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Full text of "Séances générales tenues à ... en ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques"

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HARVARD COLLEGE 
LIBRARY 





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CHARLES MINOT 

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SÉANCES GÉNÉRALES 



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SEANCES GÉNÉRALES 

TENDES 

AFONTENAY, 

A ÉVREUX, A FALAISE ET A TROYES, 



CONGRÈS 
ARCHÉOLOGIQUE 

DE FK-AJSrCE. 

mi' sissioN. 



SÉANCES GÉNÉRALES 

TENUES 

A FONTENAY, 

A. ÉA^-RKUX, A IT-AIjAISE ET A TR0YP:S, 

EN 1864, 

PAR LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOf.IE 

|«Orit LA DESCRIPTION ET LA COlfSRRTATION DBS MONUMENTS, 



PARIS, 

DEPiACHE , RUE MONTMARTRE , 48 ; 
CARN,— CHEZ P. LE BLANCHARDEL, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, 



RCE FROIDE, S. 



LISTE GÉNÉRALE 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE, 



n^Vks 



BLTIEAU CENTRAL. 

MU. DE CAGMONT, fondaleur el direcieur de la Société» à Caeu, rue 
dei Carmes, 23, el à Paris, rae Richelieu, 68. 
L*abbé LE PETIT, chanoioe honoraire, doyen de Tilly-sur-Seulles, 

membre de l'Institut des proTinces, Secrétaire-giniraU 
CH. VASSECR, Seeritaire'odjoint, 
BOUET, inrpeeteur des monument $ du Caivadot, 
L. GAUGÂIN, Tréêorier, rue de la Marine, S, à Caen. 

CONSEIL D'ADMINISTRATION. 

Le Conseil se compose des membres du Bureau central , de 
MM. les Inspecteurs divisionnaires , des Inspecteurs des dé- 
partements el de quarante membres résidant dans les diffé- 
rentes parties de la France, indiqués . dans la Liste générale , 
par des caractères italiques. 

Les Ministres, le Directeur-général des Cultes. l'Inspecteur- 
général des monuments historiques, les Cardinaux, Arche- 
yèques et Évoques de France font de droit partie du Conseil. 

(1) Ccui de MM. les Membres de la Société dont les noms seraient 
omit sur celte liste, elceux qui auraient ù indiquer des recUrications 
pour leurs nom^ qualités ou domicile, soûl priés d'adresser leurs ré- 
damatioDS à M. le Secrétaire-général de la Société , ou à M. Gaugain , 
Irtsorier-archivisle, rue de la Marine, 3, à Caen. 

a 



TI LISTE DES MEMBRES 

LISTE GÉNÉRALE DE& NENRRBS. 

L^astérÎBque (*) désigne les membres de la Société aboonés 
SiU. BvUetin monumental (1). 

(Les DOiDS des membies du Conaeil so&t désignés par le caractère itali^) 



r« D/f75/OIV.— NORD, PAS-DE-CALAIS t SOMME ET OISE. 

ln»pecteur divinannairt t M. COUSIN « membre de rinstUttt des 
provinces* à Dunkerque. 

Nord. 

Int^Bctt^r : M. le oonte db CACLAiMcevai. 

Alaiio, banquier, à Dunkerqoe. cadémie d'archéologie de Bd- 

Arbas t Frédéric-Charles d') , ati- gi^ye, curé de Vyider. 

cien notaire, îd. « Cousin, ancien magistrat, avocat 

B01TF.LLB (Edouard), banquier, à ^^ vice-président de la section 

Cambrai. d*archéologie des Quirites de. 

BoNYABLBT (A.)t 81% ^ Dunkorque, f^ome, à Dunkerque. 

BouBOON (Conslaul), consul de » CofKuea (Auguste), à Lille. . 

Prusse, id. Dblabtbb (I*abbé) , coré-doyea de 

* Boita M Saihtb-Suzamab (le SlrÉloi ,. à Dunkerque. 
baron de), sous-préfel, à Cam- Dvpomt (A.), à Scdliu 

braU (îodbfbov dr Mbsnilclaisb (le mar- 

Bcby (rabbé), chanoine, id. qujs de), ancien sous-préfet, à 

Gababbt, receveur des finances, id. Lille. 

* Caulaimcocbt (le comte Anatole LANsaBSBR .rabbé) , cuié-dojen de 
de), à Lille. Gravelines. 

CoBTTL (Tabbé}, membre de TA- La RoTkRB (de), notaire honoraire, 

(4) Le Bulletin monumeHtal, qui a conquis, depuis 80 ans, un 
rang si distingué parmi les pubircations archéologiques de la France 
etderétranger, parattde six semaines en six semaines, illustré d*uit 
grand nombre de figures. 



DS LA SOCIÈrÊ FHANÇAISE DABCHÉOLOGIB. VU 



pféiideDt de la GoromissioD de» 
moéres rraoçaÎBes* à Bergues.. 

liPUTBB, secrétaire^énéral de la 
Société d*éaialatioo de Cambrai. 

LiBOT, archkecle, à Lille. 

ifiaiaT, conseiller à la Cour im- 
périale de Dooai. 

Nts, propriélaire, à Dunkerque. 

* Rtgmer (Mg*)» arcbe>«qoe de 
Cambrai. 

RoTH, membre de la Société d*ému- 
htion, au cbMcao de Beautat, 
près Cambrai. 

■ Sn>aB (l'abbé), supérieur du 



grand -séminaire, à Cambrais 
VALLia (rabbé ) , vicaire-féoéral 
id. 

• VAN-DBa-CaosaB aa WAaias , à 
Lille. 

Vbndbgibs (le comte Charles de} , 

à Cambrai. 
Vincent { Charles), chef de di? isioa 

à la préfecture, à Lille. 
VooBLSAiffi (Charles), à Lille. 

* WiLBBBT (Aie), président de la 
Sbciélé d'éiiAilaHoa , à Cam- 
brai. 



Pm» ée . C aUla. 

hnpéttiur: * M. DkscffAitvs m Pas, ingénieur des ponts-ét-Hïbaussées, 
à St-Omer. 



BiaoDB, ancien notaire, à Lillers. 

* B&ulansé , ingénieur eu chef des 
ponis-etrchausséea, à Arras. 

Cabdbvaqub (Alphonse de), pro- 
priéUire, à St-Omer. 

* Dbscbahm bb Pas, ingénieur des 
ponts-et-chausséès, id. 

* DofBBoim, à Hesdin. 

Gif BiicHT (Charles de), à Sl-Ômer. 
Gbicht (Alexandre de), architecte, 

à Arras. 
Hacébcb (Amédee de Beugny d'), 

au château de Sozingheiib. 



* Uirkourt (le comte d'), à Arras. 

HéaicouBT (d'), fils, à Souches. 

LbFsbvbb (Pabbé F..,àHalinghen». 

Lbqobttb (rabbé), chanoine ho- 
noraire, professeur au grand- 
séminaire, à Arras. 

* Lmag (le chevaKei' de) , id. 

» Pariiiê (Mg'), évéque d'Arras. 
SouQOET (Gustave), vice-consul de 
Danemark , ft Étaptes. 

* Yardrival (Pabbé), chanoine ho- 

noraire, professeur au grand* 
^ séminaire , à Arras. 



SouBme. 

IwÉpetttut : M. MaitaKCHeT, juge, à Amiens. 



* BoccBBB DB Pbbtbbs, pn'*sidenl 
de la Société d'émulation, à 
AbbpvUle. 



* Cobblbt ( Tubbé ), chanoine ho- 
noraire, histoiiograpiie du dio- 
cf-se, à Amiens» 



vin 



LISTE DES MEllBRES 



GosBTTB-ÉMORT , propriétaire, à FtioussoN fllt, à Amiens. 



Amiens. 
Dumas (Charles), filaleur, à St- 

AcheaMes-Amiens. 
* Dupalf chanoine titulaire, à 

Amiens. 
Erhiqrt (d^, à Péroone. 
Fiaavsson-FAiiai, négociant, à 

Amiens. 



Math AH (le haron Edgard de ) , 

lleuienant-colonel en retraiie, 

id. 
* Mbhnbcbrt ( Eugène-Aleiandre), 

juge au Tribunal civil , id. 
Vallois (Geoifes}, loos-préTet, à 

Péronne. 



Inipeeteur : * M. Tabbé Babracd, chanoine titulaire, membre 
de l'Institut des provinces, & Beauvais. 

* Baibaud, chanoine titulaire, à Matbon, archiviste, à Beauvais. 

Beauvais. Pobtbibvx (Nicolas) , fabricant de 

Danjou , président du Tribunal carreaux mosaïques, à Auneuil, 

civil de Beauvais. près Beauvais. 

Lb Fbanc (rabbé;, proresseur à Voillbmbb, docteur-médecin, à 

rinstitution de St-Vincent, à Seuils. 

Senlis. * Vuatbin, avocat, à Beauvais. 

^'Mabsy (Arlhur de), élève de Wbil, architecte du Gouverne- 

rÉcole des Chartes, W Com- ment, id. 

piègne. 

S* DIVISION. ^ AISNE ET ARDBNNES. 

Inspecteur dwishnnaire : * M. (jOMART, membre de rinsUtut des 
provinces, à St-Quentin. 

Inspecteur : M. Tabbé Poqdbt, chanoine honoraire, à Berr}--au-Bac. 

CaAuvBKBT (de) , juge d'instruc- * Gomabt , membre de Tlnstitut 

tion an Tribunal civil, à St- des provinces, à St-Quentin. 

Quentin. Le Ctere de La Prairie (Jules), 

Dblbabbb, architecte, à Chftteau- président de la Société archéo- 
Thierry, logique, à Soissons. 

Dbbsu, juge au Tribunal civil de La Fèvbb, officier do génie en re- 

Laon. traite, id. 



DE LA SOaftTÊ FRANÇ/klSB D'ARCHÊOLOGIC. 



IX 



Le Rocx, dodtur^mèdeeiu, à Cor- conlribolioM directe»» à Laon. 

May, eaoton de Craonoe. Poqukt (rabbé)^ chanoine hono- 

MAtfJii, membre du Conseil gé- raire, doyen de Berry-ao-Bac 

Déral de TAisae, à Rosoy-«ur- Tévenart (Pabbé), chanoine hono- 

Serre. raire, archiprètre de Laon. 

*P6Goi:L(Aagoste»Louis), élèrede Vioroirk (rabbé), chanoine ho- 
YÈeole dea Chartes, membre de noraire , archiprètre de Ver- 
la Société de PHisloIre de France, vlni. . 
an château de Villiers. Wiluot , secrétaire de la Société 

PiBTTB, contrôleur principal des archéologique de Sdssons* 

Ardenneo. 

Inspecteur: M. Tabbé Toubrbuk, chanoine honoraire de Reims, 
archiprètre de Sedan. 

RariBR (Jules ) , inspectear des postes, à Méiières. 

3« DIVISION. — MARNB ET SEINE-ET-MARNE. 

Inspecteur divisionnaire : * M. le comte DE MELLET , membre de 
rinstitut des provinces. 



Inspecteur : M. Givelrt , propriétaire, à Reims. 



Ali^stillb (le comte Pierre d* ) , 

au château de Somsois. 
•Albert (l'abbé) , curé de Ju- 

▼igny. 
Bara (M g') , évèque de Châions. 
BifiAVLT DB Grakrdt, architectc, à 

Chalons. 
BocQUET, instituteur, à Poil. 
Co«QiiR , membre du Conseil gé- 



CocRBATB, h Suippes. 

DuFiBSSis, notaire honoraire, à 
Reims* 

DuQCRRRM'Bf membre de T Aca- 
démie, id. 



FouBRiBR (Pabbé), doyen du Cha- 
pitre de Reims, arehiprètre de 
Notre-Dame, à Reims. 

Garinbt (Jules), conseiller hono- 
raire de prérectore, à Chèions. 

* GivcLBT , membre de P Académie 

impériale de Reims. 
Godard (Isidore), suppléant du 
. juge de paix, ft Épemay. 

* Gousset (Mg'i, cardinal-archer 
vèque de Reims. 

JouRRiAG, propriétaire» à Reims. 

* Mbllbt (le comte de) , membre 
de Hnstitut des provinces, au 
château de Chaltrait, 



X LISTE DES MEMBRES 

MiNV (Henri) , à Reims. Regnadlt , notaire et maire , ^ 
NiroT , membre du Conseil gé- Fismes. 

néral, à A y. Robbbt, propriéteire » à Reins. 

* Pebbier, docleur en médecine, Sayt, agent-voyer clier, à OÉà- 
à Ëpeniajr. lon!i. 

PoiiBL, architecte, à Cliftions. Sihoh, k Reims. 
QuERST (rabt)é), vicaire-général» à ToartAT, arriitteete, id. 
Reims. 

Selne-et-9larne. 

Inspecteur : * M. le vicomte de B^kinbuil, à Mclun, et à Paris, rue 
St-Guillaame, 29. 

G\ST, docteur en médecine, à civil fft de la Société d*agri- 
Crécy-en-Brie. culture , sciences et arts , à 

Vieillot , président du Tribunal Meaux. 

h* DIVISION. — flALVADOS, MANCHE 9 ORKE, E17RB, 
ET SEINE-IMFÉRIBURE. 

Impeeteur divisionnaire: M. DE CAUMONT. 

Calvcdoo. 

Inspecteur t M. Boubt. 

AcBARD DE Vagognbs (Amédée), à Batin (Alphonse), courtier de na- 

Bayeux. vires, à Caen. 

Ansell , propriétaire, & Caen. Beaucocbt (de) , au chAteau de 

Jubert, membre du Conseil de Morain ville , au Mesnil*sur- 

1* Association normande, rue des Blangy. 

Chanoines, à Caen. * Bbaujoub, notaire, à Caen. 

At DRIEU (Alfred) , membre corres- Bbacval , agent-voyer, à Tilly-sur- 

pondant de la Société dunker- Seul les. 

quoise, id. * Bbllefoxds (M** la comtesse de\ 

AcvRAY, architecte de la Ville, à Caen. 

cher de division à la Mairie , id. Bblrosb, à Bayeoz. 

AvvRAY (Tabbé), curé de Moult. Bertrand ^ député au Corps légis- 

* Baroche , receveur-général , à latif , maire de Caen. 

Caen. Besnou, juge au Tribunal civil, id. 



DE LA SOCIÉTÉ FBANÇAISE D* ARCHÉOLOGIE. XI 



B].%iioT (AogQSte de], aa cb&teaa 

de Jttvigny. 
BcnnrBCBasE (dt) , à Monceani. 
BcKCâuf, graféur, à Caeo. 

* BOVBT , td. 

BooufONT (le.comté Charles de), id* 

* BBéansoii (de) , à Falaise, 

* Bbicqoevillb Qe marquis de), à 

GueroD. 

* BaoGLiB {le prince Auguste de) , 
à St George»-d*Aunay. 

* CivPAG.ioLLES ( de ), membre de 
rAbaociatioo normande, à Cam- 
pagnolles, près Vire. 

* Campion, afocat, chef de bureau 

à la Prërecture, à Caen. 

* Cauvont (de), id. 
Caumoht (M** de) , Sd. 
Chatbl (Victor) , à Valcongraln. 
Chaulibo (le baron de), ancien 

représentant, À Vire. 
CHÈHKDOLLé (de) , k Vire. 

* CoMBs ( de ) , propriétaire , à 

Amayé«snr-Oroe. 
CoovABT (Tabbé), curé de Gui- 

bray , à Falaise. 
CoBNULiBB (le marquis de), à Caen. 
GocBTT, avocat, id. 

* CossT vCh. de) , à La Gambe. 

* CcssY (le ficomte Fk'itz de), à 

Voullly. 

* Dagallibb, premier président de 

la Cour impériale, à Caen. 

* Aiii de La Vauterie, docteur- 
médcGin , Id. 

DAirrBBSirB, à Lisieoi. 

* Davcbb (le baron ), propriétaire, 
au ciiàteaa d^Esquaj. 



Dblaunat, architecte, àBayeux. 
DncBAMn, architecte, à Caen. 
DssFBiècBBS (Pabbé), curé àVwj. 
Dbsbatbs, architecte, à Caen. 
Oesnotcbs, avocat, à Bayeui. 

* Dbspobtbs , ancien notaire , à 
Caen. 

* DiDiOT (Mg'), évèque de Bayeux 
et Lisieux. 

Do J'abbé), cbapelaiode la Visi- 
tation, à Caen. 

* Doitbsnbl (Alexandre), dépoté, à 

Bayeux. 
DoBOuao, juge au Tribunal ciril 

de Falaise. 
Du FéBAGB, propriétaire, à Caen. 

* Du Manoir (le comte), maire 
de Juaye. 

* Du MoNCBL (le comte), membre 

de IMoJititut des prorinces, à 

Caen. 
DuPLBSis, conseiller à la Cour 

impériale, id. 
Dupont, sculpteur , id. 

* Dupray^Lamahérie^ substitut du 

procureur-général , id. 

* FéDÉbiiQDB ( Charles-Antoine ) , 
avocat , à Vire. 

* Floqubt, correspondant de l*lu- 
slitut , au cbftteau de Formentin 
( Calvados ) , et rue d'Anjou- 
St-Honoré , 5S , à Paris. 

* Fontette (le baron Emmanuel 
de) , ancien député, à Monts. 

* Formignff de La Londe (de), à 
Caen. 

Fovotn» (l*abbé) , curé de Trois- 
Monts 



XII 



LISTE DES MBMBBES 



FovBRfts (le marquis Arthur de), 
à Vaux-sur-SeuUes. 

FocnniBa (Pabbé) , curé de Clin- 
champs. 

* Qaugain, propriétaire, à Caen. 
Gomz (Pabbé), curé d*Escures. 

* GaANDVAi ( le marquis de ) « 
membre du Conseil général , au 
cbftteau de Si -Denis «Haison- 
celles. 

* Guilbert (Georges) , membre de 
TAssociation normande, à Caen. 

GtiiLLAan, conservateur du Musée 
de peinture, id. 

* Guy y ancien architecte de la 
Ville, td. 

* Handjéri Cle prince] , au cbftteau 
de Manerbe. 

Hv&RD (Tabbé;, curé de St- 

Vaast. 
HoBKL, ft Condé-sur-Noireau. 
Labbé, juge, à Bayeuz. 

* Laffetay (l'abbé} , chanoine titu- 
laire, id. 

*La Mariocib de pRsvABiif (de), 
directeur des Domaines , à 
Caen. 

* Lambert^ conservateur de la Bi- 
bliothèque, ftBayeux. 

Lamottb, architecte, à Caen, 
Langlois (l'abbé Henri), chanoine 
honoraire de Bayeux, direcleur 
de rinstilution S*«-Marie, id. 

* Le Bart , maire de Baron. 

* Lb Blamg, imprimeur-libraire, à 
Caen. 

Lb Bbbt (Pabbé), curé de Holtot« 
en-Ange. 



* Le Cbsitb, propriétaire, à Héroa- 
ville. 

Lb Cordibb, ingénieur, à Gaeiu 
Lb Coobt, avoué, ft Pont-rÉvéque» 
Lb Covvrbvr (Pabbé), curé de 
St-Laurent, ftBayeux. 

* Lb Féroh ob Lohqcaiip, docleiir 

en Droit, ft Caen. 
Léonard db Rampax (de) , id. 

* Lb Petit ( Tabbé), curé-doyen 
de Tilly-sur-Seulles. 

LiTOT, propriétaire, ft Caen. 

* Le Vardois fils, id. 

* LiDÉBABD, propriétaire, id. 

* Loir (l'abbé) , pro-curé de Ma- 
nerbe. 

Magrom (Jules), ft Caen. 

* Mallet , ancien notaire » ft 
Bayeux. 

Mabgdbbit de Rochbfobt (Léonce, 

de;, àVierviUe. 
Marie (Pabbé), chanoine honoraire-. 

d'Angers, doyen d'Évrecy. 

* MoNTOOMMBBT (le comtede), ft 
Fervaques. 

* MoRiftRE, professeur ft la Faculté 

des sciences de Caen. 
Nicolas (Alexandre), architecte 
de la ville de Lisieux. 

* Noget'Laeoudre (l'abbé), vi- 
caire-général du diocèse de 
Bayeux. 

* OiLLiAHSoif (le marquis d'), au 
château êc St-Germain-Langot. 

OiLLiAiisoN (le comte Gabriel d' ) , 
id. 

* Olivb, maire d*EIIon, rue Écho , 

ft Bayeux, 



DE LA SOaÉTÊ FRAKÇilSE D'ABCHÊOLOGIB. XIII 



* OHvkr^ togéniear en chef des 
poots-et-cbaussées , à Gaen. 

* PijraiSB, afoeat, à Lisieui. 
^âMUtOMt ancien député, à Bret- 

teville^or-Laiie. 
Pelfr€$ne, «rebitecte , à Caen. 
'Pinii, docteur-médecin, à 8t- 

Pierre-sur-DIfes. 

* Pubis (le baron de), membre 
du Conseil général, à Lou- 
fiéres. 

PiQcoT (Tabbé), supérieur des 
mssîonoaires de la Délifrande» 

QvBumiiM^rabbé), curé de Méry- 
Gorbon. 

Rbcaur (Pabbé), doyen du canton 
de Dozulét curé de Di?es. 

* Rtnauitt conseiller à la Cour 
impériale de Gaen. 

* RiotfLT M Kbutxllb (Ic Ticomie 
Louis de), à Li?aroL 

* Sàixt-jBAii, membre du Conseil 
général, à Bretterille-le-Rabet. 

Sbtih, propriétaire, à Falaise. 
Tabgbt (Paul), président de la 
Sociélé d'agriculture, à Lisieux. 



Tavignt do LoRGPiA, avocat, à 
Bayeux, 

TflBissiBB, avocat, à Vassy. 

TiBABD (l*abbé) , chanoine hono- 
raire, doyen de Notre-Dame de 
Vire. 

* ToBSAT (M"* la comtesse de ) , à 

Mouen. 

TotisTAiif (le vicomte Henri de), 
ancien officier de marine, au 
chftteau de Vaux-sur-Aure. 

TRàNCHAiiT(rabbé), curédc Jort. 

* Travers , aocien professeur à la 
Faculté des lettres, secrétaire 
perpétuel de P Académie deCaen. 

• Vasseur (Charles), membre de 
r Association normande, à Li- 
sieux* 

Vautibr ( l'abbé ) , chanoine hono- 
raire, doyen de Thury-Harcourt» 
Vbnoboiv (l'abbé), curé de Luc. 

• VUler» ( Georges de), adjoint au 
maire de Bayeux, 

ViNCBWT (Pabbé) , doyen de Mor- 

teaux-Coulibœuf. 
YTori , sculpteur, à Bayeux. 



Manehe. 

inspecteur : * ftf. le comte ob Tocqubtillb , au ch&teau de Nacqueville. 

Akhbaox (le marquis Paul d')« à Bontooloib ( le comte de) , près 
risle-Marie. Mortain. 

• Abnovilui (Bficbel d') , maire, à * Bravard (Mg'), évéque de Cou- 

Auderviile. tances et Avranches. 

• Bbaufobt (le vicomte de) , au Castbl, agent-voyer chef; àSl-Lo. 
château de Plain-Marais, à Pi- Dbligand, chanoine, à Goutances. 
cauvMe. Discbamps, D.-M.-P. , à Torigny. 



XIV 



LISTE DES MEMnRBS 



* Du POERIKa DE PORTBAIL, h Va- 

lognes. 
GiLBEBT (l'abbé), vîcaire-général, 
à Goatanoes. 

* hMJtt, président de la Société 

archéologique, à Avrancbes. 
Le Cardoitnel (l*abbé) , arcbiviste 

du diocèse, h Coutances. 
Le Ceefs, propriétaire, à Sl- 

Lo. 
Le Gocpils ( l*al)bé ) , curé de 

Briz. 

* Le Loip , juge, à Govtaneeft. 
NoEL , ancien maire , membre de 



rioMilut des provinces, à Cher- 
bourg, 

* PoNTGiBAuD (le coffite César de\ 
au château de Fonlenaj, près 
Monlebourg. 

• QuiivAVLT, sous-préfet, h Cou- 
tances. 

RouGi ( le comte de ), «u chMeaa 

de St-Symphorien. 
Sbsmaisons (le comte Yres de), au 

château de Flamanville, canton 

des Pieuz. 

TOCQCEMLLE (IC OOTOtC dc) , aU 

château de Nacqueville. 



Orne* 

Inspecteur: * M. Léon de La Sicotièbe, membre du Cou^eil général, 
à Alençon. 



^ Barbera T (de), au châleuu de 

Maiignon, à Essay. 
Barbier i>e La Serre, garde-gé- 

néml des forêts, à Aleuçon. 

* Blanchetière , conducteur . des 
ponts-et-chaussées, à Domfront. 

* Caix (de), à sou château, près 
d'Êcouché. 

Daigremont Saint- Marvieu fils, 
substitut du procureur impérial, 
à Moptagne. 

* Falandre (le marquis de), à 
Mou lins-Lama rche. 

* Fay ( le vicomte du), au chftteau 
de la Guimandière. 

* Flki BT ( Edouard ) , juge , à 

Alençon. 



* La FERRiàRE ( le comte de), au 
cbfttrau de Itoufougeray. 

La Garenre (de), conseiller de 
préfecture , à Alençon. 

* La SicoTifcRB (Léon de) , avocat, 
id. 

Ladtour-Meeebay , ancien maire 
d'Argentan, membre du Conseil 
général derOrne,à Argentan. 

Le Coirtre (Eugène), à Alençon. 

Le Vavassecb (Gustave), à la 
Lande^le-Lougé. 

* Pasqoier-o'Acdiffret (te duc), 
au château de Sacy , près Ar- 
gentan. 

Patu de Sairt-Vincent , au châ- 
teau du Pln-la-Garênne. 



DE LA SOCIÉTÉ FRAfiÇAISE D'ARCHÉOLOGIE. Vf 



Inêpecieur : 



M. nayiiM»4 BoBMAwx , 
à Évreax. 



docteur en Droit, 



BABMT»docteiir-aiédecin,ft Bemay. 
BiBUT (le oKWMe de) y maire de 
Venieiiil. 

* BuwcTiuB (le marqiiia de), 
députa au diAli^ii d^Aïufrévilki- 
la^mpAgpe. 

* BoaiNMUz (Rajmopd), docteur 
eo Droit» memlire de Tlostitut 
dei provinces, k Évreux* 

BocaDON (rabb^),ciirédeDrucourt. 

* BaoftLiB ( le prince All)ert de ) , 
menibre de rAcadémie Tran* 
çaiae, au cbàief u de Broglie. 

CiBBSMB (Pabbé), curé de Si- 
Germain , à Ponl-Aodemer. 
CaBHHBTiiBB fils, à Louflers. 

* CvBiiiBB ( L. ), receveur-général, 
à Ëvreux. 

P^iiGiii (le comte), au cbAi^u 
de MeonevaU 

* DevoueuMjp (Mg') , évéque d'É- 
vreui, 

* DiaoH (Paul), propriétaire . à 
Louviers. 

(knuoH fils, au Vaudreuil, pfàs 

Leuviers. 
GuiLLABB (Ém|Ie),avoué, à Lou- 

vîers. 
La» (Casipsir), à St-L^er-de- 

Bosies. 



Laldb, architecte, k fvreux. 

La Rovcikaa La Noiav (lebamn 
Clément de) , contre-amiral, au 
château de Cracouville. 

IjE Bmuio, entrepreneur de bâti- 
ments, A Gisors. 

' Lb MéTAYBB-MASsojff , Uispec- 
leor de T Association normande, 
à Bernaj, 

* La Rbtfait, conseiller général, 
A Pont-Audemer. 

* Loisbl, maître de poste, & La 
Rivière-ThibouviiUi, 

* Malbbakgvb, grefiier du Tribunal 

de commerce , A Bernajr. 

Mabibttb , peUilre • verrier , A 
Évrauz. 

MiBT (Paul), id. 

MoRTaaD|t( le baron de), aocieii 
député, au château de Tierce- 
ville , pi^ Gisors. 

P«TiT (Guillaume}, membre ^ 
Conseil général, A Louviers. 

Petit (Savinien), artiste peintre, 
au cfaAteau de Proglle. 

* Pb^tavoinb, maire de Lou- 
viera. 

RcftTOLAR (de), A Évreoi. 
Vioiii DE CEBmàRBs (Ic baron de) , 
à Cernièm* 



XVI 



LISTE DES MEMBRES 



Selne«Inférleape« 

InêjHcteur : M. Léonce db Glanvillb, membre de l^luslilal 
des provinces, à Rouen. 



Abgentré (le ficomle d'),|à Rouen, 
Basoche (Henri), avocat, id. 

* Barthélémy père, archilecte, id. 
BABTHéLEMT, fils, architecte, id. 
Baudicocrt (Théodule de), id. 
Baulb ( Marcel) , négociant , id. 
Bbrtbb (le docteur) , membre -de 

rAssoclation normande , rue 
Étoupée, 6, id. 
Bbczbviub, rédacteur en cbef du 
Journal de Rouen, \d, 

* Bonet, sculpteur, Rampe-Bou- 
vreuil, id. 

BouciiiHiR, architecte, id. 

* Boubl (lé Lcomte de) , à son châ- 
teau, près NeufcbU^^pl. 

Bobel (Tabbé), vicaire de^î^ 

Rémi , à Dieppe. 
Cablieb , ingénieur des ponts-et- 

chaussées, à Fécamp. 
Gaze (de), membre de P Académie, 

à Rouen. 
Gbadouz, entrepreneur, id. 
GHAVEirrai (Isidore), rue Martain- 

ville, 214, id. 

* Chevreaux, au château de Bosc- 
roesnil, près Sl-Saêns. 

Glogbnson, conseiller honoraire à 
la Gour impériale, vice>président 
de TAcadémie des Sciences , h 
Rouen. 

* Cochet (rabbé), correspondant 
de rinslitut , h Dieppe. 



* GoLAS r.rabbé) , chapelain de 
la Maison des Sainls-Anges , à 
Rouen. 

Gocbtonnb , architecte , id, 
GussoN, secrétaire-général de la 

Mairie, id. 
David (Emile), propriétaire, id. 

* Dbcoede (Tabbé), curé de Bures 

(canton de Londinières ). 
Delanarb-Deboottbville, filateur, 

à Rouen. 
Delacnay, professeur de peinture, 

id. 
Dergnt, propriétaire, àCrancourt. 

* Des Bovbs , lieutenant de dra- 
gons, id. 

Desnabest (L.), architecte eu chef 
du oé^artement , id. 

Drsyé , propriétaihr, .id. 

Dbvillb (Gh.-S.-C. ), membre de 
TAcadémie des Sciences, conser- 
vateur de la section géologique 
au Gollége de France, id. 

DiEusY jeune, négociant, id. 

* DcRAKviLLE (Léou dc) , proprié- 
taire, id. 

* Ebnewont (le vicomte d'), mem- 

bre du Gonseil général, à Er- 
nemont, près Gournay. 
EsTAiNTOT père (le comte d*), in- 
pecteur de TAssociation nor- 
mande , aux Autels , près Don- 
devilie. 



DE LA SOClÊtÊ FBANÇAlSE D^ ARCHÉOLOGIE. XVll 



* EsTAMTOT fils (le vicomte Robert 
d*)* avocat, àRoaen. 

FàVQvn (Octa?e), filateur, id. 
FuuBT (Cbarles) , architecte, Id. 
Gaicrobu (R.) , directeur d^aaso- 

ranoes, id. 
Gallit (NapoléoD), apprèteiir, 

préudent du Conseil des Pra» 

d^lioiDiiies, id. 
GiLLis (P.), manufodorier, id. 
GuAJiGocBT (de), à Varimpré, 

près NeofcliftleL 

* Glauyillb (de), iospecleur de 
la Société , à Rouen. 

* Gbardin (Gustave-Victor), pré- 
sident de la Société archéolo- 
gique, à Elbeur. 

Gbimaii, entrepreneur, à Rouen. 

* GuiaiTBAD (Tabbé), auménier 
du Collège, à Dieppe. 

GuBAOcT, ancien notaire,. à Rouen« 
HoMMAis, avocat, id. 
La LORD! (Arthur de), rue La 
Rochefoucauld , id. 

* La Lohdb (de), ancien oOicier 
de cavalerie, id. 

Larcboh (l'abbé), curé de St« 

Godard, id. 
Lb Bbe (Arsène), ancien notaire, id* 
Lb Blarc , greffier de la Maison 

centrale de Gaillon. 
Lb Cohtb (Pabbé), vicaire de St- 

François , au Havre. 
Lbcocpbvb , docteur-médecin , à 

Rouen. 
LsroaT, avocat, id. 
Lbbbrobbi propriétaire» id* 
LBMiaa^ avocat, idi 



* Lb Pel-Cointbt, à Jnmiéges. 
Lbpbincb, au château de Lamber- 

ville , par Yvetot. 
Lbpbovost, agréé, à Rouen. 
Lbsbigrbdb, filateur, id* 

* LivT (Edmond), architecte, Id. 
LnoT, substitut du procureur im- 
périal, id. 

* Lucas (Pabbé), curé de Hanouard, 

près Canf. 

MabibBj maire de NeurcbAtel. 

Mathon, conservateur de la biblio- 
thèque de NeurchAtel. 

Maodvit, avocat, k Neufcbfttel. 

MéBAcx (Amédée), artiste compo- 
siteur, à Rouen. 

MoNVAULT ( le comte de ) , au chft, 
teau de Noiotot, près Bolbec. 

MoTTBT, filateur, ft Rouen. 

OsMOiTT, architecte, id. 

Palibb, ancien manuracturier, id. 

* Pbtitevillb (de) , propriétaire , 
id. 

PouTBB-QuaaTiBB, député, id. 
Pbovost (Pabbé) , curé de Ju- 

mîéges. 
QvBNOciLLE fils, à St-Ssêns. 
QoESREL (Henri), propriétaire, à 

Rouen. 
QuiNBT (Edouard), propriétaire, 

id. 
Rbvbl, avocat, id. 
RoRDBAox, ancien député, id. 
Rowcliffb-Babkbb , fondeur, id. 
SAiNT-LAtBBRT ( Ic comtc Ueuri 

de), id. 
* SiMOR , archiiecie , boulevard 

Beauvoisine, id« 



xvm 



LISTE DES !«Ë3IIIBES 



SiMOA (Léopold), propriétaire, à ToimouM-DAiioiiT , 
Bures. à Roaeo* 



5* DIVISION, -^^BhîNEf SBfir^BT-iQSSË, YONIIK, ÎA^tUBT 9 
AV1»B ET B«BB»ET-LOIB. 

hspeeiiur ditisioHnaira: * M. le vioomle DE CGS8Y , rue Caii- 
imrUn, SO, à Partaw 

Intpectew: * H. ÛAitcBt, eôYrespoadéfit dû llinlslère de l^rn$lraértoii 
putliquè, roe de là Chaussée^'ÂDtin , 27 bW, â F^àrb. 



AK4II0N (le cômle d'), rue éé 

Poilien, 59, à Paris. 
AaNACLDST (Thomas), emplojré au 

Cabinet des estampe» de la Bl- 

bliotbèque impériale, id. 
AnNAutaiT (Paul-Lonis), a?ocaf, 

id. 
AaaiBAOLT, ingénieur des ponls* 

et-chaussées, id. 

* AaTBCS-BBRTaAND (M*** veuftf; , 

rueHautefenille, id. 

* Avatar (le chefalier), ruts 
d*Anjou-St-Honoré, 9, id. 

BAaaiaa , employé an Miuislère de 
la guerre r id. 

* BAaTH^LRMY (Anatole de), an- 
cien sous-préfel , id. 

* Babibéleht (Edouard de), 
mallre des requêtes au Conseil 
d'État, rue Casimir-Périer , 3, 
id. 

* Bkai fout (le comle Ch. de) , ru9 
de la Ville-rÉvêque, 39, id. 

^ Bbaulky ( Camille de ) , rue 
d'Aguesseau , 9 , id. 



* Bblbbif (le mar(|uis de) , séAa- 
teur , me de Lille « 79 , fl 
Paris. 

* Blacas (le cofflle Slailislas de) , 
rue de Varenoesi 52, id« 

BLAKonti' ancien secrélairc-génâral 

du Ministère d*Êtal, Id. 
BoisaiNJc» (le oaaMede), rue S(-* 

Guillaume ,. a , id. 
" Bonvoutotfa (AugàAe de) y nié 

de i^Univei^Ké, 15, M. 

* BoTTte on ToetiAoir, rie M 
Saints-Pères, 7 bisy \é. 

BoDVBMNa (Aglan*), nie Jacob, 10^ 
id. 

Bav&BB, curé de Si-Martiih, id. 

BucaiHe (Gualafe) , inspecteur dé 
r Associa lion normande, boule- 
vard du Temple, 51, Id. 

* Gapblli, bontefard PigaUe, S8. 
à Montmartre. 

Cattois (le docteur), rue Gaisefle, 
20, id. 

* CuàLtm ,• rue de Londres, 52 f 
id. 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ABCHÉOLOGIE. *XII 



CBàMvrLKnr, homme de lellres, 

à Paris. 
CiABfBT (Jules), antiquaire, iiU 
CHânAc(LéOD)y directeur k I*Id- 

stitution professioooelle d'Ivry. 

* Chadbby m Trorcuorb (le 
baron de], rue Neu?e-de-l*Uai- 
fersité , à Paris. 

Ciiifloii (Paul), bibliothécaire-ad- 
joint à la Bibliothèque impé- 
riale, id. 

Cbmbottk (Tabbé), curé de St- 
Haodé. 

Clacibl (le comte du) , boulevard 
Magenta, 179, à Paris. 

CoiMDB (J.-P. ), membre de plu- 
sieurs Académies, id. 

* CocsTAVEL (le marquis de), rue 
Sl-Guillaume, 34, id. 

* CossT (le vicomte de) , rue Cau- 
martfn, 26, id. 

Damibhs, statuaire, rue du Cher- 
che-Midi, 55, id.' 

* Dabcbl, correspondant du Mi- 
nistère de rinstruction publique, 
rue de la Chaussée-d'Antiu , 
t1 bis, id. 

0ABOBRNE Dc La Cbargebie ( Al- 
bert } , chef du bureau de la 
presse au Ministère de rintérieur, 
boulevard de Strasbourg, id. 

David, ancien ministre plénipo- 
tentiaire, rue de Ponthieu, 20, 
id. 

* Dt Bovis, docteur-médecin, rue du 

Faubourg-St-Honoré, 168, id. 
Ôbubobob ( Henri ), conservateur 
do Musée des estampes, id. 



Deqobvx db Saiht-Hilaibb ( le 
marquis), rue Soufllot, 1, à 
Paris. 

Dbsaivbrs (Léo) , étudiant en mé- 
decine, idi 

Des Cabs (le duc), rue de Grenelle- 
St-Germain, 79, id. 

* Didran , ancien secrétaire du 
Comité des arts, directeur des 
Annotes archéologiqu€$ , rue St- 
Dominique, 23, id. 

* Dibtbich, graveur, id. 

* Dotii père, membre de Tlnstitut 
des provinces, cité Doré, boule- 
tard de la Gare, 108, id. 

t)0YEM, sous-dlreclenr de fa Banque 
de France, membre de Tlnstitot 
des provinces, id. 

Dbahabd (E.), boulevard de Sébas- 
topol, 81, id. 

* DcFOUB (Kabbé Valentin), vicaire 
de St-Paul-Sl-Louis, id. 

DcBAS, propriétaire, rue d^Aus- 

terlitz, &, id. . 
Di'BEAD ( A. ) , rue de la Tour- 

d^Auvergne, 20, id. 

* Ebcbvillb (le comte Gabriel ), 
rue de Grenelle-St-Germatn, 13, 
icf. 

Fabct (Louis de), rue de Vaugi- 

rard, 20, id. 
FosTAiNB DBRBSBBCQ(le vicomtc 

Eugène de), rue du Regard, 

12, id. 

* FooCtoBif DB Cabeil (le comte) , 
boulevard St-Denîs, 16, id. 

GeFrnoT (Auguste), orfévre-émail- 
leur, rue du Boiiloy, 1 0, id* 



n 



LtSTfi DES MEâifiRto 



GoDiPBOT-MninLOLAiBB (le mar- 

qait de) , ancien loiis-préret , 

rue de Greoelle-^-Gerinain, 93, 

à Paris. 
HcBBKT-IIMiiAaB, fabilcaDt d'ome- 

meots d*égli8e, rue de Vaugl- 

rard, 17, id. 
Husfloii, propriétaire, rue Heslajr, 

i8,id. 
JoLT D8 ViLLiBES, coDti^leur des 

contributioos , rue Neuve^ea- 

Petits-Champs, 97, id. 

* JoL'AXMB, rue de Vaugirard, 20, 
id. 

Kbllbb (Emile) , ancien député, 
rue de Las-Cases, 7, id. 

Kbbcoblat (de), de I^Institut des 
proûnces, rue de Lus-Cases, 24, 
id. 

* Lababtbb (Jules), rue Drouot, 
S, id. 

Labillb (Aimable), architecte, 

boulcTard Poissonnière, 24, id. 
'Lallibb (Justin), employé au 

Ministère des Finances, rue dé 

Vemeuil, 9, id. 
La Panodie (le comte de) , rue du 

Faubourg-Sl-Honoré, 29, id. 
LAUBiàBB (de), id. 
Le Blbu, docteur en médecine, id. 
Lb Clbbq (Jules) , rue du Regard , 

iO,id. 

* Le Danois (Edmond), ancien ré* 
férendaire au sceau , rue de 
Rivoli, 3, id. 

Léoibb db Mbstbimb (Henri), 

avocat à la Cour impériale, id. 

^Lr Harivkl-Dcbochbb, de Pln- 



stitut des provinces» rue au 

Regard, 6, à Paris. 
Lbloko (Eugène), id. 
Lblobain, docteur-médecin , mt 

Bonaparte, 57« id. 
Le Nobmano, rue delfadame, S4, 

id. 
Lbpbltibb, snbsUtat du Procnreur 

impérial , id. 

* Lbbotbm , directeur de rfioole 
professionnelle, membre de Ha- 
stilut des provinces, à Viocennos» 

^ LiBsviLLB (de) , aui Balignolles , 

à Paris. 
LioBB, architecte, rue Blanche, 

60, id. 
LoRooBiL ( de ) , graveur, me 

Royale-St-Hoooré, 8, id. 
'^LussoN, peint re-verrier, id« 

* Luyne» (le duc de), rue SI* 
Dominique, 83, id. 

* Marion , inspecteur de la Géte*> 
d*Or, rue Gaudot-de-M aoroy , 
29^ id. 

Mabtin (L.), me de Rivoli, id* 
Maobbbt , sculpteur, me du Pau« 
bourg-Poissonnière, i85, id. 

* Madbbiiq, rue de Tivoly, 9, id. 
Maybabo (Gaston de), id. 
Mbntbbl, ingénieur, rue Bona- 
parte, 50, id. 

Mbsnil du Buisson ( le comte du ) , 

rue de la Tourelle, à Boulogne, 

près Paris. 
MioNB (Pabbé), au Petit-Mont- 

Rouge , barrière d*Enrer , k 

Paris. 
MiNOBBT (£. ), avocat à la Cour 



DE LA SOClÊff. rAAMÇMSB l>*ilBCHÈOLOGl£. 1X1 



ivpérialet JMMikftrd de Slr«s^ 
bevrgf 6« 4t P«ri$€l à Caoses 
(Âlpcs-Marilines). 

* MuwwL (le 4iie de), rue Su 
DomiolqQe-SirGeniMùo, 102» id. 

Mou* aicWteele, îd. 
IfosiTAiGLOR ( Anatole de ) , lecré- 
tam de l'Êecde to Ghartesi kK 

* Monialtmberi (le eowte de) , an» 

den pair de France, menbre 
de A'AMdteie firaoçaiae» rue do 
Bf», AO,id. 
MafiniMB ( le manittis de) . mem- 
brederiiutUut des proTÎaces, id. 

* MoiiTLAua ( le comte de ), pro- 
priéiaire, id. 

MoBixeaiE (de La), chef de bu- 

reea à TBôtel-de-ViMe de PaHs. 

MoxTLViSAHT (de), capiuine d'ar- 

- tilterie, roe St-Dominîque*âi« 
Germain, 2, à Paris. 

^-MoBSBUfAii, rue de Milan, 45, id. 
NocBiiT (le comte de),, nie du Re- 
gard, 5, id. 

* OiujAusoR (le vicomte d^), rue 

- de la Vilie-rÉvêque, 29 , id. 
Oimaot M La Fatebib, rue de 

rOuêst, 56, id. 
Palustebm ItoiTirAULT (Léon), 

me Bonaparte, i8, id. 
Paeis (Louis), ancien bibKotlié- 

caiii! de la ville de Reims, rue 

Raoïlnilean , 2, id. 
Pabis (Paulin), membre de Hnsti- 

tot de France, place Royale, id. 
pASQQiaa ( Lucien), étudiout , id. 
PaaiioT, peintre, rue S^*-Hja- 

cinlbe^t-Honorè, 7, id. 



* Petit ( Victor), membie d« Ti» 
stMul des pfovinoes, rue de 
Lille, 28, à Paris, et ft Cannes 
(Alpes-Maritimes). 

Pdiiiux (le cfaewalier de), nieCau- 
. martin, id. 

* Pomaau (le viooflNe Armand de), 

rue de Lille, 07^ id. 

* PONTOIS DB PONTCAAB* (le Bar- 

quis de) , rue d'AnjoȉC-Ho- 
noré, A2 , id, 

PoivTON D^AvBcoiiaT (le fkomte 
de), rued*Bnier, il3, id* 

PoPBLiN ( Clodius }, peinire-émail- 
lenr, avenue de Plaisance, 3, id. 

PoTiBB ( Raymond) , employé au 
Ministère des Finanoes, me 
Neuve-des-Martyrs, 9, id« 

PocssiBLGCB-RusAND (Placide), or- 
lëvre, rue Cassette, 45, id. 

Rbubt (le «Qmte de) , secrétaire 
d*ambassade, rue d'Amsterdam, 
35 bis, id. 

RaÔRé ( Arthur ) , rue des Pyra- 
mides, 2, id. 

RiiNCEY (Henri de), direcfpur de 
V Union, membre de l'Institut 
des province)!, id. 

RoBBBT, de riostitut, chef de divi- 
sion au Ministèrede la Cuerre,id. 

* RoTscBiLO ( le baron de ), rue 
Laffille, 25 , id. 

Rots (le vicomte Ernest de) , audi-' 
teur au Conseil d*Étal, •, place 
Vendôme, id. 

* RoiLLi ( le comte de ) , me 
d'Anjou^St-Bonoré, 80, Id., et à 
\9%%y (Haute ♦Marne). 



XXlt 



MSTB DES MEMBRES 



* Saqot, niMibre de plusieurs Aca- 

démies, rue et hôtel Laffitte, 
à Paris. 
Saintb-Hkrvink (le marquis de), 
membre rfn Corps téipslatir, id. 

* Saint-Paul ( P.-L. de ), afocal , 
rue d'Aguesseau, 4, Ml. 

Salvandy (leoomle Paul de), rue 
Cassette, 80, Id. 

* Sabtt (de) , ancien prâfol , rue 

Rumfort, A à, id« 

TCRRAT ftS MOMT-VlrtDé ( le vi- 

comte), conseiller à la Cour 
impériale, id. 

* TirfA£, memt>re de Tlnslitut des 
provinoes, rueSt-Lazare, SA, id. 

Tfltorj.KT, passage S^-Marie, 8, id. 
Thoriskiy, rue de Bréa, 17, id. 



TaâvouiLLK (t« due de La), à Paris. 
'^Varin, ancien avoué, nie de 

Monceaux, 12, à Paris. 
Vaubabouho, arcliitecte, rueNeuve- 

des-Bons-finfants, 92, id. 
Vauttbs-Gallr, sculpteur, rue de 

iaCliaise, 40, id. 

* VHhfoiné (Héron de\ arcbiviste- 
paléo^aphe, roe de Buffon, 95, 
id. 

* Vn.tjRan.LB (de La ), secrétaire 
des Comités bisitorlques , id. 

ViNCBNT, membre de P Académie 
des inscriptions et belles-4ellres, 
id. 

* VoGLB (le comte Mulchior de), 
rue de Lille, 00, id. 

" WiNT (Paul de),id. 



Seine-^eii-Oise. 



*DiON (Henri de), ingénieur, h 
Montfort-rAmauryr 



Dion (Adolphe de ], à Montfort- 
i^Amaury. 



Vonne. 



Inspecteur : Mg' Jolly , archevt'que de Sens. 



* CkaUe, soii»<<lirectcur de Vlti» 
slitut des provinces, membre 
du Conseil général de l'Yonne, 
ù Auxerre. 

CLBRMONT^TofiiifBRaR ( ic marqois 
de), M cbOteau d'Ancy-ie-Franc. 

CoTTEAV, juge, à Auxerre. 

DoRMQi^ (Camille), économe de 

. Pfaoapice, à Tonnerre. 

Droit (Tabbé), curé dlsland. 



JoLLT (Mg'), ardievéqoe de Sens. 

* Havblt (le baron dii)« au clià- 
beao des Barres, à Sainlpuils, 
par fintrains-sur-Nobaitt, 

Laitier, préaident du Tribunal 
civil, membre du Conseil gé- 
nérai, à Sens. 

* La TooH-DD-Piif-GoDVBnNBT ( le 
marquis de), à Chau mont-su r- 
Yonne^ par Vilieneove-la-Gnyard, 



I>E LA SOCIÉTÉ FUANÇAISë D^AHCHÊOLOGIE XXlll 



Laureit (Habbé , directeur du 
séminaire, à Aukerre. 

Le Mabtbk (le cher aller), membre 
correspoodant de la Société ar- 
chéologique, à Tonnerre. 

Quaniin, archiviste du dépurle- 
, à Airxerre. 



Rayin, Dolaire, à Villîers-Sl-Ben4)ît. 
RoGuiBR (Tabbé), aumônier de 

TÉcole normale d^Auxerre. 
*TuToais, au château de'Chenay, 

par Tonnerre. 
* ToRNBLLiBB, greffier en chef du 

Tribunal civil, à Sens. 



Loiret. 

Impecteur: M. Tabbé DasKOveas, cbaooioe, vicaire-général, mcmbiv 
de rinstilnt des provinces, h Orléans, 



ACTBCOCBT (d*;, ancien ofllcier, à 

Oriéans. 
'Boccaca m IIolanoo?(, è Or-* 

léans et à Reuilly, par Ponl- 

aux-Moines. 
Buzo^tmiBB (de), membre dt TIb* 

stitot des provinces , à Orléans. 

* Ds Fatbs db Cuaulnbs ( le vi- 
comte ), me des Feuchers, id. 

*Dbsroy£BS (Tabbé), chanoine, 
vicaire-générul, membre de Tin- 
stitut des provinces, id. 

* DuPAJiLoïKP (Hg*)' ^v^ue d'Or- 
léans. 

GuKXEBBBT, ancIcn maire, à Mon- 
targis. 



GuiLLADMB, juge, à Moutargis. . 

Jacob , Imprimeur-libraire , à Or- 
léans. 

Lr Roy, avoué, è Monlargis. 

Mabchard , correspondant du Mi- 
nistère de Plnstroction publique, 
près Briare. 

NiTOT, membre du Conseil géné- 
ral, à Ay. 

Petit, membre dn Conseil gétié* 
ml, à Triguères» 

PocLàiif , oonduoieor des poms-et- 
chausséea» àMofllargis< 

RocmtB (i*abbé)» chanoine hono- 
raire, membre de la Société ar- 
chéologique, à OrléeiiSi 



Aulie. 

Iftspetimr ; * M. Fobbé Tridon , Chanoine honoraire, membn* de 
rinslitut des provinces, à Troyes. 



AD.10T, notaire, à Cliappes, canton 

de Bar-sor-Seine. 
Babbbai-Réiiond, propriétaire, aux 

Riceys. 
Batirr , conducteur des ponts 



el-chaussécs, à Bar-su r-Selne. 
Bo7«NEMAiit (Pabbé), chanoine lici- 

uoraire» vicaire de S'^-Made* 

leine, à Troyes. 
* Camvsat de Vaigoiboob vice- 



XXIV • LISTE DES MEMBRES 

président de la Sociêlé acadér laSocîélé académique de r Aube, 

inique de TAube, à Trojes. à Troyes. 

* Coffinet ( Pabbé ) , chanoine , Mahcillac (le comle de), à Bar* 
ancien vicaire-général du dio- sur-Aube, 

ct-se, id. RoizARD (l'abbé), chanoine-arclii- 

* Fléchet-Cobsik ; architecle, îd, prélre de la cathédrale, yicaire- 

* Gayot (Amédée), ancien dépulé, général, à Troyes. 

membre de rinslilul des pro- Royer (J.), architecle, aux Riceys. 

vinces, îd. * Trioow (l'abbé), chanoine hono- 

Ghéau (Jules), manufacturier, id. raire, membre de l'Institut des 

Hervey, docteur-médecin, îd. provinces, à Troyes. 

HuoT ( Charles }, mamifaciuricr , * Vbndeuvrb (le comte Gabriel de), 

id. ancien représentant, à Vendeu- 

IjK Hcprotb (Truchy de), proprié- vre-sur-Barse. 

taire, id. Vbrxibt (Alphonse), propriétaire, 

*Lapérvuie ^Gustave), président de à Troyes. 

Euve— «i— Loir. 

Inspecteur: * M. Charles d'Alvimare, à Dreux. 

* Alvimarr (Ch. d'), âi Dreux. Comice agricole, à Nogent-lc- 

* Durand (Paul), à Chartres. Rotrou. 

* Leffroy, propriétaire, à Dreux. Prou, président du Tribunal civil, 

* aiBai.BT, aecréUire de la Société à Châteaudun. 

archéologique d'£are-el-Loir. * Tbllot (Henri) , propriétaire, à 
Morissurt (de), secrétaire du. Dreux. 

a* D/K/5/0/Y.— SARTHE, MAINE-ET-LOIRE ET MAYENNE. 

Inspecteur divhionnaire : *M. le comte DB MAILLY, ancien pair 
de France, au chftteau de la Roche-de-Vaux, près le Mans. 

Sarllie. 

Inspecteur : * M. Hcchbr , de rinslilut des provinces. 

«^Albih (Pabbé), chanoine hono- Aiijvbaijt.t , bibliolhécaire , au 
raire, au Man^. Mans. 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE O'aRCIIÊOLOGIE. XXV 



*B4Guoif (de), au cliftteau je 

Boscé. 
BàucHBT (Paul), arcbitecle, au 

Mans. 

* BuiTJSTTe (EdnMUMi de), au ehA-» 

leaa de Gonpillèret^ 
BtOTTifeaE, sculpteur, au Maiis» 
Bovvrr (Tabbé), curé de Neuvjr. 
Brihisboltz (Louis), id. 
Charles (Lôopold)« aoCiquaire, à 

la Ferté-Bernard» 

* GHIVRB4U (Tabbô) , vicaire^gé* 

néral du Mans. 

Cl.EBMOXT>GAtLBBANDfe (le ViCOmlC 

de ) I au Mans, 

* CoMo.^T (le vicomte Cbaries de), 

à Sillé-Ie-Gutllaume. 
Dklarue, architecte du départe- 

meul, an Mans. * 
Drslais (Tabbé), curé de la Cout 

lui*?, id. 

* Espaulttrt (Adolphe d*), mem^ 
bre de Plitstitul des provinces, 
adjoint au maire « irL 

ÉTOG UB Mazy, médecin de TAsile 

des aliénés, id. 
FocBKaT, sculpteur, à Sillé-le-Guil- 

laume. 
Gaullibr, sculpleur-statuaire, au 

Mans^ 
GoMBERT, architecte, id. 
GiÉa.iNGBR (Doni), abbé dç Si)^ 

lesmes. 

* Hueher, membre de rin<<titntdcs 
provinces, au Mans. 

Jaifart, peintre-orncraanislc , id. 



JoussBT pBS Berries, juge dUU" 

struction, au Mans. 
La Bblus«Dagoneau, rue Garoier, 

id. 
La Pbllbtibb, docteur*>médecin »: 

id. 
VWmmitB, membre do Coueit 

général, à St^Cd^ia» 
LivET .(Tabbé), cbaooitie bono- 

raiiv, euré du Pré, au Mans. 
LoTTiN (Pabbé), chanoine, membre 

de riitstilut des provinces, id. 

* LoYAC (le marquis de) , à Yen- 
denvrf. 

* Mailly (te comte de), ancien pa4r 

de France, an château de la 
Rocbe<de-Vaux, prés le Mans 
Ménaro db La GaofB (M** Ifip. 
poljrte), au Mans. 

* PAiLLART-DaoLiRé, mcmbne du 

Conseil g^éra), id. 
Pbrsigar (Tabbé), chawiue Utu- 

laire, id. 
Rousseau, prorcssem* de dessin, id; 

* SAisfT-PATERifB (le oomte de), 9 

Si-Paterne. 

*SiNOHER, directeur de In Compa- 
gnie d^ssurance mutuelle mo- 
bilière, au Mans. 

Vallée (Gvstave) , jug« suppl^anu 
id. 

Vbbbikr, proresseur de mathéma- 
tiques en retraite, membre de 
rinslitul (les provinces, id. 

Voisin (Tabbc), de rinslitul dus 
provinces, id. 



XXVI 



LISTE DES MEMBRES 



Malnei-e l«iI«oi re. 



Inspecteur : * M. GodabjhFailtbibr, à Angers. 



Bailloo db La Bross», proprié- 

laîre, à La Breille. 
Babmkb m Monta ult (l'abM), 

membre de riiislltul des provln- 

oes, à Angers et à Rome. 
Bovfon-LivÉQve» Maire des Poiits- 

de-Cé. 
ÇaiPFAui (Tabbé), aneicn curé, & 
. Sauoiur. 

Chedrau, adjoint au maire, UL 
QHBVAURa ( r«ibbé ) » aornôuier de 

rbôpilal, à Caiidé. 
CoiwTiLLBa , conseryateur du Mu- 

64e, à SauflMir. 
' Dklavau ( Henri ), membre du 

Conarii d'arrondissement , id. 
ÉPiRAY (d')* jage au Tribunal 

dvil, membre de Tlnstitut des 

provinces, id. 
Fos (P. de), propriétaire, id. 

* Godahd-Faolthibb, à Angers. 

* Joty-le-Terme , architecte , à 

Saumur. 
1^ JouBBBT (Tubbé), ehanoine bo- 

noraire, à Angers. 
LAmkBT aloé, à Saumur. 



La Selle ( le comte de ) , membre 
du Conseit général, an cbftCeau 
de La Trembfayc. 

LesToiLB (de), à la Lande-Chaste, 
près Angers. 

LouvBT, député au Coq» l^s- 
latir, maire de Saumur. 

Mabbst (de), maire de Bagneux, 
près Saumur. 

Mayaud (Albert), membre do Con- 
seil général des Deux-Sèvres, à 
. St-Htloire-St Florent. 

Mayaud (Paul), pro|)riétatre , à 
Saumur. 

O^Nbil, sous-préfet de Saumur. 

Parbot (A.), de Tlnstilut histo- 
rique, à Angers. 

* Prévost , capitaine-commandant 
du génie , à Saumur. 

PnTTB, architecte, id. 

QuATBBDARBKs ( Ic oomtc Théodore 
de), à Angers. 

RopFOT, architecte, ft Saumur. 

Tardif (Tabbé), chanoine-sccré- 
Uire de Tévêché, à Angers. 



Mayensie. 

fntjKcteur : M. Le Fiselibr, à Laval. 

* CuAMPAGNBY (M"" la marquise Couanieh de La un a y (Stéphane ), 

de\ au château de Craon. à Laval. 

CiUEDBAC , avoué, à Mayenne. Descars ( Tabbé ) , chanoine houo- 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE 0* ARCHÉOLOGIE. XXVil 

raire, direcleur de Tluaikut «j- Peddhommb (Pabbé), curé de Lott- 

ciésiastique de Chftleau-OootieK. verné. 

•DcsTOucHEs, propriélaire, àLaval.' •Sarcci (le iwroii de), à Mayeonc. 

Garxibr, agenl-voyer, id. Sauvagb, juge de paix, à Goup- 

La Çboizb (de) , place de Herot, train« 

/^ Laval. Sebaox (PaJïbé), supérieur ùa 

* Le FisELiBR, secrétaire delà So- grand-séiDiiHiîr«,.à Latai. 
dété de Tlnduslrie , id. 

7< /)/F/670iV.^LOIII-ET-.€|lM, CHEB, INDRe-ET-LOIRE, 
l^DRË CT NIÈVRB. 

luspccteur divisionnaire: M. DE LA SAUSSAYE, membre dePlustitul. 

Lolr-^l— Cher. 

Inspecteur : * M. le uiarquisDB Vibbaie, membre de 1*1 ustilul des 
provinces, à Cour-Chcverny. 

* BijDARD DR La JAcopifeBE (Aiiatoie Vendôme. 

de), au cliàleau de St-Ouen* Martonke (de), archiviste du 

* Lacroix de Rochambeac (le départemeut, ft Blois. 
coiole), au cbàteau de Itocbam- Tracy (de), à Suèvres. 

beau, près Vendôme» et à Paiis, * Vibra ye (le marcruis de), membre 
rue de Hanovre, A. de Plnstitul des provinces , à 

Lai;?(ay , proHesscur au collège de Cour-Chevemy. 

Cher. 

Inspecteur : * M. Bourdalour, membre de riiistilul des provinces. 
Bi:&UBEPAiRE(de), subsliluldupro- Du Moutet, membre de plusieurs 
cureur-généial, membre de Tlu- Sociales arcbéolog. , à Bourges, 
slitut des provinces, à Bourges. Le Note (Pabbé) , curé de Charly. 

* BouRDALOLB, membre de rinsUlut Marj^gual, ingénieur des ponis-ct- 

des provinces, id. chaussées, id. 

Indre— ei— Loire. 

Inspecteur : » M. le comte de Galembert, propriétaire, à Toui-s. 
Bacot de Romaks (Jules), à Tours. * Bouvassé (l'abbé), chanoine (ilu- 
BoiSLÈVE-DESTioYiiRS, Hiuire à Lun- laiif, à Tours. 

gi ais. CuASTKiGNER ^Âirrcdde),ù Beaulivu 



XXVIIC LISIE DES MEMBRES 

* GoDONT (Gé de), au cbàte&a de Rosb-Cartieb, propr., à Tours. 

la Grille, près Chinon. * Saint-Gborge (le comte de\ aa 

* Galbmbbrt (le comte de) , pro- châieaa de la Brèche, prèsTIIIe- 

|»rlétaire, à Tours. Bouchard. 

* Guérin fils, architecte, id. 'Saliton de Maiso.hbougb , id. 
lACQimiim, arcbîtecte, id. *Sabc< (de), au cbAteau de Hod- 

* Péoabd , conserrateur du musée berd-St-Cbrîstophe. 

archéologique, id. * Souiiat (de), è CravaiiL 

ladre. 

Inspecteur: * M. Maubenq, rue de Tivoli, 9, à Paris. 

/Cbaron ( Tabbé), curé de 8t- * Voni?i (l'abbé), curé de Douadic 
Marcel, canton d' A rgeutou. ( canton du Blanc }• 

Klèvre. 

Impecteur: *Mg' Crosnjrb, protooolaire apostolique, vicaire-général 
de Nevers, membre de Tlnstitut des provinces. 

** Crosnieb (Mg')» protonotuire Millet (Tabbé), chanoine bon»- 

apostolique, vicaire-général de raire, doyen de St-AmaiMl-en- 

Nevers, membre de riustUut Puisayc. 

des provinces. Violette ( Tabbé) , arehiprétre de 

FoKCADB (MgO , évéque de Nevers. Cosne. 

8< I>/K/5/(7iV. — PUY-DE-DOME, HACTE-LOIBK 9 LOIRE 
ET LOZÈRE. 

Inspecteur divisionnaire : * M. J.-B. BOUJLLËT, membre de 
rinstitut des provinces, à Glermonl-Ferrand, 

Pay-de— D6me. 

inspecteur: * M. Thibault, peintre-verrier, à ClermouU 

*BotiLLBT (J.-B.), membre de mondFerrand. 

rinstitut des provinces, à CIcr- Labgé, inspecteur de T Académie. 

mont-Perrand. Sartiqe (le baron de), à Cler* 
** Gbaedon du Banquet, id. monl-Ferrand. 

• Lafatb l'Hôpital (de), à CIcr- • Thib%ilt, pcî ntre- verrier , id. 



D£ LA SOCIÉTÉ FRA^ÇAISE D^AHCHÉOLOGIE. XXIX 

Inspecteur i M. Le Blanc , à Brioude. 

* fieBTRAMD DE Doue, ancien pré- Cbaivaleiilbs (le marquis de), 
sident de ta Société académique, au cUAtean de Chanaleilles. 

•o Pny* Chaouib (Gabriel de), avocat, au 

* Calevabd de La Fayette, prési- Puy. 

dent de la Société d'agriculture, Le Blaec, consenraietir de la bi- 
sciences, arts, industrie et com« bliolhèque de Brioude. 
merce du Puy. 

Ivoire. 

htpccieur: * M. Go.n.xabu, employé 5 la Recolle générale, à 
St-JÊUenne. 

Albicny de Villenbutb (d'), à * Gonxabd, employé à la Recette 

St-Êlienne. générale, à Si-Étienne. 

* BuBBT (Eugène), notaire, id. Le Rom, ingénieur civil, rue S*'- 
Cbavbbondieb (Aogasie), docteur Catherine, id. 

en Droit, archiviste du dépar- * Mbaux (le vicomte de), au cbft- 
tenent, id* teau d'Écelay. 

* Gorra (Alphonse) , négociant, à * Noël as, docteur- médecin , à St- 
Roanne. Haon-le-Chfttel. 

Dcbaud (Vincent), à Ailleox, par Robichon, propriétaire, id. 

Boén. Vibb (Louis), adjoint au maire, 

GiBABD, agent»%'Dyer en chef, à id. 

Sl-Étienne. 

Losère. 

Intpecleur: M. 

* Chapelain de Saint' Stiuvem* [\e Polgb (l'abbé), chanoine, secr^ 
baron de), à Mende. laire-géoéinl de Vé\/k(Cé de 

Fbtbesse, avocat , id. Mende. y^ 

Fouiquier (&fg')« évéquede Mende. * Roussel , pr^fdent de la Société 

Le Fbarc, ingénieur des ponts-ct- d'îtJricuKm; , à Monde, 
chaussées, à Mende. 



XXX LISTE DES MtMlîRES 

9« DIVISION,— ILLE-eT-VILAI\E, COTKIM-DU-NORD 9 
FINISTÈRE, MORBIHAK ET LOIRE-INFÉRIEURE. 

Inspecteur divisionnaire : * M. AUDREN DE KERDREL, ancieo 
député, membre de riiistilul des |)ro\ince$, à Rennes. 

nie-et-Vllaine. 

Inspecteur : M. LàMCLois, apcbilecfte, à Rennes. 

André, conseiller à la Cour impé- Grand-Fougeray , commune de 
riale, à Rennes. Porl-de-Roche. 

* AuDBRN DE Kerdrel, aucicn dé^ * Genouillac ( le vicomte de) , au 

pulé t rue St-Sauveur , 3 , id. château de la Chapelle-Chaussée, 

Alssant, docteur-médecin , id. près el par Bécherel. 

* BoituERiE (de La ) , membre de * Langle (le vicomte de) , à Vitré, 
l'instilul des provinces, à Vitré. * Langlois, architecte, à Reunesk 

* Brbil de Lakdal ^ie comte de) , Montessdy (le comte dv), délégué 
au château de Landal. de la Société artliéologique 

Bruns (Pabbé), chanoine, à Rennes. dUlle-et-Vilaine , id. 

Danjou de La Garbmnb, à Fou- Niepcb, procureur im|>énal, meiu- 

gères. brede Tlnstitut desproviuoes^ id. 

De La Bi61(b-Vili.bnbuvk, à Reiutes. To«uiocche, membre de plusieurs 

Fruglaye (le comte de La), au Académies, id. 

Côtc9-du-\ord. 

Inspecteur : M. Gbslin dr Boorcogrr, à St-Brteuc 

Gautieb-du-Mottat , à Plérin , "Hernot, sculpteur, à Lannion. 

près St-Brieuc * Keranflecb (le comte de), au 

* Geslin de BoiitGOGNE, à St- châtcBu de Quclencc, par Mur- 
Brieuc. de-Bretagne. 

^ rinistère. 

^ Inspecteur : * M. du Maruallach, \ï Quimper. 

* Biais (A. de), ancien député, * Du Chatblubr, membre de l'in- 

membre de l'Institut des pru- stilut des provinces, au château 
vinccs , à Quimper. de Kernuz, pi-ès Pont-PAbbé. 



l>£ LA SOCIÉTÉ FRAxNÇAlSK 0*ABCHÉOL0<ilE. X\X\ 

* UallAcuen, docleur-médecin, à * Masballacb (du), à Quim- 
ChAleauliu. per. 



Intpeeteur : * M. de KiRiDEc , à UeiluetMiil. 

LiLLB««KD (Alfred) , juge de paii, * KéaiDBc (de) , à Heiiucbout. 
à Vannes. 

Loire^InfSrleure. 

ImspeettMt : * M. Nav» Drcbitede, membre de TiuslUttl des provinces, 
à Nanies. 



BiiKCttET, docteur-médecin, place 

Rojale, 15, à Naoles. 
CiiLLUiD ( Frédéric ) , membre de 

rinslilut des provinces , rue des 

Arts, 29, id. 
Cubsxmd, rue des Cadeoiers, id. 
EuoBL, id. 

GaoLLEAU iPros|ier}, ancien sous- 
préfet, id. 
GuKXABD (Florent), id. 
• La Tota-Du-Pix-CuAMBLY (le 

baron Gabriel de } , boulevard 

Delorme, 26, id. 
Leboox , docteur-médecin , rue de 

la Chalotais, 1, id. 
Le Micxoii rrabbé}, cbanoine, rue 

Royale, 40, id» 
Lepeltibs ( Armand ) , doclcur- 

médecin, id. 
'Marionneau, rue du Cah aire, 1, 

id. 
Martel > directeur du grand-sémi- 

uaire, à Nantes. 



* Nau, architecte, membre de 
rinstilut des provinces, id. 

* NiroLiiBE (Siéphan de Lu), id. 
Orirlz, agent-vojer d*arrondisse« 

ment, id. 
Pabe?iteau (Fortuné), id. 
Phelippes-Beaulieux , avocat, rue 

des Arts, 29, id.. 
PhblippksBeai'libux (Emmanuel), 

avocat, id. 

* Pbevel , architecte , quai Fles« 
selles, id. 

* Raymond (Charles de), id., id. 
Ricbard (Pabbé), vicaire-général, 

à révéché, id. 
TiLLT (le marquis Henri de), rue 
Toumefort, id. 

* Van-Ueghem .Henri}, arcbîtecle, 
rue Félix, 4, id. 

ViAUD -Gbakdhabais , professeur- 
suppléant à la Faculté de mé- 
decine, id. 



XXXfl 



LfSTE DES MEMBRES 



10* DIVISION, — VIENNE ET OEUX-«SèvRES. 

Impecle^ir divisionnaire : • M. Tabbé AUBER, chanoine titulaire, 
membre de l'Institut des province», à Poitiers. 



Vlen 

Inspecteur : M. Le 

* Âi'BRRT (Pabbé) , chanoine titu* 
laire, membre de l'Institut des 
provinces, à Poitiers. 

Bardy (Gustave), conseiller à la 

Cour impériale , id. 
•Benye (le Père), id. 
BnouiLLBT, sculpteur, id. 

* Cakdin , ancien magistrat , Id. 
Delavau (Achille), propriétaire, à 

Loudun. 

EspiBRBE (Gabriel), fils, avocat, à 
Poitiers. 

Garran de Balzan, conseiller à la 
Cour impériale, id. 

Gbnnbs (de) , id. 

GoGUBT (Auguste) , procureur im- 
périal, à Loudun. 

La Brossc (le comte de), pro- 
priétaire, à Poitiers. 



COINTRE-OUPONT. 

Le Cqjntbe-Dupomt, proprJfetaire , 
à Poitiers. 

Loii«iJBiiAii (de), président de ia 
Société des Antiquaires de 
rOucst , id. 

La Faculté de Droit, id. 

Mkillet, chimiste, id. 

Mi^.NARD , ancien proviseur du 
Lycée, id. 

Redet, archiviste du département, 
membre de Tlnstitut des pro- 
vinces, id. 

RoBRRT (Pabbé), chanoine, Id. 

SoLViG.NY (Charles de), proprié- 
taire, id. 

TouRETTE (Gilles de La), proprié- 
taire, à Loudun. 

ToiRETTE (Léon de La) , docteur- 
médecin, id. 



DeHX— Sèvres. 



Inspecteur : M. 



Arnault (Charles), correspondant Clovzet (Léon), libraire-éditeur, 

du Ministère d'État , à Niort. . à Niort. 

Barookkrt (Abet), Id. Datid, député au Corps législatif, 
Barbadd, juge suppléant , è Bres- id. 

suire. . Frappibr (Paul) , id. 

Barré , docteur - médecin , h Giraud (Alfred) , procureur im* 

Thouars. périal, à Partlicnay. 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D* ARCHÉOLOGIE. XXXIII 



Goi-Gsr, archÎTiste du déparlement 

des Deui-Sèvm, à Niort. 
Gbkrouillovx (Edouard), id. 
Imbebt, propriéuire, membre de 

la Société des Antiquaires de 

rOuest , à Thouars. 
Lafossi (Henri), à Niort. 
*LeDAiK, avocat, de la Société des 

Antiquaires de TOuest , à Par* 

tlieiiay. 



MoNNBT (Alfred), à Niort. 

* Bavan, trésorier de la Société de 
slalislique, id. 

RoNDiBB, juge honoraire^ à Melle. 

* RouLièBK (Victorio de La), à 
Niort. 

Rousseau (Tabbé), curé de Ver- 
ruycs , canton de Matières. 

Verbibu, chef de bureau à la Pré- 
feclure, à Niort. 



ii« D7F/5/aîV.— Cil ARENTEp-INFÉRI EURE ET VENDÉE. 

Inspecteur éivirionnaire : * M. I*abbé LACURIB, chanoine honoraire, 
ancien aumônier du collège de Saintes. 

Cluireiitei-leférleiire« 

Inspecteur : M. Bbisson, secrétaire en chef de la Mairie 
de La Rochelle. 



Avaa m La Verghés (Ernest), 
avocat, à La Rochelle. 

BrAocBAMP (Charles de), à Pons. 

BonoEOis (Justin) , à Saintes. 

Bbisson, secrétaire en clief de la 
mairie de La Rochelle. 

Clsbtadx (Jules de) , à Saintes. 

DcHOBissoN, jogede paix du canton 
de Pons. 

DocBLBT (Pabbé), curé de Ré- 
taux. 

EscBASSBBiAcx (le barou) , député 
au Corps législatif, à Saintes. 

* Gastinbau ( l*abbé ) , curé de La 

Gord. 

* Laccbib (l*abbé), chanoine hono* 

raire, ancien aumônier du collée 
de Saintes. 



* Landriot (Mg»"), évéque de La 

Rochelle. 
LBMABié (Eugène) , imprimeur, à 

St-Jean-d'Angely. 
Mbnut, employé des Douanes, à 

La Rochelle. 
MoNGis (Pabbé), id. 
Person (Tabbé), aumônier du 

collège de Rochefort. 
*Phelippot, propriétaire, au Bois 

(Ile-de-Ré). 
RocQUBT (Georges), à St-Jean- 

d'Angely. 
RoMiEGX (Gaston), secrétaire de 

r Académie, à La Rochelle. 
Taillasson, pharmacien, à Saintes. 
Ta «HAT , juge d'instruction , k 

Rochefort 



XXXÏV 



MSTE DES MEMBRES 



Vendée. 

Inspecteur : *M. L^n AcDé, ancien secréUire-général de l« préfee- 
ture, àNapoléoD-Veo^e* 



Adwbauid, receveur particulier 

des finances, à Fontenajr. 
AiixEBY (Pabbé), id. 
Argibadd (Cliarles), juge de paix , 

id. 
Angibaud, juge de paix, à S»Mîer- 

mine. 
Avùi (Alexandre), dodenr-méde- 

cin, à Fontei^ay. 

* AuD^ ( Léon ) , ancien secrétaire- 
général de la préfectnie, à 
Napoiéon-Vendée. 

A«GEB, docteur-médecin, à Nal- 

liers. 
AuvYifET (l'abbé), vicaire de 

Noire-Dame, à Fonlenay. 
Babin, docteur-médecin, id. 

* Batlereau (Léon), archilecle, à 
Luçon. 

Ballt '(Pierre-Henri), ingénieur 

civil, à Faymorean. 
Babon, ancien député, à Fonlenay, 
Barbion (Désiré), médecin, à 

Mouilleron-en-Pareds. 
BASSETifenE (Edouard de La), à 

St-Ju lien-des- Landes. 

* Bacdby (Pabbé F.), curé du 
Bernard. 

Bbaitchbt-Fillbau (Henri), à Chef- 
Boulonne. 

Beal'd (Jean- Jacques), directeur 
de ll^.cole supérieure, à Fon- 
lenay, 



Bbadmont (Artbar de) , à La Gar*> 

cillère. 
Bejabbt (Amédée de), à Roclie- 

Louherle. 
Bbbnabd (Ëvarisle), à Auxais. 
Biaillr-Lalongbais ( Auguste ) , 

doclenr-médecin, au Langon. 
Bibuveni; (Léon), membre du Con- 
seil général, à St-Hilaire-des- 
Loges. 
Birothbau (Ferdinand), peintre, h 

Fonlenay. 
Bittor (Alexandre), id. 
Bobiret de l'Angle, id. 
BoDiN, à Marigny. 
Boncebxe (Félix), juge à Fonlenay. 
BoxcENifE (Ernest), id. 
Bonnaud, notaire, id. 
BoNWACD (rabbé),curéde Cbarxaîs, 
Bonnet (Tabbé), curé de Pou- 

xauges. 
BoBDE (Camille de La), à Fon- 
lenay. 
BoucABD (Emile), agent ilechange^ 

id. 
BoccHBB (Théophile), à Challans. 
BouiN (Jules), médecin, au Mon- 

champ. 
BociN (père), id. 
Bol IN (Pabbé), curé de Chavagnes- 

en-Paillers. 
BouQLiN (Henri 1, orfèvre, à Fon- 
lenay. 



DE LA SOCIÉTÉ PlUNÇAlSE O^AnCHÊOLOT.IE. XXX Y 



BoiThRON, propriétaire, aux Her- 
biers. 

BocHLOTON (Louis), professeur de 
rhétorique, à Foutenay. 

BouTBTiftRB ( de La ) , id. 

BoDTET (Eugène), à S»«-Herinine. 

Brécbard (Eugèuej, avocat, à Fou- 
tenay. 

Brem (Adolphe de), à Luçon. 

BRiàRB (dé La), receveur-général, 
à Napoléon. 

Brisson (Armand), banquier, h 
Foutenay. 

Brunstière, juge d'Instruction, id. 

Catalan (Auguste de), sous-in- 
specteur des Contributions in- 
directes, id. 

Cacrit (Pabbé), curé de Béaumur. 

Chabot de Pechbbsuk (pt^re), à 
Fontenay. 

Chabot dv Pbchebbcx (fils}, id. 

Charpentier (Tabbé), curé de 
Luçon. 

Charrier (Léopotd), avoué, à 
FoDlenay, 

Charron (Louis), expert, à Pé- 
tosse. 

Chauvbau (Charles), docieur-mû- 
decin, à Luçon. 

Cbevailbebao (Gustave), conseiller 
général, à Boissorin. 

Clehbnceau de La Loqcebie, à 
Fontenay. 

Clôt (l'abbé), cnré de la Châlaî- 
gueraie. 

Cotet (Mg'), évéque de Luçon. 

CoQoaLAiTD (Émîle), docteur-mé- 
decin, ù Fontenay. 



CoL'GNALD (iVfathias), à Fontenay. 

Crosnier (Antoine), à Angles. 

Daudetbau (Charles), à Fontenay. 

Daviau (Henri), propriétaire, à 
Rocheservière. 

David (Pabbé), cnré d'Angles. 

Delavau (Alphonse), propriétaire, 
à Pouzauges. 

Dblidon, notuire, à St-GilIcs-sur- 
Vic. 

DoLiLLABD (Henri), propriétaire, ù 
Montaigu. 

Dlgast-Matifeux (Charles), à 
Montaigu. 

Duprb-Carra, avoué, à Fonlenay. 

Du Temps, docteur-médecin, id. 

Du Temps , aux Sauzes. 

EspiERRB (Gabriel) , membre du 
Conseil général , à Fontenay. 

EspiERRE (Ernest), ancien avoué, 
id. 

Fallb (Paul), pasteur, à Fon- 
tenay. 

Ferchauo (Pabbé), curé de Notre- 
Dame, id. 

Filaudbau, archiviste du déparle- 
ment de la Vendée, à Napoléon. 

FiLLON (Benjamin), à Fonlenay. 

Flecry Des Marais, propriétaire, 
id. 

Fontaine (Arthur de) , id. 

Fontaine (Gabriel de), maire, à 
St-Vincenl-Sterlange. 

FouRNY jeune, carrossier, à Fon- 
tenay. 

Gaillard de La Dionnrrib, sub- 
stitut du procureur impérial, 
id. 



XXXVl 



LtSTK DES MEMBRES 



Gabmrbeal' (Auguste) , architecte 

de la ?ille, à Fontcnay. 
GéAMT (l'abbé), curé de Sl- 

Mesmin. 
GiGAT , n^odant , aux Sables- 

d*01onne. 
GiHAD DE ViLLBSAisoN , préfet de la 

Vendée. 
GiaAtD, docteur-médecin, à Fou- 

lenay, 
GizoLHE (Alfred), professeur au 

collège, id. 
GoDBT DE La Ridoclerib (Mar- 

cellin ) , id. 
CoDBT DE La Riboulerib (Louis) , 

à L'Hernienault. 
GouoBAUD, notaire honoraire, à 

Chavagnes-en-Paillers. 
G RELIER DU FoiXERoox, aocieD dé- 
puté, à la Chapelle-Thémer. 
Grimouard de St-Lacrbnt (Henri), 

à St-Laurent-de-la-Salle. 
Guenyvbaii (de), à Nalliers. 
Guj^RiN (Tabbé), curé de Mouil- 

leron-en-Pareds. 
GuÉRY (Arthur), avoué, à Foa- 

tenay. 
GcÂRY (Léandre), ancien avoué, id. 
GuicHARD (Frédéric), agent-voyer, 

à Rezé. 
HiLLERiN (Auguste de), à Luçon. 
HiLLBRiN (Roger), ù St-Murtiu-de^ 

Fraigneau. 
HoLLLiBR DE ViLLBDiEU, à La^Bau- 

dière. 
Janfceau, médecin, à Fontenay. 
Jarrassé (Alfred) , procureur îm- 

]H*rial, id. 



ioFFRioif (Martial), à Fontenay* 

JoFFRiON (Auguste), id. 

JoussEAUMB (Hanaël) , propriétaire» 
id. 

JoussBMBT (Benjamin), à Napoléon. 

Lacovbi, notaire, à Fontenay. 

Lalubib (Charles), à Ouïmes. 

Laurent (Tabbé), curé de Vou- 
vant. 

Laval (Adolphe), percepteur , à 
Fontenay. 

Lrsibpveu (Jules), docteur-méde- 
cin, à la Châteigneraie. 

Le Pelletier, conservateur des 
hypothèques, à Fontenay. 

Lépinerays (de), à Fayrooreau. 

Letourneux, président du Tribunal 
civil, à Fontenay. 

Lièvre, pasteur, à Couhè. 

LuGCBT (Henri), professeur de phi- 
losophie, à Fontenay. 

Malatier (Jean-Joseph), à Yeluîre. 

Mangou, fils, à Fontenay* 

Mancou-Goquillaud, docleur-mé- 
decin, id. 

Marchand (Ernest)* 

Marcbbgay (Paul), archiviste-pa- 
léographe, aux Boches-Bari- 
taud. 

Martin (Tristan), à Montliroard. 

Martineau (Auguste), à NieuL 

MiNAGBB (Pabbé) , chanoine hono- 
raire, aux Sables-d^Oloune. 

Mbrcirr (Marcdlin), à Fontenay. 

Mbrlard de CoaillA , docteur-mé- 
decin, à Luçon. 

MsRVEiLLEUx ( FrançoIs-Henri ) , à 
Fontenay. 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D* ARCHÉOLOGIE. XXXVlI 

lfEBTBU.Bux-DcvrGRAi)x , procu- PftousT (Henri), maire, à St- 

reor impérial, à Napoléon. Mesmin. 

MoLLBK (Bmest) , à Fontenay. Pdjol Mo.iSALès, principal du col- 

HoKEAu, père, juge de paix , au léir«» à Fonlenay. 

Wué, Raballand ( l'abtté ) , curé de 

MoMBOT, économe de l*bospice, à Nieul. 

Fontenay. RABXLLAcn ( l*abbé), curé de Maii- 

MosHAT (Henri), id. I»»». 

NauLUKa, dodeur-médecin , à H aod (François], docleur-médcciny 

Loçott. à Luçon. 

Pagkau, arpenleur, à Fontenay. RavRasBAu Alfred), avocat, à l'on- 

Paillart ( Henri ) , sous-préfet, id. lenay. 

Palliot (Hîppolyte), propriétaire, Rivasseau (Victor), avocat, ici. 

id. RoBEBT DU BoTNEAc (Éiienne), à 

PABEjrrBAu DB La VotTB (Arlliur), Marsais-S»'-Radegoode. 

id. RoBBBT DU BoTNBAU (l*abbé), vi- 

Pkbbbau ( Victor) , avocat, id. cairc de Notre-Dame, à Fou- 

Prbbeau (Léon), propriétaire, id. lenay 

PBBvixQuiiRB, juge dc paix, à Na- Rochebrunr (Octave de), id. 

poléoo. RocssB (Léon), id. 

PBRviNQDifeKB (Henri), proprié- Sa bou bauo . (Olivier), maire, à 

taire, à Bazoges-en-Pareds. Nleul-sur-1'Aulise. 

Petit-Doviorado (Aicide), à Si- Saboubacd (Gaston), à la Cbftlai- 

Valérien. gncraie. 

Pbtiteau (Marcel), doctcur-mé- Salle, conseiller général, aux 

decin, aux Sables-d*01onne. Herbiers. 

PiCBABft (Frédéric), propriétaire, Sbrpr (Guzraan), conseiller gé- 

à Footenay. néral, à Civray. 

PiCHARD DU Page, propriétaire, à Sotbr (l'abbé), doyen du cbapilre, 

St-Micliel-le-Cloux. à Luçon. 

PicHOR (Kabbé), curé de Sermerîeu. Staub ( Tabbé ) , curé de St-Mau- 

PiBT (Jules), notaire honoraire, à rice-des-Noubes. 

Noirmoutier. Suyrot (Pabbé Paul de), curé des 

PoRTLEVOTB (Gustavc de), ancien Herbiers. 

magistrat, à Sl-Pbilberl-de- Tinguy ( Charles de ) , ft Fon- 

Pont-Charrault. teoay. 

Poutlcvoye (Adhémarde), à Ba- Tressay (Pubbé du), chanoine, h 

toges-eu-Pareds. Luçon. 

Ç 



XXXVIII 



LISTE DES MEMBRES 



Vacbrror (Jt'aii-LouKs), profes- 
seur au Collège, à Fonlenay, 

Vallettb, maire, id. 

VanTEuiL (Henri de), propriétaire, 
à Pissotte. 



Villeneuve (Hélion de), garde gé- 
néral des forêts, à Fonlenay. 
ViNET (Léon), propriétaire, id, 
ViNET (Baptiste), propriétaire, à 
Angles. 



12* />/K/5/OiV.^ HAUTE-VIENNE 9 CBEUSB ET DOBDOGXIi. 

Intpecteur divisionnaire : M. JoLts DE VERNEILH , memiire de 
riustitut des provinces, à Nontron. 

Inspecteur : * M. Pabbé Asbellot, chanoine honoraire, caré- 
archiprètre, à Rochechooart. 

Alluaud, président de la Société à Limoges, 

archéologique du Limousin, Foroebon (André), à Chalus. 

membre de Tliistitut des pro- Focgèrb, docleur-médecio, à Li- 

vinces, à Limoges. moges. 

* Arbellot p^abbé), chanoine ho- Maublanc ,de), à St-Junien. 
norsire, curé-archiprèire, à Ro- Tandbao de Mabsac (l'abbé)» vi- 
( hechouart caire de St-Pierre, à Limoges. 

BcnsoN DE Mavbronier, docteur Tarneaud (Frédéric), aTeoue du 
en Droit, directeur du musée, Champ-de-Jutllet, n* AS, id. 

Cren«e* 

Inspecteur : M. p. de Cessac, membre de Tlnstitut des pro?iiicek 

* Cessac (Pierre de), au chûteau de Latourkttb (de), député au Corps 

Mouchetard. législatif. 

Chaussât (le docteur), à Au- Masbbbnibr, conducteur des ponts- 

busson. et-chaussées, à Guéret. 

* CoRNODBT (le vicomte de), mem- Pbrathon (Cyprien), négociant, à 
bre du Conseil général , à Aubusson. 

Crocq. Ricbaro (Alfred), archiviste du 

CousTiN DE Masnadaud (le marquis département, à Guéret. 

Henri de], au château de Sa- Vigibr (Antoine), notaire et maire, 

«cral. à Vallière. 



DE LA SOCIÊIÊ FBANÇAtSR l>* ARCHÉOLOGIE. XIXXX 
iMpteuur : «. Icvkoiiite Aldit w,QouBaui«, «ejnbfe de riutèHiil 

*BocBMiL].BS (le.^c^ujjl #élie StPrivaL 

Fit»" Op mvv9»f^)* * F^yp^lP" p»^ Mu»idaiK 

•Guy, p.*,» fritte Wr * ^^'WWW t Anrt9»f <1P î/ ^ P^ 

GoTHmfccBB (rabb^J, ;^,f||^.|f*^i de caire^iiéral , id. 
Li£aAcis prépo^qp f^^fle POc- à Pgjr.ijPieay. 

13* DIVISION. - GIROSPI"., tirXDESU j^iyAUfiXTE «^T /AV- 
|vT<-GARO.\KR« 

A'Pfç^fW-.^Wf'iaWMiif* ; •#, CaAa|^,pB9 ^PQUMïS^^ WM^^W^r 
de rjp9lHiU,4)2a provinces» à §or^fux. 

^tron4e« 

Inspecteur: M. Léo DaooYit, à Bordeaux, 

*Acue M La MAarmiB (d*), qote Guillaume de \ au dià^eaa 

propriétaire, à Pujola. de Famet 

•Banrks-Gahdomne (E. de), au * Chaiteigner ife com\e Meth ée) , 

château de Beauséjour , à Far- rue Monbazon, S 3, à Bordeaux* 

BLATAiaou (Fabbé), do^en hono- d'A(|u)la|ne, A6, id. 

raire de la Facullé de Ihéologie, • Cirôt de La Villb (Pabbé), cha- 

à Bordeaux. noiue b«noraire, proftMnmr 

B«»aBOvsH DB LAa»oaB,{d#»), «oun d'ÉarlUir* aaii4» ♦ toraoïtoé de 

d'Aquilain^ u^JJO, 4«ordeaux. 4liéoU»«le, membre de l'IiiHiim 

* Caêtêlmtm ^Euinautt (le mar- dea proHaiseii, id. 



XL 



tiSTE DES MEMBRES 



GoRBiN (Pabbé), curé deRoaillao. 

Dblfobtaib, juge de paix, à Mou- 
ségur, 

Dbslb db La Labdb (Henri), à 
Pu jf remont, par Lnssac, à Li- 
bourne, 

*Dbs Mouurb (Charles), sous- 
directeur de I^Institut des pro- 
vinces, à Bordeaux. 

Drspax (t*abbé P.). curé de Ver- 
teuil. 

* Dboutn (Léo), rue de Gasc, 143, 

à Bordeaux. 

DcBAiiD (Charles), architecte, rue 

Michel, 16, id. 
' GiLLAKD (l'abbé\ curé de Queyrac 

Gbbllbt-Baloubbib , juge d'in- 
struction, à La Réole. 

* Jabocin , sculpteur , place Dau* 
phine , à Bordeaux. 

Kbbcado (le comte de), membre 

de plusieurs Sociétés savantes, 

rue Judaïque, 159, id. 
Ladbt ( J.-A. ) , conservateur du 

Musée d*armes , id. 
Lalannb ( Emile ), rue Doidj, 23, 

id. 

* Lapooyadb, président du Tri- 
bunal civil, à La Réole. 

* Le Rot ( Octave ), juge au Tri- 



bunal civil , rue Huguerie, 8» à 
La Réole. 

* Mabqubssac (le baron Henri de\ 

rue de Cheverus, 86, à Boi^ 

deaux. 
Mbnabd (J.), rue d'Enghien, 1, icL 
Mknoo (l'abbé), r. des Ayres, SO, id, 
Mbrbdibo (de), avoué, rue Cas. 

tiilon, 9, id. 

* Mbicbbt, curé de Soolac 
MoNTAiONB (Octave de La), à 

Castelmoron-d*Albret. 

* PaqubbAb, membre de plusieurs 

Sociétés savantes, à Castlllon- 
sur-Dordogne. 

PicHABD père (de), cours d*Albrett 
46, à Bordeaux. 

Rahbaud (Pabbé), curé de Lis- 
trac. 

* Sabatibr ( Tabbé) , chanoine ho* 

noraire, doyen de la Faculté de 

théologie de Bordeaux, rue 

Saubot, 116. 
Tbapaud db Colohbb (G.), à 

Florac. 
ViLLBBs (de), receveur-général, à 

Bordeaux. 

* ViLUBT ( Joseph ), peintre, route 

d*Ëspagne, 61 , id. 
ViRAC, rue Pellegrio, 81, id. 



Inspecteur : M. Auguste nu Pbyrat , directeur de la Ferme-École des 
Landes, à Beyrle, près Mugrqn. 

ËmuT (Mg'}, évéque d'Aire. Parlebosq. 

GoiLLouTHT (de), membre du Con- Laurbrcb, principal du Collège, à 

seil général des Landes, au cbft- Mont-do-Marsan. 

teau de la Case, commune de * Pbyrat (Auguste du) , directeur 



DE LA SOCIÉTÉ PBARÇAISE 0*ARGHÉOLOGIE. XLI 

de la Kenne-Éeole des Landes, Toulousbt (le baron de), à ». 
à Beyrie, près Mugron. Sever. 

Charente. 

Inspecteur : * M. dk LiunifeaB, à Angoulème. 

Cousseau ( Mg' ) . é?eque d'An- Vallieb (Joseph), chef d'escadron 

fouréme. d'artillerie en relraite, à Pon- 

^LjkOBiàfiE (de), à Angoulème. touvre. 

• RocHEBHuiiE (Alphonse de), id. Vallieb o'Alssac (Médéric), à 

• SiwiAR , substitut du procureur Aussac. 

ijBpérial, & Cognac 

liO t i et i G aronne. 

Inspecteur ; M. A. Caltet, substitut, à Agen. 

• BicnADB, ancien percepteur, à * Dbodilbbt de SBgolas (le baron 
St-Barthéleny. Amédée ) , à Marmande. 

Bbukbr, peintre, à Agen. La Bobib-Saiht-Sclpicb (de), à* 

Calvbt (Arthur), substitut, à Villeneu?e-4or-LoL 
Agen. Paill ABD (Alphonse), pvëfét,à Agen. 

iÂ< D/K/5/0;V.—TARN-ET-G ABONNE 9 TARN, LOT, 
AYEYROSr ET GERS. 

Impecieur divisionnaire : * M. le comte DE TOOLQUSE-LAUTREG , 
à Rabasieus. 

Tarn«et-4irarottne« * 

Inspecteur : M. l'abbé Pottibb , à Montauban. 

Albbbspt (André) , membre de * Bbt-Lbscvbs (Antonin), rue du 

l'Institut historique de France Mouslier, à Montauban. 

et de la Société de Castres, à Bbon (Victor), directeur du Mu« 

Montauban. séum, id. 

Abrocs db Bbassabd (d'), à la Canbon (Armand), peintre d'his- 

Croie, près St-P4»rquier. toire, conser valeur du Musée, 

Bbgqvet (Victor), à Montauban. id. 



XI.It 



usTt i>rs «KiiniEft 



CAiisl05t ,IMirt), à Mflfesao* 
Faubb db La FRBmiBB ( Am^dèe )« 

à Verfeils. 
FoiBMBNT (Pabbé Pierre-Anloine^ 

cttré de Sl-Sauveur, à Castel- 

Sarrasin. 
riOMBRT (Tabbé), vicaire de St- 

Antonin. 
JooGLAs, iiolairo, à Bouillac. 
Latbollrs (le Ticomie Edoioiid 

de), au diâtéau de Cbambord, 

à Monta uban. 
Lbgain ( i*abbé), Ticaire-générat» 

id. 



LiMAlBAc (Alfred éih a« <i>M«M 

d'Ardus. 
MoxOBGCB (l*abbé', curé de Bni- 

ni^ilel. 
Olivibb (Théodore), ardiilecte, 

d}(»c^iii, i Môiiiaùban. 
PActe (£inile)/netBirei àSt-Aotonin* 
* PoTTiEB (l*abbé\ rue de T Ancien- 

Collège, 7, à Montauban. 
Pbadbl (Éuiile), à Sc-Aulonin. 
Sai9it-Paul dc CABMf.LAc (Amédéc 

de } , à MoisMC. 
Tbutat (Eugène! , au château de 

CormMMn. 



T<W. 



inupccteur : * M, fdOS^iniiOL , À rfÀh^à^i», prèè CâllTae. 



AtiaeW, phamiaëlen« fi IhMflie» 
courbe. 

AtfwAi (lé marcpils GUA^lea d* )• 
au cbftieau de Salies, à Atbi. 

Babbaudb Mobatbi. (de , président 
de la Socfété littéraire de <!:as- 
tres, à Castres. 

Babbaia (L.\ percepteur, à Puj- 
Laureos. 

Bbbmoiit, maire d*Albl. 

BoYBB (fabbé Ctoimir ), titpériear 
du petit séminaire de Castrer. 

Canet (Victor) , prbfe»«u'r âù côr- 
l<>ge de Gattrest secrétaire de la* 
Société selentifique et lilléraire, 
nembre de Tlnstitul des pro- 
vinces, à Castres. 

* CvBAVBN (Alfred), membre de 
flurimm Sodétéi sivanies , à 
Castres. 



Cabsié, niattre^adjoiTitdepremteref 

cluftcf à rÉcolé nortniAé d*AHii, 

officier d'Académie, à AlbK 
Cas«an , docteur en niédrcine, k 

Albi. 
Cazals curé de Florentin. 
Combbttbs-dc-Ldg (Louis de), à 

Rabastens. 
Combbttis La Bocbelie (de), à 

Brens, par (laillac. 
D.nrT (Oésli-), architecte diocésain, 

à Albi. 
Decasbs (le baron), membre du 

Conseil général du Tarn, au 

château de Sl*Hippoljle, à Mo- 

neslier. 
Dbtbbs, président do Tribunal 

ci>il, à Albi. 
FALCcikaBS ( AibSrt de)« à Rabas- 



DE LA SOCIÉTÉ niANÇàlSE D'aBCHÉOLOGIE. XLIII 



G019SB (de) fils, à Albi. 
Gocttbs-Lagrayb (le baron de) , 

M cbâieaa de Lagrave> près 

Gaillac 
GooTTtS'LAeiATB (Ludofic de), 

à Albi. 
Gtoe (rabbé), vicaire de St-Salvy, 

id. 
Urroif (Léon), pharmacien, à 

Vabre. 
LâYALuftBE (Gabriel de Cousin, 

vicomte de), & Sl-Sulpioe-Ia- 

Pwnfe. 
HiiBE, iflgéniear civil , à Lacan ae. 
M abtbih-Dbocos ( le vicomte de ) , 

aa château de Bruyères. 
*Mazas (Etienne), à Lavaur. 
MicBEAu (Pabbé), curé de la Ma- 
deleine, à Albi. 
MoktcabbU (le vicomte Gustave 

de),ft BéalmonL 
Mocus ( Tabbé } , curé de Grazac 
0*Btbrb (Edward), au château de 

St-Gery, à Rabasteos. 
O'Btrnb (Meurï), id. 
Pradbl (Charles), propriétaire, à 

Puylaareos. 
* Rivières (le baron Ëdmoud de) , au 

ehAlêau de Ririèr es, prèsGaillac. 



* Rossignol (Étie- Antoine), à Mon- 

tons près Gaiilac. 
Saint-Félix-Cajahs (le comte de), 

au cbftteau de Cajare. 
Sauit-Libvx (le marquis de), au 

chftteau de St-Lieui. 
SairT'Salvy (Lud. de), à Lavaur. 
Sairt-Sauveub (Gousiant de), à 

Gaillac. 
SoLAGRS (le marquis de), au ebft- 

teau de la Verrerie de Blaye. 

* Tonnac-Villbnbuvb (Henri de), h 

Gaillac 

* Toulouse- L A DTBRC ( le comte 
Raymond de) , à Rabastens. 

Toc RANCIR , préfet do Tarn. 
Vertocillac (l'abbé Siméon), pro-* 

fesseur au petit-séminaire de 

Lavaur. 
Vbyeiac (Auguste) , maire, à Car- 

maui. 
Viviis (Timoléun de), au château 

de Viviès, à Castres. 

* Voisins (le marquis de) , ancien 
officier de cavalerie, au chftleau 
de Lestard, Cordes. 

VoisiRS-LAVinNiàBB (Joseph de), 

à St-Georges, Lavaur. 
YvBBSBR (le baron Jean d*),& Gaillac. 



Intpeeteur : M. 



BoBGURT (G.do), maire d\ 
Galmkls (Aleiandre), avocat, à 

Cahors. 
Cbivau (Pabbë) , à Rocamadohr. 
Maurt (l'abbé Philippe), curé- 



arcbtprêtre de la cathédrale, à 

Cahors. 
Morbl (Joseph de), & Martel. 
PïALBS (Tabbé Philip^), curé de 

S^*-Ursine, h Cahors. 



XLIV 



LISTE DES MEMBBES 



A%'eyron. 

Inspecteur : M. Tiibbé AxéNAB , prorisseur d 'archéologie. 



* Advielle (Victor), chef de divi- 
sion à la Préfecture, à Rodei. 

Alibbrt (Pabtié), vicaire de la ca- 
thédrale, id. 

Abmagrac-Castanrt (le vicomte 
Bernard d' )^ à St-Côinr. 

* AiiuAU (Pabbé), professeur d*ar- 

chéoloftie, à Rodez. 
Babbbyrac-Saint-Maubicb (le ?i- 
comle Joseph de), à Naot. 

* Bion-Mablavagnb (L.}« proprié- 

taire, à Milhau. 
*Gbbèj« (l'abbé), prèlre, à Rodez. 



CoMiCNAïf ( le général) , comman- 
dant le dépôt, à Rodez. 

* OBLALLB(Mg'), éfèqiie de Rodez. 

GissAc (J. de), maire, & Creissels. 

Pkguribollbs (le comte Ludovic 
de ), au château de Lescure, 
près !a Cavalerie. 

Sambucy-Lczbnçoh (le comte Félix 
de), à 5t-Gleorges, par Milhau. 

Valadibb, propriétaire, à Rodez. 

ViLLBFORT (le comte Anatole de), 
au château de Roquebelle, par 
Milhau. 



Géra* 

Inspecteur: M. Noulrns, directeur de la Revue (T Aquitaine. 

Detamarre (Mg')« archevêque (ri4(/ui/atn0, à Condom. 

d'Auch. RivikaE(de), membre du Cooseil 

LusTRAc (le baron Adolphe de\ au général, à Vîc-Fezeosac. 

château de Lyas. * Soton , juge au Tribunal civil, à 

Noulrns, directeur de la Hevue Auch. 



15* D/K/5/OiV.— UAVTE-GAROXNB» HAUTES-PYRÉNiBS , 

BASSESii-PY RENÉES, AUDE, PYRÉNÉES-ORIENTALES 

ET ARIÈGE. 

Inspecteur ttivisionnaire : M. le vicomte DP. JUILLAG, à Toulouse. 

Haute— Gai^Bine. 

Inspecteur : * M. de Saint-Simon, rue Tolosane, à Toulouse. 



JuiLLAc (le vicomte de), secrétaire- 
archiviste de la Société archéo- 



logique du Midi, rue Mage, à 
Toulouse. 



DE LA SOCIÉTÉ FaANÇAlSE 1>* ARCHÉOLOGIE. XLY 

* LocpOT, archit€ctp, à Bagnères- * Siadoux ( l'abbé Micbet), à PÉcole 
de-Lucboii. Féiielon, à Touloase. 

*lfoREL, avocat, à St-Gaudens. * Viruiciit (Gaston), A, rue Four* 
*Saiiit>Pacl (Ânlbyme) , à Mon- basUrd, id. 
titjau* 

Haates— Pyrénées. 

Inspecteur: * M. Loupot, architecte, à Baffiières-de-Luchon 
( Haate-GaroiiDe )• 

* Aco» ( le baron d* ) , à Tibiran , Dbtille (Louis), avocat, à Turbes. 
cantou de Nestier* 

Ba»Bea«Pyréiiée«« 

Inspecteur : *M. H. Dubahd, architecte du département, à Bayonne. 

Aade* 

Inspecteur : * M. Mahcl, ancien préfet à Carcassonup, rue de Las-Cases» 
IG, à Paris. 

* TouRKAL, à Narbonne. DtJ88Ai>(Fénx},prop'*,àSt-Floreutin« 

Pyrénées— Orientale»* 

Inspecteur : * M. de Bonnepot, à Perpignan. 

GiAXiBR w Cassagrac (l'abbé), di- *BATHBAu,capilaine-€hef du génie, 
recteur du Collège, à Perpignan. à Amélie-les-Biiins. 

Arlège. 

Vidal (l'abbé), curé de Notre-Daoïe-de-Camou, à Camou, par Mire|)oix. 

16« D/F/S/O/V. — BOCCHES-OU-RHONE, HÉRAULT, GARll 
ET VAUCLUSR. 

Inspecteur divisionnaire : 

Bouehea— du— Rhéne. 

Inspecteur : * M. Talon, avocal, à Aix. 

Behbiat, sculpteur, à Aix. Delecil, rue Si-Michel, 5, à Aix. 

Clot-Bby , docteur-médecin, à Dol, avocat, cours du Chapitre, 
Harsetlle. 2> ^ Marseille, 



StlVl 



LlàTE r)B5 HLUBRES 



MoÉTStfciL, jege de paik, ft Nfar- 
sfille. 

*SAfiATiKA , fomfi^ar, rife d\ps Or- 
fèvres, 8, à Aix. 

Second-Cbbsp, avocat, bibliolbé- 

Èiëré 

biBpettejtr : M. Ricard, seerélÉIre de ki Société ol'cbéologique, 
à ikfontficiiier. 



CDire (^ Ite Société dcSlalfaik|iie, 

à Marseille. 
SBYMAno (A.), coniiritter à>la Cour 

impériale d*iix. 
^Talor, avocat, à Ati. 

■If* 



Bnlnil (Henri), afehiiecle, me 

Pelit-Sl-Jean, à Montpellier. 
Bonnet, conservateur du Musée, à 

Béliers. 
Goaoi«É(rtfbbé), earé de Sérigiiato. 
FABUEatné (l'abbé), à Poussan. 
Fabri jeune (l'abbé), id. 
Fa b iiftGt (Frédérrt), élève de 1* École 

des Chartes, à Montpellier. 
GiROoiPit» f l^abbé), caré-doyen de 

Montagiiac 
HoT (Pabbé), curé de Cabian, par 

Roujan. 
Lagabrigdb (Ferdinand', chevalier 

de Pordre royal d*Isabelle-la- 

Calholiqoe, vicc-présideol hono- 



raiiY, délégué de riiisiitul poly* 
technique miiTersel, à Béiien. 

Martbl (Paulin), à Lodève. 

MATHON,conservateurduMusée, id. 

M*iAif (rabbé), curé de Uvalelle, 
par Lodève. 

Pailhbs (rabbé), curé à Abeilhan« 
par Béliers. 

Paixinibr (Tabbé), curé de St- 
Roch à Montpellier. 

ReviLLOUT , professeur suppléant 
de littérature française à la Fa- 
culté des lettres, à Montpellier. 

• Fiiiflj (Pabbé', membre de Pln- 
stitut des provinces, curé de 
Jonquières. 



Oard. 

/nx^ecteur ;M.1e V* DBMATHABBL,receveur-f énéral des ftnanoes,à Ntmei. 

▲ukBM (Léon) , bibliothécaire, à 

Bagnols. 
CbadenIedb (de La), président du 

Comice agricole, à A lais. 
*Gabbiso ( rabbé), supérieur du 

Vaaclisse* 

Inspecteur : * M. VALfesE-MARTiN, membre de Tlnslilut des provinces, 
à Gavailloii. 



grand-séminaire de Nîmes. 
* Matbabbl (le vicomte de), mse« 
veui^général des finances, à 
Ntmes. 



ANDHéou ;Em.), professeur d'his- 
toire, à Carpeutras. 



Bot'DiN ( Augustin ) , rue Boucane, 
20, à Avignon. 



DE LA SOCIÉTÉ FBAKÇAtSE D*AR€HÊOU)r.IE. ]iLVU 

Csipostm (Juler), è«ré de 81- fnorf. 

Pierre, à Afignon. Poktbii%pid (l« oifiWe#e\ m^ 

CoumAuf, plnnDDciétt# à A|il. préfet; à Apf. 

« fiuBTtf (A«|faMio^ir cotMérwleiir Pcm^Mef <f abM Jdltèplr)/ ^iie Cw* 

de la bibUolbè^oeet du diiMée derie, 9, à A^ifiii^n; 

Gkllet, ft Av^fHNi. SBNiLvétf («fe)^ meveiit pàHicnKer 

LiMBBiT, coiiservatear de la bi- dés fihartoe^t à Apt« 

Miolbè^Oe d» GaTfJMirraSb * V«tiM* MâtTiitf (Jotèph^BIb) , 

LRCoi<iTOis(l*abbé),e«iréAMfMH- iiieiébre de I*ln8til«e de» prd- 

hfé-m^kngnoK vinces, à Cavailloit. 
LT<M?irr (Mg'>, arcbcYèqae d*Avi- 

i7* DfVlSlOX — V4R ♦ HAtTES-ALPeS^, BASSES^AI.PKS 
ET ALPKN-MARITIMKM. 

împeeteur divisionnaire . * M. DE BERLL'C-PÈRUSSIS. 

lHsp€fieur:*M, RosTAH, iiiéAi6i^e de riiisif lut des provinces, 
à 6t Maxioiin. 

* AuDirPBBT fie comte d*), rcce- * Mbsubb, ingénieur civil, ft Bri- 

Teur-général, à Tonlon. guolles. 

CAZ8,docte«r-iiiédectivàGoltgnéè. Poulu (flajrmofid), avoeui, à Dra- 

Giravd-Magloibb (Tabbé) , cha- guignan. 

ikd?Ae Mt6m)fé, cMfiélef d*Aca- * RbSTA^, ttiellitrè def lfi!»tîltir dés 

diédfîH èiTré êé Èi'Cyr. ptffvïM^, â Sl-Hlaxi^in. 

Maobih (ledocteuif, et-^m^ui^en Sigaud-Bmsg (de), au cfiàtëau de 

de h MàrM^, kiêikcfh Att Cbe- Brësc. 

min de fer, air tné; 

HaniM-Alpe*. 

htpecteur: II. Tabbé ÉIaubet, chanoine honoraire, curé, ft Remollon. 



Inâpecteur : M* Eyssbrie SAiMr-MiBCBL, à Forcalquier. 

ALLtoBv, îniJjMfcMr pritiaUt, ft Até^i lt*àt)bé féfii ) , aurtlônier 
Sisteron. du Ctftné^, & t>t^nè. 



XLVllI 



LISTE DES MEMBBëS 



Bbrluc-Pbbdssis ( Léon de ), au Hoooul [Pabbé;* curé du Revest- 

PlaD-de-Porchères. des-Brousses. 

Carbomiibl (l'abbé), à Niozelles. Hlgubs (Henri), afocat, à Digne. 

Etmbbib Saint-Marcbl, juge d*m- M abics-Tbhbassoii ( Tabbé ) , curé 

struclion, à Forcalquier. de Força Iqu fer. 

Febauo (Pabbé), curé de Sieyës, MoiiJAtARD, propriétaire, à Si- 

membre correspondant do Mi- miane. 

nistère de l'Inslruciton pu- Banbaux (rabbé),à S(-Malme, par 

blique pour les travaux bisto- Forcalquier. 

riquef. RicBACD (Léopold;, aux Mées. 

AI|ieo«Maritinieo. 

Inspecteur : M. Félix Clappieb, substitut, à Toulon. 
TissBBAMD (l'abbé), chef d'institution, à Nice. 



i8* DIVISIOS.^KHOSE 9 ABOèCHE , AIN i DROME, ISÈRE 
£T SAVOIE. 

Inspecteur divmonnaire : * M. YEMENIZ. 



Riiéne. 

Inspecteur : * M. le comte Georges db SooLTaAir. 



* Bbnoist, architecte, à Ljom 
BizoT ( Ernest ) , architecte, rue 

Sala, 56, id. 

* Bonald (Mg' de), cardinal ar- 
chevêque de Lyon. 

Bnxx (de) , conseiller à la Cour 
impériale, à Lyon. 

Bbodchocd, avocat à la Cour im- 
périale, id. 

* Cabbaud, propriétaire, à Lyon. 
Dard (Pabbé), curé de St-Laurent- 

d'Aguy. 

* Desjareiins, architecte , à Lyon. 

* Dupasquier (Louis], id., id. 



HvHBEBT fils, architecte, à Lyon. 

* MARTiM-DABSSiGifY, cooservatcur 
du Musée, id. 

* Saussayb (de La ) , recteur de 
TAcadémie, id. 

* Savoyb (Amédéé), archilccte^ id. 
Savt (C. Vays), rue de Cuire, 19, 

à la CroixrRousse. 
Smith (Valentin) , conseiller à la 
Cour impériale, id. 

* SoDLTBAiT (le comte Georges de), 
percepteur des financfs, id. 

Vaganay, propriétaire, id. 

* Ybmknix, id. 



DE LA SOQÊTÊ FBANÇAISB D^ARGHÊOLOGIE. XLII 



Inspecteur: H. SusurN, architecte, à Aniionay* 



BE4CX (Forqr), à St-Péray. 

La TuvaBRTB{le marquis de]» 

défiuté» maire de Tournon. 
* Mantravel (le vicomte Louis de), 

à Jojreuse, 
Ratiio»oon, arcliilecte du dépar- 



temenU 
RoucBusa, clianoiiie lionoraîre, au« 

monter du Sacré-Cœur , à Au* 

nouay. 
*SsGuiR (J.)» architecte, id. 
TasiLLOT (rabbé), à Sl-Péray. 



Ala. 

Impeeteur : * M. Dupasqvi», architecle, à Lyon (Rhône}. 

* Badi, archiviste du département, Jouaoïs (Kabbé), .curé de Trévoux. 

à Bourg-en-Bresse. Mabtxii (Pabbé), curé de Froiasiat. 

GcicNB, inspecteur des poids et * Vbuillot, contrôleur des Contri- 

s, à Trévoux. butions directes, à Pont-dc-Vaux. 



Inspecteur: M. I*abbé Gustave Jouvb, chanoine titulaire de la cathé- 
drale, membre de l'Institut des provinces, à Valence. 



Abbalbstibr ( le baron d* ) , au 
château de la Gardette, près 
LorioL 

Chamabas, curé de Léoncel. 

Cbavocton, membre du Conseil 
général, juge de paix, à Grignau. 

CocasBOLLBs(de), sous-préfet, à Die. 

* JooTB (Pabbé Gustave), chanoine 
titulaire de la cathédrale, à Va- 
lence. 



Lyon (Pabbé), curé d^Éloile. 

NuGues (Alphonse), à Romans. 

Pbaosibb (Pabbé ), professeur de 
mathématiques au petit-sémi- 
naire, à Valence. 

PoBTBoux (du), à Romans. 

RoNZiBB (Yves), avoué, à Valence. 

SibtIs (le marquis de), id. 

Vallbntin (Ludovic), juge dMn- 
struclion, à Monlélimart. 



Isère. 

Inspecteur : * M. Victor Tbstb, architecte, à Vienne* 

* Dabdklbt, graveur, à Gre- Tribunal de commerce de Lyon, 

noble. à Serméricu. 

DAvm (Auguste), docteur médecin. Du Boys (Albert), ancien magis- 

à Morestel. trat, à Grenoble. 

DcBois-MAMiifts, ancien juge au Favbb (Amédée), id., id. 



L LISTE IHSS MEMBRES 

* GARRiiL , conaervaleur de la Moifplkt, provlieur du Ljo^e, à 
bibliolbèii^ye jp^u^liyae 4^ Giy- Grei|;pblç. 

noble. PiCHOT (Kabbé), curé de Serne- 
Jaillbt ( Tabbé) , on^ de Sa- rieu » canton de ftlorestet. 

laiie. 4}ciBAii«AL(M*'«de), à Vieiine. 

* LABi, juge de paix, à Valentier, Qoiiisonas (le marquis Eromaiwl 

par Heyrieux. de ), au cbfttcau de Mériea. 

La CooTUBiBB, architecte, à SArnT-AantoL (de), propriéuirv. 

Vienne. à Mofrans» 

MkoB (rabbè), archiprélre du capr * Trstb ( Victor) , architecte , à 

ton de TvUins, Vienne. 

MiLLiOT (l*abbé), curé de St-Pierre * Valueb (Gustave), proprlétain», 

de CLaadieu. place St-André, à Grenoble. ' 

Intpecteur : M. Tabbé Ducis, à Annecy. 

BEaBAO, srcrélairc-géiiéral de la ciété d^liistoire el d*aicliéologie. 

Préfecture, à Chambéry. à Cbambéry. 

* Costa de Bbaubegabd (le mar- MossliaB (François), secrétaire de 
quis .^ ) , yt. la Sffcm 9fi^i9i4^mifi à^Wn^r^ 

Duw, nmêi^ 4te Ja l^ocî^é {^th et d*ar«l|^o|||f , ^ 

A#|gk^, ^ AiMH^. Paaan (André), libraire, fà, 

F^Vib (Tlf^o^), «nçhit/opte , Tafo^w» 1^3^). ^n «W^mpe 

GoiLLiMlfAy, RT^smUiept 4e la )^ qMiér«i (|iif<). 

InMpecXeui' dUiiionnain : M. le comte Chables DE MONTALEMfiBriT, 
ancien pair et france, à Paris. 

inspeeieur : * M. Mabion (4ujes), rue Godol-de-Mauioy, 39, à Paris. 

* Acbbbtin (Cbarlrs), conservateur • fitiudot { Henri') , président de la 

du Musée historique de la ville Commission archéologique de la 
de Be.iune, Côte-dH)r, h Dijon. 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D* ARCHÉOLOGIE. 



U 



BcRTaocMiBu (Pabbé Victor}^ vi- 
caire de Varennes-sur-Altier. 

Bo<jcAOo(l*abbé), chanoine hono- 
raire, secrétaire parlicalier de 
Mg' rÉfê(|fie. 

BuTBitji^c (fidmoqd de), ^ Dyion. 

Bbokov, fuvprléiJUiirPff ÂdL 

CBéB6AKiiBB-lfoi9SSiiKJ , négo- 
ciant, è Beaune, 

Cmnm, prii^iétfiiie» à Dijon. 

* Cissrff (le comte Lpuis dp ) , au 
chU^a 4e CUiey. 

Dbstocbirt, iicétide^t du Coimice 
atgricoie , m^wi^te de TiUi^tHut 
desffonnces, ft Dijon. 

DbAtbl, notaire, ^ St-Jei^p-de- 



Dc Pabg (le comte de], rue Van- 
nerie 9^ à Dijon. 



* Dupont , à Mersault , prî-s de 
Beaune. 

Guillemot, président du Tribunal 

civil de Beaunc* 
Licrb-Belaib (le comte de), à 

Pilon* 

* LoTfeBB ( le eomie de La )• «a 
chlitisBQdefièvignj, prèsBHuine. 

Mrnne (le général), me Manllgny, 

^ Dijon. 
PBQT47 rBippoljle) , priiliriélaire, 

k Araicy-ep-Plaîne. 

* SaiHt'Seine { le ma/nul» de ) , 

membre ,4e rinatitvl 4fla pro* 
vinces, à Dijon. 

à Dijon. 
VbsÎ'bottb (Je epmie de), id- 



Satee— eti^L^lpe* 

hspeeiatr : * M. le comte db Cissby , au château de Cissey 
(C6teHi*0r). 



Batbavlt (Henri), secrétaire de la 
Société archéologiq ue de Cbaion- 
sar-S«âne. 

Bcgbiot (Tiibbé), «nm4nii;r de 
rinstitution ecclésiastique, à 
ChAlon-sur-Saône. 

*Bcluot, membre de la Société 
Éduenne, à Autun. 

* Canal dt Okity (Marcel), psÊBi* 
dent de la Société archéologique, 
à Chalon-sur-Saône. 

Carat de Chizt (Paul), id. 

Chabmasse (de], membre de la So- 
ciété Édnenno, à Autun. 



Ca^'DiBB (Jples), ^ A.ulun. 
EiiTKBMO (le comte d*}, au château 

de Vésore, près Autun. 
FexTBNAT (de), élète de TÊcoIe 

des Chartes, à Aiitun. 
Lacboi\ père, pharmacien, à Mâcon. 
Mac-Mahon (le comte de), à Autun. 
Marguerye (Mg' de), évéque 

d^Aulun. 
NicoT (Charles), & La Viileneure, 

près Cuisery. 
OcHiEB (M"* vcuve\ à Cluny. 
♦ pAJtBOut (le docteur), maire de 

St-Arobreuil. 



LU 4ISTE DES UfiMBBËS 

* Surigny (de), à Mâcon Varax (le comte André de), au 
Thomas (l'abbé), vîcaire-général, à château de Monlcoy. 

Auton« 

AlUer. 

Inspecteur : » xM. Albert de Bures, à Moulins- 

Arcy (lecomied'), reoe?cur gé- Dbsoosibrs (l'abbé) , au couTcnt 

néral . à Moulins. des Marisies, à S»«-Foy-le«-Ly ïmi. 

^Bellenates (le marquis de), à * Dreux-Brezé (Mg' de), é^^que 

Bellena?es, près ÉbreniL de Moulin?. 

Berthoumibo ( Tabbé .Victor ) , • Dopré. professeur au séminaire 

vicaire, à Varennes-sur-Allier. d'Isenre. 

* Boudant (Pabbé), chanoine ho- * Esmon.not, architecte du dé|Kir- 
noraire, doyen de Chantelle, tement, à Moulins. 

membre de Plustliut des pro- Estoilb ( le comte de L') , id. 

'"»««• Martinet (Pabbé), cui« de Sl- 

•BouBBOif-BossET(lecomte Charles Nicolas, id. 

de), à Busset. Meilbeubat des Peurbaux (Louis)» 

BRUGiàRBs DE La Motte , ancien id. 

sous-préfet, à Montluçon. » Uontlaur (le marquis Eugène 

* Bures (Albert de), à Moulins. de), de Plnstilut des provinces , 

* Dadolb (Emile), architecte, id. id., et à Paris, rue de Gmielle. 
Dbsrosibrs (l'abbé), curé de Bour- Sl-Germaiii, 75. 

bon-rArchambauit. 

Haote— Marne. 

* Guérin (Mg'), évêque de Lan- Pernot, artiste peintre, à Vassy. 
grès. 

20* DIVISION. -^DOVBH, JURA ET HACTE-SAONR. 

Inspecteur divisionnaire: * M. WEISS, membre de Tlnslilul, conser- 
vateur de la Bibliothèque de Besançon. 
Doobe. 
Inspecteur : • M. Victor Baillb, architecte, ft Besançon. 

Castan (A.), conservateur-adjoint Terrier-Santals (le marquis de), 

de la Bibliothèque publique, à à Besançon. 

Besançon. • Vuillbret, rue Si-Jean , n« il, 

De La Croix, archil de la ville, id. id. 



DE lA SOCkiïk nUKCAISE n^AfiCHÊOLOGlE. Ult 

Jnra» 

ImipecUur: * M, Édoiiard Clbbc , président de la Cour imiiériale de 
Besançon, membre de Tlnstilul des provinces 



Impeeteur: * M. Jules as Boveb, à La Cliaadcatt* 
SiLLOT, docleor-médedn, ft Vesoul. 

34* DiVlSlOS. — mmSE, MOSELLE, HEVRTHE , VOSGES, 
BAS-RHfM ET HAVT-EHIJ». 

lnspecl€ur digisiannairt : * M. Victob SIMON , conseiller à la Cour 
impériale de Meli. 



Im$peeteur : * M. LiixAta, secrétaire de la Société pliilomalique, 
à Verdun. 

Bi>TiGKip.B ( Amand) , membre de Tribunal de première iiislmice, 

riiislilul des province5, à Ver- à Verdun. 

dun. JcARTiN, président du Tribunal de 

'(Ubtieb, ofiicier supérieur en re- première instance, à Uontmédy. 

iraile, id. * Liéiabd, secrétaire de la Société 

DecouTiir (Alphonse), prèddent du phiiora» tique, à Verdun. 

Moselle. 

Inspecteur : * M. Auguste P&ost, k McU. 

IfovTciLLRB (Emcst de), ancien Maquen, avocat à la Cour iinpé- 

ca|Mlaiue d^artillerie, membre de riale, à Metz. 

TAcadémie impériale, à Mcli. Oluibb, id. 

Cbabebt, propriétaire, id. * Pbost (Auguste), id. 

DKBOBE,arcbitecte du département, * Simon (Victor), conseiller à la 

id. Coar impériale, id. 

DoBAsa (Louis), propriétaire, id. Van der Straieu ( le comte de ) , 

HiLut-D'ABBOz , ancien conseiller membre de t'Inslitut des pro- 

de préfecture, id. vinces id. 

4 



MV 



LISTE DES MEMBaES 



Ueuribi!. 

iHxprctfur : * M. le boron P.-G. ok Diuast , membre de rinslîlnt 
des provinces è Maucy. 

* DuMAST (P.-O. de\ membre de Montcrkii (lecomlede), à Arra* 



riiislItiHdcs pro^iocet, è Naiicy. 
HuMDPJiT, archilecle, id. 
MéNARDit^ttB ( Camille-Arnaud ) , 

professeur à la Faculté de Droit, 

id. 
MoKNiRB (Auguste^ prMdent de 

la Société d'agriculture, id. 



couru 
Oppbbman (A. ), dief d^encadron 

au 7" régimenl fie lanciers, ù 

Nancy. 
* SANTsaKs Ma BoTBR , nffider au 

5* dragons, ik Pont-à-Mousson. 



VORgr^S. 

Bakdt, pharmacien, à Sl-DIé. * Diibamkl, arcliiv. du déparlenu 

Bafl-iRhln. 

Jmpecteur: * M. Tabhé Strauv, professeur au petit-séminaire 
de Strasbourjç. 



BBBORr-LFA BA VLT , imprîmeu r-li- 

braire, à Slmabouriç. 
Dacmbox (l'abbé), professeur au 

pclitfiéiittnaife, id. 
EijSBN, médecin cantonal, Id. 
Favibbs (le baron Mathieu de), à 

Kinizheim. 

• Goldbnbbrg (Alfred), à Saverne. 
Gbbinbb, pharmacien, à Schilli- 

gheim. 

• Guebbbb (Tabbé V.) , curé de 
Si-Georges, à Hagueoau. 

Klotx , architecte de TCBuvre- 

Notre-Dame, à Strasbourg. 
Lang (l'abbé , curé de Biscliheim. 

• Lasvtgnks, ingénieur, à Nîeder- 
bronn. 



* MoRLRT (de), colonel du génie* 
en retraite, à Sa renie. 

MtNCH (fubbé), curé de Sand. 

MuRT (l'abbé Panta'éooS profes- 
seur au petit-séminaire de Slras- 
bounr. 

PETiT-GéRARD , pelutre-verrler , 
id. 

pRTiri, arehil€cte, id. 

Rapp (l\ibbé), vicaireisénéral du 
diocèse, id* 

Sacm, sous-chef de division , à la 
Préfecture, Id. 

* Scbadenboi B6 (le baron de), an- 

cien pair de France^ M. 
Siffbr iral)bé), c»iré de Weyei»- 
beim« 



DE LA SOCIÉTÉ PBANÇiilSE i/aRCIIÈOLOGIB. IM 

* Sf»4c« (Loo»), acdiWisle en cbef UlrIck '.Pabbé); curé de Httrdt. * 
da défiartemeiil, à StrasbMHf. Woi^ (G«i9ti%c}, avoué, à Slras- 

* Stbaub (PaMbé), tirofeaseur au bourg, 
petit-semmoire dé Strasbourg^ Zimmb», notaire, id. 

Haot-Rliin. 

hupeefemr: M. fV»is4T, architflcte de la fille, à Bdlbrt 

Frkt (Henri), àGuebwiller* Rirhl (Tabbé Léon), curé de 

Fkombht (l'abbé) , aumiWrier de Bretleh. 

riiôpilal militaire, à Belfort. * Sarrette, lieulennnt-colonel, au 

JuSTCB (Looi»), id. 86* régiment de lij^nc, h Bel foi L 

* PoBAT, arcliitecte de la vilk*, Scbeult, à MullioiiAe. 

id. SK.STBB (Pabbé)» vicaire, id. 

23* DiVlSIOS.^ MMÈmtK, 

Itupecieur divmoHHaire : *M. BERBRUGGER, de rinslltui, luftpecteur- 
général des Musées, à Al^er. 

Provlnee dl*OraiA. 

Uvpeeîewr : * M. Hooobs vHenri), substitut» à Ttemcen. 
Proviaee de fonotenlloe. 

IfnpêttfUr: M» €hbmonnbau, proCess.Hir d*ara')e, à Constantine. 
* AoGBR, eoDiervaleur du ]tfuséi% à Plôtippcvill *. 

M£3A£BR:E3S ÉTKATSraERS. 

â. M. LE ROI Dé SAXE, ft Hresde. 

& A. R. LE DUC ùP. BRABANr, ù Bruxelles. 

M» Altin , (iirectjettr de rjiAr.i( tio:i 

pul lique, à BriiKlIes . 
Am&woBTu (le géuér. I), à Monnet Ard.iibs (Pailé J.-O.) , cbamilne, 

(YorksUre). à Bruges. 

Alford (le Rév.), doyen de fan- AuRSW0LD,préffideiii de li Régence, 
torbéry An;5lelerre). à Trêves. 



tvi 



LISTE bËS MEMUftLS 



* AvTMMsn (le baroD de)» direct' 
de la Société do Musée germa- 
nique» ft Nuremberg. 

B. 

Baesr, oonteiller aalique, profes- 
•eur à rUnivèraitéde Heidelberg. 

* Babofpi (G.-I.), professeur émé- 
rite à lOIniversilé de Turin. 

Bats» (de), oonsorvaleur du Musée 
à Carisrube. 

Batlkt (W.-H.), à Londres. 

Bit PORT (Sa Gràœ le Duc de), 
Brigbion-Square, id. 

Bell, docteur en pbiloaophîe, id. 

BifKiBAM (le colonel), membre de 
la Société arcliéologique du 
comté de Ki^nl, jiqçc de paix de 
ce comté, à Bochestcr ( Angle- 
terre). 

Bingham (M"*), id. 

BoLD {£d.)i capitaine de la marine 
royale, à Soulbamplon. 

BauKCKBi (de), conseiller d'État, 
à Brunswick. 

BtowR (iedocteur William-Henry), 
à Londres. 

Buaov, archilecle, id. 

BuRKB (Peter), membre de Tln- 
slitut des arcbiteetes, id. 

BrsscBBR (Edmond de), membre 
de r Académie royale de Belgi- 
que, à Gand. 



CLévBXT ( Geoff e-Edward } • à 
Londres. 

CoxoxvAu (de) ff eowwrfalmr deai 
Arobives, à Zurich. 

CoppiKTTRBS (le docteur), à Iprcs». 

Gox, Ttce-présîdeut de la Société 
d^bistoire naturelle du comté 
de Kent, à Fordwich, pièa Can- 
torbéry. 

Cox (M-0, id. 

* CiOBBKiaa (le bar. de), président 
de la Commission impériale 
d'Autriche pour la conservation 
des monuments, à Vienne. 



DacBARMB, ingénieur en chef, h 
Bologne (Italie. 

Dbctobpp (le comte), à Gothiogen. 

Devby (esq' ), architecte, à Lon- 
dres. 

DiEGKRicH, professeur à l'Athénée 
d*Auvers (Belgique). 

* DOGNÉE OE VlLLEBS, aVOCBt Ct Br^ 

cbéologue, à Liège. 

* DoNALSTox , seciét. de riostiint 

des architectes, h Londres. 
DatBHY (John Henry), membre de 

la Société des Antiquaires de 

Londres, à Norwrch , comté de 

Norfolk (Angleterre). 
Dl-by, pasteur protestant, à Genève. 
DcMOBTiBB, roemi»rede la Chambre 

des représentants, à Toumay. 



Gapitairb (Ulysse) , secrétaire de 

linstitut archéologique liégoois Fabby-Ros^iis dortrnr es lettres, 
k Liège (Beli^iqne. ù Liège. 



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D* ARCHÉOLOGIE. LVlt 



i^ASY, o i wcr vtteurdw Musée d'an* 

tiquiiés, ft Genève. 
FtaHfemea (J(«il->Matbiett\ boflime 

de leures» è Beriiii. 
FiUMMBccoraT (de), membre de 

ptaitenrs académies , adiniiti»- 

tf«letir du musée d^antiquités 

à TfOfes. 
KokiiTBa , membre de plusieurs 

Académies, ft Munich. 
FeasTKH, professeur d*arcliiteclure 

è r Académie des Bw>oux-ArLs & 

tienne. 
Fmv (Miss KaUK'rine),Shusliet iicar 

Strasford (Aogleti'rre). 
* FcRSTBUBKne STA.^Ham (le comte 

de) , ebambelian du rot de 

PnK>5e, à ApoHiiiarisberg, près 
Cologne. 



président de la Cour de cassa» 
lion, à Bruxelles. 
GtiiLuay, professeur , meflriwc de 
PAcadémie, id. 



Ha«siar8, bibliothécaire de Tin- 
sUtnt arché<iloipqne liégeois, à 
Liège (Bdgiqoe). 

HAmuif (Th. ), négociiint li Os- 
tende. 

HAaTSHOHa (Bef. C H.), archéo- 
logue, è Londres. ' 

Haullevills (de; , liltérateur, è 
Bruxelles. 

HuGDBT (Pabbé), à Aih (Belgique). 

HvLsn, membre dn Gonaeil stt|)é- 
rievr des bâtiments, à Carlsrubi*. 

HiMBSBT fils, archit. des Missions 
araogèrrs, à Caotou (Chine). 



GcLTET (le comte de), à ësIou, prèa 

Maeslrech. 
GrBGUs, secrétaire dehi Société 

archéologique de Mayence. 
GiLDEHHuis , négocidiit^ à RoUer- 

daui. 
GorpiNT-DeLBtr, avocat, à Mons. 

(«0.\»XLA. 

* GfwsB fils, à Genève (Suisse). 
Graxdcagnage, membre de Tlnsli* 

tut archéologique de Liège. 

* Gr.%i«t (Mg'), év«que de Sout- 
warth, à St-Georges, à Lon- 
dres. 

*GRioLBTvEniest), numismatisteii 

Geuève. 
GucBLAcvE (le baron de), premier 



James (sir Waller ), baronnet, 
membre de lu Société archéolo- 

- gique du comté de Kent, k 
Sandwich (Angleterre). 

JisT (Théodore), conservateur du 
musée d^antiquités, membre de 
TAcadémie royale de Belgique , 
à Bruxelles. 



Rblleb ( le docteur ), secrétaire 
de la Socfélé archéologique de 
Zurich. 

KbRVY?i DE LETiEfmovE, k Brugcs, 



LViil 



LISTE DtS MKMimCS 



KiiSTEUioii, pro|iriélaii-e, à Gaiid* 

Kheuskii , membre de plosieim 
Soci^^ saiontes à Cologne* 

Kbim db HocnsLDBN, aide-de-camp 
de & A. R. le grond-duc de 
Bade, à Baden-mde. - 

Kdglbb ( Fraiic ) , professeur ^ 
rAcadémie de Berlin. 

KiLL, id. 

KuocKRR (Edouard), esq., ancien 
piairc de Douvres , membre de 
la Sociéié arcbécflogique du 
comté de iUiil, à Ca^lle-Hiil 
(Angleterre). 

L. 

Laticia di Bbolo (Frederico), se- 
crétaire de r Académie des 
sciences, à Palerme. 

Larking , secrétaire de la Société 
archéologique du comté de Kent, 
ft Ryanih (Angleterre). 

Lavbent (Mg*), évéque de Luicm- 
bourg. 

Lb Ghand de Rbilandt, archéo- 
logue, & Anvers. 

Lb Maistrb dMnstaing , président 
de la Commission archéologiq ne, 
à Tourna^ (Belgique). 

* LF.ifDBBScuMiT , conscrvateur du 
Mii«ée de Mayence. 

Lbrhard (Franz), sculpteur, à Co- 
logne. 

* La Roi, professeur d^arcbéologie 

k rUniverailé de Liège. 
Leutscn (Cbarles-Cbrétieu de), à 
Wi!l»lar V Prusse ;. 



LuutU (i*abbé/ ,TWfé caHialifiue 
de Cbrbtiania (Nonviége;. 

' Lom (le copimandmr), roa- 
servateur du Mus^ d'aaiîi|«il4i 
de Pâme. 



Mabgus ( Gustave ) , libraire , à 
Bonn. 

Matbnfiscb (le baron de }, diam- 
bdlan de S. M. le roi de Prusse 
et de Sw A. le prince de Uobett- 
zollern-Siginaringen , à Sigma* 
ringen (Prusse). 

M AVER (Joseph), ft Liverpool. 

Maybr (F.), & Francfort-sur-Meiik 

MiLUGAM (le Rév. H. Bl. M. A.) • 
membre de la Société archéolo- 
gique du comté de Kent , à 
Sulton, Valence (Angleterre). 

MiNBRviKi (Guiliano)f conservateur 
du Musée de Naples. 

MoRB, directeur des archives géné- 
rales du grand-duché de Bade, 
à Carisrube. 

MoKS (le Cercle archéologique de 
la ville de). 

MoRLOT (A.), à Lausanne Suisse). 

MosLBR ^Charles\ professeur, à 
TAcadémie royale de Dusseldorf. 

* MtLLER ( Mg' } , évéque de 
Munster. 

Miller Qe docteur Charles), à 
Stuttgard. 

N. 

Namcys (le comte de), membre de 
plusieurs Sociétés savantes, à 
(Jlrecht (Pays-Basj. 



DE LA SOCIÉTÉ FUANÇAISK D* ARCHÉOLOGIE. 



LU 



Nkv« ( Auguste) , pmpriélairp, è 

Luxeraboorfc* 
ICicfioLs (Mm-Gotifth), membre 

de b Société dn Antiquaires 

de Londres» 
NiLSON ( S. ) , ancien prefinweur 

d'histoiit-, à Stockholm (Suède). 

O. 



Quasi [\cbBron)^ conservaintr 
général des momimenls bistori* 
ques de Prune, membre étran- 
ger de rinsti!ul dim provinces de 
France, à Berlin. 



*Oi.rEiis (d*), (liiedeur-géiiénil 

de» Musiles à Herlin. 
OciLVY (G,\ &q,, Museom-Slreet* 

Al, à Londres (Angleterre). 
* Otirppb de Bo(:veTTR (d'), pré- 

fiidenl de rinslllul liégeois, à 

Liège (Belgique). 
Old^kd, négociant, à Gènes (Siir- 

daigue). 



Panizzi ' Autonio\ Ttin des conser- 
▼ateura de la bibliotbfqoe de 
Londres. 

Pag:<i, ancien maire de Douvres 
(Angleterre). 

* Parker , membre de la Société 
architecturale d'Angleterre, de 
IMnstitutdes provinces de France, 
à OxfonU 

pEBTERS-WiLBAox, membre de la 
Société historique et littéraire, à 
Tonmay (Belgique). 

PsTrr DE Rosen, à Tongres. 

* Piperê, professeur à TUniversilé 
et directeur du Musée d'archéo* 
logie chrétienne, à Berlin. 



Ram (Mg'.de), prélat remain, 
membre de l'Académie royale de 
Belgique , recteur magnifique 
de rUnlvemité catlioUque de 
Louvaiii. 

Rambod , oounervateur du Musée 
de Cologne. 

* REicHcNSPBBGEa , cottwiller à la 

Cour de cassation, à Brrlin, 
vice-présMent de la Chaiidire 
des dé|Hités de Berlin. 

Rrichbnspbmsbb , conseil 'er à la 
Cour de cassation, à Berlin. 

Rmdbb, profe^sseurà T École poly- 
technique de Buuiberg. 

Rb^pilevx ( Tabbé ) , ' chanoine, 
doyen de la cathédrale de Tour- 
nay. 

* ItKisBNs, docteur en théologie, 
bibliothécaire de TtJniversilé, à 
Louvain (Belgique}. 

RiooBL (sirW.-B. ), baronnet, 
membre de la Société archéo* 
logiqne du comté de Kent, à 
Londres. 

RrooeaBAca, arehllecte, à Bêle. 

Ripalda (le comte de), «lélégué de 



LX 



LISTE DES MEMBRES 



rAcadémie eit|Kignolc d*arcbéo- 
logîp, à Madrid, membre étranger 
de rinstitut des provinces de 
Fmnce. 

* RoACii -Smith , membre de la So- 
ciété des Antiquaires, à Lon- 
dres. 

* IlOBUKO (le comte Maurice de), 
séiiuteur, membre de plusieurs 
Sociétés savaiitei, rue Léopold, 
à Brbxctiis. 

RoBsoN (Edward), architecte, à 
Darbam (Aiigierre). 

* HoUin ( le baron Ferdinand de), 
chevalier de Malle, à Bruxelles, 

RoNSB (Edmond), archiviste, à 
Fumes (Belg'que). 

* Rostn ( le cbevalier de) , à Rome. 
RocLCS, professeur à rUuiversité 

de Gand, membre étranger de 

rinstitut des provinces. 
RussBL (lord Ch.), à Londres. 
Rl$ï»el (Hasting), id. 



Sbgbbstain , cher de bataillon du 
génie, à Rome. 

Shahpb (Edmund) , architecte »ti- 
g'ats, à Genève. 

Sbefviblt-Gbacb, k Know-House , 
comté de Kent. 

SnoLVBBBN, membre de la dépcrta- 
lion permanente de la proviuce 
d'Anvers. 

Stavpe (de;, président du Tribunal 
de Munster. 

Sriei.FBiED (leburon de), grand* 
malire des cérémonies du palais, 
à Berlin. 

Stirling (sir Walter), baronnet» 
membre de la Société archéolo- 
gique du comté de Kent, à Tua- 
bridge- Wels (AiigleliTre). 

Stone (Rev.-Can.), membre de la 
Société archéologique du comté 
de Kent , à Cantorbéry ( Angle- 
lerre). 

Stuabt-Mektkath (Ch.), à Eulry- 
Hili-rHousc-Balb (Angleterre). 

STIiABT-MENTEATR filS, id. 



Sal'sail-Sovhaicmb (le baron de), à 

Francrorl. 
ScuEMAKtprofesteurau collège royal 

de Trêves. 
ScHBNASB (Charles) coukeillcr à la 

Cour de cassation de Deriin. 
ScHEiBBBB, professeur des sciaices 

au&illiaires historiques à TUni- 

versité de Fribourg. 
ScHOLTB (Tabbé), doyen de Frec- 

^cudurf, diocèse de Muni»lcr» 



T. 

Tkmpest, membre de la Société des 
Autiquaiies de Londres. 

* TiiOMSER , directeur-général des 
Musées, à Cot)enhague. 

U. 

Urlichs, professeur, directeur du 
Musée d'auliquilés, à Bonq. 



DE LA SCKUÉIÉ FBANÇAlSE D'ARCHÉOLOGIE. LXl 

Snriélét savantes, rue Harciig- 
V. ftpee. Si, à Gand (Belgique). 

* Wallbmstkir (le prîttcc de), an- 
cien ministre, à Munich. 

Waiii^kobuig, membre du rinstiltit 
el professeur à Tubingen, mem- 
bre étrauger de riiisUtui des 
provinces. 

*WFALE(Jaroeîi), ù Bruges (Bel- 
gique ). 

Wkttku, membre de plusieurs 
Académies. 

Whbwkl, docteur en théologie, 
professeur à Cambridge. 

WiesENPBLD, professeur d'arohi- 
teciure, à Prague (BoJiônie). 

WiLLB», dirci:leur de la Société 
archéologique de Sinsheim. 

W11.LIS, membre de plusieurs Aca- 
démies, professeur à Cambridge. 

VViusham-Mabtik (Cbaries), an- 
cien membre du Parlement , 
vice-président de la Société ar- 
cliéologiquc du comté de Kent, 
ttu château de Lceds, près de 
^^ Maidsione (Angleterre). 

WiTMANN, directeur de la SiKiétè 
WACBTtkH , UKMnbre de plusieurs archéologique de Majetwe. 



VA?cD.4RaE-BKna(iB«, trésorier de la 
Société royale des Beaux- Arts el 
conseiller provincial, à Gand. 

V^^iies-BHBaEBOOif , membre de la 
Chambre des représentants de 
Belgique el iMurgmeslre de la 
ville d^Yprcs. 

Vah DKn HuGBE, me de Cou rirai, 
8, à Gand (Belgique). 

Vam w Ruttk, dianohic,, curé- 
doyen, à Poperinghe (Belgique). 

Vax Limpobl, de Niemunsler, 
oiembre de la Chambre des re- 
INrésentants cl ancien sénateur , 
à Bruxelles. 

Vois» (Pabbé), vicaire-géncial, à 
Tourna}'. 



• Vatm, membres de plusieurs So- 
ciétés salantes, ù Londres. 



La Société française d\ircbcolagic renouvelle h ses associés 
la recommancbUoD , qu'elle leur a faile auléricuroinenl, de 
faire tous leurs efforts pour augmenter le nombre des mem- 
bres de la Compagnie : il n'csl pas de membre qui ne 
puisse, dans sa circonscription, trouver chaque année deux 



LXll LISTE DES MEMBRES. 

OU troih iiuiiveaux associés. Quand on songe qu*en Angleterre 
certaines associations comptent dix mille membres et plus , 
nous devons croire (pi'avcc un peu de zèle nous poarrioiiS| 
f]uadrupler le nombre des membres de la Société française 
d'archéologie. 



COMPTE 



BERDO PAR LE TR£80MER 

DES RECETTES ET DÉPENSES DE L'ANNÉE 186A. 

«1^ 

BFXElTJiS. 

Excédant du comple de 1863 2^,636 32 

Colisalions recouvrées sur Panoée 1861 10 » 

Id. id. 1862 50 » 

Id. jd. 1863 3,630 » 

Recetles de 186/^ 10,706 » 

Oolisations reçues par avance sur 1865 230 » 

Total. ... ; 39,262 32 
DÉPENSKS. 

RBCOUVRBMRNT DBS COTISATIONS. 

Frais de recouvremenl. ......... 505 20 

Frais de retour de billets non payés 99 45 

CONCIBRGBS. 

Trailenieol du concierge du Pavillon el fournitures. TU 70 

Id. îd. du musée plastique ^Caen. 20 » 

IWPRBSSIONS. 

Iiopressioos el gravures. , 4,081 25 

Vignettes pour le compte-rendu des séances. . . 125 » 

AFFRAKCHISSIIVBNTS ET PORTS DB LBriRBS. 

ÂlTrancliIssemçnl et expédition par la poste du 
oouipte-renda des séances. 762 03 

Ports de lettre^ paquets, caisses, affraocliissements 
de circulaires, envoi de médailles et menues dé- 
penses. 229 80 

À reporter. . . , 5,897 43 



LXIV GOMFrE tt£NDU PAU LE TRÉSORIER 

Report. . . . 5,897 Û3 

sbancks urnéualbs. 

Solde des frais relatifs au Congrès de Rodez. ... 39 ^5 

Id. id. au Congrès de Fonlenay el aux 

séances générales de Troyes, Falaise, Évreux,elc 1,084 • 

MÉDAILLES. 

Achat el gravure de médailles. 225 /iO 

CON'GRÈS SCIBNTiFIQUB. 

Trois délégalions au Congrès scientifique de Troyes. ^ • 

DBSSINS BT PLANS. 

Dessins et plans faits pour le compte de la Société. 330 » 

LIVRBS D*AUCHBOLOGlB. 

Distribution de livres d'archéologie l/i6 » 

ALLOCATIONS, 



Membres chargés de la sur- 








veillance et de la direction 








des travaux. 








M. Coda rd-Faiîlti« 1ER 








et Jolt-Le-Terme. 


Fouilles à Gennes. • . . 


200 




M. le vicomte de Moîit 


- 






CARRIER. 


Fouilles à Lombers (yàvri). 


200 




M. DE MAiNKOURY- 








d'Ectot. 


Id. à Chamboy (Orne). 


60 




M. rabbéAzÉMAR. 


Réparations à Téglise d'Au- 








brac ( Aveyron). . . . 


100 




Id. 


l\épara(ions à Téglfse de St- 








S«lnrnin-de-Lenne { ïd. ). 


100 




Id. 


Réparations à Téglise de St- 








ricri"e-de-De8suéjoul8(ld.) 


50 





A reporter. 



8,/ï62 28 



DES HECEtTES ET DÉPENSES EN 1864. IIV 

Repari. . . . 8,A62 28 
M. FéoéniQCE. * Souscriplloo poar rétablisse- 

ment d*un rousée à Vire. 50 • 

MM, MAAiORNEio , FouillesàGu^randeetà Noir- 
Nau et DE La Nico- moutier.(Loire-iQférîeare}« 100 » 
uÈRjs. Becberches archéologiques 

danâ la Loire-Inférieure. 100 » 
M. FiLLOK. Souscription à la statue de 

Bernard-Palissy (à Saintes] 100 » 
M. UccHER. Moulages dans le départe- 

ment de la Sartbe. . . 100 » 
M. Tabbé Mezcect. Déblaiement de l'église de 
No(re-Dame-de-la-fin-des- 
Terres (Gironde). ... 100 » 
M. Tabbé Baudry. Fouilles au Bernait! (Vendée) 100 » 
M.\1. CÉRÈs et AzKMAR. Réparations à Téglise de 

Perse (Aveyron). ... 100 » 
Id. Iléparations à Péglise de 

Lassouts (Id.) .... 60 » 

11. LeCointre-Dcpont. Déblaiement de Téglised* Al- 

menesches (Orne). . . 100 » 
M. Desdiguères. Conservation d'une porte ro- 
mane à Péglise de Beau- 
mais (près Falaise). . . 100 » 
Souscription au Portefeuille 
archéologique de la Cham- 
pagne 25 » 

Souscription pour Péglise de 

Jouval 10 » 

Achat de Péglise de Gravant 

[Indre-et-Loire). . . . 1,865 » 

Total. . . . H,372 28 



LXVI COUt^E ftENDU PAn LE TnÊSORIEft 



BA^hKC^^ 



necettes. «... d9,262 32 
Dépenses. • • • ^ 11,^73 2ft 

Excédant. . . 27,890 04 



éLLOCaTIOK$ NO^ Bm*ORK ACQUIITÉFS. 

Meahres chargés de la sur- 
f •illaoee et de la directiou 
des iravani. 

M. Tabbé L£ Petit. RéparalionsàréglisedeMoueD 300 • 

M. ClîADBRY DK TkON- 

cënord. Rétablissement des voleta an 
retable de Fromentières 
(Marne) 30 » 

MM. DE GaCUORT, 

Gaugain, (■• ViLLBKs. SeU8*sHptk)n pour la consoli- 
dation de la tour centrale 
de ta c&thédrale de Bayeux. 1,000 » 

M. DE VerkëIlë. Rétablissement d*une inscrip- 
tion tumnlafredans Péglise 
St-Léonard (rt**-Vienne). . fOO » 
Id. Plaque commémorative du 

combat de trois chevaliers 
français contre un nombre 
égal de chevaliers anglais. * 50 » 

^1. DE Marccerit. Consolidation du cloclier de 

Viervitle 100 » 

M\f. BoocT et Ch. 
Vasseur. Réparation des statues de 
Pi^glise de St-Cerinain-de- 
Livel 100 » 

A Vf porter, . . . i,570 • 



DES B£GEÎtBS ET OÊPEMSES EN 1864. LXVil 

Report. . . • 1,570 » 

.M. le C** DE CiALEH- 

BKBT. Moulage des staAues de Fon- 

tevraolt (Maine*eULo1re) . /lOO » 
M. J61.T-LE-T1R11R. RéparatioQS à Tôglise de St- 

Martin de Sanzay (id.)« • 100 » 
MM. Ricard el Tabbé 
Viras. Achat et réparation ducloclier 

de . St-Goîlbem-du-Désert 

(Hérault) 100 » 

M. R0SSIG11014. PouilleB d'un tumulus à St- 

Salvi .Tarn) 50 » 

Id. Pour lever le plan de la ville 

de Gîrousaens (Id.) • • • 100 » 
M. DEToDi^psErL^DTitBC* GoRservatioD d'une pierre 
tombale dans Téglise deSt- 
Pierre de Rabastens (Id.). 25 » 

M. DE Rivières. Uéparations.à l'église St-Mi- 

chel de Leacure (Id.) . . ioo » 
Id. Réparation du portail de Pan- 

cienneéglisedeCadalen;id.) 50 » 
M. DE HOKNEFOY. Fouillesà Pesilla-dela-Rivière 
el St-Felice-d'Amour ( Py- 
rénées-Orientales;. ... 50 » 
MM. Pabbé Vinas et 
Ricard. Id. à Plessans^St- André (Hé- 
rault). 50 » 

xM. UE Toulouse-Lautrec. Pour enchAsser la plaque 
du tabernacle de St-Sulpice- 

la-Pointe 50 » 

M. Pabbé Pighot. Ponille à Sermerieu. ... 100 » 
M. KiLLON (Vendée). Moulages à Fontenay ... 200 » 
Réparations à Péglise de Mail- 

lezas. 200 » 

A rrporltr. . . • 3,l/i5 » 



LXVIIl COMME RENDU PAB LE TUÉSOiliËR. 

neport. . . . 3,lù5 » 
Réparations à Téglise de Vou- 

venu 30a » 

M. BouET. Réparations à Péglise deSt- 

Julieii-s-GaloDDe (Calvados). iOO » 
M. FiLLOK. Fouille dans la Vendée . • 100 > 

Id. Crypte de N.-D. de Fontenay. 100 » 

M. Tabbé LACuniE. Fouilles dans le cimetière de 

Neuvy 100 » 

M. l'abbé I^tier. Somme à la disposition de M. 
rinspecleurde Tarn-ei-Ca- 

• ronne 200 » 

M. Jules DE Veuseilh. Somme à la disposition de M. 
Pinspecteur divisionnaire 
de la Dordogne .... 200 » 
M. FiLLON. Plaque commémora tive de 

Jean Pellerin 60 » 

M. DE Smitterre. Monument commémointif de 

la bataille de Cassel. . % 100 • 
Total. . . . . UAOb » 

RÉSULTAT DÉFINITIF. 

Excédant 27,890 fr. 04 c 

Allocations à solder. . . . 4,405 i» 

Fonds libres .... 23,485 fr. 04 c. 

Caeii, le 10 iivril 18ti5. 

/.<? Trésorier, 

L. CArCAIX. 



CONGRÈS ARCHEOLOGIQUE 

DE FRANGE. 



XXXIe SESSION 

TRNCB 

A FONTENAY 

LK 19 II IM IMl KT JOURS SUlWAiVTS. 



SÉANCE D'OUVERTURE. 
Présidence de M. le Préfet de la Vendée. 

Snr Tinvitation de M. de Canmont, M. le Préfet de la 
Vendée occope le faoteuil de la présidence. Mg' TÉvêque de 
l'UÇQo y M, Paillard, sous-préfeC de Fontenay , M. le Maire 
(le Foinenay-Ic-Cointe , M. le Président du Tribunal, M. le 
Procoreur impérial siègent à ses cùlés. 

MM. de Caumont, directeur ; Tabbé Le Petit, secrétaire- 
général de la Société française d'archéologie; Gaugain, tré- 
sorier; B. Feï/cm, secrétaire-général de la session, et Ledain^ 
de Partbenay, secrétaire-adjoint, occupent des places réservées 
près du Bureau. 

Voici la liste des membres du Congrès. La plupart sont 
présents. 

M, AniURAULD, receveur particulier des finances, à Fon- 
tenay. 
ÂILLEBT (Tabbé), id. 
Angibaud (Charles) , juge de paix, id. 

1 



2 CONGBfeS ARCHÉOLOGIQUE DE PBANCB. 

MM. Angibaud, juge de paix, à S^'-Hennine. 

Arkauld ( Charles )« secréialre-général dt la Pr^ec- 

turc, à Niort 
Abnauldet (Thomas), employé au Cabinet des estampes 

de la Bibliothèque impériale , à Paris. 
ARlNAULDET (Paul-Louis), avocat, id. 
Auber (rabbé), cbanoîne, h Poitiers. 
Acdê (Léon), secrétaire-général de la Préfecture, à 

Napoléon. 
Aude ( Alexandre), docteur-médecin, à Fontenay. 
Augeb , docteur-médecin , à Nalliers. 
Auvtnet (l'abbé)» vicaire de Noire-Dame, à Fontenay. 
Babin, docteur-médecin , id. 
Balleread (Léon), architecte, à Lnçon. 
Bally (Pierre -Henri ), îngénieqr civil, à Faymoreaa. 
Bardon^et ( Abel ), à Niort. 

Bardy (Gusiave),conseiller à la Cour impériale,à Poitiers. 
Baron, ancien député, à Fontenay. 
Barre, doctenr^médecin , à Thouars. 
Babbion ( Désiré ) , médecin , à Montlleron-cn^Pareds. 
Bassetiëre (Edouard de La ), à St-Julien-des-Undes. 
Baddry ( rabbé) , curé du Bernard. 
Beadghbt-Filleau ( Henri ), h Chef-Boutonne. 
Bbaud (Jean-Jacques), directeur de TÉcole supérieure, 

à Fontenay. 
Beaumont ( Arthur de), à La Garcilière. 
Bejarry (Amédéc de), à Roche-I/>uherie. 
Ben Y (le Père), à Poitiers. 
Bernard ( Evariste), à Auzais. 
Biaille-Lalongeais ( Auguste ) , doct^ur-médeciq , au 

Langon. 
Bienvenu (Léon), membre du Conseil général, à St- 

Hilaire-dea-LogeSé 



MM. BiROTHEA* (Ç^r*i»ii4)* m»r^, k »oi*îwr 
BiTTON (Alexandre), i4« 
Robinet r»E |'>>gi^ , n|. 
DooiN , à M^rigiiy. 

BONCENNE ( ?é|iît ) t juge , j^ FoW^l^y. 

BoNCENNE (Eruft^D^id. 

RONNAOD, nq(^if^, 14. 

!ii>NNAOD ( raW>é J? ÇHr* 4e (;h?rMî«. 

BqwîjBT (.r^ibbé ), W* Aï f OMMMgf». 

Borde ( Camille de I^ ), ji Foiitoni^S:. 

BOQ^f ?Q ( tmlfi ], ^i^JM ^ change, îd. 

Boucher ( Théophile ), k (:halljtq3. 

ttooiri (Jftiçs), méderin, a^ Hoaelmi^p. 

BÔuin (p^rfil. id^ 

Boora (Fa.bW) curé df Chav^ieç-w^PtUJefjL 

BouQUiQf (Bepri), qrRvrç, à Fontrffijt 

RooBBON, propriéiaire» m\ Hisrbici^ 

BOlJf(M)70l9 (tOMiîi), proXfÇis<?ur de rli6larîf)«6 , à Fou- 

tenay. 
BooTETlÈRE (de La}| id. 
Boutât (Eugèpe), ^ S«"'Periïiinc, 
BiiÉCHABD ( Eujjène)^ aïQcai, à Foiitcnay. 
BRjp^ ( Adolphe de ), à Itiçofu 
Brière (de La), rccefcup-géi^éfal, à ]!^a|pQl^ 
Bri^n (Arqi^fivl), banquier, ^ Fmiteo^y. 
Brouillet , scalptear , à Poitiers. 
BRUNETitiVEr ju^e (J*iii9lr«çtio« , à Foiuciiay. 
C ampagnoli.es ( dç ], i Vire, 
CARmN.(JqJîçn), ) Poiiipr?. 
Catalan ( Aogasie de), sous-insp^clcgr des CiitQiribu- 

UQj?sjnidfrçclç3^ i Fontçoay. 
Catois, 4(H:jiÇur-ai)édect|i. à paris, 
Cacrit[( Tabbé ), cqré 4^ RéaMUOiir. 



& GOKGftkS ABGHÉ0L061QUE DE PBANCB. 

MM. CHABOT DB Peghebbun, père, à Fontenay. 
Chabot de Pechebbun, fils, id. 
Chaupfledby, homme de lettres, à Paris. 
Chabpentibb (Tabbé), curé de Luçon. 
CHABBiEB ( Léopold ), aTooé , à Fontenay. 
CUABBON ( Loaia ), expert , à Petosse. 
Chabvet (Jales), antiquaire, à Paris. 
Chateigneb ( Alfred de), à Beaulien. 
Chauveau ( Charles ), docteur-mèdeciD, à Laçon. 
Crênedollé (de), à Vire. 
Chêbon (Paul) , bibliothécaire-adjoint à la BibUothèqoe 

impériale, à Paris. 
Chevallebeac (GustaTe), conseiller général, à B^issorin. 
Clemenceau de La Loqubbie, à Fontenay. 
CLOT (Tabbé), curé de la Châtaigneraie. 
Clouzot (Léon ), libraire-éditeur, à Niort 
COLET (Mg'), évêque de Luçon. 
CoQUiLLACD (Emile), docteur-médecin, à Fontenay. 
Codgnaud ( Mathias ), id. 
Cbosnieb (Antoine), à Angles. 
Cumont (le vicomte Charles de), à Sillé-le-Guillaume. 
Daudeteau (Charles), à Fontenay. 
Daviau (Henri), propriétaire, à Aocheservière. 
David (Tabbé), curé d* Angles. 
Delabobde (Henri), conservateur do Cabinet des 

estampes, à Paris. 
Delavau (Alphonse), propriétaire, àPouzauges. 
Delidon, notaire, à St-Gilles-sur-Vic. 
Dbsaivbes ( Léo ), étudiant en médecine, à Paris. 
Doré, père, à Paris. 

DouiLLABD ( Henri ), propriéuire , à Montaigu. 
Dogast-Matipeux (Charles), à Montaigu. 
Dî}PRé-Carba, avoué, à Fontenay. 



UXl* 9SSSI0M, A iONTEMAY. b 

MM. DuiŒAUt à Pari& 

Do Temps» docteur-médecio, à Footeoay. 

Du Temps, aux Sauzes. 

£spiEBR£ (Gabriel), membre da Conseil général, à 
FoDtenay. 

ESPIEBRE (Ernest), ancien avoué, id. 

EsPiEBRE (Gabriel), fils, avocat^ à Poitiers» 

EuoEL, à Nantes. 

Falle (Paul), pasteur à Fontenay. 

Ferchaud (Tabbé), curé de Notre-Dame, k Fontenay. 

FiLAUDEAU, archiviste du département de la Vendée , è 
Napoléon. 

FuxoN (Benjamin), à Fontenay. 

Fleury des Marais, propriéuire, id. 

Fontaine ( Arthur de ), id« 

Fontaine ( Gabriel de), maire, à St-Vincent-Sterlange. 

Fourny, jeune, carrossier, ^ Fontenay, 

Frappier ( Paul ), à Niort 

Gaillard de La Dionnerie, substitut du procureur 
impérial , à Fontenay. 

Garnereau (Auguste), architecte de la ville « id. 

Garran de fiALZAN, ancien conseiller à la Cour impé- 
riale » à Poitiers. 

GÉANT (l'abbé), curé de St-Mesmiu. 

Girard de Villesaison, préfet de la Vendée. 

Gennes (de), conseiller à la Cour impériale» à Poi- 
tiers. 

GiGAT, négociant, aux Sables-d'Olonne, 

GiRAUD (Alfred), procureur impérial, à Parthenay. 

GiBADD, docteur-médecin, à Fontenay. 

GiZOLME (Alfred), professeur au collège, id. 

Godet de La Riboulerië (Marcelliu), id. 
' Godet de La Riboulerie (Louis), à L'Hermenault 



6 CONCltfeé iUCHtoLOOlQUE DE ^tlAMCE. 

MM. GoGUET (Auguste), procureur-iifipéHal, à Ldodilti. 
GouGET; archiYîsK; dtt dëpaftealcdt d^s £yeûx-^vresi, 

à Niort 
' Goi)lkRAt)b, uotah-e honoraire, à ChaTdgné^-ett-l^aillers. 
Gr£LIër du Folgeroux, ancien député^ S la Chapelle- 

Théincr. * 
GRENOviLLoiiX (Ëdouard), à Niort. 
Grimouardde St-I.aurent (H(;nri) , Si ^t-L^iorent- 

de-la-Salle. 
âMOLfcT (Ei^êst), uiiinistnâtiftte, à Géitèv^. 
tiïiOLl.EAi} (Prosper), ancien sous-pr^et, à Mam<^s. 
Guenyveau (de), à Nalliers. 
GuÊRiN (l*abbé), curé de Mouilieron-cn^Patleds. 
GuÊRY (Arthur), avodé, à Fokitenay. 
GuÊRY (Léandre), ancien avoué, id. 
GtllcHARd ( Fir^déric ), àgent-Toyer, h Rezé. 
GuiGKARD'( ^lofent), à Nantes. 
•HiLLERiil (Auguste de), à LbçOn. 
HuXEttlN (R<%er), à ât-MaHin-'dt'-Fraigneao. 
HouLiER DE VtLLEDiEU, à La Baudiète. 
luftERt, propriétaire, k Thouars. 
JÀMSfiAtJ, médecin, à Fontenay. 
JarraSvSé (Alfred), procureur impérial, id. 
JOFFRiON (Martial), id. 
JoFPttrOH (AugUiitê)^ id. 
Jou^KÀliME (Haiiftel), propriétaire, id. 
JOUSSEMET ( Benjamin ), k Napoléon. 
Lacomre, notaire, ^ Fontfenfty. 
IkttMÊ (l'abfoè), I Saintes. 
Lafosse (Hêhrt ), à Niort. 
LalurM (Charies), Si Oulmcii. 
La TouRÈrrE (CUIert de), pèfe , docteur médetin , à 

LodduA. 



XXXI* SESSION, A PONTENAY. 7 

MM. La TouBETTE (Léon de), (ils, docteur-médecin, ^ • 

loudoo. 
Laurent ( Fabbé ), curé de Voavaiit. 
LAtxifcltB (de), & Paris. 
Latal (Adolphe), percepteur, à Fonteiiay. 
Ledain (Bélisaîre), à Parthenay. 
Le Long (Eugène), è Paris. 
Lemabiê (Eugène), iniprinieur, à St-Jeaii-d'Artgely. 
Lenepyeu (Jufes), docteur-médecin, à la Châteigneraie. 
Le Pelletier , conservateur des hy))othèques , à ^on- 

tcoay. 
Lepeltier (Armand), docteur-médecin.è Naules. 
IÉF1NER.\YS (de), à Faymoreau. 
LETounNEUX, président du Tribunal civil, à Fontenay, 
Lièvre, pasteur, à Couhé. 
LoNGucMAR (de), vice-président de la Société des 

antiquaires de l'Ouest, à Poitiers. 
Ldguet (Henri) , professeur de philosophie, à Fbntehay. 
Malatier ( Jean-Joseph), h Velnire. 
Mangou, ûIs, à FontenaV. 
Mangou-Coquillaid, docteur-médecin, id. 
Marchand (Ernest). 
Narchegay (Paul), archiviste paléographe, aux fioebes* 

BaHUud. 
Marionneau, à Nantes. 
Uabtin (Tristan), à Montlîmard. 
Martineau ( Auguste), à NieuL 
Maynakd (Gaston de ), à Paris. 
HAZAà, à Lavaur (Tarn). 
Meillet, chimiste, à Poitiers. 
MÊNAiSER (rabbé)> chanoine honoraire, aox Sables- 

d*Olonoe. 
MÉNARD, ancien provlseut* do Lycée, ^ Poitiers. 



8 rONGRÈS Al.CHÊOLOGlQUK DE PRAKCB. 

MM. Mêmardjère (Camille de La), professear k TÉcole de 
Droit, à Poitiers. 

Mercier (Marcellin), & Fontenay. 

Merland de Graillé, docteur-médecin, à Luçon. 

Merveilleux (François-Henri), à Fontenay. 

Merteilleux-Dutignaux» procureur-impérial, à Napo- 
léon. 

MoLLER (Ernest), à Fontenay. 

MoKGiS (Tabbé), à La Rochelle. 

MOKNET ( Alfred ), à Niort. 

Mont AIGLON (Anatole de), secrétaire de l'École des 
Chartes, à Paris. 

MOREAU, père, juge de paix, au Poiré. 

MoRJNERiE (de La), chef de bureau à rHôtel-dc-Ville 
de Paris. 

MoRizoT, économe de Tbospice, à Fontenay. 

MosNAY (Henri), id. 

Neullier, docteur-médecin, à Luçon. 

Orieox, agent-voyer d'arrondissement, à Nantes. 

Pageau, arpenteur, à Fontenay. 

Paillart (Henri ), sous-préfet , id. 

Palliot (Hippolyle), propriétaire, id. 

Parenteau (Fortuné), à Nantes. 

Parenteau de La Yodte (Arthur), à Fontenay. 

PÊGARD, à Tours. 

Perreau (Victor), avocat, à Fontenay. 

Perreau (Léon), propriétaire, id. 

Pervinquière, juge de paix, à Napoléon. 

Pertinquière (Henri), propriétaire, à Bazoges-en-Pareds. 

Petit-Duvignaud (Alcide), à St-Valérien. 

Petiteau ( Marcel ) , docteur-médecin , aux Sables- 
d'Oionne. 

PicharD (Frédéric), propriétaire ;à Fontenay. 



XXXI* SESSION, ▲ FONXENAY. 9 

MM. PicuARD DU Page, propriétaire, à St-Michei-le-Cioox. 

Pjchon (l'abbé), curé de Sermerieo. 

riET (Jules), notaire honoraire, à Koirmoutier. 

PomtlbvoyeK Gustave de), ancien magistrat, à St- 
Philberl-de-Ponl-CharrauIt. 

PoNTLEVOYE ( Adbémarde ), à Bazoges-en-Paredj». 
. Poey-d'Avâmt, ancien receveur d'Enregistrement, à 
Maillezais. 

Pboost ( Henri ), maire, à St-Mesniin. 

PtyoL MojMSALès, principal du collège, à Fontenay. 

Raballand (l'abbé), curédeKieul. 

Uauo (François), docteur-médecin à Laçon. 

Ravin, notaire, à Villiers-St-Benoit (Yonne). 

Revebseau (Alfred), avocat, à Fontenay. 

Richard (Alfred) , archiviste du département, à Guéret 
(Creuse). 

RiVASSEAU (Victor), avocat, à Fontenay. 

Robert du Botnbau (Éiienne), à AlarsaisS**-Rade- 
gpnde. 

Robert du Botneau (l'abbé), vicaire de Notre-Dame, 
à Fontenay. 

RoGHEBRUNE (Octave de ), id. 

Rocquet ( Georges) , propriétaire, à St-Jean-d'Angely. 

Rousse (Léon), à Fontenay. 

Sabodraud (Olivier), maire, à Nieul-sur-FAnlise. 

Sabouraud (Gaston), à la Châtaigneraie. 

Sainte-Heruine (marquis de), membre du Corps lé- 
gislatif, à Taris. 

Salle, conseiller général , aux Herbiers. 

Segrestain, architecte du département, à Niort 

Serph ( Gozman ), conseiller général, à Civray. 

Soyer (l'abbé), doyen du chapitre, à Luçon. 

Staub (l'abbé) 9 curé de St-Maurice-des-Noubes. 



10 CONGRES ÂRCHÊOU)G1QOE DE FRAKCE. 

MM. 6CYR0T ( Tabbé Paul de), caré des Herbiers. 
TiNGUY (Chartes de), à FontenàV. 
Trapaud de Colombe , ï Florac (Gironde). 
TreIiouills ( le duc de 1^ ), à Paril 
Tressay (l'abbé du), chanoine, à Luçon. 
Vacheron (Jean-Louis), professeur au Collège, à 

Fontenay. 
VALLETrE, maire , îd. 

Verteuil (Henri de) propriétaire, lu Pissotte. 
Yiaud-Gràmumarais, professeur suppléant à la Faculté 

de médecine , à Nantes. 
ViLLENEUTE (Hélioude), garde général des foréls, à 

Fontenay. 
ViNET (Léon), propriétaire, id. 
VlNET( Baptiste), propriétaire, à AngKs. 

La séance est ouverte par un discours de M. le Préfet, qui 
remercie M>J. les membres du Congrès d'avoir choisi la 
Vendée et ses monuments pour objet de leurs études. 11 ex- 
prime» en quelques mots, tout Fintérét qu'il porte aux études 
archéologiques. 

M. de Caumont, directeur de la Société française d'ar- 
chéologie, remercie M. le Préfet et les habitants de Fon* 
tcnay , accourus en si grand nombre , du concours em- 
pressé qu'ils viennent donner aux travaux de l'Assemblée et 
prononce le discours suivant : 

« Messieurs, 

« Quand la • Société française d'archéologie convoque 
quelque part sort Congrès , c'est pour constater è quel éiat 
les études archéologiques sont parvetiues dans le pays, pour 
remercier et encourager les hommes qui ont étudié This- 
loire locale , décrit les) monumci^ts et veillé à leur conser- 



XXXi* SESSION, A FONTENAY. ^^ 

' tatîota ; c*ê8l pour appliquer ce princîi^e, qu'elle a loujoars 
piôélamé : Repartir êgàleiheni le mouvement archéologique 
en transportant^ momentanément, sur différents points de la 
France ses délibérations et son administration, 

« Là Société est assez connue en Poilou pour qu'il suil 
inutile d't^d rappeler plus amplement le but el Torigine. 
La coDSetvâiîon du temple St-Jeaû de Poitiers el celle 
de quelques grands édifices iiieuacés, dans plusieurs dé- 
|)arteinenls , déternainèrent la création de la Compagnie , 
il y 1 irfenlè-trois ans ; depuis lors , elle a tenu dans l'Ouest 
son Cottgrés annuel, Si Tours en i838, à Niort en 18i0, 
^ BOMëàilx en 18^2, à Poitiers en 18/iS, à Saintes en 
1844 , à Nantes en 1856 ; deux fois , en \6Ul et en 1862 , 
elle a tenu ses assises dans le département de Maine-et- 
Loire. Le département de la Vendée était le seul de cette 
régioii dans lequel le Congrès archéologique n'iût point 
encore siégé. Nous âTons donc accueilli avec empressement 
la demande qui nous fui adressée, il y a deux ans, par M. B. 
Filloo, M. 0. dcftodiebrune, M. l'àbbé Auber et M. Pooy- 
d'Avant, au nom des antiquaires de l'Ouest, de tenir, en 
1864, le Congrès archéologique à Fontenay, et nous remer- 
cions t'Administràtion miiUicipalc et l'Administration dépar- 
teihentate d'avoir ac<^ueilti eéiie pensée. 

Nous sommes tirès-flallés de la bonilè hdspitalilé qui nous 
- est accorda dans cMté îillè, et nous ne pourrions assez vous en 
ténsoigner notre Reconnaissance , Messieurs les habitants de 
Funieiuy. ta. te th-é6idedt du TMbunal civil a bieU voulu nous 
aUloriser âi siéger d^rts ce prétoire. Mg' l'Évoque de Luçoii nous 
iiODore de sH présence, et le premier magistrat de la Vendée, 
H. le Préfet, a quitté le chef-liicu pour assister àrinaugui-alion 
de cette session el pour en diriger les premiefs travaux. 

« Ouverte sous de si heuréut auspices, la session de 186^ 
ne le cédera en Importance à aucune de celles qui !'t)nt précé- 



12 COKGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRAKCE. 

dée. Les belles publications de MM. de Rochebrone etFilloo, 
les recherches de la Société d'agriculture, scîeace8 et ans de 
Napoléon, dont les Annuaires sont remplis de docomcots «Uies, 
font connaître sous toutes leurs faces les richesses da dipv* 
tement de la Vendée. Nous n*aTons pas la prétentioii d'ajooler 
à ce qui est déjà constaté : nous pourrons seulemeol comparer 
les monuments de ce pays à ceux des autres contrées de la 
France, et peut-^tre en résultera-t-il quelques aperçus utiles. 
C*est là le désir qui nous anime, 

« Aidés du concours de tous les hommes éclairés qui 
viennent prendre part à ces études , nous espérons que nos 
discussions communes ne seront pas sans intérêt, et qu'elles 
augmenteront encore dans ce pays le goût des recherches 
historiques et archéologiques. » 

M. de Caumont donne ensuite connaissance d'une lettre de 
M. Duruy, ministre de l'inslruciion publique, témoignant de 
la haute opinion qu'il a conçue des travaux de la Société 
française d'archéologie, et de sa sympathie pour le c^mgrés 
qu'elle dirige. 

M. de Caumont fait connaître ensuite la publication pro- 
chaine du recueil des inscriptions monumentales de la Flandre. 

M. Fillon , secrétaire-général du Congrès , présente la 
liste suivante des ouvrages offerts à la Société : 

Procès-verbaux du Congrès archéologique de France ^ 
XXX* session tenue à Rodez et à Albi, Iu-8^ 

Annuaire de l'Institut des provinces, 186/^. In-8*. 

Rapport sur les travaux et publications académiques 
des provinces , pendant Cannée 1862 ; par M. Chaile. In-8\ 

Histoire de la ville de Nice; par Armand Parrot. Paris, 
Dentu, 1860. In-8°. 

Projet d'ornementation du Pont-des-Arches ; fàr ftl. £ug. 
Dognée. Liège, Gramont- Dardez, 186&. In-8\ 



X1X1« SBS^OIV, A rONTENAt. iZ 

Ckâiemmeuf^ son origine et ses développements; par 
M. PaUéBardio. Chiteaaneof, Parrot-André , i864. Id-8^ 

PmriUes orekMogi^s du Bernard (cimetière chrétien) ; 
ftt m. Pâbbé Baodry. 1862. ID-8^ 

àntiipiùésceUiqueê du Bernard; fw\^}l^m^ 1861. In-8^ 

Amiftàii celtiques de la Vendée ^ canton de Tatmond 
(2* mémoire) ; par le Même. 1862. In-8^ 

Mémoire sur les fosses gallo-romaines de Troussepoil 
(commune du Bernard); par le Même.' 186). Id-8*. 

Histoire de la ville de Parthenay; par Bélisaire Ledain. 
Paris, Aog. Dorand. Id-8*. 

BuUetin des travaux de la Société historique et scien^ 
tifique de St-^ean-dP Angely, 1'' année, 1863. In-8*. 

Aperçu des monuments de l'arrondissement de Gaillac; 
par M. Élie-A. Rossignol. Aibi, 1863. 

Ciompte-rendo d*un livre ayant pour titre : Étude du 
éevat de service et du cheval de guerre; par A. Richard 
(do Cantal). In-8^ 

Prospectus de l'Histoire de la civilisation celtique; par 
M. P. filai. 

Notice sur M. Gilbert ^ membre de la Société des Anti- 
ifueires de France; par H. de Montaiglon. In-8^ 

Souvenirs de la Roberdière^ lieu de naissance du général 
Bedeau; par Ch. Marionneaa. Nantes, A. Guéraud et C", 
1868. Brocb. in-8^ 

Gustave de La Renaudière; par Antonin de Caropagnolles. 
Yire, H. Barbot, 186&. 

Notes sur les monuments gothiques de quelques villes 
(f/rattV; par Jules RenonTÎer. Caen , Hardel, 18/îl. Tn-8°. 

(OSert par M. de Caumont. ) 
Mémoire sur les voies romaines de la Bretagne; par 

BLBizeoL Caen, Hardel, 1848. In-8\ (Offert par M. de 

Gaamont.) 



Mi' CONGRl^ 4|iri|l40|.OGlQ|}e |>E HI^CE. 

Pliilippf (U Gif(irdi par SoiU9»IVI' Ii^»piib Piris, 

Rappm sur (^ prqvci^ ^ i'4m offmfii^ (mmhi^^ 

primaire en Espagne; par le 4ocie«r J, H(;3||^. Pflffpii^.P9riiiv 

ffOHCe sur m^ p^tourçll^ 4^ l^is Pq^m r m M. A. 
Bai ban. Si-Étîeiinc ^ Théolfer, i856. In^ii\ 

aoa( 1863. Çaen, Hardçl, Ia-8% 

Pi>([/aif fc FeiK^e ; p^ B. FilloiD et Ot <k» ^oçNH^nc 
(5* et 6* livraisons). In-i!l^ 

Exiimfin critiqua des fouilles d'J^Use-S^^'fifiinéf; pw M. 
Léon Fallue. P^iis, 1863, lii'8'. 

B^lle\i» de Ia Société d^ siaxisiiquf^ ^ sçifW^ <\ 0^(4 du 
déparlement des Deux-Sei>res ; V trimestre, iS6/^. Niort, 
ClouioU 

Re^kerches archéalogigues sur une partie d^ Cqtijçies^ 
pays des Piétons ;pdir^. Le Touzé de Longueiaar. BordeatuXt 
Coderc, 1863. ln-8". 

Excursion archéologique dans le Loudunois; par le l^l^tne. 
1861. Ia-8«. 

Confrontation de deux autels geilo-romaiM \rim^é^ d^sm 
les environs de Poitiers; par le M^ine. 1962^ l9-8\ 

Les souterrainsrrefuges décotœerts dans Ctmcien Poitou; 
par le Même, 1855. In-8°. 

Étude sur quelques statues équatres qm décof^v^t Içi f jfftt- 
pans de quelques églises du Poitou; par le Même* 185/^ 

Essai historique sur tcglise royale et coUégicde dç A- 
Hilaire-le- Grand de Poitiers ; fàv ie Même. Poitiers, fS&l. 
Jn 8«. 

Feuilles tirées des (ouvres de Pt^Ussy, publiées par Moih- 
taiglon. 



XXXI* SESSION, A FONTENAY. 15 

VAn de terre chez le$ Poitevins; par M. B. PilloD. 
I^ G^ite des eoTirotis de Fonleo^y ; par Iq l^|éipç, 
Oescriptiou d/Bt mmnaies seigneurial^ frauçaiseï eom-^ 
posant la collection de M. F. Poèy-d" Avant ; par le Iféa^e, 
Foatepay ( Vendée). Rahuchon, 1853, la-^ft" avecpNnçdes. 
Statiuùpie mqnun^fiiuol» de l^arroudiAsemen^ de Oqyçwi 
par M. de Gaomoiit. Caen, Hardel, 1858. In*8°. 

Garti} g^logîqae da département de la I0apche, drfusée 
par M. de Caumont. 

Gairte g^logique da département du CaWados, drea^e par 
M. deCaamont. 

L'àai du Poitou sous Louis XIV, par Dugaal-MalifexfX^ 
Des remtfrcîffients sont adressés aux dopateprs, {«efi qu«- 
vrages seront déposés dans la Bibliothièque de Fontenay. 

U parole est ensuite donnée à iM. l'abbé AMber, qny 
expose, d^ns up mémoire, les transformations diverses par 
le!M]aellesont pa«i^ lesi monuments de ia Vendée, et les caiises 
de ces transformations, lies remercîmfnu sont adressés à 
raole«r« 

PlasÂBors membres du Congrès qoi doivent traiter le$ pre- 
nièresqBestjpns du programme n'étant pas arrivés, M. Fillon 
propose de mettre en di.scussioo ia question irelative k Torigiae 
les Martrais ou des Folies. Il donne lecture d'une qoledans 
laquelle il signiiie la position particulière et systématLcj^ue des 
localités appelées Folies , et les traditions de fées ou esprits 
fabuleux qui s'y rattachent. 

M. Cardin explique l'étymoiogie du mot mariais. Suivant 
lui, elle a oue double origine : romaine et gauloise. Le mot 
latin tnariffiactun vent dire lieu où l'on suppliciait les cou* 
pabies; d'après les souvei^irs gaulois , les Maires étaient des 
déesses qui nç sont 9t|ires que les Éiiméiiides, En. irlan^aif 
^ par snite eq. gaulois, ce mot signifie détruire^ tuer; eu 



16 CONGRÈS ARCUÈOLOGTQt'B DE l^BAKCE. 

latin, mort; puis, il s*y est joint tin soflixc qui Teol dire 
meut trières. Les Martres étaient donc des déesses de la mort, 
des prétresses qui présidaient aux sacrifices sanglants de Tan- 
cienne Gaule. 

M. Fillon fait remarquer que roricntation des Martrais est 
invariable, et que Ton y trouve des débris de sépultures gau- 
loises et romaines. 

M. Imbert signale un quartier connu sous le nom de 
Martrais, à Loudun. 

M. Dttgast-Matifeux signale une rue du même nom, à Nantes. 

M. Fillon lit une note sur les Folies. Il fait connaître que II. 
Griollet, archéologue genevois, a vu dans le Valois, en Soinse, 
un lieu appelé Folie, offrant les mêmes caractères que les 
Folies du Bas-Poitou , c'est-à-dire accompagné d*utt dolmeir, 
d'une fontaine sacrée, ayant les mêmes traditions. Il y a donc 
là un sens caché dont on ne se rend peut-être pas un compte 
exact , mais qui a probablement une origine gauloise. Il y a 
beaucoup de lieux portant ce nom en Poitou. 

M. l'abbé Lacurie constate l'existence de vingt-sept localitét 
du même nom dans le département de la Charente-Inférieore. 

Au sujet des lieux appelés lues, M. Fillon lit une noie. 

M. Imbert signale un lue situé près Thouars, à St-Marlin- 
de-Sanzay. Il est aussi accompagné de champ des Gard» ^ 
de la Folie et de la Tonnelle. 

D'après M. Cardin , le mot Inc, qui est bien clairement 
latin, veut dire en gaulois lieu consacré. 

On passe à la question relative aux rivières qui ont, sur 
leur cours ou à leur source, des localités du même nom qu'elles. 
M. l'abbé Auber et plusieurs autres membres pensent que 
ces lienx ont tout simplement reçu leur dénomination de la 
rivière elle-même. On en cite, séance tenante , on grand 
nombre d'exemples. M. de Caomont cite, dans le Calvados» 



iXXr ^ËSSlOSf, A RONTENAT. 17 

Dires, à l'emboudiore die 1» D^e, et Tooqitm, près dé 
renbeadNire d^ la Touque. 

JU Secrétaire denne leclure de ki qaonkm âtiivaoïe : 
Les bana d'huître» de la Dwte , prés St^-Uiehel^'em^ 

l'Herm^ sçhî^îU anifideU 4m naturels? 

51. de Hillerin lit on mémoire de M. de Brem sur CdHe 

qiie:»tiou : 

MÉMOIRE DE M. DE BIlEM. 

Il n*eiîste rien , qoe nous sachions , dans les archives 
ptfbfiqoes ou prhées du Poitou , rien môme dslns les tra- 
ditions do pays, qui soit relatif à l'existence des bancs d*liuîtres 
0» btHte» coquillfères dé St-Michel-en-rHerm ; et , chose 
phrs étonnante encore! c*est qu'aucune légende merveilleuse 
né :ie rattache à leur origine. Il nous est donc permis de 
sapposer que ces masses énormes, qui s'élèvent sofaairement 
au-dessus de nos marais Comme des fortifications ou de 
gigaBtesqfies ebaussées, n'arraient pas même attiré l'aiientlon 
tfeiiMboiiSialèux. 

Riais sr h poésie légendaire, qui est. à peu près tôufe la 
scimice des peuples primitife, est complètement muette à 
ce sqet , la science moderne y cette science st* fîère et si sûre 
d'eile^méfné, a^t-^le au moins jeté un grand jour sur celte 
^Ufitiott difficile t Nous ne le pensons pas. 

Ce n*est qu'en 1710 que, pour la première fois, M. 
Mas^, ingénieur do roi, fait ment ion de cet amas d'butlres; 
num il K borne h s'en étonner,, comme de t l'une des choses 
le9 plnê^ singulières qui soient au monde, » sans se Ifvrtrr à 
aucune appréciation scientifique. 

Depuis ce temps^Arcère, dans son Bistoire de La Rothetle, 
Cavoleau» dans la ^atistique du département delà Vendée^ 
em dwmé h description de ces bottes ; mais c'est Pfèurtan 

2 



48 CONGBiSS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

de fiellevae, correspondant de rinstitot* qai le premier 
a (jprmalé un système complet sur ce point D'antres sont 
venus après lui, qui ont émis chacun une opinion différente, et 
nous croyons fermement qn*il en sera ainsi, tant qn*(m cher- 
chera àeipliquer ce phénomène au point de vue delà géologie. 
Nous en conviendrons vobntiers cependant, la pensée 
qui attribue Torigine de ces amas coquilliers h Paciion des 
forces naturelles est la première qui se présente k l'esprit, 
quand on n'a examiné de près ni leur forme extérieure , ni 
leur disposition intérieure, ni surtout leur position si 
anormale dans l'ensemble do système géologique de notre 
pays; mais, pour ceux qui ont étudié la question avec un 
soin particulier et des. connaissances suffisantes, aucune des 
opinions géologiques présentées jusqu'à ce jour ne saurait 
supporter un examen bien sérieux. Il semble même que pins 
nos découvertes en ce genre deviennent positives et con- 
cluantes, et plus les solutions données deviennent impro- 
bables , pour ne pas dire impossibles. 

Ainsi quelques auteurs déjà anciens (car les écrits vieil* 
lissent vite dans les sciences d'observation), quelques auteurs 
ont prétendu que ces huîtres avaient vécu à la hauteur où elles 
se trouvent maintenant, et que la mer les avait laissées à 
sec en se retirant Pour qu'une pareille explication puisse 
être admise, il faut de toute nécessité admettre en même 
temps que le sol sur lequel reposent ces buttes était alors 
très-profondément immergé ; ou, en d'autres termes, que le 
niveau de la mer se trouvait relativement beaucoup pins 
élevé qu'il n'est aujourd'hui, puisque les huîtres en question 
sont les mêmes que celles de nos côtes et qu'elles ont très- 
certainement vécu dans la même mer. 

Or, cette élévation au-dessus de l'Océan ne pouvait pas 
être moindre de 20 mètres, et en voici la raison : 

Le sol de nos marais est environ à 3 m. 50 au-dessus des 






XXXr SESSION, A FONTEiNAY. 49 

basses-merB oioyeoDes, le point culminaot des buUessc troote 
ft 15 OL auHicssus du sol; ei, comme ks huttres ne vivent 
guère en bancs on peu considérables qa'à plusienrs mètres 
aoHle86«s des basses-mers^ il s'ensuit que celles qui compo- 
sent le haoc qui nous occupe auraient vécu à 20 m. plus 
haut que leurs congénères des mers actuelles. 

Assurément • cette supposition serait en elle-même fort 
admissible ; car rien n'est peut-être mieux prouvé, en géologie, 
que ces cbai^ements relatifs dans le niveau des mers. Mais 
ici se présente une diflBculté insurmontable : à cette hauteur 
au-dessus de l'Océan, la grande plaine calcaire qui borde les 
marais eût été presque entièrement submergée , et la mer y 
eût laissé quelques traces de son séjour, tandis qu'il est im- 
possible d'en rencontrer une seule. Les huîtres que l'on y 
trouve sont toutes fossiles et appartiennent aux terrains du 
lias de la période jurassique, et les bas-fonds n'offrent pas le 
moindre dépôt argileux analogue k ceux qui composent le 
sons-sol de nos marais. 

C'était là une objection péremploire , et il fallut bien 
abandonner cette opinion; mais, dès que la théorie des soulève- 
ments, mise en lumière par M. Elle de Beaumont, eut acquis 
droit de bourgeoisie dans la science^ on s'en empara bien vite 
pour donner de ce problème une solution que l'on croyait 
définitive. 

Le système qui prévaut en ce moment est donc celui qui 
coœnsle à regarder cet amas d'huitres comme un banc na- 
turel, qui aurait été soulevé, ainsi qu'il nous apparaît aujour- 
d'hui, bien au-dessus des îles calcaires dont était parsemé 
Tancien golfe du Poitou , et même au-dessus de la grande 
plaine qui formait autrefois ses rivages. 
. Examinons rapidement la valeur de celte hypothèse». 
Les soulèvements ne peuvent se produire que de deux ma- 
nières : ou bien ils arrivent brusquement en brisant ou con- 



20 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

tournant les couches terrestres, en relevant les tranches des 
terrains de sédiment à des dislances plus ou moins considé- 
rdbles; ou bien ils 8*opèrent lentement et d'une façon imper- 
ceptible que Ton pourrait comparer an développement des 
plantes oo à la marche du soleil , dont on constate le progrès 
sans apercevoir leur mouvement. 

Si c'était par un brusque soulèvement du sol que nos 
hutires fussent arrivées à une pareille hauteur, les lignes de 
ces longues jetées seraient fortement ondulées sur plusieurs 
points; on remarquera:!, çà et 1^, quelques dislocations dans 
le massif; les valves des huîtres seraient brisées à riutérieor 
ou séparées Tune de l'autre ; enfin, à moins de supposer oa 
soulèvement tout local et circonscrit à la base même des bultes, 
les assises calcaires de Tîle de la Dune , qui y est presque 
attenante, eussent été soulevées ei bribées en même temps. Eh 
bien ! rien de tout cela n'a eu lieu. La ligne des arêtes est nette 
et se prolonge sans aucune interruption , les coquilles sont 
parfaitement intactes et beaucoup ont conservé leur salves 
adhérentes ; les anoinies même, dont le test est si délicat el si 
fragile, comme chacun $ait, s'y trouvent en assez grand 
nombre, aussi entières, aussi fraîches que si elles sortaient du 
sein de l'Océan. Enfin, les couches calcaires de l'Ile de la Dune 
ont conservé une horizontalité parfaite, et rien n'indique, dans 
toute la contrée, un de ces brusques mouvements du sol de- 
venus si rares depuis les temps historiques. 

Ce sont là des obscnations que chacun est à même de faire 
aussi bien que nous, et tout le monde en tirera les mêmes con- 
séquences contre l'hypothèse d'une commotion violente. 

Est-il possible au moins de rendre compte de la grande 
élévation des buttes, en supposant on soulèvement graduel et 
presque insensible, comme il s'en produit encore de nos jours ? 
C'est ce qui nous reste à examiner. 

Un soulèvement de cette nature, assez bénin pour avoir res- 



XXXr SESSlOiN, A rONTEWAY. 21 

pecté la régubrité des lignes et la pureté relative de leurs 
arêtes sur une longueur de plus de 900 m. , aurait dû re»- 
pecier aussi la poMtion normale des huîtres, qui, sur les bancs 
naturels, sont constamment couchées à plat, la vaWe creuse 
en dessous ; mais , d'après les observations faites tout récem- 
ment par M. de Quatrefages, membre de Tf nstitut. observa- 
tions dont nous avons pu constater avec Ini la parfaite jus- 
tesse, il en est tout autrement. 

Malgré une apparence de stratification que Ton aperçoit 
à la surface de toutes les pentes gazonnées et un peu raides , 
comme nous avons pu le remarquer nous -même sur les 
flancs rajiides des buttes gauloises de notre pays, il est très- 
certain que plus on pén^t^e dans Tintérieur des masses qui 
nous occupent, plus on y trouve les coquilles dans nn désordre 
qui devient bientôt un \éritable pêle-même. Ainsi, on les 
voit placées, tantôt verticalement, tantôt sens dessus dessous ; 
de sorte que la valve creuse se trouve en dessus ; et les ba- 
lanes qui vivent, comme on sait, attachées par la base aux 
valves des huîtres comme à tout autre objet, sont souvent 
renversées, l'orifice en bass, de mani^re que la coquille placée 
en dessous en bouche complètement l'entrée. Il est donc 
bien évident que ni les uns ni les autres de ces mollusques 
n'ont pu vivre dans la position où ils se trouvent; à moins 
d'admettre que les conditions de leur existence aient com- 
plètement changé. 

Si donc il n'est pas possible d'admettre que ces huîtres 
aient vécu à la hauteur où nous les voyons aujourd'hui ; si, 
comme tout semble le démontrer , leur élévation au-dessus 
du sol n'est pas le produit des farces naturelles agissant 
d'après des lois connues, nous sommes bien forcés de les re* 
garder comme un ouvrage sorti de la main des hommes. . 

Si cette opinion toute nouvelle dans la science a quelque 
valeor, bâtons- nous de dire que le mérite ne nous en appar- 



22 (X)NGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

tient pas: la première pensée en est due au savant éininent et 
consciencieux qui a fait le voyage de Paris, et qui a passé plu- 
sieurs jours sur le lieu même , uniquement pour se rendre 
compte de cette merveille de la Vendée. Nous Tavons accom- 
pagné sur le terrain, avec plusieurs de nos amis; il a bien voulu 
nous faire part du résultat de ses investigations , et nous nous 
empressons de reconnaître que nous avons largement usé, 
pour notre travail, de ses bienveillantes communications. 

Au premier abord, l'idée d*une formation artificielle a 
quelque chose qui effraie Timagination. L'amoncellement pro- 
digieux, le choix des matériaux, tout étonne, tout confond la 
pensée de celui qui ne s'est jamais rendu compte de la gran- 
deur des travaux exécutés par les peuples primitifs ; mais si 
l'on vient à songer aux habitations lacustres reposant sur des 
milliers de pilotis, et aux dolmens gigantesques si communs 
dans nos contrées, peut-être sera-t-on moins surpris de voir 
de pareils ouvrages sortis de la main de peuples appartenant, 
probablement, à une époque bien moins reculée que celle de 
l'âge de pierre. 

Quant au choix des matériaux , il éuit tout indiqué. La 
conservation si remarquable des coquilles, l'adhérence des 
deux valves chez un grand nombre d'entre elles , prouvent 
qu'elles n*ont pas été roulées par les flots ; mais que les 
mollusques auxquels elles appartenaient se trouvaient sur le 
lieu même ou dans les environs, couronnant la plupart 
des rochers et répandus en bancs innombrables sur le flanc 
des lies comprises dans le golfe du Poitou. 

Cette dernière opinion, du reste, se trouve confirmée 
à la fois par l'histoire et par la tradition. Nous pourrions 
invoquer ici le témoignage de Pline et du poète Ausonc; 
mais nous nous contenterons de citer la Chronique du 
Langon , écrite vers le milieu du XVI* siècle, parce qu'elle 
est beaucoup plus explicite et qu'on peut la regarder comme 



UXl' bESSiON y A FOMTENAY. 2S 

DO écho, aussi fidèle que naïf, des traditions du vieux 
temps: 

• ..... Eo ce fort pays de marécages, dit notre chro- 
« niqueur , depuis Luçon suivant les marais s'éiendant vers 

• Monireuii-sur-Mcr, étaient eau salée et dmile mer, non 
« pas profonde; mais petits bateaux y allaient, car les terres 

■ n'étaienl si hautes et y péchait -on force huttres, 

• mémement en ce pays du Langon , comme la vérité 
« le remarque ; car au port dudit Laogon ne sont que 

■ coques d'huîtres dont, d'ancienneté, est appelé le bot 
« de la Grousillière ( ou de la Coquiilièrc ; car crmuilU 
« signifie coquille en vieux langage), et encore en plusieurs 

• endroits de la paroisse , voire aux fondements de l'église, 

■ comme j'en ai vu en fousse du reloge ( horloge). • 
Nous pourrions signaler, dans le marais ou sur les rives, 

beaucoup d'autres gisements qui prouvent la fertilité de ce 
golfe abrité auquel ia tranquillité de ses eaux avait fait donner, 
au moyen-âge, les noms de Stagnum publicum , à^Esterium 
et de Stoarium; mais nous croyons la question suffisamment 
approfondie, et nous nous hâtons d'eu tirer la conséquence : 
c'est que les attcrrîssemeuts de la Sèvre, du Lay et de la 
Vendée, conjointement peut-être avec un soulèvement lent et 
sans secousse de tout le golfe, ayant exhaussé le sol, le retrait 
de la mer aura mis à sec cette multitude d'huîtres^ au 
moins dans l'intervalle des grandes marées; et l'on conçoit 
dès lors qu'il était beaucoup plus simple de se servir de 
leurs coquilles, qui étaient là toutes prêtes , que d'extraire, 
à grandsfrais et avec beaucoup de peine, les pierres calcaires 
qui forment le noyau de toutes les lies environnantes. 

Quelles que soient les idées préconçues que l'on puisse 
apporter dans l'étude de ces masses coquillières ^ on ne peut 
se défendre, en les abordant, de songer à une intervention 
homaine. En effet, elles offrent tout- à- fait l'aspect d'une 



diîgtt^ 01} d*Qn r^uipart , doal le3 a)atéria«x i^odom^és k 
leur pente naturelle ont formé un empâtement proportiofiiiei 
à le^rhaMteur, comme il ^rriye dans ton» ie9 nemblais. Si 
Tupe de9 jetées a son vfrsaat oriental moin» r^mte qu0 
r9ptrç en a|>proch9iit de Ja base, ce ii*csit là qu'ici fail 
^{Tcidentel qui oe se rcficonlre nulle part dans k-reaie do 
parD9iii», et qui ne saurait par conséquent affaiblir en rîeo 
.ceUe prismière Mnprcssion. Au resie, quçkfuei pr^coscy 
déqoMvertes sopl déjà venues 4i>nner on d|?gré d^ |)rAbabiiité 
plus frappant encore à l'opinion d'une formaijpo ^rfîlîcieiie, 
jUiie tradition tonte fraîche, puisqu'un des témoins ?il icncitre» 
^llirme que l'on a trpuvé* il y a lingt-hqit aiiSr fin creusant 
i^m le rocher ( comme on c|it dans le pays), v^pgtf^pK 
pièces de monnaie ft l'efifigie de Pépifi-I^-^ref, e/iferméef 
d9as une toile grossière presque entièrement pourrie. 
JfPMS n'avons rien df^ pltis positif, sur ce sujet, que le nôcit 
d'un journalier .employé à cette époque à la fcrnie des ChanSf 
))diiesur les huîtres mêmcs^à reitrémitéoccidenulede3)>iiMe^ 
luais nous avons vu entre les fum^ de AI. de Qoalrefagei 
une boqcle d'argent avec son ardillon , trouvée par lui d^$ 
l'inférieur d'un massif qu'il faisait fouiller aoqs ses yeux. Le 
point d'où cet objet a été extrait est à 3 m. au-desaoo^ 49 
plateaUf qui est couvert de jgazon et sans la moindriî fissyre. 
Il n'est donc pas possible dç supposer que cette boqcle aitéfé 
perdqe p^r pq promeneur et soit tombée par quelque Wf 
vcrture à cette profondeur ; il est plus rationnel de penser 
qu'elle eu vraiment contcmporain,e de nos buttes , et qo'ielie 
avait appartenu à (j|uelqu'un des travailleurs employé^ ji ie^ 
élever. 

Uajs par qui, et dans quel but ont été çoo.strqUf3 ces 
longuj?^ jetées, si bi^iqrrcs dans leurs forces générale^? |)ot|r 
çn les regarder çomnie de siq^ple^ digqes , comme des forti- 
fication^ ^e i^li»nt prjipiiive^f^ei^t aqs îles 4^ la pupie et de 



XJiU* 5£S$lpOI , à FO!«T£NAT. ^5 

S(-5lichcl ^t elles 80di très voisioes, et toai è la fois cooDfne 
an p^n de rcfoge contre les ioTsisions des Normands 7 Celte 
(feniière asserlioo aurait pour elle une ioterroption qui divise 
k massif ea deux parties, laissaot entre elk'S un iotervalle de 
55 m. complètement dépourvu dé coquilles d*bu!tres. La 
forme ffiéme de celte ouf erture et surtout l*absence bmk cou- 
staiée des coquilles » en écartant toute idée d^ébouiement 
snr ce point» ne permettraient pas de douter qu*elie n*ait été 
bissôe ^ dessein dans une intention qui ne nous est pas 
coQoue, mais que l'on pourrait ,saos trop sacrifier à l'imagi- 
nati«m , supposer destinée à laisser passer des navires. 

On a eslîo^ è 200,000 m. cubes le massif qui se montre 
aQ-dcsstts du sol ; mais il est iiupossible d'évaluer, même 
aj^iroxiinativement, Timportance de ce qui s'enfonce au- 
desaoq^. Il serait vivement à désirer que des sondagP* 
fussent exécutés autour des buUes , aGn de savoir quelle est 
leur profoodenr et si ellrs reposent, comme tout l'indique 
da reste* sur uu fonds solide qui n'est peut-être qu'un pro- 
laogement de Pîle de la Dune. 

Une ibis l'hypothèse admise , d'une formation artificielle, 
on peut bien croire qu'un bancd'hulires existait sorce point, 
à une hauteur normale, et qu'il était disposé de manière à 
former, avec les !los voisines , un systèa»c complet de défense 
00 d'abri ; c'est ce qui aura sans doute donné lidée de ren^ 
forcer et de surélever ce rempart naturel, et ce qui explique- 
rait par/aîlement la forme irri'guliëre de ces étranges con- 
structions. En ce cas, on devrait trouver à une certaine pro- 
foadeor , c'est-k-dire à peu près à la même hauteur des basses 
luers, les huîtres dans la position horizontale où elles se 
trpQveni sur leurs rochers: en sorte que nos bottes n'auraient 
d'artificiel que la partie qui s'élève au-dessus du niveau des 
bîiQcs vivants, ce qui est bien assez pour nous donner une 
baiite idfàede la patience des peuples qui les ont élevées. 



26 CO^GRÈS ARCHÉOLOGIQtE DE FBAKGE. 

Noas pourrioos noos- lancer plus avant dans le champ des 
conjectorcs, et chercher à assigner one date à ce meireilleoi 
ouvrage ; mais nous savons que la science séricase u*adniet 
que des preuves positives, et nous ne sommes pas en mesure 
de les fournir aujourd'hui. 

Quoiqu'il en soit, nous penchons fortement à croire que 
la géologie a dit son dernier mot sur cette question intéres- 
sante, et nous n'avons écrit ces lignes que pour cherchera le 
démontrer. C'est maintenant à l'archéologie à prendre la 
parole, et nous appelons de tous nos vœux ses investigations 
sur ce point. Nous avouerons même que nous n'aurions jamais 
osé présenter au Congrès archéologique un travail qui n*est, k 
vrai dire, qu'une ébauche imparfaite, si nous n'avions espéré, 
par ce moyen, ouvrir la voie à des études toutes nouvelles 
sur ces buttes mystérieuses , les seules peut-être du même 
genre qui existent dans le monde entier. 

Telle a été notre seule ambition, et nous noos estimerions 
heureux, si noire voix inconnue venait à être écoutée, et si 
l'archéologie pouvait nous révéler enfin l'origine de cet étrange 
monument qui se dresse là comme une grande énigme et 
comme un continuel défi jeté à la science contemporaine. 

M. Foêy-d'Avantnie les conclusions de M. de Brem et sou- 
tient que ces bancs sont de formation naturelle. 

M. le Préfet constate qu'on y a rencontré des côtes de ha- 
ieine, et il insiste pour qu'on étudie à fond la question. 

M. Fillon, rectifiant une assertion de l'auteur du mémoire, 
qui prétend qu'on a trouvé dans les bancs d'huîtres de la 
Dune des monnaies de Pépin-le-Bref, fait remarquer que ces 
monnaies , selon le rapport de personnes qui les ont vues , 
étaient des blancs de Charles YI , gisant dans les couches su- 
périeures seulement. La boucle à ardillon trouvée à côté est 
sinon contemporaine , du moins postérieure au XII* siècle. 



XXXI' SESSION , A FONTENAT. 27 

Pour hii , la superficie da banc d'huîtres a pu seule être re- 
maaiée par la niain de rhomme. Il fait remarquer, en outre» 
que des baocs d'huîtres analogues comme origine à ceux-ci, 
sont placés au-dessous des grands dépôts de cendres de Luçon 
et deNalliers, cendres contenant des débris gaulois ; par suite, 
il en conclut qu'elles sont bien plus anciennes que cette 
époque, déj^ si éloignée, el que l'homme n'a guère pu 
les amonceler en quantité si prodigieuse. 

M. Dngast-Matifeux engage è consulter un passage de La 
Popelinière, où îi est question de ces curiosités naturelles. 

M. deCaumontfait observer qu'il est bon, an point de vue 
géologique, de bien étudier ces bancs sur toute la côte poi- 
tevine Jusqu'à Luçon. 

H est donné lecture de la question suivante : 

Origine des lieux dits Châteiliers, en Poitou. 

M. Gouget, archiviste des Deux-Sèvres, lit un remar- 
quable mémoire sur cette question. Énu.nérant les nom- 
breux châtelllers disséminés dans la province, l'auteur établit, 
parl'étyinologie et d'autres considérations tirées de V Histoire 
de la chute de l* Empire romain, que ces fortifications étaient 
des postes militaires de barbares auxiliaires. Il croit pouvoir 
affirmer» en même temps, que ces espèces de petits blokaus 
étaient éloignés les uns des autres d'environ 8 ou 10 kilo- 
mètres. 

M. Fillon appelle l'attention sur un de ces châtelllers, dit 
Ghâtellier-Portant, près Bazoges -en-Pareds, qui est des plus 
remarquables par sa hauteur et ses fossés, larges de 8 mètres^ 
L'entrée est à l'est et il se divise en deux parties en forme 
de carré long. 

M. Ledain signale une fortification du même genre, appelée 
la Moite dans la Chapelle-St-Laurent. C'est une motte très-' 
accentuée avec fossé très-profond, accompagnée, au nord et 



2r8 CONGHÊS ARCHÉOLOGIQUE DE PaATVCE. 

.9U 9nif de deux cbiioips contigas portant les noms : Van éc 
Petit-Cbâtclet, l*aotrè de Graod-Ciiâlolct. Il meniionne aussi 
un caaip carré à SuMartio-da-Fonilioui, dont il serait 
difficile d'asaigoer Torigiae, mai» qui peut appartenir antisi 
bien au moyen-dge qu'aux époques antérieures. N. GougeU 
prétend que ce camp rentre dans son syslème de postes 
^uilitaires. 

M. Fillon signale, de son côté, Tenceinte fortifiée du Plessis- 
Boudiard, non loin de Mouilleron-en-Pareds : eUc se compose 
d'une motte précédée de deux retranchements de granHenr 
différente, mais combinés ensemble. Il en fait passer un petit 
plan sous Les yeux du Congrès. M. de Cavmont, en Texa- 
minant, pense que ce fort ne date que du \* ou du XV siècle. 

M. Fillon reconnaît que la féodalité a dû parfois se servir 
de retranchements plus anciens pour établir ses cbâteaox. 

L*ordre du jour amc^ne la question suivante ; 

Dépôts monétaires romains ; moules à monnaies. 

M. Poêy^d'^vant lit un mémoire sur les moules des mé« 
dailles romaines. Il $*appufe surtout sur les moules trouvés 
^u Bernard par U. Tabbé Baudry. 

Le Secrétaire , 

B. LEDAtN. 



r* SÉANCE DU LUNDI 13 JUIN. 

Prétidctioe dv M. db LostcoBiiAft, membre de rinstittil dc8 provinces, 
à Poitiers. 

Siègent au bureau : MM, de Caumont ^ dir&cieur \ Val- 
lette^ maire de Fontenay ; L towneux^ président du tribunal; 
de Hochebrune; Segrestainf architecte ; Tabbé Le Petit, 



UXl* SCSSION , A FONTiSNAY. 29 

secréuire-géfiéral ; l'abbé Auber , chanoine de Poitiers ; 
Tabbé Lacurie, de SaiMes; Gaugaitt, trésorier, et Filion, 
secrétaire général de la session. 

M. Imbert remplit les foociîons de secrétaire. 

M. de (^uwont donne comaonicatidii d'un eflvcrî très^ 
iniéresnanl tait par M. l'abbé BriflaoU, de Sauninr. Cet 
envoi se compose de dix photographies et de sii pièces ma- 
noscrites» dont voici k délai! : 

Pliot<»f(i>apbie0. 

1" Statuette d'albâtre^ trouvée à Saimiur ; 
2* Église Notrc-Oaine-des-Ardilliers deSaumur; 
3* Image de Notre- Dame-dos- A rdillicrs ; 
U" La maison du Roi, h Sauinur; 
5^ Autel latéral de la chapelle des Ardillicrs; 
e*» HôleMe-ville de Saomur ; 

7* Trois différents points de vue des cloîtres de Fonle- 
vraolt ; 
9" U toor d'Évranlt. 

i" Notice historique snr lugelger T' , comte d'Anjou ; 

2° Notice historique sur l'image de N#re-Uame-des- 
Ardillicrs de Saumur ; 

S"» Récit d'une double fête, le 20 mai 1621 ; •*- Anne 
d'Autriche , marraine à Saumur ; 

4** Note sur la maison du Roi , à Saumur ; 

5" Deux pièces relatives à l'histoire de Fontenay, con- 
cernant Brisson, Tiraqueau , Vieie et Sou Ëm. le cardinal de 
Richelieu. 

M. de Caumont donne connaissance de diverses lettres 
ï lai adressées par des membres de la Société. L'une d'clks 



30 GOKGKËS ARGHÊOLOGIQUK DE PBANCE. 

est relative à racqowltion de l'église de Grivaot , près Chiaon. 
M. Tabbé Bourassé écrit qu*il a Tespoir de mener cette 
affaire k bonne fin. 

M* Dugast-aiitifeai lit le passage de La Popellnière relatif 
aqx bancs d'buitres de b Ohm , dont il a été question pré- 
cédemment. Voici l'explication donnée par cet historien sur 
cette étrange agglomération de coquilles : 

« Je croy que la mer, en se perdant , laissa ceste quan- 
ti Uté d'hoistres vives , et jointes les unes aux autres. Puis 
« (comme tout poisson meurt s'il est privé de Téiément qui 
« luy donne vie), délaissées de la mer, qui pen à peu se 
« retira par-delà St-xMichel, moururent entassées comme 
« vous les voyez. » 

(Extrait de La vraye et entière Histoire des troubles et 
choses mémorables avenues tant en France qu^en Flandres , 
depuis l'an 1562. La Rochelle , 1573 , p. 152. ) 

La première et la deuxième question du programme, 
mises à Tordre du jour , sont réservées pour une autre 
séance, en raison de l'absence de MM. Meillet et Parenteau, 
qui ont des mémoires à présenter sur ces questions. 

M. Fillon annonce qu'à Fontenay , dans les Loges « on a 
trouvé des pilotis h une profondeur de 6 à 7 mètres. 

Un membre indique certains points des marais de la 
Sèvre où l'on iftrouve des bois équarris enfouis horizontale- 
ment dans la vase , à 2 ou 3 mètres au-dessous du niveau 
dn sol. Ces découvertes se font toujours auprès des gués 
autrefois établis sur la Sèvre. 

M. Flllon, abordant la question relative à l^ge des 
grands dépôts de cendres de l'ancien golfe des Pictona, dit 
que ces dépôts existent notamment & l'flot les Vases et à 
rile-en-Nalliers (Vendée). Ils présentent parfois une largeur 
de 150 mètres sur une longueur à peu près semblable , et 
ont environ 2 mètres d*épaisseur. Ces cendres sont mêlées 
de charbon et de débris d'instruments en terre cuite dont 



XXXr SESSION, A FONTEMAY. 31 

riiaage n*a pas eawre pu jtre déterminé. Ces débris se 
iroaveDisur biût ou dix points différents. Ces dépôts, pro- 
bsblemeot antérieurs à l'époque romaine , renferment aussi 
des haches ea pierre de la période moyenne dans leurs 
couches supérieures. Il est présentement impossible de 
dire à <iael âge appartiennent ces amas de cendres; mais ils 
reoMMitent très*certainement à une époque excessifement 
reculée. 

AL de Rocbebrune dit qu'il a adressé à la Société des 
Antiquaires de l'Ouest , il y a quelques années » on travail 
sur les terres cuites trouvées au milieu des cendres. Il pense 
qu'elles servaient à soutenir les poteries dans le four. 
M. Riocreux , conservateur du musée céramique de Sèvres » 
partage cette opinion 

Une discussion s'engage à cet égard. M. le Président pense 
qu'il est nécessaire de visiter ces dépôts pour éclaircir la 
question. La Commission désignée à cet effet se compose de 
UM. de Looguemar , E. Âuger , de Rocbebrune , l'abbé 
Aillery et Fillon. 

M. fabbé Baudry lit on mémoire sur la question du pro- 
gramme ainsi conçue : 

Est-il possible de fixer V époque à laquelle les dunes de 
saMe de l* Océan , placées au-dessous de la Loire y ont corn- 
mencé à se former? 

BIÉHOIRE DE M. L'ABBÉ BAUDBT. 

Tous les ensablements de notre globe sont produits par 
des courants auxquels les vents servent d'auxiliaires : ces 
courants ont des directions opposées. Sur la côte est de 
Madagascar, par exemple, dans le canal Mozambique, les 



32 C0^6ftàS ÀBCHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

courants- coastafits ées deut iners rcfoufeut le saMe dans les 
rivières et forment des barres qui obstruent leur emboir- 
clfora En France, a» eontraire, dans la région de Tooest , 
te coaranc aide tes fleuves il se débarrasser ém gravier qit*ik 
charrient dans leur cours. Ce courant « partant éa Fînisièr^ 
pour alMulir à ^Espagne* refoule vers no0 eôfe», qu'il loAge 
d'assez près» le sable qu*il soulève do fond de lo mer et ceint 
que fournit principalement la Loire et ses trois aflhients: 
r Allier, le Cber et la Vienne. 11 ne le dépose pas snr le 
littoral de la Bretagne, inais il Fentralne, chemin faisant, 
vers le Midi. L'existence de ce courant est attestée par 
nos pécheurs et nos marins. En 8^d, il emporta, dnas 
une tempête , la ftotte des Normands , de» baiMeors chi 
Croisic aux rivages de la Galice. En 1863, à plus de iBÎIIe ans 
de dislance , la chaloupe dn mousse Savariau , abmdomicc ii 
sa merci,. Bt en dix-huit jours le irajet de rile->de-Aé à 
Soccoa, en Kspagne. 

Telle est Torigine des dunes de TOcéan placées ao-deaioos 
de la Loire. Ont-elles commencé à Tépoque la plus reculée ? 
Il est probable que oui, les mêmes causes produisant les 
mêmes effets. Cependant, notre littoral n'a été atilmé sourdes 
montagnes de sable que depuis un certain nombre de 
siècles : il suiGt de Tétudier , depuis ille de Noirmeutiers 
Jus(|u*à la pointe de TAiguilion pour en avoir des preuves 
certaines. Dans Tile de Noirmoutiers, la côte » de Bressuire à 
la Fosse, dans un espace d'environ trois lieues, était couverte 
d'habitations qui sont remplacées aujourd'hui par d'énormes 
dunes. Les villages primitifs des Écloux et du Bot ont en- 
tièrement disparu. Un seul ouragan engloutit, en 1763, un 
grand nombre de maisons de la paroisse dé Barbdtre, et on 
moulin à vent dans presque totite sa liaoteor. 

Sur le* continent, si nous en croyons lo iraHUtion, noun 
trouvons, au Vil* siècle, la population de Notre-Damenlb'- 



X»l* SESSION, A. FOKttNAT. S3 

^êmtM convertie «o christianisme par safirt Martin de V^rtou , 
et babitani sur mi ptotean peti é\esé au-dcsstis dd niveau 
4e la mer. Le Nea où ee Saint prenait son repos, qui porte 1^ 
■003 de C4oiSaini-^atttn, a été de|nris inondé par dn détùgc 
de sable. L'église de Notre-Dame, mentionnée dans une 
charte de 11 3è, est ensaMéede pHis dé b inbiteÈ et dominée, 
de toBtes parts par <^danc9 d*nne grande élévation. 

ta profondeur des dtmé^ à St-Jeatr^de-^ïonts esit, en quel- 
ques endroits,' de 5,0fi' mètres. Il existait autrefois des mo- 
miinettis droidiqties daihs le terrain qu'elles occupénf. 

Un saint, d» eom de Vivence, après avoir travaillé pendant 
qnckiue temi» à lar c^versfcMi des infidèfos, dans la coin- 
pairie de saint Martre, évéque de Tours, à la fid du IV** 
s'ècle , sb retire daa^ nn^ cat ernie, sur le rivage (FOIonne. 
Aidé par des vieilhirdls intelligouts de la focalité , j'ai cru , le 
7 a\Fitder0ÎBr, avoir retrouvé TendroK où H acheva de se 
smctiier et où il moornf, à Tâge de 120 ans. Ce Heu porte 
le nom de Conehe-dê-CHermûtige, 

Vne aoireeencbe s'appeltela Conche-dt-la-Chapelte ; ces 
dena cendies sont pierdaes au miliee d*un océan de sable. 

A Hrà et à* St-Vincent-sur-Jard , les dunes ont pour base 
le 9ol galie*roRiaîn, et cehii-ci le terrairt foaté par les Celtes, 
qui y iMl laissé une partie de feur mobilier et de leurs ns- 
tenaiieseo pierre. 

Le rvisBeao dn Goulet, qui coufe à Si-Vînccnt-sur-Jard, 
avait, il y a deux siècles, son embouchure dans la mer, là 
on s'élève aojoifrd'hoi une àfSit)Xi de 7 mètres de hanieur 

Svr ]A rive gatithe de ce filet d'eau, un village nommé La 
Femère a totalement disparu , du W* au X.VHT siècle. 

La commune de Longeville, qui a plus de deux lieues 
décote, était une longue suite de villas gallb-romaines : je 
Tal eonstaté , du moins, en deux endrofts diffcVeritit, au 
pied de dnncs qnl ont de 30 à 50 mèti'es d^élévatind'. 



âa CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

Si le cominencemeiil des dunes remonte jusqu'aux pre- 
miers temps historiques , elles ont cependant , vu la lenteur 
primitive de leur formation , une origine relativement ré- 
cente, si on les considère dans leur développement sur le 
continent 

En plusieurs endroits de la côte , elles étalent à peu près 
ignorées des Celtes et des Gallo-Romains. Elles devaient être 
peu considérables au temps de saint Vivence et de saint 
Martin de Vertou. Mais» depuis assez longtemps, leur marche 
a été effrayante. A Noirmouliers, elle était, au commence- 
ment de ce siècle, de 20 mètres par an, au rapport 
de M. Piet, Fauteur des Recherches sur l'île de Noir- 
moutiers , et presque partout ailleurs de 2 mètres en- 
viron. La grande dune de Pé-du-Guet, dans Bretignoles, 
s'est déplacée et s'est avancée dans les terres , en vingt ans , 
de 30 à /iO mètres. Avant que l'Administration les eût 
changées, pour la plupart, en des forêts toujours vertes, en 
y semant, il y a quelques années, des sapins da Nord, il 
arrivait de temps à autre qu'une seule tempête bouleversait 
quelques dunes de fond en comble et les jetait sur les 
terrains les plus fertiles. Une tourmente, qui dura seize 
jours consécutifs, en 1793, fit avancer les dunes de 500 
mètres, non loin de la grotte de saint Vivence, et couvrit les 
riches marais de la Trésorerie qui appartenaient aux cha- 
noines de Luçon. I^ village de la QuenouilUrie eut le 
même sort. Là où le système des plantations n'est pas encore 
en vigueur, on voit quelquefois une dune coupée en deux 
par un tourbillon , et une autre se former , à quelque dis- 
tance , sous le coup d'une pluie de sable. 

M. Fillon expose que les dunes de sable de l'Océan 
existent depuis une époque très-reculée. Elles peuvent être 
dues en partie aux sables de la Loire. Le déboisement des 



XX XI*" SESSION, A FONTEMAY. 35 

régions da centre de la France et de l'Auvergne a exercé 
une influence considérable sur leur formation. Quant à 
leur déplacement, c*est nn phénomène relativement mo- 
derne. 

Un membre dit qn*il existe sous la dune une ville portant 
le nom d'Ânchoine. La Tremblade a été bâtie, en partie, 
avec les débris de cette ville. 

U. Tabbé Baodry lit un mémoire sur les monuments de 
Tâge de pierre du Bas-Poitou , en réponse à la question 
suivante du programme : 

Quels monuments de Vâge de pierre rencontre^l-on en 
BaS'Poûouf Dresser la lù$e de ces monuments. 

MÉMOIR8 DE M. L'ABBÉ BAUDRY. 

Tons les monuments de Tâge de pierre que Tarcbéologie 
désigne sous les noms de menhirs, de dolmens, de demi - 
dolmens, de cromlechs , de pierres branlantes, de pierres 
posées, etc. , se rencontrent dans le Bas-Poitou. Tout porie 
à croire qu'ils étaient nombreux pendant la période gau- 
loise , surtout aux abords de TOcéan et sur le cours de nos 
rivières ; car c'est là , principalement , que nous trouvons 
encore , après des milliers de siècles , le peu qui a échappé : 
d*abord à Taclion du christianisme , qui chercha à les dé- 
u-oire , ne voyant en eux que des symboles d*un culte ré- 
prouvé ; et, en second lieu , aux édils sévères de nos mo- 
narques , dans les VII'' et VIll* siècles ; puis enCn , ce qui 
est plus déplorable, depuis que la science les a pris sous sa 
protection et couverts de son égide , au marteau infatigable 
du vandalis;me, dont s'arment sans cesse les gens ignorants 
ou cupides. 



36 CONGRÈS ARCHÊOLOGIQOE DE PBAKCE. 

Voici l'îDveniaire de ce qui noas reste de ces monmiients 
en Vendée , de cens do moins que nous connaissons et dont 
le souvenir n*est pas effacé de la mémoire du peuple. Poor 
mettre plus de clarté dans la liste que nous voulons en 
dresser , nous les classerons en trois séries , correspondant 
chacune à Fun de nos trois arrondissements. 

Arrondisnemeiit des SaUes— d'Oloaae. 

Une faible portion de Tancien golfe des Piclons et une côte 
de trente lieues de longueur, avec ses ports et ses établîisements 
celiiques, forment rarroudissemeni des Sables-d*01oune, com- 
prenant deui iles et neuf cantons sur le continent. Ces îles et 
six des cantons, qui confinent à la mer, sont encore riches des 
monuments de Tâge de pierre. Avant de pénétrer dans ces 
iles, nous allons d'abord suivre le rivage de Tembouchure du 
Lay à la baie de Bourgneuf. 

Canton des Moutters-leS'Mauxfaùs. — Curzon avait au- 
trefois deux dolmens appelés , l'un la Pierre folie , et Faulre 
la Pierre plate du Châteigner. 

On voit encore à St-Sornin un menhir, dit Pierre de Gar» 
gantua ou Pierre de la Chenillée, et un dohnen renversé, 
dans le champ de la Grand'Garne. 

Au champ St-Père, la Pierre de saint Gré, dite Pien^ 
du Saint f était un menhir. La Pierre folle , ou Pierre aux 
fées du Vigneau ^ est on groupe énorme de quarlzîte, dans le 
flanc duquel se trouve une petite caverne désignée sous le 
nom de Four des Fadets. La Pierre plate a été détruite ; 
elle était à 300 mètres de la Pierre folle. 

Le Givre possède deux menhirs renversés : le menhir du 
Chainp'du- Rocher et le menhir des Jannières, Son monu- 



WXi* SESSION, A rORTENAY. 37 

ntent le plus considérable est le dolmen du Terrier-Pépin , 
qui esc malbenrcoscment l Tétai de débris. Aux quatre 
points cardinaui et à la distance de hO mètres , on aperçoit 
des blocs qui sembleraient indiquer les restes d'un cromlech. 

Le Terrier de la Pierre , le Champ de la Pierre et le 
Pré de la Pierre indiquent , & la Jonchère, rcxistence d'un 
menhir qui a disparu, il y a environ 80 ans. 

A St-Beno!t-sur-]^ler , les Cailloux de la Maralta et de 
la Bergerie , nommés Cailloux de Gargantua , ont sans 
doute la même origine que le Palet de Gargantua, autrefois 
Pierre levée , aujourd'hui dit Pierre couchée , parce qu'il a 
perdu ses suppoi-is. 

Il parah que St-Bènolt avait aussi , à une autre époque , 
sou menhir dans le fief de La Pierre, 

Angles n'a conservé qu'un menhir , le menhir de Y Eau. 

Total des monuments de Tâgc de pierre* dans le canton des 
Moutlers'les-Mauifaits : environ 16. 

Canton de Talmont. — Nous plaçons le Bernard en pre- 
mière ligne , à cause de la variété « du nombre et de l'im- 
portance de ses pierres druidiques. Le dolmen de La Fré- 
bouchère est i>put-êire le plus considérable de l'Ouest. Il se 
compose de deux monolithes formant vestibule, de neuf 
blocs d'un énorme volume , sur lesquels pose horizontale- 
ment une table en granit de 9 mètres envii-on de longueur, 
sur plus dé 5 mètres de largeur, du poids de près de 
100,000 kilog. Un double cercle de menhirs rayonnait Jadis 
atfiodr du monument , sur on diamètre de 500 mètres. Il en 
reste encore trois dans la première enceinte, et cinq dans la 
setonde. Lé dolmen trône au milieu , à 2 mètres au-dessus 
du sol; quoique la table ait été brisée en deux parla foudre, 
et (|ue le fragment occidentail se sdit-affclissé dans la direction 
du nord -est , par suite de la chéte de deux supports , il n'en 



38 CONGBËS ARCHÉOLOGIQUE DE FRAKCE. 

mérite pas moins l'attention des antiquaires , et il serait h 
désirer que le propriétaire permit de le redresser. 

On trouve ao Bernard dix autres dolmens : les trois dol- 
mens du Terrier de Savotole^ le dolmen du Terrier du 
Pé'Roeher , le dolmen de la Court du Breuil , le dolmen 
des Pierres folles ou du Terrier de Girondin , les denx 
dolmens de Troussepoil dans le champ des Grandes^ Cla^ 
pières , le dolmen du Grand^Fief ou des Fontenelles , la 
Pierre folle ou le dolmen du Plessis. Ils sont tous renversés 
ou forment demi-dolmen , à l'exception de celui du Bi^oil , 
qui s'est maintenu sur ses blocs de granit. 

Les pierres posées sont au nombre de trois et se rea 
contrent à la Frébauchère , au Breuil et au Pé-Rocher. 

On comptait autrefois au Bernard dix-neuf menhirs: les 
huit menhirs de la Frébauchère , dont six renversés ; le 
menhir de VHomtnelet, détruit; les trois menhirs de 
Troussepoil, renversés ; les trois menhirs de la Guimardière, 
détruits; les quatre menhirs du Plessis, dont on renversé, 
un détruit et deux encore debout. Le plus élevé mesure 
5 mètres 66 centimètres de hauteur. 

Le monument le mieux conservé de Longeville est le 
menhir en grès du Russelet, appelé la Pierre qui vire^ 
parce que , dit-on , elle tourne sur elle-même à minuit. Ce 
menhir est entouré d'un demi -cercle de pierres posées. Parmi 
les groupes qui ont été renversés , nous citerons ceux des 
Garnes et du Champ de la Bataille , et ceux de VAllière , 
nommés les Pierres folles. 

Âvrillé est, après le Bernard, la commone qui a gardé le 
plus de souvenirs de l'âge de pierre. Les monuments de cette 
époque consistent aujourd'hui en la Pierre branlante de la 
Cornetière et en dix-sept menhirs : 

Les deux menhirs de la Maneelière , qui sont renversés ; 
le menhir de la Boilière, de 3 mètres 90. centimètres de 



XXXl* SESSION, A FONTEKAY. 39 

hauteur ; le menhir da Bourg ou du Camp de César , haut 
de 7 mètres 30 centimètres ; les trois groupes du bois de 
Ftirgoni le premier, composé de dcuv pierres d'inégale 
grandeur: la hauteur de la principale est de 5 mètres 20 cen- 
timètrcs; le deuxième groupe, formé par deux menhirs ren- 
versés , dont l'un est long de 5 mètres 70 centimètres et 
Tautre de k mètres; le troisième groupe , composé d'un bloc 
de 3 mètres d*éléTation et d'un autre plus petit ; le menhir 
du Champ de la Pierre ^ ou du Moulin de la Guignardièrey 
qui, lui aussi, a son acolyte; le menhir de Beaulieu , dans le 
champ du Rocher ^ le menhir de la Ganterie ^ qni n'a pas 
moins de 5 mètres de haut, avec accompagnement d*un autre 
moins colossal ; le menhir du Puy-Durand , dans le champ 
du Rocher , où se trouvent aussi trois tables mutilées par le 
marteau des tailleurs de pierre ou des entrepreneurs de routes ; 
eoGn le menhir de la fontaine Si^Gré^ qui est renversé. 
Ajoutons qu*au commencement de ce siècle, il y avait quatre 
autres menhirs à Bel-^Air , une magnjûque table en granit 
dans le champ du Rocher , qui a donné un bénéGce de 
600 fr. à l'entrepreneur qui Ta achetée ; deux dolmens et un 
menhir dans les Vieilles-Vignes , trois menhirs dans le camp 
ou aux abords du camp de César, et deux autres à Beaulieu. 
St'Hilaire -la- Forêt fournit cinq groupes : deux menhirs 
de plus de 3 mètres d'élévation » à la Rainiére; deux dol- 
mens aux Créchaudes: ils n'ont chacun qu'un appui , dix 
antres pierres gisent & leurs pieds ; le dolmen renversé du 
Chiron, un dolmen à la Sujette: la table ne pose que sur 
deux supports, les cinq autres sont couchés ; le demi*dolmen 
de Rassoliette, 

Le dolmen de la Ver saine de la Pierre , qui a perdu tous 
ses appuis, appartient à la commune de St-Vincent-sur-Jard , 
ainsi que le dolmen du Grand-Bouilluc y ou Palet de Gar* 
gantua, qui n'est plus assis que sur trois blocs. 



AO co^GHËi> Ancii(:QLO(;iQiE de fbancë. 

Total des monuments de Fâge de pierre, pour le canlon de 
T^lmoiit : environ 76. Ils sont presque tous en graniu 

Canton des Sables-d'Olonne. — Nous connaissous six 
monuments de Tâge de pierre dans ce canton : qualre aa 
(:hâteau-d*Olonne et deux à Olonne. Ce sont : au Château , 
un dolmen brisé dans la Versaine de ta Grosse-Pierre ^ uu 
monolithe près de la Croix de la Rudelière; un dolmen de 
U"*, 30 G. de longueur dans la |)âtis des Épinettes^ sur le pla- 
teau de Puy ' Roches ; un autre dolmen renversé, dans le 
champ du Caillou; à Olonne, le menhir de la Chévrene , 
près le fossé des Sarrazins, et le menhir de Pierre-Levée , 
près du château de ce nom , et un menhir dans les dunes , 
près V Hermitage de Si-Vivence, Le fief des Chirons, qui est 
plein de débris romains, devait avoir aussi son monument 
celtique. 

CiMton de Sh Gilles. — Il ne reste plus que neuf groupes 
<le r^e de pierre dans ce canton , savoir : les menhirs de la 
Crulïér^ et du Marais^ les dolmens du Quarteron de ta 
Pierre et du Terrier de la Grosse-Pierre, en St-MarUn-dc-- 
Erem; la pierre levée e« pii:rte des Soubises, en Bréti* 
guoUes; ce dolmen, qui a trois supports, vire au son de la 
elocbe de S(-Nicolas-de-Brem ; la pierre couchée de Lande- 
\ieilie, longue de ^"\ 70 c. ; le menhir de k Pelissonuière , 
en Commequiers ; et, enfin, deux dolmens, encore debout, 
dans le bois des Pierres- Folles, même comnmne. L'un porte 
Tempreinie i*un pied droit, qu'on dit être celui de Satan ; et 
l'aiAtre, l'empreinte d'un pied gauche, que l'on affirme être 
celui de la Sainte-Vierge. Ils sont, l'un par rapport à l'autre, 
dans une direction opposée. Il y avait probablement un troi- 
sième dohnen enti-e les deux qui existent, car en v(tti à terre 
une grande table et oaze blocs qui pouvaient- lui servir 
d'appuis. 



XXXI' SESSION, A FONTENAY. ^1 

Tons Ifs monuments de ce canton sont en quartzite, roche 
de Tépoque crétacée. 

Canion de Si-Jean-de-Monts. — La roule n" 16, de Sl- 
Gilles 5 la Barre-de-Monls , a détruit la pierre du Diable, 
qui était un menhir. Elle était située à 1,500 mètres à Teiit 
du bourg de Sl-Jean. 

On vient de briser, 5 Soullans, la pierre couchée dite la 
Roche-aujC' Chats, Il ne reste plus dans cette commune que 
la pierre levée de la Verie, énorme bloc de quartzite, de 
3"' 71 c. de haut , sur 3'" 05 c. de large et une épaisseur de 
1" 10 c. Ijd diable, dit-on, y a imprimé ses griffes et a percé 
h pierre de sa corne. C'est l'unique piene percée que je 
connaisse dans le Bas- Poitou. 

Canton de Challans, — On a fait table rase de la plupart 
des pierres du iîolin, en Sallertaine et en la Garnache^ aux- 
quelles se rattachaient des tra<litions druidiques. Sallertaine a 
un menhir, appelé aussi h pierre du Diable ou \ù pierre levée. 

On nous a assuré que la route n° 7 , de St-Jean-de- Monts 
à Roche-SerTière, a détruit un groupe celtique dans les en- 
virons de Fruidefond. 

Maintenant franchissons le Goa et pénétrons dans Tlle de 
Noirtnoutiers. 

lU de Noirmauiiers, — Plostenrs savants, entr'autres 
Edouard Rieher ei François Pict , soutiennent que cette île 
est Tancienne Ile de Satine, s'appuvant sur le texte de Strabon, 
qot dît que celte ife était au-dessous de Femboochure de la 
l^e. Si leur opinion est ivraie, ce serait là qu*auraient ha- 
bile les neuf vierges gauloises auxquelles était soumis lé 
CAllége sacré des Druides ; là qu'elles auraieot vendu les 
vents aux navigateurs, excité ou calmé les tem|)€tes el rendu 
des oracles révérés de tout l'Occident 



/|2 CONGRES ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Qaoi qu'il en soit , Tlle était couverte de monuments de 
l*âge de pierre. M. Impost pense que la série la plus impor- 
tante de ces monuments s'étendait sur deux lignes parallèles , 
de la pointe de THerbaudière au cimetière de Noirmonliers , 
et formait une Toie sacrée de tx kilomètres de longueur. 
L'église, dédiée à saint Michel au Vir siècle, aurait été 
élevée par le moine saint Philbert, sur l'emplacement du prin- 
cipal sanctuaire celtique. La note laissée par ce savant et 
citée par M. Jules Piet, mentionne dix dolmens : les dolmens 
de ÏHerbaudîère, de la Roche-Croisard^ des Chirons^ Tar- 
diveau, Fassot et de la Fée^ du dos Guérm, des Roches à la 
Vtaud et au fireton^ et de la Roche- Brûlée^ les roches Pattes- 
du Diable et à Paient plus les menhirs de Pinaizeaux, 
Nous y ajouterons une pierre fiche ou frottoir y sous laquelle 
on a trouvé dernièrement une hache en serpentine. Il ne 
reste guère que des débris de toutes ces pierres, 

Ile-d'Yeu. — L'Ile-d'Yeu, en latin Oia, en celtique Oga^ 
qui a le sens déjeune en sanscrit, et peut-être de petite par 
déduction, a pu avoir aussi son collège de druides ou de drui- 
desses : du moins , les monuments de l'âge de pierre n'y sont 
pas rares. Le dolmen du centre, dit pierre levée , dominait 
toute l'île avant l'érection du fort (]ui a pris sa place. Le 
dolmen du nord repose sur deux pierres et est du nombre de 
ceux qu'on appelle lichavens. On trouve aussi deux dolmens 
à la pointe Gauthier , un dolmen à la Tranche , un beau 
menhir de 5 mètres de haut, près de la chapelle de la Sainte- 
Vierge; la pierre tremblante, proche G ilberge, à 100 mètres 
de l'Océan ; et la pierre branlante , ou pierre de la Meule , 
non loin du petit |)ort de ce nom. 

Tels sont les monuments de l'âge de pierre qui existent on 
qui ont existé dans l'arrondissement des Sables-d'Olonne. 

Total général, pour cet arrondissement : 136. 



XXXr SESSION, A POfdTENAY. ^3 

Arrondissement de IVapoléon<-¥endée. 

La commune de Rosuay , dans le canton de Mareuil , pos- 
sède deox menhirs , appelés pierres de Follet ou de Gar^^ 
goMtua; ils sont situés sur la rive gauche de Tïon et fout 
suite aux pieires druidiques du canton des Moutiers. Nous 
irouTons sur la même rivière , au Tahtier , canton de Napo- 
léon, trois groupes de pierres folles : les pierres folles 
proprement dites, la pierre folle du Haut-Roussiere et la 
pierre folle du Bas-Roussière. La pierre Nauline , ou 
pierre de Gargantua , est plantée verticalement dans le lit 
oiême de TYon. Elle a environ 6 mètres de hauteur. 

£n remontant le Lay , dont TYon n'est qu'un affluent , les 
pierres celtiques apparaissent de nouveau à St-Philbert-du- 
PoDt-Charrault , canton de Cbantonnay. C'est d'abord la 
grotte des Farfadets, sanctuaire mystérieux formé par d'im- 
menses blocs de granit et perché sur le flanc du coteau de 
la Nouette, à 30 mètres au-dessus du niveau de l'eau ; c'est, 
en second lieu , la pierre folle de l'Ormeau de la Billette 
00 des Sorciers, sur le chemiti de l'antique établissement 
de Pareds. 

Cbantonnay avait aussi son groupe celtique , dit pierre 
brune. Il n'en reste plus que cinq pierres debout, qui 
semblent indiquer un dolmen. 

Du Lay , il faut nous transporter sur la Sèvre-Nantaise et 
dans le canton de Mortagne pour rencontrer la pierre bran- 
lente de la Verrie, dont les proportions sont remarquables, 
et la pierre plate de Chambretaud^ aujourd'hui détruite, 
rendez-vous des Farfadets la nuit du Mardi-Gras. 

Les affluents de la Sevré, les deux Moines, qui prennent 
leur source au centre du Bocage , ainsi que la Boulogne, qui 
se jeite dans le lac de Grand-Lieu , eurent leurs oionu- 
mcnts de l'âge de pierre , comme le Lay et ses affluents. 



M CON(.BÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRA^CE. 

Bazoges-en-Paillers, dans le canton de Si-Fulgcnl, a con- 
servé deux menhirs près de la Templerie, à peu de dis- 
tance de la Grande-Maine. Le premier est debout et mesure 
U mitres; le second est renversé ei a été brisé en deux. Le 
groupe le plus intéressant était à mi-côte, sur le penchant 
d'une falaise dont la base baigne dans la rivière. On y voyait 
une lable, dont le diamètre horizontal était de 6 mètres, au 
milieu de laquelle se dessinait une large cuvette de 15 ^ 
20 centimètres de profondeur. L'Administration a permis de 
la détruire pour la construction d'un pont. 

La Petite-Alaine a son menhir, à la hauteur de Chauché , 
même canton. Nous pouvons mentionner aussi la pmn-e 
plate des Brouzils et la pierre blanche de ta forêt de G râlas, 
rendez-vous des fées et des sorciers. 

Enfin, aux abords de la Boulogne, commune des Lues, 
canton du Foiré , le champ de la Table indique l'existence 
d'un dolmen qui aura été renversé à une époque Inconnue. 

Total général, pour l'arrondissement de Napoléon : en- 
viron 18. 

Arroodissement de Fontenay«*le«»t'omte. 

Dans cet arrondissement, comme dans les deux autres, 
les pierres celtiques se trouvent près de l'Océan ou sur le 
bord des rivières. 

Sl-Denis-du-Pairé |)ossédail jadis une pierre debout, non 
loin de la mer. 

Il existait autrefois des monuments druidicfues Sur les 
bords de la Smagne , petite rivière qui a conservé son nom 
celtique et qui afflue dans le Lay, près Mareuil. 

Il n'en reste plus que deux groupes à Thiré , canton de 
S^-Hermine , savoir : un monolithe en granit dans le bourg, 
et un dolmen com|M)sé de cinq pierres, dites les pierres 
folles^ ï r|uclques centaines de mètres à Test du clocher. 



I 



XXXI* SESSION, A PONT£NAY. b5 

Les pierres de Bazoges-en-Pareds , canlou de la Cbk- 
teigneraîe, qui correspondent k fta pierre folie de St-Pliilbert, 
mot posées sur le plateau des Laudes , qui diumine la \aUée 
arrosée par le Loiog et l'Arkansou, deux cbariuants ruisseaux 
gui mêlent leurs eaux à Pareds et se perdent dans le Lay, à 
2 kilomètres plus bas. Elles consistent : l"" en un dolmen en 
granit, dit pierre levée, dont les deux tables, longues de 
7 mètres 90 centimètres , ont conservé leur aplomb sur les 
neufs sopports; on y arrivait par un vestibule et «ne allée, 
probaUement couverte : il en reste encore quelques ves- 
tiges; 2** en un menhir, à 300 mètres sud-est du dolmeo. 
Treize autres gisent eu désordre dans les environs du 
menbir. 

En partaiU des Landes et en rentoiuant le Graad-Lay vers 
sa source, nous atteignons / au bout de trois lieues, les 
pierres celtiques de Monsireigne, canton de Pouzange.*^ 
Cestd*abord un menhir renversé, que nous appellerons le 
menbir de la Ckauvinière, et qui, avant {sa chute, dansait , 
dit-on, en plein miauit; puis ce sont les pierres folles , non 
loin du moulin de la Tireue. 

A St-MesmÎA, nous nous retrouvons avec la Sèvre-Nantaise, 
qui coule de Test à Touest sur la limite du déparlement Les 
entrepreneurs de pouls, de châteaux et d*églises s*y sont 
doimé rendez-vous pour briser les blocs de granit qui cou- 
vraient, il y a quelques années, une partie des collines et 
(les vallées de cette contrée pittoresque. Tout porte ^ croire 
que leur marteau aura détruit quelques restes précieux de 
la civilisation gauloise, ils out, jusqu'à ce jour, respecté le 
groupe de la pierre folle et un demi-dolmen situé à la Bau- 
licre , de la longueur de 3 mètres environ. Un tailleur de 
pierre a avoué qu'il avait brisé une quantité de pierres gra- 
nitiques à trou cylindrique ou à cuvette, il eu a respecté 
une de ce genre qui est placée sur un mamelon qui domine 



46 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

St-Mcsmiii, près le village des Nantraères, commune de 
Montournals. Si j'en crois le témoignage de Tun de mes 
confrères, Tun des rochers qui Taroisine est tatoué dans le 
genre des roches de Gavrinnis, près Garnac. 

En nous rabattant au sud de St-Mesmin et de Mon- 
tournais, nous rencontrons à Cheffois, canton de la Cbâ- 
teigneraic, la pierre qui vire au premier chant du coq : 
c'est un dolmen. 

I^ pierre bise de la Ghâteigneraie , ancien monument 
gaulois, nous ramène à la source du Loing, l'un des affluents 
du Lay. 

Avec le Breoil-Baret, même canton, nous sommes presque 
à la source de la Vendée, autre rivière qui , après un 
parcours de quelques lieues, traverse Fontenay et va se jeter, 
près Marans, dans la Sèvre-Nior taise. La pierre debout, dite 
Croix'Cocrion , sur le sommet de laquelle se trouve on 
petit réservoir alimenté par les eaux du ciel, et où les loups- 
garous vont boire péhdant la nuit, me fait l'effet d'un menhir. 

En suivant le cours de la Vendée, nous entrons plus loin 
dans la forêt mystérieuse de Mervent, où nous rencontrons , 
avec la Nesde-du-Diable ^ la pierre de la folie ou pierre 
sorcellière^ tout prés du Saint- Luc. 

Enfin , les environs de Fontenay nous donnent la pierre 
blanche, en Gbarzais, dolmen dont il ne reste plus que . 
quelques débris; la pierre de la folie , la Folie, les champs 
fouSf la Pierre-Fâche y la lande aux Carns (aux pierres 
levées) , le chiron garou et le chiron follet. 

Total général des monuments de l'âge de pierre, dans 
l'arrondissemenl de Fonienay-le-Gomte : environ 23. 

Total général, pour le département delà Vendée, au moins 
i7/i, dont 134 pour le seul arrondissement des Sables- 
d'Olonne. 

Dans l'arrondissement des Sables-d'Olonue ils forment , 



XXIV SESSION, A FOMT£NAY. ^7 

en soifant le rivage, une masse compacte qui atteint , dans 
Je Talmondais surtout, une profondeur de 3 à /i lieues. 
Dans les deux autres arrondissements, presque tous les filets 
d'eau ont vu s*élever sur leurs bords des monuments de 
l'âge de pierre. Disons, en terminant, que les blocs cel- 
tiques , quelque informes qu'ils soient , portent à peu près 
toujours la trace du travail de l'homme. lis sont, pour l'or- 
dinaire, grossièrement taillés sur une face et orientés le 
plus souvent à l'est. 

M. Fillon indique une quinzaine de monuments du même 
genre, qui ont échappé aux investigations de M. l'abbé 
fiaudry. 

M. de Longuemar fait remarquer que les monuments 
dont il s'agit offrent ^ dans la Vendée , la même particularité 
qu'ils présentent dans la Vienne et partout ailleurs, relative- 
ment à leur position sur le bord des rivières. Il ne partage 
pas la manière de voir de M. l'abbé Baudry , au sujet des 
traces d'un travail humain que ce dernier croit remarquer sur 
l'une des faces de chacun de ces monuments. Il explique que 
la différence de poli qui existe entre les côiés exposés soit à 
Touest , soit à l'est , est due uniquement aux influences 
atmosphériques. 

AI. de Caumont demande si quelques menhirs de la Vendée 
ont été fouillés, et quelles sont les découvertes qu'on y a 
dites. Quant aux dolmens » l'opinion est bien arrêtée : ce 
sont des monuments funéraires. 

MU. Fillon et de Rochebrune disent qu'on n'a rien dé- 
couvert *80us les menhirs. Dix ou douze ont été fouillés , 
sans résultat, par un ingénieur du Port-des-Sables. 

M. Marionneau parle du dolmen de l'Herbaudière et en 
présente on croquis. Il dit qu'incessamment des fouilles 
seront faites dans Tile de Noirmoutiers. 
Quelques membres pensent que les monuments de l'âge 



/tS C0?iGRfe9 ARCHÊOLOGfQOE DE PRANCE. 

de p^rre sont faits avec des maiértaux pris au Jotrt. 
M. de Longuemar sontient que les pierres oirt fonjoiiTS 
été prises sur le lieu. l\ résolte d'obsertafimis faites pw 
Ijî qne chaque contrée géologique a fourni sa nature de 
matérmirx. 

M. FiHon indique les noms sotn lesquels on désigne 
ordinairement les dofmens dans la Vendée : pierre levée ^ 
pierre folle, pierre fâche ou simplement fâche, pierre 
bise ou simplement bise , pierre forte , pierre qui vire. 

Le Secrétaire y 

IMBEKT , de Thouars. 



2* SÉANCE DU LUiNDI 13 JUIN. 
Présidence de Mg' Collbt, évéqve de Loçon. 

La séance s'ouvre à deux heures. 

Siègent au bui*eaa : MM. de Cattmom, directeur; Vabbé 
LePniÂ, secrélaire-général' ; Gaugain ^ trésoriîer; VMié 
Lacurie , inspecteur-divisionnaire de la Société françante 
d'archéologie ; de Longuemar , vicc-ppésident de la Société 
des Antiquaires de l'Ouest; Baron, ancien député; de 
Chinedollé; Tabbé Auber, inspecteur-divisionnaire de la 
Société française d'archéologie; Segrestain, ex-architecte dw 
département des Denx-Sèvres; Letowneux ^ président du 
Tribunal civil; Ferchaud, cnré de Notre-Dame de Fonlenay ; 
Doré , membre de T Institut des provinces; Fceard, conserr 
vatttur do mw^ée archéologique d(e Tours* 

M. Alexandre Binon , de Foutenay , remplit les fonctions 
de secrétaire. 
' M. de C^autnont , rendant compte de la oorrespon- 



XXXr SESSION, A FONTENAY. U9 

daoce, doone ieclore au Congrès d'ane lettre de M. Vacherie, 
maire de la tille de Saiotes. Cet honorable magistrat a 
rhonnear d*informer l'Assemblée que cette ville est dans la 
généreuse intention d'élever un monument à la mémoire de 
Bernard Palissy, Tillustre potier saintongeois , et qu*9i cet 
e8ét une souscription nationale a été ouverte dans toute 
rétendue de la France. M. le Maire termine sa lettre en 
manifestant le désir de voir la Société française d'archéologie 
s'associer à ce témoignage de sympathie. M. le Directeur delà 
Société donne ensuite communication d'une note de M. Del- 
fortie, de Monsigné, adressée à M. Charles Des Moulins , 
inspecteur-divisionnaire de la Société française d'archéologie, 
à Bordeaux, relativement à la découverte, dans le cimetière 
mérovingien de la Fougassière>de-Duras (Lot-et-Garonne), 
d'une ûbule mérovingienne, .d'un fragment de scramasaxe et 
de divers autres objets. 

M. l'abbé Âuber ayant désiré donner lecture au Congrès, 
avant le départ de Mff l'Évêque de Luçon, d'un mémoire rédigé 
sur la 48* question du programme, la parole lui est donnée. 
Cet honorable ecclésiastique entre alors dans de nom- 
breuses considérations sur la question ainsi conçue : 

Quel est le meilleur plan à suivre pour la rédaction des 
chroniques paroissiales? 
Ce mémoire est entendu avec intérêt.) 
ftt. de Caumont fait remarquer au Congrès que les 
chroniques paroissiales sont d'une extrême utilité, et de- 
mande à Monseigneur s'il a donné des instruclions suffi- 
santes aux curés de son diocèse pour qu'on y tienne un registre 
relié où seraient consigliés, année par année, les événements 
importants survenus dans chacune des paroisses. 

Mg' rÉvêque, prenant alors la parole, remercie d'abord 
H. l'abbé Auber de la lecture qu'il vient de faire de son 

4 



50 CONGRES ABCIIÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

travail sur les cbroniqaes , puis la Société française d'ar- 
chéologie de l'emp ressèment avec lequel elle a déféré aux 
\œax des saTants poitevins, en venant tenir ses assises 
scientîGqnes dans le chef-lien da Bas-Poitoo. Répondant 
ensuite à la question posée par M. de Caumont, le véné- 
rable prélat fait savoir que des registres sont déjè tenus, à 
cet effet, ^ Notre-Dame de Fontenay ; que M. l'abbé AiHery, 
auquel on doit on précieux recueil de notes sur l'histoire ecclé- 
siastique de cette ville, réunies sous forme de chronique , a été 
chargé d*y ajouter, chaque année, les événements dignes 
d'intérêt qnl pourraient surgir dans cette localité. Il ajoute 
que déjà d'autres paroisses ont été i>ourvues de ces mêmes 
registres et fait espérer , en terminant , que cette sage et 
importante mesure ne lardera pas à recevoir son exécation 
dans toute l'étendue de son diocèse. M. de Caumont prie , 
Mg' l'Évêque de vouloir bien agréer les remercîments du 
Congrès dont il est l'organe, pour avoir répondu aux vœux 
qui avaient été émb par cette assemblée, et d'avoir bien 
voulu , encore aujourd'hui , rehausser par sa présence la 
-solennité de ces assises scientifiques, témoignant ainsi de tout 
l'intérêt qu'il veut bien attacher à ces sortes de réunions. 

M. Fillon, secrétaire-général de la session, prenant la 
parole , fait remarquer que la 6* question , élaborée à la 
séance du matin, n'a pu, vu l'heure avancée, être complè- 
tement épuisée et dit que M. de Longuemar aurait le éésw 
de présenter quelques nouvelles observations. 

M. de Longuemar, auquel M. le Président donne alors 
la parole , fait savoir à la Compagnie qu'il a réuni sur diffé- 
rents cartons de nombreux spécimens de l'âge de pierre, 
recueillis dans diverses contrées du département de la 
Vienne exclusivement Ces objets intéressants ont été classés 
eu différents groupes, lis consistent généralement eu frag- 



»SI* SESSION, A FOMCJMAY. 51 

I id^.peierm ^^bh^k^b, eo iik«»ri¥imt9 de Hjiex tnjjliés , 
ttmnk An» den cw^riM^ , oa ossoui^at» xle .certiios aoi- 
maax qui ont dî^ro «njourd^bui 4e nQtr« fHWlr^^» /en 
poînies de flèches ou javelots , et d'aiguilles ou de poinçons 
mnM iftoa doute à couvre «len \)f^u% ^n moy^n de laqiërcs 
de coir. — M. de Longuemar mpotre de pki^ à J'As- 
sewhlée divers .s|)éci(tteo6 de b^bes de \ierre , et fait 
remarquer que les iDatériaAix gui ont servi à f^ire quelques- 
unes de ces bâches sont étrai^rs à la contrée et qu'ils 
senblent venir soit d*0rieiu, soit de Sibérie. Il ajoute 
que t'ex^nien de ces iaits porte à conclure qu'il a existé 
iiae couimunicalion cou.stante entre les peuples primitifs de 
la Gaule et les contrées qui leur avaient servi de bt^rceau. 
M. de Longuemar fait ensuite passer sous les yeux du Congrès 
les dîfféreuts objets dont il vient de faire la description. 

M. fienjauiin Fillon appelle l'atleulion de la Coiups\guie 
sur les objets gaulois des périodes de pierre et de bronxe, 
trouvés en JBas- Poitou et classés par ordre chronologique , 
réunis dans la vitrine placée au-dessous du bureau. 

M. de CauiDOUt rappelle que , la Commission de la Carie 
des Gaules ayant annoncé qu'il existé moins de dolmens 
dansTintérieur de la Francequ'à ses extrémités occidentales, 
il s'agirait ai^ourd'bui de déterminer avec précision la ligne 
4e démarcaUeu qui doit exister entre les pays où il existe des 
deimons et les^ comrées où il n'y en a pas. Il ajoute que les 
documents «oottveaux tendent sans cesse à resserrer la zone 
de ces dernières contrées. Al. Levain observe que iU. de 
Beaofert, dans un ouvrage sur le Cher , a constaté l'exis- 
leace d'un grand nombre de ces monuments , et que la 
Cemmiasion de la Carte topographique gauloise serait plus 
eacte , si elle eût été exécutée avec moins de précipitation 
eta«ec leixiAcoiiis des autiquaires de province; les com- 
iDissions officielles aiment trop à travailler seules. 



52 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

M. Charvet , loterrogé par M. FilloD sar la contrée qoi 
fournit le pins de haches de pierre , répond que c'est l'Au- 
vergne qui en offre la plus grande quantité. 

Cette discussion close , le Congrès passe à rezamen de la 
question ainsi conçue : 

Les objets gaulois en bronze trow>és dans la contrée 
affectent' ils des formes particulières? 

M. Fillou déclare qu'il a examiné de nombreux objets 
d'origine gauloise , trouvés dans l'espace compris entre la 
Loire et la Garonne , et qu'il a constaté en eux des formes 
analogues à celles qu on remarque dans les autres parties 
de la France. 

M. Charvet dit que la Bretagne, contrairement aux 
autres régions de la France , offre des spécimens ayant des 
formes toutes particulières, notamment en ce qui concerne 
les haches de pierre percées. 

M. Fillon objecte qu'on en a également découvert dans le 
Bas-Poitou , présentant des trous dont le diamètre , au lien 
d'être uniforme, se trouvait comme étranglé à sa partie 
moyenne. Il pourra en faire passer quelques échantillons sous 
les yeux du Congrès. 

Quant aux objets de bronze trouvés sur les côtes de Bre- 
tagne et de Poitou, ajoute M. Fillon, ils affectent parfois une 
forme particulière. On doit, selon lui, en attribuer la cause 
aux importations de ces armes par les pirates du Nord , lors 
de leurs invasions sur les plages armoricaines et pictones. 

M. de Caumont demande s'il est vrai» comme on 
l'a dit quelquefois , qu'on ait trouvé des objets de 
bronze dans les tumulus. M. B. Fillon déclare que, quant 
à lui , il n'a jamais eu connaissance de découverte d'objets 
en bronze dans les tumulus pictons et sous les • dolmens , et 
qu'il peut affirmer que les antiquaires de la Vendée sont 



XXXI* SESSION , A FONTENAY. 53 

nnanimes à déclarer qu'il n'y a jamais eu , dans la contrée , 
d'armes et ustensiles de bronze et de pierre trouvés réunis 
au même endroit. 

L^ordre du jour amène la discussion de la question 
suivante : 

Sépultures gauloises. Sous quelles formes se présentent^ 
elles et dans quelles régions? 

M. le Président donne la parole à M. l'abbé Baudry, pour 
communiquer un mémoire dont la lecture a éié entendue et 
goûtée par l'Assemblée. 

MÉMOIRE DE M. L'ABBÉ BAUDRY. 

Il est généralement reçu, aujourd'hui, que la plupart des 
dolmens ont servi de tombeaux. Sur cinquante-quatre dol- 
mens existant dans la Vienne , a écrit M. de Longuemar , et 
sur trente-trois qui ont disparu, la présence d'ossements 
humains a été constatée dans dix-sept environ. Nous ne con- 
naissons que le groupe de Ghantonnay qui ait donné lieu à 
un pareil résultat en Vendée. Les ouvriers qui l'ont fouillé y 
ont trouvé une grande quantité d'ossements; il est vrai que 
le monceau de petites pierres calcaires dont étaient environ- 
nées les cinq pierres debout qui le composaient, en faisaient 
comme une sorte de tumulus. 

Les tumulus, voilà les vrais mausolées de la Gaule, dans 
notre département, comme dans tous les autres. Ici , plus de 
doute : le tumulus est toujours la maison funèbre d'un ou de 
plusieurs défunts. Le seul embarras de l'antiquaire, quand le 
tumulus n'est pas un galgal , ou un tumulus en pierre , est 
de le distinguer des mottes féodales , des dognons et des 
tertres, dits cavaliers , qui avoisinent les châteaux. 

Les tertres en terre , à forme conique , élevés au-dessus 
du sol par la main des hommes, sont au nombre de huit dans 
Tarrondissement des Sables. Nous trouvons le premier dans 



5^ COiNGRÈS ARCIIÉOLO(.IQtJË DE FBARCE. 

TaiHiqiic CMStrufk de Gurzo», dans le Tiriniviidâis ; déOK aaipsv 
dam renceime des anciennes fortificaHonâ da cMceav 4e 
Talmond ; le quatrième est à St-Nicolas-de-Brem« cmmm de 
Si-Gilles; le cinquième fut renferma, dit-on, dansl'enceinte da 
château féodal de la Garache, canton de Cballans; le sixième 
est à Beauvoir, le septième à Châteaunëuf , et le buîtième 2i 
Bois-de-Gené , même canton. On trouve an pied de ce 
dernier des débris gallo-romains. I.e plus intéressant peut- 
être de ces tumulus est celui de St-Nicolas-de-Brem ; les 
habitants de cette localité rappellent te Château , et pré- 
tendent qu'il est sillonné on tous sons par des voûtes et des 
salles souterraines^ Je Tai visité avec M. Ballereau , le 6 juin 
dernier. Il mesure au sommet, de Test à l'ouest, 34 mètres; 
dtt sud an nord , 48 mètres. La baoteDr de h rampe «st de 
22 mètres , la circonférenee moyenne de 170 mètres. 

Nous signalerons , dans Tarrondisseinetit de Napoléon , le» 
deux tumolus du Petit-Luc, dans la commane des Loes* 
canton du Poiré ; les doux tumulus de Malliévre^ caoUm de 
Mortagne , dont l'un a été détruit , et les tnatet de Chanêe-- 
lard , sor la Smagne, dans le canton de MareotL Ges Iniltes 
artificielles, situées non loin de la vole romaine qui traversait 
le Lay, au pont Sarrazin, mériteraient l'honneur d'sne 
fouille sérieuse. 

Le Cbâtellier , dans le canton de Pouzauges , arrondisse* 
meril de Fonteuay-le-Gomtc , possède deux tumulus qui ent 
un cachet particulier d'originalité. Ils sont flanqués , conM»e 
deux tours, sur un mamelon qui se dresse à pic, à 100 mètres 
au-dessus des prairies , où serpente la Sèvre nantaise, en face 
de St-Àmand. Les tuiles romaines abondent sur le vemiK 
du coteau. Malheureusement, la pioche de l'antiquaire n'a 
pas encore sondé les profondeurs de ces pyramides gigan- 
tesques. 

Nons pensons que plusieura de nos chirons ent dû cou- 
vrir o« couvrent encore des sépultures gailloîsea Neils ponr* 



XXXl" SESSION , A FONTENAY. 55 

rioas citer le Chiron-FoUetf près Fonlenay ; le chiron du 
champ de la Fée , en St-Viiicent-sur-Jard ; le chiron des 
Trtssoisières^ en St-Hilaire-de-la-Forêl, ces deux derniers 
dans le Talmondais. 

Le Bernard , dans la noéme circonscription , posi^ède deux 
taoïoius , du genre Galgal , qui sont évidemment des tom- 
beaux. Le premier s'élève sur un monticule appelé le Pe- 
lucher y à 1 kilomètre au sud du cbef-Iieu. Il est formé de 
petites pierres gréseuses, prises en dehors du terrier, qui 
est calcaire. Le dolmen qui couronne le galgal a perdu son 
appii de Test, et est incliné vers le couchant depuis qu'il ne 
repose qoe sur quatre supports, ^ous aimons à penser que 
la sépultQre gauloise n'a pas été placée sous ce premier dol- 
men , mais qu'elle se trouve sous d'autres pierres celtiques , 
dîMis les entrailles du sol. 

A 3 kilomètres du Pé-Rocher , sur une colline qui domine 
d'un côté la plaine et de l'autre le marais, on rencontre le 
galgal du Pé-de-Fontaines ou de VAnçuillè, C'est la tom- 
belie la plus remarquable de la Vendée. Différente des tu- 
mnlus en terre cités précédemment, qui s'élèvent au-dessus 
du sol comme des dfines tronqués, elle a la forme d'une 
moitié d'œuf coupé dans le sens de la longueur et posé sur le 
côté plat ; sa longueur est de 30 mètres , sa largeur de 15 à 
20 mètres, son épaisseur de 3 mèlres au centre. Elle ren- 
fermait anciennement une allée couverte ^ de 1 mètre de 
large et longue de 20 mètres , qui aboutissait à une petite 
chambre carrée , protégée par un nmr en pierres sèches , de 
2 mètres d'épaisseur. L'allée a été en partie détruite dans 
une première fouille , à une époque inconnue , mais posté- 
rieurement à Charles Vil , parce qu'on y a trouvé une pièce 
d'or de ce prince. La seconde fouille, dirigée par un devin, 
en 1833, n'a laissé debout que quatorze blocs, ceux de 
la chambre funéraire compris. Cette chambre ou niche 



56 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

sépalcrale^ m'a fourni, lorsque je l'ai vidée en 1860 , des 
fragments de polerie grossière, un coulant en pierre, quel- 
ques ossements d'animaux et une deut humaine. 

Le galgai du Pé , tel qu'il est aujourd'hui , a été dessiné 
par notre honorable confrère, M. I.èon Ballereau. Il conlient 
plus de 2,000 mètres cubes de petites pierres, ramassées dans 
la plaine par ceux-là même qui assistèrent à la cérémonie fu- 
nèbre du chef enseveli sous le tumulus , s'il faut en croire 
les traditions antiques. Chaque parent, ami ou sujet, jetait 
sa pierre snr la dépouille du défunt. Nous lisons dans one 
note communiquée à i\r. de Longuemar par notre éminent 
linguiste , M. Cardin : « Les paysans d'Écnsse terminaient 
leurs suppliques à leurs supérieurs par ces mots: Et le sop* 
pliant, si tu l'exauces, ajoutera une pierre à ton caim ou à 
ton carn; » c'est-à-dire à ton tumulus, à ton mausolée, à 
ton tombeau. 

On donne ensuite lecture de la 9* question : 

Formes et procédés de fabrication des poteries des 
Pictons. ^ 

La parole est donnée à M. Fillon pour faire la description 
de quelques vases trouvés en Poitou, tant sur les bords de la 
mer que dans des cavernes. — Il y a vingt-cinq ans environ, 
un paysan des bords de la Gartempe lui apporta deux vases 
présentant la forme de la partie inférieure d'une citrouille. 
De la terre prise au ruisseau voisin, pétrie à la main et 
soumise à l'action d'un feu peu intense, tel a dû être le 
procédé de fabrication employé. La terre de ces vases était 
très-friable et présentait une coloration noirâtre , plus nette- 
ment accentuée dans la partie soumise à l'action ignée. 

Les vases postérieurs à cette époque, ajoute M. Fillon, 
sont façonnés encore à la main et affectent une forme sinon 
plus élégante j du moins plus ouvragée. Oo y remarque un 



XXXI* SESSION, A FONTtNAY. 57 

rodinient d'anse non percée. Un échantillon de celte sorte de 
récipient a été rencontré auprès de Pé-de- Fontaines, com- 
manedu Bernard, ayant de chaque côté un appendice de 1 cen- 
timètre et demi environ, façonné à la main. — Les vases de la 
troisième période présentent , au contraire , des appendices 
un peu plus accentués , percés et paraissant façonnés avec un 
instrament. Hais ces sortes de vases remontent encore à une 
période antérieure au tour. 

Dans les découvertes d'Availles-en-Chizé, ou a recueilli 
des vases ornés de dessins fort irréguliers et dans lesquels , 
après un examen attentif, on a cru reconnaître un faciès de 
Sauvage. £t , chose inouïe , si on les compare à ceux des 
bords de FOhio en Amérique , on remarque qn^ils offrent et 
les mêmes formes et dos dessins identiques, (l'est là un 
mystère que l'état actuel de la science ne saurait encore 
percer. Plus tard , des fragments d'autres vases en terre ont 
été trouvés à Belesbat, près Si- Vincent-sur- Jard , bourgade 
gauloise, située sur les bords de l'Océan et recouverte au- 
jourd'hui par des dunes de sable. 

Un grand nombre de spécimens d'une bonne conservation 
ont été recueillis anssi dans le Haut-Poitou ; mais le Bas- 
Poitou, moins favorisé, n'en possède qu'à l'état fragmenté. 

SI. de Longueniar demande ensuite s'il n'eiiste point, 
dans la Vendée, des poteries portant l'empreinte d'étoffes plus 
oa QM)in8 grossières. M. Filion répond qu'on en a découvert 
ao Bernard qui ont dû être entourées d'un morceau d'écorce 
d'arbre, et qu'il en possède même un fragment sur iectuel il 
eiiste une cavité qui semble produite par le nœud de 
l'écorce. M. l'abbé Baudry en a également trouvé des frag- 
ments mêlés à des pierres. 

M. de Longuemar dit avoir rencontré, sons certains 
dolmens et adossés à leurs parois verticales, des séries de 
têtes, d'os et de vases, dont quelques-uns renfermaient des 



58 COKGRtS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

parcelles de terre et des fragments osseux , qui paraissaient 
a¥Oîr servi à plusieurs g^oératîoas successives. Ce devait 
êlre» en quelque sorle , des sépultures de famille, puisqa*on 
y rencontre plwiieurs couches de cadavres el d'iostrumeats sé- 
parés eotr'enx par des couches terreuses. On trouve aussi, dans 
ces sépultures, des bâches celtiques et des couteaux en 
silex. 

A]. FilloD demande si Ton a découvert des va^es dans les 
cavernes à ossemeots. M. de Longuemar répond qu'il en a 
rencontré d'exactement pareils à ceux dont il vient de parler 
et façonnés à la main. Ji ajoute qu'on vient de découvrir 
sur une dalle de granit fermant le tumulus de St-Michel 
(MorfoihA) , tracés à la pointe, des hiéroglyphes qui sem- 
blaient d'abord complètement incompréhensibles , mais où oo 
a uni par découvrir des dessins de haches. Un membre 
fait observer que le dessin en a été exposé à Paris, au Congfès 
central de l'Institgt des provinces, rue Bonaparte^ dk* Il ajoute 
que , dans les tumuli , les squelettes humains occupent di- 
verses positions. Dans les uns, ils sont déposés accroupis sur 
eux-mêmes ; dans d'autres , au contraire , comme en Angle- 
terre , ils sont étendus. — A Condé-sur-Laizon (Calvados) , 
on a découvert douze corps adossés au périmètre de la cavité 
centrale du tumulus. M. Ledain fait remarquer, à cette 
occasion, que les 2umtc/i observés en Algérie présentent une 
analogie frappante avec ceux d'Europe. 

L'Assemblée passe à l'examen de la question ainsi conçue : 
Est^il resté dans le patois bas-poitevin beaucoup de mots 
d'origine celtiifue? Dresser la liste des noms de lieu qui ont 
la même origine et déterminer leur signification. 

M. Cardin , prenant la parole , fait remarquer qu'il existe 
un grand nombre de mots celtiques dans l'idiome de notre 
pays, «1 qu'il serait trop long d'en faire ici l'évumëration. 



XXXi* SbSSIOK, APONTKNAY. 59 

S cite eemitie exemple le ni^t Ingrtmdef qui sigiilfie point 
extrême de frontières, borne; d'où To» doit oondore que 
la p ié B cnc e de ee inot dan» on lieu devait iDdMjiier une 
lî»tte ée pespMe gauloise avaiH i*arriiée de César. -^ 
Ckiron , ajoate-t-il» est encore un nmt remarqttaUe q«i rei- 
noote à viflp^nq siècles environ , poîsque» peur retroiif er 
son origine, il âiot remonter jneqn'au sanscrit. Ce mot <»* 
gtti&eiaH • taa ée pierres accumnlées» * 

On passe à la question soiranle : 

Il quêlk époque la cwilùmion romaine a-i-eUe com- 
mend à pénétrer dans la parue occidentale du territoire 
des Piétons? • 

RépofMbst k celle question , M. Filloo fait rtinarqoer que 
b nonisnatîque fostrnit des rensingDenieaU précis k ce 
sujet , par la nature des dépôts monétaires troorés dans la 
contrée. 

H n*y a peut-être pas une seule coaunnae, sinon du 
narats, dn moins de k plaine ou du bocage, qui n*alt 
ifaelqne trace d'habitations romaines. On a trouvé en nne 
foule d'endroits, comme à Poitiers, réunies à des monnaies 
d'Âogoste et de libère k fleur de coin , des monnaies gau<- 
lolses de la dernière période et des monnaies consulaires. 
D*oà l'on peut conclure que Tenfouissement remonte au 
liéhit de l'Empire romain , c'est-k-dire à la première moitié 
du 1" siècle. Près du port St-Père (Loire-Inférieure) , on 
a recueilli un grand nombre de monnaies romaines à Qeur 
de coin (15 k 20,000 environ) s'arrétaut encore k Tibère. 

M. Ledain exprime le désir qu'on dresse une carte d'en- 
semble du Poitou, avec le concours des Sociétés savantes des 
(rois départements qui composent l'ancien Poitou. 

M. l'abbé Baudry a trouvé au Bernard des pièces qui 
viennent confirmer l'opinion émise par M. Fillon. 



60 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

Le Congrès passe alors à Texainen de ]a question du 
programme ainsi posée : 

Listes des lieux où se trouvent des vestiges de comstruc^ 
tiens romano-gaulotses, — Leur nature , leur importance, 
— Verreries, — Poteries. 

M. Fillon prend de nouveau la parole, pour faire connaître 
au Congrès qu'il a dressé une carte du Bas-Poitou réunis- 
sant les trois périodes celtique, romaine et féodale, dis- 
tinguées enir*elles par des caractères rouges , bleus et 
noirs. 

M. de Longuemar fait observer qu'une carte analogue a 
déjà été dressée par M. Ménard , mais sur un plan beaucoup 
plus restreint. 

M. de Caumont exprime alors le vœu qu'on établisse une 
carte de la province poitevine au moyen de la gravure , soit 
sur bois, soit sur cuivre. Il appelle toute l'attention de l'As- 
semblée sur ce point. 

.M. Fillon annonce qu'il a l'Intenlion de publier la sienne 
dans l'ouvrage Poitou et Vendée, en cours de publication. 

M. Cban'et informe le Congrès qu'il possède un recueil de 
dessins à l'aquarelle , reproduisant, avec une fidélité scrupu- 
leuse, tous les vases, au nombre de plus de 300, recueillis en 
France , qui composent sa collection. Chacun de ces dessins 
est revêtu d'une étiquette indiquant la provenance du vase 
représenté. M. de Caumont ayant exprimé le désir de voir 
ces dessins exposés , l'auteur promet de les exhiber le lende- 
main. 

La séance est levée à quatre heures. 

Le Secrétaire , 
IMBERT , de Thouars , 

De ta Soeiiti française d'archéologie. 



XXXr SESSION, A rONTENAY. 61 

i'* SÉANCE DU lu JUIN. 

Présidence de M. Sbgrbstai?i , arcbitecle, inspecteur de la Société 
française d^arcbéoiogie. 

La séance est ouverte à hait heures. 
Siègent au bureau : MM. de Caumont, directeur; i*abbé 
Le Peiû, secrétaire-général; Gaugain, trésorier; FiUon, 
secrétaire du Congrès; le docteur Catiois, Leroy de La 
BrièrCj receveur-général; de Longuemar yVdkihi Lacurie et 
Tabbé Auber, inspecteurs-divisionnaires; Letaumeux, pré- 
sident du tribunal; Vallette, maire de Fontenay; de Lan- 
rière^ inspecteur, de la Charente; Trapaud de Colombe p 
de Bordeaux ; Marionneau, de Nantes , et Ântonin de Cam^ 
'pagnoilesy de Yire. 

M. Imbert remplit les fonctions de secrétaire. 
M. de Caumont communique une lettre de M. Fabbé Brif- 
fant , de Saumur, par laquelle ce savant demande si Barnabe 
Brisson, le célèbre et savant magistrat du Parlement de Paris, 
est bien né à Fontenay-le-Cointe. M. Fiiion répond qa*il est en 
mesure de donner la généalogie complète de la famille Brisson, 
dont il existe encore des membres à Fontenay-le-Comte. 

M. Fiiion attire l'attention du Congrès sur un vase en 
verre apporté par M. Gouraud et trouvé à Chavagnes. On 
remarque, gravés sur cet objet, des noms de gladiateurs ro- 
mains rencontrés également à PompeL Ces mêmes inscriptions, 
ces mêmes noms se lisent sur des verres'semblables, dont il 
existe des échantillons en Angleterre et an musée de Vienne. 
Du reste, dans les fouilles qui ont été faites à St-Médard- 
des-Prés , on a découvert plus de quatre-vingts objets de 
verre. Dans la forêt de Mcrvent, à côté de construc- 
tions du moyen-âge, sur les défrichements opérés, M. de Vil- . 
leneuve, gardc^général des forêts, a signalé Texistence de 



62 CONGftkS AftCHÊQLOaiQOB DE FRANCE. 

constractions romaines, surtout de fragmeots de godets pour 
la fabrication de la verrerie, eou?erC8 de aiatière ▼itreose. 

II. de Gaumont signale à ratteotion des membres do 
Congrès les beaux dessin», «imposés autour du bureau, repro- 
duisant les vases en verre de la collection de M. J. Clianret, 
la plus riche de France en ce genre de monumenis. L'ob des 
membres faît remarquer combien celle suite offre -d'kitérét, 
xbaque vase ayant une provenance connue; ce qui fiennet^ 
constater Tëtat de la fabrication du verre dans la ptupait dm 
provinces de la Gaule. 

II. de Longuemar annonce que M. Bonsergent a donné la de- 
scription de nombreux vases en terre rouge sigillée et lampes 
'gallo-romains. Sur Tnn d'eux sont représentés deux hoaimas 
portant une grappe de raisin. Il en est aussi où se trouvent gra- 
vées des inscriptions grecques ou latines. Les uns <mf des or- 
nements en creux qui semblent postérieurs à leur création , 
d'autres en relief qui sont évidemment moulés. Il est important 
de sigtjaler , non la perfection , mais le réalisme des figures. 
M. de Loflgoemar pense que ces vases viennent de 5agoote. 

M. Fillon croit que beaucoup de ces poteries ont été fa- 
'briquées sur les bords de l'Allier, mais qu'il en est panai 
elles qui sont Teeuvre d'ouvriers pictons. 

M. FMon a recueilli la liste des potiers du Poitou. A 
Poitiers, seulement, il a pu réagir plus de 180 non». îjts 
inscriptions trouvées sur ces poteries n'tndiqueraient^ttes pas ■ 
souvent le genre auquel eUes appartiennent 7 

Un membre fait observer que les mêmes noms de polters 
ne retrouvent en dMférents pays. 

On rencontre, dit M. FiHon, dans les mursées anglais, des 
-vases portait les mêmes noms que ceux fournis par le -bassin 
t)e l'AlKer. La •conqnôle exf>lique suffisamment oeate eoidoi- 
Mdence , et i\ est probable que Londres possède de nombreux 
'débris transportés iie»€anlcs pendant la dominalion romaiDe. 



XIXI» SESSION, A rOSTENAY. 63 

Oo passe à la qoeslkm soivante : 

Foies ratnaines. A queUe époque ont-eiUt éié établieif 
Chu-elUs suimparfois les anciens tracés de ehetninê gaulois ? 
Fossés , chaussées , ponts des Sarrazms et de Ckurlemagtie. 

M. Oagast-Maiife«x donne Iccfore d*fiD méttiuke de 
M. Parenieaa , de Naotes, sur un fondeur de Rezé ( Loine- 
lofértenre), du IV* siècle. 

Passant ensuite à Télude des Toies romaines , M. Dugast- 
Matilétix signale les erreurs où plusieurs archéutogues et 
géographes sont tombés en se contentant d*étudier les textes, 
an lieu d'explorer les lieux. Ainsi, le savant Dufour , guidé 
pHucipakinent par des textes , et suivi en cela par La Fonte- 
Délie de Vaudoré , s'est trompé en amenant la voie de Poi- 
tiers à Nantes, de Dorin à Déas, aujourd'hui St-Pb2lbert*de- 
Grand-Lieu. La courbe qu'eût occasionné cette déviation 
est, en effet , contraire au système général de direction rec- 
tiligne employé par les Romains. De Nantes » ou |)lutôt de 
Rezé, cette voie arrivait aux Sorinières avec la grande route 
actuelle, qui se confond avec elle depuis Ragon;et, partie des 
Sorinières, elle se détachait pour se porter plus à droite, 
par le fiignon et la Chalonnie, à la Guérinière , sur le ruis- 
seau du filéson , où le duc d'Aquitaine , Bégon , gendre de 
l'empereur Louis-le-Débonnaire , fut vaincu et tué dans la 
déroute. Les Bretons , favorisés par les invasions des Nor- 
mands, s'efforçaient d'envahir le Poitou et d'enjamber de 
l'autre côté de la Loire. Le duc, voulant les repousser et con- 
naissant peu le pays , se laissa surprendre et tailler en pièces 
au f»assage de la Gi!iérinière. Son corps fut emporté à Durin, 
depuis St-Georges-de-Montaigu , où il fut inhumé. La voie 
romaine se rendait ensuite aux Uerbiei^s, par la RouiRtc, 
Bazoges-en-Paillers et Beaurepaire. Tous les propriétaires 
ou cultivateurs des terrains sur lesquels elle passe connaissent 
parfaitement son trajet, qu'on découvre souvent à l'œil nu. 



6^ COiNGBbS ARCHÉOLOGIQUE DE FBANCB. 

M. Dugast n'a pas suivi plas loin ses traces. G*esC anx 
Sociétés de statistique de Niort et des Antiquaires de TOoest 
à continuer les recherches à et pousser plus loin Texploration. 

Une autre voie romaine se rendait de Durin probablement 
à Angers , par la direction de la Ségourie» dans la commane 
de St-Saurin en Maine-et-Loire. Il est à remarquer que ces 
voies, partant de la mer, d'Angers , de Poitiers, de Rezé, se 
dirigent toutes vers le clocher de St-Georges, qui ne remonte 
qu'au XVII* siècle. Mais on trouve, près de cet édifice, les 
traces d'une chapelle qui existait encore il y a vingt-cinq 
ans , nommée le For-St*Gcorges , et qui devait être l'em- 
placement d'un monument civil et religieux. Ce For-St- 
Georges a eu , du reste , une importance incontestable, puis* 
qu'au XVI' siècle le duc de Mercœur fait spécifier , dans 
l'acte d'abolition qui suivit sa soumission au roi , qu'il ne 
sera point inquiété pour les dégradations qu'il aurait pu faire 
an For-St-Georges. 

M. l'abbé Auber pense qu'il y eut là auti*efois d'antiques 
fortifications. 

M. Fillon répond que l'on doit seulement s'occuper de 
l'orientation. On trouve , du reste , en ce lieu un nombre 
infini de débris romains, prouvant suffisamment que là 
était un point de repère. Il est probable qu'un monument 
dédié à Apollon a précédé celui vénéré sous le nom de 
St-Georges. 

M. Ougast dit qu'il n'a suivi l'une des voies romaines que 
jusqu'aux Lues. Elle traverse la Boulogne au village du Chef- 
do-Pont, d'où il est probable qu'elle va à l'Océan. Des Lues, 
elle continuerait par Apremont jusqu'à St-Gilies. 

L'importance de cette voie engage M. Fillon à demander au 
Congrès de nommer une Commission pour étudier son par- 
cours , et notamment pour déterminer le point de la côte où 
se trouvait le Portas Secor , que beaucoup de probabilités 



XXlV SESSION, A FONTENAY. 65 

font croire être vers St-Gilies. La Comiuissioii se compose de 
MM. Mariooneao, Filloo, Dagast, de Looguemar, Fabbé 
Bandry. 

M. Fiikm indique les différents points par lesqueb passait 
la v(He romaine de Poitiers à Rezé. M. Ledain ajoute plusieurs 
noms à ceux déjà cités et donne lecture d*un mémoire de 
M. Barbeau , juge-suppléant à Bressuire , sur les différents 
points qui se rencontrent sur cette Toie. Lui-même ap- 
porte de nombreux documents relatifs à cette question. 
Dq reste, il existe de ce côté plusieurs voies romaines; 
et , en accordant une subvention , la Société encouragera 
des recherches qui ne manqueront point d'être fruc- 
tueuses. 

H. Dugast passe à la construction des voies romaines. 
Celles qu'il a visitées sont à peu près identiquement con- 
struites. On remarque à la base de très-gros moellons qui , 
par couches y vont en diminuant jus(fu*au sommet. La lar- 
geur est de U mètres enxiron. Les coupures qu'il a fait pra- 
tiquer dans ces routes prouvent qu'elles ont été construites 
avec du granit qui avait déjà été parfois employé. On trouve 
une grande quantité de sable , non-seulement au milieu de 
ces pierres, mais encore aux alentours. Ce sable , de même 
nature que la pierre , a-t-il été ap|}orlé de main d'homme 
ou autrement ? C'est ce qu'il serait difficile de déterminer. 
Les bords sont parfaitement alignés, et composés sinon de 
morceaux d'échantillon , du moins de pierres choisies. En 
somme, cela ressemble à un macadam grossier. 

M. de Rochcbrnne fait observer qu'en Italie, dont on a 
cité les routes antiques, ce ne sont point des pierres taillées 
^l'équerre qui servent à la construction des voies romaines, 
mais bien des blocs naturels , hal)ilemcnt agencés. La 
voie Appicnne , ajoute-t-il, possède des trottoirs. En est-il 
de m^me pour celles dont on s'occupe ? 

5 



6a CONGRÈS àRCBÊOtOGlQUE OE FRàXCE. 

M. Dug^ist répond cpCen effet on trouve « snr certaines 
voies» des banquettes larges d'environ 3 pieds. 

M. O'Rîeu pense qn'il ne faudrait pas dire absolument que 
les voies romaines sont composées de pierres : il en connaît 
une f près du kc de Grand-Lieu , pavée avec des morceaoi^ 
de terre cuite. Ces çxteptions sont confirmées par plusieurs 
membres. Ainsi» un membre remarque la même particu- 
larité sur le bord de la Sèvre-Nantaise. 

M. Gabriel de Fonuine dit qu'au Gué-Beau » ^ 10 mètres 
d^ la Sèvre-Nantaise , il a pu recueillir de nombreux débris 
de poteries rouges et grises * des fragments de verre, et enfin 
deux médailles , Tune d* Hadrien et Taiitre de Claude- le- 
Gothique. 

M. le président demande à M. Dogast s'il n'a point trouvé 
des bornes milllaires dans ses recherches. Le savant archéo- 
logue répond qu'il ne s'en est pas rencontré sur sa route, fl 
en signale toutefois une à Nantes et une autre à la station de 
Rom. Leurs inscriptions indiquaient qu'elles remontaient ï 
Tétricus, c'est-à-dire à la deuxième partie du Ill« siècle. 

M. de Longoemar fait observer que ces bornes milUaires 
avaient été plus tard creusées pour servir de sépulture. 

M. Fillon, qui signale un fragment de borne milliaire en 
calcaire rouge, trouvé à St-Pierre-du-Chemin (Y. la page 
suivante), rappelle qu'au Port-lVlaillard , à Nantes, on a 
trouvé une douzaine de bornes milliaires de la même époque 
avec inscriptions. Il donne communication à l'Assemblée 
d'une note à ce sujet Ces inscriptions aujourd'hui indéchif- 
frables 9 ajoute-t-il , sont très-probablement aussi du temps 
de Tétricus et de Tafite. 

M. Dugast pense que les Romains n'ont point tenu compte 
des routes tracées par les Gaulois. 

M. de Longuemar croit qu'il y a lieu de distinguer, et que 
cette affirmation, vraie pour toutes les voies stratégiques. 



XXXr SESSION, A PONTENAY. 



TO FAVG 



67 




J) 





est moins absolue quand il s'agit delà communication d*uQ 
centre à un autre. N'oublions pas que les Romains ont con* 
serré les mêmes centres de population que les Gaulois. 

M. Tabbé Baudry signale le chemin Charlemagne, à Chan- 
tonnay et à Bourdin , commune de Sigournais. 

M. Fillon cite plusieurs lieux qui ont conservé le nom 
de Sarrazin, M. Ledain indique, près de Bressuire, un camp 
portant le même nom. Les monuments romains , dit M. de 
Caamont, sont, par les paysans' de diiïérentes contrées, 
cooBus sous le nom de Sarrazin. M. Leroy de La Brière 
ajuote même que les ouvriers désignent sous le nom de 
pièœs de Mahomet les pièces romaines. 

M. Dngast termine ses intéressantes communications en 
signalant Tanalogie qui existe entre la direction des voies ro- 
maines et celles suivies dans les routes stratégiques dont ou 
a sillonné la Vendée en 1832. C'est ainsi, ajoote-t-il,qu'à un 
endroit célèbre, à la Penisstère, les deux routes viennent se 
renconinr. 




68 CONGBfeS ARCHÉOLOGIQUE DE VRAISCE. 

On passe à la question suivante : 

Inscriptions, Monuments épigraphiques» Noms de potiers 
et de verriers. 

M. Fillou donne connaissance de deux inscriptions votives 
très-importanles trouvées aux environs de la Gaubrelière 

RCVLIAVC 

FPRlSCIt#FVLVnilF 

C IIVN D 

(Vendée), au commencement de ce siècle. L'une d*e]les 
oiïre surtout de Tintérêt au point de vue géographique. 

Quant aux noms de potiers romano-gaulois recueillis en 
Poitou, leur liste étant très-longue, M. Filion renvoie à celle 
qu'il en a donnée dans son Art de terre chez les Poitevins,' 

M. de Longuemar lit un rapport sur Tépigraphie du 
Haut-Poitou. 

RÉSUMÉ DU MÉMOIRE DR M. DE LOXGUEMAR. 



La Société des Antiquaires de TOuest, fidèle à ses habi- 
tudes de publier le plus grand nombre possible de documeuls 
originaux, ayant un rapport direct avec les annales et les 
monuments de la vaste contrée placée dans le ressort de ses 
investigations entre la Loire et la Garonne , a donné , il y a 



XXXr SESSION, A FONTENAY. 69 

quelques années, place dans ses Mémoires au Recueil épi- 
graphique du Limousin, par feu M. l'abbé Texier. 

Le volume qui paraîtra cette année en contiendra pour 
ainsi dire le complément, sous le titre d'Épigraphie du 
Haut-Poitou , recueil de plus de trois cents pièces en partie 
inédites, et dont uncertain nombre seulement ont été publiées 
à diverses époques, soit dans les Bulletins et les Mémoires 
de cette Société, soit dans le Cot/trs (tantiquités monument 
taies de M. de Caumontet les comptes-rendus de la Société 
française d'archéologie. Nécessairement ces communications, 
isolées et mises en rapport seulement avec quelques monogra- 
pljies des monuments ou des biographies particulières , n*ont 
aucun lien d'ensemble dans ces publications antérieures, et il 
était intéressant d'en composer un recueil complet que pré- 
céderait utilement une introduction propre à établir les liens 
communs des diverses pièces de ce recueil, accompagnées 
d'annotations , de commentaires propres à en établir la va- 
leur et à en assigner la portée historique. M. de Longuemar, 
vice-président de la Société , s'est chargé de cette laborieuse 
tâche ^ en s' efforçant de la remplir aussi complètement et 
aussi fidèlement que possible. 

Il a fait connaître au Congrès de Fontenay que les trois 
cents inscriptions de ce nouveau recueil se composeraient 
d'environ vingt-cinq pièces ayant rapport à l'époque 
gallo-romaine païenne, comprenant notamment beaucoup 
d'inscriptions de bornes milliaires ; d'une vingtaine apparte- 
nant aux premiers siècles chrétiens , depuis le IIP jusqu'au 
X*" siècle inclusivement , parmi lesquelles figurent beaucoup 
d'épitapbes provenant de St-Hilaire-le-Grand de Poitiers et 
de l'abbaye de S^'-Croix, fondée par sainte Radégonde; 
d'environ cinquante inscriptions, également réparties entre les 
XI* et Xir siècles; de dix seulement des XHI' et XIV« 
siècles ; mais remarquables en ce que Tune d'elles est en 



70 CONGRÈS ARCIIÊOLOGIOLE DE FRANCE. 

imigqe hébraïque et gravée sur une des fenêtres da donjoB 
de Montreuil-Bonoin , pi^s Puiders, et rdate la détentioia 
iTiàû pauvre Israéiiie dans celte forteresse au raUieaduXIli* 
siècle, el aussi parée que plusieurs d'entre elles sont Mj^ 
rédigées en vieux françab et gravées en caractères Uen diflK- 
reots des préeédeals; de trente appartenant au XV* siècle , 
plus de Boisante au XV1«, autant au XVII*, et eofia <te 
trente fournies par le XVIII' siècle. 

Au point de vue des idiomes dans lesquels ces insciip- 
iions ont été rédigées , plus de la moitié appartient au lalia 
de rantiquilé et du moyen-âge jusqu'à nos jours » un sàiiènae 
au vieux français, un peu plus du sixième au fran^is aeio- 
deme , et le surplus à Thébreu , au grec , au eelti^ue (?) 
et même à la langue arabe. 

An point de vue de la forme des caractères alphab6tiq«e8, 
les inscriptions du Haut-Poitou présentent, pour les pramîen 
siècles, des capitales rustiques et carrées; pour les siècles da 
moyen-âge antérieurs au Xlil^ , des capitales rustiques et 
ODciales; pour les XIII' et XIV^ siècles > des capitales go- 
thiques rondes; du XIIP siècle aux premières années du XVr, 
des caractères gothiques brisés , et pour les trois derniers 
siècles, des capitales rustiques et régulières. Tous ces c^rac* 
tères épigraphiques ont été étudiés pied à pied dans cbaqpe 
époque par ^^uteu^ de ce recueil , afin d'en tirer, pour ir 
Haut^Poiton du moins, des formules approximatives qui 
vinssent en aide à la détermination des dates de ces inscrîfH 
tions, dont qne partie ne porte aucun millésime par suite des 
nombreuses mutilations de leur texte. Pour mieux remplir ee 
dernier but, la publication de M. de Longoemar sera accotn- 
pagaée de six piancbes de fac-similé exécutées avec soin 
el repredttisani les types principaux des insorfptÂons de sop 
recueil * 

Bafin ces inacriptionB , eqvisagé^s au point de vue djea 



XXXI* SESSION, A FONTEKAY. 71 

divers sajels qui en font Fobjet, comprennent notamlnent 
des sentences morales , des invocations et prières, des dédi- 
caces, des fondations d*obits , on très- grand nombre d*épi- 
laphes et quelques souvenirs particuliers. 

Ce quMI y a de plus particulièrement remarquable dads 
féiude de ces inscriptions , c'est qu*ou y saisit Fempreinte y 
la physionomie , pour ainsi dire , de chacun des siècles qui 
nous les ont transmises , et que certaines d'entre elles vien- 
nent parfois combler les lacones des chroniques locales et 
permettent de ressaisir l'origine et la liaison d'événements 
qui, sans leur utile intervention , seraient demeurées incon- 
nues , au grand détriment de notre légitime curiosité en ce 
qui concerne le passé. 

Au nombre des plus intéressantes hiscriptions de cet im- 
portant recueil, M. de Longnemar cite tout particulière- 
ment: 

Celles des bornes milliaires d'Badrren, de Commode, de 
Septime et d'Alexandre Sévère , de Tétricus ( César gaulois), 
de Tacite , de Constance-Clïlore ; les belles épitaphes de 
Taugore Sabmus et de la fille du propréteur Yarenus, et l'in- 
scription da menhir du vieux Poitiers, appartenant aux 
siècles païens du II* au IV siècle de notre ère ; 

Dans les premiers siècles chrétiens y l'épitapbe d'i£ter- 
naKs, accompagnée du chrisme et de FA et de l'n symbo- 
Kqnes de l'église de Civaux-sur- Vienne , qu'on croirait ex- 
humée des catacombes de Rome ; 

Do YIl* au XI" siècle exclusivement , l'épitaphe d'Adda , 
femme de Ramuiïe, comte de Poitou , et celles de quelques 
dercs et religieux de l'abbaye de St>Hilaire-le-Grand de 
Poitiers; l'inscription grecque do reliquaire byzantin de 
l'abbatiale de Charroox , et l'épitaphe de Salomon , sons- 
doyen de St^Hilaire , déjà publiée par M. de Caumont ; 
Do XI' siècle, les précieuses inscriptions de Péglise de 



72 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE- FRANCE. 

S**-Radégonde , coostatant l'invention du tombeau de sa pa- 
tronne et de l'abbatiale de Montierneuf « relatant la préseoce 
à Poitiers du pape Urbain II ; 

Ou XII' siècle , la longue inscription tumulaire , placée 
à l'extérieur de St-Hilaire, qui contient en beaux ?ers 
latins des sentences de philosophie chrétienne, et doot 
M. de Cauroont a aussi donné un fac-similé dans ses pu- 
blications ; 

Des XIIP et XIV' siècles, la belle inscriplion hébraïque 
indiquée ci-dessus, les inscriptions en inagniûques capitales 
gothiques, rappelant la fondation de l'abbaye de Charrous 
par l'empereur Charlcmagne et Roger, comte de Limoges , 
que M. de Chergé a fait connaître à la Société des An- 
tiquaires de l'Ouest , et ' la très-singulière inscription du 
clocher de Persac , mi-partie en latin et en vieni 
français ; 

Du XV* siècle, la magniûque et longue inscription en 
gothique brisée de l'église de St-Pierre , cathédrale de Poi- 
tiers, consacrée au souvenir du cardinal-archevêque Simon 
de Cramond; celle en caractères saillants de la chapelle 
St-Gelais, aujourd'hui la Folie, près Poitiers ; celle encore 
de la chapelle de Boisrogue, près Louduu, formée de stances 
latines du XVr siècle; l'inscription commémorative de la 
construction de l'église de Pouillé, en belle gothique brisée 
et en vieux français; celle de la destruction de l'église du 
couvent des Carmes de Loudun, en capitales rustiques , et 
au commencement du siècle suivant , l'inscription en belles 
capitales carrées , qui rappelle sa réédification par L. de 
Rochechouart, duc de Chandenier. 

£n résumé , le Recueil épigraphique du Haut-Poitou 
mettra tout à la fois en lumière les édifices les plus remar- 
quables de cette historique contrée , et les noms qui ont 
figuré avec le plus d'honueur dans ses annales particulières 



IXXr SESSION, A IX)iMENAY. 73 

et se rattachent» par tant de points, à l'bistoire monarchiqae 
de ia France. 

La coopération de M. de Longaeniar à la réunion des 
matériaux et k la rédaction du répertoire archéologique de la 
Vienne, lui avait déjà valu le titre de correspondant du Mi- 
nistère de rinstruclion publique pour les travaux histo- 
tiques ; la réunion des nombreux éléments destinés à former 
le recueil d'épigrapbie poitevine lui a valu la nomination 
d*ofificier d'Académie, par M. Duruy, ministre actuel de 
rinsu-ociion publique , à qui il avait adressé une série 
considérable d'estampages d^ ces inscriptions, exécutées avec 
soio et accompagnées de lectures courantes et de commen- 
taires ; enfin , une médaille d*argent lui a été décernée 
par la Société française d'archéologie , pour sa dernière 
pablication dans les Mémoires de la Société des Anti- 
quaires de l'Ouest, ayant pour titre: Recherches archéoLo' 
qiques sur une pâme de l'ancien pays des Piétons ; travail 
dont le rapport de AJ. Hauréau à l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres fait également une mention flatteuse. 

La séance est levée à dix heures. 

Le Secrétaire, 

IMBERT , de Thouars, 

De* ta Sociiti françaUt d^ archéologie. 



2* SÉANCE DU ilx JUIN. 

PrésideDce de M. Tabbé Laccrib, inspecteur-divisionnaire de la 
Société française d^archéologie. 

La séance est ouverte à deux heures. 
Siègent au bureau : M. de Longuemar ,M. le vicomte de 
Cumont , M. le Président du Tribunal de Fontenay, M. Se- 



7^ CONGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

fr^tatn, M. Tabbé Le Petit. W. Tabbé Amber, M, VMA 
Baudry, M, Gaugain, M. Marionneau, M. Fillan, secrétaire- 
géflérai. 

M. E, àfazas remplit les fonctions de secrétaire. 

M. le président donne iectarede la question do programoote 
ainsi conçue : 

Cimeiières, sépultures ; vases funéraires, armes et objets 
divers qui ont été trouvés dans ces sépultures. 

M. Fillon dit que les cimetières gallo-romains sont très- 
nombreux dans la contrée. Jl ne cite que les principaux : oeax 
du Langon.du Loc-de-Verrines (Oeux-Sèvres). St-Georges, Sl- 
Médard. Celui de Verrines offre cetie particularité remarquable* 
qu'au contraire des autres cimetières gallo-romains^ on y 
trouve beaucoup plus d'objets en verre qu'en terre. Au 
Langon, M. Fillon a découvert un très-grand nombre de 
aépohures par incinération, mais de la plupart il n'a reoueiUi 
que des débris. Une quinzaine de vases en provenant , «- 
trouvés en bon étal, sont au musée de Napoléon-Vendée. 
Divers objets recueillis par M. Fortuné' Parenteau , dans on 
cimetière exploré par lui à Pouzauges, sont déposés an 
musée de Nantes. La plupart de ces sépultures par inciné- 
ration datent des Ii« et IIP siècles. 

M. l'abbé Baudry lit un rapport sur une sorte de sépultures 
en forme de puits, où ont été trouvés de nombreux objets cl 
des ossements d'hommes et d'animaux. Ce rapport est entendu 
avec intérêt. Il a déjà été imprimé. 

M. Ledaio, de Partbenay, mentionne l'existence au musée 
do Niort d'une flôte en pierre tendre trouvée à Gourgé. 

A Maillezais, des puits de 9 à 10 pieds de profondeur 
furent découverts par des ouvriers dans une carrière voisine du 
château. Un fragment de poterie attira l'attention de M. Poëy- 
d' Avant : des recherches furent faites par ses soins ef ame- 



ZXXl* SESSION, A PONTENAY. 75 

nèrent la lUcoonerte, dans ces puUs, d*obJ«lB d'une ferme 
h a it a r e» m rapportaat aux II" et III* sîèdes , et d*ossefnents 
4'iMMn«es €1 d*anîaiaux ; aa food éuit toujoura uiie eooche 
de cendres. 

M. de Gauinoat foti observer qu'an grand nombre de 
psils ont été reconnus en Nonaandîe , où on les considère 
qoelqoeMi oomme des fosses où les objets ont pu être 
ettCassfe péie-inêle et non conune des sépultures; mais dans 
d'aoïres localités , comme à Cfaamboy , on a trouvé des trous 
POBds oreosés quelquefois dans la pierre et qui renfermaient 
das OFoes. A Ghamboy » il y a beaucotip de cavités pareiHes 
dans le même champ. M. le marquis de Manaoory d'Ectot 
tes a eiplorées cette année « et la Société française d'archéo- 
hgie a volé des Ibnds pour continoer ces fouilles. 

M. FiUoii répond qu'à Tabbaye de Maillezais on en re- 

fnarqva qointe dans on très-petit espace erà quelque distance 

de toBie hahitatloa. 
M. de Caumont signale un de ces puiu, de près de 

§0 pieds de profojadeor. M. Le Métayer-Masselin , de 

leraay » y a trouvé des ossements et un grand nombre 

d'objets divers. 
U. Rocquet signale aussi quelques fooilles, pratiquées aux 

eaviroQS de St«Jean*d'Angdly, qui ont amené la découverte 

d'ooMments et de vases gallo-romains dont il communique 

des dessins k MM. les membres du Congrès. 
H. kiibert a vu à Pas-de-Jeu une sépulture remarquable. 

B y a trouvé on cadavre entouré de huit vases en ven*e, dont 

lis fofent cassés. Auprès se trouvaieni d'autres sépultures. 

M. FiHoB signale » entre autres, un dépôt d'armes trouvé 
i lialliers par M. le docteur Auger : plus de vingt épées en 
fer, avao petits pommeaux de hroose , des médailles , grand 
aemhvo de moonsies coDsiilaires , quelques-unes d'Au*- 
guste • et les plus récentes de Tibère. 



76 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

La questioD suivante est mise à Tordre da jour : 
État des arts dans la Gaule au II f* siècle. Tombeau de la 
femme artiste de St-Médard-des-Prés. Fragments de sculp- 
tures et de peintures antiques recueillis en Poitou. A-l-oi» 
troËtvé , sur quelques autres points de la France , des insiru" 
ments de peinture analogues à cetix sortis de St-Médard f 
M. Filion entrelient MM. les membres du Congrès de la 
découverte faite à St-Médard /il y a quelques années , par 
ses soins et ceux de M. Rilter ; découverte dont on a pu ▼oir 
chez lui l'ensemble. Il décrit ce tombeau et en comiDU- 
nique le plan. La position des divers objets a été relevée 
exactement par M. Ritter, et les couleurs et vernis ont fait le 
sujet d'un rapport de M. Chevreulà TAcadémie desscieDces. 
M. Filion a vu des peintures murales dans des restes de 
villas du Bas- Poitou. Celles de St*Médard, entre antres, lui 
paraissent remarquables et pourraient bien faire honte à 
quelques peintres décorateurs de nos jours. On y remarque 
surtout des sujets ayant trait aux divinités dos eaux. Ces 
divers fragments dénotent une grande habileté et se rap- 
portent au IIP siècle. Il appelle , à ce sujet, rattentîon de 
MM. les membres du Congrès sur un mouvement consi- 
dérable qui s'est produit dans Tart de la Gaule sous Postnme. 
Des monnaies de cet empereur sont aussi très-supérieures, 
comme sentiment de l'art, à ce qui se faisait alors en Italie. 

M. Mariunneau présente un rapport sommaire sur la dé- 
couverte de bains romains faite à Noimioutier. D'après lui , 
ils se rapportent à Tépoque de ce grand mouvement dont 
parle M. Filion. lien communique des dessins relevés par lui. 

M. de Longuemar communique aussi des dessins de cu- 
rieux fragments de fresques romaines découverts à Nizy-le- 
ComtCy dans TAisne, Une de ces fresques représente une 
chasse à la panthère. Il fait observer que la couleur est re- 
levée par des hachures, et M. Filion a fait la même remarque 
dans les peintures de |St-Médard. 



XXX r SESSION , A FONTENAY. 77 

M. Filloa fait passer soas les yeux de MM. les membres 
du Coogrès uoe aose romaine de brooze formée par deux 
dauphins ; c'est uq curieux spécimen de i'art au IV' siècle. 

M. le président donne lecture de la question du programme 
ainsi conçue : 

QtieUe est la composition des dépôts monétaires romains 
exhumés entre la Loire et la Charente 7 Quelles notions 
historiques peut-on tirer de ces dépôts? Moules de faux- 
monnayeurs, 

M. Fillon fait remarquer que presque tous les dépôts mo- 
nétaires s'arrêtent au troisième consulat de Postume. On 
pourrait aussi , ajoule-i-il , circonscrire ces dépôts entre la 
mer et une ligne qui, passant par Reims , Paris , Orléans , 
Poitiers , Bordeaux , s'arrêterait à la Gironde. Il signale plus 
de quarante de ces dépôts, dont pas on en dehors de cette 
ligne. Il explique ce fait par une invasion par mer et par 
lerre de barbares, qui aurait eu lieu tandis que Postume 
était occupé à repousser les tentatives de Gallien contre 
la Gaule. M. Poëy-d'Avant a déjà lu au Congrès un rapport 
sur des moules de faux-monnayeurs. Une grave maladie le 
relient chez lui et prive MM. les membres du Congrès des 
iniéressantes communications de ce savant distingué. 

L'ordre du jour amène la discussion de la question sui- 
Tanie : 

Quelle est l'origine des lieux appelés Tiffauges, LAssurie^ 
Aiffre, La Romagne, Mortagne, Marmande, Épagne , etc. f 
Quelle est l'origine de la fable de la Mélusine ? 

Les ingénieuses et savantes observations présentées à ce 
sujet par M. Cardin captivent Tattention. D'après lui, ce- 
pendant, quelques-unes de ces origines sont difficik^s à dé- 
lenuiner. 



78 CONGBÊS ABCHioLOGIQUB DE FRANCE. 

ftL FilloB croît raconiudti» àam. cw nmx» h ivMei d^B- 
cieanes colonie» éiraB|$àres, impoiftées ohei nom h partir éà 
lafiadull^aiècle. 

M. Charron , étant obligé par ses occupations personnelles 
de quitter le Congre»» demande è lire un liap^ort- swie 
sooterrain-refage de Pétosse. 

RAPPORT JRE Bl. CHARROX. 

Bien qo*oa ne sache pas Tépoque où ce refuge fat creosé, 
les habitants de la commune connaissaient son eiisteace , et, 
avant la Bévolnlion de 1789» ils le visitaient ONnaie une 
pièce extrêmement curieuse. Plusieurs noms et dates ont été 
gravés sur les piliers ronds par des visiteurs ; la plus an- 
cienne de ces iuscriplions paraît être de 1728» 

Selon nous, rien ne prouve que ce souterrain ail été habité 
depuis deux cents ans comme asile et lieu de défense» 
Cependant nous croyons que quelques meubks y forent 
déposés pendant la guerre civile de 1793. Il se ferma 
peu à peu, environ deux ans plus tard ; il resta dans ce 
dernier état jusqu*en 1849, époque où la curiosité des 
habitants les porta à rouvrir un lieu dont leurs pères 
les avaient si souvent entretenus. Après . que ces habi- 
tants Teurent tous visité, ils laissèrent encore boucher 
l'entrée, et elle n'a été rouverte qu'en 1864^ pour lever le 
plan de ce souterrain , lequel est taillé dans un calcaire mé- 
diocrement dur. 

DESCRIPTION. 

Le plan par terre ayant été régulièrement levé , nous oe 
signalerons que la hauteur de chaque appartement Pour 
ne pas faire de redites , nous observons que la voûte est 

généralement plate el coupée iros-uniformémcnl. A quelques 



\X%V SESSION, A FONTENAY. ?9 

eicefHiom près, les côtés sont taillés aussi régnlièretnent 
q««. l'ttt on mar , et le pMli-pied est uni comme celui d'une 
chambre habitée. 

L'entrée, figurée par la lettre A , est à i inèlre 86^«entr' 
nètie» Mi-dessous du oiveau dn sol ; sa largeur esl de 1 
BOèlre; elle est couverte par une pierre de 35 centimètres dé 
bi^or et 18 centimètres d'épaisseur. Cette pierre est pro«i 
légée par un cintre qui soutient le mur septentrional de 
Féglise , sous lequel l'entrée est creusée ; la hauteur actueffis 
4e rentrée est de i mètre ; l'obstruction empêche de con- 
naître sa hauteur primitive. 

Le corridor, marqué par la lettre B, descend par une 
pente très-rapide ; sa hanteur actuelle est de 1 mètre ; il est 
probable qu'avant l'obstruction elle était plus considérable. 
La porte qui donne entrée dans la pièce suivante n'a pas de 
fenilhire. 

Nous n'avons cru mieux faire que d'appeler vestibule h 
pièce Indiquée par la lettre C , parce qu'elle donne accès à 
plusieurs autres pièces. L'obstruction- empêche de connaître 
sa véritable hauteur et môme sa longueur, puisque la partie 
âi droite de la porte du corridor est pleine de décombres. 

Nous avons appelé salle basse la pièce portée sous la lettre 
Dt parce qu'elle esl creusée plus profondément que les 
autres; sa liauteur est de 2 mètres 30 centimètres. On ; 
entrait par trois portes sans feuillures , ayant' chacune 
1 mètre 20 centimètres de hauteur sur 70 centimètres de 
largeur; l'une d'elles communique avec une longue pièce 
ci-après ; celle du milieu entrait dans le passage suivant, et la 
dernière accède dans le vestibule ; celle du nord est seule 
praticable; celle du milieu est à demi bouchée, ot celle du 
midi complètement obstruée. 

La lettre £ marque un passage qui n'a que 90 centimètres 
de largeur sur une longueur de 2 mètres 80 centimètres. Sa 



80 CONGnÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

haatcur actuelle est de 90 centimètres, sans savoir ce 
qu'elle était avant l'obstruction. La porte du midi, qui eatre 
dans la pièce qui suit, a une feuillure bien prononcée , osais 
celle qui communique avec le vestibule n'en a pas. 

I>a galerie indiquée par la lettre F est mal unie sur les 
côtés; son plain-pied est irrégulier; la partie touchant le 
passage sus-indiqué est garnie de décombres qui réduisent 
la hauteur à 1 mètre, tandis qu'elle est de 1 mètre 50 cen- 
timètres dans le reste de la galerie. 

Le chiiïre 1 indique une porte maçonnée , sans feuillure , 
ayant 1 mètre 20 centimètres d'épaisseur et 1 mètre 60 cen- 
timètres de hauteur. Cette porte fut probablement construite 
tant pour rétrécir le passage qui sépare la galerie du couloir» 
que pour soutenir d'énormes pierres disposées en forme de 
voûte. Il est à supposer que cette voûte fut faite pour boo- 
cher le trou par lequel on avait sorti les pierres extraites 
dans cette partie du souterrain. 

Le couloir marqué par la lettre G, reliant la galerie avec 
la pièce ci-après, a 1 mètre 70 centimètres de hauteur. 

Le passage indiqué par le chiffre 2 est carré , ayant 50 
centimètres de hauteur , 63 de largeur et 65 d'épaisseur ; il 
est taillé dans le rocher, à 60 centimètres au-dessus du sol ; 
il va en biais et on ne peut le franchir qu'en rampant sur le 
ventre. L'imprudent qui aurait voulu poursuivre son ennemi 
aurait eu la tête coupée avant d'avoir traversé ce passage 
périlleux : il fallait donc s'arrêter là sous peine de mort. 

^ous avons appelé lieu de retraite la pièce désignée par 
la lettre H , parce qu'elle est la dernière dans cette partie du 
souterrain et que les deux branches de la croix étaient 
propres à mettre à l'abri du tir de l'ennemi, lequel était 
forcé de s'arrêter devant le trou dont nous avons parlé. Pour 
ne pas rester bloqué » nous supposons qu'on s'était ménagé 
une sortie indiquée par le chiffre 3. C'est un passage carré, 



XXXr SESSION, A rOMTENAY. 81 

taillé io miliea de la croix, par lequel on aurait pu aiaémeol 
sortir par le haut , à Paide d*ane échelle, puisqull a 00 cen- 
timècres de largeur sur tontes les faces. La hauteur générale 
de la |Mèce de retraite est de 1 mètre 65 centimètres. 

Cetle dernière pièce n*ayant pas de sortie de plain-pied , 

il est tout naturel que, pour visiter le reste do souterrain, 

il faille retourner sur ses pas jusqu'à l'entrée de la galerie ; 

ensuite on traverse les pièces I et J pour arriver à K , que 

Doas supposons avoir été l'issue du reruge. Ce qui corrobore 

cetle dernière supposition , c'est que cette pièce va 

loDJonrs en se rétrécissant et que sa pente est très-rapide en 

montant vers l'extrêraiié du sol. Le nombre il marque un 

soupirail de 20 centimètres de diamètre , incliné vers le lien 

supposé de la sortie. Les nombres 12 et 13 indiquent deux 

autres soupiraux, de 10 centimètres de diamètre, perforés 

perpendiculairement de bas en haut. Il y a une trace de 

(euillore du côté gauche de la porte qui donne entrée 

dans la pièce L , et l'on voit un trou de chaque cOté de cette 

porte pour établir une barricade. 

Le nombre 1/i indique un puits de 2 mètres de profon- 
deur, d'une forme ronde; son diamètre est aussi large que 
la porte de l'issue, et l'est un peu moins que la porte de la 
pièce J. On ne pouvait donc pas sortir de l'issue sans tomber 
daos ce puits, et on ne pouvait pénétrer dans les pièces J et L 
qu'en le gravissant 

Nous avons donné le nom de grande habitation à la pièce 
marquée par la lettre L , parce qu'elle est la plus vaste et la 
plus aérée de toutes. Comme elle paraissait être à l'abri d'un 
coop de main , tant du côté du puits que des deux autres 
pièces, dont nous entretiendrons MM. les membres du Congrès 
plus tard, nous supposons qu'elle aurait dû être la pièce la plus 
fréquentée par ceux qui auraient cherché un refuge dans le 
sooteiTain. Ce qui vient fortifier cette supposition , c'est que 

6 



82 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

sa hauteor inférîeare est de 1 mètre 75 eestînèlres cl 
qu'elle est de plus de 2 mètres entre le pvits et la figue 
marquée par le nombre 16; cetie ligne, qui est coorbe, 
est un perron taillé dans le calcaire pour asseoir les gens. 

Le point rond marqué par le nombre 17 est un pilier de 
3 mètres de circonférence ; il est construit aa mitieo de la 
croix et entouré de six soupiraux , chacun de 20 oenliiiiètres 
de diamètre, taillés perpendiculairement de bas en haut; 
leur élévation est de 7 mètres au-dessus du plain«-pied du 
souterrain. 

0*après les fortifications des deux «pièces dont nous aVoos 
parler , nous ne comprenons pas bien la nécessité d'avoir 
fait des trous pour établir ti-ois barricades dans chacune des 
branches de la croix et une dans la lôte , comme il en existe 
aux marques indiquées par les nombres 18, 19, 20, 21, 22, 
23 et 2A. — Cependant on pourrait supposer que ces barri- 
cades auraient été pratiquées pour le cas d*une surprise. ISn 
effet, si les assaillants , après avoir franchi le puits , avaient 
trouvé les habitants du souterrain dans la salie d'habitation, 
ils les auraient empêchés d'entrer dans le vrai refuge et les 
auraient poussés aux extrémités de cette salle, oà ils se se- 
raient retranchés derrière leurs barricades pour se dé- 
fendre. On pourrait supposer aussi que ce dernier moyen 
aurait été pratiqué pour mettre les vivres à l'abri d'un ooap 
de main. 

Le point indiqué par le nombre 15 est une fenêtre taillée 
dans le roc, au tournant de la grande salie, pour y placer une 
lumière, afin d'éclairer celle salle, la porte de Tissoe et la 
pièce dont nous allons parler. 

Nous avons cru devoir nommer corps-dc-garde la pièce iaéî* 
quée parla lettre J, parce que, en casd'attaqne, la sentinelle et 
la garde de sûreté auraient dû nécessairement être placées U 
pour surveiller l'issue , repousser l'ennemi dans le puits et 



XXXI* SFSSION, A rOMENAY, 8S 

Mfendnft ài pMe de cqtte pièce i » eii attendatil qne loul If 
«MMide «eâi été renlPé dans la change- forte. U p«int 
imqaé far le ohiAre 7 est une menrlrière ronde, dis 12 
eenliwleret de dîiiDètre, far faqinette oo aurait po tirer aur 
eeoE qui 16 aeraieat ietrodoits dans llvoe, on du vmns pour 
les sarreitter. Le cbîflre 8 annooce uo trou eu baut et uu 
IMNI en iMspour tnetlre le bourdonneau (4) d*une porte. Le 
cbilre 9 indique le seuil de cette porte, qui existe encore et 
qui paraîtrait avoir été fait à deux fins : pour défendre le bas 
de la porte pendant la guerre et pour asseoir les geiis eu 
temps de paix. Le nombre 1 indique aussi «n perron pour 
ce dernier usage; il est taillé dans le calcaire et il a 35 cen- 
liuiètres de largeur. La hauteur de cette pièce et celle de 
la suivante est de 1 mètre 65 centimètres. 

EnGn , nous nommons la pièce J cbambre-Torte , parce 
qu^elle est inexpugnable: placée au milieu du labyrinthe, 
c*e8t one citadelle souterraine dans laquelle deux hommes 
pourraient se défendre d*une armée entière et soutenir un 
siège qai ne pourrait finir que par la famine oo la démo^ 
Jition des fortifications. Voici comment : on ne peut entrer 
dans cette pièce que par les passages i!i et 6 , qui sont deux 
trous ronds , chacun de 35 centimètres de diamètre , taillis 
dans nne pierre de 90 centimètres d'épaisseur ; ils sont 
éleiés de &0 centimètres au-dessus du plain-pied. Ces 
troQs sont si étroits qu*un gros homme ne peut y passer : 
les antres sont forcés d'étendre leurs mains au-deiant de 
leor tête , ramper sur le ventre et descendre dans la chambre 
sur les deux mains. Personne ne pourrait donc passer par 
ces trous sans avcmr les mains et la tête coupées, si un 
ennemi l'attendait. 

Ce qui rend encore cette pièce plus foric, c'est. que les 

(l)'Sans être français , le mot bourdonneau est usUé en Vendée* 



iU CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

trous sont taillés en biais ei que le pilier rond indiqué par 
le chiffre 5 se trouve placé entre ces deux passages» de 
manière que les hommes da dehors ne pourraient voir celai 
qui défendrait le trou opposé. En outre, les deux brancbes 
de la croix pourraient cacher un grand nombre de personnes 
sans qu^elles fussent exposées aux coups de Fennemi. 

Pour donner de Tair à ce vrai refuge, les fondateurs 
avaient établi quatre tubes autour du pilier, chacun de 10 
centimètres de diamètre et montant perpendiculairemcRt. 
Pour rendre cette pièce moins incommode , ils avaient établi 
un embasement rond pour s*asseoir autour du pilier , lequel 
a 2 mètres 50 centimètres de circonférence , et le perron , 
formant siège, a 35 centimètres de largeur. Environ dix 
personnes pourraient aisément s*y asseoir. 

Ce souterrain-refuge s*étend sur une superficie de 260 
mètres carrés. Toutes les pièces du nord et du levant , 
jusqu'à la chambre-forte exclusivement, sont très-sèches, 
comme étant sous Téglise de St-Julien de Petosse. Mais les 
autres pièces, qui sont sous le vieux cimetière et sous Taire 
de Tancicnne métairie de la cure, sont très-humides et même 
inondées d'eau pendant les temps pluvieux. 

II nous reste à apprécier l'époque à laquelle peut remonter 
la création de cet intéressant refuge, et l'usage qu'on prétendit 
en faire. Nous supposons tout d'abord qu'il fut creusé dans 
un temps malheureux où le Bas-Poitou était ravagé, et la vie 
des habitants de Petosse mise en danger par une gnerre 
d'extermination. 

Quatre grandes périodes se présentent à notre mémoire : 
la chute de l'Empire romain, au IV siècle; l'invasion des 
Normands, au X«; la domination anglaise, au XI V«, et les 
guerres de religion , au XVI*. 

Selon nous, la configuration du souterrain exclut toute 
pensée de faire remonter sa création jusqu'à la chute de 



XXXI* SESSION , «A FOMTENAY. 85 

TEmpire romaio : les trois croix , qai sont les principales 
pièces de défense , attestent qa*il a été creusé depuis Tin- 
trodoctioQ da christianisme dans notre pays. D'une autre 
part, le SLVI' siècle est trop rapproché de nous pour que 
BOUS poissions supposer que les habitants de Petosse aient 
creusé cet asile pour se cacher et se défendre^ pendant la 
gperre entre les catholiques et les protestants. 

Nos suppositions se trouvent donc réduites aux périodes 
de l'invasion des Normands ou de celle de la domination an- 
glaise. Et encore, nous nous empressons de dire que les 
deux considérations suivantes semblent exclure cette der- 
nière : l"" le cintre construit pour protéger la pierre qui 
œuvre l'entrée est si rapproché de cette pierre , que nous 
croyons être certain que la construction de Téglise est pos- 
térieure à la confection du souterrain ; 2"" nous pensons que 
l'église fut édifiée sqr la fin du XIP siècle ou au commencement 
du XIIR S'il en était ainsi , ce refuge aurait donc été fait 
avant la guerre anglo-française. 

La pièce suivante vient corroborer la pensée que cet asile 
aorait été construit pendant l'invasion des Normands ou peu 
de temps après : 

« Le peuple des bourgs de Petosse, pouillé Longesve, 
« Charzay , S^ ^artin de Fraigneau , jusqu'à Ouïmes et 

• Benêt et antres iceluy plat pays fut, en l'anne 1033 et 

• aones suivantes, battu de maux qui ne se sauraict nom- 

• brer , par guerre émue entre les seigneurs propres et par- 
<i ticuliers et ceux de Colonge et de la Motte-d'Ârdin. Les 
« maisons et champs forent brûlez, les bardes, coffres et 
tt bétes volez et habitants massacrez et mutilez , ce qui en 
' restait forcé de fuir en foretz et abandonner leurs lieux 

• qui de longtemps ne furent ensemencez. « 

(Manuscrit de J, Besly dam ceux de Duchesne^ 
conservés à la Bibliothèque nationale. ) 



86 CONOBfeS ABCBÉOLOGIQUE DE PBANCE. 

Ce pojttege a été reproduit ilans f article ooimcré k Pte- 
trnay-fe-Comie , dans Poitou et Vendée, par tM. B. Mai 
et O. de Rochebrunc. 

En tirant les conséquences do cm>tena de eefte pîèœ. 
on est amené \ sappoaer que si le souierraîA-r^foge de 
PetoaM ne fut pas creusé pendant Tinvasion dea Iformands, 
il dut Tétre daus le XI* siècle , avant , pendant oo aprée kl 
désastres signalés par J. Besly. Nous supposons donc que 
Texislence de cet asile date du X* siècle ou du cmbomboo* 
ment du siècle suivant. 

Mais» pour appuyer cette opinion , qu*il nons aoit pemis 
de remonter \ Thistoire de ce temps*ti , de rapporter la Ira* 
dition populaire du pays et de tracer la poMlîon Mfn* 
graphique de Petosse. 

L*hîstoire nons dit que, dans Tannée 1003 , Petenae dé- 
pendait de l'abbaye de Mailiezarâ, et on aaît que ia maaiOtt 
seigneuriale de ce petit bourg se nommait la Court II eH 
donc hors de doute que Petosse n*a pas en de sej^gaears 
hfrjues , puisque les savants nous apprennent qne le mol de 
court indique que la création de cet important domaine re- 
monte au moins à l'époque mérovingienne. 

Si la supposition d*un château-fort se trouve écartée par 
l'histoire, nous devons dire que la tradition popotoire in- 
dique que la Court a été une maison habitée par des 
moines; de cette maison dépendait la belle propriété de 
Poiville, située à une extrémité de la commune de Petoase, 
où Ton voit encore les restes bien conservés d'une ancienne 
chapelle. 

Que cette version soit vraie ou fausse , toujours est-H qne 
l'ancienne enclôture de la Court contenait pins de 2 hec^ 
tares, et, si l'on en croit le dicton populaire, les mnrs 
qui entouraient le clos de celle ancienne maison étaient très- 
hauts ; on y entrait par un portail qui séparait le boui% de 



XXXr SESSION, A PONTENAY. 87 

ce (H-^lendu coavent , qt on $orUit de celai-ci par un autre 
portail qai entrait dans la plaine. La Court était donc com- 
plètement séparée du reste du bourg. 

An mîiieu de cette enceinte se trouve le meilleur puits de 
la GoiiiniaDe : creusé à 40 mètres de profondeur , il ne tarit 
jamais. L'ancienne grange du Terrage existe encore ; c*e$t la 
plus vaste que nous connaissions: elle a 20 mètres de largeur 
^ur 67 de longueur. Quand cette propriété fut vendue 
naiionalement , il y avait encore une chambre, appelée la 
Calinerie , dans laquelle le fermier du lieu était tenu de loger 
les voyageurs indigents. 

Ce qoi prouverait encore que la Court a été habitée par 
des moiocs , c'est que la ierre de Pclosse est très-fertile ; 
que cette maison avait le droit de terrage sur environ 1,200 
bectarc» et qu'elle possédait, en propre, 170 hectares de 
terres labourables » y compris Foi ville. En outre, nous avons 
assisté à des fouilles faites dans l'enceinte du clos précité, où 
l'un a découvert plusieurs chambres carrelées en terre cuite» 
avec mortier de chaux et sable. 

Eo examinant la position top(^raphique de la Court , on 
ne peut s'empêcher de supposer que l'emplacement où est 
bâtie l'église et celui où on fit édifier l'ancienne métairie de 
la cure , faisaient partie du vaste enclos de la Court , ain^i 
que le cimetière qui entoure l'église. Ce qui le prouve d'une 
manière évidente, c'est que le tout est contigu et que le 
lerraiu est beaucoup plus élevé que les fonds voisins. On 
prétend même que le portail d'entrée était proche de l'an- 
cienne métairie de la cure. 

Ce qui vient encore à l'appui de celle supposition, c'est 
qu'il exislaitdeux cimetières : l'un, placé au nord du bourg , 
était probablement celui des habitants , et l'autre , entourant 
l'église, devait être celui des moines , s'il en existait. Il y a 
environ deux siècles que celui du nord fut abandonné , pour 



88 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

faire toutes les inhumations dans celui qu'oo prétend i 
appartenu aux anciens moines. 

En admettant cette supposition comme (rfaosible, bob 
trouvons la raison d'être du souterrain-refuge , puisqull étail 
placé dans le dos de la maison seigneuriale. En outre, aoos 
croyons qu'il était naturel que les moines fissent une cita- 
delle souterraine pour s*y retrancher avec une partie de leurs 
voisins. San8cetteprécaution,comment auraient-ils pu échapper 
à la poursuite des seigneurs ennemis, au milieu d'une pbiae 
où ils ne troufaient ni forêts, ni rivières, ni accidents de 
terrain pour se cacher? Sans cet asile, il aurait donc feUo, 
comme le dit J. Besly, que les habitants de Petosse se fussent 
sauvés dans les forêts en abandonnant leurs chaumières et 
leurs champs. 

Il est probable aussi que ce refuge aurait pu servir au 
moines et aux habitants de Petosse pendant le XIll* siècle, 
lors des dévastations que Geoffroy de Lusignan, dit la Graod'- 
Dcnt f Gt subir aux possessions de Maillezais. 

Ce qui le prouverait, c'est que Petosse est mentioDoé 
dans la bulle du pape Grégoire IX , en date de 1232, re- 
lative à la transaction intervenue entre Geoffroy et les moines 
de Maillezais. 

Nous nous résumons en redisant que nous croyons que ce 
refuge fut créé pendant l'invasion des Normands, on pendant 
la guerre que les seigneurs de Goulonges et de la Motte- 
d'Ardin Grent aux habitants de Petosse et aux autres boorgis 
désignés par l'historien Besly. Noos pensons qu'il fut fait 
pour y cacher tous les invalides, tels que vieillards, femmes, 
enfants, et les objets les plus précieux. Il est probable que cet 
asile devait être conGé à la garde de quelques braves, pen* 
dant que les autres auraient guerroyé. En effet , il n'est pas 
supposable que ces habitants eussent été assez imprudents 
pour se réfugier tous dans ce lieu, où ils auraient pu être 



XXXI* SESSION, A FONTENAT. 89 

asphyxiés oo pris par h famine. Dans le premier cas, ils au- 
raient eu la chance de sauver ce qu'ils avaient de plus cher, 
en faisant lever le blocus par des traits de bravoure ou 
en se faisant aider par leurs voisins ; tandis que, dans le 
second cas, ils auraient été tous exposés à périr sans res* 
source. 

Telles sont les suppositions que nous avons faites, sans 
avoir étudié l'archéologie. Nous désirons que des savants 
viennent visiter ce souterrain, pour rectifier les erreurs que 
nous pourrions avoir commises et pour ajouter ce que nous 
pourrions avoir omis. 

Après avoir donné la description d'une pièce souterraine 
qui prouve que, dans un siècle reculé, les habitants de 
Petosse avaient une certaine dose d'intelligence pour pour- 
voir à leur sûreté , nous croyons devoir citer un dicton 
populaire qui fait souvent parier de celte localité. Si, en 
Vendée et dans les départements limitrophes, on entend gé- 
néralement dire qu'à Petosse ou ferre les chats , chacun 
demande ce que signifie ce singulier proverbe et sa 
raison d'être; mais personne ne peut en donner la solution. 

Comme ce plaisant dicton excite la raillerie de nos voisins, 
et qu'il n'est pas propre à inspirer une grande confiance dans 
les lumières de nos habitants, nous croyons devoir établir 
les faits, tels qu'ils sont venus à notre connaissance, 
pour que tout le monde sache que des maréchaux , d'un 
ordre supérieur, se trouvèrent si habiles qu'ils ne furent pas 
obligés d'avoir recours à la science de leurs frères , les dis- 
ciples de saint Éloi, pour inventer une ferrure qui devait 
donner un si grand renom à la petite commune qui les avait 
vus natire. 

Sur la fin du XYI* siècle , nous a-t~on dit , des amis de 
Bacchus , après plusieurs libations qui les avait rendus 



90 CO^GI.ÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

pillards, firent uoe action qa'nne loi de la deniième 
HipuUiqMe française aurait flétrie ponr avoir maltcailé w 
aoinui. Pendant un hiver rigoureux , où la terre était cott- 
plèteaient couverte de verglas, ils mirent les punies d*on 
pauvre ch«it en quatre grandes coques de noix pieioes de 
goudron fondu , et ils le lancèrent sur le verglas. La HiaU 
heureuse bête patina jusqu'à la mort, sans qu'il y eât quel- 
qu'un assez charitable pour la délivrer. 

Ce récit, que npps ont légué nos aïeux, est-il vérUaMe! 
Nous TignoroBS. Il pourrait bien être l'un de ces dictons 
par lesquels on signale , avec dérision , les populations 
peu éclairées. Qui nous dit qu'il n'en est pas de la ferrure 
du chat comme de celle de l'oie, qu'on jette au nez 
des habitants des bourgades qui passent pour avoir peu 
d'esprit 7 

Que ce singulier dicton vienne d'où il pourra , il n'bonore 
pas nos ancêtres et attire beaucoup de railleries à leurs des* 
cendants. Mais nous sommes heureux d'avoir pu faire pré- 
céder cette dernière notice par la description d'une pièce qui 
prouve la sagacité et rintelligcoce des aïeux de ceux qui se 
déshonorèrent par l'ivrognerie. 

Une des questions du programme est ainsi conçue : 
Qtêcls sont les plus anciens monuments chrétiens du 
Poitou ? A quelle époque le paganisme a-t-il cessé tVêtre la 
religion dominante dans La contrée? Monuments de Rezé et 
de St'Georges de Moniaigu. 

M. de Longueinar signale quelques inscriptions et en 
communique des dessins ; il cite , entre autres , deux tom- 
beaux qui sont au musée de Poitiers : l'un est appelé la 
Pierre qui pue ; sur l'autre sont représentées, d'un côté, une 
chasse au lion et, de l'autre, la Fuite en Egypte; singulier 
rap)>rocbement. Ces tombeaux , dont M, de Longuemar corn- 



XXXI* SESSION , A FONTENAY. 91 

œaniqiie des dessins, se rapportent au IV* on au V* siècle; 
îb oot été eiaminés et décrits quand le Congrès ar- 
ciiéologique s'est tenu à Poitiers , en 1863. M. de Ganmont 
fait remarquer que des tombeaux analogues sont regardés 
comme moins anciens dans le Midi et comme pouvant être 
ë« ?• et YP sièch». 

M. Fillon en cite deux, un au Langon, qu'il décrit avec 
soin et dans lequel il a trouvé un fragment de tibia : une 
MilkMi populffre veol qoe ce soit h sépulture d'uaiaii^^ du 
fMtf% Âf pite se trouve usa footaine sacrée. Ce tosibeau est 
DU dc0 pins «icirn^ dq Poitou. Le ^copd « 4éccH|vert ^ 
¥mmm, pris de Fontenay, pcat être auribué 9u V* siècle ; 
il pcNTte uae int^ripiios ronvirquable et, an-de^soMS, h 
ebrinne entre deux ootoaibeai (39 autre tombeau est signalé 
•t décrit par M. de La Tourelle. 

M. Ravin, de TYcADe, lit une «ote sur les puits gallo-^ 
Noiains é^M H a été précédemment question. 

N. Filton, secrétaire^-géttérai 9 aMonce qtie le leademaia 
oneeiairBioji aura Ken à Maitleiais, et transmet à MM. les 
meobrcs 4«i Congrès l'învitaiioo, de M. Foëy-d'Avant , de 
dîqep cbfi loi dans Tabbaye de MaiUraa^. On partira de lu 
phie d'arvies ï six heures précises. 

la lésMe flsi levée. 

Le Secrétaire ^ 
£. Mazas, 



T* V 



92 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 



EXCURSION A NIEUL-SUR-L'AUTISE, A St-PIERRE-LE-VIEUX 
ET A MAILLEZAIS , LE 15 JUIN 186A. 



Présidence de M. db Gauhoiit , directeur de la Société 
d*archéologie. 



Le 15 juin 186i!i, MM. les membres do Congrès, ao 
nombre d'environ quatre* vingt-dix, sont partis de FoDteDiy 
dans une vingtaine de voitures, à six heures do roario, 
pour se rendre à Nieul-sur-l'Aulise , dans le bot de visicer 
l'église de celte paroisse. Une heure après , la Sociélé 
se trouvait réunie sur la place qui s*étend au-devant de cet 
édifice , dont Texamen a été commencé par sa façade , qui se 
rapporte à deux époques différentes. La partie 8*éle¥ant 
jusqu*à la hauteur des voûtes est du XII* siècle et se divise 
en trois travées, par dfi» contreforts composés de colonnes 
engagées correspondant aux nefs intérieures. CJn portail 
roman avec quatre archivoltes, sans tympan sculpté, occupe 
le milieu de la partie inférieure et est accompagné » à 
droite et à gauche, d'une arcature aveugle de même forme 
et à deux archivoltes , disposition ordinaire en Poitou et en 
Sainlonge. 

Au-dessus, dans toute la largeur de cette façade, règne 
une frise qui a excité Tattcntion des archéologues, par 
rélégance et la vigueur de son ornementation , composée 
d'entrelacs et couronnée d'un cordon de palmettes (Voir la 
figure suivante ). 

La partie centrale est munie de trois arcatures, analogues à 
celles de la partie inférieure et séparées de la frise précé- 
demment indiquée par des surfaces d'appui, dont l'omemen- 
taiion consiste, dans les deux travées latérales» en un appareil 



XXXr SESSION, A FONTENAY. 

régulier octogone, entremêlé d*un autre appareil plus petit, de 
forme carrée, et dans la travée centrale d*un autre appareil 




FRAGIIBNT DB LA FitlSB DB L^éOLISB DB NIBIJL. 



triangulaire , mais dont les côtés sont en lignes courbes et à 
angles très*aigu8. Nous signalons ce genre d*ornemcnlalion, 



9k CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

4Mi petÙXHi IVffet HPùiK wrUi ùt ^mffqtie « jftM 6^^ 
pretnt^'tooe réinifvi^(9ffH)e'roiifnri«i<p. 




AP^AMTLS iTORliIClilKT DANS 1.A PAÇAf>B «B L'éCLltfe 1 



€eUe 'façade eHC ierml«ée fiarmn frmifmi ifiiaeAiie plus 
récente, poorant se rapporter au Xl^* sièele, ûi 4Dnt le 
sommet «e confond avec un eOié tfe hi4ûur de 4n(0nie époqne 
servant de -doaher. Aux deu& baâ«s de ce fronton ^slélèvent 
deux touteUes ociegon^s, surmontées de clocteldus très- 
aigus efà surfactt imbriquées. 

Le mur du «nôlé du nord, ainsi i)<f^ Jtiix -Hes -^sides , 
dont la solitUié était entth^mieiit CMHfromise '4»r ttut ^é- 
tusié,^ieilta{!mJtt'(!tre comptètement lén M L par Tbonorable 
M. Segrestain , aux soins intelligents duquel la restauration 
de cet édifioe a la bonne fortune d*4tre confiée. On retrouve 
dans la nouvelle coustruction la copie fidèle de l'ancienne, 
avec la répétition symétrique des fenêtres de chaque tracée 
qui s(mt indiquées par le mur du midi. 



. XXXP SESSION , A PORTERAY. ^^5 

L'iotériear de Téglise présente une nef centrale et deux 
bas-côtés séparés par des piliers formés de colonnes engagées 
(Voir la Qgore page 96). Ces trois nefs se terminent chacune 
par one abside et sont coupées par un transept très-légère- 
ment accQsé : de sorte que le plan général rappelle celui des 
basiliques. 

 l'iniersection des transepts s*élève une coupole octo- 
gone, portée sur trompes, et sur laquelle a été édiûée autre- 
fois one tour centrale que Ton désirerait voir rétablir. 

Les Toutes de la nef et des bas-côtés sont en berceau , 
avec arcs-doubleauz plats et présentant aussi remploi de 
l'ogive. 

Plusieurs chapiteaux des colonnes nous ont paru remar- 
qoables par l'archaïsme symbolique de leurs sujets , repré- 
si'Dtaot des oiseaux , des animaux chimériques , des palmes 
i crochets ; il s'en trouve aussi , dans la petite nef du 
nord, qui semblent avoir été ajoutés à l'époque de la Re- 
naissance. 

Dans l'état actuel des choses, les piliers de la nef, du 
côté nord 9 ont perdu leur aplomb d'une manière très- 
sensible. Malgré la déviation apparente de ces supports, 
nous félicitons IVL Segrestain , au nom de la Société française 
d'archéol(^ie, de s'être attaché à leur conservation, devenue 
pleinement rassurante par la solidité du mur parallèle qu'il a 
rdevé. 

Noos avons terminé la visite de cet édifice par celle du 
cloiire de l'ancienne abbaye (V. la page suivante), situé 
aQ midi de l'église et faisant aujourd'hui partie de la pro- 
priété de M. Martineau , qui a bien voulu nous faire les 
honneurs de ce curieux monument avec la grâce la plus 
parfaite. 

L'ensemble du cloître est dans on bon étal de conser- 
vation. Sa construction esi à peu près du même temps que 



96 



COKGRËS ABCUÊOLOGIQUE: de FnANCE. 




XXXI* SESSION, A FONTEN'AV. 97 

Téglise ; ses voûtes soûl k arôtes sans nervures , ses ar- 
cades ogivales et portées par d%!S piliers composés d'un 
assemblage de colonnes à chapiteaux ornés de crochets, 
et grossiers feuillages; le tout d*un aspect un peu lourd, 
(V. ia figure page précédente). 

Dans le mur du nord se trouvent des arcatures ou niches 
ogivales assez profondes , dans lesquelles on aperçoit encore 
quelques débris des statuettes qui ornaient ces tombeaux 
arqués. 

L'ancienne salle capitulaire s'ouvre sur le côté Est du 
cloître |}ar trois baies , dont une , la porte centrale , et les 
deux autres, fenêtres ou arcades ogivales^ ne portent aucune 
trace de fermeture. La voûte de cette salie e^t en berceau 
comme celle du cloître. 

Pour continuer le cours de ses explorations archéolo- 
giques, commencées à Nicul par des monuments qui font, 
ajuste titre, la gloire et Thonneur de cette contrée, le 
Congrès a pris le chemin de Maillezais. 

St-Pierre-le- Vieux. — Il a fait une halte an bourg de 
Sl-Pierre-le-Vieux. Là , il a trouvé une église entièrement 
neuve, à trois nefs, qui en remplace une du X* ou XI' siècle, 
dont il restait on ba^côté en bon état , que l'on aurait pu 
conserver en renouvelant le reste. 

En présence de cette récente construction , les membres 
du Congrès ont éprouvé le regret de ne rencontrer d'autres 
vestiges, échappés à cette déplorable démolition, que deux 
tombes, recueillies à l'intérieur de l'église, avec deux pierres 
sculptées d'entrelacs et empreintes du caractère de l'époque 
carlovioglenne. 

M. Bouet a dessiné une des pierres tombales conservées, qui 
représente un valet nommé Lebegues, mort au XIV* siècle. 

7 



98 



CO:<r.RËS ARCHÊOLOGIQDE DE FRANCE. 





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PIERRE TOMBALE DR L'iCLISR SUifT-PIERRE-LR-VlECX. 

Maillezais. — h, Maillezais, le Congrès a trouvé on 
monument do plus haut intérêt pour Tétode de Tarcbi- 
tecture romane. C'est Tancienoe église paroissiale de cette 
ville. 

Le caractère du XIP siècle est répandu sur toute la façade de 
l'édifice, dont le reste (nef et chœar) est peut-être un peu plus 
ancien. La partie inférieure de cette façade offre la même 
disposition d'ouvertures ei d'arcatures que l'église de Nieul; 
au milieu, un portail à plein-cintre, avec archivoltes garnies 
de sculptures symboliques et accompagne, des deux côtés, 



XXXI* SESSION, K FO.NTENAY. 99 

d'arcatorcs aveugles ogivales. Un élégant cordoo « scalplé 
d*eiiiacements d'oiseaux et de tètes humaines , relie les cha- 
piteaui des colonnes qui supportent les archivoltes du portail 
et des arcatures. Dans le fond de celle de droite» on re- 
marque la présence du petit appareil réticulé, qui se 
trouve également à la fuçade de Nieul , et atteste Tusage pro- 
loQgé qui a été fait , dans celte partie de la France , de 
certains éléments de construction et d'ornementation ro- 
maine. La partie supérieure de la façade se termine par un 
frooton triangulaire, dont le bas est décoré de trois arca- 
tures aveugles romanes et de deux petits ocolns. 

Du côté du nord , le mur apparent a été refait dans sa 
première partie et présente , vers le chœur , un massif de 
colonnes d'un setil jet, d'une très-grande élévation, pleines 
de hardiesse , qui enveloppent d'énormes contreforts tout en 
dissimulant leur lourdeur. Ces colonnes ont frappé l'attention 
d'un grand nombre de membres du Congrès, par Teflet 
qu'elles produisent. L'extérieur de l'abside est 8urU)ut 
remarquable par l'élégance qui règne dans la dis|)o$i(ion de 
5es côtés, de ses ouvertures, de ses contreforts en colonnes 
et de sa corniche Mais on n'a pu s'empêcher de se 
récrier contre une construction moderne, servant de sa- 
cristie, adossée à cette magnifique abside dont elle cache la 
partie inférieure. 

L'intérieur de l'église ne se compose que d'une seule nef, 
qoi devait être accompagnée de doux bas-cÔtés , avec chœur 
surmonté d'une coupole octogone reposant sur trompes et 
terminée par une abside circulaire. 

La date de 11^0 nous a été donnée pour celle de la con- 
struction de cette dernière partie de l'édifice. — Nous retrouvons 
également ici, comme à l'église de Nieul, l'emploi de la voûte 
eo berceau, divisée par des arcs en ogive. Du reste» la voûte 
n*c\i.sie qu'au chœur et à la travée qui le précède. Le reste 



iOO COKCRkS ARCHÊOLOGIQtJE DE FRAKCB. 

a éié détruit à une époque que nous ignorons el remplacé 
par une voûte en planches. 

Le XIV* siècle a laissé des traces dans le mur du côté do 
sud de Tabside , en y construisant une élégante piscine d'un 
siyle Irès-pur, et le XV« siècle a orne le mur, du côté nord 
du chœur , d'un encadrement triangulaire garni de fleuroos, 
sculptés au-dessus d'une niche qui pourrdit avoir été une 
armoire pour les vases sacrés. 

Abbaye, ^^ous nous sommes ensuite dirigés vers les belles 
ruines de Tabbayc. Le Congrès s'est longuement occupé 
de les examiner et d'écouter les explications données par 
MM. Fillon, de Rochebrune, Segrestaiu et plusieurs autres 
de nos confrères. Il nous a été impossible de tenir note de 
toutes les observations qui ont été faites; d'ailleurs, il existe 
des monographies de ces ruines et des restes de l'abbaye. 
Bornons-nous 5 mettre sous vos yeux le charmant dessin , 
fait par M. Rouet, des grandes constructions qui sont encore 
habitées par les fermiers de M. Poey-d'Avant ( ¥• la page 
suivante). Rappelons les sentiments qui s'élevaient hier dans 
tous les cœurs des membres du Congrès pendant l'accueil si 
bienveillant , si gracieux et si splendidement hospitalier qui 
leur a été fait par l'honorable M. F. Poëy-d' Avant , que la 
Société est heureuse de compter parmi ses membres les plus 
savants. Nous ne sommes ici que l'écho bien faible des expres- 
sions de remercîmcnt et de reconnaissance que tous les 
ntembres du Congrès adressaient, du fond du cœur, au 
maître , dont la Société française d'archéologie était l'hôte et 
dont la présence seule manquait à cette fôte. 

Prions également notre habile organisateur, M. FilluD.donl 
la science variée jette tant d'intérêt sur nos séances , de 
se tendre encore une fois l'interprète du Congrès auprès 
de M. Poëy-d' Avant , puisque nous sommes privés de sa 
présence, et demandons-lui de vouloir prendre, lui aussi, sa 



XXXI* SESSION , A FONTENAY, 



101 




102 co^^.Bks archéologique de francs. 

bonne part de notre gratitude, à laquelle il a droit à tant 
d*^ardR. 

BAN4JUET DAHS L'ANCIEN DORTOit DE MAILLEZAIS. 

Le Congrès fut introrloit dans une ? asie saHe qui était , 
dit-on , l'ancien dortoir des moines , et où six grandes tables 
abondamment servies reçurent les nombreui conTWe& 
M. Po€y-d*A?ant » qni avait généreusement offert ce ban- 
quet à ses collègoes , venait d*êire atteint à Fontenay , oà if 
avait assisté ï l'ouverture de la session , d'une maladie dou- 
loureuse dont il ne devait pas guérir ; mais le Congrès était 
loin de prévoir cette fatale issue , et espérait revoir M. Poêy- 
d'Avant ft aes dernières séances. 

Au dessert, M. de Caumont porta, au nom du Congrès, un 
toast au savant généreux qui faisait à ses confrères une si 
gracieuse réception. Il exprima, en termes bien sentis, les 
regrets causés par ral)sencc du maître et le vœu do Con- 
grès pour son prompt rétablissement. 

Plusieurs autres toasts furent ensuite portés. Voici le toast 
de M. l'abbé Bandry : 

ff Avant de faire nos adieux à l'abbaye de 3lail]czais, dont 
nous visitions tout à Theure avec un si vif intérêt les ruines 
imposantes , et de nous arracher à i'hospitaliié si gracieuse 
que nous offre M. Poêy-d'Avant, notre vénéré collègue, me 
sera-t-il permis de jeter un coup-d'œii sur le passé , et de 
dire un mot i l'adresse de ceux dont nous foulons les cen- 
dres sous nos pieds 7 

« Aux saints personnages, aux grands hommes ei aux ou- 
Triers infatigables qui remplirent cette solitude de l'éclat de 
leurs vertus, de leur érudition profonde et de leurs gigan- 
tesques travaux. 



XX xr SESSION, A rONTENAY* 103 

• Les Normands, fendant p rt-s d'un siècle, aTaienl fait 
de rik on de lenrs principaux repaires. 

« Anx abhés, qui, aux actes de brigandage et de piralerie 
saunage des hommes du Nord , firent succéder une ère de 
prospérité et de bonheur, dejîuis Tan 987 jusqu'à Tan 4317. 

« A Gombert et à Théodelin, qui, grâce à la munificence 
de Guillaume IV , duc d'Aquitaine , et d*Emma son épouse, 
éierèrent leur monastère d*abord à Si- Pierrc-le- Vieux , et 
peu après à Maillezais. 

« A Goderan, illustre par son savoir et sa sainteté, tour à 
toor chapelain de St- Hugues de Cluny, âbbé de Maillezais, 
et évéque de Saintes. Un jour , renonçant aux grandeurs de 
l'épiscopat et abandonnant son siège , il reprit le chemin de 
sa chère abbaye, arec sa crosse de bois, n'ayant pour orne- 
ment qu'on cercle d'argent ; elle l'accompagna dans sa der- 
nière demeure, en i073, et fut trouvée dans la grande nef 
de l'église abbatiale, lors des fouilles de 1835, arec l'anneau 
pastoral en or, précieuse relique qui fait aujourd'hui 
partie de )a collection de M. Poëy-d'Avant, notre aimable 
amphitryon. 

Ci A l'abbé Pierre, ami des lettres et de la littérature an- 
cienne, grand admirateur de Cicéron. Il fonda à Maillezais 
une bibliothèque choisie. Il composa les chroniques de son 
monastère, et suivit à la croisade Guillaume IX , duc 
d'Aquitaine , troubadour aussi gai qu'il était guerrier re- 
doo table. 

« Aux abbés Gaudin, Guillaume et Renaud , qui , se con- 
slitoantles défenseurs des faibles contre la tyrannie des forts, 
résistèrent successivement aux prétentions iniques des sires 
de Vouvant, Sebrand Chabot et Geoiïroi dit la Grand'Dent , 
et opposèrent victorieusement à la brutalité des faits, la 
JQStice impérissable du droit. 

I A cet abbé^ homme de progrès , qui , daps le premier 



\0k CONGRÈS ARCIIÊOLOGJQLE DE FRANCE. 

quart du XIIP siècle, fit creuser par ses moines et ies pao- 
Yresqu*il nourrissait le canal dit des Cinq-Abbés, parce que 
les abbés de St-Michel-en rHcrm, de TAbsie, de St-Maizent 
et de Nieul y coopérèrent avec lui. Il changea d'immenses 
nappes d'eau en des prairies venloyautes et en des fergcrs 
d'une richesse inouïe. 

« A ces moines si décriés quelquefois , qui , dans les 
temps d'ignorance et de barbarie, aidèrent à sauver la litté- 
rature et les arts d'un naufrage certain. 

«Aux évêques de Maillezais (|ui occupèrent ce siège depuis 
1317, époque de son érection par Jean XXIi, jusqu'à sa 
translation à La Rochelle, en 1666. 

« Quatre furent les conseillers de nos rois. Trois furent 
revêtus de la pourpre romaine , et se trouvèrent mêlés à 
toutes tes alTaires importantes de notre époque. 

<( Au cardinal Pierre de Thury , en particulier, il con- 
tribua beaucoup, à son éternelle gloire, à TextinctioD du 
grand schisme d'Occident. 

« A Geoffroi d'Esiissac, nommé évèque par François V\ 
Il se plaisait à cultiver les lettres, les jardins et les fleurs. 
Il fut l'ami de Rabelais , l'un des trente-trois moines qui 
composaient alors le personnel de l'abbaye. Ce moine libre- 
penseur versé dans toutes les sciences , mais aux allures in- 
constantes et frivoles , n'avait pas , en ce moment , terni 
l'éclat de son talent par le cynisme de ses écrits. Ennemi 
d'un ordre de choses qu'il devait respecter, malgré les alnis 
qui s'y ^talent glissés, il n'avait pas encore tenté d« l'écraser 
sous une montagne de fange et d'ordures ramassée à grands 
frais par un génie dévoyé. 

a Aux moines fidèles à leurs vœux ({ui, jusqu'à la fulmi- 
nation des bulles qui sécularisèrent le monastère épiscopal f 
le seul de l'ordre de St-Benoît que le malheur des temps 
avait épargné, s'attachèrent aux ruines de leur abbaye et de 



XXXV SESSION, A rONTENAY. 105 

leor église, dévastée par les Huguenots pendant les guerres 
de religion. Grâce à eux , la Réforme, patronnée par d*Âu- 
bîgoé, le gou?emeorde iMaîllezais, ne put prendre racine 
parmi le peuple. Ils lui distribuèrent, jusqu'à la dernière 
heure, le double pain qui nourrit Tâme et le corps. 

« Au inuine Michel Bauldry (ou Baudry), le plus renommé 
de tons. Grand-prieur, d*al)ord de Lagny , ensuite de Mail- 
leiais , il s*acquit une juste réputation tant en France qu'à 
Tétranger par son Manuel des Cérémonies sacrées qui , 
de 1646 à 178^ , a eu douze éditions dans la seule ville de 
Venise. Il rédigea aussi le Cérémonial de la Congrégation de 
St-3Jaur, à la prière des supérieurs de ce corps savant. 

« A Tabbé Lacurie qui^ dans son Histoire de Maillezais^ 
a jugé ses moines et ses évéques avec une judicieuse im- 
partialité. 

tt A notre collègue M. Poëy-d*Avaot, dont Tabsence est 
si vivement sentie , qui a acheté de ses deniers les ruines 
que nous voyons pour les conserver à la science. 

« A M. Benjamin Fillon, notre secrétaire- général, et in- 
telligent organisateur de cette fête ! » 

MM. Champfleury et Fiilon se sont alors levés et ont porté 
uo dernier toast à la mémoire de Rabelais, le plus grand 
écrivain du XVI* siècle, dont le souvenir est encore vivant à 
Mailiezais. 

Pendant que les membres du Congrès allaient faire visite 
\ M"» Poêy-d*Avant , qui éuit venue de Fontenay passer 
qoelques heures k Mailiezais, un bureau était préparé pour 
loaverture d*une séance dans laquelle devaient être traitées 
plusieurs questions du programme. 

Le Secrétaire , 
De Laurière, 

De la Charente^ 



106 CONGRES ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

SÉANCE DU 15 JUIN, 
TeM«« dan» l'ancieii 4or4oir de l^abbaye de llallleBmis* 

Présidence de M. l'abbé Lb Petit, secrélaire^énéral de la Société 
françaUe d*arcbéolosie. 

La séance est ouverte à deux heures. 

Siègent au bureau: MM. de Cauniont, Filian, Segres- 
tain^ Sabouraud, uiaire de Nieul-sur-l'Autise; Tabbc La- 
curie ^ l'abbé Auber , Gaugain, l'abbé Rabitlaud^ curé de 
Maillezais ; l'abbé Cloi, curé de la Chîteigneraie. 

M. Marionneau remplit les fonctions de secrétaire. 

M. de Caumont fdit part à l'Assemblée du contenu de la 
correspondance, et cite tout particulièrement la lettre de 
M. Du Chatellier , de Kernuz ( Finistère ) , qui vient de dé- 
couvrir, non loin d'un tnmulus, une pierre paKaitenaent 
arrondie sur une de fes faces et présentant, sur celte face, 
quatre trous ou excavations placées symétriquement. 

M. le Président annonce à l'Assemblée la continuation des 
questions du programme , et lit la formule d'une de -ces 
questions : 

Signaler les débris des monuments mérovingiens qui se 
trouvent entre la Loire et la Sevré- Niortaise, 

M. Fillon communique à l'Assemblée un dessin représen- 
tant les deux colombes eucharistiques, sculptées sur le 
tailloir d'un chapiteau provenant de St-Cyr en Talmondais. 

M. l'abbé Auber pense que ce dessin reproduit un chapi- 
teau d'une église mérovingienne, mais M. Segrestain ne voit 
dans cette image que la reproduction d'un simple tailloir , 
de l'époque indiquée par les deux préopinants. 



XXXr SESS.ON, A rONTENAY. 107 

Sur rinterrogalion de M. le Président : Des débris de 
même style ont-Us été trouvés dans la circonscription? 
M. Marionneao commantque aax membres du Congrès des 
dessins de M. du Brossay, dessins représentant un chapiteau de 
}a primiiÎTe crypte de Noirmoutier , bStie Ters la Gn du YII* 
flède pour y déposer le corps de saint Phîlbert, mort le 30 
août 686. — A cette époque doivent se rapporter encore, 
selon M. Fillon , les briques historiées provenant de Rezé 
( Loire-Inférieure ). Ces curieuses briques , déposées au 
musée de Nantes et dans la collection de M. Fillon, sont 
ornées des images en relief des colombes symboliques et des 
figures d'Adam et d*Ëve. 

M. Tabbé Auber doute que ces objets soient mérovin- 
giens ; mais M. Fillon maintient son opinion, et rappelle que 
dos briques semblables ont été trouvées dans les débris de la 
porte nord de la cathédrale de Luçon ; il pense, en outre, que 
ces briqnes historiées servaient à la décoration de frises, 

M. de Caumont cite l'abbaye méroviogicnne de St- 
Samson-sur-Rille ( Eure ) comme ayant présenté aussi des 
briques de même espèce. 

M. de lia Tourette père dit qu'il possède un fragment de 
terre cuite portant des traces d'ornementation, et croit pou- 
voir ranger cet objet dans la catég<»rie de ceux qui viennent 
d'être dtés. Mais , sur les détails que fournit M. de La 
Tourette, plusieurs membres pensent que cette brique a 
servi de carrelage et non de décoration Si la façade d'un 
édifice carlovingien. 

Le Secrétaire donne lecture de la question suivante : 
Quels sont les monastères bas-poitevins d^origine méro- 
vingienne ? ExistP'Uil des pièces susceptibles d^éclaircir les 
origittes des abbayes de St-Michel-en-l' flerm et de Luçon ? 
M. Fillon lit un mémoire établissant les prcuvesde l'ancien- 



108 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

neté de rabbayedeSt-Michel-en-rHerm. D'après ce mémoire* 
le monastère de St-Michel , que la tradition dit être issu de 
Noirmoutier, fut fondé, au commencement du YIII* siècle, sur 
un Ilot qui aurait été habité aux époques celtique et romaine. 
Bien que les documents fassent défaut pour Tbistoire anté- 
rieure à la réédification de Tabbaye par Ebles If, dnc 
d'Aquitaine , dans la seconde moitié du X* siècle, ^1. Fillon 
supplée à ces documents par des arguments tirés de la situation 
géographique de Tiiot deSt-Michel-en-rHerm, et de ceîledes 
nombreuses fondations faites sur le littoral du golfe poitevin 
par les moines de cette abbaye. 

On passe à la question ainsi conçue: 

Sépultures ; vases funéraires, armes, bijoux ^ ustensiles, 
objets divers de cette période recueillis en Poitou. 

M. de Caumont demande aux membres do Congrès de si- 
gnaler les objets en bronze se rapportant aux périodes indi- 
quées par le programme. 

An nom de M. Parenteau , conservateur du musée archéo- 
logique de Nantes , M. Fillon présente une fort belle def vn 
bronze ( Voir la page suivante ). Cette clef provient du mo- 
nastère de Déas, à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'église 
de St-Philbert-dc-Grand-Lieu. 

M. Fillon signale, comme appartenant à l'époque mérovin- 
gienne, deux objets faisant partie du trésor de S^-Croix de 
Poitiers, notamment un scabellum, — Au sujet de cet objet 
fort curieux , une vive discussion s'engage entre MM. l'abbé 
Auber^ Fillon et de Longuemar. — M. Fillon , d'après l'in- 
clinaison de ce petit meuble et sa ressemblance avec des 
escabeaux figurés dans les manuscrits ou sur des bas-reliefs , 
conclut que ledit objet est un scabellum. — MM. de Lon- 
guemar et Auber ne partagent pas cette opinion, et consi- 
dèrent ce petit meuble comme un pupitre. — Les sujets 



XÏXl* SESSION, A IfONtENAlr. lOÔ 

sur cet objet étant la représentation d'images vé- 




nérées, il n*est pas admissible que ce meuble ait été destiné 



iiO CONGHte ARCHÉOLOGIQUE De PB^NCE. 

ft être foolé aux ineds : les conîenances liturgiques s'y op- 
posaient. 

M. de Longaemar ajoute: En outre des petites dimensicms 
de ce meuble (26 à lu centimètres) et son îocilnaisoD . il 
faut remarquer que la saillie des bas-reitefs devait roatnteoir 
le livre sur ce pupitre. 

M. FiUon fait observer qu'il n*exisle pas de traces 
d*usure. On ne croirait jamais qu'il a dix siècles. «- A 
vrai dire, suivant l'observation de M. Cattois, il était pro- 
bablement recouvert d'un tapis, quand il était mb en 
usage. 

M. Fillon Iburnit aussi d'intéressants détails sur les bijoux 
anciens et sur quelques petits ustensiles d'une valeur in- 
trinsèque et historique , notamment un couteau dans son 
étui en or , et autres objets de même métal ; des Gbules 
en argent et des objets en verre trouvés à Grues (Vendée) , 
dans une sépulture de femme de la fin du VI< siècle, mais 
qui malheureusement sont devenus la propriété d'un bro- 
canteur étranger. 

Au sujet des sépultures et des vases funéraires appartenant 
à la période mérovingienne , M. l'abbé Baudry , curé du 
Bernard ( Vendée ) » lit une noie et ajoute de vive voix les 
remarques suivantes: « Le Congrès a pu constater qu'il 
existait autrefois un cimetière mérovingien & St-Pierre-le- 
Vieux. Deux tombes , composées d'une pierre calcaire 
et d'un couvercle à toit incliné, se %oieut encore dans la cour 
du presbytère. « 

M. Fillon présente au Congrès des dessins de cercueils, 
de diverses formes, trouvés dans le tènement du .Martray, 
commune de Fontenay-le-Comie. 

Le Congres passe à l'examen de la question suivante : 
Pourquoi existe-i-îl une notable différence de style entre 



XXXr SESSION, A FONTEXAÏ. IH 

les bijoux mérovingiens en or et ceux en argeta fabriqués 
pendant tes Yt et Vil* siècles ? 

M. FilloD Hl une note sur cette question, d'où il ré- 
sokerait deux origines bien distinctes : les bijoux d'or ont 
été fabriqués par des artisans romano- gaulois; ceux d'argent 
par des ouvriers germains établis sur le sol de la Gaule. 

A la suite de cette lecture, M. Tabbé Auber prend la 
parole pour présenter quelques observations tendant k prouver 
que le système de iVl. Filion est trop exclusif et ne parait pas 
trop bien fondé. 

M. Filion répond à M. Auber et apporte à l'appui de son 
système des preuves tirées dos objets eux-mêmes. 

On procède à la discussion de cette autre question : 

CetiaÎJis types de bijoux ne se sont-ils pas perpétués 
depuis les temps mérovingiens jusqu'à nos jours? 

M. le Secrétaire-général du Congrès regrette Tabsence de 
M. Parenteau, conservateur du musée archéologique de 
Nantes. Ce savant antiquaire» qui a fait une étude sérieuse 
des divers types de bijoux des temps mérovingiens jusqu'à 
nos jours, aurait exposé au Congrès le résultat de ses obser- 
vations. — M. Parenteau possède une collection très-curieuse 
de bijoux anciens , et dans celte collection se trouvent des 
types conservés encore par les paysans vendéens. 

M. Filion présente au Congrès la bague en or, dite de 
sainte Radégonde , trouvée sur le champ de balaille de 
llonconiour. La forme du monogramme est semblable à 
celle des monogrammes royaux ; on lit sur le chaton : 

RADEGODIS. 

M. l'abbé Auber croit l'origine de cet anneau certaine, et 
s'appuie sur la tradition qui tient à l'histoire et doit être res- 
pectée. 

M. Filion cite Tessai de cette bague par un grand nombre 



112 CONGRks ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

de femmes, et il n'en est pas une seule, uo peu âgée» à la- 
quelle cet aaneau D*allât très-bieo à Tindex de la main droite, 
doigt auquel il se portait. Puis, revenant sur le monogramme 
de cette bague , M. Fillon maintient qu'il est impossible de 
retrouver antre chose que Radegodis; mais il reste dans la 
réserve la plus absolue au sujet de l'attribution à sainte 
Radégonde. M. Cardin , le savant philologue, a confirmé 
cette lecture. 

Il est donné lecture de la question suivante : 

Signaler les restes des monuments carlovimgiens fart 
existent dans le Poitou, 

Quelques membres du Congrès signalent des monuments 
déjà connus, notamipent l'une des iravées, récemment dé- 
truites, de l'église de St-Pierre-ie-Vieux et le portail de 
l'église de Sl-Nicolas-de-Brem. 

M. de Longuemar, après avoir cité quelques parties de 
monuments du haut et du bas Poitou , qui , suivant loi , ap- 
partiennent à la période carlovingienne , fait une revue ré* 
trospective des plus anciens monuments religieux de la cir- 
conscription , et cite tout particulièrement le baptistère on 
temple de St-Jean à Poitiers ; édifice qui reproduit tous 
les caractères propres aux monuments païens de la Déca- 
dence , et par suite aux premiers temples chrétiens élevés 
more romano, 

M. de Longuemar établit la similitude qui existe entre les 
chapiteaux en marbre blanc du baptistère et ceux de la 
crypte de La Fcrlé-sous-Jouarre , figurés pour la première 
fois par M. de Caumont. Le môme membre donne également 
quelques deuils sur les caractères de Tornementation do 
tombeau de sainte Abre dans l'église de St-Hilaire-le-Grand, 
et sur une mosaïque découverte dans la même église. Des 
communications de M. de Longuemar , il résulte que les luo- 



XXXI* SESSION, A I'ONTElNAY. 413 

nutnents qui vieoneal d*élre cités doivent être considérés 
coinaie les types des plus anciens édifices chrétiens dti Haut- 
PoitOD ; ce qui a été déjà proclamé par la Société française 
d*archèol<^ie siégeant en Congrès à Poitiers en ISdS , et ce 
que personne n*a contesté. 

Le Secrétaire donne lecture de la question suivante : 
Séptdiures de lapériode caHovingienne. — Sépultures des 
pirates normands, 

M. Fillon cite des sépultures de Tépoque carlovingiennc 
trooTées près le bourg de Monzeuil. Dans une de ces sépultures, 
en fornie de petits puits sépulcraux, ont été retrouvés des débris 
de vases funéraires, dont Tun portait le nom à'Ocay nom qui 
paraît être celui d'un homme du Nord. A vrai dire, Torateur 
ne considère cette question que comme une question d'en- 
quête. Les invasions normandes, qui désolèrent nos côtes aux 
V1II« et IX* siècles, ont nécessairement dû laisser des traces 
de la vive résistance (|ue les villes et bourgades frauques op- 
posèrent à ces terribles envahisseurs, i^lais, jusqu'à ce jour, 
nous n'avons que des renseignements bien incomplets sur la 
civilisation normande à l'époque cariovingienne. Que de pa- 
tients et intelligents chercheurs se mettent donc à l'œuvre 
Cl, sans nul doute, la lumière se fera dans celte question main- 
tenant si ténébreuse. IM. de Caumoiit s'étonne du silence que 
Tou garde sur des tombeaux qu'il a signalés il y a longtemps 
dans on de ses rapports et figurés dans le BuUeiin tnoim" 
mental (année 1856). Ce sont deux grandes pierres, qui 
portent l'une et l'autre le j)om de la personne qu'elle recou- 
vraient et qui sont déposées au musée de Niort. M. l'abbé 
Rainguet a trouvé une grande quantité de tombes à peu près 
du même temps dans la Charente ^Inférieure. 

La 36' question , qui se relie IntiinemeiU à la précédente , 



li& CONGRÈS ARCnÊOLOCfQCB DE FRANCE. 

donne à M. Fillon TocGasion d^exposer les renuiitfoes qu'il 
a failes sur la conformité des ornements qui décoraient des 
objets mobiliers provenant, saivantliii, des hordes Dormandes» 
et les ornements qui se retrouvent sur les débris de rares 
édiGces carlovingiens. Ces observations ne sont présentt^es au 
Congrès qu*avec bc'aucoup de réserve; car, il faut bien 
Favouer, dit M. Fillon , nous ne possédons que des données 
incertaines, les documents authentiques manquent jusqa*ici 
complètement. 

. M. l0 Président donne lecture de la question suivante : 

Monnaies poitevines inédites des périodes mérovingienne 
et carLovingienne, 

M. Fillon lit un mémoire sur cette importante question. 
L'auteur accompagne sa lecture de réflexions du plus haut 
intérêt pour Thistoire du Bas-Poitou , et c'est avec une hau- 
teur de vues et une science profonde, comme on devait Fat- 
ti*ndrc d'un numismate aussi distingué, que s'achève la lecture 
de ce mémoire. 

La séance est levée à 3 heures et demie. 

I^ Secrétaire^ 

Ch. Marionneau, 

Membt*e du Conseil de la Société française d^archéologif* 



V* SÉANCE DO 16 JUIN. 
Présidence de lif. Pablié Alber. 



Siègent au bureau: MM. de Caumont, directeur de la 
Société; l'abbé Le Petit , secrétaire; Gaugain , trésorier; 
le docteur La Tourette , Tabbé Lacurie , Bouet, du Fou- 
geroux , ancit^n représentant ; Fillon , secrétaire-général. 



XJLtr sE$sioai, a roSITEMAY. 415 

M. A. ùmreau r^plîi les fiMidions die teofénive. 

l^dUR eat donaée d'iioe lettre de M. 4e QMUcfagai , 
■Mmkre de Flwliiet , au aujei de la qneelioo été Immks 
driwkm de St-Micbel-en-rBeri» , discutée à Tane des 
4crQîèr«esiaiiaf& M. de QHatreCiges umnienl eoft opiaieii, 
4|iie b fiiroietion en est doe à rindn^trie bameioe. La boucle 
4|u*iia trewrée b ceimiie ea on fllmide anneea amc mp 
ardiUoo; le méul est an alliage de cuiire ci d'étaîn , elnmi 
en argent, comme îl a éié imprimé par errear daiii aon me- 
0)o:re. U signale le lac de Diane, eu ûuve , oi il ewle nu 
ainas dMiattres, également de fonnallon artîBciclle. 

M. Fillon lit une lettre de M. de Montaiglon, qui regrette 
dv ne pouvoir a6>siHtcff- au Congrès. Dans ua passage de cette 
Icitre, Tauteur donne son opinion sur les statues éqaealres 
d'S églises romanes, qu'il considère oqmine le symbole du 
Christ triomphant. 

M. Tabbé Auber n'est pas de cet avis. Jl lU un mémoire 
intitulé : Des statues équestres de quelques élises rainâmes 
et de leur si^nifUation dans Veuliàùfue chrétienne* Les 
coiuiusious de Tauteur som les suivantes ; 

Le cavalier a'esi point Jésus*Clirist , dout il »*a aacua des 
auribots essentiels. Il faut voir dans celle repréaeAiatioa uo 
signe de sa puissance morale sur le monde* le Iriomplie <Iq 
rÉglise chrétienne, un pur symbole. Si Toa coosidère lea 
écrits des Pères de TÉglise , les monnmenis divers d'arcbn 
lecture, de sculpture» la numismaiique, eta, en aepeut 
admettre que celte statpe équestre soit le Christ ; TcMeaibla 
est un pur symbole. U importe de constater que le niaibe 
cracifère matique à toutes ces statues. 

M. de Longuemar rappelle le travail commnalqaé par lui, 
en aoai 1954 • ^ '^ Société des Aqiiqqaires de roaest 
Ado|)UiU ropiqioB de M. Lecojnire-Dopout , il pense que 
ces statues représentent Constantin ou Charlemagne, noa 



116 CONGRÈS ABCIlÊOLOGtQUE DE FRANCE. 

comme fondateurs de telle ou telle église , maïs comme 
champions tout-puissants qui contribuèrent le plus à réta- 
blissement inébranlable de la religion catholique en Orient 
et en Occident. M. de I^nguemar adopta avec empresse- 
ment celte modification dans l'expression de sa pensée : elle 
lui donnait une forme plus en harmonie avec les tendances 
populaires à résumer les grands événements de Tbistoire 
sons de grands noms. 

M. Fillou , résumant la lettre de M. de Montaiglon , dit 
que la première représentation du cavalier triomphant est 
venue d'Orient en Occident. 

L'ordre du jour appelle la discussion de la question sui- 
vante : 

Existe-t'iL en Bas-Poitou des églises bâties au X* et bu 
XI* siècle ? Caractères de ces églises, 

M. de Rochebruue donne lecture de la note suivante: 

Nous ne connaissons point d'églises entières bâties à cette 
époque. N'ayant pas vu celle de Si- Pierre-ie- Vieux avant sa 
démolition, il nous est impossible d'en faire une description 
écrite. Cependant , d'après les divers renseignements que 
M. B. Fillon a pu nous donner, eu nous affirmant que des 
piles carrées soutenaient les voûtes eu berceau, tandis que 
des demi-piles correspondantes engagées dans les mors rece- 
vaient la retombée des berceaux latéraux, nous n'hésitons 
pas k croire qu'elle pouvait remonter à cette époque. — Noos 
classerions à la môme date la nef et 1^ bas-côtés de Voovant, 
le porche et la façade de St-Nicolas-de-Brem et quelques 
travées de l'église, sans y comprendre les voûtes. 

J'appelle l'attention sur les voûtes des cryptes et des 
cloîtres , qui sont toujours voûtes d'arôte , tandis que celles 
des églises sont en berceau. Le motif est que la surface 
supérieure était une terrasse ou promenoir plan , et qu*il 



XXXI* SESSION, A rONTENAY. 117 

£iJbit par conséquent des voâtes à niéme nmau ; oa encore 
que , les Toutes d*arê(e chargeant beaucoup plus et les piles 
n*ayaot plus la résistance des piles romaines qui à elles seules 
scratenaieot la butée des voûtes , il a fallu trouver une con- 
struction plus légère. (Vest déjà nu grand pas et une anié- 
lioration précieuse que celte diminution des piles, qui offre 
dans un espace donné une bien ftlus grande surface libre. 
M. de Rocbebrune traite ensuite diverses questions sur l'état 
de Tart au XI" siècle et au XIV , et lit le mémoire suivant : 

MÉMOIRE OB H. DE ROCHEBRlI.Xr. 

A quelle époque l'arc brisé a-t-il commencé à être em- 
ployé eu Poitou? 

Il a été employé aux XI** et XIP siècles. Dans tous les 
monuments religieux qui subsistent encore dans le départe- 
ment . et si l'on en excepte la plupart des cryptes , où son 
absence était motivée par la crainte de surhausser les voûtes, 
nous le trouvons appliqué partout , soit dans les voûtes , soit 
dans les façades , et souvent l'arc brisé occupe le rez-de- 
chaussée de ces façades , taudis que le premier et le second 
étage sont en plein-cintre. Les portails de Nieul et de Benct 
sont peut-être les seuls où Tare brisé fasse défaut ; mais on 
le retrouve immédiatement dans les voûtes , où sa forme , 
devant moins pousser les murailles, était de préférence 
adoptée par les architectes ; car il ne faut pas supposer qu'ils 
laissaient au caprice l'emploi de telle ou telle forme architec- 
tonique. Non ; ce serait une grave erreur. Tout était déjà 
raisonné dans leurs combinaisons tle lignes et de tracé ; et 
s'ib employaient parfois l'arc ogival dans les bases des façades 
(et c'est surtout dans les façades où sa présence était moins 
.nécessaire qu'on le voit le plus rarement apparaître), c'est parce 
que, se trouvant très-chargé par les étages supérieurs et les 



ilB CONGBËS ARCBÊOLOeiQÛE DE FBANCË. 

pignons MgiM , il ôffi'alt «ne bien plus grande garantie de ré- 
sistance. Noos pouvons donc poser comme règle générale 
que l'arc brisé a été rarement employé dans les cryptes, 
afin de ne pas en surhausser les vodtes , et qu'en outre elles 
n'i^raieni rîen à porter, puisque leura butées étaient parfai- 
tement itoaintenues par les terres environnantes ; tr^-peo 
dans les façades, où sa présence devenait inutile ; presque 
toujouris dans les voûtes, oA il offrait moins de poussée 
latéi^ale que l'arc plein-eintre (1). 

Cryptes à pUin-cinire. — Notre-Dame de Fonlonay, Curzon 
sur le même plan; Vonvant, Noirmoutier, probablement la 
plus ancienne de toutes ; Angles. 

Cryptes à ogive. — Chapelle de TilTanges et Les Essarts. 

Églises à façades plein cintre (2). Poussais , Fontaine 
(son analogue), Nieiil, Benêt (les deux plus beaux types 
comme travail); l(*s Moutiers-les-Maufaits, Vouvant, Narenll, 
La Grainetière ; transqn nord de Luçon,Sl-Ntcolas-(fc-Breni. 

Façades mêlées. — Slaillezais, La Chaise-Giraud. 

Voàtes. — Je ne connais pas de vtrûii'S plein-cintre : arnsi. 
Benêt, Maillezais, Vonvant, Nieul, Poussais, Fontaine, les 
51ontierSy IMareoit, etc., ont toutes les voâ tes ï arc brisé, 
ainsi que la superbe abbaye de La Grainetière et de La 
Chafse-Gîraud. A Ttle Chauvet , le même princi(^ existe. 

Ces observations peuvent s'appKquer aux cloîtres qoi sub- 
sistent encore « tels que ceux de Nieul et de La Grainetière. 

(!) Cette opinion devient évident^*, si l'un observe que tous les arcs 
Ibrmerets qui n'avaient point de déformation ft redouier sont en plHtt- 
ohitre, tandis que, dans le même édifice, les arcs-doubleaox smit lova- 
nabtenient en ogive : La Grainetière, Nieul, etc., en août des eiemplf» 
frappants. 

(2) Eraudus Aadebertus a construit égaleaienl Péglise d'Esnandes, dont 
la façade offre la même disposition comme plan. ( Communication du 
teerélaire de CivUhé de ta Rochelle , M, F abbé ChoteU ) 



Xlki* SESSION, A FONTEMAT. 119 

Ce dernier , qui nous semblé le plus ancien , oiirait une 
particularité : ses arcatures, à coloiines géminées, soeliennenl 
on plancher à pontrelies porté par une solive reposant sur 
des corbelets le long des murs. Cet étage ast surmonté d^iîne 
galerie on promenoir également en charpente , avec toit en 
appenlls. C'est (e seul exemple connu dans la cuittrée. Il ne 
reste plus trace des cloliri^s de Malllezais , de Jart , de me 
ChaoTet et de ftlareuil. 

AU cbâtean de Talmont , dans on débris (|ui à pu être 
on clecher , nous voyons des archivoltes pleiii-cintre , sop^ 
portées par des pieds-droits. II n*y a là f|ue k plein-ctotre , 
mais il est dans one façade , et rien ne pi (»uve que Tare 
brisé n'a pas trouvé sa place dans le reste de la cunsAruction. 
Ce débris peoi appartenir au XI* siècle , mais encollé rien ne 
vient infirmer ici ce que nous posons comme règle générale* 

Églises des XI* et XII* siècles; Leur importance am 
double point de vtte de l'architecture et de la sculpture. 

Sî'NtcolaS'de-Brem. — Porche construit au XI' siècle, 
avec des débris peut-être caiiovingiens ; façade du XP avec 
piles méplates la renforçant, le pignon plus moderne ; partie 
de Tintérieur également du XI* siècle; abside et absidioles 
plos modernes ( XIP siècle). 

Crypte de Noirmouder. — Cf)lonneK trapnes de 1 Éiètre 
de hanieor, chapiteau compris; voûtes plein cintre ; tombeau 
du X* ou XI* siècle, parfaitement conservé et placé entre 
les quatre premières colonnes de la nef ; on autel s'élevait 
sans doute en face , dans l'abside de cette crypte. 

Cryptes de Noire-Dame de Fontenay et de Curzon. — 
Même plan par terre, même exécution ; cependant celle de 
FonleAay doit être antérieure. Quatre colonnes isolées an 
Centre ; banc an pourtour, pris dans les premières assises de 
h construction ; voûte d'arête plein^cintre. 



120 CONGRES AUCHÈOLOGtQUE DE PRAKGE. 

Crypte de Tiffanges , au château. — Colonnes panissmt 
remonter à une haute antiquité; chapiteaux très-sailUna • 
avec feuilles et entrelacs ; six colonnes isolées ; voâtes d'ar€te 
«Rivales. 

Crypte des Essarts. — Trois nefs , dii colonnes isolées , 
voûtes d*arêtc ogivales (fin du XIP siècle); débris de tombeas 
très-ancien. 

Les églises du XII* siècle sont fort nombreuses en Vendée, 
surtout dans les environs de Fonienay. Il n'est guère de 
communes et de bourgs qui n'en possèdent quelques restes 
plus ou moins conservés. La pinpartde ces monuments, bâtis 
avec rapidité , en usant de matériaux médiocres noyés dans 
un mortier de terre, avec des \oûte8 lourdes, sans butées 
assez puissantes pour résister à des poussées excessives , ne 
tardèrent pas à voir leurs murs latéraux s*écarter, leurs 
façades subir des tassements irrégoliers qui nienaçaient l'édi* 
fice d'une ruine prochaine. Ceci explique le petit nombre 
de ces constructions parvenues complètes jusqu'à nous , et 
les nombreuses restaurations faites au XI V*" et surtout au 
XV* siècle ; restaurations qui , portant à Tintérienr et à Tex- 
térienr des édifices , eu ont par conséquent fait disparaître 
tout TefTet d'ensemble. 

Nous allons passer rapidement en revue les constrnctiofls 
les plus importantes de la |)ériode du XU* siècle, en signa- 
lant leur type architectural et leurs sculptures principales. 

NIEtlL. 

L'église abbatiale de Nieul fut fondée, en 1068, par 
A y raud Gasse-de-Mer, seigneur de Vouvant. C'est un des 
monuments les plus complets et des mieux dessinés qui sub- 
sistent dans la Vendée. La façade, divisée en trois étages, 
flanquée de clochetons et à son sommet d'un lourd clocher 



XXXr SESSION, A FONTENAY. 121 

ajouté aa XIV siècle , offre un ensemble harmonieux et so- 
lide, où la sobriété de ia décoration s'harmonise parfaitement 
avec les lignes architecturales. Noos recommandons surtout > 
aux amateurs de la sculpture du XIP siècle , les chapiteaux 
des grosses colonnes et la curieuse frise qui les relie (1). 
Celte façade est à peu près complète et telle qu'elle est sortie 
du cer?eau de l'artiste roman. 

L'intérieur u'a également subi que peu de transformations, 
car les Toâtes, grâce aux épais contreforts ajoutés après coup 
et anx butées naturelles fournies par le cloître assis à leur 
flanc roéridional , ont pu résister , tout en se déformant 
néanmoins beaucoup (2); elles sont tracées en arc brisé, 
tandis que dans la façade nous ne rencontrons que le plein- 
ciotrc ; le plan des piles est un carré autour duquel s'appli- 
quent des colonnes soutenant les arcs-doubleaux et formerets. 
Le plan général de rintérleur est formé d'une grande nef , 
de deax bas-côtés et de deux transepts ; l'abside a été dé- 
truite et, depuis quelques années , on s'occupe de la recon- 
struire. 

Cloître, — Le cloître est complètement conservé , ainsi 
que la salle capitulaire dont la voûte a été refaite, en 16^6 , 
par Pierre Brisson. Ici nous trouvons encore le mélange des 
arcs brisés et des plein-cintre reposant sur des bases romanes 
remontant certainement à la première date de la construc- 

(i) Nous renvoyons aux divpnes notices publiées sur Nieul par 
MM. Pabbé Lactirie.— 0. de Hochebnine , vol. i856 , de la Société des 
Antiquaires de TOaest : Poitou et Vendée, 

(2) Ces voûtes sont en berceau, renrorcé à Ta plomb des colonnes 
par an bandeau rectangulaire à voussoirs cunéiformes ^ux ; les co- 
loDDettes qui supportent ces l)andeuux , dans la nef, se contournent 
en Taoe du chapiteau soutenant Tare Tormeret. LMnnovalion est peut- 
to unique; en tout cas, elle est d*un effet détestable et du plus 
nMUTiis goûi. 



122 CONÇUES ARCHÉOLOGIQUE DE FBANCE. 

lion. Les chapiteaux sont ton t-à-fait rudîmentaires; les co- 
lonnes courtes, trapues, avec des bises iururmes rappelant 
un peu les tores déformés des colonnes de Vairium romain 
de St-Médard (1). Nous croirions volontiers le ckiître anté- 
rieur à l'abbaye, ceci n'aurait rien de surprenant: le monas- 
tère dut être établi avant l'église ; on se sera coDtent<6, dans 
le principe, d'une modeste chapelle dont la trace a po dis|>a- 
raître. Le cloître de Nieul est le monument de ce genre le 
plus intéressant de la Vendée , car il est le plus complet et le 
mieux conservé. 

\OUVANT. 

L'égHse de Vouvant a pu être construite environ dans le 
même tem])s que celle de Nieul ; il est même probable que 
l'abbaye de Nieul devait , dans son abside , développer une 
série d'absides et d'absidioles aussi pittoresques d'effet et 
d'exécution. 

L'intérieur de l'église de Vouvant est en partie détruit ; 
lés voûtes massives qui surchargeaient les murs et les piles 
ont dû menacer ruine promptemeut : il a fallu les remplacer 
par le déplorable plafond en bois qui subsiste aujourd'hui 
Néanmoins le peu qui en reste nous permet de lui at- 
tribuer une haute antiquité. Les piliers de la nef, avec leur 
simple chanfrein comme chapiteau , les pieds-droits engagés 
dans les murs offrent tous les caractères de l'architecture 

(i) Ce n'est pas le srui emprunt fait à la donnée arcbiteclurate 
antique par les arcliitecles des XI* et XII* siècles. Les appareils losanges 
ou à dessins variés que nous signalons dans celte façade ont dû, 
|)our ta plupart, être inspirés des constructions romaines que ces ar- 
chitectes devaient avoir encore en grand nombre sous les yeux. Le 
tombeau du Langon, découvert par M. Fillon, a dû motiver qnetques- 
unea de ces répétitions d'appareil. 



XXXr SESSION, A FOiNTENAY. 123 

massive et rudinientaîre du XP siècle, peut-être même du 
X* ; je nWrais néanmoins raffirmer. 

Le portail nord est extrêmement curieux par ses archivoltes 
garnies de motifs symboliques ou de pure fantaisie. Le 
traTait en est lourd , mais varié et d'un effet assez barmo- 
nieax ; le plan original et d'un goût sévère; la grande archi- 
volte ogivale inscrivant les deux baies géminées avec leots 
faisceaox de colonnes torses et à fût uni alternés , est du 
meillcar effet et d'un grand caractère comme architecture. 
On y voit une suite de personnages les jambes et les bras 
repliés en arrière, sortes de caryatides informes soutenant 
Tarcbivolte supérieure. Les archivoltes des portes cintrées 
sont décorées avec goût de feuilles lancéolées, de réseaux, de 
fleurons inscrits dans un rond , de palmettes : souvenir évi- 
dent de sculptures analogues subsistant peut-être encore dans 
quelques débris romains placés sous les yeux de l'artiste 
roman qui a bâti et taillé cette façade. Dans le tympan res- 
tant entre le grand arc et les deux arcs géminés des portes , 
s'élè\e un socle qui ne supporte plus les figures en ronde- 
bosse qui devaient s'y trouver. A droite et à gauche, on y 
voit encore,, en grand relief , un Samson tuant le lion , et 
Dalila conpant fes cheveux 9i ce même Samson (1). Une 
laq;e tablette è modiltons recouvre le grand arc ; les angles 
sont ffanqoé^ par un faisceau de quatre grosses colonnes 
entre lesquelles k déroulent deux vastes compositions en 
grand relief , dont la plus basse représente la Cène , la plus 
étevée l'Ascension. Ces scolptores ont été ajoutées an XV" 
siècle, ainsi que le pignon aigu qui les surmonte.' 

Absides,— Les trois absides de Vouvant sont remarquables 
par leur plan et leur belle conservation ; elles sont toutes 
trois circulaires et divisées en sections égales par des fais-^ 

(1) Voir la gravure publiée cfans Poitou et Vendée^ 



12^ CONGBÈS ARCnÊOLOGlQUE DE FRANCE. 

ceaux de colonnes accouplées trois par trois. Des baies à 
archivoltes cintrées, soutenues par des colonnettos iiîolées, 
éclairent l'intérieur de ces absides. Vue isolément , chacune 
d'elles rappelle, comme type rodimentaire, le temple de Vesla. 
Nous aurons plus d'une fois à faire remarquer les empraots 
faits par les architectes de la période romane aux monuments 
antiques dont la tradition avait pu parvenir jusqu'à eux , 
soit par des analogues existant sous leurs yeux , soil par des 
croquis imparfaits tombés entre leurs mains. 
A l'intérieur on lit cette inscription : 

QUONDAM PRJEGLARUS, 
SED NUNC CIKIS ET FAVILLA. 

Crypte. — La crypte de Vouvant a ses voûtes d'arête 
effondrées ; on y voit encore, dans les arrachements, des restes 
de peinture murale. 

Comme elle est entièrement obstruée par des matériaux , 
peut-être, en la dégageant, serait-il possible d*y faire quelque 
découverte intéressante au point de vue archéologique. 

FOUSSAiS. 

Le portail seul est conservé, le rez-de-chaussée bien en- 
tendu , car le pignon est du XV* siècle. Une grande arclii- 
volte plein-cintre , à sujets symboliques , flanquée de deux 
arcades aveugles dans lesquelles deux grands bas-relleb 
encastrés après coup. 

Sur l'un d'eux ( la Descente de Croix ) on voit cette curieuse 
inscription r 

ERAVDVS AVDEBERTVS DE SANCfO , 
lOANNE ANGERIAGO ME FEGIT. 

L'autre bas-relief représente le souper chez Simon et le 
Noli me langere. Ce dernier bas-relief est entouré d'une 



XXXV SESSION, A PONTENAY. 125 

décoration végêlale fort intéressante ; les fûts des colonnes, 
s*iaspjrant de la scène d*en haut où se trouve un palmier , 
représentent des troncs avec feuilles à crochets imbriqués ; 
c*cst nn des types primitifs de la feuille à crochets gothique. 
Allleors, des bandes plissées, souvenir dégénéré de la grecque 
antique. Nous trouvons à Fontaines cette tradition encore 
plus complète. La façade de Fontaines a , du reste , une 
grande analogie avec celle de Foussais: nous l'appliquerions 
volontiers au même architecte. Audebertus a également bâti 
Féglise d'Esnandes , dont la façade oiïre les mêmes lignes ar- 
chitecturales. 

MAILLÉ ET FONTAINES. 

Maillé et Fontaines sont très-altérées dans leurs façades, 
Gei)endant celle de Maillé offre un curieux exemple : toutes 
les sculptures ciselées sur les archivoltes portent des traces 
de peintures , ce qui tendrait à faire croire que non-seule- 
nient Fintérieur mais encore l'extérieur de ces monuments 
étaicDl peints. 

Llutérieur de Fontaines offrait sur ses voûtes une suite 
de très- curieuses peiutures à fresque, qui ont malheureuse- 
ment été détruites il y a quelques années ; nous avons pu les 
relever. Sl-Pompain portait aussi des traces de peintures 
eiiérieares; on en a trouvé à St-MicheMe-Clouq. Le bleu , 
le rooge, le jaune , le vert dominent, eu général , dans ces 
peintures presque toujours très-médiocres , et où un certain 
semiment religieux peut seul faire pardonner rinsuflTisance 
do dessin et la faiblesse de la composition. 

MAILLEZAIS. 
Abbaye et église.'^ A Tabbayc, r.arihex du XI' siècle bien 



426 CONGRÈS AtlCUÊOLOCIQUE DE FRAKCE. 

conservé , avec des traces de peiciurt ; cdoaocs 
dans la nef. 

V église paroissiale tH tout eQlière du XIP «ièGt% 
clocher , avec tes faisceaux de coioiuies bw9^ ^flSo» 4^ 
treforts, el VAMia sont iDiércssamsà étudier. Ce9 parl îg>J M fc î 
de la Ou du XIl' siècle. ^ 

La façade se compose » au rezHle*c|iaiiv<Bée« delçQÎs aW0C* \ 
tores ogivales, dont deux aveugles, dans le tympaip desqp^Pes^^ 
une statue mutilée ; appareil losange ; au-dessous , 
séparant ces arcatores; pieds-droits aux angles, 
de contreforts. La sculpture, purement déconuîi^, det 
chapiteaux et archivoltes est excellente; c*est la plaff 
fine de toutes nos églises romanes. Cordon séparant le 
rez-de-chaussée du premier étage. Dans cet étage ,* ouver- 
tures plein -cintre et œils-de-bœuf à droite et à gaocbe de 
la dernière ; quelques chapiteaux sculptés à cet étage. Ait 
triomplial plus élevé que la nef. 

BENET. 

Grande façade , renforcée , au XV' siècle • par des cootiv-^ 
forts éuormes qui la défigurent. Âu rez-de-chaussée iroîf, 
arcades, deux aveugles ; à celle du centre , dans Tarcbivolte, 
les vierges folles et sages. Dans les arcades aveugles de droite 
et de gauche , un cavalier et un sujet symbolique, peut-être 
le chrétien appuyé sur la vigne et foulant aqx pieds le 
dragon. Au premier étage, trois ouvertures plein-CMitre 
éclairent les neL; sujets symboliques dans les archivoltes ; 
grandes statues dans les niches, et sur les glacis des colonnes 
d*angle. 

L'intérieur refait au XIV** siècle. 

Il existe également un cavalier à la façade de Téglise 
d*Ardens; il est très-mutilé. 




•4 



S 

s 

i: 



EXPLICATION 0B Vk PLARCSB. 



Les dUKrentes figures placées sur la plauclie préoédcnte soot tiré» 
des archivoltes des rentres de la façade et des chapiteaux de Téflise 
de Benêt (Veudée). 

En haut, à gauche de la planche, se trouve la Nativité : saint Joseph 
est assis dans un Aiutenil; ce meuble est intéressant, en œ sens qne 
les balustres qui le forment rappellent ceux du pupitre de sahile Ra* 
degonde , à Poitiers ; le lit où est couchée la Vierge ressemble avi 
berceaux où Ton couche encore les enfluits dans les campagnes du 
pays. 

Au dessous, se trouve Tétoile miraculeuse et Tange annonçant à deux 
bergers qu*un Dieu est né à Bethléem : il tient Tun par le bras; Taotre, 
agenouillé, souffle dans une sorte de flftte de Pan pendant que les 
moutons paissent à côté. 

Au milieu de la planche, on voit le Sacrifice d'Abraham : un ange 
apporte un bélier ; plus bas, Adam et Eve. 

Et au-dessous, on distingue Hérodiade portant la tête de saint Jean* 
Baptiste qu'un bourreau entièrement nu vient de couper. 

En haut de la planche, à droite, est peut-être la Fuite en Egypte : 
saint Joseph semble charger un Ane. Cependant cette sculpture reste 
encore indéterminée. 

Plus bas, on voit la Présentation au temple : deux colombes sont 
portées dans un plat par un personnage. 

Au-dessous, est une fiise prise dans un tailloir, puis un chapiteau et 
un modillon formé d'une tête rappelant le type romain. 



X^xr SESSION, A FONTENAY. 127 

LA CHA.JSE-GIRAUD. 

nez-de-chaosaée divisé en trois secUons perpendiculaires 
par des piles cantonnées de colonnes en granit. Trois arcades 
ogivales, deux aveogies , avec bas-reliefs fort curieax ( TÂn* 
nonciation et l'Adoration des Mages), d*un bon travail bien 
SQpériear à celui de Poussais. T.Qijt cela peut être rapporté 
an XIII' siècle. 

LES MOUTIERS. — MAREtrL. ^ LA GRAINETIÈRE. 
• • • 

Ces trois églises sont surtout remarquables par leurs nefs 
intérieures, celle des Mouticrs principalement, dont les trois 
nefs sont parfaitement conservées et sans déformation • tout 
en granit, donne le type le plus parfait des églises romanes de 
là fin du Xli'' siècle. 

Alarcuil offre de belles arcatures dans les murs eitérieurs 
de SCS nefs et de l'abside, d'une bonne exécution , avec de 
beaux proGIs, mais inférieurs néanmoins au tracé des absides 
de Yoovant comme effet décoratif. 

Mentionnons encore le transept de Luçon , qui offre de 
belles arcatures du Xir siècle. 

La Grainetière n'a pins que quelques parties de son abside 
qui font juger de la beauté de son anciennne architecture. 
Tonte la construction est en granit, parfaitement appareillée 
et irèa^bien conçue comme plan. Malheureusement ce superbe 
débris n*est même pas respecté par le propriétaire actuel , 
qui démolit les parements des murs afin de réparer les 
malsons de ses fermiers. 

SAtNT-POMPAlN. 

La curieuse façade de la fin du XIP siècle a été presque 
entièrement détruite , sous prétexte de restauration^ il y a 



12H CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

quelques années. Les pierres sculptées de la grande archi- 
volte de la porte d*enlrée ont été déposées par terre dim 
le jardin de la cure , et les bossages qui les remplacent ne 
seront jamais sculptés , en admettant toutefois qu'on paisse 
reproduire avec exactitude les sculptures de cette période. 
L'intrados de l'archivolte porte cette inscription : 

GIGLtLIinS ME FtClT. 

Type» généraux. 

Les églises romanes de notre contrée sont presque tontes 
construites d'après un style analogue. L'intérieur a trois 
nefs; la nef centrale, mal éclairée, reçoit seulement le jour 
des murs latéraux, percés d'ouvertures à plein-cintre pea 
larges et pou élevées. Ces voûtes sont en berceau, tontes 
renforcées d*arcs-doubleaux et butées par les voûtes latérales» 
également en berceau ; on y voit des transepts et des absides 
circulaires avec absidioles, suivant rim[M)rtance du monument. 
A la croisée du transept, très-souvent une coupole à trompe 
et octogonale ; une autre parfois à la première travée de l'en- 
trée, comme à Nieul ; le seul exemple de narthex que nous 
ayons se trouve à Tabbaye de Maillezais, entre les deux clo* 
chers. Les arcs formerets et doubleaux sont soutenus par de 
simples piles carrées, avec des demi-piles correspondantes 
engagées dans les murs; mais ces exemples sont rares (la nef 
de Vouvant et quelques resles, à Sl-Nicolas-dc-Brem , puis à 
Si -Pierre-le- Vieux). On peut, dans ce cas, attribuer ces 
bases de constructions à la fin du X* siècle. Presque toujours 
la pile carrée qui sert de noyau est cantonnée de colonnes 
cylindriques d'un diamètre plus ou moins fort, suivant qu'elles 
soutiennent des arcs-doubleaux ou des formerets (t). 

0) A Nieul, les colonnes soutenant les arcs-doubleaax de la nef sont 
d'un diamHre plus faible, mais alors elles sont accouplées. 



XXII* SESSION, A PONTËNAY. 129 

Si B008 examinons maintenant rextérienr des édifices, 
nom y tronvons une disposition motivée par la forme de l'in* 
tériear Inî-même. Les divisions perpendiculaires de la façade 
s'iiammaîsent avec les sections produites par les trois nefo; 
ceci est logique , car il devient de toute utilité de buter les 
arcs formereis de la nef principale et des murs goutiereaux 
qui Tieonent tomber à angle droit sur cette façade. L*arclii- 
fecle roman s*est , en général , contenté d'un simple pied- 
droit avec colonnes sur sa face ou le cantonnant à droite et 
à gauche; ce pied-droit monte souvent jusqu'à l'entablement 
dnnmrsgouttereanx ; ailleurs, le pied-droit est remplacé par 
des faisceaux de colonnes cylindriques , avec chapiteaux re- 
coeverts par un glacis se perdant dans le nu du mur. Ce 
faire, peu architectonique, tout en offrant une but^ plus 
puissante, est d*un effet mâle et original qui prend une 
grande tournure au portail et aux absides de Vouvant et au 
docher de Maillezais. Les colonnes et les pieds-droits angu- 
laires sont toujours plus renforcés que ceux qui se trouvent 
placés en regard des arcs formerets de la nef et cantonnent 
la partie médiane ; souvent on s'est contenté , pour ceux-ci, 
d'une simple colonne à fort diamètre dont le chapiteau règne 
avec ceux qui soutiennent l'archivolte de la porte ; une autre 
cotonne , plus faible de diamètre , la surmonte et va soutenir 
le premier cordon qui délimite le rez-de-chaussée des façades. 
La plupart de ces façades n'ont que deux zones horizontales : 
le rez-de-chaussée et le pignon, ^ans lequel sont inscrites les 
oovertares éclairant les nefs. D'autres (et ce sont les plus 
importantes ) ont jusqu'à trois zones ; la dernière donne jour 
dans les combles (Nieul, Benêt). 

Si nous examinons le rez-de-chaussée, nous trouvons la 
porte centrale à plein-cintre ou ogivale , avec plusieurs rangs 
d'archivoltes (1) , plus étroites à mesure qu'elles se rappro- 

(i) Quatre, en général. V 



1(30 CON6R4& AftCHÊOrXXÎIQUE DB FBANCE. 

cheiir.dtt»tyiQpaiii; ceftiarcbiFoites 80DI coofcrtes de cisfilop^, 
parduiJesqueUeinwyfljgnaleron» surtout les feuilletenufailôes. 
nipfiçlpQt I«( feuille d*olivîer aolique, le& pointes de dianaot,, 
I?8,l£te8r|)iate9, les feuilles lancéolées ou recourbées en vo- 
lute « le« disqueSi et surtout lea sujctR en ronde-bosse sym- 
boUqueSi ou de pure fantaisie décorative. Cette peite est; 
toujoursi plo». large que les arcades latéralesi, puisqu'elle »t. 
inscrite entre, les deux oolonneft ou piedsrdroitsiqm. butent 
les arcs de la. nef , qui est eUe-fnôme bien plu» laiige que les 
ba»-€ôtés. L'exirados de sa dernière archivolte touche pmqpe 
m cordon qui termine le res-de-chaussée (li). Chaque 
archivolte de la porte repose sur un pied-droit, cantonné 
d*one colonne cylindrique avec chapiteau et tailloir décoré 
de figurines ou de moulures. Les deux arcades de gauche et 
de droite sont toijjours aveugles , avec un o«. deux rangs 
d'archivoltes à voussoirs cunéiformes décorés ; elle» sont quel* 
qu^feis. plus basses que celle de la porte principale; mais 
souvent, elles atteignent la même hauteur, de façon à offrir 
une ligne continue (2) au rez-de-chaussée. Les tailloirs des 
chapiteaux qui les. supportent se profileot,de droke à souche, 
de façon à faire du tympan de Tare (^ive ou pleîn-ciotre 
une sorte de tabirau où l'on. encastrait après coup, coiiune 
à Poussais, à. Benêt, à la Chaise-Giraod et à Ardines, le& 
grands sujets symboliques qui devaient frai^per le plus vive- 
ment les. yeuX'des fidèles. Ce n'était parfois que de simples 
statue» , comme à Maillczais. ^ A Meul, les tympans sont 
vides 9 soittque lea sculptures aient été brisées , soit qu'elles 
n'aient janiais été oiisesi car elles étaient toujours appliquées 

(1) Il est .à remarquer que les archifoites de la Chaise-Giraud sont 
pluii larges au sommet qu^à la base. 

(2) Afin d^arriver à ce résultat , Parcbltecte a dû' leur donner un 
surhaofisement proportionnel au plus ou moins de largeur de la trarée 
qui les inscril. 



XXXr SESSittxV; Â PONTÊNàY. 431 

^^én^Mmoi^éâlts âe FoùsiÈlr, dorit il â Mh] côttper 
d^ (M^tM^ (kmf iear^ élicdsftrel' dàos' le^f cddt*é de ^pibi<rë. 

SfA^drVéta^', poiir lé délinfiit^f , sTélevait iHvârHi(blé>inc«nf 
dnë'belte'cîMlfefarCI à arcatiirei^ où à inùdilfôiis^gtllriâ^ts, 
émétr àe fôtfîKes ou' d'ahiroauxs ei'sm-niotitàfrf piarfois* une' 
friâJif'riclië^ entrelacs', cômnie à Pficttli Le second étïgë, 
é^fknMt* diVUé en' thris' bandes pèrpf'ndicdiaifcs par la' 
éamïïïûttlkfà des cto^itrcfarts ou âe^ crtMiinés du' rcfz-dl'- 
cbaasséè',' étt peh:é d*ulief bafc' â* l'aplcftob du* ûiHiéa de' 
dia^iie ittzâe înfféHenn^. Ces' b&îes'sont chargées d*éc1alrcr 
la g^ndè' nef et les' bàs-côés; la baie centrale est ton-' 
jodrâf plus latge et ptos élevée rjiie les ouvertures de drohc 
et de gauche. Dés' atxhivohes ornées et' contennc^'par' de* 
cdldoties' cylindriques el parfors uionotitlies Icsdécorcnt. Un 
seul exemple contraire et malbcureut, puîsqd^îl n^e^C pars' 
mètÎTé' , s'ofll'e à MaiNeraî» Les deux' ouvertures latérales 
cbètatrcheAtsur le^ pie^é-drbf Ls ; et, n^ayant pa^ cdnséqûent' 
rien à^ éclairer, elles sont avcugtes. (In simple oeutus donne 
uti'fâiblèf jôtir dams les bas-côeé& Construction vicietisel et 
nttifêtocnt à imiter. Mais; ici encore^ la baie centrale est 
beaucoup pfusf' élevée : ce qui prouve qd*en artfiîtectdre 
tout' ce qui est' loj^que contente à la fois' et Toril et la 
péfÂéë.' En taisant ainsi monter et descendre \ei sonfirAets dêf 
leursr archivoltes , suivant la hfauteur des Toutes intérieures , 
la' di^[Ms?(inik eitérteur-e siiariuonise parfaitement avec \ë 
pi^on, dont ces' ou verfures suivent alnsrl'angle aigu.' 

Lm^^]tf troisième étage exUte', il ne porté en géki'éi^àl 
qû^inc' ouverture chargée d^éclàirer leis combles; le pignon 
se termine, au-dessus, parla rencontre des deux rampants! SI 
ce pignon ré^k)^ comme à Bicnet et' à la Chafse-Girand sur 
lé dernier cbtdoti' à' mcMIlton^', Tesprit rêsfe frappé de son 
ahaioglé^* afèc le'ftofoh grec ou romah^. A Poussais et à 
S^-S'Niëolaè-dë-Bfem', il y a de vraies méiofpcs entre les mo- 
dillons. 



132 COMGRfeS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Après avoir étudié avec soin les façades où nos artistes 
poitevins ont développé lears combinaisons architectoniques, 
presque toujours simples et puissantes de forme » prenons les 
mors latéraux qui rappelleraient encore les divisions inté- 
rieures, soit par des piles^ soit par des faisceaux de colonnes ; 
butées insuffisantes qui ont presque toutes cédé, en amenant 
les désordres les plus graves daus les voûtes. Pour la plupart 
du temps 9 elles se sont déformées en prenant ces courbes 
irrégulières qui ne rappellent en rien le tracé primitif. 

Quelquefois un arc tracé extérieurement, d'une pile à 
l'autre, reproduisait ainsi la décoration iniérieure; dans 
d^autrescaSy c'est une arcature géminée; souvent le mnrest 
lisse et surmonté d*un entablement à modillons, où le caprice 
des artistes s'est donné libre carrière ; une baie à archivoltes 
et à colonnettes s'ouvre dans chaque travée. 

Les absides, ainsi que les façades, sont les parties de 
l'édifice où l'architecte s'est complu à employer les plus 
heureuses combinaisons de son imagination. Jl n'y a parfois 
qu'une abside circulaire; mais elles sont , en général , com- 
posées d'une abside centrale et de deux absidioles renforcées, 
à l'aplomb des colonnes intérieures, par des piles ou des 
faisceaux de colonnes (Voir Vouvant et Maillezais ). Dans ce 
dernier cas , ces absides offrent les plus heureux effets arcbi- 
tectoniques. Comme jeu d'ombre et de lumière, des baies 
cintrées, à archivoltes ornées, s'ouvrent dans chacune des 
divisions; une belle corniche moulurée, à modillons, re- 
couvre les nmrs. Nous l'avons déjà observé , ces absides , 
lorsqu'elles sont renforcées, comme k Vouvant , de faisceaux 
de colonnes , présentent un souvenir lointain du temple de 
Vesta et de Tivoli , ou du monument athénien de Lysicraie. 
Les clochers , assez peu conservés dans notre pays , se com- 
posaient de séries de baies accouplées avec piles méplates 
OU faisceaux de colonnes appliqués aux angles et faisant 



XXXr SESSION, A FONTBNAY. 133 

office de contreforts. Plosiears étages ainsi formés pouvaient 
se superposer et donner naissance à un toit en pierre on en 
ardoise. Gelai de St-Bilaire est un des plus remarquables 
que nous connaissions ;rarchitccture entière de Téglise y est 
cTon beau style. 

BÊSIMÊ. 

Si nous voulons résumer Tensenible de cfs types d'archi- 
tecture , nous trouvons Part romain compl^teme^t défiguré , 
autant par impuissance que parce qu'une sève nouvelle 
échauffait l'imagination des artistes. La structure entière de 
Tédifice rappelle encore le temple antique et la basilique ; 
mais, dans l'arrangement des façades et des piles , il y a déjà 
une notable différence , une sorte de barbarie puissante, des 
innovations sensées ou malhabiles, de ces fautes heureuses 
qui ouvrent déjà la porte au grand art du XIII' siècle. Les 
piles carrées , parfois employées seules comme soutènement 
des voûtes cintrées et ogivales en berceau du X* siècle, sont 
promptement cantonnées de colonnes sur chacune de leurs 
faces, colonnes nécessitées par la retombée du bandeau 
saillant qui renforce ces voûtes , et qui forme déjà les arcs- 
doubleaux et formerets de la période ogivale. Cette donnée 
n'est pas complètement une innovation : bon nombre d'am- 
phithéâtres romains devaient, comme le Colysée , porter sur 
la face de leurs piles une haute colonne extérieure soutenant 
l'architrave qui règne sur les arcades du rez-de-chaussée, 
tandis qu'un pilastre, ou une colonne correspondante à l'in- 
térieur, supportait les voûtes d'arête ou en berceau. La colonne 
cesse alors d'être amincie au sommet et renflée à son tiers. 
Est-ce une innovation romane ou une copie du bas-art 
romain de cette époque? Nous ne saurions l'aflBrmer : les 
colonnes tronquées de Vafrium de St-Médard ne portent 



}3{l CONGiyÈS AJlCltfiOLOGIQUE I^E /A^NCE. 

^jicupe apjvirençe de fusel|ement ]^8 ^f^^qjf^ b^uocuiip 
sur ce point , qàr c*est encore une ^c cc^ jf^t^rk^ ,qui 
alh^t profluire tes plus h^eiureux résultais, ep a'o^^fijt 
plus à é^blir la loog^^ur de la c9lo|me,d*apri;s ^n p^d^le. 
Une autre innovation non moins heureuse , qvp^o'ei^QÇMie 
plus barbare , c*est la réunion des colonnes en faisceaox 
faisant office de contrefort. Le bi^t était absurde : une oolonne 
doit porter et non s'opposer à une poussée quelconque de 
voûte. Aussi ce systènif architectural fut prompteinent ahao- 
donné, mais l'art gothique conserva le faisceau pour le 
j^rooi)cr et l'utiliser avec un art infini dans si*s intérieurs. 
Quoi qu'il en soit , la butée était déj^à trouvée sous une forpie 
impuissante» il est vrai, mais c'était on acheminement : il 
ne s'agissait plus que d'^iugmenter sa force de réi^staoce. 
Nos architectes poitevjus avaient donc donné à notre archi- 
tecture religieuse, dè^ le XI' siècle, une assez grande 
harmonie d'ensenible et une originalité propre, qui peut faire 
de ces édifices une création tout-à-fait prsonuell.e. Ils sçiii 
toujours sages dans leurs proportions et d^ns leurs combi- 
naison^ de ligpes , ne cherchant gu(Te les jgrands effets de 
lun^ière par de fortes s,aillies , réservant jiour les rez-de- 
chausséç leur richesse de profils , de moulures et d'accou- 
plements de colonnes. La aculpiure suivit cetl^loi; m^js. à 
l'opposé <)e toute bonne architecture , les édifices s'appau- 
vrissent en n^ontant, Ip pignons ne sonf qu'une surface jiss^. 
tandis que les étages inférieurs sont surchargés d'ornement^ 
de toute sorte. En étudiant la scptpture , nous comprendrons 
les motifs ^e ce parti pris. 

SCULPrCRE. 

La scijlpture dans nos églises rpmanes s'applique d'abord 
aux archiyol|es ^cs p<)rtes, des fenêtres, suftout des façades 



XX'Xr SESSION, A FONtEWAY. 135 

aw'ebpîieain, «av fh'ses, atvx taràufa^, aOK medMMS'; pif- 
Ms, de <|ra«ds bas-reKefe ement le» tympitis des mts, hts 
sojeto vfiiibolk|«es s'étalent amssi dans les arobfvolles ^i éaiis 
les diapiieftox , mais souvent ce sont de simples types déco- 
ralîfii, iMs places sortoai favonfeles à ces #eiAp(ures sont tes 
tf aqHois des arcades aveugles -de droite et 4e gaodvequi, par 
ieare dinenrîofis <pliis grandes , permettaiem l'encadreffient 
de scènes împortaBtes qaî afiiraieot 'ie«t particulièrement 
l*aiiefttion des âdèles. La sculpture sorckarge tes étages în- 
fiêrfeors de Tédifice et s*y concentre presque anlquement. 
DeiMLiDOtîfis, selon nous, en sont la canne : 1" tout ceqoi 
était symbolique devafit foroéme^it te rai>procher le pins 
possible de la vue des populations^ afin de les frapper davan- 
tage. Ces sujets, perdus à de grandes bauteurs, ne rempHs- 
aaieiit plos le but et devenaient illisibles. 2** La foi*me dont 
ces acolptures sont composées et exécutées n'en permettafit 
pasfékMgnenient. Leur peu de relief, s'il s'agit des feuil- 
lagw 9 au leurs farmes mutles et sans accent , s'il s'agit de 
figorkies, leur faisaient peréne à de grandes hauteurs tout 
leur effet décoratif ; ce n'vst plus alors qu'un foitRis indé- 
clrifinble I l'œil. Ku résmné , œ parti pis de «lécoration 
est d'tiii assez mauvais gaèt et senties bîasses épnques de 
Fart; attirant Tonl partout et ne le concentrant nulle part, 
il gHe les lignes par fabus d'une ornëineiitation qui se naarie 
malaiFcc les saillies des moulures qui se vmeùi dans ces détails. 

EXÊGOTION DE CES SGULPTUBBS. 

Si nous examinons avec attention le parti pris qui a présidé 
à Tomementation de ces diverses sculptures, nous trouverons 
que les artistes romans n'ont pas été beaucoup plus heureux 
dans leur faire que dans leur distribution. Patients, minu- 
tieux, réguliers , froids dans Texécution de ces ciselures, on 
De leur trouve aucune liberté dans la main et peu de mouve- 



136 CONGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DB FRANCE. 

ment dans les lignes; ceci a dû être inoti?é par h nécessité 
de faire leur travail complet avant la pose sur des pierres ré- 
gulières et de petite diruen^on. Ils aimaient la ronde-bosse in- 
décise dans les figures, et les découpures plates dans les frises 
et les archivoltes. Enfants du sol, sans aucun doute « leur 
imagination calme et froide s'est encore perpétuée jusqu'à 
nous. Étudions maintenant avec attention la foçon dont dos 
artistes se servirent du ciseau à cette époque. L'art romaa, 
étant presque immobilisé , faisait déjà pressentir par son in- 
puissance à mieux faire une révolution radicale dans l'art 
architectural. L'artiste roman , loin de chercher à suppléer I 
ce qui manque de relief dans ces diverses sculptures par des 
coupes maigres , c'est-à-dire refouillées en retraite des coa- 
tours de la sculpture et semblant l'isoler du moins, ainsi que 
cela a été si habilement compris et exécuté pendant les XIII* 
et XIV* siècles , jusqu'aux tours de force du XV*, a fait au 
contraire tous ses contours arrivant obliquement sur les 
fonds : de sorte que lorsque deux de ces coupes viennent à 
se rencontrer, elles produisent un petit canal triangulaire 
affectant la forme d'un V ou celle d'un trait de burin. En 
constatant ce mode de travail adopté pour la plus grande 
partie de nos églises , surtout en ce qui touche l'omemen- 
tation , il devient évident qu'il y a là une donnée artistique 
dans les écoles. Dans les figures et les reliefs symboliques , 
nous trouvons encore un faire à peu près identique. Ce 
parti pris a dû être nécessairement adopté par l'impuis- 
sance où étaient les artistes de cette époque de comprendre 
et de copier la nature , ainsi que les types plus parfaits de 
Part antique qu'ils avaient sous les yeux , mais qui avait la 
propriété de mettre cet art facile à la porié^d'un plus grand 
nombre d'ouvriers. Les motifs que nous venons d'indiquer 
ont , nous en sommes convaincu , guidé et maintenu les 
artistes dans cet emploi singulièrement excentrique du ciseau. 



XXJiV SESSION, A FONTENAY. 137 

Ces considérations paraissent très-jostes, et M. de Rocbe- 
brane reçoit les félicitations do Congrès. Une discussion 
s'eBg9ge ensnitc sor la question de savoir si les églises romanes 
de Poitoo sont dues à des architectes laïques ou à des moines. 
IL Fabbé Auber les rapporte toutes à des architectes sortis 
des doitresb 

N. Ledain rappelle que M. Viollet-le-Duc , dans un mé- 
moire sur VÂlbum de Villars de Honnecoort , constate Tin- 
trcxlaction de l'élément laïque dès le Xïll* siècle. 

M. de Rochebrune cite entre antres la Saiute-Cbapelle de 
Paris , due à Pierre de Montercau. 

Plusieurs membres du Congrès signalent des églises anté- 
rieures au XIIl' siècle, où des noms de constructeurs 
désignent des laïques. 

11. Auber fait remarquer que ce n*est généralement qu'à 
partir du \1V* siècle que Ton possède des noms d'architectes 
laïques pour les édifices religieux. 

II. Fillon cite quelques noms qui , n'étant pas suivis de 
qualification indiquant une position religieuse, font natu- 
rellement admettre l'état laïque. Il pense, avec d'autres 
oiembres, que les religieux ajoutaient toujours leurs qualités. 

11 émet , à l'appui de son opinion » que saint Louis avait 
pour architectes deux laïques. 

U. le docteur Cattois fait remarquer qu'on ne connaît pas , 
de Cologne à Paris, de basilique du XIIP siècle construite par 
00 prêtre. 

Il rappelle qu'en Italie, dès le \*ou XI* siècle, les archi- 
tectes italiens connus comme constructeurs des églises sont 
toos laïques. 

H. Auber ne se déclare point convaincu, et engage vivement 
les membres de la Société à étudier cette importante question. 

La séance est levée à dix heures un quart. 

Le Secrétaire , 

A. DUREAU. 



U8 CONGRÈS AhCBÈOWGiqVE DE FftAKGE. 



VISITE AUX A^CreNJIES MAISONS DE L\ VIILB DE FflîlTEIttY . A 
LStfPLAGSUSlfT m CHATEAU ET à LÉGUSE • 

LB 16 JUIN A 11 HBUHBS. 



Ail heures do matin, les membres du Congrès se sont 
réunis au château de Fontenay, sur'rioviialion de M. Baron, 
ancien député, propriétaire de la plus grande partie des 
ruines de la place. On monte par une pente assez rapide à la 
belle habitation moderne établie dans Tenceinte, sur un point 
qui domine la ville de Fontenay , et d'où la vue s'étend an 
loin sur le pays. 

Après s'être reposé dans le salon de M. Baron, le Congrès 
a visité avec lui l'enceinte et les murailles qui existent en- 
core ; il a reconnu, au milieu des jardins et des bosquets qui 
occupent les cours, l'ancienne disposition des entrées et la 
position du donjon. 

En descendant du château, qui domine toute une partie 
de la ville , la plupart des membres ont visité des maisons 
assez curieuses qu'ils avaient aperçues des promenades de 
M. Baron , notamment la maison dite du Gouverneur , que 
M. Bouet a dessinée. 

Après être passé par le marché aux Porches et avoir visite 
les maisons qui le bordent , le Congrès est descendu sur les 
bords de la Vendée ; il a trouvé lâ des maisons dont les étages 
en surplomb sont supportés par des poteaux obliques. Denx 
dessins, de M. Bouet , en rendront très-exactement la dispo- 
sition (Y. les pages 140 et 161 ). 

Autrefois, le long des rivières et quelquefois sur des rues , 
on gagnait ainsi de l'espace pour les étages élevés. On toyait 
encore, dans les anciennes villes, des maisons en surplomb sur 
le bord de presque tous les cours d'eau ; aujourd'hui elles 
deviennent très-rares , et les types qu'on voit à Fontenay 



T 



139 




il><i CONGRES AKCIIÉOLOGIQOE DE FRANCE, 




MAISOK SITUER SUR LA HIVlÈRB. 



XXXV SESSION I A FONTENAY. 




MAISOSS l-lTthES StR L\ RITli^Re, 



iki GONGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DÉ FBAfICB. 

devaient, à ce tUre, élre remanliiés par le Congrès archéo- 
logique. 

L*église Notr«^(kime de Fontenaïf a ensuite été Tisitée. 
Nous renvoyons aux docoinènts hiitoriques donnés snr cet 
édifice par M^l. dé Rochelirune et Pillon. Dans son eut 
actuel, l*ensemblè dé cette église est dd'XV« siècle. La tour, 
assez élevée, est une des plus betles'dë h contrée; elle 
conserve le galbe des tours 'du XIV* ^èef^. 



VISITE A LA œLLECTION Dr M. EiBNJÂMIN FILLON, 

LB l6 JUIN , 4 MIDI 1/2. 

I^ Congrès s*est rendu, à midi, chez M. B. Filloir, poor 
visiter sa remarquable collection. 

Cette cotleclion, uniquement formée au point de voe 
historique et artistique , ne renferme que des spécimens ca- 
ractéristiques propres à Taider dans ses études. Ce n*est 
donc point une collection proprement dite , mais= un instra- 
ment de travail. Chaque fûèce a sa valeur propre, son 
importance déterminée. Vivant loin des grands centres, 
M. B. FiUon a dû s*entourer ainsi des docmnenis qoî Ini 
tiennent lieu, en petft, de ce que renferment les dépte 
publics de Paris et des prlncîpak*s villes. — Les coHectian- 
neurs attacheraient assez peu d'importance à cet aoAs de 
notes ; mais un travailleur y trouvera* bien des cMSbes 
précieuses. 

owe«"d'abt. 

Sciti piarwiÉ ? 

1° Médaillon dé Ixmîs XI jeune, sculpté sur pierre de 
touche par Laurana. Original du médaillon de bro&ïe dû 



SX3LI* SESSION, A POKT£NAY. i%3 

latee aftftite, qoi est de phs' petite' diiAMifllos et d'un* 
tra? ail moins soigné. 

^ Boslede Sdpibil, reprâu^ntê sodsp les traits' d*ùn per- 
mmse italien* de* làf fin du XY^ sMcle. Bas-rdierde |{^aa- 
de» r oatïireHe en maître blimc Cent' peut-être , ao poidt de 
vue deTart, le morceao le plusr précieot de Itf cbllectk>0. 

3^ PhIv buste , en- marbre biMic , d'une jeune princesisG 
julienne y par Rousseau, sculpteur bas-poiterin do com- 
mencement du XVIII* siècle, qui a résidé longtemps à la 
cour de Madrid. 

k" Bttsie plus grand que nature, en terre coite, de Til- 
lustre mathématicien François Viète, par M. Maiodron, qui* 
a fait également pour M. B« Fillon les médaillons de plosirurs 
des membres de sa famille. Plusieurs de ces médaiUons, d'un 
beau caractère , sont de grande dimension. 

Jeune Italienne ouvrant un vaso d*or. École milanaise. 

ApoUonet Dapkné, par Loir, imitateur du Poussin. 

Tête de Dominicain d'un grand 'caraotère. Éooto espagMie: 

Chtnnant petit tXMrirait de femme sur argent,. par Wiérix. 

Grandes miniatures in-folio provenant d^un livre d'Heures* 
etécnté par Claude GoufBer , dont l'une a mis Mi B. Fillon 
sur la. traee de la. provenance des. faïences fines impropre* 
ment dites de Henri IL 

Portrait sur bois du Fontenaisien Iticolas Rapin, l'undes 
auteurs de la Satyre Menippée, Peinture attribuée à. Caron« 

Curieux portrait de Brantôme, longten^)» conservé dan» la* 
famiife de Cbasletgper, à laquelle le célèbre écrivain était 
allié par sa mère. 

Petit tahkan sur bois, représentant rfinfant-i-JéstMi ei^le 
petit saint Jean jnnant avec on mouton , peint p^r Tévôqne 



itlU CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

artiste Pierre de Nivelle, qai occupa le siège épifloopalde 
Laçon de 1635 à 1660. 

Mioiatare de F. Breotel : Fuite en Egypte, commandée 
par Viocent-de-Paul pour son prolecteur , M. de Cooinei^ 
avocat à Daz. Lettre d'envoi autographe. Dans k indaie 
album se trouve la lettre autographe , très-longue et très- 
déuillée , où Vincent-dc-Paul raconte sa captivité de Tunis à 
son protecteur. 

École Italienne, —Quelques dessins de maîtres, des XIV* 
et XV* siècles. 

Études de Michel-Ange et du Primalice. 

Profll de Vierge à la pierre noire rehaussé de blanc , par 
Fra Bariholomco. 

Sainte Thérèse tenant TEufant-Jésus dans ses bras, en 
présence de la Vierge et de plusieurs anges. Dessin à la 
plume, lavé de bistre , par Le Guerchin. 

École française. ^ Série de cartons pour des émaiik'urs 
de Limoges, du milieu du XVI* siècle. 

Plusieurs portraits aux trois crayons, du XVI* siècle et de 
la première moitié du XVIi*. 

Dessin capital du Poussin pour son Tesiantent d'Endos 
midas^ plume et bistre. — Notables différences avec le 
ubleau du maître , gravé par Pcsne. 

La Mort de Sénèque , Tun des plus beaux dessins connus 
de Le Sueur» ayant appartenu à Jean*Jacques Rousseau, 
qui l'avait reçu du prince de Gonti. 

Études de tètes de religieuses, par Philippe de Champagne. 

Études de Watteau. 

Le Retour et Le Départ , par Greuze. — Compositions de 
plusieurs figures à la plume et k la pierre noire lavées d*encre 



XXIV SESSrON. A FONTENAT. 145 

de Chine, et conçues dans ce sentiment fausseoient drama- 
tiqoe qoi caractérise les œuvres de ce peintre. 

La Mort d'Hector, par Louis David, pierre noire çt encre 
de Cliine. —Superbe portrait de Dubois-CraïKé à l'encre de 
Chine, par le même. 
Étodes de lêies de chevaux , par Carie Vernet 
Dessin à la mine de plomb, par David d'Angers. — Celte 
composition , de dix-sept fignres, a été faite pour servir de 
frontispice an livre sur les guerres de la Vendée, qne pré- 
parent MM Fillon et Dugasi-Matifeux. Elle représente THis- 
loire éclairée par la Justice, ayant à sa droite les généraux 
républicains , à sa gauche les chefs vendéens , et à ses pieds 
une mère vendéenne , tranquillement assise , entourée de ses 
quatre enfants. Ce dernier emblème de concorde et de paix 
caraMériiie la noble pensée de Tartiste. 

GrawnrM. 

Quelques é|>reuves de choix <{es gravures les plus iiitéres- 
lanles d'André Wantcgna, do Marc-Antoine, d'AUxirl Durer, 
Jean Duvet, Marc Duval, Claude Lorrain, Jegher, Hem- 
brandt, Paul Potter, Van Dyck, Nejvinx, Callot, Fran- 
cisque MHet, Pesne, Audran, Watteau, Copia, Roger, 
Prndhon , etc. 

Choix de portraits d'hommes célèbres , \\anm Icsiiuels il 
en est de beaux et de rares. 

ANTIQUITÉS ET CURIOSITÉS. 

Découverte de St-Médwd, près Fontenay-le-Comte. — 
Mobilier du tombeau d'une femme artiste du lll*' siècle, 
contemporaine de Postume : boite à couleurs , argent et 
bronze, palette de porphyre, godet de bronze, mortier et 
son broyon de marbre blanc, nsieusiles divers de bronze, 

10 



1&6 GONGEfeS ABCHÊOLOGIQUE DE PBANCE. 

cristal de roche et bois , nombreux vases de verre et cristal 
artificiel, vases de terre, etc. Qaelques-uns de ces vises 
coniieonent encore les couleurs, les cires, les vernis, les 
résines qu'employait Tartiste romano-gauloise. 

Fragments de revêtements de murs , découverts dans la 
villa située près du tombeau, et couverts de peintures repré- 
sentant des personnages, animaux, plantes et ornements 
divers. 

Cette collection est unique. 

Statuette de Mars, en bronze , trouvée au iMazeau-de-St- 
Sigismond (Vendée). 

Plusieurs vases romano-gaulois en terre ronge avec reliefs. 

Bague d'or , de la seconde moitié du VI' siècle , portant 
en monogramme le nom de RADËGODIS, qu'on a attribué 
à sainte Radégonde. — Quelques autres bijoux mérovingiens 
en or. 

Grand collier de mariage en or , VIII* siècle , contposé de 
médaillons représentant alternativement Bacchus et Cybèle; 
et, sur le médaillon principal, le CbrLst unissant les deux 
époux, dont les noms sont inscrits en légende. 

Vierge d'ivoire , assise , du premier tiers du XIII* siède. 
— Provient de l'abbaye d'Ourscamp , près de Noyon. — 
Hauteur : O'^SS^ — Monument curieux comme spécimen de 
l'art de ce temps. 

Sceaux des XIII*, XIV* et XVI* siècles. 

Épées provenant du lit de la Vendée, dont deux, d'une 
conservation parfaite, sont des spécimens fort rares des 
X* et XIII* siècles. 

Écbantillons de poteries poitevines avec marques. 

Verres peints et agaiisés, de fabrication poitevine, des 
XVI* et XVII* siècles. 

Spécimens de vases chinois et japonais avec inscriptions 
chronologiques, des XV* et XVI* siècles, apportés en Bas* 



XXXI* SESSION, A PONTENAY. iUl 

Poitou par le commerce de Nantes, des Sables-d'Olonne et 
de La Rochelle. 

Quelques bons émaux de Limoges, des XII', XIII*, XVI* 
et XYII* siècles. 

MooBaiM 9t utédmlUem. 

Seulement quelques spécimens, parmi lesquels on remarque 
DO exemplaire du stalère portant le nom de Vercingélorix ; 
quelques triens mérovingiens du Poitou , cntr*autres ceux de 
Ligugé, d'Ardin et de Tliiversay (Theodebertiacum), ancienne 
localité mérovingienne , comprise maintenant dans l'enceinie 
de Fontenay-le-Comle ; le grand m^^daillon d'or frappé sous 
Charles VII, en commémoration de Texpulslon des Anglais ; 
quelques médaillons italiens de Pisauello , de Laurana et de 
Boldn; celui de François P', par Gellini; celui d'André 
Tiraqueau, modelé à Rome, en 1552, par un Italien In- 
connu; quelques médailles de G. Dupré , et enfin des pièces 
d'essai de la Révolution. 

Une collection à peu pfès complète des assignats et bons 
de confiance émis par les armées catholiques de la Vendée. 

Déplus, environ 20,000 documents manuscrits et im- 
primés, recueillis çn commun avec M. Dugast-Matifcux , 
tous relatifs à l'histoire des provinces de l'Ouest. Ce recueil 
très- important renferme de nombreuses chartes, dont la 
plus ancienne remonte au commencement du X* siècle. — 
On y trouve beaucoup de pièces munies de sceaux. D'autres 
ont , indépendamment de leur valeur historique , un inié)*êt 
considérable comme autographes. — Environ 10,000 de ces 
docomenls ont trait aux guerres civiles de la Vendée.— Série 
de documents originaux relatifs aux seigneurs féodaux de 
Fontenay-le-Gomte. 



1&8 C0N6«È$ AfiCHÊOLOGIQUe DE FRANCE. 

AUTOGRAPHES PRINCIPAUX. 

.lean Ghaiidos, Thomas, Percy, Bertrand Da Guesdin, h^n 
de Berry, Charles d'Orléans, Jeao-Sans-Peor , duc de Boar- 
giigoe; Bernard d*Armagnac , Arthur de Richemond, Jean 
Rabateao, l'hôte de Jeanne-d*Arc; Gilles de Hais, Louis XI, 
Richard III. roi d'Angleterre; Philippe de Commines, Fer- 
dinaud-M^alboliqae, Isabelle de Castille, Aoue de Bretagne, 
Sadolet, Artus Gouffier , sire de Boisy ; Phihbert de Lonne , 
Jean Juste , François Viète , Bernard Palissy , Barnabe 
Brisson , Nicolas Rapio , Catherine de Parthenay , Agrippa 
d*Aubigné, Henri de Rohan , Benjamin de Rohan , sieur de 
Soubize; Vincent-de-Paul; la. plupart des hommes qui ont 
joué un rôle important dans la Révolution; la série complète 
des chefs de la Vendée militaire et de la chouannerie: Caihe- 
lineau , StoIDel , Lescure , Bonchamp , Piroii , Henri de La 
Rocliejacqnelein, Forest, Joiy, Laugrenière, d'Elbée, l'abbé 
Bernicr, d'Autichamp, Jean Chouan , La Cathelinière, Cba- 
reite, Bernard de Marigny , les Sapinaud , Royrand , etc. 



2« »£aKCE du 16 JUIN. 

Présidence de M. Seceestain , inspecteur de la Société française d'ai^ 
chéologie pour les Deux-Sèvres. 

La séance est ouverte à deux heures. 

Siègent au bureau : MM. de Longuemar ^ Letouraeux^ 
Bauei, Gaugain, les abbés Loiwie^ Pichon^ et le curé de 
St-Pierre. 

M. Hoiptei remplit les fonctioiis de secrétaire. 

M. de Caumont dépose sur le bureau plusieurs photo- 
graphies envoyées au Congres par M. Crouzat, sculpteur. 



IXKl' SLS8ION5 A FONTENAY. !&9 

M. fecuré d'Angles lit un mémoire très-détaillésttrr^gtîse 
dMngles , qu'il croit devoir dasser au rang des monomenis 
de la fin dn XII* siècle , liien que la nef, composa de deux 
travées, lui semble appartenir au commencement du Xlir. 

M. Marchegay demande qu'on insiste snr la question des 
pooillés. II croît que l'indication, par le poulHé de M. l'abbé 
illlery, des abbayes- mères , des prieorés situés en fias- 
Poitoa, doit serrîr de guide pour rechercher les thres de ces 
prieurés. 11 suffira de recourir aux cartulaires et aui char- 
triers de ces abbayes, conservés dans les archives et les 
bibliothèques publiques; et ainsi, pour un certain nombre de 
localités importantes , sièges de ces prieurés , on pcMMrra re« 
irooTer la date de fondation ainsi que les cireonstatioes prin- 
cipales de leur histoire. I^s archives du département de 
Mahie-et-f.oire offrent, à la connaissance de M. Marchegay , 
beaucoup de documents curieux de ce genre. 

M. l'abbé Aillery dit que révêché de Loçon est privé 
d'archives , par suite des guerres de religion et de celles de 
la Vendée. Les titres et les objets les plus précieux de Luçon, 
transportés à St-MicheUen-1'Herm, ont été détruits, le S]an- 
vier 1563, par le protestant Champagne. Cependant, l'abbaye 
de St-Michei possédait encore en 1792 une histoire com- 
plète, une bibliothèque de S, 506 vol. malheureusement fort 
mal tenue ; une copie du tableau de la Transâguration de 
Raphaël, placée actuellement dans l'église de Notre-Dame de 
Fonienay. Bn 16*22, Soubise , après la prise de Luçon, pilla 
l'église et brûla en partie ce qui avait survécu des archives de 
l'évéché. La bibliothèque du Chapitre avait été détruite en 
partie dans les guerres du XVh siècle. L'évéque Golbert 
s'appropria ce qui restait de curieux. Quelques manuscrits 
sont ainsi entrés dans la bibliothèque du Bot. 

il serait néanmoins possible de reconstituer les archives de 
Té^êché de Luçon en prenant des extraits des chartes 



150 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRàNCB. 

contenaes dans les dépôts publics , en achetant les ooTrages 
qui se trouvent encore dans le commerce, aux frais do diocèse, 
ou , au moyen d'une subvention annuelle peu considérable , 
en faisant faire des copies* des manuscrits les plus prédeox , 
soit par des gens salariés, soit par des séminaristes qui occu- 
peraient ainsi les loisirs de leurs vacances. La source la pins 
abondante de ces documents est sans contredit les archives de 
Poitiers , et déjà Mg' Soyer avait obtenu qu'on offrît Tbospi- 
taiité du séminaire de cette ville à quelques jeunes ecdésîas- 
tiqucs qui seraient allés , chaque année, prendre sur place 
copie des chartes et des manuscrits de D. Fontenean. M. Ail- 
lery joint à son rapport un catalogue des ouvrages qui se- 
raient consultés avec avantage par ceux qui voudraient s'oc*- 
cuper de l'histoire ecclésiastique do Bas-Poitou. 

1^1. Gouraod présente le catalogue des livres de la biblio- 
thèque du sieur Moreau de La Jaunière , trouvé à la fia 
d'un livre de comptes. 

Reliquaires et anciens objets d'art. — M. l'abbé Baudry 
présente un mémoire sur une croix reliquaire en bronze 
do XI* siècle, pattée, style roman, trouvée à Lavert, dans 
la rivière le Lay. Le Christ , couvert du tablier qui remplace 
la robe des époques antérieures et précède la pièce d*étoflfe 
des temps postérieurs , a les bras étendus horizontalemeot 
et les pieds fixés par deux clous. La croix, comme le prouve 
Tannean de suspension fixé au sommet et la douille de 
l'extrémité inférieure, pouvait indifféremment être portée 
suspendue ou servir de croix processionnelle. M. l'abbé Baudry 
mentionne, en outre 5 une petite croix en argent, pattée, 
ornée de cristal de roche, qu'il attribue au XII* siècle, 
ainsi que quatre sceaux provenant de différents abbés. 
M. Fillon signale la crosse de bois avec douille en argent, 
décorée d'une inscription, ainsi que Tanncao d'or, avec 



XXXr SESSION, A FONTENAT. 151 

saphir , recueillis à Maîllezais dans ie tombeaa de Tévèque 
de Saintes , Goderan. I^ douille est an musée de Niort ; 
ranocao appartient à M. Poey-d' Avant. Il mentionne aussi 
onc crosse abbatiale du XIY* siècle, trouvée dans le cloître 




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de la cathédrale de Luçon ; elle est en cuivre doré et émaillé, 
et est déposée aujourd'hui au musée de Cluny. 

Il présente , en outre , une inscription sur plomb trouvée 
dans le tombeau de ce même Goderan, et sur laquelle sont 
constatés ses titres et Tépoque de sa mort ; un sceau de bois 
d*ébène du XI* siècle , trouvé à Rezé , avec la légende 
SIG. EMEBici DEGANi. M. Fiilon montre un collier de ma- 
riage byzantin (bien que de provenance étrangère), repré- 
sentant le Christ en même temps que Cybèle et Bacchns , 
et probablement du VIII* siècle. Il soumet enfin le sceau 
de Tabbaye de La Grainetière, et ajoute qu'il en existe 
plusieurs autres entre les mains de diverses personnes. 
M. Poëy-d' Avant possède celui de Geoffroy Pouvreau , der- 



152 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRA^CE. 

nier abbé de Maillczais » et celai du monaKlère de fCieul-sor* 
TAulLse. 

M. Filloti présente ensuite au Congrès une ¥ierge en irolre 
du XIII* siècle, provenant d*Ourscamp, près Nnyon. 0*iprès 
un moine de ce lieu , elle était portée aux procesûoos el ha- 
biluellenieut placée dans une niche. 

M. de Rochebrune fait ob8or\cr le rap()or( qui existe 
entre cette Vierge et celte de la Chaisc-Giraud. — M. Filioo 
indique, en la possession de la famille Brécbard«d« FcHitcaaiy, 
un dyptique en ivoire du XIV* siècle; il dit qu*il eiisiail Ik 
Atzenay une colombe eu vermeil , échangée par te caré el la 
fabiique contre un calice moderne. 

Al. Segrestain demande s*il existe des ornementa sacerdo- 
taux. M. Fiiion répond que , d*après un bruit accrédité, on 
e:i aurait trouvé dans la tombe d*un abbé ou étéqoe à 
Luçon, du coumiencetnent du XIV' siècle. Dans celle deGo- 
deran, on n'a trouvé, avec ses vêtements très-simples « que 
quelques fragments de ûls d^argent et d*or. 51. Fillon roeo- 
tionne encore un reliquaire de la fin du XIIl" siècle. M. de 
Rochebrune cite les vases sacrés de Coex et les croix proces- 
sionnelles de St-l'hilbert de Bouène et de Sl-Étie 



Peintnres murales — M, Tabbé David présente au Congrès 
la copie d'une peinture du X III' siècle : quatre couleurs scukh 
ment y ont été employées : vert , noir, jaune et rouge. M. de 
Rochebrune fait remarquer que les statues de celle époque, 
surtout celle de la Chaise-Giraud» présenieni un faire attezbon 
et une certaine allure artistique. Les peintures morales sont 
médiocres ; les plus belles étaient celles de Fontaines, dont il 
a fait des croquis.-* Il pense qu'elles existaient sur tovtes les 
façades des égli^seset qu'elles continuaient la tradition des mu*- 
saîques anciennes. HI. Baudry en mentionne une du XI" siècle. 

&I. le président prie M. de l^nguemar de doniMr au 



I1>I' SESSIOM, A FONTEKAY. 159 

Congrès qoelqucft indications aa sujet âes peintures nwrales. 
Sonvent, dit M. de Longoemar , des peintores ornent le 
deiiors des églises. Les églises romanes, offrant de plus larges 
surfjcen qoe celles de Vère ogivale . sont |)lus favorables à la 
peinture murale, qui , contrairement è Tusage adopté dans 
roriem, offre sonveni le mélange des sujets de TAncien 
et du Nouveau-Testament. M. de Longnemar présente quel- 
ques fac-simile provenant : 

!• Do temple StOean.à Poitiers (X!« et Xîl« siècles) . 
pesnttire rappelant celles trouvées h P(»mpeî; 

t* Deh grande abbatiales de St-Saun (XI* et XfPstècles), 
dont les trois divisions présentent tn»îs sujets distincts lires 
de rApocaly|)se, du Nouveau et de rAncien-Testament. L'ab- 
side ne contient que les principaux saints honorés ï StSavln. 
DAM la crvpie est peint le martyre de saint Savin et demain! 
Savinien. D'ailleurs , observe M. de Longnemar , on peut 
alaérneift s'apercevoir que toutes ces peintures ne sont ni de 
la niéme é|HK{ue , ni du même style ; 

V M Notre-Dame de Poitiers : le Christ et les quatre 
Évaiig^list^ , la Vierge et rBnfani- Jésus, les saintes Femmes 
et les douze Apôtres (XIII* siècle) ; 

6* De Notre-Dame-de^Lignières : Résurrection de Lazare. 

Le corps est enveloppé de bandelettes analogues à celles des 

oiomien égyptieimes , et l'artiste lui a donné cette couleur 

verte indiquée par les textes et qui annonce la décomposition 

des organes après la mort. Dans un panneau i cAté, Lazare 

eut représenté moorant; l'âme, sous la forme humaine, 

s'échappe de sa bouche ; le dénioii cherche i s'en emparer , 

mais on ange-gardien loi tient la main et lut aide à s'échapper ; 

5" De la coupole de S^-Catherine^cfe-Montmorillon : sainte 

Catherine présentée à la Vierge ; 

i* De la crypte détruite de Si-Martial d'Angouléme ; 

7* Une fresque de Notre-Dame de Chauvigny: la croix 



i&U CONGBËS ARCHÉOLOGIQUE DE :FRAI9CE. 

porlée par le Christ, aidé de papes, (révdqoes, de laïques H 
eiifio d*uD enfant qui, trop petit pour y atteindre, tond les 
bras pour arriver jusqu'à elle ; 

8<* Fresque de l'Abeie , d'une facture bien diSâreiite : la 
consécration de Grégoire-le*Grand ; 

9* Une scène des danses macabres , provenant d'une dm* 
pelle près MonCmoriUon ; 

lO" Une autre scène des danses macabres: la scène des 
Morts et des Vib, avec la l^ende à ce propos. M. de Lon- 
goemar fait observer la naïveté des peintures et de leurs lé- 
gendes ; naïveté que fait aisément pardonner l'idée religieuse 
qui leur donne naissance. 

Archùecture tnilùaire du moyen-âqe. — On passe aaz 
questions du programme relatives \ l'architecture militaire 
du moyen-âge, en Vendée et dans le Poitou. 

M. de Caumont observe qu'il croit bon de s'appesaatîr 
sur l'origine des mottes féodales qu'on prétend postérieures 
au X* siècle , et demande qu'on dirige l'enquête de manière 
à savoir s'il existe des constructions dans rintérieur des 
mottes ou sur leur surface. 

M. Fillon a remarqué à la motte du Bois-de-Cené , élevée 
sur un terrain sablonneux, des vestiges romains; mais il croit 
la motte élevée après la destruction de constructions ro- 
maines du voisinage. Sur une vingtaine de mottes qu'il a 
examinées, aucune n'a présenté de restes romains. Il est arrivé 
quelquefois, ajoute M. Fillon, que des tumuli gaulois, tels que 
celui de St-Nicolas-de- Brem, ont été érigés en mottes féodales 
et même accrus de la terre extraite des fossés. Ou voit sur 
cette motte des traces dtî constructions du moyen-âge. 

M. Monnet lit un compte-rendu des fouilles faites à la 
motte féodale appelée la Grande-Touche , non loin de Niort, 
qui ont révélé l'existence de constructions dans l'intérieur de 



JXIV SBftSIOR, A POMTEHAY. 155 

h molle, maisqoi, n'ayant pas été terminées, n*ont pu donner 
aocaa renseigneroent positif mr h question. M. Googet a dé- 
posé sur le bnreaa une notice sur diverses mottes féodalea 

Pour os qui est des villes murées » Vonvent est la neule 
qu'indique M. Fillon. Pressé par l'heure, M. Fillon demande 
l'autorisation, qui lui est accordée , de présenter au Congrès 
on manascrit contenant la liste et les armes des seigneurs de 
Fomenay-le-Corote , parmi lesquels figurent , pour la plu- 
part, les plus grands noms de la noblesse française du moyen- 
ige et des temps modernes. 

Revenant à l'ordre des questions do programme interverti 
par la lecture de M. Fillon , M. Ledain lit une notice sur le 
château de Bressuire , dont la fondation remonterait , selon 
lai , à la fin du XI* siècle. Cette notice et les documents 
historiques qu'elle contient feront l'objet d'une publication 
spéciale que prépare M. Ledain. 

La séance est levée à cinq heures. 

Le Secrétaire ^ 

G. ROQUCT. 



EXCURSION A VOUVENT , MERVENT ET POUSSAIS. 

Présidence de M. db Cacmomt. 

Le 1 7 juin 186(i, à six heures du matin, le Congrès est 
pauli de Fontenay pour faire sa seconde excursion. Le temps 
D'effraie pas les membres de la Société française d'archéo- 
Icgje, qui tiennent à visiter tous les monuments des environs 
delà viUe où ils reçoivent, depuis huit jours, la plus gra- 
cieuse hospiulité. Les voitures s'arrêtent d'abord à Vouvent« 
M. le curé , qui attendait le Congrès , lui adresse quelques 
paroles pleines d'i-propos et l'invite i visiter son église. 



156 CONGRÈS ARCIiÊOLOGlQUE DB FRANGB, 

Le magiiiCque portail laléral de Péglise de cette locâlHé attire 
d*abord les regards de M. de Caiimont et de cent qui 
i*accoinp£^neiit. Les détails des sculptures font I*objet d*niae 
savante description de M. de Rocliebrnne. Il fait remarquer 
surtout le sujet du tympan , les colonnes torses et Tome* 
mentation, assez rare dans la contrée, qui eiiste eiKreles 
colonnes sur les arêtes de la maçonnerie. Une sacristie, de 
construction très-récente, vient malheureusement détruire 
reflet harmonieux de ce portail. Le <:ongrès fart des vœux 
pour que cet édifice disgracieux disparaisse promptemeot. 
Dans Tintérienr de l'église , une inscription ttunniaire du 
XIII* siècle, empreinte d*un profond sentiment d'humilité 
chrétienne, est kre par les visiteurs. Elle est conçue ainsi : 

QTONDAM PRJECLARVS, 
SED NVNC CINtS ATQVE FAVILLA. 

Le caractère barbare de la construction de la nef témoigne de 
son antiquité. Elle remonte au X" siècle ou peut-être au com- 
mencement du X I*. Dix gros piliers carrés séparent cette partie 
de l'édifice de deux bas-côtés surmontés de voûtes d'arête en 
plein -cintre, comme la nef elle-même (V, la figure p. t57). Un 
seul arc brisé se fait remarquer auprès de la voûte do clocher. 
Une tour informe, placée dans un des bas-côlés de manière ï 
l'obstruer, renferme l'escalier qui conduit au sommet de l'édi- 
fice. L'abside, dont la voûte présenie partout des arcs brisés, est 
plus récente que la nef. Une inspection minutieuse faite eité- 
rieurement démontre qu'elle doit être du XII* siècle. M. de 
Rocbebrune signale, sur la corniche de cette abside , une in- 
scrtptioii qui n'a pas encore été lue. Quelques men^bres du 
Congrès essaient, h l'aide d'une échelle , de déchiffrer cette 
inscription , et |)euvent constater qu'elle se compose de dix 
lettres et qu'elle commence par le mot suô. Une autre. 



ZXXl* SESSION, A PONTENAY. 457 

inscription est décoii?erte da côté opposé : pJ^ôe, comiom ia 
précédente» à la partie la plus élevée de TédifiGe, elle ne 




j CH.DÉÊTmcH. 



PAirn DB i*iiiTéitBi:B m la NEr m l^golisr ne voivrnt. 

peut malheureusemeut être lue. M. Segreslain |fait remar- 
quer les proportions heureuses et la construction soignée de 
Tabside qu'on pourrait, dit-il, prendre pour modèle. En 
somme , Téglise de Vouvent est excessivement remarquable 
ati point de vue de Part. Sa nef est certainement la plus an- 
cienne de la contrée ; c'est un spécimen qu'il faut conserver 
avec soin , malgré sa laideur. Cet édifice était peu important 
dans le principe. Le beau portail du XII* siècle, dont il a été 



iS8 CX>E9GBÈ8 ABCUÉOLOGIQUE DE ^BANCE. 

question plus haut, t êTtbnrà été ajouté au momeot oà Too a 
songé à fùre de l'église un monnme»t plus grandiose. L'ab- 
side est ? enne ensuite. Il est présomabie que la nef eût été 
aussi reconstruite , si l'argent n'eût pas manqué à ceux qui 
avaient entrepris la restauration. Ce qui le démontre « du 
reste, c'est qu'elle n'a plus sa longueur primitive. One 
portion du bas a dû disparaître au mument peut-être de la 
construction de l'abside. On ne retrouve pas' de Testées du 
portail principal, qui devait exister i l'extrémité de cette oeL 

Une cr}'pte fort ancienne eiiste sous le cbœur. M. de 
Rochebrune raconte qu'il a pu s'y introduire en rampant. 
Elle est encombrée entièrement par des pierres et de la terre. 

M. le Curé de Vouvent remercie M. de Caumoot et le 
Congrès d'avoir bien voulu visiter son église* et profite de 
cette circonstance pour demander quelques fonds afin de h 
restaurer. M. de Caumont promet de ne pas oublier cette 
requête. 

Château, —En sorunt de l'église , les membres du Congrès 
se rendent au château. Une tour très-élevée est ce qui reste 
de plus important de l'édifice. Elle est méplate dans certaines 
parties et arrondie auxlingles. Un petit réduit» à voûte cyUn- 
driqoe ogivale, existe dans le bas de cette tour. Il renferme 
un vieux canon trouvé dans un puits des environs. Un escalier 
en très-mauvais état conduit au sommet de, cet édifice , qui 
date peut-être du XIIP siècle. Le château était défendu par 
deux enceintes dont les traces sont encore visibles. La se- 
conde renfermait une motte assez élevée . qui a été fouillée 
sans résultat il y a quelques années. La tradition populaire , 
toujours empreinte du merveilleux , attribue à Mélusine la 
construction de ce château. On remarque â quelque distance, 
de l'autre côté de la rivière, les ruines peu importantes d'un 
manoir connu sous le nom de Petit-Château. 



XXXI* SESSION, A PONTEMAY. 




vos DU CBATBAU KT DD OONJOlf Dl VOCVEKT, 







BICTK.aH.t* 



POTEBRE BU CHITUO Dl TOOTIHTi 



i«0 CONGBk]l ASCBÉOLOGIOre DE POANGE. 

Au moment de quitter Vouvent , M. lyonnet achète 
le musée de Niort cinquante médailles trouvées dans ks mh 
virons. M. Charvet, de Paris, numismate dont le moi ait 
bien connu dans le monde savant , constate de suite rimpar- 
lance de ce petit trésor qui présente selle variétés ie piton 
dont voici le détail : six Philippe V on VI, deniers et oboks, 
deux Charles de La Marche, un denier de Champagne, m 
sterling de Lorraine , un sterling du château Porden, «a 
Jean de Bretagne, on Philippe de France, comte de Poitiers t 
un denier du Mans, un denier de Louis VII ou VIII (rappé 
à Bourges, un denier de Guingan (Etienne de PentUèvre). 

Mehyknt. — De Vouvent, le Congrès se rend aoxOuHères,oà 
les voitures s'arrêtent pour laisser parcourir à pied aits voya- 
geurs la distance qui les ^éjjare de Mervent. Le pelK châteaa 
de la Citardière, construction du XV 11'' siècle présentant peu 
d'intérêt, est xisité sur b route par les membres du Congrès, 
qui suivent ensuite un petit sentier plein d'ombrage et de 
fleurs tracé dans la foiêi de Mervent. Ils traversent la petite 
rivière de Mer sur un pont ancien , dont les arches sont en 
ogive, et arrivent enfin, par un chemin escarpé, au bourg 




de Mervent où le déjeûner les attendait. A la fin d*un repas 
pris avec plaisir par les voyag^'urs, M. de Rechebrooe 
porte un toast à M. de Caumont ; ce dernier répond par des 
remerclments à MM. de Rochebrune et Fillon, qui ont 
réussi à réunir à Fonteiay un des Congrès les plus nombreux 



XXXI* SESSION, k FONTENAY. loi 

éè toui ceux qoi ont ea liea jusqu'à ce jour. M. 6. de Fon- 
tame fiorte os toast à la mémoire de HL ÉmilieD de MontbaiK 
r«ote«r des Croquis sor la Vendée. 

Aprèft ce repas « les membres do Congrès sont montés an 
cUteitt de Mertent, véritable nid d*aigle construit an sommet 
d'«i rocher escarpé qne la rivière de Mer entoure de ses 
méandres. Un spectacle grandiose se déroule au-dessous des 
speaatenrs. Une gorge profonde , entourée de coteaux élevés 
couverts d'arbres , rappelle les paysages de la Suisse et de 
FADvergne. 

Le donjon , qui est la partie la plus importante de la 
mine» présente, à rinlérieur, un octogone à côtés inégaux 
surmonté d'une coupole avec une ouverture circulaire an 
milieu, (ne fenêtre très-étroite placée à une certaine élé- 
vation, terminée par un plein-cinire qni dépasse les pieds- 
droits, est, avec la porte, le seul endroit permettant au jour 
de pénétrer dans ce donjon. Il reste encore quelques traces 
de l'escalier conduisant au sommet de la tour. Il est bean- 
coop plus grand que ceux qu'on trouve ordinairement dans 
les forteresses. On remarque dans l'intérieur de la maçonnerie 
un conduit carré , de 20 centimètres de diamètre ; dont la 
destination ne peut être déterminée d'une manière précise. 
Quelques autres pans de muraille sont encore debout ; mais 
ils ne sont pas assez complets pour offrir un grand intérêt. 
Ce cbâtean-fort, qui date du \I1* siècle, a été assiégé par 
Jean-Sans-Terre et par saint Louis. Un ancien boulet en 
pierre^ de 42 centimètres de diamètre, placé auprès du 
donjon » étonne les membres du Congrès par ses dimen- 
sions. M. Bouet fait remarquer l'analogie qu'il présente avec 
les boulets anglais du Mont-St-Michel. 

Après avoir visité l'église , dont le portail est surmonté de 
qoatre écussons , parmi lesquels on rcconnatt celui des 
Parthenay-Larcbevêque, le Congrès a tenu^ dans la salle de 
la Mairie, une séance intéressante. 11 



162 CONGRÈS AnCHÊOLOGIQOB DE FRANCE. 

En relouriiani à Foaleiiay , les membres du Congrès 
8*ari*ôleat à Poussais pour visiter le bea« portail de \IV 
siècle qui orne Téglise. Les deux sujets sculptés k droite et è 
gauche du portail sont très-remarques. L*utt d'eux repré- 
scate les disciples d*£muiaûfl , et Tantre le Christ en eroii. 
Au-dessous de ce dernier, une ioscriplion très-curieuse attire 
surtout Tatteution. Elle est conçue eu ces termes : 

EiUVDVS AVDEBBRTVS DE SANCTO 
JOHANNE ANGËRIACO ME FECIT. 

L*inlérieur de Féglîse est lK?aucoiip plus moderne. 
elle n'a pas été achevée , elle présente une particolarité ^ 
curieuse : un rang de cinq piliers la divise par le miUeu en 
deux nefs. 

Une maison plxée auprès de Téglise attire les regards des 
membres du Congrèn. La porte de celte maison est sur* 
montée de L*iriScriptîon suivante : 

CE LOGIS APAIiTlENT A FRANÇOIS LAVRENT, 

. MARCHANT, DEMOVRANT A FOVSSAYS , 
A ÊTÊ COMMENCÉ LE Vllt*^*"'* DE MARS 1552. 

Do l'autre côié de celle façade, sur la cour, on voit une 
petite loge composée de trois arciides cintrées et d'une porte, 
(îe genre de construction est unique en Vendée. Le logis de 
Laurent est encore habité par un marchand. 

A sept heures du soir, les membres du Congrès rentraient 
à Fûntenay. 

Le Secrétaire , 

IMBERT, de rhouars. 



SftAlUS TEMÙE A MEnVENT, lË 17 JUIN 1864. 
Présidence de M. Charles Ariuolt. 

Là ^o€è est oeverte ii deux heore«. 

Siègent tn bareao : MM. de Caumont , Segrestain » 
^//((M , Gaugain et Pabbé £e PeitV. 

m. Imbert remplit les fonctions de secrétaire. 

M. de Caùinont ouvre la séance en appelant ratlenlion de 
MM. Mllon et de Rorhebrune sur les châteaux A^. Vouvent, 
Menrent et Fontenay, ponr lesquels il demande des plans 
déiaîHéi^ L'architecture militaire, dit-il, est bi(*n moins connue 
que l'architecture religieuse. Depuis quelques années, on a 
détruit beaucoup de châteaux. Il faut donc se hâter d'étudier 
ceux qui restent, afin d'établir une bonne classification. Les 
donjons carrés sont les plus anciens ; les tours cylin- 
driques paraissent au XII* siècle. Il faut explorer les tours à 
pans: eHes n'ont pas encore fait l'objet d*études spéciales. Il 
signale la tour de Châtitlon-sur-Loing (Loiret), comme étant 
iiD spécimen des pins curieui donjons à pans du XII* siècle. 
Al. Filion signale les châteaux de Pouzauges, Tiffauges, 
Mortagne, Montaigu, La Gamache et Talmont, les plus an- 
cii'iis do pays. 

M. de Rochebrune cite le colombier de l'ancien prieuré 
de Ciie?rette. Il faK remarquer cependant que cette con- 
struction, qui remonte au moins au XIV* siècle, était peut- 
être une chapelle dans le principe. M. Pilton n'est pas de 
cet avis. 

M. de Foatahie décrit les souterrains-refuges de Réaumur, 
dont il n*avail po parler à la dernière séance. Il n'a été fait 
aucune découveMe pouvant préciser la date de ces soûler* 
rains très-remar«|naMes. 



l 



16& œNGBËS AftCRÊOLOGIQUE DE PRAMCB. 

On passe aax questions du programme relatives aax sceaux» 
monnaies , sépultures et aux anciennes industries du pays. 

M. Fillon parle du trésor, du XIII* siède, découvert il y 
a quelques années à Poitiers, dans la rue du GhaudroQ-d'Or. 
C*est la plus riche découverte de bijoux qui ait été faite en 
France. Il parle aussi d*une découverte fort curieuse d'us- 
tensiles du XII* ou XIII* siècle , faite aux environs de h- 
Proutière. Passant à la question des sceaux, M. Fillon dit 
que la sigillographie du moyen-âge , pour le Poitoa » est 
excessivement riche. 11 serait facile de réunir un millier 
d'empreintes de sceaux. Il signi^e, comme un des sceaux 
les plus curieux, celui d*AlboJn, évêque de Poitiers» qui 
vivait au X* siècle^ trouvé à St-Hilaire-de-Lonlay. 

Sépultures.-- M. Fillon signale , parmi les plus anciennes 
sépultures du pays, celles du Champ-des-Tombeaux. Bl. de 
Rochebrune cite les toiubos de la chapelle Thémer, un 
tombeau du XIV* siècle à la Vau-Dieu , une pierre tombale 
du XII* siècle à Benêt , et d'autres tombeaux à Mervent , au 
cloître de Luçon et à Mouchamp. iVI. de Fontaine parle d*uo 
tombeau découvert à St-Cyr. 

M. Fillon dit que la forme des vases funéraires a beaucoup 
varié. Leur mode de fabrication est la principale indication qui 
puisse guider l'archéologue. Il pense que les vases non vernis 
sont les plus anciens. Les carrelages émaillés sont très- 
nombreux dans la Vendée. Il y en avait une fabrique à la 
Téblerie de Mailiezais. 

Draperie. — M. Ledain dit que la plus ancienne mention 
de l'industrie drapière de Parihenay qu'il ait trouvée remonte 
à Tannée 1076. Il en est encore question dans deux chartes, 
en 1177 et i29/i. Au XVI* siècle ^ les marchands de Lyon 
venaient acheter les draps de Parthenay. Cette industrie est 



XXXI' SESSION , A FONTENAY. 165 

tombée au XYII* siècle. Cependant, on fabrique encore des 
draps grossiers dans cette ville. 

M. Ch. ÀrnaDJt regrette vi?ement que M. Baugîer n'ait 
po, avant de mourir, achever son travail sur rorîgtne de la 
commune de Niort et sur les iodustrtes| qui y ont prospéré. 

Verrerie. ^M, Fillon croit qu*il existait anciennement beau- 
coup de verreries en Poitou. Il a pu recueillir déjà des docu* 
ments sur une vingtaine de ces établissements, dont quelqnes- 
nns remontent à Tépoque romaine et quelques autres au XJU* 
siècle. Dans la forêt de Nervent , on a découvert le lieu où 
existait une verrerie dans les temps antiques et au moyen- 
âge. On y a trouvé des bouteilles , presque entières , sem- 
blables à celles du tombeau de St-Médard, des briques, 
des débris d'amphores et de creusets. L'analyse du verre , 
faite avec le plus grand soin à Paris, a donné les mêmes 
résultats pour iMervent et St-iMédard. 

Les vases de couleur , ajoute M. Fillon , sont en assez 
grand nombre. Au XVI" siècle^ on a fait en France des 
verres émaillés. Des ouvriers italiens sont venus de Murano 
en Poitou. 

M. Fillon dit qu'il a trouvé quelques documents nouveaux 
relatifs aux compagnons d'armes de Jeanne-d'Arc Elle était 
descendue à Poitiers, chez Rabatcau, qui avait été d'abord 
prévôt de Fontenay , sa ville natale , et devint plus tard 
membre du Conseil de Charles VIL 11 n'existait plus au 
moment du procès de réhabilitation de la Pucclle d'Orléans ; 
mais Jeanne Pidalet , femme de ce même Rabateau , qui 
avait, avec son mari, suivi partout l'héroïne, donna à cette 
occasion les plus grands détails. 

La séance est levée à quatre heures. 

iéC Secrétaire , 
IMBSRT. 



166 CONr.BËS ARrtIÊOL0(;iQUE DE FRANCE. 

SÉANCE DV SAMEDI MAHN 18 JUIN. 

Présidence de M. pb Focbebui'iii. 

Siégtfol au bureau: MM. l'ahbé hê Petit, Goufoni» de 
Longuemar , Pabbé Lacurie^ de Cawnont et Lelang. 

M. Ledain remplit les fonctions de secrétaire. 

M. de LoDgaemar, qui est allé visiter les dépôts de cendres 
et les coltines de la côte du Bas-Poltuu dont il a été question 
dans une séance précédente, rend compte de son eiploratkML 

■ APPOKT DE M. DE I.OX<iVEI|AB. 

Trois questions portées au programme du Congrès archéo- 
logique de Fontenay avaient particulièrement fixé notre at- 
tention : celle qui provoquait Tétude des traces d'habitations 
antérieures aux temps historiques; celle des dépôts de cen- 
dres signalés sur quelques points de la circonférence de Tan- 
cicn golfe drs Pictons , et enfin celle relative à la formation , 
naturelle ou artificielle , des dunes coqulllières qui s'élèvent 
sur le marais , dans le voisinage de St-MicheUen-rHerm. 

Un mémoire de M. de Brem et une note de M. Tabbé 
Aillery^sur ces divers sujets, avaient été communiqués an 
Congrès dès le premier jour de sa réunion ; mais ces ques- 
tions parurent assez intéressantes pour être examinées de 
nouveau, et une Commission formée de M. Tabbé Aillery« 
de M. le docteur Auge , qui Tun et Tautre habitent sur les 
bords du marais vendéen , de M. Reverseau , et de quelques 
autres membres auxquels je fus adjoint , prit ses dispos^itions 
pour accomplir cette longue excursion dans la môme journée. 

Avant de traiter les questions qui étaient le but de notre 
exploration, il est indispensable que nous jetions un coup-d'ceil 
sur la carte de la Vendée, afin d'établir nettement, au point 
de vue géologique , ce qu'on entend par le marais vendéen. 

Tous les observateurs qui ont voyagé du nord-est an sud* 



XXXi* SESSION , A FONTENAY. 167 

autsi dans le département de k Vendée , de la Châtaigne- 
raie, par exemple, à Luçon et à l'Aiguillon , ont été frappés 
des ditergences physiques du sol qu'ils ont traversé. En effet, 
on rencontre, presque sans transition , les terrains schisteux 
granitiques et accidentés du bocage , les terrains calcaires de 
la plaine encore légèrement ondulée, puis enfin les nai)pe8 
à peu près horizontales et profondément argileuses du marais. 
Envisagés dans 4eur ensemble , les terrains primitifs dii 
hôcage vendéen se développent de Toiiest & l'est , à pariir des 
bords de l'Océan à la hauteur de Talmont , pour courir vers 
S***llermîne et St-Hilaire-sur-Autise , en laissant Fontenay- 
le-Gomte un peu en dehors et au sud. 

Le loog de cet ancien rivage , les puissantes assises des 
calcaires jurassiques , qui débatent à la base par lus calcaires 
et les marnes du lias, sont venues former une large zone dont 
la rarfaee, légèrement ondulée et recouverte d'un sol roogeâire 
qui semble 'propre à ces dépôts, conslîtae ce qu'on nomme 
la plaine, par opposition avec l'aspect accidenté du bocage. 
Sor cette zone, les céréales et les prairies artificielles 
régnent en sôuveraiiies absolues; aucun arbre ne vient les 
onabrager , et tes seuls points de repère qui s'offrent à l'œil 
900t les flèches élevées des clochers de Fontenay et de Luçon. 
Tout à coup la zone calcaire de la plaine semble se 
coarber brusriuement pour rejoindre les bords de la mer, ui) 
pea au-dessus de La Rochelle , laissant à l'ouest, entre ses 
nappes calcaires et l'Océan , une vaste échancrure occu))ée 
par an dépôt argileux profond , dont la surface , à peu près 
nivelée et à peine élevée de quelques mètres au-dessus des 
marées , constitue le sol du marais vendéen. Ce sol , aujour- 
d'hui cultivé en prairies, en céréales et en plantes textiles, 
a vo la richesse et la salubrité succéder, dans cette contrée, à 
la niiaère profonde et à l'action pernicieuse des fièvres palur 
déenues qui jadis y exerçaient leurs ravages, grâce aux in- 



168 GONGBÈS AR01IÉOLOGiQU£ DE FRARCE. 

lelligents trataux d'assainissement doni rexécotion a été 
poursuivie |)eiidaot une longue série d'années. 

Quelles causes ont amené la succession si brusque de ce 
sol profondément et exclusivement argileux au soi calcairo» 
qui semble l'embrasser de toute part? Nous les ii 
rons en quelques mots. 
. Nous avons dit, pour mieux rendre l'impressioo qv'on 
éprouve en rencontrant le sol argileux du marais au ceotre 
d'un croissant formé autour de lui par la plaine calcaire qui 
l'enveloppe , que cette plaine se recourbait brusqucmenl m- 
tour de cette vaste lagune. Mais, en réalité, la large aooe 
jurassique qui s'appuie vers le nord sur les dernières peoles 
du sol primitif du bocage vendéen, se relie aux nappes cal- 
caires du déparlement de la Vienne et se prolonge vera fe 
sud en tapissant de nouveau le massif granitique du Limons», 
et forme une nappe continue le long de la côte de FOcéui, 
depuis Talmont jusqu'au-delà de La Rochelle ; elle passe par 
conséquent au-dessous de ce puissant dépôt argileux , ooBm 
dans le pays sous le nom de Bry, et qui constitue le sol du marais. 
Ce bry s'est donc déposé dans une vaste échancrore pnh 
duite par l'érosion ancienne d'une partie des assises calcaires 
de la zone jurassique ; et comme , d'une part , nous avons 
trouvé s^r le pourtour du marais^ dans les affleurements 
calcaires qui le bordent , des fossiles qui appartiennent à 
l'étage oxfordien inférieur (callovien de d'Orbigny ) (1) ; et 

(1) Les fosnles que nous avons recaeiliis dans celle oourse rapide 
lont, en effet, les suivants : Âmm, arbuztigeru» et Moorei^ de la grande 
Dolilhe placée sous les assises ; Amm* ùaccheriœ , macvocepkaius et 
anceptt Terebratuta bicanaliculata et Belemnites hastatus, qui appar- 
tiennent au callovien ; puis V Ammonites biplex et la Ter, bissuffarei- 
nata , dans les couches entamées, et qui seraient ainsi Toxford^aj 
supérieur ( les premiers à Luçon , les seconds à Naillers, Bel-Air, Str 
Ilichel-eD-rHeriii et le Hocber de la Dive )« 



XIX l« SESSION , A FONTENAY. 169 

que» d*aulre part, noas avons constaté aussi dans une récente 
exploration la présence de l'étage corallien an nord de La Ro - 
chefle» sur le bord de la mer, il en résulte que le bry d» marais 
a prb« eii*grande partie, la place des couches oxfordiennes 
inférieares et supérieures sur ce point du ri?age vendéen. 

Ce fait ne saurai! être douteux pour ceux qui ont parcouru 
le marais (si, d'ailleurs , des sondages puissants n'avaient 
retronTé le calcaire au-dessous du bry) , en remarquant les 
Uots de calcaire jurassique qui surgissent çà et là sur la 
surbce do marais et qui forment , depuis le gué de Velluire 
jusqu'à l'Aiguillon» une chaîne interrompue s'étendant de 
l'est à l'ouest et dont Jes anneaux se montrent aux Sablons, 
à Chaiilé, à S'^-Radégonde , à Puyraveau, à Champagne, à 
Triaize, à St*Michel-en-rilerni et à la pointe de rÂigoilIon. 

Quelle est la cause qui a produit ce vaste dépôt d'argile 
qui atteint t sur certains points, au-delà de 15 mètres de 
puissance dans un golfe embrassant plus de 250,000 mètr^ 
de circuit , comme Ta fait observer M. l'abbé Lacurie (1)? 
Cette cause a été indiquée depuis longtemps (2). 

En effet y l'écbancrure calcaire que le sol du marais est 
venu combler reçoit sur son pourtour une multitude de 
cours d'eau et, notamment, le']Lay et la Vendée, qui, par 
leurs ramifications supérieures, s'enfoncent profondément 
dans le massif primitif du bocage et cbarroient avec eux , 
.dans les grandes crues, les limons argileux qu'ils étaient 
forcés d'abandonner dans cette vaste lagune au contact des 
eaux de la mer, progressivement repoussées à mesure que le 
dépôt vaseux augmentait d'épaisseur, pour être définitive- 



(1) Citation de M. Ménard dans le premier Bulletin de 1858. 
(Publications de la Société des Antiquaires de POuest. ; 
' (S) Voir les Stmvenin iPun naiuraliêU, par M. de QuQtrefases, au 
litre : t DescriplîoQ des eôlei de la Sniulonge. « 



170 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

ment remplacées par les eaux douces ou samnâtres de Ymt^ 
cieo lacus duarum carvorum, ProbablemenI aosKÎ quciqae 
cooraot marin a-t-îl contribué à augmenter la puissMice de 
ce dépôt argileux , en charroyant dans ce médie golie kft . 
■lames argileuses du lias mises à nu, en amont dans le lit de 
la mer , par la catastrophe qui a déterminé la fomie actuelle 
de la côte de TOcéan. 

Dire par quels prodigieux développements de travaux po8r«^ 
suivis depuis plus de deux siècles, notamment ë partir écs 
concessions accordées par Henri IV, ces sob, jadis voués à 
la stérilité , couverts de marécages et habités seukroeut ptr 
cette population désignée sous le vieux nom de CoHiberts^ à 
demi amphibie, vivant autant et plus sur des bateaux que 
sur les îles de ce marais, et dont on ne retrouve plus guère le 
souvenir que dans l'existence bien améliorée des ButtierSy 
sont aujourd'hui devenus productifs; décrire les luttes achar- 
nées que livrèrent le génie et la patience humaine pour con- 
quérir pied à pied ce ridie terrain qui fournit, sans s'épuisa: 
jamais, de fécondes récoltes et qui est chaque jour délivré 
de ses eaux nuisibles par une multitude de canaux aboo* 
tissant aux artères principales qui vont déboucher dans h 
mer, excéderait de beaucoup les limites de ce compte- rendu. 
11 suflSra , pour donner une idée de la valeur de celte con- 
quête, de dire que le cultivateur se contente d'enfoncer plus 
profondément sa charrue dans le sol pour en entretenir 4a 
fécondité « quand la couche arable superficielle semble se 
fatiguer , et que le fumier recueilli dans les pâturages en- 
tourés de fossés profonds où les bestiaux sont abanduttoés 
à eux-mêmes, mêlé à la paille et séché au soleil, ne sert que 
de combustible dont les cendres, exportées au-delà de la 
zone calcaire , vont fertiliser les sols froids du bocag^e» -r« 
C*est surtout au principe fécond et bien dirigé de VmBXh 
ciatiou que la Vendée doit les résultats obtenus dans son 



XXXI* SESSION, A FONTENAV. 171 

Il eût été, en effet, huposîdble d*ealacer cette vaste 
étearfoedc sols marécageux dans un réseau de canaux et*de 
digues qui floot , pour ainsi dire , tous solidaires les uns des 
autres et qui se seraient trouvés paralysés par rcncombre- 
nient d*on seul d'entre eux , si l'on n'avait placé ces terrains 
bas et inondés sous le contrôle de syndics, veillant avec 
SDHîciiDde sur les intérêts de la multitude des propriéuires , 
dont les parcelles réunies forment une sorte de communauté 
régie par des règles particulières au profit de tous. 

C'est grâce à cette sage et intelligente organisation que ce 
pays offre aujourd'hui quelque chose d'équivalent aux con- 
quêtes que les Hollandais ont faites sur les rivages de la mer 
do Nord (1). 

Revenons actuellement au but prmcipal de notre eicur- 
âoD. Nous venons de voir que le sol profondément argileux 



(1) MM, Laval et Bréchard, syiiclicsdu marais vendéeo, oot bien 
vonht nous donner mille inléressants détails que nous regrettons de ne 
poifoir GOBsigner dans cette courte notice. VHhtcnre de C abbaye de 
UâMItuàu, par M. Cli. Amault, nous apprend que les travaux de 
tetcheroent des narals vendéens remontent jvsqu'au XII* siècle psr 
ItidliiiBseaMnt do canai de Luçon^ qui se rend direetement dans la 
baie d'Aiguillon : eo 1217, on y ajouta le canal dit des Ciinf'Abbéê 
ailast do Langon à la Sèvre , et plos tard , mais dans le même siècle, 
alni de Marans. 

Eo iASO» les eaox de la mer se mêlaient encore aui eaux douces du 
■irais, lorsque tout à coop elles se retirèrent dans la noit qui précéda 
h Toossaint de cette année. Quelques travaux , A'éqaemmeot inter^ 
naipos par les goerres anglaises et les goerres de religion , dans les 
XV* et XVI* siècles, avaient encore été tentés sans beaocoop de sueoè» 
kmqtte BenrilV fit venir, en 1599, ringénieor hollandais Humfroj 
Brsdiey, qui réunit par te canal dit des Hollandais le canal de Lmçou 
ieetuides Cinq- Abbés, Enfin, ce fut en ISAI et IfiAS que lesdessé- 
ctaaents des marais vendéens ftirent continués avec persévérance par 
In associatioos des propriétaires. 



172 œNGHËS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

du marais, le bry^ selon le terme consacré dans le pays» 
siiGcédaii brusqucmenl au sol calcaire , dans celle partie de 
la Vendée, non-seulement sur le vasie pourtour de ce q«i 
fut l'ancien golfe des Pictons , mais aussi sur les poinls cal- 
caires formant des ilôts au sein même du marais. 

C'est au conlact même du sol calcaire et du sol argileux 
que sont placés les dépôts de cendres signalés par M. Tabbè 
Aillery, nolamment à Naillcrs, sur un développement de 
300 mètres de long sur 50 de large et une profondeur 
moyenne de 2 mètres à rilol-des-Vases , à Chevrette , k la 
Terpe, au Jart, aux Linaux, au Poiré-de-Champagné , & b 
Bosse-aux -Morts, h Puyravaut, k S**-Radégonde^ etc. Grâce 
aux tranchées profondes que M. le docteur Âuger avait fait 
faire à l'avance, dans le soi, jusqu'au contact du bry, doos 
avons pu recueillir et étudier les diverses parties du dépôt 
évidemment artiûciel qui, à l'Ile de Naillers, recouvrait le 
point de contact de l'argile du marais avec le calcaire de la 
plaine. Ce gisement curieux nous a paru être, non un 
dépôt de cendres dans Tacccpiion rigoureuse de ce mot, 
mais le résidu qui serait résulté de la destruction d'habi- 
tations en pisé , peut-êlie suspendues autrefois sur les eaox 
du marais, toojoors reconstruites sur le même emplacement 
par les générations qui se succédaient sur le sol , en em- 
piétant progressivement sur les eaux. La présence, dans 
l'épaisseur de ce sol artiûciel , d'une quantité innombrable 
de fragments de terre grossièrement cuite et toute pareille ï 
celle que nous avons nous-même recueillie sur la sole 
d'anciens fours gaulois et qui , dans le cas présent , nous 
semblent avoir appartenu aux foyers de ces habitations rus- 
tiques ; enfin , certains débris de bois presque passés à l'eut 
de lignite, par un long séjour dans ce sol humide et qai 
peuvent avoir appartenu à leur charpente, appuient sin- 
gulièrement cette présomption dans notre esprit. Il resterait 



ÏXXl* SESSION, A FOWTENAY. \1Z 

^ dftermioer l'usage anqnel pooTaient atoir serf i ces pièces 
en (erre si mal cuites qu'elles s'écrasent facilement sons la 
pression de la main , et qui ont la forme d'une espèce de 
cfaandelîer à trois pieds, et certaines autres que leur forme 
rapproche des manchons d'argile dont les potiers se servent 
fioar séparer entr'elles les poteries entassées dans leurs 
Iban 

Rien ne s'oppose, au surplus, à ce que des fours ne 
fussent établis sur le ritage calcaire, à proiimité du sol 
argileux du marais si propre à la fabrication des vases usuels 
des aociennes populations, et que Icufs issues n'aient été 
projetées sur le bord du marais où elles se seront mêlées 
arec les démolitions successives des huttes de pisé ,* dont le 
peu de solidité et de durée nécessitait le renouvellement 
fréquent. On va voir, par le détail des objets que nous 
avons noos-même extraits des fosses pratiquées à notre inten- 
tion dans ces dépôts, que c'est en effet là l'opinion la plus 
probable sur leur origine , en même temps qu'ils nous ser- 
viront à établir quelle est l'époque approximative à laquelle 
on peut la faire remonter. 

Nous avons dit, déjà, que ces gisements atteignaient une 
épaisseur moyenne de 2 mètres. 

Leur masse terreuse contient, outre quelques galets cal- 
caires et de quartz plus ou moins bien arrondis , un tiers 
environ de débris , gros ou menus, de cette argile mal cuite 
qne nous attribuons à la dislocation des aires des foyers do- 
mestiques des cabanes. 

Des galets quartzeux et calcaires équivalents ont été trouvés 
par nous dans le sol même du marais et aux bords des îles 
calcaires répandues à sa surface. C'est pour nous une preuve 
que le sol même du marais fournissait les matériaux des ha- 
bitations en pisé , des aires des foyers et des poteries fabri- 
quées par les anciennes populations. Vers la base du dépôt, 



{% CONQUE» AUCRtotOGIQOB M ftUMOL 

naotafoM tortoul renmqfié b fréMQoe d*ini eetuii i 
lie fragmeots de poterie iioirdtre« àptte^growière, et qui 
BOtts ont rappelé celles que, M. Brooiliet et mai, noua iiri ^ f 
recoeilliei aoaa les dolmens de Ghàteao-Larcbar eade VyiM0re , 
dans la Vienne, et dans le aol su|)erficid des cams» des 
bords de la Baote^-Charente* de la Boasîère, de Lusac, «Ce, 
avec les silex taillés, les os et les ossemenls dlioinnes et 
d*aniiD«ox de la période appelée âge de pierre. 

Cet iadice non équifoque permet donc de bire i 
déjà ces dépôts aux temps anté-bistorîqoes conti 
sépnltures et des babitatioas des popalations troglodytiqees de 
la Gaule. Hais si ces dépôts ont uue origine aussi reculée, ils 
n*oul pas été brusquement interrompus , car leurs condies 
moyennes et supérieures nous ont offert des débris d'one 
poterie moins grossière , accompagnés d'instruments en far 
(laac(*s ou tridento) à Tusage des pêcheurs, puis enfin des 
poteries rouges et noires , à pâU3 fine et même sigillée , dont 
le» formes et les ornements ne sauraient être rapportés q«'à 
répoque gallo-romaine. Ces derniers débris de la coucbe su- 
périeure des dépôts sont identiquement les mômes que ceux 
qui puUttlent dans le sol rouge recouvrant le sous-sol calcaire 
du rivage du marais, et dans lequel, grâce à M. Auger, nous 
avoua recueilli des débris de chaînes de fer à petits anneaux 
(anciinnes amarres des bateaux), des poteries rougea, grises 
ei noires en forme d'amphores , de coupes, de patèrea^ etc. ; 
un de ces oa percés de plusieurs trous employés par tes tis- 
serands , des andouillcrs de cerf polis et aiguisés , des bra- 
celets • des défenses de porc mâle ( si fréquentes sona les 
dolmens et dans les cavernes) , un vase en verre aux cAies 
saillantes, une hache en pierre polie (sorte dcchlorile), 
une pierre à aiguiser en schiste crisullin verdàtre , et une 
meule à bras, en grès, déterrée sous nos yeux. 

Tel est le résultat de nos investigations rapides sur ces 



kur SESSION » A rCMItBMAY. I)S 

iMMimleU apbtis qui marqueal b transilHNi do rivage eal^ 
cajre as bry do marai& Mais noos oe les atooa appliquées 
^MM nr ou seul poiot , et il est Si déôrer que des Abserva- 
lânoa aoieol fiiiies avec soio partiMU oA Ton a sigoalé Teiia- 
'teooe d'aotrea dépôts équivaleols, en constaunt la mc^ 
rmmn des débris reocootréa dans ieor sein. Peut-être 
renoaotrera-4-on sor qoelquea poials des traces d'andens 
jiiiotia, et alora on aora acquis la certitude qoe lea bords 
éa oiarais vendéen présentant qoelque chose d'aoaloi^ aoi 
imcea des aocienoea habitations lacoatres de la Soiaae. 

Les faits qui précèdent une fois consutés » noos reprîmes 
notre coorae le long du marais jusqb*ji Luçon» et ft , chan^ 
gpont brusquement de direction , nous noos eofooçftroeadans 
le vaste désert du luarais vendéen. 

Sa large surface , coopée dans tous les sens par one mut* 
litude de levées et de fossés, se trouve ainsi partagée en 
une foule d'endos, isolés les uns des autres, dans lesquels on 
abandonne à eux-mêmes des troupeaux entiers de bêtes à 
cornes et de fécondes poulinières. Si n'était l'absence des 
arbres, si regrettée du voyageur, on se croirait volontiers 
au sein des riches pâturages de la Flandre et de la Hollande 
connus de tout le monde , au muins par les célèbres tableaux 
des maîtres flamands et hollandais. Le cerc4e aplani de ce 
large horizon est jalonné çà et là de très-légères ondolationsr 
qui ont à peine à Fceil la valeur de taupinières surgissant 
à la surface d'une prairie; et, sans les clochers oo les 
groupes de maisons qui les dominent, elles se confondraient 
avec le marais. Ces légères saillies sont les Ilots calcaires 
sor lesquels nous avons donné quelques explications plus 
haut , et c'est entre deux apparitions de rochers formant les 
petites collines de Bel-Âlr et de St-Michel-en-l'Henn que 
Gont situées deux autres collines conlignês de la première , 
ibnnées exclusivement d'un amas considérable de coquilles. 



176 CONGRÈS ARCaÈOLOOlQOE t>E r RANGE. 

il'hultres accompagnées des mollusques et des parasites qui 
vÎTent dans les mêmes stations marines. 

M. de Brem a fourni au Congrès un mémoire snr ee 
curieux gisement , et il relate notamment les anciennes tra- 
ditions de la contrée à ce sujet. Au nombre de ses ciiatioq». 
nous remarquons particulièrement un passage des Chro- 
niques de l'Angonmois, du XYI* siècle, qui constata 
l'existence de bancs d'huîtres jusque sur le sol aujourd'hui 
émergé du Langon, localité placée sur le bord du marais, 
au contact du calcaire, mais qui, à cette époque pen 
éloignée de nous , était encore placée « sous eau salée et 
droite tner peu profonde ou petits bateaux allaient,,» et f 
pickaù-on force huîtres, • 

Si des bancs d'bultres existaient au Langon, qui est ^toé 
à 2 myriamètres de la rade d'Aiguillon , il est assex 
raisonnable de croire que leur niveau était , à pen de chose 
près , égal à celui des bancs d'huîtres voisins de la dune de 
Bel -Air. On a attribué à ces dunes coquitlières une élévation 
de 15 mètres qui nous paraît exagérée ; et bien que, dans 
notre double excursion (1) sur ce point du marais vendéen, 
nous n'ayons pas eu à notre disposition d'instruments de 
précision pour faire un nivellement exact , il nous a paru 
que les chiffres donnés par M. de Quatrefages , c'est-à-dire 
8 à 13 mètres , et surtout le premier des deux, étaient les 
plus près de la vérité. Or , si on compare cette minime 
altitude aux 20,000 mètres qui séparent le Langon des 
buttes de St-Michel , on verra que ce n'est guère attribuer 
au sol qu'une pente tout>à-fait insignifiante d'un demi-mil- 
littiètre par mètre , et c'est à peine si elle serait suflkante 
pour l'écoulement des eaux vers la mer. 0'oi\ celte première 

- (i) Nous sommes effecli^emenl retourné sar les lieux, dans le cou- 
rant de septembre, pour «iludier de nouveau ce curieui gisement 



XXll* SESSION, A FONtENAr. 177 

didoctioa t que ri les hatires ont féca autour du Langon, ce 
fait seul suflSt déjà pour expliquer la hauteur des duoes co* 
qoiliières de Sl-HicheL Mais nous Terrons, dans la suite de 
cet exposé, que cette élé?atioD trouve encore d'autres expli- 
calMtts tout aussi plausibles. Bien qu'il soit prouTé par la 
multitude des gisements d'builres placées dans leur station 
normale qu'on a rencontrés partout dans le marais,' que ces 
mollnsques pouvaient TÎvre et se reproduire sur les fonds va- 
seux (1) , ces dépôts étant généralement peu étendus et peu 
élevés , il est permis de conjecturer que le noyau principal 
des bancs de Bel-Air repose sur quelque affleurement du 
Tocber calcaire au sein du bry. Le voisinage de la butte de 
Bel-Air donne à cette hypothèse , déjà produite il y a trois 
cents ans par La Popelinière , comme nous le verrons, un 
degré de probabilité qu'une expérience directe faite sur le 
gisement transformerait, nous le croyons du moins, en cer- 
titude. 

Nous appelons donc de tous nos vœux des explorations 
jusqu'au centre et jusqu'à la base de ces amas coqoilliers , 
sur plusieurs points de leur développement , dans la con- 
viction qu'elles ne sauraient manquer d'apporter de nou- 
velles luaaiéres pour la solution de cet intéressant problème. 

En attendant , nous allons exposer, avec le plus d'exac- 
titude et de clarté qu'il nous sera possible , les données que 
nous avons recueillies et en déduire provisoirement les con- 
clurions auxquelles nous avons été amené. 

(I) Noos avons olMervé des faits entièrement analogues pour tes 
Inltres fossiles, notamment dans les falaises de la Pointe-de-Cbé, près 
La Rochelle. Elles y sont éparses dans la vase calcaire qui forme positi- 
vement une des assises du coral-rag , comme ou les voit également 
dans la vase crayeuse et sablonneuse des assises cénomaniennes à Bon- 
neail-Matourt, à Vouneaîl et aui en? irons d^Arçay, dans le départe- 
ment de la Vienne, 

i2 



176 coNiîate aiu!H£ouk;jqL'£ de faance. 

U» àm% 4uae3 cofuilliôre)» île St-MîcM^eo^l'nemi 
8*éièv^jU ï pueu de liistaiice d^ ia roule d? Lvçdq à ce 4enii0r 
bourg , 5iir le j>QJRt où celle route rase ie pied de h boite 
calcaire 4e Bel^AIr. 

Elle» sont sépariées de jceue derni(ire bulle « siioteàleiH- 
nord^ioqesi, par uq iaiervalle de 250 è 300 moires aeirie- 
lueoU tandis que la butte plus considérable qui porte lekwHg 
de St-Mîohel est située à \3 ou l»500 mbim plps au sud. 

Les trois petites dunes, 'Fuiie calcaire, dite de Bel-Air, et 
les d(u>x autres ei^clusivemeot formées de coquilbges, se 
font suite l'unç à Tautre dans la direction générale du uord* 
ouest au sud- est, ii peu pr^s parallèlement à la o&te de 
rOcéao. |.es deux duuescoquilliôres, qui nous iuftéNsoenl 
plus pariicvli^r^çuieot, sont s^^par^ées eutr'e lies par un espace 
naturel d'environ 50 oicti-eti. 

Celle qui est ia plus rapprodaéc de ia butte calcaire de 
Bel-Air a la forme d'une masse d*arnies à la tête tréflée » 
dont le manche aurait été séparé du fer par une coupure , 
qui n'est ici qu'un fossé récenuiont pratiqué pour Técoule- 
ment des eaux du marais sîlué au nord. L'autre, qui fuit on 
peu arrière de la première, a .la forme d'un ¥ renversé, 
dont l'un des côiés est disposé perpendiculairement à Taxe 
louigitudinal de sa voisine ^l). 

Ces buttes coguilliôrcs, de forme irrégulièrement allongée, 
à flancs étroit^ limités par des penies raides. ae lerauneot à 
leurs extrémités par des renflements arrondis, leur aspect 
général oiïre la plus singulière analogie avec les formes tour- 
mentées et arrondies de la plunpart des falaises et des ma- 
melons, qei detwnl évidemment leurs contours actuels k 
Téroebm des anciens courants marins è l'époque où IX^oéan 
battait leurs flancs. 

(i) Voir le croquis aocom|>agnaiil ce coroptc-rendo* 



Utr S£SSIOÎI, A POftT£MAY. 179 

Quand on tes examine 4a fmàs* rien oe ivieBt combalire 
jcttte première îo^vesMon. En effet, la surface de ces fauttea 
m GQBipose d*uB sol miuce qae recooTre une maigre végé* 
tatioo, et ce 8ol résuite àe la trituration des coquilles 
affleorant, parmi lesquelles on re&contre des galeUi 4:al* 
cainBs, joh de gneiss, ou de sclûsle ardoisier , imparfaiteraent 
.«rnindis et rqog^ fiar les vagues. 

L# ^aoupe en traTers de J*nne de ces dunes , qae nous 
avons aonexée k iH>tre croquis d^ensemble, met en outre en 
relief un iatt bon à signaler : c*cst que les coucbes 4e 
coquilles paraissent, sur certains points, alterner avec des 
dépôts de vase blancbe également mêlée de coquilles brisées 
.et de galets, d*où résulte cette disposition des flancs de la 
seconde dune noununent , en gradins irréguliers produits, 
sans aucun doute, par Faction des ji^uences alaiosphériques 
et du piétine^ient des troupeaux sur un sol coniposé d'assÂf^es 
alternativement résistantes ou friables. 

De ces premières observations , nous sommes donc déjà 
conduit à inférer que la masse primitive des buttes ooquil- 
lières de St-Micbel a dû ôtre modifiée, dans ses formes eaié* 
rieures à la fois, par l'action puissante des vagues qui les 
battaient autrefois, et par Tact ion postérieure de Palmos- 
phère^t du piétinement des troupeaux 

Arrivons au cœur du dépôt lui-même , du rocker , selon 
Texpresaion consacrée, en proûiant de la coupure et des 
brèches plus Oiu moins profondes pratiquées sur ses Ikmcs à 
diverses époques. 

Au premier aspect , il faut l'avouer , il semble qu'un im- 
mense désordre règne dans cet énorme amas de coquiHes ; 
mais, avec un peu d'attention , on ne tarde pas à revenir sur 
cette impression. L'exploration de la brèche la plus consi- 
dérable ouverte à l'extrémité sud-est de la seconde dune, et 
ceUede la coupure et des entailles faites dans la première, 



180 COMGEËS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE; 

nous ont permis de constater que la grande majorité des 
huîtres (80 au moins sur 100) présentait les deui yahea 
réunies, la valve plate en-dessus, c'est-à-dire dans la statioD 
normale de ces mollusques. Un petit nombre , à la vérité , 
étaient placées dans une position oblique et parfois ren- 
versée; mais ces faits trouvent, à notre avis, une explication 
toute naturelle dans ces deux considérations : que le banc 
d'huîtres en voie de formation a dû être fréquemment 
balayé par les vagues qui ont pu retourner quelques indi- 
vidus, et que la station normale (la valve plate en-dessos) 
n'est pas absolument indispensable à ces mollusques, puisque, 
dans les groupes de coquilles soudées les unes aux autres 
dans tous les sens^ il y en a nécessairement quelques-uoes 
qui vivent et se développent à l'opposite de la majorité. 
Mais ce ne sont pas là les seuls arguments en faveur de 
l'opinion qui voit dans cet amas d'huiti^ un banc naturel , 
dont les individus ont vécu sur la place même qu'ils oc- 
cupent. Les interstices de ces huîtres sont remplis par les 
coquilles des moules qui ont vécu au milieu d'elles et pour 
ainsi dire sous la protection de leurs épaisses coquilles, à 
l'abri desquelles elles ont conservé leurs valves inuctes et 
jusqu'à la couleur violette et l'aspect qui les rendent sem- 
blables à celles que l'on pêche encore sur les côtes. Des 
peignes aux côtes délicates, des anomies aux valves nacrées 
et fragiles , des balanes groupées sur les huîtres sont là aussi 
fraîches, aussi intactes qu'au moment où elles ont vécu. 
Toutes ces observations déjà faites par un savant naturaliste, 
M. de Qnatrefages , membre de l'Institut , l'avait amené, en 
\S5kt à cette conclusion: « Tout dans ces buttes annonce 
« que ces coquillages , analogues à ceux qui vivent encore 
« sur nos rivages, ont vécu et sont morts là où on les trouve 
« aujourd'hui , et pourtant leurs couches supérieures sont 
tt à 8 et 13 mètres an-dessus du niveau des plus fortes ma- 



XXXi* SESSION, A FONTENAT. 181 

« rées. Pour expliquer leur existence, il faut bien admettre 
a des soulèvements locaux circonscrits (i). » 

Ces soulèvements partiels sont des faits si nombreux , 
obserYés par une foule de géologues , qu*il est inutile 
d^JDsister sur la possibilité de Thypothèse invoquée par le 
savant naturaliste pour expliquer la présence , en apparence 
anormale» des bancs d'huîtres de St-Micliel au-dessus du 
marais environnant. Ces fluctuations ont même pu avoir lieu 
à plusieurs époques , et le souvenir de la dernière a même 
été conservé dans les Chroniques saintongeoises , citées par 
M. Cb. Àrnault dans son Histoire de Maiilezais , où il est 
dit que, « pendant Tépiscopat de Louis de Rouault, les eaux 
« de la mer se retirèrent tout à coup du marais vendéen 
t pendant la nuit de la veille de la Toussaint (1660). » 

Les détails dans lesquels nous sommes entré au sujet de 
la forme générale des dunes coquillières de St-Michel , dont 
les mollusques ont vécu sur place, accusant un remaniement 
par les vagues, et Tindication des gisements fort nombreux 
de couches d*huUres répandues çà et là dans le bry supérieur 
de tout le marais vendéen , nous amèneni, en second lieu , à 
penser que le dépôt primitif sur l'emplacement de nos dunes 
éuit beaucoup plus considérable dans Torigine et s'étendait 
aux alentours. Ce fait peut ^tre, au surplus, vérifié par 
l'examen des talus des fossés de la route qui court à quelque 
distance de ces monticules et qui présentent des entasse- 
ments d'buitres tontes pareilles. 

Nos dunes seraient donc les noyaux résistants d'un plus 
grand amas que la puissante action des vagues , pendant les 
grandes marées , aurait façonnés de la même manière que les 
collines et les mamelons de calcaires marneux de la côte l'ont 

(i) Souvenir» d'un naturaliste: Description des côtes de la SaiD* 
longe, p. 319 à 322. 185^. 



182 CO^GRÈS ABCIlÉOLUGIQte DE FRANCE. 

été, ffiafe à une époque évidemment postérieure à Téoban- 
cmre du grand marais vendéen. 

Eu poursuivant l'ordre d'klées dans l<^uel neo» soimiies 
entré « il nous reste à examiner une intéressanie qneitliNi ; 
celle de Tépoque approximative à laquelle le dépôt a éé se 
former. 

Deux faits d'observation nous senihlenl de nature ft poser 
d'importants jalons pour la solution de celte partie in pro^ 
blôme. 

M. le docteur Auger, pendant notre excursion dans te 
marais vendéen, nous a signalé un gisement régviier , nais 
peu étendu, d*huitres superposées par couches dans leur 
station normale dans le voisinage de Naillers, etqueaoas 
avions été tenté , au premier abord , de r^ardcr comme un 
para Mais la fréquence de ces dépôts signalés presque par- 
tout dans le marais nous a porté, en y réfléchissant mîeox , 
à n'y voir qu'un gisement naturel comme les autres. Mous 
avons relevé avec soin la coupe de ce dépôt, traversé par an 
large et profond fossé datant de quelques années seuienwiM, 
et nous avons constaté les superpositions suivantes : an-des* 
sous d'une couche de terre remplie de débris gallo-romains 
et épaisse d'environ 50 à 60 centimètres , règne une eoeche 
d'huîtres de 20 centimètres dont les bords se relèvent en 
forme de bateau , parce que les mollusques s'étaient amon- 
celés dans une dépression du sol aiïecfant cette forme. Au- 
dessous vient une couche de 0"* 80, d'un s il analogue i 
celui de dessus , mais dont les débris de l'industrie humaine 
deviennent de plus en plus gn)ssiers (i) ; là, tout repose sur 
sur le bry qui, lui-même, s'appuie sur le fond calcaire de ca 
rivage du marais. 

(i) Ces dt^bris, que noiis possédons , soiit des fragments de tuiles et 
d^amphores romaines, de meules à bras, de vases en terre, d*iiiatra* 
ments en fer et même de hacbes en pierre. 



TLXXi* SESSK)^^ A FONTENAY. f83 

YoM donc m dépôt dliuHrM c|u*bii peut, naa» hésiiBiionv 
rapporter aoi pmniers siècles gallo-roniaitui , c'esl-'k^îre «o 
OMiiiienoeiiieDt de l'ère cbréiienue. 

Le second fait vient d*étre signalé tout réammeot pae 
Mb Ck deSourdevaly et s*appnfe snr Mie fiaiîMe réceoMiiMil 
praiiqnée an village du Port, commune de Beaiivais«Mif-* 
Mer, localité <|ui, pareille à taiH d'autres acculées k la ménift 
épilhéfe , as trouve bel et bien anjourd'IuM e» lerve fenoe^ 

Ao-desBous de 30 centimètres de tefrr^ la bèchtf a mis ^ 
no an véritable banc d'buttres tontes pareilles à celles dont 
nous venons de parler ^ et reposant InmiédiaK^utent sur une 
csiaeaâe en pilotis de cbéiie profondément e»ftiitcé9 dans la 
vase , et qui , sohant ropinion du savant rapp^irteor » pa» 
rairaeni avoir appartenu k un ouvrage de port ou de ^ai » 
conslroit en oiadricm assemblés sans tietu ni bonianu Cette 
opinion do voisinage d'on ancrage et navires clans cctin 
bcallléest, an surplus, corroborée par l'existence d'aoMscon*' 
ndérables fisrasés de délestages de bâtiinentsw 

\jd fait d» dé|)dt , de l'accuinnlatioii de ces buhres au'^ 
dessus d'un ouvrage de main d'homme que font |Nine b faire 
remonter aut anciens Venètes , attiettterail dune qu'un peu 
après cette époqoe reculée le nivcaa de l'Océan anrail dé« 
passé celui de ces antiques travaux , et noosr anriORS ainsi 
une preuve de plus de la fluctuation do rivage k plnsieura 
sièctes de distance, en nous reprirtant k ce que nous awoos 
dit plus haut — Or, ponr résondre la qoestiorf qui nous oc* 
cape pkis particnlièrement en ce moment, nous avons à%mo 
kl certitnde que des dépôts d'hoîtres se sont fonnés au«« 
dessns du bry du mai*ais vendéen pendant tout l'intervalle 
qui sépare les tem|is gaulois propremenf dits du moment oà 
la mer cessa définitivement de se môler aux eaux du marais; 
c'est-k-dire, comme nous l'avonsénoAicé, en 1460. Lenom AHle 
donné k la plupart des monticules calcaires qui surgissent an 



184 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

sein du bry et qaî furent habités dès les temps les pli 
calés, comme l'attestent les dépôts dits de cendres qw 
avons rappelés plus haut, le nom de St-fienolt-soj 
porté par une localité du pourtour du marais vei 
éloignée aujourd'hui de i myriamètre et demi de la 
beaucoup d'autres analogues , confirmeraient en oui 
déductions 9 si d'ailleurs les chroniques locales n'i 
textuellement rapporté ce passage que nous avons di 
plus haut : « En ce fort pays de marécages depais 
• suivant le marais s'étendant vers Monireuil-sur-llf et 
a eau salée et droite mer peu profonde ; petits bat( 
t allaient , car les terres n'étaient si hautes , et y 
« force huîtres mémeroent en ce pays de Langon 

Quelque fait est-il venu , dans les explorations sa( 
des buttes coquillières de St-Michel, infirmer les condl 
auxquelles l'auteur nons semble avoir été amené après d'î 
par tout ce qui précède : c'est-à-dire qu'elles étai< 
banc naturel d'huîtres, modifié postérieurement on pei 
même pendant son accroissement par le va-et-vî< 
grandes marées? 

Nous avons retenu deux faits consignés ilans le rap| 
M* de Brem: le premier, c'est qu'il y a vingt-hoil ans on i 
dans le rocher que l'on fouillait un sac renfermant des 
de monnaies à l'efiSgie de Pépin-le-Bref; et, en second 
M. de Quatrefages , de son côté , vit retirer sons ses y< 
3 mètres au-dessous du sommet de la dune , une bouci 
core pourvue de son ardillon , qui appartenait peut-él 
moyen-âge. La conclusion tirée de ces deux faits , en a( 
tant le premier comme bien authentique , bien qu'< 
puisse citer exactement l'auteur de la découverte , ne 



(i) Citation de3[M. de Brem, dans son mémoire au Congrès de 1 
tenay. 



I 



i 

(le Mànis) 



J- ->f . . / iû J 731 



XXXI* SESSION, A FONTENAY. 185 

lit être • selon noas , d*aoe manière absolue , celle qu'on 

déduite dans le mémoire précité, c'est-à-dire que ces di- 
objeu étaient contemporains des ouvriers qui érigèrent 
dunes coqniUières. Ils peuvent , en effet , tout aussi bien 
IproTenirde Técbouagede quelque barque danoise sur Técueil, 
sur le bas-fond de ce rocher d'huttres en formation au- 
dessous des grandes marées. 

Quant à reconnaître les formes rationnelles d'une digue, 
d'un barrage avec passage réservé pour offrir une sorte de 
port de refuge aux navires , au milieu d'une plage couverte 
de tonte part d'eaux marines , le dessin que nous avons fait 
de ces dunes coquillières mettra chacun à même de juger 
jusqu'à quel point une pareille supposition approche de la 
probabilité. 

Noos nous sommes demandé ensuite , en entrant dans la 
pensée qu'elles étaient dues à un entassement de main 
d'homme, si leur amoncellement, opéré sans doute par dé- 
chargemenl de bateaux au sein de la mer , aurait pu pro- 
dolre ime disposition semblable dans les stations observées 
des coquille ; si les talus de la niasse n'en auraient pas été 
plus adoucis , et enfin si les coquilles parasites qui les accom- 
pagnent n'auraient pas été brisées dans les frottements inévi- 
tables de ces milliers de coquilles âpres et dures les unes 
contre les autres (1)? EnAn, pour corroborer tous nos doutes 
sur ce mode de formation , nous terminerons ce trop long 
exposé par deux passages de l'un des anciens propriétaires 
de ces dunes, l'historien La Popelinière, qui trouvait leur 

(i) On ne saurait non plus comparer les dunes de St-Michel à ces 
UDas ooqailliers du rifage danois formés de valves séparées, en dé- 
sordre et mêlées à des débris nombreux de Tindustrie humaine , qui 
ne s'élèvent jamais à plus de 2 à 3 mètres au-dessus de la mer, et qui 
SMt la preuve du séjour de tribus adonnées à la pécbe sur les bords 
de la mer du Nord« 



1S6 CONGRÈS AkOHÈOLOtilQUe l>E FRATICE. 

sd)oùr plaismt et le» atratt éiodfées tout à 9Dn iIr « 
r» si bien foH remarquer f^l. Difgast-lllalifen , eo 
toot au long ecrte page dans le^ joa#naoi ie Footeim : 

« Je crois , dit-il , que la Mer, en se perdant , taissa cr«ie 
« quantité d*huttres fides et jointes tes miet aui aotrea 
« Puis, comme toat poisson menrl s*fl est pri?é de rétcolefu 
« qui lai donne vie, délaissées de la mer qui , peu àpev, 
« se relira par-delà Sl-iMichd, moiinsnefit eniissées tamue 
« vous les voyez..... Il est probable q«e le dessoas de ee 
« côqaiHage soit rùd , aiaquel peu à pea ks huitirs se » iM 
« jointes de tous côtés. » 

Et plus loin : 

« Tant y a que deux raisons me font dire que ce ne sovt 
ft point huîtres écallées , ains (mais] entières : La {^tcn^èn^ 
« qu'elles y sont entièrement closes, si bien que fous bs 
« jogerfe2 encore tives, ce qni ne pourroK être si eMM 
c avoient été fortuitement jetées li. Secoudemenr, que vt- 
c nant à fouir et creuser ces mtmceaut pour y décoorrir les 
« huîtres , en sort ûu odeur puant et infect en quv^Vo- 
« droit que vous touchiez, etc. » 

Votlè ce que disait de ces amas , H y a trois cents ans , La 
Fopeliniére, et il concluait comme M. deQuâirefagesTa fait il 
y a dix ans dans ses Souvenirs (Vnn naturaliste, — On a vu 
c|tje nous n'avions trouvé aucun nnitif de ne pas partager 
leur avi5 , *et jusqu'à preuve bien convaincante en faveur de 
l'opinion contraire , nous nous en tiendrons à ceUe-lk 

Des remercînienis sont votés à M. de i/>nguemar. 

On passe à la question relative aux armes anciennes. 

M. Fillon montre plusieurs armes trouvées en grand nombre 
dans le lit de la Vendée: uneépée très-ancienne et très-rare, 
du X* siècle , dont la poîoie est arrondie et coupante i la 
manière des épées romaines ; deux autres un pett moins an- 



XXir SESSION, A FO.NTtNAY. i«7 

i, dMf l'onv trouvée dam h Sèvre (mmée de Mot!) ; 
une épée du XIV* siècle , marquée d'un scorpion ; «Ée aotro 
au mèm% temps, marquée de Técotton de Tod des Voivîre ; 
une 9utretoDte semblable kl'épée figurée sur le tombeaft d'un 
BeHeville, daiant de 1258 ; une autre grosse épée dn XIV* 
siècle ; one antre d'une époque postérieure , atec Unsèptp^ 
tioo jptea judicii; uû poignard de varlet du temps de 
Fbilijppe de Valois ; une arme en forme de lance « mnnie 
d*on crochet, datant du règne de Charles V; enfin, nnc 
bacbe trouvée dans hi Vendée , à Fonteiiay , que M. FiUon 
pense remonter au XIV* siècle. 

Il est donné lecture de la qoeslion suivante : 
Oripne de la Renaissance artistique en Poitou» 
M. de RochebruBe , analysant on mémoire sur cette ques^ 
tîon , expose comment la noblesse , au retour des guerres 
d'Italie de Charles VIII et de Louis XII , reconstmisit ou 
aménagea suivant un goât nouveau ses vieux châleaux. On 
peut citer le château de Puy-Greflfier ( Louis XII ), dont les 
fenêtres sont ornées de torsades comme à Blois ; le clotlre de 
Luçon, la maison de M. Brissôn, à Fontenay s Goulaioe, etc. 
Ce ne sont pas des Italiens qui ont importé ce style. 
On avait des modèles , des dessins au moyen desquels les 
architectes français ont remanié le style gothique sans le 
faire di<tparaitre. Ce mouvement, sans être très-sérieux, 
fot cependant assez considérable. M. Fillon cite à l'appui 
l'uuvrage d'architecture du poitevin Julien Mauclerc , mais 
surtout le livre de Jean Pèlerin , dit Viator , publié 
en i505 par son auteur, qui était né à Coron, sur k^ fron- 
tières du Poitou. L'on y voit la transition du gothique k la 
Renaissance. 



Ou passe à la question ainsi conçue : 



188 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Monuments de la transition du gothique au style Renais^ 
sance ; leurs caractères. 

M. de Rochebrune établît que, sous François I*', les artistes 
ou architectes italiens ont eu bien moins d'influence qu*on 
ne le croit généralement. Les lignes perpendiculaires, qui sont 
dans la donnée gothique, dominent seules dans les monuments 
de celle époque , comme à Josselin. Les clochetons sont de- 
venus des pilastres sans perdre leur caractère primitif. La 
lucarne même a une tradition gothique. Les façades, comme 
à Apremonty ont des médaillons ronds, importation ita- 
lienne. Les bustes d'empereurs romains , appliqués après 
coup dans les médaillons, paraissent avoir été faits dans des 
fabriques et non sur place. Le fiH)nton triangulaire grec n'est 
presque jamais employé; c'est le type gothique qui rst 
conservé. La loge italienne, employée dans la maison de 
Foossais et à la ferme de la Voûte, sur la Sèvre, est 
promptement abandonnée à cause dé l'humidité du climat 
S<ins François 1", les chapiteaux sont presque tous ioniques. 
Des arabesques sont semées sur le plat des pilastres. Cette 
importation italienne^ qui provient de l'arc de Titus, fut 
abandonnée après François I''. Parmi les monuments de 
cette période, il faut citer Apremont, les Granges-Cathus 
(1522), le cloitre de Luçon, le prieuré de Mouzenil 
( 152/i}, la sacrislie de Notre-Dame de Fontenay, le pavillon 
méridional de Coulouges, aniérieur à la construction de 
15/iO. Le mouvement architectural de cette période fut 
surtout imprimé par les d'Ëstissac, qui occupaient le siège de 
Maillezais et possédaient Coulonges. 

M. Fillon fait remarquer, à son tour,. qu'on accorde trop 
d'im(X)rtance à l'influence italienne dans le renouvellement 
de l'architecture. Le mouvement qui modiGa et fit dispa- 
raître le style gothique était commencé dès 1480, avant les 
guerres d'Italie. Le tombeau de Nantes (1508) est tout entier 



XXXI* SESSION , A PONtËNAY. 189 

de la Renaissance ; il en esi de inéme de celai des enfants 
de Charles VIfl, à Tonrs. Ainsi la vue de ritalie n*a fait 
que développer un germe français. 

M. de CampagDoiles demande qu'on recueille, pour éclairer 
la question , les noms des architectes italiens ou français de 
cette époque ; car on a cru longtemps que l'influence italienne 
avait été prédominante. 

M. Fiilon cite de nouveau Jean Pèlerin et Pierre Lanooo des 
Herbiers , auteur du manuscrit La Cité de Dieu, conservé à 
la Bibliothèque de Nantes (l/i90), de style purement Renais- 
sance. Les rois de France, ajoute -t-ii, ont assurément amené 
dans noire pays des artistes italiens , ainsi que le prouve une 
pièce qu'il cite , datée de Naples et émanée de Charles VIII ; 
mais l'art français était déjà éclos. 

M. de Rochebrune fait remarquer qu'il y eut antagonisme 
entre les architectes français et italiens , mais que les con* 
structious si remarquables du W siècle , œuvres des pre* 
miers, sont bien supérieures et bien plus difficiles d'exécution 
que les constructions élevées par les seconds. 

M. de Rochebrune donne lecture du mémoire suivant ; 

MÉMOIRE DE M. DE ROCHEBRUNE. 

Malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible 
de rencontrer dans le Bas-Poitou plusieurs construclions 
complètes appartenant au règne de Louis XII. Â celte 
époque intéressante où uu art nouveau , prêt à éclore , 
mêle sur le nu des murs ses colonnes et ses chapiteaux 
corinthiens aux clochetons prismatiques , ses oves , ses ara- 
besques inspirées des pilastres antiques aux gargouilles, 
aux rinceaux, aux choux frisés du XV* siècle (i) , il 

(1) Le Puy-GreflBer avec partie du clottre de Luçon , et la Tenfitre 
de la maison Brisson , à Fonienay* 



11^0 CON<?aàS âJUC^ÉDLOGiQUË t)E fftA^SCÊ. 

Miît l'avèoeioeot au irôoe do jfeune monarque qoî « 
donné son nom à ceue merTaltense pérkH|^ artistiqve. Il 
fallait que, sous Tinflaence de cette nature distinguée » 
ainanie passionnée des aru et de la liiiénMve antique, 
la noblesse qui l'entourait « entraînée par son exemple « 
cherchât à transformer en nombreuses villas iniiennes 
les sombres demeures féodales où die avail jusqu'aki» 
irécu. fondant que le ^orieux François l*', ainsi que 
l'appellent ses contemporains (!), élevait Cliembord, l'in* 
comparable créaiion de Pierre Neveu , le grand artiste 
IMsois, Tamiral de (JiaboC, Tâme émue par cette pi^l* 
gieuae construction , plantait sur les rochers d'Apremont les 
deux toura qui nous restent encore et où Ton retrouve 
on souvenir très-amoindii de collfrs du donjon de Cbam- 
bord. La grande et beUe façade qui les reliait n'existe 
ptos, elle a été détruite en 1793; mais Jeban-Bapttsie 
fiiorctttio , dans un curieux dessin ï la plume , nous 
en a conservé les principales lignes a^^chitecturales. €e 
croquis donne une haute idée des artibles et architectes em- 
ployés à oette construction. — ^klus classerons encore dans 
cette période le château des Granges-Cathus, élevé en 1522 » 
sur une construction plus ancienne, dont on voit encore les 
baies conservées dans presque tout le rez-de-chaussée de 
TédiGce. Si la sculpture décorative des Granges-CIathus se 
recommande par l'élégance du dessin, la variété et l'origi' 
nalité des types, son exécution laisse beaucoup à désirer. La 
partie architecturale est encore plus défectueuse : l'homme 
de génie a manqué autant que les ressources pécuniaires ont 
fait défaut . Il suflin^ pour s'en convaincre, de jeter les yeux 
sur les murs de l'escalier et la façon tuut-à-fail malhabile 
dont rémarchement est installé dans la cage polygonale qui 

(!) V^ir le Roland furieux et les Uèmoirtê 4^ Beavenulo. 



le reiifiM^me. Nous Irauvoos eoi^oyé on Xîrft^ges^aiJuis, 
aNBinis j^HQ'ap décor«iUr, ine sysiëiuç iie mciLiillou^ rc^ré- 
waUoi de$ auarqiics <lc i*;MAUquité p«auuuc 4uiu bon 4i(MMUi'a 
d*MUreB CQQSlirucliuji^, telles que Oirom, Beau vais ^ (iuMU)i2- 
ceaui, uae ouittOQ de fijois. nous ev oGTreiK Ji*s au^li^ucs 
saîi ej» marbre, s«it eo ten:e cnîte. 

Nous bi8wii3 à J*hcjureuae et ^vaute habilfté de uvlre 
ami, M. B. FilluQ, leKuûj de rechercher les at^iiu*» oA le 
confectiouiiaieiU ces ipédaiJIou» • pour la plupart ^riis des 
mômes mains. 

Une 4)orlii)U du cloître de Luçoo a pu éire cituistrulle dans 
ceiie uiêjuie période, de 1510 à 1530 ; les voûtes ogivales qui 
recouvrent ses trois galeries ne peuvent lui assigner une date 
plus ancienne, car, bien longtemps après le milieu du XVI* 
siè. le, nous voyons encore Ja forme ogivale subsister dans les 
voûtes des chapelles ou églises. Il en existe dans notre contrée 
plus d'un exemple, mdme au XVII* siècle (la chapelle 
d*Ârdens, les voûtes de Notre-Dame de Fojitenay ). Quant à 
Taile méridionale du cloître de Luçon , sa date est forcément 
inscrite dans les baies à pilastres niellés d*arabesques, avec 
pièces d*appui et architraves, offrant tous les profils et dé- 
tails de Tart déjà avancé de la première période de la Re- 
naissance. 

Au prieuré de MouzeuU, nous trouvons encore quelques 
restes de cette même époque de la Renaissance. Les sculp- 
tures d*UQe belle exécution qui se voient encore sur les che- 
minées, dont l'une a été transportée au château de la Peiis- 
sonnière, par les soins de iM. de Ilaqueau , ont été exécutées 
sous l'inspiration d'un d'Estissac, dont nous aimerons à con- 
stater la haute influence artistique dans notre pt*ovince lorsque 
nous parleroQs de Coulonges, construit en .entier par l'un 
des membres de cetie famille. 

Signalons encore quelques débris mutilés, provenant du 



n 



i92 CONGRES ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

chœur de Tabbaye de Maillezais et conservés aa mosèe de 
Niort ; néaDmoins , noos ne classerons pas ces restes de 
sculptures à la même date que Moozeoil : ils ont dû précéder 
de quelques années la construction de Coulonges ; mais 
ils sortent évidemment des mêmes mains qui ont bftti ce 
château considérable. Si l'on parvient à trouver on joor 
le nom de Tartiste qui' a fait les sculptures du choeur de 
Maillezais, on pourra sans crainte lui attribuer la plus grande 
partie de celles qui ornent les voûtes, les plafonds et les cha- 
piteaux du château de Coulonges. 

La sacristie de Féglise Notre-Dame de Fontenay et quel- 
ques chapiteaux de Téglise de St-Jean apartiennent aussi i 
cette époque. 

COULONGES. 

Ce n*est qu*en dépassant Tannée 15&0 que noos voyons 
s'élever en Bas-Poiton deux grandes constructions, qui par 
leurs belles proportions architecturales ou leur richesse dé- 
corative , devaient laisser bien loin derrière elles , si Ton en 
excepte toutefois Apremont, tout ce qui avait été bâti dans 
les époques précédentes. 

Nous classerons encore dans cette époque la fontaine de 
Fontenay , la chapelle Brisson , à Notre-Dame de Fontenay : 
la première de 15^2 , la seconde de 1554. 

La fontaine de la Fosse , transportée aujourd'hui à Chas- 
senon par les soins de M. Mallet , mérite une mention tonte 
particulière eu égard à la Gnesse de ses sculptures et à 
Télégance tout originale de sa structure ; elle porte la date 
de 1557. 

Le château de Coulonges-les-Royaux , élevé par Louis 
d*Estissac, de iSUZ à 1550, était une de ces constructions 
complètes comme la France en a malheureusement si peu 



[ 



XXXI* SEBSTONj A POfiTEXAY. 193 

t mmité de D09 jooni. Qo'on se figure «ne oonr earrëe de 
Hwtt «I quelques mètres sur ebeqoe foce » ceue cour en-» 
towte de beaux bâtkneats de tous côtés, et Ton aura une 
idée éê grand développeaient de toutes ces constructkms. 
Maia» Mcies à ooe époque où Tart, ayant perdu la sèf e origi^ 
■aie et fiaittaiite qui avait sigoalé ses premiers jours , aHait 
selmdfiedan» la tradition purement romaine , les façades de 
Cnutengea avaient quelque chose de maigre et de lourd tout 
àiaMa, qui plail médiocreinent au premier eoup-d'ceil. Il 
bliail pénétrer dans rintérieur , rester étourdi de la richesse 
et de h ? ariété des plafonds , de la perfection apportée dans 
h taille des nervures et dans Tappareil des routes ^e la lan- 
terne de Tescalier et des cuisines , de la pureté exquise des 
bases et des chapiteaux et de tous les membres d'architec- 
ture employés , pour être immédiatement convaincu que la 
main d'un maître avait passé par là. 

L'escalier , à double volée , était la pièce capitale du châ- 
teau par sa simplicité, sa belle ordonnance et la perfection 
ioiMîtable de la voOte qui le surmontait. Un autre escalier en 
colimaçon et une porte d'entrée appelée le Donjon (1), ainsi 
que la grande galerie ouvrant dans la chapeHe, étalent, sMI 
faut en croîpe les personnes qui les ont vus avant leur de- 
struction , des œuvres parfaites de structure et de bon goét 
décoratîL 

LB P13Y-DU-W)C. 

Bien pos^éiieur comme date (1578) , k Puy*du-Fou offre 

(1) Ce donjon devait, diaprés les renseignements que j*ai recueillis, 
ressembler beaucoup à la porte d*entrée du château d*Outrelaizp, 
dont notre sarant directeur donne une si intéressante description dans 
sa SiaiiêHque monumentate du Calvadot. 

13 



19/^ CONGBfeS ARCHÉOLOGIQUE DE FBANCE. 

encore des lignes magistrales et puissantes qui ont oonaerré 
à "t qui nous reste de cette construction un caractère rëelle- 
UMUi monumental. Le grand porche, avec ses belles coIodims 
is lées, les rampes de Tescalier à double volée, recouvertes 
de foûtes plein-cintre à rainures moulurées, sont dTon 
grand caractère et dénotent un architecte sûr de son goût 
et sachant tirer on grand parti des matériaux gnnîtîqoes 
qu'il avait sous la main. Au Puy-du-Fou comme à Coa- 
longes, la cour entière devait être entourée de constroc* 
tions ; deux côtés seulement subsistent encore ; la brique a 
été très-employée dans cette construction , mais avec asses 
de discernement pour ne pan nuire à la tranquillité générale 
de TédiGce. Il y a loin de là à Tabus qui en fut fait aeva 
Louis XIU. 

Nous trouvon.<) encore, comme appartenant aux mêMfi 
périodes, les constructions secondaires de Bessay avec il 
belle tour (1577); la Coutardière, avec sa belle chemioéeé» 
granit (1578); plusieurs maisons de Fontenay, entr*aotm 
celle du gouverneur du château (V. la page suivante), 
avec sa superbe cheminée; celle de la Grande-Rue, qui en 
possède également une fort remarquable ; la curieuse maison 
de Poussais , avec sa loggia , ses rampes extérieures et sa 
curieuse inscription, que nous visitions hier, etc. 

N'oublions pas le château du Poiré , construit en 1593 , et 
sa haute cheminée dont M. R. Fillon a conservé le seul 
débris qui ait survécu à sa destruction. 

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE CES CONSTRUCTIONS. 

Si nous voulons étudier les caractères généraux de ces 
diverses constructions , nous les trouverons identiques à ceux 
du centre de la France où furent élevés, pendant la pre* 



XXXI* SESSION , A PONTENAY. 



19a 




TUE EXTftaiEURB DE LA MAISON DU GOCTBBKBCR , A FORTBNAT. 

mière période, les plus magnifiques constructions du inonde, 
comme bâtiments cîtîIs. 

Aussi, dans toutes ces bâtisses de 1520 à 15^0, voyons- 
nous dominer Télément gothique comme structure. Les 
(ignés perpendiculaires remportent de beaucoup sur les 
lignes horizontales , par ces suites de pilastres étages con- 
tournant les fenêtres à droite et à gauche , et se terminant, 
au sommet des lucarnes qui découpent les combles, par une 
série de vases superposés, généralement lourds etquisonl 



106 CONGiliiS ARCIiÊOLOGIQCE DE FRANCE. 

loin d'avoir la pureté et Télégance de la flèche goihiqu€ 
qu'ils remplacent La croix de pierre, à double ou à simple 
meneau , persiste invariablement dans tous les étages des 
baies; Tanse de panier est longtemps maintenue dans ces ou- 
vertures; le clioo gothique persiste même sonvest à dé- 
corer les rampants des pignons et les frontons des locames. 
C'est 9 en résumé, la combîmiMii trciiit«cUHiiqii« do XV* 
siècle entièrement conservée; la décoradon seule, envahie 
par les données nouvelles , a franchement adopté toutes les 
monhires et les arabesques de Taft itaiieii des XIV* et 
XV* siècles. Nous sommes Mn d'ea faire un crjme à nos 
architectes poitevins : en agissant de la sorte , ils ont eu le 
rare bonheur, tout en copiant une architecture qui leur 
arrivait toute faite d'Italie, de se l'approprier, quant aux types 
généraux de décoration ; mais en en faisant néanmoins une 
création complètement nouvelle, qui n'a d'analogue nulle 
part et qui constitue à la France architecturale de ces 
périodes une prépondérance marquée sur les monuments 
italiens dos mêmes épocfues. Grâces en soient rendues à ces 
incomparables créations du XIII* siècle qui, bien qu'arrivées 
à leur appauvrissement, à leur décrépitude, en passant par les 
mains des artiftes du XV* siècle, conservaient encore assez de 
sève ou d'originalité pour faire de la Renaissance française la 
première architecture civile du monde. Les monarques, les 
seigneurs, les architectes de cette période avaient si bien 
compris que cette forme était la seule applicable aux besoins, 
aux usages journaliers de la vie, qu'on les vit, animés d'un 
zèle parfois peu réfléchi , renverser leurs vieilles et solides 
demeures féodales pour construire ces gracieuses et gaies 
bâtisses de la Renaissance où l'on respirait avec bonheur le 
grand air sur dus terrasses, dans les galeries, au sommet des 
escaliers , aux lanternes des tours et des balustrades qui con- 
tournaient leurs puissantes spirales. Les grandes baies à croix 



Xixr SESSION, A PUNTëNAT. 197 

de Ixcrre édaîrateot lal^meat tes nHes plafemiées de cm- 
sons ùu de pootreflesrapprodiéés;oa se chauffait bien et fort 
daas ks grands afiparteaients nnéiix elos, où lei rkiMS che- 
niioées égayàkiH le regard pendant qme h clioleur de la flamme 
toit ren?oyée par les haotcs plaqum de fente. Aussi, le moU" 
Teâient religieux qve le inoine Glaber avak pn compter 
lorsque la France revêtait la Iriaiicke parure de ses églises 
ant Xt" siècle, existait avec autant d'entraî» an XVI' siècle; 
«euleiaeat le mobile était moins élevé ! la ft>i disparue était 
remplacée par le sentiment personnel du bien* être. C'était la 
robe blanche des cblteaux qui venait égayer te paysage et 
constater une tendance nonvelte (et maHieureosement paHbis 
Crep païenne) dans la marche morale de rbumamié. 

Le Bas-Poitoo, comme 000$ venons de le démontrer, ne 
resta point étranger h ce mouvemeni. Les constrdciions qai 
nous restent n'ol&^ent , ainsi qjêt je l'ai déjà dit y aucan type 
particidier : mêmes lignes arcUtecloniques , mêmes frises , 
mêmes arabesques, mêmes terminaisons de lucameai Le 
monvemenl prodigieux qoi se produisait dans te cerveaiâ de 
kNiie h masse animée de CeUe période existait, si j» puis te 
dire y aussi liien dans la main qtle dans tes jambes^ tes 
sculpteurs, les peintres, les graveurs, les ardiitoctns, les 
maltres-d'œuvre , tout cela lailiait> peignait, dessinait, gra^ 
▼ait 9 voyageait à Tenvi ; d'innombrables modèkS couraient 
les ateliers, et les architectes, et tes graveurs, et lot taiUcnrs 
de pterre couraient comme eux , portant sous lenr bras le 
recneii qui les contenait. 

Les produits de chaque artiste n'étaient phis parqués dans 
cbaqoe province : il y avait des offices de produits pour les 
besoins de l'époque. La mode fut pendant un temps de 
coUer , avce plus on moins de raison et de bon goôt , snr les 
façades tes médatllons des empereurs romains m des per- 
sonnes yhistres de l'aAiiqnîté païenne. H s'établit, à cette 



198 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRAKGE. 

iotentioD^ une véritable manafacture de médaillons de marbre, 
de terre cuite , de pierre , dont les produits furent étalés nr 
les façades d'Oiron, de Cbenonceaux, dans une maisoada 
Biois, etc., etc. Nous laissons aux bons soins de laon 
ami B. FiUon de découvrir prochainement, ainsi qn'U vient 
de le foire si beureusement pour les faïences d'Oiron, le lien 
où cette fabrique était installée. 

Avait-on besoin d'un rétable d'autel ou d'un tabernacle? te 
savait qui fabriquait et répétait avec tant de similitude» qn'oB 
les croirait sortis d'un même moule» la scène de la Nativité 
ou tout autre motif pris dans les Livres saints. 

Les seigneurs capables de construire allaient fréquemment 
de leurs terres à Paris, où les appelaient les soins de leurs 
charges ou leurs fonctions près du monarque ; ils en rap- 
portaient l'air artistique de la cour. Tout ceci , je le répète, 
explique surabondamment Tuniformité architecturale et d^ 
corative qui se trouve dans presque toutes nos constmo 
tions de la Renaissance. 

A partir de 15/iO , une modification importante se con- 
state dans Tarchitecture du Bas -Poitou: l'élément gotUque 
tend de plus en plus à s'effacer, lesJignes peu ï peu s'amoin- 
drissent également, les corniches horizontales prennent, au 
contraire, une proportion considérable; l'anse de panier 
disparaît dans les baies, qui deviennent purement plein-cintre 
ou se terminent par le patatrage horizontal ; le fronton , bas 
et triangulaire, couronne les Incarnes que le bon goût des 
architectes persiste à conserver afin de rompre la monotonie 
des grands toits en ardoise , et la rigidité des entablements 
qui ailourdissent si fort les constructions italiennes. Si l'ar- 
chitecture de cette seconde période satisfait davantage Tceil 
par la tranquillité des lignes , elle subit un appauvrissement 
général comme conception ; elle se noie complètement dans 
la froideur classique de l'élément antique; et n'ayant ni les 



XXXI'' SESSION, A FONTENAY. 199 

perfectioiis infinies de ]*art grec, nî les dimensioDs colossales 
de Fart romain , elle n'est plus qu'un pastiche étiolé , sans 
iaspiration nouvelle ; elle n'a plus qu'à traverser, en s'amoin- 
drissant toujours , les temps de Louis XIII et de Louis XIY, 
poor tomber complètement en 1793. 

Dans les intérieurs, néanmoins, les artistes, même les ar- 
chitectes , avaient conservé leur vive originalité ; les plafonds 
seolptés et les cheminées de cette époque nous présentent 
des types merveilleux de variété et de richesse décorative, 
sonveot en désaccord complet avec la nudité des murs envi- 
ronnants. Coolonges nous en offre un remarquable spécimen, 
dans les marches de son bel escalier et dans les plafonds plats 
de son vestibule et de la salle du Trésor. 

n est évident que certaines constructions secondaires, 
bâties à moins grands frais, ont dû être faites par dos ouvriers 
du pays, s'inspirant des œuvres des maîtres et des modèles 
qu'ils avaient pu se procurer. L'exécution faible d'après de 
très-bons modèles des sculptures des Granges, place pour nous 
cette construction dans ce cas. Pour Âpremont, Coulonges, 
Pot^n-Foo , nous n'hésitons pas à dire qu'un maître de 
l'œuvre connu a fourni et dirigé les plans, tout en em- 
ployant nn certain nombre d'ouvriers habiles de la localité 
qu'on sous-chef conduisait , sous l'inspiration de l'architecte 
qui pouvait de temps à autre visiter les travaux. Cette preuve 
m'est acquise par les subtilités inouïes de tracés que j'ai con- 
statées à chaque pas dans Coulonges ; par ces recherches sub- 
tiles, qui ont fait modifier les moulures suivant les places 
qu'elles occupent ; détails infinis qui n'ont pu être appliqués 
que par un maître rompu à toutes les finesses du métier et 
qui ne voulait rien négliger , imbu qu'il était de cette pensée 
do grand Michel-Ange : que c'est la recherche apportée dans 
les plus minimes détails qui produit la véritable perfection. 
\a question financière était , en outre , i9h véritable cause du 



2(H) CO^GAfeS ABCHÊOLOGIQUE DE PRAKCE. 

plus on IDOÎB8 de éom apfMiié dans la bâlisBé. Tel qurtviNl 
éea milUotto k dépeaser faisait ini«ox <iiie cekii qat de |kNi«- 
vaît atteindre la moitié de cette somme. An premier , ttia*- 
qileàu, Philibert Delorme foliratssaient dès plaiift;l<5«eeos4 
devait se contenter de l'architecte du canton. 

H y a «s fait assez curieux à constater, c'est qoe, la ptl|)art 
du teihpe, dans les constructions élevées par les partidriien, 
Qfn tronve plus d'originalité , de bizarreries décorative q[W 
dans les bâtiments royaux ; c'étaient pour ainsi dire des er^ 
qois, des coups d'essai, que les grandil architectes de œtie 
époque, lorsqu'ils étaient appelés à donner on plan , jetiietit, 
pour essayer si telle forme archi tectonique , si teHe nmilQre» 
telle ornementation potirtmit saf tsfaire le goAt tout en con- 
tentant les yeux. 

En me résumant , je dirai donc : le Puy-Grefikr » les 
Granges, le cloître de Lo^on, la Popelinière, Moflzeoils, etc., 
ont été bâtis par des architectes de la localité , ainsi ((lie la 
Cantaudiére, la Goignardièfe , BesSay , etc. , tandis qoc! pour 
Apremont, Goulooges et le Puy-dn-FoU , lés plans ont dâ 
être fournis par des architectes connus, mais évMeinnent 
français. 

SCULPTURES DE GOULONGES. 

Les sculptures des plafonds de l'escalier sont là pour donner 
la preuve de ce que j'ai avancé. En examinant arvec soin les 
divers fleurons qui les décorent et forment la partie principiie 
de leur ornementation, on reste Surpris du parti pris adopté 
par l'artisie: ces fleurons sont presque tous variés et pris dws 
les feuillages vulgaires qu'il avait journellement sous les ytn%: 
ici des feulUes de trèfle, là des feuilles d'eau adx larges pétales 
ou h vulgaire carotte ^ mais si artîstement rendue» que l'cnl 
s'y auacbe avec plus d'amour peut-ôtre que sur l'éternelle 



X1XI« session, A fOATEI^AY. 20t 

ftilHle i'âimAt éi la non dMlm éiërU dte feutlki d*b)Mi«r (t>. 
Ce n*a pas été dM 4es Éioiiii beareunes ImMfatkms éè là 
Renaissance que de nous sortir de ces fastidieux chapiteaux co* 
riothien ^ doriqae et iooiqtte aux feuillages comptés , dont la 
végétation doit invariablement accuser les mêmes courbes en 
y oreannt ks mém^ noihs. GdnAieii il a été mieu< inspiré, 
cefaû qal a tailé daas la pitttn dort éê GooiiMgeB e«s sitf^ 
perbes fleurons au g^lbe si ferme , si fin k la f^s , q«é a^ 
leiiiilM légères qui les composent semblent jà#llr dâ I» pierre 
et s'agiter mollenient au souffle de la brÎM*. Tout en parcourSttC 
ritalie « il y a qvetques années, nous dierchioos «f ec soin des 
M^alegMS k ces Intéressants caissons ; il nous a été impossible 
<I*CD rencontrer: parfont des féoillcs imbriqvées lourdement, 
■iiacbées au fond et sans aucun moufement artistiq[iie. Ce 
n*«st qne toot dernièrement , en dessinant à BMs le beau 
fUitittM qui contient refecaiier de Louis Xtl« que no«s avons 
p« reconnaître dans des métopes de la corniche des foniles 
mlBreilns f^lbées dans le même seniiment. Os sciilptores, 
inspirées des scniptores gothiques du W* siècle, sent doM 
éiaineromenl françaises , ce qui a prodigieusement conlrlbifé 
4 les sortir de la routine romaine où nos architectes du 
XlX' siècle cherchent par trop à exercer notre école. Les 
cartouches do restibnle, quoiqne d'un travail superbe et 
d'une étonnante variété, sont, à mon avis, moins estimables, 
en ce qu'ils rentrent davantage dans la donnée vulgaire. 
Ouvrez rœnvre d*Étienne r>elaulne et de Docerceau » vous y 
verrez de nombreux analogues. Nous recommandons, néan^- 
ces superbes scniptdres à Fatteotion des fins connais- 



(1) Je ferai remarqaer que, dans roroementation des palatrages en 
pierre, de^ voussures el de Tintrados des arcs-doubleaux et forroerets 
des voûtes, on a perpélaellement employé tes grecques aiec une variété 
trè»-granide; il y sursit I reclierchiT quel peut être Tarclnteete qui en 
a ainsi fiiit abus. 



202 CONGRÈS ABCBÉOLOGlQUfi DE FBANCE. 

seura : ils y retroof eroot le ciseaa des habiles du temps ei la 
main d'Do maître, comme dessio et compositioii. 

CBEMIMÊES. 

Les chemioées, pendant tont le XYI* siècle, pramem 
dans les édifices une importance qu'il est mile de signaler. 
Il n'est pas une construction de quelque intérêt qui n'ait 
une ou plusieurs de ces cheminées ; et il est un fait irè*- 
caraciérisé par les exemples nombreux qui nous restent : c'est 
que les plus riches monuments de ce genre qui subsistenl 
encore dans la contrée se trouvent dans les bâtiments les 
plus simples, comme apparence extérieure; il semblerait cpie 
le propriétaire de chacune de ces gentilhommières» ne pcm- 
vant atteindre le niveau architectural des grands châteaox 
dont les débris subsistent encore, ait foulu se rattrapper es 
ayant constamment sons les yeux un résumé de la richesse 
sculpturale, que ses moyens pécuniaires ne lui perroettaienl 
pas de développer dans les plafonds ou les façades de sa mo*» 
deste demeure. 

Parmi les types les plus anciens, nous citerons : les deoK 
jolies cheminées du prieuré de Mouxeuils, avec leurs frises 
délicates et leurs cadres formés de pilastres , et sans aucun 
doute destinés à recevoir des peintures ; 

2? Celle située à St-Hilaire-sur-l'Autise , et dont le man- 
teau est orné de médaillons en grand-relief, entourés d'une 
couronne de fruits et de fleurs ; 

S"" Les jolies cheminées des Granges-Cathus , avec leurs 
médaillons de Pyrame et Thisbé, ou leurs frises élégamment 
ornées de griffons, de rinceaux malheureusement trop perdus 
dans les parties nues du manteau ; 

k? La cheminée de La Popeliuière de Saint-Gemme » avec 
ses écussons de France et de Voisin ; 



JXU* SESSION , A FONTENAY. 20S 

5"" Celle de GoDkmges, anjosrd'hoi démolie et gbant k 
Fétat de malériaox dans one servitude. Elle eat , autant que 
j*en ai pu juger dans une rapide inspection « d'un travail 
Miperbe et de la main de ceux qui ont taillé les plafonds du 
château; 

^ A« cbâteaa lui-même il existe une cheminée bien plus 
simple que la précédente, mais d'un bon style, et dont les 
mottlnres se recommandent par leur 6nesse et leur exécution 
ezqaise; 

T* Là belle cheminée en granit de la Cantaudière , avec 
ses niches, ses colonnes cannelées et ses belles moulures 
taillées, avec beaucoup de soin, dans cette matière si prodi- 
giemement résistante ; 

8* Il existait autrefois, au château du Givre, une fort belle 
cheminée avec grandes caryatides en granit ; elle a été dé- 
tmite il y a quelques années ; 

9° La haute cheminée de la maison du gouverneur du 
château de Footenay , si chargée de sculptures de toute sorte, 
permettra de s'en faire une idée exacte. Un des caissons est 
copié sur un motif d'Etienne Delaulne; 

j&O* Celle, encore fort intéressante, existant dans la maison 
de la grandVne de la même. ville, occupée par M. Cheval- 
lera«; 

11° La cheminée de la tour de Bessay a dû être sculptée 
par les mêmes qui ont fait celles qui nous ratent à Fontenay. 
12* J'en dirai autant de celle qui existait encore , il y a 
quelques années, au Châtellier-Barlot , et dont mon ami 
B. Fillon a conservé la pierre unique qui décorait le manteau. 
IS"" Une très-belle cheminée du temps de Louis XIII 
existe encore à TAlière, dans le canton des Sables. 

iti? Nous citerons aussi , du milieu du XVII* siècle, 
celle qui a été transportée par les soins de M. B. Fillon 
dans la maison de M"** Fillon , sa mèi%, et sur le manteau 



Î04 COMGBÈS ARCBÉOLOGIQUE DE PRAKGC 

de bMpiella en vdil um copié asses ciâcle de la Ecmimtie 
4^ amour de R^bens ; 

iS"* GeHlB de M. G. de Fooiaii». 

D*aprè^ celte ëDunération rapide, on foit ^e ni les 
Granges, oi Apremont, ni le Puy-do-Foo, Coulongea et b 
PuyH6r«ffiêr se ikwsèdeoc de deaiinées elovpllMncllès. 

Cmsaruaiàfu posiériemm à 1 hh^ ; tmt type panieulier^ 
M. Fillon établit que la transformation qui eut tiea HaM 
l'art fraaçais^ ao XVP siède, date de 15{|6. Buiviei hii, 
le Songe de Polfphiie, tradeit par Jean Martho, pubHé 
oétte attnée même , eut lia ptaa grande infloence sur Virt 
français en général. A partir de ce teints, la forme kithia 
predd définitivemeùt le dessus a? ec PUftikerl Ddorme, qui , 
il ne faet pus Toiibik^r * était beau-^frère de Jean Martin. 

M. de Rochebrune ex(K)se» de ma oM , qu'an miiea de 
XV1« aiècterinfluénce italienne if empare du domaine de Tar- 
ciiiiectiire d'une manière Complète. liCs ptiastri'S *'aiR pin 
de saittie; ils s'élargisneni, eu contraîr& Les froijtona tHanga- 
laires des lucarnes prennèetla forme do boÊkom ^jrtc Lecba* 
pitéau iehiqiiè dispafaK pour faii^ plaee au chapiicau dorique 
et quciqtfefoîs au chapiteau eerînlhien. Les piiaâtrest au lien 
créire ornés d'arabesques comme autrefois , deviennent nos 
eu sont «inipleiiieiH cannelés. Des porches s'établissent de- 
vant les diàieanx , comme a« Ptty*>diH-Foa. Les looarfKf 
s'abaissent et finissent bientôt par disparaître. ILn un mot, 
ia tradition gothique disparak KHit entière , et les lignes heri* 
jMHitaies s'eahparetit àes façades ao détrimeiit des lignes 
perpendiculaires. Ainsi, les entablements se développent éaor- 
mément. L'atiae de panier ^ tradition du XV* siècle, est 
supprimée « et on ne l'emploie que lorsqu'elle est indis- 
fMansable, oaimne au porche de Geulon^es. Il faut signaler 
aussi l'inttoductiou des pbfondil I caissoni sculptés, comsie 



XXXi* SESSION , A fOrtTEIf AY. Î05 

cem iu fhiy-éo-Foo et de €oirioiiges. On ^dh encore dans 
eederakr cMlean des toutes ogifales, qui ainsi se conservent 
maà tard qn^eHes étaieiH nées de bonne heure. Outre ces châ- 
toaoî, on peut «noore cker en Bas-Pohon , parmi les monu- 
laeoli de celte période, la four de Bessay, la Golgnardièpe, la 
feotaine de la Fosse et celle de Fontenay-le-Comte, la chapelle 
des BrissoD, à Notre-Dame. Âty X¥f* sfède , ce sont suiloot 
des oenstrnclions ciipHes qui s'élèvent : Tindl? idoalisme tend 
I dominer. 

M. Fillon présente on mémoire de M. Alfred Giraud sur 
le mottfement scientifiqne et littéraire à Fontcnay , an 
XVÏ« siècle. 

MÉMOlliE DK M. ALFRED «IRAUD. 

Arrivés an teime de cetie réunion, où tant de graves 
questions ont été solidement et brillamment discutées, il 
B*esl peut-être pas sans intérêt de jeter un coup-d*œil sur 
le passé de la petite vilte qui a Thonneur 4e fOUS rece\'oir 
ai^ud'huL FQOlenay-4e-€omte, vous le savez défà, a eu, 
comme tant d'autres villes, ses jours de gloire et de déca- 
dence, et réclai inacceuiuuié que vons avez jeté dans ses 
murs a pour résultat naturel de lui rappeler son ancienne 
graodeiir. Ce n*est pas, croyex-le bien, sans nne douleur 
pit>fond« cpi'elle a entendu répéter souvent que sa célèbre 
fontaine, MU*efois source des beaui -esprits, était irrévoca- 
Usmeiit tarie. Elle a toujours protesté contre ce qui lut pa- 
rabsail une senleiice injvste, et elle vous remercie de Favoir, 
pour ainsi dire, rébabililée vis-à--\is d'elle-même, en la 
dioisissaiit pour le siège de vos savantes délibérations. 

C'est qu'en effet , Messieurs , si vous êtes venus vous éta- 



206 GOKGBËS ARCHÉOLOGIQUE DE rBAMCE. 

blir à FoDtenayv ce n'est pas, pennettez-iDOî de Toosle £ie, 
par on par effet du hasard oa de fotre capriœ ; graves et 
iDéditant toutes choses , vous y avez été délenninés per de 
sérieux motifs. Pontenay D*est pas une de ces grandes dlés qû 
s'imposent oaturellement et par feur importance, el park 
chiffre élevé de leurs habitants. C'est une toute petite Tille» ne 
renfermant dans son sein ni académies, ni facultés» ni eociélés 
savantes; destituée de son ancien titre de chef4ieiide dépar- 
tement • n*ayant ni n'espérant un chemin de fer. Poarfuoî 
donc l'avez-vous choisie , et pourquoi en avex-vous laïc le 
centre de vos excursions et de vos travaux ? C'est qee Fon- 
tenay à un passé , c'est que l'ancienne capîule du Bas-Poiloa 
a marqué autrefois non-seulement dans l'histoire militaire, 
mais , ce qui vaut beaucoup mieux , dans l'histoire intellec- 
tuelle de notre pays; c'est que non-seulemenl elle a vu passer 
dans ses murs Jean Chandos, du GuescUn, Arthur de Riche- 
roond et Henri IV ; mais encore elle se gloriCe d'avoir 
compté parmi ses hôtes l'auteur de Pentagruel et d'avoir va 
naître le savant jurisconsulte André Tiraqucau , le grand 
magistrat Barnabe Brisson, le so1dat*poèie Nicolas Rapin, et 
au-dessus d'elle, François Yiète, l'inventeur de l'applicatîoii 
de l'algèbre à la géométrie. Je crois donc répondre an sen- 
timent qui vous a guidés en venant ici , en vous demandait 
la permission d'esquisser à grands traits l'histoire littéraire 
de Fontenay au XV^ siècle. 

Évidemment, l'initiateur du mouvement inteUectnel qoi 
s*est produit à cette époque est ce religieux, un peu aarpris 
peut-être de se voir vêtu du froc, le Gis ducabarelîerde 
Chinon, l'auteur des épopées, à la fois sérieuses et bouffiHineSy 
de Gargantua et PantagrueL Ou fond de Sa cellule de oor- 
delier, où il se vouait, bien jeune encore, à l'étude des 
langues et des littératures anciennes , il correspondait avec 
des amis du dehors, tels qu'Erasme et Bude, qui subissaient 



XXXI* SESSION, A PONTENAT. 207 

d^« nos s'en douter peut-être , rinflueuce de son pnissaot 
génie. Il avait des rebtioos habituelles et familières avec 
André Tiraqaeau, lienteuant-géoéral au bailliage de Ponlenay, 
hbmjU docte, le sage, le tant humain, tant débonnaire 
etiquiiabU Tiragueau, comme il l'appelle dans le prologue 
do IV* livre de Pantagruel ; et nul ne peut douter que la 
ftéquentation de Rabelais n'ait poussé Tiraqueau à sortir de 
la voie éax>ite et aride où s'étaient , avant lui , renfermés les 
Ghmteurs. Éclairant le Droit par la littérature et l'histoire , 
Tkaqueau est , avec Cujas , un des fondateurs de l'École 
française. Sans doute « on peut lui reprocher de manquer 
parfois de sobriété» et ses traités de jurisprudence sont trop 
remplis de citations littéraires; mais il est impossible de 
méconnaître sa vaste intelligence et sa profonde érudition. 
Tiraqueau a longtemps partagé , avec Cujas , l'insigne bon- 
neur de ne jamais voir son nom prononcé dans les écoles , 
sans qoe le professeur ne se découvrit et n'employât la for- 
mole sacramentelle: Tiraquellus noster. C'est là, Messieurs, 
le plus bel éloge qu'on puisse faire d'un jurisconsulte , et 
les travaui de notre illustre compatriote ne pouvaient trouver 
une récompense plus glorieuse. 

Tiraqaeau avait à peine disparu de la scène du monde 
qu'un jeune légiste, Fontenaisien comme lui, et qui devait 
être mêlé à tous les orages de la vie politique, débutait 
comme avocat au Parlement de Paris. Les succès qu'obtint 
Barnabe Brisson furent prompts et éclatants. Doué d'une 
éhunoition brillante et d'un savoir éminent , il s'éleva bientôt 
au premier rang des orateurs et des jurisconsultes. Puis, il 
passa des rangs du barreau dans ceui de la magistrature, 
devint conseiller d'État et ambassadeur en Angleterre. Chargé 
de négocier le mariage du dernier fils de Catherine de Médicis 
avec la reine Elisabeth , il ne réussit pas dans cette tâche 
difficile; mais le mandat dont il fut investi dans cette cir-- 



MB GONGBte A»CntOiOGIQ0E W PHAIICE. 

9m^m^ proave ^m^ l'imp^nwta qu'îiATaHaeqniie Htm 
rjËut et U cooG^ace i|o*«q «viH en JiiL A mo relpiiir m 
France» qne auirç mmon l'aiteodiaU» tnission own» 4çU* 
ianie« mais qui ne devait m n^ojn^ Ini faim le plU9 gond 
honneur. Déjk» en (Nrov^qnant te réd^ciioa 4^ CouMwes^ . 
le ConMil de Cbarlea VU avait bxi tw^ w pas immense à 
l'œuvre de J*uQité et die la ceotnaUsation }i»dk;iaire«i He^ri l|I 
eut la pensée de réunir les Ordonnances en un seni |çorp^ 
d'ouvraget destiné à être suivi dans (ont le royaume. Brisao», 
chargé de celte tâche, publia , sons le titre de JBmiliques on 
de Code Henri Ul^ le fruit de ses longues et patientes re- 
cherches. La Révolution française n'était pas encore venue , 
et Tesprit féodal et germanique luttait tou|ours contre 
l'esprit romain. Quoi qu'il en soit , cette tentative honore le 
roi et le jurisconsulte qui surent s'élever ainsi au-dessus 
des préjugés de leur époque. On trouve , dans ia préface de 
cette compilation, des idées que la plupart des hommes du 
XII* siècle devaient nécesbaircment se refuser à comprendre, 
f La justice, disait, par exemple , Brisson , la justice h la- 
€ quelle toutes constitutions et bonnes coutumes doivent se 
« référer, a deux principales parties ou offices, ainsi que 
« uraite iadaoce ( Lib. V. DejuMùia)^ à savoir la piét^ et 
« la rfAijp^ envers Dieu, et l'équité qu'il interprète ^Iit6 
Il cotre les hommes. » 

Dans le temps où l'aristocratie féodale essayait de renouer 
ses tronçons dispersés par la main de Louis XI « proclamer 
le principe de l'égalité humaine et citer Lactance, dont les 
idées pourraient , même aujourd'hui , passer pour libérales, 
ce n'était pas seulement de h part de Brisson one vaine et 
sonore déclamation, c'était le cri de guerre et d'espoir de 
la royauté et des légistes qui poursuivaient avec ardeur leur 
œuvre commune. Malhenreoseroeot , l'ambition de |a m^son 
de Ixtrraiiie et les passions démagogiques, qui fermentaient 



XXÏl* SESSION , A FONTENAY. 209 

au sein «les tuasses , empêchèrent la réalisation de |ou8 ces 
grand» prqjets. Nous n*en devons pas uioins louer rhomine 
éiiiinep( qpî, deux siècles avant 1789 , sut rendre bonuii^ge 
aux jM-ipcipes immortels sur lesquek toute boi^ne législation 
doit être assise. 

Sans doute « si nous voulons y regarder de près , il y eut 
dans la vie de Barnabe Brisson quelques défaillances. L'am- 
bition répara et il eut le tort d'accepter les fondions de 
premier présidem au Parleniciit de Paris » à la place 
d*AchiUe de Harlay, son protecteur et son ami. Mais sa mort 
tragique n'a-t-elle pas racheté les faiblesses de sa vie ? Il a 
su, en effet, dans un des plus sombres jours de nos dis- 
C4>rdcs civiles , rappeler le justum ac tmacem dont parle 
Horacfe , et U est mort pour avoir refusé de prendre et de 
éépoAer le glaive xle la justice, au gréd'une populace aveugle 
en ses fureurs. Grande et belle mort , Messieurs, et qui est 
bien faite pour émouvoir le poète et pour désarmer riiistorlen 
quand, prêt à relever les fautes de notre célèbre compatriote, 
il n'éprouve plus, en face d'une glorieuse infortune, qu'une 
pitié mêlée d'admiration et de respect ! 

Mais, au XYi* siècle, Fontepay n'a pas seulement produit 
des légistes , des orateurs : notre ville a encore pi*oduit des 
poètes. Malgré les vers de Boileau : 

£nftn Malhert)e vint et, le premier en France, 
Fit «enitr dans les vers nue juste ciideiice... 

nous pouvons dire, avec assurance, qu'avant Malherbe la 
poésie avait eu en France de dignes représentants. Parmi 
les poètes du XVP siècle, Nicolas Rapin n'est peut-être pas 
un des plus célèbres, mais il est certainement un des plus 
distingués. Contemporain et ami de Barnabe Brisson, il joua, 
lui aussi, un rôle important dans l'État et devint grand-prévôt 
de la connétablie de France. Adversaire infatigable de la 



210 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Ligne » il gagna ses titres de noblesse sur le champ de ba- 
taille d*Ivry et collabora à la Satire Ménippée. Mais son plus 
grand titre de gloire est dû à son génie poétique. Sans 
craindre d'être taié d'exagération , nous pouvons admirer 
le poète qui disait à Achille de Harlay : 

Détourne tes peasées des faveurs de la Cour, 
Maintiens ton gra?e front, quoique le temps qui court 
Désirerait des mœurs qui fussent moins austères ; 
Aux grands maux , comme sont les nôtres d*a-préflenl. 
Le médecin perd tout qui se rend complaisant : 
Les l>reuvages amers sont les plus salutaires. 

Qu'il nous soit encore permis d'exprimer chaleureusement 
nos sympathies pour le poète qui , au milieu de la guerre 
civile entretenue par les étrangers , faisait entendre ces vers 
où respire un ardent patriotisme : 

Espagnols, apprenez que jamais Tétranger 
N'attaqua le Français qu^avec perte ou danger. 
Le Français ne se ?ainc que par le Français même I 

En lisant ces vers, on se demande si le poète, par uoe 
mystérieuse intuition de l'avenir, avait entrevu ces luttes 
tristes et terribles où nos pères , combattant avec un égal 
héroïsme dans deux camps opposés, ont arrosé de leur saog 
le sein de la commune patrie. Quoi qu'il en soit, félicitons-le, 
dans un temps où les partis méconnaissaient trop souvent la 
voix de la raison et du devoir , d'avoir glorifié le courage 
des enfants de la France. 

Une des plus belles compositions poétiques de Nicolas 
Rapin est certainement celle qui a pour titre : Les Plaisirs 
du gentilhomme champêtre; cette pi&e de vers est une 



lUV SESSION, A FONTENAY. 211 

délicieuse paraphrase de l'ode d*Uorace, qui comuience 



Beatus ille qoi proeul negotiis , 
Ul prisca gens Ifanaliam » 
Patenia nira volens ezercet suis 

Solutb omni fœnore. 



Nicolas Rapia décril les distractions du propriétaire cam- 
pagnard qui fil sur ses terres, libre de tous les soucis qu'en- 
fante Tanibition : 



Maintenant, tout seul il visite 
Les champs de semence couverts 
Qui ont dessus le dos écrite 
One espérance non petite, 
Par^Ue aux fruits des arbres verts. 

Maintenant^ il se vient estendre 
Sous un vieux ckesne, daos les boys , 
Couché dessus Terbelte tendre, 
En un lieu d'où il puisse entendre 
Des oiseaux la plaintive voix. 

Tantôt, sur la belle verdure. 
Les fleurs du clos il va foulant 
Auprès d^une fontaine pure. 
Pour sVndormir au doux murmure 
D*un ruisseau lentement coulant. 

Puis, aussitôt que les fleurettes 
Tombent à la chaleur du cid , 
11 met dans des cruches bien nettes 
Le doux ouvrage des avettes, 
Séparant la cire du miel. 

Et quand Taulomne vient espenUre 
Mille fruits de son large sein, 



2l2 CONGRÈS AkcnèOLOGlQUE DE FRANCE. 

Ob ! quel pliiisir il a de prendre 
La pomme rouge que vient rendre 
Une ente Taile de sa main. 



Oh 1 que les «oÉOcanx il .arrange 
Et M futaille et bon cœur» 
Pour y recevoir la eeodange 
Et voir le gracie» échange 
Du fruit noir en rouge liqueur. 

Ob I quel plaiair quand il entonne 
Ce breuvage desjà fumeux 
Et qu^en un muyd il emprisonne 
Ce dieu furieux qui bouillonne 
D'un flot et reflet écumeuxl 

Ces citalions suSisent , Messieurs , pour démontrer qoe 
Nicolas Rapin n'a besoin, pour jouir en France d*une gloire 
incontestée, que d*jBlre plus connu. Si un Dieu bienfaisant 
nous eût fait ce loisir, nous avions fortué le. projet de faire 
réimprimer ses œuvres complètes; mais, entraîné dans nne 
carrière active , nous en avons été détourné jusqu*à ce jour 
par des préoccupations et des travaux d'un genre plus sé- 
vère. Nous faisons des vœux pour qu'un éditeur plus autorisé 
que nous , et plus libre de son temps , entreprenne celle 
œuvre à la fois Iiliéraii*e et nationale , et nous sommes 
convaincu que le succès répondra à ses efforts. 

A côté de Tiraquejiu , de Barnabe firisson et de Nicolas 
Rapin , et peut-être au-dessus d'eux , il faut placer François 
Viète. François Viète peut, -en effet, être classé au rang de 
ces hommes doués du génie de l'invention, et qui, par de 
grandes découvertes , ont contribué au progrès des sciences 
et au développement de l'esprit humain. Il n'a manqué 
peut-être à Viète , pour être rangé à côté de Descartes , qoe 
d'avoir écrit dans sa Jangue materneUe. S'il eût été un 
écrivain français, et si notre prose eût r«çu rempriinle de 



XXXr SESSION, A FONTENAY. ' ÎIS 

son vigoureux génie , son nom , au lieu d'être ignoré de la 
foule , se serait vu entouré d'une légilime et immense popu- 
larité. Mais il a écrit sur les mathématiques et dans la langue 
des érudits , et il est resté dans des régions inaccessibles 
au vulgaire. En eiïet , si quelques mathématiciens d'élite , 
élevant leurs regards au-dessus des conséquences immédiates 
de la géométrie , savent gré à François Vièle d'avoir inventé 
les signes algébriques, combien d'hommes ignorent qu'il a 
eu cet honneur, ou bien considèrent râp))licaiion des lettres 
à la science des nombres comme une chose indiiïé'rente ! Et 
cependant pour ceux qui ne considèrent les mathématiques 
que comme un instrument, et dont l'esprit s'est agrandi dans 
les études philosophiques , quelle admirable et quelle pré- 
cieuse découverte! Au moyen de la simplification des signes, 
les calculs les plus compliqués s'effectuent, les problèmes 
les plus ardus se résolvent ; l'induction qui semblait rivée au 
champ de la métaphysique passe dans celui des mathéma- 
tiques , et l'homme peut connaître les lois qui régissent les 
éléments , utiliser les forces de sa nature , expbrer la vaste 
étendue des mers et lire jusque dans le livre mystérieux da 
Ormameni, où le Créateur a écrit en lettres d'or le poème 
éclatant de sa gloire et de sa toute-puissance. Viéte a donc , 
sans le savoir , mais non peut-être sans le prévoir , donné à 
l'humanité le moyen de faciliter les inventions futures , et il 
a contribué par là même à ce merveilleux développement de 
l'industrie dont notre XIX' siècle est si fier. Le grand poète 
de Roiiie pourrait, en effet, s'écrier aujourd'hui avec plus de 
vérité qu'il y .a deux mille ans: « Audacieuse à tout enti^e- 
prendre , la race de Japhet s'élance dans dos régions jus- 
qu'alors inaccessibles ; elle a ravi le feu du ciel et a franchi 
les airs avec ces ailes que la nature a\ait refusées à l'homme. 
Rien n*est impossible aux mortels , et dans notre folie nous 
voulons monter jusqu'au ciel même! » 



21 & CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

Ah I Messieurs, cette folie dont parie Horace , laiasez^notis 
la qualifier de folie sublime. Si^ comme l'a dit un poète 
contemporain , 

L'homme est un roi tombé qui se souvient des cieui , 

quoi de plus naturel qu'il se sente attiré vers la divine patrie! 
S'il est trop souvent tenté de s'aventurer sur les mers od de 
s'élever dans les airs avec des ailes créées par son téméraire 
génie, c'est que, plein d'espérances et d'illusions, il se trouve 
à l'étroit dans sa terrestre demeure , et que, toutes les im- 
mensités qui l'entourent sont pour lui l'image de l'infini vers 
lequel il aspire et dont il aime à se rapprocher. 

Vous comprenez donc, Messieurs, que notre ville soit fière 
d'avoir donné le jour à François Viète, et que, sans pouvoir 
étudier ses puissantes conceptions , nous saisissions avec en* 
pressement l'occasion de rendre hommage à sa mémoire. 

Aussi pour nous. Messieurs, André Tiraqueau, Barnabe 
Brisson , Nicolas Rapin, François Viète sont les illustres re- 
présentants du mouvement littéraire qui se produisit à Fon- 
tenay au XYP siècle. Au-dessus d'eux a plané l'illnstre 
Rabelais; au-dessous ont gravité les Rivaudeau, lesBesly, 
lesColardean, les Dupin*Pager et d'autres hommes distin- 
gués qui n'ont guère obtenu qu'une célébrité purement lo- 
cale. Tons ces personnages, mais surtout les quatre dont 
nous vous avons plus longuement entretenus, ont jeté de 
l'éclat sur notre ville , et c'est à l'antique réputation dont ih 
l'ont dotée que nous devons l'honneur de vous voir ici ras- 
semblés. 

Gomme nous le disions en commençant , il en est, Mes* 
sieurs, des villes comme des individus : elles ont leurs mo- 
ments de grandeur et «de décadence. Pendant longtemps le 
génie de Fontenay a sommeillé, et on a pu dire que sa source 
si vantée n'avait rien de commun avec l'Hyppocrène. Quel- 



XXXr SESSION, A FONTENAY. 215 

que» voix isolées ont bien protesté contre l'apathie et Ten* 
goordissement oniversels , mais elles sont restées sans eucoa- 
ragcments et sans écho. Aujourd'hui de nouvelles tentatives 
se manifestent. 

Nos églises romanes et gothiques , nos gracieux paysages , 
nos Tîeux châteaux démantelés s'étonnent de se voir si fidè- 
iement reproduits par le burin du graveur, avec des tons lu- 
mineux qu'envierait la peinture. Un savant dont les labo- 
rieuses investigations vous sont connues , et dans l'esprit 
âoqoel l'érudition n'a pas étouffé l'étincelle sacrée , observe 
dans notre pays la succession des générations humaines , y 
reconstitue l'histoire avec un morceau de terre cuite ou une 
monnaie de cuivre, et étudie avec soin, dans notre fias- 
Poitoa , la superposition des moeurs , des religions et des 
monaioents. C'est déjà là , Messieurs , une grande œuvre 
commencée. Espérons que, grâce à l'élan que vous leur aurez 
imprimé, les efforts de ces nobles esprits ne demeureront 
pas stériles , que le mouvement intellectuel dont ils sont les 
initiateurs ne s'arrêtera pas en chemin , et qu'ils seront , 
dans notre temps et dans notre petit coin de terre, les pre- 
miers anneaux d'une chaîne qui désormais ne se brisera plus. 

De nombreuses marques de sympathie accueillent cette 
très-intéressanle communication. 

Le Secrétaire donne lecture de la question concernant la 
musique en Poitou. 

M. Fillon expose en quelques mots les progrès de la mu- 
sique en Poitou , depuis le traité du moine de Charroux , 
an XP siècle jusqu'au XVIf'. — M. Monnet observe que 
M. Bojaud a fait une bonne notice sur les chants de la 
Vendée. — M. Marionneau fait remarquer qu'on devrait 
recueillir les dessins des instruments de musique sculptés 
sur les églises. — M. Fillon ajoute qu'au XVP siècle , un 



216 CONGKËS AI.CHÉOLOGrQLli DE FBANCE. 

étudiant de Fontctijly a recueilli cent airs poitcrîns. — M. de 
Campagnolles signale l'ouvrage sur la musique du P. Un^ 
billoie, où il est question du Poi- 
tou. — L'abbé Baudry montre un 
petit musicien eu ivoire , du \[V* 
siècle, jouant de rinstrunicnt connu 
sous le nom vulgaire de Biniou, 

Au sujet des familles protectrices 
des arts , M, Fillon cite, avant 
toutes les autres, les Gouffier, no- 
tamment Anus Gouffier , gouver- 
neur de François I*'. Ils avaient , 
à Oiron et à l'hôtel de Boisy à 
Paris , une Immense collection de 
meubles et d'objets de toute sorte , 
qui fut vendue à Paris, à la mort 
de Claude Gouffier. Après eux, il 
faut nommer les d'Estissac , les ïa 
Trémouille ; le vidame de Chartres, 
à TifTauges ; les Chabot , construc- 
teurs d'Apremont ; André Tira* 
queau et Barnabe Brisson , à Fon- 
" tenay , qui ont beaucoup collec- 
tionné. 

M. Ledain, traitant des anciens inventaires , présente celui 
du château d'Argenton,qui date de 1763, où il est fait men- 
tion notamment de grandes tapisseries , de faïences et de 
porcelaines. 

La séance est levée à 10 heures. 




Le Secrétaire ^ 
B. Ledâin. 



XXXI* SESSION, A roNtENAY. 217 

VISITE DES COLLECTIONS DE M. DE ROCHE&RUNE. 

Le Congrès g'est (ninsporté chez M. de Rocliebrone , dont 
rhôtel est an des pfus beaux de FoDleiiay. 

Ce domaine porte le nom de Terre-Neuve. L'habitation 
fat construite en 1595, par Nicolas Rapin, grand-prév6tdê la 
conoétablie de Ffance , auteur de poésies françaises et latines 
publiées à Paris, en 1610, par Olivier de Varennes, en un 
Tolume în-8'' devenu fort rare xle nos jours. Cette construc- 
tion» placée sur on coteau qui domine toute la ville de 
Footenay et les immenses prairies qui bordent le cours de la 
Vendée, a été restaurée en 18A8, 18&9 et 1850, en suKant 
le type de Pancienne bfllisse ifistallée sur un plan en retour 
d'équefre , avec tours à cul-dc-Iampe aux angles et lucarnes 
sculptées, découpant li'S entablements. 

Sor la porte d'entrée principale, on lit celte inscription 
que M. Rapin y fit placer : 

VENTZ SOVFLEZ EN TOVTE SAISON 

VN BON AYR EN CETTE HAYSON 

QUE JAMAIS NI FIÈVRE NI PESTE 

Kl LES MAVLX Q(JI VIENNENT D'EXCEZ 

ENVIE QUERELLES OU PROCEZ 

CEVLX QUI SY TIENDRONT NE MOLESTE 

nopp<i} (fcOÇ Tf X6CI XCj&RUVOU 

Un porche élégant, pris au château de Coulonges, re- 
couvre cette porte de ses caissons moulurés et de ses arca-^ 
turcs géminées , à archivoltes ornées de clefs è consoles et de 
grecques et caniMlures d*un travail très-pur. 



218 



CONGKÈS ARCBÊOLOGIQUE DE FRANCE. 








Trois pièces , dans le style Renaissance , ont été installées 
dans l'aile orientale de la construction. 

Le vestibule est plafonné de caissons pris au château de 
Coulonges, portant les initiales de Louis d*Estissac et d*Anne 
de Beraudure, sa première femme. Ce fut Louis d'Eslissac qui 
bâtit en entier le château de Goulonges, en 15A5 (Voir la 
note consacrée à cette construction dans le compte-rendu des 
séances). 

Dans le premier salon, également plafonné de caissons 
pris h Coulonges^ d'un travail varié et formé de chiffres, de 
fleurons d'un faire remarquable, on voit au fond la statue de 
Suzanne Gpbin , femme de Michel Tiraqueau. Cette statue , 
de grandeur naturelle, est agenouillée devant un prie-dieu 
de marbre blanc ; la statue est également en marbre d'un 
beau travail. Une longue et curieuse inscription lui sert de 
socle. 

On y voit aussi plusieurs meubles sculptés intéressants ; 
quelques gravures à l'eau-forte, de maîtres du XVIP siècle; 
un panneau en poirier, du XYIII* siècle, d'un merveilleux 
travail, sculpté par Hermann. 

Une curieuse suite d'armes proviennent de découvertes 
faites au gué de Yeluire et à Tlle d'elle, Une douzaine de 



XXXr SESSION , A FOiNTEKAY. 219 

ces armes, d'une beUe conaenration, «ppartienneiu aux Xn% 
Xlir, XIV ei XV siècles. 

Plos de quarante pièces se classent dans la période qui 
5*étend du XVI* siècle jusqu'à nos jours. Parmi ces dernières* 
on remarque de fort belles épées comme conservation et 
trafail, entr'autres celle qui a appartenu à Claveau , seigneur 
de PnyviauU, dont l'écusson est gravé à l'endroit où les deux 
qoillons se rencontrent ; la lame porte cette légende : La loi 
demande ruM^re! Plusieurs de ces armes ont été fabriquées à 
Valence, Vienne, Tortose et Tolède; elles portent la marque 
et le nom des armuriers les plus célèbres. 

On voit » en outre, plus de deux cents pièces variées: 
poignards, étriers, mors, lances, dagues, couteaux , cuil- 
lères , vases d*étain, etc. , etc. 

La porte d'entrée qui communique à l'atelier est ornée 
d'une serrure , en bronze doré , portant en grand-relief des 
Ggttrines du XVI* siècle d'un beau caractère. 

Sur cette même porte, de beaux panneaux en chêne sculpté 
avec la lettre F surmontée de la couronne royale et la sala* 
mandre de François T', attirent l'attention. 

Cette trobième pièce est ornée, dans le fond, d'une énorme 
et cnrieuse cheminée du XVI^ siècle (Henri III), qui provient 
de la maison du gouverneur de Fontenay. Le manteau et la 
frise, surchargés de caryatides, décaissons, de moulures 
variées, ainsi qtie les corniches, sont supportés par deux 
énormes griffons à dents acérées , assis sur un socle dé- 
coré de petits chiens, qui semblent se chauffer an feu in- 
tense que ses colossales dimensions peuvent permettre d'y 
faire. Dans le foyer sont des landiers curieux , sous forme 
de Sauvages velus, portant massue et l'écusson des Sur- 
gères. Hauteur, 1 mètre 2 centimètres. Au fond est une 
plaque en fonte, ornée de chiffres et de cartouches, qui pro- 
vient de Tabbaye de Maillezais. 



220 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Le (Plafond de ce grand apparteiuent provient en entier de 
Coulonges; il est composé de cent dix caissons variés, d*un 
travail remarquable. On y voit des têtes grimaçantes s'cnla- 
çant dans des cuirs coupés avec une grande Gnesse de ciseau. 

En face de la cheminée existe un entourage de porte avec 
colonnes doriques isolées ; architrave décorée de bucrânes ou 
têtes sèches d'un beau travail ; au sommet, un édicule cou- 
ronné d'un fronton portant les armoiries de Xouis d*Estissac 

L'archivolte de la porte est décorée de grecques et de can- 
nelures finement découpées : l'intrados orné décaissons variés, 
délicieux spécimen de Tart dn XVP siècle. Le plafond et la 
porte oOrent sur des cartouches les dates de 1550 et 1551. 
A droîte de cette porte est une grande armoire Louis Xfll , 
ornée des têtes de Jésus-Christ , de la Vierge et des Apôlres ; 
puis des rinceaux d'un bon travail, et une étagère emplie de 
faïences , porcelaines, émaux, cuivres , etc. , etc. ; enfin des 
tables , meirbles du XVP siècle , etc. y etc. 

La biblioth6((ue renferme quel(|ues bons livres du XVI* 
siècle : Ducerceau; Les plus excellents bâtiments de France; 
le Songe de Polyphile ; Mauclerc ; Scriio, Vitruve, avec 
les dessins de Jean Goujon ; Philibert Delorme , Francine , 
Albert! , etc. 

Le Congrès a félicité M. de Rochebrune. 



2- SÉANCE DU 18 JUIN. 
Présidence de M. Valette, maire de Fonlenay. 

La séance est ouverte à nne heure et demie. 
Siègent au bureau: MM. de Coumont , l'abbé Le Petite 
secrétaire-général de la Société française d'aréhéologie ; 



XXXÎ* SESSION, A ^ONTENAY. 224 

FiUon, secrétaire-général du Congrès; Gaugain^ (réson^ 
du Congrès; l'abbé Lacurie^ le maire de Nieul-sur l'Âulise , 
de Longuemar, Segreuain , Martineau, flauet ^ de Ao- 
chebrune, de Fontaine, 

M. Tabbé Mongis remplit les foactiens de seci^étwe. 
Beaucoup de dames de la \illie de FoQtenay-lu-CoiBte ho- 
norent le Congrès de leur présence. 

Après lecture et approbation jde deux procès-verbaux et 
sur rinvitation de M. de Caumoni , M. le $ecréuine^générj|l 
de la Société française d'archéologie ( M. Tabbé lie Petit ) 
proclame spleunellcment les noms des anteui*s dont la Société 
française a récompensé les travaux. 
\oici les noms des lauréats : 

M. Clialle, d'Auxerre, une médaille de vermeil pour son 
Histoire des guerres de religion dans C /litzerrois ^ 1 vol. 
in- 8°. 

M. Cherest, avocat, membre de l'Institut des provinces 
àAuxerre, une médaille de vermeil pour son volume inti- 
tulé: Vézelay, élude historique , publié à Auxcrre en 1863. 
M. de Longuemar, de Poitiers , une médiiiile d'argept de 
i^ classé pour son ouvrage intitulé: Recherches arché^ 
logiques sur une partie de l'ancien pays des Piaatu^ publié 
à Poitiers en 1863. 

M. l'abbé Auguste AiHery , une médaille de l*^*" classe 
(argent) pour son Pouillé du diocèse de Luçon. 

M. Poey-d'Avanl , une médaille de 1^* classe pour son 
grand ouvrage sur la Numismatique féodale. 

M. Rossignol, de Gaillac, une médaille pour le I*' vol. 
de son ouvrage sur la statistique monumentale du départe- 
ment du Tarn. 

MM. Fillon et de Rochebrune , à chacun une médaille de 

1'* classe poiir leurs travaux sur les monuments de la Vendée. 

M. Doré, médaille de i'* classe pour son volume sur 



222 CONGRÈS ikRCHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

rnatolre de France , da Y* aa IX* siècle, publié à Paris à h 
fin de 1862. 

M. l'abbé Arbellot , curé-archidiacre de Rochechoaart , 
membre de Tlnstitut des proYiocea, une médaille de i'". claaae 
pour 9on Histoire de saint Léonard^ publiée en i863. 

M. l'abbé Lacurie , de Saintes , une médaille de l** dasse 
pour services rendus à l'archéologie. 

H. Segrestain , de Niort, une médaille de f* classe ponr 
ses restaurations des monuments du Poitou. 

M. l'abbé Baudry , curé du Bernard , une médaille de 
bronze pour ses recherches archéologiques et historiques. 

M. Piet , de Noirmoutier , une médaille de bronze pour 
ses recherches sur l'histoire de Noirmoutier. 

M. Robuchon , photographe, une médaille de bronze poor 
la bonne exécution de ses photographies des monuments 
historiques du pays. 

ALLOCATIONS VOTÉES A FONTENAY. 

Moulages pour le musée de Vire. 50 

Fouilles à Noirmoutier et Gucraude 100 

Fouilles à Sermerieu 100 

Moulages à Fontenay 200 

Réparations à l'église de Maillezais. .200 

Id. id. de Vouvent 300 

Id. id. de St-Julien-sur-Galonne. . . 100 

Fouilles d'un chîron 100 

Réparations à la crypte de Fontenay 100 

Fouilles dans le cimetière de Neuvy 100 

Somme à la disposition de M. l'abbé Pottier^ de Mon- 

tauban 200 

Id. id. M. de VernciJh. ... 200 

Plaque commémoraiive de Jean Pellerin 60 



XXXl* SESSION , A FONTENAT. 22S 

Somme à la dispoûtioo de M. FilloD 200 

Id. id. de MAL Naa et de La Nicolière, 

de Nantes. 100 

Souscription pour l'érection d'une statue à Bernard 

PaBssy 100 

Monument commémoratif de la bataille de CasseL . 100 

M. de Gaumont attire l'attention des membres du Congrès 
sur le crucifix de la catliédrale de Perpignan, dont un savant 
archéologue de celte ville, M. de Bonnefoy, inspecteur de la 
Société française d'archéologie » envoie la description et la 
photographie. Des reniercfments sont votés à M. de Bonnefoy, 
pour cette communication et pour les services nombreux 
qu'il rend chaque jour à l'archéologie. 

M. de Gaumont proclame ensuite de nouveaux membres 
de la Société française d'archéologie, puis on reprend la 
série des questions du programme. 

Il est donné lecture de la question suivante : 

Indiquer Us meubles, objets d'art ^ tableaux^ statues ^ 
éniaux de la Renaissance conservés dans ta contrée. 

H. l'abbé David, curé d'Angles, dit qu'il a trouvé dans 
l'église de Mouzenil un tableau qui lui parait appartenir à 
l'École de Lebrun : c'est une Descente de Croix signée d'un 
peintre inconnu , sur lequel on n'a pu se procurer encore 
aucan document. Consulté sur la valeur artistique de cette 
œuvre , M. le curé d'Angles décline toute compétence. 

M. Fillon rappelle à ce propos qu'un tableau , qu'on 
peut considérer comme une répétition, se trouve aujourd'hui 
encore à la chapelle de l'évêcbé de Luçon. Ce tableau , 
qui fut autrefois en la possession de Pierre de Nivelle, 
évêque de Luçon et artiste lui-même , fut estimé alors 
3,000 livres, somme exorbitante pour cette é})oque. Pierre 



ëe Nivelie peignit dç sai pro|ire main, entre antfês 9i40ls. 
deux petio enfants d*UD nalnral ^xqois; probablement Nocre- 
Selgneur et saiul Jean. 

Une statue bien conservée e^ celle en marbra l^aoc da 
Snafonne Gobin, une de? riçhe$ses archéologique du diAtaatt 
dç Terre-Neuve. Il en a été fait me»Uop page 216. 

Toujours pour répondre à la même question , IL FiUoo 
monjU^ au Congrès un verre excessivemej^t cifrÂeox » a^Mr- 
tenant k M. G. de Foutaîne ; au bas d'orneun^niis éoiaittéfi 
dans le genre de ceux des vieux nunc^M^rits françtt$, 
on lit c^tte inscription : Eh la sueur de um nsage tu 
mangeras le pain. Ce travail très^remarquabie est de 
provenance française et de la contrée ouest de la France, 
d'après l'avis de M. Fillon ; seulement il n'ose se décider 
pour le Limousin ou pour le Poitou. M. Piot , dit encore 
M. Fillon* a signalé dans sa Revue un autre verre qiie 
l'on doit faire remonter à la 6n du XVP siècle ou ^u 
commencement du XViP : il a beaucoup de similitude avec 
le vase apporté par M. Fillon. C'est une qnesliou d'industrie 
nationale sur laquelle il est bon de s'appesaiiiiir. 

M. de Campagoolles depiaod^ la parole et établit que^dani 
la céramique aussi bieA que dans l'arcbiteclmie et k scolptiire 
Recette époque, bien que l'influence du génie italien o'aît 
pu s'imposer au gépie français, il y a dû avoir mélange à 
peu près égal de ces depx génies différefits , et qu'il n'y a 
pas de poteries entièrement italiennes ni entièrement fran- 
çaises. 

M. Fillon répond en citant et décrivant plusieurs verres de 
l'époque entièrement dans le génie français, et l'un d'eux 
avec cette devise : A bon pin ne fouit point enseigne. 

M. de Rochebrune fait remarquer que i^ verre appar- 
tenant à iU. de Fontaine n'offre précisémient aucune trace 
du génie italien. 



XXXV SESSION, A rONTEîfAY. 225 

L'ordi^ do jour amèoe celte question du programme : 

Céramique. Faïences tCOiron, improprement dites de 
Henri IL Des imitateurs et continuateurs de Palissy. Si^ 
gnater les poteries de ce genre qui existent encore dans le 
pays, Possède-t'On , dans les autres départements, des mo^ 
numents analogues à la fontaine et à la grotte rustique du 
YeiUonr 

M. Filloo demande de nouveau la parole pour répondre à 
cette question. Il raconte que » dans un de ses voyages à Paris, 
il eut l'occasion d'examiner deux miniatures tirées d'un 
manuscrit de la Renaissance. C'était une femme , tenant un 
Ycrre à la main et emp^hant un homme placé devant elle 
de vider une bouteille. Les vases représentés dans cette mi- 
niature sont en tous points semblables aux faïences d'Oiron. 
M. Fiilon était sur une voie de précieuses découvertes. Ces 
poteries à provenance inconnue et que plusieurs croyaient 
d'origine italienne , ce mystère de céramique dont le monde 
savant avait fait le sphinx de la curiosité « allait trouver son 
explication. M. Fiilon compare des fragments de carreaux 
venus de la chapelle d'Oiron et retrouvés à Poitiers , et en 
même temps trois salières qu'il avait rencontrées chez 
M. de Tasseau. 

Cette étude comparative, faite à Oironmême, amène ce ré- 
sultat précieux pour la céramique , savoir : qu'il y avait entre 
les divers objets de faïence parfaite identité. Une analyse 
laite par HL Salvetat vint ajouter une conGrmation à cette 
première découverte : les carreaux et les poteries de faïence 
étaient de même composition , sans différence aucune. Ces 
poteries , très-improprement dites de Henri II , prove- 
naient d'une ofiBcine seigneuriale établie, sous le règne de ce 
prince , à Oiron , par Hélène de Hangest. 

On a imité ou cherché à imiter en Saintonge et en Poitou 
les faïences de Paltssy ; mais , chaque région conservant 

15 



226 CONGRÈS ARCBÊOLOGIQUB DE PRitKICE. 

son t)pe à part, It disiinclioD ne présente aocuae difikiiliê. 
Quant à la fonuioe au Yeiiloo , c*est ce qu'on appdait au- 
tcefoia un ouvrage rustique. U y a aussi une gcotle emce de 
coquilles naturelles et de figures eu relief. Cette fontaine do 
YeiUonne devait pas être la seule du même geiu*e, car il reste 
des dessins du temps faits évidemment pour ces fontaines 
rustiques. 

On passe à cette autre question du programme : 

A quelle époque a-t-on commencé, en Poitou, à faire usage 
du kaolin dans la fabrication des poteries? 

M, Fillon répond que le kaolin a été employé à Oiron ao 
XVI* siècle , mais mélangé avec d'autres terres. Quant à la 
porcelaine véritable , on n*ea a fait en Poitou qu*au XVIIP 
siècle. 

Mais, demande M. de Caumont , trouve-t-on beaucoup de 
gisements de kaolin dans le pays , et ces gisements sont-ils 
bien connus? C'est là une question capitale pour l'histoire de 
la céramique. 

M. Fillon répond : On en connaît beaucoup. Un membre 
de la famille Colberl tenta quelques essais , qui ne furent pas 
infructueux. La famille de Sarrode créa une fabrique à Veo- 
drenne. £t, pour répondre catégoriquement à rinterrogatioo 
de M. de Caumont , on rencontre au Fenouiller des gise- 
ments qui sont superbes. 

Il est donné lecture de la question suivante : 
Artistes ambulants qui ont séjourne en Poitou pendant 
Us XV t et XV W siècles. 

ix Quant aux sculpteurs, dit M. Fillon, je n'en ai encore 
trouvé aucun , mais un certain Foulon , qui était peinu% i 
Oiron en 1530 , avait un talent réel; et Le Blond , de Blois, 
qui s'intitulait peintre de la Reine , alors la reine Éléonore , 



XXXI* SESSION , A P0NT6NAT. 227 

fit QO taUeaa pour ie maUre-amd de Noire-DMie de Fod- 
miay, qu'il fit payer fort cher. J*aî trosvé h quHcaoce de 
celle tranttclioB coDimerciale. Des peintres rtnus des boitb 
du Rhin s'établirent chez nons et y demevrèvent longtemps. 
L'on d'eux y fit des élèves qui, selon l'usage do pays, 
balayaient l'atelier , iaisaîent la ehaoïbre du maître, le 
servaient ï table ; si bien que le père d'nn jeone Maraiehin 
crol devoir stipnler qoe son fils ne laverait pas la vaisselle. » 

Cette question épuisée, on arrive à la suivante : 
Signaler les documents relatifs aux arts et aux artistes 
qui peuvent exister dans la province, 

N Les documents que j'ai trouvés , répond M. Fillon , 
sont étrangers , il est vrai , au pays , mais d'une portée 
sérieuse. Le premier est l'histoire complète du tombeau de 
François de Hretagne , décrit sous toutes ses faces dans une 
lettre de douze pages écrite par Jean Pcrreal, peintre des 
rois Louis XI, Charles VHI et Louis XIL Le second est 
uu devis de la chapelle et de la tombe de Diane de Poitiers , 
travail qui devait être fait par Jean Goujon ; mais il mourut 
avant d'avoir mis la main à l'œuvro. Le troisième et dernier 
document que je puis signaler à MM. les membres du 
Congrès, est le testament de Philibert de Lorme , rempli de 
détails intéressants, a 

On passe à cette autre question : 

Signaler les documents inédits concernant le grand ma^ 
tkématicien François Viète et sa famille^ 

M. Fillon apprend au Congrès que des lettres-patentes du 
roi Henri IV permirent de faire one édition française des 
œovres de Viète. Il ajoute que la femme de ce savant était 
fille d'un conseiller, au Parlement de Paris et se nommait 
Suzanne Leclerc et non Dubois , comme on l'a prétendu k 
tort Elle était, du reste , complètement étrangère au Poitou, 



228 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRAKCE. 

Le Secrétaire doonc lecture de la question aîosi conçue: 

Agrippa d'Aubigni at-U réellement eu une imprimerie 
au Donian , comme Duplessis-Mornay en a possédé une à 
la Forêl-sur-Sèvre f 

L'opinion de M. Robuchon , qui demande la parole, est 
négative; car, dit-il , les œuvres de d'Aubigni ont été impri- 
mées avec les caractères d'un Jean Moussa , si Ton en croit 
au moins les apparences lithc^raphiques , et nul doute que 
d'Aubigni n*eût pas eu recours à un imprimeur étranger s'il 
eût eu son imprimerie au Donion. Â ce sujet et sur les 
emblèmes d'imprimeur et d'auteur , une discussion s'engage 
à laquelle prennent part MM. Fillon, de Campagnolies, 
Kobucbon et un autre membre du Congrès. 

II ressort toujours, de cette discussion, que l'imprimerie à 
la Forêt-sur-Sèvre a bien et réellement existé. 

La première imprimerie du Poitou, dit M. Fillon, est celle 
de .lemanceau , établie à Moutiers en 1512. La famille d'Ào- 
gicourt essaya d'en établir une autre vers cette même époque 
et aiïerma une maison pour ce faire, comme en font foi 
les titres de l'époque; mais les guerres de religion arrivèrent 
et mirent obstacle à ce dessein. Un petit-Gls de d'Âugicourt 
réussit toutefois, en 1596 , à en établir une à Fontenay, et, 
depuis ce temps , la ville n'en a jamais manqué. 

On passe à la question suivante : 

Dans quel château du Poitou Nicolas Poussin a-t-il sé- 
journé quelque temps, au commencement du règne de Louis 

xiin 

c'est encore M. Fillon qui va ré|)ondre. Il est difficile 
de savoir quel est le château poitevin où Poussin fut traité 
en domestique , et d'où il se sauva pour retourner à Paris ^ 
gagnant sa vie en faisant des tableaux. Dans une toile de 
Poussin , quelques-uns ont cru trouver le site du château 



XXXI* SESSION, Â FONTENAY. 229 

de Glisson. Mais qu'ils ne s'y trompent pas : le Clisson d'au- 
jonrd'hui n'est pas le moins du monde semblable au Clisson 
d'autrefois , et l'identité , si m^^me elle existe , disparaît à 
cause de la différence de temps. Eft fouillant les états de la 
maison du roi , on n'a pu trouver aucun nom de famille 
poitevine concordant avec l'histoire de Poussin. Ce point-là 
reste donc encore entouré de mystère. 

Nantes seulement , prétend M. Fillon , a eu des relations 
bien directes avec l'Orient. La Rochelle pouvait, grâce à 
SCS navires, s'enrichir des trésors de tous les pays ; mais ses 
navires venaient d'Espagne et non directement de l'Asie. A 
ce sujet, dans les fouilles du pays nantais, on trouve des 
porcelaines chinoises ou japonaises de l'an 1398. La famille 
Bouyer et la famille de La Trémouille avaient des pièces du 
même genre extrêmement curieuses. 

En réponse à la question concernant les inventaires , 
M. Imbert, de Thouars , donne la date de ceux qu'il apporte 
au Congrès : celui de M"** de Montespan ^ en 1707 , et celui 
du château de Thouars, en 1790. 

M. le Président énonce la question suivante : 

Par quels moyens pourrait-on arriver à développer le 

goût artistique en Vendée , et porter tes architectes vers 

l'étude des bons modèles ? 

M. de Saint-Laurent lit, à ce sujet, le mémoire suivant : 

mémoire de m. de saint-laurent. 

Messieubs , 

En lisant tant de savantes questions posées dans votre pro- 
gramme, sur toutes les parties de notre histoire locale, je 
m'étais réjoui à la pensée que les hommes éminents qui 



SSê CONGRÈS ABCRÊOLOGIQUE DE FBÂfICE. 

noos boaorent de lear visite trouveraient , dans notre pays , 
le terrain si habilement préparé qu'il ne leur serait pis dtf^ 
fictle , sinon de toutes les résoudre , du moins de les éclairer 
pour la plupart d'un jour salistaisant. 

Pour moi, <|uc ce genre d'études intéresse, disposé aB- 
tant que personne à recueillir les fruits de vos laborieuses 
investigations, je sentais trop que sur tous les sujets que 
vous vous proposez de traiter j'avais tout à apprendre et noUe 
lumière à vous apporter. Cependant , m'étant mêlé d'écrire 
quelques articles de Revue, sur des matières d'art et d'ar- 
chéologie , il me semblait que je n'aurais pas fait suffisamment 
preuve de sympathie et de bonne volonté à l'égard du Gon* 
grès de Fontenay si , après en avoir reçu l'inviutioo , je 
n'avais pas essayé de lui offrir un modeste tribut 

Gomme dans ces dispositions je relisais votre programise, 
je me suis dit , en arrivant au dernier article , qu'il ne me 
serait peut-être pas impossible , sur le sujet un peu élastique 
qui en fait l'objet^ non pas de rien vous apprendre, mais^ 
d'exprimer quelques pensées » pensées que je croirai d'au* 
tant meilleures que vous les reconnaîtrez davantage comme 
ayant été d'avance les vôtres. 

Vous demandez par quels moyens on pourrait arriver à 
développer le goût artistique dans la Vendée et porter les 
architectes vers l'étude des bons modèles. 

Je répondrai d'abord , Messieurs , par les moyens mêaies 
que vous prenez : c'est par l'observation des monuments 
que se développe le désir de les imiter , c'est par leur étude 
comparative que se dégage le sentiment du beau. C'est en 
apprenant à connaître les vigoureux élans donnés par nos 
pères à toutes les branches de l'activité humaine , qu'afin de 
ne pas rester au-dessous d'eux on s'élance résolument sur 
leurs traces, et qu'on les dépasse si Ton peut Vous portez 
dans chaque province quelques étincelles du feu sacré : en 



XXXr SfSStON , A PORTENàT. ' 231 

tenr apprenant â chacune tout ce qoî Thonore, toat ce qui 
la faK participer à la grandeur commone de la France , tous 
y développez le sentiment paiiotîque , vous y exdCez one 
salotaire émulation, et chacun s'attache d'autant plus à 
donner du relief à la terre qui Ta vu naître qu'il sait mieux 
le rôle que ses pères y ont joué. Dans les luttes , les efforts 
de ces temps qui fuient si vite derrière nous, le seul but légi- 
time et hautement avoué était toujours la bonne admi- 
nistration de la cité et la consiruction de ces nobles monu- 
ments que notre postérité admirera encore longtemps ^rès 
nous. Or , nous voyons que les enfants de ceux qui alors 
surent le mîeut s*entr*aider ou rivaliser heureusement ^ sont 
encore aujourd'hui des voisins et des amis ; et Ton s'en- 
courage réciproquement à celte action commune en dehors 
de laquelle l'homme isolé est toujours impuissant. 

Je viens de parler de ces rapprochements séculaires dont 
l'histoire de nos cités, de nos provinces, nous donne de 
consolants exemples. Hélas I trop souvent aussi c'est un 
spectacle de division et de mutuels déchirements que dé- 
couvre en se levant le voile du passé. Mais de quelle douce 
galté ne s'anime pas notre joie s'il se trouve que les fils de 
ces ennemis d'un jour , lors de ces orages depuis longtemps 
apaisés, sont ceux-là même qui pour l'heure se serrent le 
plus cordialement la main ? N'en ai -je pas vu qui , depuis 
plusieurs générations, se comptaient déjh comme des amis de 
famille? 

Ne croyez pas , Messieurs, que je m'éloigne de mon sujet : 
la joie et la concorde sont elles-mêmes les» amies et les soutiens 
des arts et de tous les genres de culture intellectuelle ; je dois 
en parler comme de l'un des plus puissants moyens d'at- 
teindre le but proposé : il faut que tous ceux qui , dans cet 
ordre d'idées et d'impressions, sont sincèrement animés par 
l'amour du vrai et du beau puissent journellement se ren- 



232 CONGRÈS ÂKCUÊOLOOJQUE DE FRÀKGE. 

contrer , se concerter et s'entendre sur un terrain à Tenlrée 
duqael ils laisseront, d'ailleurs, tout ce qui pourrait être 
entre eux un motif de division. 

Il est bien loin de ma pensée, cependant, d'exiger de 
pei*8onne qu'il fasse par des considérations de cette nature 
le sacrifice d'aucune de ces grandes choses dont dépendent, à 
ses yeux, le présent et l'avenir de l'homme et de la sociélé , 
et pendant et après cette vie. La facilité des transactions snr 
les principes doit toujours être en raison inverse de leur im- 
portance , et autant on doit désirer alors un accord qui réu- 
nisse tous les esprits et tous les cœurs par l'amour du bien 
et Féclaircissemcnt du vrai et du juste, autant il faut craindre 
cet effacement de doctrines, cet affaissement des consciences» 
cet amoindrissement des âmes, qui n'amènent de rapproche- 
ments entre les hommes qu'à la condition d'une commune 
indifférence sur tout ce qui doit leur tenir le plus fortement 
au cœur. 

La culture des arts elle-même ne maintient et n'élève son 
niveau que là où elle vit, en compagnie des mâles vertus da 
grand citoyen et des aspirations élevées de l'homme reUgieox. 
Les arts , je le sais , ont des charmes et des douceurs qui 
leur sont propres : si vous ne leur demandez qu'une harmonie 
vague et indéfinie , ils pourront encore vous satisfaire et vous 
endormir au son de leurs moelleux accords ; ils pourraient 
également vous donner la mesquine satisfaction que réclame 
votre vanité, et revêtir d'une certaine élégance les com- 
modités vulgaires de votre demeure ; mais, en servant à vous 
énerver, on les verrait bientôt , à votre exemple, perdre 
tout nerf et toute vigueur. 

A l'art il faut un but digne, noble, déterminé surtout: 
vous le réduisez à n'être qu'une futile parade si l'idée pour 
laquelle vous lui commandez des habits de reine n'est qu'une 
figurante de théâtre. Vous vous trompez» au contraire, sur 



XXXI* SESSION, A FONTENAT. 2S3 

la solution des problèmes qu*il importe le plus à rhumanité 
de résoudre selou la vérité et la justice : je le déplore ; mais 
vos aspirations sont Yraiment hautes. Dans la direction à 
donner au mouvement social , vous vous proposez le bien de 
tons, et votre Dieu est -au moins un reflet du vrai Dieu! 
Enfin , en quelque manière vous avez foi ! £h bien ! entre 
vos mains ^ du moins, Tart pourra ne pas tomber, vous lui 
donnez du souffle ; et quand il plaira à Dieu de nous éclairer 
tous, il sera utile peut-être de redresser quelques-uns des 
écarts de Tart tel que nous Taurons conçu ; mais , sans 
changer de région, il pourra hardiment reprendre sa course. 

ll*est donc un antre grand moyen ; et pourquoi ne le dirais- 
je pas? le plus grand des moyens^ sinon de développer im- 
médiatement le goût artistique , au moins de le mettre en 
voie de se maintenir et de se développer , que de l'appeler en 
haut. Demandez à l'architecture des églises et des sanctuaires 
où s'imprègne le sentiment de la majesté de Dieu, où se déploie 
la pompe des cérémonies, où Fâine trouve une invitation à la 
prière ; que ces vestibules du ciel soient aussi l'honneur des 
cités de la terre , et que sans étroite partialité on puisse tenir 
à son clocher comme étant un vrai litre de gloire et comme 
nn lien qui , par un coin de terre, vous rattache à votre pays 
et à l'humanité entière. 

Avez-vous à construire de^ hôtels-de-ville , ou seulement 
de modestes maisons communes , des écoles , des hôpitaux 
ou d'autres genres de monuments publics 7 faites en sorte 
qu'ils soient mis en rapport de convenance avec leur des- 
tination ; mais apportez-y également un certain respect pour 
ce qu'ils signifient , et que ce respect se traduise par la di- 
gnité des formes , par le choix des proportions , alors même 
que vous êtes obligés à plus de simplicité. 

Il n'est certes pas indifférent au développement du goût 
artistique que, d^ins tontes les branches de l'art , je ne dirai 



23& CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRâNCE. 

pas seufemeat Tidée, mais une idée morale^ une idée sociale 
aient toujours la préemlDence par quelque o5té. Et qoaDt à 
Tessorqae Tari parait vouloir prendre dans nosoootréei, 
félicitons-nous qu'un talent en voie de tenir le presier nag 
dans Tordre qui loi appantest, »'; étant produit avec une 
rare spontanéité, ce talent se soit tout d*abord exercé ée 
manière à faire aimer les sites, à faire apprécier les monu- 
menis, à illustrer FJiistoire d'une terre dont les luttes gigM- 
tesques ont cessé , en s*éloignant, d'être une des douleurs de 
la France pour en demeurer toujours l'une des gloires les 
mieux reconnues 

Quand l'art a reçu ces ailes que les sentiments patriotiques 
sont seuls capables de lui donner , alors il peut descendre et 
80 prêter aux besoins et aux goûts des existences privées, 
sans avoir à craindre de s'y laisser retenir ou abaisser. Alors 
seulement, il résistera aux capricieux entraînements de la 
mode qui ne le favoriserait un jour que pour l'étonfer 
bientôt dans l'abus des fioritures et le clinquant des imitations 
ambitieuses. 

La mode est un levier qui , par aventure , soulève qtiel- 
quefois heureusement : il faut savoir en profiter , mais bien 
se garder de lui livrer la direction du vol : il serait rapide, 
mais prompte aussi serait la chute. Si vous avez bien compris 
qu'il n'appartient qu'au beau solide de prendre racine et 
par conséquent de pousser et de produire avec oonsUnce, 
et que le beau ne doit être qu'un revêtement du bien, on 
s'en apercevra à tous les objets réunis en vos demeures avec 
l'intention de plaire; et de cette manière vous contriboerex , 
autant qu'il sera en votre pouvoir , à former le bon goût et à 
l'entretenir et par conséquent à développer l'amour de 
l'art. 

Voulcx-vons que vos constructions privées prennent ua 
caractère sérieusement artistique ? faites qu'elles soient do- 



titr SESSION, A FO»tEKAT. .Î55 

minées elles-mêmes, dans la conception de toutes leurs parties, 
par une idée qui en deviendra TSme ; que l'idée de la famille, 
le coke des bons souvenirs , les traditions hospitalières , Fin- 
fiaence prolectrice de la grande propriété , l'assiette soutenue 
d'une médiocrité bonoraUe, les conditions fermes et fécondes 
d'one vie de labeur viennent en déterminer l'importance et 
es régler les proportions. 

Mais, Messieurs, en admettant qne j'aie été assez heureux 
pour vous fah*e goûter quelques-unes de mes réflexions et 
nieox encore , comme je le disais en commençant , pour ex-* 
primer vos propres pensées, aurais-je fait quelque chose pouf 
le bot proposé? Aies paroles ne vont-elles pas d'autant 
moios laisser de traces qu'elles ne sont point sorties des 
généralités fondamentales , si je ne leur donne on peu dé 
corps en concluant à des résolutions pratiques? Je me 
rassurerais en pensant que c'est la parole qui gouverne lé 
inonde, en me disant que ces seuls mots appliqués au flam- 
beau des arts : poser haut afin de porter large, écoutés 
et compris dans un auditoire d'élite , peuvent pénétrer 
dans les esprits bien au-delà de l'étendue naturelle de ma 
voix. Pois , surtout , est»ce qu'entre nous les tâches ne sont 
pas divisées, et n'ai-Je pas rempli la mienne en discourant 
sur le oAté de la question auquel seulement j'étais un |)eu 
préparé ? Je n'ai fait qu'apporter ma pierre et je sais qu'elle 
demeurerait inutile si , pour la mettre en œuvre , j'étais le 
seul ouvrier. 

(M, il est entendu qu'ici nous comptons les uns sur les 
autres; nous comptons sur cette force d'association qui a été 
assez puissante , maniée par un seul homme , pour faire de 
notre archéologie nationale ce que nous la voyons aujour* 
d'hui , lorsqu'elle commençait tout au pins à se laisser 
pressentir , après avoir été à longtemps ignorée et mé- 
connue. 



236. CONGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Eh bien ! voulons-nous que l'éclat jeté par elle dans notre 
Vendée produise tous ses fruits; voulons-nous, en particulier, 
que rioapulsion inévitablement donnée par le Congrès an 
développement du goût artistique réponde dans la suite à 
nos désirs : continuons de nous voir et de nous concerter, 
autant qu*il nous sera possible. 

Je ne puis le dire sans jeter un œil de regret sur les 
différents essais qui, dans un but analogue, ont été faits 
chez nous. Ils Tétaient dans des conditions qui pouvaient 
parfaitement leur permettre de marcher de front, la Société 
d*archéologie religieuse étant par sa spécialité même des- 
tinée à moins d'extension ; la Société d'Émulation devant 
s'ouvrir à tous les hommes disposés à s'encourager, à 
s'éclairer , à s'entr'aider dans tons les genres d'études. Or , 
si la première n'a vécu que trop peu de jours, la seconde ne 
serait-elle pas bientôt réduite à une existence éphémère s'il 
est vrai qu'elle doive voir cesser le cours de ses publications? 
Car, comment concevoir autrement que ses membres dispersés 
puissent suffisamment communiquer ensemble? 

Si ces craintes ne sont pas fondées, je regarderais comme 
un précieux avantage de pouvoir nous appuyer sur cette 
société, dans l'intérêt du développement artistique que nous 
nous proposons. Pourquoi, même alors, ne formerait-on 
pas dans son sein un^section ou une sous- section spéciale 
pour les arts ? Je ne souhaite point de voir se constituer une 
sorte de tribunal , destiné à distribuer quasi-officiellement 
quelque chose de plus que l'éloge et le blâme: non ; tout en 
appelant de mes vœux une institution où les arts puissent 
trouver un stimulant et un guide, je redouterai toujours 
pour eux ce qui pourrait devenir une entrave. Les arts ont 
besoin de spontanéité : il faut donc, dans une large mesure , 
leur laisser la franche liberté de leurs allures. Le goût n'en 
doit être que plus sévère pour réprimer leurs écarts; mais je 



XXXI* SESSION, L FONTENAY. 237 

ne demande, en faveur du bon goût et pour l'exécution de 
ses arrêts^ que Tappui qu'il lui appartient à lui-même de con^ 
quérir dans l'opinion : s'il n'y réussit pas, tous les autres 
efforts seraient superflus. 

D'ailleurs, il s'agit encore principalement de la première 
partie de la question de votre programme , c'est-à-dire de 
l'impulsion à donner au goût artistique. Dans un instant, 
vous me permettrez d'ajouter quelques mots plus particu- 
lièrement sur la seconde , c'est-à-dire sur la direction qu'il 
importe à ce goût de prendre. Je dois cependant faire ob- 
server, dès à présent, que l'esprit d'association doit servir 
également à l'un et à l'autre ; mais il ne faut pas qu'abusaut 
de sa force IL exerce jamais un empire tyrannique, qui 
pourrait tourner au profit d'aucune école trop élroitemeut 
exclusive. 

Ce qu'il nous importerait surtout d'obtenir par des réu- 
nions qui seraient comme le prolongement de ce congrès, 
c'est une galerie d'hommes éclairés, attentifs, bienveillants, 
en présence desquels on ne fasse rien en fait d'art qui ne soit 
assuré d'être bientôt connu, apprécié , applaudi comme il le 
mérite ; c'est une tribune où l'on puisse dire sa pensée et où 
l'on sache la dire a\ec les égards qu'on se doit entre hommes 
bien élevés, avec les ménagements que réclament toutes 
choses qui , à certains titres, ont droit d'être respectées ; où , 
tout en exprimant hautement son approbation pour les 
œuvres vraiment dignes d'être proposées pour modèle , on 
sache désigner plus doucement celles qui ne doivent pas être 
imitées , et cela sans décourager les efforts et les généreux 
sacrifices qu'elles ont coûtés ; où l'on sache non-seulement 
faire comprendre la signification du silence, mais encore 
adoucir au besoin ce que le silence peut avoir de trop sé- 
vère; c'est un bureau dlnformation au moyen duquel, au 
moius une fois chaque année » tous ceux qui commencent i| 



238 CONGRÈS ABCHÊOLOGIQLE DE FRANCE. 

prendre de rintérêt ^ux ceuvres d'art » voieot accroître cet 
intérêt , en apprenant quelle a été autour d'eux , soos ce 
rapport, la fécondité du sol. 

£n vous parlant, Messieurs, des moyens de développer 
chez nous le goût artistique , j'ai exprimé des pensées égale- 
ment applicables , pour la plupart , à la direction que dûos 
devons nous efforcer de lui donner ; j'ajouterai , cependant, 
quelques mots en réponse plus spécialement à la seconde 
partie de la question de votre programme. Vous restreignez 
celte partie de la question à l'architecture et aux moyens de 
porter les architectes à l'étude des bons modèles; mais vous 
avez bien compris que les moyens proposés , ou des moyens 
analogues, pourraient aussi plus ou moins profiter aux autres 
arts, dont l'architecture est comme la base et la mère. 

Quel que soit celui d'entre ces arts auquel on se consacre, 
on peut lui appliquer jusqu'à un certain point, relativement au 
choix des bons modèles , ce que l'on dit des devoirs dans les 
temps de trouble : ceux-ci sont alors plus difficiles encore à 
connaître qu'ils ne le sont à remplir ; de même , quant aux 
bons modèles dans les arts, le plus difficile et le plus délicat 
est quelquefois d'en déterminer le choix : cela a lieu tout 
particulièrement pour l'architecture , dans un temps comme 
le nôtre, où il ne faut pas seulement choisir entre les nK)nu- 
ments qui remplissent le mieux les conditions d'un genre 
universellement adopté, mais où il faut d'abord décider 
quelle sera , de plusieurs écoles en concurrence , celle dont 
on suivra les prescriptions. 

Quant aux monuments religieux , je crois cependant , 
Messieurs , que s'il est autre part des divisions , il n'y en 
aurait désormais, au moins, entre aucun de ceux que réunit 
ici l'amour de l'archéologie nationale. Nous nous accorde- 
rions tous pour donner la préférence à l'architecture qui , 
formée sur notre sol même, la mieux appropriée à nos ma- 



XaV SESSION , A FONTENAt. 239 

térianx et à notre climat, demeore toojoars merveiltouse- 
meni eo rapport avec les impérissables graudears de la 
pensée chrétienue , comiBe avec le déploiement des céré* 
oaooies cattioliqae& Mais qu'il s'agisse, an contraire, des 
constructions civiles , il sera permis d'hésiter davantage, car 
DOS mœurs, nos hahîtodes, nos besoins ont bien changé. 
Évidemment on ne pourrait, sans bizarrerie , song«r à bâtir 
aujoord'huî une ville ou nn château , absolument comme on 
l'eât fait au XIII* siècle; on le ferait encore monis en 
prenant entièremeoi pour type une cité de l'antiquité grecque 
on romaine. Je suis convaincu que, graduellement modifiés, 
tons les systèmes de construction en usage chez nous an- 
térieurement aux engouements trop exclusifs de la Renais- 
sance, se seraient parfaitement adaptés à toutes les conditions 
de la civilisation moderne : nous aurions pu , sans daîre 
autant d'emprunts à d'autres passés que le nôtre , donner 
satisCaciioa à toutes les exigences de la commodité et du bon 
goût ; mais aujourd'hui il faut tenir compte de ce pèle-méie 
de tous les styles et de toutes les écoles qui , successivement, 
s'imposent aux architectes , suivant les intentions des con- 
structeurs. On sent que cet état est anormal : une grande 
nation, une grande époque doivent avoir dans leurs mo- 
numents une physionomie plus individuelle. Alors , il en est 
qoi prétendent l'inventer en voulant faire du nouveau ; ils 
prennent de tous les moyens le plus sûr pour augmenter 
la confusion et créer un chef-d'œuvre de mauvais goût. Ce 
n'est pas de cette manière que le génie lui-même s'y prend 
pour inventer et se rendre original : il observe, il saisît 
l'importance de certaines combinaisons déjà mises à l'épreuve ; 
il les perfectionne , les grandit en les épurant , et les fait 
siennes par le cachet de supériorité d'harmonie, d'à-propos 
qu'elles prennent tout à coup anx yeux les moins clair- 
voyante 



2^0 CONGttkS' ARCHÉOLOGIQUE DE FBÀNGE. 

Si nous ne poQYons nous accorder sar la formation et la 
fiiation d*aa genre d'arcbitectare qai doive génêralemeal 
prévaloir , accordons- noas da moins pour déterminer è qn^ 
signes on reconnaîtra les bons modèles dans les différents 
genres^ en commençant par exclure da conconrs tous ks 
genres bâtards. La bonne arcbitectare , envisagée comme 
question de goût, doit, dans tontes ses parties , être motivée 
sur les lois d'une sage construction , qui vise à étendre son 
but et à durer longtemps par les voies les plus simples et les 
plus économiques. Elle ne comporte aucun membre inutile 
ajouté dans un but exclusif de décoration; mais, tous ses 
membres cadrant ensemble dans une mesure et un ordre 
rationnels, étant légers où la force serait désavantageuse ou 
inutile, forts où la résistance est nécessaire, ils deviendront 
Tornement essentiel de TédiGce qu'ils sont destinés à sou- 
tenir; et, si on les orne encore, ce sera de manière à faire 
mieux ressortir la physionomie qui résulte déjà , pour chacun 
d'eux , de leur disposition générale. Alors , toutes les lignes 
étant pures, suivies, soutenues, leur ensemble flattera sur- 
tout par son harmonie ; la majesté des masses solides , suffi- 
samment en rapport avec l'édifice qu'elles doivent supporter, 
pourra s'aHier à la hardiesse des grands effets comparés à la 
sobriété des moyens , avec le cachet d'élégance que donnent 
les allures à la fois nobles et dégagées. 

Dans le système ogival , fondé sur le besoin de reporter au 
dehors les principaux supports de l'édifice, pour ménager à 
l'intérieur une vaste enceinte sous l'abri de hautes et larges 
voûtes, ces règles sont applicables tout autant, an moins, 
que dans le système classique des ordres grecs , dont le 
point de départ est toujours la colonne et l'architrave, admises 
comme les uniques soutiens sur lesquels tout doit reposer. 
Dans l'un et l'autre système, tout s'enchatne et se tient , et 
il devrait en être ainsi dans tous les genres de construction , 



XXll*[|]SESSION , A FOMTENAY. 241 

queJJe que soit leur importance. Ce rapport de conveoance 
qu'elles doivent avoir dans toutes leurs parties avec elles- 
mêmes, il faut qu'elles l'aient aussi avec leur destination : 
j'en ai déjà parlé dans le sens de l'élévation à donner à la 
pensée de l'artiste, j'y reviens comme devant la régler. On 
devra toujours compter comme de très-mauvais modèles, 
quelque talent qu'ils supposi'ut d'ailleurs dans l'architecte , 
des monuments qui affecteraient des formes coquettes et 
sautillantes , quand ils doivent servir è l'accomplissement de 
devoirs graves et sérieux ; qui prendraient des formes solen- 
nelles, quand il ne s'agit que d'une simple école ou d'une 
salle d'asile. 

£n toutes choses , ni trop ni trop peu : c'est une des pre- 
mières conditions du goût; c'est aussi, de la part d'un artiste, 
la preuve d'une vraie puissance : alors seulement il se montre- 
assez fort pour créer avec vigueur et pour se contenir , se 
r/^gler et émouder ses produits ; sans cette double condition , 
jamais on ne lui devra de bons modèles , et s'il la remplit 
à un drgré suffisant, il ne saura même pas les choisir. 

Si nous avons réussi nous-mêmes , Messieurs, à déter- 
miner ensemble les bases d'un bon choix , nous aurons fait 
quelque chose pour le faire adopter. Si, par l'échange de 
DOS observations, nous sommes devenus plus fermes et plus 
chauds relativement aux lois du bon goût, nous influerons de 
proche en proche sur le goût public ; et c'est généralement 
le goût public, quand il est bon, qui fait les bons architectes. 
C'est aux administrateurs qui commandent les monuments 
(le l'État ou de la commune, aux administrés qui les jugent, 
aux simples particuliers qui les construisent, à ne se tenir 
jamais satisfaits si on ne leur offre des plans et des œuvres 
conformes à ce sentiment de l'harmonie, à ce désir du con- 
venable en toutes choses : discernement du beau et du bien, 
qui se répandent si généralement aux bonnes é|MK|ue8. Ces 

16 



242 CONÇUES AHCtiÈOLOGtQCE t>£ FllAKCÈ. 

impressions demeureraient dans un état ?ague et impérial- 
lement défini, de la part de ceux qui n*oni pas fait d'études 
spéciales, et qui ne se sont pas assujettis à la pratique de 
Tart ; mais l*artlste les précise et les perfectionne en les satis- 
faisant; {I Èe défendra, par Tétude des bons modèle^:, des fantai- 
sies de la nouveauté et desécueilsderinexpérience;et,quaDd 
il en viendra lui-même à Texécution , il se préservera aussi 
du danger de ne faire que des pasticlies, s*il sait se pénétrer 
de la valeur des circonstances particulières où il se trouve , 
de la modification des usages , et en appliquant avec une 
agréable variété des principes invariables , il imitera la nature 
qui à tant de corps formés des mêmes membres sait donner, 
en observant les mômes proportions fondamentales, nne si 
grande multitude d'aspects différents , susceptibles , cbacun , 
d'apparaître dans un caractère propre , avec une beauté de 
premier ordre, s'il a le bonheur un jour d'être glorifié. 

Au résumé , je dirai non-seulement aux architeciesy mais 
à tous ceux qui veulent cultiver avec honneur un art quel- 
conque : Étudiez les bons modèles, et si vous les compronei, 
ils vous inspireront, et l'on verra que vous les avez compris 
et qu'ils vous ont inspiré, si ayant pris à tâche de les imiter 
de près, vos œuvres leur ressemblent sans se confondre avec 
eu)[, comme un fils qui, même en devenant plus grand que 
sou père, s*honore toujours de lui ressembler. 

La session va se terminer. M. de Caumont se lève; il re- 
mercie M. le Maire et les habitants de Fontenay de leur 
courtoise hospitalité, et en particulier lUM. Fillon et de Aocbe- 
brune, secrétaires-généraux du» Congrès. La fin de son allo- 
cution se perd dans les applaudissements. 

Mais si douces que soient ces émotions, ou plutôt d*ao- 
tant mieux qu'elles sont douces , les regrets de la sépa- 
ration seront plus amers. M. le maire de Fontenay Ta 



XXXI* SESSION 4 A POMTENAY. t63 

compris. C'esl ce que nous prouvent ces délicats et touchants 
adieux qu'il adresse en ces termes h l'Assemblée. 



discocrs de m. le maire oe fontenay. 

Messieurs , 

Vous allez clore la KXXP session du Congrès arcbé^rfo* 
glqoe de France , qui n'aura été ni la moitts utile , ni la 
moins féconde en résultats ; les adieux snivronl la bienr 
venue, nais ce ne sera pas sans regrets que la ville 4e 
FOntenay-le-€onite, reconnaissante de l'hospildUié qu'elle 
a pu vous offrir, et des bons souvenirs que vous lui laîfser^ap, 
verra consommer la séparation qui va s'accoii^pttr. Heureuse 
et fière d'avoir été , cette année, le siège de vos réunions sa- 
vantes , elle donnera place à cet événement inespéré 4aq^ 
ws modestes annales, et die recommande d'uniB çiaffijère 
pariicolière cette page d'histoire contemporaine au secré- 
taire-général de la session, dont nous sav4>ns tous apprécier 
rérudition et les connaissances. Il peut dire, en effet , avec 
plus d'autorité que personne, Uii, narrateur de notre passé qui 
a eu ses jours d'éclat, que Fonlenay sait goûter le commerce 
des savants et les accueillir avec gratitude et sympathie. 

Missionnaires dévoués de l'archéologie , vous avez ren- 
contré dans ce pays de zélés prosélytes , qni , Gdèles à 
ses principes et à ses règles , en comprennent le but et 
Tulilité pour l'histoire , et qui ont été heureux de saluer 
ici de leurs acclamations le savant vulgarisateur de Ija 
science. Inilié&à ces études, qui exigent tant de patience 
et de sagacité , ils suivent avec succès les exemples offetia 
depuis longtemps par vous qui , continuant l'impulsiop 
donnée depuis le siècle dernier, avez puissamment contribi^ 
à répandre le goàt de l'antiquité , à mettre en relief les 



2/»4 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

débris cachés soas la poussière des siècles, les' traces retroa- 
vées des civilisations éteintes, et è populariser ainsi la con- 
naissance des monuments que nous a transrois le passé. 
Riche et curieux répertoire de documents et de découvertes 
en tous genres, vos écrits et vos mémoires en conserveront 
le fidèle et durable souvenir à un point de vue général ; ib 
nous enseignent que, simples et grossiers dans l'enfance des 
civilisations , les monuments anciens varient - dans leurs 
données et dans leurs formes, et se modiQent d'époque en 
époque et de peuple à peuple, sous des influences diverses ; 
et pour l'observateur attentif ils sont une mine abondante de 
notions instructives , sur les institutions politiques et reli- 
gieuses des nations aux différents âges de rbumanilé. 

Ces monuments ont en effet, selon les lieux et les époques, 
un caractère spécial et particulier ^ qui n'a point échappé à 
la sagacité des savants, et leurs patients efforts sont par- 
venus à arracher au passé des secrets aussi précieux qu'utiles 
pour l'intelligence de l'histoire. Devenues de plus en plus 
actives et fécondes , parce qu'elles trouvent partout aide et 
concours, les recherches archéologiques ont progressivement 
agrandi leur domaine, et elles embrassent aujourd'hui tout ce 
qui a rapport aux mœurs, aux usages, aux arts et aux sciences 
dans le passé. Les tnonuments écrits et les monuments 
figurés par des procédés divers, les monnaies , les médailles, 
les pierres gravées, les armes , les meubles, les ustensiles de 
ménage, tout est soigneusement exploré, étudié, pour en 
faire des applications à la chronologie , è la géographie , à 
l'histoire. Introduisant partout l'éruditiou et la critique, 
rapprochant et comparant les textes et les débris du passé , 
ses découvertes, plus sûres parce qu'elles sont devenues plus 
rationnelles, retrouvent les anneaux de la chaîne brisée des 
temps , expliquent la marche et les progrès de l'esprit et 
du travail humain, et contribuent à leur développement, 



XXXi* SESSION , A rONTENAY. 2Ù5 

en ieor ouvrant des perspectives noatelles. Aussi' nul ne 
saurait dire combien de trésors et de révélations imprévues 
80Dt dues à ces investigations, ni tenter d'en dresser l'inven- 
taire complet. Le Poitou, on Ta ici très-bien démontré, vous 
a fourni un riche et curieux contingrnt ; mais ce n'était pas 
assez pour résoudre toutes les questions qui sont posées 
dans l'histoire, et vous êtes venus lui demander des rensei- 
gocments nouveaux, plus précis et plus compteu. Il appartenait 
en conséqueuce à l'écrivain et à l'artiste, qui élèvent à ce 
pays un monument capital , de vous signaler, 2é Fontenay et 
aux environs, les plus curieux de nos anciens édifices 
restés debout et les débris échappés aux outrages des temps 
et des hommes. Habitués à vivre et à converser avec l'anti- 
quité , vous les avez visités et interrogés en interprètes 
défiants et difficiles, et vos explications savantes , vos con- 
jectures ingénieuses , votre habileté à reprendre au passé les 
secrets qu'il peut garder enfouis , sont venues ensuite inté- 
resser vivement un auditoire complètement sympathique; 
c'est donc à bon droit que notre petite ville sera fière de 
rhonneur que vous lui avez fait en venant tenir ici vos 
grandes assises archéologiques , ouvertes en présence de 
M. le Préfet et de Monseigneur l'Évêque. Si le Bas-Poitou 
a perdu de son ancien éclat, on y compte encore avec bon- 
heur quelques amis des lettres, des sciences et des arts, 
dont les noms sont dans toutes les bouches, et qui laisseront à 
la génération qui les suit, des modèles à imiter cl des 
exemples à suivre. Conviés par un programme ha ilement 
conçu , plu>ieurs sont venus vous apporter de curieuses 
études sur des questions (|ui ne paraissent pas encore réso- 
lues. Leurs enseignements et les vôtres , Messieurs du Con- 
grès, ne seront pas perdus: un sentiment de confiance 
sérieux et convaincu me le dit , et nul ici ne pourra oublier 
vos lectures et vos communications pleiues d'aperçus nou- 



266 COKGBÈS ÂBCHÊOLOGI^UE DB FBANGE. 

feain et de sarprises hardies sur nos origines locales, ni 
les développements qui nous ont été donnés, avec on talent 
remarquable, sur le mouvement intellectuel et artbtiqoe dans 
la Vendée. 

Vous allez. Messieurs, en nous quittant , continuer , isolés 
ou réunis, cette \iv de labeur et de savoir qui a ses joies 
infinies, faciles à comprendre : à cette lieui-e trop tôt venue, 
qui va vous dérober à notre attention toujours éveillée , nous 
aimons à vous dire que , partout où vous porterez vos pas, 
nos vœux s'associeront à vos recherches et à vos travaux, et 
vos succès deviendront ainsi les nôtres. Au moment de nous 
séparer, permeitez-mui donc de vous adresser de sincères 
adieux, au nom de FAdministration municipale, au nom de 
mes concitoyens , vos assidus et rcsf)ectueux auditeurs. Re- 
cevez aussi nos remercîments affectueux , pour ces conié- 
reuces intéressantes , d*où nous sortions chaque jour plus 
instruits et meilleurs ; et croyez bien que la ville de Fon- 
tenay-le-Comte, qui a eu la bonne fortune de vous offrir 
une cordiale hospitalité de quelques jours , gardera, de cette 
cour plénière de la science, tenue au milieu de nous avec un 
brillant éclat, des souvenirs reconnaissants et mérités pour 
vous, glorieux et honorables pour elle. ( Âpplaudissementt 
prolongés, ) 

La session est déclarée close. Une députation du Congrès 
reconduit M. le ftlaire h son hôtel et lui réitère les remer- 
cîments de TAsseniblée. 

Le Secrétaire^ 

Théophile MoNGis. 



••••« 



VISITE 



AU 



MUSÉE DE NIORT. 



Après la clôlure du Congrès, un certain nombre de 
menobres de la Société française d*archéologie sont revenus 
par Niort et Poitiers. Le Bureau de la .Société était attendu , 
le dimanche 19 juin, au musée de Niort par M. David, 
député au Corps législatif; par M. Charles ArnauJt, conseiller 
de préfecture; par iM. Segrestain, inspecteur des monuments 
des Deux-Sèvres , et par quelques membres de la Société de 
statistique qui faisaient partie du <:ongrès Brchéol()gique. 
MM. de Caumont , Tabbé Le Petit , Gajigain , Rouet , de 
Lorière visitèrent avec soin toutes les parties du musée, ac- 
compagnés de ces 3^lessieurs. 

La salle consacrée au musée lapidaire , au rez-deohansséo, 
renferme des tombeaux très-curieux , des colonnes millialies 
et des sculptures qui ont été depuis longtemps signalées ^ 
la Société française d*archcoIogie. Les deux tombeaux méro- 
vingiens , figurés il y a quelques années dans le Bulletin 
monumenial 9 ont d*abord attiré l'attention des visiteurs; 
pois ils ont soigneusement examiné les tombeaux remar- 
quables du XII* siècle qui , malheureusement , sont comme 
tout le reste entassés dans la salle et beaucoup trop à l'étroit. 
Un des tombeaux les plus curieux a été figuré et décrit par 
M. de Caunnont dans son Abécédaire iV archéologie, p. 267- 
68-69 ^e la h* édition : c'est une tombe prismatique dont 



2^8 CONGRÈS AHCHÊOLOGIQUK DE FRANGE. 

les deux côtés du toit sont complètement sculptés. ■ Co 
c sculptures, dit-il, représentent une chasse. Ainsi, d*Dn 
(( côté , un homme à cheval , le faucon sur le poing et pré- 
c cédé d*un quadrupède , entre dans une forêt Ggorée par 
« des feuillages et des enlacements perlés , ao milieu des- 
(( quels un chasseur, à pied, tient son arc bandé poor 
(( percer un animal ; de Tautre côté , un chien soivi 
« d'un personnage à cheval, qui panait être une femme, 
« poursuit des quadrupèdes et des oiseaux qui se dirigent 
(( vers un engin carré surveillé par un homme placé en 
« arrière et prêt à saisir le gibier à mesure qu'il tombera 
« dans le piège. Ce tombeau très-curieux vient du châteao 
(' de Javarzay , mais il avait dû , dans Forigine , être placé 
<( dans une église ou une chapelle. » 

Un autre tombeau de même forme a é(é déposé au musée 
depuis deux ou trois ans, et M. Bouet 8*est empressé d'en 
prendre une esquisse (V. la page suivante). Des entrelacs, des 
têtes ornent cette tombe prismatique , forme consacrée en 
Poitou [et en Sainlonge , comme Ta fait remarquer il y a 
longtemps M. de Caumonl, en parlant des tombes similaires 
d*AirvauIt , de Nouaillé et d'autres localités, notamment de 
celles qui existent à La Rochelle au musée. 

Les membres de la Commission du Congrès ont vo avec 
plaisir les moulages en plâtre exécutés, en grande partie, au 
moyen d'une allocation que la Société française d'archéologie 
avait faite pour cet objet en 18^1 , loi^que le Congrès ar- 
chéologique de France siégea à Niort. 

Le Congrès a émis le vœu quun local plus vaste soit con- 
sacré le plus tôt possible au mxtsée lapidaire de Niort , q«i 
par son importance mérite toute la sollicitude de l'adminis- 
tration , et qui pourrait s'accroître s'il était plus au large , 
tandis qu'à présent il est difficile d*y placer de nouveaux 
objets. Les membres de la Commission du Congrès sont 



I 



nSIIE AI) MLSÉE OË MOBT. 



2îl9 




crisuJLù muiités aux éiages supérieurs pour visiter les objets 
d'art d'un oioitidre volume ( urnes cinéraires , {Kiieries, mé- 
dailles, olijels divers, eic., elc, ); ils ont été classés avec 
beaucoup de soin , et les commissaires de la Soct(>lc de 
statistique des Dcux-Sévres, qui sont chargés de ce travail, 
mcrilent )es sinciTCS fL^lJcitalinns de la Société française 
d archéologie. 

Celle riche coHeciion ne pouvait être vue que Irès-rapl- 
dement. La série des vases funéraires a parti culièreitient été 
examinée, et quelques-uns d'entre eux ont pu être dessinés 
(Voir la page siuivajïie). 

Puis les meuUiresdu Congrès sont entrés dans le musée 
de peinture^ qui renferme un certain nombre de tableaux 
précieui , et ont rapidement passé en revue la collection 



250 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 






« 






QUEtQTFS VASKS DU MUSI^K DE MORT. 



VISITE AL MUSÉE DE NIORT. 251 

d*hîsloire nalureile. La série des roches du pays , classées 
par M, Baogîer* okêrite toute l'attention des géologues et ren- 
ferme de très-beaux échantillons. 

M. Segrestaifi a bien voulu , en sortant du musée , 
montl-er i« Congrès la grande église qu*il vient de con- 
struire: €*è2ft ttn momnaent considérable qui, plus tard, sera 
décrit dtns te Btdleîin manumental. 

Les meifl/bres da Bureau de la Société française d*ardi«o- 
k^ie oot pm congé de leur confrère pour gagner le chemin 
de fer , non sans s'arrêter un instant près du diâteau de 
Niort^ dont M. Bouet avait fait un croquis , et qui date du 
XTil' Mècle. M. Bouet faisait remarquer , dans l'ensemble de 
cette imposante construction militaire, des dispositions rap- 
pelant le palais archiépiscopal d'Albi et le palais des papes 
\ Avignon. 

POltftRS. —Les membres de la Société , après avoir passé 
la nnhè Poitiers, purent de bonne heure, le lendemain, visiter 
napîdement \vs monuments de cette ville , avant de se sé- 
parer, H« msfPôor remontet vers le nord , les nulres pour 
ikse^Mte^ ^-ets lé midi. 

Le Secrétaire-général , 
L'abbé Le Petit. 



252 CONGr.ÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 




mMoires présentés au congrès 

NOTICE 

SDR 

m ATELIER DE FONDEUR fiALLO-ROMAlN 

DO !•' SIECLE. DECOUVERT A RK8, 

PAR M. PARENXEilLtJ. 



Au mois de juillet 1863, les ouvriers carriers employés 
à l'extraction des pierres nécessaires à la reconsiruclion de 
l'église de Rezé, en déblayant le sol , mirent à nu des con- 
structions gallo-romaines, tout un vaste ensemble, qui 
trouvera sa description plus tard. Je me contenterai de 
signaler le laraire qui gisait enfoui soigneusemeru dans 
un trou creusé à 2 mètres de profondeur, dans le sol 
antique , et destiné à le recevoir ; une terre légère et non de 
la cendre avait été placée , comme un emballage pour main- 
teutr, sous Tarcature de la chapelle, les petites statuettes en 
place debout et les préserver de la casse. Le laraire est formé 
de petites banques à crochet réunies par du ciment ; le tout 
est couvert à l'intérieur d*un beau stuc rouge , très-poli ; les 
ouvriers le prirent pour du marbre altéré sous Tinfluence de 
la pluie ; malheureusement, ils ne virent pas Tarcature, tout 
d'abord , et Tattaquèrent, à coups de pic, par le baul. La 
base ou piédestal était debout et en place à 5 mètres du 
lieu où le laraire avait été enfoui ; elle était formée de 
briques ordinaires, pouvait avoir 2 mètres de hauteur, 
60 centimètres de largeur en carré et adhérait, par un 



231 CûdGRiS âRCfliQLOGtQHE M rSAHO. 

côié , à an mar construit solidement en petit appareil irré- 
gulier , avec trois rangs de briqaes ; disporitîon qu*on m- 
• contre partout à Ratiate. Le braii» était cependant de 
construction postérieure au mur qui le soutenait; car 1» 
fondations du mur s*appuyaieut sur le roc , et celles de li 
base du laraire sur un mauvais blocage sans ciment; pour 
tout ce qui n*étaic pas briques, en résumé, je crois <|Qe le 
laraire était adossé à une construction particulière , à Taogle 
d'un carrefour, et que, placé sur la base, il devait beaucoup 
ressembler aui AJLadones italiennes» et plus encore (à Tari 
près ) au groupe qui de nos jours représente la Vierge de la 
Salette, Maximin, son chien et sa compagne. 

M. Marionneau, en soumettant au Congrès les plans et 
dessins faits par lui avec tant d'habileté, fera comprendre 
et loucher du doigt, en décrivant Thypocauste , la nature des 
constructions et Tart des architectes gaulois dans nos cootréei 
Je n'ai pas dès lora à m'en occuper : j'arrive k l'atelier qoi 
fait l'objet de cette notice. 

A 5 mètres dn laraire et à 5 mètres de Thypocauste 
à peu près, en retour d'équerre du carrefour ou placis doRt 
j'ai parlé , existait une petke chambre , large de 3 mètres et 
kwgne de d ; les murs étaient construits en petit appareil , 
wcc lignes de briques et enduit rouge soigneusement poli 
k l'inlérieur; le pavé était formé d'un blocage de 211 ces- 
timètres en pierres, posé sans ciment ni aucun lien , d'one 
couche de béton en chaux , sable et briques cassées , de 7Q 
oeniimètres; enfin, reposant sur le tout , d'un pavé en car- 
reaux de pierres de Tonnerre ayant 20 centimètres de 
côté et 15 millimètres d'épaisseur ; sous l'un de ces car- 
reaux encore en place , je recueillis , enfoncé dans le bélon 
frais et placé là avec intention, un moyen-bronze de Tibère 
au revd's de Gérés , assise , et la vir. puissance iribunitienne 
(TtyouN. POTKST, VII, ). Autour de la chambrc , un petit 



ÂTÈLlER i)E rONbEt'K, A RLZÈ. ^55 

siège maçonné, de m. UO c. de hautenr sur m. 35 c. de 
laideur , poovaot servir d'étagère , el les débris d'un petit 
fourneau en briques, avec un conduit pour laisser passer la 
fumée , et peut-être une hotte pour recouvrir le foyer? Les 
Diors avaient encore de 1 mètre 50 à 2 mètres de hauteur. 
Dans les terres amoncelées sur le sol et les débris informes 
des murs éboulés, on a ramassé : 

1*" Les débris d'une douzaine de creusets, d'une petite 
dioieDsion , dont l'un renfermart encore des scories de 
bronze et plusieurs culots , aussi en bronze ; 

2* Un moyen-bronze d'Auguste au revers de l'autel de 
Lyon ; une théière de bronze, pièce uniface portant la contre- 
marque de Tibère ( TiB. C); Tiberius cœsar, et le chiffre I ; 

Z"" £nGn, la moitié d'un moule en maiière schisteuse très- 
rorupacle. Ce moule servait à couler les rouelles cruciformes 
connues de tous les antiquaires, en général , et des numis- 
mates, en particulier. Il y a\ait place pour cinq rouelles. 

Longtemps on a cru que ces rouelles, à l'instar des 
monnaies percées de la Chine, avaient dû servir de numé- 
raire primitif aux peuples de la Gaule. M. Hucher de son 
côté, et moi du mien . à peu près à la même époque , et ^atls 
entente préalable , nous sommes arrivés à affirmer, preuves 
en mahi, que les rouelles de bronze , que l'on avait aussi 
regardées comme des monnaies primitives , n'étaient que des 
pesons de fuseaux. Aujourd'hui je dois dire ce que je pense 
des rouelles de bronze , et de leur usage à l'époque gauloise 
et gallo-romaine. 

Dans le VIII' volume de ta Revue archéologique, année 
1853, p. id3 et suivantes, M. Michel Bréal a publié un 
excellent article sur le mythe d'CËdipe , dans lequel, passant 
en revue les traditions primitives , il pose les conclusions 
suivantes , qui sont aussi celles de M. Max Mulkr : 



256 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

<( Plus on pénétrera dans la nature intime des mythes pri- 
« miti&, plus on se convaincra qu'ils se rapportent pour la plus 
(f grande partie au soleil. » — Plus loin , il s'exprime ainsi : 
« On connaît l'histoire d'Ixion : admis à la table des Dieux , 
«r il osa former le projet de séduire Héra. Jupiter, pour se 
« convaincre de son audace sacrilège , Ct d'un nuage une 
« Ggure semblable à Héra , ou , selon d'autres , créa une 
« nymphe Néphélé » avec laquelle Ixion engendra les Cen- 
« taures. £n punition de ce crime , Ixion fut attaché sur 
(( une roue enflammée qui tourne éternellement dans l'es- 
(( pace ( Pylh. , II , 30 ). Qu'est-ce donc que cet impie et 
« sacrilège Ixion , tant de fois cité par les poètes? Le trait 
« caractéristique de son histoire est le supplice auquel il fut 
(( condamné ( Ixion tourne et tournera sans un dans le ciel 
« sur une roue enflammée ) ; c'est le point de départ du 
« mythe. Si nous examinons le nom de notre héros , nous 
« verrons qu'il y est fait mentiou de cette roue. Ixioo 
(( correspondrait en sanscrit à un mol Akshtvan, qui voudrait 

« dire celui qui a une roue ou qui tourne sur une roue. 

« M. Âdalbert Kuhn, dans un de ses plus ingénieux travaux» 
« a montré l'identité des Centaures et des Gandharvas, 
« ces êtres fantastiques qui jouent dans la mythologie ia- 
8 dienne le même rôle que les Centaures chez les Grecs ; 
« ils portent le même nom : c'est ce que prouve l'analyse 
a grammaticale des deux mots. Comme les Centaures » les 
« Gaudharvas ne forment qu'une seule famille : ils sont le 
(( droit de l'union du Gandharva avec Us Nuées , en exa- 
« minant les passages védiques où il est question de ces 
« divinités. M. Kuhn a démontré que Gandharva est le nom 
« du Soleil , considéré au moment où il repose parmi les 
« Nuées et semble célébrer son union avec elles , et que les 
« Gandharvas sont les nuages qui paraissent chevaucher 
« dans le ciel. Ixion, chez l(»s Grecs, est le Centaure par 



ATELII2R DE FONDEUB , AUEZÉ. 257 

« excellence, puisqu'il est le père de cette famille de 
c monstres; il correspond au Gandharva védique !! etc., etc. » 

Je demande pardon de cette longue citation, que j'ai dû 
abréger en quelques parties ; mais ce passage est pour nous 
de la plus hante importance. 

Le mythe gaulois, reproduit à satiété sur les statères armo- 
ricains, est plus rapproché du Gandharva que ne Test 
rixion des Grecs. Bélenus est aussi Thomme à la roue , et les 
coursiers à tête humaine ne sont autres que les Gandharvas 
de la légende védique. Comme eux , ils chevauchent dans 
la nue, tandis que les Centaures des Grecs se traînent à terre 
et donnent des consultations médicales, dans la personne de 
Chiron. Sur quelques statères armoricains, ils sont coiiïés de 
la tiare ; sur d'autres , pourvus d^ailes. Ce sont les prêtres , 
les IjIs et les compagnons célestes de Nélen. Les Gaulois, 
DOS ancêtres, étaient plus près du type primitif que les 
Grecs; et si l'androcéphale a si fort embarrassé les numis- 
mates , c'est qu'ils avaient été demandé à la Grèce ce que 
l'Inde seule pouvait leur donner. Après la lecture de l'ar- 
ticle de M. Michel Bréal , cela ne fait pas Tumbre d'un doute 
pour nous. 

Là roue est pour nous l'emblème du Gandharva, d'fxion, 
d'Apollon , et , dans nos contrées , de Bélenus , tous envi- 
sagés an point de vue solaire ; ces repi*ésentations abondent 
sur les monnaies gauloises , celles de TArmorique en parti- 
culier; les oboles massaliotes au type d*Apollon la portent 
aussi au revers. La patère de Notre-Dame d'Alençon , au- 
jourd'hui au musée du Louvre et que j'ai fait graver , place 
la roue aux pieds d'Apollon : on la trouve dans l'Inde , en 
Irlande, en Gaule, à Rezé, un peu partout; les rayons 
varient en nombre, comme pour les roues des chars antiques. 
J'ai pu m'en convaincre en étudiant au musve du Louvre , 
lors de mon dernier voyage à Paris, le admirables frises 
du musée Garopana. 17 



258 COKGBÈS AKCHÉOLOGlQtE D£ FÉA^CË. 

Les (km rouelles d*or ornées de bélîères, que je soumets 
k Tappréciation du Congrès , sont de charmants petits bijou 
destinés à être portés en breloques , suspendues à on coHier 
ou à un bracelet : la plus grande vient de la Bretagne ; c&e 
a été trouvée sur l'emplacement de la cité d'Oasimor « Parc 
ilîs ar paganet », dans le champ de FégKse des païens. U 
seconde vient du nord de la France : ce sont de petits bijoK 
k destination religieuse , médaille de dévotion an calte de 
Bélenos. Les rouelles de bronze rentraient dans la méoie 
catégorie et doivent avoir la même attribotion. 



isroTE 



srR 



Lfô MOULES M MÉDAILLES ROMAINES, 



PAR M. POEY-D'AVANT. 



Les aioules en terre cuite portant rempreinte de médailles 
romaines ont, depuis longteoips, attiré l'attention des anti-< 
qoaires. Lepois» dans son « Discours sur les médalles et gra- 
veures antiques, » imprimé en 1579 , et Baronius, dans ses 
Annales ecclésiastiques , mentionnent une découverte faite à 
Lyon , sans chercher à tirer les conséquences qui pouvaient 
on découler. Postérieurement à ces deux écrivains , le sujet 
de ces moules a été abordé et traité successivement par 
Savot , le Père Ménestrier , Mahudel , le comte de Caylus , 
Dom i\Iangeart , Grivaud de la Vinctflie , Jacob Kolb , Hen- 
nin et Cbampollion-Figeac. Enfin, dans le deuxième volume 
de h Revue numismatique ( 1837} , j*ai inséré un mémoire 
oâ la question qui m'occupe est traitée plus à fond que je ne 
veax le faire aujourd'hui. Mon travail est suivi d'un autre 
pfus important encore , dû à M. Hiver, alors procureur du 
roi à Orléans, qui, s'aidant d'une découverte dont je n'avais 
pas eu connaissance, complète les renseignements que j'avais 
alors donnés. 

La trouvaille d'un assez grand nombre de ces moules, 
faite au Bernard par M. l'abbé fiaudry , qui en a parlé dans 
s^ Mémoires sur des fouilles archéologiques, jette un nouveau 
jour sur ce sujet ; el , sans changer les conclusions que 



60 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

j'avais d*abord posées , rne semble trancher la question d'ane 
manière définitive. C'est ce qui m'a décidé à donner celle 
note au Congrès. 

Je n'entrerai point dans les détails des procédés de fabri- 
cation : il me suffira d'indiquer que les anciens paraissent en 
avoir eu deux. Le premier , beaucoup plus élémentaire qoe 
l'autre, consistait, à prendre sur des ublettes ou dis- 
ques en terre molle Tempreinie de la monnaie que Tod 
voulait reproduire , à faire cuire ces tablettes , à les cou- 
cher horizontalement de manière que les entailles faites à 
chacune d'elles formassent une espèce de rigole par où le 
métal en fusion devait circuler. Ce rouleau de tablettes 
était fixé dans un trou pratiqué au milieu d'une pierre plate. 
Un de ces moules ainsi disposé se voit au Cabinet des mé- 
dailles de la fiibliolhèriue impériale, à Paris. Il a été décrit 
par Mahudel dans les Mémoires de l'Académie des inscrip- 
tions. L'autre procédé était plus ingénieux et permettait de 
fabriquer un plus grand nombre de médailles à la fois. Il 
nous a été révélé par la découverte d'un atelier monétaire 
faite à Damery (Marne) pendant l'hiver de 1829 à 1810. 
M. Hiver, dans le mémoire que j'ai cité, nous le fait con- 
naître et donne le dessiu des pièces principales. Voici ce qui 
en résulte : les tablettes, au nombre de treize, étaient em- 
pilées les unes sur les autres. Trois de ces piles étaient rap- 
prochées et luiées ensemble , de manière que les entailles 
formant le centre laissassent un conduit suffisant pour le 
coulage du métal. On obtenait par ce moyen trente-six 
pièces à la fois , parce que la tablette placée à l'extrémité de 
chaque rouleau ne porte qu'une seule empreinte et est lisse 
de l'autre côté. M. Hiver a eu la chance de découvrir un 
lingot formé de l'excédant du métal quand le moule a été 
ouvert pour en retirer les pièces. Il en donne le dessin qni 
présente, dans sa partie supérieure, un godet ou un enton- 



SUR LES HOULES DE MÉDAILLES ROMAINES. 261 

uoîr. Il ne dit pas en quelle matière était cet objet. II est 
probable qu*on !e formait en terre cuite. 

Ce que je viens de dire n*est peut-être pas, faute de 
détails suffisants et d'une représentation graphique , parfaite- 
meut clair pour ceux qui n*ont jamais vu de ces moules. 
Je crains de n*êlre compris que par ceux qiii ont été à même 
de les étudier. II eût fallu donner à ma note les proportions 
d*un mémoire ; telle n*était pas mon intention. 

La question la plus importante , et aussi la plus contro- 
versée, est de savoir par qui ces moules étaient employés. 
Les devons-nous k des faussaires ou à dos monétaires fonc- 
tionnant pour les empereurs? De ce que tous ceux des moules 
trouvés jusqu^à présent appartenaient au règne de Caracalla 
et de ses successeurs^ époque où les monnaies avaient perdu 
de leur aloi et de leur bonne fabrication , on avait inféré 
que les princes régnants avaient pu mouler ainsi leur numé- 
raire. Telle n*a jamais été mon opinion. Le moiif le plus 
sérieux sur lequel je m'appuyais pour soutenir que ces moules 
furent l'œuvre de faussaires , c'est qu'il parait certain que les 
coins qni servaient h fabriquer les monnaies étaient brisés 
aussitôt que Ton cessait d'en faire usage. Celte assertion a 
quelque poids en raison du petit nombre de ces coins venus 
jusqu'à nous , tandis que le nombre devait en être fort con- 
sidérable, en égard à l'immense variété de médailles que 
nous connaissons. Comment se fait-il, dira-t-on, que les 
coins en métal dur nous soient presque inconnus, tandis que 
les moules en matière friable se retrouvent en grande 
quantité? 

La découverte du Bernard est venue enlever à ceux |qui 
opinaient pour les monétaires impériaux, leur principal ar- 
gument On y a trouvé des moules portant les effigies de 
Trajan, Badrien, Antonin-le-Pieux et Marc-Aurèle. Or, à 
l'époque 011 régnaient ces empereurs, la monnaie d'argent (j'ai 



262 COKGRÈS ÀRCQÊOLOGIQCE OE PRAKCE. 

oublié de dire que les moules oe servaient que pour les pièces 
de ce mêlai ), la monnaie d'argent était en mêlai fin «i d'ooe 
fabrication soignée. Bien plus, toutes les espèces éiai^nt 
frappées au marteau. J*ajouterai un autre allument, tiré an 
métal utilisé pour les moules. Pourquoi n'a-t-on pas«mployé 
le cuivre ? C'est que, probablement, les béoêfices n'eussent pas 
été assez grands pour tenter la cupidité des faussaires. Je 
crois donc pouvoir établir d'une niauière certaine , en pré- 
sence de la découverte faite dans notre pays, dont l'impor- 
tance dans la question qui nous occupe ne peut pas être 
douteuse , que c'est aux faussaires seuls qu'il faut attribuer 
la fabrication de ces moules. Je reviendrai même sur la con- 
cession que j'avais faite précédemment , à savoir que ces 
fabrications clandestines avaient pu être secrètement autori- 
sées par les empereurs, qui étaient fort peu scrupuleux sur 
les moyens de remplir les caisses de l'État. Si Ton persbtait 
dans cette dernière opinion , ce serait tout au plus les em- 
pereui-s du III* siècle qu'il faudrait accuser d*avoir employé 
ces moyens frauduleux. 



INTOTE 



80R ONE 



TMKif AME »ElimES AMÉftAtUESSOIAHe 

PAR M. L'ABBÉ BAUDRY. 



MOULES DE FAraHMe!«NAYEURS. 

J*aî découvert, à TrontisepoH, oonmime du Bernard (Ven- 
dée), \e il janvier 1859, un vase haut de m. 28, 
plein de moules, en terre cuite, de monnaies du II* siècle. 
Il était placé à 9 mètres de profondeur dans la fosse que 
j'ai décrite à Tarlicle Sépultures de la période romaine. 
On croyait généralement, il y a quelques années, que l'usage 
de ces moules appariennii au Bas -Empire; il est prouvé 
maintenant qu'on en fit usage , dans certaines provinces , 
souâ le règne des Anlonin's, époque la plus brillante de 
l'art monétaire. On coula l'argent, pendant celte période, 
dans les alvéoles de' ces moules où, après y avoir pris l'em- 
preinte de la figure des Césars , le métal converti eu pièces 
lot frauduleusement introduit dans le commerce comme les 
ttoonaîes frappées au mj»rieaii. Chaque moule avait » sur le 
bord de son disque, une écbanorure pour faciliter le passage 
du liquide ; mais il fallait pour cela qu'un certain nombre 
de mooks fussent accolés et liés ensemble. Les deniers sortis 
de ces moules avaient un diamètre d'un peu plus de 1 cen- 
timètre. Ils représentaient les effigies des emperenrs Trajan, 
Hadrien , Marc-Âurèle , Caracalla , etc. , jusqu'à Manunea, 
mère d'Alexandre-Sévère , dont un moule contenait encore 
un denier. Ainsi, an II* et an III* siècle, il y eut au Ber- 
nard falsification des pièces légales. 



îsTOTE 

SDR DES 

LOCALITÉS DANS LiSOUELLES ON TflOOVE DES MES mm. 

EN VENDÉE, 
Par M. rabbé BlUDRY. 



Liste des lieux où se trouvent des vestiges de constructions 
roiiiano-gBu1oises;leur nature et leur importance. — ^Véneries 
et poteries. 

Les tuiles romaines foisonnent en Vendée ; maïs les con- 
strnclions romano-gauloises , que je ne distinguerai pas des 
constructions gallo-romaines, ont presque toutes disparu « ou 
n'ont pas encore trouvé d'antiquaire pour meure ao jour 
leurs débris enfouis sous le sol. Voici la liste de quelques- 
unes d'entre elles dans le département 

ArroiidlBsement de» 8able»-d*01oiine« 

Je ne parlerai point des constructions romano-gaoloises de 
NoirmoDtier, qui doivent faire l'objet d'une communicalîoa 
spéciale : je me bornerai à dire un mot de celles dn Tal- 
mondais qui se trouvent à St-Hilaire-de-Talmont, à Jard et 
à St-Vincent-sur-Jard , à Longéville , à St-Semin et au 
Bernard. 

La portion de St-Hilaire-de-Talmond qui longe la côte 
est couverte de pans de mors romains , surtout aux abords 
de la mine de plomb sulfuré argentifère de l'Essart On les 
rencontre particulièrement an village dés Hautes- Mers et 



TUILES ET POTERIES BOMAINES DANS LA VENDÉE. 265 

au VeilloD. J*ai remué le champ de h Poîzerie , sitoé entre 
Quéroy-Pigeon et le Veillon , où le hasard fit découvrir » en 
1856, un trésor composé de bijoux en or et en argent et 
de 25 à 30,000 monnaies d'argent ou de billon, sur lequel 
M. Filton a fait un article dans son ouvrage Pràou et Vendée. 
3* Y ai constaté Texistence du couloir d*une villa, de 38 
mètres 57 centimètres sur 3 mètres 60. Il aboutissait , d*un 
côté , i un mur de 9 mètres et, de l'autre, à un mur de plus 
de 70 mètres de longueur. Une autre muraille , qui avait des 
mors de refend 9i droite et à gauche , s'appuyait au nord 
sur le couloir. €e couloir conduisait à une salie de bains, de 
2 mètres 90 sur 2 mètres 12, en contre-bas des autres 
salles, d'environ 1 mètre. Une couche de ciment d'une grande 
épaisseur en recouvre Jes parois et l'aire , au milieu de la- 
quelle est creusée , dans le béton , une cuve de mètre 
80 de diamètre. Une pierre taillée en rond était posée au 
centre pour servir de siège. La salle du Trésor , attenant à 
celle-ci , devait être elle-même une salle de bains. 

Grégoire de Tours raconte, dans son livre De gloria mar^ 
tyrum ( lib. I , cap. xc)^ la guérison miraculeuse de trois 
énergumènes et de deux paralytiques opérée par saint Vincent 
le jour de sa fête, par la vertu de ses reliques, dans un 
bourg du pays d'Herbauges et aux confins du territoire poi- 
tevin qu'il appelle Becciacum, fiessay. Je crois que ce 
Becciacum, dont le suffixe acum indique la période gallo- 
romaine, était Jard et St-?incent-sur-Jard, qu'on suppose 
avoir été primitivement une cité gauloise , connue , à une 
certaine époque , sous le nom de Belcsbat. Ce qui est cer- 
tain, c'est qu'au-dessus de la couche celtique, reconnais- 
sable par ses flèches et ses couteaux on silex , on aperçoit 
encore des murailles roniano-gauloises , cachées malheureu- 
sèment en grande partie par les dunes. 

liCs dunes ont englouti aussi la plupart des villas de Lon- 



266 (lONGRfeS ARGHÉOLOGfQl'Ë DE FRANCE. 

gévfllè. 1>e8 iragmênts de oelomte et d*amrp8 débris gallo- 
romains, trouvés à la Tefodie , fNnoovem tpk'nn iSlabli^mefli 
de cetfe pérMe etistah autrefois sor fenif^taveniefit die ce 
tameaa. 

Le iBommieiu le plus Intéreissaiit de St-^mfh t^ m 
graad carré, ir-açonné atec sote et revota de dfkiciit De pe- 
tites otrvettfires carrées, feitefe sans doute potir laisser entrer 
reao des lerres, sont creusées à detni-hautcur dans ses 
parois; c'était, probablement, iiU bassin destinée recetbiret 
è retenir l'ean. les muraftles de h vffle de St-Scmifl sont 
«ORBtrnrtes en pierres fiées entre elles avec du ciment. 

Les substmclions do Bernard sont les plus considérablei. 
Je les ai remxmtrées an dief-lieo et !tur les hauteurs de 
Tronssepoil. An cheMleu , c'est une tilla dont les fondatimis 
'conver(>enft autour du docher et un établissement de bata^ 
Cet établissement mesut*e 22 mètres, du fourneau à raqoedoc 
qnl Ini esc opposé. Sa longueur totale , y compris les salles 
dont il est entouré ei dont une n*a pas moins de 1S lUètres, 
est d^environ 50 mètres. Sa largcnr est , à quelque chose 
pt^, la même. L'étabtisseraem est double et forme deux 
comparltments Complets : l'un pour les hommes et faotre 
pour les femmes. H est exactement constriift d'après lés 
règles données par l'architecte Vitruve^ qui flurissait soûs 
Jules Césat* et sous Auguste. Ainsi, H renferme unedooMe 
éture pour suer, un double tépidaire et nu double frigidaire ; 
le même aquedtic , large de 6). 2»Zi c , conduit l'eau daas 
les bassins d'eau froide par une pente de m. 66 pat 5 m^ 
très. L'eau y coule sur uAe couche de ciment. Je l'ai soîTi 
sur tm parcours de 60 mètres. Des pierres d'nn calcaire 
grisâtre , poncées et unies conmie la^ glace , forment les 
parois et le dallage des bassins d'ean froide. Les mors sant 
un composé de briques et de moetlonB a\'ec ciment H triple 
placage, reliés de temps à autre par de» tiges en fer cotomc 



1 



TUILES ET POTERIES HOlfAlNES J)ANS L^ T^NDÉE. 267 

le .voulail Vitruve. Avant dlarrivcr à chaqtie bassio d*eau 
froide, l'aqoednc xontoqrne une petite aalle carrée qai lui 
est contignë, dont le dallage, haut de 0" 90., ne forpie qu'an 
seul bloc que la pioche ne peut entamer. Cette petitç salle 
se rencontre dans les mêmes proportions et avec les mêmes 
éléments dans les bains d*eiui froide , avec cette différence 
qu'elle est entourée des quatre côtés par les bassins destinés 
aux baigneurs, et aHmentée à l'un des angles par un deuxième 
aqueduc, composé seulement de tuiles à rebords jointes les 
unes aux antres. Des tuiles à rebords ainsi disposées sur un 
petit mur permettent à Teau , un peu plus loin , de circuler 
autour d*une partie de rétablissement , aux abords des four- 
neaux et des vases oà Teau passait à Tétat de vapeur. Les 
bains d'eau tiède et les étuves pour suer étaient desservis 
par les mêmes fourneaux. On voit encore les voQtcs sous 
lesquelles passait la vapeur. Les aires des étuves , faites avec 
du ciment reposant sur qn blocage, ont 0*" 80 d'épaisseur. 

Tels sont les bains du Bernard. Ils m'ont fourni, entr'autres 
choses^ une amulette, ou un pendant d'oreille, en verre 
irisé, un fer de lance et deux beaux canaux en pierre cal- 
caire chargés de sculptures en relief , représentant , l'un un 
losange avec une rosace au milieu; l'autre une roue ou un 
cercle, partagé en huit par autant de lignes au centre qui se 
réouissent à un cercle plus petit. 

Je passe wvk é^bKsfteroents ée Treossepoil. J'y ai fouillé 
quatre corps de bâtiments, dont un de 22 mètres de long sur 
19 de large. Le plus considérable couvre 20 ar^ de terrain 
et est divisé en quarante compartiments environ. J'y ai 
trouvé une salle de i^ains , comme au Teillon , en conire-bas 
des autres salles, de O'^SO. La construction f^llo-rowaiBe qui 
renfermait les objets les plus curieux est celle oà j'ai ren- 
contré i'ocre rouge , le Rubrica des aucleas , à trois état^ 
différents : à l'état brut , à Tétat de peinture dans de larges 



268 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

terrines , et à l'état de petit pain coalé , portant Tea- 
preinte du sceau et destiné, après Toffrande qui enétiil 
faite à la divinité , à servir de spécifique contre la maladie 
Pline parle de ces pains , à forme conique , dans son Bm- 
toirc naturelle et nous en fait connaître Fusage ( Pline , 
Hùt. itar.,lib. XXXIII, cap. 36). Cet établissement se trouve 
au milieu du cimetière gallo-romain que j*ai décooven ï 
Troussepoil. I«c mur, au nord, avait 15 mètres de km- 
gueur et une épaisseur de 0°' 90 ; il était flanqué de doq 
contreforts; les assises en étaient régulières. Il cooteiiaît 
plusieurs centaines de tuiles à rebords. Les pierres carrées se 
rencontrent fréquemment dans les murailles de Troussepoil 
Quelques belles pierres , dites de Charente, représentaicot 
en creux des lignes rbomboldales , ou formaient le losange 
sur leur surface. 

Je ne ferai que glisser sur les constructions roniaao- 
gauloises des deux arrondissements de Napoléon et de Foû- 
tenay. M. Mourain, de Sourdeval, a lu à la Sorbonne, dans 
les séances extraordinaires du Comité impérial des travatii 
historiques, un mémoire surlessubstructions romaines de Si- 
Gervais. Le monument le plus curieux qu'il signale est nitc 
tour en petit appareil renfermée dans une enceinte octogojie. 

ArrondlAsement de IVapoléon-Vendée. 

Javarzay , commune de St-Philbert-du-Pont-Charrault , 
appelé Gavarciacum sous les Carlovingicns , était une villù 
gallo-romaine. Le village qui touche à l'ancien prieuré porte 
encore le nom de ville pour villa,. J'y ai vu des substrocijorts 
assez considérables, avec briques et tuiles à crochet le^ 
constructions antiques ont fait place à un établisseni^tit 
nouveau, dit Maison-Neure {villa nova). 



TUILES ET POTERIES ROMAINES DANS LA YEMDÊE. 269 

Il existe an mar de Tépoque romaine 9i la porte de l'église 
de Ghantonnay, à 6 kilomètres de Javarzay. 

On toyait dans le même canton , il y a quelques années , 
on reste de viaduc. Il était situé sur la voie romaine à 
Boardin , commune de Sigournay , au confluent du ruisseau 
de la Bruyère dans le grand Lay. 

Le sol de Tantique Durin (Durivum) , aujourd'hui St- 
Georges-de-Montaigu , renferme un grand nombro de sub- 
struclions romano-gauloises. Il serait à désirer qu'un ar- 
chéologue eût la facilité ou la patience d*y dresser sa tente, 
pendaut quelques jours» pour les mettre en lumière. 

ArrondlAiienieiit de Pontenay-le-Gomte* 

Là , comme ailleurs, les villas ont disparu. On n'en trouve 
plus que quelques débris aux environs de Fontenay : à 
Gaillardon, au Martrais-de-Pahu , au Vieil-Auzay, à Àuza; , 
à St-Médard-des- Prés. 

Les substrnctions si nombreuses du Lanyon s'effacent tous 
les jours sous le soc de la charrue, et celles de Grues sont 
eu partie cachées sous les ruines de l'ancienne chapelle de 
St-Hilaire. 

Verreries. — Je ne parlerai que de celles que j'ai re- 
cueillies dans le Talmondais , et encore n'en dirai-je qu'un 
mot. J'ai trouvé dans tes bains des fragments de verre irisé. 
Les établissements de Troussepoil et ses fosses sépulcrales 
m*ont fourni une vingtaine de vases en verre qui , pour la 
plupart, sont des fioles toutes petites : Tune d'elles n'avait pas 
plus de 0°*y03 de hauteur. Le verre était quelquefois épais , 
mais le plus ordinairement il était mince et fragile. Quand 
il n'était pas irisé , sa couleur était ou bleue , ou blanche , 



2?0 CUNGÏ(ÈS A&CUàoLOGlQLË DE faiNcL 

oa (f un blanc-Verdâtre , oa d'aa i^crt-jaune , ou d*on vert 
foncé. La panse de quelques verres blancs était sinonnée d'une 
double ou d^une triple ligne concentrique tracée en creux. 
One série cfe raies blanches ornait aussi lé bord évasé de quel- 
ques coupes d*un vert foncéi; J*ai tu, sous la base de Fun de 
ces vases, une ligue blanche décrivant un serpent se mordant 
la queue. Les deux [pièces les plus remarquables sont ooe 
espèce de boule à console qui fait l'eïïet d*un pondant d'oreille, 
enfoui dans les bains romains , et une petite bouteille ou 
fiole cannelée , bouchée hermétiquement , contenant encore 
le liquide qu'on y a déposé. Elle a été ramassée à Cunon, 
au milieu d'ossements et de tuiles à rebords. 

Poteries. — Les villas et les cimetières gallo-romains du 
Bernard m'ont fourni plus de 300 vases, la plupart à l'eut 
de fragments. Ils offrent la plus grande variété pour la ma- 
tière, la couleur et le vernis, la capacité et la forme. La 
pâte du dolium , de Voila , du trépied et du plat destiné ï 
voir le feu , est ordinairement dure et siliceuse , remplie de 
grains de sable et de gravier ; il en est de même pour cer- 
taines urnes évasées et sans anses. La pâte est noirâtre et 
revêtue aussi d'un vernis noir. Les cruches et les pots en 
grès sont assez fréquents au Bernard. Cependant les am- 
phores, les jattes , les terrines , les cruches même sont com- 
posées le pins souvent d'une pâte plus déKée et purement 
argileuse , qui est blanche ou ceddrée, ou grisâtre ou rouge, 
ou simplement rosée. Quand elle a un vernis, ce vernis est 
à peu près de la même couleur. Toutefois, le vernis est d'uo 
jaune orange se mariant avec le ronge, quand ces vases sont 
ornementés et portent sur leur ventre des- bandes de deo- 
télurcs. Après tes poteries grossières et les^ poteries com- 
munes viennent tes poteries dé lotc. C'est la céramique 
dans sa perft'ction. Ici la pâte est rouge, excessivement fine 



tUtLÈS ET tH>T£RIES ROÏlAiNES DANS U tBNDÈf. Ili 

et comj^tfi ; OD Tapi^lle Minientié , de l'île de âarae» qtà 
en fournit en abondance. Ik^tec cUe on façonnait des paiera; , 
des assiettes y des ImiIs» des soucoupes, des ptateaux et detf 
urnes. Le verms qu'on leur appliquait était d'unrrougé vif el 
trè»-brilbnt (i). Quant à la capacité de tons ces vases, eRe^ 
éuit établie sur une grande échelle. De la petite ampmil» 
ou de la soucoupe samienne de 0*"^06 de diamètre à l'am- 
phore de 1 mètre de hauteur, la distance est considérable, 
la forme n'est pas moins digne de fixer notre attention. 
La terrine a un large déversoir à rebord pour faciliter 
l'écoulement du liquide. Ses bords sont évasés et forment 
un boudin de 0*^,03 d'épaisseur. L'urne est sans anses et est 
munie d'une goqp oà prend naissance son col évasé. Le 
pot ou la cruche oofia base étroite, la panse frès-développée 
et le coi étranglé. Quand le goulot estcircufaiife, il se retrouve 
sur le col ; quand il est tréflé , il ne reste qo'aft passage 
très-étroit pour le Nquide. Les an^es sont bien travaillées ; 
quelquefois le tour les a creusées en torsade. Les amphores 
sont plus élancées et plus élégantes encore que les cruches 
et les pots. Le talent du potier brille surtout dans la fabri- 
cation des vases samiens: il ne néglige rien pour en faire 
des œuvres d'art. Les patères sont dentelées à la pointe , et 
les dentelles sont séparées par de jolies moulures. Les sou- 
coupes ont sur leurs rebords des consoles à jour , en forme 
d'oreilles. Sur le rebord de quelques vases serpentent des 
feuilles en relief, avec les branches qui les soutiennent. Le 
col et la panse de quelques autres sont ornés de galeries^ de 
frises, de médaillons en relief. On y voit Hercule, des 

(1) V. pour la nature des literies gallo-romaiues, en général, le 
Cours Wantiquité» de M. de Caumonl, t. II, et V Abécédaire a'archéo* 
lugie ( ère grallo-romaine, arlicie Poterie ). 



272 CONGRÈS ARCIIÉOLOGIQCE DE FRANCE. 

amours 5 des têtes de dames romaines en cheveux , des 
Qîseaox , des arbrisseaux et des fleurs. Aussi tes potiers out- 
ils gravé leur nom sur un certain nombre de ces vases. 
J'y ai lu ceux dlVINVS . de RVFVS. de CRESIMVS . de 
CARYSSà, de MIMVS, et les initiales D. T. A. d'un 
potier inconnu. 




PREUVES 

DE 

L'ANCIENNETÉ DE L'ORIGINE 

DE LlBBiTE DE S^'-HIGHELEH-LIERH . 

Par m. FILLON. 



Le monastère de St-Michel, que la tradilioo dit être issu de 
celui de Noirmoutier, fut fondé, ^ersla fin du VII* siècle, sur 
un îlot situé à Textrémîté du golfe des Poitevins, îlot qui avait 
èié habité aux époques celtique et romaine, puisqu'on y 
trouve des vestiges datant de ces périodes. Son nom d*Herm 
{BeremuSf terre non cultivée) ne paraît lui avoir été donné 
que depuis la réédification du monastère par Ebles II , duc 
d'Aquitaine, dans la seconde moitié du X* siècle, à la 
suite des invasions des Normands, qui avaient détruit les 
bâtiments de la iiremière abbaye en 877 , et avaient fait 
un désert de Tile. 

Les documents écrits, relatifs aux.temps antérieurs à cette 
seconde réédification , font absolument défaut. Rien n*a sur- 
vécu à l'incendie du chartrier par les calvinistes, à Tépoque 
des guerres de religion, sauf peut-être un exemplaire des 
Capiiulaires , transcrit au IX* siècle , qui était passé dans 
la bibliothèque de Tévêque Colbert. Mais il me semble pos- 
sible de suppléer à Tabscnce de ces documents, pour démon- 
trer que le monastère de St-Michel-en-rHerm eut, dès 
les temps mérovingiens et carlovingiens ^ une importance 
assez grande. 

18 



ilk CONGRÈS AttCaÊOLOGiQOi DB I^BANdE. 

Les conditions d'existence imposées à ses reUgieux, pv b 
situation géographictoe de leur demeure , les obligea de vKie 
à la façon des mariniers» comme le faisaient ceux de Noir- 
moutien Ne pbtivaiit t'oftiiÉf^Éiqner hVee la rerrè ferme que 
par bateau, il en résulta que la plupart des établisseneols 
qu'ils fondèrent furent situés de préftrtnce sur le mip 
de la mer et sur le cours de e^tahles rivière» , où ils Midm 
accès direct par eau. Le Poilou , le pourtour de la portion 
du golfe des Poitevins où ks flots pénéthiient encore soit di- 
rectement , soit au moyen de canaux ; l'Aunis et la Saintooge, 
les fies des bords de l'Océan reçurent ainsi plusieurs co- 
lonies. 

Je citerai ; par exemple , la Dive, Ilot voisin, dent le nom 
rappelle un souvenir du paganisme , superposé sans doute à 
une tradition celtique ; l'île de Ré , Chatelailbn , S^'-Rade- 
gonde-dcs-Noyers, dans nie de Champagne; le Langon, St- 
Benott-sur-Mer, St-Gilles-slir-Vie , St*Hilaire-de-Rié, ett 

Mais ce fut surtout verft le Lay, rivière dont l'emlMuditire 
était alors située tout près de leur tlot , que les moines de 
St-Micbel diiigèrent de préférence leurs barques. Toot le 
long de son cours et de celui de plusieurs de ses petits 
affluents, ils fondèrent une multitude de prieurés onde 
chapelles. Il suffit de comparer la liste suivante arec hi carte 
pour s'en convaincre : 



St-Denis-du-Piiré. 

Grues. 

Curzon. 

L'Âîroux. 

La Ckic. 

Le Cbam{)-$t-Père , sur le 

Graon. 
St-Andrcsur-.>iarc uil. 



Mareuil. 

Dissais-sur-la • Smagne. 
L'Aiigle-du-f^y. 
Chantonnay , à petite disunce 

de l'une des brandira de 

cette rivière. 
St-Vincent-Ster)ange. 
S»*-Cccile. 



A^CtEN^fiTÈ DE L^ADBAtE DE S^*MlCllEL-C.N-L'B£nM. 275 

Sur l'attire bnncbe du Lay : CbamalL 
Javarsay. Sl-Mars-des Prés. 

Smi - FUbert --de - Pont- Moasireigne. 

O» a^e8l pus tout : plufâettiv de a» étaUbsements aecoh* 
éànê rievînrMt à leur tour de petits ceatres» d'où partirent 
fPtotms coiooieB qui alièreul se fixer sur divers pohM», 
placés presque toujours sur d'anciens chemins ou sur dc*s 
miés romaîaea. C'est ainsi que de CbaMonnay ils gagnèrent 
ce résena de voies qui oonpait le Haut-Bocage dans tous les 
sens, et qui les conduisit , de proche en proche , jusque sur 
les bords de la Sèvre nantaise , d'où ils se répandirent dans 
le pays situé au-delà de cette rivière. Mous les trouvons , en 
efiéu aux Redoux, à Cbeffuis • à Si-Germalu-rAiguiller, à 
Ardelay, aux Herbiers , à St-Mars-dc-la^Réortbe , à la Gau- 
Inretière , à la Verrerie , à Mortagoe » à Évrunes, à Chollet, 
à Sl-Micbel-du-M&y » etc. 

Sc-^ilies, phcé à i'emboudiure du Jaunay et de la rivière 
de Viie , fut aussi l'on des centres de leurs iucurbions. Ils 
remontèrent ces deux petits fleuves et fondèrent des maisons 
à Givrand , la Cliaise-Gîraud el Landevieiile, sur le premier , 
et sur le second : à St-Ambroisc-dc-Rié , St-Hilaire-dc-Rié ; 
puis , prenant la voie qui se dirigeait vers Durivuai ( St- 
Georgcs-de-iMoniaigu) , ils se posèrent à la Cliapellc-Palluau 
et à St-Pierre-de- la-Lande. 

Si nous nous mettons maintenant en quête de l'époque à 
laquelle les religieux de St-Michel ont pu remonter ainsi les 
rivières sans obstacle et suivre lo réseau encore praticable 
des voies romaines , le simple bon sens veut que ce soit an- 
térieurement à rétablissement du régime féodal , qui laissa 
se perdre ou détruisit systématiquement tous les chemins de 
grande communication , et' antérieurement aussi à la con- 
struction de cette foule de chaussées, de moulins à l'eau qui 



276 CONGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DE PBANCE. 

coupèrent tous les cours d*eau, à partir de la seconde moitié 
du X* siècle. 

Donc, il résulte bien de celte quantité de fondations, qui 
remontent dès lors pour la plupart à une date antérieure à 
877, époque de la destruction de St-Michel-en-rHerm par les 
Normands^ que cette abbaye eut, sous les derniers Mérovin- 
giens et les premiers CarloYÎngiens, une assez grande impor- 
tance (1). 

Le mode de donation des églises aux abbayes que pratiqua 
le régime féodal, mode de donation où présidaient seul le hasard 
et le caprice des seigneurs , n'eût pu grouper avec autant 
d'ensemble et de régularité cette série des domaines et des 
dé|)cudance8 d'une même maison religieuse. 

Ces divers renseignements ont quelcjue valeur au point de 
vue historique ; mais ils sont surtout d'une utilité extrême 
pour la géographie ancienne. Peut-être essaierai-je un joor, 
il l'aide des pouiliés et des visites épiscopales du moyen-âge, y 
compris celle de Bertrand de Got , de dresser une sorte de 
statistique. 11 n'est pas jusqu'à l'ordre dans lequel sont 
inscrits les noms de lieux sur certains pouiliés , jusqu'au 
vocab!e dos églises, dont il ne faille tenir compte. 

(1) M. Tabbj Ailleiy s'est servi, dans rintroduciion de son Pouîllè 
rfu (twcèite de Lufon, d'une première note, où j'avais esquissé optte 
question sans la Tormuler d'une manière complète. 




MEMOIRE 

SUR CfiTTI QmSTiOll : 

A> m^ruUMi pn» powihte de ••eeoM«tfl<«cet* te» aa*eftlre0 
eeeiéêii$9tiq9tem An dioeé9e «le I.«cfOM f 

Par m, l'abbé àlLLERY. 



L'archéologie ecclésiastique peut se diviser en deux parties 
bien disiincles : l'étude des monuments anciens et celle des 
chartes et des titres qui concernent l'histoire des faits reli- 
gieux. Celle-ci peut s'appeler plus particulièrement, pour 
nous, Y archéologie historique. 

Les statuts du diocèse de Faucon (art. &, n"" 15, p. 5) et 
tons les prédicateurs de retraites ecclésiastiques, dans les plans 
d'études qu'ils donnent aux jeunes prêtres , recommandent 
très-expressément, après l'étude de l'Écriture sainte et de 
la théobgie , celle de l'archéologie ancienne. 

Ces recommandations n'ont pas été faites sans succès. 
Depuis quelques année^s surtout, les nouvelles constructions 
religieuses exécutées en nos contrées, les réparations entre- 
prises pour restaurer et embellir nos églises, témoignent d'un 
progrès réel et d'une étude intelligente des monuments anciens 

A côté de cela, la science de l'archéologie historique, celle 
des faits religieux qui se sont passés dans notre diocèse, fait 
encore défaut. £t comment en serait-il autrement? uotis 
sommes sans archives ! 

Les guerres civiles et de religion ont passé sur notre pays. 



L 



278 CONGRÈS ARCRÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

et, dans leur fureur , les ennemis du clergé ont iuceudié ow 
églises 9 nos abbayes et détruit leurs chartiers. 

Voici , à l'appui de cette assertion , ce qne dit N. de 
La Fontenelle dans son Histoire des étéques et du moMMcre 
"de Luçon .* 

c Le 3 janvier t569, te seigneur de Champagne, du parti 
ff protestant, s*empara de Tabbaye de St-Micliel-en*rRerm. 
« Les chanoines de Luçon y avaient envoyé une partk des 
« titres de TÉvOché , pour en assurer la conservatioii; la 
(( noblesse du pays et les principaui habitants y avaient porté 
« leurs meilleurs effets : tout fut détruit... 

« Dans cette destruction , on doit vivement regretter la 
« perle des titres de la plupart des paroisses du diocèsp«.« 
tt Ils furent brûlés avec plusieurs chartes et manuscrits pré- 
« cienx (i) ! » 

Malgré ces malheurs , l'abbaye de St-Michel possédait en- 
core en i792, comme 9e constate un étal dressé alers et 
conservé aux archives de la Vendée , une bibliothèque eo»- 
posée de 3,506 volumes et plusieurs objets d'art , parmi 
lesquels une copie excellente de la Trtmsfiguratùm , de 
RaphaëL Ce tableau est placé maintenant dans Péglise de 
Notre-Dame de Fontenay, 

Poursuivons : 

« Soubise, le 4«' mars 166^, s'empara de la \ilie de 
t Luçon , dit le même auteur, pilla l'église, la viHe, mit le 
«^ fen aux archives de FÉvèché et causa de grands dom- 
« mages... » 

Le chapitre possédait aussi une très-belle bibliothèque, 

(1) Une note, qui se trouTe dans Plnrenlaire des titres déposés 
aux arehnres de la Vendée, fett connaStre qa*it existait dans eeltes 
de St-Micbel une Histoire de cette abba.ye, depois m feadilioi 
jusqtrà Tépoque oi le cardinal Matanin en devint oîIiIn^ 



^ 



LES ARCHIVES DO DIOCfeSE DE LUÇON. 279 

brûlée en partie dans les guerres du XVP siècle. Mg' Nicolas 
Colbert , dit M. de Beauregard , plus tard évêqno d'Orléans, 
finît d'appauvrir cette coHection en dépouillant rÉvêché des 
derniers manuscrits qu'il possédait. Ils passèrent aTec lui à 
Anxerre , lors de sa translation à ce siège. Ces manuscrits 
ftirent déposés plus tard à la bibliothèque impériale. 

Malgré tant de pertes , il serait néanmoins possible de re- 
constituer les archives de TÉvêché , sinon en totalité, du 
moins en grande partie. De nombreux ouvrages imprimés, 
dt« manuscrits variés existent dans les biblioihèqnes pu- 
bliques et chez des particuliers: il ne s*agit que d'étendre 
la main. D. Fonteneau, dans un voyage quil fit à Luçon, 
transcrivît, à lui seul, plus de deox cents chartes (1). Ainsi, 
toQt en déplorant la perte des titres originaux, des copies, 
d'une incontestable authenticité, subsistent dans les dépôts 
publics, où on peut les tronver. On obtiendrait facilement 
communication des uns et des autres. I^ ouvrages qui se 
trouvent encore dans le commerce pourraient, en outre, 
être achetés successivement aux frais du diocèse. Une pe- 
tite somme, allouée annueHement, mettrait à même de former 
cette collection , sans que la chaire devint trop onéreuse. 
— Des passages plus ou moins complets des ouvrages rares 
ou trop dispendieux pourraient être extraits par des sémi- 
naristes, qui trouveraient le moyen de se rendre ainsi utiles 



(1) D. Léonard Fonteneauu nè ù Juiiljr, diocèse de Bourges, $e fit reli- 
gîeui bénèdiclin à Page de 21 an». Il entreprit, en 17&i , Tlûstoire da 
Poitoa et celle de toute rAquitaiiie. Il passa sa vie entière à la recherd^e 
4çs diplÔDpiesi chartes, eiç..... Cçs qMtériaiii , réunis pendant TÛigt- 
ispt an?, forment une cpllection de quatre- vingt- «euf volumçs ifi-rol. 

La table des vingt-nenf premiers a été dressée par M. Redft, arçhi.- 
visle. Les Bénédictins de Ligugé s'occqpf«l |>r^i}Lteaiei]|t ^ç rédiger 
\f$ talilci des vomîmes qnj fest^t* 



280 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

aa diocèse, en employant leurs loisirs des Tacances (1). 

La source la plus abondante est , sans contredit , aux ar- 
chives delà Vienne. Déjà, sous Mg' Soyer, par suite d'ooc 
demande faite à Tautorité ecclésiastique, le vénérable évéqoe 
de Poitiers avait offert Thospitaiité de son séminaire ï quel- 
ques jeunes ecclésiastiques, qui seraient venus, chaque année, 
prendre sur place copie des chartes et des manuscrits de 
D. Fonteneau. 

Pour faciliter l'exécution de ce projet, nous avons rénnidans 
un mCme tableau Tindication des ouvrages et documents qui, 
à notre connaissance, pourraient être consultés avec avantage. 
Si la position actuelle de la caisse diocésaine oblige de 
l'ajourner, espérons que ce ne sera pas indéfiniment, et que, 
dans un avenir peu éloigné, le travail suivant sera de qnelqoe 
utilité pour arriver au but que nous indiquons. 

HISTOIRE GÉNiRALE. 

Recherches sur les peuples qui habitaient le nord de Tan- 
cien Poitou, par La Fontenelle. 

Histoire des rois et ducs d'Aquitaine , par Dufour et La 
Fontenelle. 

Les Annales d'Aquitaine, par Jean Bouchet, édit de Foi- 
tiers, 16/i4. 

Évêques de Poitiers, de Besly (2). 

(î) Ces copies seraient faites avec soin, sur des feuilles de papier de 
première qualité ( papier à bras ) , de même dimension , poor élre 
ensuite réunies et reliées en volumes, snîTanl une classification bien en- 
tendue. Chaque volume aurait sa table particulière, et toute la collection 
une table générale. 

(2) Henri Gbasteigncr de La Bocheposay, évoque de Poitiers affirmet 
dans une IcUre écrite au savant Dupuy , après la mort de Jean Besly, 
que cet historien possédait : 

1* Un Cartulaire de Mailleiais; 

$• Un grand nombre d'autres* titres origlnaui, relatifs à Thls- 



LES ARCHIVES DU DIOCÈSE DE LUÇON. 281 

ddUa chrisUana ( Province ecclésiastique de Bordeaux ). 

Histoire des comtes de Poitou, |)ar Besly. 

Histoire du Poitou, de Tbibeandeau. 

Recueil des historiens de France ,. de D.. Bouquet et ses 
coiiiiuuatcurs. 

Antiquités bénédictines, de D. Estionnot» è la Bibliothèque 
impériale. 

Ampltssima CoUectio, de D. Martène. 

Actes de Tordre de St-Benolt, par D. Mabillon. 

Spiciiegium de d'Achéry. 

Manuscrits de D. Fontcneao, 89 voL in-folio (Bibliothèque 
de Poitiers). 

Pierre de fllaillezais , dans la bibliothèque du P. Labbe. 

Papiers de Jean Besly , dans les mss. de Dupuy et d* André 
Duchesne, section des mss. de la Bibliothèque impériale. 
Voir le P. Le Long, t. Ilf , p. 426 et puiv. , y compris les 
mss. de Besly. — * V. le même ouvrage, partie ecclésiastique. 

Histoire de Saintonge^ Poitou et Angoumois, par Maichin, 
in-folio. 

Histoire de La Rochelle, par Arcère. 

Histoire de la Saintonge et de TAunis, par Massiou. 

Cartniaire des sires de Rais, par M. P. Marchegay. ( Ana- 
lyse imprimée dans la Revue des provinces de VOuest. — Le 
mss. original dans les archives de là famille de La Trémouille, 
chez M. le duc de La Trémouille. ) 

Archives du duché de Thouars, chez M. de La Trémouille 
et au château de Séran (Maine-et-Loire). 

Histoire de la Maison de Cbasteigner^ par A. Du Ghesne. 

toire du Poitoa, parmilesqnels plusieurs concernant le diocèse deLuçon. 
Il ajoute que Besljr a laissé en mss. une Histoire des évêques de Loçon 
et une autre des évêques de Maillczais, • biatoires analogues ft celle des 
èvéqnes de Poitiers. Que sont derenus ces divers documents, d^un si grand 
intérfti ? Ils ne sont pas parmi les mss*^ d» là Bibliothèque impériale. 



2^2 CONGRÈS ABCHftOLOCIQUE DE rRANGE. 

Généaiogte de h mâimn de Snrgères, per Vblird , pritur 
de Montournais (Se défier de TaulhenCidlè des pièees). 

D. Morice , Preuves de THistoire de Bretagoe. 

Archives de France , par Bordier. — Voir ce ^m cmnerve 
Kévêché de Loçon. 

Correspondance do cardinal de Riebelieu, MifOë de 
Luçon. — Dans la collection des Documents inédits sur l'Ili»- 
toire de France. 

Lettres » instroctions ei docomenls de CoNiert, publiés par 
Clément , de Tlnstitut. 

Corres|)ondaiiee adminisiralive sons L4Mits XIV , recaciUie 
et publiée par Dcpping. — Dans la collection des DocomenlB 
inédits sur THisloire de France* 

État do foitoa sous Louis XIV, par Dugasl-Xaiifeiix. 
. Recneil factke composé de mémoires , imptimés divers, 
factoms et autre» documents rebtifs au clergé da diocèse de 
L«coB (XVIF Biède), chei M. Aimé 6a«4y, à Manfray, 
OMBnMtne.df h RéQrtba. 

Affiches du Poitou , par Jouyneau des Loges , de i1T3 à 
1785. 

Biblioihèque de rjÉoofe des chartes. 

Noie» manosorites de Ik de La Fovtenefe , h la hihiio- 
ihèque de Niort 

. Mémoires et BoUelsiMiL de la Soeiélédee Aniifiiaires de 
rouest. 

Recherches historiées et archéokgiqiMs sur Fonleflay, 
par B. Fillon. 

Nombrccues copies de chartes oiicc SI Paul Marcbcff « 
aux Roches- Baritaod. 

Annuaire de la Société d'Émulation de la Vendée, oR 
volume par année (jlepuis 1853. 

Uiie pj^ par caaiAB « psMr P. Ujirçbegf^y (Aaqs VAnnwr^ 
deUS«eléléd*ÉiiiiilBlioft). 



LE8 ASCHIVËS VU DIOCÈSE DE LCÇON. 2S3 

Étaides liteni|«e& et ac|iiiîoMlf»ti*t8 mt h Vendée , par 
Léon Aude (inéme reoveîl). 

ReTse des pçovinoeB de rOuest , où on troof € plusieurs 
docoiscDCs ecdésiastictoes. 

Hbtoire des monastères et ordres religieux do Poitou , par 
deClieP0é. 

Nuîe9 et croquis sur la Vendée , par S», de MuotbaiL 

La Vendée, par de ^ismes. 

Poitou et Vendée , par B. Fillon et Oct. de Rochebrone. 

Fxcnrsinn archéoh)gique de Saintes à Luçon , par J.-L 
Lacurie, 1851. 

Statistique de CaYoieao et de La Fontenellc. 

Nuêls poiteTins de labbé Gusteau , curé de Doix. 

B1ST01BE PARTICULlàRE DO MONASTÈRB BT DB L^fcVÊGHi 
DB UfÇOH. 

Bouniu , Antiquités de Luçon , aux Bibliothèques de Niort et 
de Poitiers ( Anii{ptùate,s urbîs et Eccle^i^s Lvcianensù opéra 
et studio M. Joann. Bounin, etc. Fonieniaci^Comùùf 
Goiien Petit- Jan , tn-V; 1661 ). 

Histoire des évéques de Luçon , par Brumauid de Beau- 
regard. Manuscrit à Tévêché de Luçon ; manque le k^ cahier, 
dont on a la copie aux archives B. Fillon. 

Manuscrit et Notet de Bnioiaiild de Beauregard , chez 
M. lUerland, médecin à Luçon. 

Histoire du monastère et des évéques de Luçon , par La 
Fontenelle. 

Papiers de Févéché de Lufon ; arçbif es de b Vendée. 

Mandements , Lettres éptscopides , Synodus, Catéchismes , 
etc. 9 etc. ; à TéTêché de Luçon. 

Conférences ecclésias^iqiifs d^ dîMaëse de Luçon ; Paris « 
1680. 

Cat$Ghi«i9i) di» (roia ReorL 



28'4 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

Petit CérémoDial paroissial, par A. Bourbon, chanoine 
honoraire. Bidaud , Luçon , 186t ; \nS\ 

Manascrits de D. Footencau: Lnçon ^calbédralede> , 
36 pièces; Luçon (évêché de), 122 pièces (arcbiTes de 
Poitiers). 

Nolre-Dame-de-France. — Histoire du culte de la Sainte- 
Vierge dans le diocèse de Luçon, par Tabbé Âillery, 1859. 
— Mémoire approuvé par Mg*" l'évéqué de Luçon. 

HISTOIRE PARTICULIÈRE DD MONASTÈRE ET DE L'évÊCUE 
DE MAILLEZAIS. 

Histoire de Maillezais , par Charles Arnauld. 

Histoire de Maillezais , par i*abbé Lacurie. 

Bulle de translation de Tévéché de Maillezais i Foatenay. 
Original ( Archives B. Fillon ). 

Bulle de translation de Tévôchéde Maillezais à La Rochelle. 
Imprimé in-/i\ 

Papiers de Tévêché de La Rochelle. — Au secrétariat de 
Tévéché de La Rochelle. 

D. Fonteneau : 38 pièces .de 993 à 1317 , pour Tabbaye 
de Maillezais ; [\S pièces , de 1317 à 1596, pour Tévêché de 
Maillezais. 

ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX. 
Abbayes. 

Histoire manuscrite de Noirmoutier, par Conrard de 
Pnylorson, chanoine deGuérande. Â la Bibliothèque de Nanre& 

Histoire de l'abbaye de Tonrnus, par Pierre de Saint-JolioDi 
par Chifflet , par le chanoine Joenin. 

Histoire de Noirmoutier, par Piet ; deux édit. 

Papiers de l'abbaye de St-Michel-en-l'Herm. Aux archives de 
la Vendée, à la préfecture de Versailles. Papiers La Fontenelle. 



LES ARCHIVES DU DlOCteE DE LUÇON. 285 

Archives du collège Mazario et de la maisoD de SuCyr. 
D. Fouteneau, Monastère de St-Michel-eQ-rHerm; ISpièces. 
Cartalairede S^'-*Croix-de-Talmood ; arch. de la Vendée. 
O. FoDteneau, abbaye de Talmond; il pièces. 
Cartulaire d'Orbcstiers ; arcbi? es de la Vendée. 
Gartalaire de St-Cyprién de Poitiers. Manuscrits de la 
Bibliothèque impériale. 

Chartes de la Grainetière dans D. Fonteneau; 103 pièces, 
de 1106 à 1625. 

Chartes de St-Hilaire de Poitiers, publiées dans les 
Mémoires des Antiquaires de TOuest. — Les originaux 
aux archives de la Vienna Dans D. Fonteneau. k^\ pièces. 

Papiers de S^-Radegonde de Poitiers. — Archives de la 
Vienne. — D. Fonteneau. 65 pièces. 

Recueil de documents sur les sires de Mauléon et sur 
Tabbaye de la Trinité de cette ville, réunis parMg' Coussean, 
évêque d'Angoulême. Notes manuscrites.— D. Fonteneau. 5^ 
pièces. 

Histoire manuscrite de l'abbaye de Mauléon « \ la Biblio- 
thèque S**-Geneviève. 

Copies de chartes relatives à Tabbaye de St-Jonin-de- 
Mame. Collection Gaignières, publiée par M. Grandmaison 
dans le dernier volume de la collection de Statistique des 
Deux 'Sèvres. 

D. Fonteneau , abbaye de St-Jouin-de-Marne ; 23 pièces. 
Histoire de l'abbaye de Nieul-sur-PAulise, par Charles 
Arnauld. 

Papiers de l'abbaye d'Angles , à l'évéché d'Orléans et dans 
les papiers La Foulenelle. 

Chartes de l'abbaye de TAbsie , aux archives des Deux- 
Sèvres. — Chez B. Fillon. — Copie d'une grande partie des 
chartes , de la main de J. Besly , dans les manuscrits de la 
Bibliothèque impériale. 



tH GONGftb AftG8èOL6Gl<^£ îk nàSKOL 

QBttiàâélVMifè de TIbay, 4Àià O. PottteâéM. h- 
ptorsla fomeiienei 

NtflloeMr t'aèlmjfe Ad ttt Chamrël» par Anène GoAnb, 
prieur du raWastèil^i Knitéa, CiléraliMl, tB56. 

Canuhire dé Bois^GnoHalid ( ftrèbites de ia pÉtfedrirede 
li Véndie), puUiéfttar H; PtfuI Mardi^ghy. D. FùtteatêÊ. 
60 pièces. 

Gbârtes de fonditii»! de l'aMnfjre de Jtrd. Ârdiives fikm. 

Histoire latine de TablMye de La Blanciie» par Hadaud 
(Joseph) • inoioe de l'abl>aye, de\eiia curé deTefjac, ptèi 
Nootroi}^ ûMtat de linegès. «^ Hanoscrit^ ao séaUuaire de 
Linoges ou ii h BiMieibè^ae iiii)iéFiaK 

Gliarte de fondatidtt de Patiltoye de La Blahche, et aoircs 
chartes. — Archives Filloa. ^ D. fonteiieaii. 17 pièces 

Carmlaire des FonteneHes ( Ettrait oianosei'it chez M. Do- 
gast-MalifeUx}. DattsD. Fonteoeao» 6 pièces. 

Cartulaire de Poutemuit (ardrive^ de IklaiiM^t-Lnre). 
Dans D. FoDleneau, 9 pièces. 

Clffeus FomebraUlensis , par Alainferme* 

Pw4ewupéM et Chapelles. 

diartes origiMiks des prieurés du Bas-Poitoa« publiées pir 
H. r. Marchegay. — Les doubles de ces chartes sont aos 
archives delà Vendée. V. aussi aux archives de Teurf^. 

Prieuré de la Chaise-ie-Vicorole ( Charles publiées par 
M. P. Uarchegay ). 

Prieurés d*Aizenay, de Bram, de Fontaines, de 1* Ile d'Ycv, 
du FuybeUiard , de Commequiers , de la Rodie-sur-Yoïi, de 
Salartaine , de Sigouruay , de Treize*Vents. 

Dossier sur les prieurés dépendant de St-Cypricn «- Ar- 
chives de la Vienne. 

Charte imprimée des Brourils. — Archives FiUnn. 

Archives des prieurés dépendant de Tordre de Fontevrauk ; 



Les AtCËlVES M DIOCÈSE l>£ LtfiOtl. 38) 

iMbM» et Iiiiiie-et4^i%;-^0ii y irsure ceoi de Mooitigii) 
des Cerisiers , Bois-Goyer. 

Cartalake de la chapcile de h Joda&ierie de llareuil 
(Arch. FilloD). 

Charte de Toodalioode laCorrectorie de Grammool, Si Ro- 
chescrrière (Archifes Dugast-llf atifeux )• 

Notice sur St-Cyr-en-Talmondaia. — B. Filloo. — Deux 
édkioiis, iO'-S'', ia-&^ 

Cartulaîre de Notre-Dame de Fonïcoay, i la ilïaîrie de 
Footchay. 

Chronique paroissiale de Notre-Dame de Fontenay, par 
Tabbé Aillery. Manuscrit. 

Recherches archéologiqito sur Notre-Dame de Fontenay 
(Vendée) , par F. Boncenne ; 185 A , in-8^ 

Lettre de HI. Oct. de Rocbebrune, sur divers documents 
artistiques relatifs à Téglise Notre-Dame de Fontenay, |>ar 
B. Fillott. 

Documents relatifs aux fabriques de diverses églises du dio- 
cèse de Luçoo. — Archives de la Vendée. 



Papiers du Grand-Prieuré d'Aquitaine ^ relatib aux béné^ 
fices de Bas-Poitoo ( Archives de hi Vknne }. 

Papiers de h commanderie des Fossés-Châloos» chez M. Ar- 
mand Grossetière» i Luçon. 

Féodaltté* 

Registre des aveux rendus i Jean de Bcrry par les posses- 
seurs de fiefs du Poitou ( Archives de la Vienne). 

Mémoires sur les justices royales, ecclésiastiques et sei- 
gneuriales du Poitou , par Bcauchet-Fiilcau. — Poitiers , 
1845 ; br. m-8^ 

Dictionnaire des familles de l'ancien Poitou , par Beauchet* 



288 COriGftËS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE* 

Filleau. — Livre qui doit être consulté avec une certaine 
déGaoce. 

Histoire ecclésiastique de Théodore de Bèze. 

Histoire des Protestants du Poitou , par A. Lièvre; 3 vol. 
in -8». 

Chronique du Langon. 

Les Églogues et autres œuvres poétiques de Jacques Be- 
reau, Poiclevin. — Poitiers, B. Noscereau , 1565, in-û". 

Détails sur les guerres civiles de 1562. Ex. à la Biblio- 
thèque de TArsenaL Paris. 

Histoire des troubles en Poitou, par Pierre Brisson. 

Histoire de France , par Lancelot Voysio de La Popeli- 
niôre. Édition en 3 vol. in-K La Rochelle. 

Journal manuscrit de Généroux^ notaire à Partlicnay, 
publié par B. Ledain. 

Journal de Le Riche , de St-Maixcnt. 

Histoire de d*Aubigné. 

Procès-verbaux des destructions d*églises par les Protes- 
tants, au XYP siècle^ et plaintes portées à ce sujet (BibL 
de Poitiers). — Id. , manuscrit de D. Fontenean. 

La France protestante, de MM. Haag. 

Bulletin du Protestantisme français, publié |)ar M. Rcad. 

Arrêts de Jean Filleau. 

Mémoires de Foucaud. — Renseignements sur la révo- 
cation de rÉdit de Nantes en Poitou (Collection des docu- 
tnents inédits sur l'Histoire de France), 

Rôle des nouveaux convertis de Poitou à la foi catholique. 
Paris, 1862, in-/i' (BibL de iNapolcon- Vendée}. 

RÉVOLUTION* 

Documents divers sur le clergé des diocèses de Luçon et 
de La Rochelle, 1789 1796 (Archives du Corps législatif). 



LES AnCHlVES DU DIOCÈSE DE LUÇON. 289 

Docaments relatifs au serment du clergé ( Archives de la 
Vendée; archives de B. Fillon). 

Comptes-rendus du Conseil général de la Vendée, 1791- 
1792. 

Documents sur Téglise constitutionnelle (Ârchifesdu Corps 
législatif. — Archives B. Fillon et Dugast-)Jatiicux. — Notes 
manuscrites de M. J. Bretbé, à la Tonnette , près Monlaigu ). 

Archives Dugast et Fillon. — Papiers sur la Révolution de 
1792. — Vente des biens ecclésiastiques. 

Documents relatifs à la vente des biens eccléiiiastiques 
pendant la Révolution (Préfecture de la Vendée et archives 
de B. Fillon). 

Mémoire de Brumault de Beauregard sur le clergé de 
Luçon, 1792 (Archives B. Fillon, manuscrit original). 

Documents relatifs à la déportation des prêtres non asser- 
mentés ( Archives de la Vendée). 

Documents sur les ecclésiastiques de Luçon et de La 
Rochelle réfugiés en Angleterre ( au British-Museum , 
Londres ). 

Guerres des Vendéens et des Chouans contre la Répu- 
blique française , par Savary. 

Documents divers sur les ecclésiastiques qui ont suivi 
Tarmée vendéenne (Archives Fillon). 

Comité ecclésiastique de Tarmée vendéenne, 179S. — 
Pièces manuscrites et imprimées (Archives Fillon). 

Papiers Goupilleau ( Archives B. Fillon ). 
Ahnanach du clergé vendéen, 1789-1792-1801, ou avatu, 
pendant et après la Révolution. -^ Ouvrage manuscrit de 
Tabbé Aiilcry. 

SCHISMES. 

Petite-Église, nombreuses brochures (Archives Fillon et 
Dugast). 

19 



MO C02fGIIÈS ARCHÉOLOGIQUE DE niAlICB. 

Brochures di?erses sur relise françaiiie de Fooitté et de 
Péiosse , par Charon et autres. 

STATISTIQCE ECCLÉSIASTIQUR. 

Pomllé d« France , par Baitnier. 

Clergé de France , de Pabbé Dutempff. 

Fouillé de la province ecclésiasiique de Bordeaux» 

1^ Grand-Gaulbter ( BiMiothèqne de ia ville de Poilieis). 

Fouillés dîvenv — Pour Loçon : Visife nus** du dw- 
cèse, en 4536; à la mairie de Luçon; ^ ponillé d'Ailiot, 
1668; — collations de Mg' de Colbert, 1665-166S; — 
Livre rouge, XVFIl* siècle; — pouillé de D. FoMeneaii, 
XVIII siècle; — visite de Mg' de Mercv, 1778-1779. 

Pour Maillezais: pouillé d'Ailiot, 1625; -~ id. , 1663; - 
viHite de A. Outin, 1655; — pouillé du XYlPsiède;- 
viyile de Mff de Menon , 1738-1760. 

Fouillés des diocèses réunis de Luçon et de Maillezaîf , par 
Tabbé Aillory, in-6''. 

Insinuations ecclésiastiques (évêclié de Luçon ). 

Staiifttiquo ecclésiastique des paroisses de révêoké aclod 
de Luçon (1860), manuscrit de Tabbé AiHcry. 

Visiies du diocèse de Maillezais pour les années 1601 et 
1617 (aux Archives de la Vendée). 

HAOlOCnAPaiE ET BIOOnAPHIES. 

Histoire des Saints du Poitou , par Tabbé Aubor, cha- 
noine de Poitiers. 

Id. , par M. de Chcrgé. 

Liiani<t pictonica ^ par IL-L Chasleigner de La Rochc- 
posay, é\éque de Poitiers. — Poitiers, veuve Meinicr, 
1626, in-K 

Litanies de sainte Radegondc, dans les Annales d* Aqui- 
taine., édition de 16^6. 



LES AUCIIIVES DU DIOCÈSE DE LIÇON. 291 

Légende de saint iMartîn de Verlou, tirée d*an Lcctioonaire 
de St-Aubin d'Angers, dans les conciles de la métropole de 
Tours, manuscrits de Tabbé Travers (Bihl. de Nantes). 

Vie de saint Martin de Vcrtou, par Albert Le Grand et par 
D. I.obmcai]. 

Histoire dé saint PbHbert , par Tabbé Michaud. 

Tie de René Moreau , curé du N.-D. de Fonlenay, par un 
anonyme. 

Vie du même personnage , par R. Fillon. 

Documents originaux sur René i\]oreau ( Arch. B. Fillon). 

Oraison funèbre et vie de Mg"" de Barillon , par Dupuy. 

Vie de Mg' de Lcscure , par l'abbé Durand. 

Vie dn P. Montfort , par Tabbé Dalin. 

Oraison funèbre de iMg' Laurent Paillon , é^Oquc de 
Lnçon ( ArchKes de La Rochelle). 

Oraison funèbre de Mff François Soyer, évèquede Luçon, 
pr Tabbé Monnet. 

Vie do P. Baudouin , par Tabbé Beihuys. 

Vie do P. Monnereau , par le même. 

Vie dn P. Baizé • par le même. 

ICONOGRAPHIE. 

M. Th. Arnaodet , attaché au Cabinet des estampes de la 
BibHntlièqne impériale , prépare un travail très-complet sur 
riconngraphte dn Poitou , dans loquel on trouvera tous les 
renseignements désirables sur les cartes, plans, portraits, 
gravures » dessins ^ vues de monuments, etc., ayant trait à 
rhistoire ecclésia^ttiquedu diocèse. 

Il serait |)ossible, nous n'en douions pas, d'élendi*e cette 
nomenclature; telle qu'elle est, elle peut suffire. Nous ter- 
minons en disant que la plupart des ouvrages imprimés, men- 
tionnés plus haut , se trouvent dans toutes les bibliothèques 
publiques. 



MEMOIRE 

SDRCITTIQCmiOII: 



^^1 Ml l« iNelll««if pimm é «itivre yt tr la i»é rf » e€l ii 



Par m. l*abbê AILLERT. 



AVANT-PItOPOft. 

Les chroniques paroissiales sont des registres lenos par 
les ecclésiastiques attachés au service des paroisses et sur 
lesquels sont mentionnés , jour par jour , pour ainsi dire , 
les faits religieux et historiques passés dans les limites de 
leur territoire. 

Nul ne peut mieux qu'eux entreprendre ce travail et lai 
donner ce cachet d'authenticité si nécessaire aux ouvrages 
hbtoriques. Il est digne d'occuper leurs loisirs , et chacun 
peut y trouver une matière abondante , facile à étendre oo 
restreindre suivant son aptitude ou ses goûts. Les sciences 
naturelles « la géologie, la botanique ^ la zoologie de la pa- 
roisse, l'industrie, le langage, les moeurs, la religion du 
peuple , les recherches historiques surtout , y trouvent na- 
turellement une place : il n'a que l'embarras du choix. Si 
chaque localité , ainsi étudiée , })eut fournir le contingent 
d'un travail intéressant , consciencieux , de quelle utilité ne 
serait pas un pareil ouvrage pour Thistoire particulière de 
notre pmvince , pour l'histoire générale ? Mais avant de 
commcucer ce livre journal de la paroisse , il est nécessaire 



BÉDACTION DES CHRONIQUES PABOISSIALES. 293 

de jeter ao r^ard en arrière , et de retracer dans un même 
tableau Thisloire de son passé. 

Nous proposons un plan facile , qui puisse convenir aux 
plus grandes comme aux plus petites paroisses de ce diocèse. 
La première condition est de suivre , avant tout » Tordre 
des temps, comme l'indique le tableau analytique qui suit ^ 
que nous avons pris dans le pr<^ramme même du Congres, 
agréé par M. de Caumont : 

PLAN D*UN£ CHROlMQUË PAROISSIALE. 

1° Tem\ys primitifis et période celtique. 
2* Période romano-gauloisp. 
y Époque chrétienne. 
U** Statistique actuelle. 

Reprenons : 

1® Temps primitifs et période celtiq.ue (I). 

De répoque celtique sont les monuments druidiques 
nommés menhirs , peulvans , etc. , — haches en pierre , — 
sépultures, — poteries , — objets en bronze , — lieux dits 
Folie et Marlrais , légendes des fées , des dames blanches , 
des fontaines , etc. 

0® iPériode ronxano-grauloise. 

Il £iut ranger dans cette catégorie les débris et vestiges 
d'habitations,— villas, ^ armes, — poteries,— monnaies,— ^ 

(i) L^bistoire des temps antérieure à la donnée liulorique est 
encore trè»-incerlaine : la science u*a point dît son dernier mot sur 
cette époqae , qui se compose plus partlcuUi^remeot de ce qu'on 
appelle Vâgede pierre^ 



29/i CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE D£ FRANCE. 

ustensiles, — sépultures^ ^— toiles à rebords, — brrques ro- 
maines, vases funéraires, — voies romaines , — cliâielicrs ,— 
cliâlelars , — Château-Gaillard , — camps romains , etc. 

3° Xpoque clirétienne. 

1*" H'stoire religieuse. — Commencement du cbrist'anûsme 
dans la contrée.— Premier établissement religieux, — abbaye, 

— prieuré, — son patronage ; — église paroissiale, — .sa de- 
scription arcbéologique ; — objets d*art religieux,— cimetière 
ancien, — tombeaux, — chartes et vieux documents, — liste 
des curés et vicaires, — visites épiscopales, — confréries, — 
inscriptions, — sceaux ecclésiastiques. 

2" Périodes mérovingienne et carlovingienne» — Sépul- 
tures, — vases funéraires, — armes, — bijoux^ — ustensiles,— 
monnaies de ces deux périodes. 

3* Féodalité. — Mottes féodales, — châteaux, — genlilhom- 
mières , — noms et liste des seigneurs du lieu, — armoiries , 

— sépultures, — pierres tombales, — droit de litre, — sou- 
terrains, — fuies,— sceaux, — armes, — objets diversw 

ii" Ère moderne , qui commence avec le XVl* siècle. — 
Guerres de religion des XVP et XVIP siècles.— Révolution, 
— constitution du clergé, — guerre de la Vendée, — Coa- • 
cordât. 

4" Statistique actuelle. 

Division du territoire, — population , — revenu de la com^ 
mune, — de relise, — impôts ,— écoles,— admiuisi rations,— 
assemblées, — cadastres , etc. 

£t pour joindre le précepte à Texempte et donner on 
spécimen de ce que nous entendons par chronique parois- 
siale, nous avons fait le choix d'une paroisse dénuée, à pre- 
mière vue , de tout monument historique. On n'y trouve ui 



RÉDACTION DES CHRONIQUES PAROiSSlAUS. 295 

ces vieux castcls fortiGés de tours el envirounés de douves , 
ni ces abbayes importantes , où de laborieux cénobites con- 
servaient dans le charnier du monastère l'histoire de la 
contrée. Nous n*avons point pris une localité située dans un 
pays riant et accidenté, qui pût nous permettre de joindre au 
style les charmes des descriptions poétiques. EnGn , ce u*est 
pas non pins une ville importante par ses archives , ses admi- 
nistrations. Nous avons préféré le centre d*une population 
toute champêtre, placée sur les limites de la plaine et du 
marais. Nous avons voulu donner une preuve que le lieu le 
plus retiré pouvait fournir matière à des études intéressantes» 

NALLIËRS. 

TEMPS PRIMITIPS ET FBRIODE CCLTIQCJR. 

Si de Fontenay vous vous rendez à Luçon , vous aper- 
cevez sur la gauche , à quelque distance de la route , une 
ligne verte qui tranche avec Taspect uniforme de la plaine : 
c*est le Marais. —Cette ligne, sur la carte, est facile à 
suivre. D'Arsay, dans les Deux-Sèvres , elle longe les -terri- 
toires de S^'^-Christine , Ghalais, Fonuine, Montreuii, Vcl- 
luire, le Poiré, le Laugon, Chanais, St- Denis, St-fieno!t, 
Aogles , Longeviile , Talmond (1). — La mer a dû , à une 
époque reculée, couvrir ces terres, et la seule inspection des 
lieux et des indices nombreux témoignent de Taiitique 
séjour de l'Océan. 

Quelques lies surgissaient au milieu de ces eaux , que les 
écrivains anciens et modernes ont , plus tard , désignées sous 
le nom de golfe des Poitevins. 

S*îl était possible de révoquer en doute le séjour de 

(1) L*abbè Lacune , Cavoleau , La Footenelle. 



296 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

la mer sur ces marais , il suffirait de les parcourir pour 
acquérir la preuve de ce fait incontestilble. 
• Des coquillages, en effet, semblables à ceux de la côie 
' voisine, sont disséminés sur la surface ou ensevelis à quel- 
ques mètres de profondeur. 

A quelle éi)Oque historique les rives de ce golfe ontH^Ucs 
été habitées? Quelles traces ont laissé ces populations de 
leur passage? Voilà ce que nous nous sommes proposé 
d*étudier dans la commune de Nalliers. 

Ou conçoit que les populations venant de Pintérieur ont 
dû clioisir de préférence des rives poissonneuses, qui leur 
promenaient une nourriture abondante , tandis qu'une côte 
basse, des îles nombreuses offraient aux étrangers, du côté 
de la mer , un accès facile et les mêmes ressources. 

Ces rivages ont dû nécessairement être un point choisi et 
habité par les anciennes peuplades de la contrée. — Parmi 
les traces de leur séjour , il est une classe de monuments 
antérieurs à la donnée historique, à laquelle on ne peut en- 
core attribuer de dates certaines. Nous croyons donc utile 
d*en parler avec une extrême réserve , et de nous cooteuter 
d'en constater l'existence et de les décrire. Le sol de Nalliers 
nous eu a fourni de trois sortes : 

l"* Objets en silex, grossièrement taillés; 

2° Dépôts considérables de cendres, qui sont un problème 
pour la science ; 

3"" Instruments de terre cuite qu'on rencontre mêlés à ces 
cendres. 

D'autres lieux fournissent divers monuments, tels que 
vestiges d'habitations lacustres on construites en terre 
ferme, sépultures, fragments de poteries, etc., etc. 

Nous trouvons, en premier lieu* des haches en pierre, 
dont l'une est percée pour recevoir une lanière servant à la 
suspendre. 



BÊDACTICN DES CHRONIQUES PAROISSIALES. 297 

Des dépôts de cendres existent : 

1"* à Nalliers, à Tlsleau-Ies-Yases , et couvrent 16 jour- 
naux d'étendue ; l'épaisseur varie de & à 6 pieds. Ces 
amas de cendres remontent , sans nul doute, à la plus 
haute antiquité ; on y trouve m^iés dés fragments de 
terre cuite. On y a découvert des armes , des poteries ro- 
maines , des amphores, des sépoltares, des fours, des 
moules, des substrnclions considérables; mais, ces objets 
n'étant jamais qu'à la superficie des couches et mêlés à la 
terre végétale, on doit nécessairement en conclure que ces 
dépôts de cendres sont antérieurs à la domination romaine. 

Sur plusieurs points existent des cendres semblables à 
celles de l'isleau-les- Vases. On en reconnaît : 

2*^ Au port de Nalliers, avec vestiges de terres cuites et 
toujours sur le bry, 

3** A l'Ile , où au milieu du dépôt fut trouvé un cadavre 
humain. La tête, étudiée par M. Etienne Auger, docteur en 
médecine à Nalliers , présentait tous les caractères de celle 
d'un Nègre : dépression excessive du cerveau, pommettes 
saillantes, fortes mâchoires, développement du cervelet; ce 
squelette était celui d'un homme d'une trentaine d'années. 
Celte conformation est semblable à celle des crânes trouvés 
dans le tumulus de Bougon (Deux-Sèvres) et déposés au 
musée de Niort (1). 

U"* A Chevrette, près du Pont-Silly. 

5" Au Bot-de-l' Homme , au lieu nommé la Terpe-à- 
bâiir (2), tènement des Terpeaux, en Sl-Martin-sur- 
Mouzeuil. 

6^ Au Jart'St'Âubin (3). 

(i) ComiDanication de M. B. Fil Ion. 

(2) Terpe , nom donné, aux environs de Nalliers , à tout lieu élevé 
dans le marais; c'est un root d'origine gauloise : eu irlandais, torpan, 
élévation; torgot, monticule (breton). ^ Comm. de M. Cardin. 

(3) Jart , lieu OÙ Ton renferma les l)€sliaux près des maisons, 



208 GO.NGRÈS ARCllÉOLOGiQUE DE FBANÇE. 

T" On en trouve également, suivant M. Àuger, sur la 
commune de Luçon, sur celle du Laogon, au lieu dit les 
Lioeaux. 

tes mômes remarques oui été faites et les mêmes dépôts 
ont été observés par le frère de ce dernier , M. Auger, pro- 
priétaire à Champagne, qui a trouvé des cendres au Poiré, 
à la Bosse-aux^Mons, en Puyravault , sur le chemin de Vis 
à Moricq et sur celui de Champagne, Puyravault, S^*- 
Radegoude. 

Ces cendres sont en grande partie le résidu de terre 
brûlée, cuite: et pour en bien juger , il faudrait les analyser 
sur plusieurs points. 

Mais, circonstance pleine d'intérêt et digne de remarque, 
c'est que M. Auger a trouvé, dans la propriété de M. An- 
gibaulty un grand nombre d'builres intactes, avec leurs 
charnières, et placées au milieu môme du dépôt de cendres 
où elles avaient vécu. 

Au nombre des fragments en terre cuite trouvés au milieu 
des couches de cendres , on remarque de nombreux exem- 
plaires de deux objets d'un tiavail grossier » dont il a été, 
jusqu'à ce jour, impossible de déterminer la destination. L'un 
est une espèce de rouleau fait à la main; la partie inférieure 
se termine par trois pieds, à l'aide desciuels cet in^^tru- 
ment peut se tenir debout (1). Les uns ont voulu y 
voir une lampe grossière, d'autres les débris d'une balus- 
trade on de supports pour un plancher. Ënfm , les deriûers 
ont cru que ces objets servaient à séparicr , par couches suc- 
cessives, les vases et autres poteries disposés pour la cuissoa 
dans un four antique. 

Disons que ce qui est plus certain , c'est l'indécision qui 
règne sur l'usage de ces ustensiles et qu'on ne trouve jamais 
entiers , mais toujours brisés. 

(1) M. Auger en possède un qui u*a que deui pieds. 



BÊDACriON DES CRttOMQULS PAROISSIALES. 299 

Nous entrons dans la période celtique , plus connue , 
mieux caractérisée. Nous trouvons à Nalliers, pour cette 
é|KN|ue, des armes, des monnaies, des poteries, des sépul- 
tures... 

Armes. — Une hache de bronze à rebords retournés. 
Trois ou quatre instruments en corne de cerf ou d'élan , 
trouvés dans les cendres de l'île. 

Mounaivs. — - Los moimaies gauloises sont : 

1" Statére iCdcctrum ^ à bas litre, type poitevin à la 
main. 

2*' Potin , tête infortuc , au revers du Taureau comupète. 

3" Pelit-hronje du chef COX rOY TOS. 

&*" Petit-bronze du chef ÀTECTORr. 

5" Petit- bronze anonyme. 

La plus ancienne de ces monnaies remonte à la fin du 
!!• siècle, avant l'ère chrétienne. La plus récente est contem- 
poraine de Tibère. 

Poteries, — On trouve des fragments de poteries celtiques, 
soit au-dessus des cendres , sojt surtout dans la plaine , à 
quelque distance de risleau-les-Vasen. €c sont , eu général » 
des restes d'écuelles et de vases à boire. 

Sépultures. — A Tlsleau-les- Vases, plusieurs sépultures 
romano-gauloises par incinération renfermaient des am- 
phores ayant l'orifice et le col brisés : circonstance remar- 
quée en plusieurs endroits de la Gaule et de la Grande- 
BreUgne (1). 

Si maintenant nous consuhons la matrice cadastrale pour 
y chercher les vieux noms rappelant l'époque qui nous 

(1) Coinmuiilcalioa de M. B. Filloii, 



300 COKGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

occupe, nous trouvous la dénomination de Folie ap|iU- 
quée à un coteau aride et pierreux, situé commune de 
Fouillé 9 presque sur la limite de Natlicrs, dont elle est 
séparée par le Chemin^Vert (1) , se dirigeant sur MareniL— 
Sur un point culminant où les communes de Nalliers, 
Mouzeuil, Pouiilé et S:-Étieune-de-Brillouet se réunissent et 
où plusieurs chemins forment une espèce de carrefour , on 
voit une vallée qui porte encore le nom de Poyzac. Près de 
là, dans la commune de Nalliers, on trouve sur la hauteur des 
tombeaux en pierre , c'est le tènemeut des Justices. 

Nous devons h M. B. Fîllon la communication des objets 
indiqués ci-dessus et trouvés par M. le docteur Anger. qui 
les a étudiés avec soin. Ces Messieurs ont bien voulu nous 
faire part de leurs observations, dont nous avons fait notre 
profit. 

PÉRIODE ROMANO-GAULOISE. 

Après plusieurs années de succès et de revers , Rome 
venait de soumettre la Gaule entière à ses lois. Ses habitants, 
obligés de subir le joug des vainqueurs, en subissaient un 
autre , au milieu de la paix , d*une nature plus pacifique et i 
leur insu. Avec l'influence romaine s'introduisaient, dans nos 
contrées , la civilisation , les arts , l'industrie des vainqueurs, 
et nous trouvons sur le territoire de Nalliers de nombreuses 
preuves de cette assertion. 

£n plusieurs endroits apparaissent des débris de poterie 
commune. Sur quelques fragments d'une terre rouge , on 
distingue les noms des potiers romano-gaulois qui les ont 
fabriqués, ce sont : 

(1) Dit, plus tard, chemin des Souncrcit ou des Saulniers;— delà 
fiifêeapte , chemin d^ S<nnts^ 



BÉDACTION DES OHRONIQtJeS PAltOISSlALES. 301 

S. CBTS. ) ,, . . , . 

> d origine gauloise 

COCVB. ) 
LVPOS. 
RVPI. M. 
P. VLP. 

A ces poteries , il faut joindre on certain nombre de frag- 
ments de verre » dont quelques-uns de couleurs Tariées (Don 
de M. Auger). 

Dans les sépultures et isolément , on trouve des flûtes en 
o& Un de ces instruments est d'une forme on peu différente, 
eo ce que Tembouchure , au lieu d'être ronde , a la forme 
d'un parallélogramme. Elle est ornée de dix figures circulaires, 
composées chacune de six cercles ronds concentriques. 

Amies et ustensiles. — Gomme appartenant à cette même 
époque , citons deux bracelets de femme , en bronze , très- 
bon travail du V siècle , trouvés Tun et l'autre au bras qui 
les portait réunis ensemble ; 

Un fragment de cuirasse de bronze , peut-être gauloise , 
grand nombre d*6pées de fer avec le pommeau de bronze en 
forme de fleuron : ces pommeaux sont très-petits ; une foule 
d'instruments et d'ustensiles de fer , tels que compas , mar- 
teaux , chaînons , faucilles , couteaux , haches , etc. ; meules 
à moudre le grain , miroir de métal , fragment de chandelier 
de bronze , épingles , agrafes , etc. 

Les monnaies romaines sont nombreuses : les plus an- 
ciennes sont des deniers d'argent consulaires , qui ont , en 
général, beaucoup circulé et sont très-frustes. Viennent, 
après, des monnaies d'Auguste. La plupart des empereurs 
sont représentés par quelques pièces communes jusqu'à 
G ration , qui termine la liste. 

A St-i\iartin-sous-Mouzeuil , outre des tuiles à rebords^ un 



30^ CDXCRtS ARCIIÊOtOr.TQUE DE FRAXCF. 

dépôt de monoaics romaines a été mis à dûcouTerL Blés 
appartienoent aux deat premier» tiers du III' sîède. Ce sont 
des monnaies de Gallien , Poslume , Tetrîcas , Victorin. U 
dépôt t)araU avoir été confié à- la terre soos Tetrictis. 

Enfin, nons meniionncroos deux ampiiores , Tone HrovTée 
près la ceinture des Hollandais^ dans la marais, i 2 kilo- 
mètres environ des terres hautes. EUc élail h dcconven et a 
3 centimètres d*épaisscnr. L'antre fui recueillie dans les 
champs. 

Non loin de Chevrette , sur les limites de la pbîoeei do 
marais , est on ancien ihit qmr s'élevait jadis au-dessus des 
terrains mouillés. Cet endi^it porte le ncm caractértstiqoe 
de Châtelier , indice d'un ancien lieu de refuge. Ces peints, 
nalurellemew fortifiés , ont servi aux populations celtiques , 
puis aux Uomano-Gaolois dès les IV' et V* siècles, et enfin 
aux habitants du pays fnyant les invasions noi mandes dos 
1\* cl X" siî'cles. 

Ètjftnologie de NalUers. — Vei^ cette même époque a du 
apparaître le nom mCme de la localité , ohjet de nos étode& 
Diaprés M. Cardin , dont l'autorité en celte matière est bien 
connue , Nalliers serait un nom romano-gaulois, venant pro- 
bablement de celui d' mi individu nommé Nalhalis (Nathû" 
larùt). Couf. Natlialiacum (Naillac). Si c'était Aa/WariVp , 
ce nom serait du lîï' ou IV* siècle. 

^.POQUë niRÉTIKXNE 

L'É\angilc, piéclic des les premiers siècles dans la Ganle, 
se répandit promptemcnt dans les contrées d'un accès facile: 
les* rivages de la mer , les lieux importants , etc. , furent les 
premiers à recevoir la bonne nouvelle. Si nous ne trouTons 
pas de traces directes pour la localité qui nous occn|)o , on 



bêdâction des chboxiqucs paroissiales. 303 

p^ot croire cependabt qo^elle fut convertie de bonne heure 
an christianisme. Le voisinage du Langon , où a été trouvée, 
il y a qnelcpics années , t*inscn|)tion d*nn tomhean chrétien 
de la fin du II r siècle on dti commencement do rV*, consmte 
que h religion de Jésns- Christ avait d^ji dans la contrée ses 
martyrs. La palmette, gravée an commencement d^ Tin- 
scripiloo ainsi conçne : 

ROXVLVS VERPANTI. F. 

doiix petits poissons en verre , recneillis sur les mêmes lieux, 
indiquent que Nalliers , situé sur les bords de Tancien golfe 
des Poitevins , ne pouvait être étranger an mouvement qui 
se manifestait alors dans les ]K>putations , à une ticoc de ses 
limites. 

Le premier établissement religieux de Nalliers fut , comme 
presque partout ailleurs, un prieuré , monasieriolum. Mon- 
treuil (i) , dont la maison existe encore dans le voisinage de 
l'église , montre assez que TédiGce , primitivement chapelle 
du monastère , mérita plus tard , h cause de Timportancc du 
Ken , d'être élevé an litre d'égKse paroissiale. I^ dépendance 
immédiate de cette chapelle prieuralc de Tévéque de Poitiers^ 

de dono episccpi^ indique que saint Hilaire» Tillustre évêqne 
du lY* siècle , nommé à Juste titre Tapôire des Gaules , ne 

fut pas, sans motif, cheisi de préférence pour patron d'une 

paroisse qui lui a toujours été consacrée. 
Ce qui prouve d'une manière plus positive la préexistence 

de Montrcuil à Nalliers , c'est que la plus ancienne et la plus 

importante seigneurie connue du lieu , Chieau les- Vases ^ et 

(i) La traduction de ce nom ne laisse aucune incertilude : il suffit 
d^oinrir un diclîonnaire géograpliiqiie pour s'assurer que Ions les ho- 
monymes de Montreuil ont pour origine un petit i^tablissemenl ecclé- 
siastique, moiKurmo/Nm, 



iùk CONGBkS ARCRÊOLOGIQOE DE FRAMCB. 

quelques autres geotilhommîères, lui payaient une re- 
devauce. 

L*église de St-Hilaire est de la fin du XIP siècle ou 
du commencement du XIIP ; mais il ne reste qo*uiie 
partie du chœur qui puisse être attribuée à la première con- 
struction. Le support de deux voûtes est remarquable: c*est 
le Christ triomphant , assis dans un fauteuil , sujet assez 
rarement exécuté. Le reste de l'édlGce a été refait à diverses 
époques. On conçoit , en eiïet , que ce monument , placé au 
milieu du théâtre des guerres du XYl* siècle et sur la roule 
de Luçon à Fooienay , fut plusieurs fois pris et repris par les 
protestants. La Chronique du f^ngon mentionne , en par- 
ticulier , la dévastation qui eut lieu le 30 avril 1562. 

Les inscriptions qui témoignent de reconstructions en sont 
une preuve irréfragable. Au-dessus d*une arcade des voûtes 
on lit , dans Tintéricur : 

EX IMPENSIS ECCLESIiE 
HOC CONSTRVCrVM FVIT. 1667. 

Sur la porte principale d^entrée, et au-dessous d'une 
statue de saint Hilaire : 

EX iMPENSIS^ECCLESIiB , HOC REFECTVM rVlT 

N. COLBERP. EPO. ï. GOVPILLEAV. C. P. POIVRE.. 

ANNO. DONI. 1663. 

Visitons Téglisc plus en particulier. Le monument n*a 
qu'un seul bas-côté , jiu fond duquel est placé Tautel de la 
Sainte-Viergc , rétabli à neuf en 1819. Le maître-autel Je 
tabernacle et son exposition , d'un assez pauvre style , dit 
M. Lacnrie, sont en beau marbre blanc et de diverses 
couleurs. 

Au bas du tableau du grand-autel , et qui représente une 
Ascension pointe par M. Sotia , on lit cette inscription : 



RÉDACTION DES CHROKIQUES PAROISSIAtES. 305 
Ces tableaux ont été faits et l'autel repeint en 1810 , par 
Us soins de MM. Adrien-Henri Pilot , desservant de cette 
paraisse; Jean Baptiste Charrier, maire; Jean- Baptiste 
Charrier jeune , Français NauUeau, Jérôme Chemerot , 
marguMiers. 

La clef de la voûte da sanctuaire représente la main 
nimbée et bénissant du Sauveur. 

Au-dessous du chœur existe une crypte sans aucun ca- 
ractère d'architecture. Ce lieu servait de sépulture aux 
seigneurs de Tlslean -les- Vases. En 1828 , les employés du 
cadastre enlevèrent deux cercueils en plomb , dont Tun ren- 
fermait les ossements d'un seigneur de Nalliers. 

Le clocher, lourde masse carrée, s'élève à l'entrée du 
choeur. On y suit facilement de l'œil les traces de plusieurs 
restaurations. A l'extérieur, sur les murs de la tour, on lit 
ces mots gravés dans la pierre ; 

Côtés ouest et sud : 

M"" GIRARD, CVRÉ. 
CHAVVEAV. SÉNÉCHAL. 1710. 

Plus bas : 

S'^ HïtARI , ORA PRO NOBfS. OMNES 
SANCTI ET SANCTjE DEÏ , INTERCEDITE PRO NOBIS. 

Côté nord ( lettres à rebours) : 

CHAVVEAV, SENAL, FAn. 

De trois cloches qui composaient la sonnerie , deux furent 
enlevées en 1792 avec celle du prieuré de Chevrette, pour 
être transportées d'abord à Fontenay, puis à La Rochelle. 

Le pooillé du diocèse de Luçon mentionne denx petits 

20 



306 CONGRkS ARCBÊOrXXSIQGfi DE PRANCE. 

autels qui« aj^onrd'bai * n'oxbient plu» dans l'églifle : Taiilel 
du Si-Roaaire et celui de St^Blaise, adossés 3» un pilier. Le 
reveqa de la fabrique • y compris les oblations et les< banos , 
s'élevait à 800*^ ; le tout eu terres , renies en argent et en 
blé , dont le détail est indiqué au long dans la. Visite épis- ' 
copale de Mg'de Mercy, visite faite le 2k mars 1778. Le 
nombre des Odèlesen âge de communier était alors de 2^000» 
y compris le village de St-Martîn. 

Les registres déposés à la mairie parlent de plusieurs con- 
fréries qui avaient leur administration et leurs revenus 
particuliers. 

1^ paroisse de Nalllers était sur la limite de Tancicn diocèse 
de Luçon. Le cours sinueux du petit ruisseau de la Corde 
le séparait du diocèse de Maillezais , et plus tard de celui de 
La Rochelle. 

Il existait , sur son territoire , plusieurs prieurés et cha- 
pelles particulières que nous allons mentionner. 

HôtcL des Calourets. — Près du pont placé sur la Corde « 
h gauche en se rendant de Nalliers à Mouzeuil , on trouvait , 
avant la Révolution , une aumônerie , Eleemosy.-iana , éta- 
blissement de charité remontante une date très-ancienne ; 
son nom seul en est une preuve : la Maison des Calourets (1). 
M. Fillon , dans uoe Étude sur los populations nomades du 
moyen-âge, fait de ce lieu, uqe/ citation où les individus 
isolés, appartenant à ces tribus, étaient reçus et hébergés 
gratuitement I^ charité chrétienne se substitua d'elle-même 
à cette institution moitié païenne , et une chapelle dont les 
pierres ont servi à construire les maisons voisines , s'éleva 
près le refuge des Calourets. Cette aumônerie , mentionnée 
dès le Xlir siècle , était dédiée à saint Biaise et dépendait, 

(f ) Ce non» , iImis le langage populaire , signifie ragabonds , nk*o< 
diants-, bohémiens, etc. 



RÉDACTION DES GâRONIQlTES PAROISStAtES. 3U7 

6ii^defiiier lien', de TOraioire de La Rochëllîe. Un petit re- 
feiio de 300* (1) servait encore, en 1792, à secourir cl 
Mberger les voyageurs. Les derniers vestiges de cet éta- 
blissement ont disparu en 1803. 

Prieuré de Si»M>arun. -* Le prlenré"^ de St-^MtiriÎD , 
annexé, maintenant pour le spirituel à MbUBenil , existe à 
rélat de ruine ; un petit cimetière est à côté; Ce lien n*étalt 
encore , en 176.3 , qu*un pauvre villagev lorsqv'nne ordon* 
nance royale en fit une commune. La chapeHe dépendait du. 
doyenné de Luçon, et le titulaire était chargé de dcui messes' 
par semaine: une à Téglise de Nalliers, et Tantre à Tautel 
du prieuré. Son revenu était de 1,600'*^, sur lesquelles le 
titulaire i^ayait 72* au vicaire de Nfilliers pour le service des 
itiessea Mg' de Mercy , qui visita ce prieuré en 1778 , le* 
trouva* dans- un état dépbrable : la porte était en ruine et 
régiffiedceosverte. 11 donna Tordre d*y construire un autel. 

Prieuré de Chevrette. — Le prieuré de Chevrette , dédié' 
à saint Denis, d*un revenu de 2,000*, appartenait à la chan- 
nsrie dé réglise cathédrale de Luçon. Le vicaire de Nalliers 
y disait deux messes par semaine , pour lesiiueJles il recevait 
du titulaire 72*. 

En 1789, le chaf>hi-e de Luçon fil faire la visite du 
prieuré par Tabbé de Beam-egard , noiliuié plus tard à' 
Tévèché d*Orléans. Ce bénéfice fdi vendu, d*après le décret 
dr TAssembk'e nationale snr les biens ecclésiastiques. Le 
prix d'estimation fut de /^2,532*. Son revenu provenait* 
d*nn logis coui^istaat en cbambi'e bMse, hante, coisiiie, 
cellier, grangtrs, écurie, cours , jardin et qnaireu»; la dixth 
pelle proche la maison, un four banal et une fuie (2). 

(1) Pouilli de Luçon , p. 58. 

(2) Celle fuie mérite d*èlre remarquée el est de lBfh^dtt XII lf sièele. 



SOS CONGBfeS ABCHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

De plus , une métairie sise à Chevrette , contenant 200 
hoisselées, 12 journaux de prés, des cens, des rentes en 
argent et en blé ; enfin la quatrième partie des dîmes de la 
paroisse de Nalliers. 

Les habitants de Chevrette , d'après une autorisation da 
Conseil général (session de 1830), ont obtenu une section 
particulière pour les élections municipales seulement A cette 
époque, sur seize membres qui composaient le Conseil ros- 
nicipal, quatorze étaient de Nalliers, deux seulement de 
Chevrette 9 ce qui n'était pas une juste proportion basée 
sur la quotité des deux populations. 

Chapelle de St-Françoù. — La chapelle de Si-François, 
à la nomination de Tévêqoe , était chargée de deux messes 
par semaine. Cette chapelle^ située dans le cimetière, avait 
son emplacement indiqué par une croix élevée à i*extrémiié 
de la chapelle. Fondée, le 17 octobre 1659, par François 
Dieu, son revenu avait été usurpé dès 1778 ; elle était entiè- 
rement détruite en 1803. 

Chapelle de la Rivière. — La chapelle de la Rivière , 
dans Tancien château de ce nom , était bien enti-etenue par 
les seigneurs du lieu. 

Chapelle de l^hleaU'les-Tours.'^Lsi chapelle de l'Isleau- 
les-Tours était, comme la dernière , la propriété dn 
seigneur de Tlsleau , qui se qualifiait plus particulièrement 
de seigneur châtelain de Nalliers , TIsleau-Ies-Toors et autres 
lieux. 

Cammanderie de Féolette. — Nous ne pouvons oublier 
de mentionner ici la jolie chapelle de la commanderic de 
Féolette, située dans la paroisse de St-Élicnne-de-Brillouet, 
mais sur la limite de celle de Nalliers (1 ). 

(i) Grand-Gauthier, 



BÊDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES. S09 

Cette coromanderie , domus Bospitalium ^ primitivement 
de l'ordre du Temple , fut , à la destruction des Templiers , 
^ attribuée, comme presque tous leurs biens, à Tordre de St- Jean 
de Jérusalem : elle était d*un revenu de 2,/iOO'^ et exempte de 
tom droits dus à l'évoque. La chapelle mérite d'être visitée : 
la porte d'entrée est du Xir siècle. Plusieurs parties du mo- 
nument ont été relaites aux XI11% XIV* et XV« siècles. On 
aperçoit encore quelques restes de peintures murales. Deux 
arcades du XV« siècle , aujourd'hui fermées , donnent accès 
dans une chapelle bâtie par le commandeur Jean Prévost. A 
la réunion des arcades, on lit cette inscription placée à 
rexléricury côté nord : 

F. JEAN PREVOST 
COMMANDEVR DE FÉOLETTE 

(une ligne effacée). 

Au-dessus de Tune d'elles sont les armoiries mutilées du 
même commandeur. {D*argenî à trois hures de sable.) 

L'autel de la chapelle était orné d'un bas-relief en pierre , 
représentant saint Jean-Baptiste, patron de l'ordre, bap* 
tisant Notre -Seigneur. Ce travail est du commencement du 
XVIP siècle. Sur le côté , à droite, on lit : 

FRÈRE 
FRANÇOIS 
DU BÉLINO 
A/. GOMM 
ANDEVR 
DE FEOLE 
TTE, LA 

N. «705. 

On remarque une curieuse pierre tombale, du commence- 
ment du XIV* siècle, dans la chapelle. 



310 GOKGIIÈS ARCHÊOLCGIQCE DE FBAKC£. 

Sar la .maison de la ComBiainlerie, on voit dm>z écusaons : 
1° Sur ooe cheminée, celui des Froitîer, a^-ec chef de 

Ualle; 
2? Sar ane pierre encastrée aa-ilefisus de la façade des 

granges un biasQn informe. 

LISTE BBS GUftëS ET VICAIRES DE NALLIBRS. 

159^. Messire Jean Blanchard, curé de Nalliers. — Sou 
nom parait dans un acte du 6 nov-embre 1594 , où Louis de 
Montausier , écuyer , seigneur du Vei^ier , etc. , et de la 
Court de St-Gilles, seigneur d'EscouIaodre , rend aveu i la 
baronnie de Youvent et Mervent , pour la moitié de la dîme 
qu*il partage avec messire Jean Blanchard, curé de Nalliers. 

1620. René ou Jean Migmot, qui devint curé de Notre- 
Dame de Fontenay. 

1627. CHBYALiBa , vicaire, 

16/^. Jacques Oinipilleac est cité 'dans une inscripltott 
placée sur la porte d'entrée de l'église. Près du grand 
autel , h 4roite , est son épitapfae , œnçoe en œs -termes : 

hic jacet m. j. oovmlleav 
fbtfu bector bvjvs pabbo- 

chiae, qvi t3na1i missam 
singvlis hebdoxadis alter- 

am qve pro depvkctis 
singvii) akms dic uabtis 

Q\0 OBir INDIKIT CBLEBRANDAS , 
AN OMI 1676, 22 APBILIS. 
BEQTIESCAT m PAGE. AMEN. 

En 1676, 15 avrils acte où Alexandre Gojon, seigneur 
d'Escoulandre , rend aveu pour la dlme citée plus baui. 



RÉDACTION DES CHBOMQUCS PAROISSIALES. 311 

i|ii*îl partage avec Jacques Ooiipîtteira , curé de Nalliers, au 
terroir du Grand-Crochet , tant en la grande qo*en Ta petite 
enclave. 

]669« GoDBT, vicaire. 
1692-1699. ViOARD, curé.— Visite de Henri de BariUon, 
évéque de Luçon , le 27 avril 1692. 
1692. Bardoul, vicaire* 
1709. Girard, curé. 

1735. Saboorin, vicaire. 
1728. BUTIER, curé.— Visite de Michel-Celse de Rabulin 
de Bussy, 1728. 
1728. Barré, curé. 

1729. DuBosc, vicaire. 
1740. Tranchbt» vicaire. 

1740. MicHBKOT, vicaire. 

17/iO. Jean-Rose Fortin , curé. — Sépuliure de messîre 
Eusiaclie Butier, ancien curé de Nalliers, âgé de 78 ans. 

1741. Patron, vicaire. 

Le Carême est prêché par /rère Ange, de St-Brietrc, ca- 
pucin. — Vitiite de Samuel*'Gtti4iaume de Verlhamon , évoque 
de Luçon , le 2 septembre 1741. 

1741. De juillet en septembre, il régna à Nalliers une 
épidémie qui fil mourir un grand nombre d'habitants. £n 
général, cette maladie, sans être mortelle, n'était qu'une 
espèce de fièvre de marais. 

1742-1749. Brunet , vicaire. 
1751. MouR.iN, vicaire. 
1753-1756. FouASSOir, vicaire. 
1756. Marian, vicaire, 
1767. Flbury, vicaire. 
Cloche fondue par Aubry, fondeur aux Aubiers. 

1758. O'SuLLivAN, vicaire. 

1759. Vbrgss, Ticaire. 
1762. GoDBT, vicaire. 



312 CONGRÈS ARCHÊOLOGJQLE DE FRANCE. 

M. Foi liu , curé de ^'alli«rs , se retire et signe oomaie 
prieur nommé de La Grèye. 
1762. BouQOiÊ, curé. 

1764. FoMOLBAU , yicaire. 

1765. Caillé, vicaire. 

1766. Barbttbau, vicaire. 
.... GoupiLLBAU, vicaire. 

1767. Laisnb, vicaire. 

Visite de Mff de Mercy, 2^ mars 1768. 

1781-178?. Allain, vicaire. 

1784-1786. RiDiBR, vicaire. 

1788-1791. Lb Toczr, vicaire. 
1791. Dernière signature de M. Bouquié, curé, 1 5 juin 91. 

1791. O' Kelly, curé constltotionoel. 

1792. BONNACD, ex-curé intrus du Langon. — En 1801 , 
il fit sa soumission et devint curé de la Réorthe. 

1801. Goujon, nommé après le Concordat. 

1803-1807. Sagot, curé. 

1807. Alexis-Marie G E AT , né le 23 septembre 176^, i 
Fontenay, fut ordonné à La Rochelle et nommé vicaire de 
rile-de-Ré sous M. Doussin. En 1791, il refusa le sermeot 
et vint se fixer à La Rochelle. Exil^ en Espagne , Férôqae 
d*Osma fut son protecteur. De retour en France, il exerça 
son ministère d'abord à Vix, dont il rouvrit Téglise, et à St- 
Christophe, près La Rochelle; puis il devint curé de Nalliers 
et ensuite de la paroisse de L'Hermenault, où il moorat en 
1838, âgé de 7^ ans. 

1807. Adrien-Henri Pi LOT, curé. —Il avait été vicaire de 
Niort; il était né le 26 janvier 1765. Il avait été déporté à 
Cayenne avant d*être nommé curé de Nalliers, où il inoorot 
en 1817, 21 août. 

1817. JOUSSEAUME, curé. — Il sortait du vicariat de 
St-Jean-d*Angely. De Nalliers, il passa à la cure des Mooiiers- 



RÉDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES. 313 

i€S-Maobil8, pais à celle de Péault Retiré à St-Dilaii-e-le- 
Voohîs, il y moarat en 1862. 

1818. Pineau, caré, passe à Évrones en 1822. — - Cet 
ecclésiastiqae ût placer une croix sur les ruines d*une plus 
ancienne, qae la tradition veut avoir été bénite par le 
P. Montfért Elle fut solennellement relevée en 1818 par 
Mg' Couperie, natif de Péault, alors missionnaire de St- 
Laurent, et depuis évêque de Babylone avec le titre de 
consul de Bagdad et de Bassora où il mourut. Ce dernier 
calvaire fut encore remplacé, en 1863 , par le P. Brouard, 
à la suite d'une mission donnée à Nalliers 

1822. PoiRON , curé , natif des Herbiers , passe II la cure 
de St-Urbain en 182/^. — Il vivait encore eu 186à, comme 
prêtre habitué. 

1826. Begaud, curé, nommé ensuite à Cbâteau-Guibert. 

1829. René Gauthier, curé, ancien vicaire de Bois-de- 
Cené, exerçant encore en 1864. 

PÉRIODE MÉROVINGIENNE ET CARLOVINGIENKE. 

Les témoignages de cette période sont peu nombreux : c'est 
une framée ; c*est un denier d'argent de la seconde moitié 
du VIP siècle, frappé à Poitiers ; un autre denier de Louis- 
le-Débonnaire, christiana religio , et quelques pièces au 
type Mellois de Cbarles-le-Chauve. 

Féodalité. 

Montreuil, — La plus ancienne seigneurie de Nalliers 
nous parait être celle de Montreuil. Son origine ecclé- 
siastique, sa position près du port, qui n'est que le 
prolongement du canal de la Douve allaut à celui des 



316 CONGRÈS ABOIIÊOfcOGIQt'Ë DE FR.^NCK. 

Hollanda», les tombeaot en pierre cfu*4>n y truffe « k^ 
redevances dues par le seigneur de Vlfdeau-lesrVaJé» « 
l*église (laroissiale, témoignent de sa priorité, de son amlquiié» 

La seigneurie de Moiitfteiiil relevait de réAÔfôe de Fui- 
tîers et ensuite de la barounie de Luçon. Elle eut pour pru- 
priéuires les Yallier, les Gbasteigtier, Ses lousseaume , etc. 
Elle appartenait, dans la 2" moitié duXVr siècle, à Garrid 
Caiibaud, d*une famille calviniste, écuyer, gentilhomme 
de la chambre du roi Henri IV. Il avait une sœur, ndnmée 
Catherine , qui épousa, au mois d*août 1571, Charles 
Bonnevin, écuyer, seigneur de La Restelière, et une se- 
conde, du nom de Renée, religieuse au Val-de-Morière ; 
plus un frère, appelé Chartes , écuyer , seigneur de La Che- 
vrotière, décédé en 1581. 

Gabriel Cailhaud eut pour épouse Barbe de Culant En 162^, 
on voit un aveu de Salomon Cailhaud , pour la seigneurie de 
Montreuil ; il était probablement fils du précédent et aussi 
calviniste. Il avait épousé Louise de Bessay , et est indiqué 
comme trente-sixième actionnaire des dessèchements de ma- 
rais opérés sous la direction du hollandais Bradiey. 

Alexandre Cailhaud, écuyer, seigneur de Nalliers en 1651, 
époux de Françoise Bemardeao (V. lés de Loynes), mourut 
en 1674 , et sa fcfmme en 1694 , ne laissant qu'une fille, du 
nom de Françoise, morte célibauire à Luçon, le 16 juin 
1710. 

L*écusson placé sur la porte d'enlrée de fa maison de 
Montreuil, avec la date de 1593 , est celui des Cailhaud qui 
porUient : d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules. 

Ces armoiries y sont accompagnées de celles de plusieurs 
familles alliées à la leur. 

Le château de Montreuil était flanqué de deux tourelles , 
démolies en 1803. 11 ne reste plus rien de l'ancienne de- 
meure , une maison bourgeoise en occupe remplacement. 



RÊDACIION D£S CBROMQiJËS PAUOlSSUiES. 315 

Dans la cour de llanlretiîi, on a tfOUfé'pknitfDrscerckwils 
en pierre, dool l*«io offrait une dooUe croix tor le oou?ol*de. 
Dans rifttérieiir, des fines funéraires en terre Mancbe nott 
-vernissée Indiqaaietit des inhumations antéiiennss 'an XI* 
siècle (1). 

UhUau4es' Vases. — « L'Isleau est une chastellenie te- 
« uant de Luçon... Nalllers est une grosse paroisse, dont 
« risleau souloit estre la forteresse , sise en marais, hors le 
(c bourg, en une petite isie , d'où le nom. i Ainsi s'exprime 
Duchesne, dans s>on Bisiaire de la maison de Chasteigner. 

La famille de Chasteigner possédait^ en effet, la seigneurie 
de Nalliers dès le XIII* siècle. Elle lui venait , par alliance , 
d'une famille portant le nom de Valliers. 

1302. Guy CHASTEiGNEB^ seigneur de La Cliasteigncraye 
et de risleau , fit quelques échanges , en la même année , 
avec Domician , abbé de Moréilles , et Trère Lucas Dufour , 
procureur de celte abbaye. Dans cette charte, Guy se qualifie 
de seigneur de risleau , a qui est un hostel noble assis à 
t Nalliers , sur le marais , avec un beau fief en chastellenie , 
I mouvant de la baronnie de Luçon. Id. » 

1323. Guy Chasteignèr, deuxième du nom, ci-dessus 
indiqué, eut pour fils Thibaut Chasteigneb, seigneur de La 
Cbasteigneraye , de risleau et du Patis-de-lPuutenay. H avait 
épousé Jeanne de La Gnierche. De ce mariage : 

1351. Marie CHASTEIGNER , la jeune, dame de Fouillé 
et de ristean , mariée Si Savary de Vivonne , auquel elle 
apporta les seigneuries de l'Isleau , Fouillé , etc. Ces terres 
passèrent ainsi à la maison de Vivonne. 

Ysabeau de Vivonne , sœur de Savary , hérha de son frère 
et devînt dame de foùîllé , Nalliers , etc. 

1/^35. En cette année, ces terres vinrent eu héritage 2k 

(i) Couinuiiicadon de M. B. Fiilon. 



316 CONGIIÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

Andrée de Varèse , 611e de Jean de Yarèse , ei ï Genuaioe 
de ViTonne. Ces biens comprenaient, en outre , en 15ù?, iei 
seigneuries des Moulières , en la paroisse de l/HermenauU , 
de St-Laurent*la-Saile et celle de TIsleau-de-Nalliers avec 
ses di^pendances. 

1^63. Dans un acte de 1^63, ou voit que les habiunts 
de Nalliers e( de risieau avaient , par coutume ancienne , le 
droit de mener pacager leurs bestiaux sur le marais de 
Nalliers et sur celui que Tabbaye de Moreilles avait à Cbavigny. 

L'un des descendants de Savary de Yivonnc , André de 
Vivonne , seigneur de La Chasteigneraye , eut pour OJJe 
Anne, femme de François de Bourdeilles , père de l'illustre 
Brantôme, qui fut momentauéraent lui-même seigneur de 
Vallier, en 1565. 

1558-1566. Jean de Bourdeilles se qualifiait seigneur 
châtelain d'Ardelay , Nalliers , etc. 

André de Bourdeilles Tendit , en 1 566 , Tlsleau à Pierre 
Escot. A celui-ci succéda son gendre, Pierre Rat, coa- 
seiller au présidial de Poitiers , qui rendit aveu à Luçon en 
158^. En i^dkt on trouve un deuxième aveu rendu à la 
même baronnic par Jean Rat, pour les seigneuries de Nalliers 
et de risleau. C'était le petit-fils du précédent 

1659. Le 22 août, la seigneurie de l'Isleau fut achetée 
par Jean-Baptiste de Loynes, seigneur de La Pontcrie^ con- 
seiller au parlement de Metz. Il avait épousé Gabrielle- 
Elisabeth Ménardeau , veuve de Denis de Sallo , seigneur de 
La Coudraye de Luçon , conseiller au parlement de Paris, 
qui fonda le Journal des Savants. Il devint ainsi possesseur 
de la bibliothèque de ce dernier et la fit transporter à l'Isleau. 
Les armes des Loynes se trouvent à la cure de Nalliers, sur 
une plaque de cheminée. 

1667. La vente de l'Isleau avait eu lieu en vertu d'oo 
décret du parlement de Paris. Jcan-Baptiste de Loynes fit 



RÉDACTION DES CHBONIQUES PAROISSIALES. 31? 

racquisîtioD deCotine» le i" septembre 1667, etoblinr, 
après une enquête, l'autorisation de Mff de Barillon, évoque 
et baron de Luçon , d'y construire un château et d'y trans- 
porter le chef-lieu de sa seigneurie. C'est ainsi que fut laite 
l'union de la maison noble de Gotine aux terres et chastellenie 
de Nalliers et de l'Isleao, sous l'hommage d'un seul et même 
aveu. 

L'ancienne et petite seigneurie de Cotine était une habi- 
tation de pauvre apparence, se composant d'une petite 
chambre basse, une haute, une boulangerie, un cellier, un 
grenier au-dessus , une grange et deux petites tourelles à 
trois étages , placées de chaque côté de l'entrée d'une cour 
fermée de murailles L'une de ces tourelles était couverte en 
ardoises h tiers-points avec un dôme ; l'autre servait de 
fuie et était couverte en tuiles plates. 

Le château nouveau bâti par la famille de Loynes offrait 
à la vue un grand corps-de-logis , couvert en ardoises, de 
\^k pieds de long , 22 de large et 28 de haut , avec un pa- 
villon. An nord étaient de grands fossés de 22 pieds de large, 
profonds de 1/i pieds , servitudes et jardins. 

Ce château prit le nom de l'Isleau-les-Tours , en souvenir 
de la translation de la seigneurie et des deux tours qui for- 
maient l'ancienne demeure de Cotine. 

La famille de Loynes n'habita que peu de temps ( 35 ans) 
le château qu'elle avait pris la peine de construire. 

1701. Le 12 novembre 1707 , Jean-Baptiste de Loynes, 
chevalier, seig'de Ja Coudraye de Luçon etdel'Isleau, vendit 
la terre de Nalliers et l'Isleau à dame Angélique d'Arcemale, 
veuve de Jean-Gabriel de Rorlhais, seigneur de St-Kévé- 
rend, demeurant à Si-Gilles-sur-Vie. La vente eut lieu 
moyennant (i6,000'^. 

1712. Cette dame ne posséda ces terres qu'une dixaine 
d'années. Le 5 février 1712, elle céda l'Isleau les-Tours â 



31» CONGirfeS ARCDÈOtOGÎQUE DE FRAKCB. 

GbarlM^Pàut Déelîet, écuyer, seigneur de Biai^ear (!), 
demeoraat à Eaçon , par acte passé à Fontenay, par Ballani, 
ifioyemiam 1,800'^ de rente; plusieurs antres reoies, ceUe 
de 80^ en particuticr, donnée à Téglise de Nalliers par le 
seigneur de Loynes (2). — Charles-Paul Becbei moorat le 
» juin 1737. 

Jean-François- Alexandre Bêchet de Bîarges prenait 
le nom de seigneur châtelain de Nalliers , risleau>les-Toun, 
BeHe-de-€reux , pardsse de Sl^-Étiennenie-Brillonet; il était 
époux de Marguerite Talmant 1! mourut en 1785^ laissant 
sa* femme tutrice de ses enfants, Maric-Charles^ Béchct et 
Françoise Bêchet; Il avait un frère , nommé Charles-Paol , 
qui* était chanoine de Luçon , vicaire-général et archidiacre 
de Pareds. 

Ce même seigneur acheta, en 1753, au prix de 6,500«, 
1» Berderie , dite le Marais-de-Brou. Il se qualifiait dé 
seigneur châtelain de Nalliers, Flsleau-les-Tonrs , Mootrcuîi, 
Ir Grenouillère. Il demeui*ait en son château de risieao- 
lc»-Toars, et devait aveu à Tabbé de MoretUcs pour la mé- 
tairie de Brou. 

La propriété de l-Isleau-les^Tuur» a plus récemment ap- 
parteno à la- famille de L*Anspitaolt, dont* le dernier, Jacqoes- 
Gharles-Gabriel de L'Auspitault , bien connu pour ses 
eicenlrlcités» est mort le 9 mars 1856 , âgé de 68 ans. 

MaittlenaiK cette moison est devenue une usine agricole 
(distillerie). 



(1) Terre noble située eu Salnlonge. Les Bécliel de Bîaqces étaient 
d^iiie famille .«oiiie de« finances de ce paysi. 

(2) La famille de Loynes avuit di-oit de litre dans Téglise de Nalliers. 
En faisant quelques réparations au cliœur en I86A, on a rctroiné la 
bam de litre, et en deux endroiis Técusson simple et sans ^liance 
des Lcynet. 



RÊOACTIOir DES CHROMQtES PAROISSIALES. 319 

Qmnl à riskao-lrs-Yases et la Grenouillère» ces terres 
appartenaient, en 1828, ï M. Trul)ert, de Nantes, par suite 
d*ttQ mariage d'une demoiselle de Biarges avec M. Trubert. 
Elles passèrent à son fils et à sa fille , mariée à M. de Lionr 
court. L'Isleau-les-Yases a été vendu en détail par cette 
famille. 

Aotrca •eiyBenrlca d« IVallIcra» 

La GrenouilLère. — La terre de la grenouillère en 
Nalliers fui anciennement possédée par la famille des Bar- 
rabiii. 

Françoise Bârrabin , dame de la Grenouillère , fut mariée 
^ Jean Cbenin. Les Barrabîn éuient alliés au& Cbasteigner 
par Jeanne Bârrabin, femme de Gilbert Chasteigner, deuxième 
du nom (1318). Les armoiries de Barrabîn D*étaient pas 
connues de Tbistoricn Duchesne. Celte seigneurie passa ensuite 
aux Clermont d*Âmboise. 

La terre de la Grenouillère 'appartient , en 1865,. à Mà> de* 
Lioncourt, inspecteur des douanes, à qui elle est venue par 
héritage de la famille de Biarges. 

Nermou. — Petite gentilhommière où habita le sieur 
Courtin. 

Parmi les auditeurs du cours de géologie que fit en 1595, 
à Paris, Bernard Palissy, figure Denis Courtin, seigneur de 
Nermou , docteur en médecine. Il était calviniste et vint 
s'établir, en 1578, à Fontenay , où il fut nommé ancien de 
rÉglise réformée de celte ville. En 1 58^ , il se retira à La 
Rochelle où il ai ait sa famille ; sa femme se nommait AJarlhe 
Quinefault et était originaire de Koussay. -> Bernard Palissy. 
mentionne Denis Courtin dans ses ouvrages. 

In Pinauiière, — C'est dans les cavos (carrières) de 



320 CONGRÈS ABCHÊOLOGIQUE DE FRANGE. 

cette maison que fareui brûlés, en 92, les papiers de TégUse 



La Gogueterie, du nom de Tun de ses propriétaires, maison 
anoblie par les seigneurs de Nalliers et de Tlsleau , occupée 
maintenant par M. Charrier. 

Le Porteau appartenant, en 1753, à la famille Portail, sei- 
gneur de La Boulaye. Cette propriété était primitivement une 
dépendance de la commanderie de Féolette, et la tradition veut 
qa*il eiistâl au Porteau un établissement de charité semblable 
à celui mentionné près le petit ruisseau de la Corde. 11 n*y 
aurait là rien que de très-probable , car on sait que les reli- 
gieux de Féolette étaient désignés sous le nom de religieux 
hospitaliers, et leurs maisons sous celui de domtis Hospi- 
talium. 

Pour mémoire, nous mentionnerons aussi to Grenelerie 
(damus Granoiariay versus Lucionum), indiquée dans une 
charte de Tabbaye de Boisgrollaud du XIIP siècle , et la 
Gerberie , ancien petit-ûef , dont la terre a été vendue en 
détail , il y a quelques années. Elle avait appartenu à This- 
torien Jean Besly , qui en ût sa maison des champs, et qui 
se disait dans les actes seigneur de la Gerberie. 



STATISTIQUE ACTUELLE. 

Située dans le canton de L'Hermenault , la paroisse de 
Nalliers touche, d'un côté, au marais; de Tautre, à la 
plaine. 

I^ marai5.— Les premiers dessèchements, dont l'influence 
se fit ressentir sur les terrains mouillés de Nalliers, furent le 
résultat du creusement du canal des Cinq-Abbés. 

La première charte par laquelle Pierre de Voluire donna 



BÉDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES. 32 1 

aux abbayes de St-Michel, de TAbsie, de St-Maîxent« de 
Maillezaîs et de Nieal , les marais à travers lesquels celles-ci 
creusèrent plus tard ce canal, est datée de Lnçon, 15 joillet 
1200 (1). Elle porte cette danse : 

« Ego Petrus de Voluirio, dominus de Chaillec, dedi et 
« coDcessI... quamdain partem roaresinm qnod est inter 
a Gballec et Nàetles (Nalliers) , nsque ad terram firmam, 
<( ex utraque parte.... nichil mihi vel heredibus mets in 
« eo retlnens, praeter censnin quadraginta solidornni an- 
« degafenslum et defensom leporuni et faisannorum , ablato 
« defenso cnniculoruui et omnium animalium. » 

Cette charte mentionne comme témoin Jean de Naler^ 
aumônier de Tabbaye de Luçon. —Ce passage prouve, en 
outre^ que les faisans existaient alors dans la contrée , à 
Tétat sauvage. 

Constatons aussi que ce premier essai de dessèchement fut 
dû aux moines bénédictins qui , après les heures destinées 
au service de Dieu et le temps consacré aux études, de- 
venaient de véritables travailleurs. 

Le canal des Hollandais vint , après le canal le Roi (2) , 
devenu insoOisant, améliorer et compléter ces dessèche- 
ments. A peine commencés, ces travaux furent interrompus' 
par la mort de Tingéuieur en chef, le hollandais Bradley. 
Louis \IIT lui substitua, le U mai 16/i5, Pierre Sietle , 
ingénieur du roi à La Rochelle , et Ociavio Strada , seigneur 
de Sailîôvrcs en Auvergne. Soixante-deux actionnaires , au 
nombre desquels ou voit les noms de plusieurs familles du 
pays, s'intéressèrent à ces dessèchements et les travaux 
s'exécutèrent (3).- 

(1) LVigînal dans les archives de B. Filloti. 
(S) Creusé sous Phîiippe-le-nd. 

(S) Voir, à ce sujet, un imprimé sur parclirmiii de i*a('lc de pailagc? 
des marais desséchés, en vcrlu de la dôctaraiiun du rui du h mai 16/il, 

21 



M3 COKtiRÊS ARcntoU^tQUE OE FRANCS. 

La seule fHière qoî <Mie à NàMiare ^ it OOM. BHe 
conduit do port à h œitilbpe des HoUamM», et sert SetiMal 
pdtor tirlnsporter iès UéB qa*ota exporte po«r Hirnt «t 

LUÇOD« 

La plaine. — Le terroir ^ue compread la plaine ofire ï 
rœil nne terre rougeâtre. Ao-desioos se trouve b pierre 
calcaire. Celte terre, d'une natorc compacte et ai^ense, 
force le coltivateur à saisir le moment favorable pour la 
cultiver, la pluie et la sécheresse rendant égileaient 
les labours pénibles. 

Les hommes qui habitent cette partie du sol sont laborieoi 
et moins sujets à être atteints des maladies que la sugnatîoo et 
la mauvaise qualité des eaux causent aux habitants du marais. 
Ces derniers, enclins à Toisiveté, ne vivent en général qaedo 
produit de leur pêche et de leur chasse. Leurs (oasès, 
presque toujours pleins d*eau , et les nombreux oiseaux qae 
rhiver y attire, leur fournissent des ressources assurées 
cônlre la misère. 

Ces observations se rapportent plus particulièrement i la 
' classe pauvre , qui trouve , en outre , dans la ressource 
qu'offre le communal , dans Tusage permis de ramasser le 
lônig dés fossés et dans les bois une herbe fraîche , la facilité 
d'avoir tine ou piusiciirs vaches qui entretiennent toujours 
une sorte d'^aWndance dans la famille. 

Quant à la classe plus aisée, elle tend de plus en plus li 
augmenter le nombre des gros propriétaires. On trouve daos 
leurs cabanes , dénomination désormais surannée , tout le 
luxe et le confort des habitations du riche. Avec la ci- 
sis en Bas-Poitou. Ledii acte passé à Fontenaj, par devant Pierre 
Bonnet et Eslienne Rul)er(, le 19 octobre 1656. — Y. ausU Deuéckt- 
ment de Sieîte et de Strttda, petit iti-rolto parchemin, xlii fcuîNes. 
Biblmth. de Niort, n» 1887. 



]IÊJ)A(n'lON DES CHRONIQUES P\R0ISS1ALES. 32â 

vîlîsatioD et rinstrucUon moderne, la science la plus lucrative 
en ce monde, la culture des terres et ramélioraiîon des 
r^e^ ithe¥êU#é et Ix^ine, ont aoiené sur ces ferinnés col^ 
tÎTatears la richesse des grandes villes. 

Population, 2,107 habitants; -— communiants, 600 ; — 
rerenns de la fabriqi9e(l!);— r^ye9iis,de la commune, 45,000 
francs; — impôts, 16,577 francs; — superficie, 3,261 
hectares 1€ aresi33xeoliares ;^-^prairie8,natoreU)es : 1,050 
hectares; — terres labourables : 1,675 hectares ; — vignes : 
61 hectares;— longueur, 5,850 mètres; — largeur, 6,625 
mètres; — décès, terme moyen, 51;— naissances, US; 
— écoles de |;arçons et de filles , terme moyen , 67 ; — 
U religieuses de l'Union chrétienne de Fontenay. 

i -notahre; — chef-lteu de perceptîoU'; — 2 sagesrfemmes ; 
— 12 assemblées-gageries / les dimanches avant Ja St-Jcuin et 
*la'St-Mîchel ; ^- marché le jeudi*; — ^slributien de lettiH>s; 
— '2 voitures de Luçon à Fontenay et retour. 




DE 1L.A 



Pab m. l*abbê A(3BEB, 
Membre de la Sorlélé rrançalw d*arcliéoloKie. 



Voici, Messieurs , une queslion toale pratique et ^ sons 
ce rapport, la plus intéressante peut-être de notre pro- 
gramme. L*liistoire est le vaste cliamp où Tiennent se réouir 
toutes les plantes vivaces que nous cultivons sous le nom 
général d'archéologie, et cette science si attachante, ce 
faisceau d'études si variées ne serait qu'un vain amas de 
curiosités inutiles et une spécieuse perte de temps , si no«s 
ne devions les rattacher à la connaissance de l'homme et des 
faits multiples qui signalent son passage sur ce globe , dont 
Dicif l'a fait le maître à tant d'égards. La vie humaine dans 
ses rapports avec la marche des siècles, avec les déTelop- 
pcments de la pensée , avec la religion qui civilise et la poli- 
tique dont l'action n'est sûre qu'en s'appuyant, en faveur des 
peuples, sur la noble alliance du devoir et de la liberté; en 
un mot , celte existence fugitive des générations qui se suc- 
cèdent et s'accumulent de plus en plus, on la retrouve tonte 
avec ses détails inGnis dans les débris de tous les âges, et 
ce sont là sans contredit les premiers matériaux de l'histoire, 
d'autant plus significatifs, de si loin qu'ils nous parvieunenl, 
quand ils s'entourent de traditions locales , et toujours 



BÉDACriON DES CHBONIQUES PABOISSULES. 325 

précieux qoand ils se corroborent de pièces écrites, dont ils 
se foot comme aotaiit d'assertions séculaires et irrécusables. 
C'est pourquoi Tantiquaire ne peut séparer l'histoire de 
l'archéologie , pas plus que celle-ci ne peut se passer du 
flambeau historique : ce flambeau la seconde dans sa marche 
à travers les obscurités des époques primordiales, débrouille 
leurs perspectives nuageuses et , de découvertes en dé- 
couvertes, finit toujours par amener la certitude et la lu* 
mière où n'avaient été si longtemps que le vague, les con* 
jectures et la confusion du chaos. 

Ainsi , Messieurs , que de révélations se sont faites depuis 
trente ans à l'aide de ces patientes études dont nous de- 
vînmes dès lors les hardis champions , en dépit trop souvent 
des obstacles créés par les hommes et les choses ! Que de 
questions de premier ordre élucidées , soit lentement par 
des veilles opiniâtres , soit subitement par des urouvailles 
inattendues ! Qui voudrait , par exemple , traiter comme de 
1830 à i8&0 certains points alors si mal compris ou corn- 
plètenient ignorés de l'esthétique chrétienne 7 £t l'histoire 
dle-méme, dénaturée par tant de fait*», par des esprits fotr-* 
voyés ou des plumes infidèles , n'est-elle pas revenue , ne 
revient-elle point chaque jour sur ses pas pour examiner 
de nouveau, au grand soleil de la diplomatique et d'une 
érudition plus équitable , une foule de décisions antérieures 
contre lesquelles enfin la vérité devait avoir sa Cour de 
cassation ? 

C'est donc avec beaucoup de sagacité , Messieurs, et 
comme un fruit mûr de votre expérience acquise, que vous 
appelez dans votre programme de ce Congrès l'attention 
publique sur l'importance des chroniques paroissiales. Cette 
idée, si nouvelle qu'elle paraisse à quelques-uns, s'est 
montrée déjà féconde en résultats historiques ; et avant les 
événements regrettables qui, à la fin du siècle passé, ruinèrent 



326 CONGBlSS AUGHÊOLOGIQUE Di: FRA^CE. 

etf Frabce tôvtfts iesarchWes partieulière» et eoh dispersèrent 
les restes mélbeoreat dans les dépôts publics ,. où leap cbs- 
selneiit est Aissi labdrieox que les recherches y sont iHlt^ 
cfffes, beaucoup de regjislres particoUers se leBaîeDt dan» 
les paroisses, tant par qudques hommes stodieai qu'inspirais 
le goût dès trtffaui historiques, que' par les ecdésiastiqqes^ 
dit Heu qui avaient à cœur de retenir , en de soccmcte» 
andal^s, tout ce qu'ils jugeaient digne d'intérêt dans le 
cercle de leur jurMietion. Grâce à enx, riea ne se perdait 
des moindres fragments de la- vie sociale ou religieuse des 
pôptiiaiions rurales , qoi sans eux auraient toiijoors manqoé 
d'historiensi Un éf énement de famille i un* monamcnt con- 
struit ou réparé, le passage d'un personnage important, 
très-scmvèttt aussi fhistotre anecdolique dtr cb&teau Tobin, 
se trouvaient consignés en des feuilles qni se multipliaient ao 
gré des faits et gestes des seigneurs ou des Tillageois , ou 
ibénlév ttna phis de façon ^ dans les registres de Tétat civil, 
00 Its de?ttettt compléter plus tard , à Tégard d*une rép»- 
tatioù Utnfe , les exactes notions de la naissance , do 
mariage ou de h mort. Pour nous limiter dans ce Poitoi 
qui nous occupe , je puis attester icr avec une reconnais- 
sance dont j'ai plaisir k parler, tout ce que j'ai dâ, pour 
cellcid de mes éludes déjà publiées, à de simples notes 
éparsés, d'où la vie a jailli sur des faits qu'elles seules avaient 
conservée , et qui sans elles se fussent oubliés pour ura- 
jours. Ainsi , Robinet, curé de Buxerolles , pré» Poitiers , 
ivail occupé les loisirs de sa vie paisible à se faire on 
journal de ce qui arrivait à Poitiers et dans sa petite pa- 
roiise. 11 bonsignait ces détails quotidiens à la suite d'une 
copie qu'il avait patiemment écrite des Annales d'Aquitaine 
de Jean Bouchet , et ainsi se suivait dans son travail , de 
1S55 i où Bouchet s'arrêta, jusqu'en 1730 , où le continua- 
teor s'arrêta lui-même , tout ce qui rentrait dans l'existence 






BÉOACnON DES CUflONlQUIiS PAR01SSUL£& 527 

de son maisage. Aiost encora h» curés de la pelitt pa-*, 
coMe 4q Sl^Ptew»-dtt-Égii8M , pr軀liattyjgiiy-sor^Vîciiii<% 
mcMicMiiiaietti seba leurs dat€s Ips es» dtviTs dignes de 
4iMli|ueaijie»tioa dan» ks registres de kur église. Avec ces 
^^Oèma^ yù p^. tirer des léttèbnes de. l'ouUî cerUÂes Mis de 
dMuMiegieoD dfbîstfNre* qui se trouteut skrités coeue eoe 
perte easaiée^dansdes puUkalionsxieecliaciia peplmeiiiteiiaot 
«hoedei^ — Jeu]uieqo 4es Luges <étaift denaé ce même soîo 
dans ses 4ffUhes du Pmum : « RépcRieira cooiplec» s dîH un 
de vQ^ (MiHipetriûtes, de t^ei os (yy* ceaceme eoire pn>- 
viAce ^1) \ et doiii, enefet, le ç^dce étaii aéceasatreraeiil 
plus lar^e qee celui âoal .il s*agil ki » uiaie qui » dans aoii. 
étendue proponkonelk , peut ser^k ck guide ï quifon<|ue 
s'avauoeraii dans une carrière pkie iwstrejQte. C'es^t seiw 
ceue forme , Uessieuxa, qu'eu se bosuant ^m détaik pnre-: 
lueia kpcaui, chaque cucé, pap sen zik )i enregùHrer ce qui 
se peaie Joucaelkoieni aana aes yeux » apporterait «a pierre 
aa gfsiud édifice de l^ûsiuke g^uérak i^. pays : et çakuks 
^ quel degré de ceitil^de en auièueraH l'aieuir , si ou pou* 
^il lui UR|usoiettre ^ telles données écrite» par d^ Wk- 
tempora^tts témoîiia ocukkes, lent iuibus, par ce zèk tM^nie» 
(l'uu paM*ioiîqne désir d*élie utiks • écrivant spns U diçl^ 
jeunieliére des événeeienls , et donA k pgsjtion ék^éf 
gsvantirait à la fois. l'iukUisiruee , l'exactitude «| k Y^^- 
cké. 

Qnaui au pkn ï se faire popr une telle «uvre • mn nç 
oie paraît pks f^cik, lept est grand» sa sio^plicité. U s^MQt (k 
Tuttl^r eemui^ncer, et d^k l'encadirem^ni mt kU, k 
chrouokgk se trace tente seule • il n'y a pins qiut'li écrire « 
qu'k ékheier k pensée dent lea m^tjérknx vkAAf o; d'e^x- 
«élues f peur aÂf si dire , vous obeifdMtf* ; e( ce UfaumM ug 

Ci) U. ée Larlio Sakt*Gal, C^Himntitwn 4^ fJtrtM-Pm'^^rj p. 6^, 



328 CONGBÈS ARGHÉOU)GIQU£ DE rRANGE. 

peut être qu*uD délaaMDient » coonoie doivent ikner âi s*cb 
faire des bomme» à qui le sérteai de leurs oocopaAiM». 
de leor» babilodes ne peut laisser aimer qœ d*hoMfa* 
Mes loisirs. Tons les jours» d'ailleurs, n'apportent pas un fait 
^ ce répertoire essentiellement subordonné au plos ou msMs 
d'activité qui anime çà et là le mouvement de la vie eîvik 
ou religieuse ; le soin dont il s'agit n'est donc pas de ceu& 
qui préoccupent beaucoup^ et âi la plupart de ces ntiks 
chroniqueurs que je voudrais stimuler vers ce but, on jonr 
par semaine suffirait amplement pour réunir ces épis glanés 
dans leur solitude en une gerbe importante , dont Thisloirs 
se ferait tôt ou tard une bonne et fractueuse moisso% 

En plusieurs diocèses, et dans celui de Poitiers entre 
antres » le programme des conférences ecclésiastiques indi* 
quaitpour iSd?, à titre de travail bistorique, les événe- 
ments accomplis dans chaque paroisse , de 1790 à ii^02 : 
c'était tout l'interrègne de l'Église en France ! et là » qoe de 
faits curieux se sont groupés, dont le temps était grande- 
ment venu de recueillir la mémoire presque effacée ! Les 
vieillards pouvaient être encore interrogés ; les registres des 
communes conservaient de mémorables délibérations ; le sol 
gardait les derniers vestiges des confesseurs de la foi , exilés, 
emprisonnés, mis à mort pendant la persécution révolvtion- 
naire, ou bien demeurés en secret au milieu de leur iroo-* 
peau , ému de la générosité de leur courage et de la piété 
de leur dévouement. Plus loin , et heureusement très-rares, 
c'était quelques aposusies qu'on signalait, faiblesse qui 
porte toujours avec elle une leçon éloquente , faute déplo- 
rable dont on pouvait encore suivre les fâcheuses conséquenoes 
ou la cousohinte réparation. On savait à jour fixe la restauraiioa 
du culte public , les noms vénérés de telles personnes dont le 
zèle y avait travaillé ; personnes encore là après un demi-siècle, 
ou représentées dans leurs héritiers, restés toujours dignes de 



RÉDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES* 329 

celte gloire sereine aotant qne pure. Beaocoop de faits 
forent ainsi retirés de Tonbli qui les immergeait : ils sont 
^emw» grossir les archives de TÉvèché et constitueront, en an 
temps donné, des matières nombreuses et variées autant que 
sàres, pour la composition de nos annales diocésaines k cette 
époque de violences et de convulsions. Mais, ce travail accom- 
pli, il était bon de n'en pas rester là , et en 1851, quand je 
fus chargé par Mg' Pie de rédiger une suite dlnstrueiions , 
adressées à MM. les curés, sur la construction, la restaura-- 
tûntf l*eniretien et la décoration des églises au point de 
vue de la Commission archéologique diocésaine y je n*eus 
garde d^omettre cet imposant article des notes à recueillir 
pour l'histoire de chaque paroisse ^ et Ton dut y reprendre 
alors la période écoulée de 1802 à 1851 , pour continuer 
ensuite jour par jour , conformément à la question qui nous 
occupe (1). Je ne dis pas que partout le même vonkir ait 
répondu à cet appel de Tautoriié supérieure en proportion 
de la facilité de cette tâche. Ne sera-ce pas toujours un 
malheur inévitable, que certains esprits déclinent leur com-* 
pétence en des matières où nul n'en aurait plus qu'eui ! Mais 
beaucoup se sont mis à Tcenvre ; j'ai pu voir des cahiers 
déjà riches de notes : les unes se réduisant à de simples 
mentions qui, en tout cas, snffiix)nt à l'historien futur ; d'autres 
plus étendues, au milieu desquelles la main sacerdotale a jeté 
parfois des traits spirituels et piquants , ou des réflexions 
solides, ou une douce philosophie ; quelquefois elle y constate^ 
avec une certaine amertume trop motivée, des griefs que, nous 
autres archéologues, avons maintes fois rencontrés ailleurs. 
Qu'on me permette de courtes citations à l'appui de ce que 
j'avance. C'est sous la forme de journal que M. le curé 
de M..« s'exprime ainsi : 

(I) Voir ces Instructions, Poitiers, in-8*, p. i29 et suivaMtcs. 



330 . CQN(i»t;» Alii:UÊOI.OGIQL£ DE PBANCE. 

« 36 jiiH^ h^ fêl9* |Mi)rooale a fa^më. été céMnèe id, 
M^nk an (kbooii 4U*ib r^giite. des ?ieilhrds u'mU dit 
qpiV^ b- i^MMle Ifaholuiîoa, oa s.*y pnenaît coomm aiifQtr- 
d'tuiî» ibi U ^i^f ae réjounsaot à fiN*ce coypade k», 
qui muMiAKtiMKMIt UHUi k OMNicht é«éillé joaqae bira «rant 
djHl», b, «vit i'vtt chi:«cham l^'opigine. Es. attandil, i 
^t Qiiz« bjMirc^ etr dimHf al j« «e dora pas encore. Jtoîa 
aa bn^t dçs Aysils el dev: pîMokla. Oa dirait que. saiat 
rien-o a, i«Teii^4 1^ poiidiv. » 

Utt aiMra raf^te les U3^^ qw se ratlflicheiii aos fcnsde 
U ^-Jeaa, daQ3kpamsae<ies E... 

« GbaqjMQ wllaaa » cbaqn^ liMDeau a son fc« qu'allume , la 
veiUo de la féM" . k plus ^ de la p^ële popolalioii , le curé 
ttc pouvait prftiider qu'^ la céréwQnîe qui a«oiiiiiie TégHs^. 
Ici y'fotopiiQ rbynm^, du Préciurseur , que cbacuu poun^oii 
avec tqus leséclal^ posçiMpa de sa \w la plu^ fort^ Ailkiirs» 
h» dwlr^s manquent : oo ^a fomente 4? pnier ageuoeiHè 
auitouK du C^y W quî s'est fuiiiié de J9¥elie9 ou fa^Dis raïuassis 
dans les iiiéia^ries, et quelquefois de simjfii» hrouiiaiMct 
reober^es pac les plu» pau^vres., et doot b Aamne ae leuv 
donne pas imuns de joîe. Pendant toute U durfe 4» pianx 
incendie, on leU les uns se ehaulfer les reins poui se 
pr^rieir de# mjiladie^ p^ndani b meîsaoa; les anim 
fuire giriller dea noîx fraiclies, encfm aitachAes à Icnc^ 
brencbe«, et y mordre imife^ cAa«Mfe< (au;), peur ébùgner 
(es mau« de dents, EnGn, quand les flaoniies s'aSaisseni* 
ni^ dosi i^us foris de fa^sistaoce roule au milieu du Cmi la 
plus grosse pierre que possible. Je n'ai jamais compris quelb 
^mlogie pondait aivoir cette opéraiimi a\ec b grosseur das 
citimoilies, qu'on ^ipèfe par là obtenir plus beUea Mais je 
crois bien deviner juste en attribuant b soin que diacnn le 
donne d'entourer, en finissant, l'amas de cendres tièdes d'une 
corde 4^ petites pierres , dont chacun apporte b tài^M,- 



nlDACTION WSS CaROMIQCrSS 9ABOI3Si&I.ES. ZZÏ 

celu me: lirait i|D rttled'iiiag4»a»iirieiir» a»eiBfîiiliaaiaaie, 
ei acttl H» i^ii le eoiie de Meccora. Ce qoi eal sàtt 
c*«ei qoeine» boappsysatts n'y- eotendeon pas malice „ e| 
qpe s'il etst mpotaible de \em intendire cm imlîqpea. eUee 
lie leinr son* pas nnkiblea du tout: toiu en priant afec omr 
fiance saéni Jean de purifier Taie et de veiller sur leurs 
récolte!^ , ib avouent qu'ils foni le reste pane que dtu U 
camiume. Je ne les touriaenlerai pae beaucoup pour cela. >i 
Vuioi <|ui esl plus- curieui. Le curé d'une petite ville 
possède l'une des plus magoîfiques basiliques du diocèse : un 
jour, c'est le 1 Z juillet iSA5 , il écrit ceci : 

« Sur ma parole, c'est trop fort ! Ces nialheureus ouvriers 
me feront movrii' de chagrin. Jeudi dernier» ib ont fermé 
l'église au vicaire , qui a été obligé de reculer son caté« 
cUsme de deus heures. €e natJu, )*avais fini de confesser 
et je revenais à la cure. Leur tapago , leurs pourparlers 
m'avaient beaucoup géiié , et non moinft que vm les per-« 
soiuies qui r confossaknt Tout en mauvais humeur à^ 
ce désordre qui dure depuis quatre eu einq ans., je sot^tais 
dune heureux d'en éire qukte encore eue fois , quand » à 
la porte de régHse, je rencontre la pauvre vieille Jeannette D. 
qoi venait pour se confesser : elle insiste pour qtie je l'en- 
lende. Je cède pour l'obliger » et Je m'achemine vers mon 
confessionnal où elle me suk ^ pas lents, liais je compisis 
sans mon hOte... : le confessionnal était délogé et roulé déjl 
à vingt pas de sa place ordinaire » derrière un pilier , et 
avec un aplomb qui en foisait quelque chose d'impraticable ! 
C'est la centième fois que cette engeance déréglée me vie* 
time ainsi , dit ma servante. £t quand j'ai voulu exiger que 
dès le soir on remit le meuble où je le voulais, l'ouvrier qui 
s'excusait sur ce qu'il avait besoin de récrépir le mur, me 
dit froidement : « Monsieur le curé, voyez- vous^ pour ce soir, 
pas possible , mais dcmaiu , sans faute. ^Comment demain , 



332 • GONGUfeS AhCHÉOLOGIQLE DE FRANŒ. 

et pourquoi pas ce soir, quand j*en ai besoin? — Ah! ce soir., 
nous ne (ravainons plus d'aujourd'hui , Monsieur le curé ; 
c'est que c'est demain la prise de la Bastille. » Les bras 
me sont tombés devant cette raison , la voix m'a manqué... 
Après midi, je suis revenu ; pas un ouvrier dans l'église:' 
ils festoyaient dans un café voisin ranniversairedc la Bastille... 
J'en ai été quitte pour faire remettre Uz mienne à sa place 
par le sacristain et un homme de bonne volonté. — Et vive 
le classement des églises ! j'engage beaucoup mes confrères ï 
s'en pourvoir. » 

Maintenant , voici qui est plus touchant. Je le tire do dio- 
cèse de Nevers. Le choléra y sévissait en 1869 : 

« Mon Dieu! que de victimes... Aujourd'hui, avec sept 
autres de mes paroissiens^ j'ai perdu le pauvre M. de U., 
le plus intelligent , le plus dévoué de tous. Exténué de fa- 
tigue au service de tous les malades , il me secondait , me 
suppléait en beauconp de choses. Et il est mort sans moi , 
tout à coup , pendant qu'à une lieue d'ici je recevais le 
dernier soupir d'une mère de trois enfants et d'un de ses 
domestiques. Trois heures ont suffi pour enlever mon pauvre 
ami ! Un bonheur inattendu a fait trouver près de lui le bon 
curé de S^*Colombe qui l'a consolé... Mais moi, qui me 
consolera ? Quelle calamité ! Je n'y suffis plus , je n'y résis- 
terai pas... Oh! Seigneur, prenez-moi et sauvez ces pauvres 
âmes ! )) 

Finissons par un archéologue : c'est le curé de S. : 

(( Jeudi, nous avons eu une assemblée de fabrique: Il 
s'agissait des restaurations votées pour l'église, dont l'abside 
s'écroule peu à peu. Ce brave M. D. , le plus fort des mar- 
guilliers que je connaisse , sans faire tort aux autres , me 
suppliait de faire descendre toutes ces petùes vilaines figures 
qui soutiennent la corniche et dont les grimaces font peur ï 
sa femme. H ne savait pas pourquoi « on avait mis de pa- 



RÉDACTION DBS CHRONIQUES PAROISSIALES. S3 

reilles oHNiuieries derrière le boa Diea ; il y avait même des 
diables qui tirent la langue» et des chiens qui ont fair de 
n'avoir que la f^<e /...—- Il fallait mettre à la place de tout 
cela de belles pierres polies. •• » —Et miUe autres gentillesses 
de ce genre. J*ai eu toute la peine do monde à lui persuader 
que tout cela n*était pas si absurde qu'il le croyait : que 
lOQies ces laideurs étaient celles des divers péchés dont 
r Église veut nous inspirer l'horreur » etc. , eto. — La géné« 
raillé de mon auditoire m'a mieux compris, et l'on est 
convenu que puisque nos pères, qui n'étaient guère plus sots 
que nous , avaient fait et souffert ces Images, nous pouvions 
bien , sans nous compromettre , les laisser où elles sont 
Toujours est-il que le bonhomme D. ne m'a pas semblé par- 
faitement converti. Après l'assembliSb, M. G. m'a dit: 
« Monsieur le curé, prenez garde à l>. : il est capable, si vous 
n'y veillez , de faire opérer la descente de ses ennemis en 
graissant un petit peu la patte au maçon. » — Nous nous 
sommes promis d'y veiller l'un et l'autre, aGn que nos 
grimaciers, comme il dit , ne rejoignent pas l'inscription du 
XllI'' siècle, qui attestait une fondation dans l'église, et 
qu'il a fait briser pour entrer dans le mur de son jardin. » 
Vous le voyez. Messieurs, outre ce qu'il y a d'historique 
dans tous ces détails de genres si différents , on y aperçoit 
encore , non sans profit pour lui , le caractère de l'écrivain 
qui ^'y épanclie, comme les copistes du moyen-âge, sans 
aocone espérance d'en tirer quoi que ce soit à l'avantage 
d'une réputation peu ambitionnée. Il y a du cœur, il y a 
de l'esprit , de la science , de l'énergie. Il y a là , en on 
mot , le germe d'un grand ensemble auquel chacun apporte, 
dans une consunte bonne volonté , des éléments pleins d'in- 
térêt et de vie. 

Il est vrai que tout ne ressemble pas à cela, et que d'ail* 
leurs de telles formes ne Ront pas esscmiolles à nos chro* 



53& C0K6IÉS ABCRtot&OGlOOE ^ fHA^S^B. 

iiîqiM. NotM'«oidrioi»^que'IIM.4e6Mi«Hfo««] 
^MeB<q«e'«»'osC)iMiii8dePbMaoii« i|tiS«n voHdmii-d^en^^ 
des^iMes'IililoriqMS^ écsimMeigoemeoèsvlNeAfihw qaei«i 

nMc :de8}dale»p^édi»8>xet» aqtattt^ftte poBdUe »*NHlMaUn 

UnelCà»4e>ffan fldopiéid^a» s» «mpiickétiMtire • une Mb 

-bien irrélée Ja irésolaïkm cte^vie picp pi^Bgtr'd w^ a H tcBb- 

iriiés'dlgiios dVitt^oiàou, «ofez ebmoiedeilwitts |iavi8 Mifi» 

.foat*aQto«r ilecfMB 'Ie8.«ij6tsid*0bii0ri«(j«ii'«t*^ tCM W » 

'd'eBlaner -de s^èrtuUeB ridMMM soitoitiqvML Ilfl^ett fB 

de faroitfe .doDl <^ Icrritoire :tt*Ml' vu ^iit# •a<«iie aU»f« 

-ou un prmfé» dont .elle ae .ptuède cncone 'dfls^rttles.piis 

:ou mônis xom^ta , J<Mi < des i itiines / hélas I d'où me reBal- 

:tn»nt jaonîs les tnlmesispleiidesi». PQox<^Pe ly avta-vott 

'iJUi*4Ni ipltaieurs amioirty à FtMiigQe' eikteocc desqueb «e 

raMGheiit4les<sottveaîrsiqu'oii.îgnore fkai'looi;ailieats, et qui 

lè'se Ikeat «LséKCfti isur des mmrs déopaBleiés on da«sd« 

arobkres Inexplorées Bfieneillaz Jes.îuscriplîaniSy iéécrîMi, 

desskiez vêoie les délaiis de.0culpuipe« d'archslaeiure avec 

lesfiaas prîrailifa , lesi reaiaaratîoM dast îles ^aee» mMttfH 

destsiôcles divers; n'oablîex> pas .les épkapiM» qoî oouvreat 

les. lombes. du 4:iitteUère «^Ics daHes de V4gUse,'iHiC<rileades 

chapelles, des xryptes , jdes donjoBS. (lansigoex ceb^n 

précieiix daD»Bnii^ciiitltQiu sera Toivecaïaiiiam, aansMWil 

souci de ia forme, si ceue fewae.Tous e ud M W P aaae , pile- 

mâie méote, si ^ous êles {tressé ; car une beoM ufale^des 

inalières yf mettra tôt ou lard Tondre idésiraUe pear veoseï 

.pour ceux ]qui :vous Jiront. • Quelles «niéressaiiies asiles de 

choses hîtilorj<|iie8 u*aurez**voos/paa;aiBsî celiées, et defqiRl 

secours ne seraient pas à un historien (qui n*€«tpeafr^mpis 

'Oé eiMore } ces. pages anibeiiliqoes, «appelant Ja [conslnic- 

lion, les reslaoratkms sucoeesîvea, les einbefiîssemvBts de 



!RÊDACTfO!l DES CBttONlQOt-S I^ABOfSStAlPS, S33 

M^irn ^ ksB *âoti»riiMif( ikmt «Ile ftit «lrMlte> 4éft 'roiidâtîoiis 

picotes qui 8^<flMit , Itt ^ittbit» de la "vic WHageoisie . les 

per8»Ao«B ^ s> iKêtofi«M à t}|f% d'ïetéars^ni de ItAbins ! 

UtMi^'bUHMé a^ssi tôOtHBfe qui mH -iispôrté à U fMtt>toe: 

l'mtociiioAt et Ibs «ittiatiofis des âijfe^mifs McIfbfliiAfi^ im- 

blics'«t«»>féfes, >les cîfeeocitatieite iKuréafiN^/tâvataniMs, 

rér»Mifli$èilieDt d«s 'Mtés ira<MeitaM<èB, téHKStiofii des iHo^- 

fiaoiettl8,-M modestes M sflmptiiétfz «qn^Hs fosâMH, defMfè 

llNMDble et pfaHse oniix do camfibiir jusqu'à h «m^mh 

fi^éotle^ « la inalrie, an jpifesbytère. Usaeiâs de Uévooe^ 

4iieat ii*y«ermii p«x>mis, «on plasqiie les dMfnctkan bo* 

imrablès qu'ils abraieut mothées. tofin' de Faitoée arrivant , 

irDos>joigacz iHilêtii«it ^ cela des noèes fMrisesoiiaqoetieaNiiiie 

«iir-récât le fflas habituel de Fattivasphère pendant iMie sa 

dorée, sur les ittrâtions^ observées daiis4a samépubliqoe, 

-eifr les anféii^raUons kitrocUiîtes dan9ie»9péraiiOD»ii^grfc«les, 

et jusqu'aux iMOfeos employés avec «ico^ coufre lesépddé- 

mies eu les «fibctions extpaonttnatres. 

Je ine.garderai bien , en faveur <do plan q«e- j'esquisse-, 
»d'«ttfalier on moyen iiNiliîple peut-être, «n appareose, mais 
dmit TuniCé se constituera de la • variété ffidaiie de «es dé- 
taîisL lAprès'la destruction des établissements religie«x pttr la 
tempête de 1790, letnrs ^cMves, d'abord maltfailées et 
abaiidounées ^ une sorte de pîttage^ rÉrentenGn transpor- 
tées dans chaque chef-lieu de département où «grâce à Tas- 
sidnité savante des archivistes tbnt l'École des chartes 
s'enm^ueiUit à si juste raison , elles commencent à se dè- 
brooîliec depuis quelqnes années , et fournissent aux Mmo 
riens de nos provinces d'inappréciablesdocoments. Mais tout 
n'est pas dans ces précieuses lavettes, et beaucoup de pièces 
sont demeurées, non loin de lear dépôt primitif , dans teHe 
maison voisine do château ou de l'abbaye , peut-être même 
dans quelque ferme isolée , où l'orage los a poussées , ou 



336 GOiNGftfeS AftCllÊOLOGlQUE DE FRANCE* 

riodifféreoce les a gardées sans les connaître, où Ofiille et onde 
ces hasards, que les livres n'oot pas oioinsqoe les booimes (1), 
les a protégées enGB contre âne destruction immineute. J*aî po 
retrouver des parchemins , des feuilles éparses des plus inté* 
ressautes pour Thistoire d'une petite ville du Poilou, entre les 
inains du vénérable abbé Taury » qui y avait été curé avant 
moi» et les avait obtenues d*utt simple ouvrier de sa paroisse : 
celui-ci les avait eues de son père, qui ne se rappelait pluscom- 
ment elles lui étaient arrivées après la dispersion des chanoi- 
nes de la collégiale. Quoi qu'il en soit, le savant ecclésiastique 
les avait lues. Ce n'était rien moins que des conventions 
entre le Chapitre et l'un des seigneurs châtelains, d'oà résul- 
taient des certitudes historiques, se liant aux origines encore 
obscures des suzerainetés de Fendroir. Une antre fois je dé- 
couvris moi-même , perdus dans la poussière d'un grenier, 
beaucoup de dossiers de procédure ( qu'il ne faut pas «m- 
jours dédaigner , car on y rencontre des noms et des faits 
qui intéressent une contrée), et, ce qui me causa une grande 
joie d'antiquaire , j'y lus un contrat de vente , daté de 
1573 , qui me prouva l'existence, ^ cette époque si peo 
reculée, du château seigneurial et du vidage de Montaubin, 
dont j'avais écrit l'histoire sans pouvoir dire quand il avait 
6nl , ses ruines même n'existant plus. Ainsi , de pareilles 
découvertes peuvent dévoiler une vérité inconnue qui se 
devait plus se trouver ailleurs. 

Donc, les pièces écrites sur parchemin, dont l'écriture pré- 
sente quelques difficultés à déchiffrer ; celles sur papier déjà 
jauni par li* temps, dont la date se lit parfois plus facilement, mais 
dont le caractère plus tourmenté, quoique net et plus mince , 
rend le texte illisible à des yeux non exercés, doivent particuliè- 
rement exciter l'intérôt ; et, au lieu de les abandonncraux périls 

(1) |].il)ciit sua fati» libcllû 



RÉDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES. 337 

do fen on de répiccrie , il serait bien dé les commaniquer à 
quelque expert da Toisioage: de nos jours, l'amour 
éclairé de la science a posé partout de ces vedettes atten- 
tives qui ne demandent pas mieux que de telles rencontres. 
Et que dis-je? I«e curé lui-même d'une de ces paroisses 
rurales, où de précieux loisirs permettent de se délasser avec 
des livres des travaux parfois si fatigants et toujours impé- 
rieux du saint ministère , aura-t-il besoin d'un œil étranger 
pour suivre et comprendre la paléographie de nos vietuc 
manuscrit^, dont il aura senti Timportance ? C'est une étude 
qui ne demande qu'un peu d'assiduité ; eHe est pleine de 
charme autant que d'actualité , dans ce temps où les élèves 
même des écoles primaires s'exercent à y devenir habiles ; 
et je ne crois pas que nous voyions de sitôt revenir ces jours, * 
encore peu éloignés de nous , où on enfant m'apportait, 
comme récompense reçue au catéchisme , une magnifique 
feuille de parchemin couverte d'une charmante écriture du 
XIII* siècle, et ornée d'une délicieuse vignette de saint 
Nicolas, bénissant les trois mariniers que vous savez. Celte 
feuille, hélas! n'était que la deux-centième partie, me dit-on, 
d'an bréviaire in-^'' , déchiré semaine par semaine depuis 
on an^en lambeaux semblables, par les mains d'un jeune 
vicaire d'une paroisse de Poitiers ! Je m'empresse de le 
redire : il y a vingt ans de cela... aujourd'hui, personne ne 
le ferait ; pas on prêtre ne se trouverait qui pût concevoir 
la possibilité de ce crime de lèse-science. Mais nous n'en 
avons pas moins une expiation à nous prescrire, dans 
ces mauvais cas, pour mille autres dont nous paraissons tous 
solidaires ; et comme je voulus , par une réparation immé- 
diate, placer sous verre, où je le garde encore, ce déplorable 
débris de la plus belle époque du moyen-âge , tous mes 
confrères dans le sacerdoce qui sont ici , tous ceux qui sau- 
ront par l'écho de notre chère Vendée ce qui se passe dans 

22 



358 com;dès AficiiÈoi.oeigii& db france. 

celle enceinte « proteateront à Tavenir , par nae aUentioo 
djgpedeleur intelligence éle\;ée» contre ces repcocbesda 
pa$K& N? laisaoïiis jamais se sonstraire à nos investigatioDs 
aucun de ces manuscrits, relié ou non, ayant bnne de 
livre QU de aiinple fcuilie » et dont le mauvai» état eiléneor 
pourrait , aq premier aspect , foire douter de leur im|or- 
tance possible* On ne les laissera pas au hasard: on en 
demandera communication , on en signalera rciislence , U 
\\eu de dépôt ; s*ils se trouvent appartenir à Téglise , on les 
renfermera avec les registres de la fabrique ; on y joindra 
les vieux livres de chant, des anciens €iai$ civils, qni, 
outre rimportance qu'ils mérileiU dans Tintér^t des famitte», 
ont encore comme document», une valeur historiq^ne; car 
. on y découvre sooveni les indications perdues d evéoemcau 
déjà anciens , d*aUiance& oubliées , des dates certaines, des 
preuves qui ne sont plus que là. Cest dans un booquia 
sale et huileux , qui se roulait sur la table d'un sacristain de 
village, et dont la préface manquait de 15 pages, que k 
16' m'a appris que l'usage, devenu général, de réciter les 
matines dès la veille des fêtes, avait pris naissance k Poi* 
tiers en 1336 , et de là s'était répandu dans tout le monde 
catholique (1). — Une autre fois, pendant ma visite chez 
une famille pauvre, un garçon de huit ans apporte quelques 
pincées de poivre dans une petite feuille de papier qu'oo 
dépose sur la cbeminée. Fidèle à mou habitude, je regarde 
ce papier : c'était une page des Eglogues Poitevines , de 
maître Jean Babu , curé de Soudans. — Renseigné sur le 
marchand de poivre, je me fais donner cette feuille 
isolée, je prends congé , et une demi-heure après , je possé- 
dais un exemplaire de l'édition originale, devenue très-rare, 
de cet ingénieux spécimen de notre patois provincial. 

(1; V. notre Uist, de la cathédrale dt Poitiers , I. Il, p. 95. 



RÉDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES. 339 

Mais en faii de spécialité dans l'espèce , il en est une que 
je recommande kistamment : n'oubliez pas les étagères 
poudreuses oà dorment depuis plusiears siècles les minutes 
de Toire notaire. Le notaire, c'est un homme de bon aloi, 
cte franches allures, qui tous laissera volontiers pénétrer dans 
let secrets de ses clients du moyen-âge ou de la Renaissance : 
j*e«i sai» de fort aimables qui m*ont permis de ces inno- 
ceBtes itidiscrétions dont j*ai bonne mémoire comme d*enx- 
méme», avec des notes fort curieuses... Ensuite, si tous 
apercevez parfois en un coin de quelque maison, ou 
clouée à un mur comme une image, ou même remplaçant 
la vitre absente d*une étroite fenêtre, quelque vieille carte 
géographique, un ancien plan dn château peut-être recon- 
strort à la moderne, que cette bonne fortune augmente votre 
trésor et vienne vous parler de certains lieux , aujourd'hui 
inconnus , dont ' l'heureuse apparition éclairera un point 
d'bisloîre, objet des controverses du pays. Ne dédaignez 
p;is enfin le débitant de tabac, le petit marchand de comes- 
tibles , le grainetier , le relieur aussi qui achète les vieux 
papiers , les parchemins dits de rebut et les livres mutilés 
qn*il destine à en faire de neufs. Souvent, sous la couverture 
de ces vieux livres , une garde méprisée a fait briller un 
éclair inattendu , dont le reflet nous a rendu une vérité 
oubliée. Pjus d'une fois ^ dans le panier aux rognures, gisait 
une page immortelle , texte original d'un traité célèbre , on 
on testament qui déconcerta les droits équivoques d'héritiers 
douteux, en ramenant la justice sur son véritable terrain. 
N'ai-Je pas vu une honorable famille rentrer de la sorte en 
des droits contestés , dont la preuve introuvable pendant 
vingt anS; s'était égarée chez un fripier? Un tailleur 
d'habits n'avait^il pas acheté, pour en couper ses mesures ^ 
un vieux titre qui nous rendit le champ depuis longtemps • 
ignoré de la bataille de Maupertuis? — N'est-ce pas au 



3^0 CONGRÈS ABCHÉOLOGIQUE DE PRANGB. 

milieu des parchemins destinées aux œuvres d'un carton- 
nier , qu*ua magistrat de Poitiers trouva il y a treote ans 
ce Grand-Gauthier , le plus ancien pouillé du diocèse , 
aussi précieui à la Vendée qu'aux Deux-Sèvres et à la 
Vienne, puisqu'il nous donne la nomenclature autlientiqoe 
de tous les bénéfices du Poitou , avec la série de ses évêques 
jusqu'à la fin du XUP siècle? Mettre la main sur de pa- 
reilles choses, ne fût-ce que pour les signaler aux éradits 
ou reprendre des notes, à défaut d'une acquisition qoi 
n'est pas toujours possible , n'est-ce pas s'honorer par ooe 
conquête dont l'avenir ne pourra être que fort reconnais- 
sant ? Fallût-il même les payer , se donner la peine d'un 
voyage , employer jusqu'aux négociations d'une diplomatie 
patiente et subtile : tout homme sérieux , ami de la science 
et de son pays , se reprocherait de rester indifférent devant 
elle. 

Messieurs , vous trouvez sans doute que je me suis lon- 
guement étendu sur celte question des chroniques parois- 
siales, et je paraîtrais m'en être écarté un peu par les dé- 
tails dont je les ai entourées. C'est qu'elle ne pouvait être 
résolue, à mon avis , sans un accompagnement indispensable 
d'observations pratiques , sans énoncer les conditions nom- 
breuses du succès que nous avons à cœur. Le plan à suivre 
pour la confection des chroniques paroissiales est très-simple 
par lui-même 9 nous l'avons vu : il peut rester dans les con- 
ditions faciles d*une exécution réduite aux termes les plus 
étroits, puisqu'il ne s'agit pas de la manière d'écrire Vhis^ 
toire^ mais de lui fournir des éléments, fussent-ils difformes, 
non encore dégrossis et jetés au hasard sur le terrain des 
choses futures , comme les moellons d'un édifice en projet. 
Tout est là, quant à cette noble autant que modeste indus- 
.trie à laquelle nous invitons le clergé de France, non moins 
distingué ici qu'ailleurs par les tendances de son esprit et 



BÉDACTION DES CHRONIQUES PAROISSIALES. 341 

les habitudes de sa vie grave et laborieuse. Semblables à ces 
héroïques travailleurs des âges chréliens , dont les uns 
crayonnaient dans la réflexion et le silence les plans de nos 
admirables basiliques, pendant que d'autres» vrais Logeurs 
du bon Dieu, cimentaient l'appareil , sculptaient les chapi- 
teaux et les façades sans inscrire aocun nom sur l'œuvre 
commune de leurs mains désintéressées , et s'honoraient de 
traîner jusqu'aux fondements de l'édifice les pierres que la 
bénédiction du pontife devait bientôt consacrer: tous 
onifisons , Messieurs , nos efforts pour un autre faisceau 
d'utiles labeurs. C'est un .rude et difficile exercice que 
d'écrire l'histoire , auquel manquent trop souvent les élé- 
ments nécessaires ; c'est un cirque où la course , soumise à 
des conditions ardues , ne conduit pas toujours jusqu'au 
but , et s'arrête maintes fois en laissant sur l'arène des con- 
currents impuissants ou déconcertés. Plus aisée et plus 
douce est la carrière de ce travailleur inaperçu qui , sans 
aucun maître que sa pensée, part et s'arrête à son propre 
signal, ne peut faire un seul pas sans toucher an prix; 
contemple , aux divers repos qu'il se ménage , le chemin 
qu'il a fait et les odorantes fleurs qu'il y peut cueillir. 
Cette tâjche a sa gloire cachée, que la conscience approuve, 
et que Dieu récompensera comme toute autre, selon l'in- 
tention droite et pure qui fait agir. N'est-ce pas ce Dieu qui 
disait un jour queV homme ne vit pas seulement de pain , 
mais de la parole d'en haut, de la science, dont les lèvres 
sacerdotales doivent être les principales dépositaires? N'est- 
ce pas à nous qu'il semble répéter encore , dans un sens 
très-véritable lorsqu'il s'agit de la nourriture intellectuelle : 
Colligite fragmenta ne pereant ? Ainsi , Messieurs , s'épure 
et s'élève la vie d'ici-bas : ainsi l'avons-nous rendue utile 
en étendant la sphère morale de notre action sur le monde ; 
et pour moi qui vous en ai parlé au nom de la Société 



3^2 CONGRES ABCIIÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

française d'archéoiogîe , par cela mêque je oe serai point 
resté étranger à cette gloire modeste. 11 me semble qii*ao- 
jourd*faui j'en ai pris ma part qaand j'ai osé y convier 
surtout le jeune et exemplaire clergé de la Vendée, moins 
croyez-le bien , par le privilège de mes soixante printemps, 
que par les inspirations toutes cordiales qui me sont venues 
des bontés déjà anciennes de ses vénérables évéques, et de 
Tamicale confraternité de leurs dignes coopérateors. 




DES 



STATUES ÉQUESTRES 



SCULPTlBS AUX TYMPANS DE QUELQ'JKS É3LI3S3 ROMA!ffiS 



LEUR SIGNIFICATION DANS L*€STHÉTIQUE CHRÉTIENNE, • 

Par m. l'abbé AUBER , 

Inspecteur de la Sodélé française d*arcliéoloeie* 



Voici» Messidors, nne question qui s*est représentée vingt 
fois an moins , depuis vingt ans et plus , dans les divers 
programmes de la Société française d'archéologie. Elle porte 
avec elle un caractère d'originalité mystérieuse qui la fait 
adopter, comme sujet d'étude, par on assez grand nombre d'ar- 
chéologoes. Les uns ont écrit, les antres disserté de vive voix 
dans les recueils littéraires ou dans les rénnîons académi- 
ques , et en dépit du talent incontestable de tant d'écrivains 
ou de savants , la solution n'a pas été encore formulée en 
termes définitifis : de sorte que la question a pu se reproduire 
parmi celles qui s'offrent aujourd'hui aux discussions de la 
Société française. Pour moi, qui ne me suis jamais (rfaoésur 
les rangs de ces doctes discoureurs , elle n'avait cependant 
pas échappé à mes réflexions : je l'avais retrouvée mille 
fois dans mes observations presque incessantes surVIconogra' 
phie chrétienne^ et là encore , j'avais pu m'étomier qu'on 
eût voulu ne cbcrcber que dans l'histoire ce qu'on ne 



3Û/i COiNGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRA^NCE; 

poaTait expliquer que par ane idée symbolique. CeAi 
peine si cette dernière donnée s*e8t fait joor à traverB but 
de dissertations qui , pour n*êlre point parties du poîotde 
vue le mieux éclairé, n*ont fait qu'épaissir les obscurités et 
retarder la solution. 

Il sera un peu long, mais non inutile d*inal?ser pour tos 
souvenirs les travaux, distingués à beaucoup d'égards, mais 
très-peu concluants en très-grand nombre, qui se sut 
succédé sur l'objet en litige. Le Bulletin monumemal , b 
Revue de l'art chrétien, les Annales archéologiques ^ a 
plusieurs autres Revues placées honorablement dans l'estine 
du monde scientiGque , contiennent toute l'histoire de la 
question. Vous l'y avez lue : elle vous a plus ou moins frappés 
selon que vos convictions se croyaient faites ou que voos 
attachiez moins d'intérêt à vous en faire. Cette étude a 
cependant son importance, qui a motivé son retour parmi 
nous. Il s*agit d'arriver à un temps où Ton ne se dise plos 
en contemplant la façade de nos belles églises de Helle, de 
Givrai, de Parlhenay-le- Vieux , d'Âunay, de Poussais et 
de telles autres (1) : ce cavalier reste un mystère indé- 
chiffrable, un livre fermé que personne, ne peut ouvrir. 

£n apportant ce tribut à la masse commune de nos 
travaux, je pense qu'il faut élaguer d'abord^ tout en motivaDt 
cette mesure préventive , les opinions trop peu sérieuses, 
les conjectures hasardées, et les allégations sans preuves 
qui n*ont pas manqué dans les discussions antérieurei— 
Simultanément, nous devrons séparer de la question, les 
faux principes , les erreurs de doctrine qui s'y sont 
glissées. — EnGu , nous conclurons ce qui est de ce qui 



(i) Mauzé, AirraoU, Bcnet , Notre-Dame de Poitiers, St-Gtienne-le- 
Vieux de Caeo , Sargères en Saiotonge , Notre-Dame de la Coadit à 
Parlbeoay. 



STATCfeS ÉQUESTRES DES ÉGLISES. Ztl5 

D*a pa être, et j'espère, Rlessiears, qae toat le monde 
conclura a?ec noas. 



I. 



£o fait de thèses à refater , on me permettra de croire 
qu'il n'est pas toujours indispensable d'échelonner , en une 
jfNTte d'appel général , les doctes noms qui s'y sont mêlés. 
11 s'agit , entre nous , beaucoup plus des choses que des per- 
sonnes. Ici, d'ailleurs, chacun garde toute la mémoire 
possible des discussions antérieures : il suffira donc de les 
résomer, sauf à discuter de nouveau mes propres idées, si 
quelqu'un de nos savants collègues devait y apporter ses 
objections. 

Hais d'abord posons-nous en observateur devant Tune de 
ces statues équestres , qui nous donnent tant de tortures. 
Elles se ressemblent toutes si parfaitement que, sauf leurs 
mutilations malheureuses, on les regarde nécessairement 
comme un spécimen commun, exprimant une pensée partout 
identique : si bien qu'en dépit de leurs brisures , qui les ont 
presque toutes réduites à rien , il est encore possible de les 
déterminer nettement. En général , le travail en est assez 
grossier, autant qu'on en peut juger par ces restes difformes. 
On s'accorde à l'attribuer à la fin du XP ou au commence- 
ment du XII* siècle; les mieux exécutées s'avancent un peu 
plus vers le milieu de ce dernier , et à en juger par les dates 
connues des monuments qu'elles ont décorés , ceux dont on 
ne sait pas aussi précisément l'origine pourraient nous la 
donner , k cela près de quelques années , par la seule exhi- 
bition de celte statuaire parlante. De ce qui reste aux uns, on 
conclut évidemment ce qu'avaient les autres : un cavalier ri- 
chement vêtu , coiffé de la couronne seigneuriale , la robe , 
longue et largement drapée, recouvrant une cotte de mailles ; 



5f|6 CONGRES ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

'4l6S éi^rans qui M sont pas moins uq coiiipléiiieiil des atin- 
buls chevaleresques ; une pose calme et digne « répondant 
parfaitement d'ailleurs à Tallore da fort cheval, taillé en 
dimensions larges et éuergiqaes. La noble béte , en effet , 
que pare un collier à pendeloques entourant le cou et le 
poitrail , ebt an repos : le monvement général de ses jambes 
le dénote parfailemetit ; seole , la droite du train antériciir 
est levée et repose sans effort sur la têle d*un petit per- 
^nnage accroupi devant ce groupe , dont la hauteur dépasse 
de trois ou quatre fois la sienne. Ce petit homme varie on 
peu dans sa pose, selon que le statuaire, sans manq«er ati 
fond de la pensée , a cru pouvoir en modifier rexpresnon 
par quelques détails , usant sobrement de ce que le poète 
appelait quidlibet audendi aqua faatUas , sans jamais dlércr 
la portée esthétique de son sujet. Ainsi, notre iiaiii est qael- 
qnefois tout-à-fait renversé devant la monture , dont te pied, 
toujours suspendu, semble conserver le mouvement q«i 
vient de frapper ; la victime se débat dans une sorte de cen- 
vulsioti, les pieds en Pair, la têle en bas et les cheveux épars, 
les bi*as serrant la poitrine d'une rude étreinte : tel on le 
l'Oyait & St-Étienne-le-Vienxde Ceen (i). Ailleurs, et presque 
généralement , vous ne verrez qu*un pauvre avorton pHé 
hund>iement devant la Gère monture, dans une entière nudité, 
avec le geste de la soumission et de la dépendance, ni;^tn«§ 
enfin jusqu'à une sorte de condescendance sous le pied qui 
le domine ; ainsi on le voit encore sur un chapiteau, h l'ia- 
térieur de la cathédrale d'Autun (2). Quelles que soient ces 
variantes , n'ouMions pas cependant qu'il est partoot , en 
dépit d'elles , une ressemblance fort signiffcative : c'est 
i'exiguité relative de ce petit être , dont les proportions font 

(t) Voir Bulletin ptonumental , t. XT, p. 509. 
{i) Id., p. 474- 



STÂTLES ÉQI.ESTRES DES ÊGU8£S. 367 

une espèce de pygmée en présence de ses deui auis^onîstes. 
Non» aurons à reTenîr sur tooles ces porticulariiéSt qui 
reuirent esseutiellemeut dans rkiterprétation de notre pro* 
bièiue. 

Maiol^naot donc , et sans irop nous attarder dans les 
phrases, examinons les prétentions de l'histoire. Ce fameux 
cavalier qui chemine gravement aux façades de quelques 
^lises romanes , en Anjou , en Poitou et même, quoique 
pluj» rare, en Normandie, ne serait-il point Charlemagne ou 
Constantin ? Kon ; Cbarleœagne , Constantin n'avaient que 
faire ià au XIP siècle , car ils n'ont jamais eu , que je 
sache, aucun rapport, ni de fondation ni de protectorat à 
r^ard des édiûces qu'on leur prèle sans aucune raison 
historique. Je comprends Charlemagne à la porte de Tabba* 
tiale de Charroiix , qui lui doit tout, ainsi qu'à son con- 
temporain le comte Roger de Limoges : en les y voyant, le 
doute est d'autant moins possible sur leur personnalité, 
qu'une belle inscription du Xlli* siècle avoisine chacune 
de ces nobles images et atteste dignement la gratitude que le 
monastère a voulu monomenter encore quatre siècles après 
leor moru Mais le vainqueur de Maxence , ou le fondateur 
de notre seconde dynastie , à quel titre se seraient-ils 
hissés dans les tympans de ces autres monuments , aussi 
étrangers à leur souvenir qu'à leurs bienfaits (1) 7 

Est-ce donc saint Martin ? Notre personnage ne lui res* 

(1) M. de Cheiisé {BulUtin monumental, L XI, p. Â70 ) : c On a 
donné pour raison , contre Tadmission de Cbariemagne par Ifs moînes 
à une place si honorable, qu*on se serait bien gardé d^èlabinr un tel 
contraste avec certaines taches de sa vie : comme si le christianisme 
n'oubliait pas les fautes dont le repentir a été prouvé par une vie sans 
reproche ; comme si Gharieroagne n^était pas honoré du culte de bien- 
heureux dans l'église d'Aix-la-ChapcfHe. » Voir, au reste, D. Goérangcr, 
Année liturgique , temps de Noël, I. II, p. 5(^5, 



ZdS COKGRfcS ARCnÉOLOfilQDE DE FKANCE. 

semble guère. Il y a poar chaque saiul, il ne faut pas 
Fonblier, un lype consacré , dont Ticonographic hiératique 
ne s'éloigne jamais, et qui tend à éviter toute confusion 
entre lui et tout autre. Ainsi, où a-t-on tu saint Martin, isolé 
de toute la suite des faits de sa légende , représenté à cheval, 
autrement que sous les traits d*un chef militaire coupant 
son manteau en faveur d'un pauvre en haillons qui attend 
anxieusement devant lui ? On conclurait mal , pour celte 
opinion, des conjectures que laissent possibles les mutilations 
trop considérables qu'ont souffertes le plus grand nombre de 
nos cavaliers de pierre. On sait bien que tons ont ressemblé 
parfaitement à celui d'Aiitun , à qui rien ne manque : et là , 
on n'a jamais vu ni guerrier se dépouillant de sa casaque , ni 
le pauvre estropié , ardent à en accepter sa part (i). Mais si 
j*admire un tour de force pour la défense de saint Martin , 
c'est celui d'une de nos sommités archéologiques , dont le 
jugement a cependant une réputation méritée , et le mal 
qu'il s'est donné , lui toujours si sagace , à développer en 
faveur de cette thèse des conjectures toutes gratuites , rem- 
plaçant par des suppositions ingénieuses lés preuves positives 
qu'il ne peut trouver (2). Au reste , saint Martin n'a pu 
tenir sur ce cheval , et tout le monde l'abandonne au- 
jourd'hui. 

Ce n'est pas plus saint Georges qui, certes, n'a pas ordi- 
nairement cette placidité reconnue de tous. Le patron de 
l'Angleterre catholique est armé d'une lance , dont il frappe 
l'horrible gueule béante d'un dragon formidable , sur teqncl 
le cheval a été lancé au galop. Ici rien de cela , outre qu'on 
ne verrait pas clairement pourquoi les Anglais auraient ainsi 

(1) Voir une gravure du BuUeiin monumental , r. XVI , p. 367. 
(3) M. Didron, Bulletin monumental ^ t. XI, p. 506 et suit. ; — 
Annales archéologîquei , t. XV, p. 2^2, et t. XVllI, p. 331. 



STATUES ÉQUESTRES DES ÉGLISES. 3^9 

personoifié leur pays sur des monàments tous bâtis avant 
qu'ils s'imaginaasenc d'asservir le nôtre (1). 

Alais voici oue^grande^dée. Il faut saluer, peut-être, dans ces 
glorieux chevaliers les fondateurs de nos églises. N'étalent- 
ils pas, de leur nature, personnages fort exigeants et capables 
de vouloir se prélasser à côté de Jêsus-Ghrist lul-méme ou 
du PATRON Gguré dans cette même façade 7 Ce n*est pas sans 
élonuemcnt qu'on se voit obligé de l'avouer. En 1840 , au 
Congrès archéologique de Niort , on établissait , sur quelques 
ODî-dire élevés au rang fort équivoque de tradition , que le 
cavalier d'AirvauIt était sérieusement Aldêarde, vicomtesse 
de Thouars, fondatrice de l'abbaye, en 971; ou bien le 
vicomte Aymeri,son rc formateur , en 1095. C'était déjà 
malheureux que cette hésitation entre un cavalier et une 
cavalière ; mais ce qui l'était bien plus, c'était rintervention 
d'un prétendu droit féodal qui n'exista jamais et qu'on sup- 
posait là pour orner le plaidoyer d'une raison apparente (2). 
Le premier besoin d'une telle cause, n'est-ce pas d'y apporter 
des témoignages sérieux , et ne faudrait-il pas en éloigner 
toutes les assertions purement gratuites ? Or , qu'on nous cite 
une seule loi , une seule coutume locale qoi , au moyen-âge , 
autorisât un pareil usage , et la question sera vidée. An con- 
traire, nous .savons par maintes données historiques, dont 
les sources ne sont ignoi ées de personne , que les fondateurs 
I canonisés étaient seuls représentés avec d'autres saints à 
l'extérieur des églises , et qu'on leur reconnaissait ce titre 
par une petite église placée dans une de leurs mains. Quel- 
quefois , dans les vitraux , ils figurent à genoux , les mains 

(«) C'est encore M. Didion qui tenait pour saint Georges, BuUetin 
monumental et Aunales archéologiques , loc. cîl. 

(2) MM. de La Fonienclle, de Chergéct Fillon, HuHetin monumentnf, 
t. VI, p. 335 ; — Arnaud, Monuments des Deux- Sèvres , p. 445, 



350 CO^GBLS ARCHÊOLOGlOrE l>E FRANCE. 

jointes ; ib OBt le droit de litre à riartérîear et à Teitérieiir, 
puis celoi de sépoltore (I) , et e'est toat. QosDt à parahre 
dans le magoifiqoe attinti qu'on Tondrait leur prêter , c*est 
one pare îmagîBarîos. Llntertention d*bn seignear dios h 
fondation d*on église ,. d*ini inooasiére , consistait oniqtie- 
ment à donner le fonds , à faire les frais de construction , 
mais jamais i se créer, à titre de compensation par trop 
orgueiilease » aucune prérogative qu*on n*eût pas accordée. 
Une telle concession n'a pas d'eiemple : on ne tronvera pas 
niie charte qui en fosse mention , car an XIP siècle , quand 
les règles du sf mbolîsme étaient si absokios qoe partout I« 
mêmes dogmes , les mêmes enseignements se reproduisaient 
par des images convenues, et dont le plus grand nombre 
remontaient an berceau de la religion, on n*eût pas tout à coup, 
et dans ime on deux provinces seulement , abandonné cette 
forme sacrée pour favoriser le caprice de quelques seigneurs 
malavisés. Cette remai^qoe met encore à néant la fausse 
légende accréditée à ce noûne Congrès de Niort , et trois ans 
après dans celoi de Poitiers , par feu M. de La Fontcnelle , 
qui regardait la présence do cavalier à Parthenay-le-Tieux 
comme one expiation do meurtre involontaire d'un enfant (2). 
Ne regardez-voos pas ^ si le (ait est vrai , qu'il y aon eo 
autant d*enfants victimes de ce même malbeor, et auunt 
d'expiations seigneuriales qu'on cite de ces sculptures dLv 
pcrsées en une douzaine d'endroits 7 Je soupçonne que les 
pauvres petits ne sont pas encore aussi malheureux que l'in- 
venteur de cette étrange anealote, et je ne sais si je ne kii 
préférerais pas, en tant que légende, la grande fée Mélosise 



(1) V. M. de Girardot, Droit de lUre et de sépuUure^ dans les 
Annales archéologiques, U III; — Bulletin monumental , t. XIII, 

p. M et SUIT. 

(2) Butlttin monumental, I. M, p. 330; I. IX , p. &77. 



STATUES ÉQUeSTBES DES ÊGLISBS. 3jt 

batisftaoi m trois ouîls l'abUtiale d*AirviuIt , stir bqntKe 
ette aurait imprimé aa portraiture cile?alcnssqiM» 

Est-il moios surprenant qn*Qn ah songé à établir, à 
Feairée d'une église, «n monument « de la position précaire 
da paovre vassal (1), m monument bien plus propre à exciter 
des rérohes qu*à inspirer la soumission, et que F Église 
a'aorait pas plus patronné que la traite des Noirs? Nous» 
Itf esëieors , qui étudions le uioyen-dge k un point de iiuc qui 
n^est pas eehn du dénigrement ; nous qui , à c6té de ces 
pierres vénérées, regardons toujours Fesprildoses insiiiu- 
tious , et qui ne pouvons assez déplorer ce parti pris d'un 
certain charlatanisme iiiléraire, dont les efforts tendent con^ 
tinucilement à effacer lies titres des générations passées à 
notre refq[)e€t et à notre amour... nous savons aussi qu^ 
croire de cette déification par F Église de la force brutale», 
écrasant le pauvre et le petit ; et nous croyons que ceux de 
nos amis qui hasardaient celte explication, il y a quelque 
vingt-cinq ans. Font rejetée depuis comme on argument 
malavisé , autant qu*uo dangereux auxiliaire à des doctrines 
erronées. 

Passons à Héliodore. De savants ecclésiastiques ont voulu 
reconnaître, dans la scène qui nous occupe , le trait le plus 
célèbre de l'histoire de ce fameux spoliateur. Ib se sont 
donné, avec la meilleore ibi du monde, la peine de citer le 
long et attachant récit du II* livre des Machabèes, d*où 
résulte irès-claîreinent , contre Fopinion qu'ils défendent, 
l'impossibilité de trouver l'Ange vengeur du lieu saint dans 
notre gentilhomme à cheval, non plus que le ministre 
de Séleucus dans le pitoyable avorton qu^)u lui opposev 
Le texte sacré est en formelle contradiction dans, toutes 
les cbconstanccs principales, avec ce qu'on voudrait en 

(1) M. de Chergé, DuUetin monumental, t. Xf , p. 499 



352 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

tirer. Où sont ici , par exemple , la pose terrible , Pair 
courroucé , l'action quasi-divine de cet envoyé céleste dont 
la pose mouvementée devrait exprimer la redoutable mission ? 
Où sont ces deux pieds de devant lancés avec une impétuosité 
vengeresse par le coursier intelligent sur le coupable ? Où est 
cette armure ttor indiquée dans tous ses détails de Tépoque. 
épée, bouclier, cuirasse, casque, par ces mots de l'auteur 
saoré : et qui sedebat videbatur arma habere aurba (1) ? Et 
qu'on ne nous dise pas que ce sont là des traits secondaires 
auxquels le sculpteur ne s'est pas cru obligé : on sait bien 
que si les artistes ont souvent abrégé l'expression d'un fait , 
en négligeant quelques-unes de ses circonstances, ils se sont 
bien gardés au moins d'en retrancher l'essentiel jusqu'à le 
rendre méconnaissable ; et ici , très-certainement , il faudrait 
avoir pins de bonne volonté que le cas n'en comporte pour 
reconnaître un récit biblique, auquel a seul pu faire songer 
cette vague réminiscence d'un cheval (2). 

Quant à I'Ange de l'Apocalypse, que nous pourrions 
prendre si nous refusons Héliodore , il prouve une fois de 
plus que nos interprètes sont riches en ressources (3) , mais 

(1) • Apparuit illis quidam eqaus, terrilniem habem seuorem , 
oplimb operîmenlis adornatus , isque cum impetu Heliodoro priorts 
calce» etisit. Qui aulem qî scdebal videbatur arma habere aurea • (II, 
Maehab,t m, 25). 

(2) Lire le mémoire de MM. Jourdain et Duval , où ils soolieonent 
celte opinion {Bulletin monumental , t X, p. 515). 

Voir aussi toutes les gravures ajoutées au texte de l*hîstoire des Ma- 
chabèes, particulièrement dans la Bible ae Royaumont; in-&*, 1835, 
p.dÂ3. • 

La pose seule d'Héliodore, prosterné là sous le cheval qui le Totile 
de set deux pieds , a pu faire penser à quelque ressemblance ; mais on 
voit bien que celle posture est commandée également par Taclion de 
deux anges l>atlant de verges le coupable presque mort de frayeur. 

(3) Encore MM. Duval et Jourdain (Bulletin monum., I. X, p. 332}« 



STAtCES ÉQUESTRES DES ÉGLISES. $5) 

il o'est pas d'une plas heureuse invention. Au reste , rien 
n'autorise ni dans ie texte, ni dans les Interprètes, à regarder 
comme un ange le personnage qu'on appelle ainsi dans le 
mémoire que je réfute. Quoi qu'il en soit , c'est encore un 
de ces rapprochements faits en désespoir de cause, et auquel 
ne se prête en rien le prophète sacré. On sait par les Pères , 
qu'a suivis Bossuet , que l'Apocalypse est une révélation faite 
à saint Jean des combats et des victoires de l'Église , et que 
chacun des traits qui en constituent le sublime poème se 
rapporte à quelque fait accompli dans le cours des trois pre-* 
miers siècles chrétiens. C'est un long et inépuisable sym- 
bolisme , où chaque image a sa signification arrêtée et pro- 
phétise un fait à venir. Au début du chapitre vr, « un 
cavalier se présente , monté sur un cheval blanc » , comme 
les triomphateurs de ces temps-là au jour de leur entrée 
solennelle. Ce cavalier n'est autre que Jésus-Christ. Il est 
armé d'un are , arme puissante comme la parole de Dieu , 
pour atteindre , même de loin, ses ennemis (i). Ce qui le 
distingue des trois autres qui apparaissent successivement , 
c'est qu'il monte un cheval blanc, symbole de Notre Seigneur 
lui-même, par des raiijpns qu'on trouve résumées dans 
Origène , dans 'saint Jérôme et dans Estius (2). Il porte 
d'ailleurs une couronne et il part en vainqueur pour con- 
tinuer ses victoires. Ceci , on le voit , convient parfaitement 
à ce Chef divin de l'Église , dont la marche dans le monde , 
pendant la période qui s'écoula d'Auguste à Constantin , fut 
une suite de triomphes sur le paganisme enfin abattu sans 
retour. £t cependant cet ange , qui n'en est pas un , mais 



(1) < Ecce equos albus , et qui sedebat haMat arcum, et data est 
ei Gorona, et exivit vincens ut viooeret. » {ApocaL^ vi, îé) 

(S) Origeo., IN Cant., Hb. H; — S. Hieron., in Habac^ e,ni\^ 
Estius, in Apocat.^ c. ti, v. 2* 

33 



}5& CONGBÈS ABCIIÊOLOGIQUE DE FHAMCE. 

110 personnage quelconque , symbole du Fils de Dieu , n*€St 
que le prototype envisagé par notre sculpteur. On n'a dans 
Tœovre lapidaire aucun des attributs déûuitifs qui tous, rrii- 
fermant un sens mystérieux , eussent paru ^ fariiste iwé- 
parablesde l'idée qui l'inspirait Et en effet, s'il s'agissMt 
ici do Christ triomphateur . je lui voudrais absûloment cet 
arc, d'autaot plus nécessaire que ses flèches prophétisées 
par le Psalmiste doivent percer les nations et les assojettir à 
rÉvangile (i). Ce n'est point non plus dans l'attitude douce- 
ment imposante du cheval sculpté que ce vainqueur se pré- 
cipiie ai ses dernières victoires. Toute l'iconographie de ce 
beau livre biblique représentée soit à Angers, sur une belle 
tapisserie de la cathédrale datant des XIV* et XV* siècles (2), 
soit sur une autre de la même époque et conservée aa Va- 
tican (3). nous autorise à réclamer, pour cette image 
triomphale , les caractères hiératiques donnés par la divine 
révélation, et que le moyen-âge aurait sans aucun doute 
imposés au cavalier des tympans , s'il avait eu l'intentioD d'y 
traduire l'Apocalypse. Mais comment ceux qui ont patronné 
cette conception , avec tant de chaleur , ne se sont* ils pas 
étonnés de l'absence du nimbe crucifère autour de la tète 
divine qu'ils supposaient ? On a vainement essayé d'expliqner 
cette absence par un oubli de la règle habituelle, ou en 
avançant comme un fait, qu'au Xir siècle, cette r^le 
n'était pas généralement suivie. Or , rien ne serait plos faux 
que ce fait Le contraire date des Catacombes , où l'on peut 
voir, parles belles gravures d'Arînghi (6), par les magnifiques 
reproductions plus récentes de M. Perret, que plusieurs 

(i) < Sagillff polmilû acula: ; populi sub (e cadeul.» (Pa, xuv, 7.) 
(3; V. Les Tapiêatrks du sacre d'Angers , par M. Tabbé Barbier de 
MonUult; in-lS, iSdS, p. 19. 
(S) Àmmales arûhéologiéptes , I. XV, p, 3^9. 
[h) V. Ramt subterranen , t. I, p. 329, S79 et 385. 



STATUES ÉQUESTRES DES ÊGUSES» 355 

lôtcs du Christ portent le nimbe croisé, et que le nimbe 
rimple entoure celle de plusieurs saints» celle de saint 
Pierre » entr*autres , dont la sépulture fut retrouvée par le 
pjpe saint Sylvestre au commencement du lY* sièctet Qu*im* 
porte , après tout , qu'il y ait de nombreuses excoptions dans 
ces premiers temps et dans les Catacombes même« puisqu'on 
ne peut nier qu'au XII* siècle» dont il s'agit ici exclusive- 
ment» ou distingue toujours les saints du Christ» en réservant 
à celui-ci un symbole qu'il ne partage qu'avec les deux 
autres personnes divines? On doit donc regarder à cette 
époque» comme n'étant pas une figure matérielle du Sauveur, 
toute image » peinte ou sculptée , que n'environne pas le 
joyau divin ; et comme on n'en a jamais remarqué un seul 
spécimen , parallèlement à la télé de notre cavalier » sur le 
mur d'où saillissait la ronde-bosse; comme on n'en voit 
même pas le plus léger indice au fond des tympans dégarnis 
de leur statue , il est clair que l'intention du statuaire n'a 
jamais été de nous donner là l'image do Sauveur. 

Ajoutons qu'on a ipis trop d'importance, par suite de 
celte même préoccupation » à ces petites figures qui gar- 
nissent assez souvent l'archivolte do pleiu-cintre où pose le 
sujet équestre.; figures que ceux-ci prennent pour des anges » 
suspendus au milieu de nuages; ceux-là pour des âmes 
flottant sur de petites barques dans les limbes, où elles 
attendent la venue du Dieu libérateur (t). «Les unes et les 
autres prouveraient-elles en faveur de la personne divine ? 
Oui , mais seulement comme se rapportant à a*lle qui siège 
' pour le Jugement dernier au tympan central ; et à défaut 
même de celte action judiciaire, les anges s'expliqueraient là 
de mille autres manières fort plausibles. Je me rendrai moins 

(i) M\f« Duval et Jourdain, Bulletin monumental, U XI, p. &9S ; 
et de Longuemar, U XX, p. 400. 



S56 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE ÙE FRANCE. 

volontiers à Fidée des limbes , que la statuaire cbrétienne da 
moyen-âge nous montrerait ici pour la première fols, surtout 
dans des barques. J'aimerais autant les femmes dans de pe^ 
tues baignoires , qu*an antiquaire a cru rencontrer sur ta 
façade de Parthenay-le-Tieux (1); mais je ne saurais que 
faire des unes non plus que des autres , et je ne reconnais h 
aucune des notions sérieuses de l'esthétique et de la théologie 
|)atristique de saint Bernard et du Maître des sentences. 



n. 



En voilà bien long pour établir ce que n'est pas le fameux 
cavalier de nos rêves archéologiques. Pour prouver ce qu'il 
est, je serai plus court : non que la matière me manque, 
mais parce que je puis choisir dans le vaste arsenal qu'elle 
ouvre à mes besoins. 

Rien ne sert, Messieurs, en fait d'observations scien- 
tifiques, comme de pi*océder par des textes précis on par 
d*incontestables analogies. Si donc il est possible d'obtenir 
des uns et des autres qu'ils établissent d'évidentes corré- 
lations entre l'objet qui nous occupe et d'autres objets dont 
les écrivains ou les artistes se soient emparés partout et tou- 
jours pour symboliser une idée générale, nous aurons trouvé 
la solution du problème , en reconnaissant dans l'objet de 
cette discussion un pur symbole , une personnification allé- 
gorique d'une Idée abstraite , un moyen plastique , en un 
mot , d'exprimer par une image visible un principe ou un 
fait qui , |)ar lui-même , ne tombe pa? sous les sens. 

Éunt prouvé que le cavalier n'est point Jésus-Christ, dont 
il n'a aucun des allributs essentiels , nous arrivons à y voir 
un signe de sa puissance morale sur le monde , et par con- 

(4} M. Aniauld, MonumcHtê des Deux'Sévres; in-il*, p. 416« 



STATUES ÉQUESTBES DES ÉGLISES. 357 

séqocnt s*il Q*est pas là par uo symbole personnel, îi y est 
très-certainement par une idée correspondante , exprimant 
une supériorité relalî?e par ces deui personnages, dont Tun, 
puissant et Inébranlable dans son acte de souYeralneté calme 
et assurée, renverse Taulrc , pauvre nain abject, réduit par 
sa forme , sa pose et ses proportions inGmes , à la plus com- 
plète expression de rimpnissauce et l'avilissement. 

C*est le christianisme victorieux , triomphant des oppo- 
sitions vaincues du paganisme , de l'hérésie , des schismes , 
de lous ennemis, en un mot, que lui suscitent les passions du 
cœur humain , et de ce que sou divin Fondateur a appelé le 
monde. Voyez comme cette interprétation se déduit , simple 
et naturelle , de Thistoire même de la religion. Le Sauveur , 
en formant riulelligence et le cœur de ses disciples à la 
mission qu'il va bientôt leur confier , les rassure contre les 
difficultés qui les étonnent , et les obstacles même dont ils 
ne peuvent encore calculer la portée : « Dans le monde vous 
serez pressurés, mais ayez confiance. J*ai déjà vaincu le 
monde (t). Déjà le voilà condamné, et Satan, qui le gou- 
verne en prince , va en être chassé (2). Allez-donc par toute 
la terre, prêchez TÉvangile à toute créature : celui qui ne 
croira pas sera condamné (3). » Avec quelle rapidité s'ac- 
complissent ces miraculeuses observations ! Vingt-cinq ans 
après, saint Paul écrivant de Gorlolbe aux Romains convertis, 
se réjouit avec eux de ce qu'on parle de tous côtés de leur foi 
et de ses glorieux résultats (4). C'est aux Corinthiens qn*il 

(1) «In mundo prcssaram habebilis; aed eonfidite. Ego vici muu* 
dum. • ( Joan., zvi, 33. ) 

(S) < Nunc jodicium est mundi; nuoc prînceps bujas mundi ejiclelur 
foras* » (Joan., m. Si.) 

(3) « Euotes in mundum universuin, praedicale Evangelium onni 
crealune... qnt non crediderit, oondemnabiiur. • (Marc, xr, 15») 

ii) • Primom quidem gratias ago Deo par Jesam Christom , quîa 
ftdes vcstra annonUaUir ttnWerio mundo* » (Rom., i. S.) 



S58 C0K«SÈ5 ARCirÊOLOGlQUfi DE FRANGC 

résame aosti les caractères de h doctrine éTapgéllqtie co ces 
éloquentes paroles : ci Ce n*est point d'armes cbaraeBes 
que nous nous servons dans nos combats contre la cliair. 
Elles ont la poissance dWine pour renverser les reopaiis 
qu'on leui^ oppose , poor détruire les raisonnements bamains 
et toQt ce q« s'élève avec le plus de haotcor contre h «dence 
de Oieo. C'est par elles qoe nous rédnisons en servitude tons 
les esprits, pour les soumettre I l'obéissance de Jésos- 
Christ (1). » Le paciGque triomphateur de nos églises 
romanes n'est-il pas tout dans celte victoire promise , et ne 
voit-on pas comment le siècle qui commenta le plus tes 
saintes Écritures , où les écoles de théologie flenrireiit de 
leur plus bel épanouissement dans les célèbres monastères de 
Paris et du Bec , de Cantorbéry et de Reims , de Deotz et 
de St-Denis , a dâ s'inspirer de ce sujet pour consacrer, aux 
yeux des fidèles, la vanité de la phHosopbie mondaine et le 
triomphe du juste sur les persécutions des méchants? L'Écri- 
ture est un champ vaste et inépuisable , où de tous temps 
les sages du christianisme ont trouvé à moissonner pour 
nourrir les flmes d'enseignements forts et élevés. Pas une 
chose, pas un nom d'homme, pas une plante, pas un animal 
qui n'y prenne dans l'estime des Pères sa signification sym- 
bolique, et souvent même plusieurs k la fois, et quelques-unes 
toutes contradictoires , selon les défauts ou les qualités qtà 
se remarquent dans l'objet proposé. Saint HéKton , qui goa- 
vemait l'église de Sardes à la tin du IV siècle , a ouvert , par 
sa Clef des Écritures , cette vaste lice aux commentateurs 
qui , à sa suite, sont devenus innombrables (2). D'après loi, 

(4) c Arma miliU» nostn» non camalia sunt, sed potentla Deo td 
destrucUonem munilionum, consilia deslnientes, ei oniDeni altlludiMm 
dtéUenteoi le advenas sdentiam Dei, et in captîvitatem redigenfa 
omnem intèllectnm in olMe<|uium Christi. • (II , Cor.,Xt 5. } 

(2) V. Saocti McUtonis e|>iM. Sardensis Oati$ ScHpiuranm, paMié 
par le cardinal Pitra, éêm lei II* et III* ?ol. du Spieileffhm Sottmiue^ 



STATDES ÉQOëSTR£S DES ÉGLISES. 359 

le cheval , si soarent loué par les anciens depuis la magni'- 
fi«|u« deacripttoQ faiie par Job, signifie Tobéissance à la 
dificipllae , la simplicité soumise « la vie régulière et hbo- 
rieuse. Il le regarde même comme le corps du Sauveur , en 
se rappelant comment le bon Samaritain chargea sur son 
cheval le pauvre blessé de Jéricho pour le sauver aprôs sa 
cbttte (1). Ailleurs, le cheval devient le symbole des apôtres 
et des prédicateurs, portant Dieu de parce monde, dit un 
auteur du Xll* siècle; ou bien, selon saint Enche^ de Lyon, 
c'est rîmagc de la sainteté agissant , par cela même qu'il 
obéit et qu*il travaille (2). Maintenant, et cette première 
lueur obtenue , on comprend que puisque la noble monture 
joue un rôle si important , on ne lui donne qu'un cavalier 
de haute lignée, de condition excellente qui, sans être 
Jésus-€hrist loi-même, revêt dans leur plus haute expression 
les attributs de sa puissance : un vêtement riche , une cou- 
ronne royale , toutes choses qui , n'étant pas ici au Sauveur » 
ne peuvent appartenir qu'à son action morale sur le monde 
qa'il est venu renverser : Ego viei munâum. Voilà dotic 
cette personiiiflcation du pouvoir spirituel abattant devant 
lui , sans violence , sans haine comme sans colère, mais avec 
le noble et grave maintien d'une majesté ferme et résolue, 
toute opposition à ses desseins, toute créature « s'élevant 
contre la science de Dieu. » Ce n'est pas tout , car le petit 
être prosterné sous le pied du cheval est le complément de 
l'idée principale. Cette posture affaissée est le symbole de 
l'anéantissement et de la mort. I^ christianisme a donc 



(1) « Jumenlum, positus siib disciplina; stgnum simplîdlatîs sub- 
jectionis, subTentionis, corpus SalTstoris , Ju\ta illnd : « Et imposuU 
îllud în jemeotum sauni. « ( V. Sfricifeg, Soktm, , III , S, 5. ) 

(51) DiitinctioHum moHattkarum Hb. 1! , De Etfuo, ^ Aptid SpiriL 
Siflesm,, loc cit., p. S. 



360 CONGRÈS ABCIIÉOLOGIQUE DE FAANGE. 

aoéauU , lue toute philosophie ea opposition avec lui. Jeeert^ 
dit saiat Méliton avec sa concisioa habitueUe, etx jucomiforey 
et il s*appuie des termes qu'emploie TÉvangile pour indiqaer 
la mort véritable de Lazare: Jesu$ invenù eum jacaacm{\)\ 
et comme ce Lazare est le symbole de la mort spirituette par 
le péché t Rabau Maur et TÂnonyme de Clairvaox , qui éeri- 
vaienl , Tun sous Charlemagne , Tautre soos Louis ¥11 , 
déclarent nettement que cette prostration d*uo persomuig^ 
employé comme signe symbolique équivaut à Tidée d*UQ 
homme accablé, tombé sous le poids de ses vices et de ses 
infirmités morales : vUiis succumbere (2). Nais pourquoi 
cette petitesse démesurée comparativement à cette grandeor 
qui l'accable 7 C'est que l'Église , en faisant pénétrer dans ks 
cœurs la foi et la morale cbrétiennes , en remplaçant parla 
douceur charitable de ses mazimea simples et abordables à 
tous la fausse et orgueilleuse philosophie d'Alexandrie et 
d'Athènes , devait réduire à rien ses ennemis , selon la parole 
prophétique : Ad nihilum redegi't inimieos nastras (3). Cette 
môme pensée s'applique ft ces savants orgueilleux qu'aiail 
iormés l'école de Platon , k ces s^es pleins d'eux-méoMS 
qui , dans l'Aréopage , se refusaient à la doctrine de b Ré- 
surrection : c'est à eux que s'adresse le reproche formulé 
par le Sauveur contre l'évêque iniidèle de Laodicée : « Vous 
dites que vous êtes riche et ne manquez de rien • et vous ne 
savez pas que vous n'êtes qu'un pauvre , victime d'un com- 
plet aveuglement et d'une affreuse nudité (4). » Et ici • en 
effet , le malheureux est dans un dépouillement absolu : il ne 

(4) ioan., XI, 17. 

(5) SpieUeg.t abi sopra, II, S61. 

(8) Judith, xin , 2i , et Socy, m hune loc. 

(6) < Dids quod difes sum , et locuplei totus ; et nullios egeo; et 
Mtcis quÎÉ tu M miser, et miserabilis et'paoper, et obcqs et nadm. > 
(ApotaL^ m, 17. ) 



5TATLES ÉQUESTRES DES ÉGLISES. S61 

reste plus rleo à prendre sur cet esclave, dont la pautrelé 
corporelle est remblème frappant de Tinanité de son âme. 
Celte oudilé, prise ici à h lettre comme devenant plus 
significative , est souvent employée par les prophètes de Tan- 
eieiMie lot dans le sens que lui donne ici l'Apocalypse ; elle 
exprime aassî la privation de toute dignité apparente. Nahnni 
(ui , 5) dit à Minive, de la part du Seigneur : Ostendam in 
gemibus nuditatem tuam. Ézéchiel reproche ft Jérusalem 
iufidèle son ingratitude envers Dieu qui , Fayant trouvée 
dépourvue de tout, Tavalt tii*ée de son ignominie: Eras 
nmda et confusione plena ( XYi , 7 ). Et que dire de ce pif d 
tout- puissant qui imprime sur cette tête humiliée le cachet 
ineffaçable de la défaite? Écoutons le cardinal Pierre de 
Capooe , autre symboliste de ce grand siècle : Les pieds du 
Christ , dit-il ( et par le même motif ceux de quiconque le 
représente , sont le signe de la toute-puissance. G*est par les 
pieds que nous louions un ennemi , et les ennemis du Christ 
ont succombé ainsi pap sa puissance propre. N'est-ce pas de 
lui que la Sagesse inspirée a dit , dans un de ses livres : 
m C'est son pouvoir divin qui a mortifié la tète des orgueilleux 
et des superbes (i) 7 » 

Un de nos doctes collègues de la Société des Antiquaires 
de rOuest s'est beaucoup rapproché de notre ilièse , dans un 
article spécial inséré parmi les mémoires de la Société fran- 
çaise an Bulletin monumental de 1854. Lui aussi refusa 
d'accepter tous les rois de la terre et tous les personnages 
historiques, dont on doit faire, en effet, bonne justice. Mais 
il adopU dans le cavalier le type du Sauveur, et n'en vint 



(1) • Pedes eliam Christi polestas illius. Pedibus enim concalcamus 
hortes : et ipse Cbrii^Cas poteslate Rua onoes hostes conculcaviL Ideo 
et dicit Sepientia ( £ce/e«., »iv, il ) : Superbontm et mblimium colla 
propria vtrtote conculcavit • {Spicileg.f ul sop., Il, 16i* ) 



362 GONGAfeS ARCBÊOLOGIQUE DE FRAKCE. 

tout au moûii ï y reconnattre on p«r emblème de sob 
triomphe sur le monde et le démoo , qo*a6o de consoler par 
une concession ceax pour qui le Saaveur ne serait pas assn 
reconnaissable (1). Quant an parallélisme établi à Partheaa}- 
le- Vieux et à Nolrc-Dame-de-La-Condre, Tidée en est fort 
juste et se retrouve bien ailleurs et sous des formes singulière- 
ment variées^. Nais Samson déchirant la gueule du lion (lequel 
Samson pourrait bien aussi s'appeler Datid (3)) n'est pas 
ici le symbole de Notre Seigneur tiré de l'Ancicn^Tesumeat : 
il est celui de la force chrétienne triomphant par hi grke des 
tentations de tout genre, et il représente cette âme baptisée 
qoi croit , qui travaille en croyant « et qui se sauve en tra- 
vaillant, mise en parallèle sur ces façades éloquentes, c€ 
comme un glorieux résultat de l'action divine , avec celle 
acifon même représentée par la statue équestre. C'est donc 
d'un côté , et précisément du côté de l'Évangile , la pré- 
dication évangéliqoe et la victoire de l'Égltse sur ses advcr* 
saires ; de l'autre côté, qoi est celui d*'' la Loi ancienne, est la 
coopération de l'humanité k celte grande œuvre du saint de 
tous et de chacun. 

Ainsi, Messieurs, le cavalier n'est pas Jésus-Chrisit puis- 
qu'il manque des indices spéciaux exigés par toutes les tra- 
ditions symbt^istiques; mais e*eit un symbole desapmssanee, 
dont tons les détails s'autorisent de la science scripturiire 
et de celle des docteurs les plus renommés dans ce genre 
d'interprétation : symbole tellement explicite « que pas on ée 
ses traits ne lui est donné qui ne s'appuie d'un principe 
adopté généralement. Ici donc j'ai posé autre chone que des 



(4) nudeiin monvmental, !. XX, p. &60. 

(5) Le même Ait se Irouve parmi l« exploits de David qoi , jeune 
berger , étooffaH les ours et les lions ^u« aUaqualent son troopcsu 
( V. I , Reçé^ xvn , 3â ). 



STATUES êques;bes des églises. 363 

conjectures. Et aa bas de ces textes si clairs, si évidents^ j*ai 
à TOQs donner encore des monaments du synobolisme an- 
tique et des B|)éciinens empruntés au moyen-âge, dont Tana- 
logie n*est pas moins concluante en faveur de mon opinion. 



m. 



C'est d*abord la numismatique et ses curieuses images 
que j*intoque. 

Je n'apprendrai à personne ici, Messieurs, combien Tor- 
goeil ou le patriotisme des Romains fut ingénieux à se créer 
des moonmenis de ses victoires, et quel rôle» étendu gardent 
encore, sur les arcs-de-triomphe et sur les monnaies, ces 
grandes fêtes si souvent réitérées par la flatterie et Tambition 
dans les derniers temps de la Ré|)ublique impériale. Ce qui 
nous a été conservé dans le midi de la Gaule, où ces fastueux 
souvenirs s'élèvent plus fréquemment, suffirait pour constater 
nne parfaite identité de pensée entre les artistes des maîtres 
do monde et ceux qui , au moyen-âge , s'occupèrent de dé- 
corer nos tympans. Slais aucune sorte de ces témoignages 
de pierre ne peut atteindre le nombre infmi des médailles 
dont nos cabinets s'enrichissent , et sur lesquelles ce même 
type se répète à Tenvl sous des traits presque toujours les 
mêmes. Pour ne parler que de celles de mon cabinet , j'en 
citerai particulièrement une que j'ai acquise II y a deux ans, 
et qol me parut une preuve irrécusable dans l'examen du 
sujet que je traite. C'est un grand*bronze grec parfaitement 
conservé et âi fleur de coin » oè figurent à Tobters Septime- 
Sévère et so& fils Géta, associé à l'Empire en 209 et mort en 
212 : ce qui nous donne, à deux années près» la date certaine 
de cette pièce intéressante. Au revers» un cavalier, vêtu d'une 
chlamyde et d'un manteau flottant, élève le bras droit par un 
geste d'autorité vers tin trophée d'armes, syipbolisant ses 



364 CONGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DE TRANXe. 

victoires sur les Parthes et les Bretons ; car G*est sûreiMSt le 
plas figé des deux princes représentés; d*autre part, 
cheval est magnifique et de cette belle race modèle que i 
admirons dans les bas-reliefs antiques. Non moins fierqi 
son maître, il semble obéir à la main qui le guide et le 
tient, en posant un de ses pieds sur la tête d'un homme i 
par terre et les mains attachées derrière le dos au pied d*oii 
arbre qui sert de support au trophée. Cet homme , qui re- 
présente là tous les vaincus terrassés par le prince , semble 
dans une nudité complète et, à titre d'esclave sans doute , fi 
porte déjà le bonnet phrygien consacré à l'espèce. Vous ne 
penserez pas plus que moi , Messieurs , qu'on puisse trouver 
un type se rapprochant plus que celui-là de nos statues 
équestres, dont il passerait pour une des imitations les plus 
heureuses, s'il n'en était pas évidemment l'in^ntion primi- 
tive. 

La même idée se retrouve sur un grand-bronze de Néron 
Claude Drusus Germaoicus, mort neuf ans avant l'ère chré- 
tienne, et repréjsenté lançant au galop, entre deux trophées, 
un cheval surmontant un arc-de -triomphe. Sur mon exem- 
plaire, on ne voit plus qu'à peine le petit homme vaincu, 
sur lequel le vainqueur semble lancer son javelot 

Au revers d'un petit-bronze de Probus (276 à 282) , un 
guerrier renverse, au plus impétueux galop de son cheval « 
un homme effaré , dont la défaite éternise celle des barbares 
du Nord et de la Gaule, et se traduit par la légende vibtos 

PROBI AUG. 

De 361 à 363 , Julicn-l'Apostat, en mémoire de ses avan- 
tages sur les Perses , se fait représenter sur de {f^tits-bronzes 
dont j'ai un exemplaire. Il est debout, et celte fois c'est un 
cavalier qui succombe sous les coups de la haste, qu'il cherche 
à éviter en se penchant sur son cheval qui s'abaL Ce mêiue 
piotif était reproduit presque à l'infini sur des pièces de 



STaTOBS ÉQUESTBfiS DES ÉGLISES. S65 

CoiistaDlio II (S37 à SaO) , de modules très-Tariés» depuis le 
plus pelîl-broDze jusqu'au moyen. Cette varianie de Tidée 
d'où noas sommes parti n'ôte rico au but évident que s'est 
proposé le monétaire, comme Tindiquent les exergues BEPâ- 
BA.TIO REiPUBLULE OU jovi GONSEBYATOBi quî entourent ces 
ÎBU^es de tant de victoires. Et il n'est pas hors de propos de 
rappeler ici que le moyen-âge avait adopté ce même type 
pour rendre la défection et la défaite de la Synagogue à Tap^ 
parilîon de la loi chrétienne. Dans les belles verrières des XII* 
et XIII* siècles qui parent encore les fenêtres de la cathédrale 
de Bourges, dans le beau manuscrit à miniatures de l'abbesse 
Herrade. conservé à Strasbourg (i) et qui date à peu près du 
Blême temps, on voit l'anUque maîtresse du peuple hébreu dé- 
chue de sa royauté et se tenant à peine sur une monture amai- 
grie qui chemine la tête- entre les jambes et va bientôt s'abattre 
avec son fardeau déshonoré. EnOn une multitude d'autres 
monnaies prouvent qu'à toutes les époques de l'Empire ro* 
main, la gloire des triomphateurs s'exprime soit par un 
homme ou une femme isolés, assis dans Tattitode d'un repos 
forcé, et toujours les mains liées par derrière; soit par une 
Victoire ailée élevant un trophée, pendant qu'à ses pieds gé- 
missent des captifs immobiles. Ou bien c'est un guerrier 
armé de toutes pièces, debout et posant la main sur la tête 
d*un vaincu , en signe de domination acquise (2), ou encore 

(0 Borîuê dtliciarum^ le plus complet peul-éire et le plus curieux, 
au point de fne symbolique, des manuscrits à miniatures que nous 
ait transmis la plus belle période du moyen-Age. ( V. le Père Cubier, 
Monographie de la eatkidraUdt Bourges^ et mon Ui$U du symbolume, 
L II, cb. X.) 

(3) Toul cela a ses motifs dans des précédents coimus de ranllquilé: 
m9Nies, jfotestoê, dit saint Méliton, d*après les anciens, et il cite en 
preuve ce passage du Psalmisie : /n manu Dci iunt omna fine» terrœ^ 
ps. 9i, k ; — et saint Grégoire : Graves matme tex kaimit^ quia prr* 
raHieâ ncu misericorditer ptrtulit , ted satva diBtricîione percuêsitt 
[Spieileg. Solesm,, II, 290 et suif.) 



366 CONGBÊS ARCHÉOLOGIQUE DE FBANCE. 

une eiuieigne d'armée s'élerant eolre deox des Taiocos doot 
elle a signalé la déroute, et pour exergue : yibtos EXERCiîoSt 
ou autre semblable, qui ne laisse aucun doute sur rioteoiioii 
du prince et du fabricaoi (i)« 

L'art monumental n'avait pas négligé non plus ce moyen 
de perpétuer la mémoire des bits guerriers. A vaut la ruine 
complète de l'arc-de-triomphe élevé à Carpentras par les 
vainqueurs de ta Gaule , on y voyait , entre deux coloooes » 
une panoplie dressée au milieu de deux captifs restés de- 
bout : il était facile de les reconnaître , à leur simple smfin^ 
pour des esclaves acquis par la guerre, et ornant d'autant 
mieux le faisceau d'armes qui , peut-être , se composait de 
celles qu'ils avaient perdues. 



IV. 



L'esprit chrétien , qui n'avait jamais reculé devant les 
occasions de s'approprier légitimement des dcmnées antiques 
sanctifiées par des modifications ingénieuses; lui, qui avait 
changé les processions fuites en l'honneur de Gérés en des 
pratiques honorables à nos martyrs , et placé l'eau lustrale 
elle-même au panis de ses basiliques purifiées, pouvait bien 
aussi dégager de la statuaire grecque ou romaine un symbole 
qui rentrât dans ses propres idées , et qui , après avoir em- 
biématisé les victoires de l'homme sur Tboinme , vînt , eo 
des jours moillours , parler k ces âmes de celles du Christ 
sur l'enfer , et du chrétien lui-même sur ses penchants na- 
turels. Constantin*lc*Grand , qui avait eu aussi à célébrer 
par des médailles ses propres triomphes , si glorieux k la re- 

(i) Je possède plus de Ireiile spécimens de ces divers types. Oo peut 
fn voir eocorede fort remaniuabiefi daiis Monlfaucou, Aniiquité déwtiUe^ 
U IV, pi. XCVIII, CVI, CVlll et CXi. 



STATUES ÊQUËSTaES l>fcS ÉGLISES. S67 

ligion Qooveiie, avait donaé le premier exeiupie dé cette 
application des aocicBiics allégories aux besoins et ao service 
de la foL Easèbe rapporte que ce prince « après la victoire 
définitive qui le plaça sans rivaux sur le trône de l'onivers , 
vodiai faire voir dans la croix U cause principale dn ren- 
versement de ridolâtrie. il se fit peindre sur une toile des» 
tinée à une exposition permanente, au frontispice de son 
palais. Au-dessus de sa tête brillait le signe sacré , et sans 
ses pieds le dragon ennemi do genre humain , si longtemps 
acharné contre TJ^Iise et vaincu par Elle , était transpercé 
d'one lance et tombait au fond de la mer, selon l'image 
qu'en avait décrite le dernier des prophètes évangéliqoes (!}• 
Cet usage du pied posé sur Ç ennemi^ en signe de sa dé- 
faite, était déjà fort ancien quand les Romains en imprégnaient 
leur numismatique , et ils n'avaient pas eu le mérite de 
riuveiitioai. K'est-ce pas dans la Genèse , le plus ancien livre 
connu , qu'est annoncée au serpent la femme dont ie talon 
lui brisera la tête (2)? Il y a^ait longtemps que la position 
d'un homme debout était le signe de .la puissance et de la 
furce , comme nous l'avons vu dans les médailles de Gons* 
tantîfl II et de tant d'antres : un bénédictin du XII* siècle 
en fait lé symbole de la stabilité , dans un commentaire sur 
le psaume 131 (3); ce qui n'empêchait pas qu'are assis 
indiquait la suprême majesté, soit pour Dieu , soit pour les 
princes qui eu doivent êire l'image vivante sur la terre (6). 

(1) Euâèbe, De vita Cousiant» — Et mon Uistvire du jym* 
MUnu relig,^ t. II » p. àkO, 
i,2, • Ipsa conleret capul liiuni, » {Gènes,, m, 1&) 

(3) « Supra pedes, iiainque siabUes staoïus , et iptrfï Dens super 
stabilUatom aclerniUlis stabilis maiiens dut cuncla movcri. »l Pierre de 
Capoue. ) 

(4) « Oeus qui sedes super Clierubim » ( Ps. 79, S . — • Deus sedet 
(régnai) super sedem sanclam suaui • (Ms. 66, 9 . — Une foute de 
textes confirmera ieul ceu\-ci. 



S6S CONGRfeS ARCHÉOLOGIQUE DE PflAKCE. 

Un seol exemple , mm des p!us beaux , suffirait à illustrer 
ce principe , et nous le trouvons dans un ivoire antérieur ao 
XI* siècle, l'une des plus curieuses publications de la Sociélé 
d'ArondeL Tout le monde connaît » et les clirétiens répètent 
souvent, dans un des plus beaux chants de l'église, ces 
paroles enthousiastes du prophète-roi annonçant le r^^ 
futur de Jésu»-Christ et son empire sur tontes les nations : 
« ^ssefftZ'VOui à ma droite , jusqu'à ce que je fasse de tos 
ennentis le marchepied de votre trône (i). » Cette pensée 
est sculptée» sur l'ivoire dont je parle, dans toute la majesté 
symbolique de l'ornementation byzantine. Pour en restreindre 
la description à ce qui nous touche ici , considérons le Christ 
largement vêtu de la robe et dn manteau aux riches bro- 
deries , le visage resplendissant d'une dignité sévère « la tête 
entourée du nimbe croisé. Ses deux pieds, nus selon la rè|^, 
pour montrer leur beauté évangélique, et parce qu'ils sont 
ceux d'une personne surnaturelle (2) , reposent sur une base 

(1) f Sede a deitris meis , donec pooam inimicos taos scabeHuiii 
pedam inorum » ( Ps. i09 , 1 ). 

(S) • Quam pulchri pedea aiMODtiantis pacem , evangt'IiianUuai 
bona I « (Isiale, ui, 7). — Nahum, x, 15«— CeUe beaalé, d*aprè$ les 
interprèles , vient surtout des faligues et des labeurs que la prédication 
universelle a imposés au Sauveur et à ses apôtres qui , dans Vieono- 
graphie catholique , partagent avec lui le privilège des pieds nus. Ce 
privilège est donné aussi aux anges, dont le nom signifie enwyée^ parce 
quMIs ont pour le service de Dieu une mission, un apostolat dans toutes 
les grandes circonstances où ils apparaissent au monde. Les prophètes, 
au contraire, gardent leurs pieds chaussés, parce que leur mission n*a 
pas été universelle, mais bornée, à très-peu dViceptions, an pays 
qtt*ils habitaient. ,Isa!e , seul des prophètes, conserve la nudité des 
piedsi parce que celte circonstance devient un moyen de le reconnaître 
diaprés ce qu*il dit de lui-même : Vadam nudus (en habit simple et de 
^ïience) et diseaiceaiUB (Isafe, xx. S). Tous ces principes ne (bnl 
aucun doute dans les autturs do moyen-ftge. 



STATUES ÊQCESTRBS DBS Ê^LTSfô. ^69 

composée de quatre degrés pleins, an-dessus desquels nh 
cinquième degré aux dimensions moindres de moitié sup- 
porte, comme dans un espace proportionné I lenr petitesse 
qoien ressort mieux, deux personnages renversés dans une 
position accroupie et gênante, nus, contournés et rendant 
tnie^bien, par les grimaces de leur physionomie agitée, les 
graves tnconvénients de cette contenance incommode (1). 
Voil^ donc ^ cette toute* ptiissance invincible, victorieuse de 
tout , s'attestant elle-même et son éternelle victoire par Pacte 
le plus formel et le plus cx>nnu qui ait jamais caractérisé une 
autorité souveraine , par le mépris suprême qu'elle fait de 
ses adversaires terrassés. Qui ne songe , devant celte image 
solennelle, à la promesse divine faite au juste dans la per- 
sonne même du Sauveur : CancuUabis leanem et dra-- 
canem (2) ? Le lion qui n'écoute que sa colère , le dragon 
qui remplace la force par la ruse , ne personnalisent-ils pas 
ici complètement l'astuce et la violence , qui inspirent tou- 
jours le mensonge contre la vérité ? 

Ge privilège de tout fouler aux pieds de son pouvoir ab- 
solu a passé du Maître aux disciples , et le moyen^êge , qui 
exaltait ainsi le vainqueur de la mort et de l'enfer , a trans- 
porté ce glorieux symbole du Sauveur aux apôtres. Au 
portail de Notre-Dame-de-La-Couture du Mans, le XIII* 
et le XIV* siècle ont distribué tous les membres du collège 
apostolique , tenant sous leurs pieds les persécuteurs qui les 
avaient mis à mort ou s'étaient opposés à la dispersion de 

(î) V. Annales arckéotogi(fue$ , t. XX , p. 288 et sniv. 

(1) Draoo: Diabolus^ malitia^ disent saint Méllton, De BeitHs^ 
n* 7A, et saint Euclier, Formulœ mtnorei^ n* 99. — Léo : Antichrisiu» 
tnali tyranni (Saint Méllton , /fri'd., n" 38). — « Piiiiceps linjos mandl 
dfcitur Léo, quando... aperte sévit... in perseciitione tnartyrum. Pierre 
Le Chantre, Pierre de Capotie et les antres interprètes ( Spieilegium 
Soietm,, III, 54, 54, 90, /109). 

2^ 



370 C0NGB£S ADCHtoLOGlQUE Ùt PEAhCL 

la doctrine. Tel saiiit Pierre foulant la têie de Sîum4t^ 
Magicien, et ainsi des autres (I). Tel encore à fieiievîtte 
( Veodée),dont l'ancienne baronnie relefaità hommage dp siège 
épiscopal de Poitiers (2), on voit dans nn des angksfcniKS 
a la naissance de la voûte détruite par le leo de 1793, 
un évoque assis , revêtu de tous les ornements de sa dignité 
sacerdotale, et les pieds posés sur les mains, élevées è cet 
eflet y d*un personnage dont la tête ekprime fort hîc^ les 
angoisses de cotte situation forcée, dont le sculpteur do Xli* 
«iècle a voulu, à n'en pas douter, faire on supplice (3). 
£iifiu d'autres saints ont retenu , josque dans i'îconegraphie 
moderne , cette ingénieuse fiction qui rappelle leur coofiance 
dans les tourments du martyre, et leur chute gloriewe qoi 
n'ensanglanta l'arène que pour la hcnle de leurs bourreau. 
Les Augustios , qui avaient clioisi pour patronne sainte 
Catherine, par allusion à leurs écoles de philosophie, Tavaioit 
gravée sur leur cachet , tenant d'une main b roue de son 
supplice qui avait éclaié au moaieni où l'on voulut l'f 
attacher ; de l'autre , die appuyait sur son coBor le livre de 
la doctrine qui avait confondu les philosophes de If Cour 
impériales et sous ses pieds gisait étendu le tyran conrauaé 
dont les Cjruautés u*avaieui pu la vaincre (4). Ce sceau fut 
reproduit , en 1601 , pour te couvent de Poitiers, et perpétua 

(«) V. cette description par M. rabl>é Voi»io [Bnlhiim wurnumoUat, 
U XYIII, p. S63). 

(2) V. noire Hiëtoire de la caihédrate ée Poitier» , I. I , p. 70. 

(8) Celle statue, mutilée de sa tête comme pre^iue toutes ceilei qui 
renvironneul en motifs semblables, a été eiitièreineiil neUojée de plus 
de dii cooclies d« badigeon qui la rcudaienl mécouuaiasatile. Que île 
richessei on irotiveraii ainsi en débadigeonnanl les autres, li et 
auteurs 1 

(A) Voir Molanus, Oi$t, lançtarum Imaginum, p. 382; ia-4*, 
177.. 



StAtUES ÊQUeStKEâ l>ËS ÊGLlSbS. S?l 

ainsi , jusqu'à cette époque y le symbole dont je viens en 
quelque sorte de tracer riiistotre. 

L'ensemble de ces obsenations , Messieurs » vous aurt dé- 
montré , je l'espère , Fintention véritable qui fit naître ces 
statues équestres dont le caractère solennel et grandiose 
coAtriboa si longtemps , avant leur destruction n regrettable, 
à l'ornementation extérieure de nos plus belles églises. En 
procédant par élimination , en repoussant tout ce qui porta 
toujours à mes yeux le caractère de véritables erreurs dans 
un si grand nombre d'explications,, je crois être arrivé à la 
seule possible, sauf à un plus habile d'en rencontrer une 
plus satisfaisante; mais j'avoue, sans aucune prétention à 
un triomple dont les honneurs seraient acquis trop facilement 
aujourd'hui, que, tout en me trouvant heureux d'avance 
qu'on apportât quelque jour une solution meilleure , c'est-L- 
dire éclairée, s'il se peut, d'une lumière plus vive, je 
croirai avoir saisi la difficulté et résolu le problème , jusqu'à 
ce qu'on nous prouve que le sens de nos cavaliers doit être 
cherché ailleurs que dans une de ces allégories dont le sym- 
bolisme chrétien est si prodigue. Or, je m'attends peu à 
cette découverte : ce symbolisme a dominé si énei^iquemont 
tout le travail monumental, surtout du XI' an XIV* siècle , 
qu'il était certainement le seul interprète à interroger , et 
que si les études qui s'y rapportent avaient été aussi du- 
vebppées quand la question s'énonça pour la première fois 
il y vingt-cinq ans , personne n'eût hésité à y voir les élé- 
ments solides d'une réponse ferme et résolue, illais n'est-ce 
pas ici , Messieurs , votre propre succès que je proclame ? 
Le symbolisme lui-môme , attaqué d'abord a\ec une si 
juvénile ferveur par ceux qui ne soupçonnaient ni ses prin- 
cipes ni sa vie, et que je me gloriûe d'avoir toujours défendu 
comme la source même du spiritualisme architectural, ce 
symbolisme n'a-til pas fait d'immenses progrès parmi vous, 



372 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

et voire volumineuse suite d'intéressants Mémoires ne coo- 
state-t-etle pas avec quelle ardeur éclairée on saisit maintenant 
toutes les nuances de son coloris artistique ? Croyons-le , 
c'est à lui encore que nos chères études devront le jour qai 
se fera sur beaucoup de matières contestées ; c*est donc à lui 
qu'il faudra recourir quand on ne pourra faire parler ni 
l'histoire» ni les traditions locales; et, son flambeau à la 
main , on pénétrera sans obstacle dans ces arcanes de la 
science archéologique, où semblent obstinément se blottir 
des germes qui ne peuvent manquer d'éclore. 




NOTE 



SUR 0£S 



OBJETS D^ART AYANT SERVI AU CULTE; 

PAR M. L'ABBÉ B AU DRY. 



Au muis de juia 1863 « le domestique du l<^is de Lavert , 
coDimune de Mareuil , étant à la pêche du saumon, accrocha 
dans son Blet une croix en cuivre , que M. l'abbé Crochet , 
curé de cette paroisse, a bien voulu me confier. Elle était, 
depuis longtemps sans doute , au fond de la rivière du Lay , 
et il a fallu un hasard providentiel pour l'en retirer. C'est 
une croix du XI* siècle , croix pattée, dont le style est aussi 
roman que possible. Au droit, un Christ qui a les bras 
étendus presque horizontalement et les pieds percés par deux 
clous , comme les crucifix de celte époque. Il est vêtu du 
simple tablier qui remplaça la robe des premiers siècles et 
précéda la bande d'étoffe des siècles suivants. Lé Christ est 
d'un travail grossier et indique un ouvrier peu habile. Au 
revers 9 on reliquaire avec cinq trous pratiqués pour y main- 
tenir les rgliques. Un crucifix-reliquaire ne pouvait contenir , 
je m'imagine , qu'une parcelle de la vraie croix. Quelle était 
sa destination? L'anneau de suspension qu'il a à son sommet 
semble prouver que son usage était d'être porté au cou, par 
une de ces personnes qui étaient vouées à l'état religieux. 
Cependant je dois dire que la douille dont la croix est 
munie par le bas pouvait permettre de la ficher dans une 
hampe, ou de l'exposer sur un autel à la vénération des 
fidèles. 



ytU roNcnts archéologique de frange. 

J'ai en ma possession une aulre petite croix en argent, de 
3 centimètres de hauteur et du poids de 5 grammes, de la 
fin du XII' siècle, trouvée dans un tombeau au Bernard. 
Les croisiUons-se terminent par une boule et sont égaux . 
sauf la branche supérieure, 
qui a en plus Tanneau de 
suspension. Au droit , nn 
crisul de roche qui a la 
forme d'un 0; au revers, 
un A barré. 

Parmi les objets d'art ayant 
servi au culte dans le cours 
de la période féodale, le plus 
intéressant pour le diocèse de 
Luçon est, sans contredit, la 
crosse sortie du tombeau d'un 
abbé , proche les cloîtres de 
la cathédrale, sous Tépiscopat 
de Mg' Daillès. L'architecte 
diocésain, M. Boeswilwald , 
aujourd'hui inspecteur de la 
Sainte-Cbapelle, emporta cette 
crosse à Paris; elle fait prést^n- 
tement partie de la collection 
du musée de Cluny, sous le n" 
2023. De l'extrémité de la 
douille au sommet de la volute, 
elle a 33 cent, d'élévation. 
Son style est byzantin: elle 
fut fabriquée à Limoges an 
XII' siècle. Elle est, comme 
les crosses de cette époque , en cuivre doré et incn].sté 
d'émaux. La douille est couverte d'animaux fantastiques qu 




OBJETS D*ART AYAiNT SWIVI Atl CULTE. 375 

se précipitent en bas. l/anneaii qui surmonte la douille est 
composé d'animaux de la même catégorie enlevés à jour. 
La volute Ggure dans son enroulement Lucifer, sous la 
forme d*un dragon, que saint Michel perce de sa lance; 
Tarchange e^t arlne aud»i d*un boutlléré M. Ite Dk-ectenr du 
musée de Cluny s'est empressé, sur ma demande, de per- 
mettre à un peintre vendéen, M. Qelumeaù, de Moutiers- 
Ics-Mauxfaiis , d'en prendre le dessin ; je le joins à ma 
notice. 




RAPPORT 



SUR 

IDES FOUILLiBS 

PAITES EN SEPTEMBRE 186S, 

A WNBERT ET A HERVELMIN (PAS^DEmUIS), 

Par m. L. COUSIN , 

Membre de la Société française d*archéologie el de riiislilut 
des provincefl. 

Messieurs, 

Dans mon Rapport (1) sur mes fouilles archéologiques 
de 1862, j*ai parlé de plusieurs mottes de terre situées 
à Audenbert et à HerYeliogheu , villages do canton de 
Marquise (arrondissement de Boulogne-su r-Mer), qui sont 
limitrophes de Wissant , et j'ai alors exprimé le regret de 
n'avoir pu vérifier si elles n'étaient pas des tumulus de 
répoque gauloise ; grâce à une nouvelle allocation de la So- 
ciété française d*archéologie, j'ai fait, au mois de septembre 
dernier, après la récolte , cette vérification qui était sî dési- 
rable, et je viens aujourd'hui vous en dire quelques mots, 
dans l'espoir qu'ils ne seront pas sans intérêt pour vons: 
tout ce qui se rattache à l'époque la plus ancienne de notre 
pays étant encore trop obscur pour ne pas avoir besoin d'être 

(1) V. ce Rapport, U XXVI de la Société française d'arcbédosie , 
p. 3i8-Sâ9* 



FOUILLES A AUDEKBBRT ET A HERVELINGHEN. 377 

éclairci, etatiiraùt d'ailleurs, maioienaût plaa que jamais, 
l'atleoiion du mtDle savant. 

SI. 
Mottes d'Audembert. 

J*ai commencé mes recherches sur le mont de Coupe, 
commune d'Audenbert , mont qui est Tun des plus hauts du 
département du Pas-de-Calais. Son altitude est de 163 mètres 
(près de 500 pieds). Six mottes plus ou moins élevées s'y 
trouvent. L'une d'elles, qui est labourée (i) et qu'on voit sur 
la gauche du chemin de Wissant à Landretun, n'a pas été 
comprise dans les fouilles, ayant été faîte, il y a environ 
quarante ans , avec des terres extraites d'un trou à marne. 
Les détails qui me furent donnés à son sujet étaient si précis, 
ils venaient d'une si bonne source, que je n'en aurais même 
pas parlé si elle n'avait pas été indiquée sur la carte jointe à 
mon Rapport de l'année dernière (2). Je passe donc aux autres, 
que je numéroterai successivement pour plus de clarté. Je 
constaterai d'abord les faits et j'en tirerai ensuite les consé- 
quences qui me paraîtront en résulter. 

Motte n* 1. 

Sa circonférence est de 1^ mètres , sa hauteur approxi- 
mative de 1 mèlre 50 centimètres. 

J'avais recommandé de creuser au centre , l'exploration 
d'un tumulus devant toujours commencer par là. A environ 
1 mètre de profondeur , on aperçut des ossements. Prévenu 

(1) Elle est sur ane pièce* de terre ft*lat)oiir occapée par le sieur 
Sarre-Bodart, et qui appartient à M. Ferarous, de Fitonçs. 
(3) Voir le n* 30 de cette carte, 



378 COKt.UfeS AftCHÊOLOr.ttlieE DE rRA9ir.& 

immédiaieiticiit de la trttQtiNle . je fis retirer h terre dans 
leur direction , de manière à \eÉ mettre Men ï décdavert : 
on pot ainsi reconnaître bientôt le squelette d*an homme qui 
n'était plus entier : environ le tiers manquait. Ce squelette , 
dont la téle était an centre de la motte, s'étendait du côté de 
Test, auquel il faisait face. Sa longueur était de ! mètre 
70 centimètres; à ses pieds, se trouvait un silex, dont 
Tuiie des extrémités présentait oit tratichant bien affHé, 
et Paotre un gros bout. Sa couleur grise était devenue jau- 
nâtre en partie. C'était évidemment une hache : elle était i 
plat, et son tranchant était du côté des pieds. Encouragé par 
cette découverte, j'ai fait enlever avec soin jusqu'au sol na- 
turel toutes les terres , tant au milieu qu'à Test et ati nord 
de la motte, et on en retira deux objets en os, arrondis et se 
terminant en pointe, qui étaient à quelque dislance l'on dé 
l'autre et du squelette; eu* outre, quelques petits ossements 
agglomérés, plus rapprochés du mort. 

Les trouvâmes dans celte motte se bornèrent là. On n'y 
vit ni poterie, ni monnaie, ni armure, rieu en bronze, 
cuivre on fer. 

lioUe n'* t. 

Sa circonférence est de 14 mèttX'S, sa hauteur de 2 mètres 
&0 centimètres. 

C'était là que j'avais vn la baraque où des officiers anglais 
faisaient des observations relatives h la triangulation du dé- 
troit du Pas-de-Calais, pendant que les Français se livraient 
en Angleterre aux mêmes opérations, dans le voisinage du 
littoral, .le savais qu'en creusant pour les fondations de cette 
baraque, on avait trouvé quelques pièces de monnaie (1), 
dont deux étaient de l'empereur Néron ; on avait donc ici 

(i) Voir p. 577 du U XXVI. 



FOUILLES A AUDENBERT ET A BEIïVELINOflEN. 379 

des cbaoees de succès; Ltf baraqae avait été enfevée ^oélqiics 
mob auparavant» ce ^oi demUail devoir faciliter mes re- 
cherches: Biais je reoonntts bieotôl qu'elles y seraient plus 
difficiles qno partout ailleurs, à cause d*une circonstance bien 
inattendue ; elle venait d'une grande borne (t) fiiée dans 
une maçonnerie en pierres de Stinckai , dont la hrgeor était 
de i nièlfe 50 oenlimètres et l'épaisseur de &0 centimètres. 
Cette maçonnerie étant précisément an centre de la motte, 
en dessus du point où l'on devait priocipalemeot porter les 
fouilles 9 il fallut prendre des précautions tontes particulières, 
soit afin que les travailleurs ne fussent exposés k aucun dan- 
ger, soit pour ne pas nuire à la solidité de la borne en des- 
cendant sous elle. Heureusement le chefcfe mes ouvriers était 
M. Seiigeant, cantonnier fort intelligent, demeurant à Auden- 
bert et qui avait de l'expérience en pareille matière. Il parvint 
à surmonter la difficulté sans aucun accident, et trouva 
d*abord quelques monnaies romaines, puis, en se rapprochant 
du milieu de la motte , le squelette d'un homme couché sur 
le dos» mais dont les jambes étaient repliées à la hauteur des 
genoux ; en dessous de la tête » il y avait un objet qui nous 
parut en fer tourné comme en spirale ; afin de bien exa- 
miner cet objet, je l'emportai avec on autre ayant la forme 
d'une petite boule, qui se trouvait auprès» pensant que celui-ci 
pourrait servir de comparaison avec le premier. 

Le squelette était à 2 mètres 20 centimètres de profondeur 
et à 20 centimètres ao-dcssos du terrain naturel. Sa taille 
était de 1 mètre 75 centimètres : il avait été également 
inhumé avec la figure vis-à-vis de Test. La mâchoire avait 
encore toutes ses dents : d'où Ton pouvait induire que le 
défunt était plutôt jeune que vieux lors de sa mort 



(i) On in*a appri», depuis peu, qu*ene avak été placée en 1S33 ou 
I8SA, 



380 GONGEÈS AEGHÈOLOGIQUE Dfi PBAMCB. 

Il est à remarquer , en oatre , qa'on a rencontré çà et là , 
autour du squelette , des restes de charbon de bois brâië , 
qu'en ce qui concerne les monnaies, la plus rappitN:hée du 
noort était à environ 1 mètre 20 centimètres, eC que la 
plupart ont été trouvées plus près des bords que do centre 
de la motte : toutes sont en bronse , quatre entières et en 
assez bon état : j*en parlerai bientôt plus en détail. Qoant 
aux cinq autres, elles sont trop frustes pour que Tattribotion 
en soit possible. Voilà. tout ce qui a été tu dans cette naolte, 
où il n'y avait ni hache , ni flèche , ni armure , ni ? ase ^ ni 
poterie , ni d'antres ossements que ceux du squelette. 

UoitM !■<>' S, 4 et S. 

D'autres mottes du mont de Coupe ont été également 
fouillées jusqu'au terrain naturel (la marne): l'une est au 
nord de la motte n*" 1 ; une autre au sud de celle n* 2 ; la 
dernière , beaucoup plus loin et du même côté. Il a été re- 
connu qu'elles avaient été formées toutes trois avec des 
terres rapportées, mais qu'elles n'offraient rien d'intéressant 
Je passe donc à celles qui sont sur le territoire du village 
d'Herveliiigben. 

MOTTES D'HERVELINGHBN. 
Motte n"» 6. 

Sa circonférence est d'environ 21 mètres , sa hauteur de 
1 mètre 70 centimètres. 

Cette motte se trouve à gauche du chemin qui conduit do 
haut du mont de Coupe, dont elle est voisine, à la place 
d'Hervelinghen et sur une pièce de terre occupée par 
MM. Lelièvre, charrons, qui en sont propriétaires; elle 
était autrefois plus élevée : livrée à la culture, elle a été de 
plus en plus abaissée , afin de faciliter le labour. On y a fait 



FOUILLES A AUDENBERT ET A HERVELINCBEN 38t 

deox remarques : f '^ à environ i mètre U5 centimètres de 
profondeur, on a rencontré un filon de sable avec des cendres 
et des restes de charbon de bols ou braise, filon dont Tépai»- 
seor était de 5 centimètres ; une pareille découverte en avait 
fait espérer une autre plus intéressante; maison est descendu 
à plus de 1 mètre en-dessous sans rencontrer le moindre 
objet qui méritât Tatlention ; 2^* on a vu , dans cette motte , 
d'anciennes coupures et un mélangé de sables de diverses 
couleurs , qui ont donné la preuve matérielle d*une fouille 
précédente, laquelle pourrait expliquer comment on n*y a 
fait que la trouvaille du filon sus-mentionné. 

liotte B^" 9. 

Sa circonférence est d*environ Mi mètres, sa hauteur de 
^0 centimètres. 

Cette motte , qui est sur une pièce de terre dépendante de 
la ferme de M. Martinet, occupée par M. Laonoy, est placée 
à droite du même chemin , à peu de distance de la sixième ; 
les remarques faites au sujet de celle-ci sont toutes appli- 
cables à la septième Ainsi , elle a été abaissée également 
dans rintérêt de la culture ; et en creusant au milieu , o» y 
a vu le même filon de cendres et des traces d'une fouille an- 
térieure ; mais l'ouvrier ayant ensuite , conformément à ma 
recommandation , continué ses tranchées sur d'autres points, 
trouva à l'ouest, à la profondeur d'environ 20 centimètres , 
des ossements fort petits , sous une pierre plate , dont le 
diamètre était d'environ 33 centimètres ; taillée et unie^ elle 
avait été évidemment mise là pour les protéger. 

liotfie* n«' 8 , 9 et lO. 

Le résultat des fouilles a été le même à ces mottes qui , 
toutes trois , sont labourées ; la marne y a été rencontrée à 
la profondeur de 15 à 30 centimètres, sans qu'on y ait vu 



582 COXGAÈS ABCIliOLOOIQUC t>E rftAKCiû 

la nioiiMii^ cho» digue de meDdoo; d'od Ven a ioffêfé 
qn'eites avaient été fonuèes ttatareUeuient : Je m 
dooc à indiquer leur einpiac««irQi. 

La builièMie eut aor la pièce de terre uooiiiiée la Moate- 
leiie, reprise au pUa cadastral, section B, a» 200 ; la acnviènie, 
sur une autre qui y ligure » luèoM section , n* 235. Ces devt 
parcelles dépendent de ma terme. occu|)ée par M. Prad'bonuiie 
Bâclez ; c'est pourquoi j*ai pu les désigner avec le cadastre. 
dont j*ai un extrait pour ce qui me concerne. Quaat à la 
dixième motte , elle fie trouve sur une pièce de terre appar- 
tenant à M. Verne, pièce située au lieu dit les Communes^ 
à proximité et sur la gauche du chemin de grande commu- 
nication de Wissant ï Goines, dans la partie comprise entre 
Her?elinghen et St-Inglevert. 

Moue B* II. 

Sa circonférence est d'environ 30 mèti-es ^ sa hauteur de 
1 mètre. 

Cette motte est égaleiuent labourée ; elle est tout près de 
la dixième et sur la même pièce de terre : on n'a dooc pas 
besoin d'en dire davantage sur son emplacement. Je savais 
qu'elle avait été fouillée tn i820 par le propriétaire, sur une 
étendue de i mètre 65 centimètres ; après avoir traversé une 
masse de cailloux , il avait trouvé quatre squelettes huoiaiiis, 
et à côté un poignard en bronze ; il n'y avait vu rien autre 
chose , ni poterie , ni monnaie , ni verroterie. Ces renseigne- 
ments, qu'il m'avait donnés lui-même, il y a quelques 
années, étaient précis, et j'avais d'ailleurs, ï Dunkerqoe, 
dans mon cabinet , le poignard dont il m'avait fait cadeau. 
Mais desais-je pour cela m'abatenir de toutes fouilles dans la 
onzième moite? L'affirmative ne me parut pas admissible: 
j'ignorais si on ciaitdchcoudu jusqu'au torraiu nai un 1 ; d'ail- 



rotiUKS A AtJl>fcNtoftt £t A ÛEal'EitKGnEN. 883 

leyra, b faaîlle M'avait pis «u lieu duos un bat arebfohigiqiie, 
i'teQvo^fat dooc l'un de mes ouvrier; , eu lui reconiuiaadant 
d'y Mre avec soin des soudages , el de les couuneocer par le 
wiliea ; il lie coulbrroa ^ mes iusiruciious» et quand je me 
midis i»ur les lifHix , je vérifiai qu'il a'avait irou\é que des 
œnewients , sans auire chose digue de la moindre atuution. 

Motte n"" iS* 

Sa circonférence est de 10 mitres 50 centimètres, sa hau- 
teur de A mètres 50 à 60 centimètres. 

Cette motie est sur la montagne de Eamsaut » doul l'al- 
titude est de '153 mètres, et qui est au nord-est du village 
d'Hervelinghen , tandis que le mont de Coupe se trouve au 
sud -ouest. Placée sur une pièce de terre occupée par M. Ad- 
mont , et qui appartient à M"'* veuve Bourgeois , de Sl- 
luglevert , elle avait appelé tout particulièrement mou 
attention lorsque j'avais visité les restes de retranchements 
ou redoutes dont j'ai parlé (1) dans mon précédent Rapport 
£n efiet, je l'avajs trouvée pi|i$ l^nte que les autres du 
voisinage et j'y avais vu de plus, au centre, un trou qui 
m'avait paru ressembler à celui de la motte Carlin, commune 
de \lf issant , dont ce Rapport fait également mention : mal- 
heureusement le temps me manqua pour faire exécuter le 
travail en ma présence et , forcé de partir , je pris des me- 
sures pour qu'il fût commencé deux jours après mon départ. 
Le sieur Flahaut , l'un de mes meilleurs ouvriers , en fut 
chargé ; il suivit les instructions que j'avais laides, et voici 
ce qui m'a été écrit ensuite à ce sujet : « Le Urou du milieu 
(( de la motte a une profondeur de 1 mètre 40 centimètres , 

Cl et jusqu'à celle de 75 centimètres , sa largeur est de 50 

(t) V. p. Z%h , et la carte, n** !}3 à 45. 



3B/i COMRfeS ARCfltoUK.IQUE DE FIIANCE. 

« oenlimèlres. Â 1 mètre 30 ceolimètres en-dessoas de ce 
« troa , le siear Flahaat a remarqué one couche de cendres 
« mélangées de terre , de 10 centimètres d'épaisseur, et il a 
« dû descendre encore 3i 1 mètre 70 centimètres de pro- 
« fondeur pour atteindre le terrain nature! ; il a vu dans 
(( cette motte des traces matérielles d'une fouille antérieure, 
« mais toutes ses remarques se bornent là , n'ayant ren- 
« contré ni ossements, ni monnaies, ni poteries, ni armorps.» 

S H. 

Diaprés les faits qui viennent d'être exposés, sur les dooie 
mottes objet des fouilles , trois ( les 8^ , 9* et 10* ) sont na- 
turelles, et il devient en conséquence inutile de s'arrêter 
davantage ï celles-là r il ne nous reste à parler que des neuf 
autres. Formées par la main des hommes , elles donnent lieu 
à une pemière question. 

!"• QueBtioxL. 

Que peut-on dire des mottes n"* 1,2, 3, &, 5,6,7, 
11 et 12? 

Avant de répondre à cette question , je vais reproduire 
tout d'abord quelques lignes du Diaiannaire hùtoriifue des 
insîimwns, mcmrs et coutwnes (1) de la France : 

« On rattache encore aux monuments gaulois les tombelles 
« ou tumulus ; ce sont des monticules ou collines factices 
« qui indiquent la sépulture de quelques personnes iilastres. 
« liOrsque ce sont des ossuaires ou sépullures communes, la 
(( forme est allongée à la base ; quand le tumuins n'est des- 
« tiné qu'à un seul guerrier , la base est arrondie : le sque- 
« lette est placé sur le sol, une grosse pierre couvre la partie 

(i) Par M, Cheruel, 4ocieur es- 1( lires, inspecteur de r^cidémie. 




ment i 
nieollon 

posées CB CCfOP, 

que les 

• Ob momâi ok^ « i^i ée a knV ^n Le ée 

• cendres piWEBHt àm bâcher ^ anal seni à br&jcr h 
a Tklioip, et «a àipÊBStk sm et 'Ji It cêkj» i« «ec»!. f« 
tt ayaol soii 4e iifçmKr mm aas pC«s ^^^lè de ch&rtKw; 

• soos b tcfe, es f;mx de ckn«. A^c.*» avoir |ibKê «ae 
« épée près des k^oas os ■■ fixseM ^rèi des lemoMS, oft 

• appmait les pieds d« oisTre ssr le vase de terre doM je 
fi TOUS ai prié KM à rbeare et quû s'il s'agissait d*Hi s«rr- 
(c lier, coolCBait les dcbrîi calcîaé da cheval de baiaiUe ssr 
« lequel iegocrricr avait coalnita, oa ém chiea q«î TaccoaH 

• pagnaii i la chasse na qui gardait la maîsoa. « 

Ces détaik solEspat pnor la solatioa de la qoestioa e« ce 
qui concerne les nmtics a* t, 2, 6. 7, il et H ; car, d*uiie 
part, elles oet été faites oo avec des terres rapportées, on 
l'une d'elles (la oezièfiie) avec des cailloux qui abotuloiit 
dans le pars ; et d'autre part, lootes soot en forme de cercle 
el révèlent d'anciennes sépultures; poor trois d*eulr'elle$, on 
a one certîtade pour ainsi dire matérielle, puisqu*oa a trouvé 
dans chacune des deux premières nn scpieieite hunMin , et 
qu'il y en avait quatre dans la onzième ; ou doit donc y voir 
des tumolos (tombeaux). 1^ même certitude existe pour la 
septième motte, où l'on a rencontré unei pierre plate avec des 

(i) Voir le joarnal La Patrie, n" du k mai tS63. 

2S 



38& CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

ossements; et si pour les mottes n** 6 et 12 la preOTen*est 
l>as aussi péremptoîre, elle ne résulte pas moins de II dtoe- 
verte d'une couche de cendres au milieu de ces mottes, ainsi 
que des traces manifestes d'une fouille antérieure, lort de la- 
quelle on aura enleté les objets que cette coodie annouçaît. 

11 y a , du reste , tout lieu de penser que c'est à la inMte 
n" 6 qui est labourée et au-dessus d'Audenbert, qu'on a fait, 
il y a plus de cent ans , les trouvailles mentionnées dans le 
munuscrii de Lutto, l'un des meilleurs chroniqueurs do Bou- 
lonnais; trouvailles que j'ai rappelées également l'année der- 
nière (i) , et qui consistaient en on squelette à càtéduquei 
était une sorte de sabre » une vieiiie armure , une hache en 
façon de pique et quelques autres pièces. 

Quant aux autres mottes, n*"* 3, 6 et 5^ quoiqu'elles soient 
dues'également à la main de Thomine , on ne saurait y re- 
connaître des tumulus ( tombeaux ) , rien chez elles n'annon- 
çant une ancienne sépulture. On conjecture que les terres 
avec Icsqrietlcs elles ont été formées provenaient des travaux 
défensifs exécutés depuis la prise de Calais, en 131^7 , par les 
Anglais, sur le mont de Coupe qui , à partir de li ei pendant 
plus de deux siècles, a servi de frontière : ces travaux dé- 
fensifs y sont encore aujourd'hui visibles en partie; car on 
rencontre, sur divers points , des restes d'anciens retranche- 
ments plus ou moins profonds, et dès lors il est probable que 
les trois mottes dont il s'agit en ce moment, ont été établies 
à l'époque où les Anglais occupaient le Calaisis et le comté 
de Guines. 

S" Question. 

Après avoir ainsi résolu la première question, je passe à 
une autre, dont la solution est beaucoup plus difficile, celle 

{i) Voir p. 376 CI 377 du XXVf \olume. 



^ohmàm k à(ii>ENft$aT et a iîiUiVELiNaHitN. 9Sl 

dk lavpir ik qndle ^|KiqQ« reisenUQt les sis tomolos don( 
f'csiiiefic» neat d*êcr9 si bien oonslaiée. Popr loieuxéclaircir 
c«ue49eMî«o« il d^fieiil q^esyaû-e de rapp(*ler les objets 
Qui iOiH 4té diicQuv^rts el 4« les eianiiMer eo détail , afiii dp 
gjgnjiter f Qgtttle les cotisâiitMîAjces qui ei) résuitem; je u)*oc- 
cupe d*abord des tamolus d'Audeubert 

LES D£QX TCIIDLDS n*AUDBNlElir. 
|Ue 1" < m^iUi ii« 1 ), le »• (i9«»lte n'' f ) 

Go a trouvé , cooime ou l'a vu, daos le premier uu sque- 
limite d'honme, quelques petits osseinenLf avec une dent, 
de«i ^objets en os, arrondis et finissant en pointe, et une barbe 
en sileiL. 

1*" Le squelette. 

Il était étendu sur le dos, et il suffi^il de le voir pour 
être convaincu que le mort avait été inbomé. D'après 
Il noesure qui en a été prise ^ sa taille était de 1 mètre 70 
ceniiiuètres ; mais 11 n'était pas entier : ce qui en restait a 
été. évalué aux deux tiers environ et annonçait une grande 
vétusté. CoQuuent expliquer que l'autre tiers était disparu ? 
Serait-iCe par suitis d'une fouille précédente? îlais on n'en a 
a|)erçu auc^ine trace , et d'ailleurs, si elle avait eu lieu , il est 
i présumer qu'on aurait enlevé avec le crâne toute la mâ- 
choire : or, le crâne manquait et cette mâchoire était re.stée ! 
£ii examinant les dents, on pouvait en induire que le mort 
était j>lntôt âgé que jeune lorscfu'il &\ait été enterré. 

Faut-il, au contraire, admettre que, par l'eiïf't du temps, 
pendant une longue suite de siècles , une partie d'un sque- 
lette placé sous une motte de terre s'anéantisse au point de 
ne laisser aucun vestige , tandis que la plus grande partie est 
conservée ? Je laiiise aux savants compétents sur la matière 



38fr COlSGRfeS ÀRCHÉOLOGîQUB#^ à, 

ossenienls ; et si pour tes moites^/ ianl , je dirai 

|)as aussi péremptoîre, elle ne f / ./ jce de se rendre, 

verte d'une couche decemf// / examiner les di- 

que des traces manifester *// , «il il m'a écrit qu'il 

quelle on aura enlevé '//'/ ux du squelette dont 

H y a, du reste, . ^^ 

n** 6 qut est laboo' - os d'une dent, 

il y a plus de r ^re de la mâchoire supérieure d'un 

manuscrit de * ^ est d'une blancheur remarquable , oo 

lonnais; trr • était jeune lors de sa mort ; sa présence 
nière (i) «^"^e enterré dans le tumulus se comprend oo 
était V iDÎeox, par l'usage rappelé par l'un des auteurs cités 
façr jssas^ et qu'avaient les plus anciens habitants delà Gaule, 
^/noler aux mânes du défunt , soit son cheval de bataille, 

ji /e chien qui l'accompagnait à la chasse ou qui gardait sa 
Ellison ; ils plaçaient au fond de la tombe les cendres do 
j[)dciier qui avait servi à brûler la victime et y déposaient en- 
suite le corps du défunt Tout cela explique non-seulemeot 
Ja couche de cendre qui élail au centre du tumulus, vers le 
niveau du sol voisin, mais encore le fait que les ossements da 
chien étaient agglomérés , tandis que son maître était étendu 
de manière à faire penser qu'il avait été inhumé. 

Z*" Les deux objets en os , arrondis et finissant en pointe. 

On avait cru , d'abord , que ces objets avaient pu lier le 
linceul ou le vêtement avec lequel le mort aurait été ea- 
seveli ; mais on fait remarquer que leur grosseur n'était pas 
uniforme : elle diminue effectivement jusqu'à la pointe , ce 
qui ne s'allie guère avec l'idée du service d'épingles , et l'on 
a renoncé à cette idée , d'autant plus que les objets avaient 



(I) M. le docteur Roble, médecin àSangalte, cloul j'ai |mi apprécier 
loute rinslruclion et qui m'avait montré beaucoup d'obligeance lora 
de mes Touilles de 1862* 



"^ ^JDE^BtRT ET A HERVELINGHEN. 389 

'^v. 'nce l'un de l'autre , ainsi que du 

^^ \^ ^é des deux était au moins à 

^ ^^ 'alement empêché d'y voir , 

^>^ ^ ' écrire. Une autre opinion 

^ -^ , dont la pointe était fine , 

& .iiis de lance dont le bois ou le 

par l'action destructive du temps. On 
.e d'autres tumulus de la Gaule des objets 
a ceux- ci ; l'un de mes plus honorables et savants 
oues , M. Boucher de Pcrthes , en a figuré et décrit 
plusieurs. Il dit (1) que les instruments en os, simplement 
ébauchés , ne sont pas rares dans les gisements celtiques , 
mais qu'il n'en est pas de même de ceux qui ont été |)olis et 
&ms , qu'on en trouve peu ; il ajoute ensuite: « Si ces in- 
a struments, d'une pointe solide, n'étaient pas utiles comme 
> poinçons, ils devaient être placés an bout d'un roseau 
« pour servir de flèche. • Cette observation rend plus plau- 
sible la dernière conjecture, avec laquelle on comprend que 
les deux objets en os aient été trouves à quelque distance du 
mort et à moins de profondeur. 
4" La hache en silex. 

Cette hache a été emmanchée : l'on ne saurait en douter 
après l'avoir examinée ; mais, à la différence des haches en 
fer qui sont traversées par le manche, celle-ci devait y 
entrer pour y être fixée ; elle pouvait servir soit à la guerre , 
soit dans les sacrifices druidiques , soit pour les usages 
domestiques ; mais elle est en si bon état et son tran- 
chaut si bien affilé qu'on doit penser qu'il n'en a pas été fait 
emploi. 

Ces diverses découvertes dans un tumulus , où il n'y avait 
rien en métal , me paraissent autoriser deux conclusions : 

(1) Antiquités celtiques et antédiluviennes , (. I, p. 316. 



390 CONGHËS ARCtIÊOLOGIQUI: DE FINANCE. 

la première €tu*il remonte à une très-haute antiquité, ï la 
plus ancienne des époques , qu'bu iSkZ un érudit de la 
Suède , M. Thomsen ^ a divisée en trois périodes i Page de 
pierre , Tâgë de bronze et Tàge de fer. 

D'après un autre Suédois , Kl. ll^orsiè , les régions &ep- 
tenirionales de TEurope ont été prlmilÎTement occupées 
par des hommes qui ne connaissaient pas t*usagèdes mélaax, 
qui vivaient du produit de leur chasse , qui enterraient leors 
morts <lans des cercueils de pierre el qui habitaient pria- 
cipaleiiient les bohis dé la mer ou les rivages des grands lacs 
et des rivières. Vnc autre race , qui conbaîssaîl l'usage des 
armes eh bronze, remplaça la première; elle était agricole 
et brûlait ses morts. A celte deuxième race succéda Tâgc de 
fer : c'est celui que nous connaissonà le tnieux , celui dont 
rhistoire nous a conservé plus ou motbs vagùeinent le M- 
veniK 

En comparant avec les détails dans l<?sqnels je viefts 
d'entrer ces donhécs historiques, que j'emprunte au ButUtk 
monumental {{) , oh est conduit S penser que le premier 
tumulus du mont de Coupe a été fait k Tâgë de itSerre, doottes 
limites ne sont pas encore bien connue^ : tout Ce <ta*On a dit à 
leur sujet ne repose que sur des hy|>othèlieâ plus ou moins 
ingénieuses ; mais alors même qu*dn parviendrait à les reiidre 
des vérités pour qaelcfues régions^ ce ne serait pas an motif 
suffisant pour les appliquer partout ailleurs ; car il est o6tn- 
tant que le silex était encore employé chek certains peuples, 
()uand te bronze Tétait déjà chez d'autres. Ob en a A de 
noutcati la preuve depiiis moiiis de cent ans, lorsqu'on a dé- 
couvert des îles ou l'usage des métaux était complètenéat 
ihcbnnu. Il ftut donc, éii pbréilki ibatière, s*MlMlier iVaot 
tout i ce qui concerne le (>ays; or , le Village d*AtideiH)eht 

(1) Année 181^3, p. 5Ô0 et 501. 



P0D1IX£S A AlUENBEriT LT A HKnVELINGflEN. 39t 

bîsail autrefois partie de la Morluie , que pendant longtemps 
on a placée ï l'extrémité du monde (1) et où d'ailleurs la 
civilisation a été plus tardive que dans le midi de la Gaule , 
plos rapprochée du peuple-roi. D'après cela , l'âge de pierre 
a dâ s'y prolonger plus longtemps; mais on n'ignore pas 
moins à quelle date il y a cessé « et dans cette incertitude , 
je me borne à ajouter qu'en réunissant seulement aux années 
de l'ère chrétienne les six siècles de Tépoque historique qui 
Ta précédée , on arriverait à un total de 2,^63 ans ; mais 
que si l'on tient compte, ne fût-ce que pour quelques siècles, 
des temps antérieurs à cette époque , et qui ont suivi l'âge 
de pierre, on devrait reporter â plus de trois mille ans 
l'origine du même tumulos , l'enterrement du mort et le 
dépôt des divers objets qu'on y a trouvés. 

La seconde conclusion est qne ce mort était un guerrier 
d'un rang éminenl : cela semble ressortir, non-seulement de 
la découverte des plus anciennes armes de guerre qu'où 
connaisse, une hache en silex et des pointes de flèches , 
comme des restes d'un chien de chasse , mais encore de la 
largeur du tumulus et du fait qu'il n'a pas servi à d'autre 
inhumation , peut-être aussi de sa position à proximité de la 
mer, sur Tune des montagnes les plus élevées du Bou- 
lonnais. 

Quant au second tumulus d'Audenbert, les trouvailles 
consistent eu un squelette ( celui d'un homme ) , une masse 
ox)dée |)résuméeen fer, et neuf pièces de monnaies romaines 
entières ou par fragments. 

1" Le squelette. 

Yoki ce qui m'a été écrit, à son occasion par le même, 

(1) c ExtretDîque hominiim Morini > (V. Virgile, Enéide, liv. VIII, 
vers 727). — « Chimique bomiiium exislimati Morlui » (Pline-l*An- 
ciei), lib. XIX, cap. i). — • In leirra Morinûrum situ orbfs cxirema » 
( Lettre de Miot PiraRn , né en 355 ). 



396 COMUIlte AHCHfiOLOGIQUK DE FRAKCE. 

total det motiiifties noâiiiiies q«i eo profîékitieiit« Il esi à 
ikMer qu*il y a quelques années, en a miré anm l'on !■• 
rnnlns de la Aretagiie un petil-bron^e de Cooslaotm: et qoc 
et inmiilus reofenuait des briques et des paieries rouainei 
mêlées évidemment ï des poteries gantoises <1) et à ni sîles 
de flèche , tandis qoe dans celui dont 11 s'agit ici , lonl s*aA 
borné aux objets dont on Tîeiit de parler sncoessîTeinmtt et 
dont la déconveiie donne lieu à deni opinions qoe je dos 
maintenant exposer. La première se base sur les loonnaiesio- 
maiues et notamment sur celles de l'empereur Coostantiti: d'oé 
Ton infère que le second tbmulus d'Audenben date font sa 
plus du IV" siècle; mais les partisans de la seconde opinioo 
répondent que si les pièces de nHmnaîe avaient été mises 
dans ce tumulus lu jour où le mort y a été déposé, elles se- 
raient été retrouvées sur lui ou à côté ; or , il n'en a pas été 
ainsi , puisque la plus rapprochée en était i pins de 1 
mètre de distance. On sait que , dans les faoîlles dn cb&teau 
de Cassel , où l'on est descendu jusqu'à 7 mètres de pro- 
fondeur, ou a irou\é des moimaies eufonies plus eu rneins 
profondément (2), et que celles aperçues les preàiières 
étaient dn temps de la domination des Espagnols , les se- 
condes do XI* siècle et les dernières de ré|ioque fonlaiiie; 
on a fait la même remarque (3) dans l'enceinte du cbiteaa 
d'Éiaples. 

En présence de œs souvenirs et en considérant que les 
monnaies n'ont pas été trouvées k côté du mort , qn'dlcs 
étaient à moins de profondeur (la pins rapprochée à pins 4e 1 
mètre de distance) » qu'elles sont de dilMrenu r^nes et que 
la plupart ont été rencontrées plus près des bords du tumulos 

(i) BuHetin monumental, année 186S, p. 5&.' 

(2) Vixit t. XXIV de la Sodélé française d*avcaéoldgle , |». 53. 

(S) Voir Hiëtoire du château uTÉi aptes, par M, Souquet, p» 3» & 



FUUILLCS A AuDÈMSËnT ET A ilËUVfiLlNGHEN. 395 

«lue du nlitretf , OU est OM^l I pensée qu'elles y Ohi été 
piaeMft longtemps âpm qu'il a? ait 4É(é fitit. 

Cela DM il'atftaiit pitts probable qu« le pelit-broiizfe dé 
Constantili ressemble à eelui dd tumnltM précité qui, comme 
on Ta ?u , contenait divers objets plus ou moins intéressants, 
taut de i'éptk|ue gailloise que dé là période rotnaine. Ou 
sail que d'autres tomolus de la Bretagne ont donné lieu à 
d'autres trouvailles analogues à celles-là. Un savant éibinent, 
qui est Tun des plus honorables habitants de ce pays(1)» 
y a vu une wtwre ceiti^Éie qu8 la eonquéie avait visitée , 
viais non créée j les principaux motifs qu'il a donnés à 
Tappai de son opinion sont applicables au deuxième ttiuiulus 
d'Audenbert, d'oà l'on a retiré des pièces romaines ; et, dès 
lors, l'argument tiré de ces noonnaies étant ainsi écarté , il ne 
reste plus que le squelette avec son attitude qui semblait celle 
de la prière, et deux moixeaoxde minerai dont Vun était sous 
la tôle et l'autre à côtéi Cela étant, on peut croire que le second 
tumulus d'Audenbert remonte également à une époque où 
l'on ne faisait pas encore usage du ftr. A en juger par l'élé*- 
vation do tertre» le mort qui y a été enterré âait un person- 
nage plus important encore que celui du premier tumulus, don t 
la hauteur est moindre de presque la moitié. Or , ce mort 
n'était pas un guerrier , puisqu'on n'a vu rien qui l'indique : 
ni hache, ni flèche , ni chien de chasse , ni armure. D'après 
cela^ que pourrait-on en faire, si ce n*est l'un des principaux 
ministres de la religion des plus anciens habitants de la Gaule» 
ministre dont ta mémoire serait restée en grande vénération 
dans le pays : ce qui expliquerait des offrandes de pièces de 
monnaies ûdpoêées successivement dans son tumulus, sous la 
domination romaine et jusque sous Coaslanlin. 

(I) Sf. Da Cliatellicr, correspoodaDt de I*lii8ljlttl de France (V. 
page Z9i An t. XXVI de ta Société fVaiiçaise d'^rcliéotocte). 



396 COKGBÈS ARCHÊOLOGIQOE DE FRANCE. 

Celle dernière ioterprétalion parait doue préférable ^ 
première ; mais je n'enteods pas pour cela me pronom 
pour aucuue d'elles et je résene mon opinion personnelle, i 
attendant Tavis des savants compétents sur la matière. 

\ 

LES QUATRE TUMULUS D*HEEVELINGHEN. 



\ 



Le S* (motte u^ G), le 4* (motte n* 7), le S* (^notte ■*" 11 
le 6« ( motte n* tt ). 

Ce qui y a été découvert se réduit à bien peu de chose : 
une couche de cendres dans chacun ; des ossements sous une 
pierre plate au quatrième ; des squelettes d'hommes avec un 
poignard en bronze dans le cinquième, et si l'on tient compte 
des trouvailles mentionnées par Lutto, on ajouterait au troi- 
sième tumulus un squelette avec quelques armures en fer, 
malheureusement disparues depuis plus de cent ans sans avoir 
été décrites. Quoi qu'il en soit, les cendres proviennent» selon 
toute apparence, des feux allumés pour purifier les fosses où 
les morts ont été enterrés, et on ne peut guère en tirer 
d'autre conclusion que celle déji énoncée ci-dessus: que 
les mottes où on les découvre sont de véritables tumulus. 

Les squelettes d'hommes accompagnés d'armes annoncent 
des sépultures de mîliuires. Le poignard mérite surtout Tat- 
tention : long de 16 centimètres et demi , il montre huit rai* 
nures longitudinales; sa plus grande largeur est de 5 cent, 
elle diminue depuis la soie jusqu'à la pointe : celte soie devait 
être fixée dans le bois de l'arme avec des clous passés à tra- 
vers quatre petits trous, dont deux sont encore entiers et les 
autres à moitié: cela pouvait porter à y voir le couteau de 
combat des Francs (le scramasaxe); mais ce couteau n'avait 
qu'un tranchant (1), tandis que l'arme retirée du cinquième 

(1) Voir p. 91Â des Sépultures gaulai tes, romaines et franqties^ 



fOCILLES A AUDENBERT ET A HEBVELINGHEN. S97 

tomulQS en a deux , ce qui indique un poignard ; il res- 
semble à cenx décrits par Antony Rich (1) , comme étant de 
l'époque romaine ; mais, en pareille circonstance, les cendres 
et les armes en fer dont on n'a pas la description , ne suflB- 
sent pas pour faire reconnaître le siècle pendant lequel les 
tamulus d'Hervelingben ont été élevés : il faut donc , à leur 
égard, entrer encore dans le champ des conjectures. 

La première s'appuie sur ce qu'on n'y a vu ni objets en 
silex , ni monnaies , ni poterie , et sur le fait qu'on aurait 
trouvé dans deux d'entre eux ( le troisième et le cinquième ) 
des armes en bronze ou en fer , et dans le quatrième , une 
pierre au-dessus d'ossements qu^elle protégeait; d'où l'on 
infère que tous quatre ont été formés pendant Tâge de fer ; 
mats en voyant le poignard, dont le travail annonce plus 
d'art que n'en comporte une époque aussi ancienne, on 
doit penser que cette conjecture n'est pas fondée. On est 
donc tenté d'en chercher une autre : en voici une qui semble 
assez plausible pour que j'en donne connaissance avant de 
terminer mon travail : 

Au commencement du V* siècle , des colonies de Saxons 
étaient établies dans la Morinie, et son littoral en avait même 
pris le nom ; en effet , on lit : Marcis in lùtore Saxonico (2), 

par le savant abbé Cochet, inspecteur des moDomcnts hisloriques de la 
Seine-Inféneore, et p. 30 ùvk' Catalogue du Mutée de Boulogne (col- 
teclion d'antiquités mérovingiennes ). 

(i) Anlony Rich, Dictionnaire de» antiquités romaines ^ aux mots 
Clvkacdloii et Pucio. 

(2) Marcis éiail certainemenl sur la côlc de la Morinîe ; 8*il y a 
controverse sur son emplacement, elle ne porte que sur trois points , 
qui tous en (^isaieut partie : i<> Mardyck , prés de Gra vélines ; 
2« Marck , à proximité de Calais ; 9^ Marquise , entre Calais et 
Boulogne. Ce dernier point est celui qui rallie le plus de suffrages, 
depuis les importantes découvertes fbiies sur son territoire et dafis le 
voisinage. 



i38 CONGHËS ARCHtoLOGlQUE DE tHàhCL 

dans b Notice des dignités de V Empire ( aotice rMigée 
le règne d'Honorius, qoî commeoça «a SUS et Ibiit ?d 431 
Leur élablissemcut éUti, selon loute apiiannce» améneor 
au V* siècle ; car on auteur du IV% Bun^ène» a ferîl % loyr 
siyet un |>98sage dont voici (1) {^ traduction : « On ks vait 
c fré<)ueuter uoa oiarchéf • y mettre en \&M teura bea* 
• tiaux y s*accoutQiner aux faiigaea du labourage et iitaa 
« plier leurs épaules au joug de la discif^line militaire. » 

Faut-il voir , dans les l^abilants d*HarveUii|g|ien , leç jid- 
cendants de œs anciens Saxons 7 On Tignore ; mais H paraît 
maintcnaut bien certain que Le village d'Hemetiogben , tra- 
versé par la route de Guines au port de Viasaot , dwit il est 
voisin , et placé entre deux hautes montiigiies qui offraient 
des moyens naturels de défense, a été babité par des Francs 
mérovingiens ; car un retrouve de teiaps en temps » dans son 
cimetière, des tombes présentant les caractènes assignés \ 
leurs sépultures (2) ; mais, pour elles , on n'élevait pas de 
lumulus : aussi est-il vraisemblable que les Francs niéro- 
vingiens ont été précédés, à Hervelingheo (dont |e UM'etl* 
d'ailleurs, d'origine germaniii»e), par uue peuplade imnonoe 
qui avait l'usage de ces monuments funèbres : ainsi s'ex* 
pliquerait l'établissement des quatre tumuhis, qui ne senueot 
dès lors que du III* siècle, sinon du IV'. 

P. S» " Cinq autres tumulus , dont un situé à Escales et 
quatre à Sangatte , villages voisins d'IJervelingben , ont été 
fouillés depuis peu : Ton a trouvé dans tous un squelelte : 
Fatlitude de deux était repliée : Tun d'epx avait prito de la 
tète un vase. Du reste , mon Rapport sur ces dernières (boilies 
et quelques autres sera remis , le mois prochain , à la Sociélé 
française d'archéologie. 

(I) Voir Ëmmenius Pacatun, ap. Dom Bouqiiet, t |, et pour la Ui* 
duction ci-dessus , un intéressant Essai sur les iovasions des Inrbarcs 
en fioulonnais, par M. Erncsl Hamy , de Boulogne. 

(3; Voir p. &3i et hZ2 des Séfmttures gautoUeê , etc. 



NOTICE 

BISTORIQOE ET ABCBBOIiOOIQO^ 

SUR 

L'ANCIENNE ÉGLISE CATHÉDRALE 

AUJOLRDHUI PAROISSIALE 

DE SAm-PAUL-TROIS-CHiTma (DKOK); 

PAft M. L'AIBÊ JOUVE , 

Cbaooiue du diocèse de Valence, membre de l'Institut des provinces 
lD5pecteur des inonumenis pour la Société Trançaise d*arcbéologle. 



I^a ville de St-Paoi-Troiâ-Cbâteaui , appelée aa(refob 
Civil as Triioatinotum ou Avgusta Tricastinorum (Pliae» 
)iv. Ili, chap. iv), i cause de trois châteaux- forts que \e» 
Romaliis y avaient élevés dans le principe , devînt, sous leur 
doroisatioB, la capital^ de la peuplade gauloise des Tricaftttas. 
C'est d'eux que Silins lialicus a voulu parler dans ces deux 
vers de son poème (liv. 111 ), relatifs au passage d'Annibal : 

Jitmque Tricastinos incedit finibus agmen , 
Jam faciles campos , jam rura Vocontia carpit. 

D'où Ton doit inférer que celte peuplade était dès lors li- 
mitrophe de celle des Vocoaces, qui reconnaissaient Vaison 
pour leur capitale. 

L'importance et l'antiquité de ta cité lYkastine , quand 
même elle n'aurait pas pour elle les témoignages formels des 
poètes et des historiens, seraient siifiTisaniraent établies par 
les restes imposants de son amphithéâtre, de boo cirque, de 



400 CONGHfeS ARCHÈOLOGtQlB 0£ FRANCE. 

son forum , de son aqaeduc « ainsi que par les statues , les 
urnes et autres débris qu'on y a successivement découverts. 
Il n*y a pas longtemps encore , deux de ses portes étaient 
appelées, Tune, Fanjoux {Fanum Jovis) , à cause du temple 
de Jupiter qui se trouvait dans cette partie de la ville; et 
l'autre , Puy-Jou, de Podium Jovis (1). Cette ville, conme 
la plupart des autres cités gallo-romaines, eut beancoap ï 
souffrir , d'aboi*d de Tinvasion des barbares, ensuite de celle 
des Sarrasins, des Albigeois et des guerres des protestants. 
Elle reconnaît pour son premier apôtre Célidoine ou 
Sidoine , Taveugle-né , qui , après avoir été guéri par Jésos 
( Joan. , IX ) , se Gt son disciple et porta le nom de Resiimt, 
du mot restitutus est ei visus , la vue lui fut c restituée», 
en souvenir de celte guérison miraculeuse. D'après une tt*a- 
dition immémoriale, confirmée par un très-ancien bréviaire 
de St-Paul (2) et tous les autres livres liturgiques de cette 
église jusqu'à nous, ce saint personnage était de ceux qui, 
fuyant la persécution des Juifs, abordèrent en Provence avec 
Lazare, l'ami privilégié du Sauveur. Après avoir séjourné 
quelque temps à Aix , il s'établit dan^ la cité des Tricastim 
dont il devint le premier évêque. Pour les antres détails de 
sa vie, et surtout pour ce qui concerne le remarquable 
tombeau qui lui fut érigé en 12&2 par l'évéque Laurent , 
après qu'il eut découvert ses ossements avec des pièces de 

(1) Gallia chrUtiana (Province d* Arles), t. I, p. lOà et suit. 

(S) C'est à quoi n'ont pas pris garde les savants auienrs de la 
Galtia Christian a , lorsqu'ils ont dit, d'après le P. Boyer, historien de 
Péglise de Sl-Paul-Trois-Châileaux, que Tévèque Etienne Générés étsit 
le premier qui , eo 4&65 , eOt affirmé que saint Restitut était le mèoie 
que i'aveugle-né de TÉvangile ; car déjà, depuis des siècles, ce bit 
était atteslé par tous les livres liturgiques et les monuments. En ontre, 
il a été maintenu dans le nouveau Propre du Bréviaire romain do 
diocèse de Valence, approuvé par le Saint-Siège en i853. 



J 



L^ÊGLISE DE SAlMT-t»AUL-TtolS-CËATEAUX. &01 

son Uton pastoral , nous reiiToyons le lecieor à la Diaser- 
tatkm qoe oous lui avons consacrée en 1856 « ainsi qu'à la 
jolie église romane où eut lieu la précieuse découverte dont 
il s'agit (1). 

D'après l'ancien catalogue des évéques de St-Paol, le 
deaxième fut saint Sulpice, qui eut lui-même pour succes- 
seur saint Eusèbe, célèbre par sa charité. Nousvoyons figurer, 
k la suite de ces trois saints pontifes , saint Torquat, mort en 
571» et dont les restes, conservés dans le monastère de Gruas 
ea Yivarais, furent brûlés par les protestants. Son successeur 
immédiat fut saint Paul , qui donna son nom à la cité Tri- 
castine. Chassé de Reims, sa pairie, par l'invasion des bar- 
bares , Paul s'était réfugié en un lieu nommé Macérius , 
en Provence , près de la petite ville qui depuis fut nommée 
St-Rémi , sans doute en souvenir de celle où il avait reçu 
le jour. Là il se livrait aux travaux des champs, ibique 
campes exercebai , est-il dit dans sa légende du Propre 
Valeminois, Ce fut au milieu de ces occupations; que le 
découvrirent les messagers envoyés par le clergé et le peuple 
de Trois-Châteaux pour loi annoncer sa nomination au siège 
que Torqoat venait de laisser vacant , par sa mort. Paul , 
croyant à une méprise de leur part , prit le bâton dont il 
se servait pour conduire ses bœufs et l'enfonça dans la terre, 
eu disant : « Quand celte verge produira des feuilles et des 
(( fleurs , j'accepterai votre proposition. » Mais , ô prodige ! 
tout à coup le bâton desséché se couvre de verdure et de 
fleurs, et Paul, interdit, adore la volonté de Dion et ac- 
cepte la dignité qu'il avait refusée (2). C'est en souvenir de 



(I) Cette Dbserlatioii a éié publiée dans le t. XXII du BuUetiH 
monumental, 

(3) Cette gracieuse légende, tirée des anciens livres liturgiques de 
l'église de Sl-PauUTrols-Cliâtcanx, a été maintenue dons le nouveau 

2« 



402 €X>KQRte AlOltoLOGIQOE M FBAMCC. 

ce foit miraculeux que, chaque année, le 1'' février, féie de 
notre Saint, on porte solennelleuienlà la procession une verfo 
entourée de rubans , de verdure et de fleurs d'arbres divers 

Paul, après avoir occupé le siège de Trois*Cbâteaox 
durant plus de quarante ans , mourut au coomieAceiBCfii 
du X** siècle. Ses reliques, déposées dans une châsse en arg^eiM 
enrichie de pierres précieuses , étaient exposées à la véné- 
ration des fidèles aux principales fêtes de Tannée. Elles fareiU 
brûlées par les huguenots le 2U décembre. 1561. 

C'est à celle époque de l'épiscopat de saint Paul que caw- 
meucent à sortir un peu de leur obscurité les annales de la 
ville , qui portera désormais son nom. Toutefois , en ce qui 
concerne l'histoire de sa cathédrale , qui va désormais fixer 
notre attention , il faut redescendre plus de deux siècles 
pour saisir quelques notions plus ou moins incertaines sur 
ses origines. Ce n'est que vers l'an 792 que la tradition 
nous fournit quelques renseignements sur cet édifice , en 
nous apprenant qu'il fut bftii , comme tant d'autres élises , 
par Charlemagne en Tbooneur de la Sainte- Vierge et de saint 
Paul , sous le pontificat d'Aldebran , vingt-hoilième évéqoe 
de cette cité (1). Peut-être existe- t-il encore aujourd'hot 
un indice de cet événement dans le bas-relief qu'on remarque 
à gauche en entrant dans l'église , et qui représente on em- 
pereur prosterné devant un évéque qui lui doime la béné- 

Propre du diocèse de Valence, dont celle aotique égKse fait partie defmit 
le Concordat de 1801. On la lira avec' plus de détaiU dans lePère Bojcr 
de Sainte-Marlhe , relîgîeui dominicain, aux pages 12 et saivaiUesde 
son Histoire de l* église de ShPaul^ qui a paru en 170à : et dans 
rintéressanl article que mon bonorable collègue, M. Tabbé Nadal. a 
consacré au saint évéque, dans son Histoire hagiologique du diocèse 
de Valence t p. 74. Voir aussi Tillcmont, t. VIII. 

(1) Dom Boyer de Saiiite-Marihe, Histoire de Véglise deSt'PMl» 
Trtjiê-OHtteuux t p. 29. 



L^ÊGLISB DE SAIiST-|PAI]L-T10l»-CHATEAtnr. &Û3 

diction , la croix ï la main , et derrière loi des gens armés. 
Mais nons troufoos un indice moins incertain de celte haaie 
aoUquiiê'dans la nef latérale à droite , dont la voûle , en 
qoart de cercle , offre un des caractères saillants de Tar* 
chtlecuire carlovingienne , telle qu'elle se révèle dans le petit 
nombre des monuments qui noos en sont restés. Ce serait-lè, 
d'attleors» le seul vestige de ce style que nous présenterait la 
catMdrale de St-Paul dans l'état oà elle se trouve aujour- 
d'hui ; car ses autres parties remontent évidemment i une 
époqne beaucoup raoîna reculée , quoiqu*ancienne relative- 
ment » comme nous le constaterons bientôt 

Le pieux monarque enrichit la basilique d'ornements très- 
précieux , tels que croix, calices, encensoirs. H y fonda un 
chapitre de trente-huit chanoines , qu'il dota libéralement » 
et auquel il conféra de beaux privilèges (t). 

En 852 , Pons, élu trente-unième évêque par le peuple et 
le clergé, obtint de Lothaire une buUe par laquelle ce 
prince approuvait et confirmait le don que Charles et 
Louis, ses aieui, avaient fait à cette église de la seignenrie de 
k ville avec tous ses revenus , depuis le Rhône jusqu'à la ri- 
vière d'Âygues. 

Ce fut i peu près à la même époque, c'est-à^ire vers 827, 
que l'église d'Orange , qui avait alurs Bonifoce pour évoque , 
fut réunie li ceUe de St-Paul , et cette première union dura 
presque cent ans. Il y en a eu ensuite d'autres plus ou moins 
longues, en divers temps, comme il résulte d'une bulle 
d'Urbain II (i095), et de deux autres bulles: l'une 
d'Alexandre II, Giraud étant évêque de St-Paol et d'Orange, 
et l'autre de Pascal II (2). 

(1) Dans son Histoire de Céglise de Saint- Paul-Trois-Châteaux ^ 
page 39, Dom Boyer donne la teneur de cette bulle, dont roriginal 
était déposé, de son temps, aux archives de TÉvéché. 

(2) Ces trois bulles ont été reproduites in extenso dans le Recueil de$ 
hiitoriene' français, par Dom Bouquet, loeo citatOt 



kùk œNORÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

En 1179 » Tévéqae de St-Paal obtint de Frédéric II « em- 
perear d'Allemagne , avec le titre de comte , la souTeraineté 
de la ville (1). Tout porte à croire que cette époqoe d'ac- 
croissement de richesse et de puissance pour ses évéqoes fat 
aussi celle de l'édification de la cathédrale , telle que nous la 
voyons aujourd'hui , au moins dans son ensemble général 
Tout , d'ailleurs , dans cet ensemble , ainsi que dans les dé- 
tails, accuse cette grande période de l'architecture romane, 
telle qu'elle nous apparaît dans d'autres cathédrales voisines 
qui ont la même date. Le lecteur pourra en juger par la de- 
scription exacte que nous en donnerons tout à l'heure. Mais, 
auparavant, il importe de mener jusqu'au bout la rapide 
esquisse historique que nous en avons commencée. 

En 1561, dit D. Boyer, sous le pontificat de Jean deJoly, 
les hérétiques, enhardis par des tentatives ultérieures, se 
réunirent la veille de Noël aux portes de la cathédrale, 
où ils abattirent et brisèrent un tableau de marbre en 
demi-relief où était représenté le mystère de l'Adoration des 
Rots, placé au frontispice de la porte du midi , dans le vesti- 
bule s ils enfoncèrent la porte, et entrant dans l'église en 
prononçant mille imprécations et mille blasphèmes, ib abat- 
tirent les images de J.-C, de la Très-Sain te- Vierge, sa digne 
mère, des autres saints qui étaient en grande vénération; ib 
allument un grand feu , brûlent le rétable avec le Saint-Sa- 
crement, les reliques de plusieurs saints , les chasubles , les 
aubes et tous les meubles de la sacristie ; ils renversent les 
fonts baptismaux , ils brisent les chaires des chanoines , ils 
déchirent les livres de chœur; ils abattent les bénitiers, les 
autels, les chapelles et tombeaux , et tout ce que l'antiquité 

(i) Mais, en 1407, Théodtt de L*Étang se partagea oeUe sooverai- 
netéavee le dauphin Charles fils de Charles V. {GaUiachrittiaM,^' 
rlrce d'Arles. ) 



L'ÊGLfSE DE SAINT-PAUL*TROIS«CHATEACX. UOS 

avait de pins vénérable, et confertlssent ainsi une maison de 
sacrifice et de prière en une affreuse caverne de larrons ; ils 
n'épargnèrenl4)as même les archives du Chapitre, dont ils pil- 
lèrent tous les anciens titres; et ces illustres monuments qui 
aaraient pu donner un grand relief à cette histoire , ils en 
déchirèrent une partie ; Fauire fut jetée au feu, d'où certains 
catholiques en retirèrent quelques pièces. Après des actions 
si violentes et si infâmes, ils chantèrent les psaumes de David 
dans l'église cathédrale , en action de grâces de la victoire 
qu'ils venaient de gagner et firent prêcher leur ministre, f^ 
sennon achevé , ils se répandirent dedans et dehors la ville : 
Ils abattent toutes les croix et commettent mille autres im- 
piétés ; et comme si leur rage n'eût pas été assouvie, ils par- 
coururent plusieurs villes et villages de ce diocèse, entr'autres 
Chamarety Monségur, Picrrelatte, St-Restitut, Clansayes 
et Montélimart où ils commirent les mêmes désordres (1). 
En 1567, Jean de Joly, évéque de St-Paul , quitta sa ville 
épiscopale, au grand regret du peu de catholiques qui y res- 
taient Les chanoines et autrei ecclésiastiques en furent af- 
fligés, mais point abattus; ils tinrent bon contre les hérétiques 
jus(iu'à 1571, qne, privés de leur église, de leurs revenus et 
de leur chère liberté , ils quittèrent St-Paul et se retirèrent 
en diverses villes et bourgs environnants. Les calvinistes 
furent maîtres de la ville jusqu'en Tan 1573, qu'elle fut ré- 
duite sous l'obéissance du roi , par les soins du gouverneur 
de la province, du baron de La Garde et du comte de 
Suze (2). 

Antoine do Gros, de la maison de Grignan , ayant été 
nommé 83' évêqoe de St-Paul , alors que les ravages de 
l'hérésie avaient pu être un peu réparés, fit, en 1600, sa 

(i) Histoire de Péglisede St-Paul-Trois-Châteaux , p. 225 e suif, 
(2) Ibid., p. 261 et SUiv, 



606 GOMeilËS ARCniOLOGIQUË DE FRANCE. 

première visite dans sa cathédrale , qu'il trouva borribkiiieDt 
entr'ouverte en plosiears endroits. Le service ne s'y faisait 
ploB depuis quarante ans, les chanoines en ayant été honieo* 
sèment chassés, lears revenus ensevelis et leurs papiers 
brûlés. Malgré tons ces niatfaenrs , il obligea tes prêtres ab- 
eents ï rentrer dans leurs bénéâces; il répara les brèches de 
«on église et donna les oroemenis nécessaires pour le cnlte et 
l'office divin (i). 

En 1630, François Adhémar de IVlonteil de Grignan, abbé 
commendataire de Notre-Dame d'Aiguebelle , de Tordre de 
Cîteaux , fut nommé évéqoe de St-PanI , en remplaoeaieot 
d'Antoine du Gros. Peo d'années après , il s'entendît avec 
son Chapitre pour la réparation du dôme de ta cathédrale. 
Ou en donna le prix fait à un architecte qui mourut après 
avoir éle\'é la construction jusqu'aux fenêtres. Enfin , Olivier 
Piédone, d'Avignon, l'acheva tel qu'on le voit aujourdliui, 
dit l'historien D. Boyer, qui écrivait ceci en 1704 ; mais nous 
devons sgoucer, hélas! tel qu'en le voyait encore, il y a quel- 
ques années, avant sa regrettable démolition. Cet ouvrage 
coûta à l'évoque 2,000 livres, et au Chapitre 800. 

Enfin, en 1683, Louis,- Albe de Roqoemartine, 88* évéque, 
qui venaK d'être transféré de Tévêché de Grasse è celui de 
St-Paul , voulant restaurer complètement sa cathédrale , fit 
faire è Toccident un beau perron , deux portes avec deux 
grandes chapelles. Il enrichit le sanctuaire de riches pein- 
tures , le fit boiser et dorer , et lui donna un riche uber- 
nacle. Il renouvela le pavé du sanctuaire en pierre de jaspe 
et celui du choeur en marbre blanc et noir; il remplaça les 
anciens sièges des chanoines par d'autres dont le dossier était 
doré , et il fit construire l'orgue dans te chœur, à l'endrok 
où on le voit encore aujourd'hui (2). 

(4) Histoire de r église de St-Faul-Trois-Chàteau», p. 396 et Mi?. 
(î) /6W. 



L*ÉGLISE DE SALNT'PAUL-TROlS-^^HATEAtJX. Û07 

Telles furent les vicisskiiiles au monomettt jusqu'à la ces* 
sattoti c<)mplèle des guerres de religion. A celte époque il 
n'avait point , sauf l'édification de son dôme à la Louis Xill , 
éprouvé d'altération notable dans son ordonnance générale , 
et H était 5 peu près tel que nous le voyons aciutileaient 
Le chapitre se composait de douze chanoines, dont quatre 
dignitaires : le préofit^ Varehidiaere, [esacrùtain et lepréeeu-' 
leur, n y avait de plus trois hebdomadaires , chargés à tour 
de rèle du service paroissial. L'évéché éuit » comme il l'a 
été jusqu'à sa suppression en 1801 » k deuxième suflragant 
de la métropole d'Arles qui en comptait trois autres : Mar- 
seille , Orange et Toulon. 

Si nous consultons le Pauillé des évêchés et abbayes de 
France, de Dom Baunier (édition de 1726) , nous voyons 
qu*à cette date le personnel du chapitre n'avait subi que de 
légers changements. 

Le diocèse , t{ni n'avait que cinq lieues de longueur et 
quatre de largeur , comprenait trente-cinq paroisses dissé- 
minées en quelque sorte dans le Danphiné , dans la Provence 
. et le Comtat-Venaissin (1). 

L'antique cathédrale de Sl-PauUTrois-Châteanx , quoique 
déshéritée depuis 1801 de son titre épiscopal , n'en a pas 
moins été , dans ces derniers temps, l'objet de la généreuse 
sollicitude du Gouvernement. A plusieui*s reprises, des 
sommes assez considérables ont été employées à des restau- 
rations qui , il faut bien le dire , n'ont pas toujours été heu- 
reuses , sans avoir même reçu lenr complément indispen- 
sable. A l'heure où nous écrivons ces lignes , rien ne porte 
à espérer qu'elles le soient de sitôt : en sorte qu'en présence 
de ces ébauches ( opéra intertupta), on se dit qu'il vaudrait 
mieux pour le monument qu'on n'y eût pas remué une 

(1) C<Alia chriêtiana (Province d'Arles). 



A08 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANGE. 

pierre « qne de le voir dans le trisie état où il se trooTe , 
FurloDl depais la démolition de son dôme, dont nous parle- 
rons pins bas. 

Cette église, bâtie en belle pierre de taille da pays? 
extraite de la carrière voisine dite de Sainte-Joste , esl par- 
faitement orientée. Elle accuse nettement, dans son ensemUe, 
les lignes et la physionomie du style roman secondaire, propre 
aux anciennes cathédrales do Comiat-Venaissin et du Coaitat 
d* Avignon , ses voisines. Nous allons la décrire à reRlérieor 
et à rintérieur , en commençant par le portail occidcoul. 

Grand portail. 

L*aspect général en est hiératique, sévère et d'uo bel 
effet , bien que les trois quarts de sa hauteur , presque en- 
tièrement lisses^ se détachent un peu brusquement de » 
partie inférieure, ornée de riches moulures d*un travail ex- 
quis. Commençons notre description par celle-ci, en nous 
élevant ensuite jusqu*au faîte, haut de plus de 70 pieds au- 
dessus du niveau de Téglise. 

Sur deux pilastres assez simples repose une belle arcatnre 
romane ainsi établie: première archivolte (en montant) di- 
visée en trois cordons : le premier de feuillages, le deuxième 
d*oves, le troisième de fleurs du pays. Deuxième archivolte, 
en relief à boudin, ornée de feuilles de vigne ; en dessous du 
boudin, un cordon d*oveset un autre de fleuilles de chêne. 
Troisième archivolte en creux ^ ornée de jolies têtes d*anges 
et de saints , dont chacune alterne avec une feuille de chêne « 
excepté deux, placées à la gauche du spectateur , qui repré- 
sentent probablement le Père et le Fils. Quatrième archi- 
volte, divisée en deux cordons: Tun offre, dans sa première 
moitié , à gauche , une série de feuilles végétales , et dans 
H seconde^ des fleurs aussi, et divers ornements en spirale ; 



L'ÉGLISE DE SA 1NT-P A CL-TBOIS -CHATEAUX. 609 

le second cordon , qui termine celte riche décoration , re« 
présente de grandes et Mks feuilles de vigne. 

Au-dessus de chacun des denx chapiteanx des piliers qui 
sapportent Tarcature que nous venons de décrire , on re- 
marque deux oiseaux symboliques, aigles ou griffons, au- 
jourd'hui tronqués. Aux deux côtés de ces deux piliers et de 
Tarcature qu'ils sopporient , on voit un pilastre cannelé et 
une colonne également cannelée sans chapiteaux , réminis- 
cence frappante, parmi tant d'autres que présente le mo- 
nument , de Tarchitecture romaine , qui avait laissé de si 
nombreux vestiges dans cette contrée. 

Maintenant, si nos regards se portent au-dessus de la porte 
principale, ils verront h une assez grande hauteur une belle ro- 
sace , de celles qu'on appelait dans le principe oculi, ornée 
de deux cordons concentriques d*on travail exquis : Fun en 
oves et l'autre, beaucoup plus grand, en palmetles. Au- 
dessous de cette rosace , et conformément à ce qui se prati- 
quait généralement dans la construction des basiliques pri- 
mitives , on voit deux fenêtres jumelles, surmontées d'une 
archivolte rampante très-délicate, dont les moulures affectent 
la forme d'onglées décroissantes. On peut en dire antant de 
la petite rosace correspondante à la nef latérale de droite , 
qbi , en outre , est rehaussée , dans toute sa circonférence , 
d'une grecque en labyrinthe, tandis que l'autre rosace du 
bas-côté gauche est sans moulure aucune. 

Quant au frouton triangulaire en saillie , supporté par des 
consoles ou modilions, qui domine toute cette façade occi- 
dentale', il a été réparé à neuf en 18^1. L'architecte chargé 
de cette restauration a eu le bon esprit de lui conserver son 
ancienne et délicate grecque , qui le complète si heureuse- 
ment, comme elle complète aussi presque toute la partie 
haute de l'édiGce , en la contournant k droite et à gauche 
jusqu'aux absides et au clocher. Quittons roaii)tenaot le 



h\0 CONGRES ARCHÉOLOGIQUE DE PRAKCE. 

grand portail et dirigeons-nous i droite, pour faire le tour et 
la basilique et en continuer la description. 

Porche méridional* 

Nous distinguons d'abord , au-dessous de la toiture et sur 
la ligne de l'ouest à l'est jusqu'au doclier, de riches frag- 
ments d'une grosse frise , que continue autour du clocher 
une autre frise plus petite , non moins élégante et mieux 
conservée. Ensuite nous remarquons , toujours sur le mor 
extérieur , un beau cintre de fenêtre actuellement bouchée , 
avec une riche archivolte flanquée , à' peu de distance , de 
deux pilastres cannelés et reposant directement snr une 
frise actuellement usée. Mais ce qui doit particulièrement 
fixer notre attention^ c'est le porche irès-sailiant, en fronton 
triangulaire , avec une fenêtre romane au miliru. 

On y entre, en descendant quelques marches, par une 
arcade plein-cintre divisée par deux arcs concentriques re- 
posant sur des piliers droits avec chapiteaux à palmettcs. 
Aux trois côtés de l'intérieur du pordie, c'est-à-dire ï 
droite , à gauche et devant sol, existent trois grandes arcades 
(les deux latérales sont simulées) avec chapiteaux à palmettes 
ou en onglées ; elles sont plus basses que celle par où l'cin 
entre dans le porche, de toute la hauteur des escaliers. 
Celle du fond, senant d'entrée directe dans l'égKse, a été 
défigurée par une porte moderne en maçonnerie. On uc 
distingue plus , de l'arcade , que l'archivolte ornée de pal- 
mettes et autres moulures conformes au genre décoratif da 
monument , dont les motifs principaux sont reproduits daos 
l'ensemble de ce porche remarquable. Son intérieur , mal- 
heureusement endommagé , se distingue encore par <|iiatre 
colonnes aux riches chapiteaux , aux fdts cannelés, zigzagues 
ou rompus , établies aux quatre angles du porclie. Celle de 



L'ÉtiLISE DE SAINT PAC L-TBOIS CHATEAUX. ûU 

éroke , en entnml , a éié sapprimée on ne sait pourquoi. 

Au-dessoRs des deux grandes fenêtres méridionales du , 
clocher , l'extérieur de la branche de la croix latine corres- 
pondante à cette partie de TédiGce s'offre aux regards , sous 
la forme d'un fronton triangulaire , au milieu duquel est in- 
scrite une fenêtre supérieure à YÎde correspondant au transept. 
A 5 mètres environ plus bas, on remarque un autre fronton 
de même forme, simulé et tronqué du côté gauche, au centre 
duquel se trouve également une fenêtre romane évidée. 

Abside. 

L'ab2»ide principale , avec ses deux absidioles formées des 
extrémités des deux nefs latérales, se détache sur un grand 
4nur droit et lisse presque entièremi nt restauré depuis peu (1 )• 
Ce mur représente toute la hauteur et la largeur de l'édifice. 
La partie au-dessus de celle nord du clocher , qui n'a pas 
été refaite , offre une bi*Ue corniche assez bien conservée , 
faisant suite (quoique plus grande et d'un dessin différent) 
ë celle de la partie méridionale du clocher, déjli citée. 

L'extérieur de ces trots absides , d'une simplicité rustique, 
est bien moins soigné que les autres parties du monument. 
Ses fenêtres seules , principalement celle du milieu , offrent 
de petites moulures presque entièrement usées de vétusté. Ce 
système absidal ressemble beaucoup, du reste, à celui de 

(I) C'est derrière cette abside, el à quelques pas seulemeol de dis- 
tance, qu'on a découvert réoemment, à 8 ou A pieds de pro- 
fondeur dans le sol, une pierre carrée ponant, en beaux caractères 
romains, ces deux initiales C. M., qui sont évidemment celles du nom 
de Charles Magne, fondateur du monument. Ne pourrait-on pas con- 
jecturer que c*est là la première pierre de fondation , qui aurait été 
posé« dans celte partie de Tédifice, qui est ccTlalnemeot la plus an- 
cienne ? 



/|12 CONGRÈS ÂRCHÉOLOGIQCE DE FRAKCE. 

raiicienne calhédrale de Yaisoo, avec laquelle celle de 
St-Paul a beaucoup de rapports. Sur la partie du mur droit 
qui existe au-dessus de la troisième absidiole , on voit trois 
rangs d*arcades jumelles simulées, séparées par un cul-de- 
lampe, comme on en remarque aussi à Mayence, Spire, 
Worms et autres villes des bords du Rhin. Ils sont suivis de 
sept autres rangs d*arcades semblables , à la parlie extérieure 
du croisillon septentrional , dont le fronton triangulaire a été 
refait avec des consoles unies et sans moulures à la frise. Cet 
extérieur du croisillon septentrional , de même que le reste 
de la surface nord de Tédifice , est également privé de mou- 
lures et oiïrc , par conséquent , un aspect monotone et 
sévère. 

Il faut excepter néanmoins , en ce qoi concerne la nef 
principale , sensiblement plus haute que ses deux bas-c(Viés , 
la petite frise en labyrinthe dont nous avons déjà parlé , de 
même que la série de modillons refaits à neuf qoi supportent 
la corniche établie immédiatement au-dessus de la toiture 
de la nef latérale du midi. Cette partie septentrionale de 
Tédifice présente quatre légers contreforts, dont un est adossé 
à la partie occidentale dudit croisillon, et les trois autres sont 
également espacés le long de la paroi de la grande nef» 

Cloeher roman* 

De forme carrée , il a deux fenêtres romanes aux archi- 
voltes rampantes à chacune de ses faces méridionale , occi- 
dentale , et trois à la façade orientale ; le côté septentrional 
en est privé. Il est surmonté d*une flèche trapue , en forme 
d'étpîgnoir , d'un efl'et très-disgracieux. 

A côte du clocher , au point dlntersection des quatre 
croisillons, s*élevait naguère , k une hauteur de 80 pieds, le 
dôme en style JLoois XIII construit en 1634 par Olivier 



l'église de SAlNT-PALL-TROIS-CtlATEAUX. 413 

Piédooe, d'AvignoD. Son architectore Jourde et disgracieuse, 
contrastait sans doute avec le style roman de Tédîfice ; ma» 
son intérieur hardi , malgré certaines moulures de mauvais 
goôt , n'était pas à dédaigner. Il a été malheureusement dé- 
moli , sous rinspiratiou fâcheuse de cet archaïsme eiagéré 
qui « sur Unt de points de la France , a fait disparaître des 
objets d'art d'une véritable valeur qu'on ne remplacera 
jamais. Que, dans la construction ou la réédificatîon d'un 
monument , on s'applique à observer la grande loi de l'unité 
de style quant à l'ensemble et aux détails , rien de plus rai- 
sonnable ; mais que , sous le préiexte des exigences de cette 
unité , on anéantisse , dans des édifices déjà existants , des 
œuvres d'une valeur intrinsèque dont il aura été enrichi 
dans le cours des âges , c'est ce qu'on ne saurait nullement 
approuver ou justifier. Vu à distance , ce dôme que nous 
regrettons formait , avec le clocher qui lui était juxtà-posé , 
un groupe harmonieux. Il rehaussait la basilique , déjà sen- 
siblement élevée au-dessus de la petite cité qu'elle domine 
encore , et dont elle seule rappelle aujourd'hui la première 
splendeur. 

Intérieur de la ttasillque. 

GRANDE NEF. 

Elle est divisée • de chaque côté , en trois rangs d'arcades 
cintrées dont l'une'en retrait; elle se termine par une abside 
en forme de coquille ornée. Celte abside reçoit le jour par 
cinq grandes fenêtres cintrées, supportées chacune par deux 
belles colonnes composites, naguère peintes, ainsi que tout 
le fond du cul-de-four. 

La maltresae-voûle , également cintrée , en pierre de taille 
de moyen appareil , se termine à l'arc triomphal sensible- 
ment plus bas, qui offre ainsi une vaste surface plane 



41/r GOMf.BfeSi AnCttfcOLQGIQUB DE ^RANCIC 

j'asqu*^ la vràte. Celle-ci ettt partage, daas n longneor, 
en trois compartimenta égam qae déterminent trois arcs^ 
doobleaax, correspondant eux-mêmes à trois piliers sor 
lesquels nous reviendrons plus tard. 

La muraille principale » oà est pratiquée la grande pone , 
e»l percée de la rosace et des fenêtres jumelles dont noue 
avons déjà parlé en décrivant Textérieur do mooomeni; 
mais les verres blancs dont elles sont garnies ne donnent 
qu'un jour Insuffisant à cet intérieur « généralement trop 
obscur. €*est de là que part, ) droite et à gaucbe, cette 
corniche qui court sur les deux parois de la nef jttsqo*à la 
naissance du dôme , ramené aujourd'hui à sa forme primitive 
et à ses anciennes proportions. Aonlessous des deux fenêtres 
jumelles existe une arcade à deux arcs concentriques et dé- 
croissants , dont Tun est supporté par deux piliers carrés qui 
partent du sol , et l'autre par deux piliers partant également 
du sol , mais entrecoupés de deux longues et belles colonnes 
corinthiennes « k riches chapiteaux en saillie , sans base et 
semblables à celles du palais de Oioclélien k Spalatra 

En avançant de la grande porte dans la nef , on remarque 
d'abord à droite et à gauche une belle travée en arcade k 
deux arcs décroissants « dent Tinférieur repose sur un pilier 
carré partant du sol. Une deuxième travée, séparée de la 
première au moyen d'un pilier carré offrant peu de saillie , 
reçoit la retombée du premier arc-doobleao. Sur la surface 
de ce pilier en règne nn second , moins laiige et moins sail- 
lant encore ; il est coupé verticalement par une kmgtte et 
mince colonne dont le chapiteau arrive i h retombée de 
rafc*doubleau , tandis qu'elle repose sur une courte base 
carrée et cannelée. La troisième travée, qui s'arrête au dôme, 
est daàs les mêmes conditions que les deux précédenins, sauf 
les difBrfnees que nous relèverons pins bas. 

Au-dessus de ces trois travées, et en ligne parallèle^ régnent 



L*ÊGLISfi De SAlMT-PAUL-TftOlS'CBATEAUXà ^15. 

semblablemeot , jusqu*au dôme , deux coroiches non ia* 
terrompocs, i une dixaine de pieds d*inlervalle l*uDe de 
l*autre , et séparées honzoataiement , au ttilieo de chaque 
travée 9 par un pilastre plaqué sur le mur. 11 eu résulte 
aulaot de cadres» doot chacun est percé (mais seulement 
sur le Gôlé droit) d^une fenêtre romane k jour sans moulures. 
On remarque çà et 14, ^ peu de liauteur au-dessus du sol, des 
fragments de peinture murale dont Fun , 4 gauche en en- 
trant , offrant une Vierge assise sur son trône , semble appar- 
tenir à une très-bonne école de peinture mystique do XIV* 
ou do XV** siècle. 

A mesure qu'on s*approcbe du sanctuaire, rorneuienlation 
devient plus riche : ainsi , de chaque côté , la colonne mince 
ei élancée qui sépare la deuxième travée de la troisième 
est en spirale et en torsade perlée , tandis que la deuxième 
est simplement cannelée et que la première ne Test pas du 
tout. Ainsi , pareillement , on voit régner au-dessous de la 
corniche inférieure de la deuxième travée, un bas-relief d*étoffe 
plissée qui n*exisie pas non plus dans la première, tandis que 
la troisième offre, non-seulement la continuation de ce dessin 
d'étoffe dans son encadrement, mais encore une série de trois 
belles arcades romanes évidées en forme de niche, et, de plus, 
on cordon d'oves et on autre de palmettes en creux dans la cor- 
niche inférieure. Au contraire , dans les trois compartiments 
qui précèdent celui-ci , on ne toit que de simples lignes en- 
tièrement dépourvues d'ornements sculptés. Il est 4 remar- 
quer qu'aux deux points de séparation des deux bas-reKefe 
déjà mentionnés, deux anges ou autres personnages semblent 
soutenir de leurs mains les deux extrémités de la bordure 
d'étoffe , plissée comme celle de la partie inférieure du ma- 
gnifique portail de la métropole de Reims. 

Après les trois travées, doot la dernière fut et reste encore 
indignement conpée par la tribune de l'orgue, établi en 1683 



Ui6 COKGBfeS AR(.llÈOLOGlQtJ£ DE rBAKCfi. 

par i^évéque lx>uui-AUie de Roquemartioe, se préeenUîl l'in^ 
térieor du dôme , élevé, comme nous l'avomi déj^ rapfidé, 
vers 1630, sur l'emplacement de l'ancien qui était roman, aiaâ 
que l'église. Ce dAme octogone ou à huit pans , avec peu* 
dentifs, reposait sur quatre arcades , savoir: celle de Tare 
triomphal , les deui du transept et celle de l'abside. Il était 
orné de huit niches, séparées par des caryatides, dont quatre 
surmontées d'un écusson aoi armoiries de l'évêque Fraoçois- 
Adhémar de Monteil , qui en avait ordonné la conslractioii. 
Ces diverses moulures étaient en plâtre et d'une mauvaise 
eiécution. Tout cet intérieur du dôme, qui produisait de 
reflet ^ cause de son élévation, avait été horriblement badi- 
geonné du blanc le plus éclatant , qui contrastait désagréa- 
blement avec la teinte sévère du reste de l'édiûce. 

Les deui branches de la croix latine , faiblement accusée 
d'ailleurs, offrent, par leur nudité, comparée à la structure 
ornée du monument, un désaccord qui ferait supposer 
qu'elles ont subi de notables altérations. 

L'espace compris sous le dôme entre les deux dernières 
travées forme le chœur. Le sanctuaire, qui occupe le petit 
espace formé par le cul-de-four', est irès-élevé au-dessus du 
niveau général du pavé. On y accède par quatre marches ea 
marbre gris veiné, dont les trois premières se terminent en 
encoignure. 

Quant aux deux petites nefs, elles sont étroites, obscures 
et beaucoup moins hautes que la grande nef ; elles ont des 
voûtes en quart de cercle, afin d'opposer plus de réûstance 
à la poussée de la maltresse^voûte qui s'appuie sur elles et, 
par elles, sur les murs latéraux qui leur servent de contreforts. 
Ces voûtes, en moyen appareil , sont divisées chacune par 
trois arcs-doubleaux comme celle de la grande nef. I..es deux 
murs laléraux, sur lesquels elles reposent , sont divisés à leur 
tour par trois arcs simulés qui correspondent de même k 



l^ÊGLISE DE aAINT-t^AUL-TBOtS-GHÀTEAUX. [&17 

ceoi ft joar de la nef prtacipaie, aa-dessos desquels règne sur 
une ligne continue une simple corniche. 

Ces deux ne6 latérales se terminent chacune par une ab* 
sidiole qni dévie sensiblement de Taxe longitudinal du mo- 
nument, ce qui porterait à croire que le transept a été 
remanié, sinon entièrement ajouté, après coup. 

C'est une chose surprenante d'ailleurs que^ malgré tant de 
retouches dont il a été Tobjet , et malgré tous les ravages du 
temps et des révolutions dont il a souffert , l'édiGce ait con- 
serré, dans son ensemble, cette unité de lignes et depro- 
portions que nous y admirons encore aujourd'hui. Ceci nous 
amène h une brève récapitulation des diverses phases archi- 
tecturales qu'il a^siif)ies depuis son origine jusqu'à nos jours. 

La date historique de sa fondation , en 792 , sous l'évêqne 
Aldebrand H , est nettement accusée par le bas-relief de l'un 
des piliers que nous avons décrits plus haut , par les voûtes 
en quart de cercle de ses étroits bas-côtés, par l'épaisseur des 
murs qui lui impriment un caractère de force et de solidité 
qui est propre au style carlovingien. On peut aussi rapporter 
à ce style la partie inférieure de la façade occidentale jusqu'au 
riche tympan demi-circulaire qui porte, ainsi que le porche 
méridional et la maîtresse-voûte, le cachet de la fin du XII* 
siècle. Après les guerres de religion , les voûtes do transept 
ont été refaites en entier, mais celle de la grande nef n'a 
exigé que de légères reprises. C'est là , aussi , l'opinion qui 
a été émise par M. Rénaux , architecte du département de 
Yaoclose , dans sa description manuscrite du monument , 
rédigée en l'année 1835. 

Voici les dimensions principales de l'édifice , d'après l'his- 
torien Boyer de Saiuie-Marthe (p. 12^ ), qui les avait vues et 
tracées contre la muraille de la sacristie, autrefois la chapelle 
de Notre-Dame-l'Épiscopale : 

Hauteur de la voûte, Ik pieds. 

27 



kiS COKGRÈS AACHÉOLOaiQCE DE KRANCC. 

Longueur* dans œuvre^ 132 pieds. 

Largeur des trois nefs, 52 pieds. 

Qoanl à la largeur du transept, elle est« d'après M. £e- 
naux, de 24 mètres 65 €eatiuiètres« c'est-à^ire de pris de 
7A pieds. 

Située Don loin de la ri^e gaacbe du Rliâne, i l'ettcéintté 
méridionale du déparlemeot de la OnVoie et sur les . 
de l'ancien Gomiat-Venaissin, la cathédrale de5t-4Paii|»; 
nous d^à dit, a un air de famille avec les églises romanes an 
voisines, telles que celles du Thor« de Vaison et d*AvigniiB. 
Elle paraît même avoir servi de modèle ) celle du Bouis-St- 
Andéol (Ardèche) et k celle.de la Garde-Adhémar (Orftne), 
i laquelle j'ai consacré ailleurs une notice, fille réswDe* en 
effet, les principaux motifs propres au 6tyle roman do Comut 
et de la Provence, qui diffère sensiblement de celui do Huà 
et du type auvergnat, tout-à-fait à part. Conçue et bfttiegéfiérale» 
ment sous l'inspiration de ce dernier, la cathédrale ât-ipd- 
linaire de Valence, qui se trouve presque à la pointe sqiiea- 
trionaledu même département, offre, par conséquent» de 
nombreuses et importantes différences avec sa sceur mén- 
diouale de St-Paul-Trois-Cbâieaux , en sorte que chacune 
de ces deux basiliques peut être considérée cemme l'ej^i^es- 
sion plus ou moins exacte du type réactif auquel elle i|p- 
partient. 

Ces différences si curieuses à observer^ j'ai essayé de les 
faire ressortir, en 1857 , au Congrès archéologique de ?a* 
lence , par l'examen comparé des deux monuments. 

On me permettra de les reproduire ici : 

« Le cintre parfait , ou en fer-à-cheval , règne partout à 
Valence ; l'arc aigu se montre déjà à St-Paul ; les ne& la- 
térales, à Valence, sont plus larges et plus élevées qu'à 
St-Paul; un vaste déambulatoire r^e autour du chœur; 
à St-Paul, rien de pareil; l'ensemble de St-Apollinaire est 



beaucoup dégagé. Â St-Paul , et dans d'autres églises qui 
présentent le même style « Ja popstrnction est plus massive 
et offre nu caractère hiératique plus prononcé. A Valence, 
bxathiftjicale; au 11^ 4*Hre ^aîi^, cflinmae i ^rfanl» 
par d'étroites et courtes fenêtres établies ( seulement k un 
côté ) dau^ la nef priocip^le, reçoit le jour, au copiraire, de 
grandes biaies pratiquées aux deux bas-c6tés; elle le reçoit 
encore des deux rangs de croisées superposées qui régnent 
dans Tabside et dans le transept. » H importe néanmoins 
d'ajouter qpe Ifi malM-fisse-voftle de $t-,Paul e# ^p^M«luent 
plus haute que iCelle de V^leuce , /qui &it refaijte après coup 
sous le r^ne de Louis XIV (i). 

Rien de plus utile et de pljis ûUérassant i la fois que ces 
études comparées d'édifices similaires et non absolument 
semblables, bien qu'ils se rattachent i uu type commun. 
Elles seules, en effet, nous expliquent comment ces sortes 
^'édifices , tout en restant soumis à la grande loi de l'unité 
<|m les reliait ealre eux, ont pu, néaumoius, grâce aux 
«qSueuces locales.de climat , d'école, de msBurs et de tra^ 
4itiow, offrir, dès leur origine , les moUb ies plus divers 
d'une «M^poisable variété. 

(i) Voir le Compte-rendu du CongKt archéologique tenu ù Valence 
eol«68 (pages 064 «t S62). 




CAftACTtlES K L AlOttTGCTOU 

MONUMENTS DE LA VENDÉE, 

miMItl LU AO CONltS AtClÉliOCItOE TEID A imUAT 

Par m. l'abbê AUBER^ 

CbanoiM de Téglise de Poitiers, historiographe du diocHe, 
Inspcelettr de la Société française d*archéologie« 



Messieurs, 

Dès le commencement de nos travaux , et avant de noos 
lancer dans ces courses scientifiques pour lesquelles tou 
choisissez aujourd'hui ce beau pays de plaines et de bocages 
qui nous entoure , vous accueillerez sans doute avec iotérét 
quelques idées préliminaires sur les monuments qui vont 
s'offrir i votre examen, et devenir de votre part l*objet 
d'études sérieuses dont personne ne conteste plus l'utilité. In- 
specteur des monuments historiques des trois départements 
qui forment l'ancienne province du Poitou, les ayant maintes 
fois revus et médités au point de vue de notre histoire locale, 
il m'a semblé que je gagnerais à vous dire mes pensées en 
vous priant de les rectifier , s'il y a lieu , et que de votre 
côté vous aimeriez peut-être^ en abordant une de ces vieilles 
églises, une de ces imposantes ruines qui surgissent ici 
à chaque pas, à y reconnaître la physionomie que j'en 
aurais esquissée d'avance i l'élite de cette Société conser- 
vatrice que vous représentez parmi nous. En abordant cette 






ÂBCHJTEGTUIUS DES MONDIfSMTS DE Lk VBNDftB. A21 

iniéressante partie de nos trairaux commans , j*ai d*ailleare 
h me réjooir d'autant pins , quand nous tous voyons en si 
grand nombre tous empresser i ces nouveaux comices de 
Farciiéologie, d'avoir songé le premier à ilioscrer de votre 
présence , à éclairer de vos investigations cette plage océa- 
nique si merveilleusement riche d'antiques souvenirs, et 
dont la gloire s'augmente encore de la noblesse de ses 
malheurs. Après avoir considéré ces villes florissantes et 
industrieuses, ces solitudes devenues historiques; ces moin- 
dres hameaui où surgit si fréquemment le majestueux 
prestige des grands noms, — où s'immortalisent, dans chaque 
pierre délaissée , dans chaque temple ou château vivant 
encore, toutes les chroniques d'un vaste pays » n'avais-je pas 
sujet de m'étonner que la Société française n'y fût pas venue 
cueillir encore ces fleurs de la science dont elle se couronne 
partout, et frayer quelques jours avec ces savants modestes 
autant que sûrs qui , soit par la culture des lettres et des 
arts , soit par d'habiles et fructueuses recherches , agran- 
dissent tous les jours le domaine de l'intelligence publique» 
consacrent à de précieuses études les honorables loisirs d'une 
vie occupée , et inscrivent en beaux caractères dans les 
fastes de cette riante et tranquille province des noms que 
sa patriotique reconnaissance n'oubliera pas? Aussi, grâce 
à ce savant aimable qui nous dirige depuis trente ans , avec 
un zèle aussi heureux qu'infatigable, l'appel a été proclamé. 
Vous l'avez entendu, vous accourez de toutes parts : pour- 
rais-je n'être pas quelque peu fier d'avoir suscité cette idée 
féconde, et si Fontenay ne me doit pas consciencieusement 
pour cela une place dans ses dyptiqnes, n's(i-je pas quelque 
droit à me compter du moins an nombre de ses amis? 

Mais j'aborde bien vite l'objet que je me propose et sur 
lequel j'ai cru devoir appeler , Messieurs , votre judicieuse 
attention. 



lé râraéféJhe te f^M fraippHK oÊm tént d'xtoté i^ Vm^ 
thM&gtÈ^ qoi tMi<r l«S ilMiimDMfli dé II YdÉdée « c'et^ k 
]MPelN(ii« iliiiterMilké do si; 1er pfndoiiiiqiie son f îotétMD 
diiquel il setnbté, ait prc'ifiîar eovfHd'inU que iMrtéM 
ccmMrtti. par ira densôn antté^ et d*aprè» ëoè sorte de 
|DlaD d'ensemble préeiédité |kir léi arciriteetes d*«ie 
époqile. C'est qo^en effet née rénotaiiao dot s'y 
▼en» la Sn de la période eglvale , et le ?eyagear« WÊKmtàm^ 
fiatire la tie blsiorique de ce beao pays » e» deviaerah M 
phases à ee type général : it serait Mernèt condnit, ai inorHi 
de certeina détails , i remonter Jnsqa'aox temps priniiîCi 
où le christianisme s'eiApara de la contrée. Qei peet 
ignorer anjéord'hui que la présence dei églises remanss « 
teHes que lé XI" siècle les a presque toetcs referéasi té- 
moigne de la foi chréiiemie , pendant le cours des siècles an- 
lérietirs^ et que la Ganle , quoiqu'elle yR encore des restes 
mtanbreux , Inai^ épars du paganisme jusqu'à la An de la 
dynastie mérovhigienne, lut Idule conquise h iésua-Ghrist 
dès le lil* siècle, eO dépit méirie des perséeotioM qna la 
foi y dut Subir jusqu'il l'époque de Constantin 7 De iè« peur 
robsenratcur« une complète certitude de l'architecture catbe- 
lique^ avec ses lois déjà faiies de l'erienutîon» de§ nomkra 
mystiqoias « de l'iconographie tradittoifnelle. De ce point de 
départ» qui constitue partout la période romaine* modifiée 
peu I peu dans le mode de construction et dans l'emeDienta- 
tiott scidptée , on arrite au roman proprement dil^ transitiM 
rationnelle entre l'art primitif encore trop imbu» au juge- 
tneat d'une société qui se perfectionne « des tendaocfi 
fnrides et par trop raides de la civilisation antique. C'est im 
triomphe sur les vieilles idées; c'est un développement 
donné è l'art chrétien au profit du spiritualisme ^ et cet 
élan i une fois pris, ne s'arrêtera plus: il ira de progrès ea 
pmgrès , à travers les richesses de ces compositions arlis- 



ABCHlTECTimE DES MONVMBVITS 0£ LA TBADÊE. 623 

tkftie» dont ^ViMMfgueiWsseBt avec rtifloa k» règiMt de 
Rognes Capet, de Philippe-Auguste ei de saint Louîa. Hms 
WiiiiSi après , Pastre décline et s'éloigne stnsibleinenl de 
9an ap0gée : le inaméré arrive , le symbolisme s'afMbKt , 
et Kattbîteciure , hélas ! retombe sous Téquerre et le 
Wiaptt de ces Grecs et de ces Romains dont on rarait si 
giorieiisemem délivrée. Toutes ces révetntions, Messieiirs , 
»*înBeri?ent ici plus que nulle part sur les nMirs des roonu- 
iBcitts rtUgieux : de ssint Vif ence , retiré vers S60 dans la 
soHtoëe d'Oionne ; de saint PhîKhert, fondant le monastère de 
Noîrmoutier, vers 675; de samt Pient qui, cent ans aupa- 
rivaiity éuil veno aborder dans un naufrage à l'Ile de Mail- 
lenris, Insqo'âi ce vénérable Grignon do Montfort, dont les 
restes attendent nne glorification prochaine dans une cha- 
pelle obsoure de St-Laurent-sur-Sèvre ; tout est marqué 
sut coins multiples de toutes les variations de l'ait. El si 
nom ajootoos à ce passé ce que le présent nous apporte 
choque jour, depuis que la sdence archéologique renouvelle 
dans rSurope entière tant d'édifices du vrai Dieu, nous 
trouverons eu Vendée* non moins qu'ailleurs , des églises 
modernes construites en entier , des restaurations bien plus 
nenibreuses de vieilles égKses qui s'écroulaient Peut-être 
les unes et les autres n'offrent pas toujours • en bit de 
travail* des spécimens irréprochables : des tâtonnements 
mslhenreiii y peuvent accuser maintes fois des mains encore, 
tr#p peu exercées, ou ce parti pris, plus malheureux encore 
de se jeter hors des voies normales et dMnnover en une 
chose dont les règles doivent rester sacrées et inviolables. 
il dut reconnaître cependant, è la juste louange de nos 
plus récents architectes, que leurs œuvres sont les meilleures 
parce qu'une plus grande expénence est née pour eux des 
fanlfs de lenra prédécesseurs * et que de censeiencieuses 
étodcsn^ont cessé de soniBer ii leur inteliigeBce, avec le. 



&2& CONGBlSS AECHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

sentiment de Tart, le principe religieaz qui seul lu) dooiie 
^'animation et la vie. 

La cause de ces transformations successives est ici, comme 
partout ailleurs» dans les grands éfénements historiques 
dont le territoire fut troublé. Mais s'il a vu ses églises et 
ses monastères rasés trop souvent par le fer et le feu des 
hordes normandes qui , des îles voisines, débarquaient trop 
aisément sur ses rivages ; si Toccupation anglaise y ra- 
mena, avec de longues et fatales rivalités si tristement 
commencées, les ruines que les guerres religieuses du 
XVr siècle continuèrent et qu'achevèrent celles de la Ré- 
volution , il faut reconnaître que nulle intervention n'opéra 
une destruction plus radicale et plus complète que celle 
de nos amis d'Outre-Manche , i qui l'Océan ne fut pas 
moins serviable qu'à leurs prédécesseurs des IX* et X' 
siècles. C'est tout-à-fait sans réflexion, comme nous l'établi- 
rons bientôt, qu'on a voulu disculper les Anglais d'avoir fait 
ce mal auquel, disait-on, ils n'avaient pas d'intérêt sur un 
soi qu'ils possédaient. On sait bien qu'ils ne le possédèrent 
pas sans conteste , que Bressuire , Fontenay , Luçon , La 
Garnacbe et bien d'autres lieux . pris et repris à la suite de 
sièges sanglants , durent se rebâtir des débris qu'eux-mêmes 
y avaient accumulés: c'est pourquoi nous voyons tant 
d'églises reconstruites soit pendant leur domination longtemps 
victorieuse, soit après leur définitive expulsion , mêler dans 
leur enceinte murale les traces violentées du roman pri- 
mitif à des reprises d'un autre temps ; abriter des piliers 
cylindriques et des chapiteaux historiés sous des voûtes de 
la Renaissance; à côté des élégants entrelacs, des monstres 
hybrides, des combats de l'homme avec Satan, étaler Timi- 
tation à peine significative des chardons, des feuilles de 
choux et de ces grappes de raisin étudiées qui ne sont plos 
celles du moyen-âge. Enfin, ne reconnah-on pas des retou- 
ches fort instructives dans le voisinage fréquent de ees 



ABOnTECTtmE DES MORtmBNTS DE LA TtXBÈC i|f)5 

beUeset élégantes fenêtres, allongées et étroites, d*DDe 
coope si parfaite , d*une ébrasore si profonde, et de oes 
rosaces à meneaux innombrables, à festons flamboyants, qai 
jeiieot è l'intérieur, a?ec une profusion mal caknlée , un 
jour qui n*y devait entrer qu'avec une mystérieuse psrd- 
mooie, avec une religieuse timidité? Toutes ces anomalies 
se rencontrent aujourd'hui dans la^ cathédrale de Luçon. il 
seiDble qu'en elle, si belle des conceptions de son premier 
plan , et si malheureuse des mutations qui la dénaturent , 
se sont résumées toutes ces contradictions , aussi nom» 
breases sans doute , mais moins sensibles, en une foule 
d'aatres édifices qui ne sont pas aussi vastes et qui ne 
forent jamais aussi riches de détails. — Il en était ainsi à 
la triste abbaye de la Grenetière, non loin des Herbiers , la» 
quelle n'a plus que ses débris, mais qui attestait encore dans 
toute son intégrité, avant 1789, tous les styles qui la sépa- 
rèrent successivement , du XII* au XVII* siècle. — Ainsi , 
encore cette belle église des Herbiers , reconstruite au XY* 
siècle, garde sa tour romane au milieu de quelques reton- 
ches que nécessitèrent, vers la fin du XVI*, les aménités 
habituelles des Huguenots. — La petite église d'Aspremont, 
détruite et refaite vers 1450 (7), a conservé sa placée côté do 
château relevé par des architectes de la Renaissance , au- 
dessus de la charmante vallée qu'il domine avec elle ; et 
pour peu que nous arrêtions nos regards, ^ cette occasion, 
sur l'architecture civile ou militaire » nous verrons sous les 
tours romanes et aux trois quarts démantelées de TiOauges, 
par exemple, l'ogive se dessinant aux arcades d'une chapelle 
postérieure ; et Mareuil, unissant ep apparence dans un même 
style son donjon féodal et son église des XI* et XII* siècles, 
jeter au loin , vers Luçon et Napoléon- Vendée, les souvenirs 
de ses vieilles fortifications perdues, unis à ceux de la religion 
qui y vit toujouns. 



Uiê MSèlttS ABCHtotOGIOCE DE ntÂXCE. 

H Attenant revéttoÉsi fin« qaestion qnî Mrgil d'dle* 
même eu bce ée ces époqoet m dîtreraeft, mais pami ica- 
qneliea on tmt le genre prÎKinaUqite poser en triomphêtrar 
9éê aaaisea àt grandes pierres , fes ares-donMeanf 1 pvatk 
WQnttemés de ses voûtes aplaties , et ses piliers VAevant 
vers elle cornue des palmiers , aox branches svelm et 
touffoes. Est<e ft des mains anglaises qu'il faut attribuer, 
mmme on le redit sodrent, cette régénératioo de l'arcbiiecliire 
locale ? Nos amis ont-ils laissé, dans ces œuvres qui coomat 
toole une contrée, le caractère de lear pensée personnelle 
et de leur travail propre ? Noos sommes loin de le croire ; 
et déjà convaineo, par ce qui précède , qœ leur domination 
dhei nous y cimenu des ruines avec do sang, nous devons 
reconnaître* en revanche, qn'ik s'empressèrent moins de les 
réparer que d*en bire toujours de nootello& Compares les 
monuments de ce pays avec ceoi qui remplacent, allleors, les 
ratages qu'y firent leurs querelles et les nôtres : on ne voit 
rien qui ne se ressemble parfartement, et toute cHte archi- 
tecture est purement française. Donc, en Vendée aussi, ce 
sont des mains nationales , des travailleurs locaux dont les 
sueurs ont reconstitué nos saints édifices. Pour s*en coo« 
vaincre , il ne faut que motiver par une foule d'exemples 
Targoment de comparaison que nous invoquons ici. foyei 
tonte la Guyenne, dont nous formons une portion si impo- 
sante, et difes^nous quelles traces étendues on y rencontre de 
Tart étranger. C*est du souffle local que se sont uniquement 
inspirées les restaurations des XIV* et XV« siècles. Quelques 
chapiteaux â tailloirs arrondis , avec leurs socles de même 
forme (i), un petit nombre de chevets plats, quelques 



(1} M. de CaumoiU lUribue ce esnctère, fort eamuinii an Bre- 
tagne* à la natore dm malériaiii (0v/(. moHum.,i, XVI, p. aS&).rMai»m 
volt, yar oatte tdentilé et i|<itlqun fovn«« fnslthres , que ce |wiir éir« 



ABCHITBGTVtE K9 MOmUCim W IM TIRBÉE. M7 

fruêirM iTBHNiira à angle droit, que j« ne saéhe p:iB mém*' 

aimr f cwa f qaées m Memie ég^ae, non flm cpi'avaon ipéct^ 

nen hk» iétidé du 8l|le perpendicttlaire; e5ifai « qaek)ae» 

mrs figures gèomécriquea se gliaaani dan» romènmUaiiaé 

tsoolpite Aëê lympins o» dea cornichea à modilkma; I0nt 

€éla M anfil paaà inscrire sur ka pierres d*on nMiomenI 

Fiflllii^nee i|9*on petit nombre d'obserratrura aéraient periCa 

è y déconvHri La Bretagne aosai» pour qvi lea mémaa canaea 

•nt ànfené lea «dntea maiiieura « laiase remarquer dana aea 

égliaea felaîtea k la même époque de telles analogies avec les 

ntMSf q«*on voit bien, en remontant à l'bistoire de ce vaste 

Kuoral , qne ai le mélange des deux peuples a pn établir 

cerlafoa rapporta entre leors modes de construction , ces 

rapports ne reposaient que sur de simples réminiscences « et 

n'ont pas empêché Tart français, toujours si différent de 

celui de nna voisins, de garder ses allures constantes et sa 

franche et absolue personnalité (1). On serait frappé des 

mimes oonstatations archéologiques, en parcourant b Cham* 

àntm IM Amii eoMtéH on ihèiliè MUTéAir d*otfvr1ers ^t , nin te 
flbraer a la mailière softaise, avaient pi» en pmidra foalqec* 
imprMiieos Irréflteliiei» comiue il se lait toujoort sut époques de 
Iraasitioiu 

(I) M. Darcel a peut-être, setoo noqs , donné trop d^importaoee A 
quelques ré98èi&btan6is Ob^rtées par lai ai Bretagne et ei1 Âdg^le- 
lerre daiis la confection de quelques lyoïpaas et dti féMStt M 
fenêtres ( Y. iaajfoa MrûhéolaffiqUeê, U XIX« p. aas )• Nous crojren* 
avoir ftmar^ t en Bretagne , que ees esemples ne sent pea asseï 
|ioinl>reni pour se prêter & une induction aussi générale. Il y a d'ail- 
leurs, dans cette province plus que clies nous« un trait qui caractérise 
spécialement la plupart des églises dues i fa période de Cliarles V à 
Cliarles IX, Ce qui eouipi^ild une tulle de pfts de dent oettls années 
{ t aB4-156e). Le pitts (trMid notobie des toOISb f AirettI étaMias M «Si» 
fattea en hoh et omemenlées de sculptures et de peintures : je ne sais sî, 
en Vendée^ on peut en «Mmlrér un seul exemplaire qui s'en rapfHreçjie^ 



CAlACTtlES K L'AldlTECmE 

DARS LS8 

MONUMENTS DE LA VENDÉE, 

MliOItl m AD CONUS AICltoLOfiinB TEHD A niTUAT 

Pab m. L'ABBfi AUBER, 

Chanoliie de l-église de Poitiers , liistoriograplie du diocèie, 
IiMpceleur de la Sociéié françaîw d'archéolof ie. 



Messieurs, 

Dès te commeDcement de nos iravaux , et avaDt de nous 
lancer dans ces courses scientifiques ponr lesquelles yous 
choisissez aujourd'hui ce beau pays de plaines et de bocages 
qui nous entoure « vous accueillerez sans doute avec intérêt 
quelques idées préliminaires sur les monuments qui voot 
s'offrir à votre examen, et devenir de votre part Tobjet 
d*études sérieuses dont personne ne conteste plus rutitité. In- 
specteur des monuments historiques des trois départements 
qui forment ranclenne province du Poitou, tes ayant maintes 
fois revus et médités au point de vue de notre histoire locale, 
il m*a semblé que je gagnerais à vous dire mes pensées en 
TOUS priant de les rectifier , s'il y a lieu , et que de voire 
côté vous aimeriez peut-être, en abordant une de ces vieilles 
églises, une de ces imposantes ruines qui surgissent ici 
il chaque pas, à y reconnaître ta physionomie que j'en 
aurais esquissée d'avance à l'élite de cette Société conser- 
vatrice que vous représentez parmi nous. En abordant cette 



ARCHXTEGTimE DES MONUMBKTS DE Lk VBKI^tB. 421 

inléressaDte partie de nos travaax Gommaos , j*ai d'ailleore 
à me réjoQÎr d'autant plos » quand noos voos voyons en ù 
grand nombre vous empresser à ces nouveaux comices de 
rarcbéologie, d'avoir songé le premier à Ulnstrer de votre 
présence , à éclairer de vos investigations cette plage océa- 
nique si merveilleusement riche d'antiques souvenirs, et 
dont la gloire s'augmente encore de la noblesse de ses 
malheurs. Après avoir considéré ces villes florissantes et 
industrieuses, ces solitudes devenues historiques, ces moin* 
dres hameaux où surgit si fréquemment le majestueux 
prestige des grands lioms, —où s'immortalisent, dans chaque 
pierre délaissée , dans chaque temple ou château vivant 
encore, toutes les chroniques d'un vaste pays , n'avais-je pas 
sujet de m'étonner que la Société française n'y fût pas venue 
cueillir encore ces fleurs de la science dont elle se couronne 
partout, et frayer quelques jours avec ces savants modestes 
autant que sûrs qui , soit par la culture des lettres et des 
arts , soit par d'habiles et fructueuses recherches , agran* 
dissent tons les jours le domaine de rintelligencë publique, 
consacrent à de précieuses études les honorables loisirs d'une 
vie occupée , et inscrivent en beaux caractères dans les 
fastes de cette riante et tranquille province des noms que 
sa patriotique reconnaissance n'oubliera pas? Aussi, grâce 
à ce savant aimable qui nous dirige depuis trente ans, avec 
un zèle aussi heureux qu'infatigable, l'appel a été proclamé. 
Vous l'avez entendu, vous accourez de toutes parts : pour- 
rais-je n'être pas quelque peu fier d'avoir suscité cette idée 
féconde, et si Fontenay ne me doit pas consciencieusement 
pour cela une place dans ses dyptiques, n'ai-je pas quelque 
droit à me compter du moins au nombre de ses amis? 

Mais j'aborde bien vite l'objet que je me propose et sur 
lequel j'ai cru devoir appeler , Messieurs , votre judicieuse 
attention. 



Lé timèlite lé f/^ fraipfiiHiC oftn tèvt d'ibaM IrlTir*' 
diéok>gd« qui tM\€ kfi ilioiNND«fttt ié h Véidée , «'«> k 
prcwfité iftoifftrMrfUé do style prtooiaHqiie s/am fkÊàmm 
dik|iiel 11 seinMe, aii premier t(WfMr«ril« qoe MMiM 
eonslrtii. par oo densmi arrêté^ et d'jprè» Iiiié mte de 
plao d*einefflble présiédité par lA archtteeies d'me «iaii 
épbqile. C'est qo*ed effet one rénoTStm Ait 8*7 Mrt 
vers la flii de la période egivalé , et le ^oyagevr, WÊmtibÊ- 
natirtf la tie hisiorîqac de ce beau pays « en deviserait ks 
phases à ee type général : It serait Mentit eondmt, ai tuofftê 
de certeins détails t k remonter jusqu'aux temps prioMi 
où le christianisme s'enUpara de la conurée. Qvi peat 
Ignorer aojôord'hui que la présence deé églises rooMNs , 
teMes qoe lé XI* siècle les a presque toutes reierées^ té- 
moigne de la foi chréiie nne » pendant le cours des sîècks au- 
lérieurs^ et que la €aule , quoiqu'elle fît eneori des rênes 
rràinbreux , Inaitf épars du paganisme jiisqu*i la An de la 
dynastie mérovhigfemie, lut toute conquise è Jéatis-€lirist 
dès le lil* siècle , eA dépit mèirie des persécutions que ta 
foi y dut Mbir jusqu'à l'époque de Gonstentin 7 De ft, paer 
robservatcur, une complète certitude de l'architecture caiiis- 
lique^ avec m» lois déjà hites de l'erientalioni des nombres 
mystiqiiies « de riconographle traditionnelle. De ce point de 
départ» qui constitue partoiut la période romaine « inodifife 
peu I peu dans le mode de construction et dans l'omenwntt- 
tiott sculptée , ou arrive su roman proprement dit, transîtiou 
ritionneHe entre l'art primitif encore trop imbu« au juge- 
ment d*one société qui se perfectionne , des tendao€fi 
froides et par trop raides de la civilisation antique. C'est on 
triomphe sur les vieilles idées; c'est un développenieot 
donné è l'art chrétien au profit du spiritualisme » et cet 
étas'i one ibis pris, ne s'arrêtera plus: il ira de progrès es 
pro(p-ès , è travers les richesses de ces compositions artkk 



ARCHlTBCnmE DES MONtlMeNTS K LA TBADÊE. 623 

tit|Ue» dont »>imrgiicliniseiit avec niioa tes rdgMs de 
Rognes Capet, de Phiiippe-Âuguste et de Mène Loaiii Mti» 
taÉiiiifti aprèa , Pastre décime et 8*éloigiie stnnUeiiieot de 
«Ma apifée: le maniéré arrive, le aymboUanie a'affoîblit, 
6t FaMvbkeeture , hélas I retombe soas Téqnerre et le 
^ n m jpê B de ces Grecs et de ces Ronalns dont on ravait si 
glor ie i w e i nem délivrée. Toutes ces révélations. Messieurs , 
ar'IoBidfivnt id plos que nulle part sur Ips murs des HMimi- 
naeMs reUgteux : de saint Vif ence , retiré vers S60 dans la 
BoKiode d'Oionne ; de saint Philibert, feodant le monastère de 
^^foiriBOutier, vers 675; de samt Pient qui, cent ans aupa- 
ravant, était verni aborder dans un naufrage à Vile de Mail- 
lésais, îasqn*à ce vénérable Grignon do Monlfort, dont ks 
vastes attendent ane gioriicaiîon prochaine dans une cha- 
pelle obsoinrt de St-LanreBt-sur«*Sèvre ; tout est marqué 
Max cwns araltiplcs de toutes les variations de Tart. Et si 
iKMis ajoataos è ce passé ce que le présent nous apporte 
clasqae joor, depuis que la science archéologique renouvelle 
daas rfiurope entière tant d'édifices du vrai Dieu, nous 
trouverons eu Vendée» non moins qu'ailleurs , des églises 
naodernes canttrnites en entier , des restaurations bien |4ua 
iMMsbreuses de vieiUes égKses qui s'écroelaienL Peut-être 
les unes et les antres n'offrent pas toujours » en bit de 
travail, des spécimens irréprochables : des tâtonnements 
tBalbenreas y peuvent accuser maintes fois des mains encore, 
trap peu exercées, ou ce parti pris, plus malheureux encore 
de se jeter hors des voies normales et d*inaQver en une 
obose dont les règles doivent rester sacrées et iaviotables. 
Il faut reconnaître cependant, è la juste louange de nos 
plus récents architectes» que leara œuvres sont les meilleures 
parce qu'aae piu^ grande expérience est née pour eux des 
fautes de tsars prédéceseeurs , et que de censeiencieuses 
étodasn'eat cessé de souffler à leur inftelNgençe, avec le. 



iî3& CONGB&S ABCHÊOLÛGIQCE DE FRANCE. 

sentiment de Tart, le principe religieax qui seal lai donne 
^'animation et la vie. 

La caose de ces transformations successives est ici, comme 
partoat ailleurs, dans les grands événements historiques 
dont le territoire fut troublé. Mais s'il a vu ses ^lises et 
ses monastères rasés trop souvent par le fer et le feu des 
hordes normandes qui, des îles voisines, débarquaient trop 
aisément sur ses rivages; si Toccupation anglaise y ra- 
mena, avec de longues et fatales rivalités si tristement 
commencées, les ruines que les guerres religieuses du 
XVP siècle continuèrent et qu'achevèrent celles de la Ré- 
volution , il faut reconnaître que nulle intervention n'opéra 
une destruction plus radicale et plus complète que celle 
de nos amis d'Outre-Manche , à qui l'Océan ne fut pas 
moins scrviable qu'à leurs prédécesseurs des IX* et X* 
siècles. C'est toui-à-fait sans réflexion, comme nous l'établi- 
rons bientôt, qu'on a voulu disculper les Anglais d'avoir fait 
ce mal auquel, disait-on, ils n'avaient pas d'intérêt sur un 
sol qu'ils possédaient. On sait bien qu'ils ne le possédèrent 
pas sans conteste , que Bressutre , Pontenay , Luçon , i.a 
Garnache et bien d'autres lieux • pris et repris à la suite de 
sièges sanglants , durent se rebâtir des débris qu'eux-mêmes 
y avaient accumulés: c'est pourquoi nous voyons tant 
d'églises reconstruites soit pendant leur domination longtemps 
victorieuse, soit après leur définitive expulsion , mêler dans 
leur enceinte murale les traces violentées du roman pri- 
mitif à des reprises d'un autre temps ; abriter des piliers 
cylindriques et des chapiteaux historiés sous des voûtes de 
la Renaissance; à côté des élégants entrelacs, des monstres 
hybrides, des combats de l'homme avec Satan, étaler l'imi- 
tation à peine significative des chardons, des feuilles de 
choux et de ces grappes de raisin étudiées qui ne sont plot 
celles du moyen-âge. Enfin, ne reconnali-on pas des retou* 
ches fort instructives dans le voisinage fréquent de ces 



ABOnTECTtriE DES MORUWKTS DE Là TIKDÉE. J|f)5 

belles et élégantes fenêtres • alkmgées et étroites » d*one 
coupe si parfaite , d'une ébrasore si profonde, et de ecs 
rosaces à meneaux innombrables, à festons flamboyants, qni 
jettent à l'intérieur, avec one profusion mal cakolée , un 
jour qui n'y devait entrer qu'avec une mystérieuse parci- 
oionie, avec une religieuse timidité? Toutes ces anomalies 
se rencontrent aujourd'hui dans la, cathédrale de Luçon. U 
seoibie qu'en elle, si belle des conceptions de son premier 
plan , et si malheureuse des mutations qui la dénaturent » 
se sont résumées toutes ces contradictions, aussi nom- 
breuses sans doute , mais moins sensibles, en une ioale 
d'autres édifices qui ne sont pas aussi vastes et qui ne 
furent jamais aussi riches de détails. — Il en était ainsi à 
la triste abbaye de la Grenetière , non loin des Herbiers , la* 
quelle n'a plus que ses débris, mais qui attestait encore dans 
toute son intégrité, avant 1789, tous les styles qui la sépa- 
rèrent successivement, du XII* au XYII* siècle. — Ainsi, 
encore cette belle église des Herbiers, reconstruite an XV* 
siècle, garde sa tour romane au milieu de quelques retou- 
ches que nécessitèrent, vers la fin du XVI% les aménités 
habituelles des Huguenots. — La petite église d'Aspremont, 
détruite et refaite vers 1450 (?),a conservé sa place à côté do 
château relevé par des architectes de la Renaissance , au* 
dessus de la charmante vallée qu'il domine avec elle ; et 
pour peu que nous arrêtions nos regards, à cette occasion, 
sur l'architecture civile ou militaire , nous verrons sous les 
tours romanes et aux trois quarts démantelées de Tiflauges, 
par exemple, l'ogive se dessinant aux arcades d'une chapelle 
postérieure; et iVIareuil, unissant en apparence dans un même 
style son donjon féodal et son église des XI* et XII* siècles, 
jeter au loiu , vers Luçon et Napoléon- Vendée, les souvenirs 
de ses vieilles fortifications perdues, unis à ceux de la religion 
qui y vit toujours. 



ta» eOyiàBÈS ABCBtotOGIQCE DE FRANCE. 

■Aiteitanf refértoasi om qoMron qui Mrgit d'dfe* 
nOÊM eu fiitce et ces époques » diiremei, mais psroii ks^ 
quellss 00 toit le genre prisimatîqae poser en tiioaiphsteor 
sss assises de grandes pierres , les arcs-dooMeanx i pratts 
toormeiHés de ses Toutes aplaties, et ses piliers Yékvaat 
vers elle comme des palmiers , aox branches svelies et 
touffoes. £st<e h des mains anglaises qu'il faut attribuer, 
rrnnme on le redit soorent. cette régénération de l'arcfaiiectnre 
locale ? Nos amis ont-ib laissé, d^ns ces oBOvres qol cooTrent 
tonte une contrée, le caractère de leur pensée personnelle 
et de leor traTail propre? Noos sommes loin de le croire; 
et défi convaioctt, par ce qui précède, que leor domination 
<Aes nous y cimenu des mines avec do sang, nons devons 
reeonnattre, en revanche, qu'ik s'empressèrent moins de ks 
réparer qoe d*en faire toujours de nouvelles. Compares les 
monuments de ce pays avec ceux qui remplacent, ailleurs, les 
ravages qu*y firent lenrs querdies et les nôtres : on ne voit 
rien qui ne se ressemble parfaitement, et tonte ceUe archi- 
tecture est purement française. Donc, en Vendée aussi, ce 
sont des mains nationales , des travailleurs locaux dont les 
sueurs ont reconstitué nos saints édifices. Pour s'en coo* 
vaincre , il ne faut que motiver par une foule d*exempies 
Targuraent de comparaison que nous invoquons ici. Toyet 
toute la Guyenne, dont nous formons une portion si Impo- 
sante, et dtteS'OOQs quelles traces étendues on y rencontre de 
Tart étranger. C'est do souffle local que se sont uniquemeot 
inspirées les restaurations des XIV et XT* siècles. Quelques 
chapiteaux à tailloirs arrondis, avec leurs socles de même 
forme (1), un petit nombre de chevets plats, quelques 

(1} If. lie Gaumoat attribue ce canctère« fort «MBOMin an Bft- 
ttgiie, à la Datare des mtAérian\(BulL ihonvm., t XVI, p. aa&V Mai>m 
Toit, fÊT eette <4enHlé et ^elquet forum ToflUves , que ce pcvf Mre 



ARCHITBCTVIE K9 MORUMCim M IM TUIBÊE. 427 

kmèktf ÊmortwB à angle droit, i|iie j« ne taehe pjfs mém*' 

a^eir f cw^ f ffées m Memie ég^ae, non pin» cpi*M€00 ipéct* 

ne» bit» décidé dn 8l|le perpendicolaîre; enfin « qnek)ae» 

mn^s figures géométrique» se glissant dan» rornènenlaiioll 

scttlptée àë$ tympans o» de» eornichea à modillMMi lont 

eëla ne »nd paaà inscrire »or k» lûerres d'on oiMiomenl 

l'itiflo^ncè i|9*un petit nombre d'obserralenr» aéraient periéa 

k y déconvrift La Bretaf^e aosai, pour qui le» mima» caosea 

ont ânfené le» méntea maHieors « laisse remarquer dan» se» 

églH«a febite» li la même époque de telles analogies avec le» 

n^o^, qn*oo vmt bien, en remontant à Tbistoire de ce vaste 

Klloral , qne si le méfamge des deux peuple» a pn établir 

certains rapports entre leors mode» de construction , ces 

rapports ne reposaient que sur de simples réminiscences « ei 

n'ont pas empêché Tart français, toujours si différent de 

celui de nn» voisins , de garder ses allures constante» et sa 

franche et absolue personnalité (1). On aérait frappé des 

mêmes constatations archéologiques, en parcourant b Cham* 

êiiiiB IM deiii eoMréet oh ihèttiè toufsnir d^onvriers ^t , nn» te 
fc fs r a la msilière anflabe, avaient po en pfebdre fotlqect 
inprflKwos Irréfléchie»» comne il se lait toujoar» aui époquet de 
U-SDsttioa. 

(1} M. Darcel a peul-étre, selon nous , donné trop d*importaoce A 
quelques réisènibtan6is Ofoertées par lui eu Bréta^e et eil Âdg^e- 
lerre daiis la confection de quelques lyoïpaas et dd résesa êH 
ten^lfH (Y. iaajfof MrûMoloffiqueê, U XIX« p. aSS )• Nous crojrenl 
avoir ftmnr^ , en Bretagne , que ces eiemples ne sent pas asses 
nooibreui pour se prêter à une induction aos^i générale. Il y a d'ail- 
leurs, dans cette province plus que ches nous« on trait qui caractérise 
spécialement la plupart des églises dues i fa période de Charles V à 
Charles IX, Ce qui eoinpi^fld une suite de pKs de dent oettls années 
{ iaBM5e9}. Le plus ((rMid nolnhie d<s TeOMs f Alrenl étsMias ee sei» 
faites en bois et omemenlées de sculptures et de peintures : je ne sais sî, 
en Vendée» on peut en Montrer na stnl exemplaire qui sVn rappree|ie^ 



U2S COKGBÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE. 

pagne» rArtôis et ta Picardie, où l'occopatioii anglaise s*est 
manifestée pins qu'ailleurs, par des conséqaences identiqaes, 
et dont les reconstrnctions ne passent pas pour une répara- 
lion consciencieuse des vainqueurs (1). 

Au reste, il ne faut pas oublier que si les Anglais, catho- 
liques alors autant que nous , furent les possesseurs légi- 
times du Poitou, dès la fin du XII* siècle , en dépit des 
sympathies qu'ils n*y trouvèrent jamais fort complètes, celte 
possession même exclut toute accusation de vandalisme 
contre nos monuments ; et, dans cette première phase de 
leur séjour sur notre territoire, ils étaient tout aussi inté- 
ressés que nous-mêmes à ne pas le dépouiller de ses 
richesses artistiques. Alors les seigneurs féodaux rendaient 
hommage au roi d'Angleterre, nos principales abbayes 
l'avaient pour Avoué : il était le suzerain de tous , presque 
toujours paisible et respecté , comme le maître absolu et 
l'arbitre de toutes choses ; ce n'est qu'après la mort cruelle 
d'Arthur de Bretagne et la confiscation judiciaire , en i200 , 
de la province par Philippe-Auguste, que les hosliliios 
prennent un cai*actère de haine nationale , que les sièges et 
les assauts deviennent journaliers, et que les villes voient 
tomber , à différentes reprises , leurs forteresses et leurs 
églises , transformées souvent elles-mêmes en lieux de résis- 
tance. Encore tant de ravages ue sont-ils rien en comparai- 
son de ce qui se passe en suite du traité de Brétigoy , 
lorsque l'esprit national , éveillé par la grande catastroplie 
de Maupertuis , s'indigna enfin contre ce joug que rien ne 
pouvait lui faire accepter. De longues chevauchées, des com- 
bats réitérés dévastent les campagnes et les villes , sous 
la fortune diverse des partis , jusqu'à ce qu'enfin, après les 
rivages de Derby et de Ghandos, la brave épèe de Dugues- 

(i) ^iL monum,, i. XII. p. 4»3 Clsuiv. ; t. XIX. p. 145. 



ABGUITECTURfi DBS lîONUM&lItS DK Ik TBNO&£. 42d 

clto, pob celle de Jeanne d*Ârc trempée rar i'antel de 
S**-Catherine de Fîerbois , refoulent , de h Vendée et de h 
France, les hautains conquérants qu'elles détestaient Ce fut 
alors qn*on dut songer à réédifier, de toutes parts, les monas- 
tères et les églises.' De là cette nouvelle efilorescence que ks 
torches du calvinisme devaient flétrir, cent ans après. Cette 
dernière révolte causa des pertes d'autant plus irréparables 
que ce qui n'était de fai part d'un étranger qu'une suite indis- 
pensable des nécessités de la guerre , devint pour tant de 
Français égarés on système implacable de destruction hai« 
nense, sans, autre but que celui de la vengeance et du maL 
Aussi nous avons sous les yeui , en parcourant le tableau 
archéologique de la Vendée , une histoire très-lisible des 
XIV* et XV* siècles par les monuments; —-Hais cette histoire 
est comme une gaze précieuse où l'aiguille avait prodigué 
les charmants caprices d'ingénieux dessins, à travers lesquels 
un œil attentif apercevrait encore d'antres beautés non 
moins attrayantes. Le toad de ce tableau si diversement 
nuancé, c'est toujours notre beau XII* siècle, tout radieus 
des vives couleurs de son esthétique imagée , de ses ensei- 
gnements théologiqaes et de ces magnifiques formes de plan 
général qui s'éterniseront, soyeas-en sârs, avec leur symbo- 
lisme profond jusqu'à la consommation des choses humaines. 
Aussi, Messieurs, en parcourant cette terre qui vous pro- 
mettait des charmes inconnus ; en admirant ces contrastes 
si attachants qu'aiment les esprits élevés , entre une si 
riante nature et des monuments dont les souvenirs s'impr^ 
gnent en même temps de tristesse et de gloire, vous recon- 
naîtrez .sans peine que si un jour ces édifices sacrés , semés 
sur votre itinéraire savant dans ces fécondes campagnes , 
devaient se relever à nouveau ou s'entourer de succursales 
nouvelles, ce n'est. point le style insuflisant et f roidf de 
Cbades VII, de Louis \II et de François V% qu*il faudrait 



tftt toM^ àKBÈotùù^vt et têétfûL 

Lé râraécéfe lé f/im fraipfiiHit olért téoi d^riiatë hïm** 
diéok>gttê ffi\ tM\€ kfi ilMwmi^fttt ié h VdÉdée , «'«> Il 
|N^d6 iftoifentlUé do style prismaHqiie s/am VkÊàmm 
diiqiiel il MlnMé, an premier dovfHd'aU, que toëtiélé 
côfiatrtti. par uû ûetusêVÊ an^té, ei d'aprè» Iiiié mte de 
(vlaD cl*€iii9eiiibte présiédilé par l« arckiieetes d'me miaie 
épbqile. C'est qu'en effet ime rénoTaiioD del l'y Wrè 
vers la flii de la période egifalé , et le foyagevr « mméItH 
natire la %ie historiqae de ce beau pays , en de?iieraît ks 
phases à ce type général : it serait biratAt eondait, ai tuitffà 
de certains détails , ï remonter jusqu'aux temps prîiMtifa 
où le christianisme s'eaUpara de la contrée. Qui peut 
ignorer aujourd'hui que la présence deé églises romauss « 
teMes que le XP siècle les a prraqne toute» rderées^ té- 
moigne de la foi chtélienne « pendant le cours des siècks an- 
lérieurs> et que la Gaule , qttoii]u'elta fit encore des restes 
n^nbreux , Inaitf épars du paganisme jusqu'à U ftn de la 
dynascie mérovhigienne, fut tdute conquise è Jésos*Chriil 
dès te lil* siècle, eO dépK meule des persécutious que la 
foi y dut Sul>ir jusqu'à l'époque de Gonsteniin 7 De ft « peer 
l'obsenFateur, une complète certitude de Tarchitecture caibs- 
Uque^ avec ses lois déjà faites de rerienuiion» de» nonikes 
mystiqoies « de l'iconographie traditionnelle. De ce poloi dt 
départ» qui constitue partout la période romaine « modifiée 
peu à peu dans le mode de construction et dans romeoientt* 
tiott sculptée , ou arrif e au roman propremeni dit» transilisa 
ritionneHe entre l'art primitif encore trop imbu, au juge- 
ment d'une société qui se perfectionne , des tendancfs 
froMes et par trop raides de la civilisation antique. C'est oa 
triomphe sur les vieilles idées; c'est un développemeAt 
donné à l'art chrétien »u profit du spiritualisme » et cet 
élatfi une fois pris, ne s'arrêtera plus : il ira de progrès» 
progrès , è travers les richesses de ces compositions aniek 



ABCHlTECmE DES MONUMENTS K LA VENDÉE. ft23 

tkfiie» dhmt EVimrgacliniseiit avec r^ifloa tes rdgMs de 
Rognes Capet , de Philippe-Auguste ei de »aènC Loaiii Mai» 
bàmi^ après , Pastra décime et s*éloigiie stnnUeiiieiit de 
«m apogée : le maniéré arrive , to ayrabolîM&e s'affoibKt , 
ot Parcbhecture , hélas ! retombe sous requerra et le 
ernnpaa de ces Grecs et de ces Romains dont on ravait si 
giorieUBemem délit rée. Toutes ces révetations. Messieurs , 
ft'msermnt ici plus que nulle part sur ks murs des monu- 
meiits religieux : de saint Vifence , retiré vers 560 dans la 
BoKtude d'Oionne ; de saint PbtMbert» feodant le monastère de 
Noinnootier, vers 675; de samt Pient qui, cent ans aupa-- 
rêvant, éuit verni aborder dans un naufrage ii Ftle de Mail- 
lems, însqu*à ce vénérable Grignon do Montfort* dont ks 
restes attendent «ne gioriffcalion prochaine dans ane cha- 
pelle obscure de St-Laurent-^ur-^Sèvre ; tout est marqué 
aux ceins araltiplcs de tontes les variations de Tatt. Et si 
nous ajontaos h ce passé ce que le présent nous apporte 
choque joor, depuis que la sdence arcbéolegiqne renouvelle 
dasB rSuropo entière tant d'édifices do vrai Dieu, nous 
tmuverons en Vendée» non moins qu'ailleurs « des églises 
modernes conatrnites en entier , des restaurations bien jpiufk 
nooahrenses de vieilles églises qui s'écroulaienL Peut*ôlre 
les unes et les antres tt*offreiH pas toujours » en bit de 
travail « des spécimens irréprochables : des tâtonnements 
maillenreitx y peuvent accuser maintes fois des mains encore, 
trop peu exercées, ou ce parti pris, plus malheureux encore 
de se jeter hors des voies normales et dMnnover en une 
chose dont les régies doivent rester sacrées et inviolebles. 
Il but reconnaître cependant, ï la juste louange de nos 
plue récents architectes, que leurs œuvres sont les meilleures 
parce qu'une plu^ grande expérience eat née pour eux des 
fanlos de lenm prédécesseurs , et que de conseienctjeMses 
études n*o«t cessé de souffler à leur intelligence, avec le. 



bih CONGBlSS ABCHÊOLÛGIQUE DE rRANCE. 

sentiment de Tart, le principe religieax qui seul M doaiie 
^'animation et la vie. 

La cause de ces transformations successives est ici, comme 
partout ailleurs, dans les grands événements hisioriqoes 
dont le territoire fut troublé. Mais s'il a vu ses églises el 
ses monastères rasés trop souvent par le fer et le feu des 
hordes normandes qui, des îles voisines, débarquaient trop 
aisément sur ses rivages ; si Toccupation anglaise y ra- 
mena, avec de longues et fatales rivalités si tristement 
commencées, les ruines que les guerres religieuses du 
XVP siècle continuèrent et qu'achevèrent celles de la Ré- 
volution , il faut reconnaître que nulle intervention n*opéra 
due destruction plus radicale et plus complète que celle 
de nos amis d'Outre-Manche , à qui l*Océan ne fut pas 
moins scrviable qu'à leurs prédécesseurs des IX* et X* 
siècles. C'est tout-à-fait sans réflexion, comme nous l'établi- 
rons bientôt, qu'on a voulu disculper les Anglais d'avoir fait 
ce mal auquel, disait-on, ils n'avaient pas d'intérêt sur un 
sol qu'ils possédaient. On sait bien qu'ils ne le possédèrent 
pas sans conteste, que Bressuire, Pontenay, Luçon, 1^ 
Garnache et bien d'autres lieux > pris et repris à la suite de 
sièges sanglants , durent se rebâtir des débris qu'eux-mêmes 
y avaient accumulés: c'est pourquoi nous voyons tant 
d'églises reconstruites soit pendant leur domination longtemps 
victorieuse, soit après leur définitive expulsion , mêler dans 
leur enceinte murale les traces violentées du roman pri- 
mitif à des reprises d'un autre temps ; abriter des piliers 
cylindriques et des chapiteaux historiés sous des voûtes de 
la Renaissance; à côté des élégants entrelacs, des monstres 
hybrides, des combats de l'homme avec Satan, étaler Pimi- 
tation à peine significative des chardons, des feuilles de 
choux et de ces grappes de raisin étudiées qui ne sont plus 
celles du moyen-âge. Enfin, ne reconnaît-on pas des retoo* 
ches fort instructives dans le voisinage fréqqent de ces 



ABCHlTECTtTBE DES MORUMEMTS DE LA TIKDÉE. Ifyi 

beUes et élégantes fenêtres » ailongé<es et étroites » d*one 
coope si parfaite , d*une ébrasore si profonde, et de ecs 
rosaces à meneaux innombrables, à lestons flamboyants * qni 
jettent à l'intérieur, a?ec nne profusion mal calculée • un 
jour qui n'y devait entrer qu'avec une mystérieuse parcî- 
mooie, avec une religieuse timidité? Toutes ces anomalies 
se rencontrent aujourd'hui dans la, cathédrale de Luçon. U 
semble qu'en elle, si belle des conceptions de son premier 
plan , et si malheureuse des mutations qui la dénaturent » 
se sont résumées toutes ces contradictions, aussi nom- 
breuses sans doute , mais moins sensibles, en une foule 
d'antres édifices qui ne sont pas aussi vastes et qui ne 
fnrent jamais aussi riches de détails. — II en était ainsi il 
la triste abbaye de la Grenetière, non loin des Herbiers, la- 
quelle n'a plus que ses débris, mais qui attestait encore dans 
tonte son intégrité, avant 1789, tous les styles qui la sépa- 
rèrent successivement, du XII* au XYir siècle. — Ainsi, 
encore cette belle église des Herbiers, reconstruite au XV* 
siècle, garde sa tour romane au milieu de quelques retou- 
ches que nécessitèrent, vers la fin du XVI*, les aménités 
habituelles des Huguenots. — La petite église d*Aspremont, 
détruite et refaite vers U50 (?), a conservé sa place à côté do 
château relevé par des architectes de la Renaissance , au- 
dessus de h charmante vallée qu'il domine avec elle ; et 
pour peu que nous arrêtions nos regards, à celte occasion, 
sur l'architecture civile ou militaire , nous verrons sous les 
tours romanes et aux trois quarts démantelées de Tiflauges, 
par exemple, l'ogive se dessinant aux arcades d'une chapelle 
postérieure; et Mareuil, unissant en apparence dans un même 
style son donjon féodal et son église des XI* et XII* siècles, 
jeter au loin , vers Luçon et Napoléon- Vendée, les souvenirs 
de ses vieilles fortifications perdues, unis à ceux de la religiou 
qui y vit toujours. 



nrinteintif r^éàoAs i nnê qumlm qui «rgh d'eRe* 
même ed^ fiice de ces époqnos m diveniet, mais parmi le»- 
quellM Où foit le genre priMiiiatiqiie poser en trionqiiiiteiir 
9èê assises de grandes pierres » fcs arcs-dooMeai» à prafils 
tonnikemés de ses ?oûies aplaties, et ses piliers YéteiaBC 
vers elle coinme des palmiers , aox branches svelies et 
touffoes. Est^e k des mahis anglaises qu'il faut aitriboer* 
romme on le redit sotfrent, cette régénération de rarcUteciure 
locale ? Nos amis ont-îb laissé, dans ces œuvres qui convr^t 
tome une contrée, le caractère de leur pensée personndle 
et de leor trafail propre? Noos sotnme^ Mn de le croire; 
d déjà cootalnco, par ce qui précède , que leor dominatioa 
(Aez nous y cimenu des ruines avec do sang, nous devons 
reconnaître, en revanche, qo*lte s'empressèrent moins do ks 
réparer que d'en faire toujours de nouvelles. Coftiparet les 
monuments de ce pays avec ceux qui retnplacent, ailleurs, les 
ravages qu'y Fn^ent leurs qnerdles et les nôtres : on ne voit 
rien qui ne se ressemble parfartement, et toute cette archi- 
tecture est purement française. Donc, en Vendée aussi, ce 
sont des mains nationales , des travaiHeors locaux dont les 
sueurs ont reconstitué nos saints édifices. Pour s'en con- 
vaincre , il ne faut que motiver par une foule d*exemples 
Targument de comparaison que nous invoquons ici. Toyez 
toute la Guyenne, dont nous formons une portion si impo- 
satlte, et dites-nous quelles traces étendues on y rencontre de 
Tart étranger. Cest du souffle local que se sont uniqoemeiu 
inspirées les restaurations des XIV* et XV* siècles. Quelques 
chapiteaux ï tailloirs arrondis , avec leurs socles de mène 
forme (1), un petit nombre de chevets plats, quelques 

(1} lf« 4« CtumoQt aUribue ce caractère, fort comiDiin en Bic- 
tsgiie, àla Diituredes malériaiii (/lif/(. iiioNiiiN.,t. XVI, p. Aa&VMaifM 
foit, fw cette ideotilé 4e ^Kiclquet fermes fîifithres , que ce ipenrMre 



ABCfllTBGTVBE KS WÙfWUmtn H IM TIIIME, U7 

kmèkrtê inartifs à aiifie droit, que j« ife taebe pâto même 

avMT »MMi|tt6e» » Meiiiie égKte, non plus qn*MieiiD Ipéci* 

mm liîfft Meidé du style perpendicolaîre; enlm , qve^ae» 

rares Egares géométrfqaes se glîssanl dan» romeneoialMl 

sealplèe âA tympans a» des cornichea ^ modilleos i tiNit 

aéla ne ssSi paa à iascrire sur les pierres d'on Bbenoweiil 

VinfliiiHiieto 4«*on petit oombre d'obserfateurs seraient portée 

à y dèconvriTi La Bretagne aussi, pour qvi les mêodet causes 

ool âflffeiié les «lênies malhenrs » Isisse remarqoer dans ses 

églis e s ff Mtee h la même époque de teUes analogies avee les 

nMres, q«*oo voit bien, en remontant ï Tbisloire de ee vaste 

Klloral , qne si le mélange des deux peuples a pu établir 

certains rapporta entre leors modes de construction , ces 

rappihia ne reposaient que sor de simples réminiscences , et 

n*ont pas empêché Part français, toujours si diférent de 

celoi de nos voisins, de garder ses allures constantes et sa 

franche et absolue personnalité (i). On serait frappé des 

mioHC ooostatations archéologiques, en parcourant la Cbam* 

ênm tot deitt esttt^ées ait ûitmé «M?eiiir d^oevrlers ^1 , sins •( 
Smner à la meilière aoflaiae, airafiam pu an prtiidra ^nalqaes 
iatpraaneni irréfléchies» coouae it le bit toujoara aui époquaa de 
traosittoo. 

(1} M. Dareel a peut-être, mIod nous , donné trop d^ioiportaoce * 
quelques resaèAbtah6!S ebMnrées par lui en Bretagne et en Angle- 
terre datis la coiifeclioQ de quelque! tyakpans et de téMéu âH 
fenêtres ( V. iAa<irM itrekéohifiqueê, t* XlX« p. aSS )• Noos croyons 
avoir lenMf^né « en Bretagne , que cm eiemplet ne sont pas asseï 
fiomlireux pour se prêter à une indnclion aussi générale. Il y a d'ail- 
leurs, dans cette province plos que ch€>s nous, un trait qui caractérise 
spécialement la plupart des églises dues à la période de Cbarles V à 
Charles IX, ce qui com^i^fld une suite de pKs de Aéiit cetils années 
( t86é-l&ee). Le pllls itrand notnhte des vsOiis f lêrtÊÊ étsMiss ee «ei> 
faites en bois et ornemenlèes de scolptorea et de peintures : je ne ssis si, 
en Vendée, on peol en montrer on ttol exemplaire qui s*en rapfMroçlifi, 



us COKGBÈS ABGHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

pagnet TArtois et la Picardie, où Toccupalioa anglaise s'est 
manifestée plus qa'ailleurs, par des conséquences identiques, 
et dont les reconsiractions ne passent pas pour une répara- 
tion consciencieuse des vainqueurs (i). 

Au reste, il ne faut pas oublier que si les Anglais, catho- 
liques alors autant que nous , furent les possesseurs légi- 
times du Poitou, dés la fin du XII* siècle , en dépit des 
sympathies qu'ils n'y trouvèrent jamais fort complètes, celte 
possession même exclut toute accusation de vandalisme 
contre nos monuments ; et , dans cette première phase de 
leur séjour sur notre territoire, ils étaient tout aussi inté- 
ressés que nous-mêmes à ne pas le dépouiller de ses 
richesses artistiques. Alors les seigneurs féodaux rendaient 
hommage au roi d'Angleterre, nos principales abbayes 
l'avaient pour Avoué : il était le suzerain de tous , presque 
toujours paisible et respecté , comme le maître absolu et 
l'arbitre de toutes choses ; ce n'est qu'après la mort cruelle 
d'Arthur de Bretagne et la confiscation judiciaire , en 1200 , 
de la province par Philippe- A uguste , que les hostilités 
prennent un caractère de haine nationale , que les sièges et 
les assauts deviennent journaliers, et que les villes voient 
tomber, à différentes reprises, leurs forteresses et leurs 
églises , transformées souvent elles-mêmes en lieux de résis- 
tance. Encore tant de ravages ne sont-ils rien en comparai- 
son de ce qui se passe en suite du traité de Brétigoy , 
lorsque l'esprit national , éveillé par la grande catastrophe 
de Maupertuis , s'indigna enfin contre ce joug que rien ne 
pouvait lui faire accepter. De longues chevauchées, des com- 
bats réitérés dévastent les campagnes et les villes , sous 
la fortune diverse des partis , jusqu'à ce qu'enfin, après les 
ravages de Derby et de Chandos, la brave épëc de Dugues- 

(i) ^U. numnm,, t XH, p. 433 etsuiv. ; I. XIX, p. 145, 



ABCUlTECTVftfi DBS lïONDIltllTS 0i LA TBM0Éfi. 42ft 

çKb, pois celle de Jeanoe d'Arc traDpée sar VmÊUi de 
S^-Catberioe de Fierbois , relboleot , de h Veadée et de b 
Fraoce, les haauins cooqaéraots qu'elles déIcsiaieBt Ce fol 
alors qn'oD dul songer ^ réédifier» de UNites prts, lesmoMS- 
tères et les églises. Ue là cette ooof die eflloresceace qne les 
torches da calvinisme devaient flétrir « cent ans après. Cette 
dernière révolte caosa des perles d'aount plus irréparables 
que ce qui o'éuit de la partd'on étranger qn'one suite iodis- 
pensable des nécessités de la guerre • devint poor tant de 
Français égarés on système implacable de destruction bai* 
neose» sans, antre bot que celni de h vengeance et da maL 

ÀQssi nous avons sous les yeox , eo parcourant le ubbaa 
arehéologiqae de la Vendée » une histoire très-lisible des 
XIY* et X?* siècles par les monomenu— -Hais cette histoire 
est comme ooe gaze précieuse où Taigoille avait prodigué 
les charmants caprices d*ingénieox dessins, à travers lesquels 
un œil attentif apercevrait encore d*aotres beautés non 
moins attrayantes. Le fond de ce tableau si diversement 
nuancé, c'est toujours notre beau XII* siècle, tout radieui 
des vives couleurs de son esthétique imagée , de ses ensei- 
gnements théologiques et de ces magnifiques formes de pian 
général qui s'éterniseront, soyez-en sârs, avec leur symbo- 
lisme profond jusqu'à la consommation des choses humaines. 
Aussi, Messieurs, en parcourant cette terre qui vous pro- 
mettait des charmes inconnus ; en admirant ces conorasies 
si attachants qu'aiment les esprits élevés » entre une si 
riante nature et des monuments dont les souvenirs s'imprè- 
gnent en même temps de tristesse et de gloire > vous recon- 
naîtrez .sans peine que si un jour ces édifices sacrés , semés 
sur votre itinéraire savant dans ces fécondes campagnes , 
devaient se relever à nouveau ou s'entourer de succursales 
nouvelles, ce n'est. point le style insuffisant et froidf da 
Charles VII, de Louis \II et de François I'% qu'il faudrait 



43i tOfiàtl& àKBÈOLùèniDt éÈ fUsCL 

Là mzèfUte le ^ IraipiNiiit oHm tèui é-Ai$êé bïm* 
ehéblogoe ffù\ tM\€ k« mommieiiii dé k YéMée , «'ci» k 
fmftfàe ifiiifdfiiillté do 8i}l0 prisoiiikfiMi sam Vwêênm 
itiiq^el il setiiHiÉ, aii ptetnler àimp^mï, que MrtéM 
cxMMiriii. par va dei«sni arrêté, et d*aprè» ém «Mte tk 
(vlao dVflsembte prémédité par le» architeetas d*«i« bMi 
épDqde. C*e8t qo*eii effet une rénoraiioD dut a*; Wra 
vera la lia de la périod« «gif aie , et le fvyagear , aamcèa*» 
iiaiire la tie historique de ce beau pays « en demerait kt 
phaaea à ee type général : il serait Mimtèt condoit, ai taoftà 
de eertaina détails , ï renionter Jmqa'aux tetnpi prioMs 
où le ohristlaniame s*etfipara de la contrée* Qvl peei 
ignorer aojôord'bui que la présence de* églises romaM» « 
teHes qoe lé XI* siècle les a preaqne tomes referéssi té- 
moigne de la foi chrétienne » pendam le coors des siècks an* 
térienrsi et qne la Ganle y qnoiqn'elle fit eneort des restes 
mtanbreax , knais épars du paganisme jiisqn'* la An de la 
dynastie méroTingienne, fat Idute eonqwsé à Jésds*<3iriM 
dès le III* siècle , eh dépit mèirte des perséeiitioH qns la 
foi y dttt Mbir jusqa*è Tépoqoe de Gonstenlin ? De Bi« pane 
l'observateur, utie complète certitude de rarehitectnre catlia- 
liqne^ avec sttt lois déjà faîtes de rerientation* des nombres 
mystiqoias « de Ticonographié traditionnelle. De ce point éa 
départ» qni constitue partout la période romaine « inodifiéa 
peu I peu dans le mode do construction et dans romeneota* 
tiott sculptée , on arrite an roman proprement dit» transition 
r«tionneHe entre l'art primitif encore trop imba« an juge- 
ment d'une société qui se perfectionne « de» tendaacff 
froides et par trop raides de la ci? iiisation antique. C'ert na 
triomphe sur les vieilles idées; c'est un déveioppeownt 
donné à l'art chrétien au profit do spiritualiame » et cet 
élatfi une fois pris t ne s'arrêtera plus: il ira de progrès es 
progrès , è travers les richesses de ces compositions artis^ 



ABCHlTBCnmE DES UOKVMBMTS K LA TMDÉE. 623 

tlcfâ» itmi sViMHfgocllHiêeiit a?ee rainoa k» rdgntt de 
Hugues Capet, de Philippe-Âogoste et de MinC Look Mm» 
WiiiKl après » Kastre décline et s'éloigne senaîbleinent de 
«Ml apegée : le niMiéré arrive , le symbolisme s'aEbibKt , 
0i Farcbkectore , hélas ! retombe soiis Téqnerre et le 
cntipn de ces Grecs et de ces Romains dont on Tivait si 
glorieiisemefll délit rée. Toutes ces révetvtioDS, Messieurs , 
VîOBerivent ici plus qœ nulle part sur les murs des momi- 
mtmu religieux : de ssint Vivence , retiré irers S60 dans la 
aulitade d'Oionne ; de saint PhîHhert, fondant le monastère de 
Noiruoutier, vers 679 ; de sami Fient qui , cent ans aupa- 
ravant, éuit fcmi aborder dans on nanfirage à VUe de Mail* 
lesns, }n8qo*è ce vénérable Grignon do Momfort» dont les 
restes attendent nos glorilcatkm prochaine dans une cha- 
pelle obsctire de St-Lanrent-sur-«Sèvre ; tout est marqué 
aux cmns moltiplcs de toutes les variations de l'ait. Et si 
mw ajoutons è ce passé ce que le présent nous apporte 
cbnqne jour, depuis que la science arcbéologiqne renouvelle 
daaa l'Europe entière tant d'édifices du vrai Dieu, nous 
tfvniverons eu Vendée» non moins qu'ailleurs • des églises 
modernes construites en entier , des restaurations bien plus 
mwbi l'Uses de vieilles églises qui s'écroulaient. Peut*étre 
les unes et les autres n'offrent pas toujours • en fait de 
travail, des spécimens irréprochables : des tâtonnements 
malbenrens y peuvent accuser mainles fois des maius encore, 
trop peu esercées, ou ce parti pris, plus malheureux encoi*e 
de se jeter hors des voies nortsales et d'innover en une 
chose dont les règles doivent rester sacrées et inviolables. 
Il faut reconnaître cependant, ï la juste louange de nos 
pit» réœnu architectes, que leurs œuvres sont les meilleures 
parce qn'one plus grande expérience est née pour eux des 
fanlts de hnra prédécesseurs » et que de conseiencîenses 
étades n'ont cessé de soufBer k leur intelligence, atec le. 



/|3& COMGRlSS AftCBÊOLOGIQCB DE FRANGE. 

seDiimentde Tart, le principe religieox qui seul loi donne 
^'animation et la vie. 

La caose de ces transformations snccessîves est ici, comme 
partout ailtears, dans les grands éfénements historiques 
dont le territoire fut troublé. Mais s*il a vu ses églises et 
ses monastères rasés trop souvent par le fer et le feu d6S 
hordes normandes qui, des îles voisines, débarquaient trop 
aisément sur ses rivages; si Toccupation anglaise y ra- 
mena, avec de longues et fatales rivalités si tristement 
commencées, les ruines que les guerres religieuses du 
XVP siècle conlinoèrent et qu'achevèrent celles de la Ré- 
volution , il faut reconnaître que nulle intervention n'opéra 
une destruction plus radicale et plus complète que celle 
de nos amis d'Outre-IManche , à qui l'Océan ne fut pas 
moins serviable qu'à leurs prédécesseurs des IX* et X* 
siècles. C'est tout-à-fait sans réflexion, comme nous l'établi- 
rons bientôt» qu'on a voulu disculper les Anglais d'avoir fait 
ce mal auquel, disait-on, ils n'avaient pas d'intérêt sur un 
sol qu'ils possédaient On sait bien qu'ils ne le possédèrent 
pas sans conteste, que Bressuire, Pontenay, Loçon, U 
Garnache et bien d'autres lieux • pris et repris à la suite de 
sièges sanglants , durent se rebâtir des débris qu'eux-mêmes 
y avaient accumulés: c'est pourquoi nous voyons tant 
d'églises reconstruites soit pendant leur domination longtemps 
victorieuse, soit après leur dé6nitive expulsion , mêler dans 
leur enceinte murale les traces violentées du roman pri- 
mitif à des reprises d'un autre temps ; abriter des piliers 
cylindriques et des chapiteaux historiés sous des voûtes de 
la Renaissance; à côté des élégants entrelacs, des monstres 
hybrides, des combats de l'homme avec Satan, étaler rimi- 
tation ï peine significative des chardons, des feuilles de 
choux et de ces grappes de raisin étudiées qui ne sont plus 
celles du moyen-Sge. Enfin, ne recounati-on pas des retou- 
ches fort instructives dans le voisinage fréquent de ces 



ARCHlTECnTBE DES MORUMENTS DE LA TfXDÉE. 4^)5 

belles et élégantes fenêtres , allongées et étroites » d*one 
coope si parfaite , d'une ébrasore si profonde, et de ces 
rosaces à meneaux innombrables, alésions flamboyants, qui 
jettent à l'intérieur, avec une profusion mal calculée, un 
jour qui n'y devait entrer qu'avec une mystérieuse parci- 
mooie, avec une religieuse timidité? Toutes ces anomalies 
se rencontrent aujourd'hui dans la, cathédrale de Luçon. 11 
semble qu'en elle, si belle des conceptions de son premier 
plan 9 et si malheureuse des muutions qui h dénaturent » 
se sont résumées toutes ces contradictions , aussi nom- 
breuses sans doute , mais moins sensibles, en une foule 
d'autres édifices qui ne sont pas aussi vastes et qui ne 
furent jamais aussi riches de détails. — Il en était ainsi k 
la triste abbaye de la Grenetière, non loin des Herbiers, la* 
quelle n'a plus que ses débris, mais qui attestait encore dans 
toute son intégrité, avant 1789, tous les styles qui la sépa- 
rèrent successivement, du XII* au XVII* siècle. — Ainsi, 
encore cette belle église des Herbiers , reconstruite au XV* 
siècle^ garde sa tour romane an milieu de quelques retou- 
ches que nécessitèrent, vers la fin du XVI*, les aménités 
habituelles des Huguenots. — La petite église d*Aspremout, 
détruite et refaite vers IftSO (7), a conservé sa placée côté du 
château relevé par des architectes de la Renaissance , au- 
dessus de la charmante vallée qu'il domine avec elle ; et 
pour peu que nous arrêtions nos regards, à cette occasion, 
sur l'architecture civile ou militaire , nous verrons sous les 
tours romanes et aux trois quarts démantelées de Tiffauges, 
par exemple, l'ogive se dessinant aux arcades d'une chapelle 
postérieure ; et Mareuil, unissant en apparence dans un même 
style son donjon féodal et son église des XI* et XII* siècles, 
jeter au loin , vers Luçon et Napoléon- Vendée, les souvenirs 
de ses vieilles fortifications perdues, unis h ceux de la religion 
qui y vit toujours. 



4àO SÉANCE (Sfo^RALE TENCB A FALAISE, 

c( accorda paa, lomea fo^ iljut par le doc taat imporiaiié de 
ff prières, que voyaiii la grade affecUo et amitié i|n*il porloît 
« à ta fil)ç, il a*aççordat çq cas que sa dicte Qlle le ?Qiisîst 
tt accorder. La quelle respondit à son père : le ms vo^re 
« eubut e| geuiture ordonez de inoy ce qu'il vous ptaist» le 
4 suis preste i vous obéir. De ceste responce fut le duc naoult 
« joyeus« » 

Ariette fuit cpoduiie par la graude porte du cbdteao dans 
Tcnceinte du donjon e( reçue dans une chambre qui» d'a|)rès 
les chanls d*un vieux barde » était voûtée et où mainte inia^ 
était représentée en or vermeil et couleurs. On ne toit plus 
dans cette chambre ni l'or vermeil, ni les couieurs, nais 
elle est encore voûtée et laisse voir une étroite alcôve qui 
semble creusée dans le mur. Ce p?iit appartement n'était pas 
mil choisi pour Fentrevue qui devait avoir lieu entre Ariette 
et Robert ; ui un jour trop vif, ni le bruii du dehors ne pou- 
vaient troubler le doux mystère des amours qui devaient se 
cermiiier par la naissance de Guillaume. 

Mais Guillaume e^l-il né dans 1^ châte<(p ou hors do 
cliâteaude Falaise? 

L'auteitr d'une Étifd^ récêmpient publiée et intitulée : La 
iMissance dt Gmllaume-U^CotuiuéraHi à Falaùe ; éclair^ 
eissemem hm&rique^ prétend que Guillaume est né non 
dam le château • mais dans une maison que ses parents ma- 
ternels possédaient sur la l^çe du Marché de celte ville. 

Le feit historique, tel que le présent l'auteur de l'Étude, 
est combattu par l'opinion généralement admise par la tra- 
dition et tes hislciriens, qui fuut naiire GuillauMie dans le 
château. 

11 n'est pas un Falaiaien qui , Interrogé par un étranger 
pour savoir où est né Guil|fi|ime, ne lui réponde aussitôt : 
au ckéieau y dam la chambre d* Ariette. 

(;eitc tradition populaire , qui s'est perpétuée de siècle en 



LE 16 JOILLIT i86A. &51 

fùèclf • t con^trf é à U viuttB fortereBsa blauieiiAe la gioîro 
d'af oir ?o naître le Yainqtiear de TÂngleferre, Ta crilkine 
imA^n^ n'a ^ le droil de la nsjeler , quand eUa s^en cou- 
tinaée depols 1$ X.r sitile j«Mqii*k ikm joiin , c'est^ànlire 
prnâ^M 9Q0 ann, i^ ^lors quelle n'en aura paa HmùaAté la 
fnwiQl^, ^ qoe «Q OiU éiMemmeait |»aa i'aoïeaa de i- Élude, 
OU a^l^nr <PYQ4«e le» Ob^mrmions de M» OeilHe, membre 
«le rimM.t^t f ^sr l'fpoqn^ 4^ (« n»is9mc9 de OuiUaume^U* 
C^ipê^rqfÊt, aloi^ î| 4 dâ y lice : « Personne n'ignore qne 
« GnlHaiinii fm le Irnit des aj^iioofs du duc Robert arec l« 
« IMIpd>9 bomrg^i^ de Fulliaie, el qu'il naqmt éam ie 
# elf4ffa¥ ie cette tiltf. f El |>lu9 loin . ajoule |f. Deville, 
« iHHis ¥py(W ÇuiliauQ^ n^re dans le châieau df Falaise. 

M e|i \ff2i. ^n^ le m^ 4» jMilM. * 

Notre savant directeur , M, de Caoroont , d accord aussi 
9fcc 1^ Ir^ditiei^ , et p^rtagp^Pt ropinion de M. Oei iMc , 
#'f xpriine aips^ dans son Itinérqire de Çaeu à Falaise : « En 
f sqiT^ni i^ riiière d'Âote, en afitpvQchant de la f IMe , sous 
tt trpnT#roi|s oqe clialne de roches abruptes, que celte 
u p^tii^ rnîère (raverse, et ^u fond de cette gorge, nous 
<( ^pp^radlt Ip dppJoA , d^os les mors daquel est né Gntl* 
a biJ^pKÇTle-ÇonqMérant » 

1)1. I^iiprfc^-Ruliert, célèbre arcltiiecle du €o»veniement, 
djiQ3 q^ rappi^rt sur le cb|teau de Falaise , adressé à M. le 
liuirte|ial VaiH^iil , n)ini.stre ie la m.aisou de TEmpercnr et 
4e8 l^a^x-^jirls, dit qiji.f le chdieau au est né GtÊUlamfie-U' 
Cwquiram, eu 1027, existait df^jll vers ranuée 4020; il 
^ï^^\i pM a]oi9t.e|r , si Toii on croit la .Chronique de Nor- 
mandie, qu^ Falaise ét^U flcfrissanl ^s le X* siècle , et 
occupait un rang ciisiiugué parmi « ado^k d*9Ulres bonnes 
« villes, et cha^te^ux de ISonQandjije. t 

Les apteurs de 1^ Normandie iUmrie^ en décrî^ant 
te château de Falaise , disent de la chambre d'Ârleue ; 



kj2 SÊANCB GÉNÉRALE TEMUË A fALXlSE , 

« D'après la tradition , U dut naître Guillaumc-le-Conqué- 
« rant. * 

Ainsi, rhistoire et la tradition sont d*accord pour faire 
naître Goillaume dans le château de Falaise. 

Mais objecte Tauteur de TÉtude, il n'est pas vraisemblable 
que Goillaume soit né dans le château, parce que, Richard 
étant venu y assiéger le duc Robert, le château et le donjon, 
loin d'offrir un lieu de refuge et de sécurité , auraient été 
pour Ariette pleins de dangers et de périls. Ne sait-on pas 
que quand une ville est assiégée ou menacée par Fennemi, 
on transporte dans la forteresse ce qu'on a de plus précieux ; 
et Robert pouvait-il avoir quelque chose de plus cher et 
de plus précieux que celle qui bientôt devait le rendre 
père 7 Mais , d'ailleurs , Guillaume n'est pas né pendant le 
siège do château. 

Le duc Richard II mourut le 23 août 1026; Robert, son 
fils, le père du Conquérant , n'avait alors que le titre de 
comte d'Exmes : se trouvant à l'étroit dans ses domaines , U 
voulut les étendre , il refusa de reconnaître l'autorité de 
• son frère, Richard III, que sa naissance appelait au trùne 
ducal, et s'empara du château de Falaise. Richard vint 
aussitôt l'y assiéger ; mais bientôt les deux frères se récon* 
dlièrent, et Richai*d partit pour Rouen , où il mourut le 
6 août 1027, un ou deux mots environ après la naissance de 
son neveu qui eut lieu, comme l'a démontré M. Deville, 
dans le mois de juin ou de juillet de la même année , 1027. 
Alors , le siège avait pris fin depuis longtemps ; la paix était 
rétablie, et Ariette, en restant dans la forteresse, n'y cou- 
rait aucun danger, et elle put , en toute sécurité , y donner 
le jour au futur maître de l'Angleterre. 

Mais, dit encore l'auteur de l'Étude, n'y avait-il pas néces- 
sité pour Ariette, dans l'éiat de grossesse où elle éuit, de se 
retirer dans la maison de sa famille pour y recevoir les soins 



LE 16 JUILLET iiB64. Ù53 

materuels lors de sa délivrance? Pourquoi donc Ariette n'au- 
rait-elle pas reçu les soins maternels dans le château? Sa 
mère n*habitait-elle pas la ville , et d'ailleurs ne voit-on pas 
tous les jours des mères de famille se rendre au loin , près 
d'une fille chérie , sur le point de les élever à la dignité de 
gi*and*uière? Les soins, du reste, ne lui manquèrent pas; car, 
dit la Chronique: « quad vint le temps que nature requiert, 
e Âriète enfanta vn fils nomé Guillaume , leql si tost que la 
« sage-femme Teust reçeu, fut mis sur vn peu de paille 
a blache , sans linge. Alors comença l'enfant à pestiller , et 
« tirer à luy la paille de ses mains , tant quil en eusl plein 
« ses poings et ses bras. Par ma foy, dit la sage-femme , cest 
(( enfant comece bien ieune à acquérir et amasser. » 

L'auteur d/e l'Étude sur la naissance de Guillaume invoque 
l'opinion de l'abbé Langevin dans ses Recherches historiques 
sur Falaise^ et celle de M. Galeron, dans sa Statistique, pour 
établir que Guillaume est né dans une maison ou manoir qui 
appartenait à ses parents maternels. 

Ces écrivains n'indiquent pas le fait comme certain. La 
maison dont parle l'auteur de l'Étude dépendait du manoir 
ducal^ nommé plus tard le manoir du duc Guillaume , et il 
appartenait, d'après M. Langevin, non aux parents maternels 
de Guillaume, mais à Robert-le-Libéral , qui y avait établi 
ses ménagers, 

Guillaume, dit l'auteur des Recherches hisioriqties sur 
Falaise, naquit dans la ville de Falaise, fut baptisé dans 
l'église de la Trinité, et le château fut sa demeure habituelle 
dès son enfance. Ces faits Ji'exclucnt pas celui de la naissance 
du fils d'Ariette dans le château. — L'histoire , en eiïct , ne 
nous apprend-elle pas que Philippe-le-Bel naquit à (Fontai- 
nebleau, Louis XII à Blois et Henri IV à Pau; et qui ne sait 
que cela signifie qu'ils sont nés : l'un dans le château de Fon- 
tainebleau, l'autre dans celui de Blois, et Henri IV dans le 
château de Pau ? 



CAlACrtftES MS L'AMirrGcniu 

DiRS LIS 

MONUMENTS DE LA VENDÉE, 

MlMIII m AB CONlIS AIClÉiMKatlE TEIU A niTIIAr 

Pab M« l'abbê àUBER, 

Chanoine de résiite de Poitiert, historiographe dudioeàBe. 
Impecteur de la Société française d'archéologie. 



Mbssibcrs, 

Dès le commencement de nos travaux , et avant de nous 
lancer dans ces courses scientifiques pour lesquelles vous 
choisissez aujourd'hui ce beau pays de plaines et de bocages 
qui nous entoure , vous accueillerez sans doute avec iotéfét 
quelques idées préliminaires sur les monuments qui vont 
s'offrir à votre examen » et devenir de voire part Tobjet 
d'études sérieuses dont personne ne conteste plus Futilité. In- 
specteur des monuments historiques des trois départements 
qui forment Tancienne province du Poitou, les ayant maintes 
fois revus et médités au point de vue de notre histoire locale, 
il m*a semblé que je gagnerais à vous dire mes pensées en 
vous priant de les rectifier , s'il y a lieu , et que de votre 
côté vous aimeriez peut-être, en abordant une de ces vieilles 
églises, une de ces imposantes ruines qui surgissent ici 
à chaque pas, à y reconnaître la physionomie que j'en 
aurais esquissée d'avance à l'élite de cette Société conser- 
vatrice que vous représentez parmi nous. En abordant cette 



J 



ABCHJTECTUaE DES MOMUMeMTS DE Lk VBMefiB. &21 

îniéressaDte partie de nos travaax commaos , j*ai d'aiileore 
à me réjooir d'aatant plas « qami nous vous voyons en si 
grand nombre tous empresser à ces nouveaux comices de 
Tarcbéologie, d'avoir songé le premier à illustrer de voire 
présence , à éclairer de vos investigations cette plage océa- 
nique si roerveiileosemeot riche d'antiques souvenirs, et 
dont la gloire s'augmente encore de la noblesse de ses 
malheurs. Après avoir considéré ces villes florissantes et 
industrieuses, ces solitudes devenues historiques, ces moin- 
dres hameaux où surgit si fréquemment le majestueux 
prestige des grands noms, — où s'immortalisent, dans chaque 
pierre délaissée , dans chaque temple ou château vivant 
encore, toutes les chroniques d'un vaste pays , n'avais-je pas 
sujet de m'étonner que la Société française n'y fût pas venue 
cueillir encore ces fleurs de la science dont elle se couronne 
partout, et frayer quelques jours avec ces savants modestes 
autant que sûrs qui , soit par la culture des lettres et des 
arts , soit par d'habiles et fructueuses recherches , agran- 
dissent tons les jours le domaine de rintelligencè publique, 
consacrent à de précieuses études les honorables loisirs d'une 
vie occupée , et inscrivent en beaux caractères dans les 
fastes de cette riante et tranquille province des noms que 
sa patriotique reconnaissance n'oubliera pas? Aussi, grâce 
à ce savant aimable qui nous dirige depuis trente ans, avec 
un zèle aussi heureux qu'infatigable, l'appel a été proclamé. 
Vous l'avez entendu, vous accourez de toutes parts : pour- 
rais-je n'être pas quelque peu fier d'avoir suscité cette idée 
féconde, et si Pontenay ne me doit pas consciencieusement 
pour cela une place dans ses dyptiques, n's^i-je pas quelque 
droit à me compter du moins au nombre de ses amis 7 

Mais j'aborde bien vite l'objet que je me propose et sur 
lequel j'ai cru devoir appeler , Messieurs , votre judicieuse 
attention. 



ait CORÔlttslS âBCHfiOLOélQVe éË tfUML 

Lé raraéféf^ le |itw IrappMiC oHert tèut d'xbaM k fir^ 
ehéblogm qlii tiMittf k« mmMRittiftt ié h YdÉdée , o*ci» h 
pt^ée ifiiif«fiiillté do style prismiHqae sam l' rat tf CB 
dii^tfel il fletnbié, an prc^mier dovfnd'ttîi, que toMâélS 
côfisirni. paf va deitsdif arrêté, et d'après ëoe aorte de 
f^ao d'eflsembte prémédité par !<« arcUttetes d*«ia nrfoia 
époqde. C'est qti*eii effet ime rénoraiioD dot s*y fnrs 
vers la lia de la période egÎTaid , et le fvyagear » aans^Sèn^ 
fiatire la tie hfsioriqae de ce bcao pays « en deviserait ks 
phases à ee type général : il serait Mnitèt eondmt, a« InoyHl 
de certains détails « ï remonter Joaqa'aux temps prinMis 
où le ehristianisme s'empara de la contrée. Qvi pael 
ignorer aajéord'lim que ta présence éek églises rooMMi « 
teHes qoe lé XV siècle les a prcaque tovies releréssi té- 
moigne de la foi chréflenne , pendant le cours des siècles an* 
tériedrsy et que la Gaule , quoiqu'elle vit eacorè des restes 
iHtaobrenx , knais éfiars du paganisme jiisqu** la An de la 
dynastie méroTingiemie, Art tdute conquise à iésds-GhriM 
dès le III* siècle • eO dépit mènfe des pei*séetttions qus la 
foi y dut Mbir jusqu'à Tépoqoe de GonstMlin 7 De Bi, psar 
robser^atcur, une complète certitude de rarchitecture caths- 
lique^ avec ses Mb déjà (sites de rerisntation* des nombns 
mystiques « de Ticonographie traditionnelle. De ce point 4t 
départ» qui constitue partout la période romaine « inodifiéa 
peu I peu dans le mode de construction et dans rornemeott- 
tiott sculptée , on arrite au roman proprement dit» bramitisB 
rationnelle entre l'art primitif encore trop imbu« au juge- 
ment d'une société qui se perfecUoone « des tendaacci 
froides et par trop raides de la civilisation antique* C'est sa 
triomphe sur les vieilles idées; c'est un dévetoppemest 
donné è l'art chrétien au profit du spiritualisme ^ et cet 
élatfi une fois pris, ne s'arrêtera plus: il ira de progritra 
prfi^ès , à travers les richesses de ces compositions artitk 



ARCHlTECnriE DES liONliMBNTS K LA ?SADÊE. &23 

tiitiie» èmi sVnergucittiiseBt avee niioa les râgnts de 
Rognes Capet , de Philippe- Auguste ei de saént Looml Hti^ 
après , fastrs décime et s'éloigne sensUiletneDt de 
apsgée: le maniéré arrive, to syraboUsme s'afIbibKt» 
et ParebMedure , hélas f retombe sous l'éqoerrt et le 
ariAipnn de ces Grecs et de ces Romains dont on l'avait si 
glorieOKniem déllfrée. Toutes ces révetntiotts, Messieurs , 
ft'msement ici plus que nulle part sor les murs des monu- 
nMMs religieux : de saint Vivence , retiré vers tM dans la 
Bolittide d'Oionne ; de saint PhiKhert, fondant le monastère de 
NoiruBontier, vers 675; de saint Pient qui, cent ans aupa- 
rofvaat, était venu aborder dans nn naufrage à Vile de Mall- 
leORs, jnsqa'à ce vénérable Grignon do Monlfort, dont les 
restes attendent nue gioriicatîon prochaine dans une cha- 
pelle obsoiire de St-Lanrent-sur-Sèvre ; tout est marqué 
MU coins multiples de tontes les variations de l'ait. Et si 
nous aJQQtons k ce passé ce qoe le présent nous apporte 
dMiqne jour, depuis qoe la sdence arcbéologîqns renouvelle 
daas PEurope entière tant d'édifices du vrai Dieu, nous 
trouverons eu Vendée, non moins qu'ailleurs , des églises 
modernes cnnstruites en entier, des restaurations bien plus 
nonabrenses de vieities églises qui s'écroulaient Peutrêtre 
les unes et les autres n'offrent pas toujours , en fait de 
travail, des ipécimens irréprochables : des tfttonnemenrs 
insthenrenx y peuvent accuser maînies fois des mains encore, 
tmp peu exercées, eu ce parti pris, plus malheureux encore 
de se jeter hors des voies normales et d'innover en nue 
obose dont les règles doivent rester sacrées et inviolables. 
il faut reconnaître cependant, ï la juste louange de nos 
plus récents architectes» que leurs ceuvres sont les meilleures 
psrco qu'une plu^ grande expérience est née pour eux des 
fsttiss de knrs prédécesseurs > et que de eonseienctenses 
études n'ont cessé de sonflkr li leur intelNgence, avec le. 



&3& CONGBËS ABCHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

wDtiment de Tart, le principe rcligieax qui seol lai dooae 
^'animation et la vie. 

La caase de ces transformations saccessives est ici, oomme 
partoot ailleors, dans les grands événements historiques 
dont le territoire fut troublé. Mais s'il a va ses églises et 
ses monastères rasés trop souvent par le fer et le feu des 
hordes normandes qui, des îles voisines, débarquaient trop 
aisément sur ses rivages; si Toccupaiion anglaise y ra- 
mena, avec de longues et fatales rivalités si tristement 
commencées, les mines que les guerres religieuses du 
XVl* siècle continuèrent et qu'achevèrent celtes de la Ré- 
volution , il faut reconnaître que nulle intervention n'opéra 
due destruction plus radicale et plus complète que celle 
de nos amis d'Outre-Manche, à qui l'Océan ne fut pas 
moins scrviable qu'à leurs prédécesseurs des IX* et X« 
siècles. C'est tout-è-fait sans réflexion, comme nous l'établi- 
rons bieni6t| qu'on a voulu disculper les Anglais d'avoir bit 
ce mai auquel, disait-on, ils n'avaient pas d'intérêt sur un 
sol qu'ils possédaient On sait bien qu'ils ne le possédèrent 
pas sans conteste, que Bressuire, Fontenay, Luçon, 1^ 
Garnache et bien d'autres lieux • pris et repris à la suite de 
sièges sanglants , durent se rebâtir des débris qu'eux-mêmes 
y avaient accumulés: c'est pourquoi nous voyons tant 
d'églises reconstruites soit pendant leur domination longtemps 
victorieuse, soit après leur définitive expulsion , mêler dans 
leur enceinte murale les traces violentées du roman pri- 
mitif à des reprises d'un autre temps ; abriter des piliers 
cylindriques et des chapiteaux historiés sous des voûtes de 
la Renaissance; à c6té des élégants entrelacs, des monstres 
hybrides, des combats de l'homme avec Satan, étaler l'imi- 
tation à peine significative des chardons, des feuilles de 
choux et de ces grappes de raisin étudiées qui ne sont plus 
celles du moyen-Age. Enfin, ne reconnaît-on pas des retou- 
ches fort instructives dans le voisinage fréqqent de ces 



Atcmrtctvtt DES iiORtJiifii4TS M LA rsxBÉc lAi 

beDes et élûmes fenêtres » alkuigées et étroites » d*iiiie 
coupe si parfaire , d*une ébrasore si profonde, et de ces 
rosaces à meneaux innombrables, à festons flamboyants» qni 
jettent à l'intérieur, avec une profusion mal cakolée • un 
joar qui n'y devait entrer qu'avec une mystérieose parci- 
monie, avec une religieuse timidité? Toutes ces anomalies 
se rencontrent aujourd'hui dans la, cathédrale de Luçon. Il 
semble qu'en elle» si belle des conceptions de son premier 
plan , et si malheureuse des mutations qui la dénaturent » 
se sont résumées toutes ces contradictions , aussi nom- 
breuses sans doute » mais moins sensibles» en une foule 
d'autres édifices qui ne sont pas aussi vastes et qui ne 
furent jamais aussi riches de détails. — Il en était ainsi à 
la triste abbaye de la Grenetière , non loin des Herbiers • la* 
quelle n'a plus que ses débris, mais qui attestait encore dans 
toute son intégrité, avant 1789, tous les styles qui la sépa- 
rèrent successivement , du XII* au XVII* siècle. — Ainsi , 
encore cette belle église des Herbiers, reconstruite au XV* 
siècle, garde sa tour romane au milieu de quelques retou- 
ches que nécessitèrent, vers la fin du XVI% les aménités 
habituelles des Huguenots. — La petite église d*Aspremout, 
détruite et refaite vers 1450 (?), a conservé sa placée côté du 
château relevé par des architectes de la Renaissance , au- 
dessus de la charmante vallée qu'il domine avec elle; et 
pour peu que nous arrêtions nos regards, à celte occasion, 
sur l'architecture civile ou miliuire , nous verrons sous les 
tours romanes et aux trois quarts démantelées de Tifiauges, 
par exemple , l'ogive se dessinant aux arcades d'une chapelle 
postérieure ; et IVIareuil, unissant en apparence dans un même 
style son donjon féodal et son église des XI* et XII* siècles, 
jeter au loin , vers Luçon et Napoléon- Vendée, les souvenirs 
de ses vieilles fortifications perdues, unis à ceux de la religion 
qui y vit toujoum. 



&3Ô MSCèlfeS ABGBÉCytOCIQCE DE FKAnCE. 

HAiteiiant reréttoâsl fin« qoMtion qui Mrgb 4^e« 
mêtntf en fke de ces époques û diireraes, mais paraii ki- 
qoelles on foit le genre prismatique poser eu triomphateur 
ses asiisef de graiides pierres , les arcs^ooMeaiix ^ pndUs 
todrmeitfés de ses ?oûtes aplaties , et ses piliers YMevint 
vers elle comme des palmiers , aox brandies sf eliw et 
touffues. Est-ee à des mains anglaises qu'il fattt attribuer, 
fomme on le redit smivent, cette régénération de TareUiectinre 
loi^le ? Nos amis ont-ils laissé, dans ces œuvres qoi couvrent 
toute une contrée, le caractère de leur pensée personnelle 
et de leur travail propre ? Nous sommes loin de le croire ; 
d défit convaincu, par ce qui précède, que leur domination 
dhet nom y cimenta des ruines avec do sang, nous devons 
reconnaître, en revanche, qu'ife s'empressèrent moins de les 
réparer que d'en faire toujours de nouvellra. Comparet les 
monuments de ce pays avec ceux qui retnpiacent, ailleurs, les 
ravages qu'y Srent leors querelles et les nOtres : on ne volt 
rien qui ne se ressemble parfahement, et toute cMe arcki- 
tecture est purement française. Donc, en Vendée aussi, ce 
sont des mains nationales , des travailleurs locaux dont les 
sueurs ont reconstitué nos saints édifices. Pour s'en ton* 
vaincre , il ne faut que motiver par une fouie d'exemples 
Targument de comparaison que nous invoquons ici. Toyei 
toute la Guyenne, dont nous formons une portion si impo- 
sante, et dffes-nons quelles traces étendues on y rencontre de 
Part étranger. C'est du souffle local que se sont uniquement 
inspirées les restaurations des XIV* et XV* siècles. Quelques 
chapiteaux à tailloirs arrondis , avec leurs socles de même 
forme (1) , un petit nombre de chevets plats , quelques 



(1} If. de Caomoiit attribue ce eamctèce, fort cobomiii en Bre- 
tagne, à la nature det malénaiii (i8v/(. iiioHi(iii.,t XVI, p. Ali^lfaifM 
?eit, 1^ cette Identité de quelques foroBvs fofithes , que ce praf «iif 



ABCHlTBCmE M3 HOKUliam M tM TIR»ÊL Vît 

fmêirct toenin h msle droit, que J« lie tadie p* wéinr 

rMM#f|«ées m ftoetiiie é|^, non ph» qo'Monn ipéci* 

^ fciitft Meidé d« stylo perpendicdatres enlhi « qnek|ooo 

r»fTs figures géoméliicpies 9« glissant dan» rornènoolalioé 

setilpiée dA tympins o» des eomiclie» ^ modilknis; loat 

cëh ne snSt pa» à inscrire sor les pierres d'on mononenl 

l'HiOo^nète <|«*un petit nombre d'obserTamirs seraient perlés 

h 7 décovvrir^ La Bretagne aossi, pour qni lea mêaM caoses 

•nt amené lee mênies maliiears , laisse remarquer dans stt 

églises relaites k la même époque de telles analogies aveo les 

nôtres, qn'oo ?oit bien, en reroonunt à rUstoire de œ vaste 

Kuoral , qne si le mélange des deux peuples a pn établir 

certains rapporte entre leors mode» de eonstrnction « ces 

rapports ne re|)osaient que sor de simples réminisGenccs , et 

n'ont pas empêché Tart français, toujours si diflérent de 

celui de nne voisins, de garder ses allures constantes et sa 

Irancbe el absolue personnalité (i). On serait frappé des 

mÉmes coosutations archéologiques, en parcourant la Cham* 

ènm Hm ileiii eoutrécs un iMuiê lou? snir d'duvriers ^t , nm h 
i m tÊ t r à là niMlière aiiflaise, avaient po en pfcndra ^oelqacfe 
împTMiieDS Irrélèchieiy cooune il te bit toujoart aui époques de 
tnositioB» 

(1} M. Darcel a peut-être , leloii nous , donné trop d^iaiportance à 
quelques réstëmblanées obMrvées per lai en Bretagne et en Adg^te- 
lerre daii» la eonfeclkni de quelques tympens et de féMse des 
fenêirei ( V. Atèàate$ mr^iM^^qiuê, U XIX« pw OSS )• Nous croyonè 
■voir t«rasv«|né t en Bretagne , que om esemplei ne lent pas asseï 
nonlirettx pour te prftter à une induction aosil fénéralc. Il y s d*ait- 
Icurf , dans cette province plus que dm nou8« on trait qui caractérise 
spécialeoMut la plupart des églises dues ft la période de Cliarles V à 
Charles IX, ce qui eompi^tid une suite de pHs de dé«t oeiits stinéei 
( t SttA-lMV}. Le plus tf^M noinafe des voOies f nirenf ètsMisa en le^ 
faites en bois et omemenlées de sculptures et de peintures : Je ne sais sî, 
en Vendée^ on peut en monlrér un seol exeioplatre qui s*eii FSpfNrse|Wv 



&3S COKGBÈS ABCHÊOLOGIQUE DE FBANGE. 

pagne, TArtois et ta Picardie, où l'occopaiioo anglaise s*e9t 
manifestée plus qu'ailleurs, par des conséquences îdeDtîqaes, 
et dont les reconstructions ne passent pas pour une répara- 
tk>D consciencieuse des vainqueurs (i). 

Au reste, il ne faut pas oublier que si les Anglais, catho- 
liques alors autant que nous , furent les possesseurs légi- 
times du Poitou, dés la fin du XII* siècle , en dépit des 
sympathies qu'ils n'y trouvèrent jamais fort complètes, cette 
possession même exclut toute accusation de yandalisme 
contre nos monuments ; et , dans cette première phase de 
leur séjour sur notre territoire, ils étaient tout aussi inté- 
ressés que nous-mêmes à ne pas le dépouiller de ses 
richesses artistiqnes. Alors les seigneurs féodaux rendaient 
hommage au roi d'Angleterre, nos principales abbayes 
l'avaient pour Avoué : il était le suzerain de tous , presque 
toujours paisible et respecté , comme le maître absolu et 
l'arbitre de toutes choses ; ce n'est qu'après la mort cruelle 
d'Arthur de Bretagne et la confiscation judiciaire , en 1200 , 
de ia province par Philippe- A uguste , que les hostilités 
prennent un cai*actère de haine nationale , que les sièges et 
les assauts deviennent journaliers, et que les villes voient 
tomber, à différentes reprises, leurs forteresses et leurs 
églises , transformées souvent elles-mêmes en lieux de résis- 
tance. Encore tant de ravages ne sont-ils rien en comparai- 
son de ce qui se passe en suite du traité de Bréiigny , 
lorsque l'efprit national , éveillé par la grande catastroplie 
de Maupertuis , s'indigna enfin contre ce joug que rien ne 
pouvait lui faire accepter. De longues chevauchées, des com- 
bats réitérés dévastent les campagnes et les villes , soas 
la fortune diverse des partis , jusqu'à ce qu'enfin , après les 
ravages de Derby et de Chandos, la brave épée de Dugues- 

(i) fiulL monnm,, t XII, p. 4^3 et suit. ; t. XIX, p. 145. 



ABCUITfiCTUlfi DBS HOMUMSlITft Dg Lk TBMDÉ£. 42ft 

cKa, pois celle de Jeanne d*Arc trempée sor l*asfel de 
S^-Gatherioe de Fierbois » refoulent , de la Vendée el de b 
France^ les hautains conquérants qu'elles détestaient Ce fnt 
alors qn*on dut songer à réédifier, de toutes parts» les monas- 
tères et les ^ises. De là celte nouvelle eflOorescence que les 
torches du calvinisme devaient flétrir» cent ans après. Cette 
dernière révolte causa des pertes d'autant plus irréparables 
que ce qui n'était de la part d'un étranger qu'une suite indis- 
pensable des nécessités de la guerre , devint pour tant de 
Français égarés un système implacable de destruction bai* 
neuse» sans, autre but que celui de la vengeance et du mal 

Aussi nous avons sous les yeux , en parcourant le tableau 
arcbéologîque de la Vendée » ime histoire très-lisible des 
XI V« et XV* siècles par les monuments. — Mais cette histoire 
est comme une gaze précieuse où Taiguille avait prodigué 
les charmants caprices d'ingénieux dessins, à travers lesquels 
un œil attentif apercevrait encore d'autres beautés non 
moins attrayantes. Le fond de ce tableau si diversement 
nuancé, c'est toujours notre beau XII* siècle, tout radieux 
des vives couleurs de sou esthétique imagée « de ses ensei* 
gnements théologiques et de ces magnifiques formes de plan 
général qui s'éterniseront, soyez-en sârs, avec leur symbo- 
lisme profond jusqu'à la consommation des choses humaines. 
Aussi, Messieurs, en parcourant cette terre qui vous pro- 
mettait des charmes inconnus ; en admirant ces contrastes 
si attachanis qu'aiment les esprits élevés « entre une si 
riante nature et des monuments dont les souvenirs s'imprè- 
gnent en même temps de tristesse et de gloire, vous recon- 
naîtrez .sans peiue que si un jour ces édifices sacrés , semés 
sur votre itinéraire savant dans ces fécondes campagnes , 
devaient se relever à nouveau ou s'entourer de succursaleu 
nouvelles, ce n'est. point le style insuffisant et froid de 
Charles VII, de Louis \II et de François 1*', qu'il faudrait 



DAR8 LB8 

MONUMENTS DE LA VENDÉE, 

MliOttl LU AD COKlIS AICHI0LMIQVB TEXU A imiUT 

Pab m. L'aBBÈ AUBER^ 

CbanolM de règliae de Poilien, historiographe du dioeèse. 
iMpeeteur de la Société firançaise d*archéoI<^. 



Messieurs, 

Dès le commencement de nos travaux , et ayant de nous 
lancer dans ces courses scientifiques pour lesquelles ?oas 
choisissez aujourd'hui ce beau pays de plaines et de bocages 
qui nous entoure , tous accueillerez sans doute avec intérêt 
quelques idées préliminaires sur les monuments qui vont 
s'offrir à votre examen , et devenir de votre part l'objet 
d'études sérieuses dont personne ne conteste plus l'utilité. In- 
specteur des monuments historiques des trois départements 
qui forment l'ancienne province du Poitou, les ayant maintes 
fois revus et médités au point de vue de notre histoire loale, 
îl m'a semblé que je gagnerais à vous dire mes pensées en 
vous priant de les rectifier , s'il y a lieu , et que de voire 
côté vous aimeriez peut-être, en abordant une de ces vieilles 
églises t une de ces imposantes ruines qui surgissent ici 
h chaque pas, à y reconnaître la physionomie que j'en 
aurais esquissée d'avance à l'élite de cette Société conser- 
vatrice que vous représentez parmi nous. En abordant cette 



ARGHJTECnmS DES MONUMEMIS DE Là YSNDtB. 421 

intéressante partie de nos trayanx communs , j'ai d^ailleors 
à me réjoQÎr d'autant pins , qnand nous tous voyons en si 
grand nombre vous empresser à ces nouveaux comices de 
Tarcbéologie, d'avoir songé le premier à îllostrer de votre 
présence , è éclairer de vos investigations cette plage océa- 
nique si merveilleusement riche d'antiques souvenirs, et 
dont la gloire s'augmente encore de la noblesse de ses 
malheurs. Après avoir considéré ces villes florissantes et 
industrieuses, ces solitudes devenues historiques; ces moin- 
dres hameaux où surgit si fréquemment le majestueux 
prestige des grands noms, — où s'immortalisent, dans chaque 
pierre délaissée , dans chaque temple ou château vivant 
encore, toutes les chroniques d'un vaste pays , n'avais-je pas 
sujet de m'étonner que la Société française n'y fût pas venue 
cueillir encore ces fleurs de la science dont elle se couronne 
partout, et frayer quelques jours avec ces savants modestes 
autant que sûrs qui , soit par la culture des lettres et des 
arts , soit par d'habiles et fructueuses recherches , agran- 
dissent tons les Jours le domaine de l'intelligence publique, 
consacrent à de précieuses études les honorables loisirs d'une 
vie occupée , et inscrivent en beaux caractères dans les 
fastes de cette riante et tranquille province des noms que 
sa patriotique reconnaissance n'oubliera pas? Aussi, grâce 
à ce savant aimable qui nous dirige depuis trente ans, avec 
un zèle aussi heureux qu'infatigable, l'appel a été proclamé. 
Vous l'avez entendu, vous accourez de toutes parts : pour- 
rais-je n'être pas quelque peu fier d'avoir suscité cette idée 
féconde 9 et si Fontenay ne me doit pas consciencieusement 
pour cela une place dans ses dyptiques, n'i^i-je pas quelque 
droit à me compter du moins au nombre de ses amis ? 

Mais j'aborde bien vite l'objet que je me propose et sur 
lequel j'ai cru devoir appeler , Messieurs , votre judicieuse 
attention. 



Lé tméiite te ptos frappotiif oÊm léai d'd>oM ^ Far^' 
diétilogue <itiî tMié k« mofffAietm dé k VëÉ<iée . o*ci» U 
j^efsqde tfiiivcf^M dii siyie prbmttfqiMi son fioMcMe 
dii^nel il setnWé, au prcrmier dovfHd'int, que tsMééiê 
cônMrtti. par ira destsehi arrêté ,r et d*aprè» ém «irte de 
|i4aii d*ei»eiiibhe prémédité par léi «^cMteetes d'an* ■rfoit 
épDqde. C'est qu'en effet une rénorwàm dot s*y fnrè 
terd la fin de la période egifale , et le ?ciyageiir , wtmékà^ 
natire la tie bisioriqae de ce beau pays , en de?îaerait M 
phases à ee type général : it serait hieniét condaît, a« Inoiffè 
de certanns détails , à reDionler Jusqu'aux temps priniiîfi 
où le ohristianisme s'eApara de la contrée. Qui peut 
ignorer aujourd'hui que la présence éeà églises romaues « 
telles que lé XP siècle les a presque toutes releréss^ lé- 
moigne de la foi chrétienne , pendant le cours des siècles an- 
tériebrs^ et que la Gaule , quoiqu'elle ?it eueort des restes 
nckintM-eux , knaié épars du paganisme jiisqu*! la &a de la 
dynastie i»érovingienne, fut toute conquise à Jésus»€hriii 
dès le lil* siècle , en dépit mêote des perséditîoiis qus la 
foi y dut subir jusqu'à l'époque de Gonstanlin ? De Bi« peer 
l'obsenraicur, une complète certitude de rarchitecture catha- 
lique^ avec ses lois déjà laites de rerienution^ des nombni 
mystiques « de l'iconographie traditionnelle. De ce point è% 
départ» qui constitue partout la période rôn»iae« modifiée 
peu è peu dans le mode de construction et dans l'orneneoti- 
tion sculptée , ou arrite au roman propreUMni dit» transitioa 
rationnelle entre l'art primitif encore trop imbu* au Juge- 
ment d'une société qtû se perfectionne « des tendaDcn 
froMes et par trop raides de la civilisation antique. C'est sa 
triomphe sur les vieilles idées; c'est un développement 
donné è l'arl chrétien au profit do spiritualisme » tt cet 
élan'i une fois pris, ne s'arrêtera plus: il n^ de progrès es 
projoçrès , à travers les richesses de ces conipOsitiont afti(k 



ARCHlTECnmE BES liONUMBNTS K LA VBUDÊE. &23 

tii|ti«» èmi sViiMfgiieittiiseBt avee niMa les râgnts de 
Rognes Capet , de Philippe- Auguste ei de saint Looia, Mikr 
Imiiiiôi après , Kastre décline et s*ék>igBe stnaîUeiiient de 
Mn apsgée: le maniéré arrive, to aymboUsme s'afftwbKt» 
0t FarebHecHire , hélas ! retombe sous Téqnerre et le 
rde ces Grecs et de ces Romaina dont on Tafaitsi 
lit déUvrôe. Toulea ces révetntions, Mesaieiirs , 
»*mBeri?ent îd plus que nulle part sur Ips murs des moBa* 
oaeiiu reKgieox : de saint Vif ence , retiré vers 560 dans la 
soKtade d'Otonne ; de saint PhiKhert, fondant le monastère de 
NoifiMotier, vers 675; de saittt Pient qui, cent ans aupa- 
rwmty était fCDo aborder dans un naufrage à Vile de Mail- 
laoÊÔBy j«squ*k ee vénérable Grignon do Uonlfort, dont les 
vcaies attendent nne glori6catnn prochaine dans une cha- 
pelle obscure de St-Laurait-sar«<Sè?re ; tout est marqué 
MU ceîns moltiples de tontes les variations de Tait. Et si 
nous ajontoQs k ce passé ce que le présent nous apporte 
dMqne jour, depuis que la science arcbéologiqoe renouvelle 
daas rSurope entière tant d'édifices du vrai Dieu, nous 
traiverons en Vendée» non moins qu'ailleurs , des églises 
modernes construites en entier, des restaurations bien plua 
nonabrenses de vieilles églises qui s'écroulaient Peut-être 
les unes et les autres n'offrent pas toujours, en fait de 
travail « des ipécimens irréprochables : des tàtoiMiemenrs 
iBaihenrenx y peuvent accuser maintes fois des mains encore, 
trop peu exercées, en ce psrti pris, plus malheureux encore 
de se jeter hors des voies normales et d'innover en une 
chose dont ks règles doivent rester sacrées et inviotoblesw 
il faut reconnaître cependant, à la juste louange de nos 
plua récents architectes» que leurs œuvres sont les meilleures 
parce qu'une plu^ grande expérience eat née pour eux des 
fautes do lenrs prédéceBsenrs » et que de consciencieuses 
étnten'ont cessé de sonflkr li leur intelligence, avec le» 



&3& CONGBËS ABCHÊOLOGIQUE DE FRANCE. 

wbtimentde Tart, le principe religîeax qui seal lai donne 
^*auimsition et la vie. 

La cause de ces transformations successives est ici, oomoie 
partout ailleurs, dans les grands événements historiques 
dont le territoire fut troublé. Mais s*il a vu ses églises et 
ses monastères rasés trop souvent par le fer et le feu des 
hordes normandes qui, des îles voisines, débarquaient trop 
aisément sur ses rivages; si Toccupation anglaise y ra- 
mena, avec de longues et fatales rivalités si tristement 
commencées, les mines que les guerres religieuses du 
XVl* siècle continuèrent et qu'achevèrent celles de la Ré- 
volution , il faut reconnaître que nulle intervention n*opéra 
due destruction plus radicale et plus complète que celle 
de nos amis d'Outre-Manche , à qui TOcéan ne fut pas 
moins scrviable qu'à leurs prédécesseurs des IX' et X« 
siècles. C'est toul-è-fait sans réflexion, comme nous l'établi- 
rons bieni6t| qu'on a voulu disculper les Anglais d'avoir fait 
ce mai auquel, disait-on, ils n'avaient pas d'intérêt sur un 
sol qu'ils possédaient. On sait bien qu'ils ne le possédèrent 
pas sans conteste, que Bressuire, Fontenay, Luçon, I^ 
Garnache et bien d'autres lieux , pris et repris à la suite de 
sièges sanglants , durent se rebâtir des débris qu'eux-mêmes 
y avaient accumulés: c'est pourquoi nous voyons tant 
d'églises reconstruites soit pendant leur domination longtemps 
victorieuse, soit après leur définitive expulsion , mêler dans 
leur enceinte murale les traces violentées du roman pri- 
mitif è des reprises d'un autre temps ; abriter des piliers 
cylindriques et des chapiteaux historiés sous des voûtes de 
la Renaissance; à c6té des élégants entrelacs, des monstres 
hybrides, des combats de l'homme avec Satan, étaler Timi- 
tation à peine significative des chardons, des feuilles de 
choux et de ces grappes de raisin étudiées qui ne sont plos 
celles du moyen-Age. Enfin, ne reconnaît-on pas des reloo* 
ches fort instructives dans le voisinage fréquent de ces 



Atcamcivtt DES uoruiusmts dc la rSXBÉE. k^i 

belles et élûmes fenêtres , allongées et étroites « d'ooe 
coope si parfaire , d*ane ébrasore si profonde, et de ces 
rosaces à meneaux innombrables, à festons flamboyants» qui 
jettent à rintérieur, avec une profusion malcaknléet un 
jour qui n'y devait entrer qu'avec une mystérieuise parci- 
mooie, avec une religieuse timidité? Toutes ces anomalies 
se rencontrent aujourd'hui dans la, cathédrale de Luçon. Il 
seoibie qu*en elle, si belle des conceptions de son premier 
plan » et si malheureuse des mutations qui la dénaturent » 
se sont résumées toutes ces contradictions , aussi nom- 
breuses sans doute, mais moins sensibles, en une foule 
d'autres édifices qui ne sont pas aussi vastes et qui ne 
furent jamais aussi riches de détails. — Il en était ainsi à 
la triste abbaye de la Grenetière , non loin des Herbiers , la- 
quelle n'a plus que ses débris, mais qui attestait encore dans 
toute son intégrité, avant 1789, tous les styles qui la sépa- 
rèrent successivement, du XII* au XVII' siècle. — Ainsi, 
encore cette belle église des Herbiers, reconstruite au XV* 
siècle, garde sa tour romane au milieu de quelques reloo- 
ches que nécessitèrent, vers la fin du XVI«, les aménités 
habituelles des Huguenots. — La petite église d*Aspremoot, 
détruite et refaite vers 1450 (?),a conservé sa place à côté du 
château relevé par des architectes de la Renaissance , au- 
dessus de la charmante vallée qu'il domine avec elle; et 
pour peu que nous arrêtions nos regards, à cette occasion, 
sur l'architecture civile ou militaire , nous verrons sous les 
tours romanes et aux trois quarts démantelées de Tifiauges, 
par exemple, l'ogive se dessinant aux arcades d'une chapelle 
postérieure ; et Mareuil, unissant en apparence dans un même 
style son donjon féodal et son église des XI* et XII* siècles, 
jeter au loin , vers Luçon et Mapoléon- Vendée, les souvenirs 
de ses vieilles fortifications perdues, unis à ceux de la religion 
qui y vit toujoum. 



&36 MXèifes ABCBioiociQtE DE reA:icE. 

HAiteilitit reréttotts k oné qoMion qn? Mrgb dVUe* 
mêtntf en fke de ce$ époques si divemeê, nub paraii k»- 
qoêllM on foit l6 genre pHidnatiqne poser en triomphatMr 
9éê aeriset de grandes pierres , fes arcs^ooMeaux ^ prultts 
toftmaeitfés de ses coûtes aplaties , et ses piliers YéleTiK 
vers elle comme des palmiers , aoi brandies sf elfes et 
touffues. Est-ee fe des mains anglaises qu'il faut altriboer, 
romme on le redit smnrenl, cette régénération de TarcUiectare 
locale ? Nos amis ont-ib laissé, dans ces oeuvres qui couvrent 
toute une contrée, le caractère de leur pensée perseonelle 
et de leur travail propre? Nous sommes loin de le croire; 
et défk convaincu, par ce qui précède, que leur dominaliott 
dies nous y cimenta des ruines avec do sang, nous devons 
reconnaître, en revanche, qu*ife s'empressèrent moins de ks 
réparer que d'en faire toujours de nouvelk». Comparet les 
roonnments de ce pays avec ceux qui retnpiaoent, ailleurs, les 
ravages qu*y firent lenrs querelles et les n(kres : on ne voit 
rien qui ne se ressemble parfaitement, et toute cMe arcki- 
tecturéest purement iVançaise. Donc, en Vendée aussi, ce 
sont des mains nationales , des travailleurs locaux dont les 
sueurs ont reconstitué nos saints édifices. Pour s'en con* 
vaincre , il ne faut que motiver par une foule d'exemples 
Targumentde comparaison que nous invoquons ici. Toyei 
toute la Guyenne , dont nous formons une portion si impo- 
sante, et difes-nons quelles traces étendues on y rencontre de 
Part étranger. C'est du souffle local que se sont uniquement 
inspirées les restaurations des XIV* et XV* siècles. Quelques 
chapiteaux H tailloirs arrondis, avec leurs socles de même 
forme (1), un petit nombre de chevets plats, quelques 



(1} lf« 4e GsamoQt attribue ce caractère, U^ cobomiii eu Bit- 
tapie, à la nature det iDalériaiii(i8ic^(. moNiMi^t. XVI, p. a9i)rMai>an 
?oit, 1^ celte Idenlilé ée ^elque» fevaif» fiisitWei , ^e ce |»evr êlrf 



ABCHlTBCmE M3 WMVUmm M tM TI1I»ÉL Vît 

fmêfrct toenin h msle droit, que J« lie tadie pft wéiw 

avmr rMM#f|«ées m ftocmie é^se, non ph» i}n*M€iin ipéci^ 

Bien lim Meidé d« style perpendicnlaire} enlin « qnek^oon 

rares figures géoméliicpies se glissant dan» Tornesieoiaiîoé 

soolplée dilk tympens e» des eornidie» à aiodilloM; font 

eëla ties«Sl|Meà inserire sur les pierres d'un oiènimienl 

l'HHIiien^^ <l«*an petit nombre d'obserratevra siéraient perlés 

à 7 décovf rki La Bretagne aossi» pour qvi lea mêiiM caosee 

iNrt àMeMè le» mêmes maliiears « laisse remarqoer dans stt 

^ises refaites k la même époqne de telles analogies aveo les 

nMres* qo*oo iroit bien, en remontant à Tbistoire de œ ?asie 

IHioral , qne si le mélange des deux peuples a pn éi^ir 

certains rapporta entre leors mode» de constroction , ces 

rapports ne reposaient que sur de simples réminiscences, et 

ii*oiit pas empêché Tart français, toujours si diflérent de 

celui de nna voisins, de garder ses allures constantes et sa 

francbe el absolue personnalité (i). On serait frappé des 

roêmes ooostalatioBs archéelogiqoes, en parcourant la VbiHih 

ënm les deiii ooMtrécs un iMuiê lou? snir é'cnnien ^t , nm it 
fmmtr a là mmiière siiflaife, avaîast po en pfctodra ^otlqacfe 
iapTMiiooft trrMteliîett comine il te fait toujoart aui époquit de 



(1) M. Darcel a peut-être, mIod nous , donné urop d^importance à 
quelques résaëmbran6ss o&Mrvées psr loi en Bretagne et en Adg^te- 
lerre daii» la eonfecthin de quelques iyai|itns et dd féMse M 
tenêcrefc ( V. iMit/M nrMoloffiqiUê, t. XIX« pw 081 )^ Nous crofoni 
avoir t«mon|aé i en Bretagne , que on eiemplei ne leot pas asset 
nombreux pour te prêter 4 une induction aos^i fénéralc. Il y a d'ail- 
leurs, dans celle province plus que chn nous^ un trall qui caractérise 
spécialeoMut la plupart des églises dues ft la période de Charles V à 
tharles IX, ce qui compi^fid une suite de pfCs dé dé«t oeiMs aimées 
( tSllSi-1560}. Le plus itraed noinafe d«s ▼eOlsa f fUrsuf ètaMisa en le^ 
faites en bois et omemenlées de sculplorfs et de peintures : je ne sais si, 
en Vendée, on peut en monfrer un sent exemplatre qui s*efi FSppv«ç|Mi^, 



&2S COKGBÈS ABCRÊOLOGIQUE DE FRANGE. 

pagne* rArtois et ta Picardie, où ToccopalioD anglaise s*est 
manifestée plus qa'ailleurs, par des conséquences identiques, 
et dont les reconstructions ne passent pas pour une répara- 
tion consciencieuse des vainqueurs (i). 

Au reste» il ne faut pas oublier que si les Anglais, catho- 
liques alors autant que nous , furent les possesseurs légi- 
times du Poitou, dés la fin du \II« siècle , en dépit des 
sympathies qu'ils n'y trouvèrent jamais fort complètes, celte 
possession même exclut toute accusation de vandalisme 
contre nos monumeuts ; et , dans cotte première phase de 
leur séjour sur notre territoire, ils étaient tout aussi inté- 
ressés que nous-mêmes à ne pas le dépouiller de ses 
richesses artistiques. Alors les seigneurs féodaux rendaient 
hommage au roi d'Angleterre, nos principales abbayes 
l'avaient pour Avoué : il était le suzerain de tous , presque 
toujours paisible et respecté , comme le maître absolu et 
l'arbitre de toutes choses ; ce n'est qu'après la mort cruelle 
d'Arthur de Bretagne et la confiscation judiciaire , en 1200 , 
de la province par Philippe-Auguste , que les hostilités 
prennent un caractère de haine nationale , que les sièges et 
les assauts deviennent journaliers, et que les villes voient 
tomber, à différentes reprises, leurs forteresses et lours 
églises, transformées souvent elles-mêmes en lieux de résis- 
tance. Encore tant de ravages ue sont-ils rien en comparai- 
son de ce qui se passe en suite du traité de Brétigoy . 
lorsque l'esprit national , éveillé par la grande catastroplie 
de Maupertuis , s'iudigna enfin contre ce joug que rien ne 
pouvait lui faire accepter. De longues chevauchées, des com- 
bats réitérés dévastent les campagnes et les villes , sons 
la fortune diverse des partis , jusqu'à ce qu'enfin, après les 
ravages de Derby et de Chandos, la brave épée de Dugues- 

(I) fiuti. mmnm,, t XII, p. 4Sd eisuiv. ; t. XIX, p. 145. 



ABCUlTECTUBfi DES liOMUMBHtS 0|i LA TBNO£C 42ft 

clin, pois celle de Jeanne d*Arc trempée sur Taotet de 
S^-Galherine de Fierbois » refoulent , de la Vendée et de la 
France, les hautains conquérants qu'elles détestaient Ce fut 
alors qn'on dut songer à réédifier, de toutes parts, les monas- 
tères et les églises.' De là cette nouvelle efflorescoice que ks 
torches du caWinisme devaient flétrir, cent ans après. Cette 
dernière révolte causa des pertes d'autant plus irréparables 
que ce qui n'était de la part d'un étranger qu'une suite indis- 
pensable des nécessités de la guerre , devint pour tant de 
Français égarés un système implacable de destruction bai* 
nense, sans, autre but que celui de la vengeance et du mal 

Aussi nous avons sous les yeux , en parcourant le tableau 
archéologique de la Vendée , une histoire très-lisible des 
XIV* et XV* siècles par les monuments— -Mais cette histoire 
est comme une gaze précieuse où l'aiguille avait prodigué 
les charmants caprices d'ingénieux dessins, à travers lesquels 
un œil attentif apercevrait encore d'autres beautés non 
moins attrayantes. Le fond de ce tableau si diversement 
nuancé, c'est toujours notre beau XII* siècle, tout radieux 
des vives couleurs de son esthétique imagée , de ses ensei* 
gnements théologiques et de ces magnifiques formes de ptan 
général qui s'éterniseront, soyez-en sârs, avec leur symbo- 
lisme profond jusqu'à la consommation des choses humaines. 
Aussi, Messieurs, en parcourant cette terre qui vous pro- 
mettait des charmes inconnus ; en admirant ces contrastes 
si attachants qu'aiment les esprits élevés , entre une si 
riante nature et des monuments dont les souvenirs s'imprè- 
gnent en même temps de tristesse et de gloire» vous recon- 
naîtrez .sans peine que si un jour ces édifices sacrés , semés 
sur votre itinéraire savant dans ces fécondes campagnes , 
devaient se relever à nouveau ou s'entourer de succursales 
nouvelles, ce n'est. point le style insufiisant et froid' de 
Charles VII, de Louis XII et de François 1*% qu'il faudrait 



4»0 ÛCMKàifeS êAQiMOMSAQIi M fUiiÇM, 

i|iréfiMr|Miir:C«Bffl<séaéffirteu «fschilattmsrfi : MU r^fto 

IpraBièmi «naèn, ^n^ii j tmidnk iwfcmrMii<MWi«iir«i« 
wajimimmifn^ «nîMont .etraciéristiqiifft « faf f tiiwmt 
«ranc lei àèmMMiê4m ni$ 4l*A«glclent filibi i<ilii 4e 
'Cândi. tti dibqoida.bMi Ki«b lOgîaaliB JUIF iM^ i|ti 
fftuMiiHii mobis bkm im» we fipmH» lonitiqiwu 9* JU 
MripwnB'esiffaildittcîle. «iJmi Ici plaw «mi Mûwwi 
.4*0110 eaènfimi (tins < »fti t pc ^ il ji«m amblt 4W Ji|ié- 
itett roôiaiieuBsi la tmM t^HKiU» de laiWaifle j^ li kmm 
MligMoxiei Je MutjeMitt de mjèngm» rmnifMnm. hmr^ 
:4eMedètes ceeoni r«iié^«Mr ipie i« ercUieeMîeJ^Ui- 
.fOQis, cooiflie mHêHk awona îdu .■<eiiiieat 40*1 M|wr«i 
•Iftfmdttke: double Ideoliioi oWstfiMeieeeanprteîédllls 
«MI ^t mettenl Jear tiiitaUe nkwe k ji*eo h^ fibeecker 
4f«|ilee. Cette foéthede widca toiqonn m^o» 40e r«»- 
JMoo «rop éeoatée peotf^étre , ici conme ailfeoiv, de Mue 
do «oilMque aUtaidi fNr de CfOHen (entes, m iMcpr 
id'élefer «deB.vofttee ïcagilei enr dei «stre d*eae Apaieioor 
4<|oieoqoe, et d'merJe efiotptoret eeos mériie, qoeiqoe 
den AèecB, desfoitee «t des fdtAhs dent ii JtetMixe er 
i»ot pes oiieoK qoe lee deen. 

Aiflti. Btenieun, les nilnei oe ôkjfUBfkm^c^ ^V^ «IMMor 
4ê\w idaceeNiK prinîlifcs heatit^ jpi iparient te jdoe eo 
cttorde rhemoie; le ohrietiafiieaie minait ^deos eea mmur 
4Denu, eaot aecso mélenge d'ioi Age 4e déudeiice ol de 
•flMiwaia goit, et en pieux asiles céaeri^ ao fiaoriioeell 
-k peièpe domîoeraieiit eneore • de toute ,leor efllMté woole* 
las esmpi oeo s tt i balAatîons^ ee gaideot UHÛcJim pfdcîflii- 
I, notfS'le eaaons» la g^icose méotoice 4e 4^01 entf* 



RAPPORfF 
ViïMm 0E U COLLECTION WIEUIES ANTIOIIES 

DE M. JULES CHARVflrr, 
PAR M. BKM-JAMIXr X'ZrjI^Oïa'. 



Parmi les sojets les ptut digoes de TatteatioD des arcMo- 
lognes, il faut ranger tout ce qui est de nature k porter la io* 
imère sur les diverses brandies de rindustriechez les anciens. 
La Société française d'archéologie pour la conaert atloo des mo- 
numents historiques a déjà engagé maintes fois «es membres à 
diriger lenrs recherches de ce côté ; mais les résultats qu'ils 
ont obtenus sont restés la plupart du temps bien iocompleu» 
chacun d'entr'enx ayant presque toiijours restreint le cercle 
de ses investigations à la contrée qu'il habite. Telle n'a pu 
été la bçon de procéder de M. Jules Charvet, en s'attachant 
à l'étude de la fabrication du verre dans la Gaule: aussi 
vient-il mettre sous les yeux du Congrès une collection de 
produits dont h valeur scientifique est tout-à-fait exception'* 
nelle. « Patiemment composée des plus beaux et des plus 
rares spécimens découverts depuis le commencement 4s ce 
siècle et réunis un à un, cette collection renferme» à llienre 
qu'il est , plus de trois cents vases de toutes formas et de 
toutes nuances. Presque toutes les provinces sont représen* 
tées dans cette beUe suite» sauf peut-être la Bretagne et notre 
Poitou «qui ne se sont pas. Jusqu'ici, dépouillés de leurs 
trésors en sa foteor. Le contângent d*Arles seul atteint le 
chiffre de plus de cent pièces d*un intérêt considérable. Ceux 



Eut det am te» 1b Oaqle au IH*" sièc^. — Tombeau 4f 
la fenvne. artiste df ^-MMard^de^-Préa» — - FAfiMiito 
de sdplptiire» et de peiAtmcs aBliqiiei resiiviVb ea 
Poil^. -^ A-t-on trouvé» inir que^uça autm faînta de 
la frapoe^ dfs ipstnimesta de peintwe analofuea è tan 

tiortJadeSt-MédBid? • 76 

Quelle ^.la Goinpgàtîoa.des» ^p^ts. mpn^taifes moms 
e^faïuné» eotre la Laira et la Ghareute 9 QueNea noUans 
iiistoriques peut-on. tîrar de oea di^iûlfi 9 Mauiea de feu*- 

moftnajeupb . • . . , 77 

QueUe est l'erigine dea lieux app^ Tifiauiea, L^Aasorie, 
AiQre« Lfi Romaoïe,^ Ifprtagne, Marmande» Epaguei 

elc. ? Quelle en rorigine de la Méluâir ? M. 

Rapport de M. Charron st|r le aonterraw-reAise de WAùsae : 
Obiervatkwa g^néralea. — DwcriptieB. — Êpa^ie pié- 
sumée de la création de œ refiige. ^ liages auxqiiela il 
au^it pu sçrvîr. -7- Explication d'un dicton pq^ulaire. 78 
Quels sont les plus anciens monunienla chrëUena du Poitou? 
A quelle époqiie le paganisme a-t-il cessé d'être la re- 
ligion, domii^ante 49ns la contrée? Monuoients de Reafc 

et de St-Georges-de-Montaigu 90 

Excursion à Ifieui^sur-l'Autise , à St-Pierre-le^Viewx et à 
MaUhtak, te 15 Juim 480â. Présidence de M. de Gau- 

mont. 92 

N'ieul-suf'-rAutîae{ Église, ^Cloilre /</. 

St-Piene-le-Vieux : Église, pierre tombale ..... 97 
M aiHeiais : ÉgHse du XII* siède. ~ Abbaye. — Bamiuet 
offert par M. Poêy-d*A?ant dana Vanden dortonr de 
cette abbaye ; toast de M. Tabbé Baudry 98 

Séance du 15 juin tenue dans l'ancien dortoir de tabbojfe de 

il/ai/ftf2itû. Prtâdence de M. Tabbé Le PeUt ... 106 
Quels sont les débris dea monuments méroTfaigieDS qui se 

trouvent entre la Loire et la Sèvre-Niortaise. .... U. 
Quels sont les monastères bas^poitevins d*origine qnécovin- 
gienne? Exisle-t-il des pièces susceptibles d'éclairctr les 
originrs des abbayes de Sl-Michel-en-rHcrm et de Luçon? t07 



TABtE DES MAtlteSS, &77 

Sépulttties» vases funérains,. armes bijoux, ustensiles, objet» 

djwM 4e cette période iwQéittis èB Poitoii. • . • . i08 
nmniuoieusCe>>t-il une notable diffiërenee de style entre ks 

bijoux BéBovingieDs. en or. et. ceux .en. argent fiibriqués 

pendant les Vl« et VII* .sîè6le&? HO 

- Gertains types de bijoux se sonUils.petpétuéa depuis les 'teaspa 

mérovingiens .jusqu!à nos jours? •. i^i 

Restes des .monuments, earioviagienii qui existent dans le 

Pdlpu 11^ 

Si^itures de la période carloviugienne. ~~ Sépultures des 

pirates normands. ii3 

Monnaies poitevines inédites des pértodte iteéroringienne et 

caiHotîngiednei. • HA 

l** Sétthce'dui^j^n.' Prtsidente de H. rabbé Auber ... iik 
Opinion de M. de Quatreliq^ sur Torigine des bancs d^hultres 

de St-Micbel-en-rHerm 445 

Mémoiie de M. Fabbé Anber sur les statues équestres de 
quelipies églises romanes et leur signification 4ans Tes- 

ttiétiqi^e çbr^tiepne /</• 

Opinion de M. de Longuemar sur le même snjeL • • . M 
Mémoire de M. de Roehebrune sur les églises béties au X^ 

sièqte en Bas-Pqitou ? r- Cai^ictères de oes églises. . • 116 

État départ ap ?^*, et au ^I,« siècle. 417 

A quelle époque Tare brisé a-t-il commencé à être employé 

.en .Po^toq ? .. /</• 

Cryptes 6 plein «dnlre. — Cryptes à ogive. — Églises ft 

(àçi^de.à |»lein-cintre. — Façades mêlées /«/. 

Les églises des XI* et XII* siècles ; leur importance au double 
point de vue de rarchitecture et de la sculpture. 
St-Nicoias4e-B'rem. — Crypte de' Nbirmodtier. — Crypte 
de 'NoCre-Dame de'Fdntehay et de Curzon. — Crypte 
de Tiffauges, au château. —Crypte des 'Essarts. . . 419 
Nieul . . . ..;...'.*..•.. . . . 420 

VôuYênt .....' * 4ÎÎ 

Poussais. « « . iH 

Maili^ et Fontaines. — Maillezais. 425 



4j8 tablc bËS MATikacs. 

BeneL ». .At6 

U Chalse-Ginud. — Les MovUen»— IfaremL^U Gnû- 

nelerie. — St-Pompais •••••••••» iî7 

Types génémax • • • . • US 

Résumé f» 

Sculpture r ia« 

Exécution de œs lottiptures td5 

ObsenrutioiM pur divers menilNPes sur le mène sujet , . • i87 

Fifito aiijc aiicîeiin«s maisons dt la vUle de Fontena^ à Vem- 

placement du château et d Véglise Notre-Dame. • • • 138 

Visite à la coUeetwm de iL Be^jimin FUlùti, — Objets d*ait : 
sculptures, peintures, dessins, pnvures. -«- Antiquités et 
curio^tés. — Monnaies et médailles. -^ Autographes 
principaux ••••«•• •• iht- 

S* Séance du 16 Juin. Présidence de M. Segrestain . • • . 448 
Observations de MM. Marehegay et VMté Aillery sur rutUité 
des pouillés et sur les soins que Ton doit prendre k re- 
constituer les archives d*un diocèse quand les anciennes 

ont été détraites. 449 

Communication de M. Tabbé Baudry au sujet d*une croix- 
reliquaire en bronae du XI* siècle et de plusieurs autres 
objets de la même époque •••••••••• 150 

Autres communications *•••••• •• 451 

Détails donnés par MM. Pabbé David et de Longuemar sur 

ks peintures morales • • • • • 452 

Examen des questions relatives à l*architeclore du moyen-Age 

en Vendée et dans le Poitou. • • 454 

Excursion à Vouvent, Mentent et Foussais. Présidence de M. de 

Caumont. 455 

Vouvent: Église.— Cliâteau Id» 

Mervent : Pont de la rivière de Mer. — Giiàteau. — 

Église 460 

Foussais : Église. — Vieille maison . .•••••• 46S 

Séance unue à Mervent, le 47 Jain. Présidence de M. Charles 

AmaulL ••••••.*•«.%••«- 465 



TAhLE DES MAUkRES. ^7^ 

OtMenratioui de M. de CaomoDt sur Tintérêt qu'oHh» Télude 

de rarcfaltectnre militaire * ^^^ 

Autret commonîcatioiM sur le même sujet J^* 

Bétail» donnés par If. Fillon sur ud trésor du XIII* siècle 

découvert à Poitiers 4«4 

Examen des question relatives aux anciennes séimlturea du 
inya, à Tindustrie drapière de Parthenay, auxverretiet 
qui ont pu exister dans le Poitou , par MM. FUIon et de 
RodMbrune. ^^^ 

!•• Séance du 18 juin. Présidence de M. de Rodiebrune. . . 466 
Rapport de M. de Longuemar à son retour d'une excursion a 
St-Michel-en-rHerm sur des traces d'habitations anté- 
rieures aux temps historiques. 
Coup<l*œil sur la carte géologique de la Vendée. — Ce 
qu'on entend par le marais vendéen. — Dépôt argileux 
connu sous le nom de bry , formant le sol du marais 
et reposant sur le calcaire jurassique. — Cause qui a 
produit ce vaste dépôt d'aigile. — Prodigieux travaux 
exécutés, depuis deux siècles, pour donner à ce sol 
radmirable lècondilé qu'il a aigourd'bui. .... 467 
Dépôts de cendres signalés au contact même du sol cal- 
caire et du sol argileux. — Nature de ces d^ts. — 
Présence d'une quantité considérable de fragments de 
terre gros^remcnt cuite attestant l'existence de fours 
sur le rivage calcaire. — Indices permettant '^ feire 
remonter ces dépôts aux temps anté-historiques, con- 
temporains des sépultures et des habitations des popu- 
lations troglodjtiques de la Gaule. ..,..• 47î 
Aspect du vaste désert du marais vendéen. — Curieux 
gisement d'huîtres accompagnées des mollusques et des 
parasites qui vivent dans les mêmes stations marines, 
formant les petHes colUnes de Bel-Air et de St-Michel- 
en-1'Herm. — Traditions anciennes de la contrée à ce 
sujet — Données recueillies sur ces dunes et consé- 
quences qui peuvent en être provisoirement tirées.— 
Époque approximative à laquelle le dépôt a dû se 

, — Conclusion* ..•...•••• *75 



/|36 SÉANCE GÉNÊBALÈ TENOE A ÊVREtJX, 

de Constanlin-le -Grand, ont été extraites de ces débris, qoi 
appartiennent vraisemblablenient à une villa. 

M. Bordeaux demande qo*un plan soit dressé de ces 
vestiges. 

M. Bordeaux donne communication d*un mémoire de 
M. Dramard sur la Gommanderie d'Étanipes et Ghalo-la- 
Reine. Gette intéressante notice, accompagnée de dessins, 
sera publiée dans le Bulletin manwnentaL 

M. rinspecteur de l'£ure est aussi chargé de faire con- 
naître à l'assemblée deux notes remises par MM. Laomooier, 
sculpteurs à Gonches, qui n'ont pu se rendre à ÉYreox 
comme ils le souhaitaient La première concerne un tombeao 
dont les fragments ont été découverts par ces zélés archéo- 
logues dans Téglise de Beaubray. 

En 1862 , la Fabrique de cetre paroisse conçut Tidéede 
repaver Téglisc , et pour le faire avec plus de luxe, il fut ré- 
solu de partager les carreaux de terre cuite qui formaient 
Taire par des bandes de pierre. On prit, à cet effet, des 
pierres sculptées, employées déjà à cet usage dans l'église; 
les sculptures, bien entendu , avaient éié retournées du côté 
du sol. On aurait dû accorder quelque attenlion à ces frag- 
ments lorsqu'on les découvrit; mais les maçons n'eu enreot 
aucun souci , et ils se mirent à les refendre conscienciease- 
roent pour les utiliser dans leur nouveau travail MM. Lau- 
monier eurent connaissance de ce fait , et se rendant aassiiôt 
à Beaubray, ils purent acquérir ce qui restait et parvinreot 
à reconstituer le tombeau dont ils présentent un dessin par- 
faitement exécuté, coté à 10 ccniimètres pour mètre. 

Ge mausolée avait été érigé pour recouvrir les restes d'os 
membre de la famille de Postel des Minières. Il en est ques- 
tion dans V Histoire de la ville de Rouen par Farin. Voici 
son texte : 

4 ^lise paroissiale de Baubray , auprès de Condies. Sur 



LE 27 MAI 1866. bZl 

« six colonnes de pierre dS U pieds de hauteur ^ est une 
« grande table de marbre où sont écrites ces lignes : 

« Ci gist feu illustre , noble et vertueux seigneur mon* 
« seigneur Thomas, seigneur et patron des Minières Postel, 
« tlu Cormier f Baubrey , Coulombiez, S^'^3farthe, Saint" 
« Mesnil (Sces Mesnil f) , conseiller du Roy , consolateur 
« des pauvres, de grande charité et dévotion, lequel après 

• avoir prévu son décèz sans regret des honneurs et biens 

• tle cette pérégrination , a rendu son âme à Nosire- Sei^ 
t gneur /e 19 octobre l'an de grâce 1519. Priez Dieu pour 

• lui. Amen! » 

c( Ces six colonnes SDpportaient , au commencement, une 
table de marbre sur laquelle ledit Thontas Postel était repré- 
senté priant; mais les hérétiques Tout détruite en 1562. Cette 
sépulture a été construite aux dépens ô' Antoine Postel, son 
fils. » 

Mais le caveau recouvert par le monument renfermait les 
restes de plusieurs autres membres de la même famille. 
MM. Laumonier ont relevé, dans la chapelle du château de 
Baubray, Tinscription suivante : 

Cy gist Jean- Baptiste Postel, chevalier, seigneur des Mi- 
nier es et des Nouiles^ qui a désiré que son corps fût inhumé 
en cette chapelle où il a fondé une messe chaque semaine, et 
son ctxur est sous le tombeau qui est en l'église de Baubrcy, 
Il décéda le 27 septembre 1680, âgé de 78 ans. 

François Postel, mort en 1695 exprime le même vœu , 
d'après une longue inscription qui se voit aussi dans celle 
même chapelle. 

Le dessin de MM. Laumonier passe sous les yeux des 

membres de la Société ; on y voit en effet , six colonnes en 

forme de balustres , fcuillagées à leur renflement , qui sap<" 

portent une corniche sculptée de beaux rinceaux. Les cinq 



&38 SÉANCE GÊMÉBALE TtWJï. A ÊVRELX, 

Gompiitioieiiis d« rentrMrioaoHnent aont rcmph fwr dn 
niches cintréeli abrittiH des stilDCItes des Verlm. A leurs 
auribiHs« oo reoomistt: la Jmtice, la Force, la Vérilè, la 
Religion, la Charité. C'esl ane admirable cooipeii«ioa de 
la Rcnaissaoee, de«t on doit vivemeiii regretter la desirac- 
tioo. 

MM. Laitmonier présentent aussi k la Société «ne série 
de qnarante'deox dessins coloriés des fNifages en lorre 
cuite émaiilée qui ornaient l'église do Tabbaye de Coeches. 
Il leur a ftliu employer une grande patience et toutes leurs 
connaissances archéologiques pour reconstruire avec certi- 
tude ecs carreaux , dont on retrouvait seulement de 
minimes fragments. Il parait que les iconoclastes lie 1793 
s'étaient évertués à les briser à coups de masse « sans dente 
parce que beaucoup offraient, comme décoration, des fleurs 
de lis ou d'autres emblèmes héraldiques. Plusieurs portent 
aussi des inscriptions ^ ce qui fait présumer qu'ils appar- 
tiennent à des tombeaux. MM. Laumonîer ont été bien 
Inspirés , dit M. Raymond Bordeaux, car ce qui reste de 
l'antique abbaye est condanmé è disparaître , par mesure 
administrative. On peut encore voir de curieux caveaux, 
une partie du cloître et les soubassements du mur sep- 
tentrional de l'église 9 avec deux beHes arcades romanes. 
MM. Laumonier ont remis, à l'appni de leurs dessins , une 
notice sur l'abbaye , dont voici quelques extraits : 

■ A l'heure où vont disparaître pour toujours les der- 
niers débris de l'abbaye de St-Pierre-ct-St-Paul de Cas- 
tiHon-Iôs-Conches , nous éprouvons le besoin d'auirer l'at* 
tention des archéologues sur ce vieil asile de la science. 
Depuis plusieurs années, nous demandons à l'adminiitratien 
de reowilllr ces prédenses reliques pour les grouper dans le 
jardin public, en regard du vieux donjon. Saure-t-elle 
comprendre le sou?enir qni s'attache h ces pierres nntiiéesr 



LE 27 MAI 186/i. à39 

< Bâtie par les Toeny , dans le XI* siècle , Tégliie se 
comiwsaîl priinHiveinent d'une nef, avec sous - ailes, qni ne 
ëépassaient pas les transepts , et d'un sanctuaire étroit de 
Corme recuognlaire. 

« Celle disposition simple et sévère , ne nianqaaii pas 
d'effet, grâce à une beUe ornementation dont on peut encore 
juger par le portique du nord, assez bien conservé, el par 
qtfefques chapiteaux et corbeaux provenant de la nef et 
recoeillls par nous. 

■ Vers» 1300 , Amicie de Conilenay , dame de Concbes, 
et son fils, Philippe d'Artois, firent bâtir sur l'intertransept 
un magnifique clocher. Le mur latéral do sod de l'égHse fut 
alors reconstruit entièrement, comme l'attestaient les bases 
des piliers qui y éi aient engagés et les chapiteaux trouvés 
dans les décombres, dont le style avait tous les caractères 
de cette épo(]ue. 

c( Une ancienne chronique nous apprend qu'en 13i!i3 , 
Robert d'Artois,' devenu félon , vint de nuit , accompagné 
d'un parti anglais^ bouter le feu au manoir abbatial L'In-» 
cendie gagna la charpente de l'église et le clocher, puis en« 
vahit la plupart des bâtiments claustraux qui furent détruits. 
Les religieux se vireot contraints de se réfugier dans une 
maison de la viUe , nommée depuis la Petite- Abbaye. On 
voyait encore , à la fin du dernier siècle , une croix en fer 
sur sa toiture. 

« Pour aider à réparer ce désastre , le bon roi Charles V, 
avant de mourir , légua aux moines de Gonches des fonds 
à prendre sur son duché de Normandie. 

1 Avec cet argent et les secours que lui fournirent 
quelques bonnes âmes, entr'autres, le sire de Fourneaux , 
écoyer de Du Gnesclin, que les chroniques du connétable 
nomment INerre Fournet , l'abbé Richard Hidulpbe entre- 
prit sur-le-champ, la réédification de l'église. 



ft&O SÉANCE GÉNÉRALE TENUE A ÊVREOX , 

« (Joe grande partie de Tédifice avait résisté aa désastre. 
La nef« ses sous-ailes et quelques parties du cbœor furent 
conservées ; et autour du sanctuaire , l'abbé HIdolpbe fit 
Jeter les fondements de sept chapelles, celle du centre cou* 
sacrée à la Mère de Dieu. Il y prodigua une décoration 
d'une grande magnificence; c'est là que nous avons re- 
cueilli les fragments de pavés émaillés dont nous avons 
fait la restitution , plusieurs chapiteaux d'un dessin très- 
élégant, rehaussés de dorures et de vives peintures, des 
fûts de colonnettes et des embases d'un profil très-pur. 

« L'abbé avait l'intention de couronner son œuvre par 
un roaguifique clocher , mab les ressources lui manquèrent. 

• Bernard Cariti^ évêqne d'Évreux, vint, en 1383, faire 
la consécration de la nouvelle église. Le seigneur de 
MeniUes , du nom de Brucourt , était alors capitaine de h 
ville et du château de Conches. 

« Comme ou peut en juger par les restes encore nota- 
bles qui vont prochainement disparaître , le cloître de 
l'abbaye a dû être construit au commencement du XV* 
siècle. Nous ignorons à qui on en est redevable. 

a Dans les derniers siècles , le sanctuaire fut décoré 
dans le goût régnant. Le Brasseur, l'historien du comié 
d'Évreux, se plaint, sans doute avec raison, de sa disposi* 
tion trop théâtrale. Une Résurrection en terre cuite , d'un 
assez bon dessin , surmontait l'autel. On en voit encore 
des débris chez on habitant de Couches. 

« Le 15 mai 1791 , les habitants réunis des paroisses de 
S^-Foy et St-Éiienne de Conches, de Notre-Dame-du- 
Val et du Yieux-Conches , avaient à délibérer sur le choix ï 
faire, pour la célébration du culte, entre l'église abbatiale et 
régliw paroissiale de S^*-Foy. Après de longs débats et une 
énergique protestation des habitants du Val , l'église S^-Foy 
fut choisie , et Tantique basilique des Toêny et de Tabbé 



LE 27 MAI 186A. &&1 

Btdttlpbc devint la proie des démolisseurs. La destruction ne 
fut complétée qu'en 1822: Tadministration avait trouvé ce 
moyen ingénieux d'occuper les ouvriers pendant l'hiver. Les 
pierres sculptées furent arrachées pour faire de la chaux , et 
Ton prétend que celte chaux était de beaucoup la meilleure. » 

Des remerclmenu sont adressés à MM. Lauroonier pour 
leurs intéressantes communications, et M. de Gaumont espère 
qu'ils voudront bien exposer k Paris , lors du Congrès des 
délégués des Sociétés savantes , leurs remarquables deasius. 
M> Bordeaux en prend pour eux l'engagement. 

M. de Caumont rappelle que, lors dos séances tenues en 
1857 pendant le premier Concours régional, on avait constaté 
le fâcheux état d'abandon où gisaient les précieux morceaux 
d'architecture provenant du Vieil>Kvreux, de St-^mson-sur- 
Risle et autres lieux. M. le Préfet lui avait promis de leur 
donner asile au rez-de-chaussée du bâtiment des Archives qui 
était en construction. Ce projet n'a pas été réalisé. Il en ré- 
sulte que le Musée ne peut s'augmenter , car la seule utilité 
d'un musée, c'est de donner abri à une foule de fragments qui 
se trouveraient perdus. 

Ces questions donnent lieu à une vive discussion, à laquelle 
prennent |)art MM. Izarn et Lebeurier» d'un côté; de 
Caumont, Raymond Bordeaux et Gadebled, de l'autre. Il 
en résulte que la question du musée est restée au même 
point qu'il y a sept ans. Il y aurait bien eu des salles voûtées, 
fort coo^nabies sous les Archives; mais elles ont reçu une 
autre destination , et les morceaux du musée gisent , suivant 
leurs dimensions, dans un coin du Jardin public, où l'hu- 
midité les ronge, sous un hangar, avec les brouettes et les 
ustensiles de jardinage, et enfin, dans une arrière -salle de 
l'amphithéâtre , où les petits objets se détériorent , n'étant 
jamais aérés. On ne peut prévoir quand cet état de choses 



f\k2 SÉANCE GÊNÊHALIl TëKUL k ÊVREUX, 

p«irra eemet. M. le oomte de Retset avaH pnmiqaé un 
YOle da Conseil gteéral qsi permeiUk d'eipérer une «rfotioD ; 
mais les objpu recaelUis apiurtiemieiH I (nûa propriétaires 
différents : la ViHe , le Oépcirtemc^u et fa Société d'agricol- 
tnre de l'Eure : on n'a pa s'entendre , él les fonds votés ont 
été employés à faire des photographies des monuments les 
pins remarquables du département. Lorsqu'il est fait une 
découverte , on n'a^^porte pins rien I ee dép6t , qoMl est in- 
possible de faire voir aoi étrangers ou aux habitants, et font 
est perdu, sauf ce que quelques collectionneurs peuvent ra- 
masser. [1 n'a même pas été dressé decatiitogue (il en eftt , do 
reste, ainsi pour beaucoup d'autres collections de province]; 
car on ne peut reganler comme y sufypléant l'ouvrage de 
M. Bonnin. Il se compose uniquement de planches et n'in- 
dique aucune provenance. Les objets da moyen-lge, les épî- 
taphes , les monnaies ne |)cuvent y figurer , car il traite des 
antiquités du Vieil- Évreux. Il parait que l'agrandissement 
du lycée va nécessiter on déniénagemeni ; peut-être amènera- 
t-il de l'amélioration. 

Mais, sans eiiger du département une construction coû- 
teuse qu'il faudrait certainement attendre longtemps, ne 
serait-il point mieux de ne compter que sur les efforts indi- 
viduels des membres de la Société de TBure î Un simple 
loyer, peu considérable, serait provisoirement suffisant. Alotrs 
on pourrait classer, cataloguer, éttidier, et la collection de- 
venue publique s'attirerait, comme partout, les sympathies 
populaires. Le musée s'accroîtrait. 

M. le comte Danger regrette que la négociatioti entamée 
pour l'achat du donjon de Brionue n'ait pas réussi. 

M. de Gaomont rappelle le zèle déployé par M. Loisel, dans 
octte circonstance. 

M. Brunet , ancien pharmacien à Évreux , dit qu'il 



LE 27 MAI 1864. âftS 

nWsl 1^ knpossible d'aworer h CdiMert attoa de ce moiiv* 
ment historique. Le propriétaire qui s'en est nmim adjodf*' 
cataire n'a piB riiiteniîon de le détruire : il n'eu retfreriit , 
da reste , aucun profit ; il paraît inêine disposé à ie céder à 
k ville. Alors, le but serait atteiat. 

ftK Loî^ croit aussi qu'il «erait pombie de réaliser oe 
pntleu 

8J. de CawQoal s'étaune que, dans la réparlMon des 
foad» si ceusidérahles eeaseorés ions les ans aui moira- 
meots historiques, ou a'ate pas réservé quelques initie 
francs pour sauver les vieux donjons de la Fraace. Tous 
diaparaii^sent » sans qu'eu fasse le aieiudre sacrifice pour 
Iv» arracher à la destruction, et l'on dépense des soinmes 
fabuleuses pour refaire ï neuf d(*s égUsos (iiiî devraieat être 
seulement conaolidées !!! 

AL Raymond Bordeaux signale k décovverle d'un enfouis- 
seineot numismatique^ trouvé lundi dernier, 23 mai 1864, 
dans les fondatioas d'une . maison du XV* sîède , place 
royale i Évtvux. Ce trésor, contenu dans un pot de terre 
grise iirisé en meirceaux lors de la découverte , consiste en 
un lot d'euviran mille à dfiuae cents pièces d'ai^ut et de 
bilion, du XV* siècle. Beaacaup sont d'flcnri V, roi 
d'ingleten*e. t'eafouissement est évidemment contempo- 
rain de Texpolâion des Anglais. M. Bordeaux , qni doit la 
connaissance de ce fait à l'obligeance de M. Prieur , avoué , 
propriétaire de la maison ea reeonstnictiMi , examinera les 
types de ces pièces lorsqu'elles auront été lavées. 

ttf. BoitkauK vient également d'avoir cmmnunication, par 
M. Piiiat, ingénieur civil, d'une pièce d'or anglaise du 
moyen-âge, trouvée il y a quelques jours^, eu démolissant 
une pile du vieiix pont de Gai*ennes , que Tua rebâtit. La 
Caee représente un roi à cheval , véta d'nne cette fleurde- 
lisée , avec les mots arglorvm bex ; le revers porte une 



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2^ (30) 1863 



SÉANCE GÉNÉRALE 

DE LÀ 

SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 

A FALAISE, 

r^K 16 .Tuxx^r.srr is6<4:. 



Pi^idence de M. ok Glamvillb, inspecicur de 1« Sociélé 
pour la Seine-Inférieure. 

La séance est ouverte à midi» dans la salle d*aiidicDce da 
Tribunal. 

Sont appelés au bureau : MM. le curé de h Trinité de 
Falaise; Renault, conseiller à la Gourde Caen; de Lies- 
ville; Georges Bouet ^ inspecteur du Calvados, de Campa- 
gnolles, de Vire, Ch. Vasseur^ secrétaire. Les dames occupent 
la première rangée de sièges. 

M. de Mannoury-d*Ectot rend compte d'une explorailoii 
de sépultures gallo-romaines, faite par lui à Moîssy, terri- 
toire de Chainboy. Le champ où gisent ces sépultures est 
sur le bord d*nne vieille voie , indiquée dans Cassini , et 
tendant d* Argentan à Yimontiers, par Coudehart et Cham- 
boy : elle 8*embranche sur le chemin d'Ëxmes , un peo 
avant la première de ces localités. Le sol est légèrement 
incliné vers le levant , orientation recherchée des Romains. 
Aussi les sépultures dont 11 s'agit ont-elles été trouvées 
dans des substructions , sans doute , d'une villa qu'un 
violent incendie avait détruite. 



SÊAKCE lENUfi A FALAlftË , LE i6 JUlikET I86/1. kkl 

Ce (ait n*a rien qiM doive surprendre : es le oonstote 
fréqneraroeat ; niais les sépullûres aiosî dm f mén ut 
peuvent dater que des derniers teoi|M de h dominatioq 
romaine dans les Gaules^ alors que tes barbares y afaie»! 
déjà promené la dévastation. 

Les fosses explorées par V. dé Uannoorf-d'Ectot dépas- 
seul cinquante. Elles appartiennent toutes au sysième de 
rincinératioo. Pressés par une coacbe de terre et de dé-« 
triios, n'ayant pas moins de 8 pieds d'épaisMur dani 
certains endroits , aucun des objets qu'elles contenaient n'a 
pu rester intact II a été possible , cependant , de recon- 
struire une belle terrine en terre samienne^ de 7 pouces 
3 lignes de diamètre sur U pouces de profondeur , offrant 
à l'extérieur une série de sujets modelés en relief dans des 
ihédaillons alternativement carrés et circulaires. Ce sont 
des animaux : un cerf, un renard » un oiseau , poursuivis 
par un chasseur armé d*nn javelot. Aux pieds d« chasseur 
on voit les cinq lettres suivantes : 

IViNAB 

qu'on peut lire Junas ou Banvi^ suivant qu'où procède de 
gauche ^ droite ou de droite à gauche. C'est, sans doute, le 
nom du potier. Ce vase est exposé à l'Hôtel-de- Ville, dans le 
musée d'emprunt, oà tous les membres ont pu le voir* 
Des ossements de quadrupèdes et d'oiseaux, des défenses d« 
sanglier, des coquillages, des briques et tulles romaines, 
des fragments de poterie naire très-mince , de la forme de» 
urnes cinéraires ordinaires , des clo