûrete v 

générale , d'une mefure révolu tîoraiaiie de falut public ; \ 

Anfiiie ,(i) répondit ; a elle offire mille avantages pour mon 
» pays ; mais elle n'est pas tout-à-fait dans les principes de ' 

s» la luftice et de l'humanité >». Il n'en fallut pas dire plus / 

an peuple ^A'Mrus ^ pour le déterminer à rejettçr d'une * 

Toix unanime la mefure proporée. ^-> \)ti Romain confeiU 
\Q\tkBrutus de faire arrêter Afcj^tZtf , comme complice des 
intrieues de Porscnna & de Tarquitu Voici la réponfe du 
coniul Brutus ; elle est dans les ^ands principes : 

La liberté, la loi, dont nous fommes les pires, 
Nous défend des rigueurs , peut-êtr% nécenaires. 
/rrêter un Romain fur de Amples foupçons , 
Ceft ngir en tyrans, n^ps qui les pumifons. 
Allons parler au peuple , enhardir les timides , 
Encourager les bons , étonner les perfides , 
Que les pères de Rome & de la liberté 
Viennent rendre aux Romains leur intrépidité. 
DUux ! Hû/tne^-nous la mort plutôt que tefelavage, 

A LacidMont , il y avoit des cenfeurs : la république 
avoît confié cette tâche irpportante aux vieillards. — Leurs 
fondions , dit Montesquieu , confiftoient k rappeler les prin« 
cipes de la raifon à ceux qui s'en écartoient. — < Dans Rome 
république, la certfure miîntint long- tcms la pureté des 
principes, comme l'exaâitude dans la dîfcipline ^ l'auftérité ' 
des macurs,& l'obfervatiQn confiante de certaines coutumes 
républicaines, tout ce qui pouvoit inirodiiiie des nou- 
veautés dangereuses,changer le cœur ou l'efpritdu citbyen: 
on cenfeur Romain concWioit les différends des famiiies Se 
réprimoit les défordres publics : Une délibération du corps 
des cenfeurs fùffifoit pour chafTer du fénat un membre dont 

(i) On dît to\x]o\xt$ Jrtfiide le jttfle. Voici pourmiot: c'eft que le 
bon citoyen,qui avoit padé par toutes les charges de la république , 
loin de poiTéder de beaux hôtels , de beaux cher aux , de beaux dit<> 
mans , de bHlcs pendilles , de beaux habits & des biens-fonds à ne (à- 
voir qu'en faire, refta toujours pauvre ; G pauvre, qu'il venoit queloue- 
fois tard au fénat , parce qu'il avoit fallu qu'il raccommodât lui-même 
fon manteau : c'eft que cetadmini(ltateur,prépoféila taxe de ^n- 
triSntîon des villes pour les frais de la aierre contre Xerxès , rcn» 
doit fes comptes , reçut fi pauvre qu'A la mort le tréfor public fut 
obligé de fournir aux frais des funérailles, Pàttarqui^ dont fes vU* 
4et ff'onds homms-^ t,.l^in»V* Vn Amiot, 



(<) 

la corrôptîon éteit prouvée, & pour dter à un chevalier 
le cheval entretenu aux dépens du tréfor public, m Les cen« 
m feurs, dit Montctquitu , jettoient les yeux tout les cinq ans ' 
•» surlafituatton aâuellede ta république » & diftnbuoient 
w de m^aière le peuple dans l'es diverfes tribm» , que lea 
¥^ tribuM et Jes ambitieux ne puflent pas fe rendre maîtres 
n des fuffrages , & que le peuple même ne pût pas abufec 
»> de son pouvoir >>. 

Le rélulut de tous principes politiques eft qu^à fa natp- 
fanceméme, la conftitution fe trouve telle , foit par le génie 
national , foit par Ténergie 'eonftante du f^oat , ou par là 
puiffance des magiftrats, que tout abus de pouvoir y puifie 
être corrigé à tout moment » ou du moitis aue quiconque 
s*écarteroir des principes , y foit rappelé par le voeu de Taâe 
cOnllitutionnel. — Jurons oonc de nous réunir autour de la 
conjlitttt on \ c*eft \\ notre force , notre Palladium; le cri na- 
tional : eonflituùon ! conftlauion ! sans les principes qu'elle 
renferme f' il n*y a point de république. 

La loi n'èâ autre chofe que la garantie de la liberté. Le 
peuple, fournis aux loix, en doit^étre Tauteur;!! n'appar- 
tient qu*à ceux qui s'aflbcient , de régler les conditions de 
h fociecé ; c*eft cet aâe qu'il faut appeler loi. — a Rien de 
yy ce que nous vous propofons , diloient les Decitnvirs au 
>» peuple 9 ne peut paifer en lotx fans votre confenteraent : 
» komains ! fcyez vous-mêmes les auteurs des lotx qiit 
» (iolvem faire votre bonheur >•. — Il fuit de-la que tea 
reprélcntans du peuple rédigent des projets de loix ; que 
le peuple les corrge oa les ianfl'onne, etqa'alors devenus 
Teupreffion du voeu général , librement émis , ces projets 
amendés ou non, se transforment en véritables loix, qui 
obligent tous les membres de rafTociation. La faculté légis« ' 
htive efl incommunicable; le peuple qui s'en dépouilleroir, 
vioieroit tout au plus son droit ; mais , sans y renoncer , ne > 
pouvant pas plus fe dépouiller du principe de fa volpnté que 
du principe de fonexiftence. Telle eft l'eflence de la fouverai- 
Yieté y confi Jérée fous cet afpeâ par tous les publiciftes, 
dont le génie a puilfamment combattu les ibphifmes de la 
tyrannie ufurpatrice , qui prévaloit depuis tant de Cycles , 
Âc a porté entin dans refprit de la nation la conviâion de 
fes droits , lui a montré la chofe publique comme le 
piedeftal de toute grandeur , et la iburce premi^f de toute 
autorité. 

Un roi d*£^ypte donnoit audience aux ambafladeurs; 
il lui prit fintaine de s'enquérir d'eux des principes fonda- 
mentaux de leurs républiques refpeâives. Quand ce fut le 
tour de l'envoyé d'Athènes , il dît : chea nous , on ne per^ 
met p2$ aux riches d'être puiflans , aux pauvres d'It^e oifiE^' 
& à ceux qui gouvernent d'être ignorans. 



Uaiflkafladenr de SpArte dit aiidî foft mot : à lacÛt^ 
«loae Tenvic ne règne poiitf , car tous les citoyen» ibnit 
^aux; ni Pavarice , car toit» les biens font communt; ni \m 
pareffe^car iUaut quetoat le monde s*occU|>e ^ et rende 
tompte de fon travail. 

En %y pie , les magîftrati , les adralniflrateurs « les juges, 
faifoieat le ferment » en entrant en fonâlons , de ne poûii 
ob^ir an roi ^ quand il leur commanderoic quelque cbofo 
contre la loi. 

AntiochusIII, roi deSyrîe, à fon avènement au trdne^ 
avertit les citoyens de ne tenir aucun (ompte de fes. ordon- 
sances, fi elles violoien^ la conftitutîon de l'état. 

En contactant les anecdotes précédentes , dt ce mot d« 
fUrc AwèU ; ca tmpîrt ncfipasàmûi^ il tft aie ftaplc^ 
c*efi rappeler de grands principes , fortis même de la bouche 
des tyrans. Ces principes auguftes conftituent anjourd'boi 
te droit aational en France , Oui, la république /i^/^fift/i 
appartient au peuple ; « et ceux qui gouvernent , comms 
H on Ta dit )ufques dans les commiines d'Angleterre , 
1^ fe doivent tou^ entiers à la fociété , qui a mis en euii 
9» fa confiance », — Ce principe devoir être £ins ceffe 
devanf les yeu3( des adminifirés pour les rappeler fan» 
ceffe à Texercice de leurs droits ^ prefque toujours eo* 
fretnts on. altérés par l'intérêt ou l'ambition de ceux qui 
gouvernent. Or , réfifter aux progrès des abus , fe cou* 
certer pour paraL>(er les m^^nosuvres do Toppteffion « 
c*eft tendre à réorganifer les reffons de Tordre focial; 
t'eft procurer des iacilités à l'exécution des lois et aux 
▼ues du bien, public , c'eft (ufpendre lecchirs tumulméux 
des prodigalités ; c'est reinplir le vingtième anticle^ fi fagfr 
nient inoiicé^ de U i)ouveHe conftitutioa : u Tous les 
p citoyens ont droit d^ concourir à l'étabiiffement detcoBi* 
n tributÎQns , 4*^n surveiUer- l'emploi , et de s'en faire rendre 
s» compte s». — Un pareil principe , bien obfervé ^ fauvére 
^ réptijblîqne. 

Qu^efice que le dpoitî c'eft la&cuTté libre de vouloir & dt 
faire , d'après cette ipaxime : m fais pas à un autrt , ct.fiie 
tu ne ytux pas qu'il uf^fait^ — Le droit commun à tous » 
une fois reconnu , î^ rùien indjque une règle « de la règle 
un devoir : l'exercice dyi drpit eft donc celui d'une n\ox2\\\k 
qu^ n'a pas befoin d'être impuifé par la violence, pour êtr^ 
ebferyé. La.)uftice , cet ange tutélaîre de chaque bon citoyen, 
confeil era toujours le reipeâ des perfonnes et des poprié- 
tés ; & la force ne doit jamais paroitre que lorfqu'un infrac-^ 
leur fe mon re , pour rAunir en lui ieui le droit df plùfieun» 
Tout niV âeur eft celui qui viole le vœu folennel de la 
:relimté g^i^^e : de-I»» le 350. ariiclev^ dans la déclara-:. 



<8> . 

tiMdes droits, qui confacre ce principe !<4(|uind[ té gôdf 
V> verneiient viole les droits du peuple , Tînlurreâloa eff 
9» pour le peuple , 6i pour chaque portion du peuple , itf 
>» plus facré des droits ^ Sc le plus indiipetilable des 
» devoirs n. 

Le principe de la démocratie demeute inaltérable , tant 
que les uns commandent ^ Se les autres obéiflent 4 leurs 
égaux ; tant que tous ont pour vertu prennère la crainte 
religieufe d'enfreindre ies loix, ou plutôt renripreflemeai 
à s'y foumettre ; tant que l'égalité repofe , fans la moindre 
nuance , dans l'équilibre le plus confiant , entré racIminiT- 
trateur, qui eil le cléponcatre de la loi , etraimini'!réyqui 
en rcfpeéte le frein ; tant que le '<|yeuple fcrtt l'unique in* 
fiuemce de cette même lot , & non la main iiîfidieulé ou là 
volonté perfide de celui qui en eft l'organe ; tant que lee 
comntect.ins exercent en maflc utte furveillance courjgeufe 
Ce perfévérante fur ceux qu'ils ont commis à l'exécution 
de» ioix. 

, Le principe de la démocratie s^affermit quand il n'y a que la 
loi feule qui commande» pjrce 'qu'alors tous font fiers â^ 
orgueilleux de fuivre l'ordre de tous , et que telle eft, fous 
les aufptces de la majefté nationale , Theureufe et fublime 
condition de la véritable indépendance i elle s'affermit ^ 
cette" faînte démocratie , entre les lumièr.-s et le courage. 
Les unes lui ntontrent Técusil de la licence » & l'autre lui 
Snfpire l'audace fatutairéqui la réprime , Ôl y fubftitueU 
liberté ; car la licence eA une oppreffion , ÔC l'oppreffion 
une licence. 

Le principe de la démocradt s'altère ^ lorfque les corrup-* 
teurs « méconnus par le peuple , font appelés aux places 
par des fufFraees partiels^ ôc non par le vœa général $ 
lorfque la fociété cède à la rufe ce quVIle auroit refufé à la 
Violence^lorfque le dev#ir fe particularife & cefTe d^être ûnd 
obligation rigoureufe de faire ce qui. convient' à l'intérêt 
commun. Citoyens, criez donc,inyoquezdonc les loix, ellet 
feules peuvent fervir d'égide contre les intrigans ^ dont (e 
peuple fera longtems encore dupe , & qui » avec les faints 
noms de patrie & de liberté , appellent l'intolérance & U 
psrféctttion , toujours armées contre les défenfeui^ du droit 
public , 6t toujours prêtes à charger de chaînes , raugude 
liberté de la prcjfc. 

Le principe de la démocratie n'est plus qu'utle chimère i 
lorfque la corruption , cachée dans le cœur des délégués 
du peuple , cherche à s'étendre au dehors. Lorsque Végoisrfie 
a jeté i»ur le cadavre de la liberté le voile de l'hypocfisle , & 
fait prendre l'ombre de ce droit pour la réalité ; dès-lor s ^ 
l'eitime & le refpect s'éloignent de ceux qui exercent la 

pulflance i 



j^îlïance ; te ù tes manoeuvres d*uAé intrigué ; qtte lés 
c erreurs n'auront pas apperçue , leur ont mérité la plura-^ 
lité des CufFrages , di(ons avec Tacite: Qutfi'U qu'uni 
pouvoir acquis j par dts moyens infâmes ? 

La liberté de la prelTe ! bouclier contre les attentits de la 
violence I Ah ! la puîflance toujours redoutable » des mains 
qui tiennent les renés de la république , n'oublie pas*, quand 
la liberté des éctts lui déplaît, de lui iihputer des effets 
llberticides^ elle a déjà commencé à lui envoyer dçs s^^Ires. 
& des fers ; mais on a dit que la prefle iicentieul'e caldmiiioit^ 
qu'ell: altéroit les' vrais principes. Réponde» aux écrivains 
calomniateurs, en les faifant pâlir deyanj le flambeau ^« 
la vérité ; et fi un fon£èionnatre public avôjt à fe jufiifiér 
d'une importure , qui teridroit à ternir fâ rep citation , (ovi 
irréprochabiliré , publiée par la voie de la prefle , dcvroit 
fj&rz pour lui faire goûter le plaifir généreux 'd*une ven- 
jgeance honorable; mais fi un puiflant a outragé, perfécuté 
un homm* obl'cur^ Timp im'crie fe hâte de dénoncer cettd 
infraction, faite au faint contrat d^ Végallté. La caufe de 
Topprimé devfent celle de tous , 6c roppredear^ puni pur 
la honibe , doit encore fe charger de léparer Jcs torts , 
qu'il a eus envers un ïrln malheureux. L'art.j^de la 
déclaration des droits ^ eA formel & vient à. notre appui : 
» il y a oppreflîon j;!ontre le corps social , loriqu'iin feul d^ 
les membres eft opprimé ^^ 

Si vous opprimez, nous dit -on, un gouvernant, 
vous 3 gouverne , vous ferex à voire tour un oppreffeur. — 
Ce principe eft Vrai : mais je fuis tenu h avoif moins 
^ de vertu ôc de talent , que celui qui monte fuf la fcène. 
des places t je ne lui contefte pas le droit de me pourfuivre ; 
mais je dis qu'il doit fe prèfenter loyalement devant les 
tribunaux » & m^y a'ppeller : là , s il n'4 ni vertu ni 
grandeur d^ame , \t ferai condamné i, lui donner des 
indemnités» bien qu'aux termes de la conftitution,arti« 
de de la garantie des droits , la liberté de U pnjft foit di^ 
datée indéfinie. 

Un principe , que nous puifi»ns dans Grotjus ^ d'ac^ 
cord avec l'arricle VU de la déclaration des droits , qui 
aflure à chacun le droit de maniftjier fa ptnfce &> fei. 
vmnîons , porte que tout ordre ou toute loi f dont an dà" 
> Jend Vexanten & la critique , ne peut jamais être qu'une lai 
injufie* — C'eft pour cela que la prede doit jouir de la 
plus entière liberté. — L'intérêt particulier la redoute, 
tandis que Pintérêt public la defire &L veut la protéger^ 
Oui , là commence l'ariftocratie , oU la témérité des 
N!. aïo. 7«ii?i 17. t 



( «0 ) 

3dmmîQritlons.met des entl-svesà la^enfie. Vw^ocnéei 
h Monufquleti ^ éik le gouvernement qui profcric le plus 
Ifss ouvrages latyticjues : les niagiftrats y i'otii dt petits 
fbuveraîns , qtii ne font pas allez grands pour méprirer 
les injures. — Mais ce qui doit faire rougir tant de petits 
hommes qui craignent dt petits écrits , ce font les pro-* 
près exprèfTions dé trois tyrans affreux , Thfodoft , meur- 
frier de t \ùoo Jloniains dans Thtjfaloniquc \ d*Arcadlus 
& d'Honorlus , dévaftateurs des empires d* Occident 6i d'O- 
rient : Si quelqu'un parle de nous avec légèreté , mé- 
prifet fes propos ; fi la folie rinfpire , il ell digne de 
pitié ; s'il nous injurie , oppofez-lui notre clémence. » — 
Et des républicains n'auroient pas une magnanimité frai 
terncll^ , au-defTus de celle des plus lâches delpotes ! — 
Qu'eft- ce qui donne aux républicains une énergie 
perlévérante ? — la liberté !l Qu'ils penfent , qu'ils 
parlent, qu'ils écrivent , qu'ils impriment comme ils 
voudront , répondez - leur : prouvez - leur qu'ils onc 
tort. Mais ne craignez rien : le peuple choiut , dans 
fes leâures , ce qui ptait à fa c^nfcience , ce qui con- 
vient à les intérêts. Â-tit été la dupe de tous les pam- 
phlets 9 difiribués avec profufion , pour le ramener à la 
fervitude royale ? — Les patriotes n'ont-ils pas imprimé 
des répliques viâorieufes aux pamphlets des ariAocrates ? 
& du choc de ces querelles polémiques , n'eft-il pas ré- 
fulté que tous les complots ont été découverts ; que les 
înfrigans des THuileriiS ont foulevé le peuple , que la fé* 
duâion des fauteurs du defpotifmc une fois avérée , la 
fierté des véirûs républicaines a placé , dans tous les 
cœurs , fes principes fixes & réfléchis , que la puifFance 
du peuple a renverfé le trône , & que les Français ne 
voulant plus de maître ont envoyé leur dernier tyran à 
l'échafaud. A ce tyran falarié ont dû fuccéder une conf- 
t'tution démocratique & un gouvernement populaire : & 
fi ceux que le peuple falarie , ne favent pas digne- 
ment & à fon gré , comme dit Mot^taigne : i< le métier 
de gouvemeqr , le plus âpre 6c le plus difficile métier ou 
monde , ne feroitilj donc plus permis à un phiiofophe 
de dire qu'il eft plus aifé de mal que de bien gouverner \ 
— Prouvez donc enfin à vos frères qu'ils ont tort ; mais 
ne les perfécutez pas. — Cefl en cela que vous ferez 
au niveau du cinquième article de la déclaration. « Les 
peuples libres ne connoifTent d'autres motifs de préfé- 
rence dans leurs éleâions , que les vertus & les talens. y> 
Le Français K3^\ ofa dire , en 1718 , à Laws^ qu'il étoit 
un fripon: à Benoit XIII ^ qu'il étoit un ante - Chrîfl^ par 
fon luxe OC ibo ambition; au doge de Vmfe , qu*il éioit ua 



fca d*époufer la mer , & à Achmtt III , que Palcoran étolt 
un ramis ennuyeux de contes de ma mère VOlt , fut fuccef- 
fivement enfermé à S. Lazare ^ au château S. Ange, dans la 
tour de S. Marc, i& enfin empalé à ConflaruinopU \ & ce- 
pendant, dit Voltaire: «Il avoit eu toujours rai (on ». La 
raifon auroit elle encore. tort en France ? Non , fans doute , 
lorfqu'eUe invoque I2S principes & la vérité ; ce ferçit cou- 
vrir la fljtue de la philolophie^ du manteau de l'opprobre» 
Sue de lui imputer à crime fes obCervations impartiales, 
appartient à la raifon de définir le mot anarchie, 
Qu*eft ce que Tanarchie ? (remontons aux gueites civiles 
de la république romaine ) Ôeft la confufxon de tous les 

C'ncipes , finon dans les loix, au moins dans leur exécution, 
s autorités fe multiplient & fe cr^ifeht; les intrigues 
organifent les faâions : l'intérêt général eft négligé , oublia 
même pour quelques individus : le parti le plus fort fait au 
plus foible un crime de fès opinions : l'influence du peuple 
entier eft anéantie par Tinfiuence de la portion qui s'eft 
hiffé corrompre : la volonté générale eft déguifée fous l'ap- 
parence du vœu partiel , qu'une multitude exprime par des 
cris perçans , tandis qu'elle ne compofe qu'une très-petite 
fraâion du tout. Cette bruyante troupe (e répand dans les 
fdâions de Rome\ elle organife le parti de l'ariitocrate Sylla 
contre le plébéien Marius : fous le mafque de la popularité , 
elle anéantit Vzutonté plébéienne ; elle cimente refclavagè 
de la première cité du monde, dans lefang &fur les cada- 
Trts de cent mille citoyens ; 6c cependant la tête de SylU 
aroit étémife à prix; fa maifon avoit été rafée par ordre 
du fénat. Eh bien ! ces aâes de judice n'empêchèrent pas 
fcs crimes. Marius fe tua à Pnnefl, Cethcgus ûc Canlina ré- 
veillèrent bientôt îe syftême des conjurations : joue^ des 
manœuvres & de» cabales , à travers tant d'horreurs , Iç 
peuple, fans puiffance ni énergie , expiroit viftime de l'in- 
térêt de fes meneurs. — Petreius livra une bataille à Catilinm^ 
& l*aâion fut f| fanglante , qu'il n'eft aucun exemple d'un 
pareil carnage , & peu d'un courage aufli Intrépide. — Le 
fyftêrtie des faâions perpétua l'anarchie , qui finit par livrer 
la république romaine aux mains impures & natlonicides 
du lâche O^ave Cepias , furnommé Augujît, — Gablnius 
rétablit , malgré le peuple , Ptolomée fur le trône XAlexan^ 
irie , & ce tut fans le confentement du peuple , que Céfw 
fit la guerre aux Qaulois 6c Craffus aux Parthes. L'anarchie 
décourage les admitiiftrés ; elle leur montre un gouverne-, 
ment libre , hériffé d'înconvéniens extrêmes ; et lorfqu'i^n 
fcul eft le maître , il s'empreffc de rétablir Tordre ,] pour 
&Ç9 feniir le b\j]^çttr d«i çouyernemcnt d*un fcid; 
- " B 3^ 



< »> ) 

^ Teli font les dérafif^i que prodvU U dévîaiion des priti^ 
ctpes. N'eft-ce pas te glaive de VanarchU qui égorgea, fous 
Moifc , i3«ooo Juiff qui aToient adoré un veau d'or } Sout 
rabomiiiable deipotifme de MlthrUatt^ 40,000 RQmaùu 
périrent dans VAJic minturt. Sous Trajan , L'anarchie indi- 
quant un meffie dans la perlonne d'un avanturier , arma 
les Juifs qui , ai la voix à^Andn^ fe difant fils de Dieu » maf« 
facrèrent plus de ico,ooo . perfonnes dans la CyrénaïqtK 
& l'ifle de Chypre, 100,000 Manichitns furent détruits , 
au 9e. fiécle , à ConfiaminopU^ par ordre de Thcodora^ veuve 
du cruel Théophiît.~D^n% la première croii'ade , l'on vif 
les fanatiques qui alloient dans la terre fainte , exterminer 
tous lesjuiÇi qu'ils renconuèrent en AUanagm : ils n'oubliè- 
rent pas de paflerau fil de l'épéQj les Hébreux qui réû- 
doient alors à Cyrèfu & à Chypre, — N'eft-ce pas à la faveur 
de Panarchie , que nos ayeuls maflacrèrent les Albigeois , 6c 
furent, ï leur rpur, malTicrés à l'époque des Viprisfici- 
Utnncs î ^- N*eA - ce pas l'oubli des principes qui envoya 
«u bûcher, les malheureux Templiers, viftimes de U 
haine de Philippe U Bdi Si l'anarchie n'avoit pas exidé dans 
le nouveau monde , l'hiftoire offriroit-elle le^tabJeau de ia 
inil lions d%ommes , immolés par l'épée des EfpagnoUi —- < 
N'étoit-elle pas à fon comble dans Pofif , lorfqu'elle or- 
donna la nuit de 5. ffîinhiUmi } Sc fous Charles 1er. , en 
^^41 t 40,o«o Irlandais expirèrent par le glaive des Catho- 
liques, — Tant d'horreurs n'auroient jamais été commifes , 
il le peuple , inAruit fur ce qu'il fe doit à lui-m^me , s*étoit 
conduit , d'après les principes qui cqnfacrent fes droits ; fi 
ceux qui prétendent lavoir les gouverner, n'étoient pat 
pétris d'ignorance 6c d*orgueil , ou corrompus par le 
dcfirde UpuifTance, ou entraînés par le fentiment d'une 
cupidité déplorable. Ainfi donc , fi les individus font pré- 
férés à ces mêmes principes , il faut cpmpter fur le retour 
de Tefclavage. — ^ Il n*y a plus de république, là oà tel 
meneur a des partifans plus qu'un autr«. — se rallier autour 
des principes qui conffituent la liberté , s'y attacher avec 
Conftance , voilà le grand art d'un peuple qui veut férieufe^ 
ment être libre. Voulea-vous une grandeur , une félicité du- 
rables , n^embraiTez que la loi , écoutez fes expreffions 
lacrées , communes i^ vous & à tOMs nos frères : c'eft elle 
qui doit yoqs qnir en faifceau contre les tyrans , & ceux qui 
cherchent à vous aflervir , moins pour Peftime qu'ils pa- 
roifienf vouloir mériter, que parce qu'ils font jaloux de 
votre confiance & des places qui en font la fuite , et fi vous 
Si'écartez pas les personnes , comment vous ferolt-il poilible 
de çoncovrit «U maintiça de ce |rincif e çpnftitutionnel : 



H La garantie fociale confifie dans raâioA de tous , poiiV 
W affurer à cbacun la jouiflance et la confervation de Tes * 
I» droits. Cette garantie repofe fur la foureraîneté na- 
> tîonale ». 

Il eft poffible qae des mains adroites fâchent nous divîfet 
d'une autre manière, & qu'elles veuillent, après avoir 
détrait l'idolâtrie populaire pour les individus, ta commu- 
niquer à certaines feass politiques , d'autant plus néceflaires 
«{u'elles font chargées de faire triompher les principes : maïs 
elles ne fouff. iront p4s cette idolâtrie ; elles s'appliqueront 
à la faire tourner à l'avantage de ces mêmes principes , que 
BOUS réclamons comme une portion la plus eflTentielle dn 
culte , due à la patrie & à fes loix. Il nous a femblé voir 
l'intolérance prefenter un front menaçant à ceux qui ne 
font pas membres de ces aflbçiations patriotiques , ou qui 
paroiflent n'être pas encore perfuadés d^ l'excellence des 
principes qu'elles profeflfent. 

Puifle la fraternité qui nous distingue tous aujourd'hui , 
docile à la voix de la nature , nous impofer le devoir de 
la patience 5c de la douceur, dans notre manière d'éclairer , 
d'enfeigner, de convaincre ! La philofophîe ripublU 
caint marche toujours fous les aufpices de la bonté , entre 
la paix et la tolérance : fes principes chéris font l'union , 
les vœux qu'elle forme pour la profpérité générale & le 
régne des loix, une haine éternelle, qu'elle a )uré aux, 
tyrans & à tous les genres- de fanatifmes , même politi- 
ques. — Un perfécuteur , un into'érant , un fanatique , fe 
met à la place delà loi ; c'eftpour lui que le vingt s?ptième 
article de la déclaration femble avoir été fait : « que 
»» tour individu , qui ufurperoit la fouveraineté , soit à 
» l*in{lant mis à mort par les hommes libres ». 

L'égalité , palladium de la république , rapprochera le 
bonheur de nous « fi le principe , fur lequel elle repofe i^ 
reçoit de tous une juds interprétation. Il m'importe fort peu 
qu'un Français ^commQ moi, re'ufe d'être mon égal : ce 
refus me prouve qu'il a de l'orgeutl , &i qu*i| a encore les 
préjugés , la rouille de l'ignorance ; mais ^ ce qui me feroit 
beaucoup de. peine , ce feroit une loi qui le proclan^eroi| 
mon fupérieur. s^ 

L'honne^e cttojreti , lihre 8c «ïîgne deTétre, 

Fait h bien , fuit les loix , fans efcTave & fans ma?tre. 

Tout républicain ne doit compte que de fes devoirs; 
mais route dépendance , de tel ou de tel compatriote , 
feroit une honte, un état infime qui le peindront comme 
indigne de fon nouvel état. 4< La loi, porte la déclaration 
n 4cs droits , ne reconnoit point de 4omefti€l(^ ; il ne peu( 



f» exifler quVn cngÂgëment de (oîns & de reconfiorflfâmcef i 
» entre l'homine qui travaille & celui qui remploie ». — ♦ 
Cette ruppie^rion fera dnas les annales du genre humain; 
la même époque que le traité de JJjn avec le^ Carthaginois « 
qui reçurent la paix de leur vainqueur, à condition quMs 
ne {acriii«Toient plus^ leurs dieux d^s viâimes hamainesi. 
-— Le droit de Tég^ité rademble & lie tous les Kumains an 
niveau les un> des autres; il les foumet aux mêmes loix , 
fans permettre qu'aucun d*eux foit placé au-deffus ou au- 
«leflbus d'unfeul ou de plufieurs : ce principe de juflice, 
appuyé par )a nature , Aippcfe ( ce qui eft vrai ) que nous 
avons reçu en parcage , à l'époque de notre naiUance , les 
mêmes organes , les mêmes befo^ns , le germe d*unemême 
raifon , & le droit d'afpirer aux mêmes biens , répa.ndus 
iiir le fol de notre patrie , & produits par fa fécondité* — 
Si le travail &L réconoinie donnent à quelques citoyens les 
avantages de quel qu'ai fan ce, il dérive légitifremcnt de cette 
încelligifnce active , plus eu moini heureufcment ou péni- 
blement exercée , ce principe magnanime £c jcfie , qui im^ 
pôle , à titre de devoir , le refpett des propriétés , sur^tout 
lorfqueliçs font dans les jnains de celui qui les pofîède , 
les fruits facrés de fss longues veilles & de fes fueurs. 
De ce raifonnemcnt , que la probité publique applau- 
dit , a cOulé le 19e. article de la déclaration : 44 Nul 
» ne peut être privé de la moindre portion de fii propriété, 
» fans fon confentement » , &c. — Article qui cil une fuite 
. du 9e. ; égide mife dans les mains de l'homme ifolé , ingénu 
& malheureux :4< La loi doit protéger la liberté publique 
» Si individuelle, contre t'oppreflion «de ceux qui gou- 
n vernent ». - . 

A rcxécut.on des principes que nous venons d'analyei, 
font attachés le bonheur ëc la Irberré » l'égalité fatnte & la 
vertu : ft les ad mi ni orateurs 6c les adminiflrés reçoivent une 
inflruâion nationale , qui Jes appelle fans ceffe et les fixe 
enfin par une douce habitude , dans l'équilibre de ce 
centre commun , le$ prétentions de la fortune ôc de la puif- 
fance' ne choqueront jamais les droits de perfonne; le vatf- 
seau de Tétat coulera fur un âcuve tranquille , fous la direc- 
tion des principes, confacrés peut-être encore plos pour un 
peuple de frères , d^ns le code des mœurs , que d;ins celui 
des loix. Chacun fera comme Socratc , qui , suivant Afo^f-i- 
pu jjavoit mener l'humaine vie • tonform.mznt à fa naturelle 
condition. — Mais fans les p: ncipcs que nous venons de dé- 
velopper , faudroit il croire à la république ? ? ? 

Souvenons-nous que là où l'empire arbitraire des rais 
finit, doit commencer le règne abrolu des principe*.. 
Il fut uo tcms ou tous les principes n'étoitat pas encot^ 



trouvas ) ne formolentpas alors ce fai(c«an qu'on n«.poarm 
déforinats rompre impunément. Alors , renvoyei' cou jours 
aux principes qui n'exiftoient que dans quc'qies têtes (ainea 
& fortes , mais qui n'étoient pas encore devenus comiailOft 
à tous; alors, difonsj- nous , toujours parier principes, 
avoir toujours l^ mot de loi à la bouche ou fous la plume ^ ^ 
devoit paroitre lufpeâ ^ & fcnibloit annoncer upe arîAO'» 
cratie déguisée ', mais aujourd'hui ce n'eïl plus cela ; en £ait 
âe principes ,' il ne. .nous reûe plus rien s découvrir ; roun 
n'avons prefque plus rien à defircr , en fait de régime 
populaire. Cefl donc le cas maintenant de réclamer à loiâ 
propos les principe^. Là révolution amène \^ . réveil deâ 
principes ; c'ed aux principes à Icnr cotir à couronner la- 
Tévoluîion f 6l à rendre le calme à la fociété. Donc , qtie 
tout ce qui n'étoit que provi foire,, que tAmporajre, quei 
févo^utionn>ire, ceffe enfin ; ^ remettons aux principe;* ^ 
à euj& feuls^ le dépôt de la fureté générale. 

Il y a des traîtres à punir, des hypocrites a démafquçr, 
des^oncuiTionnaires à dégraifier , dos ambitieux à abbatt^'e^r 
traduifons-les au tnbunal des principes;. Je feul ioya)^ 
&. que perfonne ne peut décliner. Le plus faint de nos 
devoirs , à préfcnt , cOnfifte à être en infurrcâion habin 
tuelle & permanente contre toute violation des principes. 
De tous les délits, c'eft le plus grave; il faut que chapiHt 
de nous en prense fait & caufe , comme d*une injure 
perfonnelle. 

Si nous ne prenons cette attitudiî, la feule convenable, la 
feule digne de tious ; fi nous ajournons encore 8l toujoucs, 
Tapplicatton des principes aux opérations du gouvernement^ 
a nous ne déployons pas enfin cie caracière iage<!cs peuples 
vraiment libres; c'eft-à-dire, fi nous ne rendons pasunt 
tulle religieux a nos lois; fi nous ne ppus montrons pa» 
jaloux d'une fidélité ï toute épreuve aux principes que 
nous avons pofés nous ntêmesylS jurés fur le livre de la 
raifon ; ce qu'on nous a tant de fois prédit doit néce(Ipif«* 
ment arriver ; ce dont on nous a menacé fi fouvent , doit 
$*cffeâuer. Oui, un brigand, homme de tête, s'élèvera 
enfin , 6c dira : fout calculé , cette nation h e(l p^s faite, 
pour être libre ; elle cftînfidelle aux lois qu'elte s'efl donnée ; 
die eft inconféqaente aux principes qu'eUe s'eft faits : la 
conquête en fera facile. Arrachons ce peuplé sans cônfif- 
tence , à r e ngou e m ent fa^l:?ce qu'on a fu Kit tnfpircr. Qu'iiftr 
réveille efclave ! que rifquons-nous ? jamais il n'aura la 
toTce de revenir fur lui-mcme. Il n a point de tenue dane 
fes idées ; il n'a pas fu prévoir les pièges que nous lui avons 
tendu ; marchons fur cette république , qui fe dit une 
&indivifible, &qui eliemênrefe démembre , fe fédéra^ 
life i épargnons-lui le crime de fe déchirer de fes 'fto^m 



f *« > 

]pres maîns. SauVons-li d'eilc-mémc ; &' puîfqu*c!i« eft 
incapable de fe gouverner ^ de n*obéir qu'à elle , & aui 
loix de cette Juftice éternelle , de cette égalité fublimé 
qu'elle a écrit par-tout « excepté dans Ton cœ«r » il lui 
faut un maître pour raccorder avec elle-même; paroil- 
fpns à la tête d'une phalange plus docile aux règlemer.s 
militaires , quç ce peuple ne Teft à fes principes ; que là 
Aïoitié de Paris tombe en pouffière. Réduilons cette ville de 
Pandore, à ce qu'elle étoît du temt du roi de France, dç U 
première & deuxième race ; c'cft-à-dire , à ce qu'on ap- 
pelloic alors la cité. Rafons les fauxbour^s, 6c condamnons 
fei lâches habitans à (e râler aufli» Qu ils deviennent les 
ilotes de l'europe l Qu'on vienne en force acheter des ef- 
claves , comme on alloit auparavant fur la côte de Guinée» 
Nous en vendrons à tous prix , après en avoir immelé 
plufieurs milliers aux mânes de Louis XVL 

Tels font les plus doux projets des principaux chefs des 
hordes de brigands qui nous cernent , ôc qui déjà ont 
envahi la Vendée. Ce p^an , infenfé & atroce , ( i ) fc 
réaliferoit fi nous ne nous hâtions de nous rallier fortement 
autour des principes , & fi nous ne prenons la ferme réfo- 
lûtion d'y tenir. Jurons donc ; mais que ce foit le derniet 
de nos lermens; jurons tous de n'entendre à aucune pro^ 
pofition, telle fpécieufe lût-elle, qui, tendroit, fous quelque 
prétexte quetre foit , à (ufpendre un feul infiânt , à hmiter , 
' ou ajourner un feul des principes contenus dans la déda* 
faticn des droits. Jurons de ne pas laiffer impunis 24 heure$ 
le violateur d'un feul de fes principes ; & nous' terminerons 
par cette grande vérité, qui dans ces derniers tems n'u 
pas été aflt« fcntie par rcs légiilateurs eux-mêmes; car les 
alimens ne font pas plus nécemires à la y\à dt l'homme | 
que les principes à Texiftence d*une république* 



Le citoyen Sanfon , exécuteur des jugemens criminels 
de Paris , réclaihe contre l'article du N* 209 , qui l'inculpe 
d'avoir , lui ou fes valets , fouffleté la tcie de Charlotte, 
Corday après l'exécution ; il nous aflurc que c'eft au 
contraire un charpentier qui a été puni de cçt enthoufiafme 
inconcevable , & qui a reconnu fa faute. 



( tn 

-' -- ■ ' ■ ' -, "' >■■■... ^..* 

CONVENTION^ NATIONALE. 

Suiu dé la féancê du mardi 9 juiiUu 

. Les charge en outre ^avifer aux moyens de faire ë^alemeilt fupi 
porter un droit d'eiireeiArement à toutes les lettres qui le négocie-^ 
xont dorénavant fur l^tranger. 

. £t en&n » de fe faire rendre compte , pitr les autorités conftîtuées 
4e Paris, du préjudice que potrrott apporter au véritable cdfro'»' 
merce 6c à la circulation des effets . nationaux , la clôture de U 
Bourfe ; & dans ce c<)s , fe concerter avec rites, pour aliur6rau3t 
négocians paiGbIes un lii^u de réunion où ie feroient toute^ leâ 
négociations autorifées p^ir la loi ,'' rtiais duquel feroient rigoureu- 
fement exclus tout marchand d*t>r, d'ar^^cnt & de bijoulc , 8c tout- 
homme faifant un commerce honteux & illicite. 

Dtlatroùfé Je demande Timpreflion du difcoufs & du projet de 
décret , ai rajournement; mais je demande que le comité de. fureta 

Î;éAérale foit tenu de prendre toutes les mefures pour découvrir 
es moyens employés, par les compagiûes de iînances , pour fe fouf"' 
traire à Tenregifirement ; je me charge de lui indiquer celles qui 
pourront le conduire à ce buté La propofition de Defacroix e(l 
adoptée* 

Mallarmé, Citoyens , lé paiement des intérêts des financés dei 
comptables , n'a été décrété que jufqu'a la fin de Tânitée oi. 

Les comptables , par une pétition préfentée à raifemblée natto-> 
sale le 6 iè ce mois, & renvoyée au comité des finance^, folli'> 
citent un décret qtii ordonne la continuation du paiement de leuri 
t itérèts pour 1793» 
Votrecomité vous propofe en conféquence le projet de détfetfuivanti 
Les intérêts dus aux comptables, à raifon de leurs finances^ 
ceminueroht â' leu^ être payés pour 17931 comme ils l'ont été 
précédemment , & à charge par eux de niftifier qu'ils ne doivent 
ui Tcfctiptions , ni billf ts au tréfor public , 8c qu'ils ont préfent6 
tous leurs comptes au bureau de comptabilité* 
Le projet. de décret eft adopté. 

DolacroUct Vous avez rendu une loi utile à la république , en 
fufpendant le verfement des annuités dans les dépai'temens décla*^ 
rés en révolte ; mais les adminidrateurs ont ordonné aux di(lri£ls' 
de vendre tur folle enchère. Il ne faut pas que les adminiftrés fouiirenc 
à caufe de leur obéiii'ance a la loi. Je defnande la peine de mort 
contre les adminiftrateurs de diftriO qui p rocéd croie nt , d'après 
Tordre des départemens révoltés, à des wtvx^ti fur folle enchère^ 
La propofition cft décrétée. 

Mtrtrêdi 10 jaiU.t. G^ffuin, Le fon des cloches 8c ïe btiiit dii 
canon fe foi.t fait entendre dans Ave('nes ^ chef-Iiéu du diflficl diC 
Kord , à l'arrivée de l'aé^e conftîtutionnel ; ta garnifon s t II mi fa 
fous les armes à cette occatîon , 8c on l'a proclatné folennel-'- 
lemcnt fur la place d'armes 8c aax cafemes. 

Mention honorable du civifme des citoyens' 8c de la garnifon d'« 
irefnes. Infertion au bulletin. ' 

Gafparin donne leflurc d'une lettre des commifTaires de la con^i 
vention nationale près rarmé.e 9c les (ôtet de la Rochelle , en daOT 

c 



(»8) 

Inftniftt » ttorte cette lettre « de U prire de Châtîllon per les 
ttoupes de fa république , nous noui rendions dans cette ville » 
lorfque nous avons appris T^hec que nous y avons eflujé. Le 
f au mat-n, l^cfterm^nn y a été furpris par les rebelles & a été 
forcé de fe retirer Tur Parthenay. C'eft dans cette ville que nous 
l'avons vu i noue l'avons trouvé trè^irricé Contré l'es bataillons im 
U formation d'Orléans, & particulièrement contre le quarorzième , 
fu*il accufoit d'indKcipltne êc de Ukheté ; mais nous nous fommes 
convaiuctts par tous les rapports que nous avons reçus , que Wef* 
termana s*é*oft laiffé entourer au point qu'H n'a paru s'apperccvoîr 
de l'aoproche de reoneflii , qu'au moment oà les croupes , fans 
ordre oc Um formadoo . ont été fufillées de toutes parts. La de- 
route a été complette; l'enncnii s'cft rendu maître, fans réfiftance^ 
de onze pièces de canon abandonnées i nous avons perdu beaucoup 
de monde . mais nous ne pouvons connoître le nomore exaAement, 
Nous ne eevons pas vous diifimuler que Weftenriann a perdu U 
confiance de Tarmée i il eft impoffible qu'il coiAmande à des vo» 
lontaires au'il afiefte de mé^iier , 8c auxquels il préfère ouver« 
tement fa 'é^^on , dont l'équipement confié i fa direélien , eft pour 
lui un objet de fpéculation. Quant à fa légion , un décret a fup* 
primé toutes celles de ce ftcnre ; nous femmes étonnés que cette 
lésion , dont Tindifcipline éc Tefprit de briganda^ie ont aliéné }f» 
cfprits de beaucoup d'habitans des campagnes , fubfille encore s 
nous croyons utHe de la réformer , 8c d incorporer fes fantaffins 
dans les troupes légères , fa cavalerie dans les^ cbafleurs à cheval , 
êc enfin fon artillerie légère , qui eft aétoellement fans canons . dans 
les diverfes compagnies de canoniers au fervice de la république. 
Le général Cha.bot a (ait replier les débris de l'armée tur Niort 
^ Saint-Maxent. Cet échec eft d'auunt plus fnncfte » oue les deui^ 
bataillons de la Gironde qui fatioient partie de la divilion font re« 
tournés dans leurs foyers. 

Cette letsne eftfignée Goi^UUam ( de Fomenay ) , H Bwriûn ( de 
rOife )• 
. On demande la traduéUon i la barre du eenéral Vëfttrmann. 

Gafparin, au nom du comité (de falut public, préfente un pro- 
têt de décret qui ordonne fa tranilation à la barre , la réforme de 
la légion , & (on incorporation dans les troupes de difiérentes ar« 
mécs de la république. 

Saiar- Afidri. Vous devez févir contre Weftermann. Cet homme , 
qui roéprife tes volontaires appu)és de la république, n>ft pas 
républicain lui-même. 

. RuBi, Weftermann n'eft plus qu'un voleur , un brigand , chef de 
brigands comme lui ; cet nôronie qui vous a touiours trahi , & qui 
vous trahira encore fi vous re lejuniffez pas, doit porter fa tête 
fur un échafaud , & je demande (a trfduéHon au tribunal révolu^ 
fionnaire de Paris. Je faifis cette occafion pour exprimer à la con- 
vention nationale combien je fuis étonné que François VhHphen , 
frère de Félix de ce nom , ait encore de remploi dans tos armées, 
ie dénonçai cet ennemi du bien public dans Taiicmblée léciOatK'e , 
mais alors MM. Dumas & d'Obterre , obtinrent que ma dénoncia- 
tion n'eût pas de fuite. Ce fcélérat a vendu fa femme au comte de 
Vukler , & la rf prife des mains de ce dernier avec fept enfan» 
qu'elle en avoit eus. Je demande que François Wimphen (bit rappelé. 

La protofition de Rulh , relative à François Wimpben . eft à 
rinftant décrétée. . . 

Le projet de décret de Gafparîn» relatif à la légion du Nord» 



it«9^ 

tft adopté , Se la. coarontion manilc i fa' barre le %ivJM Tefter*' 
iBanii y pour rendre compte^ de fa conduite. 

La compagnie des pompiers de la vitîe de Paris exprime fa re* 
con&aîflance pour le bienUit de la conftitutioji « 6( deftie dans le 
fcin de la convention. 

Les aflemb^es prioiaîres de Sosflbe# & de M^rly, admîfes par 
iépuutîon, annoncent leur acceptation de Taâe conftitutionnel. 

Des Be'ges rdCugiéfi à. faris vienneftt remercier les repr^entans 
^ leurs frères adoptifs d'avoir dopsé à la France «ne eenfiiiudln 
républicaûie. iU rdclainent Ifexdcuûoa des décrett rendus en leur 
frveur. 

lia convention ddcrite U mention boooraUe Se If renvoi eu 
comîtd des finances. 

Z^Zferotf. Je demande encore au)ourd*l-oi fue ks cemittfs de 
fôreté générale 6c de iaiut public (bient tenus de jpréfenter dans 
k féance la lifte des départeaaens qui (ont en inuirreAion , afin 

S l'on fi^rmie tout verfeme^t de fends, Ceft un« mefure eapa- 
e de fauver la république. 
. |.a pEopofitioa cft décrétée. 

Le c... Citoyens ^ Je demande U parole pour une notion d'ordce. 
Le comité de falut public a rendu oe grailds fervices A la fépublt* 
fue s la majeure partie de fea membres eft recomflMndable par (on 

Jiatriotifme ; mais pour qu'il puiffe faire le bien» il faut qu'il ait 
a cocfiance: ^ pour cela, il eft néceffaire (^u'il foit renouveUé 
aux termes de fon înftitution, afin qua (a puiffance ne paroilCe 
.yas defpoiique. C'cft aujourd'hui le XQ> je demande qu'on pro« 
cède à la Keéleétieo » Se )e ne doute pas qu'un grand nombre de 
ceux qui le compofent n'obtiennent encore vos mfisages. 

ZVojMr«Je demande qu'il (oit rappelé à fon inftitution primitive» 
c'eft-4-dire , <(a'il s'occupe uniquement des moyens de falut pubUc» 
Se qu'on ne le furcbarge pas comme on l'a fait ju^u'à fcéfent » 
.d'amiires totalement étrangères. Je demande encore que , fuivant 
le décret rendu pour fon orgacifation , il n^ foit plos çempofé que 
de oeuf membres, 

Après des débats entre Camille Pefmpulins Se Bréard » eu fujjef 
du général Dilloa , l'aiSemblée faifant )uftice dei dâfpiues penicu 
liircs , décrète ou'elle procédera dans une féance ea^aordinaire'le 
ioir, à fa rééleàioo du comité de falut public» qui ne fera pkfl 
compofé que de neuf membres. 

Saiai^jÊMdré, Vous avea renvoyé i votre comité de falut public 
ime pétition des patriotes de Salons, dont les propiiétés font ii|t- 
fias par une appoUtion illégale de fceUds. Votre comité a sacqnnu 
la îuftice de leiiss réclamattons ; U vous prgpole le proiet de dé* 
cret Uivant. 

La convendon nadonalf » après avoir entends fon comité de b« 
lut public» décrète; 

Art, 1*'. Les citojrens de la villa de Salons » non orévenus d'émi- 
gration» dont les biens Se effets ont été mis en fequefU'e par l^s 
autorités conftttutées de cette ville» feront réintégrés dans la pleine 
îouiffsrnce de ces biens Se effiets. En conféquence, les fcellés appo- 
fés feront levés; la convention nationale déclarant dès-à-préient 
luiUe Se de nul ^et la vente qui pourroit en être faite. 

U. ïl fera furfis à toutes pourfuites contre les citoyens de Sa*. 
Ions » à l'égard defoiiels il ne fera point ailégné de griefi £ufcep« 
ptibles de peines anUAves. 

|1L tes dépofita^es de rautorité dam k v>Ue de .jalons, If 

C ^ 



'( »o î 

titftrfft, la fflumc!pa1!t< , le tribuns! de diftrift, Itl Ruges d« p^ 
demeureront perionnellemept Qt iAdividuclteinent refponfablef do 
rexéiution du préfet tt décret, 
' Le décret éft adopté. 

Séance extraordinaire du mercredi foir* 

Chabot donne leôure d'une adrefle des citoyens de la ville d^ 
Mazannet , département du Tarn, 

M Nous dénonçoi s , difcnt \t^ adminifirateurs du département du 
Tarn , comme des fédér. Ifftes &. des cçntre-révoluti.^nnaires ; nous 
vouons anathemeaux départemens en rébellion &.fchii manques ; êc 
mous vouons aux braves Pariliens amitié ^ fratetnité ; nous recoil- 
fioillons qu'ils ont bien mérité de la patrie dans TinCurreé^ion n^- 
€cfiaire« mais tardive du 31 mai. 

La mention honorable eft décrétée. 

Goffuin. La ville d'Avelttes a accepté avec joie Taôe confiitQ- 
tionnel. 

Cfiahoe._ J'annonce que le département du Gers n'attend que U 
conflirution pour y donner fon acceputton. 

Cette féance extraordinaire avoit été convoquée pour procéder 
pu renouvellement du comité de falut p. bljc. Le tefultat de l'ap- 
pel nominal compofe ce comité des cttoyer.s Jeanbon-Satnt-Andrq, 
Barrire , Gafparii. , Couthon , Thuriot , 5aint'Juft| Prieur ( de la 
Marre , } Hérault-SéchelUs & Robert Lyndet. 

Du jeudi ij juilkt. Des citoyens chahés de Corfe viennent d*> 
mander à la convention une inoemrtté pour eux , des fecours pour 
ce département en hommes & en armes. 

Sur la propofition de Collot d'Hcrboit la convention met à la 
dirpofuion du miniAre de l^intérieur 6oo»c^o livres pour être dif- 
tribuées aux patriotes corfes qui ont befoin de fecours. 

La convention reçoit fucctuivement des députations des comm^-* 
«es de Sèvres» de Saim»Germain-en>Laye. de Colombe t qui vien- 
ment préfcnter leur acceptation ur anime de l'sAe conftitutionnel 
préfenté par ]*aâemblée au peuple français. 

Mallarmé Ht diverfcs adrefîes pr^fentées par les autorités conft|- 
tuëes du département de la Meurthe. Llles adhèrent aux événemens 
^u 31 mai , & félicitent la convention d'avoir donné à la France 
^ne conflitution républicaine. 

La convention en ordonne la mention honorable , & IWertioR 
Pti bulletin. 

Jfird'Pai. Mers. Des foldats de la patrie , compofant un batail- 
lon de la i^ir nde, m'ont cbarjçé de oépofer fur le bureau trente» 
quatre pièces d'or, pppellees ci-devant Xouî< , & trois cents livres 
f n argent. Cette fomiAe a été trouvée par eux fur les rebelles de 
la Vendre. 

Les femmes & enfans des gerdsrmes qui faifoient !e fefv.îce au- 
près de la convention, viennent la féliciter d'avoir donné une conï- 
titution républicaine à la Frince. 

Sur la ptopofition de Saint-André , rapporteur du comité defe- 
lut public , la conventon charge le miniftrç de la guerre de rap- 
pc!!ir le général Plron & de lui propofcr un autre génétaî, 

Camhpn préfenté à l'aii'emblée le tableau général des opératîen^ 
^u comité de falut public. 

Il ren4 un comptq le plus fatisfaifant de la (ituation de nos 
tnées. Les dernier es nooveUçx portant ^c Ytloncienfle^ e fait 



(") 

|»kfieoR fortics ^ans lef^itlles on t tailla en ^îècet l'ennemî. 

Condé qui eft bloqué depuis trois mois , hit toujours la plut 
^goureufe léfiftance , quoique d'après les derniers états , il foit 
^omré qu'il n'y avoit de vivres -que pour cinq feRiaînes. 

Les armées du Rhin & de la MofeUe font tur un pied fermi* 
dabie ; il y règne la plus grande difcipline. Celle des Alpes , i 
ce qu'on aflure, eft également bien difciplinëe; elle s'eft prononcée 
pour l'unité & l'indivifibilité de la république , %L eft difpofée à 
ronpre b coalition. 

Un fiait iméreifaat, annoncé p^r le rapporteur , ^t(k que les 
dépeofes publiques du mois de juin ont été moindres de 117 mil- 
lions que le mois pafle. 

Cambon fait enfuite part à ValTemblée d'un complot formé pour 
tétablir la royauté, &. remettre sur le trône le petit Capet. 
^ Ce complot a été dénoncé au comité de salut public par la fec-'' 
tion de U Butte des Moulins : il devoit s'exécuter le 1$ de ce 
mois. Dillon qui s*étoit concerté pour ç^a avec 5 perfonnes qur 
en avoient chacune $ autres à leur diîvotion , devoit fe mettre 
à la tète d*unc force armée, fous prétexte de terraffer l'anarchie. 

Des commiflaircs dévoient fe répandre dans les ferlions -, pour 
exhorter les citoyens à fe liguer contre les faflieux & les anar^ 
chiftes, 8c l'^n comprit fur trois cents hommes par chaque fec- 
tion. 

^ Le comité de falut public a fait arrêter Delcan ; différentes ques- 
tions loi ent été faites, il a dit qu'à la vérité, on fui avoit pro* 
pofé de fe, mettre à la tite d'une force armée pour exterminer les 
«narchiftes; mais qu'il s'étoit apperçu du piège qu'ion lui tendoit 
6c qu'il n'en avoit voulu rien faire ; enfin , toutes fes réponfes 
eoïncident parfaitement' avec la dénonciation , fauf au projet de 
rétablir la rovauté. 

On lui a demandé quels étoient ceux qui lui avoient fait cette 
propoiîtion , il n'a pu dire leur nom » mais il les a défignés ^ 8c 
dans le jour même, la municipalité lésa fait arrêter ; ils ont été 
imerrogés , & leurs réponfes ont donné beaucoup de vraifemblance 
aux projets dénoncés. 

D'après ces f its , le comité de falut public a cm devoir prendre 
des mefures à l'éprd du petit Capet , oc a donné é^s ordres pour 
qu'il fût féparé d avec ta mire. ^ « 

Ce font ces mefures qui ont donné lieu aux bruîtr ridicules qa* 
agitent Paris depuis quelques jours. 

Miranda qui fut accufé d'avoir envoyé des couriers extraordi- 
naires à Bordeaux , 8c d'être un des machinateurs de la coalition 
des adminiftrateurs rébelles , a été mis également en état d'arrefta* 
tion i mais il a tout nié. 

Le comité de falut public prendra ineelTamment des mefures pour 
faire punir les coupables 8c rendre la liberté aux innocens. 
^JambO'*^Saint•ARoré , su nem du comité , propofe de deftituer 
Biron, général en chef èe l'armée des cdtes de la Rochelle , que 
les rep réfentans du peuple , pris de cette armée , accufent unani- 
mement d'incapacité , 8c d'enjoindre au pouvoir exécutif i préfenter 
à U convention nationa|e , dans la féa nce de ce foir , le général 
qu'il croit le plus capable de le remplacer. 
' Lacroix démande que Biron foit tenu de venir à Paris pour 
rendre compte de fa conduite au pouvoir exécutif 8c au comité de 
(oliit public, qui en rendront compte à la convention nationale, 

(:fi popo^tiont (ont décrétées. 



(11) 

Smiifiir XijëUUi. Sar U propofitloii d« Btchelîer , V9ÊetMi9 
rend un décret d'arrcftation coiitrf le procureur gcnëral (yméic du 
département de U Marne. 

Une députation de U focîété dite des cordelten , eft imr«diiit^ 
à la barre » elle défavooc U pétition prdfeniée par Jacques Roux* 
£Ue aHure la conveittioA de Ton entier attachement à l'uritë fle 
rinfiiviribilité de i^ ré^^ubli^ue. Elle la félicite fur Ces tvavaax 9 

ÎlIIe demande ia pui.ition des mendatairca du peuple ^li Te fane 
ouftrairs par ia fuite an jugement & à la peine qu'ils niritoieaf.- 
L*aâerkbUe les admet aux honneurs de la féance. 
Elle procède «nfuite à l'appel nominal pour 1 4!eAion d'mi ■•n- 
veau prtûdent. Jambon-Sftint-Andi é a ob^tenu la majorité desfuf-^ 

Cëtaion, (.e comité de falut public croit important de conununU 
quer a la conrention les détails qu'il a reçu iur U fituation de la 
TiUe de Lyon -, ils font adreilés par notre collègue Meaulc le tw 
la foci«^té populaire de Clermond-Ferrand , qui les a rcças vvM 
«dmi lif^raceur du diftriA d'Uloire qui revenoif de L^fon. 

La leflurc de cette lettre entraîne diverfet dKcuflions : après de» 
déb.'t .la convention îfcrète que Vitet, M ichcr 6c Fatrin, dépotés 
de Rhoa: & Loire , feront mit en état d'arreftation , 6c que \^ 
fcclu* itra mis fur leurs papiers. Llle charge Couthon &. Dela- 
croix do lui préfenter demain un projet de décret qui conttcJUM 
les diverfes mcfures qui lui ont été propofées. 

On procède à Tappel r.orr.ir.al pour la nomination des n^uvesitr 
lecréuires. Ce font Julien (de laDrôme), Rulh & Dupuis file. 

Vu vendredi tzfuU/et,Sut la propofuion de Bréafd In conventioi» 
mande Adiraada à la barre» 

Chabot, J'ai à yoi^s faire une notion importtnt« : voits nHgnoeez 
pas que des correfpondances liberticidcs parties du c^é droit ém 
cette aflemblée, ont corrompu Topinien publique. Je viens vous 
dénoncer une de ces correfpondances , qui a porté la Cédu^iion éwim 
le département de TArd^che. Heureufement ce département a rt« 
connu le piéze & a abjuré fon erreur. Je demande que radminiC** 
tration de TArdèche foit tenue de vous faire connoltre toutes le» 
lettres qu'elle a re^ueî de fes députés » afin oue vous puil&ez pren* 
dre telle mefuie que vous jugerez convenable. 

Lecarpentûr, La propofition de Chabot » utile pour le dépaTte* 
ment de l'Ardèche , ne peut Titre moins pour les autres ; je de* 
mande que cette propofition foit mife aux voix généraliCéc. 

La proportion eft décrétée. 

Une K ttre du miniftre de la guerre annonce que le général Sandns 
eft dans les prifons de l'abbaye. 

Sur le rapport du comité des demitnea» la convention décrètor 
qu'il fera établi à Paris , dans le local du cî*dcvant hètÊÏ de fire- 
tonvilliers, une manufaéure d'armes a feu : une fomme de cent 
mille livres eft , à cet efi^t , rea.ife à U difpofition du miniAre de 
l'intérieur. 

. Des dépiitationt def diftriéVs des Andelys & de Meulan ) des lettren 
de Lille, d'Arras» de Saint-Ome'* , & de beaucoup d'autres com- 
munes ^ annoncent que la conftttution y a été unanimement ac* 
ceptép. 

Après une difcuftion dans laquelle Chabot eft à la fois accufateur 
& accufé , la convention nationale décrète que les dfoyens fit 'civ 
tovenaes arrêtées par ordre des adminifcrateurs du département àm 
l'Aveyron » ou des comités de falut pi^bUc établit par f «a^. d«^ 



(»3> 

)h évèitnnens du ^t ma! & jours fuivans , feront mis en liberté 
ÀtM les ▼iirgt'»'qtiitre heures après la réception du préfent décret « 
(ous la refpon abiltté perfonnelle des admii.iftrateurs , & que FIau-» 
eer^s , f ré(ide«c de cette admîniftr^ion , & GéiaMi , profeÛcuc 
du collège de Rhodes» feront de l'uiie mis en état d'air e(UtioD»&C 
enduits à la barre de la convention. 

La con'rentxon nationale charge les repréfentans du peuple « 
MitBie €c Châtteauneuf-Randon , de faire exécuter le préfcnt dé- 
cret pat )es bons citoyens de Rhodes , de Saint-Geaies , d'Oll & 
autres difttiAs du département. 

Cdsthon préfente, le projet de décret relatif' à la ville dt Lyon. 
H eft adopté ainfi qu'il fuit : 

La convention nationale , après avoir entendu le rapport de fon 
«omité éi falat public, déclare que les ennemis de la liberté, de 
Tép^é, de tes partifans de la tyrannie oppriment le peuple dans 
la ville de Lyon, & ont rois cette ville en ecat de rébellion contie 
h répuUtqne, fvr lé rafiemblement qui y a eu lieu, fous le nom 
de congrès départemental i en conféquence , la convention natio« 
cft'e ditoète : 

An. 1^. Bxroteau , ci-devant membre de Ta convention nationale • 
fuD des chefs de ta cunfpiration qui a éclaté à Lyon , cft déclari 
Ciaxtre i la patrie , & mis hors de la loi. 

il. Sont dtftitués de leurs^ fonéiions, & déclarés pareillcmenc 
litres â la patrie , les admmlftrateurs, ofliciers- municipaux & toi'i 
autres fenéUonnah^ {oublies , officiers cWiîs & miliuires deRhoue âc 
Loire , qui ont convoqué ou fouffert le congrès départemenul qui a 
€m lieu à Lyon , qui ont affilié ou participé aux délibérations qu'il 
• prises , ■& à leur exécution. 

m. Le confeil exécutif prendra les mefures ccttvenables , & don* 
■era , dans le jour, les ordres nécedaires pour faire marcher , fans 
délai, fur la ville de Lyon , une force armée , fuflîfante pour y 
i^tabltr Tordre , y faire relpeé^er la léuveraineté du peuple , les 
pcrfonncs & les propriétés -, faire rendre la liberté à tou> les ci^ 
toyens arrêtés ou emprifonnés par des ordres abitraires , foit des 
autorités & fonAionnaires deftitués , foit du prétendu congrès ci^- 
partementai ; art^ter & faire traduire eu tribunal révolutA^nnaiid 
les conTpirateurs défigifés dans les articles |:récédena. 

IV. Tous les biens appartenans à ces confpirateurs , feront do 
Ibtte provtfoirement féaucftrés & mis fous le Icellé ; & aulii>côt 
i{ue la con6fcation , ordonnée par U loi , en aura é%é prononcée 
par le trilmnal révolutionnaire , la convention nationale en déter- 
flMtfe a la répartition entre les patriotes; indigens &. osprimés. 

y. Toils paiemens de fommes dues , foit par la treforerie na-* 
«lonmle, foit par les particuliers, â ,1a ville ou aux habtans de 
Lyon, notamment ceux de Temprunt, viager, connu fous le nom 
des trente têtes de Cenèvé , pour ce qui en appartient aiu Lyon* 
naît, démentent provifoirement fulpendus. 

YI. Les particuliers non domiciliés i Lyon , qui y font mainte- 
nant feront tenus d'en fortir, & de fe retirer dans leurs domiciles 
rHpeélifs , fous trois jours. Après ce délai ils feront regardé» 
comme complices des confpirateurs, 6c pourCuivis comme tels. Leurs 
fonds feront provifoirement mis en féquedre. 

VQ. Les repréfentans du peuple pès l'armée des Atpes font 
divrgés d^ereiTipIacer ptovifoiremeitt les fon^Jonnaires deÛitués, 
êL de prendre toutes tes metxires qu'ils croiront néccibires pour 
rétablir l'ordre dans la ville de Lyon & atturer la prompte exé* 
êmÛQU au décret. 



c 



Vin. La convention nationale invite tous les bens citoyens é^ 
département dé Éhéne & Loire ,' i fe réunir à la force armée • & 
à concourir avec elle & les repréfentans du peuple , à la défenCe 
de la liberté & de l'égalité , Ôc au maintien ae l'unité & de Tindi- 
TÎfibilité de la république. 
' Hérault fait rendre le décret fuivant : 

La convention nationale , après avoïc entendu le rapport du co« 
mité de falut public , décrète que tous ceux qui feront coiivaincut 
d'avoir arrêté & de retenir à Lyon des convois militaires dcfti-* 
nés aux armées de la république, feront punis de mort* 

Approuve les mefuresiprifes par le département de Saône âc Loire « 
^uî , dans des vues patriotiques , a arrêté mille fukls devant pafl'er 
par la ville de Lyon pour être tranfportés i Perpignan-, & chargé 
le minlftre de la guerre de faire parvenir 4 leur oeftinatton , par 
des voies promptes 8c fûtes , les fuûls & autres armes & munitions 
qui ponrroient encore arriver. 

Autorife en outre le département de Saône & Loire à lever una 
force armée fuffifante pour fe mettre en fureté contre les rebelles 
de Lyon , & pour la néfenfe de la république , une 8c indivifible* 

La convention nationale nomme pour commilîaires dans les dé- 
parten:ens de Saône 8c Loire , de lUiône 8c Loire & de TAin , les 
citoyens Reverchon 8c Laporte. 

Le minif^re de la guerre obtient la parole. 
' Je me fuis concerte , dit-il , avec le comité de falut public pour 
la nomination d'un commandant en chef de l'armée des côtes de 
la Rochelle. On eft convenu que Dietmann , excellent oâicier dt 
cavalerie , pouvott être infiniment utile i l'armée du Rhin. D'un 
autre part , le eénéral de divifion BeyiTer a donné des preuves de 
patriotisme 8c ae talent ; il connoit parfaitement 4e théâtre de la 
guerre ; c'eft lui que je viens vous propofer pour général en chef* 

La convention confirme la nomination du général Beyffcr. 

Samedi ijjuU/cr. Un fecrétaire fait levure des lettres & adreiTes. 

Li préfidait. Citoyens , des parens des citoyens d'Orléans , con- 
damnés par le tribunal révolutionnaire demandent à être introduits^ 

Plufieurs femmes éplorées foutenues par un homme dont tous les 
mouvcmens annoncent le plus violent défefpoir , paroiilent à la 
barre ; on entend des cris : grâce! griee!,,,. 

Un des pétitionnaires, Légillatcurs , c^eft au nom de rhumanité , 
c'eft au nom de la juftice , que nous nous préfentons devant vous« 
Nos pères , nos frères , nos enfans, marchent au fupplice. L'un d'eux 
cft père de dix-neuf enfans. . . (Un mouvement éclate dans l'af<- 
femblée ) ;de dix-neuf enfans , dont quatre font aux fron^èrcs. Léo* 
nard Bourdon ne nous démentira pas , il eft affez généreux pour 
s'unir à nous pour veus demander un furfis , qui donne à nos mal- 
heureuK parens les moyens de prouver leur innocence 

On demande dans l'extrémité gauche l'ordre ^u jour. 

Les pétitionaaires redoublent de fanglots 8c des cris : grâce ! 
grâce / V / 

Un des pétitionnaires. J'offre ma tête pour fauver mon coufin 
le père de famille le plus refpe^able..... 

Un ordre du préfident fait retirer les pétitionnaires. 

La convention pafle 4 l'ordre d« )our. — Les tribunes applau* 
dilTent. 

Des députations de Meulan , de Motreuil , de Lille , annoncent, 
aue la conftitution a été dans ces diiféresu cantops univerfellemenc 
& folennelljeme&t acceptée, 

Id prifidun 



(»5) 

le fr^itnt. Le gênitii Miftndt dcttande à pÈroftrc. 

La coaventioo cecrète l^^fUniffion. 

Miranda mandé à Im barre» y parole» fe iuftifie. L'afliembUt paff| 
à Tordre du îour. 

Roberfpierre « fait le^re de Tourrage de Michel LepeUetiec 
sur l'dducation nationale. 

Hérault. Je vais vous parler de la confittution ; etla a ét^ uaa» 
•imemeiit acceptée à Amboife» département d'Indre 8c Loire. 
» Sur l'iAviUtion des adminiftrateur; de i'OlTe, les citoyens de 
ce département doivent fe raiTembler demain pour émettre leur 
leniXes admiiiiftrateurs ont fait ane proclamation digne de vos éloges. 

La divifioo de l'armée du Notd » commandée par Te général 
Omorac , & compofée de feîac mille hommes , Ta reçue au milieu 
des plus vives acclamations d'aliégreiCes & de reconnoifTance. 

L'armée des Ardennes , campée à Catignan, a fait ferment de 
hii refter iKiè!e , & de la défendre contre tous fes ennemis. 
. L'aUemblée applaudit. 

Séance du dimanche Ï4 juiUet. La barre s'ouvre après la le^^re 
d'un grand nombre d'adreiies d'adhéfion. 

Des députés des cantons de Villejuif. de Pontôife, du Bourg- 

la-Reine» département de Paris» de département de Mayenne » 

annoncent que ces cantons ont unanimement accepté la conllitutiOn, 

lepréfidcmt. Un grand crime a été commis ; un repréfentant du peu* 
pie a tombé fous le fer ailaflin. Plufieurrs fe£^ions 0? Pans demandent 
a entretenir la convention de ce malheureux événement, (i) 

La convention décrète leur admiflion. 

La feélion du Panthéon Français paroît i la barre. 

La convention décrète l'admifiion du confeil-général de la com» 
«une de Parts » réunie aux quarante-huit feûions. 

Le procureur de la commune donne leânre d'une adrefle » dam 
laquelle il annonce Tacceptation unanime de Taé^e conditutionnel 
par les feéUons de Paris. Les pjus vifs applaudillemens accueillent 
les frétions défilant en malie dans le fein de la convention. La 
mufiqne de la garde nationale , placée à l'une des extrémités ^ 
exécute divers airs patriotiques ;trobartiftes chantent les flropbcf 
célèbres de Chénier : Soleil qui , parcouramt ta route a€coutuwUe , &.«« 
Les quarante huit feéUons dénient succeflivemeat» aux cris de vive 
h république une &. hidivitible , la liberté » l'égalité , la convtn* 
tion nationale , la montagi.e . 6cc. 8cc. 

Séance du lundi tf Juilut, Un membre fait leâure de dififrentet 
adrelîes d'adhéfaon & de féMcit^tîon fi.r l'achèvement de la Conftitution* 

Divers pétitionnaircsdemandexit i être admis.— La convention in- 
dique pour cefoir une féance extraordinirfrdeftinée^les entamre* 

Oes députés ae la commune de laven.i , oiftriét de Puà-toile , 
annoncent que leurs concitoyens ont accepté unanimemeM la décla- 
ration des' droits , 61 l'aé^e conftitutionnel. 

JailLftr, Vous avez à détruire dans ce moment d'autres mifllon* 
Mires bien plus dangereux que les prêtres. Ce fout les commif- 
faires des departemens révoltés , parcourant la république , y prCu 
chant la rébellion de le fédéralifme. /• demande i{ue le comité de 
légiflation & de fileté générale foient chargés d'examiner fi de teU 
if eus de l'ariftocratie ne font pas plus dangereux , m ne font pa» 

(1) Voyex le même numéro de ce } oumal . où l'affaire de Marat cft 
tîanée avec étendue ; ce qui nom force de la retfancher du m»t 
eonpwùun. 



<46) 

4îgne& de la mime peint fue les «ontre-ré/olutidnaalfes. — L« 
propofition èK décrétée. 

Couthon. Bnltot eft décrété d'accufatîon ; la confptration dont il 
Iroit le cliel n'eft plus douteufe : que le girive de la lui faiTe 
tomber fa tête.... ( On applaudit. ) Je demande i^ue i'a£ie d'atcu- 
fatton contre Briûbt Toit préfcnté aajovird'hiii. 

On demande a aller aux voix fur cette propolîtîon. 
Le miiii&re de la guerre fait palier à la convention ta dtfmiflion 
de Biron, que ce général lui a (ait parvenir , en date du lo )uiliet. 
La convention tend enfuite le décret iuivant. 
La conventi )n nationale, après avoir entendu le rapport de fou 
comité de lépflation , décrète : 

Art. P'. lous les droits cafueU enfemble & féodaux , niêm« 
ceux exceptés par la toi du lo août , font Cupprimés. 

IL Tous les titres en feront brûlés le lo aoilit dans chaque com» 
mune. 

m. Ceux qui feront convaincus d'en avoir fouftrait aux flammes» 
feront condemnés à deux années de fers. 

IV. £nfin les procédures pendantes devant les tribunaux poav 
le recouvrement de ces droits , font annuUécs, & les dépens feront 
compenfés entre les parties. 

.Billaud*Varennes fditleélure de fon opinion fur les députés déte- 
nus \\\ préfente' de n uvcaux chefs d*accafatîon, & demande que 
Foiifrède, Ducos tcDutlault foient regardés comme complices dee 
trente-deux * & fubiil'cnt les mêmes forts. ( Nous ii.férerons cette 
opinion immédiatement après le rapport é^ 5ft-Juil, qui n'eft point 
encore imprimé. 

Séance extraordinaire du lundi foir if, 
La féance étoic confacrée aux pétltionfiatrcs , ils font admis. 
Vn député de la ville d'Arles demande que tous les roembrev 
6e's adminidrations du département des Bouches-du-Rhône , Foient 
terponfables des patriotes arrêtés ; que les préfidens & fecrétsiree 
d«s féé^ions foient déclarés traîtres à la patrie , â; pourfuivis comme 
tels , afin que leurs biens confifqués foient répartis entre les pauiotes. 
* Renvoyé au comité de falut public. 

Barrère fait adopter le projet ne décret fuivant, fur la formation 
ée .nouvelles compagnies de canonniers. 

X*. Les fcélions qui, fur réquifition, on^^levés des compagnies 
(Se canonhiers, en lèveront d^autres , ic completteront les pre- 
mières. 

2*. les citoyens ne pourront être admis dans ces compagnies 
qu'avec un certi6cat de civirmc. 

3*'. Chaque jour il y aura une manoeuvre pour les canonnierf • 
' 4**. Les ]ours de manoeuvres , les canonniers recevront 30 fous 
de fplde. 

^•. Il fera é'abli dans chaque département une école d'inftruc- 
tîon pour le canon. ^ 

6*. 11 fera accordé des récoropenfes aux canonniers qui fe diC- 
tineueroi.t par leur adrefle. 

Séance du maidi iC juUàt, Aprhs W leélure des procès- verbaux» 
le fecrétaire a commnniqué une lettre adreiiée à lâ~ conventioQ 
par les députés extraordinaires de Saint-Dominfrne , a^uellement À 
Faris. Cette lettre annonce que les déladres de cette isie font mainte- 
nant i leur comble. Il font occaiîonnés fur-'^out par la conduite 
Arbitraire fc tyraoUiiqut des c«mm jitirts eîyils » Polverel & 5au^ 
tonax. 



Briard, T\viOte poiif^ûoî Te comité colonial n*a pas encpre h^^ 
11A rapport uir ia QfuatJon de pos c^toftie^ On vous fi^f^tétoooce 
les commiilairos civils, Polverel Se Santorrax^ j^deman^e , jdo>| 
leur deftitution , leur rappel, 6c lé dé^rec d'accufation contre eux* 

BilUui'Vartnnts, Tappuie la motion de Bréard \ mab il dut 
qœ l'on y aioute le décret d'arreftation âL U tnaduâton des .préf 
tenus au tribunal révolutîonuaire. 

Toutes ces propofitioRs font décrétées. Le comité de. Talut pa- 
Utc eft chtrcé de pré{enter le mode d'exécution du prêtent décvet. 

Chabot, Dupcrret a reconnu & (igné le procèi-Terbal de (es dés 
clantions i la barre , l'exception de quelques exprefllonj , 8c addit 
lions qu'il a fait changer ou rétablir. ^ ^ ,\ 

Chabot. L'intérêt que vous avez pris pour ma^famîUe mfengag« 
i TOUS annoncer '^ue les fcélétats d'adminiftrateurs. de l'Aveyxvn 
n'ont pas ofé la mettre ,ea état d'arceûation «-par^e que le|>eûple 
a refpeAé la foiblcfTe de deux vieillards infirmes. ^ .'l 

Mais' on a mis, les fcellés fur mes pspiocc 8c fur cetiX'4eS ,per- 
(onnts qui correfpondcnt avec mot , parce qu'elles font patrio.tefc 
Rajoute que les dernière? lettres ,qpe j'ai reçues , portent ^qve^ It 
contre-révolution s'oreaitife dans ce département , & oue .le traltr^ 
Charrier, chef des réelles de la Lozère , y eA traite- comme >le* 
ci-devant roi IV toit au Temple. • 

On lit une adreifc du dii^nct de Ûol , département de TUIe H 
Viilaine , qui retire fon adl.éfion à l'arrêté du déoartement , 8c 
accepte la condîtution. Lesadminit^rateui^^dece diltriû demandent 
en outre que des jeunes' gens enVo)"és par eux dans uo moment 
d'erreur à Evreux , puifTcnt rentrer dans 4eur» foyers fan» emcçu* 
rir aucun cianger d'être pourfu>is. • - 

Ltvajfeur. L'erreur des bons, citoyens d'Ille 8c ViUaioe a'eft -pet 
étonnante , lorfçju'un député du côté idroit leur éciivoit te zS juin: 
It >'avoue que je crois la. c^nv^ntion dans rimp;itiranc de faire If 
bien. Pluiieurs membres perfiftent a pcnfer qu'elle n'elt pas Ubre^ 
Je vous lailfe à juger fi ,voiu. pouvez. r^er tranqHiU^; Une» conili- 
tatîon'en théorie ne peut pas être plus utile au peuple qui veut 
det lotx , que le plan d'me m;*ironjne peut fervir a., loger, celui 
qui veut la bâtir. >».5ifgfl/,F Eî^;M.o.n T. , _ . ^ 

Lacroix. Je demande que Fern>ont fe rende ici péuf donner i Ifi 
convention des expfications fur cette Icttri^. On ^député, dont j« 
ne fats pas le nom , a répandp que Tàfl emblée étoît ré({qite.àvcea( 
cinquante membres. Je demande, pour 'défabufer lesdéDartemens, 
que Ton falTe imprimer le réfu'ts^ des ^erniefs appels nominaux* i 

Gûffttùt, 11 faut prendre cette tift^' au bureau dee mandats. 

Les proportions de Lacroix font adçptées.. 

Guftroy d^nne levure dVne. àdrefle <Ie la feÔîon de la libjstt^ d« 
Bordeaux , par îaqucUe e!le annonce qu'elle, a unanx)nemenf accepté là 
conftitution. E.tle Invite les autres Testions à imi'er* fon 'exemple.. 

Les coutumes de Fontainebleau , de Dôie^ d'|:lLechy . le canton 
de Moret, département de Seine ^ Marne , oiît accepté à l'unaiiî** 
mité f'?âe conftiturionnel. _ ' v' * *- 

Maure, Un bataillon du département , de TTonne^ pénétré d.a4r; 
miration pour Ta conftitution républicaines a jnré de mourir pour 
la défi^ndre jlifqu'à la mort. - t 

La convention en ordonne la mention honorable. 

Le premier bataillon de la ^Hèvre dénonce l'arrêté pris paf les 
admmmrateurs de fon départenient^ fl ofirt 360Q livres pOKf lef 
frais de U guerre. 

D % 



( .»8 ) 

It coi>vtB^Mi tccef te Vofirtnde « flt en décrite It mention ho- 
âMabîe. 

Deiaunai ( d'AiiccM ). Votre comité de fûtetd générale a fait 
tl^ofer t«rs fccllds tut les reeiftres des compagines ftaancières , 6c 
far-Jà i! a tdtabH la perteption du droit d*enregtftrement dof.t ils 
âvolent fruftré la république. Il vous refte encore i atteindre Ta- 
fîotage du change, ie demaude que vous chargiez les comités réu* 
nU de f&rcté ^enéta'.è & des finances , de prendte des me Cures à 
cet é|àrd. 

Gofain, Je viens éê vérifier au bureau des mandats le nombre des 
iéputés oréfens; )^5 ont touché leut indemnité au mois de juil- 
let ( iS n ont rien tuttché , mais font préftfns , 6c prêts à répondre i 
6t font {.rès des armées ou en commiflion^ H n'en refte que 59 
eSfeos par congé , maladie ou fuite. 

La convention décrète tlnfeition de cette note au bulletin. 

Dw jeudi ty juiiUu La leé^ure des adreffes d*adhdfîon ouvre In 
Céance. 

Ooffubi donne leAore d*one adreflfe, dans laquelle les cîto>en» 
de MaUbeitge invitent tous tes départemens à rëfifter à runpulfion 
^ue cherchent à -donner 1 par les écrits qu'ils répandent » les dé* 
^arremens infurgés. 

Goftiitt, J'annonce à la convention que la brave gamifon d« 
Maubeuge & tes républicains tiabitans de c^te ville « ont renou- 
velle le ferment de s*enCeveKr fous les ruines de la place , plutôt 
ène de la tendre ï fennemi. Je demande la mendon'honorabie de 
I adrefie » des fentimens de la garnifon , 6c des habkans de Mau- 
beuge« 

La propofi:bn eft décrétée, 

RameU Le département de TAude a fourni huit bataillons , au 
lîtffi de trois qui lut étoient demandés \ ils ont répondu i ceux qui 
les învitoient à marcher fur Paris : Si vous ttu éf accord avu nous 
^mrtie vous nous à dites ^ wtarchons tnfemhU fur Paris . .. ( On ap- 
plaudit.) 

Les' COmmiffaires à l'armée de la Mofelle annoncent que la coof* 
titution a été unanhneihent acceptée dans la ville de; Metz que Tar- 
Miée lui a donné l'adhéfion la plus folennelle. 

Un citoyen de Mett dépofe lur le bureau un don patriotique de 
i2,6ôt tivte) nbur les frais de la^ guerre, & réclame pour cette 
tommune un (écouta de 4C0,0€)a livres , à titre de prêt rembourfa- 
Me (kr la vente des biens nationaux. 

< La convention renvoie la pétition du comité des finances, ce fut 
la propofition d'un membre de la députation de la Mof;;lle, dé- 
crète que la vîfle de Metz- a continué à bien mériter de la patrie. 

Le préjideni, .Citoyens , vos commiiiaires de la force euvoycs dans 
té défiirtement de rËurc , viennent de conquérir ce département à 
fa libéité. ( Vifs applaiidilTemens. ) £t voici la lettre qui nous l'an* 
nonce; 

• -Xacrofet. Vous ave2 mis Butot hors de la ÎcjÎ; mavs cette me- 
î^tt eR -inftîffifanie, 6e vous *dcvek donner un ^rand exemple. 
Je vous propofe d'ordonner que fa maifon fera raicc 9 6c ne fera 
îtmais Hnâtte. ( On applaudft. 

- Thuriot, Je t!em:tnde qifeîlè fbit rafée , 6e qu'on Hfe fur la placo 
cetw infcriptipn : ici demeura h fcéUrat Bu\Ot^ qui a confpirc la 
perte de la natifin françaije, ( On applaudit }. • 

Cette propofition & celle de tacroik font décrétées au mSîcu 
dis ))Itti Vifs applaudiiT^tnens* 



(*9) 

Tlmri«t , aa ndff évt comité il€ f«]ut paUk , prifenté 1^ projet . 
é9 éécTtt Cuhrant : 

La convention nationale , après avoir t ntenllu le rapport de foA 
coïkiité <le fa)ut public , décrète que les adminiftraceurs du dëpar* . 
temeiit eu Puy-de-Ddme font autorifés à vendre aux citoyens Mey<^ 
aadier & de Montil la maiCon des ci-devant Prémontrés de Clej- 
mom-Ferrand, fes dépendances ,aux mêmes prix, cUufes âc condi^ 
tl ofis de radjtidfcation première à la charge d'v établir une manu^ 
laé^ure d'armes à feu , & de lui donner toute 1 aâivité 8c toute l'é- 
tendue dont eHe eft fufctptîble, 

Décrète^que , fautfe par les citoyens Meynadicr 8c de Montil ê0 
comiamencer ledi^ établifl'ement dans le délai de trois mois , ft 
de l'achever dens le délai de fix mots , à compter de ce jour , 1« 
▼ente de ladite maifon 8c dépendances demeurera anéanûe , & qu'ils 
feront tenus de remettre les chofes dans l'état où elles étoient aiit 
' moment de leur entrée en poiTeiiion. Adopté. 

Barrère, au nom du comité d* falut public. Citoyens , vos cora« 
Aiiifaires dans Tifle de Corfe , Delcher & Salîcetti font revertus ; 
Lacombe - Saiut - Michel y e& encore, & tient aueiques poîntf 
maritimes. Paolt , en révolte ouverte , a chafTé Se defarmé pluiîeurs 
de vos gamifons ; 6c les contre-révolutionnaires , k la tète defqueU 
il ft*e(l mis, font d'autant plus dangereux , qu'ils méconnoiffent la 
convention nationale /6c qu'en outre , nous fommes menaces de voir 
envshîr par l'ennemi extérieur cette iAe précieufie à la Fraince. 
Votre comité doit vous faire connoitre un fait intéretlant. Une 
flotte efpagnoLe a paru devant Baftia : aufii-tèt la générale a battit^ 
la earnilbn s'eft mife fous les armes , & s'eft . mife fur une dé-' 
fenbve refpcétahle. La nuit fe paffa dans cet état. Le lendemain U 
flotte efpa^nvle avoit difparu. Votre comttd me charge de vous 
préfsnter le projet de décret fuivsnt.: 

La convertira natioaale , après avoir entendu le rapport de fou 
comité de falut public , décrète : 

Art. l*'. Ps.fchal Paoli eft déclard traître à la républîipitt fran- 
çaife , âc mis hors de la loi. 

IL U y a lieu )à accufation contre Pozody-Borgo « procureur"» 

5dnéral-(yidic, Peretti , Hegrooni & Tartaroîy ,.comraiiraires dd 
épartement de Corfe à Aiaccto ; contre GigU , Gaftozoljf , Fer» 
raady, Cl ivelly , Manfreoy , Auziani , Gia^ononi, Ordioni, Ben^ 
<Uri , Bj4tllriani Qc autres membres du dtre^oire & du confeil- , 
(C^uéral du dépattement de Corf« , & Contre Colonna Leca & Gin* 
dera , maire d'Ajaccio. 

IIL Lis nommés MariiUy & Bertholo , détenus par ordre des 
repréfenf<>ns du pniple k Toulon , à Baftia, continueront d'être ea 
èr?t d*crreA4rion , jufru'à ce q;.'.c les pièces qui conflatent leurt 
dé'irs foietu par/'emes «a comité de falut public , qui demeure 
ch.rgé d'en rend e compte. 

I\ . La conreation nationale charge le confeil exécutif de dé* 
ployer ^es forces 4\ç terre & de roêc néceiïaires pour mettre le 
département de Co-fc i l'abri de Tiiivafion ées oniiTances coati- 
fées « êL pour y faire exécuter les *oix de la république. 

Hérault, \ titre corr.itt' vous propofe de déclarer que BeyiTer 8c 
les ;tdminiftrateurs d<> Nantes font bors de It loi» K que tous les 
bons citoyens font i. vîtes a courir fus. 

I a propi^fition tft c^écréfée. 

Legandr^, On a oublié Coufla^d »q i, «-^ppeUéppr la COBventîen, 
g reîufd d'obéir «u décret, il refte à Naai.ts pour intriguer contre 



( 50 ) 

k cofnr9«riofi. Je (femmdé '<|u'M fott auffi mît Y)«rs la To!., 

hew.fftuT, J*»ppi'ie cette prcpt fit-on, ctr j*ai rem'S 2U c<m\xiSm 
falut public des pièces qui i rouvetit que Couftard eft à Rennes. 

H'.ri..U, J: Ovm.i f'e que la cotwcntion maintittnnt fou d^ret 
& en porte un len>!ab'e co»rte Couftard. 

1 X orvjpolitiot. ' il 'îécrét^e. 

S^.anct 'lu j.uiii ij juiflct. Un fecnJtaîrep^éfente Ta nomehcîatiire. 
éc% Citons, (4 ..jt '^acceptation eft arrîvet aaiourd^ul à U con* 

▼Cl. ijn r.. t Oi.i-lr. 

La viîlc de jédan. La ville dti Hr^re. Fontenay , départc- 
sicnc de S-i:.c & Oife. Bazochc, <^épartcment de VAi^-iC. L* 
▼in t-u'iitme leélion de Rouen. Nemours , département de Seine 
& iiaràie. MauMe-hir-.Mendre , département de Seine & Oife. 

La dî>ième fpfiion de Rouen. La fe^' on du Nftdi, de Proirins. 

Les trois leéVons de Màc.»r. Void ♦ département de !a Meufe. 

Sen'is. Cofae, département de la Nièvre. Fontainebleau. 
Chaumes , département de Seine & Marne. La feé^ion du Havre, 

Chàtillon-liir-Seine. Collommiers. Bétbunc. 'Neuf cnnton$ 

ia diftriél de Clermont , départemeit de la Meufe. ^a Charité, 

• Noyon. Pcronne. Huit cantons du diftriA de Compiegnc. 

Nojcentic Rotrou. Eu. Hoadan. Sainre-Menehould. Vienne» 
le-Chàtcau. Dôle , du jura. De Brejoîles , de Ran?erap. Dû 
TAube. Les huit feftions de Rctms CHartres. Mér.ièrcs, 
RhéttI Charlevilîe. Cala's. ^rcis - fur - Aube. Ureux. 
rabifeaux. Los cantons de BretçaT^ Le canton des Vertus , 
département de la Marne. De Deulcbv. Voilions. Le canton 
ë'Arbofs. Etbeuf. Chilons. La Roche-Chalais. Beauvais. 

Pau , Béiières ont accepté unanimement. ^ 

l>a cenveiittoii décrète la mention honorable Sct'tnrertioh au bulletin. 

Les admniftrateurs du diftri^ «e la Rochelle , déhoitce.ît plufieuri» 
dcfits*^ arrêtés qui leur ont été envoyés par ditféfens dépàrtemens , 
tous relatifs aux événemens du a juin. 

Oq demande ia mention honorable de b conduite des^ adnAînîftra- 
teurs. Décrété. 

Le troifième bctaîilon de la Gironde , en adhérant aux jfvénç- 
■nens du 31 mai, envoie à la convention le renoavelîemcnt'i^e fon 
Cermcnt de fidélité à fes décrets « i l'unitd & â rindivifiblMté de 
|# république. 

Un fecretaire fait lefture de hi rétraé^atîon drt adminrftrateurs , 
de celle de Beyffer ; du proeès-verbal de la féance , dans laquelle 
les citoyens de Nantes ont exigé dos adminiftrateurs le rappej de 
Beyflcf au commandement d^lné adrelïe du onii^me batjnî'on 
de Seine & Oife ; dénonciation de l'arrêté du département -, enfin >" 
d'une réponfe du général Canclaux à ce dépnrtement, dart< î.iquel!e^ 
ce général affure les adminiftratcurs qu'il n'obéira jamais à 'd'autres* 
ordres qii'i ceux de la convention nationale. 

Sur la propofitlon de Bréard : La convention' iwtîonalc l rprès 
<«^oir entendu le rapport de fon comité de falut public , décrète* 
ce qui fuit. 

Art. 1«'. La convention rapporte le décret rendu hier ^pafleonel 
les admtaiftrateurs du département de la Loire inférieure, le géfié- 
ral BeyiTer & Couftatd » repréfentant du peuple , étoient mis hors 
de la toi. 

IL La convention nationale mande à fa barre le préfident & le 
procureur- nénéral-fyndic du département de la I oirc inféreurc , 
» le général âeyâer> pour rendre compte de leiif conduite. 



(3ï ) 

m. Ud memlire de r^dmîniftratioo du dlftrîft» 8c nn inembi^ é^ 
confeîUgénéral de la commune de Nantes, fe rct.dront aupièsdë 
U convention nationule , pour lui donner les édairciiiemens dont 
elle pourra avoir befoiiu 

IV. La convention nationale confirme l^arr^té pris par festrôm* 
mSakti près Tarmëe des côtes de Breft , qui fufpeud 1* géiiér^ 
Bcviler de toutes Tes fonétions militaires. 

y. Le préfent dicret fera envoyé pas un courtier extraordî- 
Mire. 

IdoM, La viMe d'Arch , chêMieu du département du Gers , dans 
l'arrondi.. ement duquel etl la commune de Lin nages . n'eft pas dan« 
d*aufi bons principes. Les admir.iflrateurs y fou< en révolte contre 
h convejitioo ; un comité central y cfl rétabli , emprifor.se )es 
P<<tTtotes , dtftitue les fon^ioiinaires publics , & commet toutes 
fortes d'afies arbitraires. Ces melurcs jiberticides ont été proTo« 
quées par des écrits venus de Paris, &. fur tout par ceux de briiiot. 

Dartigoyte, Je demande uue la convention fufpende de leurs 
fondions , le pré^âent du oéDartement^ du Gers , le procureur- 
général-fyr.dîc fie trois adminiitrateurs ; fe réponds fur ma tetc de 
la tranquillité clans le département; 

La propciition de Darti|;oyte cft décrétée. 

Hér£.ult-5echelles donne leélure à l'allemblée de la correfpor* 
dance du conité de lalut public. Les aUemblées primaires de 
Troies & de Coutances ont accepté la conAitucien à l'uiianimité. 

HUntbSichtUet. Les commiùaircs ent joint à leur lettre im 
mémoire fur 4es opérations f..'tes , & fur les manières de les pour- 
iuivre. Le comité de falut publ.c a penfé qu'il étoit utile de vous 
en donner leélure^ la voici. 

Mimoin tcncernûht Ut opérations éU Varmit it la rcpui/iquc^ duos 
it département de PEun, 

Les rebelles font chaifés du département de ITiire , mais le 
fvyer de la révolte étoit à Caen ; il faut donc éteiridre ce fovcr: 
nous penfons que la même armée doit être chargée de cette expé- 
dition y qui doit être dirigée par les mêmes f énérar.x. 

L'armée des cêtes de )« Manche, qui d'ûileiirs n'cd ni formée, 
ni réunie, a une autre deûination. Les généraux de cette armée 
dcivent s'occuper uniquement dei fonéltons attachées à leur defti- 
oation ; ils doivest veiller â la sûreté des côtes & des ports de 
Aer , & rompre toutes liaifons avec Wimpffen. 

U faut confier i l'amée de l'Lure le foin de réduire les conf- 
pirateurs du donjon de Caen. 

S'il faut une armée oombreufe , on nourra augmenter celle de 
l'Eure, Ce y faire paffer des bataillons oc des eicndrcns de l'armé* 
des côtes; s'il s*eti trouve dans les lieux vgifins , la miffion des 
repréfentans du peuple expire. Le département de i'Lure a recouvré 
fa liberté. L'artnée ae la république le rafîqmble dans Lvreux. Oh 
Vi former un camp hors de la ville » qui ne pourroit ras fournir 
le logement i tous les bataillons & i la cavalerie qui s^ rendei.t. 

La. miffion des reoréfentans du peuple expire fur les con^ps de 
l'Eifre ; il feroit inftant d'envoyer des députés dans le Calvados 
avec les mêmes fondions. 

On ne cède plus aux clameurs des Bttzot & des Barha^oux. Le 
peuple réclamera fa fouveraineté au bruîr c^e la marche de notre 
arm^. £n6n , le tocfiaa déjà fonné*, 8c il s'eft levée quarante 
nilk. hommes. 



d») 

Li CMÛié 4t film pvbfic vottf propofo tn confé^toce h pfo« 
}tt de décret futvaot. 

La convention nationale décrète que lei cit07ens Robert Lindet, 
DuToi & Boiuiet, Mautry , revêtus des mêmes ^.ouvoirs , Te tnmf'- 
porteront dans le Caivadot, & édpartemens enviro^nans , pour / 
pourfuivre leur mii&on. 

Le projetée adopté. 

Béfûit/t, La fiëcclitté d'éclairer le peuple fur la lot tlu 4 mai , 
yelaiive au» fubiîiUnces , a engagé le comité à tous propofer le 
décret futvaat. * 

La convention décrète que Coupé, de l'Otfe , & Lafoy^repré^ 
lemans du peuple , fe rendront dans les départemcns de Seii;e flc 
Oife , Eure , Lure & Loire & de la Marne ; 6c Dubouchet dans 
ceux de Seine & Marne $L du Loiret • pour prendre des mefuref 
relatives k la vente , à la circulation des grains & à l'exécution de 
£1 loi rdu 4 mai. 

Le décret efl adopté. 

Mallarmé. Vous avet chargé vorre cofnrté des financer de vous 

réfeiitcr un proîet relatif 4 la dot que vous avez accordée hier 
fix jeunes ulles d'£vreux : il a penfé qu'une iomme de deux 
imile quatre cents livres fufiiroit pour chacune d'elles ; mais il t'a 
divilée en deux panies : Tune , de quatre^ents livrée en afiignats , 
pour mettre en ménage les nouveaux conjoints ; & l'aut e , d'un 
immeuble de deux miite livres , provenant de bicn^ d'émigrés , donc 
les époux pourront Ce rendre fur le champ adjudicataires. 

Voici le projet de décret que le comité vous propoCe. 

Arc. 1*'. il eu accordé à chacune des lix filles d'Evreux qui fe<- 
ront mariés , en exécurien du décret du 17 de ce mois, une fomme» 
à titre de dot, de deux mille quatre cents livref, dont deux mille 
feront payées en biens nationaux , & quatre cents ivres en aflîgnats. 

II. La Comme de quatre cents livres fera délivrée à chacune 
defdites filles , le jour du mariage : en i^nféqnence , la ttéforerie 
nationale tiendra ; à la dirpofuion du miniftre de l'intérieur , juf- 
qu'à concurrence de la Tomme de vingt-quatre mille livres. 

III. Quant aux immeubles, les conjoints pourront foumifiionner 
tel bien qu'ils jugeront à propos, pardevant le direâoi e du dif- 
triA d'Evreux, jufqu'à concurrence de. deux mille livres : l'adju- 
dication leur en fera pailée fans enchère, par le direéloire , d'après 
l'eftimation qui en fera faite par les experts nommée-. 

IV. La convention décrète que Icfdits biens donnés par la nation , 
ne pourront être hypothéqués , vendus , cédés & aliénés pendant 
le )7.^s de dix années confécutives. 

Le projet efl adopté. 

Haulimann fait rendre un décret, par lequel les dëpartemens 
font autûrifés à prendre fur les conirïbutions de 1791 & 1791 les 
fonds fuffifans pour fournir , jusqu'à la concurrence de mifle li^ 
vres de fecours , aux familles des dcfenfeurs de la patrie. 

Vendredi 79 juilUt ijp^, LakétiaL De toutes les propriétés , Ik 
moins fuceptible de contei^ation , celle dont l'accroi lie ment ne 
peut ni bleller l'égalité républiobine , ni donner d'ombrage i la li- 
Derté , c'eft fans doute celle des nroduôions du génie. Voici le 
projet de décret que je propofe à la convention à cet égard. 

La convention nationale , oui le rapport de fon comité d'inClruc* 
tion publique , décrète ce qui fuit : 

>rt. 1*'. Les auteurs d'écrits en to«t genre, les compofiteurs de 
nufique » les peintres & les deflinateurs qui feront graver des ts» 

bleaux 



(») 

bleâux oo defiins » jouiront , durant I«ur vie cnttèf € du <lroft eatcla* 
fif àe vendre , faire vendre , diftnbuer leurs ouvrages dans le terri- 
totro delà république , & d'en céder la propriété en tout ou en partie. 

U. Leurs héritiers ou ceflfionnaires )oturont du même droit , dû» 
rant TeCpace de cinq ans , cprcs U mort des auteurs. 

UI. Les officiers de paix leront t«nus de faire confifquer > k ia 
réquisition & au pro6t des auteurs , composteurs , peintres ou def« 
finateurs & autres , leurs héritiers ou ceinonnaires > tous les ezcm* 
p aires des éditions imprimées ou gravées » (ans la permiilion for- 
melle & par écrit des auteurs» 

IV. Tout contre^aé^eur fera tenu de payer, au véritable pro- 
priétaire, une fomnie équivalente au prix de troh mille exem* 
plaires de Tédition originale. 

V. Tout débitant d'éditions contrefaites, s*îl n'eft pas reconnu 
comrefaâeur, fera tenu de payer > au véritab'e propriétaire , une 
fomme équlva.eute au prix de cinq cents exemplaires de l'éiUtloa 
orietnale. 

Après quelques difculfions , ce projet de décret eft adopté. 

Dartigoeite , au nom du cpmité de légiflation , fait décréter qu« 
les procédures commencées à Melun fur les évcnemens des pre*« 
miers iours de ieptembre • feront ai^éanties , & que les détenus 
pour cet objet feront mis en liberté. 

Dartlgœit<, Un grand nombre de récVamations nous font parve- 
nues de la part des prêtres, auxquels leurs évéques refufent la 
perfnî0too de fe marier. Votre comité d6 légiflation vous propofe 
de palier à l'ordre du lour fur ces réclamations , en motivant cet 
ordre du jour fur l'exiitence de la loi qui permet aux prêtres de 
le marier. 

Bri^d* Je demande la deftitution de tout évêque qui contrevien- 
droit à la loi, en s'oppofant au mariage des prêtres. 

Leauinio, La déportation emporte & la privation du traitement 
8c réloignement de la ^rfonne. Je demande que la convention 
cccrète que les évêques qui s'oppoferont au mariage des prêtres 
feront déportés, 

La proposition de Lequinio eft décrétée. 

Ltquinio, J'annonce à la convention que Valendennes eft appro- 
TÎIÎonné pour plus d*un an. 

Barrère, au nom du comité de falut public, propofe à la con- 
vention de décréter que les communes de la république , qui n'ont 
point encore émis , leur voeu fur la conftitution , fe formeront ea 
aflemblées primaires le ^% juillet. Le préfent décret tiendra lieuide 
lettres de convocation. 

Ce projet de décret eft adopté. 

Banert continiu. La ville de Quimper vient de voir commettre 
un délit grave dans fon enceinte. Pour en avoir une idée , il fuffit 
de lire Tadrede aue Tadminiftration du département du Finiftère^ 
féante en cette ville , vient 'd'envoyer aux municipalités des cam- 
pagnes. Votre comité penfe que vous devez décréter d'accufatlon ces 
adminiftrateurs criminels , 6c transférer le siège de radminiftratioA. 
«le Quimper à Landerna,u. 

Les proportions de Barrère font adoptées. ' 

jimar. J'obferve que la plupart des adminiftrateurs coalifés réfif- 
tent avec infolence au décret ^ui leur accordoit trois jours pour fe 
retracer. Je demande que les difpofîtions pénales , renfermées dans 
ce décret , foient enfin exécutées , & que le miniftre de Tintérieut 
foît tenu d*en rendre compte. 

H\ a 10. Tomt z/, E 



(34) 

Cette propofition eft adoptée. 

Smrrèrt, le Tpus tpprenas avec pUiiîr, que tes adinfnîftra*«iirs 
• du département des Landes viennent d'enV^yer leur rétraâation. 

Ruffi, Je demande à faire une propofition. Il importe également 
i la république de connoltre 6c fes agens auprès des putiVances 
étrangères , 6c les epinions qu'elles entretiennent près de nous. 
Pendant l'aflemblée légiflatxve , j'infiftai auprès du comité de défenfe 
générale pour qu'il fit mettre les fcellés fur les papiers de Staël , 

J prétendu envoyé fecret de Suède. Je ne pus l'obtenir de ces MM. de 
a Gironde : s'ils TeuAfent fait , nous cuflions eu le fecret de toutes 
les cônf pirations. Je demande aujourd'hui que le confeil exécutif 
vous donne la lifte 6c des agens de la république auprès des puit- 
f incei étrangères , 6c des envoyés de celles-ci auprès delà répu- 
blique. 

TailUfer, Je demande que cette Itfte ne foii) remise qu'aux comités 
de falut public 6c de (ûreté générale. Chacun fentira les motifs de 
na propofition. 

La convention la décrète. 

Les fefttons dé Valence , chef-lieu du département de la Drôme, 
«nt accepté la cooftitution. Elles annoncent que Tarmée commandée 
par Carteaux a arrêté les Marfeillois. 

BcntahoUt, J'apprends par une lettre que m'écrit le maire de 
Strasbourg , qu'on y a accepté la conftitutfon à l'unanimité. 

Ltvafftur, Bentabolle fe trompe, car un ci-devant noble n'en a 
pas voulu. ( On rit. ) 

' Saint' André , au nom du comité de falut publie» Il eft des adminif- 
trateurs de département qui s'arrogent la direction des forces de 
sner. Vous fentez , citoyens , quel préjudice cela porte à votre 
marine , qui pour préfenter quelque fecours poiur votre défense , 
doit agir avec enfemble. A Breft, on a difpofé oe^quelqucs vailleaux 
pour une expédition particulière. Votre comité de salut public, pour 
prévenir tou^ ces aous , vous propofe le projet de décret fuivant. 

La convention nationale , après avoir entendu fon comité de falut 
public, décrète : 

Art. I*'. Les adminiftrateurs de département . diflrift ou autres 
autorités civiles des villes maritimes de la république , ne pourront , 
en aucun cas 6c fous aucun prétexte , retenir les vailleaux de re- 
lâche dans leurs ports, ou qui auraient reçu l'ordre d'en partir. 
Ceux des administrateurs qui se permettroient de donner des ordres 
pour arrêter , fufpendre , accélérer le départ des vaiiTeaux , ou 
sour en changer la dcftination , 6c ceux qui provoqueroîent ou 
Bgneroient des aé^es ou arrêts tendans à s'mnmifcer dans la direc- 
tion des forces navales de la république , feront traduits au tribunal 
révolutionnaire 6c punis de mort. 

• IL II eft défenau , fous la même peine, i tout vice-amiral, 
contre-amiral , commandant de vatlTeau ou tout autre bâtiment de 
la république , de déférer à aucun ordre , arrêté ou réquifitoire 
oui leur feroit fait ou donné par les autorités civiles, 6c dont l'objet 
fereit Qe changer ou modiner les ordres qui leur auroient été 
adreffés par le confeil exécutif. 

III. La convention nationale cafte 6c annuité les arrêtés pris par 
les autorités conftituées du département du Finiftère , les 9 6c ix 
de ce mois , portant requifition à l'ordonnateur civil de ne mettre 
aucun embargo fur les corfaircs 6c fur les bâtimens de commerce, 
au mépris de la loi du 12 juin dernier. 

i{oiMr( de i« liante Mar»e.) Pour faire taire la calomnie 8c fer- 



(3î) 

mer U bouche à ceux qui vont dans Us départemeos proToquer 
h guerre civile, je demande que les procàs-verbaux des troi» 
ioura^ef mémorables dans lefquelles le peuple de Paris a iauvé 
la république I foient imprimés & envoyés aux départemens & aux. 
vmées, 

La propolition eft décrétée. 

Thitrwt, Le comité de falut public a reçu des aépèches dont il 
n'a cbar.gé.de vous donner connojiTance. 

Lts reprëCentans du peuple à l'armée des Ardennes annoncent quf^) 
laconftitution a été acceptée à runanimité par toutes les affemblées' 
primaires de ce département. . ; 

Nou4 apprenons que le département du Doubs vient de rétrac-* 
ter fes armés libertides. Celui, du Jiura va en faire autant; ce^ 
Qu'il y a de certain , c'eft que ces départemens ont refuCé d'envoyer 
ces forces au fccoura de Lyon. 

La ville d'Alençon , chef-lieu du département de TOrne, vient 
d'accepter la conftitution. 

Bimud-Varenius, Je demande le dernier fuppUce contre les' 
accapareurs, & qu'une commiflion, formée par la. convention na- 
tionale , s'occupe des moyens de détruire l'agiotage, 

Garnier, Dfouet & Cbàlcs propafent de cnaflcr du territoire 
de la république tous lés étrangers non naturalifés. 

hAaliarmé, 11 n'cil plus tems de diifimuler i la convention lei 
dilapidations qui le commettent dans Vadminiftration. Dans ce. 
tnois-ci • qui eft un de ceux où vous lui avez le moinS; accordé ,, 
elle a déjà touché trente millions fept cent foixante-feizé mille 
cbq cents douze livres. 

Après diverfea propofidons» le décret fuivant eft rendu^ 

La convention nationale , après avoir entendu le rapport de 
Ton comité des finances, décrète ce, qui fuit : 

Art. 1*'. Tous achats pour habillement fic^équipement militaire». 

I 4 l'exception 



par Tadmiiiifiration dés pabUlemens , font fufpendus . 
de 1a fe£Uon chargée du petit équipement ,. qui continuera à rece-». 
voir & à payer les effets dont elle a le plus befoin , comme, 
marmite , bidons, bottes, &c. . , . 

IL Les quatte comités réunis , des finances » de la guerre * de. 
l'jex^en.des marchés, ôc de, furveillance des habillemens milnaireii». 
feront tenus pour tout délai , de préfenter , (ous huitaine , un pro-^ 
jet de décret tendant à prcvenii toutes dilapidations » & à réfor- 
mer les abus dans cette partie de. l'adminiftration. . ^ 

III. Les adminiftrateurs de U commifiion deS habillemens & 
équipemens militaires , depuis le premier mai 179a , feront mis eii 
état d'arreftation^ & les (celles feront fur-le-champ apposés fur les 
caUTes & papiers, tant de radminiftTation que des adminiftrateurs. :p 
les comités des finances & de l'examen des marchés furveilleront 
l'exécution du préfent décret, & i)rendront les mefures convena- 
bles pour faire enforte que le fervice public en cette partie ne foit 
point interrompu. ^ 

IV. Latréforerîenationalepréfentera,d'iciau ij feptembre pro«^ 
chaio, le compte détatUé de l'emploi des fonds Qu'elle a reçus, SC, 
dçs a&gnats qui ont été émis, en y diftiiiguant le nom du payeur 
le dt celui qui les aura reçu. . 

V. Toutes les adminiftrations 8c comptables fourniront airfft , dici 
ao 15 feptembre prochain, à la convention nationale , le comçt» 
détaillé de l'emploi dès fonds qu'ils ont reçus depuis le premief 
anviec 1790. 



(3«) 

VI. Les diredoiret de département & de dîftrîA » aîn() que les 
siHinîci|>aIité$ , feront tenus de faire parvenir au mùiidre de la f^ucrre» 
dans la huitaine de la publication de la prëlei.te loi , un tabteaa 
qui fera connoitre les fommes qui ont été employées pour l'habiU 
lemeot & l'équipement des volontaires & autres défenfeurs de U 
patrie , ainfi que les dififérens corps auxquels k-s armes & les habits 
9nt été délivtés. Les admiiti(lratioi<s ai mu..icipalité& rviidr%>iit auffî 
compte, dans le délai ct-deUus fixé, de tous les objets d'arme- 
ment, d'habillement 8c d'équipement qui ont été fournis en dons 
pttriotiques. 

David. Le iour défîré approche : bientôt nous célébrerons l'an- 
sîvenaire de notre vt£ioirc lur la royauté. Vous avez adopté le 
plan que je vous ai propofé pour Vo.rdonnance & les détails de cette 
fîte : tout doit y infpirer le fentiment , U préienter le' règne de 
U liberté & de l'égalité. . ^ ' 

Nous vous propofons de faire mettre à la difpoûtion du minis- 
tre de rintérieur une lorome d'un million d^ux cent^ mille livres 
pour les frais de la réunion du lo. 

Cette p'opoiition eil déctétée* 

Iforé nit mettre à la difpohtton de l'adminiftratîon des. fubfifiances 
une fomme de quarante-lix millions huit cents foixante mille livres 

Jour l'achat des grains ; fauf a elle à rendre compte de l'emploi 
e cts fonds. 

On accorde fix millions au payeur-général de. l'armée du Nord, 
pouf le paiement des approviiionnemens militaires en avoine , 
paille & foin* 

Séance du dimMncht xl juillet. Un ) fec: étaire fait levure des 
«drelles & lettres d'adhéfion. 

Betlegarde. Je fuis in(lruit,& \t m'emprelTe d'annoncer à la con- 
vention nationale , aoe la conft.cution«a été folennellement 6c una- 
niment acceptée à Ângoulème , & dans le département de la Cha- 
rente. ( On applaudit ; 

Des adminiftrateurs du diftriâ deLouviers, département de l'Eure» 
proteftent à la barre de leur dévouement à la convention natio* 
sale, & de leur fidélité il l'uiiiié & l'indivifibilité de la république. 

Thuriot , au nom du comité de falut public. Voici une lettre 
eu général Kellermann , qui annonce que la cojiftitution a 
^é unanimement acceptée à Grenoble, en préfence de l'armée ^ 
^ui lui a donné une adhéfion foleimelle. 

Une lettre du conseil général de la commune de Rouen , annonce 
que l'aAe conl^itutionnel a été accepté par les vingt-Ux eûions de 
cette ville , à la prefqu'unanimicé. Vingt-fix citoyens feulement , ont 
vt>!é contre. 

Séance du lundi 22 juillet. Le C,,, , Les oartifaos du fédéralifme 
Soient entraîné dans leur coalition l'adminiuration du département 
^ Gard i cette admbiftf ation avoit levé l'étendart contre-révolu- 
tî6nnaire , mais elle a bientôt eu reconnu son erreur , elle a ré- 
tnSté tous les arrêtés qu'elle avoit pris i la suite des événemens 
^es premiers jours de juin , elle a déclaré qu'elle n'étoit plus en 
état de résiftance à l'oppreflion , qu'elle reconooissoit la convention , 
comme le seul point de ralliement , le centre d'unité , et la seule 
autorité à laquelle on doive s'attacher pour sauver la république , 
te maintenir fon indivifibilit^^ ( 0n applaudit. ) 

Cambacêres, Le comité de salut public ^établi dans le département 
^^a Gard , en avoit deftitué le procureur-général-syndic. Je demande 
]« réintégration dans fes fonâioos» de ce patriote, . 



/if/fcea ( et Touloufc ). Je demande que la conrentîon nationale 
décrète que radminîftration du département du Gard , sera tenue 
^* "fttre sar-lc-champ en liberté , les patriotes mis en état d'ar- 
TeftatioB , par une fuite des vexations que cette adminidration , un 
uftant égarée , a exercées contre eux ; de rappeler dans fon fcin , 
^.""* proclamation, les patriotes qui ont été forcé^ d'abandon- 
ner îeurs foyers , pour fe fouilraire à des pourfuites injuftes et vexa- 
roires , de réintégrer la fociété populaire dans le lieu ordinaire de 
les féances. 

Les propoiîtions de Julien font décrétées. 

Un manbrt^ Je demande aufli î'anéantiffcment de toutes les pro- 
cédures commencées contre les patriotes , depuis Tépoque où Tad- 
■liniftratîon du Gard convoqua les communes de ce département. 

La propofition eft adoptée. 

Battre, Je demande à faire une motion d'ordre au nom du co- 
mité de sûreté générale. Je ne connois pas l'affaire du général Cus- 
^c . et je n'entends rien préjugea. Mais un fait certain , c'est que 
sa préCence ici agite les esprits , & il paroit même qu'il cherche à 
les agiter. 

Stmottd, Il eft étonnant qu'une pudeur facrilège fasse encore en- 
visager un homme sous deux faces. Quand un volontaire manoue 
i son devoir , Cuftines ne lui donne pas un gendarme , mais il le tait 
chareer de fer. Pourquoi donc le traiter si doucement , lui qui est 
acciifé d'avoir écrit aue quand les décrets lui déplaifoient , il en 
faîfoit des papillortes r Si le fait eft vrai , comment n*a-t-on pas 
déjà fait arrêter un homme qui a tenu un propos guî . félon moi « 
équivaut à vive le roi? Je demande que le comité foît chargé de vé- 
rifier ce fait. Et en attendant , je demande que Cuftines foit mis en 
état d'arreftadon dans le lieu où Ton détient les confpîrateurs. 

Danton. La convention ne peut pas refter dans l'incertitude sur 
un pareil objet : il faut qu'elle fâche ce qu*eft Cuftines. Condé a 
été oblieé de fe rendre faute de vivres ; Valencîenncs eft ferré 6c 
chauffé oe très-près ; l'armée du Nord a besoin d'un général ; on a 
des doutes fur Cuftines , il faut que Cuftines foit jugé d'après les 
fûts que vient d'exj>ofer Bazire. Je demande que le comité de falut 

fublic ISt le miniftre de la guerre rendent compte de ce qui peut 
tre à la charge de ce général , afin que la convention pro- 
nonce. 
La propofition eft adoptée en ces termes : 
La convention nationale décrète que le général Cuftines fera mU 
en état d'arreftatîon , par forme de fureté générale. 

Barire, Vous avec eonné i la propofition de votre comité de'^ 
iûreté générale une extenfion qu'ei e n'avott pas, en décrétant que' 
le général Cuftines feroit mis à l'Abbaye. Votre comité avoit cm 
qu'un homme détenu par mefure de police de fClreté , ne devoit 
l'être que dans unemaifon\>articulière,' & il a^oit choifi le Luzem- ' 
bourg. Je vous prie de faire rayer les mots à l'Abbaye. 
La propofition de Bazire eft adoptée. 

Prieur donne le^Hire des rétraélations qui font parvenues au co- 
mité de falut public. 

Dornier, au nom des comités de fa<nt public , des finances 9c 
de furveillance, des fubfiftances militaires, habillemens & charrois 
réunis , préfente un projet de décret fur une organifation de tous 
les ferrîces des armées. La convention ?dopte les articles fuivanS: 
Art. 1". A compter du premier août prochain , les traités faits 
par les mînîftres de la guerre avec divers entreprpneuis » pour 



on 

fournitures de chevaux et éauipages deftin^s tu fehrîce de rartîl* 
leric y des vivres , hôpitaux & charrois des armées , font réfiliés. 

n, A compter du jour de la notification du préfent décret , les- 
Ats entrepreneurs celieront tous achats de chevaux , mulets , char- 
tïots, harnois U autres objets relatifs à leur entreprife. 

L'article 111 eft ajourné à Jeudi ; m Les fcrvices connus fous les 
«rénominations de charrois militaires , vivres Ce ambulance , feront 
réunis pour )e premier août , ë( confiés 4 Tadminidration d'une régie 
intéreflée ». 

^Va ùcrétaxre donne Icélure d'une lettre du confeil exécutif, qui 
annonce oii'après une longue délibération , le confeil s'eft déter- 
miné à deiliiuer le générai Cuftines du commandement de l'armée 
éa Nord, 6c k nommer i fa place le général Dietmann. 
,Lii convention approuve l'arrêté du confeil exécutif. 

Julien» au nom du comité de (ûreté générale, préfemeun projet 
de décret déjà ajourné fur les évènemens qui ont eu lieu i Beau- 
caipc.; 

Danton. On vous propofe de décréter d'accufation ceux qui ont 
^ait couler le fang oans la ville de Beaucaire, cette difpodtion 
favorifc la confpiration de ceux que vous devez -frapper ; renvoyez- 
les au tribunal révolutionnaire fans les décréter d'accufation. L'ac* 
cufatcur public drelîe les aéies, & le tribunal expédie. ( On ap- 
plaudit }. 

Lacroix. Si un grand nombre de ceux que vous avez renvoyés 
ail tribunal révolutionnaire ont été acquittés , c'eft que vos aéles 
«l'accufation étoient mal rédigés. Chargez de cette fonftion l'accu- 
fateur public lui - même , fie renvoyez purement fie Amplement les 
prévenus devant le tribunal révolutionnaire. On vous jpïopo^® «»* 
outre la deftitution des ofhciers municipaux qui ont Uiué égorger 
les patriotes y ce n'eft pas affez ; je «iemande contr'eux la peine de 
la dégradation civique. 

Danton, Je demande la. queftîon préalable fur ta dernière pro- 
pofition de Lacroix^ Le lo août , le peuple vous remettra fa foudre , 
Vous frapperez alors des coups plus furs fur des adminiftrateurs 
^ue leur rctraé^ation ne rend pas moins coupables. Vous les rendrez 
i[)habiles à Tenir empoifotiner Taffembléc léeiûative qui va vous 
faccéder. 6 v 

La propofitlon de Danton cft adoptée. 

Dm mardi 27 juillet. La difcu(fîon s'engace fur la ville de Lyon. 

JStauiot, Il ne faut point d'accommodement avec les conf* 
PÎMteun. Achevons de diiToudre leur coalition ; ils commencent 
à fléchir, ils feront bientôt anéantis. 

Je demande que tous les citoyens des différens départemens qui 
font a^ellcmem dans les villes rebelles , telles que Lyon , Bordeaux , 
Caen , Afarfeille , fie qm n'en fortiront pas fous trois jours , foient 
réputés émigrés , fie que leurs biens foient conAfqués. ( On ap« 
plaudit. ) J'e demande en outre mxe cette mefare foit étendue à 
tQutes^.les grandes villes , même à Paris $ cela procurera de la tran- 
quillité. 

i^<rr^£^.. J'appuie Tolonfien la première prcn>ôfitioi>» la féconde 
vte. paroît contraire à bien des intérêts. Cfe lerott en effet ruiner 
Vzrh qne d'en éloigner les citoyens des département. 

Chabot. Je demande qne la convention renvoie au comité" dr 
fiUeté générale les mefures qiû concernent, Paris. . 

Le renvoi eft décrété., 

l'réard. J'appuie fortement la ptendèce propofidon de Beaudo^» ' 



( 59 ) 

8c je demande que les citoyens des départemens qui auront quitté 
leur domicile pour Te rendre dans les villes rebelles , & qUt n'e^ 
feront pas fortis dans vingt -quatre heures après la notification, 
foient réputés émigrés , êc que leurs biens foient conâfqués. 

La proportion ell décrétée. 

Beaudot propofe enfuite, & l'alTemblée décrète, qu'il n'y aura^ 
plus qu'une cloche par paroille , que les autres feront defcendues 
tt fondues en canons. 

Biiliud^ Vartnrus, Dans la l«ttBC que vous venez d'entendre^ 
Albite vous fait une propoiltion , fur laquelle je penfe qu'il eft inC^ 
tant de prononcer : on vous demande de fiaire fupporter auxadmi-» 
niûrateurs en. révolte les dëpenfes occalionnées par leurs arrêtés 
liberticides. Je demande que le principe foit décrété. 

Le principe eft décrété eq ces termes : 

M Les individus , quels qu'ils foient, qui auront pris ou foutenu 
des arr&tcs à la fuite des évènemeas des premier Se deux jutn , 
fupporterout les dépenfes ôccafionnées par l'exécution de < ces 
arrêtés. 

Cambon, Je dois annoncer i la convention que )'aî reçu , par le 
courrier d'hier , la nouvelle qii'à Bordeaux les aifemblées primaires 
pour l'acceptation de 1 a contlicution , ont été convoquées pour le 
zi. On m'allure que cette acceptation fera unanime. 

Citoyens , bientôt voire ouvrage aura la fan£\ion de deux ou trois 
millions d'hommes. Je voudrois qu'une commiffion de cinq membres 
fût chargée de rédi>^er les loix réglementaires qui doivent fervîr 
à l'exécution de la conftitution , U qu'une autre auilî peu nom- 
breufe , nous préparât un code civil dégagé de toutes les formes 
d'avocats 5c procureurs. 

Ces propohtions font décrétées , & le comité de falut public est 
chargé de préfenter les membres qui doivent compofer ces deux 
comminions. 

tiamtl, II eil un autre objet non moins important, c'eft la fitua- 
tlon des finances : vous devez la faire connoitre à la nation. Pour 
remplir une pareille obligation , je demande qu'une commiAion de 
cinq perfonnes vous préfents un travail à cet égard. 

lia propçfition efl adoptée. 

La convention adopte plulieurs articles ptéfentés par Drouet , fur 
l'oreanifation des poftes oc meffaeeries. 

Séance du mercredi 14 juillet * Im fecrétaire fait leéluré des lettres 
d'adhéfions 8c de félicitations. 

Sur le rapport du comité de falut public , la convention décrète la 
destitution , l'arrcftation provifoire , Se l'appofition des fcellés /ur 
les~papiefs du maire de Villen , département de la Mavenne, pré- 
venu d'avoir mis de l'oppofition à la proclamation ne la CQnfti- 
tutioa. 

Les décrets fuivans font rendus. 

La convention nationale décrète qu'il fera ajouté aux trois cents * 
quatre-vingt-dix commlfTaires de f uerre , créés par décret du 16 
avril dernier , cinquante adjoints , qui auront le traitement accordé, 
aux commifTaires ordinaires des guerres de la dernière claii'e. Ces 
adjoints ne pourront être choifis que 4>armi les citoyens qui réu^- . 
niront les conditions exigées par l'article 2 du titre premier du dé- 
cret du 16 avril.' 

, Jutre izcret, \ 

La convention, afrès avoir entendu le rapport de fon comité de 
falut public, dés. c te ç^ qui Aiît:' 



C 40 ) 

^ Art. I. Le mîniftre de U guerre enverra , fous !e plus court dé(al 

Sofltble , dei agens dans les départemens de la Dordogoe ^ du Lot ^ 
e l'Ârriège, des Landes, des Balles ôc Uautcs-Pyrennées i afin dit 
reconnoitre quelles font , dans ces différens départemens , les mines 
& les établiliemens lest plus convenables à la formation d'une fon- 
derie de machines de guerre de tout calibre. 

IL Les agens envoyés par le miniilre -, Ivii rendront , fous le plus 
court dé ai, un compte détaillé de leurs découvertes, et celui-ci 
donnera des ordres , afm qui! foit ou paiTé des marchés avec les 
maîtres des forges , ou formé des établiliemens nationaux , <|ui ar*> 
furent aux armées ai aux places de la fconrière des Pyremiées,tous 
les fonds néceliaires à leur défenfe. 

Jutre décret» 

La convention nationale , après avoir entendu le rapport du cor 
mité de commerce , confidérant que le tranfit de l'étranger à l'écran- 
' eer par les départemens des Haut & Bas-Rhin , de la Aleufe Se de la 
Mofelle , accordé par le décret du y feptembre 1792 , peut favorifer 
des exportations nuifibles aux intérêts de la république , approuve 
les mefures prifes par fes commiflaires aux armées du Rhin , des 
Vofges & de la Mofelle , relativement audit tranfit , décrète qu'il de- 
meure fufpendu ; néanmoins les marchandifes qui , à raifon de ce 
tranfit, fe trouvent en ce moment entreposées à Strasbourg , pour- 
ront, pendant 15 jours, à compter de la publication du préfent dé- 
cr t, entrer dans la confommation de la république, en payant les 
droits impofés fur les marchandifes de même nature, provenant des 
prifes. 

Décrète égalemeet que les toiles des Indes qui fi^t introduites 
par le bureau de Port-Louis pour être rempc rtées à l'étranger , après 
avoir été peintes ou imprimées, conformément à la loi du 7 fep- 
tembre dernier , ne feront fr.jettes à aucun certificat d'origine. 

Sur le rapport de Cambacerès , le décret fuivant eft rendu. 

La convention nationale, après avoir entendu fe$ comités de. 
légiflation & des finances réunis , décrète : 

Art. L Le nombre des juges qui composent le tribunal criminel 
extraordinaire, fixé à cinq par le décret d'inilitution de ce tribu- 
nal , eft porté à fept, y compris le prélident. 

il. Le traitemetit des juges du tribunal extraordinaire eft fixé , 
comme celui des jurés, à 18 liv. par jour. 

III. Le traitement de l'accufateur public fera le même que celtii 
du préfideiit , & il fera payé fur cette nouvelle fixation , à compter 
du premier août prochain. 

IV. Le préfident du tribunal fera rerabourfé chaque mois par le 
caiflîer des poftes fur l'état certifié au'il en donnera, du montant 
di> port des lettres qui lui auront été adreilées pour aftaires pu- 
bliques. 

. Y. Le nombre des garçons de fervice du tribunal eft porté à 
<|uatre , & leur traitement demeure fixé à 900 liv. 

YI. Il fera formé , dans la féance de demain , une Ufte de can- 
didats pour remplir les deux places créées par l'article premier, 
& pour remplacer le citoyen Dufriche , qui a abandonné fon. 
pofte. 

VU. Le lendemain de la diftribution de la lifte, il fera procédé , 

Ii fcrutin figné , à la nomination des deux nouveaux )uges fic 
tt fi^cceffeur du citoyen Dufriche. 

Ce 27 juiUtit, ijp2. Prudhommb» i 



r« 



i^\ da k Conrentioii Kàtîoiiala. 

RÉVOLUTIONS 

i)E P A R i S, 

0ÉDIJÉES A LA NATION^ 

AR SEÇON» PE LA RÉPUBLIQUE. 

DIX-SEPTIÈME TRIMES-IIRB. 

▲toc grayuTM et' caries de» départemeos^ 



Les grands ne nous paroiflent grtaës 
^c pa^c que nous femmes à genoux, 
• •••••• Levons- nous • • • • • ^ 




DU 20 JUILLET AU J AOUT 179]. 

Feu d9 la réudan du lo saâi i/^j. 

X^ E pfqsgrapd^le plus beau , le plus touchant desfpeâacles 
fs prép rs pour le lo août prochain; Jour mémorable 6c 
d*aucant p\us . cher à tout les cœurs français , qu*il . doif 
é re le term:' de nos diflenûons , de nos câ'amtés & def 
(uccès de aos ennemis. D^jà fur toutes les m^ilbns de 
Pahs,fLotte dans les airs le figne tricolor de Tunité » de 
fégalité , de la fraternité. Les Parifiens p'éparent leurs 
foyers pour y recevoir & ferrer dans leurs bras les fé- 
dérés de tous les départemens. La vigilance des magiC- 
trats » âc rempreflement des citoyens doinent déjà un 
démenti aux calomniateurs , fie les forcent au ulence; 
N\ xiu Tarn 17, A 



(4t) 

Toutes le» préventkJiis tomberont à Tafpeô d'une vîîle 
qui met tant île itanchift & de foyauté au milieu de 
xdMs les reproches dont on la charge* 

Quelques erprita foibles fetnblcnt craindre cette four- 
née , & balancent s'ils ne s*en éloieneront pas. RalTurez- 
Yous ! la fête de la réunion Si l'acceptation de l'aâe 
eonilifutionnel tueront tou& les p|rti$ , |& le lehdemaia 
la Fmnce offrira ^ i'&rope 'étonnée une famille Immenfe 
qu'on a pu divifer pendant quelques minutes , mais qu'on 
ne pourra jamais rompre & défunir. 

Le céréhionial augufle du lo août devant durer ]u(- 
qu'au foir, il faut que le lendemain réalife ce grand, ta- 
bleau de famille; que devant la niailon du capitaine 
de chaque compagnie de fe^Hon , il foit dreiTé une ta- 
ble où tous les citoyens du quartier où de •la rue , 
hommes , femmes , en fans , fédérés , I4giflateurs , magif-- 
trats , adminrilrateurs , miniftres &C pgés , où tous les 
citoyens ^s'asseient ficfraternifent , dans itoute refFufion du 
cœur. -Que chacun apporte fon plat, sll le peur.' Celui 
qui n'aura rien de préparé , partagera avec fon voifin. Il 
faut que tous les mets fôient mêlés & confondus de 
façon qu'aucun ne mange le fien , maïs bien celui de 
fon frère ; il faut qu'au coup de midi. tous les fans cu- 
lotttes fe mettent^ à tuble.ôc portei|^ la première fanté 
au règne de l'égalité 6i de la fraternité; que tous les 
concitoyens fe donnent le baifer de paix , fans diAinc- 
tion de rang, de richeffes ou de talens. Que le min if. 
tre ou l'officier municipal ferre la main & prefTe dans fes 
bras l'arti fan, l'homme de marché, ou de port. Ce repas 
, vraiment fraternel fera terminé par àes rondes telles qu'en 
exécutoient nos bons aveux , qui ne fe connoifToient pas 
trop bien ep liberté , mais qui en étoient dignes , puif* 
qu'ils fa votent aimer. 

Il ne faut pas que fous aucun prétexte , perfonne puiHe 
s'exempter de s'aUeoàr à ce banquet de la réunion ; Pin- 
firme même y prendra part, car on ira lui porter fa 
portion & lui demander fon toast. 

Il ne faut pas que ce jour là il y* ait la plus légère 
trace de corporation ; chacun fert tour à tour| les fédé- 
rés mêlés avec les habitans de Paris ,' comn»e |S'ils fuflent 
nés dans les muis^de cette ville. 

Il feroit bon autS qu'à ce banquet, affiflent dejux 
nouveaux n^énages par feâion , unis le matin & dotés 
parla république ! ( Il eft inutile de prévenir que ces 
nouveaux époux auront mérité leur bonheur par un 
patriotiime fans tache.) 

Nous fommps bien trompés , fi la nouvelle de cette fête 
ne porte pas le deuil dans l'âme de nos ennemis, quijuf;; 



(43) 
qui préfeot n'ont dâ leurs fitccès qu'a nos dWiùotK. Quel 
cft donc ce peuple , dirpm-Us, qui , deux jours auparavaïir» 
étoit prêt à fe déclarer la guerre civile la plus affreufc. La 
prcfcnce d'une conftitution les a tous ralliés en un clein 
dœil ; les voilà, maintenant qui s'embraflent , & qui vont 
fe porter en mafle contre nous. Qui pourra lui réfukr , s'tl 
vient enfin à connohre fes forces ÔC à lesramaffer pour nous 
porter les derniers coups. C'en eft fait, la république fran- 
çaife^bien unie, eft invincible : elle va nous faire payer cher 
le tems qu'elle a pafle dans de vains débats , dont^ nous 
avons profité. Trois femaines lui fuffiront pour réparer les 
maux & les pertes de quatre années. 

Mais avant de repa tir pour leurs départennens refpeâifs, 
il &ut que les fédérés s'aUcmblent , pour avifer fur ce qu'ils 
ont vu & entendu à Paris, tant de fois Se fi indignement 
calomnié. 

Il faut qu'ils ferment la bouche à ces langues finîftres , qui 
déjà répandent que la fédération fera fui vie d'une fcène 
fanglante. Hommes yils , taifez-vous ; non, ce ne fera pas , 
cela ne peut ctre. Si des têtes tpmbent , cç iera légalement , 
fous le fer de la juftice : oui , que les jours qui luivront la 
fête de la réunion , foient confacrés au jugement dernier 
des confpirateurs , des traîtres, de tous ceux qui ont fait de 
grands abus , du grand pouvoir qui leur a été con£é pour 
le plus grand'bien de tous. 

Il'faut que la nation fe purge avant de fe porter en 
mafie contre fes ennemis ; mais que cette juftice fe faiGs 
en préfence de tous les départemens repréfentés : il faut 
que d*un bout 4e la république à l'autre , on applaudiflie 
unanimement' à chaque coup que frappera la loi. 

Fédérés 4 «n des grands objets de votre miftion eft de 
porter à ceux qui vous envoient , le témoignage de notre 
amour pour la juQice , pour l'égalité , pour l'unité de h 
république. Il faut que vous puiffiez dire à vos commettans^ 
à votre retour : 

Les Parifiens n'ont pas démérité de la patrie, non plus 
que les autres départemens qui s'y font réunis : recevez U 
baifer fraternel de tous; ôc tranquilles une bonne fois; fur 
ce qui fe paflTe dans nos foyers, marchons à l'ennemi, de 
front , Sç du même pas. Il a cru que nos divifions n au- 
rofent de terme que la chute de l'empire ; allons lui prouver 
le contraire ; qu'il tremble à Ton tour , à l'approche de plu- 
fieurs millions de citoyens , frères , plus forts encore de 
leurs loix & de leur union , que de leurs arme^. 

Et c'eft ainfi qu'il faut que fe paffe !e lo août 1793. Que 
l'annivcrfalre du renverfemént du trdpe foit marqué pajr 
Paffermiflement de la république! 

„ A a 



<44) 

SMfU gatm & ks trakifont de nos gènéimix. 
Sî )ama:s révolution a prouvé quelle eft la force 8c le 
pouvoir dis principes, c'eft celle de la France. Il femble 
qu'au dedans & au dehors , d'un bout de TEurope à l'autre , 
toutes les pailîons fe foient ei t'^ndues , ie-foient po> r ainfi 
dire données la main pour l'anéantir , & cependant , au 
milieu de tous ces orages , ta liberté s*aiFermit & s^ccroît : 
nous avons été trahis pai les piètres , les nobles , les intri- 
gans & les fiau« parlotes, par la cour & par tous fies valets , 
qui lui ont furvécu plufieurs fois ; nous avons été livrés 
à nos ennemis , par nos généraux & par nos légiilateurs , 
& cependant Tennemi, qui a dû Tes plus grands fuccès à 
ces infimes trahifons , n'eA guères pins avancé qull y a 
ëeus ans:il eft clair que c'eft la nature, que c'eft la 
force des principes feuls qui nous foutient & nous fera 
trjompher. 

Les traîtres fe font diftfîbués les rôles : comme ils ont 
une grande connoiffance du cœur humain , ils ont fentî que 
leurs premiers eflats ne réufliroient pas , & qu*il faudroit 
fouvei^t revenir à la charge ; ils ont plutôt compté nous 
laffer que nous vaincre : ainfi tel intrigant a pris sur lut 
Finitiative de la trahiibn , tel autre a promis de le copier 
en fécond, tel en troifième ; outre ces grands rôles , il y 
a eu les rôles fubalternes , qu'on s'efi difiribué pareillement 
& qui ont eu leurs doublures. 

Pour montrer le développement de ce plan y nous ne re- 
monterons pas plus haut que rétabliflement delà république. 
Dumouriez fingea Lafayette, dont ils'étoit déclaré l'ennemi \ 
Dumouriez contrefit le patriote , Tami de la liberté : il fe 
battit pour elle , couvrit fes projets par quelques appa* 
rences de fuccès , & enfin les mit an grand jour. Mais le 
' eénie de la liberté l'emporta : Dumouriez avec quelques 
traîtres qui l'ont fuivi , traîne fa honteufe exiftence en Alle- 
magne & en Angletene ; par-tout on le profcrit. Telle ei) la 
récompenfe des traitre^^. 

Pendant ce tems , Cuftines refloît derrière la toile : il 
méditoit les mêmes projets ; mais fon tour n'étoir pas venu : 
il condamna foitement la conduite de Dumouriez , & cria 
d'autant plus fort qu'il von loi t éloigner de lui le foupçon. 
Sans avoir le patelinage & les gafconades de Dumouriez « 
avec fes brutqueries , avec fon ton de franchife militaire , il 
en irrprfa tellement à l'aimée du Nord , au comité de falut 
puMc, à la convent«or, qu'on crut'que c'étoit le feul homme 

3iti pût auver la république au Nord. Nous nous técriâmes 
ans le t ms contre ce choix ( n*. 201. ) ; nous nous éleva* 
contre le rapporteur Barrère , qui eft oolîgé aujourd'hui de 
chanter la palinod e ; nous pio uvâmes , pat tous le faits déjà 
connus , que loin d*étre à la hauteur des principes » Cafline» 



( 4Î ) 
trafiîflbtt avfff . CéfOtt notre opinion depuis long-tent , 8c 
elle n«us avor attiré , de la part de Cudlnes , plufieurs 
lettres fort infolentes , dont nous donnâmes cqm m uni cation. 

Indépendamment de la prife de Ffan.cfort , où les 
Français ont. été abandonnés par« ce général y«4inqu eu r, au 
couteau des aflEaiffins, nous lui reprochions d'avoir, de fa 
propre autorité , prodigué la peine de mort; ce qui efts'ar- 
rogcr le droit le plus terrible des despotes , & réduirp. les 
ib'dats à l'efçUvage , en faifant dépendre leur exifience du 
caprice d'un feul : nous lui reprochions fes lettre» adulatri- 
ces au roi dePruffe , qui reffembloient aflcz au bas mémoire 
qu*avolt préfenté à ce même homme, quelque tems aupa- 
ravant, le traître Dumounez. Aujourd'hui la fcèns dç les 
forfaits s'eft agrandie. D'abord , & c'eft un crime qui faute 
aux > eux des moins clairiroyans ; Condé & Vaienciennes 
étoient aiBégés *, il (alloit tout tenter pour faire lever le 
fiége, risquer même une bataille : Cuftincs s'eft tenu im- 
mobile , n'a fait aucun mouvement» Le commandant de 
Condé cependant lui avoit indiqué des moyens, de déli- 
vrance , car il lui avoit fait pafler des renfeignemens par 
mille moyens , à travers le camp des afliégeans. Tout ce 
que l'efprit inventif de gens enfermés- & bloqués avoit pu 
imaginer , avoit été employé. Cullînes ne peut pas nier 
d'avoir reçu ces avis. Qu'a t il fait ? 

Oh 1 te voici : il a d'abord laiffé Bouchain dégarni 8c 
prefque fans défenfe & f^ns fubfiftances ; il n'a point fongé 
à faire réparer les fortifications ; il les a laiffé comme elles 
étoient : cependa^'it , il y a lieu de croire que A Vaien- 
ciennes venoit à être pris , Bouchain feroit une des yilles 
afficgées ; mais , dès que Condé efi tombé au pouvoir des 
ennemis , il a fait tranfporter à Bouchain une forte artillerie ; 
c'eft à -dire qu'il Ta mife en dép6t dans l'intention de la 
conf-rver aux autrichiens; car, n'ayant rien ajouté aux 
fortifications 9 il eft clair que Boixhain n*auroitpu lone^ 
tems réfifier , & que cette tbrmidable artillerie auroit groli 
celle des autrichiens. 

Par une opé ation toute contraire , quoique dirigée par 
le même eforit ; comme Lille étoit bien fortifiée , il lut 
b^oit toute (on artillerie ; de manière , qu'en confidérant 
l'état de Bouchain & de Lille ^ on pouvoit dire que l'une 
n'avoit pas de rempart ni d'hommes pour garder fes canons , 
& que l'autre n'aroit point de canons pour garder fes 
remparts & fes hommes. Tout cela s'eft fait d'accord avec 
Lamarlière. On ne croiroit pas que cet homme eût été 
aiïex fcélér.it pour vouloir livrer une ville telle que Lille', 
s*il n'y avoit pasdss pièces qui le prouvent clairement. 



V , 



(4«) 

ʧfui€ Jd lutredu prierai de divijion Fétvàrt y cùnaiianiant à tiffw, 
mu gémirai Cufiines^ commandant en chef les armées du Nord & des 
jtrdenncs , en , date du 25 juin 179^ , Pan dtuxUme de la républi' 
fue françaife. 

Général, j'ai reçu ta lettre que vous m'avez fait l'honneur de 
■l'écrire d'Aire , le 23 du courant , par laquelle vous m'apprenez 
^e vous autorisez le général Lamarliere à tirer de la place trente 
vtcces de canon de quatre , huit 6c douze , longues , pour en armar 
les redoutes & retranchemens du camp de ta Magdelainc, Je crois 
die mon devoir , général , de vous obferver que je ne vois pas 
tranquillement la place, de Lille Ce défarmer d'une manière aufli^ 
▼igoureufe. Vous le dirai-je ? Cette grande fortie d'ariiiferie roe 
pat oit contraire i la circon (lance ; car en^. , fi vous réalifez , 
comiBc vous me l'avez affuré , le projet de ro'cnlever. quarantc- 
foL bouches à feu , dont trente-huit canons 8c huit obuuers , 6c 
^'à t'inftant voas donniez pouvoir su général Lamarliere d'en 

J rendre de fon côté trente autres , ce qui (ait en totalité fdixante» 
^ize^, vous conviendrez , général , que cette violente fouftraûioji 
réduit la force répreflive de cette place k un degré bien au-def- 
fous de ce que les maîtres de l'art l'ont jucé nécelTairc , & on 
sre peut fe diflimuler que fi le camp de la MagdeUine, par d«s 
forces très-fupérieures . ou par des malheurs imprévus , venck 
i recevoir un grand échec , & à être emporté l'épée à la main , 
it feroit impomble de faire rentrer cette artillerie dans la place ; 
car, où trouver à la minute les deux cents chevaux , avec des 
diarretiers fermes & courageux? Ce ne feroit affurément pas 
avec des valets de braifeurs , meuniers , 6cc. qu'on pourroit fc 
flatter d'y réuflîr ; c'eft même ce qu'on auroit peine à fc promettre 
d'ans une pareille circonftance , avec les agens de l'artillerie. II ne 
faut y pour être bien convaincu de cette vérité , que fe ipcttre 
Ibus les yeux ce qui vient de ce paH'er à Famars , oc fe rappeler 
'es défordres oui réfultent d'un camp forcé. Très-certainement le 
premier trophée de la viftoire des vinqueurs feroit rartillerie de 
pofition, placée dans les redoutes. La nôtre, à la bataille de Foa«* 
ttooy» étQÎt fous le feu des redoutes d'Anthoin &. de I/ary. 

Sipié Favart. 

Copie de la Uttrt du général Cuflines ^ commandant en chef Iz* armées 
du Nord & des Ardennes ^ en date de Cambrai le z juillet 179^, 
Van deuxième de la république franc aife , au général de divijion 
Favart y commandant à Lille, 

Je perfide dans mes précédentes difpofîtîons , général; & pour 
peu qna vous veutîliez y réfléchir, il vous ffra très-aifé de vous 
convaincre combien il eil facile, même dans le cas défaftrcux que 
vous fuppofez , d'exécuter la manœuvre de retraite des pièces do 
canon ees routes, vers le chemin couvert de la place. 
Le général en chef des armées du [Nord & des Ardenncs. 

"^ Signé CusTXNES. 

Pour copie conforme. Signé Favart, 

La reddition de Mayence prouve encore manifcftement 
contre ce traître, Mayence ne s'eft rendue que parce qu'il 
en avo't donné le commandement à un homme qui cou voit 
Jes m^mcs projets que lu» ; & qui n'a pas craint de remettre 
aux ennemis les clefs, d'une ville qui n*avoit pas une^l'eul© 
bicclie, qui avoir des munitions et des provfions pous 



long>teim, & qui alloit être promptement fecouruc par 
Tarm^e de la Mofelle & du Rhin. M lyence ne s'eft rendue 
<]U*à caufe des intelligences quç Cuitines lui nnéme y avoit 
ménagées aux pradiens, comme on peut en juger parla 
déclaration duc. Vidaloc Serat. 

DéclaratUn du citoyen VidAlot-Seràt, 

QuttfU€* joatrs après le commencement du hhcus de Mayence, It 
pneral Doiri fut infité par Le général prujjien , à une. cçnfêrence atue 
m Aent de Cufiùus , conflrence qui devait avoir lieu'l en prijeate d 
^infal prujpeu. 

Cette conférence eut lieu, & fut fuivie d'une féconde : dans fui» 
belles , l'agent de Cufiines glijfa au général Doiré un btlUt fipU dé, 
U main de Cujlùus , mais écrit par une main et angère : ce bilUt tnga-' 
Kûit U général Doiré à entrer en négociation , pour la. reddition de. 
Mayence, Ce billet daît exifter d4i\s les papiers do conseil ée 
guerre ou dans ceux du général Doiré. Le citoyen Reirbel» com- 
miffaire de la convention , Its citoyens Daziacourt , Kleber , 
Ledicu-de- Ville & Beaupuy , ont a/Hûé à ces conférences , & cnc 
eu conooiflance de ce billet. 

A Couiley , le 15 juillet 1793 > ^'^ ^^ de la République firan- 
çaife. Signé Vidalot-Serat. 

Calculons tout cela : Mayence avoit é<é extrêmement 
fortifiée , extrêmement opprovifionnée aux dépens de la 
république françaife ; à voir la manière jiont Cuflînes y, 
entaffoit tous les genres de munitions , y ajoutoit toutes 
ibrtes de fortifications, on eût dit quM en vouloir faire une 
feconde Troyc , qui foutint dix ans de fiège ; mais ce qu'on 
n2 lavoir pas, c'eft qu'il rendoit tous ces préparatifs nuls 
& même dangereux , par les chefs qu'il donnoit à la gar— 
niion: Plus adroit encore que Dumourier, il n'eataflbit pas 
dans- une ville fans défenfe » comme Liège , toutes les 
fournitures de l'armée ; mais c'croit toujours dans l'intentioa 
de les livret. Une capitulation , telle que celle qui a été faite, 
diftée par des ennemis, auroit dû indigner des républicains, 
et ce font des français , c'eft un état- major qui Ta propoféc 
dans un tems oîi ils avoient des vivres , pas une brèche, 
yefpoir d'être fecourue fous huit jours. 

Articles de la capitalution propofée par le ginëral de brigade 
Doué , comnandant en chef à Mayence , Cattel , ÔC places qui 
en dépendent. 

Art. !••. L'année françaife livrera à fa majcfté !e rohde Prufle 
]a ville de Mayence & Cartel , ainfi que leurs fortifications & toutes 
les places qui en dépendent, dans leur état a^uel , avec les bouches [à 
feu , tant françaifes qu'étrangères , munitions de guerre 6c de bou- 
che, à la réfervedes objets mentionnés aux articles fuivans. 
. II. La garnifon fortira avec tous les honneurs de la guerre^ 
emportant les armes , les bagages fie autres eflfcts appartenans en 
^opre aux individus de la garntfon, & des vivres pourla route, 

{ Accordé , à condition que la garnifon pc fervrra point dorant 
un an contre les armées des puiliances coalifées , fie qu« fi elle 
amène quelques chariots couverts, Sa majefté pruflîenne fe ^ferv^ 
de les faire vifiter, en cas où elle le jugcroit à propos.) 

lil. II f»ra accordé i la garnikm ci'eiamoier avec elle les pièces 
de cnfnpagne , caiUons , ficc. ( Refufé. ) 



<4l) 

IV. Lcf offict«n-c^n^r«ttx8C]»rtleutiert , Mmmîflkifti 6» pierrts» 

c1ie& & employés des <iifftéretites adminiftraâons de Tannée & géné- 
Talement tous les individus français emmèneront leurs chevtux p 
voitures & etteu. ( Accordé. ) , 

V. La garitiron reCUra dans It, place qtiarante*hutt heures aptèk 
la fiçnature de la uréfente capitulation $ & fi ce délai n'étoit pat 
fulfilant pour les aerniires divifions , il lui fera. accordé une pro* 
Ionisation de vingt-quatre heures. ( Accordé.) 

VI. tt fera permis aux commandans 8c chefs d'envoyer uiv ou 
pluûeurs agens munis d'un fauf-conduit de fil majefté pruffienne , 
pour aller chercher les fonds néeefi aires pour Vichange de la yn- 
noie de fiége s 6c jufqa'audit échsnee ou iufqu'a répoque W^n 
arrangement pris à ce l'ujet, la garnifon française demande à laiffcir 
des 6uges qui puiflcnt compter fur la proteéiion de Ci majefté 
ptiii&enne. ( Accordé. ) 

Vil. La garnifon de Mayence 6c dépendances , lors de fou éva- 
cuation, fe mettra en route pour la France fur plufieurs colonnes, 
6c partira à termes dtiférens. A chaque colonne , il fera fourni une 
•fcorte pruifienne jufqu'à la frontière , pour fa sûreté. Le général 
Doiré aura la liberté d'envoyer à l'avance des officiers de Tétac 
major & des commiflaires des guerres , pour pourvoir à la fuh* 
Pitance 6c à rétabliûement des trounes françailes. ( Accordé. ) 

VIII. Dans le cas oA les chevaux 6c voitures appartenans a 1 ar- 
mée françâffe ne fufHroient pas au tranfport de les effets de cam- 
pement K autres défignés par les articles précédens , il leur ea 
iera fourni du pays, en payant» { Accordé.) 

IX. Le tninfport des malades , 6c fur-tout des effets , ne pou« 
vant fe faire par terre, fans compromettre leur exiftence, il leur 
fera fourni, aux frais de la nation françaife, les hateauXnéceiTaires 
pour l'efiteétucr par eau , fur Thionvilla 6c Metz , en prenant les 
précautions nécellaires pour la fubfiftance de ces honorables vie* 
limes de la guêtre. (Accordé.) 

X. Jufqu'à l'entière évacuation de l'armée françaîfe , il ne fera 
permis à aucun habitant , aâuellement hors de Mayence , d'y reiw 
UtT, (Accordé. ) 

XL Immédiatement après la fignature de la préfente ciq>îtuUtîon , 
Tarmée afTiégeante pourra faire occuper par (es troupes les poft«| 
fuivans , favoir : 

Le fort Charles , le fort Welche , le fort Elifaheth , 
le fort Philippe , la double Tucaille , le f^rt Luîfemberg , 
le fort Hauptiem , le fort Mars , l'iûe Saint-Pierre 6c les deux por* 
tes de CaQel ^ allant à Francfort 6c Wisbadin. Elle pourra de plus 
occuper , cor.ioiutement avec les troupes françaifes , la porte Meu« 
ther 6c l'extrémité du pont du Rhin , adjacente à la rive droite du 
fleuve. (Adopté.). 

XII. Dans le plus court délai polBble , le colonel Do'uay, di* 
4'eéleur de l'srfénal , le lieutenant-colonel LariboilTure » fous-direc* 
teur , 6c le lieutenant-colonel Vernine remettront eu chef de l'ar* 
tillerie 6c du génie de l'armée piuffienne , les armes, munitions^ 
plans , 6cc. , relatifs au iervice dont ils feront refpeétivement chargés, 

XIIL II fera également nommé un commiffatre des guerres pont 
Ta remife des maKafins 6c eiiets du'ils contiennent. ( Accordée j . 

XIV. Articlf additionnel. Les déferteurs des années combinées 
feront rendus avec exa£litude. 

Fait à Marienborn, le ^^ juillet i79>3* Litutenant^^néral , com» 
•Commandant l'armée combinée devant Mayence , 

Siffté , K A L IC R .S V T £. 

Le général de brigade , commandant en chef à Maytnce » Caflol 
te dépendances. 

Sifié, D Y R &, 

Dans 



( 49 ) 

Dans les autres airmées « on ne nous a pai encore trahi^ 
aiofi. Mais «{uelle confiance peut-on avoir en Kellermann ^ 
'dont nous avons eu déjà plufieurs foisoccafion déparier 
& Gui , dans ce moment , femble protéger les iédéraliftes ^ 
& lutter contre les commiffaires de lafTemblée nationale» 
Que penfer de ce Servan qui commande aux Pyrénées ,& 
qui 9 ay;ant eu tant de loifir pour organifer Ton armée » a 
laide prendre Beileearde. Il paroit que lé miniflre de la 
marine craint audl des trahifons pareilles fur mer , car il 
ne laifle pas fortir nos flottes , &. laiffe la méditerranée en 
proie à l'Efpagnol. 

Si des fontières & de la ceinture de la France , noua 
portons nos regards dans Tintérieur , nous verrons 
le général de l'armée des côcei , Wimpfen qui , fouU- 
lant Tes lauriers de Thionville ,, a menacé à$ s'avancer 
vers Paris , & qui ne s'eft arrrtté en route que parce qu'il 
n'a pas trouvé affez de compigoens d'armes qui voulut 
fent partager fes crimes ; & ceux des députés rebelles , fit 
ceux des «dminiQrateurs qui les protégeoient. Nous verrons 
Tintei minable affaire de la Vendée ne le foutenir, ne prendre 
une certaine comûftance que par les trahifons des généraux. 
Ceft ici que fc déploie le même fyflême que celui de 
D'jmouriez & de Cuflines ; c'ed ici que déjà dix fois on 
mis à exécution , & que le peuple français s'eft contenté 
de s'indigner. On a , dans différens endroits , amafTé une 
nombreuse artillerie^ des proviiions confidérables , & ces 
endroits font toujours tombés au pouvoir de Tennemi : 
c'eft ce qui eft arrivé à Chàtillon , à Parthenay , àSaumur, 
êic. , &.C. ; les généraux gagnent ainil l'argent qu'ils reçoi- 
vent des puiflfances étrangères. Certains commifTaires des 
guerres , certains a^proviuonneurs fourient .de ces échecs 
qui ne leur déplaiient point , parce qu'ils néceflitent de 
nouveaux achats, & la nation gémit. Comment, après de 
telles leçons , a t-on pu propofer'dans la convention de 
renvoyer Weftermann à l'armée de la Vendée. Veut-oi^ 
n'éteindre jamais ce charbon politique , qu'il eA cependant 
encore ù facile d'étouffer. Ne fait- on pas qu'au mois de 
fepteoibre dcrnier,Wefteimann étoit l'agent secret de Du- 
mouriez; fon émiffaire auprès du roi de Pruiïe^de Pétioa 
et de Manuel } Weftermann , Vcfivl dts tn^aTuis ! oui ^ 
comme Dumouricz le tut des Autrichiens. Weilermann qui 
la veille de fa défaite , vous avcrtiffoit qu'il Cavoit biea 
qu'une troupe formidable de brigands, alloient .fondre fur 
lui, mais qu'il la bravoit, & qui veut vous {aire accroire 
aujourd'hui qu'il a eu le malheur d'être furpris: il vous 
dit ehfuite que quelques bataiKons ont pris la fiiite ,. fie 
donné le fignal de la déroute ; mais les bataillons s'étoieot 
bien ba. tus aux ceux aâions précédentct. Il eft difficile oe 
N'. ail. li^mc 17 B 



( So ) 
croire à un changement fi fubic. Enfin Weflcrmann vient 
d'être renvoyé devant les tribufiaux militaires , & Cuftines 
devant le tribunal ré volutionnaire : efpémis que bientôt jui- 
tice en fera faite. 

Néanmoins , c'eft ne rien faire que d'abattre les traîtres 
à mefure qu'on Us connoît : d'abord on les connott tou-* 
îours trop tard , puifqu'on ne les connoit qu'après la 
trahifon : en fécond lieu , c*eft la tête de l'hydre qui , 
comme nous l'avons dit » renaît toujours. Il faut une grande 
mefure qui prévienne toutes les trakifons , ou du moins 
presque toutes; ou pour mieux dire, il ne faut plus que 
mettre à exécution une mefure qui a été déjà phfe 
par la convention. Plus de nobles ^dans nos armées , 
plus de nobles ni prêtres dans nos adminiftrations. 
Voilà le cri de tous les patriotes ; voilà le remède à 
tout. Cefi dans ces caftes, qui n'ont jamais pu être 
amies de la liberté , qui n'ont jamais pu être répu- 
blicaines ; c'eft dans ces caftes que toutes les trahifons ont 
Fris naiflance ; c'eft de-là qu'elles fortiront toujours. Que 
on ait été obligé dans les commencemens de les garder 
comme un mal néceffaire , nous voulons bien le croire ; 
mais aujourd'hui que la guerre dure depuis deux ans , au- 
jourd'hui que des fans- culot tes, monunt de grades en gra- 
cies, acquièrent de l'expérience & ont des lumières : qu'atten- 
dez'vous donc pour châtier de toutes les places ce refte 
impur d'hommes pervers , ces derniers débris du cloaque 
pefttlenciel de la royauté & du (ianatifme facerdotal. il ne 
s'agit plus aujourd'hui d'une guerre en rase campagne ; il 
ne s'agit plus d'attaquer ni de conquérir ; il s'agit de se 
défendre dans fes murs , & Ton eH en général bien fort 
& bien habile chez foi : cette guerre d'ailleurs eft principa- 
lement du reifort des ingénieurs ; les nôtres ont plus de con- 
noiftances , font les plus célèbres de 1 Europe ; en général 
ils n'onr pas dévié de la bonne route; on peut leur donner 
du commandement. 

Dans la marine , nous avons encore bien plus d*avant;iges 
& il. eft inconcevable que les miniilres en aient fait une 
fourmillière de nobles , tandis qu'il y a fi peu de diffé- 
fehce entre les connoiftances nécefTaires à la marine mar- 
chande & celle qu'exige la marine militaire ; tandis que 
des officiers marchands ont fervi iur mer dans les dernières 
guerres; c'eft apparamment pour le plaifir de nous faire 
trahir fur \éi deux: élémens. Nous ne celTeronsde le répéter, 
les nob'es & les prêtres nous ont ruiné fous le defpotisme, 
ils nous ruineront encore plus fous le règne de la liberté ; 
il n'en faut dans aucune place. 

Les voyageurs qui arrivent de Landry , prétendant 
que les Anglais défirent la paij^ 6c que Pin fe propofe de 



l SI ) 

ÙLirt puer }k Gtorgt 111 le grand rôle de médiateur en 
Europ\ Ces bruits , k'épandus avec art par les partifans de 
la politique bntanniqu€ , tendreient fans doute à nous en- 
dormir dans une fatale fée u ri té , fi tous les erprîts , ai-més 
d'une jufte défiance , ne repouflbient pas ces nouvelles iniU 
dieufement débitées. — - Il fembleroit^ d'u| autre côté» 
que les rebelles de la Vendit flattent la race Ve Gtorgts 111 
d*éicver l'un de fes rejettcns fur un trône qui feroit réta- 
bli à Paris , ôc que le prêtre Sarbotîn , le tout à- tout de 
cette révolte , veut un roi, quel qu"il foit, pourvu qu*eit 
recevant le fceptre , il réintègre Téglife eûUieant dans lufur- 
pacion de fes privilèges & libertés. — ï^armi tant de vaines 
conjeâures, quelle tête, tant foit peu réfléchiflante , ne 
voit pas les gutnées 6t le génie de Vj4ngl(terre uniquement 
employés à tout déforganifer , égarer ou corrompre , à 
élever Paris contre les départemens & les départemens 
contre Paris, — Ceft-là le feul moyen qu'on vondroft 
rendre fruéiueux , pour opé er fur la majohté-des iidminif- 
trés frjnçais le dégoût , lindlfférence ôc la divifion. — « 
Vtfprit public a pu réfifler contre l'écueil de cette tentative. 
Une circonflance hcureufe a produit naturelleincut cette 
réfiftance (alutaîre. Tous les gouvernés veulent des \oix / 
& après tant d'orages , on fent une joie douce d'arriver 
au port , de d*y être réuni à jamais fous les aufpices de la 
conllitution républicaine. 

Cette efpérànce flatteufe fe joue bien des complots, & 
l'armée du Nord^ qui va bientôt aeir^ jointe à la réunion 
des départemens , devra achever de motiver le défelpoir 
à^ factions ennemis de la république une & indivisible. 
— Nous verrons donc la liberté triomphante , le lo août, 
Oeft le moment de profiter de l'enthoufiafme qui va faifir 
la jeunefTe ; c'eft te moment d'échauffer les âmes brû- 
lantes d'un faint patriotifme , afin de porter des forces 
itnpofantes aux frontières du Nord & vers les rives delà 
Loie. Ainfi fe levèrent Içs jeunes Romains fous Manlitu 
& Camille « lorfque les Gaulois , noi braves ancêtres , ten- 
tèrent d'efcalader le capitole. 

La guerre de la Vtndée n'efl pas une chofe nouvelle; 
LatrimouiUe , Dunois , Gaflon , la pucelle à* Orléans Jeanne^ 
a* Arc y en firent une feftiblable au commencement do 
15* fiède. Charles , fils d'une marâtre nommée Ifaheaudt 
Bavière^ fe fit couronner à Poiturs ^ & c'eft autour da 
tyran que fe rangèrent le haut clergé , les parlemens & U 
noblefife. Cette confidératton , repoiant fur un exemple 
q.ie l'hifloire fournit, exemple que les Anglais & les 
lévo'tés imitent aujourd'hui « doit faire fentir aux^Fraa- 
^ais combien il e(l important d'arrêter les progrès de cette 
fcdition. Si les rebelles enlevcient Nantis^ Tours ou Pçiiitr^x 

B % 



R pourroit trr'iver qu'Us confentiflent au facre d'un deT- 
pote pour appeler autour de lui un parti nombreux^ l'exxi- 
blabie à celui de Charles, 

Le plan fuivi par le prêtre Snrbotln & adopté par 
U^Uliam Plit^ fenible avoir pour objet d'amener les coa- 
quérans jufqutt à Paris , comm? ils le furent du tems de 
' Jeanne d'Arc, K cette époque délaftreufe^ pour la liberté 
de V Europe , les gardes nationales qui coxnpo(oient les 
arjnées fiançalfes turent fupprimées , & à leur place fe 
levèrent des troupes Coudoyées. Charles VII fut le pre- 
mier defpote qui ôta au tiers* état le droit de porter des 
armes fans fon confentement , ainfi le peuple , dérobé au 
joug de la tyrannie féodale , tomba à rinOant même fous 
l'oppreffion du defpotifjne royal. Si /ancien ordre de chofes 
revenoit, ce qui ne fe peut, combien d'impôts ne fau- 
droit-il pas payer pour fournir à la folde d'une milice 
fervile , prête dès-lors , non à protéger la nation , mais 
à l'égorger & à la piller ? 

Suppofé que dans cette déplorable perplexité tous 
les préjugés rappelés au nom de la religion , arment les 
mains du fanatifme , qui peut répondre de la conferva- 
tion des archives de la phiiofophie , des livres & des 
monumens des arts ! Depuis l'incendie de la bibliothèque 
de Ptoloméi par le calife Omar^ dans les murs d'AIexuri' 
drte , l'ignorance orgueilieufe & barbare ne fub)uguc-t'cl:e 
pas toutes les contrées famcufes de l'Afie y autrefois lafyle 
CSc le fanâuaire de toutes les conno:flances humaines ? 

Examinons ce qui fe paiTe autour de nous , nous ver- 
rons que les ennemis de la liberté nous aiTurent que ce 
génie tutélaire a pour ennemis les talens & la vertu , 6c 
que Pintrigant n'a qu'un certain efprit de conduite qui lui 
fait obtenir une place , rarement avec l'avantage de: fa- 
voir ia remplir. Cette perverfité , iéduôion effrayante qui 
égare Vcfprit public , fi elle étoit l'ouvrage de nos en- 
nemis ! . . . . 

Quel foupçon ! quelle horreur ! 
Quelle lumière affreufe a palfé dans mon cœur ! 

Raffemblons des armes , des munitions de guerre Sc 
de bouche , des foui i ers ^ 6l qu'après avoir juré dans les 
étreintes de nos embraffemcns fraternels , fidélité & at- 
tachement à l'aâe confiitutionnel , l'mfiant qui fuivra foit 
celui de notre départ; que des pavillons tricolors flottent 
au haut de chaque clocher. Allons , que nos phalanges , 
coalifées autour de la ftatue de ta liberté , excitées par 
les mânes de nos frères immolés aux champs de la Bel- 
gique ou parmi es rochers de l'antique Aquitaine , 6c gui- 
dées par des chefe prudens , aillent venger les affronts 
r.çus par des honimts libres f des mains des fatsllites du 



(î3> 

defpctîfme. Partons ; que cette fupcrbc 8c deinîirc dé- 
marche étonne Tunivers , & qu'aux vociférations atroces 
de la calomnie , qui cherche à nous rendre ou odieux o.a: 
méprifables aux regards des autres peuples , fuccèdent l'ad- 
miration & la terrtfur. 

Rétabli (Tons les finances; Londns , Amflcrdam , Vtnift ^ 
ont rétabli les leurs. Adoptons leurs mefurcs de génie , 
& que leur mode libérateur nous préferve de cette ftifton 
d'aflignats qui peut paralyfer tous les véhicules de l'in-* 
duftne , laifler les denrées à des prix exceffifs dans un 
moment où l'hiver npproche. Que cette reftauration re- 
lève te courage & les efpérances; qu'il y ait déformais, 
parmi nous une harmonie univerfelle entre rémulatîon 
& le befoin d'être heureux l 

Jeunes Français l les braves Américains ont été vos . 
modèles. Bs quittèrent à l'envi les villes ou les campagnes 
qui les avcient vu naître , vivant dans les forêts & bravant 
pour la liberté les honorables dangers de la guerre. Puifle 
un JF'ashin^ton marcher à votre tête, ayant pour vous 
conduire ie caraâère modéré de Scipion & le courage en-, 
durci de Marins ! Là , oh furent la guerre civile & toutes 
les fureurs , réfident aujourd'hui , prodiguant toutes leurs 
délices , la paix , l'indépendance & la félicité publique ! 1 1 
Des hommes voluptueux , quelques-uns amis de la paix & 
de la vertu , traverfent les mers pour aller defcendre aux. 
bords de la Ddawart & fur la plage de Maffachujfa-bty ; 
ils vont y goûter la fâreté , les jouifTances d'une vie pure 
& tranquille. Vous qui fûtes toujours célèbres par des 
Itaifons aimables & par les ioins emprefTés d'une hofpi- 
talité fraternelle > que tardez* vous ? déployez un grand 
courage. Defcendans des Athéniens^ allez » comme vos 
braves ancêtres ; défiez les cohortes de la tyrannie ; re- 
prenez ce caraâère grave & fuperbe que Julien le phiio« 
fophe admiroit parmi les Namoxs , qui caltivoient de fon 
temps les rives de la Siitu. 

Si la guerre vient à durer plus d'un luftre, nous ferons 
tous obligés d'aller combattre : nous périrons en dé* 
rail ; le glaive ou les maladies nous auront moiflbnnés. 
Rien ne réfiile aux premiers élans de notre impétuofité. 
Terminons d'un feul effort cette guerre de la tyrannie 
perfide contre la liberté. Que les efclaves du de(potifme 
pâliflfent & fuient , comme autrefois , dans la plaine de 
Morat devant les phalanges htlvédennes. 

Que la TèouhWmjit françaife , afyle de la paix , des zttsi 
de l'égalité oc de l'indépendance , devienne bientôt , fous 
les aufpîces de la vertu , la terre hofpitalière de tous les 
hommes malheureux que l'intolérance ou 'la perfécution 
aura flétris. A cette époque dêfirée ceiTeronc ces rlyalités 



(<Î4) 
fcandaleufes , ces intriguas flétniTantes , ces dirputes o(m« 
niâtres, ces menées pertidcs élevées fous divers prétextes 
par des epprefleurs , ou cachés ou connus , contre les 
ttdminiftrés. ^ 

Le dei'pote autrichien s'c'ft emparé de Condé. Cette 
malheureûfe ville a capitulé à la dernière extrémité. Co- 
bourg a fait, au nom de fon maître, une proclamation 
qui refpire le defpocifme 6i la tyrannie la plus révoU 
an te. 

Le citoyen Dabols-Dubay y a répondu avec le ton 
qui fied aux repréfentans d'un peuple républicain quand 
its s'adreflent au chef des Janiflares d'ua brigand cou- 
ronné. Nous regrettons de ne pouvoir donner cette ré- 
ponfe faute de place. Hélas ! à quoi fervoit cette réponfe 
républicaine , quand peu de temps après les patriotes ont 
la douleur d'apprendre la capitulatio i de Valencienne i 
Cette trahifon inconcevable ti\ vraifemblablement Tou- 
vragt de Cuftines & de Tétat- major de cette place ; il 
importe de découvrir cette trams infernale , 6c que les 
téces' coupables tombent fous le glaive de la loi. 

Barrère ^ à la fuite de cet avis afHig'îant, a annoncé au 
nom du comité de fatut public, que i*on a dccouve;t un 
complot tendant k opérer une contre- révolution , par Paf- 
faiGnat , le potfon 6c l'incendie^ & que c'eft Pitt qui di- 
rigeoit ce plan exécrable. 

Il y a plus d'un an que le journal du révolutions 
et Pans ne ceffe de prévenir que Cobourg i/L Pitt fou« 
doient de fiiux patriotes , tels que ceux qui ne fe font mon- 
trés qu'après la )ournée du xo août, pour égarer Telpric 
public & calomnier les républicains les plus ardens , afin 
de dégoûter d'un gouvernement libre , âc rétablir la 
royauté , par tous les moyens inâmes qui leur font 
naturels; tels que la guerre civile , le pillage , la famine, 
Taflaflinat , la poifon ^ Tincendie. Mais ils n*en viendront 
pas à bout. Le français efl digne de la liberté & la 
procurera à tous lès p2upies de l'Europe. Aufli les jaco* 
bins viennent- ils de prendre , fur la motion de Roberf» 
pierre , peut-être trop tard, un arrêté pour procéder 
a un fcrutin épuratoire & ch^iTer de leur fein l«s étran- 
gers & tous les membres fufpeâs. Les autres Ibci'étés » 
arnfi que les ferions , s'cmprefferont fûrement de fuivre 
cet exemple. 

Sur Us accaparantns. Voyti Us décrus ,p. y s ^^ ^^ ^' 

C/eft avec raifon que l'accaparement a été rangé au nom- 
bre des crimes capitaulx. Voilà auilî une conféquence des 
grands principes que naiiroitpas tiré l'aiTemblée conilitua te, 
ai tous ceux qui , d'ipuis la révolution > ont moau& 



( ^s ) . 

beaucoup plus de ten4refie poar la claffé des hôttinei 
riches , que pour la muititude « que pour le peupk 
entier que ces riches appauvrirent; ils ne ceffotent de crier; 
la liberté de commerce , le droit de propriété , comme fi ia 
liberté écoit autre chofe que le droit de faire tout ce qui ne 
nuit pas à autrui; comme fi la propriété, toujours mal 
définie y même par la convention , dans {es beaux jours , 
dans ies jours de la création de la conditution , étoit autre 
chofe que le droit de jouir légitiiiiement des biens légitime- 
ment acquis. La liberté , la propriété donnent elles le droit 
de m*u{T;éfliner ? Or , quelle différence metter^vous entre 
celui qui m'arrache là vie, & celui qui m'arrache les moyens 
d'exîAence ; entre celui qui me plonge un poignard dans le 
iêin , & celui qui me fouftrait les objets de première né* 
ccffité : s'il en eft une , elle eft toute en faveur de l'aflaffin-, 
car d*un leul coup il termine mes jours», tandis que l'acca- 
pareur prolonge mes fouffrances et mes tortures, m'épuiiê 
longuement d'inanition et de befoin qui , fi la loi pouvoir 
connoître deux peines de mort , la plus cruelle devroit être 
réicrvée à l'accapareur. 

Mais quel eft l'accapareur ? en quoi confifte l'accapare- 
ment ? c*étoit'ià encore une de ces objeâions infignifiantes 
quel'on.oppofoit au cri du peuple pour l'étoutter. La loi 
répond à res queftions par les articles il , lll & IV , mais y 
répond-elle bien i c*eft ce qu'il faut examiner: elle diftin- 
giie, parle fait, deux fortes de propriétaires, celui qui 
récolte 6c celui qui achète pour vendre : cette dillinâion 
eft-elle etièrement juAe , foit .qu'on la confidère du c6té 
de la propriété , foit qu'on la confidère du côté de l'acca- 
parement. 

Le droit de propriété eft un : il n'y en a , à proprement 
parler , qu'une seule efpèce ; c'eft le droit de jouir de queU 
que bhofe: or , j'ai .un égal droit fur unechofe , foit que je 
la recuciltefurmon tcrrein,fdit que je l'ai achetée fur le ter- 
rein d un autre. La nature met lesmemss conditions à cette 
jouidance , la loi doit en mettre auffi de pareilles. 

Le vice de l'accaparement réfide dans l'abus de la proprité 
& non dans fon origine : le vice de l'accaparement confifte 
dans la non circulation ; or la non circulation eft toujours 
la même, foit que je fafle pafler des denrées de mon champ 
d;ins mon grenier , ou dans mon magafin; foit que je les 
faHe paiFer des gteniers ou des magafins d'autrui dans le 
mica, pour ne plus les en faire fortir; de façon ou d'autfc 
je viole le droit de propriété , parce que j'en abufe ; de 
f.îçon ou d'autre , je vole mes (emblabUs, parce que les 
b'ens de la terre leur appartiennent en nature à tons, & 
qu'il n'appartient au rccoltcur ou au marchand qu'une in- 
demnité pour fa peine. 



(S6) 

Si à (es notions fimples & claires , on veut ajouter celle 
du mot même ; si l'on veut examiner la fignification origt- 
tieUe de ce terme , & voir l'idée première qu'y ont atta- 
chée nos ayeux, on trouvera qu'il tire fa première origine 
du verbe italien accapîart , qui égnifie renftrmir , ramlr dauj 
*Mnfiitt\ or, ce fens s'applique également a celui qui ell pro- 
priétaire 4e la première main , & à celui qui ne Teft que 
de la féconde ; il ne s'agit là ni de récolter ,• ni d'acheter. 

Pour rendre la loi parfaite , il eût donc fallu punir la 
non circulation des denrées , quelque part qu'elles fe trou- 
vaiTent ; de cet oubli de la loi pouvoit réfulter les plus 

Érands maux, car ceux qui récoltent & qui ne font po» 
is propriétaires les moins riches , feront ce qu!ils ont déjà 
fait ; ili tiendront leurs marchandifes ferrées » & pourvu 
qu'ils ne les laifleiit pas dépérir , ils braveront la miière du 
peuple; or, combien n*y a-t-il pas de denrées qui peuvent 
le conferver un tems prodigieux, & fe fouflraire ainfi à la 
circulation; les œufs mêmes, que le comité n'a pas mis 
parmi les denrées de première néceffité , fans d«ute parce 
qu'il ne les a pas re|;ardés comme une marchandife de 
garde; les œufs mêmes , induits d'un léger vernis , peuvent 
ie conferver des années entières frais et fains. Il en eft de 
mèttit des matières premières qui fervent à la fabrication de 
la toile & des étoffes : il en eft de même des légumes. 
Quant aux grains, heureufement la loi du 4 juin a forcé 
leur circulation ; & qu'on fe prépare enfin à la faire exé- 
cuter» fans cela , nous pourrions courir tous les dangers de 
la Êimine , au milieu delà plus grande abondance qui ait 
jamais exifté. 

Nous ne voyons point ce qu^il^y avoit à craindre en 
forçant les propriétaires récolteurs de mettpe en ytnt^ 
journellement oc publiquement , comme les autres pro- 
priétaires. Ils fuffiroit de fupprimer dans le fécond article 
ces mots ^'Us ackuunt , & le but étoit rempli , & aucun 
propriétaire ne pouvoir fe refufer de mettre en vente ce 
qui eil au-delà de fes befoins, aucun ne pouvoit plus 
accaparer. 

Une autre mefure étoit encore néceflatre après avoir 
contraint tous les propriétaires à mettre en vente tout 
ce qui n'tfl pas à leur ufage; il falloir, comme nous 
l'avons déjà dit pluûeurs fois , fîx? r un maximum , à 
toutes les dentées, {ious l'avons préfagé & mal heureufe- 
ment le temps n'a que trop contirmé nos conjeâurcs , 
en ne fixant que le prix des grains , on ne devoir rien 
produire finon de les taire reflerrer davantage ; de même en 
obligeant les propriétaires à vendre leur fuperflu , on 
n'aura rien fait encore fi on n'en fixe pas le prix , car 
tous ces hommes riches qui ont le temps d'attendre , 

n'ont 



ï<7' 

ft*oiit qrfà Unfer leurs marchand'ifçs d'une manière exagérée^' 
ils teront surs de ne pas vendre ; ils accap reront Jonâ 
«score réellement , & cependant ils ne feront pas repré- 
lieniàbles par la loi , puiCquMs pourront tc^iu jours vous 
dire qu'ils mettent en vente JourneUement 6c publique- 
ment , 6l que ce n'ed pas leur, t'uute sMs ne trouvent 
pas d^acbtteurs. 

Il y a même en cela une forte de contradiâion entre 
les articles VI âc V)I du décret que nous examinons* 
Dan^ l'article VI il ell dit que li le propriétaire coniept 
à vendre par petits lots ôc à tous venans , il en aura i'ar- 
ri^re-ficulié fous Tinfpeâio i d\m commiiFaire. Dans l'ar- ' 
•ttcie VIL au contraire , il cfl dit que s'il n*y content 
pas, le commillaire fera lui même cette vente, en iaif- 
lant par-delTus le prix des factures un bénéfice au pro- 
priétaire y pourvu que ce pr.)C des iac^urs ne foit pas 
îupérieur au prix courant es murchandile». A n(î le pr> 
mier de ces deux articles laitle aj propriétaire la ïibercé 
de vendre au pn* qa' 1 vou\lra ^ o'étabir un prix cou- 
rant à leur tantaifie , (ans fc mâier à cet égard d*aucune 
de leurs opccations m:rrcanti!es. Le fécond de ces articles 
fii^po^e au contrare deux chofes q li o t trè^-vraies. La 
première c'eft quM ne faut iccorder au ^jroprietairc qu'an 
modique intérêt ou bénefic . La féconde , c'ell que les 
fadures peuvent élever les objets à un prix faux 6c exlior- 
bitant ; ces deux abus doivent'êrre répr'més , ta loi en 
convient ^ pour qu i n*en convient-elle que dans un ieul 
cas ? Il faUo:t généralifer tout cela , & tarifer le gam 
de toute efpèce de marchands 

Ce qui jfait que la chofe publique ne va qu'en boitant ^ 
c^eil que les meiures que l'on prend ne font pas touj urs 
complettes -, c'eft qu'il n'y a pas toujours d'enl^^mbie dans 
les idées &l dans le^ opération^ P ufi^urscaufes concouroicnt 
à la cherté des denrées \ ù. Ton n'attaque qu'une caufe qui 
concerne une feule denrée , comm j on a lat pour les grains^ 
ou û l'on n'attaque qu'une dtê caufes qui ont concouru à ce 
renchenffement , (i outre cela on ne ''attaque qu'en partie , 
c'ell un triomphe de plus qu'on prépare aux malveilans. Le 
devoir de U convention étoit de les aiTaillir de toute part. Il 
f^al toit prendre à la lois toutes les mefures, 6i tomber fur 
tous les abus , comme la foudre , lans leur donner le temps 
de fe prêter la main pour fe relevé^ réciproquement. La muU 
tiplicité des ai&gnats étoit une des prinv ipales caufes 6c des 
plus naturelles du rencheiiffement; d falloic en dfminuër la 
mafle. Le défa t de 1 berté dans la circni<ttioo y contnhuoit 
un peu ; ii tailoit tra,vper tout ce q .i s'y oppi>'oit. L)i'& acca- 
pareurs enterroient 1 -urs marc4aaujie& » il falioit aulh forcer 



( î8 ) 

la main aux accapareurs. Des marchands cupides profitoîent 
de ces circonftances pour furfaire &i vendre les denrées à 
un prix exhorbitanc. Il Jalloit mtttre un frein à la cupid.téf, 
en fixant les prix; & tout cela devojt être prononcé en 
même temps, pour aînfidire dans la même féance. C'étoit 
un ennemi redoutable qu'il falloit attaauer tout d*un temps 
& par tous les côtés au même fignal. Si Ton avoit •fuivi ce. 
iryflcn.e, le feul bon, le feul fauveur de la patrie, il y a 
long- temps que tout fcroit camené au taux ordinaire. Les 
agioteurs auroient été étourdis du coup. Il leur eût été 
imponible de relever à la fois tous les abus , au lieu qu'i 1 
ne leur a pas été difficile de répaier quelques bicches qu'on 
leur a faitts dans des att.;ques partielles. 



Le peuple de Paris , indigné de ne pouvoir fe procurer 
du pain qu'avec beaucoup de peine &L une grande perte de 
tems ; épuifé d'ailleurs & n'ayant plus les facultés d'at- 
teindre au prix exceûif des denrées de première néceiTité , 
s'cft porté vendredi dans plufieurs marchés , & a demandé 
le quarteron d'œufs à 2/ iois ; la livre de viande à 15 fols. 
Peut-on lui faire un crime de cette démarche illégale ? 
N'eiVil pas affreux qu'il faille payer un litron de haricots 
fecs 25 lo.s , un artichaud 12 f. 8c ainfi des autres objets de 
confommation , indilpjnTuble 6i. journalière! 

Les ailignatSyil eilvrai, &. la itchcreile , ont bien pu 
contribuer à ce renchénllemânt fubit & énorme ; mais ne 
pstt on pas reprocher auili aux hahitans des campagnes 
voifines , de proliter de la circonftance , pour quadrupler 
leur gain. S'ils avoient un peu4e patriotiCme & d'humanité , 
fe concluiroicnt-ils ainiî avec des fières qui ont fait la i évo- 
lution , ôc qui en portent tout le poids. — Les citoyens des 
communes crconvoiAnes , ne devroient-ils pas plutôt fe 
contenter d'un bénéfice honnête ? loin de cela , ils viennent 
encore lui enlever le pain qu'on diOribue à Paris à un taux 
modéré, grâce à une taxe que les parifiens feuls fupportent. 
En vérité , les gens de la campagne font bien coupables , 
d'autant plus que les bienfaits de la révolution n'ont tombé 
que presque fur eux. Les villes ont payé tous le» frais ^ les 
campagnes en ont retiré tout le fruit. 

Encore fur U château de FerfailUs. 

' Les citoyens de Verfaîlles ont paru mécontens de notre 
article fur ce qu'il faut faire du château de cette ville. Nous 
avions pourtant parlé le langage de vrais républicains qiit 
lavent concilier ce qu'ils doivent à ce caraâ^e augufte avec 



te qu'on ne peut refufer à un intérêt légitime & bîen en« 
tendu. Sans douce Verfailies a. fait aiTez de facrifices à la 
révolution pour avoir droit de fe ménager q elaues dédom-. 
fliagemens. Cette' ville compte fur la curiofite des étran- 
gers , tant que le château 6i l«s beautés de l'art qu'il ren- 
ferme fubf^fteront. Mais elle ne compte pas a^es fur cette 
même curiofité non moins vive fans doute d'en voir ks 
ruines & de contempler le contrafte d'un village heureux 
£c paifible fur l'emplacement & parmi les débris du magni- 
fique repaire de brigands couronnés qui ont fait le malheur 
& la honte de toute une nation. 

«Car notre intention nétoit pas de rafer le. château de 
Verfailies., de manière à ce qu'il n'en refte aucune trace: 
Nous voudrions au contraire que ce vafte 6c fuperbe édi- 
fice, abandonné eu jufte reffentiment des fans- culottes , fi 
long-tems écrafés par les monftres qui l'habitoient ; offrit,' 
pendant plufieurs ûècles , le fpeâacle de fes ruines au tra- 
vers defquslles on paflVrott la charrue. Il faudroit, pour 
iinfi dire , qu'on n'en abattit que quelques prerres par jour. 
Patriotes de Verfailies , n'en doutez pas ; de tous les coins 
de l'Europe on viendroit jouir de la vue de ces débris , 
comme on va encore dans les déferts brûlans de l'Arabie , 
contempler les ruines de Palmyre. Si la révolution fran- 
çaife fait le tour du globe , comme on doit le croire , tous 
les républicains du monde fe feroient un devoir de venir 
comme en pèlerinage à Verfailies pour contçmpler avec 
Tefped le berceau de la liberté , et fouler aux pieds les lam- 
bris dorés du defpotifme à terre. Ne vient-on pas déjà 
vifiter le jeu de paulme , oîi les arts ne font pour rien. 
Il en fera de même pour le château bâti par un tyran or- 
gueilleux , Sl habité par deux defpotes chargés de crimes. 
Le voyageur voudra mefurer l'étendue de ce palais im- 
monde. Tout cela , s'écriera- t-il , avec indignation , pour 
loger un individu ! 6c des familles entières avoir nt à peine 
un grenier & de la paille l On maudira d'abord la mémoire 
de tous ces princes , dont l'ame étoit encore plus dure 
que le bronze Se le marbre des Aatues dont ils s'environ- 
noient à grands frais ; on s'en retournera en chéri flant les 
citoyens de Verfailies qui ont fi pu'ffaixjment fécondé les 
parifi'ens pour affurer la liberté de Taflemblée nationale , & 
pour faire main-baffe fur une cour infolente qui avoit l'in- 
tention d'étouffer la liberté à fa^naiffance, & de faire , de 
Ces premiers apôtres , autant de martyrs. Les fouvenirs 
chers à tous les érançats , chers à tous les hommes qui fe 
fentent nés pour l'indépendance , & la vue des corniches 
brifées , des colonnt»s renverfées , des bas-reliefs mutilés; 
flionumens de la jufiice du peuple fouverain , contre là- 

C a 



{6o) 

quelle eft venu fe brifer IVnogance ce^ snontrques , Yans 
dro'.cnt bien fans douce quelques tabie«ux de prix , de,beaur 
appartement qu* (embUioient «attendre le retour du maîtct:» 
fi U peuple^ r^val du tem$ , n'y porcojt la faulx de i'eg.»lité. 
Nou» présumons trop bien du patriotilme éclairé 6^ Tou-» 
t«nu des citoyens de Verfailles, pour croire qu'ils lieront 
ini'enfibles à la gloire de couronner eux-mêmes leur ou* 
yrHge, en iai(rvint aux i<gens couronnés qui évident encore, 
tin exemple terrible de ce qui le& attend , dans le Ipeâade 
des rUines du château de Verfailles. 

Signes dt la royauté à tfcctr^ 6» tranpdtîon du caur de 
Métra aux CordcUers» 

Enfin bientôt un lépublicain pourra marcher dans les rues 
dePnr's, fans courir le ritque de le blefler les yeux à la 
▼ue de tous ces emblèmes, de tous ces attributs a\ili(ran» 
de la royauté qui étoient fculptés ou peints sur prefquo 
tous les édifices publics & les maifons particulières & 
on travaille fans relâche à faire difparoitre ces images 
repo usantes Y n;onumens gothiques de la fervîcude denoft 
pères. D. puis long-teins cette réforme étoit défirée , atten- 
due, I! falloit s'y pren^ire dès le lendemain du jour mémo- 
rable , où la république fut décrétée par acclamation* 

Sans doute qu'on n'oubliera pa« de décap.ter tout au 
moins tous ces ro s Je pierre qui furchargent le portail de 
l'églife métropolin.ine. 

Sans doute qu'en dénichera un certain monarque dont 
le nom nous éthapp* , qui (c trouve encore giffant lous un 
caraf^ique de velours noir , & d'argent , rue du fauxbourg 
Sr-JHcqufs , un peu au delà du ci-devant Val -de- Grâce. 
Croiroit-on qu'à la Fête-Dieu dernière , le Si Sacrement 
de St Jacques d M- Haut Pa«, monta les vingt marches de 
cette pdgode chrétienne , pour y repofer aux pieds d'un roi, 
dont on montre la fainte-face & la couronne pour la pièce 
de deux fols ? Speflacle qui ne vau! pas aâuellement les 
frais de la lampe q* i y hriile jour & nuit dcpu s un siècle ! 

Sans doute qu'on enjoindra aux religieufes qui '.végètent 
encore dans la rue des Anglaifts , feftion du Finiltère , 
d*cffacer de deffus leur port', une inscription en lettres d'or, 

Î)ortant qu'elles invoquent le ciel jour et nuit, P^^^ ^^ 
alut & la profpérité de l'Angleterre. 

Mais pou cela, il <eroit conve able que la convcntioi^ 
&les fociétés pop l'i* ires préchûflent d'exemple. On eft 'â hé 
devoir, en tiaverfantle palais nat onal , que les mêmes 
2u{b-es qui éclairoient les a( partemens de Lou's Capet ôc les 
boudoirs de Marie Antoinette , ferve- t aujourd'hui à diffé^ 
Tens comités qui y tiennent leurs féanceSr Nous lerépé(QAs : 



(6i) 

les repréfentans d*an peuple libre ne devroîent pas fiiger 
fou» les lambris d'un delpote : il eût été plus à propos de 
convertir le château des Tmleries en un hô^iitai pour les 
malades, ou pour les incurables , ou pour le» vieilloids. 
Le voifinage de la rivière & le vafle jardin rcndroii ^c 
féiourtrè)- propre à y recevoir les pauvres infimes. Le 
contraire eût été parfait , & rhamanité eût du mo.ns une 
fois triomphé de la tyrannie. Que ne fait- on aufli de l'école 
militaire une infirmerie pour les foldats. 

La foJété patriotique des Cordeiiers , emportée par urf 
faux zèle pour la mémoire de Marat, a cru l'honorer beau- 
coup en demandant aux autorités coniiituées la permiTioft 
de choifir au garde-meuble national, i'un des plus b.aut vaftrs 
qu'il renferme pour dépofer les rcjlts du vtus implaeaUc 
tfintmi dts rois , dans Us bijoux at achés à leur couronne. Il 
falloit plutôt dédaigner cette petite recherche : il fahoic 
dTe : l'ami du peup e , l'ennemi des rois , fe feroit trouvé 
ofFen!é de fe fervir de que 'que chofe qui eût été à l'ufage 
des tyrans. Il eût foulé au* pieds tous les vafes d'agathe & 
de porphire : ce que les monarques ont de plus précieux 
n'eft pas digne de contenir les cendres d'un républicain. Ce 
ne font pas les tombeaux de marbre qui honorent les grands 
hommes ; ce font les grands hommes qui donnent du prix 
aux matières les plus précieiiles comme aux plus viles. 

L'efpèce de reposoir dreffé au jardin du Luxembourg 
pour y offrir le cœur de Marat à la vénérât on 6c à la recQu- 
noîdance d^s p.triotes, étoit beaucoup plus fimple. vSc n'en 
fut pas moins touchant, & l'hommage qu'on y rendit au faint 
du jour, fut audi ext aord'.naire que l'objet de U fête. Nous 
en donnerons ici un extrait. 

Un orateur a lu un difcours qui i pour épigraphe : Q cor 
^efysj o cor Murât ! cotur ficrè Je Je fus, cœur f acre de Marat ^ 
vous ave[ les mêm:s droits à nos hommages. L'orateur compare 
dans foi difcours les travaux du fi sd jMa i avec ceiu de l'ami 
du peuple , les apôtres f ^nt les Jacobins & les C ordeiiers ; les 
Publicains font les boutiquiers , les» Pnar Tiens font les arifto- 
crates : Jtfus eft un prophète , 6» Mar.tt efî un dieu. L'orateur 
a fini par comparer la compagne de M.:r;it à la mère de 
Jcfu :ce.le-ci a fauve l'enfant Jefus en Egypre , l'autre a 
fouftrait Marat au g aive de La fay ette , qui éioit un nouvel 
Hérode. 

Brochet a rendu hommage aux tilens de l'auteur , mais il 
9, été furpris du parallèle : Marat n\fl pas fait poftr être 
comparé avec Jtfus ; cet homme fit naître la lùperikition , il 
dcfendoit les rois^ 6c Mirât eut le codra»;: rie les écraler. 
// ne faut jamais parier de ce Je fus , ce fort des fottifs. De» 
germes de fanatifme & toutes ce$ fadaites ont mutilé U 



( <1 ) 

liberté dès fort berceau; U ph^lorophle feule doit être fc. 
guide des rcpubUcains : ils n'ont d'autre dieu que la liberté. 

Le commandant de laf rce partilenne a oftert enfuite de 
fournir gratuitement des cyprès , des œillets Ik des rofcs' 
pour orner la tombe de Marat. 

Ceux quiii« font pas à la hauteur des cîrconftances trou* 
▼eront peut-être cela un peu exagéré. Ges gens- là ne con- 
BoifTent point le peuple; le peuple n'eft point ingrat ; s*il 
punit féverement ceux qui le trahiffent, il récompcnfc mieux 

S le les rois^ fcs amis, les défv.nfeurs, fes confcils ; & dans 
n enthoufiafme , ii aime mieux en faire trop que pas'aflez. 
Voilà le peuple qu'on a peint fi fouvent injufte & avare 
d'éloges. Le tout eft d'avoir fa confiance ; heureux celui qui 
p'en abufe pas pour le porter à des excès ! Bénie foit cette 
févolution, où Ton confpue les rois & leurs images 6c leurs 
tombeaux « oh l'on brûle de l'encens , oti Ton drefle des 
autels aux martyrs de la liberté! Plaignons Tame froide ôc 
^le qui n'applaudiroit pas aux honneurs décernés par le 
peuple à ceux qui font morts en combattant pour la fainte 
égalité. 

Dans la matinée du i'i juillet , deux commiflaires par 
feâion fe font rendus à la mairie : là , le citoyen Pache leur 
apprit qu'ils atloient fe tranfporter au palais de Vègalliè , déjà 
cerné par Isl force armée. — On partit : chaque député de 
fection fe rangea dans le jardin , autour de plufieurs arbres » 
<lont un portoit un écriteau , préfentant le nom de chaque 
fiBioa^ indicatif aux citoyens pour venir s'y jéunir. Cette 
vrfite domiciliaire avoir pour motif de reconooitre les 
aventuriers, les .traîtres qui vivent habituellement dans 
cet endroit. Trois cents perfonnes ont été arrêtées ; ceux 
cuî n'avoient pas de carte , des paffeports , qui ont 
été réclamés , ont recouvré leur liberté : quinz* environ (ont 
reflés en prifon. — On avoit dit que le commandant Htnriot 
avoit violé les aziles ; mais en plein jour , il a exécuté tes 
ordres de la municipalité ; & il a éclairé le p iblic fur le 
m^de qu'il a employé dans fon procédé dobéiffance. 
*— Aînfi donc tout a été fait en règle. 

Tandis que la malveilLincç , éclairée , pourfuivie & 
paralifée par les amis du peuple , fuyoit les regards des 
îtirvetllans patriotes , on fe demandoit pourquoi les agio- 
teurs , réunis tousles jours à midi , avant le 23 juillet^ tous 
on devant les arcades du théâtre Montensier^ n'ont pas été 
recherchés. -*- Ces hommes qui font à Paris , ce que furent 
^Rome lesuîuriers, les prêteurs à la femaine , mcrtoient 
au moins d'être oblervés ; mais on répond qti'à LimJres , 
A ifJIe'-J/tm y Gcnes ôc av.tr25 villes Je commerce , ils font 



( «3 ) 

fupportés. — Tout cela ne-fatiffait pas ; & en vérité , ces 
fpéculateurs avides devroient fufpendre Jeurs manœuvres 
dans un moment ôii ils devroient s'abûenir de fe montrer en 
fcandale au peuple \Iaborieux (k pauvre. Si les gens riches 
vouloient s'entendre , ils f croient baiffer le prix des mar- 
chandifes , & donneroient par là plus de valeur ôc plus de 
crédit aux' papiers monnous. 

Douze fpurniffeurs , employés à alimenter l'immenfc 
magafin de l'oratoire à Paris, font mis en état d'à rreib- 
tien , accufés d'avoir accaparé des marchandifes , dont les 
armées n*ont aucun befoin , ni qui n ont aubun trait à Im 
guerre. — Les fournifTeurs de la république font aufli fripons 
que dans l'ancien régime. 



' Jeudi & vendredi i & 2 ^///. La convention a décrété que 
Marie- Antoinette feroit fur-le- champ traduite au tribunal 
Tévolutionna'ie ; que toute la famille des Capet feroit ex-«> 
portée, à Tcxception des deux enfans & des parens (bus 
le glaive de la loi ; que la dépenfe des deux enrans de 
Louis Capet fera réduite au Ariél néceïïaire; que les tom- 
beaux ôt maufolées des ci- devant rois, qui font dans Téglifc 
de Saint-Denis 6c autres lieux de la république, feroieat 
détHiits le 10 août prochain. 

Il y a long- temps que le journal des Révolutions 
DE Paris a provoqué cette mefure. 

Carra a été décrété d'accufàtion & traduit au tribunal 
révolutionnaire. Slllcry ne tardera pas à le fuivre. Les deux 
commiflaires de la convention à Lyon , Rouhier & Brunet, 
de retour de cette miflîon, viennent d'être mis en ét<tt 
d'ar relation. 

Le maire de Nantes a été envoyé k l'Abbaye, pour 
avoir dit à un député qu'il en av oit menti fur des faits 
<rari{locratie dont il l'accufoit. 

Les barrières ont été fermées jeudi foir. 
On a décrété l'arreftation de tous les étrangers originaires 
des pays contre lesquels nous fommes en guerre , Ôc qui 
né font pas domiciliés en France avant le 14 juillet 1789. ' 
lia été décrété aufli: 

Art. V'. A compter du 4 de ce mois , fur les théâtres 
<jui feront déflgnés par la municipalité , on repréfentem , 
trois fois par femaine , Brutus » Caius Graccus y Guillaume- 
Tell & autres pièces de ce genre , capables d*entreteaic 
dans les cœurs l^imour de la liberté & du républicanifme. 
II. L'une de ces pièces fera repréfentée , une (bis pac 
iecnaine » aux frais de la république. 

UL Tout théâtre qui fe permettroît de faire tepréfe»*^ 



(64) 

ter des pièces tendantes à réveiller la fuperftitîon de la 
royauté , feront fermé ; & les diredeurs en feront pourfui- 
yis Ôt* punis félon toute ia rgueur des lois. 

Ce décret répondra viélorieuiemcnt à ces calomniateurs 
qui ont voulu faire palFer P^ris pour une vile qui 
regrette la monarchie. En tcie des pèces dcitgnees 
dans l'anicle premier, on elt étonné de ne pas voirNluti'JS 
Scevo 2^, ct'tre tragédie nouvelle, pleine de b^autés^ ouvrage 
d'un jeune réptoicain rempli, de talens , étoit abioiumeat 
à Tordre du jour , au moins quant au fujet. Jamais on 
n'a tonné contre les rois ivec p us de force; il 'y trouve , 
il ei\ vrai , de fortes levons à l'ula^e de> républiques nail- 
fanitrs. 

L'article trois traite d'un délit d'une gravité telle que 
la peine dc.mo.rt s'enfuit, & c pendant il n'm fait pas 
mention. Pourtant une provccat on ^u royalifme lur le 
thcâtte , a des conséquences b e.i plus gravrs que quand 
elle tort delà bouche de quviqu es motionnaires au milieu 
d'un petit group s, 

Ftrtu 6» mériu récompenfu. 

Le citoyen i-athcle , chirurgien reh.iant à Caudé ,' 
département de M .ine & Loire , 6c oihcier nunicipal de 
c^tte commune, eut le malheur de tonber entre les mains 
des révolté;», fut lié, garrotté & entraîne Tefpace d'envi- 
ron deux lieues par ueux cents d'entr'eux. Mille f is les 
horreurs de la mort s'étolent préien^ées à 'ui lorfque roi»t 
à-cojp une voix f^ng'cttante Ôc cntre-coupce , fe fait enten- 
dre , fufpc ni la fureur, 6l excite la vunofité de ces* 
brigands. Un homme à peme reconnciiTable &L les yeux 
baignés de larmes , Jear crie ; Ar^éte^ , vous ravijfer au 
pays ce qu'il a de plus cher ; Loch fe eft demandé â 4 lleu^ 
à U ronde & plus i il poffe'je no re confiance , c*eft un hon» 
nête hjmme , nntle^ le â fcs concitoyens , l'humanité [ouf" 
frlro't trop de fd mort; je m'offre en ôta-^e ppur lui ^ tfyeç 
igard à ma dtmande , je vous en conjwe. Lés chefs des 
fcrgands, après avoir dénbéré , s'adrdlent à Lachéie , le 
ifélicitent fur Téten^'iUe du bonheur qu'il a de pofleder un 
véritable ami, 6i lui dt^clarent qu'ils rendent à î'amtli 
l'un des plus beaux préfens de la nature. ( e véritable 
gmi qui a fu braver U : ort pour fauver Lachéfe , fe 
nomme Lachuiferès-Bo s Robeit. Son ..ftion, connue de La 
commune de Caudé 6c de cultes des env:roi?s , mérite de 
l'être de l'univeis entier. 

La convention nationale v'ent de décréter di s récompenfes 
aux citoyens qui le font chargés volon aîr;rment , 6:. ont 
élevé à leurs frais des , enflas aijandoanés par i^vû^ 
yatens^ 



(<5) 

Suiu de ta ftanct du menndi 24 juilku 

Le comité de légiflation propoCc d'exporter à la Guyanne Fraa« 
çïife les individus dont la déportaticTn a été décrétée par la loi 
^u.... & qaî iont aé^uelleiticnt détenus dans les diverlrs partie* 
ée la république. 

Dtauon, Nous ne devons pas nous venger du poiCon ^na noos 
arons reçu du Nouveau - Monde , eivlui envoyant un poifçn non 
mnins mortel. En envoyant yos prêtre^ dans la Guyannti vout^ 
!« répandez fur une terre françaife ; envoyez-les dans leur patrie, 
uture]^ , ^ettez-les fur les états de la domination du Saint-rère , 
far quelque P|aRC d'Italie. 

Aiêlarmé, C'en après une très-mûre délibération, que l'on vous- 
a propofé la déportation à la Guyanne. Je demande qu'elle foit 
ordonnée. \ 

Ba{ire, Déporter les prêtres dans la Guyanne J^rançaife» eft une 
nefure dangeteufe. Les habitans de cette colonies françaife font 
toujours menacés par les hordes fauvages ; les prêtres réfra^airtf ' 

Îoi.rroient s'unir à elles contre les Colons , uniquement^arce qu'ils 
)nt Français. Je m'oppofe à la déportation dans cette jp«rtie des^ 
poUelfions françaifes. 

Danton, J'adopterais volontiers le projet de décret préfenté , ù. 
on nous eût donné quelque raifon déterminante; mais je n'en ai 
va aucune qui démontrât l'utilité de choifir la Guyanne pour lieu 
de la déportation. D'ailleurs , on n'a point encore oblervé que 
nos ports font bloqués ; que des flottes ennemies couvrent la Mé- 
dùerranée & l'Océan; que nos vaifTiaux ne pourroieut fe rendre 
t la Guyanne fans danger d'être pris , au lieu qu'il ne leur fcroit 
pas difficile de ietter tes déportés fur une c6te d'Italie. 

fUbtrfpUrre, La convention nationale a rendu un décret fage , ' 
pour éloigner du fol français la pefte contagieufe des prêtres ré* * 
fra^^aires , & c'eft aujourd'hui qu'on lui propofe de les rapprodier • 
de nous. On oublie donc que s'ils retient en France , ils feront tou- 
jours nn point de ralliement pour des confpirateurs. 

Après de pUu longs débats , on décrète le renvoi au comité de 
toutes les propofitions qui ont été faites , en fe chargeant d'un - 
nouveau rapport. 

Lé préfiitnt. Je viens de recevoir une très - longue adrelTe des 

fatriotes de Lyon, dans laquelle ils félicitent la convention fur - 
achèvement de la conftitution. 
La lettre efl renvoyée au comité de falut public. 
U Fréfidcnt, Voici une lettre de vos commiifaires à l'armée da v 
Nord , k laquelle efl joint un arrêté dont ils vous demandent U 
confirmation. 

Li//«, U 2i juillu 179$. 

« Citoyens collègues « nous vous envoyons un arrêté que nous 
avons pns, et que les cfrconftances nous ont paru exiger.» 

Sifnis, DuHEM & Lesage-Ssmault. 

LitU , U 1% ËuUUt. Nous , repréfentans du peuple à l'arméje du 
Nord , conlîderant ^ue l'enfemble des opérations militaires peut 
feul (auver la répubhque • confidérant que les dénonciations faites 
par*devant nous contre le commandant Lavalette , prennent un 
caraâère de gravité; confidérant que les diviiîons qui s'élèvent , 
entre lui & le général Lamarlière nuifent au bien du fervice , 
arrêtons , 

1*. Que le citoyen Lavalette eft, dès cet înftant, fufpjendu d« 
fes fonéUons* » 

a*. Que le général Lamarlière fic.lul fe rendront auprès du ce^ 
mté de falut public de la convention. 

Nt: ail. Tom 17. Dj 



(6f) • 

J*. Que te citoyen Dufreft, a^djudant, fera mis en ^tat iUritt^ 
tation, fit interrogé pî^r le j. ge de, paix. - • 

4®. Que' le ciio^fen Dupont remplacera provisoirement l6 gé* 
tiéral Lamarlièrc , & Chevane^u , Lavalette dans ii placer 

Roberfpierrc donne des éc'airciilemens fur ce$ faits. 

La convention renvoie les pièces au comité de faiut public , qui 
«n fera un rapport demnin. 

Séance du jeudi 2^ jmlUu Un fecrétaire fait leÀure des adrefles 
d^adhésior.s. 

■ La ville de Rouen envoie le pt-ocès- verbal d'une fête qui y a 
^ lieu le lendemain de Tacceptaticn de la CQnftitution* 
. -La ville de Troycs exprime fes regrets fur la raorl de Macatf 
& en demande vengeance. " ^ . 

Des députés de la ville de Clcrroonr-furOifc font un don pa- 
tftoti<]ue confiftent en divers objets o'cqtipement , en vaiilelles^ 
ateenteries , cicches , Ô(c. la mention honorable eft décrétée. 

rrf^anr/. Bordeaux a ?ccepté la conftitution ; mais il s'en faut 
dt bceticoi p «rue V'ffrt de cette vil!e foit changé; elle n'en eft • 
pas dans des aifpofitions plus civiques, 
• Drouet obtient la panle pour Une motion d'ordre, 

Druueti Citoyens , Taciotage & Taccaparement font les maux, 
«flii affliçem le plus criicllen^ent U répi.b'iquc, quoiqu'ils ioitnt les 

Î)lus aif(?s i dét'uirc , puifqu'il ne faut pour les ar.éantir que des 
oix rigoureufes. L'aglotaze eft parvenu à établir une ditiérence 
de valeur fie un cours de change entre les aflignats dits républicains 
et ceux qui portent l'cfiigie du ci-devant roi. Je demande que la 
convention décrète que dans un tcms déterminé , les a(ï]gnats 
portant rcfl.gîe de Loi'is Caret n'auront plus cours* ( Ue vifs ap- 
plaudiÛemcns éclattei.t dans les tribunes. ) 

RâPu/t 'Vous avei déciété l'établillement d*unc commifTion d« 
cinq membres , chargés de vous faire un rapport général fur nos 
finances , 8c les moyens d'en améliorer l'état. Je demande que cette 
commiiTion foit inceflamment établie , fie que toutes les proportions 
qui ont été faites lui foient renvoyées» 

•Le renvoi eft décrété , fie la propofitîoh de Charles Lacrobi 
adoptée en ces termes: 

La convènrion nationale décrète que les machines propofées 
J)Our la vérification des aflignats, feront dépofées au fecrérariat du 
comité dçs aHignats fie monnoies ; que fes membres feront in\ités 
à s'y fendre jour les examiner , juger de leurs eitets fie de leur 
perrei>ion ; charge fon comité de lui en faire un rapport dars 
quinzaine pour tout délai. 

Bar, au nom du comité de légifla^Jun , fait adopter le projet 
de décret (uivant. 

I*. Toute autorité, tout individu qui fe permettrolt, fous quel* 

aue prétexte que ce foit , de porter obdscle à la réunion , ou 
'employer quelque moyen pour dîiToudre les fociétés populaires p 
fera^ pourfuivi comme coupable d'attentat comre la liberté , fit 
piinî comme tel. 

2*. La peine contre les fonAionnaires publics qui fe feroient ren- 
dus coup«bles de l'un ou de l'autre de ces délits , eft da dix années 
de fers. 

3^. Les cémmandans de la force^ publique qui agiroient ott don* 
xieroient des ordres pour agir, à l'ctiet d'empécber la réunion | 
ou pour difîoudre les fociétés populaires , s'ils font porteurs d'un? 
Iréquiiition écrite , feront condamnés à cinq ans de rétention ; s'ils 
©nt agi fanS réquîfition , ils fubiront dix années de fers. 

4*. Les particuliers coupables des délits ci-deftus, fie qui auroient 
enlevé ou donné Todre d'enlever les regiOres des docuftiens des 
fotilétés populaires , feront punis de cinq années de fers. 

l\ Les adminiftratcu^» de départtment 6c de dillrié » les muni» 



(«7) 

ctpaKi^s, feront tenus, fous leur refponfabilité , de veiller à ç« 
f je lt$ dclits de cette nature , qui fe font commis avant la pro» 
ouigarien de la préfente loi, foient promptement répariés. 

6*. Les procureurs- généraux-fyndics , les procureurs'fyndics 6c 
les procur<ur5 des communes , feront tenus ce dénoncer , & Tac- 
cufaieur public de pourfuivre tous les délits de cette efpèce ^và 
viendront à le^r connoiliance , à peine de deftitution, 

Le comité de diviiion fait adopter le projet de décret fuivant 

La convention nationale , après avoir Ctuendu fo.i comité de 
diviiion, décrète que l'églife des ci-devant jéfuites de la ville de 
Lille , ed accordée irrévocahlqipent aux habitar.s de cette vî'Ie CQ 
rempUcement de l'égtiftf Saint-Etienne, détruite par le borabarde- 
ment dans le fiége qu'ont fouffert les braves lillois , pendant les 
mcii de feptembre ti o£lobre derniers. 

La convention reprend la difculfion fur les marchés paflfés avec 
la compagnie Malfon ëc .d'Efpagnac. EiU décrète que le lervice 
des charrois des aimées fe fera par une régie compofée de fept 
régiiTeurs refponfabies. Elle adopte un grand nombre d'articles 
qai orçasifent cette régie. 

Barrere obtient la parole au nom du comité de faUit public. 

Éarnre, Vous coonoidéz l'état de Valenciennes \ nos ennemis 
dtrif^ent toutes leurs 'forces autour de cette place importante. Le 
comité s'eft occupé, le tj , des mefures à prendre pour s'oppofer 
à (es progrès. Tout cft fait, à Pekception de deux choies qui font 
de von'e redort. Il s'agit ^es forces qu'il faut faire marcher , â( 
du mouvement qu'il faut imprimer aux départemens environnans , 
^ dont Lille a donné la première idée. Quatre aouveJnx commiifaires 
doivent être envoyés dans les déparcemens .du Nord , de la Mofellè 
ÔL du RhiiX pour préparer'ce mouvement. Le miniiire cuniaUé fur les 
dépenfcs que ce mouvement od:a(îonaeroit ,a demanda deuxinillio. |^ 

liarrère préfente un projet de décret , dont la convention adopie 
les difpoûtions. -»- Les voici ; 

Il fera mis à la diipolition du miniftre de la guerre la fomme de 
deux millions, néceilaire pour le nouveau mouvement des troupes 
ordonné. — Quatre commillaires de la convention fe rendront lan^ 
délai , les deux premiers dans les départemens du Nord , du Pas- 
de-Calais , de laSQmme j les deux féconds dans ceux des Àrdennes, 
de la Meufe , de la lUeurthe , des Haut &. Bas-Rhin , pour fe con- 
certer avec les généraux fur le mouvement de la force armée qu'ils 
font autorifés à requérir pour la défenfe de la frontière du Nord, 

La convention rend le décret fuivant: 

La convention nationale, après avoir entendu le rapport de Ton 
comité de sûreté générale & de furveillance , Cur la conduite tenue 
depuis le 31 mai par les procureur-général-syndic du département 
de la Nièvre & fes adhérans , décrète : 

Art. 1". Ballard, procuréur-général-fyndic du département de la 
I^lèvre , eft Ôc demeure deditué ds fes fonctions. 

U. Les arrctés pris les 11 &. za iiùllet par les commilfajres de 
la convention nationale, chargé de l'exécution du décret du 6 » 
fpm confirmés dans tout leur contenu. 

m. Le miniftre de la juL^ice rendra compte , fous huitaine , des 
pourfuites qui doivent avoir été faites devant le tribunal criminel 
du didriél de Nevcrs , contre les gendarmes nationaux qui on^ 
haucemeot proietté le roytlifme U- provoqué la diuolution de> 
Sociétés popuiairet, 

IV. Le roiniÛrede la guerre rendra compt2 , dans le même délai, 
à\i départ pour fa dedination de la fo'ccc armée qui f: trouvoit 
i Nevers, mCme d'une partie de la gendarmerie , ainl'i qu'il eft porté 
par Tarcété du commiiiatre de la convfciition nationale. 

V. L'admiûiirgtioi» du dépaiteiocnt de lit N êvre fera rer^tr^f 

D a 



( 68 ) 

dans (m cantonnem^ns refpeéljfs ie rcftant. de la gendarmerie na* 
tîonalc , a moins ^ue (a préfence ne foit néceflaice à Nevers pour 
'•la tranqmUîté publique ; auquel cas l'adminiftration en conférera 
)ivec le commUiaire de la convention. 

VI. Le ctto);cn Liébaud , domicile à Paris, rue du Four Saînt- 
■Germain , n*. 178 , fera mis Tur-le-champ en état d'arrefutfon ; te 
fcellé fera appoté fur fes papiers , & il fera 'tiMUiit au comité de 
-sûreté eénérale , pour être interrogé fur les faits contre lui arti- 
culés ; & Dour plus prompte exécution du préfent article , le mi- 
nière de rinténeur (era cnargé de prendre, fans délai, les renfei- 
^emens néceffaîres pour découvrir l'habitation de Liébaud ^ flc 
pour le faire traduire. 

' Vil. La convention nationale décrète i{ue Clément» capitaine- 
commandant la gendarmerie nationale, dans le département de la 
Nièvre, fera tenu de prélenter, fans délai, à l'adminidration de 
ce département , le certificat de civifme exigé par la loi de tous 
.fonAionnaires publics i & faute par lui de s'y conformer fous 
le plus bref détai , le miniftre de la guerre eft cnargé de pourvoir 
à ion remplacement. 

Séance du jêudifoir. Des adminiftrateurs du département d*£ure 
& Loire expriment, dans une adrelTe, les regrets de leurs con- 
citoyens d'avoir envoyé à la convention des Icélérats , difent-ils , 
tels que BriiTot , Péiion & Lefage. Us annoncent Tacceptation una- 
nime de l'aé^e condîtutionnel oans leur département. 

On procède à l'appel nominal pour le renouvellement du bureau. 
Danton eft élu préddent. Bréard & Cambon étoient en concur- 
rence. 

• Les nouveaux fecrétaires font Dartigoyte , David , Tyrion , 
Andouin. 
Séance du vendpcdl 26 juillet, Bréard occupe le fauteuil. 
Un fecrétaire fait leÔure des adreffes d'aohéfion & d'acceptation 
de la conAitution. 

Des députes de cette ville annoncent que les habitans de Thion- 
ville ont donné à cet aâe une acceptation unanime. 
Des députés de diverfes communes ajoutent à la même annonce , 
' des réclamations fur la loi dn 4 mai, qui détermine un Hftf»nniu9 
au prix des fubfiftances , 6c demandent le rapport de cette loi. 

Uneadrefle du département du Tarn , apràs un expofé des befoins 
qu'éprouve ce département en grains & en fubfidances , demande 
• le rapport de cette loi. 

La convention décrète que lundi prochain fes comités d'agri- 
culture 6c de commerce lui feront un rapport fur la proportion du 
nipport de la loi du 4 mai. 

Sur la demande de Roberfpierre , l'afTemblée paiTe à l'ordre du 
jour fur la nomination d*iin nouveau miniftre de la guerre. 
- Garât , miniftre de tintérieur. Je viens me plaindre d'un placard 
intitulé : Paris , fauve par tadminiftration des fubfiftances. Je fuis 
f objet de ce placard ; c'eft un relevé de ma correfpondance avec 
cette adminiflration. On y dit que je fuis foupçonné d'avoir formé 
un jJtan de famine contre Paris : on y dit qu'on a vainement tent^ 
de réveiller le miniftre de l'intérieur , 6c que je n'ai point été exaA 
dans l'envoi des décrets. 
Garât fait le(bure des paflages où fe trouvent ces accufatîons, 
Thirion, Cette dénomination eft une fuite des manœuvres de Buaot , 

3ui vouloît faire afiaifiner le miniftre : car moi-même j'ai été preflé 
e dénoncer Garât d'avoir voulu mettre la famine dans Paris ; mais 
je n'ai point été dupe de ces perAdes infinuations , 61 je v?is à 
préfent, dans l'affiche même de l'adminiflratioa» la v<!ntaUe caufe 
de la rareté du . pain. - ^ ^ ^ 1 , 

La convention a renvoyé la dénonciation faite par le miA iftrt 
^ fon comité d'agriculture , pour ^n Uk% un rapport. 



(69) 

Bjrrtn , au nom du comité de falut public, f^r décret du 14 de 
ce mois,- vous avM chargé votre comité de vous rendre compte 
^eUfitimtioa séquelle de la Vendée. Votre comité a recueilli toute^ 
les picces ; il a pensé que des républicains tels que vous , <leviez 
tout favoir & tout entendre. Voici les pièces. Elles coniirment les 
détails que nous avons eus fur le dernier échec éprouvé a ta Vendée. 
( Cette relation eft connue ). 

C'eft un fpeJVaele bien grand , fans doute , pour l'Europe , de fe 
voir toute entière contre vous , et vous feuls contre elle , foutenîr 
encore Teiiort & les déchiremens defplufîeurs guerres civiles. On 
parle du Calvados , deMarfeille, de Lyon , de Bordeaux. Hommes de 
ces contrées , vous qui marchez fu. Paris , marchez d'abord aux 
cfpagnols , aux rebelles , & venez enfuite embraffcr vos frères de 
Paris ; ainfi le veut le falut de la république. 

Voici le projet de décret. 

La convention nationale , après avoir entendu fon comité de falut 
public, décrète ce qui fuit. 

Art. i.*L*Arrêté pris te 3 juillet par tes repréfentans du peuple, 
près l'armée des côtes de la Rochelle , réunis en coromifTion centrale ' 
à Tours , efi approuvé. 

11. 11 fera formé fur-le-champ , dans l'armée des côtes de là Ro- 
chelle , vingt-quatre compagnies de pionniers & d'ouvriers pour les 
réparations extraordinaires de la guerre ,qai va être faite contre Ie$ 
rebelics, 

m. Le mîniftre dé la guerre donnera ordre aux généraux de l'ar- 
mée des côtes' de la Rochelle de former des corps de tirailleurs et 
de chaiïeurs. 

IV. Il ne pourra avoir auprès de chaque armée de la république , 
que deux commiiiâires du confeil exéeutit ', les autres feront rappelles 
iur-Ie-champ. 

Le 'projet de décrit eft adopté à t'unanimiré. 

Barrère fait leéture d'une lettre des adminîft'ratenrs du département 
de Rhône Loire. Us annoncent avoir préfenté la confiitution à la 
ianûion de leurs concitoyens. 

Une lettre de l'armée de la Mofette , communiquée par te même 
rapporteur , con&rmative de l'avantage remporté par le général 
Alexandre Beauharnois , fur les hauteurs de Saint-Anne , contient le 
fait fuivant : « Vn colonel ennemi , après l'aifaire , dit : Si tous Ut 
fr^nçuis rcfftntbUnt à csux*U, ii ftut rtnoncer à notre projetn^ et il 
s'cft brûlé kl cervelle. ( On applaudit ), 

Barrère donne levure d'une lettre des commKTaires, Mathieu et 
Treilhard. Ils annoncent qu'il la nouvelle de la marche d'un corps 
de quinze cents Bordelais , {quelques troubles fe font manifeftës à 
Montauban ; ils ailurent qu'ils prendront toutes les mefures nécef- 
£aîrts pbur empêcher la guerre civile. 

Barrère^ Un décret a rappelle Treilhard & Mathieu. Votre co- 
mité vous propofe de les remplacer par les citoyens LacoAe ^ 
Beeudot. 

Sur la propofition de Saint-André , la convention nomme Beaudot 
feol commduire à Montauban , en te chargeant de fe réunir & 4^. 
communiquer aux commiflaires aéVuellement i Touloufc. 

Legeftdre, Depuis ptufieuts jours A^eftermann eft à Paris , accufé 
de trehifon , & d'avoir livré aux ennemis l'armée de la république. 
J'ai afiiilé à l'interrogatoire de ce général au comitiS de sûreté, ôc' 
j'avoue que je n'ar nen vu qui puille le faire préfumer coupa})le^ 
J'ajoute que, dans l'armée, Weitermann avoit la réputation d'êjtre lé 
èéaudei brigands, & que fon nomfeul portoitla terreur parmi eux," 
Xe demande quedemam on entende le rapport que le comité eft. 
chargé de faire fur fa conduite. 

La convention décrète qu'elle entendra dcmVm le rapport. 

JLAmidif MU nom dm comité d'itfJiruHion publique, La coATentipo^ 



( 70 ) 

nationale , par fon déciet du 27 avril dernier , a chargé trois membre 
éit fon comité d'inftcuftion publique de Cuivre le procédé pré enté 
par le citoyen Chappe pour correfpondre rapidement à de grandes 
dîfiances. 

Voîci le réfultat de rexpéricnce faite le z 2 de ce mois. 

Nous occupions, le citoyen Arbogaft & moi, le pofte de Saint- 
Martin-du-Thertre i notre collègue Daunou étoit p'acé à celui du 
parc Saint-Fargeau , qui en cft diftant de huit lieues oC demie. 
^ A quatre heures vingt-fix minutes , nous arborâmes le fignal d'ac- 
tivité *, le pofte de SainfFargeau obtint la parole , & nous tranfmit 
en onze minutes , avec une grande fidélité , la dépèche fuîvante : 

<« Daunou eft arrivé ici } il annonce aue la convention nationale 
vient d*autorifer Ton comité de iûreté générale à appofer les Cccr.és 
funles papiers des députés ». 

Le poUe de Saint^Fargeau reçut d« nous , en neuf minutes , la 
lettre lui van te : 

*( Les l>abitans de cette belle contrée f«nt dignes de la liberté ., 
par leur refpeft^pour la convention nationale & fes loix »♦. 

Nous continuâmes de correspondre avec fuccès , jufqu^à ce que la 
vedette d'Fcouan eût arboré le fignal d'impoi&bilité de tranfmiHîon. 

Dans les dépèches , il fe gliffa «quelquefois des fautes partielles , 
parle peu d'attention ou l'inexpérience de quelques «gens* La mé- 
thode tachygraphique de Chappe , oSre un moyen fur 6c rapide de 
les reé^ifier. 

lied Courent elTentiel de cacher aux obfervateurs intermédiaires', 
placés fur la ligne de correfpondance , le Cens* des dépèches. Le 
citoyen Chappe eft parvenu i n'initier , dansle fecretde l'opération , 
<|ue les (lationnaircs placés aux deux extrémités de la liene. 

Le tems employé pour la tranfmiiïion & la révinon de chaque 
fignal d'un porte à l'autre peut être eftimé , eb prenant le moyen 
terme , à vingt fécondes : ainCi , dans treize minutes quarante fécondes , 
la tranfminion d'une dépêche ordinaire pourroitfe faire de Valcn* 
ciennes à Paris. ( On applaudit ). 

Le prix de chaque machine, en y comprenant les appareils de nuit , 
pourroit menter à 6000 liv. ; d'où il réfulte au'avec une fom'me de 
06,000 liv. on peut réaiifer cet dtabliffement a'ici aux frontières du 
Nord; &.,cn céduifant de cette Comme le montant des téleCcopes 
te pendules à fécondes que la nation n*a pas beCoin d'acquérir , elle 
cil réduite i 58,400 liv. 

Vos coromillaîres ont penfé que vous vous emprcfferiex de nationa*' 
lifer cette intéreU'ante découverte. 

Voici le projet de décret que je propofe, au nom de vos com« 
snillaires , réunis au comité d'inftruâion publique. 

La convention nationale accorde au citoyen Chappe , le titre 

d'ingénieur thélégraphe,, aux appointemens de lieutenant du génie. 

Charge fon comité de Calut public, d'examiner quelles Cont le« 

lignes oc correfpondance qu'il importe à la république d'établir 

dans les circondances préCentes. 

La convention adopte le projet de décret & ordonne l'impreflio n 
du rapport de Lakanal. 

Delaunay ( d'Angers ). a fait rendre celui-ci. 

La convention nationale décrète que les fcellés feront appoCét 
ftir les magaCins de la compagnie des Indes à l'Orient , & dans les 
autres lieujç où ladite compagnie a des mngaCins fie des marchan- 
difes : décrète en outre que le préCent décret fera envoyé par un 
COiu-ier extraordinaire. 

CoUot 'd'Hcrbois. Citoyens, la commifllon que vous avez créée 
pl>Ui's*occuper de l'agiotage ôc des accaparemens a fixé conftam— 
ment fon attention fur cçs deux fléaux , dont les ravages Ce multi- 
plient de la manière la plus effrayante. Occupée à porter le flam» 
peau d.iuis toutes' Iti fmuorités , tous les détours , à U faveur d«&«. 



( 7t ) 

<|Qe}s!es agioteurs Ce dérobent à rœîl des loîx, & ^u Ils (c rctraxr» 
ch^nri fans ceffé occupés de la ruine de la patrie, la commi$on 
propoie àe% moyens l'ûrs pour que ces nnimaux furieux S: féroces *., 
enfermés dans ce labyrinthe affreux , fe trouvent pris dans leurs ' 
propres pièges, &. fe failent eux-nïémcs viiflimes de* crimes qu'ils 
o»t préparés ; naais une' loi fur les accapareurs e(l , de toutes » la 
plos preiiante ; la douleur du peuple le l'oLItcite ; la ditTérer un inf- 
tant, ce feroit être €.OApIice de tous les maux dont il fou(!re. 
Citoyensr, Taj^iotage & Taccaparament, ces deax monftr3S hideux 
&. inféparables , ont touiours cherché à dévorer ^es républiques - 
nailiantes. 

Coilot-d'Her1>ob préfente un projet de décret conforme aux vqes , 
énoncées au .rapport. La convention j après en avoir difcuté quelques 
articles, les adopte. La rédaélion défînitire ne fera arrêtée que 
demain. 

Delaunay ( d'Angers ). Vous venez d'atteindre , par une îoî fé- 
vère, raccaparement dtreé^ ; maïs il eft un autre manoeuvre non 
moins fundte dans fes effets , qu'il ftfitt réprimer avec la même 
rigueur, & c'eftta vériiîcation des rcgidres des compagnies finan- 
cières qui nous a mis fur la trace de cette m;inaeavre. La compagnie 
f^^% Indes retient dans fes magafins, à l'Orient, des marchanaifes 
dé toute efpëce pour des fommes énormes. 

Je demande que les fcellés foient mis, dan^ le plus court délai, 
fur les magaiins de cette compagnie. Nous connoitrons la nature de 
la valeur de ces marchandifes , & peut-être convrendra-t-il à la 
république de fe faire payer en nature par .cette compagnie de 
môaopQlears , le montant des droits d'enregiftrefoent qu'elle lui a 
dérobés, Se même la contribution à l'emprunt forcé que vous fixe- 
rez contre c'ie fur le rapport que nouSj^devons vous préfenter - 
incelïammcnt. 

jCette propcfitiop eft adoptée. 

Séance du fâmcdi 57 jtnlUt* A l'ouverture de la féance, la'con* 
vtfntiôn décrète , fur la propofition de Golfuin , au nom de la com- 
mîiiion chargée de recueillir les procès -verbaux de l'adoption de 
la .QonftitutioA , l'inceftion au bulletin de l'avis fuivant: 

Dans tous les points de la république, la conftitutloO' fut vécue ' 
avec çnthoufiafme , 6c eft acceptée |à l'unamité. Une quantité cohfi*- 
durable de lettres oiHcielles , qui parviennent iouraetleroent à -fît ' 
convention nationale lui en donnent l'aifurance. Les procès'-verbaux - 
des alfembléés primaires ne font pas exaflemeiK joints il ces dé'-^ * 
pêches; cependant le vœu du peuple fouveraio, librement ^xptimé^ 
devra" être folénneùement proplamé le 10 août à Paris. La' cotn*' * 
miftion chargée de recueillir & réunir c^s procès-vetbeaiut, invite « 
i*.^ toi^ es kions citoyens, notamment Jes {ociétés populaires » 
d'e'xciter le zèle des préfidens 6c fecrétaires des aftemblées pri- - 
maires pour adre(rer ^ fans U moindre mard, à la commifliôrt, ces 
prôcès-vcrbaux , & leur rappeller qu'un décret du 19 de ce moii » 1 
&lcur amour pour la chofe publique en font un devoir, 

a". Les adminiftrations de drftri^ , lés muoicipalités , des chef- 
lieux de cantons &. les fociétés populaires . font également invités " 
de donner auflitôt connoilVance ï la commiiTion du nombre exaéb ^ 
dei feélions & d'alfemblées primai^^es qui exifteot dans chaque cité , * 
dans chaque canton, &. du lieu ou elles fe tiennent.. • 

3*. Les citoyens nommés pour fe réunir à Paris à la fête natio- 
nale de l'unité & de l'indivifibilité de la république , donneront 
une grande preuve de civifme , s'ils s'y rendent avant le 8 août 
prochain, & fi auftitôt leur arrivée, ils fe préfentent àlacommif- - 
non porteurs d'un double du procès-verbal de leur affembLée pri- 
maire. 

Oa ceoçoit que pour acherer le receofement des Totei pour • 



!*<pt>qi!e fixée, ces tnefâres doivent être foigncui^ment obCerrte* 

ùipiés , G o s s V 1 K , préfident de la commi&on^ Pagancl, 
fecrétaîre. 

La convention adopte cette dernière propcfition* . 

Barrera, Le comité de falut public a reçu la rétraÂation du dépar-* 
tement du Catvcdos ; il a pcnré qu'il n'y ayoU lieu à délibérer fuv 
des paroles , & qu'il falloit attendre des aAion» pour prononcer. 

Bnrrcre fait lefuire de la rétractation. 

Bsrrère donne leAure d'une autre lettre de cette même affein- 
Mée. 

Nous devons, y e(Uil dît, à. la vérité déclarer ^ue. Félix Wîm- 
phen n'a eu aucune part à l'ârteftation des commiiVaire»; ^'tl avoir 
donné fa démiflion , & qu'en reprenant fes fonctions , il n'a fait 

Îjii'obéir à la volonté dvi peuple ; qu'enfin il n'a ceûé de témoigner 
ondedrpour le retour de 19 paix intérieure. 

Sarrère, Le comité de falut pubiic | je le répète , attend des ac« 
fions qui répondent aux paroles, 

Vnfecrétaire, Le prélident m'a chargé de donner coonoiiTance à 
râft emblée d'une lettre qu'il vient de recevoir de Cuftines. 

A' Paris, de la prifon iePAhhtiye^ ce 26 juillet 17^3, tûnftconii% 
la république , une & indivifible, 

M Citoyen préfident, jo ne j>ar!erar point de la furprife que m*j| 
caufé tron arredation ; mais je dois à la confiance dont la con- 
vention m'a honoré , 4 celle que m ont témoigné les foldsts que 
i'ij eu l'honneur de commander , de prouver que Je mérite is cette 
honorable confiance. To/ut citoyen inculpé a le droit de fc Juftifier , 
&. cependant, depuis lundi, je fuis arrêté, fans avoir été encore 
interrogé. 

Je demande un décret d'accufation , que la cé^nventiçn m'admette 
i répondre • afin dé confondre les calomniateurs de mauvaife foi , 
fie. de convaincre ceux <jui ne font qu'abusés n. 

On. demande le renvoi au comité de falut publie.. 

Thuriotl II ne faut point futchàrger ce comité. L'interrogatoire 
4» céné al Cuftines doit être fait par le comité de la guerte. 

Ruherfpicrre» Quand il s'agit de Cudines 8c de ceux qui font pré« 
venus, de délits ain(i ^e Ini , il n'eft pcs feulement queftion de 
mefures militaires , ma» d'objets qui intéreilent le f&Iut public. Je 
demande le renvoi de la lettre au comité de ce nom. 

/^çrès quelques débats, l'affemblée renvoie aux trois comités 
'téums de la guerre , de falut public & de fureté générale. 

Sergent fait adopter le projet de décret fuîvant : 

{«a convention nationale , fur le rapport de fon comité d'înftruc- 
tion. publique & des monumens, décrète ce qui fuit : 

Art. .1*5. Le miniilre de l'intérieur donnera les ordres nécerTaîres 
po^r qtiejle mufle de la république fett euvert le 10 août prochain, 
dans la gaictie qni joint le Louvre au Palais-National. 

Urf^•ll y fera tranfporter aufli-tôt, fous ta furveillance èt% com- 
midatre» de» monurrens , les tableaux ,^ (Intues , vafes , meubles 
précieux, «arbres, dépofés dans les maifons des Petits Aupidins, 
dags les maifons ci-devant royales , tous autres monumens publics 
& dépôts , cxc«»p.té ce que renferme aéluellement le cbâiteau de 
Vcrfaillcs, les jardips, les deux Trianons, qui eft confervé, par 
un décret fpécial , dans ce département. 

m^ll y fera également tranfporter les peintures 8c ftatues, 
h\\A^%^anii(jues qui U trouveront dans les maifons ci-devant roynies , 
chàreaun^ jardins , parcs d'émigrés & autres mor.umens nationsiix. 

IV. Il sera mis à la difpofition du miniflre de l'intérieur , par la 
uéCwerie natioiiale, provifoircmcnt , une fommc de <eat mille liv. 



fhï 



> 



Km » pbor ttM% aehêter dans les ventM pittiCdklHt t<i'fi^ * 
rax ou ftatttes qult importera à la républi^ ilo. nopat laUKëf-* 
paiTer dans las pays dangers, & i|uî (Wont ddfofés «a flittClfaf " 
îaT la demanda dt la conimiflfon des moniimans* 

V« U eft autorifd à faira -les dépenCcs ndceiTairas ûOttt )o trilif* 
p^rt des tableaux fie Ibtucs dans le mufée , d«t ddptif patticnlki* 
où ils font maintenant. •' * 

Tburiot fait déerdter ce iful fuit» 

La convention nationale « fur la propoittion d*un momlire ^^ 
décrète i ..... 

Art. 1*'. Le tribunal de caflfation lui enverra , fous huit îourt . * 
le tableau de toutes les affaires civiles 8c crîmineUes dont il eft 
f^fi. 

^ 11. Ce tribunal fera tenu , fous peine de forfaiture, de ftatuer '. 
dans la huitaine de l'envoi des pièces fur toutes les affairea crimi* 
oelles qui font portées par-devant lui. 

Dugud - Daffe , au nom du comité de f&reté générale , hit un 
rapport fur les mouvemens qui ont eu lieu dans le départemen t 
du Jura , 8c propofe le projet de décret fuivant. 

La convention nationale» après avoir entendu foa comité d« 
fftreté générale » décrète , 

Art. 1*'. Les membres du comité de falut public » nommés !• • 
1 \aitk dernier , 4 Lont-le*Saùnier | chef-lieu du département du 
Jura y feront tenus de fe féparer immédiatement après la notifica* 
tion do préfeot décret, 8c de cetTar toutes fondions , fous, peine dm 
mort. 

IL Tous les aAes faits par ce comité » depuis fon inftallation » 
feront déclarés nuls. 

UL Tous les autres aAes poftérieurs à la notification du pré* 
fent décret » feront pourfuivis criminellement , comme attentatoire» 
à la libertés publique 8c individuelle. 

IV. Tous les individus détenus 8c pourfuirif par ordre du con« 
feil-général du comité de falut public âc du direaoire du départe^ 
ment du Jura » feront » fans délai » remis en liberté ; les autorités 
conftituées demeurant chargées » fur leur refponfsbiÛté , de l'exé* 
cution do préfent décret. 

V« Il fera furfis, jufau'è nouvel ordre, è la p-^urfuîte dei pro* 
cédures qui auroient pu être commencées contre les détenus* 

VI. Les membres de la fociété populaire de Lons-le-Saunier fe^ 
font réintégrés dans le local de leurs féancea , 8c maintenus dans 
1^ droit de s'aflembler paifiblemcnt , aux termes des décrets. 

VII. U fera informé , par commitfaires pris parmi les Juges du . 
difirift de D61e , du bris des portes de la falle , l'enlèvement des 
meubles , archives 8c papiers , ae l'arreftation des membres de cett« 
fociété, 8c de tous autres détenus, 8c contre tous auteurs 8c Cofls«. 
plices d« ces excès. L'information fera envoyée au comité dt fft« 
retécénérale , qui en fera un rapport. 

VUl. Les commiffions des gendarmes nationaux» données par €• 
département depuis le 14 mars, font déclarées nulles* Ceux qui 
en font pourvus , font tenus de tes porter au comité de fÛreté gé* 
nérale. lis cefleront toutes fonétions à la publication ou affiche d« 
préfent décret , à peine d'être punis comme rebelles è la loi* Ls 
cavalerie- que le département a inftituée, ceffera fon aAîvité, fous 
es mêmes peines. 

IX. Les |uges de paix, 1^ affeifeurs, oiRciers municipaux U 
sotables qui etoient en fonélion au pretoicr juin, y feront réinté* 
grés. 

X. Baucets , préfident ; Jeamiot , membre du dtreâoîre du dé« 

Sartement; Sailiard, vice-préfident ; 8c Fatvre, procureur-fyndie 
u diftrift de Lons-le-Saunier , feront traduits à la barre* Lea.aU(* 
torités conftituées, 8c celles des départemens enrintmians q^r#* 
N^axx. Toms 17. E 



ftrf<wi t| t 4tfi9f|Mr f«e«a» p«Qr rcsécinion du pféfimt tf|ci«r; 
l«tO|lud44»r<«C'Mbetl«i à U patrie « & trûtéei co^unc teU«s. Lm 
prpc9reiiri*fyo<H«s ^ le* ftnq autfct diftr iâc du déptrtvmt m , i»- 
root mandés à la l?an« pour y rendre compte des meures qu'iU 
ent'pfifts p«ttr afoppofer aux aAes libenictdes du conCeiUgénéml 
di| d4pairteip<j»t » ou des mo^£i qui les ont déterminés à y 
adhérer. 

XI. La convention nationale charge le miniftre de la juâice de 
f^r^ ùmi^fiv l<4>réfent décret dans le plus court délai « & de l'a- 
dreffcr aux autorités conftttuées du Jura , par un Courier eatrtor- 
dipaire. i . 

Le projet de décret cft adopté. 

Jeanbon-Saint-André, Citoyens , quand le comité de falut pfibltc 
^▼evs a. rebdu -compte ée Tétatdes forces de la république dans les 
départcmens révoltés de l'Oueft» vous fûte« indignés au réc*t des 
manœuvres par lefquelles on en a rendu jurqu'ici le développe- 
ment Inutile, par lefquelles des traîtres donnoient aux ennemis le 
fignal en mettant le feu aux cailTons. Votre comité , aux mefuret • 
frères que vous avez priCes pour rendre vos moyens de défenCe 
pkb tiopolans , croit devoir en ajouter d'autres pour prévenir ces 
trahirons, dont le nom même ne dêvoit pas être connu chei les 
Français. 

La convention , après avoir entendu le rapport de fon comité 
de falut public , adopte le décret fuivant : 

Art. l*^. Tout individu qui, dans l'armée des côtes de la Ro* 
chelle , fera convaincu d'avoir mis fous les caiflbns de Tartillerie 
d^ mèches artfficielles, pour produire une explofion defttnée à 
fervir en même tems de fiênal aux enilemis , 6c à répandre la ter* 
reur dans l'armée de la république , fera foum'is à la peine portée 
par la Joi , & f^fiilé i la tète de l'armée » d'après la déclaration 
d'un )uri civil nommé à cet effet. " ^ 

II. Là même peine fera appliquée contre ceux qui fe feront 
rendus coupables de viol ou de pillage. 

III. Les condufteurs d'artillerie , de charrois ,, de vivres, d'hôpitaux 
Mftbulana Qc autres qui (eront convaincus d'avoir abandonné ces 
mêmes voitures , leurs canons 8c caiiTons, êc d'avoir coupé les. 
tHÔts de leurs chevanx pour fuit* , ou de les avoir vendus eu U* 
vrés à l'ennemi , feront punis de la même peine. 

• Le miniilre de la guerre annonce que le général de divtfion , 
Oodin , n'ayancpa» accepté le commandement de l'armée des côtes 
de la Rochelle , le confeil exécutif a nommé à ce commandeoMoc 
It citoyen Roflignol , général de divifion. (On applaudit.) 

. La convention confirme la nomination. 

' 7Amor, au mm du comité éU fdimt pmhlicé L'adminiflration des 
fabfiftances follicite de nouveaux fends pour l'appr^vifionoereent 
des armées fie des places de guerre. Le comité de lalut public voua 
propofe de mettre ao millions à la difpoittion du miniAre de k^ 
guerre, pour épprovidonner les armées de la république» 

. ia propoficiOn eft adoptée. 

'tUmêl-Jiogara. Je demande que les comptes foient rendus ; mate 
il faut aihirer le fervice , fie vous ne pouvez prendre cet ob^et im- 
portant fur* votre refponfabilité. Je penfe qull faut chareer le mi* 
ilfiOre .de la euene de rendre compte , par apperçu » de réut des 
fubiiftances de l'armée êc de l'emploi des 20 millions. 
La prepofftiDn eft décrétée. 

> TAorûii.Porcés par .des drconftances prenantes , vos commîffairet 
à l'armée de la Mofelle ont été obligés de prendre du numéraire 
éàta les 'tàMTes publiques pour acbetet des fnUîftances cbes l'étrau* 
ger ; ils demandent la confirmation de leur arrêté. 

'*Li» convention prononce la confirmation. 

'Miikiité-F»mitêK Votre coinité miUtaixe croit dctok vous pf») 



le mort contre Thomno 



■ofer an cliangeAienl ékns le codé péM anlitaitejll|itetek mIîv 
«e mort contre Thomne qui fuit dam une aâèoB( ^«fM^MOvoRW 
celi4 qui fette Tes annet (pi*à dtxauiées de ftis»;Vecrt>aiinité^«nfo 



«tte le crime de ce dernier n'eft pas moins ^rav»} îlnvoiis ftofôik 
WÊ prononcer U peine* dé laoTtpburl'ua conmépooc faotfe,/ 
La propofitton eft décriée, ' . ^ , : ' ' *** 

• Ssém-AnérL Le néeeAlé de troof dëfiendre éoit toib «ngager à 
tendre votre marine formidaUe. Notu avons dan^ l'intérieur Seai^* 
coup de TieKeiTet qui A*0Bt pae été enployées avec, aflea d'«âiHM, 
I«e comité de Taluc public croit dovoir vous propofecle ptojèb^ 
décret fuîvant: , . . i. /.....> . 

La convtfition , après avoir entendu le comité de. iakt pnblk, 
décrète, 

« Le minière de k marine e(^ avtorifé à (mt ihafquer dens' les 
forêts nation aies H bois apptftenans am émlj;tés,.'toas les kok 
propres au fervice de la marine » 6t à les eiploiter à liir & ineAtre 
«Aes'bêfoins. 

BrUrÂ, l'appuie le ped)et d>ce w iil<;»«ab je detnande qn^e» le 
renvoie à celui de'maviae , pour qu'il en préfente, fous trois )ourt» 
.110 niede d'^écutîon. 

Le décret êc la propofitton de Bréard font adoptés. 

• Saùt'Aniré» Vous avea entendu avec une vive fattsfaAiow lés 
edf «iftés qui vous ont été einrovéea par les armées de terre & de 
mer , portant leur adhëfiôn à la cohftitutîon. Une grande fête fe 
^éMre , c'eft la fête dcf la nation. U a pam à votre comité -que 
4es braves défeofeurs d«ro«ent v participer; il» ne peuvent veiÂr 
« aa milieu de Vbuss ils ^ous déiendent contre les hordes des efelt- 

vès des rois. Mpis voui pouvet les faire jouir dan» leurs camps 
&*fnr leurs "flottes des J^èmes avantages qu'auront ici lerd«»fei<s 
féunis de tous les dépariemens. Voici It projet ^le vous pfé/enl^ 
le comité :• ' 

La convention nationale y après avoir entendu le rapportée t6n 
comité d'inftîruftiôn publique ^ décrète ce qui fuit -? 

• La fête de l'unité & de findivifibilité de la répnbHqee , Indiquée 
-four le j[Oumëe du lo aoftt prochain , fera «élébrée par les âsmélk 
de terre & de mer de ia république. ^ 

< Cette fête fera auflt célébrée dans toutes lesaflAttMées'pif- 
"•iMires de U république. 

L'heure fixée pour fa célébration fera celle de deux heorei après 
*«iidi y Se fera annoncée par dti fâlve* d'artillefte. , > > 

Le décret eft adopté. ►--.:.• .)'0 

Collot-d'Herbois préfente le lédaAion de la M (br l^icé^eff. 
SDent. > I .'.•'• ' 

1^ L'aflTcmbtée l'adopte aiafi qu'il <uît : 

La convention nationale» confidérant tous le» mavt ^elfs 1h5- 
*c«pareur« f6nt à la fociété par dès fpéculations meurtrières 4or |jes 
fkvLf preflfans befoins de b vie H iiir la mifère puMique , làéijféft 
'ce qui fuit : ...... q 

• Arr. !•'. L'accaparement eft un ctime capitil. ^î 

- n. Sont déclarés coupables d'accaparement céitaf «Ml dé^ot^èi^t è 
-ta.etreulatidn des Marcf«ndifes- ou denrées de pfeiMèfè hée^Afé» 

qu'ils altèrent 8c tiennent enfermées dans un Uea quelconque vfêtis 
les mettre m vente îoumelléiiierit & publiquement. ^ 

HL Sont égelément dédaré^ acJcépereurt cea< qui font- pént'^îli 
lelfl^vif pértf volomai^meîit lelf dentées 8l martiléiidifes éft fè^ 
Aliène néCeltité.. c;.. ; 

- IV. Let MiateUaiidlféé''de freiMèfe néeeTité (bnt| te pe^i i 1k 
<«iande , le vitfi , les grains , f ariAes , légumes » fruits » le beurre, l« 
vinaigre , le cidre , Peau-de^îe , le charbon , le fulf , le béis i fbuîle, 

ia «fonde , leibvon, te fèl; lès vta;iées 9^ poittbos fees^-fuméi', 
MU èu<«fttdoé# » te ttibif te ^«re » It pépier, le cbitffff \ Ml 

E % 



(7<) 
kkct guwÉiy ftnoii mnrrées , les cints* lé fer 6c l'aefer , le cnî- 
"Vf Icer^Mpt, It totlc 6c généralement tontes les étoffes, «in fi 
oue les mttères premières ^ix\ fetrent à leur fabrication , les 
MÀcries exceptées. 

V. Pendant les huit îo«xs qui luîrront la proclamation de la pré* 
Cerne loi , ceux qui tiennent en dép6t , dans quelque lieu que c« 
fott de la -r^buiine, quelques-unes des aMTchandues ou denrées 
4iéfienées dans l'article précédent , feront tenus d'en faire la dé- 
claration à la municipalité ou feâion dans laquelle fera fitué le 
dép6t defdites denrées ou marchandifes ; U. municipalité ou fec- 
tien en fera vérifier l'exiftence , aînfi que la nature 6c la quantité 
^9$ ofijcts qui y font contenus» par un commiffaire qu'elle nom- 
mera i cet effet , la municipalité ou feâion étant autorisée a lut 
attribuer une indemnité relatiTe aux opérations dont il fera chargé , 
JaqueUe indemnité fera fixée par une délibération prife dans une 
affemblée générale de la municipalité ou feôion. 

VI. Le ▼érification étant finie, le propriétaire des denrées <w 
.marchandifes déclarera au comouflaire , iur l'interpellation qui lui 
•n fera faite 6c confignée par écrit» s*il veut mettre lefdites den* 
rées ou marchandifes en vente, à petits lots 6c à tout venant, 
trois jours au plus tard après fa déclaration ; s'il y confent , la 
▼ente fera effcâuée de cette manière fans interruption 6c fans dé* 
lai , fous rioCpeétion d'un commtffaire nommé par la munkîpalilé 
0VL feôion. 

VU. Si le propriétaire ne -veut pas ou ne peut pas effeé^uer la- 
dite^ vente , il fera tenu de remettre à la rounictpalicé ou (e£Hoft 
copie des faâures ou marchés relatifs aux marcnandifes vérifiées 
•xiftantes dans le dépôt ; la municipalité ou feftion lui en paffeni 
reeo9noiffance , 6c chargera de fuite un coauniffaite d'en^operer U 
Tente, fuivant le mode ci-deffus indiqué, en fixant les prix de 
manière ^ue le propriétaire obtienne « s'il eft poAble , -un bénéfice 
.cpmmcyeial d'après les faéhites communiquées ; cependant si le haut 
prix des feâutes rendoit ce bénénce impoflible , la vente n'en 
«urok pas moins lieu fans interruption du prix tourtmt defdites 
.SD^rchaodifes \ elle auroit lieu de la même manière , fi le proprié- 
taire ne pouvoit livrer aucune faâure. Les fommes réfultantes d«i 
«réduit de cette vente lui feront remifes ^ht au'elle feea terminée , 
les frais qu'elle aura oecafionnés étant préalablement retenua Air 
le^it produit. 

Vlll. Huit jours après la publication 8c proclamation de la pré- 
fente loi , ceux qui n'auront paa.i>it les déclarations qu'elle pref- 
sritj^-ief^^ réputés accapareurs , 6c comme tels , punis de mort ; 
leurs biens feront confifqués , 6c les denrées ou marchandifes qyi 
en feront partie, feront mifes en vente , ainfi qu'il eft indiqué dai«s 
les articles précédens. 

LXw Seront punis de mort également ceux feront convaincus 
ifaviçic fait de fàuifes déclarations ou de s'cue prêtés à des fu{i- 
pofitions dé noms, de perfonnes ou de propriétés , rcUtivemei^t 
aux entrepôts 6c marchandifes. Les fenAiennaires public; , ainfi que 
.lea commiiraires nommés pour fuivre les ventes , qui feroient con- 
vainoa d'avoir abufé de leurs fondions pour fav«tiCer les accapv- 
-cefiry i feront auifi panis de siort. 

je. Les négocians qui tiennent des marchandifes en g«os > fous 
4^rdev en balle ou en toanetu » 6c Itê marchands débiteurs en 
jédtail connus poar avoir des ms^a^ns , boutiques ou entrepôts oit- 
ftïÏÈ ioumellement aux acheteurs, feront tenus, huit jotirs eptfs 
|s publicatÎDn de la préfeme loi , de mettre à l'extérieur de cha- 
-«OW. de /es magafins , entrepôts ou boutiques-, une infcription qui 
^annonce la nature 6c la quantité de marchandifes 6c deiittea oe 
jiremière néceffité qui pourroient y être dépofées» ainfi que he. 
ji|0»,dtt prpffiéMirfi Iwf d« qvyî» il» fcropii^ufli» %QSi^^ 



(77) 
rturs. Les fabrîcans feront obligés , Cous la ihème petm , de dé- 
clarer la nature & la quantité de matièrss premières qu'ils ont dans 
leurs attelîers , & d'en judtfier l'emploi. 

XI. Les fournifl'eurs des armées , autres que les néeocians & 
marchands cités dans l'article précédent , produiront à leurs mu- 
nicipalités ou ferions -extrait des marcliés q^u'ils ont paflés avecla 
république ; ils indiqueront les achats qu'ils ont faits en confé* 
quence , ainfi que les magafîns ou entrepots qu'ils auroient établis. 

S*il étoit prouvé que lefdits entrepots ou ma^afins nz font p9S 
néceflités par la teneur des marchés , & que les dentées ou mar- 
chandifcs de première néceffité qui y font difpofées ne font pas 
dcAinées aux armées * ceux qui auroient établi ces magafit^s ou 
dépôts ferotent traités comme accapareurs. 

XII. Tout citoyen qui dénoncera des accaparemens eu des con- 
traventions quelconques ii -la préfente lot*, aura- le tiers du prodi it 
des marchandifes & denrées fujettes à Ja confîfcation ; un autie 
tiers fera diftribué aux citoycnt indigens de la municipalité d.!: s 
l'enceinte de laquelle fe trouveront les objets dénoncés; le dernier 
t;ers appartiendra à la république. 

Celui qui dénoncera des marchcindiCes ou denrées détruites vo- 
loncairement i recevra une gratification proportionnée i hi gravité 
de la dénonciation.- 

Le produit de toutes les autres marchandifes 8c denrées confif- 
quées en vertu de, la préfente loi. fera partagé par moitié entre 
le> citoyens iudieens de la mumcipslité qui aura procédé auxditcs 
conAfcations^ & la républîqne'. • < 

XiU. Les jueemens rendus par les tribunaux criminels en vertu 
de la préfente loi , ne feront pas fujcts à Tappel. Un décret par- 
ci«ilief de. la convention nationale ou du corps légiflatif annoncera 
l'époque où cette loi ccfTera d'être en vigueur. 

AlV, De% qu« la préfente loi fera parvenue aux autorités conf- 
> tituées , elles en oraonneront la leAure dans leurs féances publi- 
ques , éi la feront afficher & proclamer au fon de la calife » afin 
qu« perfonne tut puîtTe en prétexter l'ignorance. 

Hérault préfente , au nom du comité de falut public , quelques 
articles adciitionnels à Tcrganifation du miniftère de la guerre. 

- l^'affemblée- les a adoptés. 

Les adjoints fe • réuniront tous les jours avec le miniftre de la 
Cil erre, à heure fixe » pour recevoir fes ordres, & en combiner avec 
lut l'exécution. Le fecritaire général de la guerre riendra un registre 
des ordres donnés par le nnniftre , & de Texécutién def quels les ad- 
joints aUTOfkt été chargés. 

II. La fecende divifion Cerc partagée entre quatre chefs de bu- 
reaux. / 

liL Lee adjoints donneront , fous leur refponfabitité , dans la 
partie dont ils tont chargés , tous les ordres & toutes les (ignatures 
néeeilaires. 

IV. La figoature des ordonnance fur la Créforerie nationale appar- 
tient excittfîvement au miniftre. 

V. Le tiuniftre poerra fe réferver la decifion ou la révifion d'une 
«tifaire, dans ce cas , il fera feul refponfable. 

Sé^céJù dimsBtht %$ jtiHhî, N, 3% Barràre, au nom du comité 
àt falut public , a donné connoiflaace des lettres des repréfentans 
du peuple à l'armce de la Mofelle , qui envoient la capitulation 
eignéc par la f^vaifon de Mayenee le x^ de ce mois. Les princi* 
paax eaticlesfont : i*. l'armée françaiie livrera la ville de Mayenee , 
les forts de Caffel 6c autres en déptndans , avec les pièces d'artil- 
lerie , tant franfaifes ou'étrangèrci qui t'y trouveront ; a*, la gar- 

- viifon fortiva de la ville avec les hooneurs de la guerre ; 3*. les 
m^iedes feront tranfoortés fur der bateaux en France. Ils joignent 
i leur leccee une déclaration fignée Vidalot«Serat , portant que le 



l 70 J 

commandant de la place a ét^ invité à affifter à des confëfcncci pr^ 
le gêné: al pruflicn, avec un a^ent da général Cuftines ^ que dant 
l'une de ces conférences il lui a été remis un billet,. écrit d'une 
main étrangère , & figné de celle de Cu^incs ', lequel billet doit 
cxifler dansr-les papiers du conseil de guerre ou du commandant de 
.Mayence. 

L'afifcmblée a rendu le décret fuîvanf : 

La convention nationale , après avoir entendu le rapport de Ibn 
comité de falut public , décrète : 

Art. 1. Il y a lieu à accufation contre le ci-devant général 
Cudines. 

II. Le général de brigade Doiré» commandant i Ma3rence. 9c 
tous les omciers de Tétat-major de cette garnifon, feront mis en eut 
d*arre(lation , le cdnduits inceiTamment i Paris, fous bonne 9c 
sûre garde. i 

III. Les repréfentans du peuple, près la gartiifon de Mayence » 
fe rendront fur le champ dans le fein de la convention , pour être 
entendus fur la reddition de Mayence. 

IV. La garnifon de Mayence rentrera dans l'intérieur. 

y. Le préfcnt décret fera envoyé par des ceurriers extraordi- 
naires , aux repréfentans du peuple , près les [armées de la Me- 
felle & du Rhin, Le canfeil exécutif prendra toutes les mçfuresné- 
ceifaires po< r fa prompte exécution. 

i*^ convention a enfui* e entendu la le^^ure d'une dépêche du gé- 
néral Labourdonnots , p^»ar/ relation d'un avantage remporté le 23 
, fur les Efpagnols. 

Auger , (léputé de l'Oife , aasonre que toutes les communes du 
diftriH de Chaumqnt , réunie.^ 9a aiCemblées priinaires , ont unarn* 
' mement accepté la conftitutîon. ; 

Une adrcde de la fociété popularre d'Au^crre demande oue la 
bannière donnée à chaque département, lors Ae la fédération ûe eo, 
bannière chargée d'emblèmes &. infcriptions monarchiques , loit 
brùrée, 8c remplacée par une autre qui porte les fignea de l'unité & 
de l'indivifibilité de la république. ' 

BentaBo/Ie. La demande de la fociété d'Auxerre eft entiéremevt 
conforme aux principes ; je la convertis en motion , & îe propofe 
de brûler l'oriflame qui eftfufpeodu au;^ voûtes de cette falle* Cet 
oriflame eft un des reftes ^e la conftitutioq monarchique qui eil 
détruite. 

La convention décrète qae la bannière de iy$o fera brtUée dans 
chaque département , & remplacée à la fédération du- 10 août, par 
. use aihre , qui portera les emblèmes de l'unité & de l'indiyiiîbilité 
de la république» 

Un député extraordinaire d« Laval , chef-lieu, da département de 
la Mayenne , annonce que la conftitution a été acceptée. 

Mai/armé, Le département de la Meurthe » oui a adhéré à toiu les 
décrets de la convention , qui depuis a accepté la cenfHtution répu- 
blicaine , me charge de vous donner une preuve nouvelle du d- 
vifme qui anime (es ha^tans.-lls ont acquitté les confeributioDs de 
1791 & de 179a ; celles de 1793 "^ ^^^^ P^* encore fixées, lis de- 
mandent à être autorifés ^ les payer par avancé. ( On applau- 
dit), ... 
La convention décrète la mention honorable. 
RamU, Je demande que la convention exécute enfin le^décret qvi 
, m'accorde la parole pour l'entretenir de la contributûon foncière de 
1791 ; une féance peut .fufiire pour la décréter* 
La convention décrète que demain Ramel fera entendu. 
Les repréfenuna du peuple^, Rouhier & Branel, adraffent i la 
conrcntioD la lettre fuivante» datée de Lyon, le 35 juillet x 79 J« 



( 79 ) 

Lu MgSftratiurt eu ddparttmau de Rhône & Loîte, au prifiUnê 
d€ U convention nathnaU , datée de Lyon , U za juilUt l-t^^\ / aa^ 
deuxième de U république, /yi * ^ 

• ?^-^* a<(ireflon$ i la convention nationale, x^. notre rétraftatîen 
indmduelle, & la déclaration émife aujourd'hui par les autorités 
conKiiuées de la ville de Lyon : en nous conformant à la loi , nou^ 
tfevons )ouir de fa proteftion. Nous prions la convention de pro- 
noncer fur notre rétniAation, & de retirer les décrets qui nous 
coocement ; ou de nous en excepter nominatîremcnt ; nous defi- 
xcnoQS coanoitre, par le retour du courrier, la décifioa ûuc por- 
tera la convention i notre profeflioo fut toujours celle de vrais ré^ 
publjcains. . . 

5^/x Santallier, Belleville, Couturier, Delacroix, Faffon, 
Richard aîné, Mignay. * 

Suivent les fignatures des adminiftrateurs. 

La convention entend lefture de l'arrêté de rétraftation de tous 
ceux pris depuis les journées du 31 mai & a juin , & renvoie ces di- 
^«j[J«« pièces au comité de fureté générale. 

Mallarmé propofe , & la convention décrète ce qui fuit : 

1-a convention nationale , après avoir entendu le comité des finan- 
ces, décrète: 

Art. I. Les douze cents millions d'aflignats , formant l'objet d© 
la neuvième création, décrétée par Ie$ loix des 7 & 23 mai, & 6 
imn derniers , feront & demeureront définitivement compofés . 
lavoir : '^ • 

En affignats de 400 liv. ......... 600,000,000 

tn^affignats de 50 liv 200,000,000 

Enaffignatsde 10 liy 2i3,aoo,«oo 

En aflignats de 50 fols. 7Vooooû:> 

Bi affignats de U fols W. ] ^'c^^^o' 

En aflignatt de 10 fols , 36,800,00 

T O T A L. , . . . , . 1,200,000,000 

II. La loi du 6 îuîn fera au furplus exécutée fuivant fa forme & 
teneur , en ce qu'il n'y eft point dérogé par la préfente loi. 

^«rrire. Nous venons de recevoir ce matinées lettres qui ferotent 
décourageantes pour tous autres que pour des hommes libres , mats 
qui ne feront que vous engager à fuîvre le noble projet d'affermir 
la république que Vous avez établie en France. Voici l'état aaue| 
4le Mayence. 

Copie d^une lettre au reprifentans du peuple près tatmie de [a Moftlle ^ 
datte du quartier-générdl de cette armée , à Coujfey , U z^ juillet J79? , 
fiai deuxième de la république» 

Nous vous entretenions hier , citoyens nos collègues , de nos ef- 
pérances, et nous vous annonçons des fuccès prcfqvi'affurés ; nous 
étions bien loin d'imaginer que Mayence étoit alors au pouvoir de 
l'enaerni , & qu'une infime capitulation eût été iîgoéc le 23. 'La gar^^ 
nîfon avoit encore du pain ; la place n'avoit fouftert aucune brècne » 
8c Mayence eft rendue au moment où deux armées vi^orieufes aU 
loient à fon fecour^ ; encore huit jours tout au plu^ , & nous entrions 
dans^cette place. Peignei-vous , s'il eft poflible , le défefpoir de la 
brave armée de la Mofette , les regrets de fon général & notre jufte 
indignation. L'artillerie immenfe, enfermée dans cette ville, eft de- 
Topue la proie des defpotes qui fuy oient devant nous, Cuftines enfin 



trtomplif» 8c Té cônvoî , qui fe raïu't rtalgt^ Inî m rentr?rit i" 
Xlaycnce Jors de h retraite , eft tombé , avec toutes les. autres pt^wci » 
au pouvoir de l'ennemi. 

Signù, MoRtBON-MONTAUT , SOUBRAHI. 

Citoyens, tl y a environ deux mois, qu*au nom du comité de* 
falift public , ie vous (îs un rapport fur les ^qualités ^ne Cuftincs 
avoit montré îufqu'alors , & (ur le vccu una;iime de l'armée du 
tiotA, Vous le nommâtes général de cette aimée. C'cft encore moi 
<|ui viens vous entretenir de CuHines; autrefois ce fut pour le' 
louer » aujourd'hui c'eft pour demander contre lui l'aQe d'accu* 
Cation.; - » . . 

Le comité en a pcfé févércmcnt les mot fs. Vojci les princî-* 
paux faits <jui font à la charçe de Cuftines. D'hhttA fon fyftèmc a 
toujours Cti calqué fur celui de Dumouricz. Il fsisoit un mouve-. 
ment rétrograde dans le Bas-Rliin , quand Dumourter fuyoit ia. 
Be'.gîque. Dumouriez. livra Ta Flandres v Cuftines a livré Mayence ; 
Dumouriez portoit tous nos moyens dans les pays étrangers ; Cuf- 
tines entalToit dans Mayence, et notre artillerie, {$; les munitions do 
toute efpèce. Seccndemcnt , Cuftines a eu des relations avec les 

ÎaiiiVances étrangères. Levaileur & Mcynier , qui.cnt été commii- 
aires à l'armée de la Mofellc , afiurént tenir du général Hou- 
chard , que Cuftines, en ordoi^iant de faire un mouvement, Jut 
^ifott : Je vous rhtméonnc les autrichiens & les heffois , mais , tU _ 
p-açt , ipargnei les pruffltns. i 

, Le comité a penft aufll que , dès ce moment , vous d<*- 
vlez prendre cette attiiuc^e iière de juftjce natioirale, qni tîoit 
prouver au peuple fouveratn qu'il aura juftice de toui ceux qui 
compromettent laliberté. Il a penfé qne vous deviez ftatuer fur le " 
projet que vous a propofé SamtJnft , fie m'^^jchargé de vous le 
rcpréfcntcr. 

Art. 1". La convention déchrc traîtres à la patrie , B«izot , Bçiba- 
roux , ^orfas .Lanjuinais , Salle, Loirvet , Bdurgoîn , Pétion ,' Kst* 
baud -Saint- Etienne -, Chafiet , Cufiy, Fermon , Meîlîan , LefpVe 
d'Eure & Loire, Valcdi, Kervelan, qiii fe fort fouftraits aux dé- 
crets rendus centr'ettx> êc fe font mis en- état de rébellion dtns. 
les dcpartemens de TEute , du Calvatlrs & de Rli6ne & Lcçe , 
dans le deftein d'empêcher l'établiftément de la république fie ^ 
rétablir la roputé. * 

11. Il y a heu à accufatîon contre Cenfonné, Grrdct , Vergnîaud , 
Molleveau , Gardien , Faucbet , Boileati , Valaîé , Grangen«uve , 
prévenus de complicité avec ceux qui ont pris la fuite fie fe 
font mis en état de rébellion. 

Le projet eft adopté. ' 

Décret rendu dans la séance du ^i juillet , fur les ajfjgnass. 

Art. 1". A compter de cfe jour, les aflîpiats à effigie royale, 
au-defl'ous dje xoo liv. n'auront plus cours oe monnqie. 

n. ils feront reçus en payement des biens nationaux , en paye- 
ment de ce qui eft dft à la république de l'emprunt forcé , dû 
payement des contributions. " 

lu. Les aflignats à effigie royale qui fe trouveront dans les caîftVj " 
r.ationales ou qui proviendront des contributions , feront échangés '^ 
contre les affignau républicains. 

Ce 2 f août i^çp Prudhommes 



N . 2 12, 

- s* 

àS\ de la Convention Nationale. 

RÉVOLUTIONS 

DE PARIS, 

DÉDIÉES A LA NATION. 

AN SECOND DE tA RÉPUBLIQUE. 

DIX-SEPTIÈME TRIMESTRE. 
Avec gravures «t cartes des départenffM. 

. ] ' t 

L«s^ grands fi« nous parolflcnt graadi 
^ie parce que nous fommes à genoux. 
• «^ • • • • Levons- nous ..•••« 



lifiOIDHOMm 



DV 3 AOUT AU a8 OCTOBRE 1793. [ V^icux flylf . J 
AVIS. 

LJ N F. Tante exténuée par un trayntl pénible depuis 

Quatre aas , & pluficur« maladies ont été la caul'e principale 
c la lurpenf;oii.de mon journal ; je me fuis vu avec dou- 
leur à la veille d'c'tre obligé de l'abandonner, ou de le 
confier en d'autres, mains. 

Tai craint même depuis long- temps de ne pouvoir rem- 
plir les engagemeos que j'avois pris de ne le ceOTer que 
lor'.'quc mon pays feroit libre Ceîi udc grande confola^ 
l.îimn pour moi d'avoir vu s'accomplir tous-ires vœux par 
U thCne de la royauté , ik. l'ur les débris s'élever une 
conllitution vraiment républicaine qui du reia plus qu'elle. 
Ayant été le premier qui ait «lé former une focUii 
d'ôrJigtns en bonnet de laûse , ti^ii calomniée & pcdW 
N*. ai», iom 17. A 



(80 

ctttée par les fayWftes 6c les amis du tqî *âa ce tetns-là... 

Lc' premier qui ait rendu un éclaunt * téiaoi^nage à 
rhéroilnve des ians- culottes dont pn parloit à peme , ie 
premier qui ait réclamé tout haut leurs droits de citoyens , 
& 4it que i'ans eux îa révolution ne s*acheveroit pas.^ 

Je déclare que tant que hia r4nté me le permettra, je 
n'abandonnerai pas leur caufe qui eA la mieane , & que 
]t mourrai content , puifque ie vois le$ l'ans-culottes ù^ 
rapprocher chaque jéur dAjn pas vers cette égalité lainte 
que j'ai tant picché , ôi aui& puil'que j'ai vu le iang .tes 
patriotes retomber fur les fcélérats qui l'av^oicnt fait couler. 

Sans doute que bientôt je verrai encore les atiaiiliis 
(du Champ-de-M irs , tant poorfuivis dans le journal des 
Révoiutiotis de Pans , expier leurs forfaits i'ous le fer 
des îoix.. • 

' Ma râche a toujours été de défendre les opprimés ôc 
de combattre la tyrannie; en ne m'écarrant jamais des 
principes, & en y rappellanf quiconque s'en écarte. II. 
n*y avoit que ce moyen pour écrafer la royauté qui écoit 
fans principes. 

// fervlt étrans^e que le ftul journal véritabUment & conf^ 
tamment révo 'uûonnain , ft tut préclfemcra a rinftéint ou 
la Convention déclare la république frahçaifc , gouvernement 
révolutionnaire jujquà la. paix. 



. Bt :ux mouvemtns révolutionnaires depuis le 4 aoûtjufquau 
26 octobre, ( Vieux jly le, ) 

Les mouvements populaires des 14 juilletet 5 octobre 
1789 , ctoient fubli mes ians doute ôcpréCageaient de gratids 
événemens. M^ûs étoient-ils véritablement révolutionnaires? 
Non ! à proprement parler , la révolution française n'a 
commencé qu'au 10 août 1793 ; et ce n'eft que depuis 
cette époque à jamais mémorable , fuLvie de plufieurs' 
autres qui la furpaffc^nt , que le peuple français a déployé 
toute la force dont ell lurceptiblc une nation éclairée 6l 
généraife , (nTii a pris la feule attitude qui lui convenoit 
en impriinun: la terreur à les ennemis étrangers & do- 
ineftlques , 8c s'clî montré digne de fcrvir de mo- 
dèle au rclk de la ti^rre , étonnée le ion courage et de 
^i*a fierté , de fon éncrg-e et de la confiance au milieu 
lie tous les dangers i'iilaillànt à là fois : dans les anna- 
les de tous les peuples du monde connu , qu'on nous 
en cite un qui ait ofé prendre les mefurcs qui . font à 
loxdre du jour dejmis cinq mois,& dont nous devons 



un compte rapide à no«; letteu rs , fiirpris & peut-être 
Ûchc» de notre Alence. Le caraâèrc du journal des révo- 
lutions de Paris eft trop prononcé pour laiffer croire 
plus longrtemps que nous fouffrlons une lacune qui pour- 
roit faire fufpecter notre patriotisme , fi elle étoît volon- 
taire de notre part. 

Nous enlbmmes rcftésâ la fête de la réunion , à cette 
confédération déboutes les communes de la république ; 
nous ;Avons peint cette journée commémorative du lo 
août, où abjurant toute dift'ntTion np\cnie momentanée 
entre Ie5 fon^ionnaires publics et les autres citoyens , 
toat le peuple français n'ofTroit autour de l'arche faînte 
renfermant Taéle conftirutifôc vraiment républicain cette 
fois , rt'olfroit qu'une grande maffe d'hommes libres & 
prêts à. mourir, tous jufqu'au dernier, plutôt que de 
vivre en ceflant de Tctre, 

Quelques perfonnes avoierit paru craindre Tarrivéç de 
tous ces corn mi flaires chargés du vœu des aflemblées 
primaires. Des mi'.lvcillans vouloient jetter de la ç?é- 
faveur fur leurs intentions; maû^ è leur entrée à Paris', 
nous lûmes bientôt dans leurs regards faiisfaits , qu'ils 
avaient , db fond de leurs départen.ens , applaudi de tout 
leur coeur aux grandes mefures de falut public , aux actes^ 
de rigueur que la convennoa ejtcrçoit courageufement 
fur eUe>méme, femblable à l'ainé des Brutus qui con- 
damna lui-néme à mort fes propres en fans. Les étreintes 
fraternelles de la grande famille n*en furent que plus vives, 
et le a Juin 1793 fut rangé au-deffus du 10 août 1792.; 
car i'expu'fion &. le châtiment d'un trop grand "nombre 
de repréfentans tr^î^res & fédéralîAes , ëfl un plus grand 
bienfait , fans doute , que la chiite d'un trône ou rarrét 
. de raort d'un (e\x\ defpote ; ce n'était pas tout de pié-- 
' cipiter un roi du château des tuileries dans «la prifon 
du Temple , & de le conduire du Temple à l'échafaud ; 
il fallait encore ruer le royalifme , & cet efprit de fer- 
yîtude que oourrifTaient les modérés, en criant à' l'anarchie. 
Qu'on nous permette ici ( c'eft la (cule réc©mpenfc 
à laquelle nous afpirons , après plus de quatre ans de 
travaux ) qu'on nom permette de rendre ici témoignage 
au joHfnal des révolutions de Paris; bien avant & plus 
fort que tous les autres , il a demandé l'abolition de la 
royaufé ; ( voyez numéro 90, en avril 1791 ) & a prefTenti 
la néceflité d'une révolution répjbîicairc , dans un temps 
ou prefque. toute la France & même les fociéiés les pJus 
populaires fuiloicnt le ferment iç, maintenir la conlU- 
mlfin monarchique. 



( ?4 ) 
Tous tes «naux dont oîi le refTent aujourd*hui datcac 
d^ l'aflembfé • co iftiti» rte , & nous l'avons dit tout haut , 
mcme dv iè;^ne des cOnfUri.aus, Alors , nous lûmes traî« 
^ fés de fùcli.nix, ic dclorgdui'/ateurs , d*incendtaîres , pouf* 

avoir 9 les premiers , mii à l'ardre du jour les melures 
révolutionna res auxquelles il fallut bien en venin 

Ames pu fil! animes , aiots vous WnPfRez à la Icélur^ 
de nos cahiers, comm^ vous fr^milTcz aujourd'hui à la 
leâure du décret «Sauveur -de lapafrife, qui déclare la 
conventio;i & le gouverr.emcnt en pleine révolution juf- 
q.rA ]a paix. 

Citoyens foibles , qui b:iifl*ez ies yeux à' la vue de tous 

ces grands uioi:vem.nsconvul(îfs, fi vous voulez, mais régé« 

nérateurs , relevez- vous & voy^z. A chacune de ces 

' mefures / vous croyez la république dans le préci[>ice. 

Voyez Comnet depuis , elle tient tête à toute l'Europe , 

comme elle, s'organife au Tcin de la tempête « comme 

elle renaît de l'es pertes et oppofe journellement trot» 

viûoircs à un échec C^ttc cour infajne dont tout à-l'hetirc 

il ne reflw'ra p!us de trace , nous expofoit déjà Ôc roulok 

les projets de vengeance les plus fini rtres, auiTi-tô^t qu'elle 

fut vchue à bout de faire décréter la guerre offenfive, pnf 

es agens, ou trompés ou vtndus. Ah! c'cft avec juf- 

ke que la tête de ces repréfer.tans perfides ou lâches, va 

. Oinbw-r en expiation de toat 1^ fiing français que nous • 

a coûté la déclaration de guerre. A't>oa pu entendre f<tns 

frém.r , au tribunal révoUitipnnaire , l'aôe d'accufation ré* 

^ di}}éc par Amar; on recule d'horreur , Ncn fondant l'abîme 

fur le bord duquel ces mandataires pervers avoicnt amené 

la nation e .tière. £h bien 1 la rép.bliqueâc Paris font 

encore debout ; de l'une on i^ouloit faire une Vendée 

générale ; de l'autre , un deuxième Lyon , ou Toulon. 

On vouloit punir exemplairement les parifiens du crime 

î rcmiiTîblc d'avoir caufc la révolution & de tout faire 

oour la confommer. Bouille, Brunfwick , & les l^déra* 

1/fics avec leurs armées départementales , voitWerrt la 

' rbduire en. un monceau de cadavres & de cendres. Tous 

ces enn mis inteflins ont paffé ; ^'l'armée révolution-' 

naire faura bien, fans doute , en extirper jufqu'aux plus 

petits rejettons. 

Kons ne (ommcs plus au tems des prodiges ; mais nos 
^ cv^ux ne voudront jamais croire comment, avec fon 
l:/ patrionfme , la répub'ique depuis cinq mois a pu 
fider ^ux fédfraliQcs du Calvados , aux rébelles de la 
endée , au royal ifme mal déguifé de Marfeille fc de 
yon» k la per&die dt Valencienaes âl de Toul^^ > à 



{ 9\ ) 

la fanion des roflnnaifles , à celle d^ btiflbtîns & dci 
botr.mM d*ctat , à 'a «urrre fournie des prêtres infermen- 
tés Si autres , coaîlf s avec les nch^-v cafarticrs , avec 
Itt émigrés , les accapnreiirs , les é^oïiles & Ua modéré^; 
an ryflème raifonné & perfide de la guerre que luî font 
ITipagne , l'Angleterre , Vienne & Berlin , Naples & 
Rouie , & j'ifqvi'à Saint- PéterPoourgigiicrre avec la- 
qii Ile on prétend ruiner la Franco , fépuifct , la dé- 
membrer , ou l'anéartir tout - à fait, fi toutes ces com- 
biûaifoRs d'une rnaique infernale , & d'une politique 
affieufc , ne continpoient d'cire déjoiiécs par nos mc- 
furcs franches & c^ur^g^ufcs. Tout feîr.ble nous pour- 
fuivre, nous accabler à la fois; & co.is vola, faifant 
gaiement, fie en un clin-d'œil, une levée d'un dctni 
million d'hommes , comme d'autres puiffanc^ lèvent un 
bataillon de X500 efclaves. Ceft au momenr «|u*on décrédhe 
nos aflSgnats/que nous déclarons que les patr otes ne 
veulent point avcir d'autre monnoie. Les rois nous font 
laguirrc avec de l'cr; nc«îi la foutienckons avec du papier; 
l'inclémence 4es faîfans femble s'entendre avec Li malveil- 
lance des marchands ^ pour tourmenter les vraif. répu- 
blicains ,& les diftraiic du préfent par la crainte de l'avenir. 
On a vu des cultivateurs affez rapaces pour portar leurs 
grùns iufqua 80 liv. le feptler i & le. prix de prcfque 
tous le* autres objets néceflaires à l'e/iftcncc, s'eft relTcnti 
de cette hauffe fub'te & monftrucufe. Cette infâme ma- 
nœuvre n'a pas mieux réuffi que les autres. Pour un lépu- 
blicain , les privations font des jotiiiïarces , auand elles tour- 
nent au profit de la chofe commune. Il n'y a que le 
fang de nos -frères, veM par flots pour la liberté , qui 
noui coûte des larmes amères, parce que la perte de nos 
braves ccmpagnons d'armes, cft une calamité irréparaUIe ; 
mais fi nous ne pouvons reffuciternos frèrei-, nos am s, 
nous faurons les venger. 

Vous le ferez . braves repréfcntans du peuple , lâche- 
ment factifiés à Toulon , par un cnnomi que nous avions 
cru plus généreux , plus jufte. Vous le fcrei , repréfcn- 
tans dptenLS en Allemagne; & toi'auffi, intrépide Drbuet, 
fi les defpotes ©fent porter Uurs mains impurs fur vos 
pertonnes facrées. 

Pour tenir en échec tant de i>érils cumulés autour de 
nous Se fur nos têtes , il ne falloît rien moins qu'un efprit 
public monté au plus haut degré de fermentation & d'éner- 
Çic. H falloit plus encore ; il falloit le foutenir Iqng-tems 
a cette hauteur , à laquelle aucrin peuple n*a pu encore 
atteindre , ni les grecs , ni Icf rqgiaiiis ; il fallait une 





,( ^(> ) 


Ct>nvent!on \:\iir\ An . 
cwvptoit que u^ *) 


1 }^ . Je te <^ni.t çjr Rome , qui nç 

l'V'ds !!;;m.- cl- la lircf îc , :'».a!s. 
i\\.)[X •■'.;. ;ii irtrt:. il.ilqiK- ii' cor- 



tn vt.iî d^êtrc,rek>n lu hfi\o\n , géiier\Lix trarmtV vS' ^olUiits^ 
UgiiLteurs ôi juy.es-^ d'hommer, dont la tctç foiïc âC le 
c«tiu chaud , kar donnàîlent «fît'/: de caractère pour 

' taiveiilet ircl»..- avi';ée!> deix^'jt à \a fois , c'eit-à-dire , p-ès 
A^ùn million 3'boMimes, plus cour.K^eux que foldan, pi '* 
patriotes -cjuc difcrpHnés; pt>ur furvcil't^r U^s gcnéravix de 
tputes céi» .irnî4je.s , ki remplacer ^ Ifs punir, 6i quoique 
«Uns la d :t:îe de grands taîens rai'it.nres , envoyer au 
l«i-puceun Cuil-nc & ics pareils , fans (.vs: grâce à bur , 
Micvifine , en faveur de leur fcience ; d^Mcmmes li^vères 
fiiir jei^x-mêmes ,* pour avoii le droit de i'cfrc fur to-ue 
létenduc de la Funcc , i'vrant aux tribunaux les membres 
«lui fpéwUÎcnt ûu' les marchés de la l'épubltque, 6: rein- 
pfiffdnt les maifons d*arrct de tous ceux qui ftuletnent don- • 
»ent prife a'j foupçon Les deftinées de notre France font 
.fixés invariablement du jour où Ton a vu un m.»g ftrat 
du peuple d'iui côte, un repréfentant du peuple dt I^uttre^ 
attaches au poteau infamant , fans exciter rétonncmept. 
Q^*une nation cft grande 6c forte quand les aOes'*:l.2 juf- 
tîce les plus rigoureux lui paroiffenc tout natiu-els. Le député 
Perrin ,nigociartt à Troyes , membre du comité d'cc|Uip€- 
inent , iOivaincu d'avoir bénéficié fur Tétat de plus de 
4«OjO:;o liv. en deux mois , expofé pendant fix heures » 
iur U place" de luRévolution , ik conda-rné à il années 
i de fers , fait Icplus bel é^ogo de notre conflitution , de 
Hotrô convention, de nos tribunaux^ do ia'villc où fe 
ptiiTent de iciics ùcues avec toit le calme de' |a raifon. 
S'il eft encore des anics aflcz baffes pour regretter L'an- 
eicn régime , «qu'elles nous difcnt fouS lequel de nos des- 
potes, on a vu châtier aufli excmpl.nremcnt un minttlre 
traître , un général perfide, un adminiilrant préraricateur ? 
Sous ce Louis XVI , dont les émigrés font un faint ^ 

, im Chambonin , chef du bureau de la guerre, avec cin- 
quanti! mille livres dV.pcintemcns , étoit chargé de la 

^ <ouTnit4rç des fuiîls ; il s'en procuroit à 4 Kv. 10 fous la 
p.èce, '& Içs revendoît à Tctat 21 liv. Qu'en arriva-t-il ? 
il tut chaflTé de fa place , mais avec ia»ooo liy. tle retraite. 
Lesminiilrcs en étoient quittes , eux , pour la disgrâce du 
ptînçe , qui les laiffoit fe retirer aveè leurs millions , cxprî- 
wah de la plus pure fubftance du peuple, et en outre avec 
vac per^fion de 40,000 liv. ^ 

T«w eft poflible à une nation qui , ^epuis fix mois y 



donne )Ourne11cment de tels excrnit'c5. Aufîl la coriv'CMÎoni 
•forte du caractère qu'elle dcplou.' contre cilem^tue , n'a 
Gu'à pzrUx. JaraVis le dieu des prêtres, dans les tenisdé 
fanatisme, n'a-étc mieux obéi , et n'a opéré tant de mi- 
racles. La convention requiert tous les citoyens depuis iS < 
jufqu'à virgt-clnq ans. Déjà les ennemis fe p^omettoicni 
de grands troubles de cette mcfurc CAîrème. Ils comptoient 
beaucoup fur les mufcadins énervés ôc inciviques ; point 
du tout , cette jeuneffe blalée eft la première à fe mon- 
trer , à quitter fe? manières efféminées ,'lon mauvais ton. 
La voilà en parfaite Concordance avec Tcfprit public ; fit 
ces jeunes gens , qui fe font levés les derniers , ne le feront 

fus quand il ^'audra voir de près Tangloîs , Fefpagn^ on 
'autrichien. Les ogres couronnés qui s'avancent pour dépe- 
cer la république , & s'en difputer tes lambeaux fanglans , 
font tous fiers de leur cavalerie nombreufe ôt aguerrie^ La 
convention dit un mot, & voilà que chaque mùnicîpaUxé 
de l'empire s'offre d'équiper à ses frais deux cavaliers ai!b 
moins , ce qui donne plus de trois cents elcadrons de boniie 
volonté,. & qui i^p^rendront le manège en paffant fur !e 
vcrtre deTennemî rtupôfa't. 

Voilà , pou; pîuf^cr le fol fr.inçais des hordes d'c^- 
clavcs iV/dés prj- des brigands. Mais que fera-t-on contre 
les Trî^iîvcilljns 'î'oijs Icb armés , ou fôus le masque du 
p.'tr'K^'tî^'nj ,qni , d'jntclligcnce avec le dehors, dcfolent 
l'> p.îT otos, cherche-ît i les affamer ou à ler> coi rompre ? 
0;.' a::îr/ i»r. nclc ncilire r.*cll pré: en tec , v?c 1a vo:!à 
d\a . 1 p' -ine. ..6t!v:t:; mcfurv» c.vmoid'.ùaite , mai*, digne 
'd\i!i p^.ir''.' iuUicicr. U'i? armé-* rcvo^Jtionnaire va par- 
er iir.T 1.' FrAH ••» en to.is !e> fens. Ufi tiibun.il ^S; l.iguillotinr 
mi. !\jni au inilifu iVdlc. CVU fur la place pLîbîique des, 
v.lîL-b , à L îav c 'du ciel , que la jullice populaire va 
p;o;u,r.ccr ^'es ûircrs. Le chanmciit n>r iora plut» boiteux ^ 
cunune nOLS» le rcpiclViuoi^^rt les anciens. Il ' marche tout 
à lùt"^ du crime , en forte qu'un ictlérat du moins ne 
commettra qu'un feul forfait. 

Le ^lénéral dc cette armée , connu déjà par foh patrio- 
tlfin ^,vcil!cra lans Joutîfur îa purrtc des citoyens qui com- 
polcront ceiie phalange , h:tn autr'^m 'nt «ctpedable que 
ces paladns du tems pilf' qui ailoi-^nt par rnont> !k par 
vaux , redrcffant les toic> U'un chacun , ^u iioan du loi &: de 
leurs dames. Nos brav-es rt!publicains ns nuichcront qi;î 
(ous les yeux de la patrie 6i de la julVîce. Piotedeurs du 
ch.iume de rmdigent , U» riche inutile 6t délœuvré trerti- 
blera feul à leur approche. Inftitution fainte , fauve-garde 
de la Tiberté ,'puiffes-tu ne pas dégéncier de long-tcm» ! 



( 81 ) 
Fuifles^ être bénîe par-tout fur coo'pafliige ! Difends-toî 
4cs méprtfes cnielles , prefqu'inévirâbteft au milieu de idjat 
CCS naouvemens populaires. 

Vous.) citoyens, qui peut-être en ferez la,yiâtme paf- 
fagère , ne murmurez pas^ , ainfi que Vous , qui vous trou- 
vez enveloppés dans cette proi'cription générale proQoncée 
contre toutes les perfonôcis i'ufpeélcs. 

Cette autre mefure , commandée par les clrcoofiances , 
efl encore dans les règles de la )uftxe. Que n'a-t-elle été 
pnfe plutôt l La révolution , alhù fur les balés , ne fe 
verroit pas obligée de fe faifir de tous ces bras cachés qui 
font des efforts pour la renverfcr. Chez un peuple de frères, 
il iautque tous les citoyens le connolfl'ent, puiiTent compter 
les uns fur les autres. La confiance réciproque eft l'ame, ' 
le but & le charme de toute Vociécé bien organifée ; 
& comment robtcnir , û on ne purge pas la répu- 
blique des lev^iins cachés qui ferme aient lourdement dans 
fon fein , & neutralifcnt fes opérations les-plus falutairès? 

Le mal eft toujours à côté du bien ; heureux , trop heu- 
reux les hommes^ quand i! ne s'y n^êle pas. L'arredation des 
g^ns iufpeéles , et le icquedre des étrangers donnera Heu , 
citons- iiou;> , à quelques méprife». Les lumièies n'égaleront 
peut-ctre pus coujour:» le zèle. Ceft aux fan&^culottes qui 
compofent les comité» de fi^veiltance de^ feâions * à fe 
mettre en garde contre les malyeillans petfîdesqui cher- 
ckent à les égarer , à leur faire commettre des actes arbi- 
traires , ou à b*en i'crvir comme d'inftrumens pour exercer 
des vengeances peilbnnelles. Bons fans-culottes l Veillez 
à ce que le vérital le objet de l'inAitation révolutionnaire, 
dont vous.étes les membres , ne fe dénature & ne tourne 
contre vos frères les plus purs. Mais le bon citoyen con- 
fentira voloatiers ^ e qiofer fa liberté , pourvu que jufiice 
jrompte fe îfalT::. Cciï ;iux lociétés popu aires , chargées 

f>ar la convent on' d'une furvcilianctt aâive & journa- 
ièrc , à évit- 1 les méprifes, fans laiffer au coupable Tefpoir 
dAfimpimité. 

Si Ion paile en revue les travaux de la* convention, on 
ed moins éioané encore de leur rapidité, de.ieurimpor» 
t«nce , de leur fuccès & des fuites , que du zèle des ci- 
te yens aies féconder , &L de leur docilité à y foufcrire. 
Aucre:ois le diani^ement des fonâiorinaires publics ébran* 
loit le miniuère , le paraly!ort l'adminiih^ition ; aujourd'hui 
les déplaccmens ibnt fréquens , 6l Tordie n'en cft pas plus 
troublé. Tout marche comme à l'ordinaire „ feulement les 
individus nr lont pas le*: mêmes. S*il eft difficile de trouver, 
des adminiOiriteuTS iidèles, on td venu à bout du uvo.n» de 

I«ur 



ktir Aier U«9hfiA«àcr;.tb nejreflent f» a(fêE 10ttg-trfhl^ 
ffl pUce potirifatrc beaucoup^ «al.* ' ^^ - 

Lesr (liUeff royaux ^ jadn » c^Baiiâ Hs se nultiprioîenc 
trop,.ci|lbArraff9i0Bt beantcoup, et'finfoient tort au cré-^. 
dit public ^ ymc» Iqn^ir.flTaveit' pas de confiance dans , le^ 
il4 royal. jA.'prmnt , la conventioffi? itend ou réstfaînt à, 
%i|^^l9 mc^iatioa.des pafifemiiattoiiaux.^Ur| emprunt 

&cé e «iTedMiQ mdximwn far les; denrée seft "fîJcé.* 
h|ic.i|e>4^'*loi4r cft flifpeirditéy &> ife*|îent ^qil*à'' lin 'fif^ 
&K. Ln tltfl^ilMi aooa'pM^uis'/ êc^ift ifMCion des fortune^* 
çfl décrite; >d^citit Yage & flhicaire' , qui [nbus diV 
penfe itjt$i^m4iU loi agialre ^'•i&«raiix édits foiiipfilaire^, 
$: >i^riiiii( ^ 4» ittiage fiJou^iearçi 80 conjotirs en^ vtflxl ,. 
p#iYl^()|PiM5fflMUnptiS|inhaMeiouim[^Vfl^ - >^'' « ^1 J» 
• rU-4eH»0KUhie4cU.ijiperftitio« avoiem^ippéi^i^ei!:^ 
poui |M;c|paf!efi.lte.<:9ra«tii& cbîiioMndêr le ref^éft P . 
iie44'<wU£)ftMMr etpert-de:iirfowpofif«f de'tôiit l'I^i? 

^archi<^„4Ues ccffent , pour aUifirairé , d'âvotr ikn^àtpt' 8c 
de, pi^tivirc let feais tefidasves de' lfhallltti<!e. • D'ameuHr , Ié« 
uigifdl» ériiA'9)ii}fde«qd!oii Aère juT^u^à la #érpubl^ue ite 
doive^i^^imbetî f(tie:ûir. 4es>'' objet»: qui ^goundiffifi^^ 
l'ame & rapetlent fans cefle lev pr'tiic^es faBfMef^dr 
l'^g^QÉ-rCeiie tMricaùtiomik ipurger rincérieur dés r/aî* ^ 
&>iia(d^.ti9:li^jce9.ibt9 embltees.de la>'créclulité4{ de Ta^ 
ieçwMdt de. iifts fèret, ne ipwrotora petite <idV cdik^ 
qiM.^'Oflt MUic^&Cttoié le coRic hamam V^Ad/ -^ * ' ' ' 
Yli/»a eilr4f>«iêmc du takndiîcvnottreàir) ftibffihiè'^ï 
l'anciaQ;^.^'jf(Vidé)0iitaiit.^la ratfo» |K>Kf4que que fut^ 
XfiSkiçikti\r^U :U^ faut, (i ^n'oa^noin ^permette îrej^pt^ffieh ); 
£ûM flUftei>ii0MeidfeLni<te.tc;iBpt6des pr^ogés; Le»Yréjjgé$ 
Te|EMldil«9l>à^sft)afteftpânfites qui dèfolértt nos .)atdiY)s 'i 
& ^'iV*i6il^ ta^opâr fiifqfiîau. mohndrè brié, fi^bff hfe 
iPK)iitpa»bl^.dr«Mrif^r«pro4tthff0 de plié Mie. /• .'^ 
Mais la pierre angulaire de Tégatité , c'eft la ffxâtlé^ii' 
des 'foftpius»>frA;rtUUi0Hm'>pofée*'«i dn>îf d'â^qù^t ; 
VaaçOffommtiim piPpriétéîeft Wèn yla* fuhefte v^bbf $ 

SIC cf^vifdes r^eurîea, 'L'mftâptibn 'dondutes \éi' rîfhtes*^ 
f, h «^,âfML Kititî «ttfaqaH, oeft) ah' pairid^ fait .Vert è^ 

grand jour qaaadilidf r2ch4t*oUitura'«at enlafletet'Aift 



Vsuiça^famm^m piPpriétéîeft Wèn yla* fuheftev^bbfèf 

SIC cf^vifdes rdeurîea, 'L'mftâptibn 'dondutes \éi' rîfhtes*^ 
f, Ic^ «^,âfML Kititî aatfaqaH, oeft) ah' pairid^ fait .Vert è^ 

Îrand jour qaaadilidf r2ch4t*oUitura'«at enlafletet'Aift 
» 6U»*T(*l^^lPl*ifcf*-P«^us.BoprTfa .lé^ **rtànt 

IPW^^ fl^^^to ^iiAé€fik«i«<daramMt le %l«ï f6&(i'^ 



€im] 



\ 



kMaxbÊm^t TOuJrotem <im pafler éim PMeiltf ptrtli 
inquiet, la crainte de van^pg.im tout; A'^m-tmCpîT 
s'entendre; ^ pedbniie ' ne mancpieroît de hea; Ele tA^dénc 
prudente & nfcefliûre eette -antre pfécevtioii de^ ne dif* 
tribu^r à chatfxt ôtô^en^ qneiUoii fa. b t ft ii< i > - . . 
Maïs parmi les profets de dicreta qui ^'eéit paa re^ 
la fanâlon'de la loi^ regretta» bien fi n cé r e mcht oetae 
flootîan vraiment pilttanttopimie ^ mmÛ9tkéêo^\n.i€ 
traîtiement de tôutfenftioMatre pubBe qncloOTMpt* Tms 
tes bons citoyens fsttt dé» vcanx pour tlbiiaiP€mm taeùthê 
Traiment digpe de la lérolntton. Ctk à estas piers»dé 
fpuche cpi'on recomoiltoit les' viritables sépi^brioains* 
* l»u fennies n*avQtenr4té que fpeâitskca, ponr abifi 
dire , 9l téoioins de la rérolmon jtrfipAM loeoAt^ dieft 
ne s*teîent «wntriestialMe -fais mapmraiit On a fclifî 
oull étoit tei|M êi mile de hs «ettte m eaufe. £ltas km» 



Voient des étrangères toToncittitea» On iMttige point dTelles 
sp'elles occupent k» ttibonenat ri^oUfent les hnnfcmt i li^» 



Hidrapnaot fang^ansdelaUberté; nuis do «oins ipi'oiles 
portent fnr fenr frontoiif fiit leor Un kaicottlenfs i Nnin 
nalea. Adnrifes dant éos ftm poblii|«s > ^*tU«s de fè e n 
nnit le prix du patriotifine ; ces foins sfaccmiiiyf avec 
Isufs occupations dônieâi^es; ^ : 

If 6ns atieodons tonjonrs pour piaferl» ligne ^éénanf^ 
cation ^at les deux fexes-oof sons è tdnr dé pa fl l is { non» 
ntteadofPi avec uneianpatîenee égsleniiX'bifeaaoneaout 
tn aTOfis ,'unç organifttion dtfnitfire d4i4eoles|>ioMires« 
tant dr fto À fi Tainement ridaosies. Léo caihMtpics flv; 
loot ne peuTcnt pins s'en paffer. U lintipio Vdl^sif -pubKô 
f foit dans peu an nivean ^e ce|ni des vUles» fi aooo 
VOulpns qn'un enfèn^le xonfervucsor ttinssnies ks paififs 
de la répuWifne. l/inf\ru£bon ^ du pain <t 4ss arMe», 
TOilà font ce qnll hmt pour le.monieniant jouoes Mpo^ 
bilcains qui' (snt liiu^ te asile, o» k l l s aabi e ^ém mm 
^•une >ille. . 

Mais qu'on fegaide de xonfier le - flâtabenu 4r R^r* 
truâion aux nains 4eà Récréa;' llst ht ntéMSStaffphore^ 
loient en une torche de diiiiordie; o« enone l awe t nt 
iûurdeqni n'éclaireroit qne^ Jepidtfo smMaiiiint , 6t htf» 
leroit les ciioyeds jeit caaapMnes dsns^les néntbiesoH 'à 
b merci d'une lueur doàteale <t pai i d i g . ; .. . 

Paris ^'il y a cinq nns^.^t «ne btUfanie a ri ô iMll Uo fit ég 
^^offro, maimenanf «n|^éooinètfe iMpMintt >cM raifo^ 
§al. d^ lont l'eoipifo»' Tops- las btnS| tout ^'^ t (ou^ 




(9») 

landais Cm! m tkptêàmi'ti F^uiîfiMi taboneax, otyi 
éi' h bMufe du rîciie pifif < travasUtH fergt fnr les pUcfll 
JMWmflt; 4i^ Itsjtfdms coomuiis, d«i armes pour 
In 4c far frère* > t^iid» que dt im c6té le triiMifi«l réreln- 
M&MÙm Lnpâ&bk proMncc It mort . contre la ci-^cvâài 
rcîM , toaan des répiéfentaps du peeple , |Im coupables 
feet«dtre.€nçoc8 « poiTqefSis éeoîeat ne» le erotent vécu 
Jeia de b^^entagiond^on» cour fcâikaiev contre des émi^ 
nds prisnn.fittra^t déBt,» c^cnbMlani leer natrie ; coutin 
4cs pontifièsi tenatifani i» Mies fimp l ei An fHUfeois, 
on oahonant à U rébellUm ks malhenrenic liabitsns de U 
Vendée .^uF^iftère, d^c 

Les fix&its dn nsomencnefont pai les ieds qui eseecent 

la févésîié ide la îoftiee naiînna|c« Elle inurrege encore 

lei enaées^niéeédemes . di eomae il iTapi de renotfYiDer , 

font aîn& dise » k maCe du fang français , lei eomj^tces dn 

^ 4e ClisniprdoJ4acs io^t rec;hercl|és en mme.-teine 

nidiiCUiraliifne. Jl s*agU 4'ipttm toute nno 

m; ik dm Welle fe tégtaère ioot-4-âit ; les 

prncipns q«!eUea conmcréi ne compofent ppiii<; arec^ le 

orime^ de font en*deffus de Ipnte oonCiéradon; Us font 

B M i| i bn ffe fisr -ens vices ainttblds qui énervent les pen- 

aleei policés & ksattasiient «on pMsdn tr6fle. Auttinsé . 

ût eMem» » rigidité dn venu ^ point d^indulgence > point 

dn JniblegiBi I Tels lisns.lea deeniie dn «tg^lbat eommn 

^n. lé^^fleieur ^ dans nne-f^uUiqae naiftiite; 6c Pans 

*en «fre.pfnteie €iuM|«ie }onr un exéoiple. 

- fhm ,de fillei ni de pténni en CencKoni dans les rues 

^de hr ▼iUe ok fiége la seprÀEenta^ii siadonale^ plus de 

nMfcaredesgalansesonrelqpenffStpInsdetaUeanxolnctees» 

fins de fonsans'hdminMSj étalés Cur les fconâciues [ Par-tout 
ine^ dn; Jrarail : i'oUii^ ne &it plus A (i cacker^ 
de bieni&t » fans doute , le usendicîté ne eontraSera pHis 
neec ^ant^A'inftitndoés oonfacrées k recnetUîr Pindigencn 
* fufimie» on à occuper le pnnvce rMû, Toutes ees ré- 
formes qui confomoient des années entières de fôHiçîtn*' 
desaèa msgiftrats de Tencien r^yne» fo prcpefétit de 
s^fcâuiéat comme de fooxee* 

Tont «eia eft-rourrage de ce génie révolutioUnarre , qui 

▼éile.eu £iliu de Tempire , & à la régénératioà d^ cî- 

' toyens. Dans fon cpnpd'câl rapîde, il embrafle font^ 

. pttiffet-ît nerâfi onbKer 1 Pnifle-t-î( fui^out confoltder fea 

évabliftemensj'demenièinà ceauMs nefooffreat'f^ftt'lk 

• ibn abien^e^ car le gfaie^révoloiionnaiffe ne p^ nneic 

B % 



(9*) 

jipi*Hn f«m% ; fçs opéntioM ai «oatndrc llbiVmlt demeurer 
'pendâjBt4esfièdes« . 

CVA au)( bons. ctto)mif.« aux patriote» édaiiés a pft»<- 
.£tçr. (!e cène lendaaca rtiiiivèrfellc ëc tapide airblen , p«M>r 
, achever le grand. «ttyre de la lil^rté &• de )a ralfoit. 
,^II i>y a que dp grands réfutais, c)uedegiaiids\bienf^fs 

3yi pHi(rçj>t jufiiAer Je» Aef mes «atréineft & les févirlté^ 
ont nous en, vfoas le& uns.enveif les. autres. Le faluc 
,,çQininun & V^SftmSkmto^ tàc toute la république , doi- 
^ vents ui,ceflri»iren\eiu ie trouver au bout. ; ou bien le cxi de ki 
jpoûépté ^'élèvera. contre. uoe révolution qui ne iiéus ail- 

rolt fait acheter qu'une grande erreur au prlx^de notro 
^^ni^ ;& de notre xepoi. . ; ^ 

l, I^s foni^eurs de .la. république fnmçsàk ne^rdTein- 
^bWplit p^s an fondateur delà aeligion dca^tuft^. Mahomet 
'i^n^pioya le fer & le feu pour oionger les nribes dam- «n 
^é,uc de chqffs pire que celui aoii il les 4V0it Mi fofilr. 
ji^ Skance, dûtnelle jpét îr de ies propres etfortt^'laMera du 
^inoins uii ^and e»^ple.auxaatiim« conttmpevihies 9c ' 
,^ feufs delcendans^ u eUe oe peuf les afilranditr arec 
TeJle, Elle fe fera Immolée povir Ic'bonheur de rEurope flc 
y^u monde entier. Maû amil le fublime ëkn qti'iUe'a 
.pris .ne la précipiter^ poîiit>.daaa un.goaftre de mauic. 
r^ps tnoyens terribles qu'elle, «wt en enivre porteroiii Fi^- 
, iroi danji Tame de. tous ke ptrt'a qui • voudroient entrarer 
,f;[^^a^hje.^fUlb triomphera dan» le fang des ennemis , 8c 

parn>i les murmures d*une £pnle de pigmées <|ut veuleat 
j Refuser à leur hauteur un peuple plein d'énergie , & fou- 
umetue une réy<^ution.à de néids calculs. Etres vils & 
,^M^.t qv>i u'om tovjouffs que* Vinfiaat qui paffe derant les 
!.y.eu4 1 Oui , la terteuA.efl à Tordre du jour , 4t doit l'éire 
] f^ui; les égoiAes , pour les fédéralîfles , pour le frche fans 
'^Eaillfs^ pour, rambifieuz fiuis pr^it^, pour l'intrigant 
^(>m oudeur.y pour le 4âdié fans patrie , pour tous cettx 
.5(ui. n.oiit pas: le Centiraent de la dignité attachée an titre 
. ^4i'homtne libre , de répaWicata pur. L'or du • Pérou' , les 

ijianvMtt de Cplçoade firent couler- des ^flots de fang : eh ! 

pourquoi la liberté , ce bien inappréciable , & à qui on 
'^ iiaira pas fans doute Ti^jute de la comparer «tvee les 
.^yifs'inl^tavix àfiê deux Indes^.ne ieroît^elle pis en droit 

• 4^f '8^ AU^^ ^^ facrifice de la vie , delà fortune & mêilie 

* ^'e la .liberté ijndividudle pekidant un fempi. D^itlleUrs 
«•^as^ .un^snéÛe , s'appitoio-t^on fcrttêment fur les foldats 

.iSH £?9^^( daui^ iettC9 rangs ; oa les remplace pvompte* 



«») 



S'u vaincu un mp^Stm^ÀjUfa&e 6L pér£9«, ii|u^oti irerfë 
€ * 



es iaf^ies fucl^ ^Nfti«M»^flUiUieureiiAs que U guerre a 
mQ\Û6nnit$fyv M cIiMnp.4e .hmilfe. Eh I U riVéhitio» 
Çrançàfe eft-eUefOiM chofe ^n'iin combat ^ merf , âonmit 
on la (jiéîàKdi|;»»^,iin«^gueivt< à toute outrante entré lan 
liommes .qoi. vodent . étcc/ iibret , & des hommes - qiù 
veuljfni r^er efelarcs ^. c|Mflaqa*il arrive. C'en eft h\t^ 
le peuple fi^^ii» t'e^' trop ayancé pour teculer avec 
koaneur 6l, ^reté. Potâl de milieu ^ il ftut que la France 
foît tout ^ bit iibti ; ou péfiflc toute enfidre ; & tous 
|es,i^y,eof font ^^on» pour imtenir une xanfe auffi belle 
cfue la fienne. Mais le$ reffonrcea s'épuifent ,' dit-on. Eii 
oîea ! qMaivLIa. réypIliMn. fera >£iite, la paix, nous en 
£o^urnira de nouv^les. Un. peuple libre n'en manque ^« 
nais, ont quM a 4ts, hra» & du fier, pour battre ^es 
nnemis & cultiver fou dianp.- 

Dea» citojiW' hien intentionnel , mais à vue courte » 
ont en cfe.la peinera U mettre i la hauteur d.ç la ré* 
volution .du ,% juin I79>« car ce jour mémorable en fut 
une véritable. Ut «i^t pem 4>latndre les dépoté» proscrits, 
dontia t>réfenGe>^ ici ojf tuions métamorphofoient raflem* 
biée conventionelle en une arène de gladiateurs vei beux 
& de mauvaise foi» Lcts évéàemens qui ont fuivi n'ont que 
txpp jufiifié le c&té de ia convention qnr a &it jufitce 
de l'autre.' : v . i 

^' Cette armée départementale » que la partie droite avoit 
tant de fois réclamée , Ac contre laquelle le journal des 
révolutions df Paris -&'eft élevé avec une ibrte d'acharné* 
snent, étoit.le préInde de ce fidéralifme qui éclata de* ^ 
puis, & qui ne tendoit à'tien moins qu*à unre de Paria 
jpn autre Lyon. Un plus graitd mal encore que la def* 
iruâion du berceau fit U liberté , réfultoit néceffaire- 
inent de la ipséfintelligence , ou plutôt de ralltage impur 
qui £ermentqi| au fcin de la conventibn, Noos n'aurions 
poin^ ^'a^e.coafiitutif; & la république françaife , aprèa 
cinq .ans de combats &- d*aittiété«< ne feroit encore 
j^ jourd'hui qa'ufi gonvemeineat . prôvifoire. Des demi* 
lpefi4resn'ai|(roiciit produit ou'une demMiberté ; nous 
Ae formerions '^iU( cette, maue, une^ indîvtfible fc^in* 
4fftruâiUe ^ autour de laqueUe> ^étranger rode , & qifd 
ni pevt eflen^er qu'à peine» 

. . p'ailldiirs^ le tn^^M: di| royaiifme ceupé^' il reçoit dee 
la^inei;» U^ f»A«#«iilVtofr encore. Oo arptt temporift 



Cm) 

pAitet fiHfé MMiécs; c^Acoît ûéf ;il 9ttm en SalrflÈ 
porttr le» graaijb & defflNeft-cotpt. & c^ tt oh noiMT 
«fr fiMBoes. Béfiiffom le» pMMci c^virateiix , <{m do fem^ 
«ef de h diofe 'pnMiquc , oà «etfi- m àVons placés ; 
TQjratit pltti loîa <|«e ceux qoî fofie reflék au bis dé 
k montagne « ont diciéaé dans lenr %ef«'de Iklntàirei 
tigneurs. Qnelaues ageHa obfcnts put pu foidller ces mo- 
fnrts TÎgoar€|iiies par des «fki wMtnktta Dam la feulé 
des gens fufpeâs anétés , il peut tt trottvcr des pàiiiof . 
tes ; la nature eile-ai£i|ie ne blefle-t-elle pas cpielquefoit 
les indÎTÎdtts peur iauver le tout ) Mak quel eft le boa 
citoyen qui» ▼tiftinie d'une mépfîfe» s'obft'nera kmg« 
temps i ne Tonr que lui ^ Ai ne fe fitntîra pas dif^A | 
fe nire un mérite de ce qu'il ibrfre ^^'il peut eu réful^ 
ter le bien général ? ; 
Légiflateuta , murcbci enarant , touîours fermes /.tou* 

t'ouïs unis. Un bruit s*éiéve & fe propagé; on dit que 
e ferpent de la dKicorde rampe & w^tSé te -long, 
de la Montagne pour atteindre & motare au taloâ 
les hommes intrépides qui ^fr*y lonr placés ^au-dèffus dei 
érénemens; on parle de-6âuMi» prêtes I resitttre. ligifr 
lateurs , tenez bon , rtfiea i i^«s potes. Serret^ous. Notre ; 
faittt It le vdtre tiennem à la boimé inteflrgencé qulnç 
ceflera de fégner parmr^vons. L'àffernuiflement de la repu- 
Mioue dépend fcf^iont de l^iatttMe de vos fHn^pes K 
de raccord de vos Aiefures. 

Lyon n'eft ph»; Marfeilte 4c Bèrdeaux foftt rentrés 

I nil ^ron de la r^blvqee. il nV a plus de Vendéel 
Yalenciennes- & Toulon auront bientôt téur tour. Lt 
CédéraUfme expire; lés moeurs tenaiflent; le nireau des 
ii)rtenes s'établit; Tégalîté n*eft plus un vain nom; le 

'luxe fait piaceau traTail. Le châtiment ne laiffe refpirer 
le crime qu^autant de temsoo'il en fitut pour ein arracher 
des aveux L*inAniâion puUtque ^Organife fur les débda. 
du pédantifoe L'efprir puUic g^ne 8c s'étend à teutéi 
les claiTirs de cifoyens» Les théàerek devtetinent des ^otea 
de patriotiinie , ficles 'chaires dcmeiilbnge n*ont ptut 
d'audiseurs. Un intérêt bien entendu va ramener Paben- ' 
dance. Courage , brades légiiacenrs ! Gntrage- 8t prrfé* 
vérauce ! Union- ^ pérftvirante atlflî -, braves uns-culottes ; 
Car (i c'eÔ par', vous , '^eft pour vous principalement que 
k révolution fe fait ; c'eft vous qui en rtcueiHei leiwe- 
miers frum. Les'aâes écfaitan) &: ^ftice qui fe paflVnt 
îoumtUemeat fous vos ]^eux,tieftrenrp«$pëtdttsi chaque 



firi coiiTÎcsiièati iê» séptditicaii}». Contlimez d'être juftes^li 
««fiire qÊC. TPOf .deftn«c , HbrtSfi Le m6déir:intiime ne 
Vom « ÎM|ii«k Gonvemi ^. il mpna eue faît perdre totftrat 
f^i9Êig€ de To» c<!«qiiiteft i«c.le derpotiihie > j& vou»eû| 
Wtemk iiifiw&bleaiem ta ph ^^ii» -eti étiex akvant : X';^9 ;^ mais 
eftttftfMies. à 'rautmottÇrer.iqtifcaUesaUtànt que Ûvèro^ 
fcf<n» tpn|0«f t ro«ilfe aq^ avisifHtfidei ({mW vou^kbuAe 
df VtM es teni*»:; f^^ vo%i coriompre ^ if'oui^ d^lunir âc 
9o«s MTtér à do «Hcèf; Ceft for vch» que repoient Itft 
grames labiés 'de.la.éi6étécmi|i' Voosfi'ices pitis ce peuple 
yi)*i|U40» plioily.qu'cm' (açofkiptt aU' joug du pouvoir 
«jcbitrake; ihmjic oeifta de recf^nnoîtpe te frein de 1% 
tftifofi-4 aeoeSc» deûm^fier ia rérolacioo par vos verfai , 
pomok^ mas f avc& Ibndée^ âc comtnit Vous la foatenez 
fis râtft ccmira^^euCe , audace. Que les autres nations, )iprès 
jMfiS)«yoir cfaifemplé «vpo èffeoi , «nii?ées par U iflfgefle 
de ▼oire conduite ^ vous tendent les bras & demandent 
i jpniA^gsf 4^c mos'îfesbtenrfaWs'ide^a âberté^ que vous 
$ixwêt pomi^ ôoiiqiiiB/poQr:>rou8 fdttù. Ouerre étemelte atuc 
Mifty-aus pfétsesy avx'-^i^M» a^sx citoyens neutres^ 
nMui>(Uéfniiftés. PiîxfniytffeUeavec les amis de la-}uftice ; 
mngenhct concre. 1^ iCraSi«es=t Aeoais aux oppéittis ' haino 
«Mft ;oppffcfleiirs 4le toi|s> les partis. 

MmécÊuiôM de la -^alhtè- Càpti , d-itfani & demUrt mm 

'* Martt^Amoinoitr d^i^tt^Hé t 'veihre Capet, après nq 
fcitenogcfoîfe detiois jodrs'^tiiîcfttifs , jugée à mon pat 
It mkooal ffétoléi^nsiir^ , .a Aibi la peine due à Tes Aur^ 

iiitypélîtilniës diS pcHbhnéIs , le à midî » fur la place 

4t ift Aévclntion ; mi^pied 4e fai fiatue de la Liberté. Etto 
IbiiAiitÉfokieflr^cÀi ts^aèriedediflîmûlation & dWoeil 
• }fiSf^tak derme? itiomem; On irerra dans xhteune nefei 
lépilifei aux MtërpellaHohe des juges un mélange -de 
AffAnl 9l d%;^péfdfie' royale , «t perçoit jufque dans 
ib»'mii}mi«Éi' En^rotcî mr trait : U Ini Aii demandé fi Ton 
mari ne Fèimt pas .tîoiirnltée lors de la lévifion de bh 
c ti ri l ifc i tet /liiitottiette qui fenttt paifaitemenc totace l^i 
Mrtiniee deitetté^rili|mt8rtton , ne repondit fort adtoiteitteht 
Mre'-diofe, finoii qoéfon mari atoit beaitcooa decon- 
âitaiee en «Ue. Mais 'c'^tplt s'avouer complice de tons les 
'-ifil^ ftfà (•ndW&làir l;Àuii Capet à mfrafaudi 



ÎA éuiyBL Somfiih; exécuieiir. 4i<^io^aefl8<, (é pÊt\ 
tenu A^m fa chambre, à fept ikurcs <iit'iiittiir<l ^o«i» 

fd$ niardiri*^ Non , madawt yj'aimdndtyftmr.^tX^t éiO't 
liéjà toute prê<e y, c'cft-à*dire , habiUér de» blanc , ^ TiAR^f 
ide feM Ton. mari 9 lis îpur defon i'uppitce. Cette offeâaeioil 
fut remarquée , & iit fourire U peiifk« Lamoalcur fimb<4a 
tfev rinnocence'i convenoit mai k Marie^Antomitek £!!# 
Toulolt aller .àJ4 guillotine fan» bonnet 6ir btétfi', et 
i}ui se lui fut V point accotd£ Elle s*étôit coafé* \t% ch^»^ 
\eux eile-même. Qn vint' lui dire ^ '^dans. la chambre die (i| 
mfon : Voilà un curé de Paris, qui .demande (yym%y6%3fi^ 
Jez TOUfrconfedcr.. On rencendîr'tépeflir'niat bw^ C/il 
pmÀ 4$ Paris l ,..•// «y tnié gaèrn.- Le coi^Mbtir Va<* 
Tança , & Lui dit ;. Voulez-vous 4 nudune, <fÊe»ïe ^ttmè 
jaoeofDpngtie } — ^Çommt vous votukt^ , mpnfitaA mil tliV 
fie. feconteila point I âc ne dit pas im.(moe^daiî»tftttie4t 

^u forvt 4e h. ConciecgcrîlitiqiMJidr elleappetf^i; 14 
chare tft > pu lui yk £ûre «« .imMUTeneitt de iMpsiliv Al 
^'mdignatiQP. Elle étoit perfùadée.qn'gn la condakoi^^M 
faroffe,, c9<nîo« fon mari.- Il fallut powrtaot monter dMM 
rceUe VA'^U«Q. qui bieiiok ion ame^ fuperbe ;• & i'oa|Rme 
afliirer que fôn fupplÏQe cojpmença^ïà faet inihnq^/qanÉs 
qu'elle nt parade de rerfneté ; mais il étoit aifé de s'apper- 
«evoir que cette fer nieté/appgçe^^ •Jui.'.ctt^cctt . i^^aOr 
coup. Son vtfage , de.^emçi^nt, fut défait. Ses maint 
étoient liées deriîère 1c dos ^ comme à Tordinaire ; ( on de- 
jVroit renoncer à cet uia|etN&^,l^^lfla-cciaflne|s.r)i4uîr 
^e leur Ubgrté jufqu'à Unn..)]^i,le oM^f#r^ abfokiment k 
n^mè (jpntenàiice tout U k>i}g du çttf/m» ; excepta pMC« 
tant , v.i>-4\J'^rs le cirde van t Pal a'is-Rpy^,^ Qe|te m^Â^i -, lus 
jappella probablement ^es r<WMenirs:Am lui ^rèni^ilt^ret- 
fiqn. £lle y )etta un regard fctt anijo^'^e f^ufle ^ li :idl 
paflef aiTez paifiblement. Il y. eut.!dcsbauefnens dftn^ 
a cert<un& endrplts ; mais ep |éniiral:,,i^n p^rHt un J9<mj(it 
oublier tous les mayx p^ufé*^ .1^ E(ï^nc^<p^ï*jçet|ê Cf^miT^ 
pour né ^penfer qu*à ratfLtuatipn ^âue^^ Jii%e<(f /mfsiii);^ 
c'eûtepf ce^quV^i^^ÇWfndÇîlÇ'PÇwpKj. •. v-.i — "(î 

£n SQOftapt i'I'ichatauci, J^ntoin/ftij^mit Jfù mif/^éêè 
le pied .fttf ç.elul du cltôyçn Samfpf!.). & l'c^uteAir Am 
îugemf;nsep reiïentit affei de dpuleMC. pour s'écrier; yAii^ 
£Ue fe retourna , en Jui ^^f^tr Monjimtr^ jiimfius 4^ 
man<k txcuft , ;> r.^ l'^i g^fj^^txgr^. j|, fç ,pmff9|^ 

* qu'elle 



\97} 

qu'elle ah arrangé cette petite fcinepour q^u'oa s^in^éceflë k 
fa mémoire; car- Tamour -propre ne quitte cecuins Indlvi^ 
dus qu'à la mort. Au refte , tels ctoient tous ce» perfon- 
nages 4e cour; Jls commettqient les plus grandes horreurs^ 
les ifijuSices Ui plus réyoluntes , de lang froid de fahs 
remords ; 6c ils demandoicnt pardon des petites, niaifsries 
qui .leur /échappoient. Et tel prince a Jaiffé ,uiie répuu- 
tiOTi de clémence & d'humanité , avec deux ou trois petite^ 
anccdvitcs Semblables ; il n en falloir pas davantage poiii: < 
couvrir 5c faire excufer leurs fprffits. 

Quelques cfprits foibles parurent douloureufement af-; 
fectés de l'exécution de la veuve Capet , en ne la confide^ 
rant que fous le litre de mère & 8e femme, maîbeuiAufe. 
Mais comme reine de France , comme époute de Çapçt ^ 
comme princefTe d'Autriche, tout le monde s'acçordoic 
i convenir de la juilice du trop doux châtiment 'qu'elle 
fubiSoft. Qui a; pu oublier les mœurs fcandaleufes de h 
vie privée , âc les attentats de fa conduite pôliùqire , ndn- 
feulement depuis la révolution, mais même dès ion entrée 
en France ? Qui ne fait qu'elle ne fit tomber fes grâces ÔC 
ne partagea fes faveurs que fur les courtilans & I^ femmes 
de la cour , qui étoient de moitié dans fes turpixa'Jes fij; 
les déprédations? Jblle s*efl quelquefois entenau appeler 
boano reine ,pour avoir envoyé une fomme aux paavres 
de fa paioiiTe ; & elle avoir foin de faire publier q«e cette . 
aumône étoii prife fur fes menus plaifus; tan d"is qu'élis 
dépsnfolt des initiions avec fe& marchandes de modes. On 
fc rappelle les cadeaux , ks gratifications qu'elle prodi- 
guoit à dçs comédiens, &L le:» biens dont elle combla une 
Polignac Ôi autres /emmés perdues' de cette efpècé. Les 
haillons du pauvre lui bleflbient les yeux : elle ies faiioît 
chaffer loin d'elle. L'infortuné l'importunoit. Les greniers 
de Verf^illes étoient remplis de tamilles dans l'extrême 
mifêrç , & Antoinette payoit un miliion le rocher fac- 
tice de .fes jardins angloi^ de Trianon. Elle ti fes deux 
beattWrèresont plus dépenfé pendant leur règne que ce que 
nous coûte la guerre générale fur nos frootièces foutenue à (I . 
•grands frais; âc plus elle . gafpUloit le tréfor public, plus 
les befoinâ le multiplioient.. il falloit avoir recours aiix 
plus hqnteux expédiens. Elle avoit la bafleiTe de tirer des 
pots-de-vin des receveurs aux impofitions , fous la condi- 
tion qu'elle leur feroit obtenir au confeil -d'état la permiffion 
d'augmenter le .prix des aflign allons ; en forte que ces pcr- 
cepreufs infâmes , pour reprendre ce qu'i's avoient donné 

^'^ aïa. Tomt 17. - G . 



■ - •,.,. . . .. ^9»Tf ■ . 
k leur tSflc^ tnstoyài^nt covp fer coap 3 « ïiflîgéï«tion» 
aux inalheuretix hors d'état d'à. cj-iitter tout dé fufte leiîTi 
îtnporitîoiis. Le citoyen ^ taxé à fix livres en dépcnHoit 
prcfqu'autant en frais d'averti (lement & de commande* 
ftient ; le i^edeveiirda faubourg Sa m^Germ^in en l'ait cjuel» 
que chofe. ■ 

Antoinette, do tems de Brctcutl , i^e- ^ pas honte de 
tecevoir ^6,000 Hvrcs d'épingles, pout faire ^lenir là 
txermiffibn d" con&rtiire 300 barac|ues de bois tout le 
Ippg^ du quai de la Féraille. Ces boutiques qui obftf aoieirt 
ta voie* piibl roue, & interceptoient le jour des maifons eji 
.face, avoierit ux pieds^ quarrés , & ciôient louées 306 liv. 
i de pauvres petits marchands rcgratticrs ' qui fairoicnt 
à peîne de quoi s'acquitter -de leurs locations. 

On n*a pas oublié tout l'orprodigué en bàpmens faftueiix 
6i mutiles à Verfailles , à Triaftcn , à Sainte oud , &c. 
^ouf VoT que lui coûtoient fes orgies fécretes avec d'Artois , 
"Ferfen , Goigfiy , fitc. , fout l'or qu'elle envoyolt incognito 
i fon frère ^ pour étouffer , dans ion berceau , la liberté de 
la Belgiqiiie.'Onn'a pas'oublié, & on n'oubliera p;:s de long- 
*tems 5 tous ces bons qu'elle faifoit figner à fon mari ivre; 
C*étoknt ^utiat de féntences d<* profcriptions , c"éfoient 
autant dz brevets d*in(amie ou de fpoliation. Infpirée par 
le génie infernal de Cluni , de Necker , de Calohnc , 
~de Katbonne , &c. , que de cachots ont été remplis par 
elle, de citoyens qui n*a voient d'a.itre tort que de 
'déplaire à cette femme fans mœurs comme fans entrailles I 

Qui de n^s pourri oublier tout le fang verfé au Champ- 
de-Mars, pour elle , par les ordres de Lafayetfc ; tout 
le fang verfé fur nos frontières, p^ureMe, & par les 
ordres de Dumourier , complice de la maîtreife' abfolue 
du château des Thuileries; tout le farg qui baigna ce 
même palais au 10 août ; tout le fang qui a coulé depuis 
dans la Vendée; tous les crimes avant & de puis- la révo- 
lution , font ceux de Marie- Antoinette. Swi fang iiiipnr 
ne fuffira point pour laver tous ces forfaits. Mais du mr-ms 
le peuple trançais aura donné une grande leçon « un grand 
exemple de jufticequi, 1 5t ou tard, aura des imitateurs 
chez lies nations voiHnes. Le beau jour que celai oh tous 
les defpoiw's des deux fexes, 1 ai ^eron t , comme Capet & 
fà veuve , leur tête lur Téchifaud !... 

Procès dt MarU'Anioînatc de Lor aîné d* Autriche , t'S^ve 
Captt. Du 23 du primitr mois, fan 2 de la répuh-i^ue. 

Aocoée à i'audienc^ 9i aSirç &ir le Atutçui) » le fréfi- 



àcnt lut demande quel eft (oh nom. Eîle r^pood : je m*ap^ 
pelle Marie-Antoinette de Lorraine-d'Autriche. — Votre 
^tdt ? — Je fuis veuve de Louis-Capift , ci-dcvaitt 'roi dés 
fiançais. — Votre âge î — 38 ans. 

Le greffier fait Icdure de Taéle d'accu fitîon a!nfi conçu: 
Ancoin;»- Quentin Fouquier , accwlarcur public, près tt 
tribunal criminel révolutionnaire , établi à Paris par dé- 
cret <^eja convention nationale du 10 mars 1793', Taft 
deuxième de la république, fans aucun recours au' tri* 
butiai de caHatton', en vertu du pouvoir à lui donné 
par l'article JI d'un autre décret de la convention , dn 
5 avril fujvant , portant quv Taccufat-ur public dudît tri- 
bunal eft auroriié à taire arrêcer , pour'.u»rre & ju|ër 
lui- la dénonciation des. autorités conû tutées ou des ci- 
toyens. 

£jtî)ofe qii î fuivant nn décret de la convention du pre- 
mier «août dernier , Marie- Antoine t2 , veuve de Louis 
Capet /a été traduite ati tribimal révolutionnaire, comme 
prévertue d'avoir conToiré contre la France ; que par un 
autre décret de la convf ntion , du 3 ôélobrc , il a été 
décrété que le tribunal révolutionnaire s'occuperait fans 
délai & ians interruption du jugement', que l'accufateur 
pub-.ic a reçu les pièces concernant la ycuve Capet , les 
19 oC 10 du premier mois de la féconde année ,vulgai- 
retnent dite il &L ia cé>obre courant mois; qu'il a été 
aulL-tôt procédé , par' l'un des juges du tribunal à l'in- 
tcrroj^atolre * de la veuve Capet; qu*examen fait de toutes 
les pièces tranfmifes par l'accufateur pwblic , il en rél'ulte , 
. qu*à Tinflar des McfTaiinei Brunehaut , Frédégonde & M4- 
dicis , que l'on qualifioit autrefois de reines de France , 
6c dont les noms à jamsîs odieux ne s'effaceront pas ât$ 
faAes de l'hilloire , Marie- Antoinette , veuve de louis Ca- 
pet, a été depuis fon féjour en France» le Héau & la 
fangfue des trançaif ; qu'avant même ITieureufe révolu- 
tion qui a rendu au peuple français fa fouveraineté , elle 
avoit des rapports politiques avec Thomme qualifié de roi 
de fiohéme oc de Hongrie ; que ces rapports étoient cou* 
traires aux intérécs de Ta -France ; que non coat^nte , de 
concert avec les frères de Louis Capet, & l'infâme & 
exécrable Calonne , alors miniftre des finances , d'avoir 
dilapidé d'une manière effroyâtte , les finances de la 
France ( fruit des fucurs du peuple ) povir fatisfsii^c i 
des plaifirs défoidonnés , & payer les agens de fcs in- 
trigues «criizimelles ^ il efl noc^ite qu'elle a fait paffir \ 



fc 



• ' C ïoô ) 

diflfïfcntes époques , à rcmpereur , des mlUicns quî lui 
ont {rryi & lui l'crvent encore à foutenîr h guerre con- 
tre la lïpubUque » & que c'eft par ces- dilapidations cx- 
xeilïves qu'elle e(l parvenue à épuifer le tréfor narional. ' 

Que depuis la révolution , la veuve Capct n'a ccffé un 
/cul inflant d'entretenir des intelligences & des corres- 
pondances criml elles 6i nuifibles à la France , avec les 
puiflances étrangères & dans l'intéiieur de la république» 
par des agens à elle affiJés ; qu'elle foudoyoit 6l faifoit. 
eu loyer, par le ci-devant tréloricr de la Klle ci-devant 
cvile; qu'à différentes époques elle a ufé de toutes les 
manœuvres qu'elle croyoit propres à les vues perfide » 
pour opérer une contre-rcvolution ; d'abord ayant , fous 
prétexte d'une réunion néceflaire entre les ci- dcVant gar- 
des du corps & les officiers & foldats du répRicnt de 
Flânclre'» , niéragé un repas entre ces d4:ux cojps, Te prc- 
Diier oflobre I70o , Icqutl eft dégénéré en une véiitable 
org^ie , a'înfi qu'elle le defii'oit , oc pendant le cours cfc 
.laquelle les agens de la veuve Capet, fécondant parfai- 
tement feîi projets contre révolutionnaires , ont amené 
la plupart des convives à chanter , dans répanchemefit 
de rivroflp-' , des chanfons exprimant le plus entier dé- 
vouement pour le trône, & l'averfion la plus caraclé-" 
.jiféc pour le peuple; & de les avoir infenfiblement 
ameisés à ari orcr la ccca^rde blanche &L à fouler zux 
pieds la cocarde nationale, 6i <l*;iVoir p«r fa préfence', 
autorifé tous ces excès contre-révolutionnaires , fur- tout 
/^n encouiHgeant les femmes qui raccompagnoîent à.dif- 
tribuer d-'s tocardes blanches aux convives ; d'avoir , le 
'il ju ni^is d'oclobrc , témoigné la joie la plus itnmb- 
,d^fée de ce qai s'étoit p .ffé à cette or^ie. 

£n fécond lie» , d'avoir , conj«intement avec Louis 
Capet , fait imprimer 5c diftribuer avec profufion , daju* 
t^^nte l'étendue de la république , 4es ouvrages contre- 
rcvcîutioniuires, de ceux- mêmes adreffésaux confp'ratears 
d\.u're^Rhîn\ ou publiés en leur nom;, tels que les ^ ^ri- 
, t'ons ai,x ani-^rans ;'U réponfe dts émigrans ; Us cmipans 
w// ff^upL i U^plus C9urus folies font Us miUkuns ; le journal 
. .i^tiùx lij'Js ; rorân-^ la marche y £^ l'tntrét des imigrans ; 
>'ji\oir même poufle la perfidie & la diflimularion àtt 
'Oinf d'avo:r Jai imprimer Se diftribuer avec la même 

^ùifion vies ouvrages dans lefquels elle étolt dépeinte 

^ *A dej couleu/s.peu avaiTtagçuîes , qu'elle ne mélitoit 

^':*' |iic :Vcp en ce tems', & ce, pour donner H changé , 



. t toi ) V - 

& perfna^er aux pùiffances étrangères qnVlle étolt maî • 
t^vtce de» français , & le» animer de plus en plus cohtre 
la France; que pour rSuffir plus prômptemefic dans les 
projets contre- révolutionnaires^» clic avoit , par (es a{çens , 
occa&onné dans Paris 8c les environs , les premiers jours 
doâobre 1789 , une difette qui a donné HeU- à une non-' 
velle infurreétion , à la fuite 4e l^uelle une foule innom- 
brable de citoyens & de citoy effiles î^eft portée à Ver-* 
faillis le 5 du même mois ; que ce (ait eft pfouvé d*ime 
manière f.ins répHque par l'abondance qui a régné le len- 
demain même de l'arrivée de la veuve Capet à Paris' & 
de fa famille. * ' ' 

Qu*à pciae arrivée â Paris , la veuve Capet, féconde 
en intrigues de tout genre , a formé en conciliabules 
dans fon habitation ; que ces conciliabules , cortipofés de 
tous les contre-révolutionnaires & intrigans des aflemblées 
cooflituante & légflatîve , f e tenoient dans les téaèbreé 
de la nuit ; que Ton y avifeit aux moyens d'anéantir les 
droits de riioirime & les décrets déjà rendus , qui dévoient 
faire la bafe de la conftitution; que c'eft daiis ces-con* 
ciUabuies q l'il a été dléhbêré fur les mefures à - prendre 
peur faire décréter la« révifion des décrets qui étoient 
lavorables au peuple ; qu'on a arrêté la fuite de Louis 
Capet 6c de toute la famille foiis des noms funppofés.» 
au mois de juin 1791 , tenté tant de fois & fans faccés » 
à différentes époques , que la veuve Capet convient dank 
Ton interrogatoire , que c*cft elle qui a tout ménasé- & 
tout pré.oaré , pour cfféôucr cette évafion , que c'eft elle 
qui a ouvert & fermé les portes par oii les fugitifs font 
liafFcs ; qu'indépendamment de l'aveu de la vcuvê Capet 
a cet égard , il eft conftant , d'api es les dédarati<yns. d€ 
Louis-Charles Capet , & de la fille Capet , que Llfayette , 
favori fous tous les rapports de la veuve Capet y & Ëailly , 
alors' maire de Paris , étoient - préfens au moment de 
cetite évafion , & qu'ils l'ont favorifée de tout leur pou- 
voir. 

Que Fa veuve Capet, après fon retour de Varennea^ 
a recommencé ces conciliabules; qu'elle les préfidoit ellc- 
mêtne , & que , d'intelligence avec fon favori Lafayette , 
l'on a ferme les Thuileries , & privé par ce moyen les 
citoyens d'aUer & venir librement dans les cours & le 
c>-dev^nt château des Thuileries ; qu'il n'y avoit que las 
perfonnes munies de: cartes qui eurfent leur entrée ; que 
cotte ciôc'ife préfentée avec emphafe par Wftûu^'Uihycttti 



c&aime aynnt pour objet Je punir !cs fuj;':!:!» de Viirj^nes, 
«tait uae ruie kxuginée & concertée dans ce» coi;cIh;i' 
bttk» Unébreax pour .priycr les citoyens d^ moyens lîe 
découvrir ce qui (e tramoît contre la Jiberté daos ce heu 
iâràme, que ctd dans ces même» conciliabules qua ct^é 
^terminé l'horrible mafTacre qui a eu lieu le i;r juillet 
1791 , des plus zélés gatrîotps qui fe font trouvés au. 
Oiamp-de-Mars; qtse W, mailacre qui a eu lieu précé* 
Remirent à Nancy , & ceux qui ont eu lieu depuis dan& 
ét^W» autres points de la République , ont été an èvès 
Ik déterminé» dans ces mêmes conciliabules ; que ces mou*- 
vemens qui ont fait couler le fang d'une foule im.nenfe 
de patriotes , ont été imagines pour arriver plutôt &. plus 
fCirement à la rérifion des décrets rendus & fondés fus; 
ks droits de Thomme , & qui par- là étoient nu4fibles 
acx vues anibitieufes & contre-révolutionnaires de Louis 
Capet & de Marit- Antoinette ; que la conftitution de 
«791 une fois acceptée , la veuve Capet s'eft occu; ée 
de la dct;uire infenfiblement par toutes les manœuvres 
«s'elie ic fv». agiens ont employées dans les divers points 
joe la république , que toutes les démarches ont toujours 
.«u pQur.but d'anéantir ia liberté» 6c de faire rentrer les 
.Irançais fous le jougtyraonique , fous lequel ils n'ont langui 
.l|9e trop de fiècies. 

Qu'à cet eil'ety la veuve Capet a imaginé de fairé.dilcu- 
ter dans oe& conciliabules ténébreiix , & qualifiés depuis 
long teniS' av'.x Faifon de cabinet Autrichien, toutes les 
loîx qui ctoivnt portées par l'afferablée légiilative : que 
c'eft ellf 9 & par iu^te de la détermination prii'e dans ces 
conci>iat>Hles, qui a décidé Loms Capet à appofer fon 
stta au fanieiix 6c falutaire décret rendu par Taflemblée lé^ 
gifbtive contre ks ci -devant princes ^ frères de Louis Ca- 
pet, âc lès:émgrés , Sji contr^ cette horde de prêtres ré- 
ftaâaires & fanatlqiies, fép.arukis dans, toute la France : 
vitQ qui a> été l'une des principales caufes des fiiaux que 
depuis la France a éprouvés. 

. Que Veft la veuvQ Capet qui fai foi t nommer les mi- 
•«ittres ptrvers ^ & aux places dans les armées , de dans 
lei bureaux des hommes connus de la nation entiète pour 
^£S confpiratcurs contre la liberté; que ç*cft par fcs ma*- 
nceiivres ë£ celles de fes agcns , auffi adroits que perfides^ 
'«ilciic eÛ parvenue à cpjupofcr la nourelle garde d^: Louis 
C&p^t (i*anciefis officier^ qui avoient quitté leurs corp« lor^ 
da.ienj&ii^. exigé »^ de grC^tr«s/r<éfra&*i|'cs ii i^iy^jaLïi^iVt ^ 



& enfin At tous les hommes réprouvés ,|>onî ïi pTupart &, 
la nation ,&.' dignes dc.rervir dans i'^rmée de Coblentt, 
oh un très - grand nombre t& en c(F«t p'afle depuis le 
licenciement. ' 

$ue c'éft îa veuve. Cipet , d'inrellîgence avec h feÛioâ 
lîfccrr.cjde , qui dominoit alors i*ail'embfée légiflîtrîve, 8c 
pendant un tems la convtAtîon , qjï a fait déclarer tk 
guerre au fol de Bohilme & de Hongrie, ft>n frère; ^tas 
c*cftjpaf fés manœuvrer & (ts intrigues toujours foncltA 
àla.lFrgncè que s'eô opéfée la première retraite des frisr- 
çais du territoire de la Bel giqufs. 

Qufe c'eftja veuve Câpet qui a fa'f parvenir aux pùîf- 
fances étraneères les pians de canipagtie âc d'attaque qtfi 

^tçTent convenus dans le confcil ; de manière que par ^ettte 
double trahifon , les ennemis étolênt toujours inftruits ^ 
Tayance des mouvemens que devoit fairire l'anhée de la 
Vepublique ; d'ôii fuit la cônlèqliènce , que la veuve/'' Capet 
«ft. l'auteur des revers qu'ont éprouvés ».en différefts tem^, 
les armées franc aifes. !, . , 

Que la veuve Câpet à médité 8c combiné avec ici pet- 
fidës agens*, l'horrible corirpi ration qui a éclaté âa s U 
journée d>i lo août, laquelle n'a échoué quô par les cfforfci 
courageux & incroyables des patriotes; qu'à cette fm elfe 
à réuni dans k>o habitatio;i , aux Thuileries, jufque dails 
des Toufcrralns , l.cs fùKTes qui , aux termes des décrets, ne 
devaient plus cofnpofer U gardé de Louis Capet ; qu'elle 
les a entretenus dans uti .état dlvrefTe depiiis le \9 jfusqn'aor 

* lO mghn j jour convenu pour ^exécution de cette horribife 
.confpiratron , qu'elle a réuni également , Ql dans Ib même 
defleîâ , dès le 9 ,, une foule cïè ces êtres q\ialifiés de cfe- 
'paliers dupàtgnard^ qui avaient figuré déjà dans ce même 
lieu , le ii février 1791 , & depuis k Tépoqut du aa 

Jvini79> j , « . 

Que la veuve C^pet , craignant fans doute que cette 
CoriTpVratibp n*eût pas tout Teilet qu'elle s'en étoit promis , 

" a été , dans la foirée du 7 août , vers les neuf heures & 

^ demip du foir , dans la falle où les fuifTes & autres à elle dér 

, voués travailloient à des cartouches ; qu'en même t^ms 
qu^clle les encourageoit à hâter la confeâion de ces car- 
couches^ {four les exciter de plus en plus , elle a pris àts 
cartouches & a mordu des balles. ( Les expreffions man* 
guent pour rendre un trait auffi atroce. ) Que le lende- 

'main » 10 , il efl notoire qu'elle a preffé bL Ibllcité Loufs 
^àpet 4 aller dans'lès TJiuileries , vers les cinq heures Se 



(104.) 

ideinU du naén 5 j^afler la revue des véritables fujfles te 
autres fcéUrats qui en avoient prît l'habit, & cju'à (ôû 
retour elle lui a préfenté u]\ pi^olet , en difai^t : Voilà 
le inoment de vous montrer , & aue , fur fon reCus , elle 
Ta traité de lâche ; que , quoique aaos fon interrogatoire là 
veuve Capet aitoerfévéré ï dénier. qu'il ait été donlié aucun 
ordre de tirer (ur le peuple » la conduite qu'elle-a tenue le 
dimanche 9 dans la ialle dçs fuiiïes , les conciliabules qui 
cm eu lieu toute la suit , & auxc^uels elle a aflîdé, l>rticie 
du piftolet & fon propos à Louis Capet , leur retraité fit- 
bite des Thuileries , & les çouus de fufil tirés au moment 
.lie leur encrée dans la falle ds 1 affemblée lé giflativè , toutes 
ces circonftances réunies ne perm^ntent pas de douter-qu'il 
]n'alt été convenu dans le conciliabule qui a eu lieu pendant 
toute la nûft , qu'il falloit tirer fur le peuple , & que Louis 
Capet & Marie - Antoinette , qui étoit ta grande direc- 
,trjcede cette conipiratioa ., n'ait elle-même donné Tordre 
dp tir«f. 

Que c'eft aux intrigues & aux manœuvres perfides de la 
.veuve Capet, d'intelligence avec cette faâiôn libêrticidé*, 
dont il a été déjà' parlé , & iou% les ennemfs de fa répu- 
blique, que la France ëfî redevable , de cette guerre intef- 
. tinc;, qui. la dévore depuis fi long-tems , 6c dont h^reufe- 
ment la fin n'eft pas plus éloignée' que celle de (es auteurs. 

Que dans tou^ les tems , c'eft la veuve Capet , qui , par 
cette influence qu'elle a voit acquife fur le^prit de Louis 
Capet ,' lut avoit infmué cet art [Sfofonci et dangereux de 
dimmuler & d'agir , 6c promettre par des aéleS publics' , 
le contraire de ce qu'il penfoit 6c tramoit coilj6inteme ht 
avec elle dans les. ténèbres , pour détruire cette liberté , 'fi 
chère aux français , et qu'ils (auront conferver , Gc recou- 
vrer ce qu'ils appeloient la plénitude dm prérogatives 
r'oy-iîes. • . . .^ ' '^ 

Qu'enfin la reuvc Capet , immorale fous tous les rap- 
ports , & nouvelle Agrippine, éiA li pttverfe 6c fi (àmi^ 
lière avec tous les crimes , qu'oubliant fa qualité de nière , 
6c la démarcation preCcrite par les lojx de la nature , elle 
n'a pas craint de fe livrer avec Louis Charles C^pct f (en 
fils, 8cde Tdveu de ce dernier', à des indécences dont l'idée 
6c le nom fçul font frémir d'horreUr. 

D'après l'expofé ci-Jeflus , Taccufateur public a dr^ffé le 
préfent aûe d'accufation contre Marie- Anto.aette , fe qua- 
lifiant de Lorraine d'Autriche, veuve 4e Lpois Capet ^ 
pour avoir méchamment & à delTeia: 



\}^^) / :. • . : 

. »•. De cofaccft avec lés frères de Louis Capct i & l*i«* 
Attte ex-minîflrë Câtonhe*^ dilapidé » d*uhe manïiteeStojM 
ble, les finsmces de U France , et d'avoir fait pfdlec des 
femmes incalculables» à Tempereur , 8c d'avoir aitiû épuifé 
k iréfpr na(iona). ... . • . . '-w . 

2^ P^avôÎT , tant par elle quie par fes agens coiurê-révo« ! 
|ii!Îonx>air\es , ^entreten^I des intelligences 6l des corce/pçn^ 
iiaflces avec les ennemis de la république , 6c d'avoir in** 
f^»rmé ou. (ait informer ces mêmes ennemis des pl^as;de 
tampagne A d'attaque conveiius & arrêtés dans le confeiL' 

3^&avQirj par les intrigues & mànœuyres^ & cell^ ' 
ée fes agènr, trahie des confpirations 6c des ^complots 
éùBtre -la (B^eté îmérîetfte 6c extérieure de la France , 4c 
ë'^voif à cet ^ffet allumé ta guerre civile dans divers poi|it$ 
de la république , &• armé us citoyens te uns contrp j^ 
autres , Sç d!avoir , par ce moyen , fait couler le fang^df un 
iioi9liA« .incalculable de citoyens',' ce qui eft contraire. %. 
Vartict^IV' de là feftion Ire. du titre 1er. de la fecondt . 
partie du ccdd pénal & àj'article II dç la Ile. feâion di| 
titre 1er. du même code» , * ' ' ^ 

En confêqu'ence, l'accufateûr public requiert qu'illuj. (âi| 
donné aHé ;ijbar1e tribunal aflerablé , de la préfente akfi\:f^ 
fiction ; qtl^ilTdirordonné ({u'à fa diligence oc par un;huiÀ 
fier du tribunal , porteur de l'ordonnance à intervenir % 
Marie-A^^i'î^c^'c i. ^^ qualifiant d'Autriche, veuve de Loui^ 
Capet , aâneUemént détenue dans la maifon d'arrêt » dk# 
la v^oncier^erie du Palais « fera..écrouée fur les regîAre^ de 
ladite maiion , p6ur y refier comme en maifon due juffic^^ 
comme auffi qu6 l'ordonnance à intervenir fera notifiée à la 
municipalité de Paris & à l'accufée. > 

- Fait an cabinet de l'accufateûr public, le premier ]o\é 
de la tcoifième décade du premier mois dé l'an deuxfdd 
la république Une 8c indivifible. ^ 

Signé, IBoviijjiESL. > - r. 

• Le trlbuAal^ faifant droit fur U réqi^tfitoiie, <k faoc»» 
fateut public , lui donne aâe de- l'accuiation portée contna 
Matie-Aùtoinette» dite de Lorraine d'Antriçhei f^aveda 
Louis Capet. 

En conféquence , ordonne qu'à fa. diligence 8f par un 
huilTier du tribunal , porteur de la préfente ordoanance'^ 
ladite Marie- A;itbinette y veuye.de hot^% Capet. ». fera 
prife au corps, arrêtée & écrooée'ffir les fçgillm deJà 
oiaifon d'arrêt , dite U Coaciergeci€| à Paris^ oU aile e(^ 



{toi) 

àfittcltfinent dlteiiQ^; Mur y refter comme ea m^iSoa 
et jttUioe ; éamme aum que la préfeotc ordonnance (eii 
notifiée, tant à la manicipaUté de Parts qu*à l'accnfée. 
N»ta. L^terrogatoire au numéro procnain* 

^rréié du dépammmt dt Paris ^ du vinff quatrihnit jour du 

* premier mois dt l'an dtuxîimt dt la répiâli^ue françaifi ^ 
' utt & in£vifihU. 

• Le dîre£h>îre après avoir entendu la leâoro de l'arrêté 
dtt coofçil-généfai de ta commune de Paris^ en date 
lâu vifigt- unième jour de ce mois « relatif à la pourfuite' 
des crimes de Bailly , Lafayette , & de là municipalité . 
ée 1790 , & par lequel il a ordonné la recherche <k. 
Tarrefiation^ de tous ceux qui ont approuvé le maiTacrt 
ds ;Champ-de-Mars; 

" Confidérant qu'il n*a pu lire fans Mmir èladigni^ioo » 
l'approbatioa barbare que le déportement de 1791 a 
donné de faog-firoid à cet aâe fanguinaâre par fes arrêté» 
des 17 te xi juillet 1791 : 

Confidérant que fi à ce crime on y joint encore tous -^ 
teiix dont il s'efi rendu coupable avant & â[>rès la tsop^ 
faitaéufe époque du 17 juillet » & sMtammetfit au %o juin 
éc an 10 août , il eft du devoir de tous les hommes li-« 
bres de joindre leurs efforts à ceu^ des magifhrats du 

Cuple y pour que de pareils attentats tie demeurent pao ^ 
punis, & qtae ,d^ toutes parts un cri de vengeance* 
doit s'élever , pour faire tomber fous le glaive de la juf- 
etce nadonale les têtes de ces infimes adininiftrateurs^ 
jvendtts aux tyrans , & qui , n'ayant pu enchaîner le 
peuple & perdre. la liberté, ont fait aflaffinet fes ptna 
Sotiepides défienfeurs ; ^ 

Confidénint que le tribunal du ftxîème arrondiffes^enf ^ 




le ^parlement & la municipalité de 17 fù , & été Tinf- 
trufl^ent volontaire 81 criminel de la coiiipiration omdio 
4:oiitrer h Souveraineté & la liberté du peuple , 
Le procureur-général- fyndic entendu: ' 

Arrête' que le procorenr-générâl-fyndlc dénoncera à 
Paocufateur public du tribunal révolutionnaire tous les 
adminiflrateurs dn département de 1790, fi^nataires def* 
4iai jjl<t6p. dlf 17 ^^ I? juJiHçt 1^91^ du rapport ^ dç 



"( W7). ; 
rarrêté ivL 6 dudlt mots de juillet , de la lettre au mî* 
aifire Rolland , du 12 juin » dans laquelle on provoque 
la dîObluôon des f(»cîétés populaires , ic nçtamment celte 
dei jacobins , & de la pétition au ci-devant roi du • . , • 
« rf • • • pour l'engager a mettre fon vtto Air te décret 
rendu contre les prêtres r^fraâaires ; qu'il déîibncera éga- 
lement, à l'accufateur public dudit tribunal^ les açcuf»- 
leurs publics , juges & commiflaires nationaux compo* 
fant , i réppque du 17 juillet 1791 , le tribunal dit 
fixième arràndiffement : qu'en conféqueike » le procurent- 
général-fyndic enverra audit accufàteur public ejqpédition 
ie toutes les pièces d-deflus mentionnées , Ac de touttî 
autres ^^ tendant à prouver les délits contre la (ouint- 
raineté du "peuple & la liberté ^ dont fe font rendns cou- 

Ebles le département de Paris de 179e & le ttibunal dn 
iéme arrondiffement* 

Le £reéloire arrête , en outre ^ que le préfent arrêté 
It «eux des 17 & 18 juillet 1791 , feroi\t. imprimais, affi^» 
chés dans Fétendue du département de Paris , envoyés à 
la convention nationale, au miniftre de l'intérieur, an 
conieil-général de la commune , ans deux diûriâs ru#> 
ranx , aux euarante-huit ferions , i tous les dépavtemens 
8c aux focietés populaires, 

Srgnés Lachevardîère', Momoro , É J. B. Maillard, Du^ 
bois , Houzeau , Bourgaîn , Lçblanc Cl Concèdieu; LuUier , 
fncurtur^ginéral-fyndie , le Raifon , ficrétaîrf. 

Il n'y a que le journal des révolutions de Parts qui 

aie u le courage, pour la millième fois,>l*afnron(er tousle^ 

. dangers pour dire la vérité , & défendre les patriotes 

égofgés au champ de Mars , pour «voir fou^ du droit 

iacré de pétition. 

Je déne à Taiccnfatenr public » Bemaéd , de petrtitiivre 
le décret d'accnfadon dingé contre moi , Prudhomme. 

Voyex Its numéros 105 ,106 & 107 de .mon journal ; 
TOUS y versez que j'ai prédit qte'un jour M portèrent eti 
triomphe cecte fameufe pétition. 

Certainement les autorités de ce tems>là font bie» 
coupables & doivent expier leurs crimes ;. la difcuffioo 
de ces trois numérds funiroit pour faire leur procès. 

A cette époque , je fus menacer d*étre emprifoml^^ 
9Êéisé » fi je parleis en £iTei*r det pétitieoaatres; 



y 



\ ' • Du nouvtau caùn'drîer. 

En 1788 , là veiVIc de la fétc des roîs , îe bourreau 
. brûJa , an pied du grand cfcalîer dtt palais , dit de juftlçe , 
Vdlmsaach des honnêtes gens , d'après un arrêt du parle- 
tncnc de Paris fur le réquifitoire & les conclufions de 
sn*. Antoine Seguier , avocatgénôral en la cour. Pendant 
ce bel aiitoda^ , l'auteur , S} Ivain Maréchal , nëchap- 

E9lt à la robe-courte de nolTeigneurs de la grand*cham-> 
re , que pour tomber dans les mains des inipeéleurs de 
police qui , porteurs d'une lettre de cachet , le condui'* 
firent à S« Lazare. Pourquoi tant de bruit au fujet d'un 
almaitach d^ deux fols , qui pourtant , à caufe de la cir- 
<onftànce \ fe vendit juiqu'à 3^ liv. ? Ccft que le non*; 
Teau légendaire , au lieu du faint qui fe trouve au if 
snars , avoir écrit : Bmms tut Cé/ar. Ceft qu'au premier 
]ttin , il «Voit rappeHé Vépoqûè du roi Tarquin , chaiK 
de Rome par un autre Brutus. CéA q^e les mois divi« 
fés par décades profcrivoit le dimanche , &c. La cour de 
YerlatUes ëc le clergé de France ne deVoient pas y'o\t 
et bon oèîl un tel renverfement des idées reçues. 
• Que les amis de Pauteqr qui allèrent le vifiter pendant 
, ffs trois mois de captivité , Teuffent furpris agréablement , 




fes prêtres , & repréferttée par une convention compofé< 
de.legiilateurs philofophes , n^aura plus d'autre . almanach 
que le tien , modifié d après les circonftances. Tu fais com^ 
snencer Tannée avec le fol.eil de Mars , la fondation de k 
république i Paris , coiacidant avec Tère agronomique di> 
II feptembre « aflbdera les merveilles de la nature aux 
tî^vaux politiques.d'une grande natiou régénérée i & certe 
téferme fera Iç dernier coup porté à rafiuoeratie monar^ 
cbique & facerdotale. 
^ Npus reviendrons fyt le nouveau calendrier. , 

Jugimeni demitr du rois. 

Le théâtre dt la République » rue ci^devant de Rich^^ 
fieu , près le palais de rEjjalité , n'a jamais mieux rem.pli 
fdn titre que depuis qu'il joue une pièce d*ung?nre ori?., 
(inal , 8c qui a pour titre ; le /ugem^ni dernkr dit tqU% 



Xm) 

De cbaods pa^ote$ fe jToQt plaîflts^efiiîiremeiitiàfopenr 
' de n'y voir repréfenter que d€s têtes couronnées ; on i»^ • 
fera point le méii>e reproche aux artiftes de la Tall^ et* 
devant d^ Variété. Tojis les .monarques de TEurope , à-' 
peu-près, 7 figurent, il.eft vrai, fur la fcène ; mais» 
pour ainû dire, mufelis ,.. comme les ours que les mon?' 
ta^nards de la Savoie faifoient jadis danfer dans nos car- 
refours pour amufer la multitude. Il faut les voir ti^és de- 
là cale d*un.vai(reatt , fic.itits en. pol&flton Vunc île. vol* 
cahifée , paf de 'bons faos-culpttes.de chaque ieâion 6e* 
l'Europe ; car i'auteur , Sylvain Maréchal , connu déjà pâr^' 
des prophéties qui pnt eu leur entier accompliflement ) 
prédit ici qu'ion jour^ ^ l'exemple des français, toas les 
européens doivent, à la même heure, faire main-baiTefur' 
la personne de leurs rois , & Les condamner à la déporta- 
tion fur une terre lointaine , pour y être dévorés par un 
volcan. Il eft curieux & plaifant deles voir tous débarquer- 
avec leur couronne d'or fur la tête , & une chaîne* de fer* 
ail col , fans en eifcepter N. S. P. le papç ôc l'impératrice 
de Ruffie. Il ne manque à cette pièce que de pouvoir être: 
repréf entée en préfence de tous les f^ns-culottes de rÇtt« 
rope. La fî^oir théâtrale ne tarderait pas à ' devenir un fait 
hittorique. 

Vvuwr du jugtmtnt dtrnia des mis ^ â fis caneit^ytaSm - 

. Citoyens ! Rappelei-vous donc comment, au tems paiïé, 
fur les théâtres, on aviiriToit, on dégradait, on ridicU'* 
lifoît indignement les claffes If s plue re^,èâables du peuple 
fouyeraitt , pour faire rire les rois & leurs valets de cour,^ 
J'ai' pt&fé qifil étoit bien teins de lenr rendre la pareille ^ 
fie ' e nous en amufer à notte tout. AiTez , & trop loifg-^* 
tenis ces Mtffiturs ont eu les rieurs de leur côté ; j'ai 
penfé que c'étoir le moment de les livrer au peuple , & 
de parodier atnft.un v^rs heureux de la comédie du méchant ; * 

Les Roi* font ici Iim pour nos menus phifirs.'! 
Voilà le motif & l'excufe de» endroits un peu çfiargh du 
jugement dernier des rois. 

Ia bon Dim dans une giberne» 

' Je rencontrai hier un de mes amts, prêtre de fon métier: 
II ^it en uniforme national. Voici mot pour mot notre 
converfation. 

( Le prêtre. ) Je monte ma garde aujourdliul; mab tu 



M CtnnetM pu' ce qvé')*at là dedatii , ( enme moii^ 
' tnntfz gîbenMi^). *— O font appuimment des caitouchei.^ 
~C'cft qirebuechofe de mieux qae cela-' — Jeaccon- 
noif rien au^deffus des cartouches dans le cem» préfenc 
-^ Ce que j'ai-Ià eft de tous les tcm$. — Eft-cequd- 
qwe ch«re qui tue ? — - Au contraire , [c^eft qudqué 
chofe qui donne la vie : c'eft le principe de toutes cbotes. 

— Le principe^ de toutes chofes dans ta g«beme , eft utt 
peu fort — Ccft la vérité. — ' Eft-ce ta vérité de prêtre, 
ou ta vérité de fpldat ? — J'avoue que c'eft un peu ma 

. vérité ifi prétire. -«En ce cas explique-toî catbégorique* 
mtnt^ car je ne fais pas deviner les énîgihes. voyons 
quel myftèris renferme ta giberne. — Mon ami €m en 
efi'et un, grand myflère; c*eft le bon Dieu. — Le bon 

' Dieu 1 — Oui , le bon Dieu. Fétois au corps- de garde ; on 
eft venu me requérir de le porter à un de me» 6dèles^ 
qut fe difpofe à faire le grand voyage ; & pour me con- 
former à un artété très-fage de la commune , )e remplis 
ma fonâion de prêtre en habit de« citoyen , attendu que 
pour cette miffion parriculière , IL faut que je forte du 
temple. J'avoue d'ailleurs qu'il eft plus commode & plus 
décent d'être vêtu en citoyen foldat , que d'aller en ha1>it 
de m^fque funèbre , épouvanter un hoçime à fes derniers 
momens ^ & faire agenouiller Itf petits en^ns dans la rue. 

— Ton langage fereflent déjà de ton habit; je te par* 
donne; d'être prêtre ^ & s'il enfant abfolument , puiflept* 
lis tous te reffembler ! \Adieu. ( Extrait dt la ftuilU du, 
iélut public ). 

Nùulfdlts i€s amiîs. 

Sans & trahifon dn général Houchard ^ depuis long*»- 
temps les autrichiens feroient chaffés du territoire français. 
Pitt » qui vouloit , à la rentrée du parlement d'Angleterre; 
ne pas paroitre les mains vnides, & préfenter pour fruit de 
la guerre qu*ii av(rit entreprife , la poffefion an moins de 
deux ou trois villes. françaifes ; Pitt fit changer le fyflême 
des alliés, & en portant l'armée anglaife fur Dupkerque ^ 
divi fa leurs forces & les affoiblit. La république firan^a'fe 
avoit tout \ gagner à ce nouveau iyftême : il lui fumfoit 
d'amujfer les autrichiens d'un cdté , & pendant ce tenu , de 
raffembler des forces coniidérables dans l'efpace qui fépare 
Valenciennes de la mer; de les employer d*abord à culbuter 
lesanglois, qui étoient les plus foi blés; de redefcendre 
enfuitc , 6c de prendre les autrichiens par derrière. Le iuc* 
ces de cette entreprife étoit àfluié û noue général TaToit 



(ni 7 
Vtalu. Une ffpuIedÎTÎfion qni donna ^ fuffit pour «A ^iffimr 
Use partie, ficdilirrer Dnnkerque; ce qui prouve '^oTes 
combien il étôlt infaillible. MaisHoucharÀ le montra le 
dtpaeélèrc deDamourler &deCuâînes^il prbtilit aux^enne-'^ 
mis de les ménager , & le duc dlfork , en voyait une pac- - 
tte de Farmiéqut fe battoit férieurement ^ ^'^À: nous 
fommes nwhis, A cette affaire , tous tes angloîs auroient dû 
être tnfs^, ans bu noyés dans la merienfuîteiious aurions diL 
prendie{>IufiettrsviucsdesPa3rs-Bas9 pour couper la i^ 
traite aux ennemis.. La perfidie des chefs a fait avorter ce 
beau projet;' il a fallu du tems pour changer les chefs, pour 
nettoyer l'état-major & pour fairt lever k fiège de Mau- 
benge. Aujourd'hui on revient à ce premier plan aTeç queit . 
4jpies modifications , que le tems a rendu néceflaxtes ., & U 
conuoence à s'exécuter ^ comme on peut le vmr par les iec-^ , 
fret fuivantes: 

Zum du citoyen Ifori,^ rtfrifintant au peupU « pris VarmU 
du Nord^ dàtii du quartUr- général à lu ^Crob^-BUnchi ^ 
h preuUer du ftcond mois ^ Van dtuxicau de la. ràpu* 

Pannonct à la coovtntnm MHonate tiSoirei sur vic- 
toifet; nous forçons l'eonemi par-tout, & nous.fommei 
devant & derrière Meoîii. Nos fuccès font an cèmble i 
les autrichiens font, grâce à nos tanonmers , far leur 
terrein. Oo n'entend que crîer : m avant, invi la républiquK , 
Voilà le. mot de ralieàient d'hier & d'aniourd'huî ; les 
efdaves hanovriem fe'iont mit dens leu^ redoute à ge- 
noux devant le j^éaér^ Jourdan. Pendant le fen quitta- 
^iloit Menin , )*éf6is à ^X^aillent & Salliy, où le jcpnM 
' «bat le plus vigoureux s'eft donné :*ces deux villages ont 
éré forcés ^^ et nontf avons pris une pièce de fept. Les 
eiciaves de Pitt à genoux , ^n nombre de <inq cents , fé 
font déclarés prifonniers j fc nous- leur avolis pris , fous 
Menin , iix pièces de canons-: je ne fay* ce qi|i leur a' été . 
pris fur différens autres points ; mais je peux dire que nous 
n'avons perdu que très-peu d'hoiMnés , & potfit de canonW 
La république efi ds|n> fes betux j^uts : ii nos armées ron< 
ÔMnme la divifion de Lille, il n'y aura phi^ d'efçlayes 
en Europe^ dans fix mois. Nous avons tué hier un trou- 
fean entier d'émigrés ïoùs le tUfyAtn de 'Wervick. Un 
jind a été envoyé à Lille pour emretenit le feryice de la 
gfiillotine. A demain dans U Belgique. Triomphe Se loiç 
«lu fanft<ldoctn^ ' , 



' AS. je voù» en vote , tiics cdtlègaei i un dicret de rtcl'» 
lieots tes chtfCs d'efclaves , qui rétablit la dihi^' ^^a» le 
pays conilins ; il peut fervir de preuve contre la religicm 
des imbéciles , iiui ^croient qu'il tant du bled pptu o^Ur- 
rir les reliques. J'ai* arraché ce décret à la porte d'iin oft 
icier iriuhicijpsd quî'étoit.én fuite. 

'Déent itndH var la Jttnu ImpérUtt itahlU pour fw^ihij^a^ 

' iiôn provijhirt du pays concis ^ fur la fcquêtt du citf* 

pltrt de Ihurttay , rclathinuht a U perception des dipus^ 

La )itntc» éttblie par i*admîni(lratidn du pays conquis^ 
ayant en rapport de cette feqiiête,a déclaré (ScdécYare 
que la dkne éunt une propriété , Ifes loix y seladve^ font 
réublies dans toute lenr force-flar rtrttde II de la décla- 
ration du ao At ce mois , comme elles intiftoiicfit ait 
commencement de 1719 , À ce, dans it>jites les, pactief 
eonquîietyfans'dUltnâion) foit qu^elléb'fe trouvent occupées 
par les* troupes 4$e S. M. ou pat celles des puillaaçes 
alUées. - * . 

Quant aux endt-oits qui font encore dépourvus dé gens 
de loi; 1^ junce autQrite.iescusés i l'effet As recevoir 
le ferment des tourneur» de dîmes ;£ût défenfes à tous 
6c Ufi jç^s^n d'apporter aucun trouble ou empêchement 
de fait à U perception de. ht fUme,<fous peine d'être 
é'aités comme pertHrbateurs de J'ordre public ; peritiet aii 
cliapitre de Toumay de faire -pdïlier. âc afficher le prér 
fent décret par- tout ob il ingéra à^pi^pos. 

- FaîtàCbndé, le 30^ Juillet 1793. EtoUfignéJe G.'VIi 
plus bas, OeHssdiN. . . ' . , . 

Et la fupericription k ^m^ifiaur» dn chapitre de Tour-: 
aay » fous le cachet de fa maieâé*; 
Il eft atfifir « . . > 

D&iOM> fecirétaîre dâ chapitre. 

^u fuarûtT'général ^ à Famu-y le premîtr jour iU ficoni 
mfis , &c. Le général 4^ hrigaéi P^eàdamme g ^au eomîti 
. 4€ fiilm pUflèc.j 

.Je fûk parti «e 'matin à une hemt de Dunkerque; 
aîvec des ] tbrces d'iofantetie » flc Je:Ânnuième régim^ff dn 
cbaiTeurs à cheval , pour marcher (ur r urnes. J'ai dîvîtt 
m^Vtroupçs en deux colonnes; l'une |c f^ta par la 

porte 



(»3) 

P^e de Dunkerqaei , & l'autre par rçilran : elles arri^ 
▼ètem .«levant cette ville à cinq heures. *J*cii fis faire 
attffi^cèt f attaque par le général de brigade Hoche «tan- 
dit qu'une col6nné de quatre mille hommes ^ commandée 
P»t le général de brigade Gongelet, partie d'Hôttdfcoote » 
Tattaquoit jjar la porte d'Ypres. L'ennemi , au nooibre 
de. trois mille hommes bien retranchés » avec plufieurs 
pièces de canon , voulut réfider , & nous empêcher de 
pénétrer dans la ville ; mais le courage que. montrèrent 
^iis les foldats républicains épouvanta los vils efdaves : 
tsous les chaflames de la ville la bayonnette dans les 
reins; ils fe retirèrent en défordre» ÔC nos troupes les 
pourluivent encore. Cette affaire ne nous a. pas coûté .^ 

douze républicains ; nous ^vons eu quelques bleffés. Une 
centaine d'eiclaves ont mordu la pouilièrei & nous ai - « 

avons pris environ iblaaote é fans compter ceux que les ' ' ^ 

braves foldats vont attraper encore, tans le nombre des 
prifonniers fe prouvent trois émigrés. J'ignore û vous conr 
noilTez le traitemei^ que (e leur fais quand j'ai te bon<« 
heur d'en atcrapper ; )e ne donne pas à la commiflloa 
militaire la peine de les jug^r ; leurs procès font f^its ;/ 

fur le champ , mes pifiolete & mon &bre font leur af- . f 

faire. \ ; 

Si le camp enneiol de Dixmude ne m'attaque- pas en ^' 

force, demain je marche fur Nieuport , & après demaui 
fur Oftende ; je les enlèverai comme Fumes. Je fuis . / 
d'autant plus fondé à vous le dire , que l'ennemi .trem- ' 

ble , 6c q-se les foidats que je con^mande font auf& coù- 
Vageiix que d^fciplmés. Aucuii pillage n'a été commis 
dans cette ville; les répubiicains ne pënfent qu'à fe bat- ' 

tre 6c à vaincre ; & avec de tels hommes , que ne peut- 
on pas efpérer l Le citoyen Gartaigner/com^mandant la 
marine de Dunkcrque» a -mis ^ la voile toutes 4es cha- 
loupes Qc bâtimens en état, âc il fait un mouvement: 
il attaquera par. mer » Ollende , lorfque je l'attaquerai ' < 
par terre. J'^fpère, citoyens reprélentans , que dans huit 
jours on dira^: il y avoit un beau port à Oftende. Je 
fais main - baffe fur toutes les cailles appartenantes aux / 

defpotes ; & non content de cela , je tais faire contr- 
buer la ville, conformément à votre in(lruélion : je veux 
faire une te le provifion , que l'armée puiffe vivre cet h - 
ver fans qu'il en coûte rien à la république. Four cette 
fois les fyrans leront totalement exterminés. Vive la ri^ 
publique une & ind>vifible^ Signé VandaMME» 

N% aJ3 , tome t^. E 



(114) 

P. S. le Tleni d'apprendre que je n'ai rien à eraiii^ 
dre du camp retranché de Dixmade » il eft trè&-fo2hle. 
Tant mieux ; mes troupes font fous les murs de Tiieu' 

Îort. Demain je Teolève ; après demain à Oftendè : je 
Otts rendrai compte de mes opérations. 
Sur la proportion de fiarrère , la convention décrète 
Tinfertion de, ces lettres au bulletin ,. & leur ehvoîe aux 
armées. 

Lts rcpréfintansdu piupU , Elit Lacojle & PtyfardyiAf^ 
ras , U premur jour dufuond mois. 

Ifouf apprenons à TmÀant , par une lettre du gêné* 
taA Renfonnet « la prife de Marchiennes , que nos braves 
républicains ont emporté après dix heures de combat. 
Une grêle de boulets de de balles que lei ennemis fai* 
foient pleuvoir fur nos troupes, n*a poinuempêché qa'on 
ordonnât la charge , & que nos foldats nis ioient entrés 
TÎâorieux arec la bayonnette. Nous^ne connoiflbns pas 
^ encore les détails des prifes que nos troupes auront faites ; 
tnaîs Ton nous afluroît depuis plufieurs jours que l'en* 
hemi y avoit des magafins très-confidérables. 

Les deux lettres que nous avons reçues font datées 
d*hîer 30 t 8c écrites un indant après notre entrée dans 
la ville de Marchiennes. Nous ignorons encore quel efl 
le nombre des morts & des blelIés de part & d'autre. 
Ftos troupes vont continuer leur marche d'après un plan 
concerté avec les généraux & les répréfentans du peu- 
ple; fie nous avons tout lieu de croire que cette partie 
de la frontière f?ra bientôt purgée du foufile impur des 
fa tellites des tyrans. 

. Le repréfentant du peuple. Perrin écrit de Solhe-le- 
Château , le huitième jour de la ttoifième décade du pre- 
mier mois. 

« Après la retraite des autrichiens , le général Jour- 
dan donna ordre à la féconde dlvifton de l'armée des 
Ardennes de fc porter du côté de Beauraont. £n confé* 

3uence f Parmée s'étant approchée du pays « les troupes 
e la république ont occupé Sivry , efpèce de bourg 
très-étendu , & fort riche en fourraees. Cbmme les au- 
trichiens, dans leur retraite , c^t enlevé toutes les den- 
rées des malheureux villages qu'ils eccupoient , en deçà 
de Maubeuge , nous avons pris le parti de nous failtr 
de tout ce qui pouyoît fervir'aujc' armées françaife. £a 



( "S > 

cooféquencc , 9ii a cdnduit au quarder-ggén&al , i Solhf 
le- Château y trois cents voitures de foin , gerbes d'à vcnne 
& de froment , environ cent oœufs , deux cents moiN 
tons , quarante chevaux , prefque tous propres, à Tanil- 
lerie , trois cents auiles de draps bons à faire des capo* 
' tes i nos braves foldats , une affez grande quantité de 
toile» enfin une fcftimç de laooollv. en numéraire » que 
Ton a exigée de ce bourg , repaire des émigrés , & dans, 
leciuel on a trotivé des boutons faits pour eqx en aflfez 
grand noii>bre , portant une .fleur-de-lys au milteù » avec 
cette ififcription : v/v€ h roi , vive U nation. J*at fait dépo» 
fer à Tinfiant le ni|méraue à U caifle du ptyeur de Tar* 
laée. Cette opération , avantageufe pour la république 9 
3ra fe. cQutiitiKjr ydan^ fouie la principauté de ,ChyaMfr^ 
dont nop» fommes maiù^s , vu. que i'eunem^ ayant éva^ 
eue Beaumont , nous dqnnons la . main à PhiltppeviUe , 
par 9Qtfe . dtpife » ^ a Maubeuge par* la.gauche , 6l 
^Bous envelepp^na uue affez grande quantité, de viUagei 
& de. terceinsi toui /atiles en fourragjess^ oue noua 
ieion» jpaŒer à Manbeuge 6c daiî^ nos autres ipiace» <or^ 
ta, 11 le trouva' auffi dans cette oartie beauoDiqp de &»• 
get8( de.fçurnaux» uous ne jnénîgerofis rien pour. nooi 
^procurer tes "fers , dpot la réputmque a befoin^ . 

JUttrt du cUoycm Durêant 1 ntprifmtâmi du fwfk^ dmii tu 
•' dépûrttmens dt laSûmmt^ âwPas^srCaliâsirdêTOifi^ 
datée U premier jour de la premîhrt décade du fécond mois 
de la république françaife une & jmd^ijiili. 

Citoyens, collègues , nouvelle c^turt;,d*tnf3jnes bi^eta^ 
jles oritres réfraâaire» , vivoMut daof de^ tas de .£dmi 
dans fa ci-devant abbaye du Gard ; leurs barbes Iqingves 
fcmbloient anoonoer combien leur ariilocratîe étolt in- 
vétérée* Ces ttoii bêtes noires » e)HUQifles , ont été dé- 
couverts cachés, et après eux, on a trouvé un tréfor 
on terre i trpis perfonnes font en ce moment occcupées 
4 compter Tor, l'argent. & les aflignats trouvés; et. un- 
dis que les trois monftres font allés au cachot attendre 
leur jugement. J'ai accepté-» malgré, une fatigue ^ i'^id- 
fonâton du département de TOHe « où je vais me reiW 
.dre p parce qu'en nétoyant ce département , je n'en trou- 
verai que plus de moyens . d'extirper le chancre cada^ 
péteux de l'aïUbctaûe. Patieoce « et l'en découvrirai biea 



H'autres ; je tiens tous les fils : to¥$ les jours nonyellei 
découvertes. On part demain tous porter l'or et l'argent 
'arec les affignats. 

Sifflé^ DUMONJ. 

Si^nde Uure , du même , datée du premier jour du fécond 
mois. 

Je 'VOUS envole le beau^frère de Georges , & la pa- 
'rente de Pitt. Les citoyens Petit & Grîbèaoval » dépo- 
feront fur le bureau les tréTors cachfe que j'ai décou* 
,verti ; ih confident, i?. en €6,873 livres en or et ar* 
^nt; 37,070 livres en affignats ; loé -couverts, iS cuiV> 
%ffs à café, i 4; cuillers à ragoik, 8 chandeliers, une ta* 
J)atière d'or , quatre cafetières « deux couteaux , un ca* 
Jice et la patène , un drapeau brodé en .or , faifi chea 
«a émigré, et d'autres effets également ricW. .fen joîi^ 
drois encore beaucoup d'autres , fi je n'en avois* ktfft 
m difiriâ d*Abbeville. On vous dépsfera- dies * médailles 
4'or, fiir lesquelles eft gravée la figure de 'Louis4i-rJfc^ 
iDounL Quoique ce œonilre n'ait jamais rien valu / c'eft 
fur de 1 or et de l'argent que fa ftupide figure a été grai» 
vée. refoère que bientôt je fournirai encore à ces dépar- 
.^mea» les moyens de bien mériter de It patrie. Je trou- 
verai * quelques milliards, en annnllant' des ventes fîrau* 
duleufes qui ont été faites. La commune de Péquigny, 
par foh a£live vigilance , a mérité la men ioii honorable 
À l'infertion au buHetîn , et comme la découverte quelle 
m'a aidé à faire du tréfor caché au Gard lui a occa* 
«fioané des frais et une grande perte de tem{)s , je crois 
. qu'il lui doit être 4icco^é une indemnité de 6 à 800 It- 
vres 9 pour tuer le faoatîfme. 

Je viens de réquérir ratseAadon des prêtres qui fe per- 
snettroient de célébrer des fttes ou dimanche ; je f^is 
dirparoitre les crucifix: et tes croix « et bientôt je con»- 
prendrat dans la proscription les animaux noirs appelés 
prêtres; 'ai di flous , hier 10, la fociété populaire, et 
i'ai nommé un comité fecret chargé du Scrutin épura* 
toire : cee arrêté a éié couvert d'apptaudifiemens. J^at 
également fait arrêter que tous les ivrogpes et ceux qui 
les enivreroient feroient conduils dans les mairons d'arrêt-t 
pour empêcher que la falnéantîfe et l'ivrognerie lie per- 
4ignt la chofe publique , et ne privent les déxenfeucs de 



U patrie , des eaux-de-vîe et' boiffons quî font pour tux 
des objets de première néceffité.- 

Je 'pars pbur Beàuveais , que je vais. mettre au bouillon 
maigre avant de luv faire prendre incdecine. Les dépar^ 
temens qui font d^ns mon étendue vont fe lever ^ Ten- 
vîe, et bient6t TanOocratie aux abois ne faura plus ch 
fe réfugier. La répuitlique ou le mort. ' 

Si^né D u M O N T. 

Les efpagnols oe comptent p^os leurs combats que par 
leors défaites, '& ne favent par où paiTer pour /& retirer 
chez eux^ ou plutôt cbez leur tyran. Les anglais qui vou-? 
loceat prendre la Q>rfe , ÔL débarquer à Satnc Valéry^ 
n'ont pas été plus henret^ qu'à Dunkerque ; la raine 
de tous SOS ennemis eft certaine , puisque la France 
cft aujourd'hui réunie fous les mêmes drapeaux. Lyon li • 
été punie de fa révolte oreueilleufe « & fon nom , voué 
à Tinfamie , ne MAAtn plus que dans l'hifioire , pour 
étetnifer fa honte. Bc^dcaux. va êtr? purgé par Tarmée 
révolutionnaire dont la préfence aiTure le triomphe des 
fans-cnlottcf ; mai» ce qu^il y a. de plu> important , c*eft 
que les brigands de la Vendée tt*oiii plus d*afyté fur le 
«ondneat. • 

^gers s k y^du premier mois , tan % de la rèpubliqt^e fran^^ 
Ç4Ùfe j une & indivlfible. 

Les Vepréfentans- du peuple , près Tarmée de l'Oucft ; 
à leurs collègues , compqlini le comkc de fî>lut public. 



Citoyens collègues, « rapidité de notre marche, de- 
puis huit jours , & un enchaînement de fuCçès i|ui en ont 
été le réfultat , ne nous ont par encore donné le tems de 



âis huit jours , & un enchaînement de fuCçès i|ui en ont 

é le réfultat , ne nous ont par encore donné le tems de 

vous faire, avec détail , le récit intérefTant de tant de 



viftoîrcsi ; & nous profitons de quelques lîeures que nous 
avons dé libres aujourd'hui ^ pour vous les faire connoîtr^ 
I^ rapprochement de toutes les dîvifions de notre armée ^ 
vers les principaux repaires des brigands , s'étoit opéré 
avec facilité , oC chaque colonne , en s'avançant , brûloir , 
încendioit , & chaflbit devant elle toias les pofics ennç- 
mis dilTéminés dans les différens pays qu'ils occnpoient. . 
. La prife de Châtillon coûta cher aux rebelles, en ce 
qu'indépendamment de la perte çonfidérable qu'i)s firent 
des leurs , elle accéléra la jonâton de toutes les colonnes 
qui fe dirigeoient fur Mortagne & Choiet. L'armée fta- 
nonnée à Montaigu s'empara de Tafianges au ûkèmt inf- 



. (it«> 

tant ; it fuite , elte fe porta à la Ronugas , y .battit Id* 

ennemis , brû!a ce repaire , fut égorger les ayant-poftes 
' de Mortagne , fe précipita dans l^ faubourgs de cette- 
. ville j» & en chafla tes brigands^ dont un grand nombre 
mordit la pouffière. I«es Ëiubourg^ fursat iucendhés; & tes 
réelles enrayés de cette roanière ordinaire d*éclairer notre 
inarché, évacuèrent entièrement Mortagne. la teiitèrent 
d*y rent^-er , en cherchant à couper nos communications , 
& une colonne des leurs accourue de Choilet pour exé- 
cuter ee projet , fut battue oomplettement , mife en 'dé^ 
route y pouifurrie piique fous ^et murs de Choilet , après 
ftvoit perdu tous fes canons* Nos troupes feroient entrées 
ce four-là mime dans Choilet , û la nuit ne nous eftt ar« 
Tétés; elles bivouaquèrent fur la route < jufqu*au lende^ 
main , ob toutes nos colonnes réunies s'a^yicèrent fiir 
cotte ville, en avant de lagnelle /ennemi avoit porté toutes^ 
fes forces. Là une bataille ianglan te leur fut livrée. Le fea 
devint ter/ib)e de part & d'autre ; mais le génie de ta U- 
'berté » protégeant les héros qui cffmbattoient /p ur elle», 
tit pancLer la vidèoiré de notre côté , 8c n3us eatràmes à 
Choilet au bruit des tambours & des crts de vive U rifU' 
Moue. Les rebelles fe retirèrent jufqu'à.Beaupréau: > , 

. Les rebelles fen tirent fans doute que la perte de Choi- 
let Si de Mortagne devoit entraîner leur ruine totale , ^ 
t|u'ils n'avoient de reflburces qu'en nous reprenant ces deux 
poftes importans. A^flî dès .e lendemam lîs vinrent nous 
attaîprcr. Jamais r;.gc ne (ut plus grande que ccile qu'ils 
'mirent dans cette nouvelle attaque. Jamais peut-être ba« 
^^iille ne fut plus fanglante. Elle dura depuis environ miU 
*)ufqu*à huit heures du foir qu*i's furent mis en déroute , 
après avoir laifTé fur la place dix pièces de canon & une 
foule de mortiers. 

Profitant de ce fuccès, quoi'qU'harrafTée de fatigue , une 
de nos colonnes les pouriuivit toute la nuit , 6c arriva à 
*Une lieue de Beaupréau à une heure après minuit. 

Les brigands fe croy oient bien en sûreté dans cette re-. 
traite que la nature ôc Tart défendoient avantageufenient ; 
' mais marchant en fiIenCe , on trouva le tt\<tyei} d*égorger 
tous leurs avant-poftes , les uus après *es autres , & on 
fe précipita dès-lors fur le château de Beaupréau , où 
étoient logés tous les chefs des brigands. Eveillés par les 
cris que pouffèrent leurs dernières gardes aU moment où on 
* les égorgeoit , ils tirèrent fur nous deux cou^ de canon 
qui ne bleJèrent perfonne» & vs évaluèrent prci.îj>icgn^ 



( "9 ) 

incht ce repaire , dans lequel noué avons trouvé un mou- 
lin iî .poudre » trente banques dé falpétre , plufieurt 
tonne» de fonffire , de^f boites & mitraille en quantité , 
beaucoup de fer pour en faire ^ des canons, des caiflfons , 
du bled , des farinei en abondance , &c. 

Sans perdre de tems , & femblables à des chafleurs qui 
pourftfivent un animalî à ta courfe, nous fommes allé 
chercher les rebelles à Saint-Florent , feul & dernier re- , 
paire qui leur refloit & oti ils s*étoient ré&giés : mais la 
terreur qui nous précédolt étoit fi grande , qu'ils ne vou- 
tuient pas nofis y attendre. Ils fe précipitèrent dans des 
bateoux pour pafler la Loire , & la cont'ufîon & le dé- 
ibfdre qu'ils mirent dans leur fuite , lurent tels que des 
femmes ôc des enfans même encore à \a, mamei.e , ont été 
noyés au moinenl de leur embarquation. 

Bonchamp , iin de leurs che& , blefTé à mort à Tattaque 
de Chollet, & qui s'étoit fait porter fur des brancards 
înfqu*à Salnf-Ft^rent , expira fur le bord de la rivière , 
après l'avoir traverléc; Uelbet , ieur général tpi chef, 
eflauffi bleffé mortellement. La perte de Bonchamp vaut 
uoe viâoire pour nous ^ car il eft de tous les^ chefs de bri- 
gands , ceUii en qui ils avoient le plus de confiance , 
qu'ils aîmoient le mieux, de qu'ils fuivoient le plus vo- 
Ion tiers. 

Nous avons trouvé à Saint-Florent quarante caîflbns 
d'artillerie , beaucoup de pièces de canon , qu'ils avoient 
jettées dans la Loire , n*ayant pu lei emmener avec, eux , 
& quantité de blêd & farines. 

Parmi tant d'avantages, il en eft unc^ui fait éfpérerà 
nos coeurs une bien douce jouiflVnce , & qui plait bien 
î rhumanité. Indépendamment de tous les prifonniers 
délivrés à Mortagne; Ch&tillon, Cho.et & ceaupréau', 
nous en avons arraché des bras de Tennerai cinq milie 
cino tents « à Saint*Florenr. Ces malheureufes viâimès 
fe (ont jettées dans les bfas de leurs libérateurs,, qu'ils 
baignotent des larmes de la joie 8c de U reconnoiftance , 
& d'une voix àlToiblie par plus de cinq mois de fup* 
plicea, les premières paroles qu'ils proféroient en nous 
-voyant » étoient les cris de v/v< la république. Le nombre 
de tons ceux qui ont été rendus à la liberté , depuis h^ît 
jours, s'élève à plus.de huit mille. 

La convention nationale a voulu que la guette de I« 
.Vendée At terminée avant la an d'odobre , Ck nous pou* 
ifona lui dire aujourd'hui qu'il n'çxiAe plus de Vendée* 



■. (r 1*0 >, ... 
Encore que tous les rebelles ne fplent pu entlibreoiriit. 
CJctermln^ ; une folitude profonde règne ââùellemént dans 
le pays qu*ils occupoiént. On feroîc beaucoup di; chemin 
d&ns ces contrées avant de rencontrer un homme 6c un^ 
diaùmière; car, à Texce^non de Cholet , de Saint-Floren^ 
fie de quelq^uet petits bourgs , où le nombre des patriotes 
excidoit de beaucoup celui des contre-révolutionn^res , 
BOUS n'avons laifle âerrère'nous ^ue des cendres & des 
monceaux de cadavres. Nou^ allons pou rfuivre cette horde 
fugitive & épouvantée par -tout où elle fera. Déjà une 
pai lie de la garnilbn de Maycnce s'eft portée à Angers p 
cù elle arrive en ce moment, après douze lieues de 
irarche , fans s'anêter. Une forte colonne s'eft dirigée fur 
Nantis, & cel-e qui eft refté à Siuu-Florent , va paffer 
la Loire , dans le même lieu que les brigands , & toutes . 
les mêlâtes feront prifes paur courir aprë> , les cerner, les 
bloquer , & achever leur defiruclion. La peur leur ^ ï^t 
déjà abandonner , devant Ancenis , onze pièces de canon ^ . 
qui font reilées en notre pouvoir. On dous aiïuie, eA ce 
moment , qu'ils dirignit leur marche vers Caudé.. Nous 
'partirons cette nuit pour aller les couper en cette.ville , Sc 
celle de Laval , & nous ne nous arrêterons que lorfque 
nous Us aurons rerxoncrés , pour les battre. Nous ne vous 
parlexons pa^ , en ce moment t de tous les bravés de notre 
Armée,. qui, dans toutes ces dernières a£t ons , ont fait 
des prodiges de valeur. Cette lifte iniéreffante vous fera, 
înceifâmment foumife. Nous vous annonçons avec plainjr 
qu*clie fera longue 6e nombreufe , & c'eû par cette ralfon 
qu'elle mérite uii travail particulier. 
Signés , Bpurbotte , Thureau $ Choudieu , Fraacaftel. 

Li rtpreftntant du peuple , Francaflel , envoyé à Var-^ 
jttée de VOucfi ^ aux citoyens membra du comité de faliU 
public. 

Je n'ai trouvé îci que notre collègue Richard , les citoyens 
Choudieu & Bourbotte font à Tarrnée , depuis Tattaquis 
deChâtillon. 

Les rebelles ont tenté de paffer la Loîre , & y. ont 
réuffi au Pofte de Varade , qu'ils ont forcé , & qui s'eft 
Jiepliéfur Ingrande. On dit que cette ville eft tombée , par 
fuite, en leur pouvoir. L^s mefures font prifes pour les at- 
taquer & les faire repentir de ce paffage. Richard vous 
fera paffer les nouvelle» qu'il attend de moment en mo- 
ment 



nient ;, /« font d^s gens qu*. fuitfht , & qp'i font^p^u'rb. 
doutabl«. Ou eropcciiera bien qu'ils i'établiffent..iar lu 
rive diojfe de la Loir« , ou lU ont trouvé, peil d« pur** 

. Je. vais rc|<^ndr? ide ruite:YiOA <»Uèguc9 « <[uî. ioot j^ 
K411CÇ5 ; jç feitai contraint ide pc^tldre un plus lopg «ii- 
cuit ,,fi îa ront^ continue d'ctrtr interceptée, • ^ 

/^. iS'. Dans, oeire vïile , )**ii trouvé le» erprîta fcien raf- . 
furis i'ur le% l'uittsb que i*on cr^ignptc du« p^flage 4e U 
Loire par les lebelles , 9m BOλbre de dix mille , ^ pe^t* 
être plus , ea y comprenait les fe»Bn>es i ia petite arnwie 
<)u*on ^voit rpileinblé comte eux , le^ ^vqn .déjii ehaiEÉs 
cic S^î\u Georf,« & d'Ingrandp : niius ce qui afture qwe 
ces béigands n'éckappcroiK pas à lalra )rt,.c'eft quMtiaat * 
stiaîntefiaoè etttre /^et.x: «tjnée>».qui les ex^crminerfuft. 
Nos collègues , Boi'.rbort,:, Cl.oiidiau &. Tuireau, viep- 
nent ti*arriveT ^ a£con>pn^cs dfi.g^Ad^al BeauputH : ils 
%ous fionAcront eux-iîicraes tçu> \t$ détails de.CjOS d*r- 
lû^tA évci^emien> , par it:iVieîsiv.t^jruiii>e ceUGgwcri/e de^a 
Vendée , cfui fe trouve im^ avant l'époque même iixée 
par 2a €onVe^t:on. Jd .IVh^ Ca^ik, ^^twt , à la joie qu*jk|irpfre 
L pryietice des brave» rcpuklicatns , qui oùt tant coiicouxu 
au fucvès^ . 

il ai,, d% cp«)ccrt avec l'adinîniitration , réunt tout les 
incycTîs ci*approviub:.n€r fubiieiAé»^ p us de 41^ n^ille 
h'.tntnes dan^j un .pays déH^puiieùe iubùftancoe. . Je par- 
t rai pour Nantes i^u(Ii:tot que la co^aimuoication va ^re 
S4?tabi;c« 6teilfe k (era» OnOn jdeffiain , très-certamemont 
i.\*:èr* d^niain; rien ne réfiâ^ra à Tardeur de nos troupes & 
à la ii^j^eileiles meiures qui font pri(^s. 

../•>■ ' 

. Ltûn. du, citoyjtn Richard ^ nprifentant du pWfU^ datée de 

Saumùr , /< jo du premier mois , l*an 2 de la république , 

t./u ^ ïndiyijihk. 

la convention a vbulu'q'ie la guerre de la Vendée fut 
' tcrniinêe avant ce qu'on appeloit alors l^ mois d oâorbre ; 
grâces aux mefures (âges & rigoureufes que vous avea 
prif-s , c-e vœu lera rempli. Les rcbeilej» , par-tout vaincus 
iSl pr-ioirt pdurluivis, cherchent en vain un afy'e; lar* 
fleur des trompes ^rU leîie que je pyis vous répondre qu'ils 
n'échapperont pas à la );:ite vengeance qu? demande depuis 
fi Iong-îc-i:)S ia Jiberté outragée par fe^, kélér-its. 

Nous femmes maîtres de Beàupréau & de Saint Flutcnt , 
fix miiîe dq nos bravei dcfeafeurs , détenus par cei monf- 
trc .qûil^^*" fiiifoient éprouver toub les tr/..^.ii;is inU;ii^ 
n.'.b! s , viennent d'être rendub \ la patrie , Ck feront bien- 
tôr fin c:.it d3 fe venoçr fur le.prufy^us* 6c les autri- 
N"- a 13 7jm< //. • F/ 



(m) 
^icni, 4«s fliatric -quMt ont éprouvas pour |t riptt* 

' Une grande partie des dièfs des infurgés a pérî da!ts les 
nombreux & JiangJans combats que nos troupes ont livré»; 

Iek|ues*1ins font entre nos maî|iis , it les autres font ferrés 
près'; nous attendons ici ceux qui ont été pris: voos 

4ieTez penfer qu'ib feront bientôt expédiés. 

- Mes camarades font dtffémlués dans toutes les colonnes 
àt Tarmée ; ils ont montré par-tout que tes repréfentans du 

* peuple favent donner , ouand il faut, l'exempte du courage ; 
i4s m*ontfpécialenientcnargé de pourvoir à tous les befoihs 
ckl*arniée, &,il ne m*eft permis que de confacrer toutes 
mes forces à la république: ma vie cependant lut appartient 
coinme la leur , éL il m*ieût été bien doux de fexpofer 
■pomr elle à cote d*eux. J'ai dA faire ce qu^tls ont jugé te 
plus utile. 
Les rebelles avoient pa(R 1a Loire & forcé le poûe.de 

' Varade pour fe dérober à la pourfuite de l'armée de la ré* 
publique. Dans le premier moment , ils ont fait replier 

Jiiufieurs poftes , & ces cantons ont eu quelques craintes. 
e me fuis batè d'y faire paffer des troupes» de contert 
^ avec les généraux qui font ici. Bienf6t tes poftes ont été 
repris , & l'ennemi battu, La communication avec Nantes, 
par cette route , interceptée par ce )Mfiâge, fera rétablie , 
éh$ detkan , d'une manière aiFârée. 

Il y-'k de grandes précautions à prendre pour empêcher 
que ceux des rebelles qui échapperont par la fuite ne 
trouvent afyle au-detà de la Loire « et ne fe mettent à 
portée de machiner de nouveaux coniplots dans ces con- 
trées où les contre-révolutionnaires font nombreux. Noos 
ne négligerons aucune des mefures néceflaires. 

U ne nous eft piis poffiblc de quitter ce pays dans ce 
moment / nous coannoilTons bien le décret qui nous rap* 
pelle , et vous favez avec quelle impatience nous l'at- 
tendions; mats il faut, avant tout, fauver la république*. 
Au furplus , j'erpère que dans trc»-peu de jours , nouj 
pourrons nous rçndre uns inconvénient. 

Prenons garde cependant que ces avantages ne nous 
faflent, retomber dans une fécurité dont nous avons été 
fi fbuvent viâiraes ^ c'eft ordinairement à l'ombre de nos 
lauriers que fe cachent les traîtres; c'efi au milieu de nos 
fuccès, c'eft au milieu de l'yvrefle de notre )oie qu'ils 
méditent notre perte avec plus fécurité. Si on ne fe hâte 
de pouffuiyre les reftes des rebelles^ comme on a fait à 
Lyon , it on leur laifle le tems de fe réunir , de former 
un nouveau noyau de contre révolution dans une faifo^ 
pluricvfe qui cbange lei chefloji^ de la Vendée e 



des abinfies d*eau & de boue, Lientôt on ne pourra plus 
les atteindre. £n.vain lour acra c-on pris leuis forts & 
leurs châteaux ; les rebelles qui ont une grantle coiuioif- 
' fance du pays , fauroni vo^ furpendre dans quelque 
YÎUe , (k proiiier de la négligence ou peut-être même de 
la perfidie de quelqu'un de nos chefi». il faut donc i'pr-^ 
le-champ les extetRiiner jufqu'au dernier. > 
, Cette mefureméme ne fnifit pas. Il faut que la vengeance 
nationale fuît proportionnée à Toutrage ; nous devons k 
la poftérité «un grand exemple ; ^e nous contentons paa 
de changer le nom de ce départ2ment rébelle : que H 
Vendée dii'paroiiTe du nombre des départemens. Pes 
hommes qui ont laiffé (e former & sViccroirre un tel orage 
dans leur fein , ne font ni dignes ni capable» de i% goul 
verner, de s*adminiftrer eux mêmes. Il £iut donc divifer 
ce département , en panager le^ honteux débris entre les 
département vcifms \ ccmj^ofant toujours le même tout, 
il pourroit garder le même ei'prit , le même levain. Ceft 
dpnc à la Convention, nationale' à le dénaturer , à employer 
cette grande mefure dont nous avons parlé déjà il y a jplufieurt 
mois; à détruire les relation» dangeteufes que lés hab!* 
tans de la Vendée avoient entr'eux , pour en établir de 
nouveaux » pour le% obliger de cèntraâer des habitude» 
& des relations plus parriotipues en les foumettant à dei 
corp adminîAratifs qui leur foient étrangers , en les incow^ 
porant dans les départemens voiftns. 

Commuât de Paris. 

Premier du fuond morj. ^opiniâtreté avec laquelle la cupi- 
dité fpécule encore fur les befoins du peuple , malgré toutes, 
les loix , engage les feâlons à préfenter une pétition à la 
convention pour lui demander rétabllflement aun tribunal 
terrible, nniquement occupera juger les accapareurs & 
les agioteurs. 

La feâion du Nord vient en particulier, & faitremar-^ 
quer la friponnerie d'un grand nombre de boulangers. 
La farine donnée par la cooimune efi belle , le pûn que 
Ton en îm (ans mélange cil de la meilleure qualité ; mais 
. iesi>oulangers y mêlent ou du fonou de la mauvaif»>farine; 
<t leur pam ell détefiabU. Renvoyé k l'adminifiration df 
police. 

Sur le réquiGtoîre de Q>4iimette , le cohfeil eénéral arrête 
^ue les boulangers ne feront plus de pain oe luxe , qu'ib 
marqueront leur pain , & que les commiffaires de police^' 
veilleront à Fexecution 4e cet arrêté , tç de tous ceui^ 
qui ^oncemenc les boulangers. 

Diuxièmc jour. Le coafeil arrête qu*ll efl défendu d*expc^ 
1er à la. Yue du public | ka iuùipitt d«sg9€»x tçU %^n 



{ iM ) 

Jfcohf >: tî^» -s y our« , 'éopards, iinges , &C. qu'* c*iî;« qvfe 
lS>n in'>i;nî ;i.firi , fvMxj;:: r;i<ris , tués ou cnfefmés dms la 
iDéna(f»et'> ; ^ l.uîl à imreînnifcr les proptiétaires ,^ & à les 
Hi«ccr<: à rac.Tie QVxerccr en »utrc état. 
! Il ar-'-«re <jh« li vierge de la ni ^ artx O^irs fera rcfti- 
plr/cc par le biifie de Mafrot , & qu^ les ro^i de Fiance 
feront dcU^ocs du portail de Virtn Dartie ^ fif mis en 
^icceii. Arrête en, outre F inprcllion des droits de l'homme 5 
«ji gros caractères, pour que les Crtf.inv -ptiillent apprer.-'. 
és:e k lire dar»5 cet évangile politique^ 
) Treijihit jour. Paris, m^/rbrô du coitfeil & député 
de ta tommor.e a Ponjoife , .pot;r l*approviri<>nneir»?nt de 
Pari»', annonce que trois çrjndcs charrctt/^s d«* buftcs et 
tiblcaçt de rois , reircs , princes , nohlc , otc. ont cfc brû- 
lés p'iblicîueroert f et que le* pjtr ot?* ont danfé !a cat- 
rmgfiOtt: autour de ce icu de j<jie : les O-nr-j d*cr eî ri'ar-' 
grrt.v nt pafier ù wn antre feu cpiîr^toire ^^ celui du 
tr^iijetide la mônnoie de P.nri'^. ^ 

,Lhi «lembre {^ plaint q-ie U hnllc aux vin'? contient 
des'iiquenrs maUVifan ces. L'c- corps mumcipid e(t chargé 
de remédier prompterncnt à cet aîjus, 
vhl *s c'toycnncs • ripuWicaincs ' anhoncent qu'el'rs. ont 
^rlacs de leiir fociérc des femmes ronvnîr.ca<:8 d'avoir 
rr.çu de l'argent dts ariftcicrfites , et d'avoir pri«î part au 
filiale des. épiciers au 25 février. Le confeil tnvoie û l'ad- 
m'niUration de police U nom de ces femmesi 

Ljic des condamnes à mort , par le tribunal révolutionnaire , 
du pre'mttr du dtûkilme nais av «• audit, 

PicTU-Franç^ÎK Malanglé ^ âgé de 55 ars , ci -devant 
5MH:"vJ9-?aix de la vilfe d'Armcntière-i; Peilcrin-Gui Jo* 
ji^iiiC , natif d'Arinent:ère%^ AntoinenFr&nçcis*jk>feph De^ 
l.îttre, a^é At 65 ans, négociant àArmennères; & PaoU 
JtâaHfÇtt C atiflk, chapeliter , tous «{liatrè aèteifits & côn- 
vaincu^ d'Avoir participé à des m^ni^suvres &. intelligences 
tcr.dMDtts .à livrer la vil^c d'Armcntières aux ennemisr, St 
\ favor.i'.j les proglè& de leurs armes f:.tr ie.teroitoire de la 
rcf.«Llique. LoMisrAimood Pcrnon , âgé de -53 ans, admi- 
jïifvfateur de U tcterje nationale , natif dt- Lyon •, con* 
Vaincu d'avoir entretenu mcchammenc des corrj^fpon* 
4ançes ^v^c les rcbdiles .d« Lyon, 3& d'avoir cqop^ré 

fux confpjirutions &.. complots tramés .dans ladite ville* 
ierre-riyop9lite Palrourel , âgé de 45^ ans , curé de 
Sa nt Hflfîire ,..diA/iil de Saumur , convjuncn d'avoiir pr^ 
tiqué des intelligences & complets, t^ndans à fiiTorHcr iO 
jpi^r^<?\eii rebefle^i. de la Vendée. .' -^ 
. . ^oi|l J«i 4>nfo6nitM&dâ Paris » jc^ j... . . 






CONVENTION NATIONALE 

Aj/rf, Les bornes lie ce N ;inuro ne perri-.ettant pas 
d*îni'ércr en entier îes dcrrcts ck ies diicninoris ; nott 
d onnons fenierr.tnt 1h nomenclature des principaux décreis 
rendus depuis le premier août dernier jurqii*;4U trentîènr.c 
jour du premier ir.ois de la répubîi.jue .franc aiiè , c'efl-à-* 
dire , juiques & y comptis le 21 ocrobre , ( vieux ftyU ) 6c 
nous reprendrons les difcuflions» à partir du premiet du ' 
iecond mois. . 

Du I août i7.>?, au $1 dudir, 

D^rct qui acccrc'e au <!éj'artcpent de la Vcndce wne forom^ 
«) c ^0,000 livres i titre de Iccours. Décret d'accLfation contre 
Carra. Décret d'arrc(l:itio:t contre RoMyer 6c Briir.et , coir.miiLiret 
4e la conveciùon ài.ni le H.ïiûï, Dc^crst portant t\uQ les afugnâts^ i 
fic? royale lerout reçu: '^our Je pricment du mobilier dis caâ^^rés. 
I>^cre»^qiû dt^cJarc aciui. a la r.r.t!o:î bs biens <\c In ci-dovrnt prin- ^ 
celîe de Lamb.-illc. Décrc fin» P'.i^orife b trë or^rÎ!» nationale a' 
payer une fv^ntine de 50 millions lur les orddm^pj.cfs k>>ncis ces 
^jncffibics du comiiv de falut pu!)lic. Déciet qui dévi.rc qu: h gar» 
nîfcn de Mayence a biei, mcritc do la patrie, 6t ort\«uc cj-.ïo 1c$ 
membres de ï'^tat - major de cette place feront m!^ en liberté. 
r>écrct qui fapprime toutes les académies. Décret i>ort.Tj t qu'il 
^rs firme des ét.iblirt'emtn'i p; blici où les enfans des citoyens 
fe.cm nourris 6c éduqués. Dccrct qui invefiit les enyo\*s des sf* 
femhlécs primaires du droit «le ^cclil^!ri^ !cs citoyens de la ^renôère 
cUife. Décret cortant que la nation frsnçsiîc ne rembouirtra pat 
les fommss prêtées & Louis O wet , &. qui fulpend.la UquidatK a . 
«es créances de la liitc civile. Dcccet fur la dette publique, la ré* 
confii.'utionf.énérr/e de la dette CMidiuiéo, rii.i'cTiptiOii Uir le gran<C 
livre de toutes les rc:iic$ perpétuelles , & ra:'.cant''iiemcnt t'es dif- 
férons contiatî. Décret port?«t confircntion «des biens des efpa- 
f^iols , fitués en Framcc. Décret <;m déclare que le p<.-up1e fraRç;.is 
ra fe lever tout entier pour la ciériijfc île id liberté & de It 
coiiriitution , Si pour délivrer enfin fon teiritoire <îe toç; fcs en- 
nemis. Décret qui ordonne un içécenfemcnt gérerai des grains de 
la réi>tibltqno. Décret qui me? en réquifitîon tous les frnnçjiis pour 
l'utliité publique. Décret qui ordonne que les jeuQCS ^ens depuïs. 
<ltX'huita:is julqu'à vir.gt-cinq ans, marcheront contre l'ennemi, tLv[\\\ 
étr.bliî des attcHers daiis les places publiques de la ville do Paris. 
Décret qui fupprîme In caîfle d'tfcomptc. Décret qui ordonne la 
frkricatien d'une nouvelle monnoîe de CLÎvre fie de mét?.l do clo* 
ches. Décret qui condcmne à clix sns de f^s les notaires qni dé>* 
livreront coures coliationnées des titres royaux aux crcar.ciers de 
l'état. Décret qui fixe a miMe livres \9 maximum de toutes îespen» 
fions qui font dues par la lifte civile. Décret qu\ déclare la France 
en révolution jufqu'à ce q\if fon în(iépendL:îce ait été rsccnuiie. 
Décret fur l'emprtmt fbrcé. Décret qui ordomie que les aflignats 
à face royale , au-delius de c-^nt livres , feront corfid^rés commj 
tifets au perteur , €c fournis à renregiiUeme;it & à l'cridoild* 

toienv 

Du prvnkr feptemhre du ûT, 

Dééret qui met tn rét^uifjtion tous les imprimeurs^e la yille ât 
Paris. Décret portant que les portraits du ci-devant roi de France 
feront livrés zux flammes. Décret qui fixe le maximum du prix d|i 
f'^oment à i^ !iv. le qutiital pour toute la république , & qui dc- 
fend tout commerce de graiiis. Décret fur Texportation des den- 
rées. Décret qi:i ordonné la formation d'ane armée évoKition- 
^«atrt»^ Décre? qui créoui.e «ne f4bric«tiôn de- fuiUs jufqu';^ ce quV 



( iî6 )' 

dtoycns en foiem munis. Discret qiii pffrcHrTrrfvftatîon rfe» 
& fiôytcjs f ciwîant la nuit. D;:crct qui orf.iiitc \a coiifircatioh 
bfcss Àti étranf;erf nés d^ns le territoire des puiilancrs cciw 
M Ui4ueUcs In r<i>ubli«fue eit en guerre. Décret fur les^ ai>f^rc« 
Tij^«iao«i&ou$ 4es nibicheA. Décser i^ui met hors de ta, loi te% prii:* 
clpoux a|;rnf de ta traln«on , & qui ordjnr.e <{ue lis angtsis mis 
4o aiTeftatiofi feront f ar^^és comni<» oM^es & repeindront fur Îciît 
'die ie% trairemens qui feront faits aux repréfsntans du peuple Se 
MB patriotes détenus à Touton. Décret qut ^rdotUte c|ue les luOi» 
roeun fMf])eéls d'incivifitie feront remplaces. Décret ouï défend la- 
tente des titres cotiftii.^nt les ZTénsice^ uo:i-/ta^^res«' béeret por- 
tàM i^ue les ronftio'^naTrcs publics, dcdiUc-»» s^iloigr.sront ^e 7o 
Itacuei des frontières & des arn^ées. Uvt.ct qi.i autoiife lei ci» 
foreos ^gcs de p>js de c-uarame mDs à ci.trcr dans rartnée iiFv;^Ia- 
tÏMBaire. Dccrct portant dé(îiûtiofi des gens fu%e&s & de ce\:j^ 
9Bi di.ivent être arrêtés. Difcrct fur les prêtres mariés. T)écrtt {piî 
accorde- tes places lucratives des sidminiftratjons avx pères des 
jfettaes gens en rétiuifrtion. Décorée ([ui réduit le traitement des 
éipèf|ucs à <k.oo tiv. , qui fupptime les vlcarres épifcopaux, & qu» 
«Téirare que tes traircnr.cns des prêtres ne, feront çlus payés dV 
iEa«ce. Dccret qui met en réquilition toiis les objets nécclTaires 
f «ur \» marine. Dc-crci qui o doniie que ks femmes porteront b 
«.ocarde nationaîe 
tDm s z fif timbré ^ prsmUr jjur iufumUr moU mi ' trentHmt dvJir. 

Décret qui fuprrtfne les receveurs des coniignatioBS & les rece- 
veurs des comniîuaîrcs aujc faiûes rèeMc:* , ordonne le v^rl'eoient 
<l!r leurs caiaes U de celles de tc>us Cépofiuirt^ de fonds , à Ja 
u<&rorc-rle nationaic , ëc que les femmes dont la confignatton fera 
f'«r ïuitè op(?oni'.ve par les tribunaux, ùroiit vcrfées , dans les 
iLcpartemens cVie^ les recevaurs de diliiiét» ôc à Paris» chet les 
ntceveurs de la trJforcritt, &. de là,. «iaf'S la cailfc aux trois cleiÈ» 
I>£crtiporti.Dt qu'U icf^ Jtdi^é &i afôcUtS tons les jours ui^e fci.ttle 
^SrttMra'e» l^écret pi^ur la rc^Ueivi.*} des abus de Vancicnuc régie 
fljfiiér: le. Décret qui mtt les jeunes gens de f» première réqui* 
Ihtùik à !a 'dtr>>û''îion «lu omùllre de ta guerre. Décret portant 
ipouticn du prix des dcnxcSs de première néceûité. Décret qui Axo 
àt tab£< à 20 Ots '.a livre. Dca et i^otutit qu'U fera fttbri^ué deux 
««îËar^'.s ^Vafiipoats. pour remplacer ceux en citcttlatioti. Décret 
«j;^» ^9 le prix de la jourikée du travail. Décret qui Inxt U pris 
jtv ^von à a5,ioIs ia livre 6: qui difclarc que lesfouiiers font objets 
v\^ premier* uéc^td^ré. Déeret qui déclare coufoirateurs lofts les 
#cH)«AiiU'ur4 ^: receveurs infidèles. Décrcrtur U répartition des 
fr,id€* f>ir{mer. Décret portant que to4is les comcHibles fuis exception 
JjBomrtax^^. Décret contre l'iiccaparewent des marchandées f«iiS 
'TMCRPT^rion. Dccrt:t portant que toui les jeiu.es fiens (jui fe (ont 
9MMi<ê^ depuis !m p* omulg^tioQ de U loi (ur U réquifitioo , ferons 
^' acr^»^ de y^rtir. ÇÎLCict relatif à ta tranflation de Defcarres 4a 
fï'Uïfcéon; DécKt qui r&nvoiic au tribunal révolutionnaire^ Brilfoti 
\«'n;f»aud, diadet, Ôwc. Décret qui met en élan d'arreHation 6^ 
fifwfés. Décret posant qu« Marre-Autoinctie fera inceiTammâit 
4QL)^e* D^c- et qui met àU difpoHtdon du yiiniilce de la^ m&rio« 
CAus \c% bàfimens tnarcSa^d^ & qui l'autorife i faire couper, dans 
1rs ioriii (^ p'^^ûc^tiiçrs tous les bois propres à ta. €ontlru£lion. 
ÎJécr^t vJl#iwrçc le iwiàlAre de Ta iuwlce de fjiitç tratisférer à 
ÎFiriJ, i'î'.'Hppc Lzs'i'i. Oé^iii: qui IJxo le Jour ^e repos pour If s 



( xa? ) 

ftz cV.cram , pour le fcrvke et la cavalerie franç^Ce. Décret fii 
'.«ri^aniîe la "Uquiéstion ^e& qiHcês de maîtttfés fictiè jfUsuAdcw D^rcc 
contre les jeunes ntoycns qui chercheroient A fo iiMftttdfV A 11 
Idi ^e ta réqDiiîtion pour cauTcs de «çaladief fufpoiéei* Oécfct ^ 
&CC fes rattoDS pour ics dwvaux de la E^culilu{a«. Béct-çt pona^ 
^{uc tous les étr«Agtrs Ccront tnis fiii arrel^tion /4c que iea Hcnt 
^cf Holiandais feront faiiis comme peux 4es Anglais. IMcrec re1#« 
fif auxpublicaHons de manAgc^D^cret contre i«s sccaparciini.'Dearct 
^«i Cupprime toutes les loteries j*iirtîcuhères* Dicret fur àa lote- 
rie nationanalc. Décret poruiit c^tie tui*4 cbàteattx*fons fecofit 
«léttaits. Décret qui ordoaiie' U c!é])otUitton dss pt^èttc* .coifttri^ 
révolution nr.îres fur let cotes d'Af riqac. Décret^d'aceufadoki costre 
l>ttiaurey .député à la conrentioii. '^ ^ 

I?u premur J0ur dm dtmxicmt mois, Barrèf e fait UA rapport &r La 
^t^atioh mUiiaire 6c iuUiiiniArativ« d« la rdpuhiique* M pMpoDt 
««fuite & fil convention décrète : 

1*. Qtf ii at fera fanuus porté atteinte â la lot qui ecdàniie ^«e 
ics villes ^ui fc rendront feus avoir foutenu i'aiUttt^ Cer«&i tlé« 
truites. ' . . 

1*. Que la loi relative à la féqtieftraticn^es biens jdes ^oanais, 
cibelles, fera appliquée aux tonlonnais« 

3*. (jise Chàteauneuf'Rahdon ie uanijpoctera eUns^ la Locaèrt « 

rAd^fchc , l'Avevron & TUérault » pour rétablir l'ordre êc^pousiiùvirA 

' les coRtre«rév«Tutionnaires qui veulent y escittr un mouVesicA^ 

Déuxiimc jour. Trois citojrens , au nom de. quar^ttt» >nâfw<£ir7 

furîêrs 4e Sedan , remettent doux cent mille quatre ccc^tt Hw% 

^ur reaaprutit volontûre. 

l«cointi«rPuvra«aiix • au »0fB du comité de la fnerre It 4» 
mnis ÔL duuiiees réunis » prof jfe Tamal^ame des corp>s du gctàs 
2e 6c$ poms & chauffées. ^ 

JLa convention décrète ia réumoci de la compagnie des iqiacjin 
MU corps do génie miUtsirc, & ï'^^,^ l'ordre du jour fur Je pto- 
popo&ueit , motivé fur ce qfte le minifire eftdéja autorîfé de istej:* 
Are far -tout ou il les trouvera ,. le^ homines habiles djMià i'â/t^ 
la défenfe des places. 

Banère annonce à la corarention ^e U Vende eti'eK plus. ( f^^ 
article nouvelles. ) La coinrenttpn «tôcrète que let nouvel tes .«Je 
4e <â Vendée « feroat panée» aux arisécs par des cenn^ri exjra^P* 
dinaires. 

T^cijûmc'jimr, pes dépvtés de ta commune de P^quigiij^ aprp9r« 
tent Une tnaUe remplie <ll*or & d'ar{;e«t , & des fvtmrles 'COïk&dérjd^Us 
«n mfiîgnats trouvées fous terre fie dans des caves dazts le 4épis* 
t emem- <le la Somme* 

Barrère aanoace pluficurs vié^oires ^emportées au Nofd, { ^^Qk^ 
«ticte AouvcHcs. } • 

La convention rapporte fon décret » par lequel elle ordonnoic-nx 
'Comités rèvolutUnnaxres de motiver publiquement leurs arriUatioiK, 
Elle écailit eofuite par xin dccvet cent foisanie &. dix boMunes jde 
•cavalerie par efcadron. 

Att« 1* Les troupes à cheval de la république 'feront îiicc6Ewa- 

' ' ment portées au complet de fient foixante-dix hommes par èfc4dt<Mi, 

Ipaf des citoyens <hî bonee volonté, pris, tant parmi, i^ mÂlic^iis.s 

en aélivité de fervrce dans Tirianurid »quc p<inni les auXre$ cito^'ei^ , 

- fui vaut le mode ci-apxès : • 

II. Toitt militaire en aélivité de fcrviçe dans Tîn fan te rie, «a 
suitorifié à'fe faire entegi^er au confcil d*adminiAc<tio« de ùja 
^bataillon y pour entrer dans les troupes ii t;^ev4> 

îlL Tout citoyen de la noiivdle levée , ainlâ que tout autre 
citoyea qui défuera fer vît dans les troupes a chev;.l; en fcr^la 
«déchlration à la municipalité ,dià lieu ^ù il Xc trouvera i ^i ^ 
^endja regHlirs. 



( 12? ) 

TV. Nul Ht f«fa admis au fervice ëes troupes à cheval s*it a« 
réunit les con^itioAC fuivantes : 

U fera (ain 6c robufte , agë de dix-huit & quarante-cinq alis, de 
la taille de cinq pieds trois pouces au moins, ']sicds nuds* 

Il fuiUhera de (a bonne conduite & de fon ctvifme; (avoir, le 

-titoyWn en a^vité de Cervice, par un certificat du coofeiL d'à dmi- 

' niftfatien de fon corps, Ce tout autre citoyen, ,par' un certificat 

.de la municipalité defa.néfidence habituelle , lequel devra être viié 

par le comité révolutionnaire OjU de furveiUance du canton. 

• V, Nul ci-devaiit noble ne pourra âtre admis» à renrég;iilrefneat. 

. VI. Le»- citoyens habitués à l'exercice du«heval ou ayant fervi 
dans la cavalerie, & qui auront faii$f<ait aux couditions citdeâus 
prefcrites , feront f référés. • 

yil. Lors -de reurégiûrement. de$ militaires Se autres citoyens 

qui fe préfenteront pour le («nvice des irotipes à cheval, les^oi^- 

' leil* d'aitmiiiiftratibn des bataillons » 6t les oHicrers nunicipaux 

' auront fisia d'infcrire les noms , âge , taille , qualitéf , demeure oc (i- 

gna'.ement des citoyens enregiftrés , ainii que le lieu de la naiuancr « 

*ëc t« nom <lcs ^pére Se mère de chacun d'eux* ■ 

Ils en enverront à fur & mèfure les états au minière de Ja 

• guerre';i'les cért4Acats de bonne cor duré de de civifme' des milî- 
taîres & autres citoyens enrcgiûrés fei'ont joints à c£S envois. ' 

VUl. Lc> citoyens qui'fe feront inCcrirc pour- ei.trer daos le» 

• Croupes i cke^l , en exécution des articles 11 .^ 111 du- pcéfent 

• décret, pourront défigner aux confeiU d'ai^fniriiftratfon ou muni- 
cipalités , V.-'rme & le corps d.nn$ lequel 1)5 ri e firent ter vir i & lors 
de ta dfÂribu^on de -ees citoyens dt^oft'lcs àkicrens résimiefisu *}e 
mi^^îûre 4e la f^uérre aura é;^;^rd ^ cet«e déiignation» Se les feiv , 
en tant que pofiibic ,' encadrer dans le corps qu'ils . aucont fiboifi. 

IX. Nul ne fera a^miN à* l'enrcgidrement , que deux mois après 

• la promu li;i:tion c!u piét'cift décret. • : 

X. Les-ir«oyen> ei.ri?i(lrés (ont à la difpofltîon du miniûre dm 
h çiieire^'il inlVra^ a fur bc< mefure , la didtibutioo dans les 

• dil.creiJtci «itmées, ik l'cocccircmcnt clans les régimens des creufVÇS. 
: à clîfvcl, jiifqu'? kur entier co4nplément , en oblervant les proxi- 
mités, pour éconcmifer les frais de toiw«^. 

X4. iJe confcil c'admimllrationde diaque récent dct'^aaraleiie 

adreftera au n.inidre de ia guerre, dans la hui':'ine qui foiviajla 

ptiblic^iûoiT diA J^rcfcnt de et et, Ic' <:ol^trôle exaii d^s hommes & 

t chev«»^« exffbf.s «u corps ; c# ccn^rMe fera en outre mention de 

• r6at lie l,'h9bi!i&nci)t, é(^uvpemc!K , armement, ilkl de tous les hefit>ins 
<)e chaauc corps , 6. \i ûiutifc par 1;: coiumtuairedes guerres* fui 

• entienararegiUit?. 

Xil. Les mtmbrcjx'.csconfiils" d'ar'miniftration ne pourront ton- ' 
cher I'»i!i% ;jppoHît4mcn< tv»;'an juRihant de l'exlcution de J*ar- 

• ticle IX c!'-(i«*iius , par hr représenta u«>n eu certiiicat du comnôr- 
/aire des guerres , qui en ûvnt x'né îc cc:vtrôle. . . 

XIII. Lc^ c'iuytr.i admis cjris les troupes à che^'al fcFOOt tonus 

• de rejoif.f'rr les re^^imers qiiî • IW âtiroirt été déiigrés » aiifljtùt 
' !*avis ^i/ll leur or- nùr.-» ét^^ doiii'.é , («Mt 4Îe la part c^u gtoérai en olief 

de Taf tné'e , 'foit tic b yi^ït du diro^ioire du dîAriâ de Uur .réfi* 
. denc« j' d*î*pré.v les oiCvQi kj nôi.iftr»? de la gueire. 

Xl\ . Çci cit(i;.t(.i \Vva^'crn»t ]'Ài c't.îpe, Ceux qui font .en aj^î* . 
- vTté de l>rvice , <'a» ^ l'inlantcrîo , I.^î^'?ron« flu bataillon , au moment, 

• 4c 4eur d^épart , leurs aimes flc cqiùpeifteiit a rulage.excluiif.dcs 

' troupes à piv<l :'lorfquç l'uuif^*fme tte cavJeric itur auia <^*té tlcli* . 

vré , les' heHts de hiir kiscicn covps lero-nt. mis en mag»lî(i pour 

être cirtribiîés à rit.faiitcrî*'. 
» £ile défend d'enWer, détruif^e, 4n\ui.lcr ni avérer «11 aiUiiae 

manière les livres împriiv.és ou manuù'rits , ks «gravures ,i;iûei»* ». 

tahleâux , fiai .es , rn'-V..?illek , &c. fous ';i»j»cite fion faire dirputoiue 

èes figiies de hk)tK»Iitc eu de royjvitj/ Prvbuomme. 



RÉVOLUTIONS 

Ï>E PARI S/ 

nipîttS A tk NATION.^ 
* PIX-SEPTIÉME TRIMBSTHS. 



^epvce^c npos (bmiats à g«o«aii. 
• • Levons- «otit • • • • « | 







Pi ViJ^rît pûiUc rifaiMilonà4irt. 

XJ A tenew eft k Tordre dm jour : w i^ ^ <>» 
trop tard; on auroîc dû s'y mettre Is leodeaiAîii même 
da fuppbct da Lotiît Capet » puî/qua ba ju^onènt amt 

: éci une pomme de difcordrpoor la cenrention. tlâ pahi 
t*éleva parmi laa rapréTeatana du pf uple , en favKnr da 

.de(pfi£e» Les jcilojce&s qui mtoîent xokà fiRciremfi&tJa.ri' 
publique & Tabolitton de la re^auté , rôtirent (^m àiU 
H% 4x3, T#/»« x^ "^ A" 



ficulté la mon iitt ipi. C<(mx , ai^ comraîre ; qui au ii 
feptembre 179a , n*a voient été qu'ent/aîrtés par les' cîr- 
confiances » croyant avoir alTez fait en' prononçant la dé* 
chcance du tyran , voulurent le faut'cr cn'janvîér 1793.* 
De ce moment , il ne p ouvoit plus y avoir d'unité dan» 
les travaux comme' dans ici principes de U convenàopi* 
Dès-lors le centre d'aûivitê devint iricrte.*Ce foyer de 
lumières 8c de vertus civiques fe décompofa & tntfÀnt 
fffct Les vaines^ difpates, les 'qucrellei basI^^Uères pri- 
rent la place des d^rcuIHons folcnnèlles/L'e généreux 
imoor du bien public dégénéra en un coap^l* amour-*, 
propre. Oa perdit ainti plufieurs m-Vis ; dt tti ennemis 
de toutes les bannîètes cleveuoient de jour ^a faur plus 
forts de nos foiblefles. 

.'Afais le feu facrt db patric^tifme, n^ctéit pas fteiiMtiou 
rallenti dans tous les coeurs. ï)e chauds patriotes fe le* 
vèrent; & dans leur fainte indignatton , ils prAJcrèrent 
ces paroles courageufes qui furent entendues & reten- 
tirent d'un bout de la répiîblîque îl râuTre'r»puifque ks 
repréfcntans d*iin p?îîpî*c indivifiblc font diviiés de fen- 
tlmens Ôc d^afFei^ions , puirque les tâches d'entre nous 
qui euiï«nt donné leur vie pour fauver celle dudefpote» 
à'préfent fquM cft tombé fous la hache des lûtz , fem- 
blent le regretter , & déjà , peut-être , lui défignent un 
fucceffeur ; puifque la parrie devenus enfin libre , mais 
encore en danger , sm> peut complet fur Taffi^ance de 
ces hommes pulillanimcs & faits pour le repos de Tefcla- 
vagc; ch bien ! que la terreur foit à l'ordre du. jour l 
que Tcforit révolutionnaire foiTlïïe fur toute la furf^ce. dé 
Ja, république , & en. faffe difuaroître le parti de Toppo- 
' lition ! que** totit' marche au hht , de gré» ou de force i 
Un jour , on noUS béntra d'en ^voir agi ainfi. Contrdi' 

i;a(2/i£^"i^2X^cc(-i>)-^*^^-^^^^^'P'^^^^^ liberté ! ou plutôt que 
la France entière devienne ce temple , & immolons aux 
pieds de noire ijole» 03 chafloos de (on fanâuaire qui* 
conque ofcroit fe permettre fcn!err»çnt une pcnfée dif* 
cordante avec Topinion générale. Il ne faut pas qu'il» y 

:«lt en ^rtartice deux manières cle voir. 61 derfehtir ; il 

' ne^'peot y àvoh^ qu'un feiibefprit publie , & il faut que . 

; ce» ^rir pubiic- ftrirrrévDliJtfonnaire. Le cuite, de. la ii* 
i^fté doit- être lu feuie religioh dominante ; elle 4l#ît 

ulsxdure tontes les autres^La' tolérance ^ tm fait de cfvifms % 

(/) Cômfelk •os intrart, Evang, , , 



eÛ une maavaife msfuré dans une* républiçiue naîffante; 

On dira : nta'îs nW fl-t-tl ^it déjà- ânbz teh^tempsque 
la'révohstion'dtire ? cinq annéei n^ fuifi(eii^ elles pas? 
^ ^l ffÎTit bîen croire que «on., puifajM y a encore des 
feùîHantmy, des modérés , des ^oïites , mime des jrif- 
totrates & dés royaKftes fanatiques.. Eh {.que pvle^t-on 
de. chiq ans ? Là levolutioa ne fait que de commencer ;., 
la liberté, ne date , à bien dtre ,.q«e du moment de la 
chute du 4«fppte. Debout ^ efelaves ! vous n'aves dIùs 
de mahre dcpms dix moiiySL v»as Iles encore prolter' 
nés d^anf fés tmngcsl oh<^ ne peat tous en arracher» 
rà bien ! que la terreur fïlKi de vous des hommes , pui(*' 
qtiM 11*7 a pas d'autr* moyen * pour tous faire aller au 
pas. Debont ⣠marchez 1 il faut que tout le monde, 
aille enfenîbîe: dans' une armée, lors d'une grande afr. 
£nre; on fu/Hfe fans* pitié l^s trainenr^. Nous Tommes en 
Çtîerre , malheur aux lâches , auffi « bien qu'aux traîtres ! 
L^ lâche eft tin défertcur plus criminel que celui qui 
pMe i i'enntmî. Tout eft en requîfition ; que tout foit. 
atiffi- en révdliftion »! ► » - 

Si dans te ttrnps on eût écouté les Brîflbtp les Ca* 
ritat, les FuûcHst éc teùrs paceils , qui . avoieôt fcrupule 
de placer "fous le glaive de la ju^e h. tête couronnée 
cfan fcéTéràt'/'oit en ferions-nous.? Quel droit aurions^ 
nous aujourd^ui de punir les brigamds de toufef efpècc 
qbr déchirent les entrailles de la patrie i Si Cap^ vivolt ' 
encore , il 'n'y aofOtt pas- de r^ubiique. Il faut lo , 
fang d'un roi' <$c d€ fesi amis pour cimenter les fondi^ 
m^ns d'an état' libre. Comme jadis , quand on Iraçok 
les rempart» dNme ville , on arro(cit le lillon avec le^ng 
d'an loup ou de quelqu'aotre bcte carnacière,, emblém» 
de fa féctfrîté dont on aUoit jouir à l'ombre des lois te 
fous la ptt>teé!k)n du patriotifne armé. 

On nfaurort pas eu befoin peut-être de recoarîr aux 
raefures' révolutionnaires , si Ton eût pris la fage pré-* 
cavtion de n'admettre à la convention aucun dte mem- 
bres de l'alTemblée lé^iflative. Ceux-ci ont fait tout le 
maf, ils n'«étoîent point :du tout à. la hante ur du 2a 
feptembre ; c'étotem-dea rameaux htifés âc p9i;uis qui dés«* ' 
honot»lent le dhène Terdoyant de la république « oc qu'il 
. ftIFeit rejetter pour fecvir à de moins nobles ufages. La 
convention n'auroit dû être compoiiée que d'hommet 
nôtrreafix/ Quand on dé&iche nn» terre forte , on n*at- ' 
tMe à la chairue que des coatûers tous frais. On reii« 



(>3*) ' 

vmceimqot ft'<»ni^i^4ê jarret, ofi qo« la laiUtudi; dt» 
UkynA pcécédontà tnU kon isfetncç. IL fallut bica fi»4i^ . 
Mr oh on aBroît dâ cômme9€«r. Alon jàn fi^uroit eu qiM 
lapine decbaffisr artc mépris d^ hommes auU , on vcoi- 
d«i à hi coor ; nu Itco qu*aii)Ourd'hm on a dçs confpiratffin . 
à;pMiîr. 

L'dprit ptibUc, ^eirtnv ?évpl|KiOAnaira, fauvtra la chofis 
poUîqiM; arauic ifu^l.ati prt» cette teinte fftne» il cban« 
geeit chaque jour ëefiii«nct..Qiaàue cottarie avoit fc» 
prindpes à :«Ue ; 'luoia ;Uf« ne reuierraU le» opérationa 
de gourernement ; ^ déjà lei prêtres eux mêmes cou- . 
ctfroiéntqiiek|u'effKMr. Qu'on pmoura Iji ripublique^ elle . 
n^ft pins reconnoi{Ialilc.4e ce qu'elle éteit il y a ux mois. 
La ftatioo françeife feoibte forcir d*un long aitoupifTemeat^ 
préparée à tout, aucrevtrt camtne aiuïuccès., riea «« » 
rétontie. Jamais le peuple n'a ^ié plus perfuadé au'ii-pré* 
fent qu'itpeat tout ce qu'il v^ut fortement. Il s'eit promis 
iPéire républicain 9 quoiqu'il lui un coûte, et il le fera an 
dépit de tout. Avec de telies difpofitione , un afi iaviiv» . 
dbla. * . . 

L'efpfSt févolûtioniiatra a gagné tous les t^ngs. de ci- . 
tdjrani ; il ranime^, il m^he tous les états. II n'y a plus df 
fscrifices qui coûtent ; la yîu même » un n'eu tient 
dlffipte. Yuyez nos faunes fçens quitter le fojrer. paternel^, 
otoe larnle àpeine coijc de leurs yeux , en s'arrachaat du . 
Mh de leurs mères., des bras dt leurs, fœura, de leura 
atAle^.fLes p^i«f s publics ne leur ont pourtfUU dji&mulé 
a«c^4le»dungersqu'i{s ont à çaUxÂr ;• ils layeut qu'elle eft 
refpécèd^'ftueiTe qu'ils Tont fantenir, pour a^heyer -xte 
balayer tu Vendée 6c nus frontière» des bordes perâdea fit 
mauRnères-^ qui iamblent yeoaitve fous nos coups. îis faat 
prévenus de toutes les privetltnis qui les atteadeat d^s 
lé» ^afetttes mi ibus la toile. L'efpnt févokiûonaaire qui 
n'aft autre chute que l'ameur de 4a patrie^ porté }ufqu*à i'en^, 
thouTiiifmt « eu a fait rgttant de hén»s. De$ roalveÙlaus. 
fèntremarquet- avec une forte de malignité ta contenance 
féMne de U plupart des conira-tévoluctupaaires , à moitié . 
. ivres , quHïn mène à l'échafaud ^ mats cetatutiiine n^Bft pas 
comparable au cuurage ft&ïque 4e nos Mdats en réquîu- 
tien i qui partent pour la guerre comme ils iront ilevia 

L'efpfti révolutîoBUtiœ fc développe auifi avec la plua 
grandeéii(!Tgté dans la per£enne de leurs parifjis«I<s fa^ 
iéparent de tout ce qui Us att^chpit k la vie > co bétûffam 



lèor ptoicture , en MilMge d« ^oufttm 4e h «Mr4 y 
«dm le» droits à rmdé|>€»dfthcè 8c à légalité. 

Cet 'efptit tévoltttk>ihiflif * » ^ a changé ia face de 
toti^» Se qat flè tend iju'aia bîieii général , naos a délhvé* 
de cette ptopenTion fatale à I*k[é)atri6 dont ao»s avons eu 
fl loiig*tems la mante; B ih'y 4 f^n^ dltovunea d« ioar» 
I-e repréftnta^t 4ù fe^i^e, )« général d'année^ iadom 
nHtratelit ^'h tntetOrtt tfti Mt 4m devoir ts'qft fhd tir* 
▼idîd Cdfnme jaSs. Ub firtiéèt paféi ne f i:acttM»t point! 
l^ttiûMité pour les fnités à ^enir. On na facrifie piua J« 
sfKflli intierrk Cmdmdftaltté; & là patrie, febre éd 
récotnpenfjiîs , (Mrt dansfeschâtimam, «i'«^eft pourpno 
^ê imeax fervie, 

Vtfpm 'rAn>Kttimmaîre « ftàt dreHer de ItMigoc» iHU» 
it f rbfcrîptfotr; Ac ^ns ee ifiotfveaiieiie uf^ ^ kk deH 
troTiVé ^nelqnt» YÎAithietrîiAK>cenies.Le<otipçoivrepiK>m 
Anr pilKfque toutes les tCtes , &• tf en â mppé uh ct^nA 
aombVe. Ceft aitifi ctue U gt^e , t|ai épure t^aiinofphéve^ 
Brife , par-tout ob eire totnbe , le bùn grain eonme tn 
paHte fléTTl^ ott te téjétal réniineux. Mais t^ nlépri&« 
érotent hrévîtabtes ; & 'peut qtie la réve4tttion Mf coau 
0lèté y il vaut Intettx ènt^tn'eciiÉ^etie entraltiie. dans fou 
tourbiUbn quelque choft d«- plus «que de ihciAf. " 

Qt/Vm ouvre 4'IiiiloTte ^ & qu'on nous MoMtrtf en quoi 
tems & dans quet pays « en moins de fix mois , une fo- 
cîété potuiqûe At Vlngf-dttqmilliom •dliottMnés i*^ itou- 
Tée portée de rc^s m éfémeifii impurs^ ^ut fe^meiMOteiii 
a^ fon (tliii ? Car ^fiM , h^o^ fMchons 4à» iMOteiff 
tits y fur'tOTikre Pétendiireii^! ta France i on ne MMBontrérs' 
|>his d^ noUes , ni de {iirdttei , nî de tnlHionnaîreS' ; «et 
tf6i^ (grands fléaux dStn pfcnpte; ces trèîs 'f(ktndalos 4i 
fa ra:fen & it liinminirt.- 

R'*en de to\it cc!a ne fcfetdttfiît tant qtie la convtfntîon ,* 
felhdée en deux ffadions , aurott épuîfé fes forces fur etlo> 
lAénfe*, & n*en autoit dlus trouvé pour combattre ks tnno* 
l»ii de l'état 8t guérir W plaies de la France. Que 1« génie 
de la fiterté , ^i Veille fur ntous,nons préferve éônt dto *foir 
\^h nouveau parti fe former pâitnî non lé^flateur» ; it«*Ua 
Continuent d'être rSvoIntîoiinarres tons eiMemUe » it qn'Ui 
ie eardenV bien de fc dtvlfer , ib ne (croient pkis qae dft 
£iaieu«.'l\)tft ce qtre ftnra la Convention d'après k né^ 
cefllié & Peiramen des àto^tts , & ao^n par «eTptît 4a parti , 
T«r4 b«n vt profit4b!e. Tout, dépend' dVox tt das lioai 



( ?54 ï 

aiemplct qu'Hs. ne enfleront dû donner. Os imprîmeranf 
tel moavatlent <{U*iis voudront , pourvu qu'ils le iuftfient 
les premiers par Patiftérité de leurs principes & l'int^rité. 
ée lear conduite. Malhenr ^ eux fi on trouve leurs nome 

Cirmi les accapareurs , les (eunvfleurs , les agioteurs ! Que. 
u» o&ains ne -fe fouillent pas d'un traûc honteux. £]\. un 
mot , qu'ils eh agtffent de Rianj/bre à pouvoir loi tir de U 
eon^entioii'teut auflEi fiins- cHione$<qu'iU y font entrés. 
'. Car Terprit xèvolutioanaire ne cohude pas à déplacer' 
les iortuaes de à ruiner les uns pour enricnr les autres » 
nuis bien, plutèt à ni vêler las richefles des .particuliers fie 
les charges de la république « afin que chaque citojeo at^ 
«n intérêt égal k\A défendre & à l'aimer. 
Le moment e{l venu àuill où chacun doit rendre compte^ 
, 4è fa ccm^uite-, de Ç^ m^yei^,d'exiiler'& de ceux dont 
il a ufé.pour s*enriclûr ;' &. cette mcfure , réclamée plu* 
fieurs-feis déjà^ doit s'étendre non- feulement fur tou^ 
lés fianâtoimaires puJbUcs , mais encore fur tout Individu 
£ms diflinébon. Tout poffeiTeur de biens mal acquis doit 
d*abord reftîtuer, puis être renfermé comme homme fuf« 
peâ & portaiu le fcandaJe a^ (eîn de la république; le 
châtiment le plus févère doùt atteindre lur-tout le. monfr 
tre qui a fpécuié fur la nù&rt du. peuple. Sans cela, U 
révolution eA m^mquée , âc l!é;alité deviendroit une chi^ 
mère ; il eft ii^ipoui^ble qu'ufi honnête )iomme folt mil-, 
lionnairc. ^.' ' ' , . 

•. Beaucoup 4e grandes fortunes tiennent du clergé « & 

Cr conOéqudnt doivent être réinc^rées dans les caiiTes de 
Mèion. N'ed-il pas jufte & naturel, que le peapl^ par- 
^e attjiHird'Hui les dépouilles qu'on a enlevées fur lui 
dms des .temps de barbarie & de fuperftition ? En un 
mot^ il .ne faut pas laiflar au mauvais riche l'efpoir de 
l'être long-temps impunément , ni à Tindigeat la dou- 
\fiw de mourir avant de s être refleati du régime bien- 
^«iMfiQt de i'ég-alité ; âccoiTim? le dit le repréfentant Fouché^ 
du département de ia NIcvxe : il ne faut en France m 
ji»auvre ni riche. Par régltiK , pir ifprlt révolutionnaire , on 
n'entend pas donner carte blanche à celui qui n'a rîeé 
contre celui qui a quelque .chofe. Il lie motive pas de 
grandei injurfoces « il ne demande pas des. prpfçription^ 
î'anguinairesu Ce ncù point par te cahos qu'on prétend 
parvenii: à IVdre naturel des focié(és bien organîlées. 
, Un «gouvernement révolutionnaire reiïemble au com- 
m^Uldem^e^ i*uîK Vi^iff^au pendant U tem^3;ff, Tqu<L Id 



■ • ■ ^ "(^JJ) ■• 

monât 4oit partager Tes ïatigues de ta fhanotuvre & Te 
foiUr tout difpoie^à jetter à la mer la moitié defacar- 
^gaifoa pour fauver le bâtiment. Il e(l au|K de iajpru- 
dence de defcendre à fond de cale le'paflagér fttfpeâ^ 
ou de mauvaife volonté. 

Voyez quelle énergie .le génie révolutionnaire donne 
aux Maves fans-culottes I avec quelle intégrité , animée 
de cet efprït , ils fe condnîfent dans les ' diverfes admv* 
nifirations qui leur font con6ées ! leur probité impertur-*' 
)>able 4c leur vigilance républicaine, iont devenues la 
la terreur des topons »qw ne iiivent plito comiaênt fe. 
fouftiatre.à la vmdiâe nationale. Tramais l*bomme en 
place n'a été pins furveillé ; les vrais fans-cu:ottes font 
inacceffibles à la féduâion i aous pourrions appeler eo 
.tcin#içnage les commiflaires nommés par les ieâdons pour 
.faire Ta chalTe aux accapareurs. Nous pourrions citer 
encore J>eaucoup de membres des comités révolutionnaires, 
tl leur a été o£Fert jplufieurs fois 4^ fpmmes confinera-* 
blea pour mettre en uberté des kommes juftement fufpéftés ^ 
* d'iiiiciviime. L'or ni les affignats n*ont nen pu fur lapro-- ; 
, bité des fans-culottes. Les gtns commt Ufyui de rancûn 
ré^mt n*étoient pas fi fcrupuleux» quoiqu'ils ne fiident 
point réduite à détroit néceilaire ' comme tù% vrais ^fam- 
culottes. Ces mtjl^turs d'atanfols recevoieiit ou prenoient 
de toutes mains ^ fans pudeur, comme fans excu(e. Qu'cm 
fe^ rappelle la fimonie dr s ci-devant confeillers 6c préûdens 
aux parltmens , fans o^blier les fecrétalres de noffdptturs ; 
' qu'on fe rappelle les miiiiftres 0c leurs premiers commis , 
, les azens de l'ancienne police , ceux du nfc » &c. 8cc. Toys 
ces Uélérats n'écoutbient favorablement, que les prévenus 
. qui 'les payaient le plus gr^Oement. Le malheureux avoit 
toujours tort. Qu'on fe rappelle aûffi les prêtres ; on n*a 
pas encore oublié toiis les paffeports qu'ils vendoient aux 
. /iches pour entrer dans le paradis ; ils envoyorent le pauvre 
à tous Its diables. Le pauvre, après avoir fait fon pur- 
gatoire ici bas » étoit encore menacé de l'enfer dans Tautre 
monde. Pourquoi aufll n*avoit-il pat le moyen de payer 
des mcfTes Ôc des ohlti 

L'boinme à préjugés de naiffance ou d'éducation fera 
obligé de convenir qoe fi la juffice fe rend févèremenr, 
jamais elle n'a été plus équitable & pins impartiale. Il n'y' 
a nulle part de privilège pour perionne. il femble que 
!Tcfprit fêl^lntidmtitreqiii'anîtnercein: qnr foAt Jtla tête 
des afiaires de la républi^e leur ait fait fentir qu'il faut 



j|ttM| foient foqvççaînemcfit ]^ft«»> P«îffljj*iJ» -fc^t. ^'WJ'' 

toyabltk Aûffi , daifs toiitts tes aoimniflramAs , au leitl 

4e. toutes les autdrit^s cbiiftituécs / sll fe cotnmet des 

ittijprîles j M Hé s'/ permet point 4e paffe^droîts ^ dii 

moiRS v6lontiîMiticnt. LVreur fait des viâixtie^ ; maisii 

y y a point de corruption ni de inaîVéilUnce. L*oppdrt« 

'qui réclame ou fait rédamef ^d enrehdu , & la (alnte 

'égalicé Ytgne par-tout & confole )eà infottunis que fie 

crime a conduit dans les fers. Sur mille traits, '«6Âa 

^n citetons un qui s'eft paK ' à la maif<{n d-deVaçc 

Sicétrc. ' ; ' ' ' ■ ' , 

Lorfque \e' diputé f^rrin, 'dont nout avons parlé 9fx 

jiuméro précédent,' condamné à ii années de fers, f^t 

'conduit dans c<tt^ m'ai(bn , \ï y demiinda nbé chambfe 

ï part , ofTranf et payer tôUt ce qu'on défireroi<. L*écd* 

nome, le citoyen Ler6i, (i) connu par fon èfpritrét^» 

liitlonnaîre^ répondit au lé^iflateur frrpoh eilvrat répubr* 

ca;n ; ii çhôyen , Inégalité règne dans cette maifon ; point 

"de prd férence. Le criniinel' qui n'eft pas auffi riche q«e vous 

ne doit pas être moins bien traite qi^ vous ^ ni voii»- 

"mleox qqe liiî. >» H fallut bien que Ferrin fe dï^cldât à entr^ 

dans la\ faite commune e4i les condamnés attendent le 

moment de parrif pour la chaîne. C^mme Ferrin icdic 

Bien vétù , OL 'comme fes cheveux bb^ics , quoiqu'il f#tt 

'jpe^unç, en impoftrent, tous les malheureux détenus le 

'prirent pour un commt&ire qui veneit les vifiter & recë« 

voir leurs plaintes , s'ils 'en avoienr à faire. Us l'entourent, 

' & commençcient à lui expofer leurs peines. Hélas ! mes 

■ amis,'Uur répondit Perrin , je fuis un nouveau comp^ 

' gnon de votre infortune. La loi me condamne aûffià 

, partager vos fers. 

Cette anecdote faiffiroii feule pour (aire croire à uhe 
révolution qu'on ne ceffe de calomnier , faute de con- 
nohre fes principes & les heureux elFetsqui en décbuleoc. 
L'armée révolutionnaire qui sNnrganife teta taire fes dé« 
traâeurs , en propageant ces principes par la force de fem* 
' blables exemples at juâice qu'elle fe pit>pofe dé donner 
dans la campagne & dans les villes, auraf.t que par la 
force de fes armes. Les malvelllans feuls la redouteront; 
déjà le bon citoyen Tappelle aiitour de fes foyers. Le 
père de famille dans Ifmdigence conçoit ài'iz fous (a trifie 

chaumike 



-t^ 



(r) U dcTrait bien changer de nçm, • 



dianmièrt, Vffpim^ ttàtw (t^fotkm^'ùàicrii^è^ 
ttkacpet deJMÎn.Xei ^ccsoéreori «HeftfitfaireYletégQiÀes / 
le ffl^autâii fiche , l« férou^ ip mauvAUI^foi oa db mati-' 
tatfe' v<rt(Mlc^; le raValIfté hypoctite Se qui ne cherché 
qu'à fe veAjer ,, trefli]»lc;nt à .i'^^piptfpche de cette phaiatige 
debcMis répyblîcaîhsi là plupâc^ oères de fitmîUe , <c feitiéht 
déjà tottfli les calomnies fur ieuf ptffagie^ Ln mécfaatie^ 
farèiit bien que; point de république i'^^itsTcs faas-ciilottes. 
' t/efprit rèrûlutionnaWe«Utau^te r4)iiltier, fem de lanatîàii'* 
françailé tti^ peupte de liére^. O^ l^otHU fur le g|lobe ^ 
d4Ut jamais exi(& d« hommes ^i^fèv^' Aiûfttré.p4u$ 4r 
courte 9 ùlUs de perfévérahce', qui ai^t fatipTos 4e (kcri|( 
fices pour être libres ? Quel tiuBmpW^poue «oa toifiâsf 
Et ib en ^lôfiteront peut-être pttttj^|.qMe vous ne ptnfel V 
rots fcélérats ! Tretnblez ! Votre r%iie ('avance^ et U 
ehûte de vos tr5n«s; chargea de crttnêe, feramribfe. ^ 
Oa nous pa^le des vertna de ^ l'Egypte pi»lk (Seèce^ 4« 
Rome. Depuis cinq années les faq;koilottes , eé fiAnee* 
oot donné plus de leçons de )uibce le d'ilufluatié qtie 
toutes l0 nations, enfemble depuis trente fièeles» 

eu jours' derniers encore ( & noua teraàiiieroas ptc 
' ce trait fifr dix mille autres femblabiés ) iia cultîraaciif ; 
maîfe dé Mitry , difliiâ de Meeûx, dênosce un aatM 
cultivateur à oui il en vouloir , & Taccufe de a^y^it 
Daa fourni du bled 8l des chevaux lois & la rêquifitios. 
Le dénoncé , {ans pouvoir être cnteildu ^ ;'eft crada^iai 
k ijoo Kv. d'aaMiae Ce deux mois de prifoa • nuii il 
féclame & demande à pûottre devant fos dénondatfl^irw 
Vérificatioa &tte du prétendu délit , le dénonciateur maiceg 
fut trouvé être jprécilement celui qui n*avcnt point obéi k ^ 
loi fttf la "Véquifition. Le repréfentMt'du peuple, Pub^u- 
diet , prononça la peine du tallion ^ aux applaudiiErai^ 
.4e tout le diftriâ. Le dénonciateur paya 1500 liv. d'a- 
mende & |açdn^ la pribn pendant ; ^eux mois. 
. Ainfi doit fe conduite un peuple qui veut la liberté < 
régatité • la (ratenûté » la république eu un niot; ta juiV 
ûce împnttxale en eft la bafe, la vtrtnea eft le ornent» 
Aots. le peuples: . 
-.. /?(^¥C /si/SoMij aiesta.... 

.: Sur lu iiMmiMÙoni in eaknârkrit U tifÊAUqU9. 

\ Nous itOAs promis de revenir fur le nouineaa caieo^ 

'dner, quaild la convention y noroît mît h'deniièit 

Ihain. U lui refioit une tâche , celle de donner des aoma 

K*. ail- Te/ni 17. ]| ' 



tm 4Mk et Ta«Ub «l- «àlc ]o\th de la décade, te ca*^ 
niil<L d'ioftniâîM puMkiBe ' appeilt , jDour faiçier âans 
cette dernière opéf^ttim'j uii peSte^ Chenier^ Qc'Pavid! 
le peiaire. - % ; 

LVuiciea aimanach ^Mt une pièce de xnarquéscrle^ 
compefée^ de mots grecs '& lat;nS| arabes^ 6c frappais.. 
Moue ««viens cria <{■€ les nouveaux faifeurs éviteroient 
rinceoTénieot d'une biprure iemblable. Mais apparem- 
ment ils tt*oat pas «0ëz compté Air la raifon du peu» 
0le^ tk 4^oat jugé puffi- rontmier , auffi efclave de Tel 
appens u&ger ^tf'tiiiirèfiris', 6c pour le faire mieux en- 
|endfc<fc fiiîvte,lb ont pris le parti de ne point parler 
iraiif M» £a oonftctnenç^"^ ils fe font mis à la tprture poue 
ijak fèoyofer one^nemeddature barbare, mais terminée 
ppr.ides «mes ; efpérant par là ïoulager )â ménu>ire ^ 
effacer les «iMiques imprdlions. 

• Mais an lien d'appetier 0^kr< le mois Vendémiaire j» 
. JKevcmfci , Brumaire ,' 

Jféùtmhn^ Fi^înMirè , 
pourquoi aie pas dire tout naturellement & en bon fran- 
çais » le SDois de le yendange ou des ralilns » te moi» 
fn V*ines, le mois des frimats ; & ainû' dés autrçs î . 
' Va eppeHeat : 
. Jêmià^ Nhros^ 

fivmr^ Vemps , , 
' Mffy j* Pkrvios ^ 

é4inU\ Gemini), , . , ' \ 

Mai y Floréal, 
../efe. Préféal, r 

JuWet^ Meftdor, 
' i4ûék^ Fervidor,* , . > 

Stpttmbn^ Fruâiddr. 
/ Pourquoi ne pas dire le «dois des neiges*, des vffil»; 
de la ft ve , des fleurs , des frairies ou des prés , des ^is 
isu de la môiffçn ^ des c|iakMirs , «des fruits ? . - 

Cette dénomination , que nous psopofoos , xea^ar d'ao^ 
tant nûeux,que le comité n*a point changé; le. nMn dee 
faîfons; c'en toujours l'hyver, ie ptiniems , Télé & Beu- 
tomne» 

Une -autse confidéiUtion anroit dé erfêeer les mem- 
bres du comité dans la nomenclature des mois , tirée <}es 
^IioCk ttitvrelles. Cefl que ^ par eux le mois ci-devant 
j|iiUkt n'eft nés pour toute la république celui des moit. 
iJMU ; ta ooobre ,<elui des rendanges , 6cc« 



Ne fallott-a pat pitttftt $tn tenir à la dénôminatieil 
«amérâle ; ou mitux encéve^ en tomfohr une toute po» 
litîqne : ap^eller par çzemple le mois de janvier eeluî 
«ib H {viKce du peuple , à caufedu fMppIice de Capet ^ 

Cîilet« le mot» de ia baftlle; feptembre » le mois ù* . 
répttUîipe , ainfi du refle; On ne faureit trop famU 
liarifeff la génération qui s'élèrcr aree les époques du 
jM>tn révowtion. 

Les noms des )ours de décade font numéraux , il êft 

.▼r«; mats eomme' ils fentent lu- barbarie du fié de w 

Ton îofiâgma lundi , itiardi > 8cc. ! Joignons à cetà .qu^ils 

n'ont pas le mérite des anciens , quant à la douccpr ic 

A*la ncilité de la prononciation: ' . ; 

1. -^ Primiffi. 

». — Duodi. • t / 

5. — Tridi. 
4. ^— Qaarttdi* 

i. *— Quintîdî. 
. -^ Scxtîdî, 
7I —- 5«pticlt. 
a. — f Oôodî. 
9. — Nohod'f, 
>o. **-* Decadf. 

L*ob)et des. (èt€i des cinq jours complémentaitei { M 
tpagomènes ) font d'un choix plus heureux : 

Lt% Vertus. 
, Le Génie. 
Le Travail. 

Z/Opinicm. * .... 

Les réçompenfes. 

Peut-être- ces cinq fêter ne font-elles pas placée 3ai|i 
Jour ordre le plus naturel ; il fallolt donner le pas au 
truTÙl fur le génie , en rapprocher les réconipcnies » tfi 
taif fnivre le génte de l'opinion : * /.: ». 

La Vertu , & non les Vertus. 
• Le TrMrttl. 
. Lv RécMipenfe. 

Le^Génie. . . 

Et yOpiniên. 

La fête do peuple , ou de la fans-tuloiûtU , tous les qu^itré 

ans , jour bîlkxtillaîre « eft très-Ren vu ; on auroit pp 

'uoffi i'appeller la fête de la révolution , do cette révô- 

rhitjon par excellence , qui peut-être avant quatre auéeéi 

deiriendr» .celle de tout le globe phyfique, * 



De h ttfùrm du prM$, 

Panfiî 1«9 grandes & împonsMitef réformn <ltt'a epi^ 
Yéet la cpoveniîon , os doit côinpter celle Jm calcadsier ; 
le Tttlgaire ii*apperçoit dam ce changement' qu'une tfanl^ 
pofition de )ourf , de mous 6c de noms; mait l'hoouBe 
cpiî réfléchit un peu , recemioit que ç*a été fans dpote 
«ne |rande idée découper pour aînû dire toute cbminn- 
Tiicacibn avec les tems aiitérieurs , cpnfaccés au defpotifine 
*flc i la fuperfiîtîon, en'décs^tdrant tout-à-coup le cidem 
.tlrier des frantjûs , àc en datant la nooveQe ère du 
^commencement de la république. Ainfi nos loix , nos har 
« Ktudes nous fépareront entièrement de la^ tourbe des 
crdaves , & jufqu'à la manière de <»mpter les heures , nous 
> fi'anrons rien de commun avec eux. Lorb^ue les pfcuptes 
de l'Europe renaîtront à la liberté ^ ils fe Ëuniliariferont 
avec noire langage & avec nos moeurs. Rendus à ta raî<bn » 
ils feront drgnes de nous emendre & d*étre entendus de 
nous. Ils adopteront bientôt no^e nouveau fyitême ; car 
ils fentiront alors toute Tabfurdité de Tancien. Qu*/ a-t*il 
en effet de plus ridiculement bifarre que cette nomencla- 
ture de mois confacrés aux dieux du pagamline » ou à. des 
f)rrans de Tancienne Rome» & dout les noms les moins 
.li>ftrdes éîoient teilemént placés, qu'ils défignoient le neu- 
vième mois :par le nombre fept ; le douaième » par le 
nombre dix? Quoi de f\ms ridicule que cette caprîcieufe 
alternative de mois y oui tantôt étoient de vingt-hoit ou 
vingt neuf jours , tantot.de trente ou de trente^un i- Quoi 
de plus ridicule que ces Jours de la femaine , qui j>ortoient 
les noms de la lune , du foleil , des dieux Mars , Mercnrc, 
Vénus ^ &c? A cèté decea dieux làt Téglife catholique 
*|>laçoie gravement le nom de fes faints , comme fi ^Ue avoit 
Tonlu dire qu'elle n'avolt fait que rempiacet^ixne fuperftw 
*iîon par une autre, oa plutôt .en ama^amtr deux-en- 
femble. 

Croiroit-on que de fervens catholiques qui avoîent nue 
tolérance fi débonnaire , qui , fans fcrupul^ & km remords » 
mettoient fur la même ligne ce qu'ils appdoieae le diabte & 
les faints ? croiroit-on , dis-)e , que ces hommes nagnères 
ïi coroplaifaps voient de toauvais ooîl aujourd'hui la. ré-* 
/orme du calen(^rier i Ge qui choque fur-tout les pretrea» 
cVft la fuppreiTion du dimaoclu'y >âc plufieots cherchent 
déjà , dit-on , à aigrir , contre cette heureuse rétortue ^ les 
iomoivs ilmplci S; çrid>jl^s ^ à ^ur pçrfiiad^ qu'on aita: 



( 141 ) 
que dirc^ement Ie«r culte , tandis qu'on lait avoi t pfAtnU 
b plus enûire Ubené*: Une importance vérité oae nous 
devonf dire & répéter (ans tefl$,yeft que le plus grand 
iiombre des prêtres , appelés conftttutionnels , a fait puis de 
mal à là févolutîon que las înfcrmentaires. CeuxKÛ n a- 
Toîent que des idées liherttcides^ maisM>n nepeut ienr refu- 
fer une forte de floiértte., la franchife du crime ; ils ne 
poliyoîent tromper perfdnne , & rimpûdence de leurs pré* 
tentions fufliriMt oour les couvrir d^opprobre « fie poftr eiti* 
rer far leur tête la haine publique. Mais parmi les prêtres 
ci -devant conftitutibnneb , & qui ne ie fout plus , il en 
bft qui , au fond dévorés d'ariAocracie^ n'ont pris le mafqne 
du patrioûfme que pour garder leurs places. Il en.eft ^ 
lifautres qui , encroûtés de préjugés pui^ daUsles fémi« 
nairesg ont bien pu faire enuer dans leur tête quelques 
Idées patriotique^. Mais pour, nous fcrvir de leurf expref*^ 
'fions, le bon gfain a été étouffé p^r l'y vraie , les principe» 
(Âvîqnes n ont pu fe développer dans ces cerveaux étroits; 
& tout en Çç difant patriotes, tout en approuvant la réi-* 
volution en général, ils condamnent tout ce quMs ne 
trouvent point dans leur catéchirm<: ou leur abfurde 
'théologie ; & les femmes, les lubiians de la campagne 
qui jes croient. 4^ bons c.tayens, ad<»p:ent aveuglément 
leurs idées (ani^aiiiqucs. Ces deux élans de prêtres ont 
très^bien lervt TariAocratie , âc c'eft à leur aide que l'cf- 

£rit contre-révotutionnaire a fair le tour de prefque toute 
k France. Au milieu de cette m^Û'e d'iiommeiî volon* 
tairement ou involontairement dangereux 4 le nombre d; 
ceux qui s'élèvent ib la hauteur d^ ctrconftances & de la 
révolution, eft un Infinipieht petit. Ceux-ci dcvroicnt 
profiter de Tafcemlant de leurs lumières pour écla'urer du 
moins de leurs confeib, la perfide ignorance de leua 
confrères. S'ils*{oilt véritablement aitacbés à leur religion, 
ils doivent fentir qj'*il ne faut point laifTcr s-étabHr un4 
lutte entre ion culte & celui de la liberté; car il n*y a 
pas de milieu ; fi ce cotnbat continué 9 ce ferai un com- 
.jbat à mort. Il fâut que Tun ou l'autre de ces. deux cultes 
foif anéanti. Et qui peut douter aujourd'hui que la liberté 
ne forte vlâorleufe du milieu de t#us les orages i Qui 
*|^8itt douter qu*eUe ne fe venge avec ra fon de tous fes 
ennemis? U nous femble qu'un de ces prêtres patriotes, 
s*il en eft réellement , comme nous aimons à le croire, 
"devroît dire à fes collègues : • 

' m tàt$ 9mi$ I U religion ^ dans. l*iw > 6c aoa point 



;( M» ) 

)> rtef dan» tt reiîgion ; toot coite efft to\irt\ maïs il ne 
>» pttut'Kétr^ qa'adtant'Çtu'ileft fans orgodl tjt fans aov; 
f> bitjon 9 qu H refie pailibletncnt renfermé 'dans fes tem^ 
yf pics , fans- troubler Tordre établi par' les lôix ; vous 
9f vous plaignez que le dimanche ti*eft plas célébré commç 
9f aaii«foi$, que les boutiques font âc doivent être our 
^ vertes ce jfour-)à comme à Tordinaîre. Mais dites-mo! 
n au lbnd| qu*impone't-îl à la religion auë le )our da 
H repos vienne tous les fept on tous \ei dix }ours; noi 
p premiecs ayettx , qui valoiént ihleat que les tatholjqueî 
>> dé nos jours , 6t qui étoient bien plus malheureux ^ 
>> puisqu'on les perfécutoît , le cétébroient quand lis pou- 
H voient , âc non pas quand ib Vouloîent ; n*ont-ils pas 
>» eux - mêmes transféré le repos au dimanche , tand^ 
n c|u*ils le célébroient d'iibOTd te famedi, aînfi que le» 
%» )uîfs i It n'y aora pitis de fêtes ;' mais les plus beaux 
y^ tems da chnfiiamfmre fnrent Ccnx ofa il y^ en aVoit lê 
It moins >k 

Pour nous , nous ne nous ehàrjeoits pas de convertir ^ 
par des raifons théatogiques , les' catholiques ignorans'; 
car un journal doit ctre* comme la* loi ; il ne doit appar- 
tenir à avcun cal te en particulier , nous nOuS contenter 
rons feulement de dire *qae déjà prefquf rous les prêtres 
catholiques de Paris font an dtcadî , ou au jour de la 
décade , tout l*ofRce du dimanche: Ils fe font h&tés de 
fe foumettre à la lot. Tous les autres cultes en feront 
ians doute aotant. Le repos du dimanche , fa clôture des 
boutiques ^ (a «e^'ation du travail éfoit une véritable in- 
fuite pour les juifs , les mahométans , & tous les^on-chré- 
tiens qui n'ont pas adopté le même jour de repos reli- 
gteux. La loi doi^tt effiicer cette ligne de dëniatcation , fie 
elie Ta fait. • ^ 

Il eu un antre outrage que le cnlte catholique fait en- 
core tous ks jours aux autres cuites. Nos rues, nos che- 
mins, noe édifices font couverts de croix & de petits ora- 
toires^ Tous ces figues ninltîpiiés fembFent vouloir forcer 
les paffans à s'arrêter , & à honorer pouf ainfi dire , malgré 
«nx, tel OH tel dten , tel ou tel sfaint , comme tes. lettrés 
rouges de notre ahnanach , fembtoient nous forcer à lés 
chommer ; ils annoncent vne religion dominatrice. Des 
repréfentans du peuple les ont fait déjà dirpacôître dans 
plufienrs départemens^ La comtni^ne de Paris vient d*iiiu- 
ter cet exemple dans cette grande cité. Par fes ordres, 
b yiorgedelg^ue auxOurs eâ enlevée» Sckarexoîndvo 



hn fUnaïAïAjtSUfinrs l« gmië ftiiât iè pzitfê. IT a éti 
arrêté aiif t»uf Qft k»«figîes«^gk«fe$ « '^ttl exigent dam 

lei p^lf fc .WâÔAlf de boit & de pietrè rie le morfon- 
proleat ;P/Us à latpotte de» égUfes : toinme charun eft 
le pieuse 4c le.cféer im-diBii ùmvkt fon ceeur , on a fenA 
%u*il |^£4l9itî M public d'autres «figAes de' h divinité que 
cçÛK; qiiei^ MMst lonoiitieil^-même , l^ ieftelât 'es- cleux^ 
& x{9çJ>ijl9V Si le.Peiifaii drvoîeiir MvjHfer' fe*]Phincè 
.«^^tf itw 7 mwi t^Kontsft' qéi ^^q^it leùf» hiées 

'JN99S, av^UtfftHi ceptndam q«f c^ ni %ht paés'ft le^ 
olbjets <n4 litMettt lèjitiàs«ait*coeftr des dtvbts tf dés 
4mtrmiad^eâre ^xpseflejfa'onknir afikë ici de fe rbrêtir 
çeieur f^ftnme hoi^idetens témoin», êc de porterayeb 
jpQmpeJe.rî>nf|«ejHaiin»iiniii9V *n*a prodiiîe fur éiicfaë 
jgei^ d*ifn|irel&0n. U«e* aiitrt'i<Ûeie^ ^appe & àhhtti^ 
Jlottu lèfii^ aHf «^ioU pUenlèt tl a^ 'a^â prut*de culte 
J&iari^ ^cêl^e. ileniière inéttilié y- cjiii âiftSfte encc^re etitre 
Jcfr<(4M»,«e peut p^ âm i» loilguë dared Si quelque 
chofe peut ,pr<Mivetv.^adli mim» (ÊimMtf p^ -airarfeés efa 
M^ffiMr>t^ \ JB>ft ^ fVDlMgMiéfi. d* cHr àl>«i^ qu'aucune 
4^ji(Htaffe«iii^s»«atbiMlM f^a^^^ dans (à 

««acii^/^ C|uW dcnmdid ^D^peitâtiir aux cathott^ès ^*i& 
*.^n(eiiliroie»t à pafirslat'i^aia d* cuHe.des ptoteflans; 
.de» j»i&^ dea mahMéiâMs &Q ;^fi» le champ féur r£> 
pofueXeroit iiégatireu Contuim» pêutenr^b éenc confen- 
.tir ^me, toutes isâi antre» ijicees défraient Iç^ culte/ catho- 
lique î CommetttJcs f rétfff oatkôlk{aes^n\mt-iU pas déjà 
À^ à Utête d'une momlnrettiè dép«ia<&i^ft «demander à |i 
^mirention oeiionak fu'ieltr âdTe'ttflTé^ cieprhrîlège odteuz; 
& qu'aie M.iMae'lias :te^.lrs'€vbe!i 'i Os^ottîfer j^ut 
^ayer4eiifaitd*iip£wt . - ^ .y n,. 

l«e culte âr»tiik>at..pem*e4p«iidAAt effrayer que Ift 

flupv^iia pmret, .xp» ie»l#Qpa'qui aimant 4 -Te vouvm 

!4e la peau/d^ > aghaaux. Ouïe d^mtr'emt.qti! fork vieux*^ 

.infime & .pattioeesv doWesc (t confief en la généroilté 

Id'UQf wtiQn quaa'cft trop fènrent montrée grande ïenvèi^s 

^ eiiilfm^&: qniie'paMpoiiitJn'étrepàslib'érale'^vef% 

lies amiSi, taveciiCtu tf» deiontrefiés fe» défenfeuts , & 

ijtti aurent marché .avec elle dans le chemin de la révb«* 

InÔM ^ qu^s .i^^eadege :il^elher dea fecouts prbpor^ormés 

.à l^ia beT^ittr eUe« d^a ima<.c^ fecours au rang des 

49ttefi f ffttbliqMi*- Quant «4 Oeut-qui auront contrarié 'la 



snaf^he ie§ \iiti r^voItttÎQiMaîrkS:, i|iiS «ifôlehr infii^ 
69M itf «ipritt des ptmctfat ^ibftitickit») pourquoi pré;* 
tendroîcat-ils ^tr« fecourui d'im pcapie qi/ilt «nroieitt 
trahi & trosnpé i Pour ceux qnî iemieiit àflcc jenhes.» 
«iiex rcbuftes povr fournir par leticfifbfiÛMice, pâ^qtieL» 
iqae travail utilf, nous (bmino peritmdé» qu*Ai refurcroieht ^ 
cvx-mcmei 1 s lecovrs que la iwiiMi t«ur oAriri^ , ft 
q^t fe tappeUant que Its premiers pr£Mé ^é^enr dk 
jprodait.de Itvr travail maniai, ils ne %*Ottdreteiik pas, 
ictts reispiiejde {a liberté > écre inttrîeun i lews deVadr 
ciers fous le règne du delpotirme ; déjà r.ous ieiir «roi» 
^vdoppé «es ipiatodi principes an tiiHiiér^ 175 ^^ ooua 
)es engageons k relire nos réflexions à ce filj.et»' - ^ 
^ Mais diient quelf^uet^oi d'entrenx^ fi les ^kH *it<i» 
^uentes ae revif npei»t frapper .les fens parPappàteil dTttb 
cuite extérieur^ fi le p^upleta retrouve plus dans fës 
^emp^s ie (peàacle magique' de InmânairM , &t vafei 8c 
4*haî>ill€n|f|is 1901 .étiiueliuis d'argétif Al d'or qVi^Monrf- 
icnt à l^ fois (es yeuà & ton iihq^natioii ; 4t W fie YÀ 
îrerrouvera plus., fi. le cuke nWl plus faUHé, bientôt te 
l^ijjple .al^^ndopiKre le oiko de fes pères ^ 
. G» prêtres U , {9m le ievqîr 4 ont donné Je ieeret 4t 
leur avarice & de kvr .cOpidité^ Kofs ne rappetleroiÉ^ 

rce que nous avoiii jcBt dans te ^numéro déji cité, dk 
fionplicité vr^sieit reiigteo(e.i(^ .régitoit dans 1^ 
jf^remiers te|»ples^ chrétiens $ Jwiie^«o«i leerv répondions': 
croyei-Ycus q{ie c^ux*1à appartiennent vraiitenf à votiie^ 
cuite .oui n'y. font attachés que par des t«préf(élTtàtioits 
théâtrales? Ne vjayei vowt pi* qii|c.de telle» gens voitt 
à votre églifç^ çomipe d'autres vontà l'opéra, pour jouir 
de la vue des décorations & 4^ .jen dos madiiAes. Si vodi 
aimez le dîeu que vous prêcbet, deve^voos ^e yalouk 
de lui coniferver de pareils adorateurs ; de tels cathohquea 
«e fero|ei^t, à proprement parler ,^qae diisfdoUtfes. Avoues 
le donc c ce n'^fi pas votre rtUgion que vnns ckériffet; 
tnats les reveous» ibm Io falaire dont elle voos.ptocore ' 
Ja Jouiflance. Vous voudrîex encore <{uc Pécht des pro- 
cédions , que la pompie des fttes middpliéts , fit ^porter 
i^corr , dans le ttoac que tous vidies , le denier de h ^ 
i|euv.e& de l'orphelm, & xcâla ^e 'que le calendrier 
nouveau a, fuppcimé. ? ^ ' 

. A toutes peai réforme»', comtnaadées par -la raifcrn & 
néceflîtées par les c'rrcooûances , tk'ouUicns: pas' dis j^ro- 
pofer r^JboIuîon de ia coftfeflioo; Cette mefnte eft^utgénfe 

dane 



(M5). 

dans la crife oii nous fommes. SI on laKTôît ce tnojren aux 
prêtres ,'ib nç manqueroient pa» d'<;n abufer indignement 
pour, accaparer les confciehces &C fe conferver un parti pour 
former un noyau caché de contre-ré vol istion fourde. Ccf 
n*eft pas ici te< moment & le Heu de réclamer le prin- 
cipe de la liberté des opinions , c'eft une nrôfure de 
fureté générale. qu*il faut prendre, &c la peine de mort 
ne ferott pas de trop contre ceux qui confeflent & ceux 
qui fe çonfefient. 

La confeffion n'efi pas d*issflitutton ilivine , U s'en faut ; 
& le fecrfet\que les prêtrcs*"exigent de leurs pénitens , 
annonce ;iMcn la perverfité da leurs intentions. Dans U 
pr'un'itîve ^Ufe ^ on fe confsflbit à haute & intelligible 
voix, en public, au milieu des temples. U étoit beau alors 
d'entendre un coupable &ire Tavcu de fa faute Ôc fç fou- 
mettre au chat'unsnt ^ d'après la décifton de fes frères ! 
Cécoit une «Tpèce d« )uri moral 6c volontaire ; mais 
le dereé a'y trouva pas fon compte. Il fe hâta d'mtér 
rcffer .rameur- propre & des confidérations particulières, 
pour devenir les' arbitres des familles ; & pour exercer 
leurs reiTentlmens particuliers , les prêtres commencèrent 
par les femmes, qu'une ^uffe honte fit confentir à ce 
qu'ils voulolent ; & de-là les turpitudes ^ les fcandates , 
les. crimes dont il ^ tems de tarir la fource. 

Pour nous réfumer , difons qu'il ne faut plus de prêtres 
dans une république fondée fur les mœurs ; niais pour 
obferver toutes ït% règles de la jqftice , même envers 
ceux qui les ont fi long-tems enfreintes zvm impunité 6l 
impudence , laiffons aux vieux prêtres leur traitement 
jufqu'à la fin de leurs, jours; quant aux jeunes, payons* 
leur leur penfi^n encore pendant trois ans ; ce terme 
fttffira pour qu'ils (e procurent un autre état dont ils n'aient 
point à rougir. 

Dans te cas oii la république jugeroit à .j>ropos de 
coaferver encore quelque tems des prêtres « il faut leur 
défendre Uur' coilume «même dans leurs égiifcs. N'avons- 
nous pas défendu les mafques .& les dominos , même 
dans l'intérieur des falles de bal. Sont-ce fes fcapulaires, 
les manipules, les chafubles , les chappes , les aubes, 
les furplis qui donnent du prix aux prières. Les miniftres 
des autres cultes n'ont point de coftumes pendant Taxer* 
cice domedlque de leur culte ; &les prêtres catholiques ne 
valent pas mieux que les miniiUes proteflans ou luthériens. 

Pourquoi auffi pei mettre aux prêtres de former ce qu'on . 
appelle un cpnvoi , pour accompagner un mort au dernier 
gîte. Cette forte de luxe cbntraile trop avec les formes 
républicaines. D'ailleurs un arrêté de la commune vient 



( m6 ) 

Se déTendfC aux bateleurs d'obfiruer ncs places publiqueft 
par leurs pafqtttnades & leurs jongleries. . 

Rendons grâces au génie révolutionnaire, dont iefianibeai], 
comme celui du foleil , pénètre dans les lombres demeures 
du fanatilnie , 6cen diffipe les preAiges. Nous touchons au 
snoment où il n*y aura' plus du iouc de prêtres^ pas plus 
que de charlatans. 

Exécution des vingt- un députés, 
La juftice nationale attendoit depuis long-temps la fin 
ie ce grand procès, qui de voit jjgcr entre la répub ique 
éi des trjîrres qu'elle avoir revêtus du caractère aiigufte 
de fes repréfemans : déjà Gorfas , par une forte de dé- 
lire qui entraîne tdt ou tard les grands coupables à leur 
perte, étoit vcni\ au lîiilieu de Paris défier en quelque 
forte la vigilance des patriotes jufque fous les portiques 
de la convention. Comme il s^étoit montré rebelle au 
décret d'arreilation , la convention qui l'avoit mis hprsde 
la loi , le tribunal n'avoir eu qu'à exécuter cette fen- 
tence de morr. A Bordeaux , & pour la même raifon , 
Birotteau avoir eu un fort pareil. Mais le public defuoit 
voir entamer contre les autres une procédure qui devoir 

Îrouver d'une manière invincible à l'Europe entière 6c 
la poftérité , toute la perfidie & la fcélératcffe de leurs 
complota. Il faut avouer que l'ade d'accufatîon porté par 
la convention , eft un des monumens les plus précieux 
pour riiirtoirc. Toutes fes parties ne repofant que fur 
des faits connus & publics , portent la conviéVion dnns 
tous les cfprits , & il femblolt que les )urés n'avoicnt 
autre chofe à faire , pour être fuiHfamment éclairés , que 
de lire cette pièce importante, ou plutôt que de coniul- 
tcr leur mémoire & leur cœur ; mais H falloit fu'Vre 
les formes à l'égard de ceux qui avoienc feint de s'y 
foumettrc en ne s'évadant pas : il falloit voir ce que 
pourroient répondre pour leur jufiification ces hommes 
qui, parlant fans celle de loix, de vertus , de rcpubli- 

Sie, fomcntoicnt l';inarchie, ^tôitnt les principaux artî- 
ns de la corruption & de la divifion que f?moicnt 
parmi nous les cours étrangères; ces hommes qui pré- 
paroîent un chemin h la Téinftallation de la royauté, 
écrlvoîcnt fans cefie à leurs collègues , après leur arref- 
latîon , qu'ils étoiènt forts du témoignage de leur coàf- 
cience. Enfin ce gratvd jour eft arrivé : doués des plus 
grands talent pour le malheur du peuple , les accufés les 
ont déployés tour à tour avec l'énergie dont ils étoient 
capables : mais tous leurs efforts n'ont abouti qu'à de 
miféraMes fophifmes & de méprifables chicanes. Ils fe 
font plaints d'abord que les mêmes perfonnes qui les 
ayoient dénoncés à la convention , qui Us' aroîent 'fait 



încsrcérer, cfui le« avolent décrétés d'accufation , fet voient 
de témoins contre eux ; comme fi dans une caufe oh 
toute une nation eft attaquée, ou toute une naçion eft 
témoin des forfaits dont elle a failli être viâinie , où 
toute une nation éiève contre les confpirateurs fa 
voix acctlfatrice; comme fi dans une pareille caufe il Te 
pouroit trouver un feul juge» un feul accufateur qui 
Be fût pas témoin , un feul témoin qui ne fut pas accu- 
fateur ou tout au moins dénonciateur. Qu'on fe le rap- 
pelle y c*eil avec de pareils raifonnemens que Pétion vou- 
loît jadis fauver C^pet ; & certes , alors la caufe des 
plas grands criminels Ceroit la plus belle À la plus avan- 
tageufe : fous le prétexte que tous les citoyens les au- 
roient d'abord accufés ou dénoncés , aucun témoin ne 
pourroit dépofer contr'eux, aucun juge ne pourroit pro- 
noncer leur fentence , tout le mond« devroit fe récufer 
*dans leur caufe. Ainfi les petits coupables feuls pourroient 
être condamnes & pimis. 

Mais cctt2 abfurdité eft encore plus révoltante quand 
^n fe rappelle quelle fut la conduite de ces mêmes hom- 
mes , ^orfqu'lls dominoicnt dans Taflemblée , lor(qu*its 
pcriccntoicnt les patrioèes les plus ardens Se les plus 
purs ; "à compter depuis la pîatte accufation intentée par 
Louv-et contre Roberlpierre , qui eft i*épqqae où ils com- 
mencèrent à jetter tout- à-fait le mafque , leur a-ton 
jamais vu l'ombre de cette impartialité qu'ils affeftent au- 
jourd'hui de trofuvcr dans la conduite du peuple à leur 
légard ? Lorfque Rob^rfpierre pulvérifa leurs vaines afier- 
tion^ , ne continuèrent-ils pas à répandre fur fa morale 
'& fur fes mœurs le poifon de la calomnie ? ils firent plus, 
obligés de récouter à Paris , ils l'empêchèrent de fe fciirc 
entendre dans les départemcns ; maîtres d'une adminif- 
trarron des portes, depuis long- temps gangrenée v''^. épu- 
rée enfin aujourd'hui avec beaucoup de pcme , îU arrêtèrent 
à là pofte fa iuftification de Robsrfpicrre , quoique Tim- 
preffion en eût été décrétée par ralfcmblée , ain fi que 
renvoi aux départem?ns. Enfuite ils fe retettèrent fur Ma- 
rat , & parvinrent à le faire décréter d'accufatîon. Alors 
on vît ces mêmes hommes qui exigent aujourd'hui tant 
de délicateffe de la part cîe leurs adverfaires, venir té- 
moigner au tribunnl rcvolutionni'ire contre M îrat, qu'ils 
avaic!nt feuls pccufé & dénoue^ ; iS<c cependant au ionds 
que lui reprochoignt-iîs ? d'avoir , coir-nie nous le remar- 
quâmes dans le temps, cm'S une.op'nion qu'H croyoit 
«••'c au fa^ît pviSlic, & qui l'ctoit ; d'avoir ufé de la 
liberté de la prcîï'c pour éclairtr le peuple en dépit de 
fes ennemis. Pour eux, quoiqu'ils en difent » ils n'étoient 
point accufés d'avoir émjs un? fimple opinion » mais 



( M») 
^ar une condiïite. confiante & fout^nue ; par une férié 
d'aâiûns fcélérates & perverfes , ^*Avoit mis la France à 
deuie doigts de fa ruine ; d'avoir cherché par mille moyens 
perfides a amortir l'efprit infurreûionnel , qui préparoic 
avant le dix août la chute du tyran ; d'en avoir , après 
cette époque , propofé feulement la fufpenfiott ; d'avoir 
calomnié lans cefTe la ville de Paris , d'y avoir appelle 
une force départementale; d^avoir' voulu confecver CapeC 
pour conferver un plus grand parti à la royauté, dV 
voir &it déclarer la guerre à toutes les pulfFances de 
l'Europe , de concert avec les Thuileries ; d'avoir tra«> 
Vaille à fédéralifcr ta répubiiaue , à la déchirer pour que 
le defpotifme en recueille les lambeaux ; d'avoir, &c. &c. 
Voilà ce que la France entière a vu : les conipiots que la 
journée du 3 1 mai a déjoués, & que le 10 brumaire a punîji. 
Lorfque les vingt-un accufcs curent entendu leur fen*- 
tence de mort , ils vuidèrent leurs porte r feuilles &^ en 
jettèrent les affignais au peuple , en criant : vive la 
république ; ils efpétoient alnfi l'exciter en leur faveur 
êc caefer un foulèvement ; mais le peuple d'aujourd'hui 
n'cû pas celui d'autrefois, qui fe bauoit pour ramaflej: 
l'argent que lui jettolent avec dédain les rois ou les 
grands de ia pottièie de leur caroffe , Ôt qui fe battoit 
enfuite pour eux. Les républicains n^prifesent les aiE«- 
gnats , ainii que ceux qui les avoi en t jettes. Le lende* 
main tous furent exécutés fur la place de la Révolution, 
aux cris de vive la république : «n feul , en s'afiaffinant 
lui-mcme , fe déroba aux coups de la )uftice ; Ton corps 
fut porté au lieu dû fupplice , & enterré dans la même 
fofTe que ceux de fes vingt compagnons. Jamais , malgré 
le mauvais temps , exécution n'attira plus de fpeélateurs 
& ne. parut fi néceflaire au maintien de la republique. 
Malgré ce qu'en dilbient fur la route ôc fur l'échafaiid 
quc^i.es-uus des condamnés , qui criaient : vive U répu>^ 
bliquc \ mais vous ne Vaure^ pas , on étoit bien perfuadé 

Îue leur mort ne contribuereit pas peu à la ccuifolider. 
luC:urs àufli au pied de la guillotine , chantèrent e« 
('embraiTant ce refrein fi connu : 

'Plutôt h mort que refcUvsgei 
C'efl U dçvife des français/ 

Les miférables vouîoient-îls par-là înfulter aux mefures 
révolutionnaires fans lefquelles ils braveroicnt encore l'unité 
Se Vindivifibilité de la république? On a fait à ce propos une 
femarque qui a fon prix : c'eA que de toutes fes lettre* 

Su'on lut à l'audience fignées d'eux, aucunes d'elles ne 
atent de l*an deuxième de la république , une ^ mdivlj^ki 
eues s'aaêtent tout court au mot république \ fan^ doute 



( M9 ) 
k république de Biiflot , de Gorfas , de Vcrgnîaud » et 
Stllery. Ce dernier fir le don Quichotte ; il vint au tri- 
bunal avec uiîe béquille ; en s'en retournant , il la jetta 
au milieu du parquet » en dlfant : K la mort prononcée con- 
tre moi me rend toutes mes forces». Leur attitude , après 
qu'ils eurent entendu leur jugement, ne prouve parleur 
innocence. Ce n'eft pas ainfi que Socrate reçut (on arrêt. 
]1 n'a pas ten^ à eux que les bons fans-culottes qui af-« 
fifloient à leur condamnation , ne fe portaient à des excès* 
Mais de tout temps , ces vingt-un avoient méconnu la 
force & les vertus du peuple: ils en appelèrent àï lui , ils 
lus demandèrent indécemment fecours contre les juges; le 
peuple reAa tranquille fpeâateur de leurs dernières fu- 
reurs , & fe contenta de jetter fur eux un regard de mé- 
pris et de pitié. 

Deux jours avant leur jugement , la convention, con« 
fuites par le préfiJent du tribunal révolutionnaire nanti da 
cette caufe , décréta qu'après trois jours de pl.aidoyerie , 
le préftdent du tribunal feroit autoiifé à demander aux 
jurés û leur confcience eft fufHfamment éclairée. 

Ce décret , nécefTaire dans une révolution rapide, a 
ravant:.ge de frapper promptement , <du glaive de la loi , 
les grands coiifpirateurs. Mais pcut-çtre fait- il courir, le 
rifque d'en f'auver quelques-uns; car il eft trcs-poflible que, 
après que le jury a déclaré être fufHfammeAt inftruit » 
par. une fuite de nouvelles dépofitions de témoins , on dé-* 
couvre le crime là où on n'auroit vu d*abord que l'in- 
nocence ou un léger délit. Ces réflexions ne tomoent pas 
fur BriiTo: & fes complices , dont les forfaits contre U 
république étoient démontrés d'avance. t 

S*il r*:(tolc quelque dout« à cet égard , on pourroit dire ^ 
arec Biiiaud-dc-Varennes : tous ceux qui n'étoient pas de 
leur bord ( BrifTot 6c confoxs ) auroient été impitoya^ 
blemcnt facrËés. Oifons plus: tous ceux qui ont vote le 
fuppUcc du tyran , euflent été les viâimes des hommes 
d'état qui vouloient* le fauver ; & Tafluce de ces der-* 
niers étoit bien perâtle ; car ils avoient toujours à la bou«- 
che le mot république & celui de falut du peuple. Plus 
xl'im patriote en ont été dupes. Ç'eft ainfi que s'y pre- 
noient les fédcraljfles pour rétablir la royauté ; mais la 
caufe première de toutes ces horreurs étoit dans le corps 
lég:fla(if. Les membres gangrenés de ce fénat inipur* 
étoient dignes du dernier fupplice , quand ce ne (eroit 

2ue pour le crime d'avoir fait déclarer. la guerre eSen* 
ve. Çstte opinion feule méritoit la mort ; & ce trop 
jufte cHâtiment eft loin de réparer le mal. Qui nous ren- 
dra le fang généreux de nos frères d'armes ^ Terfé avet 
tant de cournge dans les plaines de^ la Champagne , à 
LtUe I à Mayence , Ceci 



Eni vain JBriflbt , 6c fes vingt collègues', fe font 
pfainti d*ltre lactifîés pour une opinion émlfe au fein 
)i*une aiTemblce qui a décrété \^ liberté de penfer. Ek ! 
n'ont ils pas traîné au tribunal l'ami du peuple» à caufe 
àz ion journal? £t eux-mêmes, comment fe Ttroient-ils 
oifculpés d'avoir vculii armer tous les dénartei^ens contre 
Paris , pour détruire Je berceau de la liberté , & fur les 
ciibris , éUver i.ne rcpubiique féûéraùve à la merci des 
f Ufflances coalifées > 

Femmes cantre-révofuilonnaircs en bonnet raugc* 

De cr raines femmes , q >i vouloicnt apparemment fe 
dédommaf^er du tratic auquel le réquifuoîre d'Anaxag. 
Chajr.ict i*ur leê mœurs publiq.iis , a mi» enfin un term^» 
»aff^<bièrent , ces jours derniers , d'un bonnot rouge , 

Î^aiièrent un pantalon à leurs jambes 6c des piftolets à 
eur cc.ntiirc , &. ai.iû accoutrées , coururent p^ir' les 
lUes de Paris. Alors on jugeoit les vingt - un (édéraliftc* 
conlpirateurs ; & lc6 citoyens , pendant cette procédure , 
gardoicnt une attitude trop calme , trop Impcfante au gré 
4*ttn certain parti qui cherchoit'à faire diverfiôrt & du. 
bruir. Nos femelles , (oi - diiant révolutionnaires , bien 
payées , mais mal ir llruitts de leur rôle , voulurent débuter 
par accapnrer les citoyennes des mai'chés de la feftion du 
Contrat Social. Elles allèrent donc leur propofer , du tcji 
dont en- commande , dont on m.mace ^ de prendre 6c 
d'adopter leur nouveau collum?. O i ne leur répondit point 
.avec des paroles. On employa des rai(ons ^\v$ frapparftc's ^ 
pl'js jenjibies. En un mot , la préfidente des dames eii 
bômut loug^ tut rudement fouettée & couverte de bcue , 
au» acclamations d'une foule immcnfe. Cette juftice po* 
puiair&ne le ht pas fans quelque tumulte. La place de la 
Viéioire nationale, et les environs , étoicnt pleins de 
groL'ppes fort animés. 

Tout ce bruit parvint jufqu'à l'affembléc générale de 
la* Te^iicn , dont les officiers civils fe conduilirent avec^ 
boaucoup de fageife & de fermeté. Le lendemain , lés 
citoyennes du quartier ne manquèrent pas d'aller de- 
mander k la convention un décret répremf de tels fcan- 
dciles , & l'obtinrent fans peine. Il n*eft plus permis aux 
femmes de s'organiser en club délibérant ; elles feront to- 
létèes comme- îpcélatrices filentîeufcs & modeftes dans le» 
locfété. patriotiques ; & en effet , les femmes ne doivent"^ 
peint aller chercher des nouvelles hors de leurs maifons ;. 
qii'oi!e& les attendent &. les reçoivent de la bouche feulô 
de Uurs pères ou de leurs enfons ;^ de leurs frères ou de 
Ituis mari^. 



Citoyennes , foyèz fille 'honrictes & !ab6ncufes , épotifes 
tendres & pudiques , mères fages , Si vous ferez bonnes 
patriotes. Le vrai pathoiifine confifte à remplir fes de- 
voirs , 6c à ne faire valoir que les droits départ's à cha- 
cun , lelon le fexe ôi l'âge , à non à porter le bonnet & 
lapiqae, le pantalon Si le piftoiet. Laiflez cela aux hpinmes^ 
o^* pour vous pr jt^ger ôi vous rendre heureufes. Garde» 
vos vétemens analogues à vos moeurs & à vos occupa- 
tions ; & puiùiFcz toujours avec courage y comme vous 
venez de faire , tout déîit qui tendroit à délbrganiser M 
fociété', en troquant de fexes , ou en les confondant ave<î 
indécence , ÔL dans des intencions anti-clv^ues & perfides. 
Féu à VAml du peuple par la ftélion dt V Unité. 

Le jour de !a première décade de la féconde année ^ 
la Républ'que , la fe^ion de l'Unité a célébré à fon ispu* 
fine fête pcrpulaire en l'honneur de ^larat. David n*ayx>tf 
pas \>eu contribué pa: fon pinceau à rendre folennfllecflle 
de la feâion du Muféum. La feâi*n de Bondi avoit ev 
auffi , pour s'aider à illuftrer fon hommage à la mémoire 
é^ rÂnii du peiiple • tous les talens des artlAes de i'Opér^^ 
La feâion de lunite s'en tint aux feptimens de fraternité 
qui caraûérlfôrent la pompe qu'elle décerna au martyr, de 
la liberté. Cependant un cénotaphe d'une ordonnance 
révère s*élevoit au milieu du jardin de la 'ci-devant ath 
baye S. Germain. A l'entrée étoit un trophée des por-t . 
traits de Louis XV » Louis XVI , de leuis mmidres , dv 
cardinaux , de prélats et autres gens de cetâ-e efpèce » qui 
furent brûlés en préfence des buAes de J. J. Rouffeau » dâ 
Lepeltetîer & Marat. On chanta des hymnes , & l'aie re- 
tentit des cris de vivi la R'pMIque , plus fincères que ceux 
qui furent pouiTés un peu avant , à la place de la iléyo^ 
lution , par les vrngt députés fédéral! Aes , au pied de 
Féchafauci. 

Tout fe palTa dans le calme , & dans l'attitude d*uii 

peuple qui lait dar.s le même jour rendre à chacun félon 

les œuvres. A midi^ la hache des loix frappe les mandataîr-es 

' infidèles. Le ibir , l'encens fume devant les images des 

repréfehtans fidèles à la nation. « 

Nous fommes véritablement dans lefiècle delà.) u (lice « 
Compagne néceOaire de la liberté. 

, Dtnri^ dt première néciffité. 

Ce qui prouve qu'il faut fans cefTe redoubler de cou- 
floge, defiirveillance'& de fermeté, c'eft le fpcftacle de 
tout ce qui s'eft paifé depuis quelque tcms à Paris & 
aiUeius, i l'octafion des fubfiftances & des déniées de 
première néeeffité. Paf-toot on fe foi fit des hommes évidcrti- 
neni dangereux & fufpeâs ; mais combien fe perdent 



( M> ) 
Sans la foule? Combien ' fe cachent foaj un voile înif^ 
pénétrable ? Roland avoir reçu vingt mviltons pour ache^ 
ter 'des grains , pour entretenir Tabondance dans t6us^ie% 
départeme s : qu'cft devenue cette fomme immenlc ? A* 
quoi a-t-elle été employée i A difFamer Paris & à affa«* 
mer la France. Une preuve que le pani de ces hommes- 
là tenoU à celui des puiilances étrangères & de la royauté , 
& qu'il ne s'açffoit pas feulement, comme Ton a dit^ 
d'un vain orgueil , ôc feulement d'un amour de domina^ 
lion ; c'eft que Roland &f fl^s amis avoient fi bien fait ^ 
que les départemens même qui avoient embraffé leur 
caufe , étoient , du moins en apparence , fans aucunes fub-^ 
fiAances. La moiflbn de 1792 avoit été très* belle. ^ & Pon 
ne vôyoit plus ni grains , ni farines ; tout étoit caché , 
«ccaparé , èc la livre de pain s'ed payée dans quelques 
endroits , jufqu'à vingt fols. Pour tout homme/qùi penfe j^ , 
il efl clair que le non emploi de ces vingt millions , & 
le feul défaut de vigilance fur le commerce des grains » 
annoncent aflez àt la part d'un minidre de rincérieur des 
Intentions hoftiles; & quelles pouvoient être fes inten* 
fions, finon de pouffer le peuple à maudire la répu- 
pubhque , fous laquelle il manquoit du néceffaire , & de 
le jetter dans les bras du defpoti^e , qui, les premiers 
jours , fur-^ut , auroit bien lu leur faire trouver du pain 
& k bon marché. La fecouffe que caufa dans les efprits 
la journée du 3 1 mai ; la fcidion prononcée de quelques 
départemens ^ Ti ncertimde des autres ; ' les derniers efforts 
de l'agonie du parti expirant , contribuèrent à faire ref- 
ferrer encore le peu qu'on en montroit ; par-tout la difette 
fiit générale Çc faâice , il fallut tous les foins , toute l'ar- 
deur /du comité de falut ^ public , des repréfentans du 
peuples envoyés dans les divers départemens , de la 
commune de Paris , pour faire forttr de terre les mon* 
ceaux de grains qu'on avoit enfouis. Tel fermier, au, 
mois de juillet , n'avott pas encore battu fes gerbes de 
l'ttuiée précédente. La cupidité , d'accord avec I^rLAocra- 
tie & le fédéralifme , fe jouoit de la loi du maximum 
contre laquelle s'étoit toujours élevé le côté droit de la 
convention ; & fécondée par les adminiftrations entachées 
de modérantifme , débitait que l'oii étoit encore bien 
heureux d'avoir pour deux cent francs un fac que la 
loi taxoit à foixante livres. A de fi grands maux un gr^nd 
remède étoit néceffaire ; on le trouva da«s la loi de la 
réG[uifitioa. Forcés par une mefure coaétive & révolutior- 
naire qui proportionnoit cette efpèce de contribution au 
nombre aarpens de chaque ferme ou propriété , les 
grains abondèrent le l'on connut toutes tes richcffes de 



(»5S) 
fa France. La flqaîftîon p^nâiur'lcs braiV fur les voi"* 
ture,s camme for kes fubfitUnc^s ; on battit , oh apporta 
Jes grains, parce qu'il le falloit, dans les différehs greniers' 
& magafins dtfignés par les repréfentans dir peuple. 

Ceae dettùère requifition devenoit aufll néceiTalre que 
la première i puifqu'une féc)vrefle pretqu'inoure régroit 
de[mîs longrtems. Un ciei d'tiirain rel^ufoît d'aviver l:s 
rhrieres 6l Ses canaux. Le trarifport des grains ramaflés' 
dinf les magafins divers ^venoU piinible & difpeiirdîetjjc 
pour les grandes communes & les armées, donc ia con- 
&|nmation cft immenfe. La réquifitton para à tous ces 
nic«F<v«énien9, Les armées ne fouffrirent point, & Patîs 
sapprovifionna. 

Cependant la h^lveilianc^ & l'arîflocratie né perdotene ' 

Î>as de vue leur premior projeté Tandis que le patrictifme 
attoit avec avantage contre le' (lédéralifme , contre la cupi^ 
dite & comte les élémens^ ell€« entraînotent les craintes 
fie les inquiétudes du peuple , t|choie. t de )'exa<pérer 
en exagérant les maux 6l (es dangers. Une io\x\Q immenfîrre 
preffoit , s'entaiToit à la porte des boulangers ; on eût dit 
des homaics qni , n'ayant pas mangé depuis iong-tems, 
attendoient qu'une tnain bienfaitrice fatisfir leurs entrailles 
i'-jeûn j & cependant jamais Paris n'avoit manqué. Tou» 
les )ours même on dinribuôit une quantité de pain b.en 
Supérieure à fa coulbmmation ; la crainte de manquer le 
lendemain du nécefiaire, faifoit que la veille on prenoit 
du fuperâu , & ce même manège fe renouvelloit chaque 
jour avep les craintes chaque )Our fnggérées. Des mal- 
veillans qui ne craignoient pas pour eux , mais qui 
empioyoient tous les moyens pour tarir les lources de 
l'abondance y fe préfentoient fucceffiyement à la porte 
de plulieors boulangeis; loccaparôient des pains , qu'ils 
alloieot èni'uite , pendant la nuit, jetter dans des égoats , 
dans la riviéte ou dans les latrines. Ce fait a été conf- 
taré plufieurs â>is , 6c nous montre affez qu'il a dû avoir 
Ueu bien plus fouvent encore fans qu'on l'ait îu. Outre- 
cela, Paris, depuis long-tems, avoit pris la lage réfo^ 
itttion de tie faire payer le pain que trois fols la livré , 
te d'impofer les riches pour pa3^er le furplus. Le*, proprié-* 
taires , dans les communes voiiines de Paris, trâvatltèrent 
fi bien qu'ils empêchèrent de fuivre cet heuieox exemple. 
Ainfi les habitans des camp:4^nes, obligés d'acheter leT 
pain à hn!t fcis la livre , préférèrent naturellement de le 
venir cherhcr à Paris^ où il ne leur coûtoît que trotf 
Ms : ainft le pain payé par les parifieas , s'écoula hor» 
'de leur^ murs. Leur amour pour leurs frères, leur bonté 
naturelle les «mpêcha d'arrêter avec fermeté cette nouvelle 
fTpèce de dilapidation : bient5t ce ne fut plus les cam- 
pagnes- voiûaes feujcs qui emportèrent le win cuit à 
m ai}. Tomt 17, D 



? »t4 ) 

Farls, Voa en wrof^ .pu U» dUiSgencta à Orléans^ S 
Rouen, à Amiens.; 4e forte que pendant long-ccou Paris 
a pu fe vanter de ftourrlr de Tes propres . deniers une 

Srande partie de la république. On mit enfuite aux portes 
e cette citi , une g»rde un peu plus féyère ; mak pour 
ttomper la vieilance des fentuieUes , les habiuns ésr la 
campagne cacnèrent le pûn^ même dans du famîer & 
dans du linse (aie ; t'intérêt fervoit à merveilk les enoe* 
snis de la cEofe publique , & la certitude que l'on enponoic 
le pain hors de Paris , que les boulangers , la plupart pen 
patriotes , en difiribuoient en cachette à leurs amis , ra* 
menoit tous les matins » & ayant le jour , des cttojrens 
à leur porte. Mais il faliott voir fur -tout Taffluesce à cer^ 
taines époques , à la veille de certains événemess*. Quel' 

Îuefois pendant trois on quatre iours » la bautrque des 
Ottûngers refioit abfolument libre ; mais après- ce coure 
intervalle , bientôt les malveillaai fonnoient l'alarme » 
donnoient l'eaemple . de la crainte , & la fouie recommen- 
foit. Pendant le jugement de Cu Aines ^ pendant celui 
d'Antoinette « pendant celui des yingt-un députés., les at- 
troupemens groffiû'oient à vue d'œii. La commune délt* 
vroit iufqu*à deux ou trois cents facs au*-deffus de ce qu'il 
en avoit jamais fallu pour la confommation de Paris, dans 
le tems oii il contenoit dans fon (ëln deux cent mille âmes 
de plus ; mais e'étoit le tonneau des Danaîdes. Il fembloie 
que les mains des confonunateurs ne pou voient iaraaia 
affez fe remplir , tandis que c'étoient les égouts- & les la» 
trines qui fe remplifloient. La commune enfin , par ua 
règlement fage(voy€^ an. Commune} 9. pris des mefures 
pour s'aCurer à la fois de la probité des boulangers & 
des confommateurs , par le moyen d'une carte , divifée 
en autant de compartimens qu'il y a de jours dans le mois; 
le boulanger recevra , avec l'argent du confornmateur , un 
morceau de sa carte , une forte de quittance qui lui fervira 
de décharge, qui prouvera combien de farine il a em- 
ployé légitimement , & qui l'e^ipéchera de mêler , à la 
belle farine qu'on lui. donne , des matières étrangères qui 
la gâtent. Nous efpérons que dorénavant cette mefure anéan- 
tira leS' projets de nos ennemis. Les bons citoyens doivent 
favoîr que depuis long- tems Paris & les armées font à l'abri 
de .toute crainte pour les fubfiftances ; les armées même 
cèdent à Paris une partie de la réquifition qui leur étoit 
defiinée , parce qu'elles n'en ont {Hus befoin. Par-tout le» 
magafins fe rempllflent , & préfentent le fpeâade eonfo* 
lant de l'abondance. Les provifions font allurées; la ré* 
coite a été des plus rl^es ; 6c quoiqu'en difent ceminea 

«ens , elle eA plus que fuffifante. pour nourrir h répa^^ 
liqus entière fans le (îrcours de l'étranger. Les femaÛ es 
(91H faites , Ce les bras néçeftiiîet à ei^fcmencer les tenef 



po u y rwit éa:t'û(ècxipé% \ battirr &' à yolturèr les graïAs; 
hà'fMotk plfit»leof€^rnv« ; di^jà flous itons en reffentons: 
les «ato gR>A(imi: dansiez foi(ttt\nei , les riVières &1eif 
canasx ; auèaii motft'Mi ii'eft par a)}rfé; Les rivières ajan^ 
plinde.ibroe, commenceiit à pouvoir porter de plus gros 
Àrdeailjt , fc à' faire tirraler ïes denrées ; le fédérainn^ 
ii*ofera ]^h]S élever fa tétei L-amiée révoIutionnaWe anéan* 
tira les' «ccstptireniens ; it çommiflion des iuhfiftaVi'ces ^ 
sommet par i'aifembiée , va conduire révolutionna^»* 
tncntlc coimneree &i les marchands. Si Paris « fi la Francft 
entière n'a ptas- éprôUvé la -famine , lorfqu'il exîAoit un 
Ly^on ^ une Vcfidée , uife Marfeille rebelle; lorfque les 
gens iufpeâs (Svoietit tous* leur liberté , lorfque les autri-^ 
chiens tnomphoient/ lorfque tous les élémeiis fembloitni 
^entiMidrel asrec^ ces «nnehiis conjurés ; quel jaVenir dglféi- 
ble ft'nvotts^itbus p/as «^ nous prometitc aujourd'hui , qoiè 
tous l«s che^* éé'h rébellion tont tenverf^s , que tous les 
sioyauar en*^ font 'cernés où détruits ? La convention ne 
•*eâ pas bornée à jouir du préfenf , elle a porté fes tegarcfe 
im i^aVc^if. La ittatvèillanie 'eft comme h tête de l'hydrei 
terraflée d*afeord,'el)e rénaît ,& fe relevé bientôt «tes. Il 
étoit donc dtih de^'^oir du légiilateur de pourvoir aux be? 
faifns defaniiéé prochaine. Malgré le départ pour les^ fron- 
tières de* fo^te la jéuncffe frahçaîfe , fa convention n*à 
kiiTé aueûne «propriété inculte , aucun terrein oifif. Un 

Suce de terre t{ui n'cft' pas cultivé , eft une tache fur un 
libre. Ellis a rendu , aux honneurs de l'agriculture^ 
S9as les terretn^s vogues & communaux ; elle n'a pas niém« 
PotAù qne dans les jardins imtnenfes & cl -devant royâuii , 

Îae renferme Paris , il reftât aucune place inutile. Plu- 
«ors arpeti^ y font confacrés au jardinage. Une infiruc- 
tien vient d'émaner du côm?té d'agriculture , pour ajsu< 
ter , par des procédés nouveaux , à l'abondance des moif^ 
lonS'& à hf quilifér* des objets de culture, pour augmenter 
enfin tous le$ mbyeni de fubfiftances ; & fans doute là 
convenlton ne tardera pas à décréter la defiruâion de 
tous les grands jardins de plaîfance , de tous ces colifichets 
anglais qiit font géibir la nature de leur mignardife & de 
leur fiériiité } que les propriétaires contraâent des goûts 

rttts républicains , que par-tout chez eux l'agréable fe mêle 
^l'utile r dans les mauvais te^rcins , qu'ils plantent. des 
bois ; dans les bons, qu'ils ftment du blé , du foin ou des 
l^g^mes. Le luxe des beaux jardins infulte à la mifère du 
peuple ; qde tout foit pour les befoins du peuple , mémo 
dans les pofleffions des riches ; & qu'en voyant l'homme 
pins opulent que lui fe prometier dans les jardins ^ - le 
pauvre puifTe dire du moins : dans des tem5 de difette ^ 
la république faura bien trouver là de quoi fournir à ii(e| 
befoins» : ■ - ^ ' ' . • •. -^ 



( 1,6 > 

7tifqu*À; prirent» let pkis j^aiid«f dépenfei, :lc$ filii» 

grands^facrifue^ ont ^té fai.ls poyr desiiiperâiiîtét. Les ckftr 

teaux étoient couverts en tuik > ou pluf ot ea ardoif<l & la 

defneut£ du laboureur ft'étoit abritée qu'avec- du €lia«|n*e. 

Demandez au riche ce quUl avott à conferrer.avec tant 

de foin » à garantir fi fcrupiilenfement des jatcmpéi- 

iries de .r^iir : dc^ gUces» de loHs meubles ^ de^ belles 

tentures , dts bijoux ; iandls que le modefie^ laboiirewr 

gardoit, fous (on toit de chaume les chofo les plut 

urécleufes que la terre ait produite , la ffibAibi^ce de 

1 homme l souvent même il ii*étou pas «fiez riche pour 

renfermer ainfi toute fa récolter ilétoic obligé de i*en* 

taffer en meulu au milieu des vbamps & de la laJiTer 

fiKDçfée aux pluies du ciel & à la torche ifMieikiiaire des 

mécha: s. Qu*on démoUiTe donc eiifin* toi<s les ^rteiuc 

châteaux comme on Ta fait dans la Vendée , 6c qam les 

«décembres en fotent di^lrl^ués aux pauvres , qâi (e 

conftruiront un logement plus, digae d'eux 6l de» den* 

tées qu'ils y confervent ^ ... : 

Loriqu'on raxa le prix des grains fen^s,o;i fc pef«« 

fuada^ d*apiès les idées des éco'nomtft^s , que le blé» 

éj%:t en quelque forte la repréfentatk» de tcltfterchofet , 

la première monnoie préfentée par la nature » eo' ie ca« 

rifant on an^èneroit néc&fTfircment toutes lea marchant 

difes à un prix proportionné. Pour nous , ^npps avPQS 

prèdif dès-lors que fi on fe bomoit à .taxer les grains , on 

manqueront fon but , parce qu'il arriverok que les aiH 

très denrées « au lieu de defcendte au prix des grains t 

les élèveroient au leur , m.ilgré la lot ^ & qu'il bAMê 

nécefff^irement tout taxer. Nos cotijcâiires ne fe font que 

trop vérifiées ; & la convention , mieux inftrui^e ou plut 

épurée , a enfin aÛîgné à la valeur de^ chaqiie denrée 

de nécelTité première un maximum, 

Plufieiirs caufes avoient concouru an renchérlïïement 
d'une multitude de denrées, les aifignats avoient perdu 
leur valeur par leur trop grande multiplicité ; la fécke* 
refile avoit rendu plus rare un grand nombre de comef- < 
tibles. La guerre occafionnant une plus grande confom-* 
mation de viande , d'eau-de-vie , de draps « de toiles & 
de cuirs « avoit du augmenter le prix de tous ces ob- 
jets. Les trahirons de Uumourier., qui livrèrent à l'en- 
siemî pour plus d'un milliard de provifions de bouche 
& d'emmagafinemens , ajoutèrent encore à ces mislhiurs» 
Les déiafires de nos colonies firent diiparoitre de nos 
lies le fucre & le café; Tinfâme Capet en avoit déjà en- 
levé à la Fiance pour dix-fept millions, par l'entreoiKe 
de Leflart & de les courtiers « & les avoit fait vendre 
Ibus un nom fuppofé & pour fon compte , à Hambourg, 
comme on peut U vo^ dans le procès de Lapor^e « Hv; 



%ndant Ac \i liRc dvîlc , & ât Gatôtte , premier au- 
teur de la dévaftation de nos colpnics. ' 
• Le fsTon , dont les matières premières vitnneàt <l'Erp»^ 
gne et d'ItàKe , a dft être ianpeu moins abondaot ^ à eaufe 
«le la plus grande difficulté des arrivages : ces marcliandiies 
vncfeirrenchénes ont dâ fatre renehérilptoutes les autres , 
par un effc!t ^ de ce itiveau quî s'établît toujours rapidement 
entre les iffbiets de commerce , (iir^out quand il s'agit de 
rtffticliérirement. Ma<$ totires ce^ taufes , la plupart nat a-' 
rrillss , ètotent bien loin ericçre.de devcr porter fi haut le' 
pribiL d«' denrées. Il faBut <j'-ie la malveillance concourût 
avec elles d*line tnallîèlé jpofitive^c coudante ; i) faîlut 
qttc des finaucîtrt-tccitparettrt ^îftes sVmparafffent de* 
tont ce qu4h|yutent ratnafler àgfands frais , le reffrrrriflenf 
avec foin , pour ne le faire fortir que dans des temp op-' 
portons , et en gagnant cent ou deux cents pour cent. Plu-' 
ûmn autres faifant le m^er 'dé ttfuifiéi's , affolèrent fur 
les raaroHandifes ,* vendirent ce qu'ils ii*i|(voient pai a^tfté , 
achetèrent fans remplir jamais de magafihs. Les dctaillan» 
ont'b.eat^ partagé éternité ees^manœnvreç. i>'ime heure, 
d'une demi -«heure à l'autre , le prix croHToit avec une ra- 
pîidîté effrayante , et' ce qUV)rt %'ét0it procuré l§ m«<in ,. fe' 
traavoit prefque ioubtéle fo^r. Les marchands quî avoienf 
des pfovifions depuisr l^ng-tenips firent nnc fortuné énor- 
me, et s'enrichirent de la misère du pauvre: ceux même 
qui avoient un relie de cônfçience & qui *ï*ofoîent ce- 

Edam réfifter au torretfidé l'exemple , étoient térut 
teux de leurs gains ^illicites. Pfemianr que ta rapidité 
mercantile sVxerçoit; ainfi avec tant d'avantagé*;' la '-mal^' 
veiUaoce , crûnineilonient prodigue et déprédatrice, détruî-^ 
foit aatBUt qu'il Jéioit ert elle les denrées dé première né- 
, «eifité. Oit peut voir ^ Jp l'article Commune de Pan i y là 
dénonctation fignée Picard. PLuficors tois ort a trouva dans 
la rivière des morceaux de vrande ^ comme bn- atoie ti^vê 
des pains. ' î : 

Il éto t temps demfeftre %în fr^in è cette fnreur dépré- 
datrice & fpoliJltric^. Evifin fut ren^kie Uï!* loi falutaire 
du maximum , que fiarharoux^ , à l'époque oh on taxa Ici 
Wés , rcgardoit comme une des caufes futures de là perte 
de la République , & qui étoit le feul moyen de la fa«i- 
ver. Le» principes en furent fimoles 6c jufies; fin raifon 
de toutes les caufes naturelles de l'enchérifTement , on 
aiouta un tiers au prix de toutes les marchandifes en 
1790^ les dnoitft. royaux 8c feigneuriaux défalqués. Cette 
loi fage mettoit à leur fiiveau tous les objets qu>ile cm* 
braftMt « car fon effet naturel étoit d'établir une )u{le pro- 
portion entre le prix des marchandifes prifes^ au lieu oh 
on les récolte , ou on les manufaânre , & celui de ces mè- 
ipies marchaindifes amenées à une dtfta&ce quelconque. Car 



tà.^n t790 5 m itni aucune autre année , k fàcrt «par* 
exemple , n*a pu Ce vendre auffi cher à Oriéfifiks qt*à Pam%^ 
Ainfi ie ouuùinum établi' cette anaée-ci à Pari» pour :1e 
iiicro.9 devoir ctre rupecieuc à celui établi à Orléans à lar 
même épcc^ue., & ptélenier les mêmes progrei&oiis nts*. 
mériques-, dai^fr )||jc|i:«li«s devait fe treuytr compris \w 
bénéiice di^ marchand. Le graçcl défaut dé «cette loi » c'eft 
^a'dUe/p'^toit pas j^iuz*général« « &L qu'elle fe bernott ^mt* 
dâiirèes de première neceifué. Ën-enet,' coMme iioitf l's-: 
vonfi dittout-à-rhcure ^ kf- plus fort, emportamt-touf ours le 
foible , ce qui n'étoic pa$ taxé ^^iveé^ement ou 4ndikeâe^ 
ment, devoit tuer le fn#x»nuiB ea éiaMiflianf'itneénonner, 
diiproporcion encre les 'diyi|Fres'-9vi^h««(bie^ Un «mre' 
défaut , moindre fans doute ,.mais très-ifnpoftiNiiit encore , 
c'eô qvi'clie ne difoit point ù ce maximutB fcroit iiieé 
d^ap^è» le prU defr déuUliftes » ou fur l'avis^ 'da^ pnx des 
marchés. ; c'efi qu>U& ne:^termino!t point le ^dnr qae 
les marchand^ en gt«s b^ifferoîent aux marchands en dé«^* 
tâil , ce qu'ellis auroit pu d^sylors fixer à- un dixième. '^ 
Qu'art iva^t^il • ? Pour ëitisiaire aux defirs du peuple ,- 
do^t cette lot combloit t^iis, les- Vçeux-, la mnntcipaixté 
4e .Çarls fe Kàta de êxn Àa maximum dans fort' atrdn^; 
^iiTemecz » Sx. elle A^eut pas ktfunps de tout Tompre »» * 
dre dans, fa fixation-, & elle précéda la â^xation deexom^' 
munes environnantes. Alors Paris , offrant toutes ks den^^ 
récs-4 tTiéilleur ms^bé >que les lieux t irconvoffins '^ 'de* 
toa& cdté^on vint S''app^ovifio•ner à Paris-, t\^j ent'd'a-^ 
bocd à ta, porte des^éprçiers ,h même foule qu'â celle ^diM^ 
bp^ugers: il paroit 'méme/<iue ces mardnnds > avoîent 
avi(é^ 'aux-m^yens det ramaflerainA , comme ils avcMent 
é^éi caufe des/^ttrouppemens dtt'd^ (é^ncr) Dtr'moing 
tl^ en profitèrent encore, pour dir^ qu'il» n'^i^ôfent pa» 
de^ifucr^ , (k. ces 'g^ns r jà^ qui* n'e^n mnnquèrent 'jamaie 
^k^piA* ilo vaMi '^nt ^Is ta<>nrrâ,/fe tnouTèrent tour«-à- 
COJp , dépourvus quand il ne valut plus que trente deajt 
fo's-^'Il en eut de cela, comme -dtr pair «• Paris Tie manqua 
de rier5 , en effet , 6i fembla fiutlquer de tout. La inu-i 
nicip^^té , coinnle* de raifon ^ h*atoît pas- cru devoiir 
aller ati-devant de la loi, elleevoit taxé les denrée» 
d'après l'ancien prix des halles Si des marché» , & quand 
elle eut taxé le maximi^m d'après l'ancien prix des dé*' 
bicans & des détaUljfles , les marchands en gros ne fe fe*' 
loicnt pas cm moins en drqit de vendre au prix* dif 
maximum ; aidfi les épiciers s'eupent aucun gant a faire 
dans leurs nouveaux- achats. ... - ^ 

II eft vra* que , tout bien eonftdéré , ils' n'aroient p» 
n f e plai-«dre, leurs gains des mens précédens touvroicnt 
^ au-delà cette perte momentanée,- mais le bois , lé 
chaînon , le beurre > les oeai»^ &c; fe vsndoicnt au port; 



gu 'diimââr » |. h halle » »n prix d^ 'm«kSfr«iifn ; 8c les pe^ 
tîu détaiUans» obligii de s'y fournir, n*avoient rien à 
gagiv?f fur la revçote de œs o^ecs ; 41s étoient fur le 
point de fermer 1e^rs botttU{tf«s< Bien p^us, & on ne («it 
pas comment cela a pu arriver fans enfreindre la lot , p?m 
ûeurs marchandifes , dans les endroits où elles étoiert ré- 
coltées ou fabriquées y ont été taxées^ à plus haut prit 
qu'à 'Paris .même, de forte que les marchands de Pari^ 
n'ont pu en tiaire venir fans ^'cxpofer à de grande^ pef^ 
t?s. p*ua autre côté , les objets qui n'étoient pas nomi- 
nativement taxés ^ ont ^té ^ous elîglobés par les mar* 
c;haiidis4 parmi les objets de première qualité: ainfi I^é 
bouchers ont vendu la baiTe viande , c'e(^à'dtre les réees 
de bœuf & de mouton , les tripes , ôcc , a\i mcme 
prix que la bonne viande. Les bouchers eux-mêmes ont 
été rançonnés par tes marchands de boeufs c^i , profi- 
tant de la (SfBculté qu'on éprou^oit à taxer fuîvant la 
loi les bœufs vivans, tâchoient de vendre Tanimal à bien 
plus haut prix que le boucher n'en pouvoir vendre 
U chair. £n un ^ mot tous les intérêts fe croifoient 
encore ataigré la loi. Dies municipalités compoféês d'hom^ 
mes 4 qui on pouvait dire : rous eus orfèvre M, Jofft , 
des mu4iicipalités élevoient fort haut le maximum des 
denrées , dont Us offîciers-municipaux fe trouvoiene in- 
dividoellement propriétaitts : des draps , des toiles prifes 
à la manufaûure cofitèrent plus cher qu'on ne pou voit 
les vendre à Paris. Les ceufs , le beurre , taxés dans les 
campagnes- au mêine prix qu'à Paris ^ furent accaparés par 
le bourgeois qui y alloit paffer les fêtes & dimanches ^ 
parce que Thabuant de la - campagne aimoit mieux les 
vendre ainft que de perdte fon temps & fa peine en 
les portant à la ville > fans aucune efpérance d'indemnité. 
Des particuliers qui s'étoient plaints hautement des gros 
accapareurs, firent à leur tour de petits accaparemens de 
fucre , de chandelles , &c. Les marchés furent beaucoup 
moins {^rntsj les boutiques parieUlement. 

La loi taxoit au{£ la main d'œuvre' de tous les ou^ 
vriert & bien avantageufeinent |>our eux , puifqu'en aug-^ 
meiuant feulement d'un tiers fur 1790 les objets de leur 
confommation , elle augmentoit de moitié leur falaire. 
Mais l'iiicxéciition de cette pattie de la lot fembloir en- 
coie autorifer les manufaâuriers & les entrepreneurs à 
furfaire. li falloit de prompts remèdes à tous ces maux : 
il fiiUoit comprimer la cupidité du riche marchand & fou- 
iager le pauvre. 

Le comité de falut public propofa des additions à la 
loi. Nous croyons faire plaifir -a nos Ic<;;leurs en ajoutant 
à cet article an extrait du rapport de barrôre à cette 
dccafion , & le d^cr<t qui l':v fu> Yi ; 



^, Bdfrin, au non^ du- comit4 i/c falia'.puiËe, CU^isiR»-; 

les fédériàliAes ont. vécu , le peuple ïeut eu. immortel, dtr* 
cupons-nous dont des, plus pre^ans intérêts du peuple , des: 
fubililances » des approvifiooneinens , &,.de.la ioi du 
maximum. 

La liberté, en « s'établiflant fur le ti^rritoire irançals « 
s'étant appuyée avec c^iapUiiaflice Jur l'agncuhare tk hs 
coknfxiKtc&j elle avait délivré l-agricultttcp de tous lesliear 
de la féocuUté , de cette rouille feigneuriale qui dévorait 
les terreik d'impôts arbitraires & otiiéreux^ qui les gtévoient* 
chaque jour davantage. Elle avoir affranchi lo .commerce 
de ta rapacité finai)ciçre ».& des* entraves.qiie le» péages , 
les corpor^itions » les En^Urifes ÔL 1^ différence deS'jprovinccs 
avoient trpp loog-tcin> co^fervées* . «. . . - 

Qu'a fait Tagricuiture pour ]a liberté? EUeyacherdié 
qu'à groilir Ces profits ,. q^'à calculer (fis bénéfices fur L'avi- 
^lifl'cmeat de la fortune publique v qu'à ^ffafner les.Biacchés g 
hauiTsr le prix dç to«s les befoins de la vie. . ^ . 

QiiVi t^t le cpimi)ctce. pour la lib^ti? Jl s*eâ^ paraly fé 
lul-tncme ; 11 a agiote tout, julqu'à ia propre inectie ; il a 
tari les /burces de la circulation par des exportations clan-^ 
dedîines ; il n*a p^s . alinxeQté .la république ^ar :des im- 
portarions fi faciles; il a négligé* par une forte.de dépit 
contie-tcvolutionnaire , la fabrication, la manipulation - & 
renvoi des diverfes içatièrcs:: 09 eût dit-<|ue ion avarice 
étoit devenue Cornplice du dçfpQtifme. Il a tenté, dans, 
fon délire calculateur , daflfamtîr la libertés^ qdl ne. t'oo* 
oùpoit que de l'élever , l'hçaorer & de l'enrichir. I^e corn- . 
inercç de !,a n>ouari;hi,e.érolt-il donc- un etclâve indigne 
de la libsrtc., ou. un enf«^£ipgrat & maDUevé qut-Jbattoit 
fa nourtlce? On pourvoit le penfer (i Ion ne favoitquun 
gouvernement cTiercanttle qui., fous une apparente liberté^ 
a ufurpé Ôc afl'ervi le commerce du monde , a ameuté 
conrre la^république rintérét de tous les commerçaos* 

C'cft le gouvernement atiglais qui , en careffant i*ia- 
térét commercial, a exercé tous les- monopoles , excité 
toute forte d';igiotage , favorifé toute efpèce d'accaparé- 
mens , & établi au milieu de nous une ^ecre d'intérêts 
commerciaux & mercantilies , dirigée contre i'intéiét des 
droits de la nation. .... 

Quel a été rc(iieux produit de t;mt de manœuvres ?(UQe 
hauil'e exctkTivâ dutis les iubiiltances,, un.repchériflem/ait 
prodigieux & fublt des obtetvde première oéceffiié.;. enfin, 
la mifèrc d'une grande jpârtie des ci(oyen% , de c^ttepactie ■ 
jntére(Tante de la nati^^n , qui vit de fcs travaux , ^. qui 
a plus de droit aux veiUcb & à. la folUcitude du iégif* 
lateur. . - . • . .. 

Quels rci|ièdes pouvoIt*il appliquer à cet ei^cès de fpé« 
culatioas criminelles des gr^ii^i propriétaires > à lavidité 

des 



4# UHiuMeà iiii<ktàfli| fit & PaVirice des itlàtcfuiijl 
AMUanif 

A» miliai de^ cpi «Mx , te léaîflateuir fft pu mécoil<* . 
noitrc la fléceffité de fixer à'Aora un maximum pour Ici' 
fubfiAliKÀ et pour U ftit dD frivjiil jiOurnaUer.Il écôil 
lufte » €f méxinùtm ^ cAr le tuoyen de (buteiiir là vie 3s^i$ 
M pnyt Ithre.^ ne doit pat éxcèdei- une certaine fonunei, 
9«A 1^ crime que le l^-flateur ne peut tolérer de voir . 
^pocer k fttbfiftanee de Thoibine ^ & de lai faire fubir lé 
baifiSe lontaordioaire à laquelle les toalTeillans & les avarei 

J»tii(M.'«AMTre, o;t fe prit ddnni au martouvflér | . 
1^ i^fé fi«fcB } CcVétoit peut4tre une des idées les plus iiti- 
nUffeitOT pottf tt bonheur du pe«ple p dé fixer le prix (mé 
Ul it^Nm fi«|»efive du patH , stu lieu de le HkQT à un prix 
4ê eioM an-dtti'u» de la jouriiée de 179^. 

Céitk èObcîer atnfi .< fiche « le Dropriétaire , le cip!- 
tplifl*, It ferinief i le commerf ant , le marchand auXien- 
' ^« ém pauvre» du ntaAoavrîer^ en lés menaçant fans ceUé 
par U loi 4|Ui groAt le prix de la jouriiée du travail , de 
tOttC ee- 41M Uur avarice & leare calculs grdflîffent le prii^ 
des rubfiiiinefti Le comté né négligera pas de vous ra-' 
menef fut cet objet hnportant à la lubfiltancii du pauvro . 
laboriea«i 

il écott oacorel di peiter que te mâstimum dés ful>fillances 
<|c c^ dt la OMÎn'd'ceavr^ étant fixés « le prix de toutee 
l«i tooManatièret néceflatres à Ped^iftence des citoyens fe 
fOOtic^C do «tvêau i mais le mal étoit trop argent » de IW 
pfllii#li doimée par le maximum des fubtiftahcés étoit trop 
îofeofible t pour que le peuple en fendt affet t6t les eftett 
fi» lea «stros ob)eta de contnietce , d'autant que la malvf il-< 
ianoe t'appliquoit iaiis CefTe à retarder ces effets fala-* 
laires. 

., Le légifitt-eur a été oMigé de tater k la fois toutes lee 
denrées & toutes ^les marchandifes ^ & d'atteihdfè du 
itsAmA coup b cupidité mercantile dans tous tes 6bjets dé 
iesjpéciiiatiens. 

Qu*a produit cette taxation pftfs f^énétale que la pre*'. 
mi^e } fuitérét perfooriel a^t-^l été plus compfîhié ? la qxl* 
oidité a ^€lie eu moins de fuccès r Non . fafis douta» \m 
fordide affionr du gain s'eft replié ; l'ariltdcratie a pfofitt 
i'abérd de cette uxation générale ] elle a cherché k profit 
ter fcnle de la baiffe des marchaiidries ^ flt ce que lé mm'^ 
cbasid accaparmc oo raffembloit pour (bu coththecce ^ 
fou profit i \t rkke « Tarifioctete & lé matveiUant Vêiçkp^ 
toit pour iom profit parfonnel , ou p!nt6t pou^ vidéfr fubite^ 
ment la bouéqae du marchatf d » & faire fo^ffrif Si cridr 
. M ckojrens peu fetttmii tgÀ ne peuvent dchété^ & fiVf è 

S 



OQ'au jour le jour. Alnfi donc la gittrchiibdife 'eiil limffe tfir 
Âilbit que changer' de loagafin ; elle emplifli^t 'l'oAhsit* 
du la maifon 4u riche, au lieu d^Mcuper le viagafm 'da 

lùarchand. . , ^ « * • ' 

Il a fallu que la loi munkîpale- vint mettrt ibs.boméf 
ir ces achats trop confidérablei » '& qu'elle vint préfider 
alix ventes quotidiennef^ il a ialliv- défendre jibx matthanJ^ 
de débiterjplus de cliaque marchandire à un cttayen qùSl^ 
tiVi, autre. Tels font l^s inçonvéniens attachés'à k pa»lyfif0^ 
volontaire 6c n^omentaf^ée.du conuAerce..^ ou plmAta Tés. 
tfianoeuvres coupablts , et à fa barbare arithmé^qoe *; iX- 
faut , en fupportant cet ^crah^e égoï'me-coCiaierBtal , F4t-> 
caquer chaque jour dans i^s replis /dans fes>tiitomrft ^-^pa^ 
Is vigtIaRce du légiilateu^^ jufq^'à ce que'4», tMdatiM} 
naturelle à l'ordre et à la^ profpérUé ,, ait*^éilibki»féqu)Ki 
libre , et que ravarice du riche commerçant -i'oittiWn^élK^ 
Il faut attendre qu'une e^iûence. aouyeUe ^oiaùiotMiée eu 
c<:>inmcrce pat des mefure/^'plu^ ^QergJiques èa ^loft «yafl<?»' 
crue va prendre )i C'Cuvelie 4:omiuiiUon de\ l'ubtifliuiees^M^ 
ces approvifiorincrùcas. C-^^â.à elieà généralifiqr ItsMou^ 
ve<men^ de la circulation , à accélérer les moyens fie fabri-' 
catidn ^ à dé.!;<iger les amas de snarchandifes % à^iUrobfiriirr 
les grands magafins^ ï ouvrir, tous les caoattX'vd^'la cW* 
chfaribn, et II rétablir le commerce dans toutes fit rkml* 
ficatioi^s. Oeil à une Comsiî&on auflt iihp»rtaale « r*ûài- 
vtîf tous les m agàfins^, à raviver toutes leamaiio&ftures , 
ct'^ appi^ovlâonner a'J be oin les bouttqitespftr ia-^ioi -d^ 
' préemption ^ qui rejid la République proprtétÂretnmneA*^* 
tatiëe dfe 'tout ce que le commerce, l'ind^ûri^-él Kigii-I 
cVtUure ont produit et apporté lu» le fol de la Fi«iice% 

* IVlais fa torce cpminuniquce par la C>ottYeri<ion'à cet^ 
âuftttution nouvelle , ne produiront pas tout l'effet <|ue 1c* 
peuple doit en attendre , h la Convention ne portoit.ati— 
jourd'huî Ces regards fur deux vices eûfeatifeU dans la loi du 
mkxiinum, . * • ^ ' 

' JLe premier vice, le plus apparent , le plus 4ati|>ereuy ,• 
parce qa*i1 tient a l'exécution , réiulte de la mpllefle des^ 
adminiftratlons , de la vcrfatilité de leurs principes , de la 
ifialWîlUnce de quelques adminiflrateurs 4 du défaut d'unité 
^atft Pèxécutlon de la loi , du manque d'enfembie» dans les* 
opérations des autorités conilituées « et de Tmiérét fordids ' 
qui fe ^ifle dans le coeur même de ceux- qui font djar-^ 
^éV d*s" fon^Ion^ publiques. -s : 

"Ici", un département , attaché aux principes -des te»« ' 
ordinaires , regarde, comme funefle la loi du rrutxbnum : là-^ 
une admînidration , liée d'intérêts ou u'affedion avec des' 
marchands^ atténue, par fa lenteur, Tcfticacité de la me- 
fure néceflCj^ire de la taxation : plus.loiii , des fojiâionnaire 



, k'j^y^ ^ . . . . , 

yjMîl II f ijferttiettt '-fur «ta M ^u.àaxzmum au tie^u de Texé»- 
cotér , et préparent fourde-ment ion oubli ou ion arî^ 

. . Dans tel pays , les admm'ïlrateurs et les municipaux 
ont des'.pAfe>s dans le commerce , ou dans telle ou telle 
branche d*fnduilrie. Ceft ceile-là qu'ils favorifent le pl»)$; 
ccHe.de Uars eifnemis efV celle quiU ccraîenc davantage» 
ComnMiiI le -défendroient-ils de cette pente naturdle 
à( f^ivoriler fe» parens , fes amis, fes communaux, fe*. 
voifins, et peut-êtrfr'môme fes affociés? L'intérêc perfon- 
n^l ^refid toutes tes Iprines ; il' le revêt, des couleurs na* 
<tf>iuies,'.it'pt^nd le mafqus du pitr.otifme , il ne parle 
^e (l'iméréc public , et au tond ne Lu , ne fayorilé que 
4«rûiti.- 

, Lé Comité a donc fenfv-le befoin de fixer des bafes d^ 
taxation , et de faire taxer au centre. . 
* Si ait dl éi hc lapant tot]<: les corps admlnifiratifs et les mur 
nieipalMés avoieilt ûit exécuter la loi du maximum comme . 
lèi vtpgente , comme loi nécedaire , comme loi attachée pair 
éfs àfCoivAailees prefTantes , au char de la révolution ^ 
lions n^^prouvertons pa5<fes tiraillemens dans le commerce, 
ces- oiUlruttions dans la circulation , ces pénuries dans les 
appionfionneinens , ces ralentUrcmens dans la Fabrication. 
C*eû ji i'énergVe des autorités locales, des adminiibrations' 
ds dépàrtf'iiicnft , qu*il faut s'adreffer aye<: force , et avec 
' des di^ofiiiôns , rigoureufes. La voix du patriottfme doit 
fulfire aux bons adminiflrateurs-, à ceux qui aiment et dé- 
fendant la hberté«et les infcfcts tl\> peuple : nne loi pénale, 
la coDiiToatioiv tl'une part'e de$ biens , doit {Simuler les 
idnctibOMres publics iiidfférens à la choie publique , ou 
qui ne font pas k la hauteur de la révolution. 
',. Uefscddd^vice'tiefft à l'iiTTuffiîancé de la loi du maxle- 
ii.iCbtfe foi , toèininndçe par les circbnftances et par 
" mdîévéneiîUîns inattendus , auroit dû embralTcr 



té'^tr'lts. païtie^cOmmcrciales , depuis le produfteur atti 
&iuiihi»tes jmaiières , jufqu'^au marchand détaillant aui W 
Ijiidj Vrhirpir rifnjri n pour les befoins journaliers. La loi 
du moKlMunt der<>it couvrir cha(]Ué chaîne utile de produc- 
%eurs ^.clfticmnipnktteurs ,'de mànnfaélttrieTs , de fabricaps, 
f^z magafiniers 'en gros , de marchands et de détaillaD|. 
Cétoit le moyen cTcnveloppcr le commerce, de Tinvcl- 
tir, poi^ aiftfi d^re, de rinrérêt populaire , en le prenant 
V<4 io»r0» juftju^à fa dernière et fa plus imperceptible ra- 
mification. £'éeoit le iftoyen de le iorcerà être utile &L 
bienfffi&nv l^ commerce , fi utile , fi bienf^ifant, fi né- 
a^Sêiité ed don: dèveâu dans cette rçvolutico de U li^ 



'y* 



^é une efpèce dé tyran txvt fn"!! aftilltt 

^ le rendre utile, 

' Lçr comité a appelle plufitvrs aurrts comîtée*, celiiî 

4u commerce 6t d'aj^çttlnire ,. la comimiSon de» ûibGC^ 

fances & des approvifionnémens ; il s^^ cnvirontié dm 

kttfç i^mrères , u a confnhé des admmîflratem publics 

^ d'autres àroyens éclairés^ ; & aprèt pliiftears^ confia 

fances « il t*eft déterminé à pfopoier une giadgiioa de 

bénéfices, & plufieurs bafes nécclTaires pour. ehlcmrwiK 

fiuiacîon ju^e dans l'écheile da commerce. 

' S'en tenir à la première loi , lui a patu appeUer im 

befotn inceflamment au milieu de l'abondance 9 ^tS^h^ 

rfîre , épuiier les petites hoiitiqnes & ména^ei \» grandi 

maçafini t fermer à la fois les unes ti les autres , tat 

petites par épuifem^nc & ks {pandes par avafiicé 6t par 

intérêt. 

En faifant la loi qui taxe les denrées ehe» fe inaj^ 
ritand ordinaire , nous avons redemblé k ce financieà qnt 
|K>rtoft h perception des drats à l'embottUviie 4e lu 
fîvi^, au lieu de la. porter à la (buvce èL d^ns oia 
43iverr etnbrançhemeni ou dans fon coure.. Ceft à In 
ibnrce fine le maximum doit donc commencer r t\ aujc 
inagafins de matières première&i a^. à U Crique ; }^ 
au marchand en gros ; 4*. au marchana dé^Uant; ^^.U 
f«ot pour être entièrement jaifle , ajoistei; % ces héoéâcea 
^duels , un prix fixé par lieue de tpanrpotfed^ la &brtv ' 
tjjue ot| au inagailn. 

Ceft alnlS que vpm verre» tous lea magafitiSi fintmts , 
eous les bénéfices fe régler | & l'équiUbre du ptisi t^éta* 
^Kir dans toute la réo^bliquc » fans la^fler s*eaagérer le 
profit eommcfcial & ('inquiétude publique. 

Ces quatre bâtes doivent former trréveeaUement le 

Snx de chacune des macchandîfes. pont tmim l'étendue 
e la France ; ces quatre bafes afCirent au iuiiiiÉ— e eê 
t{u11 a droit, de réclamer par fça travaux , pai: fai^fA* 
rations, un bénéfice certain^ 6^ m<7d^rés <;e9.i|uesre baffi 
vont bannir l'arbitraîre des. priiç , qui eft: k la (otOsMV 
'des citoyens ce que l'afbiiraîce de l'asiterité. eft à In Im 
berté civile; ces quatre b^fes foi^t ^urer leeonmercer 
de ce levain arifiocrafique & agic^iew qui. le.iouuneu^ 
Ot Ts^ corrompe îufqu'à préfent* 

Le comité a porte &$ re^rfb fur eetle dalGe peu. for«* 
tunée des marchands ^é^aillans ^des fabriqitanseineâea ^ 
il a vu que U. loi du moAinfut^ a ^teinf les detnîevs ^ 
fans frapper le marchand en gros: &; l'cnti^prenenr dé 
fghriq^e. VkxéçnwA de k lot , .q*it diminué que la fop* 
f(iqç des citoyens peu fiches : c'e cette cîafle qui dM 
^(ce fçulQ didçmma^é^; 4'aU(r^ales profits de lagiotage 



* w frwdf Wflfficcs conixMrcîaitx. tm h Miomnà^ 
|e«â J vMd fiiltet «a wBtt à% tiiftke; ton répamuM 
perte de petits capiuux titiles «« tWBomtrcc de <»aaa ; 
VM» éepl«cn <k pedtes fommet éêta k$ mains 4es ^at- 
*»*^o««^vott» crécx une forte de commerce ttfuel , ^vf i 
•fj*^ citojren pauvre , du snanouvricr & de cette 
cJaM de bons républ-cains qui achète & vit au fOUr le 
foax. l^msi» le trèfor public ne s'efi oerett poer um 
ironie pins )ufle ,j)oi]r un ietérit anffi populanre, pour 
mn placetneflt avlu fécond La conventien natîoiiaie place 
une iommt entre ies Drains des petits marchaiids 9c dn 
AiiyttefS fafericans, & ta conveotioe place à un grané 
SRléfét peu« U 7ipttbli(|He, Nous roinines obiieés deraTÎ^ 
▼er le coiQmerce, & d*encourager ctkiî ^jw, par f» 
'iasiM&<HK>iil. , s*éteiid fur les dtojens iês moins, feîn 

Le eomtié des fiMours jobiks a éUfli pr»èmé m 
WÊoèm fimple « décrété par vous , Dour U <&mbetion 4|$ 
hcomn aux éiojftm qni çot feuffert dani leurs técolKs 
par natempéne des UOrns. La juffice eft la tMlsUe 
polM^ee ; & tfeocourageiiient dpnoé au commeice dl 
oft moyeo de pfiefpérité pubii<pie dont Fm eft totfqpta^ 
Me envers la natîoe. 

In&i , le fiaatioit da prix des dieevita nfceilàires aiuc 
eiieyefis » doit avoir deux ilietifs : le pteimer , le hom^ 
bter, db peof^a ti raméliofation de foe fera; k fécond^ 
le g3iit légitime du travail & de rinduilfie, qui ail 1# 
frodidt d'opérations utiles ï la feciété. 

Maia des aBeilleurk loix réfulteet ibttvertt ies abuif 
i»a pies f|e<Aea que la «mlvetKancc (bmenta et isonrriiu 
Nous venons de vous en démoetrer les vices; 'c*ell % 
eotre fagtfffr & à votre astachement aa Im^ de peu* 
pu \ adopter les teoyeaaftipp'émeiitaîeea (isa #019 croW 
tta ies pies convenab!es. 

Voici ceux que le comité m*t chat^ de ?9M ptê^ 



% 



Bsnère Kt iui profei de décrai qei eA adopté eocae 
i#mes. 
La convention nationale , apris avoir entendit ks tsp* 

Cde (on comité de falet public. & de la ccmtnii^ 
é^ fubfiibnces ât des apprevifioimtm^ns , décièie; 
^. l*% 41 4V» f^ inceffitomicnt , feus ks yeux dés 
idfmoH&iies nommés, par la commlfEon dei^ fubâfiaecan^ 
(1 dei apprévifionnemsns , un tableau portant: . 

a*. Le pAx que chaque genre de niar4:bandifes, CjOm«^ 
t^Tes dtita la loi du maxifiuim^ valolt d:ai$ le leu dia- 
W ptodttftion eiv fàbritipic ea i/gip » augmei^ié d'un^ 
dtrs ; 



2^ Gn'q ppQi; cent;. de ^éfice f>#ur le* fhAtlmhâ^ éa 

Vos; . -; v> •. ' • ' . ' •" * ' ^' 

)^ Plx dé l^^iieâ.^ pour cent pour^fe tM^chahd Si« 

^taultabt;' \'\ .' .1 ':'■•*■ -^ \ '' ■* 

'* 4^,Uq prijf fixi par lieus pour; le trâtt^po^^•i raffeii 

it ia^'diftancç; dff la f.bj'Cjue. • » ^' • . *' ^ *. ' 

II: Cà\qiJa^e baies tprmeront irr^vocabUmêrtf le 'pftfc 
de chacune .dc« macplvandifes pour toute retendue*- de 
la V(5pubU9uêfI ; 1 ' . ; ^ ^' ** * -* 

^ m, tfi travAÏli 4«^. commiffi'rfs ehargët de procéder 
i cette taxatloç, iWa 'pccr^ité à tf con%enfiônV iwfrt- 
îné ik eoYoyf dfre£t:mejit à tOtf« les 'dé^rtemans , dîf- 
1fri£ïs & mu^niçipil^ré*» ^. • j » , - •• •• '- ' 

IV. La jcogivjenppii na|îoqîile voblant venir attfété'fir' 
Sé'la partie peu tbrtunée du peuple , décrète qu'il* féf9L 
accofd^ ttjQp ia^mnité^aux cno}"<âs ^fliardlattd^ o\ï'fA' 
fcc^u's.qui^.pjii; r«;ffjji de UJoi oir nuriQi(i'«^^>^ilAff?^ 
rôotayoïç perdu^lcu;; ^n^^èrf- forfunc, ^u iei ofrt 'Véduiti 
â.>irkÇj^riuii^.iU-<lftirou^ de iK>>000 Ai», dé rap'tM.' ^ ■ •! 
;.' Vv,i.c?..Âiç5yens^ui fç trpuvTeiyfttaiajis*le:xa&1l'^b¥ehîr 
cett^ indetnu|ti, jp^iicaj^roj^t l^un pétijioite Qitnc'4!h€f> 
Iteô^ de diftrîft , pour y* être 'flatué.d'aprèsi-les ba(Vs tjpi 
feront .pr^feistç^. in£fl{r^oia!e)it« pair i« casiit^ de fec^rs 
publ!c5-,^dç ci^ûiierce & -^ finapcej Téu: isa 1^ tbWft?P * 
lion* dç^'fiibrillijjlcfi^ ^^ f pprovifiOQfietr.Wns ?:c<tle iftdenl- 
^>téf]Erra pnvé^e pai le tïdittr public* ' * * •• "•' 

VT. Lés^ merurfii' çocrcitlv'^3 . , . à • prendw^ c^iri^r^ ^lef 
9V{tpjitéj^: <;aiv5i;ijf «î% ^ui. négligeront Texedlitbn dU Vré- 
fçnt,deÇf^ît . Je^Qaî; pjicfenté^j .inç^ffammeai "par *le^ comité 
deialut jxaunt:. ,. i .. , ^^ • • T ** 

Vit . Ces. /^i^ica^^ & ^ les . jqtarchftilds en gf 01 qtii ^ *d^». 
puIsMa^^ 'dli^f%^^iM\uff^ y auroio^t aUé ou cefferctentlêut 
fabrication et leur commerce, feront traités domine 'péf- 

VlILiai ommiffion des fLibridances 6c des appiïWî^ 
fion^n^ns ^ren^ ;^m|j^« v4^>* ^s moi%,. de l'eacécutba 
du pfélent décret dâhs les divers dépaVlemens dcla^Yi^; 

> ^ • ■ -^ * *■ • '^ 

^^ Commune d^taiis^ *;■ 1 • • • • 'tiM» 

**** '. "'i '**'!• V 

^'4 ^mairt, jttant4î.'Vn m^inbrl genonce\U *bouIa?i'^ 
ger^^ilet, qui', à'o méfriÇ dés^ârrêiés dç la comiçune,^ 
vend des petits pairiî à dtfé*, ôt préVend , qui fi Y*^ ftiii 
coiwttimi eft'inaova-s , c'cft ï Ja municipalité qujil' faut 
i^en 'prendre.' Le ccnieîl l'3chant''c^uc radinînaUr^tjon deî 
fnbfiftan^es ilfc délivrrfqoenS'exoélfen«es'*far';nes , & que .le* 
boulapgers'foiit obligé^ de U tuVaiiUr pour donner de 



nauTais paîn ; àfrête qie^les locn'tfa téyoVtJoniiaîre*; 

y*'fairc des perquificion» , fuppriine^^^lét-^l^luceBnic' tar 
ta«)^ ^ài .B^pêf;!|^ lii lâétisnoriitiDi» desTafthes de laniiH. 
«iSJ.P4\{fT ,r- I. • ' . • - r^A •-••^ -•'. ♦*: • ; 
bdr la pla'mte dtao.cttojrent, ie Wôfeîl «rnlté* que W 
<;Qpj«jifl^iresî4ftif^)ioirfo^t iaDt«rt£â$' àf réquérir Ja force 
3?n>^9 • F^Hf di/Tîj^r : j^» :i(iizoupqmeM atax portes de!s l>oil«^ 
làngers. .<•'«• '^ 

^l'ii^^urs .btucherf-vendom âd-defiTu^ Su- «tf3r;mw7Ji*U 
bonne vlaD4€». &. ¥.i#deot au. prix déî^gtté fa fetrlt ^àjfi^ 
vîanit^ Le ccntc^ 4l^r|eie tjiaB Uf bow^iers 'tiî vèadfontV 
&. WjpacticuUer^ ql>t.ach^erorti au-deffjs in m^îmum^ 
feront dc^nc^s aMtf cofnfiés^iévotiitSôMairçt.* '"'*' 

.' XJp ^ijçiyea IIHÇ90 > îuaniûé i-tr^y V change ce ^nôirf 
oSléux contre celui de U Sapptur ,paice qu'il a ie preiwîâ? 
l%|pé,u;ip r'f^^n-^Wevîmti'rôyaile. Le tfofcfeil'appUuftic 
fiLj^]^ro^ve,te.chaog^c«it.: » ... i 

J^h4'4\f' L^.«admiiâilrxi|^5 4ec -tra^fto* 'pibfks d^v 
Hjûççnt JïnfdéUt feerpiié: par •ttJhtot-èfe-v'eAfel dèla*fcc-' 
tiort du Temple; ceat cinquante liv. de pain ont été ti^o-*^ 

^Lç^^réuue^greffiar -tappeile unttor^r fait'iin^peu^lus 
aocie'n ; ^an^ deux, chtirreues oo a trxxM^devn^pes Ï^L"^ 
pjjje^ de p^i« moifi , qo^n aiioi» jctter hors d^Pam , dafli? 
dgs foiT^ à Yniange^ . - *- "\" ' ' . *' " | 

^Lj citoyen ^aiÀaxrfr^ «f mbte du confeil , ert*tTcJêttî de' 
fon fein ^COWHQ ajiknt.d^nnè des preuves et pitlillanihiîté;* 
6c commç ayant piôtcgé un ariilocrâYe de^^af'^feâiçn du 
^arîtPianc.^ . «. 'j -^oj » *• *^.u ,.'-—-; -'^ » •> 

ta municipalité des fans-cu ottes de Bgrâeàfli , reriipr-' 
citr E*^ «nf^ dépttraiwo ^ ik. .tofiltiMne tl^Piris * dfe'îui. 
avoit eiv^oyé. deux de les ^aibf^sl poiir frat^A^Vf- i^ec* 
elle. Elle anukonaei^uc Ve^ïnt «évolutiohnÎHfe'Wifte^djyur- * 
d'Hui dasE Btjrdeattx* .',,.> . < -' r T •"^' « ^- ^ ^ 

S^tidi^ 6. Un citoyen gendarme l'étonnetJwWw^Oïjrfe' 
encore , pout^mot d*ordre , des mots dei'andeif réSififeAe* 
c^xîleil Çç.coQtente ^ftippiaudir , parce qu'il t déjà pris'Hia'' 
arrêta à cet égard. . • * ■ ' '* 

jDes Xcctions Çk pl^gn^tqne les garçon» de cliantîèr 
6c 'ici charretiers : mc'ne , s'oppofenc h ce ''q^iê ' les ' ci- ' 
toyens mefuçem •«Uj^^mêmes le bt^is qu'ils "àtîrèfcnx. Ren-^ 
TQvi k ra4miniikacion de p;>'.ice ôc des fubfifl^Hces. 

j(^.çonipgne de Salni^Dcnys vient avenir «e!!e''4e Patîi 
quelle a p.is ie «ooa àitjFrancidJel ... ' - '• 

i^feâion des SansrCulott?s demande que te dotnité ré- ' 
Toiutiçanaire de chaque TetEkion Ibtt autorifl'é à m et tire en 
arrefiatioQ les perlbni^e$ fuipeÛes ^ même fur une autre 



ft&AiM^ U ksTf eft trmilMit ^avMct te «Mlicl 4f 

tfttememefeâi^au Accordié. . 

. S^ndi 7* Le dKftrift dt lilais^ icfii fttU àfris Itf ttc^ 
fcrtsScs plus efficaces ponc déjouer les act^afesiifit , ft' 
pour donittff au covuncrcè il» Hbre cMii» 

L» fcffioa de la. Fratecuîié parait tn fliaSe ; t fit afi^' 
•^nce quelle eft au pas , perce ^e lea malVtilfaoaoat èti' 
lilf mfTés pai Us fans-^alottee» * / 

L;:pfn&che » député 1 fa coaremtofty ct-devaUt tkahc 
^iicojpal , eaaoQce qii*il rime d'épmifer » éc Jour tn^mc ^ 
'U £\h cTun des pamotes Ice pi» ckaads de la Mou* 
Atene; nais que ^ devant à b pairif Ken olui tneôrtr' 
4A lliyineiig il part dit le icodetnM méflie, peut' 
m^ mî&on » dont le comité de falut pabiic ftént de \ê 

Ob^k^* #. X41 ftdiM de Moaveoil témoigne (m taquié* 
abdc f ur un mode qm s'iotroduti parmi ^ufieaii }euiiee 
fra» f fc qui peut être M fi|iie de ralliement : c'eil tm 
|»i»ce dVgeae et un tvbaa.noir aiii ahipetu. Remrojè' 
l la police. 

XJn citoyjen appelé Louis demande à €liaii|er ee lictt 
tu celui de Muciu^ Stevola. Le confeti » en autoriTeAl t% 
e^Mement » anlie que dorénavAnt , pour *e cas être 
txpoie à adrorder le nom d^un grand bomme et d*im frai 
ïïlpMkwk à un ariftocrate , il eaigiera^ « avant d*oecorder ' 
tpie ûmblable petmliuon , du preuves de «ivt&iie do le 
part du pétitionnaire, et Tagrément de la feélioQ. 

Sur le rapport des adminârateuts dts iubfiAances , l< 
confiai générai , aprb uoe longue difcaffion » adopte Ica 
articles mivans : 

Ao» L Daoft le délai de trois jonn » k dater de la mê- 
Vkitàôm d» préfeot réjllement^ chamie cke( de ftmîDe , 
ekaqee ciloyendomicUié iera tenu caller frire au comiti 
de bieufaifaace de fa l'e«%on , la déclaration , t^ du nom^ 
bjre de^ ufan ae i qui ccrnpc^t fa familiç 00 fa maifoe , 
on difimguaBt lea ien^nes et les enftm ^ a*, de la quanàtl ' 
de pain néceflaire à leur« con(onimatîoii ; 3^ des noms et 
demeuré de fon boulanger habituel. 

IL II fera bat ^m relevé du nombre de dfoyeftt q/fk 
wmnt déclaré fe fournir ches chaque bofidan^ « et de ibi 
quantité de livres^ portées en chaque dccUralioo. 

IIL Ces relevés faits , et la confommafkm de cftaqee 
boulanger établie » U £era remis par le comiié à cbaqUe 
cîtoyea une carte ou tableau , au bat duquel fera Tantes 
rlfaâoo figpiée de detta membres do comi^ , au boute-* 

Îêr de feumir chaque iour do tuoîs U quantité de Ihrîea 
C pain indiquée dans, la dédaMtion» 



( T«9:) ) 

Eli ttte ftront Mnprimés eii colonnes ks trente .jo.ni# ., 
mt .mois , ^Ycc un efpace ou un trait hôrifqistal entre clia-: \ 
que'j^ar, dont le cadre formera im, coupon. /^ 

A droite de chacun des jours fera .la quantité de. paîrt . 
à délivrer , et i gaucize la fignatike ou le nom du cftoyen. 

iVk Tous les jours , chaque citoyen ira oir enverra' \ 
ch«z ibn boulanger recevoir la qtiC'tttc de patn décermî- . 
n«C, ety U.flêra le coupon in«iicatit" de cette quantité, 
du jour où V elle lui aura été dçUvrée » et de fon nom, ^. 
comme il eft expliqué dans le précédent article. Le bou« ^ 
langer ne pourra délivrer de pain fans retenir ce coupon, 
«{Ut lui fervira k jufttfier de l'emploi des farinés qu'il aura ' 
reçues. . 

V. Chaque boil!anger aura fur fon comptoir une bioit^ 
fermée, & en ibrme de troni: ; dort le tommi (Taire de 
la fefllion aura i'eul \n cief « 6l dans laqualle lôs coupons' 
retenus feront fucceifivement inférés. En cas de foup^on ' 
de fraude & d'abus dans la diilributioh du paîn , l'exa* 
xnen ai la 'vérifi(;drion-de ces coupons, meitront le com- . 
jn 'flaire à portée d*en découvrir la caufe & les auteurs. 

VI. L^ u^lang^r q^i aura (délivré du pain fans rete-. 
nir ni recevoir les coupons , fera puni , pour la première ', 
t'ois , de fo Itv. d'amati Je , Hl en eus de récidive, réputé 
fufocft , 6l traité ccmmc tel. 

Vu. h ferk diftribué un nouveau t.ib*.eau chaque moi|: 
Dans le a4dedéménagen\ent ,chaquechef de famille dépo# [ 
fera (on tableau au comité , où il lui fera délivré un cer- t 
tificot du dépôt -contenant tous les objets de fa déda-^ 
radon,-a(în d'en obtenir un autre dans fa nouvelle fec* 
tion. 

Vin. En cas de perte cUi tablea^i V il Jui fera déKvré > 
par duplicata , en retranchant les coupons des îoun 
écoulés. 

IX. Les marchnnds de vin , traiteurs , anbergiftès , , 
limonadiers , 6^c. feront la déclaration aproximecive de 
leifl" coftfoinmariôn journalière. L* comité établira à letrf 
égard, un terme moyen, afin que les jours o& ils en ' 
débitent le moins ^ leur en iai(re une rélerve pour les 
autres. ^ 

X. Il e(t déf-ndu aux boularfi^eTs de fabriquer d antres 
pains que de. deux de trois livres , ^ de la même pâte. 

*'N(modi p. Le confeil réitère les défenfe» déjà laites 
aux co^oteurs j de crivr leurs Voutnan.v auprès du Temple, 

Une compagnie de canoniers^ dénonce foii capitainç 
comme avant abandonné f«s canons au lo aout,-!^ , 
cofnme tres-équivoque en.patriotifme. Le conietl antoiife i 
la compagnie à fe choifir un capitaine nouveau»' * i 

.On lit là 4^ondation folvaptf v.i4. )ê fi>ul&gif<é, chef ^ 

H*: aij. Tônu //. 



» tf« ttifvrîeri chargfs du nettoiement it% égoat» du ^ 
n Nord', de ' la' cominune dé Paris, ttniH cvmpte at» • 
ff adminiftratcurs' des trtVâtx publics, que' f ai trouté 
99 en ïaîl'ant un» vifitë *, neuf jambons qui ont été Jottc* 
» fbuS la p .hie d*égout quî règne fous le faubourg 5âmt- • 
\ w Mîirtin, appelée Mont-Sain:-Martin ; j'ai trouvé éga- 
» fément , depuis prefque fix mois , upe Quantité d'en- 
♦> tiron foixante , quelquefois ceiu, livre* d* ' viandes 8c 
9> dernièrement un mouton entier , au vieux rcfftrvotr. ' 
» Ce 8 du deuxième mois , Sign PiCARt}!. >t • ■ 

I — n ' . i . " - - ' ~~^T^^^^^ 

CONVENTION NATIONALE. ^ 

r . * / 

Qartid' 4 brumah'e, ' ^ 

Ç)fittfRl|»rQ|»Qre» au nqnvi^ cçipité des marchés, &.Ia conven-» . 
tioy adûpuî U décret fuivant : ...... " i . 

La convention nationale , conGdérant au^aax termes de 1 Art". I*'. 
de "la loi du IJ août , tou« les frarn^ais tout mis eh réqoHitiori per- • 
fnan«ik«epour l exerdd? dâf 'années » pfqu'au naxoentjoù \fis fnne* 
, iras atiro(it> été thaliés'du (c'i;rito^l:d, fie la.républit^kiei coiUidérani 

qu'il eft iiiftant de pourvoir avix befosns des licicnieursile u patrie ^ 
après avoir énce.ndu le rapp-^rt (!ê Ton c;>niité de Teiamen deï mar- 
chés", décrète i " • - 

Atwy\ Pc;3dant trois •mois coôCéputifs» à compter, du quinte 
du courant, tous les cordonniers de jla.'.épabliiiae feropt tenuf de » 
remf^r^ï, l^muAi^ùpaiité oi;Jç£tion de leur ricliJence , cu;q palref 
de Toulieri par décade; K*pi<ic^iîfé ^niantitc par^cha.qne garçoti 
<iu^i$ pc^cupent : les-fouli^frv devront Çtrv de bonne qualité j'ot c^n»* ^ 
toHftes sLl^nfiruélion Btîuexée a la préfente loi, .<•.■•. 

U, Les rounicipaiités tn usieront la valeur, qui ..ne pourra être • 
au^4^iTus 6\i maximum f 6c de fuite elles les enverront au chef-lieu 
delfiûf di"ftri^r;_ ^ ' " . - '.••■. 

III. Les municinnlîtés fourniront les cuirs, ao prix 6\Jt maximum^ 
aux 0i£fci^r9 qui n.en auront pas.' Les diftriâ» en pourvoiront égale.^ 
sn^iaK m^iicipaiité^ y. étant autorités d'en requérir des tanneurs , ^ 
tnarciidiîds ,' 5c tous ancres détenteurs , en les p;<yant â la taxe. 

IV. Uy aura dans chaque chef-lieu de dilhic^ deux cordonniers 
experts , 0^ irà plus grand nembi'ê / h le befoin ï'exige ,^ nammée 
pacie liirAâaire» & p^yés. par la nation. Leur fala^re ne pourra 
cxcédtf- je double de celui qiû doit être détermûié , en conformité 
de la' loi du 29 ftptembre 'dernier, 

"9/ Sî Us 'experts ^trouvent les fouliers' rècCYabret ,'On'les rece* 
^ri éan^'te^ Séf^ti déli^^ods parie éiftriét ; au cas contcaire, fur 1 
]e- rapport véritîé par 'le direéloire de diftriâ Se reconnu uifte , 
' ' ceUûrà eu prononcera la- conhfC9tton au prpht éa maifons aé fe- 
H^ cours de fon .irrcndi^emi^n^. 

^ Vl. tes fouler* verfcs-'daniîc dépCt , feront è U diipofitfon de 

raChiinîKration de . 1 habJSlemcnt , •&. en les expédiai, le dîArié^ 
fêta ipettrV UP ple*i)b ou- ^(9^ ,«ju.bct £ur les t9xmeauxj caiiles 01^ 
paftiers,f^^va::f o'cijiballa^ci. ' ,^. ' /' * ,'. /^\ '. • 

ylV, Les tanneurs fcatf obligés'dé tider fie remplacer' leur» fo^e?» 
farts îittcrft»ijti&i#, i"pef«*^tf'è<re' déclaré i AifpelU ; 4>i (oiit tetAis *■ 
de&f otfrHi»' les .éum^ feci ficrjéfi %tmne:. ' qnaUt*é , S9U»! piW 4^ OMUir 
«tion au Hr^. d<? U i^i^^liflu^. ,, . ' . . jj i * • . ■ - 

-Jénfeaux dw eorffowtnS daï *wi/ef/'%:ax¥r xadtbff i'fcr^t 



• (.»7i ) 

tous J« (puîiçps cxiftaps c|kca les jcordowuçrs,' dans tc« ^^pàu^ôc^ 
magaGns des marchands, ou de tous a 4({ei$ particuliers (. 2^ £rop£e» 
à TuTage des foldatff, ^ ^ '.../, f i. • 

IX. Les i^ecQveurs à^ 4%V^.p?i^Qnt lêf. Couliers ^u pnpc ^e 
la* taxe. .< . ' • * . i- o- ^. • ^ • j • 

Ih cembourferont a^ix nfuntcipalit^s la vâkur dti <trx^ gajelles 
auront fournis , ainfî que fcs • fran de tranfpotit ; le towt aprcj», la 
VériôcatiDn 4f^, experts, Ôcf;^,. l'état certi^ë|par Us dlre^tÀo^ 4^' 
ëiftrîas. - ' .i. . ' ' . . . . >\...w . 

Ils f^rpjjt^j l*admiaftrati9n,.4V ces d<rri}Jçrs , Je? ivaric^^céctC- 
pliures pour;ft pj^^curcr ôe5V\faij!x ^ çi-.irs taniris, ^.. ^, . , 

X. Les receve^irs de <iiÙnV';s,, f ckur;ç:K, en wk,as /riufutw'au.»:^ 4-- 
fonds provenais d*" Icut rcc:trc, o:? prendre che? le rocçveur,,iîii 
dr4Ût4'•In«g;UUQ^l^fit. ,La Uditjf^flesiutlo&ale CA^tiex^dra compte 
»ux uns & aux autres. ', ... ^,, "! ..\ . ... t 

XL A ca\v/e de l^ir2«nre,îlSnrcrcioa^ae.«Ia £r^tcirtc JpL au.Vuî- 
^ Ictio , retvif;s| de publication i U p.'omp't« exécution en ^'clÇ. coim^e 
aux c«rp$ajjniinmranf>\ &.U, fuf'veilùncc recomraanièq ai'pkrjp- 
tirne. des (^Ckcljétes po^uU-r^s* -, ... ; , . ,....», 

On Quak(!r amcrkaiji clen^i>de,/|iie K»n ëtenje iufiju^JLix |«iJVDp» 

4es aradrica4*vs.,".ÎVxceptîon* portée ci\ faveur dc«, étyaniijcelqvî' 

.QOt époufé d?i fr,inçaiç. * , . , . /' . , .. i 

. Duraont, député, fa piain; dç u'ajvpir* trouvé dans^ la rociitépf- 

- ^ pulaîre, d^ Be^i^vais , qu an pAtriotii"me'à U g'aco i- nia'jv il a^i^ ;iiiio}d 

des nelurç^ rt^v^Iutiofinaires qui. en ont dé)^ h^ui^é le. thernrp- 

■*^^'«* * . • i.\ir^i 

ICibeauy TaUîtfn &,lts aiUr«LS 'députas comnûfRiîfo^ »-$or.4«^ux, 
annoncei^t i» paret! fuccès clanfc<Kte, ville. ',oc<Mjîîonnp.pnr;^ç|ir 
a.'riv'ée, ^is ont défarmé^ies g/cps furpeélc; iljr-a dies futiU^gar^it 
en or; Tqr ira àMia monnoic » les fuijis aux voioutUfcs , ^e$^clé- 
• raliitçs'i ,1a guiUotine. , / ,. -^. ' .^ 

Banrèi^ a>iiiouc« que Brcil a célébra une fête en r^i.ouiilân/ed'e 
la punition H* .'Antoinette, l! ppopofe po,ir comipifTaircs d^s., (11401/* 
tance^ ^ .Br«net',' adminiftr^r^ur d.a /dipartcincnt de, l'Henni't , 
Çomeon^, procureur- fyndic de Seine Se Gif c, et Reys , fecréia^fa 
«kl x!épa|-î;em«nt de P;vT *s. ^ - .;:.,. - . j 

La Convention décrète que îes élc£\jcw»$ ordinaires, des mui^i^i- 

ra!itéff font fut'pondues iufv|u!^ ce,q>i.*il en aiieté autrement orconné, 
J'exceiption de celles qwe !e* rjei^?réfcï\tan$ eu peuple croirootjri 
néccfi^aire^dc jeno:iveiler en tottt ou en p;»rti?. , 

Ssxtidi 6. Le diftrîfl de Reims annonce t^ue la ch&îffi de Saint-Rcç-iî 
cil ea chemii) po.nr latmo.nnpie^ qu';>-n a enterrié tout bonnement !o 
Saint qui avoit inventa !a Sainta empoule. Cette petite iïole a été 

Lacomhe Saint-MicViel , fcpréf entant du peuple, 9t\ Corfe, écrit 

?Lie Ie$ Anglais voulolent s'empare; dç cette il?. Suivant leiirs ca'cult 
aint-FIoreut devoit être pris en «î^iatre jours , Bailiia en huit • 
Calvâ en quinze ; mais par-tout ils ont été battus, 8c fe font rctiiés. 

Stpiidi 7f Les repréfeucans «lu peuple h Bordeaux , annoncent 
Texé^ution ^ie Birots^au, rais hors de U loi, 

La convention déclare le fàsne.ux \rd de paumée de VerfaiJles, . 
Uen de monument 'national. Il (e-ra acheté au propriétaire. 

Pierre Petit, accjfé f^ulfemeot d'avoir tremblé dai.s une co'nfpî- 
tatîoD, 8c fans fortune, demaiîde. une- indemnité pour le tems af> 
/on arreftattvn. L'aifcmbloe charf;e fon comité de tegiîUtion de lui 
prcfenter un projet de décret fur les (4:caurs à accorder auxcitoyerK 
indi^ens qui ont ét€ impliqués injulllcmeut dans des procédures. 
cri|iiia^ne«« 

Bill^ud-Varennes annonce une vi«l6ire remportée à C2i«leC, fur le^ 
pî6bon^9i&«. SU ceiits té.pubiicain& «..t repouUé quatre milU efcItYèi^ 



' 8t le^r ont (ait qattre^^rincr |»r,ifonmers. tr t9n4effl.iîii îli 'oilt 
attatquf lès prcmîeti, ont fart quatre' cents priroiiràcrs & eotr» 

• -'«liti^et tm prince NapoU»ki«. 

Les frais de fuppreiiion de fignes de f^ûd.>rité fe prendront fur 
" la - càilTe dir département ;poHt les idjâecs publics, Çut le tréfor 
national pour, tes ë^URces nationaux. 

OShÏÏty, Des fc*nm'-.$ ife- pUtgncnt qti*on s» voulu k Saînt-Euftache 
les forcer de portier le bomîet rouge. La coit>rcmion d jcrêtc '^iie 
" -toot ir.djridu pourra porter \t eoAiime qui lui plaini, Ârexceptiô.! 
de ceux 6é)i. profcrits par la loi* 

Les rebelles .de la Vc .'dée qui , dans leur futte , s'écoulent comipe 
un torrent, ÔC cauCent^hs mêmes dé^it-», ont excié la fjîHcititde 
«les bons républicains. Tous les citoyens le ièveat poiKUttr<ionaer 
la chalTe. / 

La foclété-des Jacobins demande que la- convention déjjaçe îe 

.comité révolutionnaire ^les formes qui l'empêchent d'agir comiito 

' r évolution naite, & qÂlle autorife Ui Jurés à faire ceAer les pcç* 

cédui'es quand ils fe croiront fufltfamment éclairés. La convention 

"décrète la féconde partie de cette ' demande, eit ftatuant qu'au bont 

de trois jours d'inilru^Hon de pro.cès » le p:é!ident dcm.ir:dera au 

' Jury s'iî fe croit parfaitement mftruit. 

fhnadi ^. Corbeil envoi? une énorme chnifc d< vermeil. 
Romme fait établir un jury pouc )u;^cr le? o.'vr»ges de pein- 
ture fournis au concours , 8t décréter Ion Orge nifat ion. . 

Le "même rapporteur préf'.'nte un autre projc de décret fur b 

lurveilîancc des écoles primaires'; il a cté'adopté dans les termes 

fuivans ; . . . 

Art. 1*'. ta furveillance de réducsrîon des écsîes primaires a 

' troii o'bjtrf : !•. les moeurs 8C la conduite des infifituteurs , inlH- 

ttitricc^ u des élèves ; 5*. les maifons & tous les objets y relatift, 

H.-jLa fi;rveiUynci dus moeurs, celle de re<î(V:ignjfiicivt 3c dj?s 

exercices appartient aux pères de fi mille qui l'exerceht comme 'il 

' t^ dVt ci-àpTc ; 1j» C'.try?:"*t ce de<î maifoni «"il oxcrc*e par îi inuni* 

' cipalité eu Ic^ membres du difcâcli^e de ('kîUicK 

• ^n, Hans rnrror.diffeme: t de chaque écol?, les pères de fâm'lle 
' «liemMéç pour clic ifu- un InftitLtci'f c i ' ns if.rtitu! •'•.ce , nomment 

en méme-tems un d'entr'eux pour exercer îa furveillance fur les 
ineetirs , avrc !e ♦ttr»* do w,"^/.''? ^f^ t"«»'»t^, 

IV, Lacoininil)ionci'édix;ition.'3'aatmbleraau ctuMicu de diftr'fl, 
tous les trois mois, dans !a deri ière déç;K^^; eMe ^^ autorifée à 
fc fjj-c r.-..c'tL' co.'ij;:e 5 ar le» |>^*ris Uc f.: lîl'.ecs 4'v.*nf'.i^ncmcnt 
donné dai.s les éc;.^lf$ prim. irrs. 

V, F.llo reçoit 'es récUniations & les plaintes cortrc les îhflitii- 
Xc\t% U les infti'utrices , k$ examine en fdaiico publique, & pro- 
nonce la deititution d» cçux oui fe font roortrés indiques de rcxtt^' 
plir fHî.- !;o. art.liic- fii.-tio'.i. 

VI, ii'.le envoie ton^ !e^ t^ois mois aM comité de faîut piîbliç iVu 
tableau «^es rr^^rès d? l'é'.'ucarcn n?Mf nr*'- pc^r être priffcnté sxx 
corpj \':çi\.ii\i, - ' ^ 

Vil. LV-xécuiion des loix rc^ati-'es i tnntei le* cco'es primaire^ , 
eu j;r »vi" )ireiîic..t c».r.nJv' \j, o.ifci! tîACc.jttf i'jus la fiirveiifUrtce 
ituméd.ate f'.u comité dmrtii;'5ltop, ^ 

Vni, Pour orga ir'r'''éd.irT'Oi 'le man'ire ï fiire concou'?r 
^e:te partie i»vec les aa;res hiaiiches qtu i.!téie»i«ni le lalut pubUcj 
le comité d'îi.ftruftion fo concorteta arec celui de fàliit public, 

Bc7-ard, organe du com-té de Uplî-vi^»^ » prcfcntf un tapp^rt 
fur les abut qui fc commettent dons fcs tr»i)ar.aux de diftric>, &. fai( 
rendre le dccryt fmvant : 

Art. !•'. Tous j.igcmens intervenus fur les droits cenfuels , fcô« 
deaux & autres fupprimés par les lois aiîtcrieures & readuci p;>f-- 
té^iCOtem^nt à U promjlgàiiô^ de ces lois fv^Mt nu4s4 



• -, ; .. .'f .*7î?)'' . . . 

n. Les ' frais 4e rîiîftfii^iofi ^ait* poftcrîfurttnent i I» promo!^* 

* gattori d«f ces lois, font à la ichargb <lc$ avoitcs; 

IL. H etl <*f fendu ivit fugcs, à peine de forfjtttire , <lc j^rônon- 
cer fjr des cônteftatioiiï , ItfrfoM'eHcf font UttcrAÎcroent ann^anties 
par Î2 loû 

D'après le, rapport d'Amat, Vaiïemblée dcfctid toute, a»rociatîoo 

* ^e femmes Cous <juelt(iie dénomihat'on qu»^ et }i(»i:Te être i cMes 
pourront nOift»rr aux lociétés populaires KJ'h^mmes qui feront toft- 

* |ours publiques, 

T>£c,tdl 10, Les dtoyçnç de Rrs ont n^î-? Brutiw .V f,T -place ^e 

* Sain t-Bî. 1 i fe , patron de leur commun"?, dont ils apportent îa niche, , 
la banîêre , & tous les utcnf^îûs do fn f.-criftîc. m d'jmr.ndent -à 

' n'av-iir j3Îq$ de cur^,& à s\!pp5lcT conmtiiic de Brutâj. Ln (ccorfdc 
pa-tie <le leur demande eAaccordtc, la première eft renvoyée au 

* comité de lë|çîflatif>n* " ' 

La convention décrète ^}V> tome denontination de ville: , botirf^ 
^ vïîîagé, fera fopprimëe' & remplacée par le terme gtSnctîqne de 
cofT mune. , . . < . 

Un pétîtionratrc dem^indc nn décret qi-t défonde de dire fous 
à. nne feulepcrfonnc. La convorition doçr'te friTlcrionr la mrf;tf<î»n 
honorable de la demande , iiivitanc les patriotes à f.iirô difparoîtf e 
cet ancien & cérémonienx ufaze» V . •. 

La focJété populaire â\\ Mu/eum demande que tctis les' mt'in- 
dus domiciUés dans les vifies, foîent tenus d'y rentrer dans im délai 
déterminé, & de quitter îcyrs châteauyors p?în'^ r''otfe regardes 
comnrie fûfpe^s. Renvoyé au comité de uifc;<i î;cn:*rare. ■" 

Primidi ti, Grégoire Ht une inftruffion adretlécAux citoyens de 
la campagne' far les moyens d'arééliorcr Ta^riculturè. Elle éft d^- 

^La convention i»pp«Tte un, ancten décret q^'»ncccr''r^ît'awx fonj-^ 
mUeurs .beli^es une tndemui:; en argent oiitie le ]m\ des marchés » 
« qui étahiitfoit ainfi une différence entre les affi^na^^ ^ rargenf, 
" G»ouîy fait un rapport 'fJ'.r la dépor^atk^n des V'an<l<.»\i fj.cor.*;- 
gibles ^* des hommes condamnés à cette peine par jagement dt* 
tribunaux. Il leur afngne l'ifle de Madas;afcar. Ce choix eff Sp- / 
[ prouvé, * - * 

Vn''. députatîon du département de la Nièvre apporte" ^i-x-fent 
walîes plbires d'or, d'arj^îi.t 8c <^'ar;r,cnT'"rie. Umc c v.ifonne qui y 
■ ^tôit contenue eft foulée aux p;cds par les huiiiiers dé la falje, 
Barrère propofe im décret explicatif & ampîiatrf d« Ta' Toi ^a 
f^xiauim. ( Voyc^ arriclo, Dcnrtesde première néçslTiré. ) 



. . Dd&€t imfri-ni par ordre da la. ccn^'^^^^^ ^a^ion^le,, , 
La convention natiorale , aptes avoir entendu le raopoVt d'à 
foa comité Ues finances, décicte ; . ^ ? > 

' §1. 

Vt la rcmif: des titres dt crMnct iem h d^ghltnu «{î dSfiûtivt^ 

' . _ . tnffte pron onté:. 

Art. I. En éxecution des loîs des iz f4Îvri(;r,. pr^niier.paj & 

jremiar Upttnibro xr9a , les pûif^fTcars d'offices militaires , ço 

. nnauce , des cautiontiem«m , dej fonds d'avance , des br^veU de 

reicnue, des offices de jucicature ÔC miniiUrieri , des'iuran^es ., 

w maîtres, éfis charges de pemiqMÎcxj ; les créanvlêrs deTarrUr^ 

. Jifqu'au;premier juillet 179?. ponr 1g« maifons'& bnûmens du ci- 

«eirant roi , 6C de l'arricré j-.Jwiu'aj jj^rcmier Janvier 1791 , pour 

,i«4 dépanc^niiiu de I.1 guéris, muriiii Se finances; les crcanvicr» 

ces établilfejne.ns ou corporations ecclcfi^l^iqucs ou lai'p.çs fuppri- 

•«, d^ J-dc\'aiïtpa_,s d'util;, -dv* admiiuOfaioiîîi pr oviiidale^ . 



^fénëcadei 8c nartîcallèrssy poyr foû^îture^i ourn^gef t.Eraît piJV 
claires , âc généralement tou* les proprt^uîres «(es créances exifi* 
Blés foumires à l'a liuuidation, qui n'ont pas en^core fouxrîi au diret- 
Ceur-genéral de la li<]itKlaûq;i , bu avix corps admiriftratift , {^it 

X des mémoires, foit dr»$ copies ciHatîonnëes, foit des titres ofi- 
fiD«ux ou autrei^ pi6;.es , pour établie lèves crémces , ou qui fe« 
aurolent fournis poftéricurcment ad premier feptembre 1791, tofiX 
déiinàtivement déchus de toute répétition env-îrs U République^ ' 
II. Sont txcepté> des difi'ofifutisde l'article précédent • hs 
pijreucs Se contrôleurs d?s rentes de rh&tcl-dc-vine de ^acis , qifi, 
a'ayant été (upprimés que pnr la loî du a^ août dernier (nr la cor* 
folidation de la dette 4>ublique , r/ont éré compris dans aucuni» 
loi de déchéances ; i!s feront t^nns de remettre leurs tilres au di»'Cjc* 
teur-^énéral <lc la liquidation . d*ici au premier jour de F^TiaTS , 
troilieme mois de la fecunde année républicaine (11 novembi'e 1^79^ , 

' vieux ftyle); & fau^e par ei x de la fru-e dans le délai prefcnt , 
ils fotîit dès-a-préfent déclarés déchus -de toute répétition envers la 
république. 



ill. 6ont aufli exceptés 1rs a'.icnataires 3ç en?;i)ÇÎ(lcs,dp;^.^!?maîncs 
nationaux, qtii doivent préfenter leurs titres 4 la liquit^^tion, povr 
la remif< delq^icU il Icra prononcé par uo décret part'çulser. 

IV. Les po'.UlVeur': fies -dîmes , de «luelquc n; tiir*: qn'clîrs fcî?/.t 
& ceu^des créances dont la déchéance eft dé6ni:ivemer.tprononcct 
tiar l'anicle. premier, feront tenvs de rnprorter toa^ les tJtr^s 
€C pièces qui condîtjîcnt leur crJ^iK's o^rpoUcflions aux dIrec>oiu& 
de dilh'ift, d'ici au premier jour c'e Nivos, quarr-ii'oe nu>'S |ie 
rannéc Tépub'jjcainc ( ai déceinb'-o X79f, vieux ft))e),-, S- nute 
d?Tenife^ dans le dc^ài prçfcrit , ils font dès-à-p'-^fcnt " décîaoés 
liUpefts,' & feront, comme tels, îtvs en étaV d'ar:«.ft. ttoa à ,îa 
^iiijjence du procureur - fyacic de c;iûriA,.cu dps ,çpmttés*de 

^ furvtiàiance. , . 

y» PoHr me:rrp les admîniftrAMojs, cTè diO»-îç> eq état de cfip- 
noîtra les perfôaocs mewiîonnces'^à î'actic'.e prccôotînt, le dircclcûr- 

, général de la liqu'"Jsrlon atlrcT:r«, d**ti ru 15 FrJm?î'"5 , troifièTna 
mois de la féconde année républicaine ( 6 décînïbre 1''q5 * •^•^?* 
itylej, au direé^oire fbc f!i;U.ck , le» ét.^ts nomi-..atifs ftes'perionnei . 
<^ni l»nt en jctard , c^ après eeixq'.ri 'ni Of»t érc adr^r-isen e^écu- 

- tiOD des pré^édcns décr;:-s.dc Tmiprcliion « îc caix des p»rf»)pjjet 
qui ne lui o.it rctni^iji-e k.ç% cvuks. i-orarionnies pi' 'éri^?iirem(j;.t 

^ lu premier fej^tr^r.hce i"'9\ ; i*»/cu^- f*î'* palier auffî tout'les.ren* 
^ei^nemcns au il peut avo«r, .' . . ', 

vl. Les dirccto'rt . de do; Art<?nirrt feront i»liffi p?.V'yi ;' dans le 
même déUi , nix dir'»é^*Mrç» <;# dii^rî^l , Ici renfctr; .••--.'•nt qu'iîs 
peuvent avoir, 6i la U:*.e .^cs pcr:o «.nos qui rc kut^mt prodait 
que des copies colationinics j,i»tlcrieiuemcnt au ^rômwfcVeptimbre 

t*7fi. . ^ . T 

Vu. Les dîre^oîres ^'^ di.lr*»^ frront tenus de fa procurer^ chfz 
les notaires &^ autres dv'p^iî'-alct's pobUc's ou ;>3r;îcu'ii rs *, oiV'ca 
coofultant les pré|?ofés an droit de ret^rériftrcm:înt , di par tous leî 

, JBoy4Ds qui font en leur pouvoir- ,.la coanoiilanc« de^ d«taiQjeurs 
<des titres mentionnés aux articles ï à. IV. 

... VllL Tous'js titres & pièces mrn'ionnés aux artic^c^ précédent, 
qui feront temis aux direActres J»e diftrîcl, ou qui^ ont i'tî^ycm^s 

^ f oft jfif ur«r«ent au premier fcrtcmbre I7<jl » f^ît a^x corps adnÇ- 

* riftrat'fs , fbit au' direAet^r- général de la liquîi*atîon , f>ront cou^î^îç 
^e fuite au moins en douze mv>rc«aciX, & vendue k l'enchère par iVs 
admîniClrateurs au 'pouvoir defqnels ils fe trouveront , ponr je 'pih* 

\ duit en être verfé dans les caiflfeç des rçceve'îrl de iiftrift , fcs 

* jfrjis de coifpurestfic vert^préalableménn préltvéç, ■ ■ ^ 

IX. Le comité de liquidation nommeri dsirx conmifTaîrcS potip 
furveiller U coupure & vente qtii fcfâ faits par !e diPe^^w-génériJ: 
4^ la liquidxtion , des titres - nrsntionn^s au préfent décm«. > 



:. '■ •'; ■ § li. . , ■ " " ■ 

f^tf oràotuufU e&ftfpUmtnt éts froduSions éésMtres iiJA tcmmtiuéeêl 
& ût ftM'^ê des titres oriipnaus*pdr êcux qui ont froduic des eopiêé 
€ùllMtiQimits , fàus^ peine de déekUnce» 

^. A ccKnpttr é^ ta pifbllcatio'rf du préf«ntidécret*, I« dircôcur- 
général de ]^ liqiû^atia'i & les corps adminiftrctifs ne liquideront * 
plus far Ucs copies. coILitionii^cs , bu fur, des pfôduftîons iiicom- 
liètes. L'ordre dejiumtio de ia liquidation ne lera fuivi que pour 
les pcrfonaes qui auront, f^^urni les titres originaux, ÔC complété 
Içur produrjon. 

XI. Les liquidations qui font préparées par le dirdflcur-génëralj 
fur des copies coîlatronnecf ,ferbin terminées comhie par lé^allé. ' 

Xil. Les.pollclleùrs des créances ex igribles mentionnées eh Tartî-' 
ctc preiTiIer'j m^me ceux des iraifoj^s du ci-dcvint roi & de fes 
ffères, cjui ont fourni avant le premier fcptcmbre 179a, fçit dès* 
Rfémoires, foit d<s copies collationnéss, toit m£me des titres q^î- 
^naux incomplets ou autres pièces, fcroi.t tenus d'adreffer au 
circéteûf-géiiéril de la liquidatfoçi , d'ici au treiàèine jour de Nivos , 
S uui^me «ois de la fécondé année répub'.icaiae ( premier février 
1794,' vieux (lylc ), toas les origiiiûxc tles picccs cjnflatant leur , 
créance ; Ôt faute par eux de temcttre-dans le délai prefcrît , il$ ' 
font dès-a-prôfent déclarés déc|ius de toute répétition envers la 
ié^.ibli-juc, < 

XIll. Là m^me déchéance aura Heu pour les polTeiFeurs des créan<« 
CC& qUi on: fourni , foit des mémoires , foit des copies collatibn- 
i.ées , foitmcmc des titres ori^i.iaux i.icoi.iplots, aux co^rps admi- 
liîlraifs ava*»t le premier féptembre 17^)2., s*il$ ne fourniffent pas 
(Uiia le lucmc délûi les ûrikiiiaux des pièces <t)nnattfnt leur créince. 
XIV*. A fur-6c-mei"ure ne la vérification des titres , le diro^lcur» 
géiiérat de la liquidation avertira, par dss circi\la:rcs qd*il fera 
cl'Airgex à la pofto,& dont les frsis leroiit payés par ceux auxquels 
eîîei îcroiit adreifccs , !es crdancl :rs u .i lui auront fourni leur 
fiôm 8c leur adreiTe , ôc qui auront fr.tUTuit aux" difpofitions de Tar- ' 
ticlè Xil dans \t délai prefciit , è'i!s ont ouulie de fournir des 
pîècss nécciiaire^ à leur liquidation. 

'XV. Le rcgi^rc prefcrit par l'article Vil du dé-'fet du 15 feptem- ^ 
bfè dernier, ferviri aalfi'Ju dt:cfuurgénévil de' la liauidation ' 
pour l'cxé-'otion dw»s di.pofiûon» portées en l'article précéoenr. 

tXVl, C'eui^ qui*n'aurjn< pas cnvoyi leur nom.pc.iom G: adreffe, 
oû'^qai nç fatisferont pas uax demandes que le dircâtur-eënéral 
lié la liq'.iHation îejr fera par Ic:tre c^iarg^e , dans les trois moif 
cç l'enregil^remeât des Istttes fur le livrj à ce deîliné , font dès- 
i-bréfent dciracês déllniùvetr.cct déchas d*e toute répétition envers 
U république. 

*XVIL Les entrepreneurs des^b.îtîmens dont les mémoires ne font ' 
pas réglés , & les propriétaires dc« créantes dont les titifes font 
luTcepuBTes d'être jurtiacs par des orJoii.ia.»cesdes mir.iCtres, ordon- 
nateurs ou aucres v^ins', ôvi par des arrêtés des cofps adipn^îftra- 
tili, font tûforifés a fuire des pouviultcs ^ diU^inces contre les 
nl^iuftres, ordonnateurs ^ corps adminlArûtlf^ &. autres' asens qui 
doivent Itur^feornir. ieS'piccc; qui leur iout nécetfatres pour éviter 
la dé^héaiicc. 

'XVlIt. 'Si la déehéahc^ réfulte delà faute des minières., ordon- 
na^ouc^ , covps adminiflratifs ou siftres a gens , ils fetonlt rcCponfa' ; 
blif • «in vers .les» créanciers déchus t <^^< perces Hia'iis lojc auront 
(«ccaiiorméw. 9 ..'» . 

XLX. Les titres qui fe trouvent dé^oféschez des notaires ou CAtrc». 
les mains deS pactUuUtfS pour Cervir^ de ;gagc . ou ci'iiytfdthsqu» 
pfMiçfQat .(^tr4 dé{iVrc^ j^at.les dé^fuaires , a la chatge.Ce notitipr-, 
iôfs d^ fa t<mtfe a^x adminiftrations publiques ,"1^4 opp^^tions Ôc 
autrà'kiâèi fiics ttmfi l^uii^ awLÙ^f • 



X)C Le ëîceûeur-génénl de la liauirfatîon le les corps a^mîaïf* ' 

tratifs feront drciVer » après les d^iaisâxés pour les déchéances ,ia 
Ti&g df^ cr^Micî<îcs <fuî yCaute d'avoir reiAii leurs titres, font déchus." 
«if toiaeccpétiiion envers la républit^e; Us l'adreU'eronc faii». détaî 
aiix dlre^olrcs de diftrtâ ,' qui pourruivroiU Us c «ancîer|*«a retard 
|jour la r jitvifi de leurs titres ; 6c eu cas de refus , i}s Içs fêtons 
irriter ccmr^e fiupeAs, 

XXI. Les notaires ôc autres c*étenteurs des titres , proVifions , * 
cont.at» c!j v.'iirc &. tiutrcs j ièces qtit pourroient comlater les Créan- ' 
ecs oi. p(;ilfiii.>ns des objets meiittonnés au prêtent décrec , feront - 
«îi^s de le r«:mcttre aix directoires c^e d ft ict d'ici au treitième 
joL.7 de r.'îvos , (|U4.trièinc mcis de la fec< n e année Républicaine ' 
(' prcmui* fJvficr 1794» vîcuil ft^le , fou> les peines poitées pac 
IVticlc IV. 
' XXII. Les dir boires de dîOrif^ nommeront deux commUIalree ^ 

rfc tranfuorteror.t le tr^izièiTie jour de l^iivcs , «aortîeme mois 
la feconce aai.cc républicaine ( premier férripr* 1794, vie» It^ 
lïyle) , aux grcCcs b: archives que le irourent «ans i'èiir territoire- 
pour f«îrc rèclicrcV.cr tcu& les titres, proviCions & autres indica- 
tK)ns des litres mc.ittoi ..îs aux Articles l êC IV, 

XXIII. Les titres qui icront foarms en exécution des articles 
précédens , 6; c<ux d<^;iL la déch<5:.nce aura été encouru? ^it^ de '' 
n'avoir pi»s complété les produ^Uons dans les déîais prefcrits , & 
ipû fc troiivcfOdt chc7. U dlre^eur-général de la liquidation , ou ' 
aux cor|n adniiiiiiir.itif& , C^ ront c«apés au moins en douze par^ 
tîes, & vendus cufuire au pmHt de la rép^bliqtic, ainft qu'il eft ^ 
prefvfic par les articles Vlll Ôc IX, 

XXIV. Les môncs dirpuiiciuns auront lieu pour tous les Ucres de 
ct-éanccs rejetés par d^ret, & pour le^ titres de féodalité dépofés 
chez te dlrc^cur-géncral de la fiqui^^ition. 

XXV. Atin de procurer aux citoyens qui ont remis ou qUi re- , 
mcttreat los titres mentionnés au préfent décret les nvoy«nis dé 
ci»nfb.ti:r cette remlfc , le direéVeur-gétiérAI de la liquidation & les ' 
cor|>$ admini^rtitifs leur fournirent un récépiflé conçu «n ces termes: 

Le citovcn a obéi à la loi du 9 Brumaire de la féconde 

âhnée'rêpuhVKnine , nour la rcmife des titres. 

XXVL'A Pur's, raomiiiitlrftiion de dé}>aTtc:;itent remplacera l'ad* 
nîiiiii'^yntion de (.idrifc , & la tréforerie :utLuvaIc la ciitHe du receveur 
<le dillr'a, 

XXVII. Le préfent décret fera Imprimé demain au bulletin : tous 
les ji^urnj'.îlios (erunt tenus de l'imprimor dans leurs feuillet , av«e 
ces mots : [far vriu dt la Convention, Le dtreéleuf-jéndral de la 
liquidation avertira, 
lettres chargées , loi 
oii qui ont >i reniett 

adreifcnt leurs uon^, prêùoms SL aclrclics » OC qii'Us t% 
déchéances & peines prononcées pat le préfent décret» 




«k , fai^QM « corriger iaas h numéro %Iz^ 

Page Si Ug.ic 10 , auli^u de', dc àuÛi putfque y^ vU If (ang des^, 
l^atrtJtes retomber fur lc§ fcélérats qui Vavoienc fait coulerr^^ 
^t de v«^ir aulU venger U facg des patriotes, que les fcdi^rat» ooc. 
fait couler. " • ... 

. Pcgc 95 , ligne jo , lifii , K fubl la peiite due à fes.forf^Oi 
politic^ues 6c perfonneU , !e mercredi x6 Odobrc { vieux, ftyle)^ 
Wge. 9W». .ligue )6 , au lUu da , mats en général , on parut 
^n moment oublier ; H/ei , dans d'autres , oif paqit ua. m^m^t. 
«ublter» 

IPage M57 » ^^Z'^^ 3^ f 4« /<«« de , Je déÂe j lifii^ y al défié. 
(^ L'intçnogatoinf de Mjtîc - Anioiaett» au N*. prochain}» 

' ^ Prvdàomm*- 



N^; 2 I 4. 

4r* d« 1« Cbnyentioa Nadonal» 

REVOLUTIONS 

DE PAR 18^; 

DÉDlàsS' A LA NATIOKf 

AN SfiCONP D£ LA R£PUBLIQVE« 

PIX-SEPTIÈMB TRIHtESïRJ^ 
Avec gvtvurei et cmet det drfpvtmim; 



^L«l grands ntnous parolffent grah^ 
4^pirce^tfi«asfomfii«s i.genottx. 
»••••• « LflTiMii^ août •• • « • é 




pB fm^tUl tj hnuiuAn, m émoë, %% ^ àti éttitim M U 

. — ^. - . ^. ,^ ■ — , .^ ^ «..-. .. _j_j __:^ ' 

y^u^kVTtti de ndf ledfttfi nous dematidént .HAé' 
déttnHnyii' des Tairs-culottes f rhiftorique de leur o^itanç ,r 
te^un 'éaibfeaa précis de vra? des teofturt ft des'.verQt^ 
^e ctr pfatriptes par excetle]ic«« At ces réjpublicams-fiés^ 
Vov» pourrions noùk eb tem#'à'1:<Mndre ^ue' tout à^' 
foyëft qui n'^^^^^ ropraliftè^ ni ànflcxrate ," ni fnauTfûi(' 
riÀe, AI égànle, m modSré ^ méritie dTétre falué.da 
lilte bonorabfe de fakis-cidbttes: Mais n6a< pénrqn^ an'il^ 
wTtR pas istttilt dPentrer dans quelques dluilr (or 'ce fojec^ 
^Wore neuf ; tmqa'^flf i^ii a^ mr^t le tebf à la llo^f 



che. T«at die gcnt^ «tijottfd'htti , ptr feti w im^ dti 
sntetitiom moisâ -exciiîkUcs , fe coifti^tit dn mantetu du 
6ns-€u1o Mme' pour ïc cacher, ou pour mieux tromper 

. la natfop q^u*iU voient ÔL quM»^ rruiîfTent ! 

Dans Tes revbîutîons d.s autres pays qui n'ont été que let 
dVBmnttft de la nôtre , on a Vu 4e parti populaire , dé^ 
fiiné prefqtte toujours fous u«e dénominatloiT analoguf ^ 
8t pour l'ordinaire tranchante avec les grands «ri « le 
kt orgueil & la faufle. dignité qu'ont affeélé dans toi» 
les temps, lci'.arîibcrates,Je$ j^qyaliiles, ât laelaffeopn- 
lente qui Iks ûngt. Mais compie il n'y a ^ prefque plus 
de teMhCt de 'campai-aifi^n. etitie notre grande révota- ' 
tîon '8t les petits mouvemens politiques qu'ont effuyé tes 
nations iroifines à diverfe^ épo<(aes ; comme nous les 
la?flî^ns bien loin derrière nous , 8c que nous marchow 
à Ms Àr géant ve^rs \t gouvetnenlent te ptus paffaît 
qu'on ait encore propoft à des êtres libres Qi raifonna^ 

, blés y nous abandonnerons l*h ftoire étrangère pour noos 
en tenir à nos annales , à coippttr du moment oh noua 
nous fommes, levés pour ne plus nçus afleoir eue quand 
nous pourrons go&ter, impunément un honorable repos à 
Tabri fous notce. république vertneuiie-fc fioRflante. 

Le îoumal des révolution» de Paris fut le premier oui ^* 
dès 1790 9 parla des fans-culotce» (qu'on nomment alots 

< les bomets de laine } c*éft4-dire du vrai peuple révo- 
Intionnatrt , qni faUbit Ton feri'ice en habit de travail ^ 
malgré lep dédains fu'affeâoient pçhr lui ce qu'on appelott 
en ce temj^-Ià lés habits bieu»de rot & les fayetiftes. 
Dès^lors le journal eut llionneurd^étre dénoncé à Tacctt* 
fatenr public » parce qu'il difoit , ou plutôt parce quM 
nraphétifoit j|ue. ces .bonnets de Uitie , <{M*on mépnibit,' 
qu*on écartoit des beaux poftes , deviendroient les feids . 
arcs-boutans de la Fhince régénérée ; un jour viendra , 
di^git-il 4. ok les habits blcu>de* roif À-W CiyetiAes ren^ 
treronc dans la porflière , fniôt que les bonnets de laine 
0a le; iiÉPs-<uiofie$*'i'e lèveront. Que de gens, montés fur 
des échafles deviendront petite- garçons alors ! Tous ces 

Ïctits meffieurs en bi'l uniforme , hauffe-col de verm^l, 
c les épaules chnrgéei dç poudre à .la maréchale, par* 
iSiiÀî des bonnets .^e 'laime avec une ironie infultafiTe; 
Qu'on fe rappelle quand If s fans-culottei en bon^net de '. 
l^oe inontôient leur 'garde ^*' comme ils étoient reçus. 
Pendant^ fqu^ le )Our ^ conGgnçs .pour ainfi dire au fond 
dTu'cOrpk-dé' garde » dans fa craiatê de le déshonorer il on^ 
leur eut pern^s de prendirè/une configne à (a porte ^ ou' 
4e 'figurer à l'heure de la parade ^ on fur.le paflage^de 
ta&yette 1&, «le la cour ; on renvoyoit leurs tablions au. 
gliHàU de.iâ nuit.lln*eft pa$ inutile que l'hiAoite coafigae>^ 



/€« Bienns 'JMIs ; ils fervifoncà montrtrlti pjragrk46r 
la réTolutiôn. H hixt quelques fois jetter Jes^^ycox $m 
«ifîirt ,' pour fneftirer le çnemîif qu*oti t fait et dehii'qm . 
rafie. à faire-; noa> ne pftmes titre alors Tiltipreffion que 
Êiifeicat fut: nous ces indignités ^ & les' outrages que U / 

peuple, qui avoir encote de la pattenc'e , filppartoit fah» ^ 
trop murmurer. Xa feâion des Quatre-Nittionc^dàns le 
teinps.du règne des arrftocrares, au)0urd*hlif^de l^liîti; cm 
devoir prendre fait & caufe pour les habta Meus 8c vou- 
lut nous faire peur en dénonçant un des niroéroidn joUf* 
nal dès révoktionv Le numéK> fuivanc fut un /peu plus 
fort , & prit plus chaudement encore Iç parti des vefl^s "^ . ^ 

Ce des bonnets de laine contre les -habits )^!êu ' ^ d<*rdi» , ..{Jt 

On ne ctur pas prudent cependant d*tnfiAer,. fic'Oft fit. \ t-^- , 

1>ien : nos réflexions «voient ^ porté coup & 6n en prôj • •^**'^ 

fila ^fans l'avouer^ comtf^c c'eft affex Tordinàire. '. ^v^^ 

n faut pourtant rendre juftice aux unîformet de. Là- >,> ^ :^''r^: 
layette; les fans-cuioites bonnets de laine leur ont 1*6- ';^^;/ ^ 

bligation de n'avoir jamais mopté la garde au ch&teàtt 
dca Tuileries « ni fait le fervice auprès du'feéléra^ijcoil- • 

fonné &dc fa digne conp^e. Ils n'ont po et reproche 
'à le foire. % 

Comme on voit , Porigitie dés fans • cuîottis remonte 
baiK > elle date des premiers jours de la révolution ; car 
ils fe font montrés les preniicts , 6i l'ont Adèlemmt fuivie 
& appuyée dans fes différentes phafes ; At ceci e(l dans > 
l'ordre des chofes. L*ancien régime , femblable à celili des 
prêtres , ^avoqt eu befoin de cotpprimer , par tous les 
snojFens polîbles, le reffort de la liberté, toujours pr''' ^ 
à réagir à ja première occafion favorable dans le cr ' ^ 
du peuple. Depuis leng-tems i! exifloit une lutte f- ^^^ 
' 4c toute naturelle ent^ ceux qui ont trop &L ceux qi* ^^ 
pas affez; 6c cette lutte , provoquée encore p2^ ii«o^* 
pillage & les vexstrions du derporifme fans ^ . le g^v- 
n'attendoit que le Aioment d'éclater. Cétoit * nwideujvy. .. 

poudre qui , Idng-tçms pa fible & ignoré «e u***^ . ^-^ - 

rite , fait fautei toute la maifon à rappr ians l'ob^^" 

celle. ^^ derér^nç 

les excès de la cour & les abiK.du 
portés à leur comble , réveillèrent t poUvoîr «^'•^^J?^^ 

euîonfme endormi depuis tant de fier jut-k-coup \^ /***' ^ 

rangs du tîers étatt H ne fe lev; ^^ns lès i««^w5^ 

Etonné, il ouvrit d'abord Icsye» ^^ toui.d* l««««- 

«ni A paffort autour >1* tui ; * "Waio'ina , *cottta ce 

dreflfer fur fes deux pieafe. On ^^^. on U ^^ r ' 

& ledoutaMe. Il ne connnr , ' 9^^ !Jr J,t pas ^>^^: 

que qti^nd il fe troiita A .^L dSV ^^^'^ ^ 52 



A»i^*>yt*' 



•c.; .-^ 



Othello. Tng, 

;.|F%^'^» Is rérotiifioa wtwoit été , pour abfi dire r ^ 
. ream-mftj.miti é^ lt oommjBaceinefit de 1791 » comiM 
M«s TaVons 4it pittt haiu , notu prévîmes qu'elle ne s'en 
^ titndroit pas là. lors de la révîfiaii du preàiier aâe conf-» 
. titndf , qiie nous appcllimes mm charu royaU f nousar* 
fêtâmes qu'il d^Toit 7 aroir autre chofc. Dèî-lors noas 
séclamimcs |iae autre çooftitutooii , qoî deiroît être \*qi^ 
Trage du peuple, c'eft-3i-dire » des vedcs <k bonnets de 
, Wne , autreçient dit , depuis , des fans-culottes ; & en 
^«fet» e*eAt été une belle réyotution que celle qtii don* 
.àoit fprce jle loi à la ty^tnnîe hérédit»re d'un cKef, 
à rariftocraiie des riches , à la tartuferie des prêtres » St 
' c'étoit bien la peine de jTe lever p^ur garder Tes fers & (e 
contenter de les avoir fecoués nn mbment. Les fans- cu- 
lottes^ n^ tardèrent pas à «*apperce?o»r qull y a loin d'une 
déclaration tles droits de l'homipe 4c du citoyen à la pra- 
tique de ces mêmes droits* Ils fc la(I%rent de promener 
à^s les rues les tables de la loi, & quelques pierres de 
la fiafiille, comme de vaines reliques fans vercu. Os fe 
'dirent enfin : 'croit-on nous e/n^ricr long - tenu encore? 
Sommes-nous plus Ubres , plus iieqreuz ? On nous dé^ 
clare yoifvcmxff/ , & noos aVons encore un roi; on nous 
dit que tous les hommes font ég9ux t ont un droit égal k 
Texittence ; & nous continuons a mourir <le faim » au fem 
de rabondance , aux yeux du rîcKe qui nous na^ncu 
Ceft toujours nous qui labourons les terres &.qut fa^ 
fons la moiflbn , & un petit nombre la mange , ou la 
hifle moifir plutôt que de la partager avec leurs frères. 
. C'en efi trop! Qu'elt-ce qu'une révolution qui laide ttir 
coVe tout d'un c6té & rien de l'autre ? Marchons ; rét^ 
biiflbns Tordre naturel des chofes , 9c fans une faude <pt- 
tié bu une feibleife criminelle » falibns maln-bafle tue 
les perfonnes.qui fe refuferolent d'aller au pas avec nous» 
A ce cri de U.raifon , trop lohg-tenis étouiïée ^ à cette 
clameur de la juftice , trop long-t^ns outr^igée ou aveugle ; 
ceux qui ne foit pas des tans-culottes prirent férieufement 
l'aUnne, & lis fe dirent à letr tour : l'orage gronde « 
il approche } les fans-cnlotte^ font gens à faire ce quils 
difent. kx et n tons -nous d avance « fans attendre la juâice 
diftrlbutîve do peuple hors des gonds. Confentons d.'aberd 
' à quelques fàcritiees; puis parlons no'srmêmes la langue 
' de nos adv^'tfattes. Eadoflbns leur coAume ; couvrons nos 
r culottes de foié feus un pantalon de coatil ; & dii&mutoaa 
àos chemires de tciile de Hollande ibus an gilet de bi»re4 
£n U9 ,mot ,; d^gwfdns*»nous .^^^^ns-culotres^ ians qee 
. aie9 n*jf m^qut ( œfoat de bonnes gei^î ils y teàel 






avec leurs ^aux. Nous «le t«rd^^oiis pas » (bus cet hJbi( 
de caraûère^àjouiirdç leur .cQi|fi»n<e« tl» YcinprçfficïbxK 
èiu-ffiémes de nous n mmçr aux poft^s câ, plui mxpQft 
tans, ou 1^ plus <i4liG9is.4e la fép>\bli<|ue, JloUii .occu-^ 
]>eTons les premières places dahk t9U|e» les autorité^ co.ift 
tituées ; & c*eft aiofi qu<8 ^ mêlés avec eux, impatroii'lïf 
chez eux, nefaij'afit^, pourainfi dire;, qu'un* fcale çiaff^-â^ 
lious éviterons le coup qu'ils vouloient nous. porter. Atotl" 
a faudr^ leur faire faire de$ifpnifes, leir faire wnmeOirc 
des injufiicef «riaiaies. Si n'oM^ parveno^s à. divifer i:^M. 
fpafle il forte.^ 1^ redpQ^bù quaid elle ^Q, uak ^ oti Ani 

Eoîns à en ai^r uf)e paftie contre Tautre j nous nûua 
uveron^ dan^. la bagarre. 

AinC ont taifonnl tous cca mauvais citoyens. eo pi^us 
frand ncml^re qu'on nn crpU » qjui ont fait de la r4vbluti^« 
y^. ^»f^ .ip ifécttla^ion; & ils n'ont pas tardé à œttco 
ce plan perfide à cxéciuion. Se«ablab;es aox ,cpuc"fao* 
gui adoptoiisi^t le lendeniain la pode nouvelle qu*ils,avptcilt 
ff marqué au Içv^ de leur moitié, les feux patriotes^ ont ' 
tout dTc fuite fyit la cour au peuple cn.adopiant fi» paiK 
falons ^ enfoi^e %u*à l'œil i^pcrfiâ^ toute la France p^rvit 
f ouverte 4e fans-culoctes qui ont renoncé au luxe , a'^ns 
tonst a^ux inaqières , aux miftrabl«s prétentions des gens 
comme U fam d^autrefois. Mais il. efi aifé pourtant dé 
fentlr le renard caché fous la, peau du lion. Le peuple 
^1 a Befoin d*économie pour vivre, avoir adapté l'bâH 
biUe|ne|irJe«||'us commode ii lé moins difpe^dieux; tes 
mufcadins au-deiTus de I'àg9 prelcrit pour .la prenûèna, 
fequifinon (car il y en a de tout âge ,. comme its^en 
g]iire d^ns tomes les fociétés ) ces mafcadîns marchent 
tète levée. & bravent la viniliâe publique , efpérant'biea 
demeurer iiQpunis (bus le mafqjie. , jufqu'au piomeelob 
ÎIs pouxfont le dépofer fansrifque^ S'ils ofoicot , Us écci- 
toient.en ^rofles capitales : &. moî*aui&| )e, fuis un ià^Sr 
culotte, ma ^lerfonae. efl fatyée. • • 

^ Eh t non ! finge jnaUaJroit , .tu n'es qu'un vil efclaye 

£i prends la €ai^€|ue de ton m^ti^e » peur é^rlter lea 
iyières. Suis-tu ce. que cVû^qu'fin fans-culetçd\? - ' 
Ce n'eft pas. cet, homme éfvivoqp^ & fan$ carâA^rè< 
quifelalâlviiller au branle dcs.évéftemens; q«4t CQ"?^^' 
Qfl dit » heurle avec les Ipups pour in'en è\re pas d&*. 
Voré. . • . , 

. Ce n'e^, point; ce plat égoiA? qui n'a d'autre patrie, 
que l'intérieur 4e Xa mailon, 5^ (|Hi iSq^blable au colimaçon g\ 
(c retire au S^d dk fa coquille j^nfUni qiie le. .vent dé 
il? ^mv^fA fouffle» ^ q(ii ^nage tnve deux eaux* 
,..Q^.4>'eft.Bii>i^.«^ a.Hue qiiîj, aywti 4u dangçr p4i W- 






fattrodences ëe plofiom 4t fcs Anciens ftèriet dTiniitf af 
•riuocratic , a fans ccfle fur leilèrm le refrein de l*faymne à 
h liberté , & répète tout bas te du fend du cœur , é 
Richard ! 6 mon roi t 

Vn fans-culotte digne de ce nonv n*eft pes ce fyfcirlte 
déginfé qui s*ei) conteirtéde ne rien hifarder contre une 
rérolution à laqu«t^ il pardonnera volontiers , fi elle 
le laiiïe i fes anciennes habitudes, à. fes goûts hvons''^ 
k Tes petites aif^nces particulières. 

C'eft encore ce mauvais riche qui « vttu comme ria> 

' digent des faubourp , entaffe dans un coin comme là 

fourmi , enfouît Ibus terre des tré ors inutiles ï lui autant 

qu'à foa ^ys; maïs for fa porte , la peur Ac la précaution 

lui ont t'ait écrire , des prsmiers , /r#/«mci^ e« /« mort. * 

Il faut le dire : ne cherchez pas de vrais faii^culottes 
parnù les riches , ou ceux qui le font devenus depub le deut 
novembre 17^9, jour du décret de la vente des bleni 
dtt clergé ; n'en cherchez pas dans la cafle des gros mar- 
chands f des ^ros fermiers , des grands propriéaires ; ni 
(armi les individus qu*tls avoîent mis à la tête de leur! 
affaires, ou tntéreiTés dans leurs fpéculaf)On«. 

N'en cherchez pas p^rrai les artiftes qu*on fe rappel'e 
fTOtr vus jadi» aliîéeer la porte des nobles où des finan- 
ciers; parcti les gens de loi ; parmi les médecim à la modejl 
parmi les gens de lettres qui ont follicité ou obtenu leur 
entrée dans de» académies , & des portraiu for des boites 
d'or, &c. 

Où ilo' c trouvera-t*on le vrai fans cidotte i En difanC 
ce que c'eft, on faura loii le prendre. 

Le vrai fans culotte eft ijn homme de la nature , on 
qui en a confcrvé toute Tcnergie an fein de la fociété 
civile régé'^érée par la révolution. Ce^l un patriote robufU 
de ttte autant que de corps , qui s'efi toujauts montré à 
découvert , & a fait un pas de plus ea ayant ; par con- 
féquent qui n'a pas attendu que la patrie TappefÀt pour 
aller à eile. Ceft cet arriian , pire de famille , doué d*ttn ^ 
fens droit, nui bien loin de donner au fervlce de la repu*' 
bliqne le relte de fon teres^ fe crat, dès le la jmlet 
1709, en réquifitton |>ermanen:e « dans fa perlonne & 
dans fes facultés. Un vrai fans-culotte eft ce qu*on appellcit 
jadis lltomm* du people , franc, cordial , quelquefois 
rude , mais toujours hunuin, même dans ces inftaas révo- 
lutionnaires où Ton jette un voile fur la flatue de l'hu^ 
snaniié. l^e vrai fans-culotte a voulu la mort dn d?(pote 
Ml de tous les confpirateuos ; on le voit fur lé pailage' 
des traîtres qui vont an fupplice ; on le v«>i^ même i'c 
prefler autour de lenr écharaud , parce oue ^humanité 
a*ex6iut point la judice; aoffi , les deux Bsittus étoient 



(rtî) 

«feux TiâU &ds-cul^ttes; l'aint cinkaflc Ton iits ea lecdii- 
lampant k la mort ; l'autre pleuf» dans 1« fc-.n' et (om 
pèie avant d'y «nfonc^r. le poignard. 

( La fiiiii am numéro prochain, ) 



Du comités révpboiQfUuûm 9u di furvufUf.^t» 

' jLes ceinltés de furvôllance , établis î| y a fis meus ^ 
éloierit destinés i faHvcf la républiaue ^ & tous les patrio^ 
û$ t'a voient prédit : il est vrai ^ixk leur naiilance la con- 
vention ^ ou pour jnleux'diié la faâioa qui y Jomînoit^ 
tes ayoit enveloppés de langes , & femUoit avoir voftlu le» 

B' river de tout mouvement bi leur 6ter la faculté d'agir , .en 
nr dontiant fealemeni un^droit d'infpeâîon fur les écran- 
Ê*rs. Les girondins , en effet , auroient trop craint pou^ 
urs adhérens , fi le pouvoir de ces comités s'étoit étendit 
fbr les iùdîgènes ; & comme ils s'entendoient avec les pt^if- 
iàaecs ^rangères , ils travaillèrent encore à paraiyfer cette 
nouvelle inffîtution , à fauver les étrangers même en intro^ 
duifant dans ces comités des hommes entièrement vendus ^^ 
rarîfiocratîe , qui puffent ménager les ennemis de la répu«^ 
blique & en perfécuter les amis. Lj| convention , rendue 4 
etle-mlme. a fongé à perfcâionner un ouvrage qui n'étoit 
^as tom à nitf le fien; elle vu que les (eâions, dominéea 
Dreique rour-è- tour par le pur patnotifme ou par des caba-i 
les , n'avoient pu (aire toujours de bonnes nominations ^ 
que malgré les préca< tions qu'avoient prifes les vrais rfpu« 
olicains pour les purifier « iTexiftoit encore un levain cap»: 
btede fermencer, fit àu'en expofant des comités révolu* 
tionnaires i ëtrè'choius par leurs affembtées de feéUon.» 
cféroit les éxpofer k tous les harÂ-ds » c'étoit exposer la ^. 
pubfique entière : elle a fàgement .ordonné , comme sicfuro 
révolutionnaire <C de falut public , que la commune à% 
P^fis 9 qui fe connoit en patnotifme , épnreroit c^ comin 
tjhy èc nommero.t aux places vacantes. En exé iitio$a 4ft' 
cette loi , on a vu paffer aii creufet de Topinion tofit.los. 
inembres qui les compofoieot , & l'on a découvert la plaiâ 
(jui menaçoit la France entière ; on a vu qu'il s'y étoit gliiTé 
•et arlAocrates , des fignataîres de pétitîoqs anti-civiques i% 
des intrlgans. La comn^une a nettoyé , balayé tous cet 
riMes impurs , & mis à leur place des citoyens éprouvas.;, 
de forte que la maffe de ces comités eft a«)ourdl*hui gé^éra^ 
iement bonne & vertueufe, & que s'il eô par I^iam f^|itfp(l 
leur fein àuelques hommes <{ui i^e fment ^as éealemçn^ 
sbrsy c'efi\n infiniment petit en comparaifon ou cefln« 
Bien accompagés» bien furvetUes t iUmarcheront* \ .,; 



Les coft>hii «infi eoflipiiTés , il tfy tToh anctmtocoMf 
tteicnc à. leur donner les pouvoirs l«s plus ilKmftés'; & là 
convention leur en a r^mît à^ fets entre les meîns. Ce fim£ 
eux que la. loi charge de mettre hors d*itât de nuire tons lea 
komnif s fttfpéfts , l'oit en les déiarmant-^ fott en les arrê* 
tant. Ce font eux qui doivent avp r VaeW ouvert ,fur toutes 
les Êiutes 6c délit» qui peuvent compiomtttm le fort de la 
libenév Ce fom eui-qoi doivent ùtntt à la pifte totites les 
intrgues des malvetltan», & fur tout celles de ces infi* 
mes marchand* , qui veulem amener la contrè-révolntioa 

f;>ar lafimine 9c. ane^îfettefaâîee. Ua4miniftratioh' de po*^. 
îce , les autoritél( ctmAtnitc^ étoient trop l'urdiargées d oc*, 
cupatîons , & ne fe troovoient pas àfféz près des iAdIvidue 

Îour jueer de leurs teîaticfVis feaetes , de leur conduite pu- 
Hqi!e CL privée , de leuis habitudes & dé leurs opinions : 

, n a donc fallu établir un comité par chaque {e€t\on à Paris 9 
comme un comité par chaque commune de départemenr. 
Il a' fiillu des horr:mcs qui les cufle't eu eOntinuellement 
foos les yeux. 

On fciu quelle énergie ê^îfpnr de telles fonûlons : il ell 
ftéceffaire que celui qcti en eft'revéttf nefléthîffe point devant 
éles coniidératiuns , qu*î) oublie jufqu'à l'amitié fi jamais il 
a pu être lié avec des hommes pervers ou avec des amie, 
d'hommes pervers ; il faut œX'i un cœur brûlant de l'amour 
de la patrie , il jcigneun'e tête froide, qu'if juge lanspailioiDi 
ft comme la loi , qu^l éram'mé ; qu'il pèfe les coni2quen« 
cc$^*uf)é facilité trop indulgente qui thûnderoitlâ fociétédé 
iies plus f^rnnds ennemis , & pourroit amener la république 
i deux doigts de fa^pe'rte. Depui» que la révolution exlfte p 
nous avons épTx>uvé tant de malheurs & de rcven , nous 
les devons à notre iuhumaine humanité, à ce caraftère 
français qui dort après un'e viâoire fans fonger à poiirfuiyre 
leir enneitiis , à les anéantir* lorfquSls ont été une fois ren« 
Vèfffe, de peur cji ."ils ne le relèvent encore; il faut qu'il' 
tmeindeTa v^ix de la liberté, qui lui crie : prends garde 
qn^lm- feul de mes ennemis n'échappe «car il vleit^lr^^it eih; 
eôreme*poner de rudes coups. 

Hftfcis* en même tcms il doit dépofer to\ite liai ne parti-' 
€vlrère& toute peffonali té. Ii ne do:t point accuc llir à la 
légère des dénonciations', ni (e fervir de Pautorité qu'il a 
tn main pour venger Tes propres outrages 6l dti que* 
iéf^cf perlonnclles . il doit exam ner toutei les dénoncia- 
Cens qu'uii lui adr^e ; & voii'fi é!les nef fotir pas diâéîet' 
par^ ék motifs auffi vils OC aûfli odieux ; il doit fonger^ 
4fifim ne ie }oue pas de la réputation & de la liberté des 

, citoyens, 6c que tout afte'd'autorrté qui n'eA point com^' 
l a e tl dé par l'intérêt' du falut public , eft un crime de lèse-: 
KikfiéyttB attentat xomre la' fociétiftmIèx<e. - 



Ce foot cet dernière» raîibns fan^ doute qui avoien^ ' 
frappé quelques ceixûtés: révolutionnàîres , & qui jes aveit 
^°i$>^£^ ^ demander li la convention une loi , qui les • 
forçât à eacptlquer fur. le mandat d'arrêt les canfes de Par^ 
reûatieni Cette melore n*eut été* propre, qu^à entraver '^ 
lei|r marche. Ils dero'tent bien s'attendre qu*iU le yerroient ' 
a(tiL<lUs de.réciamàtiôns;.que ces arreAatîons portant quel- ' 
quefbts fur des faits qui ne foi^t connus que de deux ou 
trois citoyens , ce feroit expofer les citoyens au couteau ' 
de k v^ngpaace. La cçnventiçn a bien ait de ne pas ac-^ ^ 
cédei; k la demande ; ma» elle a prévenu toits les abus , * 
«n iipjpprant a^ux comtiés Tobligation de -détailler for ït '^ 
procèi^yexbal q(|*ils' envvlont an comité de fftreté générale ». ^. 
tous lea moti£i 4t fnfptciorn qui les ont portés à s'emparer ' 
de ]ji perfonne du détenu , afin que ce comité juge de 
leur validité ; dUlnur ^ donné ainfi pour boufloie leur ^ 
confôencc b la ctalote devoir réformer leurs jugemens, s'ils ' 
étoient aflis fur dc9 caufe^ infuffiCihtes ; 6C par fa furveil- ' 
lance ,eUe faura bieni fans doute empâcher que la faveur ^ 
6c ia partialité ne (e gliffenr parmi les membres de fon co- '" 
mile. , ' 

^ EeoUs primaires, 

La convention vient enfin d'acquitter la dette dçs tfots , 
afBsmblée^s nationales qui fe font fuccédées^ )ûfqu*à pré- 
fent , là dette de la nation entière. Elle vient d'organifer 
les écoles primaires ^ 'en faveur du premier âge. L'affem- > 
blée confi':tuar.te & la lëgiflative peuvent compter cet ; 
o.ib^i de ta îeiineiTe au nombre de leurs crimes. Il y a 
phifieurs mois , & long-tems avant la première réquih- 
tibn , nous avons vu des jeunes gens indociles aux pnn- . 
CTpes^ femer le trouble & la ciflention dans Paris fie 
ailleurs. S11 y a eU des jeunes eens mt^fcadins ^ c*eft ellea 
qn'il fiiut en acculer , c*eft à leur éducation gothique & > 
attti- civique' qu'il faut s'en prendre' Les inffiniteurs de< 
toutes les claffes étoient en général £ ariftocrates , ou-, tout 
atf moins ^ routinliers , que parmi les maîtres d'écoU & 
lei jprofeiTenrs, il il*en e(l peut-^tre pas un. qui air' changé 
fa vîeilte méthode d*enfelgner ; quelques-uns d'entre eux 
feulement ont cm beaucoup faire en y furajoutant quel- . 
quesc mots de liberté & de conftitutioo , qui ne mettpient 
prefqtte point de principe pratique, dans la t^te des jeuno . 
gens. 

Nous fomines I>ien-aifes que la conventîpa^ aie affigné < 

des émolutnens honnêtes à ceux qui fe chargeront des 

aùguftes SI pénibles fonâions dTnfiituteurs ;, un plus grand 

' B0nj>'re d'hotnmes fe préfentera pour les.remplir ^ & il, fer^ 

phis ai(2 d^ Cane un^meilleur choi;c. On ne fera pas réduit à 

N\ XI 4. Tçme 17. B 



(1^ ) 

n'employer que ^ceuz qaî en ont fait jttfques-là le métiler^ 
car & on étoit forcé .de Uifler U plupart des wcieijs 
maîtres continuer leurs profefiions , oo lerott itt 4e per- 
pétuer l'ancien eiprtt des écdiers « d'y entretenir tous les 
1>ré)Qgés dont les têtes de ces suitres font tapiiTées-; «ar 
'homme qui , pendant vingt^ ans , a préehé la foumtffiofi 
à un roi & 1 Un prêtre , ue peut pas entièrement ni de bon 
coeur chanter la palinodie. Riea ireâ ^plus opiniâtre & 
jplus tenace quun hqmme accoutumé à enfeigner; il aura 
beau faire des efforts » i«s anciensea idées feroAt toujours 
celles qui fe préfenteront le plus ^miiièiemem à lui. Le 
SDagifier d'un village, qui a mis, fa gloire ik finger mon- 
fieur te ,curé9 à le rnontrer toujours envers lui refpec- 
eueux & ioumis , à bien chanter au lutrin v ne peut pas être 
propre à donner aux t a Fans une inâruâion républicaine. 
Un tel hooujie eft un abrégé de prêtre ^ & la loi a fait 
Sagement écarter de renieignenient tout minidr^ du culte , 
car ces gens-là auront beau &ire, ib piCckeront touîours 
leur dieu » ou du moins , s'ils n'en parlent pas ouTeitemttit^ 
lis dirigieront leurs leçons de manière à les tourner à l'a^ - 
T;mtâge de leur idole. La plupart des anci^» maîtres 
d'école font ^ans te même cas ; & il feroit a défirer que 
Ton pût , dans chaque village , mettre à la tête àt l'é» 
cote primaire, un philofouhej un hopime qui appa^ 
tienne à la nature comme les enfans , qui lui doiveat 
depuis peu leur ex'ftence. 

Dans chaque ditlrid il fera établi , d^àprès la loi» une 
' commiflion KTinflruiSiion publique, dout U principale fonc- 
tion fera de çléfigner à chaque canton & commune un 
certMn nombre d'hommes parmi Icfquels les pères de 
famille pourront Çier leur 'choix. Quoique les commilBosa 
aient pour ob et principal dans cetco dcfignation d'afiurer 
les difpofitiohs 6c les'talcns des candidats ; elfes fe goderont 
bien, fans doute , de propofer des hommes içtoléranv, 
dès honuiies fan^ct.qties d'un culte quelconque , & entichés 
d'idées fii)ier{Htieuies & mvftiques. Elles chercheront dtîs 
citoyen! qui aient la liberté dans le cœur jk la raifon dans 
la tête , des citoyens dignes de rèmjilir la magifWatufe la 
plus vénérable qui 'ait jjmais ex'tdé , fêlle dÏÏnftituieurs. 

Ce ne feront point non plus les hommes dontje.parons 
brillant iédûit le» aiiditeurs datis vrie (ociéié ou i la tri- 
bune, qu'ils choifipont de préférence j car fouvent nette 
«locution fadHe ne fai^ que d^ lâcher un vuide profond , 
& la loi n'a pas voulu de concours , parce gu'on a fénti' 
que l*hoiÀifie*tnédîot;re eft ordinalteinent le moins timide ^ 
que c'eft éelui-!à qui à le plus 'dé'hardlefle en public 6c 
la meillefire opinion de foi. L'homme profond j. au con- 
^taite, fe défie ' ordinairement de &s f^irçes , ^ul (cul a 



^avantage de ikvoir qu'il ignore beaucoup plus de chofet 
qo^l n*en connoÎK Ce né fera p^sméme un homme célèbre ^ 
par des oavragef , qui aura le plus de droits à leur pré- 
meâion. Le Caivant , l'homme ae génie , n'en pas t04<f 
jOUi^ le pHi propre pour enGfignfer, fucrtout ï«s premiers 
éiéjBent qu'exigent les écoles primaires. Trop Couvent ïï 
hM pas en foi^ pouvoir de marchei; pas à pas^ d'^tlet 
terre à terre l pour être fuîvi par des efprits, novices. 
Aeooutwné à des combînaifons grandes 6c hardies , il 
fraoçhit les idées intermédiaires , ne peut pas s*y arrêter 
parte qu'il fe perfuade toujours que fout te monde Jes 
apperçéit & les faiGtavec la mime facilité que lui , & ainQ, 
il lui eft iMpoiflble de^ rîfter à la portée des comm^^v^ 
^ns , avoir la condefcendance , la patience néceflaire pour 
éeTcendte jufqu'à eux, de s'arrêter avec les traîneurs, 
. "Sur qui les coitimif^ons d'mftruâ'ons doivent elles donc 
fixer leun regards i fwt ^e citoyen qui n'ayant point de 
préjugés, a des ccanoifTances acqulles & qu'il pofC^de 
parjpaitem^nt ,qûf à ces qualités plus rares qu'on ne penfe« 
joint le fhérite plus rare encore de potrvoir conduire les 
eiifans comme par la main le long (^e la férié des idées 

Înt compofent , Vil eft permis de parler ainfi , le veiM- 
ttle àt$ cbnnoiiTances humaines , qui peut (ans concrainie 
& fans eflopt , fe faire petit' avec les petits, Te replier 
•n cent façons pour rendre la vérité claire , fenrible.t^C 
kimmeufe , en un mot , qiiî a l'avantage Aon*reaiement 
ie iavOir,, mais de favoir enfe'gnrr. 

Lorfque la commlflîon d'inftruâion aura ainfi défignél 
des ' htaoaes propres à (a chofe » le devoir dts pères d^ 
famille aflemblés ne fera pas de chotfÎF celui qui^ a Iq 
plus de connolffances , car la commifiîon ne leur aur^i 

r fente que doi hommes qui en auront d« fuffifante»'^. 
ils doive&t fe rendt% affez de juftice à eta-'mémes^ 
pour croire^ qu'ils œie. cemooîlleflepas fnsMiyen taléns'^ 
du moins pour la plupart^ que les membres de lacom* 
mif&on. Ainfi , parmi les cinq perfonnes qui feront fou- 
mi&s à. leqr choix ^ . Us auront à. fjhercher eux d'autres 
qualités que là icience.' lu examineront quej'i^ çelujî d'eU- 
tre les cinq qui aime le plus fincèreipent ûi' patrie ^ qui. en 
parle aveé cette fenfibi^té , cette. .jilFufion.de cœur qui 
annonce qu'il faura infpirer à fes élèves le plus grand in- 
térêt pour la chofe publique. Quel eft celui. qui > 4 un ar* 
dent républicanifme , joint encore 'des mceon à la fois 
douces ' &L févères : car il eft n'éceiFairç que, TinftivjLtçur 
fe fafle .^imer fie refpeâer tout enfemble. Ecartfz loin de 
ta vûé des enfahs tous ces hommes dont l'bumtiur ^apri- 
cieufe erré au gré de fes quintes , qui défendent aujour* 
dWi ce qu'ils permentOQt, ce qu'ils prçfcrirontpeuc-^tre 



demaîn. Loin de la vue' des enlans , qaîconctuc s'avilît au 
point d? perdre la raifon daps la colère ou datu^ le vin. Loin 
de l'enfeignement , quiconque n'a pas aflez de caraâère 
pour vouloir bien & conftajnment toutes les mefuies né^ 
ceitaires pour établir tine difciplme toute républicainb dans 
Ton école , & pour la maintenir. Nous ne lommes plus au 
.tjpmps oU» avec des châtlmens d^esclaves , on c^mprimott 
les eiifans par la terreur ; où Ton defléchoit dans leur cœur 
la fleur du fentiment : il faudra donc d^&formais plus de 
talens , otus de tenue de la part d'un inftituteur , pour 
s qv|*un feUl reproche de fa bouche , un feul de fjks regatds 
loient la plus rude des punitions. Mais en mémeHems ' 
qu'il faura conierver la dignité que réclame la ma^fira* 
ture dont il eft revêtu , il doit favoir fe faire aimer ^ 
pour faire, aimer U vertu , la fcience qu'il profère 6l 
pour en reOdre l'abord agréable &. fadle. Un taftîtuteur 
au milieu de fon école , entouré de (es jeunes élèves , 
doit être comme un père au milieu de la famille, en- 
vironné de fes fils, qu'il inftruit avec intérêt, qu'il re- 
piend avec bonté. A la tendreffe qu'il leur montre ; cha- 
cun de ces enfans doit retrouver en lui un fécond père , 
compatiflant à fa foibleiTe , s'intéreffant à fes progrès , 
égnyant les leçons pour fixer fon attention fugitive. 
Voilà les traits oue les pères de familles doivent cheiS- 
cher dans un inmtuteur : que chacun d'eux fonge on 
fe faifant remplacer que c'eft un fécond père quil va 
donner à fon fils , une fecon Je ^ mère à fa fille; & le 
' choix ayant paiTé ainfi par deu^ degrés dtfférens d'épu- 
ration , ne pourra offrir que des réfultat; heureux. Nous 
aurons à envier les lumières & le bonheur de nos en- 
* fans. . » 

Lis repréfuUans du peupît compofant h xomiU d'inflruBion 
puhUqut i i tous les cltoytns français , & pamculièrc 
ment aux corps conftàués\ aux bataUtons & aux focUtts 
populai'^, ' 

Citoyens ,- la convention natîofiale veut ' affermir la 
liberté & Tégalité dans toute la' France , en pourfuiyant 
fans relâche les confpirateurs & les traîtres , en répan- 
dant par-tout des ftmences de vertus républicaines , par 
- la publication des belles aâions que ctiaque jour . voit 
éclatter parmi nous , fur-tout dans les armées, , 

Nous vous mvhdn^ , citoyens , à recueillir autour de. 
vous , maïs p«ncîpaleinetit dans les chaumières, dans 
les atteîters èc d^ns les batalHons de la république , les 
traits qui méritent le plus d'tt^ie tranfmis en exemple ; 



THF r.T\7 YORJ 






Ljl. 



« »»9 ) / 

car c*ea dc^Ià que fenr' prefqoc toujours forties Ifs rertiii» 
les plus utiles. , * 

Voi- recherches doivent commcncct avec la révo-^ 
Jutîofi^ , 

Le narré de belles aâiotis doit être fîmple comme la 
▼ertu qui les enfante , & les déutls ne font néceffairas 
que pour affurer l'authenticité des faits. Nous vous ^en« 
verrons en maffe ce que notre correfpondancf ' nous ^ura 
fourni en détail. 

Ce recneil , fons le titre d*afHons nrnaufes dtf cîioytns 
français , fera le premier livre élémentaire à mçttre fous 
les yeux des enfans de la patrie ; il offrira en mênie tems 
des outéfianx à l'hiftoire. 

G. ROMME , fréjtdtht. 

Il eft à regtetter qu*on ne fe foît {>a$ avtfé pltrrôt de (a 
formation de ce recueil'; on eut fduré de ToubVi quantité 
«le traits fublime^ qui en enflent fait gtftmer blzn d*autres; 
car on prend goût à la vertu. 

Si ce répertoire eft rcdieé dans le véritable cfpr'c de 
la chofe, non-reuI<;ment il fera le premier ^ il devrolt 
même être le feul livre élémentaire. La déclaration dés 
droits de l'homme 5c du citoyen en tètt , l'afte confMr- 
tutionnel à Ja an . ii n^en hxxt pas davantage à un î^ust 
républicain ^ qui d^atlleurs a paiR fa première enfance fur 
les genoux d'une mire bonne citoyenne, & fous les veux 
d'un père véritablement patriote éc un peu inftruit. Voilà 
toute la bibliothèque d'un foldat français; 8t il faut dé- 
formais qu'un ^ct livre fafle partie dé fon bagage , & 
trouve ia place dans fon havrefac. 

Vu ci'dtvant duc d*OrUfins. 

Né d'une mère fans mœurs » Philippe a tenu de famille ; 
^ il a vécu fans probité comme fans délicateffe , fie il a 
fini ainfi qu'il le niéritoit. Dès qu'il put difpofer de fes 
biens, agioteur infâme, il s'efl permis les fpéculation:» 
les phts exécrables , n'importe aux dépends de qui. il 
n'aifXiQit point fa patrie, & alloit en Angleterre man- 
ger fcs revenus. Q^^^^^ î^ féjoumoit en r rance , il ne 
fe faifoit fervir que par des anglais. 



AureOe, cette âprcté pour le gain,, q-^'ll ne cac'ioit 
point, avcit un But feçret, celui de rentier un Jour ; 
& chez toute autre nation , il eût réulB. il fut conflam' 



mcm le complice de Dumourier , qui étpit fa créature , 
fit qîiî fervit de mentor à fon fils. Les Jacobins furent 
pendant quelque tems dupes de tous ces gens--là. Dumou- 
rier proifleooit par-tout le jeune d'Orl^ns, dans les ar- 



■lées » dans les fpeftacles , & £iffoit crier • ht f«h pé^ 
f^c t vive Egalité ! Le bonnet rouge qu^ Dumonn^ 
coëffa , lut fervit de paraton/u-rt , aînii qu'ai fon tikvt. 
Mouft ne iaorions trop inviter les fociétés populaires àfe 
fiirveiller elle^-mémei. Par exemple , queb reproches ne 
doivent pas iè faire les Jacobins, en fia rappeliant que . 
les vingt-un fédéralifies de la convention » dernièrement 
exécutés , ont conraienci tous par être Jacobins. 

Oaettè bonté auffi pour Paris d'avoir élevé à la dignité 
dé T^iflateuK un ci -devant duc d*Orléans l Commeat a« 
ton pu croire que le cou fin germain d*un roi pût jamais 
mériter rhonneur de ûéger avec de» républiciins. 

Quatre jours avant la trop fameufe ioirée da pillage dn 
fucre , il elt notoire que Philippe Egalité acheta beau- 
coup d'argenterie , afin de fe procurer des fonds pour 
difinbues auz^ aâeurs fubattemes de cette fcène affligeante. 
Tous ces événemens étoient pour lui-même autant à*&- 
chelons pour parvenir au trône ; & tous les moyens lài 
étoient bons. Il vouloit corrompre le peuple i comme \\ 
«voit déjà g^né plufteuis individus intérelTans alors , tels 
que PétioQ ; 6l comme, en 1790 « il avoir trompé le 
roi & trahi fon pays dans la miffion fçcrette dont on 
le chargea pour Londres. 

Jamais homme plus méprifable ne fouilla la fociété^ 
6l fon fils aine prometroit encore plus de fcélérateffe» 
quoiqu'en aient dit plufieurs députa qui ont hanté cette 
maifon« Nous ayons patlé dans le temps des entrevues 
fréquentes qui eurent lieu entre Philippe & Dumottrier, 
lors de la promotion de ce dernier au générakit. 

La jttftice enfin nous a. délivré de ce monftre. Mais il ne 
hut pas qu'elle s'en tienne là; il faut pourfuivre le refte 
des Bourbons , & n'en point laiffer de trace ; & que 
leurs propriété retournent à h nation»» à titre de relli' 
nition. Il taut ^re plus ; notre haine pour les rois & pour 
leur fang veut que nous ne laiffions pas debout un feiU 
des châteaux ou palais habités par cette famille ntaudite. 
Que les pierres 8c matériaux foient difiribués aux f^s 
culottes , qui s'en confbairont des maifons. 

Qtfune feinte modération ou une pitié déplacée ne 
nous fafie point héfiter 1 le glaive de la vindiv^e natlo* 
nale doit à la liberté le facrifice du fang des Bourbons 
julqu'à la dernière goutte. Ce fang verfé & la coafif ca- 
tion de leurs héritages immenfes , ne dédommageront 
jamais lès malheureux citoyens ruinés par cet'ie race ici- 
pie j ou <w ont péri miférablement pour avoir ofé trou- 
bler les plaifirs de chafle de cette maifon vorace & def- 
potique ', que de procès ruineux ont occafionnés les droTts 



Ci9r I 

ftodaax réc'aoïis irtc tiat .àt WhtfUifc d^org^il par les 
ci-devant princes du i'ane. 

Pendant !e jugement de Opet, on compara les princes 
dtt fang aihc Tarquins , & Ton opina de let chaScr d« 
territoire de la république*' Mauvaife naefuré/ les romauùf 
nVtoienc pointa la hauteur des Français, fiant qu'il ,4^. 
aura du faflg impur ,' il faut le répandre fur raûtel iç l^ 
patrie. ' ' . " .'.,'• \ 

De U.mum de k Vt^dk. 

^ , . . • . . î j . . 

Nous .df|RQM»A9 \4 rexcraîode «uelques^.UtipesiiioiipaB' 

officielles > nuis . coQfidenti(eilei^ . L'auteur ^ cxceBeor pa* 
t^ote, toinme ôiTya, le vpify seinptit un des p s ti^aet* 

gades d^' notre atmé^ dans ce malhentêOM f^jt :••»# 
ttres foot du mois' dernier* . ■;.'•< '\ ' • 

Du quartier- gén:ralj< Swi^aman^'^oft^ir»^ 1:. , 

l'aurots déjà quitté le feryice ^ fi Tamour bien fincèrç 

Sue je porte à ma patrie j ne; fti*avoife fait^pafler ». par* 
eiTus mille défagtémen*s que* j'ai é prouvé. \,J\Ia Tante 
d*aiHettts me peVmet peu de fuiyre un état' qui , d'après 
snoil caffl^rè &.ré(udeqiiè feu* fais çncôre tous les^ 
îonrsy fembl^it devoir être invariablement le. xpifl^ ^^\. 
que je Voiig'ts ^refque de ' profefler « par' j'aif^ili^m'^nt 
où ront' plongé les fcéiémts / les intrigàu» , Jes (bW iC 
tear' ambitîéux qu'on enâpiôie dspuis . trop^ iQn|(''tepps«j 
Trop kaue pour difltmaler , trpp honnête hom 93^ ,& ai- 
mant, trop mon^pays pQiiir; ^au^ lieu de m'occupèr elten- 
tieltement du moyen ,dA\k iair^vtciôlnpher des deuxcC» 
pèces d'ennemis qui 1|; X^^^SfAN fa'occuner w.filfrr.^e 
)e le vois tous les jours ^.d*iptf/^tt^ & d9^m0j^Mé^ 
pttifer lés tréfor^ de la répuDuque; )^ pe fuis .pis Pfopds. 
à faire lin général qpfmAe ikenffaii^..; j^'ii^niifauté^do» 
quelques-uns d^ ceux qa| ont été aufdpflus.df» wm m% . \ 
dbhhe à regretter 'dé ne pas. ^rç ine^.dans V)»biEçurilà. . ' 
Iles honnêtes gsns ici font en petif nombre. Si les mem- 
bres de la convention* pouTOmrt"hnr.... 'ils empédie- 
rotent. qu'on ne traite Ijk {;bfpet publique fi JégèirenHiirt 0C 
qtt^on ne fafTe dç b. gufjfie de 1^ Vendée mifi >Opérarf^ 
tiott de ftnance^8ç,,ua/ commerce impardonnable' Maist» 
il convient de dire quV>fa né.ffit ce qiic dmrîtndr^Wtj 
maintes' gens dont fa chute fqo^t suffi Irapide^q^Oj v4UiiimriT 
' tidn 'a été étonnante &c prompte ,' fic\dont Isf u|en> At,- 
font ni àflez r^flbrti{iaos ni ailoi blcf établis powquMs , 
«ibirent .£tre emp1oy^/^ei^s.^Mon^^entimant.focret r 
. nrannonçoit tout ce que i'^cpis à ffuffrir.avec l' e ijp W 
de gens qui font ^employés dans toutes ces armé^^i . /. 1 



QlUÊiiu*giti!rsi dé- Lnçbn » lo éfhhtt. 

J*a} tppxis avec plaifir la prodiotion d'A...- an graae 
d'adjudant' général ; il nfe reîle ffnlement à regretter, 
pour rintcrct de la fépublTqu«? v.que fes talen» ne rcpon* 
dent pns à fa grande volonté. Car je (tiit certain qu'elle . 
fcroît Dten fetvie. Hait enfin nous ferions tipp heureux 

^ fi tous les agens militaires fur-:tçut , a/oient autant de 
courage & de bonne foi^ * 

Ma dernière youf a inUrÉk de ma mah&ère de penfer 
& du parti que )é me propofe de prendre daps le cas 
oà pkis leng'tèQip on «le 'fèrceroit à rèfter dans cène 
aiflléej &à être le téàioitt des horreurs qui s'y corn- 
SKtten^.c Je voudroit que tous ceux qui fe vantent' 
d'Are jréJMfbkcatns & qui s'ergraiflent des fommes que 
la répuhhque, trop bonne Cl trop générenfe lent pro- 
digue I minent comme moi toute: leurs intentions à finir 
cette giierrc tniudhe & ne s'occupaiTent plus à faire 
avancer leurs créatures au dérrimeot dç gens pauvres âc 
ji tatens. .Mais qu'y faire ? Je vois tant de chofes ex- . 
traordiflnid):es arriver^ & qqe ('on dit étie les fuites des 
mouvemens inféparables d'une révoliuion . que je fuis 
forcé de crotre que let changémens fi fréquens vde géfié- 
r'aux & r'efpèce dlicmmes qu'on emploie dans ies^pla* 
ces , font auA les fuites d'une révolution' dont tant de 
gens dnt abufé pouf nous tromper & s'cniichir. Mais en- 
tin it faut fOut voir ppi^i: Iç ti\iepx , & fomme )e (uii 

^ nn de* ceux qni 'n'aiment point à chercher des torts ^ je 
crois auffi qile le tout eu pour le mieux- 

ChùUi ^» §4 ^^Bôén, - 

SbyVc tn* fàtiè contre' t'eut )ce que l'on pourroit voué 
dire; fit U>fc* poiht tro^ extafié de nos luccèsscaron 
ptut ctakldre de^ revers i ftitr-tout qitand on fait la guerre 
duis - un ^l^âuffi ingrat « tk quand on eft auili évi- 
dctf^enf trahi par i6qs tes habitans d'une terre qui doit ' 
être tttgordée tomifié prcfctite. 

Je ne' fais ce -que cela deviendra: te paiTagè de la 
Lxrire:fiv^ aux rebelles aura fans doute des fuites fu- . 
nèfles f^Ut la chbfe publique , & on aurolt peine k 
dire À préfenf liùand cette guerre finira. faut que le 
iiMftre> prenne de grandes mefures pour mettre a «pu- . 
vert là I^onandie, qui pourroit deveoir la proie' fle 
careb^^s.; il faut des forces fiç du. courage pour;ànéaa- 
tir plus- de 9KK>oo hommes affemblés en mafle & réfolus 
a mourit.Sîx'fâois dèguerre kl ont rendus fijrieufement^ 
redoutaUès. 



Angers , %i) octobft^ 

Combien oh doit être tirconfpcft dans PetQpIot d^ 
ofliciers-gé'néjpaux* & combien de près an y doit reear* 
der. Vetlle% , cajr^ je. vous préviens^ que jamais U chofe 
pirbî!que;h*a été niui en danger. 
. De la guerre de la Vendée on a fait ceUe i^ trois 
dépaitemeiH ; 6c dieu fait' quand elle fniira. Trois dé- 
faites ont »ndant tette femalne fait plus Ue gcofélitea 
à l'enneair^^e n«ius ne lui ayons tué de monde pen* 
dant in guerre. Amfi vous voyez où nous.e^ fammes.;.* 
J'ai été; blefie , je loufFre beaucoup & travaillé de mémfe , 
mais enfin j*irai tant que je pourrai, âc ne quitterai cet- 
tainement pas , la chofe publique efi trop en danger. 

SP E C T A C LES. 

Tkédin Jf la ripuhliqut» 

n exîfie , au feîn de la n^pubUque , une claflê tr6p nom* 
breote d'individus , qui , n'ayant pas affex de caraâère , 
te tenant trop à ta vie ûc à Tes jouiflî^nces peur fe pro- 
noncer comme ariftocrates , font peut-jtre. plus criminels 
& plus dangereux par le fyilêine d'inertie ^ de neutra- 
lité qu'ils emoraiTent. C ea mcffiturs ^ là plupart fort à leur 
aife ^ s'acquittent à rexlérieur de tous les devoirs civiques 
dont on ne peut s*cxc:npter impunément ,. c*«ft; à-dire , 
fans courir te r.fque , ou de ne point recevoir fesrentes ^ 
ou de pafler pour fufpeôes , âç comme tels de coucher 
piufieurs fctiïàinès , plufteurs mois peut-être aux Madt" 
hnmrei ( dit le c.roycn Dagazon dans fa pi^ce noxt- 
velie ). Ces meflîeurs , dans le fond de Tame 6c de tout 
leur cœur, déteftcnc la révolution , qui contrarie bien nu 
peu leurs' intérêts &L leurs plaisirs > 6c n'ont pas de plus ^ 
grandes jouiflances que quand , les portes bien fermées , 
Ce en ffréfence de ceux de leurs domefiiques dont ils font 
sârs , affis plafisars» autour d'une table ronde bien fervie, 
ils peuvent tout à loiflr , en favonrant le marasquin , ca« 
lomnier les h6/nnies ÔL les c)iofes du nouveau régime. H / 
eft à Paris ëc dans les grandes villes de France quantité 
d'endroits qu'on appellôir îadis konnts maifins » habitéea 
par ' des gens de cène efpece , qui gardent le mieux qu'ils 
peuvent ^'incognito ,. & îbot jout pour échapper à l'œil 
du comité de furveillance de leurs ferions. ^ 

Mais ils n'ont pu fe fouftraire à la fagacité dir citoyen 
Dugaxon. Cet artifte côimâble vipnt de le« produire fuiç 
le théâtre d» la République , 8c de les ex^ofer fans fitié 
comme fans fiel au grand jp^r de U fcène , peur que le 
public en'fafle jufiice ; dans une comédie en nn aâe & 
•nvers-, intitulée it MçditL On a >^vuyé btauconp if 



viritéf dv^s les propos que l'auteur place fur Jes lèvres 
de M. Modéramin, Ccft la copit ciaâe de bien des ori* 
gÎAaux 9 i^ttt ; c0Biine dit k peintre : 

Qui n*ont.de cito/en en un not que U c«rte» 

Cette pièce fourmille de vers auffi heureux que celui-ci. 

Le dénouement n*a pas paru fatisfaire ceux des fpec* 
tateurs qui , même fians les comédies du mosnent , veii* 
kot de la vr^iifemblance. Or il n'eft guère probable , que 
fe modéré , dont on vient arrêter chez lui les- c^vives en 
cnialité de gens fu(pe6b , pris par la peur , le èonvjrtiiTe 
uncérénoent , abjure de bonne fbt (on fnodérantifnie , et 
deirieime fur ie champ un exceiiehc citoyen. Et pourquoi 
l-ttuteur fait^l pliis dé grâce au Héros de la pièce qu'aux 
peribnn&gQS tubaUernes i Ce toit lui que* Jes ipeéVateurs 
vouloient voir punir de préférence aux autres y coinxne 
chef dé maifon et de 'famille , par conféquent plus cri- 
minel 9 en ce que fes^ fent.mens tnfiuenccnc beauconp de 
Qioadé. Il falloit en fa're un exemple. 
. Du xefte^ oa a beaucoup apo^laudi à ta vérité des por- 
t|-^its , et b^-tout au caraâère d'un bon patriote , qui fatt 
contrafte , et que joue fort bien Desrofieres. Il lui échappe 
des vess ^ureux et d'une orthodo;;ie civique , qui doit 
re^lp- ïu;* U perlbnne de Pauteur , entr'aucres ce trau : 
Le peuple cfi aniourdl'liui la bonne -compagoie. 

Il y^auffi'deux petits rôles trè^-comiques de la fou- 
bretie et du maître Jacques de la mail'on du Modéré^ ils 
font remplis d'uhe manière ,très piquante. 

Opéra National. 
. Le fMçc^bs médiocre de Fabius n*a point découragé les 
ârciA^s parriotes compofant l'opéra national , & MUùadu 
i Marathon y paroUs du cipyytn Guillard, mttfiqut du cltoyui 
Lcaaine • les en dédommage. Ce nouVel ouvrage bien 
plus chaud , bien mi<!vx écrit Se accommodé davantage 
aux circonftaaces , offre prefqua chaque fcène des^rap- 

Ïcochemens heureux avec notre fituation aâuelle; excepté 'e 
éros de la pièce auquel aous n'avons malheuieulement 
pas encore de personnages à comparer ' non plus qu'an 
(âge Âciftide.f to^t Le relie eil i'biitoire prefque mot pour 
mot de ublre réppblique naiffacte.. Comme' Athènes» : 

, - .Nj^uf iiYOJH contre nous les trois parts de U terre. . • , 
' La lâche tyraonie, . . , 

Contra un feul peuple , arme encore trente états. 

Acte 1. Scène L 

Maïs auffi, ccmnie Athènes , nous n'avons à repçuA 
fcf que des. efclave?. 

Si conune les athéniens k Marathon , nous venions à 
(uccomber ; ^ k nombre ûccMou U valeur -, (Âas douse « 



^'à l'exempte ie 'la première vtlfe dé h Grècér,'ram ' 
oe TaWrcît laifler à fe» eirnemis : 

Que des morts «ntaliés & d'immenfes débris. 

Acte II. Scène IIL 

Nous . remarquerons a la gloire de i'e^rit' publk' (]ttî 
règne à Paiis , que voilà un opéra fa«« ddtifes,, ' (ans 
hilleii, Euis amour y ians féerie, qui a parfaitement téttili, 
grâces aux talens des auteurs 6l des artîftes, éckiulféi 
par l'amour de la liberté ÔC de la patrie. De tO«M 
Jeft paffioni « c'efl celle qot nous toucbe ié plus eil ce 
momeat, -à > ^ 

Commune Je Parts. 

Pnmidi ii brumaire. Chaumette ayant été appelé eom- 
'me témoin ';9iupTès du tribunal révolutionnaire dans l'affaire 
des vingt-un députés ^ rer)ë compte de ce qui s^y efipafli^. 
Il rapporta comment » après h fentence prononcée , Yalaté 
tira un petit couteau dont.il le percale cœnr. A l'indai^t 
les vin^t autres fe levèrent , & crièi;enc i Amis ^fiCjnrtx^ 
nous. Ils jettèrent au peuple des adignats : mais cette i;uie 
qui nb prit pjs \ ne Ht que leur attirer un furcroit 4^ 
mépris ^d'indignation. Chaunaette demande . que » pour 
prévenîr^tout homicide & tout fuicide ,. U police taffis 
fouiller les prévenus avant que de le;^ conduire aux tri-. 
bùnaux. » 

Il annoncé enfuite que , dans le département de la Niè- 
vre , il n'y a plus ni prêtres,, ni nobles , ni riches , ni pau- 
Vi* es ; il démande q^ie des commiflFaites foient nommés 
pour avifer auxmoye:;s d'extirper la mendicité à JParis, & 

Se leur plan foit fournis, au confelL Ces propofitiens 
it adoptées. 

On lit l'éloge' de Chilîer par Dorfenil. Lé confeir* ar- 
rêts qu't( fera imrprtmé, difinbué à chacun de fes metii- 
bres , & envoyé aux 4S (eâions , & qu'une fête répu- 
blicaine fera célébrée en l'honneur de tous les mqirtyrsiU 
la liberté aiihffmés pour elle è Lyon , à Marieille , à 
TQoiork ,'&c. Il arrêts pareillentent qu'une dépuration fera 
envoyée 'à la convention , pour lui demander qu'à la 
place du (rê]e ftipulacre coiiiUint par Roland » une co- 
lonne s'élève à la place des Viftoires , & quon y ii^ 
crtve les noms des patriotes morts au ro août. 

On lit une lettre de Méhée , qui dit avoir vu fur ^ 
lâme d'un couteau .de fabrique anglaife » ees mots graves: 
fi \*0us nt vone nndtf^ arifiocratts ^ vous périreiJoAs, 

Duodt la. Un citoyen Te plaint qu'il règne encore des 
pivilèges dans les prifons. Les riches & les nobles y vi- 
véiot àêxa rabondatictf & la «nolleiTe » les ftas-culottes y 
font fur U paille. & privés de tout. Renvoyé i 1» poltct* 



\ Le confril mitp qu'il ne fera pôînc yebdtt' de facre 
a\ix cônfireurs pour faire leurs^fri^ndifes , & qu'ils ne pou»- 
ront en acheter que pour leur tii'age perfonael , en pe« 
tite quantijté , comme les autres cito/ens. 

Tridi xj. Lé confeii nomme des commiflaires pour de- 
SMiniler à la convention que le» Champs Eiifées deviennent 
■bien ciHDmonàl. 

Lr citoyan Bignon adopte ht file d'un foppRcré. La 
.0)enclQit civique ed ordonnée , &L le préiklent chargé d|5 
.fai'Mt (>acc k la convention de ce trait. 

(^xAii 14. La feâibn de Sonne* Nouvelle apporte te 
livre de U conftitution r|fêtu des (îgaatures de tousies pa- 
triotes qui la compofe'hc. Une jetme enfant , à qui Ton a 
doi^nérk non^e Reine fur les fonds de baptême r dvemande 
*à changer ce nom en celui de fioniie-Nouvellè. Lafeâibn • 
prélenie , y ajoute celui de Bonne- Nouvelle. 

• La le'élion de rObfervatoire annôm.e qu'elle célébrera la 

• fîle des martyrs de la liberté Chaliér^ Marat , Lepelleticr , 
B?au\'ais. 

La commune de BcllfevîUe offre à celle de Paris tous fcs 
fuifs , & ne demande en éthanga que le tiers du poids en 
chanuelles.- 

Lii feôîon de Mucius Sccvola demande que les cîtoyens 
puiilent s'approvisionner aux halles avant les marchands 
fraitiers & regratîets. Le confeil arrête ce principe. 

Les inuftciens de la garde nationale invitent le confeil à 
les appuyer auprès de Ta convention , à laquelle ils doivent 
demander que la mufique de la force armée de Paris foit 
nn établiflement national. Adopté. 

CONVENTION NATIONALE 

Vàôài II BrumMirt. Sur la dcmandlê de Bodot , la convention 
.natipnale rend le décret futvant. Le département, de la Gironde 
s'appellera déformais déparumeiu du Bec étAmlis^ 
, Gauthier propofe , Se )& convention décrète que ceux qui feront 

S revenus d'avojr pris part aux confpirattons qui ont éclaté dans 
ordeaux &Lyon, feront renvoyés aux , tribunaux révolutiotuiairef 
.,cu commiffions militaires établies dans ces deux villes pour le )uge- 
inent des coupables. 

'. Organe des comités des douanes , de légiflatlbn- & des finances» 
I,o#iclat faif j^opter , une nouvelle organifation des archives 
-|)8lio|iales. 

Les' dépôts nationaux feront réunis 6c formeront deux dépôts 
|c fe^^ior.s des archives n.ntiona!es fous les ordres & la furveil- 
h.r\ct immédiate rie l*archivifte de ta république. 

La première de ces fe^io»s contiendra \t% titres & regîfbes qvti 
concerneront la partie domaniale &. rcminiflrative ,*ce qui a r«p*. 
.iK>rt aux biens des religrotmaires fn^^tifs, & les titres cor.cernant 
. it^ (tomaines de la république qui étoîent dcns les gretFes des ci- 
devant bureaux de iir.anccs des ditférens ^épancrhens , fit le tout 
fert rmmii au dépôt du Loune, dont en défefitake 1# cst«>t^ 
,Cheycé. ' » ' ■ . 



/ < »97 ) 

La fe'^ofidlè fc£Uaa. coqttendra ce qtû peiM intifréfler.Ies lÀoim* 
mens hifto îques , la parrie juàkidire 6l cont^ntieuf« , H (er4 paN 
ticuIUreifient formée des dépots d« ^àintc-CroU dt la Bretonneric^ 
4e celui connu fous te nom de d^p'ot de la maifon du rai , i l'exv 
ception des titres conteuus dans )as;dëpatii ^ui oonccrneroient' la 
première feOion. • . . » 

Le minière de l'intéiieur fera prépai^er au LouWe dds .place- 
Ittens pdur lès deux ferlions dei archives nationales. 

Oui le rapport de fun comité de lé«4iÛation , la conTeotion à^ 
crête /quç <};iaAd ua individu f'écl»4ippèra de la maif«n. d'acre t oi\ 
(1 écoit renfermé', U geôlier o« tout autre garde prépofé i lé 
furveiller^ fera fur le clurtip tn:f en arreftation 6c luje. S*îl -cft 
convaincu d'a¥oir volontaircmeat hifié échapper Tinoividn prKaiH 
nier, il lui fera appliqué la me me peine qite la )tiftice.auroit pi;o- 
noncée contre le oécenu. S'il n'cd pas couvaincu d'avoir agi vclon* 
taircmcht , il feri'^nvoyë pour deux aivs à la police, correôioi]- 

Xridi i|« Ai»rès avoir entepdii fon coraiR^da furveillanct 8c Q>xa- 
men des marcnés', la convention nationale autorife l'admini(lr.ition 
de l'habilletneot dos troi^pes, à acheier autant que fuite fe pourra » 
direAement des fabriques & da^is les lieux les plus à portéâ des 
armées qui en ontde« b^îroins. ^ , 

Savoir: 
^^ Quatre cent mille aoi^s d4: dra|>«, quatre quarts, en. bleu. 
Deux çznts mille é\ii\s% du, ^n 'blanc» 
Cinquante mille au(»es dit, en écarlate* 

Dans U qualité de draps de Lodève.de Bercy» ou àpcu-prês. 
Plits, ùx ceuts mille aunes xiiiiot hlanc. 
t Cet hii'Ie aiuK's tricot bleu. 

^an: pouvoir dépauvr \c p:ix du maximum , fixé en rerta des 
lois, Se à la- charge do ruduâniAracion de retirer des vejndeurs , 

λour les re:n3itrf au comité, des i^cKantillons , à l'effet deco^ftater 
es quaUtés ^' couleurs. i 

fiirr<èrc, au nom dii c^^mité de faiut pablic , propofe de^donner 
le commai) dément en chef de r.nnée de» Pyiénécs-Qrientiiles à 
Doppet , celui de l'armes d'irr.lio «i Dugoumier , celui de r.irmée 
des Alpes Jiu général Carcea.i. Cette propofiti on etl di^crétée. 

l.es frères Jâan, de LyoA, chefs d'une fonderie de canons, ont 
• çntctré cour pièces de canons de bronze, pour empêcher de fer- 
Vîf iux rebelles. La convciitioa., far ie rapport de Barrère , décrète. 
qu<5 les citoyens frères Jean ont bien mérité de la patrie. Le 
mmiare de la guerre cil chariii de L'S placer àlatcto d'une manu- 
fa^ure ou fonwie nationn*e ce canons. Sur la motion de Romme, 
ce beau trait fera infûrc.dans U lifte des belles actions. 

Sjr la propofition du m«^me rapporteur , ie décret fuivant eft 
rendu. 

Art. I*^. Il eft défendu > fous peine de mort » i tous généraux, 
ofTuicrs , fous^ofticiers 8c foldats, de recevoir des diferteurs, après 
le coup de la retraite. 

U. Tout trompette qui fe préfeotera , oe pourra pas , fous peîne . 
de mort , .paifcr les avaiits-poftçs , lans un ordre exprès & par 
écrit du général ,* commandant la divifion, auquel le trompette eft 
•drcrté. 

Quunidi 14. La convention nationale, après avoir entendu. fon 
comité de la guerre , décrète le rétablilTemcnt de l'école des uom- 
pettes qui exiUoit à Paris. '^ 

Sur le rappor: du même comité, il eft décrété que Tindemnité 
de 500 Jiv. accordée à un officier qui perd fon cheval dans une attaque , 
fera portée à Soo liv. 

Sur le rapport de fon domité Âes finances , la convention décrète 
fue tout l'a^if iiffc^é à ^^lqtt« àttt que ce foit, «ux fabriti^ies. 



Hi9^') ' ... 

^tt régWfts cnïiïéATz\c$\ parôiflialc^ êc fucciirfôtès , ainfî qu'à l'ac-, 
Hidit des fond.-'Hons, fait*pn«ic des propriétés lultionnles. ^ 

Oui le rapport àw comité ëe la guerre , la convention naéionals, 
^ci-ètc : • ■ ■ ^ " 

>■ Art. 1. Des rompu spijc»<hes itiineurs réanits au génie miritaire^ Ccrci^t 
défcMmais employées clans les places. ^ aux srmccs à t^us les tr.!* 
vaux dos miives. suxt. fnpr* & aiutef con({ra^on« qui feront exé- 
criées fous la aire£^k>n de -le eommandement immédiat dcsofiiciers 
. du gcnie. ' - • 

. 11. Ces conpagntes feront portées aa grand complet de zoq 
kb.amcs chacuoa y compris les oi^.cicrs. 

111. Les oflîcicrç des mineurs prendront rang dans le géni? mî- 
Utaîre fuivant leur ^radc ti ancienneté de forvice \ ils refteroi.t au 
.iiii>ifis attachas aux coinpa finies. de mineurs jufqa'à leur promotîoa 
anx erades fupérieurs. 

• Iv.. L'école des. mineurs fen réunie & celle du ^énic^ militaue^ 
& fijtëe à Mézièrcs. . * 

V, 1 e éip&t cour le recrutement des mincirrs , fera établi d^tij» 
k Iie« de l'étawiftemer.t de l'école. ^ ' 

VI. La convention nationale chr.rge' fon comité delégîflatîon 'îe 
déterminer y dans le plus coitti délai le mode S<. les degrés de 
rcxsmcn qui feront exigeas des. mineurs, po»r palier aux dificie.iS 
grades. • ' • ^ 

Ouintidi 15. Sur la motion de Lecotntre, îa convention déc-c:e 
yi'îl fera formé un étabJi»Jemcnt foiiT recevoir '.es enfans m.i 
(«ront privés de Icyrs parens par la jui^ice nationale. 
. Sur fa motion de Charlitr , la convcntiorv ddcrèteTciwoi à tôu« 
les de p^-^rtc mens du rapport de Fabre-d'£^t»ntincs , fur le nouve-'tu , 
calcnclïlcr. 

Sur le rapport «le fon comité de liquidation > la convenûon dv^- 

crête qu'il icra payera titre 4< gratification , une penfien anrue.Ie 

de 3J0O liv. au citoyen DtKhefne » qui a expcfé .fept fois fa ^:e 

' pour fauver 29 hommes d*ttn équipage brifé contre les rochers 

près Cherbourg. 

Scxtiéi 16. À'ur la propoiitton de Thixriot «- le décret fuivant eil 
tei^du. 

lues' adminiflrations de département demeurent autortfées à pm- 

. ïionccr , fans recours à la convention Tt*tiona!e, d'après Tavis r>» 

admiaidrstiorvs de diftrift, fur îcs fuppreflîons , rénnrons ÔC circoi;..'- 

criptions de paroiÛCes ; il eil dérogé à cet égurd à toute loi co.i- 

tratrOb 

Au nom des comité de' la guerre âc des domaines» Cochon &ât 
fdopter le décret fuivant ; 

Art. I. A compter du iour de la puMica6on du préfent. décret 
tous les baux des biens nationaiiz pi^duKant du froment ^ da 
métcil, du feigle, de l'avoine, du foin de ta paille ou des'légit- 
mes â r\o\\Âe , ne feront renouvelles qu'avec la claafe de payer en 
ii^ttiro'dc denrée», 

ïl. Si le bien cîonnc en outré d'autres produits, comme vin. haiî» , 
boJuon, Àc. , le paicm?nt fera ftipulé , partie en deniers & partie 
en .lenrJes , tlo;^t la déd^iiation eft dans Trrticle prcmirr. 

411. Les pfccédens arùclvs font appUcnhles aux fermiers dont le 
prix du bail auroit été avant h préfente loi » llipulé payable ert 
fie ni ers. 

IV. Pour l'exécution, tout fermier de biens nationaux , fera, 
dans le dclai de dix jours, après la public^tioi. duprcfent d^^ret, 
fa déclaration du bien qu'il cultive, ao d'iftrift dans l'étendue duquel 
fe ttoMveiit les biens. 

V. tn cas do non déclaration, ou de déclsration ' frav.dalcufe ,. 
^ tL. fera fait connicr.iiçn du produit ds ces rcrrcs. , 

VL Toutes lo»deiuFées;Uvsée5»dani les inagafiAs nationaux» e« 



, ( f99 >. / • 

Ttrtu du 'prérent décret feront à la dlfjpofikion. du mmlâce de 'la 
fuenpe y qui. rendra cQmfTte de leitr emploi à la convention natio- 
nale. !>uive«}t granci iiombre d'arcidos de (lc;aii. 

Sut le rapport de GoUui^ , la convention dcurète <]ue le ct>rps^ . 
de neuveile levëe, exUtant afhieUemem à Keaux, lous' le njm 
de légion tiatftve , eft fiipprimé. 
Sia le rapport d^ ni^e membre , le décret fuivant eft reçdu.. 
Âxt, U Û 4'era étabii hitît brigades de geiidan:>e(Ie nationale, 
dans le département du Mont>Terrible , y coaipris celles è)ur« 
ontes. » ' ^ . { 

il. £jK mioifire de la pierrd veillera à J|iir organifatîon j i\x\ry 
vxnt les règles prefcrites ; il en ordomjA/proviloire.-ncnt le ^p!<è*. 
cernent. .^dJT^* 

lli. Les 'officiers 8c brigadiers iàÉj^^eVdal-tt^erre nationale ,.noii.> 
crnlerant nobles , nommés par lo'tireuoh'C de ce département, juT*, 
tireront rui-le<<€hamp , au miniilire , en ce cas leurs liomînatiops 
fortiront «ffei. • * ' . -. » 

&ns la proportion des habiians de la commune de Mennecy » dé- 
partement de Seine & Oife ,- tendant à abolir l'établitiement d'i^p 
paroiiTe dans TarrondiKement de Icar commune , la convei>tion np<^ 
tionale paAe.i l'ordjre du 'jottr , motive lur It droit qu'ont tous le9> 
citoycos d'adopter te culte qui leur cor.vient , 5c de repouiler \t:$\ 
iafiitutions relîi^ipufes qui leur dipiaifent. 

Sur la motion dNin de t'es membres, la convention décrète qu'o» 
ne fera point obli-^c d'ôtec Itïs lignes de royauté qui peuvent f<e. 
trouver u\r les poids Ik meiurcs delà république» attendu l^ur 
renouvjelleoieat prochain, . /" . 

PâAs kl réauce-du foM-î<La)oi a été nommé rré&den ; les rou-t. 
veaux, fecréuines font Phé*i -/p«. aux /l- racine ôl Merlin ( de TUon*. 
ville ). 

Seftiii 17.' Sut la ^ooofition . de David, la convention nationales 
décrète que la vièloiro mi peuple fur {^% ennemis fera reprélentéc, 
par un monument coioiTal qui lera élevé fur le Pont-Nsuf. Les dé- 
Jirts des iUt«es des rois fcrviront de piédcftal au peuple française 
qui le& foulera wi% pieds. 

Sur U prdp<^cion de Bourdon ( de Loife } la convention natio- 
Dr.ie ordoiuie que la tréforcrie uaticr.ale tiendra » à la difp.ofitipn 
du fninîAre de ta mtrit>e \ les femmes néceSaires pour U conflruc- 
tjûA d?& £oumeafue à réverbères, dans toutes les btttexies placéef . 
fur les côtes «du territoire de la république. 

Les iTif mbres dei auterités coni^ituéès du département & de Ui 
commune de Paris, accompagnent à la barre, l'évêi^ue -Gobet^^i 
fes yiciires âc plufieurs cures de Paris^ Gobcf , après un dif- 
cDu.s qui a excité les plus vifs applaudifTcmens , oépofe fur le 
bureau fes leurç^ de^ïretriî*. <So» v4e«tç» , -èe -cutTé du Wr^rrarâ^ 
&:* pluùcuis prêtres, mbmbrei de la conventioji , s'cmpreflent de 
futvr; fon ex*împ<c; ^ for la motion de Fâbte d'Eglantine , il eft 
décrété que le procès-verbal de cette féance fera impiimé ayec tous 
les difçours qu'on y a prononcés. , . 

Octodl iS. Un fectétaire fait l'e£hirc d'une lettre qui inftruk- 
ralûmbtée que Lidon ex-député, mis hors de la loi, s'eft défait 
lui-méae, eh fe tirvt un coup de piftolct, 

La convention discrète que l'indemnité de 3 liv. par jour, accor- 
dée aux membres des comités révolutionnaires d«s ferlions de 
Paris , fera portée à 5 liv. depui$.leur entrée en (onélion. 

La convention accueille un'étranger qui , fervarA fur les vaifleaux 
de la république . a tout perdu dans un naufrage. Die lui accorde 
' un fccours provifoire de'xoo liv,, & autant à chacun de fes en- 
fsns, & 6 iWiS par lieue pour fe rendre à leur deftination. 

Sur U demande de Chénier, il eft décrété <€n [>tin(ipf qu'il j 
aura on inlUtut natioiul de muiiqae k Paris. ' 



An nom du comité <3e Ugiflation, Merlb ( de Douay )faît rendra 
le décret fuivant» 

An. 1*». Provifoîi'emcnt êc j'.fqn'à ce qu*il en iok autrcmeKC 
ordonné, les notaires confervés dans Icars fonâioDs par l'acticte 
IV, de lApreiDÎcfefe^ion dû titre premier de la loi da i^ leprem* 
bre 1791 y pourront, comme ceux qui ont pu ctre inÀitués en 
vertu «e la deuxième fc^ion du mâroc titre, Ie$ exercer dans tome 
l'ëtendue du département on leur réûdeiicc.cd (ikée^ 

ill jLesaé^s que lesngtairci aurotë tt reçu ou rcccvroîént hors. des 
limites ^e leur départehicnt , flai^ l'tteiuiue duquel leur réfideacé 
câ 6xée, ne pourront pas être annuUés .pour cauie df incompétence 
de cet omcters. 

lU. Majs tout notaire qui , i l'avenir , recevra «m afte hors de 
fon département» fera puni , pour la première fois,, d'une amende 
de 1000 livres, 6c en cas de récidive, fera . deftitud. 

IV. Les peines portées par l'article précédent ,feroot pcononcéet- 
ptr le tribunal de diftrii^ dans l'dteniiùe duquel le notaire aura 
reçu -incompétemmcnt un a£le. 

' y. £n czs de faux de la part du notaire, dans la date de Taéte, 
t\ fera pourfuivi dans les formes picfciites par les titres U & XII 
^e la deuxième partie de la ^oi du 16 feptembrc 1791 » fur les 
jurés. . 

Nonoii \^. La convention nationale invite tous les bons d* 
toyeos à faire des offrande^ à la patrie , en chemifes , .bas, foi»- 
liers ,' pour être didribués aux -braves défenfcùrs qui compofent 
nos armées: cille décrète' qu'il fera ouveit, dans chaque comité 
révolutionnaire , ou dai)f chaque^ municipalité où il n'y auroît 
point de comité , uh rcgiAre pour y .inscrire Us offrandes 6c leS' 
noms de ceux qui les font, x 

Oïl fait leôure de div&rfcs lettres ; elles font «dreffées à la con- 
vention par des prêtres oui lui font hommage de leurs lettres de* 
prêtrife , 8c renoncent à leurs traitcmens ou à leurs penfions. 

5ur tff moûon d'un de fes membres , la convention décrète qne 
tbutcfs lettres, adr elles , pétitions ou céclarations » peur renoncer 
i tout cara^ière facerdotal , & à toutes foodioas^ qui pourroieiit 
y être relatives, feront depofées en original au comité d'indruc- 
tion publioue , qui f0 chargé d'avifer aux mefures i prendre 

{)oùr' les taire fervir , (oit à Tbidoire de la révolution , foit à 
^inftruâion publique. • 

^Dubarran , rapporteur du comité de fureté cénérale.f pre^ofe 
un décret d'accufation contre Odelin , qui a Uvorifé réUrgiJTe- 
aent de la femme Charry» émigréc^y enie rèndimtfa caution. 



Fauu i corriger daru le numéro 2 tj. 

Mitry : l{ 

Pruphomme. 



Fage 137 , ligne I5, Au lUudê Maire de Mitry : llfe{ Maire dé 
Fsocy-fur^'Marné. 



*V 



AB\ d« la ConyeiitîoA NaticHuIa 

RÉVOLUTIONS 

DE PARI S^ 

PÉmÉSS A LA NATIONv 

Ah SZCOVD DE LA RÉPUBLIQUE 
UNE ET INDIVISIBLE. 

DIX. SEPTIÈME TRIMESTRl. 

kvéc {TftviirM et etain déê dUperteneBi; 



L«f gnnds aCBoos paroiffaot grandi 
•.•••••• Ltvonc-skpus «•••;& 




X)a triiVsi} hmmwt^ su Steadt 30 , an datxièm di ià 
répuhHqfufiémçfiifi unt <• ukUvifihU. 

I i m il ii i I II . M l ' — liww^ii j * ■ > . 11 *■■——»■>— 

5i<f/c iie l'srtlck fuf lu fans-culoua 

* Jl OUE le former une liéi yériuble ié U force in 
iafu-3tttottes & de leur iflftOè&ce toute {MiAnTe^fur U 
tétollition » il' fuffiç ;4e ft fi^lër I'«iiy{pre8«iiiefit fiç 
tout ce qui -n'ell pas Clo^câl6tte de frincîpts K de corar 
^* mîs pour avoir au moint IW d'en 6cre. ;* &'1qiu(z jij^ 
4acoce ii*attit point la fipitUi((ue FfafSçtife poiir 'borné. 
Il finit 4ae co nom iiiffe It t<nir'dtt «onde ; U faut fA 
ce nom ,1ef trônes i*iliraolebt '& tombent ' * . - 

Si le Chrift, doQt bientôt on ne pariera pins dn tous 
parce qu'on en a trop parlé t «TOÎt été nn ynû figM- 
N^ ax5. Tom 17. A 



culotte , coinm^ I*éi^e J^auchet '(^foiea ie le pFoa^ 
Ter en chairetau m|is «Qtjuillet iji^^'t eût pu aflfraa- 
chir fet contpatriotes de rariitocratîe ces léTÎtes au Sei«> 
gneur &r du defpotirme des romaine. Ce ifétoit cn'un fa- 
natique: trrt'.fcoh fatis tuldttfc ti^l'étf pai; nrtti ileYftnth^u- 

^us |randl eâbrt} SLÛes fa«n^€^ l^sjAus éém^\\s,fjf^ 
ambition ^ malheur aux intngans qui lui luccldent datis un 
pofie de confiance. Sa probité en affiiire^eâ b fatyre des 
adminiftratiôûs À le freii( del Mminiitetcvrl c[ui fe ref- 
peâent. 

Q" rkiNeilrs; qifa >efcKn fc ranà-:Voifte- 4ç[s1fn<lhir; 
il n'a point d'état » de reprél'entation à foUtenir ; fa fortune 
eft uiie iiortbréufe fam'iUè ( i } i il ne câniidit feint de 
luxe, de hût , il vit de peu, ii.ne cherche ppint a briller 
par des detfofi înl{)6(^ns ;' le {5lùs fouveftt ., It eft au jour 
Jaipiapée. La patrie eA fa proYidence ^ i tfu» évi^ement 
ir Te 'jette dans fes bras, l'iavenir'nè tinqùlette pas pour 
lui ti\ pour fes enfaps. Coi^me 4e fans * culotte fudami- 
das , s*il meurt pauvre , il léguera Tentretien de fa femme 
à un ami , ta dot de fa fiUe à tin au t re ^ & le tréfor public 
payera fes 'funérailles. 

Attffi , qui pins qu'ttif fam-^culotte cfi défintéreiTé i il 
a*a rien à lui, ifs* fompt' le fèUt' AïO^c^iU de pain qui 
lui refie avec le patriote » TÎSiiîs îrbefoin, qu'il rencontre, 
ou même avec celui dcRr'it"Miroit à fe plaindre. La 
mifère efl toujours thofe fàcféë i fes ytvx , oc l'humanité 
cft le premier de fes devoirs ^ toutes fols apris la juffice. 

Il porte le feritimènt M finToUr de la juflice à un 
point qui défolent les modérés , |es indécis , les« tempo^ 
rifeurs , tous ceux qui compofent avec Iti principes, 
^e vrai fan£i»:ulotte aime à faucher dans le vif , aàt« 
i) compromettre fes intérêts, pourvu qu^ileb réfulte le 
bien publit; aùffi pas un fiihk*culotce ne devient ou ne 
fe «•fifeff ve riche. Ricke 4» f^ms-eutoM l C!es dewi «xpref- 
£ons ne vont jamais enfefnble , & en ouue il eft trop 
délicat poiir Voiifoir d*ûné âifahcè âcquire (ans peine » & 
q^u*!! n'auroit pas commune avec fes frères. It eft aftif , 

. (i) N^iis feroM à ce. fu)et 119e «èmiirqiM »(liez fingiiUèr« , rclâ- 
ûiit à Ftmgrtfnt forci. Jadis. les.oobjes & lés ri€hes ^îfçieiu ptu 
-tl'èhfaAs , Za réj^ardoient comme au-deffoù» de leur digntté de fé- 
-*6ndef letits ra<lnigé$. Cltolt "^n pour fa rotule. L'empruAt 
forcé a ûiit ua atraelej Ha nfp^^ lès noMes ^ les' riches aibi 
^tmimcM dé. la Mme-t;cVift i (|ui, maîntcoantupou^a-prour^ 
:U plus d'snfaBs» alm jdf contnbuet Umoias poi&We. ,. 



«A. k flifur (i^s verras partipiti^4« & de« feittoiiw^féfié^ 
reuz. La répûbliqu^t n^ peut rijen tirer pour.elU djs (tii^ 
de Tes enfans qui fout tout pour eux ; aum k faiis-cu)one 
n'entendrai pas' tiufon quand il trouve fur fon chemin,' 
d« ces honm^esetEigraiil^'dç U «lii^re publiqi|e ^ ie^^cd 
épotigcs ' chai^Àirs dç la fueur ou da fang da paiple* H 
rc^<tfa9tie^f»nt droit de propriété; il moufroît de -faîfli 
pliuort que- d'cakvec ppr lâi ftcce .k; fubfiftanca dhm» 
£ini'die honnête & près du befoin ^ mais il eft fans qiiafliqr 
pour ces fortunés . rapides 8c infolbqtfs , bu^ragrde Pin- 
trigue & de Tavidiré. Alors, 3 fontre comme dans foa 
bien, & rirablu réqjailibwv fans lequel point d'igdki'V 
«par cônféquent point de répuisAique. . \ 

Cette conduite iouitable te ferme a été caWmniée , 4| 
on de voit s'y attenarè. Il a été dit, il a m|mf été imcr 
primé.dans de^ îournau a vendus à l'arîftocratie opulente^ 
que iea fanfr-culoites étolent lés forèans de k ^iété civile * 
qu*ils ne vivoient & ^e prctendoient vivre que de pillago. 
.La vérité eft qutls ne peuvent 6c ne veulent pomt vivre 
d'abus^ dL pu;fquMs font la révolution , il était de leur 
devoir autant que de* leur intérêt de porter ('«il do k 
réforme pat-ro\it , & jufqu'aux repUs'les plus cachés du 
'Cœur des mauvais riches <£ de ces tartuffes aiisbitieuic 
qui ont mis la France à deux pas du précipice. Le vrai 
—peuple, le bon peuple n'entend pas piller le fucre, le 
javon , 6(c. comme, on n'a pas craint de l'écrire ; -mais il 
doit lui être permis fans doute de fe faire rendre juAsee^ 
cniand, réduit à la dernière extrémité & mantiuant des 
eaofes.de première néceifité^il fe voit périr de Woin ^ 
milieu des accapareur» habiles à éluder les loix, ou à fes 
« enfreindi'e avec impunité. Nous voudrions voir Uy ^i^ 
teurs , les fpécuUteura » à la place du fans-culotte , vke 
de famille 8c fans reffource pour la nourrir « ayant a ifa 
porte des magafins qui regorgent de denrées avariées |!iQte 
de circjulïiéofi. . * 

L'amour dn travail &.de la frugalité niftifie » de relte 
. ks (ans'C^otces. calomniés ; la part ou ils presmeat au 
' affaires de leur pays » les rend . fourds aux aifaaccs il 
h vie q l'ils poturr oient fe procurer comme tout auffe; 
lu tu font ni moins aâifs, ni moins intelligetta ; i^k^il 
foot moins égotftes. Depuis U commeiicement de la;/évo« 
lutioiw» û*a-t-on pas vu un oraod nombre de fan5-'nikii)e» 
demeurer à l'aifemblée de Teurs feâions .fuiqu'k minok 
e cqntentaiit d'un morceau de paiik qu'il» mettent dân 
tur poche» tandis q^e mos bourgeois, au coup de neu 

A 



heures, ftytot le fiége an miliea des dîfcuffioftt lesplns 
lnnpertuîtti & fe hâtent de rentrer chez* eux p<Àiff M point 
^eipofer à tnanger lenr fonper ù<àA, Le lendemâîii » cet 
l>onr(e#ii qnî ont foccMé aux chanoines qne B^lean a 
j^M d*nn trait, en Itur faifant dire: 

Un dlnt r rëcliauffl^ ne valut îimaîs rien, LirruH, 

Ges bourgeois fe plaignent de ce cpie peiidaBt. lenr 
afeience , les (ans<uiottes prennent des arrêtés a ii a f ^yrls 
tk n*Auroient point ronfentî &qui les. lèrent. Et piMir* 
quoi TOtts en allearTOus } Pourquoi quittes- vous votre 
pofte} 

Si , fout à l'heure , la ri publiqae va être entièrement 
idttniUàt de prêtres 8c de nohies ^ à qui en auni-t*on 
^obligation l aux déterminations. vigoureufes prifes par les 
fans-culottes » dans les dernières heures des aflemblécs 
générales de feâions. L*arbfe de la liberté en feretc encore 
4évoré ^nfqn'an tuf , fi on t'en fût rappotté ans riches 
snodérés , aux fots opulens « aux bourgeois (fut n'oitt 

1*amats vu pins loin que le clocher de knrs paroifleS. 
^'extirpation du chancre facerdotal cft due i cette claffe 

ide citoyens qui paflbit pour avoir le moins de loibières 
4t le pins de préjugés. On a dit & répété long - tetns 

jque les pratiques reiigtenfes « les offices de l'éf^life ^ l'idée 
cttachée au dieu des orétres, fervoient de conl'olation ai 

.4e fpeâacle au peuple dans fa miière. Les fans-calottes 

'prouvent eh ce moment ^ju'il leur faut d'autres ^eâacles ; 

•leur fens droit » Ja judeiTe de leur jugement leur a fait 
faire en quelques jours ce que les- phiTofophes n'ont pu 

.réformer en piufieurs fiècles. Il femble que fa liberté foit 
im fens nouveau , qui plus fubtti encore que ceux connus 

f înfqu'à préfent , donne aux citoyens qui en font doués , la 
Acuité de difcerner le vrai du Eaux, l'utile de ce qui ne 
Pefipas. Les fans- culottes , fur la fnperfiition dëfquels le^ 

' dcTpotifme .abbatu comptoit encore pour fe redrefler » 
à. l'aide des prêtres « ont fait un pas de géant; & fans 
dilates théelogiques » fans efFufion de fang , ils ont paffé 
•n un clin d'oeil de la plus ftupîde des croyances au culte 
le plus fublime , celui de la r^fon. . 

Dana les églifes âc dans les châteaux , les prêtres & ks 
rm% avoient taffemblê , entaffé , accumulé ce que l'art a de 
pins riche & de plus brillant ^ pour fafciner les yeux du 
peufde finpé&it ; ifs le regardoient comme un enfant qu'on 
«mine avec des imites , des tours de gobelets & de gibe- 

, cière , des marionettes & des ombres chinoifes ; & depuis 
des milliers d'antiées cefyfiémede corruption avoitmer- 
9«illtttfeoieat rénffi \ tt«a un xxûrade plus gr«nd que tous 



3 



C€ux.jdes [Vôtres ^ c*dl <{n*en 4cux ou trots ans, le peuple 
Artis-cnloné méconnoiffable aax yeux des charlatans & des 
defpotes, s'avife dç faire maio-baflie far tous ces trélbrs 
ée Vïrt & de la fiiperflhîbA , 8^ ^o^^ aux pieds tous les 
chcf-d'œuvres devant lefquels jadis il fe jettoit a genoux. 

Le fans-culotte , fans ûéi & ia:is colère , dépouille gaîe- 
tncnt l'autel & le trô'nç , plaîOnte avec les 6bjets qu'il 
tocenfoît encore la veillé / crie vive 'la raîfon dans ces 
inémes carefonrs / fous ces mêmes vôutes oii on Fentenr 
doir quëlqies niois aupar;rvant chanter religteufemeiit de 
plaftes hymnes, & de^ cantiques abfurdes : & cela dans 
on moment oii la pén'Jrie d*eau dans le fit dès riv^ètes 
le- prive de f« com-ftiblcs les'plus in<Hfpenfablef . Dans 
"d'autres rems , il eftr Si ren* frappant fa poitrine , c'eft dieu 

ui nous punit. AujosJrçl'hui , il fe foumet aux variation» 

eTatmofphèré; Éc/ne Voit' qu'une calamité phyfique 
•tfoittîl attend la fin âvecMfignatiôn ; mais en attendant, 
ibn%\^t cfentre* \fi îon^ctirs ne; fe 'ralentit point, ti nçe 
'demande pas un tniradeà ta bonne Saîhte- Geneviève^ 
*ina!s*bien un fecdurs péctinîaire pour terminer la févolutîoti. 
'Qu'on flous dife <»ff «jnel tèms les hommes fages de prb-^ 
fbflîbn , ont montre p^os de pfa'.lofophte que le peuple 
des faiiy culottes', qi'on ffc plaifvit à comparer \ Vinm . 
'ftapîde qui, totis les matins, apporte des légumes au 
'marché; .... 

' Ifs prêtres avorfnt' conçu" dans leur cœur ffuclqu'cf- 

Soh- , tfajVrès le fai^îitlfîné armé de ta Vendée. Ils s*atten* 
oient à une pcff^^cuticyn en 'régie qui les auroit rendu 

* imércflTans. Point du "totit ; les fans-culottes n'ont point 
lev8 la main far- leurs perfonnes ; ils fe font cot^tenté 

'île faire deTcendre de l'autel celui qui s^obiKnoit à y 

tefler; & tranquîHemenr fans craintlre la foudre, ik ont 

~ entre dans h fanéèunire , pour| y chercher des tréfocs 

^ trop long- rems inutiles; & tes campagnes ont fait cfaoms 

' avec les villes. Quelques femn\es ont gémi i la Tife de 

la défolarion ,^ de Tabomination dans le lien faint , 

' '& font ce bruit s'efl borné là. Dans quelques vUlages 

^* ntte- habitude de plnfieurs ftècles parott rude à abandon- 

' ner en quelques jours ; mais on s*y fera , fur-tout quand 

on aura «pu comparer les hsureqx effets du culte umpie 

• dt touchant de la raifon & de la fraternité avec les 
momeries de Timpodure 8c de l'ignorance. Q^ant au 

' neuple de Paris , grâces aux fans-culottes qui régénèrent 

- cette grande mâiffe , depuis nri mois/ il s'eft bied lavé 
des reproches de cagotilme & de badauderie , dont il 

- avott la réputation depuis lès vêpres de la Saint-Baithe* 
lethi , leé cOotulHons de Paris ^ aa cimetière de Saist* 



r 



,. . ■ . . *«>*» . ■ ■ .. . 

Cette bclfcf & fablfe réifioIiuîiQFD dans left idées iPerig^ettf«5j( 
% fa fourcer dani te femiitteoc ^ fa dignité, dont U peûplç 
<ans-culott« eft pénétié ëepin» ^'U a déclaré les droits <le 
l*hottvfifie. Le pevfle iâits^culotte sliooorera maintenant, i|f 
lés propres yeux , & forcera dans peu tovte l'Europe ^ 
Yb^otcf de même. Ceft ce qui lui a h\t rei^tter Tinju- 
lîem; cautionnement pécuntaire exig& en piiemenc pou< 
<;ertaîne$ places. Car ^ comme Ta dit Léonard Bourdon p 
au nom des bnscolotte^ , c'eft de fa tête qu*tl faut ri- 
pQodr^ du polie <|a'oft «ccape » & déjà ^expérience proavp 
que le pautionnem^t pll^cuniaire eft une mefiire de l'an- 
cien régime. 

Les femmes qqî ont toutes de la propedfion pour b 
nouveauté & le duagement, n'ont pourtant pas éti Ic^ 

)>remi^rei.a. ^ppl^u.dir ^ ces mœurs un peu rudes, tc 
jiverei des fans-cûlottes. Elles ont craint d'y perdre. JLf 
'6iit efi que les citôy$tnnes eflimables y ont gaené » Icp- 
bons ménages fe trouvent parmi les fans*cuU>ttes. Les fapv 
culottes a^ènt leur compagne arec plus d'énergie & de 
^conftanc^i^; iU n'abandonnent point leur coeur au caprice 
voUge ; ils mettent au . rang de leur devoir les égar4s 
& les bons trakcmens envers un fexe intéréflant & fr^* 
gile ; n^iU ils ne font pas galans Ac perfiffleuxs coi|ime 
on rétoijt avant la révolution ; il en réfulcera moins de 
bdeur> ^ans les fentimens » . la fécondité & le bonbeur fe 
trouveront dans la plupart des unions , ob jadis une* 
froide poHtefie tenoit* lieu d'un véritable attachement. ; 
If j(\é faut pas confondre les fanS'OïkiUs de la république 
., Fran^aife .avec \e$fansfouUtrs d'Angleterre, & Us fftttfx 
de Hollande, qui n'ont eu qu'un tems comme nousl^- 
] vons (iéja . dit : dans le^ trouoles politiques ^ Us faâtons 
! ic . défignent ^ fe diflinguent les unes des autres , afin de 
mieux (e reçonnoître , le de faire corps. Les formes ou la 
[ couleur des véc^mens entretiennent l'eforit de parti, fur-to,ut 
^ |iarn)i Tes nattons turl^ulentes & mal^aUifes , qui ont bef^ia 
r fi uo ligné faâice de rallicmexÂt pour fe confcrver & nt 
, point fe défuriir. . -.,.'" 

Vi en eA bien autretpent des fans-cukuis de France. 
" Ici , l'cQ la partie faiae (du peuple qui a'a point de {Impies 
. présentions à faire valoir» mais de faiats droits, à récla- 
mer & à fouten'ir. («es fans • culottes n'ont point de 
chef à. leur tête. Ils s'en donnent bien de garde, 
8c n'en ont pas befoln. Ce ne font, pas des ieâaires qui 
Teuient faire loi & bande à part, .ou fe ûngularifer. Ce 
quW entend par {an»-cttIottes » eu ci dcfâki aaalyie le 



yeii;{fle MJbrt ^ c\â a.contfiiis fesaroSi» , qui f\*eft^a$ d1iii<> 
tn^ixt & Veii defaîér^ & qui t6c 6u miF 'dôît én^atiièl 
4iansfa maiTe itous ceu)t qui , en ce montetrt eitcore , ftm- 
blent vouloir le Jti'écoAnbStrc. En un tnot^ toirt ce qift 
ti'eft p^ j'an*>çu oné «H illégal, pro.vifoire &* momen- 
tanné. £n6n ^ qui dit fani?^ culotte, dit uti réptibUcain nî 
au^deiTus des évéi\e<néns & des Jbefoms , qui n'a qu'une 
.paffion t i'amoiir de Fordre & de l'égalité , de. l'indéper^ 
dance Ac de la fraternité. Toutes les faéèions , t^us 1^ 
partis , routes les fcâes pafl'eroht : le j^cuph fans-cirfottè 
durera autant qtte la nature dont il fvLit les IcHx , autant 

S[ae la. raifon à Uauelle feulé il rend unctilté, antairt qu'à 
a liberté , pour laquelle il cpiabattra éters'î^lemeQl!. ' 
( Au numéro ^ prochain , Torigine des ariftocrates j d«s 
tcyaliflcs , égbïftes ,^ &c. ) 

Ptpees^vtrbaldt <ê qui eft artivi aux Cmyennu répulU' 
CédrUS'Rivolaùonnainr^éuHm ordinaire dt leurs fèanccs^ 
fffiis Us charniers Sain$ Euftach , te fepiiènie jour de kt 
première décade du fécond mois de Van i dt ix Répuhll^ 
une & indii^ifibU. 

Lafociété ayant é^é invitée par la feâlon delà Réunion 
jd'affifter en tnaffe à l'inauguration des deux niartyrs de 
la liberté , s*e(I réunie fur les onze heures avec les attrt* 
buts qui confiftoient en un oeil de vigilance, un dra- 

ean &. quatre piques. En attendant l'arrivée des mêm- 
es , une citoyenne a rendu compta à celles qui Te 
trouvoient dans la faite , des moyens qu'employaient 
nos ennemis pour aiFamer les patriot^. Elle à fait part 
de ce qu'on venoit de trouver dans les égoAts de Mont- 
martre & du Temple* , une grande quantité de pains. 
Une citoyenne des tribunes s'eft écriée qu'elle ne le croi«' 
roit que quand elle l'auroit vu. Plufieurs perfonnes at« 
levèrent la véracité du tait. P'autres Jfe font écriées à bas 

le bonnet rouge , à bas les jfacobines , à bas les Jacobines , 
à bas les Jacobioes le la cocarde. Ce font pus ces fcélé- 
rats oui ont fait le fvalheur de la France. Le trouble re- 
double ; la vice - préfidente qui occupoit lé fauteuil , 
cherche envain à ranimer les efprits. Une citoyenne ai^ 

>«nceà làfoçiété qu'il y avoit un coup de monté, pour 
dtflbudre la fociété ; alors plufieurs membres ont chercl^é 
à rantooer les efprits avec les armes dejâ raifon.' Vaine- 
ment on les a employées} les plus' açlur nées étoient 

Jvres: se pouvant obtenir la tranquillité , on a requis U 
6>rct armfe pour contenir .1^ tribuipes , qui ttoittit 



ftfmn à fendre: fur la (ocicté. Six citoyens sont reiH»; 
le f^i^re nud i avec le iuge de paix ^ nomme lindet > qui 
ft*eft préieiué dam la tribune. Aprb avoir demandé la pa* 
lole , la .préridente la lui accorda ; il dit : a Citoyenucs ^ 
au nom de la loi ^ fiience ; uu nom de la loi , je vou$ 
ordonne de faire hlence. Énfuite il dit : Citoyennes , il 
n\& pas queûion du bonnet rouge , vous ne le porterez 
p^iur, et vous ferii Ubres de vous coëffer comme boil 
iroun icmblera ^ kl eu forti p emmenant la force armée 
avec lui , quoique la iuciété eût demandé du fecours trois 
fi>is. Un moment après , le juge de paix eft revenu iêut ; 
& «oniant au bureau delà prcfidente, Pa invitée à quit* 
aer fon borniei^i i*iiflurant que par là , elle rameneroitlé 
calme. Elle obéit ; elle le prend & le ^fe fur la tête du 

i'uge de paix. Alors les perfcnnes qui étoient dans leî tri- 
luncs ont opphudi avec les plus grands tranfpoTts. Lf 
}uge de paix wdre/ant aux i'peélateurs, leur dit : « Les 
citoyennes révolutionnaires ne font point en féance; tout le 
monde peur entrer h. Alors une f^ule innombrable fonce 
dans lêialiefic accable les membres des plus fales inveâives. 
On s*élasice fttr les attributs. L'œil vigilant, drapeaux, 
piques , l'on veut tout mettrç en pièces. Les citdy ennes , 
fermes, au milieu des dangers, n«! voulant pas aban- 
donner leurs attributs, ont été frnppées, & le plus in"- 
dignement outragées ; préférant devenir les viôimes d'un 
peuple é^aré ; ne longeant plus à lenrs perfonnes , mais 
bien a faire refpeâer la £giii^e de la Ibcité , que} rcprfr> 
ftnte le dap€au. Tune d'elles s\H ^criée : ii maîlàcres- 
no^u fi vous voulez, mais dn moins refpeâez lepotnt de raflfe* 
mencdes français. La citoyenne chargée du drapeau , maltrai- 
tée annoint de ne pouvou* y réfiftcr ; b'adrcflant au juge dc^ 
paix> lui dit : 4< Je te le remets entre les mains , tu m*tn 
réponds fur ta tétû ». Sont arrivés plufieurs canonniers de 
la feAion • qeî ont aidé à le garantir de la fureur de celles 
^ui cherchoie^t i le mettre en pièces. Dans ce mcmenif^ 
ces furieufes ne pouvant afTouvtr leur rage , fe font jet* 
tées, pour'ia deuxième fois« fur les itiembres^ les ont 
battues » les ont traînées. L'une d'elles tû reflée faits coït* 
sioiflance a été tranfportée par un membre- du comité 
révolutionnaire de la feâion. Plufieurs citoyennes fe 
voyant pourfuivies, s'y (ont réliigiées. Des chîrurgteà 
%*y étailt tranfportés , ont panfé une citoyenne griève- 
ment bleffée « & ont donné drs fom ^ à plufieurs *qni 
avoient perdu connoiflance. Vn citoyen membre dû co- 
mité a reçu- un coup de couteau en voulant garantir let 
jours d*une- citoyenne ^ qu'on ' affommoit à coùj» de 
iy>ats« dont eli» porte Us mfirques. Ce fait s'eft paiTé 

dan> 



èiâi ta Yttt/ti étoytmnc vice-préfidiC0t6 r^uISrés nu 
nom de la foetécé , lè .comité de ronloir [bien dceGTer' 
le ffocès'Terbal de ce qui Tient de fe pafler. Les m^tm^ 
hrcsdececonritiomiludé pendant long-texftsla quediob^ . 
Tcois femines font amenées ; la mère & les deux filles ^ 
flccuCées de voies-de-^faît. Le citoyen Géranlt a prop^Ie 
de les mettre . en libef té, Vainenent les citoyennes blef-^ 
fées ont rédan^é centre cette indulgence coupable. Ce . 
mlfne çitoyea. in£âe to«îours en diiaivt <^oe dans le mô^ 
ment pr^feat » U falloit emp1<»yer la voie de la douceur» 
Lov femmes lOnt été reiàohjes ^ ainfi que deux citoyeûs 
qui avoîent été arrêtés. Dan> l^mlùnt. le ^citoyen Gcrau{t!a 
tait la ppopaiîtioù de faire palTer les citoyennes révolu^ 
' tlpnnaites daiii» une tourelle , en leur difant t{u'eUes coù" 
roi<nt 1^ plus grands .dangers; que le peuple voulott les 
avoir 9 & étoit prct à forcer les paflages pour monter au 
comité ; que lorfqu'eUes ieroîent cachiss en feroit monter 
le peuple i pour l'affurer qu'elles n'y étoient plus. L^ ci- 
toyennes n'ont jamais confentià fe cacher, quoique la propç* 
fition leut eût été réitérée plufieurs fois. La fociété deman4e 
encore le procès-vetbal. Gérault obferve qu'on s*oçc<j||e 
du moyen de reconduire les citoyennes ^ qu'il feroit tcms 
demain de faire le procès- verbal. Une citoyenne fait fe^?- 
tir la néceffité ; pour Thonnevir du comité dans Tarrondi/*- 
fement duquel la fociété avoit été infultée , d*y procéder 
^i rinftant , ^ûn que les citoyennes préfentes fignent tous les 
fahs qui io;it k leur connoiflance. On le commence eniini 
A Pinftant deux membres qui avoient parlé bas à Gerault 
font defcendues : un moment après un officier de la force 
armée eft entré« après avoir parlé basa GerauIt. Ce dernier 
répondît en éievaht la voix : que voulei-vous > Cts 
citoyennes tiennent à ce que le procès^verbal foit fait. 
L'oflxcier s'adreflant à la fociété » dit : citoyennes je v'teas 
de quitter mon pofte pour Vous'brérenir des dangsrs c^ue 
vous courez. Les têtes font échaiiitées, la fouleeil immei^t; 
ofl crie adtueilement i v/w Mi ripublu^j^ à bas les.révd- 
lutionnairei. On efi prêt i forcer la garde. Le falut publie*^ 
celui de la feâion exigent que vous vous retiriez fur^l'iof-* 
tant; nous vous avons ménagé un paflage par lequel vous 
pourrez fortir fans rifques^ '<c te.Tis preiTe : je vous demanda 
un oui ou un non. Les citoyennes aidant au biengétfé- 
' rai , ont cotifenti à partir. L'cflEcier étant parti ^ oa joA 
/Venu nous dire fur Vinftant que nous pouvions defcendae 
deux à deux, qu^il n'y avoit aucun dacger à courir «s 
flous avons été à même de cous en convaincre. On fions 
A fait traverfer Féglife Jepaflage de ^aintp-Aîinès ,• to^t 



C *»0 : 

ftoui « paru tiAtt^Ule. Ont ùgni lei «ambres prUdkf 
ayant reconnu }t procès^vciba) dans tous |es faUs. ^ t 

Viâoîre Cani ruine | Bara^iX , Cebii^ Viideccque , ïqncamt 
L^monntcr , Levafccupt , C'^. f'i^Qtu , Bif;aAt » Qarrt» 
Biganc IViné: > Mjrkt , Solaiidre ^ Martin , icmmc Dubob» 
Dubrcnte , {cw.mt Murcjux^f Viftoire. 

L'infeition duns ce ^aiirnJ , du procès- verlnl de la 
{ozïiià des t'cmmck icyoliaionnairet ^ cil la meilleure preuve 
que nptre intention u'» jamais €:é de tes ca^imnier. Ncùs 
stimon» ù rendre ju&ice à la pureté de Icui^ prmcîpcs.& 
aux fcr%'ice» qu^elies ont rendu dan» U révolution. L'article 
du nuxnéio 213 , page i^o^dar.t elle» le plaignent par 
lorga.e des citoyennes fiétoln CapUaint ,& B'tgant » 
uloculpe eu aucune nianiàrcleur (ociêû; iitaift bico d'autres 
femmes qui , en kir nom , ù ioat pcrmi» des déioarchfs 
peu légale:». 

Dt h fcit ùt la R^foi. : 

' Grâces îmmcrtcrcs foicnt rendues à la ration ! Oefi cUe 
qui a fait germer les principes depuis long - tems dans 
les têtes pcnî'antcs , & qui a (raye la route à la révolu- 

Sbn de ' 1789 ; c'efi c!!c qiû a ctabll régalité far Içs 
ébrîs dJ tronc , à la journée du 10 août ^ c'cH elle 
<{\Xï a déjoué les complots des fédéra!:f>cs, 6c maintenu 
la liberté 6i réça'ité , en maintenant rindWifibilité de la 
république. Cc^ à la raifon cnd-i qu; nous devons Té- 
purement d? nos mœurs, h reéllficaton dé nos ijécs» 
de tousses fages dkrets , toutes les belles iiilltutlons qvi 
une immortaliic quatre années de lévolutlon. Mala wn grand 
triomphe manquoit encore à la religion 5c à la Ubsrté 9 
un triomphe fins lequel tous Icers bnllans édifices n*étoiciit 
altis que fur du fable. Uunivcrs ^ de[)uis qu'on a écrit fcn 
hifioire , a éprouvé d*importantL;s révo'uticns morales fie 
politiques. D'où vient qu'aucune de ces révolutions n*a pu 
raodre la liberté inébranlable comme le roc. Les gré^s , 
dans toutes les contnêes qii formoient leur pays out chafFc 
les tyrans : le gouverneitxcnt républicain les a parcourues 
toutes. Pourquoi n'a-t-il fait qu'y paroxtre ? Fort des prin- 
cipes , fort du foutien que lui donne la nature « dont 
toutes les vues tsndent vers lui , pourquoi s*eR-Ll lallTé 
écrafer par le defpotifme i Ceft qu'il a laiffé fubfiAçr 
des prêtres. En < haflant es Tarqiiins , Rome Ci une ré- 
Vohitk>ii qui reflcmbloit beaucoup à la non e , mais il y 
f efla un iacrificateur roi , des prêtres , des nuguiles ; èc 
'te &e fénat, s'eniparaiit de ces places, rùviiii dans fa 
nifin une dctsbie anièocratle. Une rcvolurlon s'opéra en 
Aîiglcteire , on Hollande ^ mais cii^ ae fe û: que pour 



•t :k 



.î. - 



t^ 



p#iir canferderolig^ Aaffi TAHglettvra u nh toïfV^tir 
g(«leff« gémit fous le deipotif^ie « .& la Hollande rampi 
smx pieds id*usi: {Uichooikn La r^vo|]m<iii de la Suit£»^ 
a voit précédé les guerres de religion ; mais la re^^n 
cachoUiftie V étoit reflSe , maîsrla'.f^oteftants là lorça 
enfitUe de lui .céder «ne parte du ;<rrcln; maïs les deux ' 
«eliglook ^Rt établi t^n . (chitme 4ms Tétat. .Henreufe 
Amérique « elle ne conooit aucun, culte doinûttiit ni pa- 
btlc ! Lcs.prlStsts*^ne l'ont; risen aux yeux de fom gouver- 
nement, oC>M Jqi.réfte ei^co» quelques pas à face, da* 
moins elle a fraochi ctejà utt erpace.imintn&^ll appâr- 
teiioft k ia France^, dV*iichénr, ÊicitoKs. fes. mdddiea pouv 
éierntlcr. ijotn. boohevr ; antique ^ie i9è{pie'.d8i'*pz«tBet' 
€&c à^k , .fa^réitQlu<ioo . nlept été .qu^ua^ 'ouvragé. éphé-- 
mère , à-pcu-près feiiiblable à«jla réirolistian . d». Bta«? 
I3^0^.».d^ur n<i^ti» ayoiisicérténio'ais. Le iaecrdoce} de quoi- 
que cuits queb^ foie eâ cemmetime acaigaée^ea vzhi 
vous bfifea à droite , à gauche & m- pluiieuri reprifes les i 
toUes .où: eib Teni e^chAinar fa proie « de nouveaux ptè« > 
g^s fucf^ot. aux pT^îets^Viafieâe hideux ourdit àmt 
nouvelles., toiles avec yne €0ii(laoce,& une opimatrcté 
iafùtigables ;, ce x'^A .q^uVn ccrafant raniroal même qu«.. 
vpuspouvea art^tcr l'es dégoûtantes & dangercufss trames^ : 
nous en ayons no^s mêmes des preuves bien fenfibles. 




, parlait- néan^ioins des di>\» <i«'il y avoit.ài réforscer^ 
I^ cleifflu Dfpuis la diftinâîon des prêtres reftaâaires 
^ aiTecpensés , qui. s!eft vanté d'avoir iauvé la patrie; 
d|u^if,-é€ayé â^i^l U lii^^rté i ies^ prêtres. cooAîtationnels ^ 
Cir i!f dvU>ient^i)4jilement. ^ue ians îeurs frcours la li- 
bi:rcé xfLÙi^ j!:tm^.'P9 ikvwîr lieu ; a^fli voaloieat-ils noua 
ru^biijvr à|bur mçfà^ 6l i>nveIoppcr daus les br.gesdu ' 
ca^l^ol^ç^C^M;. .SuivÇAS .escçrç .la ivvglutlon dans les qua-* 
tri ^fuvz^h'i a*^l\'cc pas aiU prêtres que nous devons le 
ùmcj.'c ca4np de Viè^ » Ips mol h ^irs de Nîmes 6c tous 
ks dcf^r^'^u .Midi , oji Je» piêtr^ dirigeraient à leur 
gra rii^tagiïUttiv^n.. v^giibanJe ass hàbitans de ce pays ^ 
dans qUi^' lieux la ceUeiliga de la Vendée a*t*iUe pris 
naiiTaz^e , & cen'cA dans les églifcs, ou plutdt dans les 
cerveaux de» prêrre^ confpirateur» J Le bon efprit d^ (caii' 
Vai^ le îeur a fait fentir , & fpont^mément*, par la. feula, 
iingujfign de la ragetTe ..^ de la raifon ^ ifs ont f<coué. 
le joug 4^ la fuperflitloil » ont renoncé à tout aatre culte 
qq'à celui que chacun doit.à l'être fuptême ; ils feibntséfo-, 
lui ^ ^idoict: ré^lkment dieu cacipnt&c/i vénti^foU 



coipmfinté à. leur, mode ^\ à Inicenncrer teus cow» » 
comme le feul tcfipfe, lefeul autel vÀîublemenc digne 
, de lui* . -, 

. jU efl: une petite commÉiie votfine : de Fark , dcmt U 
nom doit 4cre inicrît ^ dans les faOei ée la • tétclutkm > 
cjeft celle de Ris , qiû , depuis , a pri^ le noxÉ de Briiui«. 
(•Le .faMnaàhut eA de ^Moille difie dais- la'OoixiRicm^do 
Bis, c*eft'eUe*4MÎ !> pcémièreda <ovte«la:7ruflic4 €Mt 
ocgai^ifé fâ nwqîetptantàr ) La piemi^ « cite eft- venues à 
la. barre le. Je convenûon dépcfur tou» le» hochets de ia 
reltgira^CtthoKoiie ,• oeiioes » ïôletb , f atènes ,. ctbeiretÀ 
tMiales amtes tii^fdes de ce«ndicule nétiage ; lapf«4ftièré 
eUe'eft :^eine (m décharser de rembatras dW.. c«iié^,& 
le;«Cineitre tk la cvavennoa. ' 

' Ce gcaod eieulple fie pôuin^it - pa*^ rtAét fans effet ^ 
réfsêquede Pa|it, «eoompagnéd'uae-partitdef fonclergi, 
n'a |kas tardé à l'uivre un B bel evemote , <m ftour j^ieut 
dite y il s'efl emprefii' de' pnèeenîr 4e tesa de; 1% xoipfi- 
IMine de Paris, Car à Paris , en^g^hlérat ^ûfo^m ejtcepte 
pottrtant qvehTucs vLeikks' bigotes « tes idies fe^s tnûrcs 

riip la liber ce -.^ pear la p^iiloiophiet & 4'4n[ apprécie 
lem valeur les cultes l'gp«r{iitttux. Le drô^en Gob^!! 
alla donc, accompagné de fes- grands vicaire^ « abjurer, 
an feîfi de la convocation, toutes les héréfiei €|ne')es 
prêtres avalant -prcchéas dcpyis dWi'hti't cents ami contre U 
I9t^ & CQntrela religtou «naturelle. Soft ^ireoers^ éleânfa 
f durer les âmes. Chacun fut iionteux d'avoir ajouté fbi 
à^-cant dSftipoûures' biakfes âc vifiolemefirabfuMés; oft 
i'utbieaDlus betiieux de' les aveir ente^giiées,€i tousses 
pitres de la conventioii ( i& \\y en avoir ^ëwocoup' )' 
ubjurère^it leurs erreurs, eurent l'honuèUr « qnokjue tar- 
dif , de fe déprérrifer , de fe dépilc^pifer. Cette féaftce 
fut uae des plus belles que i^on- eut )aittaîf. EUé porta 
le dernier coup au fanatifme $ cet implacable* ennemi de 
la liberté, -ficelle le -porta fans effort ^ râns< violence , 
avec- un entiionfiai'me , pour aînfi dire , rédécfaî qtit 
nVppartient point aux paffions, à l'îmaginatton^, mais à 
]jc raifon qm-remfe da;is fon ilomaine uforpé» & qui 
s applaudît dle-méoie du bonheur qu'elle ptoe«<^ aux 
hftnnaiiis; CkAs toutes les affembjéès nationales 'qui ie font 
fuccédoeS'jttfqu'à ce jottr,Oa n'a- janoiais vu qu'uae^^ùle fcène 
aui& tQBcbante-, €*eft celle dé la nuit du «qj^att e août 
178^, cà la noblefle rcmoiiça k ces privilèges & à fes 
droits feigneunaua. Mais quelle différence cef^nëtmt entre 
ces deux tabieatti! chez ceux d'entré Idt neUes aui agtflbient 
decjbçAne«ioi-9 c'itekj'eftt d-un-m^meni d«- ftnfiWliti- 



ÎAt&zhrt \ A'yrtds eAtére de rafT»oij'f''cle la'gToîre. Ca 
iaicHâte tetiûitSTi pW" r Uur propre coifvi6Hôn , que des 
le ien fenfliîll ni6me ils prirent tour M es moyens pour que' 
ce décret ne s'exécutât ms ; Hs tâchèrent d'en atténuer 
£e d'en anéantir i*effef. fyarKears lU n^ renonçt>ieiit qu'à 
une partie de leurs potfeffion$ & de iieurs )9ui(rancesj;' 
niais ici chaque jour n*^ fair qn'augfnenter ti accroîtrç 
le nonlbfe'des démHIionr & dé^' ab|tirations ; chaque joiir' 
a yerfé le beavme d'une. fatisFaé^on nouvelle dans' l'amè' 
de ceux -qui avoient aunit renoncera' leur éfar, à leurs 
ancienne^' habitudes , à toutes l s idées qui teUr ^voient 
dônaéiine certaine confiltince dansfopinîonde ia muUhddè. 
*Ce'fttt fiir-toiit lin beao moment que celui cii deux 
iriembres de Ma conventioh', Oûpé de l'Oîûi & JuKen 
dt TotiJo^ife, Pun év^chie cftthoHque, Vantt^e iriiniftrc 
prmeftaiir,'s'embniilèreffta'1a nibanfc^en riant comme dcut ' 
augures , & convinrent Tun 6c !*autre , avec toute là 
fewehire de W boffee'fôi; qtie le culted^ chacun d'eiir, 
nfe s'étoît ibutenti qiife par le charlatanîfnte' prcsbîtéraii' 
Phfienrsr fois îe- mhnt * fbeÔacte s^ieft renoiivôllé'àia toirt^' 
mune ,.oU.des rabins^ ac5 miiiiôre<& dès pr^ttes fe fon'if* 
p4re'rHeinent-rcdconti'cif.cftfetribfe, AR !ll, ccmmfe il n'y a^^ 
pis Hèit d*eiî' douter; cet cremptc fc propage iufiiu'aux.' 
eictréiirté^ de la république « quel i>onheur égalera celui' 
dés frsini;ais'? Rendus an< idées fitfnes d« la nature , it<^ 
Aimeront , ils vivront tranquilles A paifiblcs fous Tcbil "* 
dé l*Être-Suprômc ; ils feront h' ureux^ ennefe prefcri'^'^ 
ytnt que* des dbvolrs iihpofés par la nature , des dçvoi'rs ' 
d<>ux -A faciles comtne elle , en ne chenchaift que 1a vé- * 
rite 6m^lë'& nUe , qui , à proprement |$arler ,' n*eil que, 
la*tïattrre elle-même , & dont l'abord eft facile à une ame^ 
pure; car, foyons-eo bien convailicus' , fr la n.Mure % 
pour' nijkus encore tant de myftères , c'eft que noub Toca*' * 
minons avec un œil prof ^jne; c'eft* que nous apportons/ 
à la contemplation de fcs beautés , à Vétudc de fes dlvcrfcs 
partfet , un cœur qui n*eft pas digne d'elle ^ un e:pr;t rem- 
pK de -ptéjugés. 

Si notis n'étions pas imbus de tous Ifs vic/'s i^ti fo* 
ciéléf corrompues , il nOOt feroir bien plus ailé o'cn pc- 
nétrerle» fecrets moraux & phyiîqiies. Mais ces fortes do 
rtyffères i tefs qu'ils <onT aa)onrdhui' à nos yeux', font * 
bien diflirens de c<ux que préficnteilt les cultcçf h nôtre <!é- 
bomfafare ctédulité: Ils nethoqoent pas fios kU:% par des 
conmdiâlDntf', par der abfurd:téi nunîfeftes. ils ù hm- 
«ênti n^ltre'pas cdtnpris, fans calomnier notre raifo;; , 
fans avilir le plus beab doAqtxe nous ait fait U nature; 
tiBdir^e noo) GOmpfencQg cUirem^t Tiiat* le c<teKdtrê 



'4o& myAètes Zt- tim reKeions; lious yo^ens bien par. 
exemple, qull efllmpoffime d'écre on & Irois tout-àur 
^iH » qu'il efl impoflible qu un être TupporiS ^ l'eu) c£ 
«nique ( ans Tuoivers « fe trouve à la fois cian3 une pc« 
t? te boîte , & cent; millioçs de {bis\ à U mcme Kcùrj |^ 
«Vins tOiiie Tétcnduc de Ja terrç. Dc.tellcii abfwrwitc$> ioA t 
î^nt aiix yeux, phi encore qu« c^Ue de U chitnèrè » 
& ne font, propres déCotroaik'^u'à amufer les pjç:Ii& 
cnfans. 

^ Quand on çoaCidère^le rid-cnlé (eixfîblt & pa^b«l>ie ds 
tpuces cQS. itvcries Tacerclotales \ torfqife l'on co{>ûdèrâ^ 
quM n'y a pa« une absurdité au, monde qiû naît ctégra* 
inexTicnt débitée par les prêtres . ce qui doU le pli|s étcyr.<» 
rer « n'êft pas que tout^à-coup nous . ayons renoncé, k-^ 
toute notre ruperfiitieufe. myuiolof^ • mais qjio tfous'. 
ayons d'Ëféré il long-tems î les co^pilpuei ^ comble elles. itfl. 
méritent.. ' . '•*.',., 

Pour eéK'b;er ce triomphe de Ia.rai(^i\, upf lo .^- 
lems attendu , le département & la comipune dé Paru 
flâtu^r cnt q)x*'Â y aurgif trois jours apxès , c*eC«l«^e , le 
dccadi l'u.vant , une iétç parriot que, , . ». i 

Dans 1 a ci- devient 4g^ise métropoT.taine de Pjuîs^ lia^ 
pcTij) e mtnei'.se s'y reotlit. O*) ^ avoit. élevé un texople V 
d*ui.c auau'cture sippple, ma}ç:î»tuéuse» sut la laç:^de . 
duquci on llwlt ces .jppt^ : Ik h ^hilosuplûc ; on avoir ,^ 
Orné iVntrc^ de ce iç.ûplc des tufles des pliUosopbest. 
qui ont le plu:» cor tribuc 4 i'jycncn?cnt de la rivplu- , 
tion actuelle, piir Uaxî luniicrâs. Le temple sacré étuit , 
él^vé' ilir \jL c:aic d'un^ rnoiitagn^. Vers li milieu, .(un 
un rocher, .bu voyoit briller ie flur*îbcau de la vériti, ^ 
Toutes les autorités cr<nâit-a.^c$ s cc4»l£iu r^^ndues dans ce^ 
fariwiuaire. La s:uls jhra tii^r^cc ny ttoU poin$ , fic le, 
coinmandant gcnéii.'l, d^in*» ion. ofvite d\i jjurj prévint 
ceux qui i'avoicnc rcinarqiié, c;ûu \l9 i:f:7iv:s ne coavieii-, 
n?ac i^uc daus les coinbwit.» > 6c noù lu. Ou des Irèrcs ^ 
sJ; iai.Si.inb.ei-: pc.sr se '.uvc:r wi^ân di tous Us gothiques 
picjugés, 6i gcù:er, ùcins u joie* d'une ame fatiiiaite , Jes . 
douceurs di Tcg^litc. . , , ■ ' 

Cette CCI éaioiiic u'av oit rien, qu^ reffeinblat à ces .oiQ* 
aTi4*rtc j grccw^ucs &. ktlnes ', auui ;illolt elle direvlemeoi à . 
r^iue. Les icùru;A^.:) ae rugffioiént point cçmmê les fier - 
pc.;s dfs égiites. XV.e mufique iépubticainc , placée au. 
pied de la lïionugne , cxécutoi: « en langue vulgaire . 
]'»\ymrte q le le peuple. eïi;endolt 4*a^utant mieux , qu'il , 
e.Tp:im6it, iÎ2S^ véi icci naturclies & non des louanges pyi- 
t qjcso^ »:*;;i...efiqi.c\.. Tciiuôjjç CôUc mufiquc' majçilucufe , 



4t couroîlnies de diêfle', xteTcendr^ SctrafverfeFU.ftirÀ*-; 
tagne ., u« flâmbèW à U fntîn ^ puis r^^(Hi»er dnilf 
k mêmie dke(âi(^ • Tur la montagne. La liberté , reprè; 
femée par une belle femme , lorcoit nlors' «lu^ umpiib 
ds la phifôlopMé , Àt venoit fur un fiège dis vériure » 
rccev6ù-tes hoÀnnajes des républjcakis ôc «des républi^ 
.caincTj qui chantoiexit une hymne en foo honiiear j eli 
)ut tendant les Bra^. La liberté d^fceodoit enfurte pour 
rentrer ddftv le temple, s'àirritant avant d*)r centrer, êc 
le toarnant pour jetter encore ud regar^ de bienfaiiiinc^ 
fur (t$ ami4. Aaflîf-tôt quVtte fut rentrée , i^cathoufiarm*: 
éclmp^àr des diahts d'âtlégrefle, & par des fermons de 
ne îahuift cefier de lui être fidèles. 

La convention nationale n'ayant pu afiifler à ^ette <t^ 
rémonie te matîn ^ elle fat recommencée lé foir en Ik 
préfence. ■ ' 

On fte s*apperçat p^At, comme TfMi vott, du peu de 
tem» quM y eut entre Ja Lelie féaoce de la conve ra- 
tion où le fanatifme fut atcéré, & le jouroU Ton cété^ 
bra c«tte grande & éternelle vidoîre : tout fut ord<^n^!é 
à propos , 6l Ton doit remarquer fur-touc cette auiSKVH 
que l'on eut à employer pour repréfemer la liberté, unV 
temme vivante & nort point une AatJe. On voulut det 
le premier înftant déshabituer les elprits <le tduie eipccè 
c^'icSolutrie ;^on fe garda bien de mettre à la place d'im 
(aini-facrémentun hmulacre inanimé de la liberté, parc6 
qae des erprits groHiers auroient pu %y méprendre, ^ 
à la pldce du dieu pain, fiibft'rtHer un dieu pierre; 4 
ne iaut plus de lup.erâton aux hommes : û nous r^verh 
fon& des cultes trompeurs , ce n'eft pas pour les trom- 
per par d'autres, pour leur piéfenier des objets qui 
l^uiflent égarer leur imagiparion 6£ leur cœur •; '& cette 
i^erams vivante, malgië tous les charmes qui rembelif^ 
foienr , ne po^vo^ent pas être déiiée par les ignerans ; 
comme l'eût été use Hatue de pierre. - \ 

Ceft une choft qu*il ne faut pas fe hffer de -dire ail 
peuple : fa liberté , la railon , la vérité , ne font que dei 
êtres abtlratts. €e ne'fortt point là des dicux, car k propre^ 
ment par er , ce font dri parties de nous-mêmes. La liberté 
si*eti autre chofe que notre \*olonté , qui a le pouvoir de 
. fe manlfeAer & de fe réaiifer. La railonn'eib autre choft. 
que cette faeutté qui eA en nous, defaiiàrla nature.^ le 
rapport àth Ot5)ets; 5t la vécue enfin' n'efl Hen antrc.qiie là 
ffature m6n^e Ceft le rapport réel & primitif des chôfcs ^ 
ce n*<fA c|oti^ pa< une partie de notre être que noirs vrA^ 
dhons- a^orfr; car ce kroit nous adorer ttôMi scéiiiest £« 



A^MiKèikth tèttsiù k liberté, dd lu r^ron, qous flcfii 

.cem)p9«ita dlcj|ôl«Miâmes qâ CorjgMbei qat Uék 
•.VeloppA.en iioiis;âv«c avantage. . , ^ > 

iîquei,. «Vdi pair iin langage figuré , c'dl ^ar et «|oe c«i 
inanii^l dk p^ler joa^nt d«»i icf 4Jf<WH>fs ^ fim i^f 

{raodet afifmbUef pb» 4t ^oi«(|ci^ii|U 9c de vîracîti 
es ,ord0^iceu» de$ /«m ^Oitrcpi donc priNidre.gmb 
de donner, de teuffcs idées an îgiiafa^» .en-plaçane d^ 
ftatues fur un .autel. .Pevt-^tre méoM «iM>«> «n f^^t' à 
I^iirt» de dQiiDeràla;c't;4cvaa( oiérrp^lejUnom^e^t^ 
pie de la raifon ; il failojt Tipi^eUr .plutôt la nuiûm-di: 
h vériié / cat dti'aAceU.» dei icnvples:» iimt cela fuppofe 
.1321 f;p\tfi ,.âc un cuke fuppçfe d^s pr$tt^ ; ot: peu im^nïti^ 
^uc nom a/ons des prêtres idolâtres bu des prê(rct>tc^dl9i 
liques, rtous ofic ie'inéme eiipniyc*e8 toujours pour leur 
propre .av.antàge& .pour leznSme ih^ér^t^U'ils Onidijrttiy 
itfîé rimpofture.^ le meoibxige Cùv^tnt les )i«ui( & ioî 
iptrcouttinees. Q^ les jocdaniviceiufs dt-s (èits^ h\ls vculenti» 
A l'exemple de Paris:, eoiploy^c Mae femiiie pour fleprè*^ 
jenter la. raîfon» faffent demain 9 itn choix digne .de la 
fètt , qu'^U jpffront jiiix.yeu^ sli^ peuple .une feonns dont 
la GondiûUr rende U Jt>Qatté cefpeAttiie,! dpntk £^vérité 
.«des mçeuts :& des ceg:vrds^dQin(U réputation. fans tacliei.t 
«epO|u(re.la licence de» deiin le nelle des-pr^pos ; que oelbe 
<pii efti:ivu|(ée;d'ii9 cote fi.j^g.M(W^ien loki d'avilir la H* 
|)e.fté9tt 4a ui&n jlon^elle efi^iomeifttanémenr HmagCt it» 
|>tifne dans tous ks jceeni» pitr fapréfeaee Ittel^etèqui 
ieurefidd ' 

. Al«is tine mardic plus brillante encore 1 «ne fête p[u^ 
impofante^ tA <yile .quî fe continue depu'^^lus de qajnat 
)0tirs,4c.qji^^tf tirfju^ terminée fans douto de ftfôt» c*^ 
celle ^aMe m^nmt jde tout l-or » de toute l*ameiH 
terie , dé tous les pi^netnens dc^ égHiies. ..Chaaue.feetion 
te Êiitufi hpd«ieuif^d'^ler dépQfer fur l*auiel de la pairie 
Je$ dépPUtUsSs opi(iM^ de U fuperilltion , & la convention 
ii^Aiit e6.<|ii'e!lc a le fias h admirer , ou la çiagniâcetice dea 
àoti» on .te fi^ifi du pauiotifme. Les commun» votûnos 
fie .P;iris, grofiideiit.à Tenvie ce b^u oor^ge, & dé^e 
loni l« dépurieniient de Paris eft d^catholifé. Qui poia» 
fpit.cofnpftmr les umnenfes richeffies de Brunoi 8t de fra»* 
pade , ct-deva«»t ' $iûnt-Denys » tont jce pompeux amat 
<de lM>^beH;ridkulesi,qu'avoit enfouis daps les égUfes la 
Xlupiiifé de nosfvére^, à laquelle i^jàanmcins on pardonne 
Étn Vient t ferfquçn voit tom k$ tréfoss.qu^ils ont ri»- 

fervé» 



TMF. Nr.vV tOUK 

PUBLIC Ul'IiARY 



A&xOH, LbNOX AMD 



ttrtt^ à nos befoins. Jatfiak \h n*avoient fongi, il t& 
Vrai, à' leur dun^er iine f\ glgrUiiie deAînatioo» mais iÀ 
•pj>«rtieni aux enù/it de r^arer les tprt^ <!« leurs pè:eS| 
& les français d'auourd'hui redrefleot bien ceux de leur» 
ayeux. Li feul reproche qu'on pourrost cous faire ^ p^ut- 
étre , c*eil de ne point accompagne, no^oftraides de cc tté 
dignité , de cette majelU qui doit préfider aux facrificet 
de la rai ion. Comment des hommes qui vouent au méprit 
la faperliition & t'es atmbuts, ofent ils '^endoiTer le ridicule 
crftume des pr«(res en cérémonies^ nous rappeler les ' 
mafcatades du carnaval en s'afFublanc d'une chappe 3 d'une 
dalmatiqivé^ d'une chifub*: , & fiftger eu quelque forte les • 
procédions de la fo-.-diîant fétc-dicu , tout en faifantl'en^' 
tfrrem^nt du clergé. U but i'/touer', le peuple eft de)«^ 
il avan :é , ces idées fotitft mûres , qu'un rire prolongé ea 
é lats fait foulent pendant pUifisurs l.eues ces mces^ 
g'oteique» ; mats certes 4e peuple Te montreroit bien plus 

Î^rand encof e s'il ne déi^honocoit p«4s ainfi fes épaules avec 
e4 Kvié*^ de la fuperilition ,s'ii déd^gnoit d'y toucher ôc de> 
fouillei a i.-e d*on fpeitac !eq .»lu< rappelle de vieilles erreurs. 
SM réfléchi oit pms p^ciondémfnt à cet aiped ', il ne^ 
poarroit voiuenîr ion indignation , en fongeant que c'.toit , 
avoc ^«s miiérubies comtdies , que ie deipotilme tentioii 
f^s fi'ecf», bi que tous cèk ornemens coufus d'or » d'argent 
& de foie cachoiertt un des meilleurs amis , un des plus, 
adroit» Aippôts du dcipotifme. • - 

Grâces loient rendues à la ra'.fon ^ elle fait tombct 
tou/ les marques; & le cre,it«t du patriotifine va les 
fd:re t. -vus dilparoita'e. Heureufement pour nous encore^*. 
ces marq^.*«, ces dominos étoient d'oY, & les débris eit; 
font boi>s t i*^ feri cari eux de voir toute la vaidelle ecclé-' 
fiait que fe métamorphofer en monaoie ; & le coq de la 
|.atixon fe changer fur nos pièces républicaine^ en 
ccq , fym|)Oie de la France êi de la vigilance Biens 6i 
les adignatsdifpiiroitronr avec la guerre ; bientôt un numé- 
raire métallique -remplacera le papier munnote « papier 
qui a f luvé la liberté , mais qui ne peut avoir qu'un . 
cour'v p iflager. Tous ces tréfors apportés à la monnoie y 
forhv.'nt un lé.ier capable d'ébranler toute l'Europe. Quelle 
ed^n effet la puiflance qyi foit en état de nous oppofer, 
de il grandes richefles ; par-tout tes peuoles font pref-< 
faits y par-tout les defpotes ont déjà faigj^é leurs piètres.. 
& i.»urs faints , heure«ix /ils n'avoicnt pts tati le< foarcei t 
d*l\ibondance en falg ant aufllî les ca vp^j^neSi Pour.cKus^ 
il nous refle toujours la ferti.ité de notro fol , notre, 
amour pour la liberté « & outre cela éts richeC's mca*cuia- 
ble*. M?is prenons y pard»*. Si c'efl ? être plus gran -e ^ 
c'^ auîTi notre dernière refiource, veillons fui ce pré- 

K^ 2 15 . Tcmc 17 C 



(ai8) 
0einâép&t. L'avi4ité le guette » die cli^rchf à en uire 
fa proie • tant d'hammes qiu i'<c difoieot nos amis o^t eu 
dcsmaios amies dé îV^ent! 

La co;)vention &» la coiuiAune ont bien fentl la niceC* 
fité de conserver ce dépôt iataâ )ufqa'à la paix, jusqu'à 
l'époque ae 1 emiilîon du numéraire ; elles oiu entoure les 
agins delà moaaoïeA.'une, foule de luryeillaus & d'hom- 
mes choifis; elles ont multiplié les précautions; mais » 
feioo* no^6 y la pccmière de^ précautions 6l la jp'-^ lui e 
de c outes » eit de changer tOMs les principaux a^ens de U 

' monnoie. Ce li/Ut ces hommes q«i s'enrendoiest avec les 
coKDités des finances de Tallemblée conibtiiante & de U> 
légiflative , pour feiitenir i agiouge ; ce ibnt eux qui en 
antidatant les louis ÔL les écus , en ont fourni une mine 
entière à la cour , qui les faifoit paâer aux émigiés ; ce 
f<»nt eux qui » non-l.eulement depuis 1 etabliflemcnt de U 
république , mais même depu:^ la mort du tyran » ont 
frapj>i encore des pièces à ion image, pour en éternifer 
le iiottvenir y & pour préparer la voie à la contce-réro- 
Intion. ^ous lavons bien que les metures r&v^olutionaaires 
épouvantent de tels hommes , ^ que le bien qu'ils fie< 
fuat pas par probité « ils le. font ptr terreur; nou» favotis. 
faien que les comités révolu ttoimaires » en portant à la 
monnoie. la iréforej'ie de leurs égUfe$ , font drefler , ils le 
doivent , des procèjs- verbaux bien conftatés. Néus favons 

' que la convention iî*a pas encore remis à ces agens les dé- 
pôts qu'elle reçoit des départeiadu^ & qu'qlle leifait garder • 
a. part »vec une attention fcrupuleuff: ; .mais toutes ces 
pcécautions ^quoique fages^ ne iuiRlent pas encore. Vous 
auriez autour d'eux cent argus à cent yeux , que vous nt 
devriez pas être fatis&its j caiit que ks mêmes hommes 
rederom à la tête des mon noies. Jiongeons que de la con- 
ftrvation de ces précieux dépôts dépend en dernière 
analyie le icrt de la révolution. C'eû le dernier coup qui 
anésuitîra les defpotes lorrqu*i:s auront été terraiïés; fon« 
geo4is aufli qu'il ne fufHc pas que ces agens ne volent 
points qutl faut être fur encore que toutes leurs opéra* 
dons «'exécutent dans laréibrme des monnoies « avec cette 
Cxaûitude , cette prçciilon rigoureui'e qui doit fi're , ie 
fiotre fyftême monétaire , Je régulateur de rou^ los iyiiêiiies 
ile l'Europe , &i le paÛé peut-il uo;i2» (.ton;i;:r de la le-.u- 
TÎté pour Tavenir ? Qs^ela raiton.enlin pr.ciâd^ à l'cui< 
t>loi de ce métal » comme elle a préftdé à fon enlève- 
ineot. 

A t,. pThilhomnu^ 

Paris ce 25 brumaire « an deuxième de la république 

fraii^aifc , une ôc indivifible. 

Certalnemrnt la pont^ilré te louera du coura;;e que tu 
a . j t^l^i ier les xtinus d< tous U^ rois > dan> U temps 



t ai9 ) 
sijme. qu'ils étoîent encore làut pufflans. Pourfuîs Se 
Kroiifie Ciecte tâche honorable pour toi ^ Si utile à: U 
république. Le peuple ne (aurolt être trop pénéccé d'hor- 
r^r pour le royamme ^ ta «olleûion i'era p^ut^étre 
auflî nécelTaire que le recueil des ^âions vertueufes dé«- 
crét^ par la convention nationale. 

La p èce du ju^tmtnt dunitr dts énds , qne je vis i'uutrë. 

jour ^^T le théâtre de la république , eft partaiunicnt 

d ms ce lens , 6c l'auteur a bien niéritf nuOi de la patrta 

Tout bon citbyea devroll auffi dire {on mot à ce lujet^ 

& pourfuivre , chacun à fa manière , mais à outrance âc 

fans relâche, le fantôme' antique devant 'iequél le genre 

humain a été long temps proderué dans (a boue âc dans 

le fang. Puifque )(9 t'ai parlé du jugement dernier des 

rois , je t'apprendrai ce que peut être tu ne fais pas 

c*cft que te tond de cette pièce «riginale fe trouve dan 

un recueil d'apologues orientaux , imprimé dès 1789 . 

fous le titre de premières Uçons du fils aîné d'un roi 

li defirerois favoir fi cet ouvrage^qui fut pourfuivi alors^ 

eil du même auteur Mats je reviens 6i je dts que c'eû 

principalement ii la convention , qui a la haute main iur 

tout , à faire germer dans tous les efprits & dans tou> les 

cœurs ces femences de haine contre tous les tyrans 6c 

toutes les tyrannies , lettées par les patriotes écla'nés. Les 

coin tés d'inftruôion publique , de falut pnblic & dé fûrcté 

gèiérale font remplis de républicains prononcés & qui 

n«i (e font jamais démentis. Robefpierre , BtlUud-Va- 

lenncs, Lavicomterie 6c quelques autres ^ ont toujours 

gardé la même attitude. S*i)s continuent à réunir leurs 

efiorts 6c leurs moyens » fi/ les membres éprouvés de la 

convention fe préfervent de tout efprit de parti 6c cm»' 

pèchent le démon de la difcorde deïouflfler fon haleine 

côntagieufe fur les légiilateursr , la république ei^ fauvée; 

Tous les citoyens purs ne cefferont de Ce rallier à eux, 

de les féconder par leurs ouvrages 6c d'entret(»nir le feu 

(acre de Topiniom. Tout feroit perdu fi ie flambeau du 

génie patriotique devcnoit une torche incendiaire. Haine 

mtpLicabie aux rois , furveill^nce aAive des patriotes les 

uns envers les autres, union à ^épreuve des événe^nens 

& dei paffions ! 6c (a révolution deviendra le plus grand 

bienfait qu*ait encore reçu l'efpète humaine' depuis 

qu'elle efl en fociété politique. 

Je fuis avec fraternité ton concitoyen JusTiNlEN. 

Règlement du comité des dîfenfeurs officieux , des amis dr 
' la liberté 6» de Véç;alitz , fé,tra aux jacobins» 

Art. 1. Le comité î^vi, compcié de vîngt-fept mcmfcres 
de la fociété , âc par elle nommés. 



< **« ) , 

DL fb s'âffembltfront toas les jours des féancet 4e la 
fociété ) ï cinq heures précîfes de t'après-dîiié. 
. IIL Ils fe chargei;anr de défendre , autant qu'il fera en 
leur pouvoir , les intérêts de tous les citoyens oppri** 
mis > des pères de fatniile , des reuves , orphelins , mu 
liuires, & généralement de coût les fahs-cnlottes. 

IV. Par une fuiie de l'artide précédent , ils n'entre* 
prendront aucune demande , ni aucune follîcitation qu'ils 
ne fe ibient affurés du clvifme & de U moralité des ré^ 
damans. 

V. I( fera nommé, parmi les membres du comité, 
au krutin ou par acclamation ^ ie premier de chaque 
mois , un préfident , un vice-préfident , un fecrétaîre, un 
ytcc fecrétatre. 

VI. n y aura, au comké, deux regîftres côtés & para^ 
phés à chaque page » . par le préfident du comité. 

VlL L'un de ces regiftres contiendra les délibérations 
du comité : à l'autre, liront infcntes, par notes , tou- 
tes les demandes âc réclama^ons acireilée» au comité. Ce 
deuxième regiflre aura, 1 chaque page, une marge qui 
fera du tiers de fa largeur , pour y infcrire ce qui fera 
réglé d- après j 

VllI. Les notes de l'artide précédent contiendront , 

x."^. La dite (lu jour auquel i*affilre fi^ra mife au Comité. 

i**. L^ nom du reciam.nt & fa demeure. 

^^ L*0! jet âc la dôin*4nJe. 

4". Le no tbre dâs p'è;e^ jointes à la demand**, 

IK. Cet enregiftrement fe fera en préfence du récla- 
mant 014 de celui qui apportera ie» pièces , lequel fignera, 
#M fait écrire , it non il en fera fa t mention, 
. X. IL fera tenu , par' le comité , un cahier contenant 
le. répertoire , par lettres alphabétiques, des nome des 
réclamant ,• & les folios du regiftre oii les affaires auront 
été infcritcs.. » 

XL Toutes les demandes feront enregîArées îes unes 
^ la fuite des aUtres% & fans aucun blanc. 

XII- Il ne fera reçu , par le comité , que des demandes p;tr 
écrit , 6c fignces par les réclamans. ' 

XIII. Outre les affemblé^s du comité , énoncées ^ 
l'article premier , l'tin de fcs mer^bres , & à tour de 
rôle, fuivant l'ordre da tableaau de fa nomination , fera 
de fervice les matinées des a, 5 , 7 de dinièms de cha* . 
qie f!écade. 

Xiy. Ce membre recevra , examinera toutes les de- 
mandes reinifcs au comité , depuis fa dernière féance ; il 
ftr« ^cra fon rapport à ia prochaine affemblée du comité. 

XV. D'après ce rapport, le préfident du comité fera 

t*.uAâbu(ica c!ç4 Jçm^LfKieç > eartç. les diffcren^^ memhfe«« 



(fil) ^ - 

■ XVL Giaque membre , charié d'une «fUre , mettra 
(ê. fignature en marge & à cdté de J*enregitbemsnt de U 
.demande , Si cetre fignature établira Ton chargement. 

XVlL Les mettibrcs du comité feront , d'après Tinvi- 
facion du préfident , leur rapport i chaque affemblée , des 
demandes dont ils feront chargés ,&du réfultatde leurs 
dimjrrhes; menton en lera faite dans le procès ver baU 

XVlII. Il fera fait note, en marge du regiftre & à 
c4té de renreg'ilrsment , de la demande du rapport fait 
par le commiflaire qui en fera chargé. 

XtX. Les réchmans doaneroot décharge , en marge du ^ 
regirre , des pièces qui leur feront renduns ; fc s'ils ne 
favent pis figner il en fera f^it mention. 

XX. Les membres qui négligeront -leurs foins dans une 
réc:aTnatIon ou demande, ferant cenfurés par le préit- 
dent du comité : mention en fera faite dans le procès 
verb<il. 

XXL Cette ccnfure aura encore lieu envers un mem- 
bre qui aura «manqué trois lois de fuite aux alTemblées 
du comité , fans l'en avoir aviié par écrit. 

XX )L Si un membre encourt cette cenfure pendant' 
trois fois pour l'un ou Tautre de^ deuxl cas dlterminés 
aux articles précédens , fon nom fera r^yé du tableau 
des membres du comité ; l'extrait du procès- verbal de 
radiation f:ra lu à l'affemblée générale de h fociété, af- 
fiché dans la falle des féances 6c celle des affemblées du 
comité. 

XX IL L:*s afTemblées ordinaires du comité feront va« 
hbles par les fuffrages du «tiers ées membres da comité 

Îiréfens : mais quant aux aflemblées extraordinaires pour 
a radiation d'un membre , &|>our des cas non exprimes 
au préfent règlement, elles ne pourront avoir lieu que 

|)ar i'afljâtncc de la moitié , plus bu moins , de la iota- 
ité «fes membres du comité , convoqués ad hoc. 
.XXIV. Pour con{bter à chaque féance du comité la 
préfence des membr.s qui y sfiiAerpnt , ri ^f^a tenu 
ime feuille oii tous les membres prcfens mettront Uitfs 
fignatures. 

XXV. Le préfent règlement fera tu à raffemblée géné- 
rale de la fpciété , pour être fournis à fon examen & à 
ibn approbation. 

Ariété définitivement au comité , le feptième jour 
du deuxième mois dv? Tan deuxicme de la république 
fr.inçaîfc , uae.^indivifible. 

Et ledit jour , !e f rifent règlement lu à la fociété , da-rs 
U féance extraordinaire de ce jour ^ a été adopté & pro- 
fla^é^à. l'unanimité. 

félix Lepelticr , préfidtnt , Quîret , fccn'ulri. 



t «* ) 

^ |ïeftà déCrer qufc toutes les focicfés de la républîgtic 
iin tt :t ^elie des Jacobins de Paits. Los pe fauroit don- 
©er^rop dé publiité au réeîemem ci-dell'us. Nous ne 
céderons de l« dire lu turveiiunce des fociétés . fauvera )â 
thcfe p b-icUj. ■ 

Jigtmtfts nndus par U ccmmijfon militMrt établie i 
BorJttiux . 

Jean-Bapti&te Biroteau/ci-Uevant membre de la con- 
yeâtioii na^iQnalc ^ Bronaud - Gabriel Marajdon , ci- 
devant membre de la co::kjTii(!ioii pi étendue populaire 
de Bordeaux « t«:J$ deux mis bors de la loi. Nicolas- 
Ahel ViUefieuve, commis négociant, convaincu J'avoir 
d}i{dmé la convention nationn'e et la conltituticn . dV 
Tc»r fait cous Tes efforts pour empêcher qu'elle ne fi\t 
acceptée, ont été conclnpiiés à la peine de mort par 
îu^emeot de la cpmmiâion militaire établie dans cette 
ville les 6, 8 Ck 13 Brumaire. 

Le 4 , eik a condamne à ta même peine Pierre Du- 
STOutot, prêtre r'éfra^^taiie. le 8, elle a iuâigé celle de 
6 années de fers à Je.in-Gabriei Lalane » planimeftre » 
pour avbir tenu des ptoj^os peu ménagés contre la con- 
ventlon nationale, & avoir favorlfe 1* commiflion pré- 
tendue populaire. Le 9 , et e a prononcé une amende de 500 
mille Ymts contre les frères Rabs, négocians n Bordeaux, 
qui avoient fourni des Ibmmzs confidérables à la utéme 
commiflion , pour les frais de la force départementale* 
Elle a ordonne, le 11 , la confifcation des biens' de Pierre 
Berthoiieau , futcide , mis hors de la loi , pour avoir jpro- 
yoqué , conco^iru & adhéré aux aâes de cette commiiiion. 

rar d'autres, jugemens des 5 , 6 , 7 , 8 , 9 ,6c 15 bru- 
maire , ^l!e a acquitté & mis en liberté G briel-Denis 
H^nry, Jacques Ségur , Jean Abadle , Guillaume Fou* 
cade, Jacaucs Magendie & Jofeph Hoftain , préVenusde 
profelTer dîs principes inciviques , d'avoir participé «U]c 
e&trepnfeslibeiticides des fédéraiiftes, & reconnus ^cocens. 

Supplice de Bailly 6» Manuel, ' 

Ëail'y, qui ne montra qu*a:.e fols &. ui moment le 
caradère d un républicain, & qui dans tout le reAe de 
fa vie publique , fat Teftlave complaifant & criminel 
d'une cour fcélérate ; Bairlly , qsrt trempa Vécharpe de 
la p'us be le des m^agiflratures dans le fang du peuple, 
de ce même peuple qui lut avoir (î génercu liment accordé 
fa onfi.Énce ; le premier des maires de Paris , Tex membre 
de ir:is âca «émei /Bï.'.îy el\ mort ("uf Téch-tfaud après 
avcii vu brùicr devant lui le drapeau ro; gR. Cet imiru- 
me r nrrace d Mit le journal des révolution^ av>it prévu 
tout 1« tn^\ c^A pourroii l'aire emre lesmaîas d*u:i hon:me 



(«1 ) 

oublie, vendu à un dcfpoti: & à une fiecnroe vmdicaiîw^ 
'iUilIy appeia de ion )ii^cmcâU k a poUéfité, d^^nc il 
aoioit du j^icn plutôt învcquer «e fileace. L'cxécuiiq^ Ç^ 
&i du ci!<iiip de là Ùdcration ; il a'tîil rien tel couane l^ 
raj^prucheuàcnt du trjiie'ccùutuppiice. Surja routf» jBaiiiy 
eut tout le lo.iir d'en rcaurc ceus \iS\^ ieiû«bie du peuple qui 
cft ia poricxité vivante: ^aiài-mvi iHQnpènVRtMÀS'moi mm 
ftmmc ijiinds-nwi mù enjan* ! Tctstioientie^ li^s qui «'Cîtf- 
Y0Îent4i droite ûc k gauche, 6cqu: durciit coxnaiencer hê 
fupplice du prlncipai.aâteux du mailacre ùuÇh^tnpdc Mars^ 
bien avant le moment d.; i'vxdcuton. Oeja la bâche de l^ 
loi alloit ctre détaciwe i^ur J^ tête .du hiu^ilirat aâaifin ^ 
quand 1;: en dcfc citoyens indigner s*éleva contre lui. « Soa 
^ lang vil iouliicioit le chaïup de ia patrie, àL rejatlii- 
n joit jufque iur l'autel cii le uionitre eiitcharpe «lUonim 
fl de répandre le (ang de les tVèies :. ïu^ss eu cba(np de 
» la tédéracion» I il laliut bien dépiaçei icc^ha.aïul , & 
pendant ùmervailc , Bailiy eut le tems de le voir expolë 
aux reproches les p!u& terribles (k lesmicu^ uté«ieés pour 
\^ piyb^.grapds Ue loos ie^ toriait^ comini» p'^i lui a%>ec 
ianjg fruid /^ au upm de .a loi. j 

MapUf^lnVlt.pas.nicrtavec plu» de cqur;ig q'je Ie'f>ré- 
cèdent. Lui, qui, .avoit dit : je n'ainie pw les rois f, 
auru:t dû garder çeCn^bie une atùtude plua^ terme. Pour- 
' qv#. n*a.t-ii pa& pieux iu4V.i les cqnlaU que nous loi 
avioni^ ^onné d . tciûr dans 1^> b^rea^x ^diiiiiiiikatife dt 
!a cpivduun'e j jl avoii U vue trop courte pour ,un pcfic 
plus éievi.. li.vpHlut y monter àL ne ptii s*y ioutenir 
qucn devenant U c(Hnp]i«:e dcpLficiirb fcéUrats qui uvoi«:iis 
piUS d'énergie que lui ^ 6m i'emraioèrent ian^ peine avec 
eux fur TécliaLud. 

A Vill^'* Afiranchie- -, on fait jutticc des féd&alifîes. 
Chaque jour on en -exécute huit à dix. Dernier eaieut ^ 
huit officiers^municipaux ont pavé de leurs têtes leur re-*- 
beUton. U y avoit i dans cette ville , iine anftocraric con:- 
neitiak , au moins aufli ridicule que celle des ci-devant* 
La clafle refpe&able. des ouvriers étoit regardée commt 
une autre erpece d^omibes, àl traitée comme des nègres • 
à peine pouvelexu-ils-nuuiger du patn^ tous tes, gros né* 
.gpcians abulpiei;it de leurs vailles U de.l^urs fqeurs. Il e({ 

, Vfftt que l'anrïée def nj^re j il ieôr a été accordé beaucoup 
de'-(eôaors ; mâi« c'étôit four les mieua^ tl-omper, 
' ff' y a lîeîi tfcljiéref que Collbt-d' Herbois y rîf;ibJira^ 
la paix Se r^^liré^fic qu«lés fans<cutoites irouvcront en 

>ltti un père. 

Ne pourroit-on pas reprocher à Bazlre » Rovère & le 
Gendre y Tinfouciance qu'ils ont mis à faire un rapport 
fur kur mifficn à Lyon r La convention auroitpu prendre 



de» précautions p^'.ir éviter c|ue les royalîftc» « \e% Cédé* 
«lifhs. ne formalfcntAin n6yau de rébellion > '*•" aurofc 
épargné le feng des patriotes , car beau cou [4 ^^ ^°"* ^**" 
rtoysns , forces j)^r la terreur , atiionc marché fousk*.^^ 
dres des tebclles. 

y^ Il .1 ifc II ■■■ I l ■■! ■■-. ,.,-■■■ 

Dins la féanee du 28 brumaire, Amar, rapporteur da 
coiDÎte de (ur:>té cénéralfc & de salut public , a déclaré que 

Ïar «rdre de ces deux coxnMé> léunis , Bazire ^ Chabot» 
uSten (deTi:«lowi>-) & Delaunay. ( d'Angers \ avolei^t 
été mis ^n étiit d"drreltat:on^ Les deux premiers font cenfés 
dcftonc'bteurs d'une grande confpiration ^ tendante i U 
d Ablution de la convention ; le$ deux autres' font défigtiés 
comme étant les chefe. / 

• Mais la convention a agi fogement en approuvant l'aN 
relation des dénonciateuts & des dénoncés , malgré lés 
. ioo,a:o liv. dépofées p'^r Chnbot, comme lui ayant été 
données ponr le iéduire; i! étoit tndifpenfable de piendre 
toutes les mel'ur^s pour découvrir cette tratoe i.iFernalê. 
N»U$ l'avons déjà d>t : que ce feroit un très - grand maî; 
heur s'il s'^élevoit en nouveau parti dans le fein^ U 
convention. Les intéiérs du peuple feroient compromis. 

Mais Chabot aura ^ félon nous , beaucoup de peine à 
/e laver des reprOt.he> que h'i ont fait les Jacobins, 
- Dutoutny , membre du départetnent , dont le patfîdr- 
tnme n'cft p:« douteux , lui a porté des argumens d'fft- 
ci'o» à réfuter ; tels que Ton riche mariage avec uhe autri- 
chiens , Ces deux beau-fièies arrêtés comme fufpcéb , & 
mis en liberté par fes (oii ici tarions ; 5c commisnt il le fek 
que ce ne foit que depui* ces reprochas qu'il ait été choifi 
peur chef d'une confpiration , âc qu'il avoir à cet effet reçu 
100,000 1. 

Di€iîii 30 Brumairt, La fc^ion de l'Unité qui cft dans IfS pria* 
c'ipcs les plus républicaÎM , eft alU* en maiTe à la canventiofi 
njtiantfk aép^fcr les hochet» du fanjCtlfme. Le cortège étoIt con- 
istivrable; chacun droit ait^ibld d'une dépouille du facerdoce. Sur 
ua brancard étoit placé un Ar?p mort.iûre oui anoon'^QJt la m»rt 
jn clergé. Plufieurs orîfe.ir$ ont prononcé des difcour? où reTyt»- 
j*.)!! la^hilofophîe la plus pure; ceux des citoyens DuhoU\ mem- 
\n<i du département, & ItfMAir, cOmmiOaite de police $ ont kft 
couvi'Kf aes plus vifs applaudificmeiit. 



Le? rfpréfentans du peuple, à Vurmée de la Mofellt , rendcnc . 
compte ^ la convention par une lettre écrite tle Bricaftel , en data 
d\i 2 S Brumairt » d'un avantage remporté par les troupes de la 
répi:blic{ue , fur les prufliens. Ces derniers» après un combat de dix 
h.^vr-?^ « Qnt profité de li nuit pour fnire , aàrès avoir évacua 
Ûiic.llel ti S«H)ruck. Nos troupes les.ontpourndvîl 9c font.aràl 
Leiiant à Lîmbach , à une lieac ëe Deux^Ponts, ^ 9 



/( ^»s ) 

Pfocis <ies diputii'dt la convtniioti natiotuit^ pr^diiu^^ 

inhun^l jcvoUniontidirt par diçKt du^i'^ vcnd^mùUn ^. 

pour eiuft it mançnjkVTt> conirc-révoluilonnaircs « & cori' J 

, damnés à la ptînt (tt mctrt jpar jugement de ce tribunal ^ 

du p hrumairt \jt oâtilre lyfji'vUux PyU,\ comme^ ^ .^ 

^ tautiiirs &. umpltcts dt . conspirations cûmn 'i unité & \ 

'. i'injivifiliSfc de la république , la Uberté & la Jûreté du s ^ 

peuple français. \ , * • \ : 

/ [ Séiflct du tribunal , à\x 3 brnmaire. ] , 

Le^ipr^vcnus fcnt amenas à raudiencé. \ 

Int^rreg^. de leur» ii0fm , furaocns , âges» qnalitis» 
lijeuK-ck ttaiitmce âc demeures. • ^ 

\h répondant fe noi^mcc » lavoir : 
Le pixmier : Jean-Pierre Brijpft , agi de 59 ans » natif 
de ,Ciur(rcs « liomm de"" lettres , 6c et • devant dépoté 
dlEure 6t Xjoir , à la- convention natlooa e. 

Le fécond, Pierre -: Vifiori» Vercniatlx , âgé de 3J 
an> 4 de Limoges » honime de loi &^ ct*deva«lt députa de 
la Giropde , à la ci^nyontion nationale. 

Le trolfièms , Arnaud Gtnfonni , âgé de 35 ans » na*. 
ti( de BotdsaUx , bomioe .de :oi , ci-dcvam député de la 
Gironde, 

Le quatrième , C'Aude-Roir.ain Laufe Duptnuty âgé de 
qiiaranie-fi^ ans , agriculteur & Député du. dé;partoment 
des Bouçkes-du Rhon/s. . 

Le cinquièine , J[qsin*Lcui| Carra » igé de fo ans ^ natif 
de Pont- de Veilôs ,« .homme de lettres \ employé à .^ 
bibliothèque nationale, Ôc ci -devant député du départe-* 
suent de'Sa&ne & Loire. . 

Le fijcième , Je»n:Franço}$-M.irtin Gardien. ^^^ de 

Ireare-neuf ani.» ci-devant procureur- général-fyndic de 

Châtelleraut y & député du deparcement.dlndie & Loire^ 

Le feptièmey Charles- Eléonor Dufriche-VaUfé ^ âgé de 

qiMraajte-deii^ ans» /latif d*Alençon « cultivateuf-propoé- 

tiire y ci-devant député à la convention. 

. Le huîMme » Jean Vupraf , ugéde trente- trois #ns , natif 

d^Avignos^ , ci-devant né|ocTan€ , iSc député 4vk 4épart^ 

ment des Bouches-du Rhône. / .; 

Le neuvième.» CharSes-Alexis Bruîart^Si{l€ry » natif de 

Paris» âgé de cioquante-fept ans, vivant de fes revenus y- 

député de la Somme. 

Le duticm? , Claude Faucha , âgé de ' quarante-neuÇ 
ans » naftif d'Erne , département de la Nièvre » évéque 
du Calvados , député du même département 

Le onzième, Jeah-François Ducas , âgé de vingt-huit 

ans , natif ds Bordeaux» homme de lettres » député dà 

département de la Gironde. , 

N*. 2x5. Urne ij. D , f 



iV-abâiîërie^ Twii-Baptifté Boyer^J^ûfifide ^'Igi'dc 
ViAgt fé^pt âfis V natif 6t ^ordeaàx , caltivateUr-ttroprlé- 

lâyrd'jMépTitê dU cépâftcfnent d^là Gironde. ** • 




du département de la Haïuc-Vienne. 

Le quinî.iini^^ Gafpard du Chàfid jï^ tl« vingt- fept 
»ns , ''natif de R^abuçon «• ëiâpiâ>d6'Thoiim^' Oiki?^- 
teiur* / d^Mfé 4u, dép^rccmsnt iAts Dcox-Sèvrec, 

Le ieitiême, Pierre .AltfruWdlb'v âgé «dtf. vingt -teîr' 
ans /députe du départe ment .d«s B(Aiche*-4o^Riiône , na* 
ôf d'ÀVignOfi.' ' 
: Le dix^ieptiène , Jacquet- £»9/2ffv fils ainé^^iagâ de 

Juarante-deax' ans, ftégociasit', dépttté do ^pârttnieiifr 
€ \% Gironde', natif de iLib^uiées.' 1 

Le 4ix*hQ4tiènfie -, V\etT^ ttharây ^>' ^i de.iC«etNle*ckftf 
ans, r.atif de Dina» , - méd^diap/ ttépaii- du- >dépalt0j 
ment du. M.orfeniati. . r • • • '• 

Le dix^neuVtème^ %Iacque» .^oiAibiB., âgé de* quarante-* 
vn aiib, natif d 'Aval ton , ci-devànt juge de paix-'idansU 
ville d'Âvalloft^^ député du d^ai^otmàit de 4'¥c«iiie. i 

Le vinj^lèiiM' , Charie&4.o;Mt> Antîhou.1 ^ k^" àt ipLi^ 
rante ans , luitif de Saint-Trop^i , homm^ de-tel, pi<*ctt-» 
râorxklk c6dimu!tâ de S^^T#Op^z^^iklaûniftratfur da dé- ' 
par(eii%efi^ du Var , 'âc d<pâi$ptY>«Jureijr«géiiÉrali'fyndic 90 
détott^ 'du • nt(^ft>e dèpaMement';- ,' ^ ; - ;! .^*d 

Le vingt- u nlème , Louis-Fran$l>i$-ScI>«<liein t^i^h i^^^gk 
de tremerfi^ aDs; natif dd Rôz^èré-^Mci-da^^ft^gfrènà^r 
dans ledeuxrèm^ bataillon de- M^;<ittie<& Loire ^^dé^UIOt 
du même département. . ' ' - \ / ' 

Tous dejiicurrant ^ Paris.'ï(.., .-... 

j\^ grdfHôr'^ait ledure aiixvat:«u(!i^ de 1^fiiâeï>drHCie«f* 
fation. ( Nous le doiioerons incofT.imititnç^,' ■ » » , ' - 

Nous fiivons cru devoir intorvo;))pt« \c\ lkiinh*e ^de* la 
prccédttré ^ pMrr donner riA^p6rtan«ii- décl(krati#ii'^du ct^ 
.toyen Chalx>t. , >- , • , ^ ... : 

^JD^plaradoff ^^ citoyen Cliab&t.dâa^ raffuircJcs ^^è^^tis^ 

Citovens prés^ Taôe id'accufatiert omit »6rfil^^(k'fe4 
\ fcoin|>ncest i^<^rté Cur'kcfait- é^n- €ofy»plo< ttfàmé' contre 
|*nni^ , î'indHrffcb'riité, fureté ki«ériëure & extérioilre de 
la rdpubUqaë. }^père qu^ ma dé^ofif loii -en démontVeifa 
rcxi{&iic<f : feft fera) cô^néttve i'btflgiiie ^ et tes prituti- 
[pirux' auteurs ; mais 7e iina obligé^ de rieifioiit et bax pre- 
miers jours de Tafiemblée iégîfltftive ', Se * de paitler im 
fBdl quel^efois. . • ,-* ' ^ " '' 



Avant la £n de PaftcmEIée 'cooftîtuante , je fis înft^ 
f^ dans les ibûfiiatnc^ut «voient 4ot^ 'queJqae.répiita- 
tîén de patrîotrfme ^ bne- iavttalion jr tous .les- doutés 
•mis du peuple , dc'fe rlimir «lux facobins , pour, d^- 
î^uef {es perfidies de la cour & de i'evv igeips. l>us oç- 
eafion* â'y voir Jcan-P?eH'e BrlHot , à ; qat j'étois d^* 
recommandé par mon évoque Of égobe. Je pîfrta- , daos ettf^ 
'rfëntbh, avec énergie, c on ttc ki rëviTionÔc c«Ati>elc inachiii^ 
v|li!ihé^ de la cour. lirifTot' prit dès lors^^tdiuTtiâeâioo 
^uiihoî , & m'invita à aHer le voir. Aiceté» épMoo» 
it'nî*Accordoit quelques tâlciAi;'}c ne ie vis cepéftoaiit 
ifu*Aux jacobins 6c à P^ifltfmMéc lé^^flatîw. Quelques (tt 
inaines aprH fa préfideilc* aux jacofaîos ^ leaa^Piff^ • 
BrTfFot me dit : Ncms noUs régniffoM en.pankuUerivec 
Vergtiiaux , Guader , Genfonné » Cottdercqi Sl imtrM 
députés bien iritemiomié»; vous devriez 'vûutdéunirravQc 
nous : nous dînerons^ Aiftmblo une feia hdScmtimet fctt 
nous concerterons "tti^e' marche à teair dum^AttàofkbUt. 
Je Im répondit : Jo ik • veux veconnoitre iauoun^ auêre 
'réunion que la foctéti^ d^ j^cobim. U n'en^efi pas de 
cette aiTembiée comm^ de fafbmblée copAituaste \ d<mt 
yc% élémens néceflTifoienj des menaiira &. des. ^tx^ttév, 
ta nous fmnmes touii dépttlés. du peup!e. 4¥>w Ivner 
contre Hnâuence que cetfe maudite- eonli)itati«i. a donnve 
^ Ja'cour & an mtniSère : nous/ avoqs )e ! peuple {K?ûr 
flous y il faôt agir ouvertement ; taot <fuemons voudrons 
le bren du peuple, nèus n*avoiis pas 'befiin.de muis ç^* 
^hcr de lu) pour le faire; iff ^ut ^ à la Ttibiine Mes jaco- 
bins , l'intérefler aux décrets <{ue nous >mdoas ra>/^|WT$r , 
en iui démontrant qu'ils nous onc écédijEks 4>ar ù d^&r 
"iz fea l>onhettr. Si vo^js- faitea' des réuniims partiel i c» , 
vous infpi^eret des méfinnises, parce i^uç Ph5^mme <|ui 
fait -le bien y n'a paï bef^n^^ dé feeafbef ^^^^ciani à.n>oi, 
)e vovs !e répète , jfe nT^ai^ jamais daniapcua concilia- 

' bufe ; je ne verrai mes aiflil' qu^i l'affifmUér <& a«!i;:)a€<* 
bins '; fi dan% votre >étinion ^ H U liik qtieiqae-, k^n 
projet de décret, ^t Vi^viytrài de tofites. mç> ii)fv.«;$ ; 

'ma?a fam autre MâfiqOi^ y 'que cflMe xlçi. courage & ^c 
rénergle. Je le quittât/ Ë* péi|^îoA WLt lieii^milt* yt pijr- 

-fiftai dans le refus îfy^ s(lle#r Grvn^enbuve. :n)e !téiR9i- 
'gnoi^ alors TaffeAiorr <ftm' pèr^. le lui fii part «do Tip- 

.vjta^pn de BnfTot & de mon refus. Tu^^to^.l^efv. ^'vt i 

'nîj^'réjpbndît OrabgëneiiVe' , <^^fpnt r-es. ir.tâ^iafr^ ;i ne 

' crtnnois pas Conç?(5rdet j j'ai de ia- v«rératio*i ft!^iir (es 
talcnj ; TTr2TS >'r»<rof îi Une mAuvaîfe fleure Kk un^.mati- 
vaife r'niiii.iT'on ; f^ qtr«nt'*à' mes trais, coU^ujes de |a 

*déptt^lr^c)n de la G.rondft ^ }e les caf«opia 'ptmf à^jgjF 
bitieux de dts iutçiguis. 



Genfonné eA h pins hypocrite Ufi tDU« ; c^étok *4MI 

^ irtftocratc , qui n'a' fait le patriote» que pour avoir des 

places. Il ne fut pas piiitàt procureur de la commune à 

I Bordeaux, quç pour faire la cour au ci- devant duc de Duras^ 

^ il Ht tout ibfîp poffible pour diflbudre le club national. 

,'Vergniaux ^ encore l'ami m le proti'âcur desarifto- 

V rates , coitit^ il f'étoit en 1789. Guadet atplroit à une 
place de coéimiiTaire du roi. Son titre éto;c un .grand 
âèv^nement .à la cot'r. 11 vint la l'olli^iter à P.i»ns. Le- 
-miniâre ia lui refuia ; & deppis cette époque y il eft de- 
-trèmt ennemi delà cour; itigpz quelle conhance mécitea^ 
dCft ^liomme^ parmi les patriotes ? 

^ .Déjà'i'affembièe iêgilative m*avoit nommé au comité 
de sûrecé générak » avec B^zyre , Merlin 6c autres. Bé« 
V thune Chaioft/nous y fut dénoncé comme entretenant'^ 

f la fro. .tiète du Nord un certain nombre de Brabançoi>s 

réfugiés. ï^ons invitâmes Béthttne- Charoft à fe rendre ay 
comité de sûreté générale > afin de lui anacher Ton fe- 
cret par des careHes ; mviis Je mandat d'amener étoit 

'lancé en cas qu'il refitiàt de fe rendre k notre invita- 
tion. Bcthunf:Charo[l s'y rendk : U, aprè;s p'ufiëiTs ex- 
plications , il nous dit : Je comprends qu'il entre, dans 
votre plan de renverfér la cour. 
£h bien ! je puis vous être utile ; mais il f^iut que 

<voi]s ne me traverfiez pas dans mes Ueff^ins, L^ cho- 
(es (ont fort avancées. Vous allez voir au mlaiilère de la 

-guerre un homme îqui fe popularisera; il appellera au 
généralat La^yette; pendant Ton min'>ilère , il ira vifi- 
ter les armées; il aura des partifans très-chauds dms 
les d<*ux côtés de ralTpmbl.ée ; à lui feul il renvedera 
le shiniflère ;^ la méfijinçe qu'ir:(pire la cour vous do^- 

• nera iieu de propoCer de faire nommer un conieiller du 
roi par chaque adminiAration* de départemens , parmi 

'les hommes les plus remaïquables par leun fortunes, 
ieurs talens & leurs veaus ; It propoiition en fera faite 

. à KaiTemblée ,* par un homme qui jouira de la confiance 
des deux c6tés ; Si ft Taflemblée la rejette , il eft fur dé 
la faire adopter par le roi , en lui montrant dans cette 
mefure, le fenl moyen de fe concilier la d>nfiance du 
peuple , & de fe décharger de tout ce que le veto peut 

' avoir 4*odieux. 

Le même mtnîfire propofera. la g^uerre contre l'Autri- 
che. Elle entre dans nos plans. Je vous ferai , en Bra- 
bant « une heureufe diverfton ; |es nobles & les ptétrçs 
de ce pays- là , me fourniront affez d'argent pour foute- 
nk ffionr aripée ^ qui fe recrute tous les jours. Si les minif- 



ri:e$ refufentae «lécWr la, guerre , les quafre-vîng[t-*Ws 
confcillers qui arriveront des' débariemrns , la feront dé- 
clarer ; car on a foin d'cmpêçlièr fa , nécelBté dans tous 
les papiers patriotiques. Le friiniAère Icra a!ors rcinpiacé 
par ces corifeillcrs. Alors le minîflfe et la guerre feul 
refiera comme tnimitre principal. On appellera à l'ad- 
minîAration générale des finances, peut-être Neckcr , 
peut-être Clavière , fuivant que* le parti de BnlTot ou 
oes banquiers dominera ; car^pour les careiTer tous les deux 
on promettra les finances^ Vvkh' 8t à l'autre : alors ofi 
tâchera de faire partir le roi ; & fi l'on ne peut pas Vy 
déterminer, on s'en défera dé toute manière. Le ml- 
mftre principal , d*accord avec Lafayette & le min-îflrc 
' des finances , fe partageront le gouyernement , & il faiit 
pafler par cet état pour arrîVer à la^républtouf ; mais 
lur'tbur la guerre avec TAutriche. Meriin , Bafire & toot 
furent dépositaires de tt fecret. Nous mimes des hommes 
fûrs â la pifle de cet întiigant', en conciuant.de Ton- 
vertu rc- qu'il nous avoit' laite, que la guerre devoU élf^ 
défaftreùle. Ïean-Pîeirre Briffot, Roqderer & autres adhé- 
rers , noiis propoftrent cette guêtre aux jacobins , Yotu 
prétexte de municipalifer toute i'Eùrope. Rôbcrfpîerrc , 
combattit le fyftc-me de la guerre ofTenfive, avec cette 
éloquence &< cette énergie qui ie taraâérisèrent. Pîufieuts 
fois nous fïim^s tentés de lui communiquer les ouvertures 
que nous avoir faites Béthune Charoil ; maïs voyant 
' que foh air.our pour la patrie le dtrigeoit fi bien , nous 
ne' communiqrame" ce fecret à «personne. 

O'penc^ant N.iiiif>rne ^toit déjà ad miniftère, &' vé- 
rîfîcic iHie pattî? dti declaraticmsf de Béthune ;• il vifitoit 
les r.rméçs , it fa-roit de^ partifans dans les deux çètés 
de l'afieml^^ée le pop\i)aritoit'aut«^it qu'un intrigant peut 
le faire. Nous chargeâtncs plufieurs citoyens de fuivre 
fes démarch?k vk fes relations avec nos collègues. Les rap- 
ports qui roiis en furent fahs , démontrèrent jufqu'îi la 
conv'âion , qu'il feconcWt tous les projets* des accùfés 
pour la giierve cffer.five ; & que ceux-ci, à leur tour, 
ex?ho;eflr Nirboinie d^n^ leurs journaux., en actufant 
r< éme ceux de leurs vcolfègues^ le« phi^ efiimables / qui 
dér.onçoieni les vices «è'foh admrniflrtition ; fes liaîfbris 
avec les traîtres qiiî comtnandcient nos armées j & la. haine 
qui! avo !f jurée à nos brèves \î6ï.Tifeurs de Ta patrie. 

Brffot & Condorcet en partcaHor. fe fignalcront dans 
celte proft'tut'on de leurs jo\jrnau?<. Une dwonciation de 
Nai bonne faite aux JacobW, nous va! ut bien des épi- 
gramnr.ës dans !e patriote' 6c. dans la chron^que^; dc%-!o,-^ 
j'eus le courage fur la fin de Janvier, de écncnzzz la îic- 



.lion (le Qrlflbt & 4t UGironit, EUe ^foîr^ paiyrniic.; 

.soa^a$ à. me dcpo^if|ani'<er'Mài\s l'aiTecnbtéVî çQais à aie 

tn.iiculifcr^, sdus les Vij^es </e capucin, d< frêrcquiHur j, 

' d*i^v,af4i/it,\ de maiêX'éU (^<^t^t^ i^ m4Xi\^TC que je n*a; jeûnait 

jf.'tt ouvrir. l^;bpuchc (aui être 'couvert de, murmurent d^ 

tons le'.îx que la (a^î^ix avoit, f4it ^câ duôes d;vns Te côtp 

g^i.ciie, Ck. de ttjut le^'.oté dfo^t, ,m-.n:lKTi<rrpar 'principe^, 

comme 4fl faûion î étv^'u'pVr iîtért^t. N oiioIké pas , cxcbycni 

jurés» qui Charri;er.,.i,ciçt' iieV rcbel|v*':> ;de la to^ire', Tun 




grclj 

hûH'.iires de rAveyxop ^ enu^autre^ déclarations, 1^ pU)S 
importante dms la guerriç Jécldré^:.^ ]*A^itr!cJjc. 

Il avoua que les émijgrés s'écpicnt tn Yatn.,;^'it£s pour en- 
gager .Icb p [{Tances ^t/angires a uai; guerre défaftreofe 
pour rhUiSDanité , 4[ue , pour les y contraindre , Us pri.ncei 
^a\?oLei;t dépenfé en France dei^x cents millions » pour q1^ 
'lewir |e, décret dt.laftu<yre. Lorfque nous appsrçûmes qi^e 
la déclaration de*BétKune fe vérifiolt tous les jo^rs , faiis 
le fiômmi^,^ pour ne pfks neutralifer §cs moyens defcrvir 
U |:"rjni:e , ooi!is fun^es part à quelques bons^ montagnasds 
des projexs de Narbonn^t \ Montaut étoit àti npmbre. No<^ 
inrer))ell^mes Fauchet , ppur favolr ce qu'il pénroit de fc^n 
idée àt prgufhrai., ^ tjrliinyirat. Faucnct'noas répondit 
qu'il en écoit inilruit , puiraue c*étott lui-même qui Tavoit 
tait éfiter fur cet article , oaos le cas du dép irt du roi , ^ 
t}u*il ^ayoit répondiT à fa femme avec laquelle lui Fauchât 
yiTt>Lt / qu'il le mettrolt à la tiîle des affaires lortque \% tqi 
ieroit parti. * ^ 

Trais fqis ce départ a été tenté , trois fols nous IWoiis 
fait échouer , quelquefois gjie. heure avant Ton exécution , 
car Baxire » Merlin & mai , formions un comité de (ûre(é 
g^/Krale au mil'ieu^de celui que l'alTembiée avoit créé. Les 
(| uatre-vio^t. trois .coi]^(et(lers du roi avoient été propofés à 
lair^mbljielégiilative, pfU-tiii homme qui avoît été furpris 
Ri^^, ^9^ ^eirs chez le minidre ISU'bonne., dégutfé en irob« 
d# cHÀmbre. ^qn^ut^qie^ dit alors : le pUn s'exécute » fi 
nous ne iu>us li^toi^ deic fajre écKouer. .Guadet j qui en- 
tendit ce p'rof^os « îaterc^mpt Tprateur ; m:iis Karbonne 8c 
t'es adhérens firent adopter le fyfiéme au ci-dey;int roî..Ç« 
fut j^lors que j'eqs Ip içourage .de dire aux Jacobms^ que 
dxuos 'e ctik. gauche il y avoit jutant d'intrigans. que dans 
le Ki\ik droit, Scqu'àpeinc le, peuple pouvoit coài^tcr dans 
raiïcniblée trente amis défintérefljès & dévoues à fa cauie. 
J^j^ Jénonçïi U facciôa^de Brluot. ^Sfc^de la C'.voii^t ;, depuis 



<eltc 'ii>b^.!e 1^ Brîffol né m^a^ plus'pJiVJo'iné , & îl eft' .{)?«•; 
de huivi£roV de Ion journal j^ outm ne trouve une laiuOlcé^ 
& une Caîdmnu: cohc're ir.oi'j Mêrh». ou ïazite.'La gueirè 
•voit été c^iîCL./ee;âii coni^îi tlû cirÂev^nt. N^bonne avoîc ^ 
été rèiiî'ac cet"iavU : riinb il alloft culbuter réf.âuire$ mî-* 
nîfties ^ parafe' plan de> coiiVciffcrsaipârienienlaires. NourS' 
fiincs 'prévcnîj^. Vecrettcinerit Ddcflart de tout* le . Plif*' 
àt NarboAné. bclctVait en fik .pftft'' à îà reïnc ,^'3ia*à(:-* 
cord avec elle y il montra au rorfe précipice dans tequâ 
Narbbiïne rcMUainûa. Il né lui Hianquoit <(ue \^ çsimé* 
dû îk>ifon ou 'd«Taf(âïïinaf, oblirV^rtivec à i'(is v tics ami' 
bUieufes. Leroi çhafle Narbonnc*; '^ori fes piffrànJ* it 
cenx «le la gueére entrent "dlihi^îl^^-iiïféijrt-. Ruclv.t fut en- 
gager Car.-bun à lu faire;, roter des regrets par rairerablc- , 
et Canibon en auroii" falf lï' thot.Sn , ii je ne l'avoir 
îi^ftruif, 4*upe «Ktie ^dçs i:pan«uir«§ -j4^ liarboçnc fiCr ^^de 
fés p'artrrans. Êriiïot" qiii Uava/1]^ arcç î^ar- 

bônne , à drei& fiiAr- d'accul'iilioii contre Deleifarj^l paflar 




it'^tions qu'un 't è^-petii n^o^nbr^ c^n» le myAct<; Je cette , 
cirgracç, "inau.^rerqùê tous* les^ vrais irtontagnaras .con- 
nôiflbiènt la, Içcler^jetle de Karbinne. Le^joincrc ^jôit !a 
preuve de fes J&-iponncriçs ; Uuhem» celle dû fa j?c-lî4 > 
gence à détindie nos îromièrcs ; AtO^te^ ccii<; des ^ûe.M^ 




«9n, mais la snontagne fit unjs telle T^MÛ^^ÇC^ ^^^t^YQ-j 
Ibnné, pour 1i| ménager ,' f.etï'ra lûr- même u^n aiïriile, 
Bridot dcmd/.de alor» ^ lire (on xlifcours cônuë P^:;^ 
fart ; & nous , qui avïons culbuté Kç miniftra d^ l^gu?*' ^ 
fn celui des ^iffaires étrangères , (^^ig}e^>cnch4AtW,Me^'y>rr 
culButer ce dernier ^ par.lc>.amis,du piemier. L4 Mélorg^r: 
BÎfafîon étoit à Tordre dû jour. Du marnent .qîjM tut 




cer des' aiiniftres à fa dévotion. DumQUciei dut ia< numî^ 
patîojii ^ 119/1 JfSA drreâêmept à Briitûil » mais k Gen^onn^ ik 
\ S^inf e-:|'pix ^ qui voulqitf^^uver lacour par ksrJacoSrn«| 
o^ p^rdi[e^ comme BtiQbt^ Içs Jacobins ,. en les ''ipêttant 
aux picas'^de la cour &' d'ca m^ikifires. Qvf^i ù Cûi^ ' 
fifa dt ces adtS'f difoit aiois ^rïflqt eb partant àt la^Ucrre, 
lis JàcoÛns'ftwnf minifiérUU ts fouilles. La nomination' 



(:V 



'\ 



de P^îmoiHÎ/'/. , îTitîiga.rir vendu ï U faûia>n,, en re(^Y.a. 
les efpérauces » ck ce lut par le moyen de Dùiiiouriez que 
BriiVor, parvint, à placer fes créatures, Rofl ah d i^' Clavier e 
& Çervant.Ceft de D'umouriez lui mêmç que je tiens ces 
promotions. Bernard de Saintes peut rendre le même té- 
mêrvuage. Ciie not^ trpui^ chez Rolland , échappée à 
tQutes leurs précaution^ revolutlormaîres , t>rouve aue Ck 
BrllTût ne rccom'tnandojt^erfonne en particulVer , c'cit qu'il 
avait un vaile plan de placement de toutes Tes créature^. Il 
ie mettçit erdmairemçnt derrière la toile. Ses agens , Gi* 
reV'Dapré , Boiiguyon , Millin ^f «lutres , étbient chargés 
4e {krôncr les cken dont on'voutoit fe firvlr. 

[ ' , ' Comrnanc 4t Paris. . / ' 

• Qùlnudi 15 hrumdîrïfX^ commune d*Aubcfvîllîer5 ex-» 
pelé qae ie prix cxctfltf'' des légumes ^ pour caufe IV 
^pareiÀent que l^on en fait, ainfi que des cnera^s qui 
' fchr entevés ôt'pdné^ ^u foin. ^^ '' * " * 

Un citoyeh expofe que des femùies' prubllqui-i' font in-. 
Produites dans TEcoîè mîlitAii'e ', & y co'nompent leV 
îeunes "citoyens qui y four caf^'rhés , 6c qii'a fa pjîate du 
jouril a vu enlever des ' pâifis pAr des femmes & dei en- 
fans. Le confeîl ordonne l'expuTion de ces fenimci pu- 
bliques , &' enjoint #a et tri mandant générai de rurveiller 
rexporfation du pain.' 

'^ Un aufre citoyen qui s'appelle Briflot , demande i quit- 
ter ce nofflodiei-x, & à prendre' celui de Francade. Le^ 
confei! 1^ àutorîfe. '* ' ' *.. 

Parti detnande qn'îl ne foît cxpole en vente d'au frc 
càierfdrier que celui présenté par Fabre d'îjghiu ni \ & 
âtîopté'pa'r la convention , afin de mettre ^ovi.s Ivs cU 
féTyctil dans la néctrffité d'apprc>idre"!c ^'noov«aù calen- 
dhér. Lecônfcil arrête cette propdfition. // ' ' ' 
• 'tâ*^]fefti;id' d'elâ^iA'dîron'cominune' demandé' qu^Ton 
dflivrc lés certitîcats de civifure : icconfeil lui obterve 
qu'il arteftd pou^ s'en occuper la îiflc des^ lîgrtîitiî^re's. 

la (cftian ^es Arcîs dénonce im afrêté âJ'U'iVtti'àn de 
iWucîus-ÇdiVoîa j tendante à difT^udre le départ onic-nr. Le 
corifcil *çnVôîe des co'mttiiflVires'pout prendre des informa* 
tions dans 1^ fcÔion dénoncée. 

Stxddi 6. Les feftîons 'des ' Quinze- Vingts &• celle de 
Montreull demandent au conféil que leur tiubourg s'ap* 

Îelle '4of énaVant Antotnt , A non pas Saint^Antoine. Le 
otifell applaudit & accorde. ' 

■' Le chojren Maurice préfctitè au confeil un Jeu\ic cî- 

^ . tcyttk 



: . . . . (an) , . 

MQreii qvi^il (é d^arge ^nourrir 6l d^eatretealr peaikiit. 
1^ refte de foa éducation. 

Le comité révolutionnaire de la feâioo de Popioconrt. 
cwpofe au coafeil qu'aucun de Tes mèmhrei n'a touché • 
encore i^iodeinnhé accordée au facriâce continuel qu'ils 
ipnt df tout Icor temps. Le coafeil nommé une dépu*^ 
tation vtrs la convemion pour réclamer, en iareur de. • 
fpns les coùiicés révolutionnaires, le paiement de letira 
indemnité». . \r . » 

. Vn tnembre propore, que le préfiJent & tons Ica 
qiembres du confcil iiégent en bonnets ronges : la pio«, 
pofition.eft adoptée, i^uffi-tôt les membres du comité 
révolutionnaire de la feâion du fionnet-R«uge «qui.fe 
txouvoicnt préfeas, ofireot .leurs bonnets au maire , au 
Tice^-prefidcnt « &, aux procureurs de là communCi 

B^rnaiîa, minière du conrâtl', qui aVott é:é traduit au 
tribunal sévolutionnaÂce , en fort pleinement juilifîé , & 
reparoit aux yeux du confeil qui l'applaudit. (Il annonça 
que pendant vinjgt heuie*» il a été empiiibnné au milieu' 
d'une trentaine d'Koiiuucs prévenus de crimes ; que les 
mefiiurs le$ ridies qui fe troavoient parmi eux vôuloieat 
raUàfriuer en fa quafixé de tnembre de la commune^ 
mais que les priiunnîers fans-culottes l'avoient défendu*. 
. Sur la dem?adc de la fcâtôn des droits de l'Homme ^ 
le confcil nomme deux de Tes membres pour examiner 
la nature des grains que l'on moud fous le pont Notre**. 
dame ,* ainfi que fes regiP.rcs du propriétaire dû moulin»' 

ScptîJi 17. Girard! Il âc Segui expofent qu'il faut éloi« 
gAer de la vue des autres malades , tous les fous & tous 
les coiivulfionnalres , parce que ces fortes de maladies 
le gagnent fouvent par la vue. Renvoyé aux établiflfe^ 
mens publics; 

. La ieâlon de l*obfervatoire demande que les femmes 
d^ nos firères qui co.nbarcent aux frontières ou à la 
Vendée , loi en t logées dans des maifons nationales. La 
confeil , qui a déjà arrêté ce principe » en renvoie l'exéca*. 
tion au cor^s municipal. 

Celle de la Gté demande la pcrmiifion de s*aflemblet 
extraordinatrement pour nommer fes préfidens & fecré- 
taires. Le Lièvre oblerve .que fi les ferions commençotenC 
leur féance à cinq heures précifes , elles aurotent le temps 
de tout faire , & que la loi n'accorde que deux féanceé 
par décade. Le conleil pnfTe à l'ordre du jour. 

Dunoui & Viallard rendent compte de leur miflîotf 
.àBcrd.aux. Ce peuple, qui naturellement a de l'énergid 
Tavo t perdifc toute, entière par les artifice» de ta fââion; , 

Vne fociété prétendue patriôt^ue ^ avjît beaucoup Cott| 
N*. 215. Tom ly. E 



trîbt|é à re&oîdîr Ici amés. Elle exîftott eocor^ à tettr 
arrÎTée ; elle donna une ftte en liionneut de le Pelletier 
& de Marat. Mais le préfident & }t fecrétaîte parl^ent 
de tOBt autre chofe que de ces dent martyre de la \i* 
berté. n fallut que les deux membres de la commune 
de Paris fupplialTent à ce filence & fiiTent conitoitre ie 
Pelletier & Marat, qui y étoient tout-à*fait iiiconiius. Aufll* 
tfift apris la fociété fut diflbute. L*énergte des Borddait 
fe ranima t ils feront bientôt au pas, ptufieurs fois les' 
communes de vingt-Hçues à la ronde les ont appelles 
dans teor fein pour y prêcher lé panrioclfme : par-tout 
à 'Bordeaux Ton crioit vive la montagne , vive la com- 
ihane de Paris. Punoui ajoute qu'à Angoulême on a 
ftit mettre en permanence la guillotine iur la place pu- 
lyliqveavec cette infcription : avù aux mtânUrs & mv* 
Lmgers, Ces meffieurs ont profité de i*avis/& la famine 
a difparu/ 
^ ' Gadean annonce que qaoiqae le parlement n^ fftt 
pas préfent » fainte Geneviève ik. fa chafle fe (ont laxflïes 
defcendre & tranfporter à la monnoie. 

Oéhdi 1 8. Les élèves de là patrie» ayante leur tète' 
Léonard Bourdon , reçoivent un drapeau. Le préfident 
met fur la tête tlu jeune orateur , le bonnet rouge « 
le bonnet de Thômme libre ; le confetl arrête qu'il en lera 
donné an à chacun des élèves , bien ffir qne £i fa pre^ . 
nière couleur s'altère un jour , ils faurcmt la revivifier 
eh le trempant clans le fangdes defpotes. 
' Le clab central des fociétés populaires confulte le con- 
fèil fur une pétition qu'il fe propofe de préfentef à la con- 
vention fur l'abolition du claire des ^prêtres. Le confeil 
engage les pétitionnaires à prendre Tadhéfion de toutes les 
iiétions. ' ^ 

Un grand nombre de prêtres fe déprêtrife. 
' Nonodi 19. Avril préfente* dans un arche de verre Iri 
ff^natures de laf fimeufe pétition du champ de * Mars. 
Le confeil arrête qu'elle lèra placée far la petite ba(«. 
tlîle. ' ^ 

Chaumettc , après avoir parlé des tréfors ttinroenfea qui 
5*imcjncèlcnt à la monnoie , requiert la nomination d^2ne 
commiffion pour (urveilîcr les aj^?nt & les adminiflra- 
fcurs de ce précieux dépôt, c'elv- à-dire, qiieM*oh exa- 
inine tbus ceux oui y ibrtt employés , orfèvres , Jouail- 
Êers f &C. & qu ils j^affent à la ccnïurç du confeil ; lo 
requifitoire efi adopté. 

* Les fedtions de la Maifon Communs & de Bonne Nou- 
velle , déclarent qu'elles ne reconnoiffent point d'autre ' 
culte que celui de la raifon. 



Prmidt 1 X . Le citoyen C^n{\er, inûi tutf uif^d^ipaQ^ e . f 
forgée de le Pauvre ^ à élever. gratuitement un en d^ 
<lonc Jk ivbre aiura été toé^^iu' Champ- d«^]l4grf^ , par nx^^-r 
de Tin famé Bailli \ le ppnfpil^en ordonnât çien^io^ < » 
▼i^uiedA. cette Qi&e> à^At%z Girajrdin & Lçauvhrç' dfi c&otuf 
le fcune enfant. /.,:.• ;.t 

JÉLappe^.t fait fur Tétat des mpulins. fpus I<b Ai^nt'i^o* 
tr(^-jbam/s , il en rél'ulie que U déQpncifitiçii ; él^v<ée c^ 
tre le propriétaire efi catomnieufe.. LesrdênoncMmuïs f|« 
font pouxiuivh. . ., . ../..'; 

Le cQf^mi^dire de poIiGC' de la feûioa de Mas^ , pfér 
fente un grand i^ç. ((u'il a iaifi ,. rempli .4e) fipr^auz 
d'un pain très-beau » coupés prx^premcnt .&., dffi^À-. 1^ 
.conGeii indigo^ ordonne. que l'on. fuii|^..a$tc|i^Ytt9e<^ 1* ' 
conduite de ceux qui s^attroupest aux portes de» toif- 

. L^fe^on de 3e?.uregwre renoc^e ^% %v\xp ^iv^tm^ 
celle des Quinze- Vingts en fait -aiitaiu , «infi q|ii»)#^ts 
des Lodibards^Sc des. GraviVien, Sur Jta deoM^e.^ Ja 
feâion de la raifon » le PonsJApIre-Dane fera- pareiUf^ 
ilient appelle Pont 4^ la Rai(bn< •;'...«. 

Siur le réqiiifitôire do procuteur de la eommune # toi|s 
les riches dont le .domicile habituel e(l ^ Paris • Xeroiit 
tenus de s'y rendre « ibuik peine .de v#ir Icun- «avenus 
féqueftr^s, ». . . = * ^- i < S 

PuQdi 02,* Les catholiâues ^ les iMifs.4fe la feâieui de 
Ja Réuaioa, apportent les a(i^nfi|es de leur ;C|ilte« Le 
|ui£ Senjamîn pronofice un difcoqrs ifès.-pUl^tKcxïifnf^ , 
& reçoit du préfident le baifi^r frf|e]»el. ïnAûte 'Anam^ 
ire ce qn*il avoit dl^jà donné.ou icomité .révoluApôûaire 
de fa fip^ioi^ , U préte^d.ue ciuppt de Moife » reig^ji'AjK 
. ronr^f-^^ntres .bnin^noAS. 

.Hébext' faitfftmarquer que tfols reliques que Ton &t 
Itre des yeuy d*ap6tres « i<int trçi^ tnorcesiiuc de poià- 
réQsie. Tous CCS cbets,de ouelque c^Ueque ce fer» , 
feront jettes péte-mele .daft's W^arcUvi»^. en ^attendent 
qw'on les biûie ^n, ynaffe.. ^ ^ , . . - . 

L^ fpciété popnlaire^du MuK^nv Annonce qu^lslle a. déf k 
brûlé miflelsj bréviaires, oraifons.de fânlf JBtigîtte^'& 
autres livres au rebours du bons feas. . \ . { 

. Le confeil. arrête que tous les. clûche/i feront abattns. 

' ' \ * ' * . 11 1 ■■ I » ^ 1 II I II II I 1 1 I I ^i— — — ■ Il ' I » 

CONVENTrON NATIONALE. 

Dicadi 10 brumaire, [ 

Après avoir eatendu fies comités de fal^tp^Wç & iê 
U guert^ j la convention tti^tioliaïe décrète : 



Art. T. Lçf difffrens corps belges 6c lîé^eo}^. ,. à h 
.V»Mé <k h république j fe réuniront i Péronne , le .f 
ftmiaîrc. 

IL Là , un repréfeatant annoncera à ces corps lenx f^^\*' 
preffion , &'i1s feront aufiî-tèt organifjés en^nouv^anl ba- 

2 allions , forvant le mode ufité peut les autres troupes de 
i républîqi^e. 
- III; Les (<ildats batares qui faîfoient partie de h légion 
lopprttnétf par la loi du x6 du préfent mais» feront tiicor- 
poréf-difis ces bafaitioito. 

IV. Ces nouveaux bataillons ferpnt défignés. foàs fc 
'àoititde bataiUofifi de tirailleurs., S fous fts nuntéros t , ^. 
'*' V. Itft fo^t nus à 'la dtfpofition du miniftre de ia guerre 

4jfes Rlifttnt ^e ia formation. 

* Saf' te' rap^tM%9^e Monniayou , le décret fiilrant eft 

'.'ireiMu^ ....... - -. 

Le ç .mité de l'examen des compter i% fera repréfen-» 
Vtt tes comptes d<9 tnfniftrès » pour-ie^ nrérifier^^en^ire 
'yaMort à la convention.- ' ■ ' ' 

9ttr la tnoltion «le Thuriof, la con^efHiôn décrète qufelle fis 

Tendra en maflodansla tt-dcTant.égKlc 'de Notre-Dame , poiir 

«ffifler à la fête de la Rai(bn /cn'il'y aura dçihfclri féan^ 

pour entendre les pétitions^ de elle dé61e au mHlett des pigs 

'.vifs apptaudlflemens. 

Primdi si, Vne dépuration des foctétés populaires & 
ide plufieurs feâions de la commune de Paris ^ vient de- 
rtnatider^ au nbnî de la Raifen^ cpe les hommes ne fai^- 
^lieiiC pb» d'intermédiaires entre eux & la Dmnité., & 
( ^e la fidnéantife dt INfrreur ne fcncnt plus $nx ga^ges d'une 
•aation l«bortetu(e6t éclairée. ^ 

' Ckabot fétkite la totunrtlfiie de Parrs de nepas ccfl^r 
ide hâter la marche du ptWf^ français vers une régénéra- 
tion univerfelle. Il demar>de que i'adfefle qui vient d^dtre 
lue foit'inférée aii bulletin ^ avec une mention honorable ; 
il penfe que ce fera un encouragement fuAfattt pour le dé^ 
\ yeloppemeât de l'opinion publque,'& oue la.conveii- 
autionale «onneriti\i mteux , par ce moyen , le vœu de tous. 
Thuriot. Aflei & trop lonp«tems la nation françaife a 
> fatarié l'armée contre - révolutîottnaire dfi fanadlme. Si 
riltfmfliit philofophe ctoit vindicatif, il pounoit dire aux 
^étres : nous vous abandonnons les biens que vous nous 
«viex prmtis dans Tautre vie; mais l'humanité n'aura pas 
à mumiiirer des fuccès de la raifon. Si- l'on ie hâtoit de fup- 

frimer le traitement des hoimnef quela;:,épubUque py<lît , 
pourroit en réfulter des impreffions-^otitraires à la lib?rté ; 
Il âutt nous venger, en faifant. le bien pour [les prêtres ^ 
-^uiad ib fiûlÎQient le sud pour nou9. Te c^^m^nde qu'il fi^ 



. Yaît vn rapport prtmïtr iut des meAares prevlfôttcf; & 
quand Topinlo;! puBlique .avrra prononcé ^ nous pfemiroos 
une mefure définitive: — Appîwdi. - » > 

JLa.copveAût^ idécrèue la'prçpofitioa de Th^iinot: \ ^ 
Parmi les pétitionnaireis' adnîis à la bdsre , <oi) ^iftiflglbe 
un grand nombfe ^ de, prêtées qui viennent ' abjurer hSàs 
erreurs , & dépofer leur* lettres de ftitïïie. . . • .♦ 

Duodi 22. }i^ membre prçpofe de décréter qu^me com- 

miition ^ nommée if i hoc ^ préfenrera un pfoiet de ^oi-rtr 

la confervation des objçts jfor ât di'argent , 6c des effets 

précieux que l'on dépofe. chaque Jour dans le feuide la 

convention, ^abre (d'ËgUnûne ) rédige les articles fiiiva)^ 

' qui font décrétés, .. :• . 

La topvention nationaie décrète t ' *. 

Art. I. tl fera formé vne icominiifion comporée 4e 

douze membres. Le comité des finances noihmera deux de 

/fes membres.^ Je ciymité de JégHlatton , deèx)-!» comité 

. defû/eté général^ ,,deux ; le. comité dlnfpeétioa, deux; 

les comités d'inftru^ion & des moaumens, chacun deux : . 
f ces douze membres comj^feront la ^ommifTion. 1 . -' 
n. -Cette commtflîon .eft fpéciàleaient â^umquenent 
chargée de proposer un projet de loi confervatoîre , aU 
^ moyen de laquelle les objets o ffests à la patrie, les-sna* 
! tîères d*or & d*argent & aut^ea objets précieux j dont la 
. nation fe trouve & ie trouveroit mife en poffefilon , £H4nt 
. fidèlement recueillit > ou vendus , ou convertis en mon* 
ftoie t & que la rerponfabilité des agem employés à .la 
. tnariutenrion d^ ces objets ne.foia pas lUaibire. 
^ Cambop eft à la tribune; ît fait ttft rappçrt fmr b fé- 
vocation des ci-devant domaines de la couronne^La .coa- 
' vention en ordonne Timpreâloo', 8c ajdume la difcùffion 
à trois jours. .. ^ - * ' * 

Les feâions de rArfenal , de Plndivifibité & des Droits 

de rHomnje , apportent Ici rrj^heilea de l'églifeibeSJ Paul; 

ces ifeâiom font fuivies de celle de Mucius*Scéroia , i[ui 

, dépofe les objets riches *<k- notnbrèux ^ fervanl att culte 

catnoiiquei dtfhs Tégiife de Sitint^ulpioe. Vifs iappliu* 

dfnemens. ; 

( La convention jouit, avec ta plus vive fatiifaftion, du 

fpeâacie que lui'o6Frent les tltoyens de Francjade , ci- 

. devant Samt-Denis; les fan»-^ulottes de la .Nièvre fjL de 

la feâion des 'Gravilliers : les premiers amènent dix-huit 

; charr^tes rottipUei d'or fit diligent ; les fan^culoltes de la 

Nièvre apportent 900,000 liv. en. numéraire, .& plus de 

: deux miinons d'effets d'argenteri«. 

. Pê jeunes français chanj^rit un hymn^ à U Uberté\, 

dont on ordonne rûnpref^ii* 



A'v la modon d'uiï de fes «lembrel , la convention ii^ 
crête Ke^ivoi du pct>cès-yerbal de cette féaoce à tous les 
département. 

Tridi a|. Un fecrétaire faît leâure 4c*1a correrpon- 
•dbnce : on ,y remarque des lettres particulières de plu- 
.iMracHdevafte prê:res , qui re^icrncent à l'exercice de leurs 
fpnâions ecctéiiÀinqttes. '^ ' * ■* 

A ce fujet , éc fur ta propofitioh de Thuttot , la conven* 
tÎQiiTeDèle décret Vivant ^ ' 

luaconvent'on nationale décrète: 
Art. L TAittes l^s ^a atomes copHîtuées font autotî- 
fies àrecevioir d. s. ecciériAâ9[|ues 6t minières dé tous cultes, 
ia déclaration qu'ils abd;qucnt leur qualité. 
' II. Les lifles certi6é«$ de ces déctarat'ions feront « 
èous les quinze jours , envo^yées au comité dmftrûcHonpu* 
bltove. 

Au floqt en comité de iûrêté f^énSrale , Vadiér propofe 
tm p(Q}ot.de décret ^-la convention Tadopte en cfes 
fttme» 1. 

Art. I. Tout, métal d*or & d'argent j monnoyé ou nùn 
"«lDttaoyè,:les*diQE«Râffs , tijéi^x^ galons d'or 8c d'argent « 
. fcSDAisilea autres meuble