r^ -f- y.
-^
Congres
ARCHEOLOGIQUE
DE F- JFl u^ ]Nr G E
LV* SESSION
. SÉANCES GÉNÉRALES
TliNUES
A DAX & A BAYONNE
EN 1888
VXK \.X SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE
l'OUH LA CONSERVATION, ET^A DESCUIPTION DES MONUMENTS
•
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*
PARIS
CAEN
ALPH. PICAP.D
H. DELESQUES
I.IBRAIHE
IMPRIME LU
82, rue Bonapurlc
3^4, rue Froide
1889
■ 1
CONGRÈS
ARCHÉOLOGIQUE
DE FRANCE
CONGRÈS
ARCHÉOLOGIQU
DE F ï^ -A. rsr G E
LV^ SESSION
SÉANCES GÉNÉRALES
A DAX & A BAYONNE
EN 1888
FAIi LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE
rOI'R LA CONSERVATION ET LA DESCRIPTION DES MOMHEXTS
PARIS
ALPH. PICARD
MBKAIRE
^5, rue Bonaparte
CAEN
H. DELESQUES
IMPRIMEUR
2^4, rue Froide
1889
THE J. PAUL GETTY CENiM
NOTICE
SUR I,A
SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE
ORIGINE DE LA SOCIETE
La fondation de la Société française d'Archéologie,
pour la description et la conservation des monuments,
eut lieu à Caen. le :23 juillet 1834, et les statuts, pré-
parés par M. de Caumont, furent discutés et adoptés
dans cette séance, oîi fut également nommé le bureau.
Révisés le 12 mai 1870, les statuts ont été soumis
au Conseil d'État et approuvés par lui, dans la séance
du 6 août 1870. Un décret du président du Conseil ,
chef du pouvoir exécutif, en date du 14 août 1871. a
reconnu la Société comme Établissement d'utilité pu-
blique (1).
BUT DE LA SOCIÉTÉ
« La Société française d'Archéologie, aux Lcrmcs
de ses statuts , a pour but de faire le dénombrement
complet des monuments français, de les décrire, de les
(1) Un règlement intérieur d'administration , dressé confor-
mément à l'article 17 des statuts , a été adopté dans la séance
du Comité permanent du 25 avril 1879.
VI LA SOCIÉÏK KliANTAISE I) ARCHEOLOGIE.
classer dans un ordre clironologique , et de publier
des documents sur la statistique monumentale de la
France, dans un Bulletin périodique.
" Elle fait tous ses efforts : i" pour empêcher la
destruction des anciens édifices et les dégradations
qui résultent des restaurations mal entendues ; 2° pour
obtenir le dénombrement et la conservation des objets
d'antiquité et des pièces manuscrites qui intéressent
l'hisloire.
« La Société fait, auprès du gouvernement, les dé-
marches qu'elle juge convenables pour arriver à ce
but, et provoque la création de musées d'antiquités
dans les chef-lieux de département et les principales
villes de France. »
M. de Caumont écrivait alors, en tête de son pro-
gramme, ces lignes, auxquelles, après cinquante ans,
il n'y a rien à changer :
i( Malgré les efforts de tous les hommes éclairés et
« amis des arts, le vandalisme continue d'exercer ses
« ravages ; de tous côtés l'affligeant spectacle de la
'.' destruction vient frapper les regards. Afin de con-
« server nos monuments nationaux, le gouvernement
u a créé, il y a trois ans, une administration composée
' des personnes les plus capables de veiller, par amour
« de l'art, à leur conservation, et cette nouvelle insti-
« tution a déjà rendu de grands services.
« Cependant, il ne faut pas se le dissimuler, l'époque
« actuelle exige la réunion de tous les elTorts indivi-
<■■ duels pour réagir contre le vandalisme ; ce n'est pas
« seulement à quelques hommes influents à prendre
« nos anciens édifices sous leur protection, c'est à la
' population éclairée de toute la France à s'opposer
.' aux destructions qui désolent nos provinces. »
LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE 1) ARCHÉOLOGIE. VII
« Voilà, ajoutait avec raison M. E. de Beaurepaire,
dans sa notice sur M. de (laïunont, l'idée juste et fé-
conde qui présida à la fornialion de la Société : c'est
elle qui légitima son action et assura son succès. »
Chaque année , la Société tient un Congrès archéo-
logique , d'une durée moyenne de huit jours, dans une
ou plusieurs villes de France désignées d'avance , et
auquel sont conviés tous les membres de la Société et
les archéologues de la région. Cette session comprend
des séances consacrées à l'étude des questions archéo-
logiques et des excursions permettant d'examiner les
monuments les plus intéressants.
D'autres séances peuvent, en outre, être tenues, en
dehors du Congrès annuel , sous la présidence du
Directeur et avec l'approbation du Conseil.
Le compte-rendu du Congrès forme un volume in-8",
illustré, public parle Directeur, avec le concours du
Comité de publication, et qui est distribué à tous les
membres de la Société, ainsi qu'aux personnes qui ont
adhéré au Congrès et acquitté la cotisation fixée par
le Conseil.
La Société décerne chaque année , à titre de récom-
|)ense et d'encouragement, un certain nombre de mé-
dailles en vermeil, argent et bronze, aux i)ersoniies
qui se sont distinguées par leurs travaux archéolo-
giques, leurs publications, les découvertes qu'elles ont
elFectuées, ainsi que par le zèle qu'elles ont apporté à
la conservation des monuments et des souvenirs his-
toriques.
Des allocations en argent sont en même temps dis-
tribuées pour la conservation et la restauration des
monuments . pour la recherche d'emplacements et
<r<d)jets antiques, ainsi ([uc pour leur reproduction.
VIII LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D ARCHÉOLOGIE.
Ces médailles et ces allocations sont décernées,
au nom de la Société, par le Conseil, soit dans la
session annuelle, soit dans les séances du Comité per-
manent.
Depuis sa fondation, en 1834 , la Société a tenu
cinquante -cinq Congrès dans difTérentes villes de
France , indépendamment d'un grand nombre de
séances générales dans des localités de moindre im-
portance et dans quelques villes étrangères (1).
Elle a publié plus de cinquante volumes de Comptes-
rendus de ces réunions (2), et la collection du Bulletin
Monumental, édité sous ses auspices par le Directeur,
comprend cinquante-cinq volumes (3) et quatre vo-
lumes de tables (4).
(4) A différentes reprises, la Société a profité de la tenue de
ces Congrès dans des villes frontières pour se réunir à l'étran-
ger et examiner, de concert avec les membres des corps savants
des différents pays, les monuments historiques les plus impor-
tants de la région. Nous citerons, parmi ces réunions, celles
tenues à Tournai, en 1845, à Trêves, en 1846, à Tournai et à
Bruxelles, en 1881, où S. M. le Roi des Belges a daigné recevoir
les membres du Congrès au château de Laeken, dans l'île de
Jersey, en 1883; enfin, en 1888, dans la Navarre et les pro-
vinces basques espagnoles.
Ajoutons , du reste , que les comptes-rendus des Congrès et
le Bulletin Monumental ont toujours été ouverts aux commu-
nications relatives aux monuments des diverses contrées de
l'Europe, ainsi qu'à ceux de l'Algérie et des colonies, de la
Tunisie et de la Palestine.
(2) Une table générale des comptes-rendus, confiée aux soins
de M. H. Stein, est en préparation.
(3) Le cinquante-cinquième volume, cinquième de la sixième
série, est en cours de publication.
(4) La table de la dernière série (t. XXXIX à L) est préparée
par M. Berthelé.
LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE I) ARCHÉOLOGIE. IX
La double série des publications de la Société forme
donc aujourd'hui près de cent dix volumes in- 8°, illus-
trés de nombreuses planches.
Si on examine le chiffre des allocations accordées par
la Société , depuis sa fondation , pour l'acquisition et
la restauration d'édifices historiques, les fouilles, les
relevés, plans, dessins et moulages (1) , celui des sub-
ventions allouées pour la création de musées et l'érec-
tion de monuments commémoratifs , on arrive à un
chiffre qui dépasse cinq cent mille francs, et qui, aug-
menté des dépenses d'impression des Comptes-rendus
des Congrès et du Bulletin Monumental , et des frais
d'administration et d'organisation des sessions, arrive
à une dépense totale de près d'un million , à laquelle
il a été pourvu par les cotisations des membres, et
pour la tenue de quelques Congrès, par des subventions
accordées par des départements et des villes.
Le nombre des membres de la Société est. pour la
France, de près de mille, et, pour l'étranger, d'environ
deux cents.
La Société échange ses publications avec un nombre
considérable de Sociétés savantes en France et à
l'étranger, dont beaucoup ont été créées, à la suite de
Congrès, par l'initiative de M. de Caumont, qui peut
être appelé à juste titre le créateur de l'archéologie
monumentale (;2).
(1) La Société possède à Caen un musée plastique , installé
dans une des salles des bâtiments académiques.
(2) Nous n'avons pas à énumérer ici les travaux considé-
rables de M. de Caumont. Qu'il nous suffise de rappeler le Cours
d'A)Hiquilés monumentales , 6 vol in-S" et 6 atlas, 1830-1841 ;
Y Abécédaire, ou Rudiment d'Archéologie, 3 vol. in-8". plusieurs
X LA SOCIETE FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE.
Aussi, lors de son cinquantenaire, en 1883, la So-
ciété a-t-elle tenu à rendre un hommage mérité à son
fondateur , en se rendant à Bayeux pour déposer une
couronne au pied de la statue qui lui a été élevée dans
sa ville natale (1).
ORGANISATION.
L'administration de la Société est confiée à un
Conseil composé de quarante membres ordinaires et
d'un cerlain nombre d'officiers. Le Directeur, président
de la Société, est nommé par le Conseil ; il représente
la Société vis-à-vis de l'autorité et des tiers, dirige les
séances des Congrès, la publication de leurs Comptes-
rendus et celle du Bulletin Monumental, organe pé-
riodique de la Société.
Une partie du Conseil , composée d'au moins dix
membres, pris dans le département du chef-lieu, con-
stitue le Comité permanent, chargé de l'expédition des
affaires courantes , et qui tient mensuellement une
séance à Caen, chef-lieu de la Société.
Le bureau de la Société se compose du Directeur, de
fois réimprimés ; la Slalhtitjiie inunioncntala du (Jalvadon,
5 vol. in-8», etc.
(i) M. de Caumont conserva la direction de la Société jusqu'à
la veille de sa mort, où elle tut remise à M. de Congny (26 juillet
1872). M. de Cougny eut pour successeur M. Léon Palustre, ({ui
donna une nouvelle activité à la Société et une vive impulsion
au Bulletin Moimmenlal. Ayant demandé, au Ijout de dix an-
nées, à être déchargé de ses fonctions, M. Palustre a été nommé
directeur honoraire le 21 décembre 1884, et M. le comte de
Marsy, désigne provisoirement comme directeur, a été confirmé
dans ce titre par un vole du Comité, du 5 janvier 1885, après
l'avis conforme des inspecteurs et des membres du Conseil.
LA SOCIÉTh: FRAN': AISE D ARCHÉOLOGIE. XI
deux Secrétaires généraux, d'un Trésorier général , et
d'un Arehivisle-conservateur des collections.
La Société entretient des rapports entre ses membres
à l'aide des Inspecteurs départementaux, divisionnaires
et généraux.
Le Directeur et les membres du bureau sont nommés
pour cinq ans ; les membres du Conseil pour deux ans.
Tous sont indéfiniment rééligibles.
ADMISSION.
Le nombre des membres de la Société est illimité.
Chaque membre paie une cotisation annuelle actuel-
lement fixée à JO fr., et rachetable moyennant une
somme de 100 fr. Il a le droit d'assister aux réunions
du Congrès annuel et aux séances générales , et d'en
recevoir le compte-rendu imprimé.
Le Conseil confère aussi le titre de membre étranger
aux archéologues qui se sont distingués par leurs tra-
vaux.
Les membres étrangers ne sont astreints au paiement
d'aucune cotisation, mais les publications de la Société
ne leur sont adressées que lorsqu'ils en font la demande
et moyennant un prix fixé par le Conseil.
BULLETIN MONUMENTAL.
Le Bulletin Monumental est l'organe officiel de la
Société , qui en délègue la publication au Directeur ,
sous sa responsabilité et suivant les conditions arrêtées
entre lui et le Comité permanent (1).
(1) Le [julletin Moniiiuental, qui eta'tl la propriété person-
nelle de M. de Caumont, a été donné à la Société par M-^e de
XII LA SOCIÉTÉ FUANÇAISK D AUCHÉOLOGIE.
Ce recueil, qui forme chaque année un volume in-8°
illustré , de plus de quarante feuilles , paraît tous les
deux mois (1), et renferme des mémoires et des docu-
ments sur les différentes branches de l'archéologie ,
publiés par les membres de la Société.
TABLEAU DES VILLES
dati>< lesquelles ont été tenus des Congrès cl des
Séances générales (2)
1834 Gaen.
1835 Douai.
1836 Blois ; Vire, Alencon, Le Mans.
1837 Le Mans.
1838 Tours ; Clermonl-Ferrand.
1839 Amiens ; Le Mans.
Caumont, par acte du 18 décembre 1875, et cette donation a
été autorisée par décret du 20 mai 1878.
(1) Prix d'abonnement : 15 fr. pour la France et 18 l'r. pour
l'étranger.
(2) Les comptes- rendus des trois premiers Congrès se trou-
vent seulement dans les volumes du Bulletin Monumental;
ceux de 1837 à 1843, imprimés dans le même recueil, ont été
tirés à part. A partir de 1814, ils forment une publication
absolument distincte du Bulletin.
Les noms mis en capitales indiquent les villes où ont été
tenus des Congrès, ceux en italiques désignent soit les villes
où ont eu lieu des séances générales , soit les provinces ou
départements où la Société a organisé des excursions.
Sur cette liste ne figurent pas^ les séances nombreuses te-
nues à Paris et à Caen.
Un certain nombre de séances générales ont eu lieu, de 1H30
à 1870, à l'occasion des Congrès scientifiques de l'fnstitut des
Provinces, efjdes Congrès de l'Association Normande, orga-
nisés, les uns et les autres, par M. de Caumont.
LA SOCIÉTÉ KliANÇUSE 1) AUCIIÉOLUGIE. Mil
1840 Niort.
1841 Angers ; Le Mans, Cherbovrtj, Lyon, Vienne.
1812 Bordeaux ; Rouen, Sirasho\ir^.
lSi3 Poitiers : Le Mtois, Anr/ers, Nantes, Va)ines.
1844 Saintes ; Cvnlances, Nîmes.
18Î0 Lille ; Tournai, Heùns, Evreiix.
181(i Metz ; Trêves.
1817 Sens ; Tours, Ani/oidênie, Limoges.
1818 (1) Falaise, Vaiix-sur-Laison (2), Bernai/, Trouvil/c
1819 Bourges.
18^0 AuxERRE, Clermont-Feurand; Cluny.
1851 Laon, Ne vers ; Gisors, Orléans.
18;J2 Dijon ; Sens, Toulouse.
1853 Troyes ; Les Andeli/s, Bayeux, Laval.
18;J4 Moulins ; Dijon, Avranches.
1855 Chalons-sur-Marne , Al\-en-Provence , Avignon ;
Le Puy (3).
185() Nantes ; Verneiiil, Le Neuhourg, Louviers.
1857 Mende, Valence ; Grenoble.
1858 PÉRiGUEUX, Cambrai; Louviers, Alençon, Lisieux.
1859 Strasbourg ; Rouen, Saint-Lo, Vire.
18G0 Dunkerque ; Le Mans, Cherbourg.
18(51 Reims; Laigle, Dives, Bordeaux
1802 Saumur, Lyon ; Le Mans, Elbeuf, Dives.
18(53 Rodez, Albi ; Le Mans.
18(5i Fontenay-le-Comte ; Évreux, Falaise, Troyes.
1805 Montauban, Gahors, Guêret.
(1) En 1848, les événements politiques n'ont pas permis de
réunir le Congrès , mais des séances ont été tenues dans les^
localités indiquées ci-dessus.
(2) Vaux-sur-Laison était la propriété de M. de Caumont, qui
y réunit un certain nombre de ses confrères , pour s'occuper
des questions administratives.
(3) Des conférences internationales furent tenues à Paris ,
en 1855, pendant l'Exposition universelle.
MV LA SOCIETE IRANljAlSE D ARCHEOLOGIE.
1866 Senlis, Aix, Tsice.
1867 Paris (1) ; Pont-Audemer.
1868 Carcassonne, Perpignan, Narbonne, Béziers ; Monl-
pellier, Rouen.
1869 Loches.
1 870 LisiEux ; Mcndins.
1871 Angers ; Le Mans, Anvers.
1872 Vendôme.
1873 Chateauroux.
1874. ÂGEN, Toulouse.
1875 Chalons-sur-Marne.
1876 Arles.
1877 Senlis ; Deparlemenl du Lot.
1878 Le Mans, Laval; Drparleinenl des Basses-Alpes.
1879 Vienne ; Milanais.
1880 Arras, Tournai; Franclie-Conilé.
1881 Vannes; Bernay, deparlemenl du Gers.
1882 Avignon ; Fréjus; Deparlemenl de la Creuse.
1883 Caen; Coulances, Jersey.
1884 Pamiers, Foix, Saint-Girons.
1885 Montbrison, Roanne.
1886 Nantes.
1887 SoissoNS, Laon ; Reims.
1888 Dax, Bayonne; Provinces basques espagnoles.
1 889 EvREUX ; Le Bec-Hellouin, Dreux, Monlforl-l'Amaurij.
(1) Le Congrès fut fixé à Paris, à cause de l'Exposition uni-
verselle.
LISTE GÉNÉRALE
DES KIEMBRES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE
Par ordre fjéo graphique et alphabétique (1)
31 DÉCEMBRE 1889
Bureau.
.MM. le comte de MARSY, direcleiir. à Compiègne.
LÉON PALUSTRE, directeur honoraire^ (il, rampe de
la Tranchée, à Tours.
Jules de LAURIERE , secrétaire général, 7, rue
d'Aguesseau, à Paris.
EuG. de BEAUREPAIRE, secrétaire général, à Caen.
G. BOUET, conservateur du musée et archiviste., 0,
rue de l'Académie, à Caen.
L. GAUGAIN, trésorier, 18, rue Singer, à Caen.
(1) Ceux de MM. les Membres de la Société dont les noms
seraient omis sur cette liste, et ceux qui auraient à indiquer
des rectifications pour leurs noms, qualités ou domicile, sont
priés d'adresser leurs réclamations à M. le Directeur de la
Société, ou à M. Gaug.\in, trésorier, 18, rue Singer, à Caen.
XVI LISTE DES MEMBRES
Comité permanent.
MM. le comte de MARSY, président.
E. DE BEAUREPAIRE, vice-président.
GAMPION, secrétaire.
Jules de LAURIÈRE.
L. GAUGAIN.
G. VILLERS.
l'abbé LEFOURNIER.
DE BRÉCOURT.
G. BOUET.
DE FORMIGNY DE LA LONDE.
LE FÉRON DE LONGCAMP.
EMILE TRAVERS.
le prince HANDJÉRl.
Ch. HETTIER.
SENOT DE LA LONDE.
Inspecteurs généraux.
\. M. Paul DE FONTENILLES. à Galiors.
2. M. le comte Adolphe de DION, à Monlfort-l'Amaury.
3. M
i. M
DIl 1,A SOCIETE FK.\Nt;.\lSE b AKCHEULOGIE, XVII
Inspecteurs divisionnaires.
1"^ division.
^oi'd, Pas-de-Calais et Somme.
laspeclcur : M. DESCHAMPS de PAS, correspondant de
rinstilut, à Saint-Omor.
S*-" division.
Calvados, Manche, Orne, Eure et Seine-Inférieure.
Inspecteur : M. E. i.E BEAUREPAIKE , à Caen.
1'' division.
llle-et-Vilaine , Gôtes-du-Xord, Finistère, Morbihan
et Loire-Inférieure.
Inspeclciir : M. AUDREN DE KERDREL , sénateur, au
château de Saint-Uhel , près Lorient.
7" division.
Clier , Indre, Nièvre et Allier.
Impectenr : M. Taltbé LEXOIR , curé de Chàtillon-sur-
indre.
LISTK DES MlJ.MllRES
S'' division.
Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente et Cliarente-
Inférieure.
Inspecteur : iM. ïixhhè x\UBER , chanoine titulaire , à
Poitiers.
9*^ division.
Haute-Vienne, Creuse, Corrèze et Dordogne.
Inspecleur : M. l'abbé ARBELLOT, chanoine titulaire, 11,
avenue de la Corderie, à Limoges.
11= division.
Tarn-et-Garonne, Tarn , Lot et Aveyron.
Inspecleur : M. le baron Edmond de RIVIERES, au
château de Rivières, par Gaillac.
12*= division.
Haute-Garonne, Aude, Pyrénécs-Oricnlales et Aiiège.
Inspecleur : M. Jules de LAHONDÈS, à Toulouse et à
Pamiers.
DE LA SOClETli l'iVANÇAISE 1) AUCllÉOLOGlE. MX
13° (liviisioii.
Hérault, Gard, Ardcclic et Lozère.
Inspecleur : M. A. RICARD, à MoiUpcllier.
14" division.
BoLiclies-du-Rlioiie, Vaucluse, Var, Basses-Alpes , Hautes-
Alpes, Alpes-Maritimes et Corse.
Inspecleur: M. de BERLUC-PÉRUSSIS , à Porchères,
près Forcalquier.
17'' division.
Côte-d'Or, Yonne et Saone-et-Loire.
Jnsjjecteur : M. BULLIÛT, à Autun.
LISTE DES MEMBRES
L'astérisque (*) désigne les membres de la Société
abonnés au Bulletin Monumental (1).
Les noms des membres du Conseil sont désignés par des carac-
tères italiques i2).
Ain.
Inspecteur : M.
Aisne.
Inspecteur : M. de Flouival.
Le Clerc de La Prairie (Jules),
président honoraire de la So-
ciété archéologique , à Sois-
sons.
Allier.
Inspecteur : M.
Chauvknkt (de) , ancien prési-
dentdu tribunal civil, à Saint-
Quentin.
* Florival (Adr. de), juge au
tribunal civil, à Laon.
Bailleau (Jh.), médecin, à
Pierrefltte-sur-Loire.
Bores (Albert de) , à Moulins.
CoNXY (Mgr de), protonotaire
apostolique, à Moulins.
(1) Le Bulletin Monnnicntal , qui a conquis, de|)uis plus de
cimpianle ans, un rang si important parmi les i)ublicalions archéo-
logi(|ues de la France et de Tétranger, paraît tous les deux mois,
illustré d"un grand nombre de figures. — Pour le recevoir, les
membres doivent ajouter 15 francs ti leur cotisation annuelle,
pour la Franco, et 18 jrancs pour l'étranger.
(2) Les inspecteurs généraux et ins|)ecleurs divisionnaires font
de droit partie du Conseil administratif.
LisTi: DES NirMunr.s de i,a société
XXI
* Dreux -ISrézé (S. G. Mgr de),
évoque de Moulins.
MioNOT (le D'), à CliantoUe.
* Hanqiikt de Gukrin (Henri du),
;iu château de Fourilles, par
Chantelle.
' Salveut-Bkllenave ( le niar-
(juis de), à Bellenave.
Saulnieh (Maurice), à Saulcet.
TixiER (Charles), à Saint-Pont,
par Escurolles.
ToNNAC (M"" de), née de Mari-
court, à xMoulins.
Alpes (Basses-).
Insj)ecteur : M. Eysseuic.
Berlttc-Pérussis (L. de), à Por-
chères, près Forcalquier.
Carbonnel (l'abbé), à Noizelles,
près Forcalquier.
Chais (Maurice), à Hiez.
Eysseric (Marcel) ancien magis-
trat, à Sisteron.
IsNARD , archiviste du départe-
ment, à Digne.
* RiPERT-MoNTCLAR (le uiarquis
de), consul général, au cliàteau
d'Allemagne, par Riez.
Alpes (Hautes-).
Inspecteur: .M.
Alpes-Maritimes.
Inspecteur : M. Bri'n.
Baissy (Emile), notaire, à Tou-
retles-de-Vence.
Blom) (Eugène), architecte, à
Grasse.
Rose (Ernest), architecte, au
Val-des-Roses, à Nice.
Bur.N , architecte, rue Saint-
Étienne, à Nice.
Grioou (l'abbé Émilien), vicaire,
à Antibes.
MotJOlNS DE ROQUEKORT, docteUC
en médecine, à Antibes.
PoTTER (.\rmand de), au château
de Beaulieu, à Nice.
Randon (Ph.), architecte, à Nice.
Revellat, ingénieur des arts et
manufactures, à Cannes.
SÉ.NEQuiER , juge de paix , à
Grasse.
Ardèche.
Inspecteur : M. Ollier de Ma-
RiCHAHI).
Canaud (l'abbé), curé de Gra-
vièrcs.
* Ca.nson (Etienne de), à La Ri-
voire, par Villerocance.
* Kalgairolle (Edmond), subs-
titut, à Largenlière.
HÉBRARD (l'abbé), curé de Saint-
Joseph, à Annonay.
* Marichard (Jules Ollier de) ,
â Vallon.
* MoNTiiOLFiER ( Félix de), â
Saint-Marcel-lez-Annonay.
Montravel (le comte Louis de),
a Joyeuse.
Vasciialde (Henry) , à \'als-les-
Bains.
XXII
LISTE nr.S MEMBRES
Ardennes.
Inspecteur • JI. Couty.
* Couty, architecte, à Sedan.
Landraoin (le docteur) , ancien
médecin militaire, à Rethel.
Lannois (l'abbé), curé deïhugny-
Trugny.
LiEBBR (E.), à Thugny.
Pellot (Paul), principal clerc de
notaire, à Rethel.
Ariège.
Inspecteur : M. Jules de La-
HONDKS, insp. div.
■ LAnoNni:s (Jules de), à Pa-
miers.
Pasquier (Félix), archiviste du
département, à Foix.
SÉuÉ (l'abbé Martial), curé de
Loubières, près Foix.
de), ancien député, à Vandeu-
vre-sur-Barse.
Aude.
Inspecteur ; M. Coste REnouLii
DE FONTIÈS.
* CosTE Reboulh de Fontiès, rue
Saint-Michel, à Carcassonne.
Gmral'd, vice-consul d'Espagne,
à Carcassonne.
■ Lafont , architecte , à Nar-
bonne.
\ Serres de Gauzy (Jules), à
Castelnaudary.
Aveyron.
Inspecteur : M.
* Affre (Maurice), avocat, à Es-
palion.
* Vialettes (l'abbé), secrétaire
de l'évèché, à Rodez.
Aube.
Inspecteur : M.
Antessanty (l'abbé d'), aumô-
nier du Lycée, à Troyes.
Bdnnemain (l'abbé), chanoine, à
Troyes.
Cmaumonnot (l'abbé), curé-doyen
d'Eslissac.
Des Étangs (George Chaam-es),
conseiller d'arrondissement, à
Gunfin.
* Vandeijvre (le baron Gabriel
Belfort (territoire de).
Inspecteur : M.
Bouches-du-Rhône.
Inspecteur : M. Blancard.
Bartiiki.emy (le D'), villa Doria,
boulevard Cliaves, à Marseille.
Berriat, sculpteur, à Aix.
lÎERToc.i.io(Louis),àSaint-Pierre-
lès-Marscille.
Bi.ancard, correspondant de l'In-
nr: i.a société kiwncai
D AUCIlÉOr.OGIE.
WIIl
stiliit, ai'cliivisto du dépiu-le-
inent, à Marseille.
Clappikr (Félix) . ancien magis-
trat, à Saint-Gabriel, j»ar Ta-
rascon.
Fassin (Emile), ancien magistrat,
à Arles.
(jai Tiicn-DESCOTTEs (Marc), no-
taire, à Arles.
Gl'illebkrt (l'abbé), vicaire-gé-
néral, à Aix.
* lluAUT, conservateur des mu-
sées, à Arles.
Marin de Cakra.nrais (François
de), cour Pierre-Puget , 4, à
Marseille.
Mever (Georges), mécanicien, ave-
nue d'Arenc, 205, à Marseille.
* Mistral Bernard, ancien con-
seiller général, à Saint-Rémy.
NoDET (Cil.). 24, rue Paradis, à
Marseille.
Penon , directeur du musée Bo-
rély, à Marseille.
Rolland (l'abbé), chanoine hono-
raire, aumônier du Lycée, à
Aix.
Roman, photographe, à Arles.
Sabatier, fondeur, rue des Or-
fèvres, 8, à .\ix.
Sardou (Jean Baptiste) , archi-
viste, 14, rue Cannebière, à
Marseille.
Savinien (le Frère), directeur
des Écoles chrétiennes libres,
à Arles.
Vayson-Bruno , conseiller géné-
ral , 140 , boulevard de Long-
champs, à Marseille.
* VÉRAN, architecte, à Arles.
Calvados.
Inspecteur : M. Boiet.
Anquetil (Eugène), avocat, à
Bayeux.
Beaucourt (le marcjuis de), au
château de Morainville , par
Blangy.
Beaimour, notaire honoraire, à
Gaen.
* Peanrepaire (E. de), ancien
magistrat, rue Bosnières, 25,
à Gaen.
Blangv (le comte Auguste de),
au château de Juvigny, par
TilIy-sur-Seulles.
Bonnecuose (de), à Monceaux.
Boscain, graveur, à Gaen.
* Bouet (Cl.), à Gaen.
Brécourt (de), ancien officier de
marine, à Gaen.
BRÈVEDENT(lrénée de), au château
de Cintheaux, par Brelteville-
sur-Laize.
BRiyuEviLLE (le marciuis de), à
Gueron.
* Canipion, avocat, à Gaen.
* Delesques (Henri), imprimeur-
libraire, à Gaen.
Des Ha.meal'x (Antoine), 37, rue
des Jacobins, à Gaen.
DoiiiN père, sculpteur, rue Sin-
ger, à Gaen.
DariN (Raoul), sculpteur, à Gaen.
Du Ferrage, à Gaen.
* Flandin, ancien député, au châ-
teau de Betteville, près Pont-
l'Évêque.
XXIV
LISTE DES MEMBRES
* Formignij do Iji Londr (de),
à Caen.
* Gaugain (Louis), rue Singer,
18, à Caen.
*GÉRARD (le baron Henri), député,
à Barbeville, par Bayeux.
GiiKARu (le baron Maurice), con-
seiller général, au château de
Maisons, par Bayeux.
GuÉRET, avocat, à Vire.
GuERNiER (l'abbé Léon), aumô-
nier de l'hospice Saint-Louis,
h Vire.
* Handjéri (le prince), au château
tle lManerl)e.
* II.VRCOURT (le duc d'), à Thury-
Harccurt.
IleUier (Charles), rue Guilbert,
à Caen.
HufiOMN (S. G. Mgr), évèque de
Bayeux et Lisieux.
.l.vcQuiER , sculpteur-décorateur,
à Caen.
Lanfranc DE Panthou, avocat,
ancien magistrat, à Caen.
La Porte (Augustin de), route
de Pont-l'Evèque, à Lisieux.
Le Courtois du Manoir (Gaston),
rue Singer, 11, à Caen.
' Le Feron de Longcamp, doc-
teur en droit, à Caen.
Lefouruier (l'abbé) , curé de Ciiii-
cliamps, i)ar May-sur-Orne.
* Loir (l'abbé), curé de Saint-
Martin-de-Bienfaite, par Or-
Ijec.
LoNGUEMARE (Paiil dc), avociil ,
placée Saint Sauveur, â Caen.
.\L\Murn- (l'ol), an Heaume, par
Cal)()ur".
* Maintien (l'abbé), curé de Sept"
Vents, par Caumont.
Maulde (M"" de), née de Mari-
court, à Lisieux.
Rampan (Léonard de), à Écram-
meville.
lliouLT DE Neuville (le vicomte
Louis de), à Livarot.
Saint Quentin (le comte de), à
Garcelles, par Bourguébus.
Samson, avocat, secrétaire géné-
ral de la mairie, à Caen.
* Sausse, officier de marine, à
Caen.
Senot de La Lnnde, à Parfouru-
l'Éclin.
Tavignv, â Bayeux.
* Travers (E.), ancien conseiller
de préfecture, à Caen.
Villers (G.), à Bayeux.
Voisin (l'abbé), curé de Canchy.
Cantal .
Inspecteur: M. deRochemonteix.
* Chalvet de Hociiemonteix
(Adolphe de), maire de Chey-
lade, près Murât.
BoBERT, ancien magistrat, à
Murât.
Vaeentin, avocat, à MarcenaL
Charente.
Tnspecloir : M. de Tiiiac.
La Ciiau.me (Henri de), à Cognac.
Préronnier, arcliitecte du dépar-
tement, à Angoulême.
DE I.\ SiiCIK'l'É FliVNCMSi: 1) ARCHEOLOGIE.
* Rancogne (Pierre de), nie du de). ;};{, l'iie l'orle- Jaune, ù
Minage, à Angoulème. Hourges.
Skbaux (S. G. Mgi'),évèque d'An- SAiiAnniN (l'abbé), supéricuL' du
goulème. pelil séminaire, à .Mourges.
' Thiac (de), au château de l'uy-
réaux, par Mansles.
Valliek d'Aussac (Médéric), à
Aussac, par Saint-Amand de inspecteur : M. l'abbé Poil-
HRIl'.RF,.
Corrèze.
Hoixe.
Charente-Inférieure .
lu.'tperleur : M. l'abbé J. Lafeu-
RlÈIîE.
Avril de La Vergnée (Ernest),
avocat, à I.a Rochelle.
* Ribliothèque de Rochefort (La).
DuRET DE Brie, à La Rellerie, |iar
Jonzac.
* Laferuière (l'abbé Julien), cha-
noine, à La Rochelle.
Persan (l'abbé), chanoine, rue
Saint-Ilubert, 7, à Rochefort.
Cher.
Inspecleur : M. A. des Méi.oizes.
(loi-ET (René de), à Couel, près
Sancerre.
* Des MÉr.oizEs (Albert), à
Bourges.
* Kersers (A. Ri MOT de), à
Rourges.
* La (il ère (le comte Alphonse
lie), 1, rue de la (irosse-Armée,
à Bourges.
La (irÈRE (le comte Ravmoiid
Pairie (J.), curé de Pandrignes,
près Tulle.
Massé.nat (Élie), à Brive.
*Pau (l'abbé j. -A.), cban.honor.,
aumônier des tabriques de la
Cascade, près Bort.
Poi'LBRiÈRE (Pabbé J.-B.), cha-
noine honoraire et historio-
graphe du diocèse, directeur
du petit séminaire de Serviè-
res, par Argentat.
Corse.
In>^pecteur : M. L. Campi.
* Campi (Louis), percepteur de la
ville, à Ajaccio.
Costa de Bastei.ica (le docteur),
médecin principal des armées
en retraite, à Ajaccio.
Fréminville (.Joseph Dei.akux
de), archiviste du dé|)arlement,
à Ajaccio.
(îtGMELMi, conducteur des ponts
et chaussées, à Corte.
NX VF
T.ISTE DES MEMURTS
Côte-d'Or.
l)}xp('(leur : M.
Beauvois (Eugène), à Corberon.
BnETENiK HE (Edmond de), h Dijon.
dWvout (le baron A.), ancien
magistrat, 14, rue de iNlirande.
à Dijon.
Degré (Pierre), architecte, 4,
boulevard Sévigné, à Dijon.
Du Parc (le conite\ rue Vanne-
rie, 23, à Dijon.
Lapérouse ( Gustave ) , ancien
membre du Conseil général, à
Châtillon-sur-Selne.
LÉcoT ( S. G. Mgr ) , évèque de
Dijon.
* MoNTii.LE (L. de), à Deaune.
Petitot-Bellaveine, à Menèble.
Suisse ; architecte du départe-
ment, à Dijon.
Côtes-du-Nord.
IiD^pecteur .- M.
Hern'ot, sculjtteur, à Lannion.
Le Moine (Jules), à Lamballe.
Creuse.
htspecU'tir : M. Georges Cai.i.ii.r.
BouRZAT (Joseph), 1, avenue de
la Gare, à Gueret.
* Cm.i.ier (Georges), au cl'âteau
de Villei)réaux , près Saint-
Vaudrv.
Cessac (Jean de) , archiviste-pa-
léographe, au château du Mou-
chetard, par Guéret.
CousTix de Masnagaud (le mar-
quis Henry de), au château de
Sezerat, par Bénévent.
* Rousseau, greffier de la justice
de paix, à Aliun.
Sapin (l'abbé), curé de Gentioux.
Dordogne.
In.-ipecteur : .M. A. de Roume-
JOUX.
* Abzac de La Douze (le mar-
quis Ulrich d'), à Borie- Petit,
commune de Champcevinel.
* Fayolle ( le marquis Gérard
de), au château de Fayolle,
par Tocane-Saint-Apre.
Landesque (l'abbé), curé de La-
valade, par Montpazier.
* Laporte (Oscar), docteur en mé-
decine, à Belvès.
* La Tombelle (le baron Fernand
de), au château de Feyrac, par
Domme.
'MoNTEiL (Xavier de), au château
de Cherval, par Verleillac.
* llouMEJOUx (Anatole de), au
château de Rossignols, par
Bordas.
* Vasseur (Ciiaiies), à Saint-Ger-
main-de-Belvès.
DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE.
Doubs.
In.-^prrlrur: M. Castan.
* Castan (A.), correspondant de
riiisliliit, conserva leur de la
l)il)liolliè(lue publique, à Be-
sançon.
(îAUTHiER (.Jules), archivlslc du
département, à Besançon.
MoNTHiCHARi) (levicomte Gabriel
de), à Besançon.
Drôme.
Inspecteur : M. Vallentîn.
DiDELOT (le chanoine), arcliiprè-
tre de la cathédrale, à Valence.
* La SizERANNK (le comte F.
MoNMER de), ancien député, à
Beausemblant , par Saint-Val-
lier.
NijGUEs (Alphonse), à Romans.
PoRTROUx (du), à Romans.
* Vaixentin (Ludovic), jupe, à
Montélimar.
Eure.
Inspecteur : M. Tabbé I'orke.
A.NCÉRARD, notaire, à Louviers.
* Br.ANQUART (l'abbé), curé de La
Saussaye, par Elbeuf.
Brunet (l'abbé), eu ré (le Iloulbec-
Cocherel.
Boivin-Champeaux , ancien pre-
mier président, à Bernay.
Des Maisons (le comte Robert), à
Caumont, par La Bouille.
Drouin (l'abbé), aumônier de la
maison centrale, à Gaillon.
DuROis (l'abbé;, curé de Notre-
Dame, à Vcrneuil.
Duuamel-Marette, peintre-ver-
rier, à Evreux.
Ferray (Edouard), adjoint, con-
seiller d'arrondiss., à Evreux.
FouRNiER , agent-voyer en re-
traite, à Thibervillc.
GuiLLARD, avoué, à Louviers.
* Join-Lambert , au château de
Livel, près Brionne.
La Bai.le (l'abbé Emile de), curé
de Sainl-Ouen-du-Tilleul.
Lambert, avoué, à Bernay.
Lecaudé (l'abbé), curé des Bo-
gues, par Lyons-la- Forêt.
Lerenard-Lavallée, juge au tri-
bunal civil de Bernay.
LoisKL, ancien maître de poste, à
La Rivière-Tliibouville.
MÉRv DE Bellecarbe ( Paul ) , à
Evreux.
Petit (Léon), conseiller d'arron-
dissement, à Evreux.
* PoRÉE (l'abbé), curé de Bour-
n:iiuville.
Prétavoine , ancien maire de
Louvii-rs.
* QuESNEL (l'abbé), curé de Cla-
ville
QiEviELV illenry), à Beaumesnil,
* lÎKiiNiER (Loufs), à Gisors.
ScnicKi.KR (le iiaron F. de), au
château de Bizy , près Ver-
non.
* Société libre de l'Eure (La).
XXVIII
LISTE DE-; :\!r;MnRES
Thili.ais (Eugène), principul clerc
(le notaire, à Jîernay.
Tyssandiicr (Léon), avocat, , à
Evreux.
Vy (Emile), conseille!- général, à
Berna y.
IlAHDoui.N, conseiller honoraire à
la cour de Douai, à Quinipcr.
Lk CARCfiET, percepteur, à Au-
(lierne.
Levainvii.m; , ancien préfet, à
Bénodet, près Fouensant.
Eure-et-Loir.
Inspecteur: M. le marquis d'Ai.-
VJ.MAUE IlE FEUQUiïciîES.
Alvimaue de Feuquières (le
marquis d"), à Dreux.
Alvimare de FEUQUiioRES ( le
comte Pierre d'), à Dreux.
Arjuzon (le comte d'). à Dreux.
CoYNART (A. de), chef d'esca-
drons d'état- major en retraite,
à Dreux.
Leusse (le vicomte de), au châ-
teau d'Anet.
MoRissuRE (de), à Nogent-le-
Rotrou.
* Tellot (Henri), à Dreux.
Finistère.
Tn^pecleur : M, Paul du Cha-
TELLIER.
Amorale (Tabbé), aumônier de
l'hospice, à Quimper.
* Bi.ois (le comte A. de), à
Ouimper.
* Du Cuateelier (Paul), au châ-
teau de Kernuz , par Pont-
rAl)bé.
Hai.na du Fuétay (le l)aron), à
Vieux-(;hastel, par Châteaulin.
Gard.
Inspeclevr: M. Bruguier-Roure.
Alriousse (L. d'), juge, à Uzès.
* Antoyne (Louis), à Alais.
Avon (le chanoine), curé-archi-
prètre de Beaucaire.
* BoiFFiLS de Massanne, à Su-
mène.
BouET ( Laurent ) , avocat , rue
Séguier, à Nîmes.
Bruguier-Boure (Louis), au Pont-
Saint-Esprit.
* Falcairolle (Prosper), à Vau-
vert.
GouDARD, membre de l'Académie
de Mimes, à Manduel.
* Granet (Léonce), ancien élève
lie l'École des Beaux-Arts , à
Boquemaure.
Laviele (l'abhé de), chanoine, à
Uzès.
LuNEAU (Victor), pharmacien, au
Pont-Saint-Esprit.
Nesmes-Desmarets (Albert de),
à Aigues-Mortes.
Oberkamimf de Dahrun , rece-
veur des finances, à Alais.
Pontmartin ( le vicomte Henri
de ) , archiviste - paléographe ,
aux Angles.
* Revoie (A.), corres])ondanl de
DE l.A SOCIÉTK KHANCAISK 1)" ARCHÉOLOGIE.
rinstitut, architecte des monu-
ments historiques, à iNîmes.
Salles, ingénieur des ponts et
chaussées, à iXîmes.
Salllstien (le Frère), directeur
des écoles chrétiennes libres ,
à l/zès.
Teste (Ch.), conservateur du
musée de Hagnols-sur-Cèze.
Garonne (Haute-).
Inspecteur: M. de Saint-Simon.
Bernard (Bertrand), peintre-déco-
rateur, à Bagnères-de-Luchon.
GouRDON (Maurice), à Bagnères-
de-Luchon.
HÉRON , au château Lalour, par
Uieumes.
Marturé (le docteur), médecin
militaire , ',j , rue l'érigord , à
Toulouse.
* Saint-Simon (de), rue Tolo-
saue, 6, à Toulouse.
* SoLAGES (le comte l'aul de), lit,
rue Ninau, à Toulouse.
ÏRUTAT ( Eugène) , conservateur
du Muséum, à Toulouse.
ViREiiENT (Gaston), statuaire ,
rue d'Alsace-Lorraine, à Tou-
louse.
Gers.
luspecleitr : M. Adrien La-
VERGNE.
rédacteur du Gaulois, à Beau-
marchés.
Carsalade du Pont (le chanoine
.1. de), secrétaire particulier de
l'archevêque, à Auch.
(iAHDÈiîE (Joseph), à Condoin.
(ii:\TiL (Léopold), architecte,
au château de Larroque, par
Gimont.
Lavergne (Adrien), à Castillon-
de-Bats, par Vic-Fezensac.
Magnié (Albert), à Mirande.
Mellis (Ma.x de), au château de
Biyès, par Saint-Clair.
Gironde.
Inspecteur : .Al.
Chusleigner (le comte Alexis
de), rue du l'iessis, ii, à Bor-
deaux.
CiROT DE La Ville (Mgr) , ca-
mérier de S. S. , ancien doyen
de la Faculté de Théologie, 10,
place de la Concorde, à Bor-
deaux.
PiGANEAU, secrétaire de la So-
ciété archéologiciue de la Gi-
ronde, 17, cours d'Albret, à
Bordeaux.
Hérault.
Inspecteur : M. Louis ?>oguier.
Bagnéris (le docteur), à Sa-
matan.
Boussiis DE ForitCALi) (Louis),
Arribat , architecte- inspecteur
des travaux diocésains , rue
Boiissaisolles, à Montpellier.
XXX
LISTE DES MEMBRES
AzAÏs (Roger), rue Clappier, 3,
à Montpellier.
BoNNAïuc ( Georges ) , 7 , place
Louis XVI, à Montpellier.
Bonnet, conservateur du musée,
à Béziers. >
' Cazalis de Fondouce (Paul),
ingénieur civil , 8 , rue des
Étuves, à Montpellier.
* Espous (le comte Auguste d"j, rue
Salle-l'Évêque, à Montpellier.
Faishège (Frédéric) , rue Grande,
33, à Montpellier.
Laforgue ( Camille ) , ancien
membre du Conseil général , à
Quarante, par Capeslang.
MÉJEAN (l'abbé) , curé de Fron-
tignan.
Mevrueis (Paul), ancien élève de
l'École des Beaux-Arts, 42, rue
Sallo-l'Évèque, à Montpellier.
* NoGUiER (Louis), avocat, à
' Béziers.
Revillout, professeur de litté-
rature française , à la Faculté
des Lettres , 14 , rue Saint-
Firmin, à Montpellier.
* Ricard (A.), secrétaire de la
Société archéologique, 4, rue
du Peyrou, à Montpellier.
SiCARD (Joseph), rue Monlpel-
lieret, 4, à Montpellier.
Ille-et-Vilaine.
Inspecleur : M. Langlois.
* Du Breil, comte de Landal ,
22 , rue de la Monnaie , à
Rennes.
FoRNiER , conseiller à la Cour
d'appel, 10, rue Nationale, à
Rennes.
* IIamard ( l'abbé ) , prêtre de
rOraioire, à Rennes.
La Borderie (Arthur de), mem-
bre de l'Institut, ancien député,
à Vitré.
Langlois, architecte, à Rennes.
Le Gonidec de Tressan (le comte),
à Rennes.
Indre.
In.'^pecteur : M. Maurice Dai-
GUSON.
Daigul,on (Maurice) , archiviste
paléographe, ancien magistrat,
à Châteauroux.
GuiLLARD, ancien agent-voyer, à
Châteauroux.
Lehec, docteur en médecine, à
Chàtillon-sur-Indre.
* Lenoir, curé de Chàtillon, cha-
noine honoraire.
Lenseigne, conducteur des ponts
et chaussées, à Argenton.
RouEDE, à Ciiàtillon-sur-Indre.
' roi.sùi (l'abbé), curé deDouadic
(canton du Blanc).
Danjou de La Garenne, à Fou-
gères.
DE LA SOCIETE FUANÇAISE D ARCHEOLOGIE.
Indre-et-Loire.
InspecU'ur : .M. Cli. dk Guanu-
MAISO.N.
* BiEXCOL'KT (le marquis de), à
Azay-le-Rideau.
Ghandmaison (Ch. de), arcliivisle
du déparleuunl, à Tours.
* Hahimon, architecte, à Tours.
* La Perche (Eugène), à Saint-
Cyr, près Tours.
Le Grix(E.), ancien conservateur
des forêts, à Tours.
LoBi.N (Léopold), peintre-verrier,
à Tours.
MiCHELLE (Paul), à Tours.
MouuY (Ch. de), 70, boulevard
Béranger, à Tours.
* Palustre (Léon), à Tours.
* Pic-Paris, ancien conseiller de
préfecture, à Tours.
* Saint-Georges le comte de) ,
au château de La Brèche, près
ITle-Bouchard.
Sonnay (dej, à C.ravant.
Isère.
Inspecleur : M.
IJizuT (Ernest), architecte, cours
Romestang, à Vienne.
* Bla.nchet (Paul), à Rives.
Blanuin , architecte - voyer , à
Vienne.
BoNJE.\N (Joseph), à Vienne.
Gariel, ancien conservateur de
la Bibliothèque, à Grenoble.
Vai.i.ikiî (Gustave), place Saint-
André, à Greuoble.
Jura.
Insjjecteiir : M.
GciciiARU (labhé), curé de Pu-
pillin, par Arbois.
* Robert (Zéphirin) , conserva-
teur du musée , à Lons-le-
Saulnier.
Landes.
Inspecteur : M. Taillebois.
Behr (Léonce de), à Gamarde.
BouziNAC de La Bastide, conser-
vateur des hypothèques , à
Dax.
Départ (labbé), curé-doyen de
Mimizan.
Du Boucher (Henri), à Dax.
Dleourcet (Eugène), ancien ma-
gistrat, à Dax.
Gabaura (l'abbé), curé de Cap-
breton.
Lugat (l'abbé) , curé-doyen de
Vdleneuve de-Marsan.
Martres (Léon), ancien magis-
trat, à Castandet.
' PoNSE (l'abbé), curé de Dunes ,
par Saint-Sever.
Sorbets, docteur en médecine, à
Aire.
* Taillebois (Emile), à Dax.
F
XNXII
LISTE DES MEMBRES
Loir-et-Cher.
Inspecteur : M. le marquis m-:
RoCHAMBKAU.
Loire.
Inspecteur : M. le vicomte uk
Me.\u.\.
BoD.VRD DE La jACOPiiiRE (Aiwlole
de), à La Roche-Saint-Firmin,
par Pezou.
BoiSGUÉRET deLaVaixiicre (Henri
de) , directeur de la Société
d'assurance mutuelle , IG, rue
du Mail, à Blois.
BoNTANT (l'abbé) , directeur de
l'École de Fontlevoy.
* CouRTARVEL (le marquis de), au
château de Baillou, par Mont-
doubleau.
Delaune (Jules), ancien avoué, à
Romoranlin.
GuiGNARD (Lud.) , à Sans-Souci ,
Chouzy.
* Hardel (rabbé),curé de Vineuil,
près Blois.
Haugoi (l'abbé), curé de Troô,
près Montoire.
Lauxay, professeur au collège de
Vendôme.
Le Nail (Ernest), peintre, à Blois.
Neilz (Stanislas) , à Courtiras ,
près Vendôme.
* Préville (l'abbé de), curé de
la Trinité, à Vendôme.
' llocHAMHEAU (le marquis de),
à Bochambeau, commune de
Thoré, près Vendôme.
Vallois (Georges), à Valette, iiîir
Villt'franche-sur-Clier.
' AvAizE (Amédéed'),au château
de Parras, par Perreux.
Barbât (le docteur), â Charlieu.
Becdelièvre (le vicomte L. de),
au château de Bigny, à Feurs.
Brassart (Éleuthère), à Varen-
nes, près Saint-Sixte.
Charnay (l'abbé) , curé de La
Chapelle-en-Lafaye.
Chassain de La Plasse (Raoul),
avocat, à Roanne.
Chaverondier (Auguste), di'cleur
en droit, archiviste du dépar-
tement, à Saint-Étienne.
CoADON (Alexandre), 5, rue de la
Comédie, â Saint-Étienne.
* Déchelette (Joseph), manufac-
turier, à Roanne.
Desjoyaux (Joseph), au Grand-
Clos, par Saint-Galmier.
Durand (Vincent), à Allieu, par
Boën.
(ÎAc.HET (Marc), avocat, 4, rue du
Grand-Moulin, à Saint-Étienne.
* GÉRARD, architecte de la ville ,
à Saint-Étienne.
Go.N.NARD (Henri), 52, rue Gam-
betta, â Saint-Étienne.
• Jeanne/, (VA.), à Roanne.
L'KsTOir.E (le comte de), au châ-
teau des Bonnevaux.
M EAUX (le vicomte de), ancien
DE LA SOCIKTK FRANÇAISE D A KCIlÉOLOGIE.
WMIt
iiiiiiislre,au château d'Écotay,
par Montbrisoii.
Neufbourg (le vicomte Louis de),
à Beauvoir, par Hoën.
Poi.NAT (Jules), avoué, à Saint-
Etienne.
PoNCiNS ( le comte Léon de ) ,
président de la Société de La
Diana, à Feurs.
SivET (Daniel), à Saint-Just-en-
Chevalet.
Tardieu (Paul), élève de l'École
des Beaux-Arts, à St-Étienne.
* Tètenoire-Lafayette père, an-
cien notaire, à Saint-Étienne.
Tètenoike-Lakavette (Philippe),
notaire, à Saint-Étienne.
Thiolliek (Félix), au château
de Verrières , par Saint-Ger-
main-Laval.
Thiollier (Noël), même adresse.
TuRGE (Honore de), à Montbrison.
ViER (Louis), vice-président de
la commission des hospices, à
Saint-Étienne.
Viav (Uctave de), au château
de .Noirétable.
Loire (Haute-).
Inspecteur: .M. Chassaim;.
Bhive (Albert de) , ancien con-
seiller de préfecture, au Puy.
Chanaleilles (le marquis de), au
château de Chanaleilles.
Chassaing, juge, au Puy.
Chau.meils de Lacoste (Ludovic
de), conseiller général, au châ-
teau de Fieu, près le Puy.
(iiRON (Gaston), au Puy.
Hedde, banquier, au Puy.
Jacotin (Antoine), au Puy.
Malaval (Fernand de), au Puy.
SoLMEs DE VÉRAC (Charles de),
notaire, au Puy.
Loire -Inférieure.
Inspecteur: M. le comte Bégi;^
DE L'ESTOURBEILLOX.
Bastard (Charles), 1.36, rue de
Bennes, à Nantes.
BouGoi.N (Alexis), architecte, 10,
rue du Calvaire, à Nantes.
Chaili.ou (Félix), avocat, 70,
quai de La Fosse, à Nantes.
HULOT DE COLLAUD DE SaI.NTE-
Marthe (le baron Jules), 12,
rue Félix, à Nantes.
Kersauson de Pennendreff (Jo
seph de), 11, rue d'Argentré, à
Nantes.
Kervenoael (Emile de), rue Félix,
à Nantes.
Kerviler (Bené), ingénieur eu
chef des ponts et chaussées, à
Saint- Nazaire.
* Latour-du-Pin-Cuambly (le ba-
ron Gabriel de). 26, boulevard
Delorme, à Nantes.
Legendre (A.), architecte dio-
césain, 28, rue de Strasbourg,
à Nantes.
Le Macson (l'abbé), chanoine, ruo
Boyale, 10, à Nantes.
L'EsTOURBEiLLON (le comtc Bégis
de), \, rue de Sully, à Nante.s,
et au château de Penhoët-en-
C
Xxxiv
LISTE DES MEMBRES
Avessac, par Saint-Nicolasde-
Redon.
LiSLE DU Dréneuc (P. de), con-
servateur du musée archéolo-
gique départemental, à Nantes.
MoNTFORT (Jules), arclùtecte, 'S,
rue Bréa, à Nantes.
MoNTi DE Rezé (Claude de), 3,
quai Ceineray, à Nantes.
* RiARDANT (Charles), directeur
du Comptoir d'Escompte, 6,
place Royale, à Nantes.
Loiret.
Inspecteur: M. l'abbé Des-
noyers.
* Boucher de Molandon, à Or-
léans, et à Reuilly, par Pont-
aux-Moines.
* Desnoyers (l'abbé), chanoine,
vicaire général, à Orléans.
Le Roy, avoué, à Montargis.
Marchand, à Ouzouer-sur-ïré-
zée, près Briare.
Martellière (Paul), à Pithiviers.
PouLLAiN, conducteur des ponts
et chaussées, 10, rue Bourgo-
gne, à Orléans.
Castagne , agent-voyer d'arron-
dissement, à Cahors.
Delbreil (Louis), docteur en mé-
decine, à Puy-l'Évêque.
Depeyre (Etienne), à Cahors.
* Fonienilles (Paul de), à Cahors.
Fontenilles (Jean de), à Cahors.
* FouRNAS (le baron de), au châ-
teau de Janet, par Montcucq.
GozoN (le marquis de), au châ-
teau du Vigan, près Gourdon.
Grandou (l'abbé), aumônier du
collège de Figeac.
Marques (Joseph), à Cahors.
MuNiN-BouRDiN (Ernest), avocat,
1, rue du Chàteau-du-Roi, à
Cahors.
Prady (Amédée), à Grezels, par
Puy-l'Évêque.
Lot-et-Garonne.
Inspecteur: M. Tholin.
* Lauzun (Philippe), à Agen.
* Tholin, archiviste du dépar-
tement, boulevard Scaliger, à
Agen.
Lozère.
Inspecteur : M. Roussel.
Lot.
Inspecteur ; M. Paul de Fonte-
nilles, inspecteur général.
* Boudon du Verdieu, à Cajarc.
* CAL.MON (Cyprien), statuaire, à
Cahors.
Lefranc, ingénieur en chef des
ponts et chaussées, à Mende.
' Roussel (le docteur), sénateur,
à Mende.
DE LA SOCIETE FRANÇAISE D AKCHÉULOCIE.
xxxv
Maine-et-Loire .
Inspecteur : M. le C" Laiu.
Charil de Ruillé (Élie), ancien
conseiller à la Cour d'appel, au
château de la Marmitière, par
Angers.
* Chesneali , 21 , rue Boreau , à
x\.ngers.
CiiEVALLiEU ( l'abbé ) , curé de
Corabrée.
Farcy (.Louis de), rue du Parvis-
Saint-Maurice, à Angers.
Freppel (S. G. Mgr), évèque
d'Angers.
Gale.mbert (le comte de), au
château de Parpacé , près
Baugé.
IIaltrelx (l'abbé), vicaire, à
Saint-Crespin.
* Lair (le comte Charles), au
château de Blou, près Longue.
La.mbert-Lesage, président de la
Chambre consultative des arts
et manufactures, à Saumur.
Piette, juge au tribunal civil, à
Angers.
RoEEAV, architecte, à Saumur.
Manche.
Inspevleur : M.
* Bailliencourt (Gustave de),
ancien receveur particulier des
finances, à Morlain.
Le Creps, à Saint-Lo.
Leoras (Léon), à Granville.
Le Mesle (l'abbé), curé de Sa-
vigny, près Saint-Hilaire-du-
Harcouet.
' Lemuet (Léon), à Coutances.
Po.NTGiRAUD (le com te César de),
au château de Fontenay, près
de Montebourg,
Bougé (le comte de), au château
de Saint - Symphorien , par
Saint-Hilaire-du-Harcouet.
Marne.
Inspecteur: M. le baron Joseph
DE Baye.
Baye (le baron Joseph de), à
Baye.
BosTEALX (Charles), maire de
Cernay-lès-lleims.
BoLRGEOis, percepteur des con-
tributions directes, à Pierry.
Chevallier (l'abbé), curé de
ïraraery, par Ville-en-Tarde-
nois.
Couxhaye, à Suippes.
Demaiso.n (Louis), archiviste
de la ville, à Reims.
GivELET (Charles), rue de la Grue,
à Reims.
GoLLET (François-André) , négo»
ciant, à Reims.
* HoL'ssAiRE (Henri), peintre-ver-
rier, rue Lesage, à Reims.
Jadart (Henri), bibliothécaire-
adjoint, 15, rue du Couchant,
à Reims.
Le Conte ( Frédéric ) , à Châ-
lons.
XXXVI
LISTE DES MEMBRES
Maikeal' (G.), '^3, rue du Cardi-
iial-de-Lorraine, à Reims.
MiLLARD (l'abbé), curé de Rcu-
ves, par Sézanne.
MoREL ( Léon ) , receveur des
finances, à Vilry-le-François.
* NiCAisE (Auguste), à Chàlons.
PoisEL, architecte, à Chàlons.
Robert, rue du Cloître, 4, à
Reims.
Simon (C), chef d'escadron dar-
tillerie en retraite, à Fisnies.
Simon (Paul), secrétaire de la So-
ciété des Beaux-Arts, à Reims.
* Société d'Agriculture de la
Marne (la), à Chàlons.
Wkrlé (le comte), à Reims.
WiLMART (J.-M.), rue Libergier,
à Reims.
Marne (Haute-).
Inspecteur : M.
Mayenne.
Inspecteur : M. Paul de P'arcv.
Bretonnière (Louis) , rue de
l'Évêché, à Laval.
Chédeau, avoué, à Mayenne.
* Farcy (Paul de), à Château-
(lonthier.
Garnier (Louis), architecte, à
Laval.
Maiu.ard (l'abbé), curé de Tho-
riné-en-Charnie.
Mokeai: (Emile), à Laval.
MoRiN DE La Reaulukre (Louis),
à La DrujoLcrie, par Entram-
mes.
Pointeau (l'abbé;, curé d'Astillé-
Prudhomme (l'abbé) , aumônier de
l'hospice Saint-Louis, à Laval.
Ravault, notaire, à Mayenne.
Richard (Jules-Marie), archi-
viste-paléographe, à Laval.
Meurthe-et-Moselle .
Inspecteur : M. Léon Germain.
' Germain (Léon), 2.G, rue Heré,
à Nancy.
Vallée (Georges), conseiller de
préfecture, à Nancy.
Wiener (Lucien), conservateur
du Musée lorrain, à Nancy.
Meuse.
Inspecteur: M. Liénard.
Énaru ( l'abbé ) , curé-doyen de
Gondrecourt.
Hannion, aumônier du Lycée, à
Bar-le-Duc.
* Liénard, secrétaire de la Société
philomatique, à Verdun.
MoREL (l'abbé), curé de Sani-
pigny.
Morbihan.
Inspecteur : M. Audren ue
Kerdrel, ins)). divis.
* Auilren de Kerdrel, sénateur,
au château de Saint-l'hel, près
Lorient.
Luco (l'abbé), à Vannes.
DE LA SOCIKTE FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE.
Nièvre.
Inspecleui' : M.
Lespinasse (René de), conseiller
général, au château de Luan-
ges, par Urzy.
* ViLLEFOssE (Etienne Héron de),
ancien archiviste du départe-
ment, à Nevers.
Quarké-Reybourdon (L.), 70
boulevard de la Liberté , à
Lille.
* SuDRE (l'abbé), supérieur du
grand séminaire, à Cambrai.
ViLLETTE (Jules), juge, à Avesnes.
Oise.
Inspecteur: M. le baron de
BOXNAULT d'HOUET.
Nord.
Inspecteur : M. le comte de
C.\ULAINC0URT.
Bonvarlet (A.), consul de Da-
nemarck, G, rue Nationale, à
Dunkerque.
Caneï (Victor), professeur à l'In-
stitut catholique, à Lille.
C.vuEAiNcouRT (le comte Anatole
de), 6, rue Négrier, à Lille.
CoTTiGNY (Jean), juge au tribu-
nal civil, à Douai.
* CuvELiER (Félix), rue Saint-
Gabriel, 8, faubourg Saint-
Maurice, à Lille.
Dehaisnes (Monseigneur), prélat
de la maison de S. S., à Lille.
Desmottes (Paul), 67, rue Prin-
cesse, à Lille.
Favier (Alexandre), rue Saint -
Jean, 18, à Douai.
Levé, vice-président du tribunal
civil, à Avesnes.
' OzENFANT (Aug.), 8, ruc des
Jardins, à Lille.
AuMALE (S. A. R. le duc d'), au
château de Chantilly.
Barret (l'abbé), curé d'Amblain-
ville.
*BoNNAULT d'Houet (Ic baroH de),
à Compiègne.
Chevallier (Raymond), au Bois
de Lihus, par Estrées-Saint-
Denis.
* CouDRET (Albert), ancien no-
taire, à Compiègne.
Dr BLOC (Edouard), à Compiègne.
Dii'Uis (Ernest), conseiller géné-
ral, à Pontarmé , par la Cha-
pelle-en-Serval.
Failly (le baron Maurice de), à
Compiègne.
Lac (Jules du), à Compiègne.
La.muertve (le comte de), à Com-
piègne.
La Perche (Paul), à Compiègne.
Lattec.x (Ludovic), au Mesnil-
Saint-Firmin.
Lefebvre (Henri), imprimeur,
président du tribunal de com-
merce, à Compiègne.
Léman (Charles), à Compiègne.
XXXVIII
LISTE DES MEMBRES
* Magmexvim.e (Rotîer de), à
Compiègne.
Manuel (ral)bé), curé de La Clia-
pelle-en-Serval.
Maricouut (le comte de), à Ville-
métrie, près Senlis.
* Marsy (le comte de), à Com-
piègne.
MÈHEssE (Charles), à Coitipiègne.
SoREL (Alexandre), président du
tribunal civil, à Compiègne.
Thuisy (le marquis de), conseiller
général, à Baugy, par Moncliy-
Humières.
Orne.
Jnxppcleur : M. Léon de La
Sicotii:;re.
* Blanclietière , ancien conduc-
teur des ponts et chaussées,
ancien maire de DomfronL
Canivet, inspecteur de l'Associa-
tion Normande, au château de
Ciiambois, près Trun.
Charexcey (le comte de), con-
seiller général, à Saint-Mau-
rice-les-Charencey.
Dallet, à Saint-Aubin-de-Bon-
neval.
Dr.svArx (l'abbé), curé de la Tri-
nité-des-Lailiers, par (îacé.
* Duitnis-GucuAX (Gaston), àSéez.
* La Sir.OTii:RE (Léon de), séna-
teur, à Alcnçon.
Le Cointhe (Kugène), à Alcncoii.
Le VAVASSEun (Gustave), à I.;i
Lande-de-Lougé.
* Mackau (le baron de), député,
au cliàleau de Vimiers, par
Vimoutiers.
VioNERAL (le comte de), conseiller
général, à Ry.
Pas-de-Calais.
Inspecteur: M. Deschamps de
i'As, insp. divis.
* Aly, artiste peintre, rue Sabli-
gny, 36, à Boulogne.
* Bailliencourt dit Courcol (R.
de), notaire, à Saint-Omer.
Caruevacque (.\dolphe de), à
Arras.
* DeschaDips de Pus, correspon-
dant de l'Institut, ingénieur en
chef des ponts et chaussées en
retraite, à Saint-Omer.
Lecesne (Paul), conseiller de pré-
fecture, à Arras-
Maillard-Géxeau ( ,\ntoine-Dé-
siré-Alexandre), à Saraer,
Sens (Georges), à Arras.
Puy-de-Dôme.
Inspecteur : M. le D' Peicoie.
Cavaro (Claude) , en religion
frère Arthème , directeur du
petit noviciat, à Montferrand.
DouRiF (le docteur) , professeur
à l'école préparatoire de méde-
cine, à Clermont-Ferrand.
Gi'YOT-Lai-om) (Paul), notaire, à
Lezoux.
DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE.
\XXIX
Jaloustre (Élie), à Clermont-
Ferrand.
* Plicque (le docteur), à Lezoux.
* IUndanne (l'abbé), supérieur
des missions diocésaines , à
Clermont-Ferrand.
* Roucnox, archiviste, à Cler-
mont-Ferrand.
Teillard (Emmanuel), place Mi-
cliel-de-L'Hôpilal, à Clermont-
Ferrand.
Pyrénées (Basses-).
Inspecteur ■ M. A. Planté.
Barthety (Hilarion), à Lescar.
DÉTROYAT (Arnaud), banquier, à
Bayonne.
Lafond (Paul), à Pau.
Picot (J.), conservateur adjoint
du Musée, à Pau.
Planté (Adrien), ancien député,
maire d'Orthez.
Povdenot (Henri), iianquier, à
Bayonne.
Pyrénées (Hautes-).
Inspecteur .- M.
Pyrénées- Orientales.
Inspecteur : M.
^)EL^L^s DE HiBAS (Joseph), à
Céret.
* ViLLARD (Edmond de), à Thuir.
Rhône.
Inspecteur : M.
* BÉGULE (Lucien), peintre-ver-
rier, 86, montée de Choulans,
à Lyon.
* Benoist, architecte, 2, quai de
Bondy, à Lyon.
BoissiEu (Maurice de), oi , rue
Sainte-Hélène, à Lyon.
Caillemer , correspondant de
l'Institut, doyen de la Faculté
de droit, à Lyon.
* Canal de Chizy (Paul), 11, rue
de Jarente, à Lyon.
* Chabrières-Arlès , trésorier-
payeur général, à Lyon.
Le Conservateur de la Biblio-
thèque du Palais-des-Arls, à
Lyon.
DoNOT (Prosper), homme de let-
tres, 72, cours de la Liberté,
à Lyon.
FouRNEREAu (Malhœus), 3, place
Grolier, à Lyon.
* MoRiN-PoNS, banquier, à Lyon.
PoYDEBARD (William), à OuUins.
A'achez (A.), avocat, rue de la
Charité, à Lyon.
Veuillot , contrôleur principal
des contributions directes, 20,
cours Perrache, à Lyon.
Saône (Haute-).
Inspecteur: M. Jules de Buver,
à La Chaudcau , près Saint-
Loup-lès-Luxeuil.
XI,
I.ISTK DES MEMBRES
Saône-et-lioire .
Inspecteur : M. Canat dk Ciuzy.
* Bulliol, président de la Société
édueiine, à Autun.
* Canal de Chizy (Marcel), à
Châlon- sur-Saône.
Dics ïouRNELLES (le bai'on Vital),
au château de Trary, à Cha-
rolles.
* Rkvkrend du Mksnil (le vi-
comte), au château de Daron,
par Saint-Christophe-en-Brion-
nais.
Sarthe.
Inspecteur : ÎM. Hubert TuiGEn.
* Albin (l'abbé), vicaire général
et chanoine titulaire, au Mans.
Baube (Henri), à Conlie.
Bertrand de Broussili.on (Ar-
thur), rue de Tascher, 15, au
Mans.
Bourguignon , ingénieur - archi-
tecte, au Mans.
Chardon (H.), ancien élève de
rÉcole des Chartes, au Mans.
* l'i.EURV, imprimeur, à Mamers.
J.v Sei.i.k (le comte de), à la
Barbée, par Bazouges.
Lic.ER, architecte, au château de
Courmenant, par SilIé-le-Cuil-
laume.
f.iVET (ral)bé), ciianoinc hono-
raire, curé du Pré, rue Notrc-
Dame-du-Pré, au Mans.
*Men.iot d'Elbenne (Samuel), au
château de Couléon, par ïullé.
* Paillard-Duclérk, ancien dé-
puté, membre du Conseil géné-
ral, à Monlbizot, près Ballon.
Pottier (l'abbé), professeur d'ar-
chéologie an grand séminaire
du Mans.
Q(iAïREB.\RBES (la vicoHitesse de),
au château de La Roche, près
Vaas.
* Si.NCHER, rue du Quartier-de-
Cavalerie, 37, au Mans.
* Soyez, architecte, rue aux Liè-
vres, au Mans.
* Triger (Robert), docteur en
droit , rue de l'Évèché , au
Mans.
Vaissières (Emmanuel de), au
château de Vassé, par Sillé-le-
Guillaume.
Savoie.
Inspecteur: M.
Belat, ancien élève de l'École
des beaux-arts, à Albertville.
Savoie (Haute-).
Inspecteur : M. Koziorowicz ,
ingénieur en chef des ponts et
chaussées, à Annecy.
DE LA SOCIETE mANCAISE D ARCHEOLOGIE.
\LI
Seine (I).
In.-^prclcur : M. Darcki,.
* AiiBuuN, architecte, attaché aux
bâtiments civils, 15, rue Char-
les V.
* liarlliéleinij ( Anatole de ) ,
membre de Tlnstitut, 'J, rue
d"Anjou-Saiut-Hoaoré.
Bacdicour (Théodule de) , con-
seiller à la Cour J"appel , 01 ,
boulevard Saint-.Micliel.
Baudouin (Henri), 8, rue Royale.
Beaukort (le comte Henri de),
121, rue de Grenelle.
* BKc.orKN (le vicomte Henri) ,
10, place Saint-Francois-Xa-
vier.
Bkgule (Léon), 121 , boulevard
Saint-Germain.
Bescher, graveur en mwlailles,
1.5, quai de Conli.
Besnard (A.), notaire, à Saint-
Denis.
Blanchet (J. Adrien), élève de
l'École des Hautes-Etudes , It),
rue de Viinne.
Bo.NNECHOSE (de), conseiller réfé-
rendaire à la Cour des Comptes
1, rue Clément- Marot.
BouiLLET(rabbé), professeur au
petit-séminaire, 19, rue Notre-
Dame-des Champs.
* Broclie (le duc de), membre
de TAcadémie française, 18,
rue Solférino.
Broglie (le prince de), 48, rue
de la Boétie.
CaIX DESAlNT-AY.MOUR(le vicOUltC
Amédée de), 4, rue Gounod.
Casati (Ch.), conseiller à la Cour
d'appel, 12, rue Martignac.
Caston.net DES Fosses (H.), avo-
cat, 37. rue de l'Université.
Chardin (Paul), 2, rue des Pyra-
mides.
' CouRCivAL ( le marquis de ) ,
112, rue Marcadet.
Darckl (Alfred), directeur du
musée de Cluny.
Dassy (Léon) , 65, rue de Cour-
celles.
Delongueil, rue Bayard.
Des Cars (le duc), '.)5, rue de
1 Tniversité.
Desmottes (Aimé), \i, rue des
Vosges.
DiKv (Paul), 12, rue Legendre.
DuBOR (Georges de), {'6, rue Bo-
naparte.
* DuPRAY DE La Mahêrie, ancien
magistrat, 01, avenue Kléber.
Du PiiY (Paul), 71, avenue d'An-
tin.
Dt'REAU (A.), bibliothécaire de
l'Académie de médecine, 40,
rue des Saints-Pères.
FoY (le comte Fernand), 85, rue
du Faubourg Saint-Honoré.
Feol'est (E.), 2, rue des Pyra-
mides.
(1) L'indication de la rue seule est donnée pour tous les membres
qui habitent Paris.
XLII
LISTE DES MEMBRES
Gayrmtd (Paul) , 63, rue de Va-
rennes.
Grellet (Alexandre), avenue
Beauséjour, 87, parc Saint-
Maur, près Paris.
GnÉAU (Julien), 123, rue du Bac.
JoANNE (Paul), 16, rue SouOlot.
JoLY DE MoREY ( Hcari ) , ancien
magistrat, 2, avenue Bugeaud.
Kupsch-Lafitte (Edouard), 10,
rue de la Paix.
Lacoste, 65, rue des Saints-Pères.
Lafollye (A.), architecte du châ-
teau de Saint-Germain, 7, rue
Bichepanse.
* Laik (Jules), directeur des en-
trepôts et magasins généraux,
204, boulevard de la Villette.
L.^MBiN (G. Emile), 58, rue Saini-
Didier.
Lasteyuie (le comte B.de), mem-
bre de rinstilut, professeur à
l'École des Charles, 10 his, rue
du Préaux-Clercs.
* La TnÉ.MOiLLE (le duc de), 4,
avenue Gabriel.
* Laurière (Jules de), 7, rue
d'Aguesseau. '
Lacmière (Ferdinand de), 7,
rue d'Aguesseau.
Le Blanc-Hardel (F.), iS, rue
Demarqiiay.
Lk Blant (Edmond), membre de
ilnstilnt, 7, rue Leroux.
Lkiéiuire (Léon), 217, boulevard
Saint-Germain.
* Lekï-.vre-Po.ntaus (Eugène),
liiitliolhécaire du Comité des
travaux histori(p)es, H, rue des
Matliurins.
* LÉGER (Louis), 0, rue des Fk'u-
ries-d' Artois.
* LÉvis-MiREPOix (le duc de), 55,
rue de Varennes.
Lucas (Charles), architecte, 23,
rue de Dunkerque.
Maire (Albert), à la Bibliothèque
de l'Université, à la Sorbonne.
Meugy, inspecteur général ho-
noraire des Mines , 74 , rue
Madame.
* Michel (André), 108, boulevard
Saint-Germain.
Moir.xoN, 4, rue Bibouté.
Montferraxd (le comte Charles
de), 22, place Vendôme.
Moutox-Duvernet, ancien con-
seiller de préfecture de la
Seine, 72, rue Blanche.
MowAT ( Bobert) , chef d'esca-
drons d'artillerie en retraite,
10, rue des Feuillantines.
MuNTZ, conservateur de l'École
des Beaux-Arts.
* Nodet (Henri), architecte, 14,
rue Saint-Guillaume.
NoRMAxn (Charles) , architecte
diplômé, 98, rue de Miromes-
nil.
* Pierrot-Deseilligny (J.), élève
de l'École des Hautes-Études,
53, rue de Varennes.
Pikt-Lataudrie (Charles), 43, rue
de Berlin.
* PicARu (Auguste), 73, rue de
Maubeuge.
* PiNOTEAU (le baron), comman-
dant d'état-major en retraite,
4, cité Martignac.
PiNOTEAU ( le baron Maurice ) ,
DE LA SOCIETE FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE.
ingénieur civil, 4, cilé Marli-
gnac.
* PoM.MEREii (le nianjiiis Armand
de), G7, rue de Lille.
* Quantin(A.),6, rue du Regard.
QuESNK (Victor), 252, boulevard
Sainl-Germain.
Ol'évillon, chef de bataillon au
110' régiment d'infanterie.
Rapine (H.), architecte des monu-
ments historiques, 210, boule-
vard Raspail.
* Refuge (Edgard de GouRio de),
\% rue Ribera, à Auteuil.
* RoHAULT UE Fleury (Georges),
12, rue d'Aguesseau.
RoQUETAiLLADE (l'abbé de), vicalre
de Saint-Germain des-Prés, 15,
rue de Grenelle.
Rovs (le marquis Ernest des),
1 ! , boulevard de la Tour Mau-
bourg.
* Saint-Pail (P.-L. de), avocat,
1i), rue des Saussaies.
* Saint-Paul (Anthyme), 21, rue
du Cherche Midi.
* ScHLLMBERGER (Gustovc), mem-
bre de l'Institut, HO, rue du
Faubourg-Sain t-Honoré.
* Steln" (Henri), ;J4, rue Sainle-
Placide.
SiRiREv (P.), '20, rue Ancolle. à
Neuilly-sur-Seine.
* ÏHÉuENAT ( l'abbé ) , de l'Ora-
toire, '2, quai des Célestins.
TiiuRET (Louis), 40, ruede Naples.
Trouretskoï (le prince), -20, ave-
nue Trudaine.
^'.\I.l.o^■ (la comtesse i\f) . 7, <)uai
d'Orsay,
Vasnier (R.-A.), 12, ruede Mont-
chanin.
* Vaui-océ (Franz de), !{0, rue
Washington.
* Vaux (le baron de) , 4, rue de
Tournon.
Vaux-Saint-Cyr (le comte René
de), 1, rue Saint-Dominique.
* ViLLEFOSf E (Antoine Héron de),
membre de l'Institut, conser-
vateur des antiquités romaines
au musée du Louvre, SO, rue
de Grenelle.
* Vogué (le marquis de), membre
de l'Institut, 2, rue Fabert.
Wazikrs (le comte Louis d^!),8,
rue de Varennes.
Yanville (le comte R. d'), lit, rue
de .Madrid.
Seine-Inférieure.
limprcleur: M. Léonce w. Glan-
V1LLE.
Argentré (le comte d"), rue de
Fontenelle, à Rouen.
Barbier de La Serre, inspecteur
des forêts, à Rouen.
Barthélémy fils, architecte, bou-
levard Beauvoisine,35, à Rouen.
Baudry (Paul), 2, place de la
Motte, à Rouen.
Reaurepaire (Ch. de), correspon-
dant de rinstitut, archiviste du
département, rue Chasselièvre,
!) bis, à Rouen.
Braquerais (Léon), conservateur
adjoint à la Bibliothèque pu-
blique, au Ilnvrc.
XLIV
LISTE DES MEMBRES
Chaventré, 12 bis. rue Traver-
sière, à Rouen.
* Cheveraux , au château de
Boscmesnil, près Saint-Saëns.
* Colette (l'abbé), aumônier du
Lycée, à Rouen.
CoMONT (l'abbé), curé de Varen-
geville-sur-Mer, par Offran-
ville.
CussoN, ancien secrétaire général
de la mairie, à Rouen.
* Deseii-ligny (l'abbé Eugène), à
l'archevècbé, à Rouen.
* DrvAi.. percepteur en retraite,
à Lillebonne.
Edouard (l'abbé Paul), aumônier
du Lycée, à Rouen.
EsTAiNTOT (le comte Robert d'),
avocat, rue des Arsins, 9, à
Rouen.
GiRANCouRT (de), membre du
Conseil général, à Varimpré,
près Neufchàtel.
* Gi-ANviLi.E (Léonce de), direc-
teur honoraire de l'Association
normande , rue du Bourg-
rAl)bé, 19, à Rouen.
IloMAis, avocat, 6, rue de l'Ilôlel-
de-Ville, à Rouen.
Le Breton (Gaston), correspon-
dant de l'Institut, conservateur
du .Musée céramique, 2;) his.
rue Tiiiers, à Rouen.
Lekeuvhe (l'abbé), curé de La
Kresnaye.
Lk.miuk (Eugène), à Rouen.
LoHMiER (Charles), avocat, la,
rue Socraie , à Rouen.
LoTH (l'abbé), curé de Saiut-
Maclou, à Rouen.
Mauduit, avocat, à Neufchàtel.
Pallières (Médéric de), direc-
teur du Crédit industriel, à
Elbeuf.
Philippe, 35, rue Henry, à El-
beuf.
Pouyer-Qlertier, sénateur, an-
cien ministre des finances, rue
de Crosnes, à Rouen.
Prkvost ( Gustave A. ) , ancien
magistrat, rue Chasselièvre, à
Rouen.
Sauvage (le chanoine Eugène),
intendant de la Primatiale, à
Rouen,
Seine-et-Marne .
Inspecteur: M.
Collet (l'abbé), curé de Verneuil,
par Chaumes.
"Erceville (le comte d'), au châ-
teau de Chapuis, par Héricy.
Sarazin (l'abbé Marie), curé de
Jouarre.
KozioROWicz, ingénieur en chef
des ponts et chaussées, à Melun.
Seine-et Oise.
Lispecteur : M. le comte A. de
Dion, inspecteur général.
Caron (Emile), avoué honoraire,
aux Camaldules, par Yerres.
• Dion (le comte Adolphe de), à
Monll'ort r.Amaury.
'EouRDRiGNiER (Edouard), 9, rue
DE LA SOCIÉTÉ FlIANCAISE I) ARCHÉOLOGIE.
des Écuyers, à Saiiil-Gerinain-
en-Laye.
Gkave, pliarinacien, à Mantes.
GuYOT (Joseph), au château de
Dourdan.
Larrochi: (Maurion de), à Ver-
sailles.
LiiKAivRE (Alherl), ministre plé-
nipotentiaire, 2:i, rue Saint-
Médéric, à Versailles ,
LoRix, avoué, à Rambouillet.
Marquis (Léon), à Étampes.
Pkrry dk Sclltety (M" ), à
.MontfortrAmaury.
ÏRiBERT, architecte de Tarron-
dissement, à Rambouillet.
Sèvres (Deux-^
Inspecteur : M. Ledain.
Rerthelk (Joseph), archiviste
du département, à .Mort.
* CuMONT (le marquis de) , à la
Roussière, près Coulonges.
* EspÉRANDiEU (E.) , lieutenant
d'infanterie,professeur à l'École
militaire de Sainl-Maixent.
GiRAUDEAU (Théophile), l,rue de
la Comédie, à Niort.
La Rochebrochard (le vicomte
Henri de) , archiviste -paléo-
graphe, au château de Rois-
soudan, par Chanipdeniers.
Société de Statistique (la), à
Niort,
Somme.
Inspecteur : M.
A.MYoT (Éméric) , chef de batail-
lon d'infanterie, à Amiens.
AuLT DU Mesnil (G. d"), rue de
l'Éauette, à .\bbeville.
Desaixs (Henri), ancien sous-
prélet, à Amiens.
* Durand (Georges) , archiviste
du département, à Amiens.
Ducal, chanoine titulaire, à
.\miens.
Janvier (A.), ancien président
de la Société des .antiquaires
de Picardie, à Amiens.
Macqueron (Henri), à Abbeville.
* Masson, 48, rue Victor Hugo, à
Amiens.
Vayson (Janin), manufacturier,
ancien président de la Chambre
de commerce, à Abbeville.
Tarn.
Inspecteur : M. Rossujnol.
Rruguière (Auguste) , aumônier
de l'hospice, à Mazamet.
Cazals, archiprêtre-curé, à Cas-
tres.
FALGuii.:RE (le baron de), à Ra-
bastens.
Gouttes- Lagrave (le baron de),
au château de Lagrave , près
Gaillac.
Madron (Henri de), à Cadalen.
XLVJ
LISTE DES MEMBRES
MiCHAU (l'abbé), curé de la Ma-
deleine, à Albi.
MiQUEL (J.), géomètre, à Maza-
niet.
O'Byunk (Edward), au château
de Saint-Géry, près Rabastens.
0"Byrm2 (Henri), môme adresse.
* Ricières (le baron Edmond de),
au château de Rivières, près
Gaillac.
Rossignol (Élie-Antoine), à Mon-
tans, près Gaillac.
ViviÈs (T. de), à Viviès , près
Castres.
Tarn- et- Garonne .
Inspecteur: M. l'abbé Pottiku.
Combe u'Alma (l'abbé), curé de
Roquecor.
Du Fauk (Prosper), à Lazzaret,
canton de Beaumont.
FoRESTiÉ (Edouard), imprimeur,
à Moulauban.
MoNTBRisoN (Georges de), au
château de Saint-Roch , par
Auvillars.
M0U1.ENQ ( François ) , ancien
maire, à Valence-d'Agen.
* PoTTiEK (l'abbé), 59, faubourg
du Moustier , à Montauban.
Taui'iac (Louis), avocat, à Castcl-
Sarrazin.
Var.
Inspecteur : M. Rostax.
* Aube (Ernest), au Luc.
Aube (Frédéric), au Luc.
* AuBENAS , ancien magistrat ,
maire de Fréjus.
BoYER, achitccte, à Hyères.
Bresc ( Louis de Sicouru de ) ,
conseiller général , à Saint-
Jean-de-Bresc, par Cotignac.
Decuers (Séverin), à Fréjus.
Dupuis (l'abbé), curé de Vallauris.
Gibelin (l'abbé Edouard), vicaire
à Brignoles.
GuÉRiN (Paul), receveur des do-
maines, à Fréjus.
Heuseling (J.), à Toulon.
Ollivier (l'abbé), à Porquerollcs.
* RosTAN; à Saint-Maximin.
* SiVAN (l'abbé), curé du Cannet.
Vaucluse.
Inspecteur : M. Duuamei..
Barrés, bibliothécaire de la ville
de Carpentras.
BiRET (Noël), à Avignon.
* Deloye (Auguste), conservateur
de la Bil)liothèque et du musée
Calvet, à Avignon.
Duhamel (Léopold), archiviste du
département, à Avignon.
EvssERic (Joseph) , à Carpentras.
Faucher (Paul de), à BoUène.
FÉRAun (llippolyle) , percepteur
DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D ARCHÉOLOGIE.
XLVII
des finances en retraile , à
Orange.
GuYON (Louis de), à Vaison.
Musée Calvet (le président de
l'administration du),à Avignon.
Requin (l'abbé), vicaire de Saint-
Syniphorien, à Avignon.
* Roi.x (A.), notaire, à Cavailion.
Sagnier (Alphonse), à Avigr.on.
TÉLESiMioRK (frère) , rue Verne t ,
à Avignon.
* La Ciioix (le R. F. Camille de),
rue Saint-Maixent, à Poitiers.
* Leuai.n (B.), rue de la Baume,
à Poitiers.
* Maret (Arthur de), au château
des Ormeaux, parles Trois-
Mouliers.
Richard (Alfred), archiviste du
département, à Poitiers.
ToucHOis(Aiig.), rue Saint-Denis,
à Poitiers.
Vendée.
Inspecteur : M.
"Vienne (Haute-).
Inspecleur : M. René Fage.
GuÉRiN (l'abbé), curé-doyen, à
Saint-Fulgent.
Staub (l'abbé), à Foutenay-le-
Comle.
Vallette (René), avocat, à Fon-
tenay-le-Conite.
Vienne.
Inspecteur : .M. Alfred Richard.
* Àrl)ellot (l'abbé), chanoine ho-
noraire, 11, rue de la Corderie,
à Limoges.
Fage (René), avocat, à Limoges.
Forgeront (André), à Chalus.
* Société archéologique du Li-
mousin (la), à Limoges.
Tandeau de Marsac (l'abbé) ,
chanoine honoraire, rue Porte-
de-Tourny, 12, à Limoges.
* Auber (l'abbé), chanoine titu-
laire, à Poitiers.
* Barbier de Montault (Mgr) ,
37, rue Saint-Denis, à Poitiers.
Braxthôme (Stéphane), au châ-
teau de Jaulnay, par Clan.
Du Fo.NTEMocx (Alfi-ed), avocat,
à Poitiers.
Froment (le R. P. dom) , moine
bénédictin, à Ligugé.
La BouRALii;RE (.\. de), 14, rue
de la Baume, à Poitiers.
Vosges.
Inspecteur: M.
* Farnier (Ferdinand), à Robé-
court, \)av Vrécourt.
Yonne.
Inspecteur : M. G. Julliot.
JuLLioT (G.), à Sens.
XLVIll
LISTE DES MEMBRES
ALGÉBIE.
Département d'Alger.
Trk.meaux, à Tipaza.
Département de Cons-
tantine.
Inspecteur: M.
BosRÉDON (de), capitaine au 3'
chasseurs , chef de bureau des
alTaires indigènes, à ïébessa.
Delapart (l'abbé), curé d'Aïn-
Beïda.
TUNISIE.
PoLONET (l'abbé), à la Goulelte.
ALSACE-LORRAINE.
Inspecteur : M. l'abbé Straub.
GuERBER (l'abbé V.), chanoine,
à Molsheim.
MiiRY (l'abbé Pantaléon), ancien
supérieur du petit séminaire,
à Strasbourg.
Rauch, docteur en médecine, à
Oberbronn.
RiEHL (l'abbé), curé de Sleige ,
près Ville.
* Straub (l'abbé), chanoine titu-
laire , président de la Société
de conservation des monuments
historiques d'Alsace , rue des
Veaux, 12, à Strasbourg.
DE 1,A SOCIKTK KHANCAISK I)"a1!(;|IÉ( ir.or.lD. \\a\
MEMBRES ÉTRANGERS
ALLEMAGNE.
* BoxBERG (M"° de), 3.3, Waissen-
haustrasse, à Dresde.
* Hkttner , directeur du musée
d'antiquités, à Trêves.
l^iNDENscHMiTT, (1 IrecteuT dii mu-
sée rentrai d'anti(|uilés , à
Mayenro.
L(m:rscii (le docteur Hugo), pro-
fesseur à l'Université, à Bonn.
Marccs ( Gustave ) , libraire , à
Bonn.
Noue (Arsène de), docteur ou
droit, à Malmédy.
Piper , professeur à l'Univer-
sité , et directeur du musée
d'archéologie ch'-étienne , à
Berlin.
ANGLETERRE.
BiNGiiAM (le colonel), à Roclies-
tcr.
Co.\ (lieut.-col. C), à Fordwicli,
près Cantorbéry.
Druerv ( John- Henry ) , à iNor-
Nvich.
Franks (Augusle-\\'.), dirocleur
de la Société royale des Anti-
quaires, à Londres.
Frevian, à Londres.
GoDFRAv (H.-N.), trésorier des
impôts de l'île, à Jersey.
(iossEi.iN (Hellier), secrétaire de
rinstihit royal archéologique
de la (irande Bretagne, 28,
Cranley Gardens, Biakcsware.
à Londres.
KxocHER (Edward), csq., ancien
maire de Douvres , à Uyde
(S. W..).
Jones (Herbert), de l'Institut
royal archéologique de la
Grande Bretagne, 15, Montpe-
lier Row, Black heath, à Lon
dres.
Le Cor.nu (le colonel), au manoir
de La Hague, à Jersey.
Le Gros (Gervaise), vicomte de
Jersey , vice-président de la
Société Jersiaise , à .Saint -
Hélier.
Lewis (le Rév. S. S.), syndic de
l'Université, Corpus Christi Col-
lège, à Cambridge.
.Maver (Joseph), de la Société
I)
I.ISTI'. DES MEMP.UE^
ryyale tics Antiquaires, à l'.e-
]Mnglon, prôs Livorpool.
iNouïiiBOURNi': (loni), (U- la So-
ciéli" royale des Aniiquaires, à
Helsiianger, par Sandwicli.
RiDDEL (Sir W. H.), baronnet, 50,
Queensgate, à Londres.
lloACH Smith, de la Société royale
des Antiquaires, Temple Place,
près Strood, Kent.
Stirung (SirWalter), baronnel,
à Tunbridge-Wells.
Stonr (le l'iév. Chan.), à Canlor-
béry.
Wi'.ALK (James), lii, tlie Grood,
Claphani Comraon , S. ^^■. , à
Londres.
* WiLSON (le major-général Syl-
vester F.) , de l'armée royale
britannique, à Ikaumont (.Icr-
soy).
BELGIQUE,
S. M. LE ROI DES RELGES.
Rkqukt (Alfred), conservateur
du Musée archéologique , à
Namur.
RK-rniMo (Mgr), chanoine, à
Rruges.
Rkthdm!: i)'lni)E\vALLi': (le baron),
président de la (iilde de Saint-
Thomas et Sailli -Luc, à Marcke,
par Lourtrai.
BÉTHUNK nu Vii.LKiis (le biiron
,L-R.), conseiller provincial, à
Oost-Rosebèke, par (iand.
" Ri.oMMi, (Arihur), jjrésident
du Irihunal civil . à Tcr-
mondo.
BiuvENNK (Justin), architecte, à
Tournai.
Ceoquet (L.), ingénieur-archi-
tecte, à Tournai.
Delvigne (A.), curé de Saint-
Josse-ten-Noode, à Bruxelles.
Dk Schodt (Alphonse), direc-
teur général de l'Enregistre-
ment, 15, rue de Londres, à
Bruxelles.
Drvillers (Léop''), président du
Cercle archéologique, à Mous.
DoGNÉE DE ViLEEus, à Liège.
Dognée (Eugène), à Liège.
Francaut (A.), avocat, à Mons.
Gelhand de Merten (le baron) ,
21, rue du ci-devant Pont-Neuf,
à Bruxelles.
Gr.xARD (P.), conservateur des
archives, à Anvers.
Hagemans, ancien membre de la
Chambre des Représentants, à
Bruxelles.
Hambve (Adolphe), notaire, à
Mons.
Hauelevii.ee (P. de), directeur
du Journal de Bruxelles.
Henrard (le généi-al Paul), secré-
taire de l'Académie d'archéo-
logie de Belgique, à Anvers.
HuGUET (le chanoine), à Tournai.
Keuvvn de Lettemiove (le li""),
ancien ministre, à Bruxelles.
La Roche de Marcuienne (Emile
de), à llarvengt, près Mons.
Le Roy, professeur à l'Université
de Liège.
LiMKLETTi:, à iNanuir.
DE LA SncrETE 1- IIA.NÇAISE D ARCHEOLOGIE.
LoK (le baron Alfred del, au cliA-
teaii d'Harmignies, près Mons.
MoNS (le Cercle archéologique de
la ville de).
NÉDONCHEL (le comlc de), prési
dent de la Société archéolo-
gique de Tournai.
NicvK (Kugène), architecte, 10,
rue de .Foncker, à Bruxelles.
NiMAL (Henri de), secrétaire-ad-
joint de la Société archéolo-
gique de Charleroi.
Reusens (le chanoine), docteur
en théologie, bibliothécaire de
ri^niversité de Louvain.
RoNSE (Ed.), archiviste, à Fur-
nes.
RuELENs (Charles), conservateur
des niss. de la Bibl. roy., à
Bi-uxelles.
SCHOUTHEETE DE ÏEUVAUE.NT ( lo
chevalier de) , de l'Académie
d'archéologie de Belgitiue , à
8aint-Nicolas-de-Waes.
ScHUEH.MAXs, de l'Acadéuiio d'ar-
chéologie de Bclgi([ue, itrernier
président à la cour royale de
Liège.
Tahon (Victor), ingénieur, secré-
taire-général de la Société ar-
chéologique de Charleroi.
Van uek Haecuik, Itibliodiécairc
de rCniversilé, à (janil.
Van DEii Stiîaten- l'oM'iKiz f le
comte François), liî, rue de la
Loi, à Bruxelles.
Vos (l'abbé), archiviste de Tévè-
ché, à Tournai.
Vries (de), ingénieur-directeur
des chai'bi)nnn''os do Bonne-
Espérance, à Land)usail, par
Farciennes, près Charleroi.
Wagener, ancien administrateur
de l'Université, à Gand.
Wauwermans (le lieutenant-gé-
néral), président de la Société
roy. de géograph., à Anvers.
* WiTTE (Alph. de), ingénieur, 49,
rue du Trône, à Bruxelles.
DANEMARK.
LicuTi.É (l'abbé), e'i (jdcnséc
(Fionie).
EGYPTE.
Landberg (le comte Carlo de) ,
agent et consul général de
Suède, au Caire.
ESPAGNE.
.V.\s(iM:AiiA (Don Florencio de) ,
corr. de l'Acad. U. de San-Fei'-
nando, architecte provincial, à
Pampelune.
COELLO V QUESADA (S. K. I>(in
Francisco), colonel du i^énic
en retraite, mcmbi'e de l'Acad.
M. de l'Histoire, 2!3, Serrano, à
Madrid.
Di un (Don C. Fernantlez), ca|ii
laine de vaisseau, membre de
l'Acad. R. de l'Histoire, à Ma
ilrid.
EciiAMtiA ( S. Exc. Don liafacl
li Azi Ei.r , niai-(piis de I , myi.
LU
LISTE DES MEMDUES
de rAc;i(L U. do l'Histoire , à
Pampelune.
GiRBAL (Don Henri-Claude), ins-
pecteur des antiquités , à Gi-
rone.
ITURRALDE Y SriT ( DOU Juau),
corr. de l'Acad. R. de l'Histoire.
à Pampelune.
Landa (S. E. le docteur Nicasio
de j , corr de l'Acad . R . de
l'Histoire, médecin en chef de
rarinée, à Pampelune.
MiQUEL Y Badia (Don F.), corr.
de l'Acad. R. de l'Histoire,
directeur du Diario, à Barce-
lone.
Morales de Los Bios (Don Adol-
fo), architecte, corr. de l'Acad.
R. de l'Histoire, à Saint-Sébas-
lien.
(ii.ANo (S. E. Don .lose de), ancien
sénateur, président des jeux
lloraux basques, à Saint-Sébas-
tien.
Oloriz (Don Hermilio de), archi-
viste de la Navarre, corr. de
l'Acad. B. de l'Histoire, à Pam-
pelune.
O'Reilly (S. E. Don Antonio
Bernai de;, consul général en
retraite, corr. de l'Acad. B. de
l'Histoire, à Saint- Sébastien.
Saavedra (Eug. ), membre de
l'Académie Boyale espagnole
et de l'Académie des sciences,
à Madrid.
Si)rahu;e (Don Pedro de), corr.
de l'Acad. R. de Tllistoire, à
Saint Sébastien.
ÏOGORES (Don Antonio Roca lie),
à Madrid.
Uriarte (Don Carlos), directeur
de l'Institut, corr. de l'Acad.
R. de l'Histoire, à Saint-Sébas-
tien.
ÉTATS-UNIS.
FRorniNGHAM Junior (le D') , se-
crétaire de l'Institut archéo-
logique, à Princetone.
* LuoLOW (Thomas W.), Cottage
Lawn, Yonkers, à New- York.
Wagner, président de l'Institut
libre des sciences, à Philadel-
phie.
INDES.
Rivictt-Carnac. (S. II.), à Cal-
cutta.
ITALIE.
■ A(;i!iLiio.N (César), ciiapelain
de S. M., à la villa de Mira-
bello, dan-i le i)arc royal de
Monza.
Barklli (Monsignory, inspecteur
des fouilles et monuments, à
Côme.
BiïRToi.oTTi (le cliev. A.),arclii-
viste d'État, à Mantoue.
■ Bramuii-la (le cliev. Camille),
inspecteur des touilles et mo-
numents de la province de
l'a vie.
Brivio (le marquis Giacomo), à
Milan.
DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D AIlCHÉOLÛGIE.
OiiSA-DiANCHi (Paolo), aichitecle
de la cathédrale de Milan.
Descemet (le commandeur Char-
les-Maurice), 17, via Coronari.
à Rome.
FioRELM, sénateur, directeur gé-
néral des fouilles, à Rome.
fîAROVAGLio (le chev. A.), ins-
pecteur des fouilles de l'arron-
dissement de Lecco, 18, via
Pesce, à Milan.
Grtossi (le prof. Vincenzo), at-
taché au Musée égyptien, à
Turin.
(ilLSTlMAM BaNDIM (S. E. le
prince Don Sigismond), palais
Altieri, à Rome.
I.NGANNi (D. Rafaele), chapelain
de Zivido, près Melegnano.
\a: liOiET (le chanoine), via San-
Nicola-ai-Cesarini, à Rome.
Menabrea (S. E. le comte), am-
bassadeur d'Italie, à Paris.
MiXERviM (Giulio), bibliothécaire
de l'Université, à Naples.
Pecci (le comte Camille), à Rome.
PiGORiNi (le comm.), directeur
du musée préhistorique et
ethnographique , à Rome.
Prelini (l'abbé César), à Pavie.
Rossi (le commandeur de), à
Rome.
Salinas , professeur d'archéolo-
gie, directeur du musée natio-
nal de Palerme.
Vauisco (l'abbé Achille), à Monza.
Zorzi (le comte Alvise Piero),
sous -conservateur du musée
Correr, à Venise.
MONACO.
Sauie ((iust.), conseiller d'État,
conservateur des arclîives du
Palais, à IMonaco.
PAYS-BAS.
Aluerdi.xg-Thijm (J.-A.), prof, à
l'Académie des Beaux-Arts, à
Amsterdam.
Habets (l'abbé Jos.), président
de la Société archéologique du
Limbourg, à Maestricht.
Hezenmans J.-G.), à Bois-le-Duc.
Hezen.mans (L.-C), architecte de
la cathédrale, à Bois-le-Duc.
Leemans (le D'), directeur du
musée d'antiquités, à Leyde.
Pleyte (le D'), conservateur du
musée archéologique, à Leyde.
* Stuers (le chev. Victor de),
directeur des Beaux- Arts, au
ministère de l'intérieur, à La
Haye.
Ten Brink , professeur à l'Uni-
versité de Leyde.
PERSE.
Nazare-Agha (le gén°'), envoyé
extraordinaire et ministre plé-
nipotentiaire de Perse, à Paris.
PORTUGAL.
* Da SiLVA (le chev. J.-P.-N.),
architecte du roi, président de
LISTE DES MEMBRES
la Société royale des archi-
tectes civils, membre de l'Ins-
titut de France, à Lisbomie.
T)A Veiga (Estacio) , à Ta vira.
Delgado (Nery), membre de
l'Académie royale des sciences,
à Lisbonne.
Vilhena-Barbosa (I. de), vice-
président de l'Académie royale
des sciences, à Lisbonne.
SUÈDE.
lIiLDF.nnAND (le prof. Hans), mem-
bre de l'Académie royale, di-
l'ecteur du Musée national , h
Stockholm.
SUISSE.
Fazy (Henri), membre du Con-
seil d'État, à Genève.
Gosse, docteur, prof, à l'Univer-
sité, à Genève.
Griollet de Geer (Ernest), à
Genève.
Sharpes (Edmond), architecte, à
Genève.
NÉCROLOGIE
(1889)
Agos (le baron d'}, à ïibiran (Hautes-Pyrénées).
AzEMA (l'abbé), curé de Valady (Aveyron).
Bknolville (P.), à Paris.
BÉsiNÉ (Henri), à Montpellier.
Biais (Théodore), à Paris.
Carvès (Louis), à Bézenac (Dordogne).
Clermont-Tonnkuuk (Gaspard-Louis-Aimé, duc de), à GlisoUes
(Eure).
floRBiN (l'abbé), à Bordeaux.
ConRTiLr.oLES (Ernest de), à Courtilloles (Sarlhe).
CcssY DE JucoviLLE (le uiarquis de), à la Cambe (Calvados).
Dadole (E.), à Moulins.
David (le docteur Aug.), à Morestel (Isère).
Desroziers (l'abbé), à Bourbon-rArchainbault (Allier).
Fontenay (A. Harold de), à Autun.
(IciLBERT (Son Éminence le Cardinal), archevètiue de Bordeaux.
(ioRSE (André), à Pau.
HucHER (Eugène), inspecteur de la Sarlhe, au .Mans.
Jabouin, à Bordeaux.
Jeanne (l'abbé), à Valognes.
Lacroix de Sénilhes, à Millançay (Loir-et-Cher).
.Mesnil-Dlrand (le baron de), à Balthazar (Calvados).
Poussielgue-Rusand (Ch.), à Paris.
SiEYÈs (le marquis de), à Valence (Drôme).
LVI NECROLOGIE.
Toulousk-Lauthec (le comte Raymond de), inspecteur division^
sionnaire, à Saint-Sauveur (Tarn).
BuRBURE (le chevalier de), à Anvers.
La Fuente (D. Vicente de), à Madrid).
COMPTE DES RECETTES & DES DÉPENSES
DE LA.N.NÉE ISHX-ISS'J
RENDU PAR LE TRÉSORIER DE LA SOCIÉTÉ
Arrêté par le Coinilé permanent, dans sa séance
du t>5 avril fSOO.
UKCKTTKS.
Rente 3 "/o sur rKI.;il: — Iriiiieatres iravril, ilo
juillet, (l'octobre 1888 ot janvier 1889 2.00Ufr. »
liente '.i »/o amortissable, léguée |)ar M. de Gau-
niont (inènips trimestres) 540 »
lienies '.] "/o au poi'Ieur (mêmes trimestres). . 101 "
Amorlissemeiil de (|uatre eolisatioiis 100 >■
Vente d'anciens comptes-rendus des Congrès . . 40 >•
Cotisations aux Congrès de Dax et de Bayonne. . l.Oiil »
Cotisations recouvrées sur l'année 1887 . . . 2.140 >.
Id. k\. sur l'année 1888 . . . î> 940 «
Total. . . 12.79;; fr. t,
DÉPENSES.
Frais de recouvrement des cotisations , par la
poste, par les banquiers et par les membres cor-
rispondanls llOfr. 75
{■"rais (le retour de traites non payées l\l l'6
l'orls (le lettres, de caisses, atïranchissements et
chargements divers 101 'M
Lettres-programmes pour les Congrès de Dax et
de ÎJayonne 299 75
Circulaires et impressions diverses 102 30
.1 reporter 1.120fr.8o
I.VUI COMPTES bU TllÉSOUlEK.
Report 1.120 fr. 85
Solde de riinpression du Congrès de Nantes.. . 3.100 »
Payé à valoir sur l'impression du Congrès de
Laon et de Soissons .... 3.500 "
Excursions archéologiques 1.500 »
Subvention pour la publication du Bulletin mo-
numental 500 ))
60 Jetons en argent 200 10
Médailles distribuées dans les Congrès .... 658 15
Frais généraux d'administration et traitement
d'employés 1.000 »
Concierges du Musée et du Pavillon, et gratili-
cations diverses 140 »
Souscription à r.lî'i c/( .1h/( (S 24 85
n àVÀlbum archéolugique des Côtes-
du-Nord G3
t à la statue de Jeanne-d'Arc, à Reims. 50 )-
Réparations à l'église de Pont l'abbé 100 »
Souscription au Forez pittoresque 100 ">
Phniue couunémorativc à Rec-IIellouin .... 100 «
Achat d"une| rente au jjorteur 3 " 'o .... 1.200 »
Total 13.306 fr. 95
RA LANCE.
E.xcéilaid eu caisse du compte précédent . . 767fr. 1>6
Recettes 1SS8-188'J 12.7!)5 »«
13.562 96
Dépenses 13.306 95
Excédant 256fr.02
Caen, le 21 mars 1890.
Le Trésorier,
L. (iAHiAI.N.
AVIS IMPORTANT.
Sjir la demande de plusieurs memlires de la Société,
la question de ramortissemenl des cotisations a été
mise à l'ordre du jour et résolue affirmativement dans
la séance administrative du 24 août 1876. Après avis
de M. le Trésorier, cet amortissement a été ensuite fixé
à CENT FRANCS. En conséquence, tous les membres
qui voudront se libérer définitivement envers la Société
pourront, dès ce jour, verser la somme indiquée entre
les mains de M. L. Gaugain, 18, rue Singer, à Caen.
L'amortissement de la cotisation ne dispense pas
les membres de la Société abonnés au Bulletin mo-
numental du paiement de l'abonnement annuel de
quinze francs, spécial à ce recueil.
CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE
DE FRANGE
LV^ SESSION
TENUE A DAX ET A BAYONNE
EN 1888
PROGRAMME
1. État des études archéologiques dans les départe-
ments des Landes et des Basses-Pyrénées. — Donner
une vue d'ensemble des principaux travaux accomplis,
soit par les Sociétés savantes, soit par les particuliers.
2. Découvertes préhistoriques dans les Landes et
les Basses-Pyrénées. — Donner la liste des grottes et
et abris sous roche, des monuments mégalithiques, des
amas coquilliers, des stations lacustres et des tumulus.
Indiquer, parmi ces monuments , ceux qui ont fait
l'objet de fouilles et d'études spéciales ; signaler ceux
qui ont été détruits. -Dresser une carte préhistorique
de l'un des arrondissements de ces deux départements.
3. Faire connaître et étudier les peuples qui ont
a CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
habité le territoire actuel des Landes et des Basses-
Pyrénées avant l'arrivée des Romains. — Déterminer
leurs caractères anthropologiques et rechercher leur
origine.
4. Qu'étaient les Ibères et jusqu'où se sont-ils
étendus? — Quelles traces ont-ils laissées de leur séjour
sur les versants français des Pyrénées ?
5. Quelles sont les traces laissées par les popula-
tions primitives du littoral du golfe de Gascogne ? —
Peut-on déterminer leurs relations commerciales avec
les navigateurs grecs, phéniciens ou carthaginois ? —
A quelle époque les Boii du bassin d'Arcachon se sont-
ils fixés dans cette contrée? A-t-on trouvé sur leur
territoire des monnaies gauloises , et notamment des
pièces scyphates attribuées aux autres Boii?
6. Signaler les cités, villes , villages , oppidum , et
camps retranchés de l'époque gauloise. — Dresser la
carte de la Novempopulanie et de ses divisions entre
les différents peuples avant l'arrivée de César.
7. Signaler les localités dans lesquelles ont été
découverts des monuments romains et présenter le
tracé des voies romaines dans la région visitée par le
Congrès. — Étudier, notamment, la ville de Dax, an-
cienne cité des Tarbelli, ses monuments, ses thermes
et ses remparts, ainsi que la villa romaine de Lescar.
— Signaler les nouveaux éléments qui pourraient dé-
terminer l'emplacement de l'oppidum des Sotiates et
celui du champ de bataille de Crassus. — Faire con-
naître les inscriptions, les mosaïques et les objets
romains, argenterie, bronzes, céramique, verrerie,
monnaies, etc., mis au jour depuis trente ans.
8. Examiner quelles sont les divinités locales de la
contrée et quelles sont celles qui peuvent être assimi-
iM!()(;H\.-\niE. 3
lées aux dieux officiels du peuple romain. — Signaler
les monuments qui les concernent et notamment ceux
qui sont relatifs à la Nèhe et à Tutèle, ainsi que ceux
du culte de Mithra.
9. Faire connaître les monuments chrétiens les plus
anciens de la région et notamment ceux d'Aire.
10. Signaler les antiquités mérovingiennes et les
traces encore visibles de la domination des Wisigoths.
— Rechercher les souvenirs du passage des Sarrasins.
11. Signaler les principaux monuments d'architec-
ture religieuse de la région aux difTérentes époques, et
indiquer leurs caractères particuliers, en insistant sur
la nature des matériaux et l'influence du climat. —
Indiquer ceux de ces monuments dont la date est
déterminée par des documents contemporains et qui,
par suite, peuvent servir de types. - Rechercher l'in-
fluence qui a pu être exercée par les Espagnols et par
les Anglais sur l'architecture de ces édifices.
il Étudier et décrire les principaux châteaux féo-
daux de la région, ainsi que les constructions civiles
du moyen âge et de la Renaissance. — En présenter
les plans et les dessins et faire connaître les comptes
de construction, ainsi que les anciens inventaires de
leur mobilier. — Signaler les sauvetals et les bastides
de la contrée, les mottes féodales, salles, sallaèses,
tues, tucots, turons, etc., en distinguer les caractères.
13. Étudier la décoration et le mobilier des édifices
religieux et civils. — Signaler les verrières, peintures
murales, sculptures, pierres tombales, objets d'orfè-
vrerie et de céramique, étofîes, tapisseries, etc., con-
servés dans la région, ainsi que ceux dont la présence
y a été constatée. — En donner la description avec
dessins h rapi)ui et fournir des renseignements sur
4 CONGRES ARCHÉOLOGIQUE DE UAX ET BAYONNE.
leurs auteurs et sur les personnages ou les établisse-
ments qui les ont fait exécuter. — Examiner notam-
ment la décoration ornementale en bronze ou en fer
des portes des monuments religieux et d'autres édifices.
— En présenter les principaux spécimens en les rap-
prochant des types analogues conservés dans le midi
de la France ou dans le nord de l'Espagne.
14. Retracer l'histoire des faïenceries de la contrée
et particulièrement de celles de Samadet et de Dax
(Doro). — Signaler leurs produits et les comparer à
ceux d'autres fabriques.
15. Signaler les hôpitaux de Saint-Jacques dans le
midi de la France et le nord de l'Espagne. Étudier les
souvenirs laissés par les pèlerins sur les chemins qui
les conduisaient à Compostelle. — Rechercher les
routes suivies par les pèlerins espagnols et gascons
pour se rendre aux grands pèlerinages de Rome et de
Jérusalem.
16. Signaler les souvenirs relatifs à la France qui se
rattachent à Pampelune et à la Navarre. — Indiquer
les monuments et les objets qui les rappellent.
17. De l'origine des cagols, capots, christians. etc.,
et des monuments qui les concernent.
18. Étudier et décrire les anciennes tombes, ainsi
que les monuments héraldiques du pays basque.
19. Présenter des recherches sur les monnaies et
médailles inédites ou peu connues de la région, sur les
sceaux, ainsi que sur les poids et mesures employés
au moyen âge dans le Midi de la France.
20. Signaler les anciens usages locaux, mœurs, tra-
ditions et costumes encore conservés dans les Landes
et les Basses-Pyrénées. — Faire connaître les anciens
pèlerinages, les fontaines, objet de pratiques reli-
PROGRAMME. fî
gieuses, ainsi que les assemblées et foires tenues dans
des lieux écartés, loin de centres populeux ; en re-
chercher l'origine.
Les Membres du bureau de la Société française
d' Archéologie et du Congrès :
C'« DE MARSY, L. PALUSTRE,
Dù-ecteur de la Société, Directeur honoraire
Président du Congrès. de la Société.
.1. DE LAURIÈRE, E. de BEAUREPAIRE, L. GAUGAIN,
Secrétaires-généraux de la Société. Trésorier de la Société.
EMILE TAILLEBOIS, Georges CAMIADE,
Inspecteur de la Société, Trésorier.
Secrétaire-général.
du Congrès, à Dax.
Henry POYDENOT, Arnaud DÉTROYAT,
Secrétaire-général. Trésorier.
du Congrès, à Bayonne.
CONGRÈS ARCHÉOLOC.igUE DE DAX ET BAYONNE.
ORDRE DES REUNIONS.
DAX.
Mardi i2 Juin 1888. 2 heures. Séance d'ouverture,
3 heures. Visite de la ville : église de Dax ;
église de Saint-Vincent-de-Xaintes ;
remparts ; musée.
8 heures. Séance.
Mercredi i8. 7 heures. Excursion en voiture à Pey-
rehorade, Sorde et Bidache.
Jeudi iè. 8 heures. Séance.
10 heures. Promenade au chêne de Quillac.
2 heures. Séance.
4 heures. Visite de l'église Saint-Paul-les-
Dax.
6 heures. Banquet.
Vetîdredi iô. 7 heures 50. Départ en chemin de fer
pour Aire par Morcenx. Arrivée à Aire
à 11 heures 33.
12 heures. Dîner.
1 heure 1/2. Séance au palais épiscopal.
Cathédrale ; église du Mas et crypte de
Sainte-Quitterie ; musée, etc.
5 heures 27. Départ en chemin de 1er pour
Mont-de-Marsan.
6 heures 1/2. Départ en voiture pour Saint-
Sever. Souper et coucher à Saint-Sever.
Scnnedi 16. 8 heures. Visite de la ville; église, rem-
parts, etc.
10 heures. Départ en voiture pour Hagetmau.
ORDRE DES REUNIONS. 7
Visite de l'église de Saint-Girons, de la
crypte, etc.
12 heures. Dîner.
1 heure 1/4. Départ en voiture pour Orthez.
Arrivée à 4 heures. — Orthez : pont
fortifié ; tour Moncade. Départ à 6
heures 22, en chemin de fer, pour
Bayonne ; arrivée à 7 heures 53. Souper
et coucher à Bayonne.
BAYONNE.
Dimanche 17. \ heure. Séance. Visite du musée et
des remparts.
5 heures. Excursion à Biarritz.
Lundi 18. 7 heures. Excursion en voiture à Saint-
Jean-de-Luz, Hendaye et Fontarabie.
Dîner à 12 heures à Hendaye. Visite de
Fontarabie etd'Irun. Betour à Bayonne
à 8 heures. Souper.
Mardi 19. Excursion aux environs de Bayonne. Visite
de la cathédrale et des églises de
Bavonne. Séance de clôture.
Une excursion a été organisée en Espagne, à Pam-
pelune , Estella et Saint-Sébastien , à la suite du
Congrès, du 20 au 25 juin.
LISTE DES MEMBRES
DU
CONGRÈS DE DAX ET BAYONNE
Secrétaires généraux :
MM. Taillebois (Emile), Secrétaire-général du Congrès
de Das.
PoYDENOT (Henry), Secrétaire-général du Congrès de
Bayonne.
Trésoriers :
MM Camiade (Georges), Trésorier du Congrès de Dax.
DÉTROYAT (Arnaud), Trésorier du Congrès de Bayonne.
MM. Abbadie (François), ancien magistrat, à Bourepaux,
par Galan (Hautes-Pyrénées).
Albaret, ingénieur-constructeur, à Liancourt (Oise).
Aleman (Joachim d'), procureur de la République, à
Ribérac (Dordogne).
André (Ernest), négociant, 122, rue Montmartre, à
Paris.
Areas, imprimeur, 14, rue Taylor, à Pau.
Arnaudix (Félix), propriétaire, à Labouheyre (Landes).
Artigue, greffier du tribunal de commerce de Dax.
(1) Les noms précédés (î'unc étoile sont ceux des membres de
la Société française d'Archéologie qui ont assisté au Congrès.
LISTE DES MEMBRES. 9
MM. Artiuies (le l)aron d'j, au cliraeau du Bec-du-Gave,
par Port-de-Lannes (Landes).
Aui3É, ingénieur en chef, à Rayonne.
Barbe, hôtel de la Pais, à Dax.
Barrère (l'abbé), supérieur du Petit-Séminaire, à
Aire-sur-l'Adour.
Barrère (Eugène), propriétaire, à Courbera (Landes).
'Barthety (Hilarion), secrétaire de la Société des
Sciences, Lettres et Arts de Pau, â Lescar (Basses-
Pyrénée.s).
Batcave (Loui.s), avocat à la Cour d'appel, 41, rue
Réaumur, à Paris.
Bayles, directeur de l'École normale de Dax.
Beaurredon (l'abbé), ancien vicaire-général, à Sau-
brigues (Landes).
Bérillon (F.), photographe, à Bayonne.
Bernadou (Charles), à Bayonne.
Bernot (M">«), 79, boulevard de Strasbourg, à Paris.
Bessellère (rabbé),curé-doyen de Roquefort (Landes).
Birabex (Alexis), adjoint au Maire de Dax.
Bladé (J.-F.', correspondant de l'Institut, à Agen.
Blayat-Deleul, 26. rue de Talleyrand, à Reims.
Blum, négociant, à Sedan.
Bonhomme (l'abbé Eugène), vicaire du chapitre, à
Aire-sur-l'Adour.
Bonhomme (l'abbé Jules), curé de Saint-Jean-Baptiste
de Grenelle, 63, rue Violet, à Paris.
BoucAU, député des Landes, à Lévignacq (Landes).
'Boucher (Henry du), président de la Société de
Borda, à Dax.
Boulart (Ch.), ancien député, à Linxe (Landes).
•Bouralière (A. DE LA), 14, rue de la Baume, à Poi-
tiers.
Bourretère (le D-" Eugène), vice-président de la So
ciété de Borda, à Dax.
Bousquet, avoué, à Dax.
10 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE
MM. Brettes (l'abbé), aumônier du couvent, à Dax.
Brune (Victor), à Orthez (Basses-Pyrénées).
Brutails, archiviste du département des Pyrénées-
Orientales, à Perpignan.
Calcat, juge, bibliothécaire du tribunal civil, à Auch.
Camentron (Albert), capitaine d'artillerie, à Bayonne.
*Camiade (Georges), archiviste de la Société de Borda,
à Dax,
Campet (Alphonse), notaire, à Dax.
Cancy (l'abbé), chanoine-honoraire, curé de Sainte-
Quitterie, à Aire-sur-l'Adour.
Gandau (Louis), propriétaire, à Orthez (Basses-Pyré-
nées).
Cantin (Charles), propriétaire, à Sorde (Landes).
Gardenau de Borda (le baron de), ancien conseiller
général, à Tilh (Landes).
Carrère (Henri), avocat, à Marciac (Gers).
*Carsalade du Pont (l'abbé Jules de), secrétaire de la
Société historique de Gascogne, à Auch.
Cassen (l'abbé) , professeur au grand séminaire , à
Aire-sur-l'Adour.
Cazauran (l'abbé) , archiviste du grand séminaire
d'Auch.
Cazenave, négociant, à Elbeuf.
*Charil de Ruillé (Élie), ancien magistrat, au château
de la Marmitière, par Angers (Maine-et-Loire).
*Chasteigner (le comte Alexis de), au château de Gi-
raudiéres, par Châtellerault (Vienne).
'Chevallier (Raymond), an Bois-de-Lihus-Moyvillers,
par Estrées-Saint-Denis (Oise).
Clairefond, négociant, 18, rue Louis-David, à Paris-
Passy.
Claverie (T.), rue Marcadieu, à Tarbes
Claye (Anatole de), ancien auditeur au Conseil d'État,
4, rue de, Babylone. à Paris.
Comet (Henri), rentier, à Dax.
IJSTK DES MEMBRES. 41
Commission des Arts et Monuments historiques de la
Charente-Inférieure , et Société d'Archéologie de
Saintes.
MM. CoHTA (Paul), propriétaire, à Tercis (Landes).
Goulag, à Dax.
Couture (Léonce), professeur à l'Institut catholique
de Toulouse.
Crestin (Adrien), négociant, à Dax.
Croizirr (le marquis de) , président de la Société
académique Indo-Chinoise, 10, boulevard de la
Saussaye, à Paris.
Daignestous, pharmacien, à Gondrin (Gers).
Darracq (Auguste), notaire, à Dax.
Darrigan (Paul), propriétaire, à Dax.
Darthos (l'abbé), curé de Saint-Paul-les-Dax (Landes).
David, négociant, 27, rue du Sentier, à Paris.
David-Delvaille (Salomon de), consul du Paraguay,
à Bayonne.
Degalle, négociant, 20, rue du Mail, à Paris.
Dejeanne ile docteur), HO, allée des Coustous, à Ba-
gnères-de-Bigorre.
Delannoy (S. G. Mgr), évêque d'Aire et de Dax. à
Aire-sur-l'Adour.
Delarue, 2;J, rue des Écoles, à Cliarenton (Seine).
Delmas (le docteur), directeur de l'établissement de
Longchamps, à Bordeaux.
Delvaille (le docteur), membre de plusieurs Sociétés
savantes, à Bayonne.
Deiioulix, juge au tribunal de commerce de Dax.
Demoullns de Riols, conseiller général, à Saint-Lou
(Landes).
Denis (Théodore), juge suppléant au tribunal de com-
merce de Dax.
Denis (Théodore), avocat, adjoint au maire de Dax.
*DÉPART (l'abbé), curé-doyen de Mimizan (Landes).
Desuuerre (l'abbé), à Dax.
d2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
MM, 'DÉTROYAT (Arnaud), banquier, à Bayonne.
Deyris, conducteur des ponts et chaussées, à Dax.
*DiDELOT (Fabbé), archiprêtre de Valence (Drôme).
DoRMEUiL (André), négociant, 4, rue Vivienne. à Paris.
DoRMEUiL (Auguste), négociant, 18, boulevard Mont-
martre, à Paris.
DuBALEN, conservateur du musée de Mont-de-Marsan,
à Montzoué (Landes).
DuBARAT (Fabbé Victor), aumônier du Lycée, à Pau.
DuBEDOUT, maire de Saint-Sever (Landes).
Dubois (Alfred), négociant, 31, rue du Mail, à Paris.
DuDON (l'abbé), professeur au grand séminaire, à
Aire-sur-l'Adour.
DuFAU DE Mâluouer (Armand), juge suppléant, à
Sarlat (Dordogne).
DuFORT (Vincent), licencié en droit, à Saint-Paul-les-
Dax (Landes).
'DuFOURCET (Eugène), ancien magistrat, vice-prési-
dent de la Société de Borda.
DuLAU (l'abbé) ,curé de Saint-Vincent-de-Xaintes,à Dax.
Dui.AU (Constant) , procureur de la République , à
Béthune (Pas-de-Calais).
DuLAU (Julien), propriétaire, à Hagetmau (Landes).
DuLAU (Théodore) , avocat , à Castelnau - Chalosse
(Landes).
Durant (H.), directeur honoraire des douanes, pré-
sident de la Société des Sciences, Lettres et Arts de
Bayonne.
DuvERGER (Alexandre) , conservateur du Musée de
Borda, à Dax.
Failly (le vicomte Eugène de) , lieutenant au 18°
chasseurs, 27, avenue Bosquet, à Paris.
Tailly (le baron Maurice de), à la Ghénoye, par
Cuise-la-Motte (Oise).
*FÉR.\UD (Hippolyte), percepteur en retraite, à Orange.
Ferron (Hermyle), architecte, à Bayonne.
LISTE DES MEMBRES. '13
MM. 'Flukival (Adrien de), juge au tribunal civil de Laon,
inspecteur de la Société française d'Archéologie
pour le département de l'Aisne, à Laon.
Foix (l'abbé), curé de Laurède (Landes).
'Fraxcart (A.), avocat, à Mons (Belgique).
Frossard (Charles), pasteur de l'église réformée, 14,
rue de Boulogne, à Paris.
'Gabarra (l'abbé), curé de Capbreton (Landes).
Galard (le comte B. de), au château de Captau, par
Saint-Sever (Landes).
Gassiat (Fabbé), protonotaire apostolique, à Dax.
'Germain (Léon), inspecteur de la Société française
. d'Archéologie pour le département de Meurthe-et-
Moselle, 26, rue Héré, à Nancy.
GiRAUDEAU, négociant, 33, rue des Jeûneurs, à Paris.
Gischia (Léon), ingénieur civil, à Dax.
*GoRSE (André), professeur de dessin au lycée, à Pau.
GouAULT. négociant, 32, rue des Jeûneurs, à Paris.
GouzoT (S. G. Mgr), archevêque d'Auch.
Gramont (le comte Armand de), 81, rue de Lille, à
Paris.
Guichemerré, avoué, à Mont-de-Marsan.
'GuiGNARD (Ludovic), à Sans-Souci, à Chouzy (Loir-et-
Cher).
'Hambye (Adolphe), notaire, à Mons (Belgique).
HiRiART (C. Léon), bibliothécaire de la ville de Bayonne
et conservateur du musée Darracq, à Bayonne.
HiRiGOYEX (Vincent), juge suppléant au tribunal de
commerce de Dax.
Inghuem (le vicomte d"), avocat, à Saint-Martin-de-
Seignaux (Landes).
Jacotot (François), négociant, 4, rue des Paradoux, à
Toulouse.
Jarsain (Edmond), avocat, 45, rue de Clichy, à Paris.
Jeantet, greffier du tribunal civil, à Dax.
JusTÈRE, imprimeur, à Dax.
14 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET RAYONNE.
MM. Justin (E.), éditeur, 37, Soho Square, à Londres.
Kahn, négociant, 33, rue Poissonnière, à Paris.
Labèque (Hazaël), imprimeur, à Dax.
Laborue (Henri), pharmacien, à Dax.
Laborde d'Arbrun (Henri de), ancien conseiller géné-
ral, à Dax.
Labroughe (Paul) , archiviste du déparlement des
Hautes-Pyrénées, à Tarbes.
Lacaze (Louis), ancien sous-inspecteur de l'enregis-
trement, 16, rue Montpensier, à Pau.
Laffargue, avoué, à Dax.
Lafitte (Baptiste), négociant, à Hagetmau (Landes).
Lafitte (Léon), président du tribunal de commerce
de Dax.
Lagarde (l'abbé), principal du collège de Dax.
Lagrange (Paul), à Pouillon (Landes).
'Lahondés (Jules de), inspecteur divisionnaire de la
Société française d'Archéologie, à Pamiers (Ariège).
*Lair (le comte Charles), inspecteur de la Société
française d'Archéologie pour le département de
Maine et-Loire, au château de Blon , près Longue
(Maine-et-Loire).
Lajus (Paul), avoué, à Dax.
Lalanne (Etienne), entrepreneur, à Dax.
Lamarque (le comte), à Saint-Sever (Landes).
*Lambertye (le comte de), à Compiègne (Oise).
Lamothe d'Incamps, conseiller général, à Pau.
Lanabère, procureur général, à Pau.
*La Perche (Eugène), à Saint-Cyr, près Tours.
Lapeyrère, propriétaire, à Castels (Landes).
Laporterie (Joseph de), ancien magistrat, à Saint-
Sever (Landes).
Larauza (le docteur), médecin attaché aux Thermes
de Dax.
Larrieu (Félix), externe des liôpitaux , ^8, rue de
Vaugirard à Paris.
LISTE DES MEMBllES. 15
MM. Larboque (Eugène), à Orthez (Basses-Pyrénées).
Lartiuau, conducteur des ponts et cliaussées, à Uax.
LARTKiAU (l'abbé), curé-doyen de Sauveterre-de-Béarn
(Basses-Pyrénées).
Lasteyrie (le comte Robert de) , secrétaire du Comité
des travaux historiques et scientifiques, membre
de la Commission des Monuments historiques, pro-
fesseur d'archéologie à l'École des Chartes, 10 bis,
rue du Pré-aux-Clercs, à Paris.
Lataulade (Gaspard de), avocat, à Dax.
Latourette (l'abbé), curé-doyen de Hagetmau (Lan-
des).
Lauqué (l'abbé), vicaire, à Dax.
Laurens (l'abbé), curé de Bellocq (Basses-Pyrénées)
*Laurière (Jules de), secrétaire-général de la Société
française d'Archéologie, 15, rue des Saints-Pères, à
Paris.
Lavedan (Pèdre), à Oloron (Basses-Pyrénées).
*Lavergne (Adrien), vice-président de la Société his-
torique de Gascogne, inspecteur de la Société fran-
çaise d'Archéologie pour le département du Gers, à
Castillon-de-Bats, par Vic-Fezensac (Gers).
Lavielle (le D'' Charles), sous-directeur de rétablis-
sement des Baignots, à Dax.
Lavielle (Gaston), à Peyrehorade (Landes).
Laxague (Isidore), avocat, à Bayonne.
Lebreton-Simmons (le lieutenant Corbet), à Floriana,
Beaumont (Jersey).
'Ledain (Bélisaire), inspecteur de la Société françaist
d'Archéologie pour le département des Deux-Sèvres,
14, rue de la Baume, à Poitiers.
"Le Féron de Longcamp, docteur en droit, membre du
comité permanent de la Société française d'Archéo-
logie, à Caen.
Le Féron de Longgamp (M™"), à Caen.
Léglise, député des Landes, 9, rue Dupliot, à Paris.
16 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
MM. Léon-Dufour (le D'" Albert), à Saint-Sever (Landes).
LÉON (Henry), à Bayonne.
Lescarret (l'abbé), curé de Lue (Landes).
*L'EsT0URBEiLL0N (le comte Régis de), inspecteur de
de la Société française d'Archéologie pour le dépar-
tement de la Loire-Inférieure, à Nantes.
L'EsTOURBEiLLON (la comtosse Régis de), à Nantes.
Levallois, négociant, 24, rue du Sentier, à Paris.
Lorreyte (l'abbé), archiprêtre de Das.
LoRRiN (Victor), sous-directeur des salines de Dax.
Lourties, sénateur des Landes, à Paris.
Loyer (Raoul), receveur municipal, à Dax.
*LuGAT (l'abbé), curé-doyen de Villeneuve-de- Marsan
(Landes).
Magon-Barbaroux, sous-préfet de Dax.
Maguès, professeur de dessin, à Dax.
*MARSY(le comte de), directeur de la Société française
d'Archéologie, à Compiègne (Oise).
Martin (Philippe), négociant, 122, rue Montmartre, à
Paris.
*Martres (Léon), ancien magistrat, à Castandet (Lan-
des).
Mascle, préfet des Landes, à Mont-de-Marsan.
Maumen, architecte départemental, à Mont-de-Marsan.
Maze (Emile), à Bayonne.
Mazuyer, au château de Ségur, à Saint-Etienne, à
Bayonne.
Mécène (Victor), à Dax.
Mègroz, négociant, 10, rue d'Aboukir, à Paris.
Meyrana (l'abbé), curé de Cazéres-sur-l'Adour (Lan-
des).
Mii.liès-Lacroix, maire de Dax.
Montaut (l'abbé), curé de Labouheyre (Landes).
Morgan (Eugène de), à Avesne, par Airaines (Somme).
*Morr\ (Ch. ue), 70, boulevard Béranger, à Tours.
MouRRoux, négociant, à Dax.
LISTE DES MEMliUES. 17
MM. MusGRAVE-GL.\y (le D"" A. de), 10, rue Gachel, ;'i Pau.
*0'Reilly (S. E. D. Antonio Bernai de), ancien consul
général d'Espagne, à Rayonne.
O'Shea (Henry), président de Biarritz-Association, à
Biarritz.
Paché, pharmacien, à Dax.
Palaxque (Cliarles), étudiant, à Auch.
Parfouru, archiviste du département du Gers, à Auch.
Pasquier (Félix), archiviste du département de l'A-
riège, à Poix.
Pédegert (l'abbé), chanoine, à Aire-sur-1'Adour.
Pémartin (Fabbé), supérieur du Berceau de Saint-
Vincent-de-Paul, près Dax.
Pettit, ingénieur des ponts et chaussées, à Mont-de-
Marsan.
PicHE (Albert), président de la Société d'Éducation
des Basses-Pyrénées, à Pau.
Tixoteau (le baron Maurice), ingénieur civil, 7, rue
d'Aguesseau, à Paris.
*Plamté (Adrien), maire d'Ortliez (Basses-Pyrénées)
ToNSE (l'abbé), curé de Dûmes (Landes).
PouL, (M™'' de), à Compiègne (Oise).
'PoYDExoT (Henry), banquier, à Bayonne.
Poyde.not (Raymond), à Bayonne.
Prévost (Auguste), capitaine en retraite, à Ville-
nauxe (Aube).
PuYAU (Ferdinand), docteur en droit, à Dax.
QuiNEMANT(Jules), lieutenant-colonel en retraite, à Dax.
Raillard (le D'' Camille), directeur de l'établissement
des Baignots, à Dax.
Ranson (Théodore), négociant, à Dax,
Ravigxan (le baron de), ancien sénateur, D, boule-
vard de Latour-Maubourg, à Paris.
'Ricard (Adolplie), avocat, inspecteur divisionnaire de
la Société française d'Archéologie, 8, rue Nationale,
à Montpellier.
2
18 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
MM. Ricard, architecte de la ville de Dax.
'Rivières (le baron Edmond de), au château de Ri-
vières, près de Gaillac (Tarn).
"Rossignol (Élie) , inspecteur de la Société française
d'Archéologie pour le département du Tarn , à
Mon tans, près Gaillac (Tarn).
*RouMEJOux (Anatole de) , inspecteur de la Société
française d'Archéologie pour le département de la
Dordogne, au château de Rossignol, par Bordas
(Dordogne).
Sacazr (Julien), bâtonnier de l'ordre des avocats,
professeur d'épigraphie à la Faculté des Lettres de
Toulouse, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne).
Sainte-Marie (Paul), juge au tribunal de commerce
de Dax, à Soustous (Landes).
Saint-Maur (François), président honoraire, à Pau.
Saintorens (Ernest), pharmacien, à Dax.
Saintorens (Oscar), notaire, à Dax.
Salettes (le baron de), ancien président du tribunal
civil de Dax, à Denguin, par Lescar (Basses-Pyré-
nées).
Salles (Isidore), 157, boulevard Haussmann, à Paris.
Sanguinet, architecte, à Dax.
Sansépée, directeur de la succursale de la Société
Générale, à Dax.
Sarrauton (l'abbé), archiprètre de Saint - Sever
(Landes).
Senget, greffier de la justice de paix, à Dax.
Sens (Edouard), ingénieur des mines, député du Pas-
de-Calais, à Arras.
*Sens (Georges), à Arras.
Sentex (le docteur), à Saint-Sever (Landes).
Serres (Hector), membre de plusieurs sociétés sa-
vantes, à Dax.
*SiLVA (le chevalier J. -P. -N. da), architecte du Roi,
membre de l'Institut de France, à Lisbonne.
LISTE DES MEMBRES i9
SiNïAs (Hippolyte), avocat, conseiller général, à Dax.
Smith (Hubert), membre de la Société des Antiquaires
de Londres, à Bayonne.
Société de Borda, à Dax.
Société centrale des Architectes, 108, boulevard
Saint-Germain, à Paris.
Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau.
•Sorbets (le D'' Léon), à Aire-sur l'Adour.
Souuce (L.), bibliothécaire-arcbiviste de la ville, 14.,
rue Lamothe, à Pau.
SouviRON (l'abbé), archiprètre d'Orthez (Basses-Pyré-
nées).
'Taillebois (Emile), secrétaire-général de la Société
de Borda, inspecteur de la Société française d'Ar-
chéologie pour le déparlement des Landes, à Dax.
Taillebois (Edouard), 40, rue Sainte-Anne, à Paris.
Tauzin (labbé), curé de Saint-Justin (Landes).
Testut (le D" Léo), professeur d'anatomie à la Faculté
de médecine, 7, quai Tilsitt, à Lyon
Troller, négociant, à Sedan.
Trouvé, négociant, 51, rue Vivienne, à Paris.
"Vaillant (Victor), 15, rue Tour-Notre-Dame, à Bou-
logne-sur-iMer.
Veisaz (Georges), à Baigts (Basses-Pyrénées).
Villeneuve, président du tribunal civil de Dax.
Wentv^'orth-Wehster (le R.), pasteur anglican, à
Bechienea, à Sare (Basses-Pyrénées).
*WiLS0N (le major général Sylvester F.), de l'armée
royale britannique, à Beaumont (Jersey).
WiLsoN (M'"*"), à Beaumont (Jersey).
Xambeu, ancien proviseur du lycée, à Saintes.
Yturbide (Pierre), avocat, à Bayonne.
PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES.
SÉANCE D'OUVERTURE DU MARDI 12 JUIN 1888.
A DAX.
Présidence de M. le comte de Marsy.
A deux heures et demie, M. le comte de Marsy ouvre
la séance, dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville de
Dax, dans laquelle sont réunis les principaux fonc-
tionnaires de la ville et un grand nombre de personnes
parmi lesquelles plusieurs dames qui avaient bien
voulu honorer de leur présence la réunion du Congrès.
M. le comte de Marsy, directeur, occupe le fauteuil
de la présidence et invite à prendre place au bureau,
sur l'estrade, MM. Milliès-Lacroix, maire de Dax; du
Boucher , président de la Société de Borda ; l'abbé
Lorreyte, archiprêtre de Dax : Denis, adjoint au maire;
le major général Wilson, de l'armée royale britan-
nique ; l'abbé de Carsalade, secrétaire de la Société
historique de Gascogne ; Le Féron de Longcamp ,
membre du Conseil ; Francart, membre du cercle ar-
chéologique de Mons ; Henry Poydenot , secrétaire
général du Congrès, à Bayonne ; Georges Caniiade,
trésorier ; Emile Taillebois , secrétaire général du
Congrès.
2iJ CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET RAYONNE.
Parmi les personnes ayant assisté soit à cette pre-
mière séance, soit aux autres réunions du Congrès, à
Dax. nous citerons en outre : MM. A. de la Bouralière;
Hilarion Barthety ; D'" Bourrelère ; Barrère ; Charles
Bernadou ; le comte A. de Chasteigner : Charil de
Ruillé ; Raymond Chevallier : le D'' Demoulin de Riols ;
Eugène Dufourcet; Arnaud Détroyat ; l'abbé Départ;
Duverger ; Darrigau ; le D"' Delmas ; le D"" Laranza ;
l'abbé Dulau; Féraud : A. de Florival ; Léon Germain ;
Ludovic Guignard ; Hambye ; le comte Robert de
Lasteyrie, membre de la Commission des Monuments
historiques, professeur d'archéologie à l'École des
Chartes; Bélisaire Ledain ; le comte Charles Lair;
Eugène La Perche ; le comte de Lambertye ; Paul
Labrouche ; Joseph de Laporterie : Lebreton-Sim-
mons Corbet ; de Lataulade : l'abbé Lagarde ; l'abbé
Lescarret; Hazaël Labèque ; Henry Léon; l'abbé
Laurens ; Victor Lorrin ; Ch. de Morry ; Adrien Planté ;
Ferdinand Puyau ; Pasquier ; Parfouru ; Palanque ;
Maurice Pinoteau ; le colonel Quinemant ; de Roume-
joux ; Hector Serres : Sens, député du Pas-de-Calais ;
Georges Sens; Smith; Villeneuve; Veisaz ; Vaillant;
Xambeu, etc., etc.
Quelques dames avaient bien voulu assister aux
séances : Mesdames de Poul ; Wilson ; du Boucher ;
Camiade ; Cazaubon ; Crestin ; Dufourcet ; Ernest Las-
serre ; de Lalrade ; de Laurens : de Pierrette ; Taille-
bois ; Vauquelin.
M. le Maire de Dax prend la parole et souhaite la
bienvenue au Congrès dans les termes suivants :
PKOCÈS-VERB.VUX. 123
« Au nom de la ville de Dax, j"ai l'honneur de vous
souhaiter la bienvenue, M. le Président et MM. les Membres
du Congrès archéologique.
« Vous nous avez fait, Messieurs, le plus grand honneur
en désignant notre petite ville comme le siège de vos as-
sises provinciales dans le sud-ouest. Je remercie la Société
française d'Archéologie en votre personne, M. le comte de
Marsy; car je n'ignore pas que c'est à vous surtout que
nous devons cette désignation dont nous nous honorons, et
chacun sait du reste que vous personnifiez absolument la
Société, non pas seulement par les fonctions de Directeur
qui vous ont été dévolues et que vous remplissez avec tant
de distinction, mais encore par le zèle et le talent qui font
de vous le digne et savant continuateur de l'œuvre fondée,
il y a déjà plus d'un demi-siècle, par Fillustre et regretté
M. de Caumont.
<i Soyez les bienvenus, vous tous. Messieurs, qui de tous
les points de la France, je ne sais si je dois dire de tous les
points de l'Europe, êtes venus vous livrer à vos chères
études dans cette cité, aujourd'hui bien modeste, mais qui
eut des jours de gloire et de célébrité bien enviables en
ces temps lointains que vous recherchez et que vos travaux
font revivre.
« Ce Congrès, que vous ouvrez aujourd'hui, est fait pour
porter des fruits et laissera, j'en suis convaincu, avec le
souvenir heureux de sa solennité, des résultats intéressants
et des matériaux nombreux pour l'histoire, hélas ! à peine
ébauchée, des vieux temps dacquois.
" Ce n'est pas, en effet, le simple goût de ce que Ton
appelle les antiquités, ce n'est pas une vaine curiosité pour
des objets anciens, qui vous ont conduit ici. La pensée
première qui a préside à l'organisation de vos Congrès, la
pensée d'en haut qui dirige encore vos travaux annuels,
la pensée qui provoque vos yroupements successifs sur
24 CONORÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
tous les points du pays, c'est une pensée d'étude, par con-
séquent une pensée utile, une pensée scientifique, émi-
nemment française.
« Cette tribune que chaque année vous offrez aux ar-
chéologues de province, vous l'avez élevée pour établir,
parmi ceux que les distances tiennent éloignés, un lien et
des rapports qui leur permettent de mettre en commun le
fruit de leurs recherches et de s'unir dans ce but si noble
de faire surgir de l'oubli les institutions du passé et les
mœurs des hommes anciens et primitifs, de rétablir les
traditions interrompues , et de reconstituer l'histoire de
notre patrie, comme aussi d'en retirer les leçons et les
enseignements.
« C'est là, Messieurs, une œuvre pieuse, une œuvre
patriotique, toute à votre honneur, toute à la gloire de son
initiateur et de votre sympathique directeur.
« Je ne veux pas retarder plus longtemps. Messieurs, le
plaisir que vous réservent les discours éloquents empreints
d'un art profond et d'une érudition distinguée d'orateurs,
que ma seule qualité et mes fonctions m'ont fait précéder
ici. Je m'en voudrais, et vous m'en voudriez surtout, de
gâter par avance ce plaisir, que vous désirez si ardemment
goûter, par une incursion de moi profane dans les choses
de cette science qui, si elle ne m'est pas totalement étran-
gère, a cependant pour celui qui vous parle des secrets
bien grands.
« Tranquillisez-vous, et, du reste, j'aurais déjà achevé
mon allocution si je n'avais un regret à exprimer. Ce regret,
c'est celui que cette modeste ville de Das, si moderne et
si simple aujourd'hui, mais qui fut autrefois le théâtre de
si grands événements et servit de siège et de séjour aux
hommes les plus puissants et les plus célèbres de l'histoire,
ne puisse offrir de plus grands aliments à vos éludes. Ce
que nous possédons, ce qui a été conservé en monuments
et en curiosités de l'art antique, est en effet peu de chose
si on le compare aux richesses splendides et si nombreuses
PROCÈS- VERBAUX. 20
que vous eussiez, il y a quelques vingt ans, rencontrées
ici de toute part el presque à cliaque pas.
« Messieurs, je me hiite de dire, et j"ose croire que vous
me le pardonnerez, je ne regrette pas la ceinture de rem-
parts qui enserraient naguère encore notre vieille cité, qui
la privaient d"air, de lumière, et nuisaient à une expan-
sion et à une prospérité vers laquelle l'entraînaient sa
situation heureuse, en même temps que le caractère ardent
et entreprenant de ses habitants ; mais ce que je regrette,
c'est l'indifférence, — vous, Messieurs, vous direz peut-être
le vandalisme, — avec lequel l'on a laissé, en d'autres
temps, détruire et disperser des monuments du plus haut
intérêt, dont le souvenir va malheureusement chaque jour
s'effaçant parmi nous, au fur et à mesure que s'éteignent
les liommes d'un autre âge, qui les ont connus et long-
temps admirés.
« Aussi combien devons-nous nous féliciter d'avoir pos-
sédé parmi nous quelques rares citoyens qui, pieusement,
au milieu de cette fâcheuse indifférence, ont fait leurs
efforts pour arracher aux déprédations et à la destruction
quelques-unes de nos richesses , ont scrupuleusement
décrit les monuments disparus et ont ainsi conservé des
matériaux précieux pour notre histoire. Je ne veux nom-
mer aucun d'entre eux, dans la crainte d'en omettre des
plus méritants ; mais c'est pour moi un double devoir de
leur rendre hommage ; car je ne saurais oublier, à côté
des obligations de ma charge, que j'ai compté, que je
compte encore parmi eux de vénérables amis.
« Ah ! Messieurs, qu'ils eussent été heureux, ces bons
et patriotes citoyens, et pour vous tous, pour la ville de
Dax, quelle n'eût pas été notre satisfaction, si, aux temps
dont j'ai parlé, ils avaient été aidés, encouragés, par cette
société d'hommes éminents. qui s'est formée au milieu de
nous, — modestement d'abord, — et qui, sous l'égide et le
patronage d'une de nos gloires nationales, est devenue,
])ai'nii les sociétés savantes de province, l'une des plus
26 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
puissantes et des plus florissantes ! Avec ce concours et
cette collaboration, quel musée eût été ce musée municipal
de Borda !
« Mais taisons ces regrets pour ne voir que le chemin
parcouru depuis ces temps déjà éloignés de nous.
« 11 m'est particulièrement doux, Messieurs, de saisir
cette première occasion qui m'est fournie , depuis mon
récent avènement à l'administration municipale , de té-
moigner publiquement ma profonde gratitude et la recon-
naissance de tous les bons Dacquois envers vous tous.
Messieurs de la Société de Borda. Par votre zèle, votre
dévouement, votre science éprouvée, avec un désintéres-
sement qui n'a reculé devant aucun sacrifice, vous avez
reconstitué, je puis presque dire créé de toutes pièces,
notre magnifique musée.
« Conciliant à la fois votre amour pour la science et
votre attachement profond à notre vieille cité, vous n'avez
depuis la première heure cessé d'être les collaborateurs
efficaces et constants des administrateurs communaux.
« Aussi suis-je heureux, en vous rendant ce public hom-
mage, de déclarer que nous tous ici nous sommes impa-
tients de vous voir enfin décerner les récompenses que les
pouvoirs publics vont très prochainement conférer à votre
société en la personne des plus marquants d'entre vous.
« Avec tous les Dacquois. le monde savant sera heureux
de saluer cet acte de justice. Car vous avez bien mérité et
de la ville de l)ax et de la science ! »
M, du Boucher, président de la Société de Borda,
prononce ensuite le discours suivant :
« Monsieur le Directeur,
« Messieurs et honorés Collègues,
« Aux paroles si sympathiques et si cordiales que vient
de. prononcer M. le Maire , je demande la permission
PROCÈS- VERBAUX. 27
d'ajouter quelques mots, car moi aussi je tiens — et ce ne
sera pas l'un des moindres honneurs de ma vie — à vous
souhaiter la hienvenue, au nom des amis de la science, au
nom surtout de la Société de Borda, à la tête de laquelle
la bienveillance exagérée de mes collègues me maintient
depuis plus de douze années.
« Ne croyez pas, Messieurs, que ce soit un sentiment de
frivole curiosité qui ait attiré dans celte enceinte le public
nombreux venu pour assister à l'inauguration de vos tra-
vaux : je me porte garant que c'est plutôt le désir de rendre
un solennel hommage à de vaillants pionniers de la science,
aux dignes continuateurs de M. de Caumont, dont le nom
vénéré, répété de congrès en congrès, témoignera de la
reconnaissance des générations jusqn'aux âges où l'on
ne fera plus d'archéologie. Et si nous en croyons les lacunes
de l'histoire, ces temps-là ne sont pas près d'arriver.
« C'est la première fois, Messieurs, que notre ville a
l'honneur de vous recevoir, et elle vous est doublement
reconnaissante, car vous avez dû braver certains préjugés
pour venir tenir vos assises dans une contrée que quelques
géographes modernes s'obstinent encore à dépeindre dans
leurs livres comme une succursale des grands déserts de
la Tartarie chinoise et de l'Afrique équatoriale, dont les
habitants sont représentés comme ne marchant que sur des
échasses, vêtus de peaux de bêtes et parlant un jargon
inintelligible. Ne croyez pas que je charge le tableau ;
parcourez pour vous édifier la France illustrée de Malte-
Brun. Aussi, il n'y a pas longtemps encore, l'année der-
nière, je crois, un amateur trompé par ces descriptions
fantaisistes, écrivait à M. le Maire de Dax pour le prier de
vouloir bien lui procurer une paire de ces échasses dont
se servent journellement les habitants de notre ville. M. le
Maire, qui était un homme d'esprit — cela n'est pas dé-
fendu — répondit qu'on ne se servait plus dans les Landes
de cet instrument. . . antédiluvien et que la dernière paire
avait été depuis longtemps déposée au musée de la Société
28 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
de Borda, où on pouvait la voir figurer dans la section des
curiosités ethnographiques. Si court que soit le temps que
vous passerez parmi nous, il suffira, nous l'espérons, pour
vous montrer ce que valent ces exagérations regrettables
et rappeler au respect de la vérité des auteurs qui sont,
en effet, plus paresseux que malintentionnés, car ils ne
font guère que se copier les uns les autres sans se donner
la peine de vérifier leurs étranges assertions.
« Quoiqu'ils puissent dire ou écrire, nous sommes à bon
droit fiers de notre passé, car, nous aussi, nous comptons
dans nos annales de glorieux apôtres de la charité, des
savants illustres, des hommes d'état éminents, des généraux
célèbres.
« Dax doit à la douceur de son climat autant qu'à sa
situation géographique, à cheval sur un cours d'eau d'une
certaine importance, mais surtout aux nombreuses sources
thermales qui sourdent sur son territoire, l'honneur d'être
une des villes les plus anciennes de la contrée. .le crois
avoir démontré qu'aux temps préhistoriques, elle était le
centre d'une agglomération nombreuse, et les débris que
l'on retire journellement de son sol antique sont bien faits
pour corroborer cette opinion. Riais Dax se trouve aussi
placé sur la grande route qui — par les décrets de la Pro-
vidence ou une loi fatale de l'histoire — conduit sur le Midi
les invasions venues du Nord. Aussi, depuis les Tarbelles
primitifs, que de peuples divers y ont passé tour à tour :
mercenaires d'Annibal, légionnaires des Césars de Rome,
hordes barbares des Vandales et des Wisigoths, guerriers
impitoyables des Vascons, des Sarrasins et des Northmans,
soldats francs de Charlemagne et de Louis le Débonnaire,
hommes d'armes du prince Noir, routiers de la guerre de
Cent-Ans, se sont succédé, ne laissant malheureusement
derrière eux que le pillage, la dévastation et la ruine.
« C'est ce qui vous explique pourquoi vous ne retrou-
verez que bien peu de choses des monuments militaires ou
religieux élevés par ceux de ces peuples (|ui ont séjourné
l'KOCÈS-VERBÂUX. '29
quelque temps parmi nous. Mais Tarchéologue est comme
le sage ... il sait se contenter de peu : une médaille aux
trois quarts fruste, un tronçon de colonne, un fragment de
chapiteau, lui suffisent à reconstituer une époque disparue.
Bien mieux, à la condition d'apporter la plus extrême pru-
dence dans ses déductions, de se garder avec soin de toute
conclusion hâtive, il est arrivé à faire de ce qu'on ne
considérait naguère que comme la distraction inoffensive
de quelques oisifs, une science dont la certitude est quasi-
mathématique. Les beaux travaux que vous publiez tous
les ans, Messieurs, nous donnent la preuve des heureux
résultats auxquels peut conduire l'archéologie, s'appuyanl
sur l'histoire et sur l'anthropologie, l'histoire qui étudie
les faits, l'anthropologie qui étudie l'homme, lequel — sem-
per sibi constat — nous trouvons toujours le même à travers
les siècles, avec les passions et les vices qui sont inhérents
à sa nature, avec les qualités et les vertus qu'il doit à une
civilisation de plus en plus raffinée, à une éducation morale
de plus en plus parfaite.
« 11 n'y a pas longtemps encore que ces pauvres archéo-
logues fournissaient matière à d'intarissables plaisanteries;
on en mettait partout, à la scène, dans les journaux, dans
les livres, et nous n'étions pas les derniers à en rire...
surtout quand elles étaient spirituelles. On nous accusait de
consacrer de trop longues pages à la description de choses
jugées parfaitement inutiles, d'y apporter un excès de
minutie pour lequel on nous aurait volontiers traités de
maniaques , d'être enfin trop laudalores lempovis acti.
Puis le jour est venu où Ton s'est aperçu que ces défauts
étaient presque des qualités, et naguère encore, au dernier
Congrès, à la Sorbonne , M. le Ministre de l'Instruction
publique constatait du haut de la tribune « qu'à force
d'étudier le détail et de préciser le fait, l'archéologue ac-
quérait un besoin impérieux d'exactitude qui se subor-
donnait à tout. »
« Aujourd'hui, si les plaisanteries auxquelles nous avons
30 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
fait allusion sont de mauvais goût et condamnées à rester
sans écho, c'est que l'on a compris à quels résultats immé-
diats conduisaient les études qui nous sont chères, c'est
que l'on a compris que l'étude des gloires du passé con-
tribue à rendre plus profond et plus vivace dans les cœurs
l'amour de la grande patrie, lequel n'est en somme que la
résultante de tous les palriotismes locaux. Gomme le disait
en termes excellents, au Congrès d'Arles, M. L. Palustre,
dont nous regrettons tous l'absence , pour relever une
nation, par sa faute ou non tombée en décadence , le
meilleur moyen est peut-être de retremper les esprits dansle
souvenir des gloires nationales, en évoquant ces trois sœurs,
l'Histoire, la Poésie et l'Archéologie, c'est-à-dire en mon-
trant le vrai, en inspirant le bien, en faisant aimer le beau.
« Honneur donc à vous. Messieurs, qui vous êtes voués
à cette tâche patriotique d'exhumer le passé pour enseigner
le présent et moraliser l'avenr. Honneur à vous qui avez
pris la peine de venir de si loin pour nous faire voir ce que
nous valons en nous montrant ce que nous avons été jadis.
La Société de Borda, qui a été constituée surtout pour
veiller avec un soin pieux à l'étude et à la conservation de
nos antiquités locales, est heureuse et fière de vous voir
tous collaborer à son œuvre ; vous donnerez à ses travaux
une consécration qui leur manquait et ce ne sera pas l'un
de ses moindres litres de gloire ; elle vous assure, par ma
bouche, de son concours le plus sympathique et le plus
dévoué. Et je ne crains pas de trop m'avancer en disant
que ce sentiment sera partagé parla population tout entière
chez laquelle vous ne tarderez pas à reconnaître les carac-
tères distinclifs des deux races qui ont contribué à la
fonder : des anciens Aquitains, le courage, l'honnêteté, le
tour d'esprit vif et piquant, des Romains, le culte du beau,
le goût des sciences, de la parole, et, il faut bien l'avouer
aussi, les jeux sanglants du cirque, le respect de l'hospi-
talité sainte, mais par dessus tout, l'amour profond, pas-
sionné, de la cité natale.
PROCÈS-VERBAUX. 31
« Ce dernier sentiment, qui à lui seul peut servir d'ex-
cuse à tous nos défauts, vous est un sur garant de Testime
profonde en laquelle nous tenons ceux qui travaillent à
remettre en lumière son antique splendeur, à ajouter
quelques pages de plus à des annales que le temps et la
barbarie ont indignement mutilées. Aussi, je m'en voudrais
de retarder plus longtemps cette œuvre pour laquelle nous
sommes tous réunis. .Te me contente donc de vous dire
encore une fois : Soyez les bienvenus dans la patrie des
Vincent de Paul, des Borda, des Thore, des Dai'cet, et
maintenant, au travail pour le bien de la science, pour le
bien de ces pauvres Landes calomniées, que vous aurez
contribué à faire mieux connaître. »
M. Taillebois, secrétaire général du Congrès, prend
ensuite la parole et prononce le discours suivant :
«1 Mesdames,
« Messieurs,
e Mes fonctions de Secrétaire général du Congrès m'o-
bligent, paraît-il, à rendre compte devant wonsdeVÉtat des
éludes archéologiques dans le département des Landes et à
donner une vue d'ensemble sur les principaux travaux
accomplis, soit par les Sociétés savantes, soit par les par-
ticuliers.
« Au moment de prendre la parole pour remplir ce pro-
gramme, je jette les yeux sur cette assemblée d'élite, et j'y
vois des savants illustres venus pour connaître notre dé-
partement, pour étudier ce qu'il peut contenir de remar-
quable au point de vue archéologique, pour comparer nos
monuments à ceux des pays qu'ils ont visités; j'y vois tous
les hommes de science de notre contrée se faisant un
honneur de contribuer, chacun pour sa part, à la réussite
et à l'éclat de notre Congrès et d'apporter des documents
o'2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
capables de jeter la lumière sur le passé, sur l'histoire de
Dax et de l'ancien territoire des TarbellL
Mais je vois aussi la partie la plus aimable de l'auditoire,
celle sur laquelle Toeil se repose si volontiers, entraînant
avec lui l'esprit et le distrayant agréablement des graves
discussions pour lesquelles nons sommes réunis ici. Je crois
voir se plisser vos fronts, Mesdames, et je devine déjà un
mouvement de lèvres précurseur de l'ennui. Cette pensée
me fait renoncer aussitôt à accomplir strictement le pro-
gramme et m'engage à le tourner pour le rendre moins
sec et moins monotone.
» Permettez-moi donc, Mesdames, de vous offrir un vaste
kaléidoscope dans lequel nous allons regarder ensemble
rapidement Dax à travers les âges^ ce qui nous permettra
d'atteindre sans nous en apercevoir le but de notre étude.
« Le premier tableau nous représentera Dax avant
l'histoire. Nous y verrons les Aqiienses primitifs installant
partout leurs ateliers de pierre taillée, puis plus tard de
pierre polie. Et, quand je dis les Aqueuses, j'entends par là
non seulement les habitants de Dax, mais encore ceux de
toute la région qui en dépendait et qui correspondait à peu
près au déparlement des Landes et à une partie de celui
des Basses-Pyrénées.
« De tous côtés, on a relevé et fouillé des tumulus, dé-
couvert des stations préhistoriques et publié les résultats de
ces découvertes. Ces recherches sont principalement dues
à M. Raimond Pottier, qui, le premier, s'est occupé dans
ce pays de la science préhistorique, à MM. du Bouclier.
Lartet, Chaplain-Duparc, Piette, de Chasteigner, Dufourcet.
Testut, Dubalen, Abbadie, Camiade, Détroyat, de Lapor-
lerie, de Behr, Taillebois, etc. La science préliistorique
étant de fondation récente, il est inutile de chercher des
renseignements dans les auteurs des siècles derniers ; c'est
à nos contemporains qu'il faut nous adresser, et tout d'a-
bord au savant président de la Société de Borda, M. Henry
du Boucher, qui, dans ses Aqueuses priinilifs, a si bien
PROCÈS-VERBAUX. 33
résumé l'état des connaissances préhistoriques dans le dé-
partement des Landes.
« Peut-être nos chercheurs ont-ils parfois émis des théo-
ries un peu risquées, mais qui oserait le leur reprocher?
De quels moyens disposons-nous pour reconstituer l'his-
toire qui n'a pas été écrite et qui ne s'est pas transmise
non plus par la tradition ? Pour les époques historiques,
nous consultons les monuments écrits, nous mettons à
contribution le papier, le parchemin, le papyrus et même
le marbre ou les plaques de métal ; la terre nous livre
mille preuves authentiques et indéniables sous forme de
monnaies, médailles, poteries, ex-voto, etc., et la tradition
elle-même vient à notre aide. Mais, pour la préhistoire,
nous n'avons rien, rien que les fouilles soigneusement
faites, relatées et comparées. Nous sommes donc excusables
si parfois nous faisons des suppositions qui se trouvent
infirmées plus tard par de nouvelles découvertes.
« Quand j'ai dit que les auteurs des siècles passés ne
pouvaient nous fournir aucun renseignement, j'ai été trop
absolu. Certains d'entre eux ont eu l'intuition de la pré-
histoire et ont soupçonné en partie ce qui a été découvert
depuis. C'est ainsi qu'au siècle dernier, Borda, le patron
de notre Société Dacquoise, écrivait dans ses mémoires
que l'on avait trouvé à Bénaruc (commune de Pouillon)
des silex paraissant avoir été taillés par la main de
l'homme et qui avaient dû lui servir d'armes et d'outils
avant l'invention des métaux. Borda avait donc pressenti la
science préhistorique, mais il ne s'était pas attaché à cette
idée, et après l'avoir émise, n'avait pas cherché à lui donner
la suite qu'elle comportait.
« J'ai parlé des tumulus qui ont été fouillés dans cette
contrée, et ils sont nombreux, car nul pays n'en contient
autant que la traînée du Pont-Long, qui part de Tarbes
pour aboutir près de Dax. Aussi, de nombreuses décou-
vertes ont-elles été faites et enregistrées soit dans les bul-
letins de nos Sociétés scientifiques, soit dans des publica-
3
34 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
tiens particulières, et je dois signaler surtout les admi-
rables découvertes faites par le colonel Pottier dans ses
fouilles de tumulus sur le plateau de Ger. Quoique ces
tumulus soient situés en dehors de notre département, ils
se rattachent à nous, car ils ont été élevés par le même
peuple qui avait son habitat depuis les montagnes des
Hautes-Pyrénées jusqu'à Dax.
« Dans le département des Landes se trouvent aussi des
grottes, celles de Sorde et de Brassempouy qui ont été
explorées et dans lesquelles on a trouvé de nombreux
instruments en silex, des os gravés et des bois de renne
admirablement sculptés. Les premières fouilles de Sorde
sont dues à MM. Raimond Pottier et du Boucher ; mais
elles ont été complétées par MM. Lartet et Chaplain Duparc
qui y ont fait des découvertes très importantes. La grotte
de Brassempouy a été fouillée par M. Dubalen. Dans cette
grotte a été trouvée une quantité de silex taillés et d'objets
gravés de l'époque dite Magdalénienne ; la description en
a été faite par M. Dubalen, dans les Matériaux pour l'his-
toire de l'homme.
« Enfin nos dolmens et nos menhirs, peu nombreux du
reste, ont été signalés et décrits dans le bulletin de la
Société de Borda.
« En sortant de la nuit profonde dans laquelle se trouve
encore chez nous, comme partout, l'époque préhistorique,
nous entrons dans la période Gauloise qui n'est éclairée
que d'un demi jour ; une sorte de brouillard cache à nos
yeux les origines de nos ancêtres et leur histoire jusqu'au
siècle de César. Nous sommes si peu renseignés sur ces
questions que, ces jours derniers, quelques membres de
la Société de Borda discutaient la couleur des cheveux,
non des Aquitains que l'on sait avoir été bruns, mais de
leurs voisins Celtes ou Gaulois, qui sont tour à tour blonds
ou bruns, ou même roux suivant les auteurs que l'on
consulte.
« La question Ibérienne n'a pas fait un pas et nous
PROCÈS-VERn.VUX. 35
comptons sur le Congrès pour savoir si les Basques
parlent Ibérien et s"il faut les apparenter aux Berbers ou
aux Finnois, Et cependant que de volumes ont été écrits
sur cette question ! La nomenclature en serait trop
longue ; il vaut mieux ne pas l'entreprendre ici.
« La question Ibérienne n'est pas la seule qui demande
à être tranchée.
« Quelle était la division des peuples de la Novempopu-
lanie? Cinquante mémoires ont été écrils et cliaque auteur
a une opinion différente. MM. Garriguu, Bladé, Camoreyt
et tant d'autres distribuent chacun à sa manière les
peuples aquitains ; moi-même, je me suis permis d'ex-
primer mon opinion. Ernest Desjardins a donné dans sa
Géographie de la Gaule Romaine une classification qu'il a
complètement changée depuis dans son étude sur l'ins-
cription d'Hasparren.
« Où fut le champ de bataille de Crassus ? Malgré les
nombreux mémoires écrits sur ce sujet, la lumière n'est
pas encore faite.
« Les Boii ou Doiales de La Teste doivent-ils être iden-
tifiés aux Vasates ou Vocales? A quelle époque sont-ils
venus dans nos contrées? Les opinions ont encore beau-
coup varié sur leur compte, et dernièrement M. l'abbé
Inchauspé, reprenant une thèse déjà ancienne et la
rajeunissant, a voulu faire des Boii les habitants de
Bayonne.
« Quel fut l'emplacement de Bencharniun , la capitale
des Benarnenses ? Après bien d'autres, au Congrès de Dax
de 1882, M. le D'' Dejeanne et M. Tabbè Lartigau ont
courtoisement rompu des lances en l'honneur de la vieille
cité Béarnaise.
« Voilà bien des questions discutées depuis longlem} s
et non encore résolues. Peut-être est-il réservé au Congrès
de 1888 d'apporter la solution de ces problèmes ou au
moins de jeter quelque lumière sur ces sujets intéressants
qui ont passiunné beaucoup d'archéologues.
36 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
« A l'époque de César, Dax (Aqvœ tarbellicœ) était la
capitale des Tarbelli, peuple puissant dont le territoire
comprenait presque tout le département des Landes et
une partie de celui des Basses-Pyrénées. Bien plus, les
Tarbelles pouvaient même franchir les Pyrénées sans
sortir de leur domaine , car ils possédaient des mines
d'or en Espagne dans la province actuelle de Guipuzcoa.
Comme toute l'Aquitaine, ils durent subir la loi du vain-
queur, et la soumission de Dax lui valut plus tard les
faveurs d'Auguste qui donna son nom à notre cité (Aquœ
Angustœ).
« Déjà la ville thermale était en réputation , la Néhe
aux eaux bouillonnantes attirait les étrangers, ses boues
bienfaisantes étaient en vogue. Aussi Julia, fille d'Auguste,
vint-elle à Dax, et nous devons supposer qu'elle en sortit
guérie, puisque des tliermes impériaux y furent élevés,
sans doute par reconnaissance.
« Ce qui fut le département des Landes contenait alors
deux cités : Aqtiœ Augustœ (Dax) et Atura (Aire). Ces cités
furent entourées de murs au IV siècle pour résister aux
entreprises des Bagaudes et aux invasions des barbares.
« Pour étudier en détail ce que je viens de tracer à
grands traits , nous devons consulter d"abord et surtout
l'intéressant ouvrage de Dompnier de Sauviac (Chroni-
ques de la Cité et du Diocèse d'Acqs) et les historiens
Marca et Ohienart.
« Au point de vue archéologique, nous citerons les pu-
blications de MM. Bladé, Chaudruc de Crazannes, Camo-
reyt, etc., etc. MM. Dufourcet, Dejeanne, Cuzacq, se sont
particulièrement occupés des voies romaines dans le dé-
partement des Landes; MM. Sorbets, Martres et Taillebois
de l'épigrapliie, de la numismatique et de diverses décou-
vertes gallo-romaines, M. Raimond Pottier a décrit les
remparts de Dax. MM. Martres et Camiade ont fait con-
naître l'un la ville romaine enfouie près de Serres-Gaston ;
l'autre les fouilles de TasLoa, etc., etc.
PROCÈS-VEUHAUX. 37
« A lî\ domination Romaine succéda celle des Wisigoths
qui, sous Alaric, clioisirent la cité d'Aire pour leur capi-
tale, Clovis réunit la Novempopulanie à ses États desquels
elle fui détachée d6 nouveau au profit des Vascons
vers f)8(i. Le Duché de Gascogne fut alors créé et ne
dépendit pendant longtemps que nominativement de la
couronne. Je ne veux pas vous faire le récit de toutes les
vicissitudes que subit la ville de Dax et son territoire ,
pillés et ravagés successivement par tous les peuples
barbares : Vascons, Sarrasins, Normands, etc., et n'ayant
pas plus à se louer de ses vicomtes.
« Puis vint la domination Anglaise à la suite du mariage
d'Éléonore de Guyenne avec Henri Plantagenet, roi d'An-
gleterre. Ce fut sous les rois Anglais que Dax vil un
atelier monétaire s'établir dans ses murs.
« Lorsque les Anglais furent obligés de quitter la
France, la Gascogne revint à la couronne, mais ce que
les archéologues Gascons déplorent tous les jours, c'est
que nos archives, nos titres communaux, ceux concernant
des particuliers, ont été transportés à Londres où ils sont
encore enfermés dans la Tour de Londres et à l'Échi-
quier. Plus de vingt mille titres Gascons sont ainsi perdus
pour l'histoire de notre pays. Il est vrai qu'un certain
nombre ont été copiés dernièrement par M. Francisque
Michel et publiés par les soins du Ministère, mais combien
de milliers d'autres sont restés inconnus ! Là se trouvent
les sources de notre histoire. Aussi serait-il à désirer que,
si on ne peut obtenir la restitution de ces titres, on
complète du moins le travail de M. Francisque Michel en
faisant copier et publier toutes nos Archives Gasconnes.
« Après le départ des Anglais, l'histoire de Dax se
confond avec celle de la monarchie.
« Dax devint le siège d'un présidial,
'< En i.j(j9, Montgommery dévasta tout le pays et brûla
la plupart des églises. M. Abbadie a donné un récit fort
intéressant d'une partie de ces événements sous le titre
38 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
de : Épisode des fjiierres de religion en Chatosse. —
Incendie du Monastère de Divielle.
(.'. Pour la période du moyen âge et de la Renaissance
jusqu'à la Révolution, je citerai, parmi les publications
qui ont éclairé notre histoire locale, celles de MM. Bladé
(Histoire du droit en Gascogne)^ de Carsalade (Documents
inédits sur la Fronde en Gascogne) , le baron de Cauna
(Armoriai des Landes), Tabbé Cazauran (Pouillé du dio-
cèse d'Aire), Curie-Seimbre (Essai sur les Bastides),
Cuzacq (Du droit d'aînesse dans les Landes), Dompnier
de Sauviac (Chroniques de la cité et du diocèse d^Acqs),
Tabbé Gabarra (Les guerres de la Fronde dans les
Landes), A. Lavergne (Les chemins de Sl-Jacques en
Gascogne), Pédegert et Lugat (Histoire du Monastère
de Sl-Sever), Paul Raymond (Cartulaire de St-Jean de
Sorde), P^mile Taillebois (Recherches sur la A^umisma-
lique de la Novempojmlanie ) , Tamizey de Larroque
( L)ocuments inédits), etc., etc.
« L'iiistoire de Dax et des Landes pendant la Révo-
lution a été largement traitée par Tabbé Légé (Les Dio-
cèses d'Aire et de Dax sous la Révolution française) et
par Dompnier ; de nombreux documents ont été fournis
])ar le baron de Cauna, l'abbé Départ et M. Bacliacou.
« Mais je m'arrête, car je m'aperçois que je suis tombé
dans une nomenclature sèche et aride que j'aurais voulu
éviter et qui, cependant, était utile à faire connaître.
<s A l'époque actuelle, époque de science et de progrès,
le goût des études historiques et archéologiques a pris un
grand développement. Aussi, s'est-il trouvé à Dax un
groupe d'hommes résolus à étudier l'histoire du Sud- Ouest
en général et du département des Landes en particulier ;
à fouiller le sol pour en tirer les témoins des siècles
passés, à recueillir ces épaves que chaque guerre, chaque
invasion, chaque révolution a laissées derrière elle, et
avec ces débris, à fonder un Musée sous le patronage d'un
savant illustre, de Borda.
PnOCÈS-VERBALX. 39
« C'est en 4870 que celte idée a été mise à exécution,
et depuis douze ans la Société de Borda existe et a su se
créer une place honorable parmi les Sociétés savantes de
provin-ce. Douze volumes de mémoires ont été publiés
par elle ; le treizième est en cours de publication et de
noml)rcuses communications attendent leur tour pour être
imprimées. Une foule de questions ont été les unes élu-
cidées, les autres éclairées d'un jour nouveau. Toutes les
découvertes faites dans le pays ont été publiées et
répandues dans le monde savant. Des fouilles intéressantes
ont été faites et un Musée de date récente, mais déjà
riche, a été créé. C'est encore grâce à la Société de Borda
que l'admirable portail de notre cathédrale, auquel nous
allons faire une visite après la séance, a été classé parmi
les monuments historiques et sauvé ainsi de la destruction
qui le menaçait.
« Dax a montré qu'elle était la ville du progrès et
chacun a voulu contribuer au succès de la Société de
Borda. Aussi le premier résultat a-t-il été de développer
dans le pays le goût de l'archéologie qui, il faut bien
l'avouer, y était peu répandu et restait l'apanage de
quelques-uns. Aujourd'hui, rien ne se découvre sans que
l'on en réfère à la Société de Borda ; rien ne se perd ;
tout objet curieux trouve sa place au Musée de Dax.
« L'exemple de Dax a été suivi par Mont-de-Marsan qui
a voulu avoir aussi son Musée ; nous ne pouvons que
désirer voir partout la même émulation qui ne peut être
que profitable à la science et servir à la vulgarisation des
études archéologiques.
« Mais il serait injuste, après avoir parlé de la Société
de Borda, de ne pas citer aussi les publications nouvelles
qui se sont créées depuis le bulletin de Borda et peut-être
grâce à l'initiative de notre Société dont le succès a pu
encourager ses imitateurs. Je veux parler de la Revue
des Basses-Pyrénées et des Landes et des Archives histo
riques de la Gascogne , qui ont publié et publient tous
40 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
les jours les documents les plus intéressants pour notre
histoire.
« Enfin la Revue de Gascogne et les bulletins des So-
ciétés scientifiques de Bayonne et de Pau s'occupent
fréquemment de l'histoire et de Farchéologie de notre
département.
« Le développement des études archéologiques dans le
pays a amené tout naturellement une idée qui ne se fut
pas fait jour vingt ans plus tôt. La Société de Borda a eu
le courage, en 1882, — je dirais presque l'audace — de
faire à Dax un Congrès scientifique, et son audace a été
couronnée de succès. De ce congrès auquel des savants
illustres ont bien voulu s'associer, est né un volume de
mémoires traitant des principales questions qui intéressent
notre pays. On a reconnu que Dax était un petit centre
scientifique, et la Société française d'Archéologie a bien
voulu juger notre ville digne de recevoir les assises an-
nuelles fondées par M. de Caumont.
« La Société de Borda est fière, à juste titre, de l'hon-
neur qui lui est fait par la Société française d'Archéologie
et le lui a exprimé tout à l'heure par l'organe accrédité
de son Président.
« Je n'ai pas qualité, quant à moi, pour renouveler les
remerciements de la Société de Borda, mais je me per-
mettrai d'exprimer le vœu et l'espoir que ce Congrès sera
fécond en œuvres utiles et qu'il en sortira un zèle nou-
veau de la part des membres de notre Société, une expan-
sion plus grande et des études plus nombreuses encore
que par le passé.
« Je terminerai sur cette parole d'espérance, en vous
demandant pardon. Messieurs, et à vous surtout. Mes-
dames, d'avoir retenu si longtemps votre attention, lorsque
je vous avais promis d'être bref. »
PROCÈS- VERBAUX. 41
M. le comte de Marsy répond dans les termes
suivants :
« Mesdames, Messieurs,
« Chaque année, une ancienne tradition, devenue en
quelque sorte une loi, impose au Directeur de la Société
française d'Archéologie l'obligation de vous présenter, dans
la séance d'ouverture du Congrès qui peut être considérée
comme notre assemblée générale, l'exposé des faits inté-
ressants relatifs à la Société.
« En dehors de quelques grands événements archéolo-
giques et de faits d'un intérêt général, je dois surtout vous
entretenir des travaux de nos confrères, du souvenir de
ceux que nous avons perdus et des espérances que nous
pouvons concevoir pour l'avenir.
« Que les membres qui ne suivent qu'accidentellement
nos réunions veuillent bien me pardonner quelques détails
qui leur paraîtront peut-être un peu longs. Pour la plupart
de ceux qui sont ici, les noms que j'ai à prononcer sont
ceux de confrères sympathiques et souvent même d'amis
poursuivant un but commun : la recherche, l'étude et la
conservation des monuments et des souvenirs qui consti-
tuent le patrimoine archéologique de la France.
« La loi du 30 mars 1887 sur la conservation des monu-
ments historiques, dont je vous annonçais l'an dernier le
vote récent, n"a encore eu que de rares applications, dont
la plus importante a été le décret prononçant l'expropria-
tion des pardes de l'enceinte de Carnac, non encore acquises
par l'Etat.
« Nous voudrions avoir à constater un semblable mouve-
ment pour la conservation des monuments du moyen âge.
Malheureusement, à côté de quelques faits, tels que l'ac-
quisition par l'Etat et la rétrocession à la ville de Caen de
la façade du Manoir des Gendarmes, dont la restauration
va être prochainement exécutée, nous avons toujours des
42 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
craintes à émettre : d"abord pour le Mont-Saint-Michel, dont
la Merveille est chaque jour minée par la mer, son impla-
cable ennemi. Malgré les efforts courageux de plusieurs
membres du Parlement et notamment de M. Bouvattier,
les travaux de déplacement de la digue ne sont pas encore
exécutés.
« Une société qui s"est faite, je ne veux pas dire la rivale,
mais l'émule de la nôtre , a dernièrement jeté un cri
d"alarme en faveur du palais de Versailles, qui demande
un travail complet de consolidation, si l'on ne veut voir
d'ici à quelques années disparaître les majestueuses con-
structions du Roi-Soleil.
« A Bourges, par suite de la résistance de la municipalité
aux mesures adoptées par la Commission des Monuments
historiques, l'Hôtel Cujas demeure depuis plusieurs hivers
presque entièrement découvert, et M. le comte Robert de
Lasteyrie n'hésitait pas à demander, il y a quelques jours,
à la Section d'archéologie du Congrès des Sociétés sa-
vantes, d'émettre un vœu pour obtenir du Gouvernement
qu'il soit mis fin à une situation qui compromet de la
manière la plus sérieuse la conservation d'un des plus
curieux édifices civils du XV siècle.
« Que n'aurions-nous à dire aussi de certaines restaura-
lions, qui sont de véritables reconstructions et ne nous
offrent plus que la copie plus ou moins exacte de monu-
ments qu'il eût peut-être été possible de conserver dans
leur état ancien.
a La loi du 30 mars accorde le privilège du classement
à des objets mobiliers offrant un intérêt au point de vue
de l'art et de l'histoire. Cette disposition nouvelle, quelque
peu critiquée en ce qu'elle semble à certaines personnes
une atteinte à la propriété des départements, des com-
munes et des fabriques, nous paraît cependant offrir de
sérieux avantages. Grâce à elle, nos richesses artistique.s,
nos statuettes, nos émaux, n'iront plus, sans contrôle,
quitter à la dérobée les salles de nos Hôtels-de-Ville, les
PROCÈS-VEnBAUX. 43
sacristies de nos églises et les pharmacies de nos liospices,
pour aller enrichir les musées étrangers ou les collections
particulières. Si ce que nous voyons tous les jours devait
durer quelques années encore, l'histoire de l'orfèvrerie
française, l'étude de l'émaillerie limousine, celle de nos
vieilles tapisseries et de nos anciennes dentelles ne serait
plus possible à faire qu'aux musées de l'Hermitage, ou de
Kensington et dans les salons des banquiers de la cin-
quième avenue à New- York ou des Judenstrasse du monde
entier.
« Je ne veux pas, du reste, m'arrêter sur cette question ;
dans ce département, je sais avec quel soin les œuvres
d'art sont protégées ; les membres de la Société de Borda
les suivent d'un œil ému, et l'éminent prélat placé à la
tête de ce diocèse, qui a donné tant de preuves de sa
sollicitude pour les études archéologiques, saurait re-
pousser les tentateurs qui voudraient s'en emparer à prix
d'or. Du reste, M. de Lasteyrie viendra à une de nos pro-
chaines séances vous exposer le service qu'attend de vous
dans cette circonstance la Commission des Monuments
historiques.
« L'espace me manque pour vous énumérer les travaux
accomplis depuis l'an dernier par nos confrères qui, au
nombre de plus de 800 au moins en France et de 200 à
l'étranger, s'occupent de la recherche de nos antiquités,
les uns en fouillant le sol de notre pays et même en
poursuivant leurs études comparatives sur les régions
voisines ; les autres en publiant des ouvrages d'ensemble,
des monographies ou des articles, dans des recueils scien-
tifiques et des revues.
<t En Saintonge, M. l'abbé Julien-Laferrière, qui continue
avec M. Musset sa belle publication sur Y Art en Aunis et en
Saintonge, a pris une large part à la mise au jour, dans les
remparts de Saintes, de nombreuses inscriptions romaines
qui ont, à juste titre, appelé l'attention des corps savants
et fait à l'Institut l'objet de discussions intéressantes.
44 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
« Dans le Berri, M. Buhot de Kersers continue sa statis-
tique archéologique du département du Cher.
« Notre directeur honoraire, M. Léon Palustre, poursuit
son ouvrage considérable sur la Renaissance.
« En Normandie, M. Eug. de Beaurepaire achève son
Caen archéolofiiqxie, dont les illustrations sont prêtes, et
que M. Le Blanc-Hardel a tenu à laisser comme un mo-
nument de sa carrière d'imprimeur,
« M. Thiollier, dont vous connaissez l'inépuisable activité
et que de nouveaux voyages empêchent de venir à notre
réunion, fait exécuter les planches de son Forez monu-
mental, dont il vous a. Tan dernier, exposé le plan au
Congrès de Laon.
« M. Jules de Laurière, notre infatigable secrétaire gé-
néral, a consacré depuis deux ans une partie de son temps
à l'exploration des îles de la Méditerranée, et nous espé-
rons qu'il résumera bientôt dans une publication d'en-
semble les observations qu'il a déjà communiquées aux
Antiquaires de France et au Congrès de Toulouse sur les
monuments cyclopéens et les nourègues des Baléares, de
la Sardaigne et de la Corse.
« Chemin faisant, il ne laisse pas passer l'occasion de
nous décrire les monuments romains et du moyen âge,
les sarcophages et les mosaïques, et je n'ai pas ])esoin de
vous rappeler, parmi ses dernières études, son travail si
complet sur le Val d'Aran, la description de Saint- Yves
des Bretons à Rome et ses recherches sur les mosaïstes
romains, à propos de la mosaïque de Girone.
« M. Gaston Le Breton a parcouru l'Europe, depuis la
Scandinavie jusqu'à la Sicile , recueillant les matériaux
d'un ouvrage sur les manifestations de l'art normand.
« Citons encore : M. Léon Germain, qui ne cesse de nous
faire connaître quelque édifice ignoré de la Lorraine et
trouve l'occasion, dans ses intéressantes notices, de faire
ressortir quelques détails nouveaux de l'histoire de cette
province ; M. de Lahondès et M, le baron de Rivières, qui
PROCÈS-YEHBAUX. 45
ont élucidé tant de questions archéologiques sur le Lan-
guedoc ; M. Anthyme Saint-Paul qui, dans la 3'' édition de
son Histoire monumenlale de la France^ nous trace un
tableau complet, quoique rapide, de l'archéologie nationale,
« Parmi ces travailleurs actifs, je ne dois pas oublier un
de nos inspecteurs, M. le baron de Baye, qui nous a donné
cette année deux ouvrages : le premier, livre de vulgari-
sation sur Y Archéologie préJUstorique ; le second, grande
publication illustrée sur l'Industrie longobarde , premier
volume d'une série dans laquelle notre confrère se propose
d'étudier l'art des conquérants barbares et notamment
celui des Anglo-Saxons.
« Dois-je vous rappeler aussi ceux de nos confrères qui
dirigent en province des revues archéologiques ou y col-
laborent d'une manière active : M. Berthelé et la Revue
poitevine et saintongeoise ; — M. de rEstourbeillon et la
Revue historique de l'Ouest ; — M. René Vallette , qui
vient de fonder la RevKe du Ras-Poitou; MM. Tliolin et
Lauzun, qui collaborent activement à la Revue de VAgenais;
— Mgr Barbier de Montault, dont les articles sont dispersés
dans d'innombrables recueils , et tant d'autres.
« A côté des rédacteurs de ces publications, je dois faire
une place à ceux de nos confrères dont l'activité se mani-
feste, soit dans nos Congrès, soit dans ceux des Sociétés
savantes réunis à Paris par le Gouvernement, au moment
de la Pentecôte.
« La section d'archéologie du Congrès des Sociétés sa-
vantes a entendu notamment cette année des lectures de
M. Guignard , sur les puits funéraires du Blaisois ; de
M. Morel , sur des tumulus de Meurthe-et-Moselle ; de
M. Pilloy, l'un de nos lauréats de l'an dernier, sur l'art
carlovingien ; de MM. Buhot de Kersers et Fleury, sur
les enceintes du moyen âge ; de M. Berthelé, sur l'archi-
tecture Plantagenet et la reconstruction de l'église de
Maillezais au XI*' siècle, et de M. Albert des Méloizes , sur
une tombe de l'abbaye du Val.
46 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
« La section d'histoire de l'art, organisée par la Direction
des Beaux Arts et dont une des séances a été présidée par
notre confrère , M. de Fourcaud , a été également suivie
par plusieurs d'entre nous, et il nous suffira de rappeler ,
indépendamment d'études rentrant dans une période trop
moderne pour être comprises dans notre cadre, les travaux
de M. J. de Lahondès, sur les vitraux de la cathédrale de
Toulouse; de M, Giron, sur les peintures murales de la
Haute-Loire ; de M, de Grandmaison , sur la tapisserie à
Tours ; de M. Jadart, sur les églises de l'arrondissement
de Reims ; de M. le chanoine Dehaisnes, sur les peintures
de maîtres de l'école flamande primitive conservées en
Italie, etc.
« Au Congrès de l'Association française à Toulouse, au
Congrès de la fédération des Sociétés liisloriques de Bel-
gique à Bruges, enfin aux excursions de la Gilde de Saint-
Luc et aux Commissions d'art des Congrès catholiques
de Lille et de Paris, la Société française d'Arcliéologie a
été représentée par son Directeur et par plusieurs de ses
membres qui ont pris part aux travaux et aux discussions
de ces réunions,
« A l'étranger, plusieurs de nos confrères donnent aussi
de nombreuses preuves de leur activité : M. Gloquet ,
malgré les soins que réclament ses fonctions de secrétaire
de la Bévue de FArt ehrélien^ nous a donné en collabora-
tion avec M. de La Grange le premier volume d'un excel-
lent travail sur VArl à Tuuriiai au moyen âge. M. Gustave
Saige vient d'inaugurer, par un volume in-i° de plus de
mille pages, la collection de Docunienls inédils , publiée
par les ordres de son A. S. le prince de Monaco.
« Je signalerai entin les travaux envoyés par plu-
sieurs archilecles, nos confrères, à l'exposition des Beaux-
Arts : les beaux dessins de M. Pierre Benouville sur le
château de Madaillan , dont la réduction a paru dans la
Revue de rAgenais, le relevé d'une cheminée de Cadillac
de M. IL Rapine, et enfin les souvenirs archéologi(iues
PROCÈS-VERBAUX. 4/
de l'abbaye de Batalha en Portugal , dus à U. Henri
Nodet.
« Mais , après celte brillante énuniération des travaux
de nos confrères, je dois vous parler des pertes faites
par la Société depuis le dernier Congrès , et cette tâche
est rendue cette année plus pénible encore que toutes les
autres, par suite du grand nombre de décès que nous
avons éprouvés.
« En tète de celte liste funèbre , qui réunit les noms de
ceux que nous ne verrons plus dans nos réunions , mais
dont le souvenir continuera à revivre dans notre mémoire,
je dois d'abord citer la veuve de notre éminent fondateur,
M'"" de Caumont, qui s'est éteinte à Caen le 25 août der-
nier, dans sa quatre-vingt-unième année. Ceux d'entre
vous qui ont suivi nos réunions, il y a un quart de siècle ,
n'ont pas oublié cette femme grave, mais toujours bien-
veillante, au proiil antique, qui venait apporter à son mari
l'appui de sa sollicitude et encourager par sa présence les
œuvres si nombreuses dirigées par lui pendant plus de
quarante ans. Depuis 1872, M'"" de Caumont vivait dans
la solitude , retirée dans ce vieil hôtel de la rue des
Carmes, où tout lui rappelait le souvenir de celui qu'elle
avait perdu. Toutefois, elle n'avait oublié ni les œuvres
ni les amis de son mari , et son testament en fait foi. La
Société française d'Archéologie, qui lui devait déjà le don
de la propriété du Bulletin monumental, a reçu d'elle tous
les bois et clichés ayant servi , pendant la vie de M. de
Caumont, à l'illu.stration de ce recueil ; c'est une mine
précieuse et que nous nous efforcerons de mettre à profit.
« Une perte qui nous a été aussi bien sensible a ôlé celle
de M. Julien Travers, mort le 9 avril, dans sa quatre-vingt-
septième année. Doyen du Comité permanent, M. Travers
assistait encore, dix jours avant sa mort, à une réunion à
laquelle il n'avait manqué que bien rarement depuis près
de cinquante ans.
« Lié avec Arcisse de Caumont et la pléiade des archéo-
48 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
logues normands depuis 1829, M, Travers n'avait cessé de
prendre une part des plus actives au mouvement des
études liistoriques et littéraires en Normandie et à la créa-
tion de toutes les œuvres utiles fondées à Caen. Après
de longues années de professorat dans divers collèges
de Normandie et, en dernier lieu, après un brillant
enseignement de près de vingt années dans une des
chaires de la Faculté des lettres, M. Travers avait accepté
les fonctions de bibliothécaire de Caen , et chaque matin,
son cabinet devenait une succursale de cette Académie
dont il fut le secrétaire perpétuel pendant plus d'un demi-
siècle. Un jour, la politique vint chasser le savant de cette
retraite ; mais cette mesure brutale n'altéra pas le calme
de ce sage, dont la mort chrétienne a été un deuil public
pour la ville de Caen.
« Plus que tout autre, je l'ai vivement ressentie. Depuis
vingt-cinq ans, la maison de M. Travers m'était ouverte ;
jamais ses conseils ne m'ont fait défaut, et si j'ai accepté
la lourde tâche que je remplis depuis quatre ans, c'est
surtout à ses encouragements que je le dois. Que son fils,
notre distingué confrère, que son deuil retient cette année
loin de nous, reçoive l'expression de nos regrets.
« M. le vicomte Gustave de Ponton d'Amécourt, décédé à
Trilport, était un des numismates les plus distingués de
notre époque. Fondateur de la Société française de Nu-
mismatique, il avait formé, au pris de grands sacrifices,
d'importantes collections de médailles romaines et méro-
vingiennes.
« Cette dernière série lui avait fourni le sujet d'importants
travaux ; elle forme une suite unique, deux fois plus riche
que celle du Cabinet de France, et il est à désirer qu'elle
ne soit pas dispersée et vienne enrichir nos collections
nationales.
« Je ne veux pas séparer du nom de M. d'Amécourt
celui de son élève et ami, M. l'abbé Thiercelin, notre
inspecteur de Seine-et-Marne , enlevé en quelques jours
JULIKN TRAVEUS
D'après le médaillon do Le Vt-ol
LK COMTK m. DK BARTHÉLÉMY DHASILL
PROCÈS-VERUAUX. 49
et atteint nu moment où il venait rendre les derniers
devoirs à celui qu'il considérait comme son maître.
« M. le chanoine Van Drivai, inspecteur du département
du Pas-de-Calais, a laissé de très nombreux travaux sur
l'histoire et l'archéologie de l'Artois. C'est à son initiative
qu'est due l'organisation des premières expositions ré-
trospectives , devenues depuis si populaires et répétées
partout avec le plus grand succès. — M. Louis Paris , an-
cien bibliothécaire de Reims , était surtout connu par la
fondation du Cabinet historique , excellent recueil qu'il
dirigea pendant plus de vingt ans , et par diverses publi-
cations sur la Champagne et notamment celle des tapisse-
ries de Reims. — M. le docteur Pailloux , philanthrope
éclairé, avait été l'un des meilleurs et des plus dévoués
amis de M. de Gaumont. — M. le docteur Giraudet, de
Tours, avait publié d'importants travaux sur les artistes
tourangeaux qui lui avaient valu une de nos médailles
en 1880.
« Citons également M"'" la comtesse de Quatrebarbes , —
M. l'abbé Monorgues, curé de Bruniquel ; — M. Lidehart,
à Caen ; — M. le marquis de Solages, à Carmaux, qui avait
concouru à la restauration d'un certain nombre d'églises
du diocèse d'Albi; — M. Emile Perrier, de Chàlons-sur-
Marne; — M. du Hays, du Pas-de-Calais; — M. le chanoine
du Tressay, à Luçon ; — M. Oscar de Lestre, à Envermeu ;
— M. Arsène de Boullenois de Senuc, de Nantes : — M. de
Payan-Dumoulin , ancien conseiller à la Cour d'Aix ; —
M. L. Marguerit de Rochefort, de Vierville.
« Je croyais avoir épuisé ce nécrologe , lorsqu'une fou-
droyante nouvelle est venue y ajouter encore un nom ,
celui du comte Edouard de Barthélémy d'Hastel, enlevé
en quelques jours, à moins de soixante ans. Depuis qua-
rante ans, Edouard de Barthélémy s'était fait connaître par
de très nombreuses publications sur l'histoire de la Cham-
pagne d'abord, puis sur l'archéologie de diverses provinces
et enfin sur Thisloire des deux derniers siècles. Plus de
4
50 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET DE BA YONNE.
cinquante volumes attestent de la fécondité remarquable
de noire confrère qui , au milieu d'une vie mondaine ,
trouvait le temps d'écrire de nombreuses études, d'an-
noter des mémoires comme ceux du médecin Hérouard ,
ou des correspondances comme celle de la marquise de
Balleroy. Le nom d'Edouard de Barthélémy était connu
dans toute l'Europe , les distinctions honorifiques avaient
encouragé ses nombreux travaux et, au lieu d'avoir à vous
parler de sa mort, je croyais n'avoir à mentionner son
nom que pour rappeler la décoration que venait de lui
conférer le roi du Danemark.
« Aucun nom n'est plus connu , je ne crains pas de dire
plus aimé, parmi les archéologues français que celui de
M. Anatole de Barthélémy. Ses études historiques et ar-
chéologiques portent non seulement sur tous les points de
la France , mais aussi sur toutes les périodes de notre
histoire ; ses recherches sur les Gaulois et sur les Méro-
vingiens, ses études sur la numismatique du moyen âge ,
ses travaux généalogiques sur la noblesse de Champagne
et de Bretagne, son histoire des évêchés de Bretagne
étaient, depuis longtemps, des titres plus que suffisants
pour jusdfier son élection à l'Académie des Inscriptions
et Belles-Lettres, où sa place était marquée à côté de
ceux qui furent ses condisciples et de ceux qui , depuis ,
sont devenus ses élevés. Car, et c'est là surtout ce qui a
fait apprécier de tous M. de Barthélémy, il n'est pas en
France un archéologue, un numismate qui ne soit venu
lui demander un conseil, qui ne lui ait soumis par écrit
quelque point historique douteux et qui n'ait reçu de lui,
avec des encouragements à poursuivre ses recherches, des
avis toujours marqués au coin de la plus saine critique.
4 Depuis près d'un demi-siècle, M. de Barthélémy, dont
nous rappelions , il y a quatre ans , les premiers travaux
sur la salle héraldique de la Diana, a été un des membres
les plus actifs de la Société , un des collaborateurs con-
stnnls (lu HvJh'tin monnmenlnJ. Plusieurs fois chargé des
l'ROCÈS-VEHBAUX. 51
fonctions d'inspecteur , il siège aujourd'hui dans notre
Conseil administratif, et la Société française d'Archéologie
a le droit d'être tîère de la haute distinction dont vient
d'être revêtu un de ses membres les plus éminents et,
ajoutons, les plus dévoués.
« Nos félicitations, Messieurs, iront le trouver et lui ap-
porter une nouvelle consolation dans le deuil qui vient de
le frapper et que je vous annonçais tout à l'heure.
« Notre Société, Messieurs, compte dans son sein les
ecclésiastiques les plus distingués parmi ceux qui s'oc-
cupent d'archéologie nationale, et la liste en serait longue;
il y a deux ans, nous avons salué la nomination de
Mgr Lécot à l'évèché de Dijon ; aujourd'liui nous sommes
heureux d'avoir à vous annoncer le choix qui vient d'être
fait pour l'évèché de Poitiers de M. l'abbé Juteau, que
vous avez vu plus d'une fois au milieu de nous et
dont vous connaissez les efforts pour la restauration de la
basilique de Saint-Martin de Tours. Avec le nouvel évoque
appelé au siège de Saint-Hilaire, nous sommes sûrs que
les monuments religieux, si nombreux et si remarquables
des deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres,
seront sauvegardés.
« Deux de nos inspecteurs, MM. Audren de Kerdrel et
le docteur Roussel ont été appelés de nouveau à siéger au
Sénat.
La décoration de la Légion d'Honneur, accordée à
notre confrère M. Auguste Picard, est venue récompenser
les services de l'ingénieur des chemins de fer; mais nous
n'en félicitons pas moins le savant et délicat collectionneur
d'objets du moyen âge et de la Renaissance, qui met avec
tant de complaisance ses richesses à la disposition des
érudits et des chercheurs.
« Si les palmes d'officier de l'Instruction publique ont
pu sembler à quelques-uns n'être pas une récompense
suffisante pour la publication considérable depuis long-
temps entreprise par notre directeur honoraire, M. Léon
52 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Palustre, et par ses travaux antérieurs , je ne doute pas
que vous ne vouliez cependant vous joindre à moi pour
lui offrir nos vives et sincères sympathies.
« Parmi les autres distinctions académiques décernées à
nos confrères, nous mentionnerons encore le titre d'officier
de l'Instruction publique à M. Sardou, à Marseille, et celui
d'officier d'Académie à MM. Auguste Lafollye , architecte
du château de Saint-Germain, et le baron de La Tom-
belle.
« Délégué par l'Académie des Inscriptions et Belles-
Lettres pour assister à l'inauguratipn du nouveau Musée
arcliéologique organisé au palais du Bardo , M. Antoine
Héron de Villefosse, qui, depuis quinze ans, s'est consacré
à l'étude des antiquités et des monuments épigraphiques
de la Tunisie et de l'Algérie, a eu la bonne fortune d'aug-
menter encore sa riclie moisson et d'apporter un nouveau
contingent au recueil d'inscriptions entrepris par lui, avec
la collaboration toujours si dévouée de M. Jules de Lauriére.
Le Gouvernement beyiical, juste appréciateur des mérites
de M. de Villefosse, a tenu de lui en donner une nouvelle
preuve en lui conférant la plaque de grand officier du
Nicham-El-Iflikar.
« Si je ne craignais d'allonger encore cette liste, je vous
rappellerais des distinctions récentes accordées également
à nos confrères, M. le marquis de Monclar et M. H. Cas-
tonnet des Fosses.
« En venant dans les Landes et les Basses-Pyrénées ,
nous n'avons pas eu seulement pour but l'étude des mo-
numents de toutes les périodes qui en couvrent le sol et
nous montrent, à côté des restes des civilisations locales,
de nombreuses traces laissées par les étrangers qui , à des
époques bien diverses de notre histoire, y ont établi leur
domination ; nous tenions aussi à resserrer les liens qui
nous unissaient à une des Sociétés provinciales dont
l'activité est la plus grande.
« Nous ne nous trompions pas, nous avons trouvé au sein
PKOCÈS-VERUAUX. 53
de la Société de Borda un accueil que nous n'osions
espérer et nous sommes heureux de pouvoir dire que,
grâce au zèle et au dévouement de nos secrétaires géné-
raux et de nos trésoriers , le nombre des adhérents du
Congrès dépasse, de plus du double, le chiffre qui avait
été atteint depuis dix ans.
« Merci à vous tous , Messieurs, qui avez concouru à ce
résultat et qui avez bien voulu venir vous associer à nos
travaux. Merci à la ville de Dax, pour la réception qui nous
est faite.
« Comme l'an dernier . et plus encore peut-être cette
année, notre Congrès revêt un caractère presque ambulant,
Dax , Aire et Bayonne sont les stations dans lesquelles
vous entendrez successivement des orateurs de mérite,
des observateurs consciencieux vous faire connaître les
monuments de la Gascogne, du Béarn et du pays Basque,
Enfin une excursion en Espagne, dans le Guipuzcoa et
jusque dans la vieille capitale de la Navarre, vous
permettra de nouer de nouvelles relations avec les savants
qui, de Tautre côté des Pyrénées, partagent vos goûts et
vos études.
« L'Académie royale de l'Histoire de Madrid a bien voulu.
Messieurs , nous prêter son concours pour réaliser le
dernier objectif. Elle a confié à sa délégation guipuzcoane
le soin d'élaborer un projet d'excursions communes; à
Pampelune, un aimable accueil vous est aussi réservé par
ses correspondants. Vous me permettrez, Messieurs, de me
faire dès aujourd'hui votre interprète et d'adresser au
bureau de l'Académie royale de l'Histoire de Madrid
l'expression sincère de toute notre gratitude , pour ce
témoignage qui nous prouve une fois de plus que toutes
les nationalités, toutes les opinions, trouvent dans le
champ des études archéologiques un terrain commun
d'estime et de sympathie.
« Je déclare ouverte la bo'^ session du Congrès archéolo-
gique de France. «
54 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Sur l'invitation de M. le Président, M. Taillebois
informe ensuite l'Assemblée du programme des excur-
sions.
La séance est levée à quatre heures
Visite du Musée et de la Ville.
A la suite de la séance, le Congrès visite le Musée
municipal de Borda, créé depuis quelques années par
les soins de la Société de Borda, et qui contient déjà
un grand nombre de monuments et d'objets intéres-
sants , tels que ; plusieurs autels votifs et inscriptions
trouvés dans le blocage des remparts gallo-romains de
Dax ; des sarcophages ; les moulages des bas-reliefs de
l'église de Saint-Paul-les-Dax ; des fragments de mo-
saïques, tuiles romaines, poteries, objets antiques de
toute nature ; des inscriptions du moyen-âge ; des
sculptures provenant des cathédrales successives de
Dax; une jolie collection numismatique, etc., etc.
On va ensuite admirer le magnifique portail du
XIIP siècle de la Cathédrale de Dax , lequel a été
classé parmi les monuments historiques depuis quel-
ques années seulement. Certaines parties sont détério-
rées, mais les douze statues des apôtres sont parfai-
tement conservées , ainsi qu'une grande partie du
tympan et des voussures. Certains sujets sont parfai-
tement traités, tels que la résurrection des âmes. Les
deux modes de sé[)ulture s'y trouvent indiqués : l'ense-
velissement et l'incinération. Une âme sort de son
sépulcre, une autre de l'urne où reposaient ses cendres.
56 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Certains membres ne paraissent pas toutel'ois admettre
cette interprétation, et dans les deux personnages qui
sortent des jarres, croient reconnaître saint Vincent,
de Xaintes, premier apôtre du pays, dont le corps fut
brûlé, après sa mort, et sainte Quitterie, la vierge
aquitaine, qui fut décapitée.
On visite la Cathédrale, édifice du XVIP siècle,
d'ordre ionique , qui ne contient , du reste , rien de
remarquable. Dans le chœur, on voit quelques belles
stalles sculptées du XVP siècle. Parmi les différents
sujets qui y sont représentés, nous citerons une Mélu-
sine, avec son peigne et son miroir.
Le Congrès va ensuite visiter Téglise de Saint-
Vincent-de-Xaintes, dans un faubourg de Dax où fut le
siège des premiers évêques de cette ville. Cette église
ne contient rien d'intéressant, si ce n'est un tombeau
qu'on croit être celui de saint Vincent. C'est une vaste
cuve en marbre blanc, ornée d'un cartouche assez
grossier, terminé en queues d'arondes, sans inscription.
La cuve peut être de l'époque de saint Vincent (IV"
siècle environ), mais son couvercle actuel est du XIP
ou XIIP' siècle et n'a jamais été fait pour ce sarco-
phage. 11 est orné de la statue d'un abbé couché, tenant
une crosse entourée d'un fanon.
Dans la tour du clocher, un chrisme d'une forme
intéressante.
Sous la triburre, deux dalles noires portant cette
inscription, qui semble toujours une énigme aux
étrangers ; sur l'une :
AGENOV
ILLO IRD LA
MAISON DVCROS
PROCÈS-VERBAUX. 57
Sur l'autre :
AGENOV
ILLOI RD lA
MAISON DVCROS
-■ Agenouilloir de la maison Ducros. ■>
En revenant en ville, on examine les restes des rem-
parts romains bàtis au IV« siècle en petit appareil,
avec assises de briques. Ces restes se voient particuliè-
rement dans le jardin de M. Prosper Lasserre et dans
celui des Thermes, et enfin à la promenade dite des
Remparts, où les tours et les courtines ont été con-
servés. Ces remparts étaient encore entiers, il y a
vingt-cinq ou trente ans, et étaient cités par M. de
Caumont parmi les plus complets et les plus beaux de
France.
Le château-fort dont la base est romaine, mais qui
a été rebâti ou remanié vingt fois depuis, n'a plus
actuellement aucun caractère.
La visite de la ville se termine par celle de l'Établis-
sement des Thermes et de la Fontaine-Chaude ou fon-
taine de la Nèhe, grande masse bouillonnante dont
l'eau, d'une température de 64 degrés, s'échappe con-
tinuellement par neuf robinets.
2^ SÉANCE DU MARDI 12 JUIN 1888
A 8 heures 1/2 du soir.
Présidence de M. le comte de Marsy.
M. le Président ouvre la séance à 8 heures 4/2 dans
la grande salle de l'Hôtel-de- Ville, et appelle, pour
siéger au bureau, MM. du Boucher, le comte de Chas-
teigner, l'abbé de Barsalade , Dufourcet , Xambeu ,
Francart, Camiade et Taillebois, secrétaire général.
M. Taillebois présente les ouvrages offerts au Con-
grès, dont la liste sera imprimée.
M. le Président donne la parole à M. Barthety, qui
donne quelques explications sur la polémique scienti-
fique qu'il a engagée avec M. Lafollye au sujet des
mosaïques de Sorde et de Lescar.
M. de Marsy exprime le regret que M. Lafollye n'ait
pu venir pour discuter sur place avec M. Barthety l'âge
de la mosaïque de Sorde.
Il expose ensuite le programme de l'excursion en
Espagne.
M. le Président passe à l'appel des questions inscrites
au programme et engage les membres qui auraient à
faire des communications sur ces questions ou à lire
des mémoires, à se faire inscrire au moment où la
question sera appelée.
1''' Question. — Élat des éludes archêoU)(jiques
dans les départements des Landes et des Basses-
Pyrénées. — Donner une vue d'ensemble des jjrin-
PROCÈS- VERBAUX.
59
cipaux travaux accomplis soit pwr les Sociétés
savantes, soit par les particuliers.
M. Taillebois a traité cette question dans le discours
qu'il a prononcé à la Séance d'ouverture.
IP Question. — Découvertes préhistoriques dans
les Landes et les Basses-Pyrénées. — Donner la
liste des grottes et abris sous roche , des tnonu-
ments mégalithiques, des amas coquilliers , des
stations lacustres et des tumulus. Indiquer, parmi
ces monuments, ceux qui ont fait l'objet de fouilles
et d'études spéciales; signaler ceux qui ont été
détruits. — Dresser une carte préhistorique de
l'un des arrondisseraents de ces deux départe-
ments.
M. Dufourcet et M. le comte de Chasteigner se font
inscrire sur cette question,
M. Gorse se propose de traiter à Bayonne la ques-
tion préhistorique pour l'arrondissement d'Oloron.
lir- Question. - Faire connaître et étudier les
peuples qui ont habité le territoire actuel des
Landes et des Basses-Pyrénées avant l'aivHvée des
Romains.— Déterminer leurs caractères anthropo-
logiques et rechercher leur origine.
M. l'abbé Lartigau a remis un supplément à son
Etude sur Beneharnum.
M. Taillebois fait observer que les auteurs sont très
divisés sur le classement des peuples qui ont habité la
Novempopulanie avant et après l'arrivée des Romains,
M. Ernest Desjardins, notamment, a changé d'avis sur
ce sujet et reconnaît comme Aquitains dans »s.Géogra-
60 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
phie de la Gaule, des peuples qu'il a qualifiés de Celtes
dans une publication postérieure.
IV* Question. — Qu'étaient les Ibères et jusqu'où
se sont-ils étendus ?— Quelles traces ont-ils laissées
de leur séjour sur les versants f^^ançais des
Pyrénées .?
M. le D'" Sorbets déposera à la séance d'Aire une
Étude sur V origine des Aquitains.
V'' Question. — Quelles sont les traces laissées
par les populations pri^nitives du littoral du golfe
de Gascogne ? — Peut-on détertniner leurs rela-
tions commerciales avec les navigateurs grecs,
phéniciens ou carthaginois ? — A quelle époque les
Boii du bassin d'Arcachon se sont-ils fixés dans
cette contrée ? A-t-on trouvé sur leur ter^Htoire
des monnaies gauloises, et notaTnment des pièces
scyphates attribuées aux autres Boii ?
M. Taillebois rappelle que Timogène d'Alexandrie a
prétendu qu'une colonie Dorienne aurait franchi le
détroit de Gibraltar et serait venue se fixer en Aqui-
taine.
Quoiqu'en ait dit M. Ribadieu, cette prétendue colonie
n'a laissé aucune trace ; elle ne doit pas avoir existé ;
c'est sans doute chez les Ligures qu'il faut la chercher
et non en Aquitaine.
On n'a jamais trouvé dans les Landes aucune mon-
naie ou aucun objet grec, ce qui aurait eu lieu infailli-
blement si une colonie y eut été établie.
Quant aux étymologies grecques que M. Ribadieu
attribue à un certain nombre de lieux, la plupart n'ont
aucune vraisemblance.
PROCÈS-VERBAUX. 61
Enfin, pour la dernière partie de la question, M. Tail-
lebois ne croit pas qu'on ait jamais trouvé de monnaies
scyphates sur le territoire des Boii d'Arcachon.
VI« Question. — Signaler les cités, villes, villages,
oppidum, et catnps retranchés de l'époque gau-
loise. — Dresser la cai^te de la Novempopulanie
et de ses divisions entre les différents peuples
avant l'arrivée de César.
VII<' Question. — Signaler les localités dans les-
quelles ont été découverts des monuments romains
et présenter le tracé des voies rom,aines dans la
région visitée par le Congrès. — Étudier, notam-
ment, la ville de Dax, ancienne cité des Tarljelli,
ses monmnents , ses thermes et ses remparts,
ainsi que la villa romaine de Lescar. — Signaler
les nouveaux éléments qui pourraient déterminer
V emplace^nent de l'oppidum des Sotiates et celui
du champ de bataille de Crassus. — Faire con-
naître les inscriptions, les mosaïques et les objets
ro7iiains, argenterie , bronzes, cératnique, ver-
rerie, monnaies, etc., mis au jour depuis trente
ans.
M . Taillebois dépose un mémoire intitulé : Les Y es-
tiges gallo-romains dans le département des Landes,
qui répond en partie aux VP et VIP questions.
M. Gorse se propose de lire à Bayonne un mémoire
sur la Villa romane de Lescar.
M. Barthety traitera également , à Bayonne , !a
question de la mosaïque de l'église de Lescar.
VIP Question. — Examiner quelles sont les dici-
62 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET B.VYONNE.
nités locales de la contrée et quelles sont celles
qui peuvent être assimilées aux dieux officiels du
peuple romain. — Signaler les monu7nents qui les
concernent et notamtnent ceux qui sont relatifs à
la Néhe et à Tutèle, ainsi que ceux du culte de
Mithra.
M. Taillebois veut simplement rappeler au Congrès
que M. Sacaze a décrit toutes les divinités Pyré-
néennes dont le nombre est considérable.
Dans le département des Landes , il n'y a qu'une
seule divinité topique qui ait été découverte , c'est
Mars Lelhunnus, le dieu protecteur d'Aire, dont on a
trouvé de nombreux autels à Aire. Le Congrès les
verra lors de la séance qu'il doit tenir dans cette
ville.
A Dax. on a trouvé un autel votif à tvtelae sanctis-
siMAE. La déesse Tutèle semble avoir été particulière-
ment honorée dans cette contrée, car on a découvert
de nombreux monuments en son honneur, à Bordeaux,
Agen, Auch , Bagnères , Eauze , le Mas-d'Agenais, Pé-
rigueux, Poubeau, etc., dans le Gers, il y a un village
de Tutelle, et en Espagne, la ville de Tudela.
Le nom de Néhe que porte la Fontaine Chaude de
Dax, paraît être Gaulois et doit désigner le génie pro-
tecteur de la fontaine chaude de Dax. Ce nom, en
gascon signifie buée., mais il est évidemment tiré du
celtique.
Quant au culte de Mithra, il semble avoir été très
répandu dans le sud-ouest de la France.
Au Musée d'Auch, il existe une jolie statuette en
marbre, de Mithra. Plusieurs inscriptions en son hon-
neur ont été trouvées dans le Gers et dans les Pvrénées.
PROCÈS-VERBAUX. 63
A Lescar, on a trouvé un peson de balance romaine en
forme de buste de Mithra, etc., etc.
IX*^ Question. — Faire connaître les monuvients
chrétiens les plus anciens de la région et notam-
ment ceux d'Aire.
M. le docteur Sorbets présentera à Aire une étude
sur cette ville.
M. Lafond, de Pau, présentera à Rayonne un mé-
moire sur les Sarcophages romains de Lucq, Bielle
et Aire.
M. Dufourcet signale la chapelle de Maxime, dont
les restes ont été retrouvés dernièrement à Dax (VP
siècle).
X" Question. — Signaler les antiquités mérovin-
giennes et les traces encore visibles de la domi-
nati07i des Wisigo'hs. — Recherclier les souvenirs
dujMssage des Sarrasins.
M. Taillebois dit qu'aucune antiquité Mérovingienne
ni Wisigothe n'a été signalée dans le département, sauf
à Uza, une framée mérovingienne décrite par M. du
Boucher, — et le squelette de la femme wisigothe de la
grotte du Saumon, trouvée avec ses bijoux, et décrite
également par M. du Boucher.
XP Question. — Signaler les principaux monu-
ments d'architecture religieuse de la région aux
différentes époques, et indiquer leurs caractères
particuliers, en insistant sur la nature des inaté-
riaux et l'influence du clignât. — Indiquer ceux
de ces monuments dont la date est déterminée
par des documents contemporains et qui, par
64 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
suite, peuvent servir de types. — Rechercher l'in-
fluence qui a pu être exercée par les Espagnols
et par les Anglais sur l'architecture de ces
édifices.
M. Taillebois dépose un mémoire intitulé : La
Crypte de Saint- G irons , à Hagetmau {Landes).
M. Dufourcet lira un travail sur Trois autels de
V église romane de Dax (XP siècle).
M. l'abbé Dudon a annoncé une lecture sur le Portail
de V église du Mas-d'Aire.
M. l'abbé Lescarretest inscrit pour une étude sur les
Clochers du Marensin.
M. l'abbé Didelot a envoyé un mémoire portant pour
titre : Etude hagioglyptique des panneaux historiés
de Saint-Paul-les-Dax.
XII« Question.— ^^^^(^^■er et décrire les principaux
châteaux féodaux de la région, ainsi que les cons-
tructions civiles du moyen âge et de la Renaissance.
— En présenter les plans et les dessins et faire
connaître les comptes de constî^uction, ainsi que
les anciens inventaires de leur moUlier.
M. Pasquier s'inscrit pour lire un travail sur le
Château de Foix.
M. l'abbé Lescarret parlera des Mottes en Béarn.
M. Bénouville se propose de donner un travail sur le
Château de Guiche (1).
M. Adrien Blanchet a envoyé des Cartes de Dax
qu'il a découvertes, avec une note explicative.
XIIP Question. — Étudier la décoration et le
(1) M. IJonnuville est mort avant d'avoir achevé cette étude.
l'RuCES-VEKbAU>C. 65
jiwhilicr des édi/ices religieux et cicils. — Signaler
les verrières , peintures murales, sculptures ,
pierres tombales, objets d'orfèvrerie et de cèra-
'iaigue, étoffes, tapisseries, etc., conservés dans la
région, ainsi que ceux dont la présence y a été
constatée. — En donner la desoiption avec dessins
à l'appui et fournir des renseignements sur leurs
auteurs et su/- les personnages ou les établissements
qui les ont fait exécuter. — Examiner notamment
la décoration ornementale en bronze ou en fer des
jjortesdes 'monuments religieux et autres édifices.
— En prèsertter les principaux spécimens en les
rapprociiant des tijpjes analogues conservés dans le
midi de la France ou dans le nord de l'Espagne.
M. l'abbé Lcscarrct a rinlcntion de traiter les trois
questions suivantes :
1° Sur le mobilier des églises ;
2° Sur un annaritnn du XV' siècle, dans l'église
de Liie ;
'6" Sur les cftrisls en bois de grandeur nalurelle
dans les églises du littoral.
M. l'abbé Pédegert a annoncé une Analyse du psau-
tier du XIIP siècle ou bréviaire manuscrit de Dax.
XIV'^ Qlestiox. — Retracer l'iùstoire des faïen-
ceries de la contrée et particulièrement de celles
de Samadet et de Dax l'Doro). —Signaler leurs
■produits et les co m [jarer à ceux d'autres fabriques.
M. le D'' Sorbets est inscrit sur la Fa'iencerie de
Samadet.
M. le comte de Chasteigner, sur la Faïencerie de
Dora.
5
66 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE bE DAX ET RAYONNE
XP Question. — Sir/ualer les hôpitaux de Saint-
Jacques dans le Midi de la France et le Nord de
V Espagne. Étudier les souvenirs laissés imr les
pèlerins sur les cJie?nins qui les conduisaient à
Cornpostelle. — Reclierclier les routes suivies par
les pèlerins espagnols et gascons jjour se rendre
aux grands pèlerinages de Rome et de Jérusalem.
M. Dufourcet lira un mémoire sur les Voies ro-
maines et les chemins de Saint-Jacques dans les
Landes.
M. l'abbé Foix, un mémoire sur Y Hôpital de Miigron,
et des Notes sur le vrai chetnin du littoral entre
Castel et Soustons.
M. Taillebois communique une lettre de M. Aube
disant qu'il existe encore sur les bords de la Bidassoa.
à 500 mètres en amont du pont du chemin de fer et
sur la rive française (commune d'Hendaye) une partie
des bâtiments de l'ancien hôpital de Saint-Jacques, qui
sont occupés par la douane.
On a supprimé, il y a deux ans seulement, un bac
qui existait sur ce point et dont il est fait mention
dans une ordonnance de Louis XIV, du 25 janvier
1668. Cette ordonnance constate que la propriété, do-
maine, juridiction et seigneurie du bac de l'hospital
de Saint-Jacques appartenaient au roi de France, et
que les habitants de Hendaye et autres sujets français
avaient toujours joui de ce passage.
XVI'-' Question. — Signale)' les souvenirs relatifs
à la France qui se rattachent à Pampelune et à la
Naval-ré. — Indiquer les monuments et les objets
qui les rappellent.
PROCÈS-VEIUJ.VUX. 07
M, Bi'utails a envoyé un mémoire sur la Calliédrale
de Panipelune.
XVIP Question. — De L'origine des cagots, capots,
christiaas, etc., et des inonuments qui les con-
cernent.
M. l'abbé Foix annonce un travail intitulé ; Parti-
cularités sur les Cagots dans le départoiient des
Lapides.
M. du Bouclier promet de lire un mémoire sur les
Cagots.
XVIII" Question. — Étudier et décrire les anciennes
tombes, ainsi que les monuments fiéraldiques du
■pays basque.
M. Dufourcet a préparé une étude sur les Tombeaux
à grilles.
XIX* Question. — Présenter des recherches sur
les monnaies et médailles inédites ou peu connues
de la région ; sur les sceaux, ainsi que sur les
poids et mesures employés au moyen âge da^is le
Midi de la France.
M. le comte de Chasteigner dit (juelques mois sur
des monnaies qu'il attribue à Dax, et donne des ren-
seignements sur l'atelier de cette ville auquel il est
disposé à rendre diverses pièces qu'on ne lui donne
pas habituellemeul.
M. Taillebois n'a rien à ajouter aux recherches qu'il
a faites et publiées sous le titre de : Recherches sur la
Numismatique de la Novempopulanie. 11 a décrit,
08 CONGlïÈS ARCHÉOLOGIQUE Dtl DAX ET UAVONNt.
dans ce travail, toutes les monnaies, les médailles et
les poids de cette province.
M. Adrien Blanchet a envoyé une Liste des graveurs
ayant travaillé jwur le Béarn.
XX'- Question. — Si(jiialer les anciens usages
locaux, 'inœurs, traditions et cosiiunes encore con-
servés dans les Landes et les Basses-Pyrénées. —
Faire connaître les anciens pèlerinages, les fon-
taines, ohjet de pratiques religieuses, ainsi que les
assemblées et foires tenues dans les lieux écartés,
loin de centres populeux ; en rechercher l'origine.
M. l'abbé Foix a remis une Note sur un ancien
pèlerinage du AVI'' siècle {Notre-Dame de Grâce au
Casai ieu-Mugron).
M. Léon Martres est inscrit pour une lecture dont
le titre est : Traditions et croyances populaires des
Landes.
M. Joseph de Laporterie a déposé un travail sur les
Traditions en Chalosse.
M. Fabbc Dubarat. aumônier du lycée de Pau,
enverra à Bayonne un mémoire sur Y Antique jjèleri-
nage de Notre-Dame-d' Abel.
Enfin, en dehors du programme, M. Blavat-Delcul,
de Reims , a envoyé un travail ayant pour titre :
Recherches archéologiques sur le sol Rémois.
L'appel des questions du programme étant terminé,
M. le Président dit (iuel(|ue.s mois sur l'inscription
d'Anlibes (Mémoire de M. Mougins de rK^iuclurl).
M. Xambeu parle des fouilles de Saintes, qui ont
donné déjà d'excellents résultats, et il espère qu'elles
en donneront de meilleurs encore.
PROCÈS-VERBAUX, 09
M. le comto de Marsy rappelle que le lendemain
matin, à 6 heures 3/4. a lieu le départ pour l'excur-
sion de Peyrehorade, Sorde et Bidache.
La séance est levée à 10 heures 1/2.
Excursion à Peyrehorade, Sorde, Bidacbe
et Arthous.
Le mercredi i^\ juin, à 7 heures du matin, trente-
huit excursionnistes montent dans trois landaus, un
panier et deux omnibus et partent bravement malgré
le mauvais temps qui commence. Disons de suite que
la matinée seule fut mauvaise et que le soleil de l'après-
midi sécha les vêtements mouillés le matin. Ce fut, du
reste, la seule journée de pluie durant tout le Congrès.
La route se fait gaiement malgré la pluie, mais on
ne peut jouir du point de vue qui est très beau et il
faut là dessus s'en rapporter aux indigènes.
A 9 heures et demie, on voit à droite les ruines de
la tour d'Apremont, dernier vestige du château des
vicomtes d'Orthe, et on traverse Peyrehorade, jolie
petite ville sur le Gave.
SORDE
A 10 heures, on arrive à Sorde. En traversant ce
village, on remarque plusieurs vieilles maisons por-
tant des inscrii)tioiis et des clés sculptées au-dessus de
beaucoup de portes.
A l'église, le curé conduit les congressisles et leur
fait admirer le portail du XIT' siècle, dont les vous-
sures représentent les vierges folles et les vierges
sages, les douze mois de l'année, les douze apôtres,
mosaïque de barat-de-vin a sorde
puocÈs-vEunArx. 71
etc., etc. L'église est de la lia du XI^ siècle et contient
quelques chapiteaux intéressants. Parmi les nombreu-
ses marques de lâcherons qui se remarquent sur les
pierres de l'église Ligurent une quantité de clés de
toutes formes et de toutes dimensions. Existe-t-il quel-
que corrélation entre ces clés qui sont des marques
d'appareillage et celles plus modernes qui ornent le
dessus des portes de beaucoup de maisons de Sorde?
Mais ce qui est le plus curieux t>"est la mosaïque
placée dans l'église, derrière l'autel. Cette mosaïque
que M. Lafollye, et après lui iM. Gerspach, ont classée
au XII* siècle. M. Palustre la considère comme gallo-
romaine, et M. Barlhety soutient cette thèse dans le
mémoire qu'il a présenté au Congrès. Une discussion
s'engage sur ce sujet. M. le comte de Marsy, M. le
comte Lair, M. le comte de Chasteigner et quelques
autres soutenant que c'est l'œuvre d'un mosaïste Italien
du XIP siècle, MM. Barthety, Ledain et plusieurs autres
croyant qu'on doit la ramener à l'époque Romaine.
M. Guignard lait remarquer que plusieurs sujets de
cette mosaïque se retrouvent sur des monuments
Carolingiens et peuvent faire supposer qu'elle a été
l'aile à cette époque : les mêmes alérions se retrouvent
sur le Rhyton d'Attila, M. Ledain insiste sur ce fait
que la mosaïque n'est pas en place.
Or, on a constaté qu'une mosaïque semblable ,
disait-on, se trouvait près de là, à cinquante centi-
mètres de profondeur, dans la propriété de M"^*" Du-
four, oii a existé une villa gallo-romaine.
Les organisateurs du Congrès ont donc f.dt décou-
vrir cette mosaïque sur un carré de quatre ou cinq
mètres. Le Congrès s'y transporte et reconnaît que la
mosaïque Dufour n'est pas pareille à celle de l'église,
ri
CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE I).\\ ET RAYONNE.
comme on l'avait dit ; elle ne prouve donc rien pour
l'antiquité de celle-ci. Mais elle est très belle, avec de
jolis dessins géométriques et de vives couleurs. On
décide de la faire photographier.
Puis on visite les dépendances de la maison Dufour
qui ont appartenu à l'abbaye de Sorde.
A côté se trouvent les imposantes ruines de l'an-
cienne abbaye de Bénédictins de Sorde, que Madame
de Bédouich , leur propriétaire , autorisa gracieuse-
ment le Congrès à visiter. Cette abbaye fondée par
Charlemagne, mais détruite et rebâtie au XVIP siècle,
est admirablement située dans un site délicieux sur le
bord du Gave ; sous les bâtiments se trouvaient de
longues ;galeries voûtées placées presque au niveau
de la rivière.
PEYREHORADE.
A onze heures et demie , on remonte en voitures
et on va à Peyrehorade oii un plantureux diner
attend les congressites. Nous ne pouvons résister au
plaisir de reproduire le menu, en patois gascon, auquel
sa saveur locale attira un vif succès :
HOTEL LAFOND.
Disnaa dous Moussus Archéolog ues de France é de Nabarre.
E mé que de notz ad nouyué ,
D'arroumitz à l'arroamiyaé ,
Que de mounde à Peijrelioarade !
fDfbis Gnscouns.— Isidore Salles).
POUTATVES.
BonJlmtii de héou el garies à le paslanagre,
(Uirhitre à la couèrhe (VdoïKpie.
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PROCES-VERBAUX. 72
Garies à la Noiiste Ilenric,
Lou Bel/ clous Gabes ,
Lourn de héou saitce Diipaya,
Crousle bouhade lêbe en fraude,
Pinlrades rèdes poKsrjnades à la Parisienne,
Cèses aii yambonni de Tiliou ,
Guilouns loiislals.
Creysoun è leylyyue.
Paslis de Peyrehourade.
Roninalye de Caynotte ,
Arrayves don lue de Aspremonl,
Garfous esbarrisclals,
Aoules cailses renoumadcs.
BINS.
Bin rouyc dou br auquel,
Pifjueponl de Lannes.
Peyre-lioui-adc, lou 13 Yun 1888.
Voici la traduction en français :
HOTEL LAFOND.
DiHor (le Messieurs les Archéologues de France et de
IVavarre.
}-'C p/i/s dp noir (la noi/cr,
Ih' Ihiirinis (ï lu fuurinilù'-rc ,
Que lie moni/e à Pci/rchorni/i'.
iDnvis Guscons,— Isidore Snl/cy,
POTAGES.
Bouillon (le Bœuf et de poules à la carolle,
Giirbure à la cuisse d'oie.
74 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUr DE MX ET RAYONNE.
Poules à la Notre Henri (Henri IV.)
Le Roi des Gaves (Saumon gigantesque.)
Filet de bœuf sauce Dupaya (Le Vatel Peyrelioradais.)
Vol au vent de lièvre en temps prohibé,
Pintades froides bourrées à la Parisienne,
Gépes au jambon de Téthieu,
Canetons rôtis.
Cresson et laitue.
Pâté de Peyrehorade.
Fromage de Cagnotte,
Fraises du tue d'Aspremont,
Gâteaux variés,
Autres choses renommées.
VINS.
Vin rouge de la barrique,
Piquepont de Port-de-Lannes.
Peyrehorade, le 13 Juin 1888.
Après dîner, on parcourt la ville, puis on remonte
en voitures et on part pour Bidache. Le temps s'est
élevé, les nuages ont disparu, on voit les montagnes:
la route est magnifique.
BIDACHE.
Les congressiles arrivent à Bidache ol visitent ces
magnifiques ruines du cluUeau des ducs de Gramont,
princes de Bidache, qui dominent le pays et font un effel
splendide. Le château, dont on admire encore les beaux
'* ^
PROCÈS-VERBAUX, 7S
restes, a été bâti au XVII'^ siècle, mais certaines parties
sont plus anciennes. Du haut de la terrasse, on jouit
d'une vue très étendue et très belle.
ARTHOUS.
Les voitures repartent ; mais avant de rentrer à Pey-
rehorade , elles mènent le Congrès visiter l'ancienne
abbaye d'Arthous, de l'ordre de Prémontré, fondée au
XIP siècle, et dont il reste quelques parties très cu-
rieuses, des chapiteaux avec sujets sculptés, du plus
grand intérêt, des frises fort jolies, etc. On décide de
faire photographier les plus jolis sujets pour les con-
server au moins par la gravure avant qu'ils disparais-
sent, car cette abbaye, jadis si riche et si belle, sert
maintenant de grange.
Le retour s'effectue d'Arthous à Peyrehorade, et de
de Peyrehorade k Dax, où Ton rentre à 8 heures et
demie.
1"^ SÉANCE DU JEUDI 44 JUIN 1888
A 8 heures 112 du malin.
Présidence de M. le comte de Mabsy.
M. le comte de Marsy ouvre la Séance à 8 h. 1/2 du
matin dans la grande salle de rHotel-de-Yille de Dax^
et appelle pour siéger au bureau, MM. le comte Robert
de Lasteyrie, Adrien Planté, Gamiade et Taillebois,
secrétaire général.
L'ordre du jour appelle la discussion de la deuxième
question du Programme qui avait été réservée pour
celte séance :
Décoiwerles préhistoriques dans les Landes et les
Basses-Pyrénées, etc., etc.
M. Dufourcet rappelle les fouilles faites par lui et
par MM. Léo Testut et Taillebois, à Argès, Clermont,
Estibeaux, et Pomarez, fouilles dont le compte-rendu
a été fait dans le Bulletin de la Société de Borda. Il
donne la description des lits de galets qu'ils ont trou-
vés, lits qui n'ont pas été signalés dans d'autres con-
trées. M. Dufourcet insiste sur ce fait que les tumulus
fouillés par lui et par ses amis n'étaient pas funéraires,
au moins pour la plupart. C'étaient des babitations ,
des buttes qui se sont effondrées après le départ de
leurs possesseurs.
M, Taillebois appuie les observations de M. Du-
iiKOCKS-VtRBAL')^. 77
fourcct et signale la l'orme de certains lils de galets
d'Argès.
M. le comte de Chasteigner rappelle aussi les
fouilles de lumuli qu'il a faites dans les Landes et qui
lui ont laissé la conviction que ces tertres n'étaient
pas funéraires. Il compare les huttes de ces lumuli à
celles (jue l'ont encore aujourd'hui les charhonniers de
la Touraine et de la Sologne et montre des photogra-
phies à l'appui. La forme n'a pas changé ; le but est
le même : abriter le pasteur ou le charbonnier pendant
la saison qu'il passe en cet endroit. Si on a trouvé des
cendres et des ossements, c'est accidentellement, parce
que le propriétaire étant mort, on l'a inhumé dans sa
propre demeure. 11 est juste de dire que dans les
Landes, en général, les ossements ne peuvent • pas
résister longtemps à la décomposition.
M. de Chasteigner signale les tumuli des Pyrénées
surmontés de tours à signaux, dont on ne connaît pas
l'origine; le comte de Hochas, dit-il, a constaté qu'il y
avait des tumuli de grande dimension correspondant
les uns avec les autres par des angles pour faire des
tours de signaux. On allumait de grands feux sur les
tours.
M. de Roumcjuux connaît, dans le Périgord, une
ligne de tuumli placés dans le même ordre d'idées. Ils
correspondent tous ensemble. Il en existe également
dans le Tarn avec la même disposition.
M. Dufourcet fait remarquer que les tunmli de
Tastoa sont tous alignés le long des voies romaines.
M. Joseph de Laporterie dit que sur le plateau de
Ger, il existe un tumulus dit de la Ilaillade (de la
fée), sur lequel on allume encore les feux de la Saint-
Jean.
78 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQLE DE DÂX ET BAYONXE.
M. Guigaard a remarqué dans le Blaisois que les
tumuli se trouvent parfois placés sur la séparation de
deux pays.
L'ordre du jour appelant la discussion des bas-reliefs
de Saint-Paul-Ies-Dax, le Congrès se transporte dans la
salle du Musée où l'on continue la séance en présence
des fac-similé des bas-reliefs qu'il s'agit de discuter.
Ces magnifiques bas-reliefs offrent un très grand
intérêt. Leur style, qui tient parfois du byzantin, est
d'une naïveté originale.
M. de Lasteyrie admet que tous les sujets ont pu
être faits à la même époque , mais par des artistes
différents, dont certains étaient plus habiles que d'au-
tres. Quelques sujets sont admirablement traités, tandis
que d'autres laissent beaucoup à désirer. En résumé,
M. de Lasteyrie serait disposé à attribuer ces sculptures
au X° siècle, avec des réminiscences plus anciennes. Il
admettrait même qu'elles puissent remonter plus haut,
et se base pour cela sur les couronnes des saintes
femmes qui sont franchement carlovingiennes. En tout
cas, on ne peut pas les faire descendre plus bas que le
X° siècle.
On passe à l'examen des trois autels en marbre
blanc trouvés dans la démolition du mur (|ui fermait
la sacristie de la cathédrale. Ces restes sont fort inté-
ressants, mais, malheureusement, incomplets. M. de
Lasteyrie leur assigne comme date le XP siècle. Il les
considère comme des côtés d'autels ayant deux laces
latérales semblables et une table en marbre dessus.
La séance est reprise dans la salle de l'Hùtel-de-
Viile.
M. Taillebois lit un mémoire sur la Cri/pte de Saint-
airons., à Ikujelmau (Landes), et demande ({ue le
PKOCES-VEKHAUX.
79
Congrès émette le vœu que les réparations nécessaires
soient faites pour la conservation de ce magnifique
monument qui menace de s'écrouler , quoiqu'il soit
classé parmi les monuments historiques. Il demande
que M. le Président du Congrès soit chargé de faire des
démarches officielles dans ce but.
Ce vœu est mis aux voix et adopté.
M. l'abbé Lcscarret parle d'un curieux armarium
qui existe dans son église, à Lue.
Il signale aussi les clochers fortifiés du pays de Born,
M. l'abbé Lescarret parle encore de trois christs en
bois, de grandeur naturelle, qui existent dans les
églises de Parentis, de Tosse et de Seignosse. Ils se-
raient tous du XVP siècle. Celui de Parentis a l'",o7 de
hauteur.
M. Adrien Planté présente des eaux-fortes de M. La-
fond, de Pau, représentant les monuments d'Orthez.
M. le comte Robert de Lasteyrie, recommande for-
tement aux archéologues Landais et Pyrénéens de faire
dans le plus bref délai possible l'inventaire du mobi-
lier historique de leur département et principalement
des objets intéressants qui se trouvent dans les églises.
Il rappelle que les Chambres ont voté une loi sur la
conservation des objets mobiliers d'un intérêt histo-
rique, loi qui est le pendant et le corollaire de celle
sur les monuments historiques. Nous sommes très en
retard en France, dit-il, sur les statistiques monumen-
tales; celle des menus objets n'existe pas.
Il y a donc urgence à dresser cette liste le plus vite
possible, ce qui donnera le droit, une fois les objets
classés, d'empêcher de les vendre, de les exporter à
l'étranger et même de faire annuler les ventes (jui au-
raient lieu.
80 CONGRÈS AUCMÉOLOGlQlJE DE I)A.\ ET MVO.NNE.
M. l'abbé Lescarret fait observer que les architectes
devraient être invités à conserver les vieux autels au
lieu de les jeter dans les combles des églises,
M. de Chasteigner appuie cette observation et dit
que malheureusement les curés sont souvent les pre-
miers vandales, et il cite des faits à l'appui.
MM. de Marsy, de Lasteyrie et Planté approuvent
la réflexion de M. de Chasteigner qui n'est parfois que
trop juste.
M. Xambeu signale de nouveau l'autel du lycée de
Saint-Sever, et dit que l'on aurait peut-être peur , en
le faisant classer, que l'État ne s'en emparât.
M. de Lasteyrie répond que cette crainte est chi-
mérique.
M. de Marsy dit qu'il ne s'agit pas des objets qui
appartiennent aux particuliers, mais bien de ceux qui
sont la propriété des églises, communautés, villes, etc.
11 recommande d'en donner non seulement la descrip-
tion, mais encore la photographie.
M. de Lasteyrie donne des indications à ce sujet et
réclame la description, la photographie et les mesures
exactes de l'objet.
La séance est levée à midi.
H- SÉANCE DU JEUDI li JUIN 1888
A 2 heures du soir
PUK.SIIJENCE DE M. LE COMTE DE MaUSï.
A deux heures , M. le comte de Marsy ouvre la
séance dans la grande salle de rHùtel-de-YilIe de Dax.
Siègent au bureau : MM. Planté, de Florival , Milliès-
Lacroix, maire de Dax, l'abbé Lorreyte , archiprêtre
de Dax, l'abbé Lagarde, Camiade, et Taillebois, secré-
taire général.
M. le Président rappelle l'examen l'ait par le Congrès
du portail de la cathédrale de Dax, et expose le vcCu
que le transfert de ce portail, puisqu'il est nécessaire,
se fasse le plus tôt possible.
M. l'abbé Lagarde demande, au nom d'un membre
du Congrès, qui l'en a chargé, que le portail, au lieu
d'être appliqué entre deux contreforts de la cathé-
drale, soit transporté à Saint-Vincent-de-Xaintes et
serve d'entrée à la nouvelle église que l'on doit y
construire.
M. de Marsy déclare que, à part l'inconvénient de
transporter le portail dans un lieu différent et de
l'appliquer sur une église entièrement neuve , le
Congrès n'a pas à s'occuper d'une demande de ce
genre ; c'est une question administrative dont il ne
doit pas se mêler.
6
82 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Sans s'occuper de fixer le point où il doit être placé,
M. de Marsy propose au Congrès d'émettre le vœu ,
que le portail de la cathédrale de Dax soit mis désor-
mais à l'abri de toutes les intempéries du temps , et ce
avec toutes les précautions qu'il sera possible de
prendre.
Ce vœu est émis par le Congrès.
M. Taillebois fait observer qu'il y a, du reste, un
projet qui semble réaliser complètement le vœu du
Congrès; ce serait de placer le portail dans l'intérieur
de l'église, à l'extrémité du transept et en face de
l'autel de la Vierge.
M. le comte de Lasteyrie dit que c'est à la Société de
Borda et à M. Taillebois, surtout, que l'on doit la con-
servation du portail. C'est M. Taillebois qui l'a pré-
venu, lorsqu'il a été question de démolir ce beau mo-
nument, et c'est grâce aux démarches de M. Taillebois
qu'il a pu s'en occuper et obtenir le classement du
portail.
M. de Marsy émet l'avis que l'on peut associer
M. de Lasteyrie, à qui l'on doit le classement du por-
tail, à la Société de Borda et à M. Taillebois et propose
de voter des remerciements à la Société de Borda, à
M. Taillebois, à M. de Lasteyrie et à la Commission
des Monuments historiques.
Ces remerciements sont votés par le Congrès.
M. Barthety lit son mémoire sur la Mosaïque de
Lescar.
M. de Marsy insiste sur les modifications que la vi-
site de Sorde doit apporter dans les appréciations des
mosaïques de Lescar et de Sorde. La mosaïque Dufour
est gallo-romaine et ne ressemble en rien à celle de
l'église de Sorde. Certains ornements de cette dernière
PROCKS-VERBAUX,
83
sont du même genre et de la même époque que les
ornements des bas-reliefs de Saint-Paul-les-Dax, donc
du moyen âge.
M. Barthety poursuit son sujet, et, sans admettre
que la mosaïque de l'église de Sorde soit du moyen
âge, il reconnaît, néanmoins, à celle de l'église de
Lescar, un caractère antique plus marqué ; il trouve
même certaines analogies entre les ornements de cette
dernière et ceux de la mosaïque Dufour.
M. de Marsy conteste ces analogies.
M. Barthety parle du mot avfio qui se trouve sur la
mosaïque de Lescar, et demande ce qu'il signiiie.
M. Ledain le traduit par avfi o [Anfi officina).
M. de Marsy approuve cette traduction et admet que
la mosaïque de Lescar puisse être romaine ; mais, à
son avis, celle de Sorde est du moyen âge. Il commu-
nique une lettre de M. Lafollye qui maintient ses
conclusions.
M. de Lasteyrie soutient que la mosaïque de Lescar
est bien du XIP siècle. L'inscription de l'évêque Guido
en est une preuve complète. Il cite diverses mosaïques
de la même époque. II fait remarquer la facture de
cette mosaïque, les muscles des animaux, leurs têtes
sans perspective, qui ne se retrouvent pas à l'époque
romaine, et prouvent le XII° siècle.
M. Barthety réplique que l'inscription indique une
restauration et non une œuvre neuve. Les person-
nages, du reste, ne sont pas à leurs places.
M. de Marsy ne croit pas qu'au XII^ siècle on se
soit donné tant de peine pour transporter et installer
quelques mètres de mosaïque. Il croit quil y avait à
cette époque, non seulement des mosaïstes Italiens ,
mais encore et surtout des mosaïstes français du midi.
8l CONOntS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET lîAYoNNK.
M. Taillebois demande si, lors de la découverte de la
mosaïque, le mot avfio était visible, et si, lors de la
restauration faite il y a quelques années , quelques
cubes formant ce mot ont été remplacés ou s'ils sont
tous antiques.
M. Barthety répond que ce mot n'était pas visible
et n'a paru qu'après la restauration, mais il ignore si
tous les cubes en sont anciens ou si ([uelques-uns ont
été remplacés.
M. de Chastcigner appuie l'opinion de M. de Las-
teyrie et rappelle qu'il a toujours considéré cette
mosaïque et celle de Lescar comme étant du XIP
siècle.
M. Pasquier ne connaît aucune mosaïque dans
l'Ariège et croit que celle que l'on a citée dans la dis-
cussion serait dans l'Ardèche.
La parole est donnée à M. Pasquier pour lire son
mémoire sur le château de Foix.
L'auteur a apporté les fac-similé des armoiries de
la maison de Foix qui se trouvent dans le château (fin
du XIV*' siècle au commencement du XV*' siècle). 11
demande si, d'après les détails des armoiries, on peut
décider quel est le prince auquel elles appartiennent.
Est-ce Gaston-Phébus? Il le croit. Il serait disposé à
penser que Gaston-Phébus aurait fait faire ces con-
structions par des ouvriers du Nord , qui auraient
apporté un art plus avancé.
M. l'abbé Départ dit qu'il existe, à Saint-Julien-en-
]>oi'u , un (piai'tier (jui s'appelle Gandale . nom (|ui
rappelle la famille de Foix-Candale. Il parle aussi du
clocher fortifié de Saint-Julien.
M. Dufourcet résume son travail sur les tombeaux
à grilles trouvés à Dax.
PROCÈS-VER DAUX. 85
M. de Marsy ne croit pas que ce genre de sépultures
soit connu ailleurs qu'à Dax.
M. Taillebois lit successivement deux mémoires de
M. Adrien Blanchet, l'un sur les graveurs béarnais,
l'autre sur des cartes anciennes de Dax.
M. Taillebois lit encore un travail de U. l'abbé Foix
sur les Cagots.
M. de Chasteigner cite des ouvrages traitant le
même sujet, avec des détails du même genre.
M. du Boucher, qui devait lire un mémoire sur les
Cagots, déclare que son travail n'est pas prêt.
M. Taillebois donne lecture d'un mémoire de M. Jo-
seph de Laporterie sur les Traditions en Chalosse.
M. Milliès-Lacroix déclare que l'usage du Piquehoou
s'est perpétué à Dax jusqu'en 1870.
M. le comte de Marsy exprime la satisfaction qu'il
éprouve de la réussite si complète de ce Congrès ,
réussite qui dépasse celle de tous les Congrès précé-
dents. Il ajoute qu'avant de clore la première partie de
la session, il va proclamer les récompenses décernées
par la Société Française d'Archéologie.
La Société décerne :
Une médaille de vermeil grand module à :
M. Taillebois, secrétaire général du Congrès de Dax.
pour ses nombreux travaux archéologiques et aur^si
pour le zèle avec lequel il a organisi'- le (Congrès de
D.ix.
J)ps )Hrd(iilles d'arf/ml à :
JM. Dui-oiucET, de Dax, pour ses nombreux travaux
archéologiques.
86 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
M. Georges Camiade, trésorier du Congrès, pour le
zèle avec lequel il s'est occupé du Congrès et pour
ses fouilles et ses travaux archéologiques.
Des médailles de bronze à :
M. l'abbé Départ, curé de Mimizan,pour ses tra-
vaux archéologiques.
M. l'abbé Lescarret, curé de Lue, pour le soin avec
lequel il a recueilli et préservé de la destruction des
objets anciens et pour ses recherches archéologiques.
M. le Président annonce que la Société accorde les
allocations suivantes :
1° Une somme de 50 fr., mise à la disposition de
l'Inspecteur du département, M. ïaillebois, pour faire
faire un plancher mobile qui couvrira la mosaïque de
l'église de Sorde, afin de la préserver de toute dégra-
dation ;
2° Une somme de 100 fr., mise à la disposition de
M. Taillebois, pour faire photographier les mosaïques
de M""" Dufour et de Barat-de-Vin (à Sorde), et l'église
d'Arthous.
M. de Marsy remercie : M. le Maire de Dax et la
Ville de Dax, de l'accueil qu'ils ont fait au Congrès ; la
Société de Borda, de la part qu'elle a prise à sa réussite
au point de vue scientifique ; le Secrétaire général du
Congrès, des soins qu'il a donnés à l'organisation du
Congrès ; le Trésorier , du zèle avec lequel il s'est
acquitté de ses (onctions ; les compagnies de chemins
de fer qui ont bien voulu faire des réductions de prix ;
les membres du Congrès venus de tous les points (\o la
PROCÈS-VERBAUX. 87
France, et même quelques-uns de l'étranger ; et les
dames qui ont bien voulu s'associer à nos travaux et
charmer nos réunions par leur présence.
M. de Marsy déclare close la session de Dax.
Visite de Saint-Paul-les-Dax et du chêne
de Quillacq.
Après la séance, les Congressistes se divisent en
deux groupes.
Les uns vont visiter l'église de Saint-Paul-les-Dax,
dont on a admiré au Musée les bas-reliefs, en fac-
similé. Ils voient ces bas-reliefs en place, les chapi-
teaux du XP et du XIP siècle, quelques-uns même qui
sont peut-être plus anciens.
Les autres vont admirer le chêne de Quillacq auquel
on attribue un âge fabuleux, ce qui lui donne un
intérêt archéologique. Il existe sur son compte une
foule de légendes, et son tronc passe pour contenir
une source intarissable qui a naturellement toutes les
vertus.
Banquet.
Le soir, à 7 heures 1/2. un banquet réunissait les
Congressistes à l'Hôtel de la Paix.
Des toasls furent portés par M. le comie de Marsy,
président du Congrès ; par M. le Maire de I)ax ; par
M. du Boucher, président de la Société de Borda ; et
par MM, le comte de Lasteyrie. Demoulin de Riols, le
comte de Chasteigner, le général Wilson, Smitli et
Francart.
Excursion à Aire, Saint-Sever, Hagetmau
et Orthez.
Le vendredi 45 juin, à 7 heures oO du matin, le
Congrès prend le chemin de fer et part pour Aire-sur-
l'Adour.
A Morcenx, un arrêt d'une heure, dans un pays où
l'archéologue n'a rien à voir, permet d'entendre la
cigale dans les pins et de voir la cicindèle, aux cou-
leurs métalliques et brillantes, voler par bonds dans le
sable brûlant des Landes.
Après avoir dépassé Mont-de-Marsan, le chef-lieu du
département des Landes, qui ne contient aucun monu-
ment ancien, le train arrive à 11 heures 33 à Aire, où
les Congressistes sont reçus à la gare par M. le !>' Léon
Sorbets, membre de la Société française d'Archéologie.
I)es voitures conduisent les excursionnistes à l'Hôt'^l
Saint-Marc, où l'on déjeune.
A i heure 1/12, le Congrès se présente en corps au
Palais épiscopal, où il est reçu par S. G. Mgr Delannoy,
évoque d'Aire et de Dax, qui avait organisé une réunion
excessivement nombreuse, composée des prêtres les
plus distingués de son diocèse et du grand séminaire
(plus de i200 prêlres'i. Nous remarquons MM. les abbés
Lugat, Pédegert, Bessellère, Ponse, Bonhomme, Camy,
Dudon, Départ, Cassen. Barrère, Gabarra, Meyranx,
Laglaize, Tauzin, etc., et MM. Adrien Lavergne, ins-
pecteur de la Société pour le déparlement du Gers ;
Léon Martres, Léon Dufour, etc. La réception solen-
nelle a lieu dans la magnifique salle capitulaire.
Séance à l'Evêché d'Aire.
Siègent au bureau, près de S, G. Mgr l'Évêque et de
M. le comte de Marsy, MM. le comte de Lasteyrie,
Ledain, Wilson, de Laurière. le comte Lair, le comte
de Chasteigner, Le Féron de Longcamp, le D'' Sorbets,
et Taillebois, secrétaire général.
S. G. Mgr l'Évêque prononce un discours de bien-
venue et rappelle que l'Église a toujours été et est
encore favorable à l'archéologie, et il appuie son dire
de quelques citations. Puis il parle de la basilique de
Sainte-Quitterie et de sa crypte qu'il a fait restaurer. Il
cite quelques traits de la vie de la patronne d'Aire et
les relie au système de décoration qu'il a adopté, et
dont il a pris les dessins dans les catacombes de
Rome.
Monseigneur demande que le Congrès se fasse l'or-
gane du vœu qu'il fait pour la conservation de l'église
de Sainte-Quitterie et de la cathédrale d'Aire, et l'aide
à obtenir les fonds nécessaires à cet effet.
Il rappelle que la crypte de Saint-Girons, à Haget-
mau, menace de tomber en ruines, et termine son
discours en faisant l'historique des principaux monu-
ments de son diocèse.
M. le comte de Marsy répond à Mgr l'Évêque cl fait
l'éloge de la lettre pastorale que Sa Grandeur a adressée
à son clergé, et dans laquelle se trouvait un question-
naire archéologique et historique 1res complet, auquel
MM, les ecclésiastiques du diocèse étaient priés de
répondre dans le délai de deux ans. Si une pareille
PROCÈS- VERBAUX.
91
mesure était adoptée dans chaque diocèse, dit M. de
Marsy, nous aurions en peu de temps, dans toute la
France, une histoire complète de chaque paroisse, de
chaque commune, avec tous les renseignements locaux,
la description des monuments, l'inventaire des objets
mobiliers intéressants, la constatation des usages
anciens, des traditions, des superstitions, etc. On ne
saurait donc trop encourager une œuvre aussi utile.
M. le D-" Léon Sorbets prend ensuite la parole et pro-
nonce le discours suivant :
Monseigneur,
Monsieur le Président,
Messieurs et très honorés Confrères,
Comme notre auguste Prélat, je suis également heureux
et fier de vous souhaiter la bienvenue dans la Cité d'Aire,
ma chère ville natale, dans cette cité qui remonte à plus
de deux raille ans, qui fut l'antique oppidum des Taru-
sales et le dernier rempart de la Liberté Aquitanique.
Dans notre Gascogne, aucune par son antiquité, par ses
ruines et ses grands souvenirs, ne méritait, au même titre,
la visite des membres de la Société française d'Archéologie.
Aussi, je remercie MM. les organisateurs du Congrès de
l'avoir choisie pour y tenir une séance générale de ses
membres, avant d'étudier nos monuments, et de m'avoir
surtout fourni l'occasion de remercier, publiquement et au
nom de vous tous, Mgr rÉvêque de sa gracieuse hospi-
talité.
Aire, d'origine celtique, était là debout, '.Messieurs, lorsque
Crassus, lieutenant de César, envahit l'Aquitaine, à la tôle
des légions romaines. Peut-être après la prise de Sos,
— mais la question n'est pas définitivement jugée, — la
.seconde grande bataille qui décida du sort de l'indépen-
9:2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
dance gauloise se livra-t-elle sous ses remparts ? Le nom
de Vicus Juin, qu'on lui donna après la conquête, semble-
rait le démontrer. Quoi qu'il en soit, le temple de Mm^s
Lellninnus dominait ces hauteurs, et le séjour du vainqueur
de l'univers est prouvé dans ses murs, non seulement par
les nombreux autels votifs découverts, il y a trois ans,
dans les éboulis du coteau voisin, mais encore par les
médailles, par les pièces de monnaie, à l'effigie des em-
pereurs, trouvées dans le sol (qui ont été signalées dans le
Bulletin de la Société de Borda par M. Taillebois, secré-
taire général de la Société), et par de solides substructions
gallo-romaines.
Dès le second siècle de l'ère chrétienne, les évêques la
choisissent pour siège de leur apostolat. Ce fait est prouvé.
Messieurs, malgré les lacunes de l'histoire qui inscrit
dans les dyptiques de l'église d'Aire, seulement au com-
mencement du VF siècle : Marcellus episcopus Vico-
Jnlensis.
A cette époque, du reste, et sous le cruel Euric, vers la
fin du Y" siècle, eut lieu la plus affreuse des persécutions.
Mais la crypte était déjà là pour olfrir aux persécutés un
refuge assuré. A^ous la visiterez dans quelques instants,
Messieurs, cette crypte célèbre qui renferme l'un des plus
rares sarcophages du IV*' siècle, qui a contenu lui-même
pendant plusieurs siècles le corps de la vierge Quitterie,
dont le martyre embauma les rives de l'Adour, en ensan-
glantant les hauteurs du Mas.
Ce tombeau de marbre blanc, remarquable par de nom-
breux sujets sculptés, tant de l'ancien que du nouveau tes-
tament, se dresse sous la céramique qui retrace le martyre
de sainte Quitterie, à deux pas de la fontaine sacrée qui
servait de baptistère aux catéchumènes, non loin do l'autel
roman de Saint-Désiré, et sous la voûle>cstaurée à grands
frais par les soins de Mgr Delannoy.
Quand vous aurez visité la crypte , vous traverserez
nécessairement la chapelle de Saint-Philibert, et ici, comme
l'HOCÉS-VElvBAUX.
03
je le disais en commençant, se présentent plusieurs ques-
tions des plus importantes à élucider : saint Pliilibcrt est-il
né à Aire ? ou l)ien y a-t-il été seulement nourri ou élevé,
nulrilus ? La réponse à ces questions ne se fera pas long-
temps attendre, puisque plusieurs mémoires ont été déjà
présentés.
En quittant l'église du Mas, qui fut au XII^' siècle la
cathédrale des évéques d'Aire et de Sainte-Quittcrie, vous
contemplerez sous le porche une belle page d'iconographie
chrélionne. Cette page est malheureusement mutilée ;
elle porte les traces du vandalisme le plus grossier, les
unes dues aux ))andes armées de Montgommery au XVP
siècle, pendant les terribles guerres de religion, et les
autres faites dans les temps modernes par le marteau
sacrilège des misérables démolisseurs de 93.
En descendant les hauteurs du Mas, et après une visiîe
au Musée du grand séminaire, si le temps le permet, vous
étudierez avec un réel intérêt les vingt neuf autels votifs
découverts à Aire, en d88o, anépigraphes ou portant ins-
cription, dédiés à Mars Lelhunnus, ayant même forme,
mais de grandeur diiî'érente.
C'est là, je l'avoue, le lot épigraphique le plus précieux
de notre histoire locale. Ces autels, décrits avec détail
dans le Bulletin de la Société de Borda, ont été signalés
par M. Dufourcet, dans son Ilisloire des Landes el des
Landais.
Messieurs , je sais que vos instants sont précieux et
comptés. Je ne veux pas abuser plus longtemps de votre
bienveillante attention. Seulement, comme je m'arrête au
Vl'= siècle de l'histoire de notre cité, permettez-moi de dire
encore deux mots d'AlariclI, roi des M'isigoths, qui a publié
à Aire le Code théodosien.
C'est à cette place, à l'endroit même oii je parle, peut-
être, que le Code théodosien a été publié : car la tradition
rapporte qu'avant d'élever sur la hauteur son palais ,
Alaric 11 en avait construit un sur les bords de l'Adour.
94 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNË.
Ce Code qui n'était, d'après notre savant annaliste Bladé,
que la compilation de Gojarich et d'Anianus, deux célèbres
jurisconsultes, fut le gage inacceptè de réconciliation entre
deux races parfaitement distinctes ; et la distinction des
Gaulois d"aYec les Aquitains remontait au I^"" siècle, d'après
Verus et d'après la légende inscrite sur le monument de
Hasparren. César n'avait-il pas dit, dans ses Commentaires,
qu'en entrant en Gaule, il avait trouvé deux peuples, les
Gaulois et les Aquitains, parfaitement distincts et différents
par leur religion , leurs lois , leurs coutumes et leurs
mœurs.
Rassurez-vous, Messieurs, je ne veux pas reprendre, un à
un, chacun des articles du Code théodosien. Cette étude
juridique nous entraînerait trop loin, et ce n'est ici ni le
lieu ni le moment, pas plus que d'entreprendre l'étude
de notre province, quoique nous soyons en beau pays gascon.
Mais pour le dire en passant, le Gascon dont la graine
va loin, comme le disait Sainte-Beuve, a pour traits prin-
cipaux, d'après Térudit directeur de la Bévue de Gascogne,
la fierté, source du sentiment de l'honneur et du courage
militaire, la vivacité de langage, l'esprit et la verve joyeuse.
Mais vous savez que chez le Gascon, il faut en rabattre, et
que ses qualités comptent double. Vous savez aussi que ces
qualités appartiennent à tous les Français, mais qu'elles
sont l'apanage spécial de mes compatriotes. Et comme je
craindrais d'être trop Gascon si je ne consultais que mon
patriotisme provincial ou local, je m'arrête. Mais permettez-
moi, en terminant, de vous remercier, vous tous. Messieurs,
qui êtes venus de si loin, dans un coin perdu et oublié
de notre chère et vieille Gascogne, pour étudier l'une des
douze cités de la Novempopulanie, la civitas Aturensium,
qui fit partie de la troisième Aquitaine.
A la suite du discours de M. le D'' Sorbets, un grand
nombre de mémoires sont déposés sur le bureau par
les ecclésiastiques du diocèse, et trois par M. Sorbets.
l'I\0CÈS-VER15AUX. 95
Les mémoires dus aux membres du clergé du diocèse
d'Aire sont les suivants :
Quelques notes archéologiques sur les sculptures,
bas-reliefs, etc., de diverses églises des Landes, par
M. l'abbé Bessellère, curé doyen de Roquefort,
Étude sur la vie communale d'une petite ville dans
le Marsan (Roquefort), au commencement du XYIII"
siècle, par le même (1).
Les commanderies dans le département des Landes,
par M. l'abbé Départ, curé de Mimizan.
L'église du Mas d'Aire, les sculptures du portail, par
M. l'abbé Dudon, professeur au grand séminaire.
Le pèlerinage du Casalion, à Mugron, par M. l'abbé
Foix, curé de Laurède.
L'Hôpital de Mugron, par le même.
Particularités sur les Cagots, par le même.
Le vrai chemin du Littoral, par le même.
Saint-Girons, sa crypte, sa collégiale, son culte, par
M. l'abbé Meyranx, curé de Cazères.
Le champ de bataille de Crassus, par M. l'abbé Tau-
zin, curé de Saint-Justin.
Le schisme d'Occident dans les diocèses d'Aire et de
Dax, par le même.
Les sénéchaux anglais en Guyenne, par le même.
Les trois mémoires de M. le docteur Sorbets ont
pour objet : 1° L'origine de la ville d'Aire, suivie d'un
aperçu historique ; 2° L'origine des Aquitains ; 3" Céra-
mique provinciale, la faïence de Samadet.
M. le comte de Marsy remercie le clergé de ses tra-
vaux et Monseigneur du mouvement qu'il a imprimé,
(1) Ce mémoire, exclusivement historique, a été depuis
puLliu dans le Bullelin de la iSûciélé de Borda.
00 CONGUÈS AUCIIÉOLOGIOLE DE 1)AX ET lUVONNË.
et dont on peut dès à présent reconnaître les excellents
résultats. M. de JVlarsy, au nom du Conseil adminis-
tratif de la Société, met à la dispijsition de Sa Grandeur
une médaille d'argent et quatre de bronze pour récom-
penser les meilleurs travaux déposés à Aire par le
clergé du diocèse.
Monseigneur remercie M. de Marsy et le Conseil
administratif, et laisse au bureau de la Société le soin
d'attribuer les médailles comme il le jugera convenable.
Elles ont été décernées :
La médaille d'argent, aux membres du clergé du
diocèse d'Aire, pour l'ensemble de leurs travaux, mé-
daille qui sera déposée au Musée diocésain ;
Les médailles de bronze à :
MM. l'abbé Bessellère.
l'abbé DuDON.
l'abbé Meyranx.
l'abbé Tauzin.
M. de Marsy annonce que la Société française d'Ar-
chéologie décerne à M. lel)'' Léon Sorbets une médaille
d'argent pour ses nombreux travaux et recherches
archéologiques.
M. de Marsy demande à Monseigneur son appui pour
l'inventaire des objets mobiliers appartenant aux
églises et aux communautés.
M. le comte Robert de Lastcyrie donne des expli-
cations sur cet inventaire et insiste pour que Sa Gran-
deur prête son concours le plus actif et celui de son
clergé à cette œuvre utile.
Mgr l'Évêque promet de donner son appui à cette
entreprise et de la recommander à tous les prêtres de
son diocèse.
PROCÈS- VEUBAUX. 97
M. de Marsy dépose sur le bureau un mémoire de
M. Lafond sur les tombeaux du Mas de Sainte-Quitterie,
de Lucq et de Bielle.
La séance est levée, et Mgr Delannoy fait visiter au
Congrès son palais épiscopal.
Visite d'Aire.
Sa Grandeur guide ensuite le Congrès et lui fait
admirer successivement la cathédrale, l'église du Mas
et sa crypte.
La cathédrale est un beau monument du XP siècle,
dont Mgr l'Évêque a admirablement restauré la sa-
cristie dans le style de l'époque.
L'église de Sainte-Quilterie, au Mas d'Aire, que l'on
visite ensuite, a été bâtie au XP siècle ; il ne reste plus
actuellement, à l'extérieur, que quelques parties du
XP et du XIP siècle. Le portail, du XIV" siècle, est
très curieux, orné d'un grand nombre de personnages
et de sujets. Au milieu , une colonne en marbre
sérancolin, provenant de quelque temple païen.
Au milieu du tympan, le Christ assis entre la Vierge
et saint Jean. Parmi les sujets, on remarque le Juge-
ment dernier, Adam et Eve avant le péché, la Tentation
d'Eve par le serpent, le Péché, la Rédemption, etc.
Les voussures sont ornées des statues des quatorze
prophètes, des douze apôtres et de dix anges.
A l'intérieur, on admire une merveille : c'est la série
d'arcatures et de chapiteaux du XP' siècle, découverts
dernièrement par Mgr Delannoy aulour de l'abside de
l'église, arcatures et chapiteaux qui étaient cachés par
des boiseries. Ces sculptures sont d'une richesse ex-
traordinaire, admirablement fouillées et parfaitement
conservées. On remarque, parmi les sujets : la Fuite
en Egypte, la Visitation, des animaux apocalyptiques,
PROCÈS-VEIUUUX. 99
etc.; de très jolis motifs, oves , billettes, entrelacs,
décorent les arcatures.
Sous le chœur se trouve la crypte, à laquelle on
parvient par un escalier latéral, en admirant encore
de très beaux chapiteaux. La crypte a été restaurée
depuis quelques années par Mgr Delannoy avec un
goût et un sentiment archéologique dignes des plus
grands éloges. C'est, du reste, d'après des dessins
rapportés par Elle des catacombes de Rome, que Sa
Grandeur a fait exécuter cette restauration.
Le sol primitif a été retrouvé et est encore pavé en
plusieurs endroits de dalles avec des feuilles de laurier
sculptées. Un certain nombre de sarcophages ont été
mis à jour. Le baptistère, alimenté par une fontaine,
a été retrouvé et restauré.
Le sarcophage de sainte Quitterie est un admirable
monument en marbre blanc que l'on peut faire re-
monter au IV" ou au V^ siècle. (Cette dernière opinion
est celle du P. Garrucci.) Sainte Quitterie a subi le
martyre en 471 ou 478, mais il est possible que ce
tombeau n'ait pas été fait pour elle ; qu'il soit plus
ancien et ait été utilisé pour la vierge d'Aire. Aux
angles, se trouvent les deux masques habituels; puis
on remarque le Bon Pasteur portant la Brebis sur ses
épaules et entouré de trois femmes; Daniel dans la
fosse aux lions ; la Résurrection de Lazare ; la Création
de l'homme ; la Chute originelle. Dans la frise, le
Sacrilice d'Abraham, le Paralytique, Jonas, Tobie, etc.
Toutes ces sépultures sont d'un art parfait qui pourrait
donner la tentation de faire remonter plus haut l'exé-
cution de ce beau monument.
Par les soins et par les dessins de Mgr l'Évêque,
VarcosoUum a été refait et a reçu, au lieu des fresques
lUU CONGRÈS ARCHÉOLOr.lQUE DE DAX ET BÂYONNE.
qui ornaient le fond , un tableau en céramique émail-
lée, genre ancien, représentant le martyre de sainte
Quitterie.
On remarque , près du tombeau de sainte Quitterie ,
un autre sarcophage que l'on attribue à saint Désiré.
Des écussons sculptés au XIIP siècle ornent la
crypte. Enfin, on y découvre un très grand nombre de
marques de tâcherons.
En sortant de l'église du Mas, le Congrès va visiter
les vingt-neuf autels votifs découverts par M. Lasserre
sur la hauteur appelée le Camp de Pompée. Parmi ces
autels, plusieurs portent une dédicace à marti lelhvnno.
divinité topique qui, jusqu'à présent, n'a été signalée
qu'à Aire; quelques autres sont dédiés à marti, sans
autre désignation; enfin, un certain nombre sont ané-
pigraphes. Les uns sont en marbre, les autres en
pierre calcaire. Il semble y avoir eu sur cette hauteur
un temple à Mars Lelhunnus . qui devait être le dieu
en vénération à Aire (1).
Puis, a lieu une visite chez M. le D"" Léon Sorbets ,
dont on admire la riche collection de faïences , et sur-
tout les produits de Samadet (Landes). L'accueil le
plus gracieux est fait au Congrès par M. et M™" Sorbets,
et des rafraîchissements, que la chaleur de la journée
fait accepter avec le plus grand plaisir, sont offerts
aux excursionnistes. Le Congrès fait ensuite une visite
d'adieu à Mgr Delannoy , et trouve à Tévêché des pré-
paratifs de même nature que chez M. Sorbets, et
l'accueil le plus aimable.
(I) Ces autpis ont été, depuis le Congrès, achetés par la
Société (ie Borda et sont actuellement déposés au musée de
l)n\.
PUUCES-VElîUAUX. 101
A o hoAires i27, on monte en (îlieniin de l'er et un part
pour Mont-de-Marsan, où l'on arrive à 6 heures 1/4. A
la descente du train, trois landaus et deux omnibus
attendent les excursionnistes, et, sans traverser la
ville, on part pour Saint-Sever.
La route est belle, la vue magnifique et très étendue,
et les voyageurs s'accordent à trouver que la Chalosse
est un beau pays, et que le département des Landes
mérite d'être connu.
On arrive à St-Sever à 7 heures 1/2. Tout le monde
est vite logé, soit dans les hôtels, soit dans les maisons
particulières, et si le dîner, servi à l'hôtel Québeille,
est bien accueilli, le coucher ne l'est pas moins, après
cette journée de fatigue.
Saint- Se ver.
Le samedi 16 juin, à 8 heures du matin, commence
la visite de la ville, sous la conduite de M. Dubedout,
maire de Saint-Sever.
Saint-Sever est dans une admirable position, sur une
hauteur d'où l'on domine tout le pays ; la vue s'étend
au loin sur cette belle et fertile Chalosse, traversée par
l'Adour, dont les méandres brillent dans le lointain
comme autant de fasces d'argent. De l'autre côté, les
Pyrénées s'élancent dans les nuages et montrent encore
quelques traces de neige.
Après avoir admiré le pays du haut du plateau de
Morlanne, oîi fut autrefois le château du Palestrion
élevé, dit-on, sous les Romains, on voit, en passant,
quelques restes de tours et de fortifications du moyen
âge.
Vient ensuite la visite de l'église, beau monument
roman dont certaines parties remontent au X*^ et au
XI'' siècle. On remarque particulièrement une série de
magnifiques chapiteaux historiés du XP, que l'on a eu
la malheureuse idée de peinturlurer de façon à leur
enlever tout leur cachet archéologique. Ces chapi-
teaux, à eux seuls, vaudraient à l'église les honneurs
du classement parmi les monuments historiques. On a
retrouvé depuis peu, dans certaines parties, le délicat
triforium ([ui ornait le temple. Quelques colonnes de
marbre d'origine antique, venant, dit-on, du Pales-
trion, ont été utilisées.
Les orgues sont classées parmi les monuments histo-
riques.
J^^Éa^i^t^^^m <>a-
KfiLISE DE SAINT-SKVEH.
Dessin de M. A. de Roumejoux.
l'UOCKS-VEUliAITX. 103
M. l'abbé Sarrauton, archiprêtre, fait au Congrès
les honneurs de son église, et lui montre son trésor qui
ne contient, du reste, aucune pièce très remarquable.
On ne peut visiter Saint-Sever sans demander à voir
l'admirable mosaïque de M. le docteur Sentex, qui
s'empresse de la montrer au Congrès avec sa bonne
grâce habituelle. Cette magnifique mosaïque gallo-
romaine, la plus belle peut-être qui existe en France
dans une maison privée, a été trouvée à Daugreilh,
quartier de Saint-Sever, sur l'emplacement d'une an-
cienne villa, et a été transportée chez M. Sentex, oîi
elle sert de pavement au vestibule, à la salle à manger
et à deux autres pièces. Outre des poissons et diffé-
rents sujets, elle offre une très grande richesse d'en-
trelacs et de dessins avec de vifs coloris.
Dans l'une des pièces pavée par la mosaïque se
trouve la collection de faïences de M. Sentex, qui est
des plus remarquables et contient un grand nombre
de pièces uniques.
Au lycée, on visite l'autel de la chapelle, en bois
sculpté et doré, qui offre un certain intérêt.
A 10 heures , on monte en voiture et l'on part
pour Hagetmau, en continuant la belle route suivie
la veille. En passant, on voit le menhir de Sainte-
Colombe qui se dresse debout près de la route, et dont
M. de Laporterie raconte la légende, qui lui est d'ail-
leurs commune avec presque tous les menhirs du
pays.
A 11 heures, on traverse Hagetmau, et l'on descend
directement devant l'église de Saint-Girons, quartier
de Hagetmau, dont les honneurs sont faits par M. l'abbé
Latourette, curé-doyen de Hagetmau, et MM. Dubosq
et Julien Dulau, maire et adjoint de cette ville.
104 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET RAYONNE.
L'église, qui n'oflre plus guère de traces du XI^
siècle, n'a aucun intérêt, mais sa crypte, qui est éga-
lement du XP, est excessivement curieuse et est ornée
de très beaux chapiteaux historiés ; malheureusement,
cette crypte tombe en ruines, et quoiqu'elle soit classée
parmi les monuments historiques, on ne fait rien pour
l'empêcher de s'écrouler.
On remonte en voiture^ et bientôt on en descend
devant l'hôtel du Chapon fin, où le dîner attend les
voyageurs.
A 1 heure l/:2, départ en voiture ; la route est tou-
jours belle et semée de côtes. En traversant Monny, on
remarque le joli château à tourelles qui est sur la
hauteur.
HÔTEL DE JEANNE d'aLBRET , A OilTHEZ.
Dessin de M. li; baron X de Bomiault d'IlouiH.
Orthez.
A 4 heures, a lieu l'arrivée à Orthez, dont le Maire,
M. Adrien Planté, notre confrère, reçoit le Congrès et
lui fait visiter la tour Moncade, l'hôtel de la reine
Jeanne d'Albret, et le vieux pont fortifié du XIV'' siècle
jeté sur le Gave, dans un endroit fort pittoresque.
M. Planté conduit ensuite les visiteurs à l'Hôtel-de-
Ville où il leur offre courtoisement un lunch, non sans
l'avoir fait précéder d'un charmant discours, rempli
d'une verve toute béarnaise, auquel M. de Marsy répond
au nom du Congrès.
A () heures 2:2, les Congressistes, abandonnant leurs
voitures, prennent le train pour Bayonne. On traverse
Puyôo, Peyrehorade , etc.; on voit, en passant, les
ruines du beau château de Guiche , et l'arrivée à
Bayonne a lieu à 7 heures 53 du soir.
BAYONNE.
SÉANCE D'OUVERTURE DU 17 JUIN 1888.
Présidence de M. le Comte de Marsy.
A une heure, iM. le comte de Marsy ouvre la séance,
dans le grand salon carré de l'Hôtel-de-Ville de
Bayonne.
M. le comte de Marsy, directeur, occupe le fauteuil
de la présidence et invite à prendre place au bureau,
sur l'estrade, M. Léo Pouzac , maire de Bayonne ;
S. Exe. D. Bernai de O'Reilly, ancien consul général
d'Espagne à Bayonne, délégué de l'Académie Royale
de l'Histoire de Madrid ; MM. Durant, président de la
Société des sciences et arts de Bayonne ; le major
général VVilson ; Francart; Jules de Laurière, secré-
taire général de la Société française d'Archéologie ;
Taillebois, secrétaire général du Congrès de Dax ;
A. Détroyat, trésorier du Congrès de Bayonne ; et
Henri Poydenot , secrétaire général du Congrès de
Bayonne.
Assistaient à la séance, outre les membres qui étaient
présents à Dax : MM. Aube , Bérillon , le D''Dclvaille,
PROCÈS-VEKBAUX. 1 07
Ducéré, le comte Régis de l'Estourbeillon, le vicomte
Eugène de Failly, le baron Maurice de Failly, Perron,
Gorse, Hiriart, Jules de Lahondès, Maze, Ricard, le
baron de Rivières, Rossignol, Salières, Yturbide,
Zo, etc., etc.
Plusieurs dames, parmi lesquelles, M™^ la comtesse
de l'Estourbeillon et M"^'' Le Féron de Longcamp,
s'étaient jointes aux dames qui avaient suivi la pre-
mière partie du Congrès.
M. le Maire de Rayonne souhaite la bienvenue au
Congrès et exprime ses regrets du temps trop court
qui pourra être consacré à Rayonne et à ses environs.
M. Durant, président de la Société des Sciences et
Arts de Rayonne, offre au Congrès les vœux de la
Société qu'il dirige.
M. le comte de Marsy remercie M. le Maire de
Rayonne de son hospitalité bienveillante et M. Durant
du concours de la Société dont il est président. Il
adresse également ses remerciements à S. Exe. D. Rer-
nal de O'Reilly , délégué de l'Académie Royale de
l'Histoire de iVIadrid.
Il rappelle sommairement les travaux du Congrès
à Dax, et les diverses excursions qui ont été faites
depuis, et expose le programme de la deuxième partie
du Congrès.
M. Poydenot, secrétaire général du Congrès de
Rayonne, fait l'exposé de l'histoire de Rayonne, et
donne un aperçu de ses monuments.
La séance est levée à trois heures.
Visite des Musées.
Après la séance a lieu la visite des Musées (galerie
de tableaux, musée archéologique et d'histoire natu-
relle), de la bibliothèque et des archives, qui contien-
nent beaucoup de pièces fort intéressantes.
Visite de Bayonne
Sous la conduite de M. Poydenot, le Congrès des-
cend dans plusieurs caves voûtées en ogives qui corres-
pondaient autrefois toutes ensemble, et semblent avoir
servi de refuges en temps de siège.
Grâce à l'obligeante autorisation de M. le Colonel du
génie, il visite les parties anciennes du château.
On fait ensuite le tour des restes de l'enceinte gallo-
romaine, et l'on voit, en passant, quelques vieilles
maisons.
A 5 heures, les Congressistes prennent le petit che-
min de fer de Bayonne à Biarritz, où ils arrivent à
o heures 1/4.
Biarritz.
A Biarritz, il n'y a aucune étude archéologique à
faire, mais on visite la ville et surtout sa magnifique
plage, entourée de délicieuses habitations et dominée
par le Casino, le port de refuge, la Roche percée, le
port vieux, et la côte des Basques, d'un effet si pitto-
resque. De loin, on aperçoit Saint-Jean-de-Luz et
Fontarabie.
A 7 heures, un banquet réunit le Congrès à l'hôtel
Victoria, et se termine naturellement par de nom-
breux toasts.
A 10 heures l/:2, on rentre à Bayonne.
Excursion à Saint-Jean-de-Luz, Hendaye,
Fontarabie et Irun.
Le lundi 18 juin, quarante-deux excursionnistes
montent à 7 heures du matin dans des breaks et des
landaus, et partent par un temps magnifique.
La route est superbe ; on voit constamment la mer
à droite jusqu'à Bidart et Guétary, et les montagnes à
gauche et en face.
S aint- Jean-de-Luz.
A Saint-Jean-de-Luz, on s'arrête pour visiter la ville
et l'on est reçu par M. le D"" Goyenetche, maire de
Saint-Jean-de-Luz.
L'église offre beaucoup d'intérêt avec ses galeries
de bois servant de tribunes pour les hommes, suivant
l'usage du pays Basque, tandis que les femmes se
tiennent dans la nef, à genoux, sur les dalles. Ce
monument n'a conservé de l'église primitive du XIIP
siècle, que le porche avec ses archivoltes gothiques.
A l'intérieur, de beaux rétables dorés , de style es-
pagnol.
L'Hôtel-de-Ville, du XVIP siècle, contient quelques
archives. Le château, habité par Louis XIV, au mo-
ment de son mariage, a été bâti sous Henri lY ; le
château de l'Infante, construit au XVIP siècle, a cette
inscription gravée au-dessus de la porte :
l'infante je reçus l'an mil six cent soixante,
ON m'appelle depuis le chasteau de l'infante.
PHOCES-VEKBAUX. 111-
On remarque encore quelcjucs vieilles maisons.
La plage est magnifique et d'une grande étendue,
bordée de belles constructions.
Après avoir terminé la visite de Saint-Jean-de-Luz,
les Congressistes prennent congé de M. le Maire et
remontent en voitures.
Urtubie.
Sur la route de Saint-Jean-de-Luz à Hendaye, se
trouve à droite le château d'Urtubie, appartenant a
M. de Larralde-Diustéguy, dans lequel Louis XI s'ar-
rêta le 12 avril 1463 pour préparer la sentence arbi-
trale qu'il devait rendre entre Gaston de Foix, roi de
Navarre, et Juan II, roi d'Aragon.
Ce château, fort bien conservé, est visité par le
Congrès, et M. de Larralde le montre dans tous ses
détails avec la bonne grâce la plus parfaite.
Urrugne.
A peu de distance, se trouve le village d'Urrugne,
dont on visite l'église, de style basque, avec tribunes
et un beau rétable doré. Le portail de l'église est
curieux par la naïveté de ses sculptures. Dans l'église,
un bénitier avec tètes sculptées par un artiste du crû.
Cimetière contenant des tombes basques avec leur
forme spéciale de croix.
'112 CONGRÈS AKCIIÉOLOGIUCE DE UAX ET BAYONNE.
Hendaye.
D'Urrugne à Hendaye, la roule continue à être Ibrt
belle et fort accidentée, avec les montagnes de la
Rhune et de la Haya en face de soi.
A Hendaye, on descend à l'hôtel du Commerce, et le
Congrès va au devant de la délégation de l'Académie
de l'Histoire de Madrid, envoyée par l'Académie pour
introduire le Congrès en Espagne et l'y recevoir. Cette
délégation se compose d'abord de S. Exe. D. Bernai
de O'Reilly, venu de Rayonne, et des membres sui-
vants arrivant de Saint-Sébastien : D. Carlos Uriarte,
directeur de l'Institut provincial de Cuipuzcoa, corres-
pondant de l'Académie Royale de l'Histoire, président
de la délégation ; D. Adolfo Morales de los Rios, archi-
tecte , correspondant de l'Académie de l'Histoire ;
D. Pedro Manuel de Soraluce, publiciste, correspon-
dant de l'Académie de l'Histoire ; S. Exe. D. José de
Olano, avocat, ancien sénateur, président du Consis-
toire des Jeux floraux de Guipuzcoa ; et D. Claudio de
Otaegui Guerchemabra, professeur à Fontarabie, poëte.
Après une réception cordiale, a lieu le banquet,
terminé par un grand nombre de toasts, dont le pre-
mier est porté par M. le comte de Marsy à l'Espagne
et à ses représentants. Les autres sont portés par
D. Carlos Uriarte, D. Rernal de O'Reilly, D. Ad. Morales
de los Rios, le général Wilson, D. Pedro de Soraluce,
1). C. de Otaegui, M. Hiriart, D, José de Olano, le baron
(le l»ivières et M. Paul Labrouche.
Ai)rès le dîner, on s'endjarquc sur des bateaux pour
Irnvei'ser la P.idassoa et se rendre à Fontarabie.
PROCÈS-VERBAUX. 113
Fontarabie.
En débarquant, le Congrès est reçu par les autorités
de Fontarabie, l'Alcade D. Félix Laborda et ses
adjoints, et par le commandant de la canonnière Tajo,
delà marine royale espagnole, D. Baldasano y Topese.
On tire des boîtes, des pièces d'artifice_, des fusées ; la
ville entière est en fête en l'honneur du Congrès. La
population se précipite dans la grande rue de Fonta-
rabie et fait accueil aux étrangers.
Toutes les maisons sont de vieux hôtels ruinés,
ornés des écussons des anciennes familles qui les ont
possédés et dont les descendants, presque tous devenus
misérables, habitent encore ces restes délabrés. Par-
tout d'énormes écussons sculptés, des balcons en fer
ouvragé, des pignons sculptés. Mais partout aussi des
ruines, le délabrement et la misère, résultat des nom-
breux sièges subis par Fuenterahia, dont elle ne s'est
jamais relevée.
L'Alcade reçoit le Congrès à la Casa consistorial et lui
montre les différentes curiosités qui y sont renfermées:
les clés d'argent de la ville et différents objets, parmi
lesquels des calices, croix et patènes, appartenant à la
confrérie des gens de mer, des armes, etc.
L'église, de style Renaissance, mais dont l'intérieur
est gothique, possède un beau rétable d'autel et un
tableau du Golgotha, par Échena. De la sacristie, on a
une très belle vue sur la mer. Le vicaire (curé) de Fon-
tarabie fait voir le trésor de son église et particuliè-
rement une belle chasuble donnée par Louis XIV à la
paroisse de Fontarabie, à l'occasion de son mariage
avec Marie-Thérèse d'Autriche, qui eut lieu dans l'île
des Faisans.
il4 CONdRÈS AKCHÉOLOGIOIE. I)E DAX ET lîAYoNNE.
Le Palais de Jeanne-la-Folle fut construit, dit-on, en
907, par le roi de Navarre, Sancho AJDarca, mais il
n'en reste guère qu'une partie édifiée au XVP siècle.
Les remparts du XY'' siècle se sont écroulés en
plusieurs endroits, et on achève de les démolir.
On se rembarque en partie dans des bateaux et en
partie dans la baleinière du Tajo, mise gracieusement
à la disposition du Congrès par le commandant. On
remonte la Bidassoa et l'on débarque à Irun.
Irun
Les autorités attendent le Congrès sur le quai et
l'accompagnent dans les rues, oîi l'on voit de vieilles
maisons avec écussons sculptés, dans les écoles que
l'on visite et à l'église Notre-Dame-des-Joncs [Nuestra
Seîiora de los Juncales), belle église de la Renais-
sance, type véritable de l'architecture guipuzcoane de
cette époque. On y remarque le rétable du grand
autel.
Irun (en basque Uranzu — entre les eaux) est l'an-
cienne Idanusa des Romains.
En sortant de l'église, on voit la maison antique
(V Uranzu et la Casa consistorial du XVIP siècle.
Des rafraîchissements sont servis au Casino par les
soins des autorités d'Irun, puis on se quitte en remer-
ciant la muuicip.ililé dlrun de sa réception, et l'on
promet à la délégation de l'Académie d'aller la retrouver
à Saint-Sébastien quelques jours après.
On rentre en France en voitures et l'on voit en
passant l'île des Faisans. A minuit, on est de retour à
Rayonne pour souper.
Deuxième visite de Bayonne.
Le mardi 19 juin, à 7 heures 1/2, des omnibus
emmènent le Congrès visiter l'église Saint-Étienne et
son abside romane, — la villa Caradoc, bâtie par lord
Howden, général Caradoc, de laquelle on jouit d'une
vue magnifique, — le cimetière israélite, — et enfin
l'église de Saint-Esprit du W" siècle, où l'on remarque
une fuite en Egypte sculptée, d'un style très naïf et
que l'on fait remonter à la fin du IV^ siècle, tandis que
les membres du Congrès se contentent d'en faire une
œuvre de la fin du XV' siècle.
l'« SÉANCE DU MARDI 19 JUIN 1888,
Présidence de iM. le comte de Mârsy.
A 10 heures, M. le comte de Marsy ouvre la séance
à l'Hôtel-de-Yille et invite à prendre place au bureau :
MM. Durant, D. Bernai de O'Reilly, de Chasteigner,
Bernadou, Rossignol, Smith, Détroyat, Poydenot, et le
baron de Rivières, secrétaire.
M. Gorse communique un travail sur la villa gallo-
romaine de Lescar et la mosaïque antique qu'elle
renferme ; il appuie cette lecture de plans et dessins.
M. Poydenot lit un mémoire sur l'inscription de
Hasparren et montre un fac-similé de ce célèbre mo-
nument épigraphique.
M. de Marsy dépose sur le bureau diverses brochures
offertes au Congrès. Puis il fait le récit de l'excursion
de la veille et indique le programme sommaire du
voyage en Espagne qui doit commencer le lendemain.
La séance est levée à midi.
Troisième visite de Bayonne.
L'après-midi a lieu la visite de la cathédrale et de
ses cloîtres, datant du XIIP siècle, sauf une partie qui
est du XIV et même du XV''. C'est un très beau
monument gothique digne de l'attention du Congrès
et remarquable par ses belles proportions. Les cloîtres
sont bien conservés et d'une grande étendue. Un vieux
heurtoir très remarquable orne l'une des portes de
l'édifice, celle de la place Notre-Dame. Il porte des
léopards anglais pareils à ceux des monnaies anglaises
du XIIP siècle.
2<= SÉANCE DU MARDI 19 JUIN 1888.
Présidence de M. le comte de Mahsy.
A 4 heures, M. de Marsy ouvre la séance à l'Hôtel-
de-Ville et invite à prendre place au bureau : MM. Du-
rant, le comte Lair, de Florival, l'abbé de Carsalade,
Henry Léon, Poydenot et de Lahondès, secrétaire.
M. de Marsy rend compte de la visite de la cathé-
drale.
M. le comte de Ghasteigner donne quelques rensei-
gnements sur le marteau de la cathédrale.
M. Bernadou lit un travail sur les archives locales.
11 parle d'une charte d'Edouard P'' qui se trouve dans
les rôles gascons. 11 cite ensuite l'assemblée des
députés du Labourd, connue sous le nom de Bilsaar,
qui avait lieu à Ustaritz sous un chêne, et dans laquelle
se discutaient les affaires du pays basque.
M. Labrouche fait observer que ces assemblées sont
du même genre que les Jointes de la Basse-Navarre.
M. Gorse lit un mémoire sur les monuments préhis-
toriques de l'arrondissement d'Oloron et présente une
carte à l'appui.
M. de Laurière, au nom de M. Bertrand Bernard,
de Ludion, donne le résultat de fouilles faites par ce
dernier dans des tombeaux à Bassoncs, près de Saint-
Bertrand de Gomminges. On y a trouvé une très
curieuse tête de femme en pierre et divers autres objets.
l'ROCÉS-VERIi.UTX. liî)
M. Poydenot lil un mémoire de M. l'abbé Dubarat
sur le pèlerinage de Notre-Dame d'Abet, à Lahontan,
et montre les photographies de deux statues et d'une
croix. Il demande ([uelle peut être la date de ces objets.
M. Lair pense que la croix, qui avait été considérée
comme étant du XIV*= siècle , pourrait être rapportée
au XVP, et que la Vierge est également de cette
époque.
MxM. de Ghasteigner et Ricard sont du même avis.
M. de Marsy lit un mémoire de M. l'abbé Lartigau
sur Beneharnum.
M. de Rivières communique ensuite un travail de
M. Emile Travers sur les sceaux topographiques du
sud-ouest des XIl" et XIII" siècles.
M. le Président annonce que la Société française
d'Archéologie décerne les récompenses suivantes :
Deux médailles de vermeil, grand module^ à
M. Henry Poydenot, secrétaire général du Congrès
de Rayonne, pour ses travaux sur les origines et l'his-
toire de Rayonne.
S. Exe. D. Antonio Rernal de O'Reilly , ancien
consul général d'Espagne à Rayonne , comme témoi-
gnage de reconnaissance du Congrès pour l'accueil
sympathicjue qui lui a été fait par l'Académie Royale
de l'Histoire de Madrid , dont M. Rernal de O'Reilly
est le délégué.
Des médailles d'argent, à
Al. Hilarion Rauthety, de Lescar, pour ses travaux
sur Lescar et sur un grand nombre de sujets archéo-
giques.
120 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET RAYONNE.
M. Beunadou, de Bayoniie, pour ses recherches sur
les documents historiques et archéologiques de la
contrée.
M. DucÉRÉ, de Bayonne, pour ses nombreux travaux
sur Bayonne.
M. HiRiART, de Bayonne, pour les soins qu'il apporte
à la conservation du Musée et des archives de Bayonne.
M. GoRSE, de Pau. pour ses dessins de la villa de
Lescar el sa carte préhistorique d'Oloron.
M. Paul Lafont . de Pau , pour ses différents mé-
moires sur les sarcophages de Bielle, Saint-Savin, etc..
et ses publications de dessins sur Orthez.
Des médailles de bronze, à
M. Monédé, d'Auch, pour ses fouilles dans sa pro-
priété du H al ai.
M'^'' Vidal, d'Anglet , pour le zèle qu'elle apporte à
conserver et à augmenter une collection d'objets pré-
historiques trouvés dans son rayon, concourant ainsi
à l'histoire préhistorique de la contrée.
M. le comte de Marsy résume les travaux du Congrès
à Bayonne. Il remercie tous ceux qui y ont participé
et déclare le Congrès clos, annonçant que le prochain
Congrès aura lieu en 1889, à Évreux.
La séance est levée à sept heures.
EXCURSION EN ESPAGNE
Ce compte-rendu a été rédigé par M. Emile Tail-
lebois, secrétaire général du Congrès; nous l'avons
complété à l'aide de nos notes personnelles, des rap-
ports publiés par M. le baron de Rivières, dans le
Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-
Garomie, 1888, p. 299-312 ; par M. A. de Roumejoux,
dans le Bulletin de la Société historique du Périgord,
1888, p. 331-338; par M. J. de Lahondès, dans le
Bulletin de la Société Archéologique du Midi, 1888,
p. 104-109, ainsi que des articles insérés dans le Cour-
rier de Bayonne des 24-2o juin 1888, dans ]q. Semaine
de Bayonne du 27 juin, dans le Moniteur du Calvados
du 19 juillet, dans VEcho de l'Oise du 10 juillet, et dans
le Messager de Toulouse du 6 juillet. Nous avons aussi
largement puisé dans les journaux espagnols qui ont
consacré à notre excursion des pages beaucoup trop
flatteuses, et, notamment, dans El Eco de Navarra,
de Pampelune, des 22, 23, 24 et 23 juin ; dans La Boz
de Guipuzcoa, de Saint-Sébastien, des 20, 23 et 26 juin :
dans El Eco de San Sébastian, des 13, 20, 23 et 26 juin,
ainsi que dans la Euskal-Erria, revista hascongada,
organe du Consistoire des Jeux floraux basques de
Saint- Sébastien, et de la Asociation Euskara de Na-
varre, du 30 juin 1888. Que tous ceux qui ont bien
122 CONGRÈS ARCHÉOLOG[QUE DR DÂX ET BAYONNE.
voulu parler de la Société française d'Archéologie et
de son excursion en Espagne, veuillent bien recevoir
l'expression de la reconnaissance du Directeur et de
ses Confrères.
Sachant le désir que nous avions de posséder des
photographies des principaux monuments qui avaient
fait l'objet de notre excursion dans la Navarre, et le
regret éprouvé par plusieurs d'entre nous en apprenant
qu'elles n'existaient pas, MM. le marquis d'Échandia,
Don Nicasio de Landa, Don Juan Iturralde y Suit, Don
Florencio de Ansoleaga, et Don Hermilio de Oloriz,
ont fait exécuter et adressé à la Société française d'Ar-
chéologie un splendide album portant, à la première
page , une dédicace signée de leurs noms , comme
membres étrangers de la Société dans la Navarre ,
renfermant de nombreuses vues des monuments de
Pampelune , d'Olite , d'Eunate . de Puente-la-Reina ,
d'Estella, de Gazolas, etc. Grâce à leur aimable envoi,
nous avons pu faire reproduire les planches qui ac-
compagnent le récit de cette excursion. M. J. de
Lahondès a bien voulu nous offrir également son con-
cours et nous mettre à même d'y joindre quelques-uns
de ses croquis.
Comte DE Mârsy.
De Bayonne à Pampelune.
Le mercredi 20 juin 1888, à 5 heures du matin,
trente-trois membres du Congrès montent en chemin
de fer et partent pour l'Espagne. Ce sont: MM. le comte
de Marsy, Barrère, de La Bouralière, Charil de Ruillé,
Chevallier, Eugène de Failly, Maurice de Failly, Fran-
cart, Guignard, Hambye, J. de Lahondès, le comte
Lair, le comte de Lambertye, E. La Perche, Lebreton-
Simnions-Corbet , Le Féron de Longcamp, M'"'' Le
Féron de Longcamp , Magon-Barbaroux , Maze , de
Morry, Pasquier, Pinoteau , M'"" de Poul , le baron
de Rivières, de Roumejoux, Edouard Sens, Georges
Sens, Smith, Taillebois , Veisaz, le général Wilson,
l\lmo Wilson, et Yturbide.
Après avoir quitté Bayonne, le Irain passe i)ar La
Négresse (station de Biarritz), Bidarl, Guétary. Saint-
Jean-de-Luz, suivant par moment le bord de la mer, à
peu de distance. La vue est magnifique. A Hendaye,
on quitte la France pour passer en Espagne. A Jrun.
la première station espagnole, a lieu la visite des
bagages et le changement de train.
A partir de l'entrée en Espagne, le pays devient très
accidenté. On voit en passant Renteria, la baie de
Pasage, Saint-Sébastien, Hernani, Tolosa, etc.
A Alsasua, se trouve la bifurcation de la ligne de
Madrid avec celle de Pampelune. A la descente du
train, le Congrès est reçu par la délégation de l'Aca-
démie Royale de l'Histoire de Madrid, venant de Pam-
pelune à sa rencontre, composée de D. Rafaël Gaztelu,
9
124 coNGUÈs AncnÉoi,or,TQUE de dax et bayonne.
marquis d'Échandia , président de la délégation, et
D. Juan Iturralde y Suit, tous deux correspondants de
l'Académie de l'Histoire.
Après les compliments échangés, on entre au bufîet
oîi chacun désire prendre un repas longtemps attendu,
car il est plus de midi ; mais le train qui amenait le
Congrès avait une heure de retard, et celui de Pampe-
lune était prêt à partir, au grand désespoir des Con-
gressistes. Heureusement, le chef de gare, prévenu,
donne des ordres pour arrêter le train et rassure de la
façon la plus gracieuse les archéologues affamés, en
leur disant : « Ne vous pressez pas. Déjeunez tranquil-
« lement. Le train attendra. «
Cependant les touristes ne veulent pas abuser d'une
offre aussi aimable , et après s'être restauré on
monte en chemin de fer avec les deux délégués de
Pampelune.
Le pays devient de plus en plus montagneux -, on
est en pleine Navarre ; les sites sont admirables.
Pampelune.
A Pampelune (Pamplona), le Congrès est reçu par
les autres membres de la délégation de l'Académie
de l'Histoire : D. Nicasio de Landa y Alvarez de
Carvallo, médecin inspecteur de l'armée ; D. Hermilio
de Oloriz, archiviste de Navarre, tous deux corres-
pondants de l'Académie de l'Histoire, et D. Florencio
de Ansoleaga, architecte provincial de Navarre, cor-
respondant de l'Académie Royale de San-Fernando.
La délégation conduit en voitures le Congrès à
l'hôtel La Perla, où elle a arrêté ses logements. A
EXCUUSION EN ESPAGNE.
125
peine arrivé à l'hôtel, le Congrès reçoit la visite des
autorités civiles et militaires de la ville et de la
province : l'Alcade, le Gouverneur civil intérimaire
(M. de La Roca), le Président de la députation pro-
vinciale, et plusieurs autres fonctionnaires viennent
offrir à M. de Marsy leur concours pour la visite de
la ville et de la province.
Panipelune est une très belle ville de 25 à 30,000
âmes, capitale de la Navarre, située sur une hauteur
CHAPITEAU d'une PORTE DU CLOÎTRE DE PAMPELUNE.
de laquelle la vue s'étend au loin. Elle est bien bâtie ;
les rues sont bien percées et bordées de beaux hôtels
dont la porte est toujours timbrée d'écussons de grande
dimension.
L'hôtel de la Perla est situé sur la place de la Cons-
titution, immense place carrée, bien bâtie et bordée
d'arcades.
A 3 heures, la délégation Académique conduit les
congressistes à la cathédrale, merveilleux monument,
l'un des plus beaux de l'Espagne. Nostra Seîiora del
126 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Sagrario (Notre-Dame-du-SaiicLuaire), a été construite
par Charles-le-Noble, roi de Navarre, au XV^ siècle.
La façade est du XVII1<= siècle (1).
La cathédrale est en forme de croix latine à cinq
nefs.
Le chœur, placé au milieu de la grande nef, est
fermé par une très belle grille Renaissance, forgée par
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CHAPITKAL'X I)E l'aNCIBNME CATHÉDRALE DE PAMPELUNE.
Dessin de M. J. de Laliondès.
Guillaume Croenat en 1507. Dans le chœur, on voit le
tombeau de Charles III le Noble, roi de Navarre et de
sa femme, Léonor de Castille, surmonté de leurs sta-
tues en albâtre couchées sur le couvercle. La boiserie
(I) F.e compte-rendu du Congrès renfermera une Notice
historique sur la cathédrale de Pampelune, due à M. Brutails,
aujourd hui archiviste de la Gironde.
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EXCURSION EN ESPAGNE. lïi"
du chojur esl remarquable et a été exécutée par Miguel
Anchetea en 1530.
Une vierge, que l'on dit fort ancienne, est l'objet
d'une grande vénération.
Le maître-autel en bois doré, de style gréco-romain.
— Les sacristies.— Le Trésor, qui contient une quantité
de riches ornements, d'objets précieux, et, particuliè-
rement, un admirable cofîret en ivoire sculpté, donné
par un roi de Perse au calife de Huesca, et un merveil-
leux reliquaire du plus grand prix.
La Barbazane , belle chapelle . gothique construite
par l'évêque Barbazan et contenant son tombeau avec
sa statue.
Des cloîtres immenses du XIV® siècle, parfaitement
conservés et admirablement sculptés ; on y voit une
porte dont le tympan représente la mort de la Vierge,
sculptée avec la plus grande délicatesse ; la porte de
la Salle précieuse, où se réunissaient autrefois les
Certes de Navarre ; la chapelle de Sainte-Croix, dont
les grilles sont forgées avec les chaînes enlevées par
Don Sanche à la bataille de las Navas de Tolosa ;
le tombeau du général Mina ; celui du comte de
Gages ; le tombeau de Lionel de Navarre et de sa
femme, etc.
Du cloître on entre dans le réfectoire du Chapitre,
large salle gothique à la voûte un peu lourde, mais
imposante d'aspect et qui, ainsi que le fait remarquer
M. de Rivières, rappelle, avec moins de sveltesse, le
réfectoire de Saint-Martin-des-Champs à Paris. Près
du réfectoire est une cuisine aux cinq grandes che-
minées, (pii n'a maintenant d'analogue que celle de
l'abbaye de Fontevrault.
Au-dessus des cloîtres, se trouvent les Archives et
128 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
la Bibliothèque coiilenaiit beaucoup de précieux do-
cuments, de manuscrits curieux ; une collection de
monnaies est montrée aux numismates, qui y re-
CHKMINKKS A LA CATHliDUALE DE PAMFKLUNE.
Dessin de M J. de Lahondés.
trouvent avec plaisir une certaine quantité de mon-
naies Ibériennes.
Le carrelage du premier étage en carreaux émaillés
est fort curieux et offre bien des types intéressants
à étudier.
EXCURSION EN ESPAGNE.
129
En sortant de la cathédrale, on parcourt les rues
et l'on remarque les écussons sculptés qui sont sur
les maisons. Beaucoup de vieilles maisons.
Le soir, dîner à l'hùtel de la Perla, où sont invités
les délégués de l'Académie et Don
A. Roca de Togores.
De nombreux toasts terminent
cette réunion. M. de Marsy porte
un toast à l'Espagne, aux Acadé-
mies et à leurs représentants, et
à D. A. Roca de Togores, fils du
marquis de Molins , qui a re-
présenté pendant si longtemps
l'Espagne à Paris ; le marquis
d'Échandia, à la Société française
d'Archéologie et à son président;
le comte Lair, àl'architecte chargé
de la conservation de l'admirable
cathédrale de Pampelune, D. Flo-
rencio de Ansoleaga, et aux cha-
noines de la cathédrale qui ont
fait au Congrès une si gracieuse
réception ; le D'" Landa rappelle
la croisade de Tunis, où les Fran-
çais de saint Louis et les Navar-
rais de Thibault combattaient côte
à côte ; M. Iturralde parle des ar-
tistes français dont on retrouve souvent les œuvres en
Navarre ; M. de Ansoleaga fait l'éloge des architectes
français: M. de Molins boit à la France ; M. Yeisaz,
aux dames espagnoles.
Après le banquet, les délégués invitent le Congrès à
venir au Nuevo Casino (le grand cercle de Pampe-
LA SYNAGOOTE.
Stalue à la porte du Ré
fectoire de Pampelune.
130 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAVONNE.
lune), où une soirée charmante a lieu en son hon-
neur.
Un concert, dans lequel on entend notamment le
Cantigo il de Alfonso el Sabio (musique du XIII*^
siècle) et la Jota de Maya, est suivi d'un bal
dans lequel figuraient un grand nombre des plus
belles seiioras et des plus jolies seïioritas de Pam-
pelune.
Le lendemain, jeudi 21 juin, les délégués de
l'Académie font visiter le reste de la ville aux membres
du Congrès :
Le palais de la Députation provinciale oh se trouvent
les appartements royaux, richement décorés et ornés
des portraits en pied des rois de Navarre, et une salle
contenant les curieuses archives de la province, qui
sont d'une richesse exceptionnelle.
Don Hermilio de Oloriz, archiviste de la Navarre,
veut bien nous faire les honneurs de ce riche dépôt,
qui a fourni depuis peu d'années à plusieurs érudits
français, et notamment k MM. Brutails et Cadier, le
sujet d'importants travaux sur les relations de la France
et de la Navarre dans le cours du moyen âge.
La casa municipal (hôtel-de- ville), où se trouve une
mosaïque intéressante.
L'église Saint-Saturnin ou Saint-Sernin, dont l'en-
trée présente une sculpture très naïve du martyre
de Saint-Saturnin ; un porche très intéressant sous
lequel se trouve un tombeau orné de gisants ; un joli
portail. A l'intérieur, on remarque l'autel de Saint-
Michel, et un Saint-Jacques sculpté sur la muraille,
monté sur un cheval bardé de fer et caparaçonné,
avec le heaume" et l'épée.
L'église San Loreuzo . avec sa chapelle Saint-
EXCUKSIO.N EN ESPAGNE 131
Firmin (1), qui est réservée dans les cérémonies
publiques à l'ayuntamiento.
La chapelle de Saint-Ignace de Loyola, du XVP
siècle.
Le Musée que l'on commence à organiser dans
l'ancien hôtel des Monnaies. On y voit différents mo-
numents romains, des sculptures du moyen âge, des
armes et objets de toute sorte.
Parmi ces monuments se trouve un autel votif en
pierre recueilli à Cascante portant cette inscription :
MAUTI IN
VICTO • STAT
VIVS • ARQV
10
V • s • L • M •
Au nombre des objets placés au premier étage se
trouve une très curieuse petite statuette en bronze
trouvée dans la montagne, à Gulina, près de Pampe-
lune (en plein pays Basque). Elle représente un dieu
Ibérien ayant la main gauche levée et ouverte à la
façon des personnages qui figurent sur les stèles
puniques, et la main droite levée tenant une sorte
de rouleau (2).
(I) L'abbé Corblet a puljlié dans les Mémoires de la Société
des Anliijuaires de Picardie (T. XXVI, p. 261-275), une lettre
sur les Souvenirs de Saint- Firmin à Pamplona, qui renferme
d'intéressants détails sur le patron de la Picardie et de lu
Navarre. Seulement depuis 1878, les hôtels de Pampelune ont
subi une complète transformation et sont peut-être les mieux
tenus de l'Espagne.
(2; M. Taillebois a rédigé snr ce monument un mémoire qui
sera inséré dans U- IhilU-tiK \loyi\im,niitil
132 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Après le déjeuner, le Congrès voit défiler sous les
fenêtres de l'hôtel un bataillon du Cantahria (39'= d'in-
fanterie), musique en tête. On salue le drapeau Espa-
gnol et on applaudit chaleureusement ces soldats à
l'air martial , à la tournure dégagée , dont la tenue
est excellente.
A 4 heures, on part en chemin de fer pour Olite,
sous la conduite des délégués de l'Académie.
On traverse un pays très accidenté, riche d'abord,
mais qui se dénude à mesure que l'on se rapproche
de Tafalla et plus encore au-delà.
Olite.
Olite est à 48 kilomètres de Pampelune , dans une
jolie plaine fertile. En descendant du train, on est
reçu par l'alcade Don Antonio José Garmon et par les
autorités qui font les honneurs de leur ville :
L'église San Pedro, avec sa tour gothique d'une
grande élévation.
L'église Santa Maria possède un admirable portail
ogival d'une richesse d'ornements infinie, des vous-
sures surchargées de détails de la plus grande beauté,
les statues des douze apôtres.
Le château de Charles III le Noble, roi de Navarre,
n'offre plus que des ruines, mais des ruines grandioses
et du plus merveilleux effet, qui rappellent à plus d'un
de nos compagnons Pierrefonds avant sa restauration.
Les tours, revêtues par le ciel du Midi d'une patine
dorée, sont debout, bravant l'effort des siècles, mais à
riiitérieur, tout est ruiné, les escaliers ont leur vis
interrompue, les salles ont perdu leurs voûtes, un
mûrier de grande taille a poussé au milieu des dé-
EXCURSION EN ESPAGNE. 1/}8
combres. Par une sorte de miracle, on voit encore
debout les fragiles et délicates arcades ogivales d'un
mirador. Charles le Noble avait, dans les premières
années du XV*^ siècle, élevé cette superbe demeure où
il mourut en 1425. En 1813, Mina mit le feu au château
d'Olite pour que les Français ne pussent s'y retrancher
et le réduisit à l'état d'imposante ruine (1).
La chapelle est décorée d'une frise d'écussons pen-
chés que Viollet-le-Duc a reproduite à Pierrefonds.
Le couvent des Franciscains orné de belles sculp-
tures.
Dans les rues, de vieilles maisons aux corniches
sculptées et aux écussons armoriés.
La population fait au Congrès le plus bienveillant
accueil et la municipalité tient à lui offrir des boissons
glacées que la température de la saison fait accepter
avec le plus grand plaisir.
On remonte en chemin de fer et on revient vers
Pampelune en s'arrêtant à Tafalla.
Tafalla.
Tafalla est comme Ulite, une flor de Navarre., ces
deux villes étaient les séjours de prédilection de
Charles le Noble. Ses murailles sont en ruines ; tout le
quartier haut de Tafalla a un aspect misérable et
ruiné, mais l'intérieur de la ville est intéressant ; on y
retrouve comme dans toutes les villes navarraises, les
rues sombres et étroites, aux vieilles maisons ornées
(1) Baron de lUvieres. Don Juan lUinalde y Suit a publié sur
le château d'Olite une notice dont il a eu la gracieuseté d'olTrir
des exemplaires aux membres du Congres.
184 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
d'écussons armoriés , aux corniches sculptées et aux
balcons en fer finement forgé.
Le château de Tafalla a été récemment détruit, mais
fi.-f^
CHAISE DE JUSTICE DU TAFALLA.
Dessin de M. J. de Lahondf'-s
dans les jardins qui avoisinent son emplacement sub-
sistent encore de nombreux et intéressants restes de
sculpture , au nombre desquels figure une ancienne
chaise de justice dont nous pouvons donner un
EXCURSION EN ESPAGNE. io5
dessin, dû au crayon si dclicaL de noire confrère, M. J.
de Laliondès.
L'église Santa Maria conlieiiL un Ijoau rétable gréco-
romain, et une statue de bois de Jeanne de Valois ,
lille de Louis XL
Une petite chapelle abandonnée offre quelques
sculptures intéressantes et un autel curieux avec pan-
neaux peints sur bois,
La municipalité de Tafalla, à laquelle s'était joint
le député du district, fait les honneurs de sa cité,
et offre des rafraîchissements au cercle, Pendant ce
temps, sous le balcon, la musique joue des jotas et
des zorcicos;\e, peuple remplit la place carrée et se
livre avec entrain à une pittoresque danse navar-
raise. On tire des pièces d'artifice, et les cris s'échan-
gent de : Viva la Francia, Vioa la Espaha, Viva la
Navarra.
On revient à la gare, accompagné des autorités et de
toute la population de Tafalla. Les Congressistes
montent dans le train et quittent l'hospitalière Flor
de NaiHirra, accompagnés des cris enthousiastes de la
foule.
Pampelune.
Le vendredi 22 juin, le Congrès se divise en trois
groupes.
Le premier groupe, composé de seize personnes,
reste à Pampelune, va visiter Gazolas, et revoit avec
fruit la cathédrale et les autres monuments de la capi-
tale navarraise.
Gazolas.
A Gazolas , on admire une belle église aux chapi-
lU
136 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
teaux romans délicatement fouillés; l'un d'eux repré-
sente l'entrée de Jésus-Christ à Jérusalem. Les apôtres
et le Christ lui-même portent le heaume et la cotte de
mailles du XIIP siècle.
On trouve encore dans cette église de beaux orne-
ments admirablement conservés des XVP et XVIP
siècles, en soie brodée, à grands personnages.
Un porche latéral voûté précède l'église et servait
non seulement d'abri, mais de lieu d'assemblée pour
la communauté des habitants. M. de Lahondès nous
rappelle que cet usage était observé dans le midi de la
France et que l'on voit les restes d'un porche analogue
à Salon en Couserans.
M. de Rivières a relevé les légendes des deux cloches;
la plus intéressante , qui mesure 1™ 32 de diamètre
inférieur, porte ces mots : ecce crvcem domini rvcriE
PARTES ADVERSAS VICIT LEO DE TRIBV IVDA RADIX DAVm
ANN0I6I6, et sur les anneaux sancta marlv ora pro
N0BI3. L'autre plus petite porte sur le cerveau ms
MARYA lOSEPlI ANNO 1707.
Le lendemain samedi, ce premier groupe, après
avoir, au nom de tous, fait une visite d'adieux aux
autorités de Pampelune, quitte la ville et part en che-
min de fer pour Saint- Sébastien.
Saragosse.
Le second groupe , composé de sept personnes ,
prend le chemin de fer pour se rendre à Saragosse.
On traverse Tafalia, Olite, Tudela, etc., et on arrive
à Saragosse, l'ancienne capitale de l'Aragon , que
César avait appelée Cœsarea-Augusta, ville de 70,000
à 80,000 habitants.
EXCURSION EX ESPAGNE. 137
Les monuments principaux sont la Casa muni-
cipal ; la ïorre nueva ou Tour penchée , construite
en 1504 ; l'Aljaferia , ancien palais des rois ara-
bes ; la Puerta dcl Angel ; un nombre considérable
de palais et d'hôleis particuliers ; la cathédrale de
San Salvador , admirable monument , l'un des plus
intéressants de l'Espagne ; l'église Nuestra Sefiora dcl
Pilar, qui jouit d'une très grande réputation comme
lieu de pèlerinage ; San Miguel de los Navarros ; Santa
Crux ; San Pedro et San Juan ; Santiago ; San Pablo
Apostol ; San Felipe y Santiago ; un grand nombre
de couvents, etc., etc.
Le lendemain samedi , le second groupe reprenait
le train pour Saint-Sébastien.
Excursion à Estella.
Le troisième groupe, composé de dix congressistes,
auxquels s'étaient joints deux délégués de l'Académie,
M. le marquis d'Echandia et D. Florencio de Anso-
leaga, part en voiture, à six heures du matin.
La route est magnifique et très pittoresque, le pays
montagneux, la vue splendide. On rencontre des ha-
bitants portant le costume navarrais , avec la veste
de velours, la culotte courte, la ceinture voyante et,
comme coifTure, la tête ceinte d'un foulard.
Après avoir traversé plusieurs villages, un voil à
gauche de la route l'église d'Eunate.
Euuate.
L'église d'Eunate est une ancienne chapelle des
Templiers, de forme octogone, avec abside pentagonale
138 coNcy\Ls AncHÉoi-uGiurt: de da\ et bavonne.
et cloître circulaire orné de beaux chapiteaux malheu-
reusement abîmés.
A l'intérieur, elle n'oftre plus rien d'intéressant. Sur
les murs extérieurs, on relève un certain nombre de
marques de tacherons.
Vers midi , les voyageurs s'arrêtent à Puente-la-
Reina.
Puente-la-Reina.
On visite d'abord l'église de Santiago, dont le portail
offre une très remarquable décoration, dans laquelle
on ne peut s'empêcher de reconnaître une influence
orientale. On voit, en passant, les restes du palais du
connétable de Navarre , détruit par les troupes de
Mina, et les ruines d'une maison de Templiers, dont
l'église, dédiée au Crucifix, a' été détruite pendant les
dernières guerres carlistes et conserve seulement un
portail d'une très grande richesse d'ornementation.
Puente-la-Reina est le centre d'un grand commerce
de vins avec la France ; et, après le déjeuner, l'un des
habitants veut bien nous faire visiter ses caves, d'une
étendue considérable.
Puis on part pour Estella, que l'on traverse sans
s'y arrêter et on arrive au monastère d'Iraché.
Iraché.
L'ancien monastère de Bénédictins d'Iraché, situé à
deux kilomètres environ d'Estella, sur le mont Montc-
jurra, est un vaste édifice Renaissance, avec de beaux
cloîtres contenant de jolis motifs de sculpture, et une
église intéressante, de la transition.
EXCURSION EN ESPAGNE. 139
Il est conservé comme moniinicnl historique et en-
tretenu aux frais de la Province.
Les autorités d'Estella et les délégués scientifiques
de cette ville viennent au-devant du (longrès <à Iraché.
On rentre à Estella.
Esteila (1).
Les rues d'Estella sont pleines de ces vieilles mai-
sons déjà tant admirées dans d'autres villes , avec
d'immenses écussons bien sculptés , des balcons aux
fers ouvragés , des corniches en bois couvertes de
sculptures et d'arabesques.
Le palais du duc de Grenade , de style roman, offre
sur sa façade deux magnifiques chapiteaux historiés ,
dont l'un représente un chevalier armé de toutes
pièces combattant les Maures, et accompagné d'hommes
d'armes. Une inscription gothique se trouve au-dessus.
Ce chapiteau offre le plus grand intérêt et mériterait
d'être moulé et étudié. Il serait nécessaire aussi de
lire l'inscription qui est placée à une assez grande
hauteur pour que l'util ne puisse bien la distinguer.
L'église paroissiale , San Pedro de la Rua , a un
portail roman admirable, de beaux autels à rétables,
des cloîtres ornés de très beaux chapiteaux romans
sculptés et historiés.
Dans une chapelle , on conserve le trésor d'un
évêque de Patras, mort à Estella, au XIIP' siècle : sa
crosse, un morceau de sa chasuble , des burettes, un
coffret, un reliquaire de saint André, etc.
(1) Estella, chel'-lieu d'un des cinq districts delà province
de Navarre, à 60 kil. de Pampelune et siège d'un arrondisse-
ment judiciaire, est une ville de 5,125 habitants, sur l'Éga.
140 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BÂYONNE.
La disposition de rornementation du portail de San
Pedro de la Rua est caractéristique par la dentelure
de l'arc intérieur, dentelure dans laquelle il semble
difficile de ne pas reconnaître une influence maures-
que. Le même type se retrouve presque exactement au
portail de Santiago de Puente la Reina , ainsi qu'à
celui de San Roman de Ciranqui.
Parmi les chapiteaux qui, la plupart, portent sur
deux colonnes jumelles, on peut signaler surtout celui
qui représente la résurrection de Notre-Seigneur, avec
le sépulcre supporté sur des pieds et le couvercle en
dos d'âne, entr'ouvert, qui laisse passer les linges du
suaire.
Malheureusement ce cloître, contrairement à la plu-
part des édifices religieux que nous avons visités , est
dans le plus déplorable état d'abandon et il serait
nécessaire de le nettoyer et d' enlever les terres qui
l'envahissent de plus en plus et en amèneront la
destruction.
Une autre église, San Sepulcro, dépendance d'un
ancien couvent tombé en ruines, ofîre à l'extérieur un
beau portail gothique , des sarcophages avec person-
nages à genoux placés contre l'église.
Ce qui donne à la façade de cette église un carac-
tère particulier, est la décoration placée au haut du
mur et qui se compose d'une série de statues de saints
disposées dans des niches ménagées au-dessous de l'an-
cien toit, aujourd'hui remplacé par une simple couver-
ture en tuiles demi-rondes.
Deux autres églises romanes, avec de riches portails,
des chapiteaux curieux, et à l'intérieur des rétables en
bois doré et sculpté.
Celle de San Miguel, notamment, a au tympan un
EXCURSION EN ESPAGNE. 141
grand bas-relief représentant le Christ, assis dans un
quatrilobe entouré des évangiles et de leurs symboles.
Cinq colonnes de chaque côté supportent des voussures
ornées de nombreux personnages; à droite et à gauche,
de grandes statues de saints sculptées en relief, dispo-
sées sur deux rangs , mais qu'une grille placée devant
l'église ne permet pas de bien distinguer.
Les portes sont recouvertes d'une riche ferronnerie.
Une autre église gothique , San Juan , est sur la
place de la Constitution.
Signalons enfin, dans la partie élevée de la ville,
l'église de San Pedro Lizarra, reconstruite au XY''
siècle , et entourée d'une terrasse d'où on jouit d'une
superbe vue sur la ville et sur la vallée de l'Éga.
Cette jolie et curieuse ville est une des plus impor-
tantes de la Navarre et fut pendant longtemps la
capitale de don Carlos.
Le Congrès descend à l'hôtel principal d'Estella,
place de la Constitution.
Le soir, après le dîner, tous les habitants se massent
sur la place pour entendre un concert Navarrais , exé-
cuté par des joueurs de tambourin et de galoubet,
donné en l'honneur du Congrès. Toute cette population
se met à exécuter la gracieuse danse Navarraise. On
tire des fusées et d'autres pièces d'artifice. L'enthou-
siasme populaire est très grand et on échange les cris
de : Viva la Francia, Viva la Navarra.
Puis la soirée se termine par des toasts portés par
les voyageurs et par les autorités d'Estella.
Le lendemain, samedi 23 juin, à 4 heures du matin,
les congressistes sont réveillés par la procession du
Rosario , avec accompagnement de clochettes et de
chants sur un ton lamentable.
14i2 COMinks ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET lîAYONNE.
A o heures , la musique d'Estella , composée de gui-
taristes et de mandolinistes , vient donner une aubade
au Congrès.
Enfin, à 6 heures, les voyageurs font leurs adieux à
l'Alcade et à ses lieutenants, et quittent Estella, accom-
pagnés des vivats de la population.
Route d'Estella à Echarri.
On suit une route délicieuse , admirablement om-
bragée dans certaines parties, la vue s'étendant au
contraire au loin sur d'autres points.
Le pays que nous traversons a été le théâtre des
derniers combats de la guerre carliste, et, à gauche de
la route, nous rencontrons le monument élevé à l'en-
droit où fut frappé mortellement le maréchal Concha,
On s'arrête pour déjeuner dans les bois, près de la
maison d'un garde, dans un site ravissant, ayant en
face de soi une immense muraille de rochers à pie
d'une hauteur considérable , semés d'une forêt de
hêtres et de chênes. De tous côtés, la forêt aux arbres
magnifiques. On s'asseoit sur l'herbe, mais bientôt une
troupe de taureaux sauvages vient déranger les dîneurs ;
leurs gardiens les chassent heureusement avant qu'ils
aient eu le temps de mettre en désarroi les congres-
sistes, peu désireux de se voir changés en toréadors.
Puis, arrive au galoi» une inmiense troupe de chevaux
vivant à l'état libre, plus elTrayés qu'elîrayants.
Après le dîner, on remonte en voiture et la route
devient de plus en plus belle ; on s'élève dans la mon-
tagne; les sommets se voient de tous côtés ; à droite,
on longe constamment une grande et profonde vallée
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4'ALAIS DKS DUCS DE GHIiNADP: A ESTKLLA
EXCURSION EN ESPAGNE. 143
sauvage, semée de rochers et de grottes, au milieu d"un
fouillis de beaux arbres.
Puis , on traverse le long tunnel de Lizarraga , à la
sortie duquel on est émervcilK' du spectacle féerique
qui se présente. Le chemin tourne brusquement à
droite, étroit, et à pente rapide, formant une quantité
de lacets à courbes brusques pour descendre la mon-
tagne , dont la hauteur est considérable et complète-
ment à pic. A droite de ce chemin à peine large pour
deux voitures , d'immenses rochers qui surplombent à
une hauteur prodigieuse , avec d'énormes masses sem-
blant prêles à se détacher. A gauche, le précipice sans
parapets. Dans le fond, la vallée s'étendant au loin et
bordée de toutes parts par de hautes montagnes. C'est
féerique ! Et la voiture descend avec rapidité et tourne
les courbes sans paraître se soucier de la vie des vova-
geurs. A un moment, on rencontre une charrette
attelée de bœufs ; heureusement, c'est elle qui est du
côté du précipice ! Enfin, la descente est effectuée; on
est en bas, dans la vallée, et l'œil a de la peine à me-
surer la hauteur énorme qui vient d'être descendue; le
tunnel de Lizarraga est devenu un petit point invi-
sible, un trou d'aiguille!
On traverse quelques villages et l'on arrive à la
station d'Écharri.
Là se rejoignent les trois groupes du Congrès, les
deux autres arrivant de Pampelune et de Saragosse.
On se réunit, et chacun échange ses impressions de
voyage pendant que le Irain reprend sa marche et em-
porte les voyageurs vers Saint-Sébastien.
A Alsasua , les deux délégués de l'Académie, le
marquis d'Êchandia et D. F. de Ansoleaga quittent le
Congrès pour retourner à Pampelune, non sans avoir
144 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
échangé avec chacun les plus vives démonstrations
d'amitié, et après avoir reçu les remerciements de tous
les excursionnistes.
Saint-Sébastien.
Les congressistes sont reçus à la gare par les auto-
rités de la ville et de la province, et par les délégués
de l'Académie : D. G. Larrauri, Alcade de Saint-Sébas-
tien , D. Alfredo Laffitte , D. J. Bermingham , D. E.
Marquèze, lieutenants de l'Alcade, D. A. del Moral,
gouverneur de la province , D. Adolfo Rodrigue y
Bruzon , brigadier, ( commandant de la brigade de
Saint-Sébastien), D. Cosme de Churruca, président de
l'Audiencia de Saint-Sébastien, M. Giraud, gérant du
Consulat de France, D. Carlos Uriarte, directeur de
l'Institut provincial de Guipuzcoaj président de la dé-
légation de l'Académie Royale de l'Histoire, D. Adolfo
Morales de los Rios, architecte, D. Pedro Manoel de
Soraluce, écrivain critique.
Par les soins des délégués, les congressistes sont
conduits au Grand Hôtel Continental.
Le dimanche 24 juin, sous la conduite de l'Alcade
major, du gérant du Consulat de France, et des dé-
légués de l'Académie, on visite la ville, en commen-
çant par le Casino, magnifique établissement récem-
ment terminé par l'architecte Don A. Morales de los
Rios. Puis, le château (Castillo de la Mota), dnijucl
l'on a une vue magnifique : la vieille ville, la Casa
consislorial et la place de la Constitution. L'Institut
(lycée), que l'on visite en détail sous la conduite de
son savant directeur, D. Carlos Uriarte. La ville neuve,
EXCURSION EX ESPAGNE. 145
aux rues larges et droites, ofîrant toutes, comme fond
de tableau, les montagnes avoisinantes couvertes de
verdure et semées de jolies villas ou de châteaux.
La plage, bordée de belles constructions ornées do
miradores (balcons vitrés).
Enfin, la place principale de la ville neuve, sur
laquelle on entend une excellente musique.
On rentre à l'hôtel , où un banquet a été ofTert aux
autorités et aux délégués de l'Académie , et qui se ter-
mine par de nombreux toasts portés par : M. le comte
de Marsy, au Roi et à la Reine régente; par D. A. del
Moral , gouverneur civil , à la France et au comte de
Marsy; par D. G. Larrauri. alcade, à la fraternité des
deux pays, la France et l'Espagne; par Don Alfredo
Laffitte, au Président de la République, M. Carnot ; par
M. Taillebois, secrétaire général, à l'Académie Royale
de l'Histoire et à celle des Reaux-Arts , ainsi qu'aux
membres de la délégation ; par D. Carlos Uriarte, aux
congressistes qui sont venus visiter l'Institut qu'il di-
rige; par M. Giraud, à l'union intellectuelle de l'Es-
pagne et de la France ; par D. A. Morales de los Rios
qui, reprenant la phrase : « Il n'y a plus de Pyrénées »
boit à la fraternité des deux pays ; par le général
Wilson , à l'Espagne et aux dames Espagnoles ; par
M. Francart, à l'union des Relges, des Espagnols et
des Français ; par D. A. Morales, à la Relgique et à
son génie artistique, qui brille comme à l'époque où le
même pavillon couvrait les Relges et les Espagnols ;
par Don Manoel de Soralucc, qui, avec une verve pleine
d'originalité, porte un toast aux Maries et aux trois
Jeannes inséparables, en l'honneur de la fête du jour
(la Saint-Jean). D. José de Olano lève son verre en
l'honneur des arts.
•J46 CONÇUES ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Après le banquet, on monte dans des landaus et des
breaks gracieusement offerts par la municipalité , et
sous la conduite de l'Alcade, des autorités et des délé-
gués, on part pour les deux Pasajes, en suivant la
route établie le long de la baie, dont Napoléon I*"''
voulut faire un autre (jherbourg.
Pasaje-San-Pedro.
On visite l'église de Pasaje-San-Pedro ; on voit en
passant quelques vieilles maisons et une tour (1). Puis
on monte en bateau et on traverse la baie de Pasaje.
Pasaje- San- Juan.
La population, en l'honneur du dimanche, est venue
en foule à Pasaje-San-Juan , qui est pour elle un lieu
de réunion et de plaisir.
L'Alcade reçoit le Congrès à la tête de la fanfare
locale, qui lui donne un charmant concert, et, suivant
un vieil usage qui donne aux alcades des villes une ju-
ridiction sur ceux du district, il offre à Don G. Larrauri
son jonc, que celui-ci s'empresse de lui rendre.
On visite l'église San-Juan, dont le vicaire (curé)
fait les honneurs.
Une chapelle, dite de Roland, attire l'attention :
(1) Nous devons à l'obligeance de notre confrère, Don Pedro
Manoel de Soraluce l'indication des maisons historiques, Casas
armeras et solanegas, des différentes localités des environs de
Saint-Sébastien visitées par le Congrès ; mais nous croyons que
cette nomenclature serait ici sans utilité.
EXCLUSION EN ESl'AGNE. 147
quelques maisons aux écussons armoriés (Casas ar-
meras) ; une longue et étroite rue en boyau n'ayant de
maisons que d"un côté, le hjng de la baie, et bordée de
l'autre par la montagne à pic ; telles sont les particula-
rités qui attirent l'attention. Ajoutons-y de jolis types
parmi les espagnoles ; mais c'est une observation
presque inutile à faire, car les anthropologistes du
Congrès ne cessent d'aflîrmer, depuis leur entrée en
Espagne, que dans ce pays toutes les femmes sont
jolies.
On remonte en voiture et on part pour Lezo.
Lezo.
Le Congrès arrive sur la place et y trouve rassem-
blée la population du pays avec ses babits de fête. Sur
un signe de l'Alcade , la musique commence et aussi
une danse Guipuscoane, appelée Aurrescu ou Escu-
dantza, sorte de sarabande fort originale accompagnée
par le son du fifre et du tambourin.
Deux églises existent à Lezo. Dans Tune, celle de
San Cristo, on remarque avec beaucoup d'intérêt un
christ miraculeux, qui attire un grand nombre de pèle-
rins basques, français et espagnols. Il est en bois,
recouvert d'une peau bistrée, avec des cheveux et une
barbe naturels. C'est d'un effet presque etTrayant.
On voit comme partout des maisons ornées d'écus-
sons, et dans le nombre celle de l'amiral marquis
d'Orieco. D'autres maisons, autrefois habitées par des
corporations maritimes , se distinguent par leurs em-
blèmes.
Puis, accompagnés par les vivats de la population,
on remonte en voitures et on part pour Rentcria.
148 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET UAYONNE.
Reuteria.
L'antique Orereta desRomains, appelée ensuite Vil-
lanueva de Oyarzun , contient beaucoup de vieilles
maisons ou échoppes du XIY* et du XY° siècle, aux
corniches et aux pignons sculptés, aux petites fenêtres
géminées ogivales, aux écussons gigantesques , aux
portes ornées de monogrammes extrêmement variés et
curieux du Christ et de la Vierge,
L'Alcade et le vicaire reçoivent le Congrès et lui
font visiter l'église fortifiée de l'époque de la Renais-
sance ; le Palais, du XY*^ siècle, presque ruiné ; la Casa
consistorial.
Trois incendies, en 1476, 1512 et 1638, ont causé de
nombreux dégâts et fait disparaître tous les documents
anciens des archives.
Les voitures reprennent la route de Saint-Sébastien,
où l'on s'empresse de dîner pour assister à la brillante
fête offerte au Congrès par la ville de Saint-Sébastien.
Saint-Sébastien.
Cette fête a lieu sur la place carrée de la Constitu-
tion, tout entourée de galeries (1). Le Congrès est reçu
dans la Casa consistorial par les autorités en grande
tenue, l'Alcade mayor en costume officiel, avec son
jonc traditionnel, ses lieutenants, les membres de la
Junte municipale, les hauts fonctionnaires, etc.
Sur les escaliers, se tenaient les alguazils, avec la
(1) II y a vingt ans au plus qu'elle servait encore de Vlaza da
Toros.
EXCURSION EN ESPAGNE. 149
fraise et la tenue sévère du temps de Philippe V, les
hérauts d'armes, les massiers avec le tabar écarlate du
XV® siècle et leurs masses d'argent.
Des bouquets sont galamment offerts aux dames.
Un petit musée archéologique, organisé pour la cir-
constance, par i). A. Morales de Los Rios et M. Amen,
contient , entre autres objets remarquables : deux
mantilles au point de Genève du XYIIP siècle, à D. A.
Morales; deux chasubles brodées en or, de la Renais-
sance, à M. Amen : une antilope en argent avec perles,
travail Péruvien, au comte de Pefiallorida ; une urne
en argent repoussé, à l'Ayuntamiento : un plat re-
poussé, également à la ville Saint-Sébastien; elFue?'o,
la croix de serment, le calice et l'urne de la Députa-
tion provinciale; et une foule d'autres objets curieux
et précieux qu'il serait trop long de détailler.
Un excellent orphéon fait entendre dans la salle une
série de morceaux de choix parfaitement exécutés.
Sur la place, entièrement remplie par la foule, se
tient, sur une estrade, la musique municipale, qui al-
terne avec l'orphéon. La place est illuminée et pa-
voisée ; les fenêtres sont garnies de spectateurs ; on
tire des pièces d'artifice.
Enfin, arrive la fête du cecen-zusco, fête nationale
spéciale à Saint-Sébastien, qui consiste en un taureau-
mannequin dont la tète et tout le corps sont garnis
par un feu d'artifice complet. Le taureau de feu {loro
de fuegd) se précipite, dans tous les sens, au milieu de
la foule, tandis que le feu d'artifice dont il est porteur
éclate et projette partout ses fusées ; la fontaine de feu
se répand sur les spectateurs, qui, poussant des cris et
des rires, se sauvent poursuivis par le taureau, le
fuyant et le recherchant tour à tour. Le bouquet écla-
loi) CONCilJÈS AUCHÉOLUtaoUE DE DAX ET lîÀYONNE.
tant sur la tête du taureau est le signal de sa mort.
C'est un spectacle très curieux et très original.
Après le taureau de feu, le peuple se met à danser
la jota, pendant que les congressistes prennent part
à un souper qui se termine par des toasts, vers minuit.
On se sépare aux cris enthousiastes de : Viva la
Espaha ! Viva la Francia !
Le lundi 25 juin, les délégués viennent prendre leurs
hôtes et les conduisent à l'église Santa-Maria, bel édi-
fice Renaissance aux nefs larges et élevées, au chœur
élégant, aux beaux rétables.
L'église San Vincente, de style gothique à l'exté-
rieur, est Renaissance à l'intérieur.
A 10 heures 1/2, les excursionnistes, reconduits à la
gare par les autorités et les délégués, prennent congé
des uns et des autres en leur adressant mille remercie-
ments pour leur sympathique accueil. On se dit au
revoir et non adieu , et l'on se sépare avec regret ,
mais les membres du Congrès ne peuvent se lasser
d'exprimer leur reconnaissance et leur enthousiasme
pour la réception cordiale qui leur a été faite partout
en Espagne.
Le train part, et les adieux se renouvellent avec la
main, le mouchoir et le chapeau.
Enfin, on rentre en France et, à deux heures, on est
de retour à Rayonne.
Là le Congrès se sépare définitivement, et chacun
jiart de son côté , emportant de délicieux souvenirs
de cette vie en commun pendant quinze jours, de ces
séances si nombreuses et si bien remplies où tant de
faits archéologiques ont été discutés, tant de questions
traitées et envisagées sous un jour nouveau ; de ces
excursions en France d'abord et en Espagne ensuite,
EXCURSION EN ESPAGNE. 151
OÙ chacun a pu étudier une l'oule de monuments cu-
rieux , faire des constatations nouvelles , établir des
rapprochements avec les monuments similaires des
autres contrées ; enfin , de cette réception si cordiale
partout, si démonstrative, si enthousiaste, en France
et en Espagne.
« Il n'y a plus de Pyrénées >•, rappelait D. A. Mo-
rales de Los Rios dans son toast de Saint-Sébastien.
Non, il n'y a plus de Pyrénées, et sur le terrain de
la science, nous pouvons tous nous entendre, nous
sommes tous frères. Rien n'unit comme la science,
rien ne porte plus à sympathiser que l'estime mutuelle
fondée sur ces relations pleines de charme, sur ces
impressions ressenties ensemble à la vue des mêmes
objets.
Aussi les membres du Congrès, en se quittant, se
sont-ils dit, comme en Espagne : Au re\)oir, à l'année
prochaine, au oQ" Congrès qui aura lieu, en 1889,
à Évreux.
\\
MÉMOIRES.
I.
LES VESTIGES GALLO-ROMAINS
DANS LE
DÉPARTEMENT DES LANDES
Par M. Emile TAILLEBOIS.
Pour un Parisien, le département des Landes est une
grande étendue de sable triste et sauvage, couverte de
pins et de fougères, habitée par des hommes vêtus de
peaux de moutons et juchés sur des échasses. Telle
est, en général, l'opinion peu avantageuse que se font
de notre beau département les étrangers qui ne l'ont
vu qu'en le traversant en chemin de fer, pendant le
voyage de Bordeaux à Bayonne.
Ils sont tentés de croire que ce pays est privé de
toute civilisation, que ses habitants, en retard sur le
reste de la France, vivent encore à l'état primitif, et
qu'ils n'ont pas d'histoire.
Mais toute autre est l'opinion de ceux qui ont visité
notre riche et luxuriante Chalosse, aux sites pitt(j-
resques et accidentés, avec la chaîne des Pyrénées
formant toujours le fond du tableau. C'est avec éton-
454 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DÂX ET BAYONNE.
nement qu'ils contemplent ce magnifique pays, qu'on
ne s'attend pas à trouver caché sous le pseudonyme de
Landes.
Quand l'étranger visite nos jolies petites villes de
Dax, Mont-de-Marsan, Saint-Sever, Aire, Peyreho-
rade, etc., etc. ; quand il voit cette population intelli-
gente, vive, animée ; quand il rencontre dans nos rues
toutes ces jeunes filles ou jeunes femmes à l'œil vif, à
la tournure élégante et coquette, qui ont valu à Dax la
réputation d'être la ville des jolies femmes ; quand il
se rend compte de tout le mouvement commercial et
agricole de nos principaux centres landais, l'étranger
se demande comment un tel pays a pu être ainsi
méconnu, et il se dit que le nom de Landes en est seul
la cause.
Et cependant, il n'est pas jusqu'au Marensin et à la
Grande-Lande, qui, eux-mêmes, ne fassent changer
d'opinion l'observateur attentif, lorsqu'il voit le com-
merce et l'industrie de ces pays. Ces solitudes, ces
sombres bois de pins, sont pleins de charme et de
poésie pour le rêveur. Ces dunes et ces côtes ont une
grandeur sauvage qui attire et captive.
Au-delà de Bordeaux, on croit volontiers que cette
partie du Sud-Ouest a été à peine habitée par les Ro-
mains, sauf dans quelques centres, et que, par consé-
quent, les traces de sa civilisation doivent être cher-
chées à une époque postérieure.
C'est pour combattre une semblable opinion que
nous avons voulu faire connaître aux savants venus à
Dax de tous les points de la France, et même de
l'étranger, combien sont nombreux chez nous les ves-
tiges de l'occupation romaine. S'ils ne sont pas plus
connus, c'est que personne, jusqu'à ces dernières
LES VESTIGES GALLO-ROMAINS. loo
années, ne s'était occupé de les rechercher, de les
décrire. Mais, depuis douze ans que la Société de Borda
a développé dans ce pays le goût de l'archéologie, les
fouilles, les découvertes se sont multipliées, et bientôt,
nous l'espérons, les Landes seront aussi riches en
monuments romains que le Gers, cet heureux départe-
ment voisin dans lequel il n'y a qu'à gratter le sol pour
y trouver des antiquités.
Aux temps préhistoriques, notre contrée a été ha-
bitée autant et plus que tout autre pays. Les nombreux
tumulus du Pont-Long, fouillés par MM. Dufourcet,
Testut, de Chasteigner, du Boucher, Camiade, Dubalen,
Lavielle, de Behr, Taillebois, etc., sont là pour l'at-
tester. Les grottes de Sorde et de Brassempouy ont
fourni des milliers d'instruments de pierre et d'os tra-
vaillés indiquant des centres importants. Les nom-
breuses stations énumérées, soit par M. du Boucher,
dans ses Aqueuses primUifs, soit par MM. Raimond
Pottier, de Chasteigner, Dufourcet, Dubalen, etc.,
montrent la densité de la population à cette époque.
Avant la conquête romaine, les Ibères étaient les
maîtres de ce pays, mais, suivant toute probabilité, les
Celtes, venus plus tardivement, avaient plus ou moins
fusionné avec les Ibères, et c'est de ce mélange où
dominait néanmoins d'une façon considérable l'élé-
ment ibère, qu'est née la population aquitanienne.
jSous ne voulons pas refaire ici l'histoire de ce coin
du sud-ouest qui fut plus tard le déparloment des
Landes, mais nous rappellerons que le lieutenant de
César, Crassus, après la prise de l'oppidum des Sotiates,
remporta une grande victoire sur les Aquitains et
reçut leur soumission.
Sous Auguste, de même que sous César, la Novem-
iaf) coxnr.KS AnciiÉOLOOiQUE nr dax et bayonne.
populanie se composait de neuf peuples principaux,
parmi lesquels nous ne citerons que ceux qui habitaient
notre département : i° les Tarbelli, qui occupaient
l'Albret, le Marsan, les Marennes, le Labourd et une
partie de la Basse-Navarre, et avaient Dax [Aquae
TarheUicae) pour capitale ; 2° \cs Aturenses on Taru-
sates, qui occupaient la Chalosse, le Gabardan occi-
dental et une partie de l'Estarac, et avaient Aire
{Atura) pour capitale.
Ces peuples avaient eux-mêmes des clients tels que
\es Cocosaies (Castets), les Sibusafes (Saubusse?), les
Prcciani (Préchacq?), dépendant tous des Tarbelli.
Enfin, les Osquidates (Oloron) étaient possesseurs des
landes du Pont-Long qui s'étendent jusqu'aux portes
de Dax.
La population tarbellienno semble avoir supporté
paisiblement la domination romaine, car l'histoire est
muette à son sujet pendant plusieurs siècles, jusqu'à
la conquête de la Novempopulanie par les Wisigoths.
Après ce rapide exposé, nous allons examiner les
(races de l'occupation romaine dans les Landes. 11 eût
été plus archéologique de suivre, soit l'ordre des divi-
sions territoriales du temps d'Auguste, soit la direction
des voies romaines ; mais, outre que ces divisions sont
souvent peu connues et peu sûres, et que le tracé des
voies romaines est parfois discutable, cette dernière
méthode aurait eu pour inconvénient d'empiéter sur
les droits de noire savant collègue et ami. M. Dufourcet,
qui se propose de présenter nu ('ongrès un travail sur
les Voies romaines.
Nous avons donc préféré prendre une méthode
moins scientifique, mais plus claire et plus commode
pour les recherches, qui consiste à suivre l'ordre des
LES VESTIGES GALLO-ROMAINS. 157
arrondissements et des cantons, en classant ensuite
les communes par ordre alphabétique dans chaque
canton.
ARRONDISSEMENT DE MONT-DE-MARSAN.
Canton de Gabarret.
Gabarret. — Ancienne capitale du Gabardan.
Un camp romain existe au Bourneau. C'est un de ces
nombreux postes militaires dont les Romains avaient
semé l'Aquitaine, et qui correspondaient entre eux
pour la défense du pays.
Losse. — Camp romain.
A Lussole. hameau dépendant de Losse, autre camp
romain.
Lubbon. — Il existe à Lubbon des restes de voie
romaine. On y a trouvé également des urnes funéraires,
Canton de Grenade.
Bonquet. — Traces de station romaine.
Bordères. — Castrum.
Castandet. — Traces de voie romaine de Castandet à
Pujo-le-Plan.
Il a existé à Castandet un viens, ou tout au moins
une villa. On y a trouvé des débris de mosaïque, des
restes de poteries, un tour de potier, des carrières ou
puits abandonnés pour l'extraction de l'argile à po-
terie (1).
Dans la collection de M. Léon Martres, ancien ma-
(1) Léon Martres.
158 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE 1).\X ET RAYONNE.
gisLi-at, à Castandet, on voit un certain nombre d'anti-
quités romaines, recueillies par lui dans cette localité.
Cazères-sur-rAdour. — Camp romain dans une
situation magnifique.
Maurrin. — Traces de station romaine.
Canton de Labrit.
Jjêlis. — Il existe dans cette commune un lieu dit
Gouardera, ce qui indique un poste avancé, chargé de
surveiller la contrée.
Brocas. — Traces d'occupation romaine. Restes de
magnitiques mosaïques, représentant des vases de fleurs
cannelés, d'où s'élèvent et se déroulent gracieusement
de légères et délicates tiges chargées de grappes et
de feuilles (1). Il y avait donc là tout au moins une
villa luxueuse.
Labrit. — Traces de voie romaine. Restes de mo-
saïques.
Canton de Mimizan.
Aureilhan. — Camp romain.
Par Aureilhan passe un camin roumiou (ancienne
voie romaine d'Espagne à Bordeaux ).
Bias. — Le camin roumiou passe également par
Bias. Restes de la voie dite : Bos-de-Momen.
Mézos. — On a trouvé à Mézos des débris de meule
romaine.
Mimizan.— Camin roumiou (voie d'Espagne à
Bordeaux).
(1) Dom^m&v (Chroniques de la Cité et du Diocèse d'Acqsj.
Dax, E. Campion, 1873, in-4°.
LES VESTIGES GALLO-UOMAIN'S. 159
Au pied des dunes, on a recueilli des tuiles à rebords.
On a également trouvé de nombreux fours à résine qui
avaient été couverts par les dunes.
D'après M. l'abbé Départ (1), Mimizan et le pays de
Born faisaient probablement partie du territoire des
Boii, dont le elief-lieu Bo'ios est généralement identifié
avec La Teste-de-Buch.
Si l'opinion de M. l'abbé Départ est fondée, et il
l'appuie sur des documents sérieux, il en résulterait
que le Born n'aurait pas fait partie de la Novempo-
pulanie, car les Boii étaient un peuple de race celtique
et non ibérienne.
Mais il nous semble que le savant auteur va trop
loin lorsqu'il dit que le territoire des Boïens s'étendait
peut-être tout le long de la mer jusqu'au Boucau. Il
serait, dans ce cas, tout près de se rencontrer avec
M. l'abbé Inchauspé , qui veut placer les Boii à
Bayonne.
D'après nous, le littoral de l'Océan appartenait aux
Tarbelles (le peuple de Dax), depuis les landes d'Arca-
chon, ou tout au moins depuis le pays de Born, jus-
qu'aux Pyrénées. A défaut d'autres preuves, n'aurions-
nous pas ces vers d'Ausone qui, né à Bordeaux, fils
d'une Tarbellienne (c'est-à-dire d'une femme de Dax),
et voisin des Boïens, ne pouvait se tromper sur le véri-
table nom des côtes aquitaniques :
Tum profuf/iim in terris, per quas erumpil Alurrus,
Tarbellique fur or perslrepil Oceani, etc.
Il est, du reste, inadmissible que les Boii eussent
(1) Mi))tizan, Notice historique.
160 CONGRÈS AnCHÉOLOGlQUE DE DAX ET BÂYONNE.
séparé les TarbeUi de la mer par une étroite bande de
terre suivant tout le littoral. Et si cela eût été, l'Océan
eût porté le nom de Boïen et non celui de Tarbellien.
Pontenx-les-F orges. — A Bourricos, hameau dépen-
dant de Pontenx et composé de trois ou quatre maisons,
il existe une assemblée annuelle où se réunissent des
milliers d'habitants du Marensin. D'après nous, c'est
un reste des usages gaulois, une tradition qui s'est
perpétuée à travers les siècles.
Canton de Mont-de-Marsan.
Gailh^res. — Camp retranché dans le quartier de
Ricau.
Liicbardez. — Il existe dans cette commune un lieu
dit Lahitte. Or, on sait que ce nom de Lahitte désigne
toujours une ancienne borne milliaire. Il y a donc eu
une voie romaine passant sur le territoire de Luc-
bardez.
Mont-dc-Marsan. — Le chef -lieu du département
des Landes, malgré sa situation avantageuse au con-
fluent de la Douze et du Midou, ne semble pas avoir
été habité à l'époque romaine, et sa fondation ne date
que du WV siècle. On a voulu donner à son nom
l'étymologie de Mons Martis. qui n'a aucune raison
d'être. Cette appellation vient simplement du pays de
Marsan, dans lequel il a été bâti sur une hauteur.
Aucune antiquité n'a. du reste, été trouvée à Mont-
de-Marsan, et son musée, récemment fondé, ne
contient, au point de vue archéologique, que des
objets préhistoriques ne provenant même pas des
environs.
LKS VrSTir.ES OAI.I.O-noMAIXS. 161
Canton de Morcenx.
Arengosse. — Un caslra de dix mètres de hauteur
exi>*lc près du chemin de grande communication n° 14.
ArJHzanx. — Camp romain, Cnmin ruman (Voie
de Dax à Bordeaux).
II existe un lieu dit Lnlulle, près de la voie de Mont-
de-Marsan à Bordeaux.
Canton de Parentis-en-Born.
Gantes. — Camin roiimiou ou Cmnin Harriaoïi
(chemin frayé). C'est la voie d'Espagne à Bordeaux.
Parentis-en-Born. — Al kilomètre de la route du
littoral, se trouvent le moulin et le parc de Lahitle.
Sangiiinet. — Dans cette commune se trouve le
quartier de Louze, qui serait, d'après M. Dufourcet,
l'ancienne Losa, station romaine sur la voie d'Espagne
à Bordeaux, à xii milles de Segosa (Lévignacq).
Sur le territoire de Sanguinet, existent trois parcs
appelés Tasta. Ce nom semble indiquer le commen-
cement d'un territoire, la têle d'un peuple. Il est vrai
que tête peut être pris soit dans le sens de capitale,
soit dans celui de commencement du pays. Si le Born
ne faisait pas partie de la Novempopulanie, nous ne
comprendrions pas la position de Tasta, au milieu du
territoire Boïen, entre le Born et les landes d'Arcaehon.
Si. au contraire, le Born était aux TarbeUi, Tasta
eût indiqué le commencement du territoire Tarbellien,
car elle se serait trouvée précisément au point qui
séparait les Boïens des Tarbelles,
162 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DÂX ET RAYONNE.
Canton de Pissos.
Biganon. — Camp romain.
Lipostey. — Lipostey est ranciennc station romaine
de Tellonum, sur la voie de Dax à Bordeaux, à xviii
milles de Caequosa (Sescouze).
Pissos. — Camp romain,
Canton de Roquefort.
Ame. — Ancien viens romain portant le nom d'AIroa.
Lugaiit. — Il existe un lieu dit Lahitte, sur la voie
qui va à Bordeaux.
Saint-Gor. — Camp romain.
Sarbazan. — Camp romain.
On connaissait à Sarbazan les restes d'un mur gallo-
romain. Des fouilles ayant été faites dernièrement par
M. l'abbé Bessellère, curé-doyen de Roquefort, avaient
mis au jour quelques vestiges romains et des sarco-
phages.
M. le comte de Bouglon, ayant repris les fouilles,
découvrit une magnifique piscine, affectant la forme
d'un trilobé et pavée de mosaïques représentant des
poissons, une grande coquille, une sorte de sphère (?),
etc., avec bordure de losanges et de cercles entre-
croisés.
Il résulte de cette découverte qu'il existait en ce lieu
une belle villa que de nouvelles fouilles mettront com-
plètement au jour.
Vielle-Souhiran. — Il existe dans cette commune
une hauteur appelée la Motte romaine.
LES VESTIGES GALLO-IiOMAINS. i(jo
Canton de Sabres.
Laboiihei/re. — Camin rinnan, près de Belloc (An-
cienne voie (le Dax à Bordeaux).
Sahres. — Divers objets antiques ont été trouvés au
Piaou roumiou. et entre autres une Minerve en
bronze.
Canton de Sore.
Liixey. — Camp romain.
Sore. — Ancienne station romaine (Sora). On y a
trouvé une meule romaine.
Camps romains jumeaux, appelés lous Castéras.
Chemin romain appelé Estrade, allant de Bazas à
Moustey (i).
Canton de Villeneuve-de-Marsan.
Lacquy. — Il existe à Lacquy un lieu dit la Gleyse.
Or, il est constant qu'on trouve toujours des restes de
villa romaine dans tous les endroits appelés Glezia.
En serait-il de même à Lacquy? C'est ce que nous
ignorons.
Perquie. — On trouve à Perquie un lieu dit Hittan,
ce qui est synonyme de Hitte et doit indiquer le voisi-
nage d'une ancienne borne milliaire.
Un peu plus loin, un autre lieu dit Lahitte.
Et enfin, à peu de distance, lieu dit Manson {Man-
sio), mot qui désigne une station romaine, une étape.
(1) Ces divers renseignements nous ont été fournis par
M. l'abbé Mengelatte, curé-doyen de Sore.
lG4
CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET 15AY0NNE.
Pvjo-le-Plan. — De belles mosaïques y uut été
découvertes.
Sahit-Cricq-Villeneiioe. — Une riche villa gallo-
romaine a été mise au jour sur les bords du Midou,
lieu dit GJezia. On a exhumé une piscine à six pans
dont le pavement était en mosaïques composées de
cubes de toutes les couleurs, représentant des pois-
sons de toute espèce (écrevisses, lamproies, soles, tur-
bots, saumons, pieuvres, etc.), un cheval marin, un
taureau. Les murs de la piscine étaient revêtus inté-
rieurement de plaques de marbre gris. Près de là, un
fragment de baignoire en marbre blanc, et un dallage
en grandes briques plates de 57 centimètres de côté(l).
Dans la partie la plus élevée du terrain, on a re-
trouvé les pavements en mosaï({ue de Vatrium et des
galeries couvertes. Le sujet principal était un Bacchus
indien, de taille surhumaine, à la tète nimbée, avec
une étoile sur le front, qui est orné de deux grappes
de raisin et de deux feuilles de vigne ; une chlamyde
verte sur l'épaule droite ; un thyrse de la main gauche,
et dans la droite, un pied de vigne sur lequel un oiseau
becqueté un raisin. Aux pieds de Bacchus, on voit
Cupidon ailé, accroupi, tenant une flèche; un guerrier
à terre, se couvrant de son bouclier; un génie triom-
phant tenant une couronne. A l'angle opposé, une
femme que les uns ont prise pour Cérès, d'autres pour
Pomone ; puis plusieurs autres personnages allégo-
riques.
Toutes ces magniliques mosaïques sont bordées d'en-
roulements semés d'oiseaux.
Malheureusement, la mosaï(puj du Bacchus indien a
(Ij Dumpnier.
LES VESTIGES GALLO-ROMAINS, iG5
été enlevée par l'uii de ceux (jui ont été assez heureux
pour faire celte découverte, il y a vingt-cinq ans en-
viron. Mais la piscine est encore intacte.
Quelques-uns ont voulu voir dans cette admirable
villa la résidence du célèbre rhéteur Arborius, oncle
du poète Ausonc. Cette attribution n'étant appuyée sur
aucune raison sérieuse, nous la regardons comme une
lantaisie qu'il est inutile de discuter.
Quel que soit le personnage à qui a appartenu cette
splendide habitation, c'était évidemment une nota-
bilité importante , peut-être un haut dignitaire de
l'Empire ?
Ajoutons que, sur le territoire de Saint-Cricq, il
existe un lieu dit Toge. N'y a-t-il pas là quelque
allusion au citoyen romain, au togatus qui habitait lu
villa ?
Yillencuve-de-Marsan. — llestes de mosaïque ro-
maine.
ARRONDISSEMENT DE SAINT-SEVER.
CSnton d'Aire.
Aire-sur-l'Adour. — Actuellement chef-lieu de can-
ton et ville épiscopale, Aire est bâtie sur le penchant
d'une colline qui borde la rive gauche de l'Adour.
Cette ancienne cité romaine était connue avant César
sous le nom d'Oppidum Tarusatium. César lui donna
son nom : Viens Julii. Depuis, elle est désignée sous
les noms de : Murris, Adiirris, Alw, cicilas Aduren-
sis, civitas Adelorensis, Alura, Adura, etc., au moyen
âge : Ayre, et actuellement : Aire-sur-l'Adour.
106 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Capitale des Tarusates, Aire fut élevée au rang de
cité et devint, par conséquent, le siège d'un évêché qui
subsiste encore et auquel on a réuni celui de Dax.
Après la conquête de la Novempopulanie par les Wi-
sigoths, la cité des Tarusates fut choisie par Alaric
comme siège de son royaume. Enfin , elle devint la
capitale du Tursan.
Dans une ville aussi ancienne et aussi importante
que celle d'Aire, il était naturel que l'on trouvât de
nombreux vestiges gallo-romains. Aussi, est-ce, après
Dax, la ville qui nous fournit le plus de matériaux.
Nous voyons d'abord deux camps romains sur les
deux collines qui dominent l'ancienne capitale des
Tariosates : celui dit de César et celui dit de Pompée,
ou hauteur Lasserre.
La ville haute d'Aire s'appelle le Mas {Mansio) et
était une station romaine et une étape en même temps
qu'un oppidum.
Sur plusieurs points de la ville, on a découvert des
murs romains de deux mètres d'épaisseur, semblant
être les restes du mur d'enceinte de l'oppidum des
Tarusates. Dans les caves de la maison Lasserre, près
de la halle au blé, on a rencontré un mur de deux
mètres d'épaisseur, construit en petit appareil de douze
centimètres carrés. Près de là, une grande base carrée
de deux mètres de surface, et un fragment de tore.
Sur les bords de l'Adour, un mur semblable à celui
de M. Lasserre (1),
Partout on rencontre fréquemment des monnaies
romaines ou des débris de constructions anciennes.
Dans le jardin de l'évêché, on a découvert, il y a
(1) J)' Léon Sorbets, Revue de Gascogne, mai 1888.
LES VESTKiES GALLO-llOMAINS. 167
li'cntc ans, des armes gallu-romaities et des mosaïques.
Au Mas, dans la crypte de Sainle-Quitteric, se trouve
le magnifique sarcophage do sainte Huitlerie, datant
du IV'' ou V'' siècle.
On retrouve encore des traces de l'ancien château
des rois Wisigoths.
A Subéhargues, hameau dépendant d'Aire, on a
exhumé une tombe antique, en pierre.
Enfin, la découverte la plus int(''ressante est celle
faite par M. Lasserre sur la colline dite : Camp de
Pompée. Sans vouloir recommencer la description que
nous en avons faite (1), nous dirons que la mise au jour
de nombreux objets, parmi lesquels vingt-neuf autels
votifs, des débris de tuiles et de briques, des restes de
constructions, des monnaies romaines, etc., nous a
amené à conclure qu'un temple dédié à Mars Lelhun-
)ius avait existé sur la colline dite Lasserre ou Camp
de Pompée.
Voici la description sommaire des principaux mo-
numents qui sont aujourd'hui (octobre 1(889) conservés
au Musée de P>orda. à Dax.
1. EX. VOTO (sur le fronton).
MARTI. LEL
HVNNO. OB
SANITATEM
SVAM ET SVOR;;^
TIB. CLAVDIVS
FAVSTINVS
V. S. L, M. (sur le socle).
(1) Emile Taillebois, Le temple de Mars Lelhuiinus, à Aire-
mr-VAdour, et les Inscriptions Aturiennes. Dax, J. Justère,
1885, 1 br. iu-8«.
12
1(J8 CONGRÈS AUGllÉOLOtiinUE DE UA\ ET 15AY0NNE.
Ex voto. Marti Lelhunno , ob sanitatem svam et
siiorum, Tiberius Claudius Faustinus. Votum solvit
libens merito.
« Ex-voto. A Mars Lelhunnus , Tiberius Claudius
« Faustinus, pour sa santé (conservée) et celle des siens.
« Avec reconnaissance, en accomplissement de son
■k vœu. »
Autel en calcaire, avec socle, corniche et attique.
2. MARTI
LELHVNNo
BERVLIVS Tl.
C(L.) SABINIA
NI SER PRo
SE ET SVIS
V. S. L. M.
Marti Lel/iunno, Beridius, Tiberii Claudii Sabi-
niani servus , pro se et suis. Votum solvit libens
mérita.
« A Mars Lelhunnus. Berulius, esclave de Tiberius
<c Claudius Sabinianus, pour lui et les siens. Avec re-
« connaissance, en accomplissement de son vœu. »
Autel en calcaire, avec socle, corniche et attique.
MM. Lavergnc et Sacaze ont cru devoir lire :
BERVLLVS.
3. MARTI LELHVNNO (sur le fronton).
TIB. CLAVDIVS
SOTERICVS
PRO DOMESTICo
FILIO. SVO
V. S. L. M.
LES VESTIGES GALLO-KOMAINS. 1G9
Marli Lelhunno. Tiberius Claudhis Solericus pro
Domeslico, filio suo. Votvm soloit libens mérita.
« A Mars Lellumnus, Tiberius Claudius Sotericus,
« pour Doiiieslicus, son fils. Avec reconnaissance, etc. w
Autel en calcaire avec gullus et paiera sur les
côtés.
4. MARTI (?)
LELNO (?)
////////////
////////////
Autel en calcaire avec socle et corniche.
5. DEO
MARTI
L. ATTIVS
SABINIANVS
Deo Marti. Luciiis Atlius Sabinianus.
Magnifique autel en marbre blanc avec corniche, et,
sur les côtés, le guttiis et la paiera.
0. MARTil) isiir le fronton).
DOMITIV
LiCiNIVS
MYRT FIL
iVS (sur kl moulure).
V S L M (sur le socle).
Marli. Domilius LiciniuS: Myrli /ilius. Votutn
solvil libens merito.
« A Mars. Doniitius Licinius, fils de Myrius. Avec
« reconnaissance, etc. »
Joli petit autel en marbre blanc.
170 CONGIltS ARCHÉOLOGIMLE DE DAX ET UAYONNE.
M. M. Lavergiie et Sacazc ont cru devoir lire :
MART
DOMIN
LICiNIVS
MYRTIL
LVS
V S L M
Marti Domino. Licinius MyrlUlas. Voluni solvit
libens mevilo.
« A Mars, sou maître, Licinius Myrtillus. Avec
« reconnaissance, etc. »
7. PRO SALV (sur le rroiiloii).
L. ATTI. SECV
NDI. L. AT
TIVS. VITA
LIS. V. S. L. M.
Pro saillie Liicii Attii Seeundi, Lucius Atlius
Vitalis. Votum, etc.
a Pour le salut de Lucius Attius Secundus. Lucius
« Attius Vitalis. x\vee, etc. »
Autel en calcaire, avec foculus sur le dessus.
8. QVIRINVS
////ROM (?)///
///////////////////
Les autres autels sont, les uns à l'élat de fragments
avec des restes d'inscription, les autres anépigraphcs.
11 y en a qui sont ornés du focuhis, du guttiis et de la
paiera ; sur l'un d'eux se trouve un Gaulois debout.
LES VKSTIC.ES C. \I.1,(VR0M AIN?. I / I
(ierlains sont si potits <(no la hauteiu- de ruii de ces
autels ne dépasse pas lo centimètres.
Tels sont les monuments intéressants qui prouve-
raient, s'il en était besoin, l'antiquité et l'importance
de la vieille cité Aturine. Il paraît que de nombreux
objets antiques avaient été trouvés précédemment à
Aire, mais ([uils ont été dispersés.
N'oublions pas qu'on rencontre fréquemment dans
les environs d'Aire des deniers d'argent frap|iés par
les Klusates, ce qui semble indiquer que l'on s'en
servait habituellement chez les Tarusates. Ces pièces,
légèrement concaves, au type du Pégase dégénéré,
sont bien (vmnues ; aussi, ne voulons-nous pas les
décrire ici.
Enfin on a trouvé à Eyres (non loin d'Aire), des
pièces barbares rentrant dans le genre de celles des
Elusates et qu'on attribue aux Tarusales. Ces deniers,
légèrement concaves, portent à l'avers une espèce de
tète informe avec deux yeux, et au revers, une sorte
de globule allongé. Les rares exemplaires de ces
pièces ont tous été recueillis à Eyres (canton de
Saint-Sever) , ou dans les environs d'Aire ; c'est ce
qui les a fait attribuer aux Tarusates;.
Nous ne quitterons pas Aire sans signaler aux
archéologues le Musée épiscopal du grand séminaire
qui contient quelques antiquités trouvées dans le
pays, et la collection du D'" Léon Sorbets dans laquelle
on retrouve une foule de souvenirs gallo-romains
qu'il a recueillis à Aire ou dans les environs.
Et quoique cela ne rentre pas dans notre sujet,
nous recommanderons surtout son admiral)le collection
de faïences qui contient des pièces hors ligne.
Duhort. — Camp romain de Castera.
17:^ CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE R.VX ET lUYOXNE.
Saint -Loxibouer. — Castra, camp romain.
Restes de constructîon romaine.
Colonne de marbre antique rouge et blanc, sortant
de terre de 70 centimètres environ et ayant 2o centi-
mètres de diamètre. Cette colonne, qui doit provenir
de quelque temple païen, sert actuellement de borne
à une maison, près de la place.
Sarron-Saint-Agnet. — Camp romain dans lequel
est bâti Sarron.
Éminence des dous Casterots.
Vielle-Soiihiran. — Près de la métairie de Loustalot,
un camp romain de lo7 mètres de circonfrrence. ap-
pelé la Motte romaine.
Canton d'Amou.ses, et le relevé de toutes les
substruction& romaines que l'on a rencontrées depuis
quelques années est soigneusement porté sur un plan
de la ville, de façon à pouvoir reconstituer plus tard
le Dax gallo-romain. Il est, du reste, à noter que l'on
retrouve dans toute la ville les substructions romaines
à 3 et 4 mètres de profondeur.
Des conduites d'eau chaude ont été trouvées dans
plusieurs endroits.
Un grand nombre de fines poteries samiennes avec
de jolis décors ont été recueillies ; plusieurs sont
signées :
1. QVARTVS
sur un fond de vase samien avec fleurs et ornements.
2. C. I. ILIVVCIS
en caractères cursifs, sur la panse d'un joli vase, au
bas d'un lion.
3. V
en graffito.
Al
en graflito.
Rue Large (Maison Darqué), on a trouvé les fonda-
tions d'un monument romain, de nombreux fragments
de colonnes en marbre blanc, et de belles mosaïques, à
un- mètre de profondeur.
LES VESTIGES GALLO-ROMAINS. 48o
Place Saint-Pierre, on a aussi mis au jour des mo-
saïques. C'est lu que commençait l'ancien oicus, appelé
depuis Saint-Pierre-de-Vie.
Des cimetières gallo-romains ont été Irouvés, place
Saint-Pierre, place de la Halle et ù Saint- Vincent-de-
Xaintes. De nombreux objets romains en ont été
exhumés, et partout on a recueilli un grand nombre
de monnaies romaines.
Près de l'hospice, dans le terrain Darqué, on a mis
au jour des sépultures de famille renfermant des vases,
des urnes en terre et en verre contenant des cendres et
même des monnaies.
La cathédrale actuelle a été bàlie, croit-on, sur
l'emplacement d'un ancien temple de Lucine, au(juel
a succédé la chapelle mérovingienne bâtie en 511 par
l'évéque Maxime, chapelle dont la Société de Borda a
retrouvé dernièrement les substructions et dont nous
avons transporté au Musée de Borda de nombreux
restes.
Disons, en terminant la notice sur Dax, que le
Musée municipal de Borda contient tous les objets
antiques recueillis à Dax depuis quelques années.
On peut encore Irouveu un certain nombre d'anti-
quités locales, soit au Musée du Collège, soit dans les
collections de MM. du Bouclier, Dufourcet et Taillebois.
Narrasse. — Castra {tous castros cVArles)^ ancien
fort détaché de l'époque romaine, à 300 mètres de la
route de Dax à Orthez.
Lieu dit Lahitte, près de la route de Dax. Il existe
encore dans cet endroit une pierre de grande dimen-
sion qui paraît être une borne milliaire.
Œyreluy. — Voie romaine.
Lieu dit Lahitte, sur la route de Dax.
18G CONGRÈS AUCHÉOLOGIQUE DE DÂX ET BÂYONNE.
Restes de ferme romaine à Lahouze, où quelques
fouilles ont été faites par la Société de Borda.
M. Tartière fait dériver le nom d'OEyreluy de :
Area Luvii, — \si grande ferme des bords du Luy.
Rivière. — Castra au château de la Roque.
Saint-Pandelon. — Castra au lieu dit Castera.
Saint-Paul-les-Dax.— Restes d'un aqueduc romain
construit avec des briques marquées G * F jf M.
Une partie des colonnes de l'abside de l'église parais-
sent avoir appartenu à un temple païen , qu'on dit
avoir existé sur cet emplacement.
Saubusse. — Castra.
Quelques auteurs croient que Saubusse était la ville
des Sibusates, peuple Aquitain cité par César.
On a trouvé à Saubusse un petit masque en bronze
d'origine évidemment punique , qui est actuellement
au Musée de Borda.
Saugnac. — Castra de Cambran.
Lieu dit La Hitte.
Seyresse. — Dans cette commune, on a trouvé, il
y a une trentaine d'années, un trésor de 30 kilos de
monnaies romaines en petit bronze dont les plus
récentes sont de Crispus (1).
Tercis. — Castra.
Ancienne station romaine [Terciis)^
Canton de Montfort.
Clermont. — Liea dit Hinx, près de Glcrmont. Le
nom de Hinx indique toujours la fm d'un terri-
toire {Finis).
(1) Dompnier, page 69
LES VESTIGES r.AIJ.O-RO.MAINS. iSl
Gamarde. — Castra dit camp de Crassus.
Hinx. — Le nom de Hinx indique ici comme d'iia
bitude la limite d'un territoire.
Castra de Lous-Biré-Castel , près du chemin de
Gamarde. Ce castra s'appelle encore le camp de
César.
Laurède. — Castra.
Lourquen. — Camp romain au Casteron.
Mont fort. — Castra sur l'emplacement du cimetière
actuel.
Onard. — Castra.
Poyartin. — Castra.
Urnes contenant des monnaies de Gallien trouvées
sur ce territoire (i).
Prêchacq. — Sources salines et sulfureuses froides
connues des Romains.
On regarde Prêchacq comme ayant été la ville des
Preciani, peuple Aquitain cité par César.
Lieu dit Lahitte,
Saint-Geours-dWuribat . — Castrum.
Lieu dit Lahitte.
Saint-Jean-de-Lier . — Grotte du Saumon dans
laquelle on a trouvé le squelette d'une femme Wisi-
gothe avec des bracelets en bronze.
Sort. — Urnes romaines.
Lieu dit Teste-de-Buch. Faut-il y voir un rapport
avec la Tasta des Boii ?
Vicq. — Ancien bourg romain {incus). — Gouat de
la Hitte (Gué de la Hitte). Il y a eu là évidemment
une borne milliaire près du gué.
(1) Grateloup.
188 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Canton de Peyrehorade.
pçy^ _ Lieu dit Lahitte, et près de là, un autre lieu
dit Lafitte.
Peyrehorade. — Restes de trois villas à Pardies,
dont l'une sur l'emplacement du moulin d'Igaas.
Mosaïques.
Port-de-Lannes. — Ancien viens.
Sainl-Étienne-d' Orthe . — Castra.
Saint-Lon. — Trois lieux dits : Lahitte, Hitton et
Lahittète (ce dernier, sur la route de Dax à Port-de-
Lannes). Près de Lahitte, la hauteur de Les Cas-
treyres.
Sorde. — Autrefois Sordi, ancienne station romaine.
Les restes romains abondent à Sorde. Dans l'église,
on remarque une admirable mosaïque qui y a été évi-
demment transportée, et que M. Palustre, lors du
Congrès de Dax de 1882, n'a pas hésité à classer parmi
les mosaïques romaines.
Elle représente des oiseaux, un lévrier poursuivant
un lièvre, des animaux fantastiques, etc., le tout
entouré d'entrelacs et de figures géométriques.
Or, on a retrouvé les mêmes mosaïques, à quelques
mètres plus loin, dans la propriété de M'"'' Dufaur, à
60 centimètres de profondeur, où elles sont encore en
place. C'est donc de là qu'elles ont été transportées
dans l'église. Une villa gallo-romaine a par conséquent
existé en cet endroit, sur les l)or(ls du Gave (1).
(1) Lors de la visite fuite à Sorde pendant le Congrès de 1888,
il a été constaté que les mosaïques de M"»» Dufaur ne ressem-
blaient pas'ù celles de l'église. Celles de M"'» Dufaur sont cer-
LES VESTIGES GALLO-ROMAINS. 189
A 1 kilomètre de Sorde, se trouve la métairie de
Barat-de-Yin (1), dans laquelle on voit encore des
restes de murailles en moellons parementces avec
chaînes de briques et percées de trous voûtés en
plein cintre, de 2'^ 50 de hauteur. Un sol de béton
s'étend aux pieds de cette muraille. Au couchant,
on voit une salle de 5 mètres sur 3 mètres 50, pavée
de superbes mosaïques avec cercles , guirlandes, en-
trelacs, trèfles, etc. Le mur extérieur de cette salle
forme le côté d'une tour percée de trois hautes croi-
sées. Cette tour, d'après Dompnier , aurait renfermé
la piscine, car les petits fours carrés destinés à chauffer
l'eau des bains, se voient encore le long de ce mur.
Une importante villa romaine se trouvait donc à
Barat-de-Yin, dans un site délicieux , sur les bords du
Gave.
Canton de Pouillon.
Eslibeaux. — Castra.
Gaas. — Couarde ou Lagouarde. ancien poste avancé.
Ilabas. — Casira de la Sale.
Castra de la Couarde, lieu dit Sanguinada.
Enceinte dite de Puyoo, à 2 kilomètres du castra
de la Couarde, près du tertre de las Mourelles. Sépul-
tures romaines.
Labatut. — Castra.
tainement romaines, taudis que les membi-es du Congrès n'ont
pu se mettre d'accord sur l'époque de celles de l'église, les uns
les reconnaissant comme romaines et les autres les datant du
moyen âge.
(l) Dompnier, p. 41 et 42.
190 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Mimbaste. — Traces de la voie romaine ab Aquis ad
Tolosam (i).
Castra sur la lande, près du pont d'Oro.
Misson. — Camp romain, lieu dit Castra de Moneigt.
Fortifications antiques.
Lieu dit Lahitte.
Ponillon. — Ancien viens romain.
Cimetière gallo-romain découvert en 1749, au Tuc-
de-Bénaruc [t). Cendres, ossements , urnes, lacryma-
toires, armes, lares en fer, etc.
Lieu dit Lahitte, près du chemin de Ponillon à Dax.
Tilh. — Lieu dit Lagouarde.
Canton de Saint-Martin-de-Seignanx.
Nous ne connaissans dans ce canton aucun vestige
romain.
Canton de Saint-Vincent-de-Tyrosse.
Josse. — Lieu dit Lahitte.
Orx. — Lieu dit Hitte.
Saint-Martin-de-IIinx. — Le nom de Hinx semhle
indiquer qu'à une époque éloignée , le territoire des
Tarhelles finissait en cet endroit. Peut-être était-ce la
limite qui les séparait dun peuple client, les habitants
de Laiiurdum ?
Canton de Soustons.
Messanges. — Lieu dit Lahitte, faisant l'angle du
(1) Diifourcet.
(2) Dompnier, p. 08.
LES VESTKIES G \r.r.O-HOM AINS. 191
chemin do Messanges à Azur et de celui de Leshals à
Léon.
Saint-Geourfi-de-Mareinne. — Traces de camp ro-
main.
,Soo)'ts. — On y a trouvé des amphores gallo-ro-
maines.
Soustons. — (lamp romain. — Camin roumiou,
près du tue de la Moite (voie d'Espagne à Bordeaux).
On y a trouvé nn dallage romain.
Tosse. — Lieu dit Lahittc, près du hourg (propriété
de M'"" Rail lard).
Yieux-BoucaH. — Vestiges d'un camp romain.
Traces de voie romaine.
Restes d'un autel gallo-romain au pignadar de Lône
(Ouartiei- do Dulia).
Ici se termine notre tâche, sans que nous ayons la
prétention d'avoir parlé de tous les souvenirs romains
qui existent dans le département des Landes ; sans
doute, nous avons oublié bien des vestiges qui eussent
mérité d'être cités ; sans doute nous avons omis bien
des détails intéressants, et cela souvent avec intention,
pour ne pas allonger encore ce travail déjà trop long.
Mais, tel qu'il est, nous espérons qu'il sera utile aux
chercheurs, qui y trouveront les documents dont ils
ont besoin pour l'histoire de notre pays.
En outre et surtout, nous aurons démontré h ceux
qui croyaient que les Landes étaient im pays sauvage
à l'époque romaine, nous leur aurons démontré que
le pays desTarbelles, le premier entre tous les peuples
de l'Aquitaine, était aussi ouvert à la civilisation que
i92 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
tout le reste de la Novempopulanic, qu'il était
sillonné de voies larges et nombreuses, qu'il était
semé de villes et de bourgs peuplés , de villas
luxueuses, etc. Les Tarbelles , le peuple aux mines
d'or et aux sables aurifères, échangeaient leur métal
avec les produits industriels que leur apportaient les
Phéniciens et les Ibères, venus d'Espagne, après avoir
traversé les monts Pyrène. Ils avaient des relations
commerciales avec les Tectosages d'un côté et les
Biluriges Vivisci de l'autre. Leur ville, alors conune
maintenant, était sans doute l'entrepôt des résines re-
cueillies par les Boii picei. Tout le long de leurs côtes,
leurs marins exercés transportaient les produits du
pays, soit dans l'Ibérie, soit en Armorique, soit même
dans l'île de Bretagne.
Enfin, l'ancienne capitale de l'Aquitaine, la ville des
eaux, Aquœ Tarbellicœ, était déjà célèbre pour ses
boues et ses eaux chaudes, où l'on venait chercher la
guérison de tous les points de la Gaule et de l'Ibérie ;
sa réputation était tellement grande que Julie, fille
d'Auguste,' ne craignit pas d'accomplir le voyage de
Rome à Dax pour recouvrer la santé dans nos eaux
bienfaisantes , et c'est sans doute à sa reconnaissance
que les Aqueuses durent la construction des magni-
fiques Thermes impériaux qui s'élevèrent sur l'em-
placement actuel de la Fontaine Chaude.
IL
ÉTUDE
SUR LES
SARCOPHAGES GALLO-ROMAINS
d'Aire-sur-l'Aclour
DE LUCQ-DE-BÉARN ET DE BIELLE
Par M. Paul LAFOND.
Quand le christianisme, vainqueur du paganisme,
prit possession de TEmpire romain qui croulait de
toutes parts, au lieu de poursuivre l'œuvre de dévas-
tation des barbares, il mit tous ses efforts à maintenir
ce qui restait de celte civilisation, en ce qu'elle avait
de compatible avec la foi nouvelle. Il en fut pour les
arts comme pour les autres productions de l'esprit
humain. Ce qui se trouvait trop en désaccord avec
l'idéal nouveau, dans les traditions païennes, fut seul
écarté. Mais cet idéal étant changé, l'art devait natu-
rellement être différent.
Il se passa cependant de longs siècles avant que la
beauté antique, calme et sereine, fît place à l'expres-
sion austère et ascétique des espérances chrétiennes,
le sourire malicieux des satyres et des faunes au rictus
douloureux des démons et des damnés. Celle transfor-
494 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BÂYONNE.
mation fut donc lente, mais continue, presqu'insen-
sible d'abord, bien près de disparaître tout à fait à
l'époque des invasions épouvantables qui boulever-
sèrent le monde romain. Les dernières productions de
l'art ancien, comme les premières de l'art nouveau qui
lui succédait, se trouvent réunies et pour ainsi dire
confondues dans les monuments chrétiens de la fin du
IIP au V® siècle. Aussi, ne faut-il pas s'étonner si les
tombes chrétiennes de cette époque, qui en sont la
plus haute expression, ne nous paraissent que des imi-
tations plus ou moins heureuses, plus ou moins serviles,
des œuvres grecques et romaines. Celles des dernières
époques ne furent même plus que de maladroites copies
de copies un peu moins maladroites.
A la force qui, chez les Latins, avait remplacé la
grâce des Grecs, avait succédé un épaississement des
formes, devenu rapidement une extrême lourdeur,
descendu peu à peu. par de successives dégénéres-
cences, jusqu'à la plus complète barbarie.
Ces sarcophages, nombreux en Italie ; en Gaule, assez
communs dans le bassin du Rhône, deviennent plus
rares dans la Narbonnaise, plus rares encore dans la
Novempopulanie et l'Aquitaine , et presque introu-
vables dans les provinces du Nord. Leur type se ressent
de leur lieu d'origine. Ceux trouvés dans les Alpes
vienn(uses procèdent, comme le fait observer M. Le
Blaiit (1), du pur style romain. La raison en est dans les
rapports continuels des habitants de celte province
avec Rome. Aussi, les différences qui distinguent les
sarcophages des bords du Rhône des sarcophages ita-
liens sont-elles peu appréciables. Plus on s'écarte de
(1) Le Blant, Sarcophages chrétiens de la Gaule.
ÉTUDE SUR LES SARCOPHAdES GALLO-ROMAINS. 195
ces régions pour ainsi dire romaines, plus le style des
tombeaux devient barbare. Leur forme même n'est
plus la même ; plus étroits par la base, ils sont plus
évasés par le haut. Les sujets qui les décorent peuvent
aussi, jusqu'à un certain point, indi(juer leur prove-
nance, et telle scène, très commune sur les sarcophages
romains, devient très rare, pour ne pas dire inconnue,
sur ceux de l'Aquitaine et de la Novempopulanie.
L'abbé Martigny (1) cite, parmi ces sujets, le Passage
de la mer Rouge, l'PIistoire de Suzanne, la Résurrection
du Sauveur, presque introuvables sur les sarcophages
transalpins et assez habituellement reproduits sur ceux
de la Gaule.
Les régions gauloises les plus anciennement con-
quises par les Romains, celles où leur civilisation
s'établit le plus complètement, sont également celles
où ces monuments se rencontrent les plus nombreux.
Les Gaulois, en contact incessant avec les œuvres d'art
importées chez eux par leurs vainqueurs, ne restèrent
pas longtemps insensibles à leur beauté ; loin de les
mépriser, ils cherchèrent bientôt à les imiter. La civi-
lisation des villes gauloises atteignit rapidement, à
quelque chose près, la civilisation des villes cisalpines.
Comme nous venons de le dire, les rapports étaient
trop fréquents entre la métropole et la colonie pour
qu'il pût en être autrement. Plus que toutes les autres
provinces de l'empire, celles du midi de la Gaule
empruntèrent à Rome toutes les délicatesses de sa civi-
lisation et subirent cette influence que les plus éloignées
ressentirent à des degrés divers. Lors des grandes
(1) L'abbé Martigny, Diclio)maire des Anliquilés chré lien nés,
p. 7i4 et suiv.
ii)6 CONGRÈS ÂRCHÉOLOGIQrE DE DAX ET BAYONNÉ.
invasions germaines, lesmiinieipos des bords du Rhône
ne dilTéraient en rien de la métropole au point de vue
des mœurs, des coutumes et des liabitudes. Marseille,
Arles, Nimes, Orange, les deux Lugdunum, furent de
véritables villes romaines. Mais^ ne l'oublions pas, la
brillante civilisation latine, déjà à son déclin, n'était
l)lus que l'ombre d'elle-même.
Dans les sarcophages du IV" au V"^ siècle, monuments
d'une époque malheureuse entre toutes, malgré l'in-
sullisance du travail, on sent que les praticiens, très
médiocres pour la plupart, qui les ont exécutés, ont
subi l'intluence des modèles des belles époques dont la
Gaule était encore couverte, malgré les invasions bar-
bares se succédant sans interruption. Ces œuvres d'art,
plus ou moins mutilées, les environnaient de toutes
parts et ont dû fatalement impressionner leur goût.
Ils s'en insjiiraient dans la mesure de leurs moyens, en
tout ce qui n'était pas en contradiction formelle avec
le sentiment chrétien. Si les scènes sculptées sur ces
monuments ne nous paraissent pas toujours faciles à
traduire, n'oublions pas que le symbolisme très com-
pliqué dont elles sont empreintes, symbolisme plus
compliqué même que celui des Catacombes, s'explique
par le fait que, placées dans les basiliques ou églises
ouvertes à tous, elles ne devaient être facilement
compréhensibles que des initiés seuls, comme l'ont été
plus tard dans leur symbolisme quintessencié les sculp-
tures des portails gothiques de nos vieilles cathédrales.
Notons aussi que les sujets sculptés sur les sarcophages
chrétiens se retrouvent tous, sans exception, repro-
duits dans les peintures des catacombes de Rome. C'est
(|iie l'église ne laissait rien à la fantaisie des artistes ;
elle avait, dès l'origine, iixé les principaux types qui
ÉTUDE SUR LES SAncOI'HAGES GALLO-ROMAINS. 107
pouvaient être exécutés sur les autels, tombeaux et
autres objets destinés à la vénération des fidèles. Des
règles liiératiqucs avaient été établies alin de réagir
contre les souvenirs innondjrablcs que le monde païen
avait laissés dans tous les esprits et dont les mœurs
gardaient encore la trace. Néanmoins, l'art chrétien ne
se dégagea pas tout d'un coup des entraves dans
lesquelles l'enserra longtemps l'art païen : il lui fallut
un temps considérable pour qu'il put voler de ses
propres ailes, plier les peuples conquis à son idéal, et
venir enfin planer en son merveilleux essor sur le
monde moderne. Les hypogées ouverts de la Palestine
renfermèrent les premiers sarcophages chrétiens qui
datent des temps apostoliques ; nous les voyons ensuite
dans les catacombes romaines où, jusqu'à la seconde
moitié du 111'= siècle, ils furent déposés sur le sol; plus
tard, on en creusa dans le tuf même^ tout en conti-
nuant à en adosser aux murailles des galeries, Quand
la persécution cessa et que le christianisme put se
montrer au grand jour, un plaça les tombeaux des
fidèles à la surface du sol, autour des basiliques.
Comme preuve à l'appui, citons la célèbre nécropole
d'Arles, appelée les Aliscamps, située autour de la
basilique Saint-Honorat où fut enseveli saint Trophime.
Les premiers sarcophages qui servirent de sépulture
aux saints du III« et du IV'= siècles ne furent pas tou-
jours décorés de sujets chrétiens ; quelques-uns même
étaient d'anciens tombeaux païens : bon nombre de
ceux conservés dans nos musées et même dans nos
églises sont dans ce cas.
Laissant de côté les plus connus, ceux exposés dans
les grandes collections publiques , contentons-nous
d'en citer trois, deux en France et un en Italie. Le
198 CONGRKS ARCHÉOLOGIQUE DE D.VX ET BÂYONNE.
premier, dans l'église de Cadcnet, village du départe-
ment de Vaucluse, sur la rive droite de la Burance.
servant de bénitier, en marbre blanc, du IIP siècle,
nous montrant un épisode du mythe de Bacchus et
d'Ariane décrit par M. P. Trabaud (1), et reproduit dans
la Gazette des Beaux-Arts. Le second, dans la chapelle
de l'archevêché de Reims, également en marbre blanc,
mais du IV siècle, sculpté en plein relief et représen-
tant une chasse au lion, également reproduit et décrit
dans la Gazette des Beaux -Arts par M. Alfred
Darcel (2) ; entin, le troisième est ce beau sarcophage
connu de tous ceux qui ont été à Rome, qui se trouve
dans les Jardins de la villa iMédicis au Pincio, où,
entre autres sujets, est représentée l'histoire de Psyché
et d'Eros, mais sur lequel l'épisode de Jonas a été
plus tard introduit, dans le but, sans doute, de le rendre
digne d'une destination chrétienne.
Les sarcophages chrétiens sont ordinairement d'une
époque postérieure, du Y*^ siècle pour la plupart, et
par conséquent d'un art moins pur : mais, malgré
leurs imperfections, malgré la demi-barbarie qu'ils
décèlent, ces tombeaux sont encore la plus haute mani-
festation artistique de ces temps troublés et les princi-
])aux ornements des premières basiliques chrétiennes.
Rien de trop luxueux pour eux : Grégoire de Tours (3)
nous donne un détail pompeux de tout l'appareil dont
l'Église les enveloppait ; des balustrades dorées ou
argentées entouraient le sépulcre qu'abritaient des
(1) P. Trabaud. Fonts baptismaux de Cadenet. Gazelle des
beaux-Arts, n" du l" sept. 1879.
(2) Alf. Darcel. Le Trésor de la Cathéilrale de l\eiins. Gazelle
des Beaux- Arts, n° du 'l»'' avril 1881.
(3j Grégoire de Tours. De gloria conf.
ÉTUDE SUR LES SARCOPHAGES flAI.LO-ROMAINS. 199
ciboria surmontés de croix gemmées ; les plus riches
étofTes les recouvraient ; des colombes d'or suspendues
aux voûtes semblaient planer au-dessus ; des fleurs et
des feuillages verts constamment renouvelés les jon-
chaient avec profusion. De plus, nuit et jour, des
lampes et des cierges brûlaient en leur honneur ; enfin,
des ex-voto sans nombre étaient appendus aux mu-
railles environnantes.
Deux de ces monuments chrétiens, si intéressants
pour l'archéologue, si curieux pour l'artiste, se trou-
vent relégués dans deux vieilles églises des vallées
pyrénéennes : l'un dans l'église du Mas, à Aire-sur-
l'Adour (Landes) ; l'autre dans l'ancienne église abba-
tiale de Lucq-de-Béarn , gros bourg des Basses-
Pyrénées. Nous allons les étudier successivement, et
en terminant leur étude, dire quelques mots des sar-
cophages frustes et presque barbares qui se trouvent
également dans les Basses-Pyrénées, à Bielle, l'ancienne
capitale de la vallée d'Ossau.
Sarcophage d'Aire-sur-l'Adour.
A l'extrémité sud-est des Landes, aux confins du
Gers et des Basses-Pyrénées, se trouve la petite ville
d'Aire-sur-l'Adour, bâtie par l'empereur Honorius, qui
lui donna le nom de Yicus Julii, qu'elle ne porta guère
et changea bientôt en celui d'Atura, d'oîi est venu son
nom français d'Aire. Elle devint rapidement une des
principales cités de la Novempopulanie ; siège d'un
évêché depuis le V'' siècle, elle fut conquise au VP par
les Wisigoths ; Alaric II, leur roi, la choisit pour rési-
dence et y bâtit un palais dont on voit encore aujour-
d'hui quelques vestiges informes sur la colline du Mas,
14
200 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
qui la domine au sud. Là se trouvait, précédemment,
l'oppidum Romanum, la place forte des gouverneurs
impériaux. Les temps devenant plus calmes et moins
tourmentés, ses habitants descendirent sur les bords
de l'Adour et abandonnèrent peu à peu la colline,
aujourd'hui simple faubourg de la ville. La colline du
Mas est couronnée par la basilique de Saint-Pierre, où
se trouve le sarcophage de sainte Quitlerie.
Sainte Quitterie, née en Espagne ou en Portugal,
telles que le frappement du rocher, les tables de la
Loi, le passage de la mer Rouge, qu'on retrouve presque
inévitablement sur les tombes cisalpines, véritable
désignation de provenance, et qui font ici absolument
défaut. Pour la question du transport du monument à
Aire, elle ne présente aucune difficulté. Des routes
romaines sillonnaient à cette époque l'Aquitaine et la
Novempopulanie , mettant Toulouse et Lugdunum
Convenarum en communication avec les capitales des
Elusates, Elusa (Eause), des Ausci, Augusta Auscorum
(Auch), et les autres villes de moindre importance du
pays.
Après le martyre de sainte Quitterie, un évêque
d'Aire (comme nous le savons, cette ville était déjà le
siège d'un évêché) commanda sans doute ce sarcophage
dans une des deux villes dont nous venons de parler
et le fit transporter dans la basilique élevée sur la
colline du Mas, plus tard détruite par les Normands,
pour y déposer les restes de la sainte et les exposer à
la vénération des fidèles. Ajoutons que dernièrement
Mgr Delannoy, évêque d'Aire, vient de faire restaurer
la crypte de l'église du Mas ; la surélévation du sol
1) Le tilant, Sarcoj-hages chrétiens de la Gaule.
ÉTUDE Sru LES SARCOPHAGES GALMI-ROMAINS. 211
produite par ragglomération des années a été déblayée,
et le pavage primitif en pierre retrouvé à un mètre en
contre-bas. La crypte a repris alors ses proportions
anciennes, et Varcosolium dans lequel se trouvait le
sarcopbage a été complètement dégagé. Disons enfin
que l'État voulut, il y a un certain nombre d'années,
se rendre acquéreur du sarcophage de Sainte-Quitterie,
mais ne put en obtenir la cession de la Fabrique de
l'église, qui refusa de s'en défaire. Le I)"" Sorl)ets (1)
rapporte que Mérimée, alors inspecteur des monuments
historiques, tenta en vain de l'acheter au compte du
ministère, pour le musée de Cluny.
Sarcophage de Lucq-de-Béarn.
Sur la lisière du pays basque, mais cependant encore
en Béarn, à environ 12 kilomètres d'Oloron, la vieille
cité du vicomte Genlulle. dans une contrée accidentée,
anciennement couverte de forêts, se trouve le gros
village de Lucq (Lucus, bois sacré), qui renferme les
ruines d'une puissante abbaye de Bénédictins, fondée
au X*^ siècle par Guillaume Sanche, duc de Gascogne,
quoique divers historiens veuillent en faire remonter la
création à Gharlemagne. Du monastère, ruiné en 1569
par les troupes de Montgommery, le terrible lieutenant
de la non moins terrible reine Jeanne d'Albret, il ne
subsiste plus aujourd'hui que des murailles, une porte
à mâchicoulis de la fin du XIT" ou du commencement
du XV'' siècle, assez bien conservée, et une haute tour
ronde de la même époque, qui s'évase en encorbelle-
ment au second étage pour se terminer en cylindre
(1) Dr Sorbets Abbaye de Sainte-Quilterie, p. 4.
13
ili CONGRÈS AUCHÉdLOGIOlE DE DAX ET DAYONNE.
plus développé. Celte tour est flanquée d'une seconde
également ronde qui renfermait l'escalier aujourd'hui
complètement en ruines, et dont il ne reste plus que
des vestiges. De l'église abbatiale, le chevet, composé
de trois absides du XIIP siècle, est seul intéressant ; la
nef ne remonte pas au-delà du XVII% et le reste de
l'édifice, avec le lourd clocher qui l'écrase, ne mérite
guère d'attirer l'attention.
Dans l'angle nord-ouest du collatéral de l'église,
près des fonts baptismaux, se trouve appuyé, contre le
mur, dans un coin obscur, un sarcophage déterré à un
mètre environ au-dessous du sol du milieu de la nef, il
y a, paraît-il, près de trois quarts de siècle. Ce sarco-
phage, en marbre blanc, auquel manque le couvercle,
mesure 2"> io de longueur sur 0'"71 de hauteur. Les
parois ont une épaisseur de 0'"06 1/^. L'intérieur de
la cuve, profonde de 0"' oO, présente à une de ses extré-
mités inférieures un arrondissement d'angle de 0'" 15
de rayon, destiné, comme le fait remarquer M. Ch. Le
Cœur (J), à poser la tête du personnage auquel il de-
vait servir de sépulture.
Il est décoré sur trois côtés : sa face principale nous
montre divers sujets, et les deux panneaux de la télé
et des pieds chacun un épisode de l'Écriture-Sainte.
La frise de la face principale, d'une ordonnance
pleine de grandeur et de noblesse, prouve que le
sculpteur dont elle est l'œuvre s'était heureusement
inspiré des modèles de l'art grec. Le personnage qui
en occupe la partie centrale domine toute la scène,
qu'il sépare en deux, et les différents épisodes qui, se
«
(I) Ch. Le Cœur. Promenades arcIiéoJnrjiques eu Bôarn,
page 21i.
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ÉTUDE SUR LES SARCOPHAGES GALLO-ROMAINS. 213
déroulent à sa droite ou à sa gaucho, gravitent autour
de lui. Les deux extrémités du bas-relief sont occupées
par des figurations du sacrifice d'Abraham et de la
résurrection de Lazare se faisant pendant. Le balance-
ment heureusement trouvé des lignes, le rappel archi-
tectonique des deux édicules terminaux, donnent à
l'ensemble, auquel les différents détails demeurent
absolument subordonnés , une assise des plus heu-
reuses.
La figure centrale de cette frise est sans aucun doute
le Christ, accompagné de quelques-uns de ses apôtres
qui l'assistent dans l'accomplissement de ses miracles :
les deux premiers regardent le divin Maître , vers
lequel ils sont tournés, celui de gauche portant dans
les plis de sa robe un objet informe bien difficile à
définir, celui de droite un plateau duquel sont tombés
à ses pieds deux pains ronds, symbole de la sanctifi-
cation de l'âme par le pain eucharistique. Il ne faut
pas s'étonner de ne trouver ici le Christ, assisté que de
quelques-uns seulement de ses disciples ; pareille dis-
position se rencontre sur un certain nombre de monu-
ments de la même époque. Ensuite, en poursuivant
vers la droite, viennent deux apôtres tenant des rou-
leaux de papyrus à la main, qui semblent prendre
part à la scène du sacrifice d'Abraham, la dernière du
bas-relief du côté droit. Le second des apôtres, tenant
des rouleaux ou volumen à la main, pose la main sur
l'épaule d'un troisième personnage, paraissant chercher
à arrêter le patriarche, qui tient un glaive de la main
droite et se dispose à immoler son fils nu et à genoux,
qu'il a saisi par les cheveux de la main gauche : au
second plan, se voient deux femmes, dont l'une se tient
dans une pose éplorée, près d'un édicuh; qui renferme
214 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
inlérieuremeiil le bélier destiné à remplacer Isaac, et
sur le faîte duquel repose un homnne nu étendu.
Les deux femmes du second plan sont très proba-
blement Sarah el une suivante, quoique leur présence
en ce lieu soit en désaccord formel avec l'Écriture-
Sainte, et que nous n'en ayons rencontré aucun autre
exemple sur les monuments des premiers siècles chré-
tiens.
Du côté gauche, après le disciple avoisinant le
Christ, est placé un second apôtre tenant un volume à
la main, tourné vers un personnage posant la main sur
la tête d'un enfant. Encore une figuration du Christ,
mais mêlé cette fois au reste des personnages. C'est là
sans doute la paraphrase de ces paroles de l'Évangile :
f( Celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là
sera grand dans le royaume des cieux. » Puis, tout à
côté, le Paralytique emportant son grabat sur les
épaules. Le Paralytique est ici représenté de taille
beaucoup plus exiguë que le Christ et les autres ac-
teurs de ces scènes. L'artiste n'a fait en cela que de se
conformer à cette règle du symbolisme de la primitive
Église, demandant qu'il fût ainsi figuré pour montrer
son infériorité à côté du Sauveur, exerçant sa puissance
sur les hommes par des guérisons miraculeuses. Cette
scène est une des plus fréquemment représentées sur
les sarcophages gallo-romains; nous venons d'en
avoir un exemple par celui d'Aire. Le dernier sujet du
côté gauche, c'est la résurrection de Lazare. Au pre-
mier plan, un personnage humblement prosterné ,
figurant probablement Marie que le Christ touche de
sa baguette (le lituus romain, le nimbe n'existait pas
encore, et la baguette augurale était alors un attribut
de la puissance, comme le fait remarquer M. Cenac
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ÉTUDE SUR I.ES SÂRCOIMIAGES GALLO-ROMAINS. 213
Moncaut) (1) ; à côté du Christ se trouve un autre per-
sonnage, Marthe sans doute, puis enfin derrière elle,
le tombeau où est placé debout le cadavre , ou plutôt
la momie do Lazare enveloppée de bandelettes, à part
la tête qui est découverte. Ce tombeau rappelle l'édi-
cule de l'autre extrémité de la frise et sur sa partie
supérieure repose également un homme nu étendu.
Comme nous l'avons dit à propos du tombeau de
sainte (juitterie, où est également représenté l'épisode
de la résurrection de Lazare, c'est là une image de la
résurrection de la chair et une des plus souvent re-
produites à cette époque sur tous les monuments
chrétiens de quelque espèce qu'ils soient. Les sarco-
phages la reproduisent de difîérentes façons. Quelque-
fois, comme dans celui d'Aire, le Christ et Lazare sont
seuls figurés, mais le plus souvent , Marthe et Marie
prennent part à la scène ; Marie agenouillée en arrière
et Marthe debout à la droite du Sauveur, comme dans
une sculpture du cimetière du Vatican (2), ou même,
comme c'est le cas ici, prosternée aux pieds du Sau-
veur (Joan. II, 323).
Nous devons encore voir, dans la résurrection de
Lazare, une allusion à la résurrection des ùmes après
la mort. Le Christ étant descendu sur la terre pour
sauver l'homme et le racheter de la tache du péché
originel, il devient naturel de placer ce grand fait au
commencement et à la fin de toute œuvre chrétienne.
Le sacrifice d'Abraham est le symbole de Jésus ve-
'I) Genae Moncaut. Voyage archéologique dans l'ancienne
vicomte de Béarn, p. 10.
(2) Botlavi. Sculluve e pUlure saijre eslralle dal cimiteri di
lioma. XLII.
:216 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET liAVONNE.
liant mourir sur la croix pour payer la rançon de
l'homme, et la résurrection de Lazare est l'image de
sa résurrection spirituelle. Les deux cadavres, étendus
sur les édicules de chaque angle , représenteraient
alors l'homme mort, attendant du Christ son retour à
la vie.
SARCOPHAGE DE LUCQ-I)E-CEARN.
Face latérale (tète).
ADAM ET EVE.
Sur les deux panneaux des extrémités de la cuve,
sont sculptés d'un ciseau inhahile et grossier, qui ne
rappelle en rien la conception et l'exécution de la frise
principale^ d'abord : Adam et Eve nus, devant l'arbre
du bien et du mal, au miheu des branches duquel on
aperçoit le serpent , tournant la tête vers notre pre-
mière mère, et, ensuite Daniel, conformément à la
ETUDE SUR LES SAUCOI'IlAdES GAM.O-UOMAJNS.
21'
tradilioii celle fois , également nu , clans la fosse ,
debout, dans une attitude de prière , les bras levés
vers le ciel, tandis que, dans le fond, se distinguent à
peine deux personnages très frustes. Au pied du pro-
phète sont deux lions à peine dégrossis, mais quoique
les Ecritures comptent sept de ces animaux . nous
avons déjà expliqué plus haut que les figurations de
SARCOPHAGE UE LL'Cn-DE-UEABN.
l'uce latérale (pieds).
DAMKL DANS LA FOSSE AUX LIONS.
ce fait n'en portent jamais plus de deux. Maintenant
quels sont les deux personnages à la droite et à la
gauche de Daniel? Très certainement, comme dans un
grand nombre de monuments de la même époque,
218 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DÂX ET BAYONNE.
d'un cùlé Habacue , apportant à Daniel des aliments,
figure du soulagement que les prières des vivants
apportent aux âmes du Purgatoire (1), et peut-être
aussi le symbole de l'Eucharistie, et de l'autre, ce
personnage couvert du pallium dont les archéologues
n'ont pas encore défini le rôle.
Quoique ce sarcophage ait passé six ou huit siècles
enfoui à un ou deux mètres du sol, ce qui n'a pu
qu'aider à sa conservation, il est loin de nous être
parvenu intact. Toutes les têtes des personnages ont
disparu, à l'exception des deux qui se trouvent au
second plan ; celle de la suivante de Sarah, dont la
coiffure compliquée est des plus étranges, et celle d'un
soldat, au masque énergique et vigoureux.
Bien que ce soit là une œuvre de la décadence, comme
nous l'avons dit, on sent dans les sculptures de ce
tombeau un souffle encore puissant et un souvenir
encore très vivant d'un art bientôt complètement
oublié. Comme le sarcophage de sainte Quitterie, ce
dernier est incontestablement d'origine gallo-romaine
et a, sans doute, été également apporté de Toulouse
ou de Lugdunum Gonvenarum. Nous avons déjà exposé
les raisons sur lesquelles nous basons notre opinion.
Signalons en passant l'existence, au musée de Toulouse,
d'une cuve, de dimensions plus restreintes, dont les
sculptures reproduisent presque identiquement celles
de ce tombeau, traitées d'un ciseau cette fois absolu-
ment barbare et sauvage (:2).
De quel personnage ce sarcophage a-t-il renfermé
les restes? Nous ne pouvons le dire : tout au plus est-il
(1) Aringlii. Roma sublerranea, t. II, p. 504.
(2) Le Blanl. Sarcop/iarjcs chrélion^ de la Gnule, p. '237.
ÉTUDE Si:n LES SAUCOl'IIAr.ES r.AM.O-ROMAINS. iU)
permis de hasarder des conjectures. M. l'abbé Men-
joulet (i) émet l'opinion qu'il servit de sépulture à un
capitaine de Ghildebert, roi des Francs, qui quitta
l'armée de ce prince revenant d'assiéger Saragossc, en
544, en passant par Lucq, à la vue des miracles de
saint Vincent, diacre et martyr, pour se consacrer
dans ce lieu à la vie religieuse. Le tombeau serait alors
de la fin du VP siècle, chose absolument inadmissible.
Tout au plus est-il du Y". Pour qui donc a-t-il été fait
et amené dans ce pays, alors sauvage, au milieu des
forêts, au pied des Pyrénées? Questions impossibles à
résoudre. Pour quehjue saint vénéré dans la région
sans doute ; peut-être pour ce saint Vincent, diacre et
martyr, dont les reliques opéraient des miracles à
Lucq, comme nous l'apprend la conversion du lieute-
nant de Ghildebert. Mais là encore tout n'est qu'obscu-
rité et incertitude.
Maintenant que nous avons étudié successivement
les deux sarcophages d'Aire et de Lucq, qui peuvent
être mis au nombre des monuments les plus intéres-
sants que nous aient légués les IV^ et V^ siècles, nous
devons ajouter qu'ils ont été exécutés à la limite
extrême où l'art confine à la barbarie, et qu'ensuite il
n'y a plus que le chaos.
Sarcophages de Bielle.
A l'extrémité Sud du Béarn, au milieu de la vallée
d'Ossau, une des plus fertiles et des plus verdovantes
(1) L'abbé Menjoulet. Chronique du dioche d'Olomn , t I
p. 139.
2:20 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
des Pyrénées, sur la route de Pau à Laruns, se trouve
le bourg de Bielle (i), autrefois capitale de la vallée,
édifié sur l'emplacement d'une villa romaine dont il
reste de nombreux vestiges, entre autres, de superbes
mosaïques, aujourd'hui malheureusement bien près
d'être entièrement détruites et de magniliques colonnes
antiques qui soutiennent la voûte du chœur de l'église.
Cette église, sous le vocable de saint Vivien , est un
édifice du XV siècle, composé d'une nef médiane, ter-
minée par une abside à pans coupés et de deux colla-
téraux. Le portail, du XV siècle, comme le reste de
l'église, est assez richement décoré et dans un état de
conservation qui laisse peu à désirer , grâce au large
auvent qui l'abrite et repose sur deux puissants con-
treforts. L'extérieur de l'éditice est excessivement
simple: bâtis en moellons et en cailloux roulés du
Gave, les murs ne montrent la pierre de taille qu'aux
encadrements des fenêtres et aux angles des contre-
forts destinés à retenir la poussée des voûtes.
Sur le côté latéral de l'église donnant au sud, se
trouvait jadis accolé un petit cloître de 40 mètres de
côté, aujourd'hui démoli. Sur l'emplacement de ce
cloître , on a déterré il y a quelques années, plusieurs
sarcophages dont deux à peu près intacts sont placés au-
jourd'hui, l'un sur la façade de'l'église, entre le portail
et le contrefort, sur lequel repose l'auvent signalé tout
à l'heure , et l'autre , entre le premier et le second
contrefort du mur latéral du côté sud ; un troi-
sième, dont il ne reste plus que des fragments, se
trouve à la suite du second. Un quatrième sarcophage
avait été découvert lors des travaux exécutés à l'église,
(1) Ch. Le Cœur. Promenades arcJiéolocjlqncs en Bcavn, p. 189.
ÉTUDE SUR LES SAlîCOI'UAClES GAM.O-ROMAINS. "I^ll
voici une vingtaine d'années, et enfoui de nouveau
presque aussitôt, lorsque ces travaux ont été achevés.
Il était, paraît-il, en morceaux.
Le premier sareoi)hage, ou pour mieux dire, le cou-
vercle de ce sarcophage, car c'est tout ce qu'il en reste,
consiste en un énorme bloc de marbre blanc des
Pyrénées, sortant sans doute d'une carrière voisine, car
il est bien difficile de penser qu'avec les moyens de
mmMm
PREMIER SARCOPHAGE DE BIELLE.
transport restreints qui existaient alors et le peu de
chemins praticables qui se trouvaient dans ces régions,
on eût pu facilement transporter à de grandes distances
une masse aussi pesante. Sa longueur est de i2""20 sur
4'" 18 de largeur et même 1"'40, si on y comp'rend le
côté droit qui se trouve sur une de ses faces latérales.
Ce côté s'élève perpendiculairement à une hauteur de
0'"28 avec une épaisseur de 0'"10 au sommet; il est
sensiblement plus long que le corps du monument,
puisqu'il mesure ;2'" 80.
Ce sarcophage est construit en dos d ane, ou pour
:222 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ÏÏT BAYONNE.
mieux dire, en forme de lumulus; le côté droit dont il
vient d'être question se trouve sur un de ses côtés seu-
lement, l'autre côté devant primitivement sans doute
être adossé à une muraille. Nous n'avons découvert
sur ce monument aucun relief d'aucune sorte ; à peine
quelques traces d'une ancienne inscription presqu'ab-
solument effacée et totalement illisible , se dessinent
sur le sommet du côté servant à isoler le monument.
Le second sarcophage, en forme de tombeau, avec
un couvercle en arête et à quatre pans inégaux, est
en pierre ordinaire du pays ; il est absolument fruste
SECOND SARCOPHAGE DE BIELLE.
sans aucune figure ni inscription. Un des côtés du
couvercle au point d'intersection avec l'auge est brisé
et laisse voir l'intérieur de la cuve vide de tout vestige
intéressant et ne renfermant que des détritus et des
gravats.
Voici ses dimensions :
Longueur du couvercle^ 2'" 22 sur une largeur de
0'" 75.
La crête des quatre pans à arête et à côtés inégaux
mesure 0'" 76.
Longueur de la cuve, 2'" 10 sur une largeur do 0"^ 62.
ÉTUDE SUR LES SARCOPHAGES GALLO-ROMAINS. 223
Les côtés ont une épaisseur de 0'"8.
La cuve une profondeur de 0'" 20 ; comme elle va
en se rétrécissant par le bas, elle ne mesure plus au
ras du sol que 2'" seulement de longueur extérieure-
ment et 1'" 80 intérieurement, tandis qu'intérieure-
ment, au point d'intersection du couvercle et de l'auge,
elle offre une longueur de 1™ 95.
Le troisième sarcophage, dont il ne reste plus ({uc
des débris, consiste en trois fragments importants du
couvercle. Il était en marbre blanc et devait avoir la
forme du premier, avec un dessus arrondi également
en forme de tumulus.
Le sol de l'ancien cloître renferme encore bien
d'autres tombeaux de même espèce, enfouis très peu
profondément ; entre les pierres et les herbes, on voit
le sommet de certains d'entre eux apparaître : en frap-
pant du pied, on sent la dalle résonner. Il serait fort
à souhaiter que des fouilles pussent être entreprises en
ce lieu ; les dépenses ne devraient pas être bien éle-
vées et elles donneraient, nous n'en doutons pas, des
résultats du plus haut intérêt, qui permettraient non
seulement de fixer l'époque où ont été taillés ces tom-
beaux , mais éclairciraient également beaucoup de
points encore obscurs de l'histoire de la civilisation
des vallées pyrénéennes dans la période gallo-romaine.
16
m.
LES DÉCRETS DU 3 JANVIER 1889
SUR LA
CONSERVATION DES MONUMENTS
ET OBJETS D'ART
AYANT UN INTÉRÊT HISTORIQUE ET ARTISTIQUE
Nous avons publié dans le Bulletin Monumental
de 1887, la loi du 30 mars 1887, sur la conservation
des monuments et objets d'art ayant un caractère his-
torique et'artistique, ainsi que la liste des monuments
historiques classés au moment de la promulgation de
cette loi, nous donnons aujourd'hui deux décrets du
3 janvier 1889. le premier portant règlement d'admi-
nistration publique pour l'exécution de celte loi , le
second réglant l'organisation et les attributions de la
Commission des monuments historiques.
Ces décrets ont été, ainsi que la loi du 30 mars 1887,
l'objet d'une étude remarquable présentée par M. Th.
Ducrocq, professeur à la Faculté de Droit de Paris et
ancien président de la Société des Antiquaires de
l'Ouest, à l'Académie des Sciences morales et politiques,
dont il est correspondant (1).
(1) La loi du 30 mars 1887 et les décrets du 3 janvier 188'J,
sur la conservation des monuments et objets mobiliers présen-
tant un intérêt national au point de vue de l'histoire ou de
LES DÉCRETS DU 3 JANVIER 1889. 225
Nous aurions désiré reproduire ce travail, mais sou
étendue ne nous le permet pas, aussi y renverrons-nous
ceuxde nos confrères qui voudraientse rendreun compte
exact des difficultés que soulève l'application de celte
nouvelle législation. Toutefois, nous avons indi([ué en
note que](iues-uncs des questions signalées par M. Du-
crocq et qu'il peut être utile ù tous de connaître.
M. Challamel, qui a publié dans la Revue de Légis-
lation comparée une étude sur la loi du 30 mars 1887,
a rédigé, à l'occasion du Congrès pour la protection
des monuments, un mémoire sur le même sujet , qui
n'est pas encore publié.
I.
Le Président de la République française ,
Sur le rapport du .Ministre de l'Instruction publique
et des Beaux- Arts ,
Vu la loi du 30 mars 1887, relative à la consoi-va-
tion des monuments et objets ayant un intérêt histo-
rique et artistique (1), notamment l'article 18 ainsi
conçu : « Un règlement d'administration publique dé-
termine les détails d'application de la présente loi w ;
Le Conseil d'État entendu ,
Décrète :
Art. 1*"'. — Le classement, en totalité ou en partie,
des immeubles i)ar nature ou par destination, dont la
l'art, par Th. Duaocq. Paris, libr. Alph. l^icard, 1889, ia-8»,
64 p.
(1) La loi du 30 mars 1887 parle des monuments et objets
d'art ayant un intérêt historique ou artistique , le décret du
226 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
conservation peut avoir, au point de vue de l'iiistoire
ou de l'art, un intérêt national , est ])rononcé par
arrêté spécial du Ministre de l'Instruction publique et
des Beaux-Arts.
L'arrêté détermine les parties de l'immeuble aux-
quelles le classement s'applique. Il vise l'avis de la
Commission des monuments historiques et , s'il y a
lieu, ceux du Ministre intéressé et des représentants
légaux de l'établissement public propriétaire.
Art. 2. — Si l'immeuble appartient à l'État, l'ini-
tiative du classement est prise soit par le Ministre dans
les attributions duquel cet immeuble se trouve placé,
soit par le Ministre de l'Instruction publique et des
Beaux-Arts.
En cas de désaccord , le Ministre de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts transmet au Conseil
d'État, avec les observations de son collègue, le projet
de décret prévu par l'article 2 de la loi du 30 mars 1887
et l'avis de la Commission des monuments historiques
et les observations de son collègue.
\j;p. 3. — Les|demandes de classement des immeubles
appartenant à des établissements publics sont formés :
i" Si l'immeuble appartient à un département , par
le Préfet avec l'autorisation du Conseil général ;
2° S'il appartient à une commune, par le Maire avec
l'autorisation du Conseil municipal ;
3 janvier 1889, dit partout ayant un intérêt historique et artis-
tique; M. Ducrocq pense avec raison que le décret n'a pu nio-
dilîer l'esprit de la loi et qu'il suffit que l'immeuble ou l'objet
d'art possède une des deux qualités, soit historique, soit ar-
tistique.
LES DÉCRETS DU O JAN\'IER 1889. 227
3° S'il appartient à une fabrique , par le Trésorier
(lu Conseil de fabrique , avec l'autorisation de ce
Conseil ;
4° S'il appartient h tout autre établissement public,
par les représentants légaux de l'établissement.
A défaut de ces demandes, le eonsentement du dé-
partement , de la commune, de la fabrique ou de
l'établissement public est provoqué, sur l'initiative du
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,
par le Ministre sous l'autorité duquel l'établissement
est placé.
Dans le cas où l'immeuble a fait l'objet dune affec-
tation, ratîectatairc doit être consulté.
Art. 4. — Si l'établissement public n'a pas donné
son consentement ou si l'avis du Ministre sous l'auto-
rité duquel limmeuble est placé n'est pas favorable,
le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-
Arts transmet au Conseil d'État , avec le projet de
décret et l'avis de la Commission des monuments his-
toriques, les observations des administrations ou éta-
blissements intéressés et celles de son collègue.
Akt. 5. — Le classement de l'immeuble appartenant
à un particulier ne peut être prononcé qu'après que le
propriétaire en a adressé la demande au Ministre de
l'Instruction publique et des Beaux-Arts , ou qu'il a
donné son consentement par écrit (1).
(1) Les établissements d'utilité publique, tels que les Sociétés
savantes reconnues, ne sont pas rangés parmi les établisse-
ments publics et restent, par suite, au point de vue du clas-
sement de leurs immeubles, dans les conditions des parti-
culiers. D'où découlent ces quatre conséquences : 1° les
228 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
L'arrêté qui prononce le classement en détermine les
conditions et mentionne l'acceptation de ces conditions
par le propriétaire.
Aj^j. q — Tontes demandes de classement adressées
au Ministre doivent être accompagnées, entre autres
pièces, des documents graphiques représentant l'im-
meuble ou les détails intéressants dont le classement
est demandé et, autant que possible, des photographies
de ce monument.
AuT. 7. — Lorsque l'accord s'établit entre le Ministre
de rinstruetion publique et des Beaux-Arts et l'établis-
iinmeubles des ctal)lissemeuts d'uUlilé publique ne peuvent
être classés qu'avec leur assentiment , sauf expropriation ;
2» pour leurs immeubles classés avant la loi nouvelle, ils peu-
vent réclamer le déclassement de droit dans les mêmes condi-
tions que les particuliers ; 3" leurs objets mobiliers échappent
à tout classement ; 4° en cas de fouille ou de découverte dans
les terrains leur appartenant, l'autorité ne peut prescrire au-
cune mesure, sauf l'expropriation totale ou parlielledu terrain.
Les Sociétés d'Archéologie, d'Histoire, de Beaux-Arts et les
autres établissements d'utilité publique, qui posséderaient des
monuments historiques et artistiques, n'en auront pas moins
très souvent intérêt, ajoute M. Ducrocq, à en demander le
classement. Ils pourront y gagner l'avantage d'obtenir une
allocation, non pas obligatoire sans doute mais possible sur le
crédit des monuments historiques , pour les ti'avaux néces-
saires à la conservation de leur immeuble. Ils y gagneront
toujours la décharge des servitudes d'alignement, de nivelle-
mont, de grattage, etc., et enfin, au cas où une expropriation
pour l'ouverture de quelque voie publique ou la réalisation
d'autres travaux publics viendrait à les menacer, lu garantie de
l'intervention nécessaire do la Commission des monuments
historiques et du Ministrrc de l'instructioii publique ot des
Beaux-Arts.
LES DÉCRETS DU 3 .tANVIEU 1889. 229
scment ou le particulier propriétaire de l'immeuble,
l'arrêté du Ministre doit intervenir dans les six mois, à
dater du jour de cet accord.
A défaut d'arrêté dans ce délai, le projet de classe-
ment est considéré comme abandonné.
Art. 8. — Le classement d'un immeuble n'implique
pas nécessairement la participation de l'État aux tra-
vaux de restauration ou de réparation.
Dans le cas où une partie de ces dépenses est mise à
sa charge, l'importance de son concours est fixée en
tenant compte de l'intérêt de l'édifice, de son état
actuel et des sacrifices consentis par le département, la
commune, l'établissement public ou le particulier pro-
priétaire du monument.
AiiT. 9. — Le classement d'un immeuble et l'exécution
par l'Etat de travaux de restauration ou de réparation
n'impliquent pas la participation de l'État dans les
charges des travaux d'entretien propi-ement dits.
Aht. 10. — Tous projets de travaux concernant un
monument classé sont adressés ou communirpiés au
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.
Si le projet comporte une demande d'allocation sur
le crédit affecté aux monuments historiques, il est
accompagné de pièces établissant : 1'^ la situation
financière du département, delà commune ou de l'éta-
blissement public qui sollicite la subvention ; 2° le
montant des sacrifices consentis, soit par l'établisse-
ment, soit par le particulier propriétaire, et celui des
allocations de foute nature qui pcnirraient concourir à
la dépense.
230 CONGRÈS ARCHÉOLOGIOlîE DE DÂX ET BÂVONNE.
p^^j \\. — Sont compris parmi les travaux dont les
projets doivent être soumis à l'approbation du Ministre :
les peintures murales, la restauration des peintures
anciennes, l'exécution des vitraux neufs et la restau-
ration des vitraux anciens, les travaux qui ont pour
objet d'agrandir, dégager, isoler et protéger un mo-
nument classé, et aussi les travaux tels qu'installation
de chauffage, d'éclairage, distribution d'eaux et autres
qui pourraient, soit modifier une partie quelconque du
monument, soit en compromettre la conservation.
Est également comprise parmi ces t^^.vaux la con-
struction de bâtiments annexes à élever contre un
monument classé.
Aucun objet mobilier ne peut être placé à perpé
tuelle demeure dans un monument classé sans l'auto-
risation du Ministre de l'Instruction publique et des
Beaux-Arts.
Art. 12. — Les immeubles qui seraient l'objet d'une
proposition de classement en cours d'instruction ne
pourront être détruits, restaurés ou réparés sans le
consentement du Ministre de l'Instruction publique et
des Beaux-Arts, jusqu'à ce que la décisior». ministérielle
soit intervenue, si ce n'est après un délai de trois mois
à dater du jour où la proposition aura été régulière-
ment portée à la connaissance de rétablissement public
ou du particulier propriétaire.
Art. 1.3. — Si, nprès le classement d'un monument
appartenant à un particulier, et en dehors des condi-
tions prévues par l'article 3 de la loi, l'I'jtat accorde
une subvention pour la conservation ou la restauration
de ce monument, l'arrêté ministi'riol (pii alloue la
LES DÉCRETS DU 3 JANVIER 1889. 231
subvention détermino les conditions particulières qui
peuvent être imposées au propriétaire, et mentionne le
consentement écrit de celui-ci.
Art. 14. — Sont considérés comme régulièrement
classés avant la promulgation de la loi :
1" Les monuments classés avec le consentement de
ceux auxquels ils appartiennent ou dans les nltribu-
tions desquels ils se trouvaient placés ;
2" Les monuments qui auraient été classés d'office
par le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-
Arts, et dont le classement, après avoir été porté à la
connaissance des intéressés, n'aura été l'objet d'aucune
protestation dans le délai de trois mois ;
3° Les monuments classés pour lesquels l'État aurait
fait une dépense quelconque sur le crédit affecté aux
monuments historiques.
Art. 13. — Le délai d'un an , accordé aux particu-
liers par l'article 7 de la loi pour réclamer le déclas-
sement des monuments pour lesquels l'État n'a fait
aucune dépense, ne commence à courir qu'à dater de
la notification faite au propriétaire , si elle est posté-
rieure à la promulgation de la loi.
Six mois après la réclamation , le monument est
déclassé de droit, sans qu'aucune formalité soit né-
cessaire.
Art. 1G. — Los articles 0, 8 et 10 du présent règle-
ment sont applicables aux objets mobiliers apparte-
nant à l'État, aux départements, aux communes, aux
fabriques et aux établissements publics , dont la con-
servation présente, au point de vue de l'histoire et de
l'art, un intérêt n.ilionnl.
232 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Art. 17. — Le classement des objets mobiliers pres-
crits par Tarticle 8 de la loi est fait par le Ministre de
l'Instruction publique et des Beaux-Arts, soit d'office,
soit sur la demande du Ministre dans les attributions
duquel est placé le service auquel ces objets sont
affectes, soit sur celles des représentants légaux de
l'établissement propriétaire (1).
Art. 18. — Le classement de ces objets est notifié :
si les objets classés appartiennent à l'État, au Minis-
tre dans les attributions duquel est placé le service
auquel ils sont aft'ectés; s'ils appartiennent à un éta-
blissement public, aux représentants légaux de cet éta-
blissement et au Ministre dans les attributions duquel
il est placé.
En ce qui concerne les départements et les com-
munes, le délai de six mois dans lequel la réclamation
peut être faite ne court que du dernier jour de la
(1) L'article JO de la loi déclare inaliénables et imprescripti-
bles les objets d'art classés et appartenant à l'État. Pour ceux
qui sont la propriété des dépaitements, communes et établis-
sements publics, l'article 11 porte seulement qu'ils ne pour-
ront être restaurés, réparés, ni aliénés par vente , don ou
échange, qu'avec l'autorisation du Ministre de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts. En cas d'aliénation irréguiiére, il
peut y avoir lieu à une action en revendication exercée soit
par l'établissement propriétaire, soit par le Ministre, en son
lieu et place, si l'établissement s'abstient, mais cette aliénation
assimilée aux cas de perte et de vol ne peut être poursuivie
que pendant trois années, conformément aux dispositions des
articles 2279 et 2280 du Code civil. Cette action contre le déten-
teur ne fait pas obstacle aux demandes de donunages-intéréts
qui pourraient être réclamés contre les parties contractantes
et contre l'officier public qui aurait prêté son concours à l'acte
d'aliénation.
LES DÉCHETS DT' 3 .lANVIEIl '1880. 233
session ordinaire ou extraordinaire dans la(]n(dle celte
nolificalion aura été perlée à la connaissance du Con-
seil général on du Conseil municipal.
Art. !!). — A défaut, de réclamalion de la part de
rétablissement ])ul)lic, le Ministre dans les attributions
duquel cet établissement est placé peut réclamer
d'office contre le classement ou le déclassement.
Dans tous les cas où il doit être statué par décret
rendu en la forme des règlements d'administration
publicpie, le Ministre de l'Instruction publique et de
Beaux-Arts transmet au Conseil d'État , avec l'arrêté
attaqué et l'avis de la Commission des monuments
historiipics sur la réclamation, les observations du
Ministre intéressé et, s'il y a lieu, celles de l'établisse-
ment public.
Art. 20. — L'action civile, ouverte au profit de
l'Etat par l'article 12 de la loi, devant les Tribunaux
civils ou devant les Tribunaux correctionnels, si l'in-
fraction est accompagnée d'un délit de droit commun,
contre les personnes qui auront contrevenu aux dis-
positions des articles 4 et 10 de ladite loi, ainsi que
celle qui appartient au propriétaire, est, en ce qui
concerne les établissements publics, intentée et suivie
à la diligence, soit tlii Ministre de l'Instruction pu-
bliqu(' et des Beaux-Arts, soit des représentants légaux
de l'élablisseinent.
Aut. 21. — L'organisation de la Conmiission des
monuments historiijues et le mode do nomination de
ses membres sont réglés ])ar décret.
234 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Art. 2^2. — Le Ministre de rinstruction publique et
des Beaux-Arts est chargé de l'exécution du présent
décret, qui sera inséré au Journal officiel et au 7??^/-
letin des Lois.
Fait à Paris, le 3 janvier 1889.
IL
Le Président de la République française,
Sur le rapport du Ministre de llnstruction publique
et des Beaux-Arts ;
Vu l'article 21 du décret du 3 janvier 1889 portant
règlement d'administration publique pour l'exécution
de la loi du 30 mars 1887, relative à la conservation
des monuments et objets ayant un caractère historique
et artistique.
Décrète :
Art. 1"''. — La Commission des monuments histo-
riques, instituée par le Ministre de l'Instruction publi-
que et des Beaux-Arts, a pour mission d'établir la
liste des monuments et objets ayant un intérêt îiisto-
rique et artistique, de désigner ceux qu'il convient de
restaurer, d'examiner les projets présentés pour leur
restauration, de proposer au Ministre la répartition
des crédits ouverts pour la conservation des monu-
ments classés.
Art. i. — Le Ministre do l'Instruction i)ul)lique et
des Beaux-Arts esi président de la Commission des
monuments historiques. Le Directeur des Beaux-Arts
LES DliCULTS DU 3 JANVIER 1889. 235
est premier vice-président de droit. Un deuxième vice-
président est désigné par le Ministre. En l'absence du
président et du vice-président, le doyen d'âge des
membres présents remplit les fonctions de président.
AuT. 3. — La Commission des nionumenls histori-
ques est composée de membres de droit et de mem-
bres à la nomination du Minisire de Tlnstruction pu-
blique et des Beaux-Arts.
Art. 4. — Sont membres de di-oit : le directeur des
Beaux-Arts ; le directeur des bâtiments civils et palais
nationaux: le directeur des cultes; le préfet de la
Seine ; le préfet de police ; les inspecteurs généraux
des monuments historiques ; le contrôleur des travaux
des monuments historiques ; le directeur du Musée des
Thermes et de l'Hôtel de Cluny ; le conservateur du
Musée de sculpture comparée (4).
Art, o. — Les membres à la nomination du Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts sont
nommés par arrêté ministériel. Lorsqu'une vacance se
produit, la commission est invitée à présenter au
Ministre une liste de trois candidats.
(1) M. Ducrocq regrette que la Bibliothèque Nationale ne soit
pas mentionnée parmi les établissements dont les collections
doivent être inventoriées et classées conformément à la loi, et
il signale également la lacune regrettable qui existe dans le
décret d'organisation de la Commission des monuments histo-
riques, qui ne mentionne parmi les membres de droit ni
l'administrateur général de la Bibliothèque Nationale, ni le
directeur du service des bibliothèques publiques au Ministère
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.
236 CONGRÈS AUCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Art. 6. — La commission peut constituer des sous-
commissions chargées de préparer l'étude des questions
qui lui sont soumises et de lui en faire un rapport.
Art. 7. — Le chef et le sous-chef du bureau des
monuments historiques i-em plissent les fonctions de
secrétaire et de secrétaire-adjoint de la commission.
Fait à Paris, le o janvier 1889.
IV.
TROIS AUTELS
PROVENANT
DE LA CATHÉDRALE ROMANE DE DAX
(XP SIÈCLE)
Par M. J.-Eug. DUFOURCET.
Pour ùli'(^ plus exact , nous devrions dire h'ois
fragments tVaiUels ; car ils sont, deux d'entre eux
surtout , tellement incomplets que , pendant long-
temps, nous nous sommes demandé à quel genre de
monument pouvaient bien avoir appartenu ces mor-
ceaux de marbre blanc ornes de sculptures et de
moulures que nous avions trouvés, employés comme
moellons, dans un mur démoli au mois de janvier 1887
et dont la construction remontait au commencement
du XVI'^ siècle.
Ce mur servait de clôture, depuis l'année 1529, au
jardin établi à côté de la sacristie, au sud de l'église,
sur l'emplacement de l'ancien cloître gothique.
En étudiant de plus près ces débris de formes di-
verses, et, après les avoir débarrassés du mortier qui
^38 CONGRÈS AUCIILOLOGIQUE DE DAX ET BÂYONNË.
les empâtait . nous avons remarqué que plusieurs
cassures s'adaptaient entre elles et, en les rapprochant,
nous avons pu reconstituer trois parties d'autels assez
importantes pour donnei* une idée de ce que devaient
être les trois autels complets, ou plutôt les pieds de ces
trois autels, car nous n'en avons pas retrouvé les tables.
Nous n'avons pas, non plus, pu résoudre la ques-
tion de savoir si chaque autel avait un seul pied ,
placé au milieu de la table , comme ceux découverts
à Antibes par M. Mougins de Roquefort et le colonel
Gazan (Congrès de Montbrison, 1885), ou s'ils ne se
composaient pas chacun de trois tables de marbre ,
dont l'une était la table de l'autel proprement dit,
reposant horizontalement sur les deux autres, ornées
de colonnes et de panneaux sculptés, et qui étaient
fixées verticalement sur le sol. M. l'abbé Martigny,
dans son Dictionnaire des Antiquités chrétiennes,
décrit des autels de ce genre qui, d'après Grégoire de
Tours, étaient désignés sous le nom d'arca.
Quoi qu'il en soit, voici la description sommaire de
nos trois pieds. Les autels qu'ils supportaient devaient
nécessairement avoir fait partie de l'église consacrée
en 1045 et remplacée, au XIIP siècle, par la cathédrale
gothique dont les membres du Congrès ont pu admirer
le magnifique portail. Les sculptures qui les ornent
ne laissent aucun doute sur l'époque à laquelle on
doit les attribuer. Ils sont, évidemment pour nous, bien
contemporains de notre église romane.
PREMIER i%.ijnrE:Li.
Il est en marbre blanc très fin. Nous n'avons pu
en retrouver que la partie inférieure du pied qui
AUTEL ROMAN DE LA CATHEDRALE DE DAX
Al MISER DE BORDA, A DAX.
17
TROIS AiriEI.S DE I,A CATllKDliAI.K Ud.MANE DE DAX. :2û'J
formait une lable épaisse de Û"'oU environ, composée
de trois colonnes juxtaposées, dont les bases sont
attiques. Les chapiteaux , simplement ornés d'une
palmetle entre deux feuilles retournées en volute ,
rappellent bien le XP siècle. Sur le fût s'enroule en
spirale un ruban perlé, large de :2 centimètres, dont
les spires sont espacées de 10 centimètres environ.
dkuxiùme: autel.
C'est le plus complet. Il est également en marbre
blanc des Pyrénées, mais d'un grain plus grossier que
celui du premier. Le pied est assez conservé pour qu'il
ait pu être dessiné (voir la planche). Ces dimensions,
dont celles des deux autres autels devaient se rappro-
cher, sont les suivantes : hauteur 0'" 94, largeur 0™ 70,
épaisseur 0™ lo sur les côtés et 0'"40 au milieu.
La face antérieure forme un panneau sculpté sur
toute sa surface et sur lequel on voit, dans le haut,
une double arcature en plein cintre, dont les tympans
sont ornés, l'un d'un qualrefeuilles entre quatre boules,
l'autre d'une moulure repliée en volute , comprise
également enire quatre boules. En dessus, les deux
arcatures sont surmontées par une troisième plus
petite, et, de chaque côté, elles reposent sur une sorte
de petit portique grec, tandis qu'au milieu, les deux
arcs s'appuient sur une colonne centrale très courte
et sortant d'entre deux volutes qui terminent le haut
d'une moulure , à l'aspect carlovingien , formant
comme un rinceau autour du sujet principal qui est
dans le bas du panneau.
Ce sujet est un personnage trapu, à grosse tête. Ses
pieds, chaussés à la poulaine, reposent sur la partie
'1U\ CONGRÈS ARCHÉOl.OdlulE DE DA\ ET IJAYONNE.
inférieure du rinceau, et ses mains sont accrochées à
la courbure supérieure de cette moulure. Deux oiseaux
suspendus à ses bras lui becquettent les jambes, et
deux autres, posés sur ses mains, ont leur tête à la
hauteur de la volute supérieure, d'où sort la colonne
centrale. Deux de ces oiseaux ont le cou attaché avec
un câble.
Les côtés de la table sont formés de deux colonnettes
séparées par une arête vive, et dont les bases étran-
glées sont des plus simples. Elles n'ont pour chapiteau
qu'un gros tore.
La face postérieure a, pour tout ornement, trois co-
lonnes unies, dont la médiane est dun module beau-
coup plus grand que celui des deux autres.
tuoisième: i%.uxE:i^.
Il .avait, comme le second, un panneau historié,
dont il ne reste que le haut du corps d'un personnage
ressemblant à celui que nous venons de décrire. La
forme des colonnes latérales et des trois autres, qui
constituaient la partie antérieure du pied, étaient sem-
blables à celles du premier autel , avec cette seule
différence que l'enroulement perlé était remplacé par
de larges chevrons.
Les fragments de ce dernier autel sont trop incom-
plets pour que nous ayons pu les raccorder, ni même
mesurer approximativement les dimensions qu'il devait
avoir.
V.
LES VOIES ROMAINES
ET
LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES
DANS L'ANCIENNE NOYEMPOPULANIE
Par M. J. -Eugène DUFOURCET.
LES VOIES ROMAINES.
Les nombreux chemin? dont les Romains avaient
sillonné l'Aquitaine n'avaient pas tous la même im-
portance, il y en avait, comme de notre temps, de plu-
sieurs ordres, suivant qu'ils étaient plus ou moins fré-
quentés, plus ou moins bien construits et plus ou moins
bien entretenus. Leur ensemble constituait un réseau
complet et on ne peut mieux compris pour faciliter
les communications , soit avec les provinces voisines,
soit entre les cités et les diverses localités de la région.
La grande voirie, suivant l'expression reçue au-
jourd'hui, comprenait huit lignes principales, dont
six seulement sont mentionnées dans Vltinerarium
Provinciarum, publié, par l'ordre d'Antonin le Pieux
au commencement du IP siècle. Elles sont désignées
par les dénominations suivantes : A, Iter ab Asturica
AD RURDIGALA.\I ; R, ItER AB AQUIS AuGUSTIS TaRBELLICIS AI)
BURDIGALAM ; C, ItER AB AQUIS TaRBELLICIS AD ToLOSAM ,
D, Iter a C.esaraugusta ad Beneharnum : E, Iter a Rur-
OiO
CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
DiGALA AD Argentomagum ; H, Iter ab Aginno ad Lug-
DUNUM.
Les deux autres grandes voies , dont l'existence est
incontestable, et qui , si elles n'étaient pas encore
construites au IP siècle, ont dû être établies bientôt
après, allaient, l'une, F, a Laplruo (Bayonne) ad
NoviOMOGUM (SouLAc) ; l'autre^ G, de Burdigala (Bor-
deaux ) ad Lugdunum Convenarum ( Saint-Bertrand de
CoMMFNGEs) ; Cette dernière est connue dans le pays
qu'elle traverse sous le nom de Ténarèse, que l'on fait
dériver de via C.esaris et qui, par extension, est devenu
celui d'une contrée et de son excellent cru d'eau-de-vie
d'Armagnac.
Ces huit voies ont été l'objet de savantes et de nom-
breuses études, soit collectives, soit partielles, parmi
lesquelles nous citerons celle de M. le président François
Saint-Maur,lue au Congrès scientifique de Pau, en 1873;
celles de M. l'abbé Lartigau et du docteur Dejeanne,
publiées dans le bulletin du Congrès tenu à Dax,
en 1882, à l'instigation de la Société de Borda ; celles
de MM. Caneto, Curée-Seimbres, Lavergne, Tartière,
le docteur Vielle, Cuzacq, Francisque Michel, Mgr Cirot
de La Ville, Dompnier de Sauviac, etc., etc., qui ont
paru dans diverses revues ou dans des ouvrages qu'il
serait trop long d'énumérer.
Nous avons pris à ces sources des renseignements
précieux , quoique souvent contradictoires , et en y
ajoutant le résultat de nos recherches et les constata-
tions qu'il nous a été donné de faire, avec nos con-
frères de la Société Archéologique de Dax (1), nous
' (1) Société de Borda qui s'occupe à la fois de sciences natu-
relles, d'histoire et d'archéologie.
LES VOIES ROMVrXES ET l.ES CHEMINS DE ST-.IAGQUES. 243
sommes arrivé à pouvoir compléter la carte dressée déjà
par M. François Saiiit-Maur, en y faisant figurer un
certain nombre de voies secondaires qui ne s'y trou-
vent pas, et en nous permettant de corriger quelques
erreurs qui, d'après nous , s'étaient glissées dans le
remarquable travail du savant magistrat de Pau.
Un des moyens qui nous a le mieux réussi pour re-
trouver, chose souvent bien difficile, la direction et
l'ancienne assiette des voies dont les tracés ont le
plus souvent disparu, est bien simple, et nous croyons
devoir en faire part à ceux qui, comme nous, vou-
dront chercher à découvrir des voies romaines dans le
Midi des Gaules. Nous avons recherché sur les caries
de l'État-Major, tous les lieux dit portant les noms de
Hitte, Peyre ffifte, Fifte, Lafitle, Pierrefitle et Estrade,
nous avons réuni ces divers points par des lignes et
en faisant ensuite l'application sur les lieux de ces
cartes, ainsi modifiées, nous avons toujours trouvé
d'anciennes voies à tous les estrades ( vieux mot
gascon qui veut dire chemin) , et très souvent des
bornes aux lieux dits Hitles ou Peyre Hittcs , etc. Si
la borne manquait, nous pouvions, quand même, faire
une contestation importante , c'est que toutes ces
Hittes', existantes ou disparues , étaient distantes
cntr'elles d'une ou plusieurs lieues gauloises, exacte-
ment (1); ce qui prouve d'une façon évidente que ces
pierres quoique frustes étaient de véritables bornes
milliaires.
Une autre indication qui nous a aussi été bien utile,
est celle qui est fournie par la dénomination de Gamin
(l) 11 est généralement admis aujourd'hui qu'en Aquitaine
la lieue était de 2,200 mètres.
244 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
RouMiou, conservée encore par un grand nombre de
vieux chemins, Roumiou, quoiqu'on en ait dit, vient
évidemment de romain ; et si ce mot est devenu syno-
nyme de pèlerin, c'est que les pèlerins, qui se rendaient
à Saint-Jacques de Gompostelle , suivaient naturelle-
ment les voies romaines, qui, on le sait, ont été entre-
tenues dans nos contrées jusqu'au XIV'= siècle.
Rien n'est plus naturel et plus conforme aux habi-
tudes locales que cette appellation qui désigne et
peint à merveille ces voyageurs d'un genre spécial,
sans qu'on ait besoin , comme l'ont fait certains
étymologistes , pour trouver une autre origine à ce
mot, de prétendre qu'on appelait ainsi les pèlerins
parce qu'ils se suivaient sur les chemins comme de
longs cordons de fourmis. Ils font dériver roumiou de
roumic ou arroumic, qui en gascon signifie fourmi.
Nous avons enfin remarqué que tous les endroits,
appelés Crouzade ou La Crouzade, sont des points
de croisement, ou pour mieux dire, d'embranchement
de voies antiques et que les croix de Hinx ou simple-
ment les lieux qui portent le nom significatif de Hinx
(finis) , marquent sur les voies les limites de deux
peuples , comme les poteaux qui servent sur nos
routes à indiquer la ligne séparative des départe-
ments.
C'est en procédant comme nous venons de l'indi-
quer, que nous sommes parvenu à reconstituer, en
quelque sorte, la voirie gallo-romaine dans l'ancienne
Novempopulanie et , plus particulièrement, dans le
pays occupé par les Tarbelm et les Tarusates, que le
Congrès doit parcourir et étudier plus spécialement
cette année.
On est, généralement , d'accord aujourd'hui j)0ur
TRACE DES VOIES ROMAINES
ET CHEMINS DE S^ JACQUES
DANS L'Ancienne Novempopulanie
Légende
<Êi
LES VOIES ROMAINES ET LES CHEMINS DE ST-JACQUES. 24o
placer les cit<'s de ces deux peuples , la première, à
Aqu-k Tafibellici:, Dax ; la seconde à Atura ou Vicus
JuLii , Aire. Mais on est moins fixé sur le point de
savoir si Lapurdum, Rayonne, (pioique devenu le siège
d'un évêché à une époque très reculée, a jamais été
élevé au rang de cité.
Sans noua, arrêter à la discussion de cette question
aussi controversée qu'intéressante, nous croyons de-
voir, après ce court préambule, entrer dans l'explica-
tion de notre carte et des identifications qu'elle
contient.
A. ITER AB ASTIRICA Al) BURDIGALAM.
Summo Pyreneo. — Roncevaux. xvm
Immo Pyreneo. — Saint-Jean Pied-de-Port. v
Carasa. — Garris. xn
Sordi. — Sorde. »
Aquis Tarbellicis. — Dax. xxxix
Mosconum. — Le Cos (Laluque). xvi
Segosa. — Le Vignacq. xn
Losa. — Lose (près Sanguinet). xn
Roios. — La Teste-de-Rucq. vn
Rurdigalam, — Bordeaux. xvi
Cette route pénètre en France par Roncevaux ,
passe ensuite à Saint-Jean Pied-de-Port, à Saint-Jean-le-
Vieux, à Ostabat, à Garris, et sa première station
dans les Landes est à Sordc, où l'on a fait d'impor-
tantes découvertes gallo-romaines et où l'on voit une
tranchée profonde qui porte le nom de Pas-de-Charle-
magne. De Sorde, elle se dirigeait vers l'antique Vicus
de Pouillon, traversait l'Arrigan (grand ruisseau), sur
246 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
un pont romain, démoli il y a cjuelques années seule-
ment, et, après avoir passé près des IlUtes de Mont-
peyroux et du gué de Saugnacq , arrivait à celle de
La Croiizade de Narrosse où elle s'embranchait sur la
voie Ab aqiiis ad Tolosam.
A sa sortie de Dax, elle se confondait , également,
jusqu'à La Crouzade de Saint-Paul avec Viter Ab
aquis ad liurdigalam. Là , les deux routes se sépa-
raient, en formant un angle de 45° environ , et celle
venant des Asturies se dirigeait, en faisant de longues
sinuosités, jalonnées par des ouvrages de castraméta-
tion, vers Laluque (Lucus), le bois sacré de Moscomcm,
Le Cos, où on a découvert, dernièrement, un trésor
composé de loO pièces romaines.
De Laluque à Segosa, on passait à La Fosse-à-Gim-
baud. où il y avait un hôpital pour les pèlerins.
Nous plaçons Ségosa au Vionacq ou Lévignacq , dans
un lieu dit Pégues, à proximité de deux sources sacrées,
où on voit encore la chaussée du Camin Roumiou.
Les deux voies qui, de Dax, allaient vers Bordeaux,
se croisaient un peu au-dessous de Ségosa, et à leur
point d'intersection, se trouvait un camp fortifié connu
sous le nom de Tue de Lamolhe.
Ce croisement qui, à première vue, peut paraître
extraordinaire, est indiqué dans les vieilles chansons
des pèlerins et se voit même sur une carte du com-
mencement du siècle dernier.
Entre Lévignacq et Lo^a, le chemin des Asturies
passait par Uza, où on rencontre un oppidum admira-
blement conservé et par Mésos (le milieu), à égale
distance de la voie du lillond et de c(dle (pii se diri-
geait vers LiposTEV (Tellonum). Elle passait aussi par
l'ancien emporium de Sâinï-Jean-de-Boiirricos.
LES VOIES ROMAINES ET LES CHEMLNS DE ST-JÂCQUES. 247
De LosA, LosE, (iiiai-tier de Sanguinet, où elle était
rejointe par la voie du littoral qui se confondait avec
elle jusqu'à Audenge , elle allait directement vers
Boïos, La Teste-de-Buch , dont on a toujours fait la
cité des Boii, puis elle gagnait Bordeaux en passant à
LA CROIX DE HiNX.
B. rrER AB AQUIS AUGUSTIS TAUnELI,ICIS AD UURDIOALAM.
Cœquosa. — Sescouse (Castets). xvi
Tellonum. — Lipostey. xvni
Sollomacuni. — Belin. mi
Burdigalam. — Bordeaux. xviii
Cette seconde voie obliquait sensiblement vers le sud,
à sa sortie de la ville de Dax ; après avoir passé près de
l'église de Saint-Paul, elle allait traverser le ruisseau
de La Herrère sur le pont romain, existant encore ,
appelé pont de Maou-Hourat, à côté duquel se trouve
une borne fruste , située juste à 2,200 mètres de La
Crouz-ade, point de bifurcation des deux voies. Elle
montait, ensuite, vers le plateau de Mangat, en passant
au pied du camp de Mirepeich et devant la maison
latine, dans le voisinage des forges d'Abesse , où il y
avait autrefois une commanderie d'un ordre hospita-
lier. Elle croisait, ensuite, à Herm (Hérémus), une
autre voie de second ordre et arrivait à Cœquosa ,
Sescouse, au centre d'un quartier de ce nom , dépen-
dant de Castets, à une distance à peu près égale du
bourg, chef-lieu de cette commune et de celui de
Saint-Michel de Gioure , Sanctus Michael a Jovis ara,
où les Aquitains avaient un emporium important et
peut-être même un marché aux esclaves.
248 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Entre Cœquosa et Tellomtm, on rencontrait la
source sacrée de Saint-Jean-de-Castets, où Ton voit
les débris d'une chapelle remontant très probablement
au V° ou YP siècle, et, après avoir coupé Vite?^ ab
Asturicis, au camp deLamothe, on traversait le^joero^i,
Onesse et Labonheyre oîi devaient se tenir déjà, du
temps des Romains, des réunions dont les foires ac-
tuelles ne sont que la continuation et le souvenir
gardé par la tradition.
Nous identifions Sollomacinn avec Belin, et non pas
avec Sales où la voie ne passait pas et dont le nom ne
peut même pas, d'après les règles établies par la lin-
guistique moderne, avoir rien de commun avec Sollo-
macum.
De Belin, on arrivait à Bordeaux par Béliet et
Gaillac.
G. ITER AB AQUIS TARBELLICIS AD TOLOSAM.
Aquic Tarbellicœ. — Dax.
? — Orthez.
Beneharnum. — Lescar. xviiii
Oppidum Novum. — Lourdes. xviii
Aquis Gonvenarum. — Bagnères. vni
Lugdunum Gonvenarum. — Saint-Bertrand. xvi
Galagorris. xxvi
Aquae siccœ. xvi
Vernum solum. xii
Tolosa. XV
En sortant de Dax par la porte julia, celle voie se
dirigeait^ ]iar la rue des Jardins et la métairie iV Estrade,
vers La Crouzade de Narrosse. Jus(|ue-là, son tracé
LES VOIES liOM AINFIS ET LES CHEMINS DE ST-JACQIES. :249
était commun avec celui du chemin des Asturies. Puis
Viter ad Tolosam allait vers la Hitte de Saugnacq, et
après avoir passé à Vestrade et à la Hitte de Mim-
basle, il coupait les communes d'Estibeaux de Mous-
cardez et dOssages , suivant une ligne parfaitement
indiquée pour une série de Hittes.
Après le camp de Saint-Boi's , on rencontrait né-
cessairement une station omise par l'itinéraire d'An-
tonin et que M. Dejeanne place, avec raison d'après
nous , à Orthcz , puis on traversait les communes de
Castétis, Argagnon , Arthez, Doazon, Audéjos, Serres,
Sainte-Marie, Casteide-Cami, Cescau et Bougarber,
pour arriver à Lescar, où nous n'hésitons pas à placer
Beneharnum . Celle parlie du chemin, depuis Orthez,
porle le nom de Cami Roumiou.
Après Lescar, la voie prenait le plaleau du Pont-
Long et suivait, jusqu'à Loubajac, le tracé du chemin
dit d'Henri IV. Elle n'entrait pas à Oppidum Novum ,
(Lourdes), mais passait au Buala et à Estrade, tout près
dun Oppidum plus ancien, traversait à Orincles l'Échez,
et l'Adour à Bernac-Debal, pour arriver à Bagnères-de-
Bigorre, Aqux Convenanum, par la rive droite, et se
diriger, ensuite, vers Lugdunum Convenanim, (Saint-
Bertrand de Comminges), et aboutir à Toulouse en Ira-
versant des contrées que nous n'avons pas pu étudier.
D. ITER A C.ESARÂUGUSTA AD BENEHARNUM.
Beneharnum. — Lescar,
Illuro. — Oloron. xii
Aspalluga. — Aceous. xii
Foro Ligneo. — Urdos. vu
Summo Pyreneo. — Somporl. v
doO CONGRtS ARCHÉOLOGIQUE DE [)A.\ ET RAYONNE.
Celte voie aboutissait indubitajjlement à Lescar, et
c'est un argument irréfutable en faveur de l'opinion
de ceux qui y placent Beneharnum ; de Lescar. elle
allait vers Oloron, en passant, comme plus tard, le
chemin de Saint-Jacques, par La Commande d'Auber-
tin, puis remontait la vallée d'Aspe où se trouvaient
les stations d'Aspallnga, Accous, e[ Foru7)i Ligneum,
Urdos, et enfin, au sommet, comme sur la voie des
Asturies, Summum Pijreneum.
E. ITEK BliRDIGALA Al) ARGENTOMAGUM.
Ce chemin ne traversait qu'une partie éloignée de
la Novempopulanie, objet de nos études. Après s'être
confondu, ou à peu près, jusqu'à Cossio, Bazas , avec
la voie ad Lugdunum Convenarum, elle se dirigeait
vers Aginnum (Agen), en passant par le pays des
Garumni, qui n'ont jamais été compris dans la confé-
dération des neuf peuples.
F. ITER A LAPURDO Al) NOVIOMAGUM.
Cette voie importante, quoique ne figurant pas dans
l'itinéraire d'Antonin, existait positivement à l'époque
gallo-romaine ; elle a été longtemps suivie par les
pèlerins et on en rencontre des restes bien évidents
sur plusieurs points du littoral. Son tracé est complè-
tement distinct de celui de Viter ab Aquis ad Durdi-
galam et il ne s'est probablement confondu avec celu^
de Viter ab Asturicis , a partir de /,o.v« jusqu'à Bôïos
ou un peu au-delà, que depuis que la formation , rela-
tivement récente , des grands étangs l'a obligée à
s'éloigner de la côte qu'elle longeait.
LES VOIES HOMAINES KT l.TS CHEMINS DE ST-.I \f:QIT,S. 2.')1
Unfii(|u'il en soil, de Bayonne elle moulait vers le
Nord eu passiinl par Tarnos, (^aphreton, Soorls , Sei-
giiosse Soustons , Moliets, Léon, Saint-Girons, Mixe,
Lit, Saint-Julien, Bias, Aureilhan, Sainle-Eulalie. Bis-
carrosse et Sanguinet. Là, elle ne faisait qu'un avec la
voie des Asturies et ne s'en séparait qu'à Audenge, où
elle reprenait sa direction vers Soulac, par Le Temple,
Sainte-Hélène, Saint-Sauveur, Le Temple et Talais.
A Sainte-Hélène, d'après M. Francisque Michel, un
embranchement se détachait pour l'aire communiquer
plus directement Soulac avec Bordeaux, sans des-
cendre jusqu'à Boïos, il passait par Martillas et Hac et
allait rejoindre le chemin des Asturies à la croix de
Ilinx.
G. ITEK A lUItDIGAI.A AD I.KlDrNTM CONVENARIM.
Gette ligne se confondait, nous lavons vu, jusqu'à
Bazas avec celle d'Argentomagum ; de Bazas, elle se
dirigeait vers .Vo^, l'ancien oppidum des Sotiates et
Kauze, Elusa. A Eauzc se ]iroduisait une bifurcation
en deux voies, dont Tune passait par Auch ol une
localité qui portait le nom latin de Belsinum ; et
l'autre, plus particulièrement appelée Ténarèse, allait
directement vers Saint-Bertrand , par Montesquieu et
la vallée de l'Arros.
H. ITEH Ali AGINNO AD I.IC.DUNIM.
La partie du premier embranchement dont nous
venons de parler, comprise entre Auch et Saint-Ber-
Irand, ligure dans l'itinéraire comme dépendant d'une
ioïl CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
ligne « ab Aginno ad Lugdunum », dont les stations
étaient ainsi indiquées :
Lactura (Lectoure). xv
Elimborrm (Auch). xv
Belsinum. xii
Lugdunum. xxni
Ces huit voies que nous ne pouvons malheureuse-
ment qu'étudier bien sommairement dans un travail
d'ensemble, constituaient le réseau correspondant aux
routes nationales qui les ont remplacées. La moyenne
et la petite voirie étaient également représentées par
de nombreuses voies d'une importance moindre , dont
plusieurs ont été fréquentées par les pèlerins du moyen-
âge et ont été, comme les premières, transformées en
roules nationales; d'autres sont devenues, en subissant
de nombreuses rectifications et après avoir été long-
temps abandonnées, des chemins de grande commu-
nication ou même de simples chemins vicinaux ; d'au-
tres enfin n'existent plus.
Nous avons pu relever, dans la région , dix de ces
voies que nous appelons de second ordre, quoique cer-
taines d'entr'elles se prolongeassent à de grandes dis-
tances et missent en communication des points très
éloignés, en s'ajoutant les unes aux autres, comme le
font de nos jours les chemins d'intérêt commun et
de grande communication.
Ces dix voies étaient les suivantes :
1*^ La première partait du Vieux-Boucau , désigné
souvent, dans les anciens textes, comme le port dWl-
bret, coupait à Soustons la route du littoral, passait à
Magescq , à Herm, où elle traversait Viter Ab aquis
LES VOIES ROMAINES ET LES CHEMLNS DE ST-.IACQUES. l2o3
ad Burdigalam , et ensuite à Gourbera, où elle est
encore parfaitement reconnaissable ; de Gourbera, elle
se dirigeait sur Mosconum, puis, après avoir passé à la
Hitte de Beylongue à Rion et à Garin, elle arrivait à
Labrit, Leporatum, la capitale de l'ancien Albret.
Cette même voie, ou une autre qui lui iaisait suite,
réunissait Leporatum à Cossio, la cité des Vasales ,
Bazas.
2" Une autre voie faisait communiquer Bazas avec la
grande ligne des Asturies, et, probablement aussi, avec
la cité des Boii, elle passait par Sore et Moustey et
aboutissait à Tellonmn, Lipostey.
3» et 4" Deux routes mettaient, comme aujourd'hui,
directement Dax en communication avec Bayonne, en
suivant les deux rives de l'Adour.
Celle de la rive droite est connue sous le nom de
chemin d'Alaric et passait par Saubusse, Josse , Sau-
brigues, Saint-André et Saint-Martin de Seignanx , elle
se séparait de la voie de Dax à Bordeaux , au pont de
Maôu-Hourat, et, comme elle, elle est jalonnée de
Hittes qui existent encore.
Celle de la rive gauche traversait les communes de
Tercis (à trois lieues de I)ax) , Orist où se trouve l'op-
pidum des Sibuzates, Port de Launes et Biaudos, dont
le nom vient évidemment de via , comme celui de
Bias ({ue nous avons rencontré sur la voie du littoral.
5» Une ligne directe reliait les deux cités de Dax et
d'Aire. Elle se détachait de la voie de Toulouse , à
Mimbaste, où elle prenait une ancienne voie celtibé-
rienne, encore visible et bordée, sur près de li2 kilo-
mètres, dune double rangée de tumulus des âges du
bronze et du fer. Elle passait par deux villes gallo-
romaines, dont l'histoire et la tradition ont gardé le
18
T6-i CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BÂYONNE.
souvenir : Tastoâ et Gothiacum, et où nous avons fait
d'importantes découvertes. De Gothiacum (Gaujacq),
la direction vers Hagetmau est indiquée par des Hittes,
et de Hagetmau à Aire, elle semble s'être divisée en
deux embranchements passant, l'un par Samadet et
Geaune, l'autre par Targues et Saint-Loubouer.
6"^ Le chemin de Sainte-Uuittcrie , qui est évidem-
ment une voie romaine, faisait communi({uer Aire , au
nord, avec Sauze, et, au sud, avec la grande voie de
Dax à Toulouse. Il se prolongeait même , très proba-
blement déjà vers le sud, jusqu'à Ostabat pour y aller
rejoindre la route d'Espagne.
7° Une voie que M. l'abbé Lartigau, dans sa com-
munication au Congrès de Dax, de 1882 , prend à tort
pour celle ab Aquis ad Tolosam, et dont M. Dejeanne
fait un chemin vicomtal, partait de Beneharnum ,
Lescar, et mettait celte cité en communication avec
Augusla , Auch , la cité des Ausci. Elle passait par
Morlaas, Anoy, Luc-Armau, Maubourguet et l'ilc-de-
Noë. D'Âuch, elle se prolongeait jusqu'à Toulouse par
Guimon et l'Ile-Jourdain.
8° Eauze était relié à Lccloure et à Moissac par une
voie spéciale, qui, nous le verrons, devint un chemin
de Saint-Jacques très important.
9'' Un chemin direct allait d'Auch à Tarbcs et à
Oppidum Novuni, Lourdes , d'où il se dirigeait vers
l'Espagne, par Palalium ^Emilianiim (Saint-Savin),
Luz et Gavarnie.
10" Auch était aussi relié à Toulouse j)ar une voie
qui passait par une station nommée Biicconis , dans
d'anciennes cartes des Gaules. Nous avons indi(|ué sur
notre carte celte voie comme étant de premier ordre,
parce que nous la considérons comme un embranche-
LES VOIES ROMAINES ET LES CHEMINS DE ST-JAC(,)UEP. 2oo
ment de la Via Cu.'saris, allaiil, à la fois, de Bordeaux
à Toulouse et à Sainl-Beiirand , Lugdunum Coioe-
nuniin.
LES CHEMINS DE SAINT-JACOUES.
Ce que nous venons do dire des voies romaines nosf,
en quelque sorte, que la suite et le complément du
travail sur le même sujet de M. François Saint-Maur ;
de même, ce que nous allons écrire sur les chemins
des pèlerins ne sera qu'un résumé, avec quelques addi-
tions et quelques modifications, de la savante et labo-
rieuse étude publiée, tout récemment, par M. Adrien
Lavergne, un mailre en pareille matière (1).
Il constate , avec raison , dans son intéressant
ouvrage, comme il l'avait déjà fait dans un article
sur les chemins de Saint-Jacques , inséré par lui dans
la Revue de Gascogne (tome XX _, p. 363), ({ue les
pèlerins du moyen-âge suivirent , tout d'abord , les
voies romaines, qui, on lésait, furent entretenues dans
notre région jusqu'au XIV'-" siècle. Depuis cette époque,
les itinéraires ont subi de nombreux changements, des
chemins nouveaux et plus courts ont été établis , ou
suivis à travers landes et champs, et ce sont ceux dont
parlent le Codex de Saint- Jacques de Coinpostelle, et
les chansons que chantaient encore , il y a quelques
années, dans nos campagnes , les mendiants , succes-
seurs des pèleriiLs. Malheureusement, on a négligé de
recueillir ces chansons ; on en a conservé un certain
nombre, toutes en français, njais il nous souvient d'en
(I) Les chemins de Saint- Jacques en Gascorjne. — Bordeaux,
librairie ClioUet, 17, passage Sarget, 1887.
250 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE MX ET UAYONNE.
avoir entendu chanter en gascon , par des mendiants
de la Bigorre, qui a fourni encore au dernier siècle
de nombreux pèlerins.
Nous avons pu recueillir et noter l'air d'une de ces
antiques chansons ; il est vraiment curieux, et quelques
lecteurs nous sauront peut-être gré d'avoir profité de
cette occasion de le publier. L'accompagnement, qui
est l'œuvre d'un excellent musicien, est bien dans le
style du chant :
Lento.
PIANO.
[tfrny
^
^
^M
'y-f^* i
j i'j j
s
^^
p
^^
Rall.molto. a tempo.
^
^
^^
^
!
RalLmolto. ^^a tempo
■y î/^LL^lr ^
rs
^^
^^^s^
Six chemins principaux traversaient, d'après M. La-
vcrgne, l'ancienne Novempopulanie :
1" Le premier allait de Toulouse au port d'Aspe ;
2° Le second venait de Notre-Dame-du-Puy, passait à
Moissac et aboutissait à Ostabat, près de Saint-Palais;
LES VOIES ROMAINES ET LES CHEMINS DE ST-,IACQUES. 2o7
3° Le troisième partait de Périgueux et se dirigeait
également vers Ostaiîat ;
4*^ Le quatrième allait de Paris à Roncevaux ;
5" Le cinquième avait son point de départ à l'abbaye
de la Grande-Sauve (Gironde) , et allait rejoindre, à
Bazas, le chemin de Périgueux ;
G" Le sixième n'était autre que la voie romaine a
Lapurdo ad Noviomagum, légèrement modifiée.
Nous croyons pouvoir ajouter à cette nomenclature
deux autres voies :
7'^ L'une n'est qu'une déviation, sur une partie de
son parcours, de celle de Périgueux à Ostabat ;
8° L'autre venait également de Périgueux, passait
par Agen, Aueh et Tarbes, et pénétrait en Espagne par
Gavarnie.
I. Chemin de Toulouse au port d'Aspe.
Ce premier chemin venait d'Arles, c'était la voie de
Compostelle à Jérusalem.
De Toulouse à Auch, on suivait le camin francès ,
où les pèlerins trouvaient les hôpitaux de Léguevin,
de Puyaudran, de l'Ile-Jourdain , de Marestaing , do
Bestiol, d'Ambon et d'Aubiet.
D'Auch à Lescar, les pèlerins suivaient la voie ro-
maine, la Ténarèse, jusqu'à Eauze ; là ils prenaient une
autre ancienne voie dont nous avons parlé et trou-
vaient, à chaque étape, des établissements hospitaliers
pour les recevoir, à l'entrée de l'Isle-de-Noë, qui s'ap-
pelait autrefois Arbeissan, à Montesquiou, à VHôpi-
tal-Sahif-niaise. à Pouylebon, à Saint-Christau , à
Monlezun. à Sauveterre, à Maubourguet et à l'abbave
de Saint-Orens de Larrcoule.
"258 CONGRÈS ÂRCHÉOLOC.IQIE DE 1)A\ ET lUYONNE.
Puis le chemin traversait les communes de Luc-
Armau, où M. l'abbé Laiiigau place Lugdiinum Con-
venarum, Luccarré, Momy, Anoye, Abère, Saint-Lau-
rent-Bretagne, Gabaslon, Saint-James et Morlaas. Ces
localités appartenaient à l'Ordre de Malte et dépen-
daient de la Commanderie de Caubin-Morlaas.
De Lescar en Espagne, on prenait V/fer a Cœsarau-
gusta Beneharnum.
Après avoir passé à la commande d'Aubertin, les
pèlerins arrivaient à Oloron, et, en remontant la
vallée d'Aspe, ils trouvaient des gîies à Saint-Christau,
à Sarrance, à Accous, à Urdos, et enfin au grand
hôpital de Sainte-Christine, fondé par Gaston IV, vi-
comte de Béarn , sur l'emplacement de SuDDiUtin
Pyreneum.
II. Chemin de Moissac à Ostabat.
i]c chemin était dans tout son parcours une voie
romaine. En sortant de Moissac, il traversait la Ga-
ronne entre Mahuizc et Auvillars et arrivait à Lectoure
par Miradoux, où il y avait un hôpital.
De Lectoure, les pèlerins allaient à Condom , Mar-
solan, Abrin, Bornac et Maquin, et se dirigeaient vers
Gondrin où ils trouvaient la ïénarèse qu'ils remon-
taient jusqu'à Eauze. Depuis cette dernière ville
jusqu'à Aire, ou même jusqu'à la rencontre de la voie
de Dax à Toulouse, à Audéjos, on suivait le chemin
de Saintc-Quitterie, dont nous avons déjà parlé et qui
passait à Manciet, à l'hôpital Sainte-Christine, à No-
gfiro, à Arblade-CiOmlal , à Barcelonne, à Aire , à
Pimbo, à Arzncq. à l'abbaye do Larreoule et arrivait à
Audéjos.
I,ES VOIES lïOMMNES KT LES CHEMINS DE ST-.IACQUES. 259
Là les pèlerins avaicul le choix entre deux voies: les
uns prenaient la roule de Dax jusqu'à Orlhez et delà
allaient à Ostabat par Sauveterrc, ou à Bellocq et à
Sorde par la rive gauche du Gave ; les autres suivaient
directement sur Ostabat par le chemin de Moissac qui
se continuait jusqu'à celte station importante, en pas-
sant par l'abbaye de Sauvelade, Navarreux et Mauléon.
III. Chemin de Périgueux à Ostabat.
Les pèlerins, après avoir traversé la Garonne, à La
Réole, se dirigeaient vers Bazas par Auros, puis ils
prenaient, jusqu'à Mont-de-Marsan, un chemin qui
passait à Beaulac, à Captieux, à l'hôpital de Bessant
(territoire de la paroisse de Lencouacq) , à Roquefort
et à Lucbardez.
De Mont-de-Marsan à Orthez, le chemin des pèlerins
n'était autre que la route nationale actuelle et passait,
par conséquent, à Saint-Sever , à Hagetmau et à
Sault de Navailles.
D'Orthez à Ostabat, les localités traversées par les
pèlerins étaient Sainte-Suzanne, Lanneplaa, l'Hôpital-
d'Orion , Andrein , Sauveterre, Osserain et Saint-
Palais.
IV. Chemin de Paris à Roncevaux.
Les pèlerins, venant de Pai-is, arrivaient au port de
Blaye par Saintes, Pons, Mirambeau et Étaulier.
De Blaye ils se rendaient à Bordeaux en bateau.
A Bordeaux, ils prenaient, jusqu'à son croisement
avec celle ab Astio'icis, la voie romaine de Bordeaux
à Dax.
:2H0 coNr.RÈs archéologioue de d.w et rayonne.
D'après la crande chanson des pèlerins de Saint-
Jacques , les stations principales entre Bordeaux et
Lesperon (à côté de Segosa) étaient :
Le Petit-Bordeaux. ■ — Gradignan.
L'Hôpital. — Béliet.
La Tricherie. — Mons.
Le Méret. — Muret.
Le Ponter. — Lipostey.
L'Herbe-Fanée. — Labouheyre.
L'Hôpital Saint-Antoine à Escource.
Arrivés à l'Éperon (Lesperon). les pèlerins avaient
le choix « notez qu'à l'Éperon , qui veut tirer à
« Navarre, faut prendre à gauche et passer par la
>< Biscaye », ce qui indique clairement que, pour aller
à Roncevaux, faut prendre à droite, c'est-à-dire la voie
ab Asturica ad Burdigalam , et la suivre jusqu'à
Summum Pyreneum. C'est ce que firent évidemment
les premiers pèlerins, mais bientôt, de Dax, où ils
avaient un hôpital spécial dans les bâtiments qui
constituent aujourd'hui l'établissement thermal des
Baignots, ils coupèrent court vers Sorde, en passant
par l'abbaye de Cagnotte et par Peyrehorade.
Ceux qui avaient pris à gauche , à l'Éperon , sui-
vaient jusqu'à Orly, Orliac, lieu voisin de la station de
Cocosft, la voie romaine de Dax à Bordeaux, et de là.
par un chemin qui figure sur des cartes anciennes et
(pii part, comme celui de la chanson, do Lesperon, ils
passaient par les localités ci-après :
Orly. -— Orliac, (Gastets).
Matique. — Mageseq.
LES VOIES ROMAINES ET LES CHEMINS DE ST-.IACQIES. 2()1
Sainl-Viuceal. — Sainl-Yincent-de-Tvrosse.
Hongre. — Ondres.
Rayonne. — Bayonnc.
Saint-Jean-de-Luz. — Saint-Jean-de-Luz.
Sainte-Maric-de-Huran. — Irun.
V. Chemin de La Grande-Sauve à Bazas ou
à Captieux.
Mgr labbé Cirot de La Ville, dans son Histoire de
l'abbaye de La Grande-Sauve , nous apprend que
« pour aider à la dévotion des peuples, Saint-Gérard
« fit de son abbaye le point de départ de tous les
« pèlerinages, mais surtout de celui de Saint-Jacques-
« de-Compostelle. Les pèlerins venaient à La Sauve
« se confesser, faire leur testament et recevoir des
« mains de labbé, le bâton et la panetière bénis. On
« leur donnait même souvent un cheval ou un âne,
« pour leur voyage. Puis ils partaient en suivant les
« chemins et se reposaient dans les hôpitaux que
« Saint-Gérard avait' préparés dans cet itinéraire de
« Gompostelle. soit par lui-même, soit par ses corres-
« pondances avec les autres monastères. Leur piété
« satisfaite, les pèlerins revenaient à l'abbaye remer-
« cier Dieu de leur heureux retour et reprendre les
a titres et les choses précieuses qu'ils y laissaient ,
« pour l'ordinaire, en dépôt pendant leur absence. »
Au départ de La Sauve, les pèlerins allaient tra-
verser la Garonne au port de Tiirne, puis ils passaient
à Portets, Saint-Selve, Saint-Morillon, Saint-Michel-
de - Rieufroid , Landiras, Sauternes, Leogeats et
^îoaillan.
2(52 coNonÈs AnrjiÉOLor.iQT'E de dax et rayonne.
Toutes ces localités, de Saint-Selve jusqu'à Razas, se
trouvent sur Faneienne voie romaine.
Mgr Cirot de La Ville croit que les pèlerins quittaient
cette voie avant d'arriver à Bazas, et qu'ils n'allaient
rejoindre le chemin de Périgueux à Ostabat qu'à
Captieux, en passant par Saint-Michel de Bourideys.
On ne voit pas pourquoi ils auraient évité Bazas où il
y avait de nombreux établissement hospitaliers.
De La Grande-Sauve on pouvait également aller sur
Bordeaux par un chemin spécial qui traversait les
communes de Créon. Calamiac, Madirac et Sadirac.
VI. Le chemin du littoral.
Ce chemin n'était autre (pie l'ancienne voie romaine
a Lapiirdo ad Noviomagum, de Bayonne à Soulac.
Cette voie, sur plusieurs points, a seulement dû être
déplacée un peu vers l'Est, à cause de la formation
des étangs de Cazau, de Biscarosse, d'Aureilhan, de
Lit, de Léon, etc. Elle passait en dernier lieu, par
Talais, l'Hôpital-dc Grayan, Hruirtin, Sainte-Hélène-
de-l'Étang, Carcans, Lacanau, Le Porge, Audeuge,
Biganos, La Teste, Louse (Sanguinet), Parentis, Sainte-
Eulalie, Aureilhan, Mimizan, Orvignacq (Saint-Julien),
Lit, Mixe, Saint-Girons, Vielle, Léon, Moliets, Mes-
sanges. Azur, Souslons, Soorts, Capbreton, et Ondres,
où elle rejoignait le chemin de Paris à Roncevaux.
D'après des constatations intéressantes faites par
M . l'abbé Foix, dans deux vieux actes et sur les lieux, ce
chemin du littoral avait subi, aux XVI!* et XVIIP' siècles,
une déviation dans son parcours depuis Saint-Girons
ou Vielle jusqu'à Soustons: au lieu de passer, comme
l'ancienne voie romaine, par Léon, il aurait obliqué
l.KS VOIKS IIO.MAINKS LT LES CHKMINS D"E ST-.TACQT-ES. !i2()?)
vers l'Ouest, peul-élrc pour évitée rétanget les marais
qui l'entourent, et aurait fait un détour par Saint-
Micliel-Escahis ot le Icrriloire de Magescq, pour arriver
au tue de Lnmotlie de Soustons ci y reprendre l'aneien
tracé.
PiTsque tous les hôpitaux du littoral apfiarlenaieiit
à rOrdre de Malle qui y avait remplacé les Tem-
pliers.
VII. Chemin de Mont-de-Marsan à Sorde et à
Sauveterre.
(Embranchement de celui de PcrUjueux à OstubalJ.
C'est en grande partie aux indications qui nous ont
été données par M. l'abbé Foix, et par le U. P. Labat
que nous devons la découverte de ce tronçon d'une voie
(pii n'a pas encore été signalé.
De Mont-de-Marsan, il allait à Campagne, à Sou-
prosse, à Mugron, à Larbey. à Baigts, à Castelneau, à
Estibeaux, oi^i il croisait la voie de Dax à Toulouse,
à Habas et à Bellocfj, où les pèlerins avaient le choix
entre la voie des Asturies qu'ils allaient rejoindre à
Sorde et celle d'Ostabat qu'ils retrouvaient à Sauve-
terre.
Entre Mont-de Marsan et Bellocq, où M. l'abbé Lau-
rent vient de signaler un établissement de Templiers,
toutes les stations étaient desservies par les chevaliers
de Saint-Jacques de l'EpéeRouge.
VIII. Chemin de Périgueux à Gavarnie.
Ce chemin passait par Agen. Lecloure, Aucli, Mi-
randc , Miélan , Tarbcs , Azereich , Ossun , Lourdes ,
^64 CONGRÈS ARCHÉOLOr.rQlE DE DAX ET BAYONNE.
Tabbaye de Saint-Savin, Pierrefitte, Luz, célèbre par
son établissement de Templiers, et Gavarnic. Il péné-
trait en Espagne par la fameuse brèche de Roland.
C'était la voie romaine dont nous avons parlé et
qui passait par Oppidum Novum et Palatium
Comme nous l'avons dit en commençant, notre étude
et notre carte ne contiennent, on le voit, que des indi-
cations, bien sommaires. Chacune des voies qui traver-
saient notre contrée du temps des Romains , chacun
des chemins de Saint-Jacques mériterait une mono-
graphie qui serait bien intéressante. Peut-être notre
travail d'ensemble, en réponse à la question posée par
le programme du Congrès , aura-l-il pour effet de
provoquer de nouvelles recherches et d'amener la
découverte de renseignements et de détails qui per-
mettront à d'autres, ou à nous-même, d'entreprendre
plus tard la publication d'un travail spécial pour
chaque chemin. Nous nous estimerions très heureux
si nous arrivions à obtenir cet important travail.
VI.
LES TRADITIONS EN CIIALOSSE
Réponse à la "âO" Question,
Par M. J. de LAPORTERIE,
Ancien Mntristrat.
Mesdames, Messieurs,
Vous êtes venus parcourir notre département et
visiter les monuments anciens qu'il renferme ; quoique
nos Landes ne soient pas un des pays où votre curio-
sité sera le plus tenue en éveil, vous y rencontrerez
assurément des sujets d'étude dignes d'attirer votre
attention. Permettez-moi donc d'espérer que vous ne
regretterez pas d'avoir choisi notre région comme but
du Congrès de 1888.
Nos monuments, quelquefois presque intacts, sou-
vent, hélas! moins bien conservés, sont des bases
d'après lesquelles on peut reconstituer une partie de
l'histoire locale. Ils nous restent comme souvenirs
d'une civilisation disparue dont ils nous retracent
quelques-uns des détails les plus saillants.
A côté de ces vestiges de l'art ancien, on peut ob-
server chez nous quelques restes de tradition populaire,
266 CONGRÈS ARCIÎÉOLCGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
qui trouveroal peut-être une modeste place parmi les
travaux du Congrès. Je veux parler des coutumes qui
se transmettent encore fidèlement de père en fils, et
qui donnent à nos paysans un caractère particulier
dont ils ont droit de s'enorgueillir.
A ce point de vue, le Béarnct la Gascogne n'ont pas
entièrement perdu ces usages primitifs qui tendent en
général à disparaître, et qui, pourtant, s'accordent
si bien avec les mœurs du pays. Nos populations, plus
naïves peut-être en apparence qu'en réalité, tiennent
à l'originalité de ces traditions, et Ion voudrait espérer
quelles ne s'éteindront jamais complètement.
J'ai observé plus particulièrement parmi les habi-
tants de la Chalosse ces usages (jui accompagnent les
différentes cireonstances de leur vie, et j'ai essayé, à
deux reprises différentes, de raconter les cérémonies
auxquelles ils donnent lieu. Je voudrais aujourd'hui
vous faire connaître en quelques mots le résumé de
mes observations à ce sujet.
Je ne compte assurément pas vous parler de toutes
les occasions où la coutume doit être suivie, et afin de
ne pas abuser de votre complaisance, Je ne vous en-
tretiendrai que des principales.
Laissez-moi d'abord vous soumettre une observation
qui peut avoir sa portée. C'est la grande place
qu'occupe^ le repas dans les habitudes de nos paysans.
Ne serait-ce pas là une preuve de plus de l'ancienneté
de leurs usages?. . . En Chalosse, en elfet, point d'é-
vénement de famille triste ou joyeux, point de réu-
nions motivées par les travaux agricoles, (|ui ne
donnent lieu à des agapes inqjosées par les lois de la
tradition.
Le mariage (en patois las nouces., les noces), est
LES TRADITIONS EN CHALOSSE. 267
sans contredit l'occasion où nos paysans tiennent le
plus il se confoniiei" à la coutiune. Si vous cherchez à
connaître le motif de cette lidélité, ils vous répondront,
sans hésitation : « La coutume le veut ainsi: /,« coks-
tume quat boo alau. »
Ainsi que je l'ai dit en détail dans les quelques notes
que j'ai publiées sur les noces de paysans en Chalosse,
les diverses péripéties de la demande en mariage, des
invitations, de la toilette de la mariée, de l'étrenne
que chacun vient olFrii- aux époux, du grand repas de
noce, etc., sont toujours accompagnées de formules
invariablement récitées dans les mêmes termes, et de
couplets chantés suivant un rythme lent et monotone
qui rappelle un peu celui de certains airs de nos mon-
tagnes.
Les paysans chalossais sont tellement scrupuleux
observateurs de leurs usages, et si disposés à s'offenser
lorsqu'ils ne sont pas rigoureusement suivis, qu'ils ne
nuuKpient pas, après chaque formule ou chaque chant
traditionnels, dajouter cette phrase : « Si je me suis
trompé, je vous demande pardon, et je vous prie de
me laisser recommencer, Se-m souy troumpat que-b
denmndi escuse , et que-b pràgici dé m'y decha
tourna. »
Puisque nous sommes sur la question du mariage,
je ne puis passer sous silence un autre usage assez
pittoresque dont voici les principaux détails.
Lorsqu'une jeune lille n'est pas en mesure de se
procurer les objets nécessaires à son trousseau, il est
de tradition en Chalosse qu'elle peut aller de maison
en maison quêter du lin {quista lin). La quistante,
c'est le nom que prend alors cette jeune fille, fait en
général sa tournée des que le lin a été brié, c'est-à-dire
268 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
vers la fin de septembre. Elle se fait toujours accom-
pagner par une voisine ou amie plus âgée qu'elle. Ce
service lui est rendu souvent gratuitement, mais quel-
quefois aussi moyennant une petite rétribution fixée
par l'usage à un franc par jour.
La quistante et son mentor portent à la main une
(|uenouille chargée de lin, et elles filent, ou ont l'air
de filer, tout le long de la route. Quand elles arrivent
devant la maison où elles doivent quêter, la quistante
s'arrête à la porte et continue à filer, pendant que sa
compagne entre et va demander un peu de lin pour le
trousseau indispensable. Dès que l'on a satisfait à leur
désir, elles mettent en paquet le lin qu'on leur a donné
et s'en retournent en le portant sur leur tête.
11 est bon d'observer que, d'après la tradition, les
jeunes filles qui vont se marier ont seules le droit
d'aller ainsi quêter, mais il est reçu que le mariage
n'est qu'un prétexte, et que toutes les jeunes filles
pauvres sont autorisées à faire cette tournée , alors
même qu'elles ne doivent pas se marier prochaine-
ment.
11 nous est bien permis de supposer que la quistante
n'est pas toujours la bienvenue, mais soit par crainte de
manquer aux usages, soit par un calcul de réciprocité
facile à comprendre, on lui fait toujours bon accueil.
Cette coutume, d'ailleurs, tend à disparaître ; elle est
même déjà devenue fort rare, et l'on peut se demander
si nos jeunes villageoises ont perdu la simplicité de
leurs grands-mères, qui ne craignaient pas d'avoir
recours à la générosité de leurs voisins.
Nos Landais savent bien cependant mettre en action
le vieil adage :
... 11 se faut enlr'aidcr, c'est la commune loi. . .
LES TRADITIONS EN CHALOSSE. 269
et je crois qu'on pourrait trouver une autre cause à la
disparition de cet usage. La culture du lin étant de
nos jours devenue beaucoup plus rare, cette quête
deviendrait inutile, et la quistante en serait trop sou-
vent pour ses frais. U est vrai d'ajouter qu'elle peut
recevoir également des dons de toute nature et même
de l'argent.
Si, comme je l'ai dit, les usages chalossais dispa-
raissent de plus en plus, il en est toutefois quelques-
uns qui sont encore en pleine vigueur, et, parmi ces
derniers, j'en citerai seulement deux : le Pique-hooii
et le un houle.
Sous le nom de Pique-hooii, on comprend en Cha-
losse et dans les environs de Dax l'usage suivant :
Dans chaque village, l'avant-veille de Noël ou le
premier jour de l'an, suivant les quartiers, sont des
dates impatiemment attendues par les enfants. Levés
de grand matin, les parents ont soin de les endiman-
clîcr et de remettre à chacun d'eux un panier vide en
leur disant : '( Anals-be cerca lou Pique-hoou, Allez
chercher votre Pique-hoou. » Garçons et filles, débor-
dant de joie, se réunissent alors par bandes plus ou
moins nombreuses, et se dirigent vers toutes les mai-
sons de la commune où il est né un enfant pendant
l'année. Cet enfant, déjà soumis à la coutume, va payer
sa bienvenue à ses jeunes compatriotes.
Les gamins marchent silencieux pendant une partie
de la roule, mais dès qu'ils aperçoivent les habita-
tions, ils conmiencent à faire entendre le cri du
Pique-hoou, en élevant la voix à mesure qu'ils s'en
rapprochent
Ce cri de Pique-hoou consiste en un couplet qu'il
serait bien difficile de traduire littéralement et dont le
19
ÎIO CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE U\X ET nAYONNE.
sens nous échappe, du reste, en partie. Le voici ce-
pendant :
Pir/ue-hooii, hoou, hoou.
Pique pailhe, paiUie, pailhe,
Dais V aumonyne à la canailhe
Pique heign, heign, hcign
La mage pari que si lou meign.
Ce couplet a une variante
Piqne-hooK, hoou, huou,
Pique-hooK, Pique-hoou.
Pique pailhe^ pique heign,
Las iroles que hèii heign.
Pique-fou, fou, fou,
Pique paille, paille, paille,
Faites raumJne à la canaille
Pique foin, foin, foin
A moi la plus grosse part.
Pique-fou, fou, fou,
Pique-hoou, pique-hoou,
Pique paille, pique foin
Les marrons font du ])ien.
Ils ajoutent aussi quelquefois :
El plègnals mé Ion sacoulel. Et remplissez mon petit sac.
Ou encore :
Ilèls l'aumougne à la canailhe
Se n'g a ou se nuu ng a
L'aumougne que eau ha.
Faites raumone à la canaille
Qu"ilyenaitouqu'il n'y en ait pas
Il faut faire l'aumône.
Inutile de dire avec quel entrain les enfants poussent
ces cris traditionnels jusqu'à ce que les gens de la mai-
son, attirés par leurs clameurs, apparaissent enfin et les
interpellent en ces termes : « Que bienets ha assi? —
Que venez-vous faire ici? >■ « Cerca lou Pique-hoou »,
répondent-ils, et l'on s'empresse de leur distribuer des
sous, des liards et des marrons. Malheur à ceux qui
manquent de générosité : la bande tout entière fait
pleuvoir sur eux toute espèce de malédictions. Les
plus âgés vont même jusqu'à menacer d'enlever le
nouveau-né et se mettent aussitôt à sa recherche ; on
LES TRADITIONS EN CHALOSSE. Ûll
les chasse, mais ils se vengent en proférant des souhaits
de mallieur.
Les enfants se préparent à la fête du Pique-hoou et
font entre eux longtemps d'avance le compte des
maisons où ils pourront se [)résenter. Les rigueurs de
la saison ne sont même pas un ohstacle à Texécution
de leur programme, qui doit s'accomplir au jour tra-
ditionnel.
C'est depuis l'âge de cinq ans jusqu'à l'âge de douze
ans que les enfants sont admis à la tournée du Pique-
hoou. Il est très pittoresque de voir ces bruyants
gamins parcourir la campagne, les aînés donnant la
main à leurs frères et sœurs plus jeunes, tous convain-
cus qu'ils remplissent une mission importante, ou que
tout au moins ils exercent un privilège que nul ne
songe à leur contester. L'usage ne les autoriserait à
aller chercher le Pique-hoou que dans les maisons oii
il est né un enfant dans l'année, mais ils étendent le
plus souvent leur visite à toutes les habitations de la
commune, et si l'on a quelquefois l'air de leur résister,
ce n'est que pour se donner le spectacle de leur indi-
gnation et afin d'exciter leur verve enfantine.
L'usage veut encore que les parrains donnent à la
famille de leur filleul une certaine somme pour payer
le Pique-hoou (1).
(1) La tradition et le cri du l'ique-hoou ne sont probablement
qu'une altération d'un usage plus ancien dont parle ainsi Domp-
nier de Sauviac, à l'occasion de la fête des fous :
a II s'est perpétué à Dax un usage qui pourrait rappeler de
a loin la fête des fous ; une chose certaine, c'est qu'il a son
« origine à Dax, puisque là il a conservé toute sa vigueur,
e tandis qu'à mesure qu'on s'éloigne de la ville, il tend à
« s'effacer, jusqu'à ce qu'il disparaisse dans un rayon peu
27:2 CONGRÈS archéologique de dâx et rayonne.
Les parrains ont également en Chalosse une autre
obligalion : le Hilhoulè (de hilhoo, filleul), que je vous
citais tout à l'heure.
Cet usage consiste simplement en une visite que le
parrain doit faire à son filleul le lundi de Pâques qui
suit le jour où ce dernier a eu un an. Il est bien
entendu qu'il n'arrive pas les mains vides ; il doit
porter à l'enfant un pain de douze à vingt livres et un
costume complet. Il se présente toujours accompagné
de deux ou trois amis, et les parents du filleul se
hâtent de les inviter à partager leur repas de famille.
Un dernier détail : un parrain se rendant au Hilhoulè
se fait aisément reconnaître au pain volumineux qu'il
doit porter sur sa tête.
'( éloigné ; on peut en conclure que ce n'est pas un usage de
CI peuple, mais qu'il a sa source dans la ville même. On l'appelle
c( le pique hoou. pique fou. Voici en quoi il consiste : la veille
« de Noël, des bandes d'enfants se présentent devant les mai-
« sons où il y a eu un baptême dans l'année, et font entendre
« en chœur le refrain traditionnel en guise d'appel (*), jusqu'à
« ce que de la croisée de la maison on fasse pleuvoir sur leurs
a tètes des quantités de fruits et des menues pièces de mon-
« naie. Cette aumône à la canaille et des coups de bâton au
« grand monde ne signifient-ils pas l'émancipation des petits et
« le renversement provisoire de la hiérarchie sociale ? Dès
3 lors, pourquoi ne pas voir dans le pique hoou vin souvenir
« persistant, quoique corrompu et presque effacé, de la fête
1 des fous et des innocents ? Telle est du moins notre
« opinion, n
(*) Pi'juv hoou : hoou .' hooa ! Picjue l'on ! fou ! fou !
Pique saïe ! saïe / saïe ! Pique sage ! sage ! sage I
Da l'aoumoune à lé canaille Donne l'aumône à la canaille
Cot (le barre à la grau ijvu. Coups de barre aux grandes gens.
(Dompnicr de Sauviac, Clironiijues de la cité et du. diocè.ie d'Artjs,
tome IV. page 130).
LES TRADITIONS EN CHALOSSE. 273
Vous pouvez vous convaincre, par les quelques
usages que je viens de vous signaler, du rôle que joue
la tradition dans nos campagnes de Ghalosse, et si j'ai
abusé de vos instants, vous voudrez bien, je l'espère,
accorder votre indulgence à un modeste admirateur
des souvenirs du passé qui a déjà pris trop de place
dans cette réunion.
VIT.
TRADITIONS,
CROYANCES POPULAIRES
DES LANDES
Sorcières et sorciers.— Loups-garous.— Rebouteurs.—
Saint Secari.— Revenants. -La grêle et le tonnerre.
Légendes. — Lune et soleil. — Sourteins. — Sources
miraculeuses.— Remèdes.— Superstitions diverses.
Réponse à la 20' Question.
Par M. Léon MARTRES.
Les croyances populaires et les préjugés qu'elles
accréditent s'en vont lentement ; mais l'empire qu'ils
conservent sur l'esprit des habitants de nos campa-
gnes nous permet de les y retrouver encore dans leur
simplicité native.
Parmi ces croyances traditionnelles, il faut placer,
au fu-emier rang, celle des sorciers, ou, plutôt, celle
des influences occultes que le ])aysan des Landes at-
ii-ibiie à certaines individualités, sur les personnes, sur
les animaux cl sur les récoltes, influences auxquelles il
rapporte naturellement tous les phénomènes nuisibles
TltADITIONS, CIIOYA.NCKS l'dl'UI.AlIUOS DES LANDES. ^7o
dont la cause écliappc à ses conceijlions. C'est parti-
culièrement aux vieilles l'eninies , comme jadis aux
fées, dont on dit les merveilles aux enfants, que sont
attribués ces pouvoirs redoutables ; elles portent la
qualification de Soiircicj-es , de Phusouères , ou de
Ilitillères (1) ; et on les accuse de jeter des sorts mor-
bides ou mortels, par leurs gestes, leurs paroles, leurs
altoucliemenls, et les aliments ou les breuvages perfi-
dement oITerls. La sorcière court la nuit , elle met, le
samedi, au cou|) de minuit, le pied sur la crémaillère ;
elle va, clicvaucliant sur un manche à balai, aux rayons
de la lune, au rendez-vous de ses compagnes, sur la
lisière des bois, dans les clairières où le diable, en
personne, préside des conciliabules que termine une
sarabande infernale.
Les pouvoirs des sorcières sont immenses, et ils sem-
blent être le privilège exclusif de cerlaines familles, où
ils sont innés avec quelques-uns de leurs membres,
ayant le don d'infliger des maladies ou de les guérir,
de se transformer ou de se rendre invisibles à volonté ;
et il n'était pas rare, pour nos paysans, avant l'oïdium
surtout, et le dimanche soir à la sortie du cabaret, de
rencontrer des sorcières transformées en loups-garous,
en poules blanches, chats noirs, etc., dont l'influence
était pour eux un objet de terreur.
Un sort jeté, un maou dat, est une épouvantable
chose ; les soins médicaux n'y font rien, la Faculté est
impuissante contre ces maladies, et il faut, pour guérir
de pareils maléfices, le pouvoir d'un sorcier. On en
trouve fort heureusement dans toutes les contrées : il
(1) Cette dernière désignation paraît tenir de l'occupation
anglaise : hil coup et ill mauvoia.
:270 CONGRÈS ARCHÉOI.Of.IQl'E DE DAX ET BAYONNF;.
en est qui y jouissent d'une réputation considérable et
que l'on consulte de plusieurs lieues à la ronde. Le
sorcier est une sorte de magicien , toujours absent
quand on vient le consulter, mais qui rentre, après
que le client crédiile a raconté son cas aux gens de la
maison, qui ébahit celui-ci quand il lui rapporte ce
qu'il vient de conter lui-même, et qu'il dispose ainsi à
accepter ses remèdes ou ses conseils et à lui ouvrir
sans regret les cordons de sa bourse. Le sorcier se
rend au besoin auprès des malades, gens ou bétes, peu
importe ; nous en avons connu un, dans le Marensin,
qui opérait revêtu d'une êtole, qui figurait dans son
inventaire, après sa mort, avec le Petit-Albert. Là, il
donne des mixtures, des onguents, des emplâtres ; il
fait des massages et des signes de croix, il prononce
des paroles magiques ; il combat ainsi les verrues et
les goitres, et quelquefois il est assez habile pour
réduire une luxation, rebouler un membre fracturé.
Ces sortes de guérisseurs ou de rebouteurs sont
consultés principalement dans certaines maladies dont
les phénomènes singuliers frappent le vulgaire, tels
que ceux qui accompagnent certains désordres pulmo-
naires ou les manies hystériques, qui n'ont d'autre
cause pour eux qu'un charme a détruire, qu'ils con-
jurent avec force de laurier béni, ou d'encens brûlé
avec quelques plantes aromaliques. Quand la maladie
persiste, il faut découdre les pièces qui composent le
lit et en retirer la plume dont on doit se défaire au
plus tôt , ou démolir une partie de la maison, d'une
étable s'il s'agit de guérir un animal, oii est entré dans
la charpente du bois d'essence de taurin ou d'un chêne
frappé par la foudre.
Quand le sorcier a sans succès épuisé la liste de ses
TRADITIONS, CROYANCES l'OI'ULAIRES DES LANDES. i277
recettes, il ne lui reste plus ([u'à conseiller un moyen
de l'aire disparaître l'auteur obstiné du maléfice, ou de
provoquer sa mort par refVet d'une messe de naint
Secari, lequel saint a le droit et le pouvoir, quand on
l'invoque de la sorte , de faire sécher comme une
bûche, jusqu'à la Saint-Jean prochaine, celui dont on
veut se débarrasser dans ce monde. On prétend ([ue les
prêtres, qui consentaient jadis à dire des messes à saint
Secari, les disaient à rebours ou en les commençant
par la fin. On a dans leur efficacité une foi entière ; et
on rapporte qu'un muletier qui avait perdu la cheville
en fer servant à fixer le joug de son attelage, et qu'il
soupçonnait lui avoir été volée, demanda un jour une
messe de saint Secari contre l'auteur de ce larcin. Ce
nniletier était dans l'habitude de faire sa sieste près
d'un poirter de son jardin ; le poirier ayant séché et
l'ayant voulu couper au pied, il y découvrit la cheville
perdue ; et il ne douta pas que l'arbre n'eût péri par
l'cllet des prières de son curé.
On a généralement, dans nos campagnes, une pleine
confiance dans le son des cloches pour écarter le ton-
nerre et l'orage ; et pendant que sonnent les cloches à
toute volée, que brûle le laurier béni le jour des
Hameaux, le curé doit, armé de sa chaussure, attendre
le diable avec lequel il devra lutter. Si celui-ci a eu le
dessus, la paroisse est grêlée ; s'il est battu par le
curé, l'orage passe au loin. On y attribue encore au
curé le pouvoir d'arrêter les Revenants dans leurs
courses nocturnes. Le revenant est un mort dont
l'esprit revient, à peu près revêtu de ses habits ordi-
naires ou recouvert de draperies lugubres, et il effraye,
la nuit , des ennemis restés irréconciliables jusqu'à sa
mort, et plus souvent des héritiers qui lui ont refusé
:278 CONGRÈS akchéologique de dax et bayonne.
des prières. Il est à remarquer, cependant, que les
revenants tendent à disparaître, et que lorsqu'on a
recours à la police pour les surveiller, ils prennent
toujours l'avis en bonne part.
Ces esprits tapageurs fréquentent les lieux aban-
donnés, le voisinage des monticules et des grosses
pierres, où ils gardent des trésors imaginaires. Un
pareil trésor est enfoui au Friques, près du village de
Castets ; il est au fond d'une petite excavation dont le
souterrain est ouvert par le diable, gardien du trésor,
quand la procession sort de l'église le jour des Rameaux,
et qui se referme aussitôt qu'est ouverte la porte, quand
le prêtre y a frappé trois coups. Celui qui se présente
alors peut entrer et prendre le trésor ; mais s'il n'a
pas terminé sa besogne quand s'ouvre la porte de
l'église, il reste prisonnier du diable, qui le gnrde avec
lui.
Quand le paysan reste trop longtemps malade ou
infirme, quand ses animaux périssent, il recourt au
sorcier ou au rebouteur ; mais quand il manque ou
perd ses récoltes, il s'en prend aux influences de l'astre
des nuits. La lune est pour lui un tableau où Dieu a
exposé, pour notre édification, un bomme qui s'était
permis de clôturer son cbamp le dimanclie ; et la
forme des montagnes lunaires lui représente ce mal-
beureux portant sur l'épaule la clôture maudite. C'est
la lune, passant par ses diverses pbases, qui infiiie sur
le succès ou l'insuccès de ses entreprises, et qui le
guide pour la généralité de ses opérations agricoles ;
car si les semences ne sortent pas, si la rouille ou le
cbarbon infectent ses emblavures, si la viande des
salaisons est attaquée par les vers, si le bois de ses
babitulions est vermoulu, si celui du foyer brûle mal,
TRADITIONS. CIIOVANCES POriJLAIUES DES LANDES. Hd
si la h^ssive n'a pas enlevé les taches de son linge, le
paysan landais ne s'en prend jamais à son incurie on
ù celle de sa femme ; et tous ces malheurs sont l'effet
de la lune. La semence a été jetée, le fumier a été
répandu, sous une phase lunaire néfaste : le bois a été
coupé par une lune trop jcuue ; la bête salée avait été
tuée, la lessive trempée avait été lavée, par une lune
trop vieille, etc.
Indépendamment de cette sorte de culte pour la
lune, qui peut bien remonter au temps où les tribus
phéniciennes abordèrent sur nos côtes, celui du soleil
ou de la compagne du Bel des Phéniciens, n'y est peut-
être pas oublié ; et les feux que l'on allume le soir de
Noi'l et le soir de Saint-Jean, à l'époque exacte des
solstices, semblent le démontrer.
Si le temps change ou doit changer, le paysan inter-
roge la lune; mais il trouve d'autres pronostics, dans
la pluie qui tombe certains jours de l'année , pour les
jours qui suivent , et pour le temps qu'il doit faire à
chacun des douze mois de l'année, avec celui des douze
premiers jours de janvier. Ces douze jours, il les
appelle sourtcins; et d'après lui , s'il fait beau le pre-
mier jour, le premier mois sera beau ; si le second jour
est mauvais , il en sera de même pour le mois de
février, et ainsi de suite.
Le paysan landais n'a pas toujours recours pour se
guérir aux rebouteurs qu'il vénère; il y a dans la cam-
pagne de bonnes femmes qui conseillent aussi des
simples, comme l'ellébore pour se purger, et d'autres
pratiques assez bizarres . comme celle de porter un
marron d'Inde dans la poche, ou un sachet de sel ,
pour se préserver de la migraine, de porter une ficelle
à la ceinture, eonlre la sciatique. ou de jeter quelques
280 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
grains de sel dans une source, pour lui donner des
vertus curatives. Mais ces vertus appartiennent spécia-
lement à quelques fontaines vouées à un saint du ca-
lendrier , dont le nom indique la vertu. L'eau d'une
source vouée à saint Clair guérit les maux des yeux;
celle d'une source vouée à saint Eutrope guérit les
estropiés, etc.
Elle est interminable , la liste des préjugés campa-
gnards. Tantôt c'est le vendredi qui est un jour néfaste;
tantôt c'est celui que l'on choisit pour célébrer un ma-
riage. Le nombre 13 est en grande suspicion, et si on
se trouve assis à table en pareil nombre, il faut, pour
éviter la mort d'un convive, renvoyer l'un d'eux ou s'en
aller au plus vite quérir un de plus. Malheur à qui
renverse une salière à table , et si c'est une jeune fille
qui commet une pareille étourderie , elle ne trouvera
point un parti dans l'année. L'heure où l'on voit
rôder une araignée indique sûrement un bon ou
mauvais présage, si c'est le soir ou le matin. Le
chant de la chouette est un pronostic funèbre ; celui
du coucou est d'un bon augure : si la première fois
qu'on l'entend, on a de l'argent dans sa poche, on
en manquera plus de l'année entière ; celui qui a
même l'avisement de se rouler par terre quand il se
fait entendre ainsi, est pour l'année préservé de mi-
graine par cette cabriole. On ne doit jamais, dût-on
lui sauver la vie, décrocher un pendu, dont la corde,
cependant, peut porter bonheur, comme l'anneau des
veuves doit en porter au conscrit quand il tire au sort.
Une jeune mariée ne doit passer avec sa couronne, que
par les grands chemins, afin de ne point créer de nou-
velles servitudes. On ouvre, immédiatement après le
dernier soupir, toutes les issues de la chambre mor-
TRADITIONS, CROYANCES POPULAIRES DES LANDES. 281
tuairo. pour faciliter le départ de l'âme du défunt,
dont le coi'ps est gardé ]iar les voisins qui font à sa
mémoire de copieuses libations. Le respect pour les
morts est d'ailleurs fort grand ; il est traditionnel, et,
s'il faut en croire les monuments préhistoriques qui
nous ont révélé les mœurs de nos ancêtres, il renioiilc
f(irt haut.
VIII.
PARTICULARITÉS
SUR LES
CAGOTS DU DÉPARTEMENT DES LANDES
Réponse à la 47" Question,
Par M. l'abbé V. FOIX,
Curé de Lauréde.
Dans ce travail nous examinerons les particularités
locales sur les noms des Cagots , leur état , leurs
mœurs, leur condition sociale, leur histoire, leur ori-
gine, leurs familles principales.
Ces notions, extraites des archives de quelques pa-
roisses , sont forcement incomplètes. Puissent-elles
néanmoins servir de jalon au futur historien des Cagots
du département des Landes !
l'' LEURS NOMS.
Suivant les temps et les lieux, les Cagots landais ont
porté différents noms; en voici quelques-uns :
l'ARilCULARITÉS SUR LES CAGOTS. f>83
1" Chreslians. — Ce mot n'est guère employé rjue
dans les chartes du moyen âge : " Un caniin ([uy bien
'( de l'hostau deu Crestian et ba a le mole de Peyre-
« Roye ft (1).
Il s'est néanmoins conservé dans une loule de pa-
roisses , appliqué à des maisons anciennes : Lou
Crestian — nom de maison — existe à Mugron, Lau-
rède, Saint-Aubin, etc.
A Saint-Aubin, toutefois, les anciens registres, men-
tionnant en iG68 le mariage de Bertrand dcGardère et
Marie Daraignès, les désignent par exception sous le
nom « d'espoux chrestians •» {%.
A Saint-Esprit encore, on distinguait trois classes de
population : les Chrétiens, les Catholiques et les Juifs.
2° Capots. — Nom usité k Nerbis : « Mort de Jeanne
« de Tardits, capote, enterrée dans le cimetière des
« Capots » (i>9 octobre 16o0) (.3).
3° Agols. — Nous trouvons cette appellation dans
un vieux fragment de chanson patoise :
Dibboo, bibhoo,
Lous Agols é d'Aigri hère,
Bibboo, bibboo,
Lous Affots è de delà.
Bislen/lide, bislenflule
Tout aco ques de Saubusse ;
Yo la bislenflule
Flule, finie, flule
Bel cop de flaiile
Truque tambourin.
(1) Ciiarte de 1455, Archives du presbytère de Soustons.
(•2) Registres de Sainl-Aubin, déposés à la mairie de Mugron.
'3) ïiegistres de Nerbis, à la mairie.
1284 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Les Agots de Gapbreton sont aussi mentionnés dans
les archives, ce qui porterait à croire que ce nom
spécial appartenait au sud-ouest de notre département,
4° Gahécs. — Surnom des habitants de Laurède. On
sait qu'à Laurède, les Cagots formaient autrefois un
bon quart de la population.
5° Cagots. — C'est l'appellation commune et vul-
gaire : néanmoins nous ne l'avons pas encore retrou-
vée dans les monuments écrits.
6° Coyes. — A Laurède et Saint-Geours-d'Auribat,
en particulier, la maison principale et même le quar-
tier qu'habitaient de préférence les Cagots s'appelait
Lous Coyes, ous Coyes. D'où vient ce nom ?
7'' Gésitains. — Voilà l'appellation la plus com-
mune, fournie par nos archives, en Marensin comme
en Chalosse. A Souslons : 1632 : « Mariage entre
Vincens de Narbonne et Marie de Mouscardès, gési-
tains » (IJ. — A Magescq : 1630: Menjon de Servissolle
« gésittain » fait une vente de terrain (2). — A Mugron :
1630 : Vincent de Puntenabe et Cath. de Gardère « gé-
sitains. » — A Nerbis, 1647 : Baptême de Jean de
Gardère : parrain , Jean de Labenne , charpentier ,
habitant Serrelous; marraine, Marie Daraignès, de
Lahosse « tous gésitains » (3). Même appellation à
Horsarrieu, Doazit, Saint-Jean-de-Lier, Bégaar, etc.
Les Giézits de Mont-de-Marsan sont une variante du
même mot.
2° LEUR ÉTAT.
Les Cagots furent exclusivement charpentiers jusqu'à
(1) Archives particulières.
(2) Archives de M. le D"- Léon du Bourg-Caunègre.
(3) Registres de Mugron et Nerbis. Registres de Laurède.
PARTICULARITÉS SUR LES CAGOTS. 285
1750 environ : tous les charpentiers n'étaient pas
cagots, mais tous les eagots étaient eharpentiers. A
partir du milieu du XVIIP siècle, quelques-uns de
leurs descendants se font menuisiers, tonneliers, bate-
liers, maçons, tisserands, tailleurs, voire même vi-
gnerons.
Les sage-femmes de l'ancien régime étaient ordi-
nairement cagotes : ce point, qui n'a pas été constaté,
se justifie par l'étude attentive de nos registres pa-
roissiaux. Quelques exemples vaudront toute une
dissertation : Catherine Larrieu, sage-femme de Lau-
rède, en 1753; i^-atherine Salis, id., en 1755; Catherine
Daraignès^ de Mugron (1754); Catherine Labenne, de
Mugron (1699) ; Anne Fabas de Nerbis (1702) ; Cathe-
rine Gardère, de Lourquen (1741), etc., étaient toutes
gésitaines pur-sang (1).
3*^ LEURS MCEURS.
Les mœurs des gésitaines étaient loin d'être irrépro-
chables; car les naissances illégitimes, autrefois si
rares, se recrutent dans une proportion assez notable
chez cette partie si décriée de la population. On sait
d'ailleurs que la beauté physique ordinairement leur
était échue en partage.
4° LEUR CONDITION SOCIALE.
Dans les baptêmes d'enfants gésitains.les parrains et
marraines sont exclusivement gésitains, sauf le cas de
la naissance de jumeaux, où les familles nobles tenaient
aux fonts baptismaux l'un des deux enfants. C'est ainsi
(1) Registres de Mugron et Nerbis. Registres de Laurède.
20
286 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
que Marguerite de Peyrehourade, gésitaine et jumelle,
eut pour parrain Jean de Labéirie, sieur de Cazalieu,
et pour marraine Marguerite de Gerbous, demoiselle,
sa femme (Mugron. 1080) (1).
Les Cagots ne se mariaient qu'entre eux, et lorsqu'ils
mouraient, ils étaient ensevelis dans un cimetière spé-
cial ou dans une place réservée du même cimetière.
Jeanne de Tardits « capote » de Nerbis, fut enterrée le
BEMTIER DES CAGOTS,
A Saint- Savin de Lavedan (Hautes-Vyrénées).
:29 octobre 16o0 •<■ dans le cimetière des capots, lez le
« cimetière de l'église parrochiale de Nervis. » Dans
;l; lieyistres de Mii^iroii. Neibis el l.auréde.
PARTICUt-ARITÉS SLR LES CAGOTS. 287
la même paroisse, on voit d'autres gésitains <( inhu-
« mes au cimetière de leurs ancêtres » (1).
A l'église, ils avaient une porte d'entrée, un bénitier
et une place particulière. Le porche leur était ordinai-
rement réservé ; le bénitier spécial existe encore dans
la plupart des anciennes églises, à Nerbis, Duhort, Lau-
rède, Onard, Brassempouy, etc., etc.
Ils habitaient, dans la paroisse, des lieux écartés ou
des quartiers excentriques. A Soustons, ils peuplent le
quartier d'Ardy ; à Mugron, ils se groupent p''ès de la
fontaine ou au Couteyot ; à Laurède, ils forment ce
qu'on appelle « la bourgade des charpentiers (2) »,
aujourd'hui quartier de Labenne.
On dit que l'absence du lobe, ou la rotondité de
l'oreille, était leur marque distinctive : cette marque
est loin d'être infaillible, mais on ne saurait nier qu'elle
se retrouve assez fréquemment chez leurs descendants
contemporains.
5° LEUR HISTOIRE.
Les Gagots sont mêlés à l'histoire de toutes les cons-
tructions d'églises, châteaux, moulins, etc.; ils traitent
avec les seigneurs, bourgeois ou gens d'église, ils pour-
suivent et gagnent des procès , ils testent, ils sont
presque tous propriétaires, etc., etc.
En 1683, Louis XIV essaya, mais en vain, d'adoucir
leur situation ; si le nom de gésitain ou autre dénomi-
nation diffamante disparut des registres, la haine pu-
blique les poursuivit longtemps encore. A Mugron, de
1700 à 1730, ne pouvant les appeler gésitains ou cagots,
(1) llegislies do Mui^ron, Nerhis ot l.auréde.
(2j Id.
288 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
les scribes les appellent mari et femme « charpen-
tiers » (1).
De 1730 à 1750, leur état social s'améliore sous un
triple aspect : 1° les parrains et marraines de leurs
enfants ne sont pas exclusivement gésitains ; 2° ils
contractent des alliances en dehors de leur caste ;
o° ils se livrent à d'autres métiers que celui de char-
pentier.
\int la Révolution, qui poussa l'excès du change-
ment jusqu'à mettre au pouvoir des cagots avérés. On
sait que le fameux Dufrêne, intendant général de la
marine et directeur du trésor public sous Bonaparte,
était un cagot Béarnais.
Aujourd'hui, l'on se rappelle encore assez vaguement
l'horreur qu'inspiraient ces malheureux parias, mais
la flétrissure et le mépris public dont ils étaient l'objet
ont disparu de nos mœurs.
6° LEUR ORIGINE.
L'opinion de M. de Rochas, qui voit dans les Cagots
les descendants de lépreux, parait la plus probable.
Quoi qu'il en soit, nous soumettons deux observations
locales qui la confirment.
C'est d'abord l'appellation de gésitans qui rappelle
évidemment le lépreux Giezi, le serviteur d'Eliezer.
Ensuite les lépreux n'étaient pas rares dans notre
pays, puisqu'on 1320, le 8 décembre, Garcie Arnaud de
Caupenne, évêque de Dax, Amanieu d'Albret, vicomte
de Maremne , et Aymery de Tredon , sénéchal de
Guyenne, passèrent un accord au sujet de la juridic-
(1) Registres de Mugron, Nerbis el Lauréde.
PARTICULARITÉS SUR LES-CAGOTS. 289
lion et droit d'aubaine que l'évêque prétendait lui
appartenir sur les hôpitaux et biens des lépreux assis
dans l'étendue de la vicomte de Maremne (i).
7° LEURS FAMILLES PRINCIPALES.
Nous mettons par rang de lettre alphabétique la
liste des principales familles que nos recherches person-
nelles nous ont fait découvrir. Généralisées daus toute
l'étendue du département, ces recherches amèneraient
peut-être d'importantes constatations , dont la plus
curieuse est la fréquence des noms de lieux appliqués
aux noms de familles cagotes. C'est ainsi que les Ben-
quet, les Fabas ou Habas, Heugars, Labenne, Lié,
Mouscardès, Narbonne, Peyrehorade, Saint-Cricq, etc.,
étaient gésitains.
Quoi qu'il en soit, voici quelques familles avec l'in-
dication des lieux de résidence :
Benquet. Ils habitent Saint-Aubin, Mugron, Bas-
tennes. Laurède, Saint-Geours-d'Auribat, Caupenne,
Poyanne, Gousse, Bégaar, etc.
dusse. — On les voit à Mugron, Narrosse, dans le
Gers.
Dussin. - Ils viennent de Narrosse, Mugron, etc.
Daragnès. Familles très répandues à Mugron, La-
hosse, Saint-Aubin, Larbey, Poyanne, Laurède, La-
crabe, Caupenne, Casalis, etc.
Degert ou Dugerl. — Ils paraissent à Magescq,
Lacrabe, Mugron, etc.
(1) Gallla Chrisliana, t. I, col. 1040, édition 1715. - Cf. Ar-
moriai des Landes, t. III, 341.
290 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Ducasson, plus tard Ducasse. — Signalés à Nar-
rosse, Mugron, Nerbis, Bastennes, Bégaar, etc.
Gardère (XVIP siècle), Lagardère (XVIII'^ siècle). -
On les rencontre à Nerbis, Mugron, Gamarde, Goûts,
Saint-Aubin, Poyanne, Lourquen, Laurède, etc
Heugars. — Ils sont charpentiers à Soustons, Hinx,
Laurède, etc.
Lafon. — Ne les voit-on pas un peu partout, à Mu-
gron , Laurède , Poyanne , Saint-Geours-d'Auribat ,
Laluque, etc. ?
Labenne. — Ils peuplent Laurède, Mugron, Serres-
Lous, Saint-Aubin, Nerbis, Dax, Castelnau-Chalosse,
Lourquen, etc.
Lapeyre ou Peyre. — L'un et l'autre se retrouvent
à Nerbis, Saint-Aubin, Souprosse, Mugron, Cauna,
Soustons, etc.
Larrieii. — Ils abondent à Tartas, Lier, Mugron,
Bastennes , Clermont , Sainl-Marlin-d'Oney , Cau-
penne, etc.
Lauqué. — Ils se cantonnent dans la Chalosse, à
Doazit, Mugron, Horsarrieu, Laurède, Lourquen, etc.
Lié. — Venus probablement de Saiut-Jean ou de
Saint-Pierre-de-Lier, ils descendent à Laurède, Bégaar,
Nerbis, etc.
Peyruchat. — En existe-t-il encore à Toulouzette,
Nerbis, Mugron, Laurède, Lier, etc.?
Salis. — Familles chalossaises de Nerbis, Mugron,
Gaupenne, Laurède, Louer, Lier, Bégaar, etc.
Tardis^ ou Tardits, ou Tardy. — En cherchant
bien, on en trouverait peut-être ailleurs qu'à Nerbis,
Mugron, Laurède, Bastennes, etc., etc.
En terminant, nous ferons observer que nous avons
relevé le nom de toutes ces familles, avec la mention
PAnTICUI.AUlTÉS SUn LES CAGOTS. 291
spéciale de leur origine gésitaine , sur les registres
paroissiaux du XVII^ siècle. Mais il ne s'ensuit nulle-
ment que toutes les familles du même nom soient
gésitaines. A Saint-Aubin, par exemple, sur cinq ou
six familles qui portaient le nom de Gardère. une
seule était cagole ; elle habitait l'ancienne maison du
Cbrestian.
IX.
LA CATHEDRALE DE PAMPELUNE
Par M. BRUT AILS
Archiviste du département de la Gironde ,
Juge au Tribunal supérieur d'Andorre.
On a peu écrit sur la cathédrale de Pampelune : elle
n'a jamais été étudiée, du moins à ma connaissance,
avec quelque détail. Plusieurs ©uvrages fournissent,
cependant, des renseignements sur cet objet. Il faut
citer :
PP. Martin et Cahier. Mélanges d' Archéologie ,
2« série, t. II, pp. 268 et suiv.
Académie royale d'histoire de Madrid. Diction-
naire de géographie de la Navarre et des provinces
basques, Verbo Pamplona.
Génac-Moncaut. Histoire des peuples et des états
Pyrénéens, t. V, pp. 441 et suiv.
Sur l'histoire de l'église, on peut lire :
Sandoval. Catâlogo de los obispos de Pamplona.
Pampelune, 1614, in-4°.
D. Gregorio Fernandez Perez. Historia de la iglesia
y obispos de Pamplona. Madrid, 1820, 3 in-4°.
Et les Annales de Moret, passim.
CATIlÉDRALt; DE PAMIM:I,UM-J
Fucade
CATHÉDRALE DE l'AMPELUNE
Porte de la Salle précieuse
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 293
Le siège épiscopal de Pampelune, longtemps appelé
sedes Iruniensis , est fort ancien; fondé par saint
Sernin, évêque de Toulouse, il fut, au IX® siècle, trans-
féré dans les montagnes de Leyre, pendant que les
Sarrasins occupaient la partie méridionale de la Na-
varre. Rétabli à Pampelune en 10:23, doté par Sanche
le Grand de riches bénéfices, le chapitre adopta, en
1086, la règle de saint Augustin ; il a été sécularisé, en
1860, par une bulle de Pie IX.
L'église romane qui précéda l'édifice gothique ac-
tuel, fut commencée en 1086, par l'évêque Pierre de
Roda (1084-1115), d'origine française. En 1091 , Urbain II
approuva l'érection d'une confrérie de Notre-Dame,
fondée dans le but de poursuivre la construction de la
cathédrale, dont le gros œuvre était achevé en 1100,
si l'on en croit des vers copiés par Sandoval au-dessus
du portail de ce même édifice roman. En 1115, de
nouvelles faveurs furent accordées par Pascal II à la
confrérie, qui s'occupait, à cette époque, de l'œuvre
intérieure du temple. La consécration eut lieu en 1124
suivant Moret, en 1127 au dire de Sandoval.
On ne signale plus de travaux jusqu'à l'épiscopat
d'Arnaud de Barbazan , autre prélat français (1318-
1355), qui éleva, d'après Sandoval, la moitié du cloître,
la chapelle dite Barbazane et le dortoir inférieur des
chanoines.
En 1390, le l'' juillet, le chevet de la cathédrale
s'effondra : sept ans après, par une charte datée de Saii't-
Jean-Pied-de-Port, Charles le Noble abandonna, pour
la reconstruction de l'église, la quarantième partie de
ses revenus pendant une période de douze ans. On se
mit à l'œuvre, et Sandoval nous apprend qu'on travailla
jusqu'à l'épiscopat du cardinal Cesarino (1520-1537).
:294 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
De l'édifice élevé par Pierre de Roda, il ne resta
plus que la façade et les tours qui la flanquaient, l'une
servant de clocher, l'autre de prison épiscopale ; ^ et
c'est, nous dit le continuateur du P. Moret, chose gros-
sière, que l'on ne garde que pour son antiquité. >
Aussi, à la fin du siècle dernier, a-t-on remplacé cette
humble construction par une pompeuse façade gréco-
romaine.
l'intérieur de la cathédrale.
Le plan de la cathédrale est remarquable. La partie
centrale de la grande nef est occupée par le chœur,
suivant l'usage espagnol ; à droite et à gauche, un bas-
côté sur lequel s'ouvrent des chapelles latérales ; le
transept est simple ; le chevet se compose d'une seule
travée et finit en angle saillant ; autour du chevet,
règne un déambulatoire sans (chapelles, qui se termine
à l'extrémité est par un angle rentrant opposé à l'angle
saillant du chevet.
Les voûtes de la nef sont établies sur croisées
d'ogives, à raison d'une par travée, et renforcées au
moyen de nervures longitudinales reliant les clefs de
voûte aux claveaux supérieurs des doubleaux. Ces
nervures sont sensiblement ondulées, parce que les
voûtes sont bombées, les ogives étant portées un peu
plus hautque les doubleaux et les formerets; les voûtes
sont d'ailleurs établies d'après le système français.
Les doubleaux reposent sur une colonnette ; les
ogives et les formerets retombent sur une autre colon-
nette flanquant la première de chaque côté : c'est
donc un groupe de trois colonnettes. à méplat, qui
descend jusqu'au sol ; autant pour la retombée des
ogives et des doubleaux des bas-côtés. Pour supporter
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 295
les arcades, des faisceaux à peu près semblables de
trois colonnettes, dont une à méplat, de telle sorte
que chaque pilier forme un support massif à peu près
carré sur lequel ressortant douze colonnettes.
Les arcades sont brisées en tiers-point ou peut-être
légèrement surélevées; le profil en est compliqué et
l'aspect général est d'un heureux effet.
Mais au-dessus, la place occupée ordinairement par
les baies du triforium est vide, et le mur se prolonge,
triste et monotone, à peine décoré par un groupe
de moulures.
Les fenêtres, grandes comme le sont les fenêtres de
nos cathédrales à la fin du XIP siècle, sont en arc
brisé , encadrées de deux archivoltes reposant de
chaque côté sur autant de colonnettes. Deux meneaux
les divisent en trois compartiments.
Les pieds des colonnettes des archivoltes et les me-
neaux pénètrent dans l'appui en talus de la fenêtre. La
partie supérieure de la baie est occupée par un rem-
plage dont les dessins géométriques présentent des
combinaisons recherchées. Par un caprice de l'archi-
tecte, ces fenêtres de la nef sont alternativement plus
hautes et plus basses, sans que la différence de dimen-
sions soit cependant bien sensible.
Le mur du fond, à l'ouest, élevé au XVIII'^' siècle, n'a
d'autres ouvertures qu'une petite rose et une porte
carrée, au-dessus de laquelle on a badigeonné, il y a
quelques années , un arc Renaissance encadrant les
vers que Sandoval avait relevés sur le portail roman,
et auxquels on en a ajouté deux ou trois relatifs à
l'église actuelle.
Les trois premières travées, en entrant, n'offrent pas
dans leur élévation de particularités intéressantes. Il
296 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
semble que la première ait été refaite au moment où
on reconstruisit la façade ; les traces de cette réfection
sont surtout visibles à l'extérieur.
La quatrième et la cinquième travées de la nef sont,
sur toute leur largeur, occupées par le chœur. Le
chœur est circonscrit, à l'est, par une magnifique grille
en fer ouvragé, et sur les trois autres faces par des
murs pleins reliant les piliers entre eux, et arrêtés un
peu au-dessous de l'imposte des arcades.
La sixième travée et le carré du transept sont ré-
servés aux fidèles.
Le carré du transept est voûté d'ogives avec liernes
et tiercerons. Ses quatre piliers sont de dimensions
plus considérables que les autres supports de la nef;
les deux premiers, du côté de l'ouest, se composent de
seize colonnettes.
Le chevet, dont la voûte d'ogives, avec liernes et
tiercerons, est très compliquée, forme en plan un pen-
tagone irrégulier : le côté ouest et les deux grandes
arcades du nord et du sud sont fermés par des grilles ;
les deux autres faces sont terminées par des murs
pleins. Ces quatre derniers côtés sont ajourés de fe-
nêtres plus petites que celles de la nef, et divisées en
deux compartiments seulement. Le groupe de mou-
lures horizontales, déjà signalé dans l'élévation de la
nef, se retrouve au chevet.
Les bas-côtés sont voûtés d'ogives, sur plan carré,
avec doubleaux : ogives, doubleaux et formerets re-
tombent, d'une part, sur les trois colonnettes dont il
est parlé plus haut ; de l'autre, sur trois autres co-
lonnettes appartenant au pilier qui termine le mur de
séparation des chapelles latérales.
La voûte des croisillons du transept est établie sur
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 297
Ogives, comme celles de la nef et des bas-côtés : dans
la travée qui se trouve sur l'axe des bas-côtés, ces
ogives sont sur plan barlong , allongé de l'est à
l'ouest; dans le reste du croisillon, sur plan carré.
Les nervures ondulées qui entrent dans le système des
voûtes de la nef sont placées ici dans les deux sens,
longitudinal et transversal. La travée du transept
correspondant aux bas-côtés a, dans la paroi orienlale.
une fenêtre analogue à celles de la nef; le croisillon
sud en a même deux, une à l'est et l'autre en face, à
l'ouest. Le parement du mur est orné, comme au chevet
et dans la nef, de moulures horizontales. Le croisillon
nord s'ouvre par une porte, sur la place adjacente; au-
dessus de cette porte est percée une rose, relativement
petite, étant donné la date de la construction, à rem-
plage flamboyant d'un assez beau caractère. Une rose
semblable est pratiquée dans la paroi correspondante
du croisillon sud.
Les voûtes du chevet se ressentent du plan bizarre
adopté pour cette partie de l'édifice. Le déambula-
toire est divisé en quatre travées : chacune d'elles
forme un hexagone, dont la voûte est soutenue par
six branches d'ogives : les têtes de ces nervures
portent sur des colonnettes ou sur des culs-de-lampe,
ou bien plongent dans les colonnes engagées. Celte
partie de l'édifice est insuffisamment éclairée par
trois fenêtres , dont deux , sans meneaux , sont en
partie murées : une quatrième est complètement
masquée par un rétable. Deux portes mettent le déam-
bulatoire en communication avec les sacristies ; ces
deux portes sont élégamment encadrées de pieds-droits
de gables en accolade et de remplages en application ;
elles sont d'un bel aspect.
:298 CONGRÈS archéologique de dax et rayonne.
Les premières chapelles à droite et à gauche sont
fermées par des murs pleins, dans lesquels sont simu-
lées deux fausses portes amorties en arc surbaissé,
dont la riche ornementation, avec gables, pinacles et
remplage flamboyant, rappelle les portes du déambu-
latoire que je viens de mentionner. Au nord, cette cha-
pelle est divisée en deux étages servant, l'étage infé-
rieur, de sacristie, l'étage supérieur, de tribune et de
chœur à la chapelle suivante , où se célèbrent les
offices de la paroisse. Cette partie de l'édifice a dû
être profondément remaniée à l'époque de la recons-
truction de la façade, car la voûte qui recouvre la
tribune est d'arêtes.
Vient ensuite, au sud comme au nord, une chapelle
double occupant deux travées, et suivie, au sud d'une,
au nord de trois chapelles. Elles sont toutes voûtées
d'ogives sur plan carré ; les nervures reposent, du côté
de la nef sur des colonnettes, du côté extérieur sur des
culs-de-lampe ; mais au milieu des chapelles doubles,
les têtes des ogives et des doubleaux pénètrent dans le
support , qui est à cet endroit une grosse colonne
flanquée de deux groupes de colonnettes portant les
formerels.
Les chapelles latérales sont éclairées par des fenêtres
petites, percées à raison d'une par travée, et du même
genre que celles de la nef, avec cette différence qu'elles
sont divisées en deux compartiments seulement.
Au sud, correspondant à la cinquième et à la sixième
travées^ nous trouvons, non pas des chapelles, mais
un espace plus large qui paraît être, en plan, la conti-
nuation du transept ; en élévation, cette partie de
l'édilîce est plus basse que le transept ; les voûtes y
sont portées par des ogives sur plan barlong. Un gros
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE, ;:Î99
pilier polygonal, placé à cet endroit, renferme l'escalier
qui conduit aux combles. La paroi sud porte des traces
de remaniements; à quelques mètres de hauteur, et
près de la belle porte du cloître, qui est précisément
percée dans cette paroi, subsiste un tronçon de support,
composé de trois colonnettcs, surmontées d'un chapi-
teau ; le tout est antérieur à l'édifice actuel. L'architecte
du XV*^ siècle a dû adopter le plan singulier de cette
partie de l'édiiice pour laisser le transept en commu-
nication directe avec le cloître et pour conserver la
belle porte de celui-ci : nous nous trouvons donc en
face de constructions antérieures au reste de la cathé-
drale. Là encore, une petite porte en plein-cintre
s'ouvre sur un escalier tournant fort original qui
conduit à l'étage supérieur du cloître.
Les détails de construction offrent un caractère
d'unité remarquable et sont, en général, fort en retard
sur leur époque.
Les piliers, comme il est dit plus haut, se composent
de douze colonnettes : les quatre colonnettes d'angle
et les quatre qui soutiennent la retombée des ogives,
sont à méplat. Chacune a sa base et son petit socle
prismatique, qui s'enfonce dans le gros socle carré à
angles rabattus. La plupart des socles et des bases ont
été revêtus de plaques de marbre avec incrustations,
d'un travail fini, mais bien déplacées. Les colonnettes
ont des chapiteaux que l'on peut ramener à un type
général : la corbeille se compose de deux guirlandes
de feuillages, la guirlande supérieure d'un plus grand
diamètre que l'inférieure : la sculpture est ferme :
les feuilles, nettement découpées, sont, dans quelques
chapiteaux, déchiquetées et très fouillées. Le tailloir
oOO CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
est polygonal ; l'astragale suit le profil de la colon-
nette.
Les culs-de-lampe ont également un tailloir poly-
gonal ; les sculptures de leur corbeille représentent
des animaux plus ou moins fantastiques et générale-
ment bien traités.
Je rappelle ici que les supports du déambulatoire
sont cylindriques, sans chapiteau, et que les nervures
s'y engagent par pénétration.
Les clefs de voûte sont petites, relativement à leur
date ; elles sont accompagnées d'écussons posés à plat
sur chaque branche des nervures. L'intersection des dou-
bleaux et des nervures longitudinales est aussi cachée
derrière des écussons, de plus grandes dimensions que
les précédents. Les clefs sont ornées de sculptures ;
celles du chevet portent des feuillages ; celles du déam-
bulatoire et du transept sont plus grandes et dorées ;
elles ont d'ailleurs été posées depuis peu, à en juger
par leur éclat. Le plus grand nombre porte des armoi-
ries : dans la nef, les armes écartelées de Navarre et de
France, celles-ci brisées d'une cotice ; un b en minus-
cule gothique, surmonté d'une couronne royale (ini-
tiale de Blanche de Navarre , fille de Charles le
Noble ). Dans le bas-côté nord , les écussons sont
écartelés, au 1 de Navarre, 2 de Castille, 3 de France
brisé comme ci-dessus, 4 de Léon. Dans la dernière
chapelle de ce même côté nord : de gueules aux deux
lions d'argent passants, à la bordure d'or, timbré d'un
chapeau de cardinal ; ces armoiries, qui sont, au dire
de Sandoval , celles du cardinal Salva, se retrouvent,
sans couleurs, sur le premier pilier du carré du tran-
sept. Dans le bas-côté méridional et dans les cha-
pelles adjacentes, les écussons portent alternativement
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. HO l
écarlelé de Navarre et de France, et d'argent à la
croix engrêlée de gueules chargée de chaînes d'or,
cantonnée de quatre étoiles de sable à sept pointes,
une crosse par derrière l'écu , qui est de Sanche
d'Oteyza, évê(|ue de Pampelune (14!20-l4:2o). La plu-
part des écussons doivent être en bois et posés après
coup, car, certaines clefs présentent une simple cavité
qui semble attendre une plaque ornementée.
Le chœur, dont le sol est surélevé, est fermé, du côté
de l'autel, par une magnifique grille en serrurerie, de
la Renaissance; les enroulements, les personnages fan-
tastiques terminés en feuillages, sont traités avec une
sûreté et une élégance rares. Mais plus merveilleuses
encore sont les stalles (jui garnissent, sur deux rangs,
le pourtour du chœur : «. Les boiseries, dit M. Cénac-
Moncaut, sculptées en 1530, par Michel Ancheta, sur
bois d'érable apporté d'Angleterre, peuvent lutter avec
les plus belles œuvres de ce genre ; le plan général
est conforme à celui d'Amiens ; des statues en re-
lief, plus grandes que celles de Saint-Bertrand, mais
moins que celles de Lescar, ornent les hauts dossiers
et représentent, au nombre de quarante-neuf, des
patriarches, des saints, tels que saint Dominique, suivi
d'un chien , portant un cierge ; des martyrs , des
vierges, parmi lesquelles on remarque sainte Luce,
portant ses yeux dans un plat ; des sybilles, des con-
fesseurs, des apôtres et le Christ qui en occupe le
centre. L'auteur n'a pas su s'écarter des défauts de son
siècle ; il a placé au-dessous de chaque statue des
sujets et des têtes de fantaisie, où dominent les nudités
mythologiques, amours, satyres , chevaux , griffons,
cariatides, hommes engaînés dans des Heurs, enfants,
21
302 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
dragons, aigles, tètes de béliers, vases antiques, captifs
romains : l'on comprend, à la supériorité de la compo-
sition et du dessin, que ce genre de décoration profane
avait toute la préférence du sculpteur. Chaque bras,
chaque accoudoir, chaque miséricorde, chaque sépa-
ration de stalle, renferme une foule de sujets égale-
ment capricieux , mais complètement étrangers au
christianisme, La corniche qui règne au-dessus des
grands personnages enfin est entièrement composée
d'arcades plein cintre retombant sur des cariatides
fantastiques , surmontées de délicieuses petites tètes
Renaissance, avec mille caprices se jouant dans les
intervalles. La seule particularité que ces boiseries
partagent avec celles de Saint-Bertrand, c'est que la
marqueterie y a été employée sur une assez grande
échelle. » J'ajouterai que ces incrustations, en bois de
couleur plus claire, se trouvent sur les dossiers et sur
les accoudoirs des stalles.
Au milieu du chœur, enfermé sous une grille qui le
défend contre les mutilations, est placé le tombeau de
Charles IV (f septembre 1426) et de sa femme Léonor
de Castille ( j- 1416). Le socle, orné de statuettes,
supporte les effigies en albâtre du roi et de la reine :
la tète des défunts repose sur des coussins ; elle est
abritée par un dais très travaillé ; leurs pieds sont
appuyés sur un lion et sur un chien. Le roi, couronne
en tête et mains jointes, a la figure et les tempes
rasées ; il est vêtu d'une robe longue, bordée au bas
d'un large galon semé de fleurs de lys ; par dessus
cette robe est jetée une houppelande bordée de même.
La reine porte un surcot échancré sur les côtés, lais-
sant voir sa cotte collante et sa ceinture ; la poitrine
est couverte d'une palatine. Chaque statue se compose
LÀ CATHÉDRALE DE PAMl'ELUNE. l-\0o
de trois blocs ; le dessin est siini)le, la sculpture ferme ;
les plis sont larges mais raides. L'inscriplion, en mi-
nuscule carrée, gravée sur le biseau du couvercle,
était dorée du temps de Sandoval. Cet auteur parle
d'un magnifique tombeau de Charles le Mauvais, érigé
aussi dans le chœur de la cathédrale, d'où il a disparu.
Les autels de la cathédrale de Pampelune sont mo-
dernes. Ce qui frappe d'abord l'étranger, c'est l'im-
mense rétable qui les accompagne inévitablement.
J)eux de ces rétables, remontant peut-être au commen-
cement du XVP siècle, présentent des peintures bien
conservées et vraiment curieuses ; ils se trouvent dans
le déambulatoire. Le rétable du maître-autel , dû à
l'évêque Antoine Zapata (1597-1600), est de bon goût,
ce qui est fort rare ; certaines de ses statues sont évi-
demment imitées des maîtres.
A signaler dans le chevet, la grille, qui rajjpelle
celle du chœur, et une poutre de gloire dorée, d'un
travail moderne, surmontée de volutes et de médail-
lons ; elle sert à supporter des lampes qui y sont sus-
pendues.
Les orgues sont dressées sur la paroi nord de la
quatrième travée, c'est-à-dire dans le chceur ; leur or-
nementation est aussi peu harmonieuse que leurs sons.
Les vitraux de la nef, à grandes ligures, paraissent
remonter au XYP siècle.
Le trésor de l'église garde une statue de la Vierge
qui aurait été portée en Espagne_, suivant une tradition
locale, par l'apôtre saint Pierre, et qui aurait suivi ù
Leyre, au IX'-' siècle, les évèques fuyant devant les Sar-
rasins. Cette statue, que l'on expose aux jours de
grandes fêles, est en argent et d'un aspect motlei-ne j
304 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
mais les lames de métal recouvreiil, dit-on, une eftigie
en bois beaucoup plus ancienne; la Vierge est assise et
porte l'Enfant sur les genoux.
Dans la sacristie est caché un reliquaire cruciforme
en or, contenant une parcelle de la Vraie Croix et
donné par Manuel Paléologue, ainsi qu'il résulte d'un
curieux diplôme expédié au Louvre, le 6 janvier 140:2 ;
l'acte, en grec et en latin, porte la signature auto-
graphe de l'Empereur en vermillon : il est scellé d'une
bulle d'or présentant, d'un côté, l'image de Jésus-
Christ, de l'autre, celle de saint Pierre.
On peut obtenir plus facilement de voir un grand
ostensoir en argent et cuivre , qui sert pour les pro-
cessions ; il ligure un édifice orné de bas-reliefs et
d'arabesques dans le goût du XVP siècle.
Le Chapitre possède, également, un coffret en
ivoire, d'origine arabe, d'une grande valeur.
Je mentionnerai enfin , dans une niche élégante du
XV« siècle, qui recouvre le tombeau de l'évêque Sanche
d'Oteyza, dans la double chapelle latérale du sud, huit
chapiteaux romans géminés, d'un travail curieux : la
corbeille est couverte de petits personnages ou d'en-
trelacs et de feuillages, dont la sculpture fine, serrée,
peu profonde , rappelle les premiers essais de l'art
roman. Ces huit chapiteaux proviennent de l'ancienne
cathédrale. M. Cénac-Moncaut prétend qu'ils étaient
placés à la porte principale, ce qui est, en effet, la tra-
dition à Pampelune.
l'extérieur de I.A CATHÉDRALE.
L'extérieur de la cathédrale est des plus simples ,
comme dans toute la région pyrénéenne. La façade,
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 305
ainsi qu'il est dit plus haut, a ('té refaite à la fin du
siècle dernier : un porche relie deux tours carrées ; il
est couvert par un fronton triangulaire, d'un aspect
sévère et froid, supporté par huit colonnes corin-
thiennes accouplées. Au-dessus et en arrière, s'élève le
mur de façade couronné, lui aussi, d'un fronton de
mêmes dimensions. Les deux tours, dont l'étage supé-
rieur est d'abord polygonal, puis cylindrique, sont
terminées par des dômes en forme de cloches ; le tout
accompagné d'aiguilles , de vases enflammés et de
toute cette ornementation qui eut un si grand succès
au XVIII* siècle en Navarre et en Guipuzcoa.
Le chevet et la façade latérale sud. sur laquelle est
le cloître, sont enfermés dans les dépendances de la
cathédrale. On peut constater cependant, du dehors,
que le mur du déambulatoire , resté inachevé , ne
rejoint pas encore la toiture.
Le croisillon septentrional du transept est percé
d'une porte, dont le linteau est posé sur deux corbeaux
en cavet ornés chacun d'un ange ; celui de droite tient
un écusson aux armes de Navarre et de France ; le
tympan représente le couronnement de Notre-Dame :
la Vierge est à genoux devant son Fils, et deux anges,
un de chaque côté, complètent la scène. Les archivoltes,
d'un profil relativement simple, si on le compare aux
archivoltes des portes de nos cathédrales , sont ornées
de deux rangées de six et de huit saints ; chaque sta-
tuette est debout sur un petit piédestal, servant de dais
à celle qui est placée au-dessous. Le tout est encadre
de pieds-droits avec colonnettes à méplat , bases pris-
matiques et chapiteaux ; ces pieds-droits portent un
arc en accolade surmonté d'un fleuron en chou frisé.
Les vantaux en bois, très délabrés , sont renforcés de
306 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
pentures en forme de fleurs-de-lys ; les clous et le mar-
teau sont d'un beau dessin. Au milieu de cette façade
du transept . court un cordon de moulures qui en
rompt à peine la monotonie; au-dessus est placée la
rose , puis enfin la corniche à feuillages sculptés. De
petits pinacles, aujourd'hui brisés pour la plupart ,
surmontaient les contreforts prismatiques des angles.
Les contreforts carrés des bas-côtés et de la nef
étaient destinés à recevoir un couronnement semblable,
mais ils ont été arrêtés au niveau de la toiture, qui les
recouvre. Les fenêtres des bas-côtés et de la nef ont à
l'extérieur le même encadrement qu'à l'intérieur; de
plus, une archivolte suit l'arc de la baie et repose sur
deux petits culs-de-lampe. Les corniches sont creusées
d'une gorge où le sculpteur a ciselé de belles guir-
landes de feuillages. Une seule toiture en appentis
couvre le bas-côté et les chapelles. Les arcs-boutants ,
très simples, sont en (piart de cercle.
En résumé, la cathédrale de Pampelune est un édi-
fice fort intéressant où se trouvent , à côté de réels
mérites et de beautés de premier ordre, de choquantes
imperfections. L'homogénéité de l'œuvre, la sobriété,
la pureté de l'ornementation y sont d'autant plus re-
marquables que ces qualités sont plus rares au-delà
dos monts. Mais l'aspect est froid, désespérément triste.
Je n'oublie pas que nous sommes en Espagne, où
l'ardeur du climat ne permettait pas à l'architecte
d'ouvrir les immenses fenêtres et d'y enchâsser les
étincelantes verrières des églises du nord. Mais ni
l'équilibre du monument^ ni la nécessité de le défendre
contre la chaleur n'empêchaient d'établir un trifo-
rium, qui aurait rompu la monotonie du vaisseau
central et agrandi singulièrement ses proportions.
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE, 307
Enfin, le chœur est de trop : le regard se heurte
douloureusement contre ses cloisons mesquines, qui
coupent l'édilice en deux ou trois parties. A la richesse
inouïe de ses boiseries, <à tous ces merveilleux détails,
à tous ces caprices éclos sous le ciseau du sculpteur
Ancheta, je préfère la magnifique vue d'ensemble, la
perspective grandiose qui inspire aux sceptiques même
comme Montaigne une impression profonde et un
religieux respect, lorsqu'ils franchissent le seuil de nos
incomparables cathédrales françaises.
LE CLOÎTRE.
Le cloître est accolé au côté sud de la cathédrale ;
son plan est un carré parfait ; chaque galerie com-
prend huit travées, y compris les deux qui la termi-
nent ; c'est donc un total de vingt-huit travées, dont
chacune forme un carré de 5™ 10 de côté, couvert d'une
voûte sur croisée d'ogives. Dans l'angle sud-ouest du
préau est une chapelle de même superficie.
Le cloître s'ouvre sur le préau au moyen d'arcades
en arc brisé portant sur des piliers d'un profil com-
pliqué, à colonnettes terminées par un petit méplat ;
des supports plus légers divisent chaque baie en deux
compartiments subdivisés eux-mêmes par des groupes
de colonnettes de moindres dimensions. Tous ces sup-
ports sont admirablement découpés dans une pierre
tendre qui, par malheur, a beaucoup souffert de l'hu-
midité du climat : leurs bases prismatiques reposent
sur un bahut à hauteur d'appui, orné de moulures et
d'arcatures brisées et trèflées, ou, dans les galeries du
sud et de l'ouest, de dessins plus oompliqués. La cor-
beille des chapiteaux, très fouillée, présente des fcuil-
'■]08 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE D\X ET RAYONNE.
lages, des animaux ou de tout petits personnages ; le
tailloir est polygonal, et l'astragale suit les contours
de la colonnette. Le dessin des remplages est formé de
roses polylobées dans le goût des arcatures que l'on
faisait en France à la fin du XIII" siècle. Ce dessin
alterne, au nord, avec un remplage plus compliqué,
qui est exclusivement adopté au sud et à l'ouest.
Du côté extérieur des galeries, les gros piliers sont
conçus sur le même dessin et reposent également sur
un bahut terminé en haut et en bas par les mêmes
moulures que du côté du préau et portant des cercles
à redans qui font place, eux aussi, à des compositions
plus recherchées au sud et à l'ouest ; mais les supports
intermédiaires n'existent pas , sauf dans la première
travée en sortant de la cathédrale, où les deux parois
sont décorées d'un remplage en application, s'appuyant
non pas sur un bahut mais sur un banc de pierre.
Les formerets sont de ce côté bordés d'un arc de
feuillage d'une exécution très soignée et d'un effet mer-
veilleux.
Les ogives se croisent derrière une petite clef de
voûte. La partie intérieure de ces clefs est ronde et
sculptée; la partie supérieure est carrée de façon à
former des éperons entre les branches des nervures.
Les doubleaux ont aussi leurs clefs de voûte ; dans les
galeries orientale et septentrionale et dans les deux ou
trois premières travées de la galerie occidentale, le
profil des doubleaux est singulier : il se termine par
deux tores à méplat s'entrepénétrant.
Les clefs de voûtes sont un intéressant sujet d'études
iconographiques ; elles sont sculptées et peintes :
quelques-unes ofl'rent une simple couronne de feuilles ;
mais d'autres portent les Évangélistes (nord-est), des
CATHÉDRALE DE PAMPELUNE
Gakuie orientale du Cloître
S -"S
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 309
scènes de la vie du Christ, des saints, saint Martin
notamment, un léopard avec la devise « léopard us »,
les vents et les mois. Les vents sont ligures sous la
forme de petits personnages à mi-corps, ou de têtes ;
ils soufflent dans des cornets ; autour de l'image, leur
nom est peint en minuscule gothique : Africus, Favo-
nius, Chorus, Circius (deux fois), Yentus A(]uilo, Subso-
lanus, Eubus (1). Parmi les mois, j'en signalerai un
seul : Janvier, c( mensis januarii », représenté sous
la figure d'un homme à deux visages et tenant deux
clefs.
Les principales portes s'ouvrant sur le cloître sont :
celles de la cathédrale, de la Piarbazane, de la salle
précieuse ou salle des États, du réfectoire.
La première est la plus riche, sinon la plus belle :
elle est divisée en deux baies par un trumeau , dont la
face extérieure porte une Vierge surmontée d'un dais
richement sculpté; le tableau de chacune des deux
baies est orné d'une trentaine de statuettes dans des
nichesàgables lleuronnés; les montants sont découpés
en ressauts carrés, dans l'angle desquels courent des
guirlandes de feuillages; le profil des archivoltes est le
même ; seuls, l'archivolte extérieure et le pied-droit
qui lui correspond sont composés de deux tores unis
par une large gorge et, dans l'archivolte , cette gorge
est décorée d'une rangée de petits personnages tenant
des banderoles sur lesquelles on a peint, à une époque
peu éloignée de nous, ce passage des psaumes : Quis
ascendit de deserto, etc. Dans le tympan, l'artiste a
(I) Comparer avec la nomenclature des vents dans Vitruve,
1, G. L'Euruft est le vent du .'ud-est.
310 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
sculpté la mort de la Vierge , qui présente un curieux
fouillis de têtes; au centre du tableau, Jésus-Christ,
sous la figure d'un homme adulte, et non pas, comme
on l'a dit. sous la forme d'un enfant, reçoit dans ses
mains l'âme de sa mère ; de tous les personnages, lui
seul est nimbé avec quatre petits anges, quatre « ange-
lets » eéroféraires. Ce tympan et d'ailleurs toute la porte
ont été ignoblement badigeonnés; la Vierge du trumeau
a été gratifiée pour sa part d'yeux en amande du plus
déplorable effet, et l'artiste a peint sur les plis de ses
vêtements les grandes fleurs d'une de ces indiennes à
ramages si chères aux Espagnoles; encore faut-il savoir
gré aux auteurs de cette restauration de n'avoir pas
affublé cette statue, comme tant d'autres, d'une perru-
que et d"une robe de brocart !
Au fond de la galerie nord , une belle et grande
niche abrite le tombeau de Léonel de Navarre, fils
naturel de Charles le Mauvais et vicomte de Muruza-
bal (■{■ 1413) ; à ses côtés repose Epifania de Luna, sa
femme. L'arcature est brisée avec gable en accolade et
remplage flamboyant d'une grande légèreté ; les deux
pieds droits, en saillie sur le parement du mur, se ter-
minent en pinacles élancés. Sur la paroi du fond, on
aperçoit encore les traces de peintures remarquables,
représentant les douze apôtres. Léonel est couché, la
tête sur un coussin que soutiennent deux anges, les
mains jointes, les pieds posés sur un lion ; la figure et
les tempes sont rasées comme dans la statue de son
frère consanguin, Charles le Noble ; l'armure est de
plate, recouverte d'une cotte aux armes du défunt qui
laisse voir les mailles du camail et des brassards. Epi-
fania de Luna est coiffée d'un atour qui pousse deux
larges cornes latérales; elle est vêtue d'une houppelande
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 311
très ample et à grands plis. Au-dessus des statues sont
pointes les armoiries des défunts : iVargent à la croix
rf'or (sic) (1), cantonnée de quatre loups ^tassants de
gueules affrontés deux à deux . et d'or au pont-
levis (?) d'azur.
Immédiatement après ce tombeau, nous trouvons,
sur une corniche soutenue par deux rangs de crochets,
une Adoration des Mages ; la Vierge, dont la figure
pleine et la gorge arrondie annoncent le XIV° siècle,
est assise sous un dais dont la face inférieure reproduit
la voûte de la Barbazane ; elle présente son fds aux
Mages rangés l'un derrière l'autre sur la corniche. Ces
cinq figures, de grandeur presque naturelle, sont
l'œuvre d'un Français, ainsi que nous l'apprend l'ins-
cription gravée sur un socle en majuscule gothique :
« f JAQUES PERUT FIT CEST ESTOiRE. » La scèuc cst dé-
signée sous le nom de Noire-Dame de la Paix, Nuestra.
Senora de la Paz.
La porte de la Barbazane est deux travées plus loin :
son tympan bouché est couvert d'un crépissage badi-
geonné ; les deux pieds-droits sont ornés des statues
de saint Pierre et de saint Paul, posées sur des consoles
d'une facture originale, celle de gauche surtout, qui
représente un cavalier, armé d'un écu aux armes
de Navarre, attaqué par un lion : on a voulu voir dans
celte scène, soit une allusion aux luttes de Navarre et
de Léon, soit un souvenir du séjour de Sanche le Fort
en Afrique. Sur les deux travées adjacentes s'ouvraient
les fenêtres de la Barbazane, aujourd'hui murées.
Au fond de la galerie est pratiqué un arcosoUum
(I) La croix paraît de gueules, mais le rouge, très indécis,
est un mordant ; plus haut, ces armoiries sont répétées deux
fois, cl la croix y est ijien d'or.
oi2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
OÙ est placé le tombeau de Miguel Sanchez d'Asiain,
évêque de Pampelune (13o6 1364) ; la statue, raide,
n'offre pas grand intérêt; elle est adossée à la muraille
et posée de trois-quarts sur le côté gauche ; par der-
rière et sur les côtés, est disposée une rangée de sta-
tuettes mutilées et décapitées. Le gable en accolade,
les lleurons, le remplage, les pieds-droits qui surmon-
tent et encadrent la niche sont lourds. Les parois
étaient décorées de peintures dont on regrette vivement
la disparition, à l'aspect des traces qui restent encore.
Trois écus suspendus portent les armoiries du défunt :
d' argent aux deux lions passants et diffamés de sable ^
lampassés de gueules, à la bordure d'or brodée de
croix de saisit André, du même.
La travée suivante est occupée par la porte de la
« Salle précieuse y- , oîi les rois de Navarre étaient
élevés sur le pavois et où ils prêtaient serment. La
salle n'a d'intéressant que ses souvenirs historiques :
les pieds-droits de la porte sont ornés de deux statues,
la Vierge et l'archange Gabriel, d'une exécution mé-
diocre ; dans les archivoltes, deux rangées de statuettes
sous des dais; dans le tympan, quatre bandeaux de
sculptures superposés : la scène supérieure est un Cou-
ronnement de la Vierge ; au-dessous est représentée sa
mort , à laquelle assistent , perdus dans la foule, trois
soldats, chapeau de fer en tête ; les scènes du bas sont
encadrées d'arcatures délicieusement ouvragées.
Cette même galerie du sud contient dans un arco-
solium le sarcophage en marbre rouge de Dumont,
comte de Gages, mort vice-roi de Navarre, en 1753 ; le
tombeau est surmonté du buste du défunt et accompa-
gné des immanquables génies éplorés.
Dans le mur de la dernière travée est pratiquée la
LA CATHÉDRALE DE PAMPELUNE. 313
porte du réfectoire ; les deux statues qui garnissent les
montants sont d'un beau style ; l'une est couronnée :
l'autre, qui est absolument remarquable, a les yeux
recouverts d'un bandeau ; leurs bras , aujourd'hui
brisés, devaient tenir les étendards de l'Église et de la
Synagogue. Les deux scènes superposées du tympan
sont l'entrée à Jérusalem et au-dessous la Gène.
A côté, dans la première des travées occidentales ,
est une porte de service , au-dessus de laquelle nous
voyons le Crucifiement, et, plus bas, Jésus-Christ em-
menant les âmes des Limbes , les Saintes Femmes au
tombeau, Jésus-Christ apparaissant à la Madeleine.
Enfin, quatre travées plus loin , l'admiration des
Navarrais a élevé à Mina un monument funéraire :
appuyée sur le sarcophage blanc, la Navarre pleure
son héroïque fils.
Dans l'angle sud-ouest du préau est érigé , on l'a
déjà vu, une chapelle carrée. Ses murs , du côté du
préau, sont pleins juscju'à la naissance des voûtes qui
sont établies sur huit branches d"ogives. Les fenêtres
occupent la lunette des voûtes. Cette chapelle s'ouvre
sur les galeries du cloître par quatre baies, dont les
grilles ont été forgées, dit-on, avec une partie des
chaînes fameuses qui défendaient à la bataille de las
Navas de Tolosa l'accès de la tente de Miramolin ;
le reste de ces chaînes est déposé à Pampelune dans
les Archives des Cortès, àTudèle et à Roncevaux, dans
des églises. Dans un coin de la chapelle est suspendu
un bassinet à visière trouvé dans le tombeau de Charles
le Noble.
Du côté du i)réau, le cloître offre une ornementation
digne des richesses architecturales des galeries : les
contreforts élevés au droit des doubleaux sont cou-
314 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAVONNE.
ronnés de pinacles. Les arcades sont sunnonlées de
gables à remplage flamboyant ; ces gables, plus bas
du côté de lest, sont terminés au sud et au couchant
par des statuettes ; au sud, au nord et à l'ouest, ils
coupent la balustrade qui sert de garde-fou à l'étage
supérieur du cloître. Cet étage supérieur est couvert
par une toiture.
Je me suis ciîorcé de donner une idée du cloître de
Pampelune, de ses dispositions générales et des détails
de sa construction ; mais je renonce à décrire l'effet
produit par la perspective de ses galeries, avec leurs
voûtes jetées sur des eolonnettes élancées, à une hau-
teur de près de dix mètres, avec l'entrecroisement de
leurs moulures fermes et élégantes, la beauté du dessin
de leurs remplages et l'harmonieuse magnificence de
leur ornementation ; quand, pour compléter le tableau,
à travers une baie, on jette un regard sur la décoration
du préau, on est réellement saisi d'admiration, et c'est
avec un véritable enthousiasme que l'on ratifie le
jugement de l'archéologue qui a proclamé le cloître de
Pampelune « le plus splendide édifice de ce genre que
les XIV^ et XV° siècles nous aient laissé. » On peut
ajouter, je crois, que c'est le chef-d"n.'uvre de l'art
gothique dans la région pyrénéenne,
LA BARltAZANE.
La chapelle Barbazane ou simplement la Barbazane
a été construite par Arnaud de liarbazan, évèque de
Pampelune ('1318-13o5), qui la destinait, suivant la
tradition, à servir de sépulture aux évêques et aux cha-
noines de lu cathédrale. A vrai dire, je croirais plutôt
LA CATHÉDRALE DE l'AMPELUNE. 315
que son but était délever une salle capitulaire. C'est, à
l'intérieur, une vaste pièce carrée, de 14"' 2U de côté,
sans un pilier, sans une colonne. La voûte, qui est sur
ogives et fort élevée, est un curieux sujet d'étude : il y
avait assurément une grande dilïiculté à couvrir une
pièce carrée de ces dimensions; une voûte ordinaire
sur croisée d'ogives reliant deux à deux les quatre
angles de la chapelle eût été insuffisante : la portée des
nervures était trop grande et les compartiments étaient
trop vastes ; il fallait donc diminuer la portée des
ogives et en augmenter le nombre, et voici comment
l'architecte a résolu le problème. Sur chacun des
côtés du carré et à la hauteur de la naissance des
voûtes , il a établi deux culs-de-lampe très solides
divisant ce côté en trois parties à peu près égales; il a
jeté d'un cul-de-lampe à l'autre, en les faisant passer
par le centre de la salle, ses quatre arcs ogives.
Mais les quatre compartiments placés aux angles
étaient encore bien vastes : l'architecte a placé là un
doubleau brisé reliant deux à deux les culs-de-lampe
voisins, et il a mis entre les huit branches d'ogives des
liernes et des tiercerons ; enfin, de chacun des angles
de la salle il a fait partir une nervure qui s'appuie sur
un petit support, plus élevé que les huit culs-de-lampe
dont il est parlé plus haut, et qui, s'arrêtant avant
d'atteindre le doubleau , s'engage dans une clef de
voûte reliée par des nervures aux deux culs-de-lampe
les plus proches. Des formerets complètent ce système
compliqué (1). Le profil des nervures comprend un
bandeau, une gorge et un tore à méplat ; pour les
(1) C'est, dans l'ensemble, l'idée de la voûte dont Villard de
Honnecourt a donné le tracé dans son Album (Édition de
316 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
nervures des angles , il est plus simple : bandeau ,
gorge et chanfrein. Les clefs de voûte sont ornées de
plaques circulaires en bois, sans doute, et peintes.
Oj 0/ p.'ir nietrt .
PROJECTION DES VOUTES DE LA CHAPELLE BARBAZANE.
Les lignes pleines indiquent les nervures , les pointillés
indiquent les brisures.
Les murs de la Barbazane devaient être décorés de
peintures ; ils sont actuellement cachés en grande
partie par les retables et recouverts d'un épais badi-
geon où l'on a figuré des fenêtres, à grillages de bois
entr'ouverts, encadrant des portraits.
Lussus, pi. XL. — VioUet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture ,
§ Salle, t. VIII, pp.95-(J).La principale dilTôrence consiste en ce
que, à la Barbazane, il n'y a pas de support au centre de la salle.
LA CATHEDRALE DE l'AMl'ELUNE.
3l7
Une des leiiêtres a élé murée, sans eoiiiplcr les
deux autres qui flanquaient la porte donnant sur le
cloître. La seule fenêtre restée ouverte est sans me-
neau.
Au centre de la chapelle est le tombeau de Barbazan -,
le socle est bas et sans caractère ; la statue est couchée ;
le défunt est revêtu de ses ornements pontificaux, mitre
en tête, crosse garnie du sudarium au côté gauche, les
mains étendues sur le corps. Le tout est peint en vert-
pomme (!). Il y a quelques années, on ouvrit ce tom-
beau : le cadavre fut retrouvé dans la position où il est
représenté sur la pierre funéraire; le corps et les vête-
ments étaient, dit-on, intacts ; on détacha de l'aube le
magnitîque col brodé que l'on peut admirer dans la
chapelle.
L'extérieur de la Barbazane est très original : les
contreforts, au lieu d'être perpendiculaires aux murs,
sont dans la direction des ogives ; ils sont couronnés
d'un pinacle à crochets, ainsi que les quatre angles de
l'édifice et une tour polygonale élevée sur le flanc sud
et qui renferme un escalier. Du côté du levant, on peut
voir les traces d'une fenêtre actuellement bouchée, très
haute et très large, avec d'élégants meneaux ; entre
ces meneaux restent encore des lames d'albâtre décou-
pées, qui devaient remplacer les verrières et laisser
passer dans cette nécropole un demi-jour saisissant ;
on voit des lames analogues au fond de la fenêtre du
sud, dont la partie inférieure est aussi murée, et il est
ù remarquer que, de ce côté, où la lumière est plus
vive, les lames de pierre sont moins ajourées.
^2
318 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET DAYONNB.
LE REFECTOIRE ET LA CUISINE.
Le réfectoire du Chapitre, aujourd'lmi abandonné,
est une vaste salle rectangulaire mesurant 3i™ de
longueur, i0™50 de largeur et 13'" environ de hauteur
sous clef. Elle est couverte de six voûtes d'ogives. Les
ogives, très larges, d'un profil vigoureux et terminé par
un méplat, s'appuient sur des culs-de-lampe qui n'ont
pas moins d'un mètre de largeur ; les doubleaux, plus
forts encore que les ogives, et les formerets reposent
sur les mêmes supports, dont le tailloir est polygonal
et la corbeille historiée, couverte de jongleurs, d'ani-
maux, de caprichos. Ogives et doubleaux ont des clefs
de voûte rondes à éperons et portent en outre des
écussons au milieu de leur course entre la clef et le
sommier. Les formerets n'atteignent pas les voûtes; et
comme celles-ci (je ne parle pas des nervures) sont
d'une pierre jaunâtre que l'on ne rencontre que là, il
est à croire qu'elles ont été refaites.
Les fenêtres, très longues, sont divisées en deux
compartiments, d'abord dans le sens de la largeur par
des meneaux verticaux, et puis, dans le sens de la
hauteur, par une pierre dans laquelle on a découpé
deux arcs brisés servant d'amortissement aux baies
inférieures ; à partir de ce point, le profil du tableau
et des meneaux change : au-dessus , l'encadrement
est formé de colonnettes qui reposent sur des anges
de pierre , tandis qu'au-dessous les moulures sont
à peine indiquées ; au-dessus les meneaux sont to-
riques et les remplages dessinent des roses ; au-dessous
les meneaux sont simplement à ressauts carrés. Ces
fenêtres paraissent fort étroites ; et pour éviter que l'arc
LA CATHÉDRALE UE PAMl'ELU.NE. 810
fût trop iiiesfiuin. l'architecte a reporté les chapiteaux
des coloniiettes bien au-dessous de la naissance de cet
arc : c'est un artifice de construction qui s'observe
dans les fenêtres de la cathédrale et de l'église Saint-
Nicolas de la même ville. Le réfectoire a sept fenêtres
dans les murs latéraux, deux et une rose dans le mur
du fond opposé à l'entrée (1). La paroi adjacente au
cloître est entièrement nue ; on y a mis une Vierge
posée sur une console. Un groupe de moulures l'ait le
tour de la salle.
La porte qui s'ouvre sur le cloître est sans ornement
aucun à l'intérieur. Le réfectoire a trois autres portes :
celle de la cuisine, en arc brisé, avec deux ou trois
colonnettes à bases et chapiteaux ; celle qui conduit à
l'escalier de la chaire de lecture, conçue dans le même
genre ; entin. dans la paroi sud et contigûe à la paroi
de l'est, une porte richement décorée, avec tympan,
gable et fleuron. Un guichet orné de baguettes, dessi-
nant un arc trèfle, est ménagé entre la salle et la
cuisine.
On accédait à la chaire de lecture au moyen d'un
escalier partant d'un couloir qui s'ouvrait sur le réfec-
toire, par une porte signalée plus haut. Le caisson de
la chaire a aujourd'hui disparu ; il reste la console
polygonale ornée de deux rangs de sculptures satyri-
ques, et portée par un homme pliant sous le fardeau.
Sur la chaire , un abat-voix ou plutôt un dais fort
original est supporté par des colonnettes carrées ; dais
et colonnettes sont couverts de sculptures peu pro-
fondes; le dais est lui-même couronné d'une flèche
(1) Voir une perspective du cloître dans les Méliwges d'Ar-
chéulo'jie des PP. Martin et Caliier, 2* série, t. Il, p. 275.
^20 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
étayée par des ar(3s boutants. L'ensemble est d'un bon
effet ; mais là encore, les barbouilleurs ont promené
leur ignoble pinceau.
l a cuisine, adjacente au réfectoire, est un édilice
rectangulaire, presque carré.
A l'intérieur, les murs sont noircis par la fumée à
partir d'une hauteur de trois mètres environ ; deux
fenêtres, hautes et étroites, sans ornement d'aucun
genre; une porte et un guichet s'ouvrant sur le cor-
ridor qui mène au réfectoire , et un autre guichet déjà
décrit donnant sur le réfectoire lui-même.
La cuisine est couverte par une pyramide octogo-
nale tronquée, surmontée d'une lanterne à huit pans ;
quatre pans de la pyramide portent sur des trompes,
au-dessus desquelles sont élevées des lanternes ana-
logues à la première. Ces cinq lanternes servaient de
cheminées. Efles sont terminées par un pinacle, et
l'ensemble à l'extérieur serait très gracieux, si l'édilice
n'était englobé par des constructions qui le masquent
presque entièrement.
X.
LA CRYPTE DE SAINT -GIRONS
A HAGETMAU (Landes)
Par M. Emile TAILLEBOIS.
Hagetmaii, jolie petite ville de 3,500 âmes, située
sur le Louts, est actuellement un chef-lieu de canton
de l'arrondissement de Saint-Sever (Landes). Autrefois
seconde ville de la Ghalosse et résidence fréquente des
rois de Navarre, qui y possédaient un château mainte-
nant détruit, Hagetmau est une ville relativement
moderne, (jui s'est élevée sur les terres des abhés de
Saint-Girons et sous leur protection ; elle fut longtemps
une annexe de Saint-Girons , où se trouvait encore
dernièrement l'église paroissiale.
Saint-Girons, ce faubourg actuel de Hagetmau, doit
son origine à une abbaye renommée dans la contrée,
fondée en l'honneur du saint de ce nom [Sanctus Ge-
runtius), compagnon de saint Sever et martyr comme
lui. Ce fut vers l'an 409 que saint Girons aurait subi le
martyre, au lieu même où s'éleva depuis l'abbaye
portant son nom.
C'est à Charlemagne qu'(ui rapporte la fondation
Ii2:2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
(le celte abbaye (1), qui aurait été desservie autrefois
par des chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augus-
lin ; mais elle aurait été sécularisée au XI V siècle.
En 1569, elle fut détruite par les Huguenots.
D'après la tradition, les reliques de Saint-Girons
auraient été gardées sinon en totalité, du moins en
partie, dans l'église dont nous parlons ; et ce n'est
qu'après la destruction de cette église (sans doute en
1569?) que la plus grande partie de ces reliques au-
raient été transportées dans le Conserans, à Sousvic,
qui prit alors le nom de Saint-Girons (Ariège). Il faut
cependant ajouter que l'église de Saint-Girons (Ariège)
prétend posséder les reliques de ce saint depuis le
Y" siècle ; elles y auraient été apportées par ses com-
pagnons. Il est vrai que ces reliques ne se composant
que du crâne et de quelques os , rien n'empêche
l'église chalossaise d'avoir gardé une partie considé-
rable des ossements de son patron ; ce n'est qu'à la
Révolution que disparurent ces dernières reliques (!2).
Nous ne nous occuperons pas de l'abbaye , qui
n'existe plus, et dont on sait, du reste, peu de chose,
mais seulement de l'église, son ancienne dépendance,
et surtout de l'admirable crypte du XP siècle, qui est
classée parmi les monuments historiques, ce qui ne
l'empêche pas de tomber en ruines sans que l'admi-
nistration fasse rien pour la préserver de l'efTondre-
mcnt dont elle est menacée. Encore quelques années,
et ce rare et curieux spécimen des cryptes méridionales
(1) PouUU du diocèse d'Aire, par l'abbé Cazauran.
(2) Il existe encore à Sainte-Ealalie, de Bordeaux, quelques
reliques de saint Girons, qui y auraient été apportées par Clmr-
leniagne.
LA CRYPTE DE SAINT- GIRONS , A HAGETMAU. 323
aura cessé d'exister et ne sera plus qu'un monceau de
décombres.
Aussi, avons-nous cherché à appeler sur notre belle
crypte, pendant qu'il en est temps encore, l'attention
de la Société Française d'Archéologie, dont le prin-
cipal but est la Conservation des monuments histo-
riques. Nous avons poussé le cri d'alarme, espérant
que la Société voudrait , avant la clôture de son
Congrès, non seulement exprimer le vœu que l'ad-
ministration fasse les réparations nécessaires, mais
encore charger son Directeur de faire des démarches
officielles dans ce but.
La première église que nous retrouvons à vSaint-
Girons est celle du XI*^ siècle , mais il est évident
qu'elle a succédé à une autre plus ancienne dont il
n'y a pas de traces, si ce n'est peut-être quelques
subslructions. De cette église du Xl^ siècle, il nous
reste encore une partie des murs, le clocher, deux
tours, un passage souterrain et la crypte.
L'église actuelle est située sur un tertre auquel on
arrive, du côté de Hagetmau, par un escalier de quel-
ques marches ; après avoir franchi la porte principale,
située sous le clocher, on se trouve dans une église à
deux nefs (dont la seconde est à gauche), coupée par
un transept et terminée par un sanctuaire élevé au-
dessus d'une crypte, et auquel on parvient en gravis-
sant un large escalier en pierre de vingt marches.
L'édifice est nu, sans aucun cachet, lézardé de tous
côtés, et menace de tomber en ruines. Il a subi
de nombreuses transformations et réparations dont
chaque siècle a sa part, mais qui n'ont pas contribué
à lui donner de la solidité.
Ce qui reste du XP siècle se compose de :
324 CONGRÈS AKCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
1'' La crypte, dont nous nous occuperons en dernier
lieu ;
2° Une partie des murs et des piliers, ainsi que le
bas-côté. Les pierres sont de grand appareil et lavées
obliquement ;
3° A l'entrée du transept, à gauche, deux colonnes
couronnées par des chapiteaux très abîmés. L'un d'eux
est orné de billettes en travers et en long (1). L'autre
chapiteau, plus dégradé encore que le premier, repose
sur une colonne qui a été refaite ;
4° Dans la chapelle de la Vierge, qui occupe l'absi-
diole romane du côté ouest, est une banquette circu-
laire en pierre, ornée de moulures, exactement pareille
à celle de la crypte, et datant de la même époque ;
5° La chapelle de Saint-Jean-Baptiste , occupant
l'absidiole du côté est, est en partie romane, en partie
ogivale , ainsi que la chapelle en ruines qui prend
accès sur elle ;
6'^ La première fenêtre à droite est romane, mais a
été depuis divisée en deux baies ;
1'^ La tour carrée, à toit hexagone, qui est encore
percée de quatre fenêtres à plein cintre, dont l'une a
été plus tard ornée d'arcs ogivaux ; •
8'^ On voit encore à l'extérieur quelques portes et
fenêtres romanes, qui, pour la plupart, ont été bou-
chées depuis ;
9° Les vestiges romans des anciens cloîtres ;
10'^ Derrière l'abside, située au nord, une porte qui
(1) V(jir la planche : \» 14. — Toutes ces reproductions
sont faites d'après des pholograpiiies de M. Amédée Forsans,
do Uax, qui a bien voulu mettre gracieusement son talent à la
disposition du Congrès, ce dont nous lui témoignons ici toute
notre reconnaissance.
LA CRYPTE DE SAINT-OIRONS , A HAGETMAU. 'iHr)
a dû être souterraine , donnant entrée dans une
galerie voûtée qui prenait ouverture dans la chapelle
de Saint-Jean-Baptiste. Cette porte est flanquée de deux
tours.
Toute cette construction est faite en grand appareil,
avec des pierres lavées obliquement et reliées entre
ell»^s par de larges joints en ciment. Des meurtrières
ont été ménagées dans les tours et au-dessus de la
porte. Nous avons relevé quelques marques de tâche-
rons.
Cette église du XP siècle fut sans doute brûlée ou
détruite, sans que le souvenir en soit resté, car nous
voyons une construction du XIII"^ ou XIV^ siècle élevée
sur les restes de celle du XP.
En effet, c'est à cette époque ( XIIT' ou XIV*^ siècle )
qu'appartiennent :
1° L'ne partie de la tour du clocher qui a dû être
refaite ; les pierres placées à l'intérieur de l'escalier
sont lavées les unes obliquement, les autres perpen-
diculairement, ce qui paraît indiquer qu'au XIV*^ siècle
on rebâtit cette tour en partie , en employant des
matériaux neufs ( lavés perpendiculairement) , et
faisant servir les vieux matériaux (lavés oblique-
ment) ;
:2" La porte d'entrée sous le clocher qui est ogivale,
ornée de colonnes disposées sur deux plans, les pre-
mières plus grandes, faisant saillie. Ces colonnes sont
sectionnées par des anneaux. Le tympan est orné de
la statue de saint Girons sous un dais ;
S*" Plusieurs portes et fenêtres ogivales qui ont été
en partie fermées :
4" Les nombreux contreforts larges et épais qui
enliuirent l'église, et qui maintenant, loin de lui servir
326 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
d'appui, glissent sur un terrain argileux, entraînant
les murs avec eux ;
o° La première fenêtre à droite de la nef principale
a été refaite et divisée en deux baies ;
6° La deuxième fenêtre à droite ;
7° L'arcade ogivale à droite du transept, refaite sur
une voûte romane.
Au XY® siècle, ou au commencement du XVP, on
fit quelques modifications qui se retrouvent dans :
1° Le clocher hexagone pointu qui surmonte la
tour ; le clocheton à crochets se terminant par des
choux frisés (style flamboyant) :
2" Lune des fenêtres à plein cintre de la tour fut
surmontée d'un arc Tudor ;
3° La porte du clocher, à l'intérieur de l'église ;
4° La fenêtre à meneau qui donne sur la sacristie.
Nous savons qu'en 1569, l'abbaye de Saint-Girons
fut détruite par les Calvinistes et que l'église fut pillée
et brûlée.
Il n'est donc pas étonnant qu'on ait dû la réparer
et que nous retrouvions les traces de ces travaux.
La voûte romane avait sans doute été détruite ; on
la remplaça par une voûte en bois avec ornements
peints sur les lambris.
On refit le sanctuaire et on posa les colonnes de
bois enguirlandées de ceps de vignes sculptés qui
soutiennent les galeries.
De la même époque, nous retrouvons les fonts bap-
tismaux en forme de coquille, et le pavement de la
chapelle de la Yiei-ge, fait en carreaux ornés au milieu
d'une étoile à huit pointes.
Enfin, au XVIII« siècle, on refit ou on termina le
sanctuaire, les chapiteaux des piliers et les ornements
qui surmontent les arcatures.
J,A CRYPTE DE SAINT-C.IRONS , A HACETMAU. 327
Telle fut la part de chaque siècle dans ce qui nous
reste de l'ancienne église de Saint-Girons. Celte courte
énuméralion terminée, nous revenons à la crypte qui
est le but de noire étude.
Cette cryi)te .se trouve sous le sanctuaire ; on y
descend, à droite et à gauche, par deux escaliers
tournants en piei-re de quinze marches chacun. Sa
forme est celle d'un cercle dont le premier quart
(du côté de l'église) aurait été coupé par un mur.
Au milieu, se trouve un carré long, élevé un peu
au-dessus du sol, long de 4"%3Û sur 3"' 90 de largeur.
De cette plateforme , s'élèvent quatre colonnes qui
soutiennent la voûte. Ces colonnes sont en marbre
de Campan ; elles sont tout unies, sauf lune qui a
dans le haut un reste de moulure ; elles ne sont pas
en place, mais ont été rapportées, et comme elles
étaient trop courtes , et de longueurs différentes , on
les a allongées par des bases et des demi-tufs en
pierre : elles sont couronnées par des chapiteaux
sculptés, également en pierre.
Ces colonnes de marbre proviennent évidemment
d'un temple païen situé dans les environs, où on les
aura prises pour orner la crypte. Peut-être alors y
avaient-elles déjà la même vertu qu'on leur attribue
actuellement? Car les nourrices sans lait viennent se
frotter les seins sur les colonnes pour avoir du lait.
C'est peut-être cette vertu qui a engagé à les trans-
porter dans la crypte de Saint-Girons pour christia-
niser la dévotion païenne qui y était attachée.
Où pouvait être situé le temple dans lequel figu-
raient ces colonnes? Nous l'ignorons, mais nous ne
serions pas étonné que ce fut à 3 kilomètres de Saint-
Girons, dans un endroit appelé Jouarbe (Jovis arva
328 CONGRÈS ARCHÉOLOrTlQI'E DE I)AX ET BAYONNE.
— les champs, la terre, le domaine de Jupiter). Là
se dressent plusieurs éminenees au milieu d'un site
sauvage, à la naissance de la vallée où coule le
Laudon, près du menhir de Pierre-Longue (finage de
Sainte-Colombe), dont M. J. de Laporterie a raconté
la légende à la Société de Borda. Sur l'une de ces
éminenees se trouve encore une fontaine en réputation
dans le pays , celle-là même qui est la source du
Laudon, et à laquelle a donné son nom la belle Cori-
sandre d'Ândouins, la maîtresse de Henri IV, avant
qu'il ne fut roi de France. Aucune trace d'un temple
de Jupiter n"a encore été trouvée en ces lieux, mais
une semblable découverte, si elle avait lieu un jour,
ne pourrait que nous sembler naturelle.
Quoiqu'il en soit, lorsqu'au XP siècle, on bâtit la
crypte , on tint essentiellement à employer ces co-
lonnes, qui avaient sans doute servi déjà à l'église
primitive, car il fallut ajouter à chacune une base en
pierre de hauteur différente pour lui donner la lon-
gueur nécessaire et la rendre égale aux autres co-
lonnes. L'une des colonnes étant beaucoup plus courte
que les autres, on dût lui mettre tout un demi-fût en
pierre comme support. Les fûts de pierre sont munis
de deux tores dont le dernier, celui qui repose sur la
base, est orné de boulets.
La première colonne de marbre ( en entrant par
l'escalier de droite) a 1"' 52 de hauteur. La deuxième,
à gauche en entrant, a 1"^21 ; c'est la plus courte. La
troisième, à droite dans le fond, a l'" 66. La qua-
trième, à gauche dans le fond, a 1"^ 56 et est ornée
dans le haut d'une petite moulure de 8 centimètres.
On voit donc que ces quatre colonnes sont de lon-
gueurs inégales, ce qui prouve bien qu'elles n'ont pas
La cuyi'TE de saint-girons, a hacietmau. oîd
été faites pour ce monument. Leur module varie, en
circonférence, dans le haut de l'"02 à 0"'t)7, dans le
bas de i'"0:2 à 0"'99. Au milieu, il est toujours de
1 mètre.
Les bases en pierre des deux premières colonnes
sont rondes et à moulures, sans ornements bouletés.
Les deux dernières, au contraire, sont lisses et à sou-
bassement carré ; elles paraissent avoir été refaites
postérieurement.
Au milieu de ces quatre colonnes , se trouve une
plate-forme dont nous avons déjà parlé, jadis couverte
de dalles dont plusieurs sont actuellement brisées et
ont été remplacées par des carreaux. C'est là que
devait être le tombeau monumental de saint Girons,
détruit sans doute pendant les guerres de religion.
Sans le tombeau, à quoi eût servi cette plate-forme un
peu élevée au-dessus du sol ? A (juoi eussent servi ces
entailles nombreuses faites sur les quatre faces du
carré, dans les dalles et dans les soubassements des
colonnes? Ces entailles sont évidemment des trous de
scellement. Les dalles sont layées obliquement.
Au milieu du carré, se trouvait sans doute le tombeau
sculpté du saint vénéré, servant en même temps d'autel.
Peut-être sa sépulture effective avait-elle été primiti-
vement sous le dallage ? Aucun document ne nous
apprend rien à ce sujet, pas plus que la tradition.
Cependant, nous lisons dans la Petite Revue catho-
lique du diocèse d'Aire et de Dax, un article de
M. l'abbé Louis Meyranx, dans lequel il dit qu'en 157:2
(c'est en 1569, croyons-nous), Montgomery brûla et
pilla l'église de Saint-Girons et l'abbaye, et enleva les
richesses qui entouraient le tombeau vénéré du saint
(ce qui indique (|ue le tombeau existait encore à cette
330 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
époque). M. Meyraiix dit encore que l'abbé voulut
sauver les reliques de saint Girons (donc, ces reliques
se trouvaient à cette époque dans le tond^eau).
Dans la même revue, le R. P. Labat exprime roi)i-
nion que le tombeau de saint Girons se trouvait dans
la cryple, entre les quatre colonnes, et que les relitiues
furent transportées à Sousvic à la suite des guerres de
religion.
Les quatre colonnes du milieu, ainsi que celles du
pourtour, sont toutes surmontées de chapiteaux en
pierre admirablement sculptés et fouillés, représentant
des sujets allégoriques, des scènes de la Bible ou de
l'Évangile, des animaux fantastiques, etc.
Le chapiteau n" 1 (au milieu, en entrant par la porte
de droite) (1), est orné de deux larges feuilles recourbées
en volutes; les volutes sont de profil et ne se détachent
pas de l'arête du chapiteau. Le tailloir est orné d'une
guirlande d'entrelacs semée d'oiseaux.
Le chapiteau n^ :2 (colonne du milieu, à gauche, en
entrant) {"2), représente des lions dévorant les jambes
de martyrs, sous les yeux de soldats rumains ; deux
chiens fantastiques mordant la gueule des lions ; un
ange paraissant protéger les martyrs ; deux oiseaux
syodjoliques et des volutes. Le tailloir est orné de
feuilles en guirlande.
Le n" 3 (au milieu, à droite, dans le foiul) (3), repré-
sente Daniel debout tenant une pomme, et en face de
(1) Voir les planches : N" 1.
(-2) Voir les planches : N« 2, 3 et 4. Ce cliapiteau, qui est
fort curieux, a été reproduit sous trois de ses faces.
(3) Voir les planches : N" 5, 6 et 7. Ce chapiteau a élu égale-
ment photographie sous trois de ses faces.
LA CRYPTE DE SAINT-GIRONS, A HAdETMAU. 3o l
lui, le dieu Bel sous la forme d'un dragon. Sur ses
autres faces, on reconnaît Lazare et le Mauvais Riche^
quoique ce sujet soit très abîmé. Le tailloir est orné de
feuillages à enroulements.
Le n° 4 (au milieu, à gauche, dans le fond) (1), repré-
sente quatre personnages tenant par les ailes des
oiseaux fantastiques qui serrent dans leurs becs, les uns
des pommes de pin, les autres des tleurs de nénuphar
fermées que les personnages semblent vouloir leur
arracher. Le tailloir est orné, comme le précédent, de
feuillages à enroulements;
Nous quittons le milieu de la crypte pour en examiner
le pourtour. Disons de suite qu'il est muni dune ban-
quette circulaire ornée de cannelures. Des fentes de
distance en distance semblent être des trous de scelle-
ment de sarcophages ou autres monuments.
Une seule ouverture éclaire la crypte ; c'est une
fenêtre de forme romane, mais qui a été refaite et
remplace l'ancienne fenêtre qui était au milieu du
mur, près du contrefort.
En commençant à droite l'examen du j)Ourtour, nous
voyons d'abord le chapiteau n" 5 ipii couronne un
pilier bas soutenant la porte ; il est simplement orné
de volutes.
Le chapiteau u" G (4) porte trois lions et est sur-
monté d'un tailloir orné de feuillages à enroulements.
Le n° 1 (3), près de la fenêtre, représente la déli-
vranoe de saint Pierre-ôs-Liens sortant de la prison de
(1) Voir les planches : N» 8.
(2) Voir les planches : N» 9.
(3) Voir les planches : N" 10 «t 1 1. Ce chapiteau est reproduit
sous ses deux faces.
o32 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE D.VX ET RAYONNE.
Rome. Ce chapiteau est divisé en quatre portiques
romans. Sous chacun des deux premiers portiques, on
voit un soldat romain, armé d'une épéc et d'un bou-
clier, qui garde la prison de saint Pierre ; sous le troi-
sième, saint Pierre nimbé et chargé de liens qui l'en-
chaînent à la colonne du portique ; sous le quatrième,
un ange, d'un coup de lance, coupe les liens de saint
Pierre. Au-dessus, des volutes, et au milieu, une
colombe tenant dans le bec une sorte de trèfle. L'abaque
est orné de deux têtes de lions et d'enroulements.
Sur les portiques, se trouve une inscription circulaire
qu'il n'est pas facile de reproduire exactement, parce
que ces chapiteaux ayant été badigeonnés bien des
fois, les lettres ont fini par être recouvertes de badigeon,
et, lorsqu'à une époque récente, on a voulu les faire
paraître, on les a défigurées, en grattant la chaux ; on
est arrivé ainsi à rendre l'inscription impossible à lire
dans certaines parties.
Voici cette inscription, telle qu'elle se lit actuelle-
ment :
|er Portique : ferea || qvid || cystodes
12*^- Portique : conivM sic cecvnt
3" Portique : iiost.ia petro \\ solve
4" Portique : re a>g. s petrvm.
Il est certain que ces quatre lignes ainsi écrites n'ont
pas de sens. Mais il est non moins certain qu'elles
s'appliquent à la délivrance de saint Pierre. Peut-être,
dans la première partie, s'agit-il de la porte de fer qui
ouvre la prison ? Puis on parle des gardiens aveuglés
(par la lumière éclatante dont l'ange avait frappé leur
vue) ; de la porte ouverte à Pierre ? Enfin, la dernière
n
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LA CRYPTK nr: SAINT-OIKONS. \ IIAdETMAl . '.VAll
partie annonce que l'ange délivre Pierre de ses
liens.
Tel est, croyons-nous, le sens général ; mais il est
d'autant plus difficile de le donner d'une façon exacte,
(jue non seulement les lettres ont été refaites et défi-
gurées, mais que chaque portique ne devait contenir
qu'un lambeau de légende, le reste étant censé se con-
tinuer derrière le portique suivant.
Le chapiteau n'' 8 (1), à droite de l'autel, montre
deux oiseaux fantastiques accolés, tenant dans leurs
grifFos une tète humaine; au-dessus, des volutes.
L'abaque est décoré de fleurs à enroulements.
Le n" 9 (:2), à gauche de l'autel, est à peu près pareil,
moins la tète humaine.
Le n" 10 a sa corbeille sculptée de larges feuilles se
terminant par des pommes de pin et des fleurs de
nénuphar fermées. Sur l'abaque, des feuillages à enrou-
lements et deux têtes de lions.
Le n" 1 1 (3) représente trois griiïons à tètes de lions
et des volutes. Sur le tailloir, des entrelacs.
Le n° \'2 couronne un pilier bas qui soutient la porte
de gauche. Il est orné de volutes.
Les chapiteaux n°^ 13 et 14 (4) , entre les deux
portes, sont couverts de larges feuilles en forme de
volutes. Sur l'abaque, des entrelacs.
Tous ces chapiteaux sont bien faits et n'ont géné-
ralement pas trop de raideur. Le tore fait toujours
partie du chapiteau et non du fût. Toutes les colonnes
(1) Voir les planclies : \" 12.
(2) Voir les planches : N" 13.
(3) Voir les planches : N» 15.
(i) Voir les planches : X» Kl.
â3
334 CONGRÈS ARCtlÉOLOGFQUr: Di: DAX RT nAYONNI-.
du pourtour reposent sur des bases carrées avec orne-
ments bouletés.
Nous avons dit que cette crypte était du XI° siècle ;
mais postérieurement, soit parce que la voûte se sera
écroulée en partie, soit pour toute autre cause, on
dut refaire cette voûte et on lui donna le style ogival,
ce qui place sa réfection au XIIP ou au XIV^ siècle.
On perça on même temps une meurtrière dans la
muraille.
A cette même époque, on fit le joli cul-de-lampe (1),
qui est à gauche (en entrant par la porte de droite) ,
et qui représente un personnage couché.
A côté du précédent, est une rosace formant cul-
de-lampc.
Au milieu de la crypte, on remarque une clé de
voûte de la même époque (XIIP ou XI V^ siècle) (2),
représentant l'abbé crosse et mitre de Saint-Girons,
et en côté, hors du médaillon, une tête qui est peut-
être celle du sculpteur (3) ?
Enfin, on voit encore six autres clés de voûte qui
ont été sculptées ou tout au moins restaurées postérieu-
rement au XIV^ siècle. Le n° 24 représente unécu:son ;
le n" 19 est vide ; le n° 22 porte un écusson (4) ; les
n"** 20, 21 et 23 ne contiennent que des rosaces
Disons enfin que la crypte ne possède qu'un autel
moderne.
(1) Voir le.s plaiiclies : N' 17.
(2) Voir les planches : N" 18.
(3) Sur la planclie, le graveur a omis do ropnuluire la tète
dont nous venons de parler.
(4) Cet écusson contient les armes de Fortancr de Béarn, sire
de Lescun et llogetmau, vicomte de Louvigny (1" moitié du
du XIV" siècle).
I.A CnVI'TE DE SAINT-ÔiriONP. A IIAGETMAU. 33o
Nous aurions voulu abréger celle longue descriplion,
mais il nous a semblé utile de faire connaître aussi
exactement que possible ce monument ignoré des
étrangers, parce qu'il n'a jamais été décrit et qu'il ne
se trouve pas sur le passage des touristes, ce spécimen
si curieux et si intéressant des cryptes du XI'' siècle,
qui, malgré son titre de: « Monument historique i',
court le risque de disparaître procbainement.
Nous terminerons donc, comme nous avons com-
mencé, en priant le Congrès d'émettre le vœu que les
réparations nécessaires soient faites pour la conser-
vatirm de ce précieux monument, et de charger le
Pi'ésident du Congrès de faire les démarclies ofticielles
pour atteindre ce résultat (1).
NOTE SUPPLÉMENTAIRE
Ajoutée en avril 1889.
Depuis (juc ce m^-moire a été lu au Congrès de I)ax,
une découverte fort intéressante a été faite.
M. Lafollye, architecte des Beaux-Arts, ayant été
(1) Conformément à notre demande, ce vœu a été émis par
le Congrès. Nous avons même eu Ftieureuse chance de pouvoir
faire visiter la crypte de Saint-Girons par le Congrès, qui s'est
vivement intéressé à sa conservation. Et parmi les membres
du Congrès se trouvait l'émiiient secrétaire du Comité des
Travaux historitiues et scientifiques, M. le comte Rol)ert de
Lastoyrie, membre de la Commission des Monuments histo-
riques, auquel notre crypte a inspiré le plus vif intérêt.
336 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET BAVONNE.
envoyé par le ministre (à la suite du vœu émis par le
Congrès), pour dresser le plan de l'église et le devis
d'une restauration partielle, a découvert deux esca-
liers cachés dans les gros murs, entre les chapelles et
les couloirs conduisant à la crypte. Ces deux escaliers
avaient été murés, sans doute lors des réparations
faites à la fin du XVP siècle (après le pillage et l'in-
cendie de 1569).
Ils sont voûtés, étroits, bas et sombres, et conduisent
du transept au sanctuaire actuel. Ils datent du XI''
siècle comme la crypte, car ils sont construits, comme
elle, en pierres de grand appareil, layées obliquement
et reliées par de larges joints en ciment. Un certain
nombre de pierres portent des marques de tâcherons,
dont plusieurs sont pareilles à celles que nous avons
relevées sur les murs de la crypte.
Les portes sont de l'orme romane. Elles étaient l'er-
mées intérieurement : les gonds existent encore.
Dans chacun de ces deux escaliers, se trouve au bas
une porte gothique percée au XIV'' siècle , donnant
dans le couloir qui mène à la crypte.
Le sanctuaire actuel devait être probablement sé-
paré de l'église par un mur qui fermait cette dernière
et auquel était adossé le maitre-autel, situé à la place
du grand escalier qui a été construit à la Renais-
sance.
De chaque côté, il y avait un grillage en bois, dont
on voit encore les traces, qui séparait le maître-autel
des couloirs menant à la crypte. On voit encore dans
les linteaux les trous ménagés pour les barreaux
de bois.
Au-dessus de la crypte, à la place du sanctuaire
actuel, se trouvait |)robablenu)nt la salle capitulaire
I.A CIIVI'TK DE SMNT-CIUONS. \ IIACEIMAU. '"JoT
ù laquelle on parvenait par un escalier dunnanl dans
la sacristie qui existe maintenant.
Pour descendre dans l'église, les moines se servaient
des deux escaliers nouvellement découverts. Mais
pour assister aux offices, ils ne devaient pas avoir
besoin de descendre. Les galeries de bois (sans doute
grillées à cette époque), qui existent encore, commu-
niquaient avec lu salle capitulaire et leur permettaient
d'entendre les ofliccs sans être vus. Ils pouvaient
encore y assister au rez-de-chaussée derrière les grilles
(jui fermaient les couloirs, comme nous venons de le
dire. Enlin, ils pouvaient aussi descendre dans la
crypte sans passer par l'église, en suivant les couloirs
grillés.
Au-dessus des deux escaliers en pierre du XI^ siècle
qui mènent au sanctuaire, se trouvent trois chambres
carrées prenant j(jur sur ce dernier, et se prolongeant
au-dessus des tours.
Dans la crypte, on a découvert deux autres fenêtres
actuellement murées, dont l'une est romane et lautre
gothique.
Enfin deux baies du XIV^' siècle, également fermées,
donnent des couloirs grillés dans la crypte.
Le sol de l'église a été exhaussé d'environ 20 centi-
mètres, lorsqu'on l'a carrelée. Sous le carrelage est
un dallage en pierre.
Sous le carrelage du sanctuaire, on a trouvé une
série de pots (pichets, toupins, cafetières, etc.), tous
entiers, mais ayant servi à des usages domestiques,
ainsi que le prouvent les cendres, la suie et les restes
de charbon dont ils sont enduits. Ces pots, les uns en
terre assez fine, les autres en terre grossière, dont
quelques-uns ornés de moulures et de lestons, étaient
Oo8 CONGllÉP AllCIlÉOLOClurE HE 1)A\ ET BAVONNE.
tous vides et rangés méthodiquement sous le carrelage,
l'ouverture en dessus, et reliés ensemble par du mor-
tier. Le sanctuaire, datant de la fin du XYI^ siècle ou
du commencement du XV1I% ces poteries ont donc été
mises à cette époque, et cela évidemment dans un but
d'acoustique qu'il est utile de signaler , car c'est ,
croyons-nous, la première fois que l'on remarque ce
système. Jusqu'à ce jour, on ne connaissait que les
echea ou vases acoustiques , qui se plaçaient habi-
tuellement dans les frises, les corniches, à l'angle des
piliers, dans les voûtes, etc.
De nouvelles fouilles donneront sans doute lieu à
d'autres observations intéressantes.
XI.
ISrOTE©
SUR LA
SIGILLOGRAPHIE
Du Sud-Ouest de la France
Par M. Emile TRAVERS.
Caen, le 2 juin 1888.
.MuNSlELIK LE DiUECTELU,
Je nie proposais de demander, à Uax ou à Bayonne,
la parole pour répondre à une partie de la 19'^ ques-
tion du programme. Un deuil douloureux m'empêche
d'assister cette année au Congrès archéologique et je
ne puis que vous adresser de simples notes sur la
Sigillographie du sud-ouest de la France, me réser-
vant de les développer par la suite dans un Mémoire
plus étendu. Tout informes qu'elles sont, ces notes
peuvent, je pense, présenter quelque intérêt à nos
confrères et attirer un instant leur bienveillante
attention.
340 CONGRÈS AliCIIÉOLOGlolU: DE DAX ET liAYONNE.
Il faut tout d'abord reconnaître que la sigillogra-
phie a, dans les provinces méridionales de la France,
suivi les mêmes évolutions que dans le reste de notre
liays et dans toute l'Europe. Certains usages ont
apparu plus ou moins tard dans telle ou telle contrée,
l'art des graveurs y a été plus ou moins florissant-
j)eut-être ; mais, partout, les développements de la
sigillographie ont été les mêmes. Nul doute sur ce
point. Et cependant, il y a un intérêt extrême à re-
, chercher les sceaux des juridictions, des établissements
religieux , des seigneurs ou des particuliers dans
chaque province. Cette étude permet de retrouver les
intluences politiques qui ont modifié tour à tour les
emblèmes gravés sur les sceaux et de constater en
même temps les progrès de l'art de la gravure, art
(jui , au moyen âge et jusqu'à la Renaissance , n'a
guère eu d'autre application que la confection des
matrices des monnaies et des sceaux.
J'aurais désiré présenter au Congrès des vues d'en-
semble sur les empreintes sigillographiques apparte-
nant au sud-ouest de la France et décrites avec toute la
précision scientifique désirable par les rédacteurs de
Miiventaire des Sceaux des Archives Nationales (1),
el par M. Paul Raymond (ii). Dans cette lettre, je me
contenterai de signaler les faits qui m'ont paru les
plus dignes de remarque dans la sigillographie du sud-
ouest de la France et de la partie de l'Espagne la plus
voisine des Pyrénées.
(1) Douët d'Arc(f. Archives de l'Empire... culleclion desceaux;
Paris, Pion, 18G3-1868, 3 vol. in-i".
(2) Paul Raymond, Sceaux des Archives du di-parteinenl des
liasses- Pyrénées ; Pnu, 1^78, iii-S".
SIGILLOGRAPHIE Di: SI I)-Ol EST DE LA FRANCE. .Vf I
Usage des sceaux. — Dans le sud-ouest, ainsi que le
remarque M. P. Raymond, l'usage des sceaux a été beau-
coup moins fréquent que dans le nord. En Béarn. les
notaires n'en avaient point et se contentaient d'apposer
leur seing ou paraphe au bas des actes. Partout, d'ail-
leurs, les sceaux armoriés des notaires sont rares ;
aussi faut-il signaler celui d'Arnaud d'Arbussan, notaire
à Langon, vers 1290, dans lequel le champ est rempli
par un écu droit chargé d'une croix (1).
Matilres des sceaux. — Il y a, comme chacun le sait,
des sceaux de cire et des sceaux de métal, ou mieux
bulles, dont la matière est l'or, l'argent et le plomb.
Les sceaux d'or ne se sont trouvés qu'au bas d'actes
émanant des empereurs d'Orient et d'Occident, des
papes et des doges de Venise, et encore ce ne sont que
des applications de feuilles d'or estampées sur un gâteau
de cire, et non pas des morceaux de métal coulé dans
une matrice.
Il en est de même de l'unique sceau d'argent connu
et qui émane d'un seigneur navarrais du XIII'' siècle.
Rodrigo Diaz de Los Ganberos (i2).
Les bulles de plomb, dont la matière était peu coû-
teuse et facilement malléable, en même temps que leur
durée était certaine, ont été d'un usage beaucoup jdiis
général. La chancellerie pontificale s'en sert encore et
on en connaît un très grand nombre appartenant à des
villes et à des seigneurs du midi de la France et de
l'Europe, contrées où la chaleur du climat compro-
mettait l'existence des sceaux de cire.
(1) P. Raymond, op. cil., n» 725.
(2) G. Demay, Le Cosluine cm moijen âge d'après les sceaux;
Paris, D. Dumoulin, ISh^O. in-i". p. '.•.
34î2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET RAYONNE.
Les rois de Castille scellaient aussi au plomb leurs
actes solennels.
Quant aux sceaux de cire, le plus ancien que M. P.
Raymond ait retrouvé dans les archives des Basses-
Pyrénées, date de 1176 ou environ. Il consiste en un
fragment rond de cire jaune , appendu sur une double
lanière de cuir, à une charte en faveur de l'hôpital de
Cauterets. C'était le sceau de Géraud de Labarlhe ,
archevêque d'Auch (de ilTO à 1190); la légende est
détruite, et dans le champ on voit un évêque de face,
crosse, mitre et bénissant (1).
Aucune observation spéciale sur la couleur des cires
employées dans la sigillographie méridionale. Cepen-
dant, iM. G. Demay fait une remarque très intéres-
sante à propos d'un sceau espagnol, dont la couleur
bleue n'est qu'une fantaisie fort rare et peut-être
unique : « Beaucoup de sigillographes parlent de cire
bleue sur la foi les uns des autres. Les Archives Natio-
nales n'en possèdent qu'un seul exemple. Il est fourni
par une charte de Enrique Perez de Ferana, seigneur
espagnol, en 1276. Le sceau qui l'authentique est
rond, en cire bleue, et porte un loup passant à gauche
en cire noire, dans une cuvette en cire rouge (2). »
Forme des sceaux.— Il y a lieu de remarquer certains
sceaux, offrant des formes de fantaisie, qui appar-
tiennent au midi de la France et à des seigneurs
espagnols ou navarrais.
Par exemple, la forme en écu, assez fréquente en
Artois et en Flandre, se trouve aussi dans les provinces
(DP. Raymond, op. cit., n"890.
(2) G. Demay, op. cil., p. i:{.
SIGILI.OGRAI'IIir: DU Srn-OUEST DE LA FRANCE. 843
méridionales et en Navarre. Tel est le sceau de Koy
Diaz de Oyon, qui affecte la figure d'un écu arrondi
par le bas, comme les blasons dits de forme espagnole
par les héraldistes modernes.
De même les sceaux en losange, dont on trouve des
exemples en France et en Angleterre, ne sont pas rares
en Espagne et en Navarre.
Enfin, G. Demay (1) donne les dessins des sceaux de
Ferrand Juanez de Valverde, de Diego Arela, alcade
de Tolède, et de Don Johan Nunez, seigneur navarrais,
qui affectent des formes toutes particulières, et ajoute :
« Des dignitaires espagnols, des seigneurs navarrais,
emploient des sceaux orbiculaires bordés de quatre,
six ou huit festons ; des sceaux en étoile ou trèfles, ou
participant de ces deux dispositions ; des sceaux carrés
ou losanges présentant sur chacun de leurs côtés un
appendice demi-circulaire, c'est-à-dire quadrilobés. »
11 y a aussi dans le midi quelques sceaux trian-
gulaires.
Type topographique. — Les sceaux du moyen Age se
classent, comme on le sait, en diverses catégories sui-
vant leurs types, dont les principaux sont :
Le type de majesté.
Le type équestre,
Le type de dignité.
Le type de juridiction
Et le type topographique.
Ce dernier comprend les sceaux sur lesquels on a
reproduit ou cherché à reproduire, soit la vue d'une
ville ou d'un paysage, soit un ensemble de construc-
(1) G. Demay, np. cit., p. 21.
344 CONGRÈS AUCHÉOLOGIQUE DE DA\ ET RAYONNE.
tiens, soit enfin quelque édifice religieux, militaire ou
civil.
On ne s'est pas suffisamment préoccupé jusqu'ici de
cette partie de la sphragistique , ou du moins, à
part quelques monographies publiées récemment par
M. Schlumltcrgcr sur des sceaux de Terre-Sainte ou de
l'Empire latin d'Orient , et le remarquable chapitre
consacré au type topographiquo par Douët d'Arcq,
dans son Introduction à Y Inventa ire des Sceaux des
Archwes Nationales, il n'existe pas d'étude d'ensemble
sur ce sujet. J'ai entrepris ce travail et je me propose
de donner peu à peu le résultat de mes recherches sur
les sceaux topographiques que j'ai pu recueillir.
Déjà j'ai publié un article sur le sceau de Loja (An-
dalousie) et sur quelques types espagnols (1). J'ai
montré aussi, dans une conférence faite, il y a plu-
sieurs années, à l'Associatiou scientifique et littéraire de
Caen, que les sceaux de cette nature peuvent fournir
les renseignements les plus précieux sur une foule de
monuments disparus.
En elfet, ce qui caractérise l'art pendant les siècles
qui ont précédé la Renaissance, c'est le réalisme, ou.
si l'on aime mieux, la recherche de la réalité, et cet
objectif nous garantit que les graveurs ont, à cette
époque, do même que les peintres et les sculpteurs,
reproduit avec une scrupuleuse exactitude les person-
(1) La Sceau de Loja et la Sigillographie pittoresque, princi-
palement en Espagne ; Paris et Toulouse, 1885, in-S» (Extr. du
Bulletin de la Société académique franco- hispano-portugaise de
Toulouse, t. VI). Une première rédaction do cet article avait été
communiquée à la Sorbonne, en 1884, et insérée dans le compte-
rendu de la Réunion des Sociétés des Beaux- Arts des départe-
ments, huilirinc .ses.çfon; Paris, K. Pion, 18S;;. in-8'\ p. 2S7--2Î)H.
SIGII.I.OiaîAl'IllE or SUD-OUEST DU LA FRANCE. .yiù
nages et les niouumenls (|u"ils avaient sous les yeux.
Même dans leurs dessins les plus informes, on peut
toujours retrouver la réalité.
Il faut assurément, dans les arts, compter toujours
avec la convention, au moyen âge surtout. A cette
époque, lorsqu'il s'agissait de reproduire un monu-
ment quelconque, on se contentait de l'indiquer plutôt
que de le représenter, surtout si l'espace laissé à
l'artiste dans le dessin d'une monnaie ou d'un sceau
était fort restreint. C'était une tradition empruntée à
l'antiquité. L'usage constant de la numismatique était
d'employer alors une seule tour ou une seule porte
pour représenter une cité tout entière, et cet usage
fut adopté dans la gravui'e des sceaux.
Ainsi , au revers des bulles d'or des empereurs
d'Allemagne du XIP au XIV'' siècle , on trouve un
monument emblématique, dont la forme varie suivant
les époques, en arrière d'une enceinte de murailles
entrecoupée de tours et percée d'une porte, sur la-
quelle on lit : AVREA roma.
Quand les cités, les communautés religieuses, les
corporations ou les juridictions eurent à se choisir des
sceaux, elles suivirent fréquemment cette tradition,
et, dans un grand nombre de cas, on ne peut douter
de l'intention formelle qu'a eue le graveur de repré-
senter une ville déterminée ou un monument parti-
culier, puisque l'artiste a inscrit lui-même, soit en
exergue , soit dans le champ de la matrice , le nom
de l'objet représenté.
Je trouve par exemple :
Sur le revers d'un sceau du chapitre de Saint-
Trophime d'Arles (I2I4) : une façade d'église, avec la
légende : Ecclesu\ Sancti Trophimi ;
24
34G CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
Sur un sceau de Bayoniie (1351) : une porte de ville
devant une enceinte fortifiée enfermant l'église Notre-
Dame, et dans le champ les mots S(an)c(t)a Maria ;
Sur le revers d'un sceau de Peyrussc en Rouergue
(1243) : une enceinte circulaire fortifiée de quatre
tours et du centre de laquelle s'élève une haute mon-
tagne conique, couronnée par un petit château. On
ne voit que trois des tours, la quatrième étant mas-
quée par la montagne. Cette représentation topogra-
phique , ou mieux ce paysage , est entourée de la
légende : Imaguo castelli de Petrucia.
Les sceaux des seigneurs féodaux offrent aussi quel-
ques exemples de monuments bien déterminés par
leurs légendes.
Voici sur un sceau de Ranulphe , vicomte d'Aii-
busson (XllP siècle) , un donjon (celui d'Aubusson),
et, dans le champ, le mot Ai.bvsio ;
Sur les revers des sceaux des vicomtes de Turenne,
de i21i h i'iM : un ehcàteau-fort bâti sur un rocher,
avec la légende : Casïrvm Tvrenne in rvpe sitv.m.
Je me borne à ces exemples, empruntés uniquement
aux provinces méridionales de la France.
Un grand nombre d'autres sceaux, sans avoir une
légende se rapportant à leur type topographique, n'en
ont pas moins ce caractère d'une manière indéniable.
11 faut donc rechercher avec soin les villes qui ont fait
graver sur leurs sceaux des paysages, des villes, des
enceintes fortifiées, des châteaux, des tours, des portes,
des maisons communes, des églises, des chapelles, des
ponts, etc., etc. ; car il y a toujours eu, dans Forigine,
une volonté bien arrêtée de reproduire un sujet déter-
miné. 11 ne peut exister de doute que pour les sceaux
postérieurs au XIV" siècle, époque à laquelle les gra-
SIGILLOGRAPHIE DU SUD-OUEST DE LA FRANCE. 347
veurs se sont laissés eiilrainer par la fantaisie et ont
parfois donné aux monuments une physionomie go-
thique au lieu de les représenter avec leur caractère
roman originel. Plus tard, enfin, on s'est borné à
figurer sur les sceaux, au lieu d'un édifice offrant
quelque apparence de réalité, un meuble héraldique .
tout de convention, qui est fréquemment resté dans les
écussons modernes des villes.
Dans mon article sur le sceau de Loja, j'ai étudié, en
outre du sceau de cette ville, ceux des villes espagnoles
ou navarraises de Bernedo , Burgos , Cordoue , La
Guardia, Hernani. Laredo, Montréal, Murcie, Pampe-
lune, Puente de la Pieina, Sanguësa, San-Sebastian,
Santander, Ségovie et Tudela.
J'ai pour le Qucrcy, le Languedoc, la Guyenne, la
Gascogne, le Béarn, en un mot pour les provinces du
sud-ouest de la France, réuni plus de quatre-vingts
sceaux offrant le type topographique nettement accusé.
Les bornes de cette lettre ne me permettent pas de les
énumérer.
Je vais donc me contenter de citer cincj sceaux du
Béarn, où vous allez vous trouver bientôt, et sans moi
à mon grand regret.
Je donne ces types par ordre alphabétique.
La commune d'Arudy, en 1675, faisait usage dun
sceau dans lequel on voit une vache passante, allusion
aux armes de Béarn, au-dessus d'un édifice à trois
clochers, ornés d'une croix, représentation d'un monu-
ment de celte petite ville.
J'ai cité plus haut le sceau de Bayonne, de 13ol. Il
représentait alors une vue idéale des murailles de la
ville, et au centre la cathédrale. La recherche des
emblèmes topographiques a persisté à Bayonne. depuis
348 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
le moyen âge, puisque les armes actuelles de celte
ville sont : de gueules à une tour crénelée et talutée
cfor, ajourée de sable, posée sur une mer d'argent,
accostée de deux pins de sinople et de deux lions
passants affrontés d'or, brochant sur le fût des arbres,
blason remarquable à plus d'un titre. Il convient mer-
veilleusement à une ville fortifiée non loin de l'Océan
et voisine de forêls. Quant aux lions passants brocbant
sur le fût des arbres, ils sont dus sans doute à l'in-
fluence de l'art héraldique des provinces basques, où
le loup de Biscaye broche si souvent sur des pins, dans
les armoiries des villes et des familles nobles.
Sur le revers du sceau de Gaston VIII, vicomte de
Béarn, je trouve, en li286, un château à trois tours
crénelées percé d'une porte romane et accompagné à
dextre et à senestre de trois besants. N'est-ce point là
une représentation plus ou moins exacte du château de
Pau, à cette date, ou de l'une des résidences des puis-
sants vicomtes de Béarn ?
A Orthez, au XVII'' siècle, le sceau de la ville, copie
d'anciens types bien connus, montrait encore dans le
champ un pont à trois arches inégales, surmonté d'une
tour crénelée.
Enfin, en 1328, le sceau de la ville de Saint-Jean-
Pied-dc-Port portait dans le champ un saint à senestre
d'un pin et d'un château maçonné, percé de trois portes
et fortifié de cin({ créneaux.
Une étude attentive de ces sceaux permettrait d'y
retrouver les monuments les plus saillants des villes
auxquelles ils appartenaient, comme on reconnaît
encore sur les sceaux de Toulouse, depuis 1214 jus-
qu'en 1404, une vue du château Narb<mais et do
l'église (l(î Sninl-Scruiii.
SIGILLOGRAPHIE DU SUD-OUEST DE LA FRANCE. 349
Je ne puis omettre non plus le sceau de Bertrand I,
évêquede Dax, qui, en 4353, porte l'image de la Vierge
au-dessus d'un priant, à droite, et d'un diable sur un
pont, à gauche. La représentation du malin esprit se
rencontre sur un certain nombre de sceaux ecclésias-
tiques, et il ne faut pas oublier que le pont de Dax sur
l'Adour passait pour avoir été construit par le démon.
Type naval. — Le type naval, que l'on peut ratta-
cher au type topographique, se rencontre assez fré-
quemment sur les sceaux des villes maritimes, notam-
ment en Angleterre, dans les Pays-Bas et dans quelques
contrées du nord de l'Europe.
Jal, dans son Glossaire nautique, et Demay, dans
Le Costume au moyen âge, (V après les sceaux, ont
reproduit et décrit un certain nombre de ces monu-
ments sigillographiques.
Le sceau de La Rochelle, en 1308, nous offre un
navire à mât unique et à voile carrée, dont l'étambot
et l'étrave ont une forme toute moderne,
« Dans les types de Saint-Sébastien et de Santander,
dit Demay, deux matelots plient la voile, perchés sur
la vergue d'oîi pendent des cordages de cargue. On
remarque au sceau de Saint-Sébastien les enfléchures,
ces cordelettes mises en travers des haubans et qui
servent d'échelles. Le racage, le collier qui permet à
la vergue de glisser le long du mât, y est aussi très
nettement accusé. On voit également la manière dont
l'extrémité des haubans s'attache au bord du navire
aux porte-haubans, et comment les deux bras de la
vergue viennent aboutir à proximité du timonier ,
qui tient un aviron à large pale triangulaire. »
Parfois aussi, on voit des scènes de pêche sur les
850 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BÂYONNE.
sceaux et Demay les a soigneusement décrites clans un
passage qu'il convient de citer en entier, car s'il nous
montre la recherche de l'exactitude chez le graveur,
il nous fournit aussi les détails les plus précis et les
plus curieux sur les usages des hardis marins de la
Biscaye :
« Les sceaux de deux villes baignées par le golfe
de Gascogne, dit Demay, nous font assister au spec-
tacle émouvant d'une pêche à la baleine. Une embar-
cation rapide, aux caps très relevés et montée par
cinq hommes, s'approche du cétacé. Trois rameurs
assis nagent d'un seul côté, dégageant ainsi le bord
qui côtoie l'énorme mammifère. Le patron, debout à
l'arrière, gouverne avec un aviron, tandis que sur
l'avant le harponneur s'apprête à lancer son arme.
Tel est le sceau de la ville de Biarritz, en 1351.
f< Sur le sceau de Fontarabie, en 1335, le canot, de
la même forme que le précédent, mais dessiné avec
plus d'élégance , ne porte que deux rameurs. Ils
nagent tous deux du même côté, le côté opposé à la
baleine dont l'image est aussi plus correcte. Le har-
ponneur, debout, a déjà envoyé deux lances, et le
patron, assis à l'arrière, semble lui donner le signal
de frapper une troisième fois. Des deux engins qui ont
atteint l'animal, l'un, celui de droite, nous fait con-
naître une particularité curieuse. Chacun sait com-
ment la pêche à la baleine se pratique de nos jours.
La baleine une fois piquée, le canot lui lile une ccr-
laine longueur de ligne attachée au harpon, et puis
s'amarre sur elle. Dès ce moment, la barque ne la
quille plus, tantôt entraînée avec une rapidité verti-
gineuse par la bête qui fuit, tantôt au repos pendant
ime sonde du cétacé, attendant qu'il reparaisse à la
sic.ir.ror.nAPHiE du sud-oi'est de la frange. Xr]
surface pour le Irapper de nouveau, s'éloignaiil ou se
rapprochant à propos, sans jamais le lâcher, si ce
n'est dans des circonstances extrêmes. D'après le sceau
de Fontarahic , les Basques , au moyen âge , n'en
usaient pas tout à fait de même. La ligne attachée au
harpon de droite, au lieu d'être amarrée au canot,
conserve son autre extrémité libre, et cette extrémité
se termine par un llutteur, un tonnelet, sorte de bouée
qu'on pouvait suivre avec moins de dangers et sans
perdre la trace de la baleine.
•i Nous observons encore que le harponneur ne
saisit pas son arme des deux mains, comme c'est l'usage.
à présent. La main gauche est obligée de tenir la ligne
dégagée.
« Chez les pêcheurs, l'habillement est semblable à
celui des marins. Nous constatons cependant sur le
sceau de Biarritz qu'ils portent des surcots déceints.
Tous ont la tête nue, comme il convient pour la terrible
lutte qu'ils entreprennent. »
PoRTUArrs SUR LES SCEAUX.— II v a tout lieu de croire
que les graveurs ont voulu , comme sur les monnaies,
faire parfois sur les sceaux le portrait des souverains
et des personnages importants. Cela est indiscutable
pour les sceaux des empereurs, des rois et de quelques
grands feudataires.
Sur un sceau du chapitre de Saint-Élienne de Troyes,
au XIV'' siècle, on voit un personnage à genoux, pré-
sentant à saint Etienne, debout, un modèle d'église
gothique, qu'un ange aide à supporter. Entre les deux
personnages est une banderolle où se lit en caractères
gothiques : Heiuc coxi Camp [Henricus cornes Cam-
panie). Evidemment, c'est un portrait. On peut en
3o"2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYOXNE.
discuter la ressemblance, mais le graveur a fait ce qu'il
a pu.
Un inventaire des joyaux du duc de Berry, de l'an
1412, mentionne un signet d'or sur lequel était le
« visaige de monseigneur contrefait au vif. »
N'est-ce point aussi un véritable portrait que cette
représentation d'évèque debout, crosse, mitre ei bé-
nissant, dont M. P. Raymond (i) signale le ventre « très
proéminent » et qui se trouve, en 1353, sur le sceau de
Pierre de Saint-Jean, évêque de Bayonne? Pour moi, il
ne peut y avoir de doute à cet égard.
SlOMJ-OGRAPHIE DES SEIGNEURS DANS LE SUD-OUEST DE LA
France. — C'est sur les sceaux des seigneurs et des
particuliers que la fantaisie s'est surtout donné cours.
Voici un contre-sceau de Guy de Lévis, en 1296, sur
lequel je trouve un lion passant, la queue partie et
terminée en flèches.
Dans les cimiers des seigneurs méridionaux, on ren-
contre les représentations les plus diverses : astres,
cerf, chien, cornes, cygne, tête de diable, buste
d'homme, tête d'homme ou de femme, lévrier, licorne,
lion, ours, panache ou plumail, pie, pomme de pin,
sanglier, vautour, vol.
Parmi les supports uniques, doubles ou multiph^s. je
citerai :
Support unique : ange, femme coiffée d'un hennin,
fleur, lévrier :
Supports doubles semblables: branches de feuillages,
chimères, demi-vols, femmes, griffons, hommes, hommes
sauvages, léo|»ai'ds, lions. ])\o^. sirènes :
(I) P. naymond, op. cit., n" UOG.
SIGII.I.OfiRAPHIE DU SUD-OIEST DE LA FRANCE. Oo3
Supports doubles différents : chimère à lèle d"liomme
et chimère à tête de femme, homme sauvage et ange,
licorne et femme vêtue d'une robe à manches longues
et coiffée d'un chaperon, lévrier et homme sauvage,
lion et ours ;
Supports multiples : trois anges, etc.
Les dignitaires du royaume de Navarre mettaient
parfois sur leurs sceaux des emblèmes de leur charge.
Sur le sceau de Charles de Beaumont , alferiz ou
porte-étendard, on trouve, en 1396, derrière l'écu, un
étendard flottant ; sur celui d'Alphonse de Peralta,
comte de Saint-Esteben, connétable, en 1497, l'écu est
surmonté d'une épée dont la ceinture cloutée entoure
l'écu comme une bordure.
Le temps me presse, Monsieur le Directeur, et je
m'arrête ici. José espérer, toutefois, que les notes très
incomplètes que j'ai l'honneur de vous transmettre
prouveront à nos savants confrères l'importance de
l'étude de la sigillographie du sud-ouest de la France.
Cette communication n'a que ce but et celui de prendre
de loin, une modeste part, aux travaux d'un Congrès
auquel j'aurai l'extrême regret de ne pouvoir assister.
XII.
LISTE DE GRAVEURS
AYANT TRAVAILLÉ POUR LE BÉARN
Par M. J. Adrien BLANGHET.
Les recherches que nous avons faites dans les
Archives Nationales , et surtout dans le dépôt des
Basses-Pyrénées , nous ont permis de dresser une liste
d'artistes ayant gravé des monnaies, des jetons ou des
sceaux pour le Béarn.
Dans un travail sur les graveurs des monnaies de
France (1), Alhert Barre avait cité deux graveurs pour
l'atelier de Pau, Pierre Bouchet (c'est Brucher (|u"il
faut lire) et Pierre-Joseph Duvivé dit DufTault.
La liste que nous donnons aujourd'hui, quoique plus
importante, ne saurait évidemment être définitive.
On remarquera un fait intéressant : l'existence de
graveurs particuliers, dans les ateliers de Morlaas et de
Saint-Palais, démontre que ces deux officines étaient
encore en activité pendant la seconde moitié du XVII*=
siècle.
(1) Annuaire de la Soc. franc, de Niimism., ISfw.
GRAVEURS AYANT TRAVAILLÉ POUR LE BÉARN. 355
La division des artistes en tailleurs généraux et
particuliers est assez difficile à établir. Cependant ,
nous voyons que des graveurs parisiens, Guillaume
Martin, en 1564, et Philippe Danfrye, en 1590, sont
appelés graveurs généraux des monnaies de Béarn, Il
est évident que les artistes béarnais contemporains,
Pierre Brucher et Guillaume Lamy ne purent remplir
que la fonction de tailleur particulier.
Nous croyons néanmoins que Guillaume Lamy a pu
être tailleur général et ne cesser de l'être que par
suite de la réunion du Béarn à la France.
Les considérations imposées par la nécessité de fixer
les types de la monnaie du royaume amenèrent ce
changement.
Nous donnons dans le tableau suivant quelques in-
dications sommaires relatives à la gravure des sceaux :
Pau (1] :
Pierre Brucher, 1564-1572, graveur do monnaies.
Jérôme Lcnormant, 1572-1580, graveur de monnaies
et de sceaux (sceaux de Catherine de Navarre et du
conseil souverain de Béarn).
(Guillaume Lamy, 1580-1609, orfèvre, graveur, maîlre
des monnaies.
Richard Lamy, 1607-1652, orfèvre-graveur.
Daniel de Day, 1657.
Jacques de Soubiran, 1660-1672.
Lovard, 1695-1717.
(1) Nous inscrivons ici les dates auxquelles les artistes sont
cités comme graveurs travaillant pour le lîéarn. Nous classons
les graveurs béarnais par atelier.
356 CONGUnS AîlCHÉOLOGIOUii DK DAX ET BAYONNE.
Pierre Duvivé, 1718.
Pierre-Joseph Duvivé, dit Duffault, 1759-1779.
Morlaas.
Jean Bazet, 1543-1566.
Jérôme Lenormant, 1573-1580.
Guillaume Lamy, 1580-1609.
Jean Lamy, 1613-1657.
Minvielle, 1661.
Bertrand de Beaumont, 1661.
Saint-Palais.
Simon d'Armagnac, 1634.
Pierre d'Armagnac, 1660.
Artistes Parisiens.
Josué Ballay , 1531, graveur de jetons pour la
maison de Marguerite de France, reine de Navarre.
Nicolas Aymery, 1531-1534, id.
Jean Beaucousin, 1553-1564, id.
Jean Erondelle, 1554-15G6. Maître de la monnaie de
Pau et très probablement graveur des monnaies qui
y Curent frappées (Il avait été graveur à la monnaie
des Etuves).
(niillaumc Martin, 1564, graveur général.
IMiilippc Danlrye, 1590, id.
Jean Wos on de Vos, 1594, orfèvre, graveur des
sceaux de la chancellerie de Navarre.
Pierre ïurpin , 1613, graveur de jetons pour le
Conseil de Navarre.
GRAVEURS AVANT TRAVAILLÉ POUR LE BÉARN. Oo7
Pien'e Régnier, i()14-l()ri4, graveur de jetons pour
le Conseil et la Chambre des Comptes de Pau.
Divers.
Jean Catillon, 1589, orfèvre, graveur du grand
sceau du roi.
Jean Bourgeois dit Picard, 1595, orfèvre, graveur
du sceau du greffe du sénéchal d'Oloron.
François Pabie, 1600, orfèvre, graveur de poinçons
à marquer des draps d'Oloron.
Claude Gravail, 1604-1600, orfèvre, graveur des
sceaux des sénéchaux de Pau et de Sauveterre, et du
sceau de la Chambre criminelle.
Arnaud de Lalanne , 1685 , cité comme graveur
habitant à Nay.
Aucun graveur n'est mentionné pour avoir gravé
une médaille.
On trouve bien, de 1763 à 1765, un Pierre Meneton,
orfèvre, donnant quittance pour prix et façon des
médailles d'or de l'Académie de Pau. Mais nous croyons
qu'il surveillait simplement la frappe de ces pièces, et
que les coins Venaient de Paris.
Espérons, en terminant, que les résultats actuels ne
sont pas les derniers qu'on obtiendra : il reste encore
beaucoup à apprendre ; espérons qu'il reste beaucoup
à trouver.
XIII.
LES
TOMBEAUX A GPIILLE
Par M. J. Eugène DUFOURCET
Nous croyons devoir signaler au Congrès des
tombeaux d'un genre tout particulier et qui sont,
croyons-nous, une spécialité de la contrée soumise à
son élude. Ils constituent de véritables ossuaires de
famille, et leur découverte nous a révélé des pratiques
funéraires, encore en usage de nos jours dans une
partie de la contrée, et qui remontent, nous allons le
voir, à une antiquité bien reculée.
Au mois de janvier 1887, nous faisions, avec M. Tail-
lebois, et quelques-uns de nos collègues de la Société
de Borda, des fouilles dans l'ancien cloître de la cathé-
drale de Dax, pour rechercher les substruetions d'une
chapelle que nous supposions avoir dû exister en cet
endroit, et qui, d'après des textes anciens, aurait été
bénie en 511 par Maximus , un de nos premiers
évêques (1). Cette chapelle, nous le savions aussi, était
(Ij Maximus precibus popuii capellaiu in civilato Aquensi
LES TOMBEAUX A GRILLE. 350
entourée d'un cimetière ; tout nous faisait espérer de
magnilîfjues trouvailles.
Dans l'angle formé par la sacristie et la cathédrale
actuelles, nous n'avons pas tardé à découvrir, presque
immédiatement au-dessous du dallage du cloître, que
l'on sait avoir été construit au XIV siècle, trois tom-
beaux, dont la forme et la disposition nous étonnèrent
et nous surprirent ; aucun de nous n'en avait jamais
vu de semblables.
Le premier était orienté nord et sud : sa longueur
était de 1™ 7o ; sa largeur, au nord, de 0'" 47, et, au
sud, de O'"ol, et sa profondeur, de l™o8.
A 0'" 66 de profondeur, on voyait quatre barres de
fer, posées dans le sens de la largeur, et également
distantes les unes des autres ; et dans l'espace compris
entre la dernière barre, au nord, et le mur de la tombe,
il y avait une grille ronde en fer, composée d'un cercle
coupé par quatre barreaux en fer comme la grille, et
se terminant intérieurement par des pointes en forme
de trèfles qui ne se rejoignaient pas au centre.
L'un de nous a pu constater que, malgré leur orien-
tation est-ouest, le long séjour que ces barres de fer
avaient fait sous terre avait produit l'effet de les ai-
manter. Le pôle nord de l'aimant était tourné vers lest.
Le second tombeau était tout à côté du premier,
mais orienté est-ouest. 11 était bâti en bri(|ues plus
longues et plus épaisses que celles dont on se sert
aujourd'hui, tandis que celui dont nous avons déjà
parlé était fait de pierres taillées en grand appareil,
semblables à celles de la sacristie, qui se trouve à côté
consecravit et benedixit cemiteriuiu » ( Charte de l'alibaye de
Divielle ).
31)0
CONGRÈS ARCllÉOLOGIULE DE DAX ET BAYONNE.
el qui est un des restes de la cathédrale gothique qui a
précédé notre église néo-grecque.
Les dimensions de cette seconde tombe étaient les
TOMBEAU A GRILLE
Dans l'ancien cloître de la cathédrale de Dax.
suivantes : longueur, 2'" ; largeur, à l'ouest, 0™ 52, à
l'est, 0'" oO ; profondeur, 1"' 58. Les barres en fer et la
grille ronde, qui se trouvait à l'ouest, étaient à 0"' 77
du sol actuel du jardin établi dans l'ancien cloître,
soit à 0'^ 50 du dallage primitif du couvert du cloître.
Le troisième caveau était orienté comme le second
et n'en était séparé que par les deux parois qui étaient
juxtaposées et formaient une épaisseur de G'" 40.
Sa longueur était de l'"88 et sa largeur de 0^48, à
l'est, et de 0'"55 à l'ouest ; il était profond de 1"' 75;
les barres et la grille étaient à 0"' 88 du niveau primitif.
Dans ces trois tombeaux, à demi remplis de terre
qui y avait pénétré évidemment par les cassures des
dalles qui les recouvraient et qui avaient été brisées
LES TOMULALX A GUILLE. oOl
par la cliulu de la catiiédrale gothi({Lie, survenue eu
104(3, se trouvaient, surtout en dessous des barres de
fer, de nombreux ossements ayant appartenu à des
gens d'âge et de sexe différents. Nous avons aussi
découvert, dans le premier, une épée en acier, trop
rongée par la rouille pour (pi'il nous ait été possible
de lui assigner une date, et, dans le troisième, un gros
d'Aquitaine, d'Edouard III , roi d'Angleterre et dvx
AijiTANiE, connne le porte la légende de cette pièce qui
a dû être frappée entre 1317 et 1355.
Nous apprîmes, à l'occasion de cette découverte,
que dans le pays Basque et, plus près de nous, à
Soustons, et dans une partie de l'ancienne vicomte de
Mareune. on rencontre des tombes du même genre qui
sont encore en usage et qui appartiennent aux familles
les plus notables et les plus anciennes.
Quand un décès se produit dans les familles, pro-
priétaires de ces antiques sarcophages, on place le
cercueil sur les barres, et, après un certain temps,
lorsque la décomposition a fait tomber cercueil et
ossements en dessous des barres, on peut placer dans
le même tombeau un nouveau cadavre dont les os vont
plus tard rejoindre au fond de ce caveau connnun
ceux qui les y ont précédés.
Les tombes dont nous avons donné la description
ont dû servir à des inhumations semblables et succes-
sives. Nous croyons cependant pouvoir affirmer ([uc
les corps qui y ont été déposés n'étaient pas renfermés
dans des cercueils, ils étaient placés à même sur les
barres, et les grilles rondes dont nous avons parlé
étaient évidemment destinées à soutenir leurs tètes.
Ce qui le prouve, c'est le peu de largeur des trois
tombes, surtout de la première, et ce fait que nous
^5
oGi CONGRiiS AUCHÉOLOGIUUE DE DAN ET lUYUNNE.
n'avons trouvé dans aucune d'elles ni bois, ni métal,
provenant des cercueils qu'elles auraient contenus. Le
bois aurait bien pu disparaître complètement, mais
les clous se seraient nécessairement conservés : on en
a retrouvé dans des tombeaux bien plus anciens (4).
Ceux dont nous avons l'honneur d'entretenir le Congrès
doivent être attribués au XIIP siècle, car, d'un côté, les
parements de l'un d'eux étaient faits avec des pierres
provenant de la démolition de l'église romane, qui
devint, en lOoO, la première cathédrale intra muros
de Dax (jusqu'à cette époque le siège épiscopal était
dans l'église construite près du tombeau de Saint-
Vincent-de-Xainles, dans le faubourg qui porte tou-
jours le nom de notre premier évêque), et par ailleurs,
nous avons constaté que les parois des trois tombeaux
avaient été surélevées de 0"" 20 environ lorsqu'on
établit, au XIV* siècle, le dallage du cloître.
Voulant descendre aussi bas que possible , nous
avons, toujours avec l'espoir de retrouver la chapelle
de Maximus. démoli les trois tombeaux à grille et nous
avons été assez heureux pour la découvrir, du moins
son abside. Les murs de ce monument antique sont
en petit appareil régulier, coupé de rangées de briques,
rappelant celui de nos remparts du IV*" siècle, avec
cette dilTérence que les cubes qui le composent sont
plus petits et plus allongés.
Malheureusement la nef de la petite basilique se
(1) M. Jîatcavc, dans un intéressant mémoire sur la numis-
matique béarnaise, publié dans la Revue des nasses-Pyrénées
et des Landes (année 1887), parle de tombeaux découverts à
Orthez, en 1817 et en 1840, dans lesquels les cadavres étaient
déposés sur des lits en fer.
LES TOMUEAUX A CiRlLLE. oGc>
trouve en dessous de la sacristie et il ne sera possible
de la découvrir que quand on procédera à la démo-
lition do celle dépendance, bien dilforine, de notre
cathédrale. Nous espérons ([ue ce sera avant long-
temps.
XlV.
La Faïencerie
DE SAMADET
Urjionse à la li" Queslion
Par le docteur L. SORBETS
EXTRAIT »"
La laïencerie de Samadet, qui a éteint ses l'ours
en 183i2, a échappé jusqu'à ces jours à une description
complète de ses produits répandus dans les trois dé-
partements des Landes, du Gers et des Basses-Pyrénées.
Samadet est un petit village de la Chalosse, à quel-
ques kilomètres d'Aire; la fabrication de la faïence
paraît y avoir pris naissance dans le premier quart du
XVIII' siècle, vers 1715, mais c'est en 173-2 seulement
(ju'un privilège d'exploitation fut accordé pour vingt
ans, par lettres patentes, à l'abbé de Roquépine, baron
de Samadet.
(1; Le défaut d'espace nous oblige à extraire ou ;'i résumer
quelques-uns des mémoires adressés au Congrès; le nombre
en a été assez considérable pour qu'il en soit même plusieurs
que nous devrons nous borner à mentionner.
LA FAÏENCERIE DE SAMADET. ■ 365
(Îharles-Maurice du Bnuzet de Roquépine était abbc
de Saint-Aubin d'Angers et de la Hayc-Montbazon. La
mort de son frère, le marquis de Roquépine, maréchal
de camp , le lit héritier de nombreuses propriétés et
notamment de la baronnie de Samadet.
Disons tout de suite qu'à la mort de l'abbé de Ro-
quépine, ses biens passèrent au comte Louis d'Astorg,
son neveu.
L'abbé de Roquépine avait pour arrière-grand-père
Michel Le Tellier, chancelier de France (1), détail à
retenir pour expliquer l'origine d'un superbe plat qui
porte, en camaïeu bleu, les armoiries de Le Tellier,
accompagnées du mortier et des masses, insignes de
sa charge.
En 1752, un renouvellement du privilège, pour une
seconde période de vingt ans, fut accordé à l'abbé
de Roquépine, à la suite d'une enquête faite par l'in-
tendant d'Auch, Mégret d'Étigny, dont la réponse à
Trudaine, membre du Conseil du commerce et inten-
dant des finances, fournit de curieux détails siu' la
situation de la fabrique de Samadet, à cette date :
a Du 2'i- juin 1752.
« Monsieur,
'( J'ay l'honneur de vous renvoyer la requête de
M. l'abbé de Roquépine qui était jointe à la lettre que
vous m'avez fait celuy de m'écrire le 11 du mois der-
nier, par laquelle il demande le renouvellement du
privilège qui luy a esté accordé en 1732 pour lexploi-
1 1) VoirNoulens, MaisiDia Itistoriques de Ja Gaf>cogne. A. Ta-
houriecli, Davillier, Demniin, etc,
366 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET DAYONNE.
talion d'une manufacture de l'ayence dans sa baronnie
de Samadet en Chalosse.
« Elle est, Monsieur, en très bon état, suivant ce
que marque mon subdélégué sur Heux, qui en a été
faire la vérification. L'administration en est bonne,
ainsy que la marchandise qui s'y fabrique, et le débit
s'en fait aisément ; il a même fallu, pour la commo-
dité des acheteurs, élaldir des magasins dans beaucoup
d'endroits (l), en soï'te que cette manufacture parait
mériter protection.
u J'estime donc qu'il y a lieu d'accorder à M. l'abbé
de Roquépine la grâce qu'il demande.
« Je suis, etc. »
La plus belle période de fabrication de Samadet est
comprise entre les années 1752 et 1780.
Les produits sont à couverte stannifère, le grain de
la pâte en est très fin. C'est h cette époque qu'il faut
naturellement rapporter les spécimens polychromes et
les beaux produits en camaïeu que nous avons retrou-
vés dans les Landes, le Gers, et les Basses-Pyrénées :
corbeilles ajourées à treillage, ornées de fines fleurs a
l'intersection des entrelacs ; assiettes à personnages
grotesques et à ornementation décorative, bouquets
dont les principales fleurs sont la rose, Vœillet et la
renoncule ou bouton d'or. Des paysages divers, où le
papillon et la libellule se posent sur des fleurs, ou sur
le brin d'herbe emporté au courant de l'eau, pendant
que le chasseur, armé d'un fusil à silex, poursuit le
gibier sur les terres et dans les bois. Plus loin, c'est
(1) Bayonne, Dnx et Aire, traprés dos ilocnmonts contem-
porains.
I,A FAÏENCEUIE DE SAMADET. 3C)7
un seigneur, en costume Louis XY, suivant de IVeil
un manant allant à l'ouvrage la houe sur l'épaule, etc.
Quand Samadet commença à donner ses produits,
sa fabrication, comme forme décorative et comme or-
nementation, se ressentit du style et du genre pro-
vençal, et surtout de Moustiers. Aussi trouve-t-on éga-
lement dans les types de Samadet les scènes diverses et
les personnages plus ou moins grotesques, imités de
Gallot, et les dessins d'ornementation empruntés au
Bérain.
L'abbé de Roquépine mourut peu avant 1774, et son
neveu, Louis d'Aslorg, comte de Barbazan (1), fit
continuer la fabrication de Samadet, mais elle déclina,
et à l'époque de la Révolution, elle tomba tout à fait.
Les malheurs du pays en furent la principale cause,
mais on dit que la décadence de Samadet eut aussi
pour raison l'épuisement de la bonne terre ou argile
plastique blanche servant à la fabrication.
Au moment de la Révolution, la fabrique de Sa-
madet passa aux mains du conventionnel Dizès, qui
devint plus tard sénateur. Celui-ci en contia la direc-
tion à son frère, le chevalier Dizès. La fabrique eut
ensuite pour régisseurs Duviella , Joeé Darricau et
Darbins,
Mais la bonne terre disparaissait en même temps
que les formes élégantes et la richesse des décors, et
on ne vit plus, au commencement de ce siècle, sortir
de Samadet qu'une ignoble poterie commune, bar-
bouillée de couleurs jaunes, rouges ou vertes, et. en
1832, la fabrication fut heureusement suspendue.
(l) C'est lui qui céda à la ville de Paris les terrains sur les-
quels passent aujourd'hui les rues d'Aslorg et de Roquépine.
')()S CONGRÈS AltCFlKOLOGIQUE DE DA\ ET BAYONNE.
En 1838, la manufacture fut achetée par la com-
mune, les bâtiments furent (l(''molls, et une citerne
occupe aujourd'iiui l'emplacement de la faïencerie.
Avant l'établissement de la faïencerie de Samadet.
le Sud-Ouest était approvisionné par les fabriques de
Moustiers, de Marseille, de Toulouse et de Bordeaux,
dont nous avons trouvé dans le pays de nombreuses
pièces, et plus rarement par celles de Sèvres, de Saxe,
de Chantilly et de Rouen, objets de luxe, importés
seulement par les riches habitants de la contrée.
En résumé, quatre caractères distinguent les produits
de Samadet :
i° La décoration à l'œillet. Dans les bouquets formés
de roses, de myosotis, de boutons d'or, l'œillet domine
toujours et occupe la place principale ;
2" L'émail stannifère, un peu terne ;
o° Au revers, (rois points dépourvus de couverte, à
cause du contact prolongé au four, empreinte laissée
par les pernettes qui supportaient les pièces à la
cuisson, ces trois points formant un triangle isocèle et
toujours de la même grandeur ;
A° Des lignes parallèles coupées par des sécantes et
surmontées de points, mais ce caractère n'est pas
constant, et il appartient plutôt aux plats en camaïeu
vert, M personnages, fabriqués à Varage.
M. le docteur Sorbets est mort pendant l'impression
de ce volume. Nous tenons h conserver le souvenir de
cet archéologue consciencieux en reproduisant à la
suite de ce ménuiire les lignes suivantes dues à
M. E. Tnillebois :
I, \ FAÏENCEnri- DE SAMADET. 369
« Le docteur Léon Soumets est déeédé le ^9 décembre
1889, à Aire-sur-I'Adour, à l'âge de soixante-deux ans.
« L'un des collaborateurs les plus actifs de la Reviio
de Gascogne el du Bulletin de la Société de Borda, le
docteur Sorbets sélait voué à l'arcbéologie depuis
plus de vingt ans et avait publié un grand nombre de
mémoires historiques et archéologiques, print-ipale-
mont sur la ville d'Aire.
(' Il avait réuni une collection locale intéressante
surtout en faïences de Samadet.
« Ses recherches archéologiques lui avaient valu
une médaille d'argent au Congrès archéologique de
Dax.
ic K. Taim.eiiois. »
XV
ORIGINE DES AQUITAINS
Par le docteur L. SORBETS
ANALYSE
I. L'auteur résume les données fournies par l'an-
thropologie sur les deux types principaux de l'homme
à l'époque quaternaire, et rappelle l'existence des deux
types principaux, dolichocéphale et brachycéphale. Il
rappelle que les Aquitains, les Ibères, les Basques, les
Auvergnats et les Bas-Bretons appartiennent au type
brachycéphale.
II. Etude des migrations des races : étude des grandes
invasions.
III. Etablissement des Phéniciens sur les côtes ma-
ritimes de l'Espagne et des Gaules. L'histoire des
Aquitains ne remonte qu'au IIP siècle avant l'ère
chrétienne. Examen des diverses opinions sur l'origine
des Aquitains. La plus rationnelle est celle qui se
rapporte à la descendance des Geltibériens.
IV. A l'époque de l'invasion romaine, les, Ibères
n'occupaient plus qu'une partie du triangle placé entre
niUf.INE DES AOl'tTAINS. 371
les Pyrénées, la Garonne et les côtes du golfe de
Gascogne, ce qui constitue l'Aquitaine ou Novempo-
pulanie. Défaites de Valerius Preeoninus et de Mani-
lius ; victoire de Grassus.
V. Étude du monument épigraplii(|ue d'Hasparren.
YI. Depuis Yalens, Eauze devient la métropole de
l'Aquilaine. Après les victoires de Glovis sur les
Wisigolhs, cette province est enclavée dans le royaume
de Neustrie. Érection de la Gascogne en duché. La
Guvenne et la Gascogne.
XVI
ATRE-SUR-L'ADOUR
Par le docteur L. SORBETS
ANALYSE
Ce mémoire renferme un résumé complet de l'his-
toire d'Aire depuis l'époque romaine jusqu'à nos jours.
Il est en quelque sorte le développement du discours
prononcé par M. le docteur Sorbets, à la séance tenue
à l'évêché d'Aire (1). L'auteur donne, avec documents
à l'appui, un tableau historique des Annales de la
ville d'Aire jusqu'à nos jours et une description de ses
monuments.
(i) Voir page !)l.
XVI 1
LE PELERINAGE
A NOTRE - DAME - DE - GRACE
AU CASALIEU ( Nerbis-Mucjron )
Par M. l'abbé V. FOIX
Réjtonse à la ^0"^ que^lion du jiroyrai/ii/ie
ANALYSE
La chapelle de Notre-Danic-de-Grâce, au Casalieu
(en gascon Casalioii) , paroisse de Nerbis-Mujii'on
(Landes), fut construite par « honorable homme An-
toine de Labeyrie, sieur du Casalieu , habitant de
Bayonne et de Mugron, à sa bonne dévotion quil a
en Dieu et la Vierge Marie , à la conservation des
fidelles chrétiens et au salut des âmes du purgatoire. . .
et en la confusion des hérétiques. »
Elle fut consacrée le 4 janvier lo41. par Philibert de
Beaujeu, évèque de Bethléem , abbé commanda taire et
seigneur de Saint-Sever , en présence de l'évoque
d'Aire. Gabriel de Saluées.
374 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE Û AX Et UAYÔNNE.
Le pèlerinage, qui était muni de nombreuses faveurs
et indulgences, fut fort suivi pendant quelques années,
mais la chapelle dut être presque détruite et mise
hors d'usage pendant les guerres de religion. En 1697,
elle était « entièrement ruynée depuis longtemps, lors-
qu'elle fut relevée par Jean de Labeyrie, seigneur du
Casalieu, qui la rebâtit, la dota d'objets du culte et
y fonda une prébende qui existait encore en 1792. »
Depuis la Révolution, le culte a cessé dans cette
chapelle, aujourd'hui transformée en décharge. Les
fenêtres ogivales sans vitraux, une niche sculptée sur
la façade, le vaisseau du bâtiment intact, trahissent
encore sa destination primitive.
L'auteur donne le détail des exercices religieux qui
constituaient le pèlerinage, des faveurs qui y étaient
attachées, ainsi que les listes des sieurs de Casalieu et
des prébendiers de la chapelle.
XVIII
LES COMMANDERIES
DANS
LE DÉrARTEMENT DES LANDES
Par M. l'abbé DÉPART,
CiuO de Miini/aii.
ANALYSE
Après avoir rappelé les travaux sur les ordi*es mili-
taires en Gascogne de M. Bladé et du baron de Gauna,
ainsi que le livre de M. Antoine du Bourg sur le grand
prieuré de Malte, et la publication du Fouillé de 1740
de M. l'abbé Cazauran, l'auteur lait connaître le résultat
de ses recherches sur les commanderies de l'ordre de
Saint-Jean de Jérusalem et des autres ordres hospi-
taliers, principalement dans les derniers temps de leur
existence, c'est-à-dire dans le courant du XVIIP siècle.
Ges commanderies sont au nombre de quarante-huit,
sans compter un certain nombre d'hôpitaux sur les-
quels M. l'abbé Départ fournit aussi quelques détails.
De nombreux documents originaux empruntés aux
Archives de l'archevêché de Bordeaux, à différents
870 oonGkès auciiéologiqUë de dax et cayonnè.
dépôts communaux et aux minuliers de plusieurs no-
taires, offrent surtout un intérêt historique, bien que
l'auteur n'ait pas négligé de signaler et de décrire les
bâtiments des anciennes commanderies qui existent
encore et qui offrent quelque intérêt.
Les commanderies ayant appartenu aux Templiers,
eL alors entre les mains de l'ordre de Malte, sont de
beaucoup les plus nombreuses, mais, à C(Mé. on en
trouve quelques-unes qui appartiennent à des ordres
hospitaliers moins connus et dont quelques-uns n'ont
même jamais existé que dans un diocèse ou une pro-
vince. Nous citerons, par exemple, la commanderie de
Bessant, appartenant à l'ordre de Saint-Jacques de
l'Épée-Rouge, fondé en Espagne pour la protection des
pèlerins qui se rendaient au tombeau de l'apôtre et
approuvé en llTo par le pape Alexandre III ; la com-
manderie de Saint-Antoine de Goloni, dépendant de
l'ordre de Saint-Antoine de Viennois, et un certain
nombre de commanderies et d'hôpitaux pour les pèlerins
appartenant à l'ordre de Saint-Jacques de la Paix ou
de la Foi, dont la fondation était due à l'archevêque
d'Auch, Amanieu.
L'HOPITAL DE MUGUON
(LANDES)
Par M. l'abbé V. FOIX
Réponse à la dô'^ question du jiJ'Ofjranime
ANALYSE
L'hûpit.'il do Mugron n'esL mentionné d'une nianii-re
précise qu'au XVIP siècle, bien qu'il ait paru exister
depuis le moyen âge. Situé d'abord sur le grand che-
min de Sainl-Sever ; il était « basty sur le bord d'un
jtrécipice, composé d'une sy petite maison... et sy
éloigné du bourg» qu'on résolut de le transférer, dans
lintérieur de la ville, dnns une maison acquise dans
ce but en 1G80. A partir de cette époque, il ne reçut
plus les pèlerins, mais il fut spécialement destiné aux
inlirmes.
L'auteur suit l'histoire de ce petit établissement, (jui
ne comprenait primitivement que cinq lits, jusqu'à
nos jours.
t^
XX
FOUILLES
FAITES
A REIMS ET AUX ENVIRONS
Par M. BLAVAT-DELEULE
ANALYSE
L'auleur commence par rappeler que, depuis trente
ans, il a exploré le sol rémois et a contribué ù la
découverte de nombreuses antiquités de diverses
époques, mais principalement de la période gallo-
romaine.
Il décrit ensuite un certain nombre de fouilles,
indi^iue les objets recueillis, et donne en réalité un
journal des diverses recherches faites par lui dans ces
dernières années.
Nous nous bornerons ù donner l'indication de ces
diverses fouilles, des travaux ayant été, croyons-nous,
déjà publiés sur la plupart d'entre elles.
I. Tumulus d'Époyé, commune de Beinc, renfermant
trois sépultures gauloises dont deux à char.
LES^FOUlI.r.ES l'AlTES A REIMS. 371)
II. Aux Trois Piliers à Reims, eu 1878. Cimetière
romain.
III. Fosse Plantât, ù Reims, en 1884 et 1887. Cime-
tière gallo-romain, objets eu verre, et urnes à trois
trous.
IV. Vertus et Bergère-Ies-Vertus , en 1873. Cime-
tière gaulois.
V. La Maladrerie , à Reims , en 1884. Cimetière
gallo-romain.
VI. Le chemin de Courcy, à Reims_, eu 188G. Cime-
tière gallo-romain.
XXI
LKS BAS-RELIEFS
DE L'ÉGLISE DE SAINT-PAUL^LES-DAX
Par M. l'abbé Ch. DIDELOT,
Cuic-archipic'(re de Valonce.
NOTE
Le mémoire communiqué au Congrès par M. l'abbé
Ch. Didelot a été publié par lui dans la Revue de V Art
chrétien, ¥ numéro de 1889, et l'^''' et S'' de 1890.
Cet article est accompagné de reproductions hélio-
typiques des bas-reliefs d'après les moulages faits par
M. Didelot, et dont il a bien voulu donner une collec-
tion au musée de Dax (1).
(1) Nous espérions donner la reproduction des bas reliefs de
Saint-Paul, avec une notice de M. Léon Palustre, mais ses nom-
breux travaux n'ont pas permis à notre confrère de réaliser ce
projet. Nous donnerons plus tard ce travail dans le BuUclin
Monume)ital.
\>^.
J r.
O "Z.
XXII
LES DEUX FRAGMENTS
D UNE
INSCRIPTION MYSTERIEUSE
A ANTIBES
Par M. le docteur MOUGINS DE ROQUEFORT
ANALYSE
Cette inscription lapidaire, en deux fragments, se
trouve en contre-bas et à droite de la route nationale
n" D7, de Toulon à Antibes, et à quelques centaines de
mètres de la Porte-de-France de cette dernière ville,
sur un terrain vague appartenant au Génie militaire,
vers la limite Ouest des glacis.
Elle est gravée en creux, sur deux blocs calcaires,
taillés en parallélipipèdes, formant les piédroits d'un
portique, et l'ensemble de la maçonnerie présente à
première vue, et de loin surtout, l'apparence d'un de
ces restes d'aqueducs romains si nombreux autour de
Fréjus.
382 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
On lit sur l'un :
VIATOR AVDI SILIB
TABULA EST AENAQVÂE
Et sur l'autre :
ET INTVS VENI
TECVNCTA PEUnOCET
Ço qui, si on rapproche les deux morceaux, donne :
YIATORAYDI SILIBET INTVS VENI
TABULA EST AENAQVAE TE CVNCTA l'ERDOCET
Qui doit se lire :
Viator audi si libet, intnsveni :
Tabula est sena quse te cuncta perdocef.
C'est-à-dire :
Écoute passant, s'il te plaît, entre ici.
Il y a là une table d'airain qui va tout te dire.
Les lettres de la première ligne ont 0,12 c. et celles
do la seconde 0,06 ; elles trahissent une bonne facture
et la bonne époque de l'ère impériale.
Cette inscription a été étudiée successivement par
Cruler , qui en donne , d'après Siméon et d'après
Scaliger, deux leçons, toutes deux inexades et incom-
plètes ; par Soléry et Bouche, et de nos jours par
Tisserand, Carlone et M. Bazin, dont les lectures sont
incorrectes. Arazi seul l'a exactement lue, et M. Ed.
Blanc en a fait un estampage fidèle.
Après l'examen des différentes interprétations don-
nées par M. Ed. Blanc, qui se demande s'il faut y voir
un tombeau ou un lieu de plaisir, par M. Bazin, qui
DEUX FIIACMENTS d'uNE INSCniCTlON MYSTÉRIEUSE. 383
on fait une sorte de table géograpliiqne, M. Mougins
(le lloquclbrt |iropose d'y vt^r les restes d"iin des pre-
miers monuments du christianisme,
« Ne serions-nous pas en présence d'une ruine de
l'ancienne chapelle de Saint-Sébastien, dont la fête
patronale a lieu tous les ans le 20 janvier? Elle estoit,
dit une histoire manuscrite d'Antibes de 1708, hors
les murs de la ville, vers la citadelle, dans l'endroit où
est à présent la demy-lune du bastion Dauphin, et
feust démolie pour les premières fortifications, dans
un temps que Mersonne n'eust la curiosité de s'en
appercevoir. »
M. Mougins de Roquefort décrit ensuite une seconde
pierre encastrée à l'angle du bastion royal et qui
porte :
llllllllllllllllllllllllllll
l/ll/nm MANTOI///////
/////ul • dIvIantoni///
/////pRNP dIvItbaiai///
llllllllllllllllllllllllllll
Il annonce, en terminant, qu'à la suite des démarches
faites par M. Robert Soleau , maire d'Antibes, M. le
Ministre de la guerre a autorisé l'administration muni-
cipale à démolir les ruines où la première inscription
qu'il vient de décrire se trouve et à la transporter au
musée d'Antibes, qui compte déjà plusieurs monuments
épigraphi(|uos d'un haut intérêt.
XXIII
LE CHAMP DE BATAILLE
DE CRASSUS
Par M. l'abbé C. TAUZIN,
Curé (\o Saiiit-Jiislin.
ANALYSE
L'auteur commence par faire remarquer que ni
Napoléon III, ni Ernest Desjardins n'ont cru devoir
lixer d'une manière précise l'emplacement du champ
où fut livrée la bataille, dans laquelle Crassus défit
définitivement les Aquitains. Il cite ensuite l'opinion
de Dompnier de Sauviac et de Tartièrc, qui le placent
le premier à Saint-Louboucr, et le second à Cazères.
Après avoir reproduit le texte de César et discuté les
interprétations déjà présentées, M. l'abbé Tauzin pro-
|)ose de iixer le camp des Aquitains sur les hauteurs
du village de JVliramont, autrefois siège de la vicomte
du Tnrsan , et rappelle qu'il existe sur ce point un
tumulus, dit Motte de Lamarcade, de plus de oO mètres
de diamètre, et de plus de 8 mètres de hauteur, formé
de couches uniformes et alternées de terre et de
cendres mêlées d'ossements calcinés et de poteries.
Nous reproduisons ses conclusions :
REMARQUES
A. lîaliments et depcntltnces de la tannerie royale de Dax.
B Terrein de ladite tanerie.
C. Fosses a Inné.
D. Prés de la même tanerie.
E. Mare.
F. Épi de facine.
G. Ligne qui désigne le bord de la rigole qui fait la séparation
des dépendences de la susdite tanerie dans une pitce
de terre vague, H.
J. Kpis de facine conq)ris dans ledit terrein vague, où il a été
pris des terres pour la construction d'iceux.
K. lUves de la rivière.
L. Arbres saules que le grand poids des faux ont décharnés
M. Petits bancs de sable formés depuis (jnelques années à la
faveur du second et troizième éperons, les terres du
côté supérieur desquels se trouvent emportées par le
courant et poids des eaux.
N. Eperons.
O. Marcs pratiquées lors de la construction desdits épis.
P. Prés.
Q. Chaussée appcUi'e {\ç Coupe-Gorge.
R. Chaussée de St-Paul.
S. Entrée de la tanerie.
T. Emplacements de M. Lalanne.
V. Chemin pour l'nzagc de la tanerie et <lii s'' l>alanne.
X. Dépendences de riiùpital.
Y. Chapelle de riiôpital.
Z Chapelle du Sablar.
2E. Bout du pont dti Saldar.
\^
tLlaii de bail nie nt.^
et dcpendeticci de la
tanetie zoijale ^ax.
Jjevé et dze.i.u' paz iioti.)
jouààignê azpenteaz ,
habitant de St%^incent
de chainte^j le mot.) de
ibouvendne mil ôept
cenj soixante un,
DUCASSE.
Archives Nationales
N^ (Landes) n" 4.
«^
c
LE CHAMI' m; «ATAIIJ.K DE CUASSUS. 3(Sn
« L'adaptation du texte de César se fait ici natu-
rellement. Partis du plateau de Sarron, les Romains se
rangèrent en bataille dans la plaine qui s'étend devant
iMiramont. La porte décumane du camp aquitain avait
été moins fortifiée que le reste de l'enceinte. Ne s'ou-
vrait-elle pas dans la direction du Tursan et, que
pouvait-il venir de là, si ce n'est des auxiliaires puis-
sants et dévoués? La pente moins abrupte de ce côté
motiverait aussi le facilem adilum de César. La
motte du Casteron semblait du reste devoir mettre
cette partie du camp à labri de toute surprise, ce qui
expliquerait la négligence de nos pères. C'est donc en
toute sécurité qu'ils pouvaient porter toute leur atten-
tion sur la partie des retranchements placée en face cUs
Sarron, et concentrer là tous leurs efforts pour re-
pousser les assauts des assaillants. A la faveur des
gorges étroites qui séparaient ces monticules, alors
plus encore qu'aujourd'hui recouverts de bois, les
cavaliers ont pu exécuter leur première excursion
autour du camp, sans éveiller les soupçons des Aqui-
tains, et les cohortes fraîches contournant tout le
massif des collines [longiore ilinere) sont ari-ivées
ainsi à la porte décumane avant que leur présence ait
été signalée. Il n'y a pas jusqu'à ce point culminant
(loco super lore) d'où partaient les traits mortels que
nous ne trouvions ici. C'est la butte E (1) qui domine
tout l'ensemble du front de bataille.
« Enfin, en franchissant les fortifications pour échap-
per à la mort, les Aquitains se retrouvaient dans cette
vallée du liahus qui, par une légère dépression, les
(Ij Le mémoire est accompagné d'un plan que nous ne pou-
vons reproduire.
':)8(> CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
amenait sui- ce large plateau de landes {apertissimis
campis) , où la cavalerie les poursuivit après leur
défaite.
« Ainsi, en plein cunir du pays des Tarusates , pas
trop loin de leur oppidum (12 kilomètres), dans une
situation formidable, en face d'un campement romain,
nous avons un emplacement fortifié qui, par ses di-
mensions et sa position topogra[)hique, répond parfai-
tement aux données trop vagues , hélas ! que nous
fournissent les commentaires. La butte de Lamarcade
nous dérnontre qu'un nombre considérable de corps
furent brûlés en nuMne temps en cet endroit. Les débris
recueillis appartiennent à la période romaine, l'usage
de l'incinération ne s'est généralisé en Aquitaine
qu'avec l'invasion ; l'histoire n'enregistre pas à cette
date d'autre bataille de plus grande importance que
celle qui assurait à Crassus la conquête de notre pays.
« Vous regretterez sans doute, Messieurs, que la
fouille du lumulus n'ait pas été faite avec assez de soin
pour fournir l'argument décisif qui lèverait les derniers
doutes, mais, peut-être, ne trouverez-vous pas trop
hardie cette conclusion : Aucun autre endroit ne peut
mieux que Miramont donner la réponse auproltlème
que nou>i ai''0)i<i entrepris de résoudre. '^
XXIV
rsroTE
ST'Il
DEUX CARTES DE DAX
Par M. J.- Adrien BLANCHET
La carte qui représente la villo de Dax avec son
enceinte gallo-romaine (J) paraît être de la première
rroitié du XVIIP siècle. Elle n'est pas datée, mais,
comme elle ne porte pas de trace de la tannerie
royale dont nous avons un plan de 1761, il est facile
de voir qu'elle est antérieure. Le calque a été fait aussi
exactement que possible, mais une reproduction chro-
molithographique pourrait seule donner une u\ro par-
faite de l'original.
Ouant au plan de la tannerie royale, daté de 1701,
il parait avoir été dressé à prnpos d'un dilTérend qui
s'était élevé au sujet d'un terrain vague situé près de
la tannerie et à l'est.
(I) Les tours formant angle sont accusées plus fortement.
Voir ce qu'en a (lit M. de Caumont (Ihill. Mnivtmcntal, t. XXff,
1S57).
o88 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BÂYONNE.
Voici, du reste, un docuuient qui donnera une idée
de l'afîaire :
« A M. de Beaumont.
a A Dax, le 19« janvier 1762.
« Monseigneur,
« Je prends la liberté de vous adresser le plant ci-
« joint (1), au nom des intéressés de la tanerie royale
u de eette ville, par le quel ils demandent la eonces-
t> sion d'un petit fonds que les communautés de Dax
« et de Saint-Paul prétendent mutuelcment être de la
« dépendance de leur territoire. Quoi que ce fonds,
« Monseigneur, soit inculte et sans valeur, les inté-
« ressés à la tanerie doivent désirer d'en obtenir la
» concession, parce qu'en le fermant, ils parviendront
« à mettre à l'abri des dégradations du public les
« ouvrages qu'ils -se proposent d'y faire pour em-
« pécher la rivière de l'Adour de prendre son cours
« dans cette partie et d'enlever leurs bâtiments.
« J'ose espérer, Monseigneur, que vous trouverez
« notre demande admissible et que vous voudrez bien
« ovoir la bonté (ie nous la faire accorder.
« Je suis avec le plus profond respect,
u Monseigneur,
•■ Votre très humble et très obéissant serviteur.
« Lafargue , Syndic. »
[Syndic de la tannerie royale).
Arcli. Nat. Qi, 419.
(I) Le plan joint à la lettre représente simplement le terrain
dont il est question ; on en voit l'amorce en H, sur le plan de
la tannerie royale.
NOTE SUR DEUX CARTES DE DAX. 389
Malgré cette démarche, l'affaire ne fut pas leriiiinée
promptement, car, dans une lettre datée du 8 sep-
tembre 1764, adressée à M. de la Pierre (Eaux et
Forêts), Lafargue envoie une copie d'une lettre écrite
le îd mai 1764 par lui à M. de Beaumont, intendant
des llnances, rue Vivienne, à Paris :
« Monseigneur,
« M. le marquis de Poyanne m'aïant marqué que
« vous voudriés bien me permettre de m'adresscr à
« vous pour les cas qui intéressent la tanérie roïale
" de cette ville, trouvés bon, Monseigneur, que je vous
'< suplie de nous faire obtenir la concession d'un petit
« terrain attenant notre établissement; ce terrein est
« inculte et ne sert à personne ; les communautéz de
« Dax et de Saint-Paul prétendent respectivement qu'il
•i est dans leur territoire ; elles ont été entendues et
t( ont consenti à la concession.
« Notre mémoire, Monseigneur, doit avoir été ren-
« voie il y a environ un an ; et je ne doute pas que les
'( avis de M. d'Etigny et de M. Bastard, grand m'" des
(1 Eaux et Forêts, ne nous soient favorables.
" Ce n'est pas. Monseigneur, l'objet de la concession
« en lui-même qui nous occupe, nous ne cherchons à
« l'obtenir que dans la vue d'avoir la faculté de faire
« faire dans la partie qui borde la rivière de l'Adour,
« des ouvrages qui la contiènent dans son lit ; elle a
'< déjà commencé une trouée qui nous fait craindre la
« prochaine destruction de nos bâtiments.
« J'espère, Monseigneur, que par l'effet de vôtre
oUO CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE Dli D.W ET RAYONNE.
a bonté et de vôtre protection, nous serons incessam-
« ment à l'abri de cette crainte.
« J'ai l'honneur d'être, etc.
« Signé : Lâkargue, etc. »
Arch. Xat., (Ji, 4W.
La demande finit probablement par être accordée,
mais nous ne savons à (|uelle date.
XXV
QUELQUES MOTS
SUll
L'ANCIEN RAYONNE
Par M. Henry POYDENOT
MESSIEURS;
Je n'ai d'autre litre (jue celui de la bonne conlVa-
ternité «jui doit unir tous les membres du Congrès,
pour leur souhaiter à mon tour la bienvenue dans la
ville de Bayonne,
S'il m'était permis dès l'abord de formuler un re-
gret, je voudrais exprimer ici celui que nous éprou-
vons de vous y voir faire un si court séjour. Quoique
nous ne soyons pas bien riches en monuments archéo-
logiques, nous aurions aimé à vous montrer encore
plus en détail que nous ne le pourrons faire les restes
intéressants de notre enceinte gallo-romaine, les traces
si fortement accusées de la domination du peuple-roi
dans cette partie du pays des ïarbelliens, puis notre
antique et splendide cathédrale, rebâtie du XIP au
XVI" siècle, ainsi que les ruines des chàleaux-forts
39:2 CONGRÈS archéologique de dax et"bayonne.
de Biarritz, d'Espelette, d'Ustarits, de Saint-Pée, de
Guiche, de Bidache, d'Aspremont, de Pouy. de Saint-
Martin, et ce qui reste des fortilleations de Hastingues,
de La Bastide, et quelques autres détruites pendant
les guerres de religion du WIP siècle, qui ont été
si désastreuses dans nos contrées. Il y aurait bien
aussi la visite de quelques tumuli qui pourraient mé-
riter votre attention , ainsi que quebjues curieuses
stations géologiques et préhistoriques. Nos archives, si
riches et si complètes, seraient dignes de vos savantes
investigations. Nous ferons de notre mieux alin que
vous en ayez un aperçu qui puisse vous déterminer à
choisir un peu plus tard notre ville comme centre de
la tenue d'un nouveau Congrès.
Aujourd'hui, nous ne devons que nous féliciter de
voir réunis à Bayonne en aussi grand nombre ces sa-
vants qui honorent notre pays, et ces étrangers distin-
gués qui ont bien voulu se joindre à eux.
Puisque votre première visite aujourd'hui doit être
pour nos musées, nos collections, nos archives et nos
anciens remparts, peut-être me permettrez-vous, non
pas de vous parler peinture, scul})ture, histoire natu-
relle ou législation comparée, — ce sont des sciences
pour lesquelles, malgré tout mon respect, je ne puis
déclarer que mon incompétence, — mais de vous pré-
parer à la revue ra))ide de l'ancienne enceinte gallo-
romaine de notre chère cité, par (pielques mots- sur
son antiquité.
Nous ne connaissons pas au juste répoipie de la
fondation de la ville de Bayonne ; tout ce que nous
savons, c'est que les Romains la nommaient Lapurduni,
et que la première mention qui en est faite dans l'Iti-
néraire d'Antonin est écrite sous le règne da l'empe-
l'ancien bâyonne. oOo
reur Honorius, cest-à-dire de 384 à 4:23. On y lil ce
passage : In pi^ovincià novempopulaniâ , tribuniis
cohorlis iiovempopulaniœ . Lapurdo ; c'est-à-dire : à
Lapurdum, dans la province de Novempopulanie . est
cantonnée la cohorte de Novempopulanie.
Ce nom de Lapurdum a été celui de la ville où les
Romains avaient fondé un assez important établisse-
ment militaire, jusque vers le milieu du XP siècle.
Alors on voit apparaître pour la première fois, dans
les titres gascons de l'époque, le nom de Bayonne.
Je ne vous fatiguerai pas par le récit des discus-
sions interminables auxquelles a donné lieu la re-
cherche de l'étymologie de ces deux noms.
Quoiqu'il en soit, Lapurdum ou Bayonne avait déjà
une assez grande importance vers la fin du IV'^' siècle,
car outre qu'elle était la résidence de la cohorte no-
vempopulanienne, on sait par une charte de l'abbaye
deDivielle, malheureusement disparue, que Lapurdum
était aussi, à cette même époque, ville épiscopale, car
elle possédait alors un évêque, nommé Iteassicus, qui
vivait en 381, et assista de ses conseils Exentius,
évéque de l)ax. Or, l'on sait que les évêchés n'étaient
établis que dans les cités, titre qui indiquait des villes
déjà anciennes. Les historiens de Bayonne. M. Bailac
et M. Balasque. parlent de monnaies romaines trou-
vées dans la démolition des vieux murs. On en cite de
l'empereur Adrien, qui a régné de 76 à 138. On en a
aussi trouvé dans les fondations de la cathédrale,
appartenant aux règnes de Gallien, de Salonine, de
Claude le Gothique, c'est-à-dire qui remontent à l'é-
poque comprise entre 218 et 268. En outre, en défri-
chant les landes dites de Hasparren, on a retrouvé
des dépôts abondants de monnaies romaines apparte-
27
od'i CONÇUES AUCHEOLOGIQUi; Dl^ DAX liT nAYUNNK.
liant à la même époque. Je ne dirai qu'un mot en ce
moment de la fameuse inscription lapidaire de l'autel
votif trouvée à Hasparren. qui, d'après moi, serait du
temps d'Adrien.
Vous le voyez, Messieurs, nous pouvons, et nous en
sommes fiers, vous montrer une ville dont l'antiquité
remonte à une époque assez reculée.
Lapurdum, ville romaine, cité épiscopale, siège du
tribun d"une cohorte, était donc déjà assez importante
au IV" siècle pour qu'il soit hors de d(jute qu'au moins
une voie fréquentée devait y donner accès, et cepen-
dant on ne l'a pas encore retrouvée. On croit bien en
avoir découvert quelques traces, mais rien n'est encore
assez accentué pour pouvoir asseoir une opinion po-
sitive.
Peut-être est-ce aux nombreuses invasions des bar-
bares dont notre pays a eu tant à soulfrir que nous
sommes redevables de la destruction des voies romaines
autour de nous. Ainsi, dès l'an 409, les Vandales, les
Suèves et les Aluins, n'ayant pu traverser d'abord les
Pyrénées pour se rendre en Espagne, tirent un séjour
de deux ans dans la Novempopulanie, qu'ils ravagèrent,
ainsi que l'écrit saint Jérôme dans une de ses lettres à
Ageruchia : « Aquitaniœ novemque populorum pro-
'( vinciai, prœter paucas urbes, populata sunt cuncta ;
« ipsœ Hispanix, jamjam perituniB quotidie cotUre-
« miscunl. » Puis en 418, llonorius ayant été contraint
de concéder aux Goths les provinces du Languedoc
et d'Aquitaine, afin de les déterminer à abandonner
l'Italie , ces barbares , devenus Ariens , détruisirent
partout les temples de Dieu, persécutèrent les prêtres,
ch;«scrent les évéques de leurs sièges et anéantirent la
vraie foi dans la plus grande partie de ces provinces.
l'ancien bavonne. 89o
Eu o08, Clovis ayant tué Alaric et chassé les Gotlis,
devint maître de la Novempopulanie et lui rendit le
bienfait de la paix, dont elle jouit jusqu'à l'invasion
des Vascons, qui, après avoir été d'abord vaincus par
Cliildebert et Clotaire, lils de Clovis, profitèrent de
nos discordes civiles pour se ruer de nouveau sur la
partie méridionale de TAquitaine et finirent par s'y
établir. Ce n'est qu'en 007 que Théodoric , roi de
Bourgogne, et Théodebert, roi d'Austrasie, son frère,
purent reconquérir les pays envahis par les Vas-
cons, En ce qui concerne plus spécialement Lapur-
dum, on sait, par un passage de saint Grégoire de
Tours, que, suivant les stipulations du traité d'Andelot,
elle passa sous le sceptre de Childebert en oS7.
Les Sarrazins, ou Maures d'Espagne, franchirent les
Pyrénées en 7i26 et envahirent toute la Gascogne avec
une force irrésistible, détruisant toutes les églises sur
leur passage, égorgeant les prêtres et mettant tout à
feu et à sang jusqu'aux bords de la Garonne. A la suite
de la célèbre victoire de Charles-Martel, les Maures
furent refoulés en Espagne, et le midi de l'Aquitaine
put enlin respirer pendant quelques années. Mais, en
841, commencèrent les invasions des Normands, qui,
ne marchant que le fer et le feu à la main, sacca-
geaient les villes et les campagnes, pillant et détrui-
sant les églises et les monastères.
Pendant plus de cent ans, Lapurdum fut le port qui
servit à ces pirates du Nord pour envahir la Novem-
populanie, et elle fut aussi la première à souffrir de
leurs déprédations et de leurs incursions sans cesse
renaissantes. Ils livrèrent aux ilammes l'ancienne
église de Sainte-Marie, et imposèrent aux hal)itants le
culte de leurs faux dieux. C'est vers cette époque que
oOG congrès ARCIIJiOLOCUQUE DE DAX ET lUYONNË.
roii place l'aposLolat de saint Léon parmi nous et son
glorieux martyre.
Alors la ville de Lapurdum formait une sorte de
parallélogramme sur la rive gauche de la Nive, ayant
pour centre le plateau où est bâtie aujourd'hui la
cathédrale, et formant un circuit d'environ mille à
onze cents mètres, qui passait le long du rempart
Saint-Léon, où se voient encore des restes de tours et
de murs romains, de la rue Sainte-Catherine, où l'on
trouve les restes d'un ancien édifice que l'on dit avoir
été le temple de Mars, et que le peuple appelle tout
simplement le Temple. L'enceinte continuait tout le
long de la rue Salie jusqu'aux Cinq-Cantons ; de là elle
suivait la rue Orbe et aboutissait au Château-Vieux,
où se trouvait très probablement l'ancien castellum
romain.
La ville était percée de trois portes : 1° la porte
Méridionale, située à peu près où se trouve aujour-
d'hui la porte d'Espagne ; 2' la porte Orientale : elle
était à l'est, comme son nom l'indique, et donnait acès
vers l'Adour ; 3° la porte Occidentale, qui était à
gauche du Château-Vieux et à peu près dans le pro-
longement de la rue actuelle des Prébendes. Plus tard
cette porte changea de nom et fut appelée porte de
l'Evéque et porte de Tarrides.
L'épaisseur des murailles et des tours de l'enceinte
de Lapurdum variait , comme on peut encore s'en
assurer, de deux et trois mètres. Le revêtement exté-
rieur était en petites pierres cubiques, alternant hori-
zontalement avec des cordons de deux ou trois
rangées de briques à plat : c'est bien là Vopiis qiia-
dratum des Romains.
Quant à la distance des tours entre elles, on peut
l'ancien bayonne, 397
juger par celles qui subsistent encore, ou par les ves-
tiges et l'emplacement de celles qui ont disparu, que
les règles données par Vitruve étaient exactement
observées, et (]ue les traits lancés par les défenseurs de
chaque tour pouvaient parfaitement se croiser.
Quoique le nom de Lapurdum ne soit mentionné
pour la première fois dans l'histoire qu'à la (in du iV°
siècle, de fortes présomptions inclinent à faire croire
que la fondation de notre cité pourrait remonter aux
premiers temps de l'empire romain, et qu'elle pourrait
être une de ces stations fortifiées qu'Octave Auguste
lit élever sur les frontières des Cantalires afin d'assurer
la victoire, en enserrant ainsi ce petit peuple valeu-
reux et indompté qu'Agrippa et lui combattirent pen-
dant huit ans sans le vaincre, quoique aidés par des
troupes nombreuses et aguerries. Guerre impitoyable
qui, après de nombreuses alternatives de succès et de
revers, finit par l'extermination presque totale de
ceux qui pouvaient être en état de résister. Tacite nous
dit qu'après la pacification de ces contrées, trois lé-
gions furent laissées à la garde de ces diverses places
d'armes, et telle était encore la crainte qu'inspiraient
les peuples vaincus mais non soumis, que ces troupes
recevaient directement les ordres de l'empereur, tandis
que c'était le Sénat qui commandait à celles campées
dans le reste de l'empire. 11 est donc très probable
que les tribus cis-pyrénéennes, issues de la grande
famille Ibérienne, dont elles conservaient avec un soin
jaloux la langue et les institutions, ne demeurèrent
pas simples spectatrices de la lutte acharnée dans
laquelle succombaient leurs frères d'Espagne, et que
de nombreux contingents aquitanniques leur rendirent
l'assistance qu'ils en avaient reçue quelques années
o98 CONGRÈS ARCIIÉOLOGIOUE DE DAX ET BAYONNE.
auparavant, lors des guerres de Crassus. C'était pour
éviter le retour de semblables interventions, que les
Romains auraient construit les forteresses de Lapur-
dum (Bayonne), Aqua^ Tarbellicfc (Dax) et quelques
autres. En réalité, le pouvoir de Rome finissait, dans
nos régions, aux bords de l'Adour ; au-delà de ce
fleuve et de la rive gauche de la Nive, aucun monu-
ment, aucun vestige, rien en un mot, ne vient attester
l'occupation romaine. D'ailleurs, au-delà de Lapurdum
commençaient les forêts impénétrables, les vallées pro-
fondes, les montagnes inaccessibles. (\m servaient de
refuge à cette race indomptable que Rome, malgré
toute sa puissance, avait dû renoncer à absorber et à
réduire au rôle d'esclave, comme elle avait accoutumé
de faire pour tous les peuples vaincus.
Après Adrien, la Novempopulanie, tout en conser-
vant son nom, admit dans son sein quelques autres
peuples de son voisinage, et c'est ainsi que, dans le
manuscrit de Corbie, qui date du VP siècle, on comp-
tait déjà dans la province Novempopulanienne jusqu'à
douze peuples désignés comme suit par leurs noms de
cités ou diocèses :
Metropolis Civitas Elusatium,
Civitas Aquensium,
Ciivitas Lactorantium,
Civitas Convenarum,
Civitas GonsurannoiMim,
Civitas Boialium,
(ïi vi t as lienarncn t i um .
(<ivitas Auturensium,
Civitas Vasatica,
Civitas Turba ubi castrum lligorra,
Civitas Floronensium,
Civitas Ausciorum.
L ANCIEN RAYONNE.
:vM)
Celio (lésignalion est confirmée par le manuscrit de
Cologne, qui est du XII"-' siècle et qui donne les noms
suivants :
Civitas Elusatium,
Civitas Ausciorum,
Civitas Aqncnlium,
Civitas Laeloralium,
Civitas Combcnarum.
Civitas Consorannoruin,
Civitas Boatium.
Civitas Benarnenlium,
Civitas Aturentium,
Civitas Vasatica,
Civitas Turha ubi castrum Rogorra {sic),
Civitas Illoponentiuni {sic).
On retrouve parfaitement encore aujourd'hui les
noms et les emplacemenls de ces cités, sauf deux :
ainsi, Elusalium, c'est Eauxe ; Aquensium, c'est Dax ;
Lactorantium , c'est Lcctoure : Convenarum , c'est
Sainl-Bertrand-de-Comminges : Consorannorum. c'est
Sainl-Lizier ; Aturentium, c'est Aire ; Vasatica, c'est
l>azas, etc. Les deux que l'on ne retrouve pas, ce sont .
Beneharnum et Boiatium. Pour l'emplacement de
Beneharnum , les uns veulent que ce soit Lescar ,
d'autres Orthez, d'autres Bellocq. et le monde savant
est encore partagé d'opinion à cet égard. Pour celui
de la Civitas Boiatium, la question nous semble avoir
fait un grand pas, grâce aux savantes recherches de
M. labbé Inchauspé, vicaire général de Bayonne, qui,
dans sa dissertation très intéressante et magistrale-
ment traitée sur sainte Eurosie, nous semble démontrer
d'une façon irréfutable que la cité des Boates ou
iOO CONGRÈS ARCHEOLOGIQUE DE DAX ET liAYGNNE.
Boiens était La})urdum cl non La Tcste-de-Busch.
Déjà quelques auteurs anciens avaient soutenu la
même opinion. Les partisans de ce dernier avis ne
peuvent, ce semble, s'appuyer que sur une note soi-
disant explicative ajoutée à un manuscrit de la Notitia
dignitatum imjjerii, de la Bibliothèque de Thou. On
y lit, en effet, à la suite de Ciiu'tas Boiatiitm, celle
remarque interpolée : quod est Boius in Burdiga-
lensi ; dans d'autres copies du même manuscrit, on
lit : quod est Burdigala. Ces deux différentes notes
donnent déjà matière à réfléchir, car Boius n'est pas
Burdigala. Mais ni l'une ni l'autre ne se trouvent
dans les plus anciens manuscrits de la Notitia digni-
tatum imperii, ni de la Notitia provinciarum et civi-
tatum Gallice, qui toutes portent simplement Civitas
Boiatium. Marca n'hésite pas, de son côté, à déclarer
que cette note est l'œuvre d'un copiste ignorant ou
maladroit, et qu'on ne doit en tenir aucun compte.
Voici, du reste, par quels arguments M. l'abbé
Inschauspé justifie sa thèse :
L'Itinéraire d'Antonin place Boius ou Boios à seize
mille pas de Bordeaux : or, cotte localité, située à si
peu de distance de Burdigala, ne pouvait être cité
épiscopale ; elle ne pouvait donc pas être la Civitas
Boiorum des Nolitiœ, car les Boii du Bordelais n'ont
jamais eu d'autre cite épiscopale que Bordeaux. Mais
la Civitas Boiatium des Notitiie est distincte de Bur-
digala, qui est portée sous le nom de Civitas Burdi-
galensium, dans la deuxième Aquitaine, et non dans
la troisième, où elles placent Civitas Boiatium. Donc,
si l'on place cette dernière cité chez les Boii du Bor-
delais, on la change de province, ce qui n'est pas pos-
sible, puisque, dans toutes les Notitise, elle figure au
l'anciion hayonne. 401
sixième rang parmi les cités de la province métropo-
litaine d'Eauze, dans la Novempopulanie. Il n'est pas
possible de la déplacer, et elle ne peut pas élre
ailleurs : on ne peut pas confondre les catégories des
cités et des provinces si bien coordonnées, si intelli-
gemment décrites et groupées dans les Notitiœ.
<( La Civitas Boiatium n'est donc pas chez les Boii
« du Bordelais; elle est dans la Novempopulanie,
« cela est incontestable. Mais, dans la Novempopulanie,
u quelle cité peut-elle désigner, si ce n'est Bayonne?
« Il n'y en a aucune : toutes les autres villes épisco-
« pales de la province ont leur désignation dans les
« Notitiœ. Bayonne seule y serait omise, si elle n'était
« désignée par Civitas Boiatium. Or, elle n'a pas pu
<■■■ être omise, puisqu'elle existait, et comme chef-lieu
« et comme ville épiscopale. »
En effet, nous savons par une charte de l'abbaye de
Divielle que Bayonne (Lapurdum) avait des évêques
au l\° siècle. Dans le traité de partage entre Contran
et Childebert. fait en 787, au rapport de saint Grégoire
de Tours, Lapurdum est une des cités attribuées à
Childebert, et D. Buinart, l'un des commentateurs du
célèbre historien, écrit dans une note explicative à ce
sujet : « Urbes hic emimeratœ hodieque cathedra
« episcopali pollent... Lapurdum seu Ciintas Boia-
'< lium., hodie Baiona appellatur . »
M. l'abbé Inchauspé ajoute : <c La cité de Lapurdmn
'( était une ville épiscopale de la Novempopulanie ;
'( elle n'a pu être omise dans les Notitiae : elle doit y
« figurer nécessairement. Or, elle ne peut y être dé-
signée que par Civitas Boiatium; et si celle-ci no
« désignait pas LMpurdum, on ne saurait absolument
402 CONGRÈP ARCHÉOLOOIQTE DE DAX ET lîAYONNE.
« OÙ placer Civitas Boiatium. La conséquence néces-
« saire est donc que Civitas Boiatium est Rayonne.
(i Une observation importante, et qui vient à l'appui
« de notre thèse, c'est que les Notitise désignent les
« cités par les noms des populations qui composent
« leur district. Voilà pourquoi Bayonne y est appelée
« Cioitas Boiatium et non Lapurdum. Au contraire.
(« dans les nomenclatures des villes épiscopales que
'( nous trouvons dans les chartes, les chroniques et les
« histoires du pays, nous voyons ces cités désignées
« par leur nom propre, par exemple Bayonne par
« Lapurdum et non point par Civitas Boiatium.
(( Mais nulle part on ne rencontrera les deux noms
« ensemble : là où figure Civitas Boiatium, il n'y a
" pas de Lapurdimi, et là où l'on trouve Lapurdum,
« Civitas Boiatium disparaît. Ce qui prouve encore
« une fois que l'un tient l'autre et que les deux déno-
« minations désignent la même ville épiscopale. »
Quant au nom actuel de Bayonne donné à l'ancienne
ville de Lapurdum, M. l'abbé Inchauspé pense que ce
nom provient de la peuplade des Boates ou Boiens, et
a commencé à être nommée Boisena, ce qui en langue
basque signifie celle des Boiens ou la ville des Boiens,
et que plus tard, par suite des transformations du
temps , ce nom de Boisena est devenu celui de
Bayonne.
Dans le premier fascicule de mes Récits et Légendes,
je me suis occupé de cette question, et après en avoir
fnil ressortir les difficultés, je concluais que, si l'on
voulait ratlacher le nom des Bontiens à celui do
liavonne, on ne pouvait le faire quVn admettant que
la peuplade des Boatiens avait Lapurdum pour capi-
tale. Celte preuve me semble aujourd'hui faite irréfu-
l'ancien liAYONNE. 40M
tnl)lonionl par la savante dissorlalion do M. l'al)l)é
Incliauspc, à ropininn duqnfl je me rallie avec em-
pressement.
C'est du milieu du XII" siècle que date la première
extension de l'enceinte de Rayonne ; en peu d'années,
non-seulement elle occupa tous les terrains maréca-
geux qui environnaient ses murailles, mais encore,
franchissant la Nive. elle jeta les fondements d'un
nouveau quartier sur la rive opposée : c'est là l'origine
du Bourgneuf ou Petit-Bayonne. Alors, pour faciliter
la communication entre les nouveaux quartiers et la
vieille cité, des brèches furent pratiquées à travers les
anciens remparts. A ce moment, en comptait huit
portes à Bayonne : la première élait au bas de la Nive
et sur la rive gauche, à côté de la tour de Sault, et
s'appela porte Saint-Simon; la deuxième, rue de la
Poissonnerie, attenant à une petite ruelle à gauche, et
sur la droite, à la rue Sainte-Catherine; la troisième
fa'sant face à la rue Salie, communiquant aussi par
l'intérieur à la ruelle de la Poissonnerie; la quatrième,
du nom du Port ou de la Porte de Suzée, faisait face à
la rue du Pilori et à la rue de Suzée; la cinquième, en
face du port du Castet ou de Castets, devant la rue de
PArgenterie ou des Argentiers et les Cinq-Cantons; la
sixième, rue Orbe, près la ruelle Cardin, tenait au
bâtiment de l'ancienne Monnaie ; la septième, en face
des arceaux des Carmes et de la rue neuve de la
Monnaie; enfin la huitième, au bout de la rue Major ou
Mayou , aujourd'hui rue d'Espagne, s'appelait porte
d'Espagne. Une neuvième porte ne tarda pas à s'ouvrir
à peu près à l'endroit où existait autrefois la porte
occidentale, et prit le nom de Tarrides, à cause de
rimporlant faubourg de ce nom qu'elle desservait.
404 CONGRÈS ARCHÉOLOGlniE DE DAX ET RAYONNE.
C'est vers ce point que le comte de Foix dirigea
l'attaque qui, en 1451, eut pour conséquence la prise
de Bayonne aux Anglais et sa réunion à la couronne
de France. Plus tard, cette porte fut appelée porte de
l'Évêque, parce qu'elle s'ouvrait contre l'évêché ; puis
elle fut définitivement supprimée, lors de l'établisse-
ment par Vauban des fortifications dont il environna
la ville.
En parcourant les riches annales de notre cité, on
voit qu'à dater du XIII^ siècle son importance com-
merciale se développe considérablement, de même que
son influence politique. Ses vaisseaux étaient nom-
breux : ses marins aussi braves que hardis. Aguerris
par la pêche de la baleine, qu'ils finirent par chasser
du golfe de Gascogne, en la poursuivant jusque près
du pôle Nord, ils se jouaient de tous les périls et
s'étaient acquis un grand renom de courage auprès
des rois d'Angleterre. Cette prospérité de Bayonne se
traduisit par un accroissement de population. Aussi
fallut-il songer à une nouvelle enceinte, qui fut com-
mencée sous Charles VIII, continuée sous Louis XII,
à peu près achevée sous François P'', et dont les restes
sont encore reconnaissables.
Mais il faut se borner ; je ne puis avoir la prétention
de vous faire en quelques instants l'histoire de Bayonne,
et quoiqu'il soit difficile de s'arrêter quand on parle
de la patrie, je ne dois pas oublier que vous êtes ici
aujourd'hui beaucoup plus pour voir que pour en-
tendre. Je m'arrête donc ; mais comme nous allons
faire tout à l'heure ensemble le tour de l'ancienne
enceinte gallo-romaine de Lapurdum, permettez que
je ne vous dise pas adieu, mais simplement : au revoir !
XXVI
DEUXIÈMK NOTE
8UR LA DATE PROBABLE
DE
L'INSCRIPTION ROMAINE DE IIASPARREN
Par M. Henry POYDENOT
ANALYSE
La note lue par M. Poydenot a été rédigée en 1886.
en vue de répondre aux observations sur l'inscription
romaine de Hasparren, présentées par M. Bladé, dans
son Epigraphie rumaine de la Gascogne, à celles de
MM. Mommsen , de Berlin , et Otto Hirschfeld , de
Vienne ; enfin aux dilTérents écrits d'Ernest Desjardins,
sur le même sujet.
M. Poydenot rappelle qu'il a. dès 1872, donné une
première étude sur l'inscription de Hasparren, avec un
fac-similé, dans les publications de la Société française
de numismatique , et que plus tard il a repris cette
question lors des Congrès scientifiques de Pau , en
1874, et de Dax, en 1882.
L'étendue du mémoire de M. Poydenot ne nous per-
■400 CONGRÈS AKCHÉOLOGIOUE UE DAX ET BAYONNÈ.
met d'en reproduire que les conclusions, en attendant
(ju'il nous soit donné de le publier en entier.
« On le voit, il n'y a rien de très afiîrmatif dans ces
diverses opinions ; un seul point paraît désormais
acquis , c'est que l'inscription ne peut pas être du
tenqjs d'Auguste. A part les raisons fournies par les
savants déjà cités , j'en ai donné une au Congrès
scientillque de Dax, en 188:2, qui me paraît concluante,
c'est que le titre de flamen, donné à Verus dans l'ins-
cription, ne saurait être qu'une abréviation de celui
de /! amen Angusti, et qu'Auguste, n'ayant été divinisé
(pi'après sa mort, ne pouvait avoir ni culte ni prêtres
de son vivant.
« Il faut donc chercher la date de l'inscription à
une époque moins reculée, mais qui soit cependant
antérieure à la Notitia provinciarum, c'est-à-dire au
règne d'Honorius. Mais cette Notilia, en faisant l'énu-
mération des peuples qui formaient la Novenqiopu-
lanie, en compte jusqu'à douze ; cela prouve que trois
autres peuples se joignirent aux neuf primitifs, et il
est à croire que ce ne fut que peu à peu que cette
adjonction se produisit.
« Honorius régnait à la lin du IV'' siècle : mais Théo-
dose avait remanié la division des Gaules, dont il avait
formé 17 provinces. Ur, c'est sous Adrien que la (iaule
fut divisée en 14 provinces, et l'Aquitaine particuliè-
rement en trois; et, chose digne de remanjuc, les
limites de la troisième Acjuitaine sont justement celles
de la Novempopulania. Quoi de plus naturel que de
penser que l'empereur indiqué dans notre inscription
est Adrien, qui était né en Espagne, et qui, au dire de
son historien Spartianus, traversa au moins deux fois
les Gaules pour se rendre dans sa patrie de naissance?
CONGRÈS AUCIIEUI.UCIQLK DE D.W ET UAYONNE. iOT
« Uiuml à l'objeclion tirée de la forme des Icllres,
par M. Uesjardins, pour en reporter la date au IV*^
siècle, elle me semble peu probante, et je partage ab-
solument à cet égard l'opinion de M. Uttu Hirsclifeld.
qui dit que, « d'après son expérience, il est bien dil'Ii-
cile d'assigner une date à une inscription rustique en
s'appuyant sur la forme des lettres.
<c En efTet, il ne faut pas perdre de vue que l'ins-
cription a été gravée dane un bourg de la Novempo-
pulanie , par un lapidaire qui n'avait probablement
jamais étudié à Rome. Nous sommes donc eu présence
d'un monument absolument rustique, et l'argument
que l'on voudrait tirer de quelques incorrections dans
la forme des lettres ne me parait pas avoir une granile
portée.
u En tous cas, l'inscription elle-même, telle qu'elle
est, donne une indication irrécusable, ce me semble,
de sa date dans son dernier vers :
Urbe redux', ijenio pcKji luuic dedicalaram.
« Urbe redux, revenu de Rome, car Rome était
Vrbs, la ville par excellence, et il ne pouvait être
(juestion que de Rome pour un Romain, quand il disait
l'rbs. Or, cette appellation n'a jamais été donnée à
Conslanlinople, il faut donc que notre inscription soit
antérieure à Constantin, qui est mort au commence-
ment du IV'' siècle. Donc elle date du IP ou du 111''
siècle, et rien n'empêche (ju'elle ne soit de l'époque
d'Adrien, mort au II" siècle.
« Uuant à l'attribution à .-lilius Verus du Verus de
l'inscription, on ne peut, il est vrai, en donner que
des conjectures; mais enfin, on sait que ce personnage
était le favori d'Adrien, qui l'avait comblé de nom-
408 CONGRfcS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
breuses faveurs. Qu'y a-l-il donc d'élonnant, et nous
pouvons ajouter qu'y a-t-il de visible^ à ce que Verus
ait été nommé questeur en Novempopulanie, flamine,
duumvir provincial, avant d'être arrivé au sommet de
sa puissance, lorsqu'Adrien le nomma César? Il fut
nommé consul, préteur et gouverneur de la Pannonie
en 889 de Rome. Or, depuis ce moment jusqu'à sa
mort, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer ailleurs, il
s'écoula trois années, et c'est plus qu'il n'en fallait,
alors comme aujourd'hui, pour qu'un simple citoyen
devînt un très important personnage. »
ce
>■
te»
z
XXVII
SARBAZAN
Par M Tabbé BESSELLÈRE,
Cuiô-doyen de Rociuefnil.
ANALYSE
L'église actuelle de Sarbazan, canton de lloqueforl,
de Marsan (Landes), date du XII'' ou XIII" siècle et
sélève sur les ruines d'un édilice antique. M. le baron
de Bouglon, dans des fouilles dirigées avec beaucoup
d'intelligence, a découvert, sous les murs d'une cha-
pelle latérale, construits primitivement en petit appa-
reil gallo-romain, des tombeaux en pierre, dont l'un a
un couvercle de forme prismatique.
A une distance d'environ cent cinquante mètres de
l'église, sur un terrain en pente, se trouvent des débris
de vieilles constructions ayant servi en dernier lieu de
chapelle consacrée à Notre-Dame. La tradition portait
qu'on avait découvert dans ce lieu, il y a une cinquan-
taine d'années, des mosaïques. Les fouilles faites préci-
sément au pied du pan de nun' gallo-romain ont fait
découvrir, à un mètre au-dessous du sol de la chapelle,
des mosaïques d'une grande riches^se de dessin, for-
mant une piscine de bains romains, affectant la forme
-28.
410 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET UAYONNE.
d'un trilobé. Un seul lobe est conservé, les deux autres
sont dégradés et la mosaïque en est détruite. La bor-
dure est formée de losanges allongés, séparés par des
ronds. Au milieu se trouve un cercle ayant trois lignes
au diamètre et portant trois cordes d'une part et deux
de l'autre. Est-ce un instrument de musique, serait-ce
un de ces signes cabalistiques destinés à appeler sur
les eaux la faveur bienfaitrice de quelque divinité?
Dans le lobe conservé, on voit un immense coquillage,
attaqué par un groupe de poissons. Les couleurs qui
dominent dans la mosaïque sont le gris foncé, le
blanc, le rouge et le jaune.
Au nord de l'église, on a découvert une villa ro-
maine.
L'église de Sarbazan, dont nous reproduisons la
photographie, a été l'objet d'une description détaillée
de M. l'abbé Bessellère.
Quatre chapiteaux romans à personnages sont à
signaler dans l'église. Ils constituent une véritable
épopée de la vie chrétienne et peuvent être interprétés
ainsi : la vie naturelle et ses tristesses ; la révélatiim
et ses enseignements consolants ; le règne de Jésus-
Christ ou la vie chrétienne ; le jugement et la vie glo-
rieuse pour ceux qui sont fidèles.
Dans un appendice, M. l'abbé Bessellère examine les
sculptures des chapiteaux romans de l'église de Don-
zevielle. (le travail a paru dans le Bulletin de la
Société de Borda, accompagné de cro(juis malheureu-
sement peu intelligibles (1).
(1) Quelques notes sur les sculi)tures des chapiteaux tie l'é-
poque romane et de transition qui ont clé conservés dans notre
diocèse, 1889, p. 333 — 341.
XXVIIl
SCULPTURES
DU
PORTAIL DE L'ÉGLISE DU MAS-D'AlPiE
Par M. l'abbé DU DON,
Professeur au Grand-Sôininaire.
Dans un mémoire, accompagné de photographies
iralheurcusement trop réduites, M. l'abbé Dudon en-
treprend l'explication des sujets qui décorent le portail
de l'église du Mas-d'Aire, et dont le dessin donné par
M. Paul Lafond (p. 200) fait connaître l'ensemble.
L'auteur reprend un à un chacun des sujets, en
donne la description et l'étudié au point de vue icono-
graphique et légendaire.
Ce mémoire forme naturellement le texte destiné ù
accompagner une série de dessins reproduisant les
divers sujets du portail du Mas. 11 est le complément
des mémoires déjà publiés par M. labbé Dudon sur cet
édidce (1).
(1) Saint). -Quilluric du Ma}> cl .sa ciijplo. Aire, l88o, iii-S-.
— Suinl-l'hilibcrt et sa citapcllc. dans l'église du Mas. Aiic,
1887, in-i2-, etc.
41i2 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Plusieurs autres Mémoires ont encore été présentés
au Congrès, mais ils sont restés entre les mains de
leurs auteurs, et il ne nous est pas possible d'en donner
une analyse ou de les mentionner comme nous l'avons
fait pour ceux qui précèdent.
Il on est, en outre, quelques-uns qui ont été impri-
més à la suite de leur lecture. Nous nous bornons à en
donner l'indication, afin de mettre nos confrères à
même de les consulter :
Saint-Girons. Son culte, sa crypte, sa collégiale, par
M. labbé Meyranx, imprimé dans le Bulletin de la
Société de Borda, année 1889, p. 307-318, et 1890,
p. 53-66.
Étude sur la vie communale d'une petite ville dans
le Marsan (Roquefort) au commencement du XVIIP
siècle, par M. l'abbé Bessellère. Même collection, 1888
et 1889, p. 149-163.
Enfin, nous devons rappeler les communications si
intéressantes de M. André Gorse, de Pau, sur l'arcliéo-
logie préhistorique de l'arrondissement d'Oloron, et
les fouilles récentes de Lescar (1). Viclime d'un ter-
rible accident dans une ascension dans les Pyrénées,
notre confrère a malheureusement succombé au mois
de novembre dernier. Qu'il nous soit toutefois permis,
en terminant, de lui donner un dernier adieu.
Artiste et érudit, M. Gorse avait publié d'intéres-
( I) l'.ullcliii arcliùologiquc du Comité dcsTraviiux historiques,
■1886.
SCULPTIRES Di: PORTAIL DE i/kGLISE Dl MAS-d'aiRE. 413
santés études, parmi lesquelles nous devons citer son
Mémoire sur les Tapisseries du château de Pau. et
préparait une Histoire de VArl et des Artistes en
Jiéarn, dont un premier chapitre avait paru sous In
tilrc Les Coron, en 1888.
Marsy.
XXIX
BIBLIOGRAPHIE LANDAISE
HISTOIRE ET ARCHÉOLOGIE
GÉNÉRALITÉS SUR LE DÉPARTEIVIENT DES LANDES.
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— Les Hvéqves de Dax depuis saint Vincent de Sentes jus-
424 CONGRÈS ARCnÉOLOGIQUE DE LUX ET BAYONNE.
qiCà Mgr Le Quien de Laneufville. (Bull, de Borda, l. IV.)
— Catalogue raisonné des Vicomtes de Dax. (Bull, de
Borda, T. IV.)
— L'Eglise de Sainl-Paid-les-Dax et son abside romane.
(Congrès scientifique de Dax, 1882.)
— Les boiseries de la cathédrale de Dax. (Bull, de Borda,
T. XU.)
— La première église de Dax. ■ — Le cloître de la cathédrale
gothique. — Plans reconstitués (Vaprès le résultat des
dernières fouilles faites par la Société de Borda. (Bull,
de Borda, T. XII.)
Idée historique sur Véglise catltédrale d'Acqs. — {Manus-
crit de 1720)., imprimé dans VAdour de Bayonne de 184().
L.wiELLE (Gh.). — Guide pittoresque et médical du baigneur
à Dax {Landes). Dax, Justère, 1886, in-16.
Olce (baron d").— Trois lettres de Jehan de Sanct Esteban,
gouverneur d'Acqs {I58i), fi M. Dolco, son cousin (Bull,
de Borda, T. IX.)
PÉDEGERT (J.-F.). — Notice historique et archéologique sur
Notre-Dame de Dax. Dax, C. Bonnebaigt, 1849, in-8".
PoTTiER (Raimond). — Les remparts gallo-romains de Dax.
(Bull, de Borda, T. VI.)
— Etxale préhistorique sur les environs de Dax. Toulouse,
Bonnal et Gibrac, 1872, in-12.
— Hecherches sur Varchérdogie préhistorique dans l' arron-
dissement de Dax. Bordeaux, Gounouilhou, 1872, in-12.
Procès de la Ville et cité d'Acqs., contre M. de Saint-Péc,
lieutenant de roy, 1751. — (Manuscrit], in-f".
PuYAU (Ferdinand).— La réfonnalion de la coutume de Dax
au XVP siècle. (Revue de Béarn, Navarre et Lannes,
T. 111.)
Recueil de Charles. — Dax, René Leclerc, 17JjO, in-f^.
RoACH Smith (Charles). — Colleclanea Antiqua, T. V,
in-8". (Pages 220 à 240 ; sur les remparts Gallo-Romains
de Dax.)
Serres (Hector). — Notes sur Vorigine et la destination de
BIIUJOGHAI'HIE LANDAISE. 425
certaines poteries trouvées dans le lit de rAdour, à Dax.
(Bull, de Borda, T. l)
— Post-scriplum à la note sur les poteries de IWdour. (Bull,
do Borda, T. 1.)
— Vestiges de la chapelle de Sauhagnac. (Bull, de Borda,
T. II.)
Taillebois (Emile). ^ Note sur le monnayage de Dax. (Bull,
de Borda, T. IV.)
— Quelques mots sur deux sépultures gallo-romaines dé-
couvertes à Saint- Vincent-de-Xaintes. (Bull, de Borda,
T. V.)
— Epigraphie Dacquoise. Les inscriptions gallo-romaines
du Musée de Dax. (Bull, de Borda, t. VI.)
— L'Inscription Tarbellienne du Vieux-Poitiers (Vienne).
(Bull, de Borda, T. IX.)
— Quelques mois sur le nom de Nèhe que porte la fontaine
chaude de Dax. (Bull, de Borda, T. XII.)
Tamizey de L AUKoyuE. — Documents inédits pour servir à
r histoire de la ville de Dax. (Revue de Béarn, Navarre
et Lannes, T. I.)
— De la ville d'Acqs, en Gascogne, Chronique du XVI'
siècle. (Revue de Béarn, Navarre et Lannes, T. I.)
Vallée (l'abbé E.). — Saint Vincent de Xaintes, premier
évéque de Dax et martyr, est-il Sainlongeais? (Bull, de
Borda, T. X.)
— Verbal de la Coutume de la cité et prévôté de Dax. 1513.
(Manuscrit), in-f".
Mimizan.
LaI'Assk (vicomte de). — Note sur les antiquités de Mi-
mizan. 1860, in -8".
DÉPART (fabbé). — Mimizan, Notice historique. (Bull, de
Borda, T. IX, X, et XI.)
Mont-de-Marsan.
AiNSWORTFi (G.). — Notice sur un sceau en bague trouvé
en Mont-de-Marsan. Douai, Wagrez aîné, 1 8^:27, in-1'2.
29
426 CONGRÈS AUCHÉOLOGIQUÈ DE î)\\ ET DAYON^'E.
Bladé (J.-F.)- — Pierre de Lohaaner et les qualre chartes
de Monl-de-Marsan. Paris, Dumoulin, 1861, in-8o,
Charles de Monl-de-Marsan. — Mont-de-Marsan, veuve
Leclercq, 18;J0, in-8".
Saint-Sever.
Pedegert et LuGAT. — Hisloriae monaslerii S. Severi
lihri X, etc. (de Du Buisson). Aire, L. Déliez, 187G,
2 vol. in-8'^'.
Xamueu. — Le Cullèye de Sainl-Secer avant 1191. (Bull,
de Borda, T. IX.)
Sarbazan.
Bessellère ( l'abbé ). — Notes arcliéoloijùjucs. L'éfjlise de
Sarbazan. (Bull, de Borda, T. Xll.)
— Le vieux registre de Sarbazan. (Bull, de Borda, T. Xll.)
Villeneuve-de-Marsan.
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Soorts (Bull, de Borda, T. 1.)
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niIîLIOGKAl'HIE LANDAISE. 427
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de Borda, T. VII.)
— Ac/ikH de. 1.(1 iKtruiniie </f Gniiiart/e cl de, (a seigiictirie
il'OïKirff, jtur C/idiiol dr /'oi/nxue sur Alain de fjihrel.
(Bull, de Borda, T. X.)
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Ifouvéc à Uza {Landes). (Bull, de Borda, T. 1.)
— Le Squelrllc de la, ;/rolle du Sduinoit. (Bull, de Borda.
T. II.)
— Quelques mots sur un vase cinéraire dvxouverl à Virq
(Landes). (Bull, de Borda, 'J'. VI.)
— Dèlerminalion di l'àrje du silex de Sabres. (Bull, de
Borda, T. VI H.)
— Noies anlhropolo;/i'/ues. L luntime de Sorde. (Bull, do
Borda, T. X.)
— La slalion qualernaire de Monlfurl-en-Cliaiusse. (Bull.
de Borda, T. XII.)
Bi'AQUEiiAYE (Cil.). — Les Monoijrammes des b'oix-Candale
aux châteaux de Doazil (Landes) el de Cadillac-sur-
Garonne (Gironde). (Bull, de Borda, T. XIII.)
Ca.miade (Georges). — Découverte de nouveaux tu/nulus sur
les landes de Clerinont, Estibeaux el Pomarez. (Bull, de
Borda, T. X.)
— Un coup de pioche sur l'einjdaceinenl de la cille <jallu-
romaine de Tasloa. (Bull, de Borda, T. X.)
CilASTEiGNER (comle A. DE). — Foidlles de deux luniuli,
commune de Mimhastc (Landes). (Bull, de Borda, T. \ .)
DucRUC. — Gabarret, le prieuré et la ville. (Bévue de Gas-
cogne, T. XX.)
UUFOURCET (Eugène). - Œijreluy el la j/arle romane de
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— De Dax à Castel-Sarrazin. Excursion archéolufjiquc,
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4:28 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNB.
phiqne .snr les groiipes himiilaires d'Agés, canton de
Hagelmnu (Landes). (Bull, de Borda, T. X.)
— Fouilles de seize 1er ires dans les landes d'Eslibeaux et
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— Une lettre inédite du vicomte d'Orthe, t56'J. (Bull, de
Borda, T. III.)
— Matériaux pour servir à l'histoire des Landes. Stat7its
de la vicomte de Maremne. (Bull, de Borda, T. Vil.)
— Copie d'une lettre du capitaine Jehan de La Planche,
adressée en 15i9. (Bull, de Borda, T. VIII.)
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— La vérité sur le Trésor du Leuij. (Bull, de Bordn, T. III.)
— Un dernier mot sur le Trésor du Leu>/. (Bull, de Borda,
T. IV.)
— Recherches sur les bijoux Vandales en mauvais argent
de Donzacq et du Leuy {Landes). (Bull, de Borda, T. VI.)
— La Fontaine d'Or. Découverte à Ponlenx-les-F orges
{Landes), de 45 pièces en or et de 4,il6 pièces en argent
de la période Anglo-Française . (Bull, de Borda, T. XI.)
Testut (D'" Léo). — La Nécropole préhisiori(pie de Nau-
théry , canton dWire (Landes). (Congres scientifique de
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Ravm(1ND (Paul). — Dolmens et Cromlechs dans la vallée
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— Les iumuli des environs de Pau (Idem).
Testut (D"" Léo). — Fouilles pratiquées dans les Iumuli
de Lavigne et de Pébousquet, canton de Garlin {Dasses-
Pyrénées) (Bull, de Borda, t. Vlli).
Cardaillac (Xavier de). ~ Les Tvinulus dWrzarq et de
Thèze (Bull, de Dorda, t. X).
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Saint-Maur (François). — Ejiigraphie des Basses-Pgrénées.
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PoYDEN'OT (Henry). — Essai sur l'inscription romaine de
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— Note sur Vaulhenlicité de l'inscription romaine de
Hasparren. Pau, Vignancour, 1874.
— Note sur la date jn'obable de l'inscription de Ilas//tir)-en
(Congrès scient, de Dax, 1882).
Desjardi.ns ;E.). — L'inscription d'Hasparrcn et les Norem-
jjopuli. Lettre à M. Longnon. Paris, Baer, 188^5.
Bascle de Lagrèze. — Essai sur F histoire inonélairc et
numismatique du Béarn. Toulouse. Douladoure, 18.5.5.
— Monnaies et armes carthaginoises , trouvées à Caslera
(Revue d'Aquitaine, 1865).
Hentz (H.). — Bestitution à Guirhe des monnaies attribuées
à Guessin (Ann. de la Soc. fr. de Numismatique, I8()7).
Taili.ebois (Emile). — Le Trésor de Barcus. Découverte de
1,7[)0 deniers Celtibériens en argent (Bull, de Borda,
T. IV).
434 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET BAYONNE.
— La Monnaie Morlane an nom. de Centulle, à propos de
la découverte de 700 deniers et oholes faite à Pessan
(Gers) (Bull, de Borda, T. Vlll).
— Découverte d'une cachelte de 5.395 deniers et oboles
Morlans, an nom de Cenlidie, à Gondrin (Gers) (Bull,
de Borda, T. XI).
Blanchet (J. -Adrien). — DnciDuenls ponr servir à r histoire
monétaire de la Navarre et du Béarn, de 1562 à 1629
(Bull, de Borda, ï. XI).
— Béarn et Navarre. Jetons de la famille de Henri II de
Navarre (Bull, de Borda, T. XI).
Raymond (Paul). — Sceaux des archives du département
des Basses-Pi/rénées. Pau, Ribout, 1874..
Henry Pi)YnENOT.
XXX
PRINCIPAUX OUVRAGES
Offerts au Congrès (1)
Bartiiety (lîilarion). — L'ancien évèclié de Lescar, ren-
seignements liisloriques et descriptifs à propos d'un plan
en relief du palais épiscopal. Pau, 1878, in-8\ — L'Hôpital
et la Maladrerie de Lescar. Pau, 1880, in-8\ — La Mosaïque
de la cathédrale de Lescar. Pau, 1887, in-8°. — Etude
supplémentaire sur la Mosaïque de la cathédrale de I,escar.
Pau, 1888, in-8'. — Ltude historique sur saint Galactoire,
évêque de Lescar. Pau, 1878, in-l(i. — Les feux de joie de
la Siint-Jean, à Lescar, dans les derniers siècles. Pau,
\di8'2, in-l(). -- La Sorcellerie en Béarn et dans le pays
Basque. Pau, 1879, in-8'', et eau-forte d'A. Gorse. — Les
anciennes fortifications en terrassements. Pau, 187i, in-8'\
— Calvinisme de Béarn, poème Ijéarnais de J.-H. Fonde-
ville, puhliépar II.Barthety et L. Soulice. Pau, 1880, in-8',
Beri.anga (M.-B. de). — Los hronces de T^ascula, Bo-
nanza y Aljustrel. Malaga, 1881-188i, in-8".
Bi.ANCiiET (J. Adrien). — Documents ])our servir à l'his-
Inire monétaire de la Navarre cl du Béarn, de l.'i(i2 à
(1) Nous ne comprenons pas dans cotte liste un assez grand
nombre de publications sur l'histoire et l'archéologie des Landes
et des Basses-Pyrénées, déjà mentionnées dans la bililiograpliie
ffui précède.
436 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
UiâU. Dax, i88;j, in-8°. — Jetons du duc d'Epernon et de
sa famille. Dax, 1888, in-B". — Béarn et Navarre : jetons
de la famille de Henri II de Navarre. Dax, 1886, in-8°.
Bleicher (le docteur). — Contribution à Télude : P de la
céramique préromaine ; '2'^ des matières premières usitées
par les populations anciennes de l'Alsace, de la Lorraine,
du nord de TAfrique. Colmar, 1888, in-8^
Campion (A.). — Gramatica de los cuatro dialectos lilera-
rios de la lengua Euskara. Tolosa, 1884., in-8".
Chasteioner (le comte Alexis de). — Une visite aux
fouilles de l'ancien cloître de la cathédrale de Dax. Dax,
1887, in-S'\ — Note sur un fragment de poterie à lustre
métallique. Dax, 1877, in-8°. — Réception de M. ie comte
Alexis de Chasleigner comme membre de l'Académie de
Bordeaux. Bordeaux. 1887, \n-S'\
Cirot de La Ville (Mgr). — L'Empire romain et le
Christianisme dans les Gaules. Poitiers, 1888, in-8'^.
Durarat (l'abbé V.). — L'ancien couvent des Carmes de
Bayonne ; notes et documents. Bayonne, 1887, in-8'\ —
La Commanderie et l'Hôpital d'Ordiarp, dépendance du
monastère de Roncevaux en Soûle. Pau, 1887, in-8°. —
Vie du serviteur de Dieu, Louis Bitoz, frère convers bar-
nabite, traduite de l'Italien. Pau, 1887, in-12.
Durant (Henri). — L'Assomption de la Vierge, tableau
de M. Léon Bonnat. Bayonne, 1887, in-8'\
Fabiè (A.-M.). — Estudio critico, Madrid, 1887, in-8'^.
Fernandez-Guerra (Aureliano). — Gantabria. Madrid,
1878, in-8».
Gabarra (l'abbé J.-B.). — Notre-Dame-de-Pitié et les
marins de Cap-Breton. Bayonne, 1887, in-1'2.
Iturralde y Suit (J.). — Memoria sobre las ruinas del
palacio real de Olite. Pamplona, 1870, in-8",
Lafollve (A.) — Réponse à la notice de M. H. Barthety,
sur la mosaïque de la cathédrale deLescar. Pau, 1888, in-8°.
Léon (H.). — Le Touriste. Dax, — Salies. — Saint-Ghris-
tau. Bordeaux, 1882, in- 10. — Bayonne. — Biarritz. —
PRINCIPAUX oi'yra(;es offerts au congrès. 437
Sainl-Jean-de-Luz. — Ilendaye. — Camho. Bordeaux ,
s. d., in-16.
Oloriz (Hermilio dk). — Resumen liislorico dcl antiguo
Reine de Navarra. Pamplona, 1887, in-8".
Planté (Adrien). — L'Universilc protestanlo du Béarn.
Documents inédits du XVI" siècle. Pau, 1888, in-8°. —
San-Sebastian. Notes de voyage. Pau, 188G, in-12.
SoRALUCE (Don N. de). — Ultimas lineas de Soraluce ô
sea resumen y apendice à la Historia gênerai de Guipuzcoa.
Tolosa, 1886, in-8''.
Tailleijois (Emile). — Note sur le monnoyage de Dax. —
La vérité sur le trésor du Leuy. — Le trésor de Barcus. —
Trouvaille d'Aurimont. — Notice sur une inscription gallo-
romaine et sur un autel gaulois à divinité tricéphale ,
trouvés à Auch. — Recherches sur les bijoux Vandales. —
Quelques sigles fîgulins trouvés chez les Ausci. — Le trésor
de Lanjuzan. — Recherches sur la numismatique de la
Novempopulanie. — L'Inscription tarbellienne du Vieux-
Poitiers (1). — Nouvelles fouilles dans les Landes d'Agés
(avec M. Léo Testut).
(1) La plupart de ces brochures sont extraites du Bulletin de
la Société de Borda.
TABLES
TABLE GENERALE
Notice sur la Sociclc française dArcliéoIoyie. — Etn
de la Société v
Liste générale des Membres de la Société française
d'Archéologie xx
Compte du Trésorier LVii
Programme du Congrès de Dax et Rayonne. ... 1
Ordre des réunions G
Liste des Membres du Congrès tle Dax et Baronne. 8
Procès-verbaux des séances et des excursions
I. DAX.
Séance d'ouverture du 1 -2 juin 18^fS -2[
Visite du Musée et de la Ville uij
Seconde séance du 12 juin ;j.s
Excursion à Peyrehorade, Sorde, Bidache et Arthous. 7(»
Première séance du 1 1 juin 7(i
Seconde séance du di juin SI
Visite de Sainl-Paul-lès-Dax et du Cliène de Quillacq. 88
Banquet 88
440 CONGRLS AUCIIÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
Excursion à Aire, Saint-Sever, Hagetmau et Orlhez. 80
Séance à révêché d'Aire 90
Visite d'Aire 08
Saint-Sever ](>2
Ortliez 105
II. BAYONNE.
Séance d'ouverture du 17 juin 100
Visite de Bayonne lOS
Biarritz. 100
Excursion à Saint-,lean-de-Luz, Hendaye, Fonla-
rabie et Irun HO
Saint-Jean-de-Luz 110
Urtubie, Urugne 111
Hendaye 11''2
Fontarabie 113
Irun 11 4'
Deuxième visite de Bayonne lit)
Première séance du 19 juin "116
Troisième visite de Bayonne 117
Deuxième séance du 10 juin, clôture du Congrès. . 118
m.
Excursion en Esj)agne 121
De Bayonne à Pampelune 123
Pampelune 121-
Olite 132
Tafalla 133
Gazolas 13r>
Saragosse 136
Excursion à Estella 137
Eunale 137
Puente-la-Reina 138
TABLES. 44 i
Iraché 138
PLstella 130
Houle d'Estella à Écharri li^
Saint-Sébastien {.a
Pasaje-San-Pedro et Pasaje-San-Juan .... 146
Lezo 147
Renteria 14^
Saint-Sébaslien 1.48
Mémoires.
I. Les vestiges yalio-runiains dans le déparlenienl
des Landes, par M. Emile Tailiebois i;j3
II. Étude sur les sarcophages gallo-romains d'Aire-
sur-l'Adour , de Lucq-de-Béarn et de Bielle, par
M. Paul Lafond 193
III. Les décrets du 3 janvier 1881), sur la conserva-
tion des monuments et objets d"art ayant un intérêt
historique et artistique 524
IV. Trois autels provenant de la cathédrale romane
de Dax, par M. J. Eug. Dufourcel 237
V. Les voies romaines et les chemins de Saint-Jacques
dans l'ancienne Novempopulanie. par M. Eugène
Dufourcet -2il
VI. Les traditions en Chalosse, par M. J. de Lapor-
terie 265
^'1I. Traditions, croyances populaires des Landes, par
M. Léon Martres 274
VIII. Particularités sur les Cagols du département
des Landes, par M. l'abbé V. Foix 282
IX. La cathédrale de Pampelune, par M. Brutails. . 292
X. La crypte de Saint-Girons à Hagetmau, par M.
Emile Tailiebois 321
XI. Notes sur la Sigillographie du Sud-Ouest de la
France, par M. Emile Travers 34^.1
30
442 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
XI I. LisiLe de graveurs ayant travaillé pour le Béarn,
par M. J. Adrien Blanchet 3o4
XIII. Les tombeaux à grille, par M. J. Eugène Du-
fourcet 3o8
XIV. La faïencerie de Samadet, par M. le docteur L.
Sorbets (Extrait) '5»>i
XV. Origine des Aquitains, par M. le docteur L. Sor-
bets (Analyse) ^'f*
XVI. Aire-sur-l'Adour , par M. le docteur L. Sorbets
(Analyse) 3"-
XVII. Le pèlerinage à îsotre-Dame-de-Gràce au Ca-
salieu (Nerbis-Mugron ), i)ar M. l'abbé V. Foix
(Analyse) 373
XVIII. Les commanderies dans le département des
Landes, par M. l'abbé Départ (Analyse) .... 375
XIX. L'hôpital de Mugron (Landes), par M. l'abbé V.
Foix (Analyse) 377
XX. Fouilles faites à Reims et aux environs, par
M. Blavat-Deleul (Analyse) 378
XXI. Les bas-reliefs de l'église de Saint-Paul-Iès-Dax,
par M. l'abbé Ch. Didelot (Note) 38(»
XXII. Les deux fragments d'une inscription mysté-
rieuse à Antibes, par M. le docteur Mougins de
Roquefort (Analyse) 381
XXIII. Le champ de bataille de Crassus, par M. l'abbé
C. Tauzin 384
XXIV. Note sur deux cartes de Dax, par M. J. Adrien
Blanchet 387
XXV. Quelques mois sur l'ancien Bayonne , par
M. Henry Poydenot 301
XXVI. Deuxième note sur la date probable de l'ins-
criplion romaine de Hasparren, par M. Henry Poy-
denot (Analyse) 405
XXVII. Sarbazan, par M. l'abbé Bessellére (Analyse). 409
XXVIII. Sculptures du portail de Féglise du Mas-
d'Aire, par M. Tabbé Dudon (Analyse) 411
TABLES.
443
— Note sur quelc[ues autres travaux présentés au
Congrès, par M. le comte de Marsy il 2
XXIX. Bibliographie landaise, par M. Emile Taille-
bois 414.
XXX. Bibliographie de Bnyonne, par M. Henry Poy-
denot -«(t
XXXI. Principaux ouvrages olî'erls au Congrès. . . ili-i
TABLE MÉTHODIQUE O.
Documents officiels.
Décrets du 3 janvier 1889, sur la conservation des
monuments et objets d'art ayant un intérêt histo-
rique et artistique 2-2i
Archéologie préhistorique, gauloise, romaine
et mérovingienne.
Les vestiges gallo-romains daas le département des
Landes, par M. E. Taillebois lo3
Les Landes et les archéologues, discours par M. II.
du Boucher 2('>
Étal des études archéologiques dans les Landes, par
M. Emile Taillebois -51
Coup d'œil sur l'archéologie dWire-sur-I'Adour, dis-
cours par le docteur Sorbets 1)1
Aire-sur-rAdour, par le même ^572
L'ancien Bayonne, par iM. H. Poydenot o'Jl
Le champ de bataille de Crassus, par M. l'abbé
C. Tauzin 38-4
(l) Nous avons compris dans celle table pUisieurs discours
qui figurent dans les procès-verbau.K et sont de vérilahlcs
dissertations.
444 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET CAYONNE.
Deuxième note sur la date probable de Tinscription
de Hasparren, par M. Henry Poydenot iu«
Les voies romaines et les cbemins de Saint-Jacques
dans l'ancienne Novempopulanie, par M. J.-Eug.
Dufourcet 2il
Élude sur les sarcophages gallo-romains d'Aire-sur-
l'Adour, de Lucq, de Béarn, et de Bielle, par
M. Paul Lafond 193
Fouilles faites à Reims et aux environs, par M. Bla-
vat-Deleul 378
Les deux fragments d'une inscription mystérieuse à
Antibes, par M. le docteur Mougins de Roquefort. 388
Moyen âge et Renaissance. — Archéologie.
La crypte de Saint-Girons à Hagetmau, par M. E.
Taillebois 3^21
Les bas-reliefs de l'église de Saint-Paul-lès-l)ax, par
M. l'abbé Ch. Didelot 380
Sarbazan, par M. l'abbé Bessellôre ^"ii
Sculptures du portail de l'église du Mas-d'Aire, par
M. l'abbé Dudon 4M
Trois autels provenant de la cathédrale de Dax, par
M. J.-E. Dufourcet ^237
Les tombeaux à grille, par M. J.-E. Dufourcet. . . 3!jS
La cathédrale de Pampelune, par M, Brutails . . . '■2\)ii
Note sur deux cartes de Dax, par M. J.-A. Blanchet. 387
Arts divers.
Notes sur la Sigillographie du Sud-Ouest de la France,
par M. E. Travers 3-40
TABLES. 445
Liste des graveurs ayant travaillé pour le Béarn ,
par M. J.-A. Blanchet 3;J4
La faïencerie de Samadet, par M. le docteur L. Sorbets. 3(i4
Histoire.
Origine des Aquitains, par M. le docteur L. Sorbets. ^70
Les commanderies dans le déparlement des Landes,
par M. l'abbé Départ ^7.'j
Le pèlerinage à Notre-Dame-de-Cîrâce au Casalieu,
par M. l'abbé V. Foix 878
L'hôpital de Mugron, j)ar M. l'abbé V. Foix. . . . 877
Traditions populaires.
Traditions, croyances populaires des Landes, par
M. Léon Martres 274
Les traditions en Chalosse, par M. J. de Laporterie. 2G5
Particularités sur les Cagols, par M. l'abbé V. Foix. 282
Bibliographie.
Bibliographie landaise par M. E. Taillebois. . . . 41 i
Bibliographie de Bayonne, par M. Poydenot. , . . 18(1
Principaux ouvrages offerts au Congrès 48j
446 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET RAYONNE.
TABLE DES NOMS D'AUTEURS
de mémoires, de commtmicalions, de discours, de dessins,
de photographies et des lauréats du Congrès (1)
Ansoleaga (F. de), 122, 129,
143.
Aube, G6.
Barthely, 58, 61, 71,81,119.
Benouville, 64.
Bernadou, 118, 119.
Bernard (B.), 118.
Bessellère (l'abbé), 9«, 96,
409.
Blanchet (A.), 6i, 68, 8li,
354, 387.
Blavat-Deleul, 68, 378.
Bonnault-d'Houët (le baron
de), d., 74, 104.
Brutails, 67, 292.
Camiade, 86.
Carmen, (J.), 132.
Chasleigner (le comte A. de),
m, 65, 67, 71, 77, 83, 88,
118.
Delannoy (S. G. Mgr), 89,
90, 96.
Del Moral (A.), 145.
Demoulin de Riols, 88.
Départ (l'abbé), 84, 85, 95.
375.
Didelot (ral)bé), (ii, 380,
Dubarat (l'abbé), 68, 119.
Dubedoul, 102.
Du Boucber, 26, 67, 85.
Ducéré, 119.
Dudon (l'aJjbé), 64, 95, 96,
411.
Dufourcet, 59, 63, 64, 67,
76, 77, 81, 85, 237, 2il,
358.
Durant, 107.
Ecbandia (le marquis de),
122,123,129, 143.
Foix (l'abbé), m, 67, 68, 95,
282, 373,377.
Forsanz,;j/<o^., 72, 74, 332.
Francart, 88, 145.
Giraud, 1 45.
Gorse, 59, 61, 116, 118, M 9.
Goyenetche (le docteur),! 10.
Guignard, 71, 78.
Hiriart, 112,119.
Iturralde y Suit(.r.), 122, 123,
129, 133.
Laborda(F.), 113.
Labroucbe, 112, 118.
Laffitte (A.), 145.
Laffolye, 58, 83.
(1) Pour les auteurs de dessins et de iiliotopjrapliios, le nom
est suivi des lettres d nu phnt.
TABLES.
447
Lafond, 03,07,119, -193 :f/.,
200 à 222, 280.
Lagnrde (l'abbé), 81.
Lahondès (J. de), 121, 122;
(L, 125 à 134; 130.
Lair (lecomte),71, HO, 129.
Landa(N. de), 122,129.
Laporlerie (.1. de), 08,77, 8.3,
103, 2(;5,
Larralde-Diusléguy(de),l 1 1 .
Larrauri (G.), 145,
Lartigau (Fabbé), m, 119.
Lasteyrie (le comle de), 78,
79, 80, 81, 83, 88, 90.
Laurière (J. de), 118.
Ledain, 71,83.
Lescarret (l'abbé), 04, 65, 78,
79, 80, 86.
Marsy (le comte de), 21, 41,
59, 71, 80, 86, 88, 90, 95,
107, 112, 110, 118, 120,
145, 412.
Marlres, 08, 274.
Meyrans (Fabbé), 95, 90.
Milliè.s-Lacroix, 22, 85, 88.
Monédé, 120.
Morales de Los Rios (A.),
112, 145.
Mougins de Roquefort, 08,
381.
Olano (J. de), W-Ji, 145.
Oloriz (H. de], 122, 130.
0"Reilly(A.-B. de),107,112,
119.
Otaegui(C. de), 112.
Palustre, ])hul., 380.
Pasquier, 04, 84.
Pédegert (l'abbé), 05.
Plauté, 79, 105.
Touzac, 100, 107.
Poydenot, 107, 108, HO,
119, 301, 405.
Rivières (le baron de), 112,
119,121, 127, 133, 130.
Roca de Togores, 129.
Roumejous (A. de), 77, 121 ;
rf., 102, 110.
Sarranton (Fabbé), 103.
Senlex (le docteur), 103.
Smith, 88.
Soraluce (P. M. de), 112, d45.
Sorbets (le. docteur), 00, 03,
05, 91, 95, 96, 36i, 370, 372.
Taillebois, 31, 59, 00, 01, 02,
03, 66, 67, 70, 78, 81, 85,
121, 131, 145, 153, 321,
414.
Tauzin (Fabbt-), 95, 06, 384.
Travers, 119, 34.
Uriarte (C), 112, 145.
Yeisaz, 129.
Vidal (M'i'^), 120.
^Vilson (le général), 88, 145.
Xambeu, 68, 80.
448 CONGRÈS ARCHÉOl-Or.JQrE DE D\X ET HAYONNE.
TABLE DES PLANCHES ET FIGURES 0).
1. Julien Travers, d'après le médaillon, de Le "N'eel. AS
2. Le comte Ed. de Barthélémy d'Haslel. ... 48
3. Mosaïque de Barat-de-Vin, à Sorde 70
4-j. Mosaïque de la propriété de M"^'' Dul'our, à
Sorde 1-2
(i. Le cluîleau de Bidache 74
7. Abside de l'abbaye d'Arthous 74
8. Église de Saint-Sever 10-2
9. Hôtel de Jeanne d'Albret à Urthez lOi
10. Chcâteau d'Urtubie 110
H. Chapiteau d'une porte du cloître de Pampelune. 125
'12-13. Chapiteaux de l'ancienne calliédrale de Pam-
pelune 120
14. Évêché de Pampelune 12<.i
15. Cheminées à la cathédrale de Pampelune . . . 128
16. La Synagogue, statue à la porte du réfectoire de
Pampelune 123
17. Château d'Olite 132
18. Chaire de justice de Tafalla 134
10. Église d"Eunate 142
20. Palais des Ducs de Grenade à Estelia 1.42
21. Portail de l'église du Mas, à Aire-sur-LAdour . . 2('M)
22. Sarcophage de Sainte-Quitterie, à Aire ... 202
23. Id., Jonas précipité à la mer 207
24. Id , Jonas endormi 2(>8
2o. Eglise et abbaye de Luc(j-de-Béarn 212
26. Sarcophage de Lucq-de-Béarn 211
27. Id., Adam et Eve 2l(i
28. Id., Daniel dans la fosse aux lions 217
(1) Pour les planches, la page indiquée est celle qui précède
la plannh<^.
TA RI, ES. 4-49
-2\K Premier sarcophage de Bielle 2^1
30. Second sarcopliage de Bielle S-i'ii
31. Autel roman de la cathédrale de Dax 238
32. Carte des voies romaines dans la Novempopu-
lanie et des chemins de Saint-Jacques. . . . 2ij2
33. Bénitier des Cagots à Saint-Savin de Lavedan . 2S(i
34. Cathédrale de Pampelune, façade 21)2
35. Id., porte de la salle précieuse 2'.)2
3(). Id., galerie du cloître 30S
37. Id., cloître, côté 3l)S
38. Id., projection des voûtes de la ciui pelle Barbazane. 31 li
39-47. Chapiteaux et détails de la crypte de Saint-
Girons, à Hagetmau 332
48. Tombeau à grille, à Dax 360
49. Abside de Saint-Paul-les-Dax 380
yO. Plan de Dax au XVIP siècle 387
îil. Plan de la Tannerie de Dax 380
î>2. l''glise de Sarbazan 408
COLLECTION
DES COMPTES-REXDUS
DES CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUES
DE FRANCE
Volumes in-8° brochés, avec de nombreuses illustrations
dans le texte et planches hors texte.
La Société française d'Arcliéologie possède encore un
certain nombre d'exemplaires des comples-rendus des
Congrès arclièologiques, de 1847 à 188U. Le prix en a été
fixé ainsi (juïl suit :
1847 Sens (Tours, Ângoulème, Limoges) (1). . . îi\
1848 (Falaise, yaux-sur-Laizon,Bernay,Trouville) \ »
1849 Bourges épuisé.
ISoO Auxerre, Clermont-Ferrand (Cluny) ... »
IBol Laon, Nevors (Gisors, Orléans) 4 »
IS.-i'^ Dijon (Sens, Toulouse) épuisé.
18;J3 Troyes (Les Andelys, Bayeux, Laval) . . . 4 »
18:34 Moulins (Dijon, Avranches) »
ISyy Châlons-sur-Marne, Aix-en-Provence, Avi-
gnon (Le Puy) »
18;jO Nantes (Ycrneuil, Le Neubourg. Louviers) . 3 »
(1) Les localités, dont les noms sont placés entre paren-
thèses, sont celles où la Société française d'Archéologie a
tenu des séances générales dont les comptes -rendus sont
compris dans les volumes des Congrès.
452 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE DAX ET DAYONNE.
1857 Mende, Valence (Grenoble) 3 »
18o8 Périgueux, Cambrai (Louviers, Alençon, Li-
sieux) épuisé.
1859 Strasbourg (Rouen, Saint-Lo, Vn^e) . . . épuisé.
18G0 Dunkerque (Le Mans, Cherbourg) .... 3 »
4801 Reims (Laigle, Dïves, Bordeaux) 3 »
18{):2 Saumur, Lyon (Le Mans, Elbeuf, Dives). . 3 »
1803 Rodez, Albi (Le Mans) 4 »
180i- Fonlenay-le-Comte(Evreux, Falaise, Troyes) 4 »
180!J Montauban, Gabors, Guéret 3 »
1800 Senlis, Aix, Nice 3 »
1807 Paris (Pont-Audemer) 3 »
1808 Carcassonne, Perpignan, Narbonne, Béziers. 3 »
1809 Loches 3 »
1870 Lisieux (Moulins) 3 »
1871 Angers ([.,e Mans) 3 »
4872 Vendôme 3 »
1873 Châteauroux 4. «
4874 Agen, Toulouse »
487;j Clu\lons-sur-Marne (Rouen, Inauguration de
la statue d'Arcisse de Caumont, à Bayeux). »
1870 Arles 8 »
1877 Senlis (Département du Lot) A >'
1878 Le Mans, Laval (Déparlem. des Basses-Alpes) 3 »
1879 Vienne »
1880 Arras, Tournai (Franche-Comté) .... 3 »
1881 Vannes (Bernay) 3 »
1882 Avignon 3 »
1883 Caen (Goutances, Jersey et Fréjus). ... •>
4884 Pamiers, Foix, Saint-Girons »
4885 Montbrison, Roanne 8 »
4886 Nantes 10 »
4 887 Soissons, Laon (Reims) 10 »
4888 Dax, Bayonne (Navarre espagnole). . . . 10 »
On trouvera l'analyse détaillée de ces volumes dans la
tABLËS. 483
îiibltoyraphie des Travaux hisloriqucs publiés par les So-
cidlrs savantes de la France, dressée par R. de Lasleyric
cl Eug. Lefèvre-Pontalis. Paris, iinp. Nat., 188(3, in-i"^',
p. 28(3-319.
Les demandes doivent être adressées à M. Gal'GAIN,
trésorier, 18, nie Singer, à Caen. L'expédition sera faite
par le chemin de fer. à la station désignée (le port étant à
la charge du destinataire).
Certains volumes n'existant plus qu'à un très petit
nombre d'exemplaires, le bureau ne peut s'engager à
envoyer tous les volumes qui pourraient être demandés,
au cas où. ils n'existeraient plus en magasin.
Le manque d'un ou de plusieurs volumes ne pourra
motiver le refus de l'envoi.
Dans la huitaine qui suivra l'expcdition , le prix des
volumes sera recouvré par la poste, sauf indication con-
traire.
•H-
Caen, Imp. H. Delk.^ques, rue Froide, 2 et 4.
CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE
Indicalioa des villes dans lesquelles se sont tenus les-
'
Congrès archéologiques annuels de la Société frunraise,
depuis l'a )i née 1834.
1834 — Caen
18.^i8 ' f:érigueux
1875 - Chàlons-ST^l.
183u — Douai
( Cambrai
18.j9 — Strasbourg
187G — Arles
1877 — Senlis
'
183G — Blois
18G0 — Dunkerque
iQ-o \ Le" Mans
^^'^ 1 Laval
1837 — Le Mans
18G1 — Reims
1838 — Tours
g . Saumur
/ Lyon
1879 — Vienne
1S3'.) — Amiens
1880 ; ;),"'''^^ .
1840 — Niort
18'(1 — Angers
1 o,;o ' Rodez
^^^^ ' Albi
' lournai
1881 S î'^'^""^'
181-2 — Bordeaux
18G4 — Fontenay
( Bernay
iGQii ^ Avignon
^^^- * Fréjus-
18i3 — Poitiers
( Monlaulian
18Go < Cahors
1844 — Saintes - '^•
f Ciuéret
/ Caen
184;3 - Lille
[ Senlis
1883 ) Coutances
1846 — Metz
' 18GG ] Aix-en-Prov.
f Nice
f Jecsey
- f Pamiers
1847 — Sens
1 S ',.',) — Bourges
1.8Gv — Paris ^
1884 Poix
f St-Girons
1850 — Auxerrc
! ! Carcassonlie
I18G8 ) Perpignan
j * f Narnonne
188o — Mon'tbrison
18;J1 — Ne vers
1886 — Nantes' .
%
*
18;J2 — Dijon
18:J3 — Troyes
18G9 - Loches
1870 — Lisieux
iQQ-7 ( Soissons
^^^' , Laon'
i8.jî- — Moulins
1871 — Angers
i^^v^ ' Dax
1^^^ '. Bayonne-
1889 - Évreux
18o;J — Gliàlou;s
1872 — Vendôme
18;iG — Nantes
j 1873 — Chàteauroux
,Q..- > Monde
.ç,r., , Agen
1^'^ . xSulouse
'^^'•^' ' Valence
La cotisa lion annuelle des. membres de la Société française
d'Archéologie, donnant droit au volume du comjjle-rendu du
Congrès, est fixée à dix francs.
L'abonnement au Bulletin M omummlOLl' paraissant tous Tes ilenx
mois, suus les auspices de la Société, et dirigé parle comte de Mafsy,
est de quinze francs pour la Franco et dix-huit francs pour l'étranger.-
1889, sixième série , tome Y ( 55" de la collection ).
Caei). — Imp.*IlE^Bl IlELESQUES, lue Frolde, 2 et 4.
, . *
GETTY CENTER LINRARY
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